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Full text of "Tung pao. Toung pao"

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T'o2ing pao 

j^ -JR. oh: I ^ e s 

POUR SERVIR À 

L'ÉTUDE DE L'HISTOIBE, DES LANGUES, DE L\ GÉOGRAPHIE ET 
DE L'ETHNOGRAPHIE DE L'ASIE ORIENTALE 

(CEU?^1C, JAPOX, CORÉE, I:N^D0-CIÏLXK, ASIE 
CE>rXIiALE et MALjVISIE). 

RÉDIGÉES PAR MM. 

GUSTAVE SCHLEGEL 

Professeur de Chinois à l'Université de Leide 
ET 

HENRI CORDIER 

Professeur à l'Ecole spéciale des Langues orientales vivantes et à l'Ecole libre des 
Sciences politiques à Paris. 

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LIBRAIRIE ET IMPRIMERIE 

CI-DEVANT 

E. J. BRILL. 

LEIDE — 1896. 



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79469;^ 



SOMMAIRE, 
articles de Fonds. 

Pages 

E. Chavannes, La Chronologie chinoise de l'an 238 à l'an 87 avant J.-C. 1 ^ 
W. P. Groenevei.dt, Supplementary Jottings to the «Notes on the Malay 

Archii)elago and Malacca, compiled from Chinese sources» . . . . 413 
K. HiMLY, Die Abteilung der Spiele im «Spiegel der Mandschu-Sprache» 

III, (Fortsetzung von Teil VI., S. 363) 135 

Ch. de Harlez, L'Interprétation du Yi-king 197 

Geo. Phillips, Two mediaeval Fuh-kien trading ports, Chüan-chow and 

Chang-chow. Part II. Chiian-chow (with three photograms) .... 223 

Willy Bang, Zu den Kok Turk -Inschriften der Mongolei 325 y 

Ch. de Harlez, Vocabulaire Bouddhique Sanscrit-Chinois 356 

E. Chavannes, Note rectificative sur la Chronologie chinoise 509 

A. G RUN WEDEL, Drei Leptscha Texte mit Auszügen aus dem Padma-Than- 

Yig und Glossar 526 

Mélanges. 

Note sur la porcelaine de Corée, par A. Billequin 39 

The Desert horses and the White Colt, by G. Schlegel. ...... 47 

Ueber den Verfasser und Abschreiber der chinesischen Inschrift am Denk- 
mal des Köl Tägin, von F. Hirth 154 ^ 

Tägin et Tore, par G. Schlegel 158 ^^ 

Die sinologischen Studien und Professor Hirth, von A. Franke . . 241, 397 
La visite de Li Houng-tchang à Schéveningue, par G. Schlegel. . . . 407 

Les Inscriptions chinoises de Bouddha-Gayâ, par G. Schlegei 562 

Etymology of the word Taifun, by G. Schlegel 581 

Tariétés. 

Interview avec le chargé d'affaires chinois à Berlin, par G. Schlegel. . . 54 

Les Chemins de fer chinois, par Alphonse Humbert 55 

La population de Canton en Juin 1895, par C. Imbault Huart .... 58 

Formose, par E. Plauchut 162 

Le Tour d'Asie, Cochinchinoiseries, par Marcel Monnier 251 

Yamato Dumashi (L'âme japonaise), par R. Villetard de Laguérie . . 254 

Un homme d'état chinois: Li Hong-tchang, par Kao 257 

Congrès international des Orientalistes 261 

Les ministres plénipotentiaires des Etats-Unis en Chine, par H. Cordier . 414 
La reproduction des Textes Chinois en Europe au commencement du siècle, 

par H. CuRDiER 586 

The name of "Messiah" found in a buddhist book, by J. Takakusu . . . 589 

Chronique. 

Allemagne et Autnche, Asie centrale, Belgique, Grande Bretagne et Irlande, 
Chine, Cochin Chine, Corée, Etats unis, Formose, France, Indo-Chine, 
Japon, Pays-Bas et Colonies Néeilandaises, Russie, Siara, Tongking . 60, 

169, 263, 438, 599 

Nécrologie. 

Bouinais, Armbruster 85 

Dr. Reinhold Rost, par H. Cordier 175 

William Lockhart; Constant de Deken 275 

Théodore Pavie: Henri Cernuscbi; Joseph Haas, par. H. Cordier. J. P. Val 

d'ET-emao, par G. Schlegel 417 



IV SOMMAIRE. 

Pages 

G. Eugène Simon, par H. Cordier .... 592 

George Phillips, par G. Schlegef 593 

Bulletin critique. 

R. DvofaK, Confucius und seine Lehre, par G. Schlegel 86 

James Legge, the Lî sao poem anrl its author, par G. Schlegel .... 91 
Stewart Culin, Korean Games with notes on the corresponding games of 

China and Japan, by G. Schlegel 94 

Arthur von Rosthorn, Die Ausbreitung der chinesischen Macht in südwest- 
licher Richtung bis zum vierten Jahrhundert nach Chr. — Vilh. 
Thomson, Inscriptions de l'Orkhon. — Karl Florenz, Japanische Dich- 
tungen (Weissaster) 176 

Die Sprache und Schrift der Jucen, von Dr. Wilhelm Grube; Botanicon 
Sinicum, by E. Bret.sciineider ; Map of China, by E. Bretschneiuer; 
Description d'un Atlas Sino-Coréen manuscrit du British Museum, 
par Henri Cordier; Essay in aid of a Grammar and Dictionary of 
the Luchuan Language, by Basil Hall Chamberlain; Ueber den 
Rhythmus im Chinesischen, von Dr. Fr. Kühnert; Catalogus der 
numismatische verzameling van het Bataviaa.sch Genootschap van kun- 
sten en wetenschappen, door M. J. A. van der Chus; Chinese philo- 
sophy, by Dr. Paul Carus (G. Schlegel); Notes orientales. Recueil de 
mémoires et de recherches par les professeurs et maîtres de conférence 
de l'Université impériale de St. Pétersbourg (H. Kern); Tschoudskia 
Pismena (Inscriptions tchoudes), par M. Trusman (G. Schlegel) . . . 277 
Aston, Nihongi; Giornale délia Societa Asiatica Italiana; Huth, Geschichte 
des Buddhismus in der Mongolei ; Etienne Zi, Pratique des Examens 
militaires en Chine; Winkler, Die Sprache der zweiten Columne der 
dreisprachigen Inschriften und das Altaische (G. Schlegel) 429 

0. Donner, Sur l'origine de l'Alphabet Turc du Nord de l'Asie; Catalogue 

d'Estampes japonaises. Collection A. W. Suthoff; Un message de 
l'Empereur K'ia-k'ing au roi d'Angletei-re Georges III, par A. Vissière; 
Mr. P. H. Fromberg, Mag een Chinees bij uitersten wil over zijn ver- 
mögen onbeperkt beschikken, par G, Schlegel 596 

Bibliographie. 

Bausteine zu einer Geschichte der chinesischen Literatur, von Fr. Hirth 295, 481 

Correspondance. 

Description de Bac-ninb, par Marcel Monnier 103 

Lettre du P. St. Le Gall à M. H. Cordier t05 

Lettre de Mgr. de Harlez à M. G. Schlegel 194 

Lettre de Mgr. de Harlez au Directeur 508 

Lettre de M. le docteur Ernest Martin à M. H. Cordier 609 

W. Bang: Zur köktürkischen Inschrift IE 19—21 611 

Lettre de M. W. Grube à M. G. Schlegel 611 

Réponse de M. G. Schlegel à M. W. Grube 612 

Notes and Queries. 

1. Dates Chinoises, par E. Chavannes; 2. Expansion de la race chinoise, 

par G. Schlegel; 3. Longévité des Japonais, par G. Schlegel; 4. Le 
Lis comestible, par Inazo Notobe 108 

Annonces. 

La loi du parallélisme en style Chinois 195, 323 

Erratum 112,508,616 

Index alphabétique 617 

European and Chinese Calendar for the year 1897. 



LA CHRONOLOGIE CHINOISE 

DE L'AN 338 A L'AN 8Î AVANT J.-C. 

FAB. 

E. CHAV ANNES. 



Je me suis proposé, dans cet article, d'établir la chronologie 
exacte du siècle et demi qui s'écoula depuis l'époque où les Ts'in 
devinrent tout puissants jusqu'à la date de la mort de l'empereur 
Ou. C'est à ce laps de temps que se rapportent plus des deux tiers 
des récits que nous ont conservés les Mémoires de Se-ma Ts'ien; il 
importait de préciser autant que possible les cadres dans lesquels 
doivent se ranger les faits dont parle l'historien. 

Dès l'époque des Tg'in^ et peut-être avant cette époque, les 
Chinois ont connu la période de 76 années ou période pou (^). 
Cette période comprend 940 lunaisons et 27759 jours. Elle se sub- 
divise en quatre périodes de 19 ans, ou périodes tchang (^^), 
dont l'une ne compte que 6939 jours, taudis que les trois autres 
en comptent 6940. Il est vraisemblable que les chronologistes Chi- 
nois ne connurent d'abord que la période tchang de 6940 jours; 
on a dû introduire dans le calendrier Chinois, à une époque in- 
certaine, mais assurément antérieure au milieu du IIP siècle avant 
notre ère, un perfectionnement identique à celui que Callippe ap- 
porta en 330 av. J.-C. au calendrier grec lorsque, au moyen de la 
période de 76 ans plus courte d'un jour que 4 périodes de 19 ans, 



â fe. chaVanne§. 

il rectifia l'usage de la période de 19 ans découverte au V® siècle 
par Méton. 

Pour établir l'accord entre les lunaisons et l'année tropique, les 
Chinois ont eu recours à l'artifice du mois intercalaire. Chaque 
période tchang renferme sept mois intercalaires. Au commencement 
de la dynastie des Han antérieurs, le mois intercalaire était tou- 
jours placé à la fin de l'année '); comme l'année commençait au 
10® mois*), le mois intercalaire était donc toujours un second 
neuvième mois ( >^ jX^ ^ ). Le premier problème qui se présente 
à nous est de savoir quelles étaient, dans chaque période tchang, les 
années où se trouvait un mois intercalaire. 

Les mois intercalaires sont uniformément de 30 jours et les 
années qui renferment un mois intercalaire sont toutes de 384 
jours. Une période tchayig de 6940 jours comprenant 7 années 
avec mois intercalaire, il reste, en dehors de ces années qui repré- 
sentent 384 X 7 = 2688 jours, un ensemble de 4252 jours à répartir 



1) Cf. Se-ma Ts'ien , chap. IX, p. 6 recto, commentaire de Wen Yng A/" ^^a à 

^^ Ä> >f« yj^ \^ H|| H^ W «C'est le neuvième mois intercalaire: en ce 
temps, la science des tubes musicaux et du calendrier s'était altérée; on ne connaissait 
pas l'intercalation et on disait le second neuvième mois; le dixième mois étant regardé 
comme le commencement de l'année, le neuvième mois en était donc la fin; ainsi le second 
neuvième mois était le mois intercalaire ». 

2) Le calendrier t'ai-tch'ou, promulgué par l'empereur Ou en 104 av. J.-C. , reporta 
le commencement de l'année au premier mois. En outre, le mois intercalaire n'eut plus 
une place invariable après le 9" mois. Cf. T'ien yu&it U H ts'iuen chou (sur lequel voy. 
Wylie, Notes on Chinese literature, p. 96), chap. VI, p. 28 recto: h^ y^ ^^ ^ 

tai^tch*ou fut celai que dressèrent Se-ma Ts'ien et Teng P'ing; ils changèrent la méthode 
d'intercalation en reportant l'intercalation au mois où elle devait se trouver». Comme les 
textes manquent pour déterminer comment furent répartis les mois intercalaires après 
l'année 104, j'ai admis, dans le tableau qu'on trouvera à la fin de cet article, que le mois 
intercalaire avait continué à être placé après le neuvième mois; c'est une convention que 
j'ai cru pouvoir admettre afin de continuer le tableau jusqu'à la mort de l'empereur Ou. 



tA CHROÎÎOLOGIB CHINOISE. O 

entre 8 années de 354 jonrs et 4 années de 355 jours. Le second 
problème à résoudre est donc de savoir quelles places occupent dans 
une période tchang de 6940 jours les années de 355 jours. 

Le troisième problème consiste à déterminer quelle est l'année 
qui fait qu'une période «c/jan^r n'a que 6939 jours, c'est-à-dire qui 
ne compte que 354 jours tandis que l'année correspondante d'une 
période tchang de 6940 jours en compte 355. 

Enfin le quatrième et dernier problème est de savoir quels 
sont dans chaque année les mois de 29 jours et quels sont les 
mois de 30 jours. 

Voici les solutions que j'ai trouvées pour ces quatre questions: 

1° et 2°. Dans la période tchang de 6940 jours comprise de 
149 ') à 130 av. J.-C, les années de 384, de 355 et de 354 jours 
sont réparties de la manière suivante (je désigne par a les années 
de 354 jours, par a les années de 355 jours et par h les années 
de 384 jours): 

formule I:a6aa6a&a6aaa&aa6a6a 

Cet ordre de succession sera le même pour toutes les périodes 
tchang de 6940 jours. 

3". Ce sont les années 92 et 168 av. J.-C. qui, dans l'en- 
semble de 152 années dont j'ai établi la chronologie exacte, com- 
ptent 354 jours au lieu de 355 qu'elles devraient avoir si elles 
appartenaient à une période tchang de 6940 jours. 

4°. Pour les années de 354 jours antérieures à 104 av. J.-C, 
les mois de 29 et de 30 jours se succèdent de la manière suivante: 

formule IL 29. 29. 30. 30. 29. 30. 30. 30. 29. 29. 29. 30.*) 



1) J'emploie ici la terminologie usuelle qui fait concorder une année Chinoise arec 
l'année Européenne dans laquelle elle se trouve comprise en majeure partie. 

2) Cet ordre de saccession est celui qui résulte mathématiquement des données histo- 
riques sur lesquelles je me fonde. Rien ne prouve cependant que, dans toutes les années, 
ce soient les mêmes mois qui aient eu 29 ours et les mêmes mois qui aient eu 30 jours. 



E. CHAVANNES. 



Pour uue année de 384 jours, il suflSt d'ajouter un mois de 30 
jours à la série précédente. Quant aux années de 355 jours, j'ai 
admis arbitrairement que c'était le 8® mois, c'est-à-dire l'avant der- 
nier de l'année, qui avait 30 jours, au lieu que ce mois n'en 
compte que 29 dans une année de 354 jours. 

Il me reste maintenant à démontrer que ces solutions sont 
exactes. Dans la discussion qui va suivre, j'aurai constamment à 
me référer aux caractères cycliques par lesquels sont désignés les 
jours; pour plus de clarté, je remplacerai les caractères par les 
nombres qui leur correspondent dans le cycle sexagénaire, ainsi 
que l'expose la table ci-dessous. 

1 kia-tse. 16 ki-mao. 31 kia-ou. 46 ki-yeou. 

2 i-tch'eou. 17 keng-tch'en. 32 i-wei. 47 keng-siu. 

3 ping-yn. 18 sin-se. 33 ping-chen. 48 dn-hai. 

4 ting-mao. 19 jen-ou. 34 ting-yeou. 49 jen-tse. 

5 ou-tch'en. 20 koei-wei. 35 ou-siu. 50 koei-tch'eou. 

6 ki-se. 21 kia-chen. 36 ki-haù 51 kia-yn. 

7 keng-ou. 22 i-yeou. 37 keng-tse. 52 i-mao. 

8 sin-ioei. 23 ping-siu. 38 sin-tch'eou. 53 ping-ich'en. 

9 jen-chen. 24 ting-hai. 39 jen-yn. 54 ting-se. 

10 koei-yeou. 25 ou-tse. 40 koei-mao. 55 9u-ou. 

11 kia-siu. 26 ki-tch'eou. 41 kia-tch'en. 56 ki-wei. 

12 i-/iai. 27 keng-yn. 42 i-s6. 57 keng-chen. 

13 ping-tse. 28 sin-mao. 43 ping-ou. 58 sin-yeou. 

14 ting-tch'eou, 29 jen-tcJi'en. 44 ting-wei. 59 jen-siu. 

15 ou-yn. 30 koei-se. 45 ou-chên. 60 koei-hai. 

Voici un exemple qui montrera comment on peut tirer des 
renseignements fournis par les historiens les linéaments d'un système 



La chronologie que je propose w'e«^ ßfowc exacte qu'à un jour près, c'est-à-dire que le jour 
que j'indique comme le dernier d'un certain mois peut avoir été en réalité le premier du 
mois suivant et vice-versa. Mais l'accord se rétablit nécessairement à la fin de l'année. 



LA CHBONOLOGIB CHINOISE. Ö 

qui n'est autre que celui dont j'ai indiqué plus haut les principes. 
Se'7na Ta'ien nous apprend que le dernier jour du 7® mois de 
l'année 144 av. J.-C. était le jour sin-hai, 48® du cycle. On peut 
inférer de cette indication les caractères cycliques qui correspondent 
au dernier jour du 7® mois pour toutes les années ä 19 années, ou 
à un multiple de 19 années, de distance de l'année 144. En effet, 
une période de 19 ans, comprenant soit 6940, soit 6939 jours, se 
compose de 115 cycles de 60 jours, plus 40 ou plus 39 jours. 
Ainsi, pour l'année 125, distante de l'année 144 d'une période 
tchang de 6940 jours, je saurai que le dernier jour du 7^ mois 
sera désigné par les caractères cycliques sin-mao, et sera donc le 
28® du cycle sexagénaire; en effet, 48 -f- 40 = 60 + 28. De même, 
en l'année 106 le dernier jour du 7® mois correspondra au nom- 
bre 8 du cycle sexagénaire, car 28 -}~ 40 = 60 + 8. Enfin en l'an- 
née 87 qui est distante de l'année 106 d'une période tchang de 
6939 jours, le dernier jour du 7® mois sera marqué du nombre 47, 
car 8 + 39^:47. 

En appliquant ce raisonnement, pour trois périodes tchang^ à 
vingt indications fournies soit par Se-ma Ts'ien, soit par le livre 
des Han antérieurs, on obtient le tableau suivant: 

I. 206 *) 10^ mois, dernier jour 52 ^) du cycle 
205 9® mois, dernier jour 12 ') 

1) Cf. p. 3, n. 1. Dans cet eiemple particulier, le dernier jour du 10* mois est en 
207 et non en 206 av. J.-C. Il faudra tenir compte de cette observation dans toutes les 
dates qui suivront. 

2) Ts'ien Han chou, chap. VI, p. 19 r° : la 4* année fai-cfie (93 av. J.-C.) le dernier 
jour du 10* mois est kia-yn , 51* nombre du cycle sexagénaire. Si l'on fait abstraction de 
la réforme du calendrier t'ai-tch'ou, le 10* mois dont il est ici question sera celui de 
l'année 92 av. J.-C. distante de 6 fois 19 ans de l'année 206; le dernier jour du 10* mois 
de l'année 206 sera donc marqué du nombre 52 (= n 60 -|- 51 — 40 — 40 — 40 — 39 — 
40 — 40 = 60 + 51 — 59). 

3) Ta'ie» Han chou, chap. V, p. 4 r°: la 2* année de la 2* période de l'empereur 
King (148 av. J.-C), le dernier jour du 9* mois est kia-siu, 11* du cycle; on en conclut 
que le dernier jour du 9* mois de l'année 205 est marqué du nombre 12 (= n 60 -)- 11 — 
40 — 39 — 40 = 60 + 11 — 59). 



E. CHAVANNES. 

204 10^ mois, dernier jour 11 *) 
11® mois, dernier jour 40 *) 

9® mois, dernier jour 36 *) 
203 3« mois, dernier jour 33 *) 

8® mois, dernier jour 60 ^) 
201 7® mois, dernier jour 49 ") 
200 7® mois, dernier jour 43 ') 
199 IP mois, premier jour 42 ^) 

9® mois, dernier jour 6 ^) 



I) et 2) Ts'ien Han chou, chap. I, 1« partie, p. 16 r° : la 3" année de Kao-tsou 
(204 av. J.-C), le dernier jour du 10* mois fut kia-siu, 11« du cycle, et le dernier jour 
du 11« mois fut koei-mao, 40" du cycle. 

3) Ts'ien Hanchou, chap. V, p. 4 v° et Se-ma Ts'ien, chap. XI, p. 2 v°: la 3« an- 
née de la 2« période de l'empereur King, le dernier jour du Q« mois fut ou-siu, 35« du 
cycle. On en conclut que le dernier jour du 9« mois de l'année 204 fut marqué du nomhre 
36 (= n 60 + 35 — 40 — 39 — 40 = 60 + 35 — 59). 

4) Ts'ien Han chou, chap. VI, p. 15 r°: la 2« année yuen-cho (127 av. J.-C), le 
dernier jour du 3« mois fut i-hai, 12« du cycle. On en conclut que le dernier jour du 3« 
mois de l'année 203 fut marqué du nomhre 33 (= n 60 + 12 — 40 — 40 — 39 — 40 = 
60 + 12 — 39). 

5) Ts'ien Han chou, chap. VI, p. 20 r° : la 4« année tcheng-ho (89 av. J.-C), le 
dernier jour du 8« mois fut sin-yeou, 58« du cycle. On en conclut que le dernier jour du 
8« mois de l'année 203 fut marqué du signe 60 (= n 60 + 58 — 39 — 40 — 40 — 40 — 
39_40 = 60 + 58 — 58). 

6) Ts'ien Han chou , chap. V, p. 6 v° : la 6« année de la 2« période de l'empereur 
King (144 av. J.-C), le dernier jour du 7« mois fut sin-hai, 48« du cycle. On en conclut 
que le dernier jour du 7« mois de l'année 201 av. J.-C. fut marqué du nombre 49 
(= n 60 + 48 — 40 — 39 — 40 = 60 + 48 — 59). 

7) Ts'ien Han chou, chap. V, p. 6 v° et Se-ma Ts'ien, chap XI, p. 3 r°: la 1« an- 
née de la dernière période de l'empereur King (143 av. J.-C ), le dernier jour du 7« mois 
fut i-se, 42« du cycle. On en conclut que le dernier jour du 7« mois de l'année 200 fut 
marqué du nombre 43 (= n 60 + 42 — 40 — 39 — 40 = 60 + 42 — 59). 

8) Ts'ien Han chou, chap. VI, p. 16 r° et Se-ma Ts'ien, chap. XXVI, p. 3 r°: la 
1« année t'ai-tch'ou (104 av. J.-C), le premier jour du 11« mois fut kia-tse, l«"" du cycle; 
on en conclut que le l«' jour du 11« mois de l'année 199 fut marqué du nombre 42 
(= n 60 + 1 — 40 — 40 — 40 — 39 — 40 = 60 + 1 — 19). 

9) Se-ma Ts'ien, chap. IX, p. 6 ?-° : la 8« année de l'impératrice hu (180 av. J.-C), 
le dernier jour du neuvième mois intercalaire ( ^j^ yL /\ ) f"* ki-yeou, 46« du cycle. 
Le Ts'ien Han chou, chap. IV, p. 2 r°, dit aussi que le jour ki-yeou appartint au 9« mois 



LA CHRONOL06IB CHINOISE. 

198 10® mois, premier jour 7 ') 
5** mois, dernier jour 3 *) 

196 10® mois, dernier jour 54 ') 
2® mois, premier jour 24 *) 

195 9® mois, dernier jour 14 ^) 



intercalaire ( ^M 7^ ^ )• Cependant Se-ma Ts'ien et Pan Kou sont tous deux dans 
l'erreur en notant ce mois comme intercalaire; en réalité il s'agit da 9^ mois ordinaire j 
en effet, on lit an pea plas haat dans Se-ma Ts'ien qae le 9" mois présenta les jours 
keng-chen, sxn-yeou et j en-si u, 57', 58* et 59* da cycle; pour que cela soit possible, il faut 
qae le mois dont le dernier jour est marqué du nombre 46 suive immédiatement le 8* mois; 
c'est donc le 9* mois et non an mois intercalaire qui tiendrait après le 9* mois. On verra 
d'ailleurs plus loin (p. 10, n. 2) que l'année 180 ne peut pas renfermer de mois intercalaire. 
— Le dernier jour du 9* mois de l'année 180 étant marqué du nombre 46, on eu conclut 
que le dernier jour du 9<^ mois de l'année 199 sera marqué du nombre 6 (= n 60 -f- 46 — 
40 = 46 — 40). 

1) Se-ma Ts'ien, chap. X, p. 2 r°: la première année de l'empereur Wen (179 av. 
J.-C), le 10* mois, au jour keng-siu, 47* du cycle. Comme le dernier jour de l'année 180 
(cf. la note précédente) est marqué du nombre 46, le jour marqué du nombre 47 est donc 
le premier de Tannée suivante ou le premier jour du 10* mois. On en conclut que le 
premier jour du 10* mois de l'année 198 est marqué du signe 7 (=n60-|-47 — 40 = 
47 — 40). 

2) Ts'ien Han chou, chap. VI, p. 8 r° : la 1* Sianée yuen-càeou (122 av. J.-C), aa 
cinquième mois, le dernier jour da mois fat i-se, 42* da cycle. On en conclat qae le der- 
nier jour du cinquième mois de l'année 198 fut marqué du signe 3 (= n60-|-42 — 
40 — 40 — 39 — 40 = 42 — 39). 

3) Se-ma Ts'ien, chap. X, p. 5 r**: la 3* année de l'empereur Wen (177 av. J.-C), 
aa 10* mois, le dernier jour du mois fut ting-yeou, 34* du cycle. On en conclat que le 
dernier jour da 10* mois de Tannée 196 fut marqué du nombre 54 (=n60-|-34 — 
40 = 60 -)- 34 — 40). — Le Ts'ien Han chou, chap. IV, p. 6 p**, dit qu'en cette même 
année, le dernier jour du 11* mois fut ting-mao, 4* du cycle; cette donnée assignerait une 
durée de 30 jours aa 10* mois qui, dans ma chronologie, n'en compte que 29 ; mais j'ai 
fait remarquer plus haut (p. 3, n. 2) que le système que je propose n'est exact qu'à un 
jour près. 

4) Ts'ien Han chou, chap. VI, p. 2 r": la 2* année kien-yuem (139 av. J.-C), au 7* 
mois, le premier jour du mois fut ping-siu, 23* du cycle. On en conclut qu'en 196 av. J.-C 
le premier jour du 2* mois fat marqué du nombre 24 (= n 60 -j- 23 — 40 — 39 — 40 = 
GO + 23 — 59). 

5) Ts'ien Han chou, chap. VI, p. 2 r'^: la 3* année kien-yuen (138 av. J.-C), au 9« 
mois, le dernier jour du mois fut jnng-/se, 13* du cycle. On en conclut que le dernier 
jour du 9* mois de Tannée 195 fut marqué du nombre 14 (= n 60 -|- 13 — 40 — 39 — 
40 = 60 + 13 — 59). 



8 E. CHAVANNES. 

193 3^ mois, premier jour 6 ') 

4^ mois, premier jour 36 *) 
188 11^ mois, premier jour 39 *) 

4® mois, dernier jour 35 *) 

II. 187 10« mois, dernier jour 32 

186 9® mois, dernier jour 52 

185 10® mois, dernier jour 51 

11® mois, dernier jour 20 

9® mois, dernier jour 16 
184 3® mois, dernier jour 13 

8® mois, dernier jour 40 
182 7® mois, dernier jour 29 
181 7® mois, dernier jour 23 



1) et 2) Se-ina Ts'ien, chap. LX, p. 1 r° et p. 3 r°: la 6« année yuen-cAeou (117 
av. J.-C), le l" jour du 3^ mois fut ou-chen, 45^ du cycle, et le \" jour du 4^ mois fut 
ou-yn, 15" du cycle. On en conclut que le l*"' jour du 3" mois de l'année 193 fut marqué 
du nombre 6 (= n 60 + 45 — 40 — 40 — 39 — 40 = 45 — 39), et que le 1" jour du 4« 
mois de l'année 193 fut marqué du nombre 36 (= n 60 -f 15 — 40 — 40 — 39 — 40 = 
60 + 15 — 39). 

3) Ts'ien Han chou, chap. VI, p. 11 r° : la 5« année yuen-ting (112 av. J.-C), au 
11* mois, le dernier jour du mois fut sin-se, IS«' du cycle. On en conclut que le dernier 
jour du 11« mois de l'année 188 fut marqué du nombre 39 (= n60 + 18 — 40 — 40 — 

39 — 40 = 60 4-18 — 39). 

4) Ts'ien Hau chou, chap. VI, p. 12 r°: la 5* année yuen-ting (112 av. J.-C), au 
4'' mois, le dernier jour du mois fut ting-tcKeou, 14« du cycle; ou en conclut que le 
dernier jour du 4* mois de l'année 188 fut marqué du nombre 35 (=n60-|-14 — 40 — 

40 — 39 — 40 = 60 -)- 14 — 39). — A côté de ces vingt données qui concordent entre 
elles d'une manière rigoureuse, on trouvera dans He-ma Ts'ien et dans le Ts'ien Ran chou 
d'autres indications qui sont inconciliables avec elles (par exemple: Ts'ien Han chou, 
chap. IV, p. 5 p", la 2* année de l'empereur Wen, le dernier jour du 11« mois fut 
koei-mao, 40« du cycle; — Ts'ien Han chou, chap. IV, p. 11 r°, la 4° année de la 
2' période de l'empereur Wen, 160 av. J.-C, le dernier jour du 4' mois fut ping-yn, 
3' du cycle, — etc.); mais, en présence du système parfaitement logique que nous révè- 
lent les 20 observations que j'ai signalées et dont une étude plus approfondie de Se-ma 
Ts'ien et du Ts'ien Han chou permettrait sans doute d'augmenter le nombre, nous sommes 
en droit de rejeter comme absolument fautives toutes les données qui ne s'accordent pas 
avec ce système. 



LA CHRONOLOGIE CHINOISE. 

180 11^ mois, premier jour 22 

9^ mois, dernier jour 46 
179 10® mois, premier jour 47 

5® mois, dernier jour 43 
177 10® mois, dernier jour 34 

2® mois, premier jour 4 
176 9® mois, dernier jour 54 
174 3^ mois, premier jour 46 

4® mois, premier jour 16 
169 11® mois, premier jour 19 

4® mois, dernier jour 15 

m. 168 10® mois, dernier jour 12 

167 9® mois, dernier jour 31 

166 10® mois, dernier jour 30 

11® mois, dernier jour 59 

9® mois, dernier jour 55 
165 3® mois, dernier jour 52 

8® mois, dernier jour 19 
163 7® mois, dernier jour 8 
162 7® mois, dernier jour 2 
161 11® mois, premier jour 1 

9® mois, dernier jour 25 
160 10® mois, premier jour 26 

5® mois, dernier jour 22 
158 10® mois, dernier jour 13 

2® mois, premier jour 43 
157 9® mois, dernier jour 33 
155 3® mois, premier jour 25 

4® mois, premier jour 55 
150 11® mois, premier jour 58 

4^ mois, dernier jour 54 



10 E. CHAVANNES. 

De ce tableau, je puis déduire aisément la longueur des divers 
mois *). En effet, si le dernier jour du 10^ mois est marqué du 
nombre 11 tandisque le dernier jour du 11® mois est marqué du 
nombre 40, il est évident que le 11® mois a 29 jours. On trouvera 
ainsi directement la longueur de la plupart des mois; et la lon- 
gueur des autres se trouvera déterminée par le nombre de jours 
compris entre les deux mois qui précédent et suivent chacun d'eux. 

On trouvera également à l'aide de ce tableau quelles sont les 
années qui renferment ua mois intercalaire et quelles sont celles 
qui ont 354 et celles qui ont 355 jours. Soit, par exemple l'année 
182; le dernier jour du 2® mois est marqué du nombre 29; le 
dernier jour du 7® mois de l'année suivante est marqué du nombre 
23; de la première à la seconde de ces dates il s'est écoulé un 
nombre de jour égal à n 60 + 23 - 29 = (n 60 — 60) + 73 - 29 = 
(n 60 — 60) + 54 = 354, L'année 182 aura donc 354 jours. — De 
même, si le premier jour du 8® mois de l'année 181 est marqué 
du nombre 24, il faudra, pour que le premier jour du IP mois de 
l'année 180 soit marqué du nombre 22, que l'année 181 compte 
384 jours, c'est-à-dire qu'elle renferme un mois intercalaire; en 
effet, de la première à la seconde de ces dates il s'est écoulé un 
nombre de jours 'égal à n 60 + 22 — 24 = (n 60 - 60) + 82 — 24 = 
60 4-58 = 118; or pour obtenir un total de 118 jours, il faut que 
l'année 181 ait eu un mois intercalaire: 

181 8® mois 29 jours 

9e » 30 » 

mois intercalaire 30 » 

180 lOe mois 29 » 



total 118 jours ^). 



1) Cette longueur n'est d'ailleurs qu'une longueur moyenne ou sche'matique, car les mêmes 
mois n'ont pas nécessairement la même longueur dans des années différentes (cf. p. 3, n. 2), 

2) Ce calcul prouve qu'il ne faut tenir aucun du texte manifestement fautif de Se-ma 



LA CHRONOI.OGIK CHINOISB. 11 

En appliquant cette méthode aux données do tableau ci-dessus, 
ou trouvera que la succession des années de 384, de 355 et de 
354 jours est, pour la période tchang comprise de 206 à 188 av. 
J.-C, la suivante: 

206 205 204 203 202 201 200 199 198 197 
355 384 354 354 384 354 384 354 384 355 
196 195 194 193 192 191 190 189 188 
354 355 384 354 354 384 355 384 354 

Cet ordre de succession est celui là même dont j'ai donné plus 
haut le scheme dans la formule I. 

Les résultats ainsi obtenus reçoivent d'ailleurs une confirmation 
directe des textes historiques pour ce qui concerne quatre des an- 
nées de 384 jours. En effet, nous lisons dans Sé-ma Ts'ien (chap. 
XVII, p. 3 v°, p. 10 v° et p. 14 r°) qu'il y eut un mois inter- 
calaire, placé après le neuvième mois, dans chacune des trois an- 
nées 208, 205 et 202 av. J.-C. Les années 205 et 202 sont com- 
prises dans la période tchang que nous venons d'examiner; quant 
à l'année 208, je puis inférer du fait qu'elle renferme un mois 
intercalaire, que l'année 189 (= 208 — 19) dut être aussi de 384 
jours. Enfin, nous lisons dans Se-ma Ts'ien (chap. XI, p. 1 r") 
que la 4^ année de l'empereur King '), c'est-à-dire l'année 153 
av. J.-C, présenta un neuvième mois intercalaire; on en peut 
conclure que l'année 191 (= 153 -j- 19 + 19) eut aussi un mois 
intercalaire. 

Dans la période tchang comprise entre 168 et 150 av. J.-C, 
j'ai calculé toutes les dates postérieures au 8^ mois de l'année 168 



Ts'ien qui donnerait à entendre qae ce fut Tannée ISO et non Tannée 181 qui renferma 
un mois intercalaire. Cf. p. 6, n. 9 

1) Dans ce même chapitre, p. 2 r°, on voit qne la 6° année de Temperear JTtn^, soit 
Tannée 151 av. J.-C, contient un mois intercalaire; mais cette donnée n'apporte rien de 
nouveau puisqu'elle fait double emploi avec le renseignement que nous possédons relative- 
ment à Tannée 208; en effet, 208 = 151 + (3 X 19). 



12 E. CHAVANNBS. 

en ajoutant 39, et non 40, aux nombres du cycle sexagénaire qui 
désignent les dates correspondantes du tchang précédent. C'est qu'en 
efiet, l'année 168 n'est que de 354 jours, au lieu d'être de 355 
jours comme le voudrait une période tchang de 6940 jours. Il me 
reste donc à établir comment j'ai reconnu que l'année 168 n'avait 
que 354 jours. L'année 168 est distante de 76 ans de l'année 92; 
ce qui sera vrai d'une de ces années sera donc vrai de l'autre et, 
si l'année 92 est de 354 jours, il en sera de même de l'année 168. 
Le Ts'ien Han chou ^) nous apprend, d'une part qu'en l'an 92 le 
dernier jour du 10^ mois '^) (12 Décembre 93) fut marqué du nom- 
bre 51, d'autre part, qu'en 89 le dernier jour du 8® mois (29 Sep- 
tembre 89) fut marqué du nombre 58 et de cette seconde donnée 
on déduit que le dernier jour du 10^ mois suivant (27 Nov. 89) 
sera marqué du nombre 57. Dans une période ^cäaw^ de 6940 jours, 
le total des jours écoulés entre ces deux derniers jours du 10® mois 
serait de 355 -f- 384 -|- 354 -|- 354 = 1447 jours; or, du dernier jour 
du 10® mois marqué du nombre 51 au dernier jour du 10® mois 
marqué du nombre 57, il s'est écoulé en réalité un nombre de 
jours égal à n 60 -|- 57 — 51 ou n 60 -{- 6, c'est-à-dire, dans le cas 
présent 1446 jours; en d'autres termes, il faut que l'une des quatre 
années que nous avons prises en considération soit inférieure d'un 
jour à ce qu'elle serait dans une période tchang de 6940 jours; 
comme il n'y a pas dans le calendrier chinois des Han d'années 
de 383 ou de 353 jours, la réduction ne peut porter évidemment 
que sur la seule année de 355 jours qui soit comprise dans le 
nombre des quatre années auxquelles nous avons affaire; ce sera donc 
l'année 92 (et par suite aussi l'année 168) qui aura 354 jours au lieu 
de 355, son 8® mois comptant 29 jours au lieu de 30. C. Q. F. D. 



1) Cf. p. 5, note 2 et p. 6, note 5. 

2) Pour la clarté de l'exposition, je néglige ici la réforme du calendrier fai-tch'ou 
et je suppose que Tannée 92 commence au 10* mois. 



LA CHRONOLOGIE CHINOISE. 13 

En me servant des principes précédemment exposés, j'ai pu 
établir la chronologie de l'époque des Ts'in et du commencement 
des premiers Han. Elle doit se trouver exacte jusqu'à la date 
où je l'arrête, c'est-à-dire jusqu'à l'au 87; mais on ne saurait 
la poursuivre plus loin sans soumettre les textes historiques à un 
nouvel examen; il semble en effet que, peu après la mort de 
l'empereur Ou, on introduisit dans le calendrier une modification 
qui produisit une différence d'un jour dans les supputations de la 
chronologie. Voici trois observations ') qu'on relève dans les histo- 
riens Chinois pour des années peu postérieures à l'empereur Ow. 
eu 54, le premier jour du 4^ mois fut marqué du nombre 38; en 
42, le 1^^ jour du 3^ mois fut marqué du nombre 59; en 40, le 
dernier jour du 6® mois fut marqué du nombre 15. En appliquant 
à ces données la méthode que nous avons indiquée plus haut, on 
trouverait par exemple qu'en 111 le l^'^ jour du 4^ mois aurait été 
marqué du nombre 39 (= n 60 + 38 — 40 - 39 — 40), qu'en 99 
le P^ jour du 3® mois aurait été marqué du nombre 60 (= n 60 + 
59 — 40 — 40 — 39) et qu'en 97 le dernier jour du 6^ mois aurait 
été marqué du nombre 16 (= n 60 + 15 — 40 — 40 — 39). Or ces 
trois nombres 39, 60 et 16 sont tous trois inférieurs d'une unité 
aux trois nombres qu'il faut admettre en partant des données de 
Se-rna Ts'ien et de Pan Kou. Cet exemple montre qu'on ne peut 
pas traiter de la chronologie Chinoise en partant de principes 
a priori et qu'il faut tenir soigneusement compte de toutes les 
réformes qui ont pu être apportées au calendrier à des époques 
diverses. 

Si j'ai fait cesser à l'année 87 av. J.-C. le tableau de la 
chronologie qu'on trouvera ci-après, d'autre part, afin de couvrir 
exactement un espace de deux périodes de 76 ans, j'ai cru pouvoir 



1) Elles sont tirées toutes trois da T'ong kien tsi lan, aux années 54, 42 et 40 av. J.-C. 



14 fe. CHAVANNBS. 

la faire remonter jusqu'en l'an 238, quoique la donnée la plus 
ancienne sur laquelle je me fonde ne soit que de l'an 204 av. J.-C. 
Cette régression des calculs m'a paru admissible puisque les Han 
se sont bornés, depuis leur avènement jusqu'à l'an 104 av. J.-C, 
à suivre le calendrier qui était en vigueur au temps des Ts'in-, on 
peut donc, avec de grandes chances de rester dans le vrai, appli- 
quer à l'époque des Ts'in la méthode en usage au commencement 
des premiers Han. 

On ne saurait faire remonter le système que nous venons d'ex- 
poser au-delà de la dynastie Ts'in; sous les Tcheou en effet, le 
calendrier était notablement différent; pendant la période tch'oen- 
ts'ieou (722 — 481 av. J.-C), non-seulement le 1^^ mois de l'année 
était le 2® mois d'hiver, c'est-à-dire qu'il correspondait au IP mois 
des Han, mais encore le mois intercalaire se plaçait à des époques 
diverses de l'année. Si notre cahmdrier est autre que celui des Tcheou, 
on peut cependant en tirer une confirmation très intéressante de 
l'exactitude de la chronologie du tch'oen-ts'ieou. Voici comment on 
procédera: le tch'oen-ts'ieou mentionne 36 éclipses de soleil et, pour 
33 d'entre elles il indique le nombre du cycle sexagénaire qui 
correspond au jour où elles eurent lieu (cf. Legge, Chinese classics, 
tome V, prol., p. 86); de ces 33 dates on peut déduire les dates 
correspondantes après un nombre de périodes de 76 années qui 
nous ramène à l'époque des premiers Han; nous dresserons ainsi 
le tableau suivant dans lequel les trois premières colonnes A, B, C 
indiquent l'une l'année, la seconde le mois et la troisième le nom- 
bre cyclique du premier jour de ce mois, tels qu'ils sont fournis 
par le tch'oen-ts'ieou; les colonnes D, E, F indiquent l'une l'année 
des Han, la seconde le mois et la troisième le nombre cyclique du 
premier jour de ce mois tels que le calcul démontre (si l'on part 
des données du tch'oen-ts'ieou) qu'ils devraient être après un certain 
nombre de périodes de 76 ans; enfin la colonne G indique le nom- 



lA CHRONOLOGIE CHINOISE. 



15 



hre cyclique du premier jour du mois des Ha7i tel qu'il résulte de 
la chronologie qu'on trouvera à la fin de cet article: 



I 

II 

III 

IV 

V 

VI 

VII 

VIII 

IX 

X 

XI 

XII 

XIII 

XIV 

XV 

XVI 

XVII 

XVIII 

XIX 

XX 

XXI 

XXII 

XXIII 

XXIV 

XXV 

XXVI 

XXVII 

XXVIII 

XXIX 

XXX 

XXXI 

XXXII 

xxxm 



720 

709 

669 

668 

664 

655 

648 

626 

612 

601 

599 

592 

575 

574 

559 

558 

553 

552 

552 

551 

549 

549 

546 

535 

527 

525 

521 

519 

518 

511 

505 

498 

495 



2 
7 
6 

12 
9 
9 
3 
2 
6 
7 
4 
6 
6 

12 
2 
8 

10 
9 

.10 



6 
29 

8 
60 

7 
45 

7 
60 
38 

1 
53 
40 

3 
54 
32 
54 
53 
47 
17 



donne 



2 


10 


7 


1 


8 


30 


12 


12 


4 


41 


6 


54 


6 


11 


7 


19 


12 


10 


5 


32 


12 


48 


3 


48 


11 


3 


8 


17 



D 


E 


F 




G 


188 


12 


39 


au lieu de 


8 


177 


5 


2 


» 


33 


137 


4 


41 


» 


H 


136 


10 


33 


V 


32 


132 


7 


40 


9 


11 


123 


7 


18 


» 


18 


116 


1 


40 


» 


40 


170 


12 


54 


f> 


24 


156 


4 


32 


9 


31 


145 


5 


55 


» 


57 


143 


2 


47 


» 


46 


136 


4 


34 


» 


35 


119 


4 


57 


» 


56 


118 


10 


48 


» 


18 


179 


12 


47 


» 


45 


178 


6 


9 


» 


8 


173 


8 


8 


» 


8 


172 


7 


2 


» 


33 


172 


8 


32 


» 


-2 


171 


12 


25 


» 


29 


169 


5 


16 


» 


17 


169 


6 


45 


» 


47 


166 


10 


27 


» 


56 


150 


2 


56 


» 


21 


147 


4 


9 


» 


39 


145 


4 


26 


9 


27 


141 


5 


34 


]» 


33 


139 


10 


25 


» 


19 


138 


3 


47 


» 


46 


131 


10 


3 


» 


3 


125 


1 


3 


» 


2 


118 


9 


18 


» 


18 


115 


6 


32 


» 


3 



Comparons maintenant les colonnes F et G. Comme le mois 
intercalaire à l'époque des Tcheou occupait une place variable 



16 Is. CHAVANNBS. 

tandis qu'au commencement des Han il venait toujours après le 
9® mois, il est évident que l'on remarquera souvent, entre les résul- 
tats auxquels on arriverait en partant des données du tch'oen-ts'ieou, 
et la réalité, un écart de 30 jours qui s'explique par une difiFéreuce 
de position du mois intercalaire. Si l'on tient compte de cette ob- 
servation, on reconnaîtra que, dans la liste ci-dessus, à l'exception 
des n°^ XX, XXIV et XXVIII qui doivent être des corruptions de 
texte dans le tch'oen-ts'ieou^ les trente autres cas coïncident à deux 
jours près au maximum dans les listes F et G. La coïncidence est 
absolue dans les cas VI, VII, XVII, XXX, XXXTI; elle est absolue, en 
tenant compte de la différence de position du mois intercalaire, 
dans les cas III, VIII, XIV, XIX, XXV; la coïncidence se produit 
à un jour près dans les cas I, II, IV, V, IX, XI, XII, XIII, XVI, 
XVIII, XXI, XXIII, XXVI, XXVII, XXIX, XXXI, XXXIII; 
enfin elle se produit à deux jours près dans les cas X, XV, XXII. 
Cet écart maximum de deux jours s'explique par deux raisons: en 
premier lieu, le calendrier des Tcheou diffère d'un jour de celui du 
commencement des premiers Hon; nous en avons la preuve dans 
le fait que le tch'oen-ts'ieou assigne toutes les éclipses de soleil au 
premier jour du mois, candisque Se-ma Tsien les note, sous les 
Ts'in et les Han au dernier jour du mois '); en second lieu, il 
faut tenir compte de l'inégalité dans l'ordre de succession des mois 
de 29 et de 30 jours tant sous les Tcheou que sous les Han. De 
cette comparaison entre le tch'oen-ts'ieou et le calendrier des Han 
nous pouvons donc tirer une preuve nouvelle de la parfaite exacti- 
tude de la chronologie dans la chronique de Confucius. 

Revenons à la chronologie du commencement des Han. Après 
avoir dressé la liste des années et des mois Chinois et après avoir 



1) Après l'empereur Ou, les historiens recommencement à assigner les éclipses de soleil 
au premier jour du mois; cela est d'accord avec la remarque faite plus haut (p. 13) que 
le calendrier fut modifié d'un jour peu de temps après la mort de l'empereur Ou. 



LA CHRONOLOGIK CHINOIS«. 



17 



déterminé les nombres du cycle sexagénaire qui correspondent au 
premier jour de chaque mois, il restait à établir les corrélations 
entre le calendrier Chinois et le calendrier Julien; la tâche est 
rendue fort aisée par le tableau qu'a dressé le père Gaubil (traité 
de la chronologie Chinoise, p. 191) des dates Chinoises du 1*^"^ Jan- 
vier pour une période de 80 ans; les caractères cycliques corres- 
pondant au 1^^ Janvier se retrouvant être les mêmes tous les 80 
ans, ce tableau peut servir indéfiniment; je le reproduis ici en le 
renversant, disposition qui me paraît plus commode pour les an- 
nées antérieures à l'ère chrétienne; les trois colonnes A, B, C, 
renferment les trois premières périodes de 80 années antérieures à 
l'ère chrétienne; la colonne D indique le nombre du cycle sexagénaire 
qui correspond au 1^"^ Janvier de chacune d'elles; l'astérisque placé à 
côté de certains de ces nombres indique que l'année est bissextile: 



461 
162 
163 
164 
165 
166 
167 
168 
169 
170 
171 
172 
173 
174 
175 
176 
177 
178 
179 
180 
181 
182 
183 
184 
185 
186 
187 
188 
189 
190 



B 


A 


81 


1 


82 


2 


83 


3 


84 


4 


85 


5 


86 


6 


87 


7 


88 


8 


89 


9 


90 


10 


91 


11 


92 


12 


93 


13 


94 


14 


95 


15 


96 


16 


97 


17 


98 


18 


99 


19 


100 


20 


101 


21 


102 


22 


103 


23 


104 


24 


105 


25 


106 


26 


107 


27 


108 


28 


109 


29 


110 


30 



3 

58 

53 

47* 

42 

37 

32 

26* 

21 

16 

11 

5* 
60 
55 
50 
44* 
39 
34 
29 
23* 
18 
13 

8 

2* 
57 
52 
47 
41* 
36 



18 



E. CHAVANNES. 



491 

192 
193 
194 
195 
196 
197 
198 
199 
200 
201 
202 
203 
204 
205 
206 
207 
208 
209 
210 
211 
212 
213 
214 
215 
216 
217 
218 
219 
220 
221 
222 
223 
224 
225 
226 
227 
228 
229 
230 
231 
232 
233 
234 
235 
236 
237 
238 
239 
240 



B 


A 


111 


31 


112 


32 


113 


33 


114 


34 


115 


35 


116 


36 


117 


37 


118 


38 


119 


39 


120 


40 


121 


44 


122 


42 


123 


43 


124 


44 


425 


45 


426 


46 


427 


47 


428 


48 


429 


49 


430 


50 


434 


54 


432 


52 


433 


53 


434 


54 


435 


55 


436 


56 


437 


57 


438 


58 


439 


59 


440 


60 


444 


64 


442 


62 


443 


63 


444 


64 


445 


65 


446 


66 


447 


67 


448 


68 


449 


69 


450 


70 


454 


74 


452 


72 


453 


73 


454 


74 


455 


75 


456 


76 


457 


77 


458 


78 


459 


79 


460 


80 



D 

34 

26 

20* 

45 

40 

5 
59* 
54 
49 
44 
38* 
33 
28 
23 
47* 
42 

7 

2 
56* 
54 
46 
44 
35* 
30 
25 
20 
44* 

9 

4 
59 
53* 
48 
43 
38 
32* 
27 
22 
47 
44* 

6 

4 
56 
50* 
45 
40 
35 
29* 
24 
49 
44 



L'exactitude de cette table se vérifie suffisamment par les dates que 
Se-ma Ts'ien ^) assigne au solstice d'hiver: la 5® année y uen-ting, Skii 



1) Traité sur les sacrifices fong et cAan. 



LA CHROÎÏOLOGIB CHINOISE. 19 

11^ mois, le P"" jour du mois qui était marqué du nombre cyclique 
18, eut lieu le solstice d'hiver; par la table ci-dessus, on voit que 
le 1^' Janvier de l'année 112 av. J.-C. était marqué du nombre 
cyclique 26; le solstice d'hiver eut donc lieu 8 jours auparavant 
(26 — 18 = 8), c'est-à-dire le 24 Décembre 113. De même, la 
1'® année t'ai-tch'ou, an premier 11^ mois, le P'" jour du mois qui 
était marqué du nombre cyclique 1, eut lieu le solstice d'hiver; la 
table ci-dessus nous indique le nombre cyclique 8 comme corres- 
pondant au 1^"^ Janvier 104 av. J.-C; le solstice d'hiver eut donc 
lieu 7 jours auparavant (8 — 1 = 7), c'est-à-dire le 25 Décembre 105 *). 
De même, le chapitre Lu H tche du Ts'/e« Han chou nous apprend 



1) M. le lieutenant de vaisseau Assier de Pompignan a bien voulu, sur ma demande, 
calculer les dates exactes de ces solstices. En 105 av. J.-C., le solstice d'hiver a dû se 
produire à Si-ngan fou le 23 Décembre (style Julien), à 10 h. i du soir; en 113 av. J.-C., 
il a dû se produire vers minait, dans la nuit du 23 au 24 Décembre (style Julien). «Ces 
heures, ajoute M. de Pompignan, peuvent comporter une inexactitude d'une demi-heure 
en plus ou en moins. On pourrait donc admettre pour Tannée 113 la date du 24, mais 
celle du 25 pour l'an 105 doit être rejetée. 

«L'erreur d'un jour qu'il faudrait ainsi attribuer à Se-ma Tt'ien est très-admissible si 
l'époque qu'il assigne an solstice a été déterminée par l'observation directe du gnomon. 
Elle n'aurait rien d'extraordinaire non plus si cette époque était déduite de quelque théorie 
do soleil permettant de calculer sa longitude ou son ascension droite en fonction du temps; 
il sufBrait en effet que ces éléments fussent erronés d'un degré, ce qui est sans doute pos- 
sible avec des astronomes aussi novices que les Chinois. 

«La date Julienne du 24 Décembre correspond au 21 Décembre Grégorien. En effet le 
retard du calendrier Julien était de 10 jours en 1582; il n'a plus été que de 9 jours an 
l'' Janvier 1500, puisque cette année, bissextile en style Julien, ne l'est pas en style Gré- 
gorien. En remontant ainsi il faudra retrancher une unité de ce retard pour chaque année 
séculaire, sauf pour celles dont le nombre de siècles sera divisible par 4. Or, de 1582 à 
— 112 ou — 104, il y à 17 années séculaires dont 4, savoir 0, 400, 800 et 1200, ont 
leur nombre de siècles divisible par 4. 11 faut donc retrancher 13 jours du retard qu'avait 
en 1582 la date Julienne sur la date Grégorienne. On obtient ainsi 3 jours d'avance pour 
les années considérées, ou, en d'autres termes, 3 jours cU retard du calendrier Grégorien 
sur le calendrier Julien. 

«J'ai employé, pour déterminer la longitude du soleil, les tables de Le Verrier (Annales 
de l'Observatoire de Paris, T. IV, pp. 102 et suivante). Un coup d'oeil jeté sur ces tables 
montre que je n'avais pas à tenir compte des perturbations causées par la Lune ou les 
planètes dont l'introduction eût considérablement compliqué le problème. Ainsi réduit le 
calcul est très-aisé à vérifier». 



20 



E. CHAVANNES. 



que le solstice d'hiver eut lieu la 6^ année yuen-clio au 11^ mois, 
au P^ jour qui était le jour kia-chen, 21^ du cycle; on en conclut, 
d'après la table ci-dessus, que la date Julienne de ce solstice est 
le 25 Décembre 124 av. J.-C. Il est évident en outre que, les dates 
du calendrier Julien qui correspondent aux dates chinoises se re- 
produisant les mêmes tous les 76 ans, on retrouvera le solstice 
d'hiver assigné au 24 Décembre 189, P"" jour du IP mois de la 
7® année de l'empereur Hoei et qu'on retrouvera le solstice d'hiver 
assigné au 25 Décembre 200, l^'^jour du 11^ mois de la 8® année 
de Kao-tsou et au 25 Décembre 181, P"" jour du IP mois de la 
8^ année de l'impératrice Lu. 

Voici maintenant le tableau chronologique qui résulte des con- 
sidérations théoriques qui précèdent; la 1"^*^ colonne indique l'année 
Chinoise; la 2^ colonne, le numéro du mois; la 3^ colonne, le 
nombre du cycle sexagénaire correspondant au \^^ jour du mois; 
enfin la 4^ colonne renferme la .date en calendrier Julien corres- 
pondante au premier jour du mois Chinois. 



9e année de 


10 


29 


7 Novembre 239 


11« année de 


10 


47 


14 Novembre 237 


Tcheng, 


11 


58 


6 Décembre 


Tcheng, 


11 


16 


13 Décembre 


roi de TsHn. 


12 


27 


4 Janvier 238 


roi de Ts'in. 


12 


45 


11 Janvier 236 


(384 jours). 


1 


57 


3 Février 


(384 jours). 


1 


15 


10 Février 




2 


27 


5 Mars 




2 


45 


12 Mars 




3 


56 


3 Avril 




3 


14 


10 Avril 




4 


26 


3 Mai 




4 


44 


10 Mai 




5 


56 


2 Juin 




5 


14 


9 Juin 




6 


26 


2 Juillet 




6 


44 


9 Juillet 




7 


55 


31 Juillet 




7 


13 


7 Août 




8 


24 


29 Août 




8 


42 


5 Septembre 




9 


53 


27 Septembre 




9 


11 


4 Octobre 




«9 


23 


27 Octobre 




»9 


41 


3 Novembre 


10e année de 


10 


53 


26 Novembre 238 


12e année de 


10 


11 


3 Décembre 236 


Tcheng, 


11 


22 


25 Décembre 


Tcheng, 


11 


40 


1 Janvier 235 


roi de Ts'in. 


12 


51 


23 Janvier 237 


roi de TsHn. 


12 


9 


30 Janvier 


(354 jours). 


1 


21 


22 Février 


(355 jours). 


1 


39 


1 Mars 




2 


51 


23 Mars 




2 


9 


31 Mars 




3 


20 


21 Avril 




3 


38 


29 Avril 




4 


50 


21 Mai 




4 


8 


29 Mai 




5 


20 


20 Juin 




5 


38 


28 Juin 




6 


50 


20 Juillet 




6 


8 


28 Juillet 




7 


19 


18 Août 




7 


37 


26 Août 




8 


48 


16 Septembre 




8 


6 


24 Septembre 




9 


17 


15 Octobre 




9 


36 


24 Octobre 



LA CHRONOLOGIE CHINOISE. 



21 



13« année de 

Tcheng, 
roi de Ts'in. 
(354 jours). 



14e année de 

Tcheng, 
roi de Tsin. 
(355 jours). 



15e année de 

Tcheng, 
roi de Tsin. 
(384 jours). 



16e année de 

Tcheng, 
roi de Tsin. 
(354 jours). 



17^ année de 

Tcheng, 
roi de Ts'in. 
(354 jours). 



10 


6 


11 


35 


12 


4 


1 


34 


2 


4 


3 


33 


4 


3 


5 


33 


6 


3 


7 


32 


8 


1 


9 


30 


10 60 


1129 


12 58 


128 


2Î58 


3,27 


457 


5127 


6l57 


7i26 


8Î55 


9 25 


10 55 


1124 


1253 


il 


23! 



23 
22 

20 
19 
21 
19 
19 
18 
18 
16 
14 
13 

12 
11 
9 
8 
9 
7 
7 
6 
6 
4 
2 
2 



Novembre 235 

Décembre 

Janvier 234 

Février 

Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Septembre 

Octobre 

Novembre 234 

Décembre 

Janvier 233 

Février 

Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Septembre 

Octobre 



1 Novembre 233 
30 Novembre 
29 Décembre 
28 Janvier 232 
2 53 27 Février 



2228 
5227 
2227 
52,26 
2125 
5023 
1921 
49i21 



Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Septembre 

Octobre 



10 1920 Novembre 232 

11 48 19 Décembre 



17|17 Janvier 
47 16 Février 
17118 Mars 
4616 Avril 
1616 Mai 
46:15 Juin 
16il5 Juillet 
45 13 Août 
14!11 Septembre 
43 10 Octobre 



231 



1013 



230 



540 

eliol 



9 Novembre 231 
8 Décembre 

6 Janvier 
5 Février 

7 Mars 
5 Avril 
5 Mai 
4 Juin 



4 Juillet 



18e année de 

Tcheng, 
roi de Ts'in. 
(384 jours). 



19e année de 

Tcheng, 
roi de Ts'in. 
(355 jours). 



20e année de 

Tcheng, 
roi de Ts'in. 
(384 jours). 



21e année de 

Tcheng, 
roi de Ts'in. 
(354 jours). 



22e année de 

Tcheng, 
roi de Ts'in. 
(355 jours). 



7 


39 


2 Août 


8 


8 31 Août 


9 


37 29 Septembre 


10 


7 29 Octobre 230 


11 


36 27 Novembre 


12 


5!26 Décembre 


1 


35 25 Janvier 229 


2 


5 24 Février 


3 


34 24 Mars 


4 


4 23 Avril 


5 


34 23 Mai 


6 


4 22 Juin 


7 


33 21 Juillet 


8 


2119 Août 


9 


31 


17 Septembre 


*9 


1 


17 Octobre 


10 


31 


16 Novembre 229 


11 


60 


15 Décembre 


12 


29 


13 Janvier 228 


1 


59 


12 Février 


2 


29 


14 Mars 


3 


58 


12 Avrü 


4 


28 


12 Mai 


5 


58 


11 Juin 


6 


28 


11 Juillet 


7 


57 


9 Août 


8 


26 


7 Septembre 


9 


56 


7 Octobre 


10 


26 


6 Novembre 228 


11 


55 


5 Décembre 


12 


24 


3 Janvier 227 


1 


54 


2 Février 


2 


24 


4 Mars 


3 


53 


2 Avrü 


4 


23 


2 Mai 


5 


53 


1 Juin 


6 


23 


1 Juillet 


7 


52 


30 Juillet 


8 


21 


28 Août 


9 


50 


26 Septembre 


*9 


20 


26 Octobre 


10 


50 


25 Novembre 227 


11 


19 


24 Décembre 


12 48 


22 Janvier 226 


118 


21 Février 


2 48 


23 Mars 


3;17 


21 Avril 


4'47 


21 Mai 


517 


20 Juin 


647 


20 Juillet 


716 


18 Août 


8 


45 


16 Septembre 


9 


14 


15 Octobre 


10 


44 


14 Novembre 226 


Ii;i3il3 Décembre 


1242ill Janvier 225 


1 


12 


10 Février 



22 



E. CHAVANNES. 





2 


42 


11 Mars 


27e année de 


10 


15 


18 Novembre 221 




3 


31 


9 Avril 


Ts'in Che hoang ti 


11 


44 


17 Décembre 




4 


41 


9 Mai 


(354 jours). 


12 


13 


15 Janvier 220 




5 


11 


8 Juin 




1 


43 


14 Février 




6 


41 


8 Juillet 




2 


13 


16 Mars 




7 


10 


6 Août 




3 


42 


14 Avril 




8 


39 


4 Septembre 




4 


12 


14 Mai 




9 


9 


4 Octobre 




5 


42 


13 Juin 




— 


— 






9 


12 


13 Juillet 


23e année de 


10 


39 


3 Novembre 225 




7 


41 


11 Août 


Tcheng, 


11 


8 


2 Décembre 




8 


10 


9 Septembre 


roi de Tsin. 


12 


37 


31 Décembre 




9 


39 


8 Octobre 


(384) jours). 


1 


7 


30 Janvier 224 














2 


37 


1 Mars 


28e année de 


10 


9 


7 Novembre 220 




3 


6 


30 Mars 


Ts'in Che hoang ti 


11 


38 


6 Décembre 




4 


36 


29 Avril 


(384 jours). 


12 


7 


4 Janvier 219 




5 


6 


29 Mai 




1 


37 


3 Février 




6 


36 


28 Juin 




2 


7 


5 Mars 




7 


5 


27 Juillet 




3 


36 


3 Avril 




8 


34 


25 Août 




4 


6 


3 Mai 




9 


3 


23 Septembre 




5 


36 


2 Juin 




*9 


33 


23 Octobre 




6 


6 


2 Juillet 




— 


— 






7 


35 


31 Juillet 


24e année de 


10 


3 


22 Novembre 224 




8 


4 


29 Août 


Tcheng, 


11 


32 


21 Décembre 




9 


33 


27 Septembre 


roi de TsHn. 


12 


1 


19 Janvier 223 




*9 


3 


27 Octobre 


(354 jours). 


1 


31 


18 Février 




— 


— 






2 


1 


20 Mars 


29e année de 


10 


33 


26 ISlovembre 219 




3 


30 


18 Avril 


Ts'in Che hoang ti 


11 


2 


25 Décembre 




4 


60 


18 Mai 


(354 jours). 


12 


31 


23 Janvier 218 




5 


30 


17 Juin 




1 


1 


22 Février 




6 


60 


17 Juillet 




2 


31 


24 Mars 




7 


29 


15 Août 




3 


60 


22 Avril 




8 


58 


13 Septembre 




4 


30 


22 Mai 




9 


27 


12 Octobre 




5 


60 


21 Juin 




— 


— 






6 


30 


21 Juillet 


25e année de 


10 


57 


11 Novembre 223 




7 


59 


19 Août 


Tcheng, 


11 


26 


10 Décembre 




8 


28 


17 Septembre 


roi de Tsin. 


12 


55 


8 Janvier 222 




9 


57 


16 Octobre 


(354 jours). 


1 


25 


7 Février 




— 








2 


55 


9 Mars 


30e année de 


10 


27 


15 Novembre 218 




3 


24 


7 Avril 


Ts'in Che hoang ti 


11 


56 


14 Décembre 




4 


54 


7 Mai 


(384 jours). 


12 


25 


12 Janvier 217 




5 


24 


6 Juin 




1 


55 


11 Février 




6 


54 


6 Juillet 




2 


25 


12 Mars 




7 


23 


4 Août 




3 


54 


10 Avril 




8 


52 


2 Septembre 




4 


24 


10 Mai 




9 


21 


1 Octobre 




5 


54 


9 Juin 




— 









6 


24 


9 Juillet 


26e année de 


10 


51 


31 Octobre 222 




7 


53 


7 Août 


Tcheng, roi de 


11 


20 


29 Novembre 




8 


22 


5 Septembre 


Tsin, qui prend 


12 


49 


28 Décembre 




9 


51 


4 Octobre 


alors le titre de 


1 


19 


27 Janvier 221 




*9 


21 


3 Novembre 


Tsin Chehoangti. 


2 


49 


26 Février 




— 


— 




(384 jours). 


3 


18 


26 Mars 


31e année de 


10 


51 


3 Décembre 217 




4 


48 


25 Avril 


Ts'in Che hoang ti 


11 


20 


1 Janvier 216 




5 


18 


25 Mai 


(355 jours). 


12 


49 


30 Janvier 




6 


48 


24 Juin 




1 


19 


1 Mars 




7 


17 


23 Juillet 




2 


49 


31 Mars 




8 


46 


21 Août 




3 


18 


29 Avril 




9 


15 


19 Septembre 




4 


48 


29 Mai 




*9 


45 


19 Octobre 




5 


18 


28 Juin 



LA CHRONOLOGIE CHINOISE. 



23 





6 


48 


28 Juillet 




2 


51 


7 Mars 




7 


17 


26 Août 




3 


20 


5 Avril 




8 


46 


24 Septembre 




4 


50 


5 Mai 




9 


16 


24 Octobre 




5 


20 


4 Juin 














6 


50 


4 Juillet 


32e année de 


10 


46 


23 Novembre 216 




7 


19 


2 Août 


Ti'in Che hoang ti 


11 


15 


22 Décembre 




8 


48 


31 Août 


(354 jours). 


12 


44 


20 Janvier 215 




9 


17 


29 Septembre 




1 


14 


19 Février 




— 


— 






2 


44 


21 Mars 


37e année de 


10 


47 


29 Octobre 211 




3 


13 


19 Avril 


Tsin Che hoang ti 


11 


16 


27 Novembre 




4 


43 


19 Mai 


(384 jours). 


12 


45 


26 Décembre 




5 


13 


18 Juin 




1 


15 


25 Janvier 210 




6 


43 


18 Juillet 




2 


45 


24 Février 




7 


12 


16 Août 




3 


14 


25 Mars 




8 


41 


14 Septembre 




4 


44 


24 Avril 




9 


10 


13 Octobre 




5 


14 


24 Mai 














6 


44 


23 Juin 


33e année de 


10 


40 


12 Novembre 215 




7 


13 


22 JuUlet 


Tsin Che hoang ti 


11 


9 


11 Décembre 




8 


42 


20 Août 


(355 jours). 


12 


38 


9 Janvier 214 




9 


11 


18 Septembre 




1 


8 


8 Février 




*9 


41 


18 Octobre 




2 


38 


10 Mars 




— 


— 






3 


7 


8 Août 


le année de 


10 


11 


17 Novembre 210 




4 


37 


8 Mai 


Eul che hoang ti 


11 


40 


16 Décembre 




5 


7 


7 Juin 


(355 jours). 


12 


9 


14 Janvier 209 




6 


37 


7 Juillet 




1 


39 


13 Février 




7 


6 


5 Août 




2 


9 


14 Mars 




8 


35 


3 Septembre 




3 


38 


12 Avril 




9 


5 


3 Octobre 




4 


8 


12 Mai 














5 


38 


11 Juin 


34e année de 


10 


35 


2 Novembre 214 




6 


8 


11 Juillet 


Tsin Che hoang ti 


11 


4 


1 Décembre 




7 


37 


9 Août 


(384 jours). 


12 


33 


30 Décembre 




8 


6 


7 Septembre 




1 


3 


29 Janvier 213 




9 


36 


7 Octobre 




2 


33 


28 Février 




— 









3 


2 


28 Mars 


2e année de 


10 


6 


6 Novembre 209 




4 


32 


27 Avril 


Eul che hoang ti 


11 


35 


5 Décembre 




5 


2 


27 Mai 


(384 jours). 


12 


4 


3 Janvier 208 




6 


32 


26 Juin 




1 


34 


2 Février 




7 


1 


25 .Juillet 




2 


4 


4 Mars 




8 


30 


23 Août 




3 


33 


2 Avril 




9 


59 


21 Septembre 




4 


3 


2 Mai 




*9 29 


21 Octobre 




5 


33 


1 Juin 











6 


3 


1 Juillet 


35e année de 


10 59 


20 Novembre 213 




7 


32 


30 Juillet 


Tsin Che hoang ti 


1128 


19 Décembre 




8 


1 


28 Août 


(354 jours). 


12 57 


17 Janvier 212 




9 


30 


26 Septembre 




1|27 


16 Février 




*9 


60 


26 Octobre 




2j57 


18 Mars 














3i26 


16 Avril 


3e année de 


10 


30 


25 Novembre 208 




4 56 


16 Mai 


Eul che hoang ti 


11 


59 


24 Décembre 




5 26 


15 Juin 


(354 jours). 


12 


28 


22 Janvier 207 




6 56 


15 Juillet 




1 


58 


21 Février 




7 25 


13 Août 




2 


28 


23 Mars 




8 54 


11 Septembre 




3 


57 


21 Avril 




9 23 


10 Octobre 




4 
5 


27 
57 


21 Mai 
20 Juin 


36e année de 


10 53 


9 Novembre 212 




6 


27 


20 Juillet 


Ts'in Che hoang ti 


1122 


8 Décembre 




7 


56 


18 Août 


(354 jours). 


1251 


6 Janvier 211 




8 


25 


16 Septembre 




1 


21 


5 Février 




9 


54 


15 Octobre 



24 



E. CHAVANNES. 



le année de 


10 


24 


14 Novembre 207 




7 


57 


24 Juillet 


Han Kao-tsou 


11 


53 


1 3 D cembre 




8 


26 22 Août 


(355 jours). 


12 


22 


11 Janvier 206 




9 


55 20 Septembre 




1 


52 


10 Février 




♦9 


25 


20 Octobre 




2 


22 


12 Mars 




— 


— 






3 


51 


10 Avril 


6e année de 


10 


55 


19 Novembre 202 




4 


21 


10 Mai 


Han Kao-tsou 


11 


24 


18 Décembre 




5 


51 


9 Juin 


(354 jours). 


12 


53 16 Janvier 201 




6 


21 


9 Juillet 




1 


23 15 Février 




7 


50 


7 Août 




2 


53 16 Mars 




8 


19 


5 Septembre 




3 


22 14 Avril 




9 


49 


5 Octobre 




4 
5 


52;14 Mai 
22 13 Juin 


2e année de 


10 


19 


4 Novembre 206 




6 


52:13 Juillet 


Han Kao-tsou 


11 


48 


3 Décembre 




7 


21 


11 Août 


(38é jours). 


12 


17 


1 Janvier 205 




8 


50 


9 Septembre 




1 


47 


31 Janvier 




9 


19 


8 Octobre 




2 


17 


1 Mars 







— 






3 


46 


30 Mars 


7e année de 


10 


49 


7 Novembre 201 




4 


16 


29 Avril 


Han Kao-tsou 


1] 


18 


6 Décembre 




5 


46 


29 Mai 


(384 jours). 


12 


47 


4 Janvier 200 




6 


16 


28 Juin 




1 


17 


3 Février 




7 


45 


27 Juillet 




2 


47 


5 Mars 




8 


14 


25 Août 




3 


16 


3 Avril 




9 


43 


23 Septembre 




4 


46 


3 Mai 




♦9 


13 


23 Octobre 




5 


16 


2 Juin 




— 


— 






6 


46 


2 Juillet 


3e année de 


10 


43 


22 Novembre 205 




7 


15 


31 Juillet 


Han Kao-tsou 


11 


12 


21 Décembre 




8 


44 


29 Août 


(354 jours). 


12 


41 


19 Janvier 204 




9 


13 


27 Septembre 




1 


11 


18 Février 




*9 


43 


27 Octobre 




2 


41 


20 Mars 














3 


10 


18 Avril 


8e année de 


10 


13 


26 Novembre 200 




4 


40 


18 Mai 


Han Kao-tsou 


Jl 


42 


25 Décembre 




5 


10 


17 Juin 


(354 jours). 


12 


11 


23 Janvier 199 




6 


40 


17 Juillet 




1 


41 


22 Février 




7 


9 


15 Août 




2 


11 


24 Mars 




8 


38 


13 Septembre 




3 


40 


22 Avril 




9 


7 


12 Octobre 




4 


10 


22 Mai 




-_ 


. 






5 


40 


21 Juin 


4« année de 


10 


37 


11 Novembre 204 




6 


10 


21 Juillet 


Han Kao-tsou 


11 


6 


10 Décembre 




7 


39 


19 Août 


(354 jours). 


12 


35 


8 Janvier 203 




8 


8 


17 Septembre 




1 


5 


7 Février 




9 


37 


16 Octobre 




2 


35 


9 Mars 













3 


4 


7 Avril 


9e année de 


10 


7 


15 Novembre 199 




4 


34 


7 Mai 


Han Kao-tsou 


11 


36 


14 Décembre 




5 


4 


6 Juin 


(384 jours). 


12 


5 


12 Janvier 198 




6 


34 


6 Juillet 




1 


35 


11 Février 




7 


3 


4 Août 




2 


5 


13 Mars 




8 


32 


2 Septembre 




3 


34 


11 Avrü 




9 


1 


1 Octobre 




4 


4 


11 Mai 




— 


— 






5 


34 


10 Juin 


5e année de 


10 


31 


31 Octobre 203 




6 


4 


10 Juillet 


Han Kao-tsou 


11 


60 


29 Novembre 




7 


33 


8 Août 


(384 jours). 


12 


29 


28 Décembre 




8 


2 


6 Septembre 




1 


59 


27 Janvier 202 




9 


31 


5 Octobre 




2 


29 


26 Février 




»9 


1 


4 Novembre 




3 


58 


27 Mars 




— 


— 






4 


28 


26 Avril 


10e année de 


10 


31 


4 Décembre 198 




5 


58 


26 Mai 


Han Kao-tsou 


11 


60 


2 Janvier 




6 


28 


25 Juin 


(355 jours). 


12 


29 


31 Janvier 197 



LA CHRONOLOGIE CHINOISB. 



25 





1159 


1 Mars 1 


3e année de 


10 


33 


9 Novembre 193 




2 29 31 Mars 


l'empereur Hoei 


11 


2 


8 Décembre 




3 58'29 AvrU 


(354 jours). 


12 


31 


6 Janvier 193 




4 28 29 Mai 




1 


1 


5 Février 




5 58i28 Juin 




3 


31 


7 Mars 




6 


28,28 Juillet 




3 


60 


5 AvrU 




7 


57 


26 Août 




4 


30 


5 Mai 




8 


26 


24 Septembre 




5 


60 


4 Juin 




9 


56 


24 Octobre 




6 


30 


4 JuiUet 














7 


59 


2 Août 


lie année de 


10 


26 23 Novembre 197 




8 


28 


31 Août 


Han Kao-tsou 


11 


55'22 Décembre 




9 


57 


29 Septembre 


(354 jours). 


12 24 20 Janvier 196 




— 


— 






154 19 Février 


4e année de 


10 


27 29 Octobre 193 




2l24 21 Mars 


l'empereur Hoei 


11 


56 


27 Novembre 




3 


53 


19 Avril 


(384 jours). 


12 


25 


26 Décembre 




4 


23 


19 Mai 




1 


55 


25 Janvier 191 




5 


53 


18 Juin 




2 


25 


24 Février 




6 


23 


18 JuiUet 




3 


54 


25 Mars 




7 


52 


16 Août 




4 


24 


24 Avril 




8 


21 


14 Septem'bre 




5 


54 


24 Mai 




9 


50 


13 Octobre 




6 


24 


23 Juin 




— 


— 






7 


53 


22 Juillet 


12e année de 


10 


20 


12 Novembre 196 




8 


22 


20 Août 


Han Kao-tsou 


11 


49 


11 Décembre 




9 


51 


18 Septembre 


(355 jours). 


12 


18 


9 Janvier 195 




*9 


21 


18 Octobre 




1 


48 


8 Février 




— 








2 


18 


10 Mars 


5e année de 


10 


51 


17 Novembre 191 




3 


47 


8 AvrU 


l'empereur Hoei 


11 


20 


16 Décembre 




4 


17 


8 Mai 


(355 jours). 


12 


49 


14 Janvier 390 




5 


47 


7 Juin 




1 


19 


13 Février 




6 


17 


7 Juillet 




2 


49 


15 Mars 




7 


46 


5 Août 




3|18 


13 AvrU 




8 


15 


3 Septembre 




448 


13 Mai 




9 


45 


3 Octobre 




5;i8 


12 Juin 




— 


— 






6 


48 


12 Juillet 


le année de 


10 


15 


2 Novembre 195 




7 


17 


10 Août 


l'empereur Hoei 


11 


44 


1 Décembre 




8 


46 


8 Septembre 


(384 jours). 


12113 30 Décembre 




9 


16 


8 Octobre 




1I43Î29 Janvier 194 




— 


— 






2'13|28 Février 


6e année de 


10 


46 


7 Novembre 190 




3'42'29 Mars 


l'empereur Hoei 


11 


15 


6 Décembre 




4; 12 28 Avril 


(384 jours). 


12 44 


4 Janvier 189 




5!42 28 Mai 




114 


3 Février 




61227 Juin 




2 44 


4 Mars 




7'41'26 Juillet 




3 


13 


2 Avril 




8 10 24 Août 




4 


43 


2 Mai 




9 39;22 Septembre 




5 


13 


1 Juin 




*9 9 


22 Octobre 




6 


43 


1 Juillet 











7 


12 


30 JuiUet 


2e année de 


10 39 21 Novembre 194 




8 


41 


28 Août 


l'empereur Hoei 


111 8 20 Décembre 




9 


10 


26 Septembre 


(354 jours). 


123718 Janvier 193 




*9 


40 26 Octobre 




il 7 17 Février 




— 


— 




2 37il8 Mars 


7e année de 


10 


10 25 Novembre 189 




3 


6116 AvrU 


l'empereur Hoei 


11 


39 24 Décembre 




4 


36 


16 Mai 


(354 jours). 


12' 8'22 Janvier 188 




5 


6 


15 Juin 




1:38 21 Février 




6 


36 


15 Juillet 




2 


8 23 Mars 




7 


5 


13 Août 




3 


37|21 AvrU 




8 


34 


11 Septembre 




4 


7i21 Mai 




9 


3 


10 Octobre 




5 


37 


20 Juin 



26 



E. CHAVANNES. 





6 


7 


20 Juillet 




2 


9 


26 Février 






7 


36 


18 Août 




3 


38 


27 Mars 




8 


5 


16 Septembre 




4 


8 


26 Avril 




9 


34 


15 Octobre 




5 


38 


26 Mai 




— 


— 






6 


8 


25 Juin 


le année de 


10 


4 


14 Novembre 188 




7 


37 


24 Juillet 


l'impératrice Lu 


11 


33 


13 Décembre 




8 


6 


22 Août 


(355 jours). 


12 


2 


11 Janvier 187 




9 


35 


20 Septembre 




1 


32 


10 Février 




*9 


5 


20 Octobre 




2 


2 


12 Mars 














3 


31 


10 Avril 


6e année de 


10 


35 


19 Novembre 183 




4 


1 


10 Mai 


l'impératrice Lu 


11 


4 


18 Décembre 




5 


31 


9 Juin 


(354 jours). 


12 


33 


16 Janvier 182 




6 


1 


9 Juillet 




1 


3 


15 Février 




7 


30 


7 Août 




2 


33 


17 Mars 




8 


59 


5 Septembre 




3 


2 


15 Avril 




9 


29 


5 Octobre 




4 


32 


15 Mai 




— 


— 






5 


2 


14 Juin 


2e année de 


10 


59 


4 Novembre 187 




6 


32 


14 Juillet 


l'impératrice Lu 


11 


28 


3 Décembre 




7 


1 


12 Août 


(384 jours). 


12 


57 


1 Janvier 186 




8 


30 


10 Septembre 




1 


27 


31 Janvier 




9 


59 


9 Octobre 




2 


57 


2 Mars 




— 


— 






3 


26 


31 Mars 


7e année de 


10 


29 


8 Novembre 182 




4 


56 


30 Avril 


l'impératrice Jju 


11 


58 


7 Décembre 




5 


26 


30 Mai . 


(3S4 jours). 


12 


27 


5 Janvier 181 




6 


56 


29 Juin 




1 


57 


4 Février 




7 


25 


28 Juillet 




2 


27 


5 Mars 




S 


54 


26 Août 




3 


56 


3 Avril 




9 


23 


24 Septembre 




4 


26 


3 Mai 




*9 


53 


24 Octobre 




5 


56 


2 Juin 














6 


•36 


2 Juillet 


3e année de 


10 


23 


23 Novembre 186 




7 


55 


31 Juillet 


l'impératrice Lu 


11 


52 


22 Décembre 




8 


24 


29 Août 




(354 jours). 


12 


21 


20 Janvier 185 




9 


53 


27 Septembr 


D 




1 


51 


19 Février 




*9 


23 


27 Octobre 






2 


21 


20 Mars 




— 










3 


50 


18 Avril 


8e année de 


10 


53 


26 Novembr 


8 181 




4 


20 


18 Mai 


l'impératrice Lu 


11 


22 


25 Décembre 






5 


50 


17 Juin 


(354 jours). 


12 


51 


23 Janvier 


180 




6 


20 


17 Juillet 




1 


21 


22 Février 






7 


49 


15 Août 




2 


51 


24 Mars 






8 


18 


13 Septembre 




3 


20 


22 Avril 






9 


47 


12 Octobre 




4 


50 


22 Mai 
















5 


20 


21 Juin 




4e année de 


10 


17 


11 Novembre 185 




6 


50 


21 Juillet 




l'impératrice Lu 


11 


46 


10 Décembre 




7 


19 


19 Août 




(354 jours). 


12 


15 


8 Janvier 184 




8 


48 


17 Septembre 


3 




1 


45 


7 Février 




9 


17 


16 Octobre 






2 


15 


9 Mars 




— 


— 






3 


44 


7 Avril 


le année de 


10 


47 


15 Novembre 180 




4 


14 


7 Mai 


l'empereur Wen 


11 


16 


14 Décembre 




5 


44 


6 Juin 


(384 jours). 


12 


45 


12 Janvier 179 




6 


14 


6 Juillet 




1 


15 


11 Février 




7 


43 


4 Août 




2 


45 


13 Mars 




8 


12 


2 Septembre 




3 


14 


11 Avril 




9 


41 


1 Octobre 




4 


44 


11 Mai 




— 









5 


14 


10 Juin 


5e année de 


10 


11 


31 Octobre 184 




6 


44 


10 Juillet 


l'impératrice Lu 


11 


40 29 Novembre 




7 


13 


8 Août 


(384 jours), j 


12 


9 28 Décembre 




8 


42 


6 Septembre 


1 


1 


391 


27 Janvier 183 1 




9 


11 


5 Octobre 





LA CHRONOLOGIE CHINOISE. 



27 



*941 4 Novembre 



2^ année de 

l'empereur Wen 

(355 jours). 



3« année de 

l'empereur Wen 

(354 jours). 



4e année de 

l'empereur Wen 

(355 jours). 



Décembre 179 

Janvier 178 

Janvier 

Mars 

Avril 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Septembre 

Octobre 

Novembre 178 

Décembre 

Janvier 177 

Février 

Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Septembre 

Octobre 



12 Novembre 177 
11 Décembre 



9 Janvier 
8 Février 



176 



2 5S 10 Mars 



3-27 
4 57 
52 
6 
7 



AvrU 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Septembre 



3 Octobre 



46116 Juin 
16il6 Jaulet 
45 14 Août 
14|12 Septembre 
43,11 Octobre 



7« année de lOlSjlO Novembre 174 
l'empereur Wen 1\, 4-2 9 Décembre 



(354 jours). 



8« année de 10 
l'empereur Wen 11 

(384 jours). !l2 
1 
2 
3 
4 
5 
6 
7 
8 
9 
*9 



(11 

41 

2hl 



5e année de 10 55 2 Novembre 176 

l'empereur Wen 11 24 1 Décembre 

(384 jours). |12i53'30 Décembre 

123 29 Janvier 175 

2 53 28 Février 

3 22 29 Mars 
i 52 28 Avril 

I 5 22 28 Mai 

6 52 27 Juin 

' 7 21 26 Juillet 

S 50 24 Août 

9,19 22 Septembre 

•949.22 Octobre 

6e année de 1019 21 Novembre 175 
l'empereur Wen 11 48 20 Décembre 
(354 jours). 11217 18 Janvier 174 
I 1 47:17 Février 
217 19 Mars 
3 4617 Avril 
I 4:16117 Mai 



10e année de ilO 

l'empereur Wen 111 

(384 jours). 12 



173 



172 



9e année de 10 31 
l'empereur Wen 11 60 

(355 jours). 12 29 
59 
29 

3 58 

4 28 

5 58 

6 28 

7 57 

8 26 
56 



Janvier 

Février 

Mars 

Avril 

Mai 

Join 

Juillet 
S Août 
31 Août 
29 Septembre 



29 Octobre 173 

27 Novembre 

26 Décembre 

25 Janvier 

34 Février 

25 Mars 

24 Avril 

24 Mai 

23 Juin 

22 Juillet 

20 Août 

18 Septembre 

18 Octobre 

17 Novembre 172 
16 Décembre 

14 Janvier 
13 Février 

15 Mars 
13 Avril 
13 Mai 
12 Juin 
12 Juillet 
10 Août 

8 Septembre 
8 Octobre 



171 



lie année de ilOJSO 
l'empereur Wen 1 11119 



Novembre 171 

Décembre 

Janvier 170 

Février 

Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Juillet 

Août 

Septembre 

Octobre 



26 Novembre 170 
25 Décembre 



28 



E. CHAVANNES. 



(354 jours). 



12e année de 

l'empereur Wen 

(35é jours). 



13e année de 
l'empereur Wen 

(384 jours). 



14e année de 

l'empereur Wen 

(354 jours). 



15e année 

l'empereur J 

(354 jours 



de 
Wen 

0- 



23 Janvier 

22 Février 

23 Mars 
21 Avril 
21 Mai 
20 Juin 
20 Juillet 
18 Août 

16 Septembre 
15 Octobre 



169 



Novembre 169 

Décembre 

Janvier 168 

Février 

Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Septembre 

Octobre 

Novembre 168 

Décembre 

Décembre 

Janvier 167 

Mars 

Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Septembre 

Octobre 

Novembre 167 

Décembre 

Janvier 166 

Février 

Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Septembre 

Octobre 



11 Novembre 166 
10 Décembre 
8 Janvier 165 

7 Février 

8 Mars 
6 Avril 
6 Mai 
5 Juin 

5 Juillet 

3 Août 

1 Septembre 



16e année de 

'empereur Wen 

(384 jours). 



Empereur Wen. 
le année heou- 
yuen (354 jours). 



2e année heou- 
yuen (384 jours) 



3e année heou- 
yuen (354 jours) 



4e année heou- 
yuen (384 jours), 



9 20 30 Septembre 



10 50 

11 19 

12 48 



7 

6 

4 

3 

5 

3 

3 

2 

2 

31 

29 

27 

%l 

26 
25 
23 
22 
23 
5921 
2921 
59:20 
2920 
58118 



Octobre 165 

Novembre 

Décembre 

Janvier 164 

Février 

Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Septembre 

Octobre 

Novembre 164 

Décembre 

Janvier 163 

Février 

Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Septembre 

Octobre 

Novembre 163 

Décembre 

Janvier 162 

Février 

Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Juillet 

Août 

Septembre 

Octobre 

Novembre 162 

Décembre 

Janvier 161 

Février 

Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Septembre 

Octobre 



14 Novembre 161 
13 Décembre 

11 Janvier 160. 
10 Février 

12 Mars 
10 Avril 



LA CHRONOLOGIE CHrNGISB. 



29 



5« année heoti- 
yue» (355 jours). 



4123 
5 53 



10 Mai 
9 Juin 
9 Juillet 
7 Août 
5 Septembre 
4 Octobre 
3 Novembre 



10'50 3 
1119 1 
12|48>30 

1 181 1 
24831 

3 17 29 

4 47 29 
517 2S 



159 



47,28 
16126 
45 24 
15 24 



Décembre 160 

Janvier 

Janvier 

Mars 

Mars 

Avril 

Mai 

Join 

Juillet 

Août 

Septembre 

Octobre 



6e année Ä«o»-:10i45 23 Novembre 159 
ymgH (354 jours).!ll 1422 Décembre 

il2 43 20 Janvier 158 
lil3 19 Février 
243 21 Mars 
3!i219 Avril 
4'42,19 Mai 
512 18 Juin 
6:42 18 Juillet 
7;llil6 Août 
8 1 40 14 Septembre 
91 9 13 Octobre 



7* année Aeon- 
jfue» (355 jours), 



10'39,12 
11! 8]11 
12 37! 9 

li 71 8 

237,1 

3i 6 

436 

5 6 

6 36 
7: 5 

8:34 

9; 4 



le année de 

l'empereur King, 

(384 jours) 



Novembre 158 

Décembre 

Janvier 157 

Février 

Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Septembre 

Octobre 



l'empereur XiVr^'ll 127119 Décembre 



10 34 1 Novembre 157 
11; 3 30 Novembre 
12 32 29 Décembre 

l! 2 28 Janvier 156 

2 32 27 Février 

3| 128 Mars 

4,31 27 Avril 

5| 127 Mai 

6'3l|26 Juin 

7 60 25 Juillet 

8 29 23 Août 

9 58 21 Septembre 
*9 28i21 Octobre 



2e année de 10i58l20 Novembre 156 



(354 jours). 


12 


56 17 Janvier 155 




1 


26:16 Février 




2 


56 18 Mars 




3 


25 16 Avril 




4 


55 16 Mai 




5 


25 15 Juin 




6 


5515 Juillet 




7 


24! 13 Août 




8 


53 11 Septembre 




9 


22! 10 Octobre 


3e année de 


10 52' 9 Novembre 155 


l'empereur King 


11 21 8 Décembre 


(354 jours). 


12 50 6 Janvier 154 




1 20 5 Février 




2,50, 7 Mars 




3 19| 5 Avrü 




4 49 5 Mai 




5 19 4 Juin 




6 49; 4 Juület 




7 181 2 Août 




8 


47 '31 Août 




9 


16.29 Septembre 


4« année de 


10146 29 Octobre 154 


l'empereur King 


11 


15:27 Novembre 


(384 jours). 


12 


44 26 Décembre 




1 


14 25 Janvier 153 




2 


44 24 Février 




3 


13 24 Mars 




4 


43 


23 Avril 




5 


13 


23 Mai 




6 


43 22 Juin 




7 


12 21 Juillet 




8 


41|19 Août 




9 
»9 


10 17 Septembre 
4017 Octobre 


5e année de 


10 


1016 Novembre 153 


l'empereur King 


11 


39,15 Décembre 


(355 jours). 


12 


8 13 Janvier 152 




J 


38 


12 Février 




S 


8 


14 Mars 




3 


37 


12 Avril 




4 


7 


12 Mai 




5 


37 


11 Juin 




6 


7 


11 Juillet 




7 


36 9 Août 




8! 5 7 Septembre 




^ 


35 


7 Octobre 


6e année de 


10 


5 


6 Novembre 152 


l'empereur King 


n 


341 5 Décembre 


(384 jours). 


12 


3| 3 Janvier 151 




1 


33; 2 Février 




2 


3 


4 Mars 




3 


32 


2 Ami 




4 


2 


2 Mui 




5 


32 1 Juin 




6 


2 1 Juillet 




7 


31 


30 Juillet 



30 



E. CHAVANNBS. 





8 


60 


28 Août 




3 


3 


7 Avril 






9 


29 


26 Septembre 




4 


33 


7 Mai 




*9 


59 


26 Octobre 




5 


3 


6 Juin 




— 


— 






6 


33 


6 Juillet 


7e année de 


10 


29 


25 Novembre 151 




7 


2 


4 Août 


l'empereur King 


11 


58 


24 Décembre 




8 


31 


2 Septembre 


(354 jours). 


12 


27 


22 Janvier 150 




9 


60 


1 Octobre 




1 


57 


21 Février 




— 


— 






2 


27 


23 Mars 


5e année tchong- 


10 


30 


31 Octobre 146 




3 


56 


21 Avril 


yuen (384 jours). 


11 


59 


29 Novembre 




4 


26 


21 Mai 




12 


28 


28 Décembre 




5 


56 


20 Juin 




1 


58 


27 Janvier 145 




6 


26 


20 Juillet 




2 


28 


26 Février 




7 


55 


18 Août 




3 


57 


26 Mars 




8 


24 


16 Septembre 




4 


27 


25 Avril 




9 


53 


15 Octobre 




5 


57 


25 Mai 




— 


— 






6 


27 


24 Juin 


Empereur King. 


10 


23 


14 Novembre 150 




7 


56 


23 Juillet 


1 année tchong- 


11 


52 


13 Décembre 




8 


25 


21 Août 


yuen (355 jours). 


12 


21 


11 Janvier 149 




9 


54 


19 Septembre 




1 


51 


10 Février 




*9 


24 


19 Octobre 




2 


21 


11 Mars 




— 


— 






3 


50 


9 Avril 


6« année tchong- 


10 


54 


18 Novembre 145 




4 


20 


9 Mai 


yuen (354 jours). 


11 


23 


17 Décembre 




5 


50 


8 Juin 




12 


52 


15 Janvier 144 




6 


20 


8 Juillet 




1 


22 


14 Février 




7 


49 


6 Août 




2 


52 


16 Mars 




8 


18 


4 Septembre 




3 


21 


14 Avril 




9 


48 


4 Octobre 




4 


51 


14 Mai 




— 









5 


21 


13 Jmn 


2" année tchong- 


10 


18 


3 Novembre 149 




6 


51 


13 Juillet 


yuen (384 jours). 


11 


47 


2 Décembre 




7 


20 


11 Août 




12 


16 


31 Décembre 




8 


49 


9 Septem br 


e 




1 


46 


30 Janvier 148 




9 


18 


8 Octobre 






2 


16 


1 Mars 






— 








3 


45 


30 Mars 


le année heou- 


10 


48 


7 Novembr 


B 144 




4 


15 


29 Avril 


yuen (384 jours). 


11 


17 


6 Décembre 


, 




5 


45 


29 Mai 




12 


46 


4 Janvier 


143 




6 


15 


28 Juin 




1 


16 


3 Février 






7 


44 


27 Juillet 




2 


46 


5 Mars 






8 


13 


25 Août 




3 


15 


3 AvrU 






9 


42 


23 Septembre 




4 


45 


3 Mai 






♦9 


12 


23 Octobre 




5 


15 


2 Juin 
















6 


45 


2 Juillet 




3e année tchong- 


10 


42 


22 Novembre 148 




7 


14 


31 Juillet 




men (354 jours). 


11 


11 


21 Décembre 




8 


43 


29 Août 






12 


40 


19 Janvier 147 




9 


12 


27 Septembr 


e 




1 


10 


18 Février 




*9 


42 


27 Octobre 


• 


2 


40 


20 Mars 




— 


— 






3 


9 


18 Avril 


2e année heou- 


10 


12 


26 Novembre 143 




4 


39 


18 Mai 


yuen (354 jours). 


11 


41 


25 Décembre 




5 


9 


17 Juin 




12 


10 


23 Janvier 142 




6 


39 


17 JuiUet 




1 


40 


22 Février 




7 


8 


15 Août 




2 


10 


24 Mars 




8 


37 


13 Septembre 




3 


39 


22 Avril 




9 


6 


12 Octobre 




4 


9 


22 Mai 














5 


39 


21 Juin 


4« année tchong- 


10 


36 


11 Novembre 147 




6 


9 


21 Juillet 


yuen (354 jours). 


11 


5 


10 Décembre 




7 


38 


19 Août 




12 


34 


8 Janvier 146 




8 


7 


17 Septembre 




1 


4 


7 Février 




9 


36 


16 Octobre 




2 


34 


9 Mars 




— 


— 







Jjk CHRONOLOGIE CHINOTSK. 



31 



3« année heou- 
yuen (384 jours). 



Empereur Ou. 
le année kien- 



101 615 

1135 14 

12, 4;i2 

IjSéll 

2 412 

313310 

10 

9 

9 

7 

5 

4 

3 



4 


31 


5 33 


6 3 


7 33 


8 


1 


9 


30 


•9 


60 



Novembre 142 

Décembre 

Janvier 141 

Février 

Mars 

Avri] 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Septembre 

Octobre 

Novembre 



10!30: 3 Décembre 141 
11 59 1 Janvier 140 



yuen (355 jours). 12 28 30 Janvier 

I 1 58 1 Mars 

2 28 31 Mars 

3:57 29 Avril 

42729 Mai 

5 5728 Juin 



27 28 Juillet 
56|26 Août 
25 24 Septembre 
55 24 Octobre 



2e année kien- 10 25 23 Novembre 140 
yuen (354 jours). 11 54 22 Décembre 

12,23 20 Janvier 139 
li53:19 Février 
2'23 21 Mars 
3|52:i9 AvrU 
422 19 Mai 

5 52 18 Juin 

6 22 18 Juillet 



3e année kien- 



16 Août 

14 Septembre 

13 Octobre 



10 19 12 Novembre 139 



yuen (355 jouis). 11 ;48' 11 Décembre 



4e année kien- 10 
yuen (384 jours). 11 



9 Janvier 

8 Février 

10 Mars 

8 Avril 

8 Mai 

7 Juin 

7 Juillet 

5 Août 

14 3 Septembre 

441 3 Octobre 



138 



7i45 
8 



2 Novembre 138 
1 Décembre 



12 12 30 Décembre 
142 29 Janvier 
2112 28 Février 
3;4l 28 Mars 
4' 11 27 AvrU 
5141 27 Mai 
6llll26 Join 



137 



5e année kien- 
yuen (354 jours). 



6e année kien- 
yuen (354 jours). 



le année yuen^ 10 26129 
/tofl«^(384jours). 11 55 27 
12 24:26 
1 54125 
24 24 

3 53 25 

4 23 24 

5 53 24 

6 23 23 

7 52 22 

8 21 20 

9 50 18 
*9 20'l8 

2e année yuen- 10 
/iroa«^ (355 jours). ni 
12 



40 25 Juillet 

9 23 Août 

38 21 Septembre 

8 21 Octobre 



38 20 
719 

36|l7 
6 16 

3618 



32j 9 

1! 8 
30 6 



Novembre 137 

Décembre 

Janvier 136 

Février 

Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Septembre 

Octobre 

Novembre 136 

Décembre 

Janvier 135 

Février 

Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Août 

Septembre 

Octobre 135 

Novembre 

Décembre 

Janvier 134 

Février 

Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

J uillet 

Août 

Septembre 

Octobre 



50jl7 Novembre 134 

19 16 Décembre 

48 14 Janvier 133 

18|13 Février 

48 14 Mars 

1712 Avril 

4712 Mai 

17 11 Juin 

47 

16 



11 Juillet 

9 Août 

45 1 7 Septembre 

15' 7 Octobre 



3e année yuenr- 10 45 6 Novembre 133 

A:oa»^(384jours). 11 14! 5 Décembre 

12 43; 3 Janvier 132 

. Iil3i 2 Février 



32 



E. CHAVANNES. 



4e année yuerv- 
ioa«^(354jours). 



5« année yuen- 
^oa«^(355jours), 



6e année yuen- 
^0«»^ (384 jours), 



le année, y«c«-tÄo 
(354 jours) 



2I 


43 


4 Mars 


2eannéey?<e«-cAo 


10 


16 


11 Novembre 128 


A 


12 


2 Avril 


(354 jours). 


11 


45 


10 Décembre 


4 


42 


2 Mai 




12 


14 


8 Janvier 127 


5 


12 


1 Juin 




1 


44 


7 Février 


6 


42 


1 Juillet 




2 


14 


9 Mars 


7 


11 


30 Juillet 




3 


43 


7 Avril 


8 


40 


28 Août 




4 


13 


7 Mai 


9 


9 


26 Septembre 




5 


43 


6 Juin 


*9 


39 


26 Octobre 




6 


13 


6 Juillet 


— 


— 






7 


42 


4 Août 


10 


9 


25 Novembre 132 




8 


11 


2 Septembre 


11 


38 


24 Décembre 




9 


40 


1 Octobre 


12 


7 


22 Janvier 131 




— 


— 




1 


37 


21 Février 


3e année yuen-cho 


10 


10 


31 Octobre 127 


2 


7| 


23 Mars 


(384 jours). 


11 


39 


29 Novembre 


3 


36 


21 Avril 


^ 


12 


8 


28 Décembre 


4 


6 


21 Mai 




1 


38 


27 Janvier 126 


5 


36 


20 Juin 




2 


8 


26 Février 


6 


6 


20 Juillet 




3 


37 


27 Mars 


7 


35 


18 Août 




4 


7 


26 Avril 


8 


4 


16 Septembre 




5 


37 


26 Mai 


9 


33 


15 Octobre 




6 


7 


25 Juin 





— 






7 


36 


24 Juillet 


10 


3 


14 Novembre 131 




8 


5 


22 Août 


11 


32 


13 Décembre 




9 


34 


20 Septembre 


12 


1 


11 Janvier 131 




*9 


4 


20 Octobre 


1 


31 


10 Février 




— 


— 




2 


1 


12 Mars 


4« année ^yw^Ä-cÄo 


10 


34 


19 Novembre 126 


3 


30 


10 Avril 


(354 jours). 


11 


3 


18 Décembre 


4 


60 


10 Mai 




12 


32 


16 Janvier 125 


5 


30 


9 Juin 




1 


2 


15 Février 


6 


60 


9 Juillet 




2 


32 


16 Mars 




7 


29 


7 Août 




3 


1 


14 Avril 




8 


58 


5 Septembre 




4 


31 


14 Mai 




9 


28 


5 Octobre 




5 


1 


13 Juin 














6 


31 


13 Juillet 




10 


58 


4 Novembre 130 




7 


60 


11 Août 




11 


27 


3 Décembre 




8 


29 


9 Septemb 


re 


12 


56 


1 Janvier 129 




9 


58 


8 Octobre 




1 


26 


31 Janvier 




— 


— 






2 


56 


1 Mars 


5e année y«e«-cÄo 


10 


28 


7 Novembi 


•e 125 


3 


25 


30 Mars 


(384 jours). 


11 


57 


6 Décembr 


e 


4 


55 


29 Avril 




12 


26 


4 Janvier 


124 


5 


25 


29 Mai 




1 


56 


3 Février 




6 


55 


28 Juin 




2 


26 


5 Mars 




7 


24 


27 Juillet 




3 


55 


3 Avril 




8 


53 


25 Août 




4 


25 


3 Mai 




9 


22 


23 Septembre 




5 


55 


2 Juin 




*9 


52 


23 Octobre 




6 


25 


2 Juillet 










7 


54 


31 Juillet 


10 


22 


22 Novembre 129 




8 


23 


29 Août 


11 


51 


21 Décembre 




9 


52 


27 Septembre 


12120 


19 Janvier 128 




*9 


22 


27 Octobre 


1 


50 


18 Février 






— 




2 


20 


20 Mars 


6 e année j'WCTi-cÄo 


10 


52 


26 Novembre 124 


3 


49 


18 Avrü 


(354 jours). 


11 


21 


25 Décembre 


4 


19 


18 Mai 




12 


50 


23 Janvier 123 


5 


49 


17 Juin 




1 


20 


22 Février 


6 


19 


17 Juillet 




2 


50 


24 Mars 


7 


48 


15 Août 




3 


19 


22 Avril 


8 


17 


13 Septembre 




4 


49 


22 Mai 


9 


46 


12 Octobre 




5 


19 


21 Juin 





LA CHRONOLOGIE CHINOISE. 



83 



49'21 Juillet 

18119 Août 

47 17 Septembre 

16 16 Octobre 



le anuée yK#Ä- 10,4üi]5 Novembre 123 
cheou (384jours). 11 15 14 Décembre 

'12 44 12 Janvier 122 



2e wané&yuen- 
cÄtfOÄ (355 jours) 



3e année y««« 
cAso« (354 jours). 



14 11 Eévrier 
44 13 Mars 
Ibill Avril 
43(11 Mai 
]3|10 Juin 
43; 10 Juillet 
12l 8 Août 



1 
2 
3 
4 
5 
6 
7 

8 41 

9 10 
*9 40 

1010 4 

11391 2 

U 8:31 

138 1 

2 831 

3 37129 

4 7129 

5 37,28 

6 7128 

7 36i-J6 

8 5124 

9 35 24 

10 5 23 
1134 22 
12 

1 

3 

3 

4 

5 

6 

7 

8 

9 



6 Septembre 
5 Octobre 
4 Novembre 



4e année y«««- 10 
cheou (355 jours). Il 
12 
1 



5e année y»«« 
cÄ«o« (384 jours). 



ïO 

19 

21 

19 

19 

3218 

2118 

3116 

60|14 

29jl3 

5912 
28ili 
57| 9 
27! 8 
57:10 
26i 8 
56 



Décembre 122 

Janvier 

Janvier 121 

Mars 

Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Septembre 

Octobre 

Novembre 121 

Décembre 

Janvier 120 

Février 

Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Septembre 

Octobre 

Novembre 120 

Décembre 

Janvier 119 

Février 

Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Septembre 

Octobre 



10 54 2 Novembre 119 
11;23| 1 Décembre 
12:5230 Décembre 
ll22i29 Janvier 118 





21 


52128 Février 




321:29 Mars 




4 51128 Avril 




5 21128 Mai 




6 5127 Juin 




7 20 26 Juillet 




8 49 24 Août 




9 18 22 Septembre 




•948 


22 Octobre 


6« année ynen- 


10 


18 


21 Novembre 118 


cAtfo» (354 jours). 


11471 


•20 Décembre 




12:i6!]8 Janvier 117 




1 


4617 Février 




2 


16; 18 Mars 




3 


45! 16 Avril 




4 


15; 16 Mai 




5|45 15 Juin 




6 15 15 Juillet 




7 4413 Août 




8 13 11 Septembre 




9 4210 Octobre 

j 


le année y«««- 


1012i 9 Novembre 117 


^i«^ (354 jours). 


1141: 8 Décembre 




12, jO 6 Janvier 116 




140 


5 Février 




2 10 


7 Mars 




3 


39 


5 Avril 




4 


9| 5 Mai 




5 


39 


4 Juin 




6 


9 


4 Juillet 




7 


38! 2 Août 




8 


7 


31 Août 




9 


36 


29 Septembre 


2 e année y«*«- 


10 


6^29 Octobre 116 


/t«^ (384 jours). 


11 


35J-27 Novembre 




12 


4:26 Décembre 




1 


34:25 Janvier 115 




2 


4 


24 Février 




3 


33 


25 Mars 




4 


3 


24 AvrU 




5 


33 


24 Mai 




6 


3 


23 Juin 




7 


32[22 Juillet 




8 


1 20 Août 




9!30ll8 Septembre 




♦9,60 18 Octobre 


3e année yuen- 


10 3017 Novembre 115 


ting (355 jours). 


ll;59jl6 Décembre 




12128 14 Janvier 114 




1 


58 13 Février 




2 


28 15 Mars 




3 


57113 Avril 




4'27il3 Mai 




5|57il2 Juin 




6127112 Juillet 




7 1 56, 10 Août 




8 25i 8 Septembre 




9 


.55 


1 8 Octobre 



34 



E. CHAVANNES. 



4e année yuen- 


10 


25 


7 Novembre 114 




6 


59 


17 Juillet 


<i«^ (384 jours). 


11|54 


6 Décembre 




7 


28 


15 Août 




12 23 


4 Janvier 113 




8 


57 


13 Septembre 




] 53 


3 Février 




9 


26 


12 Octobre 




2 23 


4 Mars 




— 


— 






3j52 


2 Avril 


3e année yuen- 


10 


56 


11 Novembre 109 




4 


22 


2 Mai 


fong (354 jours). 


11 


25 


10 Décembre 




5 


52 


1 Juin 




12 


54 


8 Janvier 108 




6 


22 


1 Juillet 




1 


24 


7 Février 




7 


51 


30 Juillet 




2 


54 


9 Mars 




8 


20 


28 Août 




3 


23 


7 Avril 




9 


49 


26 Septembre 




4 


53 


7 Mai 




*9 


19 


26 Octobre 




5 


23 


6 Juin 




— 


— 






6 


53 


6 Juillet 


5e année y«<?«- 


10 


49 


25 Novembre 113 




7 


22 


4 Août 


^î«y(35é jours). 


11 


18 


24 Décembre 




8 


51 


2 Septembre 




12 


47 


22 Janvier 112 




9 


20 


1 Octobre 




1 


17 


21 Février 




— 


— 






2 


47 


23 Mars 


4e année yuen- 


10 


50 


31 Octobre 108 




3 


16 


21 Avril 


fong (384 jours). 


11 


19 


29 Novembre 




4 


46 


21 Mai 




12 


48 


28 Décembre 




5 


16 


20 Juin 




1 


18 


27 Janvier 107 




6 


46 


20 Juillet 




2 


48 


26 Février 




7 


15 


18 Août 




3 


17 


27 Mars 




8 


44 


16 Septembre 




4 


47 


26 Avril 




9 


13 


15 Octobre 




5 


17 


26 Mai 




— 


— 






6 


47 


25 Juin 


6e année yuen- 


10 


43 


14 Novembre 112 




7 


16 


24 Juillet 


^î«y (355 jours). 


11 


12 


13 Décembre 




8 


45 


22 Août 




12 


41 


11 Janvier 111 




9 


14 


20 Septembre 




1 


11 


10 Février 




*9 


44 


20 Octobre 




2 


41 


12 Mars 




— 


— 






3 


10 


10 Avril 


5e année yuen- 


10 


14 


19 Novembre 107 




4 


40 


10 Mai 


fong (354 jours). 


11 


43 


18 Décembre 




5 


10 


9 Juin 




12 


12 


16 Janvier 106 




6 


40 


9 Juillet 




1 


42 


15 Février 




7 


9 


7 Août 




2 


12 


17 Mars 




8 


38 


5 Septembre 




3 


41 


15 Avril 




9 


8 


5 Octobre 




4 


11 


15 Mai 




— 


— 






5 


41 


14 Juin 


le année 1/uen- 


10 


38 


4 Novembre 111 




6 


11 


14 Juillet 


fong (384 jours). 


11 


7 


3 Décembre 




7 


40 


12 Août 




12 


36 


1 Janvier 110 




8 


9 


10 Septembre 




1 


6 


31 Janvier 




9 


38 


9 Octobre 




2 


36 


2 Mars 




— 


— 






3 


5 


31 Mars 


6e année yuen- 


10 


8 


8 Novembre 106 




4 


35 


30 Avrü 


fong (384 jours). 


11 


37 


7 Décembre 




5 


5 


30 Mal 




12 


6 


5 Janvier 105 




6 


35 


29 Juin 




1 


36 


4 Février 




7 


4 


28 Juillet 




2 


6 5 Mars 




8 


33 


26 Août 




3 


35 


3 Avril 




9 


2 


24 Septembre 




4 


5 


3 Mai 




*9 


32 


24 Octobre 




5 


35 


2 Juin 




— 


— 






6 


5 


2 Juillet 


2e année yuen- 


10 


2 


23 Novembre 110 




7 


84 


31 Juillet 


fong (354 jours). 


11 


31 


22 Décembre 




8 


3 


29 Août 




12 


60 


20 Janvier 109 




9 


32 


27 Septembre 




1 


30 


19 Février 




*9 


,2 


27 Octobre 




2 


60 


20 Mars 




— 


— 






3 


29 


18 Avril 


le année t'ai- 


10 3226 Novembre 105 




4 59 


18 Mai 


ich'ou (442 jours). 


11 1 25 Décembre 




5 


29 


17 Juin 




12 


30 


23 Janvier 104 



LA CHRONOLOGIE CHINOISE. 



35 



2 e année fai- 
/cÄ'o« (384jours). 



l'60'22 

2 30 24 

3 59 22 
4'29'2-2 
515921 
6'2921 
7|58|19 



827 

956 

10'26 

ll!55 

12 24 



♦9 20 
10;50l 
11 19 

12*48 



3e année fai- 
^cÄ'o«(355jours) 



4e année fai- 
/cÄ'oa(354jours) 



II54II 

224113 

35311 

4 2311 

553'10 

6 23 10 

752 

8'21 

9'50 



las 2 

248 1 
317|30 
4' 47 i 30 
517'29 
647i29 
716127 
8'45|25 
9!l5!:?5 



10'45 
llll4 
1243 



II132O 
2 43 21 
31219 



4142 
512 
6142 

7|ll 

840 

9 9 

1039 

ll| 8 

12137 



le année fien- 
han (355 jours). 



Il 7 
2I37 



Février 

Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

A.oût 

Seitembre 

Octobre 

Novembre 

Décembre 

Janvier 103 

Février 103 

Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Septembre 

(3ctobre 

Novembre 

Décembre 

Janvier 102 

Janvier 

Mars 102 

Avril 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Septembre 

Octobre 

Novembre 

Décembre 

Janvier 101 

Février 101 

Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Septembre 

Octobre 

Novembre 

Décembre 

Janvier 100 



8 Février 
10 Mars 
8 Avril 
8 Mai 
7 Juin 
7 Juillet 
5 Août 
34 j 3 Septembre 
41 3 Octobre 



100 



ilO'34! 2 Novembre 
m 3! 1 Décembre 
12 32 30 Décembre 100 



2e année fien- 
han (384 joursj. 



1129 
31128 
i;28 
3l!27 
60 26 
29' 24 
58 22 
*9 28'2-2 
10;58|21 
lll27!20 
12!56 18 



3e année fien- 
han (354 jours;. 



4 e année fien 
han (354 jours). 



le année fni-che 
(384 jours). 



1! 2Î29 
2 32 28 



1!26 

2 56 

3|25 

4'55 

5i25 

6:55 

724 

8 53 

912-2 11 
]0t52 :0 
III2I 9 

i2;5o; 7 



Janvier 

Février 

Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Septembre 

Octobre 

Novembre 

Décembre 

Janvier 

Février 

Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Septembre 

Octobre 

Novembre 

Décem bre 

Janvier 



120 

2I5O 

319 

449 

5 19 

649 

718 

8 47 31 

916 29 
10'46 29 
11 '15-27 
1214426 



l|l4'25 
2 44 24 



2e année fai-ché 
(355 jours). 1 



I3'25 
43124 
13'24 
43 23 
12 22 



13« 
2 8 
337 

4I 7 



Janvier 

Février 

Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Septembre 

Octobre 

Novembre 

Décembre 

Janvier 



13 Février 
15 Mars 
13 Avrü 
13 Mai 



99 



98 
98 



97 



97 



Février 

Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Août 

Septembre 

Octobre 

Novembre 

Décembre 97 



96 



95 
95 



36 



B. CH A VANNES. 





5 


'37 


12 Juin 




1*9 


11 


123 Octobre 






6 


7 


12 Juillet 




10 


41 22 Novembre 




7 


36 


10 Août 




11 


10 21 Décembre 




8 


5 


8 Septembre 




12 


39 19 Jauvier 90 




9 


35 


8 Octobre 




— 


— 




10 


5 


7 Novembre 


3 e année tcheng- 


1 


9 18 Février 90 




11 


34 


6 Décembre 


ho (354 jours). 


2 


39 20 Mars 




12 


3 


4 Janvier 94 




3 


8îl8 Avril 




— 


— 






4 


38 


18 Mai 


3c année t'ai-che 


1 


33 


3 Février 94 




5 


8 


17 Juin 


(384 jours). 


2 


3 


5 Mars 




6 


38 


17 Juillet 




3 


32 


3 Avril 




7 


7 15 Août 




4 


2 


3 Mai 




8 


36 13 Septembre 




5 


32 


2 Juin 




9 


5 12 Octobre 




6 


2 


2 Juillet 




10 


35|11 Novembre 




7 


31 


31 Juillet 




11 


4 


10 Décembre 




8 


60 


29 Août 




12 


33 


8 Janvier 89 




9 


•29 


27 Septembre 




— 








*9 


59 


27 Octobre 


4e année tcheng- 


1 


3 


7 Février 89 




10 


29 


26 Novembre 


ho (354 jours). 


2 


33 


8 Mars 




11 


58 


25 Décembre 




3 


2 


6 Avril 




12 


27 


23 Janvier 93 




4 


32 


6 Mai 




— 


— 






5 


2 


5 Juin 


4c année t'ai-che 


1 


57 


22 Février 93 




6 


32 


5 Juillet 


(354 jours). 


3 


27 


23 Mars 




7 


1 


3 Août 




3 


56 


21 Avril 




8 


30 


1 Septembre 




4 


26 


21 Mai 




9 


59 30 Septembre 




5 


56 


20 Juin 




10 


29|30 Octobre 




6 


26 


20 Juillet 




11 


58|28 Novembre 




7 


55 


18 Août 




12 


27 27 Décembre 88 




8 


24 


16 Septembre 




— 


— 




9 


53 


15 Octobre 


le année heou- 


1 


57 26 Janvier 88 




10 


23 


14 Novembre 


yuen (384 jours). 


2 27125 Février 






11 


52 


13 Décembre 




3 56 26 Mars 






12 


21 


11 Janvier 92 




4 


26 25 Avril 






— 


— 






5 


5625 Mai 




le année tcheng- 


1 


51 


10 Février 92 




6 


26 24 Juin 




ho (354 jours). 


2 


21 


12 Mars 




7 


55 23 Juillet 






3 


50 


10 Avril 




8 


24 


21 Août 






4 


20 


10 Mai 




9 


53 


19 Septembre 


) 




5 


50 


9 Juin 




*9 


23 


19 Octobre 






6 


20 


9 Juillet 




10 


53 


18 Novembre 






7 


49 


7 Août 




11 


22 


17 Décembre 






8 


18 


5 Septembre 




12 


51 


15 Janvier 


87 




9 


47 


4 Octobre 




— 


— 








10 


17 


3 Novembre 


2e année ÄÄOK- 


1 


21 


14 Février 


87 




11 


46 


2 Décembre 


yuen (354 jours). 


2 


51 


16 Mars 






12 


15 


31 Décembre 92 




3 


20 


14 Avril 






— 


— 






4 


50 14 Mai 


2e année icheng- 


1 


45 


30 Janvier 91 




520 


13 Juin 


ho (384 jours). 


2 


15 


1 Mars 




6 50 


13 Juillet 




3 


44 


30 Mars 




7 


19 


11 Août 




4 


14 


29 Avril 




8 


48 


9 Septembre 




5 


44' 


29 Mai 




9 


17 


8 Octobre 




6 


I4i 


28 Juin 




10 


47 


7 Novembre 




7 


43 


27 Juillet 




11 


16 


6 Décembre 




8j 


^2; 


25 Août 




12 


i5 


4 Janvier 86 




9! 


41! 


23 Septembre 













LA CHRONOLOGIE CHINOISE. 87 



NOTE ADDITIONNELLE. 



Dans la liste des vingt données sur lesquelles se fonde le tableau 
ci-dessus, j'aurais dû faire remarquer que la vingtième (cf. pp. 8 
et 9, la donnée qui fournit les indications: 188, 4® mois, dernier 
jour, 35; 169, 4® mois, dernier jour, 15; 150, 4^ mois, dernier jour, 
54) ne s'accorde avec les dix-neuf autres qu'à un jour près. 

n importe d'ajouter ici quelques mots au sujet de cette diver- 
gence d'un jour qui peut se présenter entre mon système et la 
réalité. Théoriquement, cette divergence, ou devrait ne pas exister, 
si l'ordre de succession des mois de 29 et de 30 jours était uni- 
formément celui qui est indiqué dans la formule II (page 3), — 
ou pourrait varier entre et 6 unités, si cet ordre de succession 
était susceptible d'être quelconque. Mais, pratiquement, on constate 
que ni l'une ni l'autre de ces deux alternatives ne s'impose. En 
effet, les seules divergences qu'on relève entre raon système et les 
témoignages historiques (exception faite pour ceux qui sont démon- 
trés par ailleurs comme étant entièrement erronnés) sont toujours 
d'une unité. 

En somme, dans l'article qu'on vient de lire, j'ai admis deux 
postulats : 

1°. Deux périodes tchang de 6940 jours sont de tons points 
identiques, c'est-à-dire qoe la succession des années de diverses 
longueurs y est la même (formule I, page 3) et que, pour deux 
années de même rang de ces deux périodes, l'ordre dans lequel se 
rencontrent les mois de 29 et de 30 jours est encore le même. 

2°. Dans deux années quelconques (en tenant compte de la 
correction à faire si l'une de ces années est de 355 ou de 384 jours, 
au lieu d'être de 354 jours), l'ordre de succession des mois de 29 



38 E. CHAVANNES, LA CHRONOLOGIE CHINOISE. 

et de 30 jours est celui qui est exprimé par la formule II (page 3). 
Les dérogations à cet ordre de successiou ne se présentent qu'à 
titre exceptionnel et ne causent que des différences maximum d'un 
jour dans l'intervalle compris entre deux mêmes dates mensuelles 
dans deux années différentes. Le raisonnement de la page 12 sup- 
pose que l'ordre de succession des mois dans la 4® année t'ai-che 
(92 av. J.-C.) et la 4® année tcheng-ho (89 av. J.-C.) est exacte- 
ment celui de la formule II. 

La légitimité de ces postulats est confirmée par la justesse même 
des résultats auxquels on arrive en les supposant. Le système qui 
concilie rigoureusement entre elles dix-neuf observations réparties 
à des intervalles très divers de l'an 207 à l'an 89 av. J.-C, doit 
être fort voisin de la vérité, car, s'il était susceptible de s'en écar- 
ter d'une manière sensible, il est impossible de comprendre com- 
ment dix-neuf données, indépendantes les unes des autres et dis- 
persées sur un laps de temps de plus de cent ans, se trouvent 
concorder dans toutes leurs conséquences avec un système mathé- 
matiquement inflexible. 



MÉLANGES. 



Note sur la porcelaine de Corée 



PAE 



A. BILLEQUIN '). 



Si l'on consulte les ouvrages européens, qui traitent de la 
Céramique orientale, on remarque avec étonnement que l'existence 
de la porcelaine coréenne est un fait assez controversé. 

Quelques auteurs, fort peu explicites, il faut bien l'avouer, sur 
les caractères génériques de la porcelaine coréenne, l'admettent 
sans hésitation et vont même jusqu'à la reconnaître comme type 
primitif des porcelaines de la Chine et du Japon. 

Par contre, d'autres auteurs, non moins afiBrmatifs, nient l'existence 
même de la porcelaine de Corée. L'intérêt qui s'attachait à la réso- 
lution d'une question aussi débattue nous a paru assez vif pour 
nous déterminer à entreprendre une série de recherches nouvelles 
puisées autant que possible aux sources originales. 

Habitant la capitale de l'empire chinois, dont la Corée est un 



1) Ces notes out été données au Musée Gnimet par la veuve de M. A. Billequin, 
correspondant du Ministère de Tlnstruetion publique et des Beaux- Arts, professeur de 
Chimie au collège impe'rial de Peking. Sur le désir du Directeur du Musée, nous publions 
ces notes pour que chacun puisse en tirer profit. 



40 MÉLANGES. 

des tributaires depuis des siècles, nous étions placés d'une manière 
particulièrement favorable pour le genre de recherches que nous 
désirions entreprendre. Nos efforts se sont portés sur deux points 
principaux: 

1°. Acquisition d'échantillons parfaitement caractérisés et authen- 
tiques de porcelaine de Corée. 

2°. Investigation des ouvrages de technologie chinoise et traduction 
des passages ou documents relatifs au sujet qui nous intéressait. 

C'est après de patientes recherches dans ces deux directions, que 
nous sommes parvenus à recueillir quelques éléments pouvant figurer, 
croyons-nous, dans la discussion. 

N'ayant d'autre intérêt dan§ la question que celui de la vérité, 
nous présenterons successivement les passages qu'il nous a été 
donné de relever dans les ouvrages chinois, nous bornant à quel- 
ques appréciations sur la valeur qu'il convient de leur accorder. 

Il sera alors facile au lecteur de se faire une opinion et de 
décider si les conclusions adoptées par certains auteurs sont suf- 
fisamment justifiées. Ajoutons, d'ailleurs, que la difficulté de se 
procurer des documents et la nécessité de recourir à des traductions 
plus ou moins tronquées a bien pu induire les céramistes non 
versés dans la connaissance des langues orientales à une inter- 
prétation que les faits ne semblent pas toujours justifier. 

L'existence de la porcelaine de Corée nous ayant été démontrée 
tout d'abord par la mention qu'en font les ouvrages chinois, nos 
recherches se sont bornées aux points suivants: 

1°. Caractériser la porcelaine coréenne, préciser, s'il est possible, 
les signes distiuctifs qui permettent de la différencier des produits 
similaires de la Chine et du Japon. 

2°. Rechercher l'ordre chronologique de fabrication des produits 
céramiques de ces trois pays, et faire ressortir l'influence artistique 
qu'ils ont eue réciproquement les uns sur les autres. 



MELANGES. 



41 



1°. L'existence de la porcelaine de Corée étant un point acquis, 
nous nous sommes mis en devoir d'en acquérir des échantillons. 
Mais là, il faut bien l'avouer, n'était pas la partie la plus facile 
de notre tâche: 

Toutes nos tentatives étaient suivies de déception; les renseigne- 
ments les plus vagues nous étaient donnés; bien peu de marchands 
de curiosités avouaient en avoir connaissance, aucun n'en possédait 
d'échantillon, alors que la porcelaine du Japon, sans être commune, 
n'est cependant pas rare. 

Deux conclusions s'offraient naturellement à l'esprit pour expli- 
quer cette anomalie. 

Ou la porcelaine de Corée est très précieuse et introuvable, ou 
elle est indigne de tout intérêt. 

Sur ces entrefaites, un commissionnaire en porcelaine, à qui 
nous avions fait part de nos anxiétés, nous dit être en relations 
d'affaires depuis de longues années avec les Coréens qui viennent 
en ambassade à Peking. Il nous affirma pouvoir se procurer quel- 
ques objets de porcelaine par leur intermédiaire, mais nous avoua 
à l'avance que ces objets étaient des plus grossiers et parfaitement 
indignes d'être acquis comme objets de curiosité. Ce sont ces objets 
que je me suis empressé de faire parvenir au Musée de Sèvres. Je 
fis tous mes efforts pour découvrir si des produits d'une fabrication 
plus parfaite n'existaient point dans les mains des mandarins et 
des riches particuliers coréens, mais on m'affirma que la classe 
aisée se servait presque exclusivement d'objets en bronze, et les 
classes élevées d'objets en or ou eu argent. Le fait certain, c'est 
que chaque année l'ambassade coréenne achète pour l'importation 
des lots importants de porcelaine chinoise. C'est cette dernière qui 
fait prime et est considérée comme objet de luxe en Corée. 

Ces considérations toutes graves qu'elles fussent, ne nous qjit 



42 MELANGES. 

néanmoins pas parues suflSsantes pour trancher la question, et nos 
investigations se sont portées d'un autre côté. 

L'absence des produits coréens du commerce de haute curiosité 
était une présomption, rien de plus. N'était-il pas possible de sup- 
poser une fabrication jadis florissante, aujourd'hui éteinte, qui expli- 
quait parfaitement la rareté des produits? Nous nous sommes fait 
ce raisonnement: si la porcelaine de Corée a eu des qualités excep- 
tionnelles; si réellement elle a eu une influence quelconque sur 
la fabrication céramique de la Chine, il est bien presumable qu'à 
partir du moment où la Corée est tombée sous le joug de la Chine, 
nous verrons ses produits céramiques figurer parmi les tributs offerts 
annuellement à sa suzeraine, et nous nous sommes mis à compulser 
les documents. Dans V Histoire de Véglise de Corée '), il est fait 
mention de deux traités, l'un fait en 1615 entre le Japon et la 
Corée, l'autre en 1637 entre la Corée et les Mantchoux. On y 
parle de tributs consistant en or, argent, étoffes et riz; il n'y est 
point fait mention de porcelaine. 

Nous avons voulu remonter plus haut et consulter des documents 
d'une authenticité incontestable. Le Wen-bieu Tong-kao ^) donne 
la liste des pays tributaires de la Chine et l'énumération des objets 
offerts en tribut: c'est cette source précieuse que nous avons mise 
à contribution. 

Nous avons trouvé mentionné le tribut payé par la Corée à la 
Chine, dans les 18^°^^ et 20^°^^ années du règne de Che-Tsou, de 
la dynastie des Yuan, correspondant aux années 1278 et 1280 de 
notre ère. 

On y parle de cotonnade, de soie et de feutre, mais nulle 
mention n'y est faite de porcelaine! Le même ouvrage donne la 
liste des objets imposés aux pays tributaires comme redevance à 



1) Par Ch. Dallet, 2 vol. in- 8°. Palmé, 1874. 
- 2) Par Ma Touan-lin, traduit par le marqnis d'Hervey de St. Denys. 



MELANGES. 48 

la Chine sous la dynastie Ming. La Corée doit offrir des objets 
ouvrés en or et en argent, des étoffes colorées, des nattes colorées, 
du ginseng, des peaux de léopard et de loutre, des pinceaux de 
poils jaunes et du papier de bourre de soie; même silence sur la 
porcelaine. On voit par cet énoncé que des objets offrant cependant 
un intérêt assez mince, n'y sont pas dédaignés pour cela. 

Il ne nous restait qu'à examiner les ouvrages de céramique 
pour nous former une opinion motivée. 

Il était presumable, en effet, étant connu le soin avec lequel 
les Chinois conservent les anciennes traditions, de penser qu'il nous 
serait facile de remonter au berceau d'une industrie dont les pro- 
duits ont eu une importance si considérable en Chine. 

Voici les extraits relatifs à la porcelaine de Corée que nous 
avons pu relever dans divers ouvrages techniques. 

Dans le King-teh-tchin Tao-lou ') on lit: «Les porcelaines de Corée 
«sont verdâtres: les gens du pays appellent cette couleur Féi-tsoui 
«(^ ^)» liit. couleur de martin pêcheur. Depuis quelque temps 
*la fabrication est plus soignée, la couleur et le vernis plus purs 
«que par le passé. 

«Les vases à contenir le vin sont de forme de courge dressée 
«avec un petit couvercle ayant la forme d'une feuille de Nélumbium 
«supportant un canard accroupi. 

«Les Coréens ont encore des bols, des assiettes, des coupes, des 
«vases, des soupières, dont les formes sont volées {sic) à celles de la 
«porcelaine de Ting, c'est pour cela qu'il est inutile d'en parler spé- 
« cialement. Seuls, les vases à contenir le vin ont un cachet tout par- 
«ticulier>. (Ce passage est extrait du Suan-ho feung-che Kao-li tou-ting. 



1) "^^ \^ i^^ |to ^^ • K.ing-teh-tchin est le nom dn bourg où les pins célèbres 
porcelaines furent fabrique'es. (Lat. 27° 56', Long. 115° 54'). Comp. Hirth, Chinesische 
Studien, p. 62 et soiv. et p. 112. G. S. 



44 MÉLANGES. 

Suan-Jio est une époque du règne de Kouei-tsong, empereur de la 
dynastie Soung, et correspond à l'an 1119 de l'ère chrétienne). 

Voici un autre extrait cité par le King-teh-ichin Tao-loux 

«La vaisselle de Corée est souvent ornée d'or et d'argent; la 
«porcelaine tsing (bleu verdâtre) est la plus estimée. Il y a des 
«brûle-parfums avec couvercle supportant un singe de couleur fei- 
^tsoui (voyez plus haut): l'animal est accroupi et soutenu par une 
«feuille de Nélumbium, dont les bords sont roulés; cet objet est 
«ce qu'il y a de plus beau dans la porcelaine de Corée. Le reste 
«de la fabrication ressemble à la vieille porcelaine, réservée à 
«l'empereur, Mie-so (couleur café au lait) ou aux produits de Yuan~ 
^tcho', quelques specimens ressemblent à la nouvelle porcelaine de 
*Jou-tchao'i>. 

Le même ouvrage poursuit en disant: 

«Les Coréens font des jarres à contenir l'eau: ce sont des vases 
«à large panse, avec des cols rétrécis, s'épanouissant à l'extérieur, 
«ces vases ont 6 pieds de haut et 4 pieds 5 pouces de diamètre: 
«leur capacité est d'environ 3 piculs et 2 chang. Les bateaux cô- 
« tiers qui hantent l'archipel voisin sont approvisionnés d'eau au 
«moyen de ces ustensiles, qui servent aux Coréens à faire le com- 
«merce d'eau potable». 

Dans le Tao-chou on lit: «La Porcelaine de Corée est verdâtre 
«et ressemble au Long-tsuan-yao (céladon ancien). Celle qui présente 
«des fleurs blanches à sa surface n'est pas estimée *), La porcelaine 
«de Corée ressemble à celle de Jon. Quelques échantillons présentent 
«des fleurs fines comme la porcelaine de Pei-ting^ c'est pour cela 
«que nous la plaçons après les autres porcelaines». 



± ^' â ÎÊ ^ 54 ^ 7 s ï ^ . ''■ ^' "a"™' ''« l'Encyclopédie 

M i^ 41 M • 



UÉLANOES. 45 

On le voit les textes sont assez clairs et explicites. M. Stanislas 
Julien, dont la traduction d'ailleurs concorde avec la nôtre, a eu le 
tort de ne donner qu'un texte tronqué, dont l'interprétation a pu 
donner naissance à des conclusions erronnées. 

Nous ne croyons pas trop nous avancer en disant: La porce- 
laine coréenne n'a jamais été en haute estime en Chine. Tout en 
faisant grâce à une ou deux formes originales, les textes accusent 
formellement les industriels coréens de plagiat et ne marchandent 
pas leurs expressions. Ces mêmes textes nous apprennent que la 
porcelaine de Corée est une reproduction plus ou moins heureuse 
du Long-tsuan-yao i, ce que confirment les échantillons que nous 
avons envoyés à Sèvres. Il ne faut pas perdre de vue qu'il n'est 
jamais question que de porcelaine monochrome blanche, verdâtre, 
tirant plus ou moins sur le bleu, et nullement de porcelaine décorée 
d'émaux. N'oublions pas non plus que les textes qui nous servent 
de guide remontent à une période fort reculée, époque à laquelle 
les produits céramiques de la Chine étaient bien loin d'avoir atteint 
à l'apogée de la perfection. Si on avait accordé à ces considérations 
tout le poids qu'elles méritent, on ne se serait pas avancé jusqu'à 
admettre l'influence prédominente de l'art coréen sur l'art chinois. 

Les faits et l'histoire tendent au contraire à donner un démenti 
à cette opinion. 

L'art de la poterie est connu en Chine depuis la dynastie des 
Tang ^), et a donné lieu depuis lors à des perfectionnements continus ; 
les centres de fabrication, à peu d'exceptions près, sont encore ceux 
où l'industrie céramique se développa avec le plus d'activité et de 
succès, grâce à l'abondance des matières premières fournies par le 
sol et grâce à la filiation traditionnelle des procédés techniques. 

N'est-il pas plus simple de reconnaître, ici comme ailleurs, 



i)*«îA^. MJSiâtaîSI&.« s. 



46 MELANGES. 

l'influence civilisatrice de l'astre chinois sur tous les satellites qui 
l'entourent, que d'eu faire honneur à un empire reconnu être dans 
un état très inférieur de civilisation, et dont la littérature, les 
sciences et les usages sont, de son propre aveu, un emprunt fait à 
son puissant voisin? 

Quelques personnes incrédules pourraient attribuer à un senti- 
ment de jalousie le silence gardé par les auteurs chinois sur l'ori- 
gine d'une industrie qui a été pour leur pays une source de gloire 
et de profit. Rien n'autoriserait à le penser: quelque ait toujours 
été le mépris des Chinois pour les étrangers, ils reconnaissent vo- 
lontiers leur devoir la connaissance de quelques procédés industriels. 

Les textes que nous avons cités reconnaissent devoir l'industrie 
du verre, des émaux sur métal aux Musulmans (Arabes?). Ces 
objets figurent dans les tributs présentés par les royaumes limi- 
trophes du Golfe Persique. Un aveu plus complet ne leur aurait 
pas coûté, ce semble. 

Quant à ce qui concerne l'influence coréenne sur l'art japonais, 
le fait semble hors de doute, les textes japonais en font foi. Nous 
avons eu occasion d'en parler à son Excellence l'Ambassadeur 
du Japon à Peking qui s'est empressé de reconnaître la vérité de 
cette assertion, mais il a déclaré que les produits coréens étaient 
fort grossiers et que depuis l'introduction des procédés céramiques 
dans son pays, l'art y avait fait d'immenses progrès, laissant abso- 
lument dans l'ombre les produits coréens. 

Ainsi, tous les renseignements concordent, en ce qui concerne 
la médiocrité des produits coréens, bien différents en cela des 
descriptions fantaisistes de certains auteurs européens. Quant à 
leur antiquité, il parait avéré que la Corée a emprunté les procédés 
de la Chine et les a transplantés au Japon. 



THE DESERT HORSES 

{Ye ma ^ ,%) 
AND 

THE WHITE COLT 

{Peh k'ü Éf ,^) 
BY 

G. SCHLEGEL. 

So often already I have complained of the lamentable insuffic- 
iency of our Chinese dictionaries, that I am afraid the public will 
get weary of my complaint; but I will not cease complaining 
until the measures I have proposed at the occasion of the Congress 
of Orientalists in Leiden in 1883 will have been carried out. 

For illustration's sake, I will again adduce a specimen of the 
deficiency of these dictionaries, native as well as european ones, 
as, for want of good definitions, one of the finest comparisons made 
by Chwaiig-chow (^ ^)» commonly called the Philosopher CAioaw^ 
(^ ^ or ^ -^, a native of the state of Liang, circa B.C. 330), 
whose writings have drawn the attention of all Sinologues and 
european philosophers for their truly philosophical tendency, has 
remained uncouth and incomprehensible. 

In one of his writings (Book XXII, Part II, Section XV) the 
following phrase occurs: "Men's life between heaven and earth is 
like a white colt's passing a crevice, and suddenly disappearing".*). 
None of the Chinese or european dictionaries give us the signification 
of this term white colt *). Even the Pei-wen-yun-fu does not quote 

2) Giles translates the phrase literally by "Man passes through this sablanary life as 
A white horse passes a crack" (p. 96 A). 



48 MÉLANGES. 

Chwang-tsz in his article on Q ||pj . I am the only one who has 
given the real meaning of the term in my Dutch-Chinese dictionary '), 
i. V. Fata morgana (the ^ ^ or desert horses of the same philos- 
opher). I will reproduce here my article in english garb, according 
to the ^ jj^ ^ ^ ^ , quoted in the Chinese Cyclopedia )^^ ^ 
^ ]^ , Kiuen II, Article 0, Sun : "The desert horses or the horses 
of the desert of Chwang-tsz are the dust. Ch'in-kwoh (Wylie, Notes, 
p. 31) says: Dust and the desert-horses are the floating vapours in 
the fields and deserts. From afar they look like a herd of sheep or 
like waterbillows. In the buddhist books it is said: dazzling like 
the desert-horses during the hot season. In the Wei-pa chuan we 
read: "Men's life in this world is like a white colt's passing by a 
crevice" '^). 

According to the commentary, the white colt is the light of the 
sun; the vapours of the sun are called "desert horses", and the 
light of the sun is called "white colt". The meaning is that colt 
and horse are taken as symbols of the quickness of their movements 
in running and jumping. The word desert refers to the place (the 
desert); the word white to the colour^). 

Another commentary says: "when the sun shines upon the dust, 
and a slight breeze makes it fly in the desert, it is called by meton- 
omy Sunblaze; the ignorant man seeing it, calls it the desert- 



1) Published in 1882—1890. 

2) The same words were said by Litt Tsik i ^J yS ) to Chang Liang ( ß^ ^^ ) 
who lived B.C. 189 (Mayers, Manual, N°. 26). Cf. Pti-wtH-yun-fa, Chap. VII ±, fol. 159 recto. 

,i 7j eg if B8 ?# « .Si ^ iR » # .X in * Ä # 



MELANGES. 49 

horses, aud a thirsty man who sees it, thinks it to be running 
water" '). 

I must refer the reader to my long monography in my 
dictionary, as it is too long to be reproduced here. It sufiBces to 
state here that the term white colt is a popular name for the light 
or the beams of the sun, and in taking this sense, the passage in 
Chtcang-tsz becomes vivid and beautiful: "Men's life between 
Heaven aud Earth (or in this world) is like a beam of the sun 
passing by a crevice, and suddenly disappearing"; and Legge's query 
(Texts of Taoism, II, p. 65, note 1): "Why is it the colt here is 
white?" is fully answered by this elucidation. Of course, there is 
no reference here to the white colt in the Shi-king (II, IV, 2) 
where the poet really speaks of a white horse. 

Concerning the symbolism, we will only mention that all people 
of antiquity, the Chinese included, have considered the God of the 
Sun as riding in a chariot drawn by fleet horses. An old ditty says: 

"Towards the end of the year, the sun declines; 

"Whence does it get a vigorous master to turn the sun's chariot?"*) 

and Wang-chung ') says: the suu travels a thousand li (miles) 
daily, and a good horse as much; so the pace of a good steed is 
comparable to the rapidity of the sun's course *). 



"/S^ yC yL ffl PJA* V^°^^^ '° ™y Uranographie chinoise, p. 116 and 266. 
^) Î ^ P^ ^' ^'ayers, Manual N°. 795, circa A.D. 19—90. 

^^^HSI^^ß^o uranographie chinoise, p. 116. 

4 



50 MELANGES. 

With the okl Greeks, the chariot of Helios was equally pro- 
vided with fleet horses. Apollo had four white steeds before the sun's 
chariot, for which Aurora opeued in the morning the gates in the 
East, and during the night the sungod and his chariot were put 
to rest in the palace of Tethi/s, in the West of the universe. 

In consequence of the misapprehension of the term "white colt", 
Wella Williams *) has translated the saying ^ -^ Mj ^ by "the 
bright racer quickly disappears", which is in the first place incor- 
rect as in Chinese the adjective precedes the substantive, and if 
this was really the meaning the phrase would stand -^ ^^ "the 
bright colt", and not ^^p) ^ , which has to be translated by "the 
light of the colt", i. e. "the gleam of the Sun". The metaphorical 
sense is "time gone cannot be recalled", as W. Williams himself 
says, but appearently without understanding the metaphor. 

As soon, however, as we translate here ,||p) by Sun and ^^ ^fe 
by the suns light, the gleam of the sun, the metaphor, which 
evidently is inspired by Chioang-tsz's saying, becomes quite clear, 
and we can translate it by "the sun's gleam easily passes away"; 
or iempus fugit as the Romans said, which is also literally rendered 
in Chinese by 3!l (^ — ' ^ -^ ^ ^ ' "time gone never comes 
back", or by 3fe ^^ ^ ^^i "time easily passes away", or by 
^ 3fe ?ä }S' "^^°^® ^^ swift", etc. 2) 



The desert horses are mentioned by Cliwang-isz in his Peri- 
grinations ( ^ ^ ^ , Book I, Part I, Section 1) in the phrase 

H^ .i ife . Ä ^ ifc o ^mZ\>X à.M^^> which 

simply means "Desert-horses are (only) dust; it are natural pro- 
ductions ^) blown against each other by a breath". 



1) Chinese Dictionary, p. 438 b. 

2) See my Nederlandsch-Chineesch Woordenboek i. v. Tijd (time) and Vliegen (fly). 

3) We cannot translate here Zp JJmX by living things; for the sand of the desert 
is here meant, which is a natural production of the desert. 



I 



HéLANOES. 51 

De Rosny paraphrases: (et cependant cet animal prodigieux '), 
comparé à l'univers, n'est) qu'un peu d'air, un peu de poussière; 
c'est un souffle de la création. In a uote he adds: Cette phrase est 
d'une extrême concision, et l'expression ye-ma (vulg. "cheval des 
champs"), qu'il faut interpréter par "l'air qui circule dans les champs" 
( B9 ^ ^ ^ )' appartient à ce style figuré, allégorique, souvent 
ampoulé, dont l'intelligence présente d'ordinaire de sérieuses diffi- 
cultés ^). 

Legge (Texts of Taoism, I, 165) paraphrases: "(But similar to 
this is the movement of the breezes which we call) the horses of 
the fields, of the dust (which quivers in the sunbeams), and of 
living things as they are blown against one another by the air". 

The difficulty lies not only in the interpretation of the term 
ye-ma, but in the use of the particle -^ ye, which has been taken 
in the sense of "to be", by the translators. Now -^ has in this 
whole chapter of Chicang-tsz the meaning of ^ ; and a modern 
writer would say ^ ,g ^ , ^ J^ -^^ . 

Prémare says in his Notifia linguae sinicae (Ed. Bridgman, p. 
187, § 3): Yé ^ is sometimes found in the end of the first 
member of a sentence; e- g- ^ ^ ^ ÎT t&» % ^ 7^ ^ ^ • i^ 
reason be at fault, I know the cause: and § 6: ^Œ ^ 'tÖt ^ — " iÈi ' 
there is not a particle of difierence; ^ij — • "t^ ^ ^ ^ iÖ* ' ^^i^^e 
is then no difference. In the same piece Chwang-tsz says: J^ ^ 

■^Z%^. ^J?.MiJÄA#ifc.«;ft> "moreover, 
wheu the accumulation of the waters of heaven is not deep enough, 
then it will not have the strength to support a large ship". In this 
phra.se again -Jg^ ye makes the subject concrete, which is generally 



1) Chwang-ttze has first spoken of the fahalons hird 'Biohh', but the phrase has no 
connectinn with that in which he speaks of this hird, and so we can dispense with the 
paraphrase in brackets given by de Rosny and Legge. 

2) Textes chinois traduits en Français, Paris 1875, p. 74. 



;52 MÉLANGES. 

expressed by ^, as in the definition of the word Humanity: 
^ ^ •» ^ ^ ^ iÖi ' Humanity is the root of justice; literally 
"that which constitutes humanity, is that it is the root of justice". 
Von der Gabelentz (Chinesische Grammatik, §§ 811, 1166, 11886) 
quotes several examples of the use of -|^ for ^; as e. ^. pag. 449: 

iÖi ^ ^ 2 ^ "iE ' ^^^'"^ iËi stands for ^ . Compare also St. 

Julien's Syntaxe nouvelle de la langue chinoise, Vol. I, p. 163, 

where several quotations are given of the use of -^ ye for ^ c7ie. 
Wells Williams' definition of ye ma, "a column of dust flying 
over the desert", is pretty correct; that of Medhurst "the simoon 
of the desert" and that of Giles "a sunbeam" are wrong, for a 
simoon is a dust-storm , which is called in Chinese ^ ^ ; whilst 
the ye-ma is light dust hovering over the desert upon which the 
sun shines, and affecting the wellknown form of mirage so ordin- 
ary in all deserts and tantalizing to the poor wanderer parched 
with thirst. 

The famous pilgrim Hiuen-ts'ang suffered frighfull)' from the 
fantastic visions appearing suddenly and disappearing as quickly in 
the desert Mo-Ma yen-tsih '), when on his way to the |^ ^[^ ^ , 
the "Well of mirage", and not, as St. Julien has translated it, the 
"Well of wild horses". 

Yé-ma are also the little motes or atoms of dust, dancing in a 
beam of the sun. The Chinese poet Han-oh (^ iM.) says: ^ ^ 

"^ ^k ^ ^ ' "■'■^ ^^® sun's beams through my window the 
motes dance" ^). Tt were ridiculous to take here the term ye ma as 
"wild horses" or as a Simoon or dust-storm. 

Chinese is difficult; not on account of its easy and transparent 
syntax, but on account of the figurative use of characters, which 



1) In Mongol Makkai Gobi, the ugly desert. 

2) See my "Nederlandsch-Chineesch Woordenboek" i. v. Zonnestofje (Sun-motes). 



mélânoes. 53 

are wanting in our dictionaries, and so can even lead the most 
experienced sinologues into error. Before we have a complete Chi- 
nese dictionary in the fullest sense of the word, we will all be 
liable to misunderstandings and errors in our translations of Chi- 
nese texts. But it is impossible for one man to make such a 
dictionary, and we want a special commission of Sinologues, un- 
fettered by material wants, to compile it. The expenses, divided 
over a goodly number of years, would not be so heavy, that the 
British government, which is most concerned with it, could not 
easily bear them. 



VARIÉTÉS. 



INTERVIEW AVEC LE CHARGÉ D'AFFAIRES 
CHINOIS A BERLIN 



G. SCHLEGEL. 



Le «Berliner Tageblatt» rapporte un 
interview intéressant avec le chargé 
d'affaires de l'ambassade chinoise à Ber- 
lin, par rapport aux réformes à intro- 
duire en Chine. Ce diplomate chinois 
disait que la première léforme à faire 
est celle d'abolir Iheure excessivement 
matinale à laquelle les ministres doivent 
actuellement présenter leurs rapports, 
ce qui force également l'empereur de se 
lever à 2 heures du matin. Le ministre 
disait que cette réforme devait venir du 
dehors; et il a raison. L'Empereur de la 
Chine est le symbole du soleil, et le soleil 
reçoit l'hommage de la nature et des 
êtres vivants le matin. L'empereur doit 
donc, comme représentant le soleil, en 
faire autant. Au dernier siècle, les 
ambassadeurs hollandais se plaignèrent 
amèrement d'être tirés de leur lit de 
si grand matin pour être reçus en 
audience. 

Ils ne savaient pas que ce n'était pas 



par tracasserie qu'on fit cela, mais en 
observation des anciens rites. Le mot 

même d'audience en Chinois SH Tchao 

signifie au propre matin '). En Chine, 
comme ailleurs, les réformes doivent 
sortir du gouvernement. 

Le ministre chinois considérait comme 
une des meilleures preuves de la bonne 
volonté de son gouvernement le fait qu'il 
avait nommé Tching-Tchang comme 
ambassadeur à Paris. Tching-Tchang 
est catholique et sort d'une famille 
catholique depuis 2 siècles. Autrefois 
une pareille nomination aurait été im- 
po.ssihle. Mais on fera plus: on enverra 
en Europe une grande quantité déjeunes 
gens, en partie de famille princièi'e, et 
en partie choisis d'entre les grands de 
l'empire. Ils s'y livreiont à l'étude de la 
jurisprudence, de l'administi'ation, de la 
chimie, de Féconomie rurale, des scien- 
ces militaires, etc. Mais le ministre chi- 



1) Voir mon TJranograpkie chinoise, p. 94. La belle explication que l'interviewer nous 
donne, que les audiences étaient tenues le matin, afin d'arracher l'empereur à ses femmes, 
est encore une de ces belles fantaisies européennes. L'empereur chinois, toujours comme 
représentant du soleil, s'occupe de ses femmes l'après-midi, de même que le soleil caresse 
la nature le jour et non la nuit. I;es missionnaires se sont assez plaints dans le temps que leur 
grand K'atig hi passait tous ses après-midis dans ses jardins particuliers avec un troupeau 
de femmes. On peut en lire la relation détaillée dans les Mémoires du P. Ripa (traduc- 
tion anglaise de Fortunato Praudi, pp. 72 et 115 — 117, nouvelle édition de 1861). 



VARIETES. 



55 



nois considère comme l'étude la plus 
importante, celle des languea étrangères, 
qui sera spécialement recommandée à 
ces jeunes gens. Car elle est la base qui 
rendra possible Vacquisition entière des 
sciences européennes. Nos lecteurs se 
rappelleront que j'ai proposé la même 
méthode dans ce Journal même, il y a 
deux ans, dans mon article «Scientific 
confectionary» (Toung-pao, Vol. V, p. 
150). 

Quant aux démonstrations hostiles 
contre les missionnaires chrétiens, le 
ministre chinois disait qu'elles étaient 
mainte fois provoquées par ces mission- 
naires mêmes. Les Chinois, dit-il, ne 
veulent pas devenir chrétiens, et • 
si vous considérez le peu de succès que | 
les missions chrétiennes ont eu ju.squ'ici, j 
vous m'accorderez que j'ai raison de I 
croire ces efforts parfaitement inutiles, j 
En général nos Chinois se laissent bapti- j 
ser pour des considérations extérieures i 
et justement pour cette raison, nos con- I 



vertis sont les plus mauvais éléments 
et qui jouent généralement un rôle pré- 
dominant dans les attaques sur les mis- 
sions. Selon mon idée, continuait-il, ja- 
mais un Chinois s'est converti au Christi- 
anisme par conviction intérieure. 

J'étais moi-même un jour près de m'y 
convertir; à cet effet f ai fait conscienci- 
eusement tous mes préparatifs, fai 
étudié la Bible — Vancien et le nouveau 
testament, etc., maif à la fin, au jour où 
la décision devait être prise, — jestcis 
resté ce que j'étais. 

Que diriez-vous, si un jour un grand 
nombre de prêtres bouddhistes viendrait 
ici en Europe, pour y ériger des temples 
et essayer de vous convertir? 

C'est l'outrage fait aux convictions 
religieuses qui amène, dans la plupart 
des cas, les fureui-s du fanatisme de la 
populace, et aucune puissance de l'état, 
aucun vice-roi, ne seront capables d'em- 
pêcher les désordres provenant de pareils 
motifs. 



LES CHEMINS DE FER CHINOIS 



PAR 



ALPHONSE HUMBERT. 



Dernièrement, à l'occasion d'impor- 
tantes commandes de canons et de na- 
vires que le gouvernement chinois vient 
de faire en Europe, plu.sieurs journaux 
français, évoquant, avec une imagination 
un peu hâtive, une Chine militaire et 
conquérante que les récents événements 
n'avaient guère fait prévoir, se deman- 
daient ce qu'il adviendrait du vieux 
monde, quand les 400 millions d'hommes 
que range sous sa loi le Fils du Ciel 
seraient pourvus des moyens de destruc- 
tion peri'ectionnés que la science a mis 
à la disposition des nations d'Occident. 
Certes, l'éventualité est grave, mais elle 
est bien lointaine, et se présentera-t-elle 
jamais? Les Célestes sont industrieux, 
ti-availleurs, patients, économes; ils sont 
aptes à tous les arts de la paix : ils n'ont 
ni goût, ni aptitude pour la guerre. 



L'humiliation que vient de leur infliger 
le petit peuple japonais a pu leur faire 
sentir la néces.sité d'un effort en vue 
de pourvoir plus efficacement à la dé- 
fense côtière de l'Empire; la leçon n'ira 
pas au-delà; pour que la race chinoise 
devînt guerrière, il faudrait qu'elle fût 
renouvelée totalement dans sa native 
idiosyncrasie 

Mais la Chine ne demande pas seu- 
lement à l'Europe des armes; elle se 
décide enfin à lui emprunter son outil- 
lage industriel. Notre gouvernement est 
actuellement saisi d'une demande de la 
cour de Pékin tendant à prolonger sur 
le tenitoire chinois, dans la province 
de Kouang-Tong. le chemin de fer de 
Hanoi à Langson. C'est la première 
application du fameux article 7 du traité 
de -1885, établissant en faveur de l'in- 



56 



VARIETES. 



dustrie française une sorte de droit de 
préférence pour la construction des futu- 
res voies ferrées dans l'Empire du Milieu. 
On avait longtenips cru que cette clause, 
libellée en termes assez peu p»écis, était 
de pure courtoisie et demeurerait lettre 
morte. La convention franco-chinoise 
signée à l'issue de la dernière guene, 
et après l'heureuse modification du traité 
de Simonoseki, a donné à ce vague en- 
gagement une poi'tée pratique dont nous 
sentons aujourd'hui les effets. Il est à 
croire qu'ils ne s'arrêteront pas là. Une 
autre voie de pénétration en Chine, dont 
la création in, porte grandement à la 
prospérité de notre colonie indo-chinoise 
et au développement de notre influence 
dans l'Asie centrale, est celle qui, par- 
tant d'Hanoï, passant à Laokaï, nous 
ouvrira le Yun-nan et devra se continuer 
un jour vers Tchoung-king et la vallée 
du Yang-Tsé-Kiang. Quelques années ne 
se passeront pas sans que cette grosse 
affaire soit amorcée. En même temps, les 
Russes, d'ores et déjà pourvus, croyons- 
nous, d'un traité qui les y autorise, 
détacheront de leur admirable Trans- 
sibérien un embranchement vers la Chine 
du Nord et Pékin. Enfin les Anglais, 
depuis un très long temps, poursuivent 
le rêve, que nos progrès sur le Mékong 
ont dû troubler un peu, de relier, par 
un chemin de fer à travers les Etats 
Chans, leur Birmanie au territoire chi- 
nois. En dépit des obstacles que leur 
oppose, depuis quelques années, notre 
concurrence de plus en plus hardie, ils 
trouveront bien moyen de pousser aussi 
leur pointe et de venir nous disputer les 
riches marchés de la Chine du Sud. C'est, 
en un mot, à relativement bref délai, 
l'envahissement du monde chinois par 
la locomotive messagère de progrès, 
semeuse d'idées, tueuse de traditions, 
génératrice de bouleversements. Une 
Chine industrielle va-t-elle se lever? 
Toute une révolution, une immense ré- 
volution économique! 

Une révolution certes, et qui, par 
l'effort d'un homme de remarquable 
intelligence, se sera accomplie en somme 
dans un délai assez court. A l'heure 
qu'il est, il existe déjà en Chine un 
chemin de fer. C'est celui dont la créa- 
tion a été autorisée par le vice- roi du 
Pe-Tchili, et qui, par Tien-Tsin , trans- 
porte à la mer le charbon provenant 
des mines de Kaïping. Plusieurs années 



avant ce premier essai , aux environs de 
1875, une Compagnie anglaise avait 
essayé d'établir par une surprise et pour 
les besoins de son exploitation, un petit 
chemin de fer entre Shanghaï et Wou- 
Soung. Le gouvernement chinois se fâcha 
tout rouge, détendit à la Compagnie de 
poursuivre son dessein , fit niveler la 
voie et déporta le matériel à Formose. 
Quand Li Houng-Tchang, l'homme le 
plus puissant de l'Empire, voulut réa- 
liser sa tentative de Petchili, il ne le 
fit qu'avec d'extrêmes précautions. Le 
moyen dont il usa pour s'assurer la 
faveur impériale est assez ingénieux. Il 
fit construire aux Etats-Unis un modèle 
complet de chemin de fer en miniature 
composé de cent pieds de rail, avec frein 
et plaques tournantes, locomotive, ten- 
der, wagon de voj-ageurs, wagon-salon, 
wagon de bagages, etc., le tout admi- 
rablement agencé et mû par un mou- 
vement d'horlogerie. Expédié à Pékin, 
ce joujou fut montré au prince Tchoun 
d'abord, puis au jeune empereur, qui 
prit un vif plaisir à voir marcher l'ap- 
pareil, et donna toutes les approbations 
qu'on voulut. 

De ce jour, la question avait fait un 
grand pas; mais en Chine, il y a quel- 
quefois loin d'une bonne intention, même 
impériale, à l'exécution. Tous les ans, 
quelque projet de chemin de fer de Pékin 
sur l'intérieur est lancé; un édit impé- 
rial ordonne la mise à l'étude des pre- 
mières opérations; un comité des che- 
mins de fer a même été créé; ses 
membres ont travaillé, dressé des 
quantités de rapports; au bout du 
compte , rien jusqu'ici n'a abouti. Quelles 
raisons ont ajourné d'année en année 
la mise en train de la grande œuvre 
conçue par Li Houng-Tchang. On en a 
donné d'assez douteuses. D'abord , a-t- 
on dit, les préjugés religieux du peu- 
ple. Déplacer les bornes des champs , 
violer la sépulture des aïeux, n'est-ce 
pas commettre un sacrilège, irriter les 
dieux , s'exposer à la vengeance des 
génies? Mais les dieux et les génies 
chinois sont de bons diables avec qui 
on s'accommode aisément moyennant 
quelques exorcismes. En Chine, comme 
ailleurs, l'argent a son rôle, même dans 
les tractations de la conscience, et de 
bonnes indemnités apaisent bien des 
scrupules. D'ailleurs, ni l'expérience de 



VARiérÉs. 



57 



Wou-Soung, ni celle de Kaï-ping n'ont 
confirmé cette prétendue hostilité des 
populations rurales contre le chemin de 
fer. Bien au contraire, les paysans, 
accourus en foule, se sont montrés 
ravis du merveilleux engin de transport 
éclos sous leurs yeux. L'obstacle vien- 
drait plutôt des hauts fonctionnaires et 
des gouverneurs de province qui ne 
tiennent pas à se mettre sous la main 
de l'Empereur et par là à diminuer 
l'autorité aujourd'hui à peu près sans 
contrôle dont ils jouissent. Quoi qu'il 
en soit, la raison qui a été jusqu'ici 
mise en avant par le pai'ti de la résis- 
tance, c'est que la Chine ae doit songer 
à se doter d'un réseau de chemin de 
fer que quand elle sera en état de 
pourvoir par ses propres ressources à 
cette vaste entreprise Or, voici que la 
réalisation de cette condition peut être 
entrevue dans un très prochain avenir. 
Que faut-il? Du fer et de la houille. 
La Chine a l'un et l'autre. 

Actuellement il n'existe en Chine 
qu'un seul établissement métallurgique 
Il est à Han-iang, près de Han-Keou , 
dans la province de Hou-peh et appartient 
à M. Krupp. Mais on connaît nombre de 
gisements exploitables , à Tchoung-king 
sur le Yang-Tsé, à San-gan sur le fleuve 
Jaune, à Kaï-ping, aux portes de laMand- 
chourie. Plusieurs centaines de localités 
plus ou moins importantes sont déjà 
notées comme susceptibles de devenir 
des centres de fabrication et peuvent 
en quelques années se transformer en 
autant de petits Creusot. Quant à la 
houille, elle ne manquera pas. Un 
géologue américain qui l'a recherchée, 
a constaté que les dix-huit provinces 
de la Chine en sont a'oondamment 
pourvues, quelques-unes dans des pro- 
portions extraordinaires. Dans le sud-est 
de la province de Chan-si se trouve un 
gisement d'une contenance d'environ 
130 milliards de tonnes métriques; c'est 
de quoi alimenter la consommation du 
monde entier pendant vingt siècles. 

Ainsi, la Chine est en état d'accom- 
plir la genèse industriellepar où se mar- 
que pour elle l'aurore de temps nou- 
veaux. Non seulement elle peut se couvrir 



de chemins de fer, mais elle peut pour- 
suivie et mener a bien cette entrepiise 
colossale sans autres ressources que les 
matéiiaux extraits de son popre sol. 11 ne 
faut point dès lors envisager la Chine 
comme un débouché pour les produits de 
notre métallurgie Déjà le Japon, entré le 
premier, et avec l'ardeur que l'on sait, 
dans la fournaise du moderne industria- 
lisme, fournit au Pe-Tchili des rails à qua- 
tre-vingt-cinq francs, soit au même prix 
que l'Angleterre à Liverpool et la Belgi- 
que à Anvers. Si nos métallurgistes fran- 
çais, déjà battus en Europe, veulent faire 
quelque chose en Chine, il faudra qu'ils 
aillent fabriquer le fer sur place. Ils y 
songent: une société, où sont entrés nos 
premiers établissements, est déjà formée 
en vue de l'exploitation des richesses 
métallurgiques du Céleste-Empire. Mais 
le Chine ne fabriquera pas que du fer. 
Pourvue des deux facteui"s essentiels de 
l'industrie, couvrant un immense terri- 
toire où .se juxtaposent tous les climats, 
maîtresse d'un sol presque vierge qui 
regorge de richesses inexploitées, sillon- 
née de chemins de fer, disposant d'une 
main-d'œuvre incomparable pour l'abon- 
dance et pour les bas prix, que ne peut- 
elle entreprendre? Sur quel champ de 
bataille industriel ne peut-elle pas nous 
battre? Uu beau jour, de France, 
d'Angleterre, de Belgique, d'Allemagne, 
de partout, partiront d'aventureux cher- 
cheurs de fortune qui s'en iront là-bas 
fabriquer avec la main-d'œuvre chinoise 
tout ce que consomme la vieille Europe 
et ils le lui vendront à des prix déri- 
soirement réduits. La Chine ne nous 
enverra plus seulement des bibelots 
d'étagère; elle nous enverra des étoffes, 
des chaussure.s, du papier, des faïences, 
des montres, de la bijouterie commune, 
des ustensiles de cuisine, des rasoirs, des 
petits couteaux.... comme l'Amérique 
nous envoie du blé Et l'on se demande 
alors à quoi s'emploiera la main-d'œuvre 
française, anglaise, belge, allemande.... 
Je ne sais si ces temps sont loin. En tout 
cas, la Chine industrielle me paraît sou- 
lever un problème autrement urgent et 
redoutable que la Chine militaire. 
{Eclair, 19 Janvier 1896). 



58 



VARIETES. 



LA POPULATION DE CANTON EN JUIN 1895 



PAR 



C. IMBAULT HUART. 



Lorsqu'un nouveau vice-roi arrive à 
Canton, il est d'usage que, dès qu'il a 

pris le service, le ^ ^ ||[ ^ 

Pao-kia tsounq kiu(Po-kap tsong-kouk) 
ou Bureau Général des chefs de quar- 
tier '), lui remette la liste du recense- 
ment de la population et des construc- 
tions de la ville et des faubourgs. 
Le Bureau dont il s'agit n'a pas failli 



à ce devoir, consacré par les règlements 
aussi bien que par la. tradition, au mo- 
ment où S. E. Tan Tchoung-lin ^S 
^É J^^ a remplacé S. E. Li Han-<c/ianj7 
^^ , et il a présenté au pre- 



mier la liste de recensement donc voici 
la traduction. 



Désignation. 



Vieille 
Ville. 



Nouvelle 
Ville. 



Faubourg 

de 

l'Est. 



Faubourg Faubourg 

de I du 

l'Ouest. Sud. 



1. Rues et ruelles 2) 

2. Maisons habitées par une 
seule famille 3) 

3. Maisons habitées par plu- 
sieurs familles *) 

4. Temples et monastères, con- 
fucéens, bouddhistes et taoïs- 
tes ») 

5. Maisons inoccupées ^) 

6. Population mâle '') 

7. Population féminine §) 



341 

12.518 
2.224 



139 

676 

61.924 

35.922 



140 

8.517 

733 



94 

318 

45.111 

18.053 



123 

6.447 

806 



61 

374 

23.738 

14.812 



875 

38.678 

3.308 



65 

3.035 
165 



226 33 

1.956 276 

192.249 13.732 

87.355 6.402 



Il résulte du tableau précédent que la 
ville et les faubourgs de Canton compren- 
nent 1544 rues et ruelles, 68,795 mai- 
sons habitées par une seule famille, 7,236 
maisons habitées par deux ou plusieurs 
familles, 3,600 maisons non occupées 
(en tout 79,631 maisons), 553 édifices 
religieux, 336,754 habitants mâles et 
162,544 du sexe fémmin (soit une popu- 
lation de 499,298 âmes). 



Le quaitier de Ho-nara ( ^pT uâ ), 

situé en face de la cité, sur la rive droite 

ou méridionale du ^F y'"p Tchou-kiang 

ou Rivière des Perles (Canton se trouve 
sur la rive gauche ou septentrionale), est 
resté en dehors du recensement précité. 
Il en est de même de la population flot- 
tante, c'est-à-dire celle qui habite sur les 



1) Dix familles font un Ha, dix kia, un pao: le pao-kia est l'équivalent dn système du 
tithitig, dizaine (division par dix familles), de l'histoire d'Angleterre; chaque pao forme un 
quartier à la tête duquel est un chef, investi d'une certaine autorité, qui répond de l'ordre 
public. 












± 



VARIETES. 



59 



nombreux bateaux de la rivière. En esti- 
mant le nombre des habitants de Ho-nam 
à 30,000 environ, celui de la population 
flottante à 20,000, et en portant à 
500,000 le chiffre total donné plus haut, 
on aurait en tout 550,000 âmes. 

Dans l'hypothèse où le recensement 
n'aui"ait pas l'exactitude mathématique 
et où les pancartes (aflichées à la porte 

des maisons ( P^ ]{© ) ne donneraient 

pas toujoure avec précision le nombre 



des locataires, on pourrait forcer un peu 
ce total et admettre en chiffres ronds, 
sans cmindre de se tromper beaucoup, 
que la population de Canton est de 
600,000 habitants. On voit qu'on serait 
encore loin des Deux millions et du 
million d'âmes, que nombre d'auteui-s 
attribuent à la capitale du Kouang- 
toung, et même de l'évaluation approxi- 
mative (1,600,000) adoptée par les sta- 
tistiques de la Douane Impériale chinoise. 
Canton, Juin 1895. 



CHRONIQUE. 



ALLEMAGNE ET AUTRICHE. 

On annonce le prochain retour à Pékin de M. von Brandt, l'ancien ministre 
d'Allemagne, qui fut longtemps le doyen du corps diplomatique en Chine, 
mais que son mariage avec une étrangère. Miss Heard, — contrairement aux 
règles du corps diplomatique allemand — obligea à prendre sa retraite. M. von 
Brandt retournerait en Chine comme délégué d'un syndicat de grands industriels 
allemands, et son voyage excite un grand intérêt, tant à cause de la person- 
nalité de l'ancien ministre, dont les ouvrages attestent une connaissance ap- 
profondie du Céleste-Empire, qu'à raison des modifications qui se sont produi- 
tes dans la situation générale de l'Extrême-Orient. M. von Brandt avait pour 
compagnon sur le paquebot Preiissen, qui l'a transporté en Chine, l'ancien in- 
terprète de la légation allemande à Pékin, M. Karl Arendt, actuellement pro- 
fesseur de chinois au séminaire oriental de Berlin. 

Hambourg, 30 décembre, 1895. 
Le commerce allemand se prépare à publier, à l'exemple de l'Angleterre, un 
journal en langue japonaise destiné à faire connaître la marchandise allemande. 
Ce journal serait rédigé et imprimé à Berlin par les soins du Séminaire des 
langues orientales, et distribué gratuitement dans toutes les classes de la popu- 
lation japonaise. Les frais seraient couverts par le prix des annonces, et on 
pourrait établir, par ce moyen , des relations directes entre l'acheteur et le 
vendeur, en écartant l'onéreux intermédiaire des maisons établies au Japon. 

(^Agence Havas.) 

ASIE CENTRALE. 

Temps, 19 Octobre 1895. 
Le Times publie une note, apparemment officieuse, portant que l'émir d'Af- 
ghanistan a décidé de réduire sous sa domination l'Etat montagneux du Kafi- 



CHRONIQUE. 61 

ristan et que le gouvernement britannique ne s'opposera point à son projet. 
Déjà Abdurrhaman aurait mobilisé, sur la rive afghane du Tchitral, un corps 
de 5,000 hommes, soit 8 régiments d'infanterie, 4 de cavalerie, 1 batterie 
d'artillerie, que commande son général en chef, GholamHayder; il concentrerait 
deux autres corps ,dans le Kohistan et le Badakchan respectivement, et l'on 
peut prévoir que les Kafu-s n'ont aucune chance de sauvegarder leur indépen- 
dance. * 

La nouvelle que l'émir Abdurrhaman, après tous les bons tours qu'il a joués 
aux Anglais, n'aura à vaincre aucune opposition de la part du gouvernement 
de la reine, est extrêmement surprenante. Le Star et d'autres organes de l'op- 
position radicale, estiment qu'il faut savoir lire entre les lignes de la note du 
Times et insinuent que le gouvernement Salisbuiy ne serait pas fâché de voir 
se produire à l'extérieur des complications qui distrairont l'opinion du spectacle 
des affaires intérieures: c'est pour cela qu'il laisserait avec une apparence de 
bonne grâce l'émir s'engager dans une aventure qui pourrait tôt ou tard 
aboutir à une nouvelle oruerre anglo-afghane. 



M. Ed. Blanc, de retour d'un voyage en Asie centrale, a fait une communi- 
cation à la Société de Géographie de Paris sur ses recherches. Nous en extra- 
yons le passage suivant: 

Parmi les faits archéologiques nouveaux et imprévus, figure l'existence d'une 
nouvelle civilisation antique: c'est celle que les Grecs pai"aissent avoir portée 
au delà du Pamir, dans la partie occidentale de l'empire chinois, c'est-à-dire 
dans le bassin du Lob-nor et jusqu'au Nord du Thibet. Cette civilisation est 
attestée par des camées, des terres cuites, des bas-reliefs, des monnaies bilin- 
gues où des éléments ethniques que l'on croyait jusqu'à présent n'avoir jamais 
eu de contact, le grec, le chinois, le ouigour, le thibétain, le mongol, se trou- 
vent combinés de la façon la plus imprévue et cependant la plus indiscutable. 
La plupart des documents qui établissent ce fait appartiennent aujourd'hui à 
M. LuTCH, le savant orientaliste, qui, pendant dix ans, fit partie de la mission 
russe en Kachgarie. 

La capitale de ce royaume, essaimé de la Grèce par l'intenuédiaire de l'em- 
pire macédonien et probablement du royaume gréco-bactrien, pai-aît avoir été 
Khotan ou peut-être le vieux Tchertchen. 

GRANDE BRETAGNE ET IRLANDE. 

Major Sir Claude Maxwell Macdonald, K. C. M, G., commissaire impérial du 
protectorat du Niger, a été nommé le 1^' Janvier envoyé extraordinaire et ministre 
plénipotentiaire d'Angleterre à Peking et à Seoul, où il remplace Sir Nicholas 



62 CHRONiqUE. 

O'Conor envoyé à St. Pétersbourg comme ambassadeur. Sur le Niger, Sir C. 
Macdonald a comme successeur Mr. Ralph Moor. Sir Claude Macdonald, fils du 
Major-Général J. D. Macdonald, est né en 1852 et entra en 1872 dans le 74e 
Highlanders. Après avoir été en service actif pendant la campagne d'Egypte en 
4882, il resta dans ce pays jusqu'en 1887 en service spécial. Depuis il a été 
Consul-général p. i. à Zanzibar, puis envoyé en mission au Niger (juin 1889); 
il a été depuis 1891 consul à Fernando Po et dans la colonie allemande de 
Cameroun. On ne voit pas le rapport entre cette carrière purement africaine 
et celle d'un diplomate accrédité à Peking. 

CHINE. 

L'ex-général des Pavillons noirs à Formose Liu Young-fou qui s'était réfugié 
à Canton, a pris derechef le commandement de deux bataillons de ses vieilles 
troupes, 

M. J. Neumann, des douanes impériales chinoises, a été nommé professeur 
d'Allemand à l'université de Peking (Toung-wen kouan). 

L'influence civilisatrice?? du militarisme commence à se faire sentir en Chine. 
Selon les ordres de l'Empereur, la puissance du Tsoung-li Yamen (Min. des 
affaires étrangères) sera considérablement affaiblie, et son pouvoir passera en 
grande partie entre les mains dn nouveau Ministère de la Guerre, qui traitera 
dans toutes les questions difficiles avec les représentants des puissances étran- 
gères. Le nouveau ministère, qui remplacera le Grand Conseil ( S. j^ ^^)i 
comptera six membres. Il est composé du prince Koung (Pi'ésident), du prince 
Li (Vice-président), de Weng Toung-ho, président du département des Finan- 
ces, de Li Houng-tsao, pré.sident du département des Rites, de Hü Fou, pré- 
sident du département de la guerre et du mandchou Joung-tou, commandant 
de la gendarmerie de Peking. On voit que le nom de Li Houng-lchang ne 
paraît pas dans cette liste (Ost-asiatische Lloyd). 

S. E. Monsieur Knobel, ministre plénipotentiaire des Pays-Bas à Peking, 
a été reçu en audience par S. M. l'Empereur de la Chine, le 11 Novembre de 
l'année passée. 

Le bâtiment de l'Université à Peking sera sous peu éclairé à la lumière 
électrique; les machines etc. sont le don d'un liche Chinois de l'Amérique. 

La Société des télégraphes chinois impériaux pose un second fil de Peking à 
Helampo, vis-à-vis de Blagovestchensk , où les lignes chinoises se joignent aux 
lignes russes. 



CHRONIQUE. 63 

Le Ost-asiatische Lloyd du 6 Décembre dernier contient un article très bien 
écrit sur Confucius et Laotsze, sous le titre de «Zwei Lehrer des Ostens». 

M, le professeur G. H. Or.iVER a été nommé président du Toung-wen kouan 
(Collège chinois des langues étrangères) à la place du Dr. W. A. P. Martin. 

Le Ostasiatische Lloyd du 45 et 22 Novembre contient une conférence très 
intéressante faite par le ministre protestant Hackmann sur la Chine moderne 
et le moyen-âge européen. 

On a établi à Peking une Société pour la diffusion des sciences occidentales, 
à la tête de laquelle est placé un membre de l'Académie des Han-Iin, du 
nom de Kang Tchang-sou, Cantonnais de naissance, qui s'est fait, il y a quel- 
ques années, une grande réputation par un nouveau commentaire sur les ^m 
Wër 1 Discours de Confucius. 

Cet ouvrage fut considéré par les hautes autorités du Kouang-toung comme 
tellement hérétique et révolutionnaire, qu'ils le dénoncèrent au gouvernement 
qui appela l'auteur à la cour pour se disculper. 

Il paraît qu'il a réussi dans sa défense, car on l'a nommé président de cette 
nouvelle Société dont font partie Yuen Chih-kai, l'ex-résident à Seoul en Corée, 
Tchen Tchih-liang, secrétaii'e du grand conseil, le censeur impérial Wang 
Yen-hia, les Hanlin Ting Cfiing-hing, Weng Tso-fou, Tseng Tchoung-peh 
(fils du fameux marquis Tseng), le neveu du prince de Li, le fils aine du 
Viceroi de Nanking, ainsi qu'une quinzaine d'employés de hauts grades littéraires. 
Il est devenu de bon ton à Peking de se faire admettre comme membre de 
cette Société. Le vice-roi Tchang Tchih-toung est dit avoir contribué 5000 
dollars aux fonds de la Société, tandis que le second maître d'hôtel impérial, 
Sun Tchia-nai a rais une maison à sa disposition libre. 

Le président du Ministère des finances a prorais que son département allou- 
ei-a une contribution à la Société. 

On le voit, la Chine ne veut pas rester en arrière des Japonais, mais quant 
à nous, nous ne croyons pas que les Chinois se jettent si vivement dans l'étude 
des sciences occidentales par amour pour nous. Ce seront nous, qui, avec le 
temps, aurons fourni les armes aux Chinois qu'ils tourneront contre nous, 
cx)rame les Japonais l'ont déjà fait. 

Le North China Daily News, auquel nous empruntons cette notice, ajoute 
donc à bon droit la phrase que les personnes qui sont à la tête de ce mouve- 
ment ne font pas cela par enthousiasme, mais visent seulement à un but 
pratique. 

A cause de l'insurrection mahoraétane, le 61 annivei'saire de l'ex-Impératrice 
régente a été célébré le 26 Novembre sans aucune ostentation publique. 



64 CHRONIQUE. 

Ces rebelles ont pris l'importante ville de Sou-tcheou {^Ê *H4 Ifj ) dans la 
province de Kan-sou) et avancent continuellement. 

Plus de 50 Chinois, qui avaient pris part à l'insurrection avortée contre les 
autorités du Kouang-toung, ont été exécutés en Novembre à Canton. 

Temps, 15 Octobre 1895. 

On télégraphie de Berlin au Standard que « les puissances » (ce sont apparem- 
ment la France, la Russie et l'Allemagne) ont adressé au gouvernement mika- 
donal une demande péremptoire au sujet de l'évacuation de la Corée, comme 
elles le firent pour l'évacuation de la péninsule mandchoue du Liao-Toung. 
Elles auraient renouvelé, dans ce nouvel appel au Japon, l'expression de leur 
désir que la Corée soit laissée à elle-même. On sait d'ailleurs qu'il y a quelques 
jours déjà les représentants des puissances à Séoul ont conféré avec le ministre 
japonais en cette capitale, en vue de hâter l'évacuation du royaume où ne 
resteraient qu'un petit nombre de soldats pour la protection de la légation 
japonaise. 

Le Nouveau Temps, de Saint-Pétersbourg, annonce que l'évacuation du Liao- 
Toung sera terminée à la fin de décembre, c'est-à-dire dans le délai voulu: 
Port-Arthur, complètement démantelé et privé de ses armements par les Japo- 
nais, aurait été officiellement rétrocédé, dès avant-hier, au général délégué par 
le gouvernement chinois. Enfin, le même organe ajoute qu'un nouveau port 
coréen, Mokno (?), situé à l'extrémité méridionale de la Corée, va être ouvert 
au commerce européen. Il présenterait d'exceptionnels avantages comme station 
navale. 

Un journal anglais, dont les informations sont le plus souvent sujets à caution , 
le Globe, connu pour l'outrance de son chauvinisme, croit savoir que le chargé 
d'affaires britannique à Pékin, M. Beauclerk, a présenté au tsong-li-yamen une 
note demandant que le nouveau vice-roi du Sse-Tchouan, Chou-Han, soit mis 
en jugement à raison des pamphlets antichrétiens dont il sei-ait l'auteur. La 
dépêche de Shanghaï qui apporte cette nouvelle au Globe, contient encore ce 
qui suit : 

Les navires de l'escadre russe actuellement dans les eaux chinoises ont 6,000 
hommes de troupe à bord, non compris les équipages. Cette escadre voudrait 
établir ses quartiers d'hiver dans la baie de Kiao-tcheou (Chan-Toung méridional), 
qui est à peu près libre de glaces toute l'année et qui occupe une position 
centrale excellente à mi-chemin entre Shanghaï et Tché-Fou; mais le gouver- 
nement chinois soulève de vives objections contre ce projet. 



CHRONIQUK. 65 

En exécution de la loi qui a ouvert des crédits spéciaux, le ministre des 
affaires étrangères vient de créer en Chine un certain nombre de consulats 
nouveaux. Voici le mouvement auquel cette création a donné lieu : 

M. Haas, consul de 1^« classe, chargé du vice-consulat de Han-Kéou, est 
nommé consul à Tchoung-King (poste créé). 

M. Dautremer, interprète de 1" classe à Tokio, est nommé vice-consul de 
France à Han-Kéou. 

M. Bons, consul de 2« classe à Long-Tchéou, est nommé consul à Sse-Mao 
(poste créé). 

M. François, consul de 2« classe à l'Assomption (poste supprimé), est nommé 
consul à Long-Tchéou. 

M. de Pommeyrac, vice-consul à Sassari (poste supprimé), est nommé vice- 
consul à Tché-Fou (poste créé). 

Le vicomte de Bondy-Riario, secrétaire d'ambas-sade de 2* classe, est nommé 
consul de 2^ classe et chargé du vice-consulat de France à Formose (poste créé). 

M. Gauthier, vice-consul à Pakhoï, est nommé consul de 2" classe, chai'gé 
du vice-consulat de France à Suez. 

M. Dejoux, vice-consul à Suez, est nommé consul de 2« classe et chargé du 
vice-consulat de Pakhoï. 

M. Guillien, interprète de l'^ classe à Shanghaï, est nommé vice-consul à 
Ho Kéou 9pT n (poste ci"éé). 

M. Kahn, interprète de 2« classe à Canton est nommé vice-consul à Tong- 
Hing ^ ^ (poste créé). 

Sont nommés interprètes de 2^ classe; 

M. Beauvais, élève interprète à Long-Tchéou. 

M. Sainson, élève interprète à Peking. 

M. Guibert, élève interprète à Tokio. 

Par un autre décret: 

M. Frandin, consul à Séoul, est nommé consul général à Bogota. 

M. Colin de Plancy, secrétaire d'ambassade de 1" classe à Tanger, est nommé 
consul général et chargé d'affaires à Séoul. 

M. Bourgarel, consul général à Bogota, est nommé ministre de France à 
Port au-Prince. 



On a distribué le 23 novembre 1895, à Paris, à la Chambre des Députés, 
la texte des conventions de délimitation et de commerce signées à Pékin le 20 
juin dernier entre la France et la Chine, conventions qui dès à présent sont 
ratifiées par l'empereur de Chine et qui sont soumises à l'approbation du Par- 
lement français. 

6 



ob CHRONIQUE. 

La convention de délimitation de la frontière entre le Tonkin et la Chine 
complète la convention signée le 26 juin -1887, qui avait délimité la frontière 
sur la rive droite du fleuve Rouge jusqu'à Mon-Ka. 

C'est au delà de ce point seulement que la séparation de l'Annam et de la 
Chine restait à déterminer. On a considéré toutefois qu'il y avait lieu de revenir 
quelque peu en arrière et de reprendre le travail de démarcation à Long-Po , 
c'est-à-dire à 180 kilomètres environ vers l'est, une connaissance plus précise 
du bassin de la rivière Noire ayant permis au gouvernement de la République 
de réclamer utilement , au profit de l'Annam , un territoire qui en avait été 
indûment détaché. 

Désormais, partant de la rivière Noire, la ligne separative de l'Annam et de 
la Chine remonte le cours du Nam-Nap, se dirige vers l'ouest en suivant la 
crête de partage des eaux jusqu'aux sources du Nam-Hou, passe au nord de 
ces sources qu'elle laisse à l'Annam, descend vers le sud entre les bassins du 
Nam-Hou et du Nam-La, contourne les vallées du Nam-Ouo-Ho et du Nam-Go, 
enfin, tournant brusquement à l'ouest, elle se dirige vers le Mékong, qu'elle 
atteint au confluent de ce fleuve et du Nam-La. 

Par ce tracé, la souveraineté de l'Annam est maintenue sur quatre territoires 
d'un intérêt particulier pour nos établissements d'Indo-Chine : 1" la principauté 
de Deo- Van-Tri, dont Laï-Chau est la capitale; 2" le district de Pou-Fang; 3^ 
la région des Muong-Hou, qui commande la grande route fluviale du Nam-Hou; 
4*' enfin le pays des Pa-Fat-Saï , dont les gisements de sel approvisionnent toute 
la contrée environnante. 

En outre, une clause spéciale de la convention rectifie sur un point de la 
frontière situé à l'ouest de la rivière Claire l'accord de 1887; le traité nouveau 
détermine d'une façon précise les droits respectifs de l'Annam et de la Chine 
sur ces localités. 

Quant à la convention commerciale, elle ne concerne pas seulement la partie 
occidentale de la frontière sino-annamite. Elle introduit des modifications impor- 
tantes dans le régime commercial qui date de 1886 et 1887. 

L'article 1er de cette convention reconnaît au gouvernement français le droit 
d'entretenir un agent consulaire à Tong-Hing, vis-à-vis de Mon-Cay, en vue 
d'assurer l'ordre et la police aux confins du Kouang-Toung, et prévoit l'adoption 
d'un règlement concerté entre les autorités françaises et chinoises, pour déter- 
miner les mesures communes de police qu'il conviendra d'appliquer dans les 
zones limitrophes. 

L'article 2 porte que la ville de Ho-Keou est substituée à celle de Man-Hao , 
comme point ouvert au commerce, sur la route fluviale de Lao-Kaï à Mongtze^ 
et comme résidence d'un agent relevant du consulat de France à Mongtze. Cette 
disposition est motivée par le fait que les opérations de la douane chinoise 
s'effectuent à Ho-Keou et non à Man-Hao, et que, d'autre part, cette dernière 



CHRONIQUE. 67 

localité a été reconnue malsaine et presque inhabitable pour les Européens. 

Par l'article 3, la ville de Sse-Mao est déclarée ouverte au commerce franco- 
annamite. Il est en outre convenu que le gouvernement de la République y 
établira un consulat et que le gouvernement chinois y entretiendi-a une agence 
des douanes. Le même article décide que les marchandises à destination de la 
Chine pourront être transportées par le Mékhong et le Loso, ainsi que par la 
route mandarinale qui , de Mong-Lé et de I-Pang ^ se dirige vei-s Sse-Mao et 
Pou-Eul. 

L'article 4 modifie le régime du transit de façon à faire de l'Ânnam et en 
particulier du fleuve Rouge la route la plus rapide et la plus économique du 
commerce international avec le sud de la Chine. .11 met fin aux exigences de 
la douane chinoise qui, en faisant refluer sur les routes de Canton et du Sse- 
tchouan les marchandises chinoises, avait privé le Tonkin d'un commeice de 
transit évalué à 18 millions. 

L'article 5 décide que la Chine, pour l'exploitation de ses mines dans les 
provinces du Yun-nan, du Kouang-Si et du Kouang-Toung, poun'a s'adresser 
d'abord à des industriels et ingénieurs français: et que les voies ferrées existantes 
ou projetées en Annam pourront être prolongées sur le territoire chinois. 

L'article 6 assure le raccordement des réseaux télégraphiques français et 
chinois entre Sse-Mao, Louang-Prabang et Laï-Chau. 



Par édit impérial du 6 décembre, la construction est ordonnée d'une double 
voie ferrée reliant Peking à Tien-Tsin (longueur: 115 kilomètres): elle coûtera 
environ 3 millions de taëls. Par suite du décret impérial autorisant la construc- 
tion d'une double voie feirée entre Tien-Tsin et Peking, ces travaux seront 
exécutés par les soins de l'ingénieur anglais C.-W. Kinder, directeur du chemin 
de fer de Tien-Tsin , sous la surveillance du taotaï Li. 

Les bruits (12 déc. 1895) d'un emprunt chinois émis en Allemagne et en 
Angleterre vont leur train. On mande de Peking, source anglaise, que des 
négociations ont lieu actuellement, par l'intermédiaire des consuls britannique 
et germanique, entre le gouvernement impérial, d'une part, les banques de 
Hong-Kong et de Shanghaï et la Banque néerlandaise asiatique, d'autre part. 
L'emprunt serait de 130 millions de taels. 

L'agence Havas reçoit (Oct. 1895) de Peking une dépêche ainsi rédigée et 
qui est un peu surprenante : 

On dit que le ministre de France essaye d'obtenir du gouvernement chinois 
que les missionnaires catholiques soient considérés comme ayant le rang de 
certains mandarins. 



68 CHRONIQUE. 

On se souvient que les pères jésuites, à la fin du dix-septième et au dix- 
huitième siècle, avant les controverses du cardinal de Tournon, étaient mandarins. 

Le Times tient de son correspondant de Pétersbourg que le ministère russe 
des finances est occupé à organiser une banque russo-franco- chinoise ayant pour 
principal objet de développer et d'assurer les intérêts commerciaux de la France 
et de la Russie en Extrême-Orient. Cette nouvelle est pleinement confirmée. 

La cession à la Russie de la baie de Kiao-Tchéou comme station navale 
d'hiver continue à scandaliser la presse britannique. Le Morning Post commente 
ainsi cette nouvelle: 

« Si nous devons continuer à marcher de pair avec la Russie en Extrême-Orient, 
il nous ftiut obtenir quelque station située plus au nord que notre port de 
Hong-Kong. Il paraît que la Russie occupe actuellement la position que l'An- 
gleterre occupait avant la guerre. Nous ne pouvons pas permettre à un rival 
aussi dangereux de nous supplanter dans les faveurs de la Chine. » 

On sait qu'avec l'année finira l'occupation de la péninsule mandchoue du 
Liao-Toung par les troupes mikadonales. D'après une dépêche de Vladivostok 
au Nouveau Temps de Pétersbourg, il y aurait à ce sujet, entre la Chine et 
le Japon, une entente portant sur les points suivants: 

1" Payement (déjà effectué) d'une indemnité de 30 millions de taëls au Japon; 
20 la Chine s'engage à ne laisser ni la Russie, ni la France, ni l'Allemagne (qui 
ont approuvé cette clause) occuper le J^iao-Toung après son évacuation, et 
renonce au droit de céder cette péninsule à aucune autre puissance ; 3" Ta-Lien- 
Wan est déclaré port libre; Ta-Kou-Chan est ouvert au commerce international, 
ainsi qu'un autre port mandchou. 



Le général (au service chinois) W. Mesny, bien connu des anciens i-ésidents 
dans le Céleste Empire, a fait paraître à Shanghaï, le 26 septembre 1895, le 
pi-emier numéro d'un nouvelle publication in-4 intitulée: ^^ ^ffi 1^ ^g 
Mesm/s Chinese Miscellany ^? -4- ^ ^^ hebdomadaire; il comprend: 
Introduction. — List of Authorities Consulted. — Notes on China and Chinese 
Subjects. — Progress in China, I. — Adventures of a British Pioneer in China, 
I — II. Cette publication est imprimée au bureau de The China Gazette. 



CHRONK^UE. 69 

COCHIN CHINE. 
L'organisation du Laos. 

L'organisation de nos nouveaux établissements de la vallée du Mékong se 
poursuit méthodiquement sous la direction de M. Boulloche, résident supérieur 
du Laos. 

La construction du réseau télégraphique continue avec activité. L'an dernier, 
on avait, dans le bas Laos, construit la ligne qui va de Saigon à Bassac. On 
va, cette année, établir un fil télégraphique qui partira de Bassac, ou si l'on 
veut de Ban-Muong, point situé sur la rive gauche du Mékong en face de 
Bassac, pour aboutir à Attopeu, ce centre important de la région aurifère du 
Sékong. La distance de Bassac à Attopeu, en ligne droite, est d'environ 110 
kilomètres. Enfin, des bureaux de poste vont êti-e ouverts à Ban-Muong et à 
Kam-Tong-Giai ; ce dernier point est situé à 75 kilomètres au nord de Bassac, 
sur le Sé-Don, affluent de gauche du Mékong. 

Pour faire face à ces dépenses d'organisation il faut naturellement des res- 
sources. A cet effet, le gouverneur général, M. Rousseau a, sur la demande 
de M. Boulloche, établi divers impôts sur les indigènes ou mieux, il a rétabli 
les ancienna? taxes locales. 

A côté de la taxe annuelle de 4 piastres, par permis de séjour ou passeport 
imposée à tout Asiatique étranger au Laos (nos protégés indo-chinois exceptés), 
il est établi une taxe pei'sonnelle frappant les indigènes du Laos inscrits sur 
les registres de capitation. Les Laotiens qui sont dans un état de civilisation 
relativement avancée payeront un impôt de 2 piastres 40. Par contre, les tribus 
de Khas ou sauvages (Muongs, Stieng, etc.) n'acquitteront qu'une taxe de 1 
piastre 20 et cet impôt pouiTa être perçu , soit en numéraire , soit en riz , cire 
ou autres denrées dont la valeur sera calculée d'après le cours commercial du 
jour du payement. 

Ce sont les autorités indigènes qui sont chargées sous leur l'esponsabilité de 
percevoir l'impôt; elles auront droit, à titre de frais de recouvrement, à une 
somme égale au dixième du montant des recouvrements. Toutefois, le comman- 
dant supérieur du bas Laos pourra, lorsque les circonstances l'exigeront, accorder 
aux villages des dégrèvements partiels; seulement, ces dégrèvements ne pour- 
ront pas dépasser le cinquième du montant des rôles. En dehoi-s de l'impôt 
pereonnel, chaque contribuable laotien ou kha sera astreint à dix jours de 
corvée, lesquels seront affectés à des travaux déterminés par un arrêté du 
résident supérieur, rendu sur la proposition du commandaut supérieur du bas Laos. 

Telles sont les règles générales fixées en matière d'impôts indigènes. Mais, 
pour ne pas porter atteinte aux habitudes des indigènes, des modérations pro- 
visoires de taxes sont accordées dans quelques régions. C'est ainsi que dans les 
commissariats de Song-Khône et de Cammoun, qui constituent en quelque sorte 



70 CHRONIQUE. 

le Laos central, la taxe personnelle est fixée uniformément à deux piastres, 
aussi bien pour les Laotiens que pour les Khas. Et dans la province d'Attopeu 
l'impôt continuera provisoirement à être perçu suivant la coutume laotienne, 
c'est-à-dire que le montant du rôle restera fixé, jusqu'à nouvel ordre, à 4 
kilog. 910 grammes de poudre d'or. 

Notre œuvre de pénétration dans le bas Laos et dans le Laos central s'accom- 
plit, on le voit, progressivement, et l'ouverture prochaine de la ligne à vapeur 
des Messageries fluviales sur le Mékong, tout en consolidant notre action politique, 
permettra de mettre en exploitation économique les territoires arrosés tant par 
le Mékong que par ses grands affluents navigables. 

CORÉE. 

Le bruit court que la reine de Corée s'était convertie au Catholicisme peu 
de temps avant son massacre. 

La dernière Nouvelle du Temps du 19 Décembre 1895. 

Le Nouveau Temps ^ de Saint-Pétersbourg, publie une série d'informations 
de son correspondant à Vladivostok, le capitaine J.-A. Goremykin, d'après 
lesquelles les Japonais auraient fait subir au gouvernement coréen un odieux 
traitement, au mépris des engagements pris par eux envers les puissances et 
bien avant les inti-igues qui nécessitèrent le rappel et la déchéance de leur 
représentant à Séoul, l'ex-vicomte Miura Goro. Nous reproduisons, en un bret 
résumé et sous toutes réserves, ces graves accusations: 

Le comte Inouyé commença par traiter le roi Li Houi absolument comme un 
prisonnier, et poussa l'audace jusqu'à introduire dans la salle du trône, sous 
prétexte de protection, des soldats du mikado. Les choses en vinrent au point 
que Li Houi sollicita par écrit, les représentants d'Europe et des Etats-Unis de 
venir l'assister. Ils se rendirent au palais en grand uniforme, y pénétrèrent 
malgré les sentinelles japonaises, mais, dans la cour intérieure, un messager 
du roi leur présenta une note écrite par celui-ci et leur demandant de ne pas 
insister pour être reçus; ils comprirent que le souverain terrorisé, avait obéi, 
en rédigeant cette note, à un ordre du comte Inouyé, et après une courte 
consultation, ils refusèrent de quitter le palais. 

Le roi parut olors devant eux, livide et tremblant, dépouillé des insignes 
de sa royauté et les supplia de partir, de peur qu'il ne payât de sa vie leur 
insistance. Il ajouta qu'il les informerait séparément du danger mortel qui le 
menaçait. A la suite de ces faits, les représentants étrangers adressèrent des 
remontrances collectives au comte Inouyé, qui se contenta de réduire la garde 
japonaise du palais. 

C'est alors que se produisit une crise politique (la chute de Pak) et qu'arriva 
le vicomte Miura Goro; ses eiforts pour imiter la conduite du comte Inouyé 
eurent pour résultat le drame de palais que l'on connaît, l'assassinat de la 



CHRONiqUE. 71 

reine dont Li Houi se défiait, la déchéance de ce souverain et la tentative 
d'usurpation du Taï Ouen-Koun, son père, etc. 

Le capitaine Goreraykin affirme ensuite que le roi légitime de Corée, foi-cé 
par le comte Inouyé d'envoyer son trésorier Li Tai-Youn solliciter la protection 
du mikado, donna par-dessous main à cet émissaire l'ordre de passer sur tem- 
toire russe et de demander l'appui du « grand tsar blanc » contre les oppresseurs 
japonais. C'est ce que fit Li Taï-Youn qui, arrivé au Japon, prit la fuite et 
gagna Vladivostok. Il présenta des lettres de créances aux autorités l'usses, 
mais celles-ci en référèrent à Péterebourg , d'où l'ordre fut donné d'interroger 
M. Waeber, consul de Russie à Séoul. Celui-ci déclara que le roi de Corée ne 
voulait plus reconnaître Li Taï-Youn comme son ambassadeur et demandait son 
extradition , mais les Russes refusèrent de livrer le fonctionnaire coréen , qui 
réside actuellement à Khabai'ovska. 

Le fait que Li Houi répudia son envoyé s'expliquerait par la terreur du 
nouveau ministre japonais, vicomte Miura Goro. Il aurait adressé de nouvelles 
demandes de protection à l'amiral russe Alexeief 



Londres, 14 décembre. 

Une note communiquée aux journaux dément la nouvelle d'après laquelle les 
puissances auraient adressé au Japon une note péremptoii'e réclamant l'évacution 
de la Corée. 

Les Japonais eux-mêmes sont désireux, dit cette note, d'avoir le moins de 
troupes possible en Corée. Ils n'y ont laissé, comme cela a déjà été déclaré, que 
les troupes simplement nécessaires pour conserver leurs lignes de communication 
avec le Liao-Toung. Une fois que l'évacuation de la péninsule , qui a lieu 
actuellement, sera terminée, cette nécessité aura disparu. 

Le Shen-Pao, de Shanghaï, annonce que le calendrier grégorien a été sub- 
stitué au calendrier antérieurement usité en Corée, de façon que le 17^ jour 
de la lie lune de la 50# année de la dynastie régnante y est considéré désor- 
mais comme le l"^* jour de la lune de l'année 505 (la i""« année de cette dy- 
nastie de Han coïncide avec l'an 1391 de notre ère et l'investiture de Li Tan 
comme roi de Cho-Sen). 

Dans sa proclamation relative à cette modification, le roi Li Houi substitue 
à son titre de roi ( ^p ouang) celui de Taï Koun Tchou -ir ;3' "OC , titre 
inventé pour désigner la reine Victoria dans le traité de Nanking. 

Temps, 14 Janvier 1896. 
Le New-York Herald tient de son correspondant de Shanghaï une histoire 
extraordinaire, à laquelle on fera bien, sans doute, de n'attacher qu'un crédit 
limité. Elle ne serait connue que de quelques personnes, notamment le roi Li 



72 CHRONIQUE. 

Houi , le chargé d'affaires de Russie à Séoul , M. Wœber, les consuls anglais et 
allemand en cette ville, etc., et de ces quelques pereonnes la plupart auraient 
intérêt à la laiser ignorer. Voici, en résumé, ce dont il s'agit: 

C'est le 8 octobre que des conspirateurs japonais pénétrèrent dans le palais 
royal à Séoul, pour assassiner la reine. Celle-ci, qui vivait depuis longtemps 
dans l'appréhension d'un coup de main et qui avait continué de se déguiser, eut 
le temps de s'enfuir et la chance de n'être pas reconnue. Ses femmes furent 
massacrées à sa place et le roi Li Houi feignit de croire que le cadavre d'une 
de ces servantes était réellement celui de la reine. Mais il savait fort bien à 
quoi s'en tenir. D'accord avec les Européens Wœber, H illier, etc., les Américains 
Allan, Underwood, etc., il décida de ne pas révéler la fuite de la reine tant 
que celle-ci ne pourrait pas être replacée sans danger sur son trône. 

La révolution du 28 novembre fomentée par le parti de la reine, n'eut d'autre 
but que d'effectuer cette restauration et de chasser les Japonais. Elle échoua 
et c'est pourquoi toutes les personnes qui étaient dans le secret jouèrent une 
ignorance complète. 

Le journal américain conclut en disant que la Russie exploite maintenant 
le prétendu meurtre de la reine et s'en fait une arme contre les Japonais, bien 
qu'elle sache fort bien que la reine est saine et sauve. 

FRANCE. 

Le onzième Congrès international des Orientalistes se réunira à Paris du 5 
au 12 septembre 1897. Le Président de la République française, M. Félix 
Faure, a annoncé qu'il acceptait le titre de Protecteur du Congrès. 

Dans sa séance du 17 janvier, la Commission centrale de la Société de Géo- 
graphie a constitué son bureau pour l'année 1896: Président, M. le Dr. E. T. 
Hamy, de rinstitut: Vice-Présidents, le Prince Roland Bonaparte et Henri 
CoRDiER , Professeur à l'Ecole des Langues Orientales vivantes ; Secrétaire , M. 
Charles Maunoir; Secrétaires-adjoints, MM. J. Girard et le Baron Hulot. 

Une demande de crédits supplémentaires pour la création de postes consulaires 
français en Chine a été déposée par le gouvernement. Les crédits nécessités 
par cette création viennent d'être votés: ils s'élèveront au total à 240,' 00 francs ; 
afin d'assurer le fonctionnement de ces postes dès maintenant, 40,000 francs 
sont demandés pour les deux derniers mois de l'année courante. On installera 
un consulat à Tchoung-King et à Sse-Mao: un vice-consulat à Formose, Ho-Keou, 
Tche-Fou , Tong-Hing (voir ci-dessus , page 65). Ces intéressantes créations sont 
justifiées en ces termes par l'exposé des motifs: 

L'étendue et l'importance de nos possessions indo-chinoises, l'extension de 
nos intérêts en Extrême-Orient, la conclusion récente de deux conventions avec 
la Chine, le devoir qui s'impose au gouvernement de soutenir les efforts faits 



CHRONiqUE. 73 

par notre commerce pour se créer de nouveaux débouchés dans ces vastes régions 
rendent nécessaire la création en Extrême-Orient de postes consulaires. Plusieurs 
de ces postes sont précisément situés dans la région que doit parcourir la mis- 
sion commerciale organisée par la chambre de commerce de Lyon et doivent 
contribuer a assurer le succès des efforts faits par cette compagnie; ce sont les 
consulats de Tchoung-King et de Sse-Mao et le vice-consulat de Ho-Kéou. Les 
deux derniers et le vice-consulat de Tong-Hing aideront en outre efficacement 
à la surveillance de notre frontière tonkinoise. 

L'importance politique stratégique de Tche-Fou , où nous étions déjà représentés 
par un agent consulaire de nationalité étrangère, à défaut de négociant fran- 
çais établi sur ce point, n'a pas besoin d'être démontrée depuis que ce port a 
servi de théâtre aux luttes sino-japonaises. 

L'île de Formose enfin , où nous nous proposons de créer un vice-consulat , 
est passée sous la domination du Japon. L'intervention des trois puissances à 
Tokio vient de constituer à leur profit des garanties spéciales et la France est, 
par suite, intéressée à être renseignée sur les conditions dans lesquelles les 
Japonais y exerceront leur souveraineté. L'éloignement de notre représentant 
au Japon rendrait actuellement cette surveillance impossible. 

M. Jean Joseph Beau vais, interprète du consulat de France à Loung-tcheou, 
en congé en France, prépare la traduction des annales de cette ville avec des 
études sur les aborigènes de la région. On sait l'importance ethnographique de 
la frontière du Kouang-si et du Tong-king. 

Le président de la République a reçu le mardi, 21 janvier 1896, à quatre 
heures et demie, en audience publique, M. Tching-Tchang, le nouveau ministre 
de Chine à Paris, qui lui a remis ses lettres de créance. M. Crozier, directeur 
du protocole, était allé chercher, dans les voitures de la Présidence, à l'hôtel 
de la légation, place Victor-Hugo, le ministre et les pei^sonnages de sa suite. 
L'escorte a été formée par un peloton de cuirassiei-s sous les ordres d'un lieu- 
tenant. Dans la cour du palais de l'Elysée, les honneurs ont été rendus par 
un détachement du 39^ régiment de ligne. Reçu au bas du perron par l'officier 
de service, le commandant Moreau , le ministre a été aussitôt introduit auprès 
du président de la République, qu'entouraient tous les officiers de la maison 
militaire. M. Tching-Tchang a prononcé, en remettant ses lettres de créance, 
une courte allocution à laquelle a répondu M. Félix-Faure. L'entrevue a duré 
environ dix minutes et à son départ, le ministre a été reconduit avec le même 
cérémonial qu'à l'arrivée. 

Le consul M. Rocher, directeur de la Mission lyonnaise d'exploration en Chine, 
télégraphie à la chambre de commerce de Lyon, à la date du 8 janvier, qu'il 
est arrivé à Yun-Nan-Fou le 28 décembre dernier et que la mission a ren- 
contré, auprès des autorités chinoises, un accueil des plus sympathiques. 



74 CHRONIQUE. 

Le consul ajoute que la raission lyonnaise, après avoir étudié les ressources 
commerciales du Yun-Nan , va poursuivre sa route vers Tchoung-King, son 
centre d'opérations et son principal objectif. Pour s'y rendre, deux groupes 
seront formés: l'un qui empruntera la voie du Se-Tchouan et du Yang-Tsé 
par Tchao-Toung et Souï-Tcheou Fou, et l'autre qui atteindra Tchoung-King, 
la grande métropole commerciale et industrielle de la Chine centrale, par le 
Koueï-Tcheou , en passant à Koueï-Yang Fou. L'état d'esprit et de santé de la 
mission est excellent. Il est bien regrettable que la mission n'ait pas compris 
le Kouang-si dans son programme d'exploration et n'ait pas visité Koueï-lin et 
Nan-ning. 

Le 3 novembre 1895 le Musée Guimet a rouvert la salle de céramique ja- 
ponaise du rez-de-chaussée. Elle est augmentée d'une colleclion infiniment cu- 
rieuse, amusante même, qui fera courir tous les amateurs de japonisme et in- 
téressera jusqu'aux profanes. C'est un ensemble considérable de 2,700 kogos, 
sortes de petites boîtes, en toutes matières céramiques, grès, porcelaine, faïence, 
et de toutes formes, animaux, éventails, coquilles, fleurs, petites divinités, cari- 
catures, etc. Ces boîtes étaient en usage pour les Cérémonies du thé, et de 
tout temps la verve humoristique et le goût raffiné des Japonais s'y sont exer- 
cés. Parmi les noms célèbres que contient la collection, sont des pièces de Nin- 
sei, Kenzan, Rakou, Ritsouô, noms bien connus et vénérés des amateurs de cé- 
ramique. De fait, ces mille et mille petites pièces sont des plus divertissantes 
à voir, à comparer, avec leurs couleurs chatoyantes, leurs caprices imi^réviis, et 
le tout est d'un grand enseignement pour l'histoii'e de r«art de terre» au Ja- 
pon. C'est comme un raccourci de toutes les écoles et de tous les procédés, avec 
en plus une philosophie toute spéciale et un piquant côté de mœurs. 

La chambre de commerce de Lyon vient de recevoir des nouvelles de la 
mission d'exploration qu'elle a envoyée en Chine. Celle-ci a fait un long séjour 
au Tonkin, où elle a reçu l'accueil le plus chaleureux et le plus sympathique. 
Elle a visité en détail les centres importants du Delta, les établissements de la 
baie d' Along (Hongay, Kebao) et, après avoir remonté le fleuve Rouge jusqu'à 
Lao-Kaï, elle est entrée en Chine le 25 novembre par Long-Po, à proximité 
de Ho-Keou, l'un des nouveaux marchés chinois récemment ouverts au commerce 
européen par le traité de Simonoseki et où la France va installer un consulat. 
La mission est arrivé à Mongtze, le 3 décembre. 

A la suite du meurtre de M. J. L. Dutreuil de Rhins, le gouvernement chi- 
nois avait accordé sur les réclamations de la France, une indemnité de 250,000 
francs. Sur cette somme, 138,000 fiancs ont été employés à liquider les frais 
de la mission. Le surplus, soit 112,000 francs, est resté sans emploi. Le Cabinet 
a proposé d'affecter ce reliquat à la fondation d'un prix à décerner par l'Aca- 



CHRONIQUE. 75 

demie des Inscriptions et belles-letti^. Cette affectation a été approuvée par la 
commission du budget. 

Mgr. le duc de Chartres a reçu le 25 Dec. dernier de son fils aîné, le prince 
Henri d'Orléans, la dépêche suivante: 

Sadiya, Assam, 24 décembre. 

Fin août terminé exploration Mékong chinois. De septembre à décembre 
parcouru à pied pays indépendants du Thibet, traversé toutes les branches de 
riraouaddy près de ses sources. Bien arrivés en Assam. Depuis départ du Tonkin 
avons parcouru 3,300 kilomètres dont 2,400 nouveaux. Nombreuses collections. 
Pensons arriver milieu février. Adresse lettres Bombay, dépêche Sadiya. Vous 
embrasse Henri d'Orléans. 

On était sans nouvelles du jeune et vaillant explorateur depuis neuf mois 
environ et l'inquiétuile qui commençait à se manifester dans les milieux savants 
était d'autant plus justifiée que le prince avait à traverser des régions particu- 
lièrement dangereuses. On se réjouira donc de l'heureuse issue d'une expédition 
dont les résultats seront, à n'en pas douter, féconds pour la science. 

M. F. Grenard, membre de la mission Dutreuil de Rhins, a fait le lundi 
30 décembre 1895 à la Société académique indo-chinoise de France, une con- 
férence sur le Thibet oriental et les sources du Mékong. 

M. Etienne Aymonier, directeur de l'Ecole coloniale, vient de faire paraître 
dans le Bibliothèque d'Etudes (dont il forme le Vol. V.) des Annales du Musée 
Guimet le premier tome de son Voyage dans le Laos. Nous espérons que le 
second volume de ces explorations intéressantes ne tarderont pas à paraître. 

Société de Géographie. — 10 Janvier 1896. — M. Petiton, ancien 
ingénieur en chef des mines en Cochinchine, expose les grandes lignes d'un 
important travail qu'il vient de terminer sur la géologie de l'Indo-Chine (avec 
un atlas) et dont il a jeté les premières bases il y a près de vingt-huit ans. 
M. <le Lapparent, Président, en remerciant l'auteur, fait ressortir les services 
que ce travail est appelé à rendre dans l'étude du sol de notre colonie d'Extrême- 
Orient; il est certain, dit-il, que les efforts de ce travailleur patient et modeste 
seront justement appréciés par les pouvoirs publics et par tous ceux qui s'inté- 
ressent aux questions géographiques. — M. Cl. Madrolle, explorateur, écrit 
de Mong-Tze (Yun-Nan), à la date du 29 septembre, qu'après avoir parcouni 
l'Annam et le Tonkin, il s'est décidé à traverser la Chine jusqu'à Pékin. La 
montée du fleuve Rouge par les vapeurs a été des plus simples jusqu'à Lao-Kaï; 
de ce point, par eau et par terre, il a gagné Mong-Tze, ville importante du 
Yun-Nan , située dans une région agréable et saine. Retardé quelque peu dans 
ces pai'ages par les difficultés que présentent les achats de chevaux et dé mulets 



76 CHRONIQUE. 

qui doivent constituer sa caravane, M. Madrolle a définitivement fixé son voyage 
au ier octobre. Le voyageur remarque en finissant qu'en moins d'un an trois 
Français ont passé par Mong-Tze: le prince Henri d'Orléans, M. Bouin et lui. 
L'itinéraire que M. Madrolle se propose est, dans son idée, surtout destiné à 
reconnaître la vallée du fleuve Rouge et réunir par la voie la plus directe 
Lao-Kaï à Bhâmo (Birmanie anglaise). Son retour s'effectuera par le Se-Tchouan 
et Shanghaï. — M. le général russe Venioukov annonce que les membres de 
six expéditions ont été dé.signés en Russie pour observer l'écIipse totale du 
soleil qui aura lieu le 9 août de cette année. Les stations choisies par la com- 
mission des préparatifs se trouveront établies: en Laponie, à la Nouvelle-Zemble, 
aux embouchures de l'Ienisséi, aux sources de l'Anabara, à Olenminsk (Lena), 
à la « Slanitra Orlovska » (Amour). M. Venioukov apprend également que M. 
Sven Hédin, le voyageur suédois, s'est rendu au mois de novembre 1895 à 
Khotan pour pénétrei- de là dans le nord-ouest du Tibet et ensuite pour se 
diriger vers le Lob-Nor, Cha-Tchéou et Pékin; il espère revenir en Europe par 
la Mongolie et la Sibéiie. On a, enfin, mentionne ce savant, décidé dans les 
sphères gouvei'nementales de Saint-Pétersbourg, de traverser l'Angara par un 
pont à likoutsk et de continuer la voie ferrée du transsibérien sur la côte 
septentrionale du Baïkal. Là les rails seront remplacés par un énorme bac à 
vapeur qui transportera le train de l'autre côté du lac. (36 kilomètres). Ce plan 
hardi semble cependant avoir trouvé des contradicteurs parmi certains experts 
de la géographie physique de la Sibérie qui doutent de la possibilité de la 
réalisation de ce véritable tour de force. 

A la suite de la ratification du traité franco-chinois, le ministre de Chine à 
Paris vient d'informer M. Hanotaux qu'un décret impérial lui conférait le grand- 
cordon de l'ordre du Double-Dragon de première classe. 

Cette haute distinction est la récompense de la part prise par l'ancien ministre 
des affaires étrangères à la conclusion du traité. (6 février 1896). 

ITALIE. 

Nous avons reçu de Mr. L. Silvestro Prota-Giurleo , de Naples, la première 
partie d'un Saggio d'un corso compléta di lingua giapponene, autographié à 
cinquante exemplaires seulement. L'ouvrage comprendra trois parties, plus un 
appendice. I: forma catacana, forma iracana, forma mana; II: Grammaire; 
III: Exercices de traduction; Appendice: Notions sur la littérature, l'histoire, 
la géographie, le commerce, les us et coutumes du Japon, ainsi que des ren- 
seignements sur les relations politiques et commerciales de ce pays avec l'Europe 
et plus particulièrement avec l'Italie. 



CHRONiqUE. 77 



JAPON. 

Les Japonais ont fait le projet d'ériger quatre stations météorologiques à 
Formose. Us ont commencé à placer des torpilles dans le port de Hakodate, 
et dans Makoung, dans les Pescadores, on bâtira un chantier pour vaisseaux. 

Le 2 Novembre dernier une incendie à Hakodate a détruit 250 maisons. 
l'Epidémie du choléra au Japon a cessé. Depuis le coramercement jusqu'au 
i Novembre 55,750 personnes ont été attaquées, et 38,920 en moururent. 

Les statistiques ofTicielles japonaises constatent les pertes suivantes durant la 
guerre avec la Chine: Tués 766 hommes, morts de blessures 226 et de mala- 
dies 3721, en tout 4713 morts. 3391 ont été blessés et jusqu'en Septembre 
84,962 hommes se trouvèi-ent sur la liste de l'infirmerie. 

A Forraose 85 hommes ont été tués et 1664 y sont morts de maladies. En outre 
on a eu 306 blessés etc. 13,461 malades. 

5 Janv. Tout le district au N.E. de Tamsui est en pleine révolte depuis le 
28 Décembi-e. Dix mille insurgés ont essayé le 1 Janvier un coup de main sur 
la ville de Taipeh à l'est de Tamsui, mais ils ont été dispei*sés le même jour 
par les troupes japonaises. On s'attend encore à plusieui"s révoltes. 

Les ports de Chimonoseki, Yokkaitchi, Sendai, Aomori et Otarunai seront 
ouverts sous peu au commerce étranger. 

Le gouvernement a décidé de relier Tai-ouan et Takao, à Formose, par un 
chemin de fer. La distance est de 30 milles anglaises. 

Selon les dernières statistiques on a exporté du Japon en Europe 73000 
tonnes de riz, dont 28000, donc plus de 26 pet., ont été importées directement 
aux Pays-Bas. 

On annonce de Tokio que le docteur Kitazato, professeur à l'école de méde- 
cine de cette ville, vient de faire la découverte d'un mode de traitement effi- 
cace du choléra, qui, expérimenté aussitôt dans les hôpitaux, aurait donné les 
résultats les plus satisfaisants. Bien que M. Kitazato n'ait pas encore exposé sa 
méthode, on dit à Tokio d'ores et déjà que ce traitement ne constitue pas à 
proprement parler une médication réellement spécifique, mais une étape scien- 
tifique appelée à rendre de très grands et très remarquables services en temps 
d'épidémie. Acien élève de Koch et de Virchow, de Berlin , de Verneuil , de 
Paris, dans le laboratoire duquel il travailla il y a une dizaine d'années à 
l'hôpital de la Pitié, le docteur Kitazato est, avec le docteur Kashimura, un 
des maîtres les plus connus et les plus estimés de cette jeune université. Leurs 
communications, presque toujours publiées en langue allemande, sont toutes 
empreintes de l'esprit scientifique le plus pur. 



78 CHRONIQUE. 



Le commerce extérieur du Japon en 1894. 

La Dernière Nouvelle du Temps ^ 19 Décembre 1895. 

Le ministère des affaires étrangères publie un rapport de M. Klobukowski, 
consul général de France à Yokohama, dans lequel nous relevons les données 
suivantes sur le commerce extérieur du Japon en 1894. 

Les événements récents, les changements profonds qu'ils ont produits en 
Extrême-Orient, et sont encore susceptibles de produire dans l'avenir, donnent 
un intérêt tout particulier à l'étude commerciale approfondie faite par notre 
consul général. 

Le commerce japonais n'a été ni ralenti ni amoindri par la guerre contre la 
Chine. Seulement, tandis qu'en 1893 les exportations avaient dépassé les impor- 
tations de 1.455.692 yen, en 1894, les importations ont excédé les exportations 
de 4.235.869 yen. 

Le yen peut être évalué à 2 fr. 72, en prenant la moyenne des cours de 
l'année. 

La baisse du yen a du même coup amené une très forte sortie de nuraéraii'e. 

En 1893, les chiffres étaient: importations, 111,297,778 yen; exportations, 
88,140,793 yen. 

En 1894, ils sont: importations, 117,484,955 yen; exportations, 88,257,171 yen. 

Les mouvements du numéraire ont été : pour les importations 26,783,652 
yen, pour les exportations 34,579,111 yen, soit une différence de 7,595,458 
yen, qui sont sortis du Japon. 

Presque tous les pays ont profité de l'accroissement des transactions; il con- 
vient de citer, en première ligne, les Etats-Unis qui ont gagné 20,476,248 yen 
et l'Angleterre 15,214,468 yen. 

Puis viennent l'Inde anglaise, la Chine, les Philippines, la France: 

L'Inde anglaise, dont le commerce général (importation et exportation réunies) 
avec le Japon avait atteint 11,150,108 yen en 1893, figure en 1894 pour 
14,248,607 yen, gagnant 3,098,498 yen; 

La Chine, passant de 24,810,394 yen en 1893 à 26,325,494 en 1894, gagne 
1,515,099 yen; 

Les Philippines, de 687,550 yen, montent à 1,919,405, avec un gain de 1,231,855. 

Le courant commercial que l'initiative des Japonais a créé entre leur pays et 
les Philippines tend à s'accoître et, sans aucun doute, deviendra assez important. 

La France, de 22,837,252 yen, passe à 23,846,823, bénéficiant de 1,009,571 yen. 

Nos possessions d'Indo-Chine figurent pour la première fois, d'nne manière 
distincte, dans les statistiques de la douane impériale, où une place spéciale 
leur a été assignée en raison de l'importance grandissante de leur commerce 
avec le Japon. 



CHRONIQUE. 7ô 

Malheureusement, le chiffre de leurs affaires avec ce pays n'est pas donné 
pour 1893. En 1894, elles figurent pour 6,228,669 yen. 

En ce moment même, des négociants japonais étudient la question de l'établis- 
ement d'un comptoir à Saigon et à Hanoi, désirant augmenter leui-s relations 
avec nos sujets indo-chinois et aller directement au négociant européen, surtout 
au producteur annamite ou cambodgien , sans passer par des intermédiaires 
coûteux. 

La Corée, qui figumit avec 3,300,681 yen en 1893, se présente avec 4,548,424 
yen en 1894, gagnant ainsi 1,247,743 yen, soit 238,172 yen de plus que le 
profit réalisé par la France. 

La Russie d'A.sie, par contre, passe de 2,492,951 yen en 1893 à 2,158,060, 
perdant ainsi 334,890. Les services entre Vladivostok et le Japon ont été for- 
cément sacrifiés pendant toute la durée de la gueiTe: les grands bateaux qui y 
étaient employés étaient tous nolisés comme transports. 

Le Siam paraît reprendre avec le Japon les relations qu'il avait eues avec 
lui dans l'antiquité et qui furent totalement interrompues pendant trois siècles; 
en effet, ses transactions partant de 60,793 yen en 1893, ont atteint d'un coup 
plus de 600,000 yen, en 1894. 

Depuis quelque temps déjà, les Japonais cherchent à faire pénétrer leui-s 
articles manufacturés sur le marché de Bangkok, où ils ont fondé un comptoir, 
en concurrence avec l'article anglais. On conçoit tout l'intérêt que présente, à 
l'heure actuelle, cette constatation pour nos nationaux. 

L'énorme consommation de laine que fait le Japon, soit pour son propre 
compte, soit pour le compte de ses tributaires commerciaux, qui, moins avancés 
que lui en civilisation, et manquant de filatures, viennent lui acheter leurs 
tissus, n'a pas manqué d'attii-er l'attention de l'Australie qui a un besoin absolu 
d'écouler ses laines. Aussi , fait-elle de grands efforts pour entrer en commu- 
nications faciles et fréquentes avec ce client de pi-emier ordre. 

Les opérations avec cette contrée, chiffrées par 1,209,671 yen en 1893. ont 
atteint 1,632,829 yen en 1894, faisant ressortir une plus-value de 423,157 yen. 

La baisse de l'argent favorisesingulièrement les produits japonais et leur permet 
de lutter victorieusement avec les produits similaires étrangei-s de qualité moyenne, 
égale ou inférieure. 

Un article qui coûtait 2 shillings à Manchester en 1887, coûtait 2 shillings 
environ à Yokohama à la même époque. Aujourd'hui, l'article en question, par 
suite de la baisse du change, coûte 3 et même 4 shillings à Yokohama, car 
la valeur du shilling a augmenté depuis dans une proportion de 4/10 et 5/10, 
ou, ce qui revient au même, la valeur du yen ou dollar a baissé dans une 
proportion identique. Pour vendre, sans perte, il faudrait donc pouvoir livrer 
à 3 shillings 1/2 ou 4 shillings: mais, cela n'est pas possible, car l'industrie 
japonaise dispose d'une main-d'œuvre très bon marché, qui n'a du reste pas 



80 CHRONIQUE. 

varié, pas plus que n'a varié, sur la place, la valeur réelle du yen ou dollar. 

Or, l'industrie japonaise pouvant fabriquer cet article à 2 shillings ou 2 
shillings 1/2, il est clair que l'article à 4 shillings sera fatalement évincé. 

Et cette crise monétaire permet encore aux Japonais d'alimenter les autres 
pays également à monnaie d'argent comme la Corée, la Chine, l'Inde, où 
l'article européen n'a plus accès pour les motifs qui viennent d'être indiqués à 
propos du Japon. L'article étranger, européen et améi'icain , est ainsi peu à peu 
refoulé des marchés asiatiques, où le remplace le similaire japonais. 

En outre, les Japonais cherchent à se passer complètement des intermédiaires 
étrangers. 

Leurs transactions directes, qui étaient de 15,581,113 yen seulement en 1888, 
pour un trafic total de 131,160,744 yen, ont atteint 54,398,575 yen cette 
année. Leur négoce porte particulièrement sur le cuivre, la soie, le charbon, 
les algues marines, les machines, le matériel de guerre et de chemins de fer, 
les pois et haricots, le coton, les velours et satins de coton. 

PAYS-BAS ET COLONIES NÉERLANDAISES. 

Par décret du 3 Février 1896, N". 19, Sa Majesté la Reine Régente des 
Pays-Bas a nommé M. le professeur G. Schlegel Chevalier de l'ordre du Lion 
Néerlandais. 

Dans sa séance du 2 Janvier dernier, la Société Sinico-Japonaise de Paris a 
nommé M. le professeur G. Schlegel de Leide à la place n"*. 9 dans la classe 
de ses douze membres perpétuels. 

A l'occasion du centenaire de l'Institut de France , M. le pi'ofesseur De Goeje 
de Leide a été promu au grade d'officier et M. le piofesseur H. Kern a été 
nommé commandeur de la Légion d'honneur. 

Monsieur D. L. comte van Bylandt a été rappelé de son poste de Ministre 
Résident au Japon , à cause de l'état de sa santé. A sa place a été nommé Mr. 
H. C. J. Testa, conseiller à l'ambassade de S. M. la reine à Bruxelles 

A son départ l'Empereur du Japon lui a conféré l'ordre du Soleil levant du 
Japon 2e classe. 

En commémoration de la 25 année de l'occupation du trône de Siam, le roi 
a fait don aux bibliothèques des universités de Leide, d'Utrecht et d'Amsterdam 
d'une copie complète du Phra Tripitaka , le Code des bouddhistes méridio- 
naux, écrit en langue Pâli et imprimé en caractères Siamois, en 39 volumes, 
belle reliure, ornée du portait de Sa Majesté, ayant les armes du Siam sur le 
plat de la couverture. 



CHRONIQUE. 81 

RUSSIE. 

Le pramier volume du voyage du généi-al Pevtsov dans le Turkestan oriental 
de 1889 — 1890, vient de paraître en russe avec le portrait de l'auteui*, 40 vues 
phütographiques et une belle carte. 

SIAM. 

Un accord sur la question du Haut-Mekong a été signé le dS janvier 4896 à 
Londres par le Baron A. de Courcel et Lord Salisbuiy. Les Anglais se retirent 
complètement sur la rive droite du fleuve et Muong Sing est rendu à la France. 

Voici, d'après le communiqué officiel, le texte de cet accord: 

«Le système des Etats tampons sur le Haut-Mékong a été écarté, et le cours 
du Mékong adopté comme limite définitive des possessions françaises jusqu'à la 
frontière chinoise. 

«La contestation relative à Muong-Sing est résolue qt ce territoire va être 
remis entre nos mains. 

« Les deux puissances s'intei-dLsent réciproquement de pénéti'er en ai'mes dans 
la vallée du Ménam. Les régions du Siam situées à l'Est et à l'Ouest de cette 
vallée demeurent en dehors de cette clause. » 

D'autre part, des dépêches de Londres annoncent que le Siam est partagé 
en trois zones — celle du Mékong, qui passe sous l'influence française — celle 
du Ménam (la vallée de ce fleuve) qui reste au Siam — celle de la Péninsule 
malaise, qui passe sous l'influence anglaise. 

Bien que cet accord ne doive pas être régulièrement soumis à la ratification 
parlementaire, M. Berthelot prépare, sur ces affaires indo-chinoises, un Livre 
iaune qui sera prochainement distribué aux Chambres. 

Le règlement anglo-français. — Suppression de l'Etat-tampon. 

Londres, 15 janvier. — La nouvelle que le règlement définitif des questions 
dn Siam et du Haut-Mékong est imminent se confirme. 

Le gouvernement anglais, reconnaissant que le territoire du Muong-Sing est 
de peu de valeur, accepte que le Mékong devienne frontière commune entre 
les possessions françaises et anglaises, depuis le Nord du Siam jusqu'aux fron- 
tières de Chine. 

Il n'est donc plus question d'un Etat-tampon sur le Haut-Mékong. Le Siam 
devient, de fait, le seul tampon entre la France et l'Angleterre en Asie. 

Les questions du Siam et du Haut-Mékong ont produit, ces dernières années, 
en Angleterre, une initation telle que lenr règlement définitif doit être consi- 
déré comme la preuve des excellents rapports actuels des deux pays et de l'entente 
amicale des deux gouvernements. 

6 



82 CHRONIQUE. 



Autres détails. 

Bruxelles, 15 janvier. — L'Indépendance belge publie ce soir le télégramme 
suivant daté de Londres 15 janvier: 

« Comme je vous l'ai télégraphié , le traité relatif au Siam doit être signé 
d'un moment à l'autre par M. le baron de Courcel et lord Salisbury. Il stipule 
que la rive gauche du Mékong forme la frontière entre la Birmanie et le Tonking, 
et que dès lors Muong-Sing reste à la France. 

«Le Siam est partagé en trois zones: celle du Mékong, qui passe sous l'in- 
fluence de la France: celle de la Ménam (la vallée du ce fleuve), qui reste au 
Siam; celle de la péninsule malaise qui passe sous l'influence anglaise. 

«Les deux puissances s'engagent à ne pas intervenir militairement dans la 
vallée de la Ménam , qui restera indépendante sous l'administration du Siam. » 

On dit dans le Bangkok Times l'avis suivant qui a été affiché à la légation 
française : 

« Le ministre résident de France fait connaître aux sujets de l'empire japonais 
résidant au Siam que, selon les instructions reçues du gouvernement de la 
République française et une communication de Son Excellence le marquis Sexioni, 
ministre japonais des affaires étrangères, tous les Japonais sont, à la demande 
du gouvernement impérial , placés sous la protection de la France. Us peuvent 
donc se présenter au consulat général de France quand ils le désireront pour 
y recevoir leur carte d'immatriculation sur les contrôles de la chancellerie 
française. » 

TONG-KING. 

Les journaux du Tong-king, arrivés par le Yarra, nous apportent des nouvelles 
des diverses opérations en cours dans notre colonie et sur le Mékong. 

Les pirates du Yen-Thé, cernés par les troupes du colonel Gallieni formées 
en trois colonnes convergentes, ont perdu leurs fortins et se sont réfugiés au 
delà de Lang-Son, en s'échappant par un ravin impraticable à nos soldats. 
Leurs pertes sont inconnues. Les nôtres sont de 2 tués et 6 blessés. 

La bande du dé Than, après avoir perdu quinze des siens, s'est dispersée le 
30 novembre, abandonnant ses approvisionnements et éparpillée par petits 
groupes et individus isolés dans les villages voisins de son repaire. On les y 
rechei'che activement et on perce des chemins dans la brousse pour faciliter la 
surveillance. 

Les troupes de police de Bac-Ninh et de Bac-Giang sont trop faibles pour 
arrêter les fuyards du Yen-Thé. Ceux-ci, d'ailleurs, sont déguisés en miliciens 
et en tirailleurs. 



CHRONIQUE. 83 

A ce propos, V Avenir du Tonkin publie les réflexions suivantes: 

«La question du Yen-Thé n'est pas encore réglée. Les opérations exécutées 
par le colonel Gallieni ne sont que la répétition de celles qui ont été auti-efois 
entreprises dans la même i-égion par les généraux Frey et Voyron. 

«Les bandes, se voyant traquées, vont se disloquer et passer entre les mail- 
les du réseau qui essaye de les entourer. 

«Les chefs iront se réfugier dans des endroits sûrs et leurs partisans devien- 
dront pour quelque temps d'honnêtes cultivateurs, en cachant leurs armes. 
Loreque les troupes françaises se seront retirées peu à peu, les groupes se re- 
formeront et dans quelques mois on apprendra que la bande a repris la cam- 
pagne. 

«Au lieu de dépenser un million à l'expédition du Yen-Thé, il eût mieux valu 
couvrir la région de routes et laisser le dé Than tranquille à Phong-Xuong». 

Sans nul doute, ajouterons-nous, il convient de faire respecter l'autorité de 
la France, même manu militari. Mais ces promenades militaires, dans les 
conditions où on les exécute, sont-elles de nature à relever notre prestige? Le 
jardinier qui, pour détruire des guêpes, frappe sur le nid à tort et à travers 
pourra bien démolir leur nid , mais un second nid se formera à côté et il 
devra sans cesse recommencer la même opéi*ation, non sans s'être fait fortement 
piquer. 

Il nous semble que les autorités militaires d'Indo-Chine affectionnent un peu 
trop le système des colonnes expéditionnaires oîi l'on dépense beaucoup de 
poudre, beaucoup d'argent, beaucoup de santés et ausüi beaucoup de vies hu- 
maines, sans détruire beaucoup de pirates. 

On pouvait croire, après les expériences tentées avec succès par M de Lanes- 
san, qu'il existait d'autres procédés autrement pratiques pour mettre un terme 
aux brigandages des «pirates». 11 serait temps, on en conviendra, qu'on y revint. 

Haut Mékong. 

Comme nous l'avons annoncé, la canonnière La Grandière, arrivée à Xieng- 
Sen le 21 octobre, devait arriver le lendemain à Tang-Ho, point où le Mékong 
cesse d'être navigable et où MM. Doudart de Lagrée et Francis Garnier trou- 
vèrent ce fleuve impraticable, même aux pirogues. Ce point est à 460 mètres 
d'altitude et à 2,500 kilomètres de l'embouchure. 

L'état sanitaire était excellent à bord du La Grandière, 



Le Journal officiel de V Indo-Chine française annonce, dans son numéro du 
4 novembre, que le raccordement des lignes télégraphiques du Tong-king avec 
les lignes chinoises entre Mon-Kay et Tong-Hing est terminée. Les télégrammes 
à destination des bureaux du Kouang-Toung seront dirigés de préférence par 
cette nouvelle voie, qui est plus directe. 



84 CHBONIQUE. 

Monsieur G. Dumoutier, directeur de l'enseignement public du Tong-king, 
nous annonce qu'il vient de terminer et d'envoyer pour le prochain Congrès 
des Sociétés savantes de la Sorbonne une étude sur un portulan annamite du 
XVe siècle, en 24 cartes, donnant les itinéraires terrestre, fluvial et maritime 
suivi par les armées annamites dans la conquête du Tchampa depuis Hâ-noi 
jusqu'à Xiêm-Thanh et la configui-ation des cotes de l'Annam depuis le Thanh 
Hoa jusqu'au Binh Tuan. L'itinéraire, 61 étapes, comprend 670 noms géographi- 
ques. C'est, croit-il, le plus ancien document géographique connu sur le Tchampa. 



NÉCROLOGIE. 



> ♦ « 



M. BOUINAIS. 



On annonce la mort (octobre 1895) à Arcachon, de M. Bouïnais, lieutenant- 
colonel d'infanterie de marine, officier de la Légion d'honneur. Il était âgé de 
quarante-quatre ans. Le lieutenant-colonel Bouïnais s'était engagé pour la durée 
de la guerre, en 1870, à l'âge de dix-neuf ans. Il assistait à la bataille de 
Sedan et fut compris dans la capitulation, mais, interné en Allemagne, il 
pravint à s'évader. Admis à l'école de Saint-Cyr après la guen-e, il choisit l'arme 
de l'infanterie de marine et séjourna successivement à la Guadeloupe, à la 
Guyane et en Cochinchine. Il représenta le ministère des colonies à la commission 
de délimitation des frontières sino-annamites. On doit au colonel Bouïnais un 
grand nombre d'ouvrages dans lesquels il a ti'aité avec autorité toutes les 
questions relatives à notre empire de l'Indo-Chine. 

HENBI ARMBRUSTER. 

On annonce la mort de M. Henri Armbruster, supérieur de la Compagnie 
des prêtres des missions étrangères. Il avait été élu à cette fonction importante, 
il y a quelques mois, en remplacement de M. Delpech, démissionnaire. 

M. Armbruster était né à Langi'es, en 1842. 

Parti en 1866 pour la mission du Japon, il y resta huit ans: il fut rappelé 
en France pour être directeur au séminaire des missions étrangères où il fut 
successivement professeur de dogme, professeur d'Ecriture sainte, secrétaire du 
conseil. 

Il est mort dimanche soir le 26 Janvier, au séminaire de philosophie, à 
Bièvres, succursale de la maison de la rue du Bac. C'est là que ses obsèque^ 
ont été célébrées le matin du 29. {Temps). 



BULLETIN CRITIQUE. 



Clmia's Religion en. 'Erster Theil : 
Confucius und seine Lehre von Dr. 
Rudolf Dvorak, Professor der orieii- 
talischen Philologie an der Univer- 
sität zu Prag. XIP"^ Band der 
Darstellungen aus dem Gebiete 
der nichtchristlichen Religionsge- 
schichte, herausgegeben durch die 
Aschen dorfiPsche Buchhandlung in 
Münster in Westfalen, 1895. 



Herr Dvorak ist kein Unbe- 
kannter im Gebiete der Confucia- 
nistischen Lehre (Siehe T'oung- 
pao, Vol. III, S. 562), und hat jetzt 
seine Studien darüber in einem 244 
Seiten starken Buche zusammen- 
gefasst. 

Der Verfasser macht einen 
richtigen Unterschied zwischen 



der eigenen Lehre des chinesischen 
Philosophen, und den aus dem 
grauen Alterthum stammenden 
Lehren die Confucius uns in seinen 
Werken überliefert hat. Confucius, 
sagen die Chinesen, setzte das 
Werk des Jao und des ScJiun fort, 
als wären diese seine Vorfahren 
(#Ali.èË^#). Solches 
liegt ganz im Charakter der Chi- 
nesen, bei denen der Sohn höch- 
stens als Fortsetzer der Arbeiten 
seines Vaters betrachtet werden 
kann, wie aus dem Spruch ^ 

# 2 ^ •? jäk ^ *c^e^ Vater 
begann es, und der Sohn setzte es 
fort" *) schon hervorgeht. 

Ahnlich sagt Wagner in 
Goethe's Faust: 



1) Schriften des Tchoang-tsze. B. XTIT, Th. II, Sect. VI, Legge, Texts of Taoism, I, 335. 



BULLKTIN CRITIQUE. 



87 



»Thut nicht eiu braver Mann 

genug, 
»Die Kunst, die man ihm über- 
trug, 
»Gewissenhaft und pünktlich aus- 
zuüben ! 
»Wenn du, als Jüngling, deinen 
Vater ehrst, 
»So wirst du gern von ihm em- 
pfangen: 
»Wenn du, als Mann, die Wissen- 
schaft vermehrst, 
»So kann dein Sohn zu höhrem 
Ziel gelangen." 

Die Einbildung etwas Neues 
schaffen zu können, müssen wir 
der europäischen Eitelkeit über- 
lassen. Sie ist im Orient unbekannt. 

Grosse Volkslehrer treten nur 
dann auf wenn die staatliche Ord- 
nung vollständig aufgelöst ist, und 
Sittenverderbnis überall sich ein- 
geschlichen hat. So war es als 
Christus auftrat, im römischen 
Reiche, ebenso war es als Confucius 
auftrat, und China sich in einem 
ähnlichen Zustande des Verfalles 
befand wie heutzutage unter der 
Mandschu Dynastie. Leider ist die 



Zeit der Propheten vorbei, obgleich 
sowohl in Europa, wo dasChristen- 
thum morsch geworden, sowie in 
China, wo der Confuciauismus 
entartet ist, wirklich neue Pro- 
pheten, respective Reformatoren 
nöthig wären. 

Die Lebensgeschichte des Con- 
fucius wird im ersten Theile des 
Buches ausführlich behandelt, und 
müssen wir den Leser darnach 
verweisen, da es nicht möglich 
ist einen einigermassen gedrängten 
Auszug zu geben. Überdies ist sie 
schon durch Legge u. a. beschrie- 
ben und darf also in algemeinen 
Zügen bekannt sein. Der Verfasser 
hätte sie ganz ruhig weglassen 
können, da er uns nichts Neues 
bringt und sie uns, ohne Kritik, 
wiedererzählt. 

Der zweite Theil des Buches 
handelt nun von der Lehre des 
Confucius, wenn man überhaupt 
von solch einer Lehre sprechen 
kann. 

Herr Dvorak fasst dies gleich 
kurz zusammen in folgenden 
Worten : 

Confucius wurde für den Begiünder 
der Chinesischen Literatur erklärt, wie- 



88 



BULLETIN CRITIQUE. 



wohl er selbst mit einziger Ausnahme 
seiner Chronik des Staates Lu nichts 
verfasste, für den Urheber der chinesi- 
schen Religion, wiewohl er derlei Fragen 
selbst möglichst mied, für den eigent- 
lichen Schöpfer des chinesischen Staates, 
wiewohl er, wie aus seiner Lebensdar- 
stellung zur Genüge einleuchtet, selbst 
nie einen entscheidenden Einfluss auf 
China's Staatsangelegenheiten ausübte; 
er wurdeGesetzgeber genannt,wiewohl er 
nie Gesetze gab, für einen Reformator 
gehalten, wiewohl er nach seinen eigenen 
Worten nichts Neues schuf und lehrte, 
asl Philosoph charakterisiert, wiewohl er 
kein philosophisches System begründete. 

Confucius war eher ein Luther 
als ein Christus. Ebenso wie Luther, 
über die faulen, durch die Sitten- 
verderbnis der katholischen Kirche 
herbeigeführten Zustände, von sitt- 
licher Entrüstung ergriffen, diese 
Entrostung öffentlich aussprach, 
ohne die mindeste Absicht zu hegen 
eine ??g?<e Religion zu gründen, son- 
dern eben nur um die alte Religion 
wieder zu ihrer ursprünglichen 
Reinheit und Einfachkeit zurüch- 
zubringen, ebenso lag es auch nicht 
in der Absicht des Confucius zu 
ändern, sondern einfach die alten 
strengsittlichen und ehrlichen Sit- 



ten wieder in Achtung zu bringen, 
wobei er selbst in seinen verschie- 
denen Ämtern mit gutem Beispiel 
voranging. (Seite 14, 106, 111). 

Er allein hatte den sittlichen 
Muth öffentlich gegen den gesell- 
schaftlichen Unfug aufzutreten, 
während andere weise Männer es 
vorzogen sich in das Stilleben der 
Zurückgezogenheit zu versenken, 
und ihr Licht unter den Scheffel 
steckten. 

Letztere werden in einer neue- 
ren chinesischen, in Surabaija in 
Java erschienenen Schrift mit 
den Worten gegeisselt: »Sie sagen 
dass an diesem Geschlecht Nichts zu 
verbessern, und dass dieses Volk 
nicht zu unterrichten sei"( g^ ^ 

^)und weiter: »Die Leute klagen 
immer, dass die Jetztzeit nicht mehr 
gleich der Vorzeit sei, aber sie 
streben nicht darnach die Jetztzeit 
besser denn die Vorzeit zu machen. 
Denn nur dann, wenn der Nach- 
komme den Zeitgenossen übertrifft, 
darf man ihn weise neuen ^). 



1) Chineesche Begrafenis- en Hawelijksonderneming gevestigd te Soerabaija, door G. 
Schlegel. (Bijdragen tot de Taal-, Land- en Volkenkande van Ned. Indië). Tweede, ver- 
beterde druk, Leiden E. J. Brill 1885. 



BULLETIN CRTTiqUB. 



89 



Und es gehört Muth dazu offen 
gegen dergleichen Misbräuche und 
Übelstände aufzutreten, und viele 
haben mit Goethe gedacht: 

Wer darf das Kind beim rechten 
Namen nennen? 
Die wenigen, die was davon er- 
kannt, 
Die thöricht g'nug ihr volles Herz 
nicht wahrten, 
Dem Pöbel ihr Gefühl, ihr Schauen 
offenbarten 
Hat man von je gekreuzigt und 
verbrannt. 

Dass Luther nicht verbrannt 
wurde, hatte er nur der Fürsorge 
eines edlen und einsichtsvollen 
Fürsten zudanken, und dass Confu- 
cius diesem Schicksal entging war 
weil ein Jeder, auch der Verdor- 
benste, fühlte dass er die Wahrheit 
sagte und nach Edelsinn strebte. 
Wie Beethoven unter den Musikern 
einzig und unübertroffen dasteht, 
so steht auch unter allen Sitten- 
lehreru, Confucius unübertroffen 
da. Er versprach den Menschen 
keine nachmalioren Belohnuuoren 
für ihre Tugenden, sondern lehrte 
ihnen dass man schon hier auf Er- 



den den Lohn derTugend erstreben 
könne. Haben ihn auch seine Zeit- 
genossen verkannt, die Nachwelt 
hat ihn geehrt, und ehrt ihn noch, 
wie niemals ein Anderer geehrt 
worden ist, bevor man ihn zu der 
Würde eines Gottes erhoben hatte ; 
und ganz richtig hat Voltaire von 
ihm gesagt: 

> De la seule raison salutaire inter- 
prète, 
»Sans éblouir le monde, éclairant 
les esprits, 
»Il ne parla qu'en sage, et jamais 
en prophète, 
»Cependant ou le crut, et même 
dans son pays." 

Ähnlich sagt ein moderner 
amerikanischer Autor von ihm: 

>If the greatness of a teacher 
is to be determined by the number 
of his disciples, or to be measured 
by the extent and diversity of his 
influence, then the foremost place 
among all the teachers of mankind 
must be awarded to the Master 
Kung (Confucius). Certainly, he, 
of all truly historic personages, is 
to-day, and for twenty-three cen- 
turies has been, honored by the 



90 



BULLETIN CRITIQUE. 



largest number of followers" (W. 
E. Griffis, The religions of Japan, 
New York 1895, p. 101). 

Im nämlichen Sinne lässt sich 
auch jetzt Legge in seiner neuen 
Ausgabe der Chinese Classics, I, S. 
Ill, über Confucius aus und selbst 
der sonst nicht confucianistische 
Faber sagt: »dass jeder Leser ein- 
stimmen wird, dass die Stellung 
des Confucius als moralischer 
Lehrer eine hohe ist" (Lehrbegriff 
des Confucius, S. 66). 

Herr Dvofâk hat nun aus den 
verschiedenen Schriften des Con- 
fucius und seiner Schüler, mit 
Fleiss die Belege zusammenge- 
bracht um die Lehre des Confucius 
näher zu beleuchteu, und wir kön- 
nen seine Arbeit in dieser Hinsicht 
nur loben und empfehlen. 

Wenn wir etwas daran aus- 
zusetzen hätten so wäre es hie und 
da an der Form, die sowohl für den 
Philologen wie für den gewöhn- 
lichen Leser ungeniesbar ist. Das 
Buch würde sich leichterlesen lassen 
wenn Citate und philologische Be- 
merkungen und Glossen am Fuss 
der Seite gegeben wären. 

Sätze wie z. B. auf Seite 191: 



» Confucius sagt darüber L. J. II. 3 : 
»(Der Meister sprach;) Leitest du 
es (das Volk) durch Regierung 
(= Gesetze), ordnest du es durch 
Strafen, so vermeidet sie das Volk, 
dabei hat es keine Scham (Mand- 
schu ; gu were be bodocibe = wiewohl 
es zu entkommen berechnet ....); 
leitest du es durch Tugend, ordnest 
du es durch gute Sitte, so hat es 
Scham und bessert sich zudem" 
wirken sinnverwirrend auf den 
gewöhnlichen, gebildeten Leser, 
für den doch das Buch in erster 
Linie geschrieben ist, und der, 
wenn nicht Sinologe, nach der 
mehr oder weniger richtigen Le- 
sung — die er ja doch nicht beur- 
th eilen kann — fragt, Für die Si- 
nologen hätte es genügt die mand- 
schuischenUberzetzungen oder die 
variée lectiones alsNoten gegeben zu 
haben; die ersteren sollten lieber 
nicht angeführt sein, da die Chine- 
sische Sprache weit klarer und 
durchsichtiger ist als das unge- 
lenkige Mandschu. 

Der Verfasser erkennt das zwar 
selbst in seinem Vorwort S. VI: 
» Daraus ergiebt sich der rein phi- 
»lologische Charakter der Arbeit, 



BULLETIN CRITIQDB. 



91 



»der dem Verfasser am besten ge- 
»eisuet erschien, wiewohl durch 
»ihn der freie Lauf der Darstellung 
»in nicht geriugemMasse gehemmt 
»wird"; er würde aber diese Klippe 
haben vermeiden können, wenn er, 
wie oben gesagt, seine philologi- 
schen Bemerkungen in eine Fuss- 
note gesetzt hätte. IJbrigens er- 
höhen sie den Werth der Arbeit 
keineswegs und könnten eher die 
Verbreitung des Buches in weiteren 
Kreisen beeinträchtigen. 

Dass ich dies hier niederschrei be 
geschieht damit eben jene weiteren 
Kreise sich nicht durch die Form 
von diesem Buche abschrecken 
lassen. 

G, Schlegel. 

The Li sâo poem and its author, 
by Prof. James Lkgge, Oxford. 
(Journal of the Royal Asiatic So- 
ciety, Jan. July and October 1895). 



This celebrated poem is consid- 
ered by all learned Chinese as one 
of the most abstruse pieces in lite- 
rature, having baffled the sagacity 
of a whole set of literati who have 
worked on it. 



In Europe, the late Dr. August 
Pfizmaier was the first to attempt 
a translation of this poem in Ger- 
man in 1852. This was a very 
vague paraphrase of the Chinese 
text as the Marquis d'Hervey de 
Saint-Denys, who made a french 
translation of it in 1870, has shown. 
Bat this latter scholar, whose 
studies had been those of modern 
Chinese, and who became professor 
of classical Chinese at the Collège 
de France in Paris after the death 
of St. Julien, for want of another 
sinologue worthy to succeed this 
eminent scholar, equally failed to 
understand thoroughly this obscure 
poem. 

We are thus greatly obliged 
to professor Legge for having set 
himself, but only after half a cen- 
tury's continued study of classical 
Chinese, to make a new translation 
of this poem, whose author is one 
of the most popular men in China, 
and whose suicide is commemorated 
every year, on the fifth day of the 
b^^ month(about beginning of June) 
by the »Festival of the Dragon 
Boats" called ^ ÎÈ ^ S Ü 



92 



BULLETIN CRITIQUE. 






or 



*\i 



(in Amoy). Like professor Legge, 
I have witnessed the festival my- 
self in Canton, and made a coloured 
sketch of it, which I may publish 
perhaps some day. K'iuh-yuan is 
called indifferently ^ |^ or ^ 
2p, but he is mostly known by 
the first name. 

His lamentable story is that of 
so many patriotic Chinamen, who 
have made away with themselves 
when they saw that their councils 
to the princes availed naught and 
because they felb the country was 
going to ruin. We have lately 
seen another example of this pa- 
triotism iu the suicide of Admiral 
Ting. K'iuh-yuan^ being dastardly 
slandered by a rival, lost his position 
as a privy counsellor to Prince 
Hoaioi the state of Ts'w; and, after 
having poured out his grief and 
sorrow in a poem, hoping thereby 
to change the mind of his sovereign, 
he clasped a stone to his bosom and 
drowned himself in the Milo ?/^ 
^S stream, in the province of 
Hunan. This is the gist of the first 
part of Dr. Legge's paper, which 
contains a minute history, as far as 



available, of the patriot's life and 
death. 

The second part treats of the 
poem itself, and ought to be care- 
fully read first, in order to under- 
stand the translation of the poem 
which is contained in the third part. 

The astronomical date given 
by the author of the poem in Stanza 
1 : that he was born on the Käng- 
yin day (27*^ of the 60 day cycle) 
when Jupiter culminated, in the 
first month of spring, is too vague 
to be calculated. Was it an evening, 
a morning or a midnight culmina- 
tion ? Moreover, during the whole 
dynasty of Chow, the first month 
of spring now fell between Novem- 
ber and December, and then again 
in January, so that we must set 
aside as hopeless the idea of fixing 
the authors birthyear. Besides, as 
I have shown in my »Uranographie 
chinoise" (p. 101 and 500),5/<^/i-ri 
or Sheh-t'i-kih was also the name 
of an asterism, corresponding to 
>j, y, T, ^, and TT of Bootes; and 
as these stars are always directed 
to the tail of Ursa Major, which, 
at the time when our author lived, 
indicated by its direction to the East 



BULLETIN CRITIQUE. 



93 



at sunset, the time of spring, it is 
more likely the author of the poem 
spoke of the asterism Sheh-t'i 
(Bootes) than of the planet Sheh-t'i 
(Jupiter). 

Although an account of the 
poem is given in the second Paper 
of Professor Legge, he gives no 
notes to his translation (1. c. p. 840). 
We think this is a great pity, for 
the text is too difficult to be fully 
understood even with the excellent 
translation Prof. Legge has given 
of it. 

So, for instance, in the sixth 
Section, the author shows how im- 
possible it was for him to associate 
with his enemies; as impossible 
as if birds of prey could live gre- 
gariously, or as if one would fix a 
square chisel into a round dill. The 
author here alludes to a verse in 
the Nine discussions of Sung-yiih 

Hlî y\^ , » a round dill and a square 
chisel, forsooth! I positively know 
that they wont fit, and that it will 
be impossible to make the latter 
enter." 

Of course for a sinologue, who 



is aware of the allusion, Legge's 
translation of the line (p. 851) 
» How can the square and the round 
fit in together" is clear enough ; but 
the hidden allusion is not to be 
seized by not sinologues, and I 
think Mr. Legge intended his trans- 
lation of the poem also for out- 
siders. 

K'iuh-yuan uses a second time 
this comparison in Stanza VIII, 

line 45: iJp ^ g fB IE tffi 

^ , »It was by not measuring their 
chisel, and fashioning the handle 
for it (that former worthies caused 
themselves to be killed and kept in 
pickle)." Here the reader should 
like to know to whose worthies 
allusion is made, and what the 
»punishment of pickling" was. As 
early as the Han-dynasty, we find 
the king of Kiao-si ( ^. ^ ) 
praying the commander of the 
Chinese army for the punishment 

of pickling (tî: if H. iS ^ 

Sometimes the term ^^ ^ 
>to boil and pickle" was used, as 
by Lu Chung-lien (Mayers, Manual, 
N°. 427) who said: »I will send the 
king of Ts'in to boil and pickle the 



94 



BULLETIN CRITIQUE. 



king of Liang {^^^^^ 
S; Ü ^ Î)- The Tso-chuan 
simply uses the character ^ ; as 
iu Duke Chwang's XII*^ year: 
^ A -i^ IS ^' The people of 
Sung made pickle of both (Legge's 
translation, p. 89); in duke Siang's 
XVtt year: 95 A IS ^ H 
\^, The people of Ch'iug 
reduced the other three man to 
pickle (p. 468, 470); in duke 
Siang's XlXtt year: ^% -^ 
^ , Wei was made pickle of in 
the army (p. 481 and 484) etc. 
But the commentaries give no 
other explication than ^ [^ ^ 
-»pickle is meat sauce. Are we to 
understand this literally, or does it 
mean that the living men were 
boiled to jelly? 

In the latter case » to reduce to 
jelly" would be more exact than 
»to reduce to pickle". The question 
demands elucidation from a jurid- 
ical point of view. 

The solution of these and other 
questions, which the learned author 
has surely answered already for 
himself in preparing his paper, 
would be of the utmost interest, 
and we hope that professor Legge 



will not withhold it from the stud- 
ents of Chinese who can only be 
thankful for the elucidation of them 
by such an old and experienced 
veteran in the field of sinology as 
the author has shown himself again 
in the clear interpretation of this 
difficult piece of Chinese poetry. 
G. Schlegel. 

Korean Games with notes on 
the corresponding games of China 
and Japan by Stewart Culin, Di- 
rector of the Museum of Archaeo- 
logy and Palaeontology, University 
of Pennsylvania. Philadelphia, 
1895. 



A magnificent volume,splendidly 
illustrated and ably written by its 
author, whose different articles on 
the games played by the Chinese 
labourers in America we have al- 
ready formerly noted. 

It is pity Mr. Stewart Culin 
never visited the East, and had to 
rely for his informations upon the 
oral description of Mr. Pah Young- 
kiu, secretary of the Korean Com- 
mission to the Columbian Exposi- 
tion in Chicago in 1893, at present 



BüLLEl'IN CRITIQUE. 



95 



Chargé d'affaires of the Korean 
government at Washington. 

Now, in general, though we 
have no doubt the description is 
faultless, we are not sure that the 
explication of the name and origin 
of some of these games is always 
correct. I will take as an illustration 
two games: the Tops and the 
Dolls. The first of these games 
is described and illustrated at length 
by Mr. Culin on pp. 24 — 28. Now 
it is necessary to make a distinction 
between the whipping fop and the 
humming top, the throioing top, the 
pinching top, the hand top, the 
acorn top, the cake top, the whistle 
top, the lantern top and the slave 
top, these latter tops being made 
to spin by either twirling them 
with the fi.ngers or between the 
hands, or by winding a cord 
around the stick and then throwing 
the top off; when it is left to spin 
alone. 

Our European top distinguishes 
itself from all these Japanese ones 
by being driven on by a whip, after 
having been thrown off; and, as we 



will presently show, this toy was 
imported from Europe to Japan 
and hence to Corea, whilst it never 
entered the Middle Kingdom where 
it is unknown. None of the older 
Chinese works I have seen mention 
it, and I never saw it played either 
at Amoy or at Canton. 

The Japanese call all these dif- 
ferent sorts of tops >^ ^ tok-lok, 
which sounds Chinese enough and 
even has a classical air about it. 
Mr. Culin translates it by »solitary 
or individual pleasure". 

Now, it is true, the Chinese 
philosopher Mencius twice uses 
this expression: once when he 
speaks of the bad kings who keep 
all pleasures for themselves, not 
allowing their subjects to partici- 
pate of them in the phrase : ^ /^ 

M /& .^ i'e s: Bb ® 1^ 

{toh lok) -g^ , »although he had 
towers, ponds, birds, and animals, 
how could he ha ve pleasure alone" '). 
In the other passage *) Mencius 
asked: ^ ^ ^ ^ M ^ |^ 

H. ft«. 0> r-^ai 

^ , > which is the more pleasant, 



1) Mencius I ±, II, 4. 
2> Ibid. I T, I, 4. 



96 



BULLETIN CRITIQUE. 



— to eujoy music by yourself 
alone, or to enjoy it along with 
others?" »To eujoy it with others" 
was the reply. 

The second ^ in this phrase 
is pronounced yoh (gak) and means 
music. 

The name Tok-lok is especially 
applied by the Japanese to the 
humming top (p. 28), vulgarly 
called Kaminari goma or Thunder 
top, but in an old illustrated Japan- 
ese Encyclopedia in my posses- 
sion: g ^ ^Hollow Bell". The 
same toy is called in Amoy j^ 
^ te lui »Earth-thunder" and in 
Canton ^s ^jg heung ago »Sound- 
ing goose" or ^ ^ 1^ heu7ig 
ch'ä-mä » Sounding teetotum". The 
name yj^ ^ toklok for a top is 
totally unknown in China, and 
none of the different species of 
tops described in Mr. Culin's work 
occur in the special articles devoted 
to toys and games iu the older 
Chinese Encyclopedias. It is thus 



clear that toklok represents some 
foreign word. 

According to the Wa-kan san- 
sai dzu-e, a very modern Japanese 
production, published in 1713 *), 
the whipping top is called '/)^ ^ 
hai to {bai) and it is made of a 
conch, or rather a conch is used 
for it. But the game with this 
conch, the hai mawashi, is only a 
spinning of this kind of top, and 
not a driving of it with a lohip. 
This species of conch has its apex 
bored and is used in Canton by 
private watchmen who blow it to 
frighten away thieves ^). It is not 
known when the hai mawashi came 
into use, but the Chikujen Hakata 
goma, or the top of the town of 
Hakata in the province of Chikujen, 
only came in vogue in the Gen 
Roku period (1688—1704). 

Now, in the illustrated Japanese 
Encyclopedia in my possession '), 
the whipping top with the whip 
belonging to it (not represented 



1) Abel Rémusat in »Notices et extraits des Manascrits" etc. 

2) Bridgman, Chinese Chrestomatby, p. 364, N°. 67. 

3) This book was given to me by a friend, in whose family it had been for a century. 
Unfortunately, the dutch bookbinder, in his ignorance, bound the book in european style, 
whereby he cut off the title. 



BULLETIN CRITIQUE. 



97 



among the figures given by Mr. 
Colin) is not called )f^ i^ hai lo, 

but |5J ^M. ^^-^^' ^^^^^ ^^ *^® 
nearest approach to the Dutch 
name Tol ') (English top) by 
whom probably the game was 
introduced from Java into Japan ; 
we consider the word loklok ( ^^ 
^ ) as a similar clumsy attempt 
to render this same Dutch word 
Toi. 

The top represented in the 
Wa-kan san-sai dzu-e under the 
general name of koma {tok-lok), 
says Mr. Culin, p. 28, is a hum- 
ming top, g ^ ^ kaminari 
goma or > thunder-top". They are 
made of a section of bamboo, with 
wooden ends, through which a 
bamboo spindle is passed. It is 
identical in form, with a bamboo 
humming-top from Java in the 
university Museum. 

Now the Dutch name for a 
humming-top is BROMTOL, lit. 
> Rumbling top", in German 
> Brummkreisel", in French »Tou- 
pie bourdonnante"; and the kami- 



nari goma^ »thundering top", is 
only a literal translation of the 
Dutch rumbling top. Those who 
have played with this top know 
that the very loud noise it makes 
rather resembles the rumbling of 
thunder than the humming of a 
bird. 

The top seems to have been 
introduced from Japan to China, 
and more especially to Amoy, 
where the Chinese gave it the name 
of kan-lok or kien-lok. Douglas, in 
his Amoy dictionary, gives as the 
characters ^ ^ (hard wheel). 
Francken, in his »Chineesch- 
Hollandsch Woordenboek van het 
Emoi-Dialekt", ~f' ^ . In my own 
Nederlandsch-Chineesch Woorden- 
boek, i. V. Drijftol and Toi, I have 
written them ^ |^ (spindle top) 
and ^ ^ (hard top). In Canton 
it is called:^ i^ (Wells-Williams, 
Tonic Dictionary in the Canton 
Dialect); but this is more especially 
the throwing top. 

The Dutch-Japanese diction- 
aries give for the verb »to whip a 



1) AH Japanese syllables being open, i. e. ending with s vowel, the Japanese are obliged 
to render a syllable ending with a consonant with another syllable beginning with such 
a consonant. This accounts for their transcribing the word iol by io-lo. 

7 



98 



BULLETIN CRITIQUE. 



top" (Tollen) tT # M<« ^ok'-lo, 
where tok'-lo stands again for the 
Dutch toi, and :jf :J§ ^ ta tolc- 
lok, » to beat a toi" (top). In Can- 
ton the Chinese boys say ^ ^ 
P^ nîng ch'ä-rnä, to twirl a tee- 
totum ( Wells- WilliamSjTonic Diet. 
in the Cantou-dialect i.v. ^^ nlng). 

We thus see that all these 
japanesetranscriptiousji^ '^^toLo.t 
ft S ^oÄrVo, ^ ^ tok'lok, and 
the Chinese kan lok, Men lok, Can- 
tonese ting luk ,are all more or less 
clumsy imitations of the Dutch 
word TOL, whilst the Chinese have 
transcribed the last syllable of the 
Japanese toklok by the characters 
•t^ , ^ or ^ , omitting the first 
syllable as the Chinese language 
admits of no bisyllabic words, and 
substituting for it an adjective: 
kien, kan or ting. 

Thus far for the top as a game, 
and which is quite different from 
the teetotums spun or twirled 
between the fingers or both hands, 
and used for gambling. They con- 
sist of an ordinary perforated die 
through which a bamboo spindle 
is stuck, when it is twirled between 
the fingers. They are called in 



Amoy hoe-he tau, and in Chang- 
chow hoa-hoe tau (^""^a^)- 
We call them in Dutch A-al-tolletje, 
in which word the A is reduplicated 
as the T in teetotum, teetotaller etc. 
The word teetotum is derived from 
the Swiss Romance toton (Wedg- 
wood, Diet, of English Etymology, 
2d Edition, p. 675). 

Of course, this was a very simple 
truck invented in order to avoid 
fraud in throwing dice with the 
hand. 

To do justice, however, to the 
genius of the Japanese, we must 
say that they have very much im- 
proved upon the different sorts of 
spindle-tops, though some of them, 
as e. g. the Bozu goma (p. 25, fig. 
38) exactly resemble the Dutch 
Priktol or casting-top, and are 
played with exactly as by Dutch 
and American children in the top- 
fighting game. 

Dolls • Mr. Culin describes, 
p. 9, a very primitive doll made 
by Corean girls. They cut a 
bamboo pipe-stem about five 
inches long, into the top of which 
they put long grass, which they 
have salted and made soft, and fix 



BULLETIN CRITiqUB. 



99 



like the hair of women. No face is 
made, but they sometimes paste 
a little white powder in its place. 
They dress the stick in clothes, 
like those worn by women, and 
sometimes put a hair-pin, which 
they make themselves, io the hair. 
It is curious that Mr. Culin has 
omitted to make mention of the 
Japanese dolls of which nowadays 
a good variety exist, and which 
are even imported in Amoy where 
they bear the name of ^ -^ (or 
^ ) ^ ^ fsif sien i-d, after the 
name of the buddhist idols called 



J0? 



or 



&^ 



% 



tsit sien 



pût, which Mr. Douglas himself 
translates by >a solid image" *), 
but wrongly transcribes by — • ^ 
'^ tsit sien pût (Diet, of the 
Amoy Dialect, p. 388 A). In Canton 
these foreign dolls are called Kung 
tsai ( ^ ^ ) or Yeung P'o-sat 
( y^ ^ g ), i. e. > Western idols" 
(Bodisattvas), which latter name 
clearly shows wherefrom dolls have 
been introduced into China. The 
dolls made by the Corean girls 
strongly remind us of the english 



doll, which properly meant a 
»bunch of rags". In Frisian they 
were called dok =. German docke; 
in Swabian döckle. K. John wrote: 

»If I were mad I should forget 

my son, 

»Or madly think a babe of clouts 

were he." 

Dolls are of recent origin in Europe. 
} In the beginning of the XV*^ cen- 

I tury, during the reign of mad 

1 

Charles VI of France, an Italian, 
named Pusello, came from Padua 
to France with 30 mules packed 
with boxes and hung with jingling 
bells. He had in these boxes wooden 
images of 96 empresses and other 
celebrated women of the old roraau 
empire, carved after statues and 
coins. He showed them everywhere 
gaining a considerable fortune by 
their exposition. At last the coun- 
sellors of the Bang called him to 
court in order to amuse His Majesty. 
When he came to the explanation 
of the statuette of Poppea who, 
as is pretended, was killed by Nero 
by a kick in her belly, the king 



1; Better a ituffed image. 



100 



BULLETIN CRITIQUE. 



listened with the greatest atten- 
tion, and at last bought the statuette 
of Poppea for 50 parisian sols, 
about 300 francs of present cur- 
rency. The king's example was 
soon followed, and every nobleman 
bought such a little statue ; and as 
the king's one was that of Poppea, 
every one called his puppet Po/jpga, 
of which name the words Poppée, 
Pouppée and finally poupée are said 
to have been derived. 

We leave this etymology to the 
responsability of the old chronicler, 
and observe that it is more likely 
the word is derived from the Latin 
pupa, a girl (Comp, püpiis, a boy, 
püpulus, a little boy) ^). However it 
appears that such poupées or dolls 
came at that time in vogue as play- 
things for girls. But they remained 
a very dear article. When the em- 
peror Maximilian made his entry 
in Augsbui^ in the year 1504, the 
little, four years old daughter of the 
Syndic Peutinger addressed the 
Emperor in Latin ver8es,wherewith 
H. M. was so pleased, that he said 



to the little Constantia she could 
ask of him whatever she liked and 
he would give it to her, whereupon 
she blushed and said her greatest 
desire was to have a doll. 

Of course, the emperor gave 
her the finest and most costly doll 
he could find. 

We remark en pagsantihoX this 
Constantia Peutinger, who grew 
up to be a beauty, braided in later 
years the laurel-wreath for Ulrich 
von Hütten, which the emperor 
himself placed on the head of this 
forerunner of Luther. 

Children in Amoy play with 
solid puppets made of baked clay, 
called Hai-dz1-d ( ^ ^ f? ) o^ 
»Babies"; and Douglas even quotes 
the saying Kah nd hài-dzî-à {y^ 
^ ^ j^ f? ) equivalent to our 
saying »As fair as a doll", said of 
a pretty child. 

Puppets for theatrical perform- 
ances were long known in China, 
as we have shown in our Disserta- 
tion at the University of Jena; 
but from these to the doll as a 



1) All derived from the Skt. root push, to nourish. (Pott, Etymol. Forschungen, etc. 
Vol. I, p. 193). 



BULLETIN CRITIQUE. 



101 



plaything for little girls is a long 
distance and Chinese girls never 
played with them. 

Probably the doll, as an article 
to play with for little girls, has 
been equally imported into Japan 
by the Dutch. The Japanese quickly 
adopted and imitated them, though ! 
their imitations do not come up to 
the style in which dolls are nowa- 
days made in Western countries. 

With the rich stores of the 
immense Chinese literature at our 
command, no trifle so trifling is a 
trifle. We will only quote as a 
specimen of it the well-known 
Chinese puzzle, found in all boxes 
which come to Europe, called the 
»Ring and Bar puzzle" called by the 
Coreans Ryu-kiah-tjyo {^ ^ 
3^) or »Prong for retaining 
guests", and by the Chinese 
^L ~^ ^ ^^1 ^^^ nine-linked 
connected rings. Mr. S. Culin gives 
a good engraving of it on page 31 
of his work. Tradition attributes 
its invention to the famous general 
Chu-koh Liang ( ^ ^ *^ ), re- 
nowned for his sagacity and mili- 
tary skill, and who gave it to his 
wife when he went to war, that i 



she might try this game of patience 
and while away the tedious hours 
of her husband's absence. 

The Japanese call a simpler 
form of this ring-puzzle CMyenotoa 
^S^fw' which Mr. Culin 
translates by »Ring of ingienuity". 
But this latter name has an histo- 
rical background. 

In the writings of Luk-ki ( ^ 
^ ), a famous military commander 
who lived from 261 — 302 of our 
era, we find the passage ^ ^ 

^lÈiAB. ^ Jl ^ 

H^ ^ ^ ^ ,» with sagacity and 
ingenuity their wickedness is not 
to be driven away, nor can their 
affection be gained by intimidation 
and force." With their usual sloven- 
liness, of which we have already 
so often complained, the Japanese 
have written the homophonous 
character S loei »benevolence" 
for the character ^^ tcei »perspi- 
cacity, ingenuity". We do not want 
benevolence to solve a puzzle, but 
ingenuity. Besides, the compound 

^ ^. ^^ ^^* *^ ^^ found in 
K'ang-hi 's Thesaurus, whilst the 
compound ^ ^ is illustrated by 
a multitude of quotations of which 



102 



BULLETIN CRITIQUE. 



we will only quote a proverb from 
Ts'i, mentioned by the Chinese 
philosopher Mencius (II ±, 1,9): 

»although a man may possess 
wisdom and discernment, it is not 
like embracing a favorable oppor- 
tunity", with other words »luck 
is better than wisdom", just as it 
is the case with the solving of the 
ring-puzzle, where a lucky hit is 
more worth than hours of ingen- 
uous reflexions. 

As another curiosity we may 
mention the See-saw, well known 
in South China — it is called ang-d 
tsin Vi (#fPi 3^) »the 
Buddha's ascend to Heaven" in 
Amoy, and teng Vin-pHng (^g ^ 
^^) »to tread the Balance" in 
Canton — for which the Japanese 
seem to have no other name than 
the english one See-saw {^.di), and 
thus seems to warrant the conclu- 
sion of Mr. Stewart Culin, that it 
was introduced from England or 
America. It is questionable if the 
game is indigenous in China. Ge- 
neral Cheng Ki-tong, whom I asked 
about it, never had heard of it. 

If we have jotted down here 



some of our observations on games, 
it is only to show how immense 
the field yet is of even such an 
insignificant part of ethnography 
as are the games of children. Mr. 
Stewart Culin has gallantly begun 
the attack upon Corea, but Corea 
owes what it knows to China and 
Japan, and it is in the former coun- 
try that we must look for the cradle 
of most of these games in order 
to be able to compare them with 
those in other countries. 

There is nothing so contagious 
as child's play, for children are 
very fickle, and readily pounce 
upon a new game played by child- 
ren of another race, and wheedle 
their parents into buying it, that 
they may play with it. But the 
investigation of this subject is 
arduous, as history is too proud to 
take notice of such trifles. However, 
it is time to close this long review, 
though the subject is tempting 
enough, especially for one who, 
like myself, once made a pet study 
of Chinese games, about which 
subject I have amassed a consider- 
able material. 

G. Schlegel. 



CORRESPONDANCE. 



Nous extrayons d'une lettre adressée au Temps (N". du 12 janvier 1896) au 
mois de mai 1895 par M. Marcel Monnier, cette description intéressante de 
Bac-uinh : 

« Route animée s'il en fut jamais. De Hanoi à Bac-Ninh , sur une distance 
de vingt-huit kilomètres, c'est un mouvement extraordinaire de gens et de 
bêtes : des chare à buffles , des chars à bras , des brouettes , de massives brouettes 
à roues pleines si bien équilibrées qu'un seul individu parvient à voiturer des 
fardeaux énormes. J'ai vu des hommes d'apparence assez frêle promener de la 
sorte, sans grand effort, semblait-il, des chargements de sacs de riz , des madriers 
pesant une tonne. Ces véhicules étranges s'en vont à la file avec un tenible 
grincement d'essieux, entendu de très loin sur les plaines. C'est l'une des voix 
du Tonkin. Dans les faubourgs et la banlieue de Hanoï, cette plainte déchirante 
domine toutes les autres rumeui^s. Aux heures chaudes, quand les moindres 
murmures s'éteignent, ce bruit-là seul s'élève, d'une persistance et d'une stri- 
dence inexprimables dans l'assoupissement de la nature pâmée. 

aPuis, pêle-mêle, avec les charrettes, passent les portefaix trimballant leure 
charges en plateaux de balance aux deux extrémités d'une perche en bambou; 
des vendeurs de fourrage ou d'oseraies pour la vannerie: enfouis sous leurs 
gerbes immenses qui les masquent de la tête aux pieds, ils font songer à la 
forêt qui marche de Macbeth. Viennent enfin, sur les côtés de la route, trot- 
tinant dans un nuage de poussière rose, des enfants, des vieux à barbiche 
blanche, des femmes, leur nouveau-né suspendu dans un lambeau de cotonnade, 
la caboche du marmot ballottant sur l'épaule maternelle. » 

«Bac-Ninh, où nous arrivons après une traite de trois heures, est une petite 
ville assez banale. N'était la citadelle bâtie sur le même plan que les citadelles 
de Hué et de Hanoï, mais de dimensions beaucoup plus modestes, la place 
ressemblerait à n'importe quel chef-lieu de canton. Une cathédrale de style 
rococo , revêtue d'un badigeon polychrome , met une note claire et gaie sur cette 
bourgade incolore. Bac-Ninh est le siège d'un évêché duquel relèvent les mis- 



104 COEEESPONDANCB. 

sions du Tonkin oriental desservies, on le sait, par des religieux espagnols, les 
missions étrangères de France ayant pour champ d'action les contrées situées 
sur la rive droite du fleuve Rouge. Soit dit en passant, ce partage de l'apostolat 
entre prêtres de nationalités différentes, n'est pas sans présenter quelques incon- 
vénients. Il convient cependant de reconnaître que, d'une façon générale, les 
missionnaires d'Espagne, comme leurs confrères de France, vivent en excellents 
termes avec les autorités du protectorat et leur prêtent, le cas échéant, un 
concours efficace. 

«Entre la cathédrale bariolée et la triste citadelle, la ville aligne, en bordure 
de la route de Hanoï à Phu-Lang-Thuong , ses constructions basses, cases anna- 
mites en torchis, boutiques chinoises, marché médiocrement' achalandé où les 
foules absentes et leurs clameurs sont remplacées par le bourdonnement des 
mouches. La chaleur accablante a fait le vide sur les places. Pas un souffle de 
brise, pas un coin d'ombre. Lorsqu'on vient de quitter, depuis quelques heures 
seulement, Hanoï aux rues populeuses et bruyantes , Bac-Ninh paraît bien morose. 
Un centre administratif, rien de plus, et qui tend à se dépeupler au profit 
d'une localité voisine. Bac-Ninh se meurt; à quatre kilomètres de là, sur les 
bords du Song-Cau, Dap-Cau grandit, voit s'élever les entrepôts et les usines, 
retentit du vacarme des enclumes et du grincement des scieries. 

«Une cité coquette qui compte déjà près de six mille habitants ; l'une des plus 
salubres du Tonkin. Elle n'est qu'à trois heures et demie de Hanoï, à six heures 
de Haïphong, par le Song-Cau, que sillonnent chaque jour des chaloupes à 
vapeur d'assez fort tonnage. Aussi semble-t-elle devoir se développer rapidement 
et supplanter, avant qu'il soit longtemps, l'ancien chef-lieu de la province. Déjà 
même elle bénéficie d'un mouvement d'affaires relativement considérable. C'est 
une jeune ville industrielle. A citer, notamment , les importants ateliers de la 
maison Leroy qui comprennent une scierie à vapeur, des forges, des chantiers 
de constructions métalliques. 

«Sur les hauteurs environnantes, un colon entreprenant, M. Gavanon, a 
planté plusieurs hectares de vignes. La tentative est intéressante et donne déjà 
mieux que des espérances. Il a bien voulu me faire les honneurs de son domaine 
tout en m'avouant qu'il n'avait jamais eu la prétention de doter un jour la 
colonie d'un cru susceptible d'entrer en concurrence sérieuse avec les importa- 
tions du Médoc. Ses visées sont plus modestes. Il s'estimera heureux s'il réussit 
seulement à fournir aux gourmets de Hanoï et de Haïphong le raisin de table, 
quelques grappes de chasselas doré, un dessert rare sous ces latitudes.» 



CORRESPONDANCE. 105 

Lettre du Père Stanislas Le Gall à Monsieur H. Cordier. 

Chang-hai, i« Janvier 1896. 
Cher Monsieur, 

Un de vos plus infatigables correspondants vient de publier dans la livraison 
Sept.-Oct. de la Revue des Religions un article dans lequel il annonce à ses 
lecteurs une brochure du Père Le Gall. « C'est , dit-il , un exposé de l'école de 
Tchou Hi, puis des doctrines, puis des textes avec traduction.» Voilà ce qu' 
s'appelle un compte-rendu aussi sommaire que peu lucide, et surtout parfaite- 
ment dédaigneux. «Cet opuscule, ajoute l'honorable critique, a été jugé assez 
sévèrement par les Revues spécialistes. » — Cela peut être , sans que nous en 
ayons eu connaissance au fond de notre Extrême-Orient. Mais, jusqu'à ce jour 
du moins, il ne nous est encore parvenu qu'un article défavorable. Il a paru 
dans le T'onng-pao et il est signé C. de Harlez. J'avoueque je pouvais m'attendre 
à une attaque plus écrasante cent fois, après une certaine lettre, où la passion 
était encore beaucoup moins contenue que dans le présent article. Si je voulais 
quelque jour me donner la satisfaction d'une petite vengeance, il me suffirait 
de vous communiquer ces quatre pages d'un style essoufflé, où les règles de la 
syntaxe ne sont pas mieux traitées que celles de la modestie et du bon ton. 

Et pourquoi donc cet acharnement du docte prélat contre un pauvre petit 
auteur, qui ne méritait pour tout châtiment que le silence? Nous voudrions 
croire que ce zèle est tout-à-fait désintéressé. Il s'agit uniquement de mettre 
vite à la raison un téméraire «aux yeux duquel ne trouvent même pas gi-âce 
les livres qui ont rencontré l'approbation la plus complète, qui ne craint pas 
de déverser un blâne immérité sur ses devanciers en cette étude. » — Or, vous 
savez que ces livres que nous n'avons pas eu l'aveugle complaisance de trouver 
de tout point parfaits sont de Mgr. de Harlez lui-même. 

En bon père il croyait ses petits bien mignons: par suite nos restrictions sur 
leur raéiite l'ont, paraît-il, piqué au vif; pareilles blessures se ferment diffici- 
lement. — Pour mettre le lecteur plus à même de juger le différend avec 
impartialité, voici le passage de la brochure en question qui a eu le malheur 
d'offenser si gravement le prélat: «En 1890, Mgr. de Harlez offrait au public 
son Ecole philosophique moderne de la Chine ou Systèyne de la Nature (Sing-li). 
C'était la traduction presque intégrale du premier et du second volume de la 
somme, avec les parties les plus intéressantes des deux autres. L'entreprise, il 
faut l'avouer, ne manquait pas de difficultés. Le génie chinois diffère tellement 
du nôtre, qu'une traduction claire et exacte d'un livre quelconque est toujours 
chose très difficile. Mais la difficulté croît infiniment, lorsqu'il s'agit de rendre 
en une langue européenne les idées bizarres de ces penseure creux, qu'on est 
convenu d'appeler philosophes. Aussi, tout en regrettant que la traduction de 
Mgr. de Harlez soit trop souvent inexacte et incomplète, nous ne nous étonnons 



106 COEEESPONDANCE. 

nullement: le contraire serait merveille.» Après quoi, j'eus la bonhomie d'ex- 
primer un voeu personnel , qui a eu la mauvaise chance d'être pris par l'auteur 
pour un conseil mal placé. J'ajoutais donc: «Il serait à souhaiter qu'il voulût 
bien reprendre lui-même son travail, et le confronter à nouveau avec le texte 
original. L'œuvre ainsi perfectionnée rendrait un véritable service non-seulement 
à la science sinologique , mais encore à la religion , en montrant où vont aboutir 
les efforts de la pauvre sagesse humaine , privée des bienfaits de la révélation. » — 
En vérité, je ne vois jusqu'à présent rien à retrancher de ce jugement que j'ai 
cru pouvoir porter en toute loyauté sur les œuvres, je le répète, trop hâtives 
de Mgr. de Harlez. S'il tient à ce que je justifie devant le public compétent 
les qualifications d'inexacte et d'incomplète dont j'ai noté sa traduction, je suis 
à sa disposition. La besogne ne sera ni longue ni malaisée. Trois pages prises 
au hasard suffiront pour donner une juste idée de la valeur de l'ensemble. 

L'honorable critique s'appuie sans doute sur les derniers mots du texte cité 
plus haut, pour deviner quel a été le but de notre opuscule : « Ça été , affirme-t-il , 
de démontrer que les Chinois ont l'esprit comme atrophié par l'enseignement 
des doctrines métaphysiques du Philosophe du XII« siècle. » — Non , ce n'a 
pas été là précisément notre but. La première phrase de la préface le disait 
assez clairement: «L'auteur a eu surtout en vue dans ce travail d'exposer, selon 
ses moyens , les idées que le lettré moderne puise dans ses livres , dès les jours 
de sa première éducation.» — Que la conséquence du système matérialiste de 
Tchou Hi soit en effet d'atrophier l'esprit de ses compatriotes, nous n'y contre- 
dirons pas, d'accord en cela avec plusieurs de nos zélés Vicaires apostoliques et 
nombre de missionnaires très instruits de diverees provinces de la Chine, dont 
les témoignages compétents sont de nature à nous dédommager amplement de 
quelques attaques inspirées trop visiblement là-bas par autre chose que le pur 
amour de la vérité. 

Mgr. de Harlez tente de réhabiliter Tchou Hi, que nous aurions injustement 
accusé d'athéisme ou de panthéisme, ce qui est tout un. Il blâme Tandace que 
nous avons de nous mettre en opposition avec le célèbre sinologue anglais J. 
Legge, en soutenant que Tchou Hi est un athée. Mais suis-je donc le premier, 
suis-je donc seul à dire cela? Est-il possible, après dix ans d'étude sinologique, 
d'en être encore à trouver cette thèse-là nouvelle? Nos savants missionnaires 
des siècles passés, ceux-là mêmes qui tenaient pour le monothéisme des anciens 
Chinois, en s'appuyant sur une interprétation spiritualiste des Kings, ont 
néanmoins toujours considéré Tchou Hi comme le corrupteur des antiques tra- 
ditions et le coryphée de la secte Athéo-politiqne. Et Mr. Legge est à coup 
sûr un homme trop instruit et trop judicieux pour ne pas admettre que Tchou 
Hi fut un matérialiste et un athée. Pourquoi faut il que Mgr. de Harlez veuille 
se singulariser en défendant une thèse absolument insoutenable? Et comment 
s'y prend-il? Au lieu de chercher la pensée du philosophe chinois, et le sens 



CORRESPONDANCE. 107 

des termes qu'il emploie, dans l'endroit de ses œuvres où son système est par 
lui exposé ex professa, il nous apporte quelques maigres textes détachés aux- 
quels il donne une interprétation à sa façon. Pareille méthode est-elle vraiment 
scientifique? A ce prix, on femit facilement de Lucrèce et de Spinoza des auteurs 
spiritualistes. — Le texte que j'ai publié est incontestablement un exposé authen- 
tique du système de Tchou Hi. Or, de l'aveu de son avocat, «si on s'en tient 
à ce seul texte, il est assez difficile d'excuser Tchou Hi d'athéisme ou plutôt 
de panthéisme». — A notre avis, la tâche est non-seulement difficile, mais 
tout-à-fait impossible. Si cependant Mgr. de Harlez croit pouvoir réussir dans 
cette voie nouvelle et veut y consacrer ses loisirs, nous lui souhaitons bon 
succès. Mais, conseil d'ami, qu'il change au plus tôt son plan d'attaque et 
concentre désormais ses efforts sur l'étude du texte. En suivant cette méthode , 
il ne tardera pas à être lui-même pleinement convaincu de l'athéisme de Tchou Hi' 

(signé) Stanislas Le Gall, Soc. J. 



NOTES AND QUERIES. 



-^i^3>i'^^<" 



1. Dates chinoises. 

Dans la seconde livraison de sou admirable travail sur les 
«Inscriptions de I'Orkhon» (p. 175), M. Vilh. Thomsen a défini- 
tivement fixé au l^^ Août 732 de notre ère (calendrier Julien) la 
date chinoise qui se trouve à la fin de l'inscription de Kul-téghiu. 
Cette date doit donc être lue de la manière suivante: -^ ^ ^ 
-ff- 1^ -^ ~r ^ *^® septième mois, le premier jour du mois 
étant sin-tch'eou, au septième jour marqué des signes ting-wei^. 
M. Thomsen a fort bien montré que les caractères sin-tch'eou dé- 
signent, non pas le mois comme on l'avait cru jusqu'ici, mais le 
premier jour du mois; cependant, avec un scrupule qui fait hon- 
neur à sa loyauté scientifique, il dit que cette désignation du pre- 
mier jour du mois «pourrait sembler une addition superflue». 
L'objet de la présente note est de lever les derniers doutes qui 
subsisteraient encore à ce sujet, en citant quelques textes qui prou- 
vent que cette manière d'exprimer les dates est familière aux Chi- 
nois dans le style ofiSciel. Les Mémoires historiques de Se-ma Ts'ien 
nous ont conservé (chap. LX) les pièces relatives à l'ennoblissement 
de trois rois; on y relève, entre autres, les dates suivantes: 

^ È^ ^ ^ jj^ ^ ^ Za ^ ^\sL sixième année {t/ue7î-cheou), 
le troisième mois, le premier jour du mois étant ou-chen, au jour 
i-hai:^. Le jour ou-chen est le 45^ du cycle et correspond, pour la 



NOTES AND QU BRIES. 109 

date indiquée, au 16 Avril 117 av. J.-C; le jour i-kai est le 12^ du 
cycle et correspondra donc au 13 Mai. 

^:^PIJ^JJ(^|^^^|J *Ia sixième année {r/74€n-cheou), 
au quatrième mois, le premier jour du mois étant ou-yn, au jour 
koei-maoi>. Le jour ou-yn est le 15® du cycle (à 30 jours de dis- 
tance du premier jour du mois précédent) et correspond ici au 16 
Mai 117 av. J.-C. Le jour koei-mao est le 40® du cycle et corres- 
pondra donc au 10 Juin. 

Voici maintenant deux inscriptions de l'époque des T'ar^g qui 
témoignent que, sous cette dynastie, on exprimait souvent les dates 
comme l'a fait l'auteur de la stèle de Kul-téghiu. 

L'inscription du maître de la loi Tao-yn (cf. Kiii che Isoei pien, 
cliap. LIV) se termine par ces mots: ^ '^ ^ ^ ^ ^ ^ ^ 
-p^^£^^-p0^^^ «Elevé en la troisième année 
long-dio (663), le raug de l'année étant koei-hai, au dixième mois, 
le premier jour du mois étant sin-se (18® du cycle), au dixième jour 
marqué des signes keng-yn (27® du cycle)». 

Cne inscription gravée sur une cloche dans le temple Si-ming, 
à la capitale (cf. l'encyclopédie bouddhique Koai^g hong ming ki, chap. 

XXVIII) porte la mention: ^^^^^Zl^ ^ M 

^ M Ä A M JS «C'était la deuxième année lin-té (665) 
de la grande dynastie T'cmg, au deuxième mois, le premier jour 
du mois étant koei-yeou (10® du cycle), au huitième jour marqué 
des signes keug-tch'en (17® du cycle)». 

Indépendamment du fait que ces textes établissent d'une manière 
sûre la traduction qu'il faut donner de la date dans l'inscription 
de Kul-téghin, il peut être utile de les aignaler aux chronologistes 
futurs ; ce sont là des renseignements dont ils devront tenir compte. 

ED. CHAVANNES. 



110 NOTES AND QUERIES. 

2. Expansion de la race chinoise. 

Comme un exemple comment les Chinois viennent porter leur 
industrie et leur civilisation dans tout l'univers, nous mention- 
nons le fait qu'un Chinois, nommé Ah-Ta.n, s'est établi comme 
constructeur de navires sur l'île de Matupi, dans l'Archipel de la 
Nouvelle Bretagne, et qu'il y construit, avec l'assistance de quatre 
aides, de très bons bateaux, tant grands que petits. (Nachrichten 
über Kaiser Wilhelms Land und den Bismarck Archipel, 1895, p. 46). 

G. S. 



3. Longévité des Japonais. 

Nous avons souvent eu l'occasion, dans nos Problèmes géogra- 
phiques, de mentionner la longévité extraordinaire des Japonais dans 
l'antiquité. Les nouvelles statistiques prouvent que la durée de la 
vie des Japonais actuels n'a pas beaucoup diminué depuis les an- 
ciens temps. 

Au 1 Janvier 1895 la population du Japon comptait 41,810,202 
âmes, dont 21,121,398 mâles et 20,688,804 femmes. On comptait 
7,883,369 familles. Depuis le 1 Janvier 1894 la population s'est 
accrue de 424,695 âmes. Dans ce chifiFre on compte 178 personnes 
âgées de cent ans et au delà, réparties en 49 hommes et 129 femmes. 
On y trouve 2 personnes de 105 ans, 2 de 109 ans et une personne 
de 110 ans, donc environ un centenaire sur chaque 228,000 individus. 

G. S. 



4. Le lis comestible. 

Les effets emportent les causes et les abeilles sucent les lis, 
chacun le sait. Mais on sait moins que le lis est comestible. C'est 
ce que nous apprend M. Inazo Notobe dans le Garden and Forest. 
Les entremets de bulbes de lis ont été, d'après ce savant, imaginés 
par les Aïnos, qui ont été la race dominante au Japon et dont il 



NOTES AND QUERIES. Ill 

ne reste, d'ailleurs, que des spécimens dispersés. Les Aïuos ne con- 
somment pas des lis quelconques. Ils se nourrissent principalement 
avec les bulbes de la variété nommée Lilium Glehni. 

Ils en tirent de l'amidon, dont ils font des sortes de galettes 
percées d'un trou au milieu où ils passent une ficelle pour les sus- 
pendre. Le Lilium auratum donne, lui aussi, un amidon comestible, 
et il est à remarquer que, contrairement à ce qui se passe géné- 
ralement, la saveur des bulbes sauvages est plus agréable que celle 
des bulbes cultivés. Au Japon, ce sont le Lilium auratum et le 
Lilium tigrinum qui sont le plus souvent employés. Au reste, ce 
sont des aliments assez nourrissants: pour 100, ils contiennent 3 
d'azote, 19 d'amidon et 2 de dextrine (eau, 69). On les mange 
communément bouillis et assaisonnés avec du sucre; crus ils seraient 
trop amers. Bouillis, ils ont la consistance et la saveur des haricots. 
Ou peut encore les manger en salade, ou avec du riz. 

(Le Petit Temps, 30 Janvier 1896). 



Erratum. 



In my article on the Term Tarsa in last number of the 
Toung-pao (Vol. VI, p. 533) an error has crept in, into which I 
was led by the statement of Dr. Bretschneider, that Haithon was 
King of little Armenia. Professor Chavannes of Paris informs me 
it should be the historian ^«j^/ion, author of the "Historia orientalis" 
(See Journal of the China Branch of the Royal Asiatic Society, 
Vol. X, p. 206—207). Both persons have been often confounded, 
as may be learnt by a discussion relative to the subject in the 
"Chinese Recorder", Vol. V, p. 286 and 367. G. S. 



SUPPLEMENTARY JOTTINGS 

TO THE "NOTES ON THE MALAY ARCHIPELAGO AND 
MALACCA, COMPILED FROM CHINESE SOURCES" 

BY 

W. p. GROENEVELDT. 



This little work, published by me in 1876 in the Transactions 
of the Batavian Society of Arts and Sciences, has been repeatedly 
noticed in the columns of the T'oung-pao, and, I am happy to say, 
always in a friendly spirit. Questions were put, where I had been 
obliged to leave uncertainty; solutions were proposed, where I had 
been unable to suggest them. Though I saw with extreme satis- 
faction that others interested themselves in a subject on which I 
had bestowed some pains, I could not take a part in the discus- 
sion, because my time was completely taken up by official duties. 

Even when in 1887 these Notes were reprinted by Dr. Reinhold 
Rost for the Straits Branch of the Royal Asiatic Society, I had to 
limit myself to a few corrections and rectifications, but could not 
attempt to go further into the matter *). 

Having now a period of leisure before me, I gladly return to 
the old task, though I can hardly add anything to what I gave 



1) When further on I shall have to refer to my Notes, the two editions will be 
distingaished by the numbers I and II. 

8 



114 W. p. GROBNEVELDT. 

before, as no new materials have been discovered by others or by 
myself; I am indeed prepared to think that I have exhausted the 
subject in this respect, but I say this without any feeling of 
exultation, for nobody would rejoice more than myself, if new 
sources were discovered to. supply our scanty information on so 
interesting a subject. 

In Vol. IV, pag. 81 fP. of the T'oung-pao Dr. F. W. K. Müller 
has made a few remarks, which I would answer as follows. 

It cannot be denied that the characters ^ j^j\^ p'ang-k'ang give 
a very defective transcription of the name Pahang (Notes I, pag. 
136 and II, pag. 255), and as Dr. Müller informs us that there 
is a tribe in that locality of the name Panggang, it is indeed quite 
probable that this was the old name of the place, for which the 
two characters, mentioned just now, were correctly used. 

In the second place Dr. Müller suggests that the word Mau-su, 
used for the pirates of Northern Borneo (Notes I, pag. 102 and 138, 
II, pag. 224 and 257), and which I have been unable to identify, 
may be the Malay word musuh = enemy. I think this is a case of 
accidental homophony, unsupported by any other evidence and which 
should not be noticed therefore. 

This is even more so with the third observation of Dr. Müller 
suggesting that the word so-fti (Notes I, pag. 141 and II, pag. 260) 
may mean stufifed skins of birds of paradise (Ternatan: sofu, Ma- 
lay: sopo). Dr. Hirth {Toung-pao V, pag. 391) has already pointed 
out that so-fu is undoubtedly used for a woven stuff throughout 
the old geographical literature and reminds of the Arab word 
suf = wool. 

I must acknowledge, however, that my description of the article 
is neither quite correct, as I did not take it for a woven stuff, 
but called it a dress or quilt of feathers, on no other authority 
than a passage from the Tung-Si-Yang-K'aw. \/X *^ ^ ^ ^ > 



SUPPLEMENTARY JOTTINGS. 



115 



^^ ^ |IL r^ "^*' ^^ made of birdsdowu and the pattern is like 
that of the silk called hroan-k'i". 

I can now, however, add a few new extracts, which run as 
follows: 

Mm'M^^'f^Z^^^ "^"-P'" i« *he finest hair- 
cloth of the Mohammedans" (History of the Yuen-dynasty, book 78). 

Mà^'^^ikMifi^L^ "Ttey (the people of 9^ 
^•^ Herat) weave feathers to make so-fuh, its pattern is like hwan- 
*••• silk" (-<^ M SS ® ' book 237). 

üt Ê A ft * ^ ±. ^ ^ 1 - «= mmr-mm 
zmmmm,v-An^&.B±mm^Bm. 
!^&,WcTmt^mz.. - îg «/c tti -^ ?n H * 

« ift , # A # :)§ ^ ti * II = * » * ^ a ik = X 

"Birdsdresses are woven from all sorts of birdsdown; some call 
it wild-swan-velvet. The people in foreign countries cut with scis- 
sors the small feathers of the wild swan, mix them with weaving- 
silk and so make it; it is done in a skilful and fine way. Dark 
red is the best. There are two sorts: for summer and for winter. 
That which is not wetted by rain is called raingauze or rainsatin. 
The people of Canton have learned to make it, using the feathers 
of the domestic goose or flossy silk; the price has fallen accordingly. 

Some call it so-fuh. This comes from Herat and is also made 
from down of birds; its pattern is like hwan-k'i and dark red is 
the dearest, but it is a little heavy and uncomfortable to wear. 
The people of Canton make an imitation, which is like plain sar- 
cenet, but the cloudy pattern is not so good by far. They (the 



116 W. p. GßOENEVELDT. 

Cantonese) also take peacockfeathers and make them into a thread, 
with which they embroider the shouldercovers of boys and girls; 
the bright and variegated colours dazzle the eye. These feathers are 
mostly bought from foreign ships" ( J^ p|l ^ p^ , book 19). 

These extracts show that so-fu is a textile fabric and that it 
came from Persia, Turkestan and the neighbouring countries. What 
it really was, is not quite clear, but the extracts are very positive 
about the use of feathers or down. I cannot, however, repress the 
idea that this may be a myth after all and that we have to do 
here with some kind of velvet, which, from its outward appearance, 
was taken to be made of feathers. 



I have now to correct another mistake, this time completely of 
my own. With respect to the name ^J^ y^ Tam-iang (Notes I, 
pag. 93 and II, pag. 216), I have allowed myself to be taken in 
by my Chinese informant, who explained these characters according 
to their meaniog and invented a story to suit his explanation, 
whilst they are the transcription of. the name Tamiang, a country 
still existing and situated on the north-eastern coast of Sumatra, 
between Atjeh and Deli, lat. 4° 25' and long. 98° 20'. The name 
"Country of the Fresh-water Sea" must be consigned to oblivion. 

The kingdom of Aru (Notes I, pag. 94 and II, pag. 216) must 
be placed at the south of Tamiang on the present Aru-bay, where 
the last map reveals a Pulau Sembilan = Nine Island = ^ ^|»[ . 
It is quite sure now that the Sembilan-islands on the coast of Perak 
and the Aru-islands in the strait of Malacca, are not meant here. 

When I compiled my Notes, I came across an account of a 
country called Shih-li-fuh-shi ^ ^|j -^ ^ . I could not identify it 
and I thought it did not belong to the Malay archipelago, so I did not 
translate the notice. This country is only noticed in the history of 
the T'ang-dynasty, at least I never met the name anywhere else. 



SUPPLEMENTARY JOTTINGS. 117 

Since that time however, the Rev. S. Beal has informed us 
(Livre des merveilles de l'Inde par Van der Lith et Devic, Leide, 
Brill, 1883, pag. 251) that this name frequently occurs in the works 
of the Chinese Buddhist pilgrim I-tsing and that it must mean a 
place on the Palembang river near its mouth. Prof. Beal observes 
that the Chinese characters, according to the method of transcrib- 
ing Sanscrit words adopted by the Chinese Buddhists, point to a 
native name Çrîbkôjo. I-tsivg calls the place also simply Bhoja, 
from which it follows that çri is here an epitheton ornans, well 
fitting a place for which the writer shows high regard, and on this 
account Prof. Beal thinks it possible that the name San-bo-tsai, 
which is given to Palembang in following centuries, is the same 
name with the prefix sam - united. 

I have had no occasion to consult the works of I-tsing, but 
one of them, the Ta-t'ang Si-yu hHeou-fa Kao-seng tchoav y^ ffl* ^ 
^È ^ ^ ^ fW 1^ ' "Mémoire sur les religieux émineuts de la 
grande dynastie T'ang qui sont allés chercher la Loi dans les pays 
d'Occident", has been translated by Mr. E. Chavannes (Paris, Leroux, 
1894). We learn from this book that the Chinese pilgrims, who 
went from China to India by sea, sometimes took a direct passage, 
but often went first to some place in the Malay archipelago, 
probably because no direct passage could be had. They went then 
to Cribhoja or to Kalivg fJSf [^ (Java), whilst one is said to 
have gone to P'ouo-lou-che *) (pag. 36), a place apparently in the 
island of Sumatra, but which I have not been able to identify. 
When going from Bhâja or Kalivg to India, they generally touched 
at Mo-la-yu ^j^ ^ ^ and Kieh-ch'a ^ ^ , both of them also 
places on the coast of the island Sumatra. The voyage from Canton 
to Bhôja took from 20 to 30 days (pag. 119 and 144), from Bhôja 



1) I follow here the orthography of Mr. Chavannes, because the Chinese characters 
are not given. 



118 W. p. GROENEVBLDT. 

to Molayu 15 aud from Molayu to Kieh-ch'a 15 days also; from 
Kieh-ch'a the ships either took a western course and then arrived 
in southern India or Ceylon in about 30 days (pag. 144), or they 
went north and then passed the Nicobar-islands after 10 days or 
more (pag. 120). In one case the voyage was undertaken from Java 
to Molayu and from there to India without going by Kieh-ch'a 
(pag. 43). It is not uolikely that these different courses were 
determined by the reigning monsoon. In Bhoja as well as in Java 
Buddhism was flourishiag; in both countries the Chinese pilgrims 
studied the Law with the assistance of native scholars. Bhoja was 
the residence of the king, who was a fervent Buddhist, honouring 
and assisting the pilgrims in many ways; he had ships of his own, 
in which sometimes a passage was given to the pilgrims, and as 
these vessels certainly were no men of war, we may infer from 
this that the king traded on his own account, as was the general 
custom of the native princes of the archipelago. 

Prof. Beal and Mr. Cha vannes do not agree about the locality 
which must be assigned to these different places, but before dis- 
cussing that point I will give a translation of the two notices on 
the subject which are found in the history of the T'ang-dynasty. 

''Shih-li-fuh-shi S ^Ij # ^ also /* f Ij # ^ iÇrîbhôja) is 
situated 2000 li beyond Kiûn-t'u-lung ( ^ ^ ^ not yet identified); it 
extends 1000 li from east to west and 4000 or more li from north to 
south; it has 14 walled towns belonging to two different kingdoms; 
the western kingdom is called Lang-p'o-lou-sze ^[J ^ ^ ^ . 

Cribhoja has much gold, cinnaber and ambergris ; at the summer- 
solstitium a gnomon of 8 feet casts a shadow towards the south 
of 2 feet 5 inches (2V2) *)• I^i ^^is country the number of males is 



1) This would be a most valuable indication , bat I am afraid these numbers cannot 
be trusted, as they seem to have been altered in the course of time. We have a similar 
indication for Java (Notes 1, pag. 14 and II, pag. 139), in which a shorter shadow is 
given, whilst it should evidently be longer. 



SUPPLEMENTARY JOTTINGS. 119 

preponderant. They have here an animal ctdled t'oh-t'O'pati {^^ J^ 
^), spotted and with a rhinoceroshorn, which is used for riding 
and ploughing; they call it the carrying ox-leopard ^'^^; 
there is also an animal like a wild pig, with horns like a wild 
goat, called yü ^; its flesh is very fine. 

The king is styled Hoh-mih-to /^ ^ ^ î between the years 
670—741 he repeatedly sent envoys to present letters of allegiance. 
Once these were robbed by the border-ofiScials and then the emperor 
ordered Canton to soothe them; he also once sent two dwarfs and 
two negro-girls with dancers and musicians. The envoys got the 
official rank of chek-ch'ung ^ ^ , the king was made Great com- 
mander of the left frontier guard and he got as presents a purple 
robe and a girdle with golden flowers. 

Afterwards he sent his son to court; the emperor ordered to 
feast him in one of the palace halls and appointed him crown prince 
by decree. He also got a high military title and was then sent back" . 
{Sin T'ang-shu, book 222c). 

In book 436 of the new History of the T'ang-dynasty (618- 906) 
we find a kind of itinerary from Canton by sea to the southern 
and western countries; the first part mentions a number of coun- 
tries, mountains and rocks which cannot be identified and lie be- 
yond the scope of my task, but a part of it may be of some use 
for our purpose; it is the following passage: 

"From Kiüri'tuh-lung ( ^ ^ ^ ), after going 5 days, one comes 
to a strait which the foreigners call chih ^\ it is 100 li from 
north to south; on the north lies the country of Lo-yûeh ^ ^ 
and on the south the country of Bhâja -^ ^ . From Bhoja going 
eastward for 4 or 5 days, one comes to the country of Kaling ^[ [^ 
(Java), which is the largest of the islands of the south". (-Sin T'ang-shu, 
book 436). 

I will now try to show what places are meant by the different 



120 W. p. GROENRVELDT. 

names, which are given above. It is no easy task, as we have but 
scant indications, admittiag indeed a good deal of uncertainty and 
doubt. 

The second extract from the Sin T'ang-shu shows that the 
country of Lo-yüeh was situated to the north of the eastern en- 
trance of the Strait of Malacca: I cannot identify this country, 
but it reminds me of Marco Polo's Locac, a place situated much 
further north and which gave its name to the whole south of the 
Malay peninsula, (v. Yule, Marco Polo, II, pag. 262). 

Bhôja was situated on the other side, i. e. on the eastern coast 
of Sumatra. Before attempting to fix its locality with more pre- 
cision, we have to answer the question how the voyage of Bhôja 
to India was made, by the Strait of Sunda or by that of Malacca? 
We may take it for granted that the latter route was generally 
preferred because it was much less dangerous, the ships being able 
to remain longer in the proximity of land. This supposition is 
confirmed by the Sin T'ang-shu which, after the passage translated 
above, gives an itinerary through the Strait of Malacca to India, 
but does not mention the Strait of Sunda. 

Keeping this is mind, it is clear that Bhôja must lie to the 
south of Molayu, and Mr. Chavannes, considering that Palembang, 
according to the commentaries of Alboquerque, was called by the 
Javanese Malayo, places Bhôja in the extreme south of Sumatra. 
This statement of Alboquerque does not agree with de Barros, 
who in his list of Sumatran kingdoms makes Tana-Malayu (the 
land of the Malays) the next to Palembang (Yule, Marco Polo, 
2nd edit. II, pag. 263); Alboquerque may have heard the Javanese 
call Palembang a Malay country and wrongly concluded that this 
was its name. 

Moreover there are other reasons which make it altogether im- 
probable that Bhôja could have been situated more south than 



SUPPLEMENTARY JOTTINGS. 121 

Palembang. The eastern coast of Sumatra is a low marshy plain , 
where all communication is carried on by water; any place of 
importance, any emporium of trade must have been situated on 
one of the large rivers, which come nearly from the other side of 
the island and run through immense tracts of country of which 
they are the natural and only outlets. Now there is no river of 
any importance south of Palembang, and if we turn the south-eastern 
corner and come to the Lampongs, we find, it is true, higher land, but 
with no back country, so no important market can ever have 
existed here. When the Sin T'ang-shu says that the country to 
the south of the entrance to the Strait of Malacca was called Bhôja, 
it can hardly have meant the Lampongs, but we must look to the 
east coast of Sumatra, where Bhôja then was, if not the only, at 
least the principal port. 

Admitting with Mr. Chavannes that it must be placed as far 
south as possible, we naturally come to the conclusion that Bhôja 
or Çrîbhôja was situated on the Palembang river, and that it is the 
same place for which we find later on the name of San-bo-tsat, 
corresponding to a native name Sambhoja or Sembhoja. 

So far I quite agree with Prof. Beal, but one of his reasons, 
being that Bhôja is the same place as the Molayu of I-tsing or 
Malaiur of Marco Polo, cannot be admitted as correct. In the first 
place he is mistaken in telling us that I-tsing says so, as has 
already been shown by Mr. Chavannes (pag. 202); I-tsing tells us 
distinctly that Molayu is another country and the passage which 
makes it the same as Bhôja is from a later commentator. Prof. 
Beal further says that Col. Yule (Marco Polo, II, pag. 261) has 
given good reasons for supposing the Malaiur of Marco Polo to be 
the same as Palembang; I find, however, that Col. Yule is far from 
positive and inclines even to the interpretation of de Barros, who 
places Tana Malayu next to Palembang. 



122 W. p. GROBNEVBLDT. 

We have therefore to find now a place for the Molayu of I-tsing, 
the Malaiur of Marco Polo, the Malayo of Alboquerque and the 
Tana-Malay u of de Barros, all which may be taken to mean the 
same place. I-tsing tells us that it took 15 days to go from Bhôja 
to Molayu and 15 days again to go from there to Kieh-ch'a (pag. 
144). The latter place, suggesting a native name Kada, must have 
been situated in the north-west of Sumatra, somewhere near the 
present Atjeh, for going from there west one arrived in 30 days 
at Magapatana near Ceylon (pag. 144), whilst a northern course 
brought one in 10 days to the Nicobar-islands (pag. 120). Molayu 
should thus lie halfway between Bhôja and Kieh-ch'a, but this 
indication must not be taken too litterally, where it is given for 
a sailing vessel, and there is also the statement of de Barros, 
which does not allow us to go too far away from Palembang, as 
he mentions Tana-Malayu next to that place. We have therefore 
to choose between the next three larger rivers: those of Jambi, 
Indragiri and Karapar and there is an indication in favour of the 
last one, not very strong, it is true, but still not to be neglected. 
I-tsing tells us (pag. 119): "Le roi me donna des secours grâce 
auxquels je parvins au pays de Mo-louo-t/w, j'y séjournai derechef 
pendant deux mois. Je changeai de direction pour aller dans le 
pays de Kie-tcha\ The change of direction during a voyage along 
the east coasb of Sumatra from Palembang to Atjeh is nowhere 
very perceptible, because the course is throughout more or less 
north-west, still one may speak of a change of direction at the 
mouth of the river Kampar, about the entrance of the Strait of 
Malacca, whence the track begins to run more west, whilst it is 
more north before. The country of Kampar is of little importance 
now, but it is not improbable that there has been a Hindoo 
settlement, as the ruins of religious monuments decidedly Buddhist 
are still existing on the upper course of the river, the only ones 



I 



SUPPLBMEVTA.RY JOTTINGS. 123 

indeed on this side of the island , it being a still unexplained fact 
that the Hindoos in Java have built on a very large scale and 
those of Sumatra hardly anything at all. 

I-tsing says that the country of P'ouo-lou-che (pag. 36) was 
situated to the west of Bhôja and Mr. Chavannes therefore thinks 
it may be the same as Lang-p'O'lou-sze in the extract from the 
New History of the 'Pang-dynasty, translated above; this looks not 
improbable, but I must reject his supposition that it may be Per- 
lak, quite in the north of the island, which seems to be a mere 
guess without any real foundation and not even probable. For the 
same reason I cannot follow Prof. Beal, who assumes that this is 
the same as Pasei, a little to the north of Perlak. I prefer to 
acknowledge that the situation of this place must remain an open 
question until further evidence. 

On the northern coast of Sumatra the name Lambri (Notes I 
pag. 98 and II pag. 220) has been found back in a small village 
near Kota Radja; it is called Lambari by the people of Atjeh which 
gives in Malay: Lambëri or Lambri. 

In the description of the palace at Modjopait (I, pag. 46 and 
II, pag. 171), I wrote that its brick wall had a length of a hundred 
feet; this must be a hundred paces, as the text has: :^ i^ ^ 

^ ^jMS^^-WW^^- ^^^ ®^®° ^^ must be wrong, 
for it gives us only a sqare of 25 paces side, far too small for 
the palace of a native ruler and incompatible with the fact, men- 
tioned in the narrative, that a number of large houses were erected 
inside. It is probable that a printing error has crept into the text 
here, for our author was too well acquainted with the subject to 
make such a mistake. For this reason it deserves notice that the 
Ting-yai Sheng-lan Tsi (Notes I, pag. X), which is otherwise quite 
unreliable, but may have followed a more correct edition of our 
text, has 300 li for the circumference of this wall; this is certainly 



124 W. p. GROENEVBLDT. 

too much again, being at least 120 kilometer, but it points to a 
large cipher in the original text, better agreeing with the enorm- 
ous walls of Modjopait, of which many traces remain and which 
may easily have been overestimated. 

The "j^ -^ IQ ^ ^ J^ , placed at my disposal by my friend 
Dr. de Groot of Leiden, has yielded a few extracts, which I sthink 
I may translate here. 

"The fields of Java are rich and its soil is level and well watered , 
therefore grain and rice are abundant, twice as much as in other 
countries. The people do not steal, and what is dropped on the road 
is not taken up. The common saying : "prosperous Java" means 
this country. Men and women wrap up their head and wear long 
clothes." ( -^ H ^^ in ^ S Ä » book 97). 



The Tau-I Chi was written about 1350, and it is interesting 
to see that Java at that period still possessed its old reputation 
for wealth and prosperity, which it was about to lose for a con- 
siderable length of time, owing to the internal dissensions accom- 
panying or following the introduction of the Islam. 

"In the year 1375, the 2nd month, the Emperor ordered that 
the spirits of the mountains and rivers of San-ho-tsai and Java 
were to be jointly sacrificed to iu the hall of the mountains and 
rivers of Kwang-Tung. 

"Previously the President of the Board of Rites had represented 
that an end having been made in the capital to the sacrifices to 
the mountains and rivers of the empire, it was not becoming that 
the Emperor should any longer personally worship the mountains 
and rivers of the foreign countries ( p5j ^ i) and then the Empe- 
ror had ordered that these rites should be reconsidered and a re- 
port presented. 



1) jR^ is used here for SS ; I never met it elsewhere with this meaning , but the 
text leaves no place for uncertainty about this. 



J 



SUPPLEMENTARY JOTTINGS. 125 

V "Thereupon the Chung Shu (? f(1 ^ ) and the Board of Rites 
proposed that the mountains and rivers of the foreign countries 
( ^f* ^ ) should be joined to the sacrifices of the different provin- 
ces, in this way that Kwang-Si should take the sacrifices for 
Aunam, Champa, Cambodja, Siara and Soli; Kwang-Tung those 
for San-bo-tsai and Java ; Fuh-kien those for Japan , Liukiu and the 
West-Coast of Borneo (Pu-ui); Liau-tuDg ihose for Corea; Shen-si 
those for Kan-suh etc. In the capital they should then not be 
worshipped any more. 

"They also observed that the mountains and rivers of the va- 
rious provinces, together with (the tablets of) wind, clouds, thunder 
and rain, already occupied the centre (of each provincial hall) fac- 
ing the south, therefore the tablets of the mountains and rivers 
of the foreign countries should be divided east and west and 
worshipped together at one altar. 

"The Emperor consented to these propositions and ordered the 
Chung Shu to make them generally known. 

"When the time of these sacrifices drew near, an ofiBcer was sent 
to look after the mode of worship." (^^^^ in S^Ä' 
book 97). 

This extract gives us a curious instance how thoroughly and 
with what intimate conviction the idea of China's universal rule 
(Notes I, pag. 5 and II, pag. 130) was carried out. 

"When I-tsu (^ )jt§^) had founded his dynasty, in the autumn 
of his first year, Sam-bo-tsai came to bring tribute, but at that 
time this country did not yet know that the house of Sung had 
succeeded to the throne. Among the articles brought as tribute 
there was a t'uug-t'ien rhinoceroshorn ( J^ ^ ^ ) , in the midst 
of which there was something like a dragon holding up a cover; 
this figure of a dragon was climbing (rampant) with its tail slightly 
towards the left, which gives the (old) character 7^ Sung. (This 



126 W. p. GROBNEVELDT. 

needs not astonish us, for) how could it be by accident that the 
lawful lord receives the heavenly award to rule the empire? I-tsu 
took this rhinoceroshorn for a girdle-clasp and he always wore it 
when sacrificing to heaven, to earth or to his ancestors". (^ ^^ 
1^ ^ >'J'* ^^ 1 Yuen Kiung's Booklet of the maple-window in j^ 
^ m , book 98). 

By I-tsu nobody else can be meant than the founder of the 
Sung dynasty, whom I know however only under the name 
of T'ai-tsu and I cannot explain why he is called by another 
name here. 

This uncertainty does not, however, affect the meaning of this 
anecdote, which may find a place here, because it shows for what 
peculiar reasons the products of foreign countries were sometimes 
appreciated in China. 

The words t'ung-t'ien have not been translated, because I am 
not quite certain of their meaning; they signify literally "penetrat- 
ing into heaven, towering into the sky" and are used for "very 
high" as an epithet of sacrificial mounds ^^ and court-hats (vide 
D^ ^^1^ sub voce ^) We find there also the following 
notice: ^ ^ ^ y^ Ä i^ ^ ^, the rhinoceros has a peculiar 
(rare) horn, which is called t'ung-t'ien. This is of course no explan- 
ation at all, neither have I been able to find a satisfactory one, 
but in looking for it, I came across a number of superstitions and 
legends about the rhinoceroshorn, which must have come from 
foreign countries to China with the article itself and may have 
some interest for the folklore of those foreign parts. 

The rhinoceros, or at least its horn, was known in China at 
the dawn of its history; it is mentioned in the Chow-li, Ritual 
of the house of Chow (1122 — 255 b. C.) and in the Shi-kiug, res- 
pectively under the names of si J^ and szë ^ , which seem to 
desiofn the same animal. 



SÜPPLEMBNTARY JOTTINGS 127 

The Shan-hai-king, dating from the begiuniug of the Chow- 
dynasty or perhaps further back, uses both names for two diflferent, 
bat related animals. 

The Urh-ya, written about the 5th century b. C, but a part 
of which is said to date back as far as the beginning of the Chow- 
dynasty, makes a difference between the two and says: "the sze 
is like an ox and the si is like a pig". The commentary of Kwoh 
P'oh (A. D. 276-324) adds to this: "The sze is of a black (dark 
green p^ ) colour. The si resembles a buff'alo and has the head of 
a pig, a large belly and short feet with three toes; it is of a black 
colour and has three horns, one on the crown of the head, one 
on the front and one on the nose: the last is the eating horn 
(^ ^ ?), it is small and is never shed; the animal likes to eat 
thorns; there are also some with one horn". 

We may infer from these notices that those who wrote them 
had never seen a rhinoceros themselves , but were in the posses- 
sion of oral information , which may have been got near at hand , 
as the rhinoceros was found in the southwestern part of the present 
empire, at that time not belonging to China proper yet. The detail 
of the three toes for instance is correct. But as this rhinoceros 
(rh. indicus) has only one horn, they must also have heard of the 
species in Sumatra, which has two. 

The note of the wonderful was soon struck by Pau P*o-tsze 
fS. '^I' "?* ^^ ^^^ book on occult science, written in the beginning 
of the 4th century ( ^ J^ , 4th book): 

"The venerable Cheng once got a real t'ung-t'ien rhinoceros- 
horn, somewhat longer than 3 inches; he carved it into the shape 
of a fish and took it in his mouth when he went into the water, 
which always opened before him with a square of 3 feet and he 
was able to breathe in it". 

"The t'ung-t'ien horn has a red streak like a tasselthread , run- 



128 W. p. GROENEVELDT. 

ning from the bottom to the top; when this horn is filled with 
rice and placed amongst the fowls, these eat only a few inches 
and then run frightened away; therefore the people of the south 
call this horn also the horn which scares the fowls ,|^ ^ê J^ . 
When this horn is stuck into the top of a heap of grain , the 
birds dare not alight upon it. When on nights of thick mist or 
strong dew it is placed in the open space of the house, it does 
not become wet. 

"This rhinoceros lives in deep forests; on dark evenings its horn 
shines brightly as a blazing torch. 

"This horn is used to draw poison. The stuff is made into a 
broth, which is stirred with the horn, when a white froth is pro- 
duced, which bubbles up and then it is over; the poison has no 
force any more. When a non poisonous substance is stirred with it, 
no froth comes up; it can thus be known by this. When travelling 
in foreign countries, there are poisonous villages, and if one eats 
or drinks in another house, he always first stirs with a rhinoce- 
roshorn. When a man is wounded by a poisonous arrow and on 
the point of dying, they stick this horn into the wound, when 
froth comes forth and it is healed. 

"The reason why this horn can kill poison is that this animal 
eats only plauts which contain poison and trees which have thorns; 
it will never eat plants or trees which are soft or smooth. 

"Once a year they shed their horns amongst the rocks in the 
mountains. When people find them, they must cut a piece of wood, 
making it like the horn in colour, spots and shape, this they put 
in the place of the horn and the rhinoceros cannot detect it, but 
comes in the following years to the same place to shed its horns. 

"Other sorts of rhinoceroshorn can also cure poison, but not so 
wonderfully as the t'ung-t'ien". 

Gradually the Chinese have become somewhat better acquainted 



SUPPLEMENTARY JOTTINGS. 129 

with this animal, but their notions have remained far from cor- 
rect and even now it is still represented by them as a baffalo 
with a long horn on the top of its head. Neither have the old 
superstitions been discarded, but on the contrary a large number 
of new stories have been added to them. The ^ ^ ^ RJÎ' 
devotes two chapters to this subject ( ^ ^ Ä , books 68 and 69) 
from which I venture to take what follows. 

The distinction between sze and si is long maintained. The 
former is said to be an animal living in the water , very clever in 
upsetting boats. The hide of both is used for armour; the skin of 
the sze is stronger and lasts 200 years, whilst that of the si lasts 
only a hundred. Later on we are informed that the sze is the 
female of the si; her horns are finer of design and surface and 
therefore better for ornaments, but the horn of the male is superior 
for magical and medicinal purposes. Another says that sze is the 
old name , now only used in the north , and si the modern name , 
preferred in the south. 

The Chinese idea of a water-rhinoceros may have been derived 
from what they had heard about the tapir and even the hippopota- 
mus. They soon saw that their notions about this animal were of 
a somewhat mythical character, but as they delight in these old 
traditions, they kept on repeating them; they acknowledge, however, 
that the animal is very rarely seen. 

The water-rhinoceros is often called by the name si also; e. g. 
[in the following extracts: "In the ocean there is the water-rhino- 
ceros, resembling a buffalo; when it comes out of or enters into 
the water, it gives out light; the water opens before it". 

"The rhinoceros which wards off dust ( J^ or Jp ^J Jp ) is 
a sea-animal; its horn repels dust; when it is placed in a hall, dust 
does not come in". 

"In the ocean there is a rhinoceros which is fond of hearing 

9 



130 W. p. GROENEVELDT. 

music of stringed and blowing instruments ^ ^ ; when the people 
of those parts humour this liking, it comes out of the water". 

"In the time of Han Wu Ti (140-88 b. C.) people from the 
west presented a red rhinoceros-dress ^ ^^ ; when steeped into 
the water, it did not become wet; the Emperor wore it when giving 
audiences; it must have been something like the hide of the water- 
rhinoceros ^ ^ ". 

Sometimes this wonderful creature is represented as a quite 
different animal , having with the rhinoceros only the name in 
common; thus /. i. the San-tsai-t'u-hwui: "The sze is like a tiger, 
but smaller; it does not eat men. At night it stands alone on high 
mountain-tops and listens to the sound of rivulets; it likes silence. 
Just before the birds begin to sing and the sky becomes bright, 
it goes back to its lair". The ^ ^ gives the following story: 
"A man of Ts'ung-ming (about the mouth of the Yang-tszë) had 
put out his net in the sea and caught an animal like a dog and 
of a black colour. He put it in a pond, where it stole all the fish. 
This annoyed the man and he drove the animal away into the 
sea; it ran very quick and the water burst open before it. He 
then knew it was a si\ 

About the real rhinoceros we find the following notices, partly 
correct, but in which the marvellous continues to play a great part. 

"When the rhinoceros sheds its horns it conceals them in a 
lonely and hidden place, not wishing that people should see it. 
The native king values them because they are rare and has them 
made into hairpins, which can dispel and ward off" bad and danger- 
ous influences". 

"The t'ung-t'ien rhinoceros dislikes to see its own image and 
therefore always drinks muddy water, which cannot reflect it; when 
it is about to enter the water and people are following it, it will 
not move another step. 



SUPPLEMENTARY JOTTINGS. 131 

A captain of a foreign ship in the south told the following 
story: "When people want to capture rhinocerosses in my country, 
they plant stakes in the ground like monkey-poles; the forelegs of 
the rhinoceros have no joints and it always sleeps leaning against 
a tree; when these poles break ojff, it cannot get up any more ')"• 

"The rhinoceros is like an ox, but its hoofs and legs are like 
those of an elephant. It has two horns: one on the forehead and 
a smaller one on the nose; the female has also two horns". 

"The rhinoceros comes from Ânnam and is caught by making 
it fall into a pit; when it is killed, there is heavy thunder and 
pelting rain". 

"In the country of the Tazi (probably the westcoast of Sumatra, 
see Notes I, pag. 14 and II, pag. 139) the rhinoceros is killed by 
men who climb in big trees to wait for it and shoot it when it 
passes by. For the smaller ones it is not necessary to use bows 
and arrows, as they can be caught with the hand". 

"The rhinoceros has three hairs in each pore of its skin. 

"When it sheds its horns, it heaps up earth and buries them 
underneath. The natives trace the spot and change them for wooden 
ones; if they take them without this precaution , the rhinoceros moves 
to another mountain and cannot be traced any more". 

"The rhinoceros has thorns on its tongue and always eats the 
thorns of plants and trees , but never grasses or leaves ^)". 



1) Caesar told the same story about the alces or elk in the Hercynian forest. In 
Java the natives relate it also of a wild cow of diminative size, which is said to live in 
the loneliest recesses of the jungle. 

2) Marco Polo gives the following acconnt of the rhinoceros (Yule. II, pag 265): 
"There are wild elephants in the country (of Basma, in the north of Sumatra) and 
numerous unicorns, which are very nearly as big. They have hair like that of the buffalo, 
feet like those of an elephant, and a horn in the middle of the forehead, which is black 
and very thick. They do no mischief, however, with the horn, but with the tongue alone; 
for this is covered all over with long and strong prickles (and when savage with any one, 
they crash him under their knees and then rasp him with their tongne). The head 



132 W. p. GROENEVELb'T. 

"Champa produces much rhinoceroshorns and elephant-teeth. The 
rhinoceros is like the buffalo, and a big one weighs 800 cattys; its 
body has no hair, it is black and has a thick hide with scales. 
The hoof has three toes and it has one horn on the point of the 
nose, long about 1 foot, 5 inches. It eats the leaves and branches 
of thorny trees". 

The Chinese value the rhinoceros only for its horns, to which 
they ascribe the most remarkable magical and medicinal properties , 
as may be illustrated by the following extracts. 

"There is the t'ung-t'ien horn with flowered spots ; those with 
the finest pattern bear figures of all kinds of things; some say 
this is a disease of the horn, but it is impossible to say whether 
this is true or not. When the horu on the forehead of the t'ung- 
t'ien rhinoceros is a thousand years old , it is long and pointed 
and has white stars all through it ; it can exhale an aerial fluid 
pervading the sky and is then able to influence the spirits, to 
open the water and to scare the fowls; therefore it is called: per- 
vading the sky (t'ung-t'ien). 

"When the rhinoceros is pregnant and sees the shape of things 
against the sky, these are figured on the horn (of its young), 
therefore it is called t'ung-t'ien". 

"The t'ung-t'ien rhinoceroshorn bears images of all kinds of 
things as if they were painted upon it; it is not known how this 
is caused; some say that when a rhinoceros likes a thing and long 
delights in it, it is gradually represented in its horn". 

"When the rhinoceros looks at the stars, they (i. e. their image) 
penetrate into its horn". 



resembles that of a wild boar, and they carry it ever bent towards the ground. They 
delight much to abide in mire and mud". It is evident that Marco Polo has derived this 
information chiefly from Chinese sources, as is indeed the case in many other parts of 
his narrative. 



SUPPLEMENTARY JOTTINGS. 133 

"lu the year 1054 there was a severe epidemic in the capital, 
and in the prescription of the college of physicians rhiuoceroshorn 
was used; two horns were given from the imperial treasury, and 
when they were split, one of them proved to be a t'ung-t'ieu horn. 
The palace-oflBcials wanted to keep it for the imperial dress, but 
the emperor said; 'how could I keep it for dress and not give it 
to cure my people!' He forthwith ordered to pound it to powder". 

"A girdlepin of rhiuoceroshorn with thickset spots; inside was 
the figure of the moon, which could be seen during the last quar- 
ter. When the rhinoceros looks long at the moon, its image enters 
into the horn". 

The t'ung-t'ien horn was very rare; one author says that hard- 
ly one is found in a thousand. It seems even that the article had 
no real existence at all, but lived only in an alchemistic fancy, 
just as the philosopher's stone on this side of the world. I am the 
more inclined to think so, as no distinctive signs are given by 
which it may be recognized with any degree of certainty or even 
probability; I have found, it is true, quite a number of passages, 
treating of the specks, stripes, striae etc. which may be seen on 
these horns, but the descriptions are so conflicting and irrelevant, 
that I have been obliged to let them alone. Neither can I attach 
any value to the attempts to explain the expression t'ung-t'ien, as 
they certainly give no sufficient reason for the use of these two 
words, which therefore must remain untranslated. 

A few other myths about rhinoceroshorns are mentioned in the 
following extracts: 

"The horn which keeps off dust ^ ^ J$ (also iß ^ f$ 
vide supra) is made into hairpins and combs for women; no dust 
then falls upon the hair". 

'*When the luminous rhiuoceroshorn ( -^ H^ J^ ) is placed in 
a dark room it gives light". 



134 W. p. GROENEVELDT, SUPPLEMENTARY JOTTINGS. 

"In the year 825, a country from the south presented different 
articles , amongst which a rhinoceroshorn giving light at night ( ^ 
Ç^ J^ )• Its shape resembled the t'ung-t'ien and at night it gave 
such a light, that one could see at a hundred paces; even if it 
was covered a thousandfold with silk, its light could not be con- 
cealed. The emperor had it made into a girdleclasp, and when he 
went out hunting, he used no torch at night, for it was as clear 
as daylight". 

"The horu of the spiritual rhinoceros (]0 J^ ) is lucent; in day- 
time it looks like an ordinary horn and at night like a blazing 
torch. If it is placed in the wilderness, the birds and animals are 
afraid". (Pei-weu yün-fu, sub voce ^ ). 

"In the year 714, towards the end of December, Kiau-chi (Tonking) 
brought as tribute a rhinoceroshorn of a yellow colour like gold. 
The envoy asked to put it in a golden pan and to place it in the 
middle of the hall, where it caused a genial warmth felt by every 
one. The emperor asked the reason of it, when the envoy answered: 
this is the rhinoceroshorn that dispels cold (j^ ||| ^ )". 

"We often hear of living rhinoceroshorns , and the tradition is 
that it is a horn which has never been soaked in water or burnt 
by fire. Some say, however, that this is not so, but that the living 
horu is obtained from a rhinoceros which is captured and killed, 
whilst the horns which have been shed are of an inferior quality. 
It is just as with the horns of stags". 

I will conclude with a quotation from the ^ ^ gß , written 
in the 10th century: "All these sorts of horn we know only by 
hearsay, but we cannot find an occasion to see them". 



DIE ABTEILUNG DER SPIELE IM 
„SPIEGEL DER MANDSCHU-SPRACHE" 



VON 



KARL HIMLY. 



m *). 

b) Efire ^aka i x<^àin „Abteilung vou den Spielgeräten", chin. 
hi kû lei "0. 

1) Tonio, chin, ta k'i „grosses Bretspiel" '*®). 

Sanyan saxaliyan ^uwe x^éin uxeri ilan tanggo nin^u aixa i fali 
^uwe niyalma ernte x^'^^^ ^e^f^ß tonikô de käme efirengge be tonio 
sêmbi. „Wenn zwei Menschen je eine von zwei zusammen aus 360 
Glasstücken bestehenden Abteilungen , einer weissen und einer 
schwarzen, für sich in Anspruch nehmen und damit zu dem Zwecke 
der Umzingelung auf einem Spielbrette spielen, so nennt man 
dieses tonio". 



*) Toung-pao, VI, S. 363. 

136) ~T^ ^^ . Das Begriffzeichen j^ H »Stein" ist hier passender ais "^^ 
rHolz", da die Steine aus Glascfluss, Schiefer oder dgl. gemacht werden. 



136 KARL HIMLY. 

Es handelt sich hier um das gewöhnlich wei k'i '") ,,ümzinge- 
luug-Spiel" genannte Bretspiel, welches unter seinem japanischen 
Namen Go seit einer Reihe von Jahren auch in Deutschland einge- 
führt ist Bei diesem spielen zwei Spieler auf einem durch 19 
Längs- und 19 Querstriche — die Ränder mitgezählt — durch- 
schnittenen Brette; jeder Spieler hat 180 Steine, von denen die des 
einen schwarz, die des andern weiss eind. Man setzt abwechselnd 
einen Stein auf eine der 361 Ecken und sucht die Steine des 
Gegners einzuschliessen. Wer die meisten Stellungen beherrscht, ist 
Sieger. Das Spiel ist indessen meistens schon lange vorher ent- 
schieden, ehe ein Spieler 181 Stellungen teils besetzt, teils feind- 
liche umringt hat. Die aus Glassfluss, oder irgend einer Steinart 
verfertigten, unten flachen, oben gewölbten Steine ähneln den rö- 
mischen ,,latruncnli\ nur dass letztere grösser sind. Eine ausführ- 
liche Beschreibung des Spieles findet sich im Journal of the China 
Branch of the Royal Asiatic Society N. S. XXVI (Shanghai 1894) 
und ist verfasst von Z. Volpicelli (S. 80 ff. ,,Wei-Ch'i"). Im Sitzungs- 
berichte vom 15. Februar 1894, welcher von dem Vortrage des 
genannten Herrn handelt, ist eine mündliche Bemerkung des be- 
kannten Sprachforschers und China-kundigen Dr. J. Edkins erwähnt, 
wonach das Spiel zuerst um 625 v. Chr. in chinesischen Werken 
erwähnt werde und unter anderen Orten in Honan damals geübt 
worden sei. Hier scheint jedoch ein Missverständniss obzuwalten, 
da Bretspiele erst im Tso-èhuan *^^), im Lun-yü '*^) und im Möng- 

i37) ^y ^P-- Lehrbücher für dieses Spiel sindj namentlich in Japan nicht selten, 
und ich besitze mehrere solche. Das San-sai tsu-ye beginnt sein 17. Heft, welches von den 
Spielen handelt, mit Bild, Beschreibung und einer unzulänglichen Geschichte des k'i 
(jap. go) , oder wei-k'i. 

138) ;^ '^ , (lie Ȇberlieferung des Tso KiuMing" {"^^^ ), eines augeb- 
lichen Schülers des K'ung-fu-tsé, welche das VAun-Thsiu begleitet, aber statt bis 480 
V. Chr., wie dieses, bis 463 geht und nach 424 v. Chr. abgeschlossen zu sein scheint, 
(s. Legge, Chinese Classies, V, prolegomena, S. 24). 

139) g^ ^n 1 "^i^ »Besprechung der Aussprüche (des K'ung-fu-iee)", nach Legge, 
Chinese Classics, I, prolegomena S., 16, etwa um 400 v. Chr. entstanden. 



DIE ABTEILUNG DER SPIELE IM SPIEGEL DER MANDSCHÜ-SPRACHE. 137 

tze erwähnt werden. Im ersteren, wo Vi '*"), »Bretspiel", und obiges 
^•'t neben einander vorkommen, ist anscheinend ein „König" (kün^*^) 
als von den übrigen unterschiedener Stein angedeutet, das wei-k'i 
also ausgeschlossen, da in diesem die Steine alle gleichen Bang 
haben. Die Stelle im Lun-yü ist zu kurz, um daraus auf die Art 
des Spieles zu schliessen. Sie lautet: ,,Der Meister sagt: Sich den 
„ganzen Tag voll fressen , oh ! das ist unleidlich ! Giebt es nicht 
,, solche, die Glückspiele und Bretspiele üben? Das zu thun, ist 
,,doch noch weiser" ***). Hier ist yi das betrefiende Wort, welches 
schon im Suo-wön durch loei-k'i und in der Mandchu-Ubersetzunsr 
ebenfalls durch tonio wiedergegeben wird. Die erste Stelle im Möng- 
tze lautet: „Glückspiele und Bretspiele üben, das Trinken geistiger 
,, Getränke lieben und nicht auf die Pflege des Vaters und der 
„Mutter achten, das ist die zweite Weise der Unkindlichkeit" '^'). 



140) ^Y Seit dem Suo-wön ( «ff "aT* ), welches Wörterbuch 100 n. Chr. erschien, 
im Sinne von wei-k'i verstanden. 

141) ä" von Legge »a ruler" übersetzt. 

142) Lun-Tü, XVII, 22; Legge, Chinese Classics, I, .»Confucian Analects", S. 193: 

»gamesters and chessplayers" und sagt in der Anmerkung: • tE and ^5 are two 
things. To the former I am unable to give a name; but see some account of it quoted 
in the '^r ^& in loc", (vgl. S. 129 der prolegomena, wo diese mir nicht vorliegende 
Ausgabe der »vier Bücher" unter den Quellen angeführt ist). Po bezeichnete früher na- 
mentlich Spiele, bei denen Würfel gebraucht wurden; es ist auch im Mandschu durch 
^urgun, Würfelspiel, Puffspiel übersetzt). ^E is »to play at chess", of which there are 
two kinds, the ^^ i^» played with 361 pieces and referred to the emperor Yaou as 

its inventor, and the ^B ^^ , or ivory chess, played with 32 pieces, and having a great 
analogy to the European game. Its invention is attributed to the first emperor of the 
Chow dynasty, though some date its origin a few centuries later". Nur letzteres, soweit 
es sich um das jetzige Spiel des Namens handelt, verdient den Namen chesi, »Schach", 
über dasselbe s. weiter unten. 

143) s. Legge, Chin, class., II, S. 213, (Book IV, 2, 30, 2). |^ ^ ^ ^f^ 
i@ % ^ @ 3L. "^ -^ ^ •— ' ~^ ^- "tÖi ^%%'^ übersetzt: »The second" 
(thing of the five things which are said.... to be unfilial) '\i gambling and chenplaying , 
and being fond of wine, without attending to the nourishment of his parents". 



138 KARL HIMLY. 

Auch hier sind po und yi^ die „Glückspiel" und „Bretspiel" be- 
deutenden Wörter, welche in der Mandschu-Übersetzung durch 
^ur^un und tonio, begleitet durch ein im Chinesischen unnötiges 
Zeitwort {efime s. o.) wieder gegeben werden. Die zweite Stelle 
im Möng-tze lässt auch kein bestimmtes Bretspiel erkennen. Sie 
lautet: „Nun ist das Bretspiel {yi) als Kunst eine kleine Kunst. 
„Wenn man nicht seine ganze Aufmerksamkeit darauf richtet, 
„erlangt man sie nicht. Der Bretspieler Thsiu ist der beste im 
„ganzen Reiche. Angenommen, der Bretspieler Thsiu unterwiese 
„zwei Menschen im Bretspiele, von denen Einer seine ganze Auf- 
„merksamkeit darauf richtete und nur auf den Bretspieler Thsiu 
„hörte, der Andere, obgleich er ihn hörte, seinen ganzen Sinn 
„darauf richtete, da ein Schwan herannahte, die Bogen-Sehne 
„anzuziehn, um ihn zu schiessen, so würde er, obwohl er zugleich 
„mit ihm lernte, ihm nicht gleich sein. Wenn man auch sagen 
„könnte, es wäre wegen Ungleichkeit des Verständnisses, ist es doch 
„nicht so" ***). Auch hier ist yi durch tonio in der Mandschu-Über- 
setzung wiedergegeben. Eines der beiden Schriftzeichen für yi "^) 
bedeutet ,,eine grosse Anzahl", und man könnte auf den Gedanken 
kommen, dass das ton in tonio demgemäss mit ton ,,Zahl, Zeitraum 
von hundert Tagen" zusammenhängen könnte (vgl. io ,,Loch, Fenster 



144) Legge, Chin, class. II. S. 286, (Book VI, IX, 3). -^ ^ ^ ^ ^ 

ü .^hÜ: m . 7 ¥ '(> ïiS: ^> . BiJ T- # m .# « > ffi 

^^.%mzi^,^mt:m%^m^B.nm 

là. 

145) ^. S. Williams, S. 1093. 



DIE ABTEILUNG DRR SPIELE IM SPIEGEL DER UANDSCHU-SPRACHE. 139 

einer Mauer" und die solchen ähnelnden Vierecke des Brettes '**). 
Im ganzen aber ist es sehr fraglich, ob in allen diesen Stellen das 
wei-k'i gemeint ist, da es im Tso-éhuan entschieden nicht der Fall 
zu sein scheint. Nach dem Fang-yen, dem Wörterbuche der „örtli- 
chen Ausdrücke", des Yaug-Hiung **') (53 v. Chr. — 18 n. Chr.), 
nach diesem auch Yang-tze Fang-yen '*^) genannt, wurde der Aus- 
druck yi für das wei-k'i in Thsi und Lu '*^), also etwa in San-Tung^ 
gebraucht. Die Zurückführung des Spieles auf den Kaiser Yao '*"), 
z. B. im Po-um-êi ^^*) hat selbstverständlich weniger geschicht- 
lichen Werth, als solchen für die Sagenkunde. Er soll seinen unwür- 
digen Sohn Tan-éu darin unterrichtet haben, um ihn auf andere 
Gedanken zu bringen. An bestimmte Ortlichkeiten gebunden ist die 
Sage von den wei-k'i spielenden Berggeistern, derentwegen das 
Spiel auch sien-yi *^*) , „Elfen-Bretspiel", genannt wird. Zur Zeit der 
Tsin (265—419) soll ein Mann, Namens Wang-Si^^^)^ ins Gebirge 
gestiegen sein, um Holz zu hauen. Dort habe er zwei Greise, oder 
Berggeister ^^*) wei-k'i spielen sehn und seine Axt *^^) hingelegt, um 
zuzuschauen. Einer der Geister habe ihm einen Brustbeereukern *^®), 
in den Mund zu stecken gegeben, wodurch er vor dem Gefühle 



146) Das Brett heisst im Mandschu tonika (besser toniku , a. Möllendorff, manchu 
grammar, S. 2 und S. 4) mit dem ein Werkzeug bezeichnenden Anhängsel kâ, welchem bei 
hochlautenden Summen ku entspricht. 

147) 1^ t^ . 148) :^ -^ 3^ ^ . 149) ^ TA^i. ^ Lm. 

150) ^ t 2250 V. Chr. (Mayers. Chinese Reader's Manual). 

151) U ^ ^ • i^er Verfasser g^ ^ Gang Hwa lebte 232—300. S. WyUe. 

Chinese Literature, S. 153 f. 

152) f^lj ^ . 

153) 3E M • ^- '^^y^"' Chinese Reader's Manual, S. 239. 

154) ^p* ^V lao zön, yp" ^m lao wöng, Greise; fia -jr* thwig-tzi, Jünglinge. 
Kach der Lehre des Too verwandeln sich achtzigjährige Greise in tkttngtze-, welcher Aus- 
drnck daher besonders von den pS^ y^ pa sien, den 8 Berggeistern, gehraucht wird. 

155) ^ fu. 156) ^ i^ tsao-ho. 



140 KARL HIMLY. 

des Hungers bewahrt worden sei. Gegen Ende des Spieles habe der 
Geist auf seine A.xt gewiesen , deren Stiel abgefault ^^') gewesen sei. 
Wang-&, sei nach seinem Dorfe zurück gekehrt, wo ihn Niemand 
mehr gekannt habe, da mittlerweile hundert Jahre verstrichen ge- 
wesen seien *^^). Diese an den Mönch von Heisterbach und Rip van 
Winkel '^^) erinnernde Sage spielt am Si-éî-éan, im Bezirke von 
Kü-eou ^''°) in Oö-Kiang, hat sich aber dann über ganz China ver- 
breitet, wo namentlich der Name Lan-Ko éan, ,,Berg des faulen 
Axt-stieles", nicht selten ist ^^*). Sie findet sich schon erwähnt in 
der Geschichte der Tsin, zu deren Zeit (265—419) Wang-ä gelebt 
haben soll, und war wohl mindestens zu Anfang der Thang schon 
allgemein bekannt, da das Tsin-su ^^''), ursprünglich schon im 5. 
Jahrhundert verfasst, unter dem TYm/j^-Kaiser Thai-Tsung (627 — 
658), und zwar teilweise durch dieses Kaisers Beteiligung, vollendet 



157) Wj 2t äs tIBh ^0 yi tsin layi , »der Stiel schon ganz faul". Daher seit Ver- 
breitung der Sage über ganz China , die vielen Jj^ JipT MJ lan-leo san , „ Berge des fau- 
len Stieles". 

158) Waiig-cï soll dann zurück ins Gebirge gegangen und Anhänger des too geworden 
sein, als welcher er immer noch erscheine. 

159) 8. Washington Irving's Werke. 

160) iÇ ^ llj Si-si ian. ^ j^ Kü-eou. 

161) Der Name kommt sogar weit nördlich in Liao-Tang vor. Dort findet sich auch 
unter den Felsen der Thsien-éan oder .1000 Berge", südlich von Liao-Tang, ein 'jpj 71 

Jtj^. j ftf) Zl i3i Sien-zin-yi-k'i-ài-p'ing (»steinernes] Brett des Spieles der Berggeister"). 

162) ^^ -gfe . Die älteren 6 Ausgaben der Geschichte der Tsin sind im Swei-iu 



angeführt. Drei von ihnen waren damals (zur Zeit Thai-Tsung' s) schon ganz, oder teil- 
weise vernichtet, die älteste noch vorhandene aus der Zeit der Sung (420 — 479). Wegen 
der endgültigen Ausgabe des genannten Thang- Kaisers s. Wylie, Notes on Chinese literature, 
S. 15. — Die betreffende Stelle steht im Yüan-Hen-lei-hang , Buch 829, S. 9a. Etwasanders 
lautet die Sage ebendaselbst, S. 5a, nach dem Wön-yüan-wei-tsien und dem Li-éou-thu-Ung. 
Nach dem /fwü ^^ TVi nCl » ^'" Tsung-Tüan ki {Liu Tsung-Tüan lebtu 773 — 819), 
könnte es scheinen, dass gewisse, zu Bretspielen geeignete Steinarten, die Benennung eines 
Berges und die Verlegung der Sage dorthin veranlasst haben könnten j es heisst dort 
nämlich, am Yljj ^E MJ Sien-yi-éan (»Elfenspielberge") finde man, wo man /.u steigen 
anfange, ein Spielbrett (oder Spielbretter) von Stein mit schwarzem Fleisch und roten 



DtB ABTEILUNG DER SÏIELE tH SPÏEGBL DÏR ilAÎÏDBCHU-SPRACHE. 141 

wurde. Das wei k'i selber fand schon früh seinen Weg in die be- 
nachbarten Länder. Nach Japan gelangte es wahrscheinlich durch 
eine der Gesandtschaften, welche vom Kaiser So-mu *^') an den Hof 
des TVtarj^-Kaisers Hüan-Tsaug *®*) gesandt wurden, deren erste von 
732 bis 735 dauerte. Nach der Überliefesung soll Kibi-Daiïin "'') 
das Spiel mitgebracht haben, welcher nach dem San-sai-tsu-ye im J. 735 
nach 20-jährigem Aufenthalte in China zurückkehrte. Indessen wird 
dieser Staatsmann auch bei Gelegenheit der Gesandtschaft erwähnt, 
die 754 zurückkam , und er starb erst im Jahre 757. Nach einer 
andern Nachricht soll Saku-Ben-So -^®), der sich seiner Ausbildung 
wegen in China aufhielt, schon vor der Thronbesteigung Ming- 
Huaug's mit diesem wei-k'i gespielt haben. Nach der Fortsetzung 
des Yamato-Bumi '^') wird im San-sai-tsu-ye eines Ereignisses er- 
wähnt, welches 738, in Folge eines i^^i-^'i-Spieles, stattgefunden 
habe. Auch im altern Thang-èu *^^) wird in der Lebensbeschreibung 
des Kaisers Süan-Ti erwähnt, dass ein japanischer Königsohn an 
den Hof gekommen wäre mit Erzeugnissen seiner Heimath als 



Adern in 18 Streifen, die zum Brettspiele taugen ( 'f^J ^ l-U ^â -^ ^ ^ 

S # i* ± M m ffii * JK + w A i; bt ^ ) • •• • o . s 

16a. Im San-sai-tsu-ye ist die Sage von Wang-éi, Buch 63, S. 14«, zu finden, wo vom 
Bezirke Kü-cou-fu die Rede ist, im Tzë-sî-tsing-hrca, B. 122, S. 5, nach dem Su-i-ki des 
Zön-Fang ( f ^ ^ |^ ^ =jj . Anfang des 6. Jahrhunderts, s. Wylie a. a. O. 
S. 154). Vorher geht indess eine ähnliche Sage von der verfaulten Peitsche nach dem /- 
yuan des Liu-King-Su (:^J j^ -^ ^ ^ ), wonach zur Zeit der Tsin Jemand ins 
Gehirge ritt, und zwei Greise in einer Höhle c/^«-;>'a ^t^ ^ ^'°^ ^^^ Puffspiel?) spielen 
sah. Abgestiegen habe er die Peitsche auf die Erde gelegt, die nachher, wie auch Ross und 
Sattel, verwest gewesen seien. Nach Hause zurückgekehrt, habe er die Angehörigen nicht 
mehr angetroSen. 

163) ^ -^ 724—748.. 

164) ^ -^, auch Ming-Hwang ( ^ ^) genannt, 713—762. Er dankte 756 
zu Gunsten seines Sohnes Su-tsung ab. 

1^5) ^ü;^ E 166) ilpjE- 

167) ^ $ ^ Zoku Nippon-ki. 
168, s. Tze-ei-enng-Atoa, B. 122, S. 4a. 



142 Karl HIMLY. 

Geschenken. Er hätte gut k'i {wei-k'i?) gespielt, und der Kaiser hätte 
dem tai-éao (des Han-Lin) Ku èi-Yen '^^^) befohlen, sich mit ihm 
zu messen. In demselben Geschichtswerke heisst es in der Beschrei- 
bung des Landes Sin-Lo "^) {Si?i-Ra in Korea), es gebe dort viele 
gute ^'i-Spieler. Im Zeiträume Ta-Mmg der Thang, d.h. unter Kaiser 
Süan-Tsung (847 — 859) ^'^^), soll eine japanische Gesandtschaft 
Bretsteine aus Nierenstein als Geschenk gebracht haben, die aus 
einem See des südlichen Japan stammen sollten. 

In dem in der Anmerkung erwähnten Tu-Yang-tsa-pien ist das 
Spiel des japanischen Königsohnes mit Ku Éî-Yen als ein Ereigniss 
des genannten Zeitraumes Ta-éung angeführt, (Yüati-kien-lei-hang, 
329, S. 7a). Nach dem dreiunddreissigsten Zuge ist das Spiel noch 
unentschieden. Ku 8i-Yen sagt, es müsse ein Kopf sein, der die 
Götter bezwinge, welcher den Stand beider Heere entwirre. Der 
Königsohn giebt sich verloren, und fragt den Hung^Lu, die wievielte 
„Hand" sein Gegner sei, und auf die Antwort; „die dritte", meint 
er, die erste Hand eines kleinen Landes komme der dritten eines 



169) # iS S ÉrB w • 

-ïV-r* Pö na 

l'î'O) W( /SÊ ^ • ^''è-si-fsinff-Aioa a. a. O. 

171) "T^ Fp Ta-Cung , ^ ^j^ Siian-tsung. S. 5aM-MJ-^JM-ye, 17, S. 1Ô. Die Quelle 
dieser Nachricht ist dort nicht genannt. Der betreffende Sou-t/ian-See auf dem Tsi-kien- 
Eilande war dem japanischen Verfasser der Bemerkungen über das wei-kH {»gd") zweifel- 
haft; er knüpfte die Frage daran, ob es etwa Naéi-fiama sein solle. Im Yüan-kien-lei-hang 
ist eine Stelle aus dem Tii-yang-tsa-pien (j^ |^ ^^ ^I^ , nach Wylie, a. a. 0.,S. 155, 
aus dem 9. Jahrhundert, enthaltend Berichte über aus fremden Ländern nach China ge- 
brachte Seltenheiten), die kaum zweifeln lässt , dass es sich um erfundene Namen handelt. 
3000 li östlich von Japan soll sich das Eiland Tsi-cön-tao ( ^^ WL -^ , »Eiland der 
versîkmmelten Warhrhaften", d. h. wissenden Tao-Jünger?) befunden haben (Tgl. das wenig 
verschiedene "^ r ^r -^^ ntsi Men tao'\ »Eiland der versammelten Weisen"' im San- 
sai-tsu-ye), auf ihm der Turm 1-hia-ihai 1^ ^^t j^. , »Turm des zweifelhaften Dunstes", 
auf diesem wieder der „See der Unterhaltung der Hände" ( ^=^ ^Ji^ yjfl^ , Sou-than-chi. 
Sou-than, »Unterhaltung der Hände", ist, wie 4^ fi^ tso-yin, »Sitz im Verborgenen", 
ein Ausdruck für das Spiel, der zur Zeit der Tdn aufkam). In dem See sollten ^^ -^ 
kH-tze (Bretspielsteine) entstehn, und zwar schwarze und weisse, u. s. w. (s. Tüan-kien-lei- 
hang 329, S. 2a). 



DIB ABTEILUNG DER SPIELE IM SPIEGEL DBB UANDSCHC-SPRACHE. 143 

grossen nicht gleich "*). Von einem entsprechenden Spiele scheinen 
zur Zeit des Verfassers in dem einen oder dem andern Spiel- 
buche Abbildungen vorhanden gewesen zu sein unter dem Namen 
Kxi, Sl'Yen san-éï-san eön-sön-thou-thu (s. u. die Anmerkung). In 
den japanischen Spielbüchern finden sich z.B. Spiele abgebildet, 
die den Namen des auch im San-sai-tau-ye erwähnten Hon-In-Bo 
tragen. Vollständiger findet sich die Stelle aus dem Tu-yang^tsa-pien 
im Tzë-sî-tsing-hwa , 122, S. 7a, wieder. Dieselbe ist auch deshalb 
bemerkenswerth, weil sie die Veranlassung gegeben zu haben scheint, 
den mit den Würfelaugen Ve bezeichneten Gott des Reichtums 
der Spielkarten von Su-tschou „Wo-tze-hien-pao*' (Japaner, Schätze 
darbringend) zu benennen (s. Zeitschrift der Deutschen Morgenlän- 
dischen Gesellschaft, Jahrgang 43, S. 458, Anm. 2) *^^). Es heisst 



M it if B ,» = . Ï ^ t« ^ t?5 Pf ./h H ^ - 
^ ~h =1 Ä ïTiJ si H « 

»Ü 1 . Ï ^ t B « . ± If « ÉrB W # BS tf ^ . Ï 

* .'& * 4Ï «^ >:?; * a Ä ê M s â *f- Bj , 

^ s 1 ï^ >& il î^ Ji ï >X È 4r tt 3S ^ >tt * 

"p* — ' pw .... (s. vorige Anmerkung), aber statt VT* ^' hier: VT* "FC , hinter 



144 !karl hïMly. 

hier, der Konigsahn habe Kostbarkeiten dargebracht (hien pao) und 
Tonwerkzeuge {k'i yin yo, Versehn für yin yo k'i^) und sei durch ein 
Gasfmahl mit Spielen bewirtet worden; da er ein guter Bretspieler 
gewesen, sei ihm Ku Éî-Yen gegenübergestellt worden. Der König- 
sohn habe ein Spielbrett aus thsiu-yü *'*) und Spielsteine aus löng- 
nuan-yü (,,Kalt-Warm-Nierenstein") hervorgeholt und gesagt, 30,000 
Li östlich von seiner Heimath sei das Eiland Tsi-eön-tao , darauf der 
Turm (Stufenturmberg = thai'i) I-hia-thai, auf diesem der See Éou- 
than-elä; im See entständen Brettsteine von yü, welche von Haus 
aus deutlich durch ihre schwarze, oder weisse Farbe unterschieden 
seien. Weil er im Winter warm, im Sommer kalt sei, nenne man 
(den Stein) löng-nuan-yü ''^). Auch würde dort eiue Art yü oder 
Nierenstein erzeugt, welcher wie thsiu (Catalpa Bungei) *^^) sei, 
woraus Spielbretter {kü) gemacht würden, und glatt wie ein 
Spiegel wären. Ku Éî-Yen wäre ihm (dem Königsohne) als Gegner 
gegeben, bis zum 33. Zuge... (s.o.) Auf die Frage, der wievielte 



Ä ^ - , 1^ if - > :^ # Ä ^ - o 4 g^ ^ Ä ^ - . 

'H- FlJ -^S -^^ ^ Das Übrige wie in der vorigen Anmerkung, nur dass vor — • 

und — •_ noch "^a steht. Man sieht hier das Men pao von obigem 'fâ^ -t-* ^r jBf 
Wo-tzë hien-pao. 

174) ijra ^\t thsiu »Catalpa Bungei" nach Williams, {yü Nierenstein, Nephrit). |>^ 
i3i iAsiu p'ing ist = Jg- J^ k'i kü, »Spielbrett", nach dem JC'««^-Äi- Wörterbuche. 

175) J^'Jgï- 

176) i^Rv- Die Blätter des Baumes sollen früh im Herbste fallen, woher, d. h. von 
^k tksiu "Herbst", der Name kommen solle. Porter Smith sagt in seinen »Contributions" 

towards the Materia medica, »Natural history of China": »The large tree yields timber 
•of au etcellent kind, used for making chess-men, chess-tables and weighing-scale frames'. 
Die Bemerkungen über diese Art yü stimmen bis auf die Angabe der Entfernung fast wört- 
lich mit der oben erwähnten Wiedergabe der Stelle nach dem Tüan-kien-lei^hang 829, S. 
2a überein. 



DIE ABTEILUNG DEE SPIELE IM SPIEGEL DEB MANDSCHU-SPBACHE. 145 

Spieler Ku Èî-Yen sei, folgt die Ant wort „der dritte"; in Wirk- 
lichkeit aber wäre er kuo-sou („Hand des Reiches") '") genannt, 
so wird hinzugefügt. Der Konigsohn habe gesagt, er wolle sehn, 
wenn er, der Königsohn, am ersten Tage den dritten besiege, wolle 
er den zweiten sehn, wenn er den zweiten besiege, den ersten; 
wenn er jetzt mit einem Male den ersten zu sehn bekomme, wie 
könne er das erlangen. Der Königsohn habe das Bret zugedeckt 
und gerufen, die erste ,,Hand" eines kleineu Laudes komme der 
dritten eines grossen nicht gleich, das glaube er wohl. ,, Liebhaber 
der Sache haben noch das Spielmuster {thu, die Abbildung) der 
Überwältigung des Götterkopfes des 33. Zuges des Ku éi-Yen\ — 
Die Anzahl der Steine wird auf die Tage des Jahres bezogen (360), 
die 4 yû »^8) („Winkel") oder m >'«) („Homer, Ecken") mit den 
4 Jahreszeiten '^°). Nach dem San-sai-tsu-ye beziehn sich die 9 
„Sterne" ^^') auf die 9 yao-sing '") („Licht-Sterne", d. h. Sonne, 
Mond und die 7 Sterne des grossen Bären); hiermit sind vielleicht 
die in japanischen ^o-Büchern zu sehenden 9 Sterne des Brettes 
gemeint. Indessen trifft dieses nur für die jetzige Spiel weise zu. 
Eine im Yüan-kien-lei-hang , aus dem ICi-king des Gang-I der Sung~ 
Zeit '"), angeführte SteUe spricht von 72 lu '8^) oder Stellen 
(eigentlich „Wegen"), die den hou **^) oder 72 Teilen des Jahres 
der Uou entsprochen hätten, .was mit den dermaligen 361 lu nicht 
übereinstimme **^). Ferner findet sieh im San-sai-tsu-ye eine Stelle aus 

177) B ^. 

178) 1*1^ • Wie nach den 4 Vierteln zu rechnen ist, kann men ans der Ahhandlang 
▼on Volpicelli (Journal of the China Branch of the R. A. See. N. S., XXVI) ersehn. 

179) ^. 180) gg ^. 181) jl^. 

182) Jl^ ^ ^ S. San-Mt-tnt-ye, 17, S. la. 

'«^)* 56 M S I?- 1'*) i^- 

183) >^, Zeiträume von 6 Tagen, a. Mayers, the Chinese Reader's Manual, S. 359. 
1S6) Es scheint also zuerst ein Bret mit 8x9 Strichen vorgelegen zn haben (zur 

älteren Han-Zeit?). 

10 



146 KARL HIMLT. 

dem I-Ung des ôhun von Han-Tan '^'), wonach das Bret 17 tao '^^) 
oder Striche längs und quer, zusammen also 289 (d.h. 17X17), 
gehabt habe, woran die Bemerkung geknüpft ist, dass es sich wohl 
vor den Hau und Wei immer so verhalten zu haben scheine. Das 
wei-k'i überhaupt ist also mit Sicherheit nicht über die älteren Hau 
hinaus, die jetzige Spielweise nicht über die Zeit der drei Reiche 
zu verfolgen. — Das San-thsai-thu-huei enthält in der Abteilung der 
Hausgeräte die Abbildung eines wei-k' i~Breites von 30 X 30 Strichen. 

2. Ban§i, chin, lien song k'i ^'^). 

Sanyan saxaUyo-n guwe x<^^i^ orin duin tonio efirengge *'") be ban§i 
efimbi semhi. „Das Spiel der 24 Steine mit zwei Teilen, einem 
, »weissen und einem schwarzen, nennt man „bangi efimbi^ isoy^ 

Amyot sagt I, S. 520, unter pantchi efimbi: „jouer aux dames 
„chinoises. On dit en chinois hia-ki; il y en a 24, dont douze sont 
,, blanches, et les douze autres noires {pantchime efimbiy^ ''^'); unter 
pantchimbi heisst es bei Amyot: ,, faire sa journée, engendrer, 
,, produire. Avoir de quoi dans sa maison", — ferner unter pantchi 
boumbi: „relier un livre. Ordonner d'engendrer, de produire. Faire 
,, accoupler. Envoyer les troupes par compagnie {chacune de 25 
„hommes), chaque compagnie dans des postes différents. Joindre 
„plusieurs feuilles en^Semble". Gabelentz giebt die Bedeutungen für 
1) banji efimbi Dame spielen, 2) banjimbi erzeugen, gebären .... 3), 
banjibumbi erzeugen, gebären, schaffen, ein Buch einbinden, hat 
dagegen banjime efimbi nicht, welches, wenn es nicht eine volkstüm- 
liche Ableitung für ein sonst unverständliches Wort sein sollte, für 



iM)iti5fiif$8j^. 188) i;. 

189) B^ J!^ ^^ {lien verbinden, häng geboren werden, entstehn, k'i Bretspiel, 
Stein im Bretspiele), »verbunden geborene Steine" (?) 

190) Efimbi spielen s. o. Tonio hier in Verbindung mit orin duin 24 = k'i, k'i-tze 
»Bretspiel", Stein im Bretspiele. 

191) 8. u. unter 3. bangime. 



DIE ABTEILUNG DER SPIELE IM SPIEGEL DER MANDSCHÜ-SPRAHCE. 147 

den Zusammenhang mit dem Zeitworte bangimbi sprechen würde, 
dem auch das chinesische eöng in lien iöng k'i entspricht. Freilich 
ergiebt sich aus den vorhergehenden Beispielen, dass die von efimbi, 
„spielen", abhängigen Wörter entweder Zeitwörter mit der Endung 
me, oder Nennwörter ^^^) ohne Endung sind (vgl. a) S. 262 mekieme 
efire xaän^ a) 1) temseme efire^ 10) S. 347 huxiy^'me^ gixa yidame 
efire, 12) S. 351 durime gaime efire, 13) forime eteme efire, 21) S. 
357 eteme efire, 24) S. 358 melgeme efire, 25) S. 359 goibume efire, 
b) 1) käme efirengge und als Beispiele für abhängige Nennwörter a) 
16 S, 355 gaéuxa efire, ebenso 30) S. 361, b) 2) orin duin tonio 
efirengge. Man sollte also statt hangi efimbi eher bangin efimbi 
erwarten, da bangin das dem Zeitworte bangimbi entsprechende 
Nennwort ist. Dass kein Versehn vorliegt, scheint aus einem der 
beiden chinesischen Ausdrücke des Auszuges hervorzugehn, mit 
welchen die Bedeutung des Mandschuwortes wiedergegeben ist. 
Während nämlich der erste Ausdruck ör éî sse k't *^*) dasselbe besagt, 
wie das orin duin tonio des erläuternden Mandschusatzes („24 Bret- 
spiel— Steine"), enthält der zweite pan-ki-k'i ^^*) , wenn man die 
neuere Pekinger Aussprache pan-éi-éhi in Betracht zieht (s. o. S. 
261 f.), augenscheinlich in den beiden Sylben pan-éi eine Umschrift 
des Mandschu- Ausdruckes bangi, da die einzelnen chinesischen Wörter 
keinen befriedigenden Gesammtsinn ergeben und ein aus einer 



192) Das Nennwort eßn, Spiel, wird teils mittels der Endang ra {re), teils mit einem 
andern Nennwort mittels der Endung — t verbunden. Beispiele sind: S. 264 mektere efin, 
S. 346 simxulere efin, S. 347 bux^y^^ * *jî*- 

i»s) -+mm- 

194) ^SJ 'jT^ 4^ {pan Reihe, Wachendienst, ki Jahreszeit, k'i Bretspiel , Stein 
im Bretspiele). Das indische pac'isî (vom hindastanischen pacls »25" = sanskrit pat'iéavt çafi) 
hierherzuziehn , verbietet teils der Umstand, àa^s panca durch ^^ ^^ • °^^^ nßt ^1 
pan-co"' wiedergegeben zu werden pflegte, teils der, dass es sich bei diesem Spiele um 5 
Kaurimuscheln zum Würfeln und nicht mehr als 16 Steine von vier verschiedenen Farben 
handelt. Siehe jedoch weiter unten! Banjin findet sich in Gabelentzens Wörterbuche durch 
«Natur, äussere Gestalt, Lehen, Lebensmittel" wiedergegeben. 



l4Ö feA.RL HIMLt. 

andern Sprache stammendes Fremdwort nicht nachzuweisen ist. 
Jedoch findet sich in Kowalewski's mongolischem Wörterbuche ein 
Bretspiel erwähnt, welches mit 24 Steinen gespielt wird und x^^nin 
éitara (,, Schaf-Schach") genannt wird (tibetisch éolo-éhwng-ba „kleines 
éolo. öolo bedeutet sowohl „Würfel" als „Schachfiguren", „Steine"). 
Auch ich spielte einst in Peking mit einem Tungusen und russischen 
Untertanen ein Bretspiel, welches übrigens von unserem Damespiel 
nicht merklich verschieden und augenscheinlich über Russland in 
seine Heimath gelangt war. Ein noch übliches chinesisches Spiel 
der Art ist mir nicht vorgekommen. Dahingegen möge hier ein 
älteres than Ici '^^) genanntes Spiel erwähnt werden, von wel- 
chem das Yüan-kien-lei-hang und das Smi-sai-tsu-ye nach den ver- 
schiedensten Quellen ein freilich nur zu unvollkommenes Bild 
geben. Im San-sai-tsu-ye befindet sich sogar eine Abbildung des 
Spieles, welche ein, kleine Bretspiel-Steine mit Daumen und Zei- 
gefinger abschnellendes, Frauenzimmer darstellt. Dem entspricht 
auch das chinesische than * schnellen" und das japanische haziki, 
welches neben than k'i steht. Die Beschreibung dazu besagt, dasss 
Knaben und Mädchen bei diesem Spiele mehr als 10 Bretspielsteiue 
mit den Fingern emporschnellen und die fallenden durch Entgegen- 
schlagen zu treffen suchen. Das Spiel gelte als gewonnen, wenn 
keiner der fallenden Steine verfehlt werde. Die vorangehende Stelle 
aus dem Si-swo *^^) steht ausführlicher im Yüan-kien-lei-hang (Buch 
330, S. 2a). Nach derselben wäre das than-k'i am Hofe der 
Wei^^'') aufgekommen, wo Wön-ti ^^^) die Steine aus einem Tuche 



195) hm, /jÄ (tAan schnellen, knipsen, k'i Bretstein). 

196) s. JTylie, Notes on Chinese literature, S. 151: »The "jj^^ ^ ^ ^ SÄe 
ihwo sin yu, written by ^^\ ^fe |^ Leio E-k'ing of the 5th century, is a collection 
of minor incidents from the Man to the Tsin dynasty inclusive. 

197) ^ Wei, eines der »drei Reiche", 220—265. 

198) ^ *^, 220-227. 



DIB \BTKILUNG DER SPIELE IM SPIEGEL DER MANDSCHÜ-SPRACHE. 149 

geschüttelt und keinen gefehlt hätte ''^). Aus späteren Quellen geht 
hervor, dass das Spiel von zwei Spielern mit 8 weissen und 8 
schwarzen Steinen gespielt wurde. Das Möng-k'i-pi-t'an*'^), ein 
von Altertümern handelndes Werk aus der Mitte des 11. Jahr- 
hunderts, beschreibt ein zum than k'i gehöriges viereckiges Brett, 
dessen Mitte die Gestalt eines Napfes mit Deckel gehabt habe, 
während an den vier Ecken kleine Erhöhungen *°*) gewesen seien. 
In der Halle des Buddha, im Tempel K' ai-ynan-sae ^ befinde sich ein 
Spiel"*) von Stein, welches auch aus der Thang Zeit stamme {K'ai- 
yûan hiess der Zeitraum 713 — 742). Die im Yüan-kien-lei-hang vor- 
hergehende Stelle aus dem Ki-tsuan-yüan-hai *'^^) sagt, nach der 
Spielweise der Wei (s, o.) werde erst ein Stein (k'i) in die Mitte 
des Brettes) gesetzt, der von den übrigen schwarzen und weissen 
umringt werde. 

Ich weiss nicht, mit welchem Rechte diese Stelle unter den 
auf das than k'i bezüglichen steht, da der Name than k'i nicht 
erwähnt ist, und der Ausdruck li i ^'i *"*) »einen Brettstein hinstel- 
len", wie die ganze Spielweise, dem Abschnellen der Steine (than) 
zu widersprechen scheinen. Indessen, wenn man auch aus den ver- 



^3 ni ^1 ?TO ^w -k ^\ -^ T^ ••• • ^*'™ Vei-wönti wird auch eines der vielen 
auf das Spiel bezüglichen Gedichte, ein than-k'i-fu zugeschrieben. 

201) ^g . Die Grundbedeutung, welche nach beiden Richtungen nach oben und 
unten , aufgefasst werden kann , ist vielleicht gewölbt , daher sowohl Erdhaufen , als Loch 
(genauer |^ ); Himmelsgewölbe, hoch, hohl. 

202) j^ Kü, sonst »Spiel", in den beiden angeführten Stellen aber augenscheinlich 
als .Brett" zu verstehn. 

203) lEÄ'^Ä- 

204) II • ^& [li aufrecht hinstellen). Man könnte hieraus auf eine Gestalt der 

.Steine", oder Figuren schliessen, wie sie in Hyde's «historia nerdiludii", S. 65, unter dem 
Namen ÎQ J^ tsun k'i, dargestellt sind. 



150 KARL HIMLY. DIE ABTEILUNG DER SPIELE IM SPIEGEL ENZ. 

schiedeuen Nachrichten über das Spiel, welche aus den verschie- 
densten Zeitaltern stammen, kein befriedigendes Gesammtbild zu- 
sammenstellen kann, so bleibt immer noch die Möglichkeit, dass 
das Spiel sich im Laufe der Zeit sehr verändert haben kann. Auf 
die Gestalt des Brettes bezieht sich noch eine Stelle aus dem Lao- 
hiö-yen-pi-ki ^'^') von Lu-Yu-Wu-Kuan ^'^^) (1125-1210), derzu- 
folge es im K'ao-ku-thu '"') des Li Tsin-po '"*) heisse, das Brett 
{kü s. 0.) des »alten" than-kH habe die Gestalt des Deckels eines 
Weihrauchgefasses ***^) gehabt, den man seinen »mittlereren" lung- 
yj.«^' 2ioj genannt habe. Nach derselben Quelle wird, im Yüan-kien- 
lei-hang, S. 2h, erzählt, in der Buddha-Halle des berühmten Tempels 
Lung-hingsse habe sich das than-k'iSpiel (oder Brett? kü) von 
Nierenstein (yü éï), aus der Hofburg der Wei, mit einer Inschrift 
aus den Zeiträume huang-éhu (220 — 227) befunden, welches im 
Zeiträume 6öng-ho (1111 — 1117) in die Kaiserstadt gebracht worden 
sei. Den 8 schwarzen und 8 weissen Steinen gegenüber stehn, seit 
der Thang-Zeit, je 12 verschiedenfarbige Steine aus anderen Quel- 
len, von denen das Than-k'i-sü des Liu-Tsung-Yüan (773 — 819) 
die ausführlichste zu sein scheint. Es scheint, dass die Steine teils 
auf das Brett gesetzt, teils in die Höhe geschlagen wurden und 
dass ein Stein von zwei anderen (verschiedener Farbe?) eingeschlos- 
sen (und gefangen?) werden konnte. 



205) ^^^^lE, ^o^^mmmm.- 

207) ^ '^ ^ , .Prüfung alter Abbildungen". 

208) ^mi^^ 209) # 'Ü ^ , 

210) ffl j^ ^E Der Ausdruck lung k'i ist auch von Beziehung auf die vier 



Ecken in der Stelle des Möng k'i pi t'an gebraucht. 



MÉLANGES. 



lieber den Verfasser und Abschreiber der chinesichen Inschrift am 
Denkmal des Köl Tägin 0. 



VON 

FRIEDRICH HIRTH. 



Wir haben bei der Entstehung einer chinesischen Steininschrift 
dreierlei Vorgänge zu unterscheiden. Der Verfas&er als geistiger 
Urheber, der lediglich für den Stil verantwortlich ist, concipiert 
(<ÄMan, ^ ); der Schönschreiber, bisweilen mit dem Verfasser 
identisch, oft aber auch lediglich wegen seiner berühmten Hand- 
schrift mit der Abschrift des Conceptes beauftragt, schreibt den 
Text mit Tusche auf Papier nieder (s/tu, ^); der Steinmetz klebt 
den papierenen Text auf die geglättete Steinplatte und meiselt ihn. 
als genaues Facsimile der Handschrift des Schönschreibers ein 
(/eA, 1^, oder mii-lêh, ^ |^ , lit. »durchpausend eingravieren"). 
Die Namen des Concipienten und des Abschreibers sind auf den 
meisten Inschriften genannt, bei besonders berühmten Inschriften, 



1) Inscriptions de POrkhon reeeuillies par Vexpédition Finnoise 1S90 et publiées par la 
Société Finno-Ougrienne. Helsingfors, 1892. Vgl. G. Schlegel, La stèle funéraire du Téghiii 
Giogh, etc.. Leiden, 1892. 



152 MÉLANGES. 

audi wenn die Namen nicht erhalten sind, bekannt. Gewiegte 
Epigraphiker wie Ou-yang Siu, der Verfasser des grossen Corpus 
Inscription um Tsih-ku-luh (^ 'È' ^), sind oft im Stande, an der 
Form der Schriftzeichen den Schreiber ebenso sicher wieder zu 
erkennen wie man an gewissen Eigenthümlichkeiten des Stiles den 
Verfasser zu erkennen glaubt. 

Zu allen Zeiten haben sich nicht nur die hervorragendsten 
Gelehrten, Dichter und Staatsmänner, sondern auch die Kaiser an 
der Herstellung von Inschriften betheiligt, indem sie einen selbst 
verfassten Text, oder auch das Concept eines Anderen eigenhändig 
für den Steinmetz abschrieben. Es liegt in solchen handschriftlichen 
Leistungen nach chinesischen Begriffen weder für den Monarchen 
noch für die Fürsten des Geistes eine Erniedrigung, da die Hand- 
schrift an und für sich im Stande ist den Inhalt eines sonst 
werthlosen Documentes zu adeln, wenn ihr der Genius des Schrei- 
benden innewohnt, — eine Werthschätzung mechanischen Könnens, 
die zwar für uns Europaeer unverständlich, aber der chinesischen 
Anschauung eigenthümlich und deshalb bei der Beurtheilnng chi- 
nesischen Geisteslebens von Wichtigkeit ist. Dass ein Kaiser ein von 
einem anderen, gleichviel welchem, Verfasser herrührendes Gedicht 
abschreibt, um dadurch der Welt ein Denkmal seines eigenen, 
lediglich durch die Handschrift bethätigten Geistesfluges zu hin- 
terlassen, ist keineswegs selten. So enthält das Kin-schih-ts'ui-pien *) 
(Kap. 81, p. 9) eine leider arg verstümmelte, bereits im Tsih-ku-luh 
des Ou-yang Siu initgetheilte Steininschrift vom Jahre 736, also 
nur drei Jahre nach der Stele des Türken-Prinzen entstanden, die, 
auf Befehl des Kaisers Hüan-tsung vom Staats minister Tschang Kiu- 



^) ■^^ ■S^ -^^ ^)S • ^^^ ^^™ Jahre 1805 reröffentlichte Thesaurus für Inschriften 
aller Zeiten, in 160 Bücher» von Wang Tsch'ang bearbeitet. Vgl. Wylie, Noies on C/iinese 
Literature, p. 64. Ich citiere nach der vor einigen Jahren in Shanghai veranstalteten pho- 
tolithographischen Ausgabe. 



MELANGES. 15S 

ling {^ iL i^i ^gl- Mayers' Manual, p. 6) verfasst, vom Kaiser 
eigeuhändig abgeschrieben war. Sie wird in der Inschrift selbst als j/ü- 
schu (f^ ^)» ^'^' * Kaiserliche Handschrift" bezeichnet, während 
wir im Tang-schu (Kap. 108, p. 11) durch Ou-yang Siu erfahren, dass 
Tschang Kiu-ling den Text aufsetzte. Es handelt sich auch hier um 
eine Grabatele, deren Held P'ei Kuang-t'ing (^3t S) ™^* ^^^ 
Türken in mancherlei Beziehungen gestanden hatte, wie aus seiner 
Biographie {Tang-schu, 1. c, p. 9 fF.) hervorgeht. Unter den Kaisern 
der Dynastie T'ang genossen drei, nämlich Kao-tsung (650 bis 684), 
Hüau-tsung, der Vater unserer Stele (713 bis 756), und Schun-tsung 
(805 bis 806), eines noch nach Jahrhunderten anerkannten Rufes 
wegen ihrer musterhaften Handschrift {Tu-schu-tsih-tsch'éng 24; Kap. 
39, hui'k'ao, 2 p. 7). Besonders aber hat sich Hüan-tsung durch 
kalligraphische Leistungen hervorgethan. So wurde von ihm eine 
längere Grabschrift (auf seine Schwester, die Prinzessin Kin-sien- 
tschang kung-tschu, -^ f^] ^ ^ ^ ), die, von Sü Kiao-tschi {j^ [1^ 
^ ) verfasst, zum Theil gut erhalten, in der Nähe von Pu-tsch'êng-hien 
bei Si-ngan-fu aufbewahrt wird, eigenhändig niedergeschrieben. Was 
im Anfang dieses Jahrhunderts von dieser Grabschrift vorhanden 
war, findet sich im Kin-schih-tsm-pien (Kap. 84, p. 12) abgedruckt. 
Im Museum der Suug-Kaiser wurden im Anfang des 12. Jahrhun- 
derts noch 25 von ihm herstammende Handschriften aufbewahrt 
(s. Süan-ho-schu-p'n, ^ TpP ^^? Kap. 1, p. 4, wo sich auch 
eine Charakteristik seiner Handschrift findet, die ich jedoch kaum 
zu übersetzen wage, da die technischen Seiten einer solchen Kritik, 
ohne vorausgegangene praktische Studien, nicht zu ergründen sind). 
Unter diesen Umständen dürfen wir uns nicht wundern, wenn 
wir im T'ang-schu (Kap. 215 b, p. 4) lesen, dass »der Kaiser für 
den verstorbenen Türkenprinzeu eine Steininschrift verfasste"; denn 
so verstehe ich die Worte Ti wei k'o-tz'ü yü pei ( *^ ^ ^J ^ 
^Ç^), die Schlegel durch »l'empereur ßt graver pour lui une 



154 MELANGK8. 

inscription sur une stèle" übersetzt. Gegen letztere Version wäre 
nichts einzuwenden, käme uns nicht eine Parallelstelle im Kiu- 
T'ang-schu (Kap. 194 a, p. 27) zu Hülfe, worin ausdrücklich gesagt 
wird, dass auf Grund Kabinetsbefehls »eine Stele errichtet wurde 
und dass der Kaiser selbst den Text der Stele herstellte" {^ "^^ 
M.^^ \ JL ê ^ "^ ^)- ^^^ ^^§® absichtlich »herstellte", da aus 
der Stelle nicht hervorzugehen scheint, ob der Kaiser den Wortlaut 
der Inschrift aufsetzte {tsuan^ ^)» ^^^^ ob er das von einem An- 
deren, etwa einem Minister, aufgezetzte Concept nur eigenhändig, 
behufs Übertragung auf die Steinplatte , abschrieb {schu , ^ ) , oder 
beides. Ich vermuthe das Letztere aus folgenden Gründen. 

Wie weiland dem lateinischen Aufsatz, den wir als Primaner 
nach vorgeschriebenen Regeln anzufertigen pflegten, so liegt auch 
der chinesischen Literaturgattung des Pei ('^) im engeren Sinne, 
d.i. des Epithaphes, ein stereotypes Schema zu Grunde. Ein Blick 
auf die äussere Form der zahllosen Grabschriften der T'ang, die, 
ganz ähnlich wie die der Stele am Orkhon zusammengesetzt, gros- 
sen Theils in das Kin-schih-ts'ui-pien aufgenommen worden sind, 
genügt, um uns zu überzeugen, dass dem eigentlichen Texte immer 
der Titel der Grabschrift vorausgeht; diesem folgt dann in weitaus 
den meisten Fällen, bald in derselben, bald in einer, oder mehreren 
besonderen Säulen, der Name 1° des Verfassers, 2° des Abschrei- 
bers, oder nur des einen, oder beider in einer Person. Immer aber 
geht dem Namen {sing und ming, also mindestens zwei Schrift- 
zeichen) der Titel der betreffenden Persönlichkeit voraus, sodass 
die Bemerkung über diesen Punkt selten weniger als ein Dutzend 
Schriftzeichen enthält. Nur in den seltensten Fällen fertigt sich 
der Abschreiber oder der Verfasser mit wenigen Zeichen ab, wie 
z.B. Tschih Ting shu (^äE,^)? »geschrieben vom Neffen [des 
Verstorbenen] Ting" {Kin-schih-ts'ui-pien, Kap. 81, p. 4). Von sol- 
chen Fällen abgesehen, würde die Unterdrückung des Titels von 



MELANGES. 155 

Seiten eines nicht verwandten Schreibers eben so gut respektwidrig 
sein , wie man noch heute auf seiner Visitenkarte sich mit dem 
blossen Namen nur dann begnügt, wenn man sie an Niedriger- oder 
Gleichgestellte schickt, während die bei hochgestellten Persönlich- 
keiten abgegebene Karte Namen und Titel enthalten muss. Die 
Reihenfolge ist immer so, dass zuerst der Verfasser des Textes und 
zuletzt der Schön Schreiber genannt wird; vor beiden steht der Titel 
der Inschrift, der bisweilen als Kopftitel, wie auf unserer Stele, 
wiederholt ist. Die Bemerkung über die Urheberschaft schliesst daher 
immer mit dem Worte shu (^, d. h. »geschrieben von . . . .") ab, 
sodass der Raum zwischen diesem Zeichen und dem Seiten-Titel 
der Inschrift Namen und Titel sowohl des Verfassers wie des Ab- 
schreibers enthalten muss. Nur wenn der Kaiser selbst Verfasser 
und Abschreiber zugleich ist, liegt die Möglichkeit vor, dass Alles, 
war wir darüber zu wissen nöthig haben, in vier Schriftzeiehen 
ausgedrückt wird. Die in diesem Falle angewendete Formel lautet 
Yït tschi Yü sehn (f^ M f^ S ), d. h. 
»der Kaiser verfasste es, der Kaiser schrieb es". 
Dies sind die Worte , die wir zwischen Titel und Text z. B. einer 
berühmten Inschrift des Kaisers Hüan-tsung lesen, des T'ai-schan-ming 
(^fe UJ 4S) ^om Jahre 726 (S. Kin'schih-ts'ui-pien, Kap. 76, p. 3). 
Dieselben Worte nun glaube ich auf der Stele des Türkenprin- 
zen zu lesen. Der Leser, der mir hierin folgen will, bewaffne sich 
mit einer kräftigen Lupe und halte die von der Finnisch-ugrischen 
Gesellschaft mitgetheilten Lichtdruck-Tafeln in helles Sonnenlicht. 
Man bemerke, dass der den Text haltende Theil der Steinplatte 
von einem breiten mit Arabesken angefüllten Rand umgeben ist. 
Ich will diesen Theil der Platte, wie er in Schlegel's »La stèle 
funéraire", etc., übersichtlich wiedergegeben ist, der Bequemlichkeit 
halber in Vertical-Säulen , mit dem Seiten-Titel, a, anfangend und 
dem Datum , n , aufhörend , mit Buchstaben , und in Horizontalreihen 



156 MÉLANGES. 

von oben bis unten mit den Zahlen 1 bis 36 bezeichnen. Danach 
stehen die fünf Schriftzeichen des Seiten-Titels auf a 3 — 7; a 8 — 10 
ist leerer Raum, was der chinesischen Sitte entspricht; an der 
Stelle von all bis 14 aber, gegenüber den Zeichen ;J5^ -^ ;^ 
-^, sind die Spuren von vier Schriftzeichen zu sehen, deren letztes 
leicht als schu (§) zu erkennen ist. Der Raum a 15 bis 23 und 
weiter hinab ist mit nicht-chinesischer, vermutlich nachträglich auf- 
getragener Schrift bedeckt. Nach dem Gesagten nun pflegt zwischen 
Text und Seiten-Titel der Name des Verfassers und des Abschrei- 
bers zu stehen; wären dies die Namen von Ministern oder Gelehr- 
ten, so müssten ihre Titel nebst Namen dem Zeichen schu C-^), 
das ja immer den Schluss dieser Angabe bildet, voranstehen. Dazu 
ist aber bei der Kürze des dem Seiten-Titel folgenden Raumes kein 
Platz. Der zwischen dem Zeichen schu ( ^ ) und dem Schlusszeichen 
des Seiten-Titels befindliche Raum entspricht dem Raum von sechs 
Zeichen der ersten Textreihe. Davon werden drei allein von dem 
Spatium in Anspruch genommen, das gewöhnlich den Seiten-Titel 
von der Bezeichnung des Verfassers und Abschreibers trennt, Die 
letztere kann mithin, einschliesslich des Zeichens schu (^), nur 
aus vier Zeichen bestehen. Die Vermuthung würde also sehr nahe 
liegen , selbst wenn wir weiter nichts als dieses schu ( ^ ) entziffern 
könnten, dass wir es mit der Formel yü-tschi yü-schu zu thun haben. 
Es gehört jedoch nur wenig Phantasie dazu, um auf Tafel XIV 
unter a 11 bis 13 die Zeichen f^ , ^ und nochmals f^ selbst 
in ihrer Verstümmelung wieder zu erkennen '). 

Es wäre zu wünschen, dass uns bei Gelegenheit der nächsten 
Expedition in jene Gegend über diesen Punkt Gewissheit verschafft 
würde. Bestätigt sich meine Vermuthung, so ist wohl kein Zweifel 



1) Die fraglichen vier Schriftzeigen sind auf der Gesammt-Photographie {Inscriptions 
de fOrkhon, Tafel XIII) so gut wie verloren gegangen. Um sie zu reconstruieren , ver- 
gleiche man die Tafeln XIV und XV, wo sie nach einem dem Raum von drei Schrift- 



V£LANÛES. 



157 



mehr darüber übrig, dass wir es hier mit einem auf Stein über- 
tragenen Autogramm des Kaisers Hüan-tsung zu thun haben. Sollten 
wir je in den Besitz eines zuverlässigen Abklatsches von einer In- 
schrift des Hüan-tsung gelangen, so wäre ein Vergleich der beider- 
seitigen Schriftzüge von grossem Interesse. 



zeichen entsprechenden Spatium unter dem Seiten-Titel zu erkennen sind. Der Text würde 
nach dieser Ergänzung wie folgt zu lesen sein : 



10 



11 



12 



13 



14 



15 



16 



17 



Ornamentaler Rand. 



fed c 






* 



« 






A 



n 



Hc 



158 MELANGES. 



Tägin et '^I'öre. 



G. SCHLEGEL. 

La question si les caractères chinois ^ ^ , tägin, n'étaient peut- 
être pas une erreur de transcription pour ^ |^ , tore, a été souvent 
débattue dans les derniers temps; mais les inscriptions turques de 
rOrkhon ayant démontré qu'il s'agissait de tägin et pas de tore, 
les partisans de la leçon tâgin ont triomphé; c'est en effet le titre 
donné au prince Kûl dans la stèle que j'ai traduite sous le titre 
de «Stèle funéraire du Téghin Giogh». Pourtant les deux titres sont 
mentionnés par les anciens auteurs chinois, quoique les éditeurs 
modernes des anciens livres aient arbitrairement changé tous les 
Uli Kin en j§^ lih. 

L'ancienne édition impériale de l'ouvrage de Ma Toan-lin, du 1^^ 
jour du 5e mois de la 3e année de Kia-tsing (Juin 1524) distingue 
les deux titres exactement. En parlant des Turcs orientaux , l'auteur 
emploie constamment le titre Tägin, tandis qu'en parlant des Turcs 
occidentaux et des Ouïgoures, il n'emploie que le titre de Tore. 

La différence entre ces titres est que celui de Tägin (prince) 
peut être conféré à chaque homme vaillant ou eminent, tandis que 
celui de Tore (prince du sang) appartient de droit aux fils du Kagan 
et de la famille royale comme Ma Toan-lin (Turcs occidentaux, 
Chap. 344, fol. 1 v.) nous le dit expressément *). 



j' y^ 1^ ;äV >^è Jmi -^w Parmi les officiers il y a des Yabgou, des Chad et des 
Tore, qui sont constamment choisis parmi les fils et frères cadets et les membres de la 
famille du Khan. 



MÉLANGES. 159 

Les titres des grands officiers des Turcs orientaux étaient Yabgouj 
Chad, Tägin , Sulibat et Tutunbat '). 

M. le professeur Houtsma, à Utrecht, auquel j'avais simplement 
posé la question quelle valeur ces deux titres avaient, sans rien 
lui dire de l'opinion de Ma Toan-lin, me répondit à ce sujet: 

*Le mot tore se trouve dans le Bargise, à Bokhara et ailleurs 
en Asie centrale dans la signification de prince^ fils du Khan ou 
Sultan. Selon Vâmbéry, les descendants de Mohamad (les Seiyid) 
dans l'Asie centrale se nomment également fore, et selon M. Gregorieff 
le mot est employé généralement derrière le nom propre comme 
en Perse le mot mirza. Quant au mot tegin , je suppose que ce 
n'est pas un titre, mais un epitheton ornans qui n'est pas restreint 
aux princes mêmes, mais qui peut être accordé à chaque héros 
guerrier. Tore se rapporte donc à la naissance, Tegin aux qualités 
gagnées (vaillance)>. 

En effet. De Guignes, dans son Histoire des Huns et des Turcs, 
mentionne un gouverneur de Bokhara nommé Ali Téghin et un 
prince turc du même nom, ainsi qu'un Begal téghin (II, 177), 
deux Sebegh téghin (III 69, II, 168), un Sipashi téghin, général 
turc (II, 174), un Togh téghin (II, 256, E 506), un Alp téghin 
(IV, 290, m, 28, note 54), etc. 

En résumé Tägin veut donc dire Prince, comme p. e. en Alle- 
magne «Prince Bismark», tandis que Tore, veut dire prince du sang, 
comme p. e. les «Princes d'Orléans» en France ^). 

Dans son histoire des Turcs orientaux. Ma Toan-lin parle à 
chaque instant des Tägin; p.e. Chap. 343, fol. 8 recto et verso, an 
615, il nous dit que Ct6tr(?) envoya le Tâgin Kangly pour offrir 



^1 ^ ■» ^ ffi "^ ^o ^^* Toan-lin, 343, fol. 3 recto et verso. 
2) £u Allemand an Tàgin est on Fürst, et an lore an Prinz. 



160 MELANGES. 

mille chevaux {jiä^MWMMMM'%^/^)-^^ ^^^^ 
Cibir envoya encore le Tâgin Kutlug (Prince Heureux) à la cour 
de Chine ( iâ 9- ® 'S* Htfj # # AI ^ IS )• Folio 18 verso nous 
lisons qu'en l'an 647, le Khan Ilèu Câpâri^) envoya son fils èapura 
Tâgin à la cour de Chine (^ KÉ$'ftPTfFîft^-y'fc^ 
^ S 4$ Ä ^ IS )• Fol. 24 verso nous lisons qu'en l'an 714, 
le vieux Khan Bikëur envoya son fils Ilsû Kagan ainsi que le Tâgin 

Tonga ( Ü I® ft :* • • • • ît * ^ # & bT ff S 1^ -fil 

^ ^). Fol. 25 verso ^ le nom de Kül Tâgin ^ fils de Kutlug (*^ 

B[lj 1^ '^ "^ i^ 4^ ^)' ®^^ ^^^-^ ^^^^ mentionné. Il est encore 
mentionné fol. 28 recto et verso pendant les années 725 et 732 

Nous savons par l'histoire chinoise que la puissance des Turcs 
orientaux s'éteigna vers les années 744 — 745. 

Le Khan Ozmis s'étant enfui , les Basmil le poursuivaient et lui 
coupaient la tête qu'ils envoyaient à la capitale, quand les Turcs 
choisirent son frère cadet, le Tore à sourcils blancs, Kütrüng heg comme 

â M # a ilÄ-W jt ,ê :)§ â 1 pT-H'o itu, foi. 29 

recto), C'est ici que Ma Toan-Un parle pour la première fois d'un 
Tore, ou prince du sang. 

Dans son chapitre 344, où il traite des Turcs occidentaux. Ma 
Toan-lin ne parle que des Tore (fol. 1 verso, 2 verso). Fol. 4 verso 
il mentionne le Tore Hilik ( [g ^ ^ |g|). Fol. 20 recto , il men- 
tionne le Tore Bagadul, fils cadet du Khan Karang des Kibyi 

Dans le chapitre 347, Ma Toan-lin traite de l'histoire des Ouï- 
goures. Fol. 10 recto, An 758, il mentionne le fils du roi Kutiûr 
Tore (J -y* *^ f^ ^ ©); fol- 15 verso, an 839, il mentionne 
le Tore Kapsap (JS gg^ ^); fol. 16 recto, an 841, le Tore 



MELANGES. 161 

Ogai (,^ :f^ # üf) et le fils du roi UrmuU{?) Tor« ( J ^ P^ 
1^^^ ^)' ^0^- 17 vei'so nous lisons que le frère cadet du 
Khan, Kalin törfi, fut élu comme successeur en l'an 846. (Ä "TC 
^Ä^^:^^|^;5§^y^). Ensuite il nomme encore le 
tore Mang ( ^ ^ |^ ) , qui fut installé comme Khan en 856 avec 
le titre Urlvg tcuigridd kut bubjiis Alp Kûlûg hilgâ Hoai-kiOD. 

^«ya" ( PS # S M ^ ;H ;^ 1 1® -â- -ft ^ ffllk # 'S ^ 

^^). L'objection que l'expression ^ ||[| Tägin ne se trouve 
pas dans le PeUwen-yun-fou de l'empereur K'aug-hi, tandis qu'on 
y trouve bien le terme ^ ^ Tore, ne prouve rien, car le titre 
bien plus commun de ^ ^ Kagan ne s'y trouve pas non plus. Du 
reste la falsification de tägin en tore avait déjà eu lieu lors de la 
rédaction de ce dictionnaire, et c'est cette falsification qui a été la 
cause des dissensions entre les savants d'Europe sur l'emploi des 
termes tagin et tore. 



11 



VARIÉTÉS. 



FORMOSE. 



L'île chinoise de Forraose, dont les Ja- 
ponais vont devenir selon toute probabi- 
lité les possesseurs, ne nous est connue 
que par la pénible croisière que nos vais- 
seaux s'imposèrent le long de ses côtes 
lors de notre différent avec la Chine. Le 
court séjour que nous fîmes dans l'une 
de ses baies — séjour moi'tel pour beau- 
coup des nôtres — ne laissa à l'amiral 
Courbet et à ses marins que de lugubres 
souvenirs. 

Il ne pouvait en être autrement: rien 
n'avait été organisé pour une longue 
station à terre. Jamais, non plus, il n'a 
été envoyé dans l'Extrême-Orient un 
matériel aussi complet, aussi sagement 
piévoyant, que celui qui accompagne à 
Madagascar notre corps expéditionnaire, 

Mieux préparé pour un débarquemeut 
fut le petit corps d'armée japonais qui, 
en 1874, commandé par l'amiral Ito, 
envahit Formose, malgré les protesta- 
tions et les menaces terribles d'une Chine 
indignée, mais impuissante. Cette troupe, 
déjà à cette époque admirablement ou- 
tillée pour une campagne, fut aisément 
victorieuse des tribus sauvages qu'elle 
était venue châtier; ellerevint au Japon 
n'ayant eu que très peu de malades et 
d'hommes tués à l'ennemi; elle y revint 
aussi — à n'en point douter — avec 
l'idée qu'on l'y reverrait un jour pour 
prendre possession définitive de l'île chi- 
noise. Tout autre empire que l'empire du 
Milieu se fût tenu pour averti, mais son 
immense orgueil n'a pas cessé un seul 
instant de l'aveugler. 

L'Espagne, qui, par ses archipels des 
Philippines, des Mariannes et des trop 
fameuses Carolines, se sent devenir par 



trop voisine des Japonais, a plus d'une 
raison d'être inquiète. Elle songe, dit-on, 
au moyen de renforcer son armée et son 
escadre de l'Extrême-Orient. On ne peut 
que l'en féliciter, mais ce ne seront ni ses 
soldats, ni ses vaisseaux de guerre qui 
empêcheront les naturels de ces posses- 
sions magnifigues de lui échapper. Il lui 
faut employer des moyens plus efficaces 
et ces moyens sont de se les attacher par 
la reconnaissance en leur donnant une 
liberté, une instruction, des droits civi- 
ques qui leur ont toujours été refusés. 
Comme au Paraguay, au temps des an- 
ciennes missions des jésuites, c'est l'ob- 
scurantisme monacal qui pèse sur ces 
peuples et qui met sous le boisseau toute 
lumière qui veut briller. On peutaffirmer 
sans peur d'un démenti qu'il ne faudrait 
à un Tagale des Philippines pour être 
l'égal d'un Japonais en savoir et en bra- 
voure, qu'un entraînement semblable à 
celui auquel ce dernier a été soumis pen- 
dant à peine un quart de siècle. 



L 



On trouvera Forraose — Taïwan en 
Chinois — entre 118 et 120 degrés de 
longitude est, 22 et 25 degrés de latitude 
nord. Ce territoire fait actuellement par- 
tie de la piovince du Fou-Kien,dontFou- 
tcheou, sur le continent asiatique, est le 
chef-lieu. Un sous-gouverneur dépendant 
de cette vice-i'oyauté , réside dans la 
capitale de Formose. On peut lire à Macao, 
dans des manuscrits rédigés par d'an- 
ciens missionaires et conservés intacts 
aujourd'hui par M. F. da Silva, que l'île 
de Taïwan fut découverte par des négo- 



VARIETES. 



163 



ciants chinois du Fou-Kien, en 14B0:si 
cette date est exacte, elle prouverait que 
les navigateurs du Céleste-Empire ont 
tardé bien longtemps à s'aventurer loin 
de chez eux '). Un fait positif, c'est que les 
Portugais y firent leur apparition pre- 
mière en "1634; émerveillés par l'aspect 
des montagnes et des volcans qui, la nuit, 
servaient de phai-e à leurs vaisseaux, ces 
grands explorateurs lui donnèrent le nom 
de Forraose (la Belle). Comme dans tant 
d'autres possessions d'Asie, le Portugal 
ne put s'y maintenir; l'Espagne et la 
Hollande vinrent l'y remplacer. La pre- 
mière, après y avoir fondé un établisse- 
ment plutôt religieux que commercial, 
dut l'abandonner. Ce fut un malheur 
pour l'île splendide, car depuis lors, elle 
est restée, en premier lieu, aux mains de 
divers grands pirates, puis, au pouvoir 
du gouvei'nement de Pékin. 

Les mandarins, une fois installés à 
Taïwan, firent de grands efforts pour en 
faire disparaître les indigènes: s'ils ne 
purent tous les exterminer, ils réussirent 
du moins à en refouler une partie au sud, 
sur le versant oriental, et au plus haut 
des montagnes. 

Il est tout à fait impossible de fournir 
un total, même approximatif, de la popu- 
lation de Formose, composée au nord de 
Chinois immigrants, de Fei-po- wans, in- 
digènes soumis, de Hakkas. descendants 
des premiers Chinois, conquérants de l'île, 
et, au sud, de tribus indépendantes et 
ei'i-antes. Les clans méridionaux se sont 
beaucoup mélangés avec les Célestes, mais 
ils ont gardé l'habitude de percer leurs 
oreilles et d'y introduire soit un morceau 
de bois sculpté, soit un coquillage aux 
couleurs vives. 

Les hommes des tribus féroces des 
Boutans. des Couscous, des Kowarts vont 
à peu près nus. Chez celles qui entretien- 
nent des rapports fi'équents avec les 
Chinois, les indigènes sont vêtus d'une 
jaquette longue brodée et serrée au corps: 
la partie inférieure du vêtement se com- 
pose d'un morceau de drap également 
orné de broderies faisant le tour des reins 
et descendant jusqn'à moitié cuisse. La 
tenue des femmes est modeste, combinée 
de façon à montrer à leur avantage les 
formes élancées et gracieuses de leur 
corps. Dotées de chevelures abondantes, 



on les voit les arranger avec beaucoup de 
coquetterie, non pas, comme on peut Je 
supposer, à la chinoise, mais de manière 
à rappeler les plus élégants échafaudages 
des coiffures européennes. Malheureuse- 
ment elles mâchent sans cesse le bétel, ce 
qui déchausse leurs gencives et rend 
rouge leur salive. 

Tous les sauvages asiatiques attachent 
peu de prix à la vie. Ceux de Formose 
l'exposent tous les joui"s dans leurs que- 
relles avec une tribu fort nombreuse, les 
Hakkas, dont la rapacité trahit surabon- 
damment l'origine chinoise. Ces Hakkas 
possèdent des forces physiques dont leurs 
rivaux sont dépourvus. Vigoureux, bien 
formés, l'escalade des montagnes les plus 
escarpées est un jeu pour eux. Leurs com- 
pagnes sont gracieuses et d'une pureté 
de formes à faire croire aux sculpteurs 
modernes qu'ils retrouvent en elles la 
perfection dont la nature a dû doter la 
première femme II n'y a, dans ces pa- 
rages, ni médecins, ni médecines; aussi 
les enfants qui naissent gi'êles et chétifs 
s'étiolent et meurent: ceux qui parvien- 
nent à l'âge mûr sont superbes et pleins 
de vie. Sans les luttes intestines qui les 
déciment, les centenaires seraient fort 
communs; les Formosans assez fortunés 
pour atteindre l'âge de soixante ans com- 
battent et chassent encore comme à la 
plus belle époque de leur jeunesse. 

On comprendra que dans le voisinage 
de ces tribus guerfièi'es tout le monde 
marche armé, depuis le laboureur à sa 
charrue jusque'au petit berger qui garde 
un troupeau de buffles. Dès qu'un voya- 
geur isolé inspire aux sauvages quelque 
soupçon, ils l'attendent au coin d'un car- 
refour pour le percer d'une flèche tirée 
à longue distance. Indépendamment de 
leurs flèches, ces sauvages possèdent des 
épées ou plutôt des sabres aux longues 
et larges lames; ils ont aussi de vieux 
fusils à mèche dont ils n'usent que dans 
les embuscades et jamais à découvert. 

Une chaîne de montagnes coupe For- 
mose en deux, du nord au midi. Le point 
le plus élevé de cette arête volcanique est 
le mont Morrison, situé au centre deFor- 
mose, et s'élevant à 3,600 mètres au 
dessus du niveau de la mer. L'île offre, au 
dire des rares naturalistes qui l'ont vi- 
i sitée, toutes les apparences d'une récente 



1) Formose fut découverte par les Chinois en 607 de notre ère, comme je l'ai démontré 
dans le T'oung-pao , Vol. VI , pp. 168 et suivantes. G. Schlegel. 



164 



VARIETES. 



création. Quelques 'volcans y fument en- 
core : ce n'est qu'aux approches de la mer 
que la pouzzolane s'est transformée en 
terre végétale et que disparaissent les 
roches d'éruption. Il y a de nombreux 
récifs de coraux enveloppant le littoral 
d'une ceinture de blanche écume, comme 
aux Maldives. Quand la marée est basse, 
ils se couvrent d'une multitude de petits 
crabes à couleur jonquille, dont beaucoup 
servent de nourriture aux singes, qui y 
sont légion. 

La faune, comme celle des îles du 
Japon et des Philippines, ne compte d'au- 
tres animaux dangereux pour l'homme 
que le caïman et le crocodile. Les cours 
d'eau en sont infestés au point qu'on ne 
peut y passer à dos de cheval ou dans des 
embarcations légères. Le buffle sauvage, 
le cerf, l'axis abondent sur les montagnes 
et dans toutes les parties couvertes de 
végétation arborescente. Cette absence 
de fauves, qui se remarque au.ssi aux 
Philippines, est une nouvelle preuve que 
Formose ne s'est jamais détachée à la 
suite de quelque bouleversement terres- 
tre du continent asiatique, où les tigres 
et autres animaux féroces sont fort nom- 
breux. On y voit quelques chevaux de 
petite taille, mais leur importation est 
récente; ils viennent de Chine et ne ser- 
vent de monture qu'aux Européens et à 
d'obèses mandarins de Takou et de Taï- 
wan Fou. 

Dans cette île, comme dans beaucoup 
d'autres îles de l'Océanie, c'est le buffle 
qui, patient comme nos boeufs, creuse 
péniblement, à l'époque des pluies tor- 
rentielles, le sillon des rizièi-es fangeuses. 
Quand la récolte est par terre, c'est 
encore lui qui, sous un soleil ardent, 
attelé à un chariot grossiei-, la transporte 
avec lenteur, mais avec une persévérance 
admirable, dans les fermes presque tou- 
jours éloignées des lieux de culture, et 
par quelles voies! par des pistes rocail- 
leuses ou traversées de marécages. Le 
bambou, ainsi que sur le continent occi- 
dental d'Asie, est très commun. Dans les 
rizières formant bouquets, au sommet des 
montagnes, on voit se dresser son pa- 
nache flexible, ondoyant sous la brise. 
Quand un typhon éclate, les fourrés où 
ces roseaux géants se trouvent en grand 
nombre s'emplissent de voix graves, mys- 
térieuses, produites par le frottement de 
leurs tiges creuses. Qu'on s'imagine des 
milliers de tuyaux d'orgue gonflés par un 



vent d'orage, emplissant les profondeurs 
des forêts tropicales de leurs voix éolien- 
nes. L'aréquier et le cocotier, moins élé- 
gants, sont aussi très répandus sur le 
versant des coteaux. Les fruits, parmi 
lesquels il faut citer l'orange, la banane, 
le goyave, sont délicieux et laissent à la 
bouche une saveur pleine de fraîcheur. 
Pour l'Européen qui peut se passer de 
pam et sait le remplacer par un riz 
étincelant de blancheur, pour celui qui 
n'a pas besoin de viandes fortes, comme 
celles du bœuf et du porc, la vie à For- 
mose est facile et d'un bon marché in- 
connu dans nos régions. 



IL 



La production la plus importante de 
Formose est la canne à sucre; elle vient 
fort bien dans le nord, où les Chinois 
s'adonnent entièrement à sa culture. Il 
y a aussi des mines d'or, d'argent et de 
cuivre très mal exploitées. On y trouve 
de l'huile minérale à fleur de terre, une 
houille qui, sans être comme celle de 
CardilT, donne néanmoins d'excellents 
résultats. Un des produits considérables 
de l'île est l'huile d'arachide; on en fait 
de nombreux tourteaux pour bonifier la 
terre; c'est par milliers de piculs que 
se fabriquent ces bons engrais et qu'ils 
s'expédient en Chine. 

De Formose les jonques exportent aussi 
à Amoy des cornes de cerf et de buffle, 
des peaux, des bois parfumés, des huiles 
de coco renfermées dans de lourdes jarres 
de grès ; il reste des montagnes entières 
à explorer, des forêts vierges où la hache 
n'a jamais pénétré. 

En dépit de la barbarie dont les 
aborigènes de Formose ont donné de 
nombreuses preuves, une mission de do- 
minicains espagnols, des Anglais, quel- 
ques Américains, des Allemands, ont 
osé s'établir sur divers points de l'île; 
il y a des comptoirs assez considérables 
à Taïwan, à Takao et à Tamsouï, trois 
villes importantes du littoral au point 
de vue commercial. Ce ne sont, en fait, 
que les succursales des maisons euro- 
péennes du Fou-Kien dont les sièges 
principaux sont à Amoy; elles importent 
des cotonnades, de la mauvaises bimbe- 
loterie et les produits empoisonnés de 
Bénarès et de Patna. 

Il n'est pas inutile de mentionner, sur- 
tout en ce moment, qu'en 1872 l'Italie 



VARiirés. 



165 



forma le projet — projet qu'elle aban- 
donna assez vivement — de jeter à For- 
mose les fondements d'une colonie. Un 
an auparavant, l'Allemagne avait fait 
offrir à la Chine cinq millions de dol- 
lai^s pour l'acquisition entière de l'Ile. 
L'offre fut rejetée. 

C'est sans doute en raison de ce refus 
que, plus tard, M. de Bismarck chercha 
à mettre la main sur l'archipel des 
Carolines. La protestation de tout un 
peuple, très grand par ïon patiiotisme, 
empêcha ce dol. 

Sur une étendue côtière de 400 kilo- 
mètres environ, qui est la longueur en- 
tière de Formose, les navires ne trouvent 
à l'est comme à l'ouest aucun port pour 
s'abriter pendant tout le temps que 
soufflent avec leur impétuosité ordi- 
naire les vents du sud-ouest. Tout y 
est ouvert, comme sur le littoral de 
notre île de la Réunion. Même dans la 
bonne saison, Taïwan-Fou et Takao, 
les deux rades accessibles, n'offrent à 
des bâtiments qu'une sécunté précaire. 
Comme à Saint-Denis, quand baisse le 
baromètre, il est prudent pour les bâti- 
ments à voiles et même à vapeur de 
courir tout de suite au large. 

Si l'on vient de Chine et que l'on 
descende en bateau la partie ouest de 
Formose, de la pointe de Syanki jusqu'au 
cap Sud, on découvre, à moins que des 
brumes trop épaisses ne l'empêchent, 
une terre basse parsemée de villages, 
de champs de canne à sucre et de nom- 
breux massifs de bambous. Avec un ciel 
pur, on distingue, au sud, la montagne 
Ossi et, par le travers, les monts azurés 
de Soco et de Ung-Go. L'approche du 
mouillage de Taïwan-Fou est signalée 
de très loin aux navigateurs par un 
arbre d'une hauteur remarquable, un 
tamarin, croyons- nous: il s'élève majes- 
tueux et solitaire au centre d'un fort 
qui a gardé son nom d'origine évidem- 
ment hollandaise, Zelandia. 

Comme toutes les villes chinoises, 
Taïwan-Fou n'est remarquable que par 
sa malpropreté, ses rues étroites et le 
nombre considérable de ses boutiques: 
elle n'est visitée que rarement par les 
brises rafraîchissantes de la mer et, en- 
core, ne lui arrivent-elles qu'après avoir 
traversé une plaine désolée et sans cul- 
ture. On y étouffe l'été et les maladies 
y sont nombreuses. 

ËQ quittant ce triste mouillage, on 



rencontre, après quelques heures de 
navigation, la baie de Takou, placée au 
pied du mont Ape. Les Anglais lui ont 
donné ce nom qui signifle guenon, en 
raison du nombre considérable de grands 
singes qui ont choisi pour demeure cette 
montagne pleine d'aspérités rocheuses. 
Abritée par les hauteurs contre les at- 
teintes du vent du Nord, la baie est 
aussi préservée du côté du large de la 
mousson du sud-ouest par la presqu'île 
Savacan ; le port ne peut abriter d'ail- 
leurs que cinq ou six navires; encore 
faudrait-il qu'ils ne fussent pas d'un 
trop fort tonnage. La ville s'élève sur 
une bande de terre placée entre un 
grand lac et la mer. L'air y est doux, 
trop doux peut-être aux hommes ro 
bustes. L'été, il pleut à peine; de juillet 
à septembre, loi-squ'à trois ou quatre 
lieues dans l'intérieur le tonnen e et de 
fortes ondées tombent à peu près tous 
les soil's, on y jouit de la fraîcheur de 
la brise et de la sérénité d'un ciel sans 
nuage. 

Le dernier mouillage à l'ouest, avant 
de doubler l'extrême pointe du cap sud, 
est celui de Chesbon ou Loong-Kiang, 
comme on l'appelle indistinctement. Au- 
dessous de la baie de Loong-Kiao s'élève 
une petite ville de même nom, en partie 
entourée de murailles et habitée en- 
core aujourd'hui par les descendants des 
preraiei-s immigrants du Fou-kien. Les 
aborigènes soumis de la plaine y vien- 
nent trafiquer. On y trouve des mar- 
chandises éti-angères et chinoises, des 
sabres, des fusils à mèche, et comme 
spécimen des produits du pays, des ja- 
quettes et des bourses brodées, de riches 
ceintures en filigrane d'argent. 

Si, aux alentours de la ville, l'œil 
découvre des traces de culture, des 
champs de mais et de patates douces, 
ces indices d'un travail régulier de la 
terre ne tardent pas à disparaître à 
mesure que l'on approche de la région 
habitée par les tribus indépendantes. 
Encore quelques chaumières en bambou, 
cachées comme des nids dans un épais 
feuillage de bananiei-s et d'hibiscus aux 
fleurs écarlates, puis on voit se dérouler 
des pi-airies hautes et épaisses, agitées 
comme une mer d'émeraude par les 
vents du large. Des hauteur boisées 
et giboyeuses dominent ces vertes soli- 
tudes; c'est la région aimée des daims, 
des cerfs, des sangliers et des êtres fa- 



166 



VARIETES. 



rouches qui leur font une guerre conti- 
nuelle. Sur ces monts, couverts de vieil- 
les forêts, la nature tropicale étale toutes 
ses splendeurs avec une énergie superbe. 
Le platane, le pin sombre, le bambou 
aux feuilles frêles, s'y disputent avec 
l'aréquier la domination des sommets 
les plus altiers. Et quels splendides ho- 
rizons! A droite, les eaux du détroit 
de Formose animé par le passage in- 
cessant des bateaux qui vont dans les 
ports du continent asiatique ou en re- 
viennent; à gauche, l'océan Pacifique, 
ses calmes et ses fureurs; le tout cou- 
ronné par un ciel tantôt éclatant de 
lumière, tantôt chargé de ces rapides 
nuages d'où s'élancent les tempêtes les 
plus épouvantables que l'on connaisse. 



III. 



Le nombre des tribus indépendantes 
que les Japonais vinrent combattre à 
Formose en 4874 était de dix-huit. 
Elles pouvaient fournir 2,500 combat- 
tants. Celles que l'on qualifie de « cruel- 
les, barbares et sauvages» n'auraient 
pu en réunir que 600. C'est bien peu 
en vérité; il n'y a qu'un gouvernement 
aussi débile que celui de la Chine ca- 
pable après deux siècles de domination 
de garder insoumis une telle poignée 
de sauvages. 

Les Boutans ont de tout temps été 
célèbres entre tous par leur courage et 
leur cruauté. Les marins, sans distinc- 
tion de nationahté, poussés par un ty- 
phon sur le littoral qui appartient à 
cette tribu, ont été, depuis un temps 
immémorial, invariablablement massa- 
crés. Aussi est-ce contre elle que le 
Japon dirigea ses premières attaques. 
Ce sont les Boutans qui ont complè- 
tement égorgé l'équipage d'un navire 
américain, le Rover. Le général Legen- 
dre, consul américain de Formose et 
d'Amoy, se trouvant dans cette der- 
nière localité à l'époque de la perte du 
Eover, se rendit courageusement dans 
la baie de Loong-Kiao, dès qu'il eut 
connaissance du drame affreux qui s'y 
était passé. A force de ruse et de per- 
sistance, il parvint à s'aboucher avec 
un chef de dix-huit tribus: un nommé 
Tok-é-Tok. Après de longues entrevues, 
il fut convenu qu'à l'avenir les nau- 
fragés seraient secourus, moyennant une 
certaine somme, lorsqu'ils seraient jetés 



sur la partie la plus dangereuse du lit- 
toral, c'est-à-dire de la rivière Tui-la- 
Sok, à l'est, jusqu'à la baie de Loong 
Kiao, à l'ouest, y compris la pointe du 
cap Sud. Voici comment, une première 
fois, la convention passée entre le con- 
sul américain et le chef des Boutans 
s'exécuta. 

Une jonque affrétée par MM. Milli.sch, 
de Tamsouï, s'était avancée vers un point 
de la côte nord de l'île de Formose, dans 
l'intention d'y charger du bois de char- 
pente. La mission accomplie, le petit bâ- 
timent revenait à son point de départ, 
lorsque survint un coup de vent furieux 
qui le jeta vers le sud ; après avoir perdu 
son mât, ses voiles et son gréement, la 
jonque vint s'échouer sur des roches et 
s'y brisa. Une forte lame passant sur 
l'épave enleva un employé de MM. Mil- 
lisch et dix-sept indigènes, bûcherons ou 
matelots; le reste de l'équipage, composé 
d'un Tagale, d'un Malais et de seize Pei- 
po-hwans, réussit à se sauver à la nage. 
On ne revit plus les infortunés qui 
avaient été entraînés au large par le 
paquet de mer. Les dix-huit autres nau- 
fragés après avoir marché pendant quel- J 
ques heures le long du rivage, arrivèrent I 
sur le territoire de l'une des tribus dont 
Tok-é-Tok se trouvait être heureusement 
le chef. Ils y furent reçus avec une indif- 
férence exempte, il est vrai, d'hostilité, 
mais sans la compassion qui était due à 
leur détresse. Presque aussitôt le chef de 
la tribu, par l'intermédiaire d'un Chinois, 
fit parvenir la nouvelle du naufrage à M. 
Pickei'ing, attaché à la maison de com- 
merce Elles et Cie, de Taiwan. Dès que 
la nouvelle du sinistre parvint à M. Pic- 
kering, celui-ci en compagnie de deux de 
ses amis, se mit en route pour le cap 
méridional. Ils quittèrent Takou à bord 
d'un bateau de pêche non ponté, puis 
longeant le rivage ouest de l'île dans la 
direction du sud, ils arrivèrent le lende- 
main de leur départ à Hong-Kiang, 
village habité par des Asiatiques rôdeurs, 
indépendants, mais entretenant des rela- 
tions amicales avec les peuplades farou- 
ches des pays giboyeux. 

Laissant là leur embarcation, les voya- 
geurs continuèrent pédestrement leur 
route, en suivant la base des montagnes 
magnifiques >qui bordent la mer jusqu'à 
la pointe extrême de Formose. Ils atteig- 
nirent ainsi Loong-Kiao et sa baie, puis 
Hia-Liao, non loin d'un hameau pittores- 



VARIETES. 



167 



que placé au bord de l'océan. C'est le der- 
nier village chinois que l'on rencontre au 
sud dans cette direction. A Hia-Liao , 
comme dans toutes les localités où ils 
durent s'arrêter, l'accueil fait aux Euro- 
péens fut poli et cordial. Leur hôte, un 
Chinois, offrit son fils pour guide. En 
route dès le lever du soleil, M. Pickering, 
ses compagnons et leur conducteur, après 
avoir traversé une contrée inhabitée, et 
cependant admirable de végétation, eu- 
rent la joie d'arriver le soir même dans 
la vallée au centre de laquelle s'élevait 
la maison de Tok-è-Tok. Il était absent, 
mais ses femmes reçurent fort bien les 
voyageurs, qui, avant de prendre aucun 
repos, voulurent voir les naufragés. On 
les avait enfermés dans une hutte voisine, 
depuis quinze jours, ces malheureux y 
attendaient leur sort. Qu'on juge de leur 
délire en voyant des mains européennes 
saisir les leurs avec une rude cordialité! 
Leurs larmes ne tarissaient pas. 

Encore tout émus de cette scène, les 
sauveteure revenaient à la maison du 
chef, lorsque sur leur route se présentè- 
rent deux ou trois sauvages de la tribu 
féroce des Boutans. A la vue inattendue 
des étrangers, l'un d'eux, l'écume à la 
bouche, roulant des yeux menaçants, se 
mit à brandir son épée, puis à danser une 
sorte de gigue autour des Anglais Ceux-ci 
ne purent s'empêcher de songer dans ce 
moment critique combien leurs têtes étai- 
ent pour de tels personnages un trophée 
précieux. Ce ne fut pas sans un grand 
soulagement qu'ils virent accourir une 
jeune femme, qui s'interposa et désarma 
le mécréant. 

La résidence de Tok-è-Tok se com- 
posait d'un rez-de-chaussée, élevé, au 
centre, de quelques pieds plus haut que 
le reste de la façade. Les murailles étaient 
faites avec une sorte de torchis imitant 
la forme de nos briques; un sol sec et 
foulé; cinq ou six chambres séparées par 
de légères cloisons en bambous et reliées 
avec du mortier. Une galerie permanente 
formant véranda faisait le tour de Thabi- 
tatiou; point de plafonds, le dessous des 
toits formé d'herbes desséchées et de 
rotins tressés. On ne voyait, d'ailleurs, 
dans ce palais d'un chef commandant à 
dix-huit tribus aucun indice de souverai- 
neté. Pour tout ornement, quelques crâ- 
nes desséchés d'animaux sauvages. 

Le dîner qui fut servi aux voyageurs se 
composa de venaison, de porc frais et d'un 



riz d'une g.iande blancheur et tenant lieu 
de pain. L'eau ù boiie était limpide 
comme du cristal de roche; aussi fut-elle 
préférée à une sorte de samsÄo«, liqueui- 
distillée de la patate douce, qui se trou- 
vait sur la table. A chaque plat que les 
femmes venaient offrir à leui"s hôtes, on 
les entendait s'excuser sur l'insuffisance 
de leur préparation et la pauvreté du 
service. Lorsque les curieux des huttes 
voisines, avides de voir de près des Euro- 
péens, eurent envahi la salle à manger de 
manière à devenir indiscrets, un seul 
geste suffit pour les faire déguerpir. En 
fait, si nos voyageurs éprouvèrent quel- 
que gêne, ce fut par l'excès des attentions 
de toute sorte dont ils furent l'objet. 
Cette politesse, ce respect de l'hôte étran- 
ger, sont les mêmes chez les indigènes 
des îles Philippines, et pour moi, qui rae 
suis trouvé souvent contraint d'accepter 
l'hospitalité des Tagales, j'y vis une 
preuve nouvelle de l'affinité des deux 
familles insulaires. 

Le lendemain, les Anglais étaient en- 
core endoimis, lorsqu'ils fui'ent réveillés 
en sursaut par l'entrée bruyante dans 
leur chambre d'un grand vieillard aux 
cheveux blancs, aux formes athlétiques, 
escorté de quelques hommes armés de 
lances et d'épées: c'était le grand chef. 
Devinant ce qui motivait la présence dans 
sa demeure de tant d'étrangers, il les 
invita à venir s'asseoir sur des bancs, en 
plein air. Un conseil y fut tenu: pendant 
les pourparlers, une femme âgée survint 
en psalmodiant une sorte d'invocation 
aux génies de la concorde et offrit à tous 
les assistants une coupe de samshou. Il 
fut convenu que les naufragés seraient 
autorisés à partir dès que leurs dépenses 
auraient été payées. 11 était impossible 
d'espérer des prétentions plus modestes, 
aussi furent-elles acceptées sans débat. 
Lorsque, vers les neuf heures du matin, 
M. Pickering et ses compagnons manifes- 
tèrent le désir de se remettre en route, 
Tok-è-Tok et ses chasseurs s'y opposèrent 
formellement, voulant, disaient-ils, offrir 
un gi-and festin aux blancs. Refuser eût 
été dangereux, car rien n'est plus mobile 
que le caractère de ces indigènes méfiants 
et impressionnables comme des enfants. 

Quand le chef eut fait savoir aux tribus 
que l'invitation était acceptée, une cen- 
taine d'hommes armés d'arcs et de flè- 
ches s'élancèrent en poussant de gi-ands 
cris vers les coteaux voisins. Ils en revin- 



168 



VARIETES 



rent avec des cerfs, des chevreuils, des 
sangliers qni, vite dépouillés, rôtis devant 
de grands brasiers, furent ensuite servis 
avec beaucoup de propreté sur des feuil- 
les fraîches de bananier. Mais, 6 décep- 
tion! comment les voyageurs pouvaient- 
ils se croire au milieu de gens non civilisés 
lorsqu'une des femmes présentes vint 
placer devant eux un couvert complet? 
Comme la veille, des excuses furent pré- 
sentées sur l'insuffisance des mets. M. 
Hugues ayant manifesté le désir d'assister 
avant son départ à quelques divertisse- 
ments, deux sauvages se mirent à exé- 
cuter une sorte de danse guerrière, imi- 
tation aussi parfaite que possible du 
combat de deux coqs; des femmes chan- 
tèrent ensuite quelques airs en un ton 
mineur et sur un rythme lent, monotone, 
mais non dépourvu de mélodie. 

Il fallait pourtant songer au départ, 
et ce ne fut pas sans une certaine inquié- 
tude que les Européens, après s'être 
consultés du regard, se levèrent de table 
pour prendre congé. Cette fois personne 
ne parut songer à les retenir; ils se mirent 



en route, accompagnés jusqu'à la limite 
du territoire des tribus insoumises par 
le robuste Tok-è-Tok. Au moment de se 
séparer pour toujours , un cri sauvage 
d'adieu poussé par ce dernier réveilla les 
échos des montagnes; les Anglais y ré- 
pondirent; puis le silence des solitudes 
reprit son empire sur les monts et dans 
les vallées. 

Un mois après, les dix-sept naufragés 
de la jonque de Tamsouï ayant payé 
leurs rachats i-evenaient à Takao. 

Comment la convention passée entre 
le consul américain et les tribus a-t-elle 
été rompue? On l'ignore, mais il est cer- 
tain que des pêcheurs japonais et nau- 
fragés furent depuis la visite des Anglais 
à Tok-è-Tok mis à mort sans qu'aucune 
proposition de rachat ait été faite par les 
sauvages. Pendant la seule année qui 
précéda l'expédition japonaise à Forraose, 
cinquante-deux indigènes, pêcheurs des 
îles Lieou-Kieou ont péri d'une façon 
tout aussi inhumaine. 

EDMOND PLAUCHUT. 



I 



ALLEMAGNE ET AUTRICHE. 

Les « Mittheilungen der geograph. Gesellschaft in Hamburg », Vol. XI , con- 
tiennent une conférence faite à la Société par le Docteur russe M. Anatole 
Markow le 5 Décembre 1895, sur le futur commerce de la Chine. Il combat 
l'opinion erronnée que la Chine serait en pourriture et loue au contraire la 
liberté de presse et de conscience qui y règne. 

GRANDE BRETAGNE ET IRLANDE. 

Nous notons dans le no. de Janvier 1896 du Royal Asiatic Society's Journal: 
Chinese Translations of the «Milinda Panho». By J. Takasu. — Outlines of 
Tibeto-Burman Linguistic Palaeontology. By Bernard Houghton. — Chao Ju- 
kua, a new Source of Mediaeval Geogi-aphy. By F. Hirth. (Cf. Toung-Pao, 
Vol. VI, N" 2, p. 149 et seq., Das Reich Malabar, note supp.). — Ma huan's 
Account of Bengal. By Geo. Phillips. 

Le regretté Docteur R. Rost, ancien bibliothécaire de 1'« India Office» à 
Londres, a laissé une importante bibliothèque contenant e. a. 1500 ouvrages sur 
les Indes orientales Néerlandaises, 1500 sur l'Inde Britanique et 500 sur les 
langues africaines. 

CHINE. 

A Sou-tcheou, la capitale de la province de Kiang-sou, on établira une 
monnaie à l'instar de celles de l'Europe , où l'on frappera des doilai's et de la 
menue monnaie. Le président du Ministère des Finances, Weng Toung-ho a 
également présenté une pétition à l'Empereur pour obtenir la permission d'établir 
une monnaie selon le modèle européen à Peking pour y frapper des doUai-s 
et de la menue monnaie, comme cela a déjà lieu à Canton et à ^\ou-tchang. 

A cause de la paucité de cash dans le Kiang-sou , le gouverneur de iSot<- 
tcheou a autorisé l'émission d'une monnaie obsidionale consistant en des ba- 



170 CHRONIQUE. 

guettes de bambou , sur lesquelles on marquera au fer chaud la quantité de 
cash que ces baguettes représenteront. 

Le Trésorier de la province a autorisé tous les changeurs de faire circuler 
cette monnaie en bambou. Les baguettes ont environ 2 pouces de longueur, 
et portent naturellement le nom de la banque ou du changeur qui les met en 
circulation. Le Ostasiatischer Lloyd du 24 Janvier, auquel nous empruntons 
cette nouvelle, nomme cette monnaie «Komisches Bambusholzgeld» (monnaie 
de bois de bambou comique); mais le fait n'est pas isolé, et a eu souvent lieu 
en Chine, comme on peut s'en assurer en consultant mon grand dictionnaire 
Néerlandais-Chinois, i. v. Noodmunt (monnaie obsidionale) et la dissertation 
de M. Vissering, Chinese coin and currency, p. 158. Les Chinois les nomment 
^M '^- '^ ' << i'6'^plaÇ^iits de monnaie». G. S. 

Le nouveau Tao-tai d'Emouï projette un chemin de fer de cette ville à Fou- 
tcheou. Il projette également l'exploitation de mines de houilles et de fer dans 
son district (O-stasiatischer Lloyd du 24 Janvier). 

L'ancien gouverneur de Formose Liu Ming-tchonen, qui s'était distingué dans 
la défense de Formose lors de la guerre Franco-chinoise en i884 — 85, est 
décédé le 11 Janvier dans sa ville natale Lou-tc}i£ou, dans la province de Sze- 
tchouen (Ostasiatischer Lloyd du 24 Jan v.). 

CORÉE. 

Le bruit court que M. Waeber, le chargé d'affaires russe à, Séoul, sera nommé 
Conseiller du roi de Corée. (Ostasiatischer Lloyd, 31 Janvier). 

Le 1 Janvier, le roi de Corée a publié un décret dans lequel il annonce à 
ses sujets qu'il s'est fait couper les cheveux à l'européenne et qu'il s'habille 
comme les étrangers. Il ordonne à tous ses sujets d'en faire autant. (Ostasia- 
tischer Lloyd , 24 Janvier). 

La « Politische Correspondenz » publie un communiqué de St. Pétersbourg 
d'après lequel la famille Min, à laquelle appartenait la i-eine massacrée, gou- 
verne actuellement la Corée, dans l'Ambassade russe à Seoul. Le premier acte 
que le roi et le prince héritier ont fait a été de former un nouveau rainistèi-e. 
On a d'abord décapité l'ancien premier et sept autres ministres qui s'étaient 
montrés favorables aux Japonais, puis les nouveaux ministres ont tous été choisis 
parmi les membres de la famille Min. 

FRANCE. 

Nons apprenons avec une vive satisfaction que M. le Président de la Répu- 
blique française a nommé Chevalier de Légion d'Honneur Son Altesse le Prince 



I 



CHRONiqÜK. 171 

Henri d'Orléans en reconnaissance de ses mérites comme explorateur scienti- 
fique de la Birmanie et de la province de Yun-nan. 

Le Figaro du 4 février 1896, publie dans la Petite Chronique des Lettres: 

«Histoire japonaise. 

«Un écrivain connu poui" sa tiès haute et délicate compétence en matière 
d'art japonais, M. S. Bing, vient d'être victime d'une mésaventure assez piquante. 

«Au cours de recherches laborieuses sur la vie et l'œuvre du grand dessina- 
teur Hokousaï, dont il avait entrepi-is d'écrire l'histoire, M. Bing eut recoure 
aux services d'un lettré japonais chargé par lui de vérifier sur place les faits 
incertains, de «débrouiller l'écheveau des renseignements contradictoires». 

«Or Jijima Hanjuro (puisqu'il faut l'appeler par son nom) débrouilla et véiifia 
si bien , que de son travail sortit un beau jour un substantiel recueil dont un 
autre Japonais, ami de M. de Concourt, s'empressa d'apporter une traduction 
française à celui-ci.. . M. de Concourt, lui aussi, voulait écrire l'histoire d'Ho- 
kousaï; on lui livrait un document; le plus naturellement du monde, et sans 
penser que cela pût nuire à quelqu'un , il s'en empara. 

«Mais M. Bing, lui, qui a payé les frais de l'enquête, n'est pas content . . . 

«Et tandis que la Revue des revues publie les premières pages de l'étude de 
M. de Concourt, la Revue blanche nous donne le début de celle de M. Bing, 
agi'émenté de commentaires qui feront faire la grimace à Jijima . . . 

«L'écrivain d'ailleurs met hors de cause M. de Concourt , et se réjouit — non 
sans quelque ironie peut-être? — d'être ainsi «en posture tout spécialement 
propice pour attester l'orgine authentique de l'histoire» que celui-ci va publier. 

«On n'a pas plus d'esprit». 

M. Edmond de Concourt a adressé la lettre suivante que le même journal 
insère dans son numéro du 6 février: 

«5 février 1896. 
Monsieur, 

Je vous demande de publier cette lettre en réponse à l'article d'hier de M. 
Emile Berr. 

Je plains M. Bing de s'être laissé voler par M. Jijima Hanjuro qui, payé par 
lui pour lui ramasser au Japon des documents sur Hokousaï . au lieu de se con- 
tenter de les lui transmettre manuscrits, les a fait imprimer en deux petits 
volumes qui sont, à l'heure pi-ésente, entre les mains de tous les japonisants. 

Malheureusement la divulgation de ces documents par l'impression donnait 
le droit à M. Hayashi, ainsi qu'à tout autre interprète, de les traduire. 

Maintenant, d'après la note de M. Bing, mon livre ne serait que la tra- 
duction de la biographie de M. Jijima Hanjuro. Non, mon livre, annoncé dès 
1891, et qui paraîtra la semaine prochaine, contient 400 pages, et à peine 
une trentaine de ces pages sont-elles empruntées à l'ouvrage en question. Les 



172 CHRONIQUE. 

370 autres pages sont remplies par la «Vie d'Hokousaï», de VOukiya-yé de 
Kioden, que j'ai donnée le premier, en juin i892, dans VEcho de Paris; par 
la traduction des nombreuses préfaces des albums et des livres d'Hokousaï, dont 
une seule avait jusqu'alors paru; par l'étude approfondie des dessins et des 
estampes du grand peintre; enfin, par une bibliographie des plus complètes des 
albums et des livres, rédigée par M. Hayashi, qui, depuis de longues années, 
avait collectionné les matériaux de cette savante étude. 
Agréez, monsieur, l'assurance de ma haute considération». 

Edmond de Concourt. 

M. Aristide Marre continue sa Bibliothèque Franco-Malgache par un Voca- 
bulaire des principales racines malaises et javanaises de la langue malgache 
publié chez Ernest Leroux. 

M. A. Petiton, ancien Ingénieur-chef du service des mines en Cochinchine, 
vient de terminer à l'Imprimerie nationale l'impression de sa Géologie de Vlndo- 
Chine, résultat de sa mission commencée en 1868, sous l'administration de M. le 
Vice-Amiral de la Grandière. Le volume de texte est accompagné d'un atlas 
de 7 planches, dont une carte géologique de l'Indo-Chine, l'itinéraire du voyage 
de l'auteur et des plans de Poulo-Condor et de Phù-quôc. 

Nous signalons avec plaisir le tirage à part du mémoire de M. F. de Mély, 
paru dans le dernier numéro du Journal Asiatique sur V Alchimie chez les 
Chinois et V Alchimie grecque. 

ITALIE. 

Rome, 5 février. — Sur la proposition de la Propagande, le Pape a désigné 
l'abbé Jean-Baptiste Grosgeorge, du diocèse de St. Dié, parti pour la mission en 
1870, comme vicaire apostolique du Cambodge, en remplacement deMgr. Marie- 
Laurent-Francois-Xavier-Cordier, (dioc. de Gap), évêque de Gratianopolis, décédé. 

JAPON. 

M. E. D. VAN Walree a été nommé vice-consul des Pays-Bas à Yokohama. 

Depuis le commencement (1 Août 1894) jusqu'au 34 Mars 1896, la guerre 
avec la Chine a coûtée au Japan 225 millions de dollars. 

La Chine paye comme indemnité de guerre, inclusivement la cessation du 
Liao-toung, une somme de 230 millions de Tael, soit 350 millions de dollars. 
Le Japan fait donc un profit net de 25 millions de dollars. 

Quand Calonne pi'oposait un jour un nouvel emprunt à Louis XVI et que 
celui-ci se plaignait que son pauvre peuple aurait encore tant à payer, Calonne 
lui répondit: «Sire! ne vous en inquiétez point; ce ne sera pas le peuple qui 
paiera». 



CHRONIQUE. 173 

En effet, c'était, le roi qui paya cette nouvelle dette avec sa tête. 

C'est le même cas ici; ce ne sont pas les Chinois qui payeront cette dette 
au Japon, ce seront nos marchands européens qui la payeront, car elle sera 
payée des droits de douane perçus sur le commerce européen en Chine. Voilà 
le fruit de l'inconcevable apathie avec laquelle les puissances européennes ont 
contemplé la guerre inique faite par le Japon à la Chine. 

C'est nous qui payerons l'écot et aurons assisté le Japon à augmenter et à 
renforcer son armée et sa marine, pour nous tomber sur le dos dès qu'il le 
jugera opportun. 

Le «Colonial Office" annonce officiellement que les Etats protégés de la Pénin- 
sule malaise se sont constitués en une fédération représentée par Mr. F. A, 
SwETTENHAM, C. M. G., Résident-Général pour la Fédération. 

Mr. W. H. Treacher, C. M. G., Résident britannique à Perak. 

Mr. J. P. Rodger, Résident britannique à Solangor. 

L'hon. Martin Lister, Résident britannique à Negri Sambilan (avec Sungei 
Ujong). 

Mr. H. H. Clifford, Résident britannique à Fahang. 

TONKIN. 

Les journaux du Tonkin nous apprennent que le nettoyage commencé par 
la région entre le Song-Cau (rivière de Thaï-Nguyen) et le Songthuong (Phu- 
Lang-Tuong, Kep, Bac-Lé, etc) continue méthodiquement. Tout le bas Yen- 
Thé est occupé. Mais les bandes ont franchi le Song-Cau et se sont réfugiées 
partie sur la rivière Claire, où elles bloquent, près de la frontière de Chine, 
le poste de Ha-Giang, partie dans la province de Dong-Trieu. 

Contre Ha-Giang trois colonnes vont opérer, l'une de Cao-Bang, l'autre de 
Tuyen-Quan, l'autre de Thaï-Nguyen. Celle-ci prendra à revers les débris du 
dé Than , réfugiés au col de Deo-Né , dans le massif de Than-Dao , d'où ils 
écument la route de Thaï-Nguyen à Hanoï, et en débarrassera le pays, puis 
coopérera à la pacification complète du ll^ territoire, tout le long de la fron- 
tière du Kouang-Si. 

Du côté de Dong-Trieu, le chef du huyen de Phi-Mo , un de nos ennemis 
secrets le plus dangereux, a été démasqué et aussitôt décapité. 

Vinh Phan Dinh Phong, abandonné de la majeure partie de ses partisans, 
cherche un refuge au Laos. Il est obligé, dit V Avenir du Tonkin, de faire 
porter une partie de ses fusils par des coolies auxquels il ne donne presque 
rien à manger. Sa fuite a eu surtout pour cause le découragement dont il a 
été atteint à la suite de la prise de son cousin, Phan Din Pin, lequel a été 
enlevé par la colonne de police à Than-Hop. 

Heureusement, dans un poste du Yen-Thé, à l'ouest de Khien-Ich, les pirates 



174 CHRONIQUE. 

en fuyant ont abandonné tout leur matériel sei'vant à la fabrication de fusils, 
dont ils pouvaient livrer 42 à 15 par mois , et d'étuis de laiton pour Ie3 cartouches. 

UAvenir du Tonkin signale qu'une bande d'une quarantaine de fusils s'agite 
entre Kep et Voi. A Lang-Ma , la mère de l'ancien huyen de Dong-Trieu a 
été enlevée par les pirates. Dans l'engagement qui a eu lieu , deux pirates ont 
été tués et un blessé. L'Inspecteur Maugain marche à la poursuite de cette 
bande, mais elle a repris possession du village de Chung-Phu où elle s'est for- 
tifiée et d'où elle n'a pu être délogée. Une colonne forte de 500 hommes avec 
3 pièces de canons est partie le 42 à sa rencontre. 

Le colonel Gallieni est de nouveau installé à Kep: la colonne, son opération 
de Chung-Phu terminée, doit marcher encore dans la direction de Bao-Lac pour 
se joindre au groupe Rieu qui vient de Dong-Trieu. 

Divers actes de répression sont encore signalés et attestent, outre la renais- 
sance des habitudes pillardes qu'on pourrait croire perdues, l'utilité des colonnes 
de police et leur vigilance. 



NÉCROLOGIE. 



> ^ « 



Dr. REINHOLD ROST. 



Tous ceux — et ils sont nombreux — qui ont travaillé dans la bibliothèque 
et les archives de l'India Office à Londres, connaissaient cet affable et modeste 
vieillard qui les a aidés pendant vingt-quatre années (1869 — 1893) dans leui-s 
recherches avec tant de bienveillance. J'avais l'honneur de compter parmi ses 
amis, et sa mort subite m'a causé autant de peine que de surprise. Je l'avais 
vu l'année dernière encore fort leste malgré ses soixante treize ans et il s'occupait 
fort activement de l'achat par l'Angleterre de la riche bibliothèque linguistique 
laissée par le prince Lucien Bonaparte, mort à Londres le 17 mare 1891. 

RosT avait été mis à la retraite en 1893 et il avait été forcé de continuer 
malgré son âge à occuper la position de Oriental Lecturer au Collège St. 
Augustin, à Canterbury. Il était obligé de se rendre, toutes les semaines, de 
Primrose Hill où il demeurait, dans cette ville, où il est mort le vendredi 7 
février. Rost, né le 2 février 1822 à Eisenberg, en Saxe- Altenburg , étudia 
à lena où il fut reçu docteur en 1847; il vint s'étabHr en Angleterre la 
même année. En 1863, il fut nommé Secrétaire de la Royal Asiatic Society 
dont il était un des trente membres d'honneur. Il a publié un catalogue des 
manuscrits de la Bibliothèque impériale de St. Pétersbourg (1852), dirigé 
l'impression des Essays de Wilson sur la religion des Hindous et la littérature 
sanscrite (Lond., 1861 — 1865, 5 vol.) et la réimpression d'un choix de mémoires 
relatifs à l'Indo-Chine édité chez Tiiibner pour la Straits Branch of the R. Asiatic 
Society, etc., etc. II y a quelques années, une souscription à laquelle prirent 
part les orientalistes du monde entier, avait été ouverte pour offrir à ce savant 
dévoué un témoignage d'estime et d'affection. H. C. 



BULLETIN CRITIQUE. 



Die Ausbreitung der chinesi- 
schen Macht in südwestlicher Rich- 
tung bis zum vierten Jahrhundert 
nach Chr. Eine Historisch-geo- 
graphische Studie. Von Arthur 
VON RosTHORN. Leipzig, 1895. 



Es kommt nicht oft vor, dass 
ein sinologisches Thema zum 
Gregenstand einer Doctor-Disser- 
tation gewählt wird. Hier liegt 
ein solcher Fall vor, und wir 
dürfen Herrn Dr. von Rosthorn 
zu einem Titel Glück wünschen, 
den er sich mit Ehren wie 
wenige im Schweisse seines An- 
gesichtes verdient hat. Der 57. 
Seiten Gross-Octav haltenden Ar- 
beit liegen augenscheinlich ein- 
gehende chinesische Literatur- 
Studien zu Grunde, und ein mehr- 
jähriger Aufenthalt, sowie einzelne 



Reisen in der Provinz Sze-tschuen, 
haben dem Verfasser den für geo- 
graphische Untersuchungen höchst 
schätzbaren Vortheil der persön- 
lichen Anschauung gebracht. Ein 
wichtiger Theil der Arbeit gilt 
des Verfasser's Ansichten über 
den Yü-kung, worin er sich, — 
was einem jungen Doctorauden 
wohl zu verzeihen ist, — vor- 
sichtig und voll des Lobes über 
das »monumentale Werk" des 
Freiherrn von Richthofen, an 
die Ansichten des letzteren an- 
schliesst. Dies sind nun zwar geist- 
reiche und für den Laien recht 
lesbare Vermuthungen über das, 
was der alte Kaiser Yü wohl hätte 
gethan haben können; möglicher 
Weise wäre der Vater Yü selbst 
mit diesen Ansichten zufriedener 
gewesen als mit denen des alten 



BULLETIN CRITIQUE. 



177 



Le^e; aber was ihneu fehlt, 
ist die philologische Begründung. 
Denn, wie hoch man auch die 
Stellung des Freiherru von Richt- 
hofen in seiner Eigenschaft als 
Geolog und Geograph schätzen 
möge, so müssen wir doch auf 
die Gefahr hinweisen, die unserer 
Wissenschaft droht, wenn ange- 
hende Sinologen anfangen, auf 
philologisch unbewiesenen For- 
schungs-Ergebnissen weiter zu 
bauen, ohne Alles, was irgend- 
wie verdächtig ist, einer sorg- 
fältigen Nachprüfung zu unter- 
ziehen. Eine solche Nachprüfung 
ist nirgends mehr angebracht als 
bei den Werken des Herrn von 
Richthofen, insofern es sich um 
philologisch-historische Fragen des 
chinesischen Literaturkreises han- 
delt. Dass dieser zweifellos geist- 
reiche, aber philologisch unbe- 
fähigte, fruchtbare Schrifsteller, 
es gewagt hat, einen alten Text 
wie den des Yü-hung zu über- 
setzen ; dass er seine eigene Über- 
setzung als die »wörtliche" dem 
»Text nach Legge", unserem in 
der chinesischen Übersetzungs- 
kunst ergrauten Nestor, gegen- 



überstellt, muss jeden in Erstau- 
nen setzen, der je die Schwierig- 
keiten einer wörtlichen Überset- 
zung aus dem Chinesischen aus 
eigener Anschauung kennen ge- 
lernt hat. Sicher verdienen die 
Ansichten eines so viel gereisten 
Geologen Beachtung, aber wir 
müssen uns hüten, auch nur den 
geringsten Theil von der Auto- 
rität, die wir dem Geologen gern 
gönnen, auf das philologische 
Gebiet zu übertragen. Hier darf 
Herr von Richthofen stets nur 
als fleissiger, begeisterter Lieb- 
haber gelten. Seine Forschungs- 
Ergebnisse lesen sich interessant 
und haben zunächst das Verdienst, 
auf die grosse Menge eines in 
der sinologischen Literatur gänz- 
lieh unbewanderten, sonst hoch- 
gebildeten Leserkreises orientirend 
und anregend zu wirken; doch 
sollen wir dieses Verdienst nun 
und nimmer mehr mit dem des 
Forschers verwechseln , dem weni- 
ger an der ünterhaltuug seiner 
Leser als an der Ergründung histo- 
rischer Thatsachen mit der besten 
fachmännischen Ausrüstung liegen 
muss. Diese besteht aber für die 
1% 



178 



BULLETIN CRITIQUE. 



Yû'kung-¥rage , in der tiefsten 
Kenntniss der chinesischen Spra- 
che und Literatur. Wer über ein 
solches Denkmal des grauen Alter- 
thums schreiben will, der muss 
sich zunächst mit der chinesi- 
schen Sprache durch Jahrzehnte 
langes Lesen genau so vertraut 
machen wie es unsere Heraus- 
geber römischer Texte mit dem 
Lateinischen sind. Was würden wir 
sagen, wenn ein sonst tüchtiger, 
gebildeter und fleissiger junger 
Forstmann , der das Gymnasium 
bis Secunda absolviert hat, eine 
zweijährige Reise nach Italien 
unternähme, um die dortige Forst- 
wirthschaft kennen zu lernen , 
dann nach der Heimath zurück- 
gekehrt, sich in einer der grossen 
Staatsbibliotheken niederlassen 
wollte, um in unglaublich kurzer 
Zeit mit den Lateinkenntnissen 
des Secundaners ein umfassendes 
Werk über römische Alterthümer 
zu schreiben? Solche Dinge sind 
schon vorgekommen; aber die 
klassischen Philologen haben ihre 
Polizei, sodass sich ein auf diese 
Weise eingeschmuggelter falscher 
Prophet nicht auf die Dauer halten 



könnte. Wir sind in der Sinologie 
leider weniger gut daran. Die 
Zahl der Mitarbeiter ist hier schon 
klein genug, die der wirklich 
corapetenten Kenner noch viel 
kleiner. Jeder hat mit seineu 
eigenen Arbeiten so viel zu thun, 
dass er keine Zeit hat, viel an 
die Kritik zu denken. So kommt 
es, dass Forschungen wie die 
unseres geschätzten Geologen 
zwanzig Jahre scheinbar unan- 
gefochten bestehen können. Darin 
liegt für die Sinologie eine grosse 
Gefahr; wir hätten es daher lieber 
gesehen, wenn Herr von Rost- 
horn, anstatt die Richthofen'schen j 
Erörterungen in Sachen des Yü- 
kung auf einer halben Textseite 
»in Kürze" zusammenzufassen, 
den Text des Yü-kung selbst vom 
Standpunkt der philologischen 
Kritik ausführlich beleuchtet hätte. 
Früher oder später muss dies 
geschehen. Es ist recht gut 
möglich, dass durch ein solches 
Vorgehen die vorläufig nur in- 
stinktmässig gefassten Ideen des 
Geologen mehr unterstützt werden 
als durch die eigenen, wegen 
mangelhafter Qualification stets 



BULLETIN CRlTiqüB. 



179 



verdächtigen Anstrengungen. 6e- { kommt es beim Yü-kung doch 
lehrte von der Art des Herrn darauf an, dass wir genau wissen, 
von Richthofeu können auch im ' was im Texte steht. Eine sorg- 



Kreise der sinologischen For- 
schung Leistungen von bleibendem 
Werthe hervorbringen, so lange 
sie die Grenzen ihres eigenen 
Wissens genau kennen. Zur Er- 
klärung des Yü-kung aber gehört 



faltige Bearbeitung dieses Textes 
nach der von mir in meiner 
jungst veröffentlichten Abhand- 
lung über den Parallelismus im 
chinesischen Stil eingeschlagenen 
Methode, hätte einen Docto- 



zunächst ein Sinolog von Fach; i randen mit den Kenntnissen des 
die Anstrengungen eines noch so j Herrn von Rosthom vielleicht zu 



geistreichen Dillettanten können 
hier nur Unheil anrichten; und 
dies ist fflr unsere Wissenschaft 
doppelt gefährlich, wenn jüngere 
Kräfte solche Forschungs-Ergeb- 
nisse, denen die Hauptgrundlage 
alles philologischen Arbeitens in 
der Gestalt gediegener Sprach- und 
Literaturkenntnisse abgeht, zum 
Ausgangspunkt neuer Dntersu- 



grösserer Vorsicht gemahnt, als 
er [S. 5] den Satz niederschrieb: 
>Die Gründe, welche Richthofen 
und Plath für die Verwerfung 
der althergebrachten Erklärung 
beibringen, scheinen mir nicht 
nur subjectiv überzeugend, son- 
dern auch objectiv un widerlegt, 
und ich halte es daher nicht für 
noth wendig, bei dem ersten Ein- 



chungen machen, ohne sie vom ' wände länger zu verweilen". Die 



Standpunkt des sinologischen 
Fachmannes zu begründen. Grosse 
Gesichtspunkte auf Grund um- 
fassender modern-geographischer 
Studien zu gewinnen ist sicher 
eine Aufgabe, für deren schliess- 
liche Lösung veir auch dem Laien 
in unserem Fache dankbar sein 
dürfen; aber in erster Linie 



Wahl zwischen der durch Legge 
vertreteneu althergebrachten Er- 
klärung und der sogenannten 
> wörtlichen" Übersetzung des 
Herrn von Richthofen erscheint 
uns durchaus nicht so einfach. 
Es handelt sich dabei zum grossen 
Theii um die Erklärung des 
Ansdruckss tschi-yü ( _^ -^ ), den 



180 



BÜLtKTIN CRITIQUE. 



Legge durch »he proceeded to" 
übersetzt, indem er den Kaiser 
Yü als Subject {«he») voraussetzt, 
nicht »interpolirt", wie von Richt- 
hofeu andeutet. Nach des Letz- 
teren Auffassung ist nun dieses 
tschi-yü zu übersetzen durch: 
»erstreckt sich nach", oder »dehnt 
sich aus bis"; wir würden dadurch 
genöthigt sein , einen .geographi- 
schen Begriff als Subject zu 
ergänzen. So nach von Richthofen 
z. B. in dem Satze: »Verlauf 
des Kien; (er) reicht bis Ki, 
erstreckt sich bis zum King-shan, 
(und) kreuzt den Ho (bei) Hu- 
K6n\ was den Worten 

« «Iff Ä iiiî . M T »J Oj . 

entsprechen soll. Hat Herr von 
Rosthorn sich wohl die Mühe ge- 
nommen, Herrn von Richthofen's 
»wörtliche" Übersetzung mit dem 
Urtext zu vergleichen? Dem be- 
lesenen Sinologen hätten bei der 
Erörterung des den Schlüssel 
zur Übersetzung bildenden tschi- 
yü ( 3^ -^ ) mindestens die tref- 
fenden Bemerkungen Julieu's 
{Hiown-Thsang ^ I, Préface, p. 
XXXVII) einfallen müssen, der 



mit Recht auf den Unterschied 
zwischen hing{^ ) und tschi{ ^ ) 
verweist, von denen das letztere 
»s'applique aux pays qu'il n'a 
connu que par les chroniques ou 
la tradition orale". Anstatt zu 
sagen: -»erstreckt sich bis'\ hätte 
von Richthofen wenigstens nach 
Julien übersetzen müssen: »ge- 
langt man nacK\ wodurch ein 
ganz verschiedenes Bild geschaffen 
wird. Leider hilft uns aber auch 
dieser Ausweg über die grossen 
Schwierigkeiten nicht hinweg, die 
der vorsichtige alte Legge recht 
gut gekannt hat. Gesetzt wir 
übersetzen: »gelangt man nach", 
oder mit von Richthofen » erstreckt 
sich bis", wie will der neue 
»wörtliche" Übersetzer mit Stel- 
len wie z. B. I, 2:5 des Yü- 

kung: Wd^ i^ M . M ^ 
■^ ^ (^^s Legge S. 94 über- 
setzt durch: »Having repaired 
the works on T'ae-yueu, he pro- 
ceeded on to the south of mount 
Yö") fertig werden? 

Schliesslich müssen wir unser 
Bedauern aussprechen, dass der 
Verfasser die histoiischen und geo- 
graphischen Eigennamen nach der 



BULLETIN CRITIQUE. 



181 



modernen Pekinger-Aussprache in 
englischer Transcription, nach 
Wade's System, bis zur Unkennt- 
lichkeit entstellt hat. Dem Nicht- 
Sinologen werden dadurch unüber- 
windliche Schwierigkeiten zur 
Identification und zum Vergleich 
mit den älteren Autoren in den 
Weg gelegt. 

Es ist niemals Wade's Ab- 
sicht gewesen, sein »Syllabary" 
für wissenschaftliche Arbeiten zu 
verwenden. 

»Als Bretschneider nach Pe- 
king kam", so erzählte Sir Thomas 
Wade dem jetzigen Professor G. 
Deveria, »war er im Zweifel wel- 
schem Transcriptions-System er in 
»seinen Arbeiten folgen sollte; 
»dem Russisch-Mongolischen, dem 
»vom Tzu-erh-chi, oder dem von 
»St. Julien. 

»In dieser Verlegenheit wen- 
»dete er sich an mich und ich sagte 
»ihm, dass man sich auf keinen 
»Fall der Tzu-erh-chi-TrsLDScn^- 
»tion bedienen sollte, und dass 
»ich (Wade) mich selbst nie 
»dieser Transcription in wis- 
»seuscha f tlicheu Arbeiten 
»bedienen würde". 



Bretschneider hat Herrn Deve- 
ria diese Unterhaltung bestätigt. 

Wo also der Verfasser des Tzu- 
erk-cM selbst seine Transcrip- 
tion für wissenschaftliche Zwecke 
verbietet, sollten seine Jünger sie 
doch selbstverständlich nicht be- 
folgen. Der Peking-Dialect ist 
ebensogut ein Provinzialismus wie 
jeder andere; und Peking's Stel- 
lung als Haupt- und Residenz- 
Stadt giebt ihm ebensowenig das 
Recht seinen Dialect als massge- 
bendes Kuan-hua aufzudringen , 
wie der Berliner oder Wiener 
seinen Dialect als massgebendes 
Hochdeutsch hinstellen darf. 

Diese dialectische Aussprache 
als Kuan-ht/a zu missbrauchen, 
und z.B. P etching, anstatt Peking^ 
zu schreiben, steht vollkommen 
gleich dem dass ein Deutscher, 
anstatt Berlin, Börlin schriebe, 
weil der «richtige Börliner" seine 
Vaterstadt so nennt. 

Oder sollen wir alle deutschen 
Wörter die mit G anfangen fortan 
mit einem J schreiben, weil der 
Preussisch-Kaiserliche Residenzler 
diesen Buchstaben so aussi)richt? 
Solleu wir jut anstatt gut , keener 



182 



BULLETIN CRITIQUE. 



anstatt keiner, uf anstatt auf, 
Knappe anstatt Knöpfe, weesst 
anstatt weisst, ick anstatt ich 
schreiben, weil der Berliner so 
spricht? Oder sollen wir als 
Oesterreicher , wenn wir Deutsch 
schreiben, die Wiener Mundart, 
die in Wien vom Kaiser ab 
bis zum geringsten Mann ge- 
sprochen wird, als Normal-Deutsch 
niederschreiben? Herr von Rost- 
horn schreibt ja selbst auch 
Hochdeutsch und kein Wiener- 
Deutsch. 

Das Kuan-hua ist das Hoch- 
deutsch China's; seine orthodoxe 
Aussprache ist vom Kaiser K'ang- 
hi festgestellt, und wir haben 
kein Recht von dieser Aussprache 
abzuweichen und den Herren 
Pekinesen zu Liebe eine heillose 
Verwirrung anzustiften. 

Möge der heutige Pekinese 
Chiang (tschiang), anstatt Kiang, 
und H si, anstatt Si, ausspre- 
chen, dies ist doch kein Grund 
diese Wörter so zu schreiben. 

Die englische Transcription 
ist überdiess für Deutsche gar 
nicht geeignet, weil ein Deut- 
scher das ch nie anders aus- 



sprechen wird denn als %, k oder 
sch\ Chirurg, (;^irurg), Christ 
(Krist), Charpie (Scharpie). Über- 
lassen wie diesen Unfug den 
Engländern, aber die Deutschen 
sollten sich dergleichen neumodi- 
sche Lächerlichkeiten nicht zu 
Schulden kommen lassen, und 
das Kuan-hua, nach der ortho- 
doxen Aussprache (j£ ^)i in 
deutscher Transcription, nieder- 
schreiben, ebenso wie wir Hoch- 
deutsch schreiben gleichviel welche 
Mundart uns als Umgangssprache 
geläufiger sein möge, G. S. 

Inscriptions de VOrkhon dé- 
chiffrées par ViLH. Thomsen, pro- 
fesseur de philologie comparée 
à l'université de Copenhague. 
(Mémoires de la Société Finno- 
ougrieune. Vol. V, Helsingfors, 
1896). 



En l'an 1893, le professeur 
Thomsen publia dans le Bulletin 
de l'Académie royale des Sciences 
et des Lettres du Danemark (pp. 
285 — 299) une Notice préliminaire 
sur l'alphabet turc des inscrip- 
tions de rOrkhon déchiffré par 



BULLETIN CRITIQUK. 



183 



lui, et dont uous avons donné 
un compte rendu dans le T'ouvg- 
pao, Vol. V, p. 171. Pour arriver 
à ce déchififrement il avait pris 
pour base les mots tävgri, kül- 
tigin et türk. 

Dans la première partie du 
mémoire actuel, il nous donne 
une relation détaillée de ses dé- 
chiffrements qui sont actuellement 
garantis par le contenu des textes 
turcs, dont il nous donne la tra- 
duction dans la seconde partie de 
son mémoire. 

Le premier des monuments 
de rOrkhon avait déjà été traduit 
par l'éminent turcologue Radloff 
à l'aide de la clef trouvée et 
communiquée à lui par M. Thom- 
son , sous le titre de Das Denk- 
mal zu Ehren des Prinzen KüL 
Tegin, (St. Petersburg, 1894, 35 
pages). Plus tard, M. Radloff en 
a donné un remaniement dans son 
ouvrage «Die alttürkischen In- 
schriften der Mongolei» (Ibid. 
1894-95, Lief. 1-3) où il a 
traité successivement aussi les 
autres monuments de l'Orkhon et 
de riénissei (Thomson, op. cit., 
p. 81, note 2, p. 91 et p. 219. 



Cependant M. Thomsen a cru 
devoir également publier sa tra- 
duction des deux grands monu- 
ments de rOrkhon, qui diffère sous 
plusieurs rapports de celle de M. 
Radloff. 

Comme nous ne savons pas 
le turc oriental, nous ne pouvons 
pas décider ici laquelle des deux 
traductions, celle de M. Radloff 
ou de M. Thomsen, est la meil- 
leure — les turcologues devront 
décider la question. 

La traduction de M. Thomsen 
est précédée d'une longue intro- 
duction donnant un résumé de 
l'Histoire des Turcs orientaux 
d'après les historiens chinois, 
autant qu'ils ont été traduits par 
des sinologues européens. 

Cette histoire , extrêmement 
intéressante , puisqu'elle est con- 
firmée par «la voix criant des 
pierres» ensevelie pendant tant 
de siècles, est à refaire en entier, 
dès que nous aurons réussi à 
rétablir la forme turque des noms 
et des titres travestis dans la 
transcription chinoise, ce qui n'est 
pas une facile tâche; car il faut 
commencer par rétablir la pro- 



184 



BULLETIN CRITIQUE. 



nonciation ancienne des caractères 
chinois de l'époque de la dynastie 
des T'ang, avant de pouvoir les 
comparer aux mots turcs. 

Comme exemple nous pren- 
drons le titre du Khan en tête 
du 3^ Monument trouvé à Kara 
Balgassoun et dont nous impri- 
mons en ce moment la traduc- 
tion: SMSivBÎ^SM 
'â' fflik # "Pf fF ' selon la pro- 
nonciation actuelle Ting li lo ko 
mo mi chi ho pi kia kho-han. 
Excepté le dernier mot, qui veut 
dire Kagan, toutes ces syllabes 
ne donnent aucun sens et ne peu- 
vent pas être identifiées avec le 
Turc '). 

Rétablissant l'ancienne pro- 
nonciation, nous lirons: 

Ting li la kout bout mit chi 
hap pi kâ khakan. 

En soumettant cette tran- 
scription à M. Thomsen, il y re- 
connut tout de suite le titre turc 
en tête du troisième Monument ^): 
Tangridâ qut hulmys alp hilgâ 



qagan, c'est-à-dire le khan (qagan) 
valeureux (alp) et sage (bilgä) qui 
a trouvé {hulmys) le bonheur {qut) 
au ciel {tangridâ). Cela nous prouve 
qu'en transcription sino-turque le 
t final représente souvent un l, 
comme dans but = 6u/, trouver. 
En Coréen le même fait s'ob- 
serve, et le nom de la ville de 
Tchémoulpo y est transcrit par 
les caractères chinois ^ ^ y^ , 
d'après l'ancienne prononciation 
conservée à Emouï: Tse-bout-po 
où bout représente moul. Jamais, 
dans la prononciation mandarine 
Thsi-wouh-pou , on n'aurait pu 
reconnaître le nom coréen. 

Nous voyons encore que le 
caractère ^ lo qui, en Sanscrit, 
représente ra, représente en Turc 
da, dâ, affixe indiquant le locatif 
ou l'ablatif (Thomsen, op. cit., p. 
^3) : Les syllabes mit-chi représen- 
tent mis ou }7iys, affixe du prétérit 
(du participe), de sorte que hulmys 
signifie «ayant trouvé» (Thomsen, 
op. cit., p. 38). 



1) La transcription donnée par M. WassiljefiF rend ces mots encore plus me'connais- 
sables: Deng-li-lo-gu-mo-mi-si-ho-bi-kie-k'o-han. 

2) Thomsen, Déchiffrement des Ins. de l'Orkhon, p. 13 (297) note; lladloff, Uie alt- 
tiirkischen Inschriften der Mongolei. 3. Lieferung, S. 292. 



BULLETIN CRITiqUB. 



185 



M. Thomsen (p. 59, note 1) 
a également fort bien reconnu le 
titre tare yapgou (jabgu) •) dans 
les caractères chinois ^ ^ qni 
se prononcent encore aujourd'hui 
à Emouï iâp-ho (yep-ho). Les 
lexicographes chinois disent à tort 
qu'il faut prononcer ici le premier 
caractère che, ou ziep, comme 
M. Parker (Thomsen, p. 192, note 
59) le transcrit; car, en ce cas, 
jabgu devrait être prononcé à la 
française avec un j doux, tandis 
que le mot turc a un y dur initial. 

Mais M. Parker se trompe, 
car les lexicographes chinois nous 
disent que le caractère ^ yep 
est aussi prononcé comme le 
caractère j^ step (non pas ziep): 

^je--^W.#^> Yep a 

aussi la prononciation s (ik) -j- 

(s) iep = siep avec un s dur initial. 

Ma Toan-lin écrit ailleurs 



(Chap. 344, fol. 1 verso, V' 
colonne et Chap. 336, fol. 16 verso) 
^ ^ , Nieh'hu en mandarin 
moderne, giâp-gu selon l'ancienne 
prononciation. (Emouï giâp-ho, 
Canton yip-ou). 

Il n'y a donc pas xxnj français 
initial , mais un y ou y allemand, 
affaibli d'un ancien g dur. Pour 
^ ceci est prouvé par la 
prononciation en langue vulgaire 
du mot pour feuille à Emouï: 
hioh, où le g initial est déjà affaibli 
en h, qui, en langue littéraire, 
est encore affaibli en un y initial. 
Les Japonais ont transcrit ce 
caractère par yefïi {^y) = yef, 
comme je l'ai démontré dans mes 
«Desultory Notes on Japanese 
lexicography» {T'oung-pao, IV", 
pp. 191 et 208). 

Il faut se méfier des lexico- 

I 

I graphes chinois dès qu'il s'agit 



1) M. Thomsen, op. cit., p. 146, note 21, fait dériver le mot Tabgou avec an point 
d'interrogation de la racine Tap, «faire, bâtir, arranger, ajuster» (Vâmbéry, N° 131); mais 
les Chinois, qui aiment a rendre aussi bien la signification que le son dans leurs tran- 
scriptions, rendant la première svUabe par le mot yap ^£ = «feuille d'arbre», il me 
semble plus naturel de partir du sens «couvrir» (Vâmbéry, N" 130). Comp. Djagatai 
japuq, voile, couverture, /ajora^, feuille [üecke?], Altaic Jaiu, Decke. La syllabe ^p 
gu signifie en Chinois «protéger», de sorte que Yabgou pourrait jjeut-etre être rendu 
par Protecteur. M Thomsen, à qui j'avais soumis cette supposition, m'écrit cependant 
qu'il lui a semble plus naturel de partir du sens figuré: «arranger» et de traduire ïapgou 
par « Organisateur » (?) 



186 



BULLETIN CRITIQUE. 



de la prononciation de caractères 
chinois représentant des sons 
étrangers. 

C'est pourquoi je maintiens la 
leçon Szekun{^^ jf^) comme titre 
turc. M. Parker prétend à tort 
(Thomsen, p. 193, note à p. 59) 
que les lexicographes chinois nous 
apprennent qu'il faut prononcer 
KH-kin. Le caractère ^^ sze n'est 
prononcé comme k'i que dans le 
double surnom Mek-k'i (^ -^ 

mot pourrait-il représenter un dé- 
rivé de Su (armée), Sükän «Chef 
d'armée» (?),uom qui conviendrait 
parfaitement à un chef de Horde? 
Si le mot n'est pas turc , il pourrait 
représenter le mot Sigoun qui a en 
Mongol la même signification que 
le mot Tore (priuce) en Turc '). 

Déjà en 627 nous trouvons 
un Sze-kun {Sükän "i) des Turcs 
nommé Tchin-Tchou T'ong^) {m. 
^Ä1^/r)- De Guignes, 1, 
597; et en 602 un général {Szekun) 
du nom de Sillieh (Ibid, p. 535). 

On retrouve ce même titre 
chez les anciens Sap ou Sip, 



également une tribu des anciens 
Huns, voisins des Mokko (Mand- 
chourie actuelle), au N. E. de la 
Corée, dont le grand chef s'ap- 
pelait Sze-kun {Sigoun'i) g "j^ 

fy^ {Ma Toan-lin, Cbap. 347, 
fol. 4 recto). 

La même remarque s'applique 
au titre Szelifa {"^ %\] ^) qui 
certainement ne se prononçait 
pas K'i-li-fa, car, pour rendre 
ce titre, les historiens chinois 
écrivent ^ ^I] ^ Kit-li-fa 
(Kilbat?). 

Ma Toan-lin (Chap. 343, fol. 
2 recto et 344, fol. 1 verso, énu- 
mère les grands officiers turcs 
héréditaires ; 

1- ;® # l^irMr^ür,lesGardes(?) 
contenant peut-être un dérivé 
de Kur, en Djagataï «ceinture, 
garde» (?) 

2- W I8t ^pa,Grand-père,Aïeul(?) 
(Thomsen, IW. 2, p. 121 et note 
3, pp. 193 et 196): Inantchou 
Apa\ Kûlûg Apa, etc. 



1) Klaproth, Journal asiatique, Tome VII, p. 264. 

2) Jincä Tang (ou Töng)^ 



BULLETIN CRITIQUE. 



187 



3. ^ M H Sze-li'fa. Sulihat 

ou Sulbat (?) 
4- pi 1Ë ^ Tutunbat. 
5. ^^ ^ Szekun J Sükän? 
^- fâ] (^ 3^ Yeinhongdar? 
7- pM f IJ II KiUi-fa, Kilbat? 
8. ^ fp Tarytaw. 

II résulte de cette liste que 
les Sze-li-fa (3) et les Kit-li 
fa (7) sont deux titres distincts, 
et que la leçon de M. Parker 
K'i'li-fa pour Sze-li-fa doit être 
fausse. 

Les Kilifa et les Totunfa ( ffj^ 
TE ^) étaient des gouverneurs 
de province institués en l'an 619 
de notre ère par le Khan des 
Turcs occidentaux Tang Yabgou 

ciens Livres des Tang, 215 B, 
fol. 5 recto. De Guignes, op cit. 
I, 596). Il est clair que la 
désinence fa {pat, bat, ou bal) 
doit indiquer un rang ou titre (?) 



ou Kir qagav'i) Notons que les 
Chinois ont transcrit le nom des 
Kerkis (nos Kirghiz modernes) par 
Kie-li-ki-se ') (De Guignes, I, 65). 
Le mot Kie-li est donc = Kir 
ou Kil. En l'an 725 nous trou- 
vons un ambassadeur turc nommé 
Asete Kielifa par De Guignes 
(I, 582). Dans les anciens livres 
des T'ang (215 B, fol. 2. verso) 
ce nom est écrit |^ _^ ^, pj 
^J ^ , selon l'ancienne pronon- 
ciation Ochitik Kit-li-bat, équiva- 
lent à Östäg Kir{kiï)-bat{'i). 

Tag veut dire « ressemblant à » , 
comme p. e. dans ^ J|_ ^ 
tangri-tâg, «comme le ciel, res- 
semblant au Ciel» ; Os est peut- 
être = «s, as, «compagnon, ami». 

M. Thomsen a également très 
bien reconnu le nom Ogouz dans 
l'ancien nom Wou-hou que les 
Chinois donnaient aux Ouïgoures 
(Note 22, pp. 147—148): car, en 



quelconque; car nous trouvons effet, les caractères ^^ ^ se pro- 
%alement un Khan turc en 620 nonçaient anciennement 0-gou; 
nommé Kit-li Khakan ( ^ ^J de sorte que le terme iagazgaz, 

qu'on trouve chez les auteurs 
mahométans, représente les mots 



Pffp„ De Guignes, I, 543; 
Thomsen p. 64) - Kil qagan (?) 



1) Bretschneider (Notes on mediaeval travellers to the west, p. 52, note 157 et p. 
74) donne la transcription § ^J ^ ,@» et "^ M 'S H • 



188 



BULLETIN CRITIQUE. 



turcs Toguz Oguz^ «les neuf 
Ogouz», et non pas, comme on 
l'avait supposé jusqu'ici, Toguz 
Uigur ^ «les neuf Ouïgours». 

Les transcriptions chinoises 
ont souvent l'avantage de nous 
conserver l'ancienne prononciation 
turque. Ainsi le nom de la rivière 
Tola est transcrit par eux ^^ ^^ 
tok-la (en mandarin moderne Tola). 
Or M. Thomsen (op. cit., p. 63, 
note 1, p. 180, note 95) nous ap- 
prend que l'ancien nom turc de 
la Tola était Toy la (Togla), la let- 
tre g ayant était éliminée depuis. 

Quant aux deux noms de 
montagne mentionnés dans les in- 
scriptions: ^^ ^$^ Ou-tik-kien 
et ^ § 5 Ut-tok'koun , ils 
sont bien distincts. Nous lisons 
dans l'histoire des T'aug, que 
quand Boila avait reçu en 745 
la permission de s'établir dans 
l'ancien pays des Turcs, il planta 
ses tentes entre la montagne 
Ou-tik-kien et l'Orkhon ("^ ^ 

Ce nom est écrit Olükän ou 



Ütükän dans les inscriptions 
turques et Utikan par Rachid ed- 
din. M. Thomsen (p. 152, N» 32) 
croit donc qu'il s'agit ici du Han- 
gaï actuel, ou d'une partie orien- 
tale des Altai du Sud. 

Mais selon la description chi- 
noise, qui dit que les fleuves 
Orkhon et Tola coulent à droite 
et à gauche de 1' Ütükän , ( j^ ^ 

¥â 04 ± * pa IL ?Rr , k 

^ jfpî]* » Pien-i-tien, I, iT, fol. 6 
recto), ce ne peut être que la 
chaîne de montagnes nommée dans 
la carte d'Anville (7^ feuille de 
la Tartaric chinoise) Pourkassou- 
tey Alin. 

L'autre montagne se trouve au 
sud du fleuve Kerlon ou Keroulan. 

Nous lisons dans l'Histoire 
des T'ang que, lorsqu'en 629, 
Inatn eût reçu l'investiture com- 
me Yin-tchû hilgâ kagan, qu'il 
envoya un ambassadeur pour re- 
mercier l'Empereur et lui offrir en 
tribut des produits de son pays, 
et qu'il établit ses tentes près la 
montagne Ut-tok-koun. Son pays 
était situé à une distance de 6000 
li (environ 2000 kilomètres) N. 0. 
de la capitale. A l'Est il touchait 



BTJLLKTIN CRITIQUE. 



189 



au pays îles Mokko, (la Mand- 
chourie), à l'Ouest aux Yabgou 
Turcs', au Sad au désert de Gobi, 
et au Nord au Koulon Nor ( jjD* 

n M ^ :)§Ä*w# 

Ä^i^o Pie>^-i-tien, 126 II, 
fol. 1. rerso; De Guigues, Ge- 
schichte der Hunnen und Türken, 
I, 53, 62 et 555; Klaproth, Ta- 
bleaux historiques de l'Asie, Carte 
N" 13). 

Comme le Keroulan se jette 
dans le (lac) Koulou'nor^ le terme 
chinois Kûlun choux indique aussi 
bien le lac Kouloun qae le fleuve 
Keroulan (Kerlon). 

La réduction des caractères 
ut-tok-kun doit donner un nom 
comme » Udukun , car les Chinois 
ont l'habitude dans leurs tran- 
scriptions de faire finir la syllabe 
précédente par la consonne de la 
syllabe suivante. Tok commençant 
avec un t, la syllabe précédente 
ut termine en t, et kun commen- 
çant avec un k, tok termine éga- 



lement en k. Comp. ^ (Jg ^^ 
Ut-to-va pour Udâna ; ^ |^ ^ 
^ ^ Ut-to râ-ma puttra pour 
Udra rama puttra, etc. {Toung- 
pao, vol. V, p. 173). 

La leçon Ourgou au lieu 
à'Andargou, pour le nom d'un 
endroit où les Turcs gagnèrent 
une victoire sur les Ouïgoures 
(Inscr. de l'Orkhon, p. 125), reçoit 
une éclatante confirmation daus 
le texte chinois du III. Monument 
trouvé à Kara Balgassoun. 

On y trouve (Colonne XIV, 
49—51) un nom de lieu près 
de Bichbalik, nommé ^ ^ S 
Yun-hoh-hou , selon l'ancienne 
prononciation Oun-at-gou = Oun- 
ar-gou. Le second caractère at 
est souvent employé par les Chi- 
nois pour représenter la lettre R, 
comme p. e. dans Manôrhita 
TK ^ '^ ^1 flË. » moat-nou-r- 
rhi-ta, où at {^) représente un 
R afin de bien faire sentir que 
li doit être prononcé rhi, c'.-à-d. 
un r aspiré; dans Râdja J^ ^ 
^ R-râ'dzia, etc. 

N final représente souvent un 
R, comme M. Hirth l'a démontré; 



190 



BULLETIN CRITIQUE. 



il devient r quand la syllabe 
suivante commence par un r, 
comme p. e. dans Parivrâdjaka, 
transcrit en Chinois ^ ^|] '(^ 
/^ z} ^E ' pan-li-vat-ra tsiak- 
ka — par-ri var-ra (pour vrâ) 
djak-ka. Le Chinois transcrit parri 
au lieu de pari, pour indiquer 
que Va est court. Le nom de 
l'ancienne ville de Tharaz est 
transcrit par les Chinois 'j^ ^ 
1^ tan-la-sze = tar~ra-z. 

Selon cette loi, la réduction 
Ounargou donne Ourgou. J'avais 
déjà trouvé cette réduction depuis 
plusieurs mois, quand je pris con- 
naissance de l'ouvrage de M. 
Thomsen, et je crois que les 
résultats auxquels lui et moi som- 
mes arrivés indépendamment l'un 
de l'autre se confirment mutuel- 
lement. 

M. Thomsen pose la question si 
Ourgou pourrait être le même en- 
droit que la ville moderne à^Ourga 
sur la Tola. Mais ceci est impos- 
sible. D'après une communication 
de M. F. C. Kramp, secrétaire 
de la Soc. de Géogr. Néerl. à 



Amsterdam, cette ville, appelée 
par les Mongols Örgö - palais, 
n'est mentionnée pour la première 
fois dans l'histoire qu'en l'an 
1649 '). Ourgou doit avoir été 
situé plus au Sud, sur les fron- 
tières du Tibet. 

Nous avons encore un point 
à relever dont M. Thomsen parle 
dans son Introduction, p. 96. 
C'est au sujet du Parallélisme 
dans la langue turque. «Comme 
trait typique sous le rapport du 
style», dit M. Thomsen, «il faut 
surtout signaler la figure bien 
connue aussi d'autre part et qui 
consiste à exprimer la même idée 
en deux phrases coordonnées con- 
struites ou parallèlement ou sous 
forme d'antithèse. Non seulement 
cette figure donne au style un 
cachet tout particulier de force 
et de charme ; mais lorsque une 
fois l'on a su saisir la sûreté et 
la logique de l'emploi de cette 
figure, elle se présente également 
à nous comme un auxiliaire ex- 
trêmement important relativement 



1) A 

i880 (en Russe). 



Pozdnejef, «les Villes de la Mongolie septentrionale», p. 2 e. s. St. Pétersboarg, 



BULLETIN CRITIQUES. 



191 



à la juste intelligence de beau- 
coup de passages". 

Nos lecteurs savent que j'ai 
continuellement revendiqué ce pa- 
rallélisme dans le style chinois pour 
l'intelligence de textes difiBciles. 
J'en ai formulé la loi, d'abord 
dans ma traduction de la Stèle 
du Kûl téghin, et récemment dans 
une brochure séparée intitulée «La 
loi du parallélisme en style chinois" 
(E. J. Brill,- 1896). Mon expé- 
rience et mon avis sont qu'on ne 
peut pas traduire correctement un 
seul texte chinois (et aussi, à ce 
qu'il paraît, turc) sans observer 
cette loi importante, et les fausses 
traductions des «amateurs sinolo- 
gues > ne sont dues qu'à l'igno- 
rance et l'inobservance de cette loi. 
En conclusion nous offrons 
ici nos meilleures félicitations à 
M. Thomsen qui a réveillé «ces 
lointains échos d'une épopée na- 
tionale, tour à tour triomphants 
et pleins d'une douloureuse tris- 
tesse, émanant de ces pierres 
I mousseuses" (p. 96). Sans son 



déchiffrement de l'écriture dans 
laquelle cette épopée a été écrite, 
la voix des pierres serait restée 
muette, et seuls les textes chi- 
nois nous eu auraient donné un 



pâle reflet. 



G. S. 



Japanische Dichtungen ( Weiss- 
aster) von Karl Florenz (Leip- 
zig, 1895. Amelangs Verlag und 
Hasegawa, Tokyo.) 



Ein recht interessanter Bei- 
trag zur Kenntnis der modernen 
japanischen Literatur ist unter 
diesem Titel von einem der ersten 
Mitglieder des orientalischen Se- 
minars zu Berlin und derzeitigem 
Professor an der Universität zu 
Tokyo geliefert. Das, auf Crêpe- 
Papier gedruckte und von den bei- 
den japanischen Malern Shösö *) 
und Yoshimune ^) geschmackvoll 
illustrirte Buch ist eine freie Ver- 
deutschung des von Prof. Dr. Inoue 
(# JlS^iP), dem frühe- 
ren Lektor des Japanischen am 



1) ^1^ j^ , Künstlername des Malers Mishima Tanosuke ^^ -^ ^^ ^^ Hft 

2) ^ ^^ , Künstlername des Malers Arai Shüjirö 0j" it ^ ^ Wji . 



192 



BÜLLETTIN CRITIQUE. 



oriental. Seminar zu Berlin, in chi- 
nesischer Sprache verfassten ro- 
mantischen Epos, » Das pietätvolle 
Mädchen Shiragiku" (,^ ^ Q 
'^ -w i^ ) ' ^^^ übrigens auch 
eine sehr geschätzte japanische 
Bearbeitung des Gelehrten Nao- 
bumi Ochiai gefunden hat( :^ ^ 
}ä^^M betitelt). Dr. Flo- 
renz hat — ganz abgesehen von 
den warmen, glatten und klang- 
vollen deutschen Versen, die viel- 
fach an einen Wildenbruch erin- 
nern, das Rechte getroffen, wenn 
er, statt eine wortgetreue Überset- 
zung zu veröffentlichen, eine Nach- 
dichtung geschaffen hat, in der, 
ganz unserm Gefühl entsprechend, 
der Charakterschilderung und der 
Handlung etwas mehr Raum ver- 
gönnt worden ist, während in dem 
Original die das ganze Gedicht 
durchziehenden Naturschilderun- 
gen die ersteren, dem ostasiati- 
schen Gefühl und Geschmack ent- 
sprechend, allzusehr überwuchern 
dürften. Die Heldin des Gedichtes, 
Shiragiku (Weissaster), ist die 
Adoptivtochter eines Samurai, die 
zur Zeit der Restauration, in folge 
der politischen und anderer Ereig- 



nisse, wiederholt von den Ihrigen 
getrennt wird und dadurch in 
traurige und gefährliche Lebens- 
lagen gerät, dann — als ihr das 
Schicksal wieder lächelt — die 
Hand eines vornehmen und reichen 
Bewerbers ausschlägt und schliess- 
lich die Gattin ihres Adoptivbru- 
ders wird, der ihr nach japanischer 
Sitte schon in ihrer Kindheit be- 
stimmt worden war. Dieser ge- 
leitet sie nach der Heimat zurück, 
wo sie den alten Vater wiederfin- 
den , mit dem sie das unerwartete 
frohe Wiedersehen feiern. 

Es ist eine schlichte Erzählung 
auf historischem Hintergrunde mit 
moralischer Tendenz die — wohl 
gerade in der gebotenen Form — 
auf jeden Literaturfreund einen 
unwiderstehlichen Reiz ausüben 
muss. — Von den angehängten 
kleineren Gedichten: »Nächtliche 
Heimkehr" von luoue, »Am Grabe 
der Geliebten" von Ueda, u. s. w,, 
sind zwar einige warm empfunden 
und besonders das zweite ist so all- 
gemein menschlich em pfunden,dass 
es fast für ein deutsches Original- 
gedicht gehalten werden könnte, 
aber eine Lecture derselben nach 



BULLETIN CRITiqUE. 



193 



dem anmutigen Shiragiku dürfte 
das Interesse des Lesers doch eher 
mindern als steigern. Er wird 
daher wohl daran thun, sie zuerst 
durchzulesen, um mit den Schlus- 
versen des Shiragiku das Buch um 
so befriedigter aus der Hand legen 
zu können: 

»Wie steh'n wir tiefer als ein nie- 
drig Tier, 
Wenn Treu und Dankbarkeit uns 
nicht beseelen. 
Ach, wenn ich meines bösen Thuns 

gedenke , 



Zermartert sich mein Herz in Gram 

und Reue. 

Weissaster, Du allein, nur Deine 

Seele 
Ist ungetrübt geblieben. Nur durch 

Dich 
Ist meinem Stamm das herrliche 

Juwel 
Der Dankbarkeit und Kindestreu 

bewahrt. 

Die Blumen in den Gärten all 

verwelken, 

Doch nie verwelkt die Blume 

Deines Herzens". 

A. Gramatzky. 



13 



CORRESPONDANCE. 



Lettre de Mgr. C. de Harlez à M. G. Schlegel: 

Cher et Honoré Directeui", 

Je n'occuperai pas les lecteurs du T'oung-pao des procédés insolites du T. 
R. Père Le Gall. Ma réponse à ses attaques est toute dans une brochure que je 
viens de publier'). Pour mettre les Sinologues à même déjuger de la question, 
j'y ai reproduit les principaux passages du texte qui m'a sei'vi à faire mon 
résumé 2) des doctrines de Tchou-hi. On pourra ainsi facilement apprécier la 
nature de ces doctrines et la loyauté d'un critique qui pei'siste à vouloir faire 
tenir pour une très inexacte traduction d'un certain livre, ce qu'il sait être le 
résumé d'un texte tout différent, d'un texte qu'il ne connait même pas, non 
plus que la version mandchoue qui m'a servi dans son interprétation. Je n'avais 
point encoie rencontré pareil fait. Du reste le R. P. ne traite guère mieux M. 
Mac Clatchie. La traduction du docte missionnaire Anglais n'a été de presque 
aucune utilité à notre jeune savant. 

Agréez, Cher et Honoré Directeur, l'expression de mes hommages dévoués. 
Louvain, 28 fév. 1896. C, de Harlkz. 



1) Tchu-hi. His doctrines and his influence. 

2) Je dis résumé parce que j'en ai banni les longueurs inutiles, les répétitions continuelles 
et la forme dialogique qui en rendent la lecture impossible. 



ANNONCES. 



En vente chez E. J. BRILL; 

LA LOI DU PARALLÉLISME EN STYLE CHINOIS, 

démontrée par la Préface du Si-yû-ki (^ ^ qE)- La traduction 
de cette préface par feu M. Stanislas Julien défendue contre la 
nouvelle traduction du Père A. Gueluy par G. SCHLEGEL, 
Professeur de lansnie et de littérature cbinoise à l'Université de Leide. 



Opinions de la Presse. 

Professor Schlegel has, in this work, rendered a most important service to 
Chinese philology, besides acting as a gênerons disciple towards a master, who, 
though never slow in selfdefence, passed, fully 20 year ago, beyond the reach 
of controversy 

Near the end of 4894, Father A. Gueluy, of the Louvain Seminary of Mis- 
sions to China and the Congo, published in the Mtiséon what he conceived to 
be a correct version of the whole Preface under the title of "A propos d'une 
Préface". There the Note was rendered : — '"Prologue de Ten tchang , Due de 
l'Empire, Censeur des Livres, Conducteur de gauche du char (de guerre)". 

I could hardly believe my eyes on reading this , and I was satisfied at once 
of the Father's incompetence to criticize any translation of Julien 's, or even 
to attempt a version of any Chinese document beyond the most simple pas- 
sages in a Novel 

The Father certainly was no foeman worthy of Prof. Schlegel's steel: and 
I have admired the patience of the latter in taking his version clause by clause, 
and exhibiting it side by side with that of Julien 

The correctness of Schlegel's rule cannot be questioned. It is the most im- 
portant addition yet made to the principle laid down in 1814 by Dr. Marsh- 
man , in the Preface to his Clavis sinica (p. vni) , that "the whole of Chinese 
grammar turns on Position" .... In itself it is a great advance in the analysis 



196 ANNONCES. 

of Chinese composition from the pencils of the most skilful authors, and may 
be expected to give an important impulse to the study of the masterpieces ot 
this literature. 

To a foreign student pursuing such an investigation , the help of a tho- 
roughly educated and extensively read Chinese teacher is as invaluable as the 
use of a large Library is indispensable. It is especially to the latter advantage 
that Schlegel is indebted for the success of his study of the Preface of Chang 
Yiieh, in his discovery of the mistakes made occasionally by Julien, and of 
the absurdities of Father Gueluy • . 

Schlegel's labour must have been immense, and his success is proportionally 

great The explanations of the recondite allusions and meanings throughout 

carry in themselves the best evidence of their correctness. I have paused for 
some time over several of them, but ended in accepting them. 

I know of no work that is likely to do so much good to students of the 
language. It is, indeed, a liber perlegendus. (Professor James Legge, in April- 
number of the "Imperial Asiatic Quarterly Review"). 



Sans doute l'importance de ce procédé familier à la rhétorique Chinoise 
(c'est-à-dire le Parallélisme) n'a point été méconnue par d'illustres philologues 
tels que Stanislas Julien et M. Legge; mais, quoiqu'ils en aient tenu compte 
dans leurs propres travaux , ils ne l'ont point mise en lumière par l'étude 
détaillée d'un texte. M. Schlegel s'acquitte aujourd'hui de cette tâche. Le 
besoin s'en faisait sentir : un auteur ') venait en effet de donner un exemple 
des prodigieux contresens auxquels on s'expose quand on ignore les exigences 
de la loi du parallélisme ; ce qui agravait son cas , c'est que le texte qu'il 
dénaturait ainsi comme à plaisir avait été déjà ti'aduit d'une manière satis- 
faisante par St. JuUen. M. Schlegel n'a pas eu de peine à prouver que l'inter- 
prétation de St. Julien était en général correcte; il a fait plus, car il a éclair- 
ci de nombreuses allusions littéraires dont le sens avait échappé à son devancier 
(St. Julien) et qui demandaient, pour être comprises, une connaissance ap- 
profondie de l'histoire et des livres du Céleste Empire; en discutant, point par 
point, chacune de ces petites énigmes, il a montré aux étudiants à quelles en- 
cyclopédies et à quels dictionnaires chinois il faut demander la solution de 
pareilles difficultés; il leur a donc révélé l'art jusqu'ici trop ignoré de se servir 
des secours que nous fournissent les lettrés indigènes. D'autre part, en établis- 
sant d'une manière définitive la valeur du principe de symétrie dans le style 
Chinois, il a fait un ouvrage bien digne d'être médité par tous ceux qui vou- 
dront prétendre au titre de Sinologue. (E. Chavannes, professeur au Collège 
de France, dans la Revue critique du 6 Avril 1896, p. 262—263). 



1) Le P. A. Guehiy 



L'INTERPRÉTATION DU YI-KING 



PAR 



C. DE HARLEZ. 



o a s(B @ ° o 



Dans uu court article destiné à l'appréciation générale de l'oeuvre 
de M. Philastre ^), et publié dans le T'oung-pao (An 1894, Bulletin 
Bibliographique, p. 93), j'ai indiqué le système que j'avais suivi 
pour traduire ce livre fameux, réputé incompréhensible, ou traité de 
tissu de non-sens, système consistant tout bonnement à traduire 
cet ouvrage, comme tous les autres sans exception aucune, en 
considérant les entêtes des chapitres non comme des sons vides de 
sens, noms-propres de figures qui n'y ont aucun rapport*), mais 
comme des mots de la langue indiquant le sujet du chapitre dont 
le texte se réfère à ce titre et en traduisant le tout comme l'exigent 
les lois et les usages lexicologiques ou syntaxiques du Chinois. 

Il semble qu'il suffise d'énoncer ce principe pour obtenir l'as- 
sentiment général et qu'il reste uniquement à démontrer que l'on 
a réellement procédé comme on le dit, traduisant les textes comme 
l'exige leur sens obscur. C'est ce que je me propose de faire aujourd'hui 
en donnant ici le texte chinois et la traduction collatérale de quel- 
ques chapitres du Ti-hing qui puissent servir d'exemples et de preuve 
pour l'interprétation du texte. Mais avant cela je dois présenter en- 



1) Ainsi pas: le Koua tsing ou Uu, mais bien le chapitre: «puits», «autorité'» etc. 

2) Voir le Journal asiatique. Janvier 1893, pp. 163 et ss. 

14 



198 C. DK HARLBÎ. 

core quelques observations que je n'ai pas suffisamment développées 
dans mon précédent article. 

Je rappellerai d'abord que j'interprète le Yi-king comme le fai- 
saient les Chinois lorsque ce livre parut au milieu d'eux et même 
longtemps après. Les divagations philosophiques qui ont fait dévoyer 
l'exégèse ne sont venues que beaucoup plus tard. Ce fait, je l'ai dé- 
montré clairement par des exemples tirés du Tso-tchuen, des Kue-yu 
et du Lnn-yu. Bien plus, les commentaires I, II, IV et VII qui 
accompagnent partout le texte et remontent à une époque antérieure 
à notre ère, ont mis la chose hors de doute. Je rappellerai seule- 
ment deux des nombreux exemples que j'ai cités comme preuves: 

1. Eu ce qui concerne- la valeur des entêtes des chapitres: 

On lit au Tso-tchueu, an I du prince Min, que l'astrologue Sin 
Liao, ayant tiré les Koua 3 et 8 c'est-à-dire tchun 7^ et p'i J;[j , 
tira son horoscope du sens de ces mots qui signifient entr'autres 
choses, le premier «fermeté» et le second «pénétrer dans» *), comme 
il le dit expressément. 

Au Lun-yu, XIII, 22 Kojig-tze, voulant recommander la constance, 
{he7ig ^^), rappelle le Koua XXXV, (qui a ce caractère pour en- 
tête), et une des phrases du second texte sextuple: «Si l'on ne 
rend pas sa vertu constante, ferme ( 'y^ ) , on encourra la honte ^). 

2. Quant au sens des 6 maximes ou phrases qui composent le 
second, on voit déjà par le passage cité du Lun-yu qu'elles étaient 
en rapport avec l'entête; puisque la première sert de développe- 
ment au second. 

On le voit encore dans ce passage du Tso-tchuen {Tchuang-kong , 
An XXII) où l'historiographe cite une des six phrases du Koua XX, 
{kouân ^^) «Contempler, venir voir l'éclat d'un royaume; il est 






l'interprétation ÜU yi-king. 199 

avantageux d'être l'hôte d'uu roi», et applique ceci en rappelaut 
les dons que l'on fait au visiteur d'une cour '). 

Evidemment il n'est là question, ni de scènes, d'objets figurés 
par les lignes des hexagrammes , ni de dissertations philosophiques 
sur le Yin et le Yaiig, mais uniquement de phrases prises dans 
leur sens naturel et mises en rapport avec les entêtes significatifs 
des chapitres. 

J'avais également expliqué ce qui a trompé M. Philastre, et je 
n'ai plus à y revenir. 

Certaine autre version pêche uniquement en ce que sou auteur 
n'a vu dans les entêtes que des noms-propres des figures hexagram- 
matiques ou Koua et, conséquemment, qu'il n'a conçu aucun rap- 
port entre ces entêtes indiquant les sujets et le texte des sections, 
mais qu'il a considéré malheureusement, dans chacune des six sen- 
tences qui composent le second texte , l'indication de ce que repré- 
sentent les lignes correspondantes, par leur chiffre, des hexagrammes. 

C'est ce qui nous a donné par exemple, l'interprétation que voici 
du Koua XL, Kîe^ nécessitée par l'opinion régnante alors: 

La première ligne divisée ( ) montre que son sujet ne 

commet pas d'erreur. 

La seconde, pleine ( ) montre son sujet attrapant trois 

renards à la chasse et obtenant la flèche d'or. Avec une ferme 
correction il y aura bonheur. 

La troisième, divisée, montre un porteur avec son fardeau dans 
un char. 



~r, . Quand les dous de cour pleine ont été faits (termes techniques indiquant les dons com- 
plets que doit faire le prince visité selon VY-li), on fait à l'hôte (du prince) cent dons de 
pierreries et de soie (biens précieui du ciel et de la terre). C'est pourquoi il est dit (an Yi) 
« Il est avantageux d'être l'hôte du roi ». Ce que suivent les mots : <c Regarder {kitdn) 
indique qu'il est question de l'avenir». 



2Ö0 



C. DE HAULEZ. 



A la quatrième, pleine, on dit à son sujet: retirez vos talons. 

La cinquième, divisée, montre son sujet, l'homme supérieur 
exerçant sa fonction. 

A la sixième divisée ( ) nous voyons un prince feudataire 

(avec son arc) tirant un faucon sur le haut d'un mur élevé et l'atteignant. 

Et tout cela expliquant cette simple figure = . 

En réalité, quand on retranche de cette version tout ce qui 
est absent du texte, et qu'on traduit naturellement, le texte donne: 
1.- Délivrer est un acte excellent, sans reproche possible. 

2. (Réussite). Si à la chasse, on attrape trois renards on ob- 
tient la flèche d'or (le prix). Issue heureuse d'une difficulté. 

3. Si un porteur va en char, il attirera les brigands. Issue 
malheureuse. 

4. Si vous échappez, réussissez et montrez vous, les amis vien- 
dront témoigner leur fidélité. 

5. Le sage seul sait écarter les maux. S'il réussit, il acquerra 
la confiance du vulgaire. 

6. Un prince, qui sait, en tirant de l'arc, atteindre un oiseau 
perché sur un mur élevé, réussira en toutes ses entreprises. — Il 
saura disperser les rebelles. 

Le tout est un développement de l'idée de «délivrer, disperser, 
réussir, résoudre une difficulté» d'écarter (tout ce qui- est nuisible 
au sujet de l'hexagramme) ou (comme Legge le reconnaît lui-même 
dans une note) «untying a knot or unravelling a complication». 
Mais cela n'a aucun rapport avec les lignes. 

Cet exemple suffit, ce me semble, pour prouver que ce n'est 
pas cela. 

Quant aux phrases prises isolément et détachées des liens au 
moyen desquels elles sont ainsi rapportées aux lignes de la figure. 



l'interprétation du yi-king. 201 

elles sont généralement traduites avec exactitude. Legge est irré- 
prochable sous ce rapport. Mais, chose importante à noter, il n'y a 
rien, absolument rien, dans le texte qui corresponde à ces expres- 
sions: La X" ligne pleine ou divisée montre ceci ou cela. Ou bien: 
à la X* ligjie on voit etc. Ces termes sont ajoutés partout pour établir 
un rapport entre les six sentences et les six lignes des Koua, et c'est 
ce rapport forcé qui donne à tout le Yi-king cet aspect qui a 
permis de le qualifier de «tissu de non-sens». 

On verra plus loin comment un simple changement d'apprécia- 
tion et de relation donnera à ce livre, si bizarre en apparence, 
une signification rationnelle à tous les points de vue. 

Mais avant cela nous devons dire un mot du système d'inter- 
prétation imaginé par feu le Prof, de Lacouperie. Ce savant et 
regretté sinologue fut le premier qui chercha à trouver quelque 
chose de raisonnable et d'ordinaire dans le livre des Yi et attribua 
une signification aux entêtes des sections. Ce qui l'empêcha de voir 
toute la vérité, c'est qu'il écoutait trop son imagination et s'éprit 
trop de ses souvenirs archéologiques. Au lieu de suivre un même 
système dans tout le cours de l'interprétation, il y chercha des 
choses extraordinaires, des rapprochements non légitimés, et pour 
cela il n'hésita pas à modifier les caractères chinois, à donner même 
à bon nombre de mots des sens inexistants. 

Je ne donnerai de ces écarts malheureux que deux ou trois 
exemples. 

Le Koua ou la Section XIII a pour entête |^ ^ T'ong jin ce 
qui, de l'aveu de tous les commentateurs, signifie «L'homme de con- 
corde». Lacouperie voulut y voir j|^ ^, également Tong jin, et 
ainsi cela devint «l'homme des cavernes, le troglodyte». 

L'entête du Koua XLI est 7^ yuen, diminuer. Lacouperie voulut 
que ce fût une altération du primitif ^ , idéogramme des objets ronds. 

Il en résultait qu'au § 2, au lieu d'avoir «il est avantageux 



202 C. DE HARLBZ. 

et juste quand on corrige le mal de ue point le diminuer ou aug- 
menter» '), (mais d'observer la juste mesure, la juste appréciation), 
on devrait lire «il est avantageux .... de ne point Chose ronde 
l'augmenter. «Cela devenait ce que les Allemands appellent un Unding. 
Au Koua XIII les troglodytes donnent des sens aussi impossibles 
qu'il serait trop long d'énumérer. 

Ajoutons seulement que pour démontrer le sens de «briser, 
fendre» que Lacouperie attribuait au moi p'i \^^ au Koua VIII, il 
apportait en preuve ces trois mots d'un commentaire j^ É^ -^ , 
dont il laissait le dernier de côté et traduisait cracked earthenware. 
Or tous les sinologues savent que ce genre de phrase indique le 
sens d'un mot par un synonyme, et que cette expression signifie 
« P^ p'i est synonyme de ^ fu». Or ce dernier mot signifiant 
«assister, secourir», ces trois mots veulent dire: p'i signifie «se- 
courir, aider» etc. Fu peut encore être traduit, il est vrai, par 
«bois, perche servant à un chariot» mais jamais earthenware] 
d'ailleurs ici cette dernière acception ne peut être introduite eu 
aucune manière. 

Nous pourrions citer bien d'autres exemples de ce genre d'exé- 
gèse, mais il nous répugne d'aller plus loin. 

Lacouperie défendait ses modifications de texte et attaquait mon 
système en prétextant des altérations prétendument opérées par le 
célèbre prince Wen Wang. Mais ce n'est là qu'une légende contraire 
aux faits. Comme je l'ai montré. Wen Wang ne connaissait pas 
même le Yi-King, ou, du moins, n'en usait point. 

Mais en voilà suffisamment de ces préliminaires exigés par l'état 
de la cause. Venons-en à l'objet principal de cette étude. 

Ce qui a pu jusqu'ici laisser planer le doute sur le vrai système 
d'interprétation du Yi-king, c'est que je n'ai pu encore comparer 



1) TraJ ê Yj£ bij ^ ifpî "^^ ^^ . On pourrait aussi traduire, il ne faut 
point le surfaire d'une manière nuisible (ou coupable). Tuen a aussi le sens de nuire, faire tort. 



l'interprétation dû yi-king. 203 

le texte avec ma traduction, en publiant l'une ou l'autre section 
(lu Chinois avec la version en regard. 

C'est ce que je me propose de faire, aujourdbui que je puis 
disposer de quelques pages du T'oung-pao, grâce à l'obligeance de 
ses savants directeurs, et de l'imprimerie chinoise de son éditeur 
justement renommé pour son habilité en cette difficile matière. 

Il ne s'agit pas naturellement de reproduire tout le Yi-King^ 
mais seulement deux ou trois sections choisies à des places éloig- 
nées les unes des autres, pour servir d'exemples et de preuve *). 

Pour l'intelligence des lecteurs qui ne sont pas familiers avec 
notre sujet, nous rappellerons que le Yi-king est composé de 64 
Sections ayant chacune: 1° une figure composée de 6 lignes, pleine 
ou coupée , avec un caractère chinois comme entête. 

2° Un premier texte indivis. 

3^ Un second texte partagé en 6 sentences, d'après le nombre 

des lignes. 

II. Que le texte est accompagné et entrecoupé par deux com- 
mentaires, dont le premier suit le premier texte indivis qu'il com- 
mente, et le second indique d'abord le symbolisme de la figure, 
puis explique chacune des six sentences, une à une. 

Le Schema est donc ainsi fait : 

A. Figure et Entête. 

B. 1^^ texte indivis. 

1^^ commentaire (Tuan yuet). 
Symbolisme du 2^ commentaire. 

C. 2® texte. 1^ Sentence; comm. {Siang yuet). 
2^ Sentence; comm. etc. etc. 

Voyons maintenant le texte et la traduction de quelques Sections. 



1) Nous devons faire observer aux lecteurs du T'oung-pao que TAe Imperial and Atiatie 
quarterly Review publie en ce moment, en Anglais, une seconde édition de notre traduction, 
dans laquelle nous arons modifié par ci par là quelques phrases de notre première œuvre 



204 C. DE HARLEZ. 



I. Section IV, 



- - ^ Me7ig, grossier, intelligence non développée, être non 
formé. 

V' TraxE indivis: M^ U^ ^ MM ^ MB^ ^ ^ 

L'esprit grossier se développant (pourqu'il se développe) ce n'est 
pas à moi (le maître) à chercher le jeune homme à l'esprit inculte, 
c'est à lui à chercher le maître. (Quand on consulte le devin) il 
répond une première fois ; si on interroge un second ou un troisième , 
c'est qu'on le traite avec dédaiu, il ne répond plus. 

1^"^ Commentaire Tuan. a) En se développant, l'esprit inculte 
avance au temps propice, atteint son terme, b) «Ce n'est pas à 
moi etc.» Le but doit convenir à la chose. — c) «A la première 
interrogation etc.» — y^ ^: Ce dédain c'est la grossièreté in- 
culte dont il est ici question. Par l'éducation, l'esprit inculte, non 
formé, se rectifie. Le Saint l'y aide, ^ Jt^ ^ JH ^ §^ !^ JËt • 

2® Texte sextuple Siang. V^ ligue (coupée) -^^ ^ ^)| ^ ^J 

>\. ■» ffl iê S i'Ä Ut Ö ■â' ' ^^"^ dissiper la grossièreté, il faut 
user de châtiments *). Il faut user de conseils et de châtiments (de 
menottes), pour écarter toute suite funeste ultérieure, tout regret. 

CoMM. Siang. Il est bon d'employer les exécuteurs pour faire 
exécuter les lois. 

2e ligne (pleine) >^^^J^i|^^^^^. 

Protéger l'ignorant {meng) est chose exellente; diriger, contenir 
la femme l'est également. Ainsi le jeune homme (corrigé, constant) 
peut soutenir sa famille. 

CoMM. Siang. Le jeune homme peut soutenir sa famille. Ainsi 
le fort et le faible s'entr'aideut W\ ^ ^ . 



1) Des exécuteurs. 



l'interprétation du Yl-KING. 205 

3« ligne (coupée) ^^ B M 'Â M. ^ o^ Z- ^ ^ ^ i^ 
5^ , Ne pratiquez pas , en prenant une épouse , de considérer sa 
fortune. L'époux qui ne se possède pas lui-même, n'aura pas de 
succès, de bonheur. 

CoMM. Siaîig. ^ ^ jj^ , cette manière d'agir n'est pas favo- 
rable, heureuse. 

4^ ligne (coupée) ^ ^^, L'ignorant, l'inculte abandonné, 
pauvre, est malheureux. 

CoMM. Siang. Le malheur de l'ignorant abandonné, est que la 
vérité est éloignée de l'isolé ^ jM, Ä "tÖt • (L'isolé est éloigné, etc.). 

5^ ligne (coupée) ^ ^ "^ , Le jeune ignorant (peut être) 



FI 

heureux '). 

CoMM, Siang. Cet avantage est que «il devient soumis avec 
humilité, condescendance» jl^ ]^ |ê . 

6e ligne (pleine). ^Wl^ßt^MM^^ 

Quand on dirige l'homme grossier, il ne faut pas être tyran- 
nique, mais empêcher les traitements mauvais, trop durs. 

CoMM. Siang. Il est mieux d'empêcher les mauvais traitements. 
Alors les supérieurs et les inférieurs (le haut et le bas) sont eu 
concorde Jl "f HH ^ . 

Ai-je besoin de faire remarquer que chacune des sept parties 
de ce chapitre présente un cas d'emploi du mot meng ^ et dé- 
veloppe l'idée qu'il désigne. Il est répété à chaque phrase et les 
commentaires ne font qu'ajouter à ces idées. C'est donc là évidem- 
ment le sujet du chapitre. 

L'appendice VI du texte actuel confirme complètement cette 
explication. Il y est dit en effet, en parlant des Koua ou Sections 
3 et 4: Ig tchun {Koua 3) est la première naissance des êtres; 
quand les êtres naissent, ils sont meng {Koua 4); meng c'est in- 

1) Oa simplement T'éng meng «pronostic heureux». 



206 C, DE HARLEZ. 

complet, inachevé, non formé, non instruit; c'est pourquoi tchun est 
suivi Aemeng H ^ Ôéu Z ^^ ê^^ , ^ §£. 'Jii' M , iSC ^ 

Ainsi meng est bien le mot de la langue et non le nom d'une 
figure. Les 4 derniers mots le prouvent surabondamment. 

Même chose à l'appendice VIT où meng est défini: ^ *) ^ 
tfiij ^, confus s'illurainant, ignorance s'éclairant. Ce qui est l'ex- 
plication des deux premiers mots ^ ^ . 

Enfin pour être complet, ajoutons l'explication du symbolisme 
de la figure ou Koua qui représente une source d'eau E-^ sous une 
montagne = = ^) ou un précipice. 

Le tuan explique ainsi «c'est une montagne ayant sous elle un 
précipice, cela donne l'idée du précipice et de ce qui arrête l'inintel- 
ligence {meng), empêche d'y tomber». 

Et le Siang: «C'est, sous une montagne, une source jaillissante. 
L'homme supérieur agit selon la vérité (ou avec résolution) et dé- 
veloppe ses vertus». Cette source sortant d'une montagne est la 
figure de la conduite du Kiun-tze ^). 

Koua XX. 

E = Kuân, Voir, contempler. — paraître, aspect ou maintien 
extérieur, gravité, dignité extérieure. 

1®^ Texte. Maintien grave et digne (comme) se purifiant et 
n'offrant pas le sacrifice, plein de sincère piété et de dignité. 



1) Les appendices VI et VII expliquent les sujets des 64 Sections et leurs rapports. 
L'appendice VI suit l'ordre du texte. Au Vil« les sujets sont pris deux à deux comme 
opposés et dans un ordre arbitraire. 

2) Ces deux trigrammes, lus K/iân et Kan repre'sentent: le premier, l'eau terrestre des 
gorges et le péril, etc., le second, des montagnes et le repos, l'arrêt. 



l'interprétation du yi-king. 207 

V^ CoMM. répète cette phrase et ajoute: Les inférieurs le regar- 
dent et se réforment (à son exemple ~J\ ^ \fQ ^ ^)- — Puis 
vient cette réflexion morale. Contemplant la loi spirituelle du Ciel 
{Tien tao) et les quatre saisons qui ne varient jamais, le saint 
constitue son enseignement d'après cette loi spirituelle, et le monde 
lui obéit, s'y conforme *). 

2® Texte, l'^^ ligne (coupée). Regard, maintien du jeune garçon 
m! ^<' P^^^ l'homme vulgaire, (il est) sans cause de blâme; pour 
l'homme supérieur, il est blâmable, déplaisant /J> ^ ^ ^ ^^ 

2® CoMM. Maintien du jeune garçon; façon d'agir de l'homme 
inférieur, vulgaire /J> ^ ^t' 

2® ligne (coupée). Regarder, épier d'une porte entr'ouverte ; pour 
la jeune fille c'est bien. 

2^ CoMM. Même phrase, moins 5^] ; puis: mais cela peut être 
parfois déplaisant, honteux '^ ^ ^ "tÖi ^)- 

3^ ligne (coupée). Je dois examiner ma vie, mes actions^) ^^ 

2^ CoMM. Répète toute la phrase et ajoute ^ -^ ^ j^ (ainsi 
on) ne manque pas le droit chemin, la voie de la sagesse. 

i" ligne ü H <: 3fe .fIJ ffi « T î. 

Pour voir la splendeur du royaume, il est bon d'être l'hôte du Roi. 



1) rc^<m-Äi explique ici r«^« par: ^JO/KÀffiïl^A/^ff^'tfco 

^ par « devant sacrifier et se lavant le» mains » et ^S par « offrant la liqueur et les 
aliments pour le sacrifice». 

2) Le sens de cette phrase est trop simple et trop clair poarqu'il soit utile d'en 
donner le texte. On remarquera seulement qu'elle commence par le mot ^^S de l'entête. 

3) Les commentaires disent que c'est honteux chez un mari y ti^ yT ,^ • 

4) ^^; comm. ^Ç ^ mT ^"J" -m . — Litt, les allées et venues. 



208 C. DE HARLEZ. 

2^ CoMM. Voir la splendeur du royaume '). C'est un hôte supé- 
rieur royal (qui fait cela). 

5^ ligne (pleine). Examinant ma vie (moi) Kiun-tze (je serai) 
sans reproche. (Comme aux 3® et V^ lignes). 

2^ CoMM. Examiner ma vie; examiner le peuple ^ ^ ^). 

6^ ligne (pleine). Examinant sa vie, le Kiun-tze est sans reproche 
(comme à ligue 5 ; sauf que le pronom ^ remplace ^ ). 

2^ CoMM. Examiner sa vie ^ ^ ^ (cela doit être) quand la 
volonté n'est pas encore entièrement égale ]^ ^ 2jSl ^y 

Symbolisme. 2^ Comm. Le vent soufflant sur la terre *) c'est le 
Koua Kxiân. Les anciens rois inspectaient les pays et examinaient 
leurs peuples pour fixer leurs règlements, leurs enseignements. 

Le grand, le chef, inspectant est en haut, obligatoirement il 
garde le milieu, et avec parfaite rectitude il inspecte le monde. 

Il serait impossible de contester que le mot Kuân de l'entête est 
le sujet ou l'occasion de toutes les phrases du texte comme des 
commentaires et que ce hiân est le terme commun: voir, examiner, 
paraître, maintien etc. 

Lacouperie avait imaginé qu'il s'agissait d'un prince Kuën dont 
il est parlé au Chi-king , et que nous avions ici une ballade en son 
honneur. Mais outre que cette idée donne un sens peu satisfaisant 
aux différentes phrases, les commentaires les plus anciens attestent 
qu'il ne s'agit pas de cela. 



1) Les quatre premiers mots du texte. 

2) Le comm. semble prendre ici sing comme signifiant «être vivant». 

3) Quand les passions l'agitent encore, comme une eau est agitée par le vent, 

4) _ _ figure le vent et EE, la terre; Voir la figure. 



l'interprétation du yi-king. 209 

Eu outre le passage du Tso-tchuen où ce mot est expliqué nous 
donne entièrement raison. 

La rencontre du mot kuân, y est-il dit, prouve que le pronostic 
concerne l'avenir. 3^ 7^ ^ ^ ^^ ^ ^ ^ ^ [Tchuang- 
kong, XXII, 3). Parce que le regard se porte sur ce qui est devant 
soi, au loin. 

Ceci est encore confirmé par le passage correspondant de l'ap- 
pendice VI, qui porte: ^ Lin, l'autorité, (du Koua précédent) est 
une grande chose: Ta, "^. Quand les êtres sont grands on peut 
les voir ^ ^ ; c'est pourquoi ta est suivi de Kuân et l'appen- 
dice VII explique ainsi Kuâti: ^, ^ ^ ^ > le sens de Kuân 
est «rechercher», «venir examiner». — L'auteur a choisi cette 
acception spéciale du mot pour le besoin de la rime: Keu y rime 
avec Yeu ^g . 

Koua XXII. 



^: p^- 



1. Éclat, orner, rayon. 

2. Exercer, rendre fort; fort; grand. 



Ä ^ /J"* ^J '^ ié Ö • ^^^ Texte , explication générale. 

L'éclat, la pompe développée, grandissante est de peu d'avan- 
tage, quoique l'on fasse. (Litt, où qu'on aille) *). 

V' Commentaire. ^B^J^it') A^ifc- C'est par l'art 
et l'intelligence que l'on règle la belle ordonnance de l'humanité. 

C'est en contemplant la belle ordonnance du ciel (les astres), que 
l'on peut observer les changements des saisons. C'est en contemplant 
celle de l'humanité (les humaniora, comme dit Schlegel), que l'on 
peut (apprendre) à changer et perfectionner le monde. 



1) Legge traduit si on peut avancer (et prendre le commandement). 

2) Com. faire que chacun ait son lot. 



210 C. DE H AR LEZ. 

Second texte à six parties: 

Pr (ligne pleine) ft ^ ^jt ^ ^ fflî ^ • On fortifie (2^ 
sens ') ses pieds en quittant son char et marchant. 

2^ CoMM. {Siang yuet). On quitte son char et l'on va à pied 
quand, par convenance, on ne va pas en voiture. 

2® (ligne coupée), ft S ^. Orner sa barbe, la mettre en bel 
ordre et la rendre luisante. 

3^ CoMM. Rendre sa barbe belle: w. J^ Jpt, cela aide à s'élever, 
prospérer *). 

3^ (ligne pleine) ft $P JH ^B ^ ^ "^ • Brillant, prospérant, 
toujours vertueux (on aura un) sort heureux. 

CoMM. ^^^'§^^^1^. Le sort heureux de la con- 
stante vertu est que jusqu'à la fin elle n'aura point de mal à 
subir, on ne lui nuira pas. 

4« (ligne coupée) ft ^B # $B Éî .^ ^ *R E S ü j^- 
Belle, brillante, simjde comme un griffon blanc (cette jeune fille) 
ce n'est pas un coquin qui l'épousera. 

CoMM. ^^ ^ ^ . Elle sera sans faute (reproche) jusqu'à la fin. 

5« (ligne coupée). ft^='jÈH^S^ϧl?«'La 
lumière, les rayons (paraissant) sur les collines, les sépulcres, est 
unie (d'abord) comme un rouleau de soie blanche, répandu parci- 
monieusement, mais à la fin, elle réjouit, rend heureux. 

Ou bien: les ornements des jardins, le rouleau de soie (obtenu) 
peuvent être minces et parcimonieux, mais néanmoins ils finissent 
par faire plaisir. 

CoMM. Le plaisir dont il est question ici, est la joie du coeur 
que cela procure. 



1) Le commentaire 6 prend pi dans le premier: En fortifiant sa vertu on fait briller 

-corps m Mm M' 

2) Les trois mots peuvent avoir plusieurs sens très différents; nous en donnons un. 



l'interprétation du Yl-KING. 211 

6^ (ligue pleine) ^ ^ ^ ^ . Le rayon blanc est sans défaut 
(c'est la couleur parfaite) '). 

Com. Quand c'est sans défaut, c'est qu'il a atteint son but su- 
prême _il ^ ^ (il s'est élevé, ou le supérieur). 

Ici encore il ne peut s'élever la moindre contestation, le mot 
^" se trouve à chaque sentence. Ce sont autant de cas d'emploi 
de ce terme, et il n'y a pas la moindre place pour une considération 
philosophique. Bien plus, le VI^ appendice porte expressément: PH 
est orner ^^%^ et le VIP: ^ ^ Ê it » ^'^ signifie 
«sans couleur». Voir la ligne 6 ci-dessus. 

Nous avons passé dans les commentaires deux phrases qui se 
réfèrent uniquement à la forme des figures hexagram matiques et 
n'ont point de rapport avec notre sujet. Nous les donnons ici pour 
être complets. 

La première est au commentaire général tuan. On y lit: 

«Le faible vient et orne le fort; c'est ainsi qu'il prospère»; à 
son tour le fort est en haut et orne le faible; c'est pourquoi il y 
a peu de profit*). La seconde, au commentaire Siang Yuet, donne 
le symbolisme de la figure. 

Le feu sous une montagne c'est p'i. Le Kiun-tze ainsi illustre 
tous les principes gouvernementaux, mais n'ose pas trancher toutes les 
questions débattues \\M^ ^ j<.^ .^ ^ ]^ ^^^ ^, )^^^ 
^ ^. Enfin au com. de la ligne 4 il est dit: la position conve- 
nable est douteuse. Il s'agit des lignes de la figure. 



1) Com. C'est le point suprême ^fe de l'éclat qui retourne a la source de la lu- 
mière J^ "^^ >/g — P* -ir' m , ou sans couleur spéciale ou couleur blanche qui n'en est 

pas une; c'est l'absence de couleur. 

2) Ceci n'ayant aucun rapport arec le texte, il serait inutile de reproduire les carac- 
tères chinois Le mot «vient» (lai) signifie ici est au milieu le Tin et le Yang). 



212 C. DE HARLEZ. 

Koua XLYIII '). 

^ tsing puits. 
1- Texte. ^âT>i&#S^S#. #?R## 

On peut changer de place une ville, mais pas un puits; on ne 
peut ni le perdre ni l'acquérir (il existe ou il n'existe pas). On y 
va, on en vient, on emploie le puits ^). Si la sécheresse est extrême, 
et qu'on brise le seau avant que la corde soit toute descendue et 
atteigne l'eau ^), c'est un malheur. 

1^"" CoMM. ^ ^ ^ j^ _[^ "^ ^ entrer, prendre dans l'eau 
et la faire monter c'est un puits. Le puits entretient ^ et ne 
s'épuise pas ^ ^ iËt • 

On change de place une ville mais pas un puits *); il détermine 
le centre (de la localité); quand il est desséché, avant que la corde 
ait atteint l'eau (c'est-à-dire avant qu'il ait servi, ^ ^ '^ j^ ^)i 
si son seau est brisé, c'est malheur. 

1^ (ligne coupée). Un puits embourbé ne peut servir à l'alimen- 
tation. ^ ]^ I^ '^ . Un puits desséché est sans oiseaux -^ ^ 
^ ^ ^^^ l'évitent -^ -j;^ (com.). 

2^ (ligne coupée) ^ ^ ^i Mi ^^ '^M ' ^^ P"^^^ ^^^ ^ "^ 
trou laisse échapper les poissons; le seau brisé laisse échapper l'eau. 

3« (ligne pleine) ^ M X- ^ 1^ ^ ^iT^ tt'J ^ ^ Wc ï 
BM MIL ^ ^ Jnë • Un puits sali n'abreuve pas ; cela rend nos coeurs 



1) Pour ne point prendre trop de place, nous ne donnerons plus que le texte seul; 
cela suffit. 

2) Peut-être: en ordre, chacun à son tour, mais les comm. expliquent: tsinç hJii tsing 

3) Ccmm. 5|c ^ ^ • 

4) Dans l'antiquité chinoise les déplacements de capitale étaient assez fréquents. On 
construisait les habitations autour de l'endroit où l'on avait trouvé un puits. 

5) Comm. ± [jj ^JC ^ ?!/ • 



l'interprétation du yi-king. 213 

anxieux ; car on pourrait s'en servir pour tirer de l'eau. Si le roi était 
éclairé, nous pourrions en tirer de grands avantages '). 

4^ (ligne coupée) ^ ^ ^ ^ , Un puits bien maçonné est 
sans inconvénient *). 

5^ (ligne pleine) ^ ^J ||| ^ ^ , La source fraîche et pure 
d'un puits sert à l'entretien, l'aliraentatiou. 

6^ (ligue coupée) ^jj^^^^;^^^^, Un puit« où 
l'on puise abondamment ^) et point recouvert (fermé), est une source 
de biens*), l'emblème d'un bonheur suprême. 

Il serait superflu, je pense bien, d'ajouter que tsing, puits, est 
le sujet de cette section, et que toutes les phrases du 1^^ comme 
du second texle qui s'y rapportent, sont des expressions dans les- 
quelles figure le mot Tsing. 

Ces exemples suffiront, ce me semble, pour convaincre nos lec- 
teurs qae la véritable explication du Yi-king est dans cette con- 
ception de sa nature. Mais pour être entièrement exact et complet 
je dois ajouter que le rapport entre les textes et les entêtes des 
sections n'est pas toujours aussi évident que dans les chapitres que 
j'ai choisis pour la démonstration. 

Parfois le rapport est dans l'idée et non dans les mots, et le 
mot-entête ne se retrouve pas lui-même dans les sentences du texte 
ou dans quelques unes d'entre elles. 

Ainsi au Koua XI, tai ^^, union, pénétration, la première 



1) Plaintes des citoyens d'nne ville sar la négligence dn souverain. Prière an souverain 
dit le Commentaire. 

2) Peut-être aussi : puits bien maçonné (expression indé]^)endai]te) , puis le pronostic. 

3) Com. JW ^^ , prendre en puisant. 

Pj ,Jr\ J^i. Ces deux mots peuvent avoir de très divers sens. Les Com. expliquent «qui 
a une source d'où Teau monte sins s'épuiser 9. lie puits aide en faisant monter l'eau quand 
le trou de la terre n'e&t pas bouché à son orifice. 

16 



214 C. DE HARLBZ. 

sentence du 2^ texte donne simplement une figure des avantages 
de l'union. 

«Si on arrache des plantes dont les racines s'entremêlent, elles 
viennent plusieurs ensemble» :J^ ^ ^ J[^ ^ ^ ^j£ (on les prend 
par leur groupe). 

Parfois aussi les sentences ont été divisées pour en former six; 
il en est, ainsi, qui ne forme que la fin, le complément de la pré- 
cédente et ne reproduisent pas le terme sujet. 

Par ex. au Koua XXV ^ ^ Wu Wang, irréprochable, la 
première sentence est ainsi partagée. 

1. Quand on est irréprochable en sa conduite, on est heureux. 

2. On récolte sans labourer, on moissonne sans avoir semé, 
tout réussit. 

Et la seconde forme les deux paragraphes suivants; 

3. L'homme irréprochable peut avoir des calamités: par ex. 

4. S'il sait rester juste, il sera sans reproche ^ ^ — s'il 
reste ferme. 

Deux fois deux ou trois mots prononcés de même viennent se 
réunir sous un même caractère prononcé de cette façon. 

C'est le cas au Koua II où Kwun {Kwen) «principe terrestre», 
comprend également Kwun fermer et Kwun vêtement impérial — (A 
l'époque primitive les accents n'étaient point observés) — et au Koua 
XXXI où ^ contient ses dérivés ^ et p^. Un très petit nombre 
de phrases, trois ou quatre peut-être, se prêtent difficilement à l'ex- 
plication, leur rapport avec le sujet est difficile à saisir, bien que 
cela ne soit pas impossible. Mais un si faible nombre ne peut former 
aucune objection contre le système: d'autant plus que le texte a 
pu être altéré et l'a été parfois. 

Deux ou trois sections semblent former un morceau de littéra- 
ture spécial, entier. 

Cela paraît certain pour le Koua 36, où est relaté le mythe de 



l'interprétation du yi-king. 215 

Ming-i. Le Kona 53 paraît être une ode dans le genre de celles 
du premier livre du Chi-King. 

Le sujet est ;^ tsien^ «avancer peu-à-peu >, mot qui se retrouve 
à toutes les sentences avec "J^, oies sauvages, pour sujet du verbe. 

Chaque sentence a deux parties; la première représente les oies 
sauvages avançant lentement vers un point, différent à chaque partie. 
C'est un vers de 4 syllabes. La seconde est composée d'un , deux 
ou trois vers de même longueur, qui continuent l'idée ou en présentent 
une autre analogue. Ceci rappelle l'ode II, 5, 7 du Chi-King. 

On le voit, en tout et partout, tout s'oppose à l'interprétation 
des textes comme figurant les lignes pleines ou coupées, tout aussi 
bien qu'aux profondeurs des considérations philosophiques que les 
lettrés de l'école moderne ont mises à la mode. 11 n'y a de place 
que pour notre système. 

Quant aux spéculations philosophiques, nous devons encore en 
dire un mot pour en expliquer la nature et l'origine. Comme je 
l'ai dit précédemment, elles ont pour but d'expliquer non le sens des 
sentences, mais la forme des figures, de raisonner sur le Yang et 
le Yin que représentent les lignes pleines et coupées, et de pénétrer 
par eux les mystères de la nature. 

Pour mieux le faire comprendre, nous reproduirons quelques pas- 
sages de la traduction de M. Philastre. Les lecteurs pourront juger 
si je l'ai appréciée ou non avec justice. 

Prenons comme exemple le Koua XXII P'iy orner, éclat. Voici 
la version des 4 premières sentences d'après M. Philastre. 

I. P'i orner; liberté; petit avantage dans ce qu'on fait. 

II. 1. Régulariser la position des pieds; quitter la voiture et 
marcher à pied. 

2. Arranger la barbe. 

3. Comme régularisé, comme imprégné; présage heureux de 
la perfection continue. 



216 C. DKHARLEZ. 

4. Comme déterminé; comme blaue écru; cheval blanc, 
comme volant; ce ne sont pas des brigrands, mais 
un mariage *). 

Si quelqu'un découvre le sens de ces phrases, je serai très heureux 
qu'il me l'apprenne. 

Maintenant, quelques extraits de la traduction des commentaires: 

II. 2. Arranger la barbe; se lever avec le supérieur. 

La barbe est choisie comme image symbolique: cela veut dire 
que ce trait et le trait supérieur se lèvent en même temps; il suit 
le supérieur et se met en mouvement; le mouvement ou l'arrêt dé- 
pendent exclusivement de l'objet auquel il est attaché. Il en est de 
même en arrangeant ou ornant, un objet; c'est d'après les carac- 
tères particuliers de cet objet qu'on l'orne ou qu'on l'arrange; le 
bien et le mal résident dans ses caractères particuliers. 

3. Présage heureux etc. Entre le 3® trait d'un côté, et les 
2® et 4^ de l'autre, la sympathie n'est pas l'efîet de la droiture; 
ces traits se groupent ensemble et déterminent mutuellement leur 
apparence respective, de sorte que la formule avertit au sujet de 
la nécessité de la perfection et de la droiture. — Dans le fait de 
mettre en ordre, d'arranger et d'orner, la difficulté réside dans l'im- 
possibilité d'en assurer la permanence, de sorte que la perfection 
continue constitue un présage heureux. Les 3^ et le 4^ traits se 
déterminent mutuellement dans leur apparence; de plus, le 3e s'abaisse 
pour se grouper près du second. . . . 

Une positivité occupe l'intervalle entre deux négativités ; c'est elle 
qui reçoit l'ornementation et qui imprègne de sou influence. Cependant 
elle ne doit pas s'amollir dans le repos, de sorte qu'il y a l'aver- 
tissement relatif à la continuité de la perfection. (Voir la traduction 
de M. Philastre, Tome I, Koua XXII, pp. 372-373). 



1) Cp. ma traduction, ci*dessus p. 209. 



l'interprétation du yi-kino. 217 

Le courage me manque, je l'avoue, pour continuer la repro- 
duction de sembables commentaires et j'admire celai du savant tra- 
ducteur qui a pu remplir un millier de pages in 4° de dissertations 
de cette valeur, ou bien moins rationnelles encore '). Remarquons 
encore ceci toutefois. Au même passage, le commentateur cite ce 
passage du Chi-Kinp»: La femelle du chevreuil grasse et luisante ^) 
et M. Philastre (p. 373) y donne cette note: «Je ne connais pas le 
rapport qu'il peut y avoir entre cette citation et l'expression discutée >. 

Le rapport est bien facile à saisir. Il s'agit de ce qui est beau, 
brillant, bien orné ^^ pi', et la femelle du chevreuil est citée 
comme exemple d'un être beau et brillant. 

On voit que mon système explique bien des choses qui sont 
incompréhensibles dans tout autre mode d'interprétation. Mais en 
voilà suffisamment, je pense, pour justifier ce système et je n'ai 
point à craindre qu'une discussion ultérieure puisse en ébranler 
les bases. 

Notons seulement avant de passer outre que les commentaires 
philosophiques tels que ceux traduits par M. Philastre n'expliquent 
nullement le sens du texte, mais dissertent à côté de lui, et que 
quand ils le citent c'est pour le comprendre comme je l'ai fait. Ces 
commentaires s'occupent exclusivement de la signification attribuée 
aux lignes des Kotta comme représentant le Yang et le Yin, et 
cherchent parfois à rendre raison du choix des sentences par un 
rapport, le plus souvent forcé, avec les figures. Ceci forme une 
matière à part dont nous n'avons pas à nous occuper; elle a été 
inventée par les philosophes, les anciens l'ignoraient complètement; 
elle est purement surajoutée et ne fait rien au sens des phrases 
et sentences du texte. Pour la plupart du reste, c'est de la déraison, 



1) Par ex. au § II, 4 nous lisons; «Blanc écru», blanc. «Cheval», montare de 
l'homme. Si l'homme est blanc, le cheval sera aussi blanc, etc. 

2) Cki-King III, 1., Ode 8, § 2 )?§ î® . 



218 C. DE HARLEZ. 

comme ce que l'on vient de lire à propos de la barbe. — Nous 
reviendrons un jour sur ce sujet. 

Notre tâche est ici terminée. Mais le livre de M. Legge con- 
tient la traduction de trois appendices du Yi-King, insérés généra- 
lement à la suite du texte et des commentaires intégrants, et dont 
nous devons dire quelques mots pour expliquer notre abstention à 
leur égard. 

Le texte intégrant du Yi-King, ainsi que les deux commentaires 
qui y sont joints, parties par parties, dans les éditions actuelles, 
forment le corps principal du Yi-king et le code de divination. 

A ce texte ainsi composé sont ajoutés séparément cinq traités, 
dont les deux derniers donnent uniquement le sens des sujets des 
chapitres et leur enchaînement. Ils confirment entièrement mon 
système, comme on l'a vu prédédemment. 

Des trois autres nous n'avons pas à nous occuper ainsi, parce 
qu'ils sont en dehors de notre sujet et que la belle traduction de 
M. Legge peut satisfaire la curiosité des lecteurs. 

Nous devons cependant en dire quelques mots pour en expliquer 
la nature. 

Le premier de ces trois, et le plus long, est un traité de genre 
varié. Il est divisé en deux sections, dont la première contient douze 
chapitres et la seconde le même nombre. 

A la première section, les 4 premiers chapitres parlent des 
figures à six lignes ou Koua, ainsi que des deux principes Yin 
Yang, ou K'ien et K'wun. Les chap. V à VIII, § 5, font l'éloge du 
Yi en général et expliquent l'usage des pronostics, les leçons qu'on 
peut tirer de la théorie cosmique des deux agents. 

Le chap. IX donne le rôle des chiffres dans la formation des êtres. 

Le chap. X indique la manière de consulter le sort au moyeu 
du Yi, de trouver un hexagramme ou un trigramme au moyen du 
jet des baguettes; le XP n'a que des considérations philosophiques 



l'interprétation du yi-kino, 219 

étrangères au texte *); il en est de même du XIP qui revient en 
outre au couple Yin-yang comme K*ien et K'icuu. 

A la 2® section, le chap I reparle des figures, de leur forma- 
tion et signification, comme font également les chap. Ill et IV. 

Les chap. VI, VIII, IX et X reviennent sur ce même sujet, 
en y ajoutant des considérations morales. Les chap. XI et XII y 
ajoutent la date de l'apparition du Tcheou-Yi et de nouvelles dis- 
sertations sur les éléments céleste et terrestre. 

Dans tout cela, il n'y a pas un mot qui se rapporte au texte 
même, aux sentences une ou sextuples que j'ai traduites. 

Restent les chap. VII, § 6—12 de la section I et II, V, VII de 
la section IL Dans ces diverses parties de ce traité, sont citées 
de nombreuses sentences de notre texte, leur sens y est expliqué 
d'après la valeur obvie de la phrase, mais jamais il n'y est même 
supposé que ces phrases soient en rapport avec les lignes, que leur 
sujet soit représente par celles-ci. On n'y voit non plus aucune 
trace des thèses de Lacouperie, et les phrases s'y présentent avec 
un sens complet, non comme ces lambeaux informes que nous donne 
la version de M. Philastre. 

Tout le monde pourra s'en convaincre en lisant la traduction de 
Legge, pp. 362-364, 384, 385, 389—394 et 397, 398. 

Citons seulement un exemple. Le § 11, après avoir rapporté la 
sentence que j'ai traduite: «Si l'on ne sort pas de sa cour, on n'en- 
courra pas de blâme», porte ceci: Le maître dit: L'origine des troubles 
ce sont les bavardages qui en sont comme les escaliers. Si le prince 
ne garde pas les secrets, il perdra ses ministres . . . C'est pourquoi 
le grand est soigneusement discret et ne sort pas de chez lui ^ ^ 

Cette explication suppose nécessairement ma traduction; cela 
n'est pas contestable. 



1) C'est lA qu'il e qoestion da T'ai-Ki etc. 



220 C. DE HâRLEZ. 

De même du Koua XIII, la phrase que j'ai traduite: «Les 
hommes de concorde, vivant dans la concorde peuvent bien pleurer 
et se lamenter, mais après cela ils seront dans la joie, (ils riront)», 
— est expliquée par: La conduite des saints est tantôt de sortir, 
tantôt de rester au logis, tantôt de parler, tantôt de se taire (ou 
bien: pour les uns: ,.. pour les autres). Les coeurs unis de deux 
hommes pourraient fendre le fer; le parfum de leur parole est 

comme l'orchidée H X ^ ^^^MW'ko 11 ^lj> ^ W 
Ä ^ ^P ^ . 

Ce vieux commentateur, antérieur de plusieurs siècles à l'ère 
chrétienne, compreuait sans doute mieux le Yi-King que les philo- 
sophes modernes entrainés pas leurs théories ontologiques vers d'autres 
conceptions. 

Les traités adjoints IV et V ont tous deux encore le même 
caractère; pas la moindre trace d'un rapport figuratif entre les sen- 
tences et les lignes des Koua, ni d'une explication philosophique 
des textes dans le genre de celles des Tcheou-tze et des Tchou-hi 
qu'a traduites M. Philastre. 

Là où il est parlé de nos sentences, c'est pour les expliquer 
d'une manière simple et d'après le caractère du chapitre où elles 
86 trouvent. 

Au traité IV, appelé Wen-Yin (illustrant les paroles), ch. II, 1., 
l'auteur explique le sens de cette phrase du l^'^ Koua. 

Le dragon dans sa retraite est sans action y^ g|| ^ ^ . Le 
^Iragon c'est la vertu qui se cache, se tient dans la retraite, qui ne 
se laisse pas altérer par le monde, et n'est point parfaite par la 
seule renommée. C'est-à-dire l'homme vertueux, le saint qui vit 
retiré sans regret, qui n'est point approuvé, et n'en a point de souci, 
qui pratique ce qui cause la joie, et évite ce qui peine, qui posé 
sur son fondement, ne peut être arraché. C'est cela qui est «le 
dragon caché». 



l'interprétation du YI-KING. 221 

C'est bien là notre système; aussi nous ne pousserons pas plus 
loin la discussion. 

Il est cependant encore une question dont nous devons dire un 
dernier mot. un grand nombre des sentences du second texte finis- 
sent par des expression qui expriment le blâme ou la louange, le 
caractère heureux ou dangereux de l'acte en question. 

Faut-il prendre ces termes comme parties intégrantes des sen- 
tences ou les retrancher, avec Lacouperie, comme ne servant qu'à 
donner le pronostic cherché. C'est-à-dire qu'ils indiqueraient uuique- 
ment si l'entreprise qui fait l'objet de la consultation du sort sera 
heureuse ou non , si elle est approuvable ou digne de blâme. Il 
n'est pas douteux que c'est quelque fois le cas et que ces termes 
sont en dehors de la phrase dans laquelle ils n'ont point de place. 
Mais il est également certain que très souvent, et le plus souvent 
même, ils en font partie essentielle. Ou a vu un exemple de ce cas 
dans le passage cité plus haut du HUsze I, 8.: «Quand on ne quitte 
pas sa cour, ne va pas au dehors, on n encourt pas de blâme* '). 
Parfois le rôle de ces termes est douteux; mais quand le sens de- 
mande leur incorporation dans la sentence, je n'ai jamais hésité 
à les y faire entrer. 

On peut voir aussi dans le Tso-tchuen que les pronostics sont 
tirés du sens des phrases, plutôt que de ces termes. 

Nous pensons avoir ainsi justifié complètement notre méthode; 
nous n'en dirons pas davantage. 

Pour éviter tout malentendu, je crois devoir rappeler que je 
traduis le Chinois comme toute autre langue, c'est-à-dire selon le 



1) Ces mots, en Chinois ^^ '^^ Wuh Keû, peuvent être pris comme fin de la 
phrase, conelasion de la prémisse, ou bien comme pronostic, avec ce sens: si le sort donne 
cette phrase comme réponse à la question, on peut agir sans risquer aucun blâme. Il est 
évident que dans ce passage les termes Wtth Keû font partie essentielle du texte d'après 
le vieux commentateur. 



222 C. DE HARLBZ, l'iNTERPRÉTATION DU YI-KING. 

précepte qu'il faut considérer plutôt mentem quam verba dicentis et 
en m'écartant du littéral chaque fois que cela me paraissait néces- 
saire pour rendre la traduction lisible à des lecteurs non sinologues. 
J'ai la confiance de croire que les spécialistes sauront reconnaître 
la vérité sans que je l'iudique à chaque pas. Ainsi au Koua XXII, 
pp. 209, le littéral des phrases serait à mon avis: par l'art et l'in- 
telligence on établit le beau humain (les humaniora); par le con- 
sidérer (d'après) {küan . . . . i) le Tien-wen , l'ordre du ciel , les astres , 
on observe, recherche les changements des saisons. Hu, comme le 
dit Schlegel, est la marque de l'accusatif (d'un sens locatif matériel 
ou figuré). 

Dans cette étude, toutefois, je me suis astreint autant que pos- 
sible à la fidélité matérielle. 



TWO MEDIiEVAL FÜH-KIEN TRADING PORTS: 
CHÛAN-CHOW AND CHANG-CHOW 

BY 

GEO. PHILLIPS. 

fWiih three photogranuj. 

Part IL CHÜAN-CHOW. 

Haviug in my first paper *) given a short account of Foreign inter- 
course with the Chang-chow Prefecture until its removal to Amoy, 
I will now give a like account of Foreign intercourse with the 
neighbouring Chûan-chow Prefecture during the same period. The 
city of Chüan-chow, as is well known among commentators of Marco 
Polo, has been considered the site of the mediaeval port of Zaitun, 
so frequently mentioned by travellers of the Mongol period. I have 
for many years challenged that opinion, and at last, among some 
sinologues, I am beginning to get my view recognised. Mons. Cordier, 
in his valuable and learned work "Les Voyages en Asie au XlVe 
siècle du bienheureux frère Odoric de Pordenone, religieux de Saint- 
François", says: 

"Il serait injuste de passer sous silence les travaux de M. Geo. 
Phillips publiés depuis lors. Dans "Chang-chow,, the capital of Fuh- 
kien in Mongol times" (Journal China Branch of the Royal Asiatic 



1) See Toung-pao, Vol. VI, p. 449. 



224 GEO. PHILLIPS. 

Society XXIII n° 1, 1888, pp. 23—30), il a incontestablement réussi 
à prouver que Tchang-tcheou a été une des capitales de Fou-Jcien 
à l'époque des Youen\ 

Dans un second mémoire: "The identity of Marco Polo's Zaitun 
with Changchow" {T'oung-pao n° 3, Oct. 1890, pp. 218—238) il 
ajoute encore de nouveaux faits à l'appui de sa thèse, qui, je l'avais 
déjà dit p. 285, était fort défendable et paraît aujourd'hui avoir 
gagné beaucoup de terrain pour ce qui est relatif à Tchang-tcheou ^ 
mais il manœuvre sur un terrain beauéoup moins sûr lorsqu'il traite 
de Fou-tcheou\ 

Another Sinologue, Dr. F. Hirth, still adheres to the views of 
Klaproth, Pauthier and others, that Zaitun must be Chiian-chow, 
and he gives his reasons for so doing in an article in the T'oung- 
pao, December 1894, p. 388: "Über den Schiffsverkehr von Kinsay 
zu Marco Polo's Zeit", in which it is stated that persons wishing 
to sail to foreign lands must take ship at Chüan-chow; and he fur- 
ther, in support of his opinion, states, without however giving any 
authority, that Chiian-chow bore also the name of Sui-t'ung. I have 
an intimate acquaintance with most of the Chinese literature pub- 
lished relating to Fuh-kien, but I confess that I am up to the 
present unable to find in any book that Chüan-chow was ever called 
Sui-t'ung. I write this with much diflBdence, for Dr. Hirth is an 
accurate Chinese scholar; but possibly he may have come across 
the fact in some rare Chinese book. Be that as it may, I do not 
think his statements are sufiScient to upset the chronological and 
geographical facts I have brought forward in support of my theory, 
Dr. Hirth's derivation of the name Zaitun, from Sui-t'ung, appears 
to me, like that of Klaproth's Tseu-thung, very uncertain. The 
late Dr. Douglas in his notes on the identity of Zayton (Journal 
of the Royal Geographical Society 1874, p. 116), says: "The idea 
of the derivation of Zayton from Tseu-thung is a pure myth. Ts'wan 



I 



TWO MK0Ii£7AL FUH-KIKN TRADING PORTS. 225 

chart was never named Tseu-thutig" ^ any more than Calcutta is named 
"Palaces" or New- York named "Empire". It was indeed designated 
^''Thung-ching or Tseu-thuttg-ching" , but never without ching i. e. 
city, that is "the city of ^Auw^r-trees, but that not as a name nsed 
in speaking of it, but as an elegant designation in polit« literary 
composition, just as Chang-chow is the "City of Banians", and Canton 
the "City of Rams". I cannot speak with quite as much confidence 
about the hypothesis that the "City of Olives" is a translation of 
" JÄMN^-cÄtn^", but this also is very improbable, for the Tsev-thung 
or prickly "Tung", which the Chinese say was planted round the 
walls, is not the species of Thung from which oil is made. I leave 
the derivation of the name of Zaitun for others to argue out. 

I purpose now to treat of a city, called in Ramusio's text 
Kangui, which I think may be identified with Ibn Batutas Kand- 
jeufou, and which, with much diffidence, I would suggest seems to 
point to Chüan-chow. In bringing forward these views, as far as 
Marco Polo is concerned, I base all my arguments upon Ramusio's 
text, which text, when treating of Fuh-kien, is clear and explicit; 
but with Yule's and Pauthier's text it is almost impossible to make 
places tally in any way, and with Yule's text before him Cordier 
is quite right in saying, my theory is tenable with regard to Zaitun 
and Chang-chow, but becomes ridiculous when wishing to make 
Fou-tcheou, Chüan-chow. 

The question for scholars to decide is, is Ramusio's text reli- 
able? Yule says, "passages however occur in this version, which 
it is scarcely possible to assign to anybody but Polo himself". 

Having advanced this theory regarding Ramusio's version, I 
will now turn to Marsden's Marco Polo, which is an English trans- 
lation of the Italian edition of that traveller, of which Col. Sir 
Henry Yule informs us no manuscript copy has yet been found, 
and see whether Ramusio's Kangui can in any way be considered 



226 GEO. PHILLIPS. 

to represent Chüan-chow and whether it may not also be identified 
with Ibn Batutaa Kandjeufou. 

The Kangiu of Ramusio is stated to be 15 miles from a city 
called Un-guen, a place remarkable for a great manufacture of 
sugar, which is sent from thence to the city of Kanhalu for the 
supply of the court. Previously to its being brought under his 
Majesty's dominion, the natives were unacquainted with the art of 
manufacturing sugar of a fine quality, and boiled it in such an 
imperfect manner, that when left to cool, it remained in the state 
of a dark brown paste. But at the time when this city became 
subject to his Majesty's government, there happened to be at the 
court some persons from Babylon who were skilled in the process, 
and who, being sent thither, instructed the inhabitants in the mode 
of refining the sugar by means of the ashes of certain woods". 
(Marsdeu's Marco Polo, p. 556). This Un-guen I think is the city 
of Yung-chun, locally called Eng-chhun. 

Dr. Grant, a missionary long connected with Chüan-chow and 
who frequently visited the city of Yung-chun , gives me the following 
interesting facts connected with the sugar manufactury there. 

"In Eng-chhun there is a legend about foreigners teaching the- 
people how to refine sugar. Some years ago, while passing through 
the town, I was asked how the barley sugar there compared with 
that in our country. I told them that we did not grow sugar. 
"Then how could your people teach us the way to refine sugar"? 
On asking further into the question, I could not get any definite 
information, simply that there was a tradition, to the effect that 
Western Barbarians had taught their forefathers how to refine sugar, 
and that the Eng-chhun sugar was on that account considered very 
good, so that even the Emperor used it. Eng-chhun sugar is still 
sent to north China to Tien-tsin\ but that it finds its way to the 
Imperial Palace, I am not prepared to say". Returning to Marsden: 



TWO MKDliEVAL FÜH-KIEN TRADING PORTS. 227 

"At Kanyiu there is a river a mile in breadth, npou the banks 
of which, on either side, are extensive and handsome buildings. In 
front of these great numbers of ships are seen lying, having mer- 
chandise on board, and especially sugar, of which large quantities 
are manufactured here also". (Marsden's Polo, p. 557). All this points 
to Chüau-chow, for that city is and has been for centuries, a great 
sugar growing and manufacturing district. The export of sugar from 
Chuau-chow to the north of China is even now very great. 

"Many vessels arrive at this port from India, freighted by mer- 
chants who bring with them rich assortments of jewels and pearls, 
upon the sale of which they obtain a considerable profit". (Rarausio). 
Chiian-chow was in the Suny and Mongol dynasties much frequented 
by ships from India and other Foreign countries, an account of 
which I will give later on. 

"The river discharges itself into the sea at no great distance 
from the port named Zai-tun\ (Ramusio). This is quite true if ^m- 
tun be Chang-chow, but if it be Chûan-ehow it would be quite out 
of the question. 

The account, given above by Polo of the extensive sugar in- 
dustry of Unken and Kangiu, seems to me to be a very strong ar- 
gument for identifying those cities with Yung-chun and Chüan-chow, 
for they are now, and always have been, great sugar growing centres, 
whereas Fuh-chow never was a great sugar growing district, and 
never had much if any to export. 

Let us now turn our attention to Ibn Batuta's account of 
Kandjeufon and see whether his description of that city answers 
iu any way to Chüan-chow. The following account is from Lee's 
translation. 

This traveller says: on his return to Zaitun from Sinhalan (Canton) 
an answer came from the Khan to his lieutenant there, in which 
it was ordered that he should be honourably provided for and sent 



228 GEO. PHILLIPS. 

to the presence either by laud or by river, as he might choose. 
They accordingly provided him with vessels and servants, and he 
proceeded at the charge of the sultan by the river, leaving one 
village in the morning, and arriving at another in the evening. 
This they did for ten days, and then arrived at the city of 
Fanjanfur^ (in French translation Kandjeufou) which is a large and 
handsome place situated in a plain, and surrounded with gardens 
something like the plain of Damascus. 

Here he was met by the judge, the presbyters of Islamism 
and the merchants, with the Emir of the city and the officers of 
his forces , by whom the emperor is entertained in the most honour- 
able manner. He accordingly entered the city. It has four walls. 
Between the first and second of these, are the emperor's servants, 
who watch the city; between the second and the third and fourth 
are the Mahommedans, where he also took up his residence with 
their sheikh, Zahir-oddin. Within the fourth wall are the Chinese, 
and this is the largest part of the city. It was strange enough, 
one day, when he was at a feast made for him, in came one of 
the great Mahommedan fakeirs, whom they wellcomed by the title 
of the sheikh Kawam-Oddin. After the salutation and his joining 
our society, I was wondering at his appearance, and had looked 
on him for some time, when he said. — Why do you continue 
looking at me unless you know me? I then asked him of his native 
place. He said, it was Subta (Ceuta). I said: Well, I am from 
Tanjiers. He then renewed his salute and wept; and at this I wept 
too. I then asked whether he had been in India. He said; Yes, at 
the palace in Dehli. When he said this, he came to my recollection 
and I said: — Are you El-bashiri? He said: Yes. He had come to 
Dehli wich my uncle, Abul-kasim el-mursi, when he was young 
and before a beard had appeared on his cheek. He was then one 
of the most clever at retaining the Koran by memory, and of those 



TWO MEDIJ^VAL FUH-KIEN TRADING PORTS. 229 

termed benchers. I had mentioned him to the emperor of India, 
who, accordingly, wished to retain him in office. But this he did 
not accept of. His wish was to go to China. The emperor had given 
him three thousand dinars, and he had then set out for China. 
In China he was put in office among the Mahommedans, and be- 
came possessed of great wealth. After this, he sent me several 
presents. His brother I met, Rome time after, in Sudan. What a 
distance between these two brothers! In Kanjura I resided fifteen 
days. I then proceeded by the river, and after four days arrived 
at the city of Bairam Karlü, which is a small place, the inhabi- 
tants of which are very hospitable. In this place there were not 
more than four Mahommedans, with one of whom I resided for three 
days, and then proceeded by the river, a voyage of ten days and 
arrived at the city of El Khansa\ 

The journey from Zaitun (Chang-chow) to Kandjeufou^ if this 
be Chüan-chow, could easily be performed in Five days; our tra- 
veller takes ten. It can be performed either by land or by water. 
By land via Tung an ^ ^, the route taken by Van Bort's em- 
bassy in 1662, or by water via Amoy and An-hai ^ jf^. 

With regard to Kandjeufou being in a plain , this is quite true 
of Chüan-chow, and it is also surrounded by gardens. 

Our traveller states that he was met on his arrival at the city 
by the Judge and Presbyters of Islamism and the merchants. 

This fact is a very strong point in favour of Chüan-chow, for 
such a Judge and Presbyter did exist there, when Ibn Batuta 
Tisited that city; and Muhammadan merchants were also trading 
there at that time. 



16 



230 GEO. PHILLIPS. 

The divisions of the city inside the four walls, and the mention 
of a separate Muhammadan quarter, point again very strongly to 
a city having a large moslem trading population, such as existed 
in Chüan-chow in Mongol times. The present city walls of Chüan- 
chow were built about two centuries ago, but there are traces of 
the old walls and watch towers still in existence, and the Public 
ofiBces are to be found in the same localities as mentioned by Ihn 
Batuta. 

The fact of this Kandjeufou having such a large Muhammadan 
mercantile population, appears to me to put Yule's identification of 
that city with Kiang-chang-fu in Kiangsi out of the question, for 
it seems improbable that such a large Muhammadan trading centre 
could be looked for in the mountain fastnesses of Kiavgsi; further 
Kiang-chang-fu is not a city usually passed through on the way 
from the seaports of Fuh-kien to Hang-chow. The direct route on 
reaching the Min-river is by Yen-ping ( ^ ^ ) , Kien-ning ( ^g 
^ ) and Pu-clnng ( y^ ^ ) and so on to Che-kiang. 

Dr. Grant, when writing to me about the identification of Kand- 
jeufu with Kiang-chang-fu, makes the following remark: "It was 
the sea trade that led the Arabs to the coast of China. It is there- 
fore very improbable that there should be an Arab settlement so far 
in the interior of China as Yule has stated". 

There is still another argument in favour of Kandjeufou being 
Chüan-chow and that is the name given by Ibn Batuta to the 
Watchman of the city, viz.: Paçoanan. My friend Dr. J. J. M. de 
Groot has suggested that this word may possibly represent the Chüan- 
chow name for Watchman. Dr. de Groot further suggests that the 
word should have been written Pacoanan ') without the sedilla. 

Dr. Grant has given me the following interesting note on the 



1) 7J^ Wj7 y^ , f ah-caw-lang — drumbeater. 



TWO MEDIAEVAL PüH-KlEN TRADING POETS. 231 

subject. *'The watchman in these days (Ibn batata's time) was 
stationed in the Drum-tower, and gave notice of any approaching 
danger by beating his drum; therefore it is quite probable that the 
Watchman of the period was called the Drummer P'ah-kö-ldng. 

Such are some of my arguments for identifying Chüan-chow 
with Kandjeufou. I have studied the question in all its aspects, and 
I thought ai one time I had really solved the puzzle when I read 
the passage of Ihn Batuta meeting a fellow countryman at the 
house of Zahir Oddin. Col. Sir Henry Yule in his "Cathay and the 
way thither", p. 494, describes the guest as having arrived "in a great 
boat", which in the French translation of Ibn Batuta q travels, Vol. 
IV, p. 281, reads: "voici qu'arrive un grand navire". Here, thought 
I, is convincing proof that Zahir Oddin b guest had arrived at 
Kandjeufou by sea, and if such had been the absolute meaning 
of the original it would have greatly strengthened my theory. 

To make quiie sure of the real meaning of the word which had 
been translated "great boat" and "navire", I got my friend Dr. de 
Groot to consult Dr. de Goeje, Professor of Arabic in the Univer- 
sity of Leiden, upon the subject, and I received a reply that the 
word used in the original was Mahreb^ which means a conveyance 
of any kind, such as a boat on the water or a carriage on land. 
Turning to De Moura's Portuguese translation of Ibn batuta I 
found the word translated by "magnifico coche", which I presume 
meant that Zahir Oddin a guest arrived at his house in a grand 
sedan-chair. 

I will now give a description of the Mohammadan mosque at 
Chüan-chow, said to have been founded by the Arab merchants 
frequenting the port, which I have illustrated by views kindly 
placed at my disposal by Dr. De Groot. 

I give the following account of the building from the Chüan- 



232 GEO. PHILLIPS. 

chow annals. This mosque was built in the first year of the period 
Shao Hing (^ J^)? 1132, soon after the appointment of a super- 
intendent of customs there, by the Mahommedan traders frequenting 
the port, who resided together in the southern part of the city, 
where they amassed great wealth. It was built by one Na-chi-pu 
Mo-he-loo-ting , j^ ^ |> ^ ^ ^ T ■> ^^^ came from Tieh- 
na-wei ^ ^(^ ^ or |^ ^^ ^ , established a mosque and en- 
dowed ') it with silver lamps, censers, houses and lands. Towards 
the end of the Sung and during the greater part of the Yuan 
dynasty, the mosque was in a ruinous state, and had no repairs 
done to it; but in Che-chéng^s ninth year, 1350, Hea-pu-lu hun- 
ting (^ ^ ^ -^ ~y)t ^^^ ^^^ ^*^ Äh-li, came forward with 
funds to repair it, and sought permission from the authorities to 
carry out their plans; which permission they obtained, and the 
mosque, to the great delight of all, was thoroughly renovated, a 
great part of the old material beiug used. 

This Hea-pu-lu han-ting, who was one of the prime movers in 
restoring the mosque, was a native of Cha-cha-li-mien (P;§ 0g" '^] 
j|^), a country in the western ocean, which for the moment I 
am unable to identify. He arrived at Chiian-chow in Huang-king's 



1) Hirth refers to the above fact in his paper Cfiao-ju-kua , a new version of Mediae- 
val geography, printed in the January 1896 number of the Journal of the Royal Asiatic 
Society; p. 73, as follows: — Chao Ju-kua informs us on good authority that a foreign 
merchant, by name of Shih-na-wei {Senat?) a native of Ta-shih, i.e. Arabia, took up his 
residence in the south of Ch'^iian. "Taking pleasure in charitable acts, he made a burial 
place in the south-east outside the city for the interment of the remains of foreign traders". 

It is somewhat curious that there should be this confusion in the name of the Arab 
trader, who made the burial ground for his countrymen at Chiian-chow, and who is, I 
think, the same, who is said to have endowed the mosque. Tieh-na-wei is in the Chiian-chow 
annals given as the name of the country from which he came, and not the man's name. 

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TWO MEDIEVAL FUH-KIEN TRADING PORTS." 233 

reign, 1312 — 1314, in the suite of an envoy, and lived in Pai-pu 
street in that city, being a Mahommedan. The Mahommedan mer- 
chants of Chüan-chow invited him to take charge of the mosque, 
which, as seen above, he appears to have done for many years, 
and eventually rebuilt it. At the time the repairs of the mosque 
were completed, he is said to have been a hundred and twenty 
years old, and was as ?igorous and strong as a young man. His 
biographer says further of him, that he was endowed with great 
wisdom and virtue, and was, by the common consent of all, styled 
shê-szu-lien {^^ J^ ^) or siap-si-liam , which, being interpreted, 
means the chief. El-islam. Han-ting died in 1371, at the good old 
age of a hundred and forty-two. His son Hae-chih succeeded him 
in his ofiSce at the mosque, and he is said to have died at the age 
of a hundred and ten. 

Repairs to this mosque were further made in Cheng-te's reign, 
1506—1522; Lung-kings reign, 1567-1573; and in Wan-leilis 
reign, 1537-1620. 

It is stated formerly to have had a pagoda (minaret); but no traces 
of that are now visible. I am inclined to think that the present 
building is the one said to have been put up by Hea-pu-lu Tian- 
ting and Kin Ah-li. At the entrance on the right-hand side, there 
is let into the wall a small black marble tablet, upon which is 
engraved an imperial mandate for the protection of those professing 
Mohammedanism in Chüan-chow. This mandate bears the date Yung-lo, 
fifth year, fifth month, eleventh day, — about midsummer 1408. 

When I was at Chüan-chow some ten years ago, I called on 
the then officiating Priest, a Chinese named Hai, a native of Hai-nan 
in the Canton Province, who gladly afforded me all the information 
in his power. 

He said a mosque had formerly existed on the site of the pres- 
ent one at the time of the Sung dynasty; bat that this building 



234 GEO. PHILLIPS. 

did not date farther back than 1403, and he took me to a place 
where he pointed out an inscription bearing that date. There were 
also two other inscriptions which bore the date of the Emperor 
Wan-lieh (1573-1620). 

The room of the old man had extracts from the Coran, which 
he pronounced kolan, banging on the walls. In course of conver- 
sation he became quite affable and confidential. You, said he, are 
a follower of Jesus, I am a follower of Mahommed, who is descended 
from Ishmael. In a deprecating tone he said: the Chinese around 
us know nothing of our religion. 

He then gave me a short history of the old Testament charac- 
ters, commencing with our common Father Adam. On taking my 
leave, he informed me his son had left him a few months before 
on a pilgrimage to Mecca. 

This man could read and write Arabic. He showed me a Chinese 
copy of the Coran in several volumes, which he called THen-king 
( ^ ^^ ) , the heavenly classic. 

There were, he said, some twenty Mahommedan families in the 
city, who first settled there in Yung-lo's reign (1403 — 1425) and 
that in the neighbourhood their followers numbered some four or 
five thousand people. 

The families bore the name of Km^ Ying, Ho, Ma and Kwo. 

Friar Odoric, another mediaeval traveller in Fuh-kien, gives us 
very little help in our attempt to identify with anything like 
certainty the cities and towns visited by him in that Province, 
excepting always Zaytun, which he calls Cai-chan, and in some 
manuscripts Kay-con. Odoric's mention of the churches of the min- 
orités at Cai-chan, and the discovery of Christian relics at Chang- 
chow, also stones with crosses on them built into the city walls, 
and the finding of a beautiful marble cross buried in the ground 
on a hill outside this city, and other objects of Roman Catholicism, 



TWO MEDI-SVAL FUH-KIKN TRADING PORTS. 235 

seem to point strongly to Odoric's Cai-chan and the modern Chang- 
chow, being one and the same place. To enter into this question 
would be going beyond the province of this paper, but many ar- 
guments could be brought forward in favour of Chang- chow being 
one of the centres of the minorité mission mentioned by Odoric. 
1 hope to be able to return to this subject later on, and comment 
upon the discovery of crosses and other christian relics in Fuh- 
kien, to which my attention has been drawn by the learned work 
of Father Louis Gaillard, S. J., entitled "Croix et Swastika en 
Chine". Variétés siuologiques N° 3, Shanghai 1893. This Caycon^ 
Caichan or Kayccn seems to me to represent Geh-kong. 

The next question to solve is what city does Odoric designate 
by Fugo or Fucol The name most undoubtedly points to Fuh-chau^ 
but can we safely depend upon that? From the fact of hens being 
found there as white as the very snow, having wool instead of 
feathers like unto sheep, reminds me of Chûan-chow, for these 
hens are to be seen there in great numbers iu almost any street 
you pass through. 

Further Fugo is described as a stately and beautiful city, which 
standeth upon the sea. Chüan-chow might be so described, but Ftih- 
chau not, as that city is some thirty miles distant from the sea. 

There is one other point which makes me incline to the view 
that Fugo may possibly be Chüan-chow, and that is on leaving 
Zaitun, Odoric tells us, he travelled Eastward; if he did so, Zaitun, 
being accepted as Chang-chow, Chüan-chow would be the stately 
and beautiful city he visited on his way to Kimai (Hang-chow). 

Nothing is more perplexing than the identifying of the names 
given by mediaeval travellers to Chinese cities they visited, and one 
of the greatest proofs of this is to be seen most fîilly exemplified, 
in much later times, in Van ßort's embassy to the King of Fub- 
kien iu 1662, wherein Chang-chow is called Sink-sjeu i^ '^)- 



236 GEO. PHILLIPS. 

Another example is Chang-chow being called Chin-cheo, which for 
a long time was considered to be Chin-chew, the name given by 
Englishmen to Chüan-chow. 

This led the late Col. Sir Henry Yule to fall into an error in 
his 2^d Edition of Marco Polo, Book II, ch. LXXXII, p. 228, 
wherein is to be seen a woodcut representing the Kaan's fleet leav- 
ing the port of Zaitun. This is an excellent view of the mouth 
of the Chang-chow river, which I and many of my China friends 
consider to have been the site of our Zaitun, but quite opposed 
to Yule's views, whose Zaitun was at Chüan-chow. In the identifi- 
cation of places in the works of mediaeval travellers and also of 
countries mentioned in Chinese Geographies, I have found it not 
always safe to rely solely upon the name; but when the products, 
manners and customs and the topographical description of the country 
or place agree with the name, one can be more sure of one's ground. 

Before closing this paper one or two desultory notes may not 
be out of place concerning the port. 

Chüan-chow does not appear to have been so fully described by 
European and Arab writers, although its intercourse with Foreign 
countries finds frequent mention in the Chinese annals of the Ming 
and Mongol dynasties. 

Maritime enterprise was as active at Chüan-chow as at Chang- 
chow, and it was during the Su7ig dynasty, that is to say from 
the end of the 11*^ to the end of the 13*^ century, that the foreign 
commerce of Chüan-chow was at its height. 

Its Buddhistic monuments and public works all appear to date 
from that period; and turn whichever way you may in the city 
and in the neighbourhood, some object of Buddhistic veneration 
meets the eye, and bespeaks a close and intimate intercourse with 
Buddhist countries. 



TWO MEDIAEVAL PUH-KIEN TRADING PORTS. 237 

The enterprising Arabs also traded here at that time; and there 
can be little room to doubt, but that they had their cadi or judge 
here as Soleyman and Ibn Vahib tell us they had at Canton. 

Frequent mention of their visiting Chiian-chow is found scat- 
tered here and there in the local annals. One mentions that in 
1100 an envoy from Arabia landed at Chûan-chow and visited the 
Chinese court, and was questioned by the Emperor Chung ho as 
to the distance from China to Arabia by sea, and he stated it to 
be 100 days from Chiian-chow. Ships on their way there, he said, 
generally staid over a Winter at Lan-li-po-yi (probably Lambri in 
Sumatra) which they reached in 40 days and which they left again 
when the monsoon was fair, and reached Arabia in another 60 days. 

The number of Foreign ships frequenting the port of Chûan- 
chow in these early times appears to have been dependent upon 
the character of the officials, some of whom had an unenviable 
reputation for their exactions, so much so that in 1112 the number 
of Foreign ships had decreased to three. Again , on the other hand , 
there were officials whose reputation for fair and honest dealing 
was celebrated far and wide. Among these was one Chen Yeh-stn 
who held the post of Prefect in this city. On his appointment to 
another post, the trade of the Port greatly declined, owing to the 
nnscrupulousness of his successor; but when it became known that 
;he had again taken up his old post, foreign ships flocked to the 
[port, and in the second year of his resumption of office, no less 
.than thirty-six foreign vessels came to trade there. 

In 1163 another energetic Prefect, named Wang Ta-yiu, was in 
1 office. The coast at that time was scourged by Pirates, and one 
named Pi Shê-sieh gave much trouble, but the precautions taken by 
the prefect prevented him landing. One of the officers whom he 
had appointed to guard the coast seized the captain of a Cambodian 
vessel and took him to the prefect pretending that he was Pi She- 



238 GEO. PHILLIPS. 

sieh. "No, he is not", said Ta-yiu^ Pi Shê-sieh is as black as pitch 
and his language is unintelligible. This is not the man, liberate 
him and let him go". He was a man of great indépendance of 
character. The king of Sarbeza, the present Palembang, sent to China 
for 30.000 copper tiles, which the Emperor ordered the authorities 
of Canton and Chüan-chow to procure for hira. Ta-yiu remonstrated 
with the Emperor, and told him that by law copper was not allowed 
to leave the country, and would not carry out the order. 

In Mongol times Chüan-chow shared with Fuh-chow and Chang- 
chow the honour of being the seat of the government of the Province; 
and among its governors was Sotu ((^^), mentioned by Marco 
Polo under the name of Sagut, who was sent by Kuhlai to con- 
quer Champa. 

It was from Chüan-chow harbour that a part of the unsuccess- 
ful expedition against Java set sail; it is however most probable 
that the contingent supplied by Chang-chow and Ting-chow sailed 
from Amoy harbour (Zaitun). In Kuhlai b reign, the governor of 
Fuh-kien sent an envoy to the Southern ocean to invite the sover- 
eigns of Lambri, Ceylon and other places to send tribute to China, 
to which they all responded. Chüan-chow is not wanting in Bud- 
dhist Temples. Among the most celebrated of these is the Kai-yuan 
temple, which dates as far back as the end of the seventh century 
as the following legend will show. 

In the 2"^ year of C/iui-kiotg, 687, a man, named Hwang, had 
a dream, in which a Buddhist priest asked him to give him his 
house for a Temple. He refused and said, when the midberry- 
tree shall bear Lotus-flowers you shall have it. A few days after, 
the whole of his mulberry- trees were covered with Lotus-flowers. 
Hwang Thui-kung accordingly gave up his house and grounds for a 
Temple, which was first called the Lotus-flower temple. In the 
26*^ year of Kai-yuan, the name was changed to the Kai-yuan 



I 



TWO UEDI^YAL FUH-KIKM TKAUIMQ F0UT8. 239 

temple, the Emperor having issued a decree that all Buddhist 
temples throughout the Empire should bear his name. During the 
Sung dynasty considerable additions were made to the temple, and 
at the commencement of the Mongol dynasty all the buildings were 
enclosed by a wall. At the end of the Mongol dynasty it was destroyed 
by fire, but it was rebuilt during the reigns of the Emperors 
Hung'wu and Yung-lo. It fell into great disrepair during the Ming 
dynasty; and Koxinga's Father Cheng-cM-lung put it into a thorough 
state of repair. 

There are in the grounds of this temple two large Pagodas called 
the Eastern and the Western Pagoda. They were formerly built of 
wood; but about 1247 they were constructed of stone. The Eastern 
one is about 193 feet high and the Western about 178 feet. 

Id 1605 the top of the Eastern Pagoda was damaged by an 
Earthquake, and the Western one was in 1607 greatly injured by 
a Typhoon, but they were at once repaired. 

This Temple did not escape the notice of Martini , who , speaking 
of it, says: 

"The Temple of Cai-yuen deserves mention, on account of its 
two 7 storey pagodas, each 127 perches in height, for there are 19 
perches between the two storeys". 

"They have balustrading and galleries at every storey which so 
project that you can walk round them outside. They are made of 
stone and marble. In every storey they have placed an image of 
Buddha cut out of stone or cast in copper. These images are so 
wonderfully made that the Chinese are quite right when they boast 
that they are the works of the Gods and not of men". 

I was chiefly attracted by figures hanging from the ceiling 
representing angels blowing trumpets, which I have never seen 
anywhere else in China; they struck me very much when I first 
saw them, but on examination they appeared very badly carved. 



240 GEO. PHILLIPS, TWO MEDIEVAL FÜH-KIEN TRADING PORTS. 

In bringing this paper to a close, I venture to hope, that my 
endeavours to solve the question, as to which cities in Fuh-kien 
mediaeval aud other writers intended to refer when speaking of 
them under their own peculiar orthography, may meet with due 
consideration. 

I am fully aware that my views on this subject differ widely 
from these of most other writers, such as Klaproth and Pauthier, in 
the identification of cities described by mediaeval travellers in the 
Fuh-kien Province. I have however no desire to impose my theories 
on those equally interested in these matters, nor do I say they are 
infallibly correct; all I ask is, that those who think differently, 
will bring forward evidence to show, that Fuh-chow in early times 
and in the middle ages traded with foreigners and was frequented 
by ships and merchants from countries beyond the seas, in as great 
a measure as the neighbouring cities of Chang-chow and Ch'üan-chow. 



MÉLANGES. 



Die sinologischen Studien und Professor Hirth 



VON 

A. Pranke. 



Bereits zu wiederholten Malen hat Professor Hirth darauf hin- 
gewiesen, wie die sinologischen Studien in Europa, und in Deutsch- 
land insbesondere, einer Reform bedürfen und vor allem auch eine 
grössere Berücksichtigung beanspruchen können als ihnen bislang 
auf den Universitäten zu Theil geworden ist. Die Sinologie, so führt 
er aus, darf nicht länger das bleiben, was sie heute vielen zu sein 
scheint unter den orientalischen Studien — une quantité négligeable. 
Weder das zu behandelnde Material, noch die von ihm zu erwarten- 
den Resultate rechtfertigen eine solche Stellung; dem Chinesischen 
gebührt vielmehr als selbständige Discipliu ein gleicher Rang wie 
den übrigen wichtigen orientalischen Sprachen. Was die Sinologie 
in Misscredit gebracht hat, das ist nicht die Werthlosigkeit des 
Materials, sondern die Methode der Bearbeitung, oder, mit anderen 
Worten, nicht die Wissenschaft, sondern ihre zu wenig fachmän- 
nischen Vertreter. Was wir brauchen, sind daher Gelehrte, die ihre 
gesainmle Kraft den sinologischen Studien widmen , und nicht das 



242 MELANGES. 

Chinesische mit verschiedenen anderen Sprachen als blosses Hülfs- 
mittel für andere Zwecke ansehen. Dann, und nur dann, werden 
Resultate erzielt werden, die der Sinologie Ehre machen und ihr 
den ihr zukommenden Platz in der Universitas litterarnm zu sichern 
geeignet sind. 

Soweit können wir die Ausführungen Prof. Hirth's, wie er sie 
kürzlich mit besonderem Nachdruck in der Vorrede zu seinem Auf- 
satz: »Die Länder des Islam nach chinesischen Quellen" (Supple- 
ment zu dem 5. Bande der T'oimg-pao) und in dem Artikel Ȇber 
sinologische Studien" {T'oung-pao, Vol. VI, N" 4) dargelegt hat, 
nur unterschreiben. China wird bis heute trotz seiner ungeheuren 
Litteratur, von der bislang nur ein kleiner Theil genauer bekannt 
ist, von der europäischen Gelehrtenwelt mit hartnäckiger Gleich- 
gültigkeit behandelt. Während man die semitischen Sprachen, das 
Sanskrit mit seinen späteren Dialektbildungen, ja selbst das Aegyp- 
tische seit vielen Jahrzehnten mit allem Eifer durchforscht und sich 
dabei einer reichen Unterstützung seitens der europäischen Regie- 
rungen erfreut, geschieht für das Chinesische wenig oder nichts, 
und unter den grossen deutscheu Universitäten, die allen möglichen 
Dingen Förderung augedeihen lassen, scheinen die wenigen, welche 
überhaupt einen Lehrstuhl für Chinesisch besitzen, es für zweck- 
mässiger zu halten, denselben wieder zu beseitigen. Und doch ver- 
dient dieses Schicksal wahrlich keine Wissenschaft weniger als die 
Sinologie. Wer einmal Gelegenheit gehabt hat, in die seit Jahr- 
tausenden wohl versorgten litterarischen Schatzkammern des Mittel- 
reichs einen Blick zu werfen , der wird die Überzeugung gewonnen 
haben , dass hier noch ungeahnte Reichtümer schlummern müssen. 
Von den unzähligen geschichtlichen und geographischen Werken 
werden sich die wichtigsten Aufschlüsse über andere asiatische Länder 
und Völker, wie die Araber, die Bewohner von Tibet, Nord-Indien, 
Birma uud Siam , sowie über die zahlreichen , einst so kriegerischen 



MÉLAlfGBS. 243 

Stämme der Mongolischen Hochebenen, vielleicht sogar über die 
Herkunft der Japaner und Koreaner erwarten lassen. Aber abge- 
sehen von alledem, wie passt es zn dem allumfassenden Charakter 
unserer modernen Wissenschaft, wenn dieselbe an der Existenz eines 
Jahrtausende alten Culturvolkes, das jetzt nach Hunderten von 
Millionen zählt, mit Geringschätzung vorübergehen oder sie gänz- 
lich ignoriren will? Wir haben hier eine fremde Welt, die schon 
an sich, abgesehen von ihrem etwaigen Zusammenhange mit anderen 
Gultur-Sphären , einer genauen Erforschung werth ist, eine Welt, 
die von einem reich begabten Volke selbständig aufgebaut, unab- 
hängig weiter entwickelt und bis auf den heutigen Tag in ihrer 
Eigenart erhalten worden ist. Wir finden ein Cultur-Gebilde , das 
uns zwar dieselben fundamentalen Grundsätze des logischen Denkens 
und des sittlichen Empfindens zeigt, wie sie der Menschheit über- 
haupt zu eigen sind, aber in einer von unseren Begriffen so gänz- 
lich verschienenen Anordnung und Gestaltung, dass es uns nur 
mit grosser Mühe gelingt, sie begreifen zu lernen. 

Hiermit aber, scheint mir, sind wir auch zu einem der haupt- 
sächlichsten Gründe gekommen, durch welche die Theilnahmlosig- 
keit des europäischen Gelehrtentums mit Bezug auf die Sinologie 
zu erklären ist. Die Schwierigkeiten der alphabetlosen Sprache, für 
welche es geeignete Lehrer in Europa nur in ausserordentlich ge- 
ringer Anzahl giebt, und die noch grösseren Schwierigkeiten, sich, 
zumal ohne genügende Kenntniss der Realien, in die abstruse 
Denkweise dieses seltsamen Volkes hineinzufinden, das sind die 
grossen Hindernisse beim Eintritt in die Welt des Chiuesentums. 
Von den wenigen in Europa, die versucht haben, diese Hindernisse 
zu überwinden , ist eigentlich keiner durchweg erfolgreich gewesen , 
selbst den genialen Stanislaus Julien nicht ausgenommen: ihre Pro- 
duktionen leiden an missverständlicher Anfiassung der chinesischen 
Texte, an dem Mangel richtiger Anschauung und an der Unfähig- 



244 MELANGES. 

keit, chinesische Dinge oder Vorgänge dem europäischen Verständ- 
niss nahe zu bringen. Das letztere trifft besonders zu bei den Studien 
in der älteren und mittleren chinesischen Geschichte. Abhandlungen 
wie die von Pfizmaier, Plath u. a., oder Werke wie »History of China" 
von Boulger — eine Geschichte China's zu schreiben ist heute noch 
ein vollständig verfrühtes Unternehmen — sind bei aller Gelehr- 
samkeit und allem Fleiss, die darauf verwendet sind, kaum geeignet, 
besonderes Interesse, sei es für den Gegenstand, oder für die sino- 
logische Forschung überhaupt zu erwecken. Man vergisst in Europa, 
dass die Chinesen kein Volk der abgeschlossenen Vergangenheit 
sind, sie existiren heute als politische und ethnologische Einheit 
wie sie seit Jahrtausenden existirt haben; ja noch mehr als das: 
kein Volk der Erde hat eine solche Continuität der Entwicklung, 
eine solche Stabilität der Geschichte bis zur Gegenwart aufzuweisen 
wie die Chinesen. Der Geist, der in ihren staatlichen Institutionen, 
in ihren Rechtsanschauungen und in den Grundsätzen ihrer Moral 
lebt, ist derselbe geblieben im Laufe der Jahrhunderte, unberührt 
von dem Wechsel der Dynastien, unberührt auch noch von den 
Einflüssen westlicher Cultur. Bedarf es unter solchen Umständen 
noch eines Beweises, dass es für den Forscher, der dieses schwer 
verständliche Volk und seine Werke begreifen will, wenn nicht 
unumgänglich noth wendig, so doch von der allergrössten Wichtig- 
keit ist, dass er seine Studien eine Zeit lang da betreibt, wo er 
gewissermassen den lebendigen Organismus vor Augen und unter 
den Händen hat, mit dessen Wesen er sich beschäftigen will, d.h. 
in China selbst; oder dass er wenigstens, wenn ihm hierzu keine 
Möglichkeit gegeben ist, von solchen Sinologen lernt, die dieses 
Vorzugs theilhaftig geworden sind? 

Wenn somit ein besonderes Gewicht darauf gelegt wird, dass 
der europäische Sinologe, soweit er nicht, wie z.B. der verstorbene 
Professor von der Gabelentz, in erster Linie nur rein sprachliche 



ItBLANOES. 245 

Studien treibt, China wo möglich aus eigener Anschauung kennen 
lernt, so soll damit keineswegs gesagt werden, dass ein Gelehrter, 
der diese Bedingung nicht hat erfüllen konneu, nichts von Bedeu- 
tung leisten könne ^ während jeder andere, der sich in China auf- 
gehalten, ihm von vorn herein überlegen sein müsse. Es bedarf 
wohl hier nur eines kurzen Hinweises auf die leider nur zu grosse 
Schaar der Dilettanten, die in China ihr Wesen treiben, Zeitschrif- 
ten und Bücher anfüllen und weit mehr dazu beitragen, die Sino- 
logie in Misscredit zu bringen als alle nach der Lampe riechenden 
Arbeiten europäischer Gelehrter. Vor mehreren Jahren habe ich 
einmal dargethan, wie die zahlreichen Amateur- Philologen und 
Sinologen, zu denen namentlich die anglo-amerikanischen Missionare 
ein bedeutendes Contingent stellen, auf dem Gebiete der Sprach- 
wissenschaft zu kannegiessern lieben '); die dort gegebenen Bei- 
spiele würden sich leicht von anderen Disciplineu vermehren lassen. 
Ausreichende Vorkenntnisse, durchgebildete Methode und wissen- 
schaftliche Gründlichkeit werden bei einem grossen Theile der in 
China entstehenden Arbeiten in auffallender Weise vermisst. Gütz- 
laff's »Geschichte des chinesischen Reiches" zB. , deren Verfasser 
den grösseren Theil seines Lebens in China zugebracht hat, steht, 
was die wissenschaftliche Behandlung des Gegenstandes anlangt, 
entschieden hinter dem Werk von Boulger zurück; und von den 
zahlreichen historischen Arbeiten eines gewissen schreibseligen engli- 
schen Consuls in China hat ein Kritiker boshafterweise bemerkt, 
dass sie ebenso interessant, aber nicht ganz so lehrreich seien wie 
die Patriarchen-Tabellen der Genesis. 

Wenn also, um wieder auf Prof. Hirth zurückzukommen, dar- 
auf hingewiesen wird, dass »nicht die Werthlosigkeit des zu bear- 
beitenden Materials" die Sinologie in ihrer Stellung als Wissenschaft 



L 



1) China and comparative philology. China Review, Vol. XX, pag. 310 ff. 

17 



246 MELANGES. 

herabgedrückt habe, sonderu »die Methode der Bearbeitung" (»Länder 
des Islam", p. 5), so hat dies sicherlich seine Berechtigung, wenn 
auch, wie mir scheint, in etwas weiterem Sinne als nach der Auf- 
fassung des Verfassers von »Die Länder des Islam". Auch ist es 
nur mit Genugthuung zu begrüssen, wenn ein Mann wie Hirth, 
der selber ein namhafter Gelehrter von gründlicher wissenschaft- 
licher Schulung ist, dazu ein hervorragendes Talent besitzt, einen 
Gegenstand interessant darzustellen, und China aus einer lang- 
jährigen amtlichen Thätigkeit kennt, wenn ein solcher Mann, meine 
ich, mit warmem Eifer für eine Reorganisation der sinologischen 
Studien, namentlich in Deutschland, eintritt und mehr Interesse 
für eine Wissenschaft zu erwecken sucht, deren Wichtigkeit lange 
nicht genügend gewürdigt wird, und die ihre stiefmütterliche Be- 
handlung sicher nicht verdient. Ebenso soll auch nicht bestritten 
werden, dass die Sinologie eine selbständige Disciplin sein muss, 
die die ganze Kraft eines Forschers verlangt und nicht als eine 
Neben- oder Hülfswissenschaft angesehen werden darf. Aber gerade 
in der Vertheidigung dieser letzten Maxime ist Hirth in seinem 
neuesten Artikel »Über sinologische Studien" erheblich über das 
Ziel hinausgeschossen. Wenn er seinem Unmuth über die »Sprach- 
philosophen" hier und da Luft macht, »die chinesische Grammatik 
neben einer langen Reihe verwandter und nicht verwandter Sprachen 
treiben", so mag dies bis zu einem gewissen Grade begründet sein; 
wenn er aber erklärt, dass das Studium anderer orientalischer 
Sprachen neben der chinesischen überhaupt verwerflich sei, dass es 
»das Interesse von der Hauptsache ablenke und die Kräfte zersplit- 
tere", so kann ich dies nur als eine bedauerliche Verirrung meines 
verehrten Landsmannes bezeichnen. Ich stelle dem gegenüber die 
Behauptung auf, dass die Keuntniss anderer orientalischer Sprachen 
für gewisse Gebiete der Sinologie — von Sprachwissenschaft ganz 
abgesehen — nicht nur sehr wünschenswerth , sondern sogar un- 



MÉLAMOES. 247 

nmgänglicli uothwendig ist; und zwar meine ich dabei in erster 
Linie das Sanskrit, das Tibetanische, Mongolische uud Mandschu, 
Für jeden, der sich einmal in ernsterer Weise mit dem chinesischen 
Buddhismus beschäftigt hat, wird dies eines Beweises nicht bedürfen. 
Eine wenigstens oberflächliche Kenntniss des Sanskrit und Pali ist 
hier schon wegen der reichen Terminologie unerlässlich; wer diese 
verschmäht sich anzueignen, der wird bei der Leetüre der buddhis- 
tischen Sutras im Dunkeln tappen, und die wichtigsten chinesischen 
Werke, wie z.B. das unschätzbare Wörterbuch Fan-yi ming-i^ werden 
für ihn einfach unbrauchbar sein. Nur der Sinologe, der zugleich 
Sanskritist ist, wird ferner die wichtige Frage beurtheilen können, 
in wie weit wir es in der mahâyânistischen Litteratur wirklich mit 
Übertragungen indischer Originale uud in wie weit mit solchen 
Werken zu thun haben, die trotz ihres fremdartigen Titels selb- 
ständig auf chinesischen Boden entstanden sind. Wer den Lamais- 
mus studiren will, der in der späteren Geschichte China's ein so 
bedeutungsvolles Element bildet, dabei aber das Mongolische und 
Tibetanische als nicht zu seinem Fach gehörig bei Seite lässt, der 
wird ein Dilettant bleiben, auch wenn er die erstaunlichsten chi- 
nesischen Kenntnisse besitzt. Ferner: nicht nur das Studium der 
interessanten Geschichte der mongolischen yua/j-Dynastie, sondern 
auch ein Eingehen auf die Beziehungen des gegenwärtigen Herr- 
scherhauses zu der tibetanischen Hierarchie und den Völkerstämmen 
der Mongolei, die Unterwerfung der letzteren durch die Mandschus, 
wird eine banausische Arbeit bleiben, wenn der Sinologe nicht 
wenigstens so viel tibetanisch und mongolisch versteht, dass er die 
Namen, Titel und technischen Ausdrücke erklären kann, und nun 
das Mandschu, von dem Herr Hirth wegwerfend behauptet, dass 
>zur Erschliessung der Cultur und Litteratur Chinas, zur Erfor- 
schung der Geschichte Asiens , die darauf verwendeten Nächte nichts 
nützen"! Ja, vielleicht nichts für die Erforschung der mittelalter- 



248 MÉLANGES. 

lichen Beziehungen von Süd- und Mittel- Chi na zu Westasien, aber 
sehr viel für die Geschichte der gegenwärtigen Dynastie! In den 
zahllosen kaiserlichen Tempeln und Schlössern von Nord-Chihli 
finden wir überall riesige Marmor-Tablets mit langen Inschriften in 
Chinesisch und Mandschu (in den Lama-Klöstern auch häufig noch 
Tibetanisch und Mongolisch). Diese steinernen Documente haben 
oft einen interessanten und sehr instructiven Inhalt, ja ich glaube 
sogar, dass sie unter Umständen für den Historiker von grösserem 
Werthe sein können als die officielle Chronik, da sie von der je- 
weiligen Situation oder einem charakteristischen Regierungs-Akt 
unmittelbarer zu uns reden als die letztere. Leider sind aber jene 
Inschriften wegen ihres feierlichen Stiles durchaus nicht immer leicht 
zu verstehen, und bei solchen schwierigen Stellen kann die ein- 
fachere Mandschu-Version , wenn man sie zu lesen vermag, einen 
höchst schätzbaren Commentar abgeben. Auf den Werth von Mand- 
schu-Übersetzungen chinesischer Werke will ich hier nicht eingehen. 
Prof. Hirth wird nicht läugnen wollen, dass die hier erwähnten 
Studien ebenfalls Zweige vom Stamme der Sinologie sind und eine 
weitere Cultivirung wohl verdienen. 

Und nun noch ein Wort zu Gunsten der Prof. Hirth offenbar 
sehr unsympathischen Sprachwissenschaft. Wo und wie »in seit 
einem Menschenalter, besonders in Deutschland, eine sprach-philoso- 
phische und grammatische Richtung" hervortritt mit Bezug auf das 
Chinesische, ist mir nicht ersichtlich. Hirth hat viellicht eine un- 
günstige Meinung über die Arbeiten des verstorbeneu von der Gabe- 
lentz, aber man kann doch nicht die Studien eines Mannes für eine 
»Richtung'' in einem ganzen Lande erklären. Ebenso unklar ist es 
mir, wen er — in Deutschland — dabei im Auge hat, wenn er 
von der »unvermeidlichen Mittel mässigkeit derer" spricht, »die im 
Chinesischen nur eine Ergänzung ihrer polyglotten Studien erkennen 
etc. etc." Oder sollte Herr Hirth gar die Phantastereien der etymo- 



MELANGES. 249 

logisirenden Amateor-Philologen in China for Sprachwissenschaft 
ansehen? Das würde aber ein schweres Unrecht sein gegenüber 
den gründlichen, wissenschaftlichen ond streng philologischen Unter- 
suchungen der vergleichenden Sprachwissenschaft in Europa und 
besonders in Deutschland. Ich rufe Prof. Hirth hier ein aufmun- 
terndes »Introite, nam et hie Dii sunt" zu. Wenn ihm die glän- 
zenden Resultate bekannt wären , die gerade diese junge Wissen- 
schaft während der letzten Jahrzehnte gezeitigt hat, so würde er 
wahrscheinlich nicht mit solch höhnischem Lächeln auf sie herab- 
blicken und den orthodoxen »klassischen Philologen" als Muster 
aufetellen, der noch heute die Entdeckungen eines Fick mit souve- 
räner Verachtung ignorirt. Aber freilich ist die sinologische Sprach- 
wissenschaft noch nicht so weit und noch nicht in so sichere 
Bahnen eingelenkt wie die indogermanische; indessen ein Anfang 
muss doch einmal gemacht werden, und das grosse Rätsel des Ur- 
sprungs und der Entwicklung der chinesischen Sprache zu lösen, ist 
gewiss eine Aufgabe, die »des Schweisses der Edlen werth" ist und 
ganz gewaltig zur »Erforschung der Geschichte Asiens" beiträgt. 
Unüberwindlich wie die Schwierigkeiten auch noch scheinen mögen, 
sollte man die Versuche, fur eine Lösung der Frage im Zusam- 
menhange mit benachbarten Sprachen eine Spur zu finden, doch 
nicht ohnes weiteres belächeln. 

Es soll hier also, wie schon hervorgehoben, gewiss nicht be- 
stritten werden, dass die chinesische Litteratur umfangreich genug, 
und die chinesische Sprache schwierig genug ist, um die unge- 
schmälerte geistige Kraft eines Menschen für sich allein zu bean- 
spruchen, und für grosse Gebiete der sinologischen Forschung komt 
ja auch thatsächlich nur Kenntniss des Chinesischen in Betracht; 
aber die Sinologie gewissermassen mit einem tiefen Graben umziehen 
zu wollen und dem Sinologen zu verbieten , eine andere orientalische 
Sprache zu studiren , damit er nicht auf dieser Brücke heimlich mit 



250 MÉLANGES. 

der Aussenwelt verkehren kann , das scheint mir doch ein bedenk- 
liches Unternelimen zu sein. Ein solches System führt zur Einseitig- 
keit, und zwar nicht bloss zu derjenigen, die Hirth als »in der 
Natur des Studiums begründet" für so nützlich hält, sondern zu 
jener, welche leicht die Vorstufe wird für die Uberhebung und 
Intoleranz, zwei Eigenschaften, die der Freiheit der Wissenschaft 
wahrlich nicht förderlich sind. Wir wünschen von Herzen, dass Prof. 
Hirth als Gelehrter seinem deutschen Vaterlande erhalten bleiben 
und in kürzester Zeit den wohl verdienten Lehrstuhl an einer der 
vielen deutschen Universitäten einnehmen möge, aber etwas Nach- 
sicht zu zeigen gegen diejenigen, welche ihre sinologische Studien 
in andere Bahnen geführt haben als die seinigen, wird er der Alma 
mater schon schuldig sein. 

Peking, März 1896. 



VARIÉTÉS. 



COCHINCHINOISERIES. 



Je comparerais assez volontiers Saigon 
à un beau décor planté dans un cadre 
trop vaste pour la pièce en cours de 
représentations : la scène de l'Opéra 
occupée par des personnages qui tien- 
draient à l'aise entre deux paravents. 
Cela est bien grand et bien vide à cei"- 
taines heures, quoiqu'à d'auti-es mo- 
ments de la journée, cette population 
européenne de deux à trois mille âmes 
rassemblée dans l'endroit select , donne 
par son animation , ses élégances de ville 
d'eaux et son papotage, l'illusion d'une 
agglomération beaucoup plus dense. 

Une jolie ville en vérité, dont Joanne 
ou Baedeker ne manqueraient pas de 
vous énumérer les beautés par le menu. 
Comme je n'ai ni le désir, ni surtout 
le loisir d'écrire un Guide de V étranger 
à Saigon, on me pardonnera d'être plus 
bref et de ne point décrire avee com- 
plaisance des architectures de caractère 
ofificiel ou utilitaire. Vous ne connaîtrez 
donc ni le plan de la cour d'appel, ni 
le style du sanctuaire affecté au culte 
de l'enregistrement et du domaine: vous 
ignorerez également le nombre des volu- 
mes que renferme la bibliothèque. Du 
palais réservé au gouverneur généi'al de 
l'Indo-Chine, palais rarement habité 
depuis quelques années et qui ferait 
envie à un vice- roi des Indes, je dirai 
simplement, comme au grand siècle, 
qu'il est «le plus beau du monde». De 
musée, il n'en est point ou plutôt il 
n'en est plus Saigon s'était offert le 
luxe d'un musée colonial supérieure- 
ment aménagé; mais loi-squ'il eut été 
bien constaté que la meilleure part de 
ses collections disparaissait régulière- 



1 ment des vitrines pour aller enrichir 
I celles de la métropole, on prit le parti 
] sage de ne pas pousser plus loin l'expé- 
lience, et le local fut offert comme 
I résidence au lieutenant-gouverneur. Nul 
i ne s'est plaint du changement; car 
l'édifice est disposé à souhait pour les 
i réceptions et les fêtes , et la bonne grâce 
! de ses hôtes actuels ne saurait être ou- 
; bliée de ceux que le hasard des voyages 
i a conduits et letenus, fût-ce seulement 
j quelques jours, sur ce coin de France 
! tropicale. 

I Du reste, tous les services publics, 
les bureaux, — et Dieu seul en sait le 
nombre, — les différentes administi-a- 
tions, civiles et militaires, sont aussi 
largement installés, parfois même avec 
un luxe et un confort auxquels le pei'- 
sonnel n'est point accoutumé en Europe. 
Le climat l'exigeait, et je ne pense pas 
que jamais, sous les latitudes chaudes, 
architectes aient plus ingénieusement 
combiné l'emploi du fer et de la brique. 
Je vous recommanderai en particulier le 
bâtiment des postes et télégraphes, un 
hôtel des postes qui n'a point son pareil 
dans aucune de nos grandes villes de 
France, Paris excepté. 11 n'y a guère 
qu'aux Etats-Unis que j'aie remarqué 
ces aménagements si pratiques, ce vaste 
hall où les murailles, égajées de cartes 
et de plans en couleui's , de tableaux et 
de graphiques, donnent au public, sur 
un simple coup d'œil, les renseignements 
obtenus ailleurs au prix d'interminables 
démarches, d'enquêtes poursuivies péni- 
blement de guichet en guichet. Améri- 
caine aussi, la réunion près du bâtiment 
principal et dans la même enceinte, 



252 



sous l'œil du directeur, de tous les 
organes de la machine, laboratoires, 
ateliers, forges, nécessaires à l'entretien 
et à l'extension d'un réseau télégra- 
phique qui dépasse déjà six mille kilo- 
mètres. 

Des casernes, il suffît de dire que les 
Anglais, bons connaisseurs en matière 
d'installations coloniales, n'ont pas cru 
pouvoir choisir meilleurs modèles lors- 
qu'il s'est agi de créer de nouveaux 
cantonnements à Singapour et à Hong- 
Kong. 

Non moins remarquable est l'Hôpital 
avec ses pavillons indépendants l'un de 
l'autre, son parc ombrageux, ses pelou- 
ses: il n'apparaît point comme un lieu 
de souffrance. N'était la blanche cornette 
d'une sœur entrevue de loin en loin 
dans la pénombre des vérandas, on se 
croirait plutôt dans une retraite pré- 
parée pour le repos de l'esprit et le 
plaisir des yeux , pour abriter des exis- 
tences très douces, très calmes, parta- 
gées entre le travail et la rêverie , loin 
des bruits de la ville, parmi les ver- 
dures et les fleurs. L'illusion est plus 
complète encore à cette époque de l'an- 
née. L'hivernage est la saison clémente : 
peu ou point de grands malades : quel- 
ques groupes de convalescents arpentant 
les allées, le pas déjà ferme et devisant 
gaiement, d'autres allongés sur leurs 
chaises-longues, le livre ou le journal 
à la main. Tout cela très paisible, mais 
point lugubre. Et je me dis que le pauvre 
être miné par la fièvre doit entrer ici 
sans angoisse, rafraîchi et réconforté 
dans ce milieu tranquille où la douleur 
s'assoupit au chant des oiseaux toujours 
en fête sous les futaies toujours vertes. 
Il est en Extrême-Orient deux sites 
dont le nom seul , semble-t-il , invite 
à la mélancolie, où cependant le visiteur 
s'attarde avec plaisir, sans une tristesse 
au cœur: le cimetière anglais de Hong- 
Kong et l'hôpital de Saigon. 

J'ai réservé pour la fin un local de 
dimensions moins grandioses, que n'en- 
vironne aucune poésie, mais où se réu- 
nit et discute, non sans éloquence, un 
Parlement au petit pied , le premier 
corps élu du pays, le conseil colonial. 
Ce n'est pas que le style et l'ornemen- 
tation présentent rien de particulier. 
A part les grands pankas suspendus 
au plafond et mollement balancés par 
une main invisible, l'ameublement est 



à peu près identique à celui qui décore 
la plupart des enceintes réservées aux 
assemblées délibérantes. Le salle oblun- 
gue, toute blanche, .sans arabesques ni 
moulures, ouvre sur deux galeries laté- 
rales où prend place le public. Il y a 
certes des Parlements plus mal logés. 
J'ai assisté à l'une des séances, et je 
ne regrette pas mon après-midi. La 
discussion, à vrai dire, n'offrait qu'un 
médiocre intérêt. On n'a guère, ce jour- 
là, expédié que des broutilles: pétitions, 
demandes de subventions et de secours 
— beaucoup de demandes — il fut 
aus.si vaguement question de nouveaux 
impôts, d'une augmentation des droits 
de sortie sur les paddys, et le débat 
devint plus animé. Mais l'engagement 
n'eut pas de suites; on en revint aux 
pétitions. Autour de la table en fer à 
cheval, les conseillers français de blanc 
vêtus alternant avec leurs collègues an- 
namites, en tuniques sombres, se dé- 
tachaient sur le tapis vert comme les 
dés d'un jeu de dominos; les indigènes, 
très sérieux, très corrects, écoutant sans 
comprendre, mais décidés à ne pas per- 
dre une syllabe. Seulement, au moment 
du vote, un intei-prète les mettait au 
courant, leur traduisait les conclusions 
du rapporteur. Et, cho.se singulière, si 
développées que fussent lesdites con- 
clusions, l'interprète trouvait toujour's 
moyen de les transmettre suivant le 
procédé expéditif du truchement dans 
le Bourgeois gentilhomme , réduites à 
trois ou quatre onomatopées, proches 
parentes des Belmen et des Marababa 
sahem, ce qui m'inclinerait à croire que 
la langue annamite a les mêmes pro- 
priétés que la turque, laquelle, vous 
ne l'ignorez pas, dit beaucoup de choses 
en peu de mots. Là-dessus, messieurs 
les conseillers indigènes opinaient gra- 
vement du turban , et l'on passait à 
d'autres exercices. 

Mais la caractéristique de cette as- 
semblée, ce par quoi elle se recom- 
mande essentiellement à nos sympathies, 
c'est que très simplement, sans fausse 
honte ni réticences, de la meilleure 
grâce du monde, elle tient compte de 
la faiblesse humaine et des rigueurs de 
la canicule. A l'inverse de ce qui se 
passe dans les autres enceintes parle- 
mentaires où l'atmosphère étouffante 
voile trop souvent la voix des orateurs, 
on débite ici tout ensemble des discours... 



VARIETES. 



253 



et des rafraîchissements. Non pas le 
traditionnel verre d'eau sucrée avalé 
goulûment, en égoïste, par le monsieur 
qui occupe la tribune, mais des coupes 
pour tout le monde, les membres du 
conseil colonial ayant eux aussi le droit 
imprescriptible de ne point mourir de 
soif. Chacun des membres a devant lui 
le tonique de son choix dilute dans la 
glace et le &soda water». De temps à 
autre le boy de service circule, emplit 
les verres, présente aux amateurs un 
assortiment de cigares et de cigarettes. 
Si des censeui-s moroses voulaient pro- 
tester contre ces innovations, je les in- 
viterais à venir an préalable légiférer 
pendant une couple d'heures sous ce ciel 
implacable: leurs vains scrupules fon- 
draient comme neige au soleil. En ce 
qui me concerne je déclare que la chose 
ne m'a point choqué. Tout au plus 
hasarderai-je un vœu, en demandant au 
conseil d'en étendre la mesure au simple 
spectateur, de leur offnr désormais autre 
chose que la vue de la bois.son fraîche 
et le parfum des cigares. 

La ville est agréable, en somme, bien 
que la vie y soit trop décousue. A l'in- 
vei-se de ce qui se passe dans les autres 
cités tropicales, éveillées dès l'aube, en- 
dormies de bonne heure, Saigon se 
couche tard et fait la gi-asse matinée. 
Jusqu'à neuf heures, sauf dans les quar- 
tiei"s habités par les indigènes et aux 
abords du marché, les rues sont mortes, 
les persiennes closes. Seuls les Chétis et 
les Chinois donnent signe de vie: les 
premiere, accroupis dans leui-s échoppes 
de six pieds can'és, apurent leure comp- 
tes; les seconds, tailleurs, cordonniers, 
menuisiei-s, dans les étroits rez-de-chaus- 
sée désignés ici sous le nom de «com- 
partiments», commencent à jouer de la 
machine à coudre, du poinçon et de la 
varlope. Entre neuf et dix seulement 
les vestons blancs et les uniformes se 
montrent dans la rue Catinat. A onze 
heures précises on déjeune. Puis de 
nouveau, de midi à trois heures, les 
magasins ferment leurs portes C'est le 
moment de la sieste: la rue et les cafés 
se vident, Saigon retombe à sa quiétude. 

De cinq à sept, l'usage veut qu'on se 
rende à la musique ou à la promenade 
du tour (ï irv^pection La musique se fait 
entendre tantôt au Jardin botanique — 
une merveille — tantôt devant le cercle 
des officiei's sur le boulevard Norodom 



non loin de remplacement où se dresse 
un Gambetta de bronze, le plus extra- 
ordinaire Gambetta qu'il ait été possi- 
ble d'imaginer pour ces contrées brû- 
lantes, le Gambetta du siège, drapé 
dans une ample houppelande en four- 
rures que les indigènes contemplent avec 
stupeur. Le tour « d'inspection » corres- 
pond à ce que la province appellerait le 
«tour de ville». Par exemple, c'est un 
beau tour d'une dizaine de kilomètres 
par des routes incomparables, enjambant 
les arroyos où se croisent les sampans 
et les jonques, filant à travers les on- 
duleuses rizières, les cocotiers échevelés. 
On s'y donne rendez-vous comme aux 
Lacs ou aux Acacias. C'est un joyeux 
va-et-vient d'équipages, depuis les at- 
telages de poneys bien mis enlevant 
aux grandes allures les victoiias où se 
prélassent des femmes en toilettes clai- 
res, des gentlemen la boutonnière fleurie, 
jusqu'au vulgaire «sapin» sonnant la 
ferraille. Cavaliers et bicyclistesy luttent 
de vitesse. Mais, bien que le cycle compte 
ici d'assez nombreux adeptes, ce genre 
de sport n'est pas encore très bien vu. 
Il lui reste à se faire consacrer par les 
gens qui donnent le ton. Pédaler, fût- 
ce aux heures fraîches, n'est point de 
mise pour le tout-Saïgon. Le passe-temps 
lui semble un peu vulgaire et trop démo- 
cratique. Cela sent son Paris d'une lieue. 

Quatre fois la semaine, il y a spectacle 
de neuf heures à minuit. De toutes les 
cités des Indes et de l'Extrême-Orient, 
deux seulement, Saigon et Batavia, pos- 
sèdent un théâtre. Les salles sont, à 
peu de choses près, disposées de même. 
Le bâtiment, situé au milieu d'un square, 
sous les arbres, peut contenir un millier 
de spectateui-s, ce qui est tiès suffisant. 
La décoration intérieure est sobre, mais 
non sans élégance, la salle admirable- 
ment appropriée aux exigences du cli- 
mat. Les loges ne sont séparées du 
promenoir donnant sur le jardin que 
par des cloisons très basses audessus 
desquelles l'air circule librement. Jamais 
public parisien n'a joui d'une ventila- 
tion aussi parfaite, si ce n'est aux cafés- 
concerts des Champs-Elysées. Dans ces 
conditions, le drame est peu menaçant, 
l'opérette sans douleur. Le mal est qu'on 
rentre au logis fort tard, et comme le 
besoin de sommeil est autrement im- 
périeux ici que sous les latitudes tempe- 



254 



VARIÉTÉS. 



rées, force est de s'abandonner le lende- 
main aux douceurs de la sieste. Bref, 
l'existence, ainsi hachée, n'est pas des 
plus saines; elle n'est point de nature 
à stimuler les énergies et à favoriser 
la prompte expédition des affaires. 

Les affaires! Il faut avouer qu'elles 
ne sont guère brillantes, ce qui suffirait 
à expliquer ces apparences de vie oisive. 
D'abord le colon constitue ici une mi- 
norité infime. A cela rien d'étonnant, 
pour peu que le terme soit pris dans 
son sens étroit. Ce n'est pomt évidem- 
ment dans la capitale qu'il faut cher- 
cher le véritable colon, l'homme qui 
s'adonne à la culture ou à l'élevage. 
J'ai remarqué pourtant, sur la prome- 
nade de l'Inspection, une .sorte de ferme 
modèle, un petit haras subventionné 
par le budget local et, dans la ville 
même, un domaine assez étendu, con- 
cession accoi'dée, immédiatement après 
la conquête, à un de nos troupiers qui, 
son congé terminé, préféra rester dans 
le pays. Le père Colombier, comme 
l'appellent familièrement les Saïgonnais, 
n'est jamais retourné en France; il vit 
à l'annamite, dans une paillette, et ne 
se montre guère dans les rues, tout 
entier à son jardinage et à ses greffes. 
Il a tenté avec succès l'acclimatation 
des diverses espèces de caféiers, de ca- 
caoyers, de cotonniers, et il récolte dans 



son clos les meilleures bananes et les 
mangues les plus savoureuses. C'est un 
type intéressant et point banal, à coup 
sûr. Le bonhomme, à ses heures, fait 
largesse et joue les petits manteaux 
bleus. La ville ayant récemment décidé 
d'acquérir une partie de la propriété 
pour exécuter je ne sais quels travaux 
d'utilité publique, il lui offrit le lot 
purement et simplement, à titre gra- 
cieux. Le teri'ain, naguère banlieue, en- 
clavé aujourd'hui dans l'un des plus 
beaux quartiers, avait singulièrement 
augmenté de valeur depuis trente ans; 
c'était là un cadeau de quinze à vingt 
mille piastres. Saigon serait heureux 
de compter beaucoup de colons tels que 
le père Colombier. 

Quant au commerce, le centre des 
transactions n'est point ici, mais chez 
les Chinois, à Cholon. Les maisons euro- 
péennes de réelle importance sont en 
très petit nombre: quatre ou cinq, pas 
davantage. La plus ancienne et la plus 
puissante est une maison allemande. Le 
reste se compose de négociants au détail : 
papetiers, libraires, modistes, coiffeurs 
auxquels il convient d'adjoindre l'im- 
posante corporation des débitants de 
boissons plus ou moins aperitives: restau- 
rateurs, cafetiers et maîtres d'hôtel. 

Marcel monnier. (Le Temps). 



YAMATO-DAMASHI. 

{Uâme japonaise). 



Une dépêche de Yokohama nous ap- 
prend qu'un attentat a été comploté 
contre le marquis Ito, pi-emier ministre 
de l'empereur du Japon. La nouvelle 
n'a surpris aucun de ceux qui connais- 
sent un peu ce pays, et était attendue 
avec certitude par ceux qui l'ont visité 
au cours de la dernière guerre et après 
la ratification du traité de Simono-Seki 
(17 avril— 8 mai 1895. 

Depuis ce moment le ministre Ito ne 
dormait pas sur des roses et a dû penser 
souvent au gril de feu Guatimozin. Les 
Chinois lui ont bien moins donné de 



mal que ses compati'iotes, et jamais il 
n'a été aussi tranquille que pendant 
la guerre. 

Comme leurs modèles préférés, les 
Américains des Etats-Unis, les Japonais 
ont vécu plusieurs siècles en quelques 
lustres. Aux lampes à pétrole ils ont 
substitué les petites poii-es électriques, 
sans se commettre avec le gaz, comme 
en vingt-deux ans la monai'chie con- 
stitutionnelle à la plus moyenâgeuse 
féodalité. 

On ne leur a pas donné la liberté 
de la presse. C'eût été, probablement, 



VABIËTES 



255 



mettre un pistolet chargé et armé aux 
mains d'un enfant dans une foule. Mais 
ils y ont suppléé, à l'aveuglette, es- 
soufflés, étourdis qu'ils étaient par cette 
marche de chasseurs à pied. Leurs uni- 
versités, auxquelles on n'a las assuré 
des débouchés du même calibre que les 
canaux adducteurs, produisent par cen- 
taines des déclassés ou «soshi», qui 
ne peuvent vivre que de la politique. 
Ils forment l'armée de chacun des partis 
qui se disputent le pouvoir; chaque 
«politician», chaque «club», chaque 
chef de groupe, chaque ministre, le 
comte Ito lui-même, a les siens. Ils ont 
pris le nom que portaient autrefois les 
«samouraïs» et remplissent, dans la vie 
civile, le même rôle que ces soldats de 
«l'host», ou de «goum». 

Tous ces chasseui"s de dollai's hous- 
pillent le comte Ito et ses collègues de 
la belle manière. Ils s'étaient tu tant 
qu'ils avaient espéré une abondante part 
de la curée chinoise. Mais, quand ce 
mirage de milliards s'évanouit, ils n'en 
accusèrent pas une loi aussi inexorable 
que celle de la pe.santeur; ils trouvè- 
rent «le pelé, le galeux d'où venait 
tout le mal» au lieu du bien qu'on 
attendait. 

Avec ensemble, on accusa le comte 
Ito (depuis marquis) d'avoir engagé la 
guerre contre la Chine ponr sortir de 
l'impasse où l'avaient enfermé les trois 
dissolutions successives de la Chambre 
ingouvernable en 1893 en 1894: d'avoir 
compromis, avec un aveugle égoisme, 
le prestige de l'empereur, eu le faisant 
descendre de l'empyrée ou la Constitu- 
tion le place au milieu des dieux ses 
ancêtres, dans l'arène des lutteurs par- 
lementaires. 

Mais le comte Ito (Ito en japonais 
signifie ficelle) sait à merveille comment 
se défend un cabinet qui veut garder 
le pouvoir et comment il se concilie 
ceux dont il désire l'amitié et le con- 
cours. Il le fit bien voir. Il n'ignore 
pas non plus l'usage de la muselière, 
et le fit voir également, en suspendant 
des journaux, en faisant condamner 
par sa magistrature les promoteurs de 
«meetings d'indignation». Le domicile 
japonais étant ouvert à la police jour 
et nuit, il faisait assister des agents à 
des soii'ées intimes où quatre ou cinq 
députés et hommes politiques jouaient 
au gô en buvant du saké. Cela ne suffit 



pas. Alors à toutes les réunions auto- 
risées dont l'esprit inquisiteur, la manie 
tatillonne, le besoin, bien japonais, de 
tracasseries policières s'attelaient au 
criblage et à l'examen microscopique 
de ce qui ne les regardait pas, il opposa 
une fois de plus l'empereur. Celui-ci 
appuya la promulgation du traité de 
Simono-Seki du curieux rescrit suivant, 
le 10 mai 1895: 

«Nous avons récemment condescendu 
à la requête de la Chine, et. en consé- 
quence, constitué des plénipotentiaires 
que nous avons envoyés conférer avec 
les plénipotentiaires investis par la Chine 
et conclure un traité de paix entre les 
deux empires. 

«Depuis lors, les gouvernements de 
Leure Majestés l'empereur de Russie et 
l'empereur allemand et de la Républi- 
que française se sont associés pour re- 
commander à notre gouvernement de ne 
pas prendre possession permanente de la 
presqu île de Feng-Sien, notre territoire 
récemment conquis, en établissant qu'une 
telle position permanente serait préjudi- 
ciable au maintain de la paix en Orient, 

«Dévoué, comme nous le sommes in- 
altérablement, et l'avons toujours été 
aux principes de la paix, nous n'avons 
été contraints de prendre les armes con- 
tre les Chinois pour aucune autre raison 
que notre désir d'assurer à l'Orient une 
paix durable. 

«Actuellement, la recommandation 
amicale des trois puissances a été égale- 
ment inspirée par le même désir. Con- 
sultant, en conséquence, les intérêts les 
mieux entendus de la paix, et animé 
par un désir de ne pas attirer sur notre 
peuple un surcroît de souffrances ou 
d'entraver les progi'ès de la destinée 
nationale en créant de nouvelles compli- 
cations et, par là même, rendant la 
situation difficile et retardant la restau- 
ration de la paix, nous n'hésitons pas 
à accueillir une telle recommandation. 

«En concluant le ti-aité de paix, la 
Chine a déjà montré la sincérité de son 
regret pour la violation de ses engage- 
ments, et, par là même, la justice de 
notre cause a été proclamée devant le 
monde. 

« Dans ces circonstances, nous ne pou- 
vons rien trouver qui diminue l'honneur 
et la dignité de notre empire si nous 
acquiesçons aujourd'hui à ce que nous 
dicte la magnanimité, et, prenant en 



256 



VARIÉTÉS. 



considéi*ation la situation générale, ac- 
ceptons l'avis des trois puissances araies. 

« Conséquemment, nous ordonnons à 
nos sujets de respecter notre volonté, 
de prendre en soigneuse considération 
la situation générale, d'être circonspects 
en toutes choses, d'éviter des tendances 
fallacieuses et de ne pas affaiblir ou 
mettre en échec les hautes aspirations 
de notre empire». 

Nettement, la France, la Russie, l'Al- 
lemagne étaient signalées à l'animad- 
version japonaise dans ces phrases dont 
la confiserie diplomatique n'a pas adouci 
l'âpreté. 

On voulait créer une diversion et dé- 
tourner sur d'autres têtes un danger si 
réel que, depuis le 8 mai, à Kioto, tous 
les ministres, tous les dignitaires japo- 
nais du conseil privé, convoqués expres- 
sément pour l'abandon exigé de Port- 
Arthur, etc., étaient gardés nuit et jour 
chez eux et au dehors par des policemen 
spéciaux qui les précédaient et les sui- 
vaient à la distance de leur ombre. Le 
mécontentement était général et pro- 
fond. Devant moi, à Kioto, aucune mani- 
festation n'a accueilli le retour du plé- 
nipotentiaire japonais de Che-Fou le 13 
mai. Il a fallu un ordre officiel pour 
que l'on pavoisât et illuminât le 14. A 
Yokohama, certains Japonais arboi'èrent 
des torchons et n'esquivèrent l'amende 
qu'en les retirant après avoir expliqué 
à la police que c'étaient les «fondoshi» 
(pagnes) de leurs femmes qu'ils faisaient 
sécher. Pourtant, Dieu sait combien les 
Nippons aiment les panaches, les cocar- 
des et les lampions! J'ai vu à Kioto 
des portraits de l'empereur et de l'im- 
pératrice voilés jusqu'aux épaules dans 
des boutiques. Le général Yamagi dé- 
clai-a qu'il allait démissionner et se faire 
bonze pour expier cette honte. Et tout 
le monde, Européens comme Japonais, 
prévoyait que Yamato Damashi allait 
enrichir ses annales d'un nouveau crime 
par l'assassinat du comte Ito. 

«Yamato Damashi» signifie l'âme ja- 
ponaise, et par extension les passions 
qui l'agitent et même les actes qu'elles 
déterminent. La formule a été trouvée 
il y a une centaine d'années par un 
poète «samouraï» pour rendre l'état 
d'âme des «samouraï» (qui s'appelaient 
aussi « soshi »), petite noblesse qui, dans 
chaque clan, vivait uniquement du ser- 



vice militaire dans la maison des chefs 
(«daïmios» ou «shogoun»). Ce n'est pas 
un corps de doctrines, comme le Confu- 
cianisme, mais l'ensemble des obliga- 
tions qui constituaient l'honneur et le 
patriotisme japonais. Un «samouraï» 
(la plèbe des «nidzokou» ne comptait 
pas) était tenu de venger son suzerain, 
son pays, au risque de ses biens et de sa 
vie, même d'expier de son sang («hara- 
kiri») toute humiliation, toute tache 
qui leur étaient infligées. C'est pour cela 
qu'une jeune fille se coupa la gorge à 
Tokio, après l'attentat d'Otsou contre 
le tsarévitch. Le rasoir qu'elle employa 
e.st exhibé au musée. 

Depuis que les «samouraïs» sont de- 
venus les «soshi», seconde manière, 
Yamato Damashi, passé sous le niveau 
égalitaire s'est... transformé. Beaucoup 
de ceux qui l'affirment par de «beaux 
gestes» ne sont pas «.samouraïs» et 
couvrent du nom de passions qui avaient 
quelque noblesse des intérêts privés ou 
électoraux qui ne sauraient être traités 
avec les mêmes égards que le farouche 
idéal moral des anciens «soshi». 

Le meurtrier de Li Hung-Chang, 
«Koyama Toyotaro», a essayé de don- 
ner le change et de mettre son lâche 
attentat sur un vieillard, garanti par 
la foi publique, sous le couvert d'un 
patriotisme intransigeant. Voici ce qu'il 
disait : 

«... Pour rétablir la paix de l'Orient 
et pour mettre fin à ses malheurs, il 
fallait nécessairement prendre la vie de 
Li Hung-Chang... Tout a résulté de 
l'orgueil et de la déraison de la Chine, 
Ainsi Li est notre ennemi. Il a embar- 
rassé Sa Majesté et nous ne pourrions 
pas vivre sous le même ciel. J'ai pensé 
exercer la vengeance au nom de tous 
les Japonais». 

Ce gaillard-là, qui parle comme un 
rescrit impérial, avait vingt et un ans 
l'an dernier; son patriotisme ardent ne 
l'a pas conduit à s'engager dans l'ar- 
mée ; il n'a combattu qu'avec son pisto- 
let, en embuscade contre un vieillard 
désarmé. Il a été condamné aux galères 
perpétuelles; soyez sûr qu'il n'y mourra 
pas; qu'il y est traité eomme un coq 
en pâte s'il y est toujours, et qu'à la 
prochaine dissolution de la Chambre il 
sera élu député. 

Au Japon, «ennemi» et «étranger» 
sont équivalents. Tous les Japonais se 



YABIBTES. 



257 



ci"oient le droit et le devoir de procurer 
coûte que coûte, par leur effort indivi- 
duel, parfaitement indépendant de tout 
contrôle moral ou matériel , le plus 
grand bien et la plus grande gloire du 
Japon. C'est l'individualisme poussé à 
ses plus dangereuses conséquences par 
ces Malais encore sauvages, et nulle- 
ment outillés pour juger la valeur mo- 
rale d'un acte. Une pareille théorie se- 
rait encore un danger tennble dans des 
milieux bien supérieurs. 

Son histoire est écrite avec du sang! 

C'est à cause d'elle que l'assassin du 
vicomte Non l'a haché, en plein parc 
d'Ujeno, avec un couperet de boucher, 
comme indigne de coups de sabre: qu'en 
autre a lancé dans la voiture du comte 
Okuma une bombe qui lui a emporté 
les deux jambes. Ces deux ministres 
voulaient reviser les traités en faisant 
des concessions aux étrangers maudits 
qui « volent le Japon » ! 

Et le gouvernement doit compter avec 
cet état d'âme, où se combine bien drô- 
lement une espèce d'esprit chavaleres- 
que avec une avidité d'épicier, à tel 
point que l'ennemi des étrangers, Saïgo, 



bien qu'il ait désolé le pays par la 
révolte de Satzuma, en 1877, pour for- 
cer le ministère à chasser les étrangers, 
a une statue devant le «Shogounsba 
(Panthéon) à Tokio. Et ce monument 
lui-même, où on a rassemblé, avec un 
éclectisme stupéfiant, les rebelles et les 
fidèles, les adversaires les plus violents, 
morts de la main les uns des autres, 
en les considérant comme égaux devant 
l'amour de la patrie à qui ils ont sacrifié 
leur existence, est le monument du 
« Yamato Damashi ». 

Cela prouve qu'on peut remplacer les 
«kimonos» par des pantalons et des 
vestons, les «getas» et les «tabi» par 
des bottines et des chaussettes, l'arc 
par le fusil Mourata à répétition et la 
flèche par la balle de petit calibre, dé- 
placer le commencement de l'année et 
substituer l'ère de «Meidjio» à l'ère de 
«Kewo», mais que l'âme d'un peuple 
est une cristallisation séculaire dont les 
éléments son très lentement élaborés et 
très lentement unis, et que le temps 
se venge toujoure des fondations som- 
maires auxquelles il n'a pas collaboré. 
— R. Villelard de Laguérie. 



UN HOMME D'ÉTAT CHINOIS. 

LI HOKG-TCHANG ')• 



La question du Tonkin se présente 
sous des aspects multiples, dont le plus 
intéressant et le plus important, à coup 
sûr, est l'aspect chinois. 11 est certain 
que le Tonkin, ou plutôt l'empire d'An- 
nam, i-éduit à ses propres forces, n'ayant 
aucun rapport soit avec les paj's limi- 
trophes, soit avec les pays d'Europe, 
serait, pour la France, une proie facile 
à saisir. Malheureusement pour nous, 
l'Annara n'est pas seul en jeu. et, quoi- 
que nous ne soyons pas de ceux qui 
croient notre tâche impossible, il nous 
faut tenir compte — ne serait-ce que 
pour les combattre — des prétentions 
de diverees puissances et notamment de 
la Chine. 

Jusqu'à présent, l'attitude de la Chine, 
quoique défavorable à nos projets d'éta- 



blissement dans rindo-Chine, n'était 
pas encore exactement définie: protesta- 
tions peu écoutées d'ailleurs, du marquis 
Tseng, ministre de Chine à Paris et à 
Londres: négociations désapprouvées de 
notre envoyé extraordinaire à Pékin. >L 
Bourée: articles inspirés dans la presse 
étrangère; en somme rien de tangible, 
rien de pratique. 

Mais les choses sont changées. 

Presque en même temps que nous 
apprenions la mort du commandant 
Rivière, les journaux nous annonçaient 
que Li Hong-tchang était chargé du 
commandement des troupes chinoises 
dans les provinces limitrophes du Tonkin. 

Quel est le fonctionnaire chargé de 
cette mission importante? 



1) Au moment que ce ministre visite TEarope, il nous a semblé opportun de repro- 
duire une esquisse de ce diplomate chinois, parue dans «Le Gaulois:» du S Juin, 18S3. 



258 



VARIETES. 



Officiellement, Li est haut commis- 
saire impérial, directeur général de la dé- 
fense des frontières maritimes du Noi-d, 
surintendant du commerce, gouverneur 
du Prince impérial, membre du conseil 
privé, gouverneur général de la province 
de Pe Tclie-li, comte de l'empire avec 
l'appellation Son y ; en pratique, c'est 
l'homme le plus important de l'empire 
chinois. 

Li, ou Li Hong-tchang (avec son 
surnom), ou Li Tchong-tang (avec son 
titre de grand Secrétaire), dans un 
pays dont se sont emparés les Mand- 
chous au dix-septième siècle, n'appar- 
tient pas à la race conquérante; c'est 
un Chinois de pur sang. Il est né la 
deuxième année du règne de l'empereur 
Tao Kouang, c'est-à-dire en i823, à 
Senchou, dans le district de Ho-Fei, 
dans la province de Ngan-houei. C'est 
donc aujoui'd'hui un homme en pleine 
possession de ses facultés. 11 est arrivé 
aux hautes fonctions qu'il occupe au- 
jourd'hui par son intelligence et ses 
capacités militaires. 

Ses débuts furent mode.stes. Son père, 
lettré pauvre et obscur, l'éleva honora- 
blement, malgré ses cinq enfants dont 
Li était le second. Le jeune homme 
passa ses examens avec succès et il entra 
à l'Académie des Hanlin en 1848. Puis 
il retourna dans sa province natale, où 
il jouait un rôle assez efïacé, lorsqu'une 
grande rébellion, qui ébranla les assises 
du trône des Mandchous, vint le tirer 
de la position médiocre dans laquelle 
il végétait. 

* * 
C'est pendant la rébellion des Tai- 
Ping que Li devait montrer ces qualités 
d'énergie et de finesse qui ont été, dans 
des circonstances heureuses, la cause de 
sa fortune rapide. Les Tai-Ping, partis 
de la province méridionale du Kouangsi, 
étaient remontés jusqu'au Yang-tseu- 
Kiang, et après avoir pris Nankin en 
1853 et avoir fait leur capitale de cette 
ville importante, envahissaient les pro- 
vinces centrales et orientales de l'empire. 
Lorsqu'ils pénétrèrent dans le Ngan- 
houei, Li se mit à la tête d'une petite 
force, et ne tarda pas à être employé 
comme secrétaire par le tout puissant 
Tseng Kouo-fan, gouverneur général des 
Deux-Kiang et commandant militaire 
des quatre provinces de Kiang-sou, Ngan- 
houei, Kiang-si et Tche-kiang, le père du 



ministre actuel de Chine en France. 

L'appui d'un semblable personnage 
promettait à Li un avancement rapide; 
en effet il devient juge provincial au 
Tche-kiang, tout en restant officier, et 
en 1861, sur une proposition de Tseng, 
il est nommé au poste important de 
gouverneur (Fou-tai) de la province de 
Kiang-Sou, qu'il s'agissait d'arracher 
aux rebelles, maîtres de la capitale Sou- 
tcheou et de plusieurs autres villes im- 
portantes. 

Li, durant sa campagne contre les 
Tai-Ping, eut à deux repiises différentes 
l'occasion de faire preuve de vigueur. 
La première contre l'aventurier améri- 
cain Henry Burgevine, qui avait succédé 
à son compatriote Ward dans le com- 
mandement de l'armée connue sous le 
nom de «Ever victorious Army», Tchang 
chang kiu7i, chargée d'opérer contrôles 
rebelles. Burgevine réclamait un arriéré 
de solde pour ses troupes et, dans un 
moment de colère, frappa au visage le 
banquier chinois Taki, qui gardait les 
fonds. Li demanda au consul américain 
de faire ariêter Burgevine — ce qui ne 
fut pas accordé d'ailleurs — mais il 
obtint que le trop bouillant citoyen 
des Etats-Unis fut remplacé par le capi- 
taine Holland, de l'infanterie de marine 

anglaise. 

* 
* * 

La seconde preuve d'énergie que donna 
Li n'est pas à son honneur. 

Le 5 décembre 1863, la grande ville 
de Sou-tcheou,dans la province de Kiang- 
Sôu, se rendait au major Gordon, com- 
mandant des troupes anglo-chinoises. 
Le général anglais avait donné sa parole 
d'honneur que les chefs rebelles {wang) 
auraient la vie sauve; mais dès que Li 
les eut en son pouvoir, soit que leur 
attitude insolente l'eût irrité, .soit qu'il 
craignît que, tant que des chefs aussi 
influents existeraient, l'anéantissement 
de lenr parti ne fût chose impossible, 
il les fit immédiatement exécuter. 

La colère de Gordon ne connut pas 
de bornes lorsqu'il vit les cadavres dé- 
capités des huit chefs rebelles, et il se 
mit à la recherche du Fou-tai avec 
l'intention de mettre à mort, de sa main, 
l'homme qui n'avait pas respecté la 
parole donnée. Fort heureusement, Li 
Hong-tchang, prévenu à temps, évita 
pendant quelques jours de se rencontrer 
avec l'officier anglais, qui, dans son 



VARIETES. 



259 



premier mouvement d'indignation, eût 
probablement coupé court à la carrière 

du futur vice-roi. 

« 

# * 

La Gazette de Pékin, du 14 novem- 
bre 1863, renferme un décret dans lequel 
il est dit, entre autres choses, que «Li 
Hong-tchang, depuis qu'il remplit le 
poste de gouverneur du Kiang-Sou, a 
montré beaucoup de prudence et de pré- 
voyance et que sa tactique habile a 
complètement réussi. Il s'est emparé à 
différentes reprises de plusieurs villes, 
et il a obtenu de grands honneurs sur 
le champ de bataille. Et maintenant la 
prise de Sou-tcheou le rend encore plus 
digne de louanges. Comme marque de 
son entière appiobation, il est agréable 
à Sa Majesté de lui conférer le titre 
honorifique de gouverneur du Prince 
impérial et de lui faire cadeau d'une 
jaquette jaune». 

A la fin de la campagne contre les 
Tai-Ping et à la suite de nouveaux ser- 
vices rendus par lui, particulièrement 
avec une flotte devant Nankin, l'Empe- 
reur conféi-a au Fou-tai du Kiang-Sou 
la noblesse héréditaire de troisième rang 
(Pe-corate) et la plume de paon à deux 
yeux (chouang yen hoa ling). 

Deux ans plus tard, Li Hong-tchang 
remplaçait son protecteur Tseng comme 
Gouverneur général des deux Kiang, un 
des postes les plus importants de la 
Chine: c'est le seul gouvernement de 
l'Empire qui embrasse trois provinces: 
Kiang-Sou, Ngan-houei, Kiang-si, arro- 
sées par le Yang-Tseu-Kiang. 
* 

* « 

Le 21 juin 1870, le consul de France, 
M. Fontanier; son chancelier. M. Simon : 
l'intei-prète de la légation, M. Thomas- 
sin et sa femme, des prêtres, des sœurs 
de la charité, des négociants russes, 
étaient massacrés à Tien-Tsin par une 
foule surexcitée contre les étrangers par 
de faux rapports. Tseng Kouo-fan était 
alors vice-roi du Tche-li: soit qu'il eût 
demandé son changement, soit qu'il se 
fût montré hostile aux réclamations de 
la France, on lui choisit un successeur 
qui ne fut pas suspect d'avoir été mêlé 
aux mas.sacres. Li avait été envoyé au 
printemps combattre les rebelles dans 
le Chen-si: on le rappela pour lui confier 
le poste occupé par son ancien patron. 
Chose curieuse, lorsque le successeur de 
Li, Ma, eut été a.ssassiné à Nankin, en 



juillet 1870, Tseng reprit son ancien 
gouvernement des Deux-Kiang, protec- 
teur et protégé faisant un véritable 
chassé-croisé. 

Tseng Kouo-fan mourut deux ans plus 
tard à Nankin, le 12 mai-s 1872. Il 
n'avait que soixante-cinq ans. La Chine 
perdait en lui un de ses plus grands 
hommes d'Etat, et Li .son protecteur; 
mais l'ex-secrétaire du général en cher 
des armées contre les Tai-Ping était 
devenu le plus formidable rival de son 
ancien maître. 

La mort de Tseng Kouo-fan laissait 
le champ libre à l'ambition de Li. Il 
ne redoutait plus que deux de ses col- 
lègues: mais l'un, Tso Tsung-Tang com- 
battait les mahométans de Kachgai'ie, 
et il ne devait revenir de sa campagne 
que malade, aigri, insupportable: on 
l'envoya gouverner les deux Kiang pour 
remplacer l'autre rival de Li, Chen Pao- 
chen, qui s'était laissé mourir fort à 
propos. 

Li est donc aujourd'hui le vrai maître 
de la politique de son pays. 11 a su 
placer un grand nombre de ses créa- 
tures dans des postes importants. Son 
propre frère Li Han-tchang est même 
l'un des gouverneurs généraux de l'une 
des dix-huit provinces. La longue mi- 
norité des empereurs Tong-Tche et 
Kouang-Su aura d'ailleurs contribué 
beaucoup à affirmer son influence. Loi-s- 
que Tong-tche mourut, le 12 janvier 
1875, beaucoup crurent que Li, à la 
tête de son armée, peu éloigné de Pe- 
king, profiterait de l'établissement de 
la nouvelle régence pour tenter un coup 
d'Etat et se substituer, lui Chinois, à 
l'occupant mandchou du trône du Cé- 
leste-Empire. A-t-il craint de ne pas 
réussir? A-t-il véritablement le respect 
de son faible souverain? A-t-il reculé 
pour mieux sauter? L'avenir seul nous 

l'apprendra. 

* 

* * 
Depuis cette époque l'influence de Li 

Hong tchang a été grandissante. C'est 
lui qui, après l'altaque de l'expédition 
du colonel anglais Horace Browne, qui 
se rendait de Birmanie au Yunnan, et 
l'assassinat à Manwyne de l'interprète 
Augustus R. Margary, conduisit avec 
Mr. (maintenant Sir) Thomas Wade, 
ministre d'Angleterre à Pékin, les négo- 
ciations tei-minées par une convention 
signée à Tchefou, le 13 septembre 1876, 



260 



VARIETES. 



Par cette convention, une indemnité de 
200,000 taëls était accordée aux victi- 
mes du Yun-nan, de nouveaux ports, 
Itchang, Wou-hou,Wen-tcheou etPe-liai 
(Pak-hoi) étaient ouverts au commerce 
étranger, et des questions impoi'tantes 
laissées depuis longtemps en suspens 
étaient réglées. 

C'est également Li Hongtchang qui 
a signé, comme plénipotentiaire pour 
la Chine, les traités de Tientsin du 43 
septembre 1871, avec le Japan et du 

26 juin 1874 avec le Pérou. 

* 
* * 

Li est trop intelligent et trop bien 
renseigné pour ne pas apprécier la su- 
périorité de l'Europe sur la Chine et, 
à ce sujet, je traduis d'un magazine 
anglais, aujourd'hui défunt, The Far 
East (1876, page 74), qui l'a pris lui- 
même à un journal japonais, ce frag- 
ment d'une conversation entre le puis- 
sant vice-roi du Tche-li et M. Mori, le 
ministre du Japon à Peking: 

«Li. — Dans votre opinion, quelle 
comparaison peut-on établir entre la 
civilisation de l'Europe et celle de l'Asie». 

« MoRi. — J'essaierai de vous dire mon 
humble opinion sur ce sujet. Tous les 
écrivains honnêtes reconnaissent que l'A- 
sie a fait de grands progrès dans la 
civilisation. Supposons, toutefois, que la 
position que l'Asie occupe soit le troi- 
sième rang, — prenant le dixième comme 
le plus haut — celle de l'Europe ne peut 
être plus basse que le septième rang. 

«Li. — C'est une comparaison très 
juste. Veuillez, je vous prie, me faire 
part de vos idées, quant au meilleur 
moyen de faire progresser mon pays. 

« MoRi. — Votre question est sérieuse 
et je n'oserais me risquer à donner une 
réponse. Je viens d'arriver dans cet im- 
mense pays et je n'en connais pas en- 
core l'état intérieur. Toutefois, pour aug- 
menter sa prospérité, la première chose 
à faire est de choisir les personnes dont 
les capacités les rendent plus propres 
que d'autres à s'occuper d'un semblable 
sujet. Ceci vous semblera clair. Cepen- 
dant, à moins qu'il n'y ait trente Li 
Hong-tchang de plus en Chine, la be- 
sogne ne peut être exécutée. 

«Li (souriant). — Pourquoi dites- 
vous cela? Il y a cent Li Hong-tchang 
en Chine. 

«Mûri. — Cela peut être; mais à 
quoi servent-ils, s'ils n'occupent pas leurs 



vraies places dans des postes comme 
ceux de gouverneurs des dix-huit pro- 
vinces ou de ministres du Tsong-li 
Yamen? Dan.s mon humble opinion, ces 
jeunes gens qui étudient en ce moment 
en Amérique, auront, lorsqu'ils seront 
devenus hommes, une influence sem- 
blable à celle que possède aujourd'hui 
Votre Excellence, et ils iront loin. 

« Li. — Je suis tout à fait de votre avis. 
C'est moi qui ai fait partir ces jeunes 
gens pour l'Europe, et je place en eux 
de grandes espérances pour l'avenir». 

Mais si le ministre chinois connaît 
les avantages qu'il peut tirer de l'Europe, 
il n'en désire que ce qui pourra, à son 
point de vue, relever la Chine. Il n'a 
donc cure ni de la littérature ni des 
arts de l'Occident; il n'en souhaite que 
la force militaire et ce qui peut l'aug- 
menter: télégraphes et chemins de fer, 
qu'il ne fera construire toutefois que 
lentement, car il ne veut pas être à la 
merci de l'étranger, et il attend, pour 
donner à ses plans un plus grand dé- 
veloppement, qu'il ait un personnel chi- 
nois suffisant. Il nous donne bien la 
mesure de l'amitié qu'il nous porte lors- 
qu'il écrit, dans un document secret, 
au premier ministre du roi de Corée : 
«On combat les poisons par les poisons, 
et les étrangers par les étrangers». 

Il lui a été impossible jusqu'à pré- 
sent de résister ouvertement à l'inva- 
sion étrangère; il a été obligé de céder 
devant les Japonais à Formose, devant 
les Anglais en acceptant la convention 
de Tchefou, devant les Russes en sig- 
nant le traité de Kouldja; mais, lors- 
que l'occasion lui a semblé favorable, 
il a engagé la lutte pacifiquement. C'est 
ainsi qu'il a mis le négociant Tong 
King-Sing à la tête de la compagnie 
de navigation à vapeur dite la Chinese 
merchants steam navigation Company., 
subventionnée par lui pour ti'ansporter 
le riz et faire la concurrence aux entre- 
prises anglaises et américaines sur la 
côte et sur le Yang-Tseu-Kiang. Mais, 
comme l'a dit M. Mori, il faudrait trente 
Li Hong-tchang pour régénéier cet em- 
pire de 400 millions d'habitants qui, 
semblable à un vase trop plein, déborde 
sur les pays voisins. 

La Chine aura-t-elle le temps d'at- 
tendre la grande révolution sans laquelle 
elle perdra son unité. Elle est poussée 
de toutes parts : une nation plus jeune, 



VARTETES. 



261 



plus active, plus entreprenante, surveille 
ses moindies fautes pour en profiter: 
le Japon est prêt à recueillir les épaves 
échappées au Céleste Empire, et dési- 
reux de s'emparer de la suprématie 
dans rExtrêrae-Orient. Li Hong-tchang 
seul sei'a impuissant à conjurer la tem- 
pête; s'il eût été capable de le faire, 
il y a sept ans déjà qu'il eût pu mon- 
trer qu'il en avait le désir, 

* * 

Enfin, pour terminer un portrait phy- 
sique de l'homme d'Etat chinois, que 
nous devons à un ami, très au courant 
des choses de l'Extrême-Orient, et qui 
se cache sous le pseudonyme de T. 
Choutze : 

«Li Hong-tchang a beaucoup de dis- 
tinction dans toute sa personne. Il est 



gmnd de six pieds et mince: il a les 
traits fins, l'œil vif, et beaucoup de bon- 
homie pleine d'une aimable brusquerie, 
se traduisant d'une manière toute méri- 
dionale par des gestes, dont les Chinois 
sont généralement très sobres. Dans ses 
familiarités, s'il tient sa longue pipe à 
bouquin de jade et à fourneau de cuivre, 
il vous en frappe fréquemment le bras 
lorsqu'il veut attirer particulièrement 
l'attention sur un point de la conver- 
sation. D'autres fois, surtout lorsqu'il 
discute la solution d'une affaire, sa main, 
comme le couteau d'exécuteur, s'abat 
de haut en bas; ce geste, qui lui est 
très familier, signifie que les têtes sont 
tombées: ce qui n'a jamais l'air de lui 
causer autre chose que de la bonne 
humeur». kao. 



I 



CONGRÈS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES. 

ONZIÈME SESSION. 
PARIS, 5—12 Septembre 1897. 



Monsieur, 
Les Orientalistes réunis à Genève, au 
mois de septembre 1894, ont décidé, à 
l'unanimité, que le prochain Congrès se 
tiendrait à Paris dans le courant de 
l'année 1897. 

Les Orientalistes français se sont con- 
certés afin de fixer la date, de consti- 
tuer les différentes sections et de tracer 
provisoirement le tableau des travaux 
auxquels ils se proposent de se livrer 
avec le concours de leurs Collègues des 
différents pays de l'Europe, de l'Amé- 
rique et de l'Orient, afin de soutenir 
l'essor pris depuis plus de vingt ans 
par l'étude des Langues, de l'Histoire 
et de l'Archéologie orientales. 

Nos Collègues ont été d'avis de fixer 
la durée du Congrès du 5 au 12 sep- 
tembre 1897, et vous trouverez. Mon- 
sieur, dans le tableau ci-joint, la liste 
des sections dans lesquelles ils verront 
s'inscrire avec le plus vif plaisir tous 
les savants qui voudront bien se rendre 
à l'appel qui leur sera adressé. 



Veuillez agréer, Monsieur, les expres- 
sions de ma considération la plus dis- 
tinguée. 

Le Président, 

Charles Schefer. 
Paris, Mai 1896. 

Un avis publié ultérieurement fera 
connaître les facilités qui seront accor- 
dées aux Orientalistes par les Adminis- 
trations des chemins de fer et l'emploi 
des journées pendant leur séjour à Paris, 

M. Ernest Leroux a été désigné pour 
être le trésorier et l'éditeur du Congrès. 

Il a été décidé que la cotisation serait 
fixée à Vingt francs. 



Proteoteur du congrès: M. le Pré- 
sident DE LA République. 

Commission permanente. 

Président: M. Charles Schefer, 
Membre de l'Institut, Administi'ateur de 
l'Ecole des Langues Orientales vivantes, 
rue de Lille, 2, 



18 



262 



VARIETES. 



Vice-Président: M. Barbier de Mey- 
NARD, Membre de l'Institut, Président de 
la Société Asiatique, Professeur au Col- 
lège de France, boulevard de Magenta,! 8. 

Secrétaires: MM. Maspero, Membre 
de l'Institut, Professeur au Collège de 
France, avenue de l'Observatoire, 24. 
Henri Cordier, Vice-Président de la 
Commission Centrale de la Société de 
Géographie, Professeur à l'Ecole des 
Langues Orientales vivantes, place Vin- 
timille, 3, 

Membres: MM. E. Aymonier, Direc- 
teur de l'École Coloniale, rue du Général 
Foy, 46. Em. Guimet, Directeur du Mu- 
sée Guimet, place d'Iéna. Jules Oppert, 
de l'Institut, Professeur au Collège de 
France, rue deSfax, 2. G Schlumrerger, 
de l'Institut, avenue d'Antin, 27. Em. 
Senart, de l'Institut, rue François l^r, 
18. Marquis de Vogué, de l'Institut, 
rue Fabert, 2. 

Trésorier et Editeur du Congrès: 
M. Ernest Leroux, rue Bonaparte, 28. 

Commission générale 
d'organisation. 

Première Section, Langues et Archéo- 
logie des Pays Aryens: a) Langues et 
Archéologie de l'Inde: MM. Barth, 
Bréal, Senart, Vinson. Secrétaire: M. 
Sylvain Levi, h) Iran : MM. Carrière, 
DiEULAF0Y,DR0UiN,BL0CiiET.&crétoire.- 
M. Meillet. c) Linguistique: MM. Bréal, 
V. Henry, Paul Boyer, Ed. Specht. 
Secrétaire: M. Louis Duvau. 



Deuxième Section, Langues et Archéo- 
logie de l'Extrême-Orient: a) Chine et 
Japon : MM. Cordier, Devéria, Guimet, 
De Rosny, Ed. Specht. Secrétaire: M. 
Ed. Chavannes. h) Indo-Chine, Malaisie 
et Polynésie: MM. Aymonier, Bonet, 
Cordier, Marre. Secrétaire: M. P. 
Lefèvre-Pontalis. 

Ti'oisième Section, Langues et Archéo- 
logie Musulmanes : MM. Barbier de 
Meynard, Derenbourg, Houdas, Sche- 
FER. Secrétaire: M. Casanova. 

Quatrième Section, Langues et Archéo- 
logie Sémitiques: a) Araméen, Hébreu, 
Phénicien, Ethiopien : MM. Ph. Beugek, 
RuBLNS DuvAL, Marquis de Vogué. 
Secrétaire: M. L'Abbé Chabot. &) Assy- 
rie: MM. Heuzey, J. Opfert, L'Abbé 
Quentin, Thureau-Dakgjn, Secrétaire: 

R. P. SCHEIL. 

Cinquième Section, Egypte et Langues 
Africaines: MM. Guieysse, Le Général 
Hanoteau, Lefébuke, Maspero, Pier- 
ret. Secrétaires: MM. René Basset et 

MORET. 

Sixième Section, Orient, Grèce. — 
Relations de l'Hellénisme avec l'Orient. 
— Byzance : MM. D. Bikélas, E. Legrand, 
G. Schlumberger. Secrétaires : MM. Jean 
PsicHAiu et Théopore Reinach. 

Septième Section, Ethnographie, Folk- 
lore de l'Orient: MM. Le Prince Roland 
Bonaparte, Le Docteur E.-T. Hamy, 
Girard de Rialle. Secrétaire: M. F. 
Grenard. 



CHRONIQUE. 



I 



ALLEMAGNE ET AUTRICHE. 

M. le Dr. J. Koganei a publié, sous le titre de «Kurze Mittheilungen über 
Untersuchungen an lebenden Ainos», une excellente monographie sur les affini- 
tés, l'origine et l'histoire préhistorique etc., des Aïno. 

Le Livre de M. le Dr. Al. Swanowsky: «Zur Anthropologie der Mongolen» 
contient une excellente revue critique de la littérature sur l'anthropologie des 
Mongols. 

Sous le titre « Alliances et Mésalliances » M. Christian Wappäus nous com- 
munique dans le Berliner Tageblatt du dl Mai dernier, la nouvelle que la veuve 
de M. Haenbl-Clauss, l'épouse divorcée de l'orientaliste feu Georg von deb Gabe- 
LENTz, Alexandra, baronne de Rothkibch-Trach , vient d'épouser en Se« noces 
le Major hors service Victor von Stoltzenberg à Hanovre. 

La Société de Géographie à Munich (Bavière) vient de nommer notre colla- 
borateur, le Docteur Friedrich Hirth, comme membre honoraire. 

BELGIQUE. 

Un comité composé de Mgr. Abbeloos, Recteur Magnifique de l'Université, 
MM. Ph. Cohnet, A. Hebbelynck, Ch. Lecoutere, W. Bang, Professeurs à 
l'Université, le R. P. J. Van den Gheyn, Bollandiste, Bruxelles, s'est constitué 
à LouvAiN, pour publier un volume de «Mélanges de philologie orientale, hom- 
mage offert à Monseigneur de Harlez par ses collaborateurs et ses amis» à 
l'occasion du jubilé de son professorat. 

CHINE. 

«Le Temps» du 29 Mars jette le cri d'alarme sur l'ouverture du Si-hiang 
au commerce européen en ces termes: 
Le ministre du commerce d'Angleterre vient d'annoncer que la Chine, défé- 



264 CHRONIQUE. 

rant au vœu si souvent manifesté par les négociants européens et surtout par 
les Anglais de Hong-Kong, avait décidé d'ouvrir la West-River au commerce 
international. La West-River, comme disent les Anglais, la rivière de Canton, 
selon la définition de nos géographes, le Si-Kiang, suivant les dénominations 
chinoises, est un vaste fleuve qui débouche dans la mer de Chine aux environs 
de Hong-Kong et qui draine, en totalité ou en partie, les eaux des provinces 
chinoises du Kouang-Toung, du Kouang-Si, du Yun-Nan et du Koueï-Tchéou. 
Ouvrir le Si-Kiang au commerce international, c'est donc permettre aux com- 
merçants de tous les pays, par conséquent aux Anglais de Hong-Kong, de re- 
monter ce fleuve et de pénétrer ainsi sur certains marchés chinois du Kouang-Si 
et du Yun-Nan. Cette mesure paraît provoquer une certaine émotion et un 
journal dont les sj'mpathies ministérielles sont connues jette un cri d'alarme 
disant que c'était « le plus rude coup que l'Angleterre pouvait porter à la France 
en Extrême-Orient». D'après lui, l'avenir économique du Tonkin serait ipso 
facto compromis , le commerce du Yun-Nan allant être monopolisé par les vapeurs 
anglais du Si-Kiang. 

Sans nul doute, la pénétration des vapeurs de Hong-Kong sur le Si-Kiang 
va constituer une redoutable concurrence pour ceux de nos nationaux qui espé- 
raient être les seuls à commercer dans le Yun-Nan et le Ssé-Tchouen, grâce à 
la route tonkinoise du fleuve Rouge et au chemin de fer de Lang-Son. C'est 
un pénible avertissement pour ceux qui s'apprêtaient à triompher du succès 
diplomatique résultant de la concession éventuelle par la Chine du prolongement, 
jusqu'à Long-Tchéou , du chemin de fer de Phu-Lang-Thuong à Lang-Son. 

II ne faut pas, au surplus, être trop surpris de la situation faite à notre 
commerce en Chine. Est-ce que, dans la convention franco-anglaise du 15 janvier, 
il n'y a pas déjà Un article qui dit: «Les deux gouvernements s'engagent à 
user de leur influence et de leurs bons offices auprès du gouvernement chinois» 
pour rendre communs aux « nationaux et ressortissants » des deux nations , les 
«privilèges et avantages commerciaux ou autres concédés dans les deux pro- 
vinces du Yun-Nan et du Ssé-Tchouen»? Nous ne sommes pas alarmés, nous, 
outre mesure de ces dispositions, car, au fond, la voie du fleuve Rouge reste 
toujours la voie la plus directe et la plus courte pour se rendre de la mer au 
Yun-Nan. De Long-Po, point terminus de la navigation fluviale sur territoire 
français, au centre du Yun-Nan, il n'y a, par la vallée du fleuve Rouge, que 
300 kilomètres à vol d'oiseau : or, pour arriver par la vallée du Si-Kiang à 
une distance égale du centre du Yun-Nan, il faut effectuer sur le fleuve chinois 
une navigation auti'ement longue et difficile que sur le fleuve fi-ançais. 

Nous croyons donc d'autant moins à un grave échec pour le développement 
de l'activité française dans la Chine méridionale , que rien ne nous empêche de 
profiter nous-mêmes des avantages que peut donner l'ouverture du Si-Kiang au 
commerce international. Seulement, il est de toute évidence que, si nous voulons 



I 



CHRONIQUE. 265 

trouver la compensation équitable des sacrifices que nous avons faits en Indo- 
Chine, il faut avoir une diplomatie qui se préoccupe avant tout d'obtenir des 
avantages réels et qui, pour les consolider, n'hésite même pas à les masquer. 

Là-dessus, l'Angleterre nous donne des exemples topiques. Dans le débat qui 
s'est ouvert hier à la Chambre des communes, le sous-secrétaire d'Etat aux 
affaires étrangères, M. Curzon, répondant aux critiques de son prédécesseur 
dans le cabinet libéral, sir Ed. Grey, aurait pu montrer que l'Angleterre, ne 
pouvant pratiquement prendre contact avec le Yun-Nan par la Birmanie, allait 
y parvenir par l'ouverture du Si-Kiang. 11 aurait pu démontrer ainsi que la 
question du haut Mékong cessait d'avoir une valeur réelle et que l'abandon du 
district de Muong-Sing à la France ne méritait pas la moindre mention. En 
politique avisé, il s'est cantonné sur le terrain où l'avaient appelé ses adver- 
saires et il a méprisé un triomphe facile. 

On pourrait, on l'avouera, s'inspirer de ces procédés de gouvernement. 

VEclair du 4 Avril nous communique que l'empereur de Chine vient de con- 
férer la décoration du Double-Dragon à M. Gérard, ministre de France à Pékin» 
ainsi qu'à ses collègues de Russie et d'Allemagne, le comte Cassini et le baron 
Schenk. 

Le 7 Mai M. Tching-Tchang , ministre de Chine à Paris, a remis à M. Hanotaux 
la plaque de l'ordre du Double-Dragon de première classe, qui a été conféré au 
ministre des affaires étrangères par un décret spécial de l'empereur sur délibé- 
ration du Tsong-li ja-men. 

On mande de Berlin de qu'un officier prussien, le colonel Liebert, a accepté 
la mission de réorganiser l'armée chinoise. Il partirait pour Pékin la semaine 
prochaine, accompagné d'une vingtaine d'officiei-s instrncteurs qui l'assisteront 
dans sa tâche. 

Sous le titre « Un décret du Fils du Ciel », le Petit Temps du 24 Mars der- 
nier, nous communique les détails suivants: 

On sait que l'impératrice, ex-régente de Chine (elle fut corégente de 1861 
à 1881 et seule régente de 1881 à 1889), y exerce toujoure sur l'esprit de 
l'empereur Kouang-sü, son neveu et son fils adoptif, une influence considérable, 
et quelle continue à être un facteur politique très actif, le chef d'un puissant 
pai*ti dont Li Houng-Tchang est le lieutenant. Pendant la guerre avec le Japon, 
son pouvoir parut subir une éclipse et nous avons raconté en leur temps quel- 
ques-unes des intrigues dont elle faillit être la victime. Mais le jeune empereur 
n'a pas tardé à rendre toute sa confiance à sa première conseillère: il vient de 
publier un décret par lequel il répudie toute solidarité avec les ennemis de Sa 
Majesté Tsou-Hsi et flétrit leur conduite. Voici les passages les plus airactéris- 
tiques de ce curieux document dont le texte a paru dans la Gazette de Pékin: 



266 CHRONIQUE. 

«Nous avons toujours entretenu un respectueux sentiment de gratitude pour 
les soins et la sollicitude dont l'impératrice douairière a entouré jour et nuit 
notre enfance et nous avons cherché à la paj'^er de retour en lui obéissant en 
toutes choses. Nous avons aussi envers elle une grande dette de reconnaissance 
pour les immenses bienfaits que nous ont valus ses conseils aussi bien dans la 
paix et la guerre que dans les moindres actes de la vie quotidienne. Elle était 
en tout et toujours attentive à empêcher notre inexpérience de nous induire en 
erreur. Tout cela est connu des fonctionaires. Qu'on s'imagine donc les senti- 
ments que nous avons éprouvés dans plusieure de nos audiences, en entendant 
des hommes grossiers, sans réserve ni jugement, prononcer des paroles et ex- 
primer des sentiments tendant à diminuer notre gratitude filiale et notre res- 
pect pour Sa Majesté impériale». 

Il paraît que ces hommes grossiers auxquels il fait allusion ne seraient autres 
que les vice-présidents Wang et Tchang, qui usaient fréquemment, l'an dernier, 
d'un langage injurieux à l'égard de l'impératrice douairière, dans le but d'a- 
mener une rupture entre elle et l'empereur. Celui-ci déclare qu'il les aurait 
alors révoqués, mais le pays traversait une crise, l'impératrice douairière était 
malade et il coutint sa colère. Aujourd'hui le moment est venu de faire con- 
naître son impérial désir que les ministres et autres usent de plus de discerne- 
ment dans leur language et évitent le danger d'insulter l'impératrice douairière. 

Wang et Tchang sont en conséquence exclus à tout jamais du service public, 
«châtiment léger, eu égard à la grandeur de l'offense». Il est en même temps 
signifié à la cour et aux ministres qu'à l'avenir quiconque tentera de détourner 
l'empereur de ses devoirs envers l'impératrice douairière sem puni avec une 
extrême sévérité. 

Ce décret prouve que l'hostilité qu'on disait exister contre l'influence de l'im- 
pératrice douairière sur le gouvernement existe réellement. 

Le correspondant du North China Daily News à Pékin publie dans un 
numéro de ce journal , qui vient de nous parvenir, le texte du prétendu traité 
secret qu'auraient conclu la Russie et la Chine et qui serait ratifié pendant le 
séjour de Li Houng-Tchang à Saint-Pétersbourg. Voici, sous toutes réserves, les 
principales stipulations énumérées dans ce document, dont l'origine paraît bien 
suspecte, mais dont la Gazette de Voss affirme qu'il a «produit l'effet d'un coup 
de tonnerre sur les représentants des puissances en Chine » : 

Le grand empereur de Chine, étant extrêmement reconnaissant au tsar de 
la médiation amicale exercée par ce souverain pour lui faire rétrocéder le Liao- 
Toung et pour lui fournir l'argent nécessaire au payement de l'indemnité de 
guerre, désire prouver sa gratitude en concluant une alliance avec la Russie. 
La Chine fera tout son possible pour assister la Russie de toutes les manières 
dans l'éventualité de difficultés avec une puissance asiatique quelconque. A cette 



CHRONIQUE. 267 

fin elle l'autorise à se servir des ports qu'elle choisira, sur la ligne des côtes 
chinoises, pour faire du charbon: en cas de sérieux dangei-s menaçant la Russie, 
la Chine consent qu'elle recrute des forces, achète des chevaux, loue des coolies, 
etc., mais c'est là une chose secrète qui devra être accomplie sans bruit. Si des 
représentations étaient adressées de ce chef à la Chine, celle-ci répondra qu'elle 
agit par contrainte, la Russie étant la plus forte. D'autre part, si la Chine 
désire témoigner plus activement son amitié à la Russie en lui prêtant ouverte- 
ment son secoui-s et en attaquant ses ennemis de concert avec elle, cela aussi 
se pourra faire, dans la mesure où les circonstances le permettront. 

Actuellement les ports russes sont peu favorables à cause de la glace qui les 
bloque durant les mois d'hiver. En vue d'assister son alliée, l'empereur de Chine 
lui confère un droit d'ancrage à Port-Arthur, où elle pourra aussi faire camper 
ses troupes ; dans le cas où l'on devrait éviter de ce chef des difficultés avec 
les autres puissances, la Russie pourra se servir, à défaut de Port Arthur, de 
la baie et du port de Kiao-Tchéou, dans le Chan-Toung, y construire des dépôts 
de charbon et des casernements. Dans le cas où Kiao-Tchéou ne répondrait pas 
aux besoins de la Russie, celle-ci pourra choisir un port à son gré dans le 
Kiang-Sou et le Tché-Kiang ... Un édit secret sei"a promulgué , à l'adresse des 
autorités provinciales, pour les informer de ces décisions, et des interprètes se- 
ront tenus, à Shanghaï, à la disposition de l'amiral russe. 

Si la Chine a quelques difficultés avec d'autres puis.sances, la Russie s'effor- 
cera de les écarter et si ses efforts échouaient, la Chine aura droit, avant toute 
autre puissance, à son assistance et l'alliance entre ces deux nations sera res- 
serrée . . . Mais la Chine laissera les ofißciers russes s'engager librement le long 
de sa frontière orientale de Feng-Tien à Kirin et le long du fleuve Ya-Lou, 
pour raison de commerce et de défense. 

Aussitôt l'achèvement du transsibérien, la Chine permettra à la Russie de 
construite une ligne passant par Kirin et la Mandchourie et arrivant à Ta-lien- 
Wan, dans le Feng-Tien, ou à n'importe quel autre point qu'elle choisira. Afin 
de protéger cette ligne, la Russie pourra occuper et fortifier une des îles situées 
dans la baie de Ta-lien-Wan , y entretenir des troupes et y stationner des navires 
de guerre. Pour la protection du transsibérien de même, et des environs de 
Vladivostok, la Russie pourra fortifier et occuper quelque point au sud de Hun- 
Tchéou. En cas d'hostillités éclatant à propos de la Corée, la Russie occupera 
le côté ouest de cette péninsule. 

La Chine ouvrira ses marchés à la Russie qui, en échange, réorganisera 
l'armée chinoise et lui enverra des ofißciers instructeur. 

Au banquet de l'association des chambres de commerce britanniques , qui a eu 
lieu le 27 Mai-s du soir à Londres, le ministre du commerce, M. Ritchie, a fait 
une importante déclaration sur laquelle il est nécessaire d'attirer l'attention. 



268 CHRONIQUE. 

Le ministre a officiellement annoncé que sur les instances de la Grande-Bretagne , 
le gouvernement chinois venait de consentir l'ouverture du fleuve Si-Kiang au 
commerce international. C'est le plus rude coup que l'Angleterre pouvait porter 
à la France en Extrême-Orient. 

Cette mesure met en effet en question une partie des avantages que nous 
comptions retirer du Tonkin. Il semblait en effet que cette colonie, grâce aux 
chemins de fer de pénétration projetés, fût appelée à servir de débouché au 
commerce de la riche et populeuse province chinoise du Yun-nan, privée jusqu'à 
présent de tout moyen de communication avec l'extérieur. Or pendant que nos 
compatriotes obtenaient avec peine l'autorisation de construire ces chemins de 
fer, les Anglais, par une manœuvre habile, faisaient ouvrir la navigation du 
Si-Kiang, la grande artère fluviale qui traverse dans toute son étendue le Yun-nan. 

Ainsi donc, avant que le premier rail de nos chemins de fer soit posé, les 
navires et les barques anglaises auront remonté le Si-Kiang et accaparé tout 
le commerce du Yun-nan. 

Voilà le résultat le plus clair de la concession en apparence si anodine que 
la Chine vient de faire à l'Angleterre. 

En voyant le gouvernement de Pékin accorder de pareils avantages aux ad- 
versaires qui, pendant la dernière guerre, étaient les plus acharnés à sa perte, 
on se demande pourquoi nous sommes intervenus en sa faveur. L'Angleterre 
obtient coup sur coup l'emprunt, la construction des chemins de fer, la com- 
mande des cuirassés. 

C'est à croire qu'il vaut mieux être ennemi de la Chine que de compter 
parmi ses amis. Qu'on y prenne garde à Pékin, cela pourrait bien nous servir 
de leçon pour l'avenir. 

La construction du chemin de fer de Sou-Tchéou, province de Kiang-Sou, 
près Shanghaï, est sanctionnée. 

Le gouvernement chinois nie qu'un traité secret ait été conclu avec la Russie 
et déclare que les projets désirés par la Chine sont réalisables sans traité. 

La Chine adhère à l'union postale. 

On vient de recevoir le texte de l'édit de l'empereur de Chine concernant la 
construction des chemins de fer en ce pays. Voici le résumé de ce document, 
adressé non seulement au peuple de la capitale, des provinces et des autres 
dépendances du Céleste-Empire , maia « à nos sujets travaillant à l'étranger » : 

L'empereur a lu le mémoire du ministi-e de lu guerre conseillant la nomina- 
tion d'un haut fonctionnaire comme directeur de la construction des chemins 
de fer; ceux-ci étant utiles pour développer le commerce et pour donner du 
travail au peuple, l'empereur a décidé d'encourager l'entreprise. Il a ordonné 
à ses princes et ministres de commencer par une ligne voisine de la capitale, 
et un juge provincial, Hu, fut chargé de faire les relevés et de dresser les 



CHRONIQUE, 269 

plans. L'empereur a lu le rapport de Hu . par lequel une voie ferrée est iraa- 
ginée qui relie Tien-Tsin à Pékin en passant sur la rive ouest du grand canal , 
puis au noi-d en travei-sant les parcs pour arriver au pont de Lu-Kou, dans 
un faubourg de la capitale: cette ligne de -130 kilomètres environ coûterait 
2,400,000 taëls; comme Hu l'a conseillée, c'est lui qui l'exécutera. Mais naturel- 
lement, en cela, comme en toutes les choses qui ont un commencement, on ne 
peut pas prédire avec certitude le résultat. 

Il est donc nommé directeur général de la construction des chemins de fer. 
Les dépenses seront couvertes par l'office des revenus et par les contributions 
du vice-roi du Pe-Tchili. 

Quant à l'immense ligne de Pékin à Han-Kéou, comme les frais en seraient 
énormes, auront seuls le privilège de la construire les hommes riches des dif- 
férentes parties de l'empire qui pourront produire un capital d'au moins 40 
millions de taëls; et comme cette entreprise sera purement commerciale, les 
fonctionnaires ont ordre de ne pas intervenir dans les affaires de la compagnie, 
laquelle est assurée de l'approbation impériale , si elle réussit. 

Le «Ostasiatischer Lloyd» du 10 Avril contient un article fort intéressant sur 
le Chemin de fer Russe transsibérien. 

Le « Ostasiatischer Lloyd » du 21 Fév. contient une longue biogi~aphie de feu 
Ph. F. VON SiEBOLD à l'occasion de son anniversaire séculaire le 47 Février 4796. 

Le N° du 28 Févr. contient un mémoire sur les chemins et routes en Chine. 
En général les grandes routes sont très sures et c'est seulement dans les chemins 
latéraux qu'on court le risque d'être pillé. Le long des routes postales se trou- 
vent de distance à distance des postes militaires pour la protection des voyageurs. 

La veuve de l'amiral Ting qui a commis suicide an printemps de l'an dernier, 
quand il commandait la flotte chinoise à Pei-yang, s'est immolée elle-même 
sur la tombe de son mari à l'occasion de son inhumation au milieu du mois de 
février dernier. Aux yeux des Chinois, elle s'est acquise par cet acte de piété et 
de fidélité un nom glorieux parmi les femmes célèbres de la Chine. 

Une agence consulaire russe a été établie pendant l'automne de l'année der- 
nière à OuROUMTSi , que les Chinois appellent i^ Yk »MJ . Logée d'abord dans 
un yamen , elle a fait construire une maison à l'occidentale qui excite l'admi- 
ration des fonctionnaires locaux disposés à suivre l'exemple donné par les étran- 
gère. Le nouveau consulat sera sous l'influence de l'agent russe de Kachgar, M. 
Petrovsky, premier Consul-général. 

CORÉE. 

On câble de New- York que le gouvernement coréen aurait accordé à un 
Américain nommé Moi-se, une concession pour la construction d'un chemin de 



270 CHRONIQUE. 

fer reliant le port a Ichemouipo à Séoul, qui est la capitale du royaume. 
M. Morse posséderait déjà plusieurs concessions minières en Corée. 

FRANCE. 

A la séance de la Société de Géographie de Paris du 8 mai, M. Henri Cor- 
DiEK a présenté, au nom de l'auteur, M. le Docteur Emile Bretscuneiper , 
jadis médecin de la Légation Impériale de Russie à Peking, aujourd'hui corres- 
pondant de l'Institut de France à Saint-Pétersbourg, une belle carte en quatre 
feuilles de la Chine et des pays environnants. Rédigée en anglais, elle est à 
l'échelle de Engl. Statute Miles 69,i6 = 1 degree. 

Cette carte est destinée à accompagner le remarquable ouvrage de M. le Dr. 
Bretschneider «History of Botanical Discoveries in China ^ qui paraîtra l'année 
suivante. 

M. le Dr. Bretschneider annonce en outre qu'il prépare trois feuilles supplé- 
mentaires sur une plus grande échelle, à savoir 1° le Nord de la province de 
Tche-li avec Peking, etc., 2° le Sud des provinces de Kiang-sou, de Ngan-hoei 
et le nord du Fou-kien, 3° les environs de Canton, le Pe-kiang et le Si-kiang. 
L'itinéraire du Prince Henri d'Orléans du Yun-nan à l'Assam a été connu trop 
tard pour être marqué autrement que vaguement sur la feuille du Sud-Ouest. 
Si l'on se rappelle qu'il y a quelques mois déjà, M. Cordier eut l'honneur de 
remettre à la Société de Géographie une grande carte en 4 feuilles du Nord de 
la Chine due à M. C. Waeber, ministre de Russie dans la capitale de la Corée, 
on jugera que les efforts des cartogi'aphes russes ne sont pas restés stériles dans 
les dernières années. La carte du Dr. Bretschneider sort de l'établissement bien 
connu de A. Iliin à St. Pétersbourg. 

L'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, dans sa Séance du 15 Mai 1896, 
a décerné le Prix Delalande-Guérineau ^ destiné à récompenser les meilleurs 
ouvrages concernant les études orientales, à M. Louis Finot, auteur des Lapi- 
daires indiens, et à M. Lucien Fournereau, auteur du Siam ancien; et le 
Prix Stanislas Julien à M. Maurice Courant, pour les deux premiers volumes 
de sa Bibliographie Coréenne. 



Société de Géographie. 

M. E.-D. Levât, ingénieur des mines à Paris, a fait une intéressante commu- 
nication sur l'état d'avancement du grand chemin de fer transsibérien. 

M. Levât et son compagnon de voyage, M. Théodore Sabachnikof, attaché 
à l'administration des haras impériaux russes, ont suivi pas à pas les travaux 
de construction depuis la tête de ligne du côté ouest, Tchélabinsk, jusqu'au 
point terminus est, le port de guerre de Vladivostok. 



CHRONIQUE. 271 

A l'époque de leur passage, la ligne était ouverte à la circulation du public 
sur les longueur suivantes: 

De Moscou à Tchélabinsk (réseau européen): 1,984 verstes (la verete vaut 
1,066 mètres); de Tchélabinsk à Omsk (trois trains par semain^ dans les deux 
sens): 74i verstes. 

De Omsk, les voyageurs ont pu franchir, dans les trains apportant les maté- 
riaux de construction au fi'ont de pose, encore 280 verstes jusqu'aux environs 
de la ville de Kaïnsk. Ils ont continué leur route en tarentass, sorte de voiture 
à quatre roues, grossièrement suspendue, au moyen de laquelle on arrive, 
grâce aux relais organisés de 30 en 30 verstes le long du grand «trakt» ou 
chemin sibérien, et grâce surtout à l'énergie des petits chevaux du pays, à 
parcourir une moyenne de 200 verstes par jour, en voyageant, cela va sans 
dire, sans autres arrêts que ceux nécessaires, aux changements d'attelage. 

Depuis la date du passage de MM. Sabachnikof et Levât, les travaux poussés 
avec une activité inouïe ont permis de relier Tomsk, la grande ville univei"si- 
taire de la Sibérie centrale , à Omsk , du côté de l'ouest , et à Krasnoïai-sk , 
capitale du gouvernement du même nom, à l'est. La voie ferrée se trouve, dès 
à présent, posée depuis Moscou jusqu'à Ki-asnoiarek , soit sur 4,117 veretes de 
longueur (environ 4,380 kilomètres). 

Restent à construire sur ce trajet trois ou quatre grands ponts métalliques 
poui" permettre la circulation sans ruptui'e de charge; mais les fondations et les 
culées de la plupart de ces ouvrages s'élèvent déjà au-dessus des eaux, de sorte 
que, en 1896, l'ouverture de cette section sera certainement uu fait accompli. 

Il y a encore à exécuter deux grands tronçons pour relier Krasnoïai"sk au 
lac Baikal et enfin ce dernier au point où le fleuve Amour devient navigable. 

La durée des travaux sera de deux ans sur la première de ces sections et de 
quatre ans sur la seconde, qui présente des difficultés plus grandes pour le 
transport des rails et du matériel roulant. 

On peut, en définitive, considérer comme certaine, pour la fin de 1897, 
l'ouverture de la ligne Moscou-lac Baikal , et la possibilité de passer, à la fin 
du dix-neuvième siècle, de Moscou à Vladivostok, de la Belgique au Pacifique, 
au moyen de la vapeur, c'est-à-dire en combinant le transport par chemin de 
fer avec la navigation sur le fleuve Amour. Telle est la formule définitive de 
l'accomplissement de ce travail colossal. 

En terminant, MM. Sabachnikof et Levât ont donné des détails curieux et 
intéressants sur les méthodes inaugurées par le général Annenkof pour la con- 
struction du Transcaspien , perfectionnées encore sur le Transsibérien , méthodes 
par lesquelles on parvient à réaliser des moyennes journalières de pose de voie 
atteignant jusqu'à quatre et cinq kilomètres. 

Ils ont donné aussi des notions sur l'ethnographie, la géologie, l'exploitation 
des mines d'or, l'élevage des chevaux et des bestiaux dans les vastes régions 



272 CHRONIQUE. 

qu'ils ont traversées. La note pittoresque n'a pas non plus fait défaut au cours 
d'une visite de ce genre dans des pays encore aussi peu connus, mais qui, d'ici 
à quelques années, vont devenir le chemin de transit des voyageurs allant en 
Exti'ême-Orient. 

JAPON. 

M. le Baron von Siebold a quitté son poste de secrétaire de la Légation 
Autrichienne à Tokyo pour se rendre définitivement en Europe où on veut lui 
offrir une position. Mr. Stephan Haupt Edlek von Buciienrode a été désigné 
pour le poste occupé à Tokyo par M. von Siebold (Ost. Asiat. Lloyd, 10 Avril). 

Par rescrit impérial un Bureau Colonial a été érigé à Tokyo, dont le premier 
ministre est le Marquis Ito, et le vice-ministre le Baron Suyematsu. 

PAYS-BAS ET COLONIES NÉERLANDAISES. 

M. K. F. Holle, conseiller hononaire du Gouvernement des Indes Néerlan- 
daises pour les affaires indigènes, chevalier du Lion Néerlandais et de l'ordre 
d'Orange-Nassau, bien connu dans le monde savant pour ses études linguis- 
tiques, vient de décéder à Buitenzorg, près Batavia. Nous perdons en lui un 
homme d'une rare énergie, plus rare encore vu le climat énervant des tropiques. 

L'Académie royale des Sciences à Amsterdam a nommé, dans sa séance du 
8 Avril dernier, cemme membre Monsieur W. P. Gboeneveldt, Vice-président 
du Conseil des Indes orientales néerlandaises en retraite, ancien interprète pour 
la langue chinoise, bien connu pour ses recherches sur la connaissance des Chi- 
nois des îles de l'archipel malais. 

M. F. H. Knobel, consul-général des Pays-bas en Chine, est revenu à la 
Haye en mission. 

Nous apprenons que le cours de Chinois donné par M. le professeur J. J. M. 
DE Groot à l'école de commerce à Amsterdam sera clos fin de l'été, à cause 
du petit nombi-e d'étudiants fréquentant ce cours. A coup d'essai, on continuem 
encore pendant un an le cours de Malais donné jusqu'ici à cette école par M. 
le Dr. A. A. Fokker. 

RUSSIE. 

Parmi les bagages de S. E. Li Houng-tchang , ambassadeur extraordinaire 
envoyé à Moscou pour complimenter le Tsar à l'occasion de son couronnement, 
se trouve un magnifique cercueil d'une valeur de 6000 taël, environ fr. 25.000. 
En voyage on peut s'attendre à des accidents, et le diplomate Chinois veut 



CHRONIQUE. 273 

être couché dans son propre cercueil chinois pour le cas qu'il vint à périr pen- 
dant son «voyage aux Pays de l'Occident» (^ j^ ^^)' 

En attendant le Tsar lui a conféié l'ordre d'Alexandre Newsky qui, nous 
espérons, sera pour lui une amulette pour un jy|g ^p. 

La Russie continue à envoyer des troupes à l'Asie orientale. La croisière 
«Kostroma», de la flotte volontaire, est partie d'Odessa ayant 740 pei"sonnes à 
bord, parmi lesquelles on trouve des officiers et des emigrants etc., avec desti- 
nation pour le post de Vladivostok. 

Un grand nombre de bombes, d'affûts de canons et autre matériel de guerre 
y a été expédié. 

A bord se trouvaient également 14 soeurs de charité russes de la Croix 
Rouge, qui seront débarquées en Corée. Cela signifie que la Russie se prépare 
à une politique active en Extrême-Orient dès la cessation des fêtes du couronne- 
ment du Tsar. Déjà maintenant, nous dit The Eastern World. (Yokohama 21 
Mars), des émissaires russes parcourent la Corée pour exiter la population contre 
le Japon en disant que le décret ordonnant la tonsure du peuple coréen , aurait 
été promulgé sur l'instigation des Japonais. Les patriotes coréens sont appelés 
à massacrer les Japonais et à manger leur chair. 

C'est par ces, et d'autres moyens qu'on finira par expulser les Japonais de 
la Corée. La Chine a commencé la guerre pacifique en envoyant un grand 
nombre de commerçants en Corée qui luttent avantageusement contre le com- 
merce Japonais, de sorte que le Japon perd partout en Corée son terrain. 

Les tentatives du Japon par sa guerre contre la Chine sont avortées. Il a 
été délogé de sa position par la Russie: les impôts ont été augmentés de 50% 
et le prix des nécessités de vie a augmenté de 30 — oO^/q. 

En résumé les seuls résultats que le Japon a retirés de sa guerre inique 
contre la Chine ont été: 

1. Des Impôts plus lourds. 

2. Des prix plus élevés pour toutes les denrées. 

3. Pei-te totale de son prestige en Corée. 

4. Un point vulnérable en Formose. 

5. Une seconde guerre en perspective qui multipliera dix fois les difficultés 
actuelles, et finalement 

6. Pas un seul allié ou ami politique dans le monde entier. 

Le Japon s'est isolé comme la Grande-Bretagne; mais tandis que le dernier 
pays, avec ses ressources immenses, est capable de résister à la pression étran- 
gère pendant des années, le Japon succombera en quelques mois. 

Dans le plus proche voisinage du Japon se trouve une armée russe de 100,000 
hommes. Pourquoi les aurait-on concentrés à Vladivostok si ce n'est pour 
l'éventualité d'une guerre contre le Japon? et, dans ce cas, gare aux «Yankees 



274 CHRONIQUE. 

de l'Orient» comme on a appelé ce mélange de Malais, de Toungouses, d'Ainos 
et de Mongoles qui forment la nation Japonaise, et qui en possède toutes les 
bonnes et mauvaises qualités: cruauté, lâcheté, sens d'art exquis, intelligence 
supérieure et astuce. Il ne leur manque qu'une seule qualité: la Sincérité 
et la Bonne-foi. 

M. le Général M. Venioukov vient de réunir en un volume (Paris, Imp. A. 
Reiff) un grand nombre de ses intéressantes Etudes géographiques sur l'Asie 
centrale, l'Asie russe et la Chine en particulier. 

SIAM. 

Un des premiers théâtres indigènes de Bangkok vient de représenter avec 
succès une pièce comique, dont voisi le scénario: 

A Ceylan, qui est la capitale de l'Angleterre, on s'apprête à célébrer les 
noces de la reine Victoria avec le roi de Siam. Un différend s'élève entre les 
fiancés et le roi ne veut plus s'exécuter. Sur quoi la reine Victoria envahit son 
pays et réclame des dommages et intérêts pour rupture de promesse de mari- 
age. Elle est repoussée avec de grandes pertes, malgré les efforts du duc de 
Cambridge qui se distingue dans un singulier combat sinon un combat singu- 
lier, contre trois jeunes Siamoises d'essence féerique. Finalement on découvre 
que le différend survenu entre les fiancés résultait d'une équivoque. Tout s'ex- 
plique, on s'embrasse, la reine Victoria et le roi de Siara sont solennellement 
unis. On ne dit pas si la clause de garantie de la vallée du Ménam dans l'ac- 
cord anglo-français du 15 janvier est le prix de cette réconciliation. 



NÉCROLOGIE. 



WILLIAM LOCKHART. 

■^^ ^ i^ ^^ W^ei-Zm, 

Le Dr. William Lockhart est mort dans sa maison de Granville Park, 
Blackheath, le 29 avril 1896; il avait été non pas le premier missionnaire 
protestant médecin en Chine, mais le second: le premier fut l'américain Peter 
Parker. Né à Liverpool le 3 octobre 1811, Lockhart, après avoir passé ses 
examens à Londres 1833 — 1834, s'embarqua à Gravesend avec le Dr. Medhui-st 
et sa famille, et il arriva à Canton au mois de janvier 1839. Après différents 
séjours dans cette ville, à Macao, et ensuite à Batavia, Lockhart, profitant de 
l'occupation anglaise, se rendit à Ting-haï, dans la grande Chousan, où en même 
temp.s qu'il y créait un hôpital, il recueillaitdes renseignements sur cet archipel. 
Il quitta Ting-haï le 24 février 1841, à la suite du retrait des troupes anglaises, 
et se rendit à Canton où il épousa Catherine Parkes, soeur du futur Sir Harry 
Parkes. Les travaux pratiques de Lockhart ne lui laissèrent que fort peu de 
temps à cette époque pour publier des mémoires scientifiques '). 

Des Chousan 2), Lockhart transporta son activité à Shang-haï. En février 1844 
Lockhart ouvrait à Shang-haï un hôpital chinois dont il écrivit les rapports 
annuels depuis 1844 jusqu'à 1857, époque à laquelle il céda la place au Dr. 
Hobson 3). Après avoir failli être assassiné le 8 Mai-s 1848 à Tsing-pou, non 
loin de Shang-haï, Lockhart prit un congé en 1858 et ne retourna en Chine 
qu'en juin 1861 pour fonder à Peking, en septembre de la même année, un 



1) Description of a Chinese anatomical plate, illustrative of the human hody, with ex- 
planations of the terms. {Chinese Repository, IX, pp. 194 — 200.) 

— A Treatise on [Chinese] Midwifery, a new edition published in the 5th year of 
Taou Kwang (1826). Translated by W. Lockhart, M.D. (Dublin JourTial of Medical Science, 
XX, 1842, pp. 333—369.) 

2) Notice of Chusan: its geological formation; climate; productions; agriculture; com- 
merce and capabilities; people, etc. {Chinese Repository, X, pp. 425 et seq.) 

— Report of the Medical Missionary Society's Operations at Chusan in 1840 — 1841. 
{Chinese Repository, X, pp. 453 — 465.) 

3) Report of the Medical Missionary Society's Hospital at Shang-haï, under the care 
of W. Lockhart, M.R.C.S. {Chinese Repository, XllI, Aug. 1844, pp. 408—418.) 



276 NÉCROLOGIE. 

hôpital qu'il dirigea pendant plus de deux ans*), ayant pour successeur le Dr. 
John Dudgeon, pour rentrer définitivement en Angleterre le 14 août 1864. Il 
avait donné dans un volume qui eut beaucoup de succès, l'historique de se.«5 
travaux médicaux et évangéliques en Chine *). 

Tout en étant obligé de continuer à exercer la médecine, par suite de la 
perte de sa fortune dans les désastres financiers de 1866, il prenait une part 
très active aux travaux de la Société de Géographie de Londres, et je me rap- 
pelle avoir vu quelquefois, aux réunions de la Royal Asiatic Society, ce beau 
vieillard qui était l'ami intime d' Alexander Wylie. 

Henri Cordier. 



CONSTANT DE DEKEN. 

Le P. de Deken, qui appartenait aux Missions Belges, nous est connu par la 
part qu'il a prise au voyage de Gabriel Bonvalot et du Prince Henri d'Orléans 
qu'il avait rencontrés à Kouldja. Il fit avec ses compagnons de route la descente 
si difficile du Lob-nor au Tengri-nor, la traversée de la Chine méridionale et 
du Tong-king, et il rentra avec eux en Europe; il eut sa part des éloges 
adressés aux voyageurs par la Société de Géographie de Paris. Rentré à Brux- 
elles en 1890, il repartait six mois plus tard avec son supérieur, le P. van 
Aertselner pour le Congo, où il contracta la maladie qui l'enleva au mois de 
Mars dernier. Le P. de Deken était né à Wilryk, près Anvers. 

Henri Cordier. 



4) The First Report of the London Missionary Society's Chinese Hospital, at Peking. 
From October Ist 1861, to December 31st 1862, pp. 27. — The Second Report... for 
the year 1863, in-8, pp. 37. 

5) The Medical Missionary in China: A Narrative of Twenty years' experience by 
William Lockhart, of the Lond. Miss. Society, London, Hurst & Blockett, 1861, in-8, pp. 
XII— 404. 

— Der Aerztliche Missionär in China. Mittheilungen nach zwanzigjähriger Erfahrung 
von "William Lockhart... Ins Deutsche übersetzt von Hermann Bauer, Med. Dr. Würzburg, 
1863, in-8, pp. ix— 246. 



BULLETIN CRITIQUE. 



Die Sprache iwd Schrift der i 
Jnien^ von Dr. Wilhelm Grube, i 
A. 0. Professor an der Köuigl. | 
Universität zu Berlin (Leipzig, 
Kommissions- Verlag vou 0. Har- 
rassowitz, 1896). 



Dr. Hirth's discovery of the 
lost language of the Jüchen Tatars 
has at last been fully confirmed by 
the able and painstaking treatment 
of the manuscript contained in the 
Ming edition of the Hoa-I yih-yû 
( ^ ^ ^ ^ ) at the hands of 
Professor W. Grübe, v^ho has just 
published a paper entitled "Die 
Sprache und Schrift der Jucen". 
The five parts into which Dr. 
Grube's vrork is divided represent 
the following heads viz.'. 1° a Jü- 
chen and Chinese Glossary, being 
a facsimile reproduction of the 



manuscript referred to, and giving, 
besides the Jüchen character, the 
phonetic value of each word and 
its meaning, both in Chinese, — 
in all 871 words and terms of 
that long forgotten language; 2° a 
list of the Jüchen characters ar- 
ranged by the number of strokes 
employed in fheir construction; — 
3° an Alphabetical Index of the 
Chinese transcriptions of all the 
Jüchen words contained in the 
Manuscript ; 4° a Jüchen and Ger- 
man Glossary with highly useful 
references wherever similarities 
with Manchoo, Mongolie, a. o. 
words could be discovered; and 
5° facsimile copies of the Jüchen 
and Chinese texts contained in the 
Manuscript, with transcriptions of 
the former and a German version 
of the latter. 

19 



278 



BULLKTIN CRITIQUE. 



So far we have to thauk Dr. 
Grube for having elucidated the 
subject from his own point of view, 
which is mainly that of a student 
of comparative philology and of 
Manchoo, his own domain in par- 
ticular. The work to be done yet 
requires a deep Chiuese scholar 
who would not shirk the labour of 
ransacking the vast stores of Chi- 
nese literature for information re- 
garding the circumstances under 
which this curious system of writ- 
ing has been invented. A few use- 
ful extracts of this sort have been 
communicated by Mr. E. H. Parker 
as an Appendix to Dr. Hirth's 
paper on "The Chinese Oriental 
College" {Journal of the China 
Branch of the Roy. Asiat. Soc, 
Shanghai, 1887). But an exhaust- 
ive digest, embracing the collat- 
eral information and based on the 
accurate translation of all the Chi- 



nese have to say on the subject, 
seems to us an indispensable part 
of such a work as Dr. Grube's *). 

Firstly the name used by Prof. 
Grnhe Ju6en and that of Djurtchen^), 
vindicated by the late Terrien de 
Lacouperie, are wrong, as I pointed 
out some years ago in the T'oung- 
pao. Vol. Ill, p. 499. It ought 
to be read Luchen {^^ ^)- The 
Chinese at that time transcribed 
it ^ M. which characters were 
then also pronounced Luchen {Lu- 
Isin in the Amoy-dialect). 

In later times the character 
^ was pronounced niu (= ^ß^ 
^oo), whence the transcription t/w^en 
(joochen) adopted by Prof. Grube. 
According to the Glossary, N° 324, 
however, the name would have 
sounded :^ ^ Cusien {Choo~ 
sian) (?). 

They were the ancestors of 
the present Mauchoos, and reigned 



1) We have, in the Cologue Gazette of 28. March, come across a well written report 
on the Juèen-Chinese Manuscript and its new editor. Dr. Grabe, in which Dr. Hirth's share 
in its discovery is represented as teing due to a mere lucky accident. This may be true in 
a certain sense; but it should be understood that a bookhunter of Dr. Hirth's type aud 
the author of the paper on "The Chinese Oriental College", which contained the first ac- 
count of Juctin writing in its main features, is not quite "the blind hen finding a corn". 

2) The Uigurian-Chinese Vocabulary, published by Klaproth (Sprache und Schrift der 
Uiguren, Paris 1820, p. 18) even calls them Churchvk , after the faulty Chinese charac- 
ters ~hr |g[ niu-chih. 



BULLETIN CRITIQUE. 



279 



from A.D. 1115-1234 over the 
northern part of China under the 
style of the Golden Dynasty { ^ 

It seems they had at that time 
no writing of their own, and so 
they coined one in imitation of 
the Chinese writing by curtailing 
or cutting up existing Chinese 
characters in order to adapt them 
to the exigencies of their spoken 
language. 

Chinese historians tell us that 
the Khitan also had no writing of 
their own: but that the founder of 
the Lmo-dynasty , Apaoki, employed 
a good many Chinese, and that those 
Chinese invented for him several 
thousands of characters made from 
the half of the Chinese characters 
known as the Li-shoo , which they 
curtailed or added to, in order to 
replace the old covenants of notch- 
ed wood. ( |5? ^ t* ^ ffl il 

Toan-lin Chap; 345, fol. 6 recto). 
This little artifice has also been 



employed by the Chinese for other 
purposes, as, for instance, by the 
members of secret societies, in order 
to baffle the researches of the po- 
lice. So, instead of writing *^ 

HR Û. ' "*^^ S^^l of Obedience 
to Hung", one of the names of 
the 5 lodges in China, they cur- 
tail these characters to V j|| pj , 
' ' water- stream-mouth" . 

Instead of writing p^ j^-f" , "to 
open the market" (to hold lodge), 
they write #^, "Well-in". 

Sometimes, instead of cur- 
tailing a character, they add one 
to it, as in writing ^ piao, 
"tigerstripes", instead of ^ ( ^ ) 
san, "three", etc. '). 

The unknown writing in the 
"^iw-yo7j^-pass" seems to have 
been formed upon the same prin- 
ciples. 

Dr. Grube having been so suc- 
cessful in the decipherment of the 
Juèen writing, may perhaps be 
equally successful in solving the 
riddle of the latter writing. 

In conclusion we have a ques- 
tion to ask. In N° 51 of the 



1) Comp, my Hungleague, Preface, p. XXXVII and passim. 



280 



BULLETIN CRITIQUE. 



Glossary we find |^ to mean 
"water" (^Jc). M. Grube identi- 
fies it with the Manchoo muke; 
but in N° 117 we find this same 
J^ to mean "wood" ( ^j^ ). There 
must be here an error in the Chi- 
nese text or in the glossary, for 
the Jucen characters for wood ^ 
and water ^^ are different. 

In the Jucen and German 
glossary only muh^ "water" is 
mentioned, and not mûh^ "wood". 

As the old sound of nmh was 
hut, and final t stands in Chinese 
transcription for final r, we would 
rather identify \^ with "wuren" 
(river). Cf. N° 40 ijl\ ^ pit-a 
for pira, N° 87 :5^ ^ij sit-lat for 
sira, N° 573 ^ Sl sit-li for 
èirin, etc. G. Schlegel. 

Botanicon Sinicum, Notes on 
Chinese Botany from native and 
western sources, by E. Brkt- 
scHNEiDER, M. D. Part. Ill, Botan- 
ical investigations into the Mate- 
ria medica of the ancient Chinese. 
Shanghai, Hongkong, Yokohama 
and Singapore, Kelly and Walsh, 
limited, 1895. 



The indefatigable russian bo- 
tanist, to whom we are already 
indebted for two volumes of his 
researches in Chinese botanical 
names in Chinese classics and priv- 
ate works, gives us in the pre- 
sent bulky volume of 623 pages 
a nomenclature with copious notes 
of 358 sorts of medicinal plants, 
especially after the |$ ^ 2^: ^ 
^^ or "Herbal of Emjjeror Shen- 
nuDg^' and the i^ J^ ^|J ^|, 
"Desultory notes on celebrated 
drugs", which is a supplement to 
the foruier work. The author gives 
us further a list of 26 other works 
he has consulted for this volume 
besides those enumerated in the 
two former volumes. 

A most useful list of 430 geo- 
graphical names intended for the 
identification of the localities where 
these medicinal plants grow, as 
also an alphabetical index of Chi- 
nese names of plants and of the 
latin genus names of plants are 
given in the Appendix. 

We deem it quite superfluous 
to recommend this book to the 
scientific world. No encomium be- 
stowed upon it by us could en- 



fiüLLüTIN CBlTiqUE. 



281 



hance its sterling value. It is a 
most precious and reliable book 
of reference, not only for every 
student of Chinese, whom nothing 
more puzzles in his studies than 
the names of plants and beasts, 
but also for the European botanist 
and physician ; for maugre the un- 
favorable verdict of Dr.Bretschnei- 
der, we think that if our medical 
men would, without prejudice, 
test the medicinal properties of 
the Chinese materia medica, they 
would, in most cases, find that 
the Chinese quacks were right, 
though they had rather detected 
these properties in an empirical, 
than in a scientific way. Most of 
our own most powerful drugs 
were detected in the same way. 
Saccharine, Antipyrhine, Antife- 
brine etc., were accidentally dis- 
covered whilst searching to produce 
chinine in an artificial way, and 
this chinine was itself an empirical 
discovery of the savage natives 
of America. 

We have no doubt that Mes- 
sieurs Kelly and Walsh will be 
fully disbursed for their outlays 
by an extensive sale of this most 



valuable contribution towards our 
knowledge of Chinese Botany by 
such a competent author as Dr. 
Bretschneider has shown himself 
again in this volume. G. S. 

Map of China, by E. Bret- 
schneider. St. Petersburg, A. 
Iliin, 1896. 



This map, consisting of four 
large leaves, beautifully executed, 
and, as far as we have been able 
to ascertain, very correctly drawn, 
is intended to accompany a large 
work by the same author entitled 
"History of Botanical Discoveries 
in China", which, however, will 
only be ready by next year. 

The transcription of the names 
in this map is partially given 
after Wade's system, but still more 
simplified. As long, however, as we 
have not agreed upon a uniform 
sign for rendering the ch (German 
tsch^ Frensch tch) and «7/ (German 
«CÄ, French ch) etc., great diffic- 
ulties will always remain in the 
consultation of a map, because one 
has at first to ascertain the nation- 
ality or the system of the maker 



2Ö2 



BULLETIN CRITIQUE. 



of it. I do not quite approve of 
the signs è and s for ch and sh, 
bat until a special letter has been 
invented for rendering them, they 
are better than the english ch and 
shj the German tscJi and sch and the 
French tch and ch. For instance the 
treaty port Cung-king is transcribed 
Chung-ching by Wade, Tschung- 
king by the Germans, Tschoung- 
king by the French, Tschoeng-king 
by the Dutch, all which different 
transcriptions can only give rise 
to the greatest confusion, exactly 
as the different spelling of the bel- 
gian town Leuven, french Louvain, 
english Lovan, german Löwen, 
which different transcriptions must 
cause the despair of the Chinese 
youths sent to Europe to study 
western sciences, geography in- 
cluded, exactly as the different 
systems of transcription used by 
Europeans in the rendering of 
Chinese geographical names must 
bewilder the European student of 
Chinese Geography. 

G. S. 

Description d'un Atlas Sino- 
Coréen manuscrit du British Mu- 



seum, par Henri Cordier. Paris, 
Ernest Leroux, 1896. 



C'est accidentellement que M. 
Cordier découvrit en 1894, au 
British Museum, cet atlas manu- 
scrit du XVIIP siècle, que le Musée 
avait acheté d'un voyageur améri- 
cain. Il porte actuellement la cote 
G. 199 (13). M. Cordier obtint la 
permission des trustees de faire 
prendre la photographie d'un cer- 
tain nombres de planches de cet 
atlas (six) qu'il vient de publier 
sous le titre entête avec une des- 
cription générale de ces cartes. 
La plus intéressante est certaine- 
ment celle représentant la Carte 
du Monde, dans laquelle sont in- 
scrits presque tous les pays con- 
nus et problématiques mentionnés 
par les historiens chinois et dont 
l'identification exigerait des années 
de recherches pénibles, comme on 
peut s'en convaincre en parcourant 
seulement la liste des 20 pays 
problématiques de l'Orient identi- 
fiés par nous sous le nom de 
«Problèmes géographiques», dans 
ce Journal même. 

La position de ces pays dans 



BULLETIN CElTiqUE. 



S83 



la carte est tellement vague qu'on 
ne peut déterminer les différents 
pays que par leur juxtaposition 
en partant du connu à l'inconnu. 

Ensuite il faut étudier dans 
les géographes chinois les produits 
naturels et l'ethnographie de ces 
pays pour pouvoir arriver à la fin 
à une solution à peu près satis- 
faisante. 

Il n'entrait pas dans le plan 
de l'auteur de faire ce travail. Il 
n'a publié ces cartes, exhumées 
des ténèbres du British Museum, 
que pour mettre à la disposition 
du monde savant le matériel né- 
cessaire pour l'étude de la carto- 
graphie sino-coréeune. 

Nous remercions donc, au nom 
de nos lecteurs, notre savant co- 
directeur pour ce travail de pa- 
tience, splendidement exécuté. 

G. S. 

Essay in Aid of a Grammar and 
Dictionary of the Luchuan Lan- 
gtiage,hj Basil HallChamberlain. 
(Transactions of the Asiatic Society 
of Japan, Vol. XXIII. Supplement, 
December 1895, Yokohama). 



After the first sample of Lu- 
chuan language given in a short 
vocabulary by Captain Basil Cham- 
berlain in his "Voyage of Discovery 
to the West of Corea and the Great 
Loo-choo Island" in 1818, nothiog 
more has been published upon the 
subject in any European language. 
The only more recent work, says 
the author, is a Japanese-Luchuan 
conversation book entitled ^^ Oki- 
nawa Tai-wa\ published at Nafa 
in 1 880 by the prefectural authori- 
ties, with a viewto aidingLuchuans 
in the acquisition of the speech of 
their Japanese masters. 

As the Luchuans themselves 
seem to have no notion of what 
we call grammar, the author had 
to cull its principles by conver- 
sation with some educated natives 
of Shuri, and the rest from an- 
other educated native who hap- 
pened to be in Tokyo in 1894 — 5. 

The author considers the Japa- 
nese and Luchuan languages as 
sister languages, like the Spanish 
and French, descended from a 
common parent stock which, of 
course, has disappeared; and he 
draws of it the following scheme: 



284 



BÜLLKTIS CRITIQUE. 
Parent language. 



Archaic Luchuan 



Modern Luchuan. 



As an example he quotes (p. 6, 
7) the Japanese word Yane, "a 
roof", apparently composed of the 
archaic word for house ya and ne, 
"a root". Now "House-root" would 
be more appropriate to the founda- 
tion of a house than to its top. 

In Luchuan house-top is called 
Yä nu wuï, literally top (wut) of 
{nu the genitive form called in Ja- 
panese 7io) the house (ya). Trans- 
lated into Japanese this would 
sound ya no ne (house-his-top) so 
that ne in yane is most probably 
a contraction of no ne. 

Some ancient words have re- 
mained in Luchuan, whilst they 
have been superseded in Japanese 
by the Chinese term , as e. g. the 
Luchuan ne, in archaic Japanese 
nae^ "an earthquake", which has 
been replaced by the Chinese term 
jishin ( j^ ^ ti tsin). 

Shishi, "flesh", "meat", is re- 



Archaic Japanese 
(8. century after Christ.) 



Modern Japanese. 



placed in modern Japanese by the 
Chinese word niku ( |^ jiok in 
Amoy-Chinese) etc. 

Upon linguistic evidences, the 
author ventures to conclude that 
the modern Japanese language is 
the language of the last invaders 
of Japan, and not the language 
of earlier aboriginal inhabitants 
of one of che central provinces 
(Yamato, f. i.). 

We must refer the reader to 
the work itself, which treats ex- 
haustively of the phonetic system 
of the language, the curious feat- 
ure of Isolation , the nouns , post- 
position, numeral, verb and other 
grammatical forms. It further 
contains a list of miscellaneous 
useful phrases in Luchuan, Japa- 
nese and English, dialogues, con- 
versations, anecdotes, proverbs, the 
Drama of üyammä and a Luchuan- 
English Vocabulary. G. S. 



BULLETIN CRITIQÜB. 



285 



Über den Rhythmus im Chi- 
nesischen, von Dr. Fr. Kühnert, 
Privat-docent an der Universität 
Wien. (Sitzungsberichte der Kais. 
Akad. der Wissenschaften in Wien, 
Philosophisch-historische Classe , 
Bd. CXXXIV. Wien, 1896, pp. 54. 



The author, who had the bene- 
fit of a year's sojourn in China, 
where he availed himself of the 
intercourse with professor Fk. 
HiRTH, as well as of that with 
learned Chinese, has enlarged in 
this paper upon the remark I 
cursorily made in my paper on 
the "Stèle du Téghin Giogh" pub- 
lished in 1892 (p. 49): "La gram- 
maire n'est rien pour un écrivain 
chinois; il ne connaît que la syn- 
taxe, l'euphonie et le rhythme, 
et c'est tout ce dont a également 
besoin l'Européen qui veut ap- 
prendre le Chinois" *). 

Dr. Kühnert equally opens his 
paper with the words "Syntax, 
Rhythmus and Euphonie sind die 
Grundelemente des Chinesischen 
Sprachbaues" *). 



The first 20 pages are devoted 
to an investigation of the ques- 
tion what we have to understand 
by the word rhythm, to elucidate 
which question many examples 
from our classical languages and 
the German one are adduced. 

He next (p. 21) says that 
rhythm in Chinese is based upon 
the spoken language, and this is 
quite true; for neither the Chi- 
neses tones nor the Chinese accent 
alone could give to the language 
the so necessary musical inflection, 
called rhythm. 

By rhythm alone, e. g. the 
dialect of Amoy, especially when 
spoken by women , sounds as sweet 
as the sweetest Italian. 

Dr. Kühnert even says (p. 22) 
that Chinese sounds more musically 
than most of the European lan- 
guages, and draws from it the 
conclusion that Chinese music has 
no harmony, just as the Italians 
possess only the bel canto, but 
no developed harmony. 

But rhythm not only exists 
in the spoken language, but also 



1) Grammar is nothing to a Chinese aathor; he only knows syntax, eaphony and 
rhythm, and this is all a European wants in order to learn Chinese. 

2) Syntax, Rhythm and Eaphony are the fundamental elements of Chinese speech. 



286 



BULLETIN CRITIQUE. 



in the written language; this is 
immediately noticed when hearing 
a Chinaman read a book aloud, 
as is done e. g. by the ^^ '^ 
^, the public readers of novels 
in the streets. When I first came 
to Amoy some forty years ago, I 
was struck by it, and my former 
notion that a language without 
flection as the Chinese ought to 
be worthless for oratory purposes 
was severely and convincingly 
shaken. The longer I continued 
the study of Chinese, the more I 
began to relish this sweetflowing 
rhythmic way of speaking and of 
reading. 

This explains why the Chinese 
do not punctuate their books, for, 
in fact, it is only necessary to 
read a difficult passage aloud, in 
order to find out, by rhythm 
alone, where the passage has to 
be punctuated. He who has no 
musical sense, will always have 
more difficulty in learning to read 
and to speak Chinese than another 
man; and it is with me a rule 
to ask my new students in the 
first place if they can play some 
musical instrument or are music- 



ally gifted. This seems paradox- 
ical, as we deny to the Chinese 
musical feeling; but this notion 
rests upon a prejudice, for those 
who have candidly studied Chinese 
music, as did the Abbé Perny and 
the former director of the orchestra 
of the opera in Batavia, Mons. 
Coquelin, are, on the contrary, 
enthusiastic of Chinese rhythm in 
their music. 

Prom this point of view we 
recommand Dr. Kühnert's paper 
not only to our young sinologues , 
but to the attention of our own 
poets and musicians who may yet 
learn a good deal from it, as 
poetical and musical construction 
is so much simpler in Chinese than 
with us. G. S. 

Catalogua der Numismatische 
verzameling van het Bataviaasch 
Genootschap van Künsten en We- 
tenschappen, door Mr. J. A. van 
DER Chus, vierde druk. Batavia, 
Albrecht & Rusche, 's Hage, M. 
Nijhofif, 1896. 



La 3^^°^® édition de cet im- 
portant catalogue, publié en 1886, 



BULLETIN CRITIQTJB. 



287 



ue répondant plus au but qu'on 
s'était proposé de servir comme 
guide aux visiteurs de la collec- 
tion à Batavia, la Société des Arts 
et des Sciences s'est décidée à pu- 
blier une quatrième édition, sur- 
tout aussi puisque la collection 
s'est depuis considérablement en- 
richie. 

En général nous n'avons pas 
de remarques sérieuses à faire à 
cette édition , qui n'a qu'un défaut, 
c'est de ne pas donner des repro- 
ductions des monnaies et médailles 
plus rares. 

La correction est par ci par là 
défectueuse, surtout dans la partie 
traitant des monnaies et médailles 
chinoises et annamites; e. a. nous 
trouvons pag. 58, ligne 8 d'en 
bas, ^ kiai (tous) au lieu de 
•^ peï (dos), et ligne 4 d'en bas 
^ yu7i (nuages) au lieu de ^ 
sioue (neige). 

En général les légendes chi- 
noises y sont écrites de gauche à 
droite, mais la règle n'est pas 
toujours observée, comme p.e. p. 



101, ligne 10 d'en haut, N° 11, 
j où l'on trouve *^ -^ H fa au lien 
de -f^"^ ta ti. 

Page 59, ligne 7 d'en bas et 
page 60, lignes 6, 11 et 14 d'en 
haut, on trouve Thien-tri au lieu 
de Thioe-tri (en ortographe fran- 
çaise thiêu-tri), thiêu étant l'an- 
cienne prononciation du caractère 
^ , prononcé encore aujourd'hui 
à Canton chiu *). 

Page 134, dernière ligne, les 
caractères ^g 2pl -^ ^ gont 
transcrits Phuoc-binh-thong-boo. H 
faudrait transcrire Phuoc-binh- 
nguyen-hoo ,, ou remplacer le ca- 
ractère 71^ nguyen par le carac- 
tère i^ thong. 

En général les caractères chi- 
nois sont transcrits en ortographe 
hollandaise selon l'ancienne pro- 
nonciation deNan-king; mais quel- 
quefois aussi la transcription an- 
glaise du Peking Syllabary de M. 
Wade est suivie, p.e. p. 151, N" 
6, 8 et 9, Chen hsing au lieu de 
Tsjen hing. G. S. 



1) Comparez Annamite /t^ (petit) poar Cantonais /y^ siu; ^^t#M (manquer) pour Canto- 
nais .^^ ehiu; /t^ (digérer) pour Cantonais ^ffi siu, etc. 



288 



BULLETIN CRITIQtJlS. 



Chinese philosophy hy Dr. Paul 
Carus, editor of "The Monist". 
Vol. 6, N° 2, January 1896. 



On no Chinese subject has 
been written so much, and by 
so many writers, as on Chinese 
philosophy, especially on that 
thought to be hidden in the most 
quaint of all quaint Chinese liter- 
ary productions, called the Yih- 
king or "Book of Changes" which 
has obtained an undue prepon- 
derance upon the minds of China- 
man as well as Europeans by the 
great value attached to it by the 
Chinese Philosopher Kung Fu~ 
tsze, called by us Confucius. 

The late Terrien de Lacouperie 
has gone farthest, in making it 
to a Chaldaean and pre-chinese 
Vocabulary of his celebrated Bak- 
tribes which only existed in his 
rich imagination. 

A whole lot of mysticism has 
been sought in it by other writers , 
and, as it appears by the paper in 
title , also by Dr. Heinrich Riedel , 
of Brooklyn, N.Y., who seeks in 
it arithmetical problems. At the 
outset he is quite right in consid- 



ering the Yih as a calendar of 
the lunar year ... a Tu7ig Shu or 
"almanac". I myself have always 
considered the Yih as a kind of 
popular cosmogony applied prac- 
tically to human affairs , as I have 
advocated already in 1875 in my 
"Uranographie chinoise", pp. 53 
-57, 246—259. 

But his farther arguments are, 
to say the least, rather fantastic. 
If we are going arbitrarily to 
change $t 7C ¥ M ^ *» ^ 
[MI ^ ^ jE 1 because these cha- 
racters sound in modern Chinese 
the same, and then even give to 
the latter form the impossible 
translation of "See the circle's 
path rectified by reason", we may 
just as well throw the whole Yih 
into the fire, and make a dozen 
new Yih^s in which all the sen- 
tences will be adapted to the the- 
ory advocated by their respective 
authors. 

I will adduce as another sample 
of the mathematical system of Dr. 
Riedel his translation of the so 
simple phrase ® hI ^ M "^^® 
hidden dragon is of no avail", 
which de Harlez translated by "le 



BULLETIN CRITIQUE. 



289 



dragou dans sa retraite est sans 
action", and which Dr. Riedel trans- 
lates "A hidden dragon through 
negation is action" and, adds he, 
this "is meant to set forth the ma- 
thematical and logical powers of 
naught (0)". Now if we keep in 
mind that the Dragon is nothing 
else hut the Sun^ as we have proved 
surabundantly in OMxUranographie 
Chinoise (p. 50—57), and that the 
Chinese commentators explain the 
phrase by f | |^ ^ -{^ ^ %; ^ 

ffiT^ * PTîffiM' "The 
Dragou is a solar animal; when 
the sun is beneath (the horizon) it 
is as yet of no avail", the simple 
meaning of the phrase is that as 
long as the Dragon (Sun) is 
bidden beneath the horizon, he 
cannot act (is of no use). 

It is not in abstractly medi- 
tating upon the obscure sayings 
of the Yihy that one is enabled 
to explain their meaning; but by 
studying the use of these phrases 
in Chinese literature, when light 
generally flashes forth. 

E. g. the phrase just quoted 
is a. o. employed in the Chinese 
Inscription of the third Uigurian 



monument discovered in Kara Bal' 
gassun, Column XII, 1 — 17. "^jj 

^ >* # or fp g ft îs 



"Formerly, when Alp bilga Kagan 
was in the time of his hidden- 
dragon-ship , he was the most 
excellent of all the Begs". With 
other words that in the time when 
Alp bilga Kagan (who was an 
adopted son of an uigurian ge- 
neral, but who worked himself 
up by his prowess and high intel- 
ligence to be elected by his people 
to the dignity of Eian) was living 
in an obscure — hidden — posi- 
tion, he was already considered to 
be the first among all the other 
small Begs, 

Consequently Wells Williams 
translates the phrase of the Yih 
in his Dictionary by: "a concealed 
dragon is of no use; — so is a 
talented man who is kept in re- 
tirement". We would translate this 
to mean that a talented man, 
drudging in lower spheres, is just 
as unable to show and employ his 
talents, as the sun (dragon) is 
unable to exerce its energy and 
procreating powers as long as it 



290 



BULLETIN CRITIQUE. 



is hidden beneath the horizon. 

Now we readily agree that such 
a trite statement "that the sun 
cannot exert any influence as long 
as it is beneath the horizon" is 
very chiklish; but the Yih was 
written for childish barbarians just 
emerging from the lowest state of 
culture, and not for savants and 
philosophers. Our candid opinion 
is that all pains bestowed upon 
the interpretation of the Yih are 
thrown away, and we stick to 
Voltaire's verdict: "a thing which 
may be explained in twenty dif- 
ferent ways is not worth being 
explained in one single way". 

Leaving this part of the paper 
aside, we must give our meed of 
praise to the author's instructive 
chapters on Filial piety and the 
Belief in a personal God, and that 
on the history of the different 
systems of interpretation of the 
Yih, to begin with Leibnitz. 

The whoh Yih is now only 
used in China for divinatory pur- 
poses — may it remain for such 
and no other ones. It is, at least, 
a very innocent superstition, 
G. S. 



BOCTOHHHH aaMlTKH. CGopHHKTi 

cTaTeii h H3C/il;40BaHiH npo^eccopoBi» 
H npeno4aBaTe/ieH <j)aKy/ihTeTa boctom- 
HbiXT> flabiKOBi» HMnepaTopcKaroC-IleTep- 
6ypcrKaro yHHBepcHTexa. CaHKT-IIeTep- 
5ypri, 1895 (Notes Orientales. Recueil 
de mémoires et de recherches par 
les professeurs et maîtres de con- 
férence de l'université Impériale 
de St. Pétersbourg). 



Ce magnifique recueil, dédié 
par les auteurs à l'Ecole des Langues 
orientales vivantes à Paris à l'oc- 
casion du centenaire de l'Ecole, 
contient une série d'articles dehaut 
intérêt. Presque tout le domaine 
de la civilisation orientale a fourni 
les sujets aux savants qui ont con- 
tribué à ce volume et qui ont 
prouvé d'une manière éclatante que 
l'étendue des études orientales en 
Russie est aussi vaste que la hau- 
teur en est remarquable. • 

Le premier article, par V. Va- 
silief, a pour titre «Le Bouddhisme 
pleinement développé d'après les 
livres du Vinaya» . L'auteur y dis- 
cute des questions qui se rattachent 
à l'évolution du Buddhisme, 

Dans l'article suivant N, Marr 



BULLETIN CRITIQUE. 



291 



s'est proposé de résoudre la ques- 
tion quelle est la source du « Conte 
sur le Katholikos Pierre et le sa- 
vant Jean Kozern», faisant partie 
des Matériaux pour servir à l'his- 
toire de la littérature arménienne 
du Moyen- Age. Il ajoute, en texte 
arménien avec une traduction russe, 
une partie de l'Histoire écrite par 
Mathieu d'Edesse, partie considérée 
par M. Marr comme apocryphe. 

Un article de la main de V. 
Smirnof intitulé « Brevet du Sultan 
Osman II à la famille de la juive 
Kira» donne, outre le texte turc et 
la traduction du brevet, des ren- 
seignements historiques sur le rôle 
que les juifs et spécialement la 
juive Esther ou Kira ont joué à 
Constantinople au XVP®"'® siècle. 
Cette juive renommée, qui jouissait 
des bonnes grâces de la Sultane- 
Validé Safiyé (Baffa), fut tuée en 
1600 — 1601 dans une émeute. La 
question se pose: est-ce la même 
personne que celle nommée dans le 
brevet d'Osman II? L'auteur ré- 
sout la question dans un sens affir- 
matif. 

«Les cantiques du religieux de 
Hérat» (Abdallah Ansari) forme 



le sujet d'un article contribué par 
V. Joukovski. Dans l'article sui- 
vant sur «Les épitaphes nestorien- 
nes, en turc et en syriaque, datant 
des XIII et XIV siècles et trouvées 
dans la province de Semirietchi> 
le Prof. D. Chwolson publie une 
série d'épitaphes, en grande par- 
tie bilingues. Ce travail est un 
complément de deux Mémoires 
publiés par le même savant, sous le 
titre de «Syrische Grabinschriften 
aus Semirjetschie» et «Syrisch- 
nestorianische Grabinschriften aus 
Semirjetschie». 

ün manuscrit du « British Mu- 
seum» a fourni à P. Mélioranski 
la matière pour la publication de 
«Fragments du Divan d'Ahmed 
Burhau-ed-Din de Sivas», en texte 
turc avec une traduction russe. Le 
Baron V. Rosen examine «La 
question touchant les traductions 
arabes du Khudâi-Nâme». Comme 
introduction il cite un récit qui se 
trouve dans l'Anthologie d'Al- 
Djâkhiz. La forme de ce récit avec 
les fables ou contes moraux qui 
en font partie ressemble en tous 
points aux compositions analogues 
de la littérature indienne, et, grâce 



292 



BULLETIN CRITIQUE. 



à l'obligeance de M. S. d'Oldenburg, 
qui a fourni les parallèles indiens, 
l'auteur s'est convaincu que l'ori- 
gine indienne du récit ne saurait 
être révoquée en doute. Quant à la 
question touchant les traductions 
arabes du Khudâi-Nâme, nous som- 
mes tout-à-fait incompétents à en 
donner une analyse. 

Le livre arabe «Kitâb al- 
Mukhâdara va'1-Muzâkara», écrit 
par le Juif espagnol Moïse Ibn 
Ezra de Grenade, fournit l'occasion 
à P. Kokovtsof de s'étendre sur les 
mérites de cet ouvrage bien connu 
aux hébraisants, mais encore inédit. 
On trouve dans l'article de M. 
Kokovtsof une analyse succincte de 
l'ouvrage de Moïse Ibn Ezra, et 
une partie du texte en caractères 
hébreux. 

Un problème dans le domaine 
de la littérature géorgienne est 
abordé par M. Marr, que nous 
avons déjà rencontré comme l'au- 
teur d'une étude arménienne. Cette 
fois il s'agit de «La version géor- 
gienne du conte des trois frères 
sagaces dans le Ronsoudatnani* . 
Ce roman, ainsi nommé d'après 
l'héroine Rousoudaua, embrasse, 



outre le récit qui sert de cadre, 
douze contes ou nouvelles. Après 
une discussion sur le caractère, les 
sources et la date du roman, l'au- 
teur publie en complet le onzième 
conte intitulé «Conte du roi des 
Khazares et des trois frères princes 
de Dilam » . Le texte géorgien est 
suivi d'une traduction russe. 

Un «Texte tibétain en tran- 
scription Mandchoue», publié par 
M. A. Ivanovski, nous fait con- 
naître la prononciation du tibétain 
comme elle est en usage chez les 
Lamas de Pékin. L'article suivant 
contient le «Dictionnaire zougni 
par L. D. Ivanof», publié par 
K. Zaleman avec une introduction, 
des remarques grammaticales et 
des renvois aux travaux d'autres 
savants, principalement Shaw et 
Tomaschek, qui se sont occupés 
des dialectes iraniens du Pamir, 
auxquels appartient le zougni ou 
shigni. 

Un article sur «Le monument 
(tombeau) du Khodja Akhrar à 
Samarkand», de la main de M. I. 
Veselovski donne des renseigne- 
ments sur la vie et les écrits du 
Khodja Nasir-ad-din Ubeid-allah, 



BULLETIN CRITIQUES. 



293 



plus coiino sous le nom de Khodja 
Akhrar, un prieur renommé de 
l'ordre des Nakchibendia. L'in- 
scription sur le monument sépul- 
cral est donnée en texte original 
et en traduction, avec la reproduc- 
tion photographique. 

Sous le titre de «Notes sur 
l'art bouddhiste» M. S. d'Olden- 
burg traite en général du dévelop- 
pement que fart bouddhiste a pris 
à diverses époques. En premier lieu 
il s'occupe de la représentation en 
sculpture et peinture de scènes 
dont les motifs se trouvent dans 
les Djâtakas. Il identifie un grand 
nombre de ces tableaux sculptés ou 
peints à Bharhut, Ajanta et Boro- 
Boudour avec des Djâtakas, dont 
quelques uns sont ajoutés en tra- 
duction. En second lieu l'auteur 
relève l'intérêt qui s'attache à l'é- 
tude des «Bronzes de Khotan de la 
collection Petrovski». 

Le dernier article est de la 
main de M. A. Pozdniéief. C'est un 
rapport détaillé sur «un document 
littéraire mongol des temps de la 
dynastie Ming» , que l'auteur eut la 
bonne fortune dedécouvriràPéking 
dans l'année 1893. Ce document 



très curieux, reproduit à la fin du 
volume, est une lettre d'AltanKhân 
au Bogdo Khan de la dynastie 
Ming, la 8^*^"^^ année de Ouan-Lih 
(1580 de notre ère). 

Quant à l'index, il ne manque 
pas, grâce aux aimables soins de 
Mad. Marr et de Mad. Joukovski. 

Quand nous ajoutons que les 
13 planches qui embellissent le 
magnifique volume devant nous 
sont d'une exécution irréprochable, 
on sera convaincu que lea savants 
orientalistes de St. Pétersbourg ont 
produit une œuvre vraiment mo- 
numentale. 

H. Kern. 

Tschoudskia Pismena (Inscrip- 
tions tchoudes) par TRUSMAN.Reval, 
G. Matizen, 1896. 



Sous ce titre M.Trusman décrit 
deux inscriptions trouvées dans des 
églises russes. L'une découverte en 
1788 par le médecin Fries dans 
une église de la paroisse de Vo- 
jemski (Gvt, de Vologda) sur une 
peinture représentant la visite des 
trois anges à Abraham ; la seconde 
dans une église dans la paroisse de 
20 



294 



BULLETIN CRITIQUE. 



Vojema sur une peinture représen- 
tant la descente du Saint Esprit. 

L'auteur pense que la langue 
dans laquelle ces inscriptions sont 
écrites est une des langues tchoudes 



et il y croit reconnaître des res- 
semblances avec les écritures des 
inscriptions de l'Orkhon et les 
anciennes runes. 

G. S. 



BIBLIOGRAPHIE. 



Bausteine zu einer Geschichte der chinesischen LiteratuF 

ALS SUPPLEMENT ZU WYLIE'S „NOTES ON CHINESE LITEHATURE" 



VON 



FRIEDRICH HIRTH. 



(Fortsetzung aus Band VI, S. 446.J 

22. Jê-i-lu (^ — '^L)i — eine Sammlung von Regulativen, 
Prospecteu, Verträgen und Berichten, die Organisation gemein- 
nütziger Anstalten in China betreffend, in 16 Büchern von Yü 
Lien-ts'un {^ ^,^) i" Wu-si am Nordufer des See's T'ai- 
hu. Suchow, 1869. 

Im gesellschaftlichen Leben der Chinesen nimmt die Privat- 
Wohlthätigkeit eine Stellung ein, deren sie sich kaum in irgend 
einem anderen Lande der Welt erfreuen dürfte. Giebt es auch 
in keinem der civilisierten Länder soviel zu thun wie hier, 
wofür in erster Linie die Organisation des Staats und der Ge- 
sellschaft verantwortlich ist, so haben sich doch seit Jahrtausenden 



296 FUIEDRICII HIRTH. 

stets Einzelne gefunden, die, das Eleud ihrer Mitmenschen und 
die schreienden Nothstände der Gesellschaft erkennend, über 
geeignete Mittel zur Abhülfe nachdachten und, da ihnen das 
Eingreifen von Regieruugswegen nicht offen stand, ihre Zeitge- 
nossen zur Vereinsbildung im Interesse ihrer Bestrebungen ver- 
anlassten. So entstanden zahlreiche wohlthätige Vereine, denen 
im Laufe der Zeit bedeutende Geldmittel aus den Taschen der 
Wohlhabenden zuflössen. Mit diesen wurden oft durch geschick- 
tes Wirthschaften , z.B. den Ankauf und die Verwaltung von 
Läudereien, noch grössere Fonds erzeugt, um in den Dienst 
des dem Verein vorschwebenden wohlthätigen Zweckes gestellt 
zu werden. Allerdings sind auch hier Misswirthschaft und Ver- 
untreuungen an der Tagesordnung. Dass jedoch viele derartige 
Anstalten, wie wir sie jeder Zeit in Stadt und Land kennen 
lernen können, sich Jahrhunderte lang weitgehenden, auf Be- 
sitz gegründeten Einflusses und bei der Bevölkerung allgemeiner 
Achtung erfreuen, scheint darauf hinzudeuten, dass die Frei- 
gebigkeit und Opferbereitschaft, die den gebildeten Chinesen in 
gemeinnützigen Angelegenheiten characterisiert , nicht überall 
Enttäuschungen ausgesetzt ist. Wer sich für die Organisation 
solcher Anstalten interessiert, wird es oft empfunden haben, 
wie schwierig es ist, an Ort und Stelle durch blosse Nachfrage 
wirklich aufklärende Belehrung zu erlangen. Die Directoren und 
Secretäre betrachten ihre Instructionen als Amtsgeheimuiss, und 
die Armen, die Blinden, die Suppenempfänger, die erzogenen 
Waisen, die vom Tode Geretteten haben wohl Worte der An- 
erkennung und des Dankes, aber sie sind nicht im Stande die 
Wissbegierde des Europäers zu befriedigen, der in dem Arbeits- 



Bausteine zu einer oeschichtb der chinfsischen Literatur. 297 

plane dieser Institute wichtige Symptome für das Kulturleben 
des Volkes kennen zu lernen wünscht. Diesem Übelstande hilft 
die vorliegende Sammlung von Aktenstücken in der bequemsten 
und einfachsten Weise ab. Die öffentliche Wohlthätigkeit der Chi- 
nesen erstreckt sich auf alle nur denkbaren gemeinnützigen 
Zwecke, ob sie nun der Erhaltung des menschlichen Lebens 
dienen , vom Findelhaus bis zum Greisenheim , oder einer auf 
volksthümlichera Aberglauben begründeten, eingebildeten Wohl- 
that, wie dem Sammeln und feierlichen Verbrennen von be- 
schriebenem Papier, oder dem Ankaufen von Singvögeln, um 
sie wieder freizulassen. 

Ohne das reiche Material auch nur andeutungsweise erschöpfen 
zu wollen , will ich an einigen Beispielen den Inhalt des Wer- 
kes illustrieren. 

Gleich im ersten Buch werden wir mit der Einrichtung 
eines zwar nicht öffentlichen, aber doch auch gemeinnützigen 
Institutes bekannt gemacht, des i^an'scheu Familienstiftes in 
Suchow, gegründet von dem im Jahre 1052 verstorbenen ge- 
lehrten Staatsmann Fan Tschung-yen *) und erweitert von dessen 
Sohn Fan Tschtin-jen *) unter Kaiserlicher Kabinetsordre vom 
Jahre 1064. Das Vermögen des Stiftes bestand in Ländereien, 



1) ^ \^ *^. Mayers, Manual, î^° 124. Biographie: Sung-skih , Kap. 314 p. 
1 ff. Der Kaiser Jén-ttang , bei dem er iu grosser Gunst stand, widmete ihm eine mit 
eigener Hand geschriebene Grabschrift ( ^^ ^È *^ ^B j& n ^W ) , worin der 
humanen Stiftung zu Gunsten seiner Nachkommen gedacht wird. .Er gründete ein Stift 
in seiner Ileimath zur Unterstützung seiner Familienangehörigen", iW ^fe iij;. T^. 

4" JÖl Bi :ëê A ^^'^■'^i^' 1«=. p- io) 

^) ?E jê^Ë t Biograpliie : Sung-shih, I.e., p. 16 ff. 



298 VIÎIEUUICH HIUTH. 

deren Ertrag theils in Naturalien , theils in Geld (Sapekeu) an 
die hülfsbedürftigen Mitglieder des Geschlechts unter gewissen 
Satzungen abgegeben wurde. Unterstützt wurden besonders weib- 
liche Verwandte, Wittwen , u. s. w., durch regelmässige Geschenke 
an Reis und Kleidern; ferner wurden ausserordentliche Beiträge 
bei Verheirathuugen , Begräbnissen, u. s. w., bewilligt. Alles, was 
Fan hiess und zur Familie gehörte, war unter gewissen Beding- 
ungen unterstützungsberechtigt. Die Einrichtung dürfte an- 
fänglich mit einem gewissen Überschuss au Mitteln getrofifen 
worden sein, sodass das Stiftsvermögen sich zunächst vergrös- 
serte. Doch vermehrte sich die Familie noch schneller, sodass 
von Zeit zu Zeit Veränderungen nothwendig wurden. So heisst 
es in den Zusatzbestimmungen von 1689, dass »jetzt 30 Mann 
zu versorgen sind, wo früher nur einer war" '), was noch eine 
für chinesische Verhältnisse massige Vermehrung des Geschlech- 
tes andeutet, selbst wenn wir in Betracht ziehen, dass nicht 
alle Mitglieder der Versorgung bedurften. Die im Tê-i-lu ab- 
gedruckten Documente geben uns ein vorzügliches Bild der 
»Stiftsgüter" ^) und ihrer oft Jahrhunderte alten Entwicklung 
in China. 

Zu den häufigsten Gegenständen gemeinnütziger Bestrebungen 
gehören die Findelhäuser ( Yü-ying-V ang , ^ ^ ^ ) wie wir 
sie in allen grösseren Städten China's finden. Von Interesse 
ist die in diesen Anstalten beobachtete Methode, die Identität 
eines Säuglings für alle Zeiten festzustellen. Bei der Aufnahme 
jedes Kindes wird zunächst Geschlecht und Alter in ein Regis- 
ter eingetragen. Findet sich keine Altersangabe unter den etwa 
mit dem Kinde eingelieferten Kleidungsstücken, so wird statt 



I) =g^ 2 - P # 4^ ^ H + p . 

2) i-chuany ( ^g J;£ ) oder i-tien ( ^g ßQ )> d i. stiftsmässig verwaltete Landgüter. 



I 



BAÜSTBINK Zu BINER GBSCniCHTK DEB CHII»K8ISCHKN LITEEATUB. 299 

dessen Jahr, Monat, Tag und Stunde, das sogenannte Pa-tzü 
(d. h. »die acht Schriftzeichen", weil der Geburtszeit- Vermerk 
ans acht Zeichen besteht) '), des Eintritts in die Anstalt angegeben. 
Es folgt darauf eine genaue Beschreibung der Extremitäten *), 
eine Angabe über die Regelmässigkeit der Schädelbildung '), 
über den Wirbel ^), über die Zeichnung der Fingerspitzen *) 
und über Muttermäler ''). Diese Augaben mögen eines Tages 
bei der Identificatiou eines Kindes nützlich sein: denn, wenn 
es auch nicht im Register angeführt wäre, kennt doch jede 
chinesische Mutter die Fingerzeichen ihres Neugeborenen. Übri- 
gens werden Kopfwirbel und Fingerzeichen bei der Personal- 
beschreibung geborgener menschlicher Leichen, wie aus den im 



\) Nien-yüeh-jik-iehi taei pa-tzü (^ ^ ^ ^gj /\ ^ ). 

2) Wu-kuan ssü-tteÄi ( ^ ^ ^J ^ ). 

3) Tou-lü-pien-tKheng ( §( §11)^ iE )• 

4) Tott-titig iüan-lo ( flÊ Jb TÄ 1^)= '•'■ »Schneckenwindnngen auf der Schä- 
deldecke", womit die auf dem Pericranium sichtbare Spur des künftigen Haarwuchses ge- 
meint ist, der beim Chinesen wegen der Jahrhunderte alten Haartracht in der Wirbel- 
gegend mit verstärkter Kraft hervorbricht. 

5) Hchih-tichi lo-k'i ( -j- :)j|[ S^ ^ ). Unter & ( ^ ), Ut. .Schnecke", .Mnschel», 



versteht man ein spiralförmiges Muster auf der Epidermis der Fingerspitze 




während k'i (^£>, /t/. .Sieb", parallel zurücklaufende Windungen bezeichnet: 

Der in China vermutlich uralte Gedanke, diese Fingerzeiehnungen zur Identification des 
Individuums auszunützen, ist seit einer Reihe von Jahren durch Francis Galton mit Erfolg 
aufgenommen worden. Literaturnachweise für das Alter dieser Beobachtung in China stehen 
mir augenblicklich nicht zu Gebote, doch kommt der Ausdruck Tichi-&chang-lo ( *ra \ 
jS ), d.i. .das Schneckenmnster auf den Fingern", als Metapher beim Dichter Sa Tung- 
pa (11. Jahrh. nach Chr.; P' ei-tcen-yün-fu , Kap. 20, p. 50) vor. Schneckenmuster auf den 
inneren Fingerspitzen bedeuten dem Chinesen Glück, wie bei uns (Me weissen Flecke auf 
den Fingernägeln 

6) Pa-tschi{'^ ^^) 



300 FRIEDRICH HlRïH. 

Tê-i-lu abgedruckten Regulativen der Rettungsgesellschaften am 
Yang-tze hervorgeht, nicht betont. 

Den Findelhäusern verwandt sind die Pao-ying-hui ( '^ ^ 
"^ ), d. i. Gesellschaften für die Rettung verlassener Kinder^ mit dem 
besonderen Nebenzweck, der Unsitte des Ertränkens weiblicher 
Säuglinge zu steuern. Diese Anstalten unterscheiden sich von 
den Findelhäusern, die in den Städten errichtet sind und sich 
selbst mit dem Aufziehen der Kinder befassen , dadurch , dass 
ihr Wirkungskreis sich mehr auf die Landbezirke erstreckt und 
dass die zu rettenden Säuglinge bei geeigneten Landfamilien 
gegen entsprechende Vergütung aus dem Gesellschaftsfonds in 
Pflege gegeben werden. S, den Anhang: -»Kinderhort", — 
Übersetzung eines Theils der Regulative einer solchen Anstalt, 
woraus der Leser sich von den leitenden Gedanken und der 
Organisation dieser und ähnlicher Institute ein Bild machen 
möge. Ferner werden wir belehrt über Geschichte und Einrich- 
tung von Wittwen- Pensions-Vereinen {Ju-kua-hui n^ M. W*) 
für die Hinterlassenen verstorbener Literaten, und über Wittwen- 
Klöster {Tsch'ing-tsieh-t'ang ]^ ^JJ ^ ), deren Insassen nach dem 
Tode des Gemahls ein Gelübde der Keuschheit ablegen, wonach 
sie sich des Umganges mit männlichen Individuen bis zu ihrem 
Tode vollständig enthalten. Das Regulativ dieser Wittwen-Klöster 
ist so streng, dass die keusche Gattin hier so gut wie lebendig 
begraben ist; mit Ausnahme ganz kleiner Knaben, darf kein 
männliches Individuum sich ihr nähern, selbst die Beamten der 
Anstalt verkehren mit der Gefangenen nur durch das »Dreh- 
Fass" (tschuan-t'ung, ^ ;;J^), eine Vorrichtung, die dazu dient, 
Speisen, Material zu weiblichen Arbeiten und was sonst zum 
Bedarf der Insassen zugelassen wird, aus dem Arbeits-Local des 
dienstthuenden Beamten unter dessen Aufsicht in die inneren 
Räume zu befördern. Dafür schwelgt die Unglückliche während 



Baustein« zu biner Geschichte der chinesischen Literatur. 301 

ihres ganzea traurigen Klosterlebena in dem Gedanken, dass 
ihr Name, nachdem der Tod sie erlöst, als der einer tugend- 
haften Frau in einem jener Ehren-Portale eingemeisselt wird, 
die in der Nähe der Städte und Dörfer, besonders an verkehr- 
reicheu Landstrassen als Denkmäler weiblicher Standhaftigkeit 
errichtet, zu den schönsten Werken chinesischer Architektonik 
gehören, vielleicht auch, dass er der Nachwelt in der gedruckten 
Local- Chronik für ewige Zeiten erhalten wird. 

Greisenheime {Sv-i-t'ang, '[iE. |^ ^) werden für mehr als 
siebzigjährige unbescholtene Alte unterhalten; doch finden nur 
solche Greise darin Aufnahme, die weder Kinder noch Enkel 
am Leben haben und in Folge dessen jeder Stütze entbehren. 

Interessant sind die Regulative der Arrnen- Apotheke {Schi- 
yoh-kü, ^^^)» ^0 jeder Dürftige gratis die Mittel zur 
Heilung einer Krankheit erhält, wenn er sich den Bedingungen 
der Anstalt unterwirft. Dazu gehört zunächst, dass sich der 
Recipient sechs- bis neuntägigera Fasten unterwirft, ehe er 
irgendwelche Medizin zu kosten kriegt, eine Regel, von der nur 
in Vergiftungsfallen , bei Blutsturz und ähnlichen akuten Leiden, 
wo schnelle Hülfe noth thut, abgesehen wird. Als Dank wird 
von dem geheilten Patienten erwartet, dass er dem Apotheken- 
Gott eine angemessene Menge Riechholz verbrennt, sich vor dem 
Altar auf die Erde wirft, seinen ganzen Schatz an Maculatur 
(bedrucktem und beschriebenem Papier, Lumpen , u. s. w.) dem 
Papier- Verbrennungs-Ofen der Apotheke anvertraut und vor 
allen Dingen sämmtliche unzüchtigen Schriften, die er etwa zu 
Hause versteckt halten sollte*), in der Apotheke abliefert, wo 



»^^■^#iii*A*.fêuuatc# * 



302 FRIEDRICH HIRTH. 

sie in feierlichem Autodafé zu vernichten sind. »Jede Krankheit", 
so philosophieren die wohlthätigen Apotheker, »ist eine Strafe 
des Himmels. Wer daran denkt, seinen Körper durch Heilmittel 
zu reinigen, soll zuerst sein Herz von Krankheit rein machen". 
Die Medizin wird gratis verabreicht in der Voraussetzung, dass 
der Empfänger vor dem Apotheker-Gott, dem »Grossen Heil- 
Köuig" {Ta-i-wang, ^ ^ ï)» opfert und sich zu einem 
Gelübde zur Haltung von zwölf Geboten entschliesst , nämlich: 

1. Sei gegen deine Eltern nicht ungehorsam *), 

2. Sei der Gnade deines Kaisers stets eingedenk^), 

3. Betrüge deine Brüder nicht ^) , 

4. Begieb dich nicht auf Irrwege ^) , 

5. Ertränke keine Kinder ^), 

6. Verdirb dein Gewissen nicht ^), 

7. Betrüge deinen Nächsten nicht um seine Habe'), 

8. Sei nicht anmassend *), 

9. Tödte möglichst wenig lebende Geschöpfe ^), 

10. Thue stets nur das Gute i"), 

11. Ehre das geschriebene Wort und die Feldfrüchte "), 

12. Enthalte dich des Genusses von Rind-, Hunde- und 

Froschfleisch "). 

*Ä8yl für Obdachlose'^ dürfen wir auf Grund der Regulative den 
Ausdruck Tsch'i-liu-so ( 1^ ^ ]^ ) übersetzen ; est ist eine Anstalt 
zur zeitweiligen Aufnahme solcher Kranker und Schwacher, die 



i)^^^#- 2)^Äm.i. ')^ji^Ä^ 

*)^*?i5i^- =>>^JÜC^- «)^»Ä'<1^ 

'):^j.iiAit- s)^^«!:- ^)^^ê^^ 



BAÜ8TKINK Zu KINER GESCHICHTE HER CHINESISCHEN LITERATÜK. 303 

auf der Strasse hülflos aufgefunden werden, ohne dass sich am 

r 

Orte Verwandte oder Freunde ihrer annehmen könnten^; dies 
dürfte in den meisten Städten der Zweck der Anstalt sein , ist 
es auch in Chungking, wo ich in dem mitten in der Stadt ge- 
legenen Tsck'i-liu-so einen Besuch abstattete, um mich von dem 
blühenden Aussehen von etwa drei bis vier höchst zufriedenen 
Insassen zu überzeugen. Es scheint jedoch, dass au anderen 
Orten bei der Aufnahme insbesondere unbekannte Schwerver- 
letzte berücksichtigt werden, die für todt oder sterbend auf der 
Strasse gefunden werden, mögen sie nun durch Schläge, Ver- 
wundung, Vergiftung oder Selbstmord (Aufhängen, u. s. w.) zu 
dem todtenähnlicheu Zustand, resp. zu ihrem Tode gekommen 
sein. Es werden in solchen Fällen Wiederbelebungsversuche an- 
gestellt, sonst aber die nöthigen Schritte gethan, um im Ein- 
vernehmen mit den Behörden, die ja vom criminalgerichtlichen 
Standpunkt in solchen Fällen interessiert sind, den Leichnam 
einzusargen und zu beerdigen. In solchen Fällen dürfte sich 
das Têch'i-liu-so mit der Morgue und ähnlichen Instituten für die 
Aufnahme unbekannter Leichen decken. 

Sind die Chinesen in ihrer sich auf Alles erstreckenden 
Wohlthätigkeit noch nicht zu den Ferien-Kolonien gekommen, 
so haben sie doch Winterheime für verwahrloste Kinder {Tnng- 
yüeh-schou-yang-i'hai , ^ ^ ij^ ^ ^ ^)i ^o die Kleinen 
während der strengsten Wiutermouate gut ernährt und zweck- 
mässig beschäftigt werden, um im Frühjahr ihre armen Eltern 
wieder aufzusuchen. An diese reihen sich die Winterheime für 
Bettler {Tung-yüeh-sü-Jcai^ ^ ^ »{îÉ. TÇ), in deren Régula- 



it 1) Isch' ui-pi-liu-min ( 3|H ^^ ^j^ ßC )• ^*^- ^i"-''"». Unbekannte, Fremde, im Orte 
keinen Anhang Besitzende, die tsch'ui-pi, eigentlich »niederfallend sterben", hier aber wohl 
nur solche, die am Orte hängen bleiben, ohne im Stande zu sein weiter zu wandern, and 
die dem Tode anheimfallen würden, wenn sie keine Aufnahme in der Anstalt fänden, deren 
Name von Giles daher richtig durch »a refuge or lodging for vagrants" übersetzt wird. 



304 Ï-RÏBURICH HlÄTfi. 

o 
tiven es keisst: »Der Bettler ist auch ein Mensch '), hat den- 
selben Körper, dieselben Obren, Augen, Hände und Fusse wie 
wir; man soll es mit seinem harten Loose nicht so leichtnehmen, 
soll ihn nicht ausschelten, denn er ist ein Mensch wie wir. Wir, 
die wir im Glücke geboren sind, sollen uns vergegenwärtigen, 
wie uns zu Muthe wäre, wachten wir eines Morgens auf wie 
der Bettler, hülflos, elend, u. s. w." 

über die Gesellschaften zur Erhaltung von Rettungshöten auf 
Flüssen und See'n {Km-scheng-kü, Mc ^^ ^) ist im Jahre 
1893 auf Veranlassung des General-Inspectors der Zölle ein 
officieller Bericht ^) erschienen , worin ich selbst als Zolldirektor 
des Hafens Chinkiang die Rettuugs-Gesellschaften am Yang-tze 
unterhalb Nanking bearbeitet habe. Der Leser wird dort u. A. 
auch einige Auszüge aus dem Te-i-lu finden. Ausser den mit- 
getheilten finden sich in diesem Werke noch Regulative für das 
Rettungswesen auf dem Grossen See [T'ai-hu) bei Suchow. 

Zu den gemeinnützigen Anstalten, in deren Organisation 
uns im Te-i-lu ein Einblick gewährt wird, gehört auch die 
Feuerwehr {Kiu-huo, ^l ^)» ^^^ ^^ jedem grösseren Orte 
vorhanden ist und unter Aufsicht der Behörden durch freiwillige 
Beiträge seitens der Bevölkerung erhalten wird. Zum Hand- 
werkszeug der aus dem Gesellschaftsfonds nur massig bezahlten 
Mannschaft gehören Feuerspritzen {schui-lung, ^<^ Bg)» Hand- 
spritzen {schui-tsiang, "^ ^)i Feuerhaken {huo-kon, j/Cp|l) 
und Feuereimer {schtn-tou , ^JC -^ )• Nicht fehlen darf der Gong, 



^1) ï5^> Aife- 

2) »Chinese Life-boats, — Published by order of the Inspector General of Customs". 
Shanghai, 1893. 



BAUSTKINE ZU EINER GESCHICHTE DEE CHINESISCHEN LITEBATUB. 305 

um Feuerlärm zu schlagen ')» eine genügende Zahl Laternen 
und Fackeln für etwaige Nachtarbeit und Strohsandalen, die 
hier die Stelle der Wasserstiefel vertreten müssen. Ein genügen- 
der Vorrath von diesen Artikeln wird im Feuer-Büreau bereit 
gehalten. Jedem Mitglied der Feuerwehr wird seine Arbeit vorher 
zuertheilt, mag er zur Bedienungs-Mannschaft einer Spritze 
gehören, Wasser pumpen, Fackel- oder Laternenträger sein; 

É. 

keiner darf »sich von der Arbeit drücken"^). Etwaige Geld- 
Auslagen werden zurückerstattet, dagegen unterliegt der Säu- 
mige, der nicht am Platze ist, einer Geldstrafe. Die Feuerwehr- 
leute erhalten jährlich eine dreimalige ^) Remuneration von je 
300 Sapeken und ausserdem 100 Sapeken für jedes Ausrücken 
der Feuerwehr; dafür wird einmaliges Wegbleiben mit dem 
Wegfall der nächstfälligen Remuneration, dreimaliges Weg- 
bleiben mit Entlassung bestraft. Das Regulativ, das wir als 
Typus für alle ähnlichen Anstalten im Reiche betrachten dürfen , 
ist einfach und zweckentsprechend. Etwas eingehender sind die 
Vorschriften für die Feuerwehr in der Chinesenstadt von Shang- 
hai, wo man es mit der Bedienung einer grösseren europäischen 
Feuerspritze zu thun hat. 

Sehr alten Ursprungs sind die Volks- Speicher (I-ts'ung, ^ 
^), eine Idee, die im Westen der Sage nach dem Pharao- 
nentraum von den sieben fetten und den sieben magreren Kühen 



^ 1) In Chungking wird von einem der höchstgelegenen Punkte der Stadt beim Ausbruch 
eines Feuers ein weithin dröhnender doppelter Kanonenschuss abgegeben. 
/ 2) Pu te t'ui-wei {^ ^1(^^). 

[ 3) Mei-Mten-san-ineh ( ^^£ ^tp — "eIJ ). Die san-ixieh, d.i. die drei grossen Fest- 
tage des Jahres, nämlich das Neujahrsfest, das Drachenfest (am 6. des 5. Monats) und 
das Herbst-Aequinoctialfest (am 15. des 8. Monats), sind in China allgemeine Zahltage, 
wie bei uns der erste des Quartals. Besonders werden auch Trinkgelder und ausserordent- 
liche Remunerationen, Dividenden, Kapitalzinsen, Miethen und dergleichen Zahlungen 
einige Tage vor diesen Festen entrichtet. 



306 FRIEDRICH HIRTH. 

eutspruugen ist, aber auch die chinesischen Nationalökonomiker seit 
vielen Jahrhunderten beschäftigt h at. Das Aufsparen des Überflusses 
guter Jahre für schlechte Zeiten ist ja selbstverständlich für jedes 
Staatswesen und daher uralt, aber die Organisation eines Korn- 
speicher-Systems in den Kreishauptstädten wird auf ein im Jahre 
1181 nach Chr. vom Philosophen Tschu Hi der Regierung vor- 
gelegtes Promemoria zurückgeführt. 

Kiu'lmang (>^ ^) ')» auch tsi-huang (^ ^ ), d. h. Hülfe 
hei Hungersnoth] und tschou-tschên {^f^^^), à.\. Armensuppen- 
Vertheilung. unter diesen Rubriken werden Massregeln zur Lin- 
derung der Hungersnoth in trockenen Jahren besprochen. Be- 
sondere Aufmerksamkeit wird der in solchen Zeiten einreisaenden 
Sitte, die Neugeborenen zu tödten, gewidmet durch geeignete 
Massregeln zur Unterstützung schwangerer Frauen und zur 
Erziehung der Säuglinge ^). 

Vereine zur Beförderung des Seidenbaues (Ts'an'Sang-kü ^^ 
^ ^ ) lassen sich die Verbreitung der zur Maulbeerbaum- 
und Seidenraupenzucht nöthigen praktischen Kenntnisse unter 
dem Volke angelegen sein. Wie diese, so kommen auch der 
Landwirthschaft zu Gute die Massregelu für das Einfangen von 
Wanderheuschrecken {pu-huang, ^ ^)- Am meisten kann in 
dieser Beziehung gethan werden, wenn das Insekt eben ausge- 
krochen und noch nicht flügge geworden ist. In dieser Zeit sieht 
man den Boden auf weite Strecken hin von grünlich-grauen 
Geschöpfen förmlich bedeckt, die ich, als ich sie zum ersten 
mal sah , für Fliegen hielt. Ist ein solcher Heuschrecken-Schwarm 



1) Ich weiss nicht, was Giles, s.v. c^iu (Mî^). veranlasst hat, diesen wohlbekann- 
ten , in allen die Hungersnoth betreffenden Dokumenten und Zeitungs-Correspondenzen so 
häufigen Ausdruck zu übersetzen durch »it grows in wild places, — as a plant". 

2) Tsai-nien su-tsch'an pao-ying ( //^ ^p 'JM. )^ \^ ^^^' 



BAUSTKINB ZU BINBB GESCHICHTB DKk CHINfcSlSCHBN LITERATUR. 307 

eiumal im Fluge begriffen, dann ist so ziemlich jede Ernte verloren, 
auf der er sich flugmüde niederlässt. Verschont bleiben nur ge- 
wisse Feldfrüchte wie einige Erbsen-, Bohnen- und Haufarten, 
die Wasserkastanie, u.a.m.; auch der Maulbeerbaum soll frei 
ausgehen; dagegen werden gerade diejenigen Produkte, die den 
Kern des landwirthschaftlichen Wohlstandes in der grossen 
Yangtze-Ebene, dem Paradies der Wanderheuschrecke, bilden, 
nämlich Reis und Weizen, sehr stark von der Plage betroffen. 
Eine Landschaft, die meilenweit heute noch da» Auge mit saft- 
igem Grün erfreute, verwandelt sich da, wo ein Schwärm sich 
niederlässt, in wenigen Tagen in ödes Grau. Es wird daher 
selbstverständlich kein Mittel unversucht gelassen, das dazu 
dient, einestheils die in der Erde verborgene Eierbrut zu ver- 
nichten, anderentheils das ausgekrochene Insekt zu tödten, ehe 
es aufzufliegen Zeit hat; ist dies aber geschehen, so versncht 
man den fliegenden Schwärm durch Schreckmittel (Aneinander- 
klappen von Bambus-Stangen, Tamtamrufe, Böllerschüsse, u.s.w.) 
in die benachbarten Gefilde zu verjagen. Den Organen der Re- 
gierung liegt es ob, die Laudbevölkemng über die zur Abhülfe 
geeigneten Massregelu zu belehren. Leider haben sich diese bis 
zum heutigen Tag als gänzlich unzureichend erwiesen. Der 
Chemiker, dem es gelänge, eine leicht zu beschaffende billige 
Substanz nachzuweisen, die, etwa dem flüssigen Bodendünger 
beigemischt, die Heuschrecken brut vernichtet, ohne das Wachs- 
thum der Bodenfrüchte zu benachtheiligen , könnte sich um die 
Land wirthsch aft hier, wie in anderen Weltgegenden , unsterbliche 
Verdienste erwerben. 

Als Anhang zu den Regeln für die Vertilgung der Heu- 
schrecken werden einige Winke über die Bekämpfung der Raupen 
und schädlichen Insekten (yp^^,^'^) mitgetheilt, wie sie 
im August 1748 vom Provinzial-Schatzmeister Yiirig Kuei {^ 



308 FRIEDRICH HIRTH. 

^ ) der Landbevölkerung von Tschê-kiang empfohlen v^urde. Da- 
nach sind gewisse Raupen {tsck'ing-tsch'ung, ^ ^ , lit. die grüne 
Raupe) kurz vor Sonnenaufgang meist auf den Spitzen der [Reis-] 
Sprossen ( "^ ^) zu finden, wo sie den Morgenthau einsaugen. Sie 
sind in diesem Moment mit einer frischen, weichen Bambusruthe 
abzukehren, wobei das etwa auf die Pflanze zurückkriechende 
Insekt mit leichter Hand wegzufegen ist. Einmal von dem 
Schlamm durchnässt [der ja während des Wachsthums wegen 
der nöthigen Wässerung den Boden der Reisfelder bildet], sind 
die abgefallenen Raupen nicht mehr lebensfähig, vorausgesetzt, dass 
die ganze Procedur im richtigen Moment, d. h. kurz vor Sonnen- 
aufgang vorgenommen wird, da nach dieser Zeit vom Abfegen 
kein Erfolg zu erwarten ist. Gegen Nachtfalter sind in dunkelen 
Nächten an den Rainen der Felder Strohfeuer anzuzünden, an 
denen die massenhaft hineinfliegenden Falter vernichtet werden. 

Sparkassen {k'iti'Men-schê , ||y ■^ jjij^) verfolgen den Zweck, 
durch fortgesetzte minimale Beiträge (etwa täglich zwei Sapeken 
oder eine entsprechende Menge Reis) des Einzelnen einen Vor- 
rath zu schafien, der im Falle der Noth der Gesammtheit des 
Vereins zu Gute kommt. 

Von grösstem Interesse sind die Thierschutz- Vereine {fang- 
schêng~hui, ^^^)» sehr wahrscheinlich aus buddhistischen 
Bestrebungen hervorgegangen, wenn auch nicht-buddhistische 
Bekenner der Thierfreundlichkeit den Versuch gemacht haben, 
die Rücksicht, die wir dem animalischen Leben jeder Art 
schuldig sind, aus der Lebensphilosophie der ältesten Herrscher 
China's, also einer bereits vor der Einführung des Buddhismus 
in China wirksamen Quelle, herzuleiten. Denn schon hatten 
sie ihr Netz auf drei Seiten geöfi'uet, um nicht mehr zu 



BAUSTEINE ZU EINER GESCHICHTE DER CHINESISCHEN LITERATUR. 309 

fangen als unbedingt nöthig war '). Es wird ferner auf ein Bei- 
spiel des 1. Jahrhunderts nach Chr., Yang Pao (^ ^)' ^^^" 
wiesen, der als Knabe einem durch einen Raubvogel verwun- 
deten und bereits von Ameisen angefresseneu Vogel das Leben 
rettete {Hou-han-shu, Kap. 54, p. 1; vgl. Mayers, Manual^ 
N° 890). Diese Anekdote wird uns jedoch nicht im Texte des 
Hou-han-schu selbst mitgetheilt, stammt vielmehr aus einem vom 
Scholiasten in der Biographie des Yang Tschên, des Vaters des 
Yang Pao, citierten Werke des 6. Jahrhunderts, dem Sü-tsH- 
hiai-ki (^ ^ ^ gß , cf. Wylie, p. 154) und ist deshalb 
wohl nicht alt genug, um buddhistische Einflüsse mit Sicherheit 
auszuschliesen. Mag nun die chinesische Thierbarmherzigkeit als 
spontanes Gewächs chinesischer Volksanschauung entstanden, 
oder mit dem Buddhismus aus Indien eingeführt worden sein, 
jedenfalls ist sie heutzutage nicht nur in den buddhistischen 
Klöstern zu finden, wird vielmehr als freie Tugend geübt, ledig- 
lich als ein Erforderniss der chinesischen Natur- Religion , die 
von den Beziehungen zwischen dem Schöpfer (Himmel, t'ien, 
^) und den von ihm erschaffenen Lebewesen {schêng, ^) 
ausgehend, die Zerstörung eines anderen Lebens zum Zwecke 
der Verlängerung des eigenen als die grösste Auflehnung gegen 
den Schöpfer und seine Weltordnung betrachtet *). Zweck der 



^) -^mïm^-WïfU-t^^Zm.^' wahrscheinlich 
auf die Stelle Scfii-ki, Kap. 3 p. 3 zurückgehend, wo die das Thierleben schonende, 
würdige Art des Königs Tang dem schonungslosen, tyrannischen Wesen seines im Falle 
begriffenen Gegners Kieh , des letzten Regenten der dynastie Hia , gegenüber gestellt 
wird. Das auf drei Seiten offene Netz (ian-mien-icang , — ^ ^y *m ) ist seitdem als 
Symbol der sich auf das Thierleben erstreckenden Humanität gütiger Herrscher yielfach 
in Poesie und Prosa gefeiert worden. Stellen im P'wn-fsii-leipien , Kap. 91 , p. B4 f. n. 
P'ei-we»-yün-fu, Kap. 52, p. 257. Vgl. E. Chavannes, Mémoires historiques de Se-ma 
Ts'ien, tome I, p. 180. 

^) î^ m ^ ffiî ® a ^ # 5^ If « 1 Ä T itt ^- 

Vgl. damit De Groot, .Miséricorde envers les animaux dans le bouddhisme chinois". Touug- 
pao m, p. 466 ff., wo der buddhistische Ursprung dieser Bestrebungen, vielleicht mit 

21 



310 PBIEDRICH HIRTH. 

Thierschutzvereiue ist nun die praktische Ausübung der Thier- 
barmherzigkeit durch den Schutz des Thierlebens, wo es auch 
immer bedroht ist ^). Um die Organisation dieser Vereine hat 
sich der als Philanthrop im chinesischen Sinne berühmte P'eng 
Ting-kiu ( ^ ^ yj^ , genannt Nan-tschün, ^ p^ ) ^) verdient 
gemacht, dessen Name in der Geschichte mehrerer gemeinnütz- 
iger Anstalten, wie der Kinderhorte und der Papierverbrennungs- 
öfen eine Rolle spielt. Der von ihm in Suchow gegründete Muster- 
Verein bezweckte den Ankauf von lebendem Schlachtvieh, Fischen, 
Schildkröten, Geflügel, Schalthieren, u. dgl., um ihnen durch Frei- 
lassung au Plätzen , wo sie vor Nachstellung geschützt waren, das 
Leben zu retten. Zur Lebenserhaltung von Fischen und Amphibien 
war für besondere Behälter {kuan ho, ^ |^) gesorgt. Noch in 
diesem Jahrhundert wurde durch Verordnung des Gouverneurs 
von Suchow vom 14, Dec. 1814 das Verbot des Fischens im 
Stadtgraben und den angrenzenden Gewässern wieder aufge- 
frischt *). Wo besondere Reservoire nicht vorhanden, war Frei- 
lassung in breiten, grossen Gewässern empfohlen. Vögel wären 



Recht, aufrecht erhalten wird. Es muss nur lugegeben werden, dass schon seit Jahrhun- 
derten auch ausgesprochene Gegner des Buddhismus sich der zur Nationalsitte gewordenen 
Thierbarmherzigkeit angenommen und den Versuch gemacht haben, sie mit ursprünglich 
chinesischen, nicht-buddhistischen Anschauungen in Zusammenhang zu bringen. 

1) In zahllosen Gewässern, Kanälen, See'n, u. s. w., ist seit Jahrhunderten im Inte- 
resse der Thierbarmherzigkeit das Fischen verboten, wie aus den Akten der Lokal-Regie- 
rungen hervorgeht. Als älteste Verordnung dieser Art wird ein um das Jahr 1020 nach 
Chr. vom Dichter Su Tung-po als Gouverneur von Hang-chow erlassenes Verbot gegen die 
Ausübung der Fischerei im See 5'»-^« ( ptt| yjSR ) bei Hang-tschou betrachtet. 

2) Lebte 1644 bis 1719 nach Chr.; Biographie im Kuo-tschao-sieti-tschéng-sze-lio 
( Pm Sn VCi II ■ ^S- 0ff)> ^^P- 2Ö» P* ^- Nach seinen Schriften, unter denen das 

Ju-men-fa-yü {^ P^ ^ S" ) ^■'''^ ' ^^P' ^^' P' ^^' "^^^ ^"P ^^' P' ^^^' S^*'°''* 
er zu den Philosophen confncianischer Richtung, weshalb er in dem citierten biographischen 

Werke unter den ming-ju ( ■^^ '^g , seiner Zeit genannt wird. 

3) Und zwar, weil für diese ursprünglich zum Thierschulz bestimmten Gewässer ein 
für ewige Zeiten geltendes Fischerei-Verbot bestehe: j^ 'j^ ^ ^ ^ ^ f^ 



BAUSTEINE ZU EINER GESCHICHTE DEK CHINESISCHEN LITERATUR. 311 

im Walde freizulassen, wenn möglich an solchen Orten, wo Jagd- 
verbot bestand *). Es wurden besondere Tage bestimmt, an denen 
die Mitglieder des Vereins die gekauften Thiere freilassen sollten. 
Als solche Tage wurden empfohlen der Vollmonds- und der 
Neumondstag, d. h. die landläufigen bürgerlichen Festtage, von 
denen sich sagen lässt, dass sie von keiuer Religion abhängig 
sind; ferner aber auch die Geburtstage der Genien und Bud- 
dha's *), wie die folgenden Tage des Jahres: I 9; II 19; HI 
28; IV 8: V 5; VII 7; VIII 15; IX 9; X 8 u. XII 8. Es 
geht aus dieser Auswahl hervor, dass, während strenggläubige 
Buddhisten an den Tagen II 19 als Fest der Kuan-yin, IV 8 
als Fest der Trilokya ') und XII 8, dem Tag der Buddhawer- 
dung Sâkyamuni's, ihre Thiere freilassen konnten, besonders 
auch Nicht-Buddhisten mit ihren Festen berücksichtigt waren *). 

Die im Tê-i-lu mitgetheilteu Verordnungen und Gesellschafts- 
Regulative gewähren einen vorzüglichen Einblick in diese für das 
chinesische Volksleben characteristischen Bestrebungen. Ausführ- 
liches Material erhalten wir auch über die Einrichtung von Papier- 
Verbrennungsöfen und die damit zusammenhängenden Vereine 
{si-tzü-hui , *^ ^ 1^ ) , die an keinem Orte China's fehlen. 

Es würde zu weit führen, wollte ich auch nur andeutungs- 
weise die zahlreichen in diesem Werke besprochenen Institute 
anführen, deren Zahl sich auf einige sechzig beläuft. Möge das 
hier Mitgetheilte genügen, um zu zeigen, dass wir es mit einer 
Sammlung zu thun haben , die als Erzeugniss der Literatur nicht 
eben hoch zu stehen braucht, um für uns eine hochwichtige 
Quelle zur Keuntuiss chinesischen Kulturlebens zu bilden. 



2) Ä$ '^ Ü ^- ^) m ^- Vgl. De Groot, a. a. O. p. 470. 
4) Vgl/ .Native Fête and Natal Days observed at Canton and Foocbow" in Doolittle, 
Handbook, etc., Bd. II, p. 330 ff. 



312 FRIEDRICH H I UT H. 

ANHANG 

KIN^)EI^IïOI^T. 

Pao-ying-hui-kuei-t'iao ( '^ ^. "^ j^ -(j^ ) , 

Regulativ für die Leitung eines Kinderhorts für das Land 

bei Wu-si [am Nordufer des Grossen See's von 

Su-chow]. Ans dem zweiten Buch des 

Te-i-lu (# — ^) 

ÜBERSETZT 

VON 

FRIEDRICH HIRTH. 

1. Aufruf. 

Von allen Grausamkeiten, die in der Welt verübt werden, steht 
keine so tief wie die Vernichtung des Lebens. Ist dies schon in 
Bezug auf vernunftlose Geschöpfe der Fall, um wie viel mehr da, 
wo es sich um Menschenleben handelt! Neuerdings haben die Ge- 
rüchte vom Ertränken weiblicher Kinder bei den ärmeren Klassen 
der Landbevölkerung in allen Provinzen des Reichs beträchtlich 
zugenommen. Kaum ertönt das erste Weinen des Neugeborenen, 
so wird es durch die Fluth erstickt, wird das eben erst erwachte 
Lebenslicht ausgelöscht, wird der Frieden zwischen dem Himmel 
und seinen Geschöpfen rauth willig gestört! Giebt es ein schänd- 
licheres Verbrechen als dies? 

Freilich kann man durch die Errichtumg von Findelhäusern 
allein die Bevölkerung nicht zwingen, ihre verlassenen Säuglinge 
dahin zu schicken, und es würde sich daraus die Nutzlosigkeit un- 
seres Eettuugswerkes ergeben, wenn wir nicht hoffen dürften, durch 



BAUSTEINE Zu KINfcR GESCHICHTE DER CHlNESISCHBK LITKEATUB, ^13 

eine Umgestaltung unserer Methode eine Besserung zu erzielen. 
Von dem Gedanken durchdrungen, dass keine Armenunterstützung 
so noth thut wie die Errettung verlassener Säuglinge, wenden wir 
uns an alle Gebildeten, die Sinn für das Elend ihrer Mitmenschen 
besitzen, mit der Bitte, dem jammervollen Wimmern vieler Tau- 
sender sterbender Kinder ihr Ohr nicht verschliessen zu wollen. 

2. Die Entstehung der Anstalt. 

Die Errichtug unseres städtischen Findelhauses {Yû-ying-Vang) , 
dessen Zweck die Erziehung verlassener Kinder ist, verdankt ihre 
Entstehung den Grundsätzen unserer Regierung, die der liebevollen 
Ernährung unseres Volkes, dem Schutze der Hülflosen und der Er- 
haltung des Lebens gewidmet sind. Kann man einen edleren Zweck 
mit besseren Mitteln erreichen? Leider steht unserer Arbeit das 
grosse Hinderniss örtlicher Entfernung entgegen. Der kleine Mann 
scheut die Mühe des Weges nach der Stadt und die Kosten eines 
Botenganges. So kommt es , dass in armen kinderreichen Familien , 
wo kaum genug Nahrung für die bereits Lebenden vorhanden ist, 
die Neugeborenen ertränkt werden. Gewohnheit hat es dahin ge- 
bracht, dass ein Verbrechen zur Volkssitte geworden ist und als 
etwas durchaus nicht Ungewöhnliches angesehen wird. Der Volks- 
mund hat dafür den beschönigenden Ausdruck »Verheirathung" 
erfunden , und Niemand hält sich für verpflichtet , durch Abrathen 
einzugreifen, indem er sein Gewissen damit beschwichtigt, dass es 
ja ein ganz gewöhnliches Vorkommuiss sei und dass das getödtete 
Kind doch wieder in einen Menschen verwandelt werde. Nicht immer 
sind es weibliche Kinder, die ertränkt werden, auch Knaben fallen 
häufig dem Verbrechen zum Opfer; und nicht allein in den Kreisen 
der Armen, nein, auch bei Wohlhabenden hat das böse Beispiel 
gewirkt, von Tag zu Tag mehr um sich greifend. Wolle man sich 
doch den grauenvollen Gedanken vorstellen , wie viele Menschen- 



314 FRIEDRICH HIRTÏI, 

leben alljährlich in einem einzigen Dorfe zerstört werden , wenn es 
vorkommt, dass allein in einer Familie fünf Mädchen nach einander 
ertränkt wurden! Kaum lässt der Neugeborene sein erstes Geschrei 
ertönen, so wird auch schon das junge Leben zerstört, wird er 
unter Wasser gehalten, bis jeder Laut verstummt. Solche Berichte 
zu vernehmen erfüllt mit tiefer Betrübniss, und das Herz muss 
jedem bluten, der davon zu berichten weiss. Leider muss man sich 
fragen: wie ist es möglich, dass Väter und Mütter, dass Menschen 
mit Fleisch und Blut sich dazu herbeilassen können, ein solches 
Verbrechen zu verüben, wie ist es möglich, dass dieselben Menschen, 
die doch sonst nicht harten Herzens sind, sich mit diesem Gedan- 
ken so vertraut machen können, dass sie sich der Grausamkeit 
desselben nicht einmal bewusst sind? Als ob es nicht des Himmels 
Streben wäre, die Erzeugung des Lebens zu fördern, wie es das 
des Menschen sein muss, die Vernichtung des Lebens zu verab- 
scheuen. Giebt es nicht Wohlthäter, die in der Absicht ein gutes 
Werk zu thun, gefangene Thiere kaufen, um sie frei zu lassen? 
Hier handelt es sich um das Leben vernunftloser Geschöpfe; wie 
aber, wenn es sich um Menschenleben handelt? Die besseren Klas- 
sen unter den Landbewohnern sehen und hören täglich, wie das 
Todeswerk in ihrer Nähe geübt wird, ohne sich um die Rettung zu 
kümmern. Wer kann eine solche Verantwortung von sich weisen? 
Wohl können die Gebildeten in den Städten und die Einflussreichen 
und Wohlhabenden auf dem Lande diese Greuel nicht aus eigener 
Erfahrung kennen; sie mögen jedoch unter armen Weibern sorg- 
fältig Nachfrage halten , um alles Nöthige zu erfahren. Aus diesen 
Gründen können wir nicht umhin, uns an alle edelen Menschen- 
freunde mit der dringenden Bitte um Abhülfe gegen dieses Elend zu 
wenden. 

üuter den gemeiunützigeu Anstalten unserer Gegend hatten wir 
bisher ausser dem städtischen Findelhaus noch städtische Kiiiderversor- 



BA.U8TKINE ZU BINKB GESCHICHTE DER CHINESISCHEN LITBRATÜB. 315 

gangs- und Kinderauf nähme- A ustalten, die für die Landbevölkerung 
durch die Aufnahme ubersaudter Kinder eine grosse Wohlthat bildeten. 
Man soll jedoch bedenken, dass man beim Transport eines soeben 
geborenen Säuglings es mit kaum mehr als einer kleinen Blutblase 
zu thun hat. Da ein so kleines Geschöpf den weiten Weg nach 
der Stadt nicht gut verträgt, ist es schwer, für das junge Leben 
zu bürgen. Wir haben daher ein System in Vorschlag gebracht, 
das mit einigen Abänderungen auf der Idee der Kinder-Rettungs- 
methode, wie sie vom Dichter 5m Tung-po (1036 bis 1101 nach 
Chr.) in Huang und (Provinz Hu-pei) verwirklicht wurde, sowie 
dem in der Abhandlung des Akademikers P'êng Nan-tschün *) behan- 
delten Gedanken von der Hülfeleistung gegen das Kinderertränken 
beruht und (im Gegensatz zu den eigentlichen Findelhäusern) in 
der Unterstützung durch Geld- und Nahrungsmittel besteht. Die 
Verpflegung wird dadurch dem Empfänger überlassen und somit 
ein Ersatz für Fälle geschaffen , wo das städtische Findelhaus nicht 
eingreifen kann. Der zu diesem Zwecke zusammengetretene Verein 
führt den Namen Pao-ying (»Säuglings-Schutz", »Kinderhort"). 

In allen Fällen, wo nach Geburt männlicher oder weiblicher 
Kinder die Eltern gänzlich mittellos und zur Ernährung unfähig 
sind, soll auf Kosten des Vereins ein halbes Jahr hing Geld und 
Reis verabreicht werden, um bis dahin die Aufziehung des Kindes 
zu ermöglichen, wobei in Fällen der Unthunlichkeit weitere Mass- 
regeln zur Unterbringung des Säuglings zu treffen sind, insofern es 
nicht angezeigt ist, das städtische Findelhaus mit dem Rettungswerk 
zu beauftragen. Wenn auf diese Weise durch eine anfängliche 
Unterstützung bei den Eltern der Wunsch erzeugt wird, zunächst 
den Säugling zu behalten, so wird sich die Liebe zu dem Kinde 
entfalten und im Laufe der Zeit vertiefen, wodurch mit geringen 

1) S. oben S 310. 



316 FRIEDRICH HIRTH. 

Mitteln ein grosser Nutzen für die Rettung des Kindes erzielt wird. 
Muss schon das alte Dichter wort : 

»Kein Wesen, das des Mitleids Thränen mehr bewegt, 
»Als jenes, das die Mutter unter 'm Herzen trägt" 
das Mitgefühl jedes Menschenfreundes erregen, um wie viel mehr 
der Anblick des vorhandenen Elends? Möchten doch alle Edlen der 
Hülflosigkeit und der Unschuld jener Kleinen eingedenk sein! Möchten 
sie bedenken, wie wichtig ein Menschenleben ist und dass wir jedes 
Mittel ergreifen müssen, um durch Überredung oder unmittelbares 
Verhindern jener Unsitte zu steuern, um das Leben der Säuglinge 
zu erhalten! Indem wir, dem Willen des Himmels entsprechend, 
auf Erden für gute Sitten wirken und die Sterbenden zum Leben 
zurückführen, eröffnen wir für unsere eigenen Nachkommen eine 
unerschöpfliche Quelle des Glücks. Aus dem nachfolgenden Regulativ 
mögen diejenigen, die sich au unserem Liebeswerk zu betheiligen 
wünschen, von unseren Vorschlägen Kenntniss nehmen. 

3. Regulativ. 

1. Nach Konstituierung des Vereins sollen bis zur Errichtung 
eines eigenen Vereinsgebäudes die Versammlungen der Mitglieder 
in einem der öffentlichen Tempel stattfinden. Die Geschäfte des 
Vereins sind nach dem Prinzip der Arbeitstheilung zu erledigen. 
Nachdem ein angesehenes uud reiches Mitglied von der Versamm- 
lung zum Vorsitzenden erwählt ist, soll ein Ausschuss von besonders 
geeigneten Persönlichkeiten ernannt werden, die unter sich die Lei- 
tung der Geschäfte nach Jahreszeiten übernehmen oder so vertheilen, 
dass der eine das Auskundschaften der Bedürftigen, der andere das 
Sammeln von Beiträgen übernimmt und nach einem stetig arbei- 
tenden System organisiert. 

2. Beiträge können sowohl in grösseren Summen wie auch in 
kleinen Beträgen als Geschenk überwiesen oder in Gestalt von 



BÄ.tfSTEINE ZU BIVKR GESCHICHTE DER CHINESISCHEN LITERATUB. 317 

Waarenabsaben oder Laadschenkungen entrichtet werden. Je nach- 
dem es den lokalen Umständen am besten entsprechen mag, können 
die gezeichneten Beiträge nach Familien oder nach Ortschaften ge- 
sammelt werden. Je grösser das Einkommen, desto besser; es muss 
eben die Gesammtheit der Helfenden der schlechten Sitte steuern, 
um die Kinderleben zu retten. 

3. In Anbetracht des Überhandnehmeus der Unsitte des Kinder- 
erlränkens auf dem Lande gehört es zu den besonderen Aufgaben 
des Vereins seine Unterstützungen , und zwar nur den ärmsten 
Familien zu Theil werden zu lassen, um sie betreffenden Falles von 
der Ertränkung eines Neugeborenen abzuhalten und so in jenen 
Fällen einzugreifen, die das städtische Findelhaus nicht erreicht. 
Familien, die im Stande sind einen Neugeborenen selbst zu erhalten, 
werden von dieser Regel nicht betroffen. 

4. In allen Fällen , wo nach der Geburt eines männlichen oder 
weiblichen Kindes wegen gänzlicher Armuth die Mittel zur Ernäh- 
rung des Säuglings thatsächlich nicht vorhanden sind, sollen die 
Eltern zugleich mit einem benachbarten Bürgen an das Bureau des 
Vereins über die Geburt Bericht erstatten. Das mit der Untersuchung 
beauftragte Ausschuss-Mitglied begiebt sich sodann an Ort und Stelle, 
um sich vom Sachverhalt zu überzeugen und der bedürftigen Familie 
ein Scheffel {tou, ^) Reis und 200 Sapeken an Geld auszuhän- 
digen. Gleichzeitig übergiebt er dem Recipienten einen Monatsschein, 
der zur monatlichen Erhebung der gleichen Unterstützung während 
der nächstfolgenden fünf Monate berechtigt. Stellt sich nach Ablauf 
dieser Frist wiederum gänzliche Unfähigkeit zur weiteren Erhaltung 
des Kindes heraus, so sind die nöthigen Schritte zu dessen Über- 
weisung an das Findelhaus zu thun, 

5. In ein vom Verein zu führendes Buch sind einzutragen: 
das Protokoll über den am Tage der Geburt erstatteten Bericht; 
Tag und Stunde der Geburt des Säuglings; Name Und Wohnort des 



318 FRIEDRICH HIRTH. 

Vaters; ferner die vom Inspector bei der ersten Untersuchung des 
Säuglings festzustellenden Identitätsnachweise '), bestehend aus der 
Beschreibung der Hautzeichnungen an den Fingern und Zehen, der 
von dem keimenden Haarwuchs gebildeten Wirbel, je nach Zahl, 
ob einfach oder doppelt auftretend, ob in der Mitte oder auf der 
Seite des Scheitels. Ferner ist dem Vater ein Zeugniss über dessen 
Unterstützungsberechtigung für so und so viel Monate auszustellen. 
Nach Ablauf von zwei Monaten ist der Säugling nach dem Vereius- 
lokal zu bringen, wo die im Hauptbuch beschriebenen Merkmale 
verglichen werden. Der Inspector soll ab und zu unangemeldet die 
Wohnung der Eltern besuchen , um den Säugling in Augenschein 
zu nehmen, eventuell im Todesfall die sofortige Löschung im Haupt- 
buche vorzunehmen. Für Verheimlichung eines Todesfalls wird der 
betrefifende Bürge verantwortlich gemacht. 

6. In ausserordentlichen Fällen, wo, bei äusserster Armuth, nach 
dem Tode des Vaters, ein Kind als einziger Spross geboren wird, 
ohne dass sich anderweitig eine Stütze findet, soll die Unterstütz- 
ungszeit, je nach Umständen, bis auf drei oder vier Jahre ver- 
längert werden können. Damit wird dem Waisenkinde eine Wohl- 
that erwiesen und die Ehrung züchtigen Wittwenstandes dargelegt, 
— ein durchaus nicht zu unterschätzender Vortheil für die Hebung 
der Sitten. 

7. In Fällen, wo in Folge des Todes einer mittellosen Gebä- 
renden das Leben des Säuglings durch das Fehlen einer Nährmutter 
gefährdet ist, soll von Seiten des Vereins, nach Feststellung der 
Verhältnisse, behufs Übergabe an eine Säugamme, eine monatliche 
Mehr-Unterstützung von 500 Sapeken bis zur Dauer von drei 
Jahren *) gewährt werden. 



1) Vgl. oben S. 299. 

2) Dies ist die in China landesübliche Säuguagsperiode, die in vielen Fallen noch weit 
überschritten wird. 



Bausteine zu binee Geschichte der chinesischen litkratub. 319 

8. Wie überall werden auch hier mit der Zeit Übelstände er- 
wachsen. Wohlbemittelte werden versuchen sich den Anschein zu 
geben als seien sie im Begriff einen Säugling zu ertränken, um 
so auf Grund unserer Statuten eine Unterstützung zu erschwindeln, 
zu der sie nicht berechtigt sind. Sorgfältige Untersuchung in Betreff 
der Würdigkeit des Empfängers muss daher in allen Fällen der 
Verabreichung des Almosens vorausgehen. Im Übrigen soll durch 
öffentliche Anschläge, worin die Verwerflichkeit des Kinderertränkens 
zu betonen ist, auf allmähliche Besserung hingewirkt werden. 

9. Dm die jederzeitige Inspection angemeldeter Fälle zu er- 
leichtern, soll das Arbeitsgebiet unseres Vereines ein durch örtliche 
Grenzen beschränktes sein. Da bei Unterstützung aller ohne Unter- 
schied sich unsere Mittel bald als unzureichend erweisen würden 
und da die Schwierigkeit der Untersuchung der Verhältnisse mit 
der Entfernung wächst, soll sich unsere Thätigkeit auf Entfernungen 
von 10 Li beschränken; über dieses Gebiet hinaus sollen Unterstütz- 
ungen nicht verabreicht werden. 

10. Für jeden angemeldeten Säugling soll im Winter ein baum- 
wollenes Jäckchen und ein Uuterkleidchen , im Frühling oder Sommer 
nur ein gefüttertes Unterkleidchen verabreicht werden. 

11. Da der Zweck des Vereins darauf gerichtet ist. Arme, die 
im Begriff stehen einen Säugling zu ertränken, möglichst zur Auf- 
ziehung des Kindes anzuhalten, so verdienen auch solche Fälle unsere 
besondere Beachtung, wo es sich um verschämte Arme handelt, die 
einerseits eine Unterstützung nicht annehmen, andererseits sich einer 
Überzahl ihrer Kinder entledigen, dabei aber diese lieber bei Seite 
schaffen als durch Anmeldung beim Verein in 's Gerede kommen 
wollen. Hier heisst es, auf Umwegen an Stelle der Eltern handeln, 
um die Rettung im Stillen zu vollziehen. 

12. Wenn die vom Verein bestellte Pflegemutter eines elternlosen 
Säuglings sich entschliesst, diesen an Kindes statt anzunehmen, so 



320 FRIEDRICH HIRTH. 

soll ihr eine dreijährige Unterstützung zu Theil werden , und zwar 
soll sie monatlich zwei Scheffel Reis für das erste, später, bis zum 
Ende des dritten Jahres, die Hälfte dieser Menge erhalten; jedoch 
soll, in Anbetracht der grossen Nachfrage nach männlichen Adoptiv- 
kindern, der Verein da, wo es sich um Knaben handelt, dem 
Übernehmenden lediglich ein Zeugniss über das Adoptiv-Verhältniss 
zur Vermeidung späterer Streitigkeiten ausstellen; Unterstützungen 
an Geld und Reis sollen in diesen Fällen nicht bewilligt werden. 

13. Da die Blattern nicht nur im Leben des Säuglings von der 
grössten Wichtigkeit sind, sondern auch durch Ansteckung gemein- 
gefahrlich werden können, so sollen während des ersten und zweiten 
Monats (Februar und März) oder während des achten und neunten 
Monats (September und October) die unter unserer Obhut stehenden 
Kinder geimpft werden. Allen Müttern oder Pflegemüttern wird 
hiermit anbefohlen , ihre Pfleglinge in der Impfzeit gewissenhaft in 
Acht zu nehmen. Die Unkosten werden vom Verein bestritten, auch 
werden die folgenden Medicamente zur Erleichterung der Fälle ab- 
gegeben: Hi-tou-tan^) (Blatterverminderungs-Pillen), ^m^-yoA^) {lit. 
Schreck-Medicin) und T'ang-lang-tzü ^) (Pangheuschrecken-Eier). 

14. In Krankheitsfällen sollen Säuglinge auf Kosten des Vereins 
ärztlich behandelt werden, womit die Bestreitung der Apothekerrech- 
nung bis zur eingetretenen Genesung verbunden ist. Diese Wohlthat 
erstreckt sich auch auf die Wöchnerin, sowohl in allen gewöhnlichen 
Krankheitsfällen als auch beim Ausbleiben der Milch. 

15. Bei der Feststellung seiner Satzungen hat der Verein zu- 
nächst nur die ärmsten Klassen im Auge gehabt. Wer im Stande 
ist, einen Säugling aus eigenen Mitteln zu ernähren, wird sich 
ebenso wenig herbeilassen, eine so geringfügige Unterstützung an- 
zunehmen, als er gewillt sein wird, sein Kind in ein Findelhaus 



1) ^ fi 5S- 2) "^ ^ =^) JS 4& "f*' ^^'*^" religiosa. 



BAUSTEINE ZU EINER GESCHICHTE DER CHINESISCHEN LITERATUR. 321 

ZU schicken. Es kann jedoch der Fall eintreten, dass die Versuchung 
des Kinderertränkens wegen grosser Überzahl der Geburten selbst 
an diese Art Leute herantritt. Tn solchen Fällen ist allerdings die Ret- 
tung schwer; doch wird das blosse Vorhandensein unseres Vereins 
jeden, der einen Funken menschlichen Fühlens in sich verspürt, 
dazu veranlassen, dem verruchten Übel zu entsagen, so dass die 
Kleinen allmählich von der Grausamkeit eines unzeitigen Endes 
verschont bleiben. 

16. Nachdem unser Verein auf unseren Antrag vom Magistrat 
als solcher eingetragen und bekannt gegeben ist, soll ein Statut 
gegen das Ertränken der Kinder berathen werden. Wer dessen un- 
geachtet wieder ein Kind männlichen oder weiblichen Geschlechts 
ertränkt, soll, wenn die That erwiesen ist, auf Beschluss der Ver- 
eins- Versammlung ohne jede Vertuschung der Umstände einer Sühne 
verfallen, um durch diese nur scheinbar als äusseres Zwangsmittel 
angewendete, in Wirklichkeit aber auf die Anregung des inneren 
Gefühls berechnete Massregel eine allmähliche Besserung der Sitten 
zu erzielen, nicht der Strenge wegen. 

17. Die Aufgaben unseres Vereins dienen zwar dem Namen 
nach der Rettung der Säuglinge, thatsächlich jedoch sollen sie auch 
den Gebärenden zu Gute kommen. Denn bei diesen ganz armen 
Leuten, wo das Weib durch Spinnen und Weben ihr Leben fristet, 
heisst einen Tag nicht arbeiten soviel wie einen Tag seines Lebens 
verlieren. Mit der Geburt eines Kindes aber tritt Arbeitsunfähigkeit 
ein; es fehlt die Köchin, es ist niemand da, der sich um die Kleider 
bekümmert, hundert Sorgen stellen sich ein, bitterer Kummer in 
jeder Gestalt. Dazu die nach der Geburt von Tag zu Tag zuneh- 
mende Schwäche; fühlt sie sich bereits zu Allem unfähig, muss sie 
sich doch, wenn sie der Nahrung bedarf, schon nach zwei oder drei 
Tagen zum Aufstehen zwingen, um der Arbeit nach zu gehen. So 
entstehen Erkältungsbeschwerden, die in gefährliche Krankheiten 



322 FRIEDRICH HIRTH, BAUSTEINE ETC. 

ausarten. Wenn hier nur ein Wenig geholfen werden kann, indem 
man einige Tage lang für Ruhe und Nahrung sorgt, so wird ein 
zwiefacher guter Zweck erfüllt, indem man nicht nur den Säugling 
rettet, sondern sich auch der Mutter erbarmt. 

[18. bis 21. und Schlusswort. Die hier folgenden Abschnitte 
ergehen sich wiederum in allgemeinen Betrachtungen ähnlich denen 
der Einleitung und behandeln des Weiteren die Unsitte des Kinder- 
ertränkens. Ich will dem Leser die Übersetzung dieses Schlussab- 
schnittes ersparen, da man aus dem Mitgetheilten einen genügenden 
Einblick in die Organisation einer solchen Anstalt erhalten dürfte]. 

(Fortsetzung folgt.) 



ANNONCES. 



En vente chez E. J. BRILL; 

LA LOI DU PARALLÉLISME EN STYLE CHINOIS, 

démontrée par la Préface du Si-yû-ki (^ j^ gß ). La traduction 
de cette préface par feu M. Stanislas Julien défendue contre la 
nouvelle traduction du Père A. Gueluy par G. SCHLEGEL, 
Professeur de langue et de littérature chinoise à l'université de Leide. 



Opinions de la Presse. 

Professor Schlegel has, in this work, rendered a most important service to 
Chinese philology, besides acting as a generous disciple towards a master, who, 
though never slow in selfdefence , passed , fully 20 year ago , beyond the reach 
of controversy 

Near the end of 1894, Father A. Gueluy, of the Louvain Seminary of Mis- 
sions to China and the Congo, published in the Muséon what he conceived to 
be a correct version of the whole Preface under the title of "A propos d'une 
Préface". There the Note was rendered: — "Prologue de len tchang , Due de 
l'Empire, Censeur des Livres, Conducteur de gauche du char (de gueiTe)". 

I could hax'dly believe my eyes on reading this , and I was satisfied at once 
of the Father's incompetence to criticize any translation of Julien 's, or even 
to attempt a version of any Chinese document beyond the most simple pas- 
sages in a Novel 

The Father certainly was no foeman worthy of Prof. Schlegel's steel: and 
I have admired the patience of the latter in taking his version clause by clause, 
and exhibiting it side by side with that of Julien 

The correctness of Schlegel's rule cannot be questioned. It is the most im- 
portant addition yet made to the principle laid down in 1814 by Dr. Marsh- 
man , in the Preface to his Clavis sinica (p. vni) , that "the whole of Chinese 
gi"ammar turns on Position" .... In itself it is a great advance in the analysis 



324 ANNONCES. 

of Chinese composition from the pencils of the most skilful authors, and may 
be expected to give an important impulse to the study of the masterpieces ot 
this literature. 

To a foreign student pursuing such an investigation , the help of a tho- 
roughly educated and extensively read Chinese teacher is as invaluable as the 
use of a large Library is indispensable. It is especially to the latter advantage 
that Schlegel is indebted for the success of his study of the Preface of Chang 
Yüeh, in his discovery of the mistakes made occasionally by Julien, and of 
the absurdities of Father Gueluy • , 

Schlegel's labour must have been immense, and his success is proportionally 

great The explanations of the recondite allusions and meanings throughout 

carry in themselves the best evidence of their correctness. I have paused for 
some time over several of them, but ended in accepting them. 

I know of no work that is likely to do so much good to students of the 
language. It is, indeed, a liber perlegendus, (Professor James Legge, in April- 
number of the "Imperial Asiatic Quarterly Review"). 



Sans doute l'importance de ce procédé familier à la rhétorique Chinoise 
(c'est-à-dire le Parallélisme) n'a point été méconnue par d'illustres philologues 
tels que Stanislas Julien et M. Legge; mais, quoiqu'ils en aient tenu compte 
dans leurs propres travaux , ils ne l'ont point mise en lumière par l'étude 
détaillée d'un texte. M. Schlegel s'acquitte aujourd'hui de cette tâche. Le 
besoin s'en faisait sentir : un auteur ') venait en effet de donner un exemple 
des prodigieux contresens auxquels on s'expose quand on ignore les exigences 
de la loi du parallélisme; ce qui agravait son cas, c'est que le texte qu'il 
dénaturait ainsi comme à plaisir avait été déjà traduit d'une manière satis- 
faisante par St. Julien. M. Schlegel n'a pas eu de peine à prouver que l'inter- 
prétation de St. Julien était en général correcte; il a fait plus, car il a éclair- 
ci de nombreuses allusions littéraires dont le sens avait échappé à son devancier 
(St. Julien) et qui demandaient, pour être comprises, une connaissance ap- 
profondie de l'histoire et des livres du Céleste Empire; en discutant, point par 
point, chacune de ces petites énigmes, il a montré aux étudiants à quelles en- 
cyclopédies et à quels dictionnaires chinois il faut demander la solution de 
pareilles difficultés; il leur a donc révélé l'art jusqu'ici trop ignoré de se servir 
des secours que nous fournissent les lettrés indigènes. D'autre part, en établis- 
sant d'une manière définitive la valeur du principe de symétrie dans le style 
Chinois, il a fait un ouvrage bien digne d'être médité par tous ceux qui vou- 
dront prétendre au titre de Sinologue. (E. Chavannes, professeur au Collège 
de France, dans la Revue critique du 6 Avril 1896, p. 262—263). 



1) Le P. A. Gueluy. 



zu DEN KOK TÜRK-INSGHRIFTEN DER MONGOLEI 



VON 



W. BANG. 



Auf den folgenden Seiten bespreche icli im Zusammenhang zu- 
nächst nur die den beiden Denkmälern des Kül Tägin und des Bilgä 
Khan gemeinsame Einleitung IE 1 — 30, II E 2—24 Thomsen r= 
K 1— 30, X2 — 24 Radloff. Dieselbe schildert in kurzen Zügen die 
Geschichte der Kök Turk von Beginn bis zum Tode des Kül Tägin 
und ist als Ergänzung und Bestätigung der chinesischen Nachrich- 
ten über die Tu kiue von höchster historischer Wichtigkeit. 

Für mich liegt die Bedeutung der Kök Türk-Inschriften beson- 
ders auf sprachlichem Gebiete, enthalten doch die Denkmäler vom 
Orkhon mit den übrigen in derselben Schrift aufgezeichneten Texten 
das älteste, schriftlich fixirte Material zur altaischen Sprachgeschichte. 

Da ich an dieser Stelle keineswegs eine kritische Ausgabe beab- 
sichtige und erwarten darf, dass jeder Leser Thomsen's oder Radlopf's 
Abdruck und eins der beiden Inschriftenwerke') zur Hand hat, so 
habe ich die Transcription möglichst vereinfacht, zumal zwischen 
Thomsen's k und q etc. keinen Unterschied gemacht , da die zu spre- 



1) Radlojfs Atlai der JUerthümer der Mongolei habe ich für diese Arbeit nicht be- 
natzen können, da er sich in den mir zugänglichen Bibliotheken nicht befindet. 

32 



326 Vf. BANG. 

chende Lautnüance durch die begleitenden palatalen resp. gutturalen 
Vocale hinlänglich angedeutet ist. Um auch denjenigen, die lediglich 
des sprachlichen Interesses wegen die folgenden Bemerkungen lesen 
wollen, einen übersichtlichen Text zu bieten, habe ich die Affixe 
beim Nomen durch ein Strichelchen vom Stamm getrennt, wie ich 
es vom Mandschu und Mongolischen her gewohnt bin ; auf diese Weise 
entgehe ich, wenigstens in einer ganzen Anzahl von Fällen, am Ein- 
fachsten den phonetisch nicht gerade wahrscheinlichen Formen wie 
kylyndnkda etc., ohne doch das graphische Bild zu sehr zu verwi- 
schen. 

Der von mir kylynduk-da umschriebene Complex ist höchst wahr- 
scheinlich kylyndukta ausgesprochen worden , denn für gegenseitige 
Beeinflussung der auslautenden Stamm- und anlautenden Affix-Con- 
sonanten liegen uns ganz untrügliche Beweise vor. Da bei dem hohen 
Alter der Kök Türk-Inschriften die heutigen türkischen Verhältnisse 
vielleicht nicht als ausschliesslich massgebend gelten können, so er- 
scheint die Aussprache kylyndugda jedoch nicht als von vornherein 
ausgeschlossen '). Sichere äussere Beweise für die Existenz der einen 
oder anderen Aussprache *) zu Anfang des 8ten Jahrhunderts p. C. 
haben wir nicht, und der Umstand, dass in derselben Zeile Kb 9 
= I N 9 jurt-da neben jol-ta (cf. jär-tä in Kal3 = IS13, neben 
jär-dä K 24 = I E 24 etc.) sich findet, zeigt deutlich, dass im Munde 
Jolig Tägins die phonetische Auffassung die etymologische noch nicht 
gänzlich besiegt hatte. 

Da im Übrigen aus meinem Text und der am Schlüsse beige- 
gebenen Übersetzung meine Auffassung zur Genüge erhellt, so habe 
ich es für unnöthig gehalten, in jedem einzelnen Falle anzugeben. 



1) Dieselbe Ricttung in der Assimilation liegt jainöÖt.jär-^ä etc. vor. Füryc? verweise 
ich hier auf das von einem ausgezeichneten Linguisten, Casthén, aufgezeichnete Tungusische 
und Burjatische und meine Übersicht in der Wiener Zeitschrift IX. pp. 273 — 274. 

2) Die möglicherweise fehlerhafte Form togusyka in II E 8 als Variante zu toguëyk-da 
in IE8 steht zu vereinzelt, als dass wir mit ihr rechnen könnten, (cf. IS 2.) 



Zu DEN KOK tORK-IMSCHBIFTBN DER MONGOLEI. 



327 



welchem meiner Vorgänger ich mich angeschlossen habe. Beiden bin 
ich zu grösstem Dank verpflichtet, auch dort, wo ich mir eine Kritik 
ihrer Aufstellungen gestatte *). 

I E 1—30 Thomsen = K 1—30 Radloff. 

1. özä kök tänri asra jagyz jär kylynduk-da^ dkin ara kisi ogl-y 
kylynmys; kisi ogl-y n-da özä diü-m apa-m Bumyn kagan Aslämi ka- 
gan olurmys; olurypan Turk budun-yh äl-in törü-sin tuta härmis ätü 
bärmis. 

Das Compositum diü-apa, welches immer mit dem Personal- Affix 
der lät^n Pers. sing, oder plur. auftritt (cf. Z Z 13, 19.) und welches 
sowohl Thomsen als auch Radlofp durch »Vorfahren" übersetzen, 
ist um so auffallender, wenn man Z. 19 diü-miz apa-myz mit Z. 26 
akah-ymyz dii-miz vergleicht. Zusammenrückungen wie mandsch. ama 
eme »Eltern", mongol, etsige eke »Eltern" können schwerlich als ana- 
loge Bildungen verglichen werden. Man wäre geneigt, ä^ü auf 5umyn 
kagan, apa dagegen auf Ästdmi kagan*) zu beziehen, doch verbietet 



1) Radloff und Thomsen bezeichnen die einzelnen Theile der Inschriften yerschie- 
den , und zwar in folgender Weise : 
Denkmal des Kül Tägin. 



1. Ostseite: TaoitsEN: IE. Radlof?: 


K. 




2. Nordseite : , : I N. . : 


Kb. 




3. Südseite : , : I S. 


Ka. 




4. Nordostseite: . : I N E. , 


Kill 


. 


5. Südostseite: . : 1 S E. . 


. KU. 




6. Südwestseite: , : I S W. . 


: KI. 




7. Westseite: , : I W. 


: Kc. 




Denkmal des Bilgä-Khan. 






1. Ostseite: Thomskm: II E. Kadlo??: 


X. 


2. Südostscite: . : USE. 




XII. 


3. Südseite: . : II S 1—12. 




X a 1—10. 


4. Südseite: . : II S 13— 15: 




X a 11— 13 


6. Nordseite: . : II N. 




Xb. 


6. Westseite: , : II W. 




: Xc. 


7. Südwestseite: . : USW. 




XI. 



2) Von der Existenz dieses Khans kann ich mich nicht überzeugen; sein Name fehlt 
in Ongin Z. 1. Da ich jedoch auf der anderen Seite mit Utmi , simi nichts anzufangen 
weiss (ist mi Fehler für mis?), so bleibe ich vorläufig bei Thohsens Auffassung stebn. 



328 W. BAU G. 

vorläufig der Wortlaut des Denkmals vom Ongiu Z. 1. ä6ä-miz apa- 
myz Jamy kagan eine solche Construction. Es wird daher bei der 
angenommenen Übersetzung bleiben müssen. Zu ä^ü lässt sich in die- 
ser Bedeutung das mongol, etsige (= etsi-ge, cf. aba und ahagha) 
»Vater", burjät. esegä, esege, isigä, ecege »Vater" (cf. mandschu 
ecike »Oheim") stellen; apa entspricht im Mandschu ama »Vater", 
(dazu die e-Form eme »Mutter", mong. eme »femme",) im Tungus. 
ama^ ama (= *ama-n) ami, amin (cf. Jucen 'd-min bei Grube) »Va- 
ter", im Mongol, aba mit derselben Bedeutung sowie eme-ge »grand' 
mère", jakut. äbä »Grossmutter". Ich mache hier besonders auf die 
Formen mit auslautendem n aufmerksam ^). 

Die Bemerkung, welche Radloff p. 253 über kagan und kan 
macht, überrascht mich in ihrer Bestimmtheit: »vielleicht ist sogar 
kan die türkische Form, und kagan nur durch chinesischen Einfluss 
in der Fol^e angenommen worden. Jedenfalls kann man nicht an- 
nehmen, dass kan einfach aus kagan durch Ausfall des g entstan- 
den ist." Im Mandschu, das doch am meisten chines. Einfluss aus- 
gesetzt ist^), lautet das Wort nur han, (dazu vielleicht haha »männ- 
lich. Mann, stark, tapfer"??) im Burjät. khan, kkan, khän, khäh; im 
Tungus. kän (Plural; käsal)', im Mongol, kan und kaghan, plur. kat. Ich 
habe das intervocalische g der altaischen Sprachen, wie es beson- 
ders häufig im Mongolischen und Burjatischen^) vorliegt, immer für 
ein Problem gehalten, dem man durch Annahme chinesischen Ein- 
flusses in keiner Weise nahe kommen kann (vergl. Wiener Zeitschr. 
IX. p. 275 not. 3). Derartige Formen sind z. B. mongolisch togho- 
lamui »compter" = Burjät. tölanam, mandsch. tolombi »zählen" (cf. 



1) Sachlich näher, lautlich ferner stehen apa noch mongol, ebü-ffe »grand-père", 
aèu »père". 

2) Die chinesische Wiedergahe des Jucen-Wortes umschreibt Grube (^Sprache und 
Schrift der Juten, p. 93) durch han-än, wohl = hän. 

3) cf. z. B. Bansakow im Bull, hist.-phil. St. Petersburg, 1848, vol. V, p. 132. 



zu DEN KOK TÜRK-INSCHRIFTKN DER MONGOLEI. 329 

meng, togha, mand. ton »Zahl"); mong. dagharaimii »avoir froid" = 
burjät. däranam »frieren"; mong. boghomui »lier" = bönam »festbin- 
den"; mong. toghosun »poussière" = burjät. töhoh, mand. toron »Staub" 
etc. etc. Ob die kürzere oder die längere Form die ursprünglichere 
ist, d. h. ob z. B. kan durch Auslall von g aus kagan entstanden 
ist oder ob kagan über kän, ka-an, kagan aus kan sich entwickelt 
hat, wage ich nicht mit aller Bestimmtheit zu entscheiden; doch 
neige ich mich letzterer Ansicht zu, und zwar der Formen wegen, 
in welchen an Stelle von g {gli) ein h erscheint: mong. degel ne- 
ben dehel ^=-h\ixyki del. (cf. Bansarow, I.e.) Im Einzelnen bedarf 
die Erscheinung noch sehr einer genaueren Untersuchung '). 

2. tört huluii kop jagy ärmis; sü süläpän tört bulufidaky budun- 
yg kop almys, kop baz kylmys; baslyg-yg jükündürmis f ätizlig-ig sö- 
kürmis; ilgärü Kadyrkan jys-ka tägi^ kärü Tämir Kapyg-ka tagt kon- 
durmys. 

Die grössten Schwierigkeiten hat bis jetzt die Erklärung Ton kop 
gemacht. Thomsen, auf dessen Erklärung ich hier verweisen kann, 
übersetzt es durch »beaucoup, nombreux, grand nombre de etc." 
Gegen diese adjectivische Erklärung spricht zunächst der umstand, 
dass in dieser Bedeutung sonst ökm vorkommt (cf. I S. 6. öküs Turk 
budun öltig und damit IS. 7; II E. 31); sodann die wechselnde Stel- 
lung von kop, welches einmal vor und dann wieder nach dem Sub- 
stantivum steht, zu welchem es nach Thomskn gehören müsste. 

Radloff liest den Complex k-u^p je nach dem Zusammenhang 
akup, okup und 7ikup und übersetzt dementsprechend durch »über- 
fallend, Streifzüge machend", »lesend" und »hörend, verstehend". 
Unsere Stelle übersetzt er (1. c. p. 217) »die vier Winkel machten 
feindliche Einfälle, (daher) zog er mit einem Heere aus und die in 



1) Vergl. BöHTUXGK, Sprache der Jakuten, pp. 137 ff. sowie Radlopp, Phonetik, 
pp. 74—77. 



330 W, BANG. 

den vier Winkeln wohnenden Leute (Völker) überfallend unterwarf 
er, sie überfallend stellte er die Ruhe her". 

Gegen diese Fassung mache ich folgende Gründe geltend: das 
letzte akup wäre zum Mindesten vollständig überflüssig; das akup 
vor almys besagt zudem genau dasselbe als sü sûîâpân , ist also eben- 
falls überflüssig. Wie Z. 15 jägy-g haz kylmyl zeigt, hängt der Ac- 
cusativ jagy-g von baz kylmys, in unserer Zeile also auch hudun-yg 
von almys und haz kylmyz ab , da haz kylmys wörtlich übersetzt » machte 
friedlich" bedeutet, (cf. Z. 29 hai kyldym, Z. 29 öküS kyldym, Z. 30 
jagysyz kyldym) wie aus Z. 15 ganz unzweideutig hervorgeht. 

Die Stellung, die kop im Satze einnimmt, ist absolut eine adver- 
bielle; die Bedeutung, die sich am klarsten aus IN 10 = Kb. 10 
öd iänri jasar kiH ogl-y kop ölügli törümie ergiebt und an allen un- 
verletzten und sicher zu übersetzenden Stellen vortrefflich passt, ist 
»sämmtlich" (»ganz und gar", »vollständig"). Diese Übersetzung 
schliesst sich eng genug an Thomskns heutige und Radloff's frü- 
here an. 

K. 34 = I E. 34 , tägdük-in Turk hâg-lâr kop bilirsiz , wo Rad- 
LOFF okup liest und »seine Angriffe (wo er überall angegriffen hat) 
wisset ihr türkischen Fürsten , wenn ihr dieses leset" übersetzt, würde 
dann doch wohl ol okup Turk hâg-lâr tägdük-in bilirsiz oder tägdük- 
in okup Turk bäg-lär bilirsiz lauten. Die richtige Übersetzung ist 
auch hier »seine Augriffe kennt ihr sämmtlich, ihr Turk Bäge". 

K II (Radl. p. 28.) = I S E (Thoms. p. 120) jägirmi kiln oluryp 
hu tahka hu tamka kop Jolyg Tägin hitidim, wo Radloff » auf den 
Stein die Schriftzeichen ablesend habe ich, Jolig Tägin, geschrie- 
ben", Thomsen dagegen >ces nombreux signes" übersetzt, kann ich 
nur durch »Zwanzig Tage verweilend, habe ich, Jolig Tägin, auf 
diesen Stein diese Zeichen sämmtlich geschrieben" übersetzen. 

Ebenso passt »sämmtlich" und nur »sämmtlich" in Kb. 9 — 10 
= I N. 9 — 10: ögä-m katun ulaju ögä-lär-im, äkä-lär-im 



zu DEN KOK TÜRK-INSCHRIFTEN DER MONGOLEI. 331 

bunia jämä tirigi küh boldaiy ärti{giz) ') 

ôlûgi jurt-da jol-ta jatu kaldaiy ärtigxz 

Kül Tägin jok ärsär kop öltäH ärtigxz^ 
was ich übersetze: >Du, meine Mutter, die Khatun, und Ihr ande- 
ren Frauen meines Vaters (ögä-ldr-im = meine Mütter) und Ihr, 

meine älteren Schwestern Ihr alle {bunia jämä) würdet lebend 

zu Mägden geworden sein, würdet sterbend in der Jurte und auf 
dem Wege gelegen haben; wenn Kül Tägin nicht gewesen wäre, 
würdet Ihr sämmÜich gestorben sein". Hier ist Thoms ens > un grand 
nombre d'entre vous" ganz besonders schlecht am Platze. 

Der Satz tört bulvndaky budun-yg kop almyè > die Völker der vier 
Weltgegenden unterwarf ich sämmtlich" klingt allerdings etwas über- 
trieben; doch vergleiche man Ongin Z. 1, wo es noch viel summa- 
rischer heisst: tört bulun-yg kysmyê. 

Geht auf der einen Seite die Bedeutung von kop aus den ange- 
führten Stellen unzweideutig hervor, so ist eine Etymologie ander- 
seits schwer zu finden; zweifelnd möchte ich auf mand, kob seme 
»ganz, im Allgemeinen" aufmerksam machen, sowie auf das Tungu- 
sische upkal, upkat »alles, alle", welches vielleicht über *hup nach 
*kup weist. 

Thomsens Auffassung (cf, dessen Note 4) von 

boMyg-yg jükündürmie 

tizlig-ig sökürmU 
halte ich nicht für besonders glücklich; ich schliesse mich daher mehr 
an Radloff an, nur übersetze ich ätizlig, des Parallelisraus mit 6oif/t/^ 
wegen, nicht durch »Hoheit" sondern durch »Anführer". 

2. (Fortsetzung) äkiii ara 3. idioksyz Kök Turk aiièa olurur äf- 
miè; bilgä kagan ärmie, alp kagan ärmiS^ bujuruk'y jämä bilgä ärmiS 



1) Diese Ergänzung, für die auf dem Steine keine Lücke sich findet, ergiebt sich 
ohne allen Zweifel aus dem Parallelismns der drei Glieder; oder dürfen wir ärti lediglich 
als Anakol. fassen? 



332 W. BANG. 

äriv6, alp ârmiê arinë, bäg-lär-i jämä, budun-y jamä tüz ärmU. any 
ûêûn äl-ig anëa tutmyh ârinè; äl-ig tufyp törü-g ätmie. öziniä é. 
kärgäk holmyi. 

Den von mir zweifelnd idioksyz umschriebenen Complex liest 
Radloff idi uksyz {"=■ idi-siz, uk-syz) was er durch »herrenlos" und 
»geschlechtslos" =■ »ohne Geschlechter" (cf. auch sein Glossar) über- 
setzt. Dagegen spricht aber der Inhalt unserer Inschrift; denn nach 
dem in Z. 1. Erzählten {Bumyn kagan .... olurmyè) und dem Fol- 
genden {bilgä kagan ärmU) konnten die Turk zu dieser Zeit nicht 
mehr für idisiz gelten. Ausserdem wurde es von den Turk keineswegs 
als ein Glück betrachtet, idisiz zu sein, wie sich aus Z. 19: äeü-miz 
apa-myz tutmys jär sub idisiz bolmazun täjin und Z. 10. Kögmän jär 
sub idisiz kalmazun täjin ergiebt. Im Mong. bedeutet uk ügei »sans 
commencement, d'une basse extraction". 

TflOMSEN übersetzt idioksyz durch »en souverains" und macht dazu 
(p. 138 not. 7) die Bemerkung »la combinaison idioqsyz signifie en 
tout cas »souverain" '.-syz, sans, idi^ maître, seigneur, c'est à dire 
suzerain..." In oq sieht er, unter Verweisung auf Deguignes I, 2, 
p. 11 note d., oq »Pfeil"*). Damit stimmt dann wieder wenig seine 
Übersetzung der oben citierten Z. 19 »pour que la terre et l'eau que 
nos ancêtres avaient eues en possession, ne fussent point sans maître". 

idisiz heisst nur »ohne Herrn", sei es nun »ohne Khan", »ohne 
Bäg", »ohne Schad" etc.; dies ergiebt sich unzweideutig aus Z. 20: 
kagan at bun-da biz bärtimiz und dem nach dem Tode des Khans fol- 
genden idisiz in derselben Zeile. 

Es scheint mir, dass gerade das Gegenteil von »herrenlos" durch 
den gesammteu Inhalt der Inschrift verlangt würde; idi oksyz mm^ie 
also »herrenlos", »hordenlovs" bedeuten. Als Erklärung bietet sich irft 
und ok-\-syz, wobei wir anzunehmen hätten, dass »früher" ergänzt 



1) Vergl. jetzt Schlegels Ausführungen in seiner Arbeit über die chines. Inschrift 
auf dem ulgurischen Denkmal in Kara Balgassun (llelsingfors 1896) pp. 110 — 113, 122. 



zu DEN KÖK TÜRK-INSCHRIFTKN DER MONGOLEI. 333 

werden muss. Doch kann ich für die Richtigkeit dieser Ansetzung 
keine Beweise beibringen , vielleicht erscheint sie auch als geschraubt. 
Die schwierige Stelle Ka 4— 5 ==18 4 — 5, wage ich nur sehr zwei- 
felnd herbeizuziehen: 

Ütükän jyh-da jag idi jok ärmü 
dl tutsah jär Ütükän jyS ârmiê, 
bu jär-dä oluryp Tabgai hudun hirlä 5. tüzältim. 

>Im Ütükän Walde waren die Güter ohne Herrn (d. h. der ütü- 
kän Wald war herrenloses Gebiet?); das Land, in welchem ich mich 
zum Herrn {tut) über die Äle machte, war der ütükän Wald. Als 
ich in diesem Lande Herrscher geworden war, trat ich mit den 
Chinesen in Verbindung"^). Die Übereinstimmung zwischen idi^ tut 
und olur ist zu auffallend, als dass wir Thomsens Erklärung, die 
wohl auf den chinesischen Kaiser als idi hinzielt, annehmen könnten. 

4. (Fortsetzung:) jogiy sygytiy öhrä hün togu^yk-da bökli eöUg 
äl, Tobgaê, Tüpüt, Apar, Apurym, Kyrkyz, Ul-Kurykan , Otuz- 
Tatar, Kytai Tataby, bunêa budun kälipän sygytamyê joglamyS', andag 
külig kagan ärmis. 

Die Übersetzungen, welche Thomsen und Radloff von öhrä kün 
togusyk-da bökli eölig äl bieten , sind ungenau , wie mir scheint. 
Thomsen übersetzt: (arrivèrent) de l'avant, du côté du soleil levant, 
les puissants peuples du désert (c'est-à-dire étrangers?) Gegen die 
ablativische Übersetzung von da spricht, dass die in Z. 4. aufgezähl- 
ten Völker keineswegs sämmtlich im Osten der Turk wohnten , also 
auch nicht von Osten kommen konnten. Radloff übersetzt neuer- 
dings »kamen das im Osten wohnende Volk des Bökli Aetschü" (vergl. 
die Verbesserungen und p. 440). So viel ich weiss, kann ä^ jedoch 
nicht in der Bedeutung budun zur Bezeichnung eines nicht türki- 
schen Volkes gebraucht werden, weswegen auch Thomsens »peuples 



1) über den Ütükän Wald vergl. jetzt Schlegel 1. c. pp. 17 ff. 



334 W. BANG. 

étrangers" zu verwerfen ist. Grammatisch richtig kann önrä — äl nur 
durch »nach vorn, zum Aufgang der Sonne (zogen) die mächtigen 
Äle der Steppe" übersetzt vyerden. Da in I S 7—8 = K a. 1—^jazy 
»Ebene" im Gegensatz zu Ütükän jyè (Bergwald) steht, so verstehe 
ich unter iölig äl die die Steppen bewohnenden Stämme der Turk. 
»Nach Osten" kann sich nur auf die Richtung des Zuges bei den 
Trauerfeierlichkeiten beziehen; Osten ist ja auch die Seite, nach 
welcher unsere Inschriften schauen. 

Ob man Apar, Apurym oder Parpurym lesen will, ist gleich- 
giltig, solange wir von den einen so wenig wissen, als von den 
andern. Radloff denkt bei Parpurym an die Fo-fu der Chinesen. 

4. (Fortsetzung.) anda kisrä ini-si kagan 5. holmyi ârinè, oglyt-y 
kagan bolmyS ärine; anda kisrä ini-si äU-sin-täg kylynmaduk ärini-, 
ogl-y akah-yn-täg kylynmaduk ärin6\ hiligsiz kagan olurmyS ärine , 
jablak kagan olnrmyê ärine; bujuruk-y jämä hiligsiz ärine , jablak är- 
miS ärine. 

Die einzig richtige Erklärung der oben oglyt-y umschriebenen 
Zeichengruppe hat Radloff gegeben, wenn er auch versäumt hat, 
die Consequenzen aus seiner Erklärung zu ziehen ; oglyt ist in der 
That eine ganz regelrechte Pluralbildung aus einer altaischen w-Form. 
Daran kann Thomsbns verfehlte Bemerkung in den Nachträgen (p. 222) 
nicht rütteln. Der zu oglyt vorauszusetzende Stamm oglyn liegt in 
Z. 7 bäglik ury oglyn kul boldy vor. Zu oglyn-oglyt im Köktürkischen 
gehören die mongol. Bildungen morin-morit , ebesün-ehesüt , elthi [in 
den Yarliks, die neuerdings in den Documents de V Epoque Mongole 
veröffentlicht wurden, auch eltUn^y\ -eltUt^ sain-sait, Sullan-SuUat 
(vergl. schon den Brief Oeldjaïtu's bei Schmidt oder in den Docu- 
ments) etc. Aus dem Burjatischen gehören Bildungen wie modo, 



1) Im Yarlik des Buyantti-Khan Z. 5—6 eltsin-e, in dem des Ananda Z. 1 von 
links. 



zu DBN KOK TÜRK-INSCRHIFTKN DER MONGOLEI. 335 

modon, modoiii plur. modot (cf. ken-ket >wer") hierher. Das Mand- 
8chu bietet uns neben dem Mongol, sain-sait sein sain-saisa, nori' 
nota, das Tungusische zeigt an Stelle von s vielmehr r in oron-oror^ 
nunan-nuhar. 

Eine ebenso alte, uraltaische Bildung finden wir in Z. 4 in akaii; 
es ist die ?i-Form eines vorauszusetzenden aka-akan-akan. Lautlich 
entspricht im Mongol, aka »frère aine, aioé (chef) de la famille" 
(nach dem Plural aka-nar=^*aka-n-lar=^*akan-lar), im Tungus. 
akä (= *akan; daneben akin) »älterer Bruder", im Burjät. aka, aJcha 
in derselben Bedeutung. Die Mandschu und Jucen Formen entfer- 
nen sich etwas von diesen alten Bildungen : ahon und ^ d-hûn-toën- 
= ahün. 

Wie im Mandschu neben ama die e-Porm eme steht, so finden 
wir im Köktürkischen neben akaii das uns schon aus K b 9 = I N 9 
bekannte äkä, dem lautlich im Mongol, ehe »Mutter", im Burjät. 
eke, ekhe »Mutter" im Tungus. äkä {= äkän) »ältere Schwester, 
Tante" (cf. burjät. ege-èe, tgi-H »ältere Schwester") entspricht '). 

Die erst jetzt erschlossenen Formen oglyn-oglyt und akah bewei- 
sen übrigens zur Evidenz, dass ich mit meinen Bemerkungen über 
das auslautende n im Altaischen (cf. T'oung Pao 1895, pp. 216 — 221.) 
das Richtige getrofibn habe. 

6. häg-lär-i budun-y tüzsiz ûèûn , Tabgaë budun täblig-in körlig{-{n) 
üeün, aramakiysyn üiün, inili äiili kühsürtük-in ûêûn, bägli budun- 
lyg joniurluk-yn ûèûn, Turk budun ällädük äl-in yigynu ydmyï. 7. 
kaganladuk kagan-yn jitürü ydmyS. 

körlig{-in) ergänze ich nach II E 6 = X 6. Im Übrigen ist die- 



1) Im Köktürkischen kann äiä nicht die Bedeatang «Matter'" gehabt haben, da es 
in Z. 9. von K b = I N neben und hinter öyä erscheint. Lautlich und sachlich nicht ganz 
genau gehören zu diesem öyä das Burjät. öiren (= öke-m) öki», ôlcin «Tochter, Mädchen", 
tungas. uyi .Frau des älteren Bruders", mongol, ûkmi «tante, sœur ainée", ûki» «rie^e, 
fille"", and mand. oke «Vatersbruder Frau'", uhen «Bruders Frau*", uhitme «Fraa des jün- 
geren Vatersbruder". 



336 W. BA.NG. 

ser Paragraph noch sehr dunkel, da mehrere Wörter bis jetzt nicht 
ganz sicher mit neueren Formen haben identificiert werden können. 

Das nur hier vorkommende körlig kann kaum von hör getrennt 
werden, wie es in Z. 30. hop mana körti »sämmtlich waren sie mir 
ergeben" und Z. 23. körgü-n-in üeün »wegen Deiner Treue, Erge- 
benheit" etc. vorliegt. Dann könnte täblig in der That zu dem von 
Thomskn angeführten iäbi »Genosse" gehören. Tabgaë budun täblig- 
in körlig-in üeün könnte demnach vielleicht durch » wegen der Freund- 
schaft und Ergebenheit des (oder: gegen das?) chines. Volkes" über- 
setzt werden. 

An aramakëy klingt das mong. aramak »rare, clair-seme, dis- 
persé, éloigné l'un de l'autre" an (die jakut. Entspr. bei Böhtlinqk, 
p. 8). Ob wir durch »da sie sich zerstreut, von einander entfernt 
hatten" übersetzen und zur Erklärung auf ähnliche, spätere Vor- 
kommnisse *) verweisen dürfen (cf. Z. 23—24, Z. 27 auf 28), wage 
ich nicht zu entscheiden, und zwar ganz besonders der äusseren 
Gestalt von aramakiy wegen. 

7. (Fortsetz.) Tabgaë budun-ka bäglik ury oglyn kul boldy, silik 
kyz oglyn kün boldy; Turk bäg-lär Turk at-yn yty, Tabgaëgy bäg- 
lär Tabgaë at-yn tutypan, Tabgaë kagan-ka. 8. körmie; älig jyl âs- 
ig küe-ig bârmiê: ilgärü kün togu^yk-da Bökli-Kagan-ka tägi süläjü 
bärmie , kurygaru Tämir-Kapyg-ka tägi süläjü bärmie ; Tabgaë kagan- 
ka äl-in törü-sin aly bärmU. 

Zu oglyn, wie beide Stellen vollständig deutlich lesen, ist das 
oben zu oglyt Bemerkte zu vergleichen ; unter Bökli-Khan verstehe 
ich ein Gebirge*), ilgärü-süläjü bärmi^ bezieht sich auf die Turk, 



1) cf. auch Ongin ZZ. 1—2. 

2) Worauf bezieht sich bökli kagan-ka tägi »jusque chez le puissant kagan" bei Thom- 
8EN? Der chinesische Kaiser kann selbstverständlich nicht damit gemeint sein. Zwischen 
ilgärü und tägi etc. steht sonst immer der Name einer Gegend im Datif; oder es folgt 
auf ilgärü der Name eines Volkes und dann tapa »gegen". Demnach kann die Bedeutung 
von Bökli-Khan kaum zweifelhaft sein. 



zu DEN KOK TÜBK-INSCHBIFTEN DBR MONÜOLBI. 337 

und keineswegs auf die Chinesen; allerdings geschahen diese Züge 
unter Oberhoheit {Tabgaè kagan-ka) der Chinesen. Die richtige Er- 
klärung der Stelle findet sich bei Radl. p. 433—34; in der Über- 
setzung wird dann wieder, wie früher, (die Chinesen) eingesetzt. 

8. (Fortsetzung) Turk kara kamyg 9. hudun ania tämie: fällig 
biuiun ärtim, äl-im amaty kany? käm-kä äl'ig kazganur-mänV^ — tär 
ärmie — *kaganlyg budun ärlim^ kagan-ym kany? nä kagan-ka äs-ig 
küi-ig bärür-män?" — tär ärmie — , anëa tap, Tabgai kagan-ka jagy 
bolmys. 10. jagy bolyp, ätünü jaratunu umduk, Jana iiikmiê; bunia 
äS'ig küi-ig bärtükgärü sakyninaty: »Turk budun ölüräjin, urugsyrt- 
ajyn" — tär ärmiS, jokadu baryr ärmiS. 

Die von Thomsen und Radloff vorgeschlagenen Erklärungen von 
{a-)maty befriedigen nicht vollständig; eine andere Erklärung kann 
ich jedoch auch nicht geben. Am meisten sagt mir Thomsens Auf- 
fassung zu äl-im amat-y = äl-im-ih amat-y vergl. Z. 12 akaji-ym Su- 
si, wo der Génitif auch nicht durch das Affix ausgedruckt ist. Zu 
urugsyrt, Factitif von urugsyr »ohne Verwandte, ohne Nachkommen 
sein" vergleiche man das mongol, uruk »famille, parents du côté 
de la femme, tribu", burj. urek »Verwandter". Die unangenehme 
Operation, an die Radloff bei dieser Auffassung von urugsyrt denkt 
(p. 226), ist vollständig unnöthig, da urugsyrt als ein Synonym von 
ölür betrachtet werden kann. 

10. (Fortsetzung) özä Turk tähri-si, Turk yduk jär-i 11. sub' 
y anèa tämiS {ärine): *Türk budun jok bolmazun^ — täjin — »budun 
boUun" — täjin — , akah-ym At-Täräs kagan-yg, ögä-m Äl-Bilgä katun- 
yg täiiri töpä-sin-dä tutyp, jögärü kötürmie ärine. akan-ym kagan jäti 
jägirmi är-in taàykmyè. taïra 12. jöryjur täjin kü ähidip, balykdaky 
tagykmySj tagdaky änmis; tärilip, jätmi^ är bolmyS. täiiri küi bärtük 
üeün, akan-ym kagan sü-si böri-täg ärmie, jagy-sy koi-täg ärmiS; 
ilgärü kurygaru süläp, tärmis, kobartmys', kamygy 13. jäti jüz är 
bobïiys. 



338 w. BÂ1T0. 

Radloff liest anstatt yduk vielmehr aidyk »genannt". Bei dieser 
Auffassung ist die Stellung untürkisch; es müsste yà> «m6 aidykXoM- 
ten, ebenso in Z. 23. Utükän jyê aidyk etc. Ich ergänze ärin6 hin- 
ter tämiS nach dem Duplicat; es steht parallel zu kötürmÜ ärine. 
Nach directer Rede ist täjin nach dem überaus häufigen mongoli- 
schen kernen zu beurteilen (cf. Schmidt, Gramm. § 155, c. vergl. 

auch KoWALEWSKI s. V.) 

Einige Schwierigkeiten bereitet boliun, welches nur ein Impéra- 
tif sein kann, da täjin folgt. Es muss also für bolzun stehn, wie 
wir die Form in den Inschriften vom Choito Tamir I. Z. 6.; II. Z. 6.; 
III. Z. 8.; VII. Z. 4. geschrieben finden. Ein Fehler kann bolëun 
schwerlich sein, da das Duplicat ebenso schreibt; ë ist wohl unter 
dem Einfluss von l entstanden; cf. jolta, ölti etc. Wenn dies rich- 
tig ist, würde sich für z der phonetische Wert ï ergeben. Über den 
Sinn der Stelle kann übrigens kaum ein Zweifel herrschen, cf. On- 
gin Z. 3: Turk budun jitmäzün täjin ^ joluk ärmäziin täjin. Radloff 
meint (p. 238) budun bolèun habe keinen Sinn. Ich übersetze »das 
Turk- Volk möge nicht untergehn, es möge ein Volk sein, bleiben"; 
dazu vergl. Z. 19 bolmazun, Z. 20 kalmazun^). 

13. (Fortsetzung) jäti jüz är bolyp, älsirmie kagansyrmyS budun- 
y g kiindämie kuldamyS budun-yg •, Turk törü-sün yëgynmyë budun~yg 
äeü-m apa-m törü-sin-eä jaratmy^, buëgurmyï. 

Diese Stelle ist, so einfach sie mir jetzt vorkommen will, doch 
eine der schwierigsten der ganzen Inschrift, wie schon zur Genüge 
aus Radloffs verschiedenen Übersetzungen, denen sich Thoms en sei- 
nerseits keineswegs anschliesst, hervorgeht. Thomsens Auffassung ist 
die folgende: jäti jüz är bolyp, älsirämi^ kagansyramyï ; budun-yg 
kündämi^ kuldamyS; budun-yg Turk törü-sün yëgynmyï; bydun-yg äeü- 
m apa-m törü-sin-eä jaratmy^ = apres qu'il furent devenus sept cents 



1) Man kann auch mit Thomsen »werde wieder ein Volk" übersetzen. Desselben An- 
setzang eines Stammes èolé (p. 196) befriedigt nicht. 



zu DEM KOK TOaK-INSCHRIPTER D8E HONQOLEI. 339 

hommes, il déposséda les peuples (indépendants) et déposa des Khans, 
il fit les peuples serves et esclaves; il abolit les peuples et leurs 
institutions turques; il régla les peuples d'après les institutions de 
nos ancêtres " Er fasst also budun-yg und Turk törü-sün als Ac- 
cusative, abhängig von yigynmy^^ eine Auffassung, gegen welche 
grammatisch nichts einzuwenden ist. Da er aber unter den in die- 
sem Paragraphen genannten hudun durchgängig nicht-turkische Völ- 
ker versteht und verstehen muss — denn ohne diese Annahme würde 
sich ja die ganze Stelle bei seiner Auffassung im Widerspruch 
mit dem Vorhergehenden befinden — so begeht er den logischen 
Fehler, nicht-türkischen Völkern türkische Institutionen zuzuschrei- 
ben, und das zu einer Zeit, wo die Turk selbst nicht mehr orga- 
nisiert waren. Zudem ist seine Übersetzung von Türk törü-sün yi- 
gymny$ nicht mit dem folgenden äeü-m apa-m törü-sin-lä zu verein- 
baren; und damit steht -und fällt der Rest. 

Radloff trennt in seiner letzten Übersetzung das erste buduri' 
yg von den beiden folgenden biidun-yg; doch regiert jaratmyï sie 
alle drei. Der Parallelismus in der Construction von Z. 13 ist näm- 
lich der folgende: 

jäH jüz är bolyp 

1. alêirmiï kagatisyrmyï budun-yg , 

2. küiidämi^ kuldamyï budun-yg , 

3. Türk törü-sün ylgynmys bvdun-yg , 
äeü-m apa-m törü-siririä jaratmyï. 

Die Übersetzung von 1—3 ist: 

1. das Volk (Accusât.), welches ohne Äle und Khane war, 

2. das Volk, welches Knechte und Mägde geworden war, 

3. das Volk, welches seine Türkische Torü *) aufgelöst hatte. 
Das Ganze ist eine Recapitulation des in den Zeilen 6. und 7. 

Gesagten und zwar entspricht: 



1) cL das antea za Z. 16. Bemerkte. 



340 W. BAWG. 

1. alsîrmiï dem äl-in yigynu ydmyï in Z. 6. hagansyrmy'i dem 
kagan-yn jitürü ydmy^ in Z. 7. 

2. kühdämi^ kuldamy^ dem i^ri/ o^Z«/w am/ ôoWî/ , Äi/2; oglyn kün boldy 
in Z. 7. 

3. TÄrJfc törü-sün yigynmy^ dem Schluss von Z, 7. und überhaupt 
der ganzen Sachlage. / 

Zur Construction von °mys budun vergl, Z. 23 ägidmi^ bilgä kagan, 
Tl. 25. kölürmiE tähri. Bei den gegenteiligen Bemerkungen eines so 
ausgezeichneten Kenners wie Radloff, wird es mir einigermassen 
schwer, an der Deutung älsirmi^- »sie hatten keine Äle etc." fest- 
zuhalten, trotzdem scheint mir der ganze Inhalt der Inschrift diese 
Bedeutung gebieterisch zu fordern; älsirmi^ zerlege ich, wie auch 
àlsirtmi^ in äl -\- siz resp. äl -\- siz -j- ^» wobei ich Wechsel von r mit 
z anzunehmen gezwungen bin *). Nur bei dieser Übersetzung scheint 
sich der Inhalt der Inschrift logisch fort zu entwickeln; ich sehe 
erst nachträglich wieder, dass auch Radloff diese Übersetzung als 
logisch ganz möglich bezeichnet (p. 206). Dasselbe kann von sei- 
ner eignen nicht gelten , da es schon in Z. 11 heisst akan-ym Äl- 
Täräs kagan-yg jögärü kötürmt^ und der akaii von diesem Augen- 
blicke an immer als kagan bezeichnet wird. Ausserdem würden ähirä- 
mi^ kagansyramyé bei Radloffs Auffassung ungefähr dasselbe besa- 
gen, als äeü-m apa-m törüsin-M jaratmy^ in derselben Zeile. 

13. (Fortsetzung) Töläs Tardu^ hudun-yg anda aimiï 14. jabgu-g 
^ad-yg anda bärmi^. bärijä Tabgal budun jagy ärmi^ , jyryja Baz kagan 
Tokuz Oguz budun jagy ärmi^; Kyrhjz ^ Kurykan , Otuz Tatar, Kytai 
Tataby kop jagy ärmü. akan-ym kagan bunla (Lücke von etwa 14 
Zeichen) 15. kyrk artuky jäti jol-y sülämi^ ^ jägirmi sühii^ sünü^mi^. 
tähri jarlykaduk ü6ün ällig-ig älsirtmi^, kaganlyg-yg kagansyrtmy^ ^jagy- 
g baz kylmy^^ ätizUg-ig sökürmi^, baslyg-yg jükündürmi^. akan-ym ka- 



1) cf. RADLoPy, Phonetik, §§ 286, 338. 



zu DBN KÖK TÜUK-INSCHRIFTKN DER MONGOLEI. 341 

gan (Lücke von etwa 7 Zeichen) 16. törü-g kazganyp , ula barmy^; 
akah-ym hagan-ka ba^laju Baz kagan-yg halhal iikmiï. 

Baz hagan kann als Génitif zu Tokuz Oguz gehören; die Be- 
deutung wird dadurch nicht modificiert. äUirt, kagan»yrt bedeuten 
wörtlich »ohne Äle, ohne Khane machen". Ich lese ähirt weil an 
Stelle von kohartdym in IS 10 im Duplicat kobartym erscheint, 
woraus zu schliesseu ist, dass zwischen t und d kein Vocal gehört 
wurde; vergl. Z. 18 älsirtdimiz kagansyrtdymyz und dazu Schrei- 
bungen wie kytymyz IN. 8. =: kyd-dymyz, artaty IE. 22. (unten 
Z. 22) = artad-dy. Radloffs AufiFassuug von ältig-ig älsirt etc. »hat 
er das Äl-thum sich als äl geriren lassen, hat er das Chanthum 
sich als Chan geriren lassen", erscheint mir schon deswegen als 
wenig logisch, weil sich Alles in Z. 15 Erzählte offenbar auf des 
Khans Thätigkeit in Feindesland bezieht. Wenn kagan»yra, wie Rad- 
LOFF will, wirklich »sich als Chan geriren" bedeutet hätte, so wäre 
die factitive Form hier vollkommen überflüssig gewesen. Die Be- 
deutung der Stelle ist: er machte diejenigen, welche bisher in eigije 
Stämme zerfielen, stammlos, und zwar dadurch, dass er sie in ir- 
gend einem Theile des Reichs ansiedelte oder Mitglieder des Stammes 
X anderen Stämmen zuteilte, sodass ihr Name unterging, kaganlyg- 
yg kagansyrtmy^ bedeutet, dass er denjenigen, die bisher unter einem 
eignen Khan unabhängig gewesen waren, diesen Khan nahm und 
im letzten Grunde sich selbst an dessen Stelle setzte. Dass diese Er- 
klärung richtig ist, geht aus Z. 20 deutlich hervor: »(Khan der 
Kirgisen) war Bars Bäg; ihm hatten wir den Khan-Titel verliehen 
und meine jüngere Schwester, die Priazessin, zur Frau gegeben; 
doch er selbst verging sich gegen uns und starb, worauf sein Volk 
Knechte und Mägde wurde. Doch wir waren der Meinung, das Land 
Kögmän möge nicht ohne Herrn sein und ordneten daher das nicht 

zahlreiche Volk der Kirgisen " Hätte der Khan, anstatt den 

Bars Bäg und die Kirgisen zum Subject dieses ganzen Satzes zu 

23 



342 W, BANG. 

machen, sich selbst und seinen Onkel als die ausführenden Perso- 
nen bezeichnet, so würde er an Stelle von kagan-ij ölti gesagt ha- 
ben Kyrhjz hudun-yg kagansyrtdymyz ; an Stelle von budan-y küfi 
kul holdy würde er älsirtdimiz gebraucht haben. 

16. (Fortsetzung) ol törü-dä özä äli-m hag an olurty ; äii-m hag an 
olurypan, Turk hudun-yg jiiä ätdi ägiti , lygaj-yg hai kyldy , az-yg 
öhü^ hyldy. 17. äli-m hagan olurtuh-da , öz-im Tardu^ hudun özä ïad 

„ V ■ 

ärtim. äli-m hagan hirlä ilgärü Jaïyl Xjgüz Sandwh jazy-ka tägi sülä- 
dimiz , hurygaru Tämir Kapyg-ha tägi sülädimiz , Kögmän ala Kyrhyz 
iär-ihä tägi sülädimiz, 18. hamygy hä^ otuz sülädimiz , ül jägirmi sü- 
nüMimiz, ällig-ig älsirtdimiz, haganlyg-yg hagansyrtdymyz , ätizlig-ig 
söhürtimiz , haUyg-yg jühündürtimiz, 

RA-DLOFfs Übersetzung von ol törü-dä Özä »auf diesen seinen 
Ehrenplatz" ist unrichtig, da es in diesem Falle tör-dä, tör-iä oder 
tör-indä^) heissen müsste. Thomsen übersetzt durch »d'après l'usage", 
wie Radloff früher übersetzte (s. v. özä). Auch diese Auffassung ist 
falsch, da özä mit dem Indefinitif oder dem Datif »über" bedeutet: 
Z. 1. ki^i ogUyn-da Özä . . . , Asiämi kagan olurmy^, 7t. 17. Tardus bu- 
dun özä ^ad ärtim, II E 21 budun-da özä olurmadym. Demnach 
kann ol törü-dä özä äli-m kagan olurty nur heissen »über diese 
tÖrü wurde mein Onkel Khan". Was bedeutet jetzt törü'i Radlofp, 
der es auf p. 214 als »das Gewohnheitsrecht, auf das sich die Ord- 
nung der socialen Einheiten, das Äl, stützt" definiert, übersetzt jetzt 
an allen Stellen, wo er nicht tör Ehrenplatz liest, durch »Gesetze". 
Thomsen gebraucht die Bedeutungen » institutions, lois, usage" ^). Die 
entsprechenden Wörter: mand. doro^ mongol, türü haben ausser den 
Bedeutungen »Sitte", »loi" etc. auch die folgenden: »Herrschaft", 
»gouvernement, administration, régence" z. B. in kaghan-u türü gon- 



1) IE 16 = K 16 schreibt plene t-ö-r-ü-d-ä , während das Duplicat t-ö-r-d-ä schreibt, 
was törü-dä zu lesen ist. 

2) In IE 31 auch //gouvernement". In den Verbesserungen p. 194 au dessus de ces 
mômes institutions, was ich leider erst bei der Correctur sehe. 



zu ÜKN KOK TÜttK-INSCHBIhTEN DBR MONGOLEI. 343 

vernement, règne, monarchie, royaume", und diese Bedeutung (im- 
perium in beiden Bedeutungen) kommt, neben der von > Gesetz", 
auch dem Köktürkischen zu, wie aus öl törü-dä hervorgeht: »über 
diese Herrschaft wurde mein Onkel Khan", oder: »setzte sich mein 
Onkel, der Khan". Ebenso wird in Z. 8. Tabgaè kagan-ka äl-in törü- 
sin aly härmi^ zu übersetzen sein; dazu stimmt dann glücklich in 
Z. 9. äl-im amaty kany (auf äl in Z. 8. bezüglich) und kagan-ym kany 
(auf törü bezüglich). Dieselbe Bedeutung passt in Z. 13. Turk törü- 
sün yigynmy^ budun-yg, Z. 22. anèa kazganmy^ ätmis, äl-imiz törü- 
miz ärti, 7i. 22. äl-inin törü-nin kam artaty vielleicht besser, als 
»Gesetze" u. s. w. 

Die wörtliche Übersetzung von Ja^yl tJgüz Sanduh jazy-ka ist 
»bis zur Ebene Schändung des grünen Flusses, = am Jahjl Ugilz". 
Den von mir nach Thomsen a^a umschriebenen Complex zieht Rad- 
LOFF zum folgenden Kyrkyz; er sieht darin einen sonst unbekann- 
ten Stamm »Scha-Kirgisen". Grammatisch lässt sich hiergegen an 
dieser Stelle nichts einwenden; da jedoch in Z. 21. Kadyrkan jy^- 

V ^ 

yg Sa budun-yg etc. bei Radlgifs Erklärung der Accusât, jy^-yg 
vollkommen in der Luft schweben würde, so fasse ich sa an beiden 
Stellen als a^a. 

18. (Fortsetzung.) Türgäs hagan Türk-imiz budun-ymyz ärti; bilmä- 
dük-in 19. ücän biz-inä jahyluk-yn üciin kagan-y Ölti , biijuruk-y bäg- 
lär-i jämä ölti, unuk hudun ämgäk körti. „äcü-miz apa-myz tutmy^ jär 
sub idisiz bohnazun'-täjin-, az budun-yq ätip jar... [Lücke von etwa 1 5 
Zeichen] 20. Bars bäg . ärti; kagan at bun-da ôiz bärtimiz , sihil-im 
kuncuju-g bärtimiz; öz-i janyldy ; kagan-y ölti, budun-^y küh kidboldy. 
„Kögmän jär sub idisiz kahnazun' -täjin-, az Kyrkyz hidun-yg jaratyp 
kältiviiz^ sühü^dimiz [Lücke von etwa 4 Zeichen.] 21. Jana bärtimiz; 
ilgärü Kadyrkan jy^-y g usa budun-yg ania kondurtymyz , anèa ätdimiz , 
kurygaru Kähü Tarman-ka tägi Turk budun-^yg anca kondurtymyz , anèa 
ätdimiz ; ol öd-kä kul kullyg bolmy^ ärti , kiin kühlig bolmy^ ärti- 22. 
anèa kazganmy^ , ätmi^ , äl-imiz törii-miz ärti. 



344 W. BANG. 

Die Ergänzungen ergeben sich alle aus dem Duplicat. Der Schluss 
von Z. 19. hat vielleicht Kyrkyz budun kagan-y gelautet. Das von 
mir kuncuju umschriebene Wort lautet im Mandschu gunju^ im Mon- 
gol. gühdM = *u\\e de l'empereur". In Z. 21 übersetzt Radloff 
»Nach Osten bis zum Bergwalde Kadyrkan siedelten wir einen Teil 
des Scha Volkes an", was ich mit dem Wortlaut des Textes nicht 
vereinbaren kann. Auch für das Volk Az {az budun) scheinen mir 
keine ausreichenden Gründe vorzuliegen. 

22. (Fortsetzung.) Türk Oguz bäg-lär-i budun äEdin: özä tänri 
basmasar , asra jär tilänmäsär , Türh budun , äl-ihin törü-nin Mm ar- 
taty ? . . . . Türh budun ärtigiz , 23. ökün ! körgü-nin ücün ägidmi^ bilgä 
hagan-ynan , ärmi^ harmyï ädgü äl-inä händü janyldyg , jablak kigürtig. 
jaraklyg kandan kälip jaja ältdi , sühüglig kandan kälijiän sürä ältdi ? 
yduk Ütükän jy^ hudun bardyg , ilgärü 24. bardyg , kurygaru barygyma 
bardyg; barduh jär-dä ädgü-g ol ärinc: kan-yii sub-ca jügürti, sönük- 
üh tag-ca jatdy j bäglik ury ogl-yh knl boldy ^ silik hyz ogUyn kün 
boldy ; bilmädük ücün, jablak-yiiyn ücün äci-m kagan uca bardy. 25. 
baUaju Kyrkyz kagan-yg halbal tikdim. 

Die Ergänzung von Turk budun ärtigiz am Schlüsse von Z. 22 
erscheint nach dem Duplicat sicher; die vorhergehenden Zeichen 
verstehe ich nicht; durch den Sinn scheint ein Synonym von bäg- 
lär gefordert zu werden. Statt kagan-yhan (geschr. Kgnnn) liest 
Thomsen kagan-yhyn , Radloff mit dem Duplicat kagan-yiia, wie 
auch Thomsen übersetzt; die Möglichkeit, dass kagan-yha-n für ge- 
wöhnliches kagan-yiia steht, ist jedoch nicht ausgeschlossen (cf. kan- 
da-n weiter unten in Z. 23. und dazu meine Zusammenstellung in 
der Wiener Zeitschrift IX. pp. 273 ff.) Zu özä tähri basmasar etc. 
vergl. Kb. 4 =: I N 4: tähri jär bnlgak-yn ücün jagy boldy. In Z. 23. 
kann sich bilgä kagan selbstverständlich nicht auf den Bruder des 
Kül Tägin beziehen, sondern nur auf den Onkel der Beiden '); cf. 



1) Das geht aus der Gliederung der ganzen Inschrift (cf. die Capitel-Eintheilung in 



zu DEN KÖK TÜRK-INSCHBIFTEN DKR MONQOLBl. 345 

IIS 13 = Xa. 11 akah'f/m Turk bilgä kagan, wo es sich auf den 
Vater bezieht; vergl. II E 1 = X 1 und Schlegel I.e. p. 120. 

Zu ärmi^ harmiß vergleiche man IN 1. Karluk . . . ärür barur 
ärkli jagy boldy^ II E 29. Karluk . . . ärür barur ärkli jngy boldy. Es 
ist zu beachten , dass an diesen drei Stellen regelmässig ein Adjectif 
folgt; ärini^ barmy^ könnte man fast adverhiell »in jeder Hinsicht, 
in jeder Lage" übersetzen. Zur Bedeutung der bardyg enthaltenden 
Sätze in Z Z. 23—24 ist yär saju barmyï budun aus Z Z. 27 — 28 
heranzuziehen. Z. 24. ädgü-g = ädgü-ii (mit RADLoyp.) Der auch in 
unsern Inschriften noch an anderen Stellen vorkommende Wechsel 
von n-ii-g ist allgemein altaisch, worauf ich schon des öfteren auf- 
merksam gemacht habe. 

Der ganze Abschnitt Z Z. 22—25 giebt eine überaus lebendige 
Schilderung vom Niedergang der Türkischen Macht unter dem Vor- 
gänger des Bilgä-Khan, und stellt sich an epischer Schönheit den 
besten Theilen des Gesser-Khan würdig zur Seite '). Die Frage ^a- 
raklyg kandan kälip jaja cUtdi ist eine lediglich rhetorische; gesagt 
soll damit werden: Feinde haben Euch nicht angegriffen und in 
alle Winde zerstreut; Ihr seid an Euerem Elend selbst Schuld, denn 
Ihr zöget selbst aus und fandet dabei Tod und Gefangenschaft. Die 
Todesursache des Khans geht aus dem Text nicht mit voller Ge- 
wissheit hervor: haben ihn die Turk untreu und auf eigne Faust 
verlassen und starb er etwa aus Gram darüber, oder kam er in 
einer Schlacht in Folge der Feigheit der Turk {Jablak-yfiyn ücün) 
um? In letzterem Falle müsste sich also der Khan an die Spitze 
seines Volkes gestellt haben und in einer unglücklichen Schlacht ge- 
fallen sein. Doch ist diese Annahme nicht sehr wahrscheinlich, da 

der Übersetzung) auf das Deutlichste hervor. Das Duplicat (II E 19 = X 19) lässt bilgä 
ganz aas. 

1) Überhaupt klingt so manche Stelle an die im Sanang Setsen oder Cesser Khan er* 
haltenen mongolischen Poesieen an; unuk budun in Z. 19. und ädgü budun sind ganz 
typisch. 



346 W. BANO. 

man nicht gut känclü jaiiyhhjg sagen könnte , wenn der Zug mit 
Willen und Wissen des Khans unternommen worden wäre ^). 

Meine Ausetzungen für das türkische Génitif- Affix {Wiener Zeit- 
schrift, IX. pp. 269, 271) können richtig sein; eine andere Auffas- 
sung ist jedoch auch möglich. Thomsens Ausführungen über das Ac- 
cusatif- Affix im köktürkischen Dialect (p. 191 — 92) treffen, meiner 
Ansicht nach , keineswegs das Richtige. Ich selbst habe mich schon 
seit Jahren an der Erklärung des altaischen Accusatif- Affixes abge- 
müht; der Kette fehlte immer ein Glied ohne welches ich gezwun- 
gen war, den verwegenen Sprung von i nach g und von g zu einem 
Labial, den Thomsen jetzt teilweise ausführt, vorzunehmen. Die mir 
fehlende Form glaube ich jetzt im Köktürkischen gefunden zu ha- 
ben; ich komme darauf an anderer Stelle zurück. 

25. (Fortsetzung.) „Turk hudun-yg at-y Jcü-si joh bolmazun" -täjin-,. 
ahah-ym kagan-yg Ögä-m Tcatun-yg Jcötürmi^ täiiri al bärigimä tänri 
„Türh hudun at-y hü-si jok holmazwrC' -täjin-, öz-imin ol tänri 26. 
hagan olurtdy ärinc. nah jylsyg budun-ka olurmadym , icrä ahyz , ta^ra 
tonsyz , jabyz , jablak budun-da özä ohirtym. ini-m Kül Tägin birlä söz- 
läMimiz „akan-ymyz äci-miz kazganmy^ budnn at-y kü-si jok bolmazun 
27. -täjin-, Turk budun ücün tun udymadym , küntüz ohirmadym , ini-m 
Kül Tägin birlä, äki ^ad birlä ölü jitü kazgandym ; anca kazgoMyp 
bärki budun-yg ot sub kylniadym • man [Lücke von etwa 13 Zeichen.] 
jär saju 28. barmyï budun ölü jitü jadag-yn jalan-yn jana kälti. „bvr 
d^m-yg ägidäjin" -täjin-, jyrgaru Oguz budun tapa, ilgärü Kytai 
Tataby budun tapa , bärgärü Tabgac tapa ulug sü äki jägirmi sülädim 
[Lücke von etwa 5 Zeichen] sünüMim ; anda 29. kisrä tänri jarly- 
kazu ; kut-ym bar ücün, üläg-im bar ücün ölfäci budun-yg tirigrü agi- 
tim, jalah budun-yg tonlyg [Duplicat noch kyldyni], hy g ai budun-yg 
bai kyldym, az budun-yg ökü^ kyltym, y gar ällig-dä y gar kaganh/g- 



1) Vielleicht ist das in Ongin ZZ. 5 — 8 Erzählte zur Erklärung herheizuziehn; vergl. 
auch Oa. (Radl. p. 250) Z. 3, wo unter Bilgä Khan sehr wohl der Onkel des Kül Tägin 
verstanden werden kann. Im Übrigen cf. Thomsen p. 72. 



zu DEN KOK TÜRK-INSCHRIFTEN DER MONGOLEI. 347 

da jag hjlihjm , tört hulundaJcy 30. budun-yg i-oji baz kyldi/m , jagysyz 
kyldym, kop maha k'&rti. 

Statt hudim-yg in Z 25 steht im Duplicat nur bndun; ein Gé- 
nitif wird von at-y kü-si verlaugt; die Frage ist jetzt, ob wir an- 
nehraeu sollen, g stehe in buduii-yg fehlerhaft fur einfaches budun 
oder budun-yh, oder ob wir auch in dieser Form Wechsel von h 
mit g annehmen wollen (cf. ädgü-g etc.; die 2*^ Pers. Imperfect, 
etc.). Stände also budun-yg für sonstiges budiin-yn, so kann in der 
doppelten Bezeichnung des Genitifverhältnisses nichts ungewohntes 
gesehen werden, cf. Z. 1. budun-yn äl-in. 

Der Stamm ohir ist an vielen Stellen fast zum Hilfszeitwort 
»sein, werden" herabgesunken*); olurtdy in Z. 26. ist das Factitif 
dazu, iylsyg ist mir nicht ganz klar. 

ini-m kül Tägin birlä. 

äki ^ad birlä: 
»mit meinem jüngeren Bruder Kül Tägin, mit den beiden Schad". 
Das Compositum öl-jit ist mit är-bar zu vergleichen *). Statt Thom- 
SKNS biriki (Radloff liest gegen das Original bälki) lese ich bär-ki 
von dem auch in unsern Texten so oft vorkommenden Stamm bar '); 
vergl. jakut. bärin »sich ergeben", mong. berke »devotion austère, 
mortification , pénitence volontaire etc." Was ygar ällig-dä ygar ka- 
ganlyg-da jag kyldym in Z. 29. bedeutet, ist nicht ganz klar; aus 
der Stellung in Z. 29. (vergl. ISE =: K II. ygar oglan-ynyz-da etc.) 
scheint hervorzugehen, dass ygar Adjectiv ist. Vielleicht dürfen wir 
an Verwandtschaft mit dem jakut. yk »zusammen pressen, sich an- 
schmiegen" und seinen Ableitungen yksa^ yksafyk »nahe, dicht, 



1) cf jakat. olor bei Böhtlingk. 

2) vergl. das jakut öl in ölö lutian bei Böhtlingk. 

3) Ebenso wohl in Ka. 1. = I S. 1. (vergl. Xb. 1. = II N. 1.): bärki ugys-ym budu»- 
ym; za ugys möchte ich noch mand. uksun (uk-su-n) »Kaiserliche Familie, Verwandt- 
schaft", uksut'ufa .von einer zahlreichen Familie", uksura -Zweig einer Familie" und das 
dazu gehörige mongol, uksagha »parent, famille, parent d'un souverain" vergleichen. 



348 W. BANG. 

ganz nahe" {yhsa kisi »ein naber Verwandter") denken, und etwa 
durch »treu" übersetzen. Von öltäU bis jag kyldym bezieht sich Al- 
les auf des Khans Wirksamkeit in seinem eignen Reiche; ällig ka- 
gaidyg ist wörtlich »die Stämme und Khan habenden", kann aber 
hier nur die ünterthanen bezeichnen ; zweifelnd übersetze ich daher 
»meinen treuen ünterthanen habe ich Gutes erwiesen" oder »bei 
meinen treuen ünterthanen habe ich Gutes gewirkt". 

In Z. 30. liest Radloff jagysyz kagan-ym ukup maiia körti z= 
»meine Chane, ohne Feindschaft mich verstehend, waren mir treu 
ergeben". Die Stellung von rikup wäre auch an dieser Stelle sehr 
auffallend. 



zu DEN KOK TURK -INSCHRIFTEN DER MONGOLEI. 349 



ÜBERSETZUNG. 



I. Aufblühen der Kök Turk unter Bumyn-Khan und Ästämi-Khan. 

1. Als oben der blaue Himmel und unten die dunkle Erde er- 
schaffen waren, wurden zwischen Beiden die Menschensöhne erschaf- 
fen. Über die Menschensöhne erhoben sich meine Vorfahren Bumyn- 
Khan und Ästämi-Khan *). Als sie sich erhoben hatten, machten 
sie sich zu Herren (tut) über die Äle und Törü des Ïûrk-Volkes 
und richteten sie her. 2. Die (Völker der) vier Weltgegenden *) wur- 
den sämmtlich feindlich. Mit Heeren ausziehend, unterwarfen sie 
die Völker der vier Weltgegenden sämmtlich und machten sie sämmt- 
lich friedlich, die Häupter unterwarfen sie, die Anführer zwangen 
sie nieder. Nach Osten siedelten sie dieselben bis zum Bergwalde 
Kadyrkan, nach Westen bis zum Eisernen Thore an. Zwischen die- 
sen beiden (äussersteu Punkten) 3. lebten so die früher (?) herrenlosen 
und hordenlosen Kök Turk, denn sie waren weise Khane, sie waren hel- 
denhafte Khane, alle ihre Beamten waren weise, waren heldenhaft; 
alle ihre Bäge, ihr ganzes Volk war gerecht: deswegen machten sie 
sich so zu Herren über die Äle; nachdem sie sich zu Herren über 
die Ale gemacht, richteten sie die Törü her. Doch sie selbst 4. 
starben. Als Trauernde und Leidtragende (zogen) nach Osten, zum 
Aufgang der Sonne, die mächtigen Ale der Steppe, die Chinesen, 



1) cf. oben; eventuell ist Alles folgende in den Singular zu setzen. 

2) d. h. die nicht-türkischen Völker jenseits der Gränzen; der Ausdruck iört buluti 
stammt wohl im Köktürkischen wie im Mandschu und Mongol, aus dem Chinesischen. 



350 W. BANO. 

die Tibeter, die Apar, die Apurym, die Kirgisen, die Ütsch Ku- 
rykan , die Otuz Tatar, die Kytai Tataby: so viele Völker kamen 
und trauerten und klagten; so heldenhafte Khane waren sie ge- 
wesen. 

II. Niedergang der Kök Turk unter den Nachfolgern Bumyn- 
Khans und Ästami-Khans. 

Hierauf wurde ihr jüngerer Bruder Khan ') 5. und ihre Söhne 
wurden Khane; doch war ihr jüngerer Bruder nicht wie seine äl- 
teren Brüder geschaffen, ihre Söhne nicht wie ihre Väter geschaffen : 
thörichte Khane kamen zur Gewalt, feige Khane kamen zur Ge- 
walt; alle ihre Beamten waren thöricht, waren feige. 6. Und da ihre 
Bäge und ihr Volk ungerecht waren, und wegen ihrer Freundschaft(?) 
und Ergebenheit (?) gegen das chinesische Volk und wegen ihres Zer- 
streutseins (?), und weil jüngere Brüder und ältere Brüder uneinig wa- 
ren (?) und weil Bäge und Volk sich gegenseitig Böses nachsagten (?) so 
löste das Turk- Volk seine Äle, die seine Äle geworden waren, auf 7. 
und vernichtete seine Khane, die seine Khane geworden waren. 

III. Die Kök Turk im Dienste Chinas. 

Seine edlen Jünglinge wurden Knechte, seine reinen Jungfrauen 
Mägde des chinesischen Volkes ^). Die türkischen Bäge legten ihre 
türkischen Namen ab und nachdem sie als chinesische Bäge chinesi- 
sche Namen angenommen (tut) hatten, wurden sie dem chinesi- 
schen Kaiser uuterthan (kör) ^) 8. und weihten ihm fünfzig Jahre 
lang Geist und Kraft. Nach Osten, zum Aufgang der Sonne, zo- 
gen sie (im Dienste der Chinesen) bis zum Bökli-Khan (-Gebirge), 
nach Westen zogen sie bis zum Eisernen Thor, und überautwor- 
teten dem chinesischen Kaiser ihre Äle und Törü. 



1) Der Singular genügt hier vollkommen. 

2) budun-ka »dem Volk". 

3) cf. Schlegel 1. c. p. 56. 



zu DEN KOK TÜRK-IN8CHRIFTEN DER MONGOLEI. 351 

IV. DiK Kok Turk entziehen sich der chinesischen Ober- 

HBRESCHAFT. 

Und das niedrige Gesammtvolk der Turk 9. sprach so: »Ich war 
ein Volk, das seine Äle hatte, wo ist jetzt der Ruf(?) meiner Ale, 
für wen erwerbe ich Äle"? ~ sprach es — »Ich war ein Volk, 
das seine Khane hatte, wo sind jetzt meine Khane, welchem Khane 
soll ich Geist und Kraft weihen"? — sprach es; und so sprechend 
wurde es dem chinesischen Kaiser feindlich. 10. Und als es feind- 
lich geworden war, zog es, in der Hoffnung sich zu organisiren 
und zu constituiren , wieder zurück und da es auf diese Weise nicht 
daran dachte, (den Chinesen) Geist und Kraft zu weihen, so sag- 
ten diese: »Wir wollen das Turk- Volk töten und ausrotten" und 
zogen aus, um es zu vernichten. 

V. Die Kök Turk unter dem Äl-Täräs-Khak. 

Und oben der Himmel der Turk und das geweihte Land 11. und 
Wasser der Turk sprachen folgenderniassen: »Das Turk- Volk möge 
nicht zu Grunde gehu , es möge ein Volk bleiben" und erhoben, 
sie auf der Höhe des Himmels haltend, meinen Vater, den Äl- 
Täräs-Khan, und meine Mutter, die Äl-Bilgä-Khatun. Mein Vater, 
der Klan , zog nun mit 27 Helden zu Felde. 12. Und als sie die 
Stimme hörten, welche besagte, er streife draussen umher, zogen 
die Bewohner der Städte zu Berge und die Bewohner der Berge 
zogen zu Thal, und sich sammelnd waren ihrer 70 Helden. Da der 
Himmel ihnen Kraft verlieh, so war das Heer meines Vaters, des 
Khans, wie Wölfe, seine Feinde dagegen wie Lämmer. 

Nach Osten und nach Westen ziehend, sammelte er (Leute) und 
reizte zum Aufstand. Im Ganzen 13. waren ihrer 700 Helden. Und 
als ihrer 700 Helden waren, organisirte er, nach den Törü meiner 
Vorfahren, das Volk, welches ohne Äle und Khane gewesen war, 
das Volk, welches Knechte und Mägde gewesen war, das Volk, 



352 W. BANG. 

welches seiue türkische Torn aufgelöst hatte, und machte es krie- 
gerisch '). Das Volk der Töläs und Tardusch stellte er wieder her 
14. und gab ihnen einen Jabgu *) und einen Schad. 

Im Süden war das chinesische Volk feindlich, im Norden waren 
des Baz-Khan Tokuz-Oguz feindlich ; die Kirgisen , die Kurykan , 
die Otuz Tatar, die Kytai Tataby, sämmtlich waren sie feindlich. 

Mein Vater, der Khan, soviel 15. und zog 47 Mal zu Felde 

und schlug 20 Schlachten; und da ihm der Himmel gnädig war, 
so teilte er die in eignen Älen lebenden anderen Älen zu und nahm 
denjenigen, die einen eignen Khan hatten, diesen Khan, machte 
die Feinde friedlich, unterwarf die Häupter und zwang die Anfüh- 
rer nieder. 

Mein Vater, der Khan, 16. nachdem er die Törü er- 
langt hatte, starb. Für meinen Vater, den Khan, errichtete ich am 
Anfang den Baz-Khan als Balbal '). 



1) Vielleicht »machte es von den Chinesen abtrünnig"? 

2) cf. ScHLKGEL 1. c. pp. 42 Und 119 und die dort angeführte Stelle. 

3) balbal ist und bleibt etymol. unklar. Zu beachten ist, dass sowohl hier als in Z. 25 
ein Feind des betr. Khans als Balbal errichtet wird: in Z. 14 wird nämlich gesagt, Baz- 
Khan sei ein Feind gewesen, in Z. 15 heisst es dann, der Khan sei abgesetzt worden; 
demnach kann von »Traiiermarschall" in der Auffassung von Thomskn nicht die Rede sein. 
Das geht besonders noch aus dem Inhalt von Z Z. 20—25 hervor. — Dürfen wir etwa 
an die ^t &Ö king-koan »Warnungsbügel" oder dgl. denken, von welchen ScHLEQEL, 1. c. 
pp. 9? — 100 ausführlich handelt? Vergl. besonders p. 88: »In alten Zeiten, wenn die auf- 
geklärten Fürsten die unehrerbietigen Staaten strafen wollten, so nahmen sie die Haupt- 
schuldigen und begruben sie unter einem Hügel als die grösste Strafe. Auf diese Weise 
bekam man Leichenhügel um die Aufrührer und Bösewichte abzuschrecken". Dazu würde 
die Stelle II S 7 = X a 5 (Radl. pp. 69 und 198.) alp är-in ölürüp balbal kylu bärtim 
ganz ausgezeichnet passen, und nicht weniger gut II S 8 — 9 = Xa6 — 7, wo Radloffs 
neueste Übersetzungen (pp. 199 — 200, 456 dagegen p. 234) in keiner Weise zu rechtfer- 
tigen sind; denn einmal steht Kung-Sänün im Accusatif und dann ist es nicht wahrschein- 
lich, dass ein Türk-Khan einem eben geschlagenen feindlichen Feldherrn zu Ehren irgend 
einen Gedächtniss-Stein errichtet habe. An sämmtlichen Stellen erscheint also balbal in 
Verbindung mit feindlichen Persönlichkeiten, und da sollte von einer Funktion die Rede 
sein, welche doch nur den höchsten, einheimischen Würdenträgern anvertraut zu werden 

:?! 



zu DEN KOK TÜRK-INSCIIRIFTEN DBB MONGOLBl. 353 

VI. DlK KöK TÜRK UNTER DEM OnKEL DES BiLGÄ-KhaN. 

Über diese Törü setzte sich darauf mein Onkel, der Khan. Als 
mein Onkel, der Khan, zur Macht gelangt war, richtete er das 
Turk- Volk her und hob es: die Armen machte er reich, die We- 
nigen machte er zahlreich. 17. Als mein Onkel, der Khan, zur Macht 
gelangte, war ich selbst Schad über das Tardusch-Volk. Zusammen 
mit meinem Onkel, dem Khan, zogen wir nach Osten bis zur Ebene 
Schändung des Jaschyl Ügüz; nach Westen zogen wir bis zum 
Eisernen Thore; jenseits des Kögmän zogen wir bis in das Land 
der Kirgisen. 18. Im ganzen zogen wir 35 Mal zu Felde und schlu- 
gen 23 Schlachten, machten die in eignen Älen lebenden älelos 
und diejenigen, die einen eignen Khan hatten, khanlos, zwangen 
die Anführer nieder und unterwarfen die Häupter. Der Khan der 
Türgäs war von unseren Turk, von unserem Volk. Seiner Thorheit 
19. wegen und wegen seiner Vergehen gegen uns, starb ihr Khan, 
alle seine Beamten und Bäge starben, und sein geliebtes Volk erlitt 
Leiden. »Das Land und Wasser, welches unsere Vorfahren besassen, 
möge nicht herrenlos sein", — sagend — , ordneten wir das nicht 
zahlreiche Volk [Khan der Kirgisen?] 20. war Bars Bäg; die- 
sem hatten wir den Khan-Titel verliehen und meine jüngere Schwes- 
ter, die Prinzessin, (zur Frau) gegeben ^). Er selbst fehlte (gegen 
uns); da starb ihr Khan und sein Volk wurde Knechte und Mägde. 
»Das Land und das Wasser des Kögmän möge nicht herrenlos 
bleiben", — sagend — , kamen wir und nachdem wir das nicht 

zahlreiche Volk der Kirgisen geordnet hatten , zogen wir zu Felde 

21. und gaben zurück. 

Nach Osten siedelten wir das (Turk-) ^) Volk jenseits des Ka- 
dyrkan Bergwaldes an und ordneten es; nach Westen siedelten wir 



1) cf. Schlegel 1. c. p. 42. 

2) budun ist hier keineswegs auf die Kirgisen zu beziehen; der ganze Paragraph 
spricht vielmehr von einer Erweiterung der Reichsgränzen unter Bilgä-Khans Onkel. 



354 W. BANG, 

das Türk-Volk bis zum Käugü-Tarman an und ordneten es. Zu 
dieser Zeit hatten die Knechte ihre Knechte und die Mägde ihre 
Mägde; 22. soviel hatten wir erworben, soviel geordnet; und es 
waren unsere Äle und unsere Törü! 

VII. Abermaliger Niedergang der Kök Turk und Tod von 
Bilga-Khans Onkel. 

Fürsten und Volk der Türk-Oguz, höret! Da oben der Himmel 
sie nicht erdrückte und unten die Erde sie nicht verschlang, wer 
hat da Deine Äle und Törü zu Nichte gemacht? [Ihr Fürsten und 
Du("?)] Türk-Volk, ihr seid es selbst gewesen; (daher) 23. bereue! 
Gegen Deinen weisen Khan, der Dich wegen Deiner Treue geho- 
ben hatte, und gegen Deine in Sein und Wandel guten Äle hast 
Du selbst schlecht und feige gehandelt! Von wo sind Bewaffnete 
gekommen, um Dich zu zerstreuen, von wo sind Lanzenreiter ge- 
kommen, um Dich fortzuschleppen? Du selbst, o Volk des geweih- 
ten Ütükän-Waldes , zogest fort; nach Osten 24. zogest Du und 
nach Westen zogest Du, und in den Ländern, in die Du zogst, 
war dies Dein Gewinn: Dein Blut floss wie Wasser, Deine Gebeine 
lagerten wie Berge; Deine edlen Jünglinge wurden Knechte und 
Deine reinen Jungfrauen Mägde! Deiner Thorheit wegen und Dei- 
ner Feigheit wegen ist mein Onkel, der Khan, gestorben. 25. Am 
Anfang errichtete ich den Khan der Kirgisen als Balbal. 

VIII. DiK KÖK TÜRK ÜNTKR BiLGA-KhAN. 

»Der Name und der Ruf des Turk- Volkes möge nicht ver- 
gehn", — sagend —, machte mich der Himmel, der meinen Vater, 
den Khan, und meine Mutter, die Khatun , erhoben hatte, -- der 
Himmel, der die Äle verleiht — »der Name und der Ruf des Türk- 
Volkes möge nicht vergehn", — sagend, — machte dieser Himmel 
mich selbst 26. zum Khan. Ich wurde nicht Khan über ein Habe- 



2U DEN KOK TÜRK-INSCHRIFTBN DER MONGOLEI. 355 

und Vieh-reiches (?) Volk; ich wurde Khan über ein schwaches und 
feiges Volk, das innen ohne Speise und aussen ohne Kleidung war. 
Zusammen mit meinem jüngeren Bruder Kül Tägin haben wir dar- 
über gesprochen: »Der Name und der Ruf des von unserem Vater 
uud unserem Onkel erworbenen Turk- Volkes möge nicht vergehn", 
27. — sagend — , habe ich des Turk- Volkes wegen bei Nacht nicht 
geschlafen, bei Tage nicht gesessen. Zusammen mit meinem jünge- 
ren Bruder Kül Tägin und den beiden Schad *) machten wir Er- 
werbungen bis aufs Blut; und als wir in der Art Erwerbungen ge- 
macht, habe ich die mir ergebenen Völker nicht bedrückt. Ich ; 

das in alle Länder 28. fortgezogene Volk kam totmüde, zu Fuss 
und nackt zurück. »Ich will das Volk heben", — sagend — , bin 
ich nach Norden gegen das Oguz-Volk, nach Osten gegen das Volk 
der Kytai Tataby, nach Süden gegen die Chinesen mit grossen 

Heeren 22 Mal zu Felde gezogen und habe Schlachten geschlagen. 

29. Nun sei uns der Himmel gnädig! Da mein Glück und mein 
ffünstiges Geschick mit mir waren, so habe ich das sterbeiide Volk 
zum Leben erhoben, das nackte Volk bekleidet, das arme Volk 
reich gemacht, das wenige Volk zahlreich gemacht, meinen getreuen 
ünterthanen Gutes erwiesen (?); 30. Die Völker der vier Weltge- 
genden habe ich sämmtlich zum Frieden und zur Freundschaft ge- 
bracht*): sämmtlich waren sie mir ergeben! 



1) cf die Erzählung in Z. 17. 

2) wörtl. »friedlich und feindschaftslos gemacht". 



VOCABULAIRE BOUDDHIQUE SANSCRIT-CHINOIS 

Han- Fan Tsih-yao. 

PRÉCIS DE DOCTRINE BOUDDHIQUE 

PAR 

C. DE HARLEZ. 

— 0-®JS)©&-^ — 

Le livre dont uous présentons aux sinologues la reproduction 
et la traduction expliquée est un de ces ouvrages que les empereurs 
font composer pour l'usage des fonctionnaires mais qui ne sont point 
destinés au public. Aussi le nombre des exemplaires publiés est-il 
nécessairement très restreint et, pour la plupart, il n'en arrive au- 
cun en Europe. 

L'exemplaire xylographie que j'ai pu copier et étudier apparte- 
nait à l'un de mes amis, mort il y a deux ans déjà, et je ne sais 
ce qu'il est devenu. 

Cette collection de termes bouddhiques rangés par catégorie 
d'idées avait été faite pour les fonctionnaires en rapport avec les 
populations de religion bouddhique, pour leur permettre de com- 
prendre la langue religieuse de leurs administrés. Elle est due à 
l'initiative de l'empereur connu sous le nom de K'ang-hi et fut 
composée sous sa direction, 



VOCABDLAIKB BOUDDHiqUB SANSCRIT-CHINOIS. 357 

Le même souverain fit faire en outre un nomenclateur sembla- 
ble en cinq langues: Tibétain, Sanscrit, Chinois, Mandchou et Mongol*), 
dont j'ai donné les deux premières parties (Tibétain-Sanscrit) dans 
le Babylonian and Oriental Record de Feu le Professeur de Lacouperie, 
1887 — 1890. Le chinois est resté complètement en arrière et pour 
les sinologues ce travail n'offre aucune utilité*). 

Nous croyons donc leur être agréable en reprenant cette partie, 
d'autant plus que nous nous trouvons ici sur le terrain exclusive- 
ment religieux et que si nous avons moins au point de vue civil, 
nous pourrons donner d'avantage en ce qui concerne la religion. 

Nous ne répéterons par ce que nous avons dit ailleurs de la 
nature et de la valeur de ces nomenclateurs composés à Pe-king. 
Rappelons seulement ces paroles d'Abel Remusat aux Mélanges 
asiatiques (T. I, p. 153): «C'est une sorte d'aperçu encyclopédique 
qui fait mieux juger qu'une dissertation la manière dont un peuple 
envisage les objets et classe les idées. Un Commentaire de ce recueil 
serait un traité complet de la religion de Fo. Il établit d'ailleurs 
une synonymie autentique et du plus haut intérêt entre les noms 
propres ou les expressions particulières à ce culte et les expressions 
et noms des originaux sanscrits». 

A. Remusat s'étonnait de cette trouvaille; on en était alors aux 
commencements des études bouddhiques. Aujourd'hui tout cela parait 
très ordinaire et présente les catégories de notions propres au boud- 
dhisme sous une forme bien connue; mais ce qui n'est point encore 
à l'usage des bouddhistes c'est la partie chinoise des nomenclatures 
bouddhiques et la correspondance complète des termes chinois avec 
les expressions originales de l'Inde. C'est pourquoi le travail que 
nous allons présenter aux lecteurs du Tong-pao a été jugé utile 



1) Man han si fan isih Yao. 

2) Nous espérions avoir le texte chinois du Bharmatangraha de l'India office, mais 
gr&ce aux travaux d'agrandissement la bibliothèque n'en est plus abordable. 

24 



358 C. DE HARLEZ. 

par ses savants directeurs; c'est le motif qui nous a décidé à 
l'entreprendre. 

Notre nomenclateur, notre Tsih-yao, est fondé sur un texte 
sanscrit, mais il serait assez difficile de déterminer quel est celui 
qui lui a servi de base. Il semble que ses rédacteurs aieut fait 
œuvre d'éclectisme, on retrouve leurs catégories soit dans le Mahâ- 
vyutpatti soit dans le Dharmasangraha, mais pas toutes. Ils n'ont 
certainement suivi aucun de ces deux textes. 

Le sanscrit est, comme au Man-han si-fan tsih Yao, en carac- 
tères tibétains ce qui produit des erreurs assez fréquentes qu'il a 
fallu corriger. On se rappelle que Rémusat avait trouvé des suffixes 
sanscrits inusités qui n'étaient autre chose que le virâma tibétain. 
Nous corrigerons ces fautes le plus souvent sans le dire; cela intéressé 
peu nos lecteurs. 

Il est à remarquer que les termes employés dans ce Nomencla- 
teur différent souvent de ceux qu'Eitel donne dans son excellent 
livre: Handbook for the Student of Chinese buddhism^ comme les 
mots sanscrits, des expressions usitées dans les Manuels connus. 
La liste des livres sacrés est celle des textes népalais publiée par 
Hodgson. 

11 n'est pas besoin de dire qu'il s'agit ici des idées reçues dans 
le bouddhisme dit du Nord, qui a subi d'avantage l'influence des 
Brahmanes et de leur philosophie. On y chercherait en vain bien 
des termes qu'on trouve dans les ouvrages exposant simplement les 
principes du bouddhisme singhalais. Mais on ne peut naturellement 
demander à nos collectionneurs que de nous faire connaître les 
doctrines introduites en Chine. 

Les mots sanscrits ont été souvent traduits en chinois, en sui- 
vant l'étymologie plutôt que le sens; parfois la traduction ne s'ex- 
plique que par une erreur dont la cause nous échappe. Nous som- 
mes en outre maintes fois obligés de donner . aux expressions 



VOCABULAIKE BOUDDHIQUE SANSCRIT-CHINOIS. 359 

chinoises la signification qu'exige leur rapport avec les mots sans- 
crits et non celle que les Sinologues leur attribueraient s'ils ne les 
considéraient qu'en eux mêmes. Il semble que nos lettrés se soient 
écartés de temps en temps des usages de leur propre langue. 

Les notes et remarques nous les ferons les plus courtes possible, 
ne voulant pas usurper trop de place dans une Revue si bien 
nourrie; pour ce que nous n'expliquerons point, nous renvoyons 
à ce que nous en avons dit au Babylonian and Onental Record. 

Remarquons encore que les mots sanscrits sont généralement à 
la forme thématique et non au nominatif. 

Aux catégories de notre manuscrit nous en avons ajouté quel- 
ques autres prises au Sze-lei-fou et ailleurs, puis une série de mots 
isolés puisés un peu partout où nous avons pu les rencontrer. 
Nous n'avons pu, malheureusement, nous procurer un dictionnaire 
chinois des termes bouddhiques. 



I. BOUDDHA. 

1. ^ ^ Les trois corps de Bouddha. 

1. ^ ^ Dharma kâya, corps de la loi *). 

2. ^^ ASam6/jo^a 4%«, corps de jouissance; corps de récompense*). 

3. ^ ^ Nirmâna kâya, corps de formations et transformations. 



1) Ces expressions varient de sens avec les sectes. Les Mahâyânistes pour qui le vide 
est le principe suprême n'y voient que des abstractions. Le Bouddha nirvâné n'a qu'on 
corps apparent; ce n'est plus que la notion abstracte de la loi. Le corps de la jouissance 
est celui du nirvana, le nirmâna n'est que le corps apparent pris pour prêcher la loi. 

Pour les Yogâcâras et d'autres encore le Sambhogak. est celui de l'âme piense récom- 
pensée dans le Nirvana ; le nirraânak. est le corps magique que les Bouddhas et Boddhi- 
satwas revêtent à volonté pour opérer des merveilles et sauver les hommes; le Dkarmak. 
est celui de B. en tant qu'incarnation de la loi. 

D'autres fout de ces trois termes trois états de l'homme sur la terre etc. etc. 

2) Là où il y a deux explications la seconde est celle du chinois. 



360 C. DE HARLBZ. 

2- '^ S M 'J^itres complets de Bouddha. 
1. ^ Buddha, éclairé, illuminé. — Ch. Fo (anc. ButY) transcription. 
2- [l| ■^ ^ Bhagavân, Bienheureux, qui a une bonne part de 

destin. — Ch. qui sort (d'une aventure) ayant des dépouilles, 

ayant vaincu ^). 
^' ^R ^ Tathâgata, venu comme il convient, au moment propice. 

— Ch. ainsi venu. 
4. ^ •^ Arhat, méritant, digne (titre de dignité). — Ch. de mérite 

convenable, adéquat; convenablement pourvu ^). 
5- iE i^ ^ Samyak sambuddha, complètement, tout illuminé. — 

Ch. sachant complètement, correctement (d'un tout exact et bien 

coordonné) *). 
^' ^ ^ ^ Vidyâcaranasampanna, doué d'une conduite conforme 

à la science, à la sagesse. — Ch. aux pieds ^) marchant avec 

intelligence, éclairés. 

7. ^ ^ Sugala {suâgata), bien parti (bien venu); bien parti (de 
ce monde). {Tibétain: bien venu) ^). 

8. jy^ ^ ^) ^ Lokavit, qui connaît les mondes (les 3 mondes, terre, 



1) But est l'ancienne prononciation du caractère lu fo aujourd'hui; c'est ainsi que 
Buddha est devenu fo. 

2) On se rend difficilement compte de cette traduction de bhagavân; peut être nos 
auteurs qui étaient des étjmologistes passionnés, auront vu dans van (suffix de possession) 
la racine van, frapper, abattre. Ce terme est souvent simplement transcrit ^8 'Ufjl ^ï|* ; 
lu autrefois pok-ka-fan ou pok-kia-ban. — C'est un ancien titre de divinités indoues appli- 
qué à Bouddha. 

) Au Tibet ce mot a été interprêté comme si c'était arihat et traduit conséquemment : 
«qui tue des ennemis». 

Aussi transcrit olohati ou îoha7i ItnT Mh Vm 

^ m fmm- 

4) tchi y^ rend buddha, VB rend sam (ensemble) marquant la completion, et teheng 
TC correspond à samyak qui exprime l'idée de réunir en un ensemble, coordonner. 

5) Les chinois ont pris carana avec le sens de «pied». 

6) Les uns lisent sugata; les autres, sudgata (venu) selon qu'il s'agit du nirvana ou 
de la venue en le monde. 

7) fm doit être ici le collectif des espaces, lieux etc. Les mots sont placés selon 
l'ordre du sanscrit; comme si c'était «aux mondes connus». 



VOCABULAIRE BOUDDHIQUE SANSCRIT-CHINOIS. 361 

ciel et enfer). — Ch. qui explique les mondes (mondes expliqués). 
9. ^ _t. it ') Anuttara, sans supérieur; supérieur à tout. — Ch. 
lettré sans rieu qui lui soit supérieur. 
10. 1^ f^ ^ ^ Purushadamya sârathin ^), habile à dompter les 
hommes (comme un cocher, sârathin), les chevaux. — Ch. guerrier 
conducteur de char qui sait dompter conduire (ou: qui conduit 
dompte les hommes) '). 

1. j^ !â Lokajyeshta, le très vénéré du monde. — Ch. honoré du 
monde. 

2. -^ T^n ^ f^ ^ Sarvajiia, qui sait tout, omniscient. — Ch. 
science universelle, ou science complète *). 

3. ^ ^M ^ Traya, protecteur; forme inusitée. Trâtâ, titre d'Indra. 

— Ch. constant défenseur, protecteur ^). 

4. ^ F|1 ^ Devâtideva, Deva supérieur des devas. — Ch. divinité 
au milieu des divinités ^). 

5. -^ ''^ fllj') Maharshi, le graud Rishi. — Ch. l'Immortel à la 
grande instruction, grandement intelligent. 

6. 1^ ^ ]^ DTiarmaswaim, le maître de la loi. — Ch. l'honoré, 
roi de la loi ^). 

7. ^ F|1 ]^ JRshabha, puissant, qui engendre (mâle, taureau). 

— Ch. honoré parmi tous, de tous. 

8. ^ ^j 0j^ Nâyaha, guide (des hommes et des dieux dans la 
voie de la délivrance). — Ch. chef d'armée conduisant, guidant. 

9. ^ ^ m ^ Adwayavâdî, qui ne dit, n'enseigne pas deux 



1) Mot ajouté sans motif. 

2) Compagnon de char (ja rathd) , celui qai conduit pour le guerrier combattant des 
flèches ou de la lance. 

3) Tchong-jin semble mieux correspondre à purusha qu'à sârathin (avec yu). 

4) On ne sait pourquoi ces deux expressions qu'on retrouve dans la version tibétaine. 

5) Doublet, le premier terme désigne plutôt celui qui entoure, enveloppe pour protéger. 

6) Par ce que toutes les statues des dévas s'inclinèrent devant l'enfant ÇakyâmuQi. 

7) Terme taoïste bien connu. 

8) Le dernier mot est superflu: les Chinois ont pris su pour le préfixe laudatif. 



362 C. DE HARLEZ. 

choses (coutradictoires), ne trompe point {Adwaya est aussi 
l'identité de tous les êtres). — Ch. enseiguant uueloi non double. 

20. '^ '1^ ^ 'j^ -^ Çâudhodâni, fils de Çudhodâna (père du 
Bouddha). — Ch. fils aine du roi Pur-maugeur *). 

21. -p yj Daçabala, à la décuple force. 

2^- i/t ^M. Mârajit, vainqueur du démon Mâra. — Ch. qui défait Ma. 

23. -^ ^ Mahatma, la grande âme, la grande personnalité (l'âme 
universelle). — Ch. le grand saint. 

24. -^ ^ Vijap, complètement (m) victorieux. 

25. g" ]^ Vibhùs, le maître eminent (m* marque séparation, emi- 
nence et destruction). — Ch. universellement, parfaitement ex- 
cellent, honorable. 

26. g ^ Viçwântara, qui pénètre partout, intime à tout, — Ch. 
qui mesure tout. 

^^' ^ ^ H '^ Sarvadharmeçwara, chef de toute loi (îpi^ara l'être 
suprême). — Ch, le maître indépendant (per se stans) de toute loi. 

28. ^S j^ Gunasâgara, Mer de qualités, vertus. 

29. ^lii -f^ Çaranam, refuge. — Ch. soutien universel en qui tous 
trouvent un refuge. 

30. 1^ ^ ^jjj Vâdîsinha, lion d'éloquence {smha, lion indique la 
complète supériorité). — Ch, Maître dissertant de la loi (Lion :^^?). 

31. ^ fj-ï ^ _h. Narottama, le meilleur des hommes (le plus au 
dessus de tous); — Ch, le plus élevé parmi les hommes. 

32. ^ ^ [^ J^ Mârâbhibhu, qui triomphe du mauvais génie 
Mara. — Ch. Par sa force majestueuse abattant Ma. 

33. fflE Jl^ ^ ^ Apratipudgala , sans rival (quant à la beauté), 
{pratipudgala est un terme inusité en sanscrit) ^). - Ch, D'une lon- 
gévité qui n'a point de supérieure (explication inexpliquée). 



1) Explication étymologique du mot Sanscrit: Çudka purifié, odana mets 

2) Litt, être mondain {pudgala) opposé. Peut-être apratipurusha. 



VOCABULAIRE BOUDDHIQUE SAUSCRIT-CHINOIS. 363 

34. ^ ^fj Vântadosha, qui abat tout les maux, tous les vices, 
les fautes. — Ch. qui détruit les fautes. 

^^' ^^ Hatavisha, qui détruit le poison (da mal); {litt.: qui 
a le poison détruit). — Ch. qui écarte la ruine (traduction in- 
expliquée). 

36. j^ ^ :;jig Anangajit, qui triomphe de l'amour (l'être sans corps). 

— Ch. qui domine, règle le sans forme, sans apparence extérieure. 

37. ^ -^ ^^ j^ Shàd<ibhijhâ, qui possède les six pouvoirs sur- 
naturels '). — Ch. qui emploie les six pénétrations intellectuelles. 

38. j^ [jj ^ Bhavântakrt^ qui cause la fin de l'existence de l'être. 
Bouddha par sa loi met fin aux existences successives et au 
monde présent. — Ch. Séparation, fin des âges qui terminent. 

39. ^ — ^ ^ Aghahantar, qui tue le mal. — Ch. qui écarte 
tout artifice. 

40. ^ ^ Siddhârtha, qui a achevé son affaire, sa mission; premier 
nom du Bouddha. — Ch. (doublet). 

41. ^ ^ ^^ -^ Çâkyasihha, le lion (la gloire, le plus illustre) 
des Çâkyas (famille du Bouddha). — Ch. id. (Çâkya transcrit). 

^2- ^ _t 1J^ Varada, qui donne des dons excellents (de choix). 

— Ch. aux dons très supérieurs. 

43. -^ ^ Vira, valiant, héros; fort à poursuivre la perfection, 
selon le langage bouddhique. — Ch, grand mâle, valeureux. 

44. ^ j^ Niravadya, sans reproche; sans défaut etc. 

45. ^ ^ VUatrshna, qui s'est défait de la soif (des passions). 

— Ch. sans désir. 

46. fflE ^ Nirâdâna, qui n'accepte point de don, ne prend rien. 



2) Ce sont: le dipyaeakshtu (œil divin) qni comprend par intaition, diofaçrotram 
oreille divine qui perçoit et comprend toos les bruits; Rddhisaishâthriyâ, pouvoir de se 
donner une agilité' snmatarelle qui traverse tout; pärvanivdsdnusmrti souvenir des existences 
antérieures; paracittajhânam connaissance de la pensée d'autrni; Açravaithaya fin du 
courant des existences successives. 



364 C. DE HARLEZ. 

^7- ^ Ja ^ ^ Vîçruta, renommé (entendu de tous côtés). — 
Ch. très hautement renommé. 

48. -^ 1^ ^^ 2JS Çubhadharmakara, auteur de la loi belle, prospère. 
— Ch. racine fondamentale de la bonne loi, universelle. 

49. '^ J^ Çuci, le pur. 

50. ^ J;[j Änusama{anupama^), sans comparaison possible, sans égal. 

51. ^ ^ [hI Trikâlajnâ, qui connaît les 3 âges (présent, passé, 
futur). 

52. ^ ;^ Nirmala, sans tache. 

53. ffi ^ Nirjvata, exempt de peine, de maladie. 

54. Q ^ Sûryavança, de la race solaire; la race solaire était une 
des deux familles royales qui se disputèrent l'empire de l'Inde 
seloii le Mahâbhârata. V. B. 0. R. 165, 1888. 

55. '^1^ Angirasas, de la race d'Angiras, le héros védique (V. 
Ibid.). — Ch. de la famille du soleil. Angiras est un héros solaire, 
symbole du feu. 

56. ^ ^i* Gautama (nom de la famille de Bouddha). — Ch. kotam 
(transcrit). 

57. '1^ ~y" )^ ^ Ihhwâkukulanandatm, joie de la race d'Ikshvs^âku 
fils de Manu) (V. Ibid.), nandana est employé dans la quali- 
catifs des personnages qui illustrent leur race. — Ch. qui réjouit 
la famille de la Canne-à-sucre (sens propre du mot Ikshioaku). 

58. ^ ^ Prahhu, le maître suprême (titre de l'Etre suprême 
source de tout). — Ch. maître soutenant. 

3. ^ ~[" Zl /J55 ^ Noms des 32 qualités extérieures 
(du Bouddha) ')• 

1. :]fi 1^ ^ ij^ Ushnîshaçiraska , qui a sur la tête une protu- 
bérance charnue formant comme un diadème (le front en pain 



1) Qu'il doit nécessairement posséder et qui le distinguent des antres hommes. 



VOCABULAIEB BOUDDHIQUB SANSCRIT-CHINOIS. 365 

de sucre) '). — Ch. qui a, comme coiffure, de la chair au frout. 
2- ^ j^ ftf" Pradakshinijajatâkeça, portant ses cheveux en tresses 
tournées à droite (ou élégamment). — Ch. dont la chevelure se 
tourne élégamment ^). 

3. ^ ij^ ^ Dîrghâhguli^ aux longs doigts, effilés. 

4. ^ ^ ^ JaTnyakéçaunyja, à la chevelure vieillie, comme 
de la laine. — Ch. qui a des poils blancs entre les cils (c'est une 
ligne de poils blancs rudes et bouclés comme la toison du 
mouton). Signe principal de la mission du Bouddha; de là 
partent des rayons lumineux qui éclairent le monde. 

5- W^ c. ^ P3 ^ AbhinUanêtra, aux yeux d'un bleu noirâtre. 

— Ch. dont les yeux ont la couleur d'un métal bleuâtre d'acier. 
^- W^ B^ ^ ^ 3E Gôpâksha, aux yeux d'éléphant. — Ch. aux 

paupières comme (celles de) l'éléphant. 

Les mots sanscrits nêtra et akshi ont le même sens. 

7. "^ Y^ "p Catvârinçadanta, aux 40 dents. 

8. ^^ ]^ Samadanta, aux dents bien égales. 

9. "^ ^ Aviraladanta, aux dents sans interstice. - Ch. aux dents 
serrées. 

1^- m f^ Suçukladanta, aux dents très blanches; aux dents 
blanches, propres. 

11. fï@ Fp ^ f^ ^ _t, Ç?fc Rosarasâgrata, qui a dans la bouche 
l'arôme d'un suc délicieux. — Ch. Dans la gorge duquel un suc 
pur a acquis un goût exquis. 

12. ^^ -^ ^ ^ Sinhahânu, aux mâchoires de lion. 

^^" ;^ ^ R Prahûtatanujihva. à la langue longue et mince. — 
Ch. à la langue large ') et longue. 



1) Aa Tibet c'est une touffe de cheveui proéminente. 

2) Ijc terme suivant montre que la construction est bien celle-là, quoique contraire 
aux règles. 

3) Prahhûta portée en avant, longue, élevée est ici pris pour s'étendant, large. 



366 C. DE HARLEZ. 

^^- ^j "^ Brahmaswarn, qui a un son de voix comme Brahma. 

— Ch. au son de Fan (Brahma, auc. Bam), 

15. pj^ ^ jQ *i^ SupravrtasJcatidha, aux épaules très bien tour- 
nées, arrondies. — Ch. Aux 2 épaules rondes et pleines. 

16- -{a ^ )m '^(^ptotsâda, aux sept protubérances (aux mains, 
pieds, épaules et tête). ~ Ch. aux sept places pleines, rebondies. 

^'^' Pß ^ IHI Cilântarânça ^), aux deux épaules rondes. 

^^' ^ Im ^ W^ Sukshmacchavis, à la peau délicate, fine. — Ch. 
a l'épiderme douce, souple. 

^^' Ä ^ ^ G Suvarnacchavis, à la peau brillante, couleur d'or. 

— Ch. à la peau de couleur or rouge et douce (comme la soie). 

20. ^^ ^R ^^ -^ Sihhapurvârddhokâya , à la poitrine de lion. 

— Ch. Poitrine comme un lion. 

21. ^ f^ '/^ /^ ^) Nyagrodhaparimandala^ bien arrondi (de corps) 
comme le tronc d'un Nyagrodha (la ficus religiosa, l'arbre chéri 
de Bouddha). — Ch. bien arrondi, bien fait, plein comme il faut. 

22. ^ >H" ^-^ Ekâikarômapradakshinyavrtta, dont les poils sont 
un à un tournés vers la droite, bien tournés. — Ch. aux poils 
tournés à droite. 

23. ^ [Ô] _t tiâÊ Urddhwâfigarôma^ dont les poils du corps vont 
vers le haut; id. (sans le mot corps). 

24. ^ [^ 1^ Kôçagatavastigûhya, dont les pudenda ^) sont enfoncés 
dans le corps, non apparents. 

25- Pl^ ^ [Mi i^ Siivarttitera, aux cuisses bien formées, tournées. 

— Ch. aux deux cuisses rondes, pleines. 

26. ^ fl* M IH iffi Ucchâiikhapâda, aux pieds et hanches élevés, 
hauts. — Ch. aux os des genoux forts, ronds, pleins. 

27. ^ ^ ^ jMl Mrdutarimahastapâdatala, à la plante des pieds 



1) Mss. ranpa ce qui n'a pas de sens. 

2) N'est pas ici le pied. Le tibetain-mandchou-mongol ont «corps, forme». 

3) BÊ a ici le sens de ^^^ , mâle, ffi jj^, maris secrefa. 



VOCABULAIRE BOÜDDHiqUB SANSCRIT-CHINOIS. 367 

et des mains delicate, tendre au toucher; — Ch. aux pieds et 
mains tendres, ronds, pleins. 

28. ^ ^ ^ ^ Jâlahandhahastapâda, aux pieds et mains comme 
les mailles d'un filet (les os et les tendons régulièrement dis- 
posés). 

29. ^ /£ "f ^ ^ Cakrâhkitahastapâdatala, à la plante des pieds 
et des mains marqués d'une roue (la roue de la loi), ou un 
disque emblème du pouvoir *) suprême. — Ch. pieds et mains 
avec une roue tournante. 

30. J£ ~5 ^ j^ Supra fishtitapâda, aux pieds bien posés, fermes; 

— Ch. aux dessous des pieds plats et pleins. 

^1- ^ dE.^ Aineyajanghana^ à la jambe d'antilope. 
32. {^ |§| Àyatapâdapashni, aux talons longs, étendus; aux talons 
ronds et pleins. 

4. /V ~^ ^ ^ Açityanuvyahjâni. Les 80 beautés. 
Les quatre-vingt marques inférieures. 

1- /!V ^ ^^ Üil Ê Atâmranakha, aux ongles de couleur de cuivre. 

— Ch. aux ongles de la couleur du cuivre rouge. 

^- 'le /TV ;3t iS Snigdhanakha, aux ongles huileux, doux (ou lui- 
sants). — Ch. aux ongles des doigts brillants, luisants comme l'huile. 

^- 'tis /R ^ 'i^ Ttihga7iakha, aux ongles arondis, formant boule 
au-dessus. — Ch. aux ongles proéminents, se montrant fort. 

^' *}§ f P H VrttâhguH, aux doigts bien tournés, moulés. — Ch. 
aux doigts ronds, bien formés. 

^' "fê ^ ^i^ [HI Anupûrvahguli, aux doigts étendus, formés ré- 
gulièrement. — Ch. aux doigts allongés, fins et ronds. 

^' 'tis IH Paryaiigidi {citrangnli) , aux doigts beaux, bien faits. — 
Ch. aux doigts ronds. 



1) La traduction mandchoue suppose la roue des prières des lamas. 



368 C. DB H A II LEZ. 

'^' 1^ "^ -^ ^ Nigûdhasiras, aux veines enfoncées dans la chair 
(inapparentes). — Ch. invisibles. 

8. 1^ ffiE ^ Nigranthasiras^ aux veines qui ne s'entrelacent pas. 

— Ch. aux veines non liées. 

9. *^ 'BjJ '^ Gûdhagulka, aux os des jointures enfoncés. 

10. -^ ^ ^ i^ Avishampâda f dont les pieds n'ont point d'in- 
égalité, de défauts. — Ch. dont les pieds et les mains sont à souhait. 
^^- M< i^ ^R ^i^ Sinhavikrântagâmî , dont la marche a la vigueur 

du lion. — Ch. noble et digne comme un lion. 
^2* [ëI ^ ^R ^ 3l Nâgavikrântagâmî,dout\a marche a, la vigueur 
de l'éléphant. — Ch. au corps tourné comme le roi des éléphants. 
^^' ^ ^ ^W f^S 3E Hansavikrântagâmi, dont la marche est réglée 

comme celle du cygne. 
^^- ^ it ^W "^ 3Ê Vrshabhavikrântagâmi , comme le taureau. 

— Ch. qui s'avance et s'arrête, se tient comme le taureau. 
1^- ® Au. ^ ^ Pradakshînyavrttagâmi^ dont la marche est dirigée 

vers le côté droit. — Ch. dont les regards se portent vers la droite. 

16. ^ -^ ^ ^ Carugâml, à la marche élégante. — Ch. qui 
marche avec dignité et majesté. 

17. ^ ">^ i^ iE Avakragâml, qui ne marche pas de travers, de 
côté, obliquement — Ch. à la marche droite, parfaite. 

18. ^ ypl 7^ Vrttagâtra, aux membres bien luoulés. — Ch. au 
corps luisant et doux d'aspect. 

19- % yt ^ ^Va Mrshtagâtra, aux membres bien polis. — 
Ch. au corps brillant, sans tache, sans poussière. 

20. ^ ^g i^^ ^ Anupûrvagâtra,aux membres disposés en bel ordre. 

— Ch. aux membres en relation convenable. 

21 . M^ *§§ '^ '^ Çucigâira, aux membres purs, brillants. 

22. ^ '^g è^ ^ Mrdugâtra, aux membres délicats, doux au toucher. 

23. '^ f^ ^ Viçuddhagâlra, aux membres parfaitement purifiés. 



VOCABULAIRE BOUDDHIQUE SANSCRIT-CHINOIS. 369 

24. ^ yÈS ^ Paripûnmvyahjana^ aux signes de beauté parfaite- 
ment complets. — Ch. corps plein à sufiBsauce, pleinement complet. 

25. iS' Ä $"5 ffl S Sci^n(^^T'^^<^i a 1» marche bien égale, — Ch. 
au corps bien disposé dans le relation de ses parties larges et 
étroites, aux membres larges et étroits bien agencés les uns 
dans les autres. 

26. ^ "Ig ^ ^ Prthucarumandalagâtra, aux membres arrondis, 
beaux et larges. — Ch. aux membres réguliers, en bel ordre. 

27. § ^ '/H Çuddhanêtra, aux yeux purs, a la vue claire. — 
Ch. aux yeux larges purs. 

28. ^ ^ ^ ^J/ *^ ^ ^ ^ Suknmâragâtra, aux membres d'un 
beau jeune homme; à la contenauce merveilleuse complètement 
comme celle d'un jeune homme *). 

29. :^ "^i ^ ^ Adâmoagàtra (adinagâtra), aux membres, au 
corps non courbé (sans défaut). 

30. ^p ^ ^ J^ Utsadagâtra, aux membres r&istants. — Ch. plein, 
fait au désir. 

31. ^ ^ ^ Susajihatagâtra , membres bien agencés. -- Ch corps 
vigoureux, parfait. 

32. '^ 1^ ^p ^i/ ^ Suvibhaktâhgaprafyahga , aux membres et 
jointures bien dégagés, bien proportionnés. — Ch. aux articu- 
lations bien disposées, comme un cadenas. 

33. ^ '/[^ ^ j^ H^ Vitimiramçuddhaloka, au regard libre d'ob- 
scurité, pur et clair. — Ch. au regard profondément clair, 
distinguant, perspicace. 

34-36. ^ ^ JI y® Vrttakukshi, ^ ^ ^ JE ïK mrsJitakukshi, 
^ ^ f^ ^ ^T (ibhugnahckshi, aux lianes bien formés, bien 
lisses, non courbés. — Ch. aux deux hanches rondes et pleines; 
planes et droites; de forme égale, plane. 



1) Suhimâra signifie tendre; il est pris ici étymologiquement. 



370 C. DE H AR LEZ. 

37. ^ 3^ ï^ Ksâmôdara, au ventre plat. — Ch. ventre non 
proéminent. 

38. 1^ *^ j^ ^ Gambhtranabhi, au nombril eufoncé, rond, beau. 

39. ff^ S^ yfe" ^ Pradalcshinavrttanabhi, au nombril tourné vers 
la droite. — Ch. au nombril tournant {vrtta) allant à droite. 

40. ilj/ ^ ji^ J^ Samantaprasâdika, gracieux de toute part. — Ch. 
merveilleusement beau, droit, majestueux. 

41. ■^j^,^^^^!*^ Sthitânavatapralambabâhutâ , aux bras pendants 
quand il est debout et non courbé. — Ch. dont les mains atteignent 
les genoux. 

42. ^ -^ ^ ^ Çucisamâcara, de conduite convenable, pure, bril- 
lante. — Ch. dont la marche n'a rien qui la gêne, l'arrête. 

43. ^ j& Jj(£ j^ Vyapagatatilakagâtra 1 du corps duquel toute 
tache est éloignée. — Ch. au corps sans marque, sans tache 
naturelle. 

44. -^ ^R ^ ^ ^^ Kulapatriçasu, la peau des mains comme le 
Kulapatri *). 

45. -^ ^ ^ ]Ê! Snigwapânilekha, aux ligues des mains luisantes. 
— Ch. aux lignes des mains brillantes et droites. 

46. ^ ^ »^ Gambhîrapânilekha, aux lignes des mains profondes. 

47. ^ -^ -^ AyatapâniUkha^ aux ligues des mains allongées. 

48. H P^ U ifê Nâtyâyatamadna, dont la face n'est pas trop 
large. — Ch. au visage rond et plein, 

49. § ^R ^ ^ Hr ^""^«P^«'*'^^»^^«' qui a le lustre d'un fruit 
de bimba ^) (aux lèvres). — Cb. aux lèvres comme le fruit du 
Pinpa (transcription). 

50-52. Ç ^ JJ^ MrdujiJnca, ^ ^ ^ tanujihwa, Ç ^ Ê 
Raktajihwa, à la langue douce, mince, rouge. — Ch. a la langue 
douce, flexible; à la laugue mince et large; langue de couleur rouge. 



1) L'arbre à cotton. 

2) Espèce de gourde à fruit rouge, mordica monadelpha. 



VOCABULAIRE BOUDDHIQUE SANSCRIT-CHINOIS. 371 

53. ^ ^ j^ ^ Jimûtaghôsha, à la voix retentissante comme le 
tonnerre. — Ch. émettant une voix effrayante. 

54. -^ ^ ^ iip Cârusioara, au son de voix agréable. — Ch. au 
son de voix beau, merveilleux. 

55 — 58. ^ 1^ Vrttdanshtro. '^ ^j tikshnadahshtra, -^ y çuk- 
hadanshtra, ^ ^^ samadanshtra, aux dents bien tournées, aiguës, 
blanches, bien égales. 

59. ^y '^ i^ Änupiirvadahshtra, aux dents bien rangées; aux 
dents se suivant bien. 

60, 61. 1^ ^ tuhganâsa, ^ '[j^ [g^ çudnâsa^ au nez proéminent, 
brillant. — Ch. nez brillant, beau, droit. 

62, 63. ^ '^ '^ Viçudhanêira, ^ ^ viçalanêtra, aux yeux bril- 
lants, purs, larges. — Ch. aux yeux larges; aux yeux purs. 

64. ^^^ g^ ^ ^ Citapakshmâpajma, aux cils serrés épais. — Ch. 
aux cils épais, serrés. 

65. § M â ^ ?^ in ^ M -ÎÈ S^ Sitâsitakamaladalanayana, 
à la pupille brillante comme les pétales du lotus blanc et noir. 
— Ch. aux yeux noirs et blancs (pupille et cornée) brillant 
comme les pétales du lotus bleu. 

66-68. # M # Ä ÀyatahhrÛ, # Ü ^ |)C çlakshnahhrû, ^ 
M ^ ^ samarômabhru, aux sourcils étendus, délicats, formés 
de poils égaux, bien rangés. — Ch. aux sourcils allongés en 
belle disposition; aux sourcils fins et délicats, doux; aux sour- 
cils eu bel ordre, égaux. 

69. ^ ^ j^ -^ Ptnâyatakarna^ aux oreilles longues et épaisses. 

70. p^ I^ ^^ 2p Samakarna, aux oreilles égales. — Ch. aux deux 
oreilles égales, semblables. 

71. ^ ^f^ ^ j(p AnupaJiafakarnêndriya, dont le sens de l'ouïe 
n'est pas altéré. — Ch. au sens de l'ouïe complet, merveilleux. 

72. ^ ^ ^ ^^ Snparinatalâlâta, au front bien moulé, tourné, 
arrondi. — Ch. au front large rond et pleiu. 



372 C. DE HARLEZ. 

73. 7p ^^ )^ ii^ Prthulalata, au large front; — Ch. au front 

élevé et admirable. 
'^'^- ^È cL R ^^ Supûrnottamânga, a la tête bien pleine, arrondie, 

sans rien d'anguleux. — Ch. aux cheveux couleur de lapis-lazuli. 
75. ^ ^ ^» Citrakêça, aux cheveux brillants {citakeça aux che- 
veux épais). — Ch. aux cheveux épais, serrés. 
'^^' ^Ê ^K Î^Pi Çlcikshnakeça, aux cheveux fins et doux. — Ch. aux 

cheveux souples, délicats. 
'^'^- ^ ^ âL ^sanlutitakeça, aux cheveux non mêlés. — Ch. aux 

cheveux non en désordre. 
78. ^ ^ ^ ^ ;;^ Aparushakeça, aux cheveux non rudes, non 

déplaisants à voir. — Ch. aux cheveux sans souillure ni poussière. 
'^^- ^È ^^ 1^ Surabhikeça, aux cheveux parfumés. — Ch. aux 

cheveux purs et parfumés. 

80. ^ ^m K ^ # 1^ * èî'' ÄF A >Ë Çrtvarpaswastika- 
nityâvarlalalitapânipada, aux pieds et mains ornés du swastika 
toujours tournant de forme superbe. Al. Çrwartamuktikanan- 
dyâvartalokshitap. marqués des trois signes çrrvarta, muktika et 
nandyâvarta. — Ch. dont les pieds, les mains et la poitrine sont 
marqués d'un signe de bonheur, base de vertu, merveilleusement 
beau, bien disposé. 

^- ^ ^ë Pousat (les Bodhisattveas). 

1- ^^ ^ Boddhisatlwa, Pousat (transcription). 
2. j^ gi^ ^^ Mahâsattwa, grand être. — Ch. mahosat (transcription). 
^* -T^ ^ fî^ ^ Dhimân, sage, prudent. — Ch. d'une sagesse, d'une 
intelligence pleine, suffisante. 

4. ^ ^^ Vijêtâ, complètement (vi) victorieux. — Ch. joyeux vain- 
queur. 

5. ^ ^ Jinâdhâra, support, soutien du vainqueur (Jhia qui se 
vainc soi-même, l'ascète parfait. Bouddha). 



VOCABULAIRK BOUDDHIQUE SANSCEIT-CHINOIS. 373 

6- "^ M Jinähkura^ descendance de Jina. — Ch. id. de Bouddha. 

7. ^ ^ ^ Vikrânta, de pouvoir, force supérieurs. — Ch. om- 
niscience, omnipotence. 

8. iip ^ Paramârya, suprême arya, excellent, vénérable. — Ch. 
merveilleusement saint. 

9. -^ î^ ^ Sârthavâha, (qui porte avec soi ses biens) chef de 
caravane (des moines mendiants). — Ch. grand chef de marchands. 

10. ^ ^ Krpâlu, compatissant. — Ch. extrêmement bon. 

11. H^ ^ Içvâra, Chef souverain. ~ Ch. plein de majesté, d'autorité. 

12. ^ ^ y^ Dhârmika, sectateur de la loi. — Ch. qui pratique 
coDiplètement la loi (aux moyens de la loi complets). 

13. ^ ^ Jinorasa^ sorti de la poitrine de Jina Bouddha. — Ch. 
fils de Bouddha. 

14. ^ ^ ^ ^ Dharmatonirgata, venu ici-bas selon la loi. — 
Ch. formé, né selon la loi. 

15. ^ -^ P ^ Muktatoja, né de la bouche (de Bouddha ou de 
Brahma). 

6. :^ ^ ^ Noms spéciaux des Pousat. 

1- ^, tft ö" Avalokiteçvâra, Kuan-she-yin ou Kuan-yin, divinité chi- 
noise identifiée avec Avalokiteçvara à cause de la ressemblance de 
nom produite par une fausse etymologic; au lieu de Avalokiteçvara, 
Souverain qui regarde en bas (avec miséricorde), on a lu ou voulu 
lire avalokasvara. Qui observe les voix, les prières du monde. 

^' ^ ^ ^ Akâçagarbha, qui a l'empyrée pour matrice. — Ch. 
réceptacle du vide, de l'espace immense. 

3. y^ ^* ^ Afahâsthâmaprâpta, qui a acquis grand pouvoir. 

4. ^ ^ Ratnapani, qui a un joyau dans la main. — Ch. qui 
a un sceptre précieux, de matière précieuse. 

5. j^ pp Ratnamudrapani, qui a en mains un sceau de pierreries. — 
Ch. au sceau de matière précieuse. 

25 



374 C. DE HARLEZ. 

6. ^ ^ Ratnamukuta^ au diadème de pierres précieuses. — Ch. 
à la couronne de pierreries. 

7. ^ 7^ Ratnacuda^ à l'aigrette, — Ch. bouton de pierre précieuse 
(du bonnet). 

8. ^ ^^ Ratnakuta, faisceau de pierreries. 

^' w ^ y^ Vimuktacandra, lune délivrée (des nuages), 
lö- F^ ^ § Padmanêtra, œil de Lotus. 
^■'^* ;^ S Viçâlanêtra, aux larges yeux. 

12. -^ '|g Samanterii/apatha, d'une constante activité. — Ch. ex- 
trêmement, entièrement constant, ferme. 

13. g j^ Samântaprâsâdîka, qui possède la faveur complète. — 
Ch. de partout, complètement, universellement merveilleux. 

1^- 13 ^ Jnânavat, possédant la science. — Ch. d'une sagesse 
globale. 

15. y^ ^ïî -^ -fy Samântacaritramat, sachant complètement la con- 
duite à tenir. — Ch. d'une graudesciencedelaconduiteen tout point. 

16. ^pij|j -^ ^^ )g^ Sinhavikrîdita, qui se joue comme un lion. — 
Ch. lion folâtrant, jouant, en lion. 

17. i^ Q* 3E Mahâghoshaswararâjâ, Roi à la voix fort retentis- 
sante. — Ch. Roi au son de voix extraordinaire. 

18. ^^ ~^ P^ Sinharâda, rugissement de lion. 

19. jB^ y^ Anupalipta, non souillé, sans tache. 

20. ^ -^ Kumârabhûta, fait jeune homme. — Ch, jeune homme. 
^^' yt ^ Jyôtishmat^ brillant. 

22. fflE ^ ^ Akshayamati, à l'inlelligence sans défaillance, 
^•^- 3ü )»M lî?\ Adityagarbha, sein, progéniture du soleil, rayons. 

24. ^ ^ij ^ Vajradâra, amas de diamants (réservoir). 

2^' tjc^ ^i^' ^^ Açugandha, au parfum actif; parfum merveilleux, 

^^* /l^ fe Guhagupta, caché dans les profondeurs, les cavernes. 

^^- ^ ^ Jyoliprahhâ^ brillant comme l'éclair. — Ch. brillant 
comme une étoile, à l'éclat d'étoile. 



VOCABULAIRE BOUDDHIQUE SANSCRIT-CHINOIS. 375 

2^' ^ ^ M* Akshayakaranddy aux corbeilles (facultés inépuisa- 
bles). — Ch. contenant, instrument inépuisable. 

Les 12') causes productrices (de l'existence), 

1. ^0^ Ävidyä, l'ignorance, l'absence d'intelligence. 

2. ^ Samkara, l'intelligence (réunit, compare). — Ch. l'action 
(traduction de kara, kar faire). 

3. ^ Vijhâna, l'intelligence qui distingue. 

4. ^ "^ Nâinarûpam, forme-nom (nom et forme); nom et forme, 
apparence extérieure. 

5. -^ ^ Shadâyatanam, le domaine des six (sens); nos 5 sens 
est le manas ou esprit percevant. — Ch. les six pénétrations. 

6. ^ Sparça, le toucher. — Ch. contact, choc. 

7. ^ Vedanâ, perception. 

8. ^ TrsJmâ, soif, désir, affection. 

9. ^ Upâdânam, acceptation, prise. 

10. yB Bhava, existence. 

11. ^ Jâti, naissance (provenant progressivement des précédentes. 
Voy. B. 0. R. 1889, p. 232). 

1^- 'Ttî. ^u Garâmaranam, vieillesse et mort. 

8. jfil H^. Maux de l'existence. 

1. -^ Çôka, peine, douleur. 

2. ^ Paridevanâ, lamentations, plainte. 

3. 1^ Duskfiam, malheur, — Ch. diËBcultés, malheur, 

^- Ml ^Vj) Dâurmanasyam, cœur, esprit chagrin, mal disposé. — Ch. 

cœur troublé. 
5. ^ ^ Upâyâsa, efforts pénibles. — Ch. luttes, querelles. 



1) Bien qae le titre du chapitre n'annonce que 12 snjets, il en contient en réalité 17. 
Les 5 derniers sont les produits de l'existence dont la connaissance est nécessaire à la 
délivrance. 



376 C. DE HARLEZ, 

Les 16 actes des quatre choses à considérer attentivement. 

1. ^ Dushharn, état malheureux. — Ch. peine, état de peine. 

2. |ffi ^ Anityam, instabilité. — Ch. non perpétuité. 

3. ^ Çûnyam^ vide, inanité. 

4. fl^ ^ Anâtmakam^ absence de personnalité. — Ch. sans moi. 

5. ^ Hêtu^ cause d'existence. 

6. ^ Samudayam, ce qui produit en unissant les éléments. — 
Ch. réunion (rend sam). 

7. ^ Prabhava, production, naissance. 

8. ^ Pratyaga, principe fondamental, base. — Ch. fondement, 
cause d'union (des éléments qui forment l'infortuné mortel). 

9. ]^ Nirodha, arrêt, empêchements (qui causent les maux et 
arrêtent dans le chemin vers le nirvana, retenant l'être humain 
en ce monde). — Ch. destruction. 

10. ^ Çânta, calme intérieur, silence produit par la répression 
des appétits. — Ch. vide, épuisement. 

11. j^ pranîti (pranâya), exemption de désirs (sens bouddhique). — 
Ch. merveille, perfection, mystère. 

12. ^ niparana, traversée heureuse du courant de ce monde pour 
suivre le chemin de la loi. — Ch. détachement. 

13. ^^ Mârga, voie (de la loi vers le nirvana). 

14. j£ ^y^y<^i sage conduite, moralité. — Ch. rectitude, conduite 
conforme aux règles. 

15. SQ^ Pratipatti, arrivée, obtention du but. — Ch. traces, effets. 

16. ^ Nâityânika, perpétuité, réalité (dans le grand vide et le 
nirvana). — Ch. allée, marche continue. 

N. Ces 16 principes se répartissent quatre par quatre entre les 
4 grands fondements du bouddhisme. 1. l'existence provenant de 



VOCABULAIttB BOUDDHIQUE SANSCRIT-CHINOIS. 377 

l'erreur, et n'étant qu'une source de maux. 2. le désir source de 
Tune et des autres. 3. nécessité de la destruction des désirs. 4. id. 
de la foi bouddhique. 

10- i ^ Pahcaskhandha. Cinq agrégats. 
Les cinq éléments constitutifs de l'être apparent, les cinq agrégats. 

1. ^ ^ Rûpaskandho, élément, agrégat de la forme extérieure. — 
Ch. agrégat de l'apparence extérieure (les 4 éléments, les sens 
et leurs objets, principe vital, sexe, parole, geste etc. 28 éléments). 

2. ^ ^ Vêdaskandha, sensation, perception des objets extérieurs. — 
Ch. élément de la perception. 

3. ^ ^ Sanjhâskandha ^ connaissance des idées abstraites des 
sensations. — Ch. de la connaissance réfléchie. 

4. ^ ^ Sahskâraskandha, élément agrégatif des actes (al. karmas- 
kandha). 

5. ^ ^ Vijhânaskandha, élément agrégatif du jugement. _^. 

11. ï, ^"^ Pahca indriyâni. Les cinq sens matériels. 
Les cinq racines ou bases. 

1- B^ ^^ Cakshurindriyam, la vue. 

2. !^ ^^ Çrota-indriyam, l'oreille, l'ouie. 

3. s. ^ß Ghrâna-indriyam, le nez, l'odorat. 

4. ^ t^ Çabda-indriyam, la voix, le son. — Ch. la langue, le goûter'). 

5. ^ ^^ Kâya-indriyam, le corps, le toucher. 

12. ^ ;^ . Les 5 objets des sens. 
Les cinq classes de molécules poussiéreux ^). 

1. '^ Rûpa, forme, couleur etc. qui composent la forme sensible. 
2« ^È. Çabda, son, voix. 



1) Tibétain, mandchou, etc. 

2) Matériels, perceptibles par les sens. 



378 C. DE HARLBZ. 

3. ^ Gandha, odeur. 

4. Ç|^ Rasa, goût, saveur, qui donue la sensation du goût. 

5. ^ Kâya, corps, matière qui le compose. — Ch. objet du contact. 

13. ^ ;|^ Panca indriyâni. Les cinq bases. 
Les cinq sens spirituels '). 

1. ^ :^^ Çraddha-indr., sens, base de la foi. 

2. ^ ^^ Vîrya-indr., énergie dans les efforts moraux. 
3* j^ l^ß Smrti-indr., mémoire, conscience. 

4. ^ ^^ Samâdhî'indr., application de l'esprit, contemplation. 

5. ^^ ;jî^ Prajhâ-indr., intelligence, intuition (des vérités bouddhi- 
ques). 

14. 3l jJ Pahcahalâni. Les cinq forces, puissances des sens *). 

Ce sont les mêmes que les précédents. On doit seulement sub- 
stituer halam et 7j à indriyam et 7^ . 

1^' ^ ^ ~i yi ' ^^^ ^^^ énergies de la perfection de Bouddha. 

1- ^ß ^ ^ ^ ^ ^ Sthânâsthânajnânabalam, puissance de con- 
naître ce qui est stable et instable (vrai ou faux, apparent). 

2. ^ ^ j] Kannavipâkajnânabalam, connaissance des fruits pro- 
duits par les actes. — Ch. des mérites. 

3. ^ ^ y} Viçwaçraddhajhânabalam, connaissance de tous les 
désirs (et non des fois). 

4. J^ ^ jj Nânâdhâtujnânabalam, connaissance, désirs de chacun 
des éléments. — Ch. de toutes les limites. 

5. ^^ ^ ij Indriyaparâparajnânabalam, connaissance des sens, 
supérieurs et inférieurs. — Ch. des bases, racines. 



1) Sièges des facultés. 

2) Energie qui agit dans les actes de ces sens spirituels. 



VOCABULAIRE BOUDDHIQUE SANSCRIT-CHINOIS. 379 

6. ^ ^ ij Sarvadhyânivimoks^asamâdhisamâpattijnânabalam, con- 
naissance des moyens d'arriver à la contemplation salvatrice 
par tous les genres de méditations. — Ch. connaissance de la 
contemplation, application fixe de l'esprit. 

7- ^ ^ Kleçavyavadânaj., connaissance des moyens de délivrance 
des souffrances. — Ch. connaissance du vide suprême '). 

8. 1^ n^ ^ ^ Pûrvamvâçânuêmrtti, souvenir des malédictions 
(encourues) précédemment (Al. nivâsa des existences antérieures). — 
Ch. du destin passé. 

9- 3^ i^ ^ ^ Cyutj/utpattijnânabalam, connaissance de la chute 
et du relèvement, de la mort et de la naissance. — Ch. con- 
naissance des vues du ciel. 
^^' *^ ^ ^ ^ Açravaks' ayajnânabalam , connaissance de la fin 
du courant des existences. — Ch. connaissance de l'accomplisse- 
ment des écoulements (d'une vie à l'autre) successifs. 

16« S. ^ • Les cinq moyens de connaissance. 

^- ~/K BI ^M* ^ Adarçajnânam, connaissance par la vue, comme 
dans un tniroir. — Ch. connaissance par un grand miroir rond. 

2. ^ ^ *j^ ^ Samatâjnânam, connaissance complète, toujours 
égale. — Ch. connaissance de la nature de manière égale. 

3. ily ^, ^ ^ Prativeks'anajnânam, connaissance par examen, 
vue distincte. — Ch. vue merveilleuse. 

4. JlJ^ pj^ j^ Tïfî Kfiyâiiuddhânajnânam (ou anaslh'âna), connais- 
sance de la manière de bien faire ses actions. 

^- î^ '^ i^ 7^ Dharmadhâtujnânam, connaissance de l'essence 
de la loi. — Ch. connaissance complète de la natnre de la loi. 



1) Aacan tradactear n'a pris Kleça dans le sens de peine, doalear etc. Le Tibétain a: 
«mal», le Mandchou «méchanceté, impureté». 



380 C. DE HARLBZ. 

1 7. 5Ê. ^ ^ ^ • ï^6s cinq corps différents de la loi. 

Objets de la connaissance 

(Sanscrit skandha réunion d'éléments) '). 

1. ^ ^ Çilaskandha, ensemble des préceptes moraux; corps de 
la loi. 

2. ^ ^ Samâdhiskajidha, ensemble, corps de la contemplation. 

3. ^^ ^ Prajnâskandha, corps de la connaissauze (des vérités). 
4- ^ ^ ^ Vimuktiskandha, corps de la délivrance finale. — Ch. 

de la délivrance qui fait échapper. 
5. ^ j|@^ ^ ^ ^ Vimuktijnânadarçanaskandha, corps de la con- 
naissance de la délivrance finale. 

18. ^ ^ ^^. Les 3 moyens d'acquérir la science. 

1- ^ 7^ ^ Çrûtamapprajnâ, la science par l'audition, les leçons. 

2- ^S» ^ ^ Cintamapprajnâ, la science par la réflexion. 

3. fl^ ^ ^ Bhavânamayiprajnâ, la science par la méditation, la 
contemplation. — Ch. la science par la pratique, l'action. Le 
terme sanscrit indique l'acte interne, la méditation contempla- 
tive, l'application de l'intelligence à un sujet. Le mot chinois 
désigne l'acte interne de réformation. 

19. -|" i^b- Les 10 {hhumi) degrés de l'âme (les 10 terrains)^). 
1. ^ Ç :^Ë Pramuditâ{hhûmi), de la joie extrême. 



1) Pour les Mahâyânistes Bouddha est un être abstrait; des réunions de principes 
constituent son corps ou ses corps. 

2) Selon les systèmes, ce sont les degrés, les états de l'âme fidèle poursuivant la 
perfection de la loi — ou bien dix résidences des âmes qui ont pratiqué la loi et sont 
plus ou moins élevées selon leurs mérites. La joie est le premier effet de la foi. 

Les naages figurent la plus haute perfection; les Bouddhas sont appelés Megharâjâs 
les rois des nuages. 



VOCABULAIRE BOUDDHiqUB SANSCRIT-CHINOIS. 381 

2. ^ ^ :Hfa Vimalâ, absence de tache des passions, pureté in- 
térieure. — Ch. terre exempte de poussières, d'ordures. 

3. ^ ^ Prabhâkarâ, projetant la lumière (par la pureté). 

4. ^ ^ Arcishmati, aux rayons lumineux (perfectionnement de 
la 3®) d'intelligence brillante. 

5. ^ ^ Sudurjayâ, très difficile à conquérir. 

6. ï^ "^ Abhimukiy se présentant évidente (con^ptcua). 

7. Jg ^ Dûrangamâ, atteignant loin. 

8. 3^ 1^ i4ca/a, immuable. 

9. ^ ^^ Sadhumati, excellente, sage. 
10. ^ ^p Dharmameghâ, nuage de la loi. 

20. ^ ^ '^ '^ . Les cinq stations de la pratique de la foi. 

1. ^ ii^ Adhimukticâryabhûmi, degré, station de l'exercice de ') 
foi suprême. — Ch. ce qui élève le cœur ou le lance dans l'action. 

2. ;^ M^ Alôkalabhabhûmi, acquisition de la connaissance vraie, 
de la vue. — Ch. acquérir l'iLtelligence claire. 

3- ^ ^ Alôkavrddhi^ accroissement de cette connaissance. — Ch. 
intelligence éclairée. 

4. y^ ^ *^ 1^ Tattwârthâikadeçânupraveça, pénétration dans la 
région de la nature du vrai. — Ch. pénétrer le lieu de la nature 
du vide (le vrai pour le Mahâyâna). 

5. ^ ^^ 3tl ^ j^/ianiar^flwamat/Äz, méditation ininterrompue^). — 
Ch. vue claire sans obstacle. 

Ces cinq dégrés sont ceux des Bodhisatwas de région en région 
où ils jouissent successivement de ces biens spirituels, ou des dégrés 
de perfection des fidèles en qui se détruit successivement l'ignorance, 
cause de l'existence et de ses maux. 



1) Sens mal choisi de Adhimukti. 

2) Absorption complète de l'esprit cessant tont acte. 



382 C. DB HA RLE Z. 

21. ^ Ç^ . Les cinq connaissances claires. 

1- ^ ^ Çabdavidyâj science des sons. 
2. ^ B^ Hêtuvidyâ, science des causes. 

^' ^ ^ Adhyâtmâvidyâ^ science de l'être- esvSence. — Ch. science 

de l'intérieur de l'âme *). 
4. ^§ §^ Cikitsâvidyâ, science de l'art de guérir (le mal moral); 

science des remèdes. 
5' m ^ Çilpaçcânavidyâ, science des principes de l'art {Çilpas- 

thâîia)] science de l'artisan. 

22. ^ ^ . Les trois enseignements. 

1. ^fg^ Adhiçllain, la morale supérieure. — Ch. les préceptes moraux. 

2. ^^ Adhicittam, la réflexion, la méditation supérieure. — Ch. 
contemplation. 

3. ^* Adhiprajnâ, la science suprême, parfaite. 

23. ^ ^ ^ p^ H jÉ^ >^ • ^^^ quatre objets de réflexion 
de la méditation conformément aux exercices de la loi. 

1. ||^ ^ ^^ Kâyasmrtyupasthânam, réflexion considérant le corps. — 
Ch. exercice *) de la réflexion sur l'être corporel et sa vanité, son 
impureté. 

2- §1, ^ ^^ Vedatiâsmrtyupasthânam, sur les perceptions et sur 
les maux qu'elles engendrent. — Ch. sur les sensations et percep- 
tions. 

^- ^/ 'Cj) '^ Cittasmrtyupasthânam, sur son propre cœur (comme 
siège de la pensée). — Ch. sur ses propres pensées, sur l'instabilité 
de tout. 

^' ^( i^ ^^ Dharmasmrtyupasthânam , sur la loi, l'impersonnalité 
V inindividualité de tout être particulier. 



1) Comme si adhi était une préposition, mot indépendant, et non an préfixe. 

2) Ce sur quoi l'esprit applique son action, upasthdnam. 



rOCABULAIRB BOUDDHIQüB SANSCRIT-CHINOIS. 383 

2-^ ~h ® IS ^' ^^^ ^^ Pâramitâs ') {Pa-la-mi transcrit). 

1. ^ 1^ Dânapâramitâ, perfection de la générosité, des dons. — 
Ch. id. 

2. Ij^ jf]^ Çîlapâramitâ, perfection de la vertu morale. — Ch. 
qui maintient les préceptes. 

3. ^ ^ Kshântipâramitâ, perfection de la patience qui supporte 
les injures, les maux. — Ch. supporter l'injure. 

4. ^" ^ Vinjapâramitâ, du courage interne qui fait affronter les 
maux, les périls. — Ch. l'activité zélée. 

5. jpp ^ Dhyânùpâramifâ, la méditation. — Ch. la méditation, 
l'application de l'esprit. 

6. ^ ^^ Prajnâpâramitâ, de la science, connaissance des natures. 
— Ch. id. 

7. "^ j^ Upâyapâramitâ, perfection de l'habileté à trouver les 
moyens de pratiquer les préceptes, résister aux passions etc. — 
Ch. emploi convenable des forces. 

8. ^ Pranidhânapâramitâ^ perfection de la dévotion, confiance en 
Bouddha. — Ch. l'aspiration vers, le cœur porté (vers Bouddha). 

9. ^ Balapâramitâ, perfection de la force s'exerçaut à l'extérieur, 
dans les actes. — Ch. la force. 

10. ^H Jnânapâraj7iitâ, perfection de la connaissance, science con- 
férant des pouvoirs surhumains. — Ch. id. 

25. -j-' ^ ^ ^j|5 ^ • Les dix espèces de pratiques de la loi. 

1- ^ J^ Lekhâna, l'écriture (des lettres et livres de piété). 

2. '^ ^ Fujanâ, la louange, l'hommage de louange (à Bouddha, 
la loi, etc.). — Ch. l'offrande, l'entretien par les offrandes sa- 
crificielles. 



1) Passages, moyens de passer à l'autre rive du courant de l'eiistence et d'arriver au 
nirvana. Ce sont les derniers termes de Texistence des Bodhisattwas. 



384 C. DB H AR LEZ. 

3. 1^ '(^ Dânam, les dons. — Ch. id. 

4. H^ ^ Çravatmm, l'écouter, écouter la lecture, l'enseignement, 
~ Ch. id. 

5. -I^ g^ Vacanam, lecture des livres religieux à haute voix. — 
Ch. id. 

6. ^ ij^ Udgrâhanam, la récitation des prières (action d'élever 
et de prendre). (M. Shejilere récitation). — Ch. id. 

7. p^ ]^ Prakâçanâ, prédication, enseignement. — Ch. exposer, 
publier. 

8- fût p^ Swâdhyâya^ lecture, prière faite au temps propre, litur- 
gique. — Ch. réciter en disant ou lisant en mesure. 

9. J^^ ^^ Cintatâ, réflexion, méditation. — Ch. id. 
10. "f^ ^ Bhavanâ, contemplation. — Ch, exercices de perfection- 
nement moral; ou pratique des exercices de la loi religieuse. 

26- -tî ^ M^- ^^^ ^^P^ trésors de vertu. 

1. ^ ^ Çuddhîdhânam, trésor de pureté (ou Çraddhadhânam, 
trésor de foi). — Ch. trésor de foi. 

2. ^i^ ^ ÇUadhâimm^ trésor de morale. — Ch. id. 

3. ^ ^ Hridhânam, trésor de pudeur, modestie. — Ch. id. 

4. ^ ^ Apatrâsyadhânam, crainte du mal, qui en éloigne. — 
Ch. honte du mal. 

5. 1^ ^ Çrutidhânam, audition des préceptes, des livres sacrés 
{çrutadhânam). — Ch. id. 

6. ^ ^ Tyâgadhânam, renonciation (aux biens terrestres, aux 
plaisirs). — Ch. id. 

7. ^ ^ Prajnâdhânam ^), connaissance, intelligence éclairée. — 
Ch. id. 



l) Connaissance complète en son objet, supérieure à la vijMna. 



VOCABULAIRB BOUDDHIQUE SANSCRIT-CHINOTS. 385 

27. -p Zl ^ [SE tr • I^®s 12 pratiques diflSciles. 

1 . ^ ^ ^ ^ Pâiiçukûlika, acte de porter des habillements 
faits de lambeaux ramassés dans les cendres; ou plutôt dea 
habits couverts de cendre. — Ch. porter des habits qu'on a 
ramassés dans les balayures. 

2. '^ ^ Z^ Traivicarikd, porter les trois objets de vêtements 
prescrits par la loi (tunique, jambards et manteau). — Ch. qui 
n'a que les trois vêtements. 

3. ^ :^ "^ ^ Nâmatika, vêtements, grossiers, peaux. — Ch. 
qui porte des habits de couleur de terre. 

4. ^ ^ ^ ^ Pîndapâtika, recevant sa nourriture, son pain, 
sur les chemins. — Ch. qui va constamment mendiant sa 
nourriture. 

5. — • ^ Ekapânika, n'avoir qu'une seule cuiller. — Ch. ne 
manger qu'une fois (par jour). 

6- $S W ^ Khalupaçcâdnahhaktika *), ne manger plus rien après 
le repas. — Ch. manger très modérément. 

'^' '^ 1^ ^ ^ ^. Äranyakaniy habiter les forêts. — Ch. ha- 
biter les gorges des montagnes, résider dans les buissons. 

8. ;|^ ~|[C ^ Vrkshamûlikam, habiter au pied d'un arbre. — Ch. 
être assis sous les arbres. 

^' ^ ^IB ^ Ahhyavakâçikam^ habiter un lieu non couvert, à ciel 
nu. — Ch. être assis sur la terre couverte de rosée, à ciel dé- 
couvert. 
1^' ^ ^ ^ Çmâçânika, habiter des cimetières. — Ch. qui s'as- 
sied au milieu des cimetières. 
11. '(B ^ I^ ^\ Nâshadhikam, se tenir debout saus se coucher, 
s'asseoir. — Ch. être seulement assis, jamais couché. 



1) Mot de forme incertaine, très altérée dans les textes. 



386 C. DB HARLEZ. 

12. ^ ^^ '^ ^ Yathâpânthari, allant par les chemins comme 
il convient; mendiant. — Ch. mendier son pain selon l'ordre. 

28. ptj ^;^. Les quatre avantages de la loi. 

^- "^ IhÈÏ Dânam^ les libéralités. — Ch. id. 

2- ^ ^ Priyavâditâ, le parler amical, bienveillant. — Ch. id. 

3. ^l] ^-J Arfhacaryâ, les bienfaits, les actes utiles. — Ch. id. 

4. 1^ ^ Samânârtha, communauté d'intérêts, actes en faveur les 
uns des autres. — Ch. id. 

29. ptj ^ ^ . Les quatre biens (reçus en vertu de la loi). 

1. ^ ^^ i^ ^{^ Satyâdhish^hânam *), fondement, bien de la vérité. 

— Ch. bien, don reçu du discernement de la vérité. 
2' ^ i® '^ "^ Tyâgâdhishthânam, du renoncement total. — Ch. 

du don entier. 

3- JJÎE^ /£, ^^ ^^ Upasamâdhyadhishthânam, de la méditation con- 
templative. 

^- ^ ^^ -TO 1^ Prajnâdhishthânam, de la science parfaite. 

30. p[^ ^ fl^ ijfg . Les quatre choses qui donnent le 
bonheur par la loi. 

!• ^ 1^ ^È. ins Dânamayam pmiyakriyâvastu, le bien produisant 
des mérites par les dons. — Ch. bien engendré par la bienfai- 
sance. 

^* 1^ ^È ^C. ilîS ÇUamayam pûnyakriyâvastu, le bien produisant des 
mérites par les vertus morales. — Ch. le bien produisant des 
mérites par l'observation des préceptes. 

3. 'fl^ ^ ^ )0g Bhâvanâmayam pûnyakriyâvastu, le bien produi- 
sant des mérites par la contemplation. — Ch. le bien produi- 
sant des mérites par les belles actions. 



1) adhishthânam ce qu'on pose, fondement et bénédiction. 



VOCABULAIRE BOUDDHIQUE SANSCRIT-CHINOIS. 387 

^- ^ ^ ^C. JIîS Jeshâdiyam ') pûnyaJcriyâvastu^ le bien produisant 
des mérites par les richesses. — Ch. id. 

31. ^ ^ ^ ^l]^"». Les quatre vertus du cœur sans limite. 

1. 3^ Maitri, bonté. 

2. ^j^ Karuna, compassion. 

3. -EL Muditâ, joie du cœur (au milieu des maux). 

4. ^ Upekshâ, patience, endurance, égalité d'âme, renoncement. 

32. P^j jE Hd • Les quatre efforts corrects. 

1. ^ ^ ^ '^ ^ ^ ^> i^ ih Anutpattânâm akuçalânâm 
dharmânâm anutpadâyacchandam, désir de ne point faire naître, 
propager des doctrines mauvaises non encore émises. — Ch. 
désir d'arrêter les maux non encore nés et qu'il ne convient 
pas de faire naître. 

2- B 4 ^ 4^ IB ^ S!f .'è; ^ M'J Utpattânâm pâpakânâm 
akuçalânâm dharmânâm prahânâyacchandam, désirer d'éviter les 
mauvaises doctrines, funestes, déjà nées. — Ch. désirer de reje- 
ter, de supprimer les mauvaises doctrines venues au jour, d'y 
couper court. 

3" ^ ^ ^ ^ ^ ^ ÏÊ Anutpattânâm kuçalânâm dharmânâm 
utpâdâyacchandam, désir de répandre les (doctrines) bonnes, 
heureuses, non encore produites en dehors. — Ch. désirer de 
faire produire les bonnes doctrines non encore nées, résolument, 
courageusement. 

^- B :^ ^' ^ ß Ö ^^ ^ Ä Utpattânâm kuçalânâm dhar- 
mânânçchintâyahhûyoshavâya asampramoshâya paripûrnâyacchanda, 
désir du succès complet sans dépérissement, du fréquent souvenir 
des doctrines saintes déjà répandues. — Ch, id. 



1) Texte Jepadkigam, qui n'a pas de sens. 



388 C. DE HARLEZ. 

33. ptj ^ ^ . Les quatre actes de la loi. 

1* ^ J^ Vyâyâma ^), effort (fait pour accomplir les préceptes). 

- Ch. id. 

2. j^ ^ Vâiryam ârahhatP), s'animer d'un courage viril. — Ch. 
progresser virilement. 

3. )|{^ ^ Cittim praghrnâte, entreprendre la méditation. — Ch. id. 

4. ^ ^ jjip ^ Samyakparâyâti^ se tenir en un parfait recueil- 
lement. — Ch. se vaincre, se détacher, méditer. 

34. -|-' ^ . Les dix péchés capitaux. 

L ^^ ^ Prânâtipâta, tuer des êtres vivants. 

2. ^^ ^ AdattâdânUi s'emparer de ce qui n'a point été donné. 

— Ch. voler, dérober. 

3. j[^ ^^ Kâmamithyâcâra, conduite mauvaise selon les passions. — 
Ch. désirs lascifs. 

4. ^ ^ Mrshâvâda, discours trompeur, mensonge. 

5. ê^ ^* Paiçiinyam, calomnie. 

6. [fijH Pârushyam, langage dur, grossier. — Ch. invectives. 

7. ^ ^ Samhhinnapralâpa, parler inconsidéré. — Ch. langage 
sot, léger. 

8. ^ Abhidhyâ, cupidité. 

9. ^ |)1| Vyâpada, malveillance, méchanceté. 

1^* ^ >^ MithyâdrshtL vue, doctrine fausse. — Ch. id. mauvaise. 

35. ptj ^ ^j'^ . Les quatre défauts capitaux. 

1. ^ Raga^ passion. 

2. ^ Manas, orgueil, confiance en soi. 

3. ^ 5^ Avidyâ, ignorance. 

4. .^ Vicikitsa, doute en matière de religion. 



1) Ceci est ajouté sans noavean titre. 

2) A la 3* pers. du sing, indic. prés. 



VOCABULAIRE BOUDDHIQUE 8ANSCEIT-CHIN0IS. 389 

36. ZL ~f" (^ ^ 'fi^ . Les vingt défauts accessoires. 

1. j^ Kroi/dha, colère. 

2. '1^ Upadâha, hostilité, malveillance. 

3. ^ Mrksha, hypocrisie. 

4. ^^ Pradâha^), passion brûlante. 

5. ^ Irshyâ, jalousie. 

6. 'j^ Mâpalya"^) stupidité. — Ch. avarice. 

7. ^ÊE Maya, tromperie en faisant illusion. 

8. ^ Câtf/am, tromperie par mensonge. 

9. 1^ Mada, ivrognerie, passion folle. — Ch. orgueil fou. 
10. -^ Vihihsâ, plaisir à nuire. 

1^- j^ ^ Ahrikyam, effronterie qui ne rougit de rien. — Ch. 
sans honte. 

12. ffi y^ Anapafrâsyam, sans crainte du mal. 

13. -^ ^ Styânam, rudesse, lourdeur d'esprit. 

14. ;f^ ^: Oddhatyam, turbulance. — Ch. se soulever. 

15. ^ ^ Açraddha, incrédulité, manque de sincérité. 

16. i^ jf^ Gaupityaîfi, indolence, paresse. 

1^- WC 3ÎËt Pramdda, passion, légèreté de conduite. 

18. y^ ^ Mushitasmrtita, perte de la mémoire. 

19. ^ §[ Avakshepa, trouble d'esprit, dissipation. 

20. ^ j£ ^ Asamprajnânam, intelligence déréglée, non saine. 

37. -^ ^ ^. Les sept membres {ahga) de la Sambodhi 
ou contemplation parfaite amenant à la délivrance. 

1* 1^^ W, 3c Smrtisambodhyanga, membre de la mémoire, ou 
connaissance parfaite. 

2. ^ 5^ ^ ]3C Dliarmapravicayasanibodhyanga , connaissance 

distincte de la loi. 



1) Texte: pradâça qui n'a pas de désirs. 

2) Texte: Mdtpalya id. — Al. Mätsarya eu vie {Minaïeff). 

26 



390 C. DE HARLEZ. 

3. y^ ^ ^^ Viryasambodhyahga, énergie, force. — Ch. essence. 

4. ^ ^ ]^ Pritisambodhyanga, par la joie intérieure. 

5. ^ ^ ^ ^^ Prasidhisambodhyanga (praçânti'i) , tranquillité, 
aise. 

6. yg^ '^ "^ Samâdhisambodhyanga, par la contemplation. 

7. ;j^ »^ jb^ Upekshasambodhyanga, endurance, insensibilité aux 
attraits extérieurs, renoncement. 

^^' /V ÎH ^^' ^®^ ^^^^ voies droites, parfaitement bonnes. 
!• jE ^ Samyaksadrsti, vue parfaite, orthodoxie. 
2- jE ^§t f^ Samyaksankalpa, conception droite, 
3' jE ^ Samyakvâkram, parler vrai, parfait. 
4- iE ^ Samyakkarmânta, but, opération droite, conforme aux 

règles. 
^- iE "^ Samyakjwara, vie, conduite parfaite. 
^- iE )r| ^ Samyakvyâyâma, efforts généreux conformes à la loi. 
'^- iE io^ Samyaksmrti, réflexion et mémoire bien réglée. 

8. JE ^ Samyaksamâdhi, contemplation parfaite. 

39. ZL jjîp ^ • Les deux contemplations. 

1. ^ Çamatha, recueillement intérieur, arrêt des facultés. 

2. ^, Vipaçyana^ contemplation par la vue interne sans acte 
intellectuel. 

40. ^ f^ jj^ P^ . Les trois moyens (portes) de la délivrance. 

1. ^ Çûnyata, vide intérieur de pensée et de sentiment. 

2. flΠ:>J53 Apratihiti, absence d'attachement. 

3. ^ ^ Atiimittam, absence de désir, absence de toute représen- 
tation mentale. 

41. ~\^ /V^. Les 18 (espèces de) vides. 
1. p^ ^ Adhyâtmâçûnyatâ^ vide intérieur (de toute pensée, at- 
tache etc.). 



VOCABULAIRE BOUDDHIQUE SANSCRIT-CHINOIS. 391 

2. ^[» ^ Vahirçûnyc^â^ vide extérieur (de tout objet et inclination). 

3. ^ ^1* ^ Adhyâtmâvahirçûnyatâ, vide intérieur et extérieur. 

4. ^ ^ Çûnyatâçûnyatâ, vide de tout vide. 

5. ^ ^ Mahâçunyatâ, le grand vide, vide suprême. 

6. ^ ^ ^ Paramârlhaçûnyatâ, vide des principes, des intérêts 
supérieurs. 

7. ^ "^ ^ SaH8krtaçÛ7iyatâ, vide des actes. 

8. ^ "^ ^ Asafiskrfaçunyatâ, vide de tout ce qui n'est pas fait. 

9. ^ "^ ^ Alyantaçûnyatâ, vide infini, dépassant tout terme. 

10. fl^ [^ >i^ Anagraçûnyatâ, vide sans limite. 

11. ^ '^ ^ ^ Avakâraçûnyatâ, vide sans changement, sans ces- 
sation. 

12. ^ '^ ^ Prakrliçûnyatâ, le vide de la nature individuelle 
sujette aux accidents humains. — Ch. id. de la nature fonda- 
mentale. 

13. ^ ^ ^ Sarvadharmaçûnyatâ^ vide de toute loi. 

1^- S *^ <^ Swalahshanaçûnyatâ, vide de sa propre nature, de 
ses propriétés. 

15. 3^ Tfj ^ 4^ Alamhhaçûnyatâ '), vide de toute non acquisition. 

16. g '^ y/^ Swabhâvaçuiiyatâ, vide de sa nature, son essence. 

17. ^ g *^ j^ Aswabhâvaçûiiyafâ, vide de ce qui n'est pas sa 
nature, etc. 

18. ^ '^ '0^ ^ Abhâvaswabhâvaçûnyatâ, vide de ce qui n'est pas 
ou est sa nature. 

42. ^ '^ . Nature, qualités du vide. 

1. ^ gj^ Paramârtha, entité, principe suprême. — Ch. jugement 

vrai. 

2« ^ 'S; Taitwam, nature vraie, fondamentale, réalité. 

^- 5fn '^ Tathâtâ, existence conforme à la nature ; ayant telle nature. 



1) Peut-être dlambka, acquisition, mal lu par les ChiBois. 



392 C. DE HARLEZ. 

4. y^ ^ Nirvana (Ch. niépwan transcr.). 

^' iE 'Ml Ahhiaamaya, connaissance complète qui fait le bouddha 
bon pour le nirvana. — Ch. connaissance correcte. 

43. ptj |H^ ^ ^. Noms des 4 divisions des âges. 

1. /Jn -^ "{g^ ^ Sâhasracufyalofcadhâtu, élément du monde du 
millénaire ') inférieur. — Ch. id. 

2. Fp ^ "[R^ J^ Dwisâhasramadhyamalôkadhâtu, élément du second 
millénaire, moyen. — Ch. id. 

3. ^ -^ ys^ -^ "{g^ ,^ Trisâhasramahâsâhasralôkadhâtu, élément 
du 3^*^"^® grand millénaire. — Ch. id. 

4. ^ ^ |g^ ^ Samalôkadhâtu^ élément du monde complet, uni- 
versel (des 3 millénaires). — Ch. élément du monde qui sup- 
porte les maux (Leç. saha transcrit). 

44. p[t| ■jgp ^j>| i^ . Nous des quatre dwîpas ou 
divisions de la terre en vastes îles. 

1. y$,^ % ))\\ Pûrvavideha, le Videha de l'est. - Ch. le Vi- 

deha ^) (l'île, ou le continent) de l'est. 
2- ^h W % ^ê\\ ^^^<^' 1^ corporel. — Ch. le petit Videha. 
^- M^% M Videha, le Videha. ~ Ch. le Videha ^). 

4. ^ ^ ^ jßW Jambûdwipa, le dwîpa à l'arbre Jambu (Eugenia 
Jambolaua) fréquent dans la péninsule. — Ch. dwîpa du Shan 
(Jambu) du midi. 

5. /J> W^ fßW Câmara, dwîpa du Camara (le Yak). — Ch. du 
petit fouet (fait de queue de Yak). 

6. jtp W^ iß\^ Ävaracamara, Câmara inférieur. — Ch. du fouet 
merveilleux {avara autre, extraordinaire). 



1) Peut se rapporter aux âges du monde que parcourent les Bodhisattwas ou bien aux 
divisions de l'univers en mille Çakwalas ou petits mondes ayant chacun , terre, astre», ciel 
et enfer. 

2) Qai triomphe du corps, traduction étymologique de videha qui signifie «sans corps». 
Le Videha au nord du Gange est le Bihar actuel. 



VOCABULAIRE BOUDDHIQUE SANSCRIT-CHINOIS. 393 

7. ^ -^ ^ jßW Aparagôdhânyarriy riche en bœufs, de l'ouest. — 
Ch. id.; qui trafique de bœufs. 

8. /\\ ^ )^\\ Câladwipa, le dwîpa se mouvant un peu. 

^' ^ ^ tr ïM Uttaramantriiia, à la voie, doctrine triomphante, 
aux mantras supérieurs. 

10. :|t "^ iS ï)\\ Uitarakuru, Kulo du nord. 

11. ^ ^ ^jj dwîpa aux flatteries triomphantes ') {Kurava pays 
des Kuru). 

12. ^^ ^ )ji\\ dwîpa triomphant complètement {Kâurava pays de 
la race de Kurus). 

45. ^ ^. Les trois zones ou mondes. 

1. ^ J^ Kâmadhâtu, monde ou élément des désirs, du désir de 
l'existence qui la produit. 

2. ^ ^ Rûpadhdtu, monde ou élément de la forme, des êtres 
visibles, nés. 

3. ^ ^ ^ Ariipadhâtu, monde ou élément des êtres sans forme 
visible. 

46- ^ -5> ^ ^ • Les six cieux du monde du désir. 

1- Kh ^ î ^ Caturmahârâjakâyika, monde des quatre rois cé- 
lestes; régnant sur le Merou. 

2. '1^ ^j ^ Trayotrincat, taoli (transcription informe de) les 33. 
Ciel des 33 dévas. 

3. ^ ^ ^ Varna, de Yama (transcrit Ye-ma). 

4. *^ ^ [J^ ^ Tushita {To shito transcrit), ciel de joie. 

5. ^ ^ Nimiâuaratita, qui se plait dans les transformations, et 
productions. 

6- flöi ^ -^ Paranimitavaçavarttita, où les transformations et pro- 
ductioQS s'opèrent à volonté, par pouvoir magique. 



1) Faasse etymologie. iu maoTais, ru braire. 



394 C. DE HARLEZ. 

Ê -^ '^ fP — ^ • ^®^ ^ cieux de P''® contemplation 
du monde de la forme. 

i- ^ :^ Brahmaparipatyas, les assistants de Brahma {Bam}. 
2. ^{^ ^ Brahmapurohitâ^ assistants sacrificiels de Brahma. 
^' "/C ^ Mahâbrahmâ, ciel du Grand Brahma. 

~*. jjjp ^ ^ . Les 3 cieux de 2® contemplation. 

1« ^ ^t ^ Parittabhâ, ciel d'éclat mince, effacé. 

2. ^ "^ ^ ^ Apramânab/iâ, de splendeur sans mesure, limite. 

3. ^fe "ö" ^ Abhâswara, aa son brillant. 

47. ^ jpp ^ ^ . Les 3 cieux de 3® contemplation. 

1. .^ *^ ^ parittaçubha, de pureté, beauté inférieure. 

2. ^ -g *^ ^ Apramânaçubha, de pureté sans limite. 

3. |i^ *^ Çubhakrta, complètement pur, la pureté même. 

48. Pî| ipp ^ ^ • Les neuf cieux de 4e contemplation. 

^' IK ^ ^ Anabhraka, ciel sans nuage. 

2. jjî^ ^ Pûnyaprasavan, engendrant la contemplation *) (S. les 
mérites). 

3. j^ ;^ Brhatphala, aux vastes fruits. 

4. ffl^ >^ Avrta, sans souci, sans obstacle. 

5. ^ ^ Atapa, sans douleur, chagrin. 

6. ^ ^ Sudrça, au bel aspect. 

7. ^ ï,^ Sudarçana, au hel éclat. 

8. "Ê ^ ^ Akanish{a, dont la couleur s'éteint; le plus subtile 
infiniment petit (comme substance). 



1) «A la contemplation née, vie de contemplation» Tib. 



VOCABULAIRE BOUDDHIQUE SAHSCRIT-CHINOIS. 395 

9. -f^ ^ ^ Mahâçwâranivasana, le grand qui subsiste par soi, 
en soi; demeure du grand souverain-maître. 

49. ^ Ô ^ PJ ^. Les quatre deux du monde sans forme. 

1. ^ ^ ^ ;^ ^ Akâçânantyâyatanam , espace sans borne du 
vide, de l'empyrée. 

2. ^ M ^ ^ ^ Vijnânantyâyatanam, espace de la science. 

3. ffi ^Ij" >& ^ ^ AkincanavyâyatanaîTi , espace où il n'y a 

rien. 
^' ^¥ <® ^ ^ ^ Naivasanjnânâsanjnâyalanam, espace où il n'y 
a ni connaissance ni absence de connaissance. 

50. -j-* Zl :^ ^ ^ . Noms de douze espèces de 
livres de doctrine. 

!• ^ 2[C «Stifra (»«wa), fondement de la loi. 

2. ^ ^ Gêya^ prières en distiques, chants, cantiques. 

3. ^ ^ß Vyâkarajia, chroniques, relations, exposé de faits rela- 
tifs à Bouddha, 

^- ^ ^ ^ Gâthâsenâ, prières à parties séparées, isolées (stances). 
5. IK 55 ê i^ Udânasenâ, paroles dites spontanément, sans in- 
terrogation. 
6- B3 '^ Nidânâmsenâ, exposé des causes (causes ontologiques). 

7. ^^ P^ Avadânâmsenâ, paraboles et comparaisons 

8. 2jS ^ Itivrttakânâmsenâ (sic facta), récits, faits fondamentaux. 

9. 2JS ^ Jatâkânâmsenâ, existences antérieures des Bouddhas. 

10. ^ ^ Vaipûlyânâmsenâ, développements, récits, discours am- 
plifiés. 

11- ^ 'M* ^ ') Adbhûtadharma, merveilles, prodiges etc. 
12. g^ ^ Upadêça. instructions, discours, entretiens. 



1) Ce qui n'est pas encore arrivé. On a lu le mot sanscrit: abhUta. 



396 C. DE HARLEZ. 

51, /V 1^. Les huit choses péuibles. 

!• ^ ^ Naraka, prison terrestre (sous terre), enfer. 

2. -^ ^^ Tiryanc^ condition d'animal (domestique). 

3. ^^ J^ Prêta^ kuei afiPamé. 

4. -^ ^k ^ Dîrghâyûshôdeva, esprit, déva d'une vie prolongée 
(ne parvenant pas à la condition de Bodhisattwa après des mil- 
lions d'années). 

5. ^f j^ ~J^ ^ Pratyantajânapada^ contrée voisine de condition 
vile, infidèle (eu être voisin). 

^' Zr\ ^^ ^ :^ Indriyavaihalyam, les six sens non complets, 

défaut des sens. 
7. 1^ :^ ^ ^ Mithyâdarça7>a, science, jugement tout mondain, 

vues erronuées. 
^" "^ ^ ^ ^k Tathâgatânâm anutpatyâ jâta, (vie) antérieure ou 

postérieure à un Bouddha; né quand il ne survient pas de 

Bouddha (avec non survenance des bouddhas). 

52. jjlg ^ jj^ ^ . Termes de bénédiction, d'heureux présage. 

1. "^ ^ Açirvâda, parole de bénédiction, de bonheur. 

2. -^ ^ Açishas, bous souhaits. 

3. ^ ^ Faw^awaûfz, parler, parlant d'une manière louangeuse. 

4. iflg ^ Çn, prospérité (divinité). 

5- ^ nî§ Swasti, grande prospérité! bene! 

6. ^ ^ )^ Vashat, toujours sans diminution ! crescat (?) 

7. *^ ^^ Oml parfaitement beau! admirable! 

8. ^ ^ Sicâhâ, terme final; bien dit (dixit). Aussi ^ §^ transcrit. 

(à suivre). 



MÉLANGES. 



Die sinologischea Studien ond Professor Hirth. 

In dem Vorwort zu einer soeben im Erscheinen begriffenen 
Arbeit »Über fremde Einflüsse iu der chinesischen Kunst" äussert 
sich Professor Hirth zu dieser Frage folgendermassen. 

»Von ebenso wohlwollender wie berufener Seite *) ist dem Ver- 
fasser vor Kurzem der Vorwurf gemacht worden, dass er danach 
trachte, die Sinologie mit einem tiefen Graben zu umziehen und 
dem Sinologen zu verbieten, andere Sprachen zu studieren, damit 
er nicht auf dieser Brücke heimlich mit der Aussenwelt verkehren 
könne. Die vorliegende Abhandlung wird hoffentlich das Ihrige dazu 
beitragen, diesen leicht zu Missverstäudnissen führenden Vorwurf 
zu entkräften. Denn hier, wie in manchen früheren Arbeiten, wird 
der »tiefe Graben" so oft übersprungen, pürscht der Verfasser so 
gern in fremden Revieren, dass wohl niemand ihn zu den sinolo- 
gischen Einsiedlern zählen kann, die sich so gern hinter der chi- 
nesischen Mauer ihrer Wissenschaft gegen die Aussenwelt absperren. 

Aber so war wohl auch der freundliche Wink nicht gemeint. 
Herr Dr. Franke protestiert zwar durchaus nicht gegen des Ver- 
fassers öfters ausgesprochene Ansicht, wonach in Anbetracht der 



1) Dr. O. Franke, .Die sinologischen Stadien und Professor Hirth", in der Zeitschrift 
Toung-pao, Vol. VII (Paris und Leiden, 1896), pp. 241—250. 



398 MELANGES. 

notorischen Schwierigkeiten, die sich dem Studium der chinesischen 
Sprache und Litteratur uns Europäern entgegenstellen, das Chine- 
sische als Fachstudium möglichst von der Vereinigung mit anderen 
Fächern freizuhalten sei, da nur durch eiserne Energie im Konzen- 
trieren aller Kräfte auf dieses eine Ziel brauchbare Leistungen zu 
erhoffen seien; aber er ist der Meinung, dass Sanskrit, Tibetanisch, 
Mongolisch und Mandscburiscb mindestens vom Programm des 
Sinologen nicht auszuschliessen sind. Die Frage nach der Methode, 
nach der eine sinologische Arbeitskraft herangebildet worden ist, 
steht im engsten Zusammenhang mit dem Vertrauen, dass die dabei 
interessierte Gelehrtenwelt seinen Forschungen entgegenbringen darf. 
Der Leser möge deshalb dem Verfasser gestatten, bei dieser Gelegen- 
heit ein Thema zu berühren, dessen Beachtung gerade in den 
Kreisen wünschenswert ist, denen die nachfolgende Abhandlung 
gewidmet ist. Der Verfasser muss vorausschicken, dass er die hier 
ausgesprochenen Ansichten verteidigen zu müssen glaubt, nicht, 
weil sie ihm jetzt als seinem Studiengang entsprechend bequem 
erscheinen, sondern umgekehrt, weil er von jeher bemüht gewesen 
ist, seinen Studieugang der Logik anzubequemen, die ihm von 
Anfang an als die richtige erschienen ist. Er glaubt hinzufügen 
zu dürfen, dass seine Ansichten, so wenig Anklang sie auch in 
gewissen Kreisen finden mögen, sich mit denen der namhaftesten 
Sinologen des Auslandes in allen wesentlichen Punkten decken, 
auch mit denen des Herrn Dr. Franke, von der Forderung der 
genannten Nebenstudien (Sanskrit, Tibetanisch u.s.w.) abgesehen. 

Die chinesische Litteratur bildet für uns Europäer eine ganz 
unvergleichlich härtere Nuss als jede andere. Trotzdem hat man 
sich in vielen gelehrten und leider hie und da auch in deutschen 
Universitätskreisen vielfach in den beruhigenden Gedanken einge- 
wiegt, dass eine geringe Kenntniss der Sprache vollständig genüge, 
um die verschiedenen, in der Litteratur des Mittelreichs wurzelnden 



MELANGES. 



899 



Probleme zu lösen, und dass infolgedessen neben dem Chinesischen 
noch eine ganze Reihe anderer Sprachen von demselben Lehrer 
gelehrt, von demaelben Schüler erlernt werden könne, ohne da- 
durch den erhofften Erfolg im Chinesischen in Frage zu stellen. 
Dass diese Ansicht besonders in Deutschland Wurzel gefasst hat, 
rauss der Verfasser trotz des von Herrn Dr. Franke ausgesproche- 
nen Zweifels aufrecht erhalten, wenn auch vielleicht augenblicklich 
von einer hier herrschenden sprach-philosophischen und grammati- 
schen Richtung nicht mehr die Rede sein kann. Wer daran zwei- 
felt, möge einen vergleichenden Blick auf die Lektions-Kataloge 
der wenigen Universitäten werfen, an denen das Chinesische in 
Europa gelehrt wird: in Oxford, London, Leiden und Paris Dozen- 
ten, die sich zur Sinologie und nichts Anderem bekennen, dafür 
aber in ihrem Fache Meister sind; bei uns dagegen, wo man dieser 
Wissenschaft als selbständige akademische Disziplin die raison d'être 
abzusprechen geneigt ist, darf sie sich nur in Gesellschaft mehrerer 
anderer Sprachen zeigen , weshalb es den wenigen Dozenten , die 
den Mut haben, am schwarzen Brett einer deutscheu Universität 
Vorlesungen über Chinesisch anzukündigen, gar nicht zu verdenken 
ist, wenn sie eine möglichst reichhaltige Sprachenliste auf ihr Pro- 
gramm setzen, sodass wir von denselben Dozenten gleichzeitig mit 
Chinesisch bald die eine, bald die andere Sprache einer langen 
Reihe oft nicht einmal benachbarter Gebiete angekündigt sehen, 
wie Japanisch, Koreanisch, Mongolisch, Mandschurisch, Tibetanisch, 
Malaiisch, Suaheli u. a. Man frage Männer wie Legge in Oxford, 
Schlegel in Leiden oder Chavannes in Paris, ob die grossen Erfolge, 
mit denen sie in den letzten Jahrzehnten an unserer Wissenschaft 
geschoben haben, bei einer derartigen Zersplitterung ihrer Kräfte 
möglich gewesen wären! Die Antwort muss dem Fachmann klar sein. 
Der Verfasser gibt mit Herrn Dr. Franke gern zu, dass er in 
der Form , die er dem hier ausgesprochenen Gedanken in seinen 



400 MELANGES. 

Bemerkungen ȟber sinologischen Studien" ') gegeben hat, etwas 
zu weit gegangen sein mag. Sicherlich ist für Jeden, der aus dem 
endlosen Arbeitsfeld der chinesischen Litteratur sich gerade das 
Studium buddhistisch-chinesischer Texte auswählt, eine gewisse 
Kenntnis des Sanskrit wünschenswert; Tibetanisch kann für die 
Geschichte des Lamaismus, Mongolisch für das Zeitalter des Marco 
Polo in Betracht kommen; Mandschurisch für die letzten Jahrhun- 
derte, wenn auch nur für die Geschichte des regierenden Kaiser- 
hauses; Türkisch, Uigurisch, Koreanisch u.s.w. wegen der chinesi- 
schen Beziehungen im Mittelalter. Alle diese Studien erfüllen quoad 
artem Sinicam einen gewissermassen collateralen Zweck, der zur 
Lösung bestimmter, in einen fremden Litteraturkreis überspielender 
siuologischer Probleme beitragen soll. Will man aber deshalb den 
Grundsatz aufstellen, dass jeder Sinolog, nur weil seine Bekannt- 
schaft mit der chinesischen Litteratur ihn zu dem einen oder dem 
anderen dieser Themata qualifiziert, jede der genannten Disziplinen 
so beherrscht, dass er darüber Vorlesungen an einer deutschen 
Universität halten kann, was soll dann aus dem Chinesischen wer- 
den, einem Studium, von dem die Erfahrung lehrt, dass es die 
Kraft eines Einzelnen vollkommen absorbiert, wenn er Arbeiten 
von bleibendem wissenschaftlichem Wert und nicht bloss dilettanti- 
sche Leistungen im Auge hat? Für die Kenntnis des Chinesischen 
aber geht jede Stunde verloren, die auf das Studium anderer 
Sprachen verwendet wird. Es fragt sich nur, ob es sich mit den 
Anforderungen, die man am Schlüsse unseres Jahrhunderts an den 



1) Toung-pao, Vol. VI, p. 367: «Für den Sinologen, der im Sinne der klassischen 
Philologie arbeiten will, gibt es nur eine Methode, die zu Erfolgen führt: peinliches Zu- 
sammenhalten aller Kräfte; Ergreifung eines jeden Mittels, das zum Zwecke führt, wozu 
das Leben in China und der jahrelange persönliche Verkehr mit den Gelehrten des Landes 
gehört; aber auch die Verwerfung aller Mittel, die nicht zum Zwecke führen. Als ein 
solches ist das Studium anderer orientalischer Sprachen zu betrachten, wodurch das Interesse 
von der Hauptsache abgelenkt wird und die Kräfte zersplittert werden". 



MELANGES. 401 

Üurchschuitts-Sinologeu iu Europa stellt, verträgt, class der Reprä- 
sentant dieses Faches in Anbetracht seiner Kenntnisse in so vielen 
anderen Sprachen, die man von ihm erwartet, sich mit seiner ent- 
sprechend geringeren Kenntnis des Chinesischen begnügen darf. 
Dies war vor dreissig Jahren noch möglich, aber heutzutage ist 
die einzig logische Antwort auf diese Frage ein entschiedenes Nein ! 
Deutschland setzt seinen Ruhm darein, in allen wichtigen Wissens- 
zweigen mit der Fackel vorangegangen zu sein. In der Sinologie 
jedoch hat uns Frankreich wegen der liberalen Unterstützung, die 
dort seit Anfang des Jahrhunderts den sinologischen Studien zuge- 
wendet worden ist, einen grossen Vorsprung abgewonnen, ein 
Vorteil, durch den die Regierung für die gebrachten Opfer indirekt 
dadurch entschädigt wird, dass dort ein gebildetes Publikum den 
chinesischen Kulturfragen tieferes Interesse entgegenbringt, dass die 
Forderungen der Regierung in ostasiatischen Fragen bei der Volks- 
vertretung nicht entfernt den Schwierigkeiten begegnen, wie dies 
bei uns der Fall sein würde, mag es sich um Kolonialfragen han- 
deln, wie den Bau einer Eisenbahn an der chinesischen Grenze in 
Tungking, oder eine Handelsexpedition in nas Herz des Mittelrei- 
ches nach Ssï-tschuan und Yüu-nan. England und Holland, deren 
politisches Interesse am fernen Osten ein älteres und deshalb durch 
Erfahrung gereifteres ist, haben sich dem Beispiel Frankreichs an- 
geschlossen; auf ihren ersten Universitäten ist das Chinesische 
durch Autoritäten vertreten, deren Leistuugskraft in keiner Weise 
durch Nebenstudien geschwächt ist. Der Weg, den bis jetzt die 
deutschen Hochschulen eingeschlagen haben, der Sinologie Eingang 
in ihren Pforten zu verschaffen, scheint nicht geeignet zu sein, 
der wissenschaftlichen Konkurrenz des Auslandes auf diesem Ge- 
biete mit Erfolg zu begegnen. 

Die Ansicht, die der Verfasser aus dem Munde eines von deut- 
schen Universitätskreisen in chinesischen Dingen gern zu Rate ge- 



402 MÉLANGES. 

zogenen Gelehrten gehört hat, dass man sich auch in Deutschland, 
d. h. ohne je in China gelebt zu haben, »eine massige Kenntnis 
des Chinesischen" aneignen könne, ist zwar an sich nicht falsch; 
wenn aber daraus gefolgert werden soll, dass eine massige Kenntnis 
zur Vertretung des Faches auf einer europäischen Universität ge- 
nügt, so muss vor allen Dingen erst die Frage aufgeworfen werden, 
welche Ziele damit überhaupt angestrebt werden. Für die Zwecke 
der vergleichenden Sprachforschung, die auf die Kenntnis des Baues 
und der gegenseitigen Verwandtschaft möglichst vieler Sprachen 
gerichtet sind, ebenso für das Studium des Japanischen, Koreani- 
schen, Anuamitischen, Mongolischen, Mandschurischen u.s.w. ist 
eine massige Kenntnis des Chinesischen ebenso wünschenswert wie 
genügend. Eine ganz verschiedene Aufgabe aber tritt an den heran, 
der es unternimmt, in dem reichen, bis jetzt immer noch höchst 
mangelhaft, ja dilettantisch bearbeiteten Bergwerk der chinesischen 
Litteratur nach ungehobenen Schätzen zu suchen, um unsere 
Kenntnis der dortigen Kultur durch neue ïhatsachen zu bereichem. 
Dazu genügt eine massige Kenntnis des Faches keineswegs; im 
Gegenteil zeigt die Erfahrung, dass, wo auch nur Gelehrte jener 
Richtung, die das Chinesische nur nebenbei mit einer Reihe ande- 
rer Dinge betreibt, sich auf das Glatteis der historisch-philologischen 
Forschung nach rein chinesischen Quellen begeben haben, der 
wissenschaftliche Wert solcher auf schwacher Basis aufgebauter Ar- 
beiten früher oder später von der Kritik in Frage gestellt werden 
muss. 

Es gibt für den Fachmann keinen instruktiveren Beleg für diese 
Ansicht als das in Deutschland viel gelesene Werk des Preiherrn 
von Richthofen, worin mit grossem Fleiss und dem unverkennbaren 
Bestreben, der Wissenschaft zu dienen, Übersetzungen und Forschungs- 
ergebnisse der meisten Sinologen herangezogen werden, die vor dem 
Jahre 1875 auf dem Gebiete der geschichtlichen, geographischen und 



MÉLANGES. 403 

ethnooraphischeo Erforschung Asiens nach chinesischen Quellen 
thätig gewesen sind. Wie wenig ein grosser Teil der darin nieder- 
gelegten Arbeit den heutigen Anforderungen der Wissenschaft ent- 
spricht, muss jede Stichprobe ergeben, die ein gewiegter Spezialist 
bezüglich des historisch-philologischen Teiles *) anstellt, sobald er 
sich der Mühe unterzieht, die angeführten Quellen mit den chine- 
sischen Urtexten, die allein für die zu Grunde liegenden Thatsachen 
massgebend sind, zu vergleichen. Übersetzungsfehler und Missver- 
ständnisse, wie sie bei einem klassischen Philologen unserer Tage 
geradezu undenkbar wären, sind hier so häufig, dass jeder unbe- 
fangene Kritiker die im Richthofe u sehe Werke niedergelegte Sino- 
logie als eitel Dilettantismus bezeichnen muss, sobald ihm die 
wahren Beziehungen zwischen Forschungsergebnissen und Urquellen 
enthüllt sind. Herr von Richthofen ist so bedeutend als Geolog und 
Geograph, dass es seinem Rufe als Gelehrter durchaus keinen Ein- 
trag thuu kann, wenn der sinologische Teil seines Werkes vom 
Standpunkte des Fachmannes eine Beurteilung erfährt, die von 
derjenigen seiner geographischen Fachgeuossen in vielen Punkten 
erheblich abweicht. Die Hauptschwäche dieser Forschungen darf 
man in dem bedauerlichen Umstand erblicken, dass ihr Urheber 
die Schwierigkeiten, die der Erlangung einer gewissen Kompetenz 
auf dem Gebiete der chinesischen Litteraturkenntnis entgegenstehen, 
bedeutend unterschätzt hat. Darum werden auch die Übersetzungen 
eines Pauthier, De Guignes, Rémusat u. A. ohne jede Nachprüfung 
als bare Münze hingenommen. Ganze Theorien werden aufgebaut, 
die in nichts zerfallen, sobald man erfährt, dass der Baustein, auf 
den das ganze Gebäude sich stüzt, wieder entfernt werden muss, 



1) China, Ergebnisse eigener Forschungen and darauf begründeter Studien. Von Fer- 
dinand Freiherrn von Richthofen. Bd. I (Berlin 1877), zweiter Abschnitt: Entvick long der 
Kenntnis von China, pp. 273—733. 



404 MELANGES. 

weil er irrtümlicherweise eingefügt worden war *), — eine Fehler- 
quelle, die für das so schön und anregend geschriebene Werk 
geradezu verhängnisvoll wird. Als Entschuldigung darf gelten, dass 
man vor zwanzig Jahren eine viel höhere Meinung von dem Werte 
der älteren Übersetzungs-Litteratur haben durfte als jetzt, nachdem 
die Sinologie durch Förderung der Virtuosität auf den Universitäten 
des Auslandes und durch angestrengtes konzentriertes Arbeiten 
einiger in China ansässiger Europäer zu einem Grade der Exaktheit 
gelangt ist, den zu erreichen man damals noch nicht hoffen durfte *). 
Das Richthofensche Werk hat auch in seinem sinologischen Teil, 
trotz aller Fehler im Einzelnen , seiner Zeit einen guten Zweck 
erfüllt, indem es in den weitesten Kreisen Interesse für einen 
früher mehr oder weniger unbeachteten Wissenszweig erweckt hat; 
es hat aber auch dem Fortschritt der Sinologie in Deutschland sehr 
geschadet, indem es jeden, der darin mehr als die Arbeit eines ge- 
lehrten Dilettanten sah, zu dem Trugschluss einlud, dass in einem 
Fache, wo nach seiner Ansicht so bedeutende Resultate mit so ge- 
ringer Kenntnis des Chinesischen, wie sie Herrn von Richthofen 
zu Gebote stand, erreicht würden, das gründliche, spezialisierende 
Studium, wie es an den Universitäten des Auslandes angestrebt 
wird, überhaupt keinen Zweck hat. Da das Verständnis für sinolo- 
gische Fragen bei Nicht-Fachleuten mit ausserordentlichen Schwie- 
rigkeiten verbunden ist, so fällt bei der Beurteilung dieses Werkes, 
das mit seinem sinologischen Teil einen Scheinerfolg errungen hat 
wie selten eine wissenschaftliche Arbeit, schwer ins Gewicht die 



1) Vgl. das typische Beispiel auf pp. 18 — 21 der vorliegenden Abhandlung, zu dem 
sich leider recht viele andere gesellen. 

2) Als Werke der neueren Schule, denen sich nur wenige Erzeugnisse der älteren 
Sinologie gegenüber stellen lassen, mögen nur Schlegels Arbeiten über das Gesetz des 
Parallelismus im Chinesischen, über die Inschriften auf dem uigurischen Denkmal in Kara 
■ßalgassun und das Epitaph des Köl Tägin, sowie Ohavannes* Arbeit über die Steinskulp- 
turen der Han und die Übersetzung des Ssi-ma Ts'ie'n erwähnt sein. 



MELANGES. 405 

gedankenlose Art, mit der sonst hochgeachtete Kritiker das, worauf 
es hier allein aukommt, nämlich Kenntnis der chinesischen Sprache, 
da voraussetzen, wo sie offenkundig fehlt. Denn während von Richt- 
hofen (p. 276 Anm.) von sich selbst sagt, dass er »fast Laie in 
der chinesischen Sprache" sei — was gerade in unserem Fache 
schlimmer ist als »ganz Laie" ') —, äussert sich von Gutschmid 
in einer unter den Orientalisten deutscher Zunge viel beachteten 
Anzeige ') mit den Worten : 2> um ein Werk wie das vorliegende 
zu schafien, war eine nicht gewohnliche Vereinigung verschiedener 
Kenntnisse nötig ; der Verfasser ist zugleich Naturforscher, Geograph 
und Historiker und verbindet damit, was hier von besonderem 
Werte ist, die Kunde der chinesischen Sprache". 

Wenn das, was der verdiente Kritiker hiermit andeutet, richtig 
wäre, nämlich dass zur Lösung so wichtiger Probleme, wie sie im 
Richthofenschen Werke aufgeworfen werden '), diejenige Kunde der 
chinesischen Sprache genügt, von der Herr von Richthofen selbst 
sagt, dass sie fast die eines Laien ist, so dürfte der Sinolog von 
Fach, der den besten Teil seines Lebens auf eine augenscheinlich 
so gering angeschlagene Fertigkeit verwendet hat, freilich ausrufen: 
Oleum et operam perdidi! 



1) Denn »little knowledge is a dangeroos thing". Vgl. die treffenden Bemerkungen 
Schlegels bei Gelegenheit der Besprechung einer sinologischen Doktor-Dissertation, Toung- 
pao. Bd. VII, p. 177 ff. 

2) .Ober Hichthofens China", Zeitschrift der deatscben morgenländischen Gesellschaft, 
Bd. XXXIV (1880), p. 190. Vgl. Kleine Schriften von Alfred von Gutschmid, Bd. III, 
p. 579. 

3) Die Sinologie ist Herrn von Richthofen zu grösserem Danke verpflichtet wegen des 
Aufwerfens zahlreicher interessanter Fragen als wegen ihrer Lösung; das erstere setzt einen 
spekulativen Kopf voraus, der mit der europäischen Litteratur über den Gegenstand ver- 
traut ist , das zweite einen Historiker und Sprachkenner, der das Quellenmaterial der chi- 
nesischen Litteratur unabhängig von den zußillig vorhandenen earopäischen Bearbeitungen 
selbständig und vollkommen beherrscht. 



27 



406 MÉLANGES. 

Der Verfasser hat mit eleu vorstehenden Bemerkungen seine 
Ansicht über diejenige Art der Sinologie ausgesprochen, von der 
er glaubt, dass sie einzig und allein den europäischen Gelehrten 
befähigt, zuverlässige Kenntnisse der Staaten-, Kultur- und Kunst- 
geschichte nicht nur Chinas, sondern eines grossen Teils des ge- 
samten asiatischen Kontinents, insofern sie der chinesischen Litteratur 
zu verdanken sind, in lohnender Weise zu vermitteln. Es liegt ihm 
vollkommen fern, damit die Arbeit der Gelehrten zu bemängeln, 
die das Studium des Chinesischen als Mittel zu einem anderen 
Zweck ergreifen, denen es bei ihren vielsprachlichen ostasiatischen 
Studien stets eine unentbehrliche Disziplin sein wird. Ganz mit 
Unrecht sucht ihn Herr Dr. Frauke als einen Gegner der Sprach- 
wissenschaft hinzustellen, deren Bedeutung er vor dreissig Jahren 
in den Vorlesungen eines Georg Curtius hoch zu schätzen gelernt 
hat. Mit grosser Spannung sieht jeder Sinolog einer methodischen 
Arbeit über die sprachgeschichtliche Stellung des Chinesischen ent- 
gegen. Das darf uns aber nicht verhindern, allen denen, die der 
chinesischen Litteratur ähnliche Resultate abzugewinnen wünschen, 
wie sie ein tüchtiger Philolog aus römischen und griechischen 
Texteu hervorarbeitet, als einziges Geheimnis des Erfolges den Rat 
zu geben , Jahrzehnte hindurch Alles zu vermeiden , was von der 
Hauptsache, der Kunst einen chinesischen Text richtig zu verste- 
hen, abzulenken geeignet ist. »Lesen, lesen und immer wieder lesen", 
und zwar chinesisch, muss die Losung sein; denn weder die 
Grammatik, noch mithridatisches Sprachtalent ersetzt die Routine, 
die hier eine viel grössere Rolle spielt als in jeder anderen 
Litteratur. Vor allen Dingen aber entschlage man sich des Vor- 
urteils, dass es möglich ist, nach dem Muster des Freiherrn von 
Richthofen, ohne die gründlichste Kenntnis der chinesischen Sprache 
und Litteratur, mit bleibendem Erfolg Forschungen zu betreiben. 



MÉLAKOES. 407 

die so tief in den chinesischen Quellen wurzeln wie die Geschichte 
der Völker Zentralasiens. Wenn solche Forschungen von einem 
daukbaren Publikum zwanzig Jahre lang unbeanstandet gelesen, 
bewundert und für gediegenes Erz der Wissenschaft gehalten wer- 
den konnten, so darf sich ihr Verfasser dazu Glück wünschen, 
dass unter seinen Kritikern keiner in der Lage war, die chinesi- 
schen Urquellen heranzuziehen". 



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LA VISITE DE 
LI HOXJ:N^G}-TCHA^a 

s C H É V E N I ^ G ü E 

FAK 

G. SCHLEGEL. 

En nous réservant pour un prochain numéro du T'oung-pao 
une description détaillée du voyage de S. E. l'ambassadeur extra- 
ordinaire de la Chine Li Houng-tcJiang en Europe, nous donnons 
ici un rapport succinct du diner officiel qui lui a été offert à Sché- 
veningue par le gouvernement Néerlandais. 

Depuis son arrivée en Europe, on n'avait pas encore complimenté 
cet ambassadeur en sa langue maternelle. En conséquence, à la demande 
de l'administration de la Station balnéaire à Schéveningue, j'avais 
rédigé, à l'occasion du banquet offert par le gouvernement Néer- 
landais à Li Houng-tchang, le 5 Juillet, dans la grande salle-à-diner 
du Kurhaus, décorée pour cette occasion en style Chinois, l'hom- 
mage suivant en Chinois, imprimé en lettres d'or, encadrées d'une 



408 



MELANGES. 



bordure en or, sur une feuille de soie jaune, au revers de laquelle 
se trouvait imprimé le menu du diner, ainsi que le programme du 
Concert de l'orchestre philharmonique exécuté le soir dans la salle 
de concert du Kurhaus et du feu d'artifice à tirer sur la terrasse. 



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MÉLANGES. 409 

Traduction : 

La réputation de Schéveningae-les-Bains est depuis longtemps 
établie, et la puissance hygiénique de ses eaux peut être comparée 
aux vertus des sources précieuses de l'île des Bienheureux. 

Pour cette raison les nobles et fils de roi de l'Europe entière 
viennent de l'Orient et de l'Occident y aflSuer en grand nombre 
pour se baigner afin de voir leur santé rétablie et leur vie pro- 
longée. 

Aujourd'hui nous avons le bonheur de voir 

Son Excellence l'Ajubassadeur de 
l'Empire du Milieu, Li Houng-Tchang 

daigner porter ses pas vers notre modeste établissement. 

C'est pour nous un grand bonheur et une faveur dont nous 
nous rappellerons éternellement. 

En nous inclinant devant vous, nous espérons que Yotre 
Excellence ne dédaignera pas notre simple régal et notre humble 
établissement — ce qui serait pour nous uu véritable bonheur. 

Le corps courbé, nous implorons 

Son Excellence l'Ambassadeur Impérial 

qu'Elle veuille, dans sa bienveillance, nous excuser, et qu'Ella 
daigne permettre à la Direction de l'Etablissement des Bains de 
Lui offrir ses félicitations. 

Après avoir terminé Son voyage à l'Occident et après être 
rentrée dans Sa patrie. Votre Excellence voudra peut-être se sou- 
venir de la fête d'aujourd'hui, ce qui fera le bonheur des trois 
existences ^) de la Direction de notre Etablissement des Bains. 

Nous souhaitons sincèrement que 



1) Cest-à-dire, la vie antérieure, actaelle et fatare. 



410 MÉLANGES. 

L'Auguste Ciel 

veuille protéger et confirmer 

Son Excellence l'Ambassadeur Impérial du 

Grand Empire de la Fleur du Milieu 

Li Houng-tchang 

qu'il puisse éternellement jouir des trois abondances et des trois 
conformités *) et que la gloire de Ses vertus soit impérissable. 

Son Excellence daigna bien agréer cet hommage, et après s'être 
informé qui en était le rédacteur, il s'adressa à moi, qni était 
placé vis-à-vis de lui, et s'informa avec bienveillance de mon âge 
et de l'endroit où j'avais fait mes études en Chine etc. 

Après le diner et le concert, un feu d'artifice fut tiré sur la 
terrasse du Kurhaus, le bouquet duquel fut formé d'un côté des 
armes des Pays-Bas, tandis que de l'autre côté parut en gros 
caractères chinois flamboyants l'inscription ^ ^^^ ;^ ^ ^ 
Puisse Li Houng-tchang vivre mille ans. 

L'ambassadeur se montra fort satisfait de ces hommages, et 
lorsqu'on le pria de vouloir bien s'inscrire dans le «Livre d'or», 
c'est-à-dire un grand album, déposé dans la salle de réception du 
Kurhaus de Schéveningue, dans lequel seulement des princes et 
personnes de la haute aristocratie ont le droit de s'inscrire, il de- 
manda la permission d'emporter le livre à son hôtel afin d'y écrire à 
son aise quelques lignes en souvenir de la soirée passée aux bords 
de la Mer du Nord. 

Le lendemain le Livre fut rapporté et l'on y trouva la légende 

1) Les trois abondances sont plusieurs années de Bonheur, de Longévité et plusieurs fils. 

Les neuf conformités {semblances) signifient que le bonheur soit semblable à une mon- 
tagne, semblable à une colline, semblable à un plateau, semblable à un monceau, semblable 
à un fleuve, semblable à la pleine lune, semblable au soleil radieux; que sa vie soit d'une 
longueur semblable à celle de la montagne du Midi, et semblable aux cyprès et aux pins 
toujours verts. 



UÉI'ANGES. 411 

suivante, qui contient, comme ou le roit, une réponse à l'hommage 
chinois qui lui avait été offert. 

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Tradaction : 

«Pendant cinquante ans je suis sorti et rentré dans le cabinet impérial ') 
«Quand inopinément je me trouvai comme dans un paradis dans un pays 

d'outre-mer. 
«Dans un somptueux banquet et une noble compagnie on m'a régalé de 

musique d'instruments à cordes et à vent ^) 
«Et j'ai été heureux de voir dans un feu d'artifice les voeux pour ma 

longue vie» ^). 



1) Voyez la note explicative à la fin. 

2) Littéralement : «on m'a régalé de (cordes en) soie et d'(instraments en) bambou». 

3) Littéralement: «Mille ans». Ce quatrain est écrit en vers de sept caractères chacun. 



412 MÉLANGES. 

«Il y a beaucoup d'hommes lettrés en Hollande, et en y pas- 
saut, selon la mission que j'avais reçue de mon souverain, les 
autorités et les notables m'ont invité à un banquet aux bords de 
la Mer du Nord. 

On y a fait de la musique et on y a tiré un feu d'artifice, 
dans lequel apparurent les cinq mots «Mille ans pour Li, etc.» 
qui représentent, à ce que je pense, un voeu excellent de longé- 
vité que j'ai voulu commémorer dans mes vers. 

Le 25 du 5® mois de la vingt-deuxième année de Kouang-sii, 
répoudant au 5® Juillet 1896 du calendrier occidental. 

(signé) Ll HoüNG-TCHANQ. 

Nous pouvons ajouter que S. M. la Reine régente des Pays-Bas 
a conféré à l'ambassadeur Chinois la décoration de « Grand'-croix 
du Lion Néerlandais» qu'il a portée au diner offert à lui par Sa 
Majesté en son palais à Soestdijk, le 6 Juillet. 

Note explicative. 

Ce passage a été un peu librement traduit par les interprètes 
de l'ambassade par «Je suis depuis plus de cinquante ans un des 
membres de l'Académie impériale chinoise et secrétaire général de 
cette académie» (Figaro, 14 Juillet 1896, d'après la traduction 
hollandaise donnée dans les journaux Néerlandais). 

Les mots ^ 0^ tching-ming sont ici abrégés pour ^ ^ ]^, 
le «Cabinet qui reçoit la lumière». C'était un cabinet à côte de la 
«Porte qui reçoit la lumière», en dehors du pavillon Ckih-Im, dans 
l'ancienne capitale Loyang des souverains de la dynastie de Han, 
située à l'ouest de la ville actuelle de Ho-nan-fou ( j^pj* ^^ jjf^) dans la 

province de Honan[^ »M tt ^ * "K PI fl'] . 5 H M *[*]• 
Dans une lettre adressée par l'Empereur Wou^ de la dynastie de 
Han (140 — 85 avant notre ère), à Yen-tson (J^^)? oo ht le 



MÉLANGES. 413 

passage: «Vous êtes las du «Cabinet qui reçoit la lumière» Mon- 
sieur! et fatigué de votre service auprès de Moi» (^^^ ^ 
^ JM. > ^ i^ 'fô ^ "^ )• C'était donc bien le cabinet impérial 
comme il parait par un vers de l'empereur Yuen des Liaiig 
(i^ JC *lß*' 552 — 554 de notre ère): «Dans un attelage attelé de 
quatre chevaux, on visite l'Empereur et lui ofiFre ses hommages dans 
(le cabinet qui) reçoit la lumière (.^ ^ ^ H .^ , |§ ^* ^ 
,^ 1^ ). Ying-Jciu, grand annaliste, grand général de la cour sous 
les Weï (iS JE ^ # ^ :^ # ? fi iË) dit dans un de 
ses poèmes: «Demandez-donc quels mérites j'ai eus, que je suis 
entré trois fois dans le Cabinet qui reçoit la lumière » ( 55 ^ "^ 
^ ^ •» ^ ^ ^ 0^ ^ )• Ce n'est que plus tard que ce nom 
a été appliqué à l'Académie impériale Han-lin, parmi les membres 
de laquelle on recrute les Censeurs de l'empire. Comp, le Péî-wen- 
yun-fou, Chap. XXIII Jb, fol. 62 recto et verso^ et le Kouang-sze- 
îoui-fou (^^^^, Vol. II, Chap. V, fol. 20 verso, article 
^ ^ Han-lin). Il est évident que Li fait allusion plutôt à sa 
qualité comme chef du Cabinet, que comme membre de l'Académie 
des Sciences. 



VARIÉTÉS. 



— »-«3^B0O«&«— ■>— 



LES MINISTRES PLÉNIPOTENTIAIRES DES ÉTATS-UNIS EN CHINE. 



J'ai donné jadis, dans la Bibliotheca 
Sinica, col. i240 — 1244, la liste des 
ministres plénipotentiaires des États- 
Unis en Chine. Grâce à un ami bien placé 
à Washington, je puis aujourd'hui com- 
pléter cette liste. J'espère qu'il me sera 
possible de donner un semblable travail 
pour les représentants à la Cour de Pe- 
king des autres nations de l'Occident. — 

H. C. 

CHINA. 

1821 — Tao-kwang, Emperor. 

Caleb CusHiNG, of Massachusetts: 

Commissioned envoy extraordinary 
and minister plenipotentiary and com- 
missioner May 8, 1843. Edward Ever- 
ett, of Massachusetts, was commis- 
sioned commissioner March 3, 1843, 
but did not accept. Mr. Cushing held 
two commissions, one as commissioner 
and the other as envoy extraordinary 
and minister plenipotentiary, bearing 
the same date. Left Macao for the 
United States August 27, 1844, and 
arrived in Washington January 4, 
1845, with copy of treaty with China. 
Resigned Marchl 3,1 845. Peter Parker 
was left in charge. 

Daniel Fletcher Webster, of Massachu- 
setts : 

Commissioned secretary to commis- 
sioner April 24, 1843. Returned the 
latter part of 1844. 

Alexander H.EvEBETT, of Massachusetts: 

Commissioned commissioner March 



13, 1845. Did not complete the voyage 
to his post, but returned to Boston 
October 3, 1845, having (on the 8th of 
August) intrusted Commodore Biddle 
with temporary discharge of duties of 
commissioner. Mr. Everett proceeded 
to his post October 5, 1846, and died 
in China June 28, 1847. Commodore 
Biddle took leave of the Emperor 
April 15, 1846, and placed Peter 
Parker, secretary and interpreter of 
legation, in charge. 

Peter Parker, of Massachusetts : 

Commissioned secretary and inter- 
preter of legation March 15, 1845. 
Was left in charge of legation by 
General Cushing August 27, 1844, 
and acted as chargé d'Affaires ad 
interim from April 1 5 to October 5, 
1846 ; from June 28, 1847, to August 
21, 1848; from May 25, 1850, to 
January 22, 1853; from January 27 
to April 14, 1854; from December 12, 
1854, to May 10, 1855. Appointed 
commissioner August 16, 1855. Com- 
modore Joel Abbott was left in charge 
by Peter Parker May 10, 1855, and 
was relieved by S. Wells Williams 
about November 1 . Mr. Parker retired 
as commissioner August 25, 1857. 

1850 — HiEN-FUNG, Emperor, 
February 25. 

John W. Davis, of Indiana: 

Commissioned com missioner January 
3, 1848. Retired May25, 1850.Thomas 
A. R. Nelson, of Tennessee, was com- 



VARIETES. 



415 



missioned commissioner March 6,1 85i ; 
resigned July 2, 4851. Joseph Blunt, 
of New- York, was commissioned Oc- 
tober 15, 1851, but declined. 

Humphrey Marshall, of Kentucky: 

Commissioned commissioner August 
4, 1852. Retired January 27, 1854. 
Robert J. Walker, of Mississippi, was 
commissioned commissioner June 21, 
1853, but declined. 

Robert M. McLane, of Maryland : 

Commissioned commissioner Octo- 
ber 18, 1853. Retired December 12, 
1854. 

S. WELI.S Williams, of New- York: 

Commissioned secretary and inter- 
preter to legation June 27, 1855. 
Acted as chargé d'Affaires ad in/ertm 
from November 1, 1855, to January 
19, 1856; from August 25 to Novem- 
ber 16, 1857; from December 8, 1858, 
to May 18, 1859; from October 1 to 
October 24, 1861; from May 6, 1865, 
to September 19, 1866: from Novem- 
ber 21, 1867, to September 29, 1868; 
from July 5, 1869, to April 20, 1870; 
from July 24, 1873, to date. 

William R. Reed, of Pennsylvania : 

Commissioned envoy extraordinary 
and minister plenipotentiary April 18, 
1857. Left China December 8, 1858. 

John E. Ward, of Geoi-gia : 

Commissioned envoy extraordinary 
and minister plenipotentiary Decem- 
ber 15. 1858. Returned on leave 
December 15, 1860, and left Com- 
modore Stribbling in charge, who 
served until July 23, 1861. 

W. Wallace Ward, of Georgia : 

Commissioned secretaiy of legation 
January 24, 1859. Resigned at Hong- 
kong February 18, 1860. 

George W. Heard, Jr., of Ma.ssachusetts: 

Commissioned secretary of legation 
September 12, 1860. Resigned, to take 
effect January 1, 1861. 

1861 — Tung-CHI, Emperor, August 22. 

Anson Burlingame, of Massachusetts : 

Commissioned envoy extraordinary 

and minister plenipotentiary June 14, 



1861. Resigned November 21, 1867, 
having been appointed ambassador of 
the Emperor of China to the United 
States and other powers. William A. 
Howard, of Michigan, was commis- 
sioned as envoy extraordinary and 
minister plenipotentiary, March 11, 
1868, but declined. 

J. Ross Browne, of California: 

Commissioned envoy extraordinary 
and minister plenipotentiary March 1 1 , 
1868. Retired July 5, 1869. 

Frederick F. Low, of California: 

Commissioned envoy extraordinary 
and minister plenipotentiary Septem- 
ber 28, 1869. Empowered, February 
8, 1871, to negotiate with Corea for 
the protection of seamen of the united 
States wrecked on that coast, and for 
treaty of navigation and commerce. 
Resigned March 28, 1874. 

Benjamin P. Avery, of California : 

Commissioned envoy extraordinary 
and minister plenipotentiary April 10, 
1874. Arrived at his post October 28, 
1874, and presented his credentials 
November 29, 1874. He was the first 
United States Minister accorded an 
audience alone. He died at his post 
November 8, 1875. 

George F. Seward, of California: 

Commis-sioned envoy extraordinary 
and minister plenipotentiary January 
7,1876; was Consul General at Shang- 
hai : he reported that he had assumed 
the duties of his office on Januai-y 12, 
1876, although he did not arrive at 
Peking until April 20, 1876. He was 
received at the Foreign Office April 24, 
1876, and turned the office over to his 
successor on August 16, 1880. 

James B. Angell, of Michigan : 

Commissioned envoy extraordinary 
and minister plenipotentiary April 9, 
1880. He was received at the Foreign 
Office and assumed charge of the 
Legation on August 16, 1880: resign- 
ed April 16, 1881, to take effect not 
later than October 1, 1881, and lefl 
Peking October 4, 1881. 

John F. Swift, of California, born in 
Missouri, and 

Wm. H. Trescot, of South Carolina, 



416 



Commissioned April 9, 1880, Com- 
missioners to negotiate a treaty with 
China. Arrived in China in August, 
1880, and left for the United States in 
December of the same year. 

John Russell Young, of New- York: 

Commissioned envoy extraordinary 
and minister plenipotentiary March 
15, 1882. Assumed charge of the 
Legation August 17, 1882; resigned 



January 27, 1885, and left Peking 
April 8, 1885. 

Charles Denby, of Indiana, born in Vir- 
ginia : 

Commissioned envoy extraordinary 
and minister plenipotentiary May 29, 
1885; arrived at his post September 
30, 1885, and is still in office this 
July 1896. 



NÉCROLOGIE. 



THÉODORE PA VIE. 

Pendant longtemps le doyen de nos études fut Sir John Francis Davis; je 
crois que ce titi-e doit appartenir aujourd'hui à Mons. le professeur Vasiliev de 
Saint-Pétersbourg; mais Pavie, ignoré des jeunes générations, dans la retraite 
qu'il avait choisie lui-même en province, a lais-sé cependant une marque pro- 
fonde dans l'orientalisme et ses recherches offrent encore un intérêt que peu- 
vent seuls négliger ceux qui dans le tourbillon si rapide de la vie actuelle, ne 
savent vivre qu'au jour le jour de la science. 

Pavie appartenait à une famille de lettrés et de catholiques: son père, Louis, 
qui fut adjoint au maire d'Angers de 1826 à 1830, était originaire de la Ro- 
chelle; ancien imprimeur, il était venu se marier et s'établir à Angers avant 
la Révolution. Son fi'ère aine Victor, imprimeur aussi un peu contre son gré, 
était l'esprit délicat qu'apprécièrent si fort Victor Hugo et Sainte-Beuve malgré 
des différences profondes d'opinions et dont la vie a été retracée d'une façon 
si agréable par M. René Bazin '). Les frères demeuraient l'un et autre à Angers 
dans la rue St. Laud où se trouvait l'imprimerie qui fut dirigée après Victor 
Pavie par Laine frères. L'ainé naquit le 26 Novembre 1808, le nôtre, Théodore 
Marie, le 16 Août 1811. Il est probable que Théodore Pavie, dans le milieu si 
littéraire dans lequel il vivait, comme Pauthier qui était né dix ans avant lui 
— il est mort il y a vingt-trois ans — fut séduit par les nouvelles idées qui 
entraînaient les jeunes gens vers l'étude des littératures étrangères et des pays 
lointains. Pavie eut la bonne fortune d'avoir le goût des voyages et d'avoir pu 
jeune encore le satisfaire. Et ici, j'ouvre une parenthèse: il est remarquable de 
noter combien la fin du r^ne des Bourbons directs et les premières années du 
gouvernement de Louis Philippe ont été fertiles en explorations de tout genre: 
qu'il me suflßse simplement de rappeler les voyages de Victor Jacquemont aux 



1) Victor Pavie, Oeuvres chowUt, Paris, 1887, 2 vol. in-12. 

2) Souvenirs atlantiques. — Voyage aux Etats-Unis et au Canada, Par Théodore Pavie. 

— Paris. Roret MDCCCXXXIU, 2 vol. in-8, pp. VIII— 3B0 + 1 f. n. eh., 354 -|- 

l 1. n. ch. 



418 NECROLOGIE. 

Indes. Pavie visita tout d'abord l'Amérique et il nous a laissé le souvenir de 
ce qu'il avait vu, villes ou paysages: New- York, l'Hudson, les chutes du Niagara, 
le lac Ontario, Montréal et Québec, puis il redescend dans ces régions que nos 
ancêtre« ont les premiers explorées, l'Illinois, le Mississipi, enfin il arrive dans 
le pays qui porte le nom si français de Louisiane, Baton-Rouge, et enfin la 
Nouvelle-Orléans, jadis l'orgueil des vieux Français établis en Amérique. On 
permettra à un vieux meschacebéen comme moi de l'appeler quelques-unes des 
lignes dans lesquelles Théodore Pavie parle de ma ville natale '^). 

»Oh! si le soleil voulait se contenter de jeter un rayon oblique sur cette 
belle Louisiane qu'il dévore, et arrêter en mai sa course brûlante; si les ma- 
rais aux bambous élégans gardaient pour leurs serpens, leurs caméléons, leurs 
crocodiles et leurs tortues, ces mortelles exhalaisons d'août, ces moustiques, 
fléau de la colonie: si le Meschacebé moins fier ne sortait point chaque prin- 
temps de ses limites, pour déposer avec les germes d'une végétation puissante 
ceux de fièvres plus puissantes encore, la Nouvelle-Orléans serait peuplée comme 
une capitale, riche autant qu'une cité de l'Inde, joyeuse comme une ville 
d'Italie, brillante comme une orientale". 

Ensuite Pavie visite l'Amérique du Sud i), et comme l'appétit , dit-on , vient 
en mangeant, le goût des voyages augmente en voyageant: nous le retrouvons 
dans la Mer Rouge, le golfe Per-sique, à Bourbon, aux Indes, et dans l'Extrême- 
Orient. La Revue des Deux Mondes était ouverte à ses récits et nous notons 
d'après sa Table les mémoires très nombreux qu'il a donnés au recueil de 
Buloz «). 



1) Fragments d'un voyage dans l'Amérique méridionale en 1833; Angers, 1812, in-8. 

2) Amérique. — Les Indiens de la Pampa, 15 Janvier 1835. — Passage des Andes en 
hiver, 15 août 1835. — Les Montoneros (la Plata), 1 juin 1836. — Les Pincheyras, (le 
Chili), 1 décembre 1847. — La Peau d'Ours, souvenirs des bords de la Sabine (Canada), 
1 août 1850. — Les Anglai.s et les Américains sur les bords du Saint-Laurent, les Cana- 
diens français, scènes de la Vie coloniale et de la Vie nomade, 15 décembre 1850. — 
Pépita, récit de la Pampa, 15 février 1851. — Rosita, histoire péruvienne, 1 septembre 
1851. — Antonina, récit des bords de la Plata, 15 avril 1854. — La Loca Cuerda, récit 
de la côte du Chili, 15 mars 1859. — El Cachupin, récits de la Louisiane, 1 mars 1861. 

— Le Capitaine Robinson, récit du cap Horn, 1 janvier 1862. — Toby le Lumberer, 
scènes de la Vie canadienne, 15 janvier 1865. 

Scènes et récits d Afrique, Egypte, etc. — Les Harvis de l'Egj'pte et les Jongleurs de 
rinde, 1 août 1840. — Expédition du capitaine Harris dans le sud de l'Afrique, 15 jan- 
vier 1843. — L'île Bourbon, 1 février 1844. — La Mer-Rouge et le Golfe Persique, de 
la Situation des agens français et anglais dans cette partie de l'Orient, 1 juin 1844. — 
Une Chasse aux nègres marrons (île Bourbon), 1 avril 1845. — Le Darfour et les Arabes 
de l'Afrique centrale {Voyage au Soudan du cheikh Mohammed-el-Tounsy), 1 Janvier 1846. 

— Ismael-el-Rachydi , récit des bords du Nil, 15 mars 1850. 

Jnde. — Chillambaram et les sept pagodes, 15 mars 1843. — Calcutta, 15 mai 1843. 

— Les Mahrattes de l'Ouest, 1 juillet 1844. — Les Babouches du brahmane, 15 octobre 
1849, — Padmavati, récit de la côte de Coromandel, 15 juin 1851. — Cherumal-le- 
Mahout, récit de la côte de Malabar, 1 novembre 1852. — Patmakhanda; scènes de 



NÉCROLOGIE. 419 

De l'Amérique du Nord, Pavie passe dans le Sud, et visite le Chili et le 
Pérou. La Mecque ne suffit pas à l'activité de notre voyageur, et se rendant 
aux Indes par l'EIgypte, la Mer Rouge et le Golfe Pei"sique, il descend jusqu'à 
l'île Bourbon ; enGn le Portugal , l'Espagne et les iles de la Manche , et même 
l'Ouest de son propre pays lui permettent de compléter un bagage de l'enseig- 
neraents qu'envierait plus d'un explorateur ^). 

Il lui fut possible de publier de bonne heure des Observations sur le Goaze 
rati et le Maharatti 2) un mémoire sur les Parsis '), de donner des Fragments 
du Mahâhhâraia*) le Récit de l'Expédition de Mir Djumlah au pays d'Assam 
dédié à M. Garcin de Tassy, son maître') enfin, sous le tître de Krichna et 
sa doctrine la traduction du Dixième livre du Bhagavat Pourana ^). 

L'étude des langues de l'Inde n'empêchait pas Théodore Pavie d'apprendre 
le chinois à l'aide du mandchou, et c'est à ce titre qu'il appartient à notre 
recueil. En 1839, il donna la traduction de différents Contes et Nouvelles''), 
comprenant : les Pivoines ; le Bonze Kai-Tsang, sauvé des eaux , histoire boud- 
dhique; le Poète Ly Tai-pe, nouvelle; Le Lion de Pierre, légende; la Légende 
du Roi des Dragons, histoire bouddhique; les Renards-Fées, conte Tao-sse; le 
Luth brisé, nouvelle historique; tii'és pour la plupart du Recueil bien connu 



voyage, l avril 1853. — Les Makouas, re'cit de la côte de Madras, 15 janvier 1855. — 
Miss Nella, souvenir des mers de l'Inde, 15 janvier 1863. — Devadatta, scènes de la 
vie hindoue, 1 avril 1864. 

Portugal et Espagne. — Joaquim, récit des Algarves, 15 mai 1855. — Manoela, récit 
des Açores, 15 février 1858. — El NiÖo de la Rollona, récit des bords du Guadalquivir 
15 mai 1858. 

Lei iles de la Manche. — Jersey et Guernesey en 1848 et 1849: Souvenirs d'un exilé 
de février, 13 décembre 1849. 

Trance. — Le Caboteur du cap Frehel, 15 avril 1859. — Marie la Fileuse, récit du 
Bocage, 15 décembre 1859. — Les deux Coups de feu, récit du Bas-Anjou, 1 mars 
1860. — La Lande-aux-Jagueliers, Bas-.\njou, 15 décembre 1860. — La Fauvette bleue 
récit des bords de la Loire, 1 février 1861. — Valentin, récit du Bas-Maine, 1 avril 
1862. — Les Pêcheurs de Cancale, récit des côtes de la Manche, 15 juin 1863. 

1) Nous en avons donné la liste au bas de la page précédente d'après la Table géné- 
rale (1831 — 1874) de la Reime des Deux Mondes. 

2) Quelques Observations sur le Goazerati et le Maharatti, par M. Théodore Pavie. 
{Journal Asiatique, Extrait n°. 4, 1841), in-8, pp. 24. 

3) Mémoire sur les Parsis, par Théodore Pavie, membre correspondant de la Société 
ethnologique. (Extrait des Mémoires de la Société ethnologique). Paris. Vve Dondey-Dnpré, 
1841, broch. in 8, pp. 18. 

4) Paris, 1844, in-8. 

5) Tarikh-1 Asham. — Récit de l'expédition de Mir-Djumlah au pays d'Assam, traduit 

sur la version hindoustani de Mir-Huçaini par Théodore Pavie. Paris, Benjamin Duprat. 

MDCCCXLV, iu-8, pp. XXXI-316. 

6) Krichna et sa Doctrine — Bhagavat Dasam As Kand, Dixième livre du Bhagavat 
Pourana traduit sur le manuscrit hindoui de Lalatch Kab par Théodore Pavie. Paris, Ben- 
jamin Duprat. — MDCCCLII, in-8, pp. LX— 420. 

7) Choix de Contes et Nouvelles traduits du chinois par Théodore Pavie. Paris, B. 
Duprat, 1839, in-8, pp. VIII— 299. 



420 NÉCROLOGIE. 

intitulé Kin Kou Ki Kouan, ( -^ ~^ -^ Mi,^- ^' commence la traduction') 

du premier des Tsai tseu ( ^jf* -^ ), le San Kouo tchi ( ^^ [^ ^^ ), histoire 
des Trois Royaumes, qui comprend sept livres de cet ouvrage bien connu. 

Signalons encore quelques articles dans la Revue des Deux-Mondes ^) et 
dans le Journal Asiatique ^) et la traduction du deuxième conte du Loung- 
tou Koung-ngan *). 

Tant de travaux méritaient une récompense et Pavie fut chargé en 1852 
du Cours de Langue et de Littérature sanscrites au Collège de France. Il 
s'empressa aussitôt de prononcer l'éloge funèbre de l'illustre Eugène Burnouf *), 
puis de continuer la publication de ses intéressants mémoires ^) dont un grand 
nombre dans la Revue des Deux-Mondes '). 

Pavie pouvait donc passer pour un homme parfaitement heureux; il était 
lié avec Victor Hugo, Louis Boulanger, les Devéria, avec Tony Johannot, qui 
dans une vignette l'avait surpris «dans le nonchaloir de son attitude pensive, 
appuyant son corps frôle, à l'aide de sa main crispée, sur l'épaule de son 
interlocuteur» 8). Accueilli dans le monde savant comme dans le monde lit- 



1) San-Koué-Tchy Ilan Kouroun-i pithé. — Histoire des Trois Royaumes, Roman histori- 
que traduit sur les textes chinois et mandchou de la Bibliothèque royale par Théodore 
Pavie. Paris. Benjamin Duprat, MDCCCXLV-VI, 2 vol. in-8. 

2) Les trois Religions de la Chine, leur antagonisme , leur développement et leur influ- 
ence. {^Revue des Deux-Mondes , 1" février 1845. — Le Thibet et les études thibétaines, 
1 juillet 1847. — Yu-Ki le Magicien, légende chinoise, 15 mars 185L — La vision de 
Pao-Ly, légende chinoise, 15 décembre 18BS. — Moudouri le chasseur, légende tartare, 
15 Novembre 1862. 

3) Etude sur le Sy-Yéou tchin-tsuen, roman bouddhique chinois, par M. Théodore Pa- 
vie. (./■. As, 5« S., IX, pp. 357—392: Premier article; ibid., X. pp. 308/374: Second 
article). 

4) Le Lion de Pierre, dans son Choix de Contes et Nouvelles. 

5) Notice sur les Travaux de M. Eugène Burnouf, par M. Th. Pavie. Paris. — Fé- 
vrier 1853. Broch. in-8, pp. 28. 

6) Bhodja-prabandha; Paris, 1855, in-4 , texte sanscrit de l'histoire d'un roi de Malwa. 
La légende de Padmânî, reine de Tchitor, d'après les textes hindis et hindouis, par M. 

Th. Pavie. Paris. Imprimerie impériale. — MDCCCLVI, in-8, pp. 116. 

7) De la littérature musulmane de l'Inde, 15 Sept. 1843. — La Marine des Arabes et 
des Hindous, 15 nov. 1843. — Pertaab-Sine;, procès du rajah de Sattara en Angleterre, 
15 mars 1846. — Les Religieux bouddhistes de l'île de Ceylan, 1 janv. 1854. — Le Rig- 
Veda et les livres sacrés des Hindous, 15 juill. 1854. — L'Apologue dans la société 
hindoue, 15 août 1856. — Etudes sur l'Inde ancienne et moderne: I. Les Brahmanes et 
les Rois, 1 mai 1856. — II. Les Rois maudits, 1 juill. 1856. — III. Les Héros pieux; 
Rama, 1 janv. 1857. — IV et V. Les Héros pieux; les Pandavas, 15 avril et 1 juin 1S57. 
— VI. Krichna, ses aventures et ses adorateurs, 1 janv. 1858. — VII. Çakia-Mouni; la 
société hindoue pendant la période bouddhique et l'invasion musulmane, 15 janv. 1858. — 
Derniers temps de l'Empire mogol: I. Molhar-Rao-Holkar et Rano-Dji-Sindyah, 15 août 
1868. — II. Touka-Dji-Holkar et Madha-Dji-Sindyah, 1 nov. 1858. — III. Les familles 
Holkar et Sindyah, Dowlat-Rao-Sindyah et Djeswant-Rao-Holkar, 15 janv. 1859. — IV. 
Fin de la Confédération mahratte, 1 févr. 1859. 

8) Victor Pavie. — Oeuvres choisies, II, Paris, 1887, pp. 102. 



HECROLOOIE. 421 

témire et artistique, tout à coup, il brisa tous les liens qui rattachaient à 
Paris. 

«Brusquement, dit M. René Bazin ') en 1857, après cinq ans de professorat, 
M. Pavie envoya sa démission au ministre de l'instruction publique. Co fut une 
démission complète, une rupture violente avec tout. Il quitta l'enseignement; 
il quitta Paris, les amis, les relations qu'il y avait; il quitta aussi la Revue 
des Deux Mondes et vint s'ensevelir au milieu des arbres de sa Cbaufournaie. 

»Que s'était-ii passé? Pi'esque rien. Cet esprit ombrageux avait senti le har- 
nais et l'avait mis en pièces. De petits mécomptes, des froissements d'amour- 
propre, de vagues invitations à donner des gages à l'empire, la conscience 
que sa place, laborieusement conquise, était déjà enviée, demandée, et qu'il 
faudrait la défendre, lui parurent une insulte à son mérite et à son indépen- 
dance, quand ce n'était que l'épreuve de l'un et de l'autre. D aima mieux 
briser. Et ce fut fini». 

Pavie s'était retiré dans la retraite la plus profonde: 

«Depuis qu'il avait quitté Paris et jusqu'aux dernières années qui ont pré- 
cédé sa mort, il habitait sa terre de la Cbaufournaie, dans le Haut-Anjou. 
Pour le voir, il fallait quitter les lignes de chemin de fer et voyager assez 
longtemps, en voiture ou à pied, dans un pays d'humus profond, boisé, coupé 
de haies énormes, où les collines ne sont ni très nombreuses, ni très élevées. 
Lui, justement, en possédait une, reconnaissable de loin à son moulin à vent, 
unique sur l'horizon, et, de près, à bien d'autres signes. Dès que le sol com- 
mençait à se relever, on devinait, sans même y songer, qu'on entrait dans le 
domaine d'un poète: les arbres n'étaient plus ni émondés, ni abattus: ils se 
levaient, tous de haute tige, autour des champs, chênes, aliziers, cerisiei"s, 
frênes, appuyés l'un sur l'autre, mêlant leurs branches vivantes et leurs bran- 
ches mortes où perchaient des ramiers. Il y avait des jachères en pente où le 
thym abondait; des chemins creux qui servaient de cressonnière au cresson, 
d'abreuvoir aux perdrix, d'hôtellerie aux bécassines de passage, de miroir à 
cent mille tiges folles retombant des talus, quelquefois de route aux chai-s à 
boeufs: il y avait des échaliers, des sentes, des champs de choux, une petite 
châtaigneraie, et sur la ciête, toute enveloppée dans des massifs qui la cachaient, 
une vieille maison étroite, avec une tour carrée où grimpait un rosier. 

«On eût pu croire que l'homme qui vivait là était de ceux que le silence 
a totalement conquis, apaisés, enmurés, et qui, soit dédain, soit fatigue, dor- 
ment toute une vieillesse, parfois même tout un âge mûr avant de s'en aller. 
Pas du tout. M. Théodore Pavie était à peine un résigné de cette campagne; 
il la comprenait: il la subissait comme un mariage de raison, mais il ne l'ai- 
mait pas pour elle-même: il aimait en elle, et dans leur pâle reflet d'autres 



1) Dau3 uu excellent feailleton du Journal dei Débail, da 31 mai 1896. 

2S 



422 NECBOLOGIR. 

pays, aperçus ou rêvés, merveilleusement beaux, regrettés à jamais. On le ren- 
contrait au tournant d'une haie: tout petit, alerte, voûté, la tête et les traits 
forts , avec des cheveux longs , une barbiche longue et blanche, une moustache 
courte, et, tout de suite, on était saisi par l'expression du regard. Les yeux, 
d'un bleu de mer, pétillaient d'esprit et d'inquiétude; ils disaient l'extrême vi- 
vacité de la parole et. du geste, l'aptitude à passer d'un sujet à l'autre sans 
lassitude, et comme au vol, le don d'observation, mais aussi une souffrance, 
un désir ou un regret ancien , aussi fort que la vie , et que le sourire même 
de l'accueil ne voilait pas entièrement» '). 

Cependant, une faculté catholique des Lettres ayant été ouverte à Angers 
en décembre 1876, Pavie recommença à enseigner le même mois. La Revue 
des Facultés catholiques de l'Ouest a donné six de ses leçons sur le Râmâyana 
dans ses numéros d'Octobre et de Décembre 1894, d'Avril, d'Août et de Dé- 
cembre 1895, et d'Avril 1896. 

Pavie s'est éteint le 29 Avril de cette année. Aucun discours n'a été pi'o- 
noncé sur sa tombe, mais quelques jours api'ès, Mgr. H. Pasquier, Recteur des 
Facultés Catholiques de l'Ouest, doyen de la Faculté des Lettres, prononçant 
l'éloge funèbre de Mgr. Sauvé, premier Recteur de l'Université, a associé à la 
mémoii'e de ce dernier, celle de M. Pavie, un des premieis professeurs de la 
Faculté des Lettres. 

Les travaux de Pavie comme orientaliste seront toujours estimés; il possé- 
dait non-seulement les langues de l'Inde et de l'Extrême-Orient, mais aussi 
un grand nombre de celles d'Europe; la philologie pure l'attirait 2) et il n'était 
pas indifférent à l'histoire contemporaine ^). 

«Son oeuvre littéraire*), infiniment moins originale que celle de son aîné, 
le romantique Victor Pavie, intéie.ssait par la variété des choses qu'il avait 
vues, par l'arrangement poétique du récit et par la nouveauté des paysages 
qu'il peignait. Elle formait déjà la matière de sept ou huit volumes, romans, 
traductions, voyages, les uns édités, les autres épars dans les Revues. Des 
livres qu'on ne lit plus, sans doute, mais c'est le cas de tant d'autres qui sont 
nés après ceux-là! Eux, du moins, ils ont ému ou amusé quelqu'un. Même 
aujourd'hui, si vous ouvriez les Récits des landes et des grèves^) vous iriez de 



1) René Bazin, /. c. 

2 Les Origines et les transformations de la langue française à propos du dictionnaire 
de M. Littré. {Revue des Beitx- Mondes, 15 juin 1864). 

3) Lisbonne, la Cour de dona Maria et les derniers Evènemens de Portugal {Revue 
des Deux- Mo7ides, 15 nriai 1847)- — Les Français du Canada {Histoire du Canada, par 
M. F.— X. Garneau, de Québec), 15 juillet 1853. 

4) Ajouter les Nouvelles : Gretchen, récit de la haute mer {Revue des Deux-Mondes.) 
1 juin. 1857. — La Panthère noire, {Ibid.) 15 de'c. 1865. 

5) 1863, in-8. 



NKCR0L06IE. 423 

de votre petite larme à l'histoire de la Fauvette bleue ou de la Lande-aux- 
Jagueliere» ')• 

Nous croyons qu'il était de notre devoir de rendre justice à un savant de 
mérite et bienfaisant, oublié sans raison près de quarante ans avant sa mort. 

Henri Cordier. 



HENRI CERNUSCHI. 

Tout le monde connaissait à Paris ce grand Italien, devenu Français, à la 
crinière de lion, que j'avais rencontré, il y a quelques vingt-cinq ans, en 
Extrême-Orient. II était né à Milan en 1821. Malgré son âge, nul ne pouvait 
prévoir que ce géant succomberait si vite à l'anémie le lundi 4 Mai, à Menton, 
chez son frère Ck)nstantin Cernuschi , où il était installé depuis le 26 janvier. 
Je ne crois pouvoir mieux faire que d'extraire du Temps, du 13 Mai 1896, la 
notice suivante sur Cernuschi et sur la donation qu'il a faite à la Ville de 
Paris de ses Collections universellement connues: 

«Il devait rentrer à Paris le mardi 5 mai et, se sentant moins bien, avait 
été obligé au dernier moment de remettre son départ. A son hôtel, avenue 
Velasquez, on n'a reçu que deux courtes dé})êches: la première annonçant la 
mort et la seconde faisant connaître que le corps de M. Henri Cernuschi a été 
embaumé et arrivera à Paris samedi matin. 

«M. Henri Cernuschi homme politique et économiste italien, s'était fait na- 
turaliser en 1871; il était né à Milan en 1821. Issu d'une famille riche, il 
étudia d'abord le droit, se jetant avec ardeur dans le mouvement patriotique 
qui entraînait aloi-s l'Italie. En 1849 il fut élu, au mois de février, membre 
de l'Assemblée nationale qui proclama la république à Rome après la fuite de 
Pie IX. Chaud républicain et patriote ardent, M. Cernuschi aida Garibaldi 
dans la défense de Rome loi'squ'un corps d'armée fi-ançais fut envoyé, par Louis 
Bonaparte, sous les ordres d"Oudinot, pour renverser la République romaine. 

«Dans l'impossibilité où Rome se trouva de résister, M. Cerauschi proposa 
à l'Assemblée, le 30 juin 1849, de déclarer que »toute résistance était impos- 
sible», mais en lui demandant en même temps de rester à son poste. 

«En raison des circonstances, cette proposition fut adoptée, et la municipa- 
lité de Rome traita de la reddition de la ville avec le général français. La 
période qui suivit fut marquée par une violente réaction sous la dictature des 
cardinaux délia Genga, Vanicelli et Altieri, et en 1850, M. Cernuschi était 
traduit devant un conseil de guerre; il ne dut son acquittement qu'à l'active 
intervention du général français. C'est alors qu'il quitta l'Italie pour venir s'in- 



l) René Bazin, 1. c. 



424 NECROLOGIE. 

staller à Paris, oîi il s'occupa d'afiaires de banque et de d'affaires industriel- 
les qui , grâce à son intelligence et à son activité, le conduisirent rapidement 
à une grande fortune. Devenu l'un des principaux actionnaires du Siècle, il 
se mêla aux choses de la politique, et en 1869, combattit les doctrines socia- 
listes développées par les orateurs populaires de cette époque. Au mois d'Avril 
1870, il mit à la disposition du comité de la rue de la Sourdière une somme 
de 100,000 francs destinée aux trais de propagande anti plébiscitaire. M. Che- 
vandier de Valdrôme, ministre de l'intérieur, le fit immédiatement expulser 
comme étranger, et le 1er mai M. Cernuschi était reconduit à la frontière. Il 
rentra en Fi'ance aussitôt après le 4 Septembre et prit urie part effective à la 
l'édaction du Siècle, où il traita surtout, et d'une façon lumineuse, les questi- 
ons économiques; ce fut à cette époque (1871) qu'il se fit naturaliser Français. 

Après le 18 Mars, il fit partie des républicains qui tentèrent d'arrêter la 
guerre civile et s'efforcèrent d'amener une tran.saction entre le gouvernement 
légal de Versailles et la Commune. Chaudey, rédacteur avec lui au Siècle et 
son ami, et comme lui républicain, ayant été arrêté par la Commune et con- 
duit à Sainte-Pélagie, M. Cernuschi fit de vains efforts pour obtenir sa mise 
en liberté. Le 24 mai, l'armée de Versailles étant maîtresse de la plus grande 
partie de Paris, M. Cernuschi se fit conduire en hâte à Sainte-Pélagie pour 
obtenir des nouvelles de son ami. Il était trop tard: Chaudey avait été exé- 
cuté la veille même dans le chemin de ronde de la prison, par un peloton de 
fédéré.s sous les ordres immédiats de Raoul Rigault, dans les dramatiques cii'- 
constances que l'on connaît, et M. Cernuschi n'eut d'autre consolation que de 
faire élever plus tard à son malheureux ami , un tombeau en forme de sar- 
cophage au cimetière Montmartre. 

«Très attristé par tout ce dont il avait été le témoin, M. Cernuschi quitta 
peu après la France et se mit à voyager. Il visita l'Egypte, une partie de 
l'Orient, se rendit en Chine et au Japon , et rapporta de ces divers pays une 
curieuse collection d'objets d'art. 

«De retour à Paris, en 1873, M. Cernuschi continua de prendre une part 
active aux discussions économiques et de s'intéresser à la politique. Dès son re- 
tour, il fit acte public d'adhé.sion à la candidature de M. de Rémusat contre 
celle de M. Barodet, et lorsque, pour l'élection du 27 Janvier 1889, le comité 
fut con.stitué, sous la présidence d'Anatole de la Forge, pour soutenii' la can- 
didature de M. Jacques contre celle du général Boulanger, M. Cernuschi versa 
100,000 francs au comité. 

«M. Cernuschi ne s'est pas seulement signalé d'ailleurs par de généreu.ses 
donations politiques; il a encore eu à coeur de témoigner en maintes circons- 
tances des sentiments affectueux qu'il avait pour la France. C'est ainsi qu'il a 
fait don à Paris des admirables collections qu'il avait formées dans ses voyages. 



NÉCROLOGIB. 425 



La donation Cernusohi. 



A l'angle du parc Monceau et de l'avenue Velasquez, un vaste hôtel, dont 
la façade, exempte d'ornements inutiles, ne manque pas, dans sa simplicité, 
de grandeur, abrite les merveilles que M. Cernuschi , dans un admirable élan 
de coeur, a léguées, il y a quatorze ans, à la ville de Paris. 

«On n'a pas oublié le retentissement qu'eut en France cette donation géné- 
reuse. C'était en 1882, au banquet de l'Union centrale des arts décoratifs. M. 
Antonin Proust, en termes émus, venait de rappeler dans quelles circonstances, 
au lendemain même de Sedan, M. Henii Cernuschi était venu lui demander de 
le faire natui-aliser Fi-ançais. Le directeur du Kensington Museum , sir Philip 
Cunlifife Owen, venait de féliciter l'Union centrale des heureux succès de ses 
efforts. M. C-ernuschi, alore, se leva, et d'une voix que l'émotion étranglait, 
il laconta qu'inébranlablement attaché à la Finance par l'affectueuse hospita- 
lité qu'il en avait reçue à l'heure où, proscrit de son pays d'origine, il était 
venu lui demander un asile, il léguait à la ville de Paiis, par testament, ses 
collections et l'hôtel qui les renferme. 

«Le don n'avait rien de banal. En réunissant les admirables pièces qui con- 
stituent aujourd'hui cet ensemble, M. Cernuschi avait été servi par des circon- 
stances exceptionnellement favorables. Douloureusement frappé par la mort de 
son ami Chaudey, fusillé sous la Commune sans jugement , il avait quitté Paris 
en 1871 pour effacer, par des impressions nouvelles, les impressions doulou- 
reuses qu'il venait , pendant plusieure mois , de ressentir, et il s'était dirigé 
d'une seule ti-aite vers l'Extrême-Orient. 

«Débarqué au Japon, il y avait trouvé le pays en pleine révolution. Secou- 
ant la tutelle du taikoun, le mikado venait de reprendre en mains le pouvoir, 
et pour établir d'une façon définitive ce pouvoir, il avait dû batailler sans 
trêve contre les grands seigneui's féodaux, dont la plupart avaient fait cause 
commune avec le taikoun. Tout commerce était suspendu, et dans les provinces 
dévastées, encombrées de ruines fumantes, une effroyable misère sévissait. Pour 
trouver à vivre dans les temples, que les fidèles, depuis de longs mois, délais- 
saient, où les aumônes, par suite, avaient cessé de subvenir aux besoins du 
clergé, prêtres et moines brocantaient avec rage et s'estimaient trop heureux 
de livrer aux étrangère, contie argent, les objets d'art dont regorgeaient les 
édifices commis à leur garde. Ils ne brocantaient pas que les objets d'art. Les 
statues elles-mêmes des dieux, quand elles excitaient la convoitise des barbares, 
y passaient. M. Cernuschi avait du goût ; l'argent ne lui manquait pas. Avec 
un bonheur insolent, il rafla tout un chargement de potiches, de bois sculptés , 
de laques, de céramiques, de bronzes et d'ivoires. En quelques semaines, il avait 
réuni les éléments d'un musée. 

«Du Japon, il passa en Chine. Uniquement guidé par son goût, il y acheta, 
comme il avait acheté au Nippon , de toutes mains , recherchant de préférence 



426 NÉCROLOGIE. 

les objets qui lui paraissaient les plus anciens , et dont l'art, par son origina- 
lité, le séduisait. Il eut soin, par contre, de noter avec exactitude tous les 
renseignements qu'il avait pu se faire fournir sur la provenance, la date et le 
caractère particulier des objets dont il se rendait acquéi'eur. 

«On conçoit qu'une collection formée dans des conditions pai'eilles, par un 
amateur d'un goût sûr et d'un instinct clairvoyant, par un homme d'ailleurs 
assez riche pour que jamais la question d'argent ne l'ait arrêté, soit précieuse 
et que les morceaux inestimables y abondent. 

«Entrons dans le musée. Deux dragons monstrueux en défendent l'approche, 
mais ils sont plus hideux que redoutables. Ils n'ignorent point d'ailleurs que 
nous venons faire nos dévotions au Bouddha qui, dans la grande salle du 
musée, assis sur le lotus légendaire, dresse son torse gigantesque et sa face 
sereine. Il dominait jadis, à Yeddo, une hauteur voisine d'un temple. Un in- 
cendie ayant fait disparaître le temple, on déboulonna le dieu, on le rebou- 
lonna ensuite à Paris. Ces vicis.situdes n'ont influé en rien sur son humeur: 
ici, comme là-bàs, il sourit. L'humanité, partout est la même; il la trouve 
partout amusante. 

«Et autour de ce Bouddha, haut de quatre mètres, tout un peuple géant 
de dieux et de déesses, de philosophes, d'ascètes, de saints et de saintes, de 
monstres aussi, monte une garde impassible et rigide. D'innombrables boud- 
dhas aux paupières obliques, aux oreilles pendantes et difformes, aux cheveux 
bouclés, au front que la bosse de la sagesse a bombé, croisent leure bras. Aux 
sept dieux du bonheur, la Vénus japonaise, entourée de ses quinze fils, grou- 
pés en des attitudes diverses autour d'elle, fait un sympathique vis-à-vis. Aux 
trente-deux modèles différents de la jeune déesse Kouan-In s'oppose un nom- 
bre égal de représentations, en bois, en ivoire, en grès ou même en jade, du 
dieu de la Longévité , Cheou-Ho , figuré par un vieillard au crâne piriforme 
assis sur le dos d'un cerf blanc. 

«Dans la section chinoise, des bronzes de toutes sortes, et d'une antiquité 
presque antédiluvienne. Ce vase orné de masques fantastiques fut fabriqué sous 
la première dynastie chinoise, qui régna de 2205 à 1783 avant notre ère. Cet 
autre , dont le couvercle porte en relief l'image dorée du soleil et celle de la 
lune , dont la panse indique par un creux l'emplacement où la main de l'offi- 
ciant doit se poser, — c'est un vase liturgique et qui contenait, dans les céré- 
monies, le vin sacré — ce vase atteste par une inscription, qu'il fut fabriqué 
pour Siao-Sin, au quatorzième siècle avant Jésus-Christ. Une coupe de la dy- 
nastie de Tchang remonte à une période analogue, antérieure même de cent ans. 

«Et quelle multitude encore de dieux! C'est la figure mystique de Kouan-In; 
c'est le dieu de la guerre, farouche, et ceux, ventrus, du contentement. C'est 
enfin toute une ribambelle de monstres, depuis le dragon traditionnel jusqu'à 
l'aboyeur Ki-Lin , le chien de Fo. 



NÉCROLOGIB. 427 

Quantités de vitrines renferment les objets d'étagère, les ivoires délicats, les 
brûle-parfums en bronze ouvi-agé, les objets précieux et menus que d'incom- 
parables artisans, au Japon, pendant plus de six siècles, ont ciselés dans tous 
les métaux, fouillés dans les plus diverses matières, modelés en porcelaine, en 
argile ou en grès. 

«Tel est, dans son ensemble, le musée dont les merveilles, désormais, seront 
nôtres et feront vouer à la mémoire de Cernuschi un vrai culte par les ama- 
teurs d'art les plus humbles comme les plus cultivés». 

Suivant le désir de M. Henri Cernuschi, ses obsèques ont été célébrées sim- 
plement, et son corps, transporté au Cimetière du Père-Lachaise , y a été 
incinéré. Henri Cordier. 



JOSEPH HAAS. 

Nous apprenons avec le plus vifregret que M. Haas s'est noyé accidentellement 
le 26 Juillet en se baignant à l'île de Pou-tou dans les Tchou-san. M. Haas était 
né en 1847 à Pilsen et reçut son éducation d'abord à l'institut Wyckenburg à 
Vienne, ensuite au Teresianum. Son éducation terminée, il se rendit en Chine, 
où il entra en 4867 au service de la maison allemande Overbeck & Ci^; mais 
déjà l'année suivante, il se rendit à Canton pour y étudier le Chinois. En 4869 il 
accompagna, comme interprète, la mission autrichienne du vapeur de guerre Donau, 
et après le traité signé à Peking le 2 sept. 4869 par le contre-amiral von Petz, 
un consulat d'Autriche- Hongrie fut établi à Shanghaï, et son premier titulaire 
fut le Baron de Calice qui eut pour successeur M. Rudolf Schlik. M. Haas, qui 
avait été d'abord interprète, devint consul et enfin Consul-Général; il prenait 
une part active aux travaux de la Société asiatique de Shang-haï dont il était 
bibliothécaire dans les derniers temps; c'est en cette qualité qu'il a donné une 
nouvelle édition ') du catalogue des travaux de cette société que j'avais publié 
en 4874 2) et une troisième édition de mon catalogue') de la bibliothèque*); 
il a également inséré dans ce recueil un mémoire sur les monnaies du Siam ^). 



1) A classified Index to the end of 1893. Compiled by Joseph Haas. (Journal 

China Br. R. As. Soc, N. S , N°. XXVI, p. 185). 

2) A classified Index to the Articles printed in the Journal of the North-China Branch of 
the Royal Asiatic Society, from the foundation of the Society to the 31st of December 1874. 
By Henri Cordier. {Journal l^'orth China Br. B. ^j. -Soc, N. S , N°. IX, Art. VIII, p. 200). 

3) Publié en 1872. 

4) Catalogue of the Library of the China Branch of the Royal Asiatic Society (including 
the Library of Alex. Wylie Esq.). Systematically classed — Third Edition. — Shanghaï, 
Kelly and Walsh, 1894, in-8. 

5) Siamese Coinage. {.Tonm. iV. C. Br. R. As. Soc., N. S., N">. XIV, Art. Ill, p. 35.) 



428 NECROLOGIE. 

Nous notons encore quelques travaux ') de M. Haas qui n'était pas revenu en 
Europe depuis qu'il avait pris part en 1889 aux travaux du Congrès des 
Orientalistes à Stockholm. Henri Cordier. 



J. P. VAL D'EREMAO. 

Le Père Joseph Patrick Val d'Eremao vient de décéder à Woking, près 
Londres, le 6 Juin 1896, à l'âge de 55 ans. Il était né à Sirdhana, dans la 
partie N.O. de l'Inde, le 18 Janvier 1841. Son grand-père était lieutenant au 
service de l'East India companj', et son père commandant au service du roi 
de Delhi, près de quelle ville la famille possède une petite propriété. Le Dr. 
d'Eremao savait très bien l'Hindoustani, le Persan et l'Hébreu et fut pendant 
longtemps aumônier catholique des forces britaniques aux Indes. 

Il était toujours dans les meilleurs termes avec les ministres des religions 
protestante, juive, mahomédane et hindoue, et était très populaire parmi les 
officiers anglais. Il préférait surtout les études linguistiques et ethnographiques^. 
En 1891 il fut attaché à l'Oriental University Institute par son savant directeur, 
le Dr. Leitner, où il était sous-éditeur de r«Imperial and Asiatic Quarterly Review». 
Il mourut des suites d'une petite opération chirurgicale, une attaque de congestion 
de foi ayant amené une syncope. L'accès lui prit pendant qu'il disait la messe 
du Corpus Christi à l'église de St. Joseph à Guildford où ses restes mortels 
ont été inhumés. G. Schlegel. 



1) Das System der /\. ^p (Pa kua) by Joseph Haas. {Notes and Queries (m China 
and Japan, III, 1869.). — La traduction allemande {Beittsch Chinesische» Conversa (ions- 
Bttch) des Progressive Lessons in the Chinese Spoken Language, by J. Edkins; publiée en 
1870, a eu une seconde édition en 1885. 



BULLETIN CRITIQUE. 



Transactions and proceedings 
of the Japan Society, London. Sup- 
plement I. NiHONGi, chronicles of 
Japan from the earliest times to 
A. D. 697. Translated from the 
original chinese and Japanese, by 
W. G. Aston, C. M. G. Honorary 
member of the Japan Society, etc. 
Volume I (London 1896). 



The Japan Societi^, Loudon 
has done a good work in enab- 
ling Mr. Aston to publish his 
translation of the Nihongi, the 
standard native history of An- 
cient Japan. It is not a very re- 
liable history, for it was made 
long after beginning of history, 
as the Japanese only learnt writ- 
ing in A. D. 405 through inter- 



mediary of Corea, itself a country 
colonised and civilised by China. 
The redaction of the oldest his- 
tory, the Kiujiki ('^ ^ qU) 
or »History of ancient events" 
was composed in A. D. 620. This 
was, however, partially burnt in 
645, and only in 682 a commis- 
sion was named to reconstruct it. 
This was published in 712 under 
the name of Kojiki '). 

In Ä. D. ?20 the Nihongi 
( ^ pE) ^^^^ published by 
order of the empress Gemmiö, and 
it is the translation of this work 
which is given to the european 
scholar by Mr. Aston. 

A german translation of the 
same work was published some 
years ago by Dr. Karl Florenz 



1) The text of the Kojiki was translated by Basil Hall Chamberlain in the Trans- 
actions of the Asiatic Society of Japan. Vol. X. Supplement. 



430 



BULLETIN CRITIQUE. 



(See T'oung-pao, Vol. 17, p. 101, 
V, 414) and we may refer to our 
review of this translation for the 
general scope of the work. 

Part I and II of Mr. Aston 's 
translation treat of the Age of 
the Gods. It is, of course, quite 
fictitious, and only has a great 
value as material for folk-lore and 
ancient religious superstitions. 
Phallicisra formed one of its prin- 
cipal features, and though fast 
disappearing now by imitative 
western »pruderie", its symbols 
are perpetuated to the present 
day, as well in Japan, as in Europe. 
The drawing given on p. 11 of 
the wo-hashira (literally male-pil- 
lar), which name is applied to the 
end-posts or pillars of a railing 
or balustrade, on account of the 
shape of the top {nu or iama) 
which represents a penis with 
withdrawn prepuce, showing the 
glans penis, vividly recalls the 
same phallic pillars which a. o. 
in Holland separate the precincts 
of the houses from the street, al- 
though nobody any longer is aware 
of their phallic origin nor is scan- 
dalised by them. 



Old legends, which may have 
a geographical background, are 
often reported. We may mention 
the Hi no Kwn, or Land of fire 
visited by the emperor Keikd in 
A. D. 88, page 198, which strong- 
ly reminds us of the tale told by 
the ancient arabs in the Marvels 
of India, and by the Chinese na- 
vigators, (T'oung-pao, Yol. VI, 
pp. 250^252). 

Mr. Aston's translation is rich- 
ly interspersed with most valuable 
notes and remarks which add not 
a little value to the work. The 
impression is clear and correct. 
The misprint in note 2 on page 
219: ^n % instead of $p g 
must be due to a compositors 
mistake. The value of the work 
would, however, be greatly en- 
hanced if the Chinese characters 
were not so sparingly added, for 
most of them are irrecognisable 
in their Japanese form. We also 
hope that the translator will give 
us in the second volume a map 
of old Japan illustrative of the 
geographical portion of the Ni- 
hongi. G. S. 



BULLETIN CRinqUE. 



481 



Giornale délia Società Asiatica 
lialiana, Vol. IX, 1895-1896. 
Florence, B. Seeber. 



Ce volume contient: 1° la con- 
tinuation du Satdarçana-muccaya- 
tikâ par M. F. L. Pullé, §§ 10, 
11 et 12 (texte Sanscrit avec notes. 
2° Une notice sur le Livre de 
Ghershasp, poème d'Asadi le jeune, 
par V. RüGARLi. Ce Livre fat com- 
posé entre les années 1063 et 1065, 
par un certain Asadi, sarnommé 
le jeune (il Giovine), pour ne pas 
le confondre avec sou père, grand 
poète et maître de Firdusi, auteur 
du Livre des Rois. 3° La seconde 
partie du mémoire de Mgr, Ch. 
DE Harlez sur l'Amour universel 
du philosophe chinois Mi-Tsze. 
4° Cn mémoire sur la philosophie 
égyptienne, par M. G. Fino. 5° La 
traduction d'un opuscule chinois 
intitulé =^ ^ ;^ , Journal 
d'anciennes légendes ou d'anecdo- 
tes de fils pieux (24 pièces) par 
M. le professeur L. Nocentini. 6° 
Six fables chinoises traduites par 
le même. 7° Une notice sur l'aven- 
turier indien Mûladeva par M. P. 
E. Pavolini. 8° Une analyse d'un 



MS. florentin de Kathârçava, par 
le même. 9° Un mémoire sur le 
soleil, la lune et les étoiles, com- 
mes images symboliques de beauté 
dans les langues orientales, con- 
tenant des notices sur la philo- 
logie arya-sémitique, par M. Sta- 
nislas Prato. L'auteur y compare 
les noms des constellations avec 
les qualifications qui en dérivent 
dans les langues aryennes, sémi- 
tiques, chinoises, africaines, amé- 
ricaines, etc. Le Volume conclut 
avec un bulletin critique de divers 
ouvrages offerts à la société. 

G. S. 

Geschichte dez BnddhismuB in 
der Mongolei. Mit einer Einlei- 
tung : Politische Geschichte der Mon- 
golen, aus dem Tibetischen des 
Jigs-med nam-mk^a herausgege- 
ben, übersetzt und erläutert von 
Dr. Georg Huth, Privatdocent an 
der Universität zu Berlin. Zvireiter 
Teil: Nachträge zum ersten Teil. 
Übersetzung. Strassburg, Karl J. 
Tröbner 1896. Ladenpreis M. 30. 



Den ersten Band dieses Werkes, 
1892 erschienen, haben wir in 



432 



BULLETIN CRITIQUE. 



dieser Zeitschrift, Jahrgang 1892, 
S. 527-28, schon besprochen. Der 
Verfasser erklärt in seiner Vor- 
rede aus welchen Gründen die 
Veröffentlichung des 2. Teiles ver- 
zögert worden ist. Diese Verzöge- 
rung ist aber der Arbeit zu Gute 
gekommen, da eingehendere Stu- 
dien in anderen Werken, den in 
dem Buche behandelten Gegen- 
stand näher beleuchtet haben. 

Ein dritter Band wird »An- 
merkungen erklärenden und histo- 
risch-kritischen Inhalts" sowie die 
Indices sämmtlicher in der Über- 
setzung vorkommenden sanskriti- 
schen, tibetischen, chinesischen, 
mongolischen und sonstigen Eigen- 
namen uud Termini enthalten. 

Der erste Teil des vorliegenden 
Bandes behandelt ganz kurz die 
Geschichte des tibetischen Herr- 
scherhauses und die des Buddh- 
ismus in Tibet (S. 3—9) und dann 
ausführlicher die Geschichte des 
Mongolischen Fürstengeschlechtes 
(S. 10-78). 

Der zweite Theil behandelt 
die Geschichte des Buddhismus in 
der Mongolei, wovon S. 79 — 99 
dem Buddha uud der Dharma ge- 



widmet sind. S. 100 — 174 ent- 
halten Geschichtliches über die 
Verbreitung der buddhistischen 
Lehre in Indien und in China, 
während der 2. Abschnitt (S. 175- 
419) die ausführliche Geschichte 
djs durch 6Tson-k'a-pa reformir- 
ten Buddhismus (die c?Ge-lugs-pa- 
Lehre) behandelt. 

Ein Anhang (S. 420 ff.) ent- 
hält Erörterungen über Einzel- 
heiten der Religion, sowie Zu- 
sätze und Berichtigungen zur 
Übersetzung. 

Wie man aus dieser kurzen 
Übersicht des Inhaltes ersehen 
kann, bietet das Werk eine Fülle 
Stoffes für die Gelehrten die sich 
mit der Geschichte des Buddhis- 
mus befassen, und müssen wir 
darauf verzichten näher hierauf 
einzugehen. 

Die Geschichte des Pogta 
Khan^ besser unter seinem Namen 
T'emucin oder Oingis Khan be- 
kannt, ist stark mit chinesischen 
Phrasen gewürzt. Die Vermeldung 
des Waldthieres von grüner Farbe, 
welches den Leib eines Hirsches, 
den Schwanz eines Pferdes hatte, 
und auf dem Kopfe von einem Horn 



BULLETIN CRlTiqUB. 



433 



versehen war, das sich vor Pogta 
niederbeugte als er einenKriegszug 
gegen den König von Indien un- 
ternahm (S. 25) deutet offenbar 
auf den chinesischen ^ J^ Ki- 
lin, wo ersteres Zeichen Ki das 
männliche und das zweite Lin das 
weibliche, ungehörnte Thier be- 
deutet, und dessen Erscheinung 
bei der Geburt oder den Tod be- 
rühmter Männer iu China zu wie- 
derholten Malen erwähnt wird *). 
Ich habe das Thier ausführ- 
lich in meiner »Uranographie 
Chinoise", S. 587—88 beschrie- 
ben, und nachgewiesen dass es das 
Thier sei das die Tibetaner Séru^ 
besser Tschiru, und die Mongolen 
Kéré nennen. Hodgson hat diese 
Antilope zuerst in Tibet entdeckt, 
wo ein Exemplar, das der Lama 
Digurtschi (Jikazze) dem Radja 
von Nepal geschenkt hat, in des- 
sen Menagerie gestorben war. Man 



daselbst sagt dass die Chinesen den 
Hwopilai Khan noch heutigen 
Tages preisen und verehren unter 
dem Namen »König You suu". 
You und San sind nämlich die 
berühmten alten Kaiser Yau (^ ) 
und Sun ( ^ ), wovon ersterer von 
2355—2258 v.Chr., und der zweite 
von 2256-2205 v.Chr. über China 
regierten, und die Confucius im- 
mer als Musterfürsten darstellte. 
Statt »König You sun" ist also 
zu lesen »die Kaiser Yauxxna èun. 
Unter den von Hwopilai Khan 
überwundenen Völkern werden 
auch die iT'i/Jc'a, auf Mongolisch 
K'emh^emce geheisseu, vermeldet. 
Sie werden beschrieben als blaue 
Augeji und rothe Haare zu haben, 
und im Besitz von zehntausend 
schönen Pferden zu sein. Es sind 
dies die sogenannten blonden Kir- 
gisen die in der Umgegend des 
Kein (Jenissei) und Khon (Orkhon) 



findet es vielfach iu den Sculpturen i wohnten, weshalb die chinesischen 
undGemälden in den buddhistischen Geschichtsforscher sie ^ ^Kien 



Tempeln in Tibet vorgestellt. 

Seite 33 kommt ein irrthüm- 
licher Satz vor, da der Verfasser 



K'un nannten. ^ Kien ist ent- 
weder die Transcription des tibe- 
tanischen Namens ^'t'n (Ca), da das 



1) Cf. De Guignes, Geschichte der Hannen und Türken, III, S. 68; d'Ohsson, His- 
toire des Mongols, I, S. 318, Note, wo die Chinesische Quelle angeführt ist. 



434 



BULLETIN CRITIQUE. 



Zeichen uocli heutigen Tages im 
Canton Dialekt Ki7i ausgesprochen 
wird, oder ^ ist ein Schreib- 
fehler für ^, das ehedem, wie 
im Canton und Emoi Dialekt, Kam 
ausgesprochen wurde und die mon- 
golische Form K'em vorstellen 
kann. 

Die Chinesen nennen den Je- 
nissei selbst ^J ^ , nach der al- 
ten in Emoi aufbewahrten Aus- 
sprache Kiäm (Canton Kim) sui - 
»Kem-Fluss" (d'Ohsson, Histoire 
des Mongols, I, S. 103, Note). 

Ferner werden noch als Er- 
oberungen des Hwopilai ange- 
führt die Gwöli ( "^ ]^ Kao-li - 
Corea), die Manju (^ ^ Be- 
wohner der Provinz Fuh-kien), die 
Inselbewohner von yZi-pen ( Q 
2jj Japan), von Hp'u-sah ( 70^ 
^ Fu'Sang'i Sacchalin), von Si- 
yanlo ( j^ ^ Siem-lo oder Siam) 
und die Zfyah ( ^ ^ Siang kiun, 
Cochin-China?), welche Erobe- 
rungen meistentheils missglückte 
Expeditionen gewesen sind, zumal 
die gegen Japan. G. S. 

Pratique des Examens militai- 
res en Chine, par le P. Etienne Zi 



(Siu), S. J. Chang-hai, imprimerie 
de la mission catholique à Vorpheli- 
nat de T'ou-sé-wé, 1896. [N°. 9 des 
«Variétés sinologiques»]. 



Dans le 5® numéro des «Va- 
riétés sinologiques» le P, Etienne Zi 
( 1^ ) nous a donné une importante 
notice sur la Pratique des Examens 
littéraires en Chine (p.p. m et 278), 
puisée aux sources chinoises offi- 
cielles. 

Dans ce numéro il nous donne 
le complément de sa première no- 
tice sur les examens militaires en 
Chine, comme ils sont pratiqués 
encore aujourd'hui dans le céleste 
empire. 

A nos yeux tout cela est arriéré, 
les armes de combat ayant depuis 
entièrement changé. On se bat au 
canon et au fusil et non plus avec 
des arcs et des flèches. Cependant 
il ne faut pas oublier que les Ro- 
mains ont conquis le monde avec 
ces armes et que les Chinois ont pu 
se soumettre des nations vigoureu- 
ses qui, eux aussi, ne se battaient 
qu'avec des arcs, des lances et des 
sabres. L'opuscule est richement 
orné de gravures originales, qui 



BULLETIN CRITiqüB. 



435 



illustrent les diverses méthodes de 
l'exercice, fournies par le P. L. 
Gaillard. Elles ne brillent pas au 
point-de-vue artistique, mais elles 
donnent en tout cas une bonne 
idée de l'exercice. Une mauvaise 
gravure vaut toujours mieux que 
la description la plus détaillée. 

L'ouvrage, écrit d'abord en 
Latin par l'auteur, a été traduit en 
Français par le P. C. de Büssy. 
Il a été en grande partie composé 
d'après le :^ i^ <1^ ^J , «Régie- 
meuts pour le champ d'exercice» 
(édition de 1864) qui jouit d'une 
grande autorité, étant composé et 
reconnu par le Ministère de la 
guerre ( -^ -qÇ ping pou) à Peking. 

Nous remercions ici publique- 
ment, au nom des sinologues de 
l'Europe, qui n'ont pas eu l'occa- 
sion comme nous, d'être présent à 
ces examens, de ce travail instructif 
du P. Zi. 

On annonce comme étant en 
préparation dans cette remarquable 
collection: La stèle chrétienne de 
Si-ngan-fou, 2® Partie Histoire du 
monument, par le P. Henri Havret. 
— La stèle chrétienne de Si-ngan' 
fou, 3^ Partie Traduction et com- 



mentaire de V inscription, par le P. 
Henri Havbet. — Le Royaume de 
Ou, par le P. Albert Tschepe. — 
Allusions littéraires, P*"^ Série 
(2^ Fascicule. Classif. 101 à 214.) 
par le P. Corentin Péiillon. — 
Le mariage chinois au point de vue 
légal, par le P. Pierre Hoang. — 
Notes sur la gabelle en Chine, 
par le P. Dominique Gandar. — 
Notions techniques sur la propriété 
en Chine, traduction, par le P. 
Joseph Bastard, du traité De Legali 
Dominio (P. Pierre Hoang). — 
L'observatoire de Zi-ka-wei, par le 
P. Stanislas Chevalier. — De la 
composition chinoise, par le P. J.-B. 
P'É. — Pour activer ces travaux 
d'imprimés, les Jésuites viennent 
d'envoyer à Zi-ka-wei, un frère 
qui a étudié à fond l'imprimerie, 
et qui a emporté avec lui une ma- 
chine de première marque et un 
moteur assez fort pour faire mar- 
cher tout à la vapeur. Quant à 
l'Observatoire, on travaille à le 
compléter sous le rapport des in- 
struments; d'ici un an, ce sera un 
Observatoire de premier ordre, ca- 
pable de rendre les plus grands 
services. G. S. 



436 



BULLETIN CRITiqUB. 



Über eine frühere Erscheinung 
des Kometen 1881 III Tebhut. Im 
Anschluss an die chinesischen An- 
nalen dargestellt von Dr. JoH, EiE&f, 
Assistent an der Kgl, Sternwarte in 
Göttingen. {Göttingen, Druck der 
Univ. Buchdruckerei von E. A. 
Huth, 1896. 



M. le docteur Jon. Riem, assis- 
tant à l'observatoire royal de Göt- 
tiugue, a publié sous ce titre uue 
petite brochure sur uue apparition 
antérieure de la comète III Tebbut 
de 1881, comète qu'il identifie avec 
celle observée en Chine le 7^ mois 
de la 14^ année du duc Wen de 
Lou, passant par la grande ourse. 
Elle répond à l'an — 612 de notre 
ère. Le 7® mois de cette année 
tomba entre le 20 Juin et 20 Juillet, 
et selon les calculs de M. Riem la 
comète en question se trouvait le 
20 Juin à 9^ 30 + 68° du soir 
dans le Nord, éloignée à-peu-près 
4 heures de sa culmination infé- 
rieure. M. Riem fait un appel au 
calcul d'autres comètes à longues 
révolutions qu'on pourrait peut- 
être identifier avec celles observées 
en Chine. L'auteur, qui ne men- 



tionne que celles données par Pin- 
gre, semble ne pas avoir eu con- 
naissance de la liste bien plus longue 
donnée par John Williams, assis- 
tant-secretary of the R. A. Soc. à 
Londres, dans son ouvrage «Obser- 
vations of comets from B. C. 611 
to A. D. 1640» (Londres 1871) et 
qui contient 149 d'observations de 
comètes de plus que les catalogues 
de Pingre et de Biot publié dans la 
«Connaissance des Temps», pour 
1846. Pingre a pris ses notes dans 
les traductions des P.P. Gaubil et 
Mailla, et semble n'avoir eu aucune 
connaissance des comètes mention- 
nées dans les Chi-ki et l'encyclopé- 
die de Ma Toan-lin. La liste de M. 
Williams contient372 observations 
de comètes en Chine. 

G. S. 

Die Sprache der zweiten Colwnne 
der dreisprachigen Inschriften und 
das Altaische, von HkinkichWink- 
LKR (Breslau 1896). 



Dans ce mémoire M. Winkler 
traite de la langue dans la 2® co- 
lonne des inscriptions trilingues 
découvertes en Sibérie, et des lan- 



BÜLLB^IIN CKITIQUK. 



437 



gues altaiques en général. Le ré- ! Monsieur le professeur Bano 



sultat de ses recherches linguisti- 



nous a promis à ce sujet un 



ques est seloa l'auteur que les ' mémoire sur les langues susienne 

1 

langues susienne, sumérienne et et altaïques que nous publierons 



accadienne n'appartiennent point 
au groupe altaïque. 



dans ce journal. 



G. S. 



29 



CHRONIQUE. 



ALLEMAGNE ET AUTRICHE. 

M. F. W. K. Müller, du Musée d'Ethnographie à Berlin, vient de publier 
dans la Festschrift offerte au professeur A. Bastian un opéra moyen-âge du Ja- 
pon nommé Ikkaku sennin ( — • -^ Yjjj A ) ou le «sorcier unicorne», avec 
des notes sur les unicornes dans la littérature orientale et occidentale. 

Nous apprenons avec plaisir que M. Leo Woerl à Wiirzbourg et Leipzig 
va réimprimer le célèbre ouvrage Nippon Archiv de M. von Siebold, dont la 
le édition incomplète parut à Leide en 4832. L'ouvrage sera publié en deux 
volumes, de 40 feuilles texte, portrait de l'auteur, 60 gravures dans le texte, 
40 planches, cartes, tabelles etc. Les planches seront reproduites des planches 
originales par autotypie et le prix ne sera que de 20 marks (Ostasiatischer Lloyd, 
47 Juillet). 

Le Globus du 46 Sept, contient e. a. un article très intéressant de M. F. 
Blumentritt, un des meilleurs connaisseurs des Philippines, sur l'insurrection 
dans ces îles contre les Espagnols, qui, selon lui, est une conséquence immédiate des 
victoires conquises par les Japonais sur les Chinois. Les Tagales qui, par suite 
de leur croisement avec des Chinois, ont un faux air mongoloïde, considèrent 
les Japonais comme leurs frères, à tel point que, selon une communication de 
M. W. E. Retana dans le «Heraldo» de Madrid, une revue imprimée en langue 
tagale est publiée depuis le nouvel-an au Japon, dans laquelle le patriotisme 
est stigmatisé comme une folie et la religion chrétienne comme une idolâtrie, 
tandis que le Japon y est décrit comme un état modèle et les Japonais comme 
plus ou moins supérieurs aux Européens. 

L'Eui'ope, continue M. Blumentritt ne doit pas rester indifférente à cette 
insurrection; car quand les Philippines auront été libérées du joug de l'Espagne, 
elles seront quasi indépendantes, mais en réalité elles deviendront une Dépen- 
dance du Japon et augmenteront l'influence du Pays du Soleil levant d'une 
façon exti'émement dangereuse pour les intérêts européens en Asie. L'auteur 



I 



CHRONIQUE. 439 

conclut son article avec les mots : « les soldats espagnols ne se battent donc 
pas seulement pour la possession espagnole, mais ils défendent les intérêts les 
plus vifs de l'occident chrétien contre l'orientalisme des Japonnais». 

Je note ici que j'avais prédit tout cela dans mon mémoire lu le 12 Novembre 
1894 à l'Académie royale des Sciences à Amsterdam. G. S. 

ASIE CENTRALE. 

Le capitaine M.-P. Deasy, du 16« lanciers de la reine, a quitté l'Angleterre 
il y a quelque temps pour effectuer un voyage à travers le Tibet, de l'Ouest 
à l'E^t, Il se propose de jeter, en route, des petites boites de fer blanc conte- 
nant des notices en anglais et en français sur parchemin, dans toutes les riviè- 
res tributaires du Tsanpo et autres grands coui"s d'eau qu'il rencontrera. H a 
l'espoir que quelques-unes de ces boites pourront être recueillies dans le Brahma- 
poutre, la Salouen et le Mékong ce qui aiderait à résoudre le problème encore 
posé au sujet de l'origine de ces rivières et de leurs rapports entre elles. 

Les notices seront numérotées consécutivement et les enveloppes de fer blanc 
où elles seront placées pointeront une étiquette de cuivre soudée à l'extérieur 
avec ces mots: &Pnère d'ouvrir», en anglais et en français et le nom du capi- 
taine Deasy. Le parchemin porte une requête invitant la pei-sonne dans les 
mains de laquelle il tombera, à le renvoyer à la Société royale de géographie 
de Londres, avec l'indication aussi exacte que possible de l'endroit où il a été 
retrouvé. 

En raison de l'important service que le capitaine Deasy se propose de rendre 
à la science géogi"aphique, on espère que les fonctionnaires anglais et français 
résidant dans le voisinage des rivières mentionnées pourront établir des vigies 
afin de recueillir au passage les parchemins en question et de les remettre à 
la destination indiquée. 

On mande de Khabarovka, sur l'Amour (source anglaise), que la population 
cosaque de ce district a été souvent attaquée dans les dernière temps par les 
bandes chinoises venant du lac Khanka, sur la frontière mandchoue. A la suite 
de mesures prises par les autorités russes, une partie des maraudeurs khankas 
ont été capturés par les russes, le 9 Août, après avoir perdu sept hom- 
mes: les prisonniers, livrés au général chinois Djao-Tyan, ont été exécutés par 
son ordre. Actuellement, un corps mixte russo-chinois opérerait dans le district 
d'Oussouri, afin de débusquer tout ce qui reste des Khankas de leurs places 
fortifiées. 

BELGIQUE. 

Notre collaborateur infatigable Mgr. C. de Harlez vient de publier chez 
Istas à Louvain, une notice ti'ès intéressante sur les Populations primitives du 



440 CHRONIQUE. 

S.O. de la Chine, d'après Ma Tuan-lin. Il est seulement à regretter que les 
noms de ces populations ne soient pas accompagnés de leurs signes chinois. 
A.vec les différents systèmes de transcription des mots chinois, surtout celui de 
Wade, il devient impossible de reconnaître ces mots s'ils ne sont point donnés 
en caractères chinois. 

La communication faite par Mgr. de Harlez dans la séance du 2 décembre 
1895 de la classe des lettres de l'Académie royale de Belgique, Essai d'An- 
thropologie chinoise, a été tirée à part du vol. LIV des Mémoires publiés par 
cette société savante. (Bruxelles, Hayez, 4896, in-8, pp. 104.) 

Notre collaborateur, M. le professeur Willy Bang , publie en ce moment 
chez Otto Harrassowitz à Leipzig une étude sur l'inscription Kökturque sur la 
face méridionale de la stèle de Kiil Tägin. Le contenu en sera essentiellement 
et purement linguistique. 

GRANDE BRETAGNE ET IRLANDE. 

L'Orientai University Institute à Woking vient de publier une traduction 
anglaise du Yih-king de Mgi". C. de Harlez, de l'université de Louvain, par 
M. J. P. Val d'Eremao, depuis décédé. (Voir notre Nécrologie). 

Le no. de Juin de VImperial Asiatic Quarterly Review contient un article 
très bien écrit sur la question de l'extrême orient par «Behind the scenes», 
ainsi qu'un article sur les premières relations entre la Russie et la Chine par 
M. E. H. Parker. M. le colonel Mark Bell nous y donne une relation de 
l'insurrection mahoraétane en Chine avec une réduction de la nouvelle carte 
de la Chine par le Dr. E. Bretschneider. Charlotte M. Salwey y publie deux 
monographies japonaises , une sur la fête des fleurs de cerise, et une sur le 
tatouage au Japon, tandis que M. John Beumes nous donne un Simple résumé 
du Bouddhisme. M. E. H. Parker, qui se croit juge suprême en toutes choses 
relatives à la Chine, porte un jugement très sévère sur la nouvelle carte de la 
Chine par le Dr. E. Bretschneider, jugement auquel nous ne pouvons pas souscrire. 

Nous sommes heureux d'apprendre par le même journal (p. 191) que le Dr. 
Leitner s'est enfin rallié aux autres orientalistes pour le prochain congrès 
oriental à Paris en Septembre 1897. 

Volume III, Part. 1 et II des «Transactions and proceedings of the Japan 
Society, London» contient un article «Volcanic and earthquake phenomena of 
Japan» par M. le professeur John Milne; «Notes on the history of lacquer» 
par M. E. Hart, une note sur la forme des toits de temples japonais; une sur 
le patron dit à clef au Japon et une sur l'échelle musicale japonaise par M. 
F. T. PiQGOTT; vues de la vie sociale au Japon moderne par le Rév. A. C. Shaw, 
et un article sur la Cour et la Société à Tokyo, par M. F. H. Balfour. 



CHRONIQUB. 441 



CHINE. 

11 vient d'être imprimé à Shang-haï chez A. Cunningham & Cie. (Paris, 
Ei-nest Leroux) une traduction française par Rodolphe de Castella de ^^ jcM 
^È ^. Le droit de famille chinois de P. G. von Moellendorff. 

Malgré les revel's militaires éprouvés par la Chine dans sa guerre avec le 
Japon, deux ambassadeurs du Népal, an nord des Indes britaniques, sont venus 
le 27 Juin rendre leur hommage décennal à la cour de Peking. Le premier 
ambassadeur, vêtu en son habit de cérémonie rouge, jaune et bleu, a fait son 
entrée dans un palanquin vert porté par quatre porteurs. Le séjour des am- 
bassadeurs .«era plus long que de coutume, parce que l'empereur est encore en 
deuil de sa mère. En attendant, ils sont régalés aux frais de l'empereur qui 
est très content de voir que son prestige auprès de ses vassaux n'a pas souf- 
fert en conséquence de l'invasion japonaise. 

On mande de Shanghaï, source anglaise: 

Une des conséquences de la famine pei-sistante qui sévit sur plusieui-s points 
de l'empire chinois, c'est la série d'émeutes qui se sont produites dans certaines 
pi'ovinces. La plus grave de ces révoltes a éclaté sur les limites des provinces 
de Kiang-Si et de Chan-Toung: elle a été provoquée par une société secrète 
du pays, hostile au gouvernement et à la dynastie mandchoue, dans l'espoir 
de créer une diversion en faveui- des Doungans mahométans du Kan-Sou, depuis 
longtemps soulevés. 

Dans la province de Chan-Toung, plusieurs missions françaises ont été dis- 
persées. Un missionnaire allemand a disparu. 

Des pamphlets antichrétiens ont été affichés à Tching-Tou, RÇ" äK JM" ^ 
capitale de la province de Sse-Tchouen, pour provoquer le peuple à détruire la 
mission française. Une femme attachée à une mission anglaise a été enlevée; 
on ignore si elle est de nationalité anglaise ou américaine. 

S. Exe. Tching-Tchang , ministre de Chine à Paris, vient de recevoir un 
télégi-arame du Tsoung-li Yamen lui annonçant que, par décret impérial en 
date du 17 juin, il est nommé secrétaire d'Etat à la cour des rites et des 
cérémonies tout en conservant ses fonctions de ministre de Chine en Fi-ance. 

Plusieurs journaux allemands publient l'information suivante de Shanghaï: 
Les canonnières allemandes Iltis et Princesse-Guillaume , portant 430 hom- 
mes, sont arrivées à Nankin à la suite des actes d'hostilité commis par la po- 
pulace , contre les officiers instructeui-s allemands. Le consul allemand , dans 
la ville, et le capitaine de corvette Holtzendorf, assistés des autorités chinoi- 



442 CHRONIQUE. 

ses, s'occupent de faire une enquête sur les troubles. Un troisième bâtinaent 
de guerre est tenu, à Shanghaï, prêt à partir. 

La Gazette de Cologne confirme le démenti déjà opposé à la nouvelle d'a- 
près laquelle un des officiers allemands, M. Krause, aurait été assassiné par 
les gardes du vice-roi Liou Koun-yi. Quant à la dépêche d'une agence portant 
que tous les officiers allemands, après avoir touché le traitement que leur ga- 
rantit leur contrat, seront renvoyés sur la requête du ministre russe à Pékin, 
elle paraît ne reposer sur aucun fondement sérieux. 

On télégraphie de Hong-Kong qu'un typhon a occasionné le naufrage de la 
canonnière allemande litis, le 23 juillet, à Tche-fou , à 10 railles au nord du 
promontoire sud-est. Dix hommes ont été sauvés; le reste de l'équipage, y 
compris les officiers, a péri. 

M. Haas, consul d'Autriche-Hongrie, s'est noyé par accident à Pou-tou. 
(Voir notre nécrologie). 

Les journaux anglais insèrent la dépêche suivante de Shanghaï, que nous 
reproduisons sous toutes réserves: 

Tous les syndicats chinois formés dans le but de construire le grand chemin 
de fer central à travers la Chine ayant échoué, faute de pouvoir réunir les 
capitaux nécessaires, les ministres de France et de Russie ont, paraît-il, fait 
des propositions au gouvernement du Céleste-Empire. Ils s'engagent , au nom 
de leurs gouvernements, à construire en commun le chemin de fer en ques- 
tion; les capitaux, le matériel d'exploitation, le personnel, etc., devant être 
fournis par les deux alliés. 

Le Consul Général Jernigan, de Shang-haï, annonce le 5 mars 1896: «Le 
rapport pour 1895 du Conseil municipal de Shang-haï est intéressant, parce 
qu'il montre l'accroissement de la ville comme population et comme centre 
manufacturier. En 1885, la population était 125, 666; en 1890, 171,950; et 
le 1er juin 1895, 245,000. Ces chiffres représentent seulement la population 
des concessions étrangères. La ville indigène entourée de murailles renferme 
environ 200,000 habitants. Sur la population des concessions, environ 5000 
habitants sont étrangers. 

Shanghaï, 1er août. — D'après des nouvelles reçues ici, un raz de marée 
d'une étendue de cinq milles a inondé, le 26 juillet, la côte à Haï-Tcheou 
J^ rn 1 province de Kiang-Sou. 

Plusieurs villages ont été détruits; on estime à quatre mille le nombre des 
habitants qui ont péri, et de nombreux bestiaux sont perdus. Les champs de 
riz étant inondés, on craint la famine à l'automne. 

Par ordre du ministre des colonies, le docteur Yersin, médecin de Ire classe 
du corps de santé de ce département, fondait, il y a un an , à Nha-Trang 



CHRONIQUE. 443 

(côte d'Annam) un laboratoire de bactériologie en vue d'immuniser des che- 
vaux contre la peste, selon la méthode du docteur Roux. 

Dès l'apparition de la peste bubonique à Hong-Kong et dans les environs, 
le docteur Yersin reçut l'ordre de se rendre dans les localités atteintes pour 
expérimenter le sérum antipesteux qu'il avait obtenu. Nous apprenons aujourd'hui 
que le traitement par la méthode sérothérapique a été couronné de succès et 
lui a donné 23 guérisons sur 25 cas traités, tant à Amoy qu'à Canton. 

Le ministre de Fi-ance en Chine vient d'obtenir, après de longues et labo- 
rieuses négociations, réparation de toutes les violences dont les missionnaires 
du Kouei-Tchéou et leurs établissements avaient été victimes depuis dix ans. 
Les chrétiens injustement détenus depuis 1886 ont été libérés, nos religieux 
réintégrés dans les villes de Tsouen-Gi, Mey-Tan et autres, d'où ils étaient 
exilés depuis la même époque. La mission reçoit, de plus, une indemnité, et 
ses persécuteurs seront poureuivis conformément à la loi. 

Le supérieur de la mission , M. Guichard , a remercié M. Gérard , dans les 
termes les plus chaleureux, de l'énergie avec laquelle il a su amener une so- 
lution si favorable à nos intérêts. 

Peking 3 Juin. — Grâce aux démarches de M. Gérard, ministre de France, 
la Chine autorise des ingénieurs français à construire des lignes ferrées qui 
doivent relier Loung-Chéou au chemin de fer du Tonkin. 

Le «Shanghai Mercury» du 24 Juillet, contient un article violent contre 
les cruautés commises par les Japonais à Formose; l'article conclut avec 
l'exclamation: «Toutes ces scènes dégoûtantes sont la conséquence de la stupi- 
dité du Gouvernement britanique de ne pas crier aux Japonais au printemps 
de l'an 1894 «Hands off!» (n'y touchez pas)! 

Nos lecteurs se rappeleront que j'ai déjà reproché à l'Angleterre cette négli- 
gence le 12 Novembre 1894 dans une communication faite à l'Académie des 
Sciences à Amsterdam. 

Les journaux européens ont confondu l'impératrice douairière, tante de l'em- 
pereur , et ex-régente de la Chine , avec la mère propre de l'empereur régnant 
sous l'éponyme Kouang-sïi (-^ 7^^)- ^® ^'^^*' P^^ l'ex-régente qui est morte, 
mais bien la propre mère de l'empereur, qui est décédée le 18 Juin à Peking. 

La femme légitime de l'empereur Hien-foung^ nommée Tsou-ngan ^ ^t i 

et qui reçut après sa mort, en 1881, le titre honorifique de ffiao-teÄingr ^1 ^ , 
n'ayant pas donné d'héritier à son époux, celui-ci choisit une concubine, nommée 
Tsou-hi ^£ 11^ , pour en avoir. 

C'était la fille d'un pauvre tatare qui l'avait vendue, toute jeune, à un 
mandarin de Canton, et si elle fut agi'éfe pour concubine du Fils du Ciel, 
quand celui-ci lança sa proclamation invitant les jeunes filles de race tatare 



444 CHRONIQUE. 

à se présenter au palais impérial, c'est qu'elle parut la plus belle, la plus in- 
telligente et la nriieux constituée pour perpétuer la race aux examinateurs de 
ce concours nuptial. Intelligente, elle le fut, et à ce point, qu'elle devint à la 
fois la concubine préférée de l'empereur et l'amie de l'épouse légitime nommée 
en Chinois ^^ ^^ toung chih ou Epouse du palais oriental. Lorsqu'elle fut 
devenue la concubine favorite de l'empereur, on lui accorda le titre de 
^§ ^^ si chih ou Epouse du palais occidental. 

Le fils qu'elle avait donné à Hieng-foung , nommé Tsaits'oun ^^ v^, régna 
sous la régence de l'impératrice depuis l'an 1862 sous l'éponyme Toung- 
tchi j^ Vj^, ce qui veut dire co-régence. Le 15 Octobre de l'an 1872 il fut 
marié, et assuma lui-même le règne le 23 Février 1873. Il mourut âgé de 18 
ans le 12 Janvier 1875, sans laisser d'héritiers. 

Selon la loi de succession chinoise, au défaut d'un héritier direct, les fils des 
frères de l'empereur défunt succèdent au ti-one. Hien-foung avait en vie quatre 
frères: le prince Tun, le 5®, le prince Koung, le 6^, le prince Tchoim, le 1" 
et le prince Fou, le 9* fils de l'empei-eur Tao-Kouang. 

Le prince Koung aurait pu facilement faire proclamer son propre fils comme 
empereur, mais en faisant cela, il n'aurait plus pu exercer une influence poli- 
tique. Il préféra donc faire nommer le fils de son frère cadet Tchoun comme 
empereur. Ce jeune prince, nommé Tsai-tien ^w vfôi ^^ '^ 5 Août 1871, fut 

proclamé empereur en l'an 1875 sous l'éponyme de ■yf' ^^ Kouang-sü; d'abord 
sous la régence du prince Koung, de concert avec l'impératrice douairière Tsau-hi. 
En 1889 il fut déclaré majeur, mais il est resté continuellement sous l'influence de 
sa tante qui gouverna l'empire avec une résolution admirable. C'est à elle que le fa- 
meux Li Houng-tchang ^F 'jcâ ^§^ doit sa grande élévation, et jusqu'à la 
guerre avec le Japon il excerça le plus grand pouvoir à la cour de Peking, ayant 
réussi à écarter le prince Koung. 

La guerre sino-japonaise , si malheureuse, amena une réaction violente. Li 
Hung-Tchang se sentit menacé dans sa fortune, et l'impératrice crut perdre 
en même temps cette autorité que lui donnaient trente ans de règne sous trois 
empereurs. Mais les revers étaient si cruels, l'orgueil de la nation si humilié, 
que la faveur populaire menaça de se retirer des puissants de la veille. Ceux 
que la politique de Tsou-Hi avait évincés, complotèrent contre Tsou-Hi, grâce 
au malheur de la patrie, et le jeune empereur fut un instant gagné à leurs 
intrigues. 

Elle laissa passer l'orage. Quand la paix fut signée, que les esprits se cal- 
mèrent, elle ressaisit le pouvoir avec une énergie admirable. 

Kouang-sü rendit sa confiance à sa première conseillère, et cela par un acte 
public. Il publia ce curieux décret dans la Gazette de Peking pour répudier 
toute solidarité avec les ennemis de Sa Majesté : 

«Nous avons toujours entretenu un respectueux sentiment de gratitude pour 



CHRONIQUE. 445 

les soins et la sollicitude dont l'impératrice douairière a entouré jour et nuit 
notre enfance et nous avons cherché à la payer de retour en lui obéissant en 
toutes choses. Nous avons aussi envers elle une grande dette de reconnaissance 
pour les immenses bienfaits que nous ont valus ses conseils, aussi bien dans la 
paix et la guerre, que dans les moindres actes de la vie quotidienne. Elle était 
en tout et toujours attentive à empêcher notre inexpénence de nous induire 
en erreur. Tout cela est connu des fonctionnaiies. Qu'on s'imagine donc les 
sentiments que nous avons éprouvés dans plusieurs de nos audiences en enten- 
dant des hommes grossière, sans réserve ni jugement, prononcer des paroles 
et exprimer des sentiments tendant à diminuer notre gratitude filiale et notre 
l'espect pour Sa Majesté impériale. » 

Il paraît que ces hommes gi-ossiers auxquels il faisait allusion étaient les 
vice-présidents Wang et Tchang, qui usaient fréquemment d'un langage in- 
jurieux à l'égard de l'impératrice douairière, dans le but d'amener une rupture 
entre elle et l'empereur. Celui-ci déclara qu'il les aurait aloi-s révoqués, mais 
le pays traversait une crise, l'impératrice douairière était malade et il contint 
sa colère. Le moment était venu de faire connaître son impérial désir. Ces 
ministres et autres useraient de plus de discernement dans leur langage et 
éviteraient le danger d'insulter l'impératrice douairière. 

Wang et Tchang étaient en conséquence exclus à tout jamais du service 
public, «châtiment léger, eu égard à la grandeur de l'offense». Il était en 
même temps signifié à la cour et aux ministres qu'à l'avenir quiconque ten- 
terait de détourner l'empereur de ses devoire envers l'impératrice douairière 
serait puni avec une extrême sévérité. 

Ce n'était pas de son plein gré que l'empereur avait rendu ce décret; il 
avait eu la main forcée par le parti de Li Houng-Tchang redevenu le maître de 
la situation. Au fond, il souffrait de cette autorité, qu'il sentait si solidement 
assise à côté de la sienne; et dans les petites choses, cette hostilité contenue 
par la raison d'Etat s'affichait. 

Quant à la propre mère de Kouang-sii , la princesse Tchoun, elle n'a jamais 
joué aucun rôle politique; mais comme la loi de la piété filiale est rigoureuse- 
ment observée en Chine, Kouang-sü a du témoigner le même respect à sa tant« , 
régente de l'empire, qu'à sa propre mère, défunte le 48 Juin à Peking, 

Ses obsèques ont eu lieu le 18 Juillet, provisoirement à Haitin. On enterrera 
plus tard ses dépouilles mortelles à côté de son mari , le prince Tchoun, décédé 
en 4890. 

La procession quitta à 8 h, du matin le palais du prince Tchoun, dans le 
Nord de la capitale. Elle était précédée par un corps de mandarins à cheval 
derrière lequel vint l'empereur dans une litière tendue de soie jaune. S. M. 
était habillée dans une tunique de gaze sombre (pas blanche). Derrière sa litière 
vint celle du prince Koung , le dernier frère survivant de l'impératrice. II n'y 



446 CHRONIQUE. 

avait point d'autres litières. Une demi-heure plus tard vint la bière de l'impé- 
ratrice tendue de rouge et ornée de satin vert et jaune. Elle était suivie par 
une litière contenant la tablette des ancêtres, derrière laquelle on menait un 
aigle, un chien et deux chameaux. L'arrière-garde était formée par une 
quantité d'hommes, montés sur des mules, et quelques personnes portées en 
chaises-à-porteur. 

Sa sépulture est située à l'ouest du Palais d'été, dans un charmant endroit 
au milieu de collines, 

La peste, presque éteinte à Emoui, continue pourtant 5es ravages dans les 
environs. 

On prétend que la Chine aurait résolu de céder à la Russie la province d'Ili , 
aux extrêmes frontières occidentales, en récompense de l'assistance qu'elle lui a 
prêtée dans la restitution de la province de Liao-toung dont les Japonais s'étaient 
emparée. {Ostasiatischer Lloyd, 31 Juillet). 

Le Tsoung-li Yamen a publié un édit impérial qu'il a envoyé aux autorités 
provinciales, ordonnant que l'étude des mathématiques occidentales et celle des 
différentes branches de la science polytechnique seraient introduites dans tous 
les collèges. Les candidats de la faculté littéraire seraient dorénavant examinés 
dans ces sujets. 

Les nombreux amis du regretté Alexander Wylie apprendront avec plaisir 
que les œuvres de ce savant modeste éparses dans différents recueils périodiques 
vont être réunies en un volume (H. C): 

«It has been thought desirable to publish a series of articles which were 
written on a variety of subjects by the late Mr. Alexander Wylie. His name 
is well known as that of an eminent Chinese scholar, and his writings are 
highly appreciated as the result of studies in different fields of Chinese litera- 
ture. Most generally they were on themes out of the common course, and all 
marked by original and profound research in the lines to which they refer. 
Many of them contain interesting and valuable information not easily obtained 
otherwise, meeting the wants of Scholars and Missionaries and General Readers 
on subjects connected with China. 

Not a few of these articles were intended for and appeared in the journals 
of leading Scientific Literary and Religious Societies, but they are now out of 
print and should not be allowed to disappear altogether from the public mind. 
Others are still in M. S. and are too important to be lost sight of. A selection 
has been made of the following articles which are now ready to be put to 
press; only it is necessary to secure a number of subscribers so as to warrant 
the publication of them. The Volume, it is estimated, would contain 500 
pages Oct. and the cost, would be Three Mexican Dollars [about 7/6] a copy. 



CHRONIQUE. 



447 



May the undersigned request your application for one or more copies to be 
addressed to them at as early a period as possible. 

Wm. MUIRHEAD 
J. Edkins 

Shanghai. 

Biographical Introduction. — Literary: Lecture on Prester John; Lec- 
ture on Buddhist Relics; The Bible in China; Secret Societies; Competitive 
Examinations. — Scientific: Mongolian Astronomical Instruments; Eclipses 
Recorded in Chinese Works; List of Fixed Stars; Asbestos in China; Jottings 
on the Science of Chinese Arithmetic; Magnetic Compass in China; Chinese 
Method of Discovering Prime Numbers. —Philological: The Chinese Language 
and Literature; Introduction to a Grammar of the Manchu Tartar Language; 
being a discussion of the Origin of the Manchus and the Manchu Written 
Character. — Historical: The Jews in Kai-fung-foo ; The Nestorian Tablet; 
The Chinese Conquest of Corea; The Advance of a Chinese General to the 
Caspian; Knowledge of a Weekly Sabbath. 

Aux dernières nouvelles de Shanghaï, l'officier allemand Krause, que l'on 
disait assassiné par les gardes-du-corps hunanais du vice- roi de Nankin, serait 
encore vivant. La canonnière litis est arrivée devant la ville. Lîou Koun-yi, le 
vice-roi , aurait exprimé déjà ses profonds regrets aux représentants germaniques. 

Notre correspondant de Berlin nous télégraphie le résumé suivant des infor- 
mations publiées par un journal allemand avant l'attentat contre M. Krause, 
au sujet des officiers allemands à Nankin: 

La Gazette de Weser confirme que la situation est très tendue entre les 
officiers de la mission militaire allemande à Nankin et le vice-roi Liou Koun-yi, 
qui exciterait en sous-main la population chinoise contre les instructeur alle- 
mands; dernièrement la populace attaqua ces officiers, qui durent faire usage 
de leurs armes. Les autorités chinoises intervinrent mollement et finirent par 
interdire aux officiers allemands de sortir en armes. Les officiel déclarèrent 
cela contraire à leur engagement et ils en référèrent à la légation d'Allemagne 
à Pékin. {Temps, 6 Juin). Voir page 442. 

-Le missionnaire anglais, M. Griffith John, de Han-Kéou, avait réussi jadis à 
prouver que l'auteur des pamphlets antichrétiens circulant dans la vallée du 
Yang-Tsé et l'instigateur de plusieui-s outrages commis contre les Européens 
en Chine était un certain Tchou-Han , qui opérait dans la ville de Tchang-Cha , 
dont il avait fait un véritable centre de fanatisme et où il avait réuni de nom- 
breuses souscriptions pour publier et répandre ses écrits obscènes. Tchou-Han 
serait-il touché de la grâce? On le présume, d'après les informations suivantes 
envoyées en Angleterre par M. John : 

Deux chrétiens indigènes étant allés dans le Hou-Nan comme évangélistes et 



448 * CHRONIQUE. 

colporteurs passèrent par Tchang-Cha, où ils se trouvèrent en rapport avec le 
directeur de l'impiMmerie de la ville, Teng, le grand éditeur des écrits de 
Tchou-Han. Teng leur raconta que Tcliou-Han avait beaucoup changé : la lecture 
de livres chrétiens, à laquelle il s'était récemment adonné, avait fait une pro- 
fonde impression sur son âme, aujourd'hui dégoûtée de ses superstitions pas- 
sées , prête à accueillir et à s'approprier une foi nouvelle. Tchou-Han avait même 
rompu toutes relations avec ses amis, les membres des associations anti-étran- 
gères ou les mandarins « spiritualistes » et il souhaitait aller à Han-Kéou pour 
y être instruit dans la connaissance du véritable christianisme, mais il craignait 
que l'on ne s'emparât de sa personne pour le châtier. 

A raison de ce rapport , Teng et Tchou-Han ont été invités à se rendre auprès 
des missionnaires de Han-Kéou, qui ont pris l'engagement de ne pas attenter 
à leur liberté. 

On mande de Pékin au Times que M. Gérard, ministre de France, a obtenu 
des autorités chinoises qu'elles autorisassent des ingénieurs français à construire 
les voies fen'ées déjà sanctionnées, qui doivent relier Loung-Tchéou au chemin 
de fer français du Tonkin. 

D'après l'agence Reuter, des pourparlers seraient engagés entre la France, 
la Russie et la Chine au sujet d'autres chemins de fer encore, notamment 
celui que l'on projette d'établir entre Peking et Han-Kéou et celui qui devra 
relier le transsibérien à la baie de Ta-lien-Wan ou en quelque autre point 
situé sur la cote mandchoue, entre cette baie et le fleuve sino-coréen du Yalou. 

On mande d'autre part que Liou-Koun-yi a reçu l'ordre d'envoyer dans la 
province du Kan-Sou des troupes chinoises instruites par des officiers allemands 
afin de réprimer la nouvelle insurrection des Doungans mahométans, qui ont 
vivement repris l'offensive et infligé de grandes pertes au général Tung, 

On écrit de Pékin que le gouvei-nement chinois a décidé d'effectuer une série 
de l'éformes monétaires. La première est déjà entrée en voie d'exécution; en 
efiet on vient de prescrire la frappe de piastres du module des piastres mexi- 
caines actuellement en circulation dans les ports ouverts au commerce étranger. 
Ces nouvelles pièces seront livrées à la circulation comme monnaie nationale; 
elles auront une valeur de 0,717 taël , et peu à peu remplaceront cette der- 
nière monnaie, incommode comme unité monétaire chinoise. 

La chambre de commerce de Lyon nous communique l'information suivante: 
M. le consul Rocher, directeur de la mission commerciale lyonnaise en Chine, 

s'est vu dans l'obligation de rentrer en France pour des raisons de santé avant 

l'expiration de la période pour laquelle il avait accepté. 

La chambre de commerce de Lyon a désigné pour le remplacer M. Henri 



CHRONIQUE. 449 

Brenier, secrétaire général de la mission, petit-fils de M. Brenier de Montmorand, 
ancien ministre de France à Pékin. 

La mission a établi son centre d'étude à Tchoung-King, dernier port ouvert 
sur le Yang-Tsé. 

Après la période des chaleurs, elle reprendi"a le coure de ses ti-avaux. 

La prochaine campagne comprendra une nouvelle tournée au Sse-Tchouen. 

Le retour s'effectuei-a par le Koueï-Tchéou et le Yun-Nan jusqu'à la limite 
du Kouang-Si. 

Elle suivre la vallée du Si-Kiang (rivière de l'Ouest) pour aboutir à Hong-Kong. 

Le départ pour la Fi-ance aura lieu à Shang-haï dans les premiers mois de 
l'année prochaine. 

La rebellion des Doungans en Katisou est au fait supprimée. Le reste des insur- 
gés s'est réfugié dans les montagnes voisines du grand désert. Celle delà «Société 
des grands sabres», près de Siu-tcheou ( ^^ wj ), sur le Hoang-ho, est également 
presqu'entièrement supprimée. (0. A. L., 14 Août). 

Le décret par lequel l'empereur de Chine crée un service général des postes, 
sera d'abord appliqué, sous la direction de sir Robert Hart, à tous les ports 
ouverts. La nouvelle organisation ne pourra porter atteinte aux services postaux 
qui, dans ces villes, sont déjà établis par les puissances. 

On estime que l'installation définitive du sei'vice postal peut demander trente 
années. 

L'Empereur de la Chine a fêté le 5 Août dernier son 26^ annivei'saii'e. 

M. le Dr. A. von Rosthorn, des douanes impériales chinoises à Shanghai, a 
publié dans la China Review un petit article sur les migrations des sons dans 
le Chinois moderne. La notice est incomplète et prématurée, les sons du Sud 
de la Chine (Emoui, Canton etc.) n'étant pas pris en considération, et c'est 
justement dans ces dialectes que l'intonation des chang ching et des hia ching, 
qu'on distingue à peine dans les dialectes du nord, est distinctement articulée, 
et donne la clef pour l'ancienne intonation des mots chinois, presqu'entièrement 
effacée dans le centre et le nord de la Chine. Si l'on veut savoir p. e. com- 
ment l'ancien Hollandais était accentué, il faut aller au Transvaal et non 
l'étudier en Hollande même, parce que les boers hollandais émigrés y ont con- 
servé l'accentuation de leur langue d'il y a deux siècles. 

CORÉE. 
Selon des nouvelles reçues de la Corée, le roi a fait démolii- plusieurs vieux 
temples et en a fait brûler les idoles ; à ce que l'on i-aconte, il aurait défendu 
de les rebâtir. On a fait une levée d'à peu près 500 jeunes Coréens, de l'âge de 
16 — 20 ans, pour servir le roi de gardes du corps; ils portent un uniforme 
étranger et sont exercés par des instructeurs russes. 



450 CHRONIQUE. 

Le roi de Corée a décidé que dorénavant un envoyé porteur de tribut sera 
envoyé chaque année à la Cour de Peking comme ci-devant. On le voit, la 
Corée aime mieux être tributaire de la Chine que des Japonais qui ont voulu 
lui imposer les bienfaits (?) de leur civilisation occidentale empruntée. 

Le Nouveau Temps, de Saint-Pétersbourg, se fait télégraphier de Vladivostock 
que des Américains ont obtenu la concession d'un chemin de fer de Séoul à 
Chemulpo et l'exploitation des mines qui se trouvent sur cette ligne. Des 
Français auraient reçu l'autorisation de construire la ligne de Ping- Yang à 
Séoul, et des Russes celles d'exploiter toutes les mines d'or de cette province. 

Trois officiers russes sont arrivés à Séoul pour entreprendre l'instruction des 
soldats coréens. 

Les journaux du Japon annoncent que, d'après la convention intervenue en- 
tre le Japon et la Russie au sujet de la question coréenne, la Russie s'abstien- 
drait d'occuper la Corée avec ses troupes: elle désire seulement fournir au 
gouvernement coréen des officiers qui instruiraient l'armée d'après le système 
russe et assureraient son influence dans le pays. 

On annonce de Séoul qu'une Compagnie française a obtenu la concession de 
la ligne de chemin de fer de Vidjou à Port-Arthur et Tzitzicar. 

La concession de la ligne de Séoul- Vidjou a été réservée par le gouverne- 
ment coi'éen. 

ÉTATS UNIS. 

Nous sommes heureux d'annoncer que Mr. John Fryer, L.L.D., attaché pen- 
dant de nombreuses années au département scientifique de l'Arsenal du Kiang- 
nan, a été nommé à la chaire Agassiz de langues et littératures orientales à 
l'Université de Californie. 

FORMOSE. 

Les Japonais bâtiront une station maritime à Makoung (îles Pescadores) 
afin de pouvoir mieux défendre l'île de Formose. 

Ils ont appris, à leurs dépens, combien Formose était plus facile à céder qu'à 
occuper. 

Le gouvernement de Peking n'ayant pas été obéi par ses généraux, la grande 
île est devenue, en 4895, le refuge de toutes les bandes licenciées à la paix 
sur le continent asiatique. Les troupes du Mikado ont mis sept mois avant 
d'être maîtresses du pays. 

220 navires ont transporté, soit des ports de Chine occupés pas les Japonais, 
soit du Japon même, des effectifs atteignant 95,000 hommes. 



CHBONIQUB. 451 

Les troupes japonaises ont été décimées bien plus par la maladie que par le 
fer. Il n'y a eu que 495 militaires japonais tués dans les combats. 

4,447 sont morts de maladie dans l'île; 38,603 ont été hospitalisés dans l'île, 
dont 21,748 ont été évacués sur le Japon. 

Le service de santé japonais a donné, pendant la guerre avec la Chine et 
pendant l'occupation meurtrière de Formose, la mesure d'une organisation dont 
bien des armées européennes pourraient envier la prévoyance. 

Voici le résumé des accusations portées contre les autorités japonaises de 
Formose par un missionnaire anglais qui les a communiquées au correspondant 
du Times à Hong-kong : 

Depuis leur conquête, les Japonais se livrent à une véritable extermination 
des Chinois de Formose. Plus de soixante villages ont été biôilés de fond en 
comble, des miliiei-s de personnes ont péri. Un jour, vingt et un Chinois furent 
saisis au hasard; pendant que leure tombeaux étaient creusés .sous leurs yeux, 
ils furent hombleraent maltraités, puis percés à coups de baïonnette. Daus un 
autre village, les Chinois se préparaient à bien recevoh* les Japonais, quand ils 
furent assaillis à l'improviste et cinquante tués sur place. Le 22 juin, le 
magistrat de Hunnim lança une proclamation pour avertir les paysans qui 
avaient fui leur village qu'ils pouvaient y retourner sans crainte. Les malheu- 
reux obéirent et furent tous massacrés. 

Les Formosains sont dans un tel état de désespoir qu'une rébellion générale 
paraît imminente. {Tetnps^ 22 Juillet). 

FRANCE. 

M. Léon de Rosny, professeui- à l'École des langues orientales vivantes à Paris, 
a publié dans le VU^ Vol. de la Bibliothèque de l'École des Hautes Etudes, une 
étude sur les philosophes Meng-Tse, Siun-Tse, Yang-Tse et Meh-Tse. 

A la séance de la Société de Géogi-aphie du Vendredi 20 Mai 4896, M. le 
Comte de Barthélémy a fait le récit de son voyage dans le bassin de la Me- 
k'ong et de la Se-k'ong, Stoung-treng et Attopeu (Laos). 

Un collectionneui', M. Deyrolles, qui habite Bourg-la-Reine, vient d'offrir au 
Muséum d'histoire naturelle une riche tabatière, datant du dix-huitième siècle 
et fabriquée au Japon pour être offerte au botaniste Charles Linné. 

Cette boîte, ronde et plate, de 8 centimètres de diamètre, est laquée d'or de 
plusieurs tons sur fond d'aventurine. L'artiste y a dessiné très finement un 
paysage au bord d'une rivière. Sur le plat, deux pei'sonnages sont arrêtés en 
haut d'un monticule. L'un d'eux montre à l'autre, de son bras droit étendu, 
des sapins et des cèdres qui couronnent une hauteur voisine, ceci faisant allusion 
aux leçons de botanique rurale où excellait le gi-and naturaliste. 



452 CHRONTQüR. 

C'est, croit-on, un savant suédois, Thunberg, élève et ami de Linné, qui fit 
fabriquer cette boîte. Malheureusement Linné était mort depuis plus d'un an 
(1778) lorsque l'hommage délicat de son élève parvint en France. Son fils reçut 
le cadeau qui passa ensuite entre les mains de plusieurs amateurs de bijoux 
rares. Il vient de trouver une place définitive dans les archives du Muséum. 

M. Milne-Edwards a reçu également pour les galeries du Muséum diverses 
collections intéressantes, envoyées par M. Chaffanjon, qui explore en ce moment 
la Mongolie orientale et la Mandchourie. Des mammifères, des oiseaux rares, 
des insectes, un herbier, des pièces ethnographiques en forment la plus grosse 
partie ; M. Chaffanjon a envoyé aussi deux grands argalis, ou moutons sauvages 
de Sibérie. 

D'autre part, M. Leroy, vicaire apostolique du Gabon, a rapporté au Muséum 
une pièce assez curieuse trouvée dans les forêts du Fernand-Vaz, c'est un lit 
de feuilles confectionné par des gorilles. M. Leroy se propose de faire prochai- 
nement une conférence sur les observations recueillies par lui à ce sujet. 

Enfin, M. Chénieux, administrateur de l'arrondissement de Bien-Hoa (Cochin- 
chine), annonce qu'il va envoyer un de ces ours à miel, que les Annamites 
appellent : ours-cochon, à cause de l'aspect de sa tête. 



Académie des inscriptions et belles-lettres. 

L'Académie a décerné les prix suivants: 

Prix Stanislas-Julien (1,500 francs). — M. Maurice Courant, pour sa J5ifeHo- 
graphie coréenne, tomes I et IL 

Prix Delalande- Guérineau (1,000 francs). — Partagé entre M. Lucien Four- 
nereau, pour son travail sur le Siam ancien, et M. Louis Finot, pour son ouvrage 
sur les Lapidaires indiens. 



L'exposition des collections Pavie. 

Chaque année, le Muséum d'histoire naturelle organise quelques expositions 
des collections rapportées en France par les voyageurs comme par les explora- 
teurs chargés de missions officielles. Quelquefois même, r«actualité» fournit le 
prétexte d'expositions intéressantes. 

Aujourd'hui, M. André Lebon, ministre des colonies, accompagné de repré- 
sentants des ministres de l'instruction publique, de la guerre et des affaires 
étrangères, a inauguré l'exposition des collections rapportées d'Indo-Chine par 
la mission Pavie. 

Cette mission dura seize ans, de 1879 à 1895. Sous la conduite de M. Pavie, 
ses membres explorèrent le Cambodge, le Siam, le Laos, le Tonkin, l'Annam, 
le Yun-Nan. Ils se sont occupés de la rédaction de la carte générale de l'Indo- 



CHRONIQUE. 453 

Chine qui parut il y a peu de temps et qui est la meilleure qu'on possède. 
L'année dernière, ils travaillaient à la délimitation de la frontière chinoise du 
fleuve Rouge au Mékong. Les travaux géographiques de la mission portent sur 
un en.semble de 700,000 kilomètres, et les itinéraires relevés atteignent un dé- 
veloppement de 36,000 kilomètres. 

Le ministre a été reçu au Muséum par M. Milne-Edwards, directeur, et par 
M. Pavie, qui lui ont présenté les collections. Celles-ci se composent, en grande 
partie, d'agrandissements de vues photographiques prises surtout dans les ré- 
gions jusqu'alore inconnues du Laos et de l'Annam. Les documents ethnogra- 
phiques, armes et costumes, des mêmes régions, sont également curieux. On 
remarque, enfin, d'intéressantes collections d'animaux d'espèces rares et de 
nombreuses cartes géographiques du Mékong, du Cambodge et du Laos éta- 
blies depuis 1884. Une dernière carte de l'Indo-Chine, non encore terminée, 
sera publiée prochainement. 



Académie des sciences. 

Le général ru.sse Vénukoff assiste à la séance. 

Très entouré, ce savant donne à quelques géographes et explorateure, qui 
tous connaissent de longue date son aménité proverbiale et son obligeance 
sans bornes, quelques renseignements sur le développement du réseau télégra- 
phique dans la Chine occidentale, le Turkestan chinois et la Dzoungarie. 

En commençant par Tien-tsin, la ligne se dirige par Pékin vers Pao-ting-fou, 
Si-ngan, Lan-Tchéou, Sou-Tchéou, An-Si, Hami et enfin Tourfan, où se trouve la 
station centrale pour tout l'ouest de l'empire chinois. 

Les lignes télégi-aphiques se dirigent: 

4' De Tourfan par Ouromtsi, Manas, Tchougoutchavi, Sémipalatinsk, Omsk et 
Zlatoast, vers Moscou et l'Europe entière; 

2" De Tourfan, Kouldja, Djarkent et les lignes russes vers Tachkent et Sémi- 
palatinsk (Europe); 

3" De Tourfan, Kourlia, Koutcha, Aksou à Kachgar, 

La ligne ne va pas plus loin, parce que l'agent anglais à Kachgar s'y op- 
pose, désirant tourner le ré.seau télégraphique vei-s Yarkand, Ladak et l'Inde, 
au lieu de Tachkent et la Russie. 



Société de Géographie. 

La Société de géographie a tenu le 46 Mai une séance extraordinaire, sous la 
présidence de M. Bouquet de la Grye , membre de l'Institut , pour entendre 
l'exposé de l'exploration de M. Georges Simon , lieutenant de vaisseau , dans le 
haut Mékong. 

30 



454 CHRONIQUE. 

Le vice-arairal Besnard, ministre de la marine, s'était fait représenter par 
le lieutenant de vaisseau Tracou; M. Lebon, ministre des colonies, par M. 
Giraud-Jordan, chef adjoint de son cabinet; M. Hanotaux, ministre des affaires 
étrangères, par M. Georges Martin; M. Rambaud, ministre de l'instruction 
publique, par M. Milne-Edwards. 

Après avoir présenté en fort bons termes un exposé rapide des diverses ten- 
tatives faites depuis l'exploration Doudart de Lagrée pour pousser la navigation 
à vapeur au delà de Kratîê (Cambodge), M. Simon a exposé les diverses phases 
de la mission hydrographique dont il fut chargé en 1893 et dont l'objet était: 

1°. La mise à flot au-dessus des chutes du bas Mékong de deux chaloupes- 
canonnières La Grandière et Massie; 

2°. Franchir les grands rapides dits de Kemmarat qui comprennent un pai'- 
cours de plus de 120 kilomètres; 

3°. Montrer le pavillon français dans le grand bief du Mékong, signalé comme 
navigable par les explorations Doudart de Lagrée, Garnier, Pavie, Camille Gau- 
thier, etc., jusqu'à Vien-Tian; y exercer un rôle de surveillance et de police, 
faire un relevé hydrographique du grand fleuve. 

M. Simon a indiqué ensuite comment, dépassant les plus optimistes prévi- 
sions, il put faire remonter une canonnière à Luang-Prabang, puis à Xieng- 
Khong et Tang-Ho , c'est-à-dire au cœur du fameux Etat-tampon préconisé 
avec tant d'insistance par le gouvernement britannique; il a rappelé l'accueil 
fait à notre pavillon par les riverains du Mékong, depuis la province de Bassac 
jusqu'à celle de Xieng-Sen. 

Enfin , il a donné un aperçu général du régime du Mékong, de sa naviga- 
bilité, du climat et des saisons au Laos, et une description succincte des ré- 
gions traversées et des peuplades riveraines, etc. 

Le ministre des colonies a été désigné pour représenter le gouvernement aux 
fêtes qui seront données le 15 août à Grenoble, à l'occasion de l'inauguration 
de la statue de Doudart de Lagrée. 

La commission expédiée par la chambre de commerce à Lyon a été rappelée 
par ordre télégraphique. Elle s'est conséquerament rendue de Tchoung-king 
(Yang-tsze supérieur) à Shanghai, où elle s'embarquera pour la France (Ost- 
asiat. Lloyd, 10 juillet). 

INDO-CHINE. 

Un télégramme de M. Rousseau, gouverneur général de l'Indo-Chine, an- 
nonce au gouvernement que le maréchal Sou , commandant les forces chinoises 
installées sur la frontière sino-japonaise des deux provinces du Kouang-Toung 
et du Kouang-Si, est venu à Hanoï assister à la fête nationale du 14 juillet. 



CHRONIQUE. . 455 

C'est plus qu'un simple fait-divers que cette visite officielle du maréchal Sou, 
c'est l'indice des heureuses modifications apportées progressivement dans les 
rapports de la Chine et de la France. Depuis longtemps, les gouverneurs gé- 
néraux de notre colonie souhaitaient un pareil rapprochement, car la sécurité 
de la région montagneuse du Tonkin ne peut être assurée que si les autorités 
chinoises de la frontière s'entendent avec les nôtres pour s'opposer aux allées 
et venues des bandes de pirates. C'est ainsi que M. de Lanessan , sachant 
quelles étaient les bonnes dispositions pei"sonnelles du maréchal, aloi-s général, 
Sou, avait recommandé qu'on y répondit dans la plus large mesure; lui-même 
donna l'exemple. 

Depuis cette époque, la situation n'a fait que s'améliorer. Un élément nou- 
veau est intervenu : c'est le pouvoir central de Pékin. Les ordres qui éma- 
naient autrefois du gouvernement chinois étaient quelque peu indécis. Les 
mandarins de la frontière s'ingéniaient à rester dans la correction la plus 
grande, mais cette correction marquait en somme une indifférence réelle. 
Aussi fallait-il s'estimer heureux quand les autorités des deux groupes n'inter- 
prétaient pas dans un sens défavorable à nos intérêts les instructions venues 
de Pékin. 

Or, à l'heure actuelle, il n'en est plus de même. La cour de Pékin, depuis 
notre intervention de l'an dernier, s'est rendue compte des services que la 
France était à même de lui i-endre. Notre ministre à Pékin, M. Gérard, est 
à même, par la situation qu'il a su prendre près du gouvernement chinois, de 
faire aboutir les réclamations que peut avoir à formuler notre gouverneur de 
rindo-Chine , M. Rousseau. La visite du maréchal Sou à Hanoï ne peut man- 
quer d'avoir, sur les ph^ates de la frontière du Tonkin, une salutaire influence. 
C'est ce qu'il était bon d'enregistrer. 

Le jeune Annamite Hay-Sam Nguyen van Nam, qui a accompagné le doc- 
teur Le Lan dans la mission scientifique que lui avait confiée le gouvernement 
général de l'Indo-Chine pour fonder au Tonkin une .station anti-rabique, vient 
de recevoir du ministre des colonies une médaille d'honneur en argent. 

Le paquebot Calédonien, couiTÏer d'Extrême-Orient, est parti le 40 Août 
avec une centaine de passagers, dont M. Pinard, consul de France à Singa- 
pore, et M. François, consul de France à Loung-tcheou. Le Calédonien 
emporte 1,500 barriques de vin pour le Tonkin et huit cloches destinées à la 
cathédrale de Hanoï. 

Le paquebot Canton , de la Compagnie nationale, venant du Tonkin, est arrivé 
la nuit dernière, 6 Août, en rade d'Endoume et est entré au lazaret de Frioul à 
sept heures du matin. Il y avait à bord six cent six passagère, parmi lesquels 
de nombreux soldats, quelques officiers et M. Bodevin, explorateur, venant de 



456 . CHRONIQUE. 

la frontière de Chine et du Tonkin; il rapporte une fort belle collection de 
produits divers de régions parcourues au milieu de dangers nombreux, les 
pirates étant maîtres absolus de toute la région avoisinant la frontière. 

Huit décès se sont produits pendant la traversée, parmi lesquels celui du 
lieutenant d'infanterie de marine Charpin-Artaud, décédé en Méditerranée 
avant Messine, et dont le corps a été gardé pour être remis à sa famille. 

J'ai interrogé des officiers sur le résultat de l'expédition du Yenté; ils ont 
été unanimes à reconnaître que la pacification serait fort longue, trois ou 
quatre ans au moins. 

A Singapour, le Canton a ci'oisé plusieurs steamers de la flotte volontaire 
russe allant à Vladivostok avec des emigrants de même nationalité pour y 
créer une colonie. Des vivats frénétiques ont été échangés de part et d'autre. 

Parmi les rapatriés, étaient l'adjudant Dubois et le sergent Gazais, qui, avec 
15 hommes, ont tenu plus de trente heures en échec 300 pirates au combat 
de Konglao. A la suite de ce brillant fait d'armes, ils ont été portés à l'ordre 
du jour du corps d'occupation du Tonkin. 

Par suite de la violente tempête qui règne sur le golfe, le steamer en ap- 
pareillant de la rade Endoume a failli briser le câble sous-marin reliant Mar- 
seille à Alger, qui était engagé dans ses ancres, fait qui occasionna un grand 
retard pour rentrer dans le port; de nombreux navires sont en relâche à 
Lestaque. Le courrier d'Alger n'est pas arrivé dans la soirée 

M. Rousseau , nommé gouverneui- général de l'Indo-Chine le 31 décembre 
1894, a été élu sénateur du Finistère le 6 octobre 1895. En cette qualité, il 
ne pouvait exercer ses fonctions administratives que par des « missions tempo- 
raires » dont la durée est fixée par la loi à six mois. 

C'est ainsi que, le 16 novembre 1895, aussitôt la validation de l'élection, 
un décret confiait à M. Rousseau une première mission temporaire. Ses pou- 
voirs expirant le 16 mai, un nouveau décret était nécessaire. Il a été signé 
le 6 Mai sur la proposition de M. André Lebon , ministre des colonies. En voici 
le texte: 

M. Rousseau, membre du Sénat, est chargé d'une nouvelle mission tempo- 
raire en Indo-Chine française pour exercer les fonctions de gouverneur général. 

JAPON. 

(Correspondance particulière du Temps). 

Yokohama, 8 avril. 

La presqu'île sanglante. 

La Corée vivait en paix. Le Japon survint et, brusquement tiré de sa lon- 
gue torpeur, le royaume-ermite est devenu la presqu'île sanglante. A Che- 



CHBONIQUK. 457 

raoulpo on pourrait planter un poteau indicateur avec cette inscription : Ici 
l'on s'entretue! 

Faut-il déclarer ce pays barbare? Ma foi non. Avant de le condamner, 
voyez ce qui se passe là-bas, à l'Occident, parmi les nations civilisées, où l'on 
s'entre-déshonore. A tout prendre, j'aime moins ceci que cela, et si la diffa- 
mation et la calomnie sont filles de la civilisation , qu'on me i-amène aux car- 
rières! Je postule énergiquement pour l'état de Troglodyte! 

En attendant cette transformation enviable, constatons que c'est un royaume 
en plein moyen âge (quel coup pour les adversaires du régime parlementaire!) 
qui détient le record de l'instabilité ministérielle. 

Depuis deux ans on ne compte plus les ministres qui , comme autant de 
capucins de cartes, sont tombés les uns sur les autres, ne laissant pas seule- 
ment, ceux-là. un portefeuille dans la bagarre, mais aussi leur tête. Hostiles 
aux Japonais, ils ne tardent pas à passer de vie à trépas. Dans le cas con- 
traire, la population les écharpe. Cruelle alternative! Et cependant les can- 
didats affluent. . . . Tels les papillons volent à la flamme qui les doit consumer. 

Vraiment ces vieux mondes sont pleins d'intérêt: sans effort, naturellement, 
ils mêlent la comédie au drame, l'enfantillage inattendu aux plus sérieux pro- 
blèmes et jettent l'épisode burlesque au cœur de la plus sombre tragédie. 
Exemples: Vous pensez, n'est-ce pas, que les Japonais sont allés en Corée pour 
en réorganiser l'administration et les finances et procéder à l'exploitation mé- 
thodique du pays? Assurément c'était leur programme, mais la réforme ini- 
tiale, celle qui entrava toutes les autres et indisposa le peuple, a consisté à 
raccourcir les tuyaux des pipes coréennes! 

Nous avons encore présent à la mémoire l'horrible assassinat de la coura- 
geuse reine de Corée, tailladée de coups de sabre, puis arrosée de pétrole et 
brûlée palpitante encore? La cause de cet acte de férocité c'est évidemment 
la résistance opiniâtre de la victime aux exigences japonaises, mais c'est sur- 
tout la réflexion suivante qu'on lui attribuait : « Miura (c'était l'envoyé mika- 
donal) a beau faire, il aura toujours l'air d'un singe». 

Et le roi, cet être passif, indolent et sans forces! vous savez que, trompant 
la surveillance de ses gardiens , il s'est réfugié à la légation de Russie d'où 
il ne veut plus sortir, de crainte d'être empoisonné ou assassiné. Depuis le 
meurtre de son épouse, il était au secret. Cependant, edits, ordonnances, dé- 
crets, paraissaient à son insu, revêtus de sa signature et de son sceau. Le 
pauvre homme se contentait de gémir de son isolement, absolument décou- 
ragé; peut-être même était-il sur le point, en bon Asiatique, de s'incliner 
devant l'inévitable, lorsque se produisit un incident qui changea entièrement la 
face des choses. Les Coi'éens portent la chevelure roulée en chignon sur l'occi- 
put. Une idée lumineuse vint aux Japonais, digne complément de la réforme 
des tuyaux de pipes. Il s'agissait de couper les cheveux du roi qui n'y con- 



458 CHRONIQUE. 

sentit point. Sa couronne, passe encore, mais son chignon, jamais. Alors eut 
lieu une scène étrange: on se saisit du récalcitrant et pendant que le malheu- 
reux se débattait, pleurait, implorait, le ministre du Japon lui-même, armé 
de ciseaux, en un tour de main sacrilège, dénuda le crâne royal... 

Le lendemain, un millier de Coréens vinrent aux portes du palais, deman- 
dant qu'on les tondit à la nouvelle mode. La diplomatie japonaise exultait. La 
civilisation a fait un pas décisif. Le voilà bien, le progrès, le voilà bien! Hier 
la pipe, aujourd'hui la coiffure, bientôt la chaussure, et après... les impôts- 
Vont-ils être heureux ces Coréens! Comme c'est simple la politique de réfor- 
mes. Le tout est de savoir s'y prendre. 

Cette fois, le ministre japonais n'opéra pas lui-même. Il délégua ses pouvoirs 
de barbier à ses secrétaires et aux soldats de la garnison qui firent merveille. 
Les mille tondus s'éparpillèrent aussitôt dans toutes les directions: 

«Regardez, criaient-ils à leurs compatriotes stupéfiés d'abord, furieux ensuite, 
regardez dans quel état nous ont mis les Japonais! Vengeance!» L'émeute 
éclata , irrésistible. 

Le palais fut envahi, le sang coula à flots et, à la faveur du tumulte, le 
roi put s'enfuir , . . 

Conclusion: le Japon a déclaré la guerre à la Chine pour s'emparer de la 
Corée. Il est vainqueur et c'est la Russie qui en profite. Sic vos non vobis. Les 
Japonais doivent goûter médiocrement la mélancolique ironie du doux et résigné 
Virgile. Les Russes ne semblent pas à la vérité avoir des vues immédiates sur 
la Corée, mais il est bien évident qu'ils la couchent en joue, se réservant de 
hâter ou de retarder à leur gré l'échéance d'une prise de possession ou plutôt 
d'un protectorat d'autant plus facile à établir qu'il est demandé par les Coréens. 
Peut-être (dernier espoir du Japon), aura-t-on recoui*s à l'expédient d'un con- 
dominium russo-japonais; mais cette combinaison n'aboutirait-elle pas fatale- 
ment à un protectorat uniquement russe? Graves éventualités dont se préoc- 
cupe le gouvernement mikadonal par l'intermédiaire de son plémipotentiaire , 
le maréchal Yamagata. 

Il faut souhaiter — et c'est le vœu des vrais amis du Japon — que cet intel- 
ligent officier général, éclairé par les événements, se rende compte que le temps 
des finasseries est passé, qu'il est préférable pour le Japon de ne plus prêter 
l'oreille aux c