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Full text of "Tung pao. Toung pao"

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1 1^ 



7- 



T'oung pao 
"I 

POUR SERVIE À 



L'ETUDE DE LISTOIRE, DES LANGUES, DE LA GEOGRAPHIE ET 
DE L'ETHNOGRAPHIE DE L'ASIE ORIENTALE 

(CHINK, aA.F»ON, CORÄE, INDO-CHINK , A^tâlK 

ch:jvxr,a.Lie: et ma.l.^isi£:). 

RÉDIGÉES PAR MM. 

GUSTAVE SCHLEGEL 

Professeur de Chinois à 1'. Université de Leide 



ET 



HENRI CORDIER 

Professeur à l'Ecole spéciale des Langues orientales vivantes et à l'Ecole libre des 
Sciences politiques à Paris. 



Vol. IX. 



e-«r-'*=,^^^^?S^^.»'-aO 



LIBRAIRIE ET IMPRIMERIE 

CI-DEVANT 

E. J. BRILL. 

LEIDE — "1898. 




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79469^ 



SOMMAIRE. 
Articles de Fonds. 

Page» 

Maurice Courant, La Corée jusqu'au IX« siècle 1 

S. H. ScHAANK, Ancient Chinese phonetics, Part III. (Continued from Vol. 

VIII, page 457) 28 

I. W. Young, Sam Po Tong ( ^ W '^j^ ), la grotte de Sam Po (avec 

trois planches) 93 

Henri Cordier, De la situation du Japon et de la Corée (avec une planche) 403 

G. Schlegel, Geographical Notes: I. The Nicobar and Andaman Islands 477 

^^" ^M ^ i^ ^^ ^^ ^ ^ Lang-ga-siu or Lang-ga-su and Sih- 

lan shan ^ä ^ jjj Ceylan 191 

III, Ho-ling gpT li^ Kaling; IV. Maliur and Malayu; V. Ting-ki-gi 

T ta â '^^'"g--" 273 

VI. Ma-it — Ma-it-tung — Ma-iëp-ung 365 

Karl Himly, Die Abteilung der Spiele im »Spiegel der Mandschu-Sprache" 299 
Henri Chevalier, Cérémonial de l'achèvement des travaux de Hoa-syeng 

(Corée), (avec 43 planches) 384 

Mélanges. 

Zu den köktürkischen Inschriften, von W. Bang . T 117 

Conversion des dates cycliques (années et joui-s) en dates juliennes, par 

le Père Henri Havret, Soc. J 142 

Introduction au Catalogue spécial des ouvrages bouddhiques du Fonds chinois 

de la Bibliothèque nationale, par Léon Feer 201 

Le chinois parlé au VI^ siècle A.C., d'après l'I-li, par C. de Harlez . . .245 
De l'an 238 à l'an 87 av. J.-C, par le Père Henri Havret, Soc. J. . . . 328 

La religion des insurgés Tchang-mao, par C. de Harlez 397 

Ma-tsu-po ( ^JE ^ ^ ) or Koan-yin with the Horse-head ( ^ ^ ^ 

§ [M: \ by G. Schlegel 402 

Yariétés. 

Forraosan proper names 58 

L'Europe et la Chine, par Urbain Gohier; Les ennemis de la civilisation, 
par F. Raoul-Aubry ; ^^ ''Çtii ^^ tran-sformation assise; La culture 

du coton en Asie, par M.-C. Gi-ady 226 

L'impératrice de Chine; The Emperor of China and his court 407 



IV SOMMAIRE. 

Nécrologie. 

Pages 

James Legge (avec portrait) 59 

C. Imbault-Huart ; Charles Schefer 234 

Bulletin critique. 

Nihongi, oder Japanische Annalen, übersetzt und erklärt von Dr, Karl Flo- 
renz; The religious system of China, by J. J. M. De Groot (G. Schlegel) 64 

Die Beziehungen der Niederländischen Ostindischen Kompagnie zu Japan in 

siebzehnten Jahrhundert, von Oskar Naohod (G. Schlegel) . . . .151 

Allusions littéraires. Première Série, par le P. Corentin Pétillon (G. Schlegel) 235 

Stèle Si-hia de Leang-Tcheou, par M. G. Devéria, avec une notice de M, 

S. W. Bushell (W. Bang) 331 

Les Lolos, Histoire, Religion, Moeurs, Langue, Ecriture, par Paul Vial 

(G. Schlegel) 413 

Chronique. 

Allemagne et Autriche, Amérique, Grande Bretagne et Irlande, Belgique, 
Chine, Corée, Formose, France, Iles Philippines, Italie, Japon, Laos, 
Pays-Bas et Colonies Néerlandaises, Russie, Siam, Sibérie, Tong-king . 79, 

167, 241, 333, 417 

Correspondance. 

La prononciation du d mandchou, par C. de Harlez 176 

Notes and Queries. 

i. The termJS ^Sah tian: 2. Sangchi-slaves j-^ jjj^ ^ (G. Schlegel) ; 
3. Le terme bouddhique ^M ^SjV; 4. Une erreur numismatique, par 
G. Schlegel; 5. L'art dentaire au Japon; 6. Les vignes japonaises en 
Normandie 87, 269, 364, 433 

Bibliographie. 

Livres nouveaux 162, 359, 430 

Errata 272, 448 

Index alphabétique 434 

European and Chinese Calendar for the year 1899, 

Supplément. 

Les Études chinoises (1895 — 1898) par H. Cordier. 



LA CORÉE JUSQU'AU IF SIÈCLE 

SES RAPPORTS AVEC LE JAPON ET SON INFLUENCE SUR 
LES ORIGINES DE LA CIVILISATION JAPONAISE 

(Conférence faite au Musée Guimet, le 21 février 1897) 

PAB 

MAURICE COURANT. 



•*<Ba>-* 



Les documents relatifs à la Corée aucienne sont de trois sortes. 

Les plus anciens, d'origine chinoise, sont le Chi ki, ^ gß 
(commencement du P' siècle av. J.-C.) et le Tshien han chou, 1^ 
*^ § i^^^ siècle après J.-C); le Chau hai king, (Ij J^ ^^ , qui 
est peut-être plus ancien, ne contient que quelques indications peu 
précises et sans grande valeur. Bien que le Chi ki indique le pays 
de Tchhao sien, ^ ^^, à l'époque de Oou oang des Tcheou, ^ 
^ ^ (XIP siècle av. J.-C), ce n'est qu'à partir de la conquête 
de la Corée septentrionale par Oei Man, |^ ^ , homme du pays 
de Yen, ^ft, eu 194 avant notre ère, qu'il donne des renseigne- 
ments détaillés; on peut donc se demander si le nom de Tchhao 
sien correspond à la même région daus les deux cas. Les histoires 
dynastiques qui suivent le Tshien han chou, parlent presque toutes 
de la Corée. 

Les documents japonais sont le Ko zi ki, "5^ ^ pE ' achevé 

1 



MAURICE COURANT. 



eu 712, le Nihon gi, ^ bE » ^^ Nihon siyo ki, $ |^ pE» 
achevé en 720, et les histoires qui leur font suite, Zoku Nihon gi, 
Ä H $ iE (672-792), iWÄon kou ki, $ # IE (792-823) 
etc.; le Nihon gi contient sans doute d'importants fragments du 
Kiu zi ki, ^ ^ ^E » achevé en 620 et détruit partiellement dans 
un incendie en 645. Les deux premiers de ces ouvrages commen- 
cent à l'époque des dieux; mais, même dans la période purement 
humaine, leurs assertions ne peuvent être acceptées qu'après dis- 
cussion; à la date de 461, une ambassade envoyée de Corée au 
Japon se trouve rapportée par un ouvrage coréen en même temps 
que par le Nihon gi: c'est le premier accord complet des sources 
japonaises avec les sources coréennes; à partir de là, les deux séries 
de renseignements coïncident approximativement '). 

Les ouvrages historiques coréens sont beaucoup plus tardifs; le 
plus ancien, le Sam kouk sä keui, ^ ^ ^ ^E > ayant été pré- 
senté en 1145 au roi In tjong, ^ ^; mais l'auteur cite des 
documents de beaucoup antérieurs, dont quelques-uns remontaient 
au-delà du VIP siècle; ils semblent ne plus exister aujourd'hui, 
mais ils permettent d'esquisser l'histoire de la Corée, avec des 
chances suffisantes d'exactitude, à partir de la seconde moitié du 
IV^ siècle de l'ère chrétienne; la concordance des histoires chinoises, 
l'air de vraisemblance de l'ouvrage, le consentement des auteurs 
coréens qui n'en ont jamais mis en doute l'authenticité ni l'ex- 
actitude, sont encore des présomptions en faveur du Sam kouk sä 
keui. D'autre part, différentes inscriptions trouvées depuis quelques 
années sur le sol des vieux royaumes coréens confirment et com- 
plètent les données du Sam kouk sä keui: le plus ancien de ces 
monuments, datant de 414, n'a encore été traduit dans aucune 



1) Cf. W. G. Aston, Early Japanese history (Transactions of the Asiatic Society of 
Japan, vol. XVI, pp. 39 — 75). — W. G. Aston, Nihongi, Chronicles of Japan, translated... 
London, 1896, 2 vol. in S. 



LA CORÉB jusqu'au IX* SlIOLB. 8 

langue européenne; j'ai l'intention d'en faire prochainement l'objet 
d'un mémoire spécial. 

IL 

Au commencement de l'ère chrétienne, la péninsule coréenne 
était divisée eu plusieurs états. Le Ko kou rye, ^ '^ ^ < et ]e 
Pàik tjyei, ^ ^, occupaient Iß versant occidental, celui-ci au sud, 
s'étendant sur les provinces actuelles de Tjyen ra^ :^^i 6*- 
Tchyoung tchyeng, ^g, j|| , et, à certaines époques, sur la partie 
méridionale du Kyevg keui, ^ ^ ; celui-là comprenant une partie 
plus ou moins grande du Kyeng keui, le Hoavg häi, ^J^, le 
Hpyeng ow, ^ ^ , l'ouest du Ham kyeng, ^ ^^ , et du Kang 
oue7i, yX. i^ » et de plus un territoire plus ou moins vaste sur la 
rive droite de VÂp rok kang^ ^||/^Î?X- Ces deux états avaient 
été fondés au commencement de l'ère chrétienne par des tribus 
venues du Pou ye, :^ ^ , pays situé dans la vallée de la rivière 
Soungari; ces tribus étaient apparentées aux Yei, ^, du nord et du 
nord-est de la Corée, elles étaient différentes et des Syouk «tw, ^ ^ 
du nord-est et des Syenpi, ^^^, du nord-ouest; la trace de cette 
diversité d'origine subsistait, semble-t-il, dans l'organisation aristo- 
cratique et militaire des deux pays. 

Entre ces deux royaumes s'élevait la ville à^Ak rang, ^ "?Ö , 
{Hpyeng yang, ^ :^ ) qui était une colonie chinoise depuis l'an 
108 av. J.-C. et qui resta soumise aux étrangers jusque vers le 
commencement du IV® siècle; d'autres établissements du même genre, 
fondés à la même époque, disparurent sans doute auparavant. 

Le sud-est de la péninsule, partie méridionale du Kang ouen et 
province actuelle de Kyeng syang, J^ '^ , appartenait à une autre 
race, celle des Sin, j^ , divisés en une trentaine de tribus, for- 
mant deux confédérations principales, celle des Siu han, J^ ^. 
au nord-est, et celle des Pyen han, ~|^ ^, ou Pyen sin, ~fi J^ , 
à l'ouest, entre le Rak tong kang, yS^ ^ J^ , le Pàik tjyei et la mer. 



4 Maurice coura'nt. 

Chez ces derniers, six états plus ou moins étroitement alliés s'or- 
ganisèrent sous le nom commun de Ka ya, ff(\ ]^j); les plus impor- 
tants restèrent indépendants jusqu'au milieu du VP siècle. Chez les 
Sin de l'est, il existait une organisation analogue, due à l'absorption 
des tribus les plus faibles par les plus fortes. A partir du commen- 
cement de l'ère chrétienne, le royaume de Sin ra, ^ ^^ , dont la 
capitale était Keum syeng^ ^^ ^ (aujourd'hui Kyeng tjyou, J^ y»pj ) 
commença à saisir la suprématie et à annexer les états voisins au 
moyen d'alliances ou de guerres: les noms de plusieurs de ces petits 
états nous sont connus, ainsi que l'époque de leur soumission *). 
Les chefs héréditaires des tribus qui s'étaient unies les premières 
pour constituer le Sin ra, furent probablement la souche des trois 
familles royales existant simultanément, et les chefs des autres tri- 



1) J'indique par S.k.s.i. les faits tirés du Samkouk sä keui; par N.h.g. ceux qui vien- 
nent du Nihongi; par G.k.t. ceux qui viennent du Guioai kau ti kau { ^^ '^E jvi* ^^ ' 
publié par le hw ^M, J^ en la 17^ année Mei di, 1884; résumé des faits compilé 
d'après les histoires originales japonaises et étrangères ; 1 vol. in 8, 822 pp. à l'européenne, 
et 1 vol. de tables chronologiques. A partir de la fin du N.h.g., étant pressé par le temps, 
j'ai consulté cet ouvrage qui est d'un maniement plus facile) ; par G. les faits tirés de 
Geerts, Minerais and Metallurgy of the Japanese (Transactions of the Asiatic Society of 
Japan, vol. Ill, part I et II; vol. IV). 

S.k.s.k. 77 première guerre mentionnée entre le Sin ra et le Ka ya. 

m 102 soumission des royaumes de Eum ijeuppel, "S' ^"r 4r\r , SU tjik, :^fe [g , 

et Aptok, 4^ ^. 
» 108 soumission des royaumes de Pi tji, pj^ ^ , Ta pel, ^ «f^ , et Tcho hpal, 

» 185 le Sin ra attaque le royaume de Sgo moun, >Ci "a7* . 

» 209 le Sin ra vainc le royaume de Epo syang hpal, yffif f f\ . 

» 231 le Sin ra conquiert le royaume de Kammoun, "CT* ^v* . 

- 236 le royaume de Kolpel, "^ '^ , se soumet volontairement au Sin ra. 

» 297 le royaume ai I sye ko, 'j^ 5§ "j^, attaque Keumsyeng, ^ ^. 

» 612 le royaume de Ou san, -^ (Jj , se soumet au Sin ra. 

632 le royaume de Keum koan, ^ ^ , l'un des plus importants du Ka y a, est 
soumis par le Sin ra. 



LA CORÉB jusqu'au IX^ SiècLK. 5 

bus donnèrent naissance à une partie de la noblesse, qui plus tard 
fut considérée tout entière comme issue des rois; dans cette organi- 
sation patriarcale et féodale à la fois, il n'est pas question du peuple. 
Quoi qu'il en soit, vers le milieu du VP siècle, tout le terri- 
toire des Sin avait formé le royaume de Sin ra; cet état, profitant 
habilement du secours de la Chine alors gouvernée par les Thang, 
j^ , conquit en 660 et 668 les royaumes de Päik tjyei et de Ko 
kou rye; avant 685, l'autorité des Chinois avait disparu de la Corée, 
le calme régnait à l'intérieur et à l'extérieur. La péninsule, unie 
pour la première fois en un royaume, eut alors et jusqu'au dernier 
tiers du IX*' siècle, une période de grande prospérité. 

m. 

A l'est de la Corée, au delà de la mer, les Japonais, à la même 
époque, commençaient aussi leur histoire: comme je l'ai dit, on ne 
peut se fier pour cette période aux chroniques japonaises, de beau- 
coup postérieures. La plus ancienne mention qui soit faite du Japon, 
est une simple phrase du Chan hai king et la première notice un 
peu détaillée se trouve dans le Heou han chou, ^ ]^ ^ , qui se 
rapporte aux années 25 — 220 de l'ère chrétienne. Malgré l'absence 
de renseignements contemporains, il est possible de démêler parmi 
les indications contenues dans les ouvrages postérieurs, historiques 
et autres, les principaux traits de l'organisation japonaise dans les 
premiers siècles de l'ère chrétienne: on trouve que la nation était 
formée d'un nombre considérable de tribus ou «gentes», ^, t/rft, 
indépendantes les unes des autres et ayant chacune un patriarche 
héréditaire; outre les membres directs de la «gens», les tribus les 
plus importantes comprenaient des «gentes» de caste inférieure, qui 
étaient à l'égard de la «gens» principale dans une situation de dé- 
pendance plus ou moins stricte et qui exerçaient héréditairement 
les arts manuels et l'agriculture. Les tribus dont les membres directs 



6 MAURICE COURANT. 

étaient les plus nombreux, se subdivisaient en ramifications qui 
conservaient toujours entre elles des relations étroites, et par là 
gagnaient en influence, en même temps qu'eu nombre. Le patriarche 
de la plus importante des tribus avait acquis et possédait dès lors 
trois privilèges: un privilège sacerdotal, puisqu'il représentait toutes 
les tribus en face des dieux communs, dont le principal était 
Ama terasu oho kami, ^ ||'p^ ^ jjj^, ancêtre de la tribu dominante 
et dès lors acceptée comme divinité nationale; un privilège diplo- 
matique et militaire, puisqu'il recevait les envoyés des pays étran- 
gers et prenait le commandement des expéditions à l'extérieur; un 
privilège judiciaire, puisqu'il décidait dans les querelles entre udi, 
choisissait le patriarche lorsque la ligne directe venait à manquer, 
supprimait au besoin une tribu pour crime contre l'intérêt de la 
confédération. C'est de ce triple privilège qu'est sortie peu à peu 
la prérogative impériale (Cf. Dr. C. A. Florenz, die staatliche und 
gesellschaftliche Organisation im alten Japan, dans les Mittheilungen 
der Deutschen Gesellschaft für Natur- und Völkerkunde Ostasiens 
in Tokio, vol. V, pp. 164—182. — B. H. Chamberlain, a Trans- 
lation of the «Ko ji ki», Introduction; formant un supplément au 
vol. X des Transactions of the Asiatic Society of Japan). 

On saisit immédiatement les ressemblances entre la confédération 
des udi japonais et celles du Ka ya et du Sin ra: de part et d'autre, 
ces unions de tribus se sont étendues par des alliances, ou par des guerres 
soit contre des peuples de race différente, soit contre des tribus de 
même race; les chefs de clan, d'abord indépendants, ont constitué, 
sous la suprématie toujours grandissante de l'un d'entre eux, une 
féodalité patriarcale, dont le rôle a été diminuant et qui a fini en 
un corps de fonctionnaires suivant la conception chinoise. D'ailleurs 
les points de rapprochement entre les Japonais et les Sin sont 
nombreux: le principe d'exogamie, si strict en Chine, ne se trouve 
d'abord ni en Corée ni au Japon; les filles de race royale du Sin ra 



LA. CORÉK jusqu'au IX^ SiÈCLB. 7 

ne pouvaient être mariées à des étrangers et l'on en note plusieurs 
qui furent données en mariage à des chefs du Japon ou du ^a^a: 
n'y aurait-il pas là la marque d'une origine commune? ') La lan- 
gue des deux peuples ofi^e des analeres frappantes; les plus vieilles 
légendes japonaises, celles qui se rapportent à l'âge des dieux et à 
la descente de Hiko ho no ni nigi no mikoto, -^ ^ f^ j^ Y 
^ ]^ , dans l'île de Kiyu siyu, ^ j^ , parlent de la Corée comme 
d'un pays avec lequel il existe de bons rapports; de même, l'histoire 
fabuleuse des Syek, ^ , l'une des races royales du Sin ra, fait venir 
leur ancêtre du Japon dans un œuf flottant. Les habitations japo- 
naises de ces âges reculés ressemblaient, autant qu'on peut se les 
figurer d'après les textes, aux huttes des paysans coréens d'aujour- 
d'hui; les vases en terre que l'on trouve dans les anciens tombeaux, 
sont semblables des deux côtés. Toutes ces ressemblances permettent 
de conclure, sinon à une identité originelle des deux races, du 
moins à des rapports très anciens et prolongés dans une période 
antérieure à celle que l'histoire nous fait connaître. 

D'ailleurs, les légendes et l'histoire nous parlent de ces relations; 
les dieux de la mer, qui sont en ligne féminine les ancêtres de 
Zin mu, f\^ ^ ^ ^ , premier empereur humain, habitent des 
palais pleins de richesses et s'asseyent sur des tapis de soie: ce qui 
indique des rapports avec le continent, car les vers à soie, à l'épo- 
que de l'empereur Nin toku, "^ ^ (310—399), sont encore décrits 
comme de curieuses créatures qui prennent d'abord la forme de vers, 
puis celle de cocons et enfin celle d'oiseaux: on n'en voyait alors 
que chez un Coréen appelé Nurinomi, j^ ^ ^^ ^^ {Ko zi ki). 



1) L'interdiction des mariages avec des étrangers n'était sans doute pas absolne; je 
note les suivants: 
S.k.s.k. 312 la fille d'un Json (noble) est donnée en mariage au fils du roi des Japonais, 

. 493 la fille d'un IpeUm (noble) éponae le roi de Päiktjfei. 
» 522 une princesse est mariée au Ka ya. 



8 MAURICK COURANT. 

Des faits de commerce et de piraterie entre les deux pays, sont 
notés souvent dans les histoires. Il n'est pas possible d'admettre 
complètement la fameuse expédition de l'impératrice Zin gou, f\^ 
'A ^ 1^, qui renferme plus de faits miraculeux que de détails 
croyables et dont il n'est question ni dans les annales coréennes, 
ni dans les annales chinoises, alors que ces dernières placent, en 
effet, vers cette époque chez les Japonais l'existence d'une reine 
nommée Pi mi hou, Hi mi ko, ^ ^ (I^ {Heou han chou, années 
147 — 190). Mais il semble bien exact que, dès le commencement 
de l'ère chrétienne, les expéditions japonaises dans la péninsule 
furent nombreuses; elles paraissent avoir amené au IV® siècle la 
reconnaissance de la suzeraineté japonaise par les états du sud, 
tandis que le Ko kou rye repoussait les insulaires à la fin de ce 
même siècle. Pendant longtemps, la politique du Japon consista, 
d'une part, à s'appuyer sur les états les plus faibles, Pàik tjyei et 
Ka ya, à s'y faire une clientèle, à mettre sur le trône des princes 
coréens élevés au Japon, à avoir même sur le continent quelques 
établissements fortifiés, bien que les auteurs coréens n'en parlent 
pas *), et d'autre part, à lutter contre le voisin immédiat, le Sin ra. 
Dans la guerre où ce royaume subjugua le Pàik tjyei, les Japonais 
soutenaient leur allié habituel: mais la dernière expédition des in- 
sulaires est de 731 ; des ambassades furent échangées jusqu'à la fin 



1^ Le Nihon gi indique les faits suivants qui ne sont pas mentionnés par l'histoire 
coréenne. 

N.h.g. 249 soumission au Japon de sept provinces situées au Kaya: Piijnmok, J;k S 
^^ ; Ka ra méridional, ^a J^ .^S ; Rok kouk, p^ ^M ; An ra, ^È^ ^S ; 

Ta ra, ^ ^ ; Tchak syoun, â, )M^ ; Ka ra, J||P ^ . 
• 612 le Japon cède au Pàik tjyei les quatre districts suivants axiKaya: Tari supe'- 
rieur. Jt |^ ^ij ; Ta ri inférieur, "fC |^ ^J ; Ha Ma, ^ ^\ 
Mou rou, Tr. "gs^ . 

529 le Japon donne au Pâik tjyei le port de Ta sa, ^ yU , situé au Kaya. 
» 577 envoi de résidents japonais au Pàik tjyei, «d'après une ancienne coutume». 



LA COUÉK jusqu'au IX*' SiècLB. 9 

du IX^ siècle; mais alors, c'étaient les Coréens du Sin ra qui al- 
laient piller Tu aima, ^ ,\^ , et les côtes de Kiyu aiyu. 

Je donne ici les dates de quelques-unes des guerres entre le 
Japon et la Corée, ainsi que de quelques ambassades. 

N.h.g. 33 av. J.-C. ambassade envoyée au Japon par le royaume 

d'/m na, 'f^ ^|5 {Amana - Ka ya). 
S.k.s.k. 14 ap. J.-C. descente des Japonais sur les côtes du Sin ra, 

> 68, 121 > » » »»»»» 
alliance du Sin ra et du Japon, 
une ambassade japonaise vient au Sin ra. 
famine au Japon; plus de 1000 personnes 
viennent demander du riz au Sin ra. 
expédition de l'Impératrice Zin gou, ïfi^ ^ . 
attaque des Japonais contre le Sin ra. 
les Japonais attaquent Keum ayeng, -^ |{^ , 

capitale du Sin ra; ils sont chassés. 

> 233 nouvelle descente des Japonais; on incendie 

leurs bateaux. 
N.h.g. 246, 247 intervention du Japon entre le Pâik-tjyei et 

le Tchak ayoun {Ka ya); ce fait a eu lieu 

sous le règne de Syo ko, ^ ~^ (346 — 375 

d'après S.k.s.k.). 
S.k.s.k. 249 nouvelle descente des Japonais au Sin ra. 

N.h.g. 255 mort du roi Syo ko de Päik tjyei (S.k.s.k. 375). 

» 277 ambassade du prince Tjiktji, ]|[ ^, envoyé 

par le roi de Pàik tjyei: ce prince n'est autre 

que Tyen tji, ^ ^, ou Tjik tji; voir plus 

bas, à la date de 397. 

> 285 arrivée du lettré Wani, Oang In, ^ 'fü , de 

Pàik tjyei. Le prince Tjik tji retourne pour 



» 


123 


> 


158 


> 


193 


N.h.g. 


200 


S.k.s.k. 


208 


> 


232 



k 



10 MAURICE COURANT. 

succéder à son père (S.k.s.k. 405 avènement 
de Tyen tji). 
S.k.s.k. 287 ap. J.-C. descente des Japonais sur les côtes du Sin ra ; 
ils emmènent 1000 prisonniers. 

•» 289, 292, 294 descentes des Japonais. 

» 295 le roi You ryei, j^ /|[g , se propose d'aller 

attaquer le Japon ; ses ministres l'en dissuadent. 
N.h.g. 295 expédition des Japonais au Sin ra; ils emmè- 

nent un grand nombre de captifs. 
S.k.s.k. 300 alliance conclue entre le Sin ra et le Japon. 

» 346 les Japonais pillent le Sin ra, assiègent la 

capitale; ils sont repoussés. 

» 364, 393 descentes des Japonais au Sin ra; ils sont 

repoussés. 

» 397 le prince de Paik tjyei, Tyen tji, est envoyé 

en otage au Japon (voir année 277): c'est 
la première mention du Japon dans les an- 
nales du Pâik tjyei; dès lors, les relations 
des deux états furent fréquentes, surtout au 
V® et au VIP siècles. 

» 402 alliance entre le Sin ra et le Japon. 

» 408 descente des Japonais au Sin ra; ils emmè- 

nent un grand nombre d'esclaves. 

» 409 les Japonais établissent un camp fortifié à 

Tai ma, ^ j|^ , Tu sima. 

» 431 les Japonais assiègent Myeng hoal, ^ '/p , 

capitale du Sin ra, et sont repoussés. 

» 440, 444 descentes des Japonais qui emmènent des 

prisonniers. 

> 459 100 vaisseaux japonais viennent attaquer le 

Sin ra; on les repousse. 



LA CORÉK jusqu'au IX* SièoLl. 11 

N.h.g. 461 ap. J.-C. ambassade du Pàik tjt/ei envoyée au Japon et 
naissance pendant le voyage du prince Sima, 
^%, coréen Sa ma, ^ J^ , qui fat le roi 
Mou nyeng^ Ä^ (501—523); un ouvrage 
coréen cité par le N.h.g. rapporte aussi cette 
ambassade. 
S.k.s.k. 462 les Japonais attaquent Myeng hoal et sont 

repoussés. 

> 463, 467, 493 le Sin ra construit des citadelles et des jon- 
ques de guerre. 

» 476, 477, 486, 497 attaques des Japonais contre le Sin ra. 
N.h.g. 564 le Ko kou rye est battu par le Japon: pre- 

mière mention d'une rencontre entre les ar- 
mées des deux états dans l'histoire japonaise; 
les annales du Ko kou rye ne parlent pas du 
Japon. 

» 570 des envoyés du Ko kou rye arrivent à la 

province de Kosi, ^ . 

Je passe sous silence les faits relatifs à l'uuification de la Co- 
rée sous la suprématie du Sin ra pour arriver à la période de 
l'unité coréenne. 

S.k.s.k. 722 le Sin ra construit des forteresses sur les 

côtes du sud-est. 
» 731 300 jonques japonaises sont repoussées. 

G.k.t. 738 les Japonais refusent Tentrée de la capitale 

à l'envoyé du Sin ra. 
S.k.s.k. 742 l'ambassade japonaise manque aux rites et 

n'est pas reçue. 
» 753 une nouvelle ambassade japonaise est écou- 

duite pour le même motif. 



12 MAURICE COURANT. 

G.k.t. 753 ap. J.-C. l'ambassade japonaise ne peut s'entendre avec 
le Sin ra sur une question de rites et revient 
en rapportant le décret impérial. 
» 758 le Japon déclare la guerre au Sin ra. 

» 764 descente des troupes du Sin ra à Hakata, 

+if ^ 
T^ ^ . 

» 774 les envoyés du Sin ra sont éconduits, le mé- 

morial étant mal rédigé, 
ambassade du Sin ra sans incident, 
traité d'amitié avec le Japon, 
le Japon envoie en présent 300 onces d'or, 
ambassades japonaises au Sin ra. 
descente des troupes coréennes au Bi zen^ 

# tu- 
descente des Coréens au Tukusi, j^ ^ . 

le Sin ra menace Iki, ^ il^. 

suite des attaques du Sin ra. 

ambassade du Sin ra au Japon. 

la population du Bi zen conspire d'accord avec 

le Sifi ra. 

nouvelle descente des Coréens à Hakata. 

ambassades japonaises au Sin ra\ la seconde 

apporte 300 onces d'or et 10 perles. 

G.k.t. 885 les envoyés du Sin ra apportent une lettre 

incorrecte et sont renvoyés. 

> 894 ' descente des Coréens à Tu sima. 

IV. 

Pendant le VHP et le IX® siècles, s'épanouirent les germes de 
civilisation apportés de Chine depuis plus de trois siècles; c'est 
donc à cette époque qu'il faut jeter un coup d'œil sur la Corée 



» 


779 




S.k.s.k. 


803 




» 


804 




» 


806, 


808 


G.k.t. 


813 




» 


834 




» 


835 




» 


842 




S.k.8.k. 


864 




G.k.t. 


866 




» 


869 




S.k.s.k. 


878, 


882 



LA coRée jusqu'au ix' SlèCLB. 13 

ancienne et c'est ainsi que nous pourrons comprendre comment les 
Japonais virent en elle un pays riche, une sorte de Colchide, dont 
la conquête de l'Impératrice Zin gou serait l'expédition des Argo- 
nautes. 

Les Coréens fabriquaient des étoffes de soie et des broderies de 
toutes sortes, travaillaient les métaux précieux, se servaient de 
vaiselle d'or et d'argent; ils avaient des voitures ornées de sculp- 
tures en bois précieux. En 880, la plupart des maisons de la ca- 
pitale étaient couvertes eu tuiles; les plus grandes, réservées aux 
nobles, ne pouvaient dépasser 24 pieds de côté; elles étaient ornées 
de sculptures extérieures. En 880 aussi, la population se chauffait 
au charbon de bois. L'usage des différentes étoffes, des métaux fut 
réglé plusieurs fois par des lois somptuaires. Le roi n'avait pas 
moins de six jardins ou vergers et dix-huit palais; soixante adminis- 
trations s'occupaient des nattes, brocarts, pelleteries et de toutes 
les denrées nécessaires à son existence. Les bonzeries très nom- 
breuses renfermaient des statues d'or et de grandes cloches; dès le 
VP siècle, on avait fondu de grandes statues de bronze. 

Les listes suivantes donneront une idée des produits de la Corée. 

Faits relatifs à l'industrie et à la civilisation coréennes. 

S.k.s.k. 541 ap. J.-C. le roi de Pàik tjyei fait venir de Chine le 

Livre des Odes, le Nirvâçia sûtra et des 

peintres. 
N.h.g. 545 une statue du Bouddha est fabriquée au 

Päik tjyei. 
S.k.s.k. 551 un musicien originaire du Ka yoj Ou reuk^ 

-^ 1^, invente un grand nombre d'airs 

nouveaux. 
» 558 invention au Sin ra des balistes (?), ^ , et 

arbalètes, ^. 



14 MAURICE COURANT. 

S.k.s.k. 574 ap. J.-C. on fond au Sin ra six statues de 10 pieds 
de haut; on emploie pour ce travail 37,500 
livres, Fp* , de cuivre et pour la dorure près 
de 102 onces, fij^ , ou plus de 6 livres d'or. 

Présents échangés entre la Chine, le Japon et la Corée. 

N.h.g. 27 ap. J.-C. pierres précieuses, miroir et sabre envoyés du 
Sin ra au Japon. 
2> 324 le Ko koïc rye envoie au Japon des boucliers 

de fer. 

S.k.s.k. 418 le Pâik tjyei envoie au Japon 10 pièces de 

soie blanche, Q j^ . 
» 434 le Pâik tjyei envoie au Sin ra des chevaux 

et un faucon blanc; le Sin ra envoie en re- 
tour de l'or et des perles. 
» 541 le roi de Pâik tjyei fait venir de Chine le 

Livre des Odes, le Nirvana sïïtra, etc. 

N.h.g. 552 le Pâik tjyei envoie au Japon des livres 

bouddhiques, une statue en cuivre et or et 
des objets pour le culte. 
» 553 le Japon envoie des chevaux, des arcs et des 

flèches au Pâik tjyei et demande en retolir 
des livres sur la divination, le calendrier et 
la médecine. 

S.k.s.k. 565 la cour des Tchhen, j^ , envoie au Sin ra 

1700 volumes bouddhiques. 

N.h.g. 577 le Pâik tjyei envoie au Japon des livres boud- 

dhiques. 

> 578 le Sin ra envoie au Japon une statue boud- 

dhique. 

> 598 le Sin ra envoie au Japon une paire de pies. 



» 


605 


> 


616 


» 


618 


S.k.s.k. 


621 


N-h.g. 


622 



lA COREE Jusqu'au ix* 8ifeci.E. IB 

N.h.g. 599 ap. J.-C. le Sin râ envoie au Japon un chameau, deux 

moutons, un faisan blanc. 

le Ko kou rye envoie au Japon 300 onces d'or. 

le Sin ra envoie au Japou une statue du 

Bouddha. 

le Ko kou rye envoie au Japon des captifs 

chinois et un chameau. 

le Päik tjyei envoie à la cour de Chine des 

chevaux nains, ^ ~f> j|| • 

le Sin ra envoie au Japon une statue d'or, 

une pagode d'or, des reliques et des objets 

pour le culte. 
S.k.s.k. 637 le Fäik tjyei envoie à la cour de Chine des 

cuirasses de fer et des haches en fer ciselé. 
N.h.g. 647 Kim Tchyoun tchyou, ^ ^ ^ , envoyé du 

Sin ra, apporte au Japon un paon et un 

perroquet. 
S.k.s.k. 650 le Sin ra envoie à l'Empereur de Chine une 

pièce de brocart sur laquelle est brodée une 

poésie. 

le Sin ra envoie en Chine de la toile d'or, 

le roi de Siji rû donne à l'ambassadeur chi- 
nois une étoffe de soie et d'or, -^ ^ . 
le Japon envoie au Sin ra des pièces de soie, 
de la soie grège et du cuir, 
le Sin ra envoie en Chine deux caisses de 
pierre à porcelaine, ^ ^ ~". ^ . 
le Sin ra envoie au Japon un buffle et un 
faisan, 
le Sin ra envoie au Japon de l'or, de l'ar- 



> 


653 


» 


664 


N.h.g. 


668 


S.k.8.k. 


669 


N.h.g. 


671 


> 


679 



16 MAURICE COÜRÄ-NT. 

gent, du fer, des trépieds, du brocart, de la 
toile, des chevaux, chiens, mules et chameaux. 
N.h.g. 681 ap. J.-C. le Sin ra envoie des présents semblables à 
ceux de 679. 
» 686 le Sin ra envoie au Japon un cheval, une 

mule, deux chiens, des vases d'or et d'argent, 
du brocart rose, de la gaze, des peaux de tigre, 
des médicaments. 

> 688 présents analogues à ceux de 686; en outre 

statues bouddhiques, oiseaux, etc. 

> 689 le Sin ra envoie des statues. 

S.k.s.k. 723 le Sin ra envoie à la cour des Thang^ ^ , 

un cheval nain, du bézoard de bœuf, du jen 
cheng, des faux cheveux, ^ ^ , des étoffes 
de soie, 15 R *È ' et 11 3" lÈ ' des clo- 
chettes ciselées pour les faucons, des peaux de 
panthère de mer, ;f^ ^^ (sorte de phoque que 
les Japonais appellent snwi heu, ^ ^ , ou 
azarasi), de l'or, de l'argent. 

> 730 le Sin ra envoie à la cour des Thang, 5 che- 

vaux nains, 1 chien, 2000 onces d'or, 80 
onces de faux cheveux, 10 peaux de panthère 
de mer. 

» 734 le Sin ra envoie à la cour des Thang 2 che- 

vaux nains, 3 chiens, 500 onces d'or, 20 
onces d'argent, 60 pièces d'étoffe de chanvre, 
20 onces de bézoard de bœuf, 200 livres de 
jen cheng, 100 onces de faux cheveux, 16 
peaux de panthère de mer. 

» 773 le Sin ra envoie aux Thang de l'or, de l'argent, 

du bézoard de bœuf, des étoffes de soie, etc. 



LA CORKB jusqu'au IX'' SIÈCLK. 17 

S.k.s.k. 804 ap. J.-C. le Japon envoie au Sin ra 300 onces d'or. 
» 810 le Sin ra envoie en Chine des statues boud- 

dhiques d'or et d'argent et des livres boud- 
dhiques. 
» 869 le Sin ra envoie eu Chine 2 chevaux, 100 

onces d'or en poudre, (?) ^ ^ , 200 onces 
d'argent, 15 onces de bézoard de bœuf, 100 
livres de jen cheng, du brocart de deux sortes, 

pièces de chaque, 20 pièces d'une autre espèce 
de brocart, ^ ^ ^^ , 40 pièces d'une étoffe 
blanche velue, f^ + ^ ÉI #É flï ' ^0 
pièces d'étoffe d'ortie blanche, ^ ~[" ^ ^ 
^(^ ^X ' ^^ onces de cheveux, ^ ^ , longs 
de 4 pieds 5 pouces, 300 onces de cheveux 
longs de 3 pieds 5 pouces, des épingles en or, 
des ustensiles de fauconnerie, etc.; la liste 
totale a 298 caractères. 
> 882 le Japon envoie au Siir ra 300 onces d'or et 

10 perles. 

Les divers états coréens envoyèrent au Japon des artisans de 
toutes sortes, y importèrent des produits tenus aujourd'hui pour 
essentiellement japonais, y introduisirent ou y développèrent les arts 
où les Japonais ont excellé depuis lors: c'est ainsi que l'antiquité 
japonaise ne semble pas avoir connu le thé, ni l'orange, ni la la- 
que *). J'ai mentionné plus haut ce que le Ko zi ki dit de l'élevage 
des vers à soie. L'immigration des artisans et même des laboureurs 
fut si nombreuse que des nouveaux venus on forma des castes 



1) Cf. B. H. Chamberlain, a Translation of the «Kojiki», Introduction. 

2 



18 MAURICE COURAKT. 

spéciales et des colonies dans les régions encore sauvages de l'est 
et du nord. 

Envoi d'artisans au Japon et développement de l'industrie ja- 
ponaise. 

N.h.g. :^83 ap. J.-C. le Pâik tjyei envoie une couturière. 

» 300 le -Sin ra envoie des constructeurs de jonques. 

» 355 l'art de la fauconnerie est introduit par un 

prince du Pâik fjyei- 

» 414 un médecin est appelé du Sin ra pour soigner 

l'Empereur. 

» 453 le Sin ra envoie 80 musiciens. 

» 462, 472 importantes plantations de mûriers. 

» 493 deux tanneurs venus du Ko kou rye sont éta- 

blis dans la province de Yamato^ ^ ^. 

» 513 le Pâik tjyei envoie le lettré Tan Yang i, 



» 554 le Pâik tjyei envoie les lettrés Mak ko, ^ 

■j^ , et Oang Ryou koui, ^ ||p ^ , le bonze 
Tarn hvei, ^ ^ , avec huit autres bonzes et 
des hommes experts dans la divination, le 
calendrier, la médecine, la connaissance des 
simples et la musique. 

» 577 le Pâik tjyei envoie des livres bouddhiques, 

des bonzes, des sculpteurs, des architectes 
pour les temples. 

» 588 le Pâik tjyei envoie des architectes pour les 

temples, des fondeurs, des potiers et des 
peintres. 

» 602 le même royaume envoie des hommes versés 



LA CORÉE jusqu'au Ix'"' SIÈCLE. 19 

dans le caleuilrier, l'astrologie, la géoscopie, 
la magie. 
N.h.g. G05 ap. J.-C. on commence au Japon à faire des broderies 
représentant le Bouddha ainsi que des statues 
d'or et de cuivre. 

» 607 achèvement du temple de Hahu riu^ ^ ^ 

^ , voisiü de Nara, ^ ^ ; il renferme des 
peintures contemporaines de la fondation et qui 
sont dues à Teu butu si, ,|^ '^ 6lB , et a Tarn 
tjing, ^ |p[ ; le second était un bonze coréen. 

» 612 un homme du Päik tjyei vient enseigner l'art 

des jardins; un autre importe des danses et 
une musique nouvelles. 

» 650 l'Empereur fait construire dans la province 

à'Aki, ^ ^, deux jonques sur le modèle 
de celles du Päik tjyei. 

» 674 on trouve du minerai d'argent pour la pre- 

mière fois au Japon (à Tu sima). 

» 680 trois Coréens viennent -pour étudier le japo- 

nais comme interprètes. 

» 683 des danses du Ko kou rye, du Pàik tjyei et 

du Sin ra sont exécutées au Palais. 

» 686 l'Empereur a pour médecin ordinaire un hom- 

me du Pàik tjyei. 

G. 698 du minerai de cuivre est découvert dans la 

province à'Inaha, ^^ i^. 

» 708 des sapèques de cuivre sont fabriquées en 

Musasi, jp^ ^^ . 

» 750 minerai d'or trouvé en Suruga, ,1^ ^ . 

G.k.t. 761 le gouvernement japonais fait étudier le co- 

réen par des interprètes. 



20 MAURICE COURANT. 

Immigration au Japon. 
N.h.g. 365 ap. J.-C. les habitants de quatre villages du Sîn ra 

sont emmenés captifs. 
» 467 un homme du Pâik tjyei, Koui sin, ^ ^ , 

se réfugie au Japon. 
» 540 Keid tji, -^ ^ , originaire du Pâik tjyei, 

se fixe dans la province de Yamato, -^ ^; 

premières réglementations, immatriculation des 

emigrants chinois et coréens. 
» 556 deux villages coréens sont fondés dans le 

Yamato, à Ohomusa, -^ ^ M^ , et à Womusa, 

» 564 une ambassade du Sin ra se fixe au Japon 

(province de Setutu, ;^ ^^ ). 

» 565 des réfugiés du Ko koii rye, établis en Tukusi, 

XJ\^ ^ , sont transportés au Yamasiro, JJLJ ^ . 

» 608 arrivée d'un grand nombre d'émigrants du 

Sin ra. 

» 609 arrivée de 75 hommes du Pâik tjyei conduits 

par deux bonzes. 

» 665 400 emigrants du Pâik tjyei sont établis en 

Ahumi, ^ yX' 

» 666 2000 emigrants du Pâik tjyei se fixent dans 

les provinces de l'est. 

» 685 on rang officiel est accordé à 147 Chinois et 

Coréens; un fief est donné à un bonze du 
Pâik tjyei', arrivée d'émigrants du ^o ä;om rye. 

» 687 56 emigrants du Ko kou rye reçoivent des 

terres en Hilati, *^ |^ ; 14 émigr-ants du 
Sin ra sont établis dans le Simotukey "f^ ^ , 
et 22 dans le Musasi, "^ |^ . 



LA CORÉE jusqu'au IX*' SlÈCLB. 2l 

N.h.g. 689 ap. J.-C. emigrants du Sin ra établis dans le Simoluke. 
» 690 83 emigrants du Sin ra sont établis au Mu- 

aaai et au Simotuke. 
» 691 l'Empereur envoie des présents aux princes 

du Pàik tjyei qui résident au Japon. 
G.k.t. 715 emigrants du Sin ra établis dans le Mino^ 



» 716 emigrants du Ko kou rye dans le Musasi. 

* 746, 760, 768 emigrants du Sin ra dans le Mmasi. 
S.s.r. 814 à cette date, le Sei si roku, j(^ j^ ^, liste 

des grandes familles composée à cette époque, 
indique dans la noblesse japonaise: 162 fa- 
milles d'origine chinoise, 104 venant du Päik 
fjyei, 50 du Ko kou rye, 9 du Ka ya et du 
Sin ra\ 47 sont d'origine douteuse, mais non 
japonaise. 
G.k.t. 814,816,817,822 arrivée d'émigrants du Sin ra. 

» 820 révolte de gens du Sin ra au Suruga, „^ ^ . 

» 824 des emigrants du Sin ra sont établis dans le 

Mutu, 1^^. 

» 874 révolte de gens du Sin ra au Musasi. 

V. 

Mais ce n'est pas seulement dans le domaine de la civilisation 
matérielle que la Corée a fait beaucoup pour le Japon: c'est elle 
aussi qui lui a transmis la religion bouddhique reçue de la Chine. 
En Corée comme, au Japon, la nouvelle religion se développa ra- 
pidement, grâce au zèle de prosélytisme qu'elle inspirait alors à ses 
adhérents, grâce aussi à son essence même: le bouddhisme, en effet, 
donne des préceptes de conduite et répond à ces questions sur le 
sens de la vie que se pose un jour ou l'autre tout homme arrivé 



22 MAUKICK COURANT. 

à uu certain degré de développement intellectuel. Rien de semblable 
ue se trouvait, au contraire, dans les cultes coréens, ni sans doute 
dans la religion japonaise. De plus, le bouddhisme sut euglober et 
assimiler les croyances déjà existantes, si bien que nous ignorons 
presque tout de l'ancienne religion coréenne et que nous éprouvons 
de grandes difficultés pour nous figurer ce qu'était le sintoïsme 
avant le VP siècle. 

De nombreux missionnaires coréens allèrent prêcher au Japon 
et y servirent activement la civilisation; ils eurent cause gagnée, 
lorsqu'au 595, l'un d'eux, Hyei fjà, ^ ^ , fut nommé précepteur 
du Prince héritier Siyau tokuj B^ ^ ^ -^ . 

N.h.g. 552 ap. J.-C. le Päik tjyei envoie au Japon des livres bouddhi- 
ques, une statue et des objets pour le culte. 

» 554 arrivée du bonze Tarn hyei, ^^ ^*, et de 

huit autres ; il vient remplacer un autre bonze 
nommé To sim, ^^ '^ . 

» 577 arrivée de bonzes et de religieuses du Päik tjyei. 

* 587 Zen sin, ^ '^ et d'autres religieuses japo- 

naises vont étudier au Pâik tjyei. 

» 588 arrivée des bonzes Hyei song, ^* ^^^ , Ryeng 

keun, ^ jj- , Hyei sik, ^ ^ , Ryeng tjyo, 
I^ M ' ^y^^9 oui, ^ ^ , Hyei tjyoung, 
Ä ^ ' %^^ syouk, ^'^ QiTo em, ^ J^ ; 
ils viennent du Pàik tjyei. 

» ■ 590 retour de Zen sin et de ses compagnes. 

> 593 le prince Muma y ado no Toyotomimi, )^ Jß 

^ J|0 !]^ , est nommé Prince impérial (plus 
tard connu sous son nom posthume de Siyau 
toku tai si)', il fut l'élève du bonze Hyei tjä 
et du lettré Kak ha, -& ^ . 



LA COIIKE jusqu'au IX* SlfecLK. 28 

N.h.g. 595 ap. J.-C. arrivée de Hyei tjä venant du Ko kou rye et 
de Hyei tchhong, ^ i{^^ , venant du Päik tjyei. 

» 602 le bonze Koan reuk, ^ ^, vient du Pàik 

tjyei', Seung ryovg, |^| (]t^, et Oun tchhong, 
^ flÉ( ' viennent du Ko kou rye. 

» 609 To kenn, ^ J^ , et Hyei mi, ^ ^^j , arri- 

vent du Päik tjyei. 

» 610 le roi de Ko kou rye envoie les bonzes Tarn 

tjing, ^ tli , et Fep tyeng, ^ ^ . 

» 615 Hyei tjä retourne au Ko kou rye. 

» 623 Xoan reu^ est nommé chef des bonzes, 1^ ji£ . 

» 624 le Ko kou rye envoie le bonze ^Tyet koan, 

^^ ^ , qui est nommé chef des bonzes. 

» 645 plusieurs bonzes, parmi lesquels des Coréens, 

sont chargés d'instruire le peuple. 

» 648 des bonzes japonais sont envoyés eu Corée 

pour étudier. 

» 684 23 bonzes et religieuses du Päik tjyei, s'éta- 

blissent dans le Musasi. 

C'est aux bonzes que l'on doit, entre autre bienfaits, la diflFu- 
sion de l'écriture. J'ai eu déjà l'occasion ') d'exposer les principaux 
faits relatifs à l'histoire de l'écriture en Corée: au Ko kou rye, plus 
rapproché de la Chine, il existait dès l'origine du royaume, des 
mémoires tenus par diverses personnes, on les appelait ryou keui, 
"ig oEî ™^i^^ ^^ n'est qu'en l'an 600 qu'on en fit une histoire 
officielle; c'est dans les dernières années du IV® siècle ou les pre- 
mières du V® que des inscriptions furent érigées sur les tombes des 



1) Voir Bibliographie coréenne, Introdaction, III. — Note sur les différents systèmes 
d'écriture employés en Corée. (Transactions of the Asiatic Society of Japan, vol. XXIII, 
pp. 5 et suivantes). 



24 MAURICE COURANT. 

anciens rois; en 372, année de l'introduction du bouddhisme, une 
école royale ou Htai hak, ~^ ^ , avait été fondée. Pour le Päik 
tjyei, c'est dans la seconde moitié du IV^ siècle (346—375, règne 
de Keun syo ko, j|£ '^ "j^ , ou Syo ko II), que l'on commença 
d'écrire des annales; l'introduction du bouddhisme est rapportée à 
l'an 384; c'est seulement vers la fin du V^ siècle que les noms 
des rois commencent à offrir un sens en chinois et à n'être plus 
des transcriptions. Au Sin ra, c'est en 502 que le roi renonça à 
son titre coréen, se fit appeler oang, ^ , et fixa les caractères à 
employer pour le nom du royaume; c'est à partir de la même 
époque que le Sam kouk sä keui commence à donner des renseigne- 
ments détaillés sur les faits et les coutumes; là prédication du 
bouddhisme, qui remonte peut-être au commencement du V® siècle, 
n'est certaine qu'à partir de 528. Je crois que cet ensemble de 
faits établit la liaison entre la diffusion de l'écriture chinoise et la 
prédication du bouddhisme; je ne puis, d'autre part, considérer que 
comme gratuite l'hypothèse de quelques auteurs européens, qui 
pensent que les Coréens pouvaient avoir une écriture indigène et 
qu'ils l'auraient abandonnée pour l'écriture chinoise: le seul fait 
établi est qu'aucun texte chinois, coréen, ni japonais, ne parle de 
rien de tel. Toutefois, je tiens à bien marquer que, si les bonzes 
ont favorisé l'étude du Chinois, nécessaire pour la lecture des textes 
sacrés, je ne crois pas qu'auparavant les caractères chinois fussent 
tout à fait ignorés; j'admettrais volontiers qu'un petit nombre de 
personnes, celles qui étaient eu rapports avec les Chinois du Liao 
tong ou de Hpyeng yang, pouvaient en avoir quelque connaissance. 
Peut-être faut-il voir la trace d'une situation de ce genre dans la 
mention faite par les historiens de lettres échangées entre les 
différents états coréens et le Japon dès le IP siècle de l'ère chré- 
tienne; à moins que les mots «envoyer une lettre», ^ |ê, ne 



LA CORÉE jusqu'au IX^ SiècLB. 25 

soient qu'une formule de style inspirée aux rédacteurs des histoires 
par les habitjides de l'époque où ils vivaient '). 

Les choses se sont passées au Japon d'une façon analogue: 
dès longtemps, les érudiis japonais et européens ont reconnu que 
les caractères dits «caractères des dieux», kami yo no mozi, f\^ ^ 
aJ^ ^, sont une imitation des caractères coréens vulgaires, en 
moun, f0 ^, et datent du XVP ou du XVIP siècles. Jusqu'au 
IV*' siècle, les Japonais n'avaient donc pas d'écriture et le premier 
document écrit dont l'existence semble admissible, est une lettre 
qui fut adressée par le souverain du Japon au roi de Sin ra en 
345 et qui est antérieure par conséquent de soixante ans à l'arri- 
vée au Japon du célèbre lettré coréen Oang In, Wani, ^ ^^ (405). 
L'art nouveau fut d'abord exercé par des hommes d'origine étran- 
gère, coréenne ou chinoise, qui formèrent une caste spéciale, celle 
des fuhito, ^ ; puis avec la prédication du bouddhisme, et surtout 
après son triomphe dans l'éducation de Siyau toku tai si, il se ré- 
pandit dans toute la population. On écrivit d'abord en langue chi- 
noise; mais les caractères idéographiques furent pris bientôt avec 
une valeur phonétique et des syllabaires réguliers se constituèrent: 
le katakana, j^' 1^ ^» û^ ^^^ apparition vers la fin du VHP 



1) Sk.3.k. 125 le roi de Si» ra envoie une lettre ( ^^ -gg^ ) au roi de Paik tjj/ei pour 
lui demander du secours. 
M 155 lettre écrite par le roi de Paik tjyei ( ^^ ^gg> ). 
« 16B lettre écrite par le roi de Sin ra. 
N.h g;. 297 lettre du roi de Ko kou rye à l'empereur du Japon. 
S.k.s.k. 345 le roi des Japonais écrit au roi de Sinra {^& -|- ^^ ^^ ). 
N.h g. 853 mention de notices géographiques rédigées précédemment. 
S k s k. 373 lettre écrite par le roi de Paik tjyei au roi de Sin ra. 
N.h. g. 403 des archivistes formant une caste spéciale ( SR , /uAiVo) sont nommés dans 

les provinces du Japon. 
S.k.s.k. 413 premier envoi d'un mémorial ( ^& ) par le roi de Ko kou rye à la cour 

des Tain, ^^ . 
N.h.g. 621 le Sin ra, pour la première fois, envoie un mémorial au Japon. 

m 646 nomination dans les provinces du Japon de clercs sachant écrire et compter. 



26 MAUUICE COURANT. 

siècle et le hiragana^ ^ j^ ^ , paraît avoir été employé pour la 
première fois eu 905 *). D'ailleurs, les syllabes ont été en usage 
surtout comme auxiliaires des caractères idéographiques. 

En Corée, c'est en 692 que Si/el Tchong, ^^ ^ , précédant 
les Japonais, eut l'idée de se servir phonétiquement de caractères 
chinois pour exprimer les particules et terminaisons de la langue 
coréenne; les caractères qu'il choisit pour cet usage, sont encore 
employés de la même façon dans certaines pièces judiciaires; on les 
a aussi simplifiés, en tirant des signes analogues aux katakana, 
mais sans arriver au syllabisme régulier; les caractères de Syel 
Tchong sont nommés ri tok, ^ g^ (prononciation ni do) ou n 
moun, ^ ^ (pron. ni moun). Quant aux caractères vulgaires, 
dits en moun, ^^ ^ , ils ont été inventés au XV^ siècle par le roi 
Syei tjong, jgr yf^ ■, et constituent un des alphabets les plus simples 
qui existent: il est très rare qu'on les mélange avec des signes 
chinois. 

En même temps que les livres de leur religion, les bonzes avaient 
apporté les livres classiques du confucianisme avec des livres histori- 
ques. Les rois de Sin ra, comme les mikados, discernèrent vite ce 
que les idées chinoises avaient de favorable à leur pouvoir: jusque 
là, il n'existait qu'une confédération de tribus, le chef suprême 
n'était que le premier des chefs de clan, le premier des nobles; 
or les livres chinois montraient ce qu'est un Etat avec un prince 
et des sujets. C'est Syau toku tai si, l'élève des bonzes, qui enseigna 
ces idées aux Japonais, posa la suprématie absolue du prince, con- 
testa les droits des vieux possesseurs du sol: il formula ces prin- 
cipes dans ses 17 articles de 604, ^ ^ ~f" -tl '(^ • Les réformes 
se firent à partir de la période Tai kuwa, ^ >(j^ (645 — 649). 
L'Empereur organisa ses états en districts, y établit l'impôt, y 



1) Cf. Prof. Dr. R. Lange, Einführung in die japanische Schrift; Berlin, 1896. In 8. 



LA CORÉE jusqu'au IX^ SlèCLE. 27 

régla la justice et exigea des uobles, devenus des fonctionnaires, un 
serment solennel de fidélité. La révolution du VIP siècle fut aussi 
rapide et aussi profoude que celle à laquelle nous avons assisté 
depuis 1868 '). Au Sin ra, la transformation se fit lentement, à 
partir du commencement du VP siècle: c'est en partie aux nou- 
velles armées, à l'organisation plus stricte du pouvoir, que ce ro- 
yaume dut sa victoire sur le Päik tjyei et le Ko kou rye; avant la 
réunion de la Corée sous sa suprématie, la révolution était achevée 
et, si la noblesse héréditaire subsistait, elle était réduite dans la 
dépendance du prince ^). Pour ces réformes politiques comme pour 
la diffusion de l'écriture, pour la religion et pour l'industrie, la 
Corée, située plus près de la Chine, précédait le Japon et lui 
transmettait la civilisation. 



1) N.h g. C04r 17 articles de Siyau toku tai si. 

I, 645 année Taikuwa: réforme de l'administration provinciale; droit d'adresser 
des pétitions au souverain ; recensement et cadastre. 

» 646 diminution du nombre des serfs; nomination de clercs pour les emplois à 
la capitale et dans les provinces; cadastre; nouvelle distribution des ter- 
res; règlement de l'impôt. 

H 648 établibsement des rangs officiels des fonctionnaires. 
S.k.s.k. 670 le royaume des Oa, 15^ 1^ , prend officiellement le nom de Nituhon, 

*. 

2) S.k.s.k. 502 choix officiel des caractères Sin ra, ^P]* ä|| , et du titre de oang, -^ . 

» 505 nouvelle division des districts, établissement des commandants provinciaux 

ou gouverneurs, ^p. -^ . 
m 514 fondation des capitales secondaires, yK ö . 

m 517 fondation du Ministère de l'Armée, )nr: -^^ . 

» 620 promulgation des premières lois du royaume de Si« ra ( jjvk TTC y& '^ )• 

m 557 suite de la réorganisation provinciale. 

* 584 règles pour la nomination des fonctionnaires. 

n 654 réforme de la justice. 

» 686 établissement des neuf provinces, ^Z tlJJ . 



ANCIENT CHINESE PHONETICS 



BY 



S. H. SCHAANK. 
III. 

Continued from Vol. VIII, page 457. 



..îp" 



VI. CLASSIFIERS (;g). 

In order to find a sound in the Rhyme-Tables, it is easiest to look 
up the table agreeing in ;^ with the sound inquired for, having then 
restricted the inquiry to a small quantity of tables. Therefore I 
translated ;^ by classifier (see Vol. VIII, p. 458, note 4). In the old 
set of R. T. there are 16 classifiers, divided in ^ and ^[» classifiers. 
The following list gives a survey of these classifiers, according to 
the arrangement of the R. T.: 



1 
16») 
2 
3 
4 
5 
6 
7 



« 


ft 4 




8 


llj 




n 




^F 6 


9 


^ 




m 




» 7 


10 


n 


ft 8 


"^ä* 
Q 


» 6 




11 






Ä 


» 1 




12 


•ti. 




fh 


» 2 




13 


-ti 


» 5 


Ä 




» 2 


14 


m 




m 


» 3 




15 


■&') 


» 7 



» 8 

» 3 
» 1 



1) See note 2, p. 486 in Vol. VIII. 2) Also represented by the synonym ^«ff 



ANCIBNT CHINES» PlIONKTICS. 



29 



In the :|Jaj f^i |/p*j ^ we find the following enumeration of 
the classifiers 



4, 5, 7, 1 

12, 6, 11, 8 

13, 3, 15, 10 

14, 16, 2, 9 

And afterwards thus: 

4 i. e. 
12 > 

5 » 



7 

6 

11 

8 

14 

1 

16 

13 

2 

3 

15 

10 



1. 6. 
> 

» 
» 

ft 1 



ft 1, 2, 3, 4. 

^^ 1, 2, 3, 4. 

ft 5, 6, 7, 8. 

^j» 5. 6, 7, 8. 



it[ 1 



9 » 

In the last list the classifiers have a regular arrangement with 
regard to ^ and ^\> , which is not the case in the R. T. 
Probably these names ^ (in) and ^[» (out) have their cause in 
an older systematization; what they really mean does not appear '). 
As, however, they have not been mentioned in the R. T. in their 



1) As far as the characters of the classifiers are comprised in the tahles, we find the 
pb classifiers in the I. and III. div., the /^k classifiers in the II. div. 

3 



30 



s, H. SCHAANK. 



correct arrangement, I suppose they have only been used with regard 
to this older systematization in order to make obvious the connection 
of the R. T. with it. Which systematization may here be meant? 
The last arrangement of the classifiers has much similarity with the 
R. T, of K'ang-hi arranged in the old order '). We may here, 
however, go still further. On each page of the R. T. is, as is 
well-knowu, a column of rhymes \ moreover, beside this column, there 
is often another row of characters. If we look at these characters, 
it is at once clear, that they are with little alterations the characters 
serving as finals in the Kwang-Yun ( ^ ^ ) ^). If we now place the 
Kwaug-Yun finals, occurring as rhymes in the R. T., after the classifiers 
in the last mentioned order, we get the following list, clearly showing 
by its regularity the connection of the R. T. with the Kwang-Yun: 

1, (2), 3, 

4, 

6, 8, 

9, (10), 11, 

12, 14, 15, 16, 

17, 18, (20), (21), 23, 24, 

22, 25, 26, 28, 30, 

32, 33, 34, 

1 35, 36, 37, 

38, 39, 

40, 42, (43), 

44, 45, 

46, 47, 

49, 

50, 52, 54, 57 =*). 



classifier 


4 ^ 


o 


» 


12 


o 

13 
ci- 


» 


5 


5' 

CO 


» 


7 




» 


6 


(=" 


» 


11 


CD 


» 


8 


CD 


» 


14 




» 


M 


o 

d 

CO 


» 


16 


CD 


» 


13 


w 

% 


» 


2 


es 


» 


3 


S* 


» 


15 


3 

P5 


» 


10 


B 

OS 


» 


9 





1) Compare Volpicelli, o. c. p. 36. 

2) Compare Dr. Mkins, Mand. Grammar, p. 69, and Volpicelli, o. c. p. 38, table. 

3) The Jinals in parentheses are found iu the column to the left of the Rhyme-column. 



ANCIENT OHINKSK PIIONKTICS. 31 

This list is undoubtedly very useful for the restoration of the 
Kwang-Yun-phouetics. We will here only treat of some points. 
Traditional respect, as well as commodity in use made, in ray opinion, 
choose the ancient Kwang-Yun finals for the Rhyme-characters, 
altering them only as far as necessary with regard to the more 
modern language of the R. T. Where to the left of the Rhyme- 
column a second row of characters is given, this will denote that 
two finals of the Kwang-Yun had become one. The Kwang-Yuu- 
finals lacking in the above list had disappeared as separate, and 
were spread over different finals '). 

As the IV. division has no Rhyme-characters, and many of the 
Rhyme-characters of the III, division being found in the IV. div. 
(see Vol. VIII, p. 371), I am inclined to suppose that no words as 
kia etc. occur in the Kwang-Yun, in other words: that the IV. 
div. has developed out of the III. div.: the IV, div. being therefore 
the youngest. Consequently the composers of the R. T. could not 
take Rhyme-characters for the IV. div. out of the Kwang-Yun; 
but the composing of new Rhyme-characters for the IV, div. is 
evidently considered unnecessary, the III, and IV, div. having the 
same rhyme. The 36th initial {Ir) has no characters in the IV. div. 
of the R. T.; while neither T, T', D, N, P, M and L have IV. 
division-characters in the closed pj . If it may be granted that 
the IV. div, (f. i, kia) has developed out of the III. div. (f. i. kyia), 
then it is perhaps not too hazardous to admit (comp. Vol. VIII, p. 478) 
that f. i. an original ka first formed kya,, this developing into kyia), 
while out of kyia kia may have grown; in other words, that the 
chronological order is: ka, kya, kyia, kia or I. II. III. IV. division. 
Might this perhaps be the solution of Kiang-Yung ( ^ -^^ )'8 diction: 



1) That the Kwang-Yun language differs from that of the U. T. is moreover evident 
from the fact, that the 7^ ^^ in the Kwang-Yun only has k, p, t as finals, whereas 
the language of the R. T. may in that tone also have * as final (see Vol VIII, p. 483). 



I 



32 s. H. SCHAANK. 

The I. div. is great, the II. div. is great in the 2nd place, 
» III. » » small, » IV. » » the smallest, 

which Mr. Volpicelli wants to connect with the vowels o, a, e and i? *) 
Perhaps — in connection with the Chinese ideas of great and old 
{original) — the translation is: 

"The I. div. is the oldest, then the II. div. came, the III. div. 
is new, but the IV. div. is the youngest". 



The order of the finals of the Kwang-yun is an approach to 
the order of the Sanskrit alphabet (Edkins, M. G., p. 69); which 
is the rule influencing the order of the classifiers in the R. T. is 
an open question to me. 



When determinating the Values of the classifiers, it must 
be borne in mind that these with regard to the peculiar Chinese 
writing-system were as clear to the eyes of the composers of the 
R. T. as the significance and pronunciation of 100 {one hundred) 
is to us Europeans. 

Examining the definitions in question we first read {^^ y\ 

m^t'^^. um\hmi^, An'^:fL^ 

i. e. the classifiers 4, 13, 3, 10, 12, 11, 8, 2 and 9 are corres- 
ponding to the y\ ^ , or those having a fourth tone. As in the 
R. T. the other classifiers also have a fourth tone, we think we 
may admit that this rule refers to the older systematization of the 
Kwang-Yun, in which only these classifiers have a fourth tone, 



1) Comp. 0. c. p. 36. I do not see the connection. 



ANCIENT CHINESE PHONETICS. 33 

words with final vowel having no ^ ^ in this older dictionary '). 
Hence the meaning of the Chinese definition should be: the said 
classifiers end in consonants. This opinion is corroborated bj the 
present pronunciation in the southern dialects, where the final 
consonants of the syllables mentioned under these classifiers are: 

4, 13, 3, 10, 12, 11, 8, 2, 9, 

ng, ng, ng, ra, ng, n, n, ng, m. 

To this also correspond the definitions ^): ^Ji ^ Zl ^ ^ S IS 
i. e. the two classifiers 2 (:||^) and 3 ('^) follow 4 (j^), and 
yX [^ ^ i- e. the classifier 12 ( ^X) is = classifier 13 ( ^ ). More- 
over 2, 3 and 4 and 12 and 13, as belonging together, have been 
placed in the same space in the index to the old R. T. 

As the values of the classifiers we now admit the found values 
without anything else, so: 

cl. 4, 13, 3, 10, 12, 11, 8, 2, 9 = 
ng, ng, Dg, m, ng, n, n, ng, m ^). 

Another definition says: 

It ^ * ^ . Ä ^ * i- e- 

the 5th cl. (jyt:) has no duration, the 6th cl. {^) is expelled, 
is laid out, which in my opinion must mean: the 5th cl. is silent^ 
the 6th cl., connected with it *), is pronounced. 

For the given syllable on p. 485 (Vol. VITI) we got the fol- 
lowing values: 



1) Comp, above p. 31, note 1. 

2) See BJ ;^ pg ;ffi {^^. 

3) Bdkins, M. G. p 264: "Mau-si-ho of Shau-hing followed Ku-yen-wu in stadving 
the ancient sounds of the Yih-king, and the tables of the tonic dictionaries. See his 

'^ §R ""'^ ^^ ^F ^' TO ■ "^^^ 'àn&h m and p, now lost from mandarin, he 
describes clearly as labials, pronounced by shutting the mouth He states that in Canton 
province they are still prononnced". 

4) This in consequence of the opposition. 



34 s. H. SCHAANK. 

5th cl.-sounds = Jà + 5th cl. 
6th » - ha -\- 6th » 

From the definition we infer that cl. 5 is mute, consequently the 
first value: ki + 5th cl. = ki + nihil = ki. (Therefore cl. 5 = 
nihil after i). Now we think the meaning of the definition is: the 
cl. 6 = i, i. e. the vowel belonging to the 5th cl. (Syllable ka -\- i 
- kai). A following definition says: ^ ^ i9^ ^ i- e- the 15th 
( ^ ) and 7th ( ^ ) classifiers are slightly mixed. In the values 
on p. 485 (Vol. VIII) the syllable is 

with the 7th cl. = ^m + 7th cl. 
» » I5th cl. - ko -\- 15th » 

In connection with the definition, I think it admissible, that the value 
of the 7th cl. = nihil after U, and the 15th cl. = U. Conse- 
quently: syllable cl. 7 = ku, syllable cl. 15 = kotù. 

As to the other classifiers, 7iot mentioned in the definitions^ I 
think likewise admissible to suppose the value nihil, i. e. 

1th classifier = nihil after O (value Vol. VIII, p. 485 = ko). 
16th » = » » O ( » » » » » = ko). 

14th » =» »a(» »»»»= ka). 

Substituting the values of the classifiers thus found in the 
formula's on p. 485, we provisionally obtain the following values of 
the said syllable: 

1st cl.-sounds: ko -j- nihil = ko. 

16th » ko 4~ nihil = ko. 

2nd » ka -[" ng = kang. 

3rd » ku -|- ng = kung. 

4th » ku -)- ng = kung. 

5th » ki + nihil = ki. 

6th » ka -f~ i = kai. 



I 



ka + u 


= kan. 


ko + Ol 


= kom. 


ko + m 


= kom. 


ki + 11 


= kin. 



ANCIENT CHINESE PHONETICS. 35 

7th cl.-sounds: kii + nihil = ku. 

8th » 

9th » 

10th » 

11th » 

12th » ku -}~ "i," = kung. 

13th » ku + "g = kung. 

14th » ka + nihil = ka ')• 

loth * ko + u - kou. 

From this list it is directly evident that the question has not 
yet been solved, as we are not allowed to admit that different 
classifiers would give the same sounds, as it is the case here, the 
1st and 2Qd cl. both giving the syllable ko, the 3rd, 4th, 12th, 13th 
all kuîtg, and the 9th and 10th cl. both kom. The difference between 
these equal syllables has therefore still to be determined. We will 
now try to do so. 

Ko (1st and 16th classifiers). 

The cl. 1 and 16 have both been comprised together in the 
1st and 2nd R. T., and have evidently become one. A trifle how- 
ever denotes a former difference, i. e. in R. T. 1 in the super- 
scription is put: j^ :^ ^1», in R. T. on the contrary; j|^ J^ 

^y 3a> • The meaning I cannot determine, as the value of ^[» and 

^ is not yet clear to me. 

1) Or. Kiihnert as well as Mr. Volpicelli here admit a diphthong: with the former 
our ka would sound kau (with its variations), with the latter koo, kao, keo, kio. This is 
not to be inferred from the definitions, [f it were a dipthong, it would have been strange 
that in the definitions or arrangements there is not to be found any analogy between cl. 
14 and 15 (syllables ka^i and hou, of Dr. Kiihnert). The I. division") of the 14th classifier 
gives in several Ilakka-dialects characters with the sound o (o as in Lord, o as in go, or 
as oa as in loan), while in Cantoa-dialect they have o (as in »o, hoe, erow). 

•) The other divisions are of little account for the restoration of the vowels, asyand 
medial i easily alter the original vowels. 



36 s. H. SCHAANK. 

Moreover we have to advance the following: In the index 
to the old R. T. we find after the classifiers 1 and 16 put together: 
pg -^ ^ 1^ i. 6. among these occur ^ and ^^. From the 
■^ -^ ZL ^ ^ ^ ^ ^^ ^^ evident that ^ and ^ are op- 
posite to each other as analogous sounds, the former in the open 
P , the second in the closed P ; consequently the just mentioned 
sentence could be translated : "Among these are open and closed P 
sounds". As, however, in the 1st R. T. belonging to these classifiers 
are found open, and in the 2nd R. T. closed P sounds, this trans- 
lation neither gives an explanation, therefore we have to look out 
for another. 

The sentence ^ ^ ^ ^ means according to me: the cha- 
racters under the 1st and 16th classifiers are pronounced with open 
or with closed P . The 1st R. T. according to the superscription 
contains open P sounds, which in ray opinion have also a more 
uuconmion (older) closed P -pronunciation. The 2nd R. T. then 
contains closed P sounds, which have also an older open P sound. 
We might therefore have here to do with a development of closed P 
sounds ^). 



1) The superscription of the index to the new R. T. is: ^ ^ ^ ^ ^ 
o^ iMl • ^^ ^^^^ index are only mentioned characters in the even tone; only whenever 

in this tone there are no characters, there are given characters having another tone. The 
translation is therefore not: Table in which are found the rhymes of the sounds in the 
four tones, but the meaning is: Table which prevails for the rhymes in the four tones. 

2) ^& (Ist cl.) is found among the I. div. characters of the 2nd R T., and is 
therefore a c/o«e<^ P sound (beside older open t~\ sound). lK (I6th cl.) ought to be 
placed in the II. div. of the Ist R. T. (see new R. T. N". 1; it is |^ ^ with |^ ) 
and is therefore an open p sound (beside older closed p sound). As there are 
phonetical indications that formerly ^K may have had the meaning of closed P , and 

flb of open p , the completer indication of jK ;^ hV, -^ (see Vol. VIII, p. 473) 

in R. T. 2: i. e. a closed p table, may also denote that the open p sound (formerly closed 

P sound) iK in former times belonged to the closed p sounds (i. e. in the 

second table). If indeed flb = Bä p , and hk - A^ Q , the meaning of these 



ANCIENT CHINKSK PllüNETICS. 87 

Kung (3rtl, 4th, 12th aacl 13th classifiers). 

After the cognate classifiers 2, 3 and 4 (see p. 34-35) is put iu 
the index on the old K. T. ^ ^ :ft}j^ |^ i, e. the classifiers 2, 
3, 4 may also be pronounced as ^j^ll^. Both these characters are 
found in the old R. T. : ^}^ is the first character in R. T. -8, 1 div., 
1^ is the first character in the R. T. 11, I. div., and therefore 
represent the sounds ki and kai (see above); so they cannot have 
anything to do with the classifier, as they do not end in ug. 
They differ, however, in vowel from the given sounds for cl. 2, 
3, 4 (viz. kang, kung, kung)\ hence we think the given sentence 
ought to be translated: "the syllables kang, kung, kung can also 
have the vowels i and a" '). 

If now it were meant that the 3rd and 4th classifiers gave 
syllables which could be pronounced as well ku7ig, kang or king, 
there would not yet be a difference between them ; hence, on ac- 
count of the pronunciation in different dialects, we think we are 
authorised to give the following values of the syllables: 

2nd cl. common kang and uncommon (older) king. 
3rd » > kung > » » king, 

4th » > kung » » > kang. 

Traces of these pronunciations are indeed found in the present 
dialects; least clear however this is the case with the 4th cl., showing 



words during the development of the closed p] (see Vol.VIII, p. 474) may have been thos : 

\Xi = common, ordinary sounds 

^p = uncommon, extraordinary, strange sounds. 

1) The two characters are in the new R. T. respectively indicators of the open Q 
sounds of the 5th final and the closed Pî sounds of the 8th final. In my opinion, however, 
they have nothing to do with open and closed Q sounds, t^ (closed CJ ) has only been 
chosen, because there are no characters with the open pt of the 8th final. 




38 s. H. SCHAANK. 

only few traces of a pronunciation kang. Nevertheless we ought to 
remember that the el. 4 has only dosed pf sounds, by which 
circumstance the i/-sound has become prevalent (see p. 37). 

With the 13th classifier I have not found any indication, so 
the value of the syllable remains for this classifier kung. 

So there remains the 12th classifier (R. T. 20). Already at 
first sight the jieculiar arrangement of this table is obvious (see 
above Vol. VIII, p. 372, 373). Only in the II. div. there are characters, 
while those of the 1st, 4th and 8th classes of initials also occur 
in table 21 (open pj sounds) and those of the other classes (3, 7, 9) 
in R. T. 22 (closed P sounds). We shall only treat of the guttural 
class here; this being clear, the others will be clear also. In the 
table under the characters of this class is put: "open jlj sounds"; 
this cannot mean that those characters are here ''''open [IJ sounds, 
as they already occur as such in table 21, but that they are closed 
P sounds in R. T. 20, while otherwise (in R. T. 21) they are 
open P sounds. This becomes clear by the superscription of the 
20th R. T. = H ^ af , i. e. open and closed P sounds »). The 
gutturals being given in the first column of the table, -^ ^ fl^ 
would have been clearer, but this construction is incompatible with 
Chinese syntax. 

I think that the sounds in the ^first (i. e. the 20th R. T.) are 
the common, those in the R. T. 21 and 22 the uncommon pronun- 
ciation of the given characters ^). My opinion, that the difference 
between classifiers 12 and 13 can only consist in the P , is con- 
firmed by the fact, that the rhymes in the R. T. belonging to these 
classifiers (i. e. R. T. 20, 21, 22) are alike (cp. above Vol. VIII, p. 373). 



1) In the edition of the R. T. of the 7th year of ^* -^ , chiefly followed by me, 
there ig put )M p p^ ; in the edition of the 20th year of -^ ±^ , it is, as in 

the text, ^^af. 

2) Compare also Vol VIII, p. 476. 



ANCIKNT CHINESE PHONETICS. 89 

Kom (9th aud 10th classifiers). 

R. T. 15 (i. e. the Ist table of classifier 9) does not afford 
indications; so the value remains kom. R. T. 16 (i. e. the 2ud 
table of the 9th classifier), however, has a peculiarity: at the right 
top corner, i. e. at the beginniug of the table, the character ~p is 
printed. Now this does not mean, that this character belongs to 
this table and consequently has to be pronouuced. kom\ if this had 
been meant, the space in which this character is placed, would 
have been filled up, as anywhere ehe ') with circlets ( O )• I think 
it cannot mean anything else than that the characters of this 16th 
table may also be placed in the 13th R. T. of which the character 
"~P is the first; in other words: the characters of R. T. 16 have 
a value corresponding to kan (R. T. 13) along with the common 
value kom (R. T. 16), i. e. the characters of R. T. 16, all in the 
III. div., have a second value agreeing with the III. div. of R. T. 13. 

Therefore I am convinced that the character ^, placed in the 
same way in table 16, cannot mean anything else than: the cha- 
racters occurring in the second half of thi^ R. T. have still a 
tliird value, agreeing with the value of the IV. div. of R. T. 15, 
of which ^ is the first character (see later on R. T. 16). 

In the same way as for the characters in table 16 there has 
been referred by ""p to table 13, with table 17 (cl. 10, value ^07n), 
the character ^^ refers to table 18 (value kin). So we get here 
beside the value kom the value kin. 

Hence it is evident that already in the old R. T. the well- 
known wearing ofi of the final m (and p) to final n (and t) is 
stated. Now it is also clear why in the index on the old R. T. 
classifier 8 has been combined with cl. 9, and cl. 10 with cl. 11; 



1) See f. i. R. T. 24, IV. div., sub 2nd class of initials. 



40 








S. H. SCHAANK. 










likewise 


the definition 


lU^'M^àmMi 


ü< 


i. e 


,. cl 


• 8 (|lj) 


has a slight view 


of c 


1. 9 (j^), ascl. 10(^^)ofcl. 


11 ( 


^),for: 




8 cl. 


-sounds 


= Jean 9 cl. -sounds = 


kom 


or 


kar 


I 




11 


» 




= kin 10 » = 


kom 


or 


kin 




Now using 


the above mentioned explanatic 


)ns to correct the values 


on p. 485, Vol. VIII, 


we get the following survey 


of the syllables in 


the first div., 


sub 


M.- 












R.T. 1, 


1st and 16th cl. 


: ko or fko 






[see 


p. 35) 


» 2, 




» 




fko » ko 






» 


» 35) 


=> 3, 


2nd 


cl.: 




kang » king 






» 


» 33, 37) 


» 4, 


■ » 


» 




fkang » fklng 






» 


» 33, 37) 


» 5, 


3rQ 


» 




kung » king 






» 


» 33,37) 


» 6, 


» 


» 




fkung » fking 






» 


* 33, 37) 


» 7, 


4th 


» 




fkung» fl^ang 






» 


» 33,37) 


» 8 


5th 


» 




ki 






» 


» 34) 


» 9 


» 


» 




tki 






» 


» 34) 


» 10 


6th 


» 




kai 






» 


» 34) 


» 11, 


» 


» 




fkai 






» 


» 34) 


» 12 


7th 


» 




fku 






» 


» 35) 


> 13 


8th 


t> 




kan 






» 


» 33) 


» 14 


» 


» 




fkan 






» 


» 33) 


» 15 


9th 


» 




kom 






» 


» 33, 39) 


» 16 


» 


» 




kom » kan 






» 


» 33, 39) 


» 17 


10th 


» 




kom » kin 






» 


» 33, 39) 


» 18 


11th 


» 




kin 






» 


» 33) 


» 19 


» 


» 




tkin 






» 


^ 33) 


* 20 


, 12th 


» 




fkung» kung (in 


R.T. 


21) 


» 


» 33,37) 


» 21 


, 13th 


» 




kung 






» 


» 33,37) 


» 22 


, » 


» 




fkung 






» 


» 33,37) 


» 23 


, 14th 


» 




ka 






» 


» 35) 


> 24 


, 15th 


» 




kou 






» 


» 35) 



ANCIENT CHINESE PHONETICS. 41 

The common, usual pronunciation is put in the first place. 
Prom the above survey it is evident that the values are difiFerent 
in all tables. 



With this all elements of the Chinese sounds in the old R. T. 
of K'ang-hi have been restored. I hope my endeavour may be 
proof against criticism, though I dare not flatter myself to have 
found everywhere the true value in a question, where a sinologue 
as Dr. Edkins, after tens of years, "only drew an outline expressing 
the chief features". As one may observe, we have made a grateful 
use of Dr. Kühnert's attempt to discover the ancient phonetics of 
the old R. T. Mr. Volpicelli's method we do not consider of great 
value; letting alone the fact that he has not critically examined 
the R. T., in other words that he has considered many unlike 
sounds as being alike, his method would only then be of great 
value, if he had proved that the dialects used by him were 
"daughters" of the language represented in the R. T, I think, 
however, to be authorised to admit that some of these dialects 
cannot boast of a nearer relationship than that of "sister's childeru" 
to the said language. The base of the old R. T., i. e. the Kwang- 
yun (early in the XI. century) and the T'ang-yun (VIII. century), 
may perhaps be traced back to the lost dictionary Ts'ieh-yun 
(early in the VI. century) *), but the settlement of the Chinese in 
Kwang-tung dates at least from the beginning of our era *). 

The Kwang-yun dictionary had originally a system of 206 finals, 
which afterwards (XIII. century) were reduced by Lieu P'ing-shui 
to a little more than one hundred. His system, with slight variations, 
has continued in use to the present time. The finals may be still 



1) Cf. Edkins, M. 6., p. 67, 6S. In the introduction to Wells Williams' Syllabic 
Dictionary, p. XXX, it is said that the Kwang-yun dates from the Vllth century. 

2) See {. i. my "Kongsi's van Montrado", Batavia 1893, p. 11. 



42 s. H. SCHAANK. 

further diminished one half by not counting differences in tone *) 
(cf. Edkins, M. G., p. 68). If we now admit, that the simplification 
of tbe Kwang-yun-finals in the Xlllth century was something having 
nothing to do with changes in the language, then indeed the language 
of the Kwang-yuu would not be older than at utmost the beginning 
of the Vlth century. Further it has been pointed out however that 
the language of the R. T. is different from that codified in the 
Kwang-yun. The language of the Kwang-yun has f. i. only /c, p, t 
as finals of the 4th tone, while in the R. T. also the final ^ is 
possible in this tone (see above, p. 31, note 1). 

Dr. Edkins says (M. G., p. 77, On the parent stem of the 
Mandarin and other dialects); "As Latin which was once spoken 
over all western Europe became the mother of several modern 
languages, so the dialects of modern China may be supposed to 
have grown out of an older colloquial language spreading over the 
whole country. Differences of dialects were noticed indeed as early 
as the Han-dynasty (206 B.C. — A.D. 25), and a work of that time 
still extant, ^ ^ , records many examples of such variations. 
But it speaks of words only, saying nothing on sounds. There is 
no information in the common books on sounds of any local 
differences in pronunciation, till after the T'ang-dynasty. They must 
have existed to some extent, but they are probably beyond the 
reach of inquiry. In the absence of such information, there is room 
for the hypothesis that in the first centuries of the Christian era, 
a common dialect was spoken throughout China with trifling local 
differences". 

The age of the language codified in the old R. T. is as yet 
not exactly to be fixed. On page 377, Vol. VIII, I estimated it between 
A.D. 1000 and 1300, basing myself upon the following reasons: 



1) Compare above p. 30. 



ANCIENT CHINESE PIIONKTICS. 48 

Dr. Edkius (M, G. p. 76) says on various grounds: "a period 
extending from about A.D. 1000 to 1500 witnessed the formation 
of the modern mandarin pronunciation". As in the R. T. there are 
already to be found traces of the modern pronunciation, as f. i. the 
development of the final m (and p) to n (and t) and the ' as a 
final of the y\ ^ , the language of these R. T. cannot be older 
than A.D. 1000. The year 1300 was fixed as the other limit in 
this way: In the dictionary Chung-yuen-yin-yun ( PJ^ j^ "^^) 
by Cheu-teh-ts'iug (^ ^\ ]^). a writer of the Yuen, or Mon- 
golian dynasty, A.D. 1264 to 1368, the mandarin pronunciation is 
given with great accuracy. The final m of the old tables is retained, 
but there is no trace of the finals k, <, p, in the fourth tone (cf. 
Edkius, M. G. p. 37, 74). In the R. T., as we have seen, the 
finals k, t, p still occur. The lack of the fifth tone ( |^ ^ ^ ) 
in the R. T. also pleads for our opinion, as this tone dates from 
A.D. 1300 (cf. M. G. p. 89). Probably the R. T. only date from 
the last part of the mentioned period or some years afterwards as, 
according to Dr. Edkins, the change of final rti to n did not occur 
till the 14th century (M. G. p. 84) '). 



I hope that this Und part of my essay may have made the 
motto: "the earliest history of the Chinese language is perhaps 
not unattainable" a little more probable. From the above it is ap- 
parent that the older Chinese phonetic system was probably much 
simpler than that of the R. T. 



I) I had already written the above lines, when I received the "Recent Researches upon 
the Ancient Chinese Sounds by J: Edkins. D.D." (Chinese Review, vol. XXII, n°. 8). 
Here I find the confirmation of my proposition about the recttni origin of the R. T. The 
author says (p. 565): "When I was in Peking I purchased copies of Kin-dynusty dictionaries. 
From these... I found that the whole system of the K'anghi tables had been constructed 
by the Nii-Chi Government, while they ruled North China. They may be said to date 
from the 12th century. There was new work on the tables in the 14th century, but very 
little was done afterwards". 



44 s. H. SCHAANK. 

Thus may be of later origin: 

I. The closed p sounds (see Vol. VIII, p. 474). 
II. The "mouillé" sounds and the medial i (see Vol. VIII, p. 478). 

III. (As a result of II): the 3rd class of initials, i. e. ty etc. 
from older t etc. (2nd class) and 

IV. the 7th class of initials i. e. f. i. tsy from older ts (6th class). 
V. The 6th class of initials, i. e. / etc. from older p etc. (5th 

class), (see Vol. VIII, p. 468). 
VI. The tones (see Vol. VIII, p. 483, note 3). 

Moreover the 8th class has assuredly partly developed out of 
the 1st class, i. e. h, h', ^ and ~ from older k, k\ g and ng (com- 
pare Edkins, M. G., p. 84). 

Phonetically it is possible, that ts etc. (6th class) has developed 
out of t etc. (2nd class), (compare v. Meyer, o. c, p. 356). 

As to the development of sonants into aspirates and surds, see 
p. 376, later on R. T. 3 and China Review, vol. XXII, p. 595; and 
as to changes in the finals ibid. p. 568 and above p. 477 and 484 '). 



1) "The complete merging of/ in an older p, and of h in an older k, takes us back 
to an age contemporaneous with the old poetry. A great narrowing of the range of the 
hissing letters s, z, ts, sh etc., is a mark of the same period. At that time, ch was pro- 
bably lost entirely in t, and c^ in d. The researches of native scholars, and the existence 
of dialects like the Amoy and Swatow, without an f, and with a contracted ch and s, 
tend to this conclusion. 

To that earlier era in the history of the Chinese language, belongs the dropping of 
final letters from a host of words spelled in the Kwang-Yun with vowels only. The rhymes 
of the old poetry require that many words now spoken in the ■^- ^^ and other tones, 
should be read in the yV Pm , which implies that such words once ended in a consonant" 
(Wells Williams, Syll. Diet. Introd., p. XXX seq.). 



ANCIRNT CHINESE PHONETiCâ. 45 

III. 

Oar work would not be complete if we did not give a 8ar?ey 
of the difiFerent R. T., especially because ia the Und part of our 
essay all the explauations of the tables have not yet been exhausted. 

For the sake of brevity we only give the value of the syllables 
of the first initials of every class '), while further on these classes of 
initials have only been indicated by their successive numbers. 

Moreover only the usual value of the syllables has been given; 
the other values are indicated above each table, while as to the 
value of the tones is referred to Vol. VIII, p. 482. 

The spaces left open in the R. T., we leave open also, while 
the spaces, in which are circlets ( O )» but no characters, have been 
marked "«o characters". This distinction means in my opinion: the 
values corresponding to the open spaces are contradictory to the 
phonetics, while the spaces marked with "«o characters*^ mean that 
for one or more syllables, with the corresponding values, there were 
no characters *). 

In the Rhyme-column and to the left of it, the figures refer to 
the finals of the Kwang-yun (see p. 30); those in parenthesis refer- 
ring only to the 4th tone-rhymes. 



1) Of the 8th, i. e. A-class, we take the 32Dd initial ^. 

2) The existence of only one syllable already causes a space to be filled ap with circlets 
(see above p. 39). 



u 



s. H. SCllAAiïK. 



Rhyme-Table 1. 
ClassiBer 1: :^ = nihil, pq 4. Classifier 16: jg = nihil. ft[ 
Open or Closed P sounds (see p. 35 seq.). Vowel = O. 



ö 

M« 
< 




1 

5 


9 


8 


6 

7 


4 


2 
3 


1 


I 




35 
(39) 


lo 


ho 


tso 


po 


to 


ko 


II 




37 

(28) 


lyo 


hyo 


tsyo 


pyo 


tyo 


kyo 


III 


(22, 
23) 


(30) 


lyio 


hyio 


tsyio 


pyio 


tyio 


kyio 


IV 








hio 


tsio 


pio 


tio 


kio 



Rhyme-Table 2. 
Classifier 1: |^ = nihil. ^ 4. Classifier 16: jg = nihil. il[ 6. 
Closed or Open P sounds (see p. 35 seq.). Vowel :^ O. 







B 

a 


9 


8 


6 

7 


4 
5 


2 
3 


1 


I 




36 
(39) 


flo 


fho 


ftso 


tpo 


' fto 


fko 


II 




37 

(28) 


flyo 


fhyo 


ftsyo 




ftyo 


fkyo 


III 


(22, 
23) 


(30) 


flyio 


fhyio 


ftsyio 


tpyio 

ffyio 


ttyio 


fkyio 


IV 








thio 


ftsio 






tkio 



ANCIBIÏT CHINESE PilONETlCS. 

Rhyme-Table 3. 

Classifier 2: ^fjlj = ng. fl[ 7. Open P sounds. 
Vowel: A or I, see p. 37. Ang or Ing, 



41 



Ö 




* 


9 


8 


6 
7 


4') 


2«) 
3>) 


1—1 


I 


















11 




40 


lyang 


hyang 


tsyang 


pyang 


tyang 


kyang 


III 


43 


42 


lyiang 


hyiang 


tsyiaug 


pyiang 


tyiang 


kyiang 


IV 






Hang 


hiang 


tsiang 


piang 


tiang 


kiang 



Rhyme-Table 4. 

Classifier 2: ^ = ng. ;^[» 7. Closed P sounds. 
Vowel: A or I, see p. 87. Ang or Ing. 



< 




1 

B 


9 


8 


6 

7 


4 


2 
3 


1 


I 


















II 




40 


No char- 
acters 


fhyang 


ftsyang 




• 


fkyang 


III 


43 


42 


No char- 


fhyiang 


ftsyiang 






fkyiang 


IV 






acters 


fhiang 


ftsiang 






fkiang 



1) Above the column of the aspirated initials k', t', ty' and p* is put the indicator 
of surds (compare p. 460). This means in my opinion that the characters of these initials 
may be pronounced with these aspirates (to which the column refers) as well as with the 
surds respectively related to these aspirates, viz. k, t, ty and p. 

In the edition of the 20th year of -M^ J^? these deviations are not fonnd. 



48 



s. H. SCHAANK. 



Rhyme-Table 5. 

Classifier 3 : '^ = ng. pj 6. Open P sounds. 
Vowel: U or I, see p. 37. Ung or Ing. 



Ö 

< 




&0 
cr 

B 

CD 


9 


8 


6') 
7^) 


4 


2 
3 


1 


I 




45 


lung 


hung 


tsung 


pung 


tung 


kung 


II 










tsyung 








III 




44 


lyiung 


hyiung 


tsyiung 


pyiung 


tyiung 


kyiung 


IV 








hiung 


tsiung 









Rhyme-Table 6. 

Classifier S: ^ = Hg. pg 6. Closed P sounds. 
Vowel: U or I, see p. 37. Ung or Ing. 







so 

1 


9 


8 


6 


4 


2 


1 


I 




45 


No char- 


fhung 








fkung 


II 






acters 












III 




44 


No char- 


fhyiung 










fkyiung 


IV 






acters 















1) Ts' or Ts, Ts'y or Tsy, see R. T. 3. 

2) Of the 3rd class of initials only the 9th initial ( ^ ) is placed in this R. T. 
Although there are no characters with this initial, the indication was necessary in order 
to point out, that the III. division has the value ky etc. 



ANCIKNT CHINKSE PHONETICS. 

Rhyme-Table 7. 

Classifier 4: jj = ng. pg 1. Closed P sounds. 
Vowel: Ü or A, see p. 37. Ung or Ang. 



49 







CD 


9 


8 


6«) 
7 


4 
5 


2 
3 


1 


I 


2 


1 


flung 


fhung 


ftsung 


tpung 


ftung 


fknng 


II 


















III 




3 


flyiung 


fhyiung 


ftsyiung 


tpyiung 
tfyiung 


ftyiung 


fkyiung 


IV 








fhiung 


ftsiung 









Rhyme-Table 8. 

Classifier 5: jj^ = nihil. ^ 2. 
Open P sounds. Vowel : I. 



o 

I-". 

«1 




?3 

B 

a 


9 


8 


6 

7 


4*) 


2 
8 


1 


I 




(45) 


li 


H 


ts'i 


pi - 


ii 


ki 


II 










tsyi 








III 


8 
(18) 


16 
(17) 


lyii 


hyii 


tsyii 


pyu 


tyii 


kyii 


IV 








hii 


tsii 


pii 


tii 


kii 



1) Ts' or Ts, Ts'y or Tsy, see R. T. 3. 

2) P' or p, see R. T. 3. 

3) See p. 369. 



50 



s. H. SCHAANK. 



Rhyme-Table 9. 
Classifier 5: J^ = nihil, pj 2. 
Closed jlj sounds. Vowel ; I. 



< 




50 
cr- 

5 


9 


8 


6 

7 


5 


2 
3 


1 


I 



















II 










ftsyi 






') 


III 


6 
(21) 


8 
(20) 


flyii 


fhyii 


ftsyi i 


ffyii 


ttyii 


tkyii 


IV 








fhii 


ftsi i 






fkii 



Rhyme-Table 10. 
Classifier 6: -^ = I. {([ 2. 
Open P sounds. Vowel A. 



< 




B 

CO 


9 


8 


6 

7 


4 


2 
3 


1 


I 


16 


16 
(25) 


lai 


hai 


tsai 


pal 


tai 


kai 


II 




14 

(28) 


lyai 


hyai 


tsyai 


pyai 


tyai 


kyai ') 


III 


12 


12 

(17) 


lyiai 


hyiai 


tsyiai 




tyiai 


kyiai 


IV 






liai 


hiai 


tsiai 


piai 


tiai 


kiai 



1) The character -^ enclosed by a circle in the I. div., I think to denote that the 
characters of the TL div. of the 10th K. 11., of which -^ is the first character, may 
also have the value of the I. div. of R. T. 9 viz.: 

tli, fhi, ftsi, tpi, ttJ, tki. 

2) The character |^ marked in the same way would then denote that the I div.- 
characters of R. T. 11 may also have the values of the II. div. of R. T. 9, i. e. 

flyi, fhyi, ftsyi, fpyi, ftyi, t^^yi. 

3) The II. division can also have the values: 

tli, thi, ftsi, tpi, fti, fki, 
(see note 1, R. T. 9). 



ANCIENT CHINESE PHONKIICS. 



51 



Rhyme-Table 11. 

Classifier 6: >^ = I. ^\^ 2. 
Closed P sounds. Vowel: A. 



Ö 

<* 


so 

B 
• 


9 


8 


6 
7 


4 
5 


2 
3 


1') 


I 




15 

(26) 


fiai 


thai 


ftsai 


tpai 


ftai 


tkai«) 


II 




14 
(28) 


flyai 


fhyai 


ftsyai 


tpyai 


ftyai 


fkyai 


III 


12 


12 

(18) 


flyiai 


fhyiai 


ftsyiai 


fpyiai 
ffyiai 


ftyiai 


fkyiai 


IV 








fhiai 


ftsiai 


tpiai 




fkiai 



Rhyme-Table 12. 

Classifier 7: )g = nihil. ^ 3. 
Closed P sounds. Vowel U. 







B 

CD 


9 


8 


6 
7 


4 
5 


2 
8 


1 


I 


(2) 


11 
(1) 


flu 


fhu 


ftsu 


tpu 


ftu 


fku 


II 










ftsyu 




ttyu 




III 


10 


9 
(3) 


flyiu 


fhyiu 


ftsyiu 


tpyiu 
ffyiu 


ftyiu 


fkyiu 


IV 








thiu 


ftsia 









1) K' or k, see R. T. 3. 

2) The I. division can also have the values: 

fiyi. thyi, tt*y'. tpy'. ttyi, fky', 

(see note 2, R. T. 9). 



52 



s. H. SCHAANK. 



Rhyme-Table 13. 

Classifier 8: ^ = n. ^[ 4. 
Open P sounds. Vowel: A. 







Vi 

B 

CO 


9 


8 


6 

7 


4^) 


2 
3 


1 


I 




25 


lau 


han 


tsan 


pan 


tan 


kan 


II 




28 


lyan 


hyan 


tsyan 


pyan 


tyan 


kyan 


III 


22 


30 


lyiau 


hyian 


tsyian 


pyian 


tyian 


kyian 


IV 






lian 


hian 


tsian 


pian 


tian 


kian 



Rhyme-Table 14. 

Classifier 8: ^ = n. it[ 4. 
Closed P sounds. Vowel: A. 







CO 

B 
a 


9 


8 


6 

7 


4 
5 


2 
3 


1 


I 




26 


flan 


fhan 


ftsan 


tpan 


ftan 


fkan 


II 




28 


flyan 


fhyan 


ftsyan 




ftyan 


fkyau 


III 


30 


22 


flyian 


fhyian 


ftsyian 


fpyian 
ffyian 


ftyian 


fkyian 


IV 








fhian 


ftsian 






fkian 



1) P' or p, see R. T. 3. 



ANCIBNT CHINKSE PHONETICS. 



58 



Rhyme-Table 15. 
Classifier 9: )^ = m. ^^ S. 
Open P sounds. Vowel: O. 



< 




pi 

cr 
5 


9 


8 


6 
7') 


4«) 


2 
8 


1 


I 




50 


lorn 


horn 


tsom 


pom 


torn 


kom 


II 




54 


lyom 


hyom 


tsyom 


pyom 


tyom 


kyom 


III 




52 


lyiom 


hyiom 


tsyiora 


pyiom 


tyiom 


kyiom 


IV 






liom 


hiom 


tsiom 




tiom 


kiom 



Rhyme-Table 16. 
Classifier 9: j^ = m or n. :^|» 8. Open P sounds. 
Vowel: O or A. Om or An (see p. 39). 



o 




"so 

CS- 
i 


9 


8 


6») 

, 7 


5') 


3 


1 


I 

II 

III 

IV 




57 


lyiom 


hyiom 


tsyiom 


fyiom 


tyiom 


kyiom 



1) P' or p, ts' or ts, ts'y or tsy, see R. T. 3. 

2) see p. 39. 

3) see p. 39. The soands lyiom, htjiom, tsyiom, can also have the vaines Horn, hiom, 
tsiom (i. e. the values of the R. T. 15, IV. div.). It is therefore indifferent whether we 
read tsyiom or tsiom i. e. tsy or ts. Hence the unnecessary collocating of the 6th class 
initials in this table is explained, while at the same time my opinion about the meaning of 
the characters ^\\ and — p (see p. 39) becomes more probable. 

4) We find here /-class characters in open P sounds. The final sound yiom seems 
here (not in R. T. 15 and 17) to cause that the /»-class is displaced by the /-class (see 
Vol. VIII, p. 468). In R. T. 15 and 16 yiom has no correlate yian. 

Dr. Edkins says (Mand Gram. p. 77): "Among the words with m final by Cheu-teh- 
ts'ing "), several are omitted having the initials p, p', f. For example ^^ , -p^ , f^ , 
^^ ^P VP r^ "'' ^P^'^ ^y *'''* author with n, are in the older dictionaries 



54 



s. H. SCHAANK. 



Rhyme-Table 17. 

Classifier 10: '^ = m or n. ^ 8. Open P sounds. 
Vowel: O or I. Om or In (see p. 40). 







1 

CD 


9 


8 


6 

7 


4 


2 
3 


1 


I 








hom 


tsom 






W) 


II 










tsyom 








III 




49 


lyiom 


hyiom 


tsyiom 


pyiom 


tyiom 


kyiom 


IV 








hiom 


tsiom 




tiom 





Rhyme-Table 18. 

Classifier 11: ^ = n. ^[»3. 
Open |U sounds. Vowel: I. 



l-l. 

< 




B 

05 


9 


8 


6 

7 


4 


2^) 
3 


1 


I 




24 


No char- 


hin 


tsin 




tin 


kin 


II 






acters 




tsyin 








m 


21 


17 


lyiin 


hyiin 


tsyiin 


pyiin 


tyiin 


kyiin 


IV 








hiin 


tsiin 


piin 


tiin 


kiin 



pronounced with m. This shews that words in / and p were the first to throw off the 
final m, as they have also done in the southern Fuh-kien and Canton dialects. A reference 
to Goddard's Tie-chin Vocahulary will shew that the Tie-chiu dialect is in this one respect 
older than either *), for it retains m after f, as in ;^jï fan spelt hwam, though not after 
p', |BL e.g. being written p'in. 

") see above p. 43. 

*) In Hakka jil ^jfi* /^ etc. are also spelt fan, and ^fc is spelt fap. 

1) See p. 39. 

2) T' or t, t'y or ty, see R. T. 3. 



ANCIENT CHINESE PHONLTICS. 



55 



Rhyme-Table 19. 

Classifier 11: ^ = n. ^\^ d. 
Closed P sounds. Vowel: I. 



*5' 




B 

CD 


9 


8 


) 6 

7 


4«) 
5 


2 
3 


1 


I 




23 


flin 


fhin 


ftsin 


tpin 


ftin 


tkin 


II 










+tsyin 








III 


20 


18 


flyiin 


fhyii 


u ftsyiin 


tpyiin 
ffyiin 


ftyiin 


fkyiiu 


IV 








•j-hÜD 


ftsiin 






fkiin 



Rhyme-Table 20. 

Classifier 12: JZ = ng. ^[» 1. 

Closed and Open sounds (see p. 37). Vowel: U. 







pi 

or 

B 


9 


8 


7 


4 


8 


1 


I 
















') 


II 




4 


lyung 


thyung 


tsyung 


fpyung 


tyung 


fkyung 


III 


















IV 
















') 



1) P' or p, r or f, h* or h, see R. T. 3, 

2) The encircled character tt* (i. e. the Ist character of the I. div. of the 22nd 
R. T. shows that the characters of that div. may also have the value of the I. div. ofR. T. 

21 (see notes R. T. 9) i. e.: 

lung, fhung, tsung, fpung, tang, fkang. 

3) The similarly marked character T£ denotes that the III. div.-characters of R. T. 

22 may also have the value of the IV. div. of U. T. 21 i. e.: 

liung, fhiung, tsiung, fpiung, tiung, fkiung. 



56 



s. H. SCHAANK. 



Rhyme-Table 21. 
Classifier 13: Ç = ng. p^ 5. 
Open P sounds. Vowel: ü. 







B 

CD 


9 


8') 


6 

7 


4 

5^) 


2 
3 


1 


I 

II 
III 

IV 




39 

4 
38 


lung 
lyiung 


hung 

hyung 

hyiuDg 


tsung 

tsyiung 
tsiung 


pung 
fung 
pyung 
fyung 

piung 
fiung 


tung 

tyiuug 
tiuug 


kung 

kyung 

kyiuug 



Rhyme-Table 22. 
Classifier 13: Ç = ng. pg 5. 
Closed P sounds. Vowel: U. 



P. 




CD 


9 


8^) 


6») 
7 


4^) 
5T) 


2 
3 


V) 


I 




39 


flung 


fhung 


ftsung 




No char. 


fkung*) 


II 




4 


flyung 




ftsyung 




ftyung 




III 




38 


No char. 


Ihyiung 


ftsyiung 


fpyiung 
ffyiuug 




fkyiung^) 


IV 










No char. 









1) H' or h, see R. T. 3. 

2) The mentioning of the 5th class-initials, while in the III. div. (the place for the 
5th class, see p. 366) there are no characters, denotes that also here in the I. II. and 
IV. divisions the /-class exists; this /-class is caused by the final sounds: ung, yung and 
iung (compare above Vol. VIII, p. 474, sub 1). 

3) K' or k, p' or p, f or f, ts' or ts, ts'y or tsy, h' or h, see R. T. 3. 

4) see note 2, R. T. 20. The I. division of this 22nd R. T. has also the values: 

lung, fhung, tsung tl^"ing, 

i. e. the values of the I. division of the 2 ist R. T. 

5) The III. division of this table has also the values of the IV. div. of R. T. 21: 

fhyiung, tsiung, fpiung fl^iung, 

(see note 3, R. T. 20). 

6) From this table it is clearly apparent that in the III. div. the ^-class exists aMig 
with the /-class. 



ANCIENT CHINESB PHONETICS. 



57 



Rhyme-Table 23. 
Classifier 14: ^ = nihil. it[ 5. 
Open P sounds. Vowel: A. 



P. 




S3 

1 


9 


8 


6 
7 


4 


2 
3 


I 


I 




34 
(39) 


la 


ha 


tsa 


pa 


ta 


ka 


II 




33 
(4) 


lya 


hya 


tsya 


pya 


tya 


kya 


III 




32 

(38) 


lyia 


hyia 


tsyia 


pyia 


tyia 


kyia 


IV 






lia 


hia 


tsia 


pia 


tia 


kia 



Rhyme-Table 24. 
Classifier 15: ^ = U. pj 7. 
Open P sounds. Vowel: O. 







CD 


9 


8 


6 

7 


4 
5») 


2 
3 


1 


I 




47 
(39) 


lou 


hou 


tsou 


pou 


tou 


kou 


II 










tsyou 


pyou 






III 




46 
(38) 


lyiou 


hyiou 


tsyiou 


pyiou 
fyiou 


tyiou 


kyiou 


IV 






liou 


hiou 


tsiou 


piou 


tiou 


kiou 



1) T' or t, t'y or ty, see R. T. 3. 

2) We find here /'-class initials in oj)en ÇJ sounds. The final-sonnd ytOM seems to caase, 
that the p-class is displaced by the /"-class. 



VARIÉTÉS. 



FORMOSAN PROPER NAMES. 



In the April-number of the Journal 
of the Anthropological Society of Tokyo 
(Vol. XI, No. 121) we find in an article 
"Correspondance from Formosa" by Y. 
Ino, on page 273, a short list of eight 
clan-names (^ g-^ /\ jjtt ig): 
Pori, Ra^ga, Toung, Shird^gan, Poag- 
soan, Riman^gan,Terananand Takayu. 
And a list of 19 names of males and of 
10 names of females ( ^j^ 1^ ^^ A 
^^ ). As we possess only a few scanty 
lists of such names in the old dutch 
records, we copy them out here. 

Names of Males. 

Shiron, Watanewrak, Yumenkima, 
Marayakao, Watantooro, Gwades, Mau- 
kie, Watan, Rriki, Yukamen, Rakâirë, 



Toaroya, Watantaoyu, Toshuheta^Shiro, 
Takun,Mato, Vuato and iVyaman(aboy). 

Names of Females. 

Chuwas, Shiron, Yiwan, Yu'^gai, 
Vurya, Koyo, Vesoi, Rakke, Paye and 
Sun gairriki. 

Among the different villages or clans 
are mentioned the Tangau ( "^ ^fe ), 

Malay ( j^ ^ ), Toa-ko-ham (-^ 
f^^\ Sä-kä-yun (H :g H) 
and Kameran ( *éf ^| ). 

Four of these are Chinese names: 
Ma-lai, Toa-ko ham and Sa^-kak iong, 
according to the pronunciation of these 
characters in the Amoy-dialect. 
G. S. 



NÉCROLOGIE. 



JAMES LEGGE, 
M. A. Oxford, LL. D. Aberdeen. 

Foreign Member of the Royal Academy of Scienoei in Amilerdam. 

In the last number of the T'oung-pao I have already given a short notice 
to our readers of the sudden death of the Nestor of Sinologues, which, after 
a short illness, took place on Monday, November 29, of last year at his 
residence at Keble-Terrace, Oxford, where he occupied the chair of Chinese 
at the univei'sity, in his 83d year. 

' Dr. Legge was born on the 20th of December 1815 at Huntley, in Aber- 
deenshire. He was educated at Huntley and at Aberdeen, and graduated at 
the Aberdeen University in 4835. 

He further studied theology at the Highbury Theological College, and, as 
he once wrote to me, commenced studying Chinese in 1837 — 1838 in the 
Reading Room of the British Museum. 

In 1839 he went to Malacca, where he took charge of the Anglo-Chinese 
College which had been established for the training of both Chinese and 
English youths for missionary work. 

He continued there his Chinese studies and translated several Christian 
dissertations and tracts into Chinese. 

Immediately after the conclusion of the treaty on August 29, 1842, Dr. 
Legge, went to Hongkong, where he resided for thirty years, and it was 
thei'e that he set himself to the task of translating the Chinese Classics '), 
which will for ever remain a stupendous monument of his indefatigable in- 
dustry and thorough knowledge of the Chinese language. 

When I came to Hongkong in 1858, he was already renowned as a first- 
rate Sinologue and I failed not to call upon him in order to make the per- 
sonal acquaintance of such an exceptional man. He was kind enough to have 
remembered my call, and when I sent him my portrait in November 1893, 



1) See his Inaugural lecture, p. 26. 



60 NÉCROLOGIE. 

he wrote to me: "The portrait is very precious to me. I have looked long at 
it, and tried to recall the features of the gentleman who called on me in ray 
house at Hongkong, — more than thirty or thirty five years ago. I am glad 
to have you by me as I would see you if I were fortunately able to call on 
you in Leyden". 

This call, short as it was, left an indelible impression upon my youthful ') 
mind, and convinced me that the only way to learn Chinese was to do as he 
had done it — not by the aid of the pontes asinorum called grammars, but 
by the somewhat more arduous but more profitable way of much reading and 
studying native authors. 

I have formerly 2) already quoted a passage from a letter of professor Legge 
to me from Dec. 12, 1892, wherein he wrote: 

"I am much interested by what you say of your having learned Chinese yourself in the 
first place, and then taught it successfully for many years without using a grammar. So 
it was with myself from the time that I began to learn Chinese in 1837 or 1838, and 
when I came to the Chinese chair here in Oxford, 1 thought it better to carry on the 
instruction of my students without using any grammar". 

It is well nigh impossible to obtain a thorough knowledge of Chinese, 
without having spent several years among the people. He who, without ever 
having been in China, has known Chinese best of all European scholars, vyas 
certainly professor Stanislas Julien ; but still there was wanting something in 
his understanding of the language because he could not feel and think as a 
Chinaman does. A mild hint at this deficiency in Julien Legge gave in his 
Advertisement to the second Volume of his Chinese Classics, where he said; 

"In issuing the Works of Mencius, the author is glad to refer to the translation of 
them, published by Stanislaus Julien, in Paris, 1824 — 1829. He is not conscious of much 
obligation to it, because his own version was made in the first place without having seen 
it, and the plan of his notes differs materially from that of Julien's commentary. He has 
hardly ever consulted it, however, without finding reason to admire the nice discrimination 
and accurate scholarsship of the translator. The wish has often arisen that Monsieur Julien 
had spent his life in China, and devoted himself exclusively to Chinese studies; — in 
which case the author would probably not have had occasion for his present toil". 

Dr. Legge was too kindhearted to reply to the assaults sometimes made 
upon his work by incompetent critics. He left his defence to his works them- 
selves. When I wrote to him that I was going to take up the defence of his 
translation of the "Tribute of Yü" against the attacks and mistranslations of 
Freiherr von Richthofen, which I incidently published later on in the T'oung-pao, 
Vol. VII, p. 176 seg, he answered me in date of April 17, 1896: 



1) I was at the time only 18 years old. 

2) Toung-pao, Vol. V, p. 165. 



NECROLOQIK M. 

*I shall be glad to see your onslaught on the Chinese scholanhip of the Baran Richt- 
hofen, having been surprised all nlong at the reputation which his i:ook hu obtained fur 
him. He may be great in Geology and other scientific department!, but I eould mot tw- 
derstand how Ais knowledge of Chinese could be but of the smallest '), I am sorry that 
my old pupil Hosthorn should commit himself about the "monumental character" of hit 
work" »). 

At the time I wrote my review of Mr. Rosthorn's dissertation, I have not 
made use of the above letter of Dr. Legge concerning Mr. von Richthofen'« 
knowledge of Chinese, as I knew it would be against the meek christian spirit 
of the writer; but since Mr, von Richthofen continues to enjoy in Germany a 
usurped reputation as a Sinologue, I think it neces.sary to adduce Dr. Legge's 
weighty opinion in order to enlighten the sinologues as well as the public in 
general. 

Dr. Legge was not stubborn, and I have repeatedly submitted to him my 
doubts about the correctness of his rendering Chinese terms of minor import- 
ance, when he willingly submitted and acknowledged his errors 3). But I con- 
sulted him beforehand as it behooves every sinologue, may he be as versed as 
po.ssible in Chinese, to consult a man who has ardently studied the language 
for more than fifty years. The more this duty is incumbent upon upstarts in 
Sinology, but who think in their vaingloriousness that "leurs coups d'essai ont 
été des coups de maître". 

Legge's uncontested great merits were at last acknowledged by his country 
and in 1875, soon after his return from China, a fund was raised to establish 
for him a chair of Chinese at Oxford. By the generous aid of the University 
a sufficient income was raised, enabling him to live, if not luxuriously, at least 
without cares for his daily bread ♦). 



1) The italics are mine. 

2) Mr. Rosthorn bad spoken in his dissertation with the greatest praise of the "monu- 
mentale werk" of Freiherr von Richthofen. 

3) As f. i. in the Desert-Horses and the White Colt question {Touttg-pao, VII, p. 47); 
the Tersa question (Vol. VI, p. 533); the 7)^ ^R^ question in the Nestorian Monument 
at Si-ngan fa (Die chinesische Inschrift von Kara Balgassuu, p. 102 — 103) etc. 

4) He enjoyed the interest of the fund of £ 3000 and £ 100 yearly from the Univer- 
sity, say £ 220 yearly. Compared with the income the late Stanislas Julien enjoyed 
(15000 francsy or £ 600), Legge's salary was a mere pittance. The British government 
never gave him a farthing. The professors at the Dutch universities have an income of 
6000 guilders (£ 5G0), and living in Holland is cheaper than in England. 

In January 24, 1894, professor Legge wrote to me : 

"After having been twice married, 1 have been a widower now for nearly 13 years. I 
have six children alive and fifteen grandchildren. If one's income enlarged itself with 
every addition of child and grandchild, it would be well. If you have no additional means, 
but what come from the labour of your brain, and have many more or less dependent on 

6 



62 NKCßOLOGIK. 

In October 27, 1876 he delivered his Inaugural Lecture on the Constituting 
of a Chinese chair in the University of Oxford, in the Sheldonian Theatre •), 
and has since trained sevei'al young men for the Chinese studies so dear 
to him. 

I would have wished to communicate more details of his well-spent life than 
I could glean from his con-espondence with me. I once asked him for more 
particulars and he wrote me in answer (under date of April 1, 1896): 

"I am giving this month — our Easter holidays, to writing notes on my life, for my 
two sons and their sisters. They have often set upon me to do so and I was thoughtless 
enough to promise that I would do so some time, and I thought I had better make a 
beginning at least of such notes this month. They grow under my hand however, and it 
will take more than another month to finish them". 

I have till now not heard if these Notes were ever finished; but if they are, 
I hope that his sons will publish them. Covering -such a large span of time, 
so well spent in studies by its author, they would be a boon and encourage- 
ment to all those who love study and strive to enlarge science. 

Legge's health had always been a good one, and it was only in the last 
years of his life that he began to feel bodily ailments. On the first of April 1896 
he wrote to me, as I had expressed some regret that he had not given notes 
to his translation of the Lî-sâo Poem : 

"I am not surprised that you should express your regret that I gave no notes to my 
translation. It was not for want of such notes, or any feeling that they were not necessary 
to complete both the second paper and the third, that I did not add them. But I reserved 
them for an edition of all the ^h^ ^ffi with a translation and notes, which is proceeding 
"by small degrees and slow". It is very doubtful if I shall be able to finish it, and get 
it ready for the press; but I will keep on working at it as long as I have strength and 
time. I cannot but feel that non sum qualis eratn; but though I am in my 81st year 
"my eye is not dim, nor is my natural force much abated". Yet sometimes there occur 
to me the lines of the Shih yj^ ^ ^ '^ ^ÉpJ .^ 3^ ^ ^ ^ , which I have 
translated "A colt the old horse deems himself. And vainly hastens to the race"j 

and on March 23, 1897 he wrote to me: 

"I was obliged to put myself again in the hands of my son-in-law, my medical adviser 
in Oxford. If you came into my study now, yoa would find me laid on two chairs along 
side my desk and supporting myself with my left hand, while I endeavour to write this 
letter. If I have seemed to neglect your letter, it has been of constraint, and not willingly. 
There is no man in Europe, whose opinion I value so highly on the interpretation of a 
Chinese passage or on a point of Chinese criticism". 



you, you will have enough to make ends meet to the end. That I have always been able 
to do". 

1) Oxford and London : James Parker and Co. London : Trübner and Co. 1876. 



VÊCKOLOQIK. 63 

It was the last letter I received from him. Probably his health began to 
fail, and the once so strong and hale a man had at last to submit to the in- 
exorable fate which nobody can avoid. Legge's death leaves an immense gap 
among the ranks of Sinologues. 

I had occasion to study his translations again and again and always felt forced 
to appreciate his thorough intelligence of Chinese texts and difficult passages in 
them. He never skipped superficially such difficulties, as so many sinologues do, 
finding it easier to give what they call "a free i-endering", because they are 
incapable of translating their texts literally. 

Legge's translations of Chinese will remain for ever a muster for all sinolo- 
gues to come. 

His death is irreparable; but we may say of him: "Ble.ssed are the dead, 
for they rest from their labours, and their works will follow them". 

G. Schlegel. 



BULLETIN CRITIQUE. 



Niliongi, oder Japanische An- 
nalen, übersetzt und erklärt von Dr. 
Karl Florenz. Dritter Theil, Buch 
29 und 30, mit General-Index zu 
Theillll. Tokyo 1896-1897. (Cf. 
T'oM7i^-7)aoIV,101;V,414;VI,515). 

Diese zwei Hefte bringen uns 
den Scliluss des dritten Tlieiles 
dieser Aunalen und enthalten die 
Kronik des Kaisers Temmu bis zum 
Rücktritt der Kaiserin Ji-tö am 23. 
August 697. Temmu Tenno ( ^ 

^ ^ ^)' jüngerer Bruder des 
Kaisers Tentsi Tenno ( ^ ^ ^ 

^ ), bestieg den Thron im Jahre 
672 und starb im Jahre 686. 
Unter seiner 14jährigen Regierung 
fanden zu wiederholten Malen 
Überschwemmungen, Erdbeben 
(zumal das von 26 November 684, 
3. S. 61), Hungeranoth und heftige 



Orkane statt, während in den Jah- 
ren 680 und 685 starke Aschen- 
regen fielen. 

Das wichtigste Ereigniss sei- 
ner Regierung war die erste Ent- 
deckung von Silber auf der Insel 
Tsushima am 17. April 674 (S. 7). 
Zum Dank wurde den Göttern etwas 
Silber geopfert, ganz wie später in 
748, als das erste Gold in Mutsu 
gefunden ward, in allen Tempeln 
des Landes Gold geopfert wurde 
(S. 8, Note 4). 

Er errichtete am 5. Februar 675 
einen Thurm zur Beobachtung der 
Sterne, wohl hauptsächlich wegen 
des Kalenders und astrologischer 
Vorbedeutungen (S. 9, Note 10), 
machte neue Bestimmungen über 
die Bezeichnungen der Mützen- 
ränge (S. 63 ff.), gab Vorschriften 
für die Kleidung der Männer und 



BULLETIN CKITIQUK,. 



65 



Frauen (S. 77), erliess zuweilen 
die Steuern bei Landesplageu oder 
festlichen Gelegenheiten, bis er 
sein thatenreiches (?) Leben am 1. 
October 686 beschloss. 

Seine Wittwe folgte ihm auf 
den Thron als fünfte Kaiserin. Sie 
war still, in sich gekehrt und gross- 
müthig, bescheiden und tugendhaft. 
Diese Karakterzüge offenbarten 
sich indem sie die Strafgesetze 
milderte (S. 16), zu wiederholten 
Malen Verbrechern Amnestie ver- 
lieh (S. 33, 51, 54), und die Ab- 
gaben, zumal die des Landbaues, 
verminderte; ferner gab sie viele 
Almosen (S, 34), uud trat endlich 
am 23. August 697 zu Gunsten 
des Prinzen Karu ab, der ein Sohn 
des verstorbenen ersten Kron- 
prinzen Kusakahe war, welcher 
unter dem kanonischen Namen 
Mommu Tenno ( ^ |iç ^ ^ ) 
von 697 — 707 regierte. 

Im übrigen sind die Aunaleu 
gefüllt mit unbedeutenden Ereig- 
nissen und Vorfällen, die weder für 
die Weltgeschichte, noch für die 
japanische Völkerkunde den ge- 
ringsten Werth haben. Wir müs- 
sen wirklich die Geduld bewun- 



dern, mit der Dr. Florenz diesen 
sogenannten historischen Wust 
durchgearbeitet hat, und ihn we- 
nigstens durch seine interessanten 
Fussnotcn einigermassen geuiess- 
bar gemacht hat. 

Zu der Fussnote 4 S. 54 will 
ich nur bemerken dass das Zeichen 
^^ einfach ein Schreibfehler für 
^ »eine Kette" ist; denn ein 
Zeichen ^0 besteht nicht. ^ ^ 
^ Ült^ bedeutet zweifellos »stets 
gefesselte Diebe". In Niederl.- 
Indiëu werden dergleichen Misse- 
thäter Kettin ggangers (Kettengän- 
ger) genannt. Chinesisch ^ ^ 

41 oA.v m m .-^ ^ Û -^ 

^^ ist in chinesischer Phraseologie 
undenkbar und würde bedeuten 
»Stets— Kincler— Metall, Diebe- 
Räuber" — reiner Unsinn. 
G. Schlegel. 

The religious system of China, 
by J. J. M. De Groot, Book 7, 
part III, The Grave (second half). 
Leiden, formerly E. J. Brill, 1897 
(comp. T'oung-pao, Vol. Ill, p. 
201-207; Vol. V, p. 355). 

With the present bulky volume 



which contains not less than 637 
pages 4°, the first Book of professor 
De Groot's interestiug work on the 
religious system of China is brought 
to a conclusion. 

It consists of: Chap. X, On the 
Custom of burying the dead; on 
Family graves; on burying the 
souls of the dead with tlieir bodies. 
Chap. XI: on the care bestowed 
by the people and the authorities 
upon the Dead of others; public 
charity towards the dead; the 
proper interment of the dead is 
business of the Government. 
Chap. XII: On Fung-slmi. Chap. 
XIII: Reburying and Urn-burials. 
Chap. XIV: Description of Tombs 
and Mausolea. Chap. XV; On 
graveyards and free Burial grounds ; 
an additional chapter on some 
exceptional ways of disposing of 
the Dead (throwing away the dead, 
Water burial and Cremation), 
whilst the Volume is concluded by 
a list of Corrections and Additions 
and Indexes of Chinese books 
consulted, of Authors and principal 
persons mentioned in the work, an 
alphabetical Index of Subjects, 
Divinities and Places and a List 



BULLETIN CRITiqüB. 

of the Plates with which this work 



is profusely illustrated: this last 
volume alone containing 32 beauti- 
fully executed photogravures of 
Chinese Mausolea, Tombs and 
Cemeteries. 

On page 868—914 the author 
has given in extenso (text and 
translation) the laws enacted in 
the Penal Code of the present 
dynasty against the violation of 
graves, which show in how great 
awe and deference these graves are 
held by the Chinese Government. 
It proves at the same time that 
there are iu China, as elsewhere, 
scoundrels who do not shrink from 
violating these consecrated places. 

By far the most interesting 
chapter is the Xllth treating of the 
famous Fung-shui ( J|^ ^ ) upon 
which Dr. Eitel published in 1873 
a monography differing in no es- 
sential points from the description 
given by Professor De Groot. 

Opposite to page 959 a fine 
reproduction iu colours is given of 
the Geomancers Compass which is 
extensively explained by the author. 
He seems however to have been 
unacquainted with Klaproth's 



BULLETIN CR IT! QU K. 



67 



»Lettre à M. le Baron A. De Hnm- 

boldt, sur l'inventiou de la Boussole" 
(Paris, 1834) wherein a detailed 
description is given of this same 
compass which Klaproth calls 
La boussole astrologique des Chinois 
(pp. 109 — 116), whilst a fine en- 
graving is given of it on Plate III 
which, though in black, gives the 



red characters in De Groot's en- 
graving in hollowed out characters. 
Klaproth gives also a copy of the 
back- or underpart of such a 
compass, which De Groot only 
mentions on page 959 without a 
reproduction, and which, for com- 
pleteness sake, we copy out here, 
as it differs from the inscription 






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1 . 


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1 . 


T. 


1 . 


4= 






upon the compasses ofMr. De Groot 
and myself. 

In the upper row are the eight 
Kwa'a, and to both sides the 
inscription »Made by Fang Siu- 
shui of Hû-yih in Siti-ngan. Klap- 
roth says that he does not under- 
stand what is meant by these 64 
characters and that they must have 
a mystic sense. 

Unfortunately Klaproth gives 



in his engraving two characters 
which I cannot restore, viz. ^^ 
and ;*% . The first might be j|3 
and the second ^ multitude, as 
^ ^ »all living beings" is a 
compositum found in the Pei-wen- 
t/un-fou^ as also the composita 



y^ 



^1 i 55 ^^"^ 



y^ 



mentioned in the inscription. We 
would then get the cabalistic for- 
mule (É 



08 



BULLETIN CRITIQUE. 



y^ 



a£ 5Ç 4 ^?. $6 «? ^. 

Ä ^ IS? ^. ^ % i^. 

% ^ -M m'^. ^ % ^^ 

y>» 3£ ^ o 



^ *? Ä? 



But, like Klaproth, we really 
despair of drawing some sense from 
this abracadabra. 

I read with satisfaction, on 
p. 973, that the author quotes 
two extracts showing that, during 
the Chow-dynasty, the years, 
mouths and hours were counted 
with the aid of the 12 branches 
( -p Hi ^) and the days with 
that of the 10 kan ( "f^ "T* ). 

I have demonstrated this fact 
22 years ago (in 1875) in my 
Uranographie Chinoise, p. 37 — 48; 
and in 1893, in answer upon a 
question put to me by the late 
Professor Legge, I wrote to him 
»that the ten stems (kan) were 
made to denote the days in the 
decades of the month, each month 
being most naturally divided by 



the Chinese down to the present 
day into three decades" *). In prof. 
Legge's translation of the Lî-sâo 
poem (Journal Roy. Asiat. Soc, 
July 1895, pag. 573-574) he 
acknowledges being indebted for 
these facts to me; adding as further 
proofs, that in the Shu-king, pt. II, 
IV, § 8, Yû said: »When I married 
in T'û-shan (I remained with my 
wife only) the days hsin, zän, kwei 
(and) chiâ", which are the last 
three and the first of the stems. 

Ibid., op. cit., p. 574.) 

On p. 975 De Groot says that 
no mention is made of the inventor 
of the (geomautic) compass. 

The Chinese encyclopedia Kih- 
tchi Kivg-yuen, Chap.V, fol. 6 r«c/o, 
quotes the Commentary on the 



1) I qu(rted as a proof the identical passage given by Prof. He Groot, p. 973, note 4 
of the CAow-H, Chap. XXVII, § 40, as translated by Blot, Vol. II, p. 389. 



BUI.I.IfTIN CBITiqVK. 



69 



Moutbly prescriptions { ^ "^ 
^ -w ) describiog this compass 
in these words: i^MM^ 

±i}\^. Jii iBiJ M Jg ^ 

« ä * *^ Ä *t # m 

mm.m&MmmM 

jlj^ . »The georaantic Compass 
establishes the points of the com- 
pass in order to ascertain the 
position of the constellations and 
stars and the degrees of Heaven. 
By aid of a (magnetic) needle Tsz 
and Wu (North and South) are 
adjusted. It was made after the 
model of the Southpointing car 
(magnetic compass) of the Yellow 
Emperor {Hoang-ti) and was 
handed down to posterity by 
Chow-kung (first sovereign of the 
Chow-dynasty, circa 1100 B C). 
It was ascertained that a little bit 
of a thread of metal positively 
indicated North and South; and 
this is the most wonderful thing 
in the mutations of the negative 
and positive poles (Fz»i and l^aw^)". 
Thus if Chow-kung is not the 
inventor itself, it must have been 



known at a very early period. 
The jf «t M ^ , a Cyclopedia 
published in 1632, says that in the 
inner treasury of the emperors of 
the T'aug-dynasty was a yellow 
platter three feet in circumference, 
upon which were the zodiacal 
animals corresponding to the (12) 
hours, with playing dragons turn- 
ing round in herbs. The sign Sz 
corresponded with the Serpent and 
the sign Wu with the Horse. This 
platter was called the »Twelve- 
hours-platter" (HI p9 J$ ^ 

B^ J^). This must have been a 
regular Locking, as the form, the 
yellow colour and the zodiacal and 
horary signs indicate. 

T'ai Tsung, one of the emperors 
of that dynasty, even appointed 
a commission of more than ten 
scholars to revise the existing 
literature on divination and geo- 
mancy (De Groot, op. cit., p. 1006). 

De Groot devotes a whole 
chapter to the professors of Geo- 
mancy, who, though often scoflfed 



70 



BULLETIN CRlTiqUE. 



at and derided (p. 1013), continue 
their hold upon the popular super- 
stition and cheat the people out of 
their money. Even the law is 
powerless against them (p. 1017, 
1028), though it made a shift in 
taking as a pretext that by follow- 
ing the Fung-shui, interment was 
too long postponed. Government 
evidently did not dare to punish 
the Professors of Geomancy them- 
selves for deluding the people, nor 
even their brokers, called at Amoy 
soa^ kui\\] J^ »Mountain Sprites" 
or soa^ ka-isodh^) » Mountain Cock- 
roaches". 

We are sorry that De Groot 
did not give us a description hoW 
this geomaotic compass is used by 
these professors of geomancy, for 
with all the valuable material 
compiled in the 98 pages he has 
devoted to the subject, we are 
still as far as ever from the 
practical use of it and must say 
with Klaproth (op. cit., p. 116): 



1) De Groot, p. 1038, note 2, gives no 

characters for these words. The Chinese 

write them with the unauthorized characters 

1 1 1 db ^3 . See my «Nederl.-Chineesch 

Woordenhoek", i. v. Kakkerlak (Cockroach). 



»Voilà tout ce que je peux dire 
sur un instrument dont je ne con- 
nais nullement l'usage". 

I for my part do not pass such 
a supercilious sweeping judgment 
upon the Fung-shui question as 
Dr. Eitel does in his pamflet on 
this subject. The laws upon which 
it reposes are all natural, mostly 
hygienic laws, only we have not 
yet studied the Chinese system of 
natural philosophy deeply enough 
to understand it. And the Chinese 
withal pretend that the Europeans 
know all about Fung-shui. Eitel 
(op. cit. p. 3) rightly remarks: that 
»when mortality was frightful 
»among the Hongkong troops 
»quartered in Murray Barracks, 
»and the Colonial Surgeon pro- 
» posed the planting of bamboos 
» at the back of the buildings, the 
»Chinese justly remarked, that this 
»measure was in strict accordance 
»with Feng-shui; and when it was 
»found, that disease was actually 
» checked thereby, they looked upon 
»it as a proof of the virtues of 
»Feng-shui. When foreign resi- 
» dents of Hongkong began to build 
»villas in Pok-foo-lura (which 



BDLLKTIN CRITIQUE. 



71 



»Feiig-shui declares to be the best 
»side of the island), when the 
»Government began to build a 
» reservoir there, when tanks were 
»built on the north side of Hong- 
»konjï, and the hill-side studded 
»with trees, when the cutting of 
»earth was forbidden in places 
»where there is much decomposed 
»rock, the Chinese in all of these 
» cases supposed foreigners to know 
»more about Feng-shui than they 
»would tell, and the Surveyor 
»General was put down as a 
»profound adept in Feng-shui. 
»Why, they say, there is Govern- 
»raent House, occupying the very 
»best spot on the northern side 
»of the island, screened at the back 
»by high trees and gently-shelving 
» terraces, skirted right and left by 
»roads with graceful curves, and 
»the whole situation combining 
»everything that Feng-shui would 
»prescribe, — how is it possible 
»that foreigners pretend to know 
»nothing of Feng-shui?" ') 

According to my pri vate opinion , 
we must begin to divest ourselves 



1) For further arguments we refer to 
De Groot's book, p. 1054. 



of our scientific supercilious judg- 
ment, which is scarcely a century 
old, and study the superstitions to 
which we ourselves are only too 
much subject, in order to find out 
what Fwngshui really is. And 
the origin of such superstitions 
is even unknown by most of the 
Europeans. 

Why do even scientific educated 
gentlemen and ladies in Europe 
shrink from sitting at table with 13 
persons fearing that one of them 
ought to die in short? Not one 
in the thousand (as experience has 
taught me) knows that this super- 
stition is connected with the Lord's 
supper, when Christ sat at table 
with his 12 apostles, and he, as the 
13th guest, had to die shortly 
afterwards. Why do we still believe 
in the portents of a screeching owl, 
the breaking of a mirror or a glass? 
why will a young lady not pass 
underneath a slanting ladder, nor 
cut open a tart or pastry, for fear 
of having to wait seven years before 
she'll get a husband? and so in 
thousands of similar cases. I say 
with the Chinese proverb: »Better 
sweep the snow before your own 



72 



BULLETIN CUITIQUK. 



door, and do not look at the rime 
upon your neighbour's roof" '). 
Chinese have not scientifically 
studied the laws of nature, but 
their 4000 years of experience has 
taught them practically which 
these are, and by this long ex- 
perience they know which ai'e the 
most suitable and lucky places for 
erecting a building or a grave. It 
behooves us to explain »scientific- 
ally" these natural laws, and then 
Chinese Fung-shui will cease to 
be a mystery to us. 

If Chinese are filthy and do not 
so much cleanse their houses as we 
use to do at present *), for fear of 
driving away the tsai-k'i ( ^ ^ ) 
or »Aura of wealth" (p. 1054), 
then is this not rather from the 
same reason that we say that 

2) Ât the time of the black plague, 
Europeans were much dirtier in their dwell- 
ings and upon their bodies than any other 
oriental race ; and even at the present day clean- 
liness in Europe leaves much to be desired. 
One has only to look at the squalid dwellings 
in which our own rabble lives, to be convinced 
of the fact that we are far from being a cleanly 
race. In the eyes of every Mahomedan we are 
as filthy as a Chinaman is in our eyes. 



»Gold is dirt". Yet, withal, we are 
only too eager to amass as much 
of this »dirt" as possible, though 
we stigmatize those who do it as 
»filthy misers", like the Chinese call 
them »those who stink of copper 
cash ts'ab tang I ( -^ §^ ^ )". 
Let us be candid and impartial 
in our judgment of the Chinese 
race. 

Moreover the abuse made of 
the Fung-shui only dates since 
the famous diviner Kwoh-poh 
(A.D. 270-324). The author of 
the Wu-tsah tsu, says that only 
since the Chow-dynasty (12th to 
2nd century B.C.) is spoken of 
geomancy ; but that it was only em- 
ployed for the erection of cities and 
towns; as in proved by the words 
in the Shoo (V, xii, § 4): »the 
duke of Chow came in the morning 
to Loh, and thoroughly surveyed 
the places for the new city", and 
Shoo V, xiJi, § 3: »I first divined 
concerning the country about the 
Li water on the north of the Ho. 
I then divined concerning the east 
and the west of the Kien and the 

Ch'en water I now send a 

messenger with a map, and to 



StnXETIÎ* CaiTTQUK, 



73 



present the divinatioos"; or as is 
said in the Shi (III, t, Ode X, 7). 
»He examined and divined, did the 
king, about settling in the capital 
of Haou"; whilst the searching 
for a lucky place for interment 
only began in Hioa-li ') during the 
Thsin-dynasty (3rd century B.C.). 
During the Han-dynasty it was 
not yet much spoken of, and only 
when we arrive at Kwoh-Poh's 
time this art was first displayed 

zm. m'Êmzmu 
^^, immfï^mmm 
^ffâ'M-. vmmz 
Mm, mmm^ bm 

i. ^^ m m M ^ "0 ff 

z^t ^mêmw 
m, MiRjtiâja*« 

Chapter XIII treats of the 
custom of re-burying corpses in 
other graves and of Urnburial. 



1) Hwa-li is the name of a village 
south of the R. Wei. Vide K'atig-hi i. v. 



2) Vide 5Bl nia quoted io the 
Kih'chi Kitigyuen, Cha]). IX, fol. 10 recto. 



The latter, as a custom widely 
spread in antiquity in Europe 
where incineration was practised, 
is very curious to study. 

These urns are called '^ lp% 
skeleton-pots, ^ ^ , ^ j^ , 

(bone-pagodes) or simply -^ ; 
when they are empty, they are 
called in Amoy k'ang kirn. ^ -^ 
and are often so buried in order 
to prevent others to bury their 
urns in this place, which is called 
bai k'ong kim (:^ ^ ^) '). 

These urns are always baked 
of clay (element earth) and none 
in metal have ever been fabricated. 
From the term kin for the urn 
itself, it is clear that it ought not 
to be translated by »urns of metal" 
as Prof. De Groot does (p. 1059), 
but that kin ^ refers here to the 
West, the region of death, as 
he rightly has observed on page 
983, note 3: ^ 3^ Ä ^ 
1^ o P# 4 ^' Theauraofthe 
West is callod yin (darkness) and 
metal grows in darkness (in the 
bowels of the mountains). 



1) See my Dutch-Chinese Dictiontry, 
i. V. Ume. 



74 



BULLETIN CRITIQUE. 



So we have to translate, with 
reference to old classic mythology, 
these terras by »Urns of Hades", 
»Bushels of Hades", »Pots of 
Hades", »Pagodas of Hades"; or 
if -^ kin is here simply = ^ , by 
»yellow" ') referring to the colour 
of the jars and the earth. 

Chapter XIV contains long 
descriptions of still existing Tombs 
and Mausolea, none, however, being 
older than the 14th century. The 
author begins by giving us the 
various names given to the grave 
by the Chinese. There are many 
more which the author has omitted, 
as ^ |ieÇ »Store of longevity" 
mentioned in the commentary on 
the Books of Han; ^ '^ »Grave 
palace" mentioned in the |^ j^ ; 
^ K'in, the name the people of 
Ts'u gave to the grave ^) ; ^ ^ 
»The nightly house" engraved 
upon the tombstone of the king of 



1) ^g- V^ "plr p^, , ^in also means 

yellow-coloared. ^g- fp^ yfj TjT nine 
stalks of yellow Boletus-plants {K'aug-hi). 

2) % A il ^ # o 
^'^ ic Ä ä „ 



Wu, Hoh4û (B.C. 514-496)3); 
:^ ^ »Night- ter race"; ^ ^ 
»Family-vault"; f^ ^ »Eternal 
Home";|^ ^ ^»Lonely-living 
Cave"; ^ ^ ^ »Hall of return 
to spirituality"; ^ ; j|!j ' ^^ ' ffl 
etc., which may be found in my 
Dutch-Chinese Dictionary i. v. öra/, 
in my » Uranographie Chinoise" 
p.p. 240-242 and 349-350, and 
in the Kih-chi King-yuen^Qh^T^.YK^ 
article ^ or Graves. 

As to the difference between 
a pei and a kieh (p. 1161), the 

^ 1^ m" pi^i^iy ^^y ^^^ ^^^ 

peî was a square tablet, and the 
kieh a round one ( ~^ ^ ^ ^ ^ 
H ^:^ ^) Plate XXXVI 
represents a Peï or flat, square 
tablet, whilst fig. 25 on p. 1141 
represents a Kieh or pillar-shaped 
round tablet. The latter never bore 
an inscription. According to the 
statutes of the T'aug- dynasty ( jH* 
-^ Ä ) oflBcers of the 5th rank 
and downwards were entitled to 
a tablet without an inscription, 



3) M H Ä 4» S Ä ^ ^ 

:^ Ï ^ îî^ ^ ifc o ^^^ as 



BULLKllN CRITIQUE. 



75 



which was called »Grave Kieh" 

^ ^ ^)- According to the 
statutes of the Ming-dyuasty offi- 
cers of the 5th rauk and higher 
were allowed to have a Pei; those 
of the 6th and downwards a Kieh; 
whilst the common people only 
used a »Vault-memorial" '). 

With regard to the ^ ^ or 
»sepulchral marks of distinction" 
mentioned by the author, p. 1163 
— 64, we may remark that they 
are also termed ^ ^ or »Or- 
namental marks of distinction". 
According to the ^ j^ , Duke 
Chow was the first to erect them. 
In the Book of Rites they are 
called ;|»g ^^ which the comment- 
ary says are »Marking posts" before 

graves ( ^ # ^ ft "tÈi )• ^hey 
served also as an indication of 
posthouses. The Shwoh-wen says 
that the Post-shed is the mark of 
a posthouse ( ^g ^ ^|J ^ iÖt )• 
According to Sû-hiuen ( ^ ^^ ) 
there were two of them united by a 



transverse board as a distinguishing 
mark of the posthouses ( ^ ^^ 

As to the descriptions of the 
Imperial Mausolea we must refer 
the reader to the book itself, it 
being impossible to make extracts 
of them without breaking the thread 
running through them. 

In the additional chapter on 
p. 1384, the author speaks of the 
throwing away of corpses, custom of 
which we only know something by 
the sharp rebuke Mencius launched 
at such unfilial men who did so. 
Confucius tells us that before Fuh- 
hVa time corpses were wrapped in 
straw^) and buried in desert places, 



2) J? :^ 2 « ^- '^'^" 

Gaubil thus translates these words. De Groot 
translates "^C by .firewood" (p. 281 and 
1393); but this would make the reader 
believe that they were incinerated which 
was not the case. Wells Williams translates 
it by brambles, wood fit only for the fire. 
^S^ ^^ '^ »firewood", ^£ ^^ is .grass 

cut for fuel". K'ang-hi says ^^ ^ -[g^ 
Sin is .Tau, which latter word is translated 
by «thorns, rushes, stubbie or twigs, used for 
fuel"; and further on: O] "^ ^^ , 

Grass is also called tin; with the addition : }^ 



76 



BULLETIÎÎ CRITIQUB. 



without any grave being made nor 
trees planted near them (Urano- 
graphie Chinoise, p. 218). They 
were also buried in hollow trees 
as it still the custom with the 
tuugusic races north of Manchuria. 
(Ibid., p. 220), or in the old holes 
which had served as mortars ( Jj( 
1^ ), a name given to an asterism 
of 4 stars in Grus and which 
asterism also bears the name of 
Kùan-ts'cû sing ( t'^ ^ ^ ) OJ* 
Coffiu-asterism. (Ibid., p. 226-227). 
Dead babies are, however, not 
precisely thrown away, but depos- 
ited in regular receptacles built 
for the purpose — Baby-towers. 
But this is in accordance with 
Fung-shui (p. 1387). It is more 
prevalent in the north than in the 
south of China; and De Groot 
rightly rejects as a fable the opinion 
of some foreign authors that these 
baby-towers served to aid parents 

it might hurt our brambles, grasses and 
forest-trees". Under firewood we understand in 
Europe faggots of wood. We think Gaubii's 
translation »fagots épais d'herbes" correcter 
than that of Mr. De Groot. On p. 720 
he has correctly translated ^i S. by 
«brambles and shrubs". 



to get rid of their living progeny 
(p. 1389). 

With regard to throwing away 
corpses in the water of which 
Mencius speaks, the article in the 
Code of Laws of the present dy- 
nasty, quoted by DeGrootonp.871, 
sufficiently proves that this is still 
done actually, though in general 
Chinese have an abhorrence for 
such burials. »May you be buried 
in the belly of the fishes" is a 
common expression launched at 
an enemy. 

The magistrates in Amoy there- 
fore stipulated that each passager- 
steamer carrying Chinese coolies to 
Deli should be provided with a 
good number of air-tight coffins, 
fit to preserve for the harbour of 
destination, those who might die 
at sea (p. 1390). 

We are not so provident, and 
if on board of a European ship 
a passenger or sailor dies, he 
is sown in a linen bag, tied 
up at his feet with a three £ 
bullet, and then shoved along a 
sliding plank into the depth; on 
Dutch vessels with the concise 
formula: »Een, twee, drie! in Gods 



BULLETIN CRITIQU«. 



77 



naam" '). Really we still can learn 
something from the Chinese. 

On page 1391 the author treats 
of Cremation which he thinks is 
only due to the influence of 
Buddhism, saying that »there is 
nothing in the ancient literature 
of China to entitle us to admit that 
cremation was a common thing in 
pre-christian times". We must 
demur to that statement. 

We read in the Chow-li (trans- 
lation of Biot, Vol. II, p. 23, note 
6): »Dans la haute antiquité, on 
portait aux enterrements, des hom- 
mes de paille. Sous les Tcheou, on 
les remplaça par des figures d'hom- 
mes {Siang-jin). Confucius dit: 
Ceux qui ont fait des esprits en 
paille étaient réguliers. Ceux qui 
ont fait des hommes en bois ne 
l'ont pas été. Les éditeurs infèrent 
de là que le texte parle ici d'une 
figure analogue aux figures des 
esprits faites en paille. Tcheou- 
kong, disent-ils, n'a pu instituer 
l'usage vicieux de faire des hommes 
de bois à être brûlés aux funérail- 
les". In my » Urauographie Chi- 



noise", p. 791, 1 have inferred that 
these straw or wooden human 
figures, which were burned at the 
funeral, as the followers of the 
defunct, were only a milder sub- 
stitute for the earlier cremation of 
the defunct himself, with his living 
slaves and followers ^). I have 
mentioned there also the fact that 
cremation is to the present day 
practised in the whole country 
north of Hang-chow, comprising a 
portion of the province of Cheh- 
kiang, north of Su- chow and near 
Kiang-su province. In Marco Polo's 
time, cremation was almost uni- 
versal and practised in Shan-tung, 
Ho-nan, Kiang-su, Hu-peh and 
Cheh-kiang. Ibn Batutah, the 
arabian traveller, nearly contem- 
porary with Marco Polo, says: 
»The Chinese are infidels, adorators 
of idols, and they burn their dead 
after the fashion of the Indians" ^). 



1) One, two, three, in the name of God. 



2) See Chap. IX of De Groot's Religions 
of China, pp. 720—736 for this custom. 

3) Marco Polo, Edit. Paathier, pp. 447, 
463, 465, 470, 608 and p. 503, note 6. I 
have quoted these passages in my Uranogra- 
phie Chinoise, p. 732, and amplified them in 
my Dutch-Chinese Dictionary i. v. Siroopop. 
Cf. also K'ang-hi's Diet. i. v. ifl| , 

6 



78 



^ULLETOï CRITIQUE- 



The above superficial review of 
De Groot's work can only give a 
general idea of this bulky volume 
and we wrote it only in order to 
call the attention of the ethno- 
graphers to the immense amount 
of minute information they can 
find in the book itself. 

The volume concludes with an 
Index of Chinese books consulted, 
one of authors and the principal 
persons mentioned in the work, 
and one of Subjects, Divinities 
and Places. In some respects this 
latter Index is not so practicably 
arranged; we should have liked 
a. 0. to see the sacrifices of human 
beings, which is only mentioned 
among the host of other sacrifices, 
repeated under the word Human 
beings^ or Living men, and so with 
the other sacrifices. The reader has 
to run through the whole article 
Sacrifices (which occupies more 
than a 4° page in the Index) in 



order to find some particular sacri- 
fice, which makes him lose a good 
amount of time. 

Our former hint of giving a 
list of plates and illustrations 
{T'oung-pao, Vol. Ill, p. 207), has 
only partially been followed up. The 
author gives a list of the Plates 
and not of the illustrations printed 
in the text, some of which are re- 
peated with different subscriptions. 
So the Kieh or pylône on page 454 
(fig. 25) as »Stone Tablet on the 
Grave of Confucius" is given again 
page 1141 as »Stone Tablet on the 
Back of a Tortoise", In order to 
facilitate research, a list of these 
text-illustrations would have been 
equally desirable. Books as those 
of professor DeGroot are especially 
works of reference, and for this 
purpose the greatest facility ought 
to be furnished for finding these 
references in the Indexes. 

G. Schlegel. 



CHRONIQUE. 



ALLEMAGNE ET AUTRICHE. 

Nous venons de recevoir le l^r No. d'un nouveau journal oriental: «Orienta- 
lische Litteratur-Zeitung» sous la rédaction de M. F. E. Peiser, publié à Berlin 
chez M. WoLF Peiser. Le journal paraît, d'après le programme, traiter exclu- 
sivement de l'orient sémitique. 

Le no. de Novembre dernier de la «Oesterreichische Monatschrift für den 
Orient» contient un fort bon article de M. le Dr. F. Kühnert sur la nature 
de la langue chinoise (Das Wesen der chinesischen Sprache) dans lequel il il- 
lustre entre-autres le parallélisme en style chinois par deux lignes parallèles 
allemandes construites sur un modèle chinois. 

M. le Dr. Inouyé Tetsusirô vient de publier à Paris, à l'Imprimerie orien- 
tale de G. Maurin, sa conférence tenue à l'occasion du Congrès des Orientalistes 
de 4897 à Paris : «Sur le développement des idées philosophiques au Japon 
avant l'introduction de la civilisation européenne» M. le Dr. August Gramatzky 
en a publié une traduction allemande sous le titre de «Kurze Uebei-sicht über 
die Entwickelung der philosophischen Ideen in Japan» (Berlin, 4897, Reichs- 
druckerei), augmentée de plusieurs notes et accompagnée de la conférence que 
l'auteur avait faite à l'occasion du 8^ Congrès des Orientalistes à Stockholm 
«Die Streitfrage der chinesischen Philosophen über die menschliche Natur». 

On télégraphie de Peking en date du 25 Décembre que les difficultés entre 
la Chine et l'Allemagne sont réglées. L'Allemagne refuse de prendre en dis* 
cussion l'occupation de Kiao-tcheou ; le gouvernein- de Chan-toung est rappelé; 
aucun monopole de chemins de fer ou de mines sera accordé à l'Allemagne, 
mais elle aura la préférence, en occasions pareilles ; les environs de Kiao-tcheou 
sont réservés à l'Allemagne. La Chine cède sur tous les autres points qui sont : 
punition des meurtriei-s et des employés négligents; réédification de la maison de 
la mission; indemnité de 600,000 tail pour les familles des victimes; forte in- 



80 CHRONIQUE. 

demnité pour les frais de l'expédition allemande et la maintenance du poste 
d'occupation. 

On rapporte que le commandant chinois de Kiao-tcheou, le général Tchang 
Kao-yen, a été condamné à mort par la cour militaire chinoise. 

Le 7 Janvier la Chine a cédé pour 50 ans le port de Kiao-tcheou aux Prus- 
siens. Ils avaient demandé 90 ans. 

M. Von Brandt, ci-devant ambassadeur de l'Allemagne à Peking, a été appelé 
par l'Empereur, après que l'ambassadeur de Chine avait d'abord rendu une 
visite officieuse à ce diplomate, qui réside à Wiesbade. 

Notre collaborateur, M. le Dr. Fr. Hirth, a fait à Munich, le 6 Dec. dernier, 
dans la Société coloniale allemande, une conférence sur la Baie et le pays de 
Kiao-tcheou (Die Bucht von Kiau-tschau und ihr Hinterland). Son article a 
été imprimé dans les «Münchener Neuesten Nachrichten». 

Kiao-tcheou a dernièrement reçu une célébrité peu enviée par l'occupation 
prussienne de son port et ses tortifications. (Voir Russie). 

La Zeitschrift für Ethnologie (fasc. V, 1897) contient un article de M. P. 
Reinecke «Ueber einige Beziehungen der Alterthümer China's zu denen des 
skythisch-sibirischen Völkerkreises» (sur quelques rapports des antiquités chi- 
noises avec celles des peuples scytho-sibériens) avec 21 gravures. L'auteur à 
pris pour base l'ouvrage de M. Hirth (Ueber fremde Einflüsse in der chinesi- 
schen Kunst) et les trouvailles d'anciens bronzes faites dans les dernières an- 
nées dans l'Asie boréale, la Russie et le Caucase. Le même fascicule contient 
«ne l'evue des «Études bouddhiques» de M. A. Grünwedel par M. P. Ehrenreich 
qui exprime la crainte que les monuments bouddhiques à Borobouddhor à 
Java ne tombent en ruines, et qu'il est temps que ces monuments soient repro- 
duits par des hommes du métier. Il paraît que le savant berlinois est tout à 
fait ignorant des magnifiques publications hollandaises faites par feu Leemans, 
et des belles photographies faites par Mss. IJzerman, Groneraan et la Société 
photographique à Jokjokarta. 

Nous pouvons donc le consoler et apaiser ses lugubres craintes. Le gouverne- 
ment néerlandais fait tout pour préserver ces monuments de la ruine. G. S. 

AMÉRIQUE. 

Le Général Lew Wallace disait dernièrement à un banquet des officiers de 
la milice à Indiana: «Je ne suis ni prophète, ni fils d'un devin, mais j'ose pré- 
dire que la première guerre que nous aurons sera avec le Japon. J'ai la con- 
viction certaine qu'en peu d'années le Japon aura besoin de quelqu'un pour le 
terrasser, et nous sommes en état de le faire». 

Bel mais inévitable avenir pour le 20« siècle 1 



CHKONiqUB. 81 

Lo gouvernement des États Unis a conclu avec l'Ambassadeur Japonais à 
Washington une convention assurant qu'en cas d'annexion de Hawaii par les 
Américains, les Japonais y jouiraient des mêmes droits qu'ils ont en Amérique. 
Il paraît que l'opposition du Japon est terminée par cette convention. 

GRANDE BRETAGNE ET IRLANDE. 

Nous apprenons que M. Herbert A. Giles est nommé deßnitivement profes- 
seur de Chinois à l'Université de Cambridge. 

BELGIQUE. 

L'ingénieur en chef M. Hubert partira sous peu pour la Chine pour la pose 
des chemins de fer de la Société «Cockerill». Il aui'a une récompense de 
125,000 fr., une solide Assurance sur la vie et la permission de se faire accom- 
pagner par un de ses fils. 

M. Hubert était le premiei- à entrer dans Paris lors de la Commune. Il était 
parti à cet effet de Malînes avec une pompe à feu et quelques uns des meilleure 
ouvriers de l'Arsenal des chemins-de-fer. En récompense il fut nommé Chevalier 
de la Légion d'honneur. 

CHINE. 

La question de l'Extrême-Orient se complique de jour en jour. 

La Russie ayant occupé Port Arthur, et la Prusse le port de Kiao-tcheou, 
les Anglais ont demandé à occuper Talienwan à 40 milles de Port Arthur. 
Selon le Times du 21 Janvier l'ambassadeur russ_e à Peking a menacé le 
Tsoung-li Yamen de représailles si cette demande serait accordée. Voilà la 
Chine entre deux feux. 

L'Angleterre a requis les vapeurs «Empress of China», «Empress of India» 
et «Empress of Japan» de la ligne du chemin de fer Canada-Pacifique, pour 
servir de croisières en cas d'urgence, et d'après un télégramme de «Dalziel» 
l'amiral français aurait his-sé le pavillon de la République sur l'île de Haï-nan. 

Le Japon ne reste pas en arrière et renforce sa flotte d'une manière extra- 
ordinaire. La flotte consistera de 65 vaisseaux de 233,000 tonnes et de 126 
torpilleurs. Actuellement on construit trois vaissaux de ligne de 14,800 tonnes, 
un de 10,000 tonnes, quatre croisières cuirassées de 9600 tonnes, deux croisières 
cuirassées de 5000, une de 4300, quatre destructeursde torpilleurs de 30 tonnes, 
huit torpilleurs de 3000 tonne.s, deux aviso-torpilleurs, un aviso et deux vaissaux 
hôpital de 2600 tonnes pour le service de la Croix Rouge. La plupart de ces 
bâtiments est construite en Angleterre, mais les chantiei"s de l'Amérique, de 
l'Allemagne et du Japon ont également reçu des commandes. 



82 CHRONiqUE. 

On mande de Peking en date du 7 Janvier que le gouvernement chinois a 
refusé l'emprunt russe. Selon le Times du 17 Janvier, l'ambassadeur anglais à 
Peking aurait communiqué au Tsoung-li Yamen que l'Angleterre serait incli- 
née à accorder à la Chine un emprunt de douze-millions livres sterling h i %, 
sous condition que la Chine ouvrirait trois nouveaux ports, qu'aucune partie 
du bassin du Yang-tsze-kiang ne serait cédée à une autre puissance, et que 
l'Angleterre obtiendrait la permission de prolonger le chemin de fer de la 
Birmanie par le Yun-nan, Cette dernière demande a été accordée par le gouver- 
nement Chinois. 

Selon un télégramme de St. Pétersbourg du 8 Février, la Chine a également 
refusé l'emprunt avec l'Angleterre. 

L'occupation de Kiao-tcheou par les Prussiens sous prétexte de dédommage- 
ment du meurtre commis sur quelqiies missionnaires allemands est natui'elle- 
ment un simulacre, et Li Houng-tchang avait donc parfaitement raison d'en 
être froissé; car, disait-il à un correspondant du «New- York Herald», «il y a 
dans tous les pays des malfaiteurs que ni les traités, ni les lois, ni la religion 
peuvent supprimer. Les missionnaires du Chan-toung se sont rendus dans un 
endroit, sachant parfaitement que même les indigènes n'y étaient pas à l'abri 
des brigands. 

«Si pareil fait avait eu lieu en Europe, on se contenterait de punir les cou- 
pables, mais on ne rendrait point responsable le gouvernement d'un attentat 
qu'il ne saurait empêcher». 

Nous trouvons que le vieux diplomate a parfaitement raison, mais actuelle- 
ment, à la grande honte de l'Europe, la force brutale prime partout le droit. 

Que penserait la Prusse, si pour un Chinois massacré à Berlin, le gouverne- 
ment Chinois envoyait de suite une forte flotte pour s'emparer de Kiell 

Vraiment! c'est mesurer avec deux poids et deux mesures. 

On a l'intention de créer à Peking une université avec dix facultés: astro- 
nomie et sciences mathématiques, géographie, philosophie et religion, politique, 
littérature et langues étrangères, sciences militaires et nautiques, agriculture, 
technologie, commerce et médecine. 

"Le gouvernement chinois a payé l'indemnité demandée par la France pour 
un Français fait prisonnier, il y a 2V2 années par des brigands au Tongking. 

CORÉE. 

Le commissaire des frontières dans le gouvernement de l'Oussouri méridional, 
M. Mahjuni, a été nommé Chai-gé d'affaires et Consul-Général en Corée. 

On mande de Peking du 30 décembre derniei- que le remplacement de M. 



CHRONIQUK. 88 

Itrowii comme 8urintei)diint de la doimne a surpris lo gouvernement britani- 
que. Quatre navires de guerre anglais sont mouillés devant Tchémoulpo. 

Selon une nouvelle plus récente, Messieurs Brown et Alexejeff continueraient 
à travailler ensemble. 

Selon la convention conclue le 5 Octobre de l'année passée, entre le ministre 
des affaires étrangères et l'ambassadeur ruçse à Séoul, la Corée a consenti à 
nommer M. Alexejefï comme conseiller financiel, et le charger de la perception 
des impôts, le paiement des dépenses et la composition du budget avec les 
autres ministres. 

JAPON. 

Le eO"*"»* fascicule des «Mittheilungen der Deutschen Gesellschaft für Natur- 
und "Völkerkunde Ostasiens» (Juillet 1897) contient un article du Rév, A. Lloyd, 
Buddhistische Gnadenmittel; une description de l'ascension du Mount Morrison 
à Formose par le Dr. S. Honda; un article du Dr. 0. Loew sur la préparation 
de la sauce Soya japonaise; un sur la nouvelle littérature au Japon par le Dr. 
M. Christlieb; un sur le pseudo hermaphroditisme chez les poules par M. 
Janson, et le récit d'une excursion du Dr. L. Riess à Idsu no Oshima. 

Le 28 Décembre dernier le ministre président japonais, ainsi que le ministre 
de la Marine ont demandé leur décharge. Probablement le comte Ito prendra 
la direction du cabinet. 

Le 26 Décembre le gouvernement japonais a dissous la Chambre des Députés. 

Nous communiquons, sous toutes réserves, que l'Empereur du Japon aurait 
émis un décret que, n'étant pas content de la petite taille de ses sujets, com- 
parée à celle des autres peuples, il aurait ordonné que ses sujets mangeraient 
dorénavant autant de viande que possible, afin de devenir plus gros et plus 
longs. 

PAYS-BAS ET COLONIES NÉERLANDAISES. 

SiiiRO Akabané, l'ambassadeur japonais à la cour des Pays-Bas, vient d'être 
nommé grand officier de l'ordre d'Orange Nassau par la Reine Régente. 

S. M. l'Empei'eur de la Chine a décerné à M. le professeur G. Schlegel 
l'ordre du Double Dragon. 

Le 16 Janvier dernier M. le professeur B. F. Matthes a célébré son quatre- 
vingtième anniversaire. 

M. le Docteur A. A. Fukker, professeur de la langue malaise à l'école cura- 



84 CHRONIQUE. 

raerciale d'Amsterdam, a été nommé piivat-docent dans la langue et la litté- 
rature malaise à l'université communale d'Amsterdam. 

Mr. L. Serrurier, l'ex-directeur du Musée d'Ethnographie à Leide, actuelle- 
ment à Batavia, a demandé au gouvernement néerlandais de lui adjoindre un 
lettré japonais afin de l'aider dans la publication du dictionnaire Japonais- 
Néerlandais-Anglais de feu M. le professeur Hoffmann. Cette demande est un 
aveu tacite de l'incapacité de M. Serrurier de mener cet ouvrage à bonne fin. 

M. le baron G. W. W. C. van Hoëvell est nommé résident de la division 
occidentale de Bornéo, en remplacement du l'ésident décédé S. W. Tromp. 

On nous mande que M. S. A. N. Patijn, avoué à la Haye, est nommé atta- 
ché à la légation du Siam à Paris. Cette nomination serait la conséquence de 
la visite du roi de Siam à nos colonies et aux Pays-Bas, qui a décidé le roi 
d'avoir un Hollandais attaché à cette légation. 

Un terrible tremblement de terre a ravagé le 6 Janvier dernier la belle île 
d'Araboina dans les Moluquos. Tous les bâtiments, tant officiels que particuliers, 
ainsi que les fortifications ont croulé. Les habitants se sont enfuis, ce qui n'a 
pas empêché que plusieurs européens ont été blessés, 60 indigènes tués et 200 
sévèrement blessés. 

Parmi les européens qui ont péri pendant la catastrophe, on regrette la 
perte de Mesdames Harmsen et Engelsman, ainsi que celle d'un enfant de M. G. F. 
De Bruyn Kops, depuis Sept. 1890 secrétaire de la résidence d'Amboina. Cinq 
mihtaires européens et cinq soldats indigènes ont été tués, tandis que 35 militaires 
au dessous du rang d'officier ont été blessés pendant la catastrophe. 

Par rapport à ce tremblement de terre nous rappelons que ce n'est pas la 
première fois qu'Amboina a souffert de ces terribles accidents. 

Le 12 Mai 1644 un tremblement de terre fit écrouler en partie le fort Vic- 
toria; tremblements qui se sont répétés en 1671 — 1673 et en 1674. Pendant 
cette dernière catastrophe 2322 personnes périrent, parmi lesquelles étaient 31 
européens. L'hôtel de ville et l'hôpital furent détruits. Le 28 Mars 1830 un 
autre tremblement de terre, qui dura 20 secondes, ravagea encore l'île. Celui 
du 1 Novembre 1835 était plus fort encore. Une des casernes du fort Victoria 
s'écroula et ensevelit 58 hommes qui périrent, tandis que 36 hommes furent 
blessés. La perte matérielle atteignit le chiffre d'un million de francs. Le 21 
Janvier 1837, le 16 Décembre 1842, et en 1843 et 1845 on éprouva encore 
des tremblements terribles. Le 28 Mai 1849 la berge du fleuve près Oulat 
rompit; le 8 Octobre 1850 la population fut encore une fois terrifiée par un 
violent tremblement. Le 5 Novembre 1850 ce tremblement se renouvela ac- 
compagné d'un tremblement sous-marin qui fit monter la mer dans la baie à 
deux mètres. 



CHRONIQUK. 85 

Les secousses du 13 Avril 4853 et du 7 Sept. -1864 étaient moins violentes. 

L'ile d'Amboina, au plutôt Hitou, la plus septentrionale des deux péninsules 
dont Amboiria consiste, forme, avec les île« Ouliasses situées à l'est, la conti- 
nuation de la chaîne de volcans qui s'étend on un hémicycle de Banda par 
Manouk et Seroua à Damar et Roma (les îles Zuid-wester). Cet hémicycle est 
entouré par un cercle d'îles plus grandes, peu ou presque pas volcaniques. 

Le fort Victoria, situé près de la plage, fut bfiti en 4605 par Frederik 
Houtman, après qu'il eut conquis Amboina sur les Portugais. L'île entière 
compte 30,000 âmes partagées sur 47 négories et 11 kampongs. La ville d'Am- 
boina avait en 1892 une population de 8063 personnes, dont 788 Européens, 
696 Chinois, 361 Arabes et orientaux étrangers et 6218 indigènes. 

Heureusement ni Banda ni l'île de Saparoua du groupe des Ouliasses, à l'est 
d'Amboina, ont souffert de cette catastrophe. La dernière île produit elle seule 
autant de girofles qu'Amboina qui est presque deux fois plus grande. 

Le 28 Janvier un nouveau tremblement de terre et de mer a derechef ra- 
vagé l'île d'Amboina. 

Notre collaborateur, M. S. J. Meyer, vient d'être nommé Assistant Résident 
de Wonogiri, dans la Résidence de Sourakarta à Java. 

ILES PHILIPPINES. 

Selon les télégrammes reçus le 15 Dec. dernier par la Gaceta à Madrid, le 
chef des insurgés Aguinaido aurait donné ordre à toutes ses bandes de se 
soumettre. La soumission doit avoir eu lieu le 25 Décembre. Aguinaido et ses 
principaux adhérents ont été expédiés le 27 Décembre à Hongkong sous la 
conduite du Lieutenant Colonel Rivera^ qui aura soin -de leur sûreté personelle. 

RUSSIE. 

Par l'apport à l'occupation de Kiao-tcheou par les Prussiens, les Novosti écri- 
vent: L'occupation de Kiao-tcheou signifie la prise d'un point important, non seu- 
lement par rapport à la Chine, »mis aussi à la Corée et le Japon. Si cette oc- 
cupation devient permanente, la Russie doit prendre des mesures pour assurer 
ses intérêts vitaux. Ni la Russie, ni le Japon ne désirent que l'Allemagne se 
niche dans leur proximité immédiate et pénètre dans leur sphère influentielle. 
La Russie a besoin d'un port libre de glace au Pacifique. La Chine n'accordera 
jamais librement un pareil poi't à la Russie. Mais en cas que l'Allemagne n'é- 
vacue point la baie de Kiao-tcheou, la Russie aura le droit d'exiger comme 
représailles, une partie du tenitoire chinois. 

A peine les Prussiens ont-ils envoyé une escadre à Kiao-tcheou, où ils se 
sont emparés des fortifications et s'y sont militairement et maritimement in- 



86 CHRONIQUE. 

stallés, que les Russes ont expédié une escadre, sous les ordres de l'amiral 
Rennoff, à Port Arthur, où elle hivernera avec la pleine permission du gouver- 
nement chinois. Nous verrons bientôt l'Ours et l'Aigle aux prises d'une part, 
et l'Aigle américain et le Chrysanthème japonais, aux prises d'autre part. 

(Voir Amérique.) 

Le gouvernement russe a fait part officiellement de l'occupation temporaire 
de Poi't Arthur. Immédiatement une grande escadre japonaise est partie de 
Nagasaki. (Yokohama, 21 Dec.) 

Le colonel russe Voronc'ff, conseiller militaire du gouvernement chinois, vient 
d'entrer en fonction. A ce qu'on prétend, il aurait communiqué aux instructeurs 
allemands que leurs contrats ne seraient pas renouvelés. 



NOTES AND QUERIES. 



•►<gX3>-» 



1. The term |^ ^ Sah Han. 

In the history of Sembodja (Palembang in Sumatra), in the 
books of the Sung-dynasty, is found the following entry: 

7t g i # H # ^ jt gg ^ f^ . SiJ 0Ë iM fiij . f 11 

^ ^ , which Mr. Groeneveldt, in his "Notes on the Malay Ar- 
chipelago and Malacca", p. 66, translates as follows: 

"In 1082 three envoys from this country (Sembodja) came to 
"have an audience from the emperor (of China) and brought 
"golden lotus-flowers containing pearls, camphor baros and sa-tien'; 
remarking in note 1, p. 67, that he had been unable to find out 
the meaning of these words. 

The same narrative, only more circumstantial, is to be found 
in the Shih-Un Yen-yu ') where we read: 

7taB9H#®'^tHAÄ. mm^nn^ 

i^!Stt^h#*^ifc. «'•>'«'' I translate: 

"During the years Yuen-fung (1078—1085) the states of Sern- 



') 5 # ^ ^ 



PO • 



88 NOÏKS AND QUERIES, 

"bodja and Chu-lim ') brought their tribute. They asked that they 
"might scatter the presents they had brought, consisting in golden 
"lotus-flowers, pearls and camphor baros, in person before the im- 
"perial throne, according to the custom in their own country, 
"which they called "to strew the hall" {sah tian). This was allowed 
"them by special grant. They were then introduced into the im- 
"perial Yen-7io-ha\\ ^) and made to kneel down, when they strew 
"them outside of the pillars of the hall. Such a thing was never 
"witnessed before". 

The latter statement is not exact, for during the period Hi- 
ning (1068 — 1077) the before mentioned state of Chulini had sent 
an embassy to bring tribute, praying that they might "strew 
the hall" according to the custom of their own country, which 
was allowed them. The ambassadors then offered kneeling a golden 
platter filled with pearls between the balusters of the hall; they 
then poured the pearls into a golden lotus-flower and scattered 
them before the imperial throne, which (ceremony) they called "to 
strew the hall" {sah tian); for this was the rite of the utmost 
respect in their country. When the audience was terminated, the 
officials swept these scatterings and got more than ten ounces of 
pearls, which were distributed among the attendants of the palace 
on duty upon that day. 

This narrative is to be found in the Mung k'i pih tan by y^ 
jf^ ChHn kwoh, wo wrote about the middle of the 11th century ^). 



1) This is the Canton pronunciation. In Amoy-colloquial these characters would be 
read Talian, which is a common native place-name; but which we have not found in 
Sumatra. 

2) I have not been able to find this hall in the Pe'i-wen-yun-fu, which only mentions a 
^ i£ ^ an*! a ïS ^fe ß^ during the T'ang-dynasty. 

«> ^ ^ Ä * m\ ER ^ ff ä » 1 ® A A M . 
t;«*H«fölä.BS^^.®AW^SIifr*, 



VOTRB AND QUERIES. 89 

The ceremony in question is called in Malay ainbûr'ambûr (or 
hambûr-hamhûr). 

The exact position of Chiilim is not yet ascertained. According 
to the aforesaid Shih-lin Yen-yü, it was situated south of Kwang- 
cliow (Canton) which latter place could be reached by ship after 
about 4000 Chinese miles sailing. Sembodja belonged to the race of 
the southern barbarians, in the neighborhood of Champa '). 

According to the history of Chulim, this country was five Chinese 
miles distant from the sea to the east, and 1500 miles distant from 
India to the west. Southward is was 2500 miles distant from Lolan *) 
and northward 3000 miles distant from Tun-tien *). The country 
produced Pearls, Elephantteeth, Corals, Crystal {Sphapka or rock- 
crystal), Areca-uuts, Nutmeg, Cotton-cloth etc. *). Chulim was a 
dependant state of Sembodja; so that when the emperor wished to 
receive the ambassador of Pukam, in A.D. 1106, with the same 
ceremonial observed towards the ambassadors of Chulim, the former 



mz.mziÊim,7i^msmzm^.^&. 

® BiJ ft E . 

2) This is probably Raram or Rarem, name of a river and a village in the Lampong- 
districts, south of Tulang Batoang. After its confluence with the R. Sungkei it takes the 
name of Wai-kiri, and at Pagar Dewa that of Tulang Bawang. 

3) Probably in Yun-nan. 

^ Mooooo** È Ä * . ^ 3" . fllil « .0 ^ .it » > 

t?. ^^ ^ '^ ^^ 'm ^ The nutmeg is the wild nutmeg, which also grows on Pulau 



Condore. 



90 NOTES .OD QUERIES. 

protested, saying in his memorial that Pukam was a great state 
and that the king (emperor of China) should not look down upon 
it as upon a small dependant state ; so that he wished to be treated 
with the same ceremonial with which the ambassadors of Tadjik 
(West-Sumatra Arabs) and Kiao-chi (Cochin-Chin a) were received '). 
According to the San-tsai tu-hwui, Pukam was at five days 
journey from Ta-li in Yun-nan, which town lies in Lat. 25° 44' 24" 
and Long. 98° 01' 50" ^), and was situated between Siam and Cam- 
bodja ^). Porter Smith's identification of Pukam with Amärapura 
and Hirth's Pagham in Burmah *) seem therefore wrong. 

G. Schlegel. 



2. Sangchi-slaves f^ jj}& ^ • 

We read in the New History of the T'ang-dynasty, Book 222, 
part 2, in the description of g^ |^ Kaling^ that the people of 
that country presented in the year A.D. 813, four Sangchi-slaves, 
parrots of different colours, pinka-birds etc. 

7t 5fo A ¥ IrT H It ft Ä iK ra . ï Û il fH . « 

Groeneveldt, in his "Notes on the Malay Archipelago and Ma- 
lacca", p. 14, note 5, says that he does not know what may be 



1) iSS^l^Ä^Hooco^M-M-TJ^H. 

fM. }\j ^Ü Pien-i-lien, Chap. CIV, Article ^Ê -H* 

4) Vocabulary of Chinese proper names, p. 41. Toung-pao, Vol. V, Die Länder des 
Islam, p. 31. 



WOT ES AND QUKRTES. 91 

the origin of this term, which occurs ofteu, and seems to denote 
negroes. 

By a mere accident I discovered in perusing the history of 
Siam in the books of the Sui-dynasty, that it is said in the History 
of the Red Soil (Siam), that the king of Siam dwelt in the city of 
Sang-chi, which had triple gates, each distant from each other about 
a hundred paces, and every gate being painted with the images of 
flying Angels, Genii, Bodhisatvas, etc. 

S > « * # S W# . =S PI Bl a Ä filj . fill A > # 

^ ^2 ^ o Pien-i-tien, Chap. CI, Article Siam. 

I think that these characters represent the sanscrit word Sarp,- 
dhi, meaning union. Junction, Alliance, Peace, etc. (Benfey, Skr. 
Diet., p. 1004a); for they were pronounced at that time Sang-ti, 
as till to day in the Amoy dialect. The more so because the 
king who reigned at that time (A.D. 607) had the family name of 

V 

Gautama, the sacerdotal name of the Sakya-family '). 

I further suppose that we must take here ^ in the sense of 
"female slave", so that the expression would mean "female Siamese 
slaves"; the name of the capital Sang-chi being taken, as usual, 
for the whole country. 

The vingka-hird is probably the Kalavingka ( j^ |^ ^ ^ or 
ätcS^'ß'ö) translated by i(f "§- .^ , a bird of a fine voice 
(Eitel, op. cit. p. 48). 

If this etymology is correct, the idea that Kaling could be Java 
ought to be rejected, for it is not likely that the Javanese would 
bring Siamese slave-girls as a tribute. 



1) 'S. ^ Jjjî ^ ^ ^ . His name was ^| g ^ ^ which may be 
something like Rdivaiasa. Comp. £itel, Sanskrit-Chinese Diet., p. 101. 



92 NOTES AND QUERIES. 

I hope to prove in a subsequent paper that Kaling must have 
been situated somewhere upon the coast of the Malay Peninsula 
when it would be more likely that a prince of that country would 
have oflFered goodlookiog Siamese slave-girls to the Emperor of China. 

G. S. 



SAM PO TONG 
LA GROTTE DE SAM PO 



PAK 



I. W. YOUNG. 



■^ — • ■>€S9*> ■♦ 



Dans ses «Notes oq the Malay Archipelago and Malacca», 
ouvrage bien connu de tous ceux qui s'intéressent aux anciennes 
relations des Chinois avec les pays étrangers, Mr. W. P. Groeneveldt 
a inséré l'histoire des voyages d'exploration de Tcheng Ho ( ^ ^ ) 
Iteudant le règne de l'empereur Young Loh (^^^, 1403 — 1424) 
de la dynastie des Ming ( Ç^ ^ )• 

Selon les annales de cette dynastie, Tchéng Ho aurait aussi visité 
l'île de Java, 

Daus une note au pied de la page 41 Mr. Groeneveldt ajoute 
que Tcheng Ho est aussi connu parmi les habitants de la Province 
de Fouh Kiën ( )|fg ^g ) sous le uom de Sani Po ( ^ '^ ), et dans 
une autre note à la page 45 il nous informe que le nom de 
Sam Po est encore bien connu parmi les Chinois de Java, origi- 
naires pour la plupart de la Province de Fouh Kiën, qui, en lui 
donnant abusivement le nom de famille de sou compagnon de voyage 
Ong King-hong ( ^ ^ ^ ), l'appellent Ong Sam Po, et parmi 
lesquels il est devenu une personne légendaire. 

7 



94 1. W. YoUNti. 

A Semaraug (Java) Sam Po est nou seulement une personne 
légendaire parmi les Chinois, mais on y a organisé tout un culte 
religieux en l'honneur de l'illustre défunt. 

Dans le grand temple de Bouddha {^ ^ ^) dans le quartier 
chinois, sa statue est placée dans une niche particulière, et les dé- 
vots y viennent faire leurs offrandes et supplier sa protection en 
faveur de leur commerce, de leur santé etc. 

Mais le centre de l'adoration est une grotte, située aux environs 
de Semarang, dans un endroit appelé Simongan. 

Dans cette grotte se trouve une autre statue de Sam. Po, et les 
dévots sont d'avis que les prières adressées à son esprit dans ce 
lieu bien éloigné et désert sont encore plus efficaces que celles 
faites dans le temple du quartier chinois. 

Devant la grotte le propriétaire de Simongan a construit un 
pavillon pour les cérémonies préparatoires et où l'on peut se repo- 
ser sur des bancs de granit. 

Le photo N°. 1 offre au lecteur une vue très correcte du pa- 
villon, et à côté on peut distinguer aisément le rocher dans lequel 
se trouve la grotte. L'entrée de la grotte s'y montre aussi bien 
distinctement. 

A l'anniversaire fictif ou réel de Sam Po on porte la statue 
du Temple de Bouddha du quartier chinois eu procession à Simon- 
gan. La procession expose tous les attributs d'un mandarin en 
Chine, qui sort en pompe. Entre autres on y conduit un cheval de 
selle. Il est d'usage qu'occasionnellement un des adorateurs de Sam Po 
offre l'animal, chose qu'on considère comme une preuve de grande 
vénération. Des hommes vêtus en palefreniers conduisent le cheval 
par de longues brides et sont suivis par des domestiques portant 
de l'herbe et du foin. 



Sah PO TONG. Ô& 

Ordinairement on regarde comme un acte de dévotion en 
l'honneur de 5a/;t Po de prendre durant la procession une des 
brides du cheval ou d'apporter de l'herbe ou du foin ; et quelquefois 
on aperçoit non seulement des hommes reconnaissants, mais aussi 
des femmes chinoises, qui, par cet acte de piété, veulent montrer à 
Sam Po leur gratitude pour quelque bénédiction qu'elles lui attri- 
buent. 

La procession arrivée à Siraongau, les dévots y suivent les rites 
usuels d'adoration, et ensuite on retourne au quartier chinois. 

Cette procession du 29"^^® jour du 6"*^^ mois chinois forme la 
partie essentielle du culte de Sam Po à Semarang. 

Ce culte n'est connu ni en Chine ni dans aucun autre endroit 
de Java. Il est originaire de Semarang et ne s'est pas propagé 
ailleurs. 

Voici pourquoi j'en fais mention. 

Il prouve le penchant des Chinois d'adorer des personnes de 
grand mérite et de haute distinction. 

La pierre commemorative (photo N°. 3)^ indique clairement ce 
que les Chinois de Semarang attribuent à Sam Po, et j'invite le 
lecteur à lire la traduction ci-jointe. 

Mais quoique le culte de Sam Po soit devenu à présent prédo- 
minant, je crois qu'autrefois on a adoré un autre personnage; 
adoration qui doit être regardée comme l'origine du culte de 
Sam Po. 

Le photo N°. 2 représente un tombeau à côté de la grotte, 
qui, selon la tradition parmi les Javanais et les Chinois, serait le 
•sépulcre d'un des pilotes de Sam Po, mort probablement pendant 
sa visite à Java et enterré à Simongan. Ce tombeau est appelé le 



96 



I. W. YOUNG. 



tombeau du djourounioudi (mot malais pour pilote) par les Javanais, 
et celui du Tai Kong ( ^^^ J|X ) par les Chinois. Ceux-ci racontent 
qu'autrefois le quartier chinois se trouvait près de Simongan et 
prétendent qu'il est donc admissible que l'enterrement d'un pilote 
de l'expédition de Sam Po ait eu lieu ici. Il est bien à regretter 
que l'histoire ne donne pas de renseignements à ce sujet. Mais 
jusqu'à présent le tombeau du pilote est encore un centre d'adora- 
tion des Javanais, qui probablement ont imité les voyageurs chi- 
nois d'autrefois, ceux-ci ayant sans doute suivi les rites des tom- 
beaux pour leur compatriote mort, chaque fois qu'ils visitaient les 
côtes de Semaraug. On m'assure que des femmes javanaises vien- 
nent souvent joncher le tombeau de fleurs et y brûler de l'encens 
(doupa). Il y en a aussi qui y passent la nuit en dévotion avec 
leurs enfants. Les femmes des Chinois d'origine javanaise les imi- 
tent dans ce culte, et en acte de dévotion déposent sur le tombeau 
des ornements sépulcraux javanais, comme ou peut le voir photo 
N°. 2. 

Ces ornements portent des inscriptions en chinois et en malais, 
transcrites en caractères romains, indiquant les noms des donatrices. 
On trouve aussi sur le tombeau un encensoir et des candélabres 
chinois. Voilà pourquoi le tombeau a un aspect semi-chinois et 
semi-javanais. 

Je crois que l'adoration du pilote est antérieure à celle de 
Sam Po, et que les Chinois ont été d'avis qu'il n'était pas juste 
d'adorer l'inférieur sans rendre hommage au supérieur. Ceci, ainsi 
que la renommée de Sam Po, peuvent être les causes du culte du 
voyageur. 

Je répète qu'il est bien dommage qu'on ne trouve aucune in- 
dication historique, et que tout le monde ne raconte que la tradition 
des temps passés. 



SAM PO SONG. 97 

Cepeiulaut le mélange des cultes javanais et chinois est bien 
remarquable et prouve la tolérance des deux peuples. Il est évident 
qu'on cherche le salut sans s'inquiéter de sa source. 

Le photo N°. 3 représente une pierre commemorative. Elle a 
été érigée par le propriétaire de Simongan, le millionnaire chinois 
Ouï Tsi-siyi. Le lecteur trouvera plus bas la traduction de l'in- 
scription chinoise et en même temps des détails concernant le 
culte de Sam Po, l'histoire de Simougan et la volonté du pro- 
priétaire. 

A quelque distance de la grotte Ouï Ts{-si7i a fait bâtir un 
petit pavillon qui, d'après l'inscription qui s'y trouve sur une 
pierre, est réservé aux femmes et aux enfants. On trouvera plus 
bas aussi la traduction de cette inscription. 

Semarang, Avril 1897. L W. Young. 



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SAU PO TONO. 99 

Traduction de Vinscription chinoise sur ta pierre commémoralive 

(photo N°. 3). 

Simongan est l'endroit où le Prince illustre, le Seigneur Sam Pc 
a rejoiot les mânes de ces ancêtres. 

Ici les collines sont distinctement visibles; ici les eaux coulent 
gracieusement; ici la végétation est abondante. 

Au pied de la colline se trouve un antre dans la roche formant 
une grotte naturelle. 

L'esprit saint de Sam Po vit à cet endroit. 

Le nom de «Grotte de Sam Po^ est dérivé de son esprit. 

Nous autres Chinois, qui sommes émigrés de notre patrie et qui 
nous sommes établis à Java, ont tous éprouvé sa protection. 

Ceux qui ont traversé la mer pour leur commerce ont encore 
mis plus de confiance en sou secours. 

Ses mérites sont reconnus partout par le peuple; ils se sont 
propagés comme s'ils étaient gravés dans une pierre commemorative. 

Voilà pourquoi le V^ et le 15ième ^q^^ ç[^ m^jg j^g hommes 
vertueux et les femmes dévotes se rendent à la grotte pour faire 
leurs offrandes à l'esprit. On montre les sentiments les plus sincè- 
res. La foule s'y coudoie et s'y bouscule; les voitures y roulent et 
les chevaux hennissent. Vraiment c'est un spectacle bien animé. 

Autrefois ces terres étaient la propriété d'un Arménien qui exi- 
geait 500 florins par an pour droit de passage. 

Le Conseil chinois levait une contribution de toutes les boutiques 
et les particuliers. Quoique ce ne fut pas beaucoup, cependant c'était 
une insulte à l'Esprit et contraire à la raison. L'usage avait cepen- 
dant passé de génération en génération; comment s'en défaire? 



100 I. W. YOUNG. 

Quant à moi, Sîn, mes yeux en étaient offusqués et mon cœur 
attristé, mais je regrettais mon impuissance comme le royaume de 
Ki (dont les habitants craignirent que les cieux ne vinsent leur 
tomber sur la tête et ne les écrasassent). 

Cependant dans l'été de l'année 1879 les terres furent mises à 
l'enchère, et me fiant au secours occulte de l'Esprit, je pus exécuter 
ma première intention (d'acheter les terres). 

Je n'exigeai plus la contribution pour passer par le chemin; je 
fis réparer les ponts caducs, renouveler le pavillon de la grotte, 
et creuser des conduits d'eau, de sorte que les hommes et les femmes 
puissent accomplir leurs dévotions. 

Les parfums des offrandes et de l'encens y sont continuellement 
offerts (à l'Esprit); ce qui nous procure sa protection sous ses ailes 
et paix et félicité à toute la contrée. Sa gloire peut durer à per- 
pétuité. 

Craignant secrètement que la postérité ne se conforme pas à 
mes désirs, j'en ai relaté l'histoire que j'ai fait graver dans cette 
dure pierre, afin que mes héritiers ultérieurs respectent ma volonté 
et ne s'y opposent pas, et aussi pour mettre en évidence comment 
je suis parvenu à devenir le propriétaire de ces terres et à abolir 
ce vil droit, par le secours occulte de l'Esprit. 

Qu'on en prenne note. — 

Respectueusement gravé l'an Ki-mao, la 5^®"^® année de l'épo- 
que Kouang-sü de la dynastie des Ts'ing, l'an 1879 selon le calen- 
drier hollandais. 

Le propriétaire de Simongan 
Ouï Tsi-siN. 



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102 I. W. YOUNG. SAM PO TONG. 

Traduction de Vinscription chinoise sur la pierre dans 
le pavillon des femmes. 

Ce pavillon a été bâti exclusivement pour servir de lieu de 
repos aux femmes et aux enfants, qui viennent faire leurs offrandes 
à l'esprit de Sam Po. 

Sans exception les riches et les pauvres, en se reposant ici, 
sont égaux. 

Le sacristain est obligé de traiter tout le monde avec politesse 
et de ne pas faire de distinction. 

Il lui est défendu aussi d'exiger des contributions sous des pré- 
textes spécieux de sorte qu'il provoque des cancans; de cette façon 
il écartera les suspicions et se respectera soi-même. 

En outre j'espère profondément que toutes les honnêtes gens 
prendront en considération bienveillante mes faibles intentions en 
bâtissant ce pavillon. 

Qu'on en prenne note. 

Gravé un jour heureux de l'an Ki-mao, la h^^ année de l'épo- 
nyme de Kouang-sû de la dynastie de Ts'ing, 1879 selon le calen- 
drier hollandais. 

Le propriétaire de Simongan 
Ouï Tsi-siN. 



DE U Slîuiîl M Mil Eî DE LA iî 

MANUSCRIT INÉDIT DU PÈRE A. GAUBIL S. J. 

PUBLIÉ AVEC DES NOTES 

PAR 

HENRI CORDIER *). 

— •* 

Dans le Vol. IV, N°. 1, du T'oung-pao, nous avons déjà donné 
un Mémoire du Père Gaubil, sur la Situation de Ho-lin en Tartarie 
qui était la onzième pièce du second des trois volumes des Manus- 
crits de ce missionnaire, conservés à l'École Sainte-Geneviève. Nous 
puisons à la même source, ce nouveau document inédit qui suit le 
précédent (N°. 12) et comprend 3 feuillets in-folio. H. C. 

t 

Reçu le 25« Sept. 1729. 

Dans l'histoire de l'empereur Houpilay '), on a vu que ce 
prince entreprit d'attaquer le Japon, et que son armée fut deffaitte 
aux Isles de Ping hou ^). 

L'an 1612, le R. P. Charles Spinola ^), illustre par son mar- 
tyre, observa à Nangazaki le commencement d'une éclipse de Lune 



*) Je donne d'après le Houang Ts'ing tche-kong t'ou, ^^ "^ f^ ^ 1^ , 16« 

année K'ien-long ^^-\^:r\^:h^^7J '0 (1761), le Japonais 

2JS H ^ A •=* '"^ Japon^oe :^ g ^ J^ . 



104 HENRI CORDIER. 

à 9 h. 30' ^) du soir *). Le commencement de la même éclipse fut 
observé ^) à Macao par le R. P. Jules Alenj ^) fameux missionnaire, 
à 8 h. 30' du soir. Cette observation est rapportée par Riccioli ') 
dans son Almageste *) et dans sa géographie et astronomie réfor- 
mée ^). Donc Nangazaki est plus oriental que Macao d'une heure, 
ou de 15^ 

Un grand nombre d'observations astronomiques faittes à Canton, 
à Macao, à Peking *"), à Paris et ailleurs, fait voir que Macao est 
plus occidental que Peking de 3° 28' environ, ainsi Nangazaki est 
plus oriental que Peking de 11° 32'. Ou sait que Nangazaki est 
par le 32° 50' de latitude boréale "^*), ainsi on a la situation de 
cette ville par rapport à Peking^ et par rapport aux autres lieux 
dont la distance à Peking est connue ''). 

La situation de l'isle de Tsom-ming ^) '^), et de l'embouchure 
du fleuve Kiang est connue par les observations des RR. PP. de 
Pontaney ''), Noel '*) et autres, et par la carte faitte par les Jé- 
suites '^), ainsi Nangazaki a une position connue par rapport à 
Tsom-ming^ à l'embouchure du Kiang, et autres cotes de Chine 
connues de même par des observations, et par la carte. 

J'ay ici une carte du Japon dressée par le R. P. Briet *") sur 
les mémoires des missionnaires. Cette carte paroit avoir été faitte 
avec exactitude. Dans cette carte on voit que le détroit de Songar*^) *') 
est 13° 40' plus Est que Nangazaki, et un peu au dessous de 40° 
de latitude. Ce détroit court Est et Ouest. Le R. P. Diego Carvaiglo, 
Jésuite portugais '^), passa autre fois ce détroit pour aller à Jesso. 



a) Observ. du 8 Novembre. 

b) Voyez la carte de la Chine. 

c) Il sépare le Japon de Jesso. 



DB LA SITUATION DU JAPON KT DK LA COllir.. 105 

Par ce que dit ") cet illustre martyr on voit 1". que le Japon est 
séparé de Jesso par uu détroit appelle Saugar. 2". que Jesso n'est 
séparé du Japon que de 5 ou lieues espagnoles. 3". que la ville 
de Matamey '"), ou Matsumay est vis à vis Tsougarou, et que par 
conséquent Matsmey n'est qu'à 6 ou 7 lieues du Japon. Ce Père 
est témoin oculaire, il fut lui même à Matamey, et il dit nettement 
que cette ville est sur le détroit, et qu'il y vient des navires mar- 
chants des côtes orientales et occidentales de Jesso passant tous 
par le détroit. 

Dans les Recueils de Mr. Thévenot, on voit la navigation des 
HoUandois l'an 1643 depuis le détroit de Sangar jusques vers le 
49* de latitude le long de la côte orientale de Jesso. Ce que dit 
le Père Carvaiglo ne fait pas assez conuoittre la côte occidentale. 
Les Russiens présentèrent l'an passé une carte aux Grands ïartares. 
Dans cette carte on voyoit Jesso jointe à la Grande Tartarie par 
le Nord. Les Russiens asseurèrent que Jesso leur appartenoit. Je 
ne dis rien ici de cette carte pleine de fautes, on peut la voir 
dans un Atlas imprimé à Nuremberg, l'an 1722. Si je ne me 
trompe, l'auteur est M. Homan dont j'ai vu plusieurs cartes en 
France ^o). 

Par ce qu'ont dit les Jésuites qui ont été au pays de Jesso, 
on ne peut guères doutter que ce grand pays ne fasse un même 
continent avec la grande Tartarie. Les Géographies chinoises con- 
nues ici depuis plus de 1100 ans le disent formellement. Par les 
livres chinois on ne voit pas en quel endroit de Tartarie, Jesso 
lui est contigu, on ne voit pas non plus l'étendue et la situation 



a) Lettre du R. P. Diego Carvaij|;lo insérée dans le livre portugais Imagem tia virtude 
em novitiado de Coimbra. Ce livre est très curieux et édifiant; il a été imprimé à Erora 
l'an 1719. 



106 HENRI CORDlEß. 

des grands Pays que ces mêmes livres chinois représentent au 
Nord-Est, et à l'Est contigus au pays de Jesso qu'ils nomment 
Ma-han, Chin-han. et quelquefois Y-so, C/ie-so, etc. 

Les RR. PP. Régis ^*), Jartoux ^^), Fredeli ^^), jésuites firent en 
1709 la carte de la Tartaric orientale. Il auroit été à souhaitter 
qu'ils eussent pu côtoyer eux mêmes le pays depuis la rivière 
Emouli jusqu'à l'embouchure du Belong Kiang ''*). C'est ce qu'ils 
ne purent faire; ce n'est que sur le rapport d'autrui qu'ils ont 
placé sur la carte cette côte aussi bien que l'isle qui est vis à vis 
l'embouchure du Helong Kiang. Ces PP. furent le long de la ri- 
vière Ousouri ^^), Tondon fut le terme du voyage. Des Chinois et 
Tartares exercés aux mesures et aux Rhumbs de vent furent aux 
côtes de la mer, à l'embouchure du Helong Kiang, passèrent la 
mer et interrogèrent les gens du pays aux environs de l'embou- 
chure du Helong Kiang, et ceux de l'isle où ils furent. C'est sur 
l'examen de ce que dirent ces mesureurs tartares qu'on a mis les 
positions de la côte depuis la rivière Emouli jusqu'à l'embouchure 
du Helong Kiang, des pays depuis Tondon jusqu'à cette embouchure, 
et la position de l'isle. 

Selon le voyage des Hollandais en 1643 ^^), le terme du voyage 
fut vers le 49° de latitude, et 5° à l'est du détroit de Sangar, 
c'est7à-dire à 30° au moins Est de Peking. Les Hollandais furent 
donc bien près de l'isle marquée dans la Carte des Jésuites, et je 
serois assez porté à croire que cette isle est une partie de Jesso. 
Les mesureurs tartares ne firent pas le tour de l'isle, ils n'ont pas 
su en dire le nom, et ils pourraient bien avoir pris pour isle ce 
qui ne l'est pas, ils ne virent ni son terme boréal ni son terme 
austral. Le P. Carvaglo dit qu'à l'occident Jesso est très près d'une 
grande Terre, et il ajoute que les gens de Jesso peuvent voir même 



DB LA SITUATION DU JAPON ET DB LA COSés. 107 

le8 geus et les chevaux de cette gronde terre. Ce que dit le P. 
Carvaglo n'est que sur le rapport des gens de Matsmey et ne 
s'accorde guères avec la carte des Jésuites; il pourroit se faire 
aussi que les mesureurs tartares n'eussent pas fait un rapport 
juste de leurs distances, ou qu'ils ne eussent pas vu exactement 
toutes les côtes. 

Les géographies chinoises disent que l'isle appellee Toujma *') 
Est du royaume du Japon, qu'elle est à 500 Lis au Sud-E3st de la 
Corée, et que c'est la 1^"^*^ isle du Japon qu'on trouve allant de la 
Corée au Japon. Les Chinois parlent ici du bord austral et oriental 
de Corée, c'est ou Tong-tsay ou Ki Tchang ^). Ce que les Chinois 
appellent Toujma est l'isle que le P. Briet appelle dans sa carte 
Yuquinoxima Latitude 34°; et plus occidentale que Nangazaki de 
42' de degré. 

L'auteur du livre appelle Tou-chou-pien ^') étoit un des plus 
savants hommes de son temps, il vivoit sous Van-Li ^'), Empereur 
de la dynastie pansée. Cet auteur ^) rapporte la distance de 500 Lis 
de Touy-ma à la Corée et ces Lis sont de ceux dont 350 font un 
degré de Latitude, du moins il est fort probable que c'est de ceux 
là; car j'ai remarqué que cet auteur employoit souvent cette mesure 
eu usage du temps des Yuen et des Tang. 11 pourroit se faire aussi 
que ces 500 Lis fussent de ceux dont 250 faisoient un degré de 
Latitude, car du temps de la dynastie passée on employoit souvent 
cette mesure. Il est certain que ces 500 lis se rapportent à l'une 
de ces deux mesures. Quoiqu'il en soit, on voit à peu près jus- 
qu'où va le terme austral et oriental de la Corée. On voit que 
sans danger de grande erreur on peut supposer ce point vers le 



a) Voyez la carte de Corée. 

b) Géographie du Japon. 



108 HENRI CORDIER. 

35° (le Latitude, et 1° 30' plus ouest que Nangazaki, c'est-à-dire 
10° 'ù' à l'est de Peking. Voilà une grande correction à faire à la 
Carte de Corée. 

Les points de la Corée dans les endroits ou les Rivières 
Yalou ^^) et Toumen '') se déchargent dans la mer, sont des points 
déterminés par les PP. Jartoux, Régis et Fredeli qui ont été dans 
ces lieux-là, ont observé auprès la latitude et par la méthode des 
Triangles ont estimé la longitude par rapport à Peking. 

La latitude de la capitale de la Corée ^^) fut observée ^) par 
les astronomes de Cobilay ^^) Empereur des Yuen. Ils avaient un 
gnomon de 8 pieds, et ils déterminèrent la latitude de 37° 27'. 
En 1709, des mathématiciens chinois envoyés par l'empereur 
Cam-hi *^) observèrent cette latitude de 37° 39'. Ces Chinois mesu- 
rèrent le chemin depuis l'extrémité Boréale de la Corée jusqu'à la 
Capitale et eurent les mémoires de la Géographie de Corée des 
mandarins du pays; c'est sur ces mémoires qu'on fit la carte de 
Corée dont je vous envoyé une copie. 

Si la Corée avoit l'étendue d'est à ouest qu'on lui donne dans 
cette carte, il est clair que les bords de la mer qui sont à l'occi- 
dent de la capitale concourraient avec les points du Chan-tong qui 
sont vers cette latitude^). En 1711, les PP. Régis et Cardoso'®), 
jésuites, firent avec soin la carte du Chan-tong. Le P. Régis fut 
lui même au bout de la pointe qui est à la latitude de 37° 24' et 
à 6° 44' à l'est de Peking', il ne put apercevoir aucun lieu de Co- 
rée, ni des isles qui sont vers l'embouchure de la rivière Han, on 



à) Dans le Traité sur l'astronomie chinoise, j'ai rapporté cette observation. '*) 

b) Elle iroit même bien près de l'embouchure du Hoang-ho. 

c) Voyez la carte de Corée. 



DB LA SITUATION DU JAPON BT DB LA CORÉB. 109 

lui dit que dans un jour on pouvait se rendre en Corée. De l'em- 
bouchure du Hoang-ho on n'a pu aussi voir la Corée. Puisque la 
position de Nangazaki donne le point oriental de la Corée au 
nord-ouest de Toujma à 10° 2' Est de Peking, la capitale de la 
Corée a été mal estimée à 10° 35' ou 40' Est de Peking et il 
paroit qu'elle est mieux déterminée à 9° Est de Peking, comme 
faisoient les astronomes de la dynastie passée. En Corée on met 
l'embouchure du Hnn 1° 30' plus ouest que la capitale; posé la 
distance des isles Yen-tse et Tsin-pou à la rivière Han, on pourra 
supposer l'isle Yen-tse à un degré environ à l'est de la pointe du 
Chantoug où le Père Régis fut; sur cette correction, on peut voir 
aisément celle qu'on peut faire dans le point austral et occidental 
de la carte de Corée. 

L'isle ou isles que le P. Briet et autres appellent Goto, sont 
appellees Ou-tao c'est-à-dire 5 isles, dans la géographie chinoise. 
On y dit que Ou-tao sont les isles les plus occidentales du Japon 
vers la Chine. — On les représente comme au Sud déclinant vers 
l'ouest de Touyma, on ajoute qu'à 12 ou 15 iieues "') vers l'est de 
Ou-tao est l'isle de Ping-hou. 

Cette isle de Ping-hou est celle où l'armée chinoise et tartare 
fut jettée par la tempête du temps de Cobilay, elle y fut taillée en 
pièces par les Japonais. La géographie chinoise appelle aussi Fey- 
lan, ou Fi-lan, l'isle Ping-hou et il est hors de doutte que c'est 
l'isle de Firando, dont la ville capitale est à 7 ou 8 lieues à l'est 
de la plus boréale des isles de Goto. 



a) Oa exprime en lis cette distance. 



110 HENRI CORDIEB. 



REMARQUES. 

1. Dans la navigation de l'an 1643, rapportée dans Mr. Thé- 
venot, on voit que le détroit de Sangar est marqué à peu près 
à la même latitude qu'elle est marquée dans la carte du P. Briet. 
Ainsi le détroit n'ayant que 5 ou 6 lieues du Nord au Sud, 
et Matsmey étant sur le détroit ^) selon le témoignage du P. 
Carvaiglo, témoin oeculaire, il faut placer Matsmey plusieurs 
minutes au dessus de 40°. Ce père ajoute que Matsmey est 
vis à vis de Tougarou. C'est le nom du pays qui aboutit dans 
le Japon au détroit de Sangar. 

2. Par la géographie chinoise on ne sauroit au juste déterminer 
à quel des deux lieux de Corée, ou Tong-tsay ou Ki-tchang se 
rapporte, la distance de 500 lis à Touy-ma, ainsi je ne saurois 
déterminer au juste à un demi-degré près la situation de Ki- 
tchang par rapport à Nangazaki. 

3. Ceux qui sont au fait sur les observations du commencement 
des éclipses de lune, savent qu'on ne sauroit entièrement compter 
sur la différence en longitude qui résulte de ces observations; 
cette incertitude devient plus grande lorsqu'un des 2 observateurs 
est exercé à distinguer l'ombre de la pénombre et la pénombre 
plus forte de la pénombre moins forte. Du temps du R. P. 
Charles Spinola on n'étoit pas si exercé qu'aujourd'hui à bien 
observer, et on peut supposer que lui et le R. P. Aleni prirent 
pour le vrai moment du commencement de l'éclipsé, ou le vrai 



a) Le P. Carvaglo dit que Matsmey est un port — hum porto na primeira ponfa do 
Reyno de Yesso. 



DB LA SITUATION DU JAPON BT DK LA COR^I. 111 

tDoment que l'ombre commença à obscurcir la lune, ou un 
même degré de pénombre. 

4. Le P. Aleni observa la fin de Téclipse de lune à 11 h. 45'. 
Le P. Spinola n'observa pas cette fin, du moins on ne trouve 
pas cette fin observée. Cette fin fut observée par le P. Scheyner "), 
Jésuite, à Ingolstadt, ville de Bavière, à 5 h. du soir '*). Selon 
cette observation Ingolstadt seroit plus occidental que Macao de 
6 h. 45'. Si on ajoute 13' 56" dont Peking est plus oriental 
que Macao, on aura 6 h. 58' 56" dont Peking est plus oriental 
que Ingolstadt. Cette détermination à peu de chose près est 
conforme à celle qui résulte des meilleures observations des 
satellites de Jupiter faittes à Peking et à Ingolstadt ces années 
passées. En réduisant l'observation de Macao à Nangazaki^ on 
aura la différence des méridiens entre Nangazaki et Ingolstadt. 

5. Linscot '^) met 120 lieues de distance de Nangazaki aux 
côtes orientales de la Chine dont la situation est aujourd'hui 
connue. Par cette distance de 120 lieues M. De Lisle ^^) *) 
prétend mieux établir la longitude de Nangazaki que par l'ob- 
servation de l'éclipsé de lune dont j'ai parlé. La différence qui 
résulte pourroit bien venir de l'erreur de l'estime autant que 
de l'erreur de l'observation, cette différence n'étant pas surtout 
fort grande. Je n'ai pas ici Linscot, et je voudrois savoir de 
quelles côtes de la Chine il parle. Est-ce de l'embouchure du 
Kiang, de l'isle de Tsom-ming, de Nim-po et je voudrois 
savoir encore sur quel routier il rapporte cette distance. 



a) Uicciol. Oeogr. réf. 
) Mémoires de l'Acad., 1720. 



112 HENRI CORDIEK. 

C. Je n'ai encore pu trouver aucun mémoire d'où l'on puisse 

conclure une distance bien exacte des côtes de Corée à celles 
des Provinces de Chau-tong et du Kiaug-nan. En attendant 
quelque chose de meilleur, je crois qu'on doit s'en tenir à la 
carte qu'on voit ici de Corée, mais corrigée par la longitude 
de Nangazaki établie sur l'éclipsé de lune de 1612. Les mé- 
moires des missionnaires donnent dans la carte du P. Briet la 
situation des isles de Gotto, de Firando, et de Tony ma par 
rapport à Nangazaki. La géographie chinoise ne sauroit errer 
de beaucoup sur la situation de Tony ma par rapport à la Corée. 
Cette situation a été ici conBrmée par des Coréans interrogés 
sur ce point. On peut compter sur les positions des embou- 
chures des rivières Ya-lou et Tou-men; de la pointe du Chan- 
tong dont j'ai parlé on n'a pu voir la Corée. Sur tous ces 
principes, on peut se faire une idée asses juste de la situation 
de la Corée. 



DE LA SITUATION UU JAPON KT DK LA COKKK. 113 



NOTES 

l'AR 

HENRI CORDIER. 

1) K'oubilaï, cinquième Grand Khan et premier empereur effectif 
de la dynastie des y\^ Youen en Chine sous les nien-hao de pb Ä^ 
Tchoung T'oung (1260) et de Tchi Youen ^ JC (1264) et \q miao 
hao de Chi Tsou (g: jjîfi . 

2) «L'an 1281 l'entreprise sur le Japon eut encore un plus 
mauvais succès que celle de Soutou sur Gannan. Le Général Argan 
étant mort, Atahay commandoit la flotte. A peine étoit-elle à la 
vue de Pinghou (nom d'une Isle) qu'une violente tempête dissipa 
la flote». (Gaubil, Histoire de Gentchiscan, Paris, m.dcc.xxxix, pp. 
194-195). 

Nous lisons en note: «Je ne sçai où est cette Isle, elle doit 
être bien près du Japon. Car c'est là que les débris de l'armée de 
l'Empire s'étant rassemblés, les Japonois firent 70000 esclaves et 
massacrèrent 30000 hommes. M. Paul, pag. 126 et autres, parlent 
au long de cette expédition. La date marquée dans mon livre de 
M. Paul est fausse». 

Ping Hou est Firando (Hirado, ^ ^ )^ île du Sa-kaï-do, dé- 
pendant de Kiou-siou. — Cf. Titsingh. 

3) Charles Spinola, né à Gènes en 1564, aborda à Nagasaki en 
1602; brûlé vif, 10 Septembre 1622; béatifié, 7 Juillet 1867. 

4) Observation d'une Eclipse de Lune à Nangasaqui en 1612. 
^Mém. de V Académie Roy. des Sciences, T. VII, p. 706). 

5) Résultat de l'observation sur l'Eclipsé de Lune du 8 Novem- 
bre 1612 faite à Macao. (Mérn. de VAcad. des Sciences, T. VII, p. 706). 



114 HENEI CORDIEE. 

6) Giulio Aleni ^ 'H § A^*' Jou-lio, S. J., né à Brescia 
en 1582; arrivé en Chine; f à Pou-tcheou en août 1649. 

7) Jean Baptiste ßiceioli, S. J., né à Ferrare le 17 avril 1598; 
f à Bologne, 25 juin 1671. 

8) Almagestvm. . . Bononiae, 1651, in-folio. 

9) Geographide et Hydrographiae reformatàe iihri duodecim. .... 
Bonauiae, 1661, in-folio. 

10) Peking [Observatoire impérial) latitude 39° 54' 23" N.; long. 
114° 7' 58" E.; Hong-kong [Tour de la Cathédrale) lat. 22° 16' 53" 
N.; long. 111° 49' 16" E. {Connaissance des Temps); Canton (feu 
D.-F.) lat. 23° 6' 35" N.; long. 110° 56' 20" E. — Macao étant à 
rO. de Hongkong, le P. Gaubil s'est donné beaucoup de mal pour 
enfoncer une porte ouverte. 

10*) Nagasaki (douane) 32° 44' 35" lat. N. - 127° 31' 55" long. E. 

11) En réalité la différence entre Peking et Nagasaki n'est pas 
de 11° 32', mais de 13^^ 23' 57". 

12) «L'île de Tsong-ming ^ ^ ou plus exactement Dzong- 
ming, appelée aussi autrefois Kiang-che yX ^ » remonte au com- 
mencement du 8® siècle (705)». Cf. p. 2, VUe de Tsong-ming. . . . 
par le P. Henri ïïavret. . . . Chang-hai, 1892, in-8. 

13) Jean de Fontaney, S. J., né en Bretagne, dans le diocèse 
de Léon, le 17 février 1643; arrivé en Chine 23 juillet 1687; 
f à la Flèche, 16 janvier 1710. 

14) François Noel, né à Hestrud (Nord) le 18 Août 1651; ar- 
rivé en Chine en 1687; t à Lille 17 sept. 1729. 

15) Les PP. de Mailla, Hinderer et Régis. 

16) Philippe Briet, S. J., né à Abbeville le 6 mars 1601; f à 
Paris, 9 déc. 1668. 

17) Tsugaru Seto. 



DB LA SITUATION DU JAPON KT DK LA CORKE. 115 

18) Diego Carvalho, S. J., né à Coimbre en 1578; martyrisé le 
22 février 1624; béatifie 7 juillet 1867. 

19) Matsuraaya :^\ ^ ou Fukuyaraa jjjg (Jj Oshima (Hokkaido) 
est bien sur le bord de la mer. 

20) Johann Baptist Homaan. — Atlas Novus Terrarum Imperia, 
Régna et Status exactis tabulis geographicè demonstrans, in-fol. 

21) Jean-Baptiste Régis, S. J., né à Istres près d'Aix (Bouches- 
du-Rhône) 2 janvier 1664; f à Peking, 24 nov. 1738. 

22) Pierre Jartoux, S. J., né à Embrun, 2 août 1669; f à Pe- 
king, 30 nov. 1720. 

23) Ehrenbert Xavier Fridelli, S. J., né à Lintz 11 mars 1673; 
f à Peking, 4 juin 1743. 

24) He-loung Kiang ,^ ^f /X» le fleuve Amour. 

25) Ousouri j^ ^ M- 

26) Voyage de Maarten Gerritsz. Vries sur le vaisseau Castricum. 

27) Tsu shima *^ -^ dans le détroit de Corée. 

28) T'ou chou pien ^^ ^ j|J^ . 

29) Période Wan Li :^ ^ (1573-1620). 

30) Le Ya-lou kiang ^^ ^ yX > coréen Ap rok, sépare la pro- 
vince coréenne de Hpyeng-an to ^ ^ ^^ des provinces mand- 
chouriennes. 

31) Le Tou-men kiang ^ y^ )^, sépare les possessions russes 
de la province coréenne de Ham-kyeng ta ^ ^^• 

32) La capitale de la Corée Seoul ou Han-yang ^ ^ près de 
la rivière Han j^ dans la province de Kyeng-keui to ^ ^ ^ . 

33) Cobilay = K'oubilaï, voir suprâ. — Dynastie des Youen 

34) Histoire de V Astronomie chinoise, voir col. 686 — 687 de la 
Bih. Sinica. 

35) K'ang Hi j^ lôli . 



116 HENRI COllDIBR, DE LA SITUATION DU JAPON ET DE LA COREE. 

36) Frauçois-Jeau Cardoso, S. J., né en 1676; arrivé en Chine 
en 1710; t à Peking 14 août 1723. 

37) Christophe Scheiner, S. J., né à Wald, près Mindelheiiu, 
25 juillet 1575; f à Neiss (Silésie) 18 juillet 1650. 

38) Jan Huygen van Linschoten. 

39) Guillaume De Lisle, né à Paris 28 février 1675; f 25 jan- 
vier 1726; Membre de l'Académie des Sciences (1702). 



MÉLANGES. 



* ♦ » 



Zu den köktürkisclieii Iiischrüteii 



W. BANG. 



Auf deu folgenden Seiten gebe ich im Anschluss an die jüngst 
erschienene »Neue Folge" von Radloff's Alttürkischen Inschriften 
der Mongolei einige weitere Beiträge zur Erklärung dieser Inschrif- 
ten. Mau wird daraus ersehn, dass ich Radloff's Arbeit auf das 
Sorgfältigste geprüft und mir einen guten Theil ihrer Resultate 
angeeignet habe. Radloff's jetzige Behandlung der ungemein schwie- 
rigen Inschrift I S bedeutet einen ganz gewaltigen Fortschritt gegeu 
seine frühere Auffassung derselben, wie sie auf pp. 446—447 des 
älteren Werkes vorliegt. Dass ich diese neueste Übersetzung nicht 
en bloc angenommen habe, wird Niemanden wundern, der sich von 
der Vieldeutigkeit, etymologischen Unklarheit und den sonstigen 
Schwierigkeiten, die uns auf Schritt und Tritt bei der Erklärung 
dieser Inschrift hemmen, selbst überzeugt hat. Der Steppenwind 
wird noch manchen Tag über diese kaum entdeckten Steine hin- 
streichen, ehe wir mit gutem Gewissen behaupten können, voll- 
ständig in ihr Verständniss eingedrungen zu sein. 



118 MÉLANGES. 

Bereits an anderer Stelle babe icb gesagt, dass, wenn aucb der 
linguistische Wert dieser Texte schon jetzt ganz ausser Frage steht, 
er doch nur erst dann ganz gewürdigt werden könne, wenn wir 
aie bis in die kleinsten Détails werden verstauden haben. Da dieser 
Zeitpunkt bis jetzt nicht gekommen ist, so muss ich gewisse Theile 
des syntactischen Abrisses, den Radloff auf pp. 98 ff. veröffent- 
licbt hat, für verfrüht halten, so dankbar andere Theile auch sein 
mögen; denn es ist doch selbstverständlich, dass, wenn eine Inter- 
pretation Radloff's beanstandet werden muss, auch die aus seiner 
Auffassung abstrahierte syntactische Regel zu verwerfen ist. 

Auch an anderen Punkten, wo über die materielle Erklärung 
keine Meinungsverschiedenheit herrscht, kann ich Radloff nicht 
immer zustimmen. So z.B. wenn Radloff auf S. 99 sagt: »»Es 
können sogar mehrere solcher Ortsbestimmungen vor ein Substanti- 
vum treten, z.B. jasyl ügüz Sandun jazy »grün-Fluss-Schandung- 
Ebene = die Ebene Schändung des grünen Flusses". Solche Zu- 
sammenstellungen sind fast wie zusammengesetzte Wörter zu be- 
trachten, deren erster Theil in ganz verschiedenen Beziehungen 
zum letzten stehen kann, z.B. äl tutsyk jär » Stammgemeinschaft- 
Regierens- Land, d. h. das Land, wo die Stammgemeinschaft regiert 
wurde"; CaeaSänün säkiz tümän birlä sönüstüm »ich kämpfte mit 
dem Tschatscha-Sängün-achtzig-Tausend, d. h. ich kämpfte mit den 
achtzig Tausend, die unter der Anführung des Tschatscha-Sängün 
standen"; Tabgai Uhtutuk has tümän sü kälti »es kam Chinesen- 
üngtutuk-fünf-zehntausend-Heer, d. h. es kam ein chinesisches Heer 
von fünfzigtausend Manu unter der Führung des üngtutuk". Sol- 
che appositionel angereihte Zusammenstellung von Begriffen kennt 
keine der heutigen Türksprachen" ". 

Von appositioneller Anreihung kann höchstens in Sandun jazy 
und sicher nur in dem von Radloff zwei Zeilen weiter citirten 
akatiym kagan etc. die Rede sein. Sonst ist das Verhältniss nicht 



HKLANÜES. 119 

eiu appositiouelles soudera ein genitivisches, so dasH also der Satz 
Tabgaê Untutuk häi tümän sü kälti wörtlich bedeutet: »es kam ein 
Heer vou 50,000 Mann des Untutuk der Chineseu", oder allenfalls 
»des chinesischen Untutuk"; äl tntaak jär - »das Land des Regie- 
rens der Äle", wo uns jedoch nichts hindert, äl als den von tut 
geforderten Accusatif aufzufassen. 

Radloff fährt dann fort: »Dass solche nur räumlich zusammen- 
gestellte Worthäufungen als ein Ganzes aufgefasst werden, beweist 
uns der Umstand, dass, wenn an dieselben eiu Affix tritt, dieses 
nur an das letzte Wort gehängt wird, z.B. Tabgai kaganka^ Artis 
ügüzüg, Jahyl ügüz Sanduti jazyka akanym kaganka " 

Diese Bemerkung kann höchstens bei dem letzten Beispiel Sinn 
haben, denn dass man für Tabgaë kaganka nie und nirgends Tabgai- 
ka kagan-ka sagen kann, leuchtet ein, denn dieses würde nur »zu 
den Chinesen, zu dem Khan", nicht aber »zum Khan der Chinesen" 
oder »zum chinesischen Khan" bedeuten können; und wollte man 
an Ärti^ das Accusatif-Suffix fügen, so würde es so aussehn, als ob 
Artis und ügüz zwei ganz verschiedene Dinge wären. Folgt auf 
einen Eigennamen ein Begriff, wie »Stadt, Pluss, Khan" als Ap- 
position, so nimmt doch auch heute noch nur letzterer das Suffix 
an: Kaskar sähärldä (= sähär-l-dä) »nach der Stadt Kaschgar", 
Xitai Mrigtdin »des Chinesen Heeres, vom Chinesen Heer", San- 
Pun Xannin »des Kaisers Schän Puug" {Kaskar steht hier im 
Genitiv; cf. 7). 

Der einzige Unterschied, der m. E. (cf. auch Radloff, p. 101) 
zwischen dem Köktürkischen und den neueren Dialecten besteht, 
ist der, dass ersteres sich zum Ausdruck des Genitiv-Verhältnisses 
mit der Stellung rectum regens begnügen kann (aber nicht immer 
begnügt), während letztere dasselbe bezeichnen, ja doppelt bezeich- 
nen: Pârllârniù padiMßniü Hüllükar däp hir kizi = Peri-der 
Herren-des Hüllükar genannte eine Tochter-seine = die Tochter 



120 MÉLANGKS. 

des Herrn der Peri, genannt HüUükar. Es liegt also nach meiner 
Ansicht kein essentieller Unterschied zwischen kokt, kagan at, ka- 
ganyn hädizU und Türh budun at-y vor. Ich musste dies meiner 
Auffassung von ot sub veegen bemerken *). 



IE 2—3 äkin ara idi oksyz Kök Turk etc. 

T.-P, VII, p. 331 ff. habe ich diese Stelle besprochen und vor- 
geschlagen, durch »die (früher) herren- und hordenlosen Kök Turk" 
zu übersetzen. 

Radloff, der uksyz liest, übersetzt jetzt »...lebten nun die 
keine herrschenden adligen Geschlechter habenden blauen Türken 
eine lange Zeit (in Frieden)". Im Glossar s. v. idi giebt er dann 



1) Den Satz von der »phae/iomenalen" Constanz der türkischen Sprachen, der sich 
bei der Entzifferung der köktürkischen Denkmäler so glänzend bestätigt hat, unterschreibe 
ich als einer der ersten; auch habe ich nichts dagegen, wenn Radloff die Sprache dieser 
Denkmäler in sein System der türkischen Idiome einreiht: ich beanspruche aber auch 
meinerseits das Recht, sei es gewisse Formen und Construetionen, sei es gewisse Wurzeln 
— 80 weit dies heute schon thunlich ist — vom Standpunkt der allgemeinen altaischen 
Grammatik beleuchten zu dürfen. Und diese lehrt uns, dass ein Mandschu hecen niyalma 
«Mensch der Hauptstadt", trotz des Mangels einer äusseren Bezeichnung, vollkommen mit 
hecen-i nii/alma identisch ist. 

Ih anderen Fällen muss ich auf die einsichtsvolle Billigkeit meiner Mitforscher rech- 
nen, denn bis heute steht die altaische Grammatik noch nicht auf der Höhe der indoger- 
manischen: wenn ich daher zu kokt, hök (cf. unten zu bökli) gewisse Formen des Mand- 
schu oder Mongolischen vergleiche, so bitte ich, sich daran erinnern zu wollen, dass auch 
BöHTiiiNGK zu jak. bögö einerseits mong. beki, mand. beki und anderseits mong. büke ver- 
glichen hat, ja, dass man auch mand. bokirskön «erstarrt, steif" oder boksokon »schön, 
stattlich" heranziehen könnte. Mit anderen Worten: wir wissen bis heute noch nicht mit 
aller Bestimmtheit, wie mand. beki und buku sich zu dem kokt, bök Laut für Laut ver- 
halten. 

Wenn ich ferner z.B. die Formen aramakiy, arap und araturijp auf ein kokt, ara 
zurückführe und mit dieser Wurzel gewisse jakutische und mongolische Bildungen verglei- 
che, so halte ich dies für ebenso berechtigt, als die Angabe: »armakiy^ der Zauberer", 
wobei wir statt m ein b erwarten müssten etc. Wer sagt uns denn, dass dieses ara mit 
dem allgemein türkischen ara »zwischen, intervalle, interruption" nicht identisch und dass 
von ihm nicht das von Thomsen angezogene osm. aramak »chercher, rechercher" gebildet 
ist? Vergl. meine Bemerkungen über san etc. »scheiden, trennen, untersuchen etc." im 
T'oung Pao, II, pp. 219 ff. 



MÉLANOBS. 121 

an : »das Herren-Geschlecht, der Adel"; er fasst also wohl idi als 
Génitif, abhängig von uk. 

Da uns auf Schritt und Tritt in den Inschriften die Tarkan, 
Bäge, Schad begegnen und ausserdem in Z. 3 gleich von den Bilgen 
und Bujuruk des in Frage stehenden Khans gesprochen wird, so 
ist Radlofi-'s Interpretation von idi ukayz unhaltbar. Barthold's 
Ausführungen über die Demokratie der Khane oder wenigstens 
Bilgä Khans ') sind zwar sehr schön, sie entsprechen aber keines- 
wegs der Wirklichkeit — eben aus den oben angeführten Gründen. 
All die Chargen, die links und rechts vom Throne stehu, sind ent- 
weder Verwandte des Khans oder Adelige. 

Ich bleibe demnach bei meiner Auffassung: »die (bisher, bis 
jetzt, früher) herren- und hordenlosen Turk", d. h. »die Turk, die 
vor der Zeit meines Vorfahrs ohne Khan lebten und nicht organi- 
sirt waren". 



1) In der Chinesischen Geschichte heisst der Bruder des Kûl Tägia p^ d|q| 3ffl 
Mik-kik-lien (Schlegel, Stèle funéraire, p. 39). Wenn wir damit die chin Wiedergabe des 
kokt, tägiu = fik-k'in und kutlug = kut-tut-iuk vergleichen, so kann mik-kik für mik, 
mäk, mag (mig) stehn. Der Character sS lien erscheint in Gjrube's Juien-chinea. Olouar 
n°. 733 in wûh-hûh-phh-liéu »bekannt machen"; zum Radical vergleiche ich mong. ukhamui 
«concevoir, comprendre", ukhagholkhu »faire comprendre, instruire, enseigner, expliquer 
[vergl. ukhagholkhu dzarlik »manifeste (de l'empereur)" a.s.w.]; das Suffix pkk-liém, das 
noch in N*" 473, 384, 766 vorliegt, entspricht offenbar dem mandschu -hure, -burenggeàts 
Factitif und ist wohl als -huren anzusetzen. Somit entspräche die chines. Transcription 
Mik-kik-lien etwa einem mägrän; sollte dies nicht aus märgün, einem bekannten türk.- 
mongol. Eigennamen, entstanden sein? Das mong. mergen bezeichnet besonders einen guten 
Bogenschützen; sonst hat es die Bedeutungen: «habile, sase, savant etc." — entspricht 
also dem kokt. hilgä\ Vergl. mand. mergen »weise, king, einsichtig". 

Obwohl IIadloff in dem die Umstellung von Consonanten behandelnden § 451 sei- 
ner Phonetik die Umstellung von rg || gr nicht ausdrücklich behandelt, glaube ich doch an- 
nehmen zu dürfen, dass im letzten Grunde dieses mägrän für märgän steht ; vergl. den 
Völkernameu märgäd (plur. von märgän) bei Sanang Setsen (Schmidt, p. 881), der sonst 
als Mekrins, Mekrit Merkit erscheint (Howobth, Hiat. of the Mongol», I, pp. 694, 699, 
711 etc); ferner den Namen des Berges Bukratu Btuluk bei Raschid eddin (Salemann 
bei Radloff, Transcr. Kudat. Bil. p. xxv, Schmidt, Forschungen p. 281) und Abalgazy 
(Saxemann, l. c. p. xxxTiii), dagegen Burkhan, Burkhatu bei Sanang Setsen und im Übet. 
Text der Inschrift von Tsaghan Baisiû (bei Huth, p. 21, Z. 85). 



122 MÉLANGES. 

Dasselbe gilt von I S 4 jag idi jok ärmis, wo Rädloff jetzt 
durch »gab es keinen mächtigen Adel" übersetzen will, während 
doch I S 1 eine ganz erkleckliche Anzahl adliger Herrn aufführt. 
Damit fällt aber auch Radloff's Interpretation des folgenden äl 
tutsyk {°sak) jär Ütükän jys ärmis. Und wäre der Khan ein so 
überzeugter Democrat gewesen, wie ihn Bartholü uns schildert, 
so wäre das epitheton jag »gut", das Radloff zwar durch »mächtig" 
übersetzt, gar wenig am Platz gewesen. 

I E 7 Tabgaè budiinka bäglik ury oglyn kul holdy. 

Die Übersetzung und Erklärung, die Radloff jetzt von oglyn 
- »mit ihren .... Söhnen" giebt, kann sehr wohl neben der mei- 
nigen bestehn; Radloffs Bemerkung gegen meine Auffassung von 
oglyn (pp. 67 — 68) ist jedoch nicht stichhaltig, denn der Complex 
OGLN konnte und kann in der That für oglan stehn; eine volle 
Schreibung OGLUN hat neben BÄölN = bäiin nichts auffallendes. 
Dass im Duplicat die aktivische Wendung »sie machten ihre Söhne 
etc, zu Sclaven" vorliegt, scheint mir eher für meine Auffassung 
zu sprechen. Vielleicht hat gerade der Umstand, dass oglyn »der 
Sohn" mit ogl-yn »mit dem Sohn" verwechselt werden konnte, den 
Verfasser von II E veranlasst, die Änderung vor zu nehmen; auch 
setzt oglyt geradezu oglyn voraus. 

Ich gestehe gern zu, dass die Bildungen wie tarkan — tarkat 
in einem türkischen Idiom ziemlich auffallend sind; in den urali- 
schen Sprachen, sowie im Mongolischen etc., finden sie sich überall. 
Die Frage ist, ob wir sie nicht auch anderweitig nachweisen kön- 
nen. Wenn z.B. das jakutische uolan im Plural uolaUar lautet, so 
kann diese Form auf uolan — uolat -\- lar zurückgehn, denn n -\- lar 
würde doch eher als nnar erscheinen *); cf. den Comitativ, bei 



1) So im Mongolischen, wo das bei Böhtlingk, § 388, erwähnte SuflBx nar auf 
1» — nar, n -\- lar zurückgeht. 



MéLANOBS. 123 

BöHTLiNGK, p. 260. BöHTLiNOK selbst (cf. Radl., Phon. p. 236) 
giebt allerdings eine ganz andere Erklärung (cf. pp. 174, 189, 255) '). 
Sollte (las bei Böhtunqk, p. 255, erwähnte kyrgyttar, Plural von 
ki/Zy nicht für kyz + gyn, gyt -f- lar stehn und in gyn das kokt, gün 
in iniji-gün, kälmün = kälin -\- gün stecken? Das bei Böhtunok, p. 
199, § 225, erwähnte kütüöt neben kutüö möchte ich ebenfalls für 
einen erstarrten Plural halten. 

I E 8 : ilgärü kün toguhjkda ßökli-Kagan etc. 
Zu meiner Auffassung dieser Stelle, der sich Radloff anschliesst, 
stimmt IE 4: önrä kün togusykda Bökli-iöl, das ich jetzt ganz wie 
Radloff verstehe: es gab also nicht nur ein Bökli-Gebirge, sondern 
auch eine Bökli-Sieppe. Damit wird die Identificirung wohl erleich- 
tert; im Mongol, entsprechen: büke »force, fort, robuste", bükelik 
»fort, dur", bükü »fort, robuste, tont", büküli »tout, entier", im 
Maudschu ouäm »stark, kräftig" (cf. Nachtrag unten p. 143). 

IE 11: tätlri töpäsindä tutyp. 
Gegen Radloff's neuste Auffassung dieser, Stelle »daher fasste 
der Himmel meinen Vater etc. beim Scheitel (Schöpfe)" lässt sich 
nur einwenden, dass das vom Khau gebrauchte Bild sonderbar und 
die Stellung des Subjects tänri vor töpäsindä auffallend wäre 
(cf. N. F. p. 129). 



1) Während ärkin den Plural ärkinnär bildet, finden wir von tojon den Plural tojoi- 
tor; vergl. kyn — kynnar, kyëau — kyiamiar, kölötän — kölötünnär, ünäkän — tmäkäunär, 
umsan — umtantiar; ojun — ojuitar, tüökiin — tüöküttar\ kögön »Enterich" bildet ioyi>MMt>r 
und kögottör, balagan »Jurte" balagannar und balagattar. Ich bin also geneigt, den in 
diesen Formen vorliegenden Wechsel von nn und tt auf organische Gründe zurückzuführen, 
während derselbe Wechsel in töttor neben lönnör (= tö»-\- (ör, vergl. seldz. dön, cuman. 
tun — dt = töndi) nur durch eine verschiedene Richtung der Assimilation verursacht ist. 
Im Mongolischen wird die /-Form fast ausschliesslich bei lebenden Wesen gebraucht ; das 
stimmt zu den oben dargelegten jakut. Formen und zum Köktürkischen; allerdings findet 
sich, wie oben balagattar, im Mong. auch oron — Orot .Länder", u. drgl., und äbäsüm — 
äbäsüt »Pflanzen" etc. 



124 MÉLANGES. 

IE 13 jäti jüz är bolyp, älsirmis hagansyrmys budunyg etc. 

Radloff übersetzt jetzt »das sich selbstständig als Stammgenos- 
senschaft und Chane gerireude Volk" ist aber selbst gezwungen 
dies dahin zu erläutern: »[das ihre {sie) Stammgemeinschaft aufge- 
löst habende und seine Chane vernichtet habende Volk]". Dadurch 
giebt er der Stelle die Erklärung, die ich T.-P, VIT, p. 338 ff. ge- 
fordert habe. 

Radloff's Auffassung bleibt trotzdem unmöglich, denn sein älsirä, 
kagansyra kann nur heissen »sich als AI, Khan geriren" — diese 
Bedeutung würde aber nicht zum Context passen, denn wir erfah- 
ren, dass die Tiirk, weit davon entfernt, sich selbständig als Stamm- 
genossenschaft und Khane aufzuspielen, sich in chinesische Bot- 
mässigkeit begaben und ihre törü auflösten. Wie Radloff seine 
neuste Übersetzung mit IE 6 ä/m t/^^^/nu t/^mt/s in Einklang bringt, 
entgeht mir. Behalten wir dagegen Thomsens Erklärung von älsir 
aus äl -f- siz bei, so ist Alles in der schönsten Ordnung *). 

I E 27 ania kazganyp bärki budunyg ot sub kylmadym. 

T.-P, VII, p. 355 habe ich dies übersetzt: »und als wir in der 
Art Erwerbungen gemacht, habe ich die mir ergebenen Völker 
nicht bedrückt". 

Thomsbn (note 35) übersetzt wörtlich: »je n'en ai pas fait le 
feu et l'eau" und fügt hinzu: »je n'ai pas provoqué le mécontente- 
ment, je ne les ai pas rendus mécontents,, hostiles, soit mutuelle- 
ment, soit à mon égard?" 



1) An und für sich hätte ich gegen Radloff's Auffassung von uruysyrt in I E 10 
nichts einzuwenden, denn asra {azrd) wird in der That so gebraucht, wie Radloff will: 
Proben, II, p. 700 »Ich bin selbst ein grosser Fürst gewesen, drei Jahre mich bekämpfend, 
hat mich der Alyp Kan besiegt, meine Kraft konnte er nicht vernichten, hierher hat er 
mich gebracht, hat mich gestempelt und ernährt mich jetzt". Ich würde aber auf jeden Fall 
uru — sijn oder urug — yn d. h. das Substantif mit dem Accnsat.-Suff. der 3'^° Person er- 
warten; auf die Schwierigkeit azra — asra hat schon Thomsen hingewiesen. 



VÊLANGES. 125 

Radloff übersetzte zuerst »bedrückt" (p. 17), dann »ausgesogen" 
(p. 442) und jetzt (N. F. p. 137): »bei diesen Eroberungen habe 
ich die einzelnen Völker nicht in Gegensatz (wörtl. Feuer und 
Wasser) gebracht". 

Radi.offs und Thomskns Übersetzungen beruhen auf der Annahme, 
dass ot sub coordoniert sind und von kylma abhängen: ich habe 
(die Völker) nicht zu Feuer und Wasser gemacht. Gegen diese An- 
sicht läset sich von Seiten der Grammatik kein Einspruch erheben, 
denn ot, könnte sehr wohl Accusatif sein und kyl wird in der That 
so construiert: II E. 7. oglyn kul kylly, II S. 7. alp ärin ölürip bal- 
bal kylu bärtim. Ich lasse denn auch sub von kyl wie in diesen 
Beispielen abhängen, coordoniere jedoch ot nicht zu diesem sub^ 
sondern halte es für (uubezeichueten) Génitif. 

Zu dieser Annahme werde ich durch den Context unserer Stelle 
gezwungen. Der Khan sagt uns: »ich habe Tag und Nacht mit 
Kül Tägin und den beiden Schad an der Errichtung des türkischen 
Reichs gearbeitet und habe keine Mühen gescheut, die Äle, die sich 
bei dem Tode meines Onkels zerstreut hatten, wieder zu vereinigen". 
Was soll nun hier Radloff's »ich habe sie nicht in Gegensatz ge- 
bracht" bedeuten? Dass ein Fürst, der mit schwerer Mühe ein Volk 
geeinigt hat, die verschiedenen Theile desselben nicht in Gegensati 
bringen wird, ist so selbstverständlich, dass die Erwähnung eines 
solchen Verhaltens von vornherein ausgeschlossen erscheint. 

Ich übersetze also: ich machte das Volk nicht zum Wasser des 
Feuers, zum Wasser meines Feuers etc. und füge zur näheren Er- 
klärung hinzu, dass ot zum Ausdruck glühender, brennender Seelen- 
zustände, wie Kummer, Schmerz, Wut, Zorn a.s.w. gebraucht wird *); 



1) Im Osman, ist ^^| fast ganz durch ^'I verdrängt worden, welches im Per». 
schon die übertragenen Bedeutungen von (^ | [Vullbrs: jij'j »ira"] hatte: «ardeur, 
vivacité, passion"; cf. auch ^i)»^^ jCLLiJ" î «mettre en colère", ^ßj\ mit olmak .s'irriter 
fort" und andere Ableitungen. In der von mir geforderten Bedeutung liegt of vor: z.B. in 

9 



126 MELANGES. 

8uh ist dann das natürliche Dämpfuugs- oder Linderungs-Mittel '): 

ich habe das Volk nicht zum Lindern ugsraittel meines Zoru's 

gemacht, habe es meinen Schmerz, Zorn über sein schmähliches 
Verhalten gegen meinen Vorgänger nicht fühlen lassen. 

Im Kud. Bil. kommt bei Vambery p. 106 (cf. Radloff, Transcr. 
p. 68, Z. 6) ein Vers vor: okib oklika herdi otsuh erik; hier sind 
erik und sub coordinierte Accusative: er gab ihm Stärke und aus- 
serdem Wasser des Feuers, Wasser auf das Feuer seines Schmerzes 
über den Tod seines Vaters (= Trost; cf. auch Thomsen, note 35) *). 

I S. 8. aèsar tosak ömäzsän 

bir todsar aisak ömäzsän 

Süds. p. 15 habe ich dies übersetzt: »Wenn hungrig, rühmst 
Du nicht das Sattsein, wenn einmal satt, rühmst Du nicht das 
Hungrigsein" und vorgeschlagen darin eine sprichwörtliche Redens- 
art zur Bezeichnung der Zufriedenheit, Anspruchslosigkeit etc. zu 
sehn; ö-mäz-sän habe ich zweifelnd mit uig., cag. ögmek verglichen 
und auf p. 11 gesagt: »Meine Zweifel betreffen hauptsächlich die 
Form, da nicht abzusehn, warum uigur. ög im Köktürkischen ö sein 

sollte. Oder ist hier ö-g zu trennen und hat sich die kurze 

Form im Köktürkischen, die erweiterte dagegen im Uigurischen etc. 
erhalten?" 

Radloff (N. F. p. 152) schliesst sich meiner Ansicht im Gros- 
sen und Ganzen an und übersetzt: »(und ein Sprichwort sagt:) 
hungrig seiend verstehst Du das Sattsein nicht, einmal satt seiend, 



Proben, III, p. 502, n°. 326; p. 520. n°. 418, n°. 2; p. 138, Vers 98 fif. Im Glossar zu 
seinen Cag. Spr. giebt Vamuéhï für oi geradezu »Zorn" an; cf. auch im Text, pp. 100, 
101, 102, 106, 138; hier .Liebesschmerz", wie z.B. in Proben, VI, pp. 207, 208, 209. 

n cf. den wundervollen Gegensatz von oc und sub im K.udatku Bilik, Vambéby, p. 
117, n". 38, Radloff, l c. p. 92, Z. 13. 

2) In II E 36 liegt eine sehr ähnliche Stelle vor; die finnische Ausgabe giebt vor 
kylmadym noch einige unverständliche Zeichen, die Thomsen und Kadloff weglassen ; 
sollte dort ot sah gestanden haben P 



MÉLAWGÏ». 127 

verstehst Du das Huugrigsein nicht*'. Damit soll dann die »Unhe- 
ständigkeit" der Türken gekennzeichnet werden. Zur Erkliirung von 
ömäzsän dient dann N. F. p. 88, wo Radlofp einfach einen Stamm 
ö annimmt, aus welchem ög in ögsiz etc. gebildet sein soll. Es ist 
dies eine in hohem Grade doppelschneidige Waffe; denn wenn der 
beste Kenner türkischer Dialecte sich gestattet, zu uig. ög ein kokt. 
ö anzusetzen, und zwar lediglich auf Grund von ömäzsän und öjür 
in I S 5, so kann er mir das Recht nicht versagen, ihm zu folgen 
und zu uig,, öag. ögmek »loben, preisen" ein kokt, ö mit derselben 
Bedeutung zu construiren. 

Bis hierher würden also beide Erklärungen als gleichwertig 
neben einander stehn; die Frage ist jetzt, ob Radloff's tiberset- 
zung aus inneren Gründen den Vorzug vor der meinigen verdient. 
Ich glaube nicht; denn trotz des besten Willens ist es mir unmög- 
lich, mit Radloff's Übersetzung einen klaren Gedanken zu verbin- 
den. Ich sollte doch denken, dass ein Hungriger sehr wohl das 
Sattsein versteht oder es zu würdigen weiss (Radloff, N. F. p. 119); 
ein Satter aber, vorausgesetzt dass er einmal wirklichen Hunger 
verspürt hat, wird auch ihn »verstehn" und mit nicht gerade 
angenehmen Gedanken au ihn zurückdenken. Wie nun vollends 
dieses » Nichtverstehn des Hungers u.s.w." die »Unbeständigkeit" 
des Turk- Volkes bezeichnen soll, entgeht mir gänzlich. 

Bei meiner Auffassung sagt der Khan: Ihr, meine Turk, ertragt 
den Hunger ohne Murren ') und wenn ihr satt seid, dann denkt 
ihr; »nun, desto besser", und stellt keine unnützen Betrachtungen 
über die mancherlei Vorteile eines nicht zu vollen Magens an. 



1) Das gerade Gegentheil finde ich im Kud. Sil. bei Vahbéry, p, 130: 

kara kamt totsa, tili bai sirer 

basa totmaaa, bek öze berk surer 
was Vambéry übersetzte: Wenn der Gemeine sich sättigt, legt seine Zunge sich, wenn er 
aber sich nicht sättigt, zieht er stark auf den Fürsten los (cf. KADLorr's Transeriptio» das 
Kud. Bil. p. 145, Z. lô und Note). 



128 Helanôbs. 

I ;!^^.xXiîf ^^S cf. ZDMG, 44, p. 216, 75]. Und das ist ein Zeiclien, 
dass ihr mit Allem zufrieden seid '). 

ÜWAROWSKIJ sagt von den Jakuten (bei Böhtlingk, Te.^•^, p. 64): 
Des Jakuten muthiges Ertragen der Noth sucht seines Gleichen; 
beschwerliche Arbeit zu verrichten und dabei zwei bis drei Tage 
nicht zu essen, will bei ihm nichts sagen] wenn er während drei 
Monaten nur vom Genuss von Wasser und Fichteorinde lebt, so 
ist er der Meinung, dass es so sein müsse etc. 

Dieses geduldige Ertragen des Hungers und sonstiger Beschwer- 
den hat die Türken von jeher ausgezeichnet und zum grossen Theil 
ihre hervorragenden militärischen Erfolge ermöglicht. Sehr glficklich 
hat Radloff den vor dem ersten aësar stehenden Complex tokrkksn 
als tok aryk-ok-sän gelesen. Wir dürfen dies wohl durch »(Turk 
Volk) Du bist bald voll bald mager" übersetzen und auf das Äus- 
sere der nomadisierenden Turk im Sommer resp. Winter beziehen. 
Die Annahme, dass aèsar tosak ömäzsän eine sprichwörtliche Rede- 
wendung enthalte, wird damit unnötig. 

I S 3 o/ etc. 

Radlopf liest die ganze Stelle: ol maty ajyg jok Turk kagati 
lltükän jys olnrsar ältä bun jok ilgärü Sandun jazyka tägi sülädim 
etc. Er übersetzt jetzt: »Ich bin von der Stammgemeinschaft (a7-<ä), 
die der Türken Khan, der jene tref&iche Schlauheit nicht besitzt 
{ajyg jok), im Ütükän beherrscht {Üt. jys olursar), sehr weit {bun- jok 
= grenzenlos) nach Vorn (Osten) bis zur Ebene Schändung gezo- 
gen etc." 

Ich habe schon Süds. p. 5 Aum. 1 gesagt, dass es sehr unwahr- 
scheinlich ist, dass ol sich auf maty ajyg bezieht. Radloff giebt 



1) Proben, VI, p, 4, n*. 45 : as kalmaginèa ainin kaderîm bilmäs, »bis man gehun- 
gert, kennt man den Werth der Speise nicht!" Die Turk kannten ihn nur zu gut, denn 
es heisst aisar etc. und in I E 26: icra asstfz .... budunda Özä olurt^nn 



MÉLANOiCS. 129 

jetzt im Glossar s. v. maiy eiae Etymologie dieses vou ihm durch 
»trefflich" übersetzten Wortes: aus dem ganzen Tenor von IS geht 
aber hervor, dass ajyg in den Augen des Khans etwas Schlechtes 
ist ') (Radloff selbst übersetzt ja kydmaz ärmü durch »ihr schlech- 
ter Einfluss erstreckte sich nicht"), maty kann sich also entweder 
nicht auf ajyg beziehen oder aber es hat nicht die Bedeutung 
»trefflich". Ein ähnlicher logischer Fehler liegt in Radloff's Über- 
setzung von hun jok ilgärü Sandun jazyka tagt sülädim vor, denn 
erst soll hun jok »ohne Grenzen, grenzenlos, sehr weit" bedeuten, 
und dann wird doch gleich der Grenzpunkt, bis zu dem der Khan 
vorgedrungen, angegeben. Statt olur würde ich für »herrschen" 
etwa tut erwarten. 

Ich bin im Ganzen zu einer anderen AufiFassung dieser schwie- 
rigen Stelle gekommen, hauptsächlich auf Grund einer ständigen 
Vergleichung mit dem sonstigen Inhalt von I, als dessen kurze 
Recapitulation I S gelten kann. Zunächst hat olur, olurt mit kagan 
vereinigt die Bedeutung von »Khan werden", »zum Khan machen". 
Ich übersetze also auch an dieser Stelle so, und beziehe die Thä- 
tigkeit auf den redenden Khan (cf. sülädim):' étant devenu khan, 
j'ai fait des expéditions etc. ^). 

Da nun ajyg im weiteren Verlauf unserer Inschrift als im Be- 
sitz der Chinesen befindlich dargestellt wird, so halte ich jetzt 
Turk für das unmittelbar zu ajyg jok gehörende Substantif (und 
nicht etwa den Khan, wie Radloff will); demnach muss Turk von 
kagan abhängiger Génitif sein: als ich Khan über die Turk gewor- 



1) Der Gegensatz zu ajyy {"■jyg 'WJi) liegt in IS 8: nä'A . ... jok ütiiiän /yl. 

2) Mit der Form auf -sar, -tiir schliessl stets der Vordersatz; was würde Raolofv 
sagen, wenn ich »à peine bâtie, la maison s'écroula" durch /nachdem er kaum das 
Haus gebaut hatte, fiel er zusammen" übersetzen wollte? Vergl. ganz besonders IS 11: 

nätinän sabi/m ärsär und nicht etwa nännän ärsär saaymyn urtym ! Radloff's A us- 

fi}hrnugen über die Entstehung von -aar (p. 96) kann ich mich nicht anschliesseo. 



130 MELANGES. 

den, die nicht ajyg hatten. Amaty übersetze ich dann, da ich es wie 
ajyg für ein Substantif halte, wie in I E 9 ällig hudun ärtim! älim 
amaty kany? wo Radloff's neuste Übersetzung fast ausgeschlossen 
ist; denn wir raüssten maty älim kany erwarten. Ich übersetze also 
auch hier durch »Unabhängigkeit"; cf. Süds. p. 5. *) 

Wie damals, einige Zeit vor dem Auftreten von Kül Tägin's 
Vater, das Volk sich in chinesische Gewalt gegeben {Tabga6 kaganka 
älin .... härmis in I E 8) und damit seine amaty aufgegeben hatte, 
so war auch vor der Thronbesteigung des Bilgä Khan's ein Theil 
des Volkes weggezogen (I E 28 jär saju harmys hudun ölü jitü ja- 
dagyn jalanyn Jana kälti) und hatte damit seine Selbständigkeit zu 
Nichte gemacht. 

Der Gebrauch von ajyg mit jok (cf. Süds. p. 6) als Epitheton 
der Turk erklärt sich am einfachsten aus IE 26: nm jylsyg {^) 
budunka olurmadym^ iirä assyz, tasra tonsyz, jabyz, jablak budunda 
özä olurtym! 

Ich übersetze also den Vordersatz durch »Über diese Turk, 
welche keinen Reichtum und keine Unabhängigkeit besassen, im 
Ütükän Bergwalde Khan geworden" *). 

Den Nachsatz leitet dann ältä ein, das ich durch I E 28 budu' 

nyg ägidäjin täjin^ jyrgaru sülädim erkläre und demnach durch 

»für die Äle" übersetze (cf. I E 27: Turk budun u6ün); bun jok = 
»unzählige Male, oft". 

1) Der Annahme, dass amaty überall Substantif ist, steht nichts im Wege; die Stel- 
lung in IS 11: Türh amaty budun häglär ist nach IE 9 Turk kara kamyg hudun zu be- 
urteilen: hier sowohl, als in IIS 14 hunca amaty bäglär, miissten wir allerdings wohl an- 
nehmen, daas amaty adjectivisch gebraucht ist (Bäge der Unabhängigkeit = unabhängige, 
freie Bäge); cf. auch Radloff, N. F. p. 128. — Das teleut.-sagaische mat ist auf jeden 
Fall selbst etymologisch unklar; das Wahrscheinlichste ist noch, dass es zu Mand. baturu, 
mong. baghatur etc. gehört, und somit unter § 206 von Radi.ofp's Phonetik fällt; dann 
würde es im Kokt, baty gelautet haben. Es ist dies um so wahrscheinlicher als sich zu 
dem von Radloff angezogenen mat -}- la auch im Mandschu und Mongolischen die Ab- 
leitungen auf -Iambi, -lamui stellen (cf. auch mong. batulamui). 

2) Zum Gebrauch von jyi statt des genaueren jyi-da cf. IS 8 : Ütükän jyi olursar. 



iréLANOBS. 131 

Wa8 das in I S 4 folgende Ütükän jrßtia jag idi jok ärmii etc. 
betrifft, so habe ich keine Veranlassung von meiner Stos. p. 7 
mitgeteilten Ansicht abzuweichen '). Die Zeit, in der der Ütflkän 
Wald »ohne Herrn war" {idi jok ärmii), ist selbstredend diejenige, 
in der Bilgä Khan nach dem Tode seines Onkels mit aller Kraft 
an der Einigung des Reiches arbeitete, ohne doch allseitig als Khan 
anerkannt zu werden. Die Worte idi jok werden speciell durch 
II E 20 ä6im kagan uia hardy und I E 25, II E 21 Turk budun aty 
küsi jok bolmazun täjin özimin ol tänri kagan olurtdy ärini illustriert. 

Thomskn übersetzt tûzâltim durch »j*entrai en relations", Raü- 
LOFF neuerdings durch »habe ich mit dem Chinesen-Volke einen 
Vertrag geschlossen". Die Übersetzung Thomskns sagt zu wenig, 
diejenige Radloff's vielleicht zu viel. 

Aus den chinesischen Quellen wissen wir, dass in den letzten 
Jahren von Bilgä Khan's Onkel die Beziehungen zu China sehr 
schlecht waren; kurz nach der Thronbesteigung Bilgä Khan's tritt 
eine Änderung ein: sie muss dauernd gewesen sein, denn in der 
chinesischen Inschrift sagt der Kaiser »nous étions liés avec vous 
comme un père avec son fils" (Schi.egel, SÛU funéraire, p. 52). 

Auf diese uns auch sonst bestätigte Änderung in den türkisch- 
chinesischen Beziehungen habe ich tüsältim bezogen und daher 
durch »ich brachte unser Verhältniss zu den Chinesen in Ordnung" 
übersetzt. 

Indem ich wegen Radloff's neuster Übersetzung von idi jok etc. 



l) la jag idi jok ärmü kann jö^ Sabject und idi jok ärmti Praedicat sein ; doch kann 
man die Stelle grammatisch besser nach 1 E 39 biziti sü aty tnruk axuk-y jok ärti erklä- 
ren, wo das y in azuky beweist, dass aty als im Génitif stehend zu betrachten ist; aznk 
und tufuk möchte ich nicht zu einem Begriff verbinden, wie Rauloff dies jetst that. Za 
luruk cf. das jak. tnruk; zu azuk ( .^ .\) hp.t schon Böhtungk das jak ysyk .Wegekost" 
gestellt. Ich kann das Wort ebensowenig deuten, wie Böhtungk (§ 309); vergl. dasisolirt 
stehende Mandschu esike «genug, satt" (^.jtj*))? Kokt, a = jak. y aach in al = yl 
.nehmen"; sonst jak. y = kokt. y'. yräkh — yrak, yiyk .verehrt, heilig" — yduk. 



1B2 MELANGES. 

auf meine obigen Ausführungen (cf. p. 122) verweise, frage ich 
mich, was sein Satz »Im Ütükän-Bergwalde . . . . , wo die Stamm- 
gemeinschaft (selbst) herrscht" an dieser Stelle bedeuten soll: so 
wie Ra-dloff den Satz aufiFasst, reisst er eine auf das schönste 
zusammenhängende Stelle vollständig auseinander. 

Im weiteren Verlauf von I S 5 lässt Radloff den Parallelismus, 
der ganz unzweifelhaft in dieser Stelle vorliegt, ausser Acht; 
in der That sind 1. jagutir ärmis 

2. öjür ärmis 

3. jorylmaz ärmis 

4. kydmaz ärmie 
parallel und beziehen sich nur auf die Chinesen. 

Radloff wechselt aber bei n°. 2 die Construction und übersetzt 
ajyg hilig anda öjür ärmii durch »haben (diese Völker [sc. in un- 
serem Falle die Türken]) dort schlaues Wissen kennen gelernt". 
Ich kann selbstverständlich nicht zwei verschiedene kokt, ö anneh- 
men (cf. oben p. 128) und bleibe umsomehr bei der oben vorge- 
schlageneu Erklärung, als öjür ärmü sich, wie gesagt, nur auf die 
Chinesen beziehen kann; bei diesen ist es aber ausgeschlossen, dass 
sie das Wissen »kennen gelernt" hätten, da sie es selbst besassen. 
In seiner Erklärung von ajyg und bilig (im Glossar s. v. njyg) 
verwickelt sich Radloff in die grössten Widersprüche: erst soll 
hilig die »Weisheit des Nomaden, des Naturmenschen", bedeuten, 
ajyg dagegen »die geistige Gewandheit der civilisirten Chinesen, die 
darauf gerichtet ist, die uncivilisirten Nachbaren zu hintergehn und 
zu übervortheilen". Trotzdem soll dann ajyg hilig »das schlaue 
Wissen, die für die Türken schädliche Civilisation der Chinesen" 
bedeuten. Die Richtigkeit von Radloff's Erklärungen vorausgesetzt, 
wäre ajyg hilig denn doch eine geradezu himmelschreiende contra- 
dictio in adjecto. 



MétADOKS. 133 

Beziehen wir öjür drmiS dagegeu auf die Chinesen, so ist alles 
in der besten Ordnung: »die Chinesen rühmten (den Türken) ihren 
(der Chinesen) Wohlstand und ihr Wissen" oder allenfalls »ihre 
Kenntnis des Wohlstands". 

Das letzte Glied liest Ra.di.off: bir kiH janyhar ugyiy huduny 
hUükinä iägi kydmaz ärmie, was er durch »(denn) ihr schlechter 
Einfluss erstreckte sich nicht bis auf die Erprobten der Vasallen 
und des Volkes, bei denen ein Mann abgefallen war" übersetzt. 
Vorausgesetzt, dass der Khan eine solche Idee hätte äusseren wol- 
len, so hätte er zum mindesten bir janylsar kiêi sagen müssen. 
Auf jeden Fall wäre der Gedanke an und für sich höchst sonder- 
bar; Radi.off's Anmerkung »Vielleicht eine Anspielung auf eine 
bestimmte Persönlichkeit" macht ihn nicht gerade klarer. Die ganze 
Auffassung scheitert aber an janylsar, das einen Vordersatz ab- 
schliesst, also von ugyê etc. zu trennen ist. 

Durch hytymyz in I N 8 veranlasst, habe ich kydmaz in Süds. 
p. 11 als »in feindlicher Absicht loslassen" deuten wollen. Eine 
andere Auffassung von kyd ist aber auch sehr wohl möglich, näm- 
lich das einfache »loslassen", wie es im Seldiukischen, Osmanli etc. 
vorliegt. Ob man mit Thomskn-Radloff bihik durch »erprobt" oder 
mit mir häMk »Wiege, Heimat" übersetzen will, ist für die Inter- 
pretation der Stelle nicht von grossem Belang: »die Chinesen Hes- 
sen bis zu der Wiege seines Volkes und Geschlechtes los". Die 
Worte bir kiU janylsar beziehe ich jetzt auf die vom Turk Khan 
abgefallenen Leute, die sich in China niedergelassen hatten {jaguru 
kondukda kisrä): »wenn einmal ein Mann abgefallen war (d. h. den 
Utükän verlassen und sich nach China begeben hatte), so Hessen 
ihn die Chinesen nicht ohne Weiteres nach Hause zurückkehren". 
In der That hat ja der Khan, um das in alle Windrichtungen 
zerstreute Volk zu einigen, die Chinesen erst bekriegen müssen 



134 MÉLANGES. 

(I E 28 : hudunyg ägidäjin tâjin . . . härgärü Tahga(i tapa . . . sülädim ; 

V 

IIE 25 — 26: Tahgai tapa sülädim; Ca6a Sänün säkiz tümän birlä 
sûhûMim). 

Dasselbe gilt von jorytmaz ärmie, das ich jetzt d-«arch »laufen 
lassen, zurückkehren lassen" übersetzen möchte '). 

Die ganze Stelle yrak-kydmaz ärmiS würde ich jetzt folgender- 
massen paraphrasiren : Die Chinesen haben Euch Türken immer 
durch Versprechungen und Geschenke nach China gelockt. Wenn 
ihr danu nach China, in ihre Nähe, gezogen wart, so haben sie 
Euch ihren Reichtum und ihr Wissen (ihre Civilisation) gerühmt 
und Euch im Übrigen die Rückkehr in den Ütükän versagt. ^) 

Es geht dann weiter: Wenn Ihr Türken uneinig wart {ülsäk = 
Theile), waren auch gleich die reichen Leute (die Chinesen, ajyg kiêi) 
bei der Hand, um Euch noch mehr aufzuhetzen. Sie sagten Euch 
dann: »Wenn Ihr so weit von uns weg wohnt, giebt's selbstver- 
ständlich kleine Geschenke; wenn Ihr aber zu uns übersiedeln 
wollt, werdet Ihr auch grosse Geschenke bekommen" — so hetzten 
sie Euch auf, indem sie auf Euere Gewinnsucht rechneten und 
wirklich war ein guter Theil von Euch thöricht genug, ihnen 
Glauben zu schenken. Die Strafe aber ist nicht ausgeblieben: ökü^ 
kiel öltig! 

Es ist jetzt die Frage, was soll dieses wiederholte ökiii kiU öltig 
bedeuten? Will der Khan einfach sagen: »Nachdem Ihr nach China 
gezogen wart, haben die Chinesen ihre glänzenden Versprechungen 
nicht gehalten und so seid Ihr denn, mit den Lebensverhältnissen 
etc. wenig vertraut, jämmerlich in der Fremde umgekommen" oder 



1) Radloff's Auffassung von jorytmaz, die in Z. 7. bilig bilmäz kiU haryp etc. 

eine Stütze finden würde, ist mir deshalb unwahrscheinlich, weil vorher gesagt ist jaguru 
kondukda kisrä; oder sollen wir hinter öjür ärmii eine grössere Pause annehmen? 

2) cf. z.B. DE Mailla, Hist., VI, p. 173: Mé-tchou ko-han le promit aux conditions 
qu'on lui rendrait tous ceux de sa nation qu'on retenait en Chine. 



iréLANOBS. 135 

bezieht sich das »Sterben" auf den Tod in der Schlacht? Wir 
piüssten in diesem Falle annehmen, dass die Turk, von reichem 
Solde angelockt, sich in chinesische Dienste begaben ') (cf. etwa 
IE 7 — 8: Tahgai kaganka körmii etc.) und teils starben, teils bis 
zar Erschöpfung herunter kamen (IS 9: alkyvdyg aryltyg). 

Zu meiner Auffassung von tügäl tun (in IIN 5 <-û-n, also plena 
geschrieben) bemerkt Dr. Barthold: »Bang's tügäl <m« für »Norden" 
scheint uns schon deshalb unmöglich zu sein, weil das Gebirge 
bekanntlich nördlich, die Ebene südlich von der Residenz des Ehans 
gelegen war" (N. F. Anhang p. 27, Anm. 2). Die Tragweite dieser 
Bemerkung entgeht mir; oder sollte Dr. Barthold mir eine Ver- 
wechslung von Nord und Süd zugetraut haben? Unter Jo^t/ verstehe 
ich selbstverständlich die Ebene, die sich nord-, nord-östlich vom 
Baikal erstreckt (cf. Karte zu den •» Russisch- asiat. GremlanJen" 
von Oberst Wbnjukow, deutsch von Kräh her). Im letzten Grunde 
mag diese jazy mit dem Lande (der) *Jär Bajyrkü'\ dem nörd- 
lichsten Punkte, den Bilgä Khan erreichte, identisch sein; cf. zur 
Etymologie: Thomsens note 41 und mong. hayiri »superficie, lieu, 
endroit, champ, planche". 

Nach meiner Auffassung soll mit diesen Worten nur im Allge- 
meinen gesagt werden: »Wenn Du in alle Richtungen {jär saju) 
Dich zerstreuen wolltest, wenn Du uneinig warst etc." 

Unter jazy etwa China verstehn zu wollen, muss ich für ver- 
kehrt halten; denn wenn die Turk die Absicht geäussert hätten, 
nach China zu ziehen (jazy konajyn täsär), so würden die Chinesen 
nicht mehr nötig gehabt haben, sie dazu aufzuhetzen (buègurur ärmiS). 



1) In der Mandschu-mongol. Recension der Inschrift in der Moschee zu Peking 
spricht der Kaiser von den Röi-he aiman and im Allgemeinen von den houe aiman und 
sagt von ihnen : embiei cen-de cooha haire jalin bihe, embiei isfiunde ^üdaiara jalin Hhe 
dabala (Z. 4) = »sei's dass wir von ihnen Soldaten erhaten, sei's dass wir zusammen 
Handel trieben". Von den Turk ist dabei nicht ausdrücklich die Rede; auch fallt das 
Ganze in eine spätere Zeit; ns Mailla, /. c. p. 211. 



136 MKLANGKS. 

Die Erklärung, die Thomsen zweifelnd von tügäl tun (tügültin) 
giebt, kann ich ebensowenig annehmen als die neuste Auffassung 
Radlokf's (p. 95); auf jeden Fall würde ich tügültin auch \on läsär 
abhängen lassen: wenn Du sagtest »weil im Süden kein dunkler 
Wald ist, so will ich mich (dort) in der Ebene niederlassen". Eine 
Gerundial-Endung tyn etc. existiert jedoch nicht. Es heisst also, 
eine andere Erklärung finden. 

Ist es möglich, in -tun das uigur. Ablat.-SufiSx -fin, -din zu sehn? 
Vergl. mandschu -re-\-de »als, wenn, weil, da", almatyn (cf. unten) 
und Raüloff's Ausführungen über Teleut. künnän und Tcündä (N. F. 
p. 64), BöHTLiNGK, §§ 394—395. Die Form almatyn verlangt, vor- 
ausgesetzt dass die Auflösung al-ma-tyn richtig ist, ein positives altyn^ 
in welchem, nach almatyn zu urteilen, t nicht durch den Einfluss 
des l veranlasst sein kann. Nach den mandschu Formen bid, araci 
(= ara -|- er, ci = Ablat. Suffix) ist eine solche Bildung principiell 
möglich *). Wir würden etwa die beiden Reihen: 

kokt, tyn, tun kokt, da, da 



teleut. künnän teleut. kündä 

jak. ttan, tan etc. jak. na, nä etc. 

erhalten. Eine Entscheidung wage ich bei der einschneidenden ße- 



1) Aus dem Tarantschi wären die so sehr häufigen Formen auf -gän-din, gön-din mit 
kin (vergl. auch andin im) heranzuziehen; aus dem Köktürkischen der Gehrauch von 
■duk -j- da. — Die Schreibung kandyn in I E 23 (mit der Ligatur nd) für kan -j- tyn 
kann neben kändü in I E 23, aber käntü in I N 4 nicht auffallen; ausserdem ist der 
Complex nt im ganzen Kreise der türkischen Sprachen äusserst selten. Durch sakynmaty 
in I E 10 und II E 9 wird bewiesen, dass tyn =s ty •\- n ist. Sollte das einfache ty nicht 
gerade in käu-tü vorliegen? Als Pronominalbildung ist käntü, als ein Wort aufgefasst, 
ganz unverständlich [vergl. zu kän das bis jetzt ganz isolirte jak. kiiii Pron. pers. 3**'" 
Pars.? zu den Vocalen: kokt, man = jik. min, kokt, kam = jak. kirn]. Allerdings ist 
man sich heute dieses Ursprungs von kändi nicht mehr bewusst, und bildet kändüdän, 
kändisindän. 



K-feLATIGB». 137 

(îeutung der Antwort für die türkische Sprachgeschichte nicht zu 
trefien, umsomehr als diese Erklärung von tüu auch unsere bisherige 
Auffassung des köktürkischen Vocalsystems beeinflussen würde. 

Radlohf's Ausführungen (p. 119) über die in diesem Theile der 
Inschriften so häufigen Formen auf daët/ etc. können sehr missver- 

standen werden. Für unser Gefühl liegt z.B. in Turk buduu 

jahlak boltaiy ärti der Zeitbegriff keineswegs in ärti^ sondern in 
taiy. Nach meiner Ansicht hat daher Thomskn sehr recht gethan, 
die Formen auf taiy als Futura aufzufassen. 

Dasselbe gilt m. E, von der einzig belegten Form aramakiy\ 
aus dem Tarantschi kann ich jetzt noch die folgenden Beispiele 
anführen: jegi holmaHi boldî {Probeu, VI, p. 9) »man beschloss den 
Krieg zu beginnen", wörtl.: »sie waren im Begriff feindlich zu 
werden"; kälmäkii bolüp (L c. p. 45) »(indem er) zu kommen (ver- 
sprach)"; öltürmäkii boldî (/. c. p. 97) »als sie ihn töten wollten", 
wörtl.: »sie waren im Begriff (ihn) zu töten"; vergl. auch Zenker- 
Kasembeg, § 113. Demnach wäre aramakèy-syn üiün = »wegen ihres 
sich-trennen-wollens" d. h. da sie sich trennen wollten, im Begriff 
waren sich zu zerstreuen. 

Nach p. 96 hält Radloff die Formen auf /a^^ für nomina actionis ; 
obwohl mir die Entstehung dieser Formen nicht klarer ist, als 
Ra.dloff, möchte ich sie doch jetzt eher für nomina actoris ausehn 
(gegen Süds. p. 13 unten). Denn ausser im üigurischen findet sich, 
wie schon ïhomsen bemerkte, ein solches Nomen auch im Cumaui- 
schen; cf. Kuun, Cod. Cum.^ p. civ und besonders p. 190 kutkar- 
darèi neben kutkardaéi auf p. 159. Ist die Form ~darèi lediglich 
Schreibfehler? 

IS 8 — 9 andagyhyn ilÜin ägidmte kaganynyn sabyn almatyn etc. 
Übersetzt Radloff jetzt: »Wegen dieser deiner Eigenschaften [ün- 
bestäuiligkeii] (cf. oben p. 129) bist du auf die Worte deiues er- 



1B8 MÉLANGES. 

hobenen Chans nicht hörend gezogen". Die cursiv gedruckten 

Worte erläutert er: »d. h. (sich oder dich?) erhoben habenden 
Chanes". Ich kann andagyhyn üeiin nur mit ägidmie verbinden; 
dann kann eine Unklarheit in keiner Weise entstehn: deines Khans, 
der dich wegen Deiner Eigenschaften erhoben hatte. Es ist dies die 
Auffassung, die sich natürlich aus der Stellung der Glieder ergiebt; 
sie beweist ihrerseits die ünhaltbarkeit von Radloff's Interpretation 
der Worte andagyhyn üiün. 

Radloff's Erklärung von almatyn (p. 95) kann ich nicht an- 
nehmeu; ein mit stimmlosem Dental beginnendes Suffix hat neben 
ädgü-ti nichts auffallendes. 

In I S 11 will Radloff jetzt an Stelle von häglär ägü janyldaiysiz 
vielmehr häglär-gärü etc. lesen. Auf dem Stein steht deutlich gü; 
mit Einschub eines r müssten wir also einen Fehler annehmen, 
der um so unwahrscheinlicher ist, als gärü sich keineswegs mit 
dem Begriff jahyl vereinbaren lässt. Will man demnach meine Er- 
klärung von ägii nicht annehmen, so wird man sich nach einer 
anderen umthun müssen. 

II E 31 —32. Der Text dieser schwierigen Stelle, die Radloff 
leider auch jetzt noch sehr willkürlich behandelt, lautet: Magy- 
kurgan kyUadukda jut boldy ; jazyna Oguz tapa sülädim: ilki sü 
ta^ykmyè ärti, äkin sü äbdä ärti. U6 Oguz süsi basa kälti; »jadag 
jabyz boldy ^ täp algaly kälti: synar süsi obig barkyg julgaly bardy, 
syhar süsi sünü^gäli kälti. 

Thomsen (note 97) fasst die ganze Stelle offenbar vollständig 
verkehrt auf, denn er wundert sich darüber, dass hier von dem Tode 
des Kül Tägin nicht die Rede ist. Dies scheint auch Radloff ver- 
anlasst zu haben, gegen das ganze Ensemble unseres Textes, hier 
einen Stamm Û6 Oquz zu coustruiren. Wir entgehn allen diesen 



MELANGES. 139 

Schwierigkeiten, wenn wir ilki aü taèykmyS ärti auf die mit Bilgä 
Khan ausgezogene Armee beziehen, äkin sü äbdä ärti dagegen auf 
diejenige, die mit Kül Tügin zurückgezogen war, um die Ordu zu 
schützen (IN 8-9 Kül Tägin bag baèlnju kytymyz ^)^ Oguz jagy 

ordug basdy; Kill Tägin ordug bärmädH). Der Khau uud sein 

Bruder hatten also zusammen in Magy-kurgan überwintert und zo- 
gen auf die Nachricht, dass drei oguzische Heerhaufen die kriegeri- 
sche Thätigkeit wieder aufgenommen hatten, in verschiedenen Rich- 
tungen davon; der oguzische Haufen, der die äbig barkyg der Turk 
angriff, ist selbstverständlich derjenige, von dem es in IN heisst: 
ordug basdy, in dem Kampfe, der sich hier entspann, blieb Kül 
Tägin. Das zweite Heer der Oguzen griff den Khan selbst an; es 
ist dies der in II E 32 — 33 geschilderte Kampf, bei dem also die 
Erwähnung von Kül Tägin's Tod ganz unmöglich war. 

Man könnte geneigt sein, anzunehmen, dass die dritte Armee 
überhaupt nicht allein in Aktion trat, sondern sich einer der oben 
näher bezeichneten Armeen angeschlossen habe. Bei der ausdrück- 
lichen Angabe üi Oguz sü ist es jedoch selbstverständlich, dass die 



1) Kytymyz ist also keineswegs »noas nous avançâmes"; Kül Tägin halte ich für einen 
Accusatif, abhängig von haslaju kytymyz »wir Hessen los = entsandten". Mit Radlofp's 
»an der Spitze der Bege" kann ich mich nicht befreunden; ich fasse den ganzen Satz als 
•den Kül Tägin als Führer an der Spitze entsandten wir". Die durch bailaju ausgedrückte 
Thätigkeit steht im engsten Zusammenhang mit kyt: »indem wir an die Spitze stellten". 
An den Stellen, wo bailaju mit balöal erscheint, sowie in I N 11, ist es zum Adverbium 
»an der Spitze, als erster" geworden. Wie ist es in IL E 33 zu übersetzen? Sollte in dem 
von TiiOMSEN iniligü transcribierten Complex nicht ein Gerundium von iniligmäk zu sehen 
sein? cf. meine Auffassung von jaraklygdij von jaraklygmak, kagansyrmak ; iniligmäk 
würde bedeuten »einen jüngeren Bruder haben": Wenn ich nicht, einen jüngeren Brnder 
habend, ihn oft an die Spitze stellend (oder: und oft an der Spitze stehend) erobert, er- 
worben hätte, so würdest Du, Turk Volk etc . . ." Es wäre dies ganz im Sinne des Khans 
(cf. 1 E 30 ff. und sonst). In IIB 41' ist dann äki üS kiiiligü täzip bardy zu übersetzen: 
.nur zwei oder drei Mann habend floh er". Ich zweifle nicht, dass dies die richtige Er- 
klärung ist; wir müssen uns mit der Thatsache, dass im Köktürkischen von Formen aaf 
-h/g und -syz reine Verba gebildet wurden, abfinden. Im Mongol, bildet man von den For- 
men Ruf lik Verba vermittelst des Suffixes la, le: büdügiiliglekü, dzarliglakhu. 



140 MélLANGKS. 

in HE 33— 34 geschilderten Kämpfe gegen diese dritte Armee statt 
hatten; dieselben fallen höchst wahrscheinlich noch in das Todesjahr 
'Kül Tägin's. 

Die bisher ygly etc. gelesenen Suffixe umschreibt Radloff (p. 
126) jetzt galy\ ich kann ihm nur zustimmen. Thomsen's Bemer- 
kung gegen galy etc. (p. 34, not. 1) ist nicht stichhaltig, denn die 
Formen haben in der That die Bedeutung eines Supinums (»um 
zu . . ."), die ihnen Radi.off 1. c. giebt {algaly kälti = »um sich 
uns zu unterwerfen" ist ein lapsus; in der Übersetzung steht das 
Richtige), Vergl. Proben, VI, p. 50: Körgäll xaxlar tola tUkiptû 
»viel Volk zog hinaus um zu sehn"; ibid., p. 68: hu körüngäli 
hargan lamilar bäe jüz kiU ikän »diese Lama, welche gekommen 
waren um sich vorzustellen, waren 500"; es erscheint mit Umlaut 
als gell, cf. p, 97: nan algelï »um Brot zu holen", p. 45: surigelï 
»um zu fragen". 

Dem kokt, jut entspricht im mongolischen dzut »la famine, 
disette publique (maladie contagieuse qui tombe sur les troupeaux 
et le bétail)"; davon dzutakhu »n'avoir plus rien à manger, souffrir 
de la faim" '). 

I S E. Der Erklärung, die Radloff jetzt (pp. 100, 86) von da 
in oglanyhyzda tajgunynyzda (cf. Süds. p. 17, Anm. 2) giebt*), 
schliesse ich mich vollkommen aa ; syntactisch wird die Stelle da- 
durch ganz klar. An Radloff's Erklärung von äkig'-dä kann ich 
aber heute weniger als je glauben, denn sie würde das voraus- 
gehende -da — da verdoppeln und verdreifachen; ich bleibe also bei 
meiner 1. c. gegebenen Erklärung von jägdi (cf. IIE36:j'ä^c?i 
hazgandym). 

1) cf. BsRQMANK, Nomad. Streifereien, franz. Übera. p. 236. 

2) Vergl. schon im älteren Werk p. 211; zu -da cf. Böhtlinok, Wörterimeh, p. 114, 
p. 89 8. V. iain. 



MÉLANGES. 141 

Iq in 13 lese ich mit Thomskn èykari't/; da hädiz jaratygyma 
hilig taS älgüH vorausgeht, so kauD das Wort nur einen »Stein- 
metzen" bezeichnen; cf. die Inschrift von Tsaglian Baisin, bei Huth, 
p. 35, Z. 23: thlaghutU (auch ein Chinese); in der Umschrift ^y^a/j 
steckt wohl ^ oder /f* '); ob diese Wörter im Chinesischen ver- 
bunden vrerden, weiss ich nicht. Es unterliegt auf jeden Fall kei- 
nem Zweifel, dass Tschan Sängün auch unsere Inschrift eingemeisselt 
hat, nachdem sie ihm vom Prinzen JoUyg vorgezeichnet worden war. 

Nachtrag. 

Unter bökli kagan ist offenbar der im Norden von Peking ge- 
legene mächtige Gebirgszug zu verstehn, der auf den Karten als 
»grosser Chiugau, Khing-ngan oder Yak nlyn^ bezeichnet wird; 
alyn = Gebirge; zu yak vergl. mong. yak = »fort", mand. yak semhi 
»stark, heftig sein", das zu mong. yeke - kokt, bökli gehört. In 
hökli eöl sehe ich die ta-mo (cf. Joum. asial., Dec. 1864, p. 458) 
= ta-Sa-mo = Gobi. Ob das Gebirge im Chines, einfach ta San heis- 
sen kann, sagt uns hoffentlich ein Sinologe. 

1) Cykan ist Chinesisch >^ ~| , sik-kang, ein Steinmetze. G. S. 



tÖ 



142 MELANGES. 



Conversion des dates cycliques (années et jours) 
en dates juliennes 

PAR 

le Père HENRI HAVRET, Soc. J. 



Nous extrayons de notre Manuel de Chronologie^ actuellement 
sous presse, les tableaux suivants qui faciliteront aux lecteurs des 
historiens chinois, la traduction des dates cycliques, annuelles ou 
diurnes, en dates de style européen. 

Rappelons tout d'abord que le Cycle fondamental de la Chrono- 
logie chinoise, le seul dont nous parlerons ici, est le Cycle sexagé- 
simal, dit Kia-tse ^ -?• , du premier terme binaire ou Signe de 
la Série. Il se compose de 60 Signes comprenant chacun deux ca- 
ractères, dont le premier est l'un des dix T'ien-kan ^ ~|~* Troncs 
célestes: Kia ^, / ^, Ping [^ , Ting ~J" , Meou (al. Ou) J^ , 
Ki 2^ , Keng ^ , Sin ^ , Jen -^ et Koei ^ , répétés six fois ; 
et le second, l'un des 12 Ti-tche :^fc ^ Rameaux terrestres: 
Tse ^, Tch'eou 5: , Fw g , M"ao ^P , Tch'en ^, Se ^, 
Ou ^, Wei -^jc, Chen ^, Y eau g, Siu }^ et Hai ^, 
répétés cinq fois. Voici l'ordre de succession et la composition des 
ces 60 Signes. 



MELANGES. 



143 



I. Tableau des Signes cycliques. 



3 j^ 

4 TOP 

10^ g 



llipÄ 


21 Ç ^ 


31 ^ ^ 


4iEpj^| 


12 Z.^ 


22 ^ a 


32^ * 


42^ Bi 


13 pÇ^ 


23j^Ä 


33 j^ ^ 


43fAj^ 


u JA 


24 T^ 


34 J g 


44 J * 


i^iÄ® 


25iJC-f- 


'^'-Hcf^ 


45 ÜC^ 


16B^P 


26 Q a 


36 B ^ 


46 B a 


17^ M 


27^S 


37^-5^ 


47^;:ic 


18$- a 


28$^P 


38^5: 


48$^ 


19 i^ 


29iJg 


39iÄ 


49i^ 


20^* 


30^ a 


40 ^ ^|J 


50^51 



51 ^Ä 
52L^P 

53 r^ M 

55 Jj^^ 

sea* 

57^1^ 

59 iÄ 
60^^ 



Ce Cycle est appliqué par les Chinois aux Années, aux Mois, 
aux Jours, et aux Temps ( ^ ) ou Heures. Les désignations cy- 
cliques des 12 Lunes de l'année (la Lune intercalaire n'a point de 
désignation spéciale) et des 12 Temps du jour, se représentant en 
Séries identiques tous les 5 ans et tous les 5 jours, n'offrent au- 
cune difficulté. Il suffit, pour les traduire, de .se rappeler: 1° pour 
les Lunes, que les années dont le Signe cyclique comporte les ca- 
ractères ^ ou B , verront leur 1^^® Lune désignée par le 3^ 
Signe [^ J^ ; 2° pour les Temps, que les jours dont le Signe 
cyclique comporte les caractères ^ ou B i verront leur l^^ Temps 
désigné par le 1^^ Signe ^ -^ . 

Appliqué à la désignation des Années et surtout à celle des 
Jours, le Cycle sexagénaire requiert des tableaux pour faciliter le 
calcul de conversion des dates chinoises en dates européennes. 

Les chronologistes officiels de la Chine font remonter à la 1^"^^ 
année du règne de Hoang-ti ^ '^, c'est-à-dire à l'an 2697 av. 
J.-C, le point de départ du premier Cycle sexagénaire. Dans cette 
hypothèse, 45 Cycles se seraient écoulés avant l'ère chrétienne, et 



144 MÉLANGES. 

31 autres de l'an 4 à l'an 1863 après J.-C. L'année 1864 mar- 
quait donc, avec le Signe ^ -^ , le commencement du 77^ Cycle. 
Notre second tableau, supposant d'ailleurs la connaissance du Cycle 
duquel appartient une année désignée d'un Signe chinois, permet 
d'identifier ce dernier avec l'année européenne correspondante. 

Pour la traduction des Jours cycliques, le travail de traduction 
semblerait au premier abord assez compliqué. Le Père Gaubil l'a 
beaucoup simplifié en faisant remarquer qu'une période de 80 ans 
ramène pour le 1^^ Janvier Julien, et dès lors pour tous les jours, 
la même série des Signes cycliques. Ainsi, le P^ Janvier 1800 et 
le 1^^ Janvier 1880 seront marqués tous deux du 32® Signe ^ yf^. 
Ce principe posé, pour traduire vite et sûrement une date diurne 
cyclique en style européen, deux tableaux sont nécessaires et suffi- 
sants: le premier, indiquant le Signe correspondant au 1^^ Janvier 
de chaque année; le second, donnant le Jour Julien correspondant 
à un Jour cyclique quelconque, en fonction du Signe du 1®^ Janvier. 

Le P. Gaubil s'était contenté d'exposer le principe de la série 
octogénaire; mais ses livres sont rares, et plusieurs sinologues l'ig- 
norent encore: il était bon de le rappeler. De plus, nous espérons 
qu'à l'avenir les tableaux proposés ci-dessous feront entrer le prin- 
cipe connu, dans la voie d'une application plus fréquente. N'est-il 
point désirable, par exemple, que les traducteurs des Annalistes 
chinois, au lieu de nous parler toujours par Lunes et par Kia-tse, 
énoncent franchement leurs dates en style européen, tout aussi 
exact, et seul compréhensible pour le lecteur? C'est ce qu'a fait 
Gaubil dans son histoire de la dynastie T'ang jH* ; c'est ce qu'il 
serait grand temps de faire à sa suite, pour toutes les autres pé- 
riodes, avant comme après l'ère chrétienne. 



MKLANOBS. 



145 



II. Tableau des années cyclo-juliennes. 






Dizaines. 



Centaines. 



OT »fk. tOW00tO"»-Tl— 'OSO 



00 Ü^ ISD «O Oi ce O 



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146 MELANGES. 

Usage de ce tableau. 

pre Opération. Chercher, par ex., le Signe cyclique de l'année 
1897. — A la partie gauche du tableau (ap. J.-C), trouver 18 à 
la 1^^^ colonne séculaire; descendre jusqu'à 9 daus le groupe dé- 
cennal; puis parcourir la ligne horizontale correspondante des 
Rameaux, jusqu'à rencontre de l'unité 7: Ting-yeou ~J" ^ est le 
Signe demandé. 

2^ Opération. Deux exemples, choisis avant et après J.-C, don- 
neront une explication suffisante de l'opération inverse. 

a) Chercher l'année européenne de la naissance de Confucius, 
qui eut lieu, d'après le Che-ki ^ ^ß , au temps de Ling-wang 
^ ^ des Tcheou j^ , eu l'année cyclique Keng-siu j^ f^ . — 
On trouvera, dans les tableaux synchroniques de la 3^ Partie, que 
Ling-wang commença à régner l'an 571 avant J.-C. Reportons- 
nous, dans la partie centrale du tableau ci-dessus au Signe Keng- 
siu, qui nous donne l'unité 1. Lisons, à droite de Siu, les chifires 
des dizaines, et arrêtons-nous à 5, qui se trouve au-dessus du chifire 
séculaire 5. Nous trouvons ainsi 551, nombre inférieur le plus 
proche de 571, et qui est l'année demandée. 

h) Chercher l'année correspondant au Signe Kia-tse ^ ■?* , 
sous le règne de Kia-k'ing ^^ ^ . — Kia-k'ing, comme nous le 
verrons, commença à régner en 1796. Après avoir cherché au 
centre le Signe Kia-tse, auquel répond l'unité 4, lisons à gauche 
de Tse la décade et le siècle convenables. Nous trouvons 1804, qui 
était la 9® année de ce règne. 



MËLANOKS. 



147 



III. Tableau des Sitj^iieN cycliques du 1er Janvier julien. 

Unités. Centaines. 



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Report 

des 
Signes 

du 
1^^ Janv 



148 MÉLANGES. 

Usage de ce tableau. 

Chercher, par ex., le Signe cyclique du 1^*" Janvier julien 1897. — 
Par une double approximation : 1° à la gauche du tableau ( Ap. J.-C), 
prendre 18 à la 3^ colonne du groupe séculaire; 2® descendre jusqu'à 88, 
dans celui des unités; puis parcourir la ligne horizontale correspondante 
des Troncs, jusqu'à rencontre de l'unité additionnelle 9, différence entre 
97 et 88: Sin-wei ^ y^ est le Signe demandé. Si l'on voulait le 
Signe du 1^^ Janvier grégorien, il y aurait à ajouter 12; ce serait 
le Signe Ki-wei ^ ^ . 

On trouverait de la même façon, que le 1®"^ Janvier julien de l'an 25 
après J.-C. fut marqué du 20® Signe cyclique Koei-wei ^ ^ . 

IT. Tableau des jours de l'année en fonction du Signe 
du 1er Janvier julien. 

86 14 19 24 296 35 40 45 506 56 1 6 116 17 22 27 326 38 
326 38 43 48 536 59 4 9 146 20 25 30 356 41 46 51 566 2 



566 2 7 12 176 23 28 33 386 44 49 54 596 5 10 15 206 26 
206 26 31 36 416 47 52 57-26 8 13 18 236 29 34 39 446 50 
446 50 55 60 56 11 16 21 266 32 37 42 476 53 58 3 86 14 



Lunes 


1 
J. 


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M. 


A. 


M. 


J. 




J. 


A. 




S. 


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N. 


Ü. 




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1 




2 




1 




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29 






28 






27 




5 


6 




7 




6 






5 






3 






2 






1 


10 


11 




12 




11 






10 






8 






7 






6 


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16 




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16 






15 






13 






12 






11 


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22 




21 






20 






18 






17 






16 


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27 




26 






25 






23 






22 






21 


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31 






1 


31 






30 






28 






27 






26 


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5 




6 




5 






4 






3 






2 




31 


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10 




11 




10 






9 






8 






7 




5 


45 




15 




16 




15 






14 






13 






12 




10 


50 




20 
25 




21 
26 




20 
25 






19 
24 






18 
23 






17 




15 


55 




22 


20 



MÉLANOES. 149 

Notes sur ce tableau. 

1° Si l'année est bissextile (/>), les dates trouvées à partir de 
Mars, doivent être anticipées d'un jour: ainsi, l^^ Mars au lieu de 
2 Mars, et ainsi de suite. 

2° La correspondance des Lunes et des mois indiquée au tableau 
est adoptée à l'année civile actuelle, système des Hia W . Pour 
l'accommoder à une autre méthode, celle des Tcheou ^ , par ex., 
il y aurait, e7i théorie du moins, à faire rétrograder la 1^'® Lune 
de deux mois. 

Usage du 4e tableau. 

Chercher, par ex., le jour grégorien correspondant au Signe 
Ting-hai ^ 'J' de la 9« Lune 1897. - Le Signe du pr Janvier 
de cette année, nous l'avons vu, est Ki-taei 2* ^ • A la table des 
Reports ci-dessus, on voit que Ki-wei est le 56^ Signe, et Ting-hai 
le 24«. Différence cyclique (24 + 60 - 56) = 28. Le 23 Septembre 
répondant dans le Tableau à la différence 25, la différence 28 doit 
avoir pour date correspondante le 26 Septembre. 

De même pour l'année 25 après J.-C, commençant au 20^ Signe, 
le jour Ki-wei 2* ^ (^^^ Signe) de la 6« Lune, ayant 36 pour 
différence cyclique, sera le 5 Août julien. Ainsi, cette phrase des 
Annales, concernant l'avènement de Koang-ou-ti, fondateur des Han 
orientaux: i^ ^ , &5|c,^îinM^fe' signifiera que 
Siao-wûng monta sur le trône impérial le 5 Août (de l'an 25 ap. 
J.-C). 

La recherche de toute autre date avant l'ère chrétienne n'offri- 
rait pas plus de diflBculté. Offrons, pour conclure, un exemple de cette 
époque, tiré des Commentaires de Kou Liang ^ ^ 'j^ ; c'est une 
nouvelle indication de la naissance de Confucius: ^ -^ ^ ^ 
^^^Zl"t" — ' ^ ^ ~h>^^ yK~f' Confucius naquit la 
21® année de Siang-kong, marquis de Lou, à la 10® Lune, au jour 
marqué du 37® Signe Keng-tse. — On voit dans la 3® Partie de 



150 MELANGES. 

notre Manuel que cette année, correspondant à la 20^ année du 
règne de l'empereur Ling-wang des Tcheou, est l'an 552 avant J.-C, 
marqué du 46^ Signe cyclique Ki-yeou 2t M • D'autre part, on 
trouve, dans notre calendrier spécial du Tch'oen-ts'ieou ^ ^ , 
que la 10® Lune de cette année commença par le 17^ Signe Keng- 
tch'en ^ J^ , ce qui place la naissance de Confucius au 21^ jour 
de ladite Lune. Ceci posé, cherchons dans notre second tableau le 
Signe du l^r Janvier 552 (544 + 8) av. J.-C; c'est le 56^, Ki-wei 
g, ^ . La différence cyclique (37 + 60 — 56) = 41. Au 4^ tableau, 
la différence 40 donne le 8 Octobre, vers cette époque de l'année. 
Le jour cherché sera donc le lendemain, 9 Octobre 552. Qu'on ne 
s'étonne pas du reste de ce résultat, qui semble peu eu harmonie 
avec la méthode théorique des Tcheou; le Calendrier du Tch'oen-ts'ieou 
en indique la cause: l'année 552 eut, il est vrai, le Solstice d'hiver 
au P^ jour de la 2^ Lune; mais, elle fut allongée, avant la 9® 
Lune, d'un mois intercalaire. 



BULLETIN CRITIQUE. 



Die Beziehungen der Nieder- 
ländischen Ostindischen Kompagnie 
zu Japan im siebzehnten Jahrhun- 
dert, von Oskar Nachod. Leipzig, 
Robert Friese, 1897. 

Very shortly before the public- 
ation of Mr. Groeneveldt's work 
"De Nederlanders in China" which 
I have reviewed in this Journal 
(T'oM«9-pao, Vol. VIII, p. 518 seq.), 
the author sent us a copy of the 
above mentioned important work. 

It is a good sign that foreigners 
are going to make a study of these 
relations of the Dutch with Japan, 
thereby dissipating the slanderous 
imputation launched against them, 
that it was by their fault that 
Japan did not open its country for 
other european nations, whilst, on 
the contrary, the Dutch always 



have done their best to convince 
the Japanese government to do so. 
Already in 1867 Mr. J. A. van der 
Chus published a work refuting 
these slanders under the title 
"Neerlands streven tot openstel- 
ling van Japan voor den Wereld- 
handel" '), which work seems to 
have escaped the attention of Mr. 
Nachod, as he does not mention 
it in his list of works consulted. 

In order to obtain new docu- 
ments and facts for his work, Mr. 
Nachod came to Holland where 
every facility was afforded to him 
by the Director of the State- 
Archives at the Hague, for which 
he expresses his thanks on p. V 
of his preface. 

The documents relating to 



1) Efforts of the Netherlands to open 
Japan for the world-trade, Amsterdam 1867. 



152 



BULLETIN CRITIQUE. 



Japan in these Archives are very 
rich, and since 1862 it is also 
in possession of the Archives of 
the Dutch factory in Japan, form- 
erly preserved in Desima, docu- 
ments of which the most impor- 
tant are the nearly complete 
Greatbooks and Journals of nearly 
the whole 17th and 18th century. 
This collection is especially precious 
as nearly all the books of the 
Company do not exist any longer. 

The author has made also 
much use of the as yet unpublished 
Manuscript of Mr. Pikter van Dam, 
Registrar general of the N. I. Com- 
pany, compiled by him, upon order 
of the Directors, during the years 
1693 to 1701. It contains in 8 
quarto volumes a circumstantial 
history of the E. li Company. The 
author got for his labour a gratifi- 
cation of 8000 guilders, but the 
precious manuscript was locked up 
in the councilroom of the Directors 
whereout it never was to be 
removed. 

A very complete Index added 
to this Manuscript facilitated the 
author's researches. 

The Chapter devoted to Japan j 



contains nearly literally all the 
"General Letters" written by the 
Indian Government to the Direc- 
tors in Amsterdam wherein, of 
course, nothing is concealed as 
they were destined to be never 
published. 

A great part of the documents 
consulted by the Author have been 
translated by him into German and 
joined to his work in an Appendix 
which contains not less than ccx 
pages; documents very important 
for those who have not the means 
to go and consult the originals in 
the State Archives at the Hague. 

We find among them (Appen- 
dix 62) an accurate and corrected 
list of the Chiefs of the dutch 
Factory in Japan. All the dates in 
the hitherto published lists are 
wrong, because the historians have 
overlooked the fact that their 
administration covered two calen- 
dar-years, as they were changed in 
autumn and not in January. 

In the first chapter the author 
gives us a sketch of the historical 
evolution of Japan since the oldest 
times till A.D. 1600, principally 
after the translations of the Kojiki 



BULLKTIN CKITIQUE. 



153 



and Nihongi. These works, trans- 
lated by Chamberlain, Aston and 
Florenz, are totally untrustworthy. 

The first was only compiled 
in A.D. 1644 and the second end 
of the 16th century, though the 
Japanese pretend that the Kojiki 
and the Nihongi were already 
written in A.D. 712. Most of the 
facts related in these works are 
mere copies from the Chinese 
Annals which, alone, give trust- 
worthy reports upon old Japan. 
We will only adduce the fact that 
according to the Japanese annals 
only seven Mikados are said to 
have reigned during the first four 
centuries of our era, whilst during 
the same period there were 17 to 
18 changes of the throne in Corea, 
and 38 in China. 

It is only in the 7th century 
of our era that we get something 
like history in the Japanese An- 
nals, though these are mostly filled 
up with nonsensical details screwed 
up to a high pitch in order to glorify 
themselves or rather their Mikados. 

The first European who speaks 
of Japan is the Venetian traveller 
Marco Polo, though he never went 



there himself. He mentions the 
fabulous riches of this country, aa 
also the abortive Mongol expedition 
under Abakan or Abachan, which 
Mr. Nachod rightly observes (p. 23) 
ought to be written Alahan. His 
name is written by the Chinese 
1^ ^1 1^ Ats'zehan and by the 
Japanese Asikan; but this is 
because they have both confounded 
the character ^jj lah with the 
character ^J ts'ze; the old sound 
of ^ was kan and is always used 
by the Chinese when wanting to 
transcribe the title Khan or Chan. 
Marco Polo's Abacan is a clerical 
error for Alacan. 

The first Europeans who came 
to Japan wßre three Portuguese 
sailors who had run away from 
Siam: Fernando Mendez Pinto, 
Diego Zeimoto and Christoval 
Borallo. 

The first published afterwards 
a somewhat romantic history of 
his adventures. 

Space forbids us to touch upon 
the first and successful essays of 
christianizing Japan and the rea<< 
sous which led to their later ex- 
pulsion. 



154 



BULLETIN CRITIQUE. 



But we must notice cursorily 
what Mr. Nachod tells us of the 
efforts Japan made in 1586 to 
persuade the King of Corea Li-yen 
to undertake with the Japanese 
the conquest of China. As Corea 
refused these proposals, Taikosama 
declared war to it, and as a monu- 
ment of his victory he erected an 
Ear-mausoleum containing the cut 
off ears of 15000 Coreans. 

Between 1564-1571 the Phi- 
lippines, whicli had been under the 
nominal suzerainty of China, were 
conquered by the Portuguese, and 
already in 1592 HidejosM wrote a 
letter to the Spanish Government 
of these islands, intimating to him 
that he would wage war upon China 
as soon as his hands were free. 
"If you acknowledge me now, in 
accordance with you duty, in all 
humility as your sovereign, you 
will have nothing to fear from 
Japanese arms; but when you 
refuse to do so, I will send an 
expedition to the Philippines and 
will destroy it entirely" (Nachod, 
p. 58). The intimidated Spanish 
Governor immediately sent an em- 
bassy to Japan to offer his most 



humble hommage to the Mikado 
in order to escape the threatening 
danger. 

In 1593 and 1595 a treaty 
of peace between Japan and the 
Philippines was confirmed by the 
King of Spain (p. 60). 

The death of Taikosama in 
Sept. 16, 1598 luckily interrupted 
the bellicose ideas of Japan, as his 
death was followed by intestine 
revolutions which only ended by 
the victory won in 1600 by lyeyasu. 

In the second chapter the 
Author describes the origin of the 
dutch East-India Company which 
is sufficiently known by the work 
of Mr. VAN DER Chus "De stichting 
der Vereenigde O.-I. Compagnie"; 
and the adventures of the English 
sailor Adams who has himself 
described them after his final 
release from Japanese service; for 
he appears to have been in high 
favour with lyeyasu who did not 
like to part with him. 

In Sept. 20, 1609 the first 
dutch factory was built in Hirado 
and Jacques Specx was established 
as first chief-factor. 



BULLETIN CRITIQUE. 



155 



In the 4th Chapter the author 
gives us a sketch of the State of 
Japan at the time of the first 
relations of the Dutch with this 
country and of the character and 
enterprises of Ideyôshi, one oï the 
most enlightened sovereigns Japan 
has ever possessed. 

Their trade was much impeded 
by the rivality of the Portu- 
guese and Spaniards, and still more 
when the English E. I. Company 
began to trade directly with Japan. 
John Saris, commander of the ship 
Clove, obtained very favourable 
conditions by the aid of his country- 
man Adams, among others the 
privilege of exterritoriality, one 
of the articles running: "and all 
"oflFences committed by them, shall 
"be at the said merchant's (the 
"chief-factor) discretion to punish; 
"and our (i. e. Japanese) laws to 
"take no hold, either of their 
"persons or goods" (p. 159). 

Nowadays we have been de- 
prived of this privilege by the 
Japanese, and have consented to 
stand on trial before a Japanese 
court. A most deplorable error in 
the eyes of all who know what 



asiatic judges are. 

Specx left Japan in Oct. 10, 
1621, and with this fact the author 
concludes the first part of this 
chapter. 

The second part (p. 181 seq.) 
treats of the events under Leonardt 
Camps and Cornells van Neijenrode 
(1621-1632). After ten years of 
existence the English Company in 
Japan was extinct, as they made 
a loss, according to Rein and 
Rundall, of £ 40000 in that period. 
Camps died of fever Nov. 21, 1623 
and was succeeded by Neijenrode. 

The Dutch came very soon in 
conflict with the Japanese at For- 
mosa, where the former had estab- 
lished themselves after they had 
been driven from the Pescadores 
by the Chinese. Origin of the 
quarrel was that the Dutch wanted 
to levy 10% of all Japanese ships 
trading with Formosa, which the 
Japanese refused as the Dutch had 
no more rights upon Formosa than 
they themselves. 

The Dutch and Japanese at 
Formosa soon came to blows, in 
which the latter remained victo- 
rious and forced Nuijts to pay an 



156 



BULLETIN CRITIQUE. 



indemnification for 200 picul of 
silk, plus 15 picul confiscated 
formerly by Sonck ad 141 tail 
the picul. 

Besides he had to pay for loss 
on bottomry 20 7o upon 200 picul 
silk, when at last Nuijts was 
released and permitted to return to 
the fortress (p. 206-207). 

In the mean time the dutch 
hostages sent to Japan were kept so 
close prisoners that the Governor- 
General Coen only heard of it by 
some Portuguese prisoners in Ma- 
cao. The Indian government recall- 
ed Nuyts and charged him person- 
ally with the indemnity sum paid 
to the Japanese. 

The counsellor of the Indian 
council Willem Jansz. was next 
sent to Japan in order to arrange 
affairs, where he arrived Sept. 4, 
1629 and was immediately placed 
under the same ignominous arrest 
as the other Dutchmen (Letter of 
the said commander to Batavia 
from Pebr. 17, 1630 in the State 
Archives in the Hague). 

In the mean time Fesodonno 
had succeeded to persuade the 
Japanese government, only to con- 



cede to the Dutch the free trade 
with Japan and Formosa, in case 
of surrender of the fortress at Tai- 
wan, hoping to become himself 
some time governor of Formosa or 
even Daimyo (p. 210). 

After long and painful négo- 
ciations, the Dutch at last obtained 
permission by a decree of May 6, 
1630, to repair their ships and 
continue their commercial trans- 
actions as heretofore (p. 213). 

Though under very onerous 
conditions they made in 22 months 
a gain of 800,000 guilders. 

This was the consequence of 
Fesodonno's death which had taken 
place June 24, 1630, and who had 
turned stark mad 2 or 3 months 
before, so that the Japanese were 
obliged to put him in irons(p.213). 

In a note Mr. Nachod shows 
that the statement concerning 
these facts given by Dr. Riess in 
his History of the island Formosa, 
in the"Mitteilungen der Deutschen 
Geselschaft für Natur- undVölker- 
kunde Ostasiens", Tokyo 1897, 
fascicule LIX, pp. 423 — 424, is 
incorrect. 

The Japanese government was 



BTJLLimi» ORITIQDB. 



157 



however only aatisfied when the 
dutch company had sacrificed 
Nuyts, the sole object of their 
hatred, to the vindictiveness of the 
Japanese. He was sent as a pris- 
oner to Japan in July 1632 with 
the ship Warmont, where he 
arrived in September and was 
apprised of the death of his son, 
who had been sent as a hostage 
from Formosa, in Dec. 29, 1630, 
and where he was only kept in 
light seclusion in one of the houses 
of a Japanese private person. 

Neijenrode, whom Jansz. calls 
an "impotent and desolate lord, 
whose books were in the utmost 
confusion", died luckily for him- 
self on Jan. 31, 1633 in Hirado, 
and was succeeded by the upper- 
merchant PlBTER VAN SaNTEN (p. 

221), who, however, was replaced 
already in the same year by Nico- 
laes Couckebacker, who already in 
Oct. 3, 1633, went to pay the 
customary Court-visit (p. 223). 

Dutch trade now went on 
briskly. 

In 1635 they had made a clear 
profit of 1,039,21 7,10, 13 guilders, 
more than 100 "/o of the import 



value (p. 226). 

But they remained continually 
under the oppression of vexatious 
and onerous restrictments, fostered 
especially by the Portuguese. The 
Dutch therefore made themselves 
master of the private correspon- 
dance of the Portuguese which 
they sent up to the Japanese 
government which, when it was 
apprised by a letter of the governor 
of Macao to the Viceroy of Goa, 
of a great festival held in honour 
of the Portuguese Jesuit Vieira 
who had been executed in Japan 
the 6th June 1634, got so incensed 
that the Portuguese were shut up 
in Desima. 

Mr. Nachod gives us a long 
account of the slanderous reports 
current in all older and newer 
works on Japan, as if the Dutch 
had made a false letter in which 
the Portuguese would have incited 
a revolution, and victoriously refut- 
es these slanders by authentic doc- 
uments (pp. 234-242). 

Increase of severity against 
catholic priests was the conse- 
quence of the deification in 
Macao of Vieira who had been 
11 



158 



BüLLKTIN CRITIQUE. 



banished from Japan, but came 
back disguised as a Chinese sailor, 
and was punished by being burned 
at the stake (p. 243). 

At the same time the penalty 
of death was enacted against every 
Japanese who left the country, or, 
having been abroad, returned to 
his fatherland (See Appendix, p. 
cxxxiv- cxxxvi) *), 

Couckebacker went end of 1635 
to Batavia and left the upper- 
merchant Caron in charge, who 
paid the customary court-visit in 
Febr. 24, 1636, and was very 
graciously received: according to 



1) This decree has never been officially 
repealed, so that when, in 1860, some ship- 
wrecked Japanese, picked up by a Spanish 
ship, were brought to Amoy, wc had to 
write first a letter to the Japanese authorities 
craving pardon for these men, as otherwise we 
would not send them back. We got very soon 
a favourable reply, intimating that this bar- 
barous law being now obsolete, the Japanese 
sailors could return in all safety. They did 
80, and later on wrote me a letter that they 
had not been molested. As a curious in- 
stance I may mention that the captain of 
the crew had managed to save his Chinese 
inkbox and pencils, and understood Chinese 
80 much that we could keep up a conversation 
in Chinese together. They were delighted at 
having found a European knowing Chinese, 
as they did not know anything else but 
Japanese which nobody at Amoy understood. 



the author, because he offered, 
besides the usual presents, an 
enormous copper candélabre with 
30 branches, weighing 796 pounds, 
wherewith the Shogun was so 
much pleased that he destined it 
to be suspended over the grave 
of his father in the beautiful 
mausoleum of the familyTokugawa 
in Nikko near Yeddo, where it still 
hangs, 

So pleased was the Shogun, 
that he sent a present of 200 ingots 
of silver (about 250 pound sterling) 
to Caron, and released at last 
Pieter Nuyts from his captivity 
(p. 249). 

He went back to Batavia, but 
was there punished by being 
deprived of all his honours, dig- 
nities and salaries, and sent back 
to Holland as a simple particular 
(p. 252). 

A new plan of the Japanese 
government now threatened the 
Dutch with a new danger. The 
exclusion of the Portuguese from 
Japan did not seem sufiScient to 
the Japanese, as their priests found 
a willing support in the Philippin es. 



BUM.KTIN CRTTIQÜB. 



150 



from where they could easily pass 
to Japan. 

The Shogun thus wished to 
make war upon the Spaniards 
and to drive them out of the 
Philippines, desiring that the 
Dutch would help him in this 
undertaking with their ships for 
transporting the Japanese army, 
on penalty of liaving to leave the 
land. 

In order to escape this dilem- 
ma, the Dutch at Hirado ofiered 
two or three of their ships, request- 
ing to be allowed to keep the 
others for their trade. But van 
Diemen said that if this ofier was 
accepted, it would be necessary to 
add four to five good men-of-war 
that the Dutch night not be dis- 
graced by the Spaniards, aud get 
into disfavour with the Japanese 
(p. 258). 

Luckily the Dutch escaped this 
danger by a revolution broken out 
in Shiraabara as a consequence of 
the persecution of the Japanese 
christians (p. 259-267). 

In 1639, Garou was named as 
successor of Couckebacker (p. 268). 
The author gives us some interest- 



ing particulars about this man, who 
had worked himself up from a 
common sailor to this high posi- 
tion, and who had married in 
Japan a native christian woman 
(p. 269). 

He made in June 1639 the 
customary court- visit to the Sho- 
gun, by whom he was friendly 
received ; and after having answered 
affirmatively upon a question of 
the Shogun if the Dutch would be 
capable of purveying Japan with 
the necessary wares when the 
Portuguese were driven out of 
Japan, the Shogun issued in 
August 22 of the same year the 
famous decree whereby the Portu- 
guese were for ever forbidden to 
come to Japan under penalty of 
destruction of their ships and death 
of their crews (p. 273). 

This was a sad blow for the 
Portuguese, but not underserved, 
as they had continually sent their 
priests to Japan who did more 
evil than good. Macao was nearly 
ruined by it; and so it proposed to 
send a special envoy to Japan to 
intreat the revocation of their ex- 
clusion, under official promise that 



16Ö 



BULLETIN caiTiqü». 



they would never again send priests 
to Japan. 

In fact they presented a decree 
signed by the civil authorities, the 
clergy and the government of 
Manila by which the transportation 
of priest to Japan was punished by 
a fine of 4000 tael, and in case of 
inability to pay, by death (p. 277). 
We thus see that they sacrificed the 
interests of religion to those of 
lucre. 

But it was of no avail. The 61 
Portuguese of the embassy were 
immediately decapitated, whilst the 
13 blacks who were on board were 
sent back to Macao in a Chinese 
Junk to report the execution. The 
Portuguese ship was towed with all 
its contents, worth about 14,000 
tael, from the harbour and burned 
in open sea (pp. 278—279). 

But the hatred of the Japanese 
against Christianity was not satis- 
fied by this act, and the Dutch, 
though they had only traded and 
never tried to christianize the 
Japanese, received peremptory 
orders to destroy all their buildings 
upon which stood a christian date 
(p. 281). 



Curon, who saw the impossi- 
bily to resist such an order, ordered 
200 men of the ships to come 
ashore, and assisted by the same 
number of Japanese, the wares 
were transferred from these build- 
ings, whilst the roof of the new 
stone factory was removed (p. 283). 

The only thing which preserved 
the Dutch from the fate of the 
Portuguese were the patent letters 
given to the former by lyeyasu and 
Hidetada and which the Shogun 
dared not to repeal on account of 
his respect for his sacred ancestors 
(p. 287). 

But the Japanese now tried to 
provoke the Dutch to go away 
from themselves by all sorts of 
vexatory measures. Among those 
the decree that the Dutch governor 
had to be changed every year, 
which forced Caron to leave Japan 
in Feb. 15, 1641 (p. 290). He was 
succeeded by Maximilian Lemaire. 

The 6th Chapter treats ex- 
haustively of the relations of the 
Dutch with Japan during their 
sojourn in Desima,where they were 
ordered to reside in the future. 



BULLKTIN CRITIQUE. 



161 



There they sufiFered a regular im- 
prisonment,, had, besides, to pay a 
yearly rent of 5500 tail for the right 
of dwellingthere, and were subjected 
to the most painful conditions, even 
80 that they were not allowed to 
bury their dead, but were obliged to 
throw them into the sea (p. 298). 

But we must close our review, 
which is already by far too long, 
and refer our readers to the book 
itself, which is a lasting historical 
monument of the author's industry 
and researches, which we hope he 
will apply some other time to other 
subjects relative to the colonisation 
of asiatic countries by the Dutch. 

There is one great thing to be 
learned from the intercourse of 
european nations with these coun- 
tries, and especially with regard to 
Japan and China, that is that they 
have spoiled everywhere the broth 
by their inconsiderate zeal of 
propagating their own religious 
tenets. 

Friendly received at first, be- 
cause trade was as much desired 
and wanted by China and Japan 
as by the Europeans, it is their 
. fatal proselytism which has ruined 



all prospects and will continue to 
ruin them. We cannot serve God 
and Mammon at the same time. 
If the Christians had followed the 
example of the Buddhist mission- 
aries, who did not trade at the 
same time and look out for lucre, 
Christianity would have had as 
much chances of success as had 
Buddhism. But the Christians not 
only wanted to make themselves 
masters of the Consciences of these 
people, but also, and by preference, 
of their Riches. 

We must leave our christian 
missionaries to their own peril and 
martyrdom, just as the Indian 
princes left their Buddhist mission- 
aries. 

Any interference, and especially 
an armed one, can only be preju- 
dicial to the propagation of a 
religious doctrine. 

We blame the Mahomedans for 
having propagated their religion 
by the sword, and we do the same, 
with this difference that we shoot 
shells, loaded with christian doctri- 
nes, with guns and cannons into 
China. No good can ever come of 
such measures. 6. S. 



BIBLIOGRAPHIE. 



LIVRES NOUVEAUX. 

De la lecture japonaise des textes contenant uniquement ou prin- 
cipalement des caractères idéographiques (Journal Asiatique, Sept.— 
Oct. 1897) est le titre d'un petit mémoire composé par M. Mau- 
rice Courant pour faciliter aux Sinologues nou-japonisans la lec- 
ture de textes japonais écrits en caractères idéographiques. 



Hänfigkeitswörterhuch der deutschen Sprache, festgestellt durch 
einen Arbeitsausschuss der deutschen Stenographiesysteme, heraus- 
gegeben von F. W. Kaeding (Steglitz bei Berlin 1898. Selbstverlag 
des Herausgebers). 

Gelegentlich der Veröffentlichung dieser umfangreichen Arbeit 
schreibt uns Herr Dr. Gramatzki in Berlin folgende Zeilen: 

Sfenographica und Orientalia. 

Leider habe ich auf dem letzten Orientalisten-Congress in Paris 
aus äusseren Gründen davon Abstand nehmen müssen, zwei Vor- 
träge zu halten, von denen der eine die Wichtigkeit des Sö-sho 
( J^ ^ ) für das Studium der Japanischen Schrift-Sprache, der 
andere die Bedeutung umfangreicher sogenannten Häufigkeits-Unter- 
suchungen des Wortschatzes einer Cultursprache beleuchten sollte. 
Den ersten Punkt werde ich nun vielleicht im nächsten Jahre in 
Rom berühren. 



BTBLTOORAPHIK. 163 

Den zweiten jedoch, den ich nur in engeren Kreisen bisher zur 
Sprache gebracht und der bei Gelehrten nicht so bekannt ist, wie 
er es zu sein verdient, möchte ich in der Stunde, wo das betr. 
grosse deutsche Werk vollendet ist — wenn auch nur ganz kurz — 
erwähnen. 

Bei Gelegenheit des Internationalen Stenographen Congresses 
zu Berlin im Jahre 1891 wurde nämlich beschlossen, die Häufigkeit 
der Laute, Silben und Wörter von etwa zwanzig Millionen Silben 
d. h. etwa 11 Million Wörter aus den verschiedensten Wissensge- 
bieten festzustellen. 

Die Ergebnisse sind nach siebenjähriger angestrengtester und 
sorgfältigster Arbeit jetzt unter dem Titel »Häufigkeits- Wörterbuch 
der deutschen Sprache von F. W. Kaeding" (Berlin, Hofbuchhandlung 
von Mittler und Sohn) veröfiFentlicht, und bieten nicht nur für die 
Steuographik (die wissenschaftliche Erforschung und Ausbildung der 
stenographischen Theorien zum Zwecke des System-Baues) sondern 
auch für die Linguistik eine ausserordentliche wertvolle Fundgrube. 

Für uns ist nun besonders interessant, dass Käding eigentlich 
nur in China — wo ähnliche Untersuchungen zu typographischen 
Zwecken angestellt worden sind — Vorgänger gehabt zu haben 
scheint. Was ich darüber im Laufe meiner Studien in Erfahrung 
gebracht, habe ich in Kädings Werk auf Seite X zusammengestellt. 
Tm Anschluss hieran, und das ist für unsere junge Wissenschaften 
(die Sinologie und ihr immer kräftiger sich entfaltendes Baby die 
Japauologie) das wesentlichste und interessanteste an der Sache, 
möchte ich nun die Bedeutung derartigen Untersuchungen für das 
Chinesische und Japanische betonen. Vielleicht wird dies dazu an- 
regen, iu eine Erörterung darüber einzutreten ob es sich nicht 
empfehlen dürfte ähnliche Untersuchungen (natürlich im bescheide- 
nen Umfange) auf sinologischen und japanologischen Gebiet anzu- 
stellen. Was für Zeit und Mühe könnte auf diese Weise den 



164 BIBLIOGRAPHIE. 

Studierenden und Gelehrten erspart bleiben und für die Ausbildung 
unseres interessanten, aber auch so mühseligen und zeitraubenden 
Wissenschaft gewonnen werden! Jeder, der sich für den Gedanken 
interessiert, sollte es nicht versäumen, einen Einblick in das 
Käding'sche Werk zu thun, und gelegentlich im T*oung-pao, das 
hoffentlich nach wie vor unsere massgebende Fachzeitschrift bleiben 
wird, seine Ansicht auszusprechen. 



M. E. Deshaybs, Conservateur adjoint du Musée Guimet, a pu- 
blié une petite brochure très intéressante sur l'Art décoratif en 
Chine d'après les Collections des Empereurs Hoeï-tsong (XII^ s.) 
et Khiën-long (XVIIP s.), accompagnée de reproductions des des- 
sins originaux: précis d'une conférence faite par lui le 13 Février 
dernier. Cet opuscule fait suite au Sommaire de sa conférence sur 
les Bronzes chinois et les Collections à^ Antiquités chinoises des 
mêmes empereurs faite le 17 Janvier 1897. Nous regrettons que 
ces deux ouvrages n'aient pas été publiés par la voie de l'impres- 
sion typographique, au lieu de par la voie de l'autotypie. Ils au- 
raient fait meilleure mine, plus digne des curieux et intéressants 
résultats des études de l'auteur. 



Mgr. C. DE Harlez de Louvain, vient de publier dans la 
Wiener Zeitschrift für die Kunde des Morgenlandes^ Vol. XI, le 
texte mandchou (en transcription latine) et sa traduction française 
d'un traité de Métaphysique bouddhiste intitulé Vadjracchedikä ou 
le Fendoir du Diamant. 

Ce traité a également été traduit eu Chinois sous le titre de 
^I^IJ^^^S' *^^ Sûtra du Pradjnâ capable de fendre les 
diamants»; c'est un sommaire du Pradjnäpäramitä, traité tenu en 
haute estime en Chine et dont les bonzes doivent faire leur lec- 
ture habituelle. Mgr. de Harlez a fait sa publication d'après un 



BIBUOORAPHIB. 165 

manuscrit unique tombé en sa possession il y a quelques années. 

Pour les études mandchoues, délaissées actuellement par la 
plupart des sinologues, cette publication est d'une haute valeur; 
car d'après les signes du temps, le Mandchou n'aura sous pen 
qu'une valeur historique, cette langue tendant à s'éteindre entière- 
ment, comme le Jutchen et autres langues tatares. Déjà aujourd'hui 
le Mandchou n'est plus parlé à la cour de Peking où il a été 
presqu'entièrement supplanté par le Chinois. 



Le second (et dernier) fascicule de l'important «Chinese biblio- 
graphical Dictionary» par M. Herbert A. Gili-s», professeur à 
l'Université de Cambridge, vient de paraître. Nous en parlerons 
plus longuement dans un numéro prochain de notre «Bulletin 
critique». En attendant nous ne pouvons que féliciter l'auteur et 
les sinologues de la terminaison de son utile compilation. 



M. le professeur Rud. DvoîâK et M. Jab. Vbchlick^ à Prague 
viennent de publier la 1® Livraison d'une traduction tchèque en 
vers du Chi-king, ou Livre des Odes (Prague, J. Otto, 1898). 



M. le Professeur W. Radloff a publié dans le Bulletin de 
l'Académie Impériale des Sciences de St.-Pétersbourg (Janvier 1898. 
T. VIII, no. 1) une notice préliminaire sur une inscription en an- 
cien turk nouvellement découverte en Sibérie près de la station 
Nalaicha, située à quelques v erstes de la Tola, par Madame Elisa- 
beth Klemenz. Elle en a fait de suite des estampages très bien 
réussis dont M. Radloff loue l'accuratesse et la précision. L'inscrip- 
tion se trouvait sur des piliers faisant partie du mausolée de Toju- 
kuk, né en 646 et souvent mentionné dans les Annales chinoises, 
décédé entre les années 721 et 727. 



166 BIBLIOGRAPHIE. 

M. Radlofi remarque à juste titre que ce nouveau document 
a non seulement un grand intérêt historique, mais contient éga- 
lement des matériaux inappréciables pour l'étude de la langue des 
Turks de la Mongolie. 

Nous espérons voir paraître bientôt la publication et traduction 
entière dé cette précieuse inscription. 



CHRONIQUE. 



ALLEMAGNE ET AUTRICHE. 

Le savant philologue, M. le Dr. J. G. Buehler, professeur de sanscrit à 
l'univei-sité de Vienne, vient de se noyer, le 8 Avril, dans une partie de canot 
sur le lac de Constance, sans qu'on ait retrouvé jusqu'ici son cadavre. 

Le professeur Buehler, qui était originaire du Hanovre, était âgé de soixante 
ans, il avait passé de nombreuses années aux Indes, et professé de 1863 à 4880 
au collège Elphinstone à Bombay; il avait publié de nombreux ouvrages sur la 
langue sanscrite et sur les textes sacrés des Hindous. 

CHINE. 

Londres, 22 février {par dépêche). — Le Foreign Office fait savoir que le 
ministre anglais à Pékin a obtenu de la Chine les concessions suivantes: 

10 Les cours d'eau navigables de l'intérieur de la Chine seront ouverts dans 
le courant du mois de juin prochain aux vapeurs britanniques et autres, de 
telle sorte que partout où des traités permettent actuellement l'emploi d'em- 
barcations indigènes, les étrangers auront également le droit de se servir de 
steamers ou de chaloupes à vapeur appartenant soit à des Chinois soit à des 
étrangers. 

2** La Chine s'engage formellement vis-à-vis de la Grande-Bretagne à ne don- 
ner à bail, ni à hypothéquer, ni à vendre à quelque puissance que ce soit, des 
territoires de la vallée et de la région du Yang-Tse. 

30 La Chine s'engage à confier toujours à un Anglais les fonctions d'inspec- 
teur général des douanes, tant que le commerce anglais avec les ports de la 
Chine continuera à dépasser celui d'une autre puissance quelconque. 

4" Un port sera ouvert avant deux ans dans la province de Hou-Nan. 

Le rimes annonce en ces termes la conclusion de l'emprunt chinois: 
Le contrat définitif de l'emprunt de 16 millions de livres (400 millions de 
francs) à 4 Va 7o a été signé hier à Pékin entre la Banque de Hongkong et 



168 CHRONIQUE. 

Shanghaï, la Banque allemande est-asiatique et le gouvernement du Céleste- 
Empire. Il est amortissable en quarante-cinq ans et le prix fixé par le contrat 
est de 83. Comme garanties, la Chine donne une part des revenus des douanes 
non encore engagés et une part du likin. 

Les revenus du Tché-Kiang et des provinces de la vallée du Yang-Tsé seront 
placés sous le contrôle immédiat de l'administration des douanes impériales. 

Le 17 Mars une expédition médicale américaine a été attaquée à Tchoung- 
k'ing ( 5 J^ lu- dans la province de Sse-tchoan) et un des boj's chinois 
massacré. Le meurtrier allait être exécuté, quand la milice chinoise est ac- 
courue et voulait empêcher l'exécution. Les consuls européens ont exigé du 
Taotai de disperser ces soldats et de faire immédiatement exécuter le meurtrier. 
De plus ils ont exigé une indemnité de 500 taels pour l'attaque faite contre la 
mission. 

Les indigènes de l'île de Hai-nan sont en pleine révolte. Jusqu'à aujourd'hui 
ils ont pillé et brûlé une trentaine de villages ainsi qu'une douzaine de postes 
militaires, et massacré plus de cent paysans. Les insurgés ont leur quartier 
principal à Yen-tcheou, 140 K.M. au S.O. de K'ioung-tcheou (J^ M\ jf^), la 
capitale de l'île. Trois mille soldats chinois licenciés se sont joints aux rebelles. 
Les troupes envoyées contre eux ont été battues, de sorte qu'on a dû envoyer 
des renforts de Canton. 

La Prusse se mêle maintenant des affaires intérieures en Chine. 

En Juin 1895 le Taotai de Yen-tcheou avait été rappelé sur les instances de 
l'Ambassadeur allemand, pour insulte faite à l'évêque Anzer. 

Son successeur fut encore rappelé à cause du meurtre des missionnaires alle- 
mands dans son district. 

Le gouvernement chinois ayant de nouveau nommé le Taotai, rappelé en 
1895, le Baron von Heyking a demandé la cassation immédiate de cette nomi- 
nation. Le Times ajoute que l'Allemagne y verra peut-être un nouveau prétexte 
pour arracher derechef des territoires à la Chine. 

La Russie a demandé la cession de tous les droits souverains sur Port Arthur 
et Talien Wan pour la même durée et les mêmes conditions accordées à l'Alle- 
magne pour l'occupation de Kiao-tcheou, ainsi que la concession pour un chemin 
de fer de Petuna à Moukden et Port Arthur. 

Le Gouvernement Chinois (date 20 Mars) a accepté cette demande: Port 
Arthur et Talienwan sont donnés en bail à la Russie pour 25 ans. Cependant 
la Chine se réserve les droits souverains sur ces deux ports. 

Le Times du 26 Mars a publié un télégramme de Hongkong du 20 Mars 
mandant que le vaisseau de guerre anglais Bar/leur est paiti pour Nagasaki. 



CHRONIQUE. 169 

IjB veille des ordres avaient été donnés que la station maritime à Hongkong 
devait tHre immédiatement mise sur pied de guerre. Le personci, qui a été 
augmenté, travaille nuit et jour à la mobilisation fixé pour lo mardi. De« croi- 
seurs français ont fait vapeur pour le nord, sans toucher à Hongkong. 

M. Bons d'Antv, consul à Ssù-mao, a été nommé consul à Canton, en rem- 
placement de M. Camille Imbault-Huart, décédé. 

M. DE Bezauke a été nommé Consul-Général à Shanghaï en remplacement 
de M. Duhail. (Journal ofilciel du 3 Février). 

Les consessions faites par la Chine à la Fi'ance sont les suivantes: 

i. Cession de la baie de Koang-tcheou ( ^ >MJ >ä^ ). Cette baie, qui est 
destinée à devenir un dépôt de charbon et une station navale, est située dans 
la péninsule de Loui-Tcheou. Elle se trouve sur la mer de Chiae au nord et 
sur la côte est de cette péninsule. C'est nne belle rade facile à défendre et 
qui commande le détroit de Hainan. 

Déjà depuis plusieurs mois le gouvernement français avait jeté son dévolu 
sur ce point. Des ordres avaient été donnés à l'escadre d'Extrême-Orient de le 
surveiller tout particulièrement. C'est pourquoi le comtnandant en chef de l'es- 
cadre y avait envoyé en station l'aviso La Surprise. Lez approvisionnements y 
sont faciles à cause du voisinage de la ville de Louï-Tcheou *^ >H4 téP^ 
Lat. 20° 51' 36", Long. 107=57'. 

L'acquisition de cette baie constitue certainement l'avantage le plus important 
concédé par le gouvernement chinois. 

2. La cession de la voie ferrée reliant le Tonkin à Yunnan Fou. Ce chemin 
de fer est, en effet, destiné à assurer le développement si désirable et si envié 
de la colonie du Tonkin dans la région limitrophe chinoise, qui contient d'im- 
menses gisements de charbon. 

Le gouvernement chinois vient d'ouvrir au commerce étranger trois nouveaux 
ports chinois: 

1. Fou-ning fou ( jnB ^^ jÖ")» dans la province de Fou-kien, en longitude 
de 117° 48 30" et latitude 26^54', situé à l'extrémité d'une rade profonde qui 
est séparée de la pleine mer par un« barrière de montagnes et que les cartes 
anglaises désignent improprement sous le nom de Santa-creek; il y a 130 kilo- 
mètres de Fou-Ning à Fou-Tchéou et autant de Fou-Ning à Ouen-Tchéou, 
auti*e port à tmité. 

Le second port dont le Tsong-li-Yamen vient de décréter l'ouverture est une 
station du Yang-Tsé, Yo-tcheou /"«w ( ^ ^ jjj ) en long. 110° 34 25 est 
et lat. 29° 24' 00 ', située entre Han-Keou et I-Tchéou, sur la rive orientale du 
canal servant de débouché à l'un des plus grands lacs de la Chine, le lac de 
Toung-Ting, qui mesure environ 80 kilomètres en longueur sur 40 en largeur 



170 CHRONIQUK. 

et qui reste presque complètement à sec lorsque le Yang-Tsé est bas; mais 
dans cette saison même, trois affluents de ce fleuve, qui se déversent dans le 
lac et fertilisent toute la province du Ho-Nan, demeurent navigables; le pays 
qu'ils traversent produit en abondance du thé, du charbon, du fer, du cuivre 
et du plomb. 

Vient enfin un port du golfe de Liao-Toung, dont les dépêches orthographient 
le nom de façons si diverses qu'il est impossible de l'identifier avec certitude 
et dont, selon toutes probabilités, l'importance sera de beaucoup diminuée pour 
le commerce étranger, par le fait de la construction d'un chemin de fer russe 
transmandchou. 

On mande de Peking au Times — et l'on confirme par dépêche de Shanghaï 
aux agences — que le gouvernement chinois a volontairement proclamé Wou- 
Soung (près de Shanghaï) port à traité. Il a, de plus, communiqué à l'Angle- 
terre son désir de reviser les tarifs à la fin de l'année courante, conformément 
à l'article 27 du traité de Tien-Tsin. La proclamation de l'ouvertui'e d'un nou- 
veau port aurait pour but de décider l'Angleterre à autoriser cette revision. 

CORÉE. 

Selon un télégramme du 19 Mars de Yokohama, la Russie a consenti à rap- 
peler les instructeurs militaires ainsi que l'agent financier Alexejief de la Corée. 

Le cabinet coréen a mis le ministre des affaires étrangères en état d'accusa- 
tion pour avoir cédé Deer Island à la Russie. 

Un vapeur russe de la flotte volontaire est arrivé le 15 Mars de Port Arthur 
à Tchemoulpo (Corée) et a débarqué 57 mariniers, avec une grande provision 
de munitions, qui se sont rendus à Séoul. 

FRANCE. 

M. Gabriel Devéria, professeur à l'École des Langues orientales vivantes, a été 
nommé le 10 Décembre 1897 Membre de l'Institut de France. 

Aoadémie des inscriptions et belles-lettres. 
(Séance du 17 Septembre 1897.) 

Le tombeau de Gengis Khan. — M. C.-E. Bonin, vice-résident en Indo-Chine, 
chargé de mission dans la haute Asie, fait une communication sur le tombeau 
de Gengis Khan, qu'il a visité au cours d'une précédente exploration en Mongolie. 

Après avoir remercié l'Académie qui vient de lui accorder une subvention de 
vingt raille francs pour son nouveau voyage, M. Bonin fait la description du 
monument historique qu'il a, le premier, visité en détail. 

Le tombeau du conquérant de l'Asie est caché au milieu du désert, sous 



GHBOVriQüR. 171 

deux tentes do foutre, et gardé par les Mongols de l'Ordos, qui sont les des- 
cendants de ses anciens soldats. 

Un grand nombre de légendes entourent le monunaent mystérieux. La plus 
intéressante, rapportée par M. Bunin, est celle de la lance de Gengis Khan, 
plantée au milieu du désert et qui ne se rouille Jamais, car l'onabre invisible 
du conquérant est debout à côté et la tient encore. 

Société de Qéographie de Paris. 

(Séance du 21 Janvier.) 

M. de Bondy, vice-consul de France à Formose, annonce: 4" que, pour la 
première fois depuis l'occupation de Forraose par les Japonais, la petite île de 
Kisan, située sur la côte nord-est, a été visitée par eux. C'est un îlot rocheux, 
qui mesure environ deux lieues de circonférence et qui est habité par des indi- 
gènes de race chinoise. Le sol paraît renfermer des filons métalliques, même 
de l'or, et abonde en sources minérales. Dans le sud, les navires d'un tonnage 
moyen pourraient trouver un abri momentané; 20 qu'un groupe d'ingénieurs 
japonais a visité récemment les îles Bonin, dont la population a doublé depuis 
une dizaine d'années, grâce à l'immigration. 

Il s'était établi là, paraît-il, depuis un certain nombre d'années, toute une 
colonie d'étrangers, déclassés pour la plupart, des outlaws, ayant fui la civili- 
sation dont ils étaient les ennemis ou les victimes, et vivant là en gens indé- 
pendants, au milieu d'un pays fertile, sous un beau ciel, exempts d'impôts et 
loin de toute autorité officielle gênante. C'étaient des Français (on dit même 
que nos compatriotes y étaient en majorité), des Anglais, des Italiens, des 
Espagnols, des Scandinaves et des Américains. La mission japonaise dit qu'elle 
a trouvé parmi eux des gens dont l'allure et les manières dénotaient une édu- 
cation distinguée et qui paraissaient avoir été reconnus chefs par leurs com- 
pagnons. 

Des missionnaires européens des deux sexes ont fondé dans cet archipel quatre 
écoles qui l'eçoivent un grand nombre d'enfants. Une compagnie de navires ja- 
ponais relâche six fois par an aux îles Bonin: bientôt le service sera mensuel. 
Mais sans doute cet avantage ne sera guère apprécié par les outlaws dont nous 
parlions tout à l'heure. Si cette terra nullius devient une terre civilisée, adieu 
les avantages qu'elle présentait pour les déclassés de toute nationalité! 

Dans sa réunion du Vendredi 15 Avril, la Société de Géographie a procédé 
au renouvellement de son bureau pour l'année 1898 — 1899. 

Ont été nommés: président, M. A. Milne-Edwards, membre de l'Institut; 
vice-présidents, M. Albert de Lapparent, membre de l'Institut; M. Henri Cor- 
DIER, professeur à l'École des langues orientales. 

Scrutateurs, M. Fernand Grenard, M. Camille Guy, chef du service géogra- 
phique aux colonies; secrétaire, M. Henri Bretonnet, lieutenant de vaisseau. 



172 CHRONIQUE. 

Le 27 Â-vril la Société a tenu, dans son hôtel du boulevard Saint-Germaîn, 
une séance extraordinaire en l'honneur du quatrième centenaire de IVasco de 
Gama, sous la présidence de M. Milne-Edwards, assisté des membres du bureau 
et de M. le baron Hulot. 

Sur l'estrade avaient pris place: MM. de Souza Rosa, ministre de Portugal 
à Paris, les représentants des ministres de la marine, des colonies et de l'in- 
struction publique, ainsi qu'un grand nombre de membres de la colonie por- 
tugaise de Paris et de notabilités littéraires et scientifiques. 

Après une courte allocution du président, la parole a été donnée à M. 
Henri Cordier qui a retracé, en un tableau fort intéressant et très documenté, 
l'état politique de l'Europe et de l'Asie avant et après le voyage de Vasco de 
Gama. 

Après ce tableau fréquemment applaudi, M. Emile Vedel, lieutenant de 
vaisseau, raconte le voyage de Vasco de Gama. La séance a été terminée par 
la description de l'Inde à l'époque du grand navigateur, faite par le marquis 
de la Mazelière. 

Le monument de Francis Gamier. 

Depuis trois jours, une palissade de bois, vite recouverte d'affiches multico- 
lores, enclôt une grande partie du refuge central qui s'étend, avenue de l'Ob- 
servatoire, entre la station du chemin de fer de Sceaux et la statue du maré- 
chal Ney. A l'intérieur de la palissade, des ouvriers établissent les fondements 
d'un monument nouveau, qui embellira, avec la statue de Ney et l'admirable 
fontaine, toute voisine, de Carpeaux, ce coin de Paris. Le nouveau monument 
est élevé à la gloire de M. Francis Garnier et aussi à celle de la géographie. 

On connaît l'œuvre de Francis Garnier; avec le capitaine Doudart de Lagrée, 
il remonta, le premier, le fleuve du Mékong jusqu'en Chine, traversa la pro- 
vince du Yun-Nan, visita sa capitale, atteignit le Yang-tsé-Kiang et, laissant 
. derrière lui de Lagrée, mort à la peine, revint par ce dernier fleuve et par 
Shanghaï. Au coure de cette exploration mémorable, il se rendit compte de la 
valeur du Song-Koï, le fleuve du Tonkin, et songea dès lors à assurer à la 
France cette voie de pénétration vers la Chine du Sud-Ouest. C'est pourquoi, 
quelque temps après, il attaquait avec 168 Français et Chinois la forteresse 
d'Hanoï et la prenait d'assaut. Le 21 décembre 1873, attiré dans une embus- 
cade sous les murs d'Hanoï, il tombait frappé à mort. 

Son buste se dressera sur un fût de colonne, copié sur les modèles les plus 
purs du style cambodgien. Autour de cette colonne seront groupées trois sta- 
tues monumentales: V Indo-Chine s'approchant de la Seine, les mains pleines 
de présents: peau de tigre, dents d'éléphants, et, sur le devant du monument, 
la Géographie qui tendra, à Francis Garnier, qui l'enrichit par ses travaux, 
le laurier de la gloire. 



ciiKoNiquK. 173 

Ce monument est l'œuvre du sculpteur Denys Pnoch. Il sera innu^uré, 
pense-t-on, le 14 juillet prochain. 

M. Barbier de Meynard, professeur de langue turque à l'École spéciale des 
langues orientales vivantes, est nomrué, pour une période do cinq ans, adminis- 
trateur de cet établissement, en rempiacoiuent de M. Schefer, décédé, 

JAPON. 

M. Olry de Labry, capitaine au Ile dragons, a été désigné pour occuper le 
poste d'attaclié njilitaire à la légation de la République française au Japon, en 
remplacement de M. de Pimodan, relevé de ses fonctions. 

Les journaux anglais reçoivent la dépôclie suivante de Nagasaki; 

Le traité franco-japonais abolissant les droits d'extraterritorialité a été ratifié 
hier à Tokio. La France, par ce traité, renonce à ses tribunaux consulaires au 
Japon, et les citoyens français seront soumis aux lois japonaises à partir du l*' 
janvier 1900. 

On sait qu'une convention de même nature avait déjà été passée entre la 
Grande-Bretagne et le Japon. 

Les élections ont eu lieu sans incident le 15 Mars. On croit que le gouverne- 
ment aura une majorité. 

C'est le 17 janvier qu'après trois semaines de négociations le marquis Ito a 
enfin constitué le nouveau ministère, composé d'hommes qui partagent absolu- 
ment ses idées, et par conséquent tout à fait homogène, sous cette réserve que 
le comte Inouyé (finances) et le général Katsura (guerre) sont d'avis de réduire 
les projets d'extension militaire. 

Voici la liste des membres de cette administration : 

Président du conseil, marquis Ito; Affaires éti*angères, baron Nishi; Finances, 
comte Inouyé; Intérieur, vicomte Yoshikama; Instruction publique, marquis 
Saionji; Guerre, général Katsura; Marine, marquis Saïjo; Commerce, baron Ito; 
Voies et communications, baron Suyematsu; Justice, M. Sone Arasuke. 

LAOS. 

M. Bryzinski, enseigne de vaisseau, ex-second de 1*^4 /oueWe, vient d'être chargé 
d'une mission généi-ale d'exploration sur le haut Mékong. M. Bryzinski partira 
de Muong-Sin sur le La Grandière. Il remontera le Mékong aussi haut que 
possible, sans toutefois débarquei- sur la rive chinoise. Cette exploration durara 
trente mois. 



12 



174 CHRONIQUE. 



PAYS-BAS ET COLONIES NEERLANDAISES. 

Par arrêté du Gouverneur Général des Indes orientales Néerlandaises du 12 
Mars 1898 ont été nommés officiers pour les affaires chinoises les élèves-inter- 
prètes M. A. G, DE Bruin à Muntok (île Banka) et M. P. A. van de Stadt à 
Rembang (Java). 

Le prince Ario Mataram de la cour de Solo est parti le 28 Mars pour Ba- 
tavia afin d'offrir ses hommages au Gouverneur-Général. Il doit être parti le 
30 Mars pour l'Europe sur le vapeur «Salak». 

A l'occasion du sacre de la jeune Reine des Pays-Bas le prince paraîtra en 
costume Javanais (basahan), costume officiel usité pendant la fête Garebeg, 
tandis qu'à l'occasion de l'offre du })ortrait du Sousouhounan à Sa Majesté, 
il portera le costume Javanais pradjouritan, pareil à celui porté par S. A. le 
Sousouhounan sur son portrait. 

En présentant ce portrait le prince tiendra un discours en Malais. 

Radhen Mas Ario Kousoumodinoto et Radhen Mas Pandji Pouspomodjo pa- 
raîtront également en costume Javanais et observeront les mêmes cérémonies 
en usage à la cour de Solo, c'est-à-dire qu'ils s'asseyeront accroupis et faisant 
leurs sembahs (salutations) obligés. 

ILES PHILIPPINES. 

Il paraît que l'insurrection dans les îles Philippines a de nouveau éclaté. 
Les provinces Tarlac, Pangatinal et Zambales sont en pleine révolte et l'on 
craint que d'autres suivent cet exemple. On raconte aussi que le général 
Aquinaldo et autres sont revenus de Hongkong à Luçon. Dans les derniers 
jours 3000 hommes ont été envoyés dans les provinces en révolte. Il ne reste 
qu'une petite garnison à Manila. 

Les rebelles ont investi le 7 Mars la station à Bolinao. Dans le combat 43 
hommes de la garnison furent tués. Le vapeur espagnol envoyé aux secours 
dut se retirer devant le feu des rebelles. Enfin la station fut délivrée par le 
général Monet avec 1000 soldats, après cinq combats acharnés dans lesquels les 
rebelles subirent de grandes pertes. 

RUSSIE. 

Le navire de guerre russe Vladimir-Monomach est arrivé le 2 Mars à Aden, 
en route pour la Chine, en même temps que le croiseur Pétersbourg quittait 
Odessa, à destination de Vladivostok, avec 1000 hommes de troupes et des 
provisions de vivres et de munition. 

Les cuirassés Navarin et Sissoi- Veliki, de même nationalité, ont touché 



CHKONiqUE. 175 

Singapour on les avaient précédés les navires allemands Deutschland et Gefion. 

On mande d'Odessa que le croiseur Chereon est parti le 13 Mai's pour 
l'extrême Orient avec plus de 2000 soldats, des canons, des munitions et des 
approvisionnements. On est tellement pressé que les croiseurs de la flotte volon- 
taire ne suffisent point, et qu'on a loué des vapeurs français, dont le premier 
est parti le 28 Mars avec 2000 hommes. 

SIAM. 

M. Caillât, chancelier de résidence en Annam et au Tonkin, mis à la dis- 
position du ministre des affaires étrangères, est nommé vice-résident de 2« classe, 
pour compter du jour où il prendra possession du vice-consulat de Ban-Dua- 
Makeng (Siam). 



CORRESPONDANCE. 



».. <XSH «. i ■» 



La prononciation du 5| mandchou. 

J'affirmais, il y a deux ans dans cette Revue, que la prononciation de la 
voyelle d était ö et non ü (ou). Je maintiens cette opinion et je ci'ois devoir 
apporter en sa faveur les 3 preuves suivantes qui me paraissent irréfutables. 

l" La forme; d est composé de d o plus un trait et non de d' u. 

S'* La nature des consonnes précédentes. En mandchou les voyelles se divisent 
en fortes a o; faibles e, u et moyenne i. En outre les gutturales ont une forme 
différente selon qu'elles précèdent les fortes ou les autres. Or devant d il y 

a toujours une consonne forte. Ex. Tr^rzrrf ahôn, v> m ? >j\ j jcikôci. 

3" La nature des voyelles des autres syllabes d'un même mot qui doivent 
être de qualité identique. Ex. gôsulambi et guculembi ; cukôs'ambi et cuku- 
s'emhi. Si d était m, on aurait cuküs'emhi et gmulembi. 

Cela est décisif sans aucun doute. C. de Harlez. 



GEOGRAPHICAL NOTES. 



■..«^.. 



THE NICOBAR AND ANDAMAN ISLANDS 

BY 

G. SCHLEGEL. 

Undei" the above title we intend to publish separate monographies on 
Chinese geographical questions, which may serve as materials for a complete 
treatise of ancient Chinese Geography. 

Râkcha-isîands ^^ -^ PJ Nicobar-islands. 

The Nicobars, also called Sombrero-islauds, from the hat-like 
form of one of these islands, are situated west of Sumatra in 8° 0' 
N. and 93*0' E. 

They are generally known by the Chinese under the name of 
Rakchas or Demons who devour men, from the belief that their 
inhabitants were anthropophagi. In A.D. 607 the Emperor of China 
Yang-ti had sent an envoy to Siam, who also reached the country 
of the Bakchas '). 

According to Tu-yena T'ung-tien ^), the Nicobars lie east of Poli '). 



Pien-i-tien, Chap. CI. 

2) Wylie, Notes on Chinese literature, p. 56. 

3) E. coast of Sumatra. For east read west. Cf. Groeneveldt's remark in his "Notes 
on the Malay Archipelago", p. 84. 

13 



178 G. SCHLEGEL. 

Its inhabitants are very ugly, having red hair, black bodies, teeth 
like beasts and claws like havsrks. Sometimes they traded with 
Lin-yih (Champa), but then at night; in day-time they covered 
their faces. In A.D. 607 the emperor Yang-ti sent Chang-tsiln a. o. 
to Siam, when he also went to the Nicobars *). 

According to the "General Topography of Canton" ^), the land 
of the Rakchas ^) lies east (read west) of Poli. Its people are very ugly, 
having red hair, black bodies, beastlike teeth and hawklike nails. 
When they sometimes trade with the people of Lin-yih, they come 
at night and cover their faces. Their country produces carbuncles 
which are like crystals. When one holds this pearls at midday over 
some tinder, the fire immediately springs from it '). 

The same custom of obtaining fire is told of the inhabitants 
of Poli «). 

Every transparent stone, if ground down at the sides and 
thicker in the middle, forms a natural lens whereby the rays of 
the sun may be concentrated to a burning point sufficiently hot to 
light tinder; even a flake of ice cut into the form of a lens may 



»ja ^ , tt M tS Ä ® . H *i 'î^:^ * s # ît 

5) Wylie, Notes, p. 36. 

6) According to Mannert's Geographie der Griechen und Römer, Vol. V, p. 259, the 
Agathu Baemonos (The islands of the good Demons) of Ptolemy are the Nicobars, In fact 
the natives are very good devils. The greek Dœmonos is of course only a translation of 
the sanscrit name Rakchas (Demon). 

') fe » ^ M .t^ ^ « « ^ H. *J H . Ä A S Pi o 
*S, H*. W^. MjK. i$|a#aAf^ïlT> 

8) Cf. Groeneveldt's "Notes on the Malay Archipelago", p. 83. 



OBOORAPHICAL NOTES. 179 

serve as a buruing-glass ^). The old Chinese made use of such 
lenses, as I have show^n in my "Uranographie chinoise", p. 142, 
and in iiiy great Dutch and Chinese Dictionary, s. v. Buanoglas. 

This is all the Chinese authors tell us about these islands. 
But I wish to call the attention to another name which is 
incidentally mentioned by the Chinese in their description of Lambri 
(^ V^ %\\ 18 )•• that of ||J| pl4 or "Hat-island", which has been 
identified by Groeneveldt (Notes, pp. 99 — 100) with the islands 
Bras or Naai^ lying quite close upon the coast of Achin. 

The passage translated by Groeneveldt is taken from the Ying-yai 
Sheng-lan ( j^ '^ ^ ^) by Ma-koan {]^ ^i) ^^^ vxxns thus: 

m.^m\s\.zmiKm.iEmmn^.^MU 
mn, s * )i # «ft « -(R « lit uj j§ m . 

Groeneveldt translates this: 

"At the north-west of this country, in the sea, at a distance 
"of half a day, is a flat mountain '"), called the Hat-island; the 
"sea at the west of it is the great ocean and is called the Ocean 
"of Lambri. Ships coming from the west alLtake this island as a 
"landmark". 

In the corrected version of this book, given in the Pien-i~tien, 
this passage runs thus: 



») ÄI] * ♦ ü *S , « [61 . « X * * f ^ > W 'ff 






10) Groeneveldt's translation of the characters "j^ ^ ^^ l^ \\] by "a flat 

mountain" is not correct. They mean "the lofty ( |M? ) mountain ( MJ ) of Peaceful Fore- 
boding" i~lc ^p 4*â ), on account of its being the safe landmark for the seamen. 



180 G. SCHLEGEL. 

To the northwest (of Lamhri), in the ocean, is a flat- topped 
big mountain, which can be reached in half a day, and is called 
Hat-island. The sea (there) is the Indian ocean, called Nahuri. All 
the ships take this mountain as their compass. 

In the outlandish history of the Ming-dynasty ( V^ ^p ^ ) we 
have another version, viz.: 

S 4t -^ tf 5^ Ui S Ä:^: > «PI Uj . Ä S =® :^ 

the north-west, in the sea, is a very high and big mountain; the 
great sea west of it is called the Naburi-ocean * '). Seaships coming 
from the west all look out for this mountain to direct their course". 

All these descriptions agree in saying that this island had a 
high, lofty and big mountain, with a flat top. Now this is not the 
case with the islands Pula Bras and Pulo Nasi, which are so low 
that the Dutch have been obliged to build a light-house upon the 
former one, that the seamen may not be shipwrecked upon them, 
when wishing to make either for Achin or the strait of Malacca. 
Now for ships coming from the West (Araby, the Persian gulf 
and India) the first land hailed are the Nieobar-islands or Sombrero- 
islands, as they are also called, on account of the high mountain 
■in the middle group, whose top resembles an umbrella or one of 
those large, flat Spanish hats called "sombrero". The channel 
between the great and little Nicobars is called to the present day 
in our Maps "Channel of Sombreiro". 

As the Chinese name Mo-shan means exactly the same as 
Pulo Sombrero (Hat-island), I am inclined to believe that these 
two islands are identical and to be referred to the hat-shaped 
middle island of the Nicobars. 



11) I dare not transcribe these characlers as Lambri, as Groeueveldt does, because 
they are quite different from E9 yÇJl ^11 pronounced Lam-put-li — Lambri; whilst 

this ocean is called ^P |^ ^ or pj^ ^^ P^ Na-but-li or Nabuflai = Naburi 



or Naburai. 



OKOGUAFHICAL NOTKS. 181 

Amoug the products of this island, the Chinese mention a 
species of coral, called in Singapore Akar batu or Stone-root, and 
in Java Akar bahr i. e. Sea-root. Tt is the Plexaura antipathes^ 
a coral containing a horny, black stem which makes it very 
flexible and capable of resisting the heaviest surge. Of this root 
belly-girdles are twisted in Singapore against pains in the loins. 
In Java glangs or bracelets are made of it tipped with a golden 
snake head and tail, which are very graceful and considered as 
amulets. 

It is curious that neither the Dictionaries of Von de Wall and 
Pijnappel, nor even the new "Encyclopaedic van Nederlandsch Indie", 
mention this akar bahr, which every child in India knows and a 
bracelet of which I sent years ago from Batavia to my sister as 
a curiosity. 

The Chinese description of it is very accurate: "For about 20 
feet off the side of Hat-island, grow in shallow water sea-trees 
which are gathered by the people, and sold as a very precious 
article, it being a coral. The highest of such trees is three feet 
high; its stem is as thick as a thumb, of a deep ink-black colour 
and glossy as jadestone. The branches at the extremity are very 
flourishing '*) and lovely, and of the greatest part of the top of 
the stem cap-buttons and other articles can be cut "). 

An objection could be made that the Nicobars are too far off. 



12) The text has .^5 ^i- p'o-so, which means "to gambol", instead of y^ f^ 
p'o-so, "flourishing and thriving". 

'») ^ -a S «^ 1 iiii 04 ^ - * ± T . ?ji * ft 4 

f)i; s ,*n Ï 5 2 ?a m.m ± ts *^ ^ t- w * .« 

IS :^ â tsr « ® W i*l& *) . 



182 Ö. SCHLEGEL. 

as it is said the Hat-island was only half a days sailing distant 
from Lambri. But as we will presently see that the Andaman-islands 
could be reached from Hat-island in one or two days, sailing in a 
north-easterly direction, the distance from Lambri (Achin) to the 
Nicobars could be easily eflPected in half a day, as Lambri or Hat- 
island could be reached in three days and nights sailing from 
Sumudra *^). 

Besides, when sailing from Pulo Bras to the Andaman-islands, 
the course would be Northwestern and not North-eastern. 



The Green Islands '^) ^ ^ jjj The Andaman-islands 



or 



The country of the Naked ^ ^ ^ The Adamites. 

In the beginning of his Chapter on Ceylon, Ma-koan says: 
"When setting sail south ^^) from Hat-island, and sailing with a 
fair wind in a north-easterly direction, one sees in one or two 
days the Green Islands, which are situated in the sea. There are 
3 or 4 of them, but only one of them is very high and big, and 
the natives call it Mount Sundaman. The people of this country 
live in nests and dwell in caves. Men and women go stark naked, 
wearing not even an inch of thread, looking like animals and beasts. 
The ground does not produce any rice, so that the people nourish 



1*) i ^ PI ^ f H Ä i7 = Ä ^ "sr M . I» ti- ^ 

ifJH ^^ ^Ë ^Ë ^^^^ follows at the end of the description of Hat-island, and has 
therefore to be referred to that place. 

15) ^. ^ , in Amoy ts'tà-Um, is defined by Douglas "bright light blue"; but as 
both characters also mean green, I have preferred to translate them so. 

16) According to the 'g p g^ ^ ^ : g "H Ul Ä S South-east 
from Hat-island. 



GEOGRAPHICAL NOTKS. 183 

themselves with wild Taro, Jackfruits"), Baniaus, Cocoa-uuts aud such- 
like fruits; or they catch fish aud shrimps in the sea which they eat. 
There is a tradition saying that if they wear one inch of cloth 
ou their bodies, they will get rotten ulcers. When, in former times, 
àakya Buddha went over the sea, he went ashore at that place, 
where he undressed and entered into the water for a bath. The 
inhabitants then stole his clothes aud concealed them, wheu they 
were cursed by Oaky a, so that it came to this pass. To the present 
day the people cannot put on clothes. People say that the Egg- 
showing village ^^) is this country '^). 

17) A corruption of the sanskrit Djaka: the Panasa, Artocarpus integrifolia. Some- 
times transcribed Jg^ ^[^ ^ , ^ j^^ ^ and ^ ^^ ^ (Eitel, Sanskrit- 
Chinese Dictionary, p. 88). 

18) According to the «^ »g ^ ^ ^ ^ |P J^l , The red-egg village. 
Cf. Pien-i-tien, Chap. 99, 4. 

Both terms can also be translated by "the Village which shows its testicles", or 
"the Village of the najced testicles", as WrJ means as well egg as testicle. My colleague, 
Prof. Kern, suggests that it may be a translation of the two first syllables of A)iJa{man), 
because anda means in Sanscrit as well egg as testicles; but he says that Andaman has 
nothing to do with Sanscrit. Otherwise andaja mdna could mean "Oviparous Barbarians". 
(Cf. Benfey, Skt. üict. p. lOi and 699Ô), when we might report this name to that of 
the "Country of the Egg-people" said in the Shan-hai King to live in the wild regions 
of the South, and to bring forth egt^s, viz, to be oviparous, accordin;; to the oommentarv 

Ä s "^ 4. ^f [ XÉ ] in ■^P :4. •& • ■'■'"^ PiV»-i/,V», Ch.,.. 107, rcpro. 

duces an engraving representing a male and female of this country. 

>») ê iti| LU m «^ # > *ï- Ä IS) ^ rib «- n H > 

ii-A*ü. ^m^m. imB^zm. ±T^aj 

* . 1f Ä Ol * ,?Ä M >H « . W^ t «S . äc •» 

icii-^. «A'èSâiSA5!<. mmmvi. ntaiit. 
m4a^rI^?!c. fs w tu # j^ in lit ** & . 



184 • G. SCHLEGEL. 

In the Sing-ch'a Shêng-lan, published in 1436 by Fei-sin ( ^ ^ ), 
the following account is given of the Andaman-isles: 

"These islands are situated to the North-west of Ambergris 
island {Pulo Wai, cf. Groeneveldt, "Notes", p. 100) at a distance 
of five days and nights (sailing). There are seven greater or lesser 
straits (channels) by which ships can pass. The tradition goes that 
when Sakya Buddha passed these islands and bathed in its waters, 
his kashâya (robe) was stolen, when Buddha swore that if hereafter 
any one dressed in clothes, his skin and flesh would rot. Hence 
men and women now all cut off their hair and do not dress. 
They only use leaves of trees sown together wherewith they cover 
their fore- and back-side. 

"Neither have they rice or corn, but only descend into the sea 
and catch fish and shrimps in their nets; they also plant Banians 
and Cocoa-trees for their food. Ships gone there, had never anchored 
under these islands. Only on the 22 day of the tenth month of 
the year Yin-tsze of the period Siuan-têh (November 1432), on 
account of adverse wind and current, (a ship) anchored at this 
island for three days and nights, when the islanders, mounted on a 
canoe made of a single tree, came to sell cocoa-nuts. Men and women 
in this canoe were precisely so as is said above {viz. stark naked)" ^°). 



20) 1 






OKOORAPHICAI. NOTKS. 185 

In the description of Ceylau in the outlandish history of the 
Ming-dynasty, it is said that in the S.E. (read S.W.) sea, are three or 
four islands, whose collective name is the "green islands". There 
are seven larger and smaller channels, through which the ships 
may pass. The middle island is the highest, and its native name 
is Sodaman *'). Its population lives in nests and dwells in caves. 
They are naked and have cropped hair. There is a tradition that 
formerly Sakya Buddha passed these islands, and bathed in its 
waters, when somebody stole his kâshâya. Buddha then swore that 
any of them who would put on clothes, would see his skin and 
flesh rot. Siuce that moment, if they only hung one inch of cloth 
upon their bodies, poisonous ulcers suddenly broke out. Therefore 
men and women are all naked, and only sew together leaves of 
trees to cover their fore- and back-side. This is the reason it is 
also called "The country of the Naked". The soil does not 
bring forth any cereals, and they only eat fish and shrimps and 
wild taro "), jackfruit '^'), banians **) and suchlike. When one sails 
from there seven days to the west, one sees the Parrot-biU moun- 
tain ^^), and after two or three days one reaches the Buddha-temple 
mountain ^^), which brings us to the territory of Ceylan ""). 



21) or Sundaman. It is curious to compare this name with the /»«K&r« n»<ia« of Ptolemy, 
about whose position european geographers differ, some placing them in the strait of Malacca 
near Banka (Sunda-islands), others among the Nicobars, because Ptolemy places them at 
S" N. But I am inclined to believe that his Sinda is only the transcription of the native 
name Sunda{man). Of. Mannert, "Geographie der Griechen und Römer", Vol. V, p. 259. 

22) Colocasia esculeuta or indica (Bretschneider, Botanicon sinicum, III, p. 414, N°. 261). 

23) Artocarpus integrifolia. See above Note 17. 

24) M usa paradisiaca. 

25) Pedrotallagalla (Piduru Tagala), 8,296 feet high. 

26) Adam's peak, 7,352 feet high. 

iK4^-tn. nw^mßi, + - Ol Ä Ä A . # 



186 G. SCHLEGEL. 

According to au old tradition Sakya (originally) coming from 
the Andaman-islands, which lie 5 days and nights sailing from 
Ambergris-island (Northcoast of Sumatra, perhaps Palo Wai), 
landed at this mountain where he left the impression of his foot. 
At the foot of this mountain is a temple in which the true body 
of the Nirvaria of Sakya is preserved lying upon his side along 
with Sariputtra (one of the principal disciples of Sakya) ^^). 

m%. »##*. iKc ;^ ic ^ If ^ . ^mis^m 

iöP yV ^ ]^ ^ o Pien-i-tien, Chap. 99, II from the 1^ ^^ ^ , Anno 1459. 

'a ^y "j" Pien-i-tien, Chap. 99, II. 

In the History of the Ming we have the variant: /j^ -^ .-^ ^|J ^B >P^ 
— f-* ^p , the Tooth of Buddha and Sarîras (hones and other relics) are ail preserved in 
this temple. 

The Adjdibs (Merveilles de l'Inde by Devic and Van der Lith, p. 134, LXXXV) plac3 
this temple in Great Andaman and report that this temple was made of gold and say 
that it contains the grave of Salomon, son of David. But this is impossible, as these 
islanders were like wild beasts, man-eaters and living like birds on trees. Page 69 of the 
same work, we read the story of a sailor who came to the Andaman-islands where he 
remained some time to recomfort himself, to take rest and to make a provision of fresh 
water, fruits and banians. I saw nobody there, he continues, but some fishermen in canoes 
which came from between the trees. 

The Adjdibs design by Great Andaman the island of Ceylan where, at the foot of the 
Adam's peak, was a Vihâra containing the mortal remains of Buddha, who, by Arab 
authors, is called Adam; whilst the Adjâibs make of him Soleiman = Salomon. 

The Andamâns mentioned on p. 67 of the Merveilles are the real Andamâns, and 
Great Andaman is Ceylan. If ever such a golden temple with the remains of Buddha had 
existed in the Andamâns, the English would since long have found its vestiges. But the 
natives were much too barbarous to build temples, as they do not even build huts for 
themselves. 



OEOORAPHIOAL NOTKä. 187 

For us, who believe only in Buddha as a personification of the 
sun, this legend is very simple. 

For the inhabitants of India the Andaman-islands lie in the 
East, the place where the sun rises out of the sea (the bath of 
Buddha). Sometime afterwards the sun rises naked, i. e. stripped 
of the morning-clouds (stealing of Buddha's clothes) above the 
horizon and, gradually approaching Ceylan, the sun hovers a 
moment over the highest peak of the island (where the Hindus 
of the coast of Oororaandel could see him pass) and left there the 
impression of his foot — some natural cavity like the Rosstrappe 
in the Harz and other places in Europe. Having passed this mountain, 
the sun comes over the "Adam's bridge" to India. 

For those who still believe that Buddha was a human being, it 
will be difficult, nay impossible, to explain this legend, as the so- 
called historical Buddha was born in Kapilavastu, never went out 
of India, and surely was never in the Andaman-islands. 



In the main the Chinese description of the Andamans agrees 
with those given by Marco Polo and even by ^modern authors, and 
it is unnecessary to refute Mr. Phillips' opinion that the Green 
islands were the Nicobars (Doolittle's Handbook, Vol. II, p. 555). 

Phillips having erroneously read /^ ^^ ^ , in Amoy So-be-ban 
instead of ^ ^ ^ So (or Sun)-tok-ban, has identified it with 
the name Sambelong on European maps. But sambelong is a clerical 
error for the Malay sembilan (nine) = Pulo sembilan, the Nine Is- 
lands — in Chinese ^ jß\\ . 

The Chinese Sundaman has a very curious resemblance with the 
name Andaman which these islands bear in our maps. But what 
does the name mean? T. Cadell (Geographical Magazine, Vol. V, 
1889, p. 57) says that the Malays call these islands Pulo Haîidiîmdn, 
which, by a slight change of pronunciation, would turn into Anda- 



1.88 6- SCHLEGEL. 

man which he thinks to be = Hanumdn, the Monkey Grod of the 
Hindus. This etymology seems to me quite false, Hanûmân not being 
capable of changing into Handumdn. 

Marco Polo (Chap. 167, Ed. Pauthier, p. 580) calls these island 
Ängamanain, which Yule believes to be a dual form of Angaman 
for Andaman (The Book of Ser Marco Polo, London 1875, II, 292); 
but this etymology is also to be rejected beca-'ise the old Chinese 
transcription gives <So-(or Sun)damân. Besides, the principal group 
of the Andamans does not consist of 2 islands, but of 3, separated 
by two channels, as a glance at a good map will show. 

The Pien-i-tien (Chap. 107, I, fol. 30) gives a description of 
Andaman, here called ^ |5!^ ^ ^ An-to-man kwok, quoted from 
the San-tsai Tu-hwui, running thus: "The country of Andaman can 
"be reached from Lambri with a fair wind. This land has a 
"circumference of 7000 Chinese miles. The body of its population 
"is black as lacquer, and they are called Mountain-barbarians. 
"They catch human beings, so that the skippers dare not approach 
"its shores. They have no iron in their country, and make only 
"weapons of sharpened shells. In their country is a sacred foot- 
"print, and they have made a gilded couch whereupon a dead man 
"lies, who has not decayed through all ages. There is always a 
"huge snake which guards it, whose hairs are two feet long, so 
"that people dare not approach. There is also a well, whose water 
"overflows twice a year, discharging its water into the sea. The 
"sand and rocks over which it runs all turn to gold" *"). 






0B06RAPHI0AL NOTES. 189 

In the engraving added to this description, this so-called 
Andaman-man wears a petticoat, has a mantle over his shoulders 
hanging down to his heels, and wears rings round his upper arms 
and wrists; whilst we have seen, and also know, that the Andaman- 
islanders go stark naked. 

This whole notice is copied from Arab sources *") and we have 
the same confusion as among these latter between Great Andamfiu, 
or South-Ceylan, and little Andaman, our Andaman-islands. 

The sacred footprint (Adam's foot) and the gilded couch con- 
taining the mortal remains of Buddha, as also the well overflowing 
twice a year, all point to Adam's-peak and the vihara at its foot 
in South-Ceylan. 

In the History of the Ming-dynasty we read in the Description 
of Ceylan that "in a rock on a mountain near the shores of the 
"sea, is a footprint of about three füet length, of which the old 
"men say that when Buddha came from the Green Islands (Anda- 
"maus) he put his foot in this place and that his footprint has 
"remained there. In this footprint is a flake of shallow water 
"which never dries up. People dip their bands in it and wash 
"their eyes and faces therewith, calling this the purification of the 
"water of Buddha. At the foot of the mountain is a vihara where 
"the true body of Sakya rests on its side upon a couch, whilst 
"near him lie the tooth of Buddha and other relics"''). 



30) Merveilles de l'Inde, p. 134, Chai). LXXXV, p. 256, 260. 

* . pg B# -^ $t , A ^ ^ SI > tiS @ a ® . # * 

Ä ? Ä ^ ÏJ| ( ^ :^[* ^ ^•"- ^^^^^- ^«««■»■^"^«. Chap. 99. Ill po. 



190 G. SCHLEGEL. 

The Ying-yai Shêng-lan equally speaks of this rock with a big 
footprint more than two feet deep and eight feet long, of which 
tradition says that it is the foot-print of the Patriarch Adam, our 
Poan-ku ^^), and repeats the legend of the never tarishing well in 
this footprint '^). 

The Chinese author quoted above, gives to the Andaman island 
a circumference of 7000 Chinese miles, about 2500 english miles, 
much too large for the Andaman islands and even for Ceylan, 
whose circuit is estimated now to be less than 700 english miles, 
though it is said that it was formerly much larger ^^). 

I will return in a later paper upon this question when treating 
of Ceylan. 



B# 4 A JE Wo insir-ifco^^^' ''•^^^^• 

34) Pauthier, Le Livre de Marc Pol, p. 583, note 2; Yule, Marco Polo, II, p. 254, 
Note 1. 



GKÛGRAPHICAL NOTES. 



•<o- 



1^ 



IL 



or 



^m 



LANG-GA-SIU OR LANG-CxA-SU 
and 

SIH-LAN SHAN ^ ^ iJj CEYLAN. 

We have here agaiu to do with a most deplorable confusion of the 
Chinese geographers; a confusion which has also beguiled European 
writers, on account of the resemblance of Lang-ga-siu with Langkâ 
(fj^ 3^ °^ -^^)i properly Ling-ka, the name of a mountain 
in the south-east corner of Ceylao, whose dark and precipitous clifiFs 
were only haunted by ghosts, and where in olden times Buddha 
pronounced the Langkâ sûtra '). 

Now, in the first place, the characters in both names are quite 
different ; whilst the first name is composed of three characters 
Lang-ga-siu, and Lanka has only two. 



') IS Ä IE 5- , ft # E H ^ ^ IÎI W II M Uj . 

s +^ # 4M . Mi iöi . ^'"•*" "•'^■'- '"■"f- ^"- '°'- '' "'"■ '^'" 

full title of this sAtra is SatMfiarma Laiujkdeaidra sHra. Cf. Site), S)tt.>ChiD. üict., p. 61ii. 



192 G. SCHLEGEL. 

Porter Smith (Vocabulary of Chinese proper names, p. 28) 
identified it with the island or islands of Linga near the Malay 
peninsula, and Groeneveldt (Notes on the Malay Archipelago and 
Malacca, p. 10) even went so far as to place it in the western 
part of the island of Java, though the mention that Lang-ga-siu 
produces camphor-oil and elephants ought to have warned him that 
this identification is impossible, as neither of these two products 
are to be found in Java. 

The first mention of Lang-ga-su is found in the Books of the 
Liang-dynasty, in the year A..D. 515, when this country sent an 
envoy to offer natural products ^). 

We read in the history of this country in the same Books 
that Lang-gasiu is situated in the southern seas; that it is 
30 days pacing from East to West, and 20 days pacing from 
North to South, being 24,000 Chinese li distant from Canton; that 
its climate and products of the soil are about the same as in 
Fu-nan (eastern part of Siam) and that everywhere is found 
Lignum aloes ^), Baros-perfume (Camphor) and suchlike. Men and 
women have naked arms and loose-hanging hairs, only wearing a 
cotton Kemhan *). The king and the nobles moreover cover their 
shoulders with a sleazy cloth, and wear a girdle of golden cord, 
whilst they put golden rings into their ears. 

The girls dress in cotton aud wind fine pebble-strings around 

their body When the king goes out, he rides upon an 

elephant. ..... 

The people of this country say that their state was founded 



3^ f# H jS ® A ^ i^ . ?»«•«■"»■. Ch.p. xcix, I. 



3) Aquilaria agallocha >j^g , better ^S ^ 

4) See the Note at the end of this article. 



GEOORAPlllCAL NOTES. 



193 



more than 400 years ago (A.D. 100), but that it got weaker 
under its successors; and as there was among the relations of the 
kiug one who was an excelleut man, the people turned towards 
him. When the king heard of this, he put him into prison, but 
his chains snapped spontaneously. On this the king thought him to 
be a supernatural being and dared not hurt him anymore, but 
only drove him from his territory, whence he took refuge to India, 
and was married there to the eldest daughter (of its kiug). When 
on a sudden the king of Lang-ga died, the great officers called 
•back the prince and made him kiug. He died more than 20 years 
later, and was succeeded by his son Bhagadath ^). lu A.D. 515 he 
sent an envoy named Aditya ^) with a letter ^) to the emperor of 
China '). 

These embassies were repeated in A.D. 523 and in 531 and 
then seem to have beeu dropped. 



6) Cf. -^^ ^Jp^ ( -^^ ) Bhaga(vat) "fortunate" and date "a king". Bhagadato thus 

means Rex ftlix. Cf. /^ ^ ßl^ ^ ^ ''^''^ Aditja. Eitel, Skt.-Chin. Diet. p. 127. 
C) I leave out this letter, evidently composed by some ehinese oüicial, and refer our 
readers to Mr. Groene veldt's translation of it, op. cit. p. 11. 

^ M . ± ^ ?j^ È » t^ Ä f!f& löl . Ü ^ j#- •* ^ ^ 

Ï Hj * m .... H A la it H « îiï > ra w ft^ ^ .« 



^ _iL 



^^■\-m^m.mmm^ 



u 



194 G. SCHLEGEL. 

It is, however, often mentioned iu other accounts which will 
enable us to fix its geographical situation pretty accurately. 

The first mention we have again found of it is in the Books 
of the Sui-dyuasty, where we read: 

"When emperor Yang had mounted the throne, he longed to 
open communications with the most distant regions. 

"In A.D. 607, Ch'ang-tsün, Assistant secretary of the military 
fields *), and Wang Kiun-ching, Assistant secretary of the Water- 
and-Wood department ^), with some others, asked to be sent as 
envoys to Siam. 

"H. M., highly elated, gave to Tsün and his companions each 
four pieces of silk and a suit of clothes of the fashion; besides 
they received 5000 pieces of presents to be offered to the King 
of Siam. 

"In the 10th month of the same year Tsun and his companions 
embarked in Nan-hai kiun (Canton). 

"During 20 days sailing they always had favorable winds and 
reached Tsiao-shih island'"); then veering to the south-east, they 
anchored at Langkaparvata *') which lies opposite west of Lin-yih 
(Champa) and upon which stands a temple. 

"Steering again southward they reached the Lion's Rock *''), and 
from this point a string of islands succeeded each other. After. 2 
or 3 days further sail, they saw in the west the mountains of the 
state of Lang-ga-siu, and then they reached the southern part of 



8) Under the Chow-dynasty there was a department for these fields called Uf "^K , 
now called "ïfr M ^ Vide K'ang-hi, i. v. 

9) Cf. Biet, le Tcheou-li, I, p. 26, note 4. 

10) ^Ê. >Q 1 1 1 is Reef-island : in modern Chinese SIb yf-^ , half-tide rocks. It 
are the Paracels of our maps, now called J-* vJJJ , the 7 islands. See my Dutch-Chinese 
Diet. 8. V. Klip. 

11) This may be Pulo Cecir maris or some other of this group. 

12) Royal Bishops shoal? For the transcription of Paroata cf. Eitel, Skt.-Chin. Diet. 
p. 91. 



OBOOBAPHICAL NOTES. 



195 



the island Ki-lnng '^) and arrived at the frontiers of the Red-Soil 
(Siam)" •*). 

Now it is evident that neither Java, nor even Lingga, could be 
seen from Point Cambodja, which the ships doubled to sail up to 
Siam. 

Nor is it by any means possible to see Ceylan from such a 
distance, as the author of the Topography of Canton suggests in 
his description of Ceylan *^). 

We next find it mentioned in Book 222 II, fol. 2 verso^ in 
the History of the T'ang-dynasty (date 650— 655) in the description 
of Pan-pan^ whose geographical position is thus defined: 



13) Perhaps Koh Dud or another island in the Hasting Archipelago, or an island near 
Cape Liant, opposite ('hantebon. 

1*) ^ * ± * # > 'i;i ■$• in fe > Ä Hi ii « ^ * . 

mm., m.m^\\\, mmM^^. mmmm^^ 
m^^B. êm%mm^. x^-hh. mm 

Ä ÏI 3f ^I H ^ lU „ Î5 Ä m M IS t ^ , M *^ * 

-|^ ^2 Xf^ This notice is textually repeated in the Topography of Canton ^b ^^ 

Lang-ga-siu. In its centre is a high mountain When Ch'aug-tiùn of the Sui-dynasty 

went to Lin-yih (Siam), he saw it in the extreme west" {Pien-i-iien, Chap. 99, II). 

Of this high mountain the author says : "In Sanscrit a high mountain is called Si^lau ; 
hence its name" :^ ^ g^ ^f jjj '^ ^f ^ „ P^ ^^ . On this cf. Yule's 
Marco Polo, II, 255, who adopts v. d. Tank's suggestion of the Javanese tela, "a precioas 
stone"; bat it seems better to think of the Sanskrit hla, "a stone or rock", or iaila, "a 
mountain", which agree with the Chinese interpretation. 



196 G. SCHLKGEL. 

^'Pan-pan lies in a gulf of the southern sea. To the North it 
borders upon Van~vûong ^^). Separated by a small sea, it is contig- 
uous to Lang-gasnt^ and can be reached by sea in 40 days from 
Kiao-chow (Tong-king). 

''^Pan-pan^ it is further said, has Kora^ also called Kora besar, 
to the south-east ''). 

"The sea south-east of Kora is called Khu-lau-mih *^) and 
can be reached in one month. To the south it borders upon 
Po-li *") which can be reached in 10 days; to the east it borders 
upon Putsut 2") which can be reached in 5 days. To the N.W. it 
borders upon Bun-tan ^*) which can be reached in 6 days" ^^). 

The same route was still followed in the 18th century, as may 
be seen from the sailing direction given in the J^ SI |^ Ä ^^^)» 
Vol. I, p. 25 recto. 

"In the passage by sea from Amoy to Siam, one sights, after 
having passed the Paracels-sea, Gwalo island (Pulo Cecir maris?), 
and sees to the south Tortoise-island and Duck-island (P. Catwick 



16) yan-vuong ^^ -^ is identified with Lin-fjih, west of Champa. 

17) Placed by Groeneveidt too much north upon the western coast of the Malay 
Peninsula, for there it would be at the S.W. of Pan-pan, and not at the S.E. 

18) This must be the channel between the Peninsula and the long island of Si»^a;)ore. 

19) Upon the east-coast of Sumatra. The actual Pulo Puli in Assahan, as I will show 
in another paper. 

20) Bussur(?). 

21) Bandon. 

ä^)- S M ÏE m ?» ft . :f(i ÏE « Ï . fK ^- » . fi ÏI 
M. 

23) Terminated in 1730, published in 1744. Cf. Wylie, Notes, p. 48. 



OEOOKAPHICAL NOTKS. 197 

iiiid V. SapatuV), iiiul then sights Pulo Condore. Veering to the 
west, one sees the great and the small Chiu-islfkuda (the Brothers 
or Ubi islands?). Now turning to the N.W., one takes as a mark 
"Pencil-rack Mountain" ^'), and steering to the north one reaches 
Bamboo-island ^^) in the estuary of Siam, which takes 188 watches; 
sailing up the harbour takes 40 watches more, together 228 watches 
sea-voyage. To the east it (Siam) is connected with Tung-pu-sai 
(Cambodja) to which the sea-voyage only takes 113 watches. 

"Now, how is it that they are so far distant from each other? 
It is because the whole sea south of Cambodja belongs entirely to 
Lan-ni {Ramni? the name given by the Arabs to Sumatra, cf. 
Merveilles de l'Inde, pp. 245 and 269) for which reason it is called 
"The End of Lan-ni". Lower on it joins the great and the small 
Transverse Islands (?); and because one has to make the tour around 
its outside, it is so much farther" ^^). 



24) This is evidently the same mountain called Lnng-ga-siu in the itinerary of the 
Sui-dynasty, and can only be the peaks of the mountain-ridge on the island of Tan- 
talem, or Talung-lem. The Chinese who, in their transcription of a foreign name, always 
try to give also a signification to it, have given to the indented ridge of this mountain 
the name of Lang-ga, "wolf-teeth" and later that of Pit-ka^ "pencil-rack". A Chinese 
pencil-rack has this form: 




25) Koh nuk, or some other island at the month of the Bangkok river. 

m. A-^nm. mnAtM^^\ii. isi ^ib s. m m 
mQfsm. - w A + AM. A>sxra + M. 

^ ic ^. - H - + /\ H . tfn m ^ Ä H\ ». fi * 

^, - w + s M . -far jii ifl i a n . ^ m >ifi » ^ 

::A: if Uj > /J> if llj . 1 «^® ^Hi . iffi ^ îlili . 



198 G. SCHLEGEL. 

The above last passage means that it took so much longer to 
go to Siam than to Cambodja, because when having sailed along 
the whole eastern coast of the latter country, one had to return 
and sail up again the western coast in order to reach Siam. 

The Chinese name Lang-ga-siu or Lnng-ga-su answers to a form 
Langas or Rangas, for the Chinese having no words ending in s, 
are obliged to represent it by a character pronounced sze, si, siu, 
su or so, as e.g. ^ ^|S ^ pan-na-si for the Malay panas (hot); 
^ /\ ^ ki-pat-si for Malay kipas (fan); (ï/S, ;^ -^ Ni-si tao 
for the island Nias; ^ ^^ ^ mo-na-sze for the Sanscrit manas] 
^ 1^ u-sha for Üsh (name of an old kingdom N. of the êita); 
|/j^ ^ '^ ^ po-lih'sih-pak for the sanscrit Pârs-va; ^ ^ :^ 
^ j^ sih-lo-fah-sih-ti for sanscrit èrâvas-tv, pH ^ ^ To-lo-sze 
for Talas or Taras, an ancient city in Turkestan; |^ ^ Chai-shi 
for the town Tchash in Turkestan, etc. 

We can thus confidently place Lang-ga-siu either upon the 
island of Tantalem itself, or upon the mainland behind it where 
now lies Talung or Maddalung. 

The name Ranghas is a. o. that of a village on Banka, and of 
a mountain and village on Java. If we pronounce the character ^^ 
Long, according to the Amoy Dialect, we have in the Archipelago 
the island Rongga, a district Rongga in Java, Rongos in Kediri; a 
Longas near Lombok. For the form Lang-ga we find a village of 
that name on Sumatra (Padang) and a village Langa in Borneo, 
a river Langa in West Borneo, etc. The names are thoroughly Malay. 



Note. 

~p ^1^ Kan-ban in Amoy-dialect. This word has puzzled all 
Sinologues. Takakusu (Record of Buddhist religion, p. 12, note 1) 
fancies it is to be Skt. Kamhala. Other writers think it refers to 



EOG B A PH ICA L NOTES. 199 

the saroug or petticoat worn ou the lower part of the body by 
the Malays. All this is only guessiug. Kan-ban evidently represcuts 
the Malay word Kemhan (Karaban), according to the Malay Dictionary 
of Von de Wall (Vol. II, p. 541), a cloth worn by women across 
the breasts (doek, dat de vrouwen over den boezeni dragen). The 
verb Kakemban, derived from it, means wrapped up in a loose cloth 
(in een los kleed gewikkeld). Tne Chinese pilgrim I-tsing says that 
it is the habit of the inhabitants of the islands in the southern 
seas to have their legs bare, and to wear the Kan-ban (Takakusu, 
loc. cit.). Now a sarong covers the legs entirely, and thus the 
Kanban cannot be a sarong. 

The sarong is called by the Chinese if^ ^ , tubular petticoat; 
•^ '||5c ' pi'obably a transcription of the Malay word slmun^ flowered 
chintz from Madras, used for the Siamese tjäioats, which are drawn 
through the legs (Von de Wall, op. cit., II, 322); l|l^ , properly a 
napkin. (See ray Nederl.-Chineesch Woordenboek, s. v. Sarong, and 
the description of Champa in the ^M,0-W^' Jl S 7» Ä 
1^ o ~F -^ ^ ^^ fjli^ ' ^^^^^ uppergarment does not go below the 
knees, and below it they wind a multicoloured sarong). 

The word ^ ^^ tu-ban, mentioned a. o. in the description of 
Poli (upon the E. coast of Sumatra): Ag^^M^^iOlK 
^ ^ ^ ^ probably represents the well-known name turban 
(Arabic tûlbent, Persian dulbend and Serban [for tërban^^, which 
latter word is now by preference used in the Archipelago instead 
of the native name dastar). 

My translation differs from that given by Groeneveldt (Notes, p. 80). 
I translate: "the people of this country wear cotton (karpâsa) as 
kerchiefs and also make turbans (of it). The character jjlß means 
"a bundle of clothes" or a double or triple roll of silk ( ^ Hi 

1»! ffi r^ H IWj s *£ lie ^ *II ifc • (K'ang-hi); but ac 
cording to the Kwang-yuv, '^^ is the same as |j^. The Shwoh-wen 



200 G. SCHLKGKI.. 

says: |||| ||!E ^ . The Tsih-yun says: tfi Ipß iÈ» . ^^^ — Ä ff 
^1^ says: In olden times people wrapped their heads with a piece 
of black silk of three feet length, which was called Headkerchief... 
In the time of Wti-ti of the Chow-dynasty they wore a kerchief of 
three feet as in olden times. See the long quotations in K'ang-hVs 
Dictionary s. v. |j)|| ^ 



MÉLANGES. 



* ♦ * 



Introduction an Catalogue spécial des ouvrages bouddhiques 
du Fonds chinois de la Bibliothèque nationale 



LEON PEER. 



§ 1. La collection de Londres et le catalogue 
de Samuel Beal. 

En 1875, la Bibliothèque de l'Intlia office, à Londres, rece- 
vait un exemplaire complet du Tripitaka bouddhique chinois; et, 
sans retard, en vertu d'un «Ordre du Secrétaire d'Etat en conseil», 
daté du 14 Décembre de la dite année 1875, M. Beal était invité 
(requested) à en faire un compte rendu sommaire (compendious 
report) dans le délai de six mois. 

Le 16 Juin 1876, Samuel Beal soumettait à l'approbation du 
secrétaire, M. Rost, un «catalogue et un compte rendu succinct 
des livres compris dans le Tripitaka chinois bouddhique récemment 
envoyé du Japon». Le travail de Beal fut imprimé immédiatement: 
il porte la date de 1876 et occupe 117 pages in-4. 

Toute cette Collection était répartie en 103 sections; c'est-à-dire 
qu'il y avait 103 étuis ou couvertures renfermant chacune un nombre 



202 MÉLANGES. 

plus OU moins grand de fascicules. Après un moment d'hésitation 
sur la méthode à suivre, Beal se décida à prendre les 103 étuis 
l'un après l'autre, et à noter ce qui se trouvait dans chacun d'eux. 
Il en est qui renfermaient un ouvrage complet, d'autres des parties 
des grandes collections, d'autres encore un nombre souvent considé- 
rable de textes courts ou de moyenne grandeur. 

Le «Catalogue» de Beal n'est pas un catalogue ordinaire; il ne 
donne pas d'autres numéros que ceux des 103 étuis (en chiffres 
romains) et des principales divisions de quelques unes d'entre eux 
(en chiffres arabes). Les ouvrages dont les titres sont donnés ne 
sont que par exception accompagnés d'un numéro; ceux qui for- 
ment des séries (numérotées ou non) sont distingués par des lettres 
de l'alphabet. Du reste, ce catalogue a et devait avoir des lacunes; 
le temps manquait pour faire un travail complet. Il y a un grand 
nombre de recueils de petits textes que Beal indique en bloc; il 
donne néanmoins le titre d'une grande quantité d'ouvrages, ajou- 
tant parfois d'utiles et instructives notices. 

Il n'y a pas de caractères chinois dans ce Catalogue; tous les 
mots chinois sont donnés en transcription. Malheureusement l'auteur 
n'a pas un système rigoureux et conséquent; il ne rend pas tou- 
jours le même son de la même manière; par exemple, il exprime 
le tch tantôt par tch à la française, tantôt par ch à l'anglaise. Si 
les variations dans l'orthographe correspondaient à des différences 
dans les caractères chinois, ce pourrait être un procédé utile; mais 
souvent c'est le même caractère qui est rendu de ces diverses 
manières. Je n'en fais pas un reproche à S. Beal, non plus que 
des fautes d'impression assez nombreuses qui se trouvent dans son 
catalogue, parce que je sais combien il est diflScile d'éviter ces im- 
perfections; mais je ne puis m'empêcher de les signaler. 

Je crois que le Tripitaka de Londres n'est plus, depuis long- 
temps déjà, sous la forme qu'il avait lors de son entrée dans la 



MKLANUES. 203 

Bibliothèque de l'Iudia office et do la confcctiou du Oatalogae de 
Beal. Il doit avoir été relié; si mes souveuirs ne me trompent, 
Rost m'a montré en 1879, ou du moins en 1884, des rangées de 
livres qu'il m'a dit être le Tripitaka chinois; mais je n'ai oavert ni 
môme touché aucun de ces volumes. Le catalogue de Beal doit être 
moins commode dans cette nouvelle condition que dans l'ancienne, 
à moins qu'on n'ait indiqué sur chaque volume le numéro de l'étui 
dans lequel le contenu de ce volume était renfermé. 

§ 2. Le Catalogue de Bunylu Naiyio (Oxford). 

Depuis la publication du travail de Beal, un autre catalogue a 
paru en Angleterre; c'est le «Catalogue de la traduction chinoise 
du Tripitaka bouddhique, le canon sacré du Bouddhisme en Chine 
et au Japon, compilé par ordre du secrétaire d'État pour l'Inde, 
par Bunyiu Nanjio», et publié à Oxford eu 1883. Ce catalogue 
n'est pas celui d'une Bibliothèque; c'est le dépouillement d'un 
ouvrage de Bibliographie, d'un Index des livres bouddhiques qui 
fait partie de la Collection même dont il s'agit. Beal avait songé 
un instant à prendre pour guide cet ouvrage ^u'il met en tête de 
son catalogue comme étant contenu dans l'étui N°. I (tandisqu'il 
vient le dernier dans le catalogue de Bunyiu Nanjio); mais il y 
avait renoncé et s'était borné k en indiquer, dans sa préface, les 
principales divisions. 

Bunyiu Nanjio a donné un numéro à chacun des ouvrées dont 
l'Index qui lui servait de guide lui fournissait les titres; il en 
compte ainsi 1662, le 1662^ étant précisément celui sur lequel il 
travaillait. Chacun de ces ouvrages fait l'objet d'une notice pins ou 
moins étendue, mais très instructive, où l'auteur a réuni toutes 
sortes de renseignements. Le volume se termine par trois appendices 
et deux Index: 1° l'index des titres sanskrits «autorisés»; 2° l'index 
des noms des auteurs et traducteurs. — L'Index le plus important 



204 MÉLANGES. 

manque: c'est la table alphabétique des titres des 1662 ouvrages 
qui composent le catalogue. 

§ 3. La collection de Paris. 

Londres avait son Tripitaka. Paris se piqua d'honneur et voulut 
avoir le sien; il l'eut. Malheureusement, cette collection n'est ni 
aussi complète, ni surtout aussi homogène, que celle de Londres; 
elle est évidemment formée d'Éléments divers. 

Je ne puis pas en parler d'après la forme sous laquelle elle est 
arrivée à Paris et entrée à la Bibliothèque en 1879. Je n'ai eu à 
m'en occuper que lorsqu'elle était déjà reliée, mais qu'il s'agissait 
de classer et de numéroter les volumes. Il y en avait 655, qui 
forment les numéros 3668 — 4322 du nouveau Fonds chinois. Seu- 
lement, il restait un assez grand nombre de fascicules qui avaient 
été laissés de côté comme doubles ou incomplets: mise au rebut 
d'autant plus difficile à expliquer qu'il se trouvait parmi les 655 
volumes reliés plusieurs doubles et plusieurs incomplets; d'ailleurs 
les fascicules négligés complètent plus ou moins un certain nombre 
d'incomplets faisant partie des 655 volumes. 

Ces fascicules laissés en rebut ont été reliés à leur tour, mais 
après que le catalogue des 655 volumes a été achevé, c'est-à-dire 
quelque dix ans plus tard. Ils forment 86 volumes allant du 
N°. 4602 au N°. 4608 du nouveau Ponds chinois, La collection 
tout entière se compose donc de 741 volumes. 

Nombre d'ouvrages faisant partie de cette collection ne sont 
mentionnés ni dans le catalogue de Beal ni dans celui de Bunyiu 
Nanjio; par contre, beaucoup d'ouvrages notés dans ces catalogues 
manquent dans la collection. Bref, la collection de Paris ne peut 
pas, autant qu'il nous est permis d'en juger, passer pour l'équivalent 
de la collection de Londres. Elle est peut-être aussi vaste, mais elle 
est moins homogène; elle ne coïncide avec elle que partiellement. 



MÉLANGES. 205 

§ 4. Classement des voliimeN. 

Le classemeut cléfiuitif, que j'avais à faire, des 655 volumes 
préseutait d'autant plus de diflficultés que l'arraugeiuent pour la 
reliure supposait uu classemeut préliminaire, plus ou moius soigué, 
mais uécessairement très hâtif, fait eu dehors de moi. Je ne pou- 
vais pas recourir au catalogue de Buuyiu Naujio puhlié quatre ans 
plus tard; je n'avais d'autre guide que le catalogue de Beal, dont 
l'utilité était diminuée par deux circonstances importantes: l'exclu- 
sion des caractères chinois, la nature sommaire et incomplète d'un 
travail improvisé. 

Les divergences notables qui existent, malgré un accord partiel 
on relatif, entre le classement de Beal et celui de Buuyiu Naujio 
prouvent surabondamment qu'il n'était guère possible de conformer 
le classement des volumes de la Bibliothèque nationale à celui de 
Beal. On pouvait le faire jusqu'à un certain point pour les grands 
ouvrages; on ne le pouvait, pour les petits, qu'à la condition d'uu 
travail préparatoire qui eût pris beaucoup de temps. Or les volu- 
mes dont il s'agit devaient être numérotés sans retard. Il fallait 
donc faire le classement vaille que vaille. Du reste, je me suis 
réglé d'une manière générale sur le catalogue de Beal, en ce sens 
que j'ai mis d'abord ensemble les livres de la Prajnâ-pâramitâ, — 
puis les Sûtras, les grands en tête, les petits à la suite, — puis le 
Vinaya; — enfin les livres non canoniques. Il y a cependant un 
point sur lequel je me suis sciemment écarté de Beal; la place à 
donner aux commentaires. Beal les relègue à la fin, parce que ces 
sortes d'ouvrages se trouvaient dans les derniers étuis; il n'a fait, 
en définitive, que suivre le classement indigène. Je ne l'ignorais pas ; 
j'ai cru néanmoins devoir me séparer de lui et mettre, autant 
que possible, chaque commentaire à la suite de sou texte. Mais je 
suis loin d'avoir observé rigoureusement la règle que je m'étais 



206 MÉLANGES. 

tracée: aussi bien cela n'était pas possible. Je n'ai pas non plus 
réussi à mettre toujours à côté les uns des autres les ouvrages 
traitant d'un même sujet, les traductions diverses d'un même texte: 
des obstacles matériels s'y opposaient dans plus d'un cas. Du reste, 
des ouvrages qui, d'après mon système, auraient dû se trouver 
côte à côte, sont souvent séparés dans Beal et Bunyiu Nanjio. Le 
classement tel que je le concevais était doue irréalisable: malgré 
cela, je regrette de n'avoir pu donner une place plus satisfaisante 
à un certain nombre des volumes. Il y a des ouvrages qui se 
trouvent scindés en deux sous des numéros très éloignés l'un de 
l'autre; mais la plupart de ces auomalies criantes tiennent à des 
causes qui ne dépendaient pas de moi, soit à la façon dont les 
fascicules ont été groupés en volumes, soit à l'existence de ce rebut 
dont je n'ai pu m'occuper qu'après avoir fait le catalogue des 665 
volumes numérotés et enregistrés depuis longtemps. 

§ 5. Diversité des Éléments de la Collection. 

Tous ces volumes ont extérieurement le même aspect, les mêmes 
dimensions; mais si l'on regarde à l'intérieur, on remarque des 
différences notables. 

1" Les marges sont très différentes; étroites dans la majorité des 
volumes, elle sont plus larges, quelquefois très larges, surtout celles 
du haut, dans un certain nombre d'autres. La surface imprimée est 
donc beaucoup plus grande dans les premiers que dans les seconds, 
et l'identité extérieure des dimensions vient uniquement de ce que 
les premiers ont été plus rognés que les autres ; en effet la Biblio- 
thèque possédait déjà quelques ouvrages de la même édition que 
les volumes à marge étroite et ces exemplaires sont de dimensions 
beaucoup plus grandes parce qu'ils n'ont pas été rognés. 

2° Les caractères présentent aussi des différences importantes. 
Grands et épais dans la plupart des volumes, ils sont grêles dans 



MBLANOKS. 207 

beaucoup d'autres: par «grêles» j'enteuds des caractères d'un trait 
plus mince et aussi moins bien formés, mais distincts des caractères 
très fins propres aux commentaires intercalés dans le texte, et que 
j'appelle «linéaires». D'autres enfin sont en caractères cursifs; cer- 
tains volumes en caractères non cursifs ont des préfaces en caractères 
d'un cursif plus ou moins prononcé. 

Nous avons donc trois catégories de volumes: les volumes à 
caractères forts et grands; — les volumes à caractères grêles, 
moins nombreux, — les volumes k caractères cursifs, moins nom- 
breux encore. Mais dans ces catégories, il y a encore de distinctions 
à faire: certains volumes de la première ont des caractères d'une 
force et d'une grandeur exceptionnelle, ceux de la deuxième en 
ont de plus ou moins grêles; il y a aussi des degrés dans le cursif. 
Il est de plus à noter que les volumes à grandes marges appartien- 
nent aux deux catégories inférieures; tous les volumes à grands 
caractères ont les marges étroites. 

Il semble impossible d'admettre que ces diverses catégories pro- 
viennent d'une source unique; les fascicules qui les composent 
doivent avoir été empruntés à plusieurs collections diverses, deux 
tout au moins. Cette considération, qui m'a frappé dès l'abord, 
aurait pu être un motif pour mettre ensemble les volumes présen- 
tant les mêmes signes extérieurs, et former deux ou trois sections 
distinctes établies sur cette base. Néanmoins, j'ai cru mieux faire 
de ne classer les ouvrages que d'après leurs titres et la nature des 
sujets traités. 

§ 6. Illustrations. 

Un grand nombre de volumes (ou pour mieux dire d'ouvrages) 
ont en tête un feuillet représant d'un côté le Bouddha trônant 
entre deux personnages debout, l'un jeune, l'autre vieux. Ils ont 
tous les deux les mains jointes, tandisque le Bouddha tient levé 



208 MÉLANGES. 

l'avant-bras droit. De l'autre côté de la feuille se lit un quatrain 
renfermé dans un cadre oblong dressé sur un piédestal, (presque 
un trône de Bouddha), surmonté d'un dragon et flanqué de deux 
autres. 

Le quatrain se lit ainsi: 

Hoang-thou kong-kou La religion royale est bien 

^ IMI ^ ^ li^e et ferme; 

Ti-tao Jiia-tchang La voie céleste resplendit au 

-r^ii^i loi»; 

Fo-jih tseng-hoey Le soleil de Bouddha brille 

"tt H ^ ]^ toujours davantage; 

Fa-loun tchang-tchwen La roue de la Loi tournera 

ft îâ '^ Ä à jamais. 

Ce feuillet initial que j'appelle «Frontispice ordiiiaire» ne se 
trouve guère que dans les volumes à grands caractères: il se ren- 
contre cependant quelquefois, comme par exception, dans les autres. 
Néanmoins il manque dans plusieurs volumes où l'on se serait 
attendu à le voir; peut-être cette lacune est-elle due à un simple 
accident. 

Dans quelques volumes, ce «frontispice ordinaire» cet remplacé 
par un «frontispice» différent; l'un d'eux, répété plusieurs fois, 
représente le Bouddha trônant daus l'air au milieu d'un grand 
nombre de petits personnages dans l'attitude de l'adoration, placés 
à côté, au dessus, au dessous de lui, et dont plusieurs ont leur 
nom écrit dans un cartouche auprès de leur image. 

Dans les volumes appartenant à la dernière partie de la collection, 
compris dans la section des livres non-canoniques, et renfermant les 
écrits de personnages éminents des âges postérieurs, le «frontispice» 
est remplacé par le portrait de l'auteur. 



à 



HELAN6K8. 209 

^ 7. NotationN supérieiireN dn pli des feiii11(*is. 

Les feuillets do chaque volume (ou fascicule) portent tous, à 
très peu d'exceptions près, le titre de l'ouvrage ou des ouvrages sur 
la partie du feuillet qui se plie et marque la divisiou du recto et 
du verso; ce titre est placé généralement au milieu, le numéro du 
feuillet étant placé au-dessous. Mais, dans ce cas, il y a, au haut 
de ce feuillet et en bas, sur cette même partie, d'autres notations 
dont il importe de tenir compte. 

La notation supérieure, celle qui est au haut du feuillet, indi- 
que la classe de livres à laquelle appartient chaque ouvrage. Cette 
notation varie peu et présente toujours à peu près les mêmes signes, 
savoir: 

^ king {sc. sûtra) livre canonique. 

0^ loun {se. çâstra) livre non canonique; commentaire. 

^ß lou {se. vinaya) Discipline. 

^ ^ Tsa-tsi {se. Samyukta Recueil de mélanges, Compilation, 
saùtchaya Pi^aka) 

^ ^5 -^ if^ Tchi-no'tchweu' Ouvrage appartenant à des bran- 
chou ches diverses. 

Il est peu de volumes ou plutôt de fascicules qui soient dé- 
pourvus d'une de ces notations. Quand elle manque, la place qu'elle 
devrait occuper est généralement indiquée par un carré blanc, à 
moins que le titre de l'ouvrage n'y soit mis. Elle est de. règle 
dans tous les ouvrages faisant partie de la première série décrite 
plus haut, c'est-à-dire dans toute la portion importante et princi- 
pale de la collection. 



15 



21Ö MÉLANGES, 

§ 8. Notations îiitërieiires tlu pli de feuilles. 

La notation inférieure, celle qui est au bas de la partie pliée 
de chaque feuillet est un caractère chinois suivi des chiflfres 1 — 10, 
représentant autant de sections du tout désigné par le caractère 
chinois. En examinant la suite de ces caractères à partir du plus 
important ouvrage de la collection par son étendue, — la Prajnâ- 
pâramitâ -- on s'aperçoit que ces caractères se succèdent dans l'or- 
dre du Livre des Mille mots, et que, par conséquent ils indiquent 
la classement des fascicules. Il n'y avait donc, pour se conformer 
aux indications fournies par la collection elle-même, qu'à mettre les 
fascicules à la suite les uns des autres selon l'ordre des caractères 
du Liv7'e des Mille mots reproduits au bas des feuilles des fascicules, 
— puis à les grouper ensuite en volumes. C'est ce qui n'a pas 
été fait. 

Au lieu de procéder à ce classement primordial, on a rassemblé 
les fascicules pour la reliure sans souci de l'ordre indiqué par les 
fascicules eux-mêmes; si bien que, après le travail de la reliure, 
il n'était plus possible de classer les volumes en suivant cet ordre 
rigoureusement. J'avoue cependant que, si j'avais eu à temps con- 
naissance de la nature de ces notations, j'aurais pu faire un clas- 
sement beaucoup plus rapproché du classement indigène que celui 
que j'ai adopté. Mais ce n'est que tardivement que j'ai songé à 
rechercher la signification des signes mis au bas des feuillets, et je 
n'avais pas encore essayé de la trouver quand j'ai été averti par 
M. Ed. Specht que les dits signes n'étaient autres que les caractères 
du Livre des Mille mots. 

Dans tous les cas, ce classement indigène n'aurait pu être ap- 
pliqué qu'à une partie de la collection. La notation inférieure 
manque dans un bon nombre de fascicules; la place qu'elle devrait 
occuper est généralement indiquée par un carré blanc ou noir. Il 



J 



MÉLAT40E.S. 211 

y a là une sorte de suppression volontaire que je ue comprends pas. 
Quelquefois il n'y a rien, ni notation, ni carré blanc, ni carré noir; 
ce qui paraît signifier que le fascicule ne fait partie d'aucune col- 
lection. Mais l'existence du carré blanc ou noir semble indiquer le 
contraire; pourquoi refuse-t-on à ces fascicules le numéro dont la 
place est marquée par un carré blanc ou noir? 

Certains volumes ont pour notations inférieures de simples nu- 
méros ou des caractères quelquefois argentés, qui appartiennent à 
un autre système de numérotage que celui du Livre des Mille mots, 
mais que je ne puis définir. 

Ces divergences sont une nouvelle preuve du fait déjà révélé 
par plusieurs autres indices que cette «Collection du Tripitaka» 
manque absolument d'horaogénité. Elle provient évidemment de 
deux collections différentes au moins, peut-être de plusieurs, 

§ 1). Les autres livres Bouddliiques du 
nouveau fonds Cliinols. 

Outre la collection spéciale qui vient d'être décrite, il y a à la 
Bibliothèque nationale 228 numéros épars dans le Nouveau Fonds 
chinois, parmi lesquels se trouvent quelques manuscrits d'origine 
européenne et des livres qui no sont pas exclusivement, ou même ne 
sont nullement chinois, bien qu'imprimés eu Chine, mais qui se 
rapportent plus ou moins complètement au Bouddhisme. Ces ouvra- 
ges font, dans le catalogue de Stanislas Julien, l'objet d'un chapitre 
spécial. 

Il en a été fait un catalogue spécial sur le même plan que 
celui du Tripitaka. 

Ces volumes ne forment pas un ensemble et il y a entre eux 
une grande diversité. Les uns sont eu forme de paravent, les autres 
sont des livres ordinaires, parmi lesquels il y en a de petits et de 
minces, de grands et d'épais. Les volumes de grandes dimensions 



212 MÉLANGES. 

appartiennent généralement à la même édition que les volumes à 
grands caractères de la collection du Tripitaka. Aussi les uns sont 
ils des doubles de quelques ouvrages de cette collection, d'autres des 
ouvrages manquant à la dite collection et comblant, par conséquent, 
une lacune. 

§ 10. EcoDomîe de ce Catalogue. 

Les notices afférentes aux divers volumes comportent les élé- 
ments suivants: 

1° Le titre de chaque ouvrage distinct est donné en caractères 
chinois avec transcription au-dessous en lettres imitant les caractères 
d'imprimerie. — Quand un même ouvrage occupe plusieurs volumes, 
le titre n'est donné qu'en transcription après le premier, mais il est 
répété intégralement pour chaque volume. 

2° Pour les ouvrages mentionnés dans le catalogue de Bunyiu 
Nanjio, le titre sanskrit donné par le catalogue est reproduit en 
bleu à côté et à la suite du titre chinois. Si le catalogue de Bunyiu 
Nanjio ne donne qu'une traduction anglaise du titre chinois, cette 
traduction est reproduite de la même manière, mais en français. 
Quelques brèves indications fournies par le dit catalogue sont géné- 
ralement ajoutées aussi en encre bleue. — Dans certains cas, les 
titres ou autres indications émanant de Beal ont été mises à la 
suite, en rouge. 

3° La numéro du catalogue de Bunyiu Nanjio, précédé de l'a- 
bréviation Ox. (Oxford) a été mis en encre bleue dans la marge 
de droite sur la même ligne que le titre des ouvrages cités dans 
ce catalogue qui se trouvent à la Bibliothèque. Pour ceux qui sont 
également cités dans le catalogue de Beal le renvoi a été indiqué 
au-dessous, dans la même marge, à l'encre rouge, par le numéro 
de l'étui et la page du catalogue. — Au-dessous encore, on a in- 
diqué, à l'encre noire, le renvoi au Kandjour, d'après l'analyse de 



MÉLAKOKS. 213 

Csoiua, pour les ouvrages qui correspondent U des traitéu de ce 
recueil. (Les identifications proposées de ce chef par Bunyiu Nanjio 
méritent peu de confiance). 

4° Les notations supérieures du pli des feuilles (celles qui in- 
diquent la nature de l'ouvrage) sont reproduites, en noir, dans la 
marge de gauche, en caractères chinois, sur la même ligne que le 
numéro du volume, et, s'il y a, dans le volume, des ouvrages de 
nature différente, sur la même ligne que chacun des titres. 

5° Les notations inférieures (celles qui indiquent l'ordre des 
fascicules) sont mises, en rouge, à la suite du numéro de chaque 
volume, en caractères chinois, accompagnés d'une traduction en 
chifiFres romains, pour le caractère principal indiquant le numéro 
du volume, et en chiffres arabes, pour les caractères secondaires dé- 
signant les sections de ce numéro. — Pour les volumes ou fascicu- 
les ayant une notation autre que celle qui correspond au Livre des 
Mille mots, on a mis «notation spéciale»; pour ceux qui n'en ont 
aucune, on a mis, selon les cas, la mention: blanc, — noir, — 
néant, — entre parenthèse, à l'encre rouge. 

6° Quand un volume renferme plusieurs^ ouvrages (le cas est 
fréquent), tous les ouvrages qui s'y trouvent sont numérotés en 
chifires romains. 

7° Pour les volumes ayant un Frontispice, la mention «Frontis- 
pice ordinaire» ou «Frontispice spécial» ou «Frontispice portrait», 
est mise à l'encre rouge au-dessous du numéro du volume. Quel- 
ques mots sont ordinairement ajoutés à l'encre rouge pour l'expli- 
cation du «Frontispice» non «ordinaire». 

8° La notice accompagnant chaque volume fait connaître l'éten- 
due et les principales divisions de chaque ouvrage, ajoutant quelque- 
fois d'autres renseignements supplémentaires. Les particularités re- 
latives aux caractères extérieurs des volumes ou des fascicules, 
telles que largeur des marges, plus ou moins grêles ou d'une 



214 MÉLANGES. 

grandeur exeptionuelle, sont toujours notées. Gomme la majorité 
des fascicules se distingue par la grandeur des caractères et la 
petitesse des marges, il n'est pas fait mention de cette particularité, 
qui est considérée comme la règle. 

9° Les titres de tous les ouvrages ont été reproduits intégrale- 
ment; il n'y a d'exception que pour ceux qui commencent par les 
mots Fo-chwe ('^ |^) «dit par le Bouddha». Ces mots n'ont pas 
été supprimés, ils ont été seulement rejetés à la suite du titre entre 
parenthèse, sous la forme (F. Ch.). 

10° La partie du catalogue relative aux ouvrages dispersés dans 
le Nouveau Fonds chinois, et non compris dans la collection entrée 
à la Bibliothèque en 1879, est faite sur le même plan que le reste. 
On y a seulement ajouté la date de l'entrée. Comme ces ouvrages 
sont mentionnés dans le catalogue de Julien, on s'est borné à don- 
ner des renseignements que ce catalogue ne donne pas, de sorte 
qu'il n'est pas annulé et peut toujours être consulté avec fruit. 

Note. 

Le lecteur a compris, d'après les explications données dans le 
§ 10, que le Catalogue dont il s'agit est manuscrit. 



à 



HKLAT«GES. 215 



iC cliiiiois parlé au VI" siècle A.C., 

d'après Vl-li, 



PAU 



C. DE HARLEZ. 



Ou s'est demandé bieu des fois à quelle époque la langue chi- 
noise s'est bifurquée et divisée eu langage écrit et parlé dont les 
diflFerences sont suflSsamment expliquées par celle des sons et des 
caractères. 

Je n'ai pas la prétention de résoudre cette question; je me 
propose simplement de présenter certains renseignements qui pour- 
ront servir à en retracer un jour l'historique. 

Ces faits je les puise dans un livre dont- la rédaction remonte 
certainement au delà du V ou du VP siècle avant notre ère, comme 
le démontre l'état social de la Chine qu'il peint ou suppose. 

Je veux parler du Cérémonial connu sous le nom d'I-li ou 
«Rites couvenanciels» dont la date est généralement fixée vers 
le VIP siècle A.C. Dans ce livre nous trouvons un grand nombre 
de formules destinées à être, non point lues, mais dites aux cir- 
constances indiquées, et qui, conséquemmeot, devaient être com- 
prises. Leur langue, si elle n'était pas celle de la conversation, 
devait s'en approcher de très près, surtout dans les cérémonies 
d'un caractère familier, intime, telles que «La prise du bonnet viril, 
le mariage et les visites entre simples Shis ( i ) » • C'est donc à 
ces parties spéciales, les premières du Rituel, que nous devons em- 



216 MÉLANGKS. 

pruuter les phrases qui nous serviront (réiémeuts pour apprécier le 
langage parlé de cette époque. 

Cela dit, allons droit au but, sans perdre ni faire perdre plus 
de temps. 

Cérémonie de l'imposition du bonnet viril. 

Rappelons brièvement que le Chinois à l'âge de 20 ans prend 
le bonnet de l'homme fait et reçoit un nom d'adulte (-^) tsze; ce 
qui le range dans la catégorie des hommes accomplis et le rend 
susceptible de tous ses droits. 

A cette cérémonie figurent le ïchou {^ \) «président» *), 
des invités ( ^ )» dont l'un figure comme «hôte principal» et parti- 
cipe aux actes liturgiques, un devin (ou plusieurs) qui tire l'horos- 
cope du jour et une sorte de prêtre invocateur jp^ (Tcho) qui 
récite certaines formules d'un caractère plus ou moins religieux. 

On y apporte du vin doux et des viandes que le récipiendaire 
offre au ciel et à ses ancêtres, tout en buvant cette partie de la 
liqueur présentée en ofîrande. 

Voici les plus importantes des paroles prononcées à cette occasion: 
Lorsque le Tchou va inviter l'hôte principal, il lui dit: 

I. Paroles du prêtre invocateur. 

1) A la première imposition du bonnet: 

1i o # # 'li « . ^ W Ä Si o 

(En un) mois propice, (en un) jour faste, la 1^^^ fois on (vous) 
met le vêtement de tête. Abandonnez vos pensées de jeunesse, 
formez vous à vos vertus propres, complètes. (Recevez) longue vie! 



1) C'est le père du jeune homme on bien, si celui-ci est orphelin, uu frère aine ou 
un parent d'un degré supérieur, oncle, etc. -^J^ V? dit le texte. 

2) M ^ 14 Jil # . 



MÉLANGES. 217 

uuiquemoiit bouheur! ') grandissante soit votre brillante prospérité. 

2) A lu seconde fois: 

Le mois étant propice, la constellation favorable, ainsi on réitère *) 
votre vêture. Respectez votre dignité, vos conveDauces; tenez pure 
et sincère votre vertu; (ayez) longue vie, dix mille ans! Recevez 
constamment une bonne fortune prolongée, inépuisable '). 

3) A la 3« fois: 

i£.m})^mm.mnum.^^zmo 

Vu le caractère propice de l'année, vu la nature favorable de 
la lune, on (vous) impose votre vêtement complet, tous vos vête- 
ments *). Vos frères réunis sont ici pour parfaire votre vertu; jusqu'à 
une vieillesse extrême, sans limite, recevez les faveurs du Ciel. 

(Moi) N. •'') ayant un fils N. ^), devant lui mettre le bonnet '') 
sur la tête, désire que mon Sieur l'instruise "). 



Com. : ayant le bonheur d'une longue vie >« ^^^ ^^ •^ JJSR ; grandisse votre 

grande prospérité 3ACjSC^"AfiS'~ 7C="M^ ^''•o" 'l'c»'cng- ^ -~^' 
2) ffl = ^ d'après Tcheng. 

=^) iK = là «t «II- 

4) = - py . "XT ^i^ — •. HB le Com. énumère les 3 bonnets. 

5) Noms du Tchou et du jeune homme. Voir les commentaires. Nous suivons ici le 
texte de l'édition des Tang. 

6) Litt, de l'étoffe 

7) Litt, désire le instruire lui de mon Sieur. ^S* -¥* qualification usitée entre pa- 
rents, dit Tcheng Hiuen dont nous suivons ici complètement le commentaire pour éviter 
dos discussions déplacées. 



218 MÉLANGES. 

Ce à quoi l'Iiôte répond: 

«(Moi) N. ne suis pas éclairé, capable; je crains que, ne pou- 
vant accomplir cette affaire, je déshonore mon Sieur. J'ose refuser». 

Le Tchou réplique aussitôt: 

N. désire cependant que mon Sieur instruise le (jeune homme) 
complètement. 

Et l'invité se rend en disant: 

Mon Sieur ordonnant itérativemeut, N. oserait-il ne point 
obéir? ') 

En présentant le vin, on dit: 

«(Voici) du vin doux, vraiment généreux, des offrandes de mets *) 
excellentes, un parfum exquis. (Vous) inclinant, prenez, sacrißez-les, 
afin d'affermir votre prospérité. Recevez les bénédictions du Ciel, ne 
soyez point oublié dans votre vieillesse!»^). 

En donnant le nom d'adulte, tze: 

«Les rites et convenances sont achevés, (en ce) jour propice, 
ce mois favorable, avec éclat on annonce votre nom d'adulte. 



1) gHp V*^ ^p ; termes de consentement. Il faut donc la forme interrogative. — 
Litt, iterum habendo jussum. 

2) Des tranches de viande sale'e et des daubes. 

3) D'après Tcheng, il s'agit d'une renommée persistante. -^ /« '^ ^^ . 



à 



MÉLANUBS. 219 

En ') eu uom est un bouliour otondu; (il est) tel qu'il convient 
il uu lettré eminent *). llendez-le vous convena])le quant à sa 
grandeur ^); prenez et conservez le constamment. 

II. Formules du mariage. 

Elles sont trop nombreuses pour les reproduire toutes; il suffira 
(les deux ou trois principales. 

1. Quand l'envoyé vient demander le nom de famille de lu jeune 
fille; il le fait en ces termes: 

<>N., en ayant reçu la charge, et devant ajouter (ii ceci) les 
horoscopes, ose demander de quelle famille est la jeune fille». 

2. En présentant le vin, ou dit: 

«Votre seigneurerie (Tze) accomplit sa mission; c'est pourquoi 
il est venu en la demeure de (moi) N. — N., observant les rites 
des ancêtres, désire offrir le vin à (vos) suivants *). — 

Rép. N. ayant reçu d'accomplir cette mission, oserait il refuser?» 

3. En envoyant son fils chercher sa fiancée, le père du jeune 
homme lui dit: 

«Pars! vas au devant de ton aide; perpétue les choses de nos 
ancêtres (leur culte); exhortez-la à se conduire de manière qu'elle fasse 
honneur à l'héritage des dames d'autrefois (de nos aïeules). Ainsi '^) 
(agissant) alors vous aurez uue fortune constante. 



4) Termes de modestie; il n'ose dire «à vous». 

5) ^S . Termes d'acceptation mj "^m ^^ . J'écoute l'ordre. 

6) Vous alors aurez etc. 



220 MELANGES. 



wsi 



Après de courtes exhortations du père et de la mère de la 
mariée, une épouse secondaire de ce père, faisant fonction de gou- 
vernante, attache le sachet à la ceinture de la jeune fille et lui dit: 

mmmm^M:s.nzwmm,mmnM. 

«Respectueusement obéissez et révérez les paroles de vos père et 
mère sans transgresser; portez vos regards sur le sachet attaché 
(à votre ceinture)». 

N. Ce sachet fait en soie, contient les ustensiles des travaux de 
mains, ciseaux, aiguilles etc. La femme mariée doit toujours s'occuper 
de ces travaux; c'est là ce que veulent dire les derniers mots. 

Quand le fiancé vient demander de faire visite au père de sa 
fiancée, ce dernier lui répond: 

(Moi) N. ayant obtenu*) de produire la cause d'un mariage légal 
(d'une autre famille). 

(Mais) le Fils de N. n'a pas encore acquis la purification par le 
sacrifice. C'est pourquoi je n'ose pas encore faire visite. Maintenant 
mon Sieur se déshonore (en venant faire visite); (ou bien: me couvre 
de honte en venant le premier). Je prie mon Sieur de retourner 
à sou hôtel, N. ira promptement le voir». 

Le fiancé réplique: 

«Si (moi) N. na pas d^ autre faute, cela ne suffit pas pour dés- 
honorer (ma) requête. Je prie d'accorder finalement la visite». 

A quoi le père répond pour en finir: 

«N. désirait conclure l'afi'aire du mariage, n'ose point refuser 
obstinément. Oserait-il ne point accéder?» ^). 



1) Ou forme du passé. — V. note plus loin. 

2) D'autres textes- donnent ceci comme la réponse du fiancé, et le père reprend plus bas; 
c'est alors le fiaucé qui parle le dernier. 



à 



MELAMGES. 221 

") m la n nnH^ m z Hk') Mz f- ^ mm 

Réponse: Ä # fift *{: . T- Ä Jii # ^ Jf *? ïïi jj. 

Réplique: Elle reproduit 2 phrases déjà citées. 

Les premières paroles du prétendant avaient été: 

Mou Sieur veut que N. (mon père) fasse ces préliminaires de 

mariage. Celui-ci a envoyé N. (moi) faire la demande de recevoir 

ses ordres. 

^ ^ ^ -Ä') la 2S^i^ # ® Ä -üf il * ^ . 

III. Les visites. 

A. Visites entre Shis. 

Tout visiteur doit apporter en don un faisan mort en été, des 
viandes séchées eu hiver, si la visite se fait entre Shis -^ , ou 
magistrats inférieurs. 

Le visiteur arrivé en présence du visité, se déclare indigne de 
faire cette visite. L'autre se proclame indigne de la recevoir. Il se 
fait ainsi un échange de politesses, en phrases très courtes qui ne 
pourraient servir à notre but. Quelque temps après cette visite, le 
premier visité va la rendre à celui qui la lui a faite et lui dit: 

«Naguère, mon Sieur s'est déshonoré; il m'a engagé à le visiter. 
Je demande en retour de faire un présent aux exécuteurs de vos 
ordres» '). 

Le nouveau visité: «(Moi) N. j'ai eu l'heur de (vous) visiter; 
j'ose refuser». 



1) Litt, l'affaire des deux familles (mari et femme) étrangères, -^c terme du passé? 
\i) «Vos serviteurs». Expression de modestie comme précédemment« 



222 MÉLANGES. 

Le visiteur: «(Moi) N. je n'oserais point solliciter une visite, 
mais je demande en retour etc.» 

Le visité répète sa réponse en ajoutant ^ «fermement» (refuser). 

Le visiteur «N. n'ose pas ainsi écouter; avec insistance il de- 
mande etc.» 

Le visité accepte par la formule connue. 

1 5) S * W ^ # ® Ä Ä . it ji * T » ^ * . 
^■^^iY^^^.mm 

B. Un Shi visitant un Ta-fou. 

Après la visite, le Ta-fou envoie son intendant porter un pré- 
sent à son visiteur, en lui disant: 

«N. a envoyé N. porter un présent en retour; N. commande 
N. — N. n'oserait pas faire des cérémonies feintes, il ose donc 
solliciter». 

Le Shi refuse 2 fois. A la 2^ fois il dit: 

N. est le Domestique infime du Maître; il n'est pas capable 
d'accomplir les rites; il ose fermement refuser». 

iö. . m j;st if . 

Citons enfin ce court passage du Tir cantonnai (L. V.). 
Le chef archer dit au directeur de la musique: 

17) if H#.#^«.«W. 

«On a demandé de faire de la musique au chef-invité; le chef 
invité agrée». 



MÉLANGES. 223 

€ II C 1 11 N i II N. 

Tout sinologue, qui aura lu attentiverneut les phrases que uous 
venous de reproduire, restera, je pense bien, convaincu de la vérité 
des deux thèses que je vais poser comme conclusion de cette étude. 

1° La langue de ces formules parlées est la même que celle du 
texte narratif ou expositif; ce sont les mêmes mots employés dans 
le même sens. Mais ces phrases parlées difièrent considérablement 
de l'écrit eu ce qu'elles sont d'un style explicite et complet qui 
exprime toutes les idées au lieu de n'en poser que les jalons 
comme le fait le texte narratif; on y sent la préoccupation d'être 
bien compris '). Les prépositions y abondent; ^ exprime le passé, 
et ^1^ le futur; les sujets de verbe y sont. On peut donc croire 
qu'on se trouve en présence de monuments de la langue parlée ou 
qui s'en rapprochent de très près. 

2" La langage de nos formules n'a rien des caractères particu- 
liers de l'idiome parlé, ni même de la langue mandarine des temps 
modernes; ni leurs particules finales ou conjonctives, ni leurs mul- 
tiplicatifs, ni les doublets destinés à préciser le sens d'un terme 
équivoque, etc. En fait de particules finales on n'y rencontre que 
■^ et ^ ; la première d'une affirmation plus forte et objective; 
l'autre plus faible et subjective. 

Quant aux doublets, ils n'y sont point totalement ignorés. 

On y a vu entr'autres ^ |g: (p. 220) ^) et )g ff^ '), doublets 
qui n'ont point pour but de préciser un sens, mais de renforcer l'idée. 

Je crois donc pouvoir conclure que le chinois du VP siècle 



1) Nous avons pu traduire littéralement en n'ajoutant que quelques mots. Dans le 
texte, au contraire, l'expression est d'une brièveté excessive ; ainsi : "W^ JSt seuls signifient 
les serviteurs apportent et posent une natte. 

2) Voir 13, inido. 

3) Voir 14, mots 15 et 16, p. 220. 



224 MÉLANGES. 

avant notre ère ne formait pas encore deux sortes de langages 
différents l'un parlé, l'autre écrit et que le parler se distinguait 
principalement par un mode d'expression plus complète, plus ex- 
plicite, de nature à éviter les équivoques et les amphibologies. 



Notes. 

Puisque je suis occupé de Vl-li, qu'il me soit permis de dire 
quelques mots d'observations qui ont été faites sur ma traduction 
de ce livre, il y a longtemps déjà, mais dont je viens seulement 
d'avoir connaissance: 

1° j'ai joint au texte des fragments de commentaires pour com- 
bler ses lacunes, mais j'ai toujours eu soin de les mettre entre 
parenthèses afin qu'on pût les reconnaitre à première vue. Je n'ai 
pas cru nécessaire de le dire précisément, ni de signaler les quel- 
ques superfluités, retranchées du Tchuen. 

2° les expressions ^ ^ et ^ ^ ont été comprises par moi 
exactement comme par M. De Groot. Le \^^ est V héritier continua- 
teur (voir p. 265, 1. 16), l'héritier choisi parmi les descendants ou 
les collatéraux, compté dès lors parmi les descendants, et chargé de 
perpétuer la lignée, l'autorité paternelle, le culte ancestral (p. 247 
passim et note 3). M. De Groot: The successor, Continuator. J^ est 
également pour moi la chose importante essentielle, le culte ances- 
tral (p. 247, 1. 5). — M. De Groot: the important charge, the 
ancestral loorship. 

3° Pour le reste, à part quelques fautes d'impression ou d'inadver- 
tance rendues évidentes par le contexte, par ex.: toit p. lit (p. 246, 
cp. 1. 9), héritier p., l'héritier (p. 251, 1. 4), maternel p. paternel (Cp. p. 
259, 1. 10 et 28; 261, 1. 5), d'une fille p. ou une fille (p. 257 dern. 1. 
Cp. 258, 1. 4), etc., les différentes traductions des diverses ue sont guère 



MELANGES. 225 

nombreuses. En plusieurs cas la phrase est amphibologique et peut 
se traduire de plus d'uue mauière, ainsi que le démontrent les 
divergences eutre commentaires. 

En un certain nombre je crois devoir maintenir mon interpré- 
tation. Mais ce n'est pas le lieu d'en discuter. Je dois encore ajouter 
qu'à bon nombre de mots j'ai dû donner un sens qu'on ne trouve 
pas dans nos dictionnaires, mais qu'ils avaient à cette époque éloig- 
née; ce que prouvent et les commentaires et les exigences des con- 
textes. J'en ai été plus d'une fois étonné et porté à l'hésitation. 



lA 



VARIÉTÉS. 



Le Feuilleton du «Soleil» du 16 Avril 
contient l'article suivant satirique mais 
véridique, que nous reproduisons pour 
le conserver dans nos archives. 

L'EUROPE ET LA CHINE. 

Les peuples d'Europe ne sauraient 
demeurer en paix ; ayant renoncé à 
s'entr'égoi'ger, ils soulagent leurs haines 
mutuelles par des défis platoniques, mê- 
lés de politesses diplomatiques ; mais ils 
se jettent d'un commun élan sur l'Afri- 
que, pour la «civiliser», et sur la vieille 
Asie, pour la dépecer. Peut-être s'aperce- 
vront-ils un jour qu'il eût mieux valu 
laisser le monstre dans sa torpeur. 

Ils sont en train de se partager quel- 
ques lambeaux de la Chine, Ils compren- 
nent et pratiquent le principe de l'inté- 
grité de l'Empire chinois comme le prin- 
cipe de l'intégrité de l'Empire ottoman. 
A la manière d'Ugolin qui mangeait ses 
enfants pour leur conserver un père, les 
puissances d'Occident dévorent le Fils du 
Ciel pour lui assurer des protecteurs. 

Les Russes, tout en protestant avec 
chaleur de leur désintéressement, ont 
occupé déjà Port-Arthur et Talien-Wan, 
au nord du Pétchili ; ces deux ports, tou- 
joui's libres de glaces, bientôt transfor- 
més en forteresses et en arsenaux, reliés 
par des voies ferrées à la grande place 
de Vladivostok, puis au Transsibérien, 
et par suite à tout le réseau russe, assu- 
rent la domination de la Russie sur la 
mer Jaune et sur Pékin. La Mandchourie 
et sa capitale Moukden, ville sainte, 
restent chinoises de la même façon que 
l'Herzégovine et la Bosnie restent tur- 
ques. 

Les Anglais, aussitôt, se sont fait cé- 



der Weï-Haï-Weï, en face de Port-Ar- 
thur. Les Allemands avaient déjà pris 
Kiao-Tchéou, plus au sud, et les Japo- 
nais, Formose. Les Allemands et les 
Russes ont encore obtenu des conces- 
sions de mines, et l'Angleterre, la con- 
cession d'un emprunt de quatre cents 
milHons, qui vaut bien une mine. Le 
directeur des douanes chinoises, dont 
l'importance est considérable, sera un 
Anglais, et le directeur des postes, dont 
l'importance est nulle, sei-a un Fran- 
çais. Plusieurs ports nouveaux et tous 
les cours d'eau de l'Empire recevront 
désormais les bâtiments européens. Bref, 
la Chine, autrefois si fermée, s'ouvre 
brusquement à l'activité européenne. 

Le profit, d'abord, doit être grand : si- 
non pour nous, du moins pour nos amis 
et pour nos rivaux. La France, satisfaite 
de régner au Tonkin sur un assez grand 
nombre de pirates, n'a sollicité, de ce 
côté, que la faculté d'occuper la baie de 
Kouang-Tchéou. 

Quoique le traité de paix de 1885 eût 
garanti à l'industrie française un droit 
de préférence dans tous les grands mar- 
chés de travaux que passerait le gouver- 
nement chinois, nos compatriotes n'en 
ont jamais bénéficié. Une seule entre- 
prise française, actuellement, fonctionne 
en Chine, pour la construction d'un ai-se- 
nal maritime et l'installation de hauts- 
fourneaux. Dans un pays où la langue 
anglaise est seule en usage avec la langue 
indigène, où tous les agents britanniques 
parlent chinois, pas un agent français ne 
sait le chinois, et la plupart ne savent 
pas l'anglais. Il est impossible de tirer 
d'eux un concours ou même un rensei- 
gnement utile. L'industrie anglaise, l'in- 
dustrie allemande, l'industrie belge aussi, 



VARIETK8, 



5i27 



qui a déjà des commandes, recueilleront 
le fruit (le la situiition nouvelle. Les gros- 
ses Cournitiires de rails, de machines', 
de bateaux, d'arme«?, de munitions, de 
matériel d'armées on d'usines enrichi- 
ront les impoi'tateurs. 

Mais cette période lucrative ne durera 
guère. Les Chinois, dont nous nous mo- 
quons comme nous nous moquons de 
tout le monde, .sont un peuple très bien 
doué pour le travail. Les voyageurs ont 
cru que toute la race était pourrie par 
les vices des civilisations trop mûres, et 
l'Occident l'a cru sur la foi des voya- 
geurs. On ne connaissait alors que la 
populace des grands poi'ts accessibles au 
commerce international, populace égale- 
ment corrompue et dégénérée dans les 
villes pareilles du monde entier. Depuis, 
on a commencé d'explorer l'intérieur 
du pays et d'en observer les mœurs. 

On a trouvé des populations innom- 
brables, paisibles, sobres, économes, 
laborieuses, industrieuses au plus haut 
degré. Une religion simple et noble, 
fondée sur le culte de la famille et des 
ancêtres, une morale pure, ont conservé 
la race intacte en dépit des siècles ; elle a 
vécu dans l'immobilité, sans s'user, sans 
vieillir. L'ignorance du monde extérieur, 
l'aveuglement patriotique, la haine et le 
mépris de tout ce qui pouvait venir des 
«barbares», avaient fait obstacle jus- 
qu'ici à la pénétration du progrès scien- 
tifique. Il va se glisseï- par les voies 
maintenant frayées, avec les ballots de 
marchandises. Et les facultés d'assimi- 
lation si développées chez nos «frères 
jaunes» les élèveront bientôt au même 
niveau que nous. Tous les Européens 
qui ont employé des Japonais, des Chi- 
nois, des Annamites, à des travaux quel- 
conques, et spécialement à des travaux 
mécaniques, ont été surpris de leur in- 
telligence et de leur adresse. Dans les 
usines ou sur les bateaux, mis en pré- 
sence de machines compliquées, ils en 
saisissent tout de suite le fonctionne- 
ment. Leur esprit devine et leurs mains 
exécutent avec une agilité merveilleuse 
la vnanœuvre des engins les plus délicats. 

Ces gens-là ne seront pas longtemps 
les clients de l'Europe; ils lui achèteront 
ses produits industriels juste autant 
qu'il faudra pour apprendre à les fabri- 
quer eux-mêmes: quand ils auront fait 
leur apprentissage dans les arsenaux, 
les hauts-fourneaux, les exploitations 



minières et les usines que vont établir 
chez eux des Allemands, des Anglais, 
des Belges, des Américains, ils en établi- 
ront eux-mêmes; après avoir servi sur 
les navires et les chemins de fer envoyés 
d'Europe, ils en construiront. Ils travail- 
lent vite et bien; leurs besoins sont insi- 
gnifiants ; ils vivent de quelques poignées 
de riz; ils se contentent de salaires infi- 
mes. Leur industrie se suffira prompte- 
ment à elle-même; elle chassera de la 
Chine ses «fournisseurs» occidentaux, 
qui ne lui auront fourni que des leçons 
et des modèles: après les avoir expulsés 
elle prendi'a l'offensive et menacera jus- 
que chez eux les imprudents qui l'auroat 
suscitée. 

Ce qui arrive déjà dans l'Inde anglaise 
et au Japon, permet de prévoir ce que 
nous réserve la Chine. Dans l'Inde, les 
Anglais ont introduit l'industrie du co- 
ton; en 1865, ils y avaient créé 13 fila- 
tures. En 1885, les filatures étaient déjà 
au nombre de 58, avec 13,000 métiers, 
1,500,000 broches; elles se procuraient 
sur place la matière première à bas prix ; 
mais elles payaient leur outillage trois 
fois plus cher, et leur charbon douze 
fois plus cher que les filateurs anglais; 
la lutte restait égale entre Manchester et 
Bombay: l'industrie métropolitaine ne 
perdait qu'une partie de son débouché. 
Maintenant, on a trouvé dans l'Inde 
d'immenses gisements de houille: on y 
fabrique les machines aussi bien et pas 
plus cher qu'en Europe; on utilise les 
chutes d'eau pour la production de la 
force électrique. Dans plus de 200 filatu- 
res, 4 à 5 millions de broches sont en 
action. 

La matière première est à vil prix ; les 
ouvriers indigènes donnent 300 heures 
de travail pour des salaires de 28 fr., de 
16 fr., de 12 fr. par mois. Dans ces con- 
ditions, l'importation des «filés» an- 
glais a été arrêtée; puis l'exportation 
des «filés» hindous a commencé; l'ex- 
portation des tissus la suit. Non seule- 
ment les ouvriei"s, mais les ingénieurs 
anglais, mais les capitaux anglais sont 
éliminés par les ouvriers, les ingénieui-s, 
les capitaux indigènes. L'Inde travaille 
pour elle, avec ses seuls moyens, sans les 
Anglais, bientôt contre les Anglais Les 
vaincus marchent à de terribles revan- 
ches sur le terrain de l'industrie. Le fila- 
teur hindou reportera sur les bords de la 
Tamise la famine et les atroces misères 



228 



VARIETES. 



que le soldat anglais avait apportées aux 
rives du Gange. 

Au Japon, le gouvernement a mis au- 
tant de zèle et d'intelligence à lancer le 
mouvement industriel qu'à créer une 
armée. Comme la pensée encore un peu 
«bai'bare» des Européens n'est frappée 
que des manifestations militaires, on a 
remarqué chez nous les succès guerriers 
des Japonais: on a constaté qu'ils avaient 
conduit une campagne, sur terre et sur 
mer, avec une vigueur, une décision, une 
sûreté bien inconnues des armées euro- 
péennes; ils ont réduit l'énorme puis- 
sance chinoise en quatre fois moins de 
temps qu'il n'en a fallu à la France pour 
soumettre une tribu malgache. Or, leurs 
progrès industriels sont encore plus me- 
naçants. 

Le gouvernement a monté lui-même 
des usines, qu'il a cédées à des particu- 
liers. Sur ces premiers modèles, une in- 
finité de manufactures ont été fondées. 
Les filés et les tissus de coton, d'abord, 
ensuite tous les objets de grande consom- 
mation sont fabriqués à des prix qui ex- 
cluent radicalement la concurrence eu- 
ropéenne. Tel syndicat de 35 filatures 
emploie près de 25,000 ouvriers, hom- 
mes, femmes, enfants, qui fournissent 
douze à quatorze heures de labeur quo- 
tidien, regardent le riz comme un ali- 
ment de luxe, se nourrissent d'avoine et 
d'orge, font des repas à 0.07 centimes, 
gagnent des salaires de 0.60, de 0.35, de 
0.14 centimes... La production se déve- 
loppe avec une rapidité inouïe; malgré 
l'accroissement de la consommation in- 
digène, l'importation européenne est à 
peu près arrêtée; le Japon devient ex- 
portateur; il va disputer aux Européens 
les marchés du monde. 

Il renferme quarante millions d'habi- 
tants, et la Chine on renferme quatre 
cents millions. Quand la Chine aura subi 
la même évolution économique, ses pro- 
duits déborderont sur toute la terre ; ils 
submergeront d'abord l'Europe, où le 
poids extravagant des impôts écrase l'in- 
dustrie, où la cherté de la vie, les habi- 
tudes et même les besoins réels de con- 
fortable grèvent la production jusqu'à 
l'étouffer. Il n'y aura de défense possible 
que par l'union douanière des peuples 
européens, des Etats-Unis d'Europe, con- 
tre la marchandise jaune. Contre les 
Chinois, l'Europe à son tour tâchera 
d'élever une muraille de Chine. 



Qu'auront à faire les Chinois, sinon à 
la renverser par les mêmes moyens que 
nous avons employés à leur égard? Ils 
useront à leur tour de la force. Ils ont le 
nombre, le courage, le mépris de la 
mort; ils auront aloi*s les mêmes armes 
que nous, et le sentiment d'une irrésis- 
tible puissance. La pureté de leur mo- 
rale, leur foi séculaire dans les vertus du 
travail et dans la beauté de la justice leur 
avait fait dédaigner le métier militaire. 
Ils ne composent leurs armées que des 
sauvages tirés du désert, et des mauvais 
garnements de l'Empire. Au contact de 
la «civilisation supérieure» des Euro- 
péens, ils apprendront que l'injustice est 
légitime, quand on l'inflige à d'autres au 
lieu de la subir,et que les violences meur- 
trières font la véritable gloire d'un grand 
peuple. Ils ne s'en priveront pas. 

A coups de canon, ils rentreront en 
relations commerciales avec les barbares 
d'Occident. Us proclameront le principe 
de l'intégrité de l'Angleterre, de l'Alle- 
magne, de la France ; mais ils exigeront 
qu'on leur donne à bail, pour une pé- 
riode indéfinie, Southampton, Bordeaux, 
le Havre, Anvers, Hambourg, avec la 
libre navigation des fleuves, et la pleine 
franchise aux produits «célestes». Et 
le commandant de leurs forces expédi- 
tionnaires, le Tsiang-Kiun à boule de 
rubis, à boucles de jade, à dragon rouge, 
écrira dans son rapport au Tsung-li- 
Yamen : 

«Ces peuples ont grand besoin d'être 
régénérés par la civilisation chinoise. 
Ils végètent tristement, dans l'ignorance 
du monde extérieur, dans la terreur de 
l'inconnu, dans la haine du progrès. 
Leurs vices vieillots et leur apathie tra- 
hissent l'usure de la race. Mais leur infa- 
tuation puérile est encore plus grande 
que leur incapacité de vivre. Presque 
tous les hommes y sont mandarins ; au 
lieu de se distinguer par des boutons, ils 
se distinguent par des galons. Chacun 
d'eux croit que son pays est le centre et 
le foyer vital de l'univers, et qu'il est 
lui-même l'âme de son pays. 

«Ils ignorent presque tout, et font des 
plaisanteries saugrenues de tout ce qu'ils 
ne savent pas. Ils regardent le travail 
utile comme un déshonneur ; ils ne res- 
pectent au monde que la richesse mal 
acquise. Ils consument les jours en dis- 
cussions injurieuses sur des questions dé- 
pourvues de sens. Ils redoutent la justice 



VAKIETE8. 



229 



et ne peuvent souffrir la liberté. La tfiche 
sera longue, pour l«s relever jusqu'à la 
dignité do l'àino chinoise, pour leur in- 
culquer les vertus de notre grande na- 
tion... Nos braves Chinois, qui sont tou- 
jours les premiere soldats du monde, 
auraient bien voulu piller et brûler 



quelques Palais d'Été, jwur commencer 
de civiliser ces peuplades abâtardies; 
mais déjà les Kuropéens s'étaient eux- 
tnAmes chargés de la besogne. Nous les 
obligerons désormais à vivre en paix». 
Amen. 

URBAIN GOHIER. 



LES ENNEMIS DE LA CIVILLSATION. 



Les Japonais constituent décidément 
un peuple curieux et actif : ils explorent, 
depuis plusieurs mois, toutes les îles que 
l'Océan gardait jusqu'ici des curiosités 
étrangères, et, pour occuper les loisirs 
que maintenant leur fait la Chine vain- 
cue, ils débarquent par petites troupes 
sur les rochers déserts, les examinent et 
se les adjugent, expédient des missions 
scientifiques et militaires dans les plus 
minuscules îlots, étendant ainsi leur 
influence déjà considérable et découvrant 
parfois de pittoresques régions, pour 
nous inconnues. 

Tout récemment, de très intéressantes 
lettres écrites de Tokio au ministre des 
affaires étrangères nous ont apporté le 
récit d'explorations japonaises assez im- 
prévues. La Société de géographie a reçu 
communication de ces lettres, et, sans 
nul doute, ce qu'elles nous apprennent 
tentera la curiosité de quelque audacieux 
compatriote. 

Il s'agit d'abord des îles Bonin, puis 
de l'île de Kisan, explorées à la fin de 
4897 par les Japonais; M. de Bondy, 
vice-consul de France à Formose, donne 
à son ministre les curieux détails que 
nous allons résumer sur ces pays incon- 
nus et heureux de leur incivilisation. 

Les îles Bonin sont désignées sur les 
cartes japonaises sous le nom d'Ogasa- 
wrtrnjima, et leur petit groupe est placé 
par 27° de latitude nord et 140° de 
longitude est. Elles relèvent, en réalité, 
de l'administration japonaise, mais celle- 
ci s'était désintéressée pleinement, jus- 
qu'à l'année dernière, de tout ce qui s'y 
passait, et les îles Bonin, peuplées de 
sauvages de race malaise et encore à 
l'état primitif, sans lois, sans gouverne- 
ment, restaient absolument mystérieuses 
et n'étaient visitées par pei*sonne. Cepen- 



dant, quelques Japonais et quelques Chi- 
nois commencèrent à s'y installer, les 
uns pour fuir leur pays d'origine et se 
soustraii'e aux suites de cei'tains méfaits, 
les autres par désir de chercher fortune 
en essayant du commerce dans une con- 
trée neuve. 

Tout d'abord, le gouvernement japo- 
nais voulut permettre à ses quelques 
sujets exilés aux îles Bonin de corres- 
pondre avec la métropole. Il traita donc 
avec la Compagnie maritime Nippon- 
Yusen-Baisha pour qu'un de ses paque- 
bots fît escale dans l'île une fois tous les 
deux mois, moyennant 6,000 yens de 
subvention, puis personne ne songea plus 
bientôt à cette contrée sauvage. 

Quelle fut donc la surprise des ingé- 
nieurs et marins japonais qui, sur l'ordre 
de leur gouvernement, visitèrent les îlots 
en octobre dernier ! La population avait 
doublé en dix ans par l'immigration des 
êtres les plus bizarres, venus là des pays 
les plus divers et les plus lointains, 
vivant sans aucune loi, aucune con- 
trainte, indépendants et à l'état d'ab- 
solue liberté, chacun campant avec les 
siens sur le coin de terre qu'il avait 
choisi et ne relevant de personne. Les 
indigènes de race malaise, habitant les 
cavernes, ont gardé leurs mœurs sau- 
vages et ne se préoccupent en rien des 
nouveaux occupants; ils les fréquentent 
quelquefois, se mêlent à eux, mais ne 
songent pas plus à la possibilité de de- 
venir leui-s maîtres qu'à celle de les 
asservir. 

Les étrangers, qui ont, en dix ans, 
doublé la population de l'île, appartien- 
nent aux races les plus divei"ses: d'abord 
les Asiatiques immigrés. Japonais, Chi- 
nois, Tagals et Coréens, qui se livrent 
au commerce et aux travaux des champs, 



230 



VARIETES. 



cultivent la canne à sucre, élèvent le 
bétail, pèchent et chassent avec profit. 
Ensuite, un groupe assez nombreux d'oc- 
cidentaux de toutes nationalités, venus 
aux îles Bonin pour se soustraire à la 
civilisation de leur pays et vivant dans 
cette contrée fertile et au climat mer- 
veilleux, libres de taxes, d'impôts, sans 
nulle autorité qui les dirige, déclassés 
qui se fixèrent après une existence er- 
rante et aventureuse. Leurs rapports 
entre eux sont excellents; ils se que- 
rellent rarement et s'allient même assez 
souvent avec les indigènes du pays. Le 
trait d'union est d'ailleurs formé par 
deux missionnaires européens qui vivent 
eux-mêmes dans l'oubli complet du reste 
du monde. 

Ces insulaires se trouvaient donc par- 
faitement heureux, inconnus de tous, 
loin de toutes les civilisations et dégagés 
de tous principes; c'était trop beau et 
pareil état ne pouvait durer. Les ingé- 
nieur nippons viennent de rédiger à ce 
sujet des rapports catégoriques qui lais- 
sent prévoir que l'administration japo- 
naise ne tolérera pas longtemps pareil 
mépris des bienfaits de sa civilisation et 
soumettra les Bonins indépendants à ses 
lois et à ses mœurs. 

C'est donc en vain, constate le corres- 
pondant du ministre des affaires étran- 
gères, que ces exilés volontaires firent 
un silence absolu sur leur existence. Ils 
voulaient vivre cachés pour vivre heu- 
reux, ne correspondaient avec personne, 
tenant même en suspicion quelques-uns 
d'entre eux qui souhaitaient établir des 
communications avec Hawaï et l'Améri- 
que pour des travaux miniers auxquels 
l'île eût fourni le champ le plus mer- 



veilleux. Il y avait là des Français en 
majorité, des Anglais, des Italiens, des 
Espagnols, des Scandinaves et des Amé- 
ricains, victimes des sociétés modernes 
et exploitant en «outlaw» ces terres 
libres. Leur rêve d'indépendance est déjà 
brisé et les civilisations ennemies vont 
sans nul doute conquérir leur dernier 
refuge D'ailleurs, paraît-il, les Français 
jouissent dans file d'une considération 
spéciale; on les apprécie pour leur édu- 
cation et leur correction, sans doute 
relatives; on les recherche pour leur 
verve et leur esprit. Si bien que M. de 
Bondy conclut ainsi sa curieuse lettre 
au ministre: 

«Peut-être que, dans la liste de ces 
«évadés» de la civilisation, on retrouve- 
rait plus d'un nom oublié après une 
période de célébrité éphémère». 

Reverrons-nouü bientôt ces compa- 
triotes exilés? Cette découverte nous 
ménage peut-être quelque heureuse sur- 
prise. 

Dans une seconde lettre, M. de Bondy 
raconte comment les Japonais ont visité 
la petite île de Kisan, en novembre der- 
nier, pour la première fois depuis qu'ils 
occupent Formose: c'est un îlot qui n'a 
guère plus de deux lieues de circonfé- 
rence et qu'habitent 500 malheureux 
indigènes pauvres et sauvages. Le climat 
est chaud, mais le terrain est d'une 
extrême richesse en filons métalliques; 
déjà on y devine des mines d'or superbes. 
A Kisan, comme au Bonin, la civilisation 
va, sans nul doute, apporter bientôt ses 
conquêtes. 

C'est ainsi que les Japonais sont en 
train de conquérir l'Extrême-Orient. 

F. RAOUL-AUBRY. 



^ ^ 



LA TRANSFORMATION ASSISE. 



Tout bon bouddhiste aspire à la sain- 
teté et au nirvana et une des façons 
de parvenir à ces fins consiste à s'ab- 
sorber dans Bouddha. Car, alors, par la 
continence absolue des passions et des 
désirs, il se fait autour de la bête un 



nuage, lequel nuage est formé par la 
sortie de tous les pores de la peau d'un 
fluide spécial né des sécrétions qui en- 
gendrent les passions et les désii's. Et 
quand ce nuage est devenu suffisamment 
épais et dense, il prend feu et par là 



VAIliriKS. 



231 



s'opère une cotnbustion totale du corps: 
une crémation h la l'ois sainte et peu 
coûteuse. 

Il n'est pas donné à tout bouddhiste 
— rnt'^me bon — d'exhaler un nuage 
suflllsant et c'est pourquoi il donne à 
l'occasion un coup de pouce à la nature. 

C'&st ce que fit, il y a quelques années, 
h peine, Abîme-et-Profondeur. 

Abtme-et-Profondeur était un bonze 
bouddhi.ste de Wen-Tchéou, en Chine, et 
M. J.-J. Matignon nous conte son histoire 
dans le numéro de janvier des ^Irc/tiwes 
(Vaiithropoloijie criminelle. Elle n'est 
pas banale. 

Abîme-et-Profondeur, donc, annonça 
un beau jour à ses confrères et corre- 
ligionnaires qu'il était décidé à réaliser 
la «transformation assise». C'est-à-dire 
qu'il s'asseyerait sur un bûcher, qu'il y 
mettrait le feu de ses propres mains, 
et qu'assis au milieu des llammes il se 
transformerait en quelques poignées de 
cendres : moyennant quoi son âme entre- 
rait dans la sainteté et le nirvana. 

Cette nouvelle produisit une vive émo- 
tion. Abîme-et-Profondeurétaitun bonze 
connu. C'était un frère mendiant qui 
allait par le monde quêtant des aumônes 
pour la reconstruction d'un monastère, 
plein de zèle, vivant de sacrifices, d'au- 
stérité et de privations, — choses qui ne 
portent point à l'obésité — ne sacrifiant 
rien à sa personne ou à l'extérieur, de 
telle sorte qu'il était maigre et hâve à 
faire prendre en pitié la vermine dont 
il était couvert et qui semblait faire 
pénitence sur lui; enfin, sale effroyable- 
ment. Tous les trois pas, il s'agenouillait 
et frappait la terre du front. Mais sa 
recette était maigre, et ce fut pour 
stimuler la charité de ses concitoyens 
qu'il se résolut à la transformation assise. 

Ladite charité se manifesta par des 
aumônes nombreuses. Elle se montra 
aussi par des dons de bûches et de 
résine plus nombreux qu'il n'en eût fallu 
pour rôtir un cent de bonzes ou de 
bonzesses. Et l'imagination populaire se 
monta à un tel enthousiasme que d'au- 
cuns, pour rehausser l'éclat de la céré- 
monie, donnèrent même des fusées, afin 
que l'âme d'Abîme-et-Profondeur prît 
congé dans les splendeurs d'une gerbe 
pyrotechnique. Mais le comité d'organi- 
.sation refusa les fusées qu'il jugea dé- j 
placées; la seule concession qu'il accorda 
fut de promettre qu'on mettrait quelques \ 



paquets de poudre à canon sous les 
aisselles du sujet — et en d'autres 
endroits — de façon à donner au spec- 
tacle une animation de bon goût. 

Tout allait bien, et le peuple se rejouis- 
sait grandement, quand on apprit tout 
à coup que, grâce à l'intervention de 
mi.ssioniiaires étrangers (des jaloux, di- 
sait Abîme-et-Profondeur), la transfor- 
mation assise était interdite. Ce fut un 
grand désappointement... Mais Abîme- 
et-Profondeur avait promis de mourir, 
et il tiendrait parole. C'est pourquoi il 
s'installa au milieu du bûcher et s'y 
laissa périr d'inanition, par où il mourut 
en sainteté. 

Mais, quand on s'aperçut de la chose, 
il y avait déjà quelques jours qu'il était 
trépassé, de sorte que l'odeur de sainteté 
se trouvait masquée par une autre plus 
forte, d'autant plus qu'Abîme-et-Profon- 
deur avait poussé la saleté à des limites 
inusitées. 

Plus heureux furent Intelligence- 
Lucide et Magie-Resplendissante, deux 
autres bonzes. En 1888 ils purent, sans 
encombre, pratiquer la transformation 
assise. Intelhgence-Lucide et Magie- 
Resplendissante se firent griller le 28 
janvier, à onze heures du matin. Les 
fidèles étaient accourus en grand nom- 
bre, avec force offrandes. Et pour que 
chacun pût jouir du spectacle, on décida 
de séparer les bûchers, de manière que 
ceux qui ne pourraient voir l'un eussent 
le spectacle de l'autre. Vous concevez 
qu'il eût été difficile de trouver un 
emplacement unique où un aussi nom- 
breux public eût pu bien voir. 

Pendant les dernières heures qui pré- 
cédèrent le sacrifice, dit M. Matignon, 
les candidats à l'auto-crémation furent 
obsédés par les dévots et les curieux 
qui venaient leur demander protection, 
temps favorable pour la récolte, fécon- 
dité, que sais-je encore. On les considérait 
déjà comme des dieux, et pendant quel- 
ques heures ils furent très populaires. 
Au reste ils promettaient tout ce qu'on 
voulait, moyennant l'offrande au mona- 
stère, de sorte que la joie était générale. 
On eut le bon goût de ne point proposer 
de pyrotechnie. 

L'heure du sacrifice était arrivée. 
Intelligence-Lucide — l'initiateur du 
projet — sortit de sa chambre, traversa 
la foule agenouillée, chantant un hymne 
bouddhique en frappant la mesure sur 



232 



VARIETES. 



un crâne postiche, en bois. Il gagna son 
bûcher, s'y installa — le bûcher avait 
la forme d'un pavillon — prit l'allu- 
mette enflammée que lui tendait un 
fidèle, et mit le feu. A travers la porte 
et les fenêtres aménagées, on put voir 
Intelligence-Lucide continuer son chant, 
jusqu'au moment où la fumée et les 
flammes l'entourèrent et le dérobèrent 
à la vue. Une heure après Magie- 
Resplendissante montait à son tour, sur 
son bûcher, et s'acquittait de son rôle 
à la satisfaction générale. Les cendres 
et les os des deux bonzes furent pieuse- 
ment recueillis: ils servent de reliques 
au monastère de Wen-Tchéou. 

Les bonzesses imitent à l'occasion les 
bonzes. Mais cela est rare : elles préfèrent 
la mort par précipitation. Entendez par 
là qu'elles aiment mieux se jeter à la 
mer ou dans un précipice. L'une d'elles, 
pourtant, Abîme-et-Méditation (leurs 
noms de religion sont toujours em- 
preints d'un caractère d'une grande 
simplicité et modestie), a pourtant ré- 
alisé la transformation assise. Elle est 
tenue en grande estime, cela va de soi. 

Il arrive parfois que les transforma- 
tions assises ne sont pas sérieuses : le 
bonze s'échappe par un passage souter- 
rain. A ce propos, une curieuse anecdote 
mérite d'être citée. 

C'était au septième siècle. Le général 



Li Paou-ching, arrivé à Lou-Tchéou, 
au cours de ses opérations militaires, 
s'aperçut que sa caisse était vide. Un 
bonze, auquel il s'adressa et qui était 
réputé pour sa sainteté et sa piété, lui 
déclara qu'il serait facile de reconstituer 
le fonds nécessaire. Et le bonze exposa 
son plan : «Je vais annoncer une trans- 
formation assise; vous, faites faire le 
bûcher. Mais, ménagez-moi un passage 
par où je puisse m'échapper dès que la 
fumée me cachera». Entendu, fit le géné- 
ral. L'annonce de la transformation eut 
un grand succès. 

Le public accourut; les offrandes 
abondaient. Mais le jour venu, une fois 
le bonze installé dans son pavillon, qui 
flambait déjà, le général fit fermer l'is- 
sue, de sorte que le malheureux fut rôti. 
Le général n'entendait pas qu'on trom- 
pât le public, et le dupeur fut dupé. 
Remarquez que, si le stratagème eût 
réussi, le bonze, dès sa réapparition 
parmi les vivants, eût été pris pour une 
réincarnation; on l'eût adoré comme 
Bouddha, et par là le général, qui 
«tenait» moralement le pseudo-Bouddha, 
eût pu faire une excellente affaire. Ce 
n'eût pas été la première du genre, 
d'ailleurs, et à eux deux, se soutenant 
mutuellement, ils pouvaient aspirer aux 
plus hautes destinées. Le général a 
manqué de flair. 



LA CULTURE DU COTON EN ASIE. 



Le Moniteur scientifique du docteur 
Quesneville publie une note fort inté- 
ressante et insti'uctive sur la culture du 
coton dans l'Asie centrale: cette note 
résume un important travail paru dans 
le Journal of Society of arts. 

II en résulte que, actuellement, on 
cultive le coton dans les khanats de 
Khiva et Bokhara, dans les provinces 
de Samarcande, Fergana, Syr-Darjinsk 
et Amou-Daria (Turkestan). Cette cul- 
ture, aussi bien que celle des céréales 
et des fourrages, ne se rencontre que 
dans des terrains arrosés artificiellement, 
sauf toutefois dans le district de Fergana, 
où quelques hectares de froment bénéfi- 
cient des eaux de pluie au pied des mon- 



tagnes. 

Dans le Turkestan, la surface ensemen- 
cée représente 2 millions de décialines 
(1 déciatine ZZ i hectare 114). Comme 
la culture du coton croît d'année en an- 
née dans les districts du Turkestan, la 
culture des céréales décroît proportion- 
nellement. C'est en particulier le cas du 
district de Syr-Daria, près de la ville de 
Tachkent. 

Les semailles ont lieu généralement 
vers le milieu d'avril. En juin, la plante 
fleurit et, en septembre, la gousse com- 
mence à mûrir. La récolte se prolonge 
jusqu'à ce que la croissance de la fibre 
soit arrêtée par les premières gelées, qui 
ont lieu à la fin de novembre. Elle dure 



VARIETES. 



233 



donc envii'on trois mois Les gelées ma- 
tinales, qui commencent en général dans 
les premiers jours d'octobre, ont une 
grande iiifluonco sur la qualité de la 
fibro et des graines. Les fibres qui mû- 
l'issent avant l'arrivée des gelées sont 
considérées comme les meilleures. D'ail- 
leurs, un grand nombre de gousses ne 
mûrissent pas du tout et ne peuvent être 
d'aucune utilité. 

Les gousses du cotonnier d'Amérique 
perdent leur teinte verte avant d'arriver 
à maturité. Elles .se fendent et lai.ssent 
voir le coton fortement pressé qui en- 
toure les graines. Peu de temps après, 
elles se dessèchent et leur teinte pa.sse 
du vert clair au brun. 

Le coton, qui est alors tout à fait mûr, 
gonfle considérablement et peut être 
recueilli sans difficultés dans des sacs 
ou des paniers. Avec les plantes indi- 
gènes, il n'en est plus de même. Kn eflet, 
la gousse ne s'entr'ouve pas, mais brunit 
simplement et se dessèche. On recueille 
donc à la fois la fibre de coton et son 
enveloppe. 

Le seul travail que l'on fasse subir 
au coton ainsi obtenu, avant qu'il soit 
expédié sur les marchés de la Russie 
d'Europe consiste à le séparer de la 
gousse et des graines et à le metti'e en 
balles comprimées. Une partie de ce 
travail s'effectue à la main. 

Le chemin de fer ti-anscaspien ne se 
prolongeant pas encore jusqu'à ces ré- 
gions, le transport du coton s'elïectue 
encore à dos de chameaux et dans des 
charrettes à deux roues. Les chameliers 



campent dans les steppes qui s'étendent 
de Tachkent à Orenbourg. Toutes les 
marchandises provenant des districts de 
Tachkent sont expédiées soit sur Oren- 
bourg, soit sur Samarcande. Dans les 
districts de Fergana, le transport s'effec- 
tue par charrettes. Un chameau peut 
porter de 14 à 15 pouds de coton 
(1 poud ~ 14 kil. 58). Une charrette 
peut porter de 35 à 40 pouds. 

On estime que, dans l'avenir, le Tur- 
kestan pourra produire environ 4 mil- 
lions de pouds de coton. Dans le khanat 
de Bokhara, le coton, les céréales et les 
fourrages croissent dans des terrains 
arrosés par le Zaravshan ; mais cette 
rivière ne peut être canalisée et l'irri- 
gation artificielle est impossible. Quant 
à la rivière Amou-Daria, son débit est 
tel qu'on pourrait l'utiliser à l'irrigation 
de plusieurs millions de déciatines. On 
a déjà mis à l'étude un système de ca- 
naux d'irrigation qui permettrait au seul 
khanat de Bokhara de produire 3 mil- 
lions de pouds de coton. La culture 
pourrait être développée d'une façon 
analogue dans le khanat de Khiva et 
dans les territoires transcaspien et trans- 
caucasien; de .sorte que la totalité du 
coton actuellement manufacturé à Mos- 
cou et à Lodz, et que l'on estime à 9 
millions de pouds, pourrait être importé 
uniquement de l'Asie centrale, de la 
Transcaucasie et des régions transcas- 
piennes. Les importations d'Egypte et 
d'Amérique deviendraient ainsi nulles. 

M.-C. QRADY. 



NÉCROLOGIE. 



C. IMBAULT-HUABT. 

Nous avons déjà noté brièvement dans notre numéro de Décembre dernier 
la mort soudaine de notre collaborateur M. Camille Imbâult-Huart, consul 
de France à Canton (Chine), décédé à son poste dans les premiers jours de 
Décembre de l'année passée, âgé à peine de quarante ans. 

En dehors de ses travaux officiels parus dans le Bulletin consulaire français, 

a publié de nombreux ouvrages relatifs aux langues, à la littératui'e et à 
'histoire de l'Kxtrême-Orient, notamment un important ouvrage illustré sur 
l'île de Formose, des Documents sur l'histoire et la géographie de l'Asie cen- 
trale, un cours gradué de langue mandarine parlée en quatre volumes, adopté 
comme texte d'explication à TÉcoie des langues orientales vivantes, des Poésies 
modernes, traduites du Chinois, etc. Il avait fait beaucoup pour maintenir le 
prestige de la France dans l'Extrême-Orient. Ancien élève diplômé de l'École 
des langues orientales vivantes, il avait été successivement interprète du con- 
sulat général à Shanghaï, premier interprète de la légation à Peking lors de 
la mission de M. Constans, vice-consul à Han-Kéou, et consul à Canton. 

Le défunt était chevalier de la Légion d'honneur. 



CHARLES SCHEFER. 

Nous venons de faire une grande perte dans la mort de M. Charles Schefer, 
membre de l'Institut, Administrateur Directeur de l'École spéciale des langues 
orientales vivantes, né le 46 novembre 1820, décédé le 3 mars 1898. 

Nous lui devons surtout la réorganisation de l'École des langues orientales 
vivantes qui ne comptait que 9 chaires quand Schefer en prit la direction en 
1867, tandis qu'on en compte actuellement 15. 

Notre co-directeur, M. H. Cordier, donnera ailleurs une biographie détaillée 
de cet érudit et aimable savant dont la mort sera regrettée par tous ceux qui 
s'occupent de l'étude des langues asiatiques. G. S. 



BULLETIN CRITIQUE. 



Allusions littéraires, Première 
Série, par le P. Co rentin Péfillon, 
S. J., Second fascicule; classifiques 
102 à 213. Chan ghai, Imprimerie 
de la Mission catholique, Orphelinat 
de T*ou-8è'Wé, 1898. (Cf. T'oung- 
pao, Vol. Vin, 1897, p. 223). 

Ce second fascicule forme le 
N°. 13 des «Variétés Sinologiques» 
et je n'ai rien à ajouter à l'éloge 
que j'ai donué du premier fascicule. 
Ce manuel sera d'une grande utilité 
pour les jeunes sinologues, quoi- 
qu'il n'épuise pas encore la mil- 
lième partie des allusions littéraires 
qu'on rencontre dans les livres 
chinois. Mais d'après l'indication 
«Première Série» sur le titre nous 
croyons que le P. Pétillon ne s'ar- 
rêtera pas en si bon chemin, et 
qu'il continuera à nous donner 



l'explication d'encore quelques mil- 
liers de ces allusions. 

En parcourant ce volume, j'ai 
noté par ci par là quelques phrases 
qui exigent un petit amendement. 
Ainsi, p. 378 je crois qu'en tradui- 
sant le proverbe |^ ^ ^ ^ 
-^ ^ ^ par «Comment le tigre 
et le léopard pourraient-ils être 
atteints par les insultes des chiens 
et des chèvres^», on rend mieux 
le sens que par la traduction «Le 
tigre et le léopard sauraient-ils 
être l'objet des insultes du chien 
et de la brebis». Les chiens jappent, 

sans oser mordre, contre et les 

chèvres donnent des ruades in- 
offensives à ceux qui leur gênent, 
absolument comme la meute hu- 
maine jappe contre les hommes 
supérieurs. Mais l'homme supérieur 
est au-dessus de ces glapissements 



236 



BÜLLKTIN CRITIQUE. 



et poursuit son chemin sans bron- 
cher et s'en soucier. 

Or une brebis, être inofîensif, 
ne saurait même pas essayer de 
nuire à un autre animal et n'ose- 
rait pas l'attaquer. 

La définition de l'origine du 
nom de ^ ou plutôt ^J^ (la li- 
corne), «que la corne de cet animal 
doit toujours rappeler au Censeur 
qu'en vertu de sa charge il est 
obligé de tenir tête au débordement 
des mœurs» n'est pas exacte. 

AuN.E.,ditle^ ]$^^., 
dans les déserts, se trouve un ani- 
mal ressemblant à une chèvre, 
ayant une seule corne, le poil noi- 
râtre, et quatre pieds comme ceux 
d'un ours. Son naturel est très 
juste; quand il voit des gens se 
battre, il enfonce avec sa corne 
celui qui a tort; quand il entend 
des gens se quereller, il mord celui 
qui a tort. On le nomme Kiai-tchi 
( ^J^ ^ ) ou bien Jin fah cheou 
m a W^) 1' «Animal qui exé- 
cute la loi » ; pour cette raison on 
le trouve toujours représenté sur le 
mur nord-est des prisons. Kao-yao, 
ministre de Choun, 2285 avant 



notre ère, en administrant la jus- 
tice, lâchait une licorne sur ceux 
dont il supposait le crime; car elle 
poussait les criminels et ne pous- 
sait point les innocents. (Voir mon 
Uranographie Chinoise, p. 587 — 
588.). Il ne s'agit donc point des 
Censeurs, mais des Juges appelés 
à décider entre les coupables et 
les innocents. 

Je regrette que l'auteur n'ait 
pas pris connaissance de mon 
article «Some moot points in the 
Giles-Lockhartcontroversy»,publié 
dans le 8^^°^® Volume du T'oung- 
pao, pp. 412 e. s. 11 aurait pu éviter 
alors de répéter la traduction in- 
exacte de -^ ji^ comme « barrière 
enveloppée de soie» (p. 437). Les 
^ j^ sont des rideaux ou tentu- 
res, suspendus entre des perches 
sur les deux bords d'une route que 
l'Empereur ou autres hauts per- 
sonnages, qui ne veulent pas s'ex- 
poser à la vue du vulgaire, doivent 
passer. Nos souverains bordent une 
route pareille d'une double haie de 
soldats. Les anciens Chinois et 
Japonais se contentaient d'une 
haie de rideaux. 



BULLETIN CftITiQUE, 



237 



La même remarque s'applique à 
l'anecdote des disciples de Tch'eng- 1 
rapportée p. 458. 

J'ai prouvé, p. 416 de mon 
article, que la phrase ^ ^ ^ 
P^ ne voulait pas dire « Pendant 
la neige dehors, rester debout dans 
la classe de Tch'eng-I», mais 
«piétiner dans la neige devant la 
porte de Tch'eng'Ii^. 

Quant à l'extraction d'une cou- 
leuvre (È*^) d'une plaie suppu- 
rante dans le genou d'une jeune 
fille par le célèbre médecin chinois 
Hoà-Vo (p. 380), il n'est pas «fair» 
du P. Pétillon de rendre ce médecin 
ridicule; car le caractère ^'^ ne 
signifie pas seulement «couleuvre» 
ou «serpent», mais aussi «ver» ou 
« mite» , et c'est un fait bien connu 
que des vers se forment dans le pus 
d'une plaie. Le ver que Hoa-t'o 
extrayait du genou de la jeune fille 
en question était probablement un 
ver filiforme ou ver de Guinée 
qu'on nomme en Français Dragon- 
neau et que les anciens Grecs 
nommaient déjà «petit serpent» 
i^pxKÔvTiov de Spaxcuv). Ce ver se 
trouve généralement sous la peau 



des jambes et occasionne des enflu- 
res et des douleurs violentes '). 

Que dirions nous si un Chinois 
se moquait de nos médecins quand 
ils extraient un Dragonneau ( /\\ 
^) du genou d'un patient? on 
lui répondrait tout simplement 
qu'il est un ignorant qui ne sait 
pas la langue française, dans la- 
quelle «Dragonneau» n'est pas un 
petit dragon ou serpent, mais un 
ver filiforme. Du reste le texte 
chinois ne dit pas que Hoa-t'o 
extrayait une couleuvre, mais 
qu'une créature «comme un ser- 
pent», longue de trois pieds, sortait 
de la plaie *). Or les dragonneaux 
ont quelque fois jusqu'à dix pieds 
de longueur *). 

Le ver en question était pro- 
bablement l'espèce de ver que le 
philosophe Chinois Tchoang-tze 
(S-f*®^iêr) appelle ^ 
dans la phrase É||] J. "0^ i^, 



1) Voir le Manuel de Zoologie de feu 
mon père, écrit pour l'Académie militaire 
royale à Breda, Vol. II, p. 477- 

m ftl^X-Voirle^Ug 

-^ M ^ ' ^'''P- ^^ (Médecins), fol. 3 
rgcto. 



238 



BULLETIN CRITIQUE. 



que les commentaires expliquent 
par yj\ ^*^ «petit serpent» et que 
Legge traduit (p. 191) par Centi- 
pedes enjoy small snakes. Le texte 
de Tchoang-tze doit être corrigé 
en ^p ig^ fiy"$^ *les centipedes 
dévorent les dragonueaux»; carie 
caractère ^ ou $|^ prouve qu'il 
est question ici d'un insecte ( ^ ) 
en forme d'un lacet ( ^ ). Les 
anciens Chinois supposaient que 
l'Arc-en-ciel était formé d'une 
quantité de ces $^ ti ou «vers 
filiformes » . 

Hoa-t'o qui vivait au 2® siècle 
de notre ère, à une époque où nos 
médecins pataugaient encore dans 
la ^ plus crasse ignorance, était 
certainement un médecin très ha- 
bile et savant qui ne guérissait pas 
seulement les maladies par l'acu- 
puncture, mais osait faire des opé- 
rations chirurgicales léthales. A 
cet effet il donnait d'abord à ses 
patients une potion narcotique 
composée de vin dans lequel il 
avait fait bouillir du chanvre, par 
laquelle il les rendait insensibles à 
la douleur'); puis il leur ouvrait 

1) c'était un véritable haaehiteh, dont 
les feuilles de chauvre forment la base. 



le ventre et en retirait les matières 
morbides. Si les intestins on l'esto- 
mac étaient affectés, il les ouvrait 
encore et les nettoyait pour y enle- 
ver les souillures maladives; en- 
suite il recousait la blessure et met- 
tait dessus un baume merveilleux 
( ^^ ^ ) ') <ïï»i guérissait la bles- 
sure en quatre ou cinq jours, dont 
rien ne paraissait plus après un 
mois. C'est encore lui qui, le pre- 
mier, ait osé faire l'opération de la 
cataracte avec un succès inouï. 

Il nous sied mal, à nous autres 
Européens, dont la science date 
pour ainsi dire d'hier, de dénigrer 
la science des Chinois, qui, si ils 
ne l'ont pas étudiée par induction, 
mais seulement par la pratique, 
les a conduit plus loin qu'elle n'a 
conduit nos médecins d'il y a un 
siècle. 



Et dire que ce n'est qu'en 1847 que Simp- 
son, d'Edimbourg, a appliqué le chloroforme. 
Avant cette époque nos chirurgiens taillaient 
en chair vive sans savoir narcotiser leurs 
pauvres patients; tandis que bien plus avant 
les Arabes emploiaient à cet effet le Yabrou 
ou la mandragore pulvérisée dans du vio 
(Voir le Supplément de mon Diet, Néerl.- 
Chinois, s v. Aluuin). 

1) Le baume du Pérou est encore an- 
jourd'hui nomme' par le vulgaire «Baume 
admirable» ou «Merveille du Pérou». 



BULLKTIN 

On se rappelle la diatribe vio- 
lente (le Molière contre les médecins 
ignorants de son époque quiavaient 
le« Jus seignandi, purgaudi et occi- 
dendi impune per totam terrain » . 

Soyons justes et caudides dans 
notre jugement des Chinois. Les 
dénigrer constamment ne les con- 
duira guère à nous aimer et à 
nous respecter. 

Nous notons encore pour finir 
quelques locutions équivalentes en 
Chinois et dans nos langues euro- 
péennes. 

Le "IJ^ j^ «vase percé», dans 
la locution: «Celui-là ressemble à 
un vase percé, qui épuise facile- 
ment ses richesses», est l'exact 
équivalent de notre expression 
«Panier percé». Le mot de ^oaî- 

nan tsze '/X JrT ^ Il Jf 'Ä 
J^ «ou ne peut pas remplir un 
vase percé avec un fleuve» rappelle 
le mythe du Tonneau des Danaïdes. 

La locution B^ 4* 'K AT 
«Arracher un clou de l'œil» (p. 431), 
se trouve aussi sous les formes ^ 
"i" BU Pp ^ «arrachez-moi ce 
clou de mes yeux!» et ^ ^ ß^ 



CRiriQUB, 239 

Fp ^ «il m'est un clou dans 
l'œil». Notre équivalent dans cette 
locution est une épine. Comp. 
Nombres, XXXIII, 56: 

« Mais si vous ne chassez pas 
devant vous les habitants du pays, 
il arrivera que ceux que vous aurez 
laissés de reste d'entr'eux, seront 
comme des épines à vos yeux*, et 
Josué, XXm, 13: 

«Sachez certainement que l'É- 
ternel votre Dieu ne continuera 
plus à déposséder ces nations de- 
vant vous: mais elles vous seront... 
comme des épines à vos yeux*. 

Si nos traducteurs de la Bible 
avaient mieux su le Chinois, ils 
n'auraient pas traduit littéralement 
dans ces deux passages: 

l^mS ft» 2 W. qu'au- 

cun Chinois ne saisit, mais H^ Fp 
^ ^ » ^^^ ^^ ^^^ l'exact équiva- 
lent, et que chaque Chinois aurait 
de suite compris. 

La Bible emploie une méta- 
phore usitée chez les Hébreux et 
nous avons parfaitement le droit 
de la remplacer par une usitée chez 
les Chinois, sans détriment à la 
valeur du livre sacré. 

Une expression ^ pp ^] 



240 



BÜLLBTIK CRITiqtJï;. 



n'existe pas dans la littérature 
chinoise — du moins je ne l'ai 
jamais rencontrée et elle ne se 
trouve point dans le Peî-wen-yun- 
fou. Aussi je trouve que j'ai placé 
les expressions composées avec 
BR 4* ^ sous le mot Doorn 
(Epine) da as mon grand Diction- 
naire Néerlandais-Chinois. 

La parabole du Martin-pêcheur') 
et de l'Huître (p. 508) trouve son 
équivalent dans le proverbe hol- 
landais: «Twee honden vechten 
om een been ; de derde loopt er ras 



1) Le a& n'est pas un Martin-pêcheur, 
mais le Haematopus ostralegus, nommé en 
Français «L'huîtrier». Cf. mon Diet. Nëerl.- 
Chinois, s. v. Scholekster. 



mee heen » (Quand deux chiens se 
disputent un os, un troisième vient 
qui l'emporte). Je ne sais pas s'il 
y a un équivalent de ce proverbe 
en Français; mais La Fontaine l'a 
illustré dans sa fable «L'Huître et 
les Plaideurs». 

Ce n'est que quand nous nous 
serons rendus entièrement maîtres 
de la littérature chinoise et de ses 
nombreuses allusions que nous 
pourrons espérer arriver à com- 
prendre ce vieux peuple, et appren- 
dre à l'estimer à sa juste valeur. 

Des livres comme celui du 
P. Pétillon pourront nous aider 
un peu pour arriver à ce pinm 
votum. G. S. 



CHRONIQUE. 



ALLEMAGNE ET AUTRICHE. 

Berlin, 19 mai. — M. de Biilow, secrétaire d'Etat à l'office des affaires éti-an- 
gères de l'Empire allemand, et Li Haï-Hwan, ministre de Chine, ont échangé 
aujourd'hui, à l'office des affaires éti-angères, les ratifications du traité conclu 
le mars de cette année h Peking entre l'Allemagne et la Chine, concernant 
la baie de Kiao-Tchéou. 

L'université de Vienne a fait une nouvelle perte par le décès de M. Friedrich 
Müller, professeur de Sanscrit et de linguistique comparée, le 24 Mai dernier, 
à l'âge de G4 ans. Il était en même temps un ethnographe très distingué. 
Depuis 18G9 il était membre de l'Académie des Sciences do Vienne. 

GRANDE BRETAGNE ET IRLANDE. 

Le Journal des Débats du 25 avril publie la notice suivante sur les Affaii-es 
de la Chine. 

Londres, le 23 avril. 

Le gouvernement a publié un Livre Bleu sur les affaires de Chine. 

Il ressort de ce document que lord Salisbury fit savoir le 7 mars, au ministre 
d'Angleterre à Pékin, qu'il y avait lieu d'agir pour contrebalancer les deman- 
des de la Russie sur Port-Arthur et Talien-Wan, et que le meilleur plan pour 
cela serait peut-être la cession par le Japon de Weï-Haï-Weï à la Grande- 
Bretagne. Dans sa réponse, le ministre à Pékin dit que le motif donné par la 
Russie à sa demande était la protection de la Mandchourie contre les agres- 
sions des autres puissances. Il ajoutait que le gouvernement chinois demandait 
instamment à lord Salisbury de lui venir en aide, en affirmant à la Russie 
que l'Angleterre n'avait aucun dessein sur la Mandchourie. Cette assurance 
fut donnée. 

Le représentant de l'Angleterre à Saint-Pétersbourg informa loixl Salisbury 
que lo comte Mouraviev était fermement résolu à prendre deux ports à bail, 

17 



242 t3HR0NIQUE. 

en raison de l'incertitude qu'on avait sur la marche des événements en Extrême 
Orient. Le comte Mouraviev permit d'abord le plein accès des deux ports au 
commerce étranger; mais, plus tard, il l'interdit à Port-Aithur. 

Le 24 mars, le ministre anglais à Pékin télégraphiait que la Chine se voyait 
contrainte, par les menaces d'hostilité de la Russie, de céder aux demandes de 
cette puissance. Le lendemain, lord Salisbury i-épondait que, les intérêts des 
puissances dans le Petchili étant compromis, il devenait nécessaire d'obtenir à 
bail Weï-Haï-Weï après le départ des Japonais. 

Le lendemain du dépai't de la flotte anglaise de Hong-Kong, lord Salisbury 
informait spontanément le gouvernement allemand qu'il n'avait nullement l'in- 
tention d'intervenir dans les affaires d'Allemagne dans le Chan-Toung. 

A ce sujet le correspondant du Journal des Débats à Londres écrit: 

La publication du Livre Bleu sur les affaires de Chine a produit une très 
fâcheuse impression sur l'opinion publique. Sans exception, les journaux anglais 
se montrent fort irrités de l'attitude de la Ru.ssie et déplorent amèrement ce 
qu'ils appellent la faiblesse et la naïveté de lord Salisbury, 

«Nous avons été battus diplomatiquement, dit le Standard, en ce qui con- 
cerne l'acquisition de Port-Arthur et de Talien-Wan et la fermeture de ce 
premier port au commerce étranger». 

Mais il se console à l'idée que les projets de la Russie ont été déjoués quant 
à son désir de dominer Pékin. 

Aucun journal anglais, cependant, ne veut se souvenir que, si, après l'arrivée 
de la flotte russe à Port-Arthur pour y hiverner, l'Angleterre n'avait pas de- 
mandé que Talien-Wan fût déclaré port à traité, comme une des conditions de 
l'emprunt, la Russie n'aurait pas été obligée de s'opposer aux demandes de 
l'Angleterre et que celle-ci, en demandant Talien-Wan, provoquait directement 
la Russie. C'est ce qui ressort assez clairement des faits et de l'entrevue qu'eut 
l'ambassadeur de Russie avec lord Salisbury le 19 janvier dernier. 

L'opposition qu'a rencontrée lord Salisbury parmi les membres mêmes du 
parti conservateur jingoe va se trouver fortifiée par la lectui'e du Livre Bleu 
et le ministère sera très prochainement attaqué très vigoureusement et par 
certains conservateurs et par l'opposition, bien que, probablement, l'attaque des 
libéraux doive être moins amère et moins violente que celle des conservateurs 
chauvins. D'un autie côté, la difficulté de la situation actuelle, la crainte des 
complications auxquelles peut donner lieu le conflit hispano-américain sont au- 
tant de points en faveur du gouvernement, car il n'est personne qui, dans les 
circonstances présentes, désire amener une crise. D'ailleurs, le ministère a en- 
core une forte majorité et se trouve tout à fait en mesure de sortir triom- 
phant d'une grande bataille parlementaire. Toutefois, sa victoire sera due plu- 
tôt i\ l'esprit de discipline et à la nécessité de ne pas affaiblir le gouvernement 
anglais en ce moment qu'au prestige du Cabinet. Incontestablement, le minis- 



CHEONIQÜE. 243 

tère a i)erdu beaucoup dans l'opinion publique, et il est heureux pour le parti 
conservateur que les libéraux n'aient ni chol ni politique. 

Au point de vue extéi'ienr, la publication du Livre Bleu aura certainement 
pour effet d'augmenter l'hostilité latente qui existe toujours ici contre la 
Russie et de faire d'elle plus que jamais, aux yeux des Anglais, la rivale la 
plus redoutable et la plus redoutée de l'Angleterre en Exti-I^me Orient. On peut 
affirmer que, dès ce moment, le sentiment populaire antirusse a retrouvé une 
intensité qu'il n'avait pas eue depuis une vingtaine d'années. 

Le gouvernement, poussé par la presse (laquelle forme l'opinion), va donc 
T'tro forcé, pour faire oublier son échec (auquel il s'est particulièrement exposé, 
du reste) de se montrer plus exigeant dans ses relations avec les autres ])ays. 
La victoire de l'Atbara a, un moment, causé en Angleterre une vive et légiti- 
me satisfaction; mais l'effet en est déjà effacé. Il faudra autre chose pour 
satisfaire l'opinion publique et pour lui démontrer que le gouvernement est 
fort et ferme, qu'il ne cède pas toujours aux autres pays, et il est fort pro- 
bable que c'est en Afrique que le gouvernement anglais fera preuve de cette 
fermeté qu'on lui reproche de ne pas avoir montrée en Asie. 

CHINE. 

Le gouvernement chinois s'est prévalu de la faculté que lui laissait le traité 
de Simonoseki de payer, en une seule fois, tous les arriérés de l'indemnité de 
guerre due au Japon, dans un délai de trois ans après le 8 mai 1895, au lieu 
d'échelonner les versements sur des échéances annuelles jusqu'à la fin de la 
septième année. 

En conséquence de sa détermination (qu'a rendue possible l'émission de 
l'emprunt anglo-allemand), ce qui restait dû de l'indemnité a été payé hier à 
Londres, dans les locaux de la Banque d'Angleterre par le représentant du 
ministre de Chine et son secrétaire anglais de légation, sir Halliday Macartney, 
aux délégués du ministre du Japon. Un chèque de 1-1,008,885 livres 16 shillings 
9 pence (environ 275,222,146 francs) a été remis à ces derniers, et c'est, dit- 
on, le chèque le plus fort qui ait été jamais souscrit par la Banque d'Angle- 
terre. Vu son importance, le gouverneur, le vice-gouverneur et le caissier prin- 
cipal de cette institution ont assisté au payement; la somme totale, qui a été 
versée entre les mains du gouvernement japonais est plus considérable encore 
que le chiffre indiqué sur le chèque, car elle représente le solde de l'indemnité 
de guerre et aussi des frais d'occupation de Weï-Haï-Weï pendant une année: 
elle s'élève exactement à 325 millions de francs. La différence avec le montant 
du chèque a été réglée en compte. 

Ainsi se trouve abolis tous les droits de revendication pécuniaire reconnus 
au Japon par le traité de Simonoseki, et la Chine peut dès maintenant, en 
vertu de cet instrument, exiger l'évacuation de Weï-Haï-Weï; elle y gagnera. 



244 CHRONIQUE. 

il est vrai, peu de ctiose puisque c'est l'Angleterre qui va s'installer dans le 
port évacué par les Japonais. 

La part dont est chargée l'Allemagne pour le payement du reste de l'in- 
demnité de guerre chinoise et la fraction du nouvel emprunt chinois qui lui 
est dévolue ont été payées à Londres par la Banque germano-asiatique, soit 
une somme de 5 millions de livres. Elle a payé ici à la Banque impériale un 
million de livres pour le compte du gouvernement japonais. 

Une note communiquée à la presse anglaise annonce que le dernier acompte 
de l'indemnité de guerre chinoise sera versé le 8 Mai par l'intermédiaire des 
ministres de Chine à Berlin et à Londres entre les mains des représentants 
diplomatiques du Japon dans ces deux villes. 

Aussitôt que le gouvernement du Japon aura reçu information du versement, 
le Japon donnera l'ordre de commencer l'évacuation de Weï-Haï-Weï, qui sera 
remis aux Chinois. On sait que des négociations ont déjà eu lieu pour la 
transmission de Weï-Haï-Weï à l'Angleten-e par la Chine. 

Lyon, 5 mai (par dépêché). — Les Missions catholiques publient la dépêche 
suivante de Hong-Kong: «M. Mathieu Berthollet a été massacré avec plusieurs 
chi'étiens, le 24 avril. Ce missionnaire était né à Charbonnier, canton de 
Saint-Germain- Lembron (Puy-de-Dôme), le 12 juin 4865. Incorporé au diocèse 
de Lyon, il entra tonsuré au séminaire des Missions étrangères de Paris, le 11 
juin 1885, et fut ordonné prêtre le 7 juillet 1889. Destiné au Kouang-Si, il 
partit le 27 novembre 4889, M. Berthollet était un excellent missionnaire, plein 
de zèle et d'ardeur. Il est tombé sous le coup des assassins, un an et vingt 
jours après son confrère, M. Mazel, massacré le 4 er avril 4897. 

Le Kouang-Si, dont le nom est certainement très familier à nos lecteurs, 
est compris entre le Kouang-Toung à l'est et le Yun-Nan à l'ouest, et forme, 
avec ces deux autres provinces, la bordure chinoise du Tongking. C'est dans le 
Kouang-Si, à Long-Tchéou, que débouchera le prolongement du chemin de fer 
de Phu-lang-Thuong à Lang-Son. Nan-Ning-fou, Pé-Sé, objectifs de cette voie 
de pénétration, sont également des villes du Kouang-Si. Cette province forme 
réunie au Kouang-Toung, la vice-royauté des deux Kouangs. 

Elle a été longtemps, avant l'entente du regretté M. Rousseau avec le ma- 
réchal Sou, le réservoir inépuisable des pirates de tous pavillons qui fondaient 
comme des vols de sauterelles sur le Tongking, et l'asile où ils fuyaient notre 
vengeance. 

Le Kouang-Si n'a pas la population qu'il pourrait nourrir: 8 à 40 millions 
d'hommes seulement. 



CHRONIQUE. 245, 

Ëcclésiastiqueiiieiit parhiiit, le II. 1*. Mathoii est prucureur de cette province 
et son évoque est Mgr Cliouzy, vicaiie apostuliquo. C'est le second évoque de 
lu province. 

Les missionnaires no sont établis quo depuis une trentaine d'années. Lii 
mission a été détachée de Canton ot érigée en vicariat a)>08toliquo en 1875. 
Los chrétiens y sont encore très peu nombreux. On les évalue à 1,500 environ 
et le nombre des catéchumènes à quelques milliers. 

Le gouvernement français a demandé comme compensation du meurtre de 
ce missionnaire la somme de 100,000 fr. et obtenu la consti'uction d'une cha- 
pelle commemorative au lieu du raeurti-e, le droit de prolonger le chemin de 
1er projeté de Loung-Tchéou à Nan-ning fou, de cette dernière ville jusqu'à 
Pak-Hoï sur la côte du Kouang-Toung, et la condamnation des coupables. 

Voici, suivant les dernièi-es dépêches de Peking, comment ont été résolus les 
difïérents problèmes d'étiquette qui se posaient au sujet des entrevues que 
doivent avoir l'empereur Kouang-Su et son hôte, le prince Henri de Prusse, 
frère de Guillaume II: 

Li Houng-tchang et Wang Wen-tchao, son successeur dans la vice-royauté 
du Petchili, recevront le prince à Takou, tandis que les princes Wang et Tchang 
Ying Wang viendront à la rencontre de leur illustre hôte jusqu'à la station la 
plus proche de Peking, afin de lui souhaiter la bienvenue au nom de leur 
seigneur et maître. Le prince Henri a choisi l'ambassade allemande comme lieu 
de sa résidence; quant à sa suite, elle occupera une maison spéciale, entière- 
ment remise à neuf et meublée avec tout le confort européen. 

L'empereur Kouang-Su recevra le fière et représentant de Guillaume II en 
son palais d'été. Il le recevra debout — ce n'a pas été la décision la moins 
difficile à prendre, — puis il lui rendra sa visite. Enfin l'empereur et le prince 
prendront place à la môme table, pour un repas au coui-s duquel ils se tmite- 
ront d'égal à égal. 

On estime que ces concessions sont de la plus haute importance et renver- 
sent les dernières barrières des préjugés impériaux. 

Il paraît certain aussi que l'impératrice douairière et ex-régente recevra le 
prince allemand. 

Aussitôt l'évacuation de Weï-Haï-Weï par les Japonais et son transfert sous 
l'autorité britanniqtie, d'importantes forces y seront envoyées des Indes, où 
les hommes de l'infanterie légèi'e des Highlands et ceux d« régiment du 
Yorkshire ont reçu l'ordre de se tenir prêts à partir pour la Chine. 

L'escadre anglaise a quitté Tché-fou pour se rendre i\ Weï-Haï-Weï. 



246 CHRONIQUE. 

Des désordres ont eu lieu à Cka-chi ( vb r^ ^^)) '^^ nouveau port ouvert 
aux étrangers, situé sur le Yang-tsze, entre Han-keou ( j||^ D ) et King- 
tcheou (^J jU jSp)) le l'I Mai dernier. 

Heureusement aucun Européen n'a été victime de cette émeute. 

La jonque sur laquelle est établie l'agence consulaire de Grande Bretagne 
et où se trouvait M. Clennell, a été épargnée; mais le consulat japonais, les 
bâtiments de la douane et les bureaux d'une compagnie de navigation anglo- 
chinoise dont Li Houng-tchang passe pour être le principal directeur, ont été 
incendiés. La canonnière anglaise Elk a reçu l'ordre de se porter le plus vite 
possible sur les lieux. 

On suppose que les désordres qui viennent de se produire sont le résultat 
de la décision récemment prise au sujet du likin par le gouvernement impé- 
rial: celui-ci consentit, en effet, pour garantir une partie de l'emprunt anglo- 
allemand, à placer entre les mains du commissaire général des douanes, sir 
Robert Hart, le contrôle de la gabelle du sel et des droits sur le thé, dans la 
province du Hou-Pé, dont Cha-chi fait partie: le vice-roi Tchang Tchi-toung 
( ?^ >^ */l^ ) ^^^^^ même adressé sur cette question un mémoire à l'empereur 
Kouang-su et menacé de sa démission le Tsoung-li Ya-men, qui ne crut pas 
devoir tenir compte de ses avis. 

On mande de T'ien-Tsin que le consul de Russie en cette ville a informé ses 
collègues qu'aucun étranger ne pourrait débarquer à Port-Arthur ni à Ta- 
lien-Wan sans passeport visé par lui. Cette décision cause d'autant plus de 
mécontentement que le Tsoung-li Ya-men avait publié des instructions pour que 
les deux ports en question fussent assimilés aux ports à traité. 

En vertu d'un ordre du ministère de la guerre japonais, c'est dans un délai 
de quatre semaines, comptées à partir du 7 mai, que les forces mikadonales 
évacueront Weï-Haï-Weï, où les transports nécessaires ont déjà été envoyés. 

Peking, 10 mai {par dépêche). — Par suite de la déclaration de neutralité 
de la Chine, le Tsoung-li Ya-men a demandé au gouvernement américain de 
retirer de Shanghaï le Honocacq, navire chai'gé de réserves et de munitions. 

Le Temps du 19 avril publie la notice suivante sur la péninsule de Loui- 
tchéou(fl^>f|| jßp). 

Cette péninsule, toute voisine de notre Tonkin, est pour notre politique d'un 
intérêt incontestable; les révélations de ces jours derniers le montrent bien. 

De plus, elle est un des points de l'empire chinois les moins connus; et c'est 
pourquoi la publication, dans le dernier numéro des Annales de géographie^ 
d'une étude fort documentée sur Loui-Tchéou est, survenant précisément à 
cette heure, une bonne fortune pour le public français. 



CHUONIQUK. 247 

L'uuteur de cette étude est M. Çluiiditi.s Madrulle, un de nus plu» jeunes et 
plus sympathiques explorateiu's. M. Madj'ollo j)osscdc, sur toutou les questions 
qui tuuchonl à la Cliitiü du Sud, une cuiiipétunce particulière; après avoir visité 
le Soudan (1892 — 93) et Madagascar (1894), il se tourna vers nos possession« 
oxtn'-nie-orientaies; en -1895 et 189G, il traversa, du sud au nord, le Tonkin, 
los provinces chinoises du Yun-Nan et du Se-ïchouen, revint à la côte par 
le grand fleuve cliinois, le Yang-tsé-Kiang, puis explora longuement l'île de 
Ilaï-Nan. 

Cette île a pour la France une importance qu'on ne soupçonnait guère, il y 
a encore quelques mois. Placée à l'entrée môme du golfe du Tonkin, entre la 
côte de l'Annam et la presqu'île (Loui-Tcheou) que jette vei-s cette cote le 
Kouang-Toung méridional, elle commande l'accès du delta du fleuve Rouge. 
Aussi longtemps que Hai-Nan sera étrangère, notre Indo-Chine aura «ses îles 
anglo-normandes». Permettre qu'une grande nation européenne l'occupe serait 
commettre une faute grave, une faute aussi gi-ave que celle que nous avons 
commise par deux fois en ce siècle, lorsque, par manque de vigilance, de 
décision et d'audace, nous avons laissé échapper, d'abord la Nouvelle-Zélande, 
puis la Birmanie. La valeur stratégique et politique de cette île, grande quatre 
fois comme la Corse, exige que cette île ne cesse d'être chinoise que pour 
devenir française. Ces considérations valent également pour la péninsule do 
Loui-Tchéou. Qui détiendra celle-ci, sera maître du détroit entre la côte et 
Haï-Nan, c'est-à-dire maître des eaux tonkinoises. Et c'est poui-quoi il faut 
remercier M. Claudius Madrolle d'avoir ajouté à notre connaissance sur ces pays. 

Nous ne parlerons ici que de la péninsule de Loui-Tchéou. 

Ce que nous savions sur elle était fort peu de chose. En dehors des itiné- 
raires fréquentés, en dehors des grandes lignes de navigation, cette péninsule 
n'a été visitée par aucun explorateur; le missionnaire français qui l'éside dans 
la ville principale, Louei-Tsiou-Séa '), est encore le seul «barbare d'Occident» qui 
ait franchi les murs de cette ville. Quelques légendes et documents venus des 
Chinois, quelques anecdotes provenant de porteurs de chaises à Haï-Nan et 
originaires pour la plupart de la péninsule, d'excellentes notices du P. Zimmer- 
mann, missionnaire français du Kouang-Toung, sont les seules sources où ait 
pu puiser M. MadroUe. 

Comme Haï-Nan, comme le Yun-Nan, le Loui-Tchéou n'a pas été de tout 
temps pays chinois: c'est un pays colonisé par les Chinois. Ceux-ci n'arrivèrent 
guère dans la péninsule que vers 109 avant Jésus-Christ. «L'émigration chi- 
noise, très lente au début, se concentra dans les plaines fertiles, propres à la 
culture du riz, puis rejeta le surplus de sa population sur Haï-Nan». Les com- 



1) ^a TM M^ d'après la prononciation dn dialecte d'Emoui, dont quelques indi- 
gènes ont colonisé ce pays. G. S. 



248 CHRONIQUE. 

munications, en elîet, entre l'île et la presqu'île allaient ôtie, dès cette époque, 
incessantes; et c'est ce qui explique que l'une et l'autre avaient été placées 
sous un commandement unique. Le Loui-Tchéou est une préfecture de première 
classe, qui dépend du Tao-Taï de Haï-Nan. Ce dernier fonctionnaire (lieutenant- 
gouverneur) relève lui-même du gouverneur du Kouang-Toung. Pour l'admini- 
stration intérieure, la péninsule est divisée en trois sous-préfectures: Soui-khi 
i^È. ^) ^ ^ kilomètres de la frontière nord, Louei-Tchéou, au centre, Sü-wan 

( f^ 1^ ) ^^'^ ^® détroit de Haï-Nan. 

Les indigènes, dont la race a été fondée par le mélange continu d'autochto- 
nes, de soldats, de pirates, de commerçants, d'émigrants venus des quatre 
coins de l'empire, sont «d'une taille plutôt petite, gens assez doux, peu com- 
merçants, mais habiles cultivateurs». Ceux du N. parlent un dialecte qui rap- 
pelle la langue de Canton fortement défigurée; ceux du S. parlent le Hok-lo, 
qui est un dérivé adouci de la langue dite de Haï-Nan. Aux indigènes se sont 
ajoutés, à une date récente, les colonies étrangères des Hak-ka, venus proba- 
blement du bassin du Yang-tsé-Kiang, et des Cantonnais; les Cantonnais sont 
commerçants; les Hak-ka agriculteurs. 

Le sol de la péninstile comprend trois parties, qu'on peut aisément distinguer. 

La lisière N. confine aux premières hauteurs qui servent de ligne de partage 
entre les eaux qui se dirigent vers le golfe du Tonkin et celles qui gagnent, 
à l'E., la mer de Chine méridionale. Le centre est occupé par la dépression de 
la grande plaine de Louei-tchéou ; c'est la partie la plus riche de la péninsule. 
Elle est occupée par des rizières, et elle est bien peuplée. Le climat y est 
sain. Cette région, d'après M. Madrolle, comprendrait le bassin de la rivière 
qui passe près de Louei-tchéou, et s'étendi'ait jusqu'aux deux mers sur une 
trentaine de kilomètres du nord au sud. Plus au sud, c'est une région de 
plateaux dont les sommets les plus élevés ont 155 et 2i7 mètres. La salubrité 
y serait moins rare et la population plus clair.somée. On y pourrait tenter 
l'élevage des bestiaux. 

Les bords de la mer, enfin, sont occupés, comme à Haï-Nan, par des dunes 
de sable, où l'on ne rencontre de loin en loin que de misérables cases de pê- 
cheurs. 

M. Madrolle avait écrit son étude avant que les vues de notre diplomatie 
sur Loui-tchéou fussent révélées. Aussi ne parle-t-il point de la valeur straté- 
gique et politique de ces cotes. Il suffira ici de dire que la position de Kouang- 
tchéou, sur la côte est, nous donnerait, avec les clefs du détroit de Haï-Han, 
la vue libre siir le littoral de la Chine méridionale, où se trouve Canton, et 
aussi Hong-Kong. 

- Le Temps du 30 Mars publie le communiqué suivant sur les Affaires d'ex- 
trême-orient. 



CHRONIQUK, 249 

La Kiissiu viuiit du remporter un beau succès diplomatique. M. t'avlof, le 
chargé d"afliiires du tsar à Peking, a sign/; le 27 Mars la convention qni ac- 
corde à son pays tout ce qu'il avait cru devoir demander à titre de garantie 
ou de compensation. Si la Chine avait espéré gagner — ou perdre — du temps 
en transférant brusquement la négociation à Saint-Pétersbourg, elle avait compté 
sans son hôte. Poliment, avec une courtoisie parfaite, mais aussi avec une 
iermoté qui ne s'est jamais démentie, le gouvernement impérial russe s'est 
empi'essé d'écarter tout prétexte à temporisation et il a doucement ramené le 
Fils du Ciel sur le terrain qui avait été de prime abord marqué et défini. 
. Au Tsoung-li Ya-mcn, on possède, par bonheur, un sons pratique assez sfir. 
Rien n'est plus loin du tempérament de ces mandarins de premier ordre que 
d'aller se briser la tête contre une muraille. Le plus que l'on y fasse, c'est 
d'éprouver, comme le prince Koung, une indisposition diplomatique. Dès que les 
premiers pourpai'lers eurent fait sentir à ce grand corps combien la ré.solution 
de la Russie était irrévocable, des mesures furent prises pour faciliter une dé- 
tente et une entente. Le choix des deux plénipotentiaires chargés de s'aboucher 
avec M. Pavlof, et dont le plus connu en Occident était Li Houng-tchang, 
était à soi seul un gage de conciliation. 

En effet, l'accord n'a pas tardé à se faii'e sur la base môme des exigences, 
apparemment tout à fait raisonnables, qu'avait manifestées la Russie. Port- 
Arthur et Ta-lien-Wan passent, pour vingt-six ans, aux mains du tsar, sous la 
n'îserve des droits de souveraineté du Fils du Ciel. Le chemin de fer trans- 
sibérien aura, sur la ligne principale de Mandchourie, un embranchement par- 
tant de Bedonné et aboutissant par Kirin et Moukden à ces deux ports. 

Telles sont les dispositions essentielles d'un traiié qui a la double justification 
do réaliser des éventualités depuis longtemps prévues et admises par les hom- 
mes compétents et impartiaux et de rétablir au profit de la Russie l'éqtiilibre 
récemment altéré par les succès de la politique allemande à Kiao-Tchéou. Sur 
le premier point, il faudi-ait beaucoup de mauvaise foi ou d'ignorance pour 
contester que la Mandchourie fût envisagée depuis bien des années comme ap- 
partenant à la sphère normale d'influence de la Russie. Un grand empire ne 
saurait renoncer à obtenir sur le littoral d'un continent dont la moitié lui 
obéit un débouché qui ne soit pas obstrué par les glaces pendant plus de six 
mois de chaque année. Cette vérité a été reconnue, proclamée, non seulement 
par les organes russes, mais par un homme d'État anglais parlant au nom du 
gouvernement de la reine à la Chambre des communes. 

En réalité, d'ailleur.s, on se trouvait déjà depuis longtemps en présence d'un 
fait accompli. La Russie avait déjà pris possession moralement de la Mand- 
chourie. où ses ingénieui's construisaient une voie ferrée, où les sotnias de ses 
cosaques chevauchaient en armes, où sa monnaie circulait. Elle ne fait qu'ob- 
tenir l'achèvement pacifique d'une opération depuis longtemps commencée et 



250 CHRONIQUE. 

dont elle avait promulgué l'objet final avec une suffisante clarté loisqu'au 
terme de la guerre sino-japonaise elle s'était opposée, au nom de ses préten- 
tions ultérieures, à la cession ou à l'occupation de Port-Arthur. Il y a plus 
encore. 

S'il est vrai que la loi en quelque sorte fatale de l'histoire de Russie soit, 
pour cet immense empire, de chercher des débouchés libres sur les mers ou- 
vertes du globe, — s'il est vrai que le testament de Pierre le Grand, en for- 
mulant cette espèce d'attraction irrésistible de Constantinople et du Bosphore 
pour les tsars et leurs sujets, n'ait fait qu'indiquer un cas particulier d'un 
besoin plus universel, on voudra bien reconnaître que l'empire russe, en Asie, 
doit choisir entre deux routes, l'une, qui par l'Afghanistan le mènerait à 
l'océan Indien et au revers de l'Himalaya, l'autre, qui par la Mandchourie, le 
conduit à l'océan Pacifique. En choisissant cette dernière direction, la Russie 
apporte du coup un apaisement notable à la question naguère si brûlante de 
l'Asie centrale et des frontières de l'Hindoustan. II est bien évident que, même 
avec les forces dont dispose un aussi gigantesque pays, la prise de possession 
et l'exploitation de la Mandchourie absorberont pour un temps ses eftorts. 

L'Angleterre ferait donc bien de tenir compte de cette circonstance. Ce n'est 
point pour elle une chose indifférente de se voir donner une garantie de plus 
de la sécurité de son empire des Indes. Cette considération devrait exercer une 
influence salutaire sur l'opinion publique du Royaume-Uni. Il y a là un avantage 
positif qui n'est point à dédaigner. 

Et de plus, on aurait, en vérité, quelque peine à comprendre, dans ces con- 
ditions, une attitude d'hostilité qui équivaudrait à l'affirmation explicite d'une 
sorte de monopole britannique sur les bons morceaux de ce globe. Les sujets 
de la reine Victoria devraient se dire — et la réflexion n'a rien que de flatteur 
pour eux — que l'immensité même de leur empire, sur lequel le soleil ne se 
couche jamais, loin de leur conférer on ne .sait quel droit de s'opposer sur tous 
les points à l'extension des modestes domaines des autres puissances, constitue 
une sorte d'invite permanente aux convoitises de celles-ci en même temps qu'un 
rappel de l'Angleterre à une modération en tout cas fort relative. 

Après tout, il faut qu'une certaine égalité prévale entre les nations de ce 
monde et il est tout à fait inadmissible qu'une petite île perdue dans les bru- 
mes de la mer du Nord ait un droit antérieur et supérieur et exclusif à l'em- 
pire des mers et des continents de ce globe. D'ailleurs, l'Angleterre a formulé 
sa politique extérieure en termes fort sages. M. Balfour promet une nouvelle 
déclaration pour le 5 avril. Elle veut la liberté et la sûreté du commerce en 
Chine. Elle l'aura. Nul ne songe à fermer une seule porte ouverte dans cet 
empire. 

Le cabinet de Saint-James aura le courage de résister aux excitations d'un 
chauvinisme morbide. 11 le fera d'autant plus qu'il n'a guère d'alliés sur qui 



CHRONIQUK. 251 

cuiiipter en cetto ucciireiice. Soul, le Japon semblait puuvuii- jouer ce rule. Or, 
il seniblo bien que la diplomatie russe ait adroitement acquis sa neutralité 
plus ou moins bienvoiilanto en lui accordant le retrait temporaire do la Corée 
do l'influence des agents du tsar. Séoul paraît servir de fiche de consolation 
dans la grande partie dont Port-Arthur était l'enjeu. 

Un télégramme de Peking au Times annonce qu'une concession a été accor- 
dée par le gouvernement de la province de Chan-Si à un syndicat anglo-italien 
pour l'exploitation des vastes gisements de charbon et de fer de cette province. 

D'après une dépêche de Peking au Globe, le syndicat anglo-italien dont le 
Times nous apprenait, hier, les premiers succès, aurait obtenu dans la province 
de Chan-Si, outre des concessions de charbon et de fer, des concessions de 
chemins de fer et de canaux, de sorte que le développement de cette région 
si fertile et si importante du Céleste-Empire passerait entre les mains de 
l'Angleterre et de l'Italie. 

La direction des douanes impériales s'occupe d'organiser la perception des 
likins dans les provinces de la vallée du Yang-Tsé. Sir Robei-t Hart vient de 
dresser le règlement pour la perception des droits de douanes intérieurs du 
likin. Il a déjà nommé plusieurs fonctionnaires. Il va en nommer 25 nouveaux 
qui seront choisis dans différentes nationalités, proportionnellement au commerce 
de chaque nationalité. 

Les journaux du Tongking, arrivés le 4^ Mai par la malle anglaise, apportent, 
entre autres, d'intéressantes nouvelles de la région du Si-Kiang (West river 
ou rivière de l'Ouest). 

Une délégation de commerçants chinois de Canton s'est présentée, il y a 
quelques jours, au «yamen» du gouverneur général du Kouang-Toung pour se 
plaindre de l'augmentation très rapide des prix du riz. Il y a quelques joui-s, 
dirent-ils, on avait 32 caties de riz ordinaire pour une piastre; maintenant, on 
n'en a plus pour le même prix que 26 de la même qualité. 

Une première fois, la délégation n'obtint pas satisfaction. Le lendemain, elle 
revint, accompagnée d'une foule considérable de gens qui, décidés à passer la 
nuit devant le «yamen», si c'était nécessaire, s'étaient munis de lanternes avec 
le ferme propos de ne quitter la place que lorsqu'on aurait fait droit à leur 
demande. 

Deux propositions furent soumises au gouverneur général : 

1" Interdire l'exportation du riz produit dans la province ; 2o admettre en 
franchise le riz provenant de l'étranger. 

Le gouverneur général y acquiesça. Mais ces deux mesures, mises à exécution, 
n'ont pas donné les résultats attendus. Le prix du riz augmente toujoui-s, et. 



252 CHRONIQUE. 

à moins qu'on ne trouve à nourrir le peuple avec une autie denrée, une ré- 
volte est innminente dans toute la région. Deux magasins à riz de Canton ont 
été pillés, et un autre à Ho-Nam a subi le même sort. 

La vraie cause de cette situation embarrassée, au dire du China Mail, c'est 
le souci constant de l'autorité mandai-inale de pressurer le peuple au lieu 
d'améliorer sa condition déjà si malheureuse. 

Les journaux anglais de Hong-Kong et Shanghaï n'en sont pas à signaler 
dans la Chine méridionale des symptômes faits pour éveiller les préoccupations 
de ses voisins. 

Une dépêche de Peking au Daily Mail du 17 Avril annonce que quatre 
vaisseaux de guerre russes sont maintenant à Talien-Wan. Le drapeau ru.sse 
flotte au-dessus d'un petit port. 150 cosaques et 800 fantassins sont déjà arrivés. 

Le vice-amiral Seymour et trois autres officiers anglais sont ari'ivés à Peking 
venant de Tche-fou. Ils ont mis pour parcourir la distance qui sépare ces deux 
villes vingt-trois heures seulement. 

On mande de Peking, 26 avril: 

Le gouvernement japonais a obtenu du gouvernement chinois que la province 
de Fou-kien, située en face de l'île de Formose, ne sera jamais cédée à une 
puissance étrangère. 

Le bruit court à Shanghai que la cour de Peking aurait l'intention de trans- 
porter pi'ochainement sa résidence à Nanking, ou à Si-ngan fou, ou dans quel- 
que autre ville oij elle se croirait à l'abri d'un cnup de main. 

Peking, 21 mai {par dépêche). — Les Chinois ont occupé Weï-Haï-Weï lundi, 
immédiatement après le départ des Japonais. Les Anglais ont opéré leur débar- 
quement mardi. 

Les drapeaux anglais et chinois flotteront ensemble jusqu'à ce que les arran- 
gements pour la transmission de l'arsenal, des foi'ts et des autres constructions 
aient été terminés. Le drapeau chinois sera alors retiré. Trois vaisseaux de guerre 
anglais sont à Weï-Haï-Weï. 

Le Prince Henri de Prusse à Peking. 

Peking, 16 mai. — Le prince Henri de Prusse et sa suite ont visité hier le 
palais d'Été montés sui' des poneys. Ils s'étaient mis en route de tiès bonne 
heure avec une petite escorte d'infanterie de marine également à cheval, le 
reste de l'infanterie de marine est allé à pied au palais. Le prince et sa suite, 
arrivés au palais, ont changé de vêtements et ont pris un déjeuner Iroid. 

Le prince, accompagné du ministre d'Allemagne et d'un interprète, est allé 
faire visite à l'impératrice douairière qui lui a posé un nombre considérable de 
questions sans paraître embarrassée le moins du monde. 



CHBONIQUK. 253 

L'empereur a ensuite reçu le prince et toute sa suite dans la gi-ande salle 
d'audience. L'empereur semblait très inquiet et ses mains tremblaient. Il a 
écliiingé une poignée de mains avec le pi'ince, qui lui a offert en cadeau de 
magnifiques vases en porcelaine de Berlin. Après un court échange de compli- 
ments, l'empereur est allé jusqu'à l'entrée de la salle où se trouvait rangé le 
détachement d'infanterie de marine; il a eu un léger sursaut en entendant le 
roulement des tambours. 

Le prince et sa suite ont quitté l'empereur pour prendre place à bord de 
chaloupes électriques et à vapeur sur le Lac. Ils ont visité les points intéres- 
sants; le prince Tchliing, vice-président des archives, guidait le prince Henri et 
sa suite. Il leur a fait admirer de splendides bronzes et d'autres objets d'art 
magnifiques. Le cortège est ensuite retourné à la salle d'audience où l'empereur, 
rendant au prince Henri sa visite, lui fit apporter comme cadeaux de très beaux 
vases de jade cloisonnés et deux éventails peints par l'impératrice douaiiière 
elle-même. 

Le prince Henri a été conduit par l'empereur dans une salle voisine n'ayant 
avec lui que son interprète; il a eu une longue conversation avec Sa Majesté. 
Quand le prince et l'empereur revinrent dans la salle d'audience, l'empereur 
paraissait satisfait. 

Le prince et sa suite sont retournés, api'ès la cérémonie, à Peking à dos de 
poney. Le prince a assisté dans la soirée au diner de gala donné en son hon- 
neur par la légation anglaise. 

Londres, 21 mai. 

On mande de Hong-Kong au Times: 

Le tao-tai d'Emouï a établi une nouvelle taxe équivalant au douzième des 
revenus annuels. Les commerçants ferment leurs boutiques. Une émeute est à 
craindre si cette mesure n'est })as rapportée. 

De biuit court que le gouverneur-général de Hou-l:uang, Tchang Tchi-toung 
(HM ;^ y*[^ , cf. Giles, Chin, biogr. diet. N". 35) a été appelé à Peking et 
sera [trobableraent nommé membre du Gmnd Conseil et du Tsoung-li Yamen. 
On considère cela comme une preuve que le temps des réformes va commencer. 
Tchang était autrefois un des plus violents adversaires des Européens, mais il a 
été converti par la guerre malheureu.^e avec le Japon. Né en 1835, il a 63 ans; 
c'est un homme doué d'une ferme volonté et qui a la réputation d'être stricte- 
ment honnête. Comme men.bre du Grand Conseil il sera admis chaque jour à 
la présence de S. M. l'Empereur. M. Giles dit qu'il est considéré par les étrangei-s 
en Chine comme un patriote honnête et droit. 

Prince Koung ( ^ S@ ^ ), l'ancien président du Tsoung-li Yamcn, vient 



254 CHRONIQUE. 

de mourir à Peking dans la nuit du 29 au 30 Mai en l'âge de 67 ans, étant né 
en 1832'). 11 était le sixième fils de l'empereur Tao-Kouang et frère de l'empereur 
Hien-fung qui lui conféra en 1850 le titre de «Prince Koung». En 1858 il fit 
partie de la commission nommée pour juger le fameux Ä^^i-j/m*/ qui avait conclu 
le traité de Nanking avec les Anglais, et l'année suivante il fut nommé membre 
du j ^ ^ë [^ ou Département des affaires coloniales. 

Lors de la prise de Peking par les Anglais et Français en 1860 il fut nommé 
plénipotentiaire pour conclure la paix avec les barbares victorieux. 

L'empereur Hien-foung s'étant enfui à Jehol, le prince Koung restait pour 
faire face aux alliés, furieux de la capture de feu Sir Harry Parkes et ses 
compagnons. 

Cette guerre eut pour suite l'établissement d'un nouveau département en 
1861 nommé Tsoung-li Ya-men ou Département des affaires étrangères, sous la 
présidence du Prince Koung. 

Après la mort de son frère, l'empereur, une intrigue de Palais fut suscitée 
par deux princes qui se saisirent de la régence avec le ministre Sou-choun 
( "ÊÊ llM )• ^^'^ ®^'® ^^^ promptement supprimée par Koung qui fit exécuter 
Sou-choun, tandis qu'on permit aux deux princes de se suicider. 

En récompense de ses services il fut nommé Président du Bureau de la fa- 
mille impériale et reçut le titre de ^É jßr . 

Cela lui causait beaucoup d'ennemis qui, par leurs intrigues, le firent casser 
de ses emplois (2 Avril 1865) pour cause de «présomption». 

Cinq semaines après il fut réintégré dans tous ses emplois, fors celui de 
Président du Conseil. 

En 1874 il fut encore dégradé à cause de «langage peu convenant» mais 
réintégré le lendemain par un décret spécial des deux impératrices. En 1878 
il fut encoi'e temporairement dégradé, et en 1884 encore chassé de son emploi 
et forcé de se défaire de sa principauté héréditaire, en conséquence de la chute 
de Bac-ninh. 11 vivait retiré depuis jusqu'en 1894 quand il fut rappelé au pou- 
vois comme présidant du Tsoung-li Ya-men afin d'arranger avec Li Houng-tchang 
les affaires de la Corée et de prendre des mesures contre les Japonais. 

Sur la requête spéciale de l'Impératrice douairière il fut placé dans le grand 
conseil. 

C'est lui qui, à l'audience de départ de Sir Rutherfort Alcock en 1869, pro- 
nonça ces mots remarquables et prophétiques: «Si vous pouviez emmener avec 
vous votre opium et vos missionnaires, vous n'auriez jamais des difficultés avec 
la Chine». 

En effet, toutes les guerres que les Européens ont eues avec la Chine étaient 



1) Voir la Table généalogique de la famille imperiale régnante dans le Toutujpao, Vol. 
VI, p. 340, N». VL 



CHRONIQUE;. 255 

causées pni' l'introduction f'orcéo do l'opium et des missionnaires chrétiens dont 
les Chinois no veulent point et ne voudront jamais. 

Si les Chrétiens européens se font aujourd'hui bouddhistes, il n'y a aucim 
espoir que les bouddhistes chinois se fassent chrétiens. 

Le prince Koung s'était marié avec une fille de Kout-liang, un des commis- 
saires envoyé à T'ien-tsin pour négocier en 1880 la paix avec Lord Elgin. 

A l'occasion de la mort du pi-ince, l'empereur a prescrit à la cour un deuil 
do quinze jours. 

La date des funérailles n'est pas encore fixée; on ne croit pas qu'elles aient 
lieu avant trois mois. 

Les journaux de Londres annoncent le départ imminent pour la Chine du 
colonel J.-F. Lewis, actuellement employé au War office. Il va se rendre à 
Wei-IIaï-Weï avec deux capitaines du génie, deux sous-officiei-s et une douzaine 
de topograplies. Il a pour mission de fortifier le port chinois que vient d'acqué- 
rir, i)ar voie de cession à bail, la Gmnde-Bretagne. 

FRANCE. 

Le prix Stanislas Julien, augmenté d'un reliquat de 500 francs sur un autre 
prix, ce qui a porté le premier à deux mille francs, a été partagé entre M. le 
Professeur J. J. M. de Groot à Leide pour son «Religious system of the Chinese» 
et M. le Professeur Herbert A. Giles à Cambridge pour son «Chinese biograph- 
ical Dictionary». 

Société de Géographie dô Paris. 

(Séance du 6 Mai 1898.) 
La séance était présidée par M. le Myre de Vilers, assisté du baron Hulot, 
secrétaire général. 

Correspondance. — M. Bonin écrit de Hanoï (2 mat's) qu'il se dispose à 
quitter dans quelques jours le Tonkin pour gagner Shanghaï, point de départ de 
la traversée de la Chine qu'il compte accomplir. Il se félicite du concours empressé 
que les autorités lui ont prêté pour l'organisation de sa mission. Son escorte se 
compose de quinze soldats annamites armés et équipés par le protectorat, et dont 
plusieurs ont déjà accompagné l'explorateur dans ses précédents voyages. 

Dans une lettre datée de Strung-Streng, le 9 mars dernier, M. P. Araelot com- 
plète les renseignements qu'il a donnés sur la mission hydrographique du Mékong. 

M. Amelot ajoute que, entre Kratié et Khone, l'extraction des roches dan- 
gereuses qui gênent la navigation du fleuve est déjà commencée et qu'une 
équipe d'ouvriei*s, sous la direction du capitaine Denis, des Messageries fluviales 
de Cochinchine, procède aux travaux nécessaires. Si, fait-il observer en termi- 
nant, ces dépenses ne suffisent pas à faire du Mékong une voie navigable, il 
faudra se résoudre à la construction d'une voie ferrée. 



256 CHRONIQUE. 

Missions au Laos et dans VAnnam, — La séance s'est terminée par une 
intéressante conférence dans laquelle M. J.-M. Bel, ingénieur civil des mines, 
a raconté le voyage qu'il vient d'accomplir, avec Mme Bel, au Laos et dans 
l'Annam. 

Après avoir décrit longuement les divers pays parcourus, le voyageur tire les 
conclusions suivantes de son voyage: 

l" Dans cette vaste région montagneuse compi'ise entre le littoral de la mer 
de Chine et le méridien d'Attopeu, il y a des ressources minérales, notamment 
de l'or, et aussi d'autres métaux; il y a en outre un sol permettant d'y créer 
les cultures tropicales les plus variées; enfin du développement de cette double 
richesse minérale et agricole, résultera, dans un certain avenir, un commerce 
important. 

2** Au point de vue économique, ces conti'ées possèdent une population intel- 
ligente et relativement assez nombreuse, pouvant être assimilée à nos pratiques 
industrielles et fournir une main-d'œuvre d'un prix infime; par contre, des 
voies de communication véritablement industrielles, des voies ferrées, restent à 
créer, ce dont se préoccupe avec à-propos le gouvernement général de la colonie. 

En conclusion, ces régions, parcourues par la mission Bel, paraissent offrir un 
vaste champ d'activité à nos jeunes gens, ingénieurs, agriculteurs et commer- 
çants; leurs ressouices naturelles de divers ordres, si l'on améliore, dans un 
sens moderne, leurs voies de communication, permettent d'espérer, d'une façon 
déjà motivée, qu'elles contiibueront, pour une importante part, à la richesse et 
à la grandeur de notre empire exti-ême-oriental. 

Un voyage dans le nord de Vlndo- Chine. — Chai'gé de mission par le 
ministère de l'insti-uction publique pour des études géographiques, économiques, 
ethnographiques et d'histoire naturelle, le comte de Bai'thélemy raconte, avec 
un véritable talent de conférencier qui lui vaut à diverses reprises les applau- 
dissements de l'auditoire, les grandes phases du récent voyage qu'il a accompli 
dans les provinces du nord de l'Indo-Chine en compagnie de MM. Jean de Neuf- 
ville et Paul Cabot, préparateur d'histoire naturelle. 

Son but était de visiter, dans ces régions, d'une façon toute spéciale la route 
de Vinh à Luang-Prabang, presque inconnue, et sur laquelle n'existent guère 
que les études du capitaine Cupet et de M. Massie. 

Après avoir étudié, sous ces divers aspects, la route portée sur son itinéraire, 
et relaté avec humour les diverses péripéties de son voyage, l'orateur a terminé 
sa causerie ])ar quelques considérations touchant l'avenir et la piospérité de ces 
régions. 

«Le marché de Luang-Prabang, dit-il, qui se résume à 1,600 tonnes de 
mouvement commercial, est alimenté par Bangkok, mais notre colonie se ravi- 
taille diflicilement par la rivière Noire. Le service des bateaux Coloinbers et 



CHRONIQUK. 257 

Trentinian se fait régulièrement sur le bief de Vien-Tiane et les travaux de la 
route do Hué à Savounakhok sont en voie d'exécution. 

«Il y aurait peut-t''tre, pour ces communications, lieu de jeter les yeux sur 
le Siam et relier Ban-Moue-Bahan, Aubou, Melou-Prey, Siem-lléap et l'nom- 
Ponh, ce serait la mise en valeur assurée du Laos jusqu'à Vien-Tiane. Les co- 
lons viendraient, M. de Barthélémy n'en doute pas, car, ajoute-t-il, au temps 
où le sort des armes faisait la grandeur des peuples, les Français ont été les 
premiers guerriers ; ù une période plus tardive, on leur a demandé d'Atre légis- 
lateurs, ils ont porté leur Code dans toute l'Europe. 

Aujourd'hui, on leur demande l'initiative individuelle, des aptitudes commer- 
ciales. 

Pourquoi n'arriverions-nous pas parmi les premiers et ne nous ferions-nous 
pas jour dans cette troisième mêlée? 

ITALIE. 

Rome, le 26 avril. 

M. Visconti-Venosta répondant à une question de M. Charles di Rudini a dit 
que, dans l'état actuel des relations et du commerce d'Italie en Chine, une 
action politique analogue à celle des autres puissances davantage intéressées 
n'aurait pas été suffisamment justifiée; il faut se faire précéder d'abord parles 
intérêts, et c'est le dévelopi)ement de ceux-ci et le temps qui déterminent en- 
suite la politique. 

M. Visconti-Venosta ajoute que le gouvernement s'est adressé aux représen- 
tants de grandes industries italiennes et les a engagés à envoyer dans l'Extrême 
Orient des missions commerciales chargées de parcounr et d'étudier les marchés ; 
il s'agit, en effet, de vastes marchés où il y a place pour toutes les activités 
et où l'industrie italienne i)Ourra ainsi trouver sa part de bénéfices. 

JAPON. 

Des dépêches du il Mai de Yokohama mandent la perte de plus de 200 
bâtiments et de 1500 matelots pendant une tempête à Savate sur la cote 
N.E. du Japon. 

Le correspondant du Daily Mail à Nagasaki mande à ce journal que le 
rappel des soldats russes de la Corée suffit pour le moment aux aspirations du 
Japon. Jusqu'à ce que l'indemnité chinoise ait été payée et que l'évacuation de 
Weï-Haï-Weï soit devenue obligatoire, il est impossible de dire quelle politique 
sera adoptée par le gouvernement de Tokio. Toutefois, la situation financière 
est un obstacle sérieux à l'adoption d'une politique belliqueuse. 

18 



258 CHRONIQUE. 

De son coté, le correspondant du Daily Chronicle à Hong-Kong (qui, entre 
parenthèses, adjure le gouvernement britannique de s'opposer aux exigences de 
la France en Chine) constate que la Russie, en se retirant de Corée pour 
prendre pratiquement possession de la Mandchourie, donne satisfaction aux 
désirs du Japon et isole ainsi complètement l'Angleterre. 

Yokohama, 19 avril. L'organe officiel annonce que les efforts du Japon et de 
la Russie, commencés en janvier dernier dans le but de négocier une nouvelle 
convention relativement à la Corée, sont sur le point d'être couronnés de succès. 

La flotte japonaise prendra part à de grandes manœuvres dans la seconde 
quinzaine de mai. 

On annonce que de nouvelles modificntions sont imminentes dans le cabinet 
coréen. 

Yokohama, '28 avril. Une convention au sujet de la Corée a été conclue en- 
tre la Russie et le Japon. La Russie s'engage à ne pas entraver le commerce 
et l'industrie du Japon dans l'intérieur de la Corée. Chaque État s'engage à 
ne pas envoyer de ses sujets en Corée sans avoir obtenu le consentement de 
l'autre. 

Yokohama, 27 avril. La démission du baron Ito, ministre du commerce, a été 
acceptée. Il est remplacé par le comte Kaneko. 

Le Journal des Débats du 26 Avril publie la lettre suivante très intéressante 
sur la dégénérescence physique des Japonais: 

Au moment où l'armée, renforcée dans de sérieuses proportions, commence 
à demander chaque année à la nation d'importants contingents de nouveaux 
soldats, on s'aperçoit que le nombre des jeunes Japonais physiquement incapa- 
bles de servir augmente de jour en jour. H est incontestable, par exemple, que 
la taille des jeunes gens, qui ont atteint l'âge de la conscription, diminue con- 
stamment depuis une dizaine d'années. Les autorités militaires vont même jus- 
qu'à prétendre qu'à l'heure actuelle, sur 10 conscrits, il y en a 8 ou 9 qui 
présentent des tares physiques plus ou moins graves. Dans un district voisin 
de Tokio, lors des dernières opérations de révision, on n'a pu reconnaître, 
comme aptes au service, que 20 o/o seulement des jeunes gens examinés. 

11 y a là une question de dégénérescence physique de la race qui commence 
à faire réfléchir sérieusement. Le gouvernement vient de prendre déjà une 
première mesure pour essayer de remédier à ce fâcheux état de choses. Une 
ordonnance impériale récente institue un corps de médecins inspecteui-s des 
écoles, chargés de suivre de près l'état sanitaire des enfants et de préparer 
imo organi.'^ation générale d'exercices physiques. 



CHRONIQUE. 259 

Si l'on en croit le docteur Mishima, conseiller médical du ministère de Tins- 
tniction publique, l'état physique des enfants japonai» 'n'est, en effet, rien 
moins que rassumnt, spécialement pour ceux des hautes classes. Jusqu'ici, le 
Japon avait toujours été considéré comme le «paradis des enfants», et cela non 
seulement du fait de son excellent climat, mais aussi -à cause de la grande 
place que tient la nourriture végétale dans l'alimentation des femmes japonai- 
ses. Ce régime, prétesd-on, est inflniment supérieur à celui des viandes et 
donne un lait bien meilleur et bien plus abondant. Le docteur Mishima estime 
que cette réputation est quelque peu surfaite. Ayant examiné tout récemment 
150 élèves d'une école fréquentée spécialement par les enfants des familles de 
la bonne société, il ne fut pas peu surpris de constater que 5 seulement avaient 
une santé parfaite et une constitution robuste. 46 avaient une santé médiocre, 
et les 99 autres étaient malades. Sur ces 99 enfants à la constitution maladive, 
87 étaient lymphatiques, les autres avaient des maladies de peau. Le docteur 
Mishima affirme, d'ailleurs, que la plupart de ces affections sont ab.solument 
héréditaires dans les hautes classes, et cette constatation n'a rien d'étonnant, 
si on songe combien les Japonais de la bonne société négligent tout ce qui est 
exercice physique. Aussi leur infériorité constitutionnelle, en comparaison des 
basses classes, est-elle extrêmement marquée. 

Le docteur Mishima appelle donc vivement l'attention de ses compatriotes 
sur ce gmve état de choses et il leur montre que négliger l'éducittion physique 
des enfants, ce n'est pas seulement compromettre gravement leur santé future, 
mais aussi mettre en danger le sort même du pays. 

A ce point de vue, l'ordonnance impériale ,vient tout à luit à souhait, à 
condition cependant qu'elle soit mise en vigueur énergiquement et sur la plus 
vaste échelle, ce que l'avenir seul afipj-endra. 

A dater du 1 Mars le gouvernement japonais a rais en circulation deux 
nouvelles espèces de cartes de correspondance pour la correspondance interna- 
tionale. Elles coûtent 4 nen et 8 sen (rép. payée). 

Le comte Von Leyden a été nommé par S. M. l'empereur d'Allemagne comme 
envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire à la cour japonaise. 

Le ministre de l'instruction publique, le Marquis K. Saiousi, ancien ambas- 
sadeur à la cour de Berlin, a demandé sa retraite pour cause de grave 
maladie. 

Depuis le mois d'Avril de cette année un nouveau journal japonais a été 
fondé à Berlin par le voyageux sibérien bien connu Ki.sak Tamai sous I<> 
titre de: 



260 CHRONIQUE. 

Die erste Monatsschrift eines Japaners in Europa. 

OST- ASIEN. 

« ES 

Les deux premiers numéros contiennent des articles fort intéressants au point 
de vue japonais sur la politique et les transactions commerciales entre le Japon 
et l'Occident. 

Nous souhaitons à notre collègue bon succès avec son entreprise. 

On nous permettra une petite remarque, que ^^ BS n'est pas une heureuse 
abréviation pour '^ H^ jè^ ^ Ost-Asien (Asie orientale). Elle est aussi in- 
congrue comme si l'on abbréviait O ~ÂC Jih-pun (Nippon) en R Jih tout 
court; car Jih-pun est la transcription chinoise du motjaponais iVippon, comme 
HS iffl H5 A-si-a est celle du mot grec Asïa. 

De même ^jh Ao est une mauvaise abréviation du mot gi'ec fôr j ^ P^ 
Europa. 

Il aurait mieux valu de désigner l'Europe par le terme chinois ^Q y^E 
Si-yang, «Les pays occidentaux d'outremer», et l'Asie orientale par les carac- 
tères ^i yT. , «Les pays orientaux d'outremer». 

Ces deux caractères auraient alors fait pendant aux deux caractères R A^ 
pour le Japon, ce qui aurait été plus idiomatique et plus élégant quant au style. 

Le prix du Journal est de dix mark pour l'Allemagne et de 5 dollars pour le 
Japon par an. Un numéro conte i mark ou 50 sen. 

Le Parlement s'est ouvert le 20 Mai. Le mikado a donné lecture d'un rescrit 
ayant trait à la prochaine mise en vigueur des nouveaux traités et invitant ses 
sujets à aider à leur mise à exécution. 

Il a annoncé des projets de loi pour augmenter les impôts et remanier la loi 
électorale. 

On mande de Yokohama (15 Mai) que la presse japonaise discute avec beau- 
coup de vivacité l'affaire de Cha-chi (c'est-à-dire de ce petit port chinois où se 
sont produit des désordres au cours desquels le consulat du Japon a été détruit). 
La plupart des journaux marquent que le Japon ne désire pas l'acquisition de 
nouveaux territoires, mais qu'il doit demander une indemnité, la punition des 
coupables, la nomination de conseillers civils et militaires japonais à Peking, et 
la création d'une banque sino-japonaise. 

Londres, 17 mai. — Un télégramme de Saint-Pétersbourg au Daily Tele- 
graph annonce que le Japon a protesté contre la saisie des Philippines par les 
Américains. 

Le Mikado a déjà demandé l'appui du cabinet russe. 



CHRONIQUE. 261 

La l'itlrii: <lii lu Mai dit: 

Tandis que les journaux anj^hiis, cuinmentant le discours de M. Chamberlain, 
acclament Tidée d'une alliance anglo-américaine «comme le plus grandiose pro- 
jet conçu depuis l'aube de l'ère chrétienne», on annonce que le gouvernement 
japonais s'est vivement ému des bruits qui prt'tent aux États-Unis l'intention 
d'occuper et de conserver les îles Philippines. On assure, ce matin, que le gou- 
vernement du Mikado s'est mis en rapport avec le gouvernement russe, qui 
serait disposé à appuyer toute opposition diplomatique ou armée du Japon à 
la conquête des Philippines par les Américains. 

La France et l'Autriche seraient prêtes à coopérer à cette entente anti- 
américaine, dont le Japon, toutefois, prendrait officiellement l'initiative et lu 
conduite comme princij)»! intéressé au maintien de l'équilibre des forces dans 
l'Extrême-Orient. 

Le New-York Sun riposte à ces menaces en déclarant que les États-Unis 
vont se saisir des Philippines et ne s'en dessaisiront jamais. 

Le Nouveau Temps, de son côté, dit qu'en présence de la prévision d'un 
accaparement des Philippines par les États-Unis pour les céder à l'.Vngleterre, 
les puissances européennes continentales ayant des intérêts en Extrême-Oi'ient 
ne peuvent pas juger opportun de pousser la neutralité jusqu'à laisser les 
États-Unis écraser complètement l'Espagne. 

PAYS-BAS ET COLONIES NÉERLANDAISES. 

M. E. F. Thijssen a été nommé Officier des affaires chinoises à Pontianak 
(côt. oc. de Borneo). 

Les mutations suivantes des officiers pour les affaires chinoises ont eu lieu: 

M. B. J. A. VAN WETTU^^ de Pontianak à Macassar. 

M. H. J. F. BoREL de Macasisar à Sourabaija. 

M. H. N. Stuart de Sourabaija à Batavia. 

M. B. HoETiNK a été envoyé en mission spéciale en Chine. 

Quant aux autres officiers ils sont restés à leurs anciens postes: 

M. J. W. Young à Samaiang (Java). 

M. A. M. Moi-i- à Medan (côt. or. de Sumatra). 

M. J. L. J. F. EzERMAN à Tandjong Pinang (Rhio). 

M. A. G. DE Bruin à Muntok (Banka). 

M. P. A. VAN DE Stadt à Rembang (Java). 

M. A. A. DE JoNGH à Batavia avec le titre d'Inspecteur de la régie de l'opium; 
depuis le 10 Avril chef de cette régie aâ intenm. 

M. Vil. Thom.sen, professeur à l'Univei-sity de Copenhague, le savant déchifTreur 
des inscriptions en ancien turk oriental trouvées dans la vallée de l'Orkhon, vient 
d'être nommé Membre étranger de l'Académie rovale des Sciences à Amsterdam. 



262 CHRONIQUE. 

Comme membre correspondent a été nommé entre autres le Capitaine d'in- 
fanterie P. J. F. Louw, à Batavia, pour son beau travail sur la Guerre de Java 
de 1825 à 1830. 

M. le professeur d'Arabe M. J. de Goeje vient d'être nommé Membre hono- 
raire de l'Araerican Oriental Society. 

RUSSIE. 

La Russie a actuellement 3000 hommes en garnison à Port Arthur, mais se 
propose de porter ce chiffre à 20,000 avant la fin de l'année. 

En outre, on campera 50,000 hommes le long du chemin-de-fer mandchourien, 
afin de le garder. On a choisi les meilleurs hommes pour ce dernier service. 

Saint-Pétersbourg, 11 mai. 

Le Messager officiel publie le communiqué suivant: 

Depuis la fin de la guerre sino-japonaise, le gouvernement impérial n'a cessé 
de mettre tous ses soins à assurer l'intégrité complète et l'indépendance de 
l'État coréen. Au début, lorsqu'il s'est agi de poser les bases solides de l'orga- 
nisation financière et militaire du jeune État, il était naturel que celui-ci ne 
pût se passer d'un soutien étranger. C'est pourquoi, en 1896, le souverain de 
Corée avait adressé à l'empereur la demande instante d'envoyer à Séoul des 
instructeurs et un conseiller financier russes. 

Grâce à l'assistance que la Russie lui a témoignée en temps utile, la Corée 
est entrée maintenant dans une voie où elle peut se suffire à elle-même sous 
le rapport administratif 

Cette circonstance a donné à la Russie et au Japon la possibilité de pi'océder 
à un échange d'idées amical pour déterminer d'upe manière claire et précise 
les relations réciproques des deux États en présence de la situation nouvelle- 
ment créée dans la péninsule coréenne. 

Les pourparlers en question ont abouti à la conclusion de l'arrangement ci- 
dessous, destiné à compléter le protocole de Moscou, et qui a été signé d'ordre 
de l'empereur par notre ministre à Tokio. 

Par stipulation essentielle de cet arrangement, les deux gouvernements con- 
firment définitivement la reconnaissance par eux de la souveraineté et de l'en- 
tière indépendance de l'empire coréen, et prennent en même temps l'engage- 
ment mutuel de s'abstenir de toute ingérence dans les affaires intérieures de 
ce pays. 

Dans le cas où la Corée aurait besoin de l'assistance d'un des États contrac- 
tants, la Russie et le Japon s'engagent à ne prendre aucune mesure, concernant 
la Corée, sans accord préalable entre eux. 



CUUONIQUK. 2G3 

Protocole. 
Le conseiller d'État et chambellan, baron de Rosen, evoyé extraordinaire et 
le ministre dos affaires étrangères de l'empereur du Japon, afin de donner suite 

à Piiiticle 4 du protocole signé à Moscou le 28 mai — 9 juin 1896, entre le 
prince Lobanof et le marquis Yamagata, dûment autorisés ù cet effet, ont 
convenu les articles suivants: 

Article 1"'. Les gouvernements impériaux de Russie et du Japon reconnaissent 
définitivement la souveraineté et l'entière indépendance de la Corée, et s'enga- 
gent mutuellement à s'abstenir de toute ingérence directe dans les ad'aires 
intérieures de ce pays. 

Art. 2. Désii'ant écarter toute cause possible de malentendu dans l'avenii-, les 
gouvernements impériaux de la Russie et du Japon s'engagent mutuellement, 
dans le cas où la Corée aurait recours au conseil et à l'assistance soit de la 
Russie, soit du Japon, à ne prendre aucune mesure pour la nomination d'in- 
structeurs militaires et de conseillers financiers, sans arriver préalablement à 
un accord mutuel à ce sujet. 

Art. 3. Vu le large développement pris par les entreprises commerciales et 
industrielles du Japon en Corée, ainsi que le nombre considérable des sujets 
japonais résidant dans ce pays, le gouvernement russe n'entravera point le 
développement des relations commerciales et industrielles entre le Japon et lu 
Corée. 

Fait à Tokio, en double, le -13—25 avril 4898. 

ROSEN-NISHI. 

L'acte diplomatique ci-dessus témoigne que les deux Etats ont reconnu tout 
naturellement la nécessité d'assurer réciproquement la tranquillité dans la pé- 
ninsule voisine, en sauvegardant l'indépendance politique et l'ordre intérieur du 
jeune empire coréen. 

A la suite de la conclusion de cet arrangement amical, la Russie se trouve 
à même de diriger tous ses soins et tous ses efiorts vers l'accomplissement de 
la tâche historique et essentiellement pacifique qui lui incombe sur les bords 
du grand Océan. 

Le Journal de Saint-Pétersbourg du 14 Mai dit: 

Le maintien de l'indépendance de l'Etat coréen, voisin de la Russie en 
Extrême-Orient, a été l'objet de la constante sollicitude du gouvernement im- 
périal, depuis la fin de la guerre sino-japonaise. A ce titre, nous ne saurions 
méconnaître l'importance de l'engagement pris sous ce rapport par le Japon, 
dans l'esprit d'entente amicale qui a présidé aux relations si heureusement éta- 
blies entre les gouvernements russe et japonais. 

En accordant son assistance à la Corée pour l'organisation de son régime 
militaire et financier, la Russie n'avait eu en vue que d'assurer à ce jeune Etat 
les moyens d'arriver rapidement à se suffire lui-même. Du moment où la Corée 



264 CHRONIQUE. 

a cru qu'elle était eu mesure de pourvoir à ses besoins sous ce rapport, la 
Russie, fidèle au principe qui dirige sa politique, a pu voir avec satisfaction 
l'empire coréen se passer d'un concours étranger, fait qui exclurait l'ingérence 
de tout autre Etat dans les affaires de ce pays. 

Le Japon, que les événements de la guerre sino-japonaise avaient amené à 
exercer une action très marquée sur les destinées de la Corée, vient, à son 
tour, déclarer, aux tei'mes de l'accord qu'il a conclu avec la Russie et qui est 
la conséquence de ses engagements antérieux, qu'il s'abstiendra de toute ingé- 
rence dans l'empire coréen. Il s'est engagé, en outre, a ne prendre aucune 
mesure éventuelle quant à un conseil ou à l'a-ssistance qui serait réclamée par 
le gouvernement coréen, sous une forme quelconque, .sans s'être mis préalable- 
ment d'accord sur ce sujet avec la Russie. 

Pour ce qui est des relations économiques qui se sont développées ces derniers 
temps entre le Japon et la Corée, la Russie est loin de vouloir y mettre obstacle. 
Sa politique en Extrême-Orient s'inspire, au contraire, du désir de voir s'accroître 
le bien-êtr« et la prospérité des contrées voisines de ses frontières. N'étant ani- 
mée d'aucun sentiment de rivalité à l'égard des antres nations, elle n'a en vue 
dans ces régions éloignées, comme partout ailleurs du i-este, que les intérêts 
de la paix en développant les relations entre les peuples. 

Par la construction du chemin de fer transsibérien, ainsi que de l'embran- 
chement destiné à relier Talien-Wan à la Russie, celle-ci indique le but auquel 
doivent tendre tous ses efforts sur le terrain économique en Extrême-Orient. 
Elle va pouvoir se consacrer désormais à l'accomplissement de sa tache, en tra- 
vaillant pour son propre intérêt sans doute, mais en même temps aussi pour 
le bien général. 

Saint-Pétersbourg, 21 mai. 

Hier, Chou King-cheng, ambassadeur extraordinaire de l'empereur de Chine, 
a été reçu en audience de congé par l'empereur et l'impératrice Alexandra au 
palais de Tsarskoïé-Selo. 

Yang-Yu, ministre de Chine, a été également reçu par les souverains. 

Le correspondant du Daily Mail à Odes.sa apprend que l'année prochaine la 
Russie a l'intention de renforcer sa flotte en Extrême-Orient. Les cuirassés 
construits en Amérique et les torpilleurs construits en Angleterre sont destinés 
à l'escadre du Pacifique. 

SIAM. 

Les journaux d'Indo-Chine nous apportent la confirmation de l'expulsion, le 
19 mars dernier, du directeur du journal Siam Free Press, publié à Bangkok, 
et même un texte, qu'ils donnent comme celui du décret pris à ce sujet par 



cHRONiquK. 265 

le roi de tsiaiii. Kn idsiimé, M. John Lillee y est luxiisd d'avoir, k |iluKieui's 
reprises, envoyé en Europe des nouvelles fausses, destinées à être inséi-ée« dan» 
les journaux étranger, et à créer au royaume de Siam la plus f&cheuse ré- 
putation. 

L'agence Havas a reçu des renseignements au sujet de certains de ce« télé- 
grammes. Ils étaient adressés au New-York Herald par M. Lillee, correspon- 
dant spécial de ce journal, à propos d'une action exercée par le gouvernement 
siamois dans la province de Battanibang, où cependant le Siam s'était engagé 
envers la France à ne pas envoyer de troupes. 

Le 7 mars 4898, M. Lillee télégraphiait au Herald à Paris: 

Une bataille sérieuse a eu lieu, dans la zone neutre de la province de Bat- 
tambang, entre les troupes siamoises et les Cambodgiens qui refusent de payer 
les impôts; mille hommes opèrent; les rebelles ont été défaits dans plusieurs 
engagements; il y a eu de grandes pertes des deux côtés. 

LILLEE. 

Cinq heures après la remise de ce télégramme, la lettre suivante fut reçue 
par le directeur de la Siam Free Press: 

Nous vous informons que le télégramme remis par vous nous paraît être un 
faux rapport et, suivant la convention internationale télégraphique (article 7), 
nous refusons de le transmettre. 

M. Lillee protesta et envoya un second câblogramme ainsi conçu: 
Hei^ald, Paris. 

Télégraphe .siamois refuse câblogramme incidents franco-siamois, alléguant 
faux. 

Celui-ci fut retourné' de nouveau avec cette réponse : 

Votre second télégramme est refusé en vertu du même article de la conven- 
tion internationale. 

Ajoutons, pour ne rien enlever de leur valeur à ces textes, que la Siam Free 
Presse passait à Bangkok pour l'organe ofiicieiix de la France et avait publié, 
dans son numéro du 28 mat's, un leading article violent et, un peu plus loin, 
le récit d'horreui-s commises par Phya Kattatliorn, gouverneui" siamois de la 
province de Battambang, le G mars, pendant une expédition contre des mon- 
tagnards cambodgiens qui ne voulaient pas payer le tribut de cardamome ré- 
clamé par le roi de Siam. Ce récit n'était que le développement du télégramme 
dont le texte est cité plus haut. 

Quoi qu'il en soit, le 19 mars, M. Lillee fut arrêté chejj lui par l'inspecteur 
général de police Jardine et l'inspecteur en chef Hearn. Nous empruntons au 
London a)Hl China Telegraph ces détails et la substance de ce qui suit. M. 
Lillee demanda et obtint d'être conduit devant le ministre d'Angleterre, qui 
le reçut, ainsi que son avocat, debout devant sa table de travail: 



266 CHRONIQUE. 

— Je viens pour en appeler à vous, monsieur Greville, dit M. Lillee. Je suis 
sujet anglais et j'ai été arrêté par un fonctionnaire siantiois dans ina propi-e 
maison. Je vous demande votre protection. 

— Cette protection, répondit M. Greville, je la refuse, et en agissant ainsi 
j'agis suivant mes instructions. 

M. Lillee protesta contre l'illégalité de l'action du ministre d'Angleterre et 
déclara qu'il chercherait assistance ailleurs. 

Le ministre attendit quelques secondes et, à la fin, le sujet anglais renié 
salua l'homme qui avait été autrefois son représentant et quitta la chambre 
sans ajouter un mot. 

M. Lillee fut ensuite conduit au bateau, et accompagné par l'inspecteur 
Hearn qui ne devait le quitter qu'à Koh-si-Chang, d'où il n'était plus possible 
au banni de revenir à Bangkok. 

Le London and China Telegraph ajoute, d'après la Free Press: «Il est 
difficile de méconnaître la force du coup que la conduite du ministère anglais 
des affaires étrangères a infligé au prestige britannique ici», c'est-à-dire à 
Bangkok. 

L'agence Havas dit que M. John Redmond, chef du parti parnelliste, est 
chargé de présenter une question à la Chambre des communes sur cette affaire. 

TONG-KING. 

Le paquebot Melbourne, courrier de Chine, est arrivé le 9 Mai à Marseille. 
M. Inouyé, ministre du Japon à Berlin, était à bord. Deux passagers sont morts 
pendant la traversée: un artiste dramatique, M. Melïre, et un enfant de quatre 
mois. 

Les journaux du Tongking apportés par ce paquebot apportent les nouvelles 
suivantes : 

La famine règne toujours en Annam et continue d'exercer des ravages sur- 
tout dans les provinces de Thua-Thien (Hué), Quang-Tri et Quang-Bind (Dong- 
Hoï). Il est malheureusement à prévoir que ses désastreux effets se feront sentir 
longtemps encore. 

A Hué, le chef des congrégations chinoises fait, concurremment avec le 
protectorat et le gouvernement annamite, des distributions gratuites de riz. 
Malheureusement cette charité a eu deux résultats inattendus: tout d'abord 
d'attirer dans la capitale des affamés venus de toute la province, ce qui en a 
fait une véritable cour des miracles; ensuite ces pauvres hères se sont jetés 
sur le riz ainsi distribué, et on s'est vite aperçu, par le nombre des cadavres, 
qu'ils ne pouvaient plus supporter aucune nourriture. 

Un peu partout des travaux sont entrepris pour donnei- au moins un peu de 
riz aux coolies valides qui peuvent encore travailler. 



CHRONIQUB. 267 

Uli liiit typiqiiü prouve combien l'Annamite est fiitaliste: c'est le calme île 
tons ces affamés. Même dans les marchés on ne signale aucun pillage. Des 
maisons chinoises avaient de certaines quantités de riz: aucune n'a été mise 
à sac. 

En résumé, la famine actuelle est telle que Jamais on n'en avait vu de 
semblable en Annam. 

Le consul de France à Loung-Tchéou Se J44 (Kouang-Si) a adre-ssé aux 
commerçants l'avis que les autorités de cette ville ont projeté de mettre en 
adjudication les travaux d'installation du port fluvial sur le Song-Ki-Kong et 
ceux d'une distribution d'eau dans l'ancienne et la nouvelle ville. Les maisons 
françaises pourront seules concourir. 

Loung-Tchéou est destiné à devenir une des stations de la ligne ferrée tonki- 
noise, dont la France a obtenu récemment le prolongement en Chine. Le 
Song-Ki-Kong, qui arrose cette ville, vient du Tong-king, où, sous ce nom, il 
longe la frontière à peu près exactement du 105e au 104« méridien, et passe à 
Lang-Son. Il fait un coude brusque à Phu-Ti"anh-Dinh, court perpendiculaire- 
ment à la frontière, et entre en Chine à Bi-Nhi. Il prend alors le nom de 
Nam-Co ^g j^pj* (rivière du sud) ou Tsao-Kiang ^ yjQ (rivière de gauche) 

qu'il garde jusqu'à sa réunion avec le You-Kiang ^ jJj^ (rivière de droite) 
devant Nan-Ning-fou ( ^ ^^ j^ ) où tous deux forment le Si-Kiang. 

Ajoutons qu'entre Bi-Nlii et Loung-Tchéou vient finir le Song-Bang-Giang, la 
rivière de Cao-Bang. 

La récente ouverture du Si-Kiang à la navigation étrangère rend particulière- 
ment intéressant pour la France ce projet de création d'un port fluvial à Loung- 
Tchéou, dont la position topographique fait une étape nécessaire du trafic 
qu'elle s'effoi'ce d'attirer du Kouang-Si au Tong-king. 

Les journaux du Tong-king racontent ce qui suit: 

Le résident de la province de Hung- Yen vient de faire une capture impor- 
tante en procédant à l'arrestation, dans la ville de Nam-Dinh même, du fils 
du trop fameux Tan-Thuyet. On sait que depuis notre venue au Tong-king ce 
personnage, ancien ministre à Hué, est le personnage le plus influent qui sème 
la révolte au Tong-king. 

Il réside en Chine, mais il a con.servé dans le vieux parti des mandarins de 
nombreuses intelligences; son fils habitait Nam-Dinh, et c'est en allant dans la 
province de Hung-Yen exiger le paiement d'impôts qu'il s'est fait découvrir. 
Ses partisans s'étaient adres.sés à un village qui, réduit à rien, refusa tout 
versement. 

Quelques joure après, le maire de ce village était assassiné. 

Les habitants informèrent le résident de Hung-Yen de ce qui s'était passé et 



268 CHRONIQUE. 

des émissaires offraient d'indiquer la maison oii se cachait le fils de Tan-Tlnij^et. 
Le résident de Nam-Dinh fut prévenu, et le Ills du ministre a été arrêté et 
conduit à Hung-Yen sous bonne escorte. 

Voilà une capture importante. lia présence dans Nam-Dinh d'un rebelle de 
cette importance ne déraontre-t-elle pas la continuelle complicité des mandarins 
indigènes? 



NOTES AND QUERIES. 



3. LE TERME BOUDDHIQUE ^1%. 

J'avais espéré que le P. Pétillon (Allusions littéraires, p. 446) 
nous aurait donné l'explication du ternie bouddhique ^ fflljj ou 
^ W}jj pour la crémation d'un bonze bouddhiste; mais comme il 
ne l'a pas fait, je la donnerai ici d'après une note que j'ai rédigée 
à ce sujet depuis plusieurs années. 

En Chine et au Japon on emploie généralement pour désigner 
la crémation du cadavre d'un bonze l'expression ^ ^ ché wei. 
Ce terme se trouve aussi sous la forme ^ fi^ tcha-pi, et l'on 
trouve dans le dictionnaire Tching-tsze-t'oung (ïE^^)i cité 
dans celui de K'ang-hi, le passage suivant où ils sont employés: 

«En langue brahmanique Ghé-wei - Tcha-pi désigne la crémation 
d'un bonze mort. Quand le 9^^"^® patriarche de l'Inde [Bouddhamitra 
i^tu^k^^^ mourut [487? avant notre ère], le peuple brûla 
{ché-wei) son véritable corps avec de l'huile parfumée et du bois 
de santal. 

«Les caractères ^ ^ doivent être prononcés comme ché-pi *). 



1) En dialecte d'Emoui Sia-pi. 



270 NOTES AND QUERIES. 

Le quatrain fait par Sou-c/dh ') sur un caractère jg" (bonze) brûlé 
par une étincelle de sa lampe en feuilletant le Tchouen-ting louh, 
(l'Histoire de la Lampe transmise) dit: 

«Solitairement assis pendant la nuit à Ts'ao-k'i, 
«J'étudiais près de ma lampe le Tchouen-ting; 
«Sans m'en apercevoir une étincelle tomba de ma lampe, 
«Et consuma (tcba-pi) un bonze». 

Ts'ao-k'i était un endroit dans les montagnes sur les frontières 
de Kouang-toung et Kouang-si où le sixième patriarche Lu Hoeï- 
ning ( /m ^ ^^ ) vivait, et où il fut enterré après sa mort *). 

Selon le dictionnaire de Hepbui-n, les caractères ^ ^ sont 
prononcés en Japonais Dabi; mais cela ne nous mène pas plus loin. 
Probablement les Japonais ont confondu les caractères ^ toti et 
^ tcha ^), tou étant employé pour transcrire la syllabe da en 
Pândava (St. Julien, Méthode N°. 2116). Ces deux caractères sont 
confondus, le Si-yu ki employant également le caractère tou au lieu 

A 

du caractère tcha ') pour transcrire la syllabe dha dans Achâdha 
(Julien, op. cit. no. 2115). 

La prononciation japonaise est fausse puisque le caractère ^ 
doit être homophone de ^ ou ^'^ che *). Or, comme le caractère 
^ est aussi employé pour transcrire le son dja (Julien, N°. 96) 
et les caractères ^^ et HJ:j^ le sont pour pi (Julien, N°. 2199 et 
1368), nous aurons pour la forme ancienne Djapi. 

Le dictionnaire Bouddhique Fan-yih Ming-i (Chap. XIII, fol. 22 
recto, article ^ ^ ^ &) ^^* ^^ ^^ ™ot: 



1) Mayers, Chinese Reader's Manual, N°. 628. Sou-c/iifi. vivait dans le deuxième siècle 
avant notre ère, sous Han Wou 'lï. 

2) Ibid., N°. 428. 

3) L'ancien son de ^» était äa; comparez la prononciation d'Emoui (é. Cette con- 
fiifeion eiSt très commune: dans le diet. Japonais de liepbiirn on lit s. v. IJobi jSi ijfe 
(e/i'a-m au lieu de -^^ :^^ tou-wi et s. v. Dabi ^^ ffl tou-pi nu lieu de ^S» ^9 tcfi'a-pi. 

4) En dialecte d'fimoui sia. »■ 



NOTES AND qUERIKS. 271 

iE ^ „ !l # m M > # [ä «É M iö. ,. ft ü # âfe i- . 

^Ché-wei, quelquefois Ye-sun, est nommé correctement Tc/ia-pi 
et veut dire «brûler au feu». Lo Si-yû ki dit que (le terme) 
nwh{apana est une corruption du vieux (terme) Ché-wei. L'auteur 
du T'oung-hoeî xjin-i dit (cependant qu'il a) en personne interrogé 
les brahmanes, mais qu'ils n'avaient jamais entendu le terme Ché-tcei*. 
Cette etymologic est, du reste, fausse: nichtapana est composé de 
nis -{• tapana (comp, nich^apta, «singed», Benfey, Sanskrit Diet., p. 
353fl). Le mot malais tapa (du Skt. tapa) signifie «s'exposer à la 
chaleur pour faire pénitence» (Pijnappel, Diet. Malais, I, 72). 

Selon St. Julien (Méthode N°. 2236) ye (^P) est employé gé- 
néralement pour la syllabe ya, mais aussi par erreur (?) pour dja 
dans râdja '). Selon Julien (N°. 1667) le caractère '^j sun est 
employé par erreur pour le caractère ^ chen dans le mot Yôdjana 
où chen et siin rendent la syllabe djan. Cela donnerait pour ]^p ^j 
la forme Djâdjan ou Yâdjan. En Skt. yâdjana siguifie «conduire 
un sacrifice, sacrifier» et âtmayâdjin «faire sacrifice de soi même»*). 
J'ai cependant un doute sur ce caractère ^j sun. L'ancienne forme 
de ce caractère était ^ , et je suppose que l'on a mal lu ce 
caractère au lieu du caractère ^ pih qui lui ressemble. Cela nous 
donnerait pour ]^ ^J (IfP^J) la prononciation Djapih en har- 
monie avec ^ 1^ djapi et ^ fflj:|^ djapi. 

J'ai longuement discuté l'étymologie de ces termes avec mon 
collègue en Sanskrit, M. H. Kern, et il penche pour l'opinion que 
le terme en question devait être une abréviation du mot pâli dja- 
pita, qui signifie, en effet, «brûlé». G. S. 



1) En dialecte d'Ëmoui B-j) est prononnu ya. ],c nom de Tîlc de Java {Djavd) est 
transcrit HK ^ 

2) Benfey, op. cit. p. 710*. 



272 NOTES AND QUERIES. 

4. UNE ERREUR NUMISMATIQUE. 

Dans son bel ouvrage «Recherches sur les mounaies des indi- 
gènes de l'archipel Indien et de la Péninsule malaie» M. H. C. 
Millies reproduit, pi. XXIV, une monnaie de Sanggora, sur la 
péninsule raalaie, qu'il décrit p, 15. Or feu le professeur Hoff- 
mann, ayant mal lu la légende chinoise sur cette pièce comme 



j^^ Tsai-tchHng thung-pao, «monnaie courante de la ville 

m 

de Tsai», M. Millies se serait trouvé bien embarassé d'identifier 
cette monnaie sans le secours du revers où se trouvait la légende 
malaise Negri Savggora et la légende siamoise Song khlâ. Mais dans 
la gravure on reconnaît encore très bien, au dessus de "^ , le 
signe t^-k. Il faut donc lire ^^ Soung au lieu de 7J" Tsai. Car 
tJ^ ^ Soîing-kioh, en dialecte d'Emoui Song-kha, est la trans- 
cription chinoise de Sông-khld ou Sanggora. G. S. 



Errata. 



Vol. VIII, p. 471, 1. 15: for 32 read 33. 

Vol. IX, p. 35, 1. 13: for 2nd read 16th. 

» » » 35, » 21: » R.T. » R.T. 2. 

» » » 44, » 7: » 6th and Vth read 5th and 4th. 

» » » 47 add: 2) T' or T, Ty« or Ty. 

» » » 49 (R.T. 8): for ts'i read tsi '). 

» » » 49 (sub III): » 16 » 6. 

> » » 53 (R.T. 16): dele ^ =* sub 3 and place it sub 1. 
» > » 53 note 4, last line: for 16 read 17. 

> » » 54 note 46: for fan read fam. 
» » » 55 » 3: * fl » \% . 

» » » 56 » 2: » sub 1 read sub III. 



GEOGRAPHICAL NOTES. 



.M<^> 



in. 

HO-LTNG MM KALING 



BY 



G. SCHLEGEL. 



This country has been generally identified by the Chinese, 
followed in this by european writers, with either Java itself or at 
least a part of it. This supposition rests upon a misunderstanding, 
the Chinese having confounded Java proper ') and Java minor 
(Sumatra). 

The first mention of Kaling is to be found in the old Books 
of the T'ang-dynasty, Book 197, without precise date (between 
A.D. 618 — 906), where we read that the state of Kaling was 

1) The Chin. Cyclopedia — •. A [^ 'S* gives an engraving of a man from Java 

proper, with the notice y^ ^3 ^^ ^ ^^ i^ "j^ ^^ ^g , Great Java is also 

called Pékalong{an). When ^^ s^ is used alone, it always means Sumatra or Java 
minor. This name, representing the flower called ia Sanscrit Djapä or Bjavd {Hiiiscui 
rosa sinensis), has been adopted also by other countries, as e. g. by the Burmans. 

It has been incorrectly translated by "Millet" {Panicum palmae/olium), for this is 
called in Malay Randa djawa, "Widow of Java", exactly as Tamarind is called Àsam 
djtvsa, "Sour of Java" and the flower Quamoclit vulgaris is called Bunga djawa, "Flower 
of Java". Likewise the Arabs called benzoin Lubén djawi, "Incense of Java" or Bakhttr 
(if ami, "Perfume of Java", where djawi means Sumatra (Java minor); djawt being the 
arab adjective of Djawa, which has passed also in the Malay language as e. g. Baheua 
djawi, the Malay (Javanese) language. Cf. Pijnappel, Malay Diet., Vol. I, p. 99. 

19 



274 G. SCHLEGEL. 

situated upon an island ^) in the southern seas, lying east of Po-li, 
west of To-po-ting, having Cambodja to the north and to the south 
the open sea ^). 

For the moment I will leave aside the short ethnographical 
notice upon this country in order to fix firstly its geographical 
situation. 

In Book 222 ii of the amplified New History of the T'ang- 
dy nasty, it is said that Kaling sent an envoy to present tribute in 
the years Chêng-koan (A.D. 627—649), but of which no mention 
is made in the History of the reign of T'ai-lsung ^). But in the 
particular history of Kaling we read that Kaling, also called Tu-po ^) 
or Shay-po ^), was situated in the southern seas, lying east of Po-li, 
west of To-po-ting, south upon the sea, and having Cambodja to 
the North. 

The towns are built of palisadoes, and even the biggest houses 
are covered with palm-leaves. They have couches of ivory and mats 
of fibres of bamboo. The country produces tortoise-shell, gold and 
silver, rhinoceroses and elephants '). The country is very rich. 



2) A fm or jm is always a larger island or even a continent. Islands are called 
by the Chinese |l|iË , [Jj or -^ . 

^ i ^E ^ K Pie^-i-*^«^' 97 I' f°'- 1 ^^^^°' 

5) jfef". J&" This may, or may not be, a clerical error for nj-j* Shay. 

6) Shay-po = Djavd (Sumatra). 

7) Groeneveldt's rendering "rhinoceros-horns and ivory" (Notes, p. 13) is unwarranted. 
When the Chinese want to say this they speak of Jm "TO and ^B ^r , as /. t. in the 

Ying-yai Skéng-lan tsih, description of Champa: Jm "TO ^. ^P -^ ^ "there is 

abundance of rhinoceros^horna and ivory", and J^ B ^ ^ ^k ^- "their tribute 

consists of rhinoceros-horns and ivory" ( y^ ^ ^ ^ , Chap. LXIII, fol. 3 r° and v°). 



«EOORAPHICAL NOTKS. 275 

There is a cavern from which salt spouts up spontaneously. They 
make wine of willow-blossoms and cocoa-nuts, which soon intox- 
icates those who drink of it, but which turns sour over night '). 
They have letters and some knowledge of astronomy. In eating 
they do not use spoons or chopsticks. 

There are poisonous girls in this country, and when one has 
intercourse with them, he gets painful ulcers; and when a man 
dies of them, his corpse does not pufcrify. The king lives in the 
city of Shay-po^ but his ancestor Ki-yen had removed to the east 
from the city of Polnkiasze (Amoy: Polokasu). The twenty-eight 
small states near to it all acknowledge his supremacy. He has 32 
great officers, but the President Kamhing ') is the highest of them. 

On the mountains is a tract of land called Lang-pi-ya '") which 
the king frequently mounts to have a view at the sea. 

When, at the summersolstice, a gnomon of 8 feet height is erected, 
its shadow (at noon) is projected 2 feet, 4 inches south of it. 

In the period CMng-koan they sent an envoy to present tribute 




8) This last passage has been skipped by Groeneveldt. In the old history of the 
T'ang-dynasty it is correctly said that wine is made of the flowers of the cocoa-nut-tree 

( 1^ 'l^ 1^1 -^ ^ VS )• ^^^ blossom of the tree, called Mayatig in Malay, is 
cut off as soon as it peeps out of the sheath, and then the juice trickles from the stem, 
which is not cut off, but only braised. 

This juice, called saguweer, nira or tuioakh Mlapa, is a refreshing, but intoxicating 
beverage (Aardr. en Stat. Wdb, v. Ned.-Indië, Vol. II, p. 246 and my Nederl. Chineesch 
Wdb. s. V. Palmtoijn). 

9) In Amoy-coUoquial Ka'-hia", perhaps the Malay Kaya in Orang Kaya, "chieftain" 
or Kijahi, "venerable". ~TC J^ = | ^^ or B J^ , the "principal seat". Cf. 

ÄÄ^' 4*0-^' '^>^'"" ^'^^ ««»t °'- position", J: iy? ^ , 
"the upperbest seat", etc. We read in the history of Tan-dan that the king had eight great 

ministers, called the eight presidents Bg. Eg ^P /Ö J\ ~l^ H^ ^ ^Ê J\ Rg 

(Books of the Tang-dynasty). 

10) Lampéi or LompéH^); occur both in Malay place-names. 



27e 



^SCHLKGEiïi. 



together with To-ho-lo and ^^.po-ting "). The San-tsai-tu-hwui 
simply says that Kaling was situad south of Cambodja '''). 

Now such geographical indications ^rould be simply ridiculous 
for Java, which lies some ten degrees bo-\x of Cambodja; as less 
as the most ignorant european geographer -vould say that Italy 
lies south of Denmark. 

The History of the T'ang moreover says that '^aling lay east 
of Po-li. Now Groeneveldt (Notes, p. 84) has himsei. placed this 
country upon the northern coast of Sumatra '*), and ea'& of this 
coast lies the Malay Peninsula and not Java, so that his sta^ment 
on p. 12 that ^''Kaling lies on the eastern side of Sumatra" s a 
too great geographical licence, and can only be explained by hi 
desire to find Kaling in Java, which latter country, however, lies 
south-east of the most southern point of Sumatra. 

We further read that Kaling produced Elephants. Now Java 



^ (clerical error for g ?) j^ . tÖ ï» ^^1 % Ä Ô ^ ^ ^ #■ . 

12) ^ HtT H # IrFU H « Ä n H ^ . 

13) I have since identified it with a village called Pulau Pali on the E. coast of 
Sumatra, in the principality of Asahan (3° N., 99° 50' E.) of which I will treat more 
fully when coming to Sutaatra. 



OEOORAPHICAL NOTES. 277 

never had any elephants except in antidiluvian times before the 
strait of Sunda was formed, which excludes the idea that Kaling 
can be Java. 

Further it is said that Kaling produced gold and silver. Now 
no gold is to be found in Java, but only in Sumatra, Borneo, 
Celebes, Timor and some other isolated places '*). 

But the strongest objection against Kalivg being Java is the 
gnomon observation, which, as Dr. Takakusu '^) has rightly calcul- 
ated, points to a place north of the equator and not south. 

According to I'tsing, the Chinese pilgrim, Kaling was situated 
between China and Srt-Malayu '®); but, as Professor Kern rightly 
observes, Java is not situated between China and Sumatra, and he 
is of opinion that we have to look out for Kaling in the neighbor- 
hood of Malacca "). We will presently show that his surmise is 
correct. 

We have seen that the ancestor of the king of Kaling Ki-yen 
removed to the east from his city of Polukiasze (in Amoy dialect 
Polokasu), which name Groeneveldt (op. cit. p. 13, note 2) has been 
obliged to leave unidentified. Of course it could never be identified 
as long as we looked for it in Java proper, for there is, in the 
whole Sunda Archipelago, only one place of that name, preserved 
in the name Bulukassu, a small village upon the east coast of Sumatra, 
in the kingdom of Luhu-Djamhi in the province of Kapàs *^). 



14) Cf. Aardrijkskundig en Statistisch Woordenboek van Ned Indie, s.v. Ooud; Yule, 
Marco Polo, II, 217, who, moreover, doubts that Polo's description of "the great island 
called Java" applies to Java proper, as the chapter is a digression from the course of his 
voyage towards India. Of course Marco Polo speaks of Sumatra, the real land of gold: 
Suwarna dwipa. 

15) A Record of Buddhist Religion, p. XLVII. 

16) Chavannes "Les Religieux éminents qui allaient chercher la loi dans les paya 
d'occident", p. 42. 

17) Tijds. voor Ned. Indië, May 1897, p. 379. 

18) Aardryksk. en Stat, Wdb. van N. 1., Vol. 1, p. 177. 



278 G. SCHLEGEL. 

In a former number *^) I have already shown that Kaling could 
not be Java, because the king of Kaling offered Sang-chi, i. e. 
Siamese, slave-girls to the Emperor of China. 

I must again repeat that the pronunciation chi of the character 
J|l^ is of later date. During the T"a??^-dy nasty (8th and 9th century) 
this character was pronounced ti as to the present day in Amoy. 

Besides the arabian or persian j (written z, but pronounced like 
the french j) is of later date for an original hard g. My colleague, 
professor De Goeje, tells me that the change of g into z (j) is 
probably due to persian influence, which latter language possesses 
the french y-sound. Consequently the Chinese |^ j^ Sang-ti never 
could have represented an arab word zendj or zandj (black, negro). 

Black was formerly called zanggi, which pronounciation is still 
preserved by the Malays (Von de Wall, Malay Diet., Vol. II, 203). 
In Persian, an Ethiopian or Egyptian, a Zingani, was called Zengi 
as to the present day in Malay (Pijnappel, Malay Diet., II, 14). 

Zanguehar and Zanzibar both represent the same word: "Land, 
Country {bar) of the Zeng or Zendj (Blacks)"; only the latter is a 
later form which is represented in Chinese by the characters ^ ^ 
Ts'ang-sz or Tsing-su. Marco Polo still calls it Zanguibar; the arabian 
geographer Bakouï, who lived more than a century later, calls it the 
country of the Zendj (Belâd al Zindj. Pauthier, Marco Polo, p. 684). 

We read in the Annals of the T'ang-dynasty that the state 
of Sribodji (in Sumatra) presented, during the period K'ai-yûan 
(713—741), two dwarfs and two Sang-ti slave-girls, as also 
singing- and dancing-masters **'). Here we have ^^ instead of jjf^, 
both characters being anciently pronounced ti. Such dancers, 



19) T'oung-pao, Vol. IX, p. 90. 

Ä ^ 1^ 'ê . pfc-i-/;.», ch«,,. cii. 



GEOGRAPHICAL N0TK8. 279 

coming from the highlands of Këlantan, Patani, Këdah and Tërang- 
ganu (Trëngganu) on the Malay Peninsula, are known in the 
archipelago by the name of Màjung. Pynappel (Malay Diet., II, 
129) says that they are probably of Siamese origin. According to 
La Loubère adulterous females in Siam were either put to death 
or sold as slaves ^'). 

In the period Hien-t'ung (A.D. 860—873) the king again ofiPered 
female musicians "). 

In the New History of the T'aug-dynasty (Book 222 T, fol. 5 
verso) mention is made of a large island south of Kaling, called 
To-ma'chang {Tamâtyang) whose situation is thus described: 

"There is, besides, Tamâtyang^ which borders upon the east on 
Po'feng ^*), upon the west on To-lvng (Talung), upon the south on 
Ts'ien-cki-fuh ^*), also called Poan-chi-poah ^^), upon the north on 
Kaling". 



21) Hedendaagsche Historie, etc. van Th. Salmon, vertaald door Dr. M. van Goch, 
Deel II, p. 417. 

23) In Amoy-dialect Po-hong, which I consider to be a transcription of Fahang upon 
the east coast of the Malay Peninsula. 

24) Evidently a misprint for -p Jv' ^R Pan-chi-fut = Pancha-pur. 

25) 4^. "db' ffijl» which must mean, according to the Chinese commentary, ^ 1 1 1 
Five Islands. Poan-c/ii is of course the Sanscrit pancha (five). jtV is used a. o. for bar; 
but I do not know a single equivalent meaning mountain or island for it in Sanscrit. As 
to its geographical situation it is very clear. In the Description of Malacca in the Ying-ijai 
Sheng-lan, it is distinctly stated that Malacca was formerly called "The five islands", on 
account of the five islands in the sea upon its coast ^3 yS /Ö -n. ImQ. I^ ^^ö -^' • 

In the corrected revision, the Ying-t/ai Sheitg-lan Tsih, it is better expressed by VflS ^jj 
ÄP'g^Ällft.jaÄ^^lltlili&c ^f Groeneveldfs "Notes", p. 
123. These five island can only be P. Rupat, P. Bancalis, P. Padang, P. Pandjore and 
P. Ratitau, lying opposite Malacca. The word Pur or Pura, which in Sanscrit only 
seems to mean town or city, is often used in the Archipelago for island, as in Langka 
Pura, name of an island between the rivers of Palembang and Djambi, according to tra- 
dition the first place which became dry after the deluge; in Singa Pura, the present island 
of Singapore, etc. 



280 G. SCHLEGEL. 

TMs couotry is one month's pacing from east to west, and 25 
days pacing from north to south. The king's name is Ku-li and it is 
pretended that, having got a large egg, he split it, when a beautiful 
girl came out of it which he married. The people have no family- 
names, and in marrying don't distinguish between those of the 
same surname ^^). The king is always seated facing the east, and 
he has an army of 20,000 men, armed with bows, swords, cuirasses 
and spears. They have no horses. Of fruits they have Panasas ^'), 
Tsih-hu-chay (old pron. daguchia, perhaps Artocarpus lacucha^), 
Mangoes ^*) and Pomegranates ^^). 

In Tît's T'ung-tien (Wylie, Notes, p. 55) the account is a little 
longer. He says: 

Tamatyang is situated upon an island in the sea. To the east 
it touches upon Pahang, to the west upon Talung, to the south 
upon Panchapur, or the five islands, and to the north upon Kaling. 
The country is one month's pacing from E. to W. and 25 days 
from N. to E. The ancestor of its kings was a Nâgâ, named 
Ku-li ^°). This Ka-li once got a big birds-egg, which he split and 
obtained a girl of extraordinary beauty, which he married. The 



26) As is well known, Chinese are not allowed to marry with a girl having the same 
surname. Not having surnames is considered by them to be a sign of great barbarism. 

27) J^ BK ^^ po-na-so or ^jy pj[) ^- po-na-so, Skt. Fanasa, the "Artocarpus 
integri folia", also called Djaka, which the Anglo-indians have corrupted to Jack-fruit. 
Applied by the Malays to the Nangka or Tjempedak. See Marsden's Sumatra, p. 94. 

28) Properly written yü» J® ^S Amra, the Spondias raangifera. 

30) Probably Kulikn, which really was the name of a king of the Nfigas (Cf. 15cnfey, 
Skt -Engl. Diet, p. I'JS«). 



GKOGRAPHICAL NOTES. 



281 



king Sila-kiyung (or kuyung'^)'ihara is his descendant. In the period 
Hien-kHng of the great T'ang-dynasty (A.D. 656 - 660) he sent an envoy 
to bring tribute. The people have no family names. The place where 
the king dwells is fortified with palisadoes; his house is made of 
wood, and he sits upon his lion's-throue {Simhaasana) facing the East. 
Their dress and implements are the same as those of Lin-yih 
(Champa). He can bring more than 20,000 men in the field. They 
have no horses, only bows, swords, cuirasses and spears. In mar- 
rying they do not distinguish between those of the same surname. 
The dishes from which they eat are made of copper, iron, gold and 
silver. They like to eat ghee, milk, cream, sugar and rock-honey. 
Their domestic animals are sheep and buffaloes. Of wild animals 
they have antelopes and deer. They do not go in mourning for 
their dead, but burn their corpses in the fire. Their music resembles 
somewhat that of India. They have Jack-fruits, Tsih-hu-chay's, 
Mangoes, Pomegranates and such-like fruits, and much sugarcane "). 



31) Malay names of a seashell containing pearls. (Pijnappel, Diet. II, 95 and 97). 






^-Mn.m^tn^ + s.nn.^ïz^ 



*< 



^ 
^ 



IS) 

m 



7i^m.mmmua^zm.%^Wf^mm 



282 G. SCHLKGKL. 

We have seen above that Kaling lay east of Poli and west of 
To-po-ting, As the situation of Poli in Asahan is well established, 
Topoting cannot be the island Bali, east of Java, as Groeneveldt 
(Notes, p. 58) assumed. Consequently we must look out for Topoting 
upon the east coast of the Malay Peninsula. It is named in one 
breath with another country named Toholo, as having brought tri- 
bute in the period Chêng-koan (A.D. 527 — 649). 

We read in the New History of the T'ang-dynasty, Book 222 T, 
fol. 4 verso, that Toholo, also called Tokholo, bordered south upon 
Pan-pan {Phun-pin) north upon Kia-lo-shay-fuh *'), to the west 
upon the sea and to the east upon Cambodja. It could be reached 
from Canton in five months. There were fine rhinoceroses in this 
country which were called "Toholo rhinoceroses". 

This country had two dependencies, called Tamling and Tavan\ 
the first was situated upon an island in the sea, whilst the second, 
also called Natavan, was situated in the sea southwest of Van-vuong ^*) 
(Champa) next to ToJiolo. It could be reached in 90 days from 
Kiao-chow (Tongking). The family-name of its king is Kcha (trya) 
sri, his name Bhdno and his title Bhâma *^). 

They have no silkworms or mulberrytrees, but they grow rice, 
wheat, flax and pulse. Of animals they have white elephants, goats 



33) In Amoy-dialeot Kalasiaput = Kalashapur. Prof. Kern tells me that, according 
to an Indian source, there was a port or market called Kalasapura somewhere in trans- 
gangetic India or the Archipelago. 

34) The country of Van-vuong is properly the same as that known by the name of 
Lin-yih; it is also called Tjempura or Tjempa (Malay fjempa, the Champa of our maps). 
It lies south of Kiao-chow (Tongking) and is 3000 miles distant in the sea. To the west 
it borders upon the Bu-un mountains (where the Moi Bùvun still live) in Cambodja, to 
the south upon P'un-lang-tho {P'an-rang of our Maps) ^g ^^ As^ /J)JV Q^ lËi o 

35) Perhaps Kchatriya Sri Bhdnubhâma, "glorious as the sun", as Prof. Kern suggests. 



OKOGRAPHIOAL NOTES. 



283 



and pigs. People like to live on high lofts which they call a 
Kan-Ian ^^). They dress in white cotton and coloured gauze. 

When the family is in mourning, they stop at home without 
eating. When the deceased has been burned, they shave their hairs, 
bathe in a pond and eat afterwards. During the years 627 — 649 
they sent together ambassadors and came again to court where they 
presented Baros camphor-oil and white parrots having upon their 
heads ten red feathers as long as their wings. They then prayed for 
horses and bronze bells which the emperor gave them ''). 

The position of Toholo is further indicated by that of Burmah 

(5S H or ^ ^iît ") or 5? H ^ ^i ^ -) or ft M Wi ")) 



^^^ §H ^mS I* TU • "^^'^ ™"** ^® * misprint for ^j^ ^fr lân-kan a gallery 
before a house bordered on the front by a wooden railing or balustrade. Under the form 
Langkan it has passed as a loanword among the Malays of the Archipelago and is used 
extensively in Malacca and Singapore. Cf. T'oung-pao, I, p. 398; Pijnappel, Malay Diet., 
II, 117 and Von de Wall's Malay Diet, III, 68. 

") a 5Fn E . * H ® ^ E > * SE ffi S . ^(b ft S 

H îf .B| lu ® . # S ^ . " Fie«-i.tim. Ch.p Cil. 

38) Tjîipah is the name of a fruit resembling the Langsat (Lansium domesticum), but 
smaller and nearly round (Von de Wall, Malay Diet., II, 45). 

39) Durdju (?) djavä or djapd; according to Benfey, Skt. Diet. p. 327, the China rose. Cf. 
^ ^ ^ Djdtika, name of an odoriferous plant (Eitel, Skt.-Chin. Diet., p. 37a). The 

Djapû, is mentioned in the Record of Seasons by K'ien-cAun as cultivated in the imperial gardens 



284 G. SOHL EH EL. 

which borders by land upon Camhodja in the east, in the west 
upon the eastern part of India, in the southwest upon Toholo, in 
the south upon the sea, and in the north upon Yun-nan **). 

Consequently Toholo or Tokholo **) was probably situated in the 
actual province of Champhon between Phûn-pin and Puchpuri, or 
between the 9th and the 14th degree north. 

As for Topoting, we read in the New History of the T'ang- 
dynasty (Book 222 T, fol. 4 verso) that it was situated south of 
Va7i-vûong (Champa) and could be reached in two months. It had 
Kaling to the east, MiUch'ia to the west and the sea to the north. 
Its customs were the same as those of Kaling. 

Their rice ripened once a month, and they possessed letters 
which they wrote upon palmleaves. They placed gold in the mouth 
of a dead man, put bracelets around his body, and burned him 
upon a pile of firewood, anointed with camphor-oil, ambergris and 
all sorts of other parfumes ^^). In the old history of the T'ang- 

together with Mallika, Jessamine, Cinnamon), Canna indica, Djapû or Djavâ, Tjampaka 
(Michaelia champaka) and such-like southern flowers -^^ PR ig ^t| ^[J ^B" ^g 

3S#,ftift\ ffl^. JÏW#A^ (^f Pei.wen.ynn-fu, Chap. 
XX T, fol. 85 recto). ^Q^ 'gE is the same as ^fe 71 -^^ which is the name in Peking 
of the Canna indica. (Cf. Bretschneider, Botanicon sinicum III, N°. 56, p. 117, note.) 

40) Durdju? 

41) m IS Ä » c. S « « ^ M S m 1 5^ M m 

M^M o ^[j S i§ o Pien-i-tien, Chap. CIL 

42) This word represents a form Tagala or Tagara. Cf. äK 'g' S*p Tu-ho-lo for 

Tokharestan; but the name has disappeared from our modern maps. Prof. Kern tells me 
that there was in Central India a town Tagara, and thinks it probable that some Indian 
colonists gave this name to the place in question, as there are many hindustani names of 
towns in Siam. 

Cf. Old History of the T'ang-dynasty, Chap. 197, fol. 3 recto; Pien-i-tien, Chap. Oil; 
Grouucvildt's "Notes", p. 5S. 



OEOOIlAPHrCÂL NOTES. 285 

(lynasty we find, besides, a statement that they ofiered in A.D. 647 
cottoD-cloth, elephant-tusks and white sandal **). This totally ex- 
cludes the identification of Topoting with the island of Bali, as 
neither cotton nor elephants are there to be found. 

The San-tsai-tu-hwui, which gives an engraviug representing 
two men of this country, one having palm-leaves in his hands, 
the other holding a Chinese pencil, whilst a Chinese inkstone 
stands on the ground, omits the first character To and adds that 
Poting lies east of Lin-yih (Champa), borders on the west upon 
Mili and in the south upon Kaling *^). The latter statement dis- 
agrees with that in the History of the T'ang-dy nasty which says 
that it lay east of Kaling. We have seen above (2d page) that Kaling 
lay west of Tapoting, so that this statement must be the more 
correct one. 

Topoting ought therefore to have been situated upon the east coast 
of the Malay Peninsula, perhaps in the modern Tringano. 

The character ^ is used in the Chinese transcription of 
Sanscrit for dhva (St. Julien, Méthode,, N°. 2025a) and would 
correspond to a Malay form dûa (dûwa) = "two". Po-iing would 
correspond to a Malay form Bàtang or Batin; but this does not 
help us much ^'^). 

Now resuming all the above geographical statements, we do 
not hesitate to place Kaling upon the mainland of the Malay 



H . ^ Ä 1^ 1^ . «««-.■■/»», Cha,,. CIL 

46) There ig an island Batang in the Natuna-archipelago, south of great Natuna, 
and Batin is the name of a river and a mountain in Sumatra; bat no such name as 
B4a Batang or Batin is to be found in the geographical dictionaries. These names only 
prove the possibility of the Chinese name. 



286 G. sc H LEG EL. 

Peninsula, either in Malacca itself, or east of it upon the old 
strait which separates the peninsula from the island of Singapore, 
which latter island would be in that case that of Tamatyang *'), 
said to lie south of Kaling. 

Singapore is, as well known, a later foundation by colonists 
from Palembang, which itself was a Javanese colony founded in 
A.D. 1376. It became the site of a flourishing kingdom, and was, 
as De Barros tells us, the most important centre of population in 
those regions, "whither used to gather all the navigators of the 
Eastern Seas, from both East and West; to this great city of 
Singapura all flocked as to a general market" (Dec. II. 6, 1) *^). 

Malacca, at least under this name, was only founded, according 
to Valentijn, in A.D. 1252 by a certain Sri Iskandar Shah, who 
had reigned 3 years in Singapura before founding Malacca. 

De Barros and Alboquerque ascribe its foundation to a Javanese 
fugitive from Palembang called Paramisura. Alboquerque however 
calls him Iskandar Shah {Xaquem darxa), the son of Paramisura. 

This Paramisura is mentioned in the Chinese annals under the 
transcription ^ J|^ ^^ ^ ^J Pai-li-bê'sut-lat; he sent his first 
embassy in 1405, then again in 1407 and 1408, and in 1411 he 
came himself with his wife, his son and his ministers, altogether 
540 persons, to the Chinese court *^). 

As for the name Kaling, this can be nothing aught Kalinga, 
which was the old name of the modern Pûri or Jagânâth. But the 
name was applied to all Tamil-speaking Indians, so that the name 
Kaling or Kling came to be applied to all the Hindoo colonists who 



47) The name of Simhapura must have been given to it by Hindoo colonists as it was 
the name of an ancient province in Cashmere, visited by Hiuen-tsang. It is probably the 
modern Simla, in Lat. 31° 6' N. and Long. 77° 9' E. 

48) Cf. Yule, Marco Polo. II, p. 224—225 

49) Groeneveldt's "Notes", p. 129; Yule, op. et loc. cit. 



tîEOGRAPHTCAL NOTES. 287 

came to the Archipelago. lu the far east they are still known as 
Clingaleae or Orang Kling. 

In the neighborhood of the Malayan peninsula where we have 
placed Kaling, we still have three islands bearing the name of 
Kling: one north of the island Rodong, in 0° 27' 30" N., a Kliiig 
besar, or "Great Kling" in 0° 8' 20" N. and a Kling ketjil, or 
"Minor Kling" in 0' 8' N. 

When we now bear in mind that the New History of the 
T'ang-dynasty (Book 222 T, fol. 5 recto) distinctly says that the 
"Five Islands" in the Strait of Malacca were originally tributary 
states (or colonies) of southern India ^"), there is no doubt that 
all these islands, as also Kaling on the main, were founded by 
Kalinga or Kling colonies, who gave the name of their own country 
to the new settlements, exactly as Coen gave the name of Batavia 
to old Jacatra and as the Americans have since done when baptising 
new towns in America: London, Paris, York, Amsterdam, etc. 

As for the country named Miliche ^ ^ ^ , hê-lê-ch'ia ^') ac- 
cording to the old pronunciation preserved in the Amoy-dialect, 
we suppose it is the transcription of the Sanscrit word mlêchchha, 
transcribed in the chinese-sanscrit dictionary Fan-yih Ming-i ^3 
J^ ^ Biët-lê-ch'ia, which term means ^t JiJ^ or "bordering count- 
ries", and was applied to all non-buddhistic countries considered 
as barbarian. From such a general term it is impossible to draw 
any definitive conclusion. We suppose the wild negrito tribes of 
the Malay peninsula are designed by it. 



»") ^ i (#) S s ^ •/» 1» . * ^ ^ M ® H . * 

51) Cf. ^ ^ lé-ch'ia = Licfihava, Eitel, Skt.-Chin. Diet., p. GIb. 



GEOGRAPHICAL NOTES. 

IV. 
MALIUR AND MALAYU 

BY 

G. SCHLEGEL. 



Marco Polo, after having passed the islands of Sandur and Condur, 
a.rrives to the island of Pontain, identified by both Pauthier and 
Yule with the island of Bintang, south of the point of Malacca. 
Hence sailing 90 miles (60 + 30) further, he came to a kingdom 
called Maliur which had a king and a language of its own. The 
city, he says, is fine and noble, and there is a great trade carried 
on there. Ninety miles sailing further on to the S,E. he reached 
Java minor or Sumatra. 

Consequently Pauthier (p. 565) places Maliur upon the west 
coast of the Malay Peninsula, where afterwards Malacca was founded 
by Sri Iskander Shah, 

Colonel Yule, on the contrary, hesitates between Palembang 
and Singapore, remarking that the commentary of Alboquerque 
says that Palembang was called by the Javanese Malayo and that 
de Barros makes Tana-malayo next to Palembang i. e. south of it. 



GEOOKAPHICAL NOTES. 289 

Now we must first premise that Maliur and Tanah Malayu 
are two quite distinct countries, as we will try to prove by 
Chinese authorities. 

We read in the Books of the Yuan or Mongol dynasty that, 
in the first year of the period Yûan-chéng of the reign of emperor 
Ch'eng-tsuvg (A.D. 1295), the king of Siara sent a letter written 
in golden characters, praying that the court might send an envoy 
to his country. 

But before this letter arrived, an envoy had already been sent, 
which the bringer of the said letter ignored. H. M. presented the 
bringer with a badge of plain gold to wear at his girdle, giving 
quickly orders to recall the mandate, and to accompany the envoy. 
As thie Siamese, who for a long time had lived in feud and war 
with Maliur, but the latter country having now returned to alle- 
giance, the Emperor enjoined the Siamese that they should no longer 
molest Maliur in accordance with their promise. 

In both places the name Maliur is literally transcribed by 
Ma ( J^ ) li [Sj^) u { ^ ) and r ( ^ ), so that there remains not 
the least doubt, but the Chinese and Marco Polo's Maliur are the 
same country, and that the name has nothing to do with that of 
Malayu. 

Now as there had been for a long time constant bickerings 
and slaughter between both countries, it is evident that they must 
have been close neighbors, and that Maliur ought thus to have 



i; Ü bs . ■ee II ft . K* a A n E M T- 5a « « « 

JSl {^ K W o Pi"*-i-ii«». Chap. 101. 

2U 



290 G. SCHLEGEL. 

been situated upon the Malay peninsula; Palembaug lying too far 
off to admit of its being in constant warfare with Siam. Maliur may 
therefore have been situated on the coast opposite Singapore, per- 
haps a little more to the S.W. where now lies Malacca. We are 
the more inclined to place Maliur in Malacca, because the king of 
Siam continually invaded it, as e. g. in 1419 and 1431. Both times 
the Emperor ordered the kiog of Siam to live in peace with his 
neighbors. (Cf. Groeneveldt's "Notes", pp. 130-131). 



Tanah Malayu, as we have seen above, has been searched 
for everywhere, no conclusive evidence or proof having been ad- 
vanced by the authors which mention Its name. In Sumatra alone 
we will find a mountain and a river called Malayu; three villages 
Malayu in the Padang highlands; one in Padang upon the river 
Palangai Ketjil; one at the Bungus-bay, and a tribe Malayu in 
Bencoolen, said to descend from Menangkebau and Djambi. 

The buddhist pilgriai I-tsing, who visited Sumatra thrice, says 
that Malayu, which he transcribes ^j^ ^ ^ Mat (for Mal)-la-iu, 
was situated half way between Bhodja (Palembang) and Ka-ch'a 
^^ ^ Këdah (upon the Malay Peninsula); the voyage from Pa- 
lembang to the country of Malayu taking 15 days sailing, and from 
thence another 15 days to Këdah (Takakusu, pp. XLI and XLVI). 

This would give for the country of Malayu the present state of 
Asahan upon the east coast of Sumatra, inhabited by Malays mixed 
with Battaks, and which exports pepper, pulse, wax, Horses, red 
dyewood and slaves, mostly Battaks *). There is to the present day 
in Asahan a village called Pulau Puli {in 3° N. and 99° 50' E.) 
which I suppose represents the ^ ^l] Po-li mentioned by Chinese 
authors as one of the states of Sumatra, and whose geographical 
situation is thus defined in the Books of the T'ang-dy nasty: 



2) Encyclopédie van Nederl. Indie, Vol. I, p. é7, Article Asa/ta». 



GEOGRAPHICAL NOTES. 291 

"M H^ "I J&» "Po/i lies S.E. of Van-vilong ^). When one sets 
sail from Kiao-choio (Capital of Toug-king in 21° 20' N. 103° 30' E.) 
and passes along Siam, Tan-dan and other countries, one reaches it. 
This country is a large tract of land, where are many horses. It is 
also called Ma-li. It is several thousand miles in extent, etc." 

Groeneveldt's translation differs very much from mine. He seems 
to have punctuated his text in this way: ^ -^ ^ ^]'| ^ ^ ^ '^ 
^ '«V o fm. ^ ;M löC \ S. ^'^^ ^^ translates: "The country is 
large and its settlements are numerous *). A horse (in Chinese ma) 
is also called ma by them. Its circumference is many thousand li". 
Now, in the first place, it would be very queer if the Malays of 
Poli would have called a horse (in Malay kudo) ma, like the Chi- 
nese. In the second place the character ^ H is skipped by Groe- 
neveldt. A compositum jjj^ ^ or j^ ^ -^ does not exist in 
Chinese literature. The Pei-wen-yun~fu ovXy gives ^ ^ , ^ ^ , 

M^^ Mb ^ > ^ S ' ^ ^ ' iB K a^^^ AS- Groene- 
veldt's rendering would require ^ 0^ ||j}[ -^ S^ "in breadth and 
length it is several thousand li"; or, as in the corresponding pas- 
sage in the old Books of the T'aug-dy nasty: S Jijfe ^ ^ Wi 



3) The country of Van-vHong is properly the same as that known by the name of 
Lin-yih ; it is also called Tjempttra or Tjempa (Malay Tjempa ; the Champa of our maps). 
It borders to the South upon Kiao-chow (Tongking) and is 3000 miles distant in the sea. 
To the West it borders upon the Bu-un mountains {BS-vun on our maps) in Cambodja 
and to the South upon P'un-lang-tho {P'an-ranç? on our maps) ^g ^^ 2K \i\^ Q< 

Pien-i-tien, Chap. 96, I, fol. 10 vexso. 

4) This would be expressed in Chinese by j|g ^ JV ^M as in Ma-koan's des- 
cription of Ceylun. 



292 G. SCHLEGEL, 

•^ Jl^, "this country extends itself for several thousand li" ^). If 
we translate ^ -^ HjJ^ ^ S^ by "its circumference is many thou- 
sand li", we will be forced to connect ijj^ with ]^ and to trans- 
late: "A horse is also called by them Mali", which brings us still 
farther from the mark. 

But I suppose that a character sounding iu has been dropped 
after the character jjj^ li, and propose to read /. i. ]^ jjj^ '^ , 
Ma-li-iu, corresponding to I-tsing's ^j^ ^ |j^ , Mal-la-iu, or, ac- 
cording to the Canton pronunciation, Ma-lai-yau, which latter word 
is at present transcribed by the Chinese ^ ^ ^ ; in Amoy dialect 
Bo-lai-iu, which means "Men without origin", as nobody knows 
whence the Malays primitively came. 

If our surmise is correct, the much disputed situation of Tanah 
Malayu would be settled, and we may place it in Asahan. 



5) The whole passage runs: ^ ^l) H ^ # g, ^^ ^ j^ ffl j^H 

Jl o ^Ç ^^Ë ^£. ^t IrC "I JS. ' "^^^ **"*^ °^ ^°^^ '^^® '" ^^^ *®* South-bast 
of Lin-yih upon an island; this country extends itself for several thousand li". 



GEOGRAPHICAL NOTES. 



..<^pM. 



TING-KI-GI T #1 â TING-GII 



BY 



G. SCHLEGEL. 



This country has been identified by Groeueveklt (Notes, p. 77) 
with Indragiri in Sumatra, though the transcription does not afford 
the least resemblance to that name, and the internal evidence is 
not in favour of this identification. 

It is only mentioned in the Books of the Ming-dynasty (Book 
325) without any nearer date, so that we have to choose one between 
A.D. 1368 and 1643. 

The Pien-i'tien, Chap. CVI, makes this country immediately 
follow that of the Moluccos ( ^ V^ J§ ) and describes it in the 
following way: 

"During the Ming-dynasty there was a state Ting-ki-gi upon 
"the confines of Java and Johore" '). 

It is evident that with Java is here meant Java minor or Su- 



i)BjitJi^pÉ*#fêii^Tt^a 



294 G. SCHLEGEL. 

matra, as Java proper is not contiguous to Johore upon the Malay 
Peninsula. We have here again a new evidence that the Chinese 
called Sumatra Java {Djao-oa) exactly as the Arabs did. 

The Pien-i-tien then quotes the passage from the Books of the 
Ming-dynasty relative to Ting-ki-gi in these terms: 

"According to the outlandish history of the Ming-dynasty, 
Ting-ki-gi is a tributary state of Java (Sumatra) ^). 

"Its territory is very narrow and scarcely counts a thousand 
families. As Johore was crafty and martial, and Ting-ki-gi was 
situated upon its borders *), it had continually to suffer from it. 
Afterwards it sought a matrimonial alliance (with Johore) by means 
of heavy presents ^), and so gained a little peace. 

"In this country the townwalls are built of wood, and at the 
side of their chieftain's residence stands a clock- and drum-tower °). 
When he goes about, he rides upon an elephant. 

"The 10th month is the beginning of their year. 

"Their natural character is very much inclined to cleanliness and 
whatever their chieftain eats, is all cut and cooked by himself. The 



2) Groeneveldt's rendering: "is a country under the control of Java" is not exact. 
In Chinese J^b |^ means "tributary state", a state subject to a greater state. 

3) J^ ^S or E^ ;^S "adjacent boundaries" (Wells Williams, Diet.). "Neigh- 
bouring boundaries" (Medhurst). This is confirmed by the history of Johore in the Books 
of the Ming-dynasty where we read that during the period Wan-lih (1573 — 1619) the 
chieftain of this country was very warlike, so that his neighbours Ting-ki-gi and Pahang 
repentedly suffered from it ^^ffAAiflft:^« ^BTI^ 

Ä % ^ "^ M ^ ^ ^^» ' Pien-i-tien, Chap. 86. Cf. Groeneveldt's "Notes", 
p. 136, where Ting-ki-gi is identified with Indragiri, which cannot be said to be a neigh- 
bouring country, as the whole strait of Malacca and the whole breadth of the Malay 
Peninsula lay between it and Johore. See the Note at the end of this paper. 

4) This are not necessarily "presents of silk"; pearls and gems, gold and copper were 
regarded as three kinds of pi (Wells Williams). 

5) ^ra Qj/ 1^ • The same is said of the capital of Malacca in the Ying-yai Sheng-Um 
Cf. Groeneveldt's "Notes", p. 125. 



GEOGRAPHICAL NOTES. 295 

customs of the people are like those of Java (Sumatra), but their 
natural productions are entirely identical with those of Johore. 

"Wine is strictly prohibited, and there is a customary duty upon 
it, so that decent people never driuk it, and only the common men, 
not registered among the population, drink it, and their mates even 
scold and ridicule them all. 

"In marrying the youth goes to the house of his bride and has 
to maintain her family, so that they prefer getting girls to boys. 

"In funerals they make use of cremation. 

"The Chinese who went to trade there found them fair in their 
dealings; but since the country was subjugated by Johore, there 
were less (merchants) going to it" ®). 

The quotation from the ^ ^ y^ ^ (A.D. 1618), translated 
by Groeneveldt, does not afford the slightest geographical indication. 
It runs: "The natives of Ting-ki-gi only trade with us at our ships, 
to which they come for the purpose. They are nearly the same as 
those of Johore, but their customs are better and their goods 
cheaper. Since this country has been invaded by Johore, it has no 
rest and the foreign traders are also in continual danger, for which 
reason mariners mostly turn their backs upon it". 



«) ^ Bj >>(. ^ T 1* â ;ii PÈ ,® H m . 'I'i Ä S « . 



296 G. SCHLEGEL. 

Thus far the evidence is in favour of a situation upon the 
Malay Peninsula, bordering upon Johore, vv^here we still find on 
the map a Kota tinggi which words mean in Malay "the High 
{tinggi) City {kota)"". Ting-ki-gi can scarcely represent another word 
but the malay one tinggi "high". In a Chinese-Malay vocabulary 
printed at Batavia, the adjective "high" is translated |^ , in Malay 
Tinggi and in transcription ~y ^^ ting-gi, exactly as in the' name 
of the Malay state in question. Ting ~J~ is also used for Tring 
in the name of another malay state upon the Peninsula, viz. 
Teringano or Tringano "JT B^ P^ Ting-kat-no. Indragiri would 
have been transcribed pÊ ^ |_lj In-tala sMn^ or @ |^ ^ 
B ^Ê. -^""'«^<^ ^*~^î "Mountain of Indra" ^). 

The mention of elephants and cremation of the dead undoubtedly 
points to the Malay Peninsula and to a buddhistic population, with 
whom cremation, especially of the priests, is customary. 



But later Chinese geographers place this Ting-ki-gi in the 
Moluccos. 

The well-known Chinese Geography )f]^ S ^ ^ ^k ' published 
in 1744 by Ch'ên Lun-kiung ( [^ ^ j^) ^), in describing the sea- 
route to Luçon (Vol. I, fol. 16 recto), says: "South-east ofit(Luçon) 
are the two countries Manloko (Moluccos) and Ting-ki-gi^ situated 

in the S.S.E. rhomb-line Going by water from Luçon, one 

reaches the Moluccos in 174 watches and Ting-ki-gi in 210 watches" "). 



7) Cf. Eitel, Sanskrit-Chinese Dictionary, p. 46, and p. 58 : Kukkuta pada giri 
M M Rt J8Î B^ ill ^^^f^^tta pada shdn. St. Julien, Méthode, N». 537 and 864. 

8) Cf. Wylie, Notes on Chinese literature, p. 48. 



GEOGRAPHICAL NOTES. 297 

The author then describes the east-coast of Borneo round the 
north- and west-coast to the south-coast where he reaches Banjer- 
masirij and then continues: 

"From Banjerraasin Macassar is reached by water in 27 watches, 
and rounding it further eastwards one reaches Ting-ki-gi, to the 
N.E. of which lie the Moluccos" "'). 

According to this itinerary, Ting-ki-gi would correspond to the 
Xulla or Sula isles, to the N.E. of which, in fact, Gilolo is situated. 

It is thus evident that we have to admit two Ting-ki-gi, one 
in the Banda-sea and one upon the Malay Peninsula. 

If we read "J' ting as tring, the confusion could be easily ex- 
plained. There is a village called Tring upon the N.E. coast of the 
island Batang or Battam, south of Singapore and Johore, and a 
village Labuha-Tring at the bay of that same name on the west- 
coast of the island of Lombok; but I would not insist upon this 
reading, as Lombok lies too far west, whilst Tinggi is a very 
common place-name in the Indian archipelago. There are six 
Tinggi'a in Sumatra alone; a small islam! between the islands 
Banka and Lepar is called Tinggi, and there is an island Tinggi, 
east of Johore; the ki in Ting-ki-gi must be a redundancy. In 
Mandarin the characters would be pronounced Ting-ki-i which can 
easily represent Ting-gii. 



Note. 

There is not the least doubt but ^ "^ Pang-hang is Pahang, 
for the j^ @ ^ ^ ^ » Chap. I, fol. 25 verso, names the following 
states ou the Malay Peninsula in succession: 






298 G. SCtiI.EGEL. 

"South from Siam are Chaya, Lakon (= Ligor) and Sungora 
which are ail tributary states of Siam. Patani *), Këlantan, Tringano 
and Pahang ail follow each other in succession along the (central) 
mountainridge". 

The Orang panggang still live north of Pahang, west of Tringano. 
They were driven there by Malays coming from Këdah, for formerly 
they lived north of Johore. Cf. Grünwedel, "Die wilden Stämme von 
Malaka", in Veröffentlichungen aus dem Kön. Museum f. Völkerk. 
in Berlin, Vol. II, 3—4 fascicule, 1892, p. 97—98 and Map on p. 
95, N°. 2. Of course the Chinese characters do not represent the 
new name Pahang, but the old name Panggang. The new name is 
transcribed ^ ^ , in Amoy dialect Po-hong = Pahang. Cf. N°. Ill 
of my Notes, {Kaling), foot-note 23. 



*) In Siamese Muang (state or city of) Tani; which explains why the Chinese call it 
only Tani. Cf. Millies, "Monnaies indigènes", p. 150, note 3. 



DIE ABTEILUNG DER SPIELE IM 
„SPIEGEL DER MANDSGHU-SPRACHE" 

VON 

KARL HIMLY. 

Fortsetzung von Band VII I^ S. 180. 



6) Giirgun, chiu. éuang-lu *^^) (Puff). 

Moohe gusin ^uwe sibiya euruß, faidame. sindafi setse maktùme 
tux^nexß tongki i songkoi dolome gurihume efirengge be gur^un sembi^ 
»Wenn mau 32 aus Holz gedrechselte Stäbchen der Reihe nach 
aufstellt, mit Würfeln wirft und spielt, indem (die Stäbchen) den 
gefallenen Augen gemäss stehen bleiben, oder versetzt werden, so 
heisst das gur^un". 

Der chinesische Name éuang-lu »zweifache Sechs" bezieht sich 
auf die je sechs Hang *^*) oder Brücken, welche sich auf den beiden 
Seiten des Brettes befinden. Auch der Mandschu-Name §ur§un 
scheint in der ersten Sylbe §ur dem chinesischen éuang »zweifach" 



283) ^^ | i^ (jnpan. Aussprache suTtgu-roku). S. ausser Hyuk's historia nerdiladii 
und meinen Aufsätzen in der Zeitschrift der 1). M. Gesellschaft, B. 38 and 41 Stewabt 
Culin's „Chinese games with dice". Philadelphia 1889. 

284) ^ . S. Tüan-kien-lei-hang 330, S. 17« nach dem Hung-Tsan-sü. Die Herleitang 
aas dem Wurfe 2x6 lässt sich nur auf den Gebrauch von zwei Würfeln beziehn. 



300 KARL HIMLY. 

ZU entsprechen ^^^). Eine Abbildung mit runden Steinen findet sich 
im San-sai-tsu-ye, woneben man anderwärts spitze, oder kegelartige 
Stäbe, oder Figuren abgebildet findet, die sibiya ^^^) der Mandschu 
und ma'^^'') »Rosse" der Chinesen. Dass in obigem Maudschu-Satze 
32 Stäbe erwähnt sind, beruht vielleicht auf einer Verwechselung 
mit dem siang-k'i (s. o.), da die chinesischen Quellen sonst 2 X 15 
erwähnen. Nur Hyde's »Historia nerdiludii" hat S. 65 in der Ab- 
bildung des oben erwähnten tsun-k'i ^^^), 2 X 16 kleine Kegel auf 
einem in 8 Teile geteilten Brette, wozu jedoch S. 66 bemerkt ist, 
dass auch runde Scheiben im Gebrauche seien. Ferner gehören zum 
Spiele zwei Würfel *^^). Das Spiel ist unserm Puffspiele (Trictrac, 
Toccategli, Backgammon) ganz ähnlich, und die weissen und 
schwarzen Steine bewegen sich in einander entgegengesetzter Rich- 
tung. Zwei Steine auf einem Streifen {lu ^^°)) hindern am Schlagen, 
indem sie eine Brücke {Hang ^^^)) bilden. Sieger bleibt derjenige, 
dessen Steine zuerst auf der entgegengesetzten Seite hinausgelangeu. 
Diese Art Spiele gehören, wie das Schachspiel, zu den welt- 
bürgerlichen, deren Spuren dennoch nach bestimmten Richtungen 
weisen. Das chinesisch -japanische Spiel gestattet, wie das persische 
Nerd, im Gegensatze zu unserm Puffspiele eine vorherige Aufstel- 
lung. Die Herkunft des Spieles aus dem Westen wird in chinesi- 



285") vgl. ^uru zweifach und tungusisch dzur 2 (= ^uioe im Mandschu); dzä Haus 
{kun, kudzun) ist im Tangusischen wegen der zweiten Sylbe zu vergleichen (?). 

286) sibiya, Täfelchen zum Loosen, Schreibtafel. Die zum Spielen gebrauchten Stäbe, 
oder Brettchen aus Bambus, sind jetzt länglich, viereckig und platt. 

287) ^ . 

288) TSJ TSL . Auf gewissen Porzellangefdssen finden sich rote und schwarze Kegel 
neben Würfeln und der solche Spiele liebenden Kaiserinn Wu-Hou abgebildet. 

289) Würfel 'S ■^* aö-tze, nai-tze. Das Mandschu-Wort ist semki. Im obigen 
Mandschu-Satze ist setae, eine blosse Umschrift des chinesischen Ausdruckes, gebraucht. 

290) 5§ lu. Weg. 

291) M Hang, Brücke. 



DIB ABTEILUNG DKK SPIKLK IM SPIEGEL DEU HANüSCHU-SPRACHK. 301 

sehen und japanischen Quellen anerkannt. Nach dem Hung-Tsun-Sü 
aus der Sung-Zeit stammt es aus dem westlichen Indien. Es heisst 
dort: »Was mit dem neusten Namen éuang-lu heisst, hiess früher 
ya-/«' (»vornehmes Spiel") und erhielt, wenn man die Überlieferun- 
gen befragt, vier Namen, nämlich wu-éo {wuk-éok »Speergreifen"?), 
éhang-hang (»lange Reihe"), po-lo-sai-hi und éuang-lu. Es nahm 
seinen Anfang im westlichen Indien Si-tu für Si-yin-tu), verbreitete 
sich bis zu den Thsao-wei (Herrscherhaus im Norden Chinas zur 
Zeit der »drei Reiche" 220 — 265) und blühte unter den Liang 
(502-557), Theön (557-589), Wei (386-557), Thsi (479-502), 
Swei (589—618) und Thang (618—908) bis zu der Zeit, wo unser 
(Kaiser) Thai-Tsung im Kwd-wön-ho (Name seines Lesezimmers) 
das Söng-Ü-ki heraus gab" ^"^). Das eöng-pu^^^) sagt: * Po-lu-thsai 
»ist ein Name. Theön-Sse-xoang von Wei erfand das ^urtw^-Zti-Spiel 
»(^M, Brett?) und bestimmte zwei Würfel dazu. Gegen Ende der 
» Thang gab es das Blätterspiel (ye-tze-hi), von dem man nicht 



292) S. YüaH-kien-lvi-hang , Buch 330, S. 18a. Ich weiss nicht, ob das Hung-Taun-Sü 
die Vorrede (jw) zu dem im Wïlik's „Notes on Chinese Literature", S. 117, erwähnten 
^L j^\ thsüan-£i, einem Münzenwerke, bedeutet. Hung-Tsun lebte 1120 — 1174, das 
Werk erschien 1149, Thai-Tsung herrschte 976 — 998. Das „unser" kann sich also nur auf 
das Herrscherhaus der Sung im Allgemeinen beziehn. Der Name Söng-Si-ki („Aufzählung 
berühmter Dichtungen") bezieht sich auf die 987 herausgegebene Sammlung Wön-i/üaH- 

'ßn,.n^ (^ ^ ^ il). - 5ÎC -^ ^ j? ^ It Ä ja * M 

i^A nh i^. ^C ^ t' — ^^^ *"* ^ ^& )' ^'"^"^ älteren Art Brettspiel, handelt 
das Yüan-kien-leirhang a. a. o. S. 22i — 23Ô. Po-lo-sai {po-lo-sak nach Kantoner Aussprache) 
scheint das indische prätaka su sein, worauf mich Herr Prof. G. Schlegel aufmerksam 
machte. Dieses bedeutet „Würfel", «ff ÄfiF ^£ Po-lo-sai erinnert auch an "fs ^£ 

" 'A^ tW^ -ci^ Itj C3r> 

posai, eine Art sai, welches mit Würfeln gespielt wurde. SVt.pdçaka „Würfel". Vgl. weiter 
\inter po-lu-tsai. 

293) Wylib a. a. O. (S. 200) erwähnt nur ein Söttg-thiao-pu, ein Werk über die Bete- 

nnngen ( ^î ^ffl =^ , an analytical work on the tones) aus dem 17. Jahrhundert. 
\ isç. pfV^ flö ' 



302 KARL HIMLY. 

»weiss, wer es erfunden hat. Später wurden die Würfel bis auf 
»sechs vermehrt. Für thou (mit dem Begriffzeichen für Knochen) 
»sollte man thou (mit dem Begriffzeichen für Hand) schreiben; 
»denn tliou bedeutet »werfen" ((<ï)" ^^*). In po-lu-thsai ^^^) ist un- 
schwer das obige po-lo-sai wiederzuerkennen, wenn auch jedes 
Zeichen für sich eine Bedeutung hat und das Ganze einen gewissen 
chinesischen Anstrich hat, da po das alte Glückspiel im Allgemeinen 
bedeutet und auch die Abteilung der Spiele im Yüan-kien-lei-hang 
so benannt ist, zu der die fragliche Stelle gehört. Lu-thsai sind die 
sechs Glücksfälle, Würfe oder Augenzahlen des Würfels. Chön-Sse- 
wang ist der Name des Dichters Thsao-éi (192 — 232, s. Mayers 
a. a. 0. 759), des dritten Sohnes des Thsao-Thsao und Bruders des 
Thsaö-P'ei, der als Wei-Wön-Ti von 220—227 zur Zeit der »drei 
Reiche" herrschte. Er wurde zum Fürsten von Chön {Chön-wang) 
ernannt und erhielt nach seinem Tode den Ehrennamen Sse-wön, 
aus welchen beiden Namen das obige Chön-Sse-wang zusammen- 
gezogen ist ^^^). Auf ihn ist auch die Bemerkung der oben ange- 
führten Stelle des Hung-Tsun-Sü zu beziehen, wonach das Spiel aus 
Indien zu den Thsao-Wei kam. Das »Blätterspiel" wird weiter un- 
ten, wo vom Kartenspiel die Rede ist, noch erwähnt werden. Von 
thou werfen (vgl. oben 7 thou hu) ist thou-tze Würfel abzuleiten *^''). 
— Zur Zeit der Thang soU die Kaiserinn Wu-hou (684 — 704) eine 
Abart des éuang-lu erfunden haben. Im Yüan-kien-lei-hang folgt 
auf die eben erwähnte Stelle des eöng-pu eine solche aus dem 



S. Yüan-kien-lei-ftang 330, S. 17a. 

296) 1^ ^^ ^ Chön-sse-ioang, j^ ^ Thiön^ang, }^^ ^ Sse-toön. 

297) 7^ thou, werfen, ^tö -^ thou-tze, Würfel (auch, wie oben, "q^ -?* geschrieben). 



DIB ABTEILUNG DKR SPIELE IM SPIEGEL DER MAND8CHU-8PRACHE. 303 

Ki-tsuan-yüan-hai^ in der es heisst: » Wu-hou richtete selbst das 
»Spiel {kü) der »neun Siege" {kiu eöng) ein, welches wie das 
»éuang-lu gestaltet war. An ihrer Spitze fügte sie die zwei Würfe 
*{th8ai) »tausend" und »zehntausend" (thsienwan) hinzu. Der Steine 
*{tze »Söhne") waren 30. Sie liess je zwei Beamte des Gelehrten- 
»und des Krieger-Standes mit einander dieses Spiel üben"*®'). Aus 
demselben Werke steht weiter vorn S. IIa im Yüan-kien-lei-hang 
eine Stelle, nach der der Name Polosai auf das Nirvâna-Sutra 
(chin. Nië-p'an-king) zurückgeführt wird. Sie lautet: »Das éuang-lu 
kam aus Indien (Thien-Cu, Thién-Tu); das Nië-p'an-king nennt es 
Po-Zo-Mz-Spiel" ^^^). Nach dem Bücherverzeichuiss des Swei-éu wurde 
das Werk schon unter dem ZTan-Kaiser Ling (168 — 189) übersetzt, 
konnte also dem oben genannten Theön-wang schon bekannt sein *"''). 
Auch nach Hinterindien mag das Spiel, wie nachmals das Schach- 
spiel, schon früh gedrungen sein. Das èan-Thaug-Ssë-K'ao,, ein Sam- 
melwerk, welches 1595 zu Stande kam (s. Wylib a. a. 0. S. 150) 
sagt nämlich: * éuang-lu ist der Name eines Würfelbrettspieles 
{po-kü-hi von po Glückspiel, kü Brettspiel). Im Lande San-fu-tJisi 
(Palembang) heisst es eö-p'o, in Tschampa (Can-ehöng) Si-li, in 
Cön-la (Kambodscha?) so" '"'). Überall hier könnte es sich um 



•s [ij/ gt ^ 

^00) l^VM^ Ni-huan-king in 2 Büchern {küan). Die von Wylie a. a. O.S. 164 
erwähnte Ausgahe -Jr* -1^ "^Ö TgS Ja^ Ta-pan-me-pän-king hatte 40 Bücher. 

ffl -Ji , çë iß H H ig > Jt M H -^^ . s- i-'-i^-i^''"! 330, 

S. 11 a — b. Sö-p'o könnte den vorderindischen Lauten §awa, yva entsprechen und an den 
hindustanischen Namen gua für Spiele erinnern. Für éo ist dem Lantzeichen gemäss cö zu lesen. 



304 KARL HIMLY. 

vorderiudischen Eiufluss handeln; doch sind die Wörterbücher, die 
wir für die einschlagenden Sprachen besitzen, teils noch — nament- 
lich für solche Zwecke — unzulänglich, teils kann man der chine- 
sischen Umschrift keine grosse Genauigkeit zutrauen. Da Tschampa 
sich zur Zeit seiner Blüte sehr weit nach Norden erstreckte, ist 
hier auch eine Verwechselung mit dem Annamischen möglich. 
Wegen eö-p'o (eö-p'o) siehe oben ^^^) ; éi-li, nach Kantoner Aus- 
sprache 6at-lai, erinnert in seinem ersten Teile éat an die in 
Ännam sogenannten und mit demselben Lautzeichen bezeichneten 
Wurfknöchel (vgl, hbn-chat, Wurfknöchel, dänh-chat, mit Wurf- 
knöcheln spielen) ^'^^). So ist vielleicht verkürzt (vgl. sanskrit akéa, 
Auge, Würfel, oder çâri, Figur eines Brettspiels und mit ersterem 
oben erwähntes wu-so, wuk-sok für aksaka?). Von der Verbreitung 
ähnlicher Spiele in Japan redet schon das Swei-éu, wo es im 81. 
küan unter Wo-kuo (Japan), S. IIa, von den Einwohnern heisst: 
»Sie lieben die Spiele k'i (d.h. wei-k'i), po^ wu-so und éhu-p'u" '"*). 
Unter diesen Namen ist wu-so schon oben als dem Puff verwandtes 
Spiel vorgekommen, po und éhu-p'u haben bald eine weitere, bald 
eine engere Bedeutung und gehören nur insofern hierher, als beide, 
je nach der Auffassung des Verfassers der Spielabteilung der Sachen- 
bücher oder Sammelwerke, eine Anzahl von Spielen umfassen, zu 
der auch das suang-lu gehört. So wird dieses im Yüan-kien-lei-hang 
unter po, im Wan-pao-thsüan-su unter éhu-p'u aufgeführt ^°^). Dem 



302) "Wie mir Herr Prof. Schleqel mitteilt, ist éapa ein malaiisches Spiel. 

303) jCJXi J^[ f>o)i chat (Aon ist Kügelchen), "^rj {jM ddn/i cliat. 

304) ^ g o iî ^ iS fi ^ 1^ 'M o Auch von den Türken (Tu-küe) 
sagt das Swen-éu, »die Knaben liebten das éhu-p'u, die Mädchen das Fussballspiel (/f^a-^w)" 

305) JS ipT -^y> ^g> Wan-pao-ihman-àu, ein kleines 1739 erschienenes Sachen- 



DIK ABTEIUINO DER SPIKLK IM SPIKOKL DKR M ANDSCHU-SPRACHE. 305 

indischeu Ursprünge wird ein solcher (wohl für eine andere Art 
des Spieles) im Lande Hu gegenüber gestellt. Hu *°") bedeutet ge- 
wöhnlich Innerasien, wird aber gelegentlich auch auf Indien bezo- 
gen, wie ja der Überiand verkehr mit diesem durch jenes ging. 
Hier ist es nun nicht unwahrscheinlich, dass das in China und 
Japan übliche huang-lu aus Persien stammte und seinen Weg durch 
lunerasien nahm, zumal da das persische Brett mit dem chinesisch- 
japanischen übereinstimmt ^'"), während das éaupar und das éausar 
in Indien auf einem Brette gespielt werden, welches die Gestalt 
eines Kreuzes hat (s, Hyde a. a. 0.) ^^^). In einer dem Lei-t/ao 
entlehnten Stelle des Sansai-tsu'ye heisst es: »Dasa das èuang-lu 
»aus Indien stammt und im Nirvâna-sutra po-/o-««/j-Spiel genannt 
»wird, ist richtig; schöner aber ist das im Hu-Lan(\e entstandene. 
»Das Nippori'-ki sagt: Ji-tô-tennô ^690—697) habe das suang-lu ver- 
» boten, woraus zu ersehn ist, dass der Ursprung des kuartg-lu in 
»unserm Reiche dem des t^gi-^'t vorherging. Man weiss jedoch nicht, 
»wer es überliefert hat" ^^^). Vor dieser Stelle steht eine solche aus 
dem Wu-tsa-thsu, die also lautet: »Das kuang-lu ist ursprünglich 
»ein Spiel (des Landes) Hu. Man sagt, ein König in Hu habe 
»eiuen Bruder gehabt, der wegen eines Vergehns habe hingerichtet 



I 



Wörterbuch, welches nebst anderen auch Abbildungen von Spielen enthält. S. 9 ff. handelt 
es unter der Überschrift i^ ym Pn vom iuang-lu und dem ^* |^ 6u-wo (.rothes 
Nest"), einer .\rt Würfelspiel. Im San-sai-tsu-ye ist èhu-p'u für Spielkarten gebraucht. 
Vgl. das indische Puffspiel öaupar(?). 

306) -j^ . 

307) 8. Zeitschrift der Deutschen Morgenlr.ndischen Gesellschaft, Band 33, S. 679 ff. 

308) Auch ich habe mich durch den Augenschein überzeugt, dass dieses noch der Fall 
ist. Statt eines Brettes gebraucht man auch Tücher. 

Oas Nippou-i-i oder Yamatobumi wurde 720 verfasst. 

21 



306 KARL HIM LY. 

»werden sollen. Dieser Bruder habe im Gefängnisse dieses Spiel 
»benutzt, um höheren Ortes seine Meinung mitzuteilen, dass der 
»Alleinstehende von den Menschen angegrifiFen werde ^*'*), womit 
»man einen König zum Besten habe. Die Steine {tze, »Söhne") 
»bewegen sich nach den Würfeln. Wenn man die zweifache sechs 
»bekommt, so kann man nicht umhin zu siegen. Daher nennt ma,n 
»es suang-lu. Zuerst in die Burg {kung) zurückkehren {huei) be- 
» deutet den Sieg. Es kommt auch vor, dass es von Einem abhängt, 
»einen Stein zu schlagen und in die Burg des Andern zu setzen. 
»Wenn man ihm hindert am Zurückkehren, so heisst das »er hat 
»keine Brücke"; gelingt dieses nicht, so hat er im Gegenteil verloren. 
»Sieg, oder Niederlage beruht ganz auf den Würfeln und darin 
»dass man geschickt von vorrücken und stehn bleiben das Bessere 
ȟbt. Es giebt folgende verschiedene Arten: das suang-lu des 
»Nordens, das von Kanton, und das der Nan-Man und Tung-1. 
»Man weiss aber nicht, worauf sich (die Behauptung) gründet, 
»dass die Sache ihren Anfang mit der Erfindung durch Chön-Sse- 
•»wang genommen habe" ^''). Wo die »Burg" (kung) sich befinden 



310) Die einzeln stehenden Steine im Pufifspiel können vom Gegner geschlagen, oder 
vom Brette entfernt werden. 

± s t .W Ä M :)§ A Fjr » > ja iä 3E tfe .^ Hit 

m^.mzm m.r^ ^ > w s ä äcä # ä * ïe 
M^\mm.^mMnzm.<iâ*kàmMmM. 

3t $Si ^ 5^ '(nf ^j^ ^ (lies 1^ "t^i ) o — ^'"^ Nan-Man oder .südli- 
chen Wilden" sind vielleicht die Portugiesen, wie S. IQb beim Kartenspiele. Die Tung-l 
oder »östlichen Fremden" könnten sich auf Korea und Japan beziehn. 






DIB ABTEILUNG DER SPIKLE IM SPIEGEL DEIl MANDSCHU-8PRACHE. 307 

soll, ist nicht ganz deutlich. Nach dem Wan-pao-thsüan-iu sitzt der 
Spieler, der die weissen Steine hat, auf der Westseite und setzt die 
Steine von rechts nach links, während es mit dem Gegner amge- 
kehrt ist. Die Südseite, wo das Spiel anfängt und (gegenüber) an- 
hört, heisst wat-hua (»äussere Blume", vielleicht nach einer Ver- 
zierung des Brettes so genannt?), die Nordseite nei-kia (»inneres 
Haus"), da auf dieser Seite kein Ausweg ist. In der Mitte befindet 
sich, wie beim chinesischen Schachspiele, ein »mittlerer Fluss" 
{éung'ho) ''*). Die Tore (mön) ^^^) in der Mitte scheinen nur den 
Übergang von der Süd- nach der Nordseite zu bedeuten. Auf der 
ersten Brücke der Süd-Seite stehn sich 5 schwarze auf der Ost-Seite, 
und 5 weisse Kegel auf der West-Seite gegenüber. Diese und die 
folgenden Aufstellungen sind auch die des persischen Nerd ''*). 
Auf der fünften Brücke stehn sich je 3 gegenüber, aber so dass 
auf die 5 schwarzen der ersten Brücke hier 3 weisse auf der Ost- 
Seite folgen und umgekehrt. Auf der Nordseite folgen auf der 
siebenten Brücke 5 weisse und 5 schwarze, erstere auf der Ost-, 
letztere auf der West-Seite. Auf der zwölften Brücke stehen sich 
die übrigen je 2 Kegel gegenüber, die schwarzen auf der Ost-, die 
weissen auf der West-Seite. Die Brücken der Süd-Seite heissen die 
»vorderen" (éhien-liang) "^), die der Nord-Seite die »hinteren Brücken" 
{hou Hang) '*") oder nei yung liang^^'^), die »inneren blühenden 
Brücken". Liang könnte auch »Balken" und yungr-Zia«^ die » Balken 



312) Ftl yffl[ , auch raf .Ä. ho-kiai ./Fluss-Gränze" genannt. 

313) Pn . Im San-tfisai-ihu-htuii heisst es auf dem ersten Grundrisse des Spielbrettes 

^S PR Jt\ />fc ^^ fong mon pu tio kia = »trifft man das Tor, so wird kein Haus 
gemacht 

314) S. Ztschr. d. D. M. G. Band 33. S. 680. 

317) Cta œ| y^. Die Brüsken werden eigentlich von innen nach dem Rande zu 
gezählt, sodass die erste éhien liu Uang ( "Bn -^ jßS^ ) .die sechste vordere Brücke" heisst. 



308 



KARL HIMLY. 



eines Giebels" bedeuten, was besser zu den »Toreu" stimmen würde, 
während freilich »Brücke" mehr zu dem Flusse passt. Schon zur 
Zeit der Thang hatten sich neue Bretspiele der Art entwickelt. 
Eine im Yuan- kien-lei- hang 331, S. 106 angeführte Stelle des 
Thang kuo si pu lautet: »Unter den jetzigen Po-spielen ist das éhang- 
»hing ^'^) (»die lange Reise"?) am meisten im Schwünge. Zu den 
»Spielgeräten gehören ein Bret und Steine, von letzteren je 15 
»schwarze und gelbe. Der zum Werfen gebrauchten Würfel sind 
»zwei. Die Spielweise ist aus dem Wu-so ^'^) entstanden und zum 
*suang-lu abgeändert. Der späteren Menschen wandelbarer Sinn hat 
»das d/iaw^-Zmz«; hervorgebracht. Der Stärkere {k'iang) ^^'^) hiess der 
»Kämpfer {eöng) **'); siegen hiess Uao-ling *") (»das Übrige erraffen"). 
»Durch einen bildlichen Ausdruck wurden die verschieden bemalten 
»(Häuser, oder Brücken?) »Sackhäuser" {nang-kia) ^^^) genannt, 
»und derjenige, welcher das elfte Sackhaus einnahm, »der Oberste 
»der Bettler" {k'i-thou)" ^"). Dieses erinnert schon an die jetzigen 
bunt bemalten Reisespiele in Japan, da nang *"^^) einen Reisesack 
und vielleicht auch einen Bettelsack bezeichnen könnte ^^^). Nach 



318) -J ^. 319) ^ ^. 320) 5M- 

321) ^ . 322) ^^ ^ . 323) ^ ^ . 

324) li& ^M B^ 3^ffl {Thang-huo-Si-pu »Ergänzuug der Geschichte der Thang", 
mit anderen Werken der Thang- und der Sung-Zeii in dem Sammelwerke ^S- ^j3. Jfe ^fe 

Thang-Sung-thsung-su unter den Ming neu herausgegeben nach Wylie, Notes, S. 212) : 

nang. ^^ kia «Haus" ist sinnverwandt mit obigem Hang »Brücke". 



826) ^^ Pp '^ -^ dü-eiu-aungo-rolu s. Culiu a a. O. S. 17. Die Felder stel- 
len z.B. die Halteplätze des Tokaidö, des Rokkaidö u.s.w. dar. Wie bei uns sind aber auch 



DIK AHTEILUNO »Ell SPIKI.K IM SPIKHKL DKIl M ANDSCHU-SPKACII K. 309 

dem San-thamj-sse-k'ao, eiaem Siimnielwerk vom Ende der Ming^ 
Zeit, welches jedoch erst 1691 herausgegeben wurde, kommt der 
Ausdruck nang-kia auch bei einem der Chu-p'u genannten Spiele 
vor. Die im Yüan-kieri'lei-hang 330, S. 24i angeführte Stelle lautet: 
»In unserem Zeitalter heissen Rädelsführer beim Chu-p'u »Häuser 
der Herzöge und Grafen" (kuvg-tze-kia), nang-kia oder lu-è1, (»Auf- 
zeichner der Ereignisse")" ^"). — Zu den älteren Würfelbretspielen 
ist auch das Ta-rna *") — oder »Rosse-Schlage-Spiel" — zu rech- 
nen, welches im Yüan-kien-hi-hang teils unter den po-, teils unter 
den CÄM-/>'w-Spielen erwähnt wird und sich im San-thsai-thu-hiiei 
ziemlich ausführlich beschrieben findet. In letzterem ist ein siang-k'i- 
Bret abgebildet {Zön-ei 1, S. 33—34), an dessen vier Ecken sich 
eben so viele Tore befinden **''). Auch in der Mitte zwischen den 
genannten Toren befindet sich je ein anderes, und hierzu kommen 
nach oben zwei andere au den beiden Eingängen des »Flusses" 
und ihnen gegenüber zwei weitere Tore. Ein elftes Tor ist das 
unten in der Mitte befindliche Han-ku-kuan '^"). Diese 11 Tore 



andere Stoffe zu derartigen Würfelbretspielen bearbeitet. Ein älteres in China noch übliches 
Spiel der Art ist das [t JJT B 1^ éông huan thu (.Bild der Bearatenbefördernng"), 
welches schon Hyde in seiner oben erwähnten «Historia nerdiludii" beschrieben hat. Statt 
des Brettes dient auch wohl ein grosser Bogen Papier, oder Pappe mit 64 ungleichen 
Feldern in 3 Reihen; die Ungleichheit der Felder wird durch die verschiedene Anzahl der 
Rangstufen einer Behörde bedingt. Man wirft mit 4 Würfeln und setzt eine der jedem 
Spieler zustehenden Karten ( jjffi p'aï), Bambusstäbe oder Marken ( ^Ë ihuti), indem 

man unten am Rande bei Hj S/ ihu iön .die Laufbahn betreten" (eigentlich »mit 
seinem Leibe hervortreten") beginnt. Man spielt um einen Einsatz. Die Namen der Würfe 
s. u. beim Würfelspiele und Colin a. a. O. S. 18 ff. 

^^ ^ »R ^ ^i' ^^ •» -VjF Sn •^ ^k ^" o ^-"^ '** ^'®'" ^°^^^ '" ^'^'^ bekann- 
ten übertragenen Bedeutung von Menschen und vielleicht im spöttischen Sinne zu nehmen. 

328) tr ^ ' 829) A ♦ — ^+^+- 

<i30) ^^ ^A». ^^ . An diesem Passe soll Lao-tzt auf seiner sagenhafte Reise nach 
dem Westen das Tao-Tö-king verfa&st haben. 



310 KAHL HIMLY. 

siad offenbar die »11 Nester" (wo), von denen S. 366 die Rede ist. 
Die Namen sind teilweise wirkliche Ortsnamen, wie Han-ku-huan 
(nordwestlich von Ho-Nan-fu), und Yü-mön-kuan ^") (westlich 
vom Kia-yü-kuan "^) in Kan-Su), teils Verbindungen solcher mit 
kien '''), welcher Ausdruck hier die Weidegründe der kaiserlichen 
Rosse bezeichnet, wie Lung-Si-kien ^^*) (in Kan-Su), K'ien-Yang- 
kien ^^^) (in éen-Si), teils andere Benennungen, die mehr, oder 
weniger bezeichnend für Rossezucht, oder die Verwendung von 
Rossen sind, wie èa-Yûan-kien ^^'^) (»Sand-Weide"), Ta-Sse-kien ^^'^) 
(»Grosser Weidegrund der Viergespanne"), mit yuan ^^^) »Hof, 
Weide": Fei-lung-yüan ^^^) (»Weide des fliegenden Drachen"), K'i- 
Ki-yüan^^'^) (»Weide des Schecken-Renners"), mit i ^**) (»Eilboten- 
amt"): Chi-Än-i ''^^) (»Eilbote des roten Ufers"), mit sse "^) »Amt, 
Gerichtshof, Tempel": Thai-Pu-sse^"^) (»Name des Hofmarstalls"), 
mit /;m *") (»Werkstelle" u. dgl.): àang-àông-kû ^'^'^) (»Wagen-Zeug- 
haus"). Zwischen dem Fei-Lung-yüan und dem Sang-Söng-kü befin- 



331) Ï PI ^ . 332) ^ mg ^ . 333) ^. 

334) Enß |jti| ^& . Das heutige Kreisamt Lung-Si-hien ist mit dem Bezirksamt 
Kung-éhang-fu, unter dem es steht, in einer Stadt vereinigt (34" 56' 24" N.B. 104°43'30" 
O.L. V. Gr. nach Lobscheid, Topography of China). Zur Zeit der Thsin und Han lag 
Lung-Si-kün an der Stelle des nachmaligen Lin-tao-fu südlich von Lan-éou-fa. 

335) VfF 1^ ^- K'ien-Yang-hien liegt 34° 35' N.B. 107° 11 'O.L. nach Lobscheid 
a. a. O. 

336) ""^A^ m^ ^^ . ~Su. yuan hat etwa dieselbe Bedeutung wie kien. 

337):^ SS ^. 

338) U^ yuan wechselt mit dem yuan in 336). 

339) ^ ^ ^ . Vgl. den ^ ^f j^ Fei-lung-kiu [kiu, Stall) des Ming-Huang. 
8. I-éi-lu 49, 50 und 51. 

340) ig .^^. 341) Ig. 342) ^^||. 
343) ^ . 344) ^ ^ ^ . 345) ^ . 

3*6) i^^M- 



ÜIK AUTEILUNG DEll SPIKLK IM SPIKOEI, ÜKll MANDSCHU-SPttACHK. 311 

den sich 3 kia ^*^) oder »Zangen" nach S. 37/* (5 kia nach der 
Zeichnung S. 34a), ferner vor dem üaang-Söng-kü ein timen oder 
»Stadt-Graben" ^*"). Die Bezeichnungen kia oder kia und thaien 
sind in Kreise eingefasst, wie die der wa (»Rosse"), der zum Setzen 
gebrauchten Steine, welche, meist je 8 zwischen 2 Toren, au den 
Rändern des Brettes stehn. Dass dieses wirklich Abbiklungen der 
Steine sein sollen, geht aus den Bemerkungen über die letzteren 
mit grosser Wahrscheinlichkeit hervor, welche sich S. 36a befinden. 
Dort heisst es nämlich: »Alle »Rosse", von denen Jeder 20 ge- 
» braucht, sind aus Nashorn oder Elfenbein geschnitzt, oder aus 
»Kupfer gegossen; wie eine Art grosser Geldstücke sind sie mit 
»dem Zeichen ma (»Ross") versehn und zwar jeder durch einen 
»andern Namen eines Rosses unterschieden [wie z.B. Hua-Liu, 
*San-Tzé oder dgl.]. Man nimmt auch wohl nur Geldstücke dazu, von 
»denen jedes eine verschiedene Aufschrift hat, woneben mau letztere 
»auf verschiedene Weise bunt färbt" ^*^). Hua-Liu und èan-Tze 
waren zwei der pa-tsün oder »8 edlen Rosse" des Cou-Mu-wang ^^°), 



347) ^wP kia „Zange" wechselt mit ßyj ^'*«. Klamm, Engpass, in welchem Sinne es 
hier wahrscheinlich zu verstehn ist. 

»") rL .fi # <i^') - + E ffl Ä ^ âiiJiÊ > w.m 

360) ^j ^^3 -j-* (1001 — 947 V. Chr.). Mu-wang soll mit seinen »8 edlen llossen" 

( J\ ^^ pa tsiin) nach dem fernen Westen gefahren sein. Folgende Namen derselben 
werden genannt: 1. Ëife ffi»5g Hua-Liu .der llothbraune", 2. jÖä ^L Lü ör .Grünohr", 
3. ;^J^ 1^1 Chi-Ki .der rothe edle Renner", 4. Q î^ Pat yi .der weisse Fleckenlose", 

5. rp; "Sr/fü Huang »der grosse Falbe", 6- {jBÎJ î^i«-/'» »das hinüberlaufende Rad", 

7. 'i^ ^1^ Tao-li .der raubende Renner", 8. |_ij -¥* san-tza .der Sohn der Berge". 
S. I-éi-lu nach Lie-tze (vgl. Faber, Licius S. 60; Legge, Chin. Classics III, 1 proleg. 
Bamb. books S. 150). 



312 KAHL HIMLY. 

von deuen aber nur Hua-Liu und CM-K'i auf der Abbildung des 
Brettes stehn. In dem Münzenwerke K'in-ting-thsien-lu sind zwei 
der oben erwähnten Münzen abgebildet; die eine hat die Aufschrift 
Kü-Huang, welches der Name eines der pa tsün ist, die andre das 
Bild eines ßosses mit dem Namen Fei-Huang (»fliegeuder Falbe"), 
welcher nach dem genannten Werke zu denen der liu Men '^*) 
gehört, den Rossen des wegen seiner Rossezucht berühmten Po-Lö '"). 
Ein Fei-Huang befindet sich auch unter den am Rande des Brettes 
dargestellten Steinen, neben fünf anderen, in deren Namen gleich- 
falls huang *^*) als zweites Glied der Zusammensetzung vorkommt. 
Ferner sind einige in den Namen gebrauchte Ausdrücke im Sî-king 
zu finden, z.B. Lai-P'in '5*) x>die Riesen-Stute" (vgl. I, IV, VI, 3; 
Legge, S. 83), K'i-Liu''') »der Rotbraune" (I, XI, III, 2), Sse- 
Thie^^'^) »das eisenfarbene Viergespann" (I, XI, II). Einzeln dort 
vorkommende Ausdrücke sind 6ui »Schecke" in 77«e-(jMi ^") (IV, II, 
I, 2) »Eisenschecke", kü »Füllen" in Kü-Yin^^^) »Füllen-Rappe", 
kia in Föng-Kia '"") »Abwerfer". Sprichwörtlich sind die Namen 
KH-Ki'^'') »Schecken-Renner" und Nu-Thai'^') »Kracke". Nu ist 



351) ^WJ "m* Fei Huang, ~h^ bm Liu /lien, »die 6 Geübten". 

352) 'f^ m . 353) ^ .gelb, Falbe". 

'^^^) (^^ ^fb • -^''* '^^^ ^'"^ Pferd von mehr als 7 chinesischen Fuss Höhe. Hier sind 
im Gegensatz zum Si-khig lai und p'in zusammen als Name eines Pferdes zu verstehn. Die 
Pferde im östlichen Asien sind klein. 

^°^) ^Sffl ^"'" ^iXI^' ^* '^' scheckig im Allgemeinen (vgl. j^ Bretspiel 
und die Felder der Spielbretter, obgleich diese in China nicht verschiedenfarbig sind). Liu 
ist ein rothbraunes Pferd mit schwarzer Mähne and schwarzem Schwänze. 

356) . a ^. 357) i^Ü. 

358) S»)^ f- ÄPa- 359) y^%. 

360) ||^ ,^ . Letzteres Zeichen steht für ,^ . Dieses ki wird als ^ J^ ^ 
»Tausend-Li-Koss" gedeutet, wie das des Sun-Yang oder Po-Lö (s. o.). 

361) ^m ffip . Nu enthält als Lautzeichen das Zeichen ^gj^ nu „leibeigen", was 
für die Bedeutung kennzeichnend zu sein scheint. 



DI 



K ABTEILUNG DER SPIKLE IM SFIF.GEI. DEU MANÜSCIiU-SPHACHK. 313 



ein abgetriebeuer Gaul, wie ihn die unteren Hofiliener bekameu, 
thai ein solcher, der das Gebiss nicht mehr verträgt. Auch von 
Taao'Fît, dem berühmten Wagenführer des Mu-Wang^ heisst es, 
er habe mit einem Nu-Thai nicht fahren können, und Yang-Huo 
wird K'ung-Fu-Tze'a Nu-Thai genannt •'"*'^). Ki ist ein Ross, wel- 
ches 1000 li laufen konnte. Im Can-kuo-tsö ^'''), dem > Buche von 
den streitenden Reichen", einem Werke der J^aw-Zeit, heisst es: 
»Wenn der K'i-Ki ermattet, holt ihn eine Kracke (wti-wa) ein" '"*). 
»Einen KH-Ki mit einem Nu-Thai zusammeuspannen" '^^) ist eine 
andere sprichwörtliche Redensart. Fei- Tien ''"') »der fliegende Blitz", 
Fu-Yûti '**') »die schwimmende Wolke", sowie andere Blitz, Nebel, 
Wind U.S.W, bezeichnende Namen kommen vor. Im Ganzen aber 
sind wohl nur solche vorzugsweise kennzeichnend für das Spiel, 
die sich auf Mu-Wang und seine Reise nach dem Westen beziehn 
lassen. Die »Rosse" wurden offenbar nur an die Ränder des Brettes 
gesetzt. — Die folgenden Seiten enthalten das sse-yang-thu '®*) oder 
die »Darstellung der Würfelarten" (d. h. der verschiedeneu Würfe, 
welche mit 8 Würfeln geworfen werden können). Diese 56 Würfe 
oder thsai ^^^) haben alle bestimmte Namen. Voranstehn die 11 
èang-sse ^'^'^) oder »Würfe mit Belouung" (ia/j^r »schenken, belonen"). 
Es sind zunächst die Würfe mit 3 gleichen Zahlen 1. 1. 1., 2. 2. 2., 
3. 3. 3., 4. 4. 4., 5. 5. 5. und 6. 6. 6. An der Spitze stehn die 3 ro- 



368)Ê#li- 369)^. 

370) ^ -^ , auch Ä ^ mnj limi. 



314 KARL UIMLY. 

ten Vieren, genannt thang-yin ^'*) (»Stempel des Gerichtes"?). Be- 
zeichnend sind die Namen der 3 T>XG\en yen-hing V *''^) »Gänseflug" 
und der 3 Fünfen thao-hua-éhung-wu ^^^) »die mehrfache Fünf der 
Ptirsichblüte". Diese dreifachen Würfe heissen hun-hua ^'*) »ganze 
Blume". Die übrigen sind 6. 5. 6., 4. 5. 6., 2, 3. 6., 1. 4. 5. und 
1. 3. 6. — Dann folgen die beiden Würfe 1. 2. 3 und 1. 2. 1., 
welche /a sse^"^'^) »Würfe mit Busse" heissen. Die übrigen Würfe 
sind tsa sse ^'^^) »verschiedene Würfe". Von S. 35^ an folgen die 
Spielgesetze. Zwei bis fünf Spieler nemen Teil und setzen einen 
gleichen Einsatz in die Kasse (p'öii "') »Napf"). Der erste Wurf 
heisst pön thsai^"^^) (»ursprünglicher Wurf"). Dieses muss aber 
einer der fa-thsai sein. Über das Tor des Fei-Lung-Yüan hinaus 
führen nur die »schwarzen" Würfe (hüan) "^), d. h. diejenigen, bei 
denen 1 und 4, die ersten Würfelaugeu, nicht vorkommen. Sie 
heissen eön pön thsai ^^'^) »richtige p. t.", die andren p'ang pön thsai ^^') 
»Neben p. t.". Seite 36 ist von dem Setzen der Rosse die Rede 
{Ma ma U) *^^). Die Würfe hatten aber nicht allein das Setzen der 
Steine oder »Rosse" {ma oder p'i) ^^^) zur Folge, sondern es wur- 
den auch Marken {thie) ^'*) von der Anzahl dieser Rosse gegeben. 



371) g Pp. 

^'''2; jffe 'fr ^, ■ Die Endung ör, 'r (eigentlich »Sohn", dann Verkleinerungen, 
oder Hauptwörter bildend) scheint der neuern Pekinger Mundart anzugehören. 
373)t^È%gj£. 374) ja:fÊ. 

37B) 13 Ê ' °^" 13 Ä > ^^"''■ 
376) HE- 377)^. 378):7|5:^. 

879) '^. . Die 4 ist bei allen chinesischen Würfeln rot gefärbt, ebenso die 1, wenn 
sie nicht ein grösseres ungefärbtes Auge ist. 

880))f2|5:^. 381)^215:^. 

382) y\ j^ Wj^ . "K Ma ,/niedersetzen", wie in ^^ ^^ ''"<* ^'> »Schach spie- 
len", wo es die Bedeutung »spielen" angenommen hat. 'ffijl li »Gesetz". 

383) P[C p'i wird hier, wie gewöhnlich, als Zahlausdruck bei ma gebraucht. 

384) nLk tMe, eigentlich Zettel von Papier, oder Pappe. Aus ihnen scheinen später 
die Spielkarten hervorgegangen zu sein, welche noch jetzt als Marken dienen. 



UIK Am-EII.UNQ UKU SPIEI.B IH SPIKUKL UKK MANDSCHU-SPUACIIü:. 315 

Beim Wurfe 4, 4, 4 {tliang yin oder «at; /iW7i Aua) '^^'^) wurden 8 
Rosse gesetzt und 8 Marken gegeben; wenn der erste Wurf {pön 
thsai) vorher 12 Augen betragen hatte, durften 2 »Rosse" ausser- 
dem gesetzt werden ^^^). Bei 6, 6, 6 [pi yu oder liu huu hua) '") 
wurden 6 Rosse gesetzt und 6 Marken gewonnen, bei 5, 5, 5 
{thao hua éhung lou oder lou hun hua) ''^) 5 Rosse und 5 Marken. 
Hierzu kamen weitere 2 Rosse, wenn der pÖ7i thsai vorher 15 Au- 
gen betragen hatte. Wurde 3, 3, 3 (yen hing V s. o.) geworfen, so 
wurden 4 Rosse gesetzt und 4 Marken gewonnen, und, wenn der 
erste Wurf 9 Augen betragen hatte, so wurden weitere 2 Rosse 
gesetzt. Dieser andere neun Augen zählende Wurf konnte l, 3, 5 
{fhso kiu ■■'^'•*) »gekniffene Neun"), 1, 2, 6 {kuai kiu •'"*") »gedrehte 
Neun"), 2, 3, 4 {mei kiu ^'•") » Neun der jungem Schwester"), 2, 5, 2 
{k'ia kiu^^^) »Neun auf beiden Seiten gefasst"), oder 4, 1, 4 {ting 
kiu ^^^) »genagelte Neun") sein. Wurde 2, 2, 2 {pai p{an) ör) *"*) 
»Taktbretter, Castaguetten" oder ör hun hua '^^) geworfen, so wur- 
den 4 Rosse gesetzt und 4 Marken gewonnen. War dabei der erste 
Wurf einer von 6 Augen gewesen, die zu den pön thsai gehörten, 
so setzte mau weitere 2 Rosse. Ein solcher Wurf war 1, 4, l 



385) thang-yin s. o. })}\ ]mg 7v wc fiun hio 4, 4, 4. Wegen htm-hua s. o. 
;186) 12 Augen kommen noch vor in den Würfen 3, 4, 5; 5, 2, 5; 3, 3, 6; 2, 4, 6 
und 1, 5, 6. Er steht also unter thang^in in kleinerer Schrift IKj j^ 3^ ^\ J\. 

387) ^ VÈ .grünes Öl». ^^ j^ ^ß^ • 

388) thao kua èhung wu s.o. ^^ jfS '^0^ ■ 15 Augen hat der Wurf 6,3,6. Zwar 
hat auch S^ ^^ (Reiterei 4,5,6) 15 Augen, kann aber als ia^i^i'^at keinen Mjat sein. 

389) Ig fy, . 390) :^ jl . 
=^91) M il • 392) ^ % . 

393) T;^. 394):fg;g^fâ. 

395) zig|:tË. 



316 KARL HIMLY. 

{huo tung W^^^) »Feuerrohr"). Beim Wurfe 1,1,1 man p' on sing ^^'^) 
(»Sterne des vollen Napfes") oder yao hun hua *^^) wurden 4 Rosse 
gesetzt und 4 Marken gewonnen. Wenn einer der eön pön thsai 
geworfen wurde, so setzte man 3 Rosse und erhielt 3 Marken. 
Wurde ein p'ang pön thsai geworfen, so wurden 2 Rosse gesetzt 
und 2 Marken gewonnen. Wenn der Hintermann seines Vorgängers 
Wurf, der ein pön thsai war, wiederholte, so hiess dieses ehöng zön 
eön éuang ^^^) »Jemandes rechten Anprall aufnehmen", man setzte 
3 Rosse und gewann 3 Marken. Warf mau zu dem eigenen éang- 
ssë als p'ang-pön-thsai 6, 5, 6 {hei et thsi)^^'^) »die schwarzen sieb- 
zehn"), 4, 5, 6 [ma-kün"''') »Reiterei"), 2, 3, 6 {hüe Man ""'') 
»Stiefelleisten"), 1, 4, 5 {yin éï^^^) »die silberne Zehn"), so setzte 
man 2 Rosse und erhielt 2 Marken. Der Wurf 1, 3, 6 {thso ^^ ^''*) 
»geknifi'ene Zehn"), der auch zu den éang-sse gehört, die nicht 
hnn hua sind, scheint hier vergessen zu sein. Traf der Wurf eines 
Andern mit dem eigenen eön pön thsai zusammen, so warden 3 
Rosse gesetzt und 3 Marken gewonnen. Warf der Andere den 
p'ang éuang des eigenen p'ang eön thsai (d. h. wohl, wenn er den 
früheren Wurf, oder die gleiche Augenzahl wiederholte), so wurden 
2 Rosse gesetzt und 2 Marken gegeben ( — • für Hl wohl wegen 
mangelnder Druckerschwärze?). Wurde zum ersten Male ein /a thsai 



396) y^ '^n TT. '/Röhre zum Anblasen des Feuers"; auch hier, wie in 394) pör 
für pan ör Pekinger Mundart, nach dem O ör zu urteilen s. o. Hier scheinen die bei- 
den 1 mit der 4 in der Mitte ein Werkzeug anzudeuten, welches in der Mitte dick, an 
den Enden dünn ist, womit etwa die Abbildung in San sai isit ye 31, S. 26a zu vergleichen. 

397) j® ^M- 

398) ^ J^ :^ . ^^ yao, Name der 1 bei allen Würfeln. 

399) ^1^ yl \ ^i Jm' . — /jfl Jw dang éuang tst »zusammentreffen", »zusam- 
menpsallen". 

*"0) M + -fc • 401) % % • 402) ^t l^t • 

403) Ig -f- . 404) :(f + • 



DIB ABTEILUNG UKU SPIBLK IM SPIEOEL DBK MANDSCHÜ-SPRACHE. 317 

geworfeu, so wurdeu 2 Rosse gesetzt uud 2 Marken gegeben. Wes- 
halb (lie betrefîeoden beiden Würfe 1, 2, 3 {siao fu-thu *°^) »kleine 
Pagode") und 1, 2, 1 {aiao 7nang-tzë '^°^) »kleine Frau") eigentlich 
fa thsai heissen, erhellt erst aus dem später Folgenden. Bei den 
übrigen zerstreuten Würfen {san thsai) *"') wird ein Ross gesetzt. — 
Es folgeo »die Gesetze der Züge" {hing ma Zt *"'). Wenn ein Ross, 
ohne zu schlagen, in eines der 11 »Nester" gelangt [iu wo) *'"'), 
wird ein Wurf »geschenkt" {éang i di) *'°) und die folgenden Rosse 
dürfen nicht gezogen werden ; d. h. wohl, sie müssen warten, bis 
gemäss diesem gewonnene Wurfe gezogen worden ist. Sobald Jemand 
10 Rosse beisammen hat, darf er als Erster durch das Han-Ku-kuan 
gehn. Hinter diesem »Neste" darf eine geringere Anzahl Rosse nicht 
eine grössere überholen. Die Sprache wird hier nach der gewohnten 
Ausdruckweise des chinesischen Gelehrten bilderreicher und dunkler. 
Schon von Anfang an war versäumt worden, den Ausgangsort an- 
zugeben. Es könnte scheinen, dass der Wettlauf beim Phai-P'u-sse 
beginnen sollte, um links herum durch das Ta-I-kien und das 
K'i-Ki-yüan nach dem Fei-Lung-yüan, dann den Mittelfluss entlang 
zum Sang-Söng-kü, über den Fluss zum ThÜ-An-i, dann zum 
Lung-Si-kien und weiter rechts um das Brett durch das Yü-Mön- 
kuan, das K'ien-Yang-kien und das Sa-Yüan-kien^ dann erst durch 
das Han-ku'kuan wieder zum Ausgang zurückführen sollte, obgleich 
hier Yü-Mön-kuan uud Lung-Si-kien der Landkarte nach die Rollen 
vertauscht haben müssten. Die Reihenfolge, in welcher hier die 
»Nester" aufgeführt werden, ist, — wenn man die Überschriften 
(1er verschiedenen Abteilungen unberücksichtigt lässt, — folgende: 
1.) Han-Ku-kuan (»Mittelweg" Cung'tao), 2.) Fei-Lung-yûan {K*ia, 
hia), 3.) Han-Ku-kuan, 4.) Éang-Éông-ku. Am »Mittelwege" {éung 

4"5) Vh ^ ü . 406) yh ^ ^ . 407) ^ ^ . 

*f>8) fi .11 ^J . 409) TV ^. *m Ä — ^- 



318 KARL HIMLY. 

<ao)*''), welcher hier wohl den » Mittelfluss" bezeichnen soll, wurde 
der halbe Betrag des in Kasse befindlichen Geldes gewonnen *'^). — 
Sobald alle 20 Rosse das Fei-Lung-yüan erreicht hatten, führte zu- 
nächst keiner der san-thsai genannten Würfe weiter. Diese »zer- 
streuten" Würfe scheinen sich zu ergeben, wenn man die darauf 
namhaft gemachten von den 56 möglichen Würfen abzieht. Eigens 
genannt als das Weitergehn zulassend sind nämlich folgende: 
1.) »ein eigener eön-pön-thsai, 2.) die thang-yin, pi-yu, yen-hing V, 
p'ai-pör und man-p' ön-sing genannten éang-thsai, 3.) der eigene 
(wiederholte?) eön-pön-thsai, den ein Anderer wirft, 4.) ein zum 
ersten Male geworfener fa-thsai. Es folgen die »Gesetze des Schia- 
gens der Rosse" {ta ma li *'*), wenn hier tao irrtümlich für li 
stehen sollte, obwohl im zweiten Absätze wirklich vom »Umschüt- 
ten des halben Napfes" tao pan p'ön die Rede ist). Sobald eine 
grössere Anzahl Rosse auf eine kleinere trifft, so werden so viele 
Rosse geschlagen, als angetroffen werden; wenn die Anzahl gleich 
ist, wird ebenfalls geschlagen. Die geschlagenen können ihren Lauf 
dann aufs Neue beginnen. Handelt es sich dabei um alle 20 Rosse 
des Schlagenden, so erhält er die Hälfte des in Kasse befindlichen 
Betrages ***). Es steht dann im Belieben des Verlierenden, von 
Neuem anzufangen, S. 37& folgt das tao hing W^^^) »Spielgesetz des 



411) tf ä- 

412) ™| — p- ^^ tao pan p'ön, ./den halben Napf ausschütten" heisst es hier wohl 
nur in Beziehung auf denjenigen, welcher zuerst dieses Ziel erreicht. 

^ 1^ ^ ~f* ^ % ^^ W^ o ^"'' Erläuterung des Ausdruckes j:^ j^ to ma 

sagt eine Anmerkung gS '. -r yU y^ ' J^ >& — »von 20 Rossen sagt 

man, dass sie ein to ausmachen". To ist sonst ein Ausdruck für Scheiben beim Bogen- 
schiessen, Zinne einer Mauer. Ohne das Begriffzeichen ~r ist to Zahlausdruck für Blumen 
usw. = v Büschel", »Strauss". 

*is) #J tr W • 



DIK ABTEILUNG DER SPIBLB IM SFIEQBL DER MANDSCHU-8PKACHE. 319 

fallenden Ganges" (oder »umgekehrten Ganges"). Wenn Hänfen 
von Rossen nach dem Schlagen in ein >Nest" geraten, dürfen sie 
in umgekehrter Richtung gehn *'"). Dieses scheint nach den fol- 
genden Worten zu geschehn, um den Feind am Vorrücken zu 
hindern. Die nun folgenden Zu-hia-li*") oder »Gesetze des Ein- 
tritts in die Talengen" geben neue Unterschiede wegen der Wir- 
kung der Würfe an. Hier füren nur die Engpass- Würfe (liia-thsai) *'") 
durch die hia. Diese sind Pasche, bei denen die einfachen Augen 
allein zählen, z.B. von 6, 6, 1 die 1, von 1, 6, 1 die 6, oder im 
Falle eines dreifachen Pâsches z.B. 6, 6, 6 nur die Äugen eines 
Würfels, z.B. im angeführten Falle die 6. — Die lö-thsien-li ^^^) 
oder »Gesetze des in den Graben Fallens" sind den auf die »Nester" 
bezüglichen gewissermassen entgegengesetzt, da dort nicht geschla- 
oren werden darf. Wenn noch weitere Rosse »in den Graben fallen" 
{lo thsien), so heisst das thung éhu huan nan **°) »gemeinsames 
Ungemach", und nur die Würfe hun-hua-éang-thsai *^'), eön-pön- 
thsai *^^), p'ang pön thsai *^*), sowie die wiederholten eön pön thsai 
und p'ang-pön thsai '*^*), die erstmaligen fa '^thsai *"), und die wie- 
derholten 6ön éuang und p'ang éiiang ^^'^) konnten zum »Hinaus- 
fliegen" (fei 6hu) **') verhelfen. Der Abdruck der Königlichen Bi- 
bliothek weist hier eine Lücke auf, die wahrscheinlich dahin zu 



419)>^^^J. 420) n ^BB- 

*2^) Sil A ili i ^ Ä * * ^)© * *• '^^ M A "*«='•* 

dem vorhergehenden Q »seiher" gegenflher. 

*25) ± ^ i|i 1 ^. *26) T 3^ Ü Ä fj® ffi- 



320 KARL HIMLY. 

ergänzen ist, dass zuerst die zuerst »in den Graben gefallenen" 
Rosse »hinausfliegen"'^*^). Sobald alle hinaus sind, wird die Kasse 
geleert {tao p'ön^ s. o.), und für jedes hinausfliegende Ross bekommt 
man eine Marke. — Es folgen die » Bestimmungen über das Leeren 
der Kasse" {tao p'ön li) **"). Die halbe Kasse wird geleert zu Gun- 
sten Desjenigen, dessen 10 Rosse zuerst das Han~Ku-kuan erreichen, 
worauf die Spieler das Ausgezahlte ergänzen ^^"). Wenn ein Spieler 
alle Rosse eines Gegners schlägt, so erhält er ebenfalls den halben 
Einsatz. Erreichen alle Rosse eines Spielers zuerst das Sang-^öng- 
kü, was si man ^^') (»feine Füllung") heisst, so erhält er den zwei- 
fachen Einsatz "''), der von den (übrigen) Spielern ersetzt wird. 
Handelt es sich nicht um das erste Mal (<Asm man »grobe Füllung"), 
so wird nur der vorhandene Kassenbestand ausgezahlt ^^^). Den 
gleichen Lohn (srhält man (wie schon gesagt) für das Hinausfliegen 
aller Rosse aus dem Graben *^*). In der Anmerkung unter zu hia li 
könnte ein bloss gedrucktes Zeichen liu »sechs" sein, wonach hia 
liu si man i ^*^) bedeuten könnte: »das sechste hia ist si-mari\ 
Es folgen die »Bestimmungen wegen der Belohnung durch Marken" 
{éang thië) **''). Man beräth vorher, wie viel Geldstücke einer Marke 
entsprechen sollen. Mehr als drei sollen wegen der öfteren Wieder- 
holung nicht gut beizutragen "') sein. Die Zahl dor Marken ent- 



428) i^ JC^JI O O O Ü Ä iÜ • Zu ergänzen ist vielleicht ^ 

429) #1 # ^1 . "0) :S ^ A Ä i5ß- 
■»aij^jäg. 432) -^J-g^. 

434) mm^^mûmmî^M-^- 

435) MK -^^ ^^ Vp5 ^S . Die verschiedenen Angaben von 3 und 5 /lia (s. o.) 
könnten auf den je 2 Seiten eines JJK beruhn. Oder ist Ma thsai 1, 6, 1 u.s.w. gemeint? 

430) %^^]. 437) -gfc . 



DIB ABTBILUNG DBU SPIELK IM SPIKOKI, OBR MAND8CHU-SPRACHK. 321 

spricht jedesmal der Zahl der zu setzenden Rosse. Für Übertretung 
der Gesetze wird ein Beitrag geleistet [fan ü iön kung) *'*). Für 
jedes geschlagene Ross wird eine Marke gewonnen, und der Besitzer 
desselben hat dafür aufzukommen *'"), Für jedes aus dem Graben 
fliegende Ross erhält man eine Marke, und alle anderen Mitspieler 
kommen dafür auf ^*"). — Den Schluss machen die éang-St-li **') 
oder »Bestimmungen wegen der Belohnung durch einen Wurf". 
Für jeden Wurf eines hun hua éang thsai, eön oder p'ang pön thsai, 
wodurch ein Ross geschlagen, oder durch Häufung {thie), oder 
Fliegen gewonnen wird erhält man einen W^urf als Belohnung**^). 
Wenn ein anderer **^) den eigenen eön, oder p'ang pön thsai, oder 
einen erstmaligen fa-thsai wirft, erhält er einen Wurf als Beloh- 
nung ***). 

7) Semku Würfel, chin. sö'tze^% 

Giranggi he simxun x^feli-i gese duin durhe^en ninggnn dere 
obume arafi, ninggun d^re-de emu-éi ninggun-de isibume tongki feteß 
moro fengseku-de maktame eßrengge-be sesukü sembi. »Wenn man 
»einen Knochen wie Fingerballen so bearbeitet, dass sechs vier- 



439) Ift ^ A ßt • *^""^ '" ^^'^^^ ^^^"- 

'i|.Ä#'^.?il# -®>"^ Ä — P-)ä>l'°°"«'l'i«aar.al.»,obdi. 

^tf f^ ^nn • • ' einzeln, oder mit dem Vorigen im Zasammenhang zu verstehn ist. 
Wäre ersteres der Fall, so hätte unter K RR WA wohl schon darauf hingedeutet sein 
können, dass ausser dem Setzen so und so vieler Rosse noch ein Warf gewonnen würde. 

443) ^IJ K^. D. h. wohl Einer, der nicht mit dem ersten Wurfe Atut-Atia a.s.w. 
geworfen hat, sondern einen eön pön thtai, oder einen fa thteù, der nicht gleich zum Setzen 
herechligte. 

88 



322 KAHL HIMLY. 

»eckige Seiten daraus werden, von eins bis sechs Würfelaugen 
»darauf aushöhlt und in eine Schale, oder einen kleinen Napf 
»wirft, so nennt man dieses Spiel sesuku\ 

Sesuku ist nicht sowohl das Spiel {sesuku maktara eßn^), als 
das dazu dienende Geräth, wie schon die Endung kü andeutet. 
Wenn man festhält, dass die dunkleren Laute das Schwerere, die 
hellen das Leichtere andeuten, so könnte man in sesuku ein Gegen- 
stück zu sasukü (sasuko) »Domino-Stein" sehn wollen, da dieser fest 
auf dem Tische liegt, während der Würfel in die Höhe gehoben 
wird (vgl. wesimbi »steigen" und wasimhi »fallen" u.s.w.). Es ist 
jedoch möglich, dass das chinesische Wort sö-tze (in der Mandschu- 
ümschriffc unter 6) setse) von Einfluss bei der Bildung des Mandschu- 
Wortes gewesen ist, zumal da hier nicht, wie bei sasukü (sasakü) 
ein entsprechendes Zeitwort (wie sasamhi) zu Gebote steht. Das 
chinesische Zeichen ist eigentlich tliou-tze zu lesen (s. o.), woneben 
auch ku-tze vorkommt, und zwar entspricht ersteres dem Lautzei- 
chen und der Bedeutung von thou »werfen", letzteres dem Begriff- 
zeichen ku »Knochen". In Peking sagt man jetzt éai-tzë, weiter im 
Süden sö-tze (in Kanton éik-tzë)', es sind dieses verschiedene Aus- 
sprachen des Zeichens für so »Farbe") ^*^), welches sonst auch für 
»Würfel" gebraucht wird. Die Aussprache ku ist erst aus der 
Sung-Zeit zu belegen. Obgleich das Lautzeichen von <äom »werfen" in 
anderen Zeichen auch eö gelesen wird *^'), so könnte man auch an das 
aai ***) im obigen po-lo-sai denken, welches auch so gelesen wird. Die 
Anlaute s, é und ts wechseln öfter mit einander, und so kommt auch 
das t?i8a{ **^) der Lesart po-lu-thsai im genannten Werke Söng-pu in 
Frage. Wenn es sich auch wahrscheinlich um ein indisches Wort handelt 
(vgl. säka »Würfel" in Siam), so mischt sich doch die volkstümliche 



446) -^ . 447) z.B. ^ iö, gründen. 

448) ^. 449) ^ wechselt mit 7^ 



DIE ABTKILUNO DER SPIELE IM SPIEGEL DER MANDSCHU-8PRACHE. 323 

Wortableitung hiuein, die allerlei Anklänge an sonst bekannte 
Dinge darin findet. Sai ist ein Brettspiel (s. o.), thsai bedeutet 
Glücksfälle und Würfe beim Würfelspiel (s. o.), aber auch »bunt", 
»farbig", wu thsai (die fünf Farben) ist gleich wu «ô, was von 
Einfluss auf die nachmalige Wahl des letzteren Zeichens gewesen 
sein könnte. Unter den im Yüan-kien-lei-hang in der mit po be- 
zeichneten Abteilung augeführten Stellen ist jedoch eine, in der 
sai {so) gleichbedeutend mit thsai die Zahl der Würfelaugen, oder 
wenigstens verschiedene Würfe zu bedeuten scheint. Die Stelle ist 
dem Po-king oder »Lehrbuche des po" des Pao-Hung entnommen 
und lautet; »Beim po-Spiele wirft Jeder sechs eu (»Essstäbe") und 
»zieht sechs Steine (oder Figuren k'i)^ weshalb man » sechs po" sagt. 
»Man gebraucht 12 Steine {k'i)'. sechs weisse, sechs schwarze; die 
»zum Werfen gebrauchten Würfel heissen k'iung-k'iung. Es giebt 5 
»Würfe (thsai). Ist ein Strich {hua) eingegraben (k'o), so heisst es 
»»sat", sind zwei Striche eingegraben, so heisst es »weiss" {pai,po), 
»sind drei Striche eingegraben, so heisst es »schwarz" {hö, hei), 
»eine Seite ist nicht eingeritzt. Im (beim?) fünften sai heisst es 
>»5 sai" " *^''). Der Schluss ist etwas dunkel. Jedenfalls ist es auf- 
fallend, dass es nur sechs Würfe dieser k'iung-k'iung genannten 
Würfel giebt (k'iung ist ein Name für den rothen Nierenstein, 
Nephrit, oder yü) "')• ^^t^ könnte auf eine vierseitige Pyramide **'■') 



M.^s.mzm,mzs.M. 

461) ^ k'iung, J[^ yü. 

452) Unter den ägyptischen Würfeln kommen solche mit zwei vierseitigen Pyramiden 
auf gemeinsamer Grundebene, also Achtflächner (Oktaeder) vor, aus denen man sich die 
gleich zu erwänenden Vierzehnflächner durch Abeckang der Ecken entstanden denken kann. 
Ein achtflächiger Würfel ist ini Louvre (Pierrot, diet, d'archéologie ég., S. 183). 



324 KARL HIM-LY. 

schliessen; doch habe ich chinesische Würfel der Art nicht gefun- 
den. In Indien giebt es neben Kaurimuscheln und sechsseitigen 
Würfeln auch die bei Hyde (Hist, nerdiludii, S. 68) abgebildeten 
länglichen Würfel, bei denen nur die vier langen Seiten mit 1, 3, 
4 und 6 Augen bezeichnet sind. Die in China gewöhnlich ge- 
brauchten Würfel haben sechs viereckige Seitenflächen, wie bei uns. 
Die Eins ist roth, oder ungefärbt, die Vier immer roth. Ausserdem 
giebt es Würfel mit vierzehn Flächen (vgl. die des Kobaltkieses) 
und den Würfelaugen 1 — 6 auf den viereckigen Flächen, wärend 
die acht Sechsecke Ausdrücke, wie siao »lachen", éhang »singen", 
tJisai »raten"*") u.s.w. tragen, die den Spieler zu der betreffenden 
Handlung verpflichten. Ferner giebt es in China Drehwürfel in 
Gestalt einer Walze, die mittels eines hindurchgesteckten Stäbchens 
in drehende Bewegung versetzt werden können. Die sechs viereckigen 
Seitenflächen sind auf einer Seite etwas verjüngt, so dass die Walze 
oben ein grösseres, unten ein kleineres Sechseck bildet. Auf den 
Seitenflächen stehn die Redensarten: éhang k'ü »ein Lied singen", 
siao hua »Witz", hua k'üan »Fingerspiel" (s. o. unter 9) u.s.w."*) 
zu demselben Zwecke, wie bei dem vierzehn flächigen Würfel. — 
Die rote Färbung der Vier wird auf den Kaiser Ming-Huang und 
seine Beifrau Yang-Kuei-Fei *") zurückgeführt nach folgender im 
San-sai-tsu-ye unter éuang-lu nach dem Sû-éï-éï wiedergegebenen 
Erzählung: » Chön-Sse-watig Thsao-Ci von Wei (s. o.) erfand das 



4B3) ^S siao, lachen, |^i ihang, singen, >req thsai, raten, 3'^ ('f p ^'^ „kratzen" 

mit Laatzeichen hai"?), ^Kj/e*. fliegen, H tze,, selber, -ct- ho, zusammen, JJJiT ^«t, vergleichen. 

454) ttS ^ , <^ É^ , 3^ ^Ê, die Faust kratzen {jco k'üan für hua k'üan P), 

/^ 7a ^^° ^"' ^*"^* ^^^ rechts, -■^ röC ho si, der ganze Tisch, qp A^ au iön, 
der Wirt. 

45B) Vm ^ä Ming-Huang. In Cüun's Chinese games with dree (Philadelphia 1889) 
ist irrtümlich «au emperor of the Ming dynasty" darausgemacht, j^ "S* Tfß Yang^ 
Kwei-fei war ursprünglich Schwiegertochter des Kaisers, wurde 738 von diesem zur Bei* 
fraii und 715 zur kwei-fei gemacht (s. Mayers a. a. O. 887, Ming-Huang unter 504). 



i 



DIE ABTEILUNG DER SPIEI,E IM SPIEGEL ühK MaMDSCHU-SPKACHE. 325 

»éuang-lu und bestimmte zwei Würfel dazu. Am Ende der Thang 
»gab ea das Blätterspiel (s. u). Man weiss nicht, wer sie später 
»bis zu sechs vermehrte. Heutzutage spielt man es nach der Weise 
»des Li-Ho von Ho-éou aus der Zeit der Thang. Der Anfang war, 
»dass Ming-Huang beim Würfelspiel mit Yang-Kuei-Fei es als gute 
»Vorbedeutung nahm (?) und, da nur eine zweifache Vier die Nie- 
»derlage in einen Sieg verwandlen konnte, dieselbe zugleich warf und 
»ausrief, indem er nach langem Drehn die beiden Vieren zu Stande 
»brachte, worauf er hoch erfreut dem Kao-Li-Sï befahl, die Vier 
»roth zu färben, wodurch die rothe Verzierung der Vier entstand" **•). 
Ming-Huang ist der volkstümliche Name des Kaisers Hüan-Tsung 
der Thang (713 — 756); seine Beifrau Yang-kwei-fei wurde 756 bei 
einem Aufstande hingerichtet. Kao-Li-St war der Vornehmste un- 
ter den Verschnittenen des kaiserlichen Hofes. Sein Bild pflegt auf 
Porzellaugefäsen abgebildet zu stehn, die auch mit Würfeln und 
Spielgeräten in Gestalt von roten und schwarzen Kegeln *") verziert 
sind. Daneben sind die Kaiserinn Wu-Hou*'^ (f 708) und ihr 
Minister und Feldherr Ti-Liang-Kiing *^^) (f 700) abgebildet. Der 
von ihr abgesetzte Kaiser Cung-Tsung *^) (684 und 705 — 710) 
wurde wärend der Zeit ihrer Herrschaft Lu-Ling-wang *^^) genannt. 
Von diesem {Lö-Ling-wong nach Kantoner Aussprache) wird nach 



- . )i * ^ ^ (' * ) ^ iE . >p ^ » A ^ flu s >^ . 

457) Auch im chinesischen San-thsai-thufiuei sind diese Kegel auf den Puffbrettern 
zn sehn. 



458^^)0. ^m^%St' 



l_ 



326 KARL HIMLY. 

Culin's »Chinese games with dice" S. 5 f. eine ähnliche Geschichte 
erzählt, wie die obige von Ming-Huang, und ein Kantoner Aus- 
druck für Würfel hot-lb {*Lo rufen") "2) wird darauf zurückgeführt 
(s. CuLiN a. a. 0. S. 6) *^^). Indessen könnte hier eine Verwechse- 
lung zu Grunde liegen, da nach dem Thang-kuo-èï-pu *^*) der Sieg 
im Puffspiel liao ling *^^) {lao lirig) genannt wird, welches an sich 
eine ganz zutreffende Bedeutung hat, nämlich »das Übrige auf- 
raffen". In Kanton lautet dieses mit lao wechselnde liao teils Zm, 
teils lo. Der oben genannte Li-Ho kommt auch im Hien-fung- 
/m*68), einem Werke der Thang-Zeit, und bei Ou-Yang-Siu vor, 
wie später bei Gelegenheit des Kartenspieles zu erwähnen sein 
wird. — Von den jetzt noch üblichen reinen Würfelspielen werden 
bei CuLiN a. a. 0. folgende aufgezählt: sse-wu-liu ^^'^) (nach Kan- 
toner Aussprache sz'-ng-luk) » vier-fünf-sechs" mit 3 Würfeln, 
kan-mien-yang *^^) (in Kantoner Aussprache kon-min-yeung) »Verfol- 
gung der Schafe" mit 6 Würfeln, éï-thien-kiu **ä) (Kantoner Aus- 
sprache édk-t'in-kau) »die Himmel-Neun werfen", nach den beiden 
höchsten Würfen thien (zwei Sechsen) und kiu (4—5, oder 3 — 6) 



463) CuLiN sagt S. 6 : »but I am inclined to regard the account as merely fanciful, and 
think it is probable that the color of the »fours" was derived, with the dice themselves, 
from India". In der Anmerkung sagt Cuun: »I am informed that modern Indian dice 
are frequently marked with black and red spots". Die dann nach Hopkins erwähnte Stelle 
des mahäbhärata lautet nach Herrn Prof. ür. E. Kuhn's gütiger Mitteilung: »vaidüryHn 

kähcanän däniSn kr§c,äksäl lohitäk§ätnica nirvartsyämi manoramän, »die aus Beryll, 

Gold, Elfenbein gefertigten, mit schwarzen und roten Augen versehenen herzerfreuenden 
[Würfel] werde ich herausrollen" [aus dem Würfelbecher]. Kr?i^ak§a ist «schwarzäugig", 
lohitäkfa »rotäugig"; zu ergänzen ist ein Wort für Würfel (z.B. pösaka = hindust. päaä). 

464)^ H ^$|. 465) ;^§. 

^66) Jg^ 3ffl ^k.' hien-thung ist der Zeitraum 860 — 874, s. Schlegel, Chin. Bräuche 
and Spiele, S. 20. 

469) ^ ^ ^ , vgl. ^ ^L f? «^^'"^ ^■'»» ^*'^'' ^'"'"^ "'"^^' gamble (Eitel, 
Chin. diet, in the ('anton dial.). 



DIE ABTEILUNG DER SPIEÏ.K IM SPIKGEI. DKK MANDSCHU-SPHACHE. 827 

SO genannt und mit 2 Würfeln gespielt, ferner pa éa *'") {pdt éâ) 
»acht Hände voll" mit 8 Würfeln und einem mit den 6 Angen- 
zahlen bezeichneten Brett für die Einsätze. Letzteres wird auch in 
einem andern Spiele mit einem Drehwürfel gebraucht der in Kan- 
ton éhé-mé*''^) heisst. 



*70) Alft- 

471) ^ 1^ , oder ]^ ^ (»der Wagen ist schief). 




MÉLANGES. 



De l'an 238 à l'an 87 av. J.-C, 



PAB 



le Père HENRI HAVRET, Soc. J. 



Les lecteurs du T'oung-pao se souviennent des deux articles 
remarquables que M. Ed. Chavannes publia en 1896, sur la Chro- 
nologie chinoise de Van 238 à Van 87 av. J.-C. 

Dans le premier de ces mémoires (pp. 1 à 38), l'auteur établis- 
sait une liste des 56 embolismes de 8 Tchang, ou périodes de 19 
ans, destinée à faciliter pour cette époque la conversion des dates 
chinoises en dates européennes. 

Dans le second mémoire (pp. 509 à 525), ou Note rectificative, 
il corrigeait huit de ces dates: les années 235, 216, 197, 178, 159, 
140, 121 et 102 remplaçaient comme embolismiques les années 236, 
217, 198, 179, 160, 141, 122 et 103. 

En Octobre 1897, la même Revue inséra mon article sur la 
Chronologie des Han. J'y démontrais la nécessité de substituer pour 
l'iutercalation l'année 199 à 200 (p. 382), et l'année 180 à 181 
(p. 386); et j'admettais, provisoirement du moins, que cette rectifi- 
catiou pouvait être étendue soit à la période antérieure, celle des 



MÉLANOBS. 329 

Ts'in (p. 409), soit à la période suivante, jusqu'à la réforme T'cà- 
tch'ou (pp. 383, 409). 

Je faisais du reste d'expresses réserves sur la valeur de ces dé- 
ductions, dont l'appui principal était l'avis conforme d'un auteur 
chinois moderne (pp. 396, 397), Ou Yong-koang, lequel, depuis, nous 
a livré ses sources, à savoir le Tch'ang-li -^ ^ de Lieou Hi-seou 
^J ^ -^ (1015—1058). Nous avions pu corriger, par le Che-ki 
même (Tableaux de Tchou Chao-suen) plusieurs indications fautives 
de Ou Yong-koang^ en substituant les années 96, 77, 58 et 39 à 
97, 78, 59 et 40 (p. 406); et nous ajoutions: «Nous ne prétendons 
pas que les désignations de cet auteur soient toutes impeccables; 
si nous avons pu, dans cette brève étude, en réformer plusieurs, 
d'autres après nous trouveront peut-être aussi matière à correctiob » 
(p. 410). 

Dans un récent article paru dans le Journal asiatique (Nov.- 
Déc. 1897, Nouvelle note sur la Chronologie chinoise de Van 238 à 
Van 87 av. J.-C), M. Éd. Chavannes à bienveillamment accueilli 
nos observations pour les années 199 et 180 (p. 543); il a de même 
accepté notre proposition de réforme analogue pour les années an- 
térieures, remplaçant en conséquence 238 par 237, et 219 par 218 
(p. 544). 

Et ajoutons à son honneur qu'il a été assez heureux pour 
redresser O74, Yong-koang et le Tch'ang-li sur un nouveau point: 
d'une façon certaine pour l'année 124, probable pour les années 
143 et 162 '). Le caractère embolismique des dites années est établi, 
par 4 textes du Che-ki pour la première, par un texte pour cha- 
cune des deux autres (p. 542): ces textes sont pris dans les cha- 
pitres (de Tableaux, XIX à XXII) qui paraissaient avoir échappé 



1) Ud autear moderne, ffoang Ping-Aeou "^&" j^ ^ , tieut aussi pour l'embolisme 
de 162. 




330 MÉLANGES. 

jusqu'ici à M. Chavannes, et que nous avons signalés et utilisés 
dans notre étude. 

En résumé, cette utile discussion fixe d'une façon qui nous 
semble presque ^) définitive les éléments du Calendrier pour l'époque 
spécialement étudiée par M. Ed. Chavannes. Il comporte, suivant ce 
dernier auteur, les données suivantes, dans lesquelles les chifires 
italiques indiquent les embolismes rétablis depuis le premier projet: 







237 


235 


282 


229 


227 


224 


221 


218 


216 


218 


210 


208 


205 


202 


199 


197 


194 


191 


189 


186 


188 


180 


178 


175 


172 


170 


167 


164 


162 


159 


156 


158 


151 


148 


145 


143 


140 


187 


134 


182 


129 


126 


124 


121 


118 


115 


113 


110 


107 


105 


102 


99 


96 


94 


91 


88 













1) L'embolisme i05, 104 reste encore indécis. 



BULLETIN CRITIQUE. 



Stèle Si-hia de Leang-Tcheou 
par M. G. Dkvéria, avec une notice 
de M. S. W, Bushell; Extrait du 
Journal asiatique, 24 pp. et 2 tab.\ 
Paria f Imprimerie Nationale,lB98. 

Die vorliegende Veröffentli- 
chung, ein Auszug aus einer dem- 
nächst in den Memoiren des Insti- 
tutserscheinenden grösseren Arbeit, 
nimmt unser Interesse in ganz be- 
sonderem Masse in Anspruch, weil 
sie den endgiltigen Beweis erbringt, 
dass erstens die »unbekannte" 
Sprache von Kiu-yong-koan ohne 
Zweifel Si-hia ist (cf. Prinz Rol. 
Bonaparte, Documents de Vhpoque 
mongole, p. 1, wo die Frage noch 
als unentschieden gelten musste), 
und dass zweitens dieses Si-hia eine 
monosyllabische, also dem Tibeti- 
schen verwandte Sprache ist. 



Damit schwindet für uns Al- 
taisten die letzte Hoffnung, in der 
unbekannten Sprache von Kiu- 
yong-koan eine dem Juöen ver- 
wandte Sprache erstehen zu sehn. 
Doch wird uns die schliessliche 
Entzifferung des Si-hia, die ja nicht 
mehr lange auf sich wird warten 
lassen, noch insofern interessiren, 
als die beiderseitigen Schriftsysteme 
auf ähnliche — höchst sonderbare 
— Weise aus den chinesischen 
Zeichen umgebildet worden sind. 
Der Schlüssel fehlt heute für das 
Juöen, wie für das Si-hia. 

Ich glaube denjenigen, die die- 
sem Problem näher treten wollen, 
einen Gefallen zu thun, indem 
ich ihnen die Entstehung der 
Jucen-Schrift nach dem Mandschu 
Werk Aisin gurun-i bithe (Mobl- 
LBNDORFF, Essay, n°. 143) mit- 



332 



BULLETIN CRITIQUE. 



teile: *) Debt. 1, fol. 42 verso bis 
43 recto : Aisin gurun-de dad bithe 
ako: gurun ulMyen-i etenggi ojoro 
jaJcade. hanciki gurun acaß amasi 
julesi taJcörara-de. gemu Tailiyoo 
gurun-i bithe-be baitalambihe: Taitsu 
han. ini Si-In gebungge amban-de 
ini gurun-i bithe-be deribume ara: 
an kemun ilibu seme af abulia : Si-In 
nikan bithe-be al hodame Tailiyoo 
gurun-i bithe-be dahame. ini gurun-i 
gisun-de acabume. Niui-dzi bithe-be 
deribume arafi. Taitsu han-de benjihe 
manggi: han ambula urgunjeme 
geren-de selgiyefi. Si-In-de emu 
morin: emujergi etuku sangnaha: *) 
»Das Aisin ÖMrun hatte ursprüng- 
lich keine Schrift. Als das Reich 
allmählich mächtiger geworden 
war, bediente es sich im diploma- 
tischen Verkehr mit den Nachbar- 
staaten der Schrift der Tai Liao '). 
Der Kaiser Taitsu beauftragte daher 



einen seiner Mandarine, Namens 
Si-In, eine Schrift seines Reiches 
(seiner Dynastie) zu bilden und 
ihre Anwendung festzustellen. 
Si-In nahm das chinesische Schrift- 
system zum Vorbilde, schloss sich 
an das der Tai Liao *) an, passte es 
der Sprache seines Reiches an und 
bildete so die Schrift der Juhn. 
Als er dieselbe dem Kaiser über- 
reicht hatte, freute sich dieser sehr 
und gab sie dem Volke bekannt; 
dem Si-In schenkte er ein Pferd 
und das Kleid einer (höheren) 
Rangstufe". 

Man hätte lieber etwas über 
das bei der Composition der Cha- 
ractere angewandte Prinzip erfah- 
ren — wenn überhaupt ein leiten- 
des Prinzip vorhanden war, was 
nach Devéria's Darlegung auf p. 
20 zu bezweifeln ist. 

W. Bang. 



1) Berliner Exemplar, für dessen Benutzung ich den Directionen der Königl. Bibliothek 
in Berlin und der Grossherzogl. Hofbihliothek in Darmstadt verpflichtet bin. 

2) vergl. DE Haelez, Histoire de l'Empire de Kin, p. 35. 

3) Da im Mandschu noch gemu »alle etc." steht, so bedeutet dieser Satz wohl, dass sich 
die Juien im diplomatischen Verkehr anfangs sowohl der Schrift als auch der Sprache der 
Tai-Liao bedienten. Dasselbe wird in den Froclamationen der Fall gewesen sein, die Taiit« 
vor 1118 erliess; denn hätte das Juöeu bequem mit Tai-Liao-Zeichen geschrieben werden 
können, so wäre die ganze Arbeit Si-In'a überflüssig gewesen. 

4) Die Schrift der Tai Liao ist bekanntlich selbst aus der chinesischen abgeleitet; cf. 
z B. d'Ohsson, I, p. 115. 



CHRONIQUE. 



ALLEMAGNE ET AUTRICHE. 

Selon le Temps du l^f Août, on vient de fonder à Berlin un journal chinois, 
en langue chinoise, destiné non seulement à répandre en Chine les idées alle- 
mandes, mais à servir de réclame au commerce de l'Allemagne. Le titre de ce 
journal est Go-Goa-Chien-When (? Peut-être }^ ^ ^ ^ ). 

BELGIQUE. 

Une dépêche de Bruxelles au Morning Leader dit que le bruit court tou- 
jours que le roi Leopold a l'intention de demander à la Chine une cession de 
territoire, comme garantie de la protection des intérêts belges en Chine. 

On voit un lien dans cette politique avec les intentions bien connues du roi, 
de créer une marine militaire belge. 

CHINE. 

Disgrâce de Li Houng-tchang. 

Pour la troisième fois ce célèbre homme-d'état chinois a été disgracié. La 
première fois en 1870 après les massacres de T'ien-tsin, et la seconde fois 
après la conclusion de la paix avec le Japon. Aujourd'hui c'est sous la pression 
de la Grande Bretagne qu'il a été de nouveau destitué de ses fonctions. 

La démission forcée de Li Houng-tchang a mis en avant deux hommes qui, 
peut-être, pouri-aient avoir une influence prépondérante sur les affaires de la 
Chine. 

Le premier est le gouverneur-général de Hou-koang Tchang Tchi-toung 
( HÊ >^ "^ ), né en 1835 à ^ ^ Nan-pH dans la province de Tchi-li. 

Il obtint le 3e degré à l'examen suprême en 1863 et fut nommé en 1865 
juge provincial au Kouang-toung. En 1868 il fut promu au rang de Trésorier 
provincial au Kiang-sou et obtint en 1880 le titre honorifique d'Instructeur 
secondaire du prince impérial. L'année suivante il entra au Grand Secrétariat 
et en 1882 il fut nommé gouverneur du Chan-si. En 1884 il fut envoyé 



334 CHKONIQUB. 

comme Gouverneur-général dans les deux provinces Kouang-toung et Kouang-si 
d'où il fut transféré en 1889 à Hou-kouang. En 1894 il fut nommé gouver- 
neur-général des deux provinces Kiang, mais reprit l'année suivante son poste 
à Hou-kouang. Il jouit en Chine d'une réputation d'être un honnête homme 
et un savant classique, appartenant à la vieille école. 

Le second est Tchang Yin-huan (^ |^ j^) né en 1836 à Toung-tching 
i^^^ÊL) *^^"^ ^* province de Kiang-nan, et nommé Tao-tai à Wou-hou 
en 1881. Il servit du mois de Juin jusqu'au mois de Septembre 1884 dans le 
Tsoung-li Yamen, mais était derechef nommé Tao-tai en Tchi-li. De 1885 — 
1887 il fonctionna comme Ministre plénipotentiaire de la Chine aux États unis, 
en Espagne et au Pérou et retourna en 1890 au Tsoung-li Yamen dont il 
fut nommé Vice-président en 1894. En 1897 il fut envoyé en mission en 
Angleterre pour complimenter la reine Victoria à l'occasion de son jubilee. Il 
profita de cette occasion pour visiter quelques autres capitales de la Chine ainsi 
que leurs grands établissements, entre autres ceux de Gruson et de Krupp. 

Il occupa une place proéminente lors de l'occupation de Kiao-tcheou par les 
Prussiens. 

Tchang Yin-huan est peut-être actuellement l'homme d'état le plus capable 
et le plus versé dans les affaires étrangères de la Chine; jusqu'ici il a su se 
tenir neutre dans le conflit des partis, mais on ne peut savoir s'il aura le 
caractère assez fort pour faire dominer son influence sur celle du parti conser- 
vateur. L'échec q«'il a subi au Japon et le traitement peu poli qu'il y a essuyé 
ne le rendront probablement pas favorable aux desseins japonais, qui, si l'on 
croit les journaux japonais, tendraient à japoniser la Chine au lieu de l'européaniser. 

Depuis un coup d'état de haute portée a eu lieu en Chine. L'impératrice ré- 
gente a repris le pouvoir exécutif. Elle assistera dans la suite à toutes les sé- 
ances des ministres et les audiences, et aucun édit ne pourra être mis en exé- 
cution sans son consentement. 

Ce coup d'état signifie la réaction du parti conservateur contre les réformes 
introduites par l'Empereur, réformes suggérées par le grand réformateur de 
Canton Kang Yu-mei, qui, depuis, a reçu l'ordre de quitter Peking. 

Dans le préambule de ces edits réformateurs l'Empereur donne à ses sujets 
une longue explication sur sa ligne de conduite. Il déclare que la civifisation 
occidentale est, sur beaucoup de pomts, supérieure et qu'il est déterminé à 
adopter ce qu'elle a de bon et à rejeter ce qu'elle a de mauvais. Il demande à 
son peuple son concours pour contrebalancer les faiblesses impériales et pour 
l'aider à rendre la Chine forte et prospère. 

Cet édit a été suivi, le lendemain, d'un autre accordant à tous les Chinois 
le droit de pétition qui, jusqu'alors, n'appartenait qu'à une classe privilégiée. 

Un autre édit ordonne à l'administration, dans tout l'empire, de dresser cha- 
que mois et de publier les comptes des recettes et des dépenses. 



CHRONIQUE. 335 

Enfin l'empereur a ordonné que ses edits soient afïichés dans tous les endroits 
publics du territoire, afin que la population se rende compte des efforts faits 
pour son bien. 

L'ambassadeur chinois à Washington a cependant déclaré que l'abdication 
du trône de l'Empereur en faveur de l'Impératrice douairière ne modifiera en 
aucun lieu la politique du progrès et des réformes. L'Empereur s'est réservé 
son droit de «veto» et peut déclarer nulles toutes les lois qui ne seraient pas 
conformes à ses vues. Selon les dernières nouvelles de Shanghai, Kang Yu-voei 
se serait réfugié à Wousoung et transporté à bord d'une canonnière anglaise. 

On télégraphie de Wei-Hai-Wei que le navire de guerre anglais «Centurion» 
est soudainement parti avec des ordi*es scellés — on suppose à Takou. Le 
«Centurion» sera accompagné depuis Tchifou par les navires de guerre «Vict- 
orious», «Narcissus», «Harmione», «Fame», «Hart» et «Alacrity». La situation 
est considérée comme très critique. 

Le correspondant du Daily Mail à Peking, annonce que la situation s'est 
subitement aggravée; les relations avec le Tsoung-li Yamen sont tendues au 
point qu'une rupture est imminente. 

Sir Claude Macdonald, ambassadeur d'Angleterre, a informé le gouvernement 
chinois que le moindre refus des propositions anglaises sera considéré par son 
gouvernement comme un casus belli. 

Pour donner plus de poids à ses dires, l'ambassadeur a fait concentrer la 
flotte anglaise à Weï-Haï-Weï et à Hong-Kong. 

Tous les vaisseaux de guerre anglais de moins de cinq milles tonnes ont 
pénétré dans le Yang-Tsé. 

Cette démonstration navale est dirigée seulement contre la Chine. Une note 
semi-officieuse dit que les relations entre l'Anhleteri'e et la Russie sont cordiales. 

Lord Salisbury a abandonné la politique «des portes ouvertes» lui substituant 
celle des sphères d'influence. 

Lord Salisbury insiste auprès de la Chine pour qu'elle fasse les démarches 
nécessaires auprès des puissances intéressées, afin qu'elles reconnaissent la sphère 
d'influence anglaise. 

La Russie gardera ses concessions en Mandchourie, mais reconnaîtra la pré- 
pondérance de l'Angleterre dans la vallée du Yang-Tsé. 

Le oorrespondant ajoute que les négociations ne se poursuivent pas exclusi- 
vement à Peking; et que les communications sont constantes entre Saint- 
Pétersbourg et la capitale de la Chine. 

Deux provinces du sud, le Kouang-Si et le Kouang-Toung, sont en révolte 
ouverte et les nouvelles que nous en recevons sont des plus alarmantes. Ces 



336 CHRONIQUE. 

deux provinces, les dernières soumises au joug tatare, sont toujours restées 
antidynastiques-, c'est là que prit naissance la fameuse révolution des Taï-Pings 
qui bouleversa la Chine et faillit renverser la dynastie des Mandchous. 

Ce mouvement révolutionnaire n'est pas spontané; il est dû à une propa- 
gande active faite depuis de longues années par la Société la Triade. Son grand 
chef est le fameux docteur Sun Yat-Sen, actuellement en Angleterre. 

Cette importante Société a des ramifications dans toutes les provinces, por- 
tant, pour les besoins de la cause, des noms différents, mais ayant toutes le 
même but qui était celui des Taï-Pings: le renversement de la dynastie. Les 
griefs contre cette dernière s'accumulent de jour en jour, et sa pusillanimité 
devant l'étranger envahisseur sera son coup de grâce. Si les qualités guerrières 
des chefs qui mènent ce mouvement sont encore inconnues, en revanche, on 
chercherait vainement du côté du gouvernement un homme capable de tenir 
tête à une révolte sérieuse. Si cette dernière continue à marcher comme elle 
le fait actuellement, elle sera maîtresse, dans quelques mois, de 10 provinces 
sur les 18 que compte l'Empire. 

Une dépêche du sud dit: 

«La révolte dans le Kouang-Si est sérieuse. La société Triade en fait partie. 
L'intention des insurgés est de se diriger vers l'ouest et de prendre Nan-ning, 
puis de se diriger vers le nord et de s'emparer de Kouei-lin, capitale du Kouang- 
Si. Le commerce est ruiné, plusieurs villes des districts les plus prospères du 
Kouang-Si ont été pillées et saccagées. Les troupes gouvernementales venues de 
Kao-tcheou dans le Kouang-Toung se dirigent vers l'ouest pour tenir tête aux 
insurgés, la panique continue à Wou-tcheou». 

Cette insurrection prend de très graves proportions ; heureusement que les 
troupes qui occupent le sud se composent surtout de Manchous sur la fidélité 
et le courage desquels Peking peut compter. 

Hong-Kong, 14 juillet (par dépêche). — La révolte des Pavillons-Noirs prend 
des proportions inquiétantes. La défaite des troupes impériales par les Pavillons- 
Noirs est confirmée. On a retiré un millier de cadavres de la rivière pour les 
ensevelir à Wou-tcheou, 

Il est probable que les pertes sont plus grandes qu'on ne l'avait d'abord 
annoncé. 

Des nouvelles de Canton disent que le chef le plus important de la rébellion 
est Sun Yat-Sen, dont on se rappelle l'arrestation sensationnelle à Londi'es par 
l'ambassade chinoise. 

On dit que les rebelles auraient décidé de ne pas avancer plus loin que 
Chu-tching ( ^^ ^jjü ?), au-dessus de Sam-Sény (?), par crainte de complications 
étrangères, au cas où Canton serait attaqué. Ce bruit est accueilli avec incrédulité 
à Canton où les rebelles rencontrent de grandes sympathies. 



cHuomquk. 337 

Le chef de l'insurrection dans le Kouang-Si a proclamé une nouvelle dy- 
nastie; il l'appelle la dynastie du «Grand Progrès». Il déclare, dans sa procla- 
mation, qu'il a pris les armes parce que la dynastie actuelle, la «Grande Pure», 
est faible, parce que les mandarins sont des oppresseurs et que les étrangers 
se partagent le territoire chinois. 

On dit que les troupes chinoises ont repris Yun-Gun (? Young-ngan 3^ ^^ ). 
Elles auraient tué un millier de rebelles et leur chef aurait été arrêté. 

Le vice-roi de Canton, dans un mémoire adressé au Tsoung-li Yamen, an- 
nonce que, sous dix jours, l'insurrection aura été complètement réprimée. 

Canton, 43 juillet. — A la suite de la défaite des troupes impériales près de 
Wou-tcheou, deux canonnières ont été expédiées dans cette ville avec un millier 
de soldats d'élite. Le préfet de Wou-tcheou déclare que les troupes impériales 
ont eu 1,500 tués et il ajoute que, s'il ne reçoit pas de renforts avant vendredi, 
il devra capituler. 

Les chefs des rebelles traitent la population avec douceur; ils distribuent une 
partie du butin aux paysans et aux petits boutiquiers. Ils proclament l'inten- 
tion de renverser la dynastie mandchoue et promettent de fortes récompenses 
aux villes ou villages qui leur fourniront des recrues. Les rebelles se sont 
arrêtés à 30 milles à l'est de Wou-tcheou. Ils exercent leurs recrues dans l'in- 
tention de faire une marche générale contre Wou-tcheou, aujourd'hui ou demain 
jeudi. 

Londres, 12 juillet. 
On télégraphie de Hong-Kong au Times : 

Les désordres continuent sur la rivière de l'Ouest. 

Un magistrat de Paklan, qui avait offert une récompense pour la capture 
d'un chef rebelle, a lui même été capturé par ce chef qui l'a fait brûler vif 
ainsi que sa famille. 

On dit que plus de 400 rebelles ont été massacrés. 

On signale plusieurs actes de piraterie sur le fleuve. 

Hong-Kong, 11 juillet. 

Les nouvelles de Canton annoncent que les rebelles sont maintenant maîtres 
de neuf villes. Ils ont battu les troupes impériales à l'ouest de Wou-tcheou. Des 
affiches ont été placardées à Wou-tcheou, disant que la guerre a été déclarée 
aux fonctionnaires, et enjoignant aux habitants de quitter la ville avant l'atta- 
que des rebelles. 

Les autorités de Canton ont acheté 8,000 fusils et négocient actuellement 
l'achat de mitrailleuses. 

Hong-Kong, 30 août {par dépêche, source anglaise). — La rébellion du 
Kouang-Si, qui, jusqu'ici, couvait sous la cendre, semble maintenant prendre de 

23 




338 CHRONIQUK. 

nouveau un caractère grave. On annonce de Canton que les rebelles, en grand 
nombre à 50 milles au nord-ouest de la ville, se proposeraient d'attaquer 
Canton. 

Tang, vice-roi des deux Kouang, ayant protesté conti"e la cession de Kouang- 
tcheou à la France, le Tsoung-li Yamen insista, et le vice-roi Tang envoya sa 
démission par télégramme à Peking, et remit ses fonctions au gouverneur de 
Kouang-Toung. 

Le vice-roi de Canton n'ayant pas envoyé de troupes pour réprimer la ré- 
bellion du Hainan et protéger les missionnaires américains, le consul des Etats- 
Unis a envoyé hier une dépêche énergique au suppléant du vice-roi. 

Il est difficile d'obtenir des nouvelles authentiques: mais l'opinion générale 
est que la rébellion se propage de nouveau sous les auspices des sociétés com- 
binées du Lys blanc et de la Triade. 

Londres, 25 août, — Les dépêches de Hong-Kong arrivées dans la matinée 
signalent une grande insun-ection à Nodoa (?) dans l'intérieur de l'île de Hainan. 

Les missionnaires américains et les chrétiens indigènes ont pu se réfugier en 
lieu sûr. 

Le 44 août, les rebelles se sont battus contre les soldats chinois qui se sont 
réfugiés dans la propriété presbytérienne américaine et ont pu repousser l'at- 
taque. 

Nodoa est située à 90 milles de Hoï-How ( j^ V} , en langue mandarine 
Hai-k''eou). C'est une des plus riches vallées de l'île. 

Si cette révolte n'est pas rapidement réprimée, les insurgés seront prompte- 
ment renforcés par les réfugiés de Kouang-Si, où les autorités ont eu à lutter 
contre une récente rébellion. 

On sait que l'île de Hainan se trouve dans les eaux des possessions françaises 
du Tong-king, et par conséquent dans la sphère d'influence française. 

Le drapeau français y flotte déjà. 

Si les réguliers chinois ne parviennent pas à rétablir l'ordre, on devra 
intervenir énergiqueraent. En effet, il devient de plus en plus urgent de voir 
l'influence française s'affirmer dans le sud de la Chine où les troubles sont à 
l'état permanent, et de planter définitivement et solidement le drapeau français 
sur l'île de Hainan tout entière. 

On mande de Hong-Kong au Times que la répression de l'insurrection dans 
la Chine méridionale continue : 200 rebelles, qui avaient occupé Taï-Wong-Kong, 
ont été battus par le général Ma, qui en a tué une centaine et a fait 40 pri- 
sonniers. Les mandarins des districts de Bak-Lau et de Yun-Gun envoient tous 
les jours 10 à 20 i-ebelles au magistrat chargé de la répression. 

Le Standard constate que dans les cercles officiels, à Saint-Pétersbourg, on 



CHRONIQUE. 339 

veut s'entendre avec l'Angleterre et que le ton de la presse russe est meilleur 
depuis quelque temps. 

Le Standard rappelle à la Russie la coalition toujours possible de l'Angle- 
terre, des Etats-Unis et du Japon et continue en disant: 

Nous croyons qu'un arrangement avec la Russie est probable, mais il est 
essentiel qu'il soit juste et équitable. Nous ne voulons ni sphère d'influence, ni 
partage, ni démembrement de la Chine; mais, si ce partage devient inévitable, 
nous voulons une part au moins égale à celles qui seront obtenues par les 
autres puissances. 

Si l'on s'en tient aux sphères d'influence, nous voulons que la nôtre, c'est-à- 
dire la vallée du Yang-tsé-Kiang, soit aussi inviolable que celle qui sera assignée 
aux autres puissances. 

La Russie peut opposer son veto à, une concession de chemin de fer anglais 
dans la Chine méridionale, tandis que l'Allemagne obtient des droits de préfé- 
rence dans le Chan-Toung. S'attend-on à ce que nous permettions à un chemin 
de fer russo-sino-belge de couper en deux notre sphère d'influence? 

Ce sont là des erreurs qui peuvent être rectifiées par des négociations direc- 
tes, si les Russes veulent entendre la voix de la justice, sinon par d'autres 
moyens. Quels qu'ils soient, la nation anglaise les approuvera. 

Peking, 47 août. 

Dans une visite au Tsoung-li Yamen, le baron de Heyking, ministre d'Alle- 
magne, a indiqué la nécessité de régler aussi rapidement que possible la ques- 
tion du chemin de fer de T'ien-Tsin à Tchin-Kiarig, récemment accordée au 
docteur Young- Wing. 

Le ministre a déclaré que si le chemin de fer n'était pas accordé à un con- 
cessionnaire allemand, il devra passer à l'ouest de la péninsule de Chan-Toung, 
sphère d'influence allemande. 

Il est vraisemblable que le baron de Heyking a l'intention de favoriser l'ac- 
cord de la concession à un syndicat anglo-allemand, ce qui résoudrait les difli- 
cultés présentes et effacerait les jalousies. 

Le dernier recensement chinois indique que la population de la région de 
Weï-Hai-Weï est de 350,000 habitants. 

Un périodique de création récente — le Chihsin-Pao ou le Rédacteur de 
la Nouvelle Connaissance — vient de publier un article curieux intitulé «le 
Découpage du melon», dans lequel la question du partage de la Chine est dis- 
cutée «au point de vue indigène progressiste», avec le plus philosophique déta- 
chement. Cet article est accompagné d'une carte sur laquelle sont figurées et 
désignées en caractères chinois les parts de chaque puissance européenne et 
celles des autres candidats — car il y en a d'autres — à l'héritage d'Alexan- 
dre, ou plus exactement de Kouang-su. 



340 CHRONIQUE. 

Il attribue à la Russie la Corée, les provinces de Chen-Si et de Chan-si; à 
l'Angleterre, le Kiang-Sou, le Kiang-Si, le Tché-Kiang et (semble-t-il) le Hou- 
Pé; à l'Allemagne, le Chan-Toung et le Ho-Nan; à la France, le Hou-Nan, 
l'Annam (sic) et (semble-t-il) le Kouang-Si et le Kouang-Toung avec l'île 
de Haï-Nan. 

Toutes ces puissances, conjointement, occuperont le Petchili. Quant au Japon, 
il gardera Formose et y ajoutera le nord et le sud de la province de Fo-Kien. 

Enfin le Kan-Sou sei'a usurpé (sans doute par des raahométans) et le Sze- 
Tchouen, le Koueï-Tchéou, voire le Yun-Nan, passeront sous la domination 
«des rois» (ce qui, suivant les journaux anglais, auxquels nous empruntons ces 
détails, doit signifier: «des chefs rebelles»). 

Une dépêche de Peking confirme qu'un édit impérial ordonnerait d'établir 
dans cette ville des universités sur le modèle des universités étrangères. Les 
hauts fonctionnaires devraient se réunir immédiatement pour étudier la question. 

Si nous en croyons une dépêche de Shanghaï à l'agence Dal ziel, un édit 
impérial vient d'être rendu en vertu duquel, désormais, dans tous les examens 
des «lettrés», les interrogations porteront sur la matière inscrite aux program- 
mes des universités européennes, et non point exclusivement sur les sujets 
ti'aités dans les ouvrages des écrivains classiques de la Chine. 

La Gazette de Cologne vient de consacrer un assez long article à mettre en 
garde ses lecteurs contre la nouvelle que l'empereur de Chine serait sollicité 
de déplacer la capitale de l'empire de Peking dans la ville de Si-Ngan fou, où 
fut fondée, au troisième siècle avant notre ère, la dynastie des Tsin. 

Sir Nicolas O'Connor, dit la Gazette, s'est efforcé, en 1894 et 4895, d'amener 
la cour à quitter Peking. 

L'Angleterre, même depuis, n'a pas cessé d'agir dans le même sens. Elle 
avait espéré que, si le gouvernement chinois se retirait dans la vallée du 
Yang-Tsé, le Japon s'emparerait de la Chine septentrionale et créerait, de la 
sorte, un Etat-tampon entre l'empire russe et les intérêts anglais dans la val- 
lée du Yang-Tsé. Aujourd'hui les Anglais acceptent le fait accompli dans la 
Chine septentrionale; mais ils pensent que le transfert éventuel de la capitale 
sur le Yang Tsé, ou dans le voisinage immédiat de ce fleuve, pourrait contri- 
buer à la réalisation du rêve anglais: à savoir la suprématie de la Grande- 
Bretagne sur la partie centrale de l'empire du Milieu. 

Dans les milieux chinois, dans les milieux jeunes-chinois surtout, l'idée du 
transfert de la capitale a été agitée même déjà avant le traité de Simonoseki, 
avec l'intention de soustraire de la sorte le gouvernement aux menaces et aux 
influences extérieures. 

Et il n'est pas impossible que même certains parmi les chefs du vieux parti 



CHRONIQUB. 841 

conservateur, et Tchang Tchi-toung ( B^ ^ *^ ) lui-môme, soient convertis ä 
cette idée, du reste assez difficilement réalisable. A part les difficultés extérieures 
et intérieures que tel transfert ferait naître indubitablement, le gouvernement 
manque d'argent pour faire face aux frais qu'exigerait un déplacement de 
rouages aussi considérable que ceux de la cour et du gouvernement chinois. 
En effet, la cour de Peking se compose de 7 à 8,000 personnes attachées à la 
famille impériale et de presque autant de fonctionnaires attachés à l'admini- 
stration centrale. 

Les difficultés auxquelles la Gazette de Cologne fait une allusion discrète 
dans l'avant-dernière phrase sont certainement sufïï.santes pour justifier la ré- 
serve avec laquelle elle a accueilli la nouvelle du déplacement de la capitale 
chinoise. 

L'empereur actuel, qui n'a dû son élévation qu'à des intrigues de cour cou- 
ronnées par l'expédient d'une adoption défendue par les rites, est considéré 
comme un usurpateur par les Chinois. Détesté déjà par eux comme chef des 
conquérants mandchous, il est menacé de toutes parts par les intrigues et les 
complots des sociétés secrètes qui pullulent dans son empire. 

Par conséquent, à Peking, entouré de i)opulation tatares, il est plus en sûreté, 
nonobstant la présence des Russes à Port-Arthur, que dans n'importe laquelle 
des villes de la vallée du Yang-tsé Kiang. Le protectorat anglais, non seule- 
ment ne l'y protégerait pas contre ses sujets, mais encore ajouterait à son 
impopularité le grief, si puissant auprès des peuples jaunes, d'être aux mains 
de l'étranger l'instrument de leur réduction en servitude. 

Le Times, d'après une dépêche de Peking, dit que M. Detring, commissaire 
des douanes allemand, agissant au nom d'un syndicat allemand, a demandé 
au Tsoung-li Yamen la concession de l'exploitation des raines de charbon situées 
dans certaines régions déterminées de la province du Pé-Tchi-Li. 

Le syndicat s'engage à consacrer un capital de 250,000 livres sterling au 
développement de la concession; il entreprendra, en outre, la construction de 
quais et de rampes d'accès à Tchin-wang Tao ( ^è. ^p -^ ). 

Le Times dit également que, si l'emprunt à la Banque de Hong-Kong et 
Shanghaï était repoussé par suite des exigences de la Russie, ce refus prouve- 
rait que la Chine septentrionale est devenue de fait une sphère d'intérêts 
russes. 

Le journal de Londres répète que la politique de la porte ouverte est celle 
qui, en Chine, s'accorde le mieux avec les traditions et les intérêts britanniques 
et que, si les puissances n'en veulent pas, le parti le plus sage que l'Angleterre 
puisse prendre serait de consacrer toute son énergie au maintien de cette poli- 
tique dans la région de la Chine, où les intérêts anglais sont les plus considé- 
rables. 



342 CHRONIQUE. 

Le courrier d'Extrême-Orient donne des informations sur les troubles qui ont 
été occasionnés à Shang-haï par la reprise des terrains de la pagode de Ning- 
Pô et qui ont amené un débarquement armé de marins français en station 
sur le Wham-Poo ( ^^ y^ ) : 

Une grave émeute avait déjà eu lieu, il y a une dizaine d'années, lorsqu'il 
s'est agi de faire passer deux rues à travers ces terrains; on crut devoir at- 
tendre. Au commencement de cette année, le conseil ayant besoin d'emplace- 
ments pour certaines constructions indispensables, résolut de prendre, cette fois, 
bel et bien possession du terrain. 

Le Taotaï de Shanghaï, sommé d'avoir à le restituer, tergiversa à la mode 
chinoise et fit traîner les choses en longueur. M. de Bezaure, le consul général 
de France, prit donc sur lui de s'emparer militairement de la place. A cet effet, 
une compagnie de débarquement de VEclaireur, avec une pièce d'artillerie de 
campagne, se rendit à l'enclos de la pagode, et, à six heures du matin, le pre- 
mier coup de pioche était donné par les coolies du service de la concession. 

Un quart d'heure après, M. le commandant Texier, de VEclaireur, franchis- 
sait le premier la brèche, suivi du consul de France, M. Claudel, et de M. de 
Malherbe, secrétaire de la municipalité. 

Tout ce premier acte s'accomplit sans difficultés. Une foule assez compacte 
se trouvait là. 

Peu à peu, elle s'avance et pénètre dans l'enclos. Des Européens, venus en 
curieux, sont attaqués par quelques énergumènes. 

En présence de ces agressions, les marins de VEclaireur doivent charger à 
la baïonnette: ils tuent deux ([îhinois et en blessent quelques autres. On croit 
devoir réunir au plus vite la compagnie française des volontaires; mais, pen- 
dant ce temps, les Chinois se portent sur les maisons de deux Européens, 
bâties sur le Yang-King-Pang (y^ ^^ y Fr ) Sitôt arrivés, les volontaires char- 
gent les émeutiers et réussissent à éloigner la foule. 

Le lendemain, des émeutiers s'avancèrent vers le poste de l'Est; ils brandis- 
saient des piques et proféraient des insultes contre les Français. Le chef du 
poste ordonna à ses agents de faire feu contre les agresseurs. Quatre ou cinq 
Chinois tombèrent. 

A ce moment le commandant Texier arrivait et mettait en batterie sa pièce 
de canon en face de Tongka-Dou ( ^Ë- ^? 9^ ). Un premier coup tiré à blanc ne 
fit pas d'effet sur la foule. Le commandant, sur le refus de la foule de se disperser, 
tira une volée à mitraille. Il en résulta une panique et une retraite précipitée. 
On emporta de nombreux blessés, et trois hommes restèrent sur la place. 

Pendant ce temps, sur le quai de la Brèche, la foule devenait turbulente, 
des Chinois insultaient la sentinelle. Le lieutenant des volontaires fait alors 
une sortie et intime l'ordre à la foule de se disperser. Son injonction est ac- 
cueillie par des moqueries. Il commande alors deux salves à blanc; ces salves, 



CHRONIQUK. 848 

i 

loin d'effi-ayer les émeutiers, semblent au contraire leur persuader qu'ils sont 
invulnérables. Les volontaires sont, en un instant, assaillis de coups de briques 
et de pierres. Une troisième salve, à balle cette fois, est alors commandée et 
quatre hommes tombent foudroyés. Le terrain est dégagé. 

La simultanéité des attaques prouve qu'on se ti'ouvait en présence d'un plan 
combiné. 

Le Tchi-hien (4^ i^) ^^^ ^^^ entrevue avec M. de Bezaure; il promit au 
consul général de faire le nécessaire pour arrêter les désordres. Le consul lui 
répondit qu'à défaut de son aide, les Français sauraient s'en passer et feraient 
seuls ce que les circonstances rendraient nécessaire. 

L'arrivée de 150 hommes par le Marco-Pulo et l'attitude ferme du consul 
général ont donné, depuis, beaucoup à réfléchir à ce mandarin. Il doit lancer 
une proclamation pour inviter la population chinoise à cesser toute manifes- 
tation. 

Un télégramme de Peking à la presse anglaise annonce que le marquis Ito 
est arrivé le 15 Sept, à T'ien-Tsin, en route pour Peking. Les Chinois estiment 
qu'il pourrait bien conclure une alliance offensive et défensive entre la Chine 
et le Japon. 

On dit qu'il est envoyé pour faire une enquête officieuse sur la possibilité 
pour la Chine de recouvrer le terrain perdu et de devenir une alliée utile. 
Les cercles chinois se montrent, depuis peu, bien disposés pour le Japon. 

Un édit impérial étend le fonctionnement de l'administration des postes à tout 
l'empire et supprime le système actuel des messagers du gouvernement. 

D'autres edits introduisent des réformes qui diminuent les dépenses. 

Les conseillers de l'empereur sont évidemment disposés à opérer un change- 
ment radical de politique et à abolir beaucoup d'abus; mais on estime, dans 
les cercles chinois, et parmi les résidents européens les plus anciens, que ces 
indications sont trop profondes et de nature à irriter les clans officiels; toute- 
fois, ces efforts sont bien accueillis par les Chinois éclairés. 

On mande de Peking au Times que le Tsoung-li Yamen a consenti à concé- 
der à un syndicat anglais le droit de construire un petit chemin de fer entre 
Kau-Loung et Canton. 

Le Tsoung-li Yamen a également reconnu au syndicat de Peking le droit 
d'étendre le chemin de fer projeté pour les mines entre les limites de la pro- 
vince de Honan jusqu'à Si-Ngan (^ ^^)' ^'"' ^® fleuve Han, où ce fleuve est 
navigable. 

Les journaux londonniens publient des dépêches de Washington annonçant 
qu'un contrat définitif a été signé le 17 Sept, entre le représentant du gouverne- 



344 CHRONIQUE, 

ment chinois et un syndicat américain pour la concession d'un chemin de fer 
de Canton à Han-Keou. 

Des dépêches de Shanghaï annoncent que les missionnaires français et améri- 
cains de Ho-tcheou sont sains et saufs. On croit que le chef rebelle Su a été 
l'instigateur des troubles. 

Dans notre «Chronique» du No. de Mai, p. 170, nous avions dû renoncer à 
donner le nom du S« port ouvert sur le golfe de Liao-toung, à cause de 
la façon dont il avait été estropié dans les journaux européens. 

Par l'amabilité de notre ami le Consul-général des Pays-Bas à Peking, M. 
F. Knobel, nous sommes en mesure de donner l'exacte forme. C'est l'île de 
TchHn-wang ( ^^ ^p .^ ) ') située à 80 milles nord de l'embouchure du Pei-ho 
( *! [j I^RT ) ®^ environ 25 milles sud de Chan-hai Koan ( Ml "^J ^^ ) dans 
le district de Fou-ning ( SBt ^^ iK ), dans la province de Tchih-li. 

Peï-Tai-ho ( H[k MU jfflT ), également mentionné par les journaux, est le nom 
d'une gare du chemin de fer de THen-tsin à Chan-hai Koan à une distance 
de 452 milles anglaises de THen-tsin. 

Notre ami nous écrit qu'il n'y a pas de communication directe par chemin 
de fer de Peking à Peï-tai-ho. «Il faut se rendre d'abord de Peking à T^ien-tsin 
(4 heures de chemin de fer) où il faut passer la nuit, puis on peut se rendre 
le lendemain en 8 heures de chemin de fer à Peï-tai-ho, si, au moins, les 
ponts ne sont pas brisés et les routes inondées comme dernièrement (en Juin). 

«Depuis 8 jours la «station balnéaire» Peï-tai-ho ne pouvait être atteinte et 
j'ignore quand la communication de THen-tsin à Chan-hai Koan pouri'a être 
reprise». 

Vu la difficulté, et quelquefois même l'impossibilité, de reconnaître les noms 
chinois dans les transcriptions arbitraires des journaux européens, nous sommes 
d'avis que tous les grands journaux en Chine et en Europe devraient se pro- 
curer une fonte de types chinois et donner tous les noms chinois en caractères 
chinois. 

Aujourd'hui, que les affaires de la Chine ont obtenu un intérêt aussi actuel 
et prépondérant, nous croyons que les grands journaux sont moralement forcés 
à se procurer des types chinois, aussi bien qu'ils possèdent des types arabes, 
perses ou russes, et de ne plus mystifier leurs lecteurs avec des noms chinois 
impossibles à reconnaître dans leur transcription européenne, parfaitement in- 
suffisante. 

Peking, 27 septembre (par dépêche). — Aujourd'hui un édit a été promul- 



1) En Chinois Tchin-icang tao, que quelques journaux ont écrit CAin-Wan-TdS, Ching- 
Wan-Tao etc. 



CHRONiquE. 345 

gué, annulant efTectivement toutes les mesures de réformes dernières de l'Em- 
pereur. 

Selon un télégramme de Shanghai, 10,000 soldats russes sont concentrés à 
Port-Arthur, pnHs à secourir l'Impératrice en cas de besoin. 

La flotte anglaise au Petchili serait destinée à intercepter les transports de 
troupes russes. 

La *Novoje Vremja» de St. Pétersbourg déclare que la France, la Russe et 
l'Allemagne ont expédié des escadres pour surveiller l'escadre anglais à Takou, 
qui a pris une attitude menaçante. 

I Octobre. Un édit impérial a paru, dans lequel l'Impératrice exprime ses 
regrets que la maladie de l'Empereur s'est aggravée. 

Tous les gouverneurs de province sont invités à envoyer les meilleui-s méde- 
cins à Peking. 

II y en .a qui croient que cet édit n'est qu'un moyen pour préparer le peuple 
à la mort de l'Empereur, mais le correspondant du Times à Peking remarque 
à juste titre que le décès de S. M. n'aura aucun effet sur la situation, la suc- 
cession du ti'ône étant déjà réglée. 

Le Times apprend de Peking que les membres principaux du Parti de Ré- 
forme ont été exécutés le 28 Septembre. 

CORÉE. 

Berlin, 29 juillet {par dépêche). — La Gazette de V Allemagne du Nord 
annonce que le gouvernement coréen a notifié aux représentants des puissances 
à traité, accrédités à Séoul, que, conformément à une décision du conseil 
d'Etat coréen, sanctionnée par le roi, les ports de Song-jin, dans le Ham-kyeng 
^° (^ ^i ^Ê.^ septentrional, de Kun-san, dans le Tjyen-al do ( >^ ^Ê ^') 
septentrional, de Ma-sanpho, dans le Kyengsyangdo (J^ 'ra :;g ) méridional 
seraient ouverts au commerce étranger comme ports à traité, aux conditions en 
vigueur pour les anciens ports de cette catégorie, et que la ville de Hpyeng-yang, 
dans le Hpyeng-yang do (2pl ^ ^*) méridional, sera aussi ouverte aux 
étrangers comme marché. 

Le gouvernement coréen s'est réservé de faire connaître ultérieurement la 
date de l'ouverture. 

Une dépèche de Séoul à Yokohama annonce que dans la soirée du il sep- 
tembre, après un diner, l'empereur de Corée et le prince impérial sont tombés 
subitement malades. On croit qu'ils ont été victimes d'une tentative d'empoi- 
sonnement. Leur état s'est amélioré. Onze fonctionnaires de la cour ont été 
arrêtés. 



346 CHRONIQUE. 

Yokohama, H juillet. — Un nouveau complot contre le gouvernement vient 
d'être découvert à Séoul (Corée). Plusieurs hauts fonctionnaires ont été arrêtés. 
Un certain nombre d'autres, dont l'ancien ministre de la guerre, sont en fuite. 

D'après un télégramme de Yokohama du 18 sept., à une agence anglaise, 
l'empereur et son fils auraient vraiment été victimes d'une tentative d'empoi- 
sonnement. Le principal coupable serait un officier de la cour, nommé Ko; il 
aurait fait des aveux. Il prétend avoir agi à l'instigation d'un interprète de la 
légation russe, naguère en faveur à la cour, et récemment banni par ordre de 
l'empereur. 

Deux complices désignés par lui, et appartenant au service intérieur du pa- 
lais, ont été arrêtés. 

La santé de l'empereur de Corée s'est rétablie, mais le prince impérial est 
encore souffrant. Une dame de la cour est également souffrante. On croit que 
le poison a été donné par une autre dame de la cour, mais on ignore si cette 
tentative criminelle est due à la jalousie ou à un motif politique. 

On annonce de Séoul que le ministre russe a protesté contre l'enrôlement 
des étrangers dans la garde royale; il considère cet enrôlement comme con- 
traire à la promesse qui avait été faite par le conseiller financier quand les 
instructeurs russes furent rappelés. 

Le cabinet coréen a décidé de faire droit à cette protestation. 

Un télégramme de Séoul annonce qu'un accord est intervenu entre le gou- 
vernement coréen et le chargé d'affaires de France relativement à la nomina- 
tion d'un conseiller français pour les affaires postales. 

Un télégramme de Peking au Times annonce que M. Pavlov a été nommé 
ministre de Russie en Corée. 

Yokohama, 16 août (par dépêché). — On assure qu'une concession japonaise, 
pour la construction d'un chemin de fer de Séoul à Fusan, est virtuellement 
arrangée. L'Autriche aurait à notifier son consentement au tarif qui sera mis 
en vigueur en 1899. 

Yokohama, 19 août (par dépêche). — Le consul d'Allemagne ayant adressé 
en faveur d'une maison allemande une demande au gouvernement coréen pour 
la concession d'un chemin de fer de Séoul à Gensan, le gouvernement coréen 
lui a répondu qu'il se proposait d'établir un bureau des chemins de fer et de 
créer des voies ferrées, et qu'on conséquence, à l'avenii*, aucune concession ne 
sera accordée. 



CHRONIQUE, 347 



FORMOSE. 

Les indigènes ont dernièrement mis le feu aux bureaux du gouvernement. 
A l'approche des troupes japonaises, ils s'enfuirent, poursuivis par les Japonais 
qui ont brûlé leurs villages et en ont tué plusieurs. 

FRANCE. 

Académie des inscriptions et belles-lettres. 
(Séance du Vendredi 4« Juillet 4898.) 

Documents archôologiques. — M. Edouard Blanc, chargé de mission dans 
l'Inde, communique divers «documents archéologiques relatifs à l'expansion de 
la civilisation gréco-bactrienne au delà du Pamir et à son contact avec la civi- 
lisation chinoise de l'antiquité». 

Selon cet auteur, la grande dépression du Lob-Nor, cette ancienne mer inté- 
rieure où coulent le fleuve Tarim et ses affluents, a été le champ où les Occi- 
dentaux de l'antiquité ont pi-is contact, non plus avec les représentants de la 
branche ouralienne de la race jaune, les Huns, qui, eux, sont venus à maintes 
reprises submerger l'Asie antérieure et même l'Europe, mais avec l'autre bran- 
che la plus civilisée et la plus étrangère à l'Occident, la branche chinoise pro- 
prement dite. 

Une cérémonie bouddhiste au Musée Guimet. — ^Un lama bouddhiste du 
Thibet, le premier qui vient en Europe, a célébré le 27 Juin au musée Guimet 
un office selon les rites de la secte Gélugpa fondée au quatorzième siècle. Dans 
la bibliothèque ronde qui a déjà, il y a quelques années, servi de temple à 
des bonzes chinois, était disposé avec beaucoup de somptuosité un autel cou- 
vert de soieries jaunes avec cinq gradins portant un édifice doré symbolisant 
l'univers, sept tasses d'eau, sept brûle-parfums, sept vases de fleure, sept coupes 
d'offrandes de tapisserie. 

Sur un trône, le lama Agouan Dordji, conseiller et précepteur du grand 
dalaï-lama de Lhassa, a récité en une lente mélopée les fastes du bouddhisme, 
puis, s'interrompant par des battements de cymbales et des élévations de mains, 
il a invoqué la protection de tous les bouddhas et des saints victorieux. 

Avec lui, l'assistance nombreuse a répété les formules d'adoration et couvert 
l'autel de fleurs. Un Mongol bouriate de Transbaikalie, M. Buddha Rabdanof, 
traduisait les paroles du prêtre en russe, un autre interprète les traduisait en 
français. 

De Paris à Vladivostok. — Le port nisse de "Vladivostok e.st situé sur l'océan 
Pacifique. C'est l'extrémité du chemin de fer transsibérien dont on achève en ce 
moment la construction. 



348 CHRONIQUE. 

D'ici à une dizaine de mois, probablement, il sera possible de prendre son 
billet directement de Paris à Vladivostok, en passant par Berlin, c'est-à-dire 
pour un parcours de 14,000 kilomètres. 

La ligne traverse l'Europe et l'Asie, par Bruxelles, Cologne, Berlin, Varsovie, 
Moscou, Omsk, Tomsk et Irkoutsk, franchit la frontière chinoise et par la 
Mandchourie arrive à Vladivostok. 

Le nouveau chemin de fer, qui emprunte sur les deux tiers du parcours le 
territoire de la Russie et de la Sibérie, relie l'océan Atlantique et l'océan 
Pacifique, et sera bientôt la plus importante voie de communication pour le 
commerce asiatique. 

Il ouvre au commerce européen la Sibérie et rapproche singulièrement l'Eu- 
rope de la Chine. 



Nous avons annoncé, dans notre dernier numéro, l'occupation effective par 
la France de la baie de Kouang-tcheou, dans la presqu'île chinoise de Loui- 
tcheou. 

M. Cl. Madrolle donne, dans un des derniers numéros des Annales de géo- 
graphie, la fin de l'étude, que nous avons analysée ici même, sur cette pres- 
qu'île dont une partie est, désormais, française. M. Madrolle a étudié, de plus, 
dans les numéros récents des Questions diplomatiques et coloniales, l'importance 
géographique, militaire et économique de la baie de Kouang-tcheou ; ces études 
sont illustrées par une carte générale du golfe de Tong-king et par une carte 
spéciale de la baie. Nous continuons d'analyser ces travaux sur une région jus- 
qu'ici quasi inconnue, et que la politique vient de mettre en pleine «actualité». 
Administrativement, le Loui-Tcheou (ou Louei-Tsiou) a 152 kilomètres d'éten- 
due du sud au nord, sur 55 dans sa plus petite largeur et 100 dans sa plus 
grande. Sa superficie est de 13,000 kilomètres carrés; sa population est peu 
dense: 290,000 habitants, soit 23 par kilomètre carré (France, 72,8 par kilo- 
mètre carré"). Ses limites sont, au nord le département de Ko-Tchao ( ^t J^U 
IjMp), à l'ouest le golfe du Tong-king où sont situées, à quelques milles en 
mer, les îles de Oueï-Tcheou-Tong et de Chia-Gon (?\ au sud le canal de Haï- 
Nan, à l'est la mer de la Chine méridionale. A l'est, l'île de Nao-Tsao (ij^ 
/H ^ä ^) ^^ '^ terre de Jacquelin sont à proximité, fermant au midi la baie 
de Kouang-tcheou. 

La péninsule n'a pas de port ouvert aux échanges internationaux. Son com- 
merce se fait par les ports voisins de Hoi-Haou ( y^ pj , île de Haï-Nan), de 

Canton, de Pak-Hoi ( ^ »^ ?), et de La-Pa ( |1^|J Pß ), près Macao. C'est 
dans ces ports, jusqu'à présent, que les marchandises des bâtiments étrangers 
sont dédouanées et débarquées afin de payer la taxe ad valorem imposée à 
tout produit venant du dehors; les jonques chinoises les transportent de là 
dans l'intérieur du pays ou dans les ports fermés. L'importation porte surtout 



CHRONlQtJK. 349 

sur les cotonnades et l'opium, l'exportation sur les porcs, le sucre et le riz. En 
1895, 2,050,000 francs de marchandises ont été débarquées à Louei-Tsiou et 
seulement 200,000 francs dans la vallée de Soui-Kaï ( ^â vS ), partie nord 
de la péninsule. Louei-Tsioi, située dans l'intérieur des terres, sur un petit 
cours d'eau navigable pour les bateaux chinois, est donc, en môme temps que 
la capitale de la presqu'île, la principale cité commerçante de la région; les 
Cantonais, les gens de Ko-Tchao et ceux du Fo-Kien sont les premiers négo- 
ciants de la place. La population est d'environ 22,000 habitants. 

L'ouverture de la baie française de Kouang-Tchéou détournera vers ce point 
le commerce de la presqu'île de Louei-Tsiou et des régions qui la bordent au 
nord. 

Cette baie est la seule de toute la presqu'île qui possède une réelle valeur 
maritime. Les brouillards, les récifs, les courants et les vents nombreux dans 
le canal de Hai-Nan éloignent les bâtiments des autres parties de la côte. La 
baie de Kouang-Tchéou, au contraire, offre un excellent mouillage. Elle est 
vaste comme l'étang de Berre ou la rade de Brest. Elle est profonde : l'entrée 
Sud a des pi-ofondeurs de 7 m. 3 et de 6 m. 4, l'entrée Est de 18 mètres, 
l'intérieur de la baie de 22 et de 24 mètres. Elle est bien abritée des vents 
et des moussons du nord-est et du sud-ouest. Elle est, enfin, facile à garder. 
Ses entrées sud et est sont étroites et, entre les deux, l'île Nao-Tsao s'élève à 
une hauteur de 83 mètres. Dans la partie septentrionale de la baie, au-dessus 
de Ou-tchouan-Hien ( ^^ j|| Iß), se jette une rivière importante, qui faci- 
litera la pénétration dans le Kouang-Toung. 

La région cédée à la France comprend toute l'étendue de la baie et des 
passes, les îles qui la ferment : Mat-Shan, Sala-Hopeng (?), Nao-Tsao, le littoral de 
la baie, y compris la ville de Ou-Tchouen-Hien. Cette concession aura à peu 
près la forme d'un triangle dont les sommets principaux seront le pic qui se 
dresse à 140 mètres au nord de la rade, la partie méridionale de Nao-Tsao, 
et le point où des lignes partant de ces deux sommets sur Louei-Tchéou fou 
atteindront la côte orientale de la péninsule. 

JAPON. 

M. Fordanaa Hoyoï-shi, commissaire général du Japon à l'Exposition de 1900, 
s'est embarqué fin d'Août pour la France. Il va à Paris surveiller l'installation 
de la section japonaise, qui promet d'être tout à fait intéressante. 

Le point de savoir si les étrangei-s peuvent être propriétaires de parts dans 
les entreprises japonaises a fait jusqu'ici l'objet de controverses très vives. Les 
dernières modifications apportées au code civil, et qui ont été récemment vo- 
tées, tranchent tout à fait la question. L'article 2 du code civil, en effet, dis- 
pose que les étrangers peuvent jouir dorénavant du droit de prendre des parts 



350 CHRONIQUE. 

dans les entreprises japonaises, par exemple, dans les banques, les chemins de 
fer, etc. 

Le Nippon, journal conservateur, mène une active campagne depuis quelque 
temps contre la démoralisation de plus en plus grande du peuple japonais. Il 
prétend qu'à ce point de vue il y a un changement radical depuis la Restau- 
ration de 1869. A mesure, selon lui, que la nation fait des progrès dans l'ordre 
des choses matérielles, elle se dégrade d'autant au point de vue moral. «Ce 
fâcheux état de choses, dit le Nippon, est particulièrement appréciable parmi 
la jeunesse des écoles primaires et secondaires. L'enseignement a trop sacrifié 
l'étude de la morale à celle de la science. Les déplorables effets de la nouvelle 
éducation se font déjà sentir et ne pourront que hâter la venue des luttes de 
classes et des divisions intestines dont souffrent les autres nations». 

Yokohama, 9 juillet. — Il est probable que le gouvernement japonais décré- 
tera, le 17 juillet prochain, la mise en vigueur de ses nouveaux traités avec 
les puissances étrangères popr le 17 juillet 1899, et celle du nouveau code des 
lois pour le mois de juin 1899. 

Yokohama, 2 août (par dépêche). — Le comte Okuma, premier ministre, 
abandonnera probablement le portefeuille des affaires étrangères en faveur de 
M. Hoshi-Toru, ministre du Japon à Washington, qui est actuellement en route 
pour le Japon. 

Yokohama, 11 septembre (par service spécial). — Le typhon de mercredi 
a causé de grandes inondations, de grands dégâts et plusieurs centaines de 
victimes dans les provinces centrales. 

Un décret impérial annonce que le nouveau tarif entrera en vigueur le i" 
janvier prochain. 

Le marquis Ito avait hier l'intention de partir de Chemulpo pour Che-Fou. 

New-York, 13 septembre (par service spécial). — La légation japonaise a 
été officiellement informée que le nouveau tarif statutaire et les tarifs conven- 
tionnels anglais, français, allemands et austro-hongrois entreront en vigueur le 
1er janvier 1899, 

Berlin, 14 septembre (par dépêche). — Le Moniteur de l'Empire annonce 
que le gouvernement japonais, par un décret du 10 septembre^ a ordonné que 
le nouveau tarif général, ainsi que les tarifs conventionnels du Japon avec 
l'Empire allemand, la Gi-ande-Bretagne, la France et l'Autriche-Hongrie, entre- 
ront en vigueur le 1" janvier 1899. 



CHRONIQUE. 351 

L'affaire de l'émeute de Sha-Shi, au cours de laquelle le consulat japonais 
fut détruit, a été réglée à l'amiable. Le Japon obtient une petite indemnité et 
la moitié des frais du quai à construire dans la concession japonaise. 

Le gouvernement chinois a fait savoir au gouvei-nement japonais qu'il ne 
pouvait pas lui accorder, dans les ports ouverts, les concessions qui sont accor- 
dées aux puissances étrangères dans les ports à traités. 

Le Japon a admis cette explication et continue d'observer une attitude 
conciliante. Il consent également à ajourner sa demande d'une concession à 
Fu-Chan. 

Le gouvernement japonais a fait une magnifique réception au grand-duc 
Cyrille, cousin du tsar, qui est venu passer trois jours à Tokio, 

Le grand duc est arrivé à Yokohama, le 9 juillet, à bord du Russia, un 
des plus puissants croiseurs de la flotte russe. Il s'est immédiatement dirigé 
vers la capitale, où le palais de Shiba avait été aménagé spécialement pour le 
recevoir. 

Déjà, il y a quelques semaines, les gouvernements de Saint-Pétersbourg et 
de Tokio s'étaient rais d'accord pour régler amiablement leurs rapports récipro- 
ques vis-à-vis de la Corée; l'événement actuel montre que la bonne harmonie 
règne tout à fait entre les deux cabinets. 

La municipalité de Tokio et les journalistes ont tenu à s'associer à la mani- 
festation en l'honneur du grand-duc, à qui de superbes cadeaux ont été offerts. 

Le gouvernement japonais a répondu à la circulaire du comte Mouravief qu'il 
se ferait représenter à la conférence internationale pour le désarmement. 

Nous apprenons avec plaisir que notre collaborateur, M. le docteur August 
Gramatzky, vient d'être nommé professeur d'Allemand au Gymnase Koto-Gacko 
( yh *^ ) ^ Yamaguchi. 

Les nouveaux tarifs japonais. 

M. Maruéjouls, ministre du commerce, vient de décider que le paquebot des 
Messageries Maritimes qui partira le 7 août de Marseille à destination de 
l'Extrême-Orient ne fera pas escale à Shang-Haï à l'aller. Il pourra ainsi at- 
teindre Yokohama le 17 septembre au soir et éviter les nouveaux tarifs doua- 
niers qui vont être appliqués en exécution du traité franco-japonais et qui 
seront rais en vigueur au Japon à partir du 48 septembre. 

Cette mesure n'aura d'ailleurs aucune influence sur la date d'arrivée dos 
correspondances à destination de la Chine, qui seront débarquées à Hong-Kong 
et acheminées de là sur Shang-Haï. 



352 CHRONIQUE. 

La Fresse au Japon. 

Le Japon deviendra sous peu l'un des pays où l'on publie le plus de journaux. 
Le nombre des feuilles et revues s'élève environ à 800; à Tokio seulement, on 
compte 20 journaux politiques et 118 revues périodiques; le tirage des premiers 
dépasse 4 millions d'exemplaires par mois; le tirage des secondes, un demi- 
million. Mais la concurrence est si âpre qu'à peine deux ou trois journaux sont 
publiés à plus de 10,000 exemplaires par jour. 

Les deux plus anciens et les plus influents encore aujourd'hui sont le Nishi 
nishi Shimbun ou Nouvelles du jour, et le Jigi Shimpo ou Temps. Le pre- 
mier est l'organe officieux et subventionné du gouvernement; le second est 
radical; d'autres journaux sont libéraux; le plus considérable est le Choya 
Shimbun ou Nouvelles publiques; d'autres sont conservateurs, comme le Nip- 
pon, l'organe des réactionnaires intransigeants. D'autres encore s'intitulent in- 
dépendants, absolument indépendants tout comme en Europe. 

Il y a des revues littéraires, des revues historiques, des revues philosophiques, 
des revues scientifiques. Une part très importante de ces publications est con- 
stituée par les revues religieuses. On le comprendra aisément si l'on songe que 
le Japon contient 72,000 temples bouddhiques, sans compter 40,000 petites 
chapelles, si bien que, d'après des statisticiens nippons, on y trouve un temple 
sur 140 maisons et un prêtre sur 375 personnes. 

Les revues l'eligieuses sont puissantes et riches, et ont un public nombreux 
et fidèle, mais tout spécial; car elles sont presque uniquement consacrées à des 
controverses théologiques qui dégénèrent vite en querelles entre les diverses 
sectes. 

Enfin, on trouve en ce lointain pays des Revues pour les dames et des 
journaux de mode, qui apprennent aux mousmés à s'affubler pédamment des 
costumes européens... 

Voilà les services que l'Europe a rendue au Japon. (Le Jour du 27 Mai.) 

PA.YS-BAS ET COLONIES NÉERLANDAISES. 

A l'occasion du couronnement de la Reine Wilhelmina, les décorations sui- 
vantes ont été décernées aux orientalistes néerlandais suivants: 

A M. le professeur H. Kern, Président du département littéraii-e de l'Aca- 
démie des Sciences à Amsterdam, et professeur de Sanscrit à l'Univemte de 
Leide, ainsi qu'au Docteur G. Snouok Hurgronje, Conseiller pour les langues 
orientales et le droit musulman aux Indes orientales Néerlandaises, la croix de 
Commandeur de l'ordre du Lion Néerlandais. 

A M. le docteur J. J. M. de GrooT, professeur d'Ethnographie à l'université 
de Leide; à M. P. A. van der Lith, professeur de droit musulman à l'univer- 
sité de Leide et membre de la commission de l'état pour les modifications à 



CHBONIQDK. 858 

faire dans la législation des Indes orientales Néerlandaises par rapport au droit 
privé; à notre collaborateur M. A. G. Vorderman, inspecteur du service médi- 
cal civil à Java et Madoura; à M. W. Visserino, secrétaire du conseil d'inspec- 
tion du service des chemins de fer à la Haye (mieux connu comme l'auteur de 
l'ouvrage «Chinese currency, coin and paper money»), et à M. le docteur W. 
Pleyte, directeur du Musée d'antiquités à Leide, la croix de chevalier dans le 
même ordre. 

A M, le docteur C. P. Tfele, professeur à l'université et Président de la 
commission pour les affaires de la Confrérie rémonstrante à Leide, la croix de 
Commandeur de l'ordre Oranje-Nassau. 

M. A. L. VAN Hasselt, ancien Résident aux Indes orientales Néerlandaises, 
a été nommé professeur de l'ethnographie des Indes orientales Néerlandaises 
au Séminaire oriental à Delft, comme successeur de M. le professeur G. K. 
NiEMAN, qui a pris sa retraite à cause de son grand âge. 

PHILIPPINES. 

Le 1 Octobre dernier a eu lieu à Malolos la célébration de la déclaration de 
l'Indépendance des îles Philippines, où un millier d'indigènes nu-pieds ont été 
inspectés par le Dictateur et son état major, en costume de cérémonie. 

Après la revue, un banquet a eu lieu, où un toast fut porté aux Etats Unis 
de l'Amérique. Ensuite Aguinaldo lut l'acte de la Déclaration de l'indépendance 
des Philippines. ' 

RUSSIE. 

En présence des éventualités qui peuvent surgir en Extrême-Orient, l'ami- 
rauté russe a décidé de faire de Port-Arthur un nouveau Cronstadt. 

Trois nouvelles forteresses vont ôtre construites, qui rendront cette place 
inexpugnable. 

Elles contiendront trente et un gros canons de douze pouces et plus de cent 
canons de diverses grandeurs. 

Talien-Wan sera également pourvu de défenses formidables. 

Un nouveau chamin de fer Russe en Orient. 

Non contente d'avoir déjà as.suré ses communications avec la Chine et les 
Indes par ses chemins de fer d'Orenbourg à Irkoutsk et par extension dans 
quelque temps jusqu'à Vladivostock. et de Bakou à Samarkand et Tachkent, 
voici que la Russie vient d'obtenir pour le neveu d'un ambassadeur russe, la 
concession d'une ligne reliant la Méditerranée à la mer des Indes par le golfe 

24 



354 CHRONIQUE, 

persique. La ligne partira du port de Tripoli (Syrie) et aboutira à Korveyt 
(Perse). 

La Russie poui-ra donc, dans quelques années, se passer du canal de Suez 
pour envoyer ses troupes et ses marchandises en Chine. {Patrie, 15 Août.) 

La Russe et l'Angleterre en Chine. 

Le Daily Mail affirme que l'accord eöt complet entre l'Angleterre et la 
Russie à propos des affaires de Chine. 

L'Angleterre reconnaît l'influence russe en Mandchourie. De son côté, la 
Russie s'engage à ne pas s'opposer aux revendications de l'Angleterre. 

La Russie ne fera pas d'opposition à ce que la banque de Hong-Kong et 
Shanghaï fasse l'avance des fonds pour la construction du chemin de fer de 
Niou-tchouang. 

La clause d'arbitrage dans la concession des chemins de fer de Peking à 
Hong-Ko est supprimée ; l'Angleterre ne fera aucune objection à la construction 
de la ligne par un syndicat russo-franco-belge. 

La Russie s'engage à reconnaître la sphère de l'influence anglaise dans le 
bassin du Yang-Tse. {Éclair, 7 Septembre.) 

SIAM. 

Bangkok, 19 août {par dépêche). — Le 14 août, dix policiers qui poursui- 
vaient un Chinois, ont pénétré dans une dépendance de la légation de France, 
où ce Chinois s'était réfugié. 

M. Defrance, le ministre résident de la France, fit mettre en prison cinq des 
agents et adressa aussitôt ses protestations au gouvernement siamois. 

Le ministre des affaires étrangères fit immédiatement parvenir au ministre 
français une lettre officielle exprimant les regrets du gouvernement, pendant 
que le gouverneur de Bangkok venait en personne lui apporter les siens. En- 
fin, le commandant en chef de la police s'est rendu en uniforme, accompagné 
des agents coupables, à la légation et a présenté ses excuses au ministre 
devant tout le personnel. 

SIBÉRIE. 

Selon le Ostasiatische Lloyd du 1 Août, on créera sous peu à Vladivostok 
un «Séminaire oriental», ouvert à tous ceux qui ont fréquenté une école quel- 
conque d'un rang secondaire en Russie. Le but de ce séminaire est d'y in- 
gtruii-e les étudiants dans les langues et dialectes chinois, coréens et mon- 
gols jusqu'à ce qu'ils soient capables d'entrer au service de l'état, ou de se 
faire utile dans le commerce. Tous les étudiants seront logés dans un grand 
bâtiment. 



CHRONIQUE. 35t 



TONG-KING. 

L'Avenir du Tonkin^ arrivé le 8 Août à Mai-seille, rapporte que, le 30 juin 
dernier au matin, pendant qu'une équipe de cinq artilleurs voiturait des obus 
sur un petit Decauville, dans le fort annamite de Haiphong, situé rive droite 
du Cua-Cam, à un kilomètre et demi du centre de la ville et un kilomètre de 
la douane, un des projectiles tomba du wagonnet, la fusée la première, d'aplomb 
sur un des rails, et éclata. 

Un des soldats eut la tète complètement arrachée; un autre eut un bras et 
une jambe emportés si loin, qu'ils ne furent retrouvés que dans la soirée. 
Deux autres furent blessés moins grièvement. Seul celui qui poussait des deux 
mains ou de l'épaule le wagonnet fut protégé par sa position même, et ne 
reçut aucune atteinte. 

Un Annamite qui travaillait dans une rizière voisine eut la figure brûlée par 
l'explosion. 

Les deux malheureuses victimes, dont les obsèques ont eu lieu le lendemain 
au milieu d'un concours considérable de population, s'appelaient Barthe et 
Messager. Barthe (Antoine) était né, en 1878, à Aries. Messager (Louis-Marie), 
était né la môme année, à Pluvigner (Morbihan). 

L'un et l'autre étaient engagés depuis dix mois. 

Le même journal signais que le prix de l'alcool de riz ou choum-choum, qui 
valait 8 ou 10 cents (le cent est le centième de la piastre, quelle que soit la 
valeur de celle-ci au change), vaut 25 et 36 cents dans l'intérieur depuis 
l'établissement du monopole de l'alcool. 

Les indigènes, rarement ivrognes, n'emploient le choum-choiim que pour les 
libations des fêtes religieuses. Pour obvier à la trop grande cherté de ce pro- 
duit, sur le conseil de leurs mandarins, ils l'ont remplacé par du thé. De sorte 
que la culture du riz gluant d'où l'on distille le chonm-choum diminue, d'au- 
tant plus qu'il n'est i)lus possible de transporter ou d'aller vendre au marché 
ce grain, sans risque d'être soupçonné de se livrer à la contrebande, de voir 
son riz saisi par les agents des fermes et d'être emprisonné. 

Les journaux demandent la démolition de la vieille citadelle annamite de 
Son-Tay, pour permettre à la fois d'assainir cette ville en comblant les fossés 
pestilentiels du fort et de lui donner l'extension dont elle a besoin. 

Le riche village de Do-Luang, dans la province annamite du Nghe-An, à 
huit jours du fort de Vinh, a été détruit par un incendie. 

La route de Vinh à Benthuy sera prochainement complètement refaite. 
4000 coolies travaillent aux remblais qui l'élargiront à douze mètres. Des ponts 
de maçonnerie ont reinplacé les dangereuses passerelles dont les indigènes eux- 
luêines ne se servaient qu'à la dernière extrémité. 



356 CHRONIQUE. 

Le Polynésien, courrier d'Extrême-Orient, est arrivé le 8 septembre à Mar- 
seille. Il résulte des informations qu'il apporte que M. Doumer, gouverneur 
général, a assisté, le 20 août, à la crémation de la reine-mère du Cambodge. 

Le gouverneur doit monter à Hanoï dans les premiers jours de septembre 
pour présider le conseil supérieur de l'Indo-Chine. 

Un convoi d'opium venant de Phu-lang-Thuong, escorté par dix gardes, a été 
attaqué par une bande de Thos. Ceux-ci ont été mis en fuite par une vigou- 
reuse résistance de l'escorte. 

Une compagnie de tirailleurs tonkinois a été désarmée à la suite d'une mu-^ 
tinerie. 

Le résident de Tourane vient de faire tracer une route contournant le fond 
de la baie. Le nombre des colons augmente de jour en jour; les plantations de 
thé, de café sont en pleine prospérité ; les cultures indigènes de riz, de mûrier, 
de cannes à sucre donnent aussi des résultats satisfaisants. 

M. Boulloche, résident supérieur en Annam, a été appelé à Saigon par le 
gouverneur général pour prendre des mesures contre la peste dont certains cas 
ont été signalés à Nha-Ti-ang, La peste bovine, par contre, est en décroissance 
à Bac-Giang. 

La construction de deux forts à Hong-Hay, destinés à la défense de l'entrée 
de la baie d 'Along, vient d'être décidée. 

Depuis l'an dernier, dans le secteur de Soc-Giang, des serais ont été faits 
avec des graines de café qui ont donné de bons résultats. Les essais de jute 
vont commencer. 

L'aftaire de la rébellion de Ky Dong est terminée devant le tribunal mixte 
de Yen-Thé. Ky Dong et neuf des complices sont condamnés à la déportation 
perpétuelle. 

Voici des renseignements complémentaires sur la rébellion dont se sont 
rendus coupables, à Bac-Ninh, des tirailleurs tonkinois: 

Le mercredi 27 juillet, vers midi, quelques tirailleurs tonkinois s'amusaient à 
lutiner des marchandes annamites au marché de Bac-Ninh; celles-ci ayant 
témoigné de l'humeur, les agresseurs bousculèrent marchandes et paniers, 
chassant celles-ci, renversant ceux-là, répandant les marchandises sur la voie 
publique. 

Les congaïes portèrent plainte à la gendarmerie, qui opéra diverses arres- 
tations. 

Le lendemain, 28 juillet, les mêmes faits se renouvelèrent. Deux agents indi- 
gènes, employés comme aides par la gendarmerie, furent violemment frappés 
par les tirailleurs. Quatre tirailleurs furent, dit-on, punis disciplinairement par 
leur commandant de deux jours de prison. Les autres tirailleurs résolurent de 
venger leurs camarades; au nombre d'une cinquantaine, ils se sont jetés sur 
les deux agents indigènes de planton au marché. 



CHRONIQUE, 857 

Deux gendarmes européens arrivèrent au secours de leurs agents et voulurent 
disperser les agresseurs; mais, au moment où le gendarme Charpentier mettait 
la main sur deux tirailleurs, il se vit entouré par toute la bande qui se rua 
sur lui. M. Charpentier fut assez grièvement blessé aux bras et à la tète. 

Le second gendarme, M. Labarbarie, reçut un coup de bambou effilé qui, 
heureusement, porta sur la plaque du ceinturon. Se voyant sur le point d'être 
écharpé, le gendarme tira dans le tas et d'une balle fracassa la cuisse d'un 
tirailleur. 

Pendant ce temps, le sergent attaché au service de la place, immédiatement 
prévenu, faisait fermer les portes de la citadelle et, avec l'aide du poste, cueil- 
lait tous les tirailleurs qui se présentaient. Vingt-cinq ont été arrêtés de cette 
façon. Les autres ont dû, peu après, subir le même sort. 

Les journaux du Tong-king, apportés le 5 juillet par le paquebot Laos^ 
donnent de bonnes nouvelles des marchés de Thaï-Nguyen et de Cho-Moï, sur 
les confins du Yen-Thé, dont la pacification date presque d'hier. Ils sont très 
fréquentés, et les acheteurs abondent tant pour les produits du pays que pour 
les marchandises importées. L'amélioration est surtout sensible à Cho-Moï, sur 
le cours supérieur du Song-Cau, en pleine montagne. 

La situation agricole des contrées autour de ces deux villes est très bonne. 
Les grandes pluies qui sont survenues brusquement ont fait généralement 
grand bien et ont sauvé les récoltes de maïs, dans la province de Van-Uc, les 
rizières, dans la région de Haï-Duong, et favorisé la croissance des patates et 
du ricin dans la province de Bac-Ninh. 

Une commission, composée d'agents du service des travaux publics, étudie 
actuellement l'hydrographie et fait le nivellement de la province de Son-Tay, 
en vue de fixer divers tracés de canaux et de voies ferrées. Malheureusement 
des pluies diluviennes y ont compromis les récoltes. 

M. Doumer, gouverneur général de l'Indo-Chine, a pris un arrêté déclarant 
les entreposeurs généraux des salines de l'Annam et du Tong-king, concession- 
naires du monopole du sel récemment créé par lui, déchus de tous l eu i"s droits, 
et ordonnant la saisie de leur cautionnement, matériel, magasins et approvi- 
sionnements. 

Toute la zone frontière tonkinoise riveraine des provinces chinoises du Kouang- 
Toung et du Kouang-Si est contaminée et isolée adrainistrativement, à cause 
des epizootics qui y sévissent. La plus grave frappe les porcs. Ceux qu'elle at- 
teint présentent de graves lésions dans les poumons, le foie et le gros intestin. 
Le fléau a pénétré chez nous par les territoires de Coc-Ly et de Binh-Lieu. 
De grands efforts sont faits pour l'enrayer. 

Quant à la peste bovine, elle s'est manifestée au Kouang-tcheou ; on a dû 
y abattre des troupeaux entiers et cette procédure, qu'on ne pouvait éviter 
d'employer, compromet l'alimentation des Européens. Aussi on réclame la créa- 



858 CHRONIQUE. 

tion de troupeaux de rései've sur des emplacements appropriés, isolés, en 
quelque sorte, et, par suite, à l'abri de la contagion des épizooties importées 
de Chine. 

L'agence Havas ajoute à ces l'enseigneraents que la peste bubonique vient de 
nouveau de faire son apparition au Kouang-Si. Elle sévit maintenant avec vio- 
lence dans la zone presque immédiatement contigue à nos territoires. 

La presse tonkinoise appelle l'attention du gouvernement sur ce fléau qui 
menace de nous envahir et demande que les mesures rigoureuses, déjà prises 
l'année dernière, et grâce auxquelles le territoire français a pu être préservé, 
«oient rétablies immédiatement et maintenues pendant toute la saison chaude. 



BIBLIOGRAPHIE. 



LIVRES NOUVEAUX. 

Dans la «Beilage zur Allgemeinen Zeitung» de Munich, du 
27 et 28 »Septembre, M. Ferdinand, Freiheer von Richthofen est 
vertement ttmcé par M. le professeur Friedrich Hirth, de Munich, 
à propos de sou dernier ouvrage «Shantung and seine Eingangs- 
pforte Kiautchou» (Berlin, Dietrich Reimer, 1898). 

Il y prouve à l'évidence même que l'auteur ne connaît pas 
même les premiers éléments de la langue chinoise; qu'il y confond 
e. a. le caractère ^ kiao, «hautain» avec le caractère ^^ kiao^ 
«colle», le caractère ^ këai, aussi transcrit kié, avec ce même 
caractère ^^ kiao, nom du port de Kiao-tcheou ( ^. ^ ), accaparé 
par les Allemands. 

Il confond ]^ J^ Hanhai, la partie occidentale étroite du dé- 
sert Gobi, avec ^ jf^ han hai, qui n'existe pas, et qu'il traduit 
arbitrairement par «trockenes Meer» (mer desséchée). Il traduit le 
passage suivant des voyages du général Tchang-k'ien (S^ ^^, 2® 

siècle avant notre ère) Js^Ê^l-US^^^^' S' *^^ ^^' 
tournant, il longea (la chaîne de montagnes) Nan-chan, voulant 
retourner par le pays des Kiang (les Touugoutes)», selon la mau- 
vaise traduction de Brosset, par: «Auf dem Röckweg kam Tshaug- 
kien nach dem Gebirge Ping-nan, und wollte von da durch das 
Land der Kiang gehen» (à son retour Tchang-k'ien vint aux 
montagnes Ping-nan etc.). Or il n'existe pas de montagnes de ce 



360 BIBLIOGRAPHIE. 

nom. Puis, confondant le caractère ^ ping (longer) avec le carac- 
tère ^^ p'ing (uni, plat, plaine), il dit que le nom Ping-nan chan 
indique des montagnes situées au sud d'une plaine {sic!!!). 

Voilà seulement quelques erreurs sinologiques commises par le 
fameux géologue et géographe prises au hasard dans le long article 
de M. Hirth. Mais le baron von Richthofen ne sait pas même 
l'Anglais, et traduit e. a. le «fine grass-cloth» de Legge (un tissu 
fait des fibres du Doîichos trilohus) ^), connu en âllemague sous le 
nom de «Chinesisches Nesseltuch» et eu Hollandais sous celui de 
«Graslinnen», par «feines Grassgewebe», qu'il confoud avec les 
Strawhraids (pailles tressées) qui forment un article d'exportation 
considérable à Newyork pour la fabrication de chapeaux de paille. 
Il confond with (et, ainsi que) avec white (blanc), et traduit le 
with silk (ainsi que de la soie) de Legge par «weisse Seide» (soie 
blanche), etc. 

Vraiment il est temps que M. von Richthofen mette au terme 
à son bousillage sinologique et qu'il s'occupe dorénavant exclusive- 
ment de ses études géologiques et géographiques dans lesquelles il 
est passé maître: JVe sutor ultra crepidam. 

Les comptes rendus de l'Académie des Sciences bavaroise (fasc. 
III) antiennent un intéressant article de M. Hirth sur l'Ethuogra- 
pbie de Tchao Jou Koah (^f^a^) a^^c le texte chinois, con- 
tenant la description du Kiao-tchi (Tong-king), de Tchen-tch'ing 
(Cochinchine), de Pin-foung-loung (Paudaracg), de Tchin-lah (Cam- 
bodge) et Teng-liou-meî pas identifié. Il est à regretter que les 
caractères chinois dans l'appendice soient omis. On ne peut guères 
les reconnaître dans une transcription européenne. 



1) On le fabrique aussi de la Sida tiliaefolia, la Bochmeria nivea ou tenacissima. Le 
nom employé dans le Chouking est «8fc hi. Dans les Indes Néerl. on l'appelle Rameh. Cf. 
Hobson-Jobson, p. 301, H. F. Hance dans Notes and Queries on China and Japan, Vol. I, 
p. 126, 1867, and Vol. IV, p. 123, 1870. 



BIBLIOGRAPHIE. 861 

M. le professeur F. Hirth a publié daus la «Beilage zur All- 
gemeinen Zeitung» N". 147 et 148 du 6 et 7 Juillet dernier 
(Munich 1898) une conférence qu'il a faite sur l'histoire culturelle 
des Chinois (Zur Kulturgeschichte der Chinesen). 



M. le professeur E. Sachau, directeur du Séminaire oriental à 
Berlin, vient de publier la première partie de la première année 
des Comptes Rendus de ce séminaire, sous le titre de «Mittheilun- 
geu des Seminars für orientalische Sprachen an der Königlichen 
Friedrich Wilhelms-Universität zu Berlins». 

Cette première livraison contient une préface; la chronique du 
Séminaire pour l'année 1897 — 1898 et des articles de MM. A. Forke, 
«Description d'un voyage de Peking à Tchang-an et Lo-yang>; 
R. Lange, «Le Onna daigaku ou la situation delà femme japonaise 
pendant l'époque féodale»; R. Lange et T. Senga, ^Kinsei shiryaku 
ou histoire du Japon depuis 1869»; W. Barthold, «Travaux rusess 
sur l'Asie orientale». 

Un volume de ces Mittheilungen paraîtra par an, comprenant 
trois parties: 

L Etudes sur l'Asie orientale, sous la rédaction des professeurs 

Arendt et Lange. 
IL Etudes sur l'Asie occidentale, sous la rédaction de MM. Fischer 
et FoY. 

III. Etudes africaines, sous la rédaction de MM. Vei.ten, Neuhaus 

et LiPPERT. 

Chaque partie peut être obtenue séparément. 
Nous saluons avec empressement cette nouvelle publication. 
Le compte rendu des travaux russes par M. Barthold sera reçu 
avec gratitude par les orientalistes qui ne savent pas la langue 
russe et qui souvent déplorent que les savauts russes n'écrivent 



BIBLIOGRAPHIE. 

point leurs travaux dans une des langues plus répandues comme 
l'Anglais, l'Allemand ou le Français. 

La patriotisme est une belle chose, mads il ne doit pas dégénérer 
en chauvinisme. Les savants russes, roumains, danois, suédois ou 
hollandais ne peuvent guères espérer être lus quand ils écrivent 
dans leur propre langue. Leurs travaux resteront inaperçus par les 
autres savants. 



OsT-ÂsiEN, rédigé par M. Kisak Tamai (N°. 6, Sept. 1898), 
contient des articles sur Bismarck et le marquis Ito, sur l'histoire 
des Philippines par M. Blumentbitt, sur les marchandises japonaises 
en Allemagne, la fin de la farce japonaise Zazen, sur l'Asie russe, 
sur le commerce extérieur du Japon et de Formose et d'autres 
mélanges. 

Le N°. 7 d'Octobre contient e. a. un article sur l'assentiment 
au Droit des Nations européen des Japonais par M. Alexandre 
VON Siebold; un sur l'Avenir de la Chine par Liang Chi-chao 
(^Jg^^) de Canton; un article de M. 0. Loew sur quelques 
recherches japonaises botaniques et industrielles; le texte de Traité 
consulaire conclu entre l'Allemagne et le Japon ; la continuation des 
notes sur le commerce extérieur de Formose et d'autres mélanges. 



La seconde partie du quatrième volume des «Transactions and 
Proceedings of the Japan Society London» contient un article sur 
la chute du gouvernement Tokugawa par M. Gousuke Hayashi, des 
Notes sur le Tori-i japonais, par M. Samuel Tuke, et un article 
sur ^ l'Art de tirer de l'arc et les archers japonais par M. E. Gil- 
BKETSON. Comme d'ordinaire, le volume est splendidement et copieu- 
sement illustré. 



Le Docteur Albkbcht Wieth a publié à Bonn une Histoire de 
Formose jusqu'au commencement de. 1898. C'est une compilation 



BIBLIOORAPHIB. 363 

très bien faite, quoique l'auteur ait quelquefois négligé des ouvra- 
ges écrits en Hollandais, ainsi que l'article de Terrien de Lacouperie 
sur l'arbre à têtes humaines (p. 50). 



Le Supplément der «Mittheilungeu der deutschen Gesellschaft 
für Natur- und Völkerkunde Ostasiens» contient la 3^^°^® partie des 
Proverbes et locutions figurées japonais, par M, P. Ehhamn, de Ki 
à üdawara (Nos 1350 à 2220). 



Les «Bijdragen tot de Taal-, Land- en Volkenkunde van Neder- 
landsch-Indië», Vol. V, livr. 3 et 4, contiennent e. a. un article 
■de M. le professeur J. J. M. de Groot: «De Weert^ger in onze 
Kolonien en op hot Oostaziatische vasteland» (Le Tigre-garou dans 
nos icolonies et le continent asiatique oriental). 

C'est un pendant du loup-garou dans l'occident. En Chine et 
dans les îles de la Sonde il y est remplacé par un tigre-garou. 

La même auteur a publié dans les Comptes rendus de l'Acadé- 
mie des Sciences à Amsterdam (4^ Série, Vol. II) une conférence 
en Hollandais qu'il a faite à l'Académie sur les anciens Tambours 
eoa bronze dans l'archipel des Indes orientales et le continent de 
l'Asie orientale méridionale. 



NOTES AND QUERIES. 



5. L'ART DENTAIRE AU JAPON. 

Incroyable, l'art dentaire au Japon! nous dit le Journal d'hy- 
giène^ d'après une étude du Scientific american. Quels dentistes que 
les Japonais! Quel génie! 

Le dentiste japonais arrache les dents avec ses doigts, sans le 
secours d'aucun instrument. Il saisit adroitement la tête de son 
patient à l'angle maxillaire, de manière que la bouche soit forcée 
de rester ouverte; puis, plongeant le pouce et l'index de l'autre 
main dans la bouche de son malade, il arrache, quand le cas se 
présente et dans l'espace d'une minute, cinq, six et sept dents de 
la bouche du patient, sans que celui-ci puisse fermer la bouche, 
même une seule fois! Jamais cependant il n'en a arraché plus de 
trente-deux à un même sujet en une seule opération. 

Quelque incroyable que la chose puisse paraître, elle s'expliquera 
tout naturellement quand on saura de quelle manière les dentistes 
japonais sont préparés à l'exercice de leur art. Sur une planche de 
bois tendre sont creusés des trous et dans ces trous l'on enfonce 
des chevilles; puis cette planche est placée par terre et l'apprenti 
dentiste doit alors, avec le pouce et l'index de la main droite, 
saisir et arracher les chevilles l'une après l'autre sans que la plan- 
che soit ébranlée. Cet exercice recommence plusieurs fois avec des 
planches de sapin, des planches de chêne, et enfin d'un bois plus 
dur, et chaque fois les chevilles sont plus solidement enfoncées. 
Quand il triomphe de la dernière épreuve, il est mûr pour l'exer- 
cice de son art. 



GEOGRAPHICAL NOTES. 



..5^» 



VI. 
MA-IT - MA-IT-TUNG — MA-IËP-UNG 

BY 

G. SCHLEGEL. 

Mr. Groeneveldt has identified iu his "Notes on the Malay 
Archipelago aad Malacca", p. 78 — 79, the island Kantian (^ |^ , 
>K flu O'^ ^ tM ) ^it^3 *be island of Billiton (Blitong) and Ma- 
yih'tung ( J^i, jl^ /^ ) with the island of Banka. 

The notice of the latter island was translated from the ^ >gé 
^ ^ ' published in 1436 by a certain Fei-sin ( ^ '^ )i a 
Chinese Mahomedau, who knew Arabic. Now it is very curious 
that neither the Yivg-yai Shéng-lan, nor its corrected edition 
Ying-yai Shéng-lan tsih, mention these two islands. 

In the Books of the Ming-dynasty, the name Ma-yih-tung is 
written Ma-yeh-ung ( ^|, ^ ^ ) and it is said that it was situated 
in the south-western sea. That the country was summoned to 
allegiance in the 10th month of A.D. 1405; but that their chieftain, 
after all, did not bring tribute *). 



25 



366 G. SCHLEGEL. 

Now follows the itinerary to this place and the description of 
the country; which is nearly identical with those given by Fei-sin. 

After having stated that, when setting sail from the Sacred 
mountain ^) near Champa, one reached Kaulan with a fair wind 
in ten days and nights, it is said: "South-west of it is Ma-yili- 
ung'^ *). Fei-sin says: ''^ Ma-yih-tung lies south-west of the island 
Kau'lav, in the ocean" *), which agrees with the statement in the 
Books of the Ming-dynasty. 

Itinerary of Fei-sin. 

From the list of Fei-sin s countries, it would seem that he has 
followed the geographical sequel. The countries he speaks of are 
the following: 

1- ^ 1^ Champa. 

2. ^ \\] The sacred mountain (near Champa). 

3. ^ ^ |1| The island Côn-nôn (Pulau Condore). 
4- ^ M si 1-Ü The island Pin-tuvg-luvg ^). 

5. ^ ^^ Cambodja. 



3) Probably Niii-tra Cdu, a single mountain in South-Champa, 10° 25' N,, J08°0L. 

3) g é i« S lii * # jiR ja + « S M ^ « 111 

s ® ^ in ft ^ Ä o 

4) ft ^ ^^ ffi K H li4 ^ s Ä o # 'Ä 4» o «roeneveldt 
seems to have placed the rest after the character ptté| , and joined the character ^H 
to y^ yS ' ** appears from his translation: "Ma-yi-tung is situated at the west of the 
island Kaulan, in the southern ocean" (p. 79). 

5) Called by Chau Ju-kwah the state of Pin-tung-lung ( :^ {jàÉ öe I^ ) and 
identified by professor Hirth with Pandarang, a country upon the coast of Cambodja with 
the island of Condore. According to this Chinese author the name Pin-tung-lung is a 
corruption of the name of the Arhan Piudola (^ ^ )^ ptj "^ ^' ^ J^ 

¥ * . S =fê lit Mil t ^ * Bi ft . # Ht-È) «. F. Uirth. 
"Aus der Ethnographie des Tschau Ju-kua" (Sitzungsberichte der philos, philol. und der 
histor. Classe der k. bayer. Akad. d. Wiss. 1898, Heft III, pp. 494 and 499). 



GEOGRAPHICAL NOTES. 367 

6. J2 ^ Siam. 

7- ji^ i^ M. "T Kia-ma-li'ting, for 'j^ J|^ ^ ~~y Kia-li-ma-ting, 
The Karimata-islands. 

8. 5 fl tlj The Kan-Ian island (Billiton ?). 

9. /|V P^ Java, the utmost southern point he reached. Now 

returning again northwards he passes: 

0. -i^ J^ Palembang. 

1. ^ ^ ^ Chung-kia-lo {TangJcara or Tanggala'i). 

2. ^ S^j^ f^ Kieh-li Ti-mun. 
3- ffiî f ij )ni Malacca. 

^- Jft A& ^ Ma-yih'tung. 

5. ^ ;^j\^ Pahang (east-coast of Malacca). 

6- Ä H ^ East and West Tchuh (Middle and North Auambas?). 

7. f I ^ P^ Strait of Linga. 

8. ai 3^ ÜJH ^ Linga Kamau (?). Not noticed by Groeneveldt. 
9- ^ ^i'l iJj Pulau sëmbilan (the 9 islands) near Malacca, before 

the river of Perak. 

20. 1$^ ^ The Aru-islands, N.E. coast of Sumatra. 

21. y^ y^ Temijang, ibid. 

22. ^ P^ ^ JlJ Samundar (Saraudra), ibid. 

23. ÎÈ M H Ï °^ W* 2R Ä Nakur, north-west coast of Sumatra. 

24. §1 ^ lllË Amber-gris-island (Pulau Wai). 

25. 1^ ^ lljl^ Andaman-islands. 

26. ^ g ill The island of Ceylan. 

27. }g |Jj y^ g The Maledives. 

28. ^ ^ ^ Great Quilon (Indian Peninsula). 

29. A^ Ä S ^*li Quilon, ibid. 

30. ^P] i$ Cochin, ibid. 

31. "^ J§_ Calicut, ibid. 

32. 1^ :g Jl] Bengal, z'ttW. 

33. |> ^J f^ Brawa (East-coast of Africa). 



368 G. SCHLEGEL. 

34. •^ -^ Doheba, Juba (south of Brawa, discovered in 1503). 

35. >|^ *^ ^ ^ Mogedoxu (east-coast of Africa, founded by Arabs 

in 924; bombarded by Vasco de Gama in 1498). 

36. ppf ^ Aden. 

37. M^ Shedjer (the Schähhr of Niebuhr). 

^^- iÈ. ^ fâ Dzaffar (southcoast of Arabia, the roman Sapphar). 

39. ^ :§ f^ ^ Ormus (Persian gulf). 

40. ^ 3^ H Arabia. 

We thus see that N°. 11, ^ ^ ^^ Tangkara, cannot be the 
island of Madura as Groeneveldt hesitatingly suggests (Notes, p. 57, 
note 3 and p. 59) : having come to that conclusion because Fei-sin says 
that it bordered upon Djao-wa (M & M ^ /|V f^ I?- ft ft)- 

But we have to take here Djao-wa, not as Java major, but as 
Java minor, or Sumatra, both countries being continually confounded 
by Chinese authors, as well as by Arabian and the older European 
geographers. 

This is the more probable because Fei-sin was, according to 
Groeneveldt (Notes, p. viii), a Mahomedan who knew Arabic, and 
who will thus have taken Djao-wa in the sense the Arab navigators 
always have taken it, viz. Sumatra. 

For the Arabs have always called the latter island Djao-wa', 
the Malays of Sumatra are to the present day called Djau by the 
Battaks, Bava by the natives of Nias. The Siamese call them 
Tjawa (Merveilles de l'Inde, p. 238). Java proper is always called 
Zabedj by the Arabs and never Djaowa (Ibid. p. 231 seq.). 

Sumatra is called by the Arabs Mul Djaowa i. e. Mula Djaowa, 
the first Java; in Skt. Prathama Java-bhu. (Friedrich in Journal 
Bombay-branch R. A. S. June 1861, Appendix p. lxviii; Merveilles 
de rinde, p. 238; Pauthier, Marco Polo, p. 578, note, and Millies, 
Recherches sur les monnaies indigènes, p. 56). 



GEOGRAPHICAL NOTES. 369 

The "General Topography of Canton", the first edition of which 
dates from A.D. 1683, describes Malacca in the following words: 

"The kingdom of Malacca is the old Kora besar or "Great 
"Kora" "), and it had frequent intercourse with China during the 
"Han-dynasty (A.Ü. 221 —263). But afterwards is was overpowered 
"by Tuu'sun '), which is situated upon a steep hill ') in the sea, 
"and is 1000 miles square. The capital lies ten Chinese miles away 
"from the sea. There are five kings who reign together and who 
"are tributary to Siam. This country is about 3000 Chinese miles 
"distant from Fu-nan 'i (Siam). At its eastern frontier it inter- 
"communicates with Kiao-chao (Tongking). It is the old Kora besar. 
"On the west it borders upon all the countries of the frontiers of 
"India and Arsak (Parthia). The capital of this country is near 
"Shay-po, which is the reason that it is also called "Great Shay-po". 
"It is now called Tangkara. East of it lies Kiri Timun. For this 
"reason this country was a long time not named a kingdom. With 
"a favorable wind it can be reached from Palembang in eight days 
"and nights. Near the sea are only a few mï)untains and a scanty 
"population. 

"It stands under the supremacy of Siam, and has to pay yearly 
"a tribute of 40 ounces of gold to it" ^). 



6) Cf. Groeneveldt's Notes, p. 121, who places it upon the west-coast of Malacca. 

7) Ibid., p. 119, also apon Malacca. 

8) Groeneveldt says "Peninsula", but I cannot find any native authority to translate 
the characters (]|^ M | by this term. Wells Williams says it means also a cape or 
projecting headland; but without giving his anthority for this translation. 

The Chinese have no particular name for a peuinsula,'which term is, by modern 
authors, translated ^S J^ !^ -^^ , an island connected with the mainland, or /Ö 
^@ ^>^ vJJil , a land with a neck or isthmus. 

Bf fê M * H , # ^ « M m- S a , ® « « -^ i«f 

Uj ± o 1* * ^ M „ ftK * Ä + ffi , ^ au î ÉÊ a S 



370 G. SCHLEGEL. 

We learn a good deal from this notice. In the first place that 
Tangkara is only another name for Malacca, so that it cannot be 
Madura; in the second place that Shay-po is here Sumatra (Java 
minor) and not Java major, which name was adopted by the 
inhabitants of Malacca as their own, probably because the Malay 
peninsula is the fatherland of the Malays who colonised centuries ago 
Sumatra, where originally, other tribes lived which still occupy the 
mountainous regions of the island, and which they have gradually driven 
there, exactly as they have done in all the Sunda-islands. In the third 
place it is very improbable that Madura would have been subject 
to the king of Siam and bring to him a yearly tribute of gold. 



As for ^ ^ j^ ^ being the island of Timor east of Java, 
this identification only rests upon the sole ground that Timor is 
in modern times named J^ ^ Ti-micn by the Chinese *°). 

Even allowing that Ti-mun represents here Timor, it is not 
necessary to think of Timor east of Java, as it is a collective name 
applied to many other places which lie eastwards of some other 
country, the malay word timor meaning east or easlwind', timor 
teppat means due east; timor laut, northeast; timor mënunggâra, 
east-south-east; timor di-kiri djarum pandak, east half north, etc. 
^^ M^ Ji. ^ ^ ^^ ^ ^^ ^^^d ^^^^ ^mor the Chinese will have 



'MM. # ^ Ä ^ PI + PS :)§ fî • The Fie«-i-,ie,. Cha,,. XCVI. 

adopts this interpretation, and gives Tangkara as a synonym of Malacca, 

10) Other names are ^ ^^ Ti-bun, j^ ^ Ti-bun, ^^ ^ Ti-but and "^ ^^ 
Ti-hun (in the Amoy-dialect). 



GEOGRAPHICAL NOTES. 371 

simply transposed them according to Chinese grammar where the 
adjective precedes the substantive, whilst the reverse takes place in 
Malay grammar; we would thus get the Malay form j^ ^ ^ J|_ 
timu7i kit-li = timor (di) kiri, "East to the left", as in the last 
mentioned example. Timor is to the present day the collective 
name of the four tribes living in the low-lands of Deli on the 
east-coast of Sumatra: Tanah Djava, Siantar, Paneih and Silan "). 
Gosong Timor, "the eastern shoal", is the name of the large shoal 
east of the island Bauka '*), etc. 

But, according to my conviction, the Chinese Jijfe ^ is the 
island Tiyuman, also called Timoan and by Linschoten (Reisgeschrift 
van de navigatie der Portugaloysen, Amsterdam 1595, p. 51) Tymon, 
and which MM. Devic and Van der Lith identify with the island 
Tyuma of Ibn Khordadbeh, who places it to the left of the island 
Mâït "). Tymon is iu fact situated near the eastern coast of the 
Malayan Peninsula, near Johore and Pahang, 2V2 degrees North; 
and for an inhabitant of Malacca, turning his back to the north 
and facing the south, it was situated to the" left (di-kiri) and the 
East, exactly in the situation our Chinese authority says. 

Fei-sin says that at a distance of several days journey by sea 
from Tanghara (Malacca) are (the islands) called Sun-ta-la, Pi-pa-ta, 
Tan-tiong, Oan-kiao and Pang-li '*), whose inhabitants do not till 
the ground, but only live from rapine, in company with Kit'to-ki 
and other countries, so that the merchant-ships seldom go there *^). 



11) Geogr. en Stat. Woordenboek van Ned.-Indië, Vol. Ill, p. 989. 

12) Ibid., 1. c. 

13) Merveilles de l'Inde, p. 268. 

14) We are able to identify at least one of tbese islands: Sun-ta-la, called by Marco 
Polo (Chap. CLXIII) Sandur, who mentions it as lying near Pulo Condore. Pauthier rightly 
identifies it with the "Two Brothers", west of P. Condore; in Malay sudara (brothers), 
which corresponds to the Sandur of Marco Polo and the iSKwrfara of the Chinese geographers. 



372 



G. SCHLEGEL. 



Salmon says: "the principal islands are Tingi, Aure (Aor) or 
Laor, Pisang and the biggest of them Timon, which are all in- 
habited and produce poultry, small goats, some fruit, but no articles 
of export. Timon is governed by the king of Johore through two 
Orang kayas. The inhabitants are a species of banditti, who 
have long been residents in these islands" '^). 

Another fact which would lead us to seek Kiri-Timun near 
Malacca is that mention is made of syphilis as prevalent there. 
Fei-sin says: "When merchant- vessels arrive there, the women 
"come on board to barter, and many men get infected with disease, 
"so that eight or nine of the ten die, which is caused by the 
"unhealthiness of the climate, and their debauchery" ^'^). 

The same fact is related in the New History of the T'ang-dy nasty 
(Book 222, prt. 2) of Ka-ling: "In this country are poisonous girls ; 
"when one has intercourse with them, he gets painful ulcers, and 
"when a man dies (of them), his body does not get putrid" *^). 

Now Kaling^ which the Chinese often give as a synonym of 
Java, lay east of Poli *''), which state is placed by Mr. Groeneveldt 



16) Thos. Salmon en M. van Goch, "Hedendaagsche Historie, enz." 3^ Druk, Amster- 
dam 1739. Vol. II, p. 368. 

Cf. Groeneveldt, op. cit., p. 116. Uampier says jthat at P. Condore the natives brought 
their wives on board and offered them to his sailors. 

' ») i? H , . . . ^ « * . « ^ » « «ij . A ^ , >P 

mmmm^. :it » ^ n ^ . ^ i® ^^ j$ . o,d »,..,, 



GEOGRAPHICAL NOTES. 373 

upon the north-easteru coast of Sumatra, but which I have since 
identified with Pulau Puli in Assahau, upon the east-coast of Su- 
matra. Now east of Sumatra lies the Malay peninsula, and not Java, 
which lies at the southeast of Sumatra. 

We have seen above (p. 369) that the capital of Malacca was 
near Shay-po, which is the reason that it is also called "Great 
Shay-po". Thus Shay-po is here Java minor or Sumatra. 

Java proper never sent any tribute to China before the Ming- 
dynasty (A.D. 1369); for the Mongol expedition in 1292 failed 
signally, and so the Javanese had not the least necessity to send 
tribute to their defeated foe. Most of the former accounts of Shay-po 
are to be referred to Sumatra, as I will show in a later paper. 



If really (and I see no reason for the coutrary) Fei'sin gives 
the countries he visited in geographical succession, Ma-yih-tung 
must have been an island between Malacca and Pahang, whereto 
Fei-sin made a trip, and then came back southward again to the 
Linga-archipelago, in order to sail through the strait of Malacca 
further on to India, Africa and Arabia. For if Ma-yih-twig had 
been situated southwest of Kaulan (Billiton), Fei-sin would have 
made a voyage "à la Jobs" in the celebrated Jobsiade, going from 
Kaulan to Java, then to Palembang, hence to Madura and Bali, 
and then again to Malacca, to go back to Banka and next again 
to Pahang etc. Just as Jobs' schoolmaster traced his itinerary "from 
Franconia and Suabia to Italy, next through Moldavia and Wallachia 
to the frontiers of Turkey; then over Switzerland to Transsylvania, 
Poland, Sweden and Bohemia, whence he could easily pass to 
Denmark and Hungary a. s. f." 



New History of the T'ang-dynasty. Cf. Groeneveldt's Notes, pp. 12 — 13. Groeneveldt's 
trauslation "at the east of Sumatra" is not justified hy the texts, which hear "Kaling 
horders to the east upon Poli, to the west upon Topoting, to the north upon Cambodja, 
and to the south upon the sea". 



S74 G. SCHLEGEL. 

The customs and products of Ma-yih-tung are the same as those 
of Pahang, as may be seen from the following parallel description: 

Ma-yih-tung. Pang-hang. 

Men and women stick up their Their fields are fertile and yield 

hair into a knot; they wear a long an abundance of rice 

dress and gird themselves with a Men and women stick up their 

coloured cloth *). hair into a knot and wear a single 

Their fields are very fertile and piece of cloth 

yield the double of other countries. They boil seawater in order to 

They boil seawater in order to obtain salt, and ferment congee to 

obtain salt, and brew sugarcane make wine, 

to make wine. The products are Lignum aloes, 

The products are cotton, yellow camphor, tin and perfume which 

wax, tortoise-shell, areca-nuts and makes (the Gods) descend^*), which 

flowered cotton-cloth, which they they barter for gold and silver, 

barter for copper pots, lumps of coloured lutestring, Java-cloth, 

iron, all sorts of flowered lutestring copper and ironwares, castanets 

and suchlike articles ^°). and suchlike articles ^*^). 



ffi A' -hU: ^^ »V p: 21) This substance, till to day unidentified, 

' *-* ^ '^ "^^ is called in Malay, according to a Chinese- 

'!v' % ^ ËL "TH ' o PP ^3* f^ \ Malay vocabulary, printed in Singapore, re- 

./gr jjA- AJj rai printed in Batavia, Kayu lüka; according to 

rP O^. I l^ o Pijnappel's Malay Diet. Vol II, p. 112, the 

'ÎW* t^ ^i Hn^- o rÜ }^\ ^1 Mî/risHca iners, a kind of fragrant wood, 

m. m m mm. urn. }r 

•) In the History ot the Ming we re.d fl§,^|g>|Jt{Ä)#oÄ 



i 



oeoqraphicâl notes. 375 

None of the dutch authorities 1 have consulted mention the 
cotton-plant as growing in Banka, as it is said of Ma-yih'tung, 
According to the "Aardrijkskundig en Statistisch Woordenboek van 
Ned.-Indië" s. v. Katoen (Cotton), only the east-ooast of Sumatra 
(Palembang), Java and Priaman, upon the west-coast of Sumatra, 
are mentioned as producing cotton. 

Neither is sugarcane mentioned in this dictionary among the 
products growing in Banka: it only mentions Cocoa- and Penang- 
trees, a little indigo and gambir; bamboo is very rare and only 
used for pickles; further pepper, nutmeg, sago, sapanwood, rattan, 
nipa-palms, resin (damar), dragon-blood, sassafras and some medicinal 
herbs. Timber has to be imported from Palembang. 

Except among the more civilized orang laut (Malay colonists), 
who wear in latter times malay dress, the natives only wear a 
short trowser, with a jacket without sleeves, made of the bark of 
trees ^'). 

Now it is said of Ma-yih-tung that the people wore long 
dresses and sarongs **). 

Another grave objection against Ma-yih-tung being Banka is 
that sutteeism ") is mentioned as customary in Ma-yih-tung^ a 
custom never observed in Banka, where the population is heathenish 
or Mahomedan, but neither brahmanic nor buddhistic. 

It is said in the notice on Ma-yih-tung that "men and women 
wear their hair stuck up into a knot". This does not agree with 
Banka, where the men wear short, clipped hair, whilst the women 
wear long hair. 

We thus see that the internal evidence does not afford a single 
proof for identifying Ma-yih-tung or Ma-yeh-ung with Banka. The 



23) Aardrijksk. en Stat. Wdb. v. Ned.-Indië, s. v. Banka and Bankanezen. 

24) See above and cf. Groeneveldt, op. cit , p. 79. 

25) Groeneveldt, op. cit., p. 79. 



376 G. SCHLEGEL. 

sole ground for this identification rests upon the statement of Fei- 
sin, copied by the authors of the History of the Ming-dynasty, 
that it lay south-west of Kaulan or Billitou (^ ^^ }^ ^ j^ 
:j^ jjj ^ ^ ]^)' though the History of the Ming-dynasty only 
says that it lay in the south-western sea (|||j, ^ ^ ^ ^ ^ 
'/$ Pp ) without mentioning its position with regard to Billitou 
or Kaulan. 

The bearing is at all events wrong, for Banka does not lie 
southwest of Billitou, but north-west. (Banka lying 2°ü south and 
105°40 E., whilst Billitou lies 3°0 S. and 108°0 E.) 

As Kaulan is also transcribed ^ ^^ and ^ :|^ , I suppose 
an error in the text of Fei-sin, viz.: ^ ^ Kau-lan for ^ ^H 
Kau-chao or Tongkiug, when we would have to look for an island 
southwest of the latter place. 

As MM. Devic and Van der Lith (Merveilles de l'Inde, p. 
253—255) have already observed, the Chinese name Ma-yih-tung 
(not May-i-tung as they write) curiously resembles the name of 
the island Meat of the arabian navigators, especially when we take 
the Amoy pronunciation for the Chinese characters: Ma-it-tong. 

Now Malt (Ma-it) has been identified by M. Sprenger (Reise- 
routen, p. 89) with the lange island of Bentan (Bintang) in the 
Rhio Archipelago, south of Singapore. This island is called Pontain 
by Marco Polo (Chap. CLXIV, Pauthier, p. 564), who passed there 
when coming fron Champa and Pulo Condore. It is till the present 
day much frequented by Malay and Chinese traders who go there 
to fetch gambir, pepper, spices and fruit ^''). 

The editors of the Merveilles de l'Inde, who fully appreciated 
the importance of the evidence drawn from their arab authorities 



Aardryksk. en Stat. Wdb. v. Ned.-Indië, Vol. I, p. 1B7. 



GEOGRAPHICAL NOTES. 377 

for the identification of Mdit with Bintang, only got into doubt by 
the wrong identication given by Fei-sin that Ma-it-tung was situated 
to the S.W, of Billiton. But we have seen that this indication must 
be wrong ^'). 

The nearly contemporary record of the Ying-yai Shêng-lan 
(A.D. 1416; Fei-siua book dates from 1436) names the Strait of 
Bangka ^ ^ f^ Pang-ka bun "). In modern Chinese authors 
we find ^ jf(\ |_Lj Pang-ka san, island of Bangka, ^ j^ Bun-ka 
and ^ (^ Bun-kah, all which names have not the least resem- 
blance to Ma-it-tong or Ma-iëp'ung. It is impossible that only 20 
years later the name of Bauka would have been changed to the 
latter name, and I think we can safely dismiss the question. 

A still more modern name for it is Ch'a-poan (in Amoy-dialect 
tê-poâ^), Tea-board or Tea-tray, probably given to it on account of 
its form. 

According to the y^ ^ p^ ^ ^^ published in 1744 (Wylie, 
Notes, p. 48), Vol. I, p. 27 verso, the iaVàndCh'a-poan is situated 
south of Pujo Condore, and contiguous to the eastern part of the 
mountains of Bencoolen *^); and on p. 26 recto the direction to 
Johore is given in these terms: "Although the kingdom of Johore 
is connected by (a chain of) mountains to Pahaug, its bearings 
are to the low point. When, by water, one has arrived to Condore, 



27) Such errors are not ancomtnon. Marco Polo (Chap. CLXIII) says: "Qaant on se 
part de Javva et on nage sept cens milles contre midi (south), adoDc treave l'en deux iles : 
l'une grant, et l'autre meneur. L'une a nom Sandur (the 2 hrothers) et l'autre Condor 
(P. Condore)". Panthier, p. 563, has correctly rectified Javva to Cyamba (Champa), for 
south of Java there is no land. 

28) Groeneveldt, op. cit., p. 73. 

j^ ^R ^ The native name of Bencoolen is Baugka-hulu or «/«, so that the chinese 
transcription (Amoy-dialect) Ban-ko-U> is better than the european Bencoolen. 



378 G. SCHLEGEL. 

one takes bearing S.S.W. upon Ch*a-poan (Banka), and then veering 
to the west, one reaches Johore" ^^). 

On fol. 27 redo it is said, that the Chinese when going to 
Kalapa (Batavia), have to pass by Palo Condore and Ch'a-poan 
(Banka), steering S.S.W. ; then keeping to the west alongside the 
mountains of Bencoolen, they reach Batavia, which takes by sea 
from Araoy 280 watches ^*). 

In the great Geography of the Governor of Fuh-kien, published 
in 1853 (Wylie, Notes, p. 53), Chap. II, fol. 27, the island is named 
Banka. The author says, that when one steers from street Sunda in 
a north-westerly direction one finds single islands in the sea. The 
first which one meets is Bangka ( |^ f^ ) and still further on to 
the N.W. another small island, called Lung-ya (Amoy Ling-ga "^ 
^): the island Lingga, east of Sumatra, south of the Peninsula. 

Pauthier (Marco Polo, p. 566, note), who has translated this 
passage, has made a mistake in reading JbêJ ^ Kang-kia instead of 
j^ ^ Wang-kia (iu Amoy-dialect Bang-kah) and translates it "l'île 
en forme de bouclier", island having the form of a shield! {sic!) 

But luckily for our theory the Sing-ch'a Shêng-lan of Fei-sin is 
not the only book in which this famous Mait is mentioned. 

It is equally, though only incidentally, mentioned in the History 
of Champa in the Books of the Sung-dynasty, when the king of 
Champa sent, iu A.D. 961, an envoy to China. 

The passage runs thus: 

"The kingdom of Champa lies south-west of China. To the east 



«SiSPll-^> ffl*#f«t^ffi. »SM«#. 
iliË ffl * #1- > ffi # M * ftUJ iffi aê ni Bf iJ PE . M PI 



GEOGRAPHICAL NOTES. 379 

"it extends to the sea; to the west to Yun-nan; to the south to 
"Cambodja and to the north to the frontiers of Hoan-chao '*). 

"It is five days sailing southward distant from Sembodja (Pa- 
"lerabaug on Sumatra), and one month's journey by land from 
^^Pindala ^•^), which is a dependency of Champa. Eastward (read 
"Westward) it is two days journey distant from the state of MA-IT 
"and seven days journey distant from Pu-twan *''). To the north 
"Canton can be reached with a fair wind in half a month's journey. 
"To the North-east the two Cheh '^) can be reached in a month's 
"journey, and to the Northwest Kiao-chao '") in two days journey, 
"or over land in half a month's journey. The country is 700 li 
"from E. to W. and 3000 li from S. to N. The southern part is 
"called Shi-pi chao, the western part Shang-yuen chao and the 
"northern part U-li chao'' "). 



32) The same as ^ j>N Siang-chao in Lat. 23° 59' N. and Long. 107° 5' 50" E. 

33) = Pandarang. See above note 5. 

34) ^ ifl^ • The king of this country, called Sri Fadàka\ ^ ^ ^ ;;Ac JM ' 
for Sri Paduka, a common epithet: "The August Shoe"), sent an ambassy to China in 
A.D. lOil. It must have been situated somewhere upon the east-coast of the Malay 
Peninsula (perhaps the modern Patani). 

35) The p^ ^ are only quoted in a distichon of ^ :^ (Giles, Biogr, Diet. 

N°. 276); but I suppose the question is here of the yT* ^0 = f^ <l"oted in the 
•fâ^ 5^ ! *^^ provinces of j^v \rV Cheh-kiang and Chch-siang (Cf. Peï-wen-yun-fu, 

Chap. XCVIII, fol. 222 recto). According to Bretschneider (Botanicon sinicum, Vol. Ill, 

p. 555) the two Cheh are the two provinces ( ^^ ) J^ ^y ^^ (western Cheh) and 
^(fX y^ S^ (eastern Cheh) during the Sung-dynasty, corresponding to the present 

Cheh-kiang and a part of Kiang-su. 

36) ^ ^H jf^. the capital «^ Tung-king, in 21° 20' N. and 103° 30' E. 



380 G. SCHLEGEL. 

It is again mentioned in the Books of the Sung-dynasty A.D. 992, 
in the description of Shaypo (upon the Peninsula) together with Burmah. 
The envoy from Shaypo told the Emperor, that they had as neighbour a 

country called Brahman Besides there is a country (called) Ma-it 

which, in the 7th year of the eponyme T'ai-p'ing Hing-Jcwoh (A.D. 982) 
came to the seashores of Canton with a cargo of precious wares ^^). 

Groeneveldt, always under the preconceived opinion that Shaypo 
ought to be Java (major), has identified Brahman with the island 
of Bali. But po-lo-mun (brahman) is one of the names of Burmah, 
which is only a corruption of the sanscrit word Brahman. Berghaus, 
in his ASIA, p. 77, says: "Der Name Birma, Burma, Brahma, 
Buraghmah, Boman, Barma, Varma, ist im Lande unbekannt, und 
wahrscheinlich eine Verstümmelung des Wortes Mranma (sprich 
Myanma). Mranma sind die Bewohner von Ava" etc. *^). 

The same capacity attributed to the Brahmans, viz of possessing 
the secret of looking into people's minds (Groeneveldt, Notes, p. 19) 
is told of the king of Pt-^'zVn, identified with Pe^M, next to Burmah: 
"Its king is 12 feet high and has a head three palms long. He 
never died since the most remote times, so that his age is not to 
be ascertained. The kiug's spirit is mysterious and he knows the 
good and bad qualities of the people in his realm, as also the 



1§ _L VJS j^ o ^B H >^ M ^N o ^^- Pien-i-tien, Chap. CIII, Article 
Jlj +fift Champa, and the Encyclopedia of Ma-toan-lin, Chap. CCCXXXII, fol. 16 redo. 

H>*TÄH'b^«»tMÄ^y$^. This ,.. 

passage has been skipped by Groeneveldt (Notes, p 19). 

39) Cf. Porter Smith, Vocabulary of proper names, p. 41: ^ ^ P^ , the Brah- 
mins of India. The term is also applied to the Barmans. Eitel, Skt. Chin. Diet. p. 27 b: 
^Jrtf ]^ P^ y^ Brdhma$,a Rachira, the kingdom of the Brahmans. 



OEOOK APRICAL NOTES. 381 

future, so that nobody dares to cheat him. In the southern countries 
it is known as the Kingdom of the long-headed king" *"). 

Maït is again mentioned in the description of Puni {Brunei, 
westcoast of Borneo) which is said to be distant 45 days from 
Shay-po, 40 days from Sembodja (Palembang) and 30 days" from 
either Champa or Mail **). Groeneveldt (Notes, p. 108) has skipped 
the last important characters of the text which I have put between 
brackets. 

Now, if Maît were Banka, as Groeneveldt assumes, an island 
which lies exactly opposite to Palembang, the voyage from Maît 
would have equally taken 40 and not 30, or ten days less. 

We learn from this statement that Palembang was five days 
sailing from Champa, and Mait only two days sailing. Consequently 
Maît cannot be Banka, which lies opposite to Palembang. 

It would seem that the Chinese were better sailors during the 
Sung-dynasty than during the Ming-dynasty, as it took Chêng-ho 
ten days to sail from Champa to Kanlan (Billiton). But Chêng-ho 
went with a fleet of 62 large ships, carrying 27,800 soldiers **), so 
that the difference in the time of passage is easily explained. 

With respect to the dijßferent transcriptions given by the Chinese 
and Arabian sailors Maît, Mait-tung and Ma-iëp-ung it is clear that 

ß3t-R. mM^R. ê*^:^n. ^^* 

jj^t ^ J^ JÖ^ , Pien-i-tien, Chap. 99. Ma-ioanlin, Chap. CCCXXXI, fol. 21 recto. 
Comp, with what R. Alison, British ambassador in Pegu, says of the means the king employs 
to know everything which passes in his state. (Salmon, op. cit.. Vol. Ill, p. IB). 

")|*^Ho...*H^ra + 5S: 0. * = # 

(History of the Sung-dynasty, Book 489. Ma Toan-lin, Book .S32, fol. 25 recto). 
42) Groeneveldt, Notes, p. 42. 

26 



382 G. SCHLEGEL. 

they all represent some native name, now lost. The name cannot 
be the arab Matt or Mäjit, "a corpse", but must be some Malay or 
Tamil word, which, however, I have not succeeded in discovering **). 

In Fei-sin'a Itinerary we find sub no. 18 a place called ^ ^ 
Jim ^ Lingga Kamau, following immediately upon ^ ;^ P^ or 
the strait of Lingga, between which strait and Pulo Sembilan, before 
the river of Perak, it must have been situated. 

It is thus described by Fei-sin: 

"This country is situated three days and nights sailing with a 
fair wind from Ma-it-tung. The interior is flat, but the coasts are 
steep, and it is crowded with population. The climate is always 
hot, and the rice ripens soon. The people value simplicity and 
honesty. Men and women stick up their hair into a knot and wear 
a sarong af cotton of Ma-it-tung around their waist and a short 
jacket. They deem love for their families and respect for their elders 
as the most important, and when they have not seen thçm for a 
day, they bring wine and food to them and inform after their health. 
They boil seawater in order to make salt, and brew wine from 
glutinous rice. 

"The country produces lignum aloes, perfume which makes (the 
Spirits) descend **), yellow wax, buceros- bills, honey and sugar. 
They barter them for printed chintzes, Pat-ta'at-tu cloth *^), white 
and blue flowered earthenware and suchlike articles" ***). 



43) The Malay Müung, smelling sweetly as leaves or grass, approaches nearest to the 
Ma-iëp-ung, in Mandarin Ma-yeh-ung. Marco Polo says of the island Pontain (Bintang) 
that all the forests there contain strong-seented trees. (Tous li hois sont arhres de grant 
oudeur). Chap. CLXIV. Probahly Santal-trees. 

44) See note 21. 

45) Perhaps Kain Kértjatur, "checkered chintzes", from tjätur (chatur) "chess"; pro- 
bably a contraction of l'irtäpak tjätur, "with large squares", as cottonnades (groot geruit 
zijn als stoffen. Von de Wall, Malay Diet. I, 328). 



GEOGRAPHICAL NOTKS. 



383 



As it was only situated 3 days sailing from Ma-it-tung or P. 
Bintang^ the island must be searched for among one of the bigger 
islands upon the eastern coast of Sumatra, south of Malacca. 

I suppose the name Linga Kamau stands for Linga Kamhau 
(Penis of tortoise). Kamhau (which, by assimilation, becomes Kamau) 
is the name of a tortoise wiiich lays big eggs. (Cf. Von de Wall, 
Malay Diet. II, 541 a.) 



^ (for ^) tM. !i# !.#«!„ «fflfp^Œffi. Am 



# Öt «4 « « fL 

Hoa syeng syeng yek eui kouei 

CÉRÉMONIAL DE L'ACHÈVEMENT DES 
TRAVAUX DE HOA SYENG (CORÉE) 

(1800) 

TRADUIT BT RÉSUMÉ 

PAE 

HENRI CHEVALIER. 

(avec XIII planches.) 



Cet ouvrage était en plusieurs volumes dont les derniers sont 
perdus. Les deux premiers que nous possédons traitent surtout des 
travaux, ils sont ornés de nombreux dessins et peuvent se diviser 
ainsi : 

1. Fortifications. 

2. Constructions diverses. 

3. Détails d'architecture. 

4. Machines et outils. 

5. Fêtes. 

I. Fortifications. 

La ville de Hoa-syeng ^ ||j^ s'appelle aujourd'hui Syou-ouen 
^ W> ®^^® ^^^ située à environ 25 kilomètres au sud de la capi- 
tale, Séoul, et est traversée du sud au nord par le «Grand ruis- 



CÉRÉMONIAL DE l'aCHÈVBMEM' DES TRAVAUX |)K H0A-8YEN0. 385 

seau» -^ jll défendu à ses deux extrémités par des ponts fortifiés 
^ P^ . Les murs qui entourent la ville ont 4600 pas de 6 pieds 
et se divisent ainsi: courtines 3964 pas 2 pieds, tours bastions etc. 
635 pas 4 pieds. La hauteur des murailles est d'environ 20 pieds 
au dessus du sol et celle des tours est en moyenne de 17 pieds au 
dessus du chemin de ronde. Les murs ne sont pas protégés par des 
fossés, bâtis eu pierre de taille avec un fruit très faible, couronnés 
de créneaux j^ jU et de larges merlons "^ j^ percés de meur- 
trières 0^ , ils sont soutenus à l'intérieur par un remblai en terre 
qui a 50 pieds de large à sa base. 

Les ouvrages de défense sont au nombre de 40 et répartis tout 
le long des remparts, ils sont donc distants entre eux d'environ 100 
pas et se divisent ainsi: 

4 portes principales ^^ avec barbacanes ^ et tours de flan- 

quement |^ ^^. 

5 portes dites cachées fl^ P^ . 

2 ponts fortifiés ^ P^ . 

3 tours creuses ^ i^^- 

2 pavillons pour les généraux ^ ^ . 

1 tour pour les archers ^ ^ . 

1 tour à feux (pour les signaux) ^^ J^ . 

4 pavillons d'angle ^ ^. 

5 tours à Canons ^ ^ . 
8 bastions simples j^. 

5 postes ^ ^^ . 

Porte de la Capitale ;§ ^ P^ • 
Planche I et II. 

C'est la première des portes principales, son ouverture est de 
18 pieds 2 pouces de large et de 19 pieds de haut, elle est sur- 



386 H. CHBVALIBE. 

montée d'un pavillon à deux étages qui peut contenir un grand 
nombre de soldats et est flanquée de deux bastions |^ ^ hauts 
de 22 pieds, en avant elle est protégée par une barbacane ^ 
demi-circulaire de 15 pieds d'épaisseur munie d'une porte ferrée au 
dessus de laquelle un grand réservoir d'eau ^ ^ y|^ (PI. VII, 5) 
est ménagé pour empêcher l'ennemi de pouvoir la brûler, le parapet 
à 4 pieds de haut sur 2V2 d'épaisseur. 

Porte des huit routes /V ^ fl • 

Elle est à peu près semblable à la précédente mais un peu 
plus petite. 

Portes du Dragon azuré ^' ^g et de V Ouest ^ß ^ P^ . 

Ces deux portes différent des précédentes en ce qu'elles n'ont 
pas de tours de flanquement j^ ^^ et sont placées dans un dé- 
crochement de la muraille. La barbacane ^g forme une Va circon- 
férence incomplète pour laisser un étroit passage entre son extré- 
mité et le rempart, les pavillons qui surmontent ces portes sont à 
un seul étage. 

Portes cachées Bg P^ . . 

Dans les remparts on a percé cinq petites portes plus ou moins 

bien dissimulées et qui n'ont plus ni tours de flanquement, ni 

barbacanes, ni pavillons. Elles sont munies de réservoirs d'eau 

^. ^ yjg^ (PI. VII, 5) et fermées par une porte à deux vantaux 

garnis de lames de fer. 

1° Porte cachée du Sud — simple ouverture percée dans la 
muraille. Sans réservoir d'eau. 

2° Porte cachée de l'Est — large de 6 pieds et haute de 7, 
elle est placée en retraite sur la façade des murailles de façon à 



CÉRÉMONIAL DE L'ACHèvKMKNT DES TRAVAUX DE H0Ä-8YENG. 387 

n'être vue que de face, elle est couronnée d'un large merlon en 
V» cercle U I^ i§ (Plauche VII, 2). 

3° Porte cachée du Nord — c'est la plus petite de toutes elle 
n'a que 6 pieds de haut sur 4 de large. Elle est comme celle de 
l'est placée dans un renfoncement de la muraille et couronnée d'un 
large merlon en 'A cercle. 

4° Porte cachée de l'Ouest — elle est placée dans un décroche- 
ment du mur de telle sorte que sa façade est perpendiculaire à la 
ligne des remparts, un escalier tournant conduit au terre plein. 

5° Porte cachée du Sud-Ouest — elle sert à faire communiquer 
avec la ville l'ouvrage avancé, appelé pavillon d'angle du Sud-Ouest, 
elle est surmontée d'un petit pavillon ^ ^^ . 

Ponts. 

Ils sont appelés porte d'eau du nord :\j^ ^ P^ (PI. III, A) et 
porte d'eau du sud p^ ^ P^ (PI. III, B), leur longueur est de 
95 pieds Va. Le premier, appelé aussi ^ ^ p^ , a 7 arches en 
pierre fermées par des grilles ^ ^ P^ qui se manoeuvrent au 
moyen de chaînes traversant le tablier du pont. Du coté extérieur 
le parapet forme muraille crénelée avec banquette ^ à l'intérieur, 
au milieu du pont il y a un pavillon avec panneaux mobiles ^^ P^ 
(PL IX, 2), la largeur de ce pont est de 31 pieds. 

Le pont du Sud a 9 arches et une largeur de 19 pieds seule- 
ment, mais la banquette occupe les Vs de sa largeur et renferme 
une longue galerie pouvant abriter cent hommes. 

Deux petits ruisseaux ^ ^ traversent les murs de la ville sous 
des ponceaux formés de dalles reposant sur trois séries de piliers. 

Pavillons des généraux. 

Situé au sommet de la colline des 8 routes /V ^ UJ le poste 
du général de l'Ouest se compose d'un pavillon élégant à deux 



388 H. CHEVALIER. 

étages, d'un grand bâtiment clos et d'un belvédère de 20 pieds, en 
maçonnerie pleine avec escalier droit extérieur, appelé tour des 
archers. 

L'enceinte réservée au général de l'Est se trouve dans la 
partie basse de la ville, elle est entourée de petits bâtiments de 
service et son terre plein s'élève en plateformes successives jusqu'à 
une large banquette qui domine un saillant du rempart. Au milieu 
de la 3^ plateforme est bâti le pavillon proprement dit il n'y a 
pas de tour. 

Tour des archers du Nord-Est ^^ i\Yi -^ ^E* 

Cette tour carrée et massive fait saillie sur la courtine, c'est 
plutôt un belvédère, sa hauteur est de 31 pieds, un escalier droit 
conduit du terre plein -^ à la plateforme, elle est surmontée de 
merlons alternativement droits ^ ^^ (PI- VII, 6) et V2 circu- 
laires m :^ i^ (PI. VII, 1). 

Tour creuse du Nord- Ouest ^ :|[^ ^ i^ J^ . 

Cette tour carrée toute en briques s'élève à 18 pieds au dessus 
du terre plein de telle façon que trois de ses côtes sont à l'aplomb 
des faces du bastion ^ qui la supporte. La tour a trois étages 
garnis de meurtrières et est surmontée d'un pavillon à panneaux 
mobiles, l'entrée de la tour est sur le terre plein et l'on passe d'un 
étage à l'autre au moyeu d'une échelle de meunier. 

Tour creuse du Sud ^ ^ ii^ J^ . 

Cette tour est tout à fait semblable à la précédente, mais ses 
murs ne sont pas les prolongements de ceux du bastion, ils sont 
eu retraite de façon à laisser un passage derrière les créneaux du 
rempart; elle est également couronnée d'un pavillon en bois mais 
sans panneaux. 



I 



CÉRÉMONIAL DE i/aCHEVEMKNT bKS TRAVAUX DE H0A-8YKNC. 389 

Tout creme du Nord-Est ^ :|t ^ i\j> ^Ü; • 
Planche IV. 
Placée daus un coude du rempart, cette tour est la plus curieuse 
de toutes par sa construction. Elevée de 17 pieds Va au dessus du 
terre plein, elle a deux étages et une plateforme couverte, par un 
pavillon en bois. Sa forme est ronde, son diamètre est d'environ 
40 pieds, le centre est un noyau plein de 23 pieds de diamètre 
qui ne laisse avec les murs qu'un vide annulaire de 4 pieds Vî, 
l'épaisseur des murs est de 4 pieds. On passe d'un étage à l'autre 
au moyen d'une rampe hélicoïdale terminée par quelques marches 
en briques ^ ^^ ^ J|^ . La tour est percée de nombreuses 
meurtrières, au rez de chaussée près de la porte est le corps de 
garde. 

Tour des signaux J^ j^ . 

C'est une massive construction en briques placée à cheval sur 
les remparts, et contenant un grand nombre de salles formant 
trois étages. Sur la plateforme sont disposées cinq tours à feux 
permettant de transmettre des signaux à distance. 

Pavillons d'angle. 
Planche V et VI. 

Celui du Nord-Est ;^ :|t :Q ^ appelé aussi |jf :J]g ^ ;(JP ^ 
est un très joli pavillon formé de plusieurs corps de bâtiments et 
placé sur un rocher au dessus du Gouffre du Dragon ^ *^ , sorte 
d'étang de 6 pieds de profondeur et de 210 pas de tour. 

Le pavillon du Nord-Ouest est un tout petit hangar construit 
sur le terre plein, il comporte un rez de chaussée clos en briques 
et un premier étage fermé par des panneaux mobiles. 

L'ouvrage avancé sur lequel est construit le pavillon d'angle S. 0. 
ou ^ 1^ ^ est carré et relié à l'enceinte par une chaussée fortifiée 



890 H. CHEVALIER. 

m ^È^ ^"^ aboutit à la porte cachée du S. 0. Le pavillon n'a ni 
étage, ni cloture et est placé au centre de l'esplanade. 

Le pavillon de l'angle S. Est est semblable à celui du N. Ouest 
et sert à la défense de la rivière de la Tortue. 

Tours des canons ^ ^^ . 

Accolées au mur d'enceinte et construites en briques, leur base 
est un rectangle de 24 pieds sur 29 leur hauteur étant d'environ 
27 pieds, les murs qui ont 6 pieds d'épaisseur sont percés de 
meurtrières et d'embrasures. Du terre plein du rempart descend 
jusqu'en bas un escalier droit desservant en passant l'étage inter- 
médiaire, la tour est couverte en forme de pavillon, le fruit des 
murs est beaucoup plus considérable que dans les bastions. 

^ ^ Postes fortifiés. 

Ces cinq pavillons se ressemblent à peu près, celui du N. Est 
est appelé -^ f|| ^ . Un bastion rectangulaire de 20 pieds sur 25 
et haut de 20 reçoit une petite construction avec étage, le rez de 
chaussée est clos par la muraille elle même et l'étage est muni de 
panneaux mobiles qui protègent les soldats. 

Bastions. 

Comme on l'a déjà vu leur base est rectangulaire, leur terre 
plein règne avec le chemin de ronde et ils sont garnis de créneaux 
comme les murailles, sur leur face sont tracés ce que les Coréens 
appellent des «œils pendants» ;||^ |^ (PI. VIII, 1); ce sont des ouver- 
tures percées dans le sol du rempart et qui se prolongent par une 
rainure descendant presque jusqu'au pied du mur; elles servent à 
lancer des flèches ou des projectiles quelconques sur des assiégeants 
que Ton ne pourrait atteindre autrement qu'en se penchant en 
dehors des créneaux. Les œils pendants jouent donc en Corée à 
peu près le rôle des machicoulis de notre ancienne fortification. 



CÉRÉMONIAI, DE l'aCHÈVKMKNT UBS TRA7AUX DK H0A-8YKNG. 391 

II. Constructions diverses. 

Deux petites tours isolées, l'une à l'est dans la ville, l'autre 
dans le palais, portent les noms de corps de garde du centre et de 
l'intérieur. PJl ^ '^ et ^ ^ '^ ce dernier ainsi appelé parce- 
qu'il est situé dans l'enceinte du palais. 

Le texte dit: M ffi *S ±. H« ^ M ^ o ffi *« ft W :g 

Temple des Génies de la ville |^ ^^ jjj^ — un pavillon fermé, 
situé au milieu d'une cour entourée de murs, avec de petits bâti- 
ments sur la façade, renferme les Tablettes. Ce Temple bâti dans 
une vallée pittoresque dans la montagne /V ^ [il a été commencé 
au printemps de 1796 j^ J^ et est consacrée à Tai-tchang-tsi-lai 
^ ^ ^ *^ ^ ^ , le maître des génies de la ville de Hoa-syeng. 
Tous les ans le premier jour du printemps et de l'automne on fait 
les offrandes suivantes 2 vases ^ , 2 vases ]^ , 8 vases W , une 
assiette g; et 3 coupes W (^ ^ "Ê W- B ^ ^ ^M ^ 

# )« « fp € - S - M A S # - » = 1§ îÇ )• 

Palais royal ^ ^ ^ — Le palais est représenté en perspec- 
tive avec tous ses bâtiments et ses cours, le nom est inscrit à côté 
de chaque bâtiment, mais la description en est perdue. 

Autel des Génies de la terre et des fruits ]|tt 5^ i^ — Dans la 
montagne un autel au milieu d'une cour carrée, chacuu des quatre 
murs est percé d'une porte sans battants avec portique spécial aux 
édifices coréens dit «porte des flèches» ^ ^^ ; deux petits édicules 
sont en dehors de l'enceinte. 

Temple de Confucius ^ ^ ^ ^ — Il ressemble aux temples 
chinois, mais en avant de l'entrée il y a une porte des flèches. 

Relais — deux planches représentent des constructions au bord 
d'un étang. Les descriptions de toutes ces constructions sont perdues. 
Les titres sont ^ ^ ^ et ^ ^ ^ . 



392 H. CHKVALIEE. 

III. Détails d'architecture. 

Les premières planches représentent tout ce qui constitue la 
coustruction des murailles, les meutrières ||j^ (PI. VIII, 1), les 
créneaux j^ pj et les merlons de toute sorte, merlon droit ^ 
-^ j^ (PI. VII, 4), merlon rond H ^ J^ (PI- VII, 1), merlon 
à redaus j^J ^ I^ i^ (P^- VII, 6). La construction est assez bien 
faite, quoique les liaisons soient souvent insuffisantes. Mr. Courant, 
ancien secretaire de la Légation de France à Séoul, qui a visité la 
ville de Syou-ouen^ pense que les remparts ont été plutôt construits 
dans le but d'embellir la ville que dans celui de la fortifier, le roi 
Tjyeng-tjong voulant en faire sa résidence favorite, ceci explique 
pourquoi l'on n'a peut-être pas attaché assez d'importance à la 
solidité des murs. 

Les planches suivantes représentent des gargouilles ^ *^ ^ 
(PI. VIII, 2) et passages d'eau '^ ^ (PI. VIII, 4 et 6) depuis 
les plus simples jusqu'aux belles têtes de dragon sculptées ^ ^^ 
^ , des chimères ^ j^ ^ (il est à remarquer que le caractère 
chinois est le même quoique les 2 animaux soient différents), des 
détails d'escaliers, des voussoirs ^ ^ ^ (PI. X, 1), des tympans 
^ ^ (PI- X, 6) qui se placent entre deux arcs en pierre, des 
buses ^ ^ (PL X, 4) pour l'écoulement des eaux. 

La partie purement ornementale n'a pas été négligée, des grotes- 
ques en terre cuite ^ '^ sont placés sur les arêtiers, des têtes de 
Dragon ^ ^ ou d'oiseaux ^^ fl^ décorent les faîtages. Il y a des 
balustrades élégantes, des campaniles 'ffi )^ /|^ des fenêtres ajourées 
py ^ (PI. IX, 5). Enfin les panneaux mobiles i^ f^ (PI. IX, 2, 7) 
destinés à clore les pavillons placés sur les remparts sont décorés 
soit de têtes d'animaux féroces soit du Tai-ki. Les encorbellements, les 
chapiteaux et les bases de colonnes sont d'un très joli dessin, puis voici 
des détails tels que cadenas, chaînes, pivots Wk ^ et crapaudines 



CÉRÉMONIAL DB l'aCHÈVKMENT DBS TRAVAUX DB HOA-SYBNO. 393 

'^ ^ ®^c* ^^^® planche montre une conduite d'eau importante formée 
de cadres en bois simplement juxtaposés, l'ingénieur coréen a compté 
évidemment sur les dépôts pour boucher ses joints. 

Fabrication des briques (PI. XI) — Le four est en forme de cloche, 
on le construit en briques recouvertes de terre; en avant une ouverture 
pour faire le feu ^ P^ (PI. XI, 3 et 4), en haut en arrière une 
autre i^ p (PL XI, 1 et 2) pour entrer les briques à cuire et en 
bas trois ouvertures qui traversent verticalement la masse de terre 
et servent de cheminées à la fin de l'opération, enfin au sommet 
un trou de fumée, les briques sont empilées au fond du four ^ 
tandisque le feu se fait en avant ^ . 

Quand les briques sont cuites, on ferme le trou de fumée par 
une masse filtrante sur laquelle ou verse de l'eau pendant plusieurs 
jours tout en continuant le feu, ensuite ou arrête l'eau et le feu 
et on laisse refroidir lentement. Les briques cuites ainsi acquièrent 
une résistance extraordinaire. Mr. Edouard Blanc, qui a vu dans le 
Turkestan des équipes d'ouvriers chinois employant ce procédé, a 
rapporté plusieurs échantillons de briques qui ont été essayées et 
analysées à l'Ecole des Ponts et Chaussées par Mr. Debray '). 
Avec des argiles de qualité médiocre on obtient des briques qui ont 
donné 600 Kil. de résistance à l'écrasement par C°^^ *) et qui après 
25 gels et dégels successifs, avec des écarts de température de 60*, 
ont encore résisté à 360 Kil. par C"^ et cependant la crôute qui 
est la partie la plus dure avait été enlevée. Sous l'influence de la 
vapeur d'eau surchaufiée et peut être d'une certaine pression ces 
briques sont devenues des espèces de trachytes artificiels. Les fours 
coréens peuvent cuire de 1600 à 3000 briques suivant leurs di- 
mensions. 



1) Association pour ravancemcnt des sciences congrès de Pau 1 892 et de Bezançon 1893. 

2) IjCS meilleures briques ordinaires ne donnent que 150 Kil. 



394 H. CHEVALIER. 

IV. Machines et Outils. 

La machine la plus importante est une chèvre J^: ^ (PI. XII) 
pour le levage des lourdes charges (jusqu'à 6000 Kil.), ce sont en réalité 
deux chèvres accolées par la tête puisqu'il y a deux treuils et deux 
séries distinctes de poulies de renvoi ^ '^ ^ . Les leviers ^ ^ 
sont fixes et traversent entièrement l'arbre du treuil ^ ^^ leurs 
extrémités d'un même côté étant réunies par des cordes, c'est une 
disposition très usitée en Corée, elle ne permet pas d'avoir des 
leviers aussi longs qu'en Europe et la force de l'homme est moins 
bien utilisée. 

L'appareil suivant est une grue ^ ^ de force moyenne, de 
12 mètres environ de volée ^, tous les détails de construction de 
cette machine sont donnés par les planches comme pour la précé- 
dente (PI. XIII). 

Les transports ont été faits sur des chariots de différentes sortes, 
des diables ^ ^ , des poulains sur rouleaux |^ ;^ et des traî- 
neaux ^ j^ tous d'une construction assez particulière. Enfin les 
outils représentés sont des pilons pour damer le sol, des hottes 
^ ^ , des paniers, des tonneaux et des seaux cerclés en corde, 
des brancards, dès pelles, des pioches etc. 

T. Fêtes. 

Le deuxième volume se termine par les planches suivantes: 

1° Illuminations de la ville et feux d'artifice ]^ ^ . 

2° Grand banquet du bœuf ') ^ ijj^ ^ . 

3° Fête de clôture (mascarade) ^ ^ ^ . 

Aucune explication n'accompagne ces trois planches qui font 
peut-être le sujet des volumes qui sont perdus. Souhaitons qu'un 
jour Mr. GoUin de Plancy, ministre de France à Séoul, puisse les 



1) En Corée on ne peut tuer et manger un bœuf qu'avec une permission royale. 



CÉRÉMONIAL DB l'aCHÈVKMBNT DBS TRAVAUX DE HOA-SYENG. 395 

retrouver et les offrir comme les deux premiers à la bibliothèque 
de l'Ecole des Langues Orientales vivantes. 

Mesures. 

Les mesures Coréennes sont le pas ^ qui renferme 6 pieds 
^ des Tchéou ou 3 pieds 8 pouces des architectes ^ ^^ , ces 
2 sortes de pieds sont employés dans cet ouvrage. Le pied contient 
10 pouces tJ" et le pouce 10 divisions. Mentionnons aussi la brasse 
^, qui contient 5 pieds, et le créneau j^, qui fait 4 brasses. 



396 H. CHEVALIER. 



Explication des Planches. 

PL 
I. Porte de la capitale, vue extérieure. 
II. Porte de la capitale, vue intérieure. 
III. A. Porte d'eau du nord, vue extérieure (à droite) et vue intérieure (à gauche). 

III. B. Porte d'eau du sud, vue extérieure (à droite) et vue intérieure (à gauche). 

IV. A. Tour creuse du Nord-Est, vue extérieure. 
IV. B. Vue intérieure. 

IV. C. Coupe de la tour creuse du Nord-Est. 
V. Pavillon d'angle du Nord-Est, vue extérieure. 
VI. Pavillon d'angle du Nord-Est, vue intérieure. 
VII. i. Merlon rond. 

2. Moellon percé à côté des meurtrières. 

3. Meurtrière pour gros canons portugais. 

4. Merlon droit. 

5. Réservoir d'eau. 

6. Merlon à redans. 
VIII. i. Oeil pendant. 

2. Gargouille. 

3. Dé en pierre. 

4. Gouttière en brique. 

5. Simple brique. 

6. Passage d'eau. 

IX. 1. Escalier pour monter l'étage. 

2. Panneau mobile. 

3. Campanile. 

4. Balustrade. 

5. Fenêtre ajourée. 

6. Escalier tournant à balustrade. 

7. Tête de dragon sur les panneaux mobiles. 
X. 1. Voussoir. 

2. Assises en briques. 

3. Marche en pierre. 

4. Buse en brique. 

5. Escalier en pierre. 

6. Tympan. 

XL 1. Vue arrière de la partie intérieure du four. 

2. Vue extérieure du four. 

3. Porte du four ou bouchoir. 

4. Vue avant de l'intérieur du four. 
XII. Grande chèvre. 

XIII. Détails de construction de la grande chèvre. 



à 



MÉLANGES. 



-•-♦- 



La religion des insurgés Tchang-mao 

PAR 

C. DE HARLEZ. 



I 



Au mois d'octobre passé le T'ounç'pao dounait, dans une lettre 
du R. P. Tobar, des renseignements intéressants sur la religion du 
chef des insurgés chinois appelés Tchang-mao, « aux longs cheveux » , 
et plus fréquemment: T'ai-ping, bien que tout à fait improprement. 

Nous y apprenions que ces insurgés avaient adopté pour sym- 
bole le credo tout chrétien retrouvé en Mongolie par un mission- 
naire de Scheut et que leur chef avait été en rapport avec un 
docteur anglais de confession protestante. A ces informations je 
puis aujourd'hui en ajouter d'autres qui, bien que très incomplètes, 
ne laisseront pas que d'intéresser aussi les lecteurs de l'excellente 
Revue de Leyde. 

Parcourant, il y a quelques jours, un catalogue de librairie 
orientale, j'y lus le titre suivant avec cette note: «Tchwang 
BChi tchouen, traditions des premiers temps» Vol. 8°. «Ouvrage 
composé par le Chef des insurgés chinois, daté de la 3^ année 
Tai-ping * . 

27 



393 MÉLA^NGES, 

Je fis venir ce livre aussitôt et ne fut pas peu surpris d'y 
trouver uniquement la traduction de la Genèse sous le titre de 
j||j j^ "^ et la numérotation de Kiuen I ^ — • . C'était donc 
le premier volume d'une traduction de l'Ancien Testament. L'idée 
me vint que j'avais affaire à l'œuvre d'un missionnaire occidental 
qui avait cherché à répandre la Bible parmi les Tiehang-mao. Mais 
je dus changer d'idées après avoir examiné la table des matières 
qui précède exceptionnellement le folio 1 de ce volume et le titre 
qui se trouve au verso de la sous-couverture. 

Le titre général de l'ouvrage placé en tête de cette table, in- 
dique un recueil oflSciel de toutes les lois et ordonnances publiées 
par l'autorité souveraine des insurgés *) ou répondant à une requête. 

L'index annonce 14 sections "^ . Les sections 1 à 6 contiennent 
tout ce qui a une origine céleste, les autres ce qui émane des 
autorités de la terre. 

Les premières portent les titres suivants que nous devons tra- 
duire plus ou moins vaguement n'ayant point les textes sous les 
yeux. 

1. Proclamation impériale des objets de la parole (divine) du 
Père céleste, Shang-ti ^:$C_t^WfiMiS- 

2. (Exposé des) instructions, décrets, que le Père céleste a en- 
voyés ici-bas, a fait descendre du ciel ^ '^ T^ Hi öS § • 

3. Proclamation, promulgation, souveraine du décret céleste (qui 
a conféré l'autorité suprême au chef des insurgés ^ -^ g^ ^ ^ ). 

4. L'Ancien Testament, livre sacré '^ ^ g§ ^ ^ . 

5. Le Nouveau Testament, livre sacré ^ ^ ^ lE ^ • 

6. Les livres, écrits, émanés du ciel ^ j^ ^ . 

Les sections 7 à 10 contiennent des règlements propres au Tai- 



^ ) Ö VpB aT^ 't^ ßn -g* . Livre promalgateur des décrets et rescrits publiés 
par l'autorité souveraine ; et à la marge, simplement : ^9 '^ fe . 



MELANGES. BDd 

ping: décrets généraux, rîtes, ordres de l'armée, règlements partica- 

Des quatre dernières le contenu semble commun au reste de 
l'empire, ce sont des décrets, le calendrier ^ ^ , les deux manuels 
scolaires bien connus: le San-tze-king, livre des (phrases de) trois 
caractères, et le Yeou-hio-shi poésies pour l'instruction de la jeunesse 

L'examen de cette table conduit aux conclusions suivantes qui 
me paraissent indubitables. 

1° Les Tai-ping professaient les croyances chrétiennes et prenaient 
la Bible comime fondement, comme code officiel de leur religion. 

2° La Bible n'était point pour eux un document simplement 
reçu des missionnaires et propagé parmi eux par ces derniers; les 
Tai-ping en avaient fait leur chose à eux et l'avaient insérée dans leurs 
recueils en la rééditant à nouveau par eux-mêmes. On le voit par notre 
table et par le titre de la couverture dont nous parlerons plus loin. 

3° Chez eux les idées chrétiennes n'étaient pas pures, mais elles 
se mélangeaient aux anciennes idées chinoises. Les titres des sections 
3 {Tien-ming)^ 8 (rites), 12 (calendrier) le démontrent suflSsam- 
raent, le contenu des SS. 13 et 14 forme une preuve de plus; le 
San-tze-king spécialement. 

4° La Bible leur est venue des missionnaires protestants. Le 
terme Shang-ti pour désigner la divinité le démontre clairement. 
De la même source sont venus Tien-fou ^ ^j^ , père céleste, ^ 
Y. ^ , Hoang Shang-ti pour traduire Jahweh Elohim, etc. 

Enfin le verso de la sous couverture porte en tête la mention 
^ ^J * réédité» avec la date de l'an 3 Tai-ping; puis au centre 
et entouré des dragons traditionnels le titre «Ancien Testament, etc.> 
comme à la section IV. Ce qui prouve que le volume de la genèse 
bien que pourvu d'un titre spécial {Tchang-ahi-tchtien) appartient 
bien à notre recueil Tai-ping. 



400, HÉLATSGES, 

Il resterait à déterminer l'origine de la traduction de la Bible 
insérée au code du Tai-ping. Mais nous manquons de renseignements 
à cet égard. 

Tout ce qu'on peut en dire c'est que ce n'est point une version 
catholique, — l'adoption du terme Shang-ti le prouve — ni aucune 
des deux versions protestantes connues. Les termes en diffèrent com- 
plètement comme on le verra par les extraits que nous donnons un 
peu plus loin. 

Il semblerait donc que les chefs des Tchang-mao ont fait faire celle-ci 
pour leur usage, mais où et par qui, c'est ce dont ou ne peut rien dire. 
Voici un tableau comparatif des 2 premiers versets de la genèse dans 
les trois éditions dont nous venons de parler. 

Les lecteurs constateront aisément les différences. Ils remarque- 
rons également, dans la Bible des Insurgés, un meilleur emploi des 
termes techniques de la cosmogonie tels que '^ ^ pour rendre 
tohu-bohu; )^ pour abîme; ^, bon, par nature, etc. 

Bible des Tai-ping. Bible de Morrison. Bible de 1854. 

j.®®7c & m Ê. m ^ m.m,is: 

± m.# là 1* ife.X -Ê M Jl m '^JJ 

^ ± M.± m m m m t.#is<: 

n.w m. ^.m m ^. ^ z -^ 
m M ^ m z ^ ^ m % 
% m it ^ Ä «1 %.m m, 

WlÈA *»« ±W*ils 
^*îtfe. ^ 1- m #^:^ 

^.z n ife.* Ä m * â 



MÉLANGES. 401 

P.S. Je reçois une note du savant co-directeur du T'oung-pao, 
M. H. Cordier, et je m'empresse de la communiquer à nos lecteurs. 
Des livres publiés par les Tai-ping plusieurs ont été apportés en 
Europe en 1854 et quelques uns d'entre eux se trouvent déposés 
dans la Bibliothèque d'Angoulême. M. Medhurst en a donné des 
extraits dans une brochure citée Col. 279 — 280 de la Bibl. Sinica. 
M. Cordier ajoute que le chef des Tai-ping avait reçu ses connais- 
sances de la Bible etc., du Rev. Roberts dont parlait aussi le P. 
Tobar dans sa lettre au T'oung-pao. 

Il n'est pas probable cependant, que la traduction dont nous 
nous sommes occupé ici, soit l'œuvre de ce missionnaire. Ce der- 
nier problème reste donc ouvert. 

Je viens de recevoir la 2^^™^ Section du recueil des Tai-ping 
dont j'ai parlé ci-dessus, le ^ ^ "f^ /t. nS § • ^^ ^® compose 
d'un entretien religieux entre le T'ien-fou et plusieurs néophytes 
de la religion de Houng Siou-ts'iuen, composé expressément pour le 
parti des Tchang-mao. Le sens est «Livre des enseignements des- 
cendus du Père céleste». C'est un mince 8° de 16 feuillets. Si, 
après examen, je pense qu'il en vaut la peine, j'en dirai quelques 
mots dans un prochain fascicule. 



402 MÉLANGES. 



Ma-tsu-po {M ffl ^) or Koan-yin 
with the Borse-head (ig SR ® ta: #) 



G. SCHLEGEL. 



It is curious that the Chinese pilgrim I-tsing, being such a 
fervent Buddhist, does not mention the state of Put-lo-an or Pul- 
lo-an ( ^ ^ ^ ) which could be reached by sea in four days 
and nights sailing from Sëmbodja (Palembang), or be reached also 
by land, so that the town ought to be looked for in Sumatra itself 
and even upon the coast as further appears. In this country were 
two copper divinities which had arrived there in flying; one having 
six and the other four arms, and whose birthday took place on the 
15th of the 6th month. 

Whenever outlanders wished to come in order to steal the pearls 
and jewels in the temple of these divinities, a violent storm and 
waves arose as soon as they arrived at the mouth of the river, so 
that their ships could not enter it '). 

The San-tsai Tu'hwui, from which we extract this notice, gives 



?iï « js* - fl . --fâ:^». -iara». i^M + 

3L a 4 H , in ^ ^[. H ^ ?K ^ « 1*1 «IcS . M 

described by Ciae Ja-kwah. Ci. F. Hirth's notice in the Supplément of Vol. V of the 
T'oMMff^kto, p. 26, note 6. 



MELANGKS. 403 

a good engraving of these two divinities *) which exactly resemble 
the engraving given by Von Siebold in his Nippon Archiv (II, Tab. IX) 
of the "Koan-yin with the horse-head" ( iB| @| ^ tft "g- ), the 
horse-head being placed in the triple crown which Koan^yin wears 
on her head. In the Chinese engraving the six-armed Koan-yin 
swings in her right upper hand the hatchet and in the left the 
wheel (Chakra), exactly as in the Japanese engraving. 

Both figures have a triple head. The Koan-yin to the left holds 
in her right hand a ^ ^ , or buddhistic sceptre, and, in her left 
hand, a green twig wherewith she sprinkles the Amrita. 

In fact the two figures evidently represent Koan-yin, the 
Avalokitihara of India, which till the present day is represented 
with a triple head ^), having in her hand a green twig *). The 
crown in the Chinese engraving exactly resembles the crown upon 
the head of the bronze Koan-yin from the "Musée Guimet", 
represented in Vol. XI, Plate XIV of the "Annales du Musée 
Guimet" '). 

The indication of her birthday on the 15th of the 6th month 
is very precise and precious, for this is the exact date of the 
birthday of the |t ^ ^ ^ , "Our lady of births", also called 
ftä#. "Our mother", or ^ jfg, "Our Lady-Mother"«). 

De Groot says (op. cit., p. 397) that the pictures of her in 
China tally exactly with those of Ma^tsu-po ( ^ ^ ^ ), the 
Chinese patroness of the sailors, who herself is again identified with 
Koan-yin, the legend of whose birth in the southern seas ') is 

2) Reproduced in the Pien-i-tim, Chap, CVII (Vol. 19), among the "^ ~^ ^ 
^& ^k So ' Countries of the south not yet verified. 

3) Ue Groot, Fêtes annuelles. Vol. I, p. 186. 

4) Ibid., p. 198. 

6) Ibid., opposite p. 198. 

6) Ibid., p. 396. 

7) She is called ^^ J^ ^^ ^g , "The Koan-yin of the southern seas". Ue Groot, 
op. cit., p. 189. 



404 MELANGES. 

thereby strikingly confirmed. According to this legend, which De 
Groot (op. cit., I, 188 — 197) gives us in extenso, the father of this 
Koan-yin had a kingdom extending westward till India ( ^ ^ ), 
northward till Siam (j^^)i eastward till Bodja (■^ ^) and 
southward till T'ien-tsin ( ^ ^ ), with other words that he was 
master of the whole island of Sumatra. 

The name of the place ^ ^ ^ put-lo-an may represent 
Pûraan or Pur-an, but I cannot find a single name on the coast 
of Sumatra in that neighborhood resembling this name. 

Our Chinese author does not say if Put-lo-an was four days 
sailing south or north from Sëmbodja. If, as is probable, south is 
meant, it can only have been situated upon the river Tulang Bawang 
in the Lampong-districts. If we read Put-lo-an as Pul-lo-an, we 
might look for it in the present village of Puluan in the residency 
of Palembang, subdistrict Kommering Ilir. There is another Puluan 
in the Lampong-districts, subdistrict Semangka, upon the R. Belu. 
But if we bear in mind what I have said above about the horse- 
headed Avalokitiswara being born at that place, I should not wonder 
if Put-ra-an was a transcription of Pûrna, the name of the father 
of Pûriiamâitrâyamputtra, himself also sometimes called Pûrna, which 
latter was one of the personal disciples of Sakyamuni, a natural son 
of Bhava by a slavegirl. Ill-treated by his brothers, he engaged in 
business and amassed a large fortune. By the power of Samâdhi he 
transported himself to the sea where a vessel was being wrecked 
by Indra, whom he conquered by Samâdhi {lit. "selfpossession"), 
thus saving his brothers who were on board ®). Koan-yin is con- 
founded with Pûrna ^), and the legend of the latter saving his 
brothers from shipwreck by his selfpossession (presence of mind in 
danger) strikingly resembles the legend of Ma-tsu-po {Koan-yin) 



8) Cf. Eitel, Sauskrit-Chinese Dictionary, pp. 19 and 99. 

9) Ibid., p. 19. 



MELANGES. 405 

saving her (or his) brothers who were in danger of being ship- 
wrecked, and which De Groot has told us at length *°). 

If we reduce these legends to a natural fact, we will recognize 
in Purna and Ma-tsu-po the merchant who saved by his selfpossession 
the ship in which he traded with his brothers from being shipwrecked 
by a storm (Indra). Landed or driven by the tempest to the southern 
coast of Sumatra, with which country he probably traded and thereby 
amassed his large fortune — Sumatra being called by the Indians 
Suvarna-dvipa or Gold-land — , he built there a Vihara which he 
may have called after his own name Purna. The two statues 
representing Purna can then really be said to have arrived "flying" 
thither, i. e. by the storm "). 

We now must return again a moment to the Chinese Ma-tsu-po 
whose name is generally written f^ j^ ^, but which gives no 
reasonable sense, for De Groot's rendering "Femme ancêtre" *^) is 
objectionable, ma-tsu not meaning "ancestress", which word is rendered 
in Chinese by tsu-mu ^ "^ or jj(§^ ^j^^ tsu-jma, the latter term 
corresponding to the english terms Granny, Grannam or Granddam "). 

With reference to the horse-head in the crown of the "Horse-head 
Koan-yin" ( ^H^ g^ ^ j^ ^ ), I would render Ma-tsu-po's name 
^y i^ JiiB. ^» "Lady-ancestress of the Horse". The more so because 
she is often only called ^|| jjj§^ Ma-tsu, "Horse-ancestor". Her temples 
are called Ma-tsu-miao ( ,B| SB. JfJ ) or Ma-tsu-kung {J^ AÎB. ^ ) '*)• 



10) Fêtes annuelles etc. Vol. I, p. 2C2. 

11) This name is not unknown in the Archipelago. There is in Java, province of Che- 
rihon, division Kuningan, in the district of Kadu-gedeb, a hill called Purna djiva where a 
good deal of hindu antiquities have been discovered. 

12) Op. cit. p. 264. 

13) Mayl^ always comes after the principal word as in -^r J^^ JfM a female 

doctor; !j^ ^^ ^,^, Mother of all the souls of orbate females; |^ ^ ^j^ , Our 
liady of Small-pox, etc. 

14) During the Chow-dynasty a sacrifice was offered to the ,|!& H|Q^ or Ancestor of 
Horses. (See my Vramographie chinoise, p. IIB.) 



406 MÉLANGES. 

Now the 12th Indian patriarch bore the name oi Açvayhôsa '^), 
which the Chinese translate by ]^ P^ ma ming or "Horse {açva) 
crying" {ghosa), a name which, as Professor Kern told me, has 
vexed all Sanscritists by its unreasonableness. 

I propose to translate "Horse-jingling", both the Sanscrit Ghosa 
and the Chinese Ming also meaning to jingle (to sound) ^^), such 
as trinkets do which are attached either to the girdle or the headdress. 
The name ^[ -^ ^^ Koan-yin-mother I think better to be read 
^ ^ ^ Koan-y in- horse - the Japanese ^ ^ ^ j^^ ^ , the 
Koan-yin with the horsehead. 



15) Toung-pao, Vol. VIII, p. 342. 

16) Benfey, Sanscrit Diet. p. 286. Ghosaka is a bell-man. 



VARIÉTÉS. 



L'IMPERATRICE DE CHINE. 
Comparez le T'oung-pao, Vol. VII, p, 443. 



Tous les échos du monde retentissent 
depuis plusieurs mois du nom de l'im- 
pémtrice douairière de Chine. Mais, sauf 
dans les quelques cercles bien informés 
où se répercute le bavardage diplomati- 
que, la personne même de la souveraine 
qui fait chaque jour parler tous les télé- 
graphes de la terre est encore profondé- 
ment ignorée. L'impératrice favorise les 
Russes...; l'impératrice séquestre l'empe- 
reur...; l'impératrice défend la vieille 
Chine contre le progrès...; tout le monde 
parle de l'impératrice et personne ne la 
connaît. Un journal bien informé la pre- 
nait l'autre jour pour la mère de l'empe- 
reur actuel de Chine. 

Il est bien dommage, pour l'art, que 
la personnalité de celle qu'on nomme 
impératrice douairière de Chine soit si 
peu connue. Encore qu'elle ne soit en 
réalité ni douairière, ni impératrice, c'est 
probablement dans l'univers actuel la 
plus extraordinaire figure de femme : 
Agrippine et Catherine II dans le même 
personnage. Le moment n'est pas encore 
venu d'en parler librement. Mais ce 
qu'on peut dire, sans blesser, ni insister, 
est trop utile à l'intelligence des événe- 
ments de Chine pour qu'il ne vaille pas 
la peine de soulever légèrement le voile. 

Quand l'empereur Hien-Foung mou- 
rut, après avoir fui devant les troupes 
an glo- françaises victorieuses, il laissait 
une épouse légitime sans enfants. Mais 
il avait une autre /épouse avec un lils 
qui devait lui succéder sous le nom de 

Toung Tchi ( |^ yjA), Le pouvoir su- 



prême fut, par testament secret de l'em- 
pereur, confié à l'impératrice légitime, 
avec ordre de n'en user qu'en cas de 
conflit. Mais la garde de l'héritier fut 
publiquement donnée à l'autre épouse, 
sa mère. C'est la douairière d'aujourd'hui. 
Vingt-sept ans, une intelligence extra- 
ordinaire, des passions non moins fortes 
et une volonté de fer, voilà ce que celle 
qu'on nomma dès lors l'impératrice mère 
apportait au nouveau règne. On en vit 
bientôt l'effet. " 

Suivant la coutume, l'empereur avait 
formé un conseil de régence: deux prin- 
ces et le ministre Soung Tchi. Le premier 
soin de l'impératrice mère fut de se 
débarra.sser du conseil de régence. Elle 
choisit pour instrument son beau-frère 
le prince Koung qui, depuis, a joué un 
si grand rôle dans la politique chinoise. 
Comme les régents revenaient des obsè- 
ques de l'empereur, ils furent soudaine- 
ment accusés par le prince Koung dp 
plus grand crime qui se puisse imaginer 
en Chine. Une foule ameutée les arrête 
pour avoir négligé certahte yitjps ftfnèbres 
de la cérémonie. Koung les fît exécuter 
en chemin. Les deux impératrices deve- 
naient régentes, et le prince Koung deve- 
nait grand chancelier de l'empire. 

Or, entre les deux régentes, frappant 
était le contraste. L'impératrice légitime, 
vertueuse, douce, vivant dans un palais 
à l'est du domaine impérial, était vénérée 
sous le nom de «Reine de l'Orient». Sa 
rivale était crainte, mais non vénérée. 
Elle gouvernait tout, en effet, mais était, 
à son tour, gouvernée, comme le furent 



408 



souvent les reines jeunes, quand elles 
trouvaient un Struensée. L'impératrice 
mère crut l'avoir découvert en la per- 
sonne du prince Koung. 

Le prince Koung exerça donc le pou- 
voir, et à double titre, disait la chronique 
du palais. Il s'en servit habilement, et 
dans les circonstances les plus difficiles, 
pendant l'insurrection des Taï-Pings. 
déjà ses relations avec la régente mère 
avaient été soumises à de sévères épreu- 
ves par les caprices de la souveraine. Un 
jeune diplomate, qui avait été«distingué», 
se déroba. Le grand eunuque jouissait, 
auprès de la souveraine, d'une faveur 
inexplicable. Le grand eunuque fut df ne 
envoyé en mission et assassiné dans la 
province de Chan-Toung. La régente 
rongea son frein, mais elle avait besoin 
de Koung et elle ne pouvait se venger 
publiquement. Cependant, un jour, pour 
faire sentir son pouvoir au premier 
ministre, elle le dégrada, l'exila, puis le 
remit en place le lendemain. 

Avec l'autre régente, toujours soumise 
et douce, point de conflit à craindre. 
Mais la crise éclata quand vint la ma- 
jorité de l'empereur en 1873. Et ce fut, 
d'après des témoins qui ont, depuis, 
parlé, la scène la plus dramatique qu'ait 
vue le palais impérial. L'impératrice 
légitime s'étant rencontrée en pompe 
avec la régente mère, lui exprima sa 
satisfaction que la minorité de l'empe- 
reur eût pris fin. Puis, devant la cour 
réunie, elle prit sa revanche de douze 
ans de silence en produisant et en lisant 
publiquement le testament secret de 
l'empereur qui lui conférait tout pouvoir 
sur la régente dont elle avait souffert 
les volontés et connu les caprices. «Et 
maintenant, dit-elle, cette pièce est in- 
utile». Puis elle brûla publiquement le 
oarchemin. 

^ 'humihation et la raçtr^ dp'^-'^eine 
df l^ccidenîtv «e up— ^«t imaginer, o.^ 
n'en saa pas le détail, mais ce qu'on sait, 
c'est que ni l'impératrice légitime, ni le 
jeune empereur ne vécurent longtemps 
après cette scène. La reine d'Orient était, 
d'ailleurs, souffrante. Et, quant au Fils 
du Ciel, il descendait dans certains enfers, 
un peu ti'op souvent et incognito pour 
résister longtemps. 

C'est là que se place le fameux coup 
d'Etat de 1875 qui rendit décidément 
célèbre dans tout l'univers le nom de 
l'impératrice de Chine. A peine Toung 



Tchi venait-il de succomber que, par une 
froide nuit de janvier, elle faisait enlever 
de son lit l'enfant d'une de ses sœurs 
mariée au «septième prince» Tchoun, 
et le faisait transporter au palais, dans 
la chambre même de l'empereur. Puis, 
en vertu d'une prétendue adoption an- 
térieure de Hien-Foung, mort depuis 
quatorze ans, en faveur de l'héritier de 
Tchoun, elle honorait l'enfant de son 
impérial hommage, et lui faisait jurer 
fidélité par toute la cour. Enfin seule 
en possession du grand sceau de l'empire, 
|\elle régla en un instant la succession. 
Quand le prince Koung — dont le fils 
était désigné au trène par l'empereur 
/défunt — fut informé, il était trop tard. 
C'était une nouvelle minorité qui com- 
mençait. L'impératrice mère était deve- 
nue l'impératrice régente. Et il n'y avait 
rien de changé en Chine. 

Le pouvoir suprême resta aux mains 
de la régente, et le prince Koung, grand 
vassal insoumis, quoique conservant ses 
offices et ses dignités, n'eut d'autre res- 
source pour lutter contre son ancienne 
alliée, que de laisser grandir l'empereur 
Kouang-Sü en le circonvenant. Il n'y 
eut pas grand'peine, car le joug de la 
régente était dur, et maintes furent les 
querelles. Mais l'impératrice avait trouvé 
un nouvel instrument en la personne 
d'un gouverneur de province intelligent, 
Li Houng-tchang. Il fut appelé à Peking, 
partagea avec le père de l'empei'eur, 
trop faible pour être utile, la peine et 
le profit du pouvoir, grandit avec la 
fortune de l'impératrice, et le monde 
aujourd'hui le connaît mieux que sa 
maîtresse et son maître. C'est grâce à 
Li Houng-tchang qu'en 1884 l'impéra- 
trice mère put enfin dégrader Koung et 
jusqu'en 1895 à peu près dominer l'em- 
pereur et son parti. 

Mais ce ne fut pas sans peine. Une 
crise terrible eut lieu en 1889. Lesan- 
"pus fidèles de Koung, avec la secrète 
ilconnv-ence de l'empereur Kouang-Sü, se 
taillereif,^ à propos du grand plan de 
chemins d» fei- qui aurait ouvert la Chine, 
un triomp.^ sur Li Houng-tchang et 
l'impératrice. 

^ Quand vint ^ guerre du Japon avec 
ses désastres, I'oc^agjon fut enfin trouvée 
pour renverser ie,ji. commun pouvoir. 
On sait comment le uinistre fut humilié 
à son retour du Ja^on après avoir 
signé le traité de Simoivjseki. A peine 



VAEIÉTÈS. 



109 



échappa-t-il au supplice. C'est pour le 
mettre, un temps, à l'abri de ses ennemis 
que l'impératrice l'envoya en Europe. 

Pendant ce temps, elle ne restait pas 
inactive. Quelles scènes de haute diplo- 
matie a dû voir cette ville de palais' 
qu'est la résidence impériale de Peking ! 
A force d'énergie, la femme extraordi- 
naire qui préside aux destins de la Chine 
réussit à reprendre de l'empire sur 
l'empereur, lui fit avouer la conspiration 
contre elle et exiler ses conseillers. Li 
Houng-tchang pouvait rentrer. 

Cependant, l'empereur, incapable et 
efféminé, est une proie facile aux intri- 
gants. Il glissa une fois de plus entre 
les mains de sa tante. Le monde a appris 
en détail cette année la plus extraordi- 
naire, la plus folle tentative pour accom- 
plir, en un mois, à coups d 'edits, des 
réformes dont la moindre demanderait 
un siècle. C'était l'empereur qui, de 
nouveau, se libérait, en suivant, cette 
fois, des mandarins réfoi-mateurs. 

Il ne les suivit pas loin. Le Japon a 
reçu l'un d^ux. Il est possible que 
l'Europe en voie bientôt un autre. Tout 
ce qui avait été fait en septembre s'est 
trouvé défait en octobre. Les Chinois ont 
pu voir — sur le papier — un boule- 
versement infiniment plus radical que la 



Révolution françtiise, suivi d'une réaction 
mille fois plus complète que la Terreur 
blanche. Et l'impératrice douairière est 
(le nouveau la seule souveraine de la 
Chine. 

A soixante-quatre ans, cette femme 
extraordinaire, après avoir réussi trois 
grands coups d'Etat, maté d'innombra- 
bles révoltes, brisé tous ses ennemis et, 
plus dangereux encore, tous ses anciens 
amis, connu les plus dramatiques péripé- 
ties de la tragédie du pouvoir, se trouve 
enfin l'unique puissance en Chine. Quoi 
d'étonnant dès lors à ce qu'un silence 
anxieux se fasse autour d'elle et que 
même les accusations expirent sur les 
lèvres de tous? Le sort de l'Asie se joue 
à l'heure actuelle autour de son fauteuil 
de laque et de son bâton d'ivoire. Qu'elle 
lève la main vers le nord, et c'est la 
Russie qui triomphe. Qu'elle penche au 
contraire vei« ceux qui tiennent la mer, 
et c'est une autre ère qui commence. 
De quelque côté qu'elle porte sa faveur, 
elle ne saurait d'ailleurs éviter un conflit. 
Sa vie sera sans doute assez longue pour 
dépasser celle de l'empereur, son neveu. 
Mais la vie et la force même de la grande 
impératrice suffiront-elles à sauver la 
Chine? — (Blackwood's Magazine.) 



We reprint from the Globe of 28 September last the following article oil 
THE EMPEROR OF CHINA AND HIS COURT. 



We take the following extracts from 
a long and intei'esting article recently 
published in a St. Petersburg journal. 
The remarks are of especial interest in 
view of the I'ecent Palace intrigue which 
dethroned the Emperor of China, and 
serve to give the outside world some idea 
of the "constitutional" position of the ji 
Emperor. If it were possible for a 
European to obtain a bird's-eye view of 
the daily life within the walls of the 
Emperor's palace at Peking, he would 
behold a spectacle of far greater interest 
in many respects than that pi-esented 
by the life at the courts of the great 
potentates of the West. 

The Emperor, who is regarded as the 
representative of Heaven and the ex- 



pounder of the decrees of the Almighty 
upon earth, forms naturally the central 
figure of the Court life. If the possession 
of power and the knowledge that one 
is the object of an almost unbounded 
veneration on the part of one's subjects 
can make a man happy, then the Em- 
peror of China must be regarded as the 
happiest of mortals. The great esteem 
in which he is held is clearly seen from 
the titles borne by him. Generally, for 
example, in public decrees, he is alluded 

to as"Huang-Ti" ( ^ »j^ ) or "Huang- 
Shang" ( ^ _t ), namely, "His Most 

Serene Highness the Emperor"; the title 
which expresses veneration is that of 



410 



"Tien-Tse", or "The Son of Heaven"; 
his popular title is "Tang-kin Fo-Ye" 

(1^ -4^ # Jg), namely, "The Bud- 
dha of the Present Day"; in flattering 
addresses he is called "Wan-Sui-Yeh", 
or "The Lord of Ten Thousand Years". 
The Emperor generally alludes to him- 
self as "Chen" ( ffiç ), which corresponds 
to the "We" of western raonarchs, or as 
"Kun-Yen" (j^ ^), namely "The 

Lonely Man or Prince". Surnames, such 
as "The Brother of the Sun and Moon" 
attributed to him by European writers 
are unknown among the Chinese. 

The Imperial Palace has different 
names, such as "The Hall of Audience", 
"The Golden Palace", "The Vermilion 
Walk", "The Roseate Hall", "The Pro- 
hibited Palace of Purple", "The Golden 
or Heavenly Stairs". The seat of the 
Emperor is on the "Dragon Throne"; 
if one looks at the monarch, one sees 
the countenance of the dragon; his 
person forms the dragon's body, and 
his coat of arms is the dragon with five 
paws. The Emperor is the source of all 
power, rank, and titles of honour, the 
head of the religious system, and the 
only being who is authorised to pray 
to Heaven; he is the source of all laws 
and the dispenser of mercy ; the whole 
Empire is his property. 

Nevertheless, the belief still curi'ent 
In western lands, that China is despotic- 
ally ruled, and that the occupier of the 
"Dragon's Throne" is the enemy of all 
personal and constitutional freedom, is 
I erroneous. At the first glimpse it may 
appear to the observer that the Emperor 
is all in all; he is regarded as half god 
and half man, and his personality is 
veiled in the deepest secrecy, while his 
title of "Son of Heaven" expresses the 
majesty of his dignity and the thraldom 
of his subjects. Thesignsof pomp which 
surround him, the decrees issued by him, 
the forms of address employed, such as 
"Tremble and obey", or "Observe this", 
which always stand at the end of such 
decrees, and many other things all seem 
to convey the idea that the Emperor 
of China is an autocrat in the fullest 
sense of the word. But many features 
in the constitution show that this abso- 
lute despotism is only apparent, and 



that it is indeed the Emperor himself 
who is greatly subject to principles and 
ordinances that have had their rise in 
the common folk ; it may be said that 
there is no lack of methods and theories, 
which seem almost Republican in their 
nature. 

It is indeed, a fact that every Emperor 
desirous of enjoying a long reign, must 
unreservedly submit to an accurate 
observance of the time-honoured laws 
and customs. The power which holds 
him in check is not the "constitution" 
as we understand the word, but it is 
the tradition handed down for more 
than a thousand years in China; the 
Emperor must always be on his guard 
lest he offend against any of the primeval 
customs handed down by tradition, for 
these customs are held to be sacred by 
the great princes of the Empire. A 
Republican feature can further be seen 
in the fact that every Chinese subject 
can make his way in the world, no 
matter whether he belongs to the des- 
pised professions held in no repute, such 
as the actors and barbers, or whether 
he holds one of the highest offices at 
the disposal of the Government. Such 
promotion is quite independent of the 
Imperial favour, and is the result of the 
ability displayed in those branches ot 
knowledge, which are necessary by com- 
mon consent in the person holding the 
position in question The principle under- 
lying the whole official life of Chinais 
that the services of the wisest and most 
suitable men in the nation should be 
made the most of by the Government. 

The right to depose a tyrant is recog- 
nised in the following words by Mencius, 
one of China's most honoured sons: — 
"If the prince has great faults, he should " 
be rebuked ; if he pays no attention to 
repeated warnings, he should then be 
driven from the throne. The people are 
the most important element of a nation, 
and the ruler is the most insignificant". 
A country which can produce such an 
assertion in a work generally recognised 
as a classic, must not be regarded as 
being under despotic rule. Of this right 
of revolution, the forlorn hope of the 
oppressed, the people of China have 
often made use, as their history tells us. 
The right of approaching the throne by 
petition and the functions of the censors 
are also important restraining influences 



VARIETES, 



411 



to which the Emperor must submit, and 
these all, together with the fact that 
there is no system ot'caste in China, are 
characteristic of the nation's liberty. 

The right of succession is in the male 
line, but it is always in the power of 
the Emperor to nominate his successor 
either from among his children or from 
among his relatives. The heir to the 
throne is never made known to the 
people in the lifetime of the Emperor, 
although the titular office of "Protector 
of the Probable Heir" exists. 

The mode of life to be observed by 
the Emperor is fixed by precepts handed 
down by tradition, and his time is 
divided conscientiously between work 
and recreation. In winter and summer 
he rises as a rule every morning at three 
o'clock, and, after taking a small break- 



fast, generally spends some time in 
private devotion in one of his temples. 
Then he reads the dispatches from his 
chief officials, who must send in their 
reports direct to him. About seven 
o'clock he takes his breakfast, and 
afterwards discusses affairs of State with 
his chief Ministers, and a levée takes 
place, at which the Ministers of the 
various departments present themselves. 
Towards eleven o'clock, after most of the 
business is concluded, the Emperor either 
joins the ladies of his Court or takes 
a walk in his pleasure grounds. Between 
three and four in the afternoon he takes 
his chief meal, and then retires to his 
private apartments for recreation, until 
is is time to retire for the night. It is 
curious to note that this always takes 
place according to the setting of the sun. 



Nous reproduisons l'article suivant du Standard du 28 Septembre dernier, pour 
convaincre nos lecteurs du droit absolu qu'avait l'Impératrice douairière de re- 
prendre le gouvernement des affaires dont son neveu s'était montré incapable. 



The Chinese Ambassador to St.Peters- 
burg, Yang Yu, whose arrival in Vienna 
I reported several days ago, left this 
evening for Berlin. On Saturday after- 
noon he paid a visit to Count Golucho wski 
at the Foreign Office, and to-day he 
deposited in the Capuchin Church a 
magnificent wreath of orchids, lilies, 
and yellow roses on the coffin of the 
Empress Elisabeth, the broad silk ribbons 
bearing the inscription; "^ sa Majesté 
V Impératrice et Reine d' Autriche- Hon- 
grie par Yang Yu, Envoyé Extraordi- 
naire de sa Majesté VEmpereur de 
Chiné". The curious circumstance that 
the Envoy still speaks of an Emperor 
of China is explained in an interview 
with his Secretary, Lou Tseng-Tsiang, 
published to-day in the Neues Wiener 
Tageblatt, which is remarkable in more 
ways than one. In the first place, the 
Chinese Secretary of Legation affirms 
that his Sovereign the Emperor not only 
lives, but reigns, the Empress-Dowager 
being only co-Regent with him. In proof 
of this assertion, he stated that the 
Empress herself, in a telegram to the 
Chinese Legation in St. Petersburg, 
denied the rumours of the Emperor 



having been murdered, and, what is still 
more astonishing, the telegram, accord- 
ing to Lou Tseng-Tsiang, contained the 
command that in future all reports and 
other communications should be address- 
ed to the Empress, but at the same time 
to the Emperor as well. If we are to 
believe the statement of the Chinese 
Secretary, we must also accept his 
explanation of the co-Regency, and of 
the homage to the Empress by the 
Emperor and all the Ministers and 
dignitaries. This was as follows: 

"In China, the mother occupies the 
first and highest place: and next to her, 
the mother's nearest relatives. It is no 
wonder, therefore, that the Emperor 
bows before the Dowager Empress, 
especially as she possesses such admi- 
i"able qualities, and her Statesmanlike 
experience is so great. She is, moreover, 
the pei-sonification of Chinese national 
feeling; and no less than the Emperor 
himself she desires to introduce timely re- 
forms, and to raise the general prosperity. 
Her political principle is 'China for the 
Chinese, and good relations with all the 
Powers': and this principle best corres- 
ponds to the national sentiment". 



412 



VARIETES. 



Passing on to less exalted personages, 
the Secretary said: 

"Li Hung-chang was deprived of his 
position of Foreign Minister, but he is 
still what you would call the Prime 
Minister, or rather the Imperial Chan- 
cellor, and I do not believe he has fallen 
into disgrace. At any rate, his retirement 
from the' Foreign Office does not imply 
any change in Chinese foreign policy. 
That is now directed by the Tsung-li 
Yamen, and as this high Council consists 
of the same Imperial Prince and the 
same five Ministers as before, the policy 
will remain the same, whether Li Hung- 
chang is reinstated or another function- 
ary nominated as Chief of the Foreign 
Office. You can in genera! take it for 
gi'anted that the Conservative policy 
of maintaining good relations with ail 
European Powers will continue. We use 



foreign capacity and intelligence as far 
as we need it, and for the rest pursue 
an independent policy. Thus, we took 
Army instructors from Germany, com- 
mercial advisers from England, engineers 
fi'om Belgium and France, because in 
each case they were the best; that is 
to say, we open our doors to European 
civilisation, and close them whenever we 
wish to remain isolated, in accordance 
with the principle 'China for the Chinese'. 
But I can assure you that China is now 
in the midst of a great period of 
transition, and we all admit the necessity 
of progress and reforms". 

The Secretary of Legation lived form- 
ei-ly in Paris, which explains much in the 
interview; but when all phrases and 
generalities are laid aside, there still 
remains much that is interesting in his 
statement. 



BULLETIN CRITIQUE. 



Les Lolos, Histoire, Religion, 
Moeurs, Langue, TiJcnVure, par Paul 
ViAL, Missionnaire au Yunnan. 
Fascicule A des Etudes Sino-orien- 
tales, Changhai, Imprimerie de la 
Mission catholique. Orphelinat de 
T'ou-sè-wé. 1898. (75 pages.) 

Le petit mémoire mentionné 
en tête est composé par le P. Paul 
Vial qui a été d'abord missionnaire 
en Chine pendant huit ans et qui 
depuis dix autres années a consacré 
sa vie à l'évangélisation des Lolos, 
un peuple qu'il a appris à aimer 
parce qu'il est bon et méprisé. 

Ce mémoire est divisé en neuf 
chapitres : I. Histoire, II. Traditions 
religieuses, III. De la langue des 
Lolos, IV. De la littérature et de 
la poésie chez les Lolos, V. Moeurs 
et coutumes des Lolos, VI. Nais- 



sauce, Mariage, Mort, VII. Les 
Tchong-kia-tse ^f^ ^ "^ e^ les 
Miao-tse '^ -f- , VIII. Notes com- 
plémentaires, IX. L'écriture des 
Lolos. Idéologique, puis phonéti- 
que. Il est suivi d'un Appendice 
sur l'origine probable du mot Lo lo 
^j^ ^^ » ®^ accompagné de deux 
planches représentant deux jeu- 
nes filles lolo-ashi et une jeune 
mariée et fille d'honneur lolo-gnip'a 
d'après des photographies faites 
par l'auteur. 

Ce qu'il y a de plus intéressant 
dans ce mémoire ce sont les carac- 
tères avec lesquels les Lolo-Gni 
écrivent leurs livres, ninsi que le 
texte entier, avec une traduction 
française des traditions religieuses 
de ce peuple, occupant 23 pages. Le 
P. Vial a rangé ces caractères sous 
195 traits différents pour les besoins 
88 



414 



BULLETIN CRITIQUE. 



d'un dictionnaire qu'il a composé 
de cette langue, à peu près dans le 
genre dont ont fait usage MM. 
Groeneveldt et Saint Aulaire dans 
leur «Manual of Chinese Running- 
Handwriting, especially as it is 
used in Japan" (G. M. van Gelder, 
Amsterdam, 1861). 

Les Lolos se disent être venus 
de la région située entre le Thibet 
et la Birmanie. Ils sont divisés en 
Lolos blancs (tou) et en Lolos noirs 
{lia, en Chinois HeeY ^ ^ ), qui 
étaient soumis à 18 seigneurs ou 
midzemou à qui le peuple payait une 
redevance annuelle. Après la con- 
quête de leur pays par les Chinois, 
ceux-ci ont substitué à ces seigneurs 
des mandarins chiuois, tandis qu'ils 
ont donné dans les parties conqui- 
ses, mais non soumises, le titre 
chinois de j^ 0f0 g T'ou-se-koan 
aux seigneurs indigènes. 

Pendant l'époque des Ming, le 
successeur de Houng-wou, fonda- 
teur de cette dynastie, connu dans 
l'histoire sous le titre de Kien-wen 

dépossédé par un de ses oncles, et 
se retira au Yun-nan où il resta 
caché pendant 38 ans. 



n y fut suivi par un grand 
nombre de Chinois, qui forment 
actuellement le fond de la popu- 
lation chinoise nommée ^JSC 3^ ^ 
ou ^ ^, et qui se disent être 
venus de Kao-che-kiao dans la pro- 
vince de Kiang-nan (Nanking). 

Les caractères ^^ ^^ emplo- 
yés pour rendre le nom du peuple 
Lolo, ne sont pas autorisés. Les 
Chinois l'écrivent ^^ ^j^ Lolo ou 
bien ^^ ^^ Kit-lo qui étaient 
subdivisés en cinq tribus: 1. les 
•Ito I^ portant des pagnes, 2. les 
'fË ^^ ^^ 9"^ portent des étoffes 
coloriées, 3. les ^ ^^ ^^ ou 
Kit-lo rouges, portant des étoffes 
rouges, 4. les Kit-lo qui se cassent 
les dents fj" 3^ ^^ |^, et 5. les 
Kit-lo qui se coupent les cheveux 
ras ^ ^ ^^ ^5^ qui ne laissent 
qu'un pouce de leurs cheveux. 

La tribu nommée Kit-lo or- 
dure de cochon ^ ^ ^^ ^^ est 
la plus sale, demeurant ensemble 
avec des chiens et des cochons et 
dévorant les animaux comme les 
loups. 

Une autre tribu se nommait 
^j^ ^fe Bok-lo. Dans le Kouêi-lin 
occidental ( ^ ^ ;|)JÇ ) on trouve 



BUÏ.LKTIN CRITIQUE. 



415 



les Kit-toung ^^ :^^ . Une tribu les Lolos noirs ( ^ ^ ) s'appel 



voisine s'appelait Lan ou Lam ^^')- 
Le nom vulgaire est Lao-tsz ^^ -^ 
d'où vient peut-être notre nom 
Laos. Le pèlerin Hiouen-ts'ang 
parle des Lolo du nord :|[^ ^ ^ , 
le la-loj lafa et lada des textes 
indiens, et que St. Julien a identifié 
avec Lara, le Lâr du nord *) dans 
l'Inde méridionale,désigné dans nos 
cartes sous le nom de Goudjérat. 

Je n'ose pas me prononcer, 
ni pour, ni contre l'étymologie 
proposée par le P. Vial que les 
caractères chinois ^J^ ^^ lolo 
seraient une réduplication du nom 
indigène Na. Je constate seule- 
ment que les caractères prononcés 
lo en Chinois: !|^, |^, ^, ^ 
ne sont employés en transcription 
que pour rendre les sons la^ /a, ra, 
râ^ ro, Zya, loû et lô. Pour rendre 
le son na ou no les Chinois se 
servent dans tous les dialectes chi- 
nois du caractère ^, prononcé 
na et no. 

Dans d'autres dialects lolo, 
nous dit le P. Vial (p. 69 à la note) 



1) Cp. Terrien de Laconperie, The lang- 
uages of China before the Chinese $$ 1 52 — 156. 

2) Mémoires sur les contrées occidentales, 
Tome II, p. 162 et 404. 



lent Gopou, Nesepa, Gnisoupo^ 
dans lesquels la syllabe finale pouy 
pa ou po désigne le masculin, 
tandis que la syllabe finale mou, 
mo ou ma indique le genre féminin. 
Ainsi gni-pa et gni-ma sont un 
homme ou une femme G71Î. 

On retrouve encore aujourd'hui 
à Emoui, dans la province de Fou- 
kien, le même fait: la syllabe finale 
po, prononciation ancienne pou, 
et en mandarin actuel /ou, écrite 
^ , mâle, homme, désigne le mas- 
culin dans ta po ou tsa po, tandis 
que la syllabe finale -^ bà, pro- 
nonciation ancienne mou, ma et mo, 
qui signifie mère, désigne le genre 
féminin. Ainsi un garçon (fils) est 
nommé à Emoui ta (ou tsa)-po kid*^, 
tandis qu'une fille est nommée 
tsa-bô kid^', un homme s'appelle 
ta-po lang, une femme tsa-bô lang. 
C'est un «survival» de l'ancienne 
langue ^ , nom de la province de 
Fou-kien, qu'on prononce en Man- 
darin Min, mais qui se prononce 
Ban à Emoui et Man à Canton; 
ce qui le rapproche de la pronon- 
ciation man du caractère ^ , terme 
employé pour désigner les peuples 



41^ 



BtJLLETIN CRITiqtJB. 



barbares du Sud et Sud-ouest de la 
Chine. 

Certes il y a encore beaucoup 
de choses à apprendre de l'étude 
de la langue des Lolos, et il faut se 
hâter de rassembler les faits. 

Les lettrés lolos, nous dit le 
P. Vial, n'écrivent plus, et ne font 
que transcrire. Sous peu, ces Lolos 
seront chinoises comme tant d'au- 
tres races soumises par les Chinois, 
et oublieront leur propre langue et 
leur histoire. Il est donc important 
de mettre la main sur tous les 
manuscrits qui existent encore. 

Leurs chiffres sont certaine- 
ment dérivés du Chinois, p. e. gni 
2 m prononcé dzi à Emoui, se 3 
^ à Emoui sa^, tsé 10 L|^ , en 
Chinois -|-* , à Emoui sip et tsap ; 
k'ou 6 477 > ei* Chinois ^ louh *) 
à Emoui liok et lak. 

Trente se dit se-tsé, à Emoui 
sa^-tsap; 360 se dit se 'a k'ou tsé, 
à Emoui sa*^-pah lak tsap ( ^ ^ 
-^ ~\")\ 13 se dit tsé se, à Emoui 
tsap sa^ ( -p* ^ ). Cn se dit t'i, 
à Emoui tait et it d'une pronon- 
ciation plus aucienne tit. Ceci est 



1) L échangé pour i; voyez Terrien de 
Lacouperie op. oit. § 154. 



d'autant plus probable puisque 

«cette époque» se dit en Lolo 
t'i tsi ka ce qu'on lirait à Emoui 
tsit tseh ou tsit si ( — • 'pp ou — • 

^ ). Six familles se dit k'ou ge 
à Emoui lak ke ( -^ ^ ). 

Le mot ma, «non, pas», écrit P3 » 
est certainement le mot hô d'Emoui, 
mô de Canton, écrit ^ mu en 
Mandarin. Che, serpent, = ^^^ ché 
chinois: à Emoui sia, à Canton ché. 
Mou, cheval, = ^ ma en Chinois. 
Lou, dragon, est évidemment le 

^ll loung chinois, comme tch'a, 
char, est le mot Chinois ^ , pro- 
nonce tch'ia à Emoui; k'e, fumée 
d'encens, = ^ k'i, avec la même 
signification. Avec k'e, eux, com- 
parez le Cantonnais k'eu |^ , lui, 
eux; tche, pied de mesure, = chinois 

f^ tch'ih, Emoui tch'ik et ts'ioh. 
Nou, vous, et ga, moi, sont les 
mots chinois ^ lou et ^ goa 
(ancienne prononciation noueiga). 
Une étude approfondie compa- 
rée des dialectes du Sud de la Chine 
avec ceux des Lolo démontrera la 
communauté de langue de ces races. 
Nous recommandons ce sujet à 
l'attention du P. Vial. 

G. S. 



CHRONIQUE. 



CHINE. 

Le il Août dernier on a célébré, à Sicawei, le 50>^n»e anniversaire de l'arrivée 
du Rév. P. ZoTTOLi en Chine. Nous empruntons au North China Herald du 15 
Août, les détails suivants sur ce savant Jésuite. 

Zottoli naquit le 24 Juin 1826 dans le voisinage de Naples. 

Après avoir fait ses études classiques, il entra à l'âge de 17 dans la Société 
de Jésus, et partit 5 ans plus tard pour la Chine. 

Il arriva à Chang-hai le 27 Sept. 1848 après un long et fatiguant voyage. 
C'est là qu'il compléta ses études théologiques et fut peu après consacré comme 
prêtre (11 Sept. 1859). 

Ses premières publications furent d'un caractère religieux et destinées à 
l'usage des chrétiens indigènes. Puis il composa une grammaire latine pour des 
étudiants chinois. Mais ce qui lui a procuré le titre d'un sinologue distingué, 
c'est son Cursus Litteraturae Sinicae dont il commença l'impression en 1879. 
Il consiste en cinq gros volumes in-8 et couvre le domaine entier de la 
Littérature chinoise. 

Depuis la publication de son Cursus, le P. Zottoli s'est occupé de la compi- 
lation d'un Dictionnaire chinois qui promet de surpasser tous les dictionnaires 
existants par sa richesse de matériaux. 

Le N. C. H. loue le caractère bienveillant du Père Zottoli, toujoura prêt à 
aider et à consolei' ceux qui le sollicitent, de sorte que pas un ne le quitte 
sans avoir le cœur plus léger. 

Nous regrettons de ne pas avoir reçu cette nouvelle plus tôt; mais étant en 
voyage pendant les mois d'Août et Septembre, nous n'avons trouvé ce journal 
qu'après notre retour — trop tard pour insérer encore cette nouvelle dans 
notre No. d'Octobre. Nous souhaitons au Père Zottoli encore une longue vie 
en chérissant l'espoir qu'il lui sera donné d'achever son Dictionnaire. 

Li Houng-tchang a reçu l'ordre de se rendre au Chan-toung pour régler de 
concert avec le vice-roi les mesures à prendre contre les inondations du lleuve 



418 CHRONIQUE. 

jaune (Hoang ho). Il paraît par cette disposition que Li a été suspendu, du moins 
temporairement, de ses fonctions de ministre (47 Nov.). 

Le Tsoung-li Yamen s'est décidé à accorder aux détachements russes, anglais 
et allemands l'autorisation d'entrer à Peking pour occuper leurs légations res- 
pectives. Le ler Oct., 66 soldats russes, dont 30 cosaques et 36 soldats d'infan- 
terie de marine, avec deux pièces d'artillerie de campagne, 25 soldats anglais 
d'infanterie de marine et 30 soldats allemands ont traversé la ville au milieu 
d'une foule considérable. Il ne s'est pas produit d'incident. Les Chinois paraissent 
effrayés. 

Le Tsoung-li Yamen a fourni des trains spéciaux pour le transport des 
troupes. 

Le Japon envoie deux croiseurs pour protéger ses sujets. 

Le Temps du 9 Novembre rapporte qu'un syndicat anglais a décidément 
obtenu la concession de la construction d'une partie du chemin de fer de la 
Birmanie à la vallée du Yang-tsé-Kiang par le Yun-Nan. Les travaux commen- 
ceront simultanément dans la vallée de la Birmanie et du Yang-tsé-Kiang, 
c'est-à-dire aux deux points extrêmes. 

Ce serait, à bref délai, la réalisation d'un des principaux desiderata formu- 
lés par les partisans de la politique économique la plus vigoureuse de l'Angle- 
terre en Chine. 

Lord Curzon, parlant hier soir au Royal Society's club, a dit que l'empire 
britannique était avant tout un empire asiatique et que quiconque n'avait pas 
franchi le canal de Suez ne savait pas ce qu'était l'empire britannique. 

Notre sphère d'influence, déjà très considérable en Asie, a-t-il ajouté, ira 
toujours s'élargissant. Dans quelques années, le Parlement s'intéressera autant 
aux choses d'Asie qu'aux questions européennes, et le moment viendra où les 
sympathies pour les peuples asiatiques et l'étude de leurs mœurs ne seront 
plus la marotte de quelques individus, mais la passion de la nation tout 
entière. 

On reconnaît là le langage d'un des hommes qui ont le plus vigoureusement 
dirigé l'effort et l'attention de l'Angleterre vers la Chine, et constamment 
soutenu que le gouvernement indien, par la Birmanie, doit s'unir à la Chine 
et agir en Chine, afin que l'empire de l'Asie soit à l'Angleterre. La nouvelle 
d'aujoui'd'hui relative au commencement des travaux du chemin de fer birman- 
chinois montre que l'action a déjà commencé. Lord Curzon de Keddleston, une 
fois arrivé dans sa vice-royauté de l'Inde, se propose évidemment de la pour- 
suivre. 

Le Temps du 2 Octobre dernier publie les détails suivants sur le Coup d'état 
chinois : 



CHRONIQUE. 419 

«Le correspondant du Times à Hong-Kong a eu une entrevue avec Kang 
Yu-Meï. 

Il lui a fait une longue déclaration au sujet du pouvoir de l'impératrice 
douairière et lui a donné des détails complets sur ses entretiens avec l'empe- 
reur et les mesures qu'il lui avait fait adopter pour une réforme administrative 
complète de son empire. 

Voici la relation du correspondant anglais: 

«Le 16 juin, Kang Yu-Meï avait eu une entrevue de deux heures avec l'em- 
pereur. Pej-sonne n'assistait à cette audience. 

Port-Arthur et Ta-lien-Wan venaient d'être cédés à bail à la Russie. L'em- 
pereur semblait inquiet et paiaissait prêt à accepter n'importe quel plan de na- 
ture à assurer l'intégrité de l'empire. 

Kang Yu-Meï déclara alors à l'empereur que la Chine devait entrer dans la 
voie des réformes et suggéra le remplacement des ministres conservateurs par 
de jeunes et vigoureux progressistes. Il donna en exemple, au souverain, le 
réveil de la France après la guerre avec l'Allemagne et lui demanda pourquoi 
la Chine ne suivrait pas cet exemple après la guerre japonaise dont elle se 
relèverait avec autant, sinon plus de rapidité. 

Kang conjura l'empereur d'étudier les progrès du Japon et les pas de géant 
faits par la Russie depuis Pierre le Grand. Il demanda au souverain d'employer 
à la mise en pratique des réformes des Anglais et des Américains. 

Les vieux ministres, ajouta Kang, sont aujourd'hui hors d'usage parce qu'ils 
n'ont pas pris contact avec les méthodes occidentales- qu'ils ne pouvaient, du 
reste, plus s'assimiler à leur âge. 

«Leur demander d'appliquer les réformes, dit encore le réformateur au sou- 
verain, équivaudrait à demander à votre cuisinier de vous confectionner un 
habit ou à votre tailleur de vous faire cuire un mets quelconque... 

«Votre Majesté a l'habitude de choisir un tailleur pour faire ses vêtements, 
un cuisinier pour préparer ses aliments, un barbier pour la raser et un por- 
teur pour la transporter dans sa chaise... Mais dans l'administration de l'em- 
pire, elle emploie des gens ignorants de l'administration et traite ainsi les af- 
faires de l'empire comme moins importantes que ses affaires pei-sonnelles». 

L'empereur exprima le regret de ne pouvoir déplacer d'importants fonction- 
naires à cause de l'impératrice douairière. Il déclara toutefois avoir compris 
l'infériorité du système chinois d'éducation en le comparant aux méthodes occi- 
dentales. 

Kang ayant ensuite conseillé à l'empereur de se tourner vers les puissances 
étrangères et d'étudier particulièrement les avantages présentés par une alliance 
anglaise, l'empereur répondit que c'était une pitié que d'avoir des ministres qui 
ne l'avei'tissaient jamais de ce qui se passait dans l'empire. 

Kang lui démontm que le pouvoir réel était détenu à Peking par Li Luen-Yan, 



420 CHRONIQUE. 

un chef d'eunuques, et que le fils illégitime de l'impératrice douairière Tchoun 
Ming serait probablement fait empereur un jour. 
L'entrevue se termina là-dessus. 

Le 48 septembre dernier, au matin, Kang reçut deux lettres de l'empereur 
respectivement datées des 16 et 17 septembre. 
La première était libellée comme suit; 

«Nous savons que l'empire traverse une période troublée. A moins que nous 
adoptions les réformes occidentales, il est impossible de le sauver. A moins que 
nous renversions le ministère conservateur et obstructionniste en le remplaçant 
ensuite par des hommes jeunes et intelligents au courant des affaires occiden- 
tales, il est impossible d'effectuer des réformes, mais la douairière n'y consentira 
pas. Je lui en ai parlé plusieurs fois, mais chaque fois elle est devenue comme 
enragée. Je suis effrayé de voir que je ne pourrai, le cas échéant, protéger mon 
trône. 

«Je crois devoir vous ordonner en conséquence de vous consulter avec vos 
collègues et de voir quelle assistance vous pouvez me donner pour me sauver. 
Je suis très anxieux et en détresse. Je suis plus anxieux encore, étant privé de 
vos conseils». 

La seconde lettre était la suivante: 

«Je vous ai autorisé à diriger l'établissement d'un organe officiel de mon gou- 
vernement. D'autre part, à rencontre de mes désirs, j'ai de grandes préoccupa- 
tions que je ne puis vous raconter avec l'encre et la plume. Vous devez, en 
tout état de cause, aviser, avant tout, au moyen de me sauver sans un instant 
de délai. Je suis très touché de votre loyauté et de votre fidélité. Prenez garde 
à vous-même. J'espère qu'avant longtemps vous serez à même de m'aider dans 
la réorganisation de l'empire et l'établissement de toute chose sur sa propre 
base. Telle est mon espérance». 

Kang Yu-Meï rendit alors visite à M. Timothy Richard, missionnaire Gallois 
(Welsh) et lui demanda d'avertir les consuls anglais et américains. Mais sir Claude 
Macdonald était à Pei-Tai-Ho et le ministre américain à Si-Chan. 

Vers le 19 septembre des rumeurs menaçantes circulaient, et le matin de ce 
même jour, à quatre heures, Kang s'échappait de Peking. Il i)rit le chemin de 
fer jusqu'à Tien-Tsin d'où il gagna Tchoung-King où il put se réfugier sur un 
navire anglais». 

Le même Journal du 10 novembre ajoute que: 

Outre ce qui fut apporté en son temps par le télégraphe, Kang Yu-Meï, un 
des mandarins réformateurs, fuyant la vengeance de l'impératrice douairière de 
Chine, a déclaré au correspondant du Times à Hong-Kong que la souveraine 
avait détourné, pour elle et les siens, la majeure partie des 60 millions de taëls 
qui, en deux fois, furent mis de côté pour la flotte et les chemins de fer. Il 
confirme l'existence, au palais, d'un faux eunuque nommé Li Luen-Hien qui 



CHRONIQUE. 421 

exercerait un fçrand empire sur la souveraine et se ferait largement payer par 
tous les vice-rois, qui dépendent de son bon plaisir. Quant à l'empereur, Kang 
Yu-Meï croit que son influence est complètement annihilée. Il décrit ainsi l'ini- 
pératrice douairière: «De taille moyenne et de port majestueux, elle a des 
manières autoritaires. Son teint est foncé; elle a un nez busqué, de longs yeux, 
parait intelligente et il y a du feu dans ses regards». 

Selon le Temps du 22 octobre un régiment russe a occupé les forts chinois aux 
bouches de la rivière de Niou-Tchouang, au fond de la branche Liao-Toung du golfe 
de Pe-Tchili. Le général chinois Sung Tching s'est retiré sans offrir de ré.sistance, 
et a reçu l'ordre de concentrer ses troupes à Tien-Tsin en y rappelant notamment 
celles de Chan-Haï-Kouan, entre Niou-Tchouang et Tien-Tsin. Une canonnière 
anglaise était dans la rivière de Niou-Tchouang au moment de l'occupation. La 
prise de la position de Niou-Tchouang, qu'avaient projeté d'occuper les Anglais, 
livre, en fait, aux Russes, le principal débouché mai'itime de la Mandchourie, et les 
assure contre toute complication éventuelle en arrière de leurs établissements 
dans la presqu'île de Liao-Toung. Le correspondant du Daily Afai7 à Chang-hai 
dit que les marchands chinois refusent les marchandises anglaises à destination 
de Moukden, au nord de Niou-Tchouang, parce que la région sera russe au 
printemps, et celui de l'agence Dalziel, que l'inaction de l'Angleterre est inex- 
plicable à Niou-Tchouang, dont le commerce était presque entièrement anglais. 
L'effet de ce nouveau progrès russe a donc été considérable parmi les colonies 
anglaises de l'Extrême-Orient. 

L'occupation de Niou-Tchouang, effectuée le l-^, mais connue seulement le 20 
à Londres, est une réponse plutôt désagréable aux déclarations optimistes de 
sir Michael Hicks-Beach à, North-Shields, qui se félicitait du résultat de la po- 
litique anglaise en Chine. 

D'autre part, le ministre de France à Peking a reçu l'ordre de demander 
énergiquement réparation pour le meurtre d'un missionnaire français et de 
plusieurs Chinois catholiques tués et brûlés à Pak-Lung. 

L'incoercible Peï-Ho, le fleuve qui change périodiquement son cours, vient 
encore d.e causer un grand désastre, si l'on en doit croire le secrétaire de la 
Société des missions baptistes de Londres, qui a reçu hier le télégramme sui- 
vant de son agent missionnaire dans le (3han-Toung: «Fleuve Jaune abandonné 
son cours près Tsi-Nan fou (?). Coule maintenant N.-O. Huit mille kilomètres 
carrés inondés. Centaines de villages détruits. Bestiaux, gi*ains, récoltes emportés. 
Un million de gens affamés, campant dehoi-s par dizaines de milliers. Hiver 
venu, famine imminente. Humanité demande action immédiate et secours géné- 
reux». 

En 1851 — 1853, après cinq cents ans de coure dans le môme lit vers la mer 
Jaune, le Peï-Ho avait pris la direction du Pé-Tchi-Li. En 1887, il était revenu 



422 CHRONIQUE. 

à la mer Jaune. Il semble, d'après la dépêche plus haut citée, qu'il se dirige 
de nouveau vers le Pé-Tchi-Li. La catastrophe de 1887 avait fait plusieurs 
millions de victimes. On attribua la grande épidémie d'influenzade 1888 — 1890 
aux millions de Chinois noyés en 1887 — 1888 et dont les cadavres ne furent 
jamais enterrés. 

Le Daily Telegraph du 29 oct. annonce la publication de la convention 
anglo-chinoise relative à la cession à bail de Weï-Haï-Weï, qui doit rester à 
l'Angleterre aussi longtemps que Port-Arthur restera à la Russie. Les vaisseaux 
chinois, neutres ou belligérants, auront toujours accès dans les eaux de Weï- 
Haï-Weï. 

Les troupes chinoises de Kang-Sou, au nord de Peking, inquiètent, d'après 
les agences anglaises, autant les colonies européennes, à Peking, que le gou- 
vernement chinois qui ne sait comment s'en débarrasser. On annonce que, 
formées surtout de mahométans, ces bandes déclarent ouvertement qu'elles 
expulseront les étrangers. Il faut n'accueillir qu'avec réserve les informations 
alarmantes qui viennent de Chang-haï et de Peking. Il est certain néanmoins 
que les membres du corps diplomatique à Peking ont dû remettre au Tsoung-li 
Yamen une note collective pour demander le renvoi des troupes de Kang-Sou. 

D'autre part, on signale une accumulation de troupes sur les bords du golfe 
du Pé-Tchi-Li, apparemment pour protéger le chemin de fer le long de la 
côte. Le bruit court que le vice-roi de Han-Keou, Tchang Tchi-toung, a été 
appelé à Peking. 

Le ministre du Japon a été reçu le 6 nov. en audience à la cour pour re- 
mettre les décorations conférées à l'empereur et à l'impératrice douairière. 

C'est la douairière qui a reçu le ministre. L'empereur se trouvait sur les 
marches du trône; quoique pâle, il paraissait en bonne santé. 

L'impératrice douairière a répondu au ministre par un discours de circon- 
stance; l'empereur a lu ensuite un autre discours. 

Le corps diplomatique a décidé hier de réclamer au Tsoung-li Yamen le re- 
trait, avant le 15 novembre, des troupes de Kang-Sou hors de la province de 
Chi-Lo (Pé-Tchi-li?). 

Le Tsoung-li Yamen devra faire connaître le nom de la localité où ces troupes 
seront envoyées. Si le Tsoung-li Yamen ne se soumet pas à cette exigence, des 
mesures seront prises pour protéger la voie ferrée de Peking à la côte. 

Le ministre italien, appuyé par le ministre d'Allemagne, a fait des démarches 
pour demander la restauration de Li Houng-tchang. 

Un ancien ministre de Chine à Berlin et à Saint-Pétersbourg, Hü King-Tching 
( p^ ^ ^ ), a été pourvu d'un siège au Tsoung-li Yamen. Le Daily Telegraph 



CHRONIQUE. 423 

dit qu'il y sera le champion de la Russie. Un récent édit rétablit l'arc et les flèches 
dans l'armée chinoise. Le commandant des troupes exercées à l'européenne, qui 
est à la tète du camp de Tien-Tsin, augmente ses forces. Diflérentes dépèches 
d'origine anglaise attribuent à l'inipératrice douairière des exécutions barbares 
dans le secret du palais, après la récente révolution intérieure qui l'a ramenée 
au pouvoir. 

Le Manchester Guardian révèle que de nouvelles difficultés se préparent en 
Chine entre la France et l'Angleterre au sujet des concessions françaises de 
Chang-hai et de Han-Keou. L'Angleterre résisterait à toute extension à Chang-hai 
et à l'expulsion de tenanciers britanniques dans les concessions française et russe 
de Han-Keou. 

Le baron von Heyking, ministre d'Allemagne en Chine, a proposé à ses col- 
lègues, si le gouvernement chinois ne tenait pas sa promesse relativement au 
renvoi des troupes autour de Peking, de faire occuper conjointement le chemin 
de fer de Chan-Haï-Kouan à Peking pour maintenir les communications avec 
la côte. Le chemin de fer de Chan-Haï-Kouan à Peking dessert le bassin houiller 
de Kaï-ping, qui fournit du combustible à tout le littoral du Pé-Tchi-Li. 

Berlin, 3 novembre (par dépêche). — La Gazette de Voss publie la note 
suivante : 

Le territoire de Kiaou-Tchéou ayant été déclaré port franc, aucun droit ne 
sera perçu sur les marchandises utilisées sur territoire allemand, sauf un droit 
de consommation sur l'opium. D'a})rès une communication officielle, le transit 
des marchandises d'or pour la Chine donnera seul lieu à la perception d'une 
taxe, conformément au tarif conventionnel. 

Peking, 23 octobre (par dépêche). — On a des motifs de penser que l'em- 
pereur est depuis longtemps atteint d'une maladie incurable des reins. Le mé- 
decin de la légation française a remis au Tsoung-li Yaraen son rapport sur 
l'état de santé du souverain ; mais il se refuse toujours à donner des détails 
sur la nature de la maladie. 

Pour se soumettre à l'examen du docteur, l'empereur a quitté ses vêtements 
de dessus, ne gardant qu'une chemise de soie mince. A l'auscultation, le méde- 
cin a constaté que le sommet du poumon gauche était légèrement atteint. Il a 
alors posé quelques questions à l'empereur, mais celui-ci, au lieu de répondre, 
lui a remis un papier contenant une minutieuse description des symptômes 
éprouvés. 

Pendant toute l'entrevue, le docteur a été frappé de la sollicitude apparem- 
ment sincère témoignée par l'impératrice douairière à son neveu. 



424 CHRONIQUE. 

D'après une dépêche de l'agence Dalziel, le croiseur Amiral-Nakhimof quitte 
Cronstadt en toute hâte pour l'Extrême-Orient. 

Un groupe de touristes anglais et américains vient de faire en cinquante 
jours un voyage d'agrément entre Peking et Saint-Pétersbourg. De Peking à 
Irkoutsk, par la route des caravanes, de la poste et du thé; d'Irkoutsk à 
Saint-Pétersbourg, par la portion complètement achevée du Transsibérien. Ils 
ont effectué cette dernière partie du voyage en douze jours et ne tarissent pas 
d'éloges. 

Le Sun de New- York mande qu'une convention secrète a été conclue entre 
la Russie et la Chine, dont le principal point est que l'usage de troupes russes 
en Chine sera permis jusqu'à ce que l'organisation militaire de la Chine soit 
suffisamment avancée. 

L'Impératrice douairièi'e recevra le jour de son anniversaire les dames du 
corps diplomatique européen. 

L'Echo de Chine, journal qui paraît à Chang-hai, mande la nouvelle que les 
insurgés chinois ont surpris et pillé la ville de Koueï-tcheou (i^ *I>|4 )M*) 
située sur le cours supérieur du Yang-tse Kiang (Lat. 31° 09' 36", Long. i01° 
15' 00"). L'étabhssement des missionnaires catholiques a été brûlé. On ne sait 
pas encore les détails particuliers. 

On mande de Peking que les ambassadeurs Anglais et Allemands ont obtenu 
la promesse du Tsoung-li Yamen que la construction du chemin-de-fer THen-tsin- 
Tchin-kiang ( ^§ ' ^ ), sur le grand canal, serait confié à un syndicat Anglo- 
Allemand. 

Dans un article sur la position en Chine on trouve dans la Gazette de 
Frankfort les renseignements suivants: 

L'ancienne animosité entre les Chinois et les Mandchous a été ravivée par 
les dernières complications. La jeune génération chinoise libérale trouve ses 
plus violents adversaires parmi les Mandchous qui sont aussi réactionnaires 
que la plus vieille noblesse pourrait l'être. Les nobles de la cour mandchoue 
ainsi que les généraux tatares ne veulent rien savoir de réformes. 

L'Impératrice douairière est l'âme du parti réactionnaire, tandis que le parti 
de réforme chinois reçoit des conseils, de l'encouragement et toute espèce de 
secours des Japonais. Ce sont eux qui se trouvent derrière le mouvement de 
réforme en Chine entier, et ils ont également !a main dans la crise actuelle. 

Ce n'est certainement pas fortuitement que le marquis Ito, l'ancien ministre 
président japonais et le confident du Mikado, est venu à Peking et a rendu 
une visite à son viel ami Li Houng-tchang . 



CHRONIQOtS. 425 

Le Marquis Ilo est retourné le 30 Sept au Japon, après avoir rendu visite à 
tous les ambassadeui-s européens à Peking. 

Derrière les Japonais se trouvent les Anglais. Le but du Japon est d'amener 
la Chine à devenir un fort allié dans la guerre que le Japon entreprendra 
dans l'Asie orientale contre tout ce qui est étranger. Le Japon veut ôtre le 
champion d'une espèce de doctrine Monroe asiatique, l'Asie pour les Asiatiques. 

Dans la nuit du 1 au 2 Octobre dernier un tiers de la ville de Han-keou 
sur le Yang-tsé a été brûlé en six heures. On évalue les maisons brAlées à 
dix-mille; 50,000 personnes sont sans abri et à peu près mille ont péri dans 
les flammes. On évalue le dommage à cinq millions de taels. 

CORÉE. 

Selon un télégramme de Reuter de Séoul, Kim Hong-niouk et deux autres 
individus qui ont été les meneurs de la conspiration tramée contre la vie du 
roi de Corée, ont été pendus le 40 Octobre dans la prison. La populace a traîné 
leurs cadavres par les rues. 

En conséquence le Ministre de Justice Coréen, qui n'a pas empêché cette in- 
sulte aux cadavres exécutés, a été révoqué. 

Un télégramme mande des désordres à Séoul. Les partisans du Club indépen- 
dant ont eu une bataille avec ceux de l'opposition, pendant laquelle plusieurs 
personnes ont été tuées. Des étrangers ont été attaqués^ Un navire de guerre 
russe se trouve à Tchemoulpo et la légation britannique a demandé des navires. 
Le palais à Séoul, avec ses milliers de fonctionnaires et de courtisans est un 
foyer d'intrigues, tandis que le roi, un homme pusillanime, ne sait pas faire 
valoir son autorité, même dans son plus proche entourage. Un élément alarmant 
dans les affaires locales coréennes est le parti de réforme politique connu sous 
le nom de Club indépendant. Comme le peuple n'a aucune voix dans le gou- 
vernement, on y considéra le fait que l'empereur avait sanctionné cette orga- 
nisation comme un signe plein d'espoir et les Mémoires et Critiques que ce 
club soumettait à Sa Majesté et aux ministres, ont eu certainement une in- 
fluence sur le gouvernement. 

Quoique la Russie s'oppose fortement au parti de réforme, celui-ci s'augmente 
de jour en jour, sous la direction de Yun Hay, un des Coréens le plus avancé, 
qui a reçu son éducation en Amérique. Yun Hay publie un journal «L'Indé- 
pendant» rédigé en Anglais et en Coréen. 

Le parti gouverneraenial s'est enfin opposé violemment contre le parti de 
l'opposition. j 

On craint des effusions Vie sang ultérieures. On a également demandé au Ja- 
pon des troupes pour aider à maintenir l'ordre. 



426 CHRONIQUE. 



FRANCE. 

Monsieur le professeur Henri Cordier a été nommé Officier de l'ordre de 
St. Jacques de l'Epée du Portugal. 

Le ministre des affaires étrangères a donné communication le 21 Oct. dernier 
au conseil d'un télégramme du ministre français à Peking, annonçant qu'un 
missionnaire français et plusieurs Chinois catholiques ont été tués et brûlés 
dans la chapelle de Paklung, par la populace ameutée. 

Le ministre de France à Peking, qui a fait immédiatement des réclamations 
énergiques et a demandé des réparations pécuniaires, a reçu pour instructions 
de déclarer au Tsoung-li Yamen que le gouvernement français se réserve d'agir 
si, à bref délai, la Chine n'a pas pris des mesures qui garantissent absolument 
la vie des missionnaires. 

JAPON. 

Le nouveau cabinet japonais est ainsi constitué: premier ministre, marquis 
Yamagata; affaires étrangères, M. Aoki; intérieur, le marquis Saigo; finances, 
comte Matzukata; guerre, général Katzura; marine, amiral Yamamoto; justice, 
le comte Kugoura. 

Aucun des ministres n'appartient franchement à un parti politique quel- 
conque. 

Le nouveau premier ministre a déjà été chef du cabinet de transition qui 
suivit, en 1889, la tentavive d'assassinat sur le comte Okuma et succéda au 
cabinet Kuroda. Il fut aussi ministre de la justice en 1893, dans le cabinet 
présidé par le comte Ito. Le marquis Saïgo a été précédemment ministre de la 
marine, dans le ministère Yamagata de 1889, puis le cabinet s'étant reconsti- 
tué l'année suivante, le marquis Saïgo devint président du conseil et ministre 
des affaires étrangères. Il fut encore ministre de la marine dans le cabinet du 
comte Ito. Le comte Matsukata et le vicomte Aoki ont été déjà plusieurs fois 
ministres. 

La revue Ostasien (Asie orientale), qui paraît à Berlin et qui est dirigée 
par un lettré japonais, donne la biographie des nouveaux ministres dû Japon 
et la caractéristique générale du cabinet qui vient d'entrer aux affaires. 

Ce ministère n'est pas composé, comme les précédents, d'hommes politiques 
appartenant à telle ou telle province du pays; il a une couleur politique déter- 
minée ou tout au moins il présente cette particularité de comprendre un certain 
nombre de personnes non titrées. Les comtes Okuma et Itagaki, le vicomte 
Katsouva, le marquis Saïgo ont été déjà ministres. 

Voici le curriculum vitœ de leurs nouveaux collègues plébéiens: 



CHRONIQUE. 427 

Masarai Oishi, ministre de l'agriculture et du commerce, entra dans la vie 
politique il y a une quinzaine d'années, avec des allures de révolutionnaire 
violent. Il fut même arn*;té, puis relâché faute de preuve. Après ce début, 
Oishi s'occupa, en compagnie du comte Goto, ancien ministre des communica- 
tions, mort aujourd'hui, de fonder un parti libéral. Une campagne dans son 
journal Seiron, lui valut la prison. Sa peine une fois terminée, il alla passer 
quelque temps aux États-Unis et, après son retour au Japon, il fut nommé 
ministre résident en Corée. Au cours de sa mission, il indisposa fortement 
l'empereur de Corée par ses représentations, et il poussa l'audace jusqu'à gar- 
der ses lunettes en paraissant devant lui, ce qui est un des plus graves man- 
quements d'étiquette à la cour de Corée. Il fut donc rappelé. Oishi avait déjà 
occupé le poste de sous-secrétaire d'État à l'agriculture et au commerce dans 
un précédent cabinet. 

Masahisa Matsuda, ministre des fmances, accompagnait le marquis Oyama, 
dans un voyage d'instruction en Europe, en 1868. Il a étudié piincipalement 
en France et en Suisse. De retour au Japon, il fonda avec le marquis Sajonji, 
depuis ministre à Berlin, le Toyo-Jyu-Shimboun (l'Indépendant de l'Oiient). 
La polémique libérale de ce journal mena Matsuda en prison. 

Le ministre des communications Yuzo Hayashi a été jadis vice-gouverneur 
de la province de Wakamatsu. Lors de la révolte du général Saigo et du comte 
Mutsu, qui avaient projeté de se saisir de la personne du Mikado et de lui 
imposer un gouvernement constitutionnel, Yayashi se mit en devoir de recruter 
dans sa province 800 cavaliers et d'aider les rebelles en s'emparant de la ville 
d'Osaka. Malheureusement, des instructions secrètes envoyées par Mutsu, qui 
était à la cour, furent saisies et firent découvrir la conjuration. Mutsu et Ha- 
yashi furent alors condamnés à la prison perpétuelle: ils ne furent graciés que 
dix ans plus tard. En 1890, la province de Tosa envoya Hayashi pour la pre- 
mière fois à la Chambre. 

Le ministre de l'instruction publique, Yukio Osaki, est âgé de trente-huit ans : 
c'est le plus jeune membre du cabinet. On raconte à son propos une amusante 
histoire de jeunesse: Il y a vingt ans, il était congédié de l'institut polytech- 
nique de Tokio pour manque de capacité! Il se tourna tout de suite vers le 
journalisme, et à vingt-trois ans il était rédacteur en chef du iVügia<a-S/jim6oMn. 
Il devint bientôt secrétaire du cabinet du ministre Okuraa et quitta l'adminis- 
tration avec lui en 1881. Il reprit la plume et dirigea successivement le 
Hochi-Shimboun, le Choya-Shimboun et, le Mimpo-Shimboun. En 1886, il fut 
banni de Tokio pour trois ans à la suite d'une violente polémique contre le 
renouvellement des traités de commerce. Osaki passa le temps de son bannis- 
sement en Amérique. L'année dernière, il fut nommé chef du secrétariat des 
affaires étrangères dans le cabinet Matsukata. Il reçoit maintenant le porte- 
feuille de l'instruction publique. De ses idées pédagogiques il faut citer celle-ci: 



428 CHRONIQUR. 

il a l'intention de r-éorganiser l'enseignement historique en faisant étudier d'abord 
l'histoire contemporaine : ensuite les professeurs remonteraient d'époque en époque 
jusqu'aux origines. Temps, 13 Octobre 1898. 

Aux nominations ministérielles déjà connues, il faut ajouter celle de M. Sone, 
ancien ministre du Japon à Paris, au ministre d'agriculture, et celle du vicomte 
Yosikama, au ministère des postes. 

On n'a pas réussi à obtenir le concours des libéraux dans le nouveau ministère. 

PâYS-BAS ET COLONIES NÉERLANDAISES. 

La Bibliothèque royale à la Haye a célébré le 8 Novembre dernier son cen- 
tenaire. Elle avait été formée, sur la proposition du député de la Chambre des 
Pairs, M. Verbeek, le 17 Août 1798, acceptée par cette chambre, et par la 
Chambre des Communes le 8 Novembre suivant, des bibliothèques du dernier 
stadhouder et ses deux fils, de l'ancien collège des Hautes Puissances, et celle 
des Conseillers commissionnaires de l'ancienne province Hollande. 

Les livres furent transférés dans trois salles du bâtiment dans lequel la 
Chambre des Communes siège actuellement. Cette besogne était faite par les 
bons soins de l'abbé Flament, un savant français qui avait fui la Terreur en 
1794 et qui occupait un emploi inférieur au Département des Affaires extérieures. 

Chargé par la commission susdite d'en faire le catalogue, celui-ci fut impri- 
mé dès 1800 à l'Imprimerie nationale. Ce catalogue était divisé en trois parties 
principales: Sciences et Arts, Belles-Lettres (y compris la Linguistique) et His- 
torique, répondant aux trois salles dans lesquelles les livres étaient répartis. 

Flament resta attaché comme premier Bibliothécaire à cet établissement. 

Quand Louis Napoléon devint roi de la Hollande et désirait avoir la biblio- 
thèque pour son propre usage, les livres fui'ent transférés au Mauritshuis. 
L'année suivante Flament fut nommé secrétaire du Roi et eut comme collègue 
M. A. A. Stratenus; mais il retourna en 1809 à la Bibliothèque à laquelle il 
se voua depuis exclusivement. 

Napoléon fit don de la bibliothèque à la ville de La Haye, qui, à son tour, 
en fit don au Prince Souverain, qui l'enrichit d'une quantité d'ouvrages de sa 
propre bibliothèque. Elle fut transférée en 1821 dans le bâtiment actuel qu'elle 
occupe. Flament en resta bibliothécaire en chef jusqu'à sa mort en 1835. 

Il fut succédé par M. S. W. Holtrop qui lui avait été adjoint en 1829, et 
qui occupa le poste de bibliothécaire jusqu'en 1868. Sous lui, M. F. A. G. 
Campbell fut attaché comme volontaire à la Bibliothèque en 1838 dont il fut 
nommé sous-directeur en 1847. 

M. Holtrop ayant donné sa démission en 1868, M. Campbell lui succéda comme 
Bibliothécaire de cet institut qui avait pris successivement un grand développe- 
ment. Il en resta le bibliothécaire jusqu'à sa mort en 1890 et fût succédé par 



CHliONIQUK. 429 

M. T. M. C. Wijnmalen, depuis 1874 sous-bibliothécaire. Après le décès de ce 
dernier en 1895, il fut succédé par le titulaire actuel, M. le docteur W. G. C. 
Bijvanck. 

Monsieur le docteur J. Ph. Vogel a été nommé privatdocent pour la littéra- 
ture et l'histoire de l'Inde ancienne à l'Université d'Amsterdam. 

M, A. M. MoLL, officier pour les affaires chinoises à Medan (cöt. orient, de 
Sumatra), a été ti-ansféré en cette même qualité à Samarang (Java), en rem- 
placement de M. 1. W. Youg, décédé le 7 Sept, dernier. 

A l'occasion des fêtes de Vasco da Gama à Lisbonne, le roi de Portugal a 
nommé officiers de l'ordre de St. Jacques de l'Epée le professeur M. H. Kern, 
président de la commission de Vasco da Gama aux Pays-Bas; M. W. P. Groe- 
neveldt, président de la Société royale de Géographie à Amsterdam, et M. le 
professeur C. M. Kan, un des fondateurs de ladite Société, tandis que M. F. C. 
Kramp, secrétaire de la Société, a été nommé chevalier du même ordre. 

PHILIPPINES. 

Selon une dépêche officielle du 11 Octobre dernier, 38 chefs avec 4000 hommes 
des révoltés se sont soumis aux Espagnols. 

Reuter câble le 17 Nov. de Manille que l'insurrection prend des dimensions 
formidables. Les insurgés à Panay auraient déjà occupé les faubourgs à'Ilo-Ilo, 
le siège du gouverneur espagnol, et on craint à chaque moment une attaque 
sur la ville même. 

Le bruit court aussi que les îles Negros et Cabon sont entièrement entre les 
mains des insurgés; bruit qui, du reste, ne s'est pas encore confirmé. 



29 



BIBLIOGRAPHIE. 



LIVRES NOUVEAUX. 

M. le professeur A. Gbünwedel a publié un texte Leptcha avec 
une traduction allemande, intitulé Padmasamhhava et Mandârava, 
traitant de la conversion du roi de Zahor par Padmasambhava par 
moyen de la fille du roi «Fleur de Mandârava» {Erythrina indica). 
Le roi qui crut que Padmasambhava avait séduit sa fille le fit 
condammer au bûcher, tandis qu'il enferma sa fille pour trois ans 
dans une fosse remplie d'épines. 

Mais, quoique le bûcher ait brûlé pendant sept jours, le feu 
n'avait pas pu toucher le saint, car il se trouvait assis sur une 
fleur bleue au milieu d'un lac, que les flammes environnaient. Ce 
miracle toucha le roi payen, qui invita Padmasambhava dans son 
palais, n le fit habiller de ses propres vêtements royaux, le fit 
asseoir dans son char royal dont il conduisit lui-même les chevaux, 
habillé comme un pauvre homme; et après avoir fait tirer sa fille 
de la fosse aux épines, il la lui donna comme épouse. 



M. le Docteur J. Marquart, privatdocent de l'Histoire anciennö 
à l'université de Tubingtie, a publié à Leipzig (Librairie de Dieterich) 
un mémoire sur la chronologie des Inscriptions en ancien Turk 
trouvées dans la Sibérie occidentale, spécialement de celles de Kocho 
Taaidam, avec une Préface et un Appendice par M. le professeur 



BTBLIOGRAPHI». 



4M 



Willy Bang de Louvain. Le Mémoire contient (pp. 72 — 98) une 
liste critique des souverains de la Boulgarie. 



M. Maurice Courant a publié dans le Journal asiatique un 
mémoire sur la Stèle chinoise trouvée dans la Corée, dans une 
localité nommée Tong-keou ('/[^ *^), sur le territoire de la nou- 
velle sous-préfecture de Hoai-jen ("^ j^) dans la province Cheng- 
^''^9 (^ ^)' ®^ honneur du roi Koang käi hto kyeng ( ^ p^ 
±J^, 392-413). 

Ces espèces de stèles sont très communes en Chine où elles 
portent le nom de ^^ ^^ ^ . Elles sont enterrées dans le sepulchre 
même. M. le Professeur de Groot en a publié plusieurs dans son 
grand ouvrage «The Religious System of China», Vol. III, pp. 1109 
et suivantes. 



Dans les Mémoires présentés par divers Savants à l'Académie 
des Inscriptions et Belles-Lettres, P® Série, Totoe XI, P^ partie, 
M. le professeur Gabriel Devéria a publié un nouveau mémoire 
sur l'Ecriture du Royaume de Si-hia ou Tan gout, amplifié et cor- 
rigé de son premier mémoire publié dans le Journal Asiatique. 
{T'oung-pao, Vol. IX, p. 331). 



M. le docteur Herbert A. Giles, professeur de Chinois à l'uni- 
versité de Cambridge, a publié le Catalogue des livres chinois et 
mandchous de l'université, présentés par feu Sir Thomas Francis 
Wade *). Le catalogue contient 883 ouvrages en 4304 volumes, 
classifies en 10 catégories: 

A. Classiques et Philosophie. 



1) A Catalogue of the Wade Collection of Chinese and Mandoha Books in the Library 
of the university of Cambridge, by Herbert A. Giles. M. Â. LL. D. (Âberd.), Professor of 
Chinese in the University of Cambridge. Cambridge, University Press, 1898. 



432 BIBLIOGRAPHIE. 

B. Histoire, Biographies et Statuts. 

C. Géographie. 

D. Romans, pièces de théâtre. Essais et Anthologies. 

E. Dictionnaires et Livres de Référence. 

P. X. Y. Miscellanées, Livres Tai-p'ing etc. 

Z. Traductions européennes de livres religieux et scientifiques. 

G. Livres Mandchoux et Mongols. 

L'ouvrage a été entièrement imprimé sur beau papier à Leide, 
par la maison ci-devant E. J. Brill, et fait honneur à la typogra- 
phie de cet établissement. 



Nous venons de recevoir le no. 14 des Variétés sinohgiques 
contenant un mémoire sur «Le Mariage Chinois au point de vue 
légal» par le P. Pierre Hoang. Nous reviendrons dans un pro- 
chain no. du T^oung-pao sur ce travail intéressant. 



NOTES AND QUERIES. 



6. LES VIGNES JAPONAISES EN NORMANDIE. 

De la vigue, de la vraie vigne en Normandie! Voilà de quoi 
étonner les Normands eux-mêmes. Il est vrai que cette vigne est 
de la vigne japonaise importée du Japon par M. Capiat; M. André 
a donné de curieux détails sur ce sujet à la société d'agriculture. 

Les raisins de ces vignes mûrissent en plein air, du 15 septem- 
bre au 15 octobre, dans des régions où le chasselas en espalier ne 
mûrit pas; on les plante dans les herbages entre les lignes de 
pommiers. Fort bois, grosses feuilles, ayant jusqu'à 80 centimètres, 
y compris le pétiole, telles sont les caractéristiques de ces luxuriantes 
nouvelles venues. Déjà plusieurs hectolitres de vin ont été récoltés 
provenant de ces nouveaux plans. 

Les gourmets nous disent que ce vin normand ne vaut pas le 
vin ordinaire ni même le bon cidre; cela est fort possible. Néan- 
moins on pourra peut-être le perfectionner par la culture et la 
greffe et le fait est incontestablement à prendre en sérieuse consi- 
dération. Les grands crus de vin de Normandie: quel rêve pour 
les années où il n'y a pas de pommes! 



INDEX ALPHABETIQUE. 



A. 

Aguinaldo, soumission de — 85 

— , retour de l'insurgé — aux Philippines 174 

Akabané u . .88 

Alexejief, rappel de M. — 170 

Allusions littéraires, v. Pétillon 235 

Alterthümer China's, v. Reinecke 80 

Ambolna, tremblement de terre à — 84 

Américaine, expédition médicale — attaquée à Tchoung-k'ing . . . 168 
Amiral-Nakhimof, départ du croiseur — de Cronstadt pour l'Extrême- 
Orient 424 

Annam, famine en — 266 

Annamites, fatalité des — 267 

Ario Mataram, envoyé pour complimenter le Gouverneur-Général des 
Indes orientales Néerlandaises, et pour assister au couronnement de la 
Reine Wilhelmina des Pays-Bas 174 

B. 

Bang (W.), Zu den köktürkischen Inschriften . 117 

— , Revue de la note sur la stèle Si-hia de Leang-Tcheou 331 

Barbier de Meynard, nommé administrateur de l'École spéciale des 

langues orientales vivantes 173 

Barthélémy, voyage du comte de — dans le nord de l'Indo-Chine . . 256 

Bel, voyage de M. et Mad. — au Laos et dans l' Annam 256 

Belgique, bruit que le roi Leopold demanderait à la Chine une cession 

de territoire 333 

Berthollet (Mathieu), Massacre de — 244 

Bibliothèque royale à la Haye. Célébration de son centenaire .... 428 



ITIDEX ALPHABÉnqUE. 435 

P»ge. 
Blano (Edouard), documents archéologiques relatifs à l'expansion de la 

civilisation gréco-bactrienne au delà du Pamir 347 

Bons d'Anty, nommé consul à Canton löQ 

Bonip, les îles — v. Civilisation 229 

— , population des îles de — i7i 

Bouddhiques, Catalogue des ouvrages — 201 

Bouddhiste, une cérémonie — au Musée Guimet 347 

— , Métaphysique — 164 

Von Brandt, rappel de M. — à Berlin 80 

Brown et Alexejeff, surintendants de la douane à Corée 83 

Bruin (M. A. G. de — ), nommé Officier des affaires chinoises à Muntok. 474 

Bryzinski v. Mékong 173 

Buddhistische Gnadenmittel par le Rév. A. Lloyd 83 

Buddhistische Studien von A. Grünwedel 80 

Buehler (le Dr. J. G.), Décès de — 167 

Bushell V. Devéria , 331 

c. 

Caillât (M.), nommé Vice-résident de 2« classe à Ban-Dua-Makeng (Siam) 175 

Cambridge, bibliothèque chinoise à — : Fonds Wade 431 

Canton, M. Bons d'Anty nommé consul à — 169 

Cartes de correspondance, nouvelles — mises en circulation au Japon 259 

Catalogue des livres chinois et mandchoux à Cambridge 431 

Ceylan 191 

Cha-chi ( JJ? Tfi* ftß )' Désordres à — 246 

— , indemnité exigée par le Japon pour les désordres à — . . . 260, 351 

Charbon dans le Chan-si 251 

Chemin de fer de la Birmanie à la vallée du Yang-tsé 418 

— de Canton à Han-keou 344 

— entre Kau-loung et Canton, et entre les limites de la province de Honan 
jusqu'à Sin-Ngan 343 

— de Loung-tcheou à Nan-ning et de là jusqu'à Pak-hoï 245 

— , un nouveau — russe en Orient 353 

— de Petuna à Moukden v. Port Arthur 168 

— de Séoul à Fusan en Corée, et de Séoul à Gen-san 346 

— de T'ien-tsin à Tchin-kiang 339, 424 

Ché-pi ou Ché-wei, le terme bouddhique — par G. Schlegel. . . . 269 
Chevalier (Henri), Cérémonial de l'achèvement des travaux de Hoa-Syeng 

(Corée) 384 

Chih-sin-Pao, journal chinois récent 339 

China, The Emperor of — and his court 409 



436 INDEX ALPHABÉTIQUE, 

Page. 

China, The religious system of — 65 

Chine, alliance proposée entre la — et le Japon 343 

—, l'Art décoratif en — par M. E. Deshayes 164 

— , concessions faites par la — à la France 169 

— , concessions de la — au gouvernement anglais 167 

— , convention entre la Russie et la — relative à l'emploi de troupes russes 424 
— , demande de la — au gouvernement américain de rappeler le Jïonocacg 246 

— , la Gazette de Frankfort sur la position en — 424 

—, l'Impératrice de — 406, 410, 421, 424 

— , lettres de l'Empereur de — à Kang Yu-méi sur ses réformes projetées 420 

— , livre bleu sur les affaires de — 241 

— , Maladie de l'empereur; les principaux membres du Parti de Réforme 

exécutés 345 

— , le partage de la — 339 

— , paiement, en une seule fois, des arriérés de l'indemnité de guerre dû 

au Japon 243 

— , reprise du pouvoir exécutif par l'Impératrice régente; Kang Yu-méi 

banni de Peking; réformes introduites par l'Empereur 334 

— , traité entre l'Allemagne et la — 241 

Chinese biographical Dictionary par Herbert A. Giles 165 

Chinesisch, Das Wesen der — en Sprache von Dr. F. Kühnert ... 79 

Chinois, le — parlé au Vie siècle A.C 215 

Chi-king, traduction tchèque du — par Rud. Dvorak et Jar. Vrchlicky . 165 

Christlieb, nouvelle littérature au Japon 83 

Chronologie de l'an 238 à l'an 87 av. J.-C. par le P. Henri Havret . 328 

Chulim ( j?^ ^ ), situation of — 89 

Civilisation, les Ennemis de la — 229 

Concession à un syndicat anglo-italien pour l'exploitation des houillères 

dans le Chan-si > 251 

Concessions, refus de la Chine d'accorder dans les ports ouverts les mêmes 
— accordées aux puissances étrangères dans les ports à traité . . . 351 

Cordier (H.), De la situation du Japon et de la Corée 103 

— , nommé officier de l'ordre de St. Jacques de l'Epée . . . . . . 426 

— , nommé vice-président de la Soc. de Géographie 171 

Corée, convention entre le Japon et la Russie au sujet de la — . . . 258 

— , La — jusqu'au IX« siècle par M. Courant 1 

— , nouveau complot contre le gouvernement de la — ; protestation du 
ministre russe contre l'enrôlement des étrangers dans la garde royale; 
nomination d'un conseiller français pour les affaires postales ; M.Pavlov 

nommé ministre de Russie «n — 346 

— , nouveaux ports ouverts au commerce étranger; maladie de l'empereur 
et du prince impérial de la — 345 



INDEX ALPHABÉTIQUE. 437 

Page. 
Corée, Protocole de la convention entre la Russie et le Japon au sujet de 

la — 263 

— , Rappel des soldats russes de la 2r>7 

— , stèle chinoise trouvée en — 431 

Coton, la culture du — en Asie 232 

Coup d'état Chinois 418 

Courant (Maurice), De la lecture japonaise des textes contenant uniquement 

ou principalement des caractères idéographiques 162 

— , La Corée jusqu'au IX« siècle 1 

— , Stèle chinoise trouvée en Corée 431 

Crémation de la reine du Cambodgn 356 

Curzon, speech de lord — sur le rôle de l'Angleterre en Chine . , . 418 
Cycliques, Conversion de dates — , v. Havret 142 

D. 

Dates cycliques et juliennes, v. Havret 142 

Décorations accordées à des orientalistes Néerlandais .... 352, 429 
Deer Island, protestation du gouvernement coréen contre la cession de 

— à la Russie 170 

Dentaire, l'Art — au Japon 364 

Désarmement, le Japon se fera représenter à la conférence internationale 

pour le — 351 

Deshayes (E.), Art décoratif en Chine 164 

Detring, demande d'une concession d'exploitation des mines de charbon 

situées dans le Petchely 341 

Devéria (Gabriel), Ecriture Si-hia 431 

— , La Stèle Si-hia de Leang-Tcheou, avec une notice de M. S. W. Bushell 331 

— , nommé Membre de l'Institut de France 170 

Dvorak v, Chi-king 165 

E. 

Ehmann, Die Sprichwörter und bildlichen Ausdrücke der japanischen 

Sprache 363 

Emoui, nouvelle taxe établie par le Tao-tai d'^ ... . . . . 253 

Empereur de Chine, maladie de 1' 423 

Emprunt Chinois de 16 raillions de livres 167 

refusé à l'Angleterre . 82 

Epizooties au»Tongking 357 

Errata 448 

l'Europe et la Chine par Urbain Gohier 226 

Exterritorialité, Abolition du droit de 1' — au Japon 173 



438 INDEX ALPHABÉTIQUE. 

F. 

P^ge. 
Feer (Léon), Introduction au Catalogue spécial des ouvrages bouddhiques 

du Fonds chinois de la Bibliothèque nationale , . 201 

Florenz (Dr. Kail), Nihongi oder Japanische Annalen. Theil III ... 64 
Fordama Hoyorshi, commissaire général du Japon à l'Exposition de 1900 349 

Formosa, Geschichte — s, v. Wirth 362 

Formosan proper names 58 

Formose, insurrection à — 347 

Fokker (le Dr. A. A ), nommé privat-docent de la langue malaise à Am- 

stei'dam 83 

Foukien, promesse de la Chine au Japon de ne jamais céder le — à une 

puissance étrangère 252, 340 

France, difficultés entre l'Angleterre et la — 423 

Garde de soldats étrangers pour la protection des Européens à Peking . 418 

Garnier, le Monument de Francis — 172 

Gengis Khan, le tombeau de — 170 

Géographie, Composition du bureau de la Société de — 171 

— , Société de — . Séance du 6 Mai 255 

Giles (Herbert A."), Catalogue des livres chinois et mandchoux à Cambridge 431 

— , Chinese biographical Dictionary (Part II) 105 

— , nommé professeur de Chinois à Cambridge 81 

— , V. prix Stanislas Julien 255 

Goeje, M. le professeur de — nommé Membre honoraire de l'American 

Oriental Society 262 

Go-Goa-Chien-When, nouveau journal chinois à Berlin 333 

Gohier (Urbain), l'Europe et la Chine 226 

Grady (M -C ), la culture du coton en Asie 232 

Gramatzky (M. le Dr. August), nommé professeur d'Allemand au Gym- 
nase Koto-Gacko à Yamaguchi 351 

— , Revue du «Häufigkeitswörterbuch der deutschen Sprache» par F. W, 

Kaeding 162 

De Groot (J. J. M. de), de Weertijger in onze Kolonien en op het Oost- 
aziatische vasteland; De antieke Keteltrommen ia den O.-I. Archipel ei) 

op het vasteland van Zuidoost-Azie 363 

— , V. prix Stanislas Julien 255 

— , The religious system of China 65 

Grünwedel (A.), Buddhistische Studien . , 80 

— , Padmasambhava et Maudârava 430 



INDBX ALPHABITIQI'8. 



439 



H. 

Page. 

Jjai-nan, le pavilion français hissé à — 84 

— , révolte des indigènes de — 168 

Han-Keou, grand incendie à — 425 

jQarlez (G. de), Le Chinois parlé au Vie siècle A.C 215 

— , Métaphysique bouddhiste 164 

— , La prononciation du d mandchou 176 

— , La religion des insurgés Tchang-raao 397 

Hasselt (M. A. L. van), nommé professeur d'ethnographie au Séminaire 

oriental à Delft 353 

Häufigkeitswörterbuch der deutscJien Sprache par F. W. Kaeding, v. 

Gramalzki 162 

Havret (le Père Henri), Conversion des dates cycliques en dates juliennes 142 

—, De l'an 238 à l'an 87 av. J.-C 328 

Henri (le prince — de Prusse), Réception du prince à Peking. . . . 252 

— , règlement pour la réception du prince à Peking 245 

Hermaphrodisme chez les poules 83 

von Heyking, menace du baron — de faire occuper le chemin de fer de 

Chan-haï koan à Peking 422 

Himly (Karl), die Abteilung der Spiele im »Spiegel der Mandschu-Sprache" 299 

Hirth (Fr.), Aus der Ethnographie des Tschau Ju Kua 360 

— , critique du dernier ouvrage de M, von Richthofen 359 

— , Die Bucht von Kiau-tschau und ihr Hinterland 80 

— , Zur Kulturgeschichte der Chinesen 361 

Hoang (Pierre), Le mariage chinois au point de vue légal 432 

Hoang-ho, Débordement du — 421 

Hoa-syeng v. Chevalier 384 

Hoëvell (G. W. C. van), nommé résident à Borneo 84 

Hoffmann, Dictionnaire Japonais, v. Serrurier 84 

Ho-ling or Kaling, by G. Schlegel 273 

Honda (Dr. S.), Ascension du Mount Morrison 83 

Houillères dans le Petchely 341 

Hongkong mis sur pied de guerre 169 

Ho-tcheou, les missionnaires français et américains à — sont sains et 

saufs 344 

Hubert, nommé directeur des chemins de fer de la Société Cockerill en 

Chine 81 

Hti King-tching ( gdp ^ <^) appelé à siéger au Tsoung-li Yamen . 422 



I 



440 INDKX ALPHABÉTIQUE. 

-1 

Page. 

Imbault-Huart, Nécrologie de — par G. Schlegel . 234 

l'Impératrice de Chine . . .... 407, 411 

Indemnité payée par la- Chine à la France ......... 82 

Indo-Chine, voyage du comte de Barthélémy dans le nord de 1' — . . 256 
Inouyé, Sur le développement des idées philosophiques au Japon ... 79 

Instructeurs allemands en Chine, v. Voronoff 86 

Instructeurs militaires, rappel des russes de la Corée . . .170 

Insurrection à Nodoa (Haï-nan) 338 

Italie, réponse de M.- Visconti- Venosta sur la politique de 1' — en Chine. 257 
Ito, voyage du marquis — à Peking pour conclure une alliance entre le 
Japon et la Chine 343 



J. 



Janson, cas de pseudo hermaphrodisme chez les poules 83 

Japan v. Nachod 151 

Japan Society London, contents of Vol. IV, P. II 362 

Japanische Sprichwörter, v. Ehmann 363 

Japon, l'Art dentaire au — 364 

— , convention entre le — et l'Amérique sur Hawaï 81 

— , convention entre le — et la Russie au sujet de la Corée .... 258 
— , Décret de l'Empereur du — sur le régime à suivre par les Japonais . 83 

— , Dissolution de la Chambre des Députés 83 

— , Etat de la flotte au — 81 

— , guerre prochaine entre l'Amérique et le — 80 

— , V. Inouyé 79 

— , les élections au — 173 

— , mise en vigueur des nouveaux traités et du nouveau code des lois . 350 

— , nouveau cabinet au — 425 

— , nouveau ministère sous le marquis Ito 173 

— , Nouvelle littérature au — 83 

— , ouverture du Parlement 260 

— , permission aux étrangers de devenir propriétaires au — .... 349 
— , protestation du — contre la saisie des Philippines par les Américains. 260 

— , réception du grand-duc Cyrille 351 

— , situation du — et de la Corée 103 

— , la isituation fmancière s'oppose à l'adoption d'une politique belliqueuse 257 

— , tempête à Savate 257 

Japonais, croiseurs — pour protéger les sujets — en Chine .... 418 
— , Dégénérescence physique des — 258 



INDEX ALVHABÉTIQUB. 441 

Pige. 
Japonais, démoralisation des — 350 

— , de la lecture des textes — écrits en caractères idéographiques v. Courant 162 

— sont derrière l'Insurrection en Chine 425 

Journaux, les grands — devraient se procurer une fonte de types chinois 344 

E 

Kang Sou, troupes chinoises à — occasionnent des désordres .... 422 

Kang Yu-mei et l'empereur de Chine 419 

Keteltrommen v. de Groot 363 

Kiao-toheou, cessation de — à bail de 50 ans 80 

— déclaré port franc 423 

— , opinion de Li Houng-tchang sur l'occupation de — 82 

— , opinion des Russes sur l'occupation de — par les Prussiens ... 85 
— , refus de l'Allemagne de prendre en discussion l'occupation de — . . 79 

Kiau-tschau v. Hirth 80 

Kim Hong-niouk exécuté à Seoul 425 

Chou King-ohen, audience de congé de — donnée par l'Empereur et 

l'Impératrice de la Russie 264 

Eisak Tamai, nouveau Journal fondé par M. — 259 

Eisan, île de — visitée par les Japonais 471 

Kouang-Sl, révolte éclatée dans les provinces de — et de Kouang-Toung 335 

Koan-yin with the horse-head 402 

Köktürkisohe Inschriften, v. Bang 117 

Koueï-tcheou, pillage de la ville de — 424 

Koung, Décès du prince — (^ M J) ^^^ 

— (le Prince — ) demande à Sir Rutherford Alcock d'emmener avec lui 
l'opium et les missionnaires, seules causes des difficultés avec la Chine 354 

Kühnert (F.), Das Wesen der chinesischen Sprache 79 

L. 

Lang-ga-siu or Lang-ga-su 191 

Laos, voyage du M. et Mad. Bel au — 256 

Lapparent (A. de), nommé vice-président de la Soc. de Géographie . .171 

Legge (James), Nécrologie de — par G. Schlegel 59 

Lewis, envoi du Colonel J.-F. — à Wei-haï-weï pour fortifier ce port . 255 
Lew Wallace, sur la guerre prochaine entre l'Amérique et le Japon 80 

Leyden (M. le comte von), nommé ministre plénipotentiaire à la cour 

japonaise 259 

Li Houng-tchang, demande des ministres d'Italie et de l'Allemagne pour 

restaurer — 422 

— , Disgrâce de — 333 



442 INDEX ALPHABÉTIQUE. 

Li Houng-tohang envoyé au Chan-toung pour régler les inondations du 

Fleuve Jaune ^■l? 

— , opinion de — sur l'occupation de Kiao-tcheou 82 

Likin (^ ^)^ Règlement pour la perception du — préparé par Sir 

Robert Hart 251 

Lillee (John), Expulsion de M. — du Siam 264 

Li Luen-hien, le faux eunuque 420 

Lloyd (Rév. A.), Buddhistische Gnadenmittel 83 

Loew (le Dr. 0.), préparation de la sauce Soya 83 

Lolos (les) par Paul Vial. . 413 

Louï-tcheou (^ j^ j^) 169 

Loui-tcheou (^ >H4 IjMf*), Notice sur la péninsule de — par M. Ma- 
drolle 246, 348 

Loung-tcheou (^|| *W^ )? Pi'ojet d'adjudication des travaux d'installation 
du port fluvial sur le Song-ki-kong 267 

Louw, le Capitaine P. J. F. — à Batavia nommé membre correspondant 
de l'Académie royale des Sciences à Amsterdam • 262 

M. 

MadroUe v, Loui-tcheou 246, 348 

Mahjuni, nommé Chargé d'Affaires et Consul-Général en Corée ... 82 

Ma-it ( j^i jt^ ) V. Schlegel 365 

Maliur and Malayu, by G. Schlegel 288 

Mandchou, extinction graduelle du — , . 165 

Mariage, le — chinois au point de vue légal 432 

Marquart (J.), Chronologie des inscriptions en ancien Turc .... 430 

Matignon (J, J.), la Transformation assise 230 

Ma-tsu-po or Koan-yin with the Horse-head by G. Schlegel .... 402 

Matthes (B. F.), célébration du 80e anniversaire de — 83 

Mékong, mission d'exploration sur le haut — par M. Bryzinski . . .173 

— , renseignements sur la mission hydrographique du — 255 

Meyer (M. J. J.), nommé Assistant Résident à Wonogiri 85 

Milne-Edwards, nommé Président de la Société de Géographie . . .171 

Missionnaires, causes des difficultés avec la Chine 254 

Missionnaire et chinois catholiques massacrés à Pak-lung. . . 421, 426 

Moll (A. M.), transféré de Medan à Samarang 429 

Morrison, Ascension du Mount — 83 

Müller (Friedrich), Décès de ■»- , . , . , 241 



INDEX ALPHABETIQUE. 



443 



N. 

Page. 

Naohod (0.), Die Beziehungen der Niederländischen OstindiBchen Kompagnie 

zu Japan im 17. Jahrhundert 15i 

Nioobar and Andaman islands by G. Schlegel 177 

Niou-tchoang, occupation de — par les Russes 421 

Numismatique, Une erreur — par G. Schlegel 272 

Nihongi V. Florenz 64 

o. 

Offioiers des affaires chinoises. Mutations dans le corps des — ... 261 

Okuma, résignation du 1er ministre — 350 

Olry de Labry, nommé attaché militaire de la Rép. Française au Japon 173 

Orientalische Litteratur-Zeitung 79 

Ost-Asien, nouveau journal fondé par M. Kisak Tamai à Berlin . . • 260 
— , rédigé par M. Kisak Tamai 362 

P. 

Pahang or Pang-hang by G. Schlegel ' • 297 

Patijn (Ml-. S. A. N.), nommé attaché à la légation de Siam à Paris . 84 
Peking, autorisation aux légations étrangères à — de se faire protéger 

par leurs propres soldats ^ 418 

— , bruits que la cour de — serait transférée à Nanking ..... 252 

— , réception du ministre du Japon à — 422 

Peste à Nha-Trang 356 

— bubonique au Kouang-Si 358 

Pé-tohi-li, accumulation de troupes sur les bords du golfe de — . . • 422 

Pétillon (Corentin), Allusions littéraires 235 

Philippines, célébration de la déclaration de l'indépendance des — . . 353 

— , événements insurrectionnels aux — 429 

— , nouvelle révolution aux — 174 

Phonetics (Ancient Chinese — ) by S. H. Schaank 28 

Pillage de la ville de Kouéi-tcheou par les insurgés chinois .... 424 

Port Arthur, occupation de — par les Russes 86 

— , défense aux étrangers de débarquer à — et Ta-lien-wan sans passeport 

visé par le consul de Russie à T'ien-tsin 246 

— , Demande de la Russie de la cession de — et Talien-Wan ainsi que la 

concession pour un chemin de fer de Petuna à Moukden et Port Arthur 168 

— , nouvelles fortifications 353 

— , 10,000 soldats russes concentrés à — pour aider, au besoin, l'Impéra- 
trice de la Chine 345 



444 INDEX ALPHABÉTiqUE. 

Ports chinois, nouveaux — ouverts au commerce étranger . . 169, 344 

Presse, la — au Japon 352 

Prononoiation du d mandchou par Mgr. C. de Harlez 176 

Prussiens, immixtion des — dans les affaires intérieures en Chine . .168 
Pukam ( ^ -y* ), situation of — , 90 

R. 

Badloff (M. W.), notice préliminaire sur une inscription en ancien turk . 165 

Baoul-Aubry (F.), les Ennemis de la civilisation 229 

Réforme, annulation de toutes les mesures de — prises par l'Empereur 

de la Chine 344 

Reinecke, Ueber einige Beziehungen der Alterthümer China's zu denen 

des skythisch-sibirischen Völkerkreises 80 

Révolte dans les provinces méridionales de la Chine 335 

Richthofen (Ferdinand, Freiherr von). Shantung und seine Eingangspforte 

Kiautchou 359 

Riess (le Dr. L.), excursion à Idsu no Oshima 83 

Riz, plainte des commerçants chinois à Canton sur la cherté du — . . 251 

Russe, renforcement de la flotte — en Extrême-Orient 264 

— , vapeur — débarque 57 mariniers à Séoul en Corée 170 

Russes, vapeurs-de-guerre — envoyés à Vladivostok 174 

— , envois d'escadres française, allemande et russe pour surveiller l'escadre 

anglaise à Takou 345 

Russie, la — et l'Angleterre en Chine . 354 

— , Accord entre la — et la Chine sur la cession de Port Arthur et Ta- 

lien Wan 247 

— , bisbilles entre la — et l'Angleterre sur les «Sphères d'influence» . . 339 

—, forces de la — à Port Arthur 262 

— , Protocole de la convention entre la — et le Japon au sujet de la Corée 263 

S. 

Saohau (E.), Mittheilungen des Seminars für orientalische Sprachen . . 361 

Sah-tian (ij^ ^ ), The term — by G. Schlegel 87 

Saiousi (Marquis K.), Demande du marquis de lui donner sa retraite . 259 

Sam Po, la Grotte de — par I. W. Young 93 

Sang-ohi slaves by G. Schlegel 90 

Sohaank (S, H.), Ancient Chinese phonetics 28 

Sohefer (Charles), Nécrologie de — par G. Schlegel 234 

Sohlegel (G.), Formosan proper names 58 

—, Ho-ling or Kaling 273 

—, Ma-it, Ma-it-tung, Ma-iëp-ung 365 



ïl^DBX ALPHABETiqUÉ. 445 

Ptge. 

Schlegel (G.), Maliur and Malayu 288 

Ma-teu-po or Koan-yin with the Horse-head 402 

Nécrologie de James Legge 59 

revue de Nihongi von Dr. Karl Florenz 64 

Revue de De Groot, The religious system of China 65 

Néciologie de C. Imbault-Huart et de Charles Schefer 234 

The Nicobar and Andaman islands 177 

Lang-ga-siu or Lang-ga-su and Ceylan 191 

nommé chevalier du Double Dragon de Chine 83 

revue des «Allusions littéraires» par le P. Corentin Pétillon . . . 235 

revue de l'ouvrage de M. 0. Nachod 151 

revue de l'ouvrage du P. Vial sur les Lolos 413 

Sangchi-slaves 90 

The term ij^ ^ Sah-tian 87 

Le Terme bouddhique Ché-pi ou Ché-wei 269 

Une erreur numismatique 272 

Ting-ki-gi 293 

Seminar für orient. Spr. v. Sachau 364 

Serrurier (Mr. L.), Demande de lui adjoindre un lettré japonais pour la 

publication du Diet, japonais de feu M. le professeur Hoffmann . . 84 

Seoul, Désordres à — 425 

Shang-haï, Troubles à ^ 342 

Siam, envahissement de la police siamoise d'une dépendance de la légation 

de France 354 

— , expulsion de M. John Lillee du — 265 

Soui-khi ( :^ ^ ) 248 

Soya japonais par le Dr. 0. Loew 83 

Spiele, die Abteilung der Spiele im «Spiegel der Mandschusprache» von 

Dr. Karl Himly 299 

Stadt (M. P. A. van de), nommé Officier des affaires chinoises à Rembang 174 

Stanislas Julien, le prix — partagé entre MM. de Groot et Giles . . 255 

Sü-wan (^ K) 248 

Sun Yat-sen (le Docteur), grand chef de la Société la Triade . . . 336 

T. 

Talien Wan, force miUtaire russe à — 252 

— V. Port Arthur 168 

Tan-Thuyet, Arrestation du fils de — 267 

Tarifs, les nouveaux — japonais 351 

Tchang Kao-yen, gouverneur de Kiao-tcheou, condamné à mort . 80 

Tchang Tohi-toung ( Jg ^^ '/B ^ ^^ 



446 INDEX ALPHABETIQUE. 

Page. 

Tchang Tchi-toung appelé à Peking 253 

Tohang Yin-huan ( gg g g ) 334 

Tchang-mao, La religion des insurgés — 397 

Thomsen (Vil.), nommé Membre étranger de l'Académie royale des Sciences 

à Amsterdam 261 

TiBg-ki-gi by G. Schlegel 293 

Tongking, accident arrivé à Haiphong; cherté de l'alcool de riz depuis 
l'établissement du monopole; destruction par incendie du village de 
Do-Luang; reconstruction de la route de Vinh à Benthuy .... 355 

Tonkinois, rébellion des tirailleurs — 356 

Tori-i, notes on the Japanese — 362 

Traité franco-japonais, ratification du — 173 

Traité, échange des ratifications du — conclu entre l'Allemagne et la Chine 241 
Transformation, la — assise ^ /k par M. .1. J. Matignon . . . 230 

Turk, inscription en ancien — v. Radloff 165 

Typhon au Japon 350 

Université nouvelle créée à Peking 82, 340 

V. 

Vasco de Gama, célébration du quatrième centenaire de — à la Société 

de Géographie 172 

Vial (Paul), Les Lolos etc 413 

Vignes japonaises en Normandie 433 

Vladivostok, établissement projeté d'un «Séminaire oriental» à — . . 354 

—, de Paris à — 347 

Vogel (J. Ph.), nommé privatdocent à Amsterdam 429 

Voronofi, nommé conseiller militaire du gouvernement chinois, communi- 
que que les contrats des instructeurs allemands ne seront point renou- 
velés 86 

w. 

Weertijger, v. de Groot 363 

Weï-Haï-Weï, chiffre de la population de — 339 

— , convention anglo-chinoise relative à la cession à bail de — . . . . 422 
— , évacuation par les Japonais de — et son transfert sous l'autorité bri- 
tannique 245 

— , évacué par les Japonais, occupé par les Chinois et ensuite par les Anglais 252 
— , navires de guerre anglais ont quitté — avec des ordres scellés. Con- 
centration de la flotte anglaise à — et à Hong-kong 335 



THUBX ALPHiVBETlQUB. 447 

Page. 

Wirth (Albrecht), Geschichte Formosas bis Anfang 1898 362 

Wou-soung, proclamé port à traité 170 

Y. 

Yang-yu, réception de — , ministre de Chine, par l'Empereur de la Russie 264 

Young (I. W.), La Grotte de Sam Po 93 

Yun Hay, chef du Club de Réforme à Seoul 425 

z. 

Zottoli, célébration du jubilé du P. — 417 



Errata. 



Vol. VIII, p. 471, 1. 15: for 32 read 33. 
Vol. IX, p. 35, 1. 13: for 2nd read loth. 

> » » 35, > 21: » R.T. » R T. 2. 

> » » 44, » 7: » 6tli and Vth read 5th and 4th. 
» » » 47 add: 2) T' or T, Ty or Ty. 

» » » 49 (R.T. 8): for ts'i read tsi '). 

> » » 49 (sub III): » 16 » 6. 

» » > 53 (R.T. 16): c?e^e ~f^ * sub 3 and place it sub 1. 

» » » 53 note 4, last line: for 16 read 17. 

» » » 54 note 46: for fan reac? fam. 

» » » 55 » 3: » tl » 1^ . 

» » » 56 > 2: » sub 1 read sub III. 

» » » 345 dans l'article Corée: 

l>our Tjyen-al-do lisez Tjyen-la-do; 

» Ma-sanpho » Ma-san-pho; 

» Kyengsyang do lisez Kyeng-Syang do. 



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PI. XIII. 





James Leqge, 
born 20 Dec. 1815, died 29 Nov. 1897. 



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SUPPLÉMENT 

AU VOLUME IX 



DU 



77 



T'0"crisrc3— i=>jLO". 



LES ÉTUDES CHINOISES 

(1895-1898) 



PAB 



HENRI CORDIER, 

Professeur à l'Ecole des Langues Orientales vivantes, Paris. 
Vice-Président de la Société de Géographie. 






LIBRAIRIE ET IMPRIMERIE 

CI-DEVANT 

E. J. BRILL. 

LEIDE. 



LES ÉTUDES CHINOISES 

(1805—1808) 



PAR 



HENRI CORDIER, 

Professeur à l'École des Langues Orientales vivantes, Paris. 



En présentant à intervalles irréguliers *), suivant les Congrès 
internationaux des Orientalistes, un tableau des études chinoises 
pendant les années passées, je vois grandir ma tâche avecle temps; 
la Chine fournissant à la politique un des problèmes les plus ardus 
à résoudre, les ouvrages qui traitent de son histoire et de ses lan- 
gues croissent forcément en nombre. Il est vrai de dire que chaque 
étape marque un progrès nouveau, que nos études prennent de 
plus en plus le caractère scientifique que possédait déjà l'étude des 
langues sémitiques; la paraphrase fait place à la traduction serrée 
et nos recherches éclairent d'un jour nouveau l'hißtoire de l'Asie 
entière. 



l) Half a Decade of Chinese Studies (1886 — 1891) by Henri Cordier, Professor at 
the Ecole des Langues Orientales vivantes, Paris. — «Reprinted from the T'ounç-pao, Vol. 
Ill, n**. 5». — Kead at the Ninth International Congress of Orientalists, held in London 
in 1891. — Leyden, E. J. Brill, 1892, in-8, pp. 36. 

— Les Etudes Chinoises (1891 — 1894) par Henri Cordier, Professeur à l'École 'des 
Langues Orientales vivantes, Paris. — «Extrait du Toung-pao*, Vol. V, No. 6 et Vol. 
VI, No. 1. — Leide, E. J. Brill, 1895, in.8, pp. 89. 



Toutes les questions n'ont pas toujours été abordées par les 
sinologues avec cette sérénité qui convient aux hommes de science; 
il y a un trop grand nombre des pages suivantes qui enregistrent 
de fâcheux démêlés, en Chine aussi bien qu'en Europe, entre 
Anglais aussi bien qu'entre Français, Belges, Hollandais ou Alle- 
mands, et le vent qui a soufflé en tempête dans le champ de nos 
études, nous a malheureusement ramenés aux jours de Klaproth et 
de Langlès, do, Stanislas Julien et de Pauthier: la recherche de la 
vérité a besoin de calme. Il est toujours bon de méditer ce précepte 
de Littré: si la critique est bonne, il faut savoir en profiter; si 
elle est mauvaise, la passer sous silence est le meilleur parti à 
prendre. 

Parmi les questions qui ont attiré l'attention des sinologues 
dans ces dernières années, j'ai cru devoir consacrer des chapitres 
spéciaux à la translitération du Chinois et à V enseignement de cette 
langue. J'ai traité à part également de Vépigraphie, qui a pris un 
tel développement qu'il devenait nécessaire de présenter dans un 
ensemble les résultats obtenus au lieu de les répartir par pays. 

NÉCROLOGIE. 

Comme toujours, nous avons de bien grandes pertes à signaler; 
si, en France, Imbault-Huart nous a été enlevé dans la force de 
l'âge, d'une manière imprévue, l'école anglaise a perdu ses deux 
illustres chefs: Lkgge et Wadb. 

James Legge. — J'ai vu le Dr. James Leggb pour la première 
fois, le 2 juin 1873, à une réunion de la North China Branch of 
the Royal Asiatic Society; c'était le lundi de la Pentecôte; il avait 
profité des congés de cette fête pour monter de Hongkong à Changhaï ') ; 



1) Notes from the Journal of a Tour in the North of China in the months of April 
and May, 1873. By Dr. James Legge (Pages 341 — 9 d'une revue dont je n'ai pas le titre). 



Legge était un homme grand, corpulent, haut en couleur; ses 
favoris étaient entièrement blancs tandis que ses sourcils et ses 
cheveux étaient restés châtains; il avait l'air d'un gentleman farmer 
et faisait contraste avec son confrère, le Dr. J. Edkins. petit, 
maigrelet, à la barbe de fleuve grisonnante, aux longues dents 
proéminentes. Je retrouvai Legge cinq ans plus tard à Florence où 
il présida la section d'Extrême Orient au quatrième Congrès inter- 
national des Orientalistes. Depuis lors de nombreuses lettres out 
continué nos relations; Legge a conservé jusqu'à la fin toute son 
activité cérébrale, et la seule infirmité dont il souffrit était une 
assez grande surdité. 

James Legge était le plus jeune des sept enfants d'Ebenezer 
Legge, commerçant de Huutly, Aberdeenshire; James naquit dans 
cette ville le 20 déc. 1815, y reçut ses premières leçons et enfin 
prit son grade de A. M. à King's College, Aberdeen. Il étudia en 
vue de son entrée dans les ordres à Highbury College, Londres. 
Choisi par la London Missionary Society pour la mission chinoise 
de Malacca, Legge fut ordonné à Trevor Chapel, Bromptou, le 25 
avril 1839; cinq jours plus tard, il épousait Mary Isabella, fille du 
Rev. John Morison, pasteur de cette chapelle. Je ne saurais mieux 
faire que de reproduire pour la première partie de la carrière de 
Legge 5^ ï'^ ^ ce qu'en disent les Memorials of Protestant 
Missionaries to the Chinese, . . . Shaughae 1867, in-8: 

«July 28th, he embarked with Mrs. Legge, in the Eliza Stewart, accomp- 
anied by the Rev. W. C. Milne and Dr. Hobson ; arrived at Batavia, the dOth 
of November, whence he proceeded to Singapore about the end of December; 
and reached Malacca, his appointed station, on the dOth of January, 4840. 
The same year, he succeeded Mr. Evans as Principal of the Anglo-Chinese 
College. July 44th, 4844, the council of the Univei*sity of New- York conferred 
on him by unanimous vote, the degree of D.D. It having been determined to 
remove the Anglo-Chinese College to the newly-acquired colony of Hongkong, 
he left Malacca on the 6th of May, 4843, for Singapore, and thence proceeding 
to Macao, arrived at Hongkong on July 40th, where he attended the conference 



6 

of missionaries of the London Society, which took place the following month. 
By the recommendation of the committee, the Anglo-Chinese College was 
converted into a Theological Seminary, principally for the purpose of training 
a native ministry for China; and the institution was carried on at Hongkong, 
under the superintendence of Dr. Legge. At the series of general meetings of 
Protestant missionaries, regarding the translation of the Scriptures, he was 
only absent from that of August 28th; and was appointed in conjunction with 
Dr. Medhurst, to deliberate on the rendering of the names of the Deity into 
Chinese. Compelled by ill health to leave his station for a season, he embarked 
with his family and three Chinese youths, in the Duke of Portland, on the 
19th of November, 1845, and arrived in London on the 28th of March following. 
During his residence in England, the three youths were admitted into the 
Christian church, by the ordinance of baptism, at Huntly. On the 19th of 
April, 1848, he again em.barked in the Ferozepore with his family and a large 
missionary party, and arrived at Hongkong on July 22nd; where he continued 
to conduct the Theological Seminary, in addition to other mission duties. 
Mrs. Legge, who had been assiduous in school work during her residence at 
that station, died there on October 17th, 1852. In the beginning of 1858, 
Dr. Legge again left Hongkong for a visit to England where he arrived June 
3rd. During his stay, he married a second time, and embarked with his family 
in the Dora, on the 13th of June, 1859, accompanied by the Rev. F. S. Turner, 
reaching Hongkong on September 21st. There, with the exception of occasional 
visits to the main land from time to time, he has continued devoted to the 
mission work; having, in addition to his various labours among the natives, 
sustained acceptably for many years, the pastorate of an English congregation. 
In the latter part of July 1865, having previously sent his family for a change, 
he left for the north, visited Swatow, Amoy, Shanghae and Nagasaki, where 
he rejoined Mrs. Legge and children, with whom he sailed in August, for the 
northern parts of Japan». 

C'est pendant cette période de sa vie, que Legge a publié ses 
ouvrages chinois dont je donne la liste d'après les Memorials', 

1. Letter addressed to the Chinese Residents at Malacca, on the 
subject of the Cholera. Malacca, 184L 

2- ^ ^\j) jji^ f^ Yang sin shin she. Hymn Book. Malacca, 1842. 
A revised and enlarged edition was published at Hongkong, in 1852, 
in 30 leaves, containing 79 hymns and 7 doxologies. A later revision 
was published at Hongkong in 1862, under the title ^ ^E p^ ^ 



Taung cliob she chang, in 35 leaves, containiug 85 hymns and 7 
doxologies. 

^- ïfP ^ l-U _t ^ ^'1 ^% *^^ *^^'* shdng ch'iiy heûn. Sermon 
on the Mount, with Commentary. Hongkong, 1844. A revision of 
this was published at Hongkong in 1865, in 24 leaves. 

4. ^ ^ Jg^ ^ Ying hwa Vung shoo. Anglo-Chinese Calendar. 
9 leaves. Hongkong, 1851. This is prefaced by the Ten Command- 
ments, after which is a comparative Chinese and English calendar, 
indicating the Sundays, church meetings, and days of administering 
the Lord's supper; with notes at the end explanatory of these 
institutions, and stating also the times of daily service in the 
chapels at Hongkong. 

5- ^f)M^^ ^0 8ïh U Im. Brief History of Joseph. 28 
leaves. Hongkong, 1852. This is divided into 6 chapters, each 
preceded by a verse of poetry, and followed by strictures on the 
narrative. It was reprinted at Hongkong in 1862, with pictorial 
embellishments, in 30 leaves. 

6- a f# fli ^ ^ tr ^ S if fr S ± •$ ' Ü ^ 

Ch'iing sew le paé fang jîn tsè e kiodn he taöu shäng té chüh tpàn. 
Prayer used at the Reopening of the Chapel and Hospital at Hong- 
kong. 6 leaves. Hongkong, 1852. This tract includes also the ex- 
position of an appropriate text, and an exhortation used on the 
occasion. 

7- ^ ffi PI Ä "^ Ä ^% «00 mûn foo sin king. The 
Apostles' Creed. 3 leaves. Hongkong, 1854. This has a running 
commentary. It was reprinted at Canton in 1860, in 3 leaves; 
and again reprinted at Hongkong in 1863, in 5 leaves, the last 
leaf containing the decalogue with remarks. 

^- ^ )^V 3^ w Ü ^ '^"' y^ tseûen shoo choö shVi. Com- 
mentary on Matthew. 128 leaves. Hongkong, 1854. This comment- 



arj was compiled by Dr. Legge's native assistant 'jojf jj^ ^ Ho 
Tsîn-shén, who has added a lengthy preface of 9 leaves, in refer- 
ence to the Sacred Scriptures; 2 leaves of prolegomena follow; 
which are succeeded by 2 leaves of preface to the commentary on 
Matthew. The whole is revised by, and published under the im- 
primatur of Dr. Legge. The first 14 chapters were issued by 
themselves at the date given above, and the remaining portion in 
a separate volume, at a subsequent period. The general preface to 
this work was published at Canton as a separate tract, with the 
title ^^^fj^^^^^Tf: Sin k'éw yö shing shoo wet 
feën mill she, The Scriptures a Revelation from Heaven, in 9 leaves. 
Another edition was issued at Canton in 1855, with the title 
W^ ^m W] ^ w ^a 1^ '^"^ ^'^'^ y^ shing shoo ching keit, Old 
and New Testament Evidences. A new edition was published at 
Hongkong in 1862, in 9 leaves, under the title ^. ^ ^ |^ 
Shing king cMng keii, Scripture evidences. 

^' Wll :^ ^ w ^ W K'^^^'n- tsung shing shoo lëo yen. 
Incentives to reverence the Scriptures. Sheet tract, Hongkong. 

10. p^ j^ ^ ^^ Hëà ûrh kwdn chin. Chinese Serial. This 
was a monthly magazine, published at Hongkong, under the auspices 
of the Morrison Education Society, containing from 12 to 24 leaves 
each number. It was begun in 1853, under the editorship of W. H . 
Medhurst, who was succeeded the following year by C. B. Hillier; 
and eventually in 1855 by Dr. Legge, who conducted it till its 
cessation in May, 1856. 

11. y^MMC^^M^'ll ^ ^^'^ ^*"'«" ^'^ ^'u^ff «Ä«Ä k'o 
ts'oo poo. Graduated Reading; comprising a Circle of Knowledge, 
in 200 lessons. Gradation 1.55 leaves. Hongkong, 1856. This is 
the translation of an elementary educational work by Mr. Baker. 
The English text is given at the top, and under it the Chinese 



9 

translation. The Chinese, without the English, was published at 
Canton in 1859, in 51 leaves. A new edition of the original, 
revised by Dr. Legge, was published at Hongkong, in 1864, uniform 
with the first. 

12. Eg ^ ^ Q^ ^ ^ SMng shoo yaou shwö seih ë. Skeleton 
Sermons. 24 leaves. Hongkong. This contains twenty seven scripture 
texts, with outlines of a discourse on each. 

13. 55 ^0 tfe ^ IE {5& ^« P^^* '^ ^û" ^^ ^^0. Brief History 
of Abraham. Hongkong, 1857. This is divided into 4 chapters, each 
preceded by a verse of poetry, and followed by strictures on the 
narrative. There is a preface of 2 leaves. It was reprinted at 
Hongkong in 1862, in 26 leaves. 

14. '^ ^^ iJj ^^ ^^ Wang kin shan yaou këuë. Advice to 
Emigrants. 18 leaves. Hongkong, 1858. This commences with an 
address to Chinese, who are going to the gold diggings; which is 
followed by an article on the duty of worshipping God, and next 
on the method of worshipping God; after which are a series of 
prayers, the ten commafadments, an article on faith, a hymn and 
two doxologies. 

15. ^ 1^ *^ ^ Shïng hwity chiin shwg. The Faith and Practice 
of a Christian Church. 29 leaves. Hongkong, 1860. This is the 
translation of a small treatise by Dr. De Sanctis of Italy. The first 
part is doctrinal, under nineteen heads. The second part treats of 
church discipline. Scripture authority is given for every statement, 
in a succession of texts quoted under the respective heads. 

1Ö- S^ É: lU # # jS ^ Sfe '5'" ^''« ^'^«" «^^« '^^ <'«"^ 
kïh Itcn. Address to the Chinese settlers at Sydney. 8 leaves. Hong- 
kong, 1862. This is the translation of an address from the pastors 
of Sydney to the Chinese Christiaas resident in Australia; with a 
preface by the translator. 



10 

^'^' '^ !^ -^ '-^ -^^ ^^^ P^^^ shaou. Unscathed in the Furnace. 
6 leaves. Hongkong. This tract, which is written in the Canton 
dialect, gives the story of Shadrach, Meshach and Abednego, followed 
by a discourse on the subject. 

18. J^ -^ '1^. ^ Lang tsze hwuy kae. The Prodigal repenting. 
6 leaves. Hongkong. This is also in the Canton dialect, and gives the 
parable of the Prodigal Son, followed by a discourse on the subject. 



En dehors de ces ouvrages chinois, le Dr. Legge a publié à 
cette époque des travaux soit philologiques '), en particulier sur la 
Term question *), soit professionnels *). Il traduisait en chinois la 



1) A Lexilogus of the English, MaKy and Chinese Languages; comprehending the 
vernacular idioms of the last in the Hokkeen and Canton Dialects. Printed at the Anglo- 
Chinese College Press. Malacca, 1841, in-4, pp. Ill sans la préface, etc. (Anonyme). 

C'est une collection de phrases arrangées sur cinq colonnes parallèles et verticales; 

— english; 

— malay; 

— Chinese; 

— Hok-keen colloquial; 

— Canton colloquial. 

— The Rambles of the Emperor Ching Tih in Këang nan. A Chinese Tale. Translated 
by Tkin Shen, Student of the Anglo-Chinese College, Malacca. With a Preface by James 
Legge, D.D. President of the College. London, Longman* 1843, 2 vol. in-12. — Nile éd., 
Ibid., 1846. 

2) An Argument for p 'S* (Shang Te) as the proper rendering of the words 
Elohim and Theos in the Chinese language : with Strictures on the Essay of Bishop Boone 
in favour of the term ÏÏJm (Shin), etc., etc. By Rev. James Legge, Ü. D. of the liondon 
Missionary Society. Hongkong: Printed at the Hongkong Register Office. 1850, in-8, 
pp. V — 43. 

Notice dans The China Overland Mail, No. 29, May 23, 1850. 

— Letters on the rendering of the name God in the Chinese language. By Rev. Ja- 
mes Legge, D. D. of the London Missionary Society. Hongkong; Printed at the «Hong- 
kong Register» Office, 1850, in-8, pp. 73. 

II y a six de ces lettres; elles avaient d'abord paru dans le Hongkong Register. 

— Reply to Dr. Boone's Vindication of Comments on the Translation of Ephes. I. 
in the Delegates' Version of the New Testament : by the Committee of Delegates, also, a 
letter on the same subject from the Rev. J. Legge, D. D. to Dr. Tidman, Secretary of 
the London Missionary Society, Shang-hae, Printed at the Mission Press, 1852, br. in-8, 
pp. X— 80. 

By W. H. Medhurst, John Stronach & W. C. Milne. 

— The Notions of the Chinese concerning God and Spirits: with an Examination of 



11 

première partie du Circle of knowledge ') de Charles Baker (né 31 
juillet 1803; f 27 mai 1874 à Doucaster), Head Master of the 
Yorkshire Institution for the Deaf and Dumb; la préface est signée 
J. L., et le texte chinois est placé au-dessous de l'original anglais 
qui avait paru à Londres en 1855, et avait eu cette même année 
l'honneur d'une seconde édition ^). 

Un sermon durant un voyage à Londres '), une notice sur son 
frère le Rév. George Legge *) (né à Huntley, oct. 1802) sont à 
signaler dans cette période; les quatre frères, parmi les sept enfants 
d'Ebeuezer Legge, étaient George, William, John et James; il ne 
faut pas confondre avec ce dernier son neveu, fils de John, qui 
porte le même nom et qui a publié une vie de son père ^). Conti- 
nuant ses relations avec son beau-père, il lui adressait de Eong- 



the Defense of an Essay, on the proper rendering of the words Elohim and Theos, into 
the Chinese language, hy William J. Boone, D. D., Missionary Bishop of the protestant 
episcopal church of the United States to China. By the Rev. James Legge, D. D., of the 
London Missionary Society, Hongkong; Printed at the «Hongkong Register» Office, 1852, 
in-8, pp. iv-lll— 166. 

3) The Ordinance of the Sabbath. Three Sermons on the Institution of the Sabbath, 
the Christian Sabbath, the Sabbath in the Colonies. Hongkong, 1850, in-8, pp. 83. 

— Reports of the Preparatory School, and the Theological Seminary in Hongkong, 
of the London Society, Victoria. 

Publié annuellement depuis 1849 pendant plusieurs années. 

1) Graduated Reading; comprising a Circle of knowledge, in 200 lessons. Gradation 1. 
•^d ^K ^jC 3^ ^^. a^ Hongkong: Printed at the London Missionary Society's Press. 
1856, 1 peun chinois. — Cf. p. 8, No. 11. 

2) London, [1855], 3 parties in-16. 

3) The Land of Sinim : Â Sermon preached in the Tabernacle, Moorfields, at the 
sixty-fifth anniversary of the London Missionary Society. By the Rev. James Legge, D. D., 
Missionary to China. London: John Snow, 35, Paternoster Row, MDCCCLIX,in-12, pp. 35. 

4) Lectures on Theology, Science, & Revelation. By the late Rev. George Legge, LL. 
D., Of Gallowtreegate Chapel, Leicester. With a Memoir. By James Legge, D. D., Hong- 
Kong (of the London Missionary Society.) Edited by James Legge, D.D., and John Legge, 
H.A. London: Jackson, Walford, and Hodder, 27, Paternoster Row. MDCCCLXIII, pet. 
in-8, pp. Tin— xcviii— 419, 1 p. n. ch. p. I'er. 

5) Memorials of John Legge, M. A. Minuter of the Congregational Church, Brighton, 
Victoria, Australia. With Memoir by James Legge, M. A, Caterham, Surrey. London: 
James Clarke & Co., 13 & 14, Fleet Street. — 1880, pet. in-8, pp. Ixiii— 335. 



12 

kong, le 25 nov. 1850, une lettre pastorale qui fut imprimée à 
Londres '). 

Le Si Kiang qui joue aujourd'hui un si grand rôle dans les 
compétitions européennes en Chine était visité par Legge; le 9 
nov. 1864, il partait de Canton avec William Kane, M. D., John 
Linton Palmer, of H. M.'s Hospital ship Melville, James Banks 
Taylor, de la maison Smith, Archer & Co. et nous laissait un inté- 
ressant récit de sou excursion ^). Enfin pour terminer ce que j'ai 
à dire des travaux de Legge de moindre importance, lors de la 
grande famine qui désola en 1878 la province de Ho-nan, un co- 
mité anglais fut constitué pour venir en aide aux malheureuses 
victimes du terrible fléau; le chairman du comité était Sir Ruther- 
ford Alcock, et Legge traduisit une brochure chinoise dont la vente 
devait ajouter quelques ressources aux fonds recueillis directement ^). 

Mais la grande œuvre de Legge, fut la traduction des Classiques 
chinois. 

Depuis longtemps. Legge caressait le projet de publier et de 
traduire les Classiques Chinois et il s'en ouvrit à son ami le Rév. 
Josiah Cox, de la Wesleyan Missionary Society qui à son tour en 
parla à Joseph Jardine. Ce célèbre négociant répondit à Legge: 
«Si vous êtes préparé au travail de la publication, j'en supporterai 
les frais. Nous gagnons notre argent en Chine, et nous serions 
heureux d'aider en tout ce qui promet de lui être utile». Lorsque 



1) Letter to the Church and Congregation under the pastoral care of the Rev. John 
Morison, D.D., LL.D. — By James Legge, D.D., Missionary to China, — London: W. F. 
Ramsay, 11, Brompton Row. — 1851, in-8, pp. S. 

2) Three weeks on the West River of Canton. Compiled from the journals of Rev. 
Dr. Legge, Dr. Palmer, and Mr. Tsang Kwei-hwan. — Any profits arising from this 
publication will be given to charitable objects — Hongkong: printed by De Souza & Co. 
1866. in-8, pp. 69. 

3) The Famine in China. Illustrations by a Native Artist with a translation of the 
Chinese text — Issued by the Committee of the China Famine Relief Fund — London, 
C. Kegan Paul & Co, 1878, in-8, pp. 35 (12 pi.). 



13 

le premier volume des Classiques parut eu 1861, Jardine était 
mort, mais le livre fut dédié à la mémoire du «Merchant Prince» 
qui savait faire de sa fortune un si noble usage. Successivement 
parurent les # , le ^ ^ , le |# $M et le ^ igt ')• 

L'ouvrage eut un succès qui lui valut Thouneur de contrefaçous 
américaiues *) et mêmes chinoises '), d'emprunts *) et depuis lors on 
a dû réimprimer les deux premiers volumes ^). 



1) Specimen of the Chinese Classics: with a Translation: Prolegomena: and a critical 
and exegetical commentary. By James Legge, D. D., of the London Missionary Society. 
Hong-kong, s d. in-8, pp. 11. 

— The Chinese Classics: with a translation, critical and exegetical Notes, Prolegomena, 
and copious indexes. By James Legge, D.D., ol the London Missionary Society. In Seven 
Volumes. Gr. in 8. 

Vol. T. containing Confucian Analects, the Great Learning, and the Doctrine of the 
Mean. Hongkong: 1861, pp. xiv— 136— 376. 

Vol. II. containing the Works of Mencius. Hongkong: 1861, pp. viii — 126 — 497. 

Vol. III. — Part L containing the First Parts of the Shoo-king, or the Books of 
T'ang; the Books of Yu; the Books of Hea; the Books of Shang; and the Prolegomena. 
Hongkong: 1865, pp XH— 208— 279. 

Vol. III. — Part II. containing the Fifth Part of thé Shoo-king, or the Books of 
Chow; and the Indexes. Hongkong: 1865, pp. 280 à 735. 

Vol. IV. — Part I. containing the First Part of the She king, or the Lessons from 
the States; and the Prolegomena. Hongkong: 1871, pp. xii — 182 — 243. 

Vol. IV. — Part II, containing the second, third and fourth parts of the She king, 
or the Minor Odes of the Kingdom, the Greater Odes of the Kingdom, the Sacrificial 
Odes and Praise-Songs; and the Indexes Hongkong: 1871, pp. 245 — 785. 

Vol. V. — Part I. containing Dukes Yin, Hwan, Chwang, Min, He, Wan, Seaenand 
Ch'ing; and the Prolegomena. Hongkong: 1872, pp. x— 147— 410. 

Vol. V. — Part II. containing Dukes Seang, Ch'aou, Ting and Gae, with Tso's Ap- 
pendix; and the Indexes. Hongkong: 1872, pp. 411—933. 

2) The Chinese Classics. A Translation by James Legge, D.D., of the London Mission- 
ary Society. Vol. I. Worcester, Mass., Published by Z. Baker, gr. in-8, 1866. 

Contient le texte anglais du Vol. I de l'éd. de Hongkong, 1861, sans le chinois, 
les notes, les prolégomènes et le lexique, mais avec la table des matières, une 
Vie de Confucius extraite de Chambers' Encyclopaedia et trois pages et demie 
dans l'introduction sur les doctrines de Confucius. 

— Chinese Classics, containing selections from the Works of Confucius and Mencioa, 
translated by James Legge, D.D., of the London Missionary Society. With fall indexes. 
Hurd & Houghton, New- York, 1870, in-S. 

3) The Four Books; or the Chinese Classics in English, and Chinese Text: for the 
use of those who wish to learn to translate english, and those gentlemen who wish to 



14 

Quand Legge revint eu Europe il lui restait à traduire deux 
des grands King, le Y-hing et le Li-ki; il ne manqua pas à sa 
tâche, mais ses nouvelles versions, publiées dans la collection des 
Sacred Books of the East de Max Müller, ont le désavantage de ne 
pas renfermer, comme les précédents, le texte chinois '). Il donna 
ensuite le Hiao-king ^) et les classiques Taoïstes ^), 



read the words spoken by the Chinese Sages. Compiled from the best previous works, and 

arranged precisely, according to the pages of the Chinese Text, by a Chinese Compiler. 

In six volumes. Ho-nan: Printed at a Private Press. 1871. 

Cette édition des quatre livres est grossièrement imprimée avec des caractères mo- 
biles en bois, et forme 6 peun, ou cahiers chinois. Le texte chinois est imprimé 
sous la traduction anglaise qui n'est autre que celle qui est donnée par le Dr. 
Legge dans les Vol. I et II de ses Chinese Classics. 

— The Four Books; or the Chinese Classics in english: for the use of tho.9e who 
wish to learn to translate English, and those gentlemen who wish to read the words 
spoken by the Chinese Sages. Compiled from the best previous works, and arranged pre- 
cisely, according to the pages of the Chinese Text, by a Chinese Compiler. In six volumes. 
Ho-nan: Printed at a Private Press. 1871. 

Ces vol. pet. in-12 carré comprennent la traduction anglaise de l'édition précédente 
imprimée avec les mêmes caractères. Le texte chinois est supprimé. 

4) Confucius and the Chinese Classics: or Readings in Chinese Literature. Edited and 
compiled by Rev. A. W. Loomis. San Francisco : A. Roman & Co., 1867, in-12, pp. 432. 

Les traductions tirées des Se-Chou sont du Dr. Legge. 

5) The Chinese Classics with a Translation, critical and exegetical Notes Prolegomena, 
and copious Indexes by James Legge, Professor of Chinese in the University of Oxford, 
formerly of the London Missionary Society. — In Seven Volumes — Second edition, 
revised. Vol. I. Containing Confucian Analects, the Great Learning, and the Doctrine of 
the Mean. Oxford, at the Clarendon Press, 1893, gr. in-8, pp. xv — 503. 

1) The Sacred Books of China. The texts of Confucianism translated by James Legge. 
Part II. The Yî-king. Oxford at the Clarendon Press, 1882, in-8, pp. xxi— 448. 

Forme le Vol. XVI des Sacred Books of the East... edited by F. Max Müller. 

— Sacred Books of the East. {Saturday Review, June 30, 1883.) 
Y-king. (Legge et Terrien de Lacouperie.) 

— The sacred books of China. Part IL — The Yî-king. By Thos. W. Kingsmill, 

translated by J. Legge, D.D. {China Review, pp. 86 — 92.) 

2) The Sacred Books of China. The Texts of Confucianism translated by James Legge. 
Part I. The Shu-king. The religious portions of the Shih-king, the Hsiao-king. Oxford, at 
the Clarendon Press, 1879, in-8, pp. xxx — 492. 

Forme le Vol. Ill des Sacred Books of the East... edited by F. Mas Müller. 

— The Sacred Books of China. The Texts of Confucianism translated by James Legge. 

Part III— IV: The Lî-kt, i— x, xi— XLVi. Oxford, at the Clarendon Press, 1885; 2 voL 

in-8, pp. X— 484, viii— 496. 

Forme les vols. XX VII et XXVIII des Sacred Books of the East... edited by F. 
Max Müller. 



15 

Rentré définitiveioent en Angleterre, Legge accepta un fellow- 
ship à Corpus Chriati College, Oxford, où il fut nommé professeur 
de Chinois; son discours d'ouverture fut prononcé au Sheldonian 
Theatre le 27 oct. 1876 '); je crois qu'il ne revint qu'une fois sur 
le Coutinent; ce fut en 1878 au congrès des Orientalistes de Flo- 
rence où il présida la sectiou chinoise*); j'eus, comme je l'ai déjà 
dit plus haut, le plaisir de l'y voir ainsi que notre vieil ami älex. 
Wylie. 

Divers mémoires sur le Sai7it Edit '), auquel il consacra quatre 
conférences en 1877 à la Taylor Institution, Oxford, sur les religions 
de la Chioe *), sur le Si-yu-ki ^), Chi Hoang-ti ^), etc. parurent 



— The Li-ki translated by James Legge, D. D. By Rev. J. Edkins, D. D. {Chin. 
Rec, XVTI, Sept. 1886, No. 9, pp. 325—328.) 

3) The Sacred Books of China. The Texts of Taoism. Translated by James Legge. 

Part I. The Tâo Te'h King. — The Writings of Zwang-ze. Book» I to XVII. — Part II. 

The Writings of Äwang-sze. Books XVIII— XXXIII. — The Thâi-Shang Tractate of Actions 

and their Retributions. Appendixes I — VIII. Oxford, at the Clarendon Press, 1891, 2 vol. 

in-8, pp. xxn- 396, viii— 340. 

Forment les vols. XXXIX et XL de la collection des Sacred Books of the East. 

1) Inaugural lecture, on the constituting of a Chinese chair in the University of Ox- 
ford; delivered in the Sheldonian Theatre, October 27, 1876. By Rev. James Legge, M. A. 
Oxford, LL. D. Aberdeen, Professor of the Chinese Language and Literature. Oxford and 
London: James Parker and Co., London: Trübner, 1876, br. in-8, pp. 27. 

— Principles of Composition in Chinese, as deduced from the Written Characters. 
By the Rev. Dr. Legge, Professor of Chinese at Oxford. {.Toum. R. As. See., N. S., Vol. 
XI, Art. X, April 1879, pp. 238—277.) 

2) Present State of Chinese Studies; what is still wanted towards a complete analytic 
exhibition of the Chinese Language. By J. Legge. {Atti M IV Cong. int. degli Orient., 
1881. II, pp. 265—267.) 

3) Imperial Confucianism. {China ^«mw. VI, pp. 148— 158, 223— 236. 299— 310, etc.) 

4) Confucianism in Relation to Christianity. A Paper read before the Missionary Con- 
ference in Shanghai, on May 11th, 1877. By Rev. James I^egge, D. D., L. L. D. Professor 
of the Chinese Language and Literature in Oxford University, England, Formerly Mission- 
ary of the Missionary Society, Hongkong, China, Shanghai: — Kelly & Walsh. London: 
— Trübner & Co. 1877, br. in-8, pp. 12. 

— Christianity and Confucianism' compared in their Teaching of the Whole Duty of 
Man. By James Legge, LL. D., Professor of the Chinese Language and Literature in the 
University of Oxford, and formerly of the London Missionary Society, author of "The 
Religions of China" etc. The religious Tract Society, in-8, pp. 36. 



16 

successivemeut; puis il traduisit les voyages de Fa-hian ^) et enfin 
l'inscription syro-chinoise de Si-ngan fou ^), Son dernier travail a 
été la traduction des élégies de Tsou ^ ^ dont fait partie le 
Li-sao S^ ,^ ')• 

Le Dr. Schlegel a déjà rendu justice dans le T'oung-Pao à la 
science de celui qui fut notre ami commun *). Si Legge n'avait été, 



Forme le No. 18 de la collection Present Day Tracts compris dans le Vol. III de 
la série [1884]. 

— The Religions of China. Confucianism and Taoism described and compared with 

Christianity. By James Legge, Professor of the Chinese Langnage and Literature in the 

University of Oxford. London: Hodder and Stoughton, MDCCCLXXX, in-8, pp. 310. 

Ce vol. se compose de quatre conferences: I & 11. Confucianism. — III. Taoism. 
— IV. The Religions of China compared with Christianity. 

5) Sur un passage de la préface du pHi^ to^ gQ Hd yü ki par James Legge, pro- 
fesseur de Chinois à l'Université d'Oxford {Mém. Soc. Et. jap., etc., V, Nov. 1886, pp. 
263—266.) 

6) ^S X[rf .^ *m* Ch'in Shih Hwang-ti, premier souverain de la dynastie des 
Ch'in, fondateur de l'empire chinois. Episode de l'histoire de la Chine par le Dr. James 
Legge. {Le Lotus. Mém. Soc. Smico-Japonaise, VI, Dec. 1887, pp. 193—215; VIII, Janv. 
1889, pp. 39—63.) 

Au sujet de ce travail, le Dr. Legge m'écrit: «It was a lecture which I had given 
here [Oxford] some time before, and I sent it to Paris in its first manuscript. 
The gentleman engaged to translate it into French was taken ill, and the second 
part of it was delayed. More and worse than that, my English Manuscript 
was somehow lost, to my vexation. I am sorry this is all I can tell you about 
it. I intended it as part of a Collection of historical and other Essays on 
Chinese Subjects, which have been accumulating for years in my hands». 

1) A Record of Buddhistic Kingdoms being an account of the Chinese monk Fâ-hien 
,of his Travels in India and Ceylon (A.D. 399—414) in search of the Buddhist books of 
Discipline. Translated and annotated with a Corean recension of the Chinese Text by 
James Legge, M. A , LL. D. Professor of the Chinese Language and Literature. Oxford, at 
the Clarendon Press, 1886, pet. in-4, pp. xv — 123 et 45 pp. de texte chinois. 

2) The Nestorian Monument of Hsî-an fû in Shen-hsî, China relating to the Diffusion 
of Christianity in China in the seventh and eighth Centuries with the Chinese Text of the 
Inscription, a Translation, and Notes and a Lecture on the Monument With a Sketch of 
subsequent Christian Missions in China and their present state by James Legge Prof, of 
the Chinese Language and Literature in the University of Oxford. London, Trübner, 1888, 
in-8, pp. IV — 66. 

3) Journal Royal Asiatic Society, Jan. 1895, pp. 77—92; July 1895, pp. 571—99; 
Oct. 1895, pp. 839 — 864). Ajoutons que l'article CAina dans la dernière édition (Lond., 
1889) de Chambers's Encyclopaedia, III, pp. 183 — 196 est de Legge ainsi que l'article 
ConfuciuB, Ibid., pp. 411 — 413. 

4) t James Legge M. A. Oxford, LL. D. Aberdeen. Born 20 December 1815, deceased 



1*1 

comme ou l*a appelé depuis la mort de Sir John F. Davis, que le 
Nestor des sinologues, sa perte eût été sensible seulement à ses 
proches; mais il fut autre chose. Il apporta à l'étude de la laugue 
chinoise uue critique, qui n'avait pas jusqu'à lui été employée; il 
sut en même temps restreindre, tout en le gardant fort étendu, le 
champ de ses études, et quels que furent ses autres travaux, son 
nom reste attaché d'une façon impérissable à l'étude des Classiques 
chinois; il n'y eut chez lui ni dilettantisme, ni imprévoyance; 
sachant exactement quelles difficultés présentait son entreprise, il 
les aborda résolument et simplement, et le premier il étudia Con- 
fucius et son école avec le même soin méticuleux qu'apportent les 
exégètes à l'éclaircissement des Ecritures Saintes. Je n'ai pas en 
ce moment à rappeler mes relations personnelles avec Legge; 
moins intime avec lui qu'avec Wylie, je fus toujours néanmoins 
l'un de ses plus actifs correspondants, et j'ai sans cesse été tenu au 
courant de ses travaux par des lettres dans lesquelles il me mar- 
quait sa profonde sympathie. Jusqu'après sa înort, sa doctrine est 
l'objet des commentaires les plus pieux ') de tous ceux qui, tout en 
ne l'admettant pas en entier, y ont largement puisé pour leur in- 
struction propre. 

Mencius a dit à Wau Tchang: *Le Savant dont la vertu est la 
plus remarquable dans un Village se fera des amis de tous les savants 
vertueux dans le Village. Le Savant dont la vertu est la plus remar- 
quable dans un État se fera des amis de tous les savants vertueux 
de cet État. Le Savant dont là vertu est la plus remarquable dans 
V Empire se fera des amis de tous les savants vertueux de V Empire*, 



29 November 1897. — By G. Schlegel. — Reprinted from the T'oung-Pao, Vol. IX. — 
E. J. Brill. — Leiden. 1898. br. in-8, pp. 6. 

Ext. du Toung-Pao, IX, Mars 1898. pp. 59—63. 

— In Memoriam. The Rev. Dr. Legge. By Rev. Wm. Muirhead, D.D. (Chim.^Ree,, 
XXIX, pp. 109— lU). 

1) Some of Professor Legge's Criticism on Confucianism. Gathered by Pastor P. Kranz. 
{CAin. Bee, XXIX, June 1898, pp. 273—282; July 1898, pp. 341—345; Aug. 1898, 
pp. 380-388). 

2 



18 

Mencius, V, ii, ch. VIII. 

La bibliothèque européenne et uue grande partie des livres chinois 
du Dr. James Legge ont été achetés par Messrs. Luzac & Co., de 
Great Russell Street, qui vont en faire paraître incessamment le 
catalogue. 

Wade. — Sir Thomas Francis Wade, né vers 1818, mort à 
Cambridge 31 juillet 1895, a joué un rôle aussi considérable 
dans la diplomatie que dans les études chinoises et son nom reste 
attaché à une méthode d'enseignement et de transcription du Chinois 
qui est employée non seulement dans le service consulaire anglais, 
mais aussi dans les douanes impériales maritimes chinoises; j'ai eu 
l'occasion d'exprimer les sentiments de regret que m'avait causés la 
mort de Sir Thomas et de dire tout le bien que je pensais de 
l'homme et du savant *). 

Je profite de la circonstance pour signaler une édition du 
Tzu-erh chi de Wade publiée antérieurement à l'édition de 1867, 
qui m'était inconnue; l'exemplaire qui vient d'entrer dans ma 
bibliothèque particulière a appartenu au commissaire des douanes 
chinoises H. E. Hobson et je l'ai trouvé dans la collection du 
Rév. James Legge *). 

Alcook. — Je ne puis faire de Sir Rutherford Alcock K.C.B., 
D.C.L., etc., l'éloge que je viens faire de Wade; il fut mauvais di- 
plomate puisqu'il attacha son nom à la convention du 24 oct. 1869 



1) Sir Thomas Francis Wade, G. C. M. G., K. C. B., etc. By Henri Cordier. (Journ. 
Roy. As. Soc, Oct. 1895, pp. 911 — 9i6). — Réimp. avec une bibliographie dans le 
Toung-Pao, VI, pp. 407—412. 

2) Wên Ta P'ien. br. in-4, s. 1. n. d., pp. 41. — Au bas de la dernière page : Water- 
low and Sons, Printers, C^arpenters' Hall, London Wall. 



avec la Chine qui ne fut jamais ratifiée et il n'a jamais eu comme 
japonisant ') la valeur de Wade comme sinologue. Né à Londres 
en 1809, Alcock, chirurgien ') dans la brigade navale en Portugal 
(1833-4), fut envoyé dans ce pays en 1839 comme commissaire 
chargé de régler les réclamations de cette brigade. Il fut envoyé 
ensuite dans l'Extrême-Orient comme Consul à Fou-tchéou (30 mai 
1844); il passa à Chang-Haï (Dec. 10, 1846), puis à Canton (10 
août 1854); nommé consul-général au Japon le 21 Dec. 1858, il 
devint, 30 nov. 1859, ministre plénipotentiaire et chargé d'aflPaires 
dans ce même pays; il fut transféré avec le même titre à Peking 
le 7 avril 1865; il donna sa démission le 22 juillet 1871. Il a 
publié depuis lors des récits de ses voyages '), une préface au récit 
du voyage de l'infortuné A. R. Margary (1876) et, à propos de la 
Colonial and Indian Exhibition de 1886, une introduction au Manuel 
de la partie anglaise de Borneo *) à laquelle il s'intéressait comme 
l'un des directeurs de la Compagnie British North Borneo; aupara- 
vant il avait donné un volume d'essais ^) ; Alcock est mort à Lon- 
dres le 2 nov. 1897 «). 



1) Elements of Japanese Grammar, Shanghai, 1861, in-4. 

— Familiar Dialogues in Japanese, with English and French translations, for the use 
of students. London, 1863, in-8. 

— The Capital of the Tycoon; a narrative of a three years' residence in Japan. Lon- 
don, 1863, 2 vol. in-8. 

— Art and Art Industries in Japan. London, 1878, in-8. 

2) Notes on the medical history and statistics of the British legion in Spain. London, 
1838, in-8. 

8) Narrative of a Journey in the interior of Japan, ascent of Fnsiyama, and visit to 
the hot sulphur baths of Atami in 1860. {Joum. Roy. Oeogr. Soc, XXXI, 1861, pp. 
821—366). 

— On the civilization of Japan. (Brit. An. Rep., 1862 (pt. 2), pp. 186—8). 

— Narrative of a Journey through the interior of Japan, from Nagasaki to Yeddo, 
in 1861. {Joum. Roy. Oeogr. Soc, XXXII, 1862, pp. 280—293; Proe. Roy. Oeogr. Soe., 
VI, 1862, pp. 200—6). 

4) Handbook of British Borneo... 1886, in-8. 

5) Life's Problems: essays, moral, social and psychological. London, 1867, in-8. 

6) Obituary by J. W. McCrindle {Scott. Oeogr. Mag., Feb. 1898). 



Alabaster. — Sir Chalouer Alabastkr, K. C. M. G. *), ancien 
Consul-Général d'Angleterre à Canton, mort le 28 juin 1898 à 
Dil-Aram, Boscombe, Bournemouth, à l'âge de 59 ans. C'était un 
homme d'infiniment d'esprit et d'une remarquable intelligence. Il 
était tout désigné pour le consulat général de Chang-Haï qu'il géra 
du 31 Août 1885 au 18 Oct. 1886, mais ce poste fut confié au 
principal magistrat de la Cour suprême. Sir Nicholas J. Hannen, 
et Alabaster fut envoyé à Canton. Les Anglais ont depuis reconnu 
leur erreur: le fardeau du consulat général et de la cour suprême 
est trop lourd pour un seul homme. Alabaster, quoiqu'il prit une 
part active aux travaux des sociétés savantes de Chine, a peu écrit ^). 

Oxenham. — Edward Lavington Oxenham, fils du Rév. Wil- 
liam Oxenham, du collège de Harrow, né le 30 sept. 1843, est 
mort le 26 sept. 1897; il avait été obligé en 1890 de prendre sa 
retraite de consul à I-tchang à cause de sa mauvaise santé '). 



1) Fils de J. C. Alabaster; élève de King's College, Londres; passa ses examens k 
l'Université de Londres (1852); élève interprète (14 Juin 1855); accompagna le commis- 
saire Yeh à Calcutta (1858); interprète à Fou-tcheou; attaché à la mission de Mr. Fre- 
derick Bruce (11 mai 1859); interprète à Canton, Amoy et Swatow (1859 — 1860), à 
Chang-Haï (1861); vice-consul p. i. (1864) etc.; consul à Han-keou (1880 — 6), à Canton 
(1886—1891); prit sa retraite 8 Nov. 1892. En 1875 il épousa à Chang-Haï, Laura, fille 
du Dr. Daniel Jerome Macgowan. 

2) Catalogue of Chinese Objects in the South Kensington Museum. 1872, in-8. 

— Occasional Papers on Chinese Philosophy. By Chaloner Alabaster. No. IV. The 
Triune Powers. Known in the Classics as the San-huang or the San-ts'ai. Printed by A. A. 
Marçal, Amoy, in-8, pp. 9. 

— Occasional Papers on Chinese Philosophy. By Chaloner Alabaster. No. V. A chapter 
from the Chinese Gospel. Printed by A. A. Marçal. Amoy, br. in-8, pp. 8. 

Sur le Lun Yu. 

— Overland Trip from Chefoo to Chinkiang. {Sup. Court and Cons. Gaz., VI, 1869, 
pp. 194—5, 208—210. — N. C. Herald, Sept. 23, 1869). 

— Shun Ti's Vision, or a Presage of the approaching Dawn. Translated from the 
Chronicles of 'Heroes and Heroines'. By C. Alabaster. (CAina Review, XX, No. 6, pp. 
892—3). 

3) Journey over land from Peking to Hankau. (Pari. Paper, 1869). Réimp. Vol. TI 
dans Journeys in North^China, de Williamson. 



21 

Lockhart. — William Lock ha ht, ué à Liverpool 3 oct. 1811, 
mort à Blackheath, le 29 avril 1896, était le missionuaire médecin 
bien connu en Chine; je lui ai consacré jadis une notice biogra- 
phique '); le Dr. Lockhart a laissé une bibliothèque considérable 
d'ouvrage« sur la Chine qu'il a léguée à la London Missionary 
Society ^). 

Alexander. — Le Major-Général G. G. Alexander est mort 
cette année (1898); il s'occupait de Chinois depuis fort longtemps 
sans grand succès d'ailleurs ^). Il venait de publier un nouveau 
volume sur Lao tseu. 

Sinclair. — Charles Anthony Sinclair, étudiant en Chinois à 
Canton, de sept, à nov. 1843; élève interprète à Ningpo de 1844 
à sept. 1846, puis interprète dans la même ville (sept. 1846 — juin 
1849); consul à Tchin-kiang, à Ningpo, il fut nommé définitivement 
à Fou-tcheou le 3 sept. 1864; il prit sa retraite le l^*" mai 1886 
et il est mort le 16 juillet 1897. 

Elias. — Ney Elias m'installa le P^ avril 1871 comme 
bibliothécaire honoraire de la Bibliothèque de la North China Branch 



— On the inundations of the Yang-tse-kiang. By E. L. Oxenham. (Jonm. R. Oeogr. 
Soc, xlv. 1875). 

— Climate of Central China. (Proc. R. Geogr. Soc, 1879). 

— Overflow of the Yellow Riyer. {laid., 1888). 

— Historical Atlas of the Chinese Empire from the earliest times down to the close 
of the Ming dynasty, giving in Chinese the names of the chief towns and the Metropolis 
of each of the chief Dynasties of China. A hrief Description in English is also printed on 
each Map. Shanghai: Kelly and Walsh, 188S, in-fol. oblong, pp. IV — 22 cartes. 

1) Notice par Henri Cordier {Toung-Pao, VII, Juillet 1896, pp. 276—276). 

— William Lockhart, F. R. C. S. {The Lancet, réimp. dans the dm. Ree., XXVII, 
pp. 592—4). 

2) Cf. London and China Telegraph, No. 1750, 16 mars 1897. 

3) Teaou-shin, a Drama from the Chinese, in five Acts. Lond., 1869. Adaptation d'an 
épisode du San kouo tchi à la scène européenne. 

— Confucius, the Great Teacher. A Study by Major-General G. G. Alexander, C. B 
London, Kegan Paul, 1890, pet. in-8, pp. xx — 314. 



22 

of the Royal Asiatic Society, alors placée dans les Commercial 
Bank Buildings (Nanking Road), dont la grande salle servait aux 
séances de la Société asiatique et aux répétitions de la Société 
philharmonique; je commençai le catalogue de cette collection de 
livres dès le 16 avril. C'est ainsi que commencèrent et se terminè- 
rent nos relations. Elias m'avait frappé par son air actif et éner- 
gique aussi bien que par son apparence délicate qui ne paraissait 
pas lui permettre les grandes explorations. Il était déjà fort connu 
par son voyage au fleuve jaune avec H. G. Hollingworth '), lors- 
qu'il entreprit sa grande traversée de l'Asie centrale ^). Né dans le 
Kent en 1844, il entra au service indien le 20' mars 1874; fut 
nommé Agent politique à Bhamo (20 avril 1875), et commissaire 
à Ladakh (15 oct. 1877); il fut ensuite employé pendant l'expédi- 
tion du Sikkim du 7 nov. 1888 au 12 fév. 1889, Agent politique 
de première classe le 4 sept. 1889, il fut ensuite consul-général à 
Meshed du 14 déc. 1891 à sept. 1896. Sa mort à Londres, le 31 
mai 1897 a frappé tout le monde par sa soudaineté ') *). 

Phillips. — George Phillips né le 3 oct. 1836 à Lower Walmer, 
Kent; mort le 25 oct. 1896 à Brondesbury, Londres. Je n'ai pas à 
parler ici de la carrière de notre excellent collaborateur déjà retracée 
dans notre recueil ^); rappelons seulement que presque tous ses mé- 
moires ont été consacrées au Foukieu et à ses ports. 



1) Bib. Sinica, col. 80. 

2) Narrative of a Journey through Western Mongolia, July 1872 to January 1873. 
{Jour. JR. Qeogr. Soe., xliii, 1873, pp. 108—156). 

3) The Tarikh-i-Eashidi of Mirza Muhammad Haidar, Dughlàt. A History of the 
Moghuls of Central Asia. An English Version Edited, with Commentary, Notes and Map 
by N. Elias, H. M. Consul-General for Khorassan and Sistan. . . The Translation by E. 
Denison Ross, Diplômé de l'Ecole des Langues Orientales vivantes, Paris; Ouseley Scholar. 
London, Sampson Low, 1895, in-8, pp. xxiv — 535. 

4) Obituary by J. W. McCrindle {Scott. Geogr. Mag., Feb. 1898). 

5) Notice nécrologique par G. Schlegel, Toung-Pao, VII, Dec. 1896, pp. 593 — 595. 



23 

Malan. — Le Rév. Solomon Caesar Malan '), né à Genève 
en Avril 1812, mort le 25 nov. 1894 ')» était un grand polyglotte; 
il a droit à une place dans nos études par sa traduction du 
^ ^ ^ des T'ai Ping *) et la part qu'il a prise dans la Term 
question *). 

Imbault-Huart. — Nous avons eu le vif regret de perdre 
notre collaborateur, Camille Clément Imbault-Huart, consul de 
France à Canton, mort à Hongkong le 29 nov. 1897 dans sa 
4Qeme année; il venait de rentrer de congé et rien ne pouvait 
faire prévoir une mort aussi rapide. Imbault-Huart était né le 3 
juin 1857; élève diplômé de l'Ecole des langues orientales vivantes; 
élève-interprète (hors cadre) à Chang-Haï, 28 oct. 1878; élève- 
interprète, 12 août 1880; interprète-adjoint à Peking, 18 sept. 1880; 
lauréat de l'Institut, 1881; interprète-chancelier à Canton (non in- 
stallé), 24 août 1882; interprète de seconde classe à Chang-Haï, 10 
mars 1883; vice-consul de 2^ classe à Hankeou, P'^ mai 1884; 
oflBcier d'académie, 31 déc. 1885; vice-consul de 1^^^ classe, 14 
juillet 1887; consul honoraire, 29 mars 1888; chargé du consulat 
de Long-tcheou (non installé) 6 nov. 1888; chargé du consulat de 
Canton, 7 janvier 1889; consul de seconde classe, 26 sept. 1892; 



1) Notice by Arthur A. Macdonell. {Jour. Roy. As. Soc, April 189B, pp. 453— 4B7). 

2) The Three Fold San-Tze-King or the triliteral Classic of China as issued. I. by 
Wang Po Keou, II. by Protestant Missionaries in that country; and III. by the Rebel 
Chief, Tae-ping-Wan^. Put into English, with Notes by the Rev. S. C. Malan, M. A., of 
Balliol College, Oxford, and Vicar of Broadwindsor, Dorset. London: David Nutt, 1856, 
in-12, pp. 78. 

3) A Letter to the Right Honourable the Earl of Shaftesbury, President of the 
British and Foreign Bible Society; on the Pantheistic and on the Buddhistic Tendency of 
the Chinese and of the Mongolian Versions of the Bible published by that Society. By the 
Rev. S. C. Malan, M. A., of Balliol College, Oxford, and Vicar of Broadwindsor, Dorset. 
London: Bell and Daldy, 1856, br. in-8, pp. 38. 

— Who is God in China, Shin or Shang-te? Remarks on the Etymology of DPIvJ^ 
and of 0EOS, and on the rendering of those terms into Chinese. By the Rev. S. C. Malan, 
M.A...., London, Bagster, s. d. [Feb. 1855], in-8, pp. viii — 310. 



24 

chevalier de la légion d'honneur, 31 juillet 1894, Imbault-Huart 
était également officier de l'Instruction Publique et décoré de la 
3® classe du Double Dragon de Chine. Parlant de ses travaux pé- 
dagogiques, M. Devéria écrit: ') «Dans ces ouvrages, excellents pour 
l'étude en Chine du dialecte pékinois, M. Huart a employé une 
orthographe transcriptive s'adaptant particulièrement au langage de 
la capitale actuelle de la Chine, orthographe qu'il avait tenté d'in- 
troduire dans ses premiers travaux géographiques et historiques; 
c'était une innovation dont l'école sinologique anglaise avait donné 
le fôcheux exemple, mais à laquelle il ne fit aucune difficulté de 
renoncer le jour où il eut bien constaté les nombreux inconvénients 
qui en résultaient pour le lecteur et l'étudiant». Nous donnons en note *) 



1) Camille Imbault-Huart. Par G. l).[evéria]. {Journ. Asiat., Janv.-Fév. 1898, pp. 
147—8). 

2) Hist, de la Conquête de la Birmanie par les Chinois sous le règne de Tç'ienn-long, 
trad, du Chinois, Paris, 1878. — Hist de la Conquête du Népal par les Chinois sous le 
règne de Tç'ienn-long (1792), trad, du Chinois, Paris, 1879. — Mémoire sur les guerres 
des Chinois contre les Coréens, de 1618 à 1627, d'après les documents chinois, Paris, 1880. 

— Recueil de documents sur l'Asie centrale, trad, du chinois, Paris, 1881 (Vol. XVI des 
Pub. de l'Ecole des Langues orient, vivantes). — Les Instructions familières du Dr. Tchou 
Pô-lou, Paris, 1881. — Anecdotes, historiettes et bons mots en chinois parlé, Peking, 1882. 

— Trois Contes de Fées, trad, du Chinois. {Rev. Ext. Orient, II, No. 3, 1884). — Note 
sur l'inscription bouddhique de la passe de Kiu-young-kouan, près la grande Muraille. 
{Ibid., II, No. 4, 1884). — Les peuples tributaires de l'empire chinois. {Mag. pitt., 29 
fév. 1884). — Fragmens d'un voyage dans l'intérieur de la Chine, Chang-hai, 1884. — 
La légende du premier pape des Taoïstes, Paris, 1885. — Un épisode des relations diplo- 
matiques de la Chine avec le Népal en 1842. {Rev. Ext. Orient, III, No. 1, 1885), — 
Une rivalité au palais au temps de la dynastie des Han. {Ibid., Ill, 1886). — La presse 
chinoise {La Nature, 27 juin 1885). — Manuel de la langue chinoise parlée à l'usage des 
Français, Peking 1885. — Kouan-ti, le Dieu de la Guerre chez les Chinois {Rev. Hist. 
Religions, XIII, No. 2, 1886). — Récit d'une excursion à la Grande Muraille {Mag. pitt., 
avril 1888). — Manuel de la langue coréenne parlée à l'usage des Français, Paris, 1889. 

— Deux insurrections des Mahometans du Kansou (1648 — 1783), Paris, 1889. — Hist, 
de la Conquête de Formose par les Chinois en 1683, trad, du chinois, Paris, 1890. — 
Cours éclectique, graduel et pratique de langue chinoise parlée, Peking, 1887 — 1890, 4 
vol. in-4. — Le pays de Hami ou Khamil, Paris, 1892. — Manuel pratique de la langue 
chinoise parlée, à l'usage des Français, 2« éd., Hongkong, 1892, pet. in-4. — L'île For- 
mose, histoire et description.... précédé d'une introduction bibliographique par M. Henri 
Cordier, Paris, 1893, in-4. 



25 

la liste des principales publications de cet agent distingué dont 



— Miscellanées chinois, par M. Camille Irabault-Huart. {Journal Atiatique): 

I. — Un épisode de l'insurrection des Toun^anes dans le Turkestan chinois en 1866. 

— II. Une cérémonie bouddhiste en Chine. — III. Une visite au temple de 
Confucius à Changhaï. — IV. Une visite à l'établissement religieux et scienti- 
fique de Si Ka oué, près Changhaï. — V. Pensées et maximes inédites tradui- 
tes du chinois. (VII» Sér , XVI, oct.-déc. 1880, pp. 521 — 545.) 

I. — Une visite à un établissement charitable indigène près Changhaï. — II. No- 
tice sur la vie et les œuvres de Oueï Yuann. (VU« Sér., XVIII, août-sept. 1881, 
pp. 256 — 277.) — III. Historiettes morales. — IV. Anecdotes et bons mots. 

— V. Nouvelle. — VI. Les ponts suspendus au Yun-nann — VII. Pensées et 
maximes inédites (Vll^ Sér., XVIII, oct-d»c. 1881, pp. 534—553.) 

I. — La mort d'une impératrice régente en Chine (coutumes chinoises et page 
d'histoire contemporaine). — II. Anecdotes do temps de la dynastie mongole. 

— III. Apologue: le renard qui emprunte la force du tigre. (VII« Sér., XIX, 
Fév.-Mars 1882, pp. 252—269.) 

Fragment d'un voyage dans la province du Kiang-sou. — Les collines, près Chang- 
hai, et la route de Sou-tchéou, capitale de la province. (VHP Sér., II, Août- 
Sept. 1883, pp. 284—303.) 

I. — Détails rétrospectifs sur la mort de l'impératrice de l'Est: 1. pétition des 
barbiers de Changhaï; 2. instructions du gouverneur de la province du Kiang- 
sou au sujet du deuil provisoire à observer jusqu'à l'arrivée du testament de 
l'impératrice. — II. Coutumes et superstitions: 1. Origine de la fête du dou- 
ble-neuf; 2. La légende de la fileuse et du berger. — III Une révolte des trou- 
pes chinoises à Vou-tchdng-fou. (VHP Sér., III, Janv. 1884, pp. 80—94.) 

L — Le pèlerinage de la montagne du pic mystérieux près de Peking. — II. La 
fête de la mi-automne et le mythe du lapin lunaire. — III. De la condition 
du paysan dans le nord de la Chine. (VIII« Sér., V, Janv. 1885, pp. 62—77.) 

I. — Les deux soles ou acteur par amour, drame chinois en prose et en vers. 
(XVII* siècle.) — II. Les génies des portes. Légende chinoise. (VHP Sér., XV, 
Avr.-Juiu 1890, pp. 483—496.) 

— Les Français à Changhaï en 1853 — L855. Episodes du siège de Changhaï par les 

Impériaux par M. Arthur Millac. {Revue de l'Extrême-Orient, Tome H, 1883, pp. 1 — 53.) 

Il a été fait un tirage à part de ce travail: Paris, Ernest Leroux, 1884, in-8, 
pp. 58. 

— Un poëte chinois du XVIII« siècle. — Yuan Tseu-Ts'ai, sa vie et ses œuvres. Par 
Camille Imbault-Huart, Vice-Consul de France. (Joum. C. B. R. A. S., N. S., Vol. XIX, 
Part II, 1884, Art. I, pp. 1—42.) 

— La Poésie Chinoise du XlVème au XIX" siècle. Extraits des poètes Chinois, traduits 
pour la première fois, accompagnés de notes littéraires, philologiques, historiques et de 
notices biographiques. Par C. Imbault-Huart, Vice-Consul de France, etc., Paris, Ernest 
Leroux, 1886. 

Notice: China Review, XV, pp. 134—136. Par E. J. E[itel]. 

— Poésies modernes traduites pour la première fois du chinois, accompagnées du 
texte original, et d'un commentaire qui en explique les principales difficultés, par C. 
Imbault-Huart, Consul de France.... Peking, Typ. du Pei-t'ang [et] Paris, E. Leroux, 
1892, in-8, pp. vm— 167. 

Ces poésies sont extraites de l'œuvre poétique de Yuan Tseu-ts'ai. 

— Le Journal et le journalisme en Chine par M. Imbault-Huart, Consul de France. 
— Conférence faite à la l'« Section de la Société de Géographie commerciale. (Extrait du 
Bulletin. Tome XV. N°. 1.) Paris, 1893, br. in-8. pp. 31. 

Notice par Guillaume Ueppiug, Journal O^ciel, 28 juillet 1893. 



26 

on trouvera plus loin l'indication des travaux parus depuis notre 
dernier sommaire. M. Imbault-Huart a laissé une remarquable 
collection de livres chinois dont le catalogue sommaire a été dressé 
à Hongkong. 

Pavie. — Théodore Marie Pavie, né à Angers, le 16 août 
1811; mort le 29 avril 1896; ce doyen de la sinologie vivait fort 
retiré depuis quelques années; nous lui avons consacré une notice 
nécrologique dans le T'oung-Pao *). 

Cernuschi. — Henri Cernuschi *), né à Milan en 1821; mort 
à Menton, le 4 mai 1896; le musée qu'il a légué à la Ville de 
Paris a été inauguré le mercredi 26 octobre 1898 par M. Navarre, 
Président du Conseil municipal de Paris, M. de Selves, Préfet de 
la Seine, et M. Léon Bourgeois, ministre de l'Instruction publique 
et des Beaux-Arts. 

Lallemant-Dumoutier. — Notre jeune collaborateur, inter- 
prète au Consulat général de France à Chang Haï, est mort subi- 
tement dans cette ville le 12 avril 1897; Georges Lallemant- 
Dumoutier '), né le 22 janvier 1866, jeune de langues, diplômé de 
l'Ecole des Langues orientales vivantes, fut nommé élève-interprète 
à Peking le 15 sept. 1888; il a été gérant de la chancellerie de 
Mongtse (5 fév. 1891), gérant de ce consulat (31 oct. 1891—24 
avril 1892), chargé des fonctions d'interprète-chancelier à Mongtse 
(29 mars 1892), interprète de 2^ classe (14 août 1893), enfin chargé 
des fonctions d'élève-interprète à Chang-Haï (8 avril 1895). 

Martin. ~ Le Dr. Charles Ernest Martin*) est mort à 66 
ans à Epinay-sur-Seine le 1^^ juin 1897; ancien médecin de la 



1) Notice par Henri Cordier, Toung-Pao, VII, Oct. 1896, pp. 417—423. 

2) Notice par Henri Cordier. Toung-Pao, VIT, Oct. 1896, pp. 423—427. 
8) Notice par Henri Cordier, Toung-Pao, VIII, Juillet 1897, p. 344. 

4) Notice par Henri Cordier, Toung-Pao, VIII, Juillet 1897, pp. »44—6. 



27 

légation de France à Peking, à l'époque du Comte Lallemand, 
puis médecin-major à l'Ecole Polytechnique, il avait pris sa re- 
traite il y a quelques années. Il a publié un grand nombre de tra- 
vaux sur la Chine qui sont indiqués dans la Bib. Sinica. Ses deux 
ouvrages les plus importants sont, l'un sur la tératologie, l'autre sur 
l'opium '). 

Castonnet des Fosses. — Henri Louis Castonnet dks Fosses, 
mort à Paris le 26 mai 1808 dans sa cinquante deuxième année, 
ancien Vice- Président de la Société de Géographie commerciale de 
Paris, s'était livré aux études coloniales et a laissé quelques 
ouvrages consacrés aux pays d'Extrême-Orient *). 

Simon. — G. Eugène Simon '), mort à St. Georges d'Oléron 
le 29 sept. 1896, ancien consul de France en Chine, a publié des 
ouvrages sur l'agriculture et les sociétés d'argent dans ce pays. Cf. 
Bib. Sin. Dans les dernières années, il avait écrit un livre sur la 
Cité chinoise qui avait fait un certain bruit à cause des théories, 
peu solides d'ailleurs, qui y étaient exposées *). 



1) Bibliothèque générale de physiologie. — L'Opiuh, ses abas, Mangeurs et fumeurs 
d'opium. Morphinomanes, par le Docteur Ernest Martin Ex-Médecin-Major de l'Ecole 
Polytechnique et de la légation de France à Pékin. Lauréat de l'Académie de médecine. 
— Paris, Société d'éditions scientifiques. — 1893, pet. in-8, pp. 176 

2) Les rapports de la Chine & de l'Ânnam par M. H. Castonnet Desfosses.... — 
Extrait de la Revue de Droit inttrnational. Bruxelles & Leipzig, C. Muquardt, br. in-8, 
pp. 70. 

3) Notice par Henri Cordier, Toung-Pao, Vil, Dec. 1896, pp. 692—8. 

4) La Cité chinoise, par 6. Eugène Simon, ancien consul de France en Chine, ancien 
élève de l'institut national agronomique de Versailles. Paris, Nouvelle Revae, 1886, in-12, 
pp. 889 + 1 f. n. ch. 

Trad, en anglais, 1887. 

— La Cité française par le lettré Faft-ta-gell, Membre de PAcadcmie des Hafl-Lifl- 
Mémoire adressé au Ministère des Rites de l'Empire chinois publié par 6. Eugène Simon, 
Auteur de la Cité chinoise. Paris, Librairie de la Nouvelle Revue, 1890, in-18, pp. viii — 
820 -f- 1 p. n. ch. 

— 6. Eugène Simon Ancien Consul de France en Chine Ancien Élève de l'Inatitat 
national agronomique de Versailles. — Sur la Terre et par la Terre. — Paris, Librairie 
de la îioitvelle Revue, 1893, in-12, pp. vu — 316. 



28 

Raoul. — Edouard-François-Armand Raoul ^), né à Brest le 
20 août 1845, mort le 26 avril 1898 au manoir de Kergrohas, 
Lannilis (Finiaterre) ; pharmacien en chef de première classe des 
colonies, professeur à l'Ecole coloniale; il appartenait à nos études 
par la brochure sur Formose ^), qu'il écrivit, par ordre, lors du 
conflit franco-chinois, et par sou dernier voyage à l'intérieur de 
Sumatra et de Java. 

Dabry de Thiersant. — M. Dabry de Thiersant est mort 
cet été (1898) à Lyon où il était de passage. Claude-Philibert Dabry 
est né le 5 avril 1826; sorti de St. Cyr dans l'infanterie de marine, 
il fut capitaine aa 51® régiment d'infanterie (16 déc. 1856), prit 
part à l'expédition de Chine de 1860 et fut commissaire du gou- 
vernement français aux Tchousan et à T'ien-tsin ^); il entra alors 
dans le service consulaire comme gérant du consulat de Han-keou 
(28 juillet 1862); il franchit successivement les étapes de: consul 
de 2® classe (11 déc. 1865), chargé de la gérance du consulat de 
Chang-Haï (9 déc. 1868), puis de Canton (27 nov. 1869), consul de 
pre classe (2 août 1871), envoyé au Guatemala comme Consul géné- 
ral et chargé d'affaires (26 janvier 1878) *); retraité comme ministre 
plénipotentiaire de i^^^ classe le 30 uov. 1884. M. Dabry a beau- 
coup écrit, notamment sur la médecine ^), la pisciculture ^), le 



1) Notice par le Dr. Vincent, médecin en chef de la marine. {Bul. Soc. Géogr. comm., 
Paris, XX, 1898, pp. 258—260). 

2) Les gages nécessaires (Yun-nan, estuaire du Yang-tse, Hai-nan, Formose) par E. 
Raoul.... Première Partie, Formose. Brest, 1886, in-8, pp. 101. 

3) Guide des armées alliées en Chine ou Dialogues sur les reconnaissances militaires 
en trois langues, français, anglais, chinois avec la prononciation figurée du chinois suivi 
d'un vocabulaire chinois, français, anglais et précédé de la division des provinces de la 

Chine et de l'hygiène à observer dans ces contrées par P. Dabry Vu et corrigé par 

un lettré chinois Paris, Henri Pion, 1859, in-12. 

4) De l'origine des Indiens du Nouveau Monde et de leur civilisation. Paria, 1883, in-8. 
6) La médecine chez les Chinois par Le capitaine P. Dabry, Consul de France en Chine, 

chevalier de la Légion d'honneur, membre de la Société Asiatique de Paris. Ouvrage cor- 
rigé et précédé d'une préface par M. J. Léon Soubeirau, Docteur en médecine. Docteur es- 



mahométisme '), la piété filiale ^), etc. '), mais ses ouvrages ont été 

Seienoes, Professeur agrégé à l'Ecole de Pharmacie, — Orné de planches anatomiques 
Paris, Henri Pion, 1863, in-8, pp. xii— 680. 

— A. Gubler «Etudes sur la matière médicale des chinois». Rapport fait à l'Académie 

de médecine.... Paris, 1872, in-8, pp. 11. 

Au sujet des «Etudes sur la matière médicale des Chinois par MM. Dabry de 

Thiersant et le Dr. Léon Soubeiran» [Pauly, col. 1235.] 
Traduit en anglais dans la CMna Review, III, pp. 119 — 124. 

— La Matière médicale chez les Chinois; par M. le docteur J. Léon Sonbeiran, pro- 
fesseur agrégé à l'école de pharmacie et M. üabry de Thiersant, Consul de France en Chine. 
Précédé d'un rapport à l'Académie de médecine de Paris, par M. le proiessear Gubler. 
Paris, G. Masson, 1873, in-8, pp. x— 323. 

6) Note sur la pisciculture en Chine, par P. Dabry. {Revue maritime et colonial«, X, 
1864, pp. 243-252). 

— La Pisciculture en Chine, par M. Dabry de Thiersant, Consul de France 

Ouvrage accompagné de 51 Planches représentant les principaux instruments de piscicul- 
ture et engins de pêche employés par les Chinois et quelques nouvelles espèces de poissons 
recueillies en Chine par P. 1). de Thiersant, précédé d'une introduction sur la pisciculture 
chez les divers peuples par le Dr. .1. L. Soubeiran, Professeur agrégé à l'Ecole de Phar- 
macie de Paris, Paris, G. Masson, 1872, gr. in-4, pp. ix — 173. Pub. à Fr. 40. 

— Ostriculture in China. By Dabry de Thiersant. (C-4»»« Äew«?«?, IV, 1876, pp. 38— 42.) 

1) De l'insurrection mahométane dans la Chine occidentale, par M. Dabry de Thiersant, 
Consul de France à Canton. (./. As., 7* Sér., Vol. III, 1874, pp. 17—46.) 

Tirage & part; br. in-8, pp. 31. 

— Le présent et l'avenir de l'islamisme en Chine par P. Dabry de Thiersant. (Revuâ 
géogr. intern., 1877, ^°. 26.) 

— Le Mahométisme en Chine et dans le Turkestan oriental par P. Dabry de Thier- 
sant, Consul général et Chargé d'affaires de France. Ouvrage orné de dessins originaux 
par F. Régamey, et d'une carte du Turkestan Oriental. Paris, Ernest Leroux, 1878, 2 vol. 
in-8. 

-— Prières des Musulmans chinois, traduit sur l'original en arabe et en persan, 
Da'aouàt el Moslemim, imprimé à Canton en 1876. Paris, Ernest Leroux, 1878, br. in-8, 
pp. 46. 

2) La Piété filiale en Chine par P. Dabry de Thiersant, Consul de France. Ouvrage 
orné de vingt-cinq vignettes chinoises. Paris, Ernest Leroux, 1877, pp. m — 226. 

3) Sur les Vins et Etaux-de-vie fabriqués en Chine par M. Dabry de Thiersant {Bull, 
de la Soc. d'Accl, février 1878, pp. 90-102). 

— Le Massacre de Tien-tsin et nos intérêts dans l'empire chinois par P. Dabry de 
Thiersant. Extrait du Correspondant. Paris, Charles Douniol, 1872, br. in-8, pp. 39. 

— Nos intérêts dans l'Indo-Chine par P. Dabry de Thiersant — Avec une carte du 
Tonkin — Paris, Ernest Leroux, éditeur — 1884, in-8, pp. 31. 

Avec une carte de Romanet du Caillaud. 

— La solution de la question du Tonkin au point de vue des intérêts français par 
P. Dabry de Thiersant, ancien ministre plénipotentiaire. Paris, Librairie Leopold Cerf — 
1885, in-8, pp. 84 



BO 

souvent critiqués, sans injustice. Sir Thomas Wade s'est plaint à 
naoi de la désinvolture avec laquelle Dabry lui avait emprunté, sans 
le citer, son livre sur l'armée chinoise ') et le Col. Yule a donné 
un compte-rendu des plus désobligeants ^) de son travail sur l'in- 
scription de Si-ngan fou *). 

Joest. — Wilhelm Joest, voyageur et anthropologue allemand *), 
né le 15 mars 1852 à Cologne, est mort le 25 nov. 1897 dans 
l'île de Santa Cruz (Mélauésie). C'est lui qui avait découvert dans 
le sud de l'Espagne, près de Gibraltar, la colonie chinoise signalée 
dans le T'oung-Pao, IV, 1893, pp. 458—460. 

Haas. — Joseph Haas, consul général d'Autriche-Hongrie à 
Chang-Haï, né eu 1847 à Pilsen, mort accidentellement le 26 juillet 
1896, à l'île de Pou-tou dans les Tchou-san ^). 

Valenzianl. — Le professeur Carlo Valenziani, né à Rome le 
3 mars 1831, est mort le 27 nov. 1896. Je dois à l'extrême obli- 
geance de M. le prof. Nocentini les renseignements suivants sur la 
carrière de ce savant distingué: Lauréat en philosophie (13 Janvier 



1) Organisation militaire des Chinois on la Chine et ses Armées, suivi d'un Aperçu 

sur l'Administratiou civile de la Chine. Par P. Dabry, Capitaine d'infanterie Paris, 

Henri Pion, 1859, in-8, pp. xix— 428. 

2) The Athanaeum, N°. 2699, Aug. 18, 1877, pp. 209—210. 

3) Le Catholicisme en Chine au VHP siècle de notre ère, avec une nouvelle traduction 
de l'inscription de Sy-ngan-fou, accompagnée d'une grande Planche, par P. Dabry de Thier- 
sant. Consul de France. Au profit de l'œuvre de la Propagation de la Foi en Chine. Paris, 
Ernest Leroux, 1877, in-8, pp. 59. 

4) Aus Japan nach Deutschland durch Sibirien von Wilhelm Joest. — Mit fünf Licht- 
drucken und einer Karte. Köln, M. Dnmont-Schauberg, 1883, in-8, pp. vu — 328 -|- 3 p. 
n. eh. 

— Wilhelm Joest. — Beiträge zur Kenntniss der Eingebornen der Inseln Formosa 
und Ceram. i^Verhandl. d. Berliner Oes. f. Anthrop.... Jahrg. 1882, pp. 53—93.) 

— Ein Besuch beim Könige von Birma. — Von Wilhelm Joest. Besonderer Abdruck 
ans der Kölnischen Zeitung, 1880. Köln, 1882. Verlag der M. Du Mont-Schaubergschen 
Buchhandlung, br. in-8, pp. 46. 

B) Notice par Henri Cordier, ToungPao, VII, Oct. 1896, pp. 427—8. 



'31 

1847); lauréat en droit (20 Sept. 1850); membre correspondant de 
l'Athénée Oriental (28 Mars 1871); diplôme de membre libre de 
l'àthénée Oriental (20 Décembre 1872); chevalier de la Légion 
d'honneur (29 Dec. 1874); membre délia Società Geografica Italiana 
(28 Août 1875); Chargé par le Ministre Coppino d'enseigner la 
langue Japonaise à l'Université de Rome (28 Octobre 1876); pro- 
fesseur extraordinaire (1877); professeur ordinaire (1892); académi- 
cien ordinaire (Académie orientale) del Regio Istituto di Studii 
superiori à Florence (31 Janvier 1877); appelé à faire part d'une 
Commission de l'Académie Reale dei Lincei, avec Mich. Amari, 
Dom. Berti, Dom. Carutti, et P. S. Mancini (22 Mars 1881); Con- 
seiller Communal de Rome par 6714 votes (20 Juin 1881); chargé 
de représenter le gouvernement aux examens de licence du cours 
triennal de langues orientales, au Collegio Asiatico di Napoli (2 
Juin 1881); mention honorable conférée par le jury du 3*^ Congrès 
géographique international (22 Mars 1882); membre de la Commis- 
sion pour examiner les travaux présentés au concours Gerson da 
Cunha, avec Ascoli, Boccardi, Cantù et Genepi (31 Mars 1882); 
membre d'honneur de l'Académie Petrarca d'Arezzo (3 Février 1882); 
chevalier des SS. Maurice et Lazare (22 Janvier 1884); demande du 
Conseil supérieur de l'Instruction publique d'un rapport sur la 
grammaire mandchoue de Hoffmann (6 Avril 1884); académicien 
d'honneur de l'Académie romaine de St. Luc (20 Juin 1887); fait 
partie de la commission pour examiner les titres des aspirants aux 
chaires du Regio Istituto Orientale di Napoli avec Ascoli, Compa- 
retti, Guidi, d'Orizio, Schiaparelli, etc. (25 Août 1890); OfiBcierdes 
SS. Maurice et Lazare (20 Janvier 1892); nommé par l'Empereur 
du Japon commandeur de l'Ordre du Trésor Sacré; membre délia 
Regia Accademia dei Lincei (1876); mention honorable conférée par 
le jury de la Soc. géographique italienne pour la carte panoramique 
et topographique exposée à l'Exposition internationale géographique, 



B2 

Classe VIII, Venise (22 Sept. 1881). Je donne l'indication de 
quelques-uns des derniers travaux de M. Valenziani *) dont j'aurai 
d'ailleurs l'occasion de reparler au Chap. Italie. 

Happer. — Le Rév. Andrew Patton Happer ^ El ^ 1S 
O-'pa Ngan-té^ né le 20 oct. 1818 près de Monogahela City, 
Washington County, Pa.; f à Wooster, Ohio, 27 oct, 1894'). Il a 
pris une part très active à la question du Term sous le pseudo- 
nyme de Inquirer '). Il a laissé un fils, commissaire des Douanes, 
mort malheureusement en Mandchourie, et une fille qui avait épousé 



1) Naga-Mitu Antica Rappresentazione scenica giapponese Nota del socio Carlo Valen- 
ziani. Roma, Tip. délia R. Ace. dei Lincei 1891, in-8, p. 301 à 308. 

Rendiconti della R. Accademia dei Lincei CI. di scienze morali, storiche e filologiche 
Est. d. vol. VII. 1° Sem. fasc. 8 — Seduta del 19 aprile 1891. 

— Sul Letterato Giapponese Kai-bara Yosi-huru e suUa sua opera Kotowaza-Gusa-Nota 

del socio Carlo Valenziani. Roma tip. d. R. Ace. d. Lincei, 1892, in-8, pp. 25. 

Rendiconti d. R. Ace. d. Lincei. CI. di scienze morali... I, fasc. 3, Seduta del 20 
marzo 1892. 

— Carlo Valenziani — La Spiaggia di Stima, Scene drammatiche Tradotte dal Giap- 
ponese. Roma, Tip. d. R. Ace. d. Lincei, ]894i, br. in-8, pp. 29. 

Est. della Rivista trimestriale VOriente Vol. I, N. 3. — 1 Aprile 1894. 

2) A Visit to Peking, with some notice of the Imperial Worship at the Altars of 
Heaven, Earth, Sun, Moon and the Gods of the Grain and the Land. By Rev. A. P. Happer, 
D.D. — Shanghai: American Presbyterian Mission Press. — 1879, in-8, pp. 27. 

— The Connection of the Post-Diluvians with the Ante-Diluvians. br. in-8, pp. 17. 

Signée : A. P. Happer. 

From the Chinese Recorder, Nov. 1880, Foochow. 

— An Essay on the proper rendering of the words Elohim and Theos into the Chinese 
Language. By Inquirer [Rev. A. P. Happer]. Shanghai: Presbyterian Mission Press. 
MDCCclxxvii, br. in-8, pp. 32 et 19 p. de texte chinois. 

— va f. » ^"t I' ^^ ^■^^ Shang-Ti of the Chinese Classics the same Being as 
Jehovah of the Sacred Scriptures? — Part II, What Being is Designated Shang-Ti in the 
Chinese Classics and in the Ritual of the State Religion of China. By Inquirer [Rev. A. 
P. Happer]. Shanghai: Presbyterian Mission Press. mdcccIxxvii, br. in-8, pp. 70 et 26 
p. de texte chinois. 

— The State Religion of China — By Inquirer. — Shanghai: American Presbyterian 
Mission Press. — 1881, in-8, pp. 44. 

— A Letter to Prof. F. Max MuUer on the Sacred Books of China, Part I. By In- 
quirer. — Shanghai: American Presbyterian Mission Press. — 1880, br. in-8, pp. 26 -\- 
1 p. n. ch. 

Sur le Vol. Ill de la collection des Sacred Books of the East (Chou-king, Chi-king, 
et Hiao-king). 



83 

le regretté Geo. B. Glover, l'un des plus anciens commissaires des 
douanes chinoises, grand collectionneur de monnaies, cataloguées 
par Stewart Lockhart. 

Koung. — Le Prince Koung ^ ^ ^ (^ 9f ) néen 1832, 
sixième fils de l'empereur Tao-Kouang, et frère de l'empereur 
Hien-Foung, ne peut être oublié dans cette nécrologie; nous n'avons 
d'ailleurs pas à étudier le rôle politique important qu'il eut à jouer 
depuis l'expédition de 1860. C'était un homme d'une remarquable 
intelligence, et il faisait un contraste singulier avec les autres 
membres de la famille impériale, qui ne possédaient aucune de ses 
brillantes qualités. Le Prince Koung a été la cheville ouvrière de la 
politique extérieure de la Chine, jusqu'au moment où l'influence de 
Li Houng-tchang devint prépondérante. Le Prince Koung est mort 
le 30 Mai 1898 '). 



TRANSLITERATION DU CHINOIS. 

La translitération des caractères d'une langue dans une autre 
est, depuis longtemps, la préoccupation des savants. Les géographes 
les premiers, se sont mis d'accord pour adopter un système de 
transcription de noms de lieux qui est assez satisfaisant, sauf pour 
le Chinois. 

Les pays de langue anglaise ont adopté pour les noms géogra- 
phiques le système de la Royal Geographical Society. La Société 
de Géographie de Paris a également chargé un comité composé de 
MM. d'Abbadie, Bouquet de la Grye, Grandidier, Perrier (de l'In- 
stitut), Henri Cordier, Gauthiot, Germain, Maunoir, général Par- 
mentier, Pinart, Ploix et Schrader de chercher an système commun 



1) Notice par G. Schlegel, Toung-Pao, Vol. IX, p. 253—65. 



34 

de transcription; le résultat des travaux de cette commission a été 
présenté dans un rapport par M. Bouquet de la Grye *) et voici le 
résumé de la discussion: 

OETHOGRAPHE DES NOMS GÊOGKAPHIQUES 

RÉSUMÉ DES PROPOSITIONS FAITES PAR LA SOCIÉTÉ DE GÊOGRAPmE. 

«Les noms géographiques des nations qui emploient dans leur 
écriture des caractères latins (langues néo-latines, germaniques, 
Scandinaves) seront écrits avec l'orthographe de leur pays d'origine. 

Les règles qui vont suivre s'appliquent uniquement aux noms 
géographiques de pays qui n'ont point d'écriture propre ou qui 
écrivent avec des caractères différents des caractères latins. 

Toutefois, à titre exceptionnel, on conservera l'orthographe usitée 
pour les noms de lieux, lorsqu'elle a été consacrée par un long usage. 
Exemple: La Mecque, Naples, Calcutta. 

1. Les voyelles a, e, i, o se prononceront comme en français, 
en italien, en espagnol ou en allemand. La lettre e ne sera 
jamais muette. 

2. Le son u français sera représenté par un ü avec un tréma, 
comme en allemand. 

3. Le son ou français sera représenté par un u comme en italien, 
en espagnol, en allemand, etc. 

4. Le son eu français sera représenté par le caractère œ prononcé 
comme dans œil. 

5. L'allongement d'une voyelle pourra être indiqué par un accent 
circonflexe; un arrêt dans l'émission pourra être figuré par 
une apostrophe. 



1) Rapport II la Société de Géographie de Paris sur l'orthographe des noms géogra- 
phiques. {Bul. Soc. Oéogr., 2« trim. 1886, pp. 193—202). 

— Rapport au Comité' sur l'Orthographe des noms portés sur les Cartes hydrogra- 
phiques, in-fol., pp. 10 antog. 



35 

6. Les consonnes 6, d, /, k, /, m, «, p, q, r, <, v, z se pro- 
nonceront comme en français. 

7. ^ et 5 auront toujours le son dur français; exemple: gamelle^ 
sirop. 

8. L'articulation représentée en France par ch s'écrira «/i; exemple: 
èhérif, Kashgar. 

9. Kh représentera la gutturale forte; gh la gutturale douce des 
Arabes. 

10. Th représentera l'articulation qui termine le mot anglais path 
{Q grec). 

Dh représentera le son qui commence le mot anglais those 
(S grec). 

11. En dehors de ces emplois de la lettre h qui modifient le son 
de celle qui la précède, cette lettre sera toujours aspirée; il 
n'y aura, par suite, jamais d'apostrophe avant un nom com- 
mençant par un h. 

12. L'i semi- voyelle sera représenté par uç y prononcé comme 
dans yole. 

13. Le w semi-voyelle se prononcera comme le mot anglais 
William. 

14. Les sous doubles dj^ ich, ts, etc. seront figurés par les 
lettres représentant les sons qui les composent. Exemple: 
Matshim. 

15. L'n (fi) surmonté d'un tilde se prononcera gn comme dans 
seigneur. 

16. X, c, q disparaissent comme faisant double emploi; toutefois, 
cette dernière lettre pourra servir à représenter le qaf arabe, 
et le aîn pourra être représenté par un esprit doux. 

On s'appliquera à indiquer au moyen des caractères ci-dessus 
le plus exactement possible la prononciation locale, sans chercher 
d'ailleurs une reproduction complète des sons que l'on aura entendus. 



36 

Enfin, comme dans les langues chinoises ou malaises Vn est 
souvent mouillée, ou a admis la diacritisation accidentelle de cette 
consonne au moyen d'un tilde, en acceptant ainsi l'orthographe 
espagnole du mot senor dont l'utilité devient incontestable lorsqu'il 
s'agit des mots annamites bin, vin que l'on prononcera bigne et vigne"». 

J'ai justement présidé au Congrès international de Géographie 
à Londres le 30 juillet 1895 la séance consacrée à l'orthographe 
des noms géographiques et malgré le grand intérêt des mémoires lus, 
rien de satisfaisant n'en est sorti en ce qui concerne le Chinois *). 

Pour l'Inde, Sir William W. Hunter, a dû trouver un système 
uniforme de transcription pour les noms géographiques et il s'est 
étendu longuement sur les difficultés de sa tâche ^). Le Dr. James 
Burgess s'est de nouveau occupé de la translitération des alphabets 
orientaux et en particulier de ceux de l'Inde, au Congrès de Genève; 
il remarque que le sujet n'est pas nouveau; que déjà Sir William 
Jones s'en était occupé dans le Vol. I des Asiatic Researches et 
avant lui H. B, Halhead en 1775; quant à l'Inde, que la plupart 
de ses alphabets correspondaient au devanâgarï dont la transcription, 
excepté pour quelques lettres, peut être considérée comme mainte- 
nant fixée *). Précisément à ce même Congrès de Genève une com- 
mission fut chargée d'adopter un système de transcription des 
alphabets sanscrit et arabe qui a établi deux tableaux, l'un pour 



1) On some Points connected with the Orthography of Place-Names. By G. G. Chis- 
holm. {Rep. Sixth Int. Geog. Cong., London, 1895, pp. 483 — 492). 

— Geographical Place-Names in Europe and the East. By Jas. Burgess. {Ibid., pp. 
493—503). 

— Per la Trascrizione e la Pronuncia del nomi geografici. Del Dr. Giuseppe Ricchieri. 
(Ibid., pp. 505—512). 

— Unification internationale de translitération en caractères latins pour la transcription 
des noms géographiques. Par le Docteur Emile Poussie', de Paris. (Ibid., pp. 513—516). 

2) Voir pp. XX— XXV du Vol. I, TAe Imperial Gazetteer of India, 2àeà., London, 1885. 

3) The Transliteration of Oriental Alphabets. By James Burgess. {Actes Cong. Orient. 
Genève, II«- Partie, pp. 27-88). 



37 

lea alphabets sanscrit et pâli, l'autre pour l'arabe '). Ce dernier 
rapport, ainsi qu'un travail de MM. E. Kuhn et Schnorr von 
Karolsfeld (Leipzig, Harrassowitz, 1897) a suscité un mémoire de 
M. Francesco Scerbo, professeur à l'École des Hautes Etudes de 
Florence *). 

Depuis longtemps pour rAnnamite, les caractères chinois ') 
sont représentés par un système de lettres romaines avec certains 
signes diacritiques dont l'ensemble forme une langue, appelée 
guôc ngu ^ |^, dont se servent surtout les missionnaires catho- 
liques pour imprimer leurs livres. 

Le Japon, à son tour, sous le nom de Rdmaji Kai *), se sert 
d'un système de translitération, qui est loin d'avoir pris jusqu'ici 
un bien grand développement. 

Au total, les efforts de romanisation de la langue chinoise, 
quoique nombreux, sont restés relativement infructueux. 

EscAYRAC DE Lauture est uu des premiers qui ait essayé une 

transcription du Chinois en caractères européens, mais je ne saurais 

la recommander pour sa simplicité; il sera diflScile de reconnaître 

j^ dans Oil, jf^ dans Fa, 1^ dans luî/en, etc. °). Il est vrai 



1) X*' Congrès international des Orientalistes. Session de Genève. — Rapport de la 
Commission de transcription, br. in-8, pp. IB. 

2) Le nuove proposte di trascrizione, por F. Scerbo, br. in-8, pp. 7. 

Bstratto dal Giomale délia Soeie/à Asiatica Italiana, Vol. X, 1896—97. 

3) Nos transcriptions. Etude sar les systèmes d'écriture en caractères europe'ens adoptés 
en Cochinchiue française, par Etienne Aymonier, Résident de France au Binh Thuan. Sai- 
gon, Imprimerie coloniale, 1886, in-8, pp. 63 -j- un erratum de pp. 2. 

Extrait des ETCursions et Reconnaissances. 

4) A short Statement of the Aim and Method of the Romaji Kai. (Roman Alphabet 
Association of Japan). Tokyo : Printed at the Insetsu-Kyokn (Imperial Printing Office) 1885, 
br. in-8, pp. 28. 

5) Mémoires sur la Chine par le Comte d'Escayrao de Lantare. Paris, 1865, in-4; 
voir pp. 9 — 10. 



38 

qu'il avait inventé aussi une transcription universelle *). Le Rév. 
James Summkrs a également étudié la question ^). 

Le missionnaire américain, Benjamin Jenkins (arrivé à Hong- 
kong, le 18 Août 1848, mort à Chang-Hai, le 13 Mars 1871), est 
un de ceux qui ont fait l'application la plus grande de la trans- 
cription chinoise en caractères romains ^). Son exemple a été suivi 
dans le Tche-Kiang par les membres de la Church Missionary Society *) 
et par les Missionnaires de la Société Evangélique de Bale ^) dans le 
Kouang-Toung, ainsi que par Mgr. Cosi, dans le Chan-Toung. 



1) Le langage, son histoire, ses lois. Applications utiles de ces lois par le Comte 
d'Escayrac de Lauture. Paris, Mars 1865, in-4. 

2") On the application of the Roman Alphabet to the Languages and Various Spoken 
Dialects of China and Japan. By the Editor [Summers]. {Chinese and Japanese Repository, 
Sept. 1863, pp. 112 et Seq.). 

3) The Great Study or ~T^ ^^ Ta-hyoh, romanized according to the Shanghai 
reading sound, and printed in the Roman character with all the tones indicated, ishanghae, 
1861. 

— The Middle Way or VÜ ^S Ch'ung-yûng, romanized according to the Shanghai 
reading sound, and printed in the Roman character, with all the tones clearly marked. 
Shanghae, 1861. 

— The Conversations of Confucius or gffl gS* Lun-yii, romanized according to the 
Shanghai reading sound, and printed in the Roman character. Shanghae, 1861. 

— The Three Character Classic or — -_ _^- «^ San-tsze-king, romanized according 
to the reading sound for the vicinity of Shanghai, translated literally, and printed with 
the Chinese character and translation interlined. Shanghae, 1860. 

— The Thousand Character Classic or -+* -3!^ "a7" Tsëen-tse-wan, romanized ac- 
cording to the reading sound for the vicinity of Shanghai, and printed with the Chinese 
character and translation interlined. Shanghae, 1860. 

— A List of Syllables for romanizing works according to the reading and colloquial 
sounds of the Shanghai dialect, with a selection of more than 4000 Chinese characters 
suitable for books in the Colloquial of Shanghai. Shanghae, 1861. 

4) 'Ang-tse T'u-yin Tsan-me-s. — Zang-hai. Me-wa s-yun in-tih. — 1872, pet. in-8, 

pp. VI— 64. 

Hymn Book of the Church Missionary Society's Mission, Hangchow, done into the 
Roman Character. Printed at Shanghae by the American Presbyterian Mission 
Press. 

5) Hak Ka Syuk wa Pho Hok. First Lessons in Reading and Writing the Hukka 
Colloquial. — Price 12 cents. — Basel 1869, printed for the Evangelical Missionary So- 
ciety, C. Schnitze, printer, ifl-12, pp. 60. 



89 

Plus que jamais, Toa s'est occupé de la questiou eu Chine dans 
ces derniers temps '): La Presbyterian Mission Press annonçait dans 
le Cliineae Recorder de Février 1896 au prix de 35 cents et à 
l'usage des missionnaires un recueil *) dont elle marquait l'utilité dans 
la note suivante: «The various Sounds and Syllables of all the 
mandarin dialects iu convenient form is desirable and useful to all 
missionaries and others who wish to study the mandarin, or compare 
their own dialect with all the syllables of this important district. 
It contains all the data for full understanding and comparison». 

A. 0. écrit dans le Chinese Recorder, 1897, p. 25, d'après Miss 
J. Johnston: «It will take in mandarin character five years to reach 
anything like the results of the Amoy school in three years iu 
Romauization » . Ce court article est un véritable plaidoyer pour la 
romauisation. Dans le même recueil, 1897, p. 337, le Rév. George 
Parker, de l'Inlaud Mission, écrit à son tour: «During 20 years I 
have meditated on Chinese syllables and their representation in 
writing. There are a few faults common to all systems which must 
be corrected before a uniform system can be constructed. (1), C, 
or K. — Cicero, mispronounced sisero, has been re-spelled Eikero, 
that is, the English changed the sound of c to s and classicists 
Greecised by using k for the spelling of a Roman name. Kirk -)- 
sibilant sh, has been mis-written church. It should have been 
Kshirksh. Ch is a double guttural and not a guttural + » sibilant. 
Writers on phonetics take for granted that ch is a scientific 
representation of the sound heard at the beginning and end of the 
word church; on the contrary it is only one of the thousand 
anomalies and absurdities of modern English ortho(!)graphy. A 



1) Letter on Wen-li v. Vernacular. By Jonathan Lees. (C^.i2«e., XXIII, April 1892, 
pp. 178—181.) 

2) 1200 Mandarin Syllables, Being all the different Syllables ased from the Yangtse 
Kirer to Peking, and inland as far as Hankow, in fire Spellings, 



40 

Roman would write ci, cshi. A Greek would write ki, kshi, — not 
ki, chi. (2). The commixture of dentals and gutturals, Consulters 
of dictionaries must often have been puzzled when hearing two 
natives pronounce the same word with allied sibilants s and sh to 
find different initial consonants used. Tsang, chang; Ts'ï, ch'ï. It 
should be patent to all that the proper spelling is Tsang, Tshang; 
Ts'ï, Tsh'ï. The necessity for attending to this consistency will be 
obvious should the older sounds, e. g., Tang, as "jg* Pp , a doublet 
Tang-tsÄong, be heard still in some dialect. This as to consonants. 
There is no form for the Nanking sound of 'awe', 'or' in {jjl ; 
'erh', 'rï' are not good representations of a pure vowel er, ir, ur. 
If these cougruities can be adjusted we shall be on the road to 
write consistently. I would recommend to Phoneticists Hunt's uni- 
versal Syllabaries, whence I ha<re taken the forms o and a». 

Le Rev. Charles Leaman a proposé un système pour la trans- 
cription du dialecte mandarin dans un livre élémentaire^); voici 
comment est annoncé l'ouvrage (1897): «This is a Primer for 
Schools and Self-instruction; it will also be useful as a basis of 
discussion for a new effort to introduce a uniform method of Ro- 
manization in all the Mandarin-speaking provinces of China (300 
million people)». 

Le système du Rev. Charles Leaman est general; celui du Rev. 
R. H. Graves est confiné aux noms propres ^). 

La Société Asiatique de Chang-Hai, à son tour, a fait une en- 
quête pour savoir s'il était utile d'adopter un système uniforme de 
romanisation des caractères chinois, et a lancé dans ce but une 
circulaire que nous reproduisons. Les résultats de l'enquête ne sont 
pas encore connus. 

1) f^ 0jj5 ^ ^ ï^ "^ ^ General Bomanization of the Mandarin Dialect. 
By Rev. Chas. Leaman, Nanking. 1897, in-8, pp. 100. 

2) Principles of Transliterating Proper Names in Chinese. By Rev. R. H. Graves, 
M.D. (Chin. Rec, XXVIII, Dec. 1897, pp. B81— 4). 



41 

Circulât* on the adimdhility of adopting a uniform 
system of Romanisation of Chinese Characters. 

I am directed by the Council to ask you whether you tliink 
it desirable that our Society should adopt a uniform system of ro- 
manisation for Chinese characters in the publications it annually 
issues. 

The necessity of uniformity has often been discussed by the 
Council, but owing to the great number of Chinese dialects already 
studied, and the many different systems, often for the same dialect, 
proposed by different authors, the Council has not felt itself at 
liberty to disregard the opinions of contributors and impose upon 
their writing a uniform system. The Council feels it can only do 
so with the consent of a majority of the Members of the Society, 
and therefore desires answers upon the following points: 

N.B. — It should be understood that whatever system of 
romanisation be advocated it must be one that has been applied 
to the English language. 

1st. — Do you think that the C. B. of the R. A. S. should adopt 

and enforce a uniform system of romanisation? 
2nd. — If the first point is answered aflfirmatively, which dialect of 

Mandarin do you think should be chosen to represent the 

sounds of the Chinese Characters? 
Srd. — What system of romanisation of the chosen dialect do you 

recommend? 

Z. VOLPICELLI 

Hon. Secretary. 
Answers to he addressed thus: 

The Honorary Secretary, 

China Branch of the Royal Asiatic Society 

Shanghai. 



42 

Enfin dans la séance du mercredi 8 septembre 1897 du Congrès 
des Orientalistes de Paris, M. Martin Fortris a repris la question; 
Toici l'extrait du procès- verbal de la séarce: 

«M. Martin Fortris a la parole pour une proposition relative à 
la transcription du Chinois; l'art. 1^^ est adopté; l'art. 2 donne lieu 
à un échange d'observations entre MM. Inouyé, de Mély, Martin 
Fortris, de Rosny; sur la proposition de M. Maurice Courant, 
l'examen de ce projet est remis à une Commission spéciale pour 
laquelle sont proposés les noms de MM. de Rosny, Schlegel, Douglas, 
Hirth, Turrettini, Devéria, Maurice Courant; ces noms sont acceptés 
par vote à mains levées ; les noms des membres de cette Commission 
seront soumis à la séance générale du Congrès; le projet de M. 
Martin Fortris est renvoyé au procès- verbal définitif». 

Malgré les efforts tentés jusqu'à présent la question n'est pas 
si simple que paraît le croire M. Martin Fortris. Les deux systèmes 
le plus en usage maintenant sont: pour les Anglais, l'orthographe 
de Wade, pour les Français, l'orthographe des anciens missionnaires 
Jésuites avec de légères modifications. 

L'orthographe de Wade doit sa popularité à ce fait qu'elle a été 
adoptée par le Service consulaire anglais et le Service Imperial 
Maritime des Douanes chinoises: c'est la prononciation du dialecte 
de Peking, et son application au Chinois en général a été faite 
absolument contre le gré de son auteur. Les Anglais même ne 
peuvent l'utiliser que s'ils sont au courant de la convention. Il est 
bien certain qu'un Londonien prononcera chin et ch'ing, tchin et 
tching et qu'il est de la sorte impossible de reconnaître les carac- 
tères de l'or et de la Cour ^^ > ^ î il ^^^ ^^'^^ ^^® ^^ même 
Londonien appelait Li Houng-tchang, Laï Huug-chang, sous pré- 
texte que les journaux, écrivaient le nom de famille ^ du célèbre 
homme d'Etat Li\ d'ailleurs l'orthographe de Wade n'a été adoptée 
que par les sinologues sortis des services que nous venons de 



48 

mentionner et a été complètement rejetée par des savants comme 
S. Wells Williams, Joseph Edkins, Alexander Wylie, W. F. Mayers, 
James Legge. Il est vrai que ce dernier a subi pour quelques-unes 
de ses traductions, l'orthographe, grotesque pour le Chinois, impo- 
sée par Max Müller dans les Sacred Books of the East. L'anglais, 
au reste, se prête assez mal aux transcriptions phonétiques; jamais, 
par exemple, les caractères ^ , pî ne seront bien prononcés 
transcrits chow et kow. J'ai montré, à propos du caractère |ll , com- 
ment une mauvaise transcription avait complètement dénaturé le 
nom de la concession américaine de Chang-Haï: 

«On nomma cette portion de la ville Hong que ^ pf , parce 
qu'elle se trouvait à l'embouchure [keou) P de la petite rivière 
Hong ^; depuis l'usage a transformé Hong que en Hong kew; 
pour être logique, il aurait fallu écrire ce kew: kow, comme Han 
kow *^ P , embouchure du Han, j^ yX* ')• 

L'orthographe française actuelle est celle des premiers mission- 
naires: I'm est devenu ou; Vx portugais est devenu ch. Les Alle- 
mands et les Italiens ont un système qui ressemble beaucoup au 
nôtre; ou redevient u; tch est écrit tsch, etc. 

Le regretté WiUiam Frederick Mayers avait jadis protesté ^) 
vigoureusement contre l'emploi du dialecte de Peking et insistait sur 
la nécessité de la prononciation classique du chinois j£ -^ dans la 
transcription des mots et la nécessité d'éviter les parlers locaux. 

Quoiqu'une transcription générale du Chinois me paraisse chi- 
mérique, je crois, comme Mayers, que si on la tente il faut pren- 
dre pour base cette prononciation et choisir de préféreuce lô système 
continental à celui d'Angleterre. 



1) Lea Origines de deux Etablissements français dans r£xtrême-Orient Chang-haï — 
Ning-po — Documents inédits publiés avec une introduction et des Notes par Henri Cor 
dier.... Paris 1896, in-8, p. xxxiv.) 

2) Réimprimé dans le Toung-Pao, VI, pp. 499—508. 



44 



ENSEIGNEMENT DU CHINOIS. 
L'enseignement officiel du chinois a été inauguré en France 
au XVIIP siècle par Fourmont l'ainé et De Guignes le Père. 
Prémare et Gaubil, ainsi que les manuscrits des premiers Jésuites 
à Pekiog, furent les sources auxquelles ils puisèrent une science 
qui n'est que le reflet de celle de leurs maîtres et inspirateurs et 
qui n'assure pas une longue existence à leurs œuvres, l'Histoire 
des Huns exceptée. On peut dire qu'Abel-Rémusat et son élève 
Stanislas Julien furent les vrais fondateurs des études chinoises eu 
France, mais il était facile de prévoir que leur enseignement théo- 
rique ne pourrait suffire lorsque les progrès de la vie moderne ren- 
draient les relations du Céleste Empire avec l'Occident plus aisées et 
plus fréquentes. Le Collège de France ne pouvait donner à la fois 
les cours savants qui sont ou doivent être sa caractéristique en 
même temps que les leçons nécessaires à de futurs drogmans et 
interprètes. C'est là le rôle de l'Ecole des Langues Orientales Vi- 
vantes. Aussi voyons-nous un cours créé dans cette Ecole pour Bazin 
(chargé de cours de 1841 à 1843, professeur de 1843 jusqu'en 1862), 
mais ce savant, d'ailleurs fort distingué, n'avait qu'une connaissance 
théorique de la langue, et lorsque sa mort prématurée laissa la place 
vacante à MM. Stanislas Julien et d'Hervey-Saint-Denys, les cours 
de l'Ecole des Langues Orientales et du Collège de France revêti- 
rent-ils le même caractère. Ce ne fut que lorsqu'on confia résolu- 
ment la chaire de chinois de l'Ecole des Langues à un interprête, 
le Comte Kleczkowski (1871), qu'il fut possible de donner au Dé- 
partement des Affaires Etrangères les agents que les intérêts tou- 
jours croissants de la France dans l'Extrême-Orient rendaient in- 
dispensables; les deux titulaires de la chaire depuis le comte 
Kleczkowski, MM. Maurice Jametel (23 Janvier 1880) et Gabriel 
Devéria (1889) ont tous les deux séjourné en Chine, ce dernier 



45 

pendant de longues années dans le poste important de premier 
interprète de la Légation de France à Peking, préparé par consé- 
quent à former des élèves pour le service chinois. Outre le Chinois, 
l'Aunamite, le Japonais, le Siamois, le Malais, ainsi que l'histoire et 
la géographie, y étant enseignés, l'Extrême-Orient est donc étudié 
complètement. Aussi les élèves ayant grande chance de trouver une 
carrière honorable afi9uent-ils et leur nombre au cours de chinois 
qui varie entre quinze et vingt-cinq '), dcpasse-t-il les besoins du 
service extérieur et est-il infiniment plus considérable que celui des 
établissements similaires à l'étranger. Il est possible, sinon probable, 
que les grands intérêts commerciaux de Lyon en Chine, fassent créer, 
dans cette ville, une chaire de chinois. 

En Italie, les centres de l'étude pour le Chinois sont Florence 
et Naples. Dans la première de ces villes, au Regio Istituto di 
Studi Superiore, M. Antelmo Severini fait le cours des langues de 
l'Extrême-Orient et M. Carlo Puini celui d'histoire et de géographie 
de l'Asie Orientale. A Naples, au Regio Istituta Orientale, M. Lo- 
dovico Nocentini fait le cours de Chinois. J'aurai d'ailleurs, dans ce 
Sommaire, au chapitre Italie, l'occasion de revenir sur ce cours. 

La Faculté Orientale de l'université Impériale Russe possède 
une chaire de Chinois, occupé par le vieux professeur Vasili Pavlo- 
vitch Vassiliev. M. Alexis Osipovitch Ivanovski fait également un 
cours. On remarquera qu'à Saint-Pétersbourg, aussi bien qu'à Berlin 
et à Vienne, l'enseignement spécial des langues orientales est uni- 
versitaire, tandis qu'à Paris, soit au Collège de France, soit à 
l'Ecole des Langues Orientales, il est indépendant. 

L'Allemagne et l'Autriche n'ont pas occupé dans la sino- 
logie la place brillante qui leur appartient dans quelques branches 
des études orientales. Les travaux de Wilhelm Schott à Berlin (né 



1) Il est de trente-deux cette année. 



à Mayence le 3 Septembre 1807, mort à Berlin le 21 Janvier 1889) 
et surtout ceux d'August Pfizmaier à Vienne sont plus remarquables 
par la quantité que par la qualité. Le successeur de Schott, Georg 
von der Gabelentz (1889), donnait moins un enseignement du Chi- 
nois qu'un cours de grammaire comparée; il est probable que le 
chargé de cours actuel, le Prof. Wilhelm Grube, qui s'est fait remar- 
quer par ses études sur la langue niu-tchen, acquerra, par le séjour 
qu'il fait actuellement en Chine, la connaissance pratique de la 
langue que ne possédaient pas ses prédécesseurs. 

Mais Berlin, dont le commerce et les intérêts dans l'Extrême- 
Orient ont été sans cesse grandissant, a créé dans ces dernières 
années un «Seminar für Orientalische Sprachen» sur le modèle de 
l'Ecole de Paris, où un cours de Chinois pratique (qui comprend 
douze élèves) est fait par un homme compétent: M. Karl Arendt, 
ancien premier interprète de la légation d'Allemagne à Peking. 

L'Autriche qui a cependant montré, et par le voyage de la 
Novara et par l'exposition qu'elle organisa à Chang-Haï lors de son 
traité avec la Chine en Septembre 1869, l'intérêt qu'elle prenait 
aux choses d'Extrême-Orient, n'a pas, malgré la facilité qu'on a à 
Vienne d'imprimer le Chinois, grâce à une imprimerie admirablement 
outillée, favorisé nos études autant que les travaux sémitiques, 
indiens et égyptologiques. Elle avait été obligée de chercher son 
interprète, Joseph Haas, dans une maison de commerce, et elle a 
pourvu tardivement au remplacement d'August Pfizmaier en char- 
geant du cours de Chinois M. Franz Kühnert, après un voyage en 
Chine, où il avait eu l'avantage des conseils du Dr. Hirth. 

Le professeur Friedrich Hirth, membre de l'Académie des Sciences 
de Munich, est incontestablement le premier des sinologues de langue 
allemande et l'on s'étonnera qu'on laisse dans l'inactivité un homme 
de cette valeur. 



47 

Les Pays-Bas comptent deux sinologues: le docteur Gustave 
Schlegel et le professeur J. J. M. de Groot, professeur d'ethnogra- 
phie. Depuis le 27 Octobre 1877, le docteur G. Schlegel, fils du 
célèbre naturaliste, professe le Chinois à l'Université de Leyde. Là 
encore, le cours est pratique, car il a pour but de former des inter- 
prètes pour les Indes Néerlandaises; le nombre des élèves est 
restreint, mais il répond aux besoins du gouvernement. 

La Belgique n'avait qu'un cours de Chinois, celui de Mgr. de 
Harlez, à Louvain, cours purement scientifique; on vient, dans 
cette même université, de confier un nouveau cours de Chinois à 
un prêtre des Missions Belges de Mongolie, qui aura donc l'avan- 
tage de la connaissance pratique de la langue. D'autre part, il pa- 
raît qu'il est question de fonder, à l'Université de Gand, des chaires 
de Russe et de Chinois, tandis qu'à l'Université de Liège, seraient 
créées des chaires de Persan et d'Arabe. 

Il est singulier, étant donnés les grands intérêts des Etats-Unis 
en Chine, qu'il n'y ait pas de chaire de Chinois en Amérique. La 
chaire créée pour le Dr. Samuel Wells Williams à l'Université de 
Yale, n'a pas été maintenue après la mort de ce savant (16 février 
1884). Mr. John Fryer, du Kiang-nan Arsenal, avait été nommé à 
la chaire Agassiz de langues et littératures orientales à l'Université 
de Californie, mais je crois qu'il est retourné en Chine. 

Il est surprenant que l'Angleterre, avec les intérêts si im- 
portants qu'elle possède dans le Céleste Empire, ait fait si peu pour 
l'enseignement de la langue chinoise. Pendant très longtemps, la 
seule chaire de Chinois en Angleterre était celle du King's College, 
à Londres, occupée par M. Robert Kennaway Douglas,, ancien 
interprète et vice-Consul en Chine, qui avait donné sa démission 
le 12 Avril 1865 pour entrer au Musée Britannique. Les deux 



48 

grandes Universités d'Oxford et de Cambridge, si riches dans d'autres 
branches de la science, avaient montré la plus regrettable négligence 
en ce qui concernait l'enseignement du Chinois. Le retour en Europe 
du Rév. James Legge permit de créer pour lui à Corpus Christi 
College, à Oxford, une chaire en 1876: la mort de Legge laisse 
cette chaire vacante. Plusieurs personnes avaient pensé que M. 
Thomas Watters, qui a pris sa retraite le 1^^ Avril 1895 du Ser- 
vice Consulaire anglais, succéderait au savant traducteur des Classi- 
ques chinois: le mauvais état de la santé de ce sinologue distingué 
ne lui a pas permis d'accepter la lourde charge du professorat. M. 
Thomas Lowndes Bullock, consul en Chine, fait la suppléance du 
cours de Legge, et comme il a pris sa retraite le l^^ Avril 1897, 
il y a toute apparence qu'il acceptera définitivement la chaire de 
Chinois à Oxford. Cambridge créa plus tard encore sa chaire de 
Chinois (1888) en faveur de Sir Thomas Wade, qui lui avait fait 
don de sa précieuse bibliothèque. M. Herbert A. Giles, bien connu 
par ses travaux sur la Chine, vient de lui succéder. Enfin, je crois, 
que M. Edward Harper Parker, qui a pris sa retraite le 11 Septem- 
bre 1895, fait un cours libre à Liverpool. 

Plus surprenante encore que le retard apporté à la création de 
chaires de Chinois en Angleterre, est l'indifférence des jeunes gens 
pour l'étude de cette langue, même ceux qui se destinent à la 
carrière de l'Extrême-Orient: le professeur Douglas a deux élèves, 
l'un français, l'autre polonais. Legge avait un élève d'une façon 
intermittente, et le seul disciple qu'il ait formé est M. Arthur von 
Rosthorn. Wade n'avait qu'un auditeur: il est vrai qu'il était 
chinois. 

Il y a une double raison à cette pénurie d'élèves; on n'impose 
pas aux élèves interprètes pour la Chine, à leur départ de Londres, 
l'examen sévère demandé aux candidats au service indien, qui doi- 
vent justifier non-seulement de leur connaissance de l'Hindoustani, 



49 

mais encore d'un dialecte local à leur choix comme le Guzerati, le 
Punjabi, etc., on compte pour former ces interprètes sur l'espèce 
d'Ecole que Wade a établie dans la légation à Pekiniç. L'un des 
plus spirituels parmi ces jeunes interprètes en parlait ainsi: 

«I hardly venture to say anything against the principle of 
competition, but it seemed a pity that it should be applied in this 
case. Competitive examinations and the preparation for them are 
natural to the modern schoolboy, and comparatively harmless, 
perhaps, in the climate of England. But I think this is by no 
means the case in Peking; and, to increase the danger, it almost 
invariably happens that the examination is held in the middle of 
summer, when the thermometer may be standing at 105° or 106° 
in the shade» '). 

Les Anglais ont renouvelé à Peking, sans réussir davantage, 
l'expérience que nous avions faite à Saigon avec le collège des 
interprètes et des stagiaires. 

On peut prévoir que cet état de choses^ va changer. Suivant 
l'exemple de Paris, Berlin, Vienne, Saint-Pétersbourg, — Londres 
désire avoir son Ecole des Langues Orientales, qui existe déjà à l'état 
embryonnaire au King's College, mais qui ferait partie de l'Uni- 
versité à créer à Londres. La création de cette université est l'objet 
de l'étude et des préoccupations d'hommes distingués tels que Lord 
Reay et l'évêque de Londres. 11 «'agirait de faire de l'üniversity 
College de Gower Street le centre de la nouvelle Université, qui 
comprendrait toutes les Sociétés qui, à Londres, décernent des di- 
plômes. Déjà la Société de Pharmacie, les Collèges des Médecins et 
des Chirurgiens consentent à accepter le lien qui les rattacherait à 
l'Université. Les difficultés pour une union universelle viennent 
plutôt des grandes Ecoles de Droit: Gray's Inn, le Temple, Lincoln's 



1) Voir p. 263: «Where Chineses drive». English Student-Life at Peking. By a Stu- 
dent Interpreter London: W H. Allen, 1885, in-8. (By W. H. Wilkinson). 

4 



50 

Ian, où l'on enseigne tous les mystères de la chicane qui reposent 
sur une connaissance d'actes remontant aux époques les plus recu- 
lées de l'histoire d'Angleterre; elles n'admettent pas jusqu'à pré- 
sent l'enseignement théorique de la loi, tel qu'il est donné dans 
nos grands Etablissements du Continent. 

L'enseignement des langues orientales présentera à Londres, 
comme sur le continent, un double caractère, suivant qu'il s'agira 
des langues anciennes: l'Assyrien, l'Égyptien, le Sanscrit, etc., ou 
des langues vivantes: le Chinois, le Japonais, le Turc, l'Arabe, 
le Persan, etc. Ces dernières seraient enseignées de préférence au 
King's College, qui ressemblerait de la sorte à notre Ecole des 
Langues Orientales Vivantes; les premières à l'üniversity College, 
qui deviendrait une institution correspondant à notre Collège de 
France. Tout ceci naturellement demande des négociations délicates, 
mais on peut être sûr qu'avec le temps, l'université de Londres 
sera créée, et avec elle un enseignement des langues orientales en 
rapport avec l'importance de cette grande capitale. 

Comme on le voit par les notes précédentes, la France, l'Alle- 
magne et les Pays-Bas sont, à proprement parler, les seuls pays 
qui donnent des résultats vraiment pratiques et qui possèdent des 
pépinières d'interprètes pour leurs gouvernements respectifs. 

Sauf en Hollande, les professeurs ont comme auxiliaire un 
indigène qui exerce les élèves à la langue parlée, mais en réalité, 
c'est la langue écrite, le style documentaire qui doit être le prin- 
cipal objet de l'enseignement. Il sera toujours facile à un jeune 
homme d'apprendre le dialecte de la ville dans laquelle il résidera, 
et cela, en fort peu de temps; mais il arrivera très diflScilement à 
la connaissance de la langue écrite s'il n'a pas étudié sérieusement 
la syntaxe. Cela est aussi vrai pour les langues européennes que 
pour les langues orientales. Je me rappelle qu'après avoir fait de 
fortes études d'anglais à Paris, me trouvant seul en Angleterre 



51 

avec mou dictionnaire de Wilson, j'étais aussi incapable de com- 
prendre ce que l'on me disait que de faire comprendre aux antres 
ce que je désirais; je maudissais par suite l'enseignement que l'on 
m'avait donné, mais je m'aperçus bientôt à mesure que j'apprenais 
la langue parlée, des services que me rendaient les Kçons de gram- 
maire que j'avais reçues. Je suis donc convaincu que l'enseignement 
du Chinois en Europe doit être surtout consacré à la langue écrite: 
la langue parlée devant être perfectionnée dans le pays même. 



EPIGRAPHIE. 
A. 

Inscription syro-chinoise de Si-ngati fou. 

Cette célèbre inscription de 781 (2® année Kien-tchong de 
l'empereur Te-tsong, des T'ang) en Chinois et en Estranghelo, trou- 
vée en 1625 dans la capitale du Chen-si, est trop connue pour que 
j'en donne une fois de plus l'historique. Aussi bien le P. Henri Ha- 
vret, S. J., de la mission du Kiang-nan, prépare-t-il en ce moment 
un ouvrage définitif: il nous a déjà donné le texte de l'inscription, 
l'histoire du monument *) dont il a détaché quelques passages dans 
une brochure séparée*); un troisième volume renfermera la traduc- 
tion. Le travail est fait avec la conscience et l'érudition ordinaires 
de l'auteur. Qu'il me soit permis de mettre les missionnaires en 
garde contre la tendance qu'ils ont à ne pas vouloir attribuer cette 
inscription aux Nestoriens parce que son texte ne renferme rien de 
spécial à leur doctrine; le caractère nestorien de la pierre tient autant à 



lA Voir Variétét sinologique», infr», p. 69. 

2) La Stèle chrétienne de Si-ngan-fou. Quelques notes extraites d'un commentaire in* 
^dit par le P. Henri Havret de la Compagnie de Jésas. — I. Le nom de Dieu dans l'in- 
scription. — IL L'expression de V Incarnation. — IlL Les «Nuées bleues». — IV. Le nom 
i'Olopen. E. J. Brill, Leide — 16 août 1897. br. in-8, pp. 27. 



52 

l'époque à laquelle elle a été érigée et à l'histoire du pays envi- 
ronnant qu'au texte syriaque. 

Depuis longtemps le P. Heller s'occupait de cette célèbre in- 
scription et nous en avait présenté les Prolégomènes au Congrès 
de Vienne en 1886 ^). Il nous donne maintenant son travail défi- 
nitif dans le second volume des voyages du Comte B. Széchenyi ^). 

M. l'abbé J. B. Chabot a fait une nouvelle traduction du Syria- 
que de l'inscription, qui sera insérée probablement dans la Relation 
de la mission Dutreuil de Rhins. 

Au moment de mettre sous presse, je reçois un nouveau tra- 
vail sur cette célèbre inscription; je ne puis, n'ayant pas le loisir 
de l'examiner en ce moment, que la signaler ^). 

Rappelons que le travail du P. Emmanuel Diaz, ^ ï|| ^ 
Yang Ma-no, a été réimprimé la 4® année de Kouang-sü 3tl ^^ 
(1878)*), et que la «stèle nestorienne se trouve à un kilomètre et 
demi à l'ouest de la ville actuelle de Si-ngan-fou; pour y parvenir 



1) Cf. Bibliotheca Sinica, col 1634. 

— Beleuchtung der Bemerkungen Kühnert's zu meinen Schriften über das nestoriani- 
sehe Denkmal zu Sin-gan fu. Von Dr. Johannes Heller S. J. br. in-8, pp 20. 
«S A. aus d Wiener Z. f. K. d. Morgenlandes», 1895. p. 301 à 320. 

2) Das Nestorinnische Denkmal in Sin-gan fu. Von Dr. Job. Ev. Heller, S. J. Mit 
zwei zincographirten Tafeln. Separatabdruck aus dem II. Bande des Werkes: «Wissen- 
schaftliche Ergebnisse der Reise des Grafen B. Széchenyi in Ostasien (1877 — 1880)». 
Budapest, 1897, in-4, pp. 62 -j- 1 p. n. eh. p. 1. tab. 

Forme les pp. 435 — 494 du 11^ Vol. de Széchenyi. — Il y a en réalité trois 
planches. 

3) Le monument chrétien de Si-ngan-fou, son texte et sa signification par Mgr. T.-J. 
Lamy, Membre de l'Académie et Professeur à l'Université de Louvain, et A. Gueluy, Di- 
recteur du Séminaire de Mongolie et du Congo. — Bruxelles, Hayez, 1897, in-4, pp. 124 
-f 1 f. n. ch. -f 2 pi. 

Ext. du t LUI des 3fém. de VAc. roy, des sciences, des lettres et des beaux-arts 
de Belgique. — 1897. 

*^ ^3 ^^ ^&C V^ ^M II ■ uï Tang king kiao p'ai song tcheng ts'iuen, un 
peun. Inscriptio lapidea Si-ngan fou facta in seculo VII, et in XVII inventa, auctore P. 
£m. Diaz S. J. 



58 

on suit un chemin vicinal; on pénètre dans une ferme et de là 
dans un petit enclos dont le fermier a la clef» '). 

Le Dr. Eokins {Chin. Rec, XXVIII, 1897, pp. 374-6) consacre 
un article à un travail sur l'inscription syrienne pur un chrétien 
indigène de Canton: «The author, Yang Yuug-chi, is a convert of 
the London Mission in Canton. This work in three volumes, contains 
about 200 double pages». — Je note pour mémoire le travail in- 
signifiant de Mr. Lewis *). 

B. 

Inscription de Kiu-yong koan. 
M. Ed. Chavannes avait présenté au congrès de Genève *) des 
estampages de cette célèbre inscription que la munificence du 
Prince Roland Bonaparte *) rend maintenant accessible aux investi- 
gations des savants de tous les pays. Al. Wylie ^) avait expliqué 
une partie de l'inscription et MM. G. Devéria ') et C. Imbault- 
Huart ') avaient donné des renseignements sur l'inscription. «Dans 
le village de Kiu-yong koan J^ ^ ^ , dépendant de la préfecture 
secondaire de Tch'ang-p'iug |^ ^, province de Tche-li, la route 
de Peking à Kalgan pass 3 sous une porte voûtée qui attire l'atten- 



1) Devéria. Ctes rendus, Ac. des Insc, 1897, p. 277. 

2) Nestorianism in China. By Mr. W. J. Lewis. [British and Foreign Bible Society]. 
{Chinese Recorder, XXVI. pp. 251—260). 

Read at the Shanghai Missionary Association. 

3) Communication sur l'inscription de Kiu-yong koan. Par £donard Chavannes. {Actes 
Cong. Orient. Genève, V« Sect, pp. 89-93). 

4) Prince Roland Bonaparte — Documents de l'époque mongole des XIII« et XIV» 
siècles. Inscriptions en six langues de la porte de Kiu-yong koan. près Pékin; lettres, 
stèles et monnaies en écritures oaigonre et 'Phags-pa dont les originaux on les estampages 
existent en France. — Paris, gravé et imprimé pour l'auteur — 1896, gr. in-fol. pp. H 
—6 + 16 pi. 

6) On an ancient Buddhist inscription at Keu yung kwan {Jour. R. As Soe., N. S., 
Vol. V, part I, 1870). 

6) Examen de la stèle de Yen-t'at (Rev. de l'Extrême- Orient, l, pp. 173—186). 

7) Note sur l'inscription bouddhique et la passe de Kiu-yong koao. {lèid , I, pp. 486 
—493). 



54 

tion du voyageur par les sculptures bouddhiques dont elle est ornée 
et surtout par les deux grandes inscriptions qui se trouvent gravées 
sur les deux parois de la voûte. Ces inscriptions, qui datent de 
l'année 1345, sont écrites en six langues différentes, à savoir: le 
Sanscrit, le Tibétain, le Mongol en caractères 'Phags-pa lama, le 
Turc ouïgour, le Chinois et enfin une langue totalement inconnue 
que, sur la foi des auteurs chinois, quelques sinologues ont cru être 
du Niutchen». (Ed. Chavannes, J. Js., sept.-oct. 1894, p. 354). 

M. Chavannes a traduit les inscriptions chinoises et mongoles, 
M. Sylvain Levi les inscriptions tibétaines ^), M. W. Radloff, les 
inscriptions ouïgoures ^), M. le Dr. G. Huth, les inscriptions mon- 
goles '); M. Drouin a étudié les monnaies mongoles du Recueil'^). 

C. 

Inscriptions de VOrhhon. 

M. le Professeur Radloff a continué l'étude des matériaux 
considérables qu'il a rapportés de son grand voyage dont nous avons 
déjà indiqué les résultats dans notre sommaire précédent ^). M. 
Parker a consacré un long article à ces inscriptions ^). 



1) Note préliminaire sur l'inscription de Kiu-yong koan, par Éd. Chavannes et Sylvain 
Levi. Première partie. Les inscriptions chinoises et mongoles, par Ed Chavannes. — Deux- 
ième partie. Les inscriptions tibétaines par M. Sylvain Levi. (/. Asiat., Sept -Oct. 1894, 
pp. 354—373). 

2) Note préliminaire... Troisième partie. Les inscriptions ouïgoures par M. l'Acadé- 
micien W. Radloff. {.T. Asiat , Nov.-Déc 18'J4, pp. 546—550). 

3) Note prélirainaire. . . Quatrième partie. Les inscriptions mongoles, par M. le Docteur 
George Huth, privat-docent à l'Université de Berlin. (J. Asiat., Mars-Avril 1895, pp. 351 
—360). 

4) Notice sur les monnaies mongoles faisant partie du Recueil des Documents de V épo- 
que mongole, publié par le prince Roland Bonaparte, par M. E. Drouin. (.7. Asiat., Mai- 
Juin 1896, pp. 486—544). 

5) Arbeiten der Orchon-Expedition. — Atlas der Alterthümer der Mongolei. — Im 
Auftrage der kaiserlichen Akademie der Wissenschaften herausgegeben von Dr. W. Radloff. 
St. Petersburg. Buchdrnckerei der Akademie der Wissenschaften . . . 1892, in-fol., 7 ft. n. 
C. p. 1. tit., la préf., &c. et 70 pl. 



55 

La stèle de Gueuk Teghin ') a été grandement étudiée. M. 
E. H. Parker établit une conaparaison entre sa lecture et celle du 
Dr. Schlegel ^); à son tour M. Parker reçoit de M. Giles une Tolée 
de bois vert '. 

M. W. Bano a étudié la partie turk altaïque de cette stèle *), 
et comparé les méthodes de Thomsen et de RadlofiF. M. Bang pro- 
pose le terme de «Kök-turc» pour les inscriptions de l'Orkhon et 



— Arbeiten der Orchon-Expedition. — Atlas der Âlterthumer der Mongolei. — Im 
Auftrage der kaiserlichen Akademie der Wissenschaften herausgegeben von Dr. W. Radioff. 
— Dritte Lieferung. Taf. LXXXIII— CIV. St. Petersburg... 1896, in-fol. 

— Die alttürkischen Inschriften der Mongolei. Von W. Radioff. Erste Lieferang: Die 
Denkmäler von Koscho-zaidam. Text, Transscription und Übersetzung. St. Petersburg, 1894, 
br. gr in-8, pp. 83. — Zweite Lieferung: Die Denkmäler von Koscho-zaidam. Glossar, 
Index und die Chinesischen Inschriften, übersetzt von W. P. Wassiljew. St. Petersburg, 
1894, Comm. der kais. Ak. der Wissenschaften, br. gr. in-8, pp. 83 à 174 et 2 pl. de 
Chinois pour les monuments de Küe-Tegin et de Me-ki-lien. 

— Die alttürkischen Inschriften der Mongolei. Von Dr. W. Radioff. — Neue Folge. 

Nebst einer Abhandlung von W. Barthold: Die historische Bedeutung der alttürkischen 

Inschriften. St. Petersburg, 1897. in-4, pp. vu— 181— 36. 

Contient: I. Grammatische Skizze der alttürkischen Sprache. — II. Text und 
Übersetzung der alttürkischen Inschriften von Koscho-zaidam. — III. Ver- 
besserungen und Nachträge zu den übrigen Inschriften. — IV. Glossar za 
den alttürkischen Inschriften der Mongolei. — Anhang: Die historische Be- 
deutung der alttürkischen Inschriften. Von W. Barthold. 

— Eine neu aufgefundene alttürkische Inschrift. Vorläufiger Bericht. Von Dr. W. Rad- 
ioff. (Bul. Je. des Sc. d« St.-Pétersh. 1S98. Janvier. T. VIII, No. 1), br. in-8, p. 71 à 76. 

6) The Orkhon Inscriptions. By Edward Harper Parker. {T/ie Academy, liée. 21, 1895, 
No. 1233, pp. 547—551). 

1) Voir Et. CAin., p. 84. 

2) Memorial Stone to the late Téghin K'üeh. By E. H. Parker. (CAina Revieu), XXII, 
No. 1, pp. 458—464). 

3) Mr. Parker as a Translator. By Herbert A. Giles. {China Review, XXII, No. 2, 
pp. 552—556.) 

4) Zu den Kok Tûrk-Inschriften der Mongolei von W. Bang. — «Separatabdruck aas 
ToungPao, Vol VII, no. 4». — E. J. Brill. Leiden — 1896, br. in-8, pp. 33. 

— Über die Köktürkische Inschrift auf der Südseite des Kül Tägin-Denkmals von W. 
Bang — Leipzig, Otto Harrassowitz, 1896, in-8, pp. 20. 

— Zu den köktürkischen Inschriften von W. Bang. {Toung'Pao, Vol. IX, Mai 1896, 
pp. 117—141). 

— Kritische Beiträge zur ural-altaischen Philologie. Von Dr. Graf Geza Kuun (Maros- 
Némethi). — Sonderabdruck aus der «Weslöstlichen Rundschau» Band 3, 1897. br. in-8, 
p. 268 & 285. 



56 

il est accepté par le comte Geza Kuun, bien connu comme l'édi- 
teur du Codex Cumanicus. 

Dans un mémoire publié dans le T'oung-Pao ^), le Dr. Hirth 
a recherché quel était l'auteur de l'inscription chinoise de l'épitaphe 
que l'empereur Hiouan-tsong de la dynastie des T'ang fit consacrer 
à Köl Tägin; ce mémoire, nous dit l'auteur, avait été écrit à 
Tchoung-king au reçu des planches publiées par la Société Finno- 
Ougrienne en 1892; on remarquera que la conjecture de Hirth au 
sujet des quatre caractères à peine visibles dans ces planches: 
yil trhi, yû chou ^^ ^ |^p ^, a été confirmée par la publication 
des inscriptions de l'Orkhon par le prof. W. Radloff; toutefois 
Vasiliev dans sa traduction ferait penser que l'inscription a été 
préparée et copiée simplement «par ordre de Sa Majesté» tandis 
que le Dr. Hirth en traduisant «der Kaiser verfasste es, der Kaiser 
schrieb es» montrerait que la partie chinoise de l'épitaphe est un 
facsimile de l'autographe impérial, l'empereur Hiouan-tsong ^ ^ 
ayant une grande réputation comme calligraphe. 

«L'inscription de Kara-balgassoun *) a été signalée pour la pre- 
mière fois par M. ladrintsef; elle a été publiée par M. Heikel 
.{Inscriptions de l'Orkhon, planches 50-61), jiuis par M. Radlofî 
{Atlas der Altert humer der Mongolei, pi XXXI— XXXIV). Cette 
stèle a été retrouvée, brisée en six morceaux, dans l'emplacement 
qu'occupait sur la rive gauche de l'Orkhon, la capitale des khans 
ouïgours du milieu du VHP siècle jusqu'à l'an 840 de notre ère; 
elle a été érigée par un khan ouïgour; elle est écrite en trois 
langues: Chinois, Ouïgour et Tou-kiue. Les textes ouïgour et tou-kiue 
sont trop endommagés pour qu'il ait été possible jusqu'ici de les 



1) Über den Verfasser und Abschreiber der chinesischen Inschrift am Denkmal des 
Köl Tägin. Von Friedrich Hirth. {Toung-Pao, VII, Mai 1896. pp. 151-157). 

2) IjC Nestorianisme et l'inscription de Kara-balgassoun, par Éd. Chavannes. {J. Ai., 
Janv.-Fév. 1897, pp. 43—85). 



57 

déchififrer; M. Devéria (Inscriptions de VOrkhon, 1893, p. XXVII — 
XXXVIII) en a le premier tenté l'explication; M. Wassilief en a 
fait une uouvelle traduction (publiée dans l'ouvrage de Radlof: 
Die Alltûrkischen Inschriften der Mongolei^ III® fascicule, 1895, p. 
286—291); enfin M. G. Schlegel, qui a profité des travaux de ses 
devanciers, vient de publier sur cette inscription un très important 
mémoire '), dans lequel il reconstitue le monument original en sup- 
pléant aux lacunes du texte par des conjectures fort ingénieuses et 
dans lequel il résout avec une grande érudition tous les problèmes 
historiques et géographiques qu'il rencontre» (Chavatiues). M. 
ScHLEGKL pense que la religion nouvelle mentionnée dans l'inscrip- 
tion que fit prêcher dans ses états peu après l'an 762 un khan 
ouïgour par quatre missionnaires venus de Chine était le nestoria- 
nisrae. C'est la discussion de cette opinion qui est l'objet d'un 
mémoire de M. Chavannks, origine des recherches de M. Devéria 
sur les Manichéens. 

M. Devéria en ayant recours aux documents chinois publiés par 
M. Chavannes dans le Jouru. As. de janv.-fév. 1897, a étudié les 
Mo-ni ^ ^ dont il fait très ingénieusement des Manichéens et 
non des Musulmans *). 

«Les ruines dites Tsaghan Baisin (maison blanche) se trouvent 
sur une hauteur artificielle, à une demi-verste de la rive gauche 
du Toula, eu Mongolie; elles ont été reconnues en 1891 par M. 
RadlofiF et ses compagnons». (L. Feer). MM. G. Huth ') et Léon 
Peer en ont étudié les inscriptions. 



1) Die chinesische Inschrift anf dem Uigarischen Denkmal in Kara Balgassan, über- 
setzt und erläutert von Dr. Gustav Schlegel. Helsingfor», Société Finno-Ougrienne, 1896, 
Orientalische Druckerei, früher E. J. Brill in Ijeiden. in-8, pp. xv et 141. 

2) Musulmans et Manichéens chinois par M. 6. Devéria — Extrait du Journal Atia- 

tique. Paris, Imp. nat , MDCCCXCVIII, in-8, pp. 46 

Tirage à part à 50 ex. revu et augmenté de l'art, para dans le .7. Al , Nov.-Dfc. 
1897, pp 446—484. 

3) Die Inschriften von Tsaghan Baisia. Tibetisoh-Mongolischer Text mit einer über- 



58 

M. Blocket ^) a étudié une inscription persane dont un facsimile 
a été publié par M. Radloff dans son Atlas der Mongolei; elle 
«est gravée sur une stèle de pierre quadrangulaire dont les angles 
supérieurs sont arrondis; elle porte 37 lignes d'une écriture beau- 
coup plus cursive que monumentale, et qui offre une identité 
paléographique presque complète avec l'écriture employée en Perse 
à la cour des Mongols descendants de Djingiz-khân, à la fin du 
septième et au commencement du huitième siècle de l'hégire v. 

D. 

Inscriptions chinoises de Bodh-Gayâ ^). 
«M. A. Poucher, chargé d'une mission scientifique en Inde, a 
récemment envoyé à l'Académie des luscriptious et Belles-Lettres, 
dit M. Chavannes, p. 1, les estampages et les photographies de cinq 
inscriptions chinoises. L'une d'elles doit remonter au milieu du X® 
siècle de notre ère; trois autres sont datées de l'année 1022; la 



Setzung sowie sprachlichen und historischen erläuterungen, herausgegeben von Dr. Georg 
Huth, Privatdocent an der Universität zu Berlin. Gedruckt auf Kosten der Deutschen 
Morgenländischen Gesellschaft. Leipzig, F. A. Brockhaus, 1894, in-8, 3 fif. prél. -\- pp. 63. 
Notice par L. Feer, .7. As., Juillet-Août 1896, pp. 168—170. 

— Verzeichnisä der im tibetischen Tanjur, Abtheilung Mdo (sûtra), Band 117 — 134, 
enthaltenen Werke, von Dr. Georg Huth (extrait des Sitzungsberichte de l'Ac. roy. prus- 
sienne des sciences de Berlin) 1895, pp. 22. 

Notice par L. Feer, J. As., Juillet-Août 1896, pp. 170—2. 

— Geschichte des Buddhismus in der Mongolei herausgegeben von Dr. 

Georg Huth. — Vorrede, Text, Kritische Anmerkungen. — Strassburg, Karl. I. Trübner, 

1893, in-8, pp x— 296. 

Notice: J. As., IX« sér., II, Sept. Oct. 1893, pp. 367—368. Par L. Feer. — 
Toung-pao, Vol. VII, 1896, p. 431. Par G. Schlegel. 

— Cilica-Mânavikâ Sundarî, par M. L. Feer. {J. A., Mars-Avril 1897, pp. 288—317). 

Citlca-mânavikâ est la calomniatrice du Buddha. 

— Sur les inscriptions en langues tibétaine et mongole de Tsaghan Baisching et sur 
le rapport de ces monuments avec «l'histoire du Bouddhisme en Mongolie». Composée en 
tibétain par *Jigs-med Nam-Mk'a. Par Georg Huth. {Actes Conff. Orient. Genève, IV" 
Partie, pp. 173—180). 

1) Note sur une inscription Persane trouvée sur les bords du fleuve Orkhon en Mon- 
golie par E. Blochet. {Toung-Pao, VIII, Juillet 1897, pp. 309—321). 

2) Découvertes en 1878 — 79 par M. Beglar de l'Archeeological Survey of India. 



59 

dernière, de Tannée 1033. Elles ont été découvertes à Bodh-Gayâ, 
sur l'emplacement du célèbre temple Mahâbodhi '); les quatre pre- 
mières sont conservées dans l'Indian Museum à Calcutta; la cin- 
quième est aujourd'hui encore à Bodh-Gayâ, dans la résidence du 
Mahant ou supérieur des prêtres çivaïtes. Ces inscriptions représen- 
tent, à quelques fragments près, la totalité des textes lapidaires 
chinois trouvés en Inde. Quoiqu'elles aient été déjà publiées et 
étudiées, il restait encore beaucoup à faire pour les bien comprendre. 
Nous avons donc entrepris, avec les secours que nous fournissait 
M. Poucher, un nouvel examen de ces monuments» «Les in- 
scriptions chinoises trouvées à Bodh-Gayâ furent érigées, l'une par 
des religieux de la petite dynastie Han qui ne purent guère revenir 
en Chine qu'au commencement des Song^ et les quatre autres par 
des religieux qui vivaient sous les règnes du troisième et du qua- 
trième Song. Elles attestent ainsi qu'il y eut pour le bouddhisme 
chinois une ère de prospérité de la seconde moitié du X^ jusque 
vers la fin du XP siècle» (L. c, p. 32). Ces deux citations indi- 
quent le motif pour lequel M. Chavannes a entrepris son intéres- 
sant travail. Voici quels avaient été les travaux faits sur ces in- 
scriptions: I. Facsimile donné par Beal *) et simple analyse ') dont 
M. Schlegel a donné deux corrections*); II. reproduit par Beal*^); 
texte traduit eu anglais par H. A. Giles ^); III et IV reproduits 
par Cunningham ') et traduits par H. A.. Giles *); V. non publié 



1) Mahâbodhi or the Great Buddhist Temple under the Bodhi Tree at Buddha-Gaya 

by Major-General Sir A. Cunningham, R.E., K.C.I.B., C.S.I London: W. H. Allen 4 Co., 

...1892, in-4, pp. x— 87. 31 pi. 

2) Two Chinese-Buddhist Inscriptions found at Buddha Gayft. By the ReT. S. Beal. 
{.Toum. B. Js. Soc., N. S., Vol. XIII, Art. XXIII, Oct. 1881, pp. 662—672). 

Et Indian Anfiquary, 1881, Vol. X, p. 193. 

3) Mahabâdki, p. 73. 

4) Toung-Pao, VI, Deo. 189B, pp. 622—624. 

5) Joum. R. As. Soc, supra, XIII, p. 657. 

6) Mahabâdhi. pp 69—71. 

7) Ibid., pi. XXX, no. 2 et 8. 8) Ibid., pp. 71—72. 



60 

par Cunniagham; traduit par H. A. Giles *). — M. Chavannes, le 
premier, donoe done une traduction des cinq inscriptions *). 

M. le Dr. G. Schlegel qui avait annoncé la traduction de ces 
inscriptions dans le T'oung-Pao, VI, Dec. 1895, pp. 522—524, 
n'abandonna pas son travail et publiait de son côté les cinq in- 
scriptions ^), en faisant un examen critique de la version de M. 
Chavannes; celui-ci répondit à l'examen de la première inscription *); 
réplique de M. Schlegel^); il est heureux que cette polémique, qui 
avait atteint une grande acuité, n'ait pas été continuée ®). 

E. 

Inscriptions diverses. 
Le Recueil de documents mongols ') du prince Roland Bonaparte 
est une source inépuisable d'études. M. Devéria étudie quatre in- 
scriptions restées inédites: 1° de 1283, chinoise-mongole, qui se 
trouve à Yong-cheou hien, canton de la préfecture de Kien-tcheou 
dans la province du Chen-si; le texte mongol est traduit par M. 



1) Ibid, pp. 73—73. 

2) Ed. Chavannes — Les Inscriptions chinoises de Bodh-Gayâ. — Extrait de \&Bevue 
de l'Histoire des Religions. — Tome XXXIV. — N°. 1. — 1896. Paris, Ernest Leroux, 

1896, br. in-8. 

Notice by T. W.[atters]. {.Tourn. B. As. Soc, July 1897, pp 6B9— 661). 

3) Les Inscriptions chinoises de Bouddha-Gayâ par Gustave Schlegel, Professeur de 
Langue et de Littérature chinoise à l'Université de Leide. — Extrait du «T'oung-pao», 
Vol. VII, no. B. E. J. Brill. Leide — 1896, br. in-8, pp. 19. [1ère inscription]. — II. 
Première partie. — Extrait du «T'oung-pao», Vol. VIII, no. 1. Ibid. — 1897, br. in-8, 
pp. 21 à 47. — II. Deuxième partie. — Extrait du «T'oung-pao», Vol. VIII, no 2. Ibid. 

1897, br. in-8, pp. 49 à 86. [2« inscr.]. - III— V. — Extrait du «T'oung-pao», Vol. 
VIII, no. 3. Ibid. - 1897, pp. 87 à 105. 

4) Edouard Chavannes — La première inscription chinoise de Bodh-Gayâ (réponse à 
M. Schiegel). — Extrait de la Revue de l'Histoire des Religions. — Tome XXXVI, no. 1, 
1897). Paris, Ernest Leroux, 1897, br. in-8, pp. 26+1 pi. 

5) La première Inscription Chinoise de Bouddha-Gayâ (Réplique à la réponse de M. 

B. Chavannes) par Gustave Schlegel Extrait du «T'oung-pao», Vol. VIII, no. 5. 

E J. Brill. Leide ~ 1897, br. in-8, pp. 27. 

6) Cf. A. Barth, Journal des Savants, Juillet 1898, pp. 436 — 7, note. 

7) Notice par W. Bang, Wiener ZeitMhr. f. d. Kunde d. Morgenl. X. Bd., pp. 69 — 66. 



61 

W. Bang, de Louvain; 2° de 1288, mongole et chinoise; 3° de 1314, 
avec trad, du russe de Gregoriev par Speransky; le décret qu'elle 
renferme «établit nettement que, contrairement aux assertions de 
Pauthier, le culte chrétien avait été reconnu comme officiel par la 
cour mongole de Chine; il relevait d'une administration spéciale à 
partir de l'année 1289»; 3° de 1316 et enün 4° de 1331, égale- 
ment bilingues '). 

L'une des six écritures de la porte de Kiu-yong koan que Wylie 
et Chavaunes croyaient être en caractères Jou-tchen a été reconnue 
par M. G. Devéria pour être de «l'écriture du royaume de Si-Hià 
® 5 (Hia occidental) ou Tangout. Cet Etat, fondé en 1004 par 
un certain Li Te-ming, et détruit par Tchingis-Khan en 1226, 
s'étendait entre le 34^ et le 42^ degré de latitude nord; il était 
borné à l'est par le fleuve Jaune, qui le séparait de la province 
chinoise du Chan-si; à l'ouest, par le Kouknor ; au nord, par la 
ville de Khamil, la rivière Edzinei, les monts Ho-lan-chan et le 
fleuve Jaune; au sud, par la province chinoise du Sse-tchoen» (p. 4). 
Un estampage d'une stèle en Si Hia à l'avers et en Chinois au 
revers, datée de la 5^ année T'ien-yeou Ming-ogan du règne de Li 
Kien-choun, 4^ roi de Si-Hia (1094 J. C.) était signalée dans le 
temple du Grand Nuage à Leang-tcheou du Kan-sou dans le traité 
de numismatique Ki-kiri'SO-kien-lou "^ ^ J^ ^ ^; M. Devéria 
en fit venir un estampage par l'intermédiaire de M. Gérard, ministre 
à Peking, et il nous donne une traduction du texte chinois du 
revers et un facsimile*); M. Devéria pense que «le système graphique 



1) Notes â'épigrapbie mongole^shinoise par M. G. Uevéria, avec une notice de M. W. 
Bang — Extrait du Journal Asiatiqtie (N°* de Septembre— Octobre et de Novembre — 
Décembre 1896). Paris, Imp. nat. MDCCCXCVII, br. in-8, pp. 87. 

J. As., Jaillct-Août 1896, pp. 94—128; Not.-D^ 1896. pp. 396—443. 

2) Stèle Si-Hia de Leang-tcbeou, par M. G. Devéria, avec une notice de M. S. W. 
Bushell — Extrait du Joarnal Asiatique. Paris, Imp. nat, MDCCCXCVIII, br. in-8, pp. 
24, 1 pi. 

J. As., Janv.-FéT. 1888, pp 63—74. 



62 

auquel [les rois du Si-Hia] oat eu recours semble avoir été emprunté 
à celui que les K'itan avaient tiré en 920 de l'écriture chinoise»... 
«[elle] répond, quant à l'aspect, à la description que les auteurs 
chinois nous ont laissée de l'écriture K'itan, et peut donc n'en 
être qu'une modification», (p. 19). Le Si-Hia reste encore indé- 
chiffrable et par suite les quatre inscriptions Si-Hia de 1345 de 
Kiu-yong koan. M. Devéria a donné sa communication importante in 
extenso dans le t. XI des Mémoires des savants étrangers a, l^ Institut^). 
A la suite de son mémoire, M. Devéria donne l'examen ^) d'une 
monnaie tangoutaine (cash) par le Dr. S. W. Bushell dans lequel 
ce savant marque que «La dynastie Si-Hia du Tangout a régné de 
1032 à 1227 de J. C, sur un territoire représentant approximati- 
vement celui de la province du Kansou; la capitale était à Hià-tcheou 
(actuellement Ning-Hia-fou), sur la rive gauche du fleuve Jaune. 
L'écriture particulière du royaume de Si-Hia, formée sur le modèle 
chinois, fut officiellement adoptée en 1036 par son chef, Yuan-hao; 
le spécimen le plus important de cette écriture est aujourd'hui 
conservé dans le monastère du Grand Nuage à Leang-tcheou ; c'est 
une stèle bilingue, tangoutaine, chinoise, dont l'inscription rappelle 
la restauration de la célèbre pagode à sept étages construite au 
IIP siècle. Cn autre spécimen, est le texte en caractères inconnus 
qui figure parmi les six inscriptions de la porte de Kiu-yong Koan 
près Peking, publiées récemment par le Prince Roland Bonaparte. 
«Grâce à ces deux inscriptions, la légende de la monnaie que 
nous reproduisons ici a été déchifirée par moi; je considère ces 



1) L'écriture du royaume de Si-Hia ou Tangout par M. Devéria — Extrait des Mé- 
moires présentés par divers Savants à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1" 
Série, Tome XI, l'^ Partie. Paris, Imprimerie nationale — MDCCCXCVIII, in-4, pp. 31 
+ 2 pi. 

2) Une monnaie tangoutaine. Par M. S.-W. Bushell. (Ibid., pp. 22—4). Cf.: The Si- 
Hia Dynasty of Tangut, their money and peculiar script, by S -W. Bushell {Journ. China 
Br. Roy. As. Soc, 4« trim., 1897). 



68 

quatre caractères inconnus comme équivalents de Ta-ngan Pao Wien 
3^ ^ W ^^ ' c'ôst-à-dire « monnaie précieuse» de la période Ta- 
ngan» (1075 — 1085); c'est le Nien hao du roi qui fat canonise 
80U8 le litre de Houei Tsong après qu'il eut régné de 1068 à 1086. 
Ce Nien hao se rencontre deux fois dans l'inscription tangoutaine 
de la stèle de Lenng-tcheou, rappelant les événements qui, d'après 
la version chinoise, se sont passés sous le règne du prédécesseur du 
souverain auteur de la stèle». Depuis longtemps le Dr. Bdshkll 
s'occupait de cette écriture tangoutaine, et en 1879 il montrait à 
M. Devéria l'inscription de Leang-tcheou; il est revenu sur la 
question dans un mémoire extrêmement important présenté au XI® 
Congrès international des Orientalistes à Paris (1897)'). — La question 
a fait un grand pas depuis que le regretté Terrien de Lacouperie 
consacra un chapitre à l'écriture du Tangout, pp. 70 — 74 de son 
ouvrage Beginnings of Writing in Central and Eastern Asia, or 
Notes on 450 Embryo- Writings and Scripts. (Lond., 1894). 

M. Maurice Courant publie et traduit une stèle chinoise de Corée *). 
«L'inscription qui fait l'objet de ce mémoire, se trouve dans une 
localité dite Tong keou, '/[^ ji^ , sur le territoire de la sous-préfecture 
de Hoai jen, '^ ^ , province de Cheng king, ^ ^ » (p. 3). — 
«L'inscription qui fait l'objet de ce mémoire est donc de fort peu 
postérieure aux plus anciennes inscriptions du Ko kou rye, c'est-à- 
dire aux stèles érigées sur les tombeaux royaux. Si l'on trouve un 
jour sur le sol des vieux royaumes coréens des inscriptions anté- 
térieures à 372, ce seront donc, selon toute vraisemblance, des in- 
scriptions dues aux Chinois» (p. 18). 

1) Inscriptions in the Jachen and allied Scripts hj S. W. Bashell. (XT'* Comç. det 
Or., Paris, Extreme-Orient, pp 11—35). 

2) Stèle chinoise du royaume de Ko koa rye, par M. Maurice Conrant. {Journ. Jt., 
Mars-Avril 1898, pp. 210—233). 

Tirage à part, Paris, MDCCCXCVIII, in-8, pp. 31, 1 carte et 1 pi. 



64 



CHINE ET HONGKONG. 

La China Branch of the Royal Asiatic Society publie d'une 
façon suivie son intéressant Journal qui contient outre les nom- 
breux articles que je signale *) la troisième partie du grand travail 
du Dr. Emil Beetschneider sur la botanique chinoise; elle est con- 
sacrée à la materia medica des anciens Chinois et complète les 
autres volumes parus en 1881 et en 1892; nous ne pouvons que 
répéter nos éloges de cette œuvre considérable. 



1) Journal of the China Branch of the Royal Asiatic Society. 1892 — 93. New Series, 
Vol. XXV 11, No. 1. — Issued at Shanghai: May 1894, in-8, 2 ff. n. ch. + pp. 69. 

Contents. 

— 1. — The Salt Administration of Ssiich'uan. By Arthur von Rosthorn. pp. 

1—32. 

2. — Early Portuguese Commerce and Settlements in China. By Z. Volpicelli. 

pp. 33—69. 

1892—93, New Series, Vol. XXVII, No. 2. — Issued at Shanghai: December 

1895, in-8, 2 ff. n. ch. + pp. 71 à 287. 

Contents. 

— The Coinage of Corea. By C. T. Gardner, H. B. M. Consular Service, pp. 

71—130. 

— The Family-law of the Chinese. By P. G. von MöUendorff. pp. 131—190. 

— Proceedings, pp. 191—278 

— List of Members, pp. 279—287. 

— 1893—94, New Series, Vol. XX VIII, No. 1. — Issued at Shanghai: January 
1895, in-8, pp. V -f 232. 

Contents. 

— Inland Communications in China, pp 1 — 213. 

— Stray Notes on Corean History and Literature. By James Scott, H. B. M.'s 

Consular Service, pp. 214—232. 

— 1893—94, New Series. Vol. XXVIII, No. 2. — Issued at Shanghai: May 1898, 
in-8, pp. 233 à 400 -|- pp. xi. 

Contents. 

— The Yü-li or Precious Records. Translated by the Rev. Geo. W. Clarke. 

— List of Members. 

— 1894—95, New Series, Vol. XXIX, No. 1. — Issued at Shanghai: February 1896, 
iH-8, pp. 623. 

Contents. 

— BoTANicoN SiNicuM, Part III, Botanical Investigations into the Materia Medica 

of the Ancient Chinese. 

— - 1895—96, New Series, Vol. XXX, No. 1. — Issued at Shanghai: July 1897, in-8, 
1 f. n. ch. -)- pp. 101. 

Contents. 

— Le Voyage de l'Ambassade Hollandaise de 1656 à travers la province de Canton. 

Par C. Irabault Huart, Consul de France, pp. ] — 73 

— The Financial Capacity of China. By E, H. Parker, pp. 74 — 101. 



65 

Je craius bien que la vie de la Société orientale de Peking 
ne soit menacée; depuis trois ans, elle n'a donné qu'un numéro '). 

Là China Review vient de commencer son Vol. XXIII. En 
tête du No. 4 du Vol. XX se trouve un editorial announcement 
annonçant le départ de Hongkong du Dr. Eitel; c'est une grande 
perte pour cette revue; le Rév. Ernst J. Eitel était arrivé à 
Hongkong en 1862 envoyé par la Société des Missions évangéliques 
de Bale; il était devenu inspecteur des écoles et il a écrit des 
ouvrages estimés, notamment un dictionnaire du dialecte de Canton 
(1877). Malgré le retour de M. Parker en Europe, la China Revieio 
continue la publication de ses notes; ce recueil a été le champ 
d'une petite bataille entre M. Giles et M. Lockhart: 

M. Giles ^) ayant consacré une notice peu indulgente au Ch'êng- 
yii-k'ao )jl^ up^ ^ de M. J. H. Stewart Lockhart ^), celui-ci répli- 
qua*); l'article de M. Giles avait été suivi d'une réponse de l'édi- 
teur de la China Review; celui de M. Lockhart d'une correspondance 
avec le Dr. Ho Kai ^). 



1) Journal of the Peking Oriental Society. — Tientsin. The Tientsin Press. 1895. 

Volume III. N. 4. 1895. — 1. Extract from an Address by Dr. Macgowan. — 
2. The Beverages of the Chinese by John Dudgeon, M. D., CM. — 3. 
Xung fu, or Medical Gymnastics by John Dudgeon. — 4. Chinese Soda by 
Dr. C. C. Stuhlmann. 

2) China Review, XXI, No. 6, pp. 405—413. By Herbert A. Giles. 

3) A Manual of Chinese Quotations, being a translation of the Ch'éng yü k'ao ( M/ 
^S- -4^ ), with the Chinese Text, Notes, Explanations and an Index for ea-oy reference. 

By J. H. Stewart Lockhart, Registrar General, Chairman of the Board of Examiners in 
Chinese, Hongkong, F. R, G.S.. M.R. A S. — Hongkong: Kelly & Walsh, 1893, in-8, 
pp. IV + 1 f. n. c. + pp. 426 4" PP- Ixxxiii poar l'index. 

Notice: China Review, XXI, No. 3, pp. 205—207, par E. H. P.[arker]. 

4) The Reviewer reviewed or Mr. Lockhart 's Reply to Mr. Giles' Review of the Ma- 
nual of Chinese Quotations. By J. H. Stewart-Lockhart. {CAi$ia Review, XXII, No. 1, pp. 
476—485). 

5) Some moot Points in the Giles-Lockhart Controversy. By E. H. Fraser. ( China 
Revieio, XXII, No. 2, pp. 544—7.) 

— Mr. Lockhart's 'Manual of Chinese Quotations'. By Herbert A. Giles. {China 
Review, XXII, No. 2, pp. 647—651.) 

6 



66 

Au mois de juillet 1898, j'enregistre le No. 7 du vol. XXIX du 
Chinese Recorder and Missionary Journal qui a absorbé 
le Messenger à la fin de 1896. J'indique les titres de quelques ar- 
ticles qui sortent de la médiocrité ordinaire de cette publication *). 

Le voeu que j'exprimais pour que la disparition du Korean 
Repository ^) ne fut que momentanée a été réalisé grâce à ses 
éditeurs les Rév. H. G. Appenzeller et Geo. Heber Jones. Il a 
atteint aujourd'hui le No. 7 du Vol. V (Juillet 1898) et rien ne 
semble désormais menacer son existence. 

Le général W. Mesny, au service chinois, a entrepris un vaste 
répertoire ^) sur la Chine dont deux volumes doivent paraître par 



— Some moot Points in the Giles-Lockhart Controversy by G. Schlegel. {Toung-Pao, 
VIII, Oct. 1897, pp. 412—430) 

1) HR -^ /^A '^^ '"'^^ Kaei, or Rules of Behavior for Children, Translated from 
the Chinese by Isaac Taylor Headland, Professor in Peking University. (^Chin. Recorder, 
XXVI, pp. 368—377). 

— The NÜ Erh Ching [ ^ ^ ^^ ] or Classic for Girls. Translated from the 
Chinese. By Isaac Taylor Headland, Professor in Peking University. {Chin. Bee., XXVI, 
pp. 554 — 560). 

— China in the Light of History, By Rev. Ernst Faber, Dr. Theol. Translated from 
the German by E. M. H. (CMn. Recorder, XXVII, pp. 170—176, 232—242, 284—292. 
336—342, 387—391, 546—550, 587—592; XXVIII, pp. 27—33, 67—71). 

— Li Hung-chang as a Patron of Education. An Address at the Waldorf Dinner, 
August 29(h, 1896. By Dr. W. A. P. Martin, President Emeritus of the Imperial Uni- 
versity of Peking, China. (CMn. Rec, XXVU, pp. 576—578). 

— Principles of Translation. By Rev. J. Edkins, D.D. (CMu. Recorder, XXVIII, pp. 
149—153; IT, pp. 374—6). 

— Taoism. By F. Huberty James. (CAin. Rec, XXVIII, pp. 584—587). 

— The Book of Changes. By F. Huberty James. {CAin. Rec, XXIX, pp. 334—340. 

— How to study the Chinese Language so as to get a Good Working Knowledge of 
it. By Rev. A. P. Parker, D.D. {CMn. Rec, XXIX, pp. 1—14), 

Read before the Shanghai Missionary Association. 

— Mencius on Human Nature. By Rev. John Macintyre. {CAin. Rec, XXIX, pp. 
123—130. 169-174). 

2) The Korean Repository, Published at the Trilingual Press, Seoul, in-8. 

3) iS. ^ -^ ^ Mesny's Chinese Miscellany. ^ ^ -^ ^ — Vol. I. 
Published every week. No, 1. Shanghai, 26th September, 1895. Printed at «the China 
Gazette» Office, in-4, pp. 24. 



a? 

au; je ue le connais que par deux ou trois spécimena qui ne me 
permettent pas de donner mon opinion. 

Mission du Kiang-nan. — LeS Pères Jésuites de cette 
mission continuent à montrer la plus louable activité', non seulement 
dans les œuvres religieuses, ainsi qu'en témoignent les brochures de 
compte-rendu '), mais aussi, ce qui a pour nous le principal intérêt, 
dans le domaine scientifique. 

L'imprimerie de T'ou-sè-wè poursuit sans relâche ses prépara- 
tifs de gravure en caractères pour le Dictionnaire du P. A. Zottoli. 
Elle vient de publier une nouvelle édition de son catalogue *) dans 
lequel je marque les volumes suivants: 

/^ ^M ^ ^^ Tche tou tch'ou koang (Sunt materiae, formulae, 
phrases, etc., pro scribendis litteris sinicis) par le P. André Tsiang 

S- J- ^ â >S' e'i ^ i»««'» i^-12, 1886; - i& ^ ^ # Ti 
yu fou k^ao (Geographiae specimen mappis illustratum) par le P. 
Simon Kong ^ "j^ ^ , 1 peun in-8, 1883 (9® année de Kouang 
su), géographie de l'Asie avec 34 cartes; ils ^ont publié les plans 
de Jérusalem au temps de N. S. ^^ ^ ~^ îj^ ^ et de Pe-king 
^ Éf6 :^ IS ' ainsi qu'une carte du fou de Kiang-ning (Nan-king) 
yX ^ if^ comprenant les h'iett ^ de Chang youen _|^ y\^ , 
Kiang-niDg f£ ^ . Kiu-yong '^ ^ , Li-choui g| ;jc » Kiang- 



1) A. M. D. G. Mission de la Compagnie de Jésus au Kiang-nan (Chine). — Tableau 
abrégé des Oeuvres d'après les divisions civiles 1888 — 1889 — Zi-ka-wei. Typographie de 
la Mission catholique Orphelinat de T'ou-sè-wè, br. in-8, pp. 10. 

— A. M. D. G. Oeuvres de la Mission du Kiang-nan 1889 — 90. Ibid., br. in-8, pp. 
10, carte, 2 tabl. 

— 1891—1892. Ibid., br. in-8, pp. 8, carte, 4 tabl. 

— 1892—1893. Ibid.. br. in-8, pp. 10, carte, 2 tabl. 

— A. M. D. G. Institutiones et Opera Missionis Nankinensis S. J. ab ejnsexordio ad 
Junium MDCCCLXXXVIII — Chang-hai Ex typographia Missionis catholicae in Orphano- 
trophio Tou-sè-wè — 1888, br. in-8, pp. 82 -}- 1 pi. -|- 4 pp. n. ch. 

2) Catalogua librorum, mapparum et imaginum religiosarum quae prostant in Orpha- 
notrophio T'ou-sé-wè — Ex typographia Missionis catholicae. Chang-hai 1896, in-12, 4 ff. 
n. ch. -j- pp. 283 -|- pp. 7. — Pars prima. 



68 

p'oa ^ Y^ , Lou-ho -^ ^ , Kao-chouen "^ ^ , J'ai signalé 
dans mon rapport précédent la carte de Chine du P. Stanislas 
Chevalier et la carte de cfet empire à l'époque du Tchoueu-Tsieou 
par les PP. Lorando et P'é. — Les réimpressions des travaux bien 
connus: ^ ^ jgp ^g Tien tchou che ^, 2 peun, 1868, la Vraie 
Doctrine de Dieu, le mémoire célèbre du P. Matteo Ricci; — ^^ 
■^ Q 2fc Kouan kouang Je-peun^ Histoire des Martyrs japonais 
par le P. François Giaquinto, S. J., 1 peun, 1871, revu par le P. 
François Chen ; — g^ j^ y^ J\^ ^^ Hiu tax fou jen tchouan, 
Histoire de Candide Hiu, traduite du français du P. Philippe Couplet, 
1 peun, 1882; biographie bien connue du XVIP siècle; la publi- 
cation d'un recueil fort précieux d'édits du P. Hoang; — J£ ^ç 
^^ ^ Tcheng hiao foung pao (Vera religio publicis auctoritatibus 
laudata) par le Père Pierre Hoang, 2 peun^ 1883, qui renferme les 
documents publiés, les actes oflSciels, et les edits impériaux de 1635 
à 1826; et par le même prêtre: jE ^C ^^ 'f^ Tcheng Mao foung 
tchouan, 1 peun, 1884, qui renferme la collection des principaux edits 
des mandarins en faveur de notre religion de 1846 à 1883. 

Depuis la publication du Catalogue, le P. Laurent Li ^ a 
fait paraître un peun ^^ ^ ^ ^ ^ (9^ lune de la 22^ année 
Kouang-sü), vie du grand ministre Siu Kouang-ki ^ -^ )^ 
(1562—1633). 

Le Père Pierre Heude achève en quatre fascicules variés le 

tome troisième des Mémoires concernant Vhistoire naturelle de 

V Empire Chinois. 

L'Observatoire de Zi-ka-wei, qui doit tant au P. Stanislas Che- 
valier, ne ralentit pas ses efforts avec le P. Froc, jeune, zélé et 
expérimenté. 

Les Jésuites du Kiang-nan ont continué ') avec ardeur leur 



1) Voir Etudes Chinoises, p. 35. 



69 

collection de Variétés ainologiquea '); presque tous les volumes de 
la collection seraient à louer: je considère comme fort importants 
les deux volumes consacrés aux examens littéraires et militaires par