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No. 

Boston 

Médical Library 

Association, 

ig BOYLSTON PLACE 




! 



L'UNION MEDICALE 



L'UNION MÉDICALE 



OJ^J<lJ^JDJ^ 




MONTREAL: 

COMPAGNIE d'iUPRIUERIE CANADIENNE, 28 nUE 3Ï. GABRIEL. 



I 



Monsieitr et cher eonfrèrcit 

Les différents organes de la presse vous ont annoncé au com- 
mencement de Tannée dernière Tapparition d'un livre intitulé : 
*^ La santé pour tous.'* J'ai publié ce livre dans un double but, pour 
la sauvegarde de deux intérêts : ceux de la profession médicale et 
ceux de la société. 

L'ignorance de notre population est la misère du médecin : l'ins- 
truire c'est travailler au rehaussement de la médecine dans ce pavs ; 
là où l'instruction est développée Hippocrate est en honneur. G est 
à cause que je suis convaincu de cette vérité que j'ai fait ^^ La santé 



POUR tous." 



Grand nombre ont compris qu'il leur fallait un ouvrage de cette 
nature, ils l'ont prouvé par l'encouragement qu'ils lui ont donné : 
près de deux mille exemplaires sont déjà vendus, mais ce n'est pas 
sufBsant. *^ La santé pour tous " est nécessaire surtout chez cette 
partie de notre population — qui est la plus nombreuse malheureuse- 
ment—qui lit à peine et qui est victime chaque jour de son ignorance. 
Les faubourgs ae nos villes comme nos campagnes en ont besoin 
plus que l'homme instruit. 

Crest pour cela, Monsieur et cher confrère, que je m'adresse à 
vous; il dépend de vous que cet ouvrage soit distribué partout, et 
que sa propagation soit générale. Les corporations scolaires l'achè- 
teront à votre demande, vos patients en feront autant. 

" La santé pour tous " est divisée en trois parties : la première 
est un résumé des notions pratiques d'anatomie et de physiologie 
dont la connaissance et la pratique sont nécessaires pour la conserva- 
tion et le recouvrement de la santé ^ la deuxième est consacrée à 
l'éducation intellectuelle, éducation si malheureusement négligée, et 
dont la culture soignée assure le bonheur de l'homme ; la troisième 
comprend l'hygiène des différents ftges, des tempéraments, des profes- 
sions. L'hygiène de l'enfance surtout y est étudiée d'une manière 
particulière. Puis vous trouvez à la fin un petit traité des maladies 
principales de l'enfance et de son traitement. 

Nous ne nous occupons pas assez de l'enfance, cette patrie de 
demain, surtout de l'enfant malade: nos dix dernières années scien- 
tifiques ont pourtant beaucoup fait pour lui ; ses maladies et leur 
traitement nous sont connus comme les maladies et le traitement 
de l'adulte. J'ai voulu le faire comprendre au public qui l'ignore. 

J'ose donc espérer, Monsieur, que vous vous rendrez à ma 
demande et que vous ferez ce qui est en votre pouvoir pour répandre 
dans nos familles un ouvrage qui est destiné à leur instruction. 

J'espère aussi et je sollicite de vous les suggessions aui cour- 
raient être faites, et qui pourraient m'aider au travail de la deuxième 
édition que je suis à préparer; je serai grandement dédommagé si 
nos efforts réunis peuvent contribuer à ï'amilioration intellectuelle 
du peuple qui sera le bonheur de tous. 
N. B.— ia santé pour totw se J'ai l'honneur d'être, 
^« .. , , Monsieur, 

40 ceotins le Yomme. xt^. a^ * ja i a ^- «t^ ,« 

35 " la douzaine. Votre tout dévoué serviteur, 

80 '* le cent. 

ErS'adieaeer à SEVERIN LACHAPELLE, M. D., 

St-Henri de Montréal 



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dlrected to the merits of the new patent, and sales or introduction ofteneasiiy effected. 

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IDTJ 0-A.ITD.A. 



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Revue Médico-Ohirurgicale paraissant tous les mois 

■ I N »»» Il I ^ ■■■■■■■ ■-■■ ■■ ■■-■ ■■ -.■■IIMM I ■ ■»■ ■ I 

Cornitc de Rédaction : 

Messieurs les Docteurs E. P. Lachapelle, A. Lamarche 

ET S. Laohapelle. 



Vol. X. JANVIER, 1881. No. 1, 



TRAVAUX ORIGINAUX. 



La Craniotomie. 



(Lu devant la SociétxS Médicale par le le Dr A. Dagenais. 
Prof, à l'UiiiverBi té-La val, Montréal.) 



La craniotomie est une des plus anciennes opérations obsté- 
tricales. Déjà Ilippocrate con>eiile un instrunient courbe pour 
ouvrir la tête, ainsi qu'un autre pour briser les os du çrâiio. 
Celse et Soranus enseignent aussi l'ouverture de la tête avec 
un bistouri, et ce dernier conseille d'enlever les os du crône 
avec une pince à os. Dans les livres des médecins arabes, on 
trouve régulièrement au chapitre De extractione fœtus mortui, 
tout un ai-senal d'instruments destructeurs. 

Comme du reste au moyen-âge la connaissance de la version 
podalique avait complètement disparu, on ne doit pas s'éton- 
ner de la fréquence avec laquelle on employait les opérations 
destructives. On ne commença à leur imposer des limites que 



\ 



2 ' l'union médicale du canada 

lorpqne la version podaliqne fut proposée par Ambroîse Paré, 
en 1550. Depuis cette époqne, la craniotomie fut pratiquée 
beaucoup plus rarement, sauf quelques exceptions comme le 
fameux Deisch et son partisan Mittelhatiser. 

Ce fut un progrès nouveau et fort importiint quand la décou- 
verte du forceps permit d'extraire d'une fi^çon inoffensive la 
tête solidenent fixée dans le bassin. La découverte de cet 
instrument constitua un progrés tel, qu'A partir de ce moment 
les accoucheurs semblaient être armés contre toutes les éven- 
tualités, et la conséquence naturelle fut qu'à partir de ce 
moment, les accoucheurs fiers de cette opération et de leur 
habileté croissante, ne regaidèrent plus les anciens temps que 
d'un air de supériorité et avec un profond mépris. Pleins de 
contiance dans les manœuvres qu'ils employaient pour la ver- 
sion et dans l'application dn forceps, ils mirent tout leur orgueil 
à accoucher les mères, même dans les cas les plus défavorables, 
du moins sans dépecer l'enfant ; et au grand détriment de la 
mère, ils remplacèrent la perforation par l'usage le plus exagéré 
du forceps pour terminer les accouchements. Cette tendance de 
l'art obstétrical proprement dit fut représ^entée par le vieux 
Pjiedrich Benjamin Osiander à Gôttinger, qui se vantait, en 
quarante années de pratique, de n'avoir jamais eu recoui*s à la 
perforation, et qui rejelait non seulement la symphyséotomie, 
mais aussi racconchemcnt prématuié artificiel et la perfoiation. 
Et quoique la direction qu'il avait imprimée à l'obstétrique ne 
fut pas suivie même par les élèves d'Osiander aussi exclusive- 
ment qu'il l'avait indiqué, et qu'il arrivât à Osiander lui-même 
de voir pendant qu'il était à son lit de mort son propre tils 
pratiquer une perforation dans sa propre clinique, les accou- 
cheurs allemands ont encore à l'heure actuelle une gran«ie | 
aversion pour la perforation, et cette opération est pour le |)lus 
grand nombre d'entre eux, et au grand dommage de la mère, 
non pas seulement lorsque l'enfant vit, mais même quand il 
est mort, considérée comme une dernière ressource îi laquelle 
on ne doit recourir que si le forceps, malgré des tentatives lé- 
pétées et énergiques, est resté insuflBsant. ^ 

Qu'iqu'il existât déjà dans l'antiquité la plus haute des 4 

instruments pour comprimer et broyer la tête, c'est à Baude- 1 

locque le neveu que revient le mérite d'avoir, dans ces derniers ^ 

temps, 1829, inventé un instrument qui, quoique fort lourd, 
remplit exactement le but qu'on se piopose. c'est-à-dire l'etra- 
sement de la tête, et d'avoir introduit dans la pratique la 
céphalotripsie. En Allemagne, Eitgen, Ru^ch et Kilian sur- 
tout adoptèrent le nouvel instrument, et c't;si précisément 
dans ce pays qu'avec le temps on y apporta les m oditi cation.-* 



l'union HÉmOALE DU CANADA 3 

les plus multiples et, comme il faut le reconnaître, le plus 
grand perfectionnement. Parmi les instruments les plus faciles 
à manier, il faut citer celui de Breisky. Le céphalotribe très 
joli et trôs léger, de Scanzoni est trop faible et peut, comme 
nous Tavons observé sur une femme vivante, se fausser à ce 
point qu*il devient complètement impossible de s'en servir. 

Tel est, Messieurs, Thistorique que fait Schrôder de la cra- 
niotomie. Comme on le voit dans ce court aperçu, cette opé- 
ration a eu ses moments de faveur et ses moments de défaveur, 
c'est-à-dire que comme une foule de bonnes cboses, on l'a rejetée 
après en avoir abusé. Ajourd'hui, cependant, malgré le retour à 
la version podalique, et malgré l'invention du forceps, la cranio- 
tomie est pratiquée sur une assez grande échelle, surtout en 
Angleterre et aux Etats-Unis, et pour la faii^, on a inventé un 
grand nombre d'instruments. Comme cette opération est une 
des plus anciennes et des plus importantes de la tocologie, j'ai 
cru qu'il ne serait pas sans intérêt pour les membres de cette 
société de venir discuter devant eux les deux questions sui- 
vantes: lo Quand doit on faire la craniotomie; 2^ Comment 
doit -on la faire ? 

Pour répondre à la première question, il s'élève de suite une 
difficulté excessivement sérieuse, qui est celle de savoir si on 
peut faire la craniotomie quand l'enfant est vivant. D'un côté, 
nous avons presque tons les auteurs modernes de médecine qui 
répondent dans l'affirmative, tandis que de l'autre, nous avons 
tous les théologiens qui répondent dans la négative. Ces der- 
niers, outre les raisons de morale sur lesquelles ils s'appuient, 
ont encore en leur faveur tous les auteurs anciens et même 
presque tous les auteurs français de la première moi tiède notre 
siècle. £n effet, il était si bien reconnu que la craniotomie ne 
pouvait se pratiquer que lorsque l'enfant était mort que les 
auteurs arabes ne mentionnaient cette opération que dans le 
chapitre intitulé, De extractione fœtus mortuL Dans le Réper- 
toire général des sciences médicales au XI Xe siècle^ imprimé en 
1836, à l'article, embryoto mie ^ on lisait: "Nous ne termine- 
rons pas cet article sans rappeler que l'embryotomie, à laquelle 
les auteurs anglais et allemands ont souvent recours quand 
rien n'annonce que le fœtus ait cessé de vivre, et dans le seul 
intérêt de la conservation de la mère, n'est pratiquée en 
France, que quand on a toute raison de penser que le fœtus est 
mort." A peu près dans le même temps, Velpeau s'exprimait 
ainsi : '' L'embryotomie n'est plus admise, que dans le cas où 
tout annonce que le fœtus est mort ou ne peut vivre." En 1840, 
Dugès disait : " Le crochet aigu ne peut être appliqué que sur 
un enfant indubitablement mort. Cette opération ne convient 



4 l'union médicale du CANADA 

que quand on a la certitude de la mort de Tenfant." Avant 
ces auteurs Baudelocque avait dit en parlant de la craniotomie 
en 1798 : ^' Bien ne saurait excuser le praticien, qui se com- 
porterait ainsi, sans avoir auparavant la certitude de la mort 
de l'enfant." 

Cependant il faut avouer que pendant que ces principes pré- 
valaient en France, il n'en était pas de même en Angleterre et 
en Allemagne. Dans le premier de ces deux pays, la cranio- 
tomie se pratiquait sur l'enfant vivant depuis très longtemps, 
et au commencement de ce siècle, le DrOsborn, l'ami et l'asso- 
cié du bon et savant Denman, ne craignait pas de publier un 
pamphlet dans leqnel il se faisait le champion de cette pratique. 
Cette manière de voir devint tellement générale parmi les 
médecins anglais que Ramsbotham, en 1841, parlant de l'opi- 
nion de ceux qui étaient opposés à la craniotomie lorsque 
l'enfant était vivant, dit que cette opinion est diamétralement 
opposée à la pratique anglaise. De TAngleterre, elle se i-épandit 
d'abord aux EtatK-Unis et parmi les protestants d'Allemagne, 
puis à mesure qu'on devint moins soucieux des principes de la 
morale, elle tit son chemin en France, si bien qu'aujouixl'hui, 
elle y est presque généralement enseignée et suivie. 

Avant de vous demander de vous prononcer sur cette ques- 
tion, j'ai cru, Messieurs, qu'il ne serait pas inutile de vous 
metti'e sous les yeux les raisons qu'apportent l'un et l'autre 
parti. Je commencerai, par celles des partisans de la cra- 
niotomie pratiquée sur l'enfant vivant, telles que je les ai 
trouvées dans le pamphlet du Dr Osborn, dans Cazeaux, dans 
Ramsbotham, et surtout dans les écrits de M. Avanzini, auteur 
catholique d'un certain renom qui a été i-édacteur des acta 
sanctœ sedis, et qui s'est fait l'avocat de cette cause. Les argu- 
ments des trois premiers auteurs que je viens de nommer peu- 
vent se résumer dans la page suivante de Cazeaux. 

" On ne peut pas se le dissimuler, en effet, l'opération césa- 
rienne est le plus souvent mortelle pour la mère, même on 
admettant comme complètement exactes les statistiques les 
plus favorables. Ainsi, en mettant de côté les résultats fournis 
par les chirurgiens de la Grande-Bretagne, qu'on accuse de ne 
pas pratiquer l'opération au moment opportun^ et en supposant 
qu'on ait mis autant d'empressement à racmiter les insuccès 
que les cas heureux, on arrive, par Texamen impartial des faiis, 
à cette triste conclusion que presque les quatre-cinquièmes des 
mères ont succombé. Mais au moins cette aifreuse opération 
assure-t-elle la vie de l'enfant? Peut-on, en compensation de 
tant de souffrances, avoir la conviction de pouvoir offrir à la 
mère autre chose qu'un cadavre? Malheureusement, il n'en 



L*UNION MÉDICALE DU CANADA 6 

est rien ; et les partisans de la section cénarienne sont obligés 
d'avouer qu'ils ne sont pas toujours assez heureux pour extraire 
un enfant bien vivant, même alors que l'opération est prati- 
quée au moment d'élection. J'admets un instant que, pratiquée 
peu de temps après la rupture des membranes, l'opération 
permettra toujours de sauver les enfants ; il n'y aurait pas, à 
mon avis, compensation des chances si défavorables qu'on fait 
courir à la mère. Vous m'acoordez que plus de la moi lié des 
femmes succombent, mais pouvez- vous au moins me répondre 
que plus de la moitié des enfants que vous sauvez par la n^as- 
trotomie vivront assez longtemps pour faire oublier les pleurs 
versées sur leur berceau? Eh bien I lisez les tables publiées 
jusqu'à présent sur la moyenne de la vie humaine, et dites-moi 
si sur 100 enfants naissants, 50 atteignent leur trentiômo année. 
Ce n'est donc pas le résultat immédiat de la gastrotonne 
qu'il faut faire valoir, mais les conséquences éloignées. Ce 
qu'il y a de certain, c'est que vous sacrifiez immédiatement 

Î)lus de la moitié des femmes ; et ce qui est bien prouvé par 
'expérience des siècles, c'est qu'en supposant tous les enfants 
vivants au moment de leur naissance; vous n'en verrez pas la 
moitié atteindre l'âge auquel a succombé leur mère. A ne con- 
sidérer que la question des chiffres, l'avantage serait donc à 
l'embryotomie. Mais la vie si faible, si incertaine d'un enfant qui 
ne tient au monde que par sa mère, qui n'a encore ni sentiment, 
ni affection, ni crainte, ni espérances, peut-elle être comparée 
à celle d'une jeune femme que raille liens sociaux et religieux 
attachent à tous ceux qui l'entourent? La survivance de ce 
pauvre enfant pourra-t-elle combler le vide que laisse la mort 
de sa mère? Enfin la société peut-elle espérer recevoir jamais 
d'un enfant naissant les services qu'elle était en droit d'atten- 
dre de la mère adulte? L'intérêt de la famille, l'iniérêt de la 
société se réunissent donc pour militer en faveur de la mère. 
En politique, dit Eamsbothara, si ce n'est en morale, noua 
sommes pleinement justifiés, de préférer le fort au fciible, 
l'homme sain à l'homme malade, et par conséquent, la mère de 
famille à l'enfant qui n'est pas encore né. toutes les fois que 
nous sommes dans la cruelle nécessité de sacrifier l'un ou 
l'autre. Enfin, il me reste un dernier argument à faire valoir 
en faveur de la thèse que je soutiens : le plus ancien de tou« 
les principes de morale, la base de toute justice médicale, c'est 
qu'il faut traiter les malades comme nous nous traiterions 
nous mêmes ou nos parentti les plus chers : eh bien 1 quel est 
le médecin qui foicé de choisir en pareil cas entre la vie de 
sa femme et celle de l'enfant qu'elle porte dans son sein, hési- 
terait à autoriser le sacrifice de ce dernier ? " 



6 l'union médicale du CANADA 

A ces considérations, Bamsbotham ajoute que la grande 
raison de Toppotiiition den auteurs catholiques à la pratique de 
la craniotomie quand Teiifant eut vivant, venant de Timpor- 
tance qu'iU attachent à l'administration du haptème, celte 
opposition devrait cesser, maintenantque TEglise reconnaît la 
validité du baptême administré au moyen d'injections sur l'en- 
fant dans Tutérus. 

Le Dr O&born prétend que l'enfant dans l'utérus, en pei*dant 
la vie par la craniotomre, ne souffi-e presqu'aucun dommage, 
parce qu'alors, il n'éprouve aucune crainte, ni aucune douleur 
soit mentale, soit physique. Pour lui la sensibilité chez le 
fœtus est nulle ou presque nulle; et il en conclut qu'on ne 
saurait accuser de cruauté le médecin qui a recours à la cépha- 
lotomie pour sauver la mère. 

Ce médecin est de l'opinion d'Alphonse Leroy qui dit que : 
'* La nait«»ance des animaux n'est qu'un prompt passage d'un 
mode d'existence à un autre, et que l'enfant dans l'utérus vit 
d'une vie entièrement végétative. " 

Pour appuyer sa thèse le Dr Osborn dit que, si Tenfant souf- 
frait des actes de violence nécesnitéH par la craniotomie, il 
devrait certainement exprimer sa douleur par des efforts ou 
des mouvements dont la mère aurait conscience, tandis que 
selon lui, il n'en est jamais rien. 

Puis il ajoute : *' Ayant prouvé que la perte de la vie pour 
l'enfant est d'une importance si minime qu'elle équivaut pres- 
qu'à rien, et que ses souffrances corporelles pendant l'opération 
sont entièrement nulles, il convient maimenant d'examiner 
quelle est la valeur d'un enfant qui n'est pas encore né pour 
ses parent^ et pour la société. Avant la naisî<ance de l'enfant, 
l'affection maternelle, qui par un des plus sages desseins de la 
Providence, est une des fassions les plus générales et les plus 
incontrôlables chez la femme, n'existe pas encore ; et dans ces 
circonstances, la malheureuse mère ne fait pas le sacrifice 
d'une jouissance actuelle et dont elle possède l'objet, mais elle 
subit seulement le désappointement de la privation d'un plaisir 
qu'elle attendait et qu'elle espérait." 

*' Quant à la société, dit-il, la perte d'un enfant doit être 
d'une importance bien peu considérable, si on se rappelle le 
grand nombre d'enfants, qui pour différentes causes, meurent 
avant d'être nés, et si on pense aux périls et aux dangers qui 
accompagnent l'existence d'un enfant jusqu'à l'âge de deux 
ans ; et si surtout, si on réfléchit combien il a peu de chances 
de se rendre à un âge où il pourra êtie utile à ses concitoyens 
et jouir lui-même des plaisirs du monde." 

Un autre auieur dont j'ignore le nom, prétend que la mère 



l'union médicale du canada 7 

et Tenfant ne forment qu'une seule et même personne ; et que 
comme il est permis et même convenable de sHcrifier une partie 
pour sauver le tout, ainsi l'on doit sacrifier Tenfant qui n'est 
qu'une partie peu considérable pour sauver la mère qui est le 
corps principal. 

A part ces différents arguments tous tirés plus ou moins, de 
la politique, comme le dit Eamsbotham, et des sentiments, M. 
Avanzini a en cherché d'autres dans les enseignements do la 
théologie. D'après cet auteur, si la femme ne veut pas con- 
sentir à subir l'opération césarienne, l'enfant doit mourir; et 
dans ce cas, en pratiquant la craniotomie, il n'y aurait que le 
mode de mort de changé, ce qui est peu important, de sorte 
que le médecin est justifiable de la pratiquer. 

Puis répondant à ceux qui prétendent que la craniotomie 
quand l'enfant est vivant ne doit jamais se faire, parce qu'il 
n'est pas permis de tuer un innocent, M. Avanzini cherche à 
prouver qu'en certains cas la chose est licite. Ainsi, dit-il, étant 
poursuivi par un ennemi qui veut attenter à ma vie, il m'est per- 
mis en me J^auvant, d'écraser un enfant qui se trouve sur mon 
chemin : ou encore, je puis tuer un innoeentdont un juste aj^res- 
seur se ferait un bouclier; alors pourquoi ne serait-il pan pei^ 
mis de sacrifier l'enfant pour sauver la mère? 

Plus loin, il ajoute que si l'enfant est formellement innocent, 
il est matériellement un injuste agresseur vis-a-vis de sa mère 
dont il met la vie en danger; or, s'il est permis à quelqu'un 
de tuer est fou furieux qui menacerait sa vie, il devrait être 
également permis à la femme de sacrifier la vie de son enfant 
pour sauver la sienne. Car le fou est aussi formellement inno- 
cent que l'enfant, puisqu'il n'est pas responsable de ses actes. 

Tel est, Messsieurs, en résumé, l'ensemble des raisons apj)or- 
tées par les partisans de la craniotomie quand l'enfant est 
vivant: voyons maintenant ce que l'épondeut les partisans de 
l'opinion contraire. 

Avant d'aller plus loin, un fait qu'il est important de noter, 
c'est que tous les théoloifiens sont unanimes à se prononcer 
contre l'opération quand l'eifrant est vivant. Quand je dis tous 
les théologiens, je passe par dessus une ou deux voix discor- 
dantes et sans autorité ; en ettet, jusqu'aujourd'hui les parti- 
sans de la craniotomie n'ont pu ralliera leur cause parmi ceux 
qui se sont occupés de théologie, que Théophile Kaynaud et 
M. Avanzini. 

Un reproche que l'on fait généralement aux défenseurs de la 
craniotomie. et qui parait bien fondé, est celui de déplacer la 
question. Au lieu de se demander s il est permis de tuer 
l'enfant pour soustraire la mère à un grand danger, ils recber- 



8 l'union médicale du CANADA 

chent la valeur respective de la vie de Tenfant et de celle de 
la mère; puis ils. tirent leurs conclusions, faisant ainsi, d'une 
question de devoir, une question d'opportunisme, de politique, 
de convenîinco ou de sentiments. De plus, ils affiiment sans 
restriction qu'ils sacrifient l'enfant- pour sauver la mère, comme 
si l'opération laissait toujours la femme saine et sauve. Cepen- 
dant les statistiques sont là pour prouver que la céphalotomie, 
non seulement est toujours suivie de la mort de l'enfant, mais 
aussi qu'elle entraîne souvent celle de la femme j de sorte que 
même en suivant les partisans de la craniotomie sur le terrain 
qu'ils on choisi, leurs raisonnements ne sont pas aussi forts 
qu'ils peuvent le paraître au premier abord. 

Dans le plaidoj^er qu'a fait Cazeanx en faveur do la céphalo- 
tomie, nous l'avons vu avancer que l'opération césarienne était 
suivie de la mort de la femme dans près des quatre-cinquièmes 
des cas; et cependant, deux puges plus lf>in, dans le même 
ouvrage, il affirme que sur 164 cas, 62 femmes guérirent; ce 
qui donne 39 pour cent ou plus d'un tiers de guérisons sur le 
nombre total. Do plus, dans le môme chapitre, il rapporte 
que le Dr Metz, d'Aix-la-Chapelle, a eu sept succès sur huit cas 
où il a fait ro])ération césarienne ; et que cinq autres cas opéiés 
p4ir les Docteurs Vosscn, Kessrlhaul, Kilian et Gentz ont tous 
eu un résultat favorable. Ce qui fait douze succès sur treize 
opérations. Il cite aussi M. Guizard qui a publié trois faits 
heureux. Aussi Cazoaux est-il obligé d'avouer que l'opéiation 
césarienne léussit assez souvent dans lespetites villes et surtout 
à la campagne, et cela dans la proportion de deux sur trois, et 
même de trois sur quatre. Or si l'opération réussit beaucoup plus 
souvent à lacampagne, Ton devrait en tenir compte pour décider 
une question aussi grave que celle <le la craniotomie pratiquée 
sur l'enfant vivant, et il ne me )»araît pas juste de ne puiser 
ses renseignements que dans les grandes villes et surtout dans 
les matei'nités, où les malade'^ sont plus ou moins entassées et 
se trouvent dans des conditions hygiéniques défavorables. 

Quoique partisan de la craniotèmie dans certains cas, même 
lorsque l'enfant est vivant, Dewees admet que l'opération 
césarienne est souvent suivie de succès. Figueiria qui est 
celui qui donne les statistiques les plus considérables sur cette 
0|)ération. déclare que, sur 790 cas qu'il a pu recueillir, 424 
femmes moururent, et que 366 échappèrent à la mort. Chur- 
chill <iit, que sur 371 cas sur ie>quels il a pu avoir des rensei- 
gnements, 217 se terminèrent d'une manière heureuse pour la 
femme, et 154 d'une manière fatale. Pihan Dufeillay uéclare 
que l'opération, fiaite dans des circonstances favorables, aussi- 
tôt qu'on a reconnu l'impossibilité de l'accouchement par les 



l'union médicale du CANADA 9 

voies naturelles, donne près de 75 p. 100 de survie. (Archives 
géru deméd.^ 1861.) D'après "Baudelocque, sur deux cent trente 
cas opérés en France et dans d'autres parties de l'Europe, 
cent trente-neuf femmes oiit échappé à la mort, ou près de 65 
pour cent ; ce qui est loin des vingt pour cent de Cazeaux. 
Il résulte de là qu'il ne faut pas ajouter une foi trop grande à 
cet auteur quand il parle des quatre-cinquièmes de cas malheu- 
reux, surtout lorsque l'on voit d'autres écrivains également 
respectables donner des statistiques plus favorables. 

Le Dr Porro de Pavie a inventé, il n'y a que quelques an- 
nées, une méthode de pratiquer l'opération césarienne qui 
donne un résultat très satisfaisant; elle consiste à enlever, 
api'ès l'extraction du fœtus, l'utérus et les ovaires. M. S. Tar- 
nier aj'ant opéré avec succès une femme dans le mois de mars 
1879 par cette méthode, en fit rapport à la séance de l'académie 
de médecine tenue le 29 juillet suivant. Suivant cet éminent 
praticien, en faisant l'ablation de l'utérus et de ses annexes, on 
6Up])rime les deux causes les plus fréquentes de la mort après 
l'opération césarienne : 1^ l'hémorrhagie interne qui survient 
par la plaie utérine quelques minutes ou quelques heures après 
l'opération ; 2» Tépanchoment des lochies et du pus dans le 
péiitoine, origine fréquente de péritonites mortelles. Enfin 
on supprime aussi et la plaie de l'utérus et celle de la surface 
d'in-ertion du placenta. 

Après avoir rapporté ce fait, le journal de médecine, Le Pra- 
ticini ajoute les réflexions suivantes : " L'opération de Porro 
a été déjà pratiquée vingt-neuf fois depuis le 21 mai 1876, et a 
donné quinze succès. M. Tarnier qui croit être le premier qui 
l'a faite en France, pense qu'elle est appelée à juste titre à 
preîidre rang dans la chirurgie. Elle est certes supérieure, 
comme réNultat, à ro})ération césarienne ordinaire, et si elle 
semble avoir le désavantage de supprimer les organes de la 
génération, il faut reconnaître que, par cela même, elle sup- 
prime unp cause de danger futur, en même temps qu'elle remé- 
die à un péril immédiat. 

La ce ph a lot ri psi e, préférée jusqu'ici parla plupart des accou- 
cheurs et par M. Tartiier lui-même, voit sa supériorité ébranlée 
par cette observation. Il est certain que rhé>itation est per- 
mise dans les cas de i-étrécisnement moyen du bassin qui per- 
mettent, à la rigueur, à la femme d'avoir d'autres enfants 
vivants. Mais si le rétrécissement du bassin dépasse 66 milli- 
mètres, la céphalotripsie qui sacrifie naturellement tous les 
enfants, ne sauve qu'environ la moitié des femmes. L'opéra- 
tion de Porro, tout en sauvant aussi la moitié des femmes, 
sauverait aussi tous les enfants, si l'on a le soin d'opérer de 



10 l'union médicale du CANADA 

bonne heure. Si Ton attend, au contraire, on sacrifie inutile- 
ment la vie de Tenfant, et l'on compromet gravement celle de 
la mère." 

Ces résultats heureux suivant l'opération césarienne n'auront 
pas lieu de surprendre, si on considère le grand nombre d'opé- 
rations de gastrotomie qui ont été faites avec succès depuis 
quelques années. Péan, à P iris, en a fait plusieurs centaines 
avec une moyeiine de succès d*à peu près de quatre-vingt sur 
cent. Spencer Wells, à Londres en a fait plus d'un millier 
avec les mêmes heureuses conséciuences. On objectera peut- 
être que la plus grande pariie de ces opérations n'étaient pas 
d'une nature aussi grave que l'opération césarienne, et qu'elles 
n'ont été faites que pour l'extraction de tumeurs ovariennes 
qui se trouvaient placées d'une manière superficielle dans l'ab- 
domen Cependant, les journaux de médecine ont rapporté très 
Bouventdes cas d'ablation de tu meurs placéesprofondèment dans 
la cavité ab«iominale et attachées aux organes les plus impor- 
tants, souvent même elles étaient si adhérentes à l'organe <|ue 
le chirurgien a été obligé d'extraire ce dernier avec latum»»ur. 
Ainsi dans la Gazette hebdomadaire du 19 octobre 1879. on 
voit que M. Tillaux a rapporté à l'académie de médecine un 
cas d'hystérotomie, qu'il avjiit opéré pour un tibrome volumi- 
neux, qui mettait la vie de la malade en grand danger, et que 
l'opération a été suivie d'une guérison comï)lôte. 

be plus, il est bon de remarquer que ces tumeurs datent 
souvent depuis longtemps, que souvent aussi elles ont opéi-é 
des dérangements dans les organes voi.sins, qu'il s'est formé 
des adhérences qui rendent leur extraction plus difficile et ï)1us 
dangereuse, de sorte qu'en moyenne, on peut dire que l'opéra- 
tion césarienne, faite dans les cire nstances ordinaires, n'offre 
pas plus de risques que leur ablation, surtout si elle est prati- 
quée d'uprès la méthode de Porro. 

La craniotomie n'est pas aussi inoffensive pour les femmes 
que ses partisans se plaisent à le répéter ; et quand ils disent 
qu'ils sacrifient l'enfant pour sauver la mère, ils font un avan- 
cé qu'il leur serait très difScile de prouver. Ils sacrifient l'en- 
fant bien certainement; mais sauvent-ils la mère au>8i souvent 
qu'ils le prétendent? Les faits ne semblent pas leur donner 
raison. Baudelocque dit que plus de la moitié des femmes 
sur lesquelles on a opéré la céphalotomie sont mortes. Dewees 
parait adopter cette opinion. Schro<ler, partisan de la cranioto- 
mie. dit : *' Si l'opération est If plus souvent suivie d'un 7V'sul' 
tut funeste^ c'est parce qu'elle n'a été pratiquée qu*a|)rès que 
Ton a essayé de terminer l'accouchement par des tentatives 
exagérées et trop longtemps prolongées avec le forceps, et que 



l'ukion médicale du canada 11 

Ton n'a pn j parvenir." Cet auteur admet donc que la c]*a- 
niotomic, est le plH« souvent fiitale à la mère, quoiqu'il cherche 
a expliquer cette fatalité par de^ causes qui lui sont étrangères, 
Et Le Praticien dans Textrait cité plus haut admet sans les- 
trictionque la céphalotripsie ne sauve que la moitié des femmes. 

Le Dr OsboiMï et plus tard Cazeaux, pour pi'ouver le peu de 
valeur de la vie du fœtus, se sont appuyés sur le grand nom- 
bre d'enfants qui meurent avant leur naissance et surtout 
avfint de se rendre à un â<;4) assez avancé pour être utile à la 
société, et pour jouir eux-mêmes de ses bienfaits. On peut leur 
répondre avec l)ewees que cet argument loin d'être en leur 
faveur, est contre eux ; car si malheureusement, il meure un 
grand nombre d'enfants dans le t^ein de leur mère et quelque 
temps après leur naissance, le médecin doit faire tout ce qui 
est en son pouvoir pour diminuer ce nombre. Or par la cra- 
niotoraie, on obtient justement Tefiet contraire. 

La comparaison que ces deux auteui's fout entre une jeune 
mère de famille '^ que mille liens sociaux et religieux atta- 
chent à tous ceux qui l'entourent et un enfant qui n'est piis 
encore né" et des services que l'un et l'autre peuvent rendre à 
la société peut n'être }>as toujours juste. C'ar. qui peut dire si 
cet enfant sacrifié à l'intérêt de la mère, ne serait pas un jour 
un bienfaiteur ou une gloire pour son pays ou pour Thumuitité 
toute entière? Quel malheur pour le monde si les inventeura 
de la télégraphie, de l'imprimerie, des machines à vapeur ou 
d'autres inventions aussi utiles, s'étaient trouvés dans les circon- 
stances voulues par les parti^ans de la craniotomie, et eussent 
é(é sacrifiés pour sauver leur mère du danger de l'opération 
césarienne ! 

Quand Cnseaux s'adressant à ses confrères s'écrie : *^ eh bien ! 
quel est le médecin qui forcé de choisir en pareil cas entre la 
vie de sa femme et celle de l'enfant qu'elle porte dans son sein 
hésiterait à autoriser le sacrifice de ce dernier, " il est évident 
qu'il fait appel à loni^s sentiments et non à leur conscience, 
quoiqu'il prétende s'appuyer sur un des grands principes de 
la morale. On pourrait lui répondre par la question suivante : 
Quel est le médecin qui consentirait à enfoncer dans le crâne 
d'un enfant'dans son cerceau, un instrument meurtrier pour 
sauver la mère de cet enfant d'un grand danger? Il est 
tout probable que Cazeaux et ses amis répondraient que 
pas un médecin ne voudrait se rendre coupable d'un acte de 
cruauté semblable, et se faire le bourreau d'un pauvre petit 
innocent, dont la faiblesse même constitue un titieà la protec- 
tion de la société ; et cependant, c'est ce qu'ils conseillent 
quand ila recommaudent 4e pratiquer la craoiotomie sur l'en.- 



12 l'union médicale du CANADA 

fant vivant pour souBlraire la mère au danger de l'opération 
césarienne. La seule différence qui existe, c'est que dans an 
cas, Tenfant est dans l'utérus, et dans l'autre, il est dans son 
berceau. 

Lorsque Bamsbotham dit que Téglise reconnaît la validité 
du baptême administré au moyen d'injections dans Tutérus, il 
commet une inexactitude bien pardonnable, il est vrai, pour 
un protestant; la validité du baptême est admise alors comme 
probable et non comme certaine; et c'est pourquoi les théolo- 
giens conseillent toujours de rebaptiser l'enfant bOus condition 
après sa naissance. D'ailleurs, il n'est pas plus permis de tuer 
un être baptisé que celui qui ne l'est pas; la seule différence 
qui existe dans l'un et l'autre cas consiste dans la gravité de 
l'offease : donner volontairement la mort à un innocent est 
toujours un crime. 

Le D'* Osborn fait une assertion toute gratuite quand il affir- 
me que le fœtus est insensible. Une foule de faits prouvent le 
contraire. *' Il n'est pas vrai, dit Blundell, que le fœtus soit 
privé de sensibilité, comme quelques-uns l'ont imaginé et com- 
me l'accoucheur pourrait le désirer, quand il est pour se servir 
du perforateur. En faisant la version, j'ai intixjduit le doigt 
dans la bouche du fœtus pour voir s'il sucerait. Dans deux 
circonstances, chaque enfant a sucé aussi fort avant la nais- 
sance qu'après montrant par là qu'il ressentait le sentiment 
de la faim, et qu'il s'apercevait de la piésence de mon doigt." 

Dewees rapporte que pendant une opération de ci'aniotomie 
à laquelle il a assisté, la mère déclara, sans qu'on le lui deman- 
da, que ce qui l'affectait le plus, c'était les douh*urs et les com- 
bats de son enfant. Il est vrai que dans un grand nombre de cas, 
ce** combats peuvent passer inapperçus, parce qu'après l'écou- 
lement des eaux, l'utérus se contracte sur le fœtus avec une 
telle force, qu'il est impossible à ce dernier de faire le moindre 
mouvement. 

Prétendre que la vie du fœtus est tout à fait végétative et 
qu'il n'a pas plus de sensation qu'une plante, est complètement 
absurde. Car, dit Dewees, avancer que la vie du fœ.tus dans 
l'utérus est végétative et qu'elle est animale après sa naissance, 
n'est ce pas jouer sur les mots? Quelqu'un a-t-il jamais démon- 
tré une difîérence dans la qualité du principe vital dans ces 
deux conditions de la vie de l'enfant? La différence ne con- 
siste-t-elle pas entièrement dans la manière dont ce principe 
est conservé? Ou en d'autres termes, les mêmes principes ne 
sont ils pas nécessaires à la conservation de la vie avant et 
après la naissance ? 

Quand l'enfant est dans l'utérus peut-il plus vivre sans circu- 



L'ONION MÉDICALS du CANADA 13 

lation, sans oxigénation du sang et sans nutrition qa'après sa 
nainsance ? J'avoue que ces choses essentielles à son existence 
se font d'une manière différente; mais leur nature et leur im- 
portance sont les mêmes. Retranchez au fœtus dans l'utérus, 
pendant un certain temps, l'une de ces fonctions, il mourra 
certainement, tout comme il mourrait si la chose arrivait après 
sa naissance. 

Au point de vue de la morale, le cnme de celui qui détruit 
avec intention la vie du fœtus est le même, qu'il appelle cette 
vie végétale ou animale ; et on ife doit pas cherchera la dépré- 
cier ou se laisser entraîner à la détruire sans raison, en lui 
donnant des noms qui n'ont pas de sens défini. De plus, que 
les noms que l'on donne à la Vie du fœtus ait un sens clair et 
précis, ou non, au point de vue moral, sa destruction doit tou- 
jours être considéré comme un crime." 

Pour ce qui est de l'aflfëction maternelle, quand le Dr Osborn 
déclare qu'elle n'existe pas avant la naissance, il se trompe 
grandement; et il faut qu'il ait eu bien peu d'expérience dans 
sa profession ou qu'il ait été bien préjugé pour faire cet avancé. 
Car comment expliquer tous les sacrifices que s'imposent les 
mères pour arriver heureusement à la fin de leur grossesse ? 
Quel n'est pas leur chagrin et leur douleur quand un accident 
fait que le produit de la conception vient au monde privé de 
la vie ? Si ces sentiments ne sont pas dus à la tendresse mater- 
nelle le Dr Osborn aurait du dire d'où ils proviennent. 

Quant à l'auteur inconnu qui prétend que la mère et l'enfant 
ne font qu'une seule et même personne, le bon sens commun 
en a fait prompte justice ; il est si clair et si évident qu'ils for- 
ment deux personnes distinctes qu'il est presqu'in utile de 
réfuter cette opinion. En effet la mère et l'enfant ont chacun 
une âme et chacun un corps parfaitement distincts : et si le 
fœtus tire sa subsistance de sa mère, il ne fait que ce qu'il fera 
encore pendant assez longtemps après sa naissance. Or il n'est 
jamais venu à l'idée de personne dédire que l'enfant qui est 
au sein de sa mère ne forme qu'une même personne avec elle. 

Maintenant Hupposons que la vie de la mère a une valeur 
bien plus grande que celle du fœtus, que ce dernier ne possède 
aucune sensibilité, et qu'il n'éprouve pas plus de douleur corpo- 
relle que de douleur mentale ; que, fut-il extrait du sein de sa 
mère par l'opération césarienne, il n'a presqu'aucune chance de 
vivre au delà de deux ans, que l'aHection maternelle n'existe 
pas avant la naissance de l'enfant ; supposons encore que la 
craniotomie est presque toujours suivie d'un résultat heureux 
pour la mère, tandis que l'opération césarienne lui est le p us 
souvent fatale, et demandons aux théologiens s'il est pormis de 



14 L'tmiON MÉDtCALC DV CANADA 

tner l'enfant pour sauver la mère ? Tous sont d'accord à 
répondre : non licet. Il n'est jamais permis d'enlever la vie à 
l'innocent; ce droit n'a été accordé ni aux rois, ni aux empe- 
reurs, ni aux gouvernements: Dieu se l'est réservé pour lui seul. 
Quand bien même lesalutde tout un peuple dépendrait de la mort 
d'un jnste,pei*sonne n'aurait le droit de mettre ce juste à mort. 
Ainsi une ville considérable est assiégée par un ennemi qui hi 
presse de tous côtés ; elle est privée de vivres, et si elle n*est 
pas prised 'assaut, Itk famine va décimer ses habitants. Dans ces 
circonstances, le commandant de l'armée assiégeante fait savoir 
aux assiégés qu'ils aient à faire mourir un de leurs concitoyens, 
sinon qu'il va tous les passer au fil de l'épée ou les laisser 
mourir de faim. Les assiégés pour se sauver d'une ruine cer 
taine ont-ils le droit de faire mourir ce concitoyen? Les moi*a- 
listes sont unanimes à répond l'e dans la négative, parce qH« 
dans aucun cas, il n'est permis de tuer un innocent. Si pour 
sauver une multitude considérable, la morale défend de faire 
périr un innocent, à plus forte raison le défend-elle quand il 
ne s'agît que du salut d'une seule peraonne comme dans la 
craniotomie. 

(à suivre) 



Leçon Clinique 

Donnée aux Elèves de PUniversi té-Laval, à THApîtal Kotre-Dame, 
Par A.. T. Brosseatj, Prof, de Clinique Chirurgicale. 



(Suite et fin.) 

Afin de vous faciliter l'étude des hernies étranglées permet- 
tez messieurs que je vous fasse un exposée succinct de leur 
étîologie, de leur diagnostic et de leur traitement. 

J'ai consulté sur le sujet les incomparables traités de MM. 
Gosselin, Duplay, Brichsen et Bryant. Nous commenceroîis 
par décrire ce que Ton entend par agent de l'étranglement 
nerniaire. 

Ses dimensions varient, de même que sa forme, celle-ci 
donne au doigt la sensation d'une bride circulaire tranchante, 
on le point rétréci présente une certaine longueur et parait 
comme c*inalicnlé, ou l'obstacle ne parait siéger que sur un 
point du contour que l'on appelle vive arête. 



l'union médioalb du canada 16 

L'orîfice est quelquefois si étroit que Ton peut a peine y 
introduire une sonde. 

Le pédicule de la hernie est embrassé par le collet qui lui, est 
entouré par les anneaux fibreux. On a cru pendant longtemps 
que ces anneaux fibreux (les piliere de l'oblique externe liga- 
ment de gimbernat) anneau ombilical étaient seuls agents de 
la coustriction. 

Mais plus tard on s'apperçut qu'il fallait parfois débrider 
sur le collet du sac, de là la théorie de V étranglement par le 
collet du sac. 

Une troisième opinion a été soutenue, c'est que la coustric- 
tion était opérée par des anneaux accidentels^ par exemple 
dans la hernie crurale, les orifices du facia cribriformis. 

Cis trois opinions ont été soutenues par des hommes non 
moins célèbres que Dupnytren, Malgaigne, Velpeau, Richet, 
Gosselin. 

M. Dnplay prétend, avec raison, je crois, que chacune de ces 
théories a été défendu d'une fyçon trop obsolue et qu'il est plus 
sage d'admettre que les diverses parties qui environnent le 
pédicule de la hernie, contribuent chacune pour une part plus 
ou moins large, à l'irriductibilité. 

Par exemple, une hernie que l'on réduit facilement en ne 
faisant que le débrideraent externe, sans ouverture du sac, 
n'était certainement pas étranglée par le collet du sac, ou par 
le» anneaux accidentels, et c'est chose que l'on voit souvent 
dans la hernie crurale où la constriction est due, soit au liga- 
ment de gimbernat ou au facia cribriformis. 

On peut poser comme axiome que le chirurgien ne doit divi- 
ser que ju&te ce qui est nécessaire a une réduction complote. 

II doit cependant s^assurer, avant de réduire que tout étran- 
glement à été détruit dans le sac comme en dehors. 

Quant au résultat de l'opération, il y a tant de diff*érenco 
entre le débridement externe seul et l'ouverture du sac, que 
certains chirurgiens (Bryant entre autres) appellent le débri- 
dement externe " Voperation mineure " et le débridement 
avec ouverture dn sac ** Voperation majeure. " 

Ils ajoutent même que la kélotomie sans ouvrir le sac, ne 
diffère du taxis que par l'incision de la peau, et c'est pourquoi 
ils conseillent d'opérer de suite après un taxis inefficace dans 
les hernies qui s'étranglent dès le moment de leur sortie de la 
r'.avité abdominale et par conséquent avant la formation d'un 
collet résistant. 

On conseille aussi d'opérer de suite aprhs un taxis infrac- 
tupux dans les hernies anciennes afin d'éviter les suites de 
l'infiammation que ce taxis peut causer. 



16 l'union médicale du canada 

L'étranglement peut avoir lieu au moment de la première 
(lebcente d'une hernie, mais plus généralement cela arrive 
quand elle a existé durant des années, quinze ou vingt ans. 

Le mécanisme de l'étranglement est le suivant, un violent 
effort pousse l'intestin au dehors, puis les gaz ou les matières 
fécaloïdes s'engagent dans cet intestin et augmentent considé- 
rablement le volume, delà l'étranglement. 

On bien encore, l'épiploon et Tintestin s'enflamment, et aug- 
mentent de volume, de là résulte une disproportion entre les 
parties herniées et les contours résistants, de même que le 
doigt atteint de panaris s'étrangle sur l'anneau laissé autour 
de lui. 

Parmi les symptômes de l'étranglement heraiaire, il en est 
qui se présentent toujours et qui doivent être regardés comme 
pathognomoniques, tandis qu'il en est d'autres qui ne se mon- 
trent que rarement. ' 

Le mode d'apparition, la succession, l'intensité des symptô- 
mes présentent des différences qui font varier, le début, la 
marche et la terminaison de l'étranglement. 

Souvent la tumeur a une dureté telle qu'elle donne le sensa- 
tion d'un corps solide. 

Cette dureté qui est due à l'extrême distension du sac est plus 
commune dans les petites que dans les grosses hernies. 

Ordinairement la hernie étranglée donne un son mat à la per- 
cussion ; certaines hernies volumineuses sont cependant très 
sonores en raison de la quantité de gaz contenus dans l'intestin. 

La constipation n'a de valeur diagnostic qu'à partir des 
vingt-quatre premières heures: car il est reconnu que beau- 
couj)de malades éprouvent le besoin d'aller à la selle aussitôt 
l'étranglement produit et expulsent en une ou deux séances 
le contenu de l'iniestin qui siège au-dessous de l'étranglement. 

On ap|)elle étranglement aigu celui dans lequel les symp-. 
tomes se mon ti*ent durant les deux premiers jours, et chroni- 
que eu lent celui dans lequel les phénomènes caractéristiques 
ne se montrent qu'au bout de quatre ou cinq jours. La pre- 
mière de ces variétés correspond surtout à l'étranglement des 
petites hernies ; la seconde a celui des moyennes ou des grosses 
il est aussi un bon nombre d'étranglements qui présentent des 
aggravations et des rémissions. 

La tumeur ne reçoit pas l'impulsion déterminée par la toux 
dans une hernie étranglée. 11 y a affiaiblissement du pouls, 
diminution notable de la coloiification, la face devient grippée. 
La constipation n'est pas aussi ojânâtre dans lépiploeèle que 
dans i'enlérocèle, cependant le tiaitement doit être le même, 
puisque la terminaison sera la même, lu péritonite. 



l'union HiDIOALB DQ OANADA. Vl 

L*étrang1ein6Qt abandonné a lui-même se termine par la 
mort ou par un anus contre nature. 

Le diagnostio des hernies et souvent diffieile. Le malade 
dît qu'il va à la garde-robe ou il ignore qu^il a une hernie ou 
il porte depuis longtemps une hernie irrédnetible et il a mo- 
mentanément nne constipation, etc., ete.^ autant de sujets de 
confusion qui ne serait pas sur ses gardes. Dans la péritonite 
la sensibilité du ventre est plus étendue, plus vive, la constipa* 
tion n'est pas absolue. Dans ces cas douteux on a proposé 
d'avoir recours au purgatif d'exploration on encore au taxia 
avec chloroforme. 

Il y a moins d'inconvénients a croire à un étranglement qui 
n'existe pas et agir en conséquence, qu'à méconnaître un étran- 
glement qui existe réellement. Souvent Terreur est due à la 
légèreté avec laquelle le médecin examine son malade. 

Ilien ne saurait excuser un médecin qui en présence d'un 
patient qui vomit, ne va pat« à la selle et dont le ventre se 
oallonne, néglige d'explorer le pli de l'aine, Tombelio et les 
aati*es logions qui peuvent donner passage aux hernies. 

Bien des malades peu soucieux de leur peraonne ne savent 
dire si leur tumeur était i^uctible ou irréductible, mais s'ils 
ont déjà porté un bandage, il est à pi*é8umer que la hernie était 
réductible. Le chirurgien doit aussi savoir si la tumeur con- 
tient de l'intestin, de l'épîploon, ou les deux à la fois. 

La sonorité et le gargouillement indiquent à coup sûr la 

Î)i'ésence de l'intestin. On reconnaît l'épiploon à sa consistance 
obulée, à l'exiHtance dans le ventre d'une coi*de épiploïque à 
laquelle Yelpeau attribuait une grande valeur diagnoî<tique. 

Il n'est piis toujours facile de dire si une hernie est étran^ 
glée on ni elle n'est qu'enflammée. Dans le premier cas les 
symptômes de l'étranglement prévalent, tandis que dans Je 
second, les phénomènes locaux, de même que la réaction gén^ 
raie sont ceux de l'inflammation, dans l'inflammation il y a 
harmonie dans l'aggravation ou l'amélioration de ces symp* 
tomes locaux et généraux. 

TEAITSMENT DE L'ÉTBANOLEMENT HERNIAIRB, 

En présence d'un éfranglement herniaire, Vindieation capi- 
tale est de lever V étranglement soit par le taxis soit par la 
kilotomie. 

Le taxis est d'origine fort ancienne, mais les anciens chirur- 
giens dépourvus de l'anesthésie, de la résolution chloroformi- 
que étaient obligés de la pratiquer pendant nn temps fort long^ 

2 



19 h'XJjm» Mât^JihZ 00 OAÊABA 

d'où témHxjimt 4e ffewi» 4$nf era, c^cbjBKwee^ p^oratioiu^ 
péritonite. 

Il est pi«a\sé depuis longtemps qœ le chloroforme reod 
le taxis beaaeonp plus facile et pins efficace, cependant nous 
voyons enooffe scmvjent des médecins ne pas tirer parti de cet 
incomparable avjintege, iaire souflirir leojs malades et échouer 
dans leur tentiitive. 

Posons donc «n principe que dans tous les cas difficiles le 
taxis ne doit êtra pra.tiqué qu'avec Taide de Tanesthésie com- 
plète et qy'un médecin qui en priverait soi» malade serait 
grandement blâmable. 

Yoiei comment le taxis doit iètre pratiqué. 

Placer le sujet d^e telle façpn qui ses pai'ois abdominales 
soient complètement relâchées^ position hori^ntale, tète élevée, 
cuisses fléchies, etc. 

Le ckirurgien saisit entre le pouce et les premiers doigts de 
la main gauche le pédicule de la hernie, de manière à Tentou- 
rer, à l'effiler et à Téioigvker légèrement de l'anneau ] puis il 
sainit de la main droite, à pleine main^ le corps de la nernie 
sans presser sur le fond du sac, et avec les doigts et le pouce 
qui embrassent la tumeur, il cherche à en saisir le contenu et 
à le faire pén.ét'rer dans Panneau par une pression méthodique. 

Les doigts de la main gaui'he ainsi di>>«posés empêchent les 
viscères de s'étaler et s'aplatir autour de Toriflce. Si les pre- 
miers efforts sont infructueux, il &ut varier la position dos 
doigts et la direction de» pressions. 

Les pressions doivent toujoni's être plus énergiques de la pari 
de la main qui refoule la hernie que de celle qui étreint le pédi- 
cule. 

Majsonn^euve a cherché à pédiculiser les hernies en en roulant 
axitourdu pédicule, deux ou trois tours très serrés d'une bande 
en caoutchouc, pnis le reste de la bande autour du corpA de la 
hernie — ce procédé produit souvent une détente subite^ qui 
indiqjue qu^ la réduction vient de s'o|)éi'er. 

Lannelongue conseille de comprimer d'une façon continue la 
paroi abdominale en y plaçant un sac à plomb. D'autres con- 
seillent de mettre les deux pouces de chaque côté du collet du 
sac et d'exercer des pressions de manière A refouler dans le 
canal les parties qui sont immédiatement an-dessus de lui. 

A bout de re^soupcea, on peut enco«e essaver l'ancienne 
méthode ^'inversion du malade par laquelle les jambes du 
patient sont passées sur les épaules d'un aide, le corps ne repo- 
ofint sur un lit que par la tête et les épaules ; le» muscles du 
v.eptre sont ainsi fléchis, détendus, les viscères ^'étalent sur le 
diaphragme et le refouleut sur la poitrine— la mfu^ee intestinale 



exerce alors ane traotion Bur la partie étranglée qui suffit soa- 
vent à la dégager. 

Il ne faut faii*e rentrer par ce procédé qn'an intestin dont 
mtat n'est pas dxt tevt saspeet 

Le cbiroi'gien peut è^e trompé par nne^asse-ap^^arence de 
réductioa, oeia vient de ce q«e le^ pressions ont r^otilé toQ*t à 
la fois et la tooiear et les pettos ttoscnlaires snr lesquels celle* 
oi reposait. En pédionlisant bren la hen^ie ave^ les doigts 'et 
le poa^e de la main ganticbe, comme nous TavotiB indiqâ, on 
évite cette faasse apparence de rédnctien. 

On évitera anssi cette erreur eâ s'asstirani que les aYHieatix 
et le trajet inffninsl sont bien libres après la rédaction. 

Si les laakdds sont soumis A des tetitatives iucotisidérées de 
réductiou, Tintestin est emuite prédisposé à rinflammation et, 
à la gangrène. 

Certains médicamefits, tels que la saignée, leè Vomîttft, le 
tabac, la belladone, Popi<nm, étaient employés arUtrefoisen même 
temps que le taxis, mais ils doivent être proscrits du traite- 
menthes hernies étranglées comme itiutites oti dangereux, le 
chloroforme vaut mieux à lui seul que tons ces médicaments 
réunis. Les purgatifs sont trop fréquemment employés 
encoi*e de nos jours, ils sont plus nuisibles qu'utiles, ils doivent 
être réservés aux cas où il s'i^t de s'assurer que l^on n'a point 
affaire à un étraagleme&t véritable. 

Les cataplasmes émoi lien ts> les pommades foelladonées amè- 
nent pai€ois une détente qui faoitite la réduction ainsi des 
bains prolongés^ 

Ijcs compresses froides, vessies de glace ont semblé dans 
quelques cas exercer une heureuse influence, mais elles doivent 
être de courte durée. 

Nous devons signaler comme inutiles ou dangereux llntro- 
diction d'une canule dans le rectum, les injectiobS forcées, 
l'introduction de la main, etc*. 

La ponction avec le trocartde l'âMpiràteur est dans quelques 
oas, an adjuvant utile au taxis, mais ^le s'est souvôut tûontrée 
ineffi'cace. 

Lorsque le taxis a échoué» ou ne possède plus que la kélo- 
tomie pour kf)er VHran^ment et obtenir 1» réduction. 

Elle doit même être pratiquée d'emblée et sans taxis préa* 
laèle lorsqoe l'intestin est soupçonné de porter de séneûses 
lésions* La kéiotomie est donc au plus haut degré une opéra- 
tion d*urgence à laquelle doivent être préparés tous leis m^ecifi^» 



20 l'union médicale t>v oanada 

manuel opératoire. 

Quand le malade vient d'être endormi poar subir le taxis, il 
y. a avantage à piH>longer Tanesthésio pour faire la kéiotomie. 

Le chirurgien dispose sur une table* les instruments requis, 
bistouris, droit, boutonné, courbe, pinces hémostatiques, etc. 

L'incision de la peau doit dépasser en haut le point au niveau 
duquel on pense trouver l'agent de l'étranglement : elle est 
faite t^uivant le grand axe de la tumeur. 

En dessous de la peau on trouve quelquefois un tissu eelln 
laire abondant, d'autres fois des couches lamelleuses superpo- 
sées, que Ton divise en glissant au-dessous une sonde cannelée. 

On est averti que Ton approche du sac quand on est en pré- 
sence d'une couche fibreuse piésentant une couleur foncée^ 
vineuse ou noirâtre. C'est l'intestin que l'on aperçoit au travers 
du saa On est sûr de ne pas être arrivé sur le sac tant que la 
couleur des tissus est celle du tissu graisseux. Avouons cepen- 
dant que dans certains cas il est difficile de bien reconnuîti-e 
le sac : on le divise sans s'en ^percevoir, et alors tous les assis- 
tants crient : " Ah 1 c'est lui." 

Avec des pinces à disséquer on saisit une faible portion de 
Fiépaisseur de cette couche et on y fuit en dédolant une petite 
incision par laquelle on introduit la sonde cannelée. L'ouver- 
ture est agrandie en heut et en bas, et l'on découvre alora 
l'intestin qui est d'un rouge vineux ou d'un brun noirâtre. On 
le reconnaît aisément par sa renitence et par sa forme carac- 
téristique. 

Le chirurgien procède alors à la recherche de l'agent de 
l'étranglement, il glisse son doi^t dans l'intérieur du sac jus- 
qu'à ce qu'il se sente arrêté par wi contour fibrev^ar, rigide, au 
niveau duquel l'intestin paraît étroitement serré comme dans 
un anneau. 

La section de cette anneau constitue le débridement. 
. On se sert- d'un bistouri boutonné (celui de Couper) que l'on 
glisse sur l'index gauche qui protège en même temps l'intestin. 

On fait.le débridement par quelques légei*s mouvements de 
va et vient, ou si l'instrument est bien effilé, une simple pres- 
sion suffît; par la simple pression on ne coupe que les parties 
tendues, donc moins de danger de blesser les vaisseaux. Une 
sensation de craquement fibreux perçue par le doigt indique 
que l'anneau constricteur a cédé. 

l)epuis que l'on a abandonné les longues incisions des chi- 
rurgiens anciens, on s'effroje moins du danger d'hémorrhagie. 

Un débridement de quelques millimètres suffît en effet, dans 



L'umON KÉDIOALE DU OANADA 21 

le plas grand nombre de cas. S'il ne parait pas donner assez 
de place on peut faire une ou deux autres petites incisions, ou 
chercher a dilater avec le doigt on avec un instrument mousse, 
par exemple une paire de pinces que Ton introduit fermés et 
que Ton retire en les ouvi'ant. 

Lorsqu'on a débridé Tagent de Tétranglement il ne reste plus 
qu'à réduire l'intestin, s'il ne présente aucune lésion grave, il 
faut examiner avec grand soin Tance herniée et surtout le 
contour de la portion seiTée, dans ce but on l'attire légère- 
ment au dehors afin do juger de sa coloration, sa consistance, 
son odeur. Le chirurgien doit ensuite comprimer légèrement 
l'intestin afin de faire passer son contenu dans les bouts supé- 
rieur et inférieur, puis repousser successivement les parties les 
plus voisines de l'anneau. Le plus souvent la induction s'effec- 
tue d'aboixl lentement puis termine bi*u8qnoment. 

1j affaissement et la coloration livide de l'intestin sont les 
signes les plus certains de gangrène. 

Un diagnostic précis de la variété de hernie indiquera le 
sens suivant lequel doit s'opérer le débridement. 

Gi*âce À la précision plus grande du diagnostic aux petits 
débridements multiples, à la dilatation des anneaux pratiquée 
avec le doigt on un instrument mousse. On n'a plus guère 
aujourd'hui à redouter les hémorrhagien. On ne doit pas man- 
quer de prescrire aux sujets guéris d'une hernie étranglée par 
la kélotomie de porter un bandage, car l'observation prouve 
qu'une nouvelle hernie se montre fi*équemment dans le point 
même qu'occupait la première. 

Dans bon nombre de cas, la mort, après une kélotomie, sur- 
vient par le fait d'une péritonite résultant de l'ouverture de la 
cavité péritonéale. On a donc cherché depuis très longtemps 
à éviter ce danger en ne débridant que les anneaux fibreux. 
Ce débridement dit externe n'intéresse pas du tout le péritoine 
et donne plus des trois quarts de guérisons, tandis que l'opéra- 
tion avec ouverture du sac n'en donne guère plus de la moitié. 

Cette opération est des plus simples; après avoir inciselé 
les enveloppes jusqu'au sac, on glisse entre les anneaux et le 
collet du nac, un bistouri avec lequel on débride l'orifice fibreux 
du trajet herniaire. 

La réduction aura lien par le taxis, vu l'agrandissement 
qu'aura subi le collet aussitôt après qu'on aura débndé l'an- 
neau fibreux. 

Si cette pratique reste inefficace c'est-à-dire si le contenu 
de la hernie résiste aux tentations de réduction on divine en- 
suite le sac 

Il est bien entendu que l'on peut tenter la kélotomie sans 



22 L'tmi Air uÉDiOALm do oaitada 

division du sac que lorsqu'on est bien œrtaien defituéffrité des 
Tife^côi'eH herniées. 

Quand l'étranglement a esisté durant trois on quatre jours 
ou même après deux jours s'il a été très serré il faut de toute 
néce88ité ouvrir le sac afin de voir TiiTtestiii et s'assurer de son 
état. 

Les statistiques publiés par Malgaîgne, Gosselin et d'autres 
prouvent que la gravi lé de l'opération dépend principalement 
du retard qu*on met a y avoir i*ecours : que Topération en elle- 
même n'est pas grave, que les malades meurent bien plus de 
révolution pathologique qui a débuté avec réti*anglement ou 
des effets d'un taxis impradent, que traumatisme opératoire et 
de ses suites. 

Ainsi, il vaut mieux ne pas aggraver ces lésions par un 
taxis trop ènergiqxu et trop prolongé et avoir recours à Topéra- 
tion sans ouverture du sac, il est surtout de la plus haute im- 
portance que Topéi-ation soit pratiquée le plus tôt possible. 

En un mot le chirurgien appelé auprès d'un malade atteint 
d'étranglement herniaire ne doit le quitter qu'après avoir 
levé rétranglement soit par le taxis soit par la kélotomie. 

Après l'opération comme après le taxis, les anciens chirur- 
giens voulant à tout prix obtenir la liberté du ventre dès les 
premières heures prescrivaient un purgatif. 

Cette pratique était bien propre à fatiguer le malade déjà 
épuisé et à fkvoriser le développement d*une péritonite latente. 
Aussi aujourd'hui on croit qu'il est plus avantageux de dimi- 
nuer les contractions intestinales en administrant de l'opium. 
Dans la majorité des cas cependant, on s'en tiendra à l'expec- 
tation pure et simple. On attendra les évacuations spontanées 
iusqu'au troisième ou quati*ième jour, aloi*s on est autorisé à 
les provoquer au moyen d'un purgatif. 

C'est surtout quand il y a douleur du ventre éréthisme ner- 
veux, symptômes de péritonite commençante qu'on doit donner 
de l'opium à doses ^'actionnées dans le but de tenir l'intestih 
en repos. 

Messieurs, pour vous faciliter l'intelligence de ce sujet tou- 
joura difficile des étranglements herniaires, je ne saurais mieux 
faire que de vous citer en partie le résumé qu'en donne M. 
Duplay dans son excellent traité de pathologie externe. 
" Résumé général des indications que présente les hernies'' 

'*I1 est peu d'affections chirurgicales qui laissent autant à 
l'imprévu que l'étranglement herniaire. Mai» les conditions 
dittérentes que présente chaque cas en particulier s'efl^cent 
devant les indications générales, qui peuvent être établies avec 
une grande précision poux* les diverses catégories où l'on peut 



i/cnnoM HÉDioALi m oawaba, 23 

nnger tons les ftîts. Le voiume de la hernie et la durée de 
Fétranglement sont les deux conditions principales auxquelles 
le chiimrgien devra avoir égard dans te traitement de i*étran- 
gtement hemiaii-e. 

" ^apposons dono successivement les cas suivants; la hernie 
est petite, moyenne ou volumineuse et nous verrons pour cha- 
cun d'eux comment il âtut se conduire suivant Tancienneté de 
rétranglemont. 

LA HSENIX EST FXTITB. 

" Si roQ est appelé dans les vingt-quatre, dans les trente-six 
heures an plus à partir du début des accidents. On n'a guère 
à craindre Texistence des lésion» graves de Tintestin. 

** Le n>alade sera placé dans Tanesthésie ch loroformique et 
Ton essaiera un taxis méthodique et suffisant pendant un temps 
qui n'excédera pas vingt minâtes. Les efforts de rédaction 
restent-ils infructueux, on procédera immédiatement à Topera- 
tion. 

" Le chirurgien évitera d'abord d'ouvrir le sac^ et il cherchera 
à réduire après avoir pratiqué le débridement externe seule- 
ment. S'il n'y pouvait parvenir, il ouvrirait le sac et termi- 
nerait l'opération par le procédé ordinaire. 

*^ 2o Lorsque 36 heures se sont écoulées, les chances de gan- 
grène ou de perforation intestinale augmentent ; donc, tentatives 
de taxis très modérées et très courtes, puis recourir aussitôt à 
l'opération. 

'*'A cette date il n'est pas prudent de tenter la réduction sans 
ouvrir le sac. 

** âo Lorsque 48 heures se sont écoulées depuis le début des 
accidents, la crainte de réduire un intestin perforé ou gangrené 
doit déterminer le chirurgien à proposer et à pratiquer immé- 
diatement l'opération avec ouverture du sac, sans aucun taxis 
préalable. On.se contente alors de s'assurer par quelques 
manipulations très ménagées que la tumeur présente bien la 
tension et l'irréductibilité qui caractérisent les hernies éti-an- 
glées. 

^' On ne saurait asses répéter que lorsque la hernie est petite 
surtout, le chirurgien ne doit pas quitter le malade avant que 
la bemie soit détruite. 

LA HBBNXB SST DS VOYXK YOLUHB. 

'' Si les phénomènes de l'étranglement sont bien earactarisés, 
on devra se eondaire comme dans le cas précédant, c'est-à-dire 
pratiquer i'opératioD aussitôt après avoir eu recours au taxis 



Si L Vmm HÉDICALS VC CAMAJkA 

sree cUorofomie. Cel«i-ci, siriTmnt le Tolmie de Im tumeur 
et rétroiteM$e préeamée de l'étnuigieiiioit, peat être tenté 
junqa'ao troUièine et mèmejaequmn qwitrîèiiie v>ar. 

*' Le taxis iDfmetoeiix doit être anantôt saÎTÎ clo débridement 
externe, s*il est posfâble, du débridement, aprôe ToaTerture da 
eec, ei ie premier échoue. 

'* C'est à Topération avec onvertore dn aae qu'il fiuidni tnn- 
joam avoir recours après le troisième joor. 

^* Mais si one hernie de moyen volame pré^ntait de< phéno- 
mènes fonctionnels pea accatiés, donnant à présamer que le sac 
ne contient qae de 1 epiploon, et si ces accidents ne remontent 
pas à pi os de 48 heores, on pourrait dans ce cas avoir recours 
an purgatif d'exploration, à fa condition expr&we de pratiquer 
le taxif), puis Topération, hi au bout de cinq ou six heures le 
purgatif n'avait amené aucun effet. 

*' L'absence de garde-robes surtout d'émissions gazeuses par 
Tan us, les vomUseroéuts joints à la consistance de la tumeur 
sussent à établir la présence de Tintestin et son étranglement. 

*' I»rsque la hernie est très volumineuse, le pronostic de l'opé- 
ration est si constamment fatal qu'on est autorisé à la difTérer 
le plus longtemps posMÎble. Dans ce cas seulement, il eut permis 
d'avoir recours plusieurs fois à un taxis modéré, auquel on 
joindra l'influence de la position, l'application deglaee ««ur la 
tumeur, l'usage de<« bains prolons^és, les purgatifs administrés 
en lavements ou à l'intérieur. On se rappellera que certaines 
hernies volumineuses paraissent moins serrées au bout de 
quelques jours que dans les premières heures de Tétranglement 
et qu'une réduction même incomplète par le taxis permet 
souvent la diminution graduelle de la tumeur et suffit à réta- 
blir le cours des matières. On pourrait favoriser l'action du 
taxis en évacuant le contenu du sac et celui de Tanse intesti- 
nale au moyen de ponctions aspiratrices. 

" Knfin on ne se déciderait à pratiquer le débridement, que si 
les accidents s'aggi*avant sans ce^se, les vomissement devenant 
fécaloïdes, le ventre se tuméfiant do plus en plus, le chirurgien 
avait en quelque sorte la main forcée. 

** Voici la conduite à tenir lorsque le chirurgien se trouve en 
présence d'une hernie présentant des accidents antres que 
ceux de l'étranglement. L'inflammation n'atteint ordinaire- 
ment que des hernies très volumineuses ou des épiplocèles 
irréductibles depuis longtemps. Cette inflammation cède en 
général d'elle-même au bout de quelques jours. 

** On peut retirer quelque avantage des bains des purgatifs, 
et surtout de la position que l'on donne à la tumeur; celle-ci 
doit être, autant que possible, soulevée et maintenue par un 
bandage ou un appareil approprié. *' 



l'union médicale du CANADA 25 



REVUE DES JOURNAUX. 



PATHOLOGIE ET CLINIQUE MÉDICALES. 



Coqueluche, sa nature; traitement par r acide phénique^ 

Far M. le Dr H. Oltramare, de Genève. — Depuis longtemps, 
étude de la coqueluche, de sa Aymptômatologie et de son mode 
de propagation, a fait admettre le caractère spécifique et 
infectieux de cette maladie, et il ne faut pas s'étonner qu'un 
nombre de médecins lui aient assigné une nature parat^i taire. 
Eosen l'attribuait à une excitation des voies respiratoires par 
insectes ou autres principes morbifiques; Bœlle à un miasme; 
Bienner à un contage contenu dans l'air expiré par le malade. 
M. Poulet, en 1867, signalait des bactéridies dans les gaz 

Î)rovenant de la respiration. En 1870, Letzerich, allant plus 
oin, décrivit même l'agent parasitaire et fit des inoculations. 
Cet agent serait formé par des flocons de micrococcus be multi- 
pliant en culture, et se transformant en globules contenant des 
spoi-es. En cultivant cet organisme sur de l'eau sucj'ée ou de 
l'amidon lacté, on voit se développer un mjcelinm bien carac- 
térisé. Les spores sont petites, d'un brun jaunâtre, d'un con- 
tour ovale. On devrait rapporter cette espèce nu genre Ustila- 
gineitus. L'inoculation de ce produit à des lapins déterminerait 
chez eux la coqueluche. Sans vouloir contester le résultat des 
inoculations, nous pouvons nous étonner de voir un micrococ- 
eus émettre des 8f)ores, à moins qu'on ne considère comme 
reproduction hj)oralaire la multiplication par division trans- 
versale. Plus cu'ieux est encore de savoir qu'un micrococcus 
peut donner naissance à un mycélium bien caractérisé. Il y a 
évidemment là des confusions d'espèces différentes, et la chose 
a besoin d'être tirée au clair. 

Malgré les recherches faites, le doute subsiste donc encore, 
entraînant avec lui les incertitudes thérapeuthiques, et cette 
immense variété de médicaments prouve qu'aucun d'enx n'a 
répondu à l'indication causale. 

Eésumons les faits acquis, et voyons s'il n'y a pas lieu d'après 
les faits hors de contestation, de se fc^rmer une opinion. L'ana- 
tomie pathologique nous a démontré, entre les mains de Beau 
et Gendrin, Parrot, Wannebroucq et Watson, que c'est surtout 
dans la partie sasglottique que siègent les lésions, qui sont de 



26 l'union mébicalb bu canada 

nature eatftrrb«le. La trachée, d'aprôa tons ces auteurs, reste 
indetnite. et 8*ît y a qoelquefbis de» lé^ioiis bronchiques», elles 
ne sont que consécutives et taitlives. 

La physiologie rend exactement compte de la symptomato- 
logie, qui CHt caractéristique d'une excitation du laiyns^é 
supérieur, excitation qui peut bien plus logiquement être 
attribuée à une lés^ion de la muqueuse qu'à une tuméfaction des 
ganglions bronchiques, comme le voudrait M. Gueneau. 
Quant à voir là une névrose du laryngé, ce serait aussi absur- 
de que d'amettre une névrose des nerf» sensitifs cutanés dans 
une affection parasitaire prurigineuse. Qu'au bout d'un certain 
tem])8, survienne une légère névrite des extrémités, c'est ce 
oui est possible, mais ce n'est pas. en tout cas, un phénomène 
de début. Enfin, il y a lien de tenir compte de l'effet produit 
sur la poHion sus glottique par la sécrétion abondante qui, 
s^aceumuFant en avant de l*épi«^lotte, tend à couler en arrière. 

Le caractère contagieux, qui ne saurait être nié par aucun 
praticien observateur, et ce fait, qu'une atteinte antérieure 
confère une immunité à ])eu près absolue, tendent nécessaire- 
ment à faire admettre l'existence d'un organisme parasitaire. 

Keste à déterminer cet agent lui-même, sur lequel, en dépit 
des travaux de Letzerich, plane un doute tout scientifique. Le 
difficile, ce n'est pas de trouver dans les pïtxiuits expectoi-és 
un organisme inférieur, qu'on puisse accuser t^û rement, c'est 
de n'en trouver qu'un, C(mstant, susceptible d'être cultivé et 
înoi^nlé, déterminant dans une espèce animale les symptômes 
caractéristiques de la coqueluche, et pouvant, à l'autopsie, être 
>retrouvé en place, dnns ses connexions avec les éléments 
anatomiques. Or, Letzerich, tout autre côté de la question 
mis à part, n'a rempli ni l'une ni l'autre de ces conditions, les 
lapins n'étant pas susceptibles de tousser et la rel%i.tion de ses 
expériences ne disant pas qu'il a ti*ouvé le mici*ococcus en 
place. 

Pendant le cours d'une épidémie de coqueluche qui a sévi cet 
hiver à G-enève, nous avons fait l'examen d'un grand nombre 
des crachats que rendent en si grande abondance les malades 
atteints de cette afFectfon, mais, malgré le soin que nons avons 
apporté à cette étude, il est impossible, croyons-nous, de résou- 
dre la question par Pes seules ressourees dn microscope. 

En effet, à côté de quelques bactéries et de baccitliis, nous 
avons constamment treuvé deux autres organismes, dont l'un 
très semblable au micrococous septicus de Cohn et de Klebs, 
semble être l'agent dont narle Letzerich, tandis que l'autre se 
rapproche beaucoup de roîdium albîcans. Bst-ce l'un de ces 
deux parasites qui est la oattse efficiente delà coqueluche, teito 
est la question que nous ne pouvons que nous poser. 



La seule chose qa*H nous est permis d^atlitner, c'est l'inté- 
grité constante des eellules cylindriques contenues dans les 
crachats, conti*a«tant avec un envahissement fréquent des cel- 
lules pavimenteuses par les organismes parasitaires. C'est là 
un fîut qui concoi*de absoliiment avec le résultat des autopsies 
de Beau, Gendrîn, Parrot, Watson, et nous croyons que le seul 
point possible d'implantation du parasite, c'est l'épithélium 
pavimenteux de T^rri ère-gorge. Que, partie de là, rinâam- 
roation catarrhale ne se propage pas dans les points voisins, au 
larynx, à ses ventricules, et très rarement à la trachée, c'est 
ce que nous ne voudrions pas nier, non plus que les lésions 
consécutives des bron^.hes et du poumon, dues aux ettbrts de 
toux et aux expirations violentes qui caractérisent la coqueluche. 

Si nous insistons sur ce point de localisation, c'est qne nous 
le croyons capital pour l'explication des procédés thérapeu- 
tiques qui nous ont réussi. 

Partant de cette idée, non encore complètement démontrée, 
il est vrai, que la coqueluche est une affection parasitaire, 
pruri.£rineuse, de la muqueuse sus-glottique, et que toute la 
pathologie, l'anatomie pathologique et la sym])tomatoiogie 
peuvent se rapporter à cette opinion, nous avons appliqué à 
son traitement la substance qui a le plus d'action sur les orga- 
nismes inférieurs. 

Avant moi, et sans que j'en eusse connaissance, cette médi- 
cation a été employée par Tborner qui a préconisé dans Df^uts 
Archiv fur Kiinik Medieal les inhalations d'acide phénique à 1 
ou 2 pour cent; mais, comme, ce traitement est encore peu 
connu, je n'ai pas cru inutile de publier les quelques succès que 
j'ai obtenus. Sur 13 malades atteints de coqueluche absolument 
confirmée, avec accès, reprise, vomissements, nous avoim eu 
10 succès complets; 1 coqueluche a été peu modifiée; dans 
deux cas, nous avons échoué totalement, on ce sens que l'état 
s'est aggravé en dépit du traitement qui a dû être suspendu. 

Les 10 succès ont porté sur: 2 adultes femmes; 8 enfknts de : 
6 ans, 3 ans, 2 ans, Y ans, 16 ans, 5 ans, 1 an. 

Dans le cas ou la coqueluche n'a pas été notablement modi- 
fiée, l'enfant a présenté, dès le début, une recrudescence d'une 
bronchite chronique, dont il était atteint auparavant, avec 
crachats très purulents. 

Les deux insuccès se rapportent à deux enfants atteints de 
coquelache depuis plus de deux mois, ayant déjà changé d'air, 
présentant surtout de la bi*onchite, et peut-ôtre un début de 
tuberculisation 

Che£ tous nos malades, à l'exception d'un, l'acide phénique 
a été administré de la façon suivante* et d'après cette formule: 



28 l'union MiDIOALE DU CANADA 

Acide phénique cristall grs xv 

Sirop de menthe 3 x 

£aa ^ îj '^ 

3 à 4 caillerées à café par joar, additionnées d'an peu d'ean. 
Cette addition a pour bat de diminuer la Baveur caustique de 
la potion, dont plusieurs malades se sont plaints. 

Au bout de 4 à 5 jours, dans nos 10 cas de succès, les vomis- 
sements ont cessé, le nombre des quintes a diminué d'un quart 
ou de moitié, et, dans le cas le plus favorable, au bout de huit 
jours, la toux de la coqueluche avait perdu tous ses caractères 
et était remplacée par une petite toux de bronchite, qui ne 
tarda à disparaître. 

Chez doux enfants de 7 ans et 5 ans, qui étaient au quin- 
zième jour de leur coqueluche, l'amélioration eut lieu subite- 
ment, et, en même temps, au sixième jour du traitement; au 
bout de jours, le nombre des accès nocturnes était tombé de 18 
ou 20 à 2 ou 3. XJn aut^-e enfant de 3 ans, frère des précédents, 
eut un début par bronchite avec fièvre j le tout dura huit jours, 
au bouts desquels la coqueluche fut bien caractérisée Le trai- 
tement phénique donné à ce moment, enraya la marche de la 
maladie en six jours, et la guérison était obtenue au bout de 
15 jours. 

Chez une petite fille de 1 an, l'acide phénique ne put être 
administré à l'intérieur, mais la malade fut soumise à une inspi- 
ratiori continuelle de valeurs phéniquées. On vaporait dans sa 
chambre, sur une bouche de chaleur, une solution phéniqnée à 
10 pour cent; 120 grammes d'acide cristallisé furent ainsi vola- 
tilisés, sans que l'enfant ou la nourrice fussent incommodés 
par Todeur phéniquée qui était des plus intenses. L'effet théra- 
peutique, quoique moins rapide, fut cependant très sensible, 
ainsi que le prouve le tableau suivant: 

L. D., 1 au, nourrie au sein. — Toux depuis le 24 janvier. Le 
2 février, coqueluche confirmée, vomissements. 

ACCÈS 



Février 


Grands 


Petits 


Total. 


2 


11 


21 


32 


3 


13 


22 


35 


4 


8 


2 


34 


5 


18 


16 


28 


6 


9 


18 


28 


7 


6 


15 


31 


8 


7 


18 


25 





l'union médicale 


DIT CANADA 




Février 


Grands 


Petits 


ToM. 


9 


15 


11 


26 


10 


13 


13 


21 


11 


8 % 


17 


' 25 


12 


(( 


u 


(( 


13 


8 


17 


25 


14 


4 


17 


21 


15 


4 


15 


13 


16 


8 


13 


21 


17 


3 


12 


15 


18 


5 


11 


14 


19 


1 


19 


11 


20 


4 


10 


14 


21 


2 


12 


14 


22 





8 


8 


23 


2 


12 


14 


24 


2 


9 


11 


25 


2 


9 


11 


26 


2 


12 


14 


27 


1 


11 


12 


28 





5 


5 


29 


1 


8 


9 


Mars 1 





8 


8 


2 





10 


10 


3 





6 


6 


l 4 












29 



Ce cas est de beaucoup le moins brillant de nos succès thé- 
rapeutiques, et pourtant, si nous nous en rapportons à lui, nous' 
voyons qu'une coqueluche, observée dès le début, et qui s*est 
de suite annoncée comme assez sérieuse, puisque d'emblée le 
nombre des accès a été de 32, dont 11 avec vomissements, s'est 
amélioi'ée dès le septième jour, et a guéri au bout de 32. Ce 
n'est pas la marche d'une coqueluche abandonnée à elle-même, 
et il y a lieu de voir là une influence thérapeutique. Mais c'est 
surtout en pi*ésence du cas le plus favorable, dans lequel le 
caractère spasmodique avait disparu au bout de huit jours qu'on 
peut admettre l'influence du traitement. 

Quant au mode d'action de l'acide phénique, nous le croyons 
tout à fait local, et il nous semble pi*obable qu'on obtiendra les 
mêmes résultats, soit par des badigeonnades bien faits, soit 
par des inhalations ou des pulvérisations. Il est même très 
possible qu'un agent médicamenteux, autre que l'acide phéni- 
que, appliqué localement, ait une action équivalente, sinon 
plus rapide. 



89 L'inaoN ictoieALs ne oahabà 

Ce qoe nous tenons seulement à Aire ressortir toi, c'est la 
probabilité d'nne affeotion bien limitée À i'arriôre-gorge, de 
nature parasitaire, devant être traitée par des moyeiv» appix>- 
priés à sa nature, à sa localisation, point qui nous semble avoir 
été très négligé jusqu'aujourd'hui. — Progrès Médical — Le 
Scalpel.^ 



Traitement du catarrhe védical par le bromure de 

potassiumu — Le docteur Angelo Gianciosi relate six cas de 
catarrhe de la vessie, et il en rapporte un septième en note, 

' traités avec d'excellents résultats par le bromure de potassium^ 
Il croit pouvoir attribuer à ce médicament une action prompte 
et efficfvce dans cette affection : si Ton tient compte de son 
action déprimante sur les centres nerveux vaso moteurs et sur 
le plexns cardiaque, on comprend facilement son influence 
ischémiante sur l'organisme. Qu'on joigne à cela son action 
élective sur les voies respirrtoires et sur l'appareil génito- 
urinaire, dont les sécrétions et excrétions charrient le t^el, sous 
forme de brome, dix minutes à peine après son ingestion, et 
cela pendant une période de près de deux semaines, ainsi que 
l'ont démontré Namias et Rabuteau; puis que la muqueuse de 
la vessie se trouve constamment en contact des sels bromiques 
par l'urine qui en est saturée et proportionnellement à la 
quantité de bromure administré, ou ne peut douter un moment 
de la vertu thérapeutique que doit posséder et que possède ce 
médicament sur fa muqueuse vésicale, alors qu'elle se trouve 
4ans ces conditiouB anormales développées par Pu né ou l'autre 
altération. 

Dans les cas traités par le docteur Ciaticiosi il n'y eût jamais 
de manifestation d'acné, peut-être aussi parce que la dose ne 

« dépassa jamais 3 grammes et que le sel ne renfermait pas de 
bromate de potasse qui devient nocif dans la proportion de 1 ou 
2 pour 100. L'apparition de l'éruption, d'aprèis l'autottr, ne 
doit pas amener la cessation du traitement ; il suffit d'adminis- 
ti*er concurremment quelque préparation^ arsenicale ou de sus* 
pendre le bromure pendant quelque temps. Finalement il 
devient parfois nécessaire, comme cela lui est airivé dans un 
cas, d'avoir à combattre l'anémie et la faiblesse ou les phéno- 
mènes de bromisme aign et chronique par les sels de quinine, 
la strychnine, l'oxyde de einc, les ferrugineux, etc (fiuA detle 
se* Med, di Bohgna, et Journal des sciences médicales de Lou* 
vain).'-^BuUetin Général de Thérapeutique Méd. et Chir, 



L'tTinON MlDIOALS m OAVAPA 81 

Sur rhuile d'eucaliyptus, comme Buccédané de 

l'aoide J>héDique. — ^lie docteur Schuk, àe Bond, prétend que 
rhuile d^uc^ljptas peut être employée à la place de Taicide 
phénique. Cette huile aurait en outre ravantage de ne pas 
être une substance toxique. Le docteur Schulz se base d'abord 
sur les expériences de Bnohholz, des^quelles il résulte que les 
bactéries sont détruites par un mélange d'huile rafBnSe d'eu- 
cal jptus ou, en d'antres termes, d'eucaljptol, contenant 1 par* 
tie de principe actif pour 666^^ d'eau. L'acide pbénique, au 
contraire, ne pOHsède cette propriété qu^à un deux centième. 
Le docteur Hiegen, enfin, a prouvé que l'eucaljptol empêche 
la septicémie de se développer chez les chiens. Mais il insiste 
surtout sur Tinnocuitéde ce moyen, et pour preuve, il rappelle 
une expérience, faire par lui sur un rhien pesant 9^0 grammes* 
Il injecta en moins de six heures sous la peau de Tanimal, sans 
qu'il en éprouvât le moindre inconvénient, 4g,50 d'huile d'eu- 
calyptus ordinaire. 

I)es expériences comparatives ont été tentées h l'aide de 
l'acide pbénique. Le docteur Siegen a injecté, sous la peau 
d'un chien vigoureux, 3 décigrammes d'aci^ : bientôt l'animal 
a été pris de convul nions cloniques, et est tombé dans la pro^ta- 
tion : les accidents ont continué jusqu'à la mort, survenue au bout 
de quelques heures. Deux autres chiens, de taille beaucoup 
plu8 petite, soumis à une dose équivalente dliuile d'encalytus, 
n'ont présenté aucune espèce de phénomènes anormaux. Pour 
donner le plus d'efficacité possible aux deux agents qui nous 
occupent, il est nécessaire qu'ils soient émnlsionnés dans Teau. 
L'acide pbénique doit être mélangé à 20 frols son poids d'eau. 
Il faut agiter les émulsions avant chaque injection. L'huile 
d'encalyptus n'a jamais déterminé d'abcès, et son introduction 
sous la peau ne semble pas provoquer de douleurs vives sur le» 
animaux en expérience. 

L'acide pbénique détermine la mort en quelque» heures,* 
avec les symptômes caractéristiques de l'empoisonnement par 
cet agent. L'huile d'eucalyptus, au contraire, est merveilleu- 
sement supportée. Les animaux mis en expérience n'ont subi 
aucune altération dans leur santé; ils semblent, au contraire^ 
plus vigoureux qu'auparavant. 

L'eucalyptol, en outre, est d'un usage plus facile que l'acide 

Îhénique. Son odeur est agréable; il se dissout facilement 
ans 1 alcool et l'huile, et se mélange complètement dans la 
paraffine pure. 

Le docteur Schulz, enfin, s'est efforcé de créer une méthode 
qui rende facile l'emploi de cet agent. 
Il applique sur la plaie, que lès bords ou wm en aient été 



32 l'union hédioals bu oanaba 

rapprochés, une compresse dont les dimensions sont en rapport 
avec l'étendue de la partie lésée. Cette oompre^se est imoibée 
an préalable d'une solution au dixième d'eucalyptol dans l'huile 
d'olive, puis recouverte, comme dans le pansement de Lister, 
d'une gaze fine, imprégnée également cf'eucalyptol. L'expé- 
rience a montré que la gaze la meilleure est celle qni a été 
plongée dans une solution de paraffine contenant 50 centièmes 
d'eucalyptol. (Revue Médico-Chirurgicale de Vienne). — Bulletin 
Général de Thérapeutique Médicale et Chirurgicale. 



Empoisonnement par les graines de ricin. — M. 

Lugeol appelle l'attention sur les cas d'empoisonnement par 
les graines de ricin. Ces graines ont, parait-il, un goût agiéa- 
ble. Une femme prit, à trois heures de l'après-midi, six graines 
de ricin. Au milieu de la nuit, elle fut réveillée par des vomis- 
sements et des coliques atroces, accompagnées de diarrhée 
cholériforme. Les symptômes étaient exactement ceux d'une 
attaque de choléra sporadique : yeux excavés, pouls misérable, 
peau ulgide, crampes musculaires extrêmement douloureuses. 
On s'enorça de réchaufifer la maUide, et on lui administra de 
l'alcool et de l'acétate d'ammoniaque: cette femme guérit. 
("Bord. méd. et Gazette des hôpitaux.) — Bulletin Général de Thé- 
rapeutique Médicale et Chirurgicale. 



De la mort subite dans la fièvre typhoïde.— M. Lau- 
rent communique sur ce sujet à la Société médicale du Haut- 
Ehin un travail dos plus intéressants, dont nous allons repro- 
duire les prin«ipaux traits : 

La fièvre typhoïde, que Monneret aimait à appeler le résumé 
de la pathologie interne, est de toutes les maladies celle qui 
présente AU médecin les complications les plus imprévues. En 
dehors de ces formes graves, que les auteurs du Compendium 
désignent sous le nom de fièvres typhoïdes foudroyantes, de col- 
lapsus de Wunderlich, où les malades, après avoir présenté 
quelques symptômes prodroraiques variaoles par leur durée, 
tombent rapidement dans une stupeur et une adynamie pro- 
fondes; en dehors des accidents qui suivent les héraorrhagiea 
intestinales et des péritonites suraiguës qui en sont la consé- 
quence,! I en est d'autres qui, sous une apparence bénigne, n'en 
revêtent pas moins une gravité excessive. La maladie a >uivi 
un cours régulier ; le médecin annonce la convalescence, ou 



l'union MÉDIGALB du CANADA 33 

bien celle-ci étant commencée, Ton se croit en droit de comp- 
ter 8or la guéribon, ei tout à coup, s&ns cause connue et sans, 
pi-odrome, le malade succombera dans une syncope. 

Malgi-é des observations recuiliies par Andral, Louis, Cho- 
mel, Wunderlich, cette terminaison fatale delà fièvre typhoïde 
n'était point signalée dans lea traités classiques. Cependant 
Andral avait asHimilé la mort de ces malades à celle des indivi- 
dus frappés d'une forte commotion électrique, à celle des. ani* 
maux empoisonnés par l'acide hydrocyanique, et il ajoutait la 
réflexion suivante : '* Combien n'est pas difficile la tâche de 
celui qui cherche à soulever un coin du voile dont la nature 
enveloppe ses œavres, soit qu'elle tende à créer, à conserver 
on à détruire I " 

£n 18()9, M. Dieulafoy choisissait pour sujet de sa thèse de 
doctorat l'histoire de la mort subite dans la tiévre typhoïde, et 
en recueillait 57 observation ; depuis 1869: MM. Ilabèi*e,,Bur- 
lureaux, Chouet et X>ianoux ont étudié la question. 

Le plus souvent, la mort subite n'arrive pas au plus fort de 
la maladie, mais coïncide généralement avec l'amélioration des 
symptômes (du 19^ au 21^ jour). 

La plupart des autopsies donnent des résultats négatifs; 
mais ou trouve parfois une dégénérescence adipo-vitreuse du 
muscle cardiaque, dégénérescence que Liebermeister attribue 
à rhypertbermie ; parfois la mort arrive par anémie céiébraie, 
par thrombose sylvienne ou pulmonaire, etc. Pour M. Dieu- 
lafoy, la mort résulte d'une action réfiexe partant de l'iutedtin 
et gagnant le mésocéphale et les racines du nerf vague et des 
nerf re^ipiratoires : ce réflexe détermine une syncope. Les 
bains froids en sont souvent la cause. L'anémie du cerveau 
et l'altération du cœur mettent d'ailleurs le typhique dans une 
continuelle imminence de syncope: cette imminence persiste 
au plus haut point pendant la convalescence. 

Comme conclusion, M. Laurent termine son mémoire par 
les paroles suivantes que Graves, l'illustre clinicien du Dublin, 
prononce à propos du typhus : ** Vainement le typhus paraît 
être dans son déclin, vainement une crise favorable a eu lieu^ 
vous n'êtes pas autorisé pour cela à bannir toute inquiétude et 
à vous rélâcher de votre vigilance, car la convalescence peut 
s'établir, et le malade n'est point encore à l'abri du danger ; il 
peut avoir une rechute; il peut être abattu de nouveau par 
une maladie non moins dangereuse que la première ; il peut 
enfin mourir subitement dans l'espace de quelques minutes. 
Les fonctions du cerveau et du cœur peuvent être soudaine- 
ment enrayées, et la mort survient inopinément. " — Revue de 
Thérapeutiqae Médico-Chifurgica te. 

3 



34- l'union IftelOALl BU CANADA 

Btiologie de la flèyre l^phoide dans les campa- 
gnes. — Ij étiologie de la fièvre typhoïde ne peut guère être 
étudiée avec fruit que dans les campagncH où les faite «ont 
toujours beaucoup plus faciles à suivre que dans toute agglo- 
mération un peu considérable. M. Alison «de Baci'ara) vient de 
consacrer à cette intéressante question un travail important 
où' l'on trouvera exposée longuement la métbode suivie par 
l*auteur pour étudier ces questions d 'étiologie souvent si diffl- 
oile9 À résoudre. 

On peut se i-endre compte de l'importance du snjet traité en 
sachant que la circonscription médicale où a étudié M. Alison 
comprend 27 communes; 21 d'entre elles, fofmant une popu- 
lation de 15,000 habitants, ont été envahies par la fièvrQ 
typhoïde pendant la période de temps comprise entre 1870 et 
1878 Le nombre de sujets atteints pendant les huit années 
consécutives a été de 1202, sur lesquels il y a eu 120 décès. Il 
y a donc eu un cas de fièvre par 13 habitants, et le nombre 
des décès a été de 1 sur 30 des personnes atteintes. Les résul- 
tats obtenus par une observation aussi prolongée et pratiquée 
sur une aussi vaste échelle, ont permis à M. Alison de considé- 
rer la contagion au moins comme paraissant être un des élé- 
ments constants de la production des foyers typhoïdes. Cet 
élément, toutefois, ne paraît pas toujours avoir agi seul ; sou- 
vent il a été associé à des conditions individuelles et à la pi'é- 
sence de matières putrides, dans un certain nombre de cas 
même, les conditions individuelles et infectieuses pai*ais8ent 
avoir joué le rôle pi-édominant ; c'est>à dire que dans ces cas, à 
côté de l'action du coniage, il faut admettre que sous certaines 
influences (fatigue, encombrement, etc.), l'organisme a pi-ésen- 
té une réceptivité toute spéciale qui, en d'autres circonstances, 
n'aui ait pas été suffisante pour que le contage seul pût exercer 
son influence. 

Parmi les éléments importants de cette question, que &f. 
Alison a successivement étudiés et dont nous ne pouvons don- 
ner Tanalytie, il en est un plus particulièrement intéressant, 
oVst celui qui est relatif à la durée de nocivité du contage 
typhoidique. C'est là un point encore très discuté et très diffi- 
cile à résoudrco Budda cite un cas où cette durée paraît avoir 
été de deux années, un autre où elle avait atteint un an ; 
Trousseau cite un cas analogue et a fait la ivmarque que, 
d'après ses observations, la fièvre typhoïde avait une grande 
tendance à revenir dans une maison au bout d'une année. M. 
Bai'nheim insiste sur ce fait que le germe de la fièvre typhoïde 
paraît très tenace et que, quand cette mahidie a existé dans un 
endroit, elle peut y reparaître après un temps assez long avec 



B'iTNIOir MÉDICAXB DV CANADA' 35 

une apparence dé spontanéité, o'eRt-à-dlre sann nouvelle im- 
portation. M. ÂliBon a reoaeilli dix-huit observations "dans les* 
quel les cette darée avariée depuis 3 moi» jusqu'à 16 mois. C'est 
là une matière extrêmement importante pour le praticien, et 
M Alison estime même que ce chiffre de 16 mois ne doit pas 
être oonnidéfé comme la durée maxima de vitalité de ce 
contage. — Joumai de Med. et de Chir, Pratiq. 



Du bromure d'éthyle comme anesthésique, par 

Rxuss. — De^ résultats obtenus par M. Berger, non au>si favo- 
rables que ceux de M. Ternllon, et se basant surtout sur les 
dangera à craindre d'un agent inconnu et sur son prix élevé, 
le critique conclut que le bromure d'éthyle ne convient qu'à 
Taiiesthésie locale lorsque l'on doit se servir du thermocautère 
on du fer rouge, ses vapeurs nétaritpas Inflammables. (Idem,) 
— Lyon Médical. 



Quelques efRdts nutritifis des aJoalins & doses 
modérées, d'après l'expérimentât on sur l'homme 
dans l'état de santé, par MartinDaitourette et Hyades. 

— Sous la forme d*enu minérale légèrement gazeuse, les alcalins 
favorisent la digestion et par con>équeut l'assimilation, Tab- 
sorption d*oxygène par le sang, T hématose ; ils paraissent 
même pouvoir élever directement le chiffre des globules san- 
guins, activer entin les oxydations organiques, puisque l'urine 
contient plus d'uiée, moins d'acide urique; et même l'éiévation 
du chiffre de l'urée est telle qu'une suroxydation de l'acide 
urique ne sufSt pas à l'expliquer. Du fait des alcalins il y a 
donc pixxiuction de forces augmentée, foi^ces thermique, mus- 
culaire, nerveuse, nutritive, etc.— Les alcalins sont des nutri- 
tifs dèpn'fliteurs à la façon de l'exercice musculaire, de l'hydro- 
thérapie, de la respiration oxygénée, etc.^ — L'urèe n'est pas 
seulement augmentée en proportion dans les urines, mais la 
quantité de l'urine l'est également, ce qui assure l'élimination 
des sels. 

Conclusions : Les eaux minérales alcalines n'agissent pas 
simplement par le contenu, leur carbonate sodique, mais aussi 
par la totalité de leura composants minéraux; leur grande 
indication, c'est la plupart des dyspepsies; elles ne sont pas 
contre-indiqnées par l'élément anémique; elle ont une action 
déNasfimitairice remarqu-able, surtont lorsque le? faits morbides' 
relèvent de la diathèse urique. [Idem) — Lyon Médical. 



36 l'union hédicals du oanada 

La pneumonie. M. le professeur Hardy.— CTest f^nr- 

tout en arrière de la poitrine et à bh partie inférieure qu'ex- 
istent les lésions anatomiqua*^ et les 8i.i^nes Btétho^copique.<4 de 
la pneumonie; c'est là qu'on trouve principalement la bron- 
chophonie on voix bourdonnante 

La douleur de la pneumonie di:«para!t généralement aprÔH 
l'application des saignées locales (ventouses scaridéeb). Quand 
le» pulsations cai'diaqn 6!^ diminuent et tombent bien nu de^^sous 
(Je la normale, à 62 ou 55 par exemple, c'est un excellent sÎLme 
pronostique de convalescence, et l'on retrouve, d'ailleurs, ceci 
dans la rougeole, la variole, l'érysipèle, et dann la partUriiion. 
Souvent, lorH même que l'état général s'est amélioré, et que la 
pneumonie semble terminée, les signes physiques pei'sistf nt 
plus ou moins longtemps : cela a lieu surtout chez lo^ vieillards 
ei les sujets affaiblis; le pronostic de la maladie n'est pas for- 
cément assombri pour autant. 

La pneumonie in termittente existe-t-elle? Non. La pneu- 
monie est une maladie cyclique, continue. Si les médei-ins 
/ militaires ont décrit la pneumonie intermittente, cela lient à 

ce qu'ils observent souvent dans des pays où l'intoxication 
palustre exerce son influence. Cette influence produit parfois 
un appareil symptomatique imitant la pneumonie (^pscuf{(h 
pnevmonit^). Ou bien la pneumonie vient compliquer Taccès 
de fièvre palustre; quand la fièvre cesse, tous les signes de la 
pneumonie persistent, avec la plus grande gravité. C'est ce 
qu'on a décrit sous le nom de fièvre pernicieuse pueumonique. 

QuHud les chlorures augmentent dans l'urine, c'est un signe 
favorable et qui indique Trimélioration do la maladie. 

Meurt-on de la pneumonie franche? Oui. Il se forme par- 
fois des caillots fibrinenx dans le cœur, par suite de l'augmen- 
tation de la fibrine dans le sang, qui, de 2 p. 1,000 s'élève a 5 
ou 6 dans la pneumonie. Lorsqu'il se forme des caillots fibri- 
neux dans le cœur, la dyspnée devient extrême ; le nombre 
des inspirations est de 50 à 60 par minutes, le pouls est fré- 
quent, petit, irrégulier; il y a des lipothymies, etc... La thé- 
rapeuti()ue de cette complication est absolumeol nulle. 

La broncho-pnf'Umonif, — Elle existe surtout chez les sujets 
afl'aiblis ainsi, dans la flèvre typhoïde, on a presque toujours 
affaire à une broncho-pneumonie, très rarement à une pneumo- 
nie franche, fibrineuse. Les crachats sont moins visqueux et 
£^énéralement moins colorés que dans cette dernière maladie ; 
les l'aies crépitants et sons-crépitants se mélangent au râles 
sibilants et muqueux; le souffle n'est pas franchement tubaire, 
et retentit à l'oreille comme s'il était lointain et voilé. On voit 
donc que, stéthoscopiqueroent parlant, la broncho-pneumonie 



l'union médicale du CANADA 37 

e»t un mélange de bronohite et de pneumonie. Le pi*oce88Ut{ 
inflammatoire n^englobe point, dann ces cat^, une masge de 
lobules pulmonaires, il y a cinq ou six lobules malades, séparés 
par des lobules sains. De plu»*, dans la broncho-pneumonie la 
maladie débute par les bi'onches et descend trouver Ion lobulod, 
au lieu que dans la pneumonie frenche, les lobules sont primi- 
tivement attaqués. 

La bi*oncho-pnenmonie est plus grave que la pneumonie. 
Elle existe ordinairement des deux côlé.'^i mais est le plus sou- 
vent plus prononcée d'un côté que de Tantre. La fonction 
respiratoire est donc ici atteinte d'une façon plus générale, 
quoique moins profonde. C'est ce qui explique pourquoi la 
broncho-pneumonie dure plus longtemps que la pneumonie 
franche. 

Quand la pneumonie arrive chez une personne préalable- 
ment atteinte de bronchite, elle est très grave; las veines 
ne tai-dent pas à dessiner bur la peau leur trace noire, et indi- 
quent ainsi le défaut d'hématose et Tasphyxie. Dans ces cas, 
rexpectoi*ation diminue; la défervescence ne se manifeste 
pan au septième Jour de la maladie: la mort est à craindre. — 
Revue de Thérapeutique MédicoChirurgieale. 

Traitement de la syphilis par les injections sous- 
cutanées de solution mercurielles, par Terbillon.— 

L'auteur ignore qu'une thèse Hur ce sujet à été passée à Lyon 
(in Lyon Médical^ 1880, t. II, p. 528); seulement les <onclusions 
de son travail sont plus favorables à la méthode que celles de 
M. Magnanon. Il avoue cependant ne rien pouvoir dire quant 
à la supériorité des injections sous-cutanées sur l'administration 
par les voies digestives, lorsque celles-ci sont bien supportées j 
il déclare ausvsi qu'il cherchera avec M. Yvon une autre pré- 
paration, ce qui prouve bien qu'il n'est pas bien content de 
celle qu'il a expérimentée. Aussi renvoyons-nous le lecteur 
autant à la bibliographie du travail de M. Magnanon qu'à 
l'article de M. Terrillon. Eappelons seulement un fait impor- 
tant au point de vue de la douleur produite, c^est que M. Aus- 
pitz (de Vienne), grand partisan de la méthode des injections 
sous-cutanées de sublime, et qui emploie simplement la solu- 
tion snivante : 

Eau 100 

Sublimé 1 

Chlorure de sodium 2 

fait rinjection dans la région fessière et enfonoe l'aiguille très- ' 
profondément. [ldem,)-^Lyan Médical. 



.38 L^UmON MÉDIOALE BU CAMÀD4. 



PATHOLOQIE ET CLINIQUE OHIBUBaiOALES. 



De l'aetion des ixôectdons sous-cutanèes d'ergotine 
dans le traitement des flbro-myomes des hypertro- 
phies chroniques de l'utérus. —- Chea quatre femmes 
affectées de fibromes interstitiels du corps de l'utérus, Tauteur 
a obtenu une diminution de la tumeur et un arrêt de métror- 
rhagied ; dans le cas de deux fibromes du col utérin ayant le 
volume d'une ch&taigne, il a obtenu des résultats laissant à 
désirer. Dans t>\x tumeurs sous-péritonéales, dont le volume 
variait depuis celui d'une châtaigne jusqu'à celui d'un utérus 
gravide, il n'a obtenu aucune amélioration essentielle par les 
injections ; le volume est resté le mèuie, toutefoie les héraoriiia- 
gies ont été un peu moins fréquentes. Dans les hypertrophies 
de l'utérus, sans complication, on a employé quatorse fois avec 
succès Tergotine. Elle a surtout rendu des services dans ces 
hyperti-ophies résultant d'une absence de retour de l'utérus 
sur lui-même à la suite de Tuccouchement et plus souvent d'un 
avortement. Dans les infarctus utérins et dans un cas de dys- 
ménorrhée membraneuse, ces injections, ont également produit 
de bons résultats. Après plusieurs tentatives, l'auteur est arrive 
à donner la préférence à la préparation de Werniet emploj'ée 
avec les précautions nécessaires en pareil cas. Dans la plupart 
des cas susmentionnés, l'injection à été suivie d'une améliora- 
tion presque immédiate; plusieurs malade--» devinrent enceintes 
avant la fin du traitement ; chez les autres, l'amélioration 
obtenue pei*sista. Chez trois malades, une ayant un corps 
fibreux, deux une métrite chronique, il fallut reprendre le trai- 
tement après une pause d'un an et demi. 

Deux femmes traitées moururent longtemps après la der- 
nière injectiot^ d'ergotine. Dans un cas le fibrome se montra 
entoui-é d'une coque calcaire dans laquelle étaient renfermés 
les gros vaisseaux de voisinage. Dans l'autre ils étaient encla- 
vés dans un réseau de tissu conjonctif contenant de rares fibres 
musculaires en voie de dégénérescence graisseuse. Dans plu- 
sieurs points un ti*avail de dégénérescence calcaire L'autour 
pense que pendant la vie il y avait déjà une ischémie notable 
de la production morbide. Il conclut que, quand on n'a pas 
d'amélioration après les premières injections d'ergotine, on 
doit recourir à une autre médication. [Archiv f, Gynakologie^ t. 
XIII. p. 182, et Gazette de hôpitaux,)^ Bulletin Général de 
Thérapeutique Médicale et Chirurgicale, 



l'union mémoalb du canada 

De rempoifioxmement par l'acide phènique en chi- 
rurgie. — tjQ docteur TanNini, après avoir rapporté de^ oherva- 
tione d'empoisonnement par l'acide pbéniquede Machia, Wiche, 
Sandwel, Hôhler, Hamilton, Yolkman, Kuster et Bill^oth, en 
arrive au phénomène de la coloration des urines, du verdâlre 
à la nuance olive foncée. De vingt expérience pratiquées sur 
les chienH, il conclut : 

lo Que Tacide phènique introduit dans l'économie, soit par 
la voir hypodermique, soit dans la cavité péiitonéaie à la dose 
de 0,05 pour 100 du poids du corps, n'a été mortel que dans 
deux cas où Ton obsei've co fait assez rare de la mort surve- 
nue alors que tout phénomène d'empoisonnement était dissipé 
et dans introduction d'une nouvelle dose du poison. 

2o Que la mort est probablement due à la paralyse du cen- 
tre respiratoire et non à la paralysie cardiaque, puisque chez 
les animaux ainsi sacrifiés le cœur continuit de battre après la 
ces^ation de l'acte respiratoire: 

30 Que dans les urines des sujets soumis à l'intoxication car- 
bolique il y a diminution, et disparition dans les cas graves, 
du r>el formé par l'acide sulfuriquo administré comme antidode 
dans les cas d'empoisonnement très rapide, le temps nécessaire 
manque pour la combinaison de l'acide phènique et manque 
aussi la sécrétion de l'urine, dans laquelle diminue ou ne se 
ti*ouve pas ce composé : 

40 Qu'une même dose qui, dans des conditions normales, 
avait déterminé un emf)oisonnement, disparaissant de lui-même 
sans laisser de traces, produisait la mort lorsque l'animal était 
fortement anémié et épuisé par une suppuration profuse avec 
un certain degré de fièvres hectiques; que par rang d'efficacité 
il faut classer ainsi les divei>e8 voies d'introduction dans l'éco- 
nomie: l'injection péritonéale, l'injection hypodermique, le 
lavement, le lavage général du corps et enfin le lavage de la 
cavité d'un abcès ; 

ôo Que, placé devant un empoisonnement grave par l'acide 
phènique, le chirurgien ne devra pas se borner à l'administi*»- 
tîon de l'acide sulfurique i*econnu comme antidote, (nais devra 
recourir à tous les moyens capables d'exciter l'organisme, 
entr'aatres à l'injection hypodermique d'éther, et insister spé- 
cialement sur la respiration artificielle. 

L'auteur termine parle conseil de se renfermer soigneuse- 
ment, pour l'usage de l'acide phènique, dans les limites consa- 
ci'ées par l'expérience, afin de maintenir à cei agent précieux 
le prestige qu'il a si justement conquis dans la pratique de la 
chiriu*gie. — (Jk^ette méd. Italiana Lombardia. 



40 l'union MÉDICALB du CANADA 

Quelques particularités de l'action eesthésiogène 

des vésicatoires, par Grasset. — Nouveau travail très- 
remarquable dans lequel l'auteur montre d'abord que l'action 
œsthésîogène du vésicatoire est de mieux en mieux établie, 
que, en outre, une action thermogène marche en général paral- 
lèlement, mais peut être indépendante et même se produire 
seule. Le retour de la sensibilité paraît indépendant de toute 
action purement périphérique, circulatoire ou nerveuse : elle 
doit être le résultat d'une action modificatrice centrale. M. 
Grasset insiste sur ce fait que le retour de la sensibilité a lieu 
non par territoires nerveux, mais par membres ou segmente 
de membres. A ce point de vue, il reconnaît cinq grandes 
régions : le membre supérieur, l'inférieur, la partie postérieure 
du tronc, sa partie antérieure, la face. Il subdivise même le 
membre inférieur en région au-dessous et région au dessus du 
genou, et le membre supérieur en moitié périphérique et moi- 
tié centrale. Dans ce dernier, le retour de la sensibilité se 
fait de la périphérie vers le centre, et souvent aussi à la face. 
— Pour le membre inférieur, si le vésicatoire est appliqué à la 
cuisse, la sensibilité revient dans tout le membre ; mais s'il 
est appliqué au mollet, elle ne revint qu'au-dessous du genou, 
tandis que pour le membre supérieur la sensibilité revint à 
tout le membre, quelque soit le lieu d'applicatiou. Mais d'une 
manière générale, si ce n'est pour le membre supérieur et la 
face le retour de la sensibilité se limite à chacune de*» cinq 
grandes régions ci-dessus. (Journal de Thérap.) — Lyon Médical, 



Du traitement des ulcères désigTiés communément 
sous le nom de vieilles plaies de jambe, par Courty. — 

Trois grandes indications: 1» exciter le bourgeonnement, la 
végétation des chairs ; 2» dissiper les callosités et autres mani- 
festations d'hypertrophie histologique ; 8o empêcher, au mo- 
ment de la formation de la cicatrice, la dessication trop rapide 
de la couche épidermique la plus superficielle. Mais avant de 
commencer, lotions détersives, antiseptiques, toniques, légè' 
rement excitantes : eau phéniquée, coaltar saponiné, salioyiate 
de soude, acide thymique, chloral, permanganate potasse, etc.; 
enlever toute crasse marginale avec des lotion savonneuses 
chaudes. 

La première indication est remplie, avec le vin aromatique 
en lotions deux fois par jour, puis pansement avec la pommade 
au précipité rouge (1 gr. pour 30 gr. à 50 gr. d'axonge) en 
couche épaisse sur du linge fenêtré ; charpie et compression 



L'mnON MÉDIOALS DU CANADA 41 

méthodique non-sealement avec une bande de toile, mais 
encore avec une seconde bande en caoutchouc; et pardensus 
celle-ci, pour la protéger, nouvelle bande de toile ; l'auteur 
même ajoute souvent encore un lon^ bas afin de prévenir tout 
dérangement. Chaleur humide et compression remplissent ici 
et la seconde seconde indication et même la troisième. Mais 
comme médicament propre à^e dernier rôle, ce n'est plus un 
inoarnatif comme le précipité rou^e qu'il faut, mais un siccatif, 
un cicatrisant; l'étoffe y est, il ne faut plus que coudre. L'auteur 
se sert dans ce but de la mixture CHthérétique de Lanfanc ou 
vin arsenical cuivreux, on une solution au 1/30 de nitrate 
d'argent, on encore du oérat laudanisé (laudanum, 5 gr. ; cérat 
de Galien, 50.) Ne pus appliquer la mixture de Lan franc sur 
une trop grande étendue à la fois parce qu'elle contient de 
l'arsenic. — M. Courty pratique aussi la greffe épidermique. 
{Idem.) — Lyon Médical. 



Combien il est facile, tout d'abord, de méconnaître 
une lésion de la colonne vertébrale.— Un homme à fait 

une chute du haut d'une échelle. Il dit avoir été reçu par 
deux de ses camarades, condition qui a amorti le choc. Cepen- 
dant, il présente une fractu.ie des doux radius, ce qui prouve 
qu'il est tombé lourdement sur les mains. Il porte, en outre, 
une blessure à la région postérieure de la tète. 

S'il n'agissait d'un cas de médecine légale, il serait embarras- 
sant d'expliquer cette blessure de l'occiput, quand la chute a 
eu lieu en avant, puisque cet homme est tomba sur les mains ; 
mais ce détail, dans l'espèce, a peu d'importance. 

L'examen de la partie postérieure du corps décèle à la région 
dorso-lombaire, une voussure causée par une forte contusion, 
lie doigt promené le long du rachis détermine une vive douleur 
liu point occupé par la première vertèbre lombaire. 

Sur quelles circonstances se base donc le savant professeur, 
pour croire à une lésion qui ne se traduit encore par aucun 
signe objectif irrécusable ? ' 

Il commence par faire observer que le siège même de la 
lésion permettrait de se rendre comte de la non-existence de 
ces mêmes signes Au niveau de la première vertèbre lom- 
baire, en effet, commence la queue de cheval. Il y a donc là 
peu de substance médullaire. Il en résulte que les phénomènes 
de compression doivent s'y produire beaucoup plus difficile- 
ment. 

Dans lee cas analogues à celui-ci, il faut toujours supçonner 



'42 Xi^maoN méimsals du cakada. 

nne fracture de la oolonae vertébrale et se comporter en ooi^ 
eéqihence. Ce qui a rendu sur ce point M. Yerneuil très soup* 
çonneux, c'eet qu'il y a été lui-même pris quatre fois dans des 
eireonstances analogues. 

Voici, on peu de mots, l'exposé des faits dont il s'agit : 
1^ Un jeune homme de 14 à 16 ans avait fait une chute. On 
n'avait constaté aucune Jésion de la colonne vertébrale. On ne 
borna à tenir le malade au repos. Survint une poiyurie extra- 
ordinaire. L'excrétion urinaira atteignait les proposions de 
8 à 12 litres par jour. J[>'ail leurs, il n'existait aucune souf- 
A*ance; ce ne fat en quelque sorte que par hasard qu'on 
retourna le malade. On fut alors très surpris de eontater une 
fracture de la colonne vertébrale. 

2o Un enfant tomba en glissant d'un lieu élevé. Il se déve- 
loppa une énorme boui*se néreuse, s'étendant de la nuque aa 
sacrum. On se borna à appliquer des compresses résolu tivoK, 
et au bout de huit à dix jours tonte trace d'épanchement avait 
disparu. Ce ne fut qu'au moment de la sortie de l'enfant do 
l'hôpital, que l'on s'aperçut qu'il s'était développé une gibbo- 
eité. . 

3^ Un maçon, tombé d'un échafaudage, avait été porté à 
rhôpital de Lariboisière. Il ressentait à la colonne verté- 
brale une douleur circonscrite, accompagnée de déformation. 
M. Yerneuil l'avait examiné à diverses reprises sans rien con» 
tater d'anormal de ce côté. Trois ou quatre mois après être 
sorti du service, cet homme revint à l'hèpital, marchant avec 
une grande peine. Il était atteint de giboosité, consécutive à 
une fracture méconnue de la colonne vei-téhrale. 

4o Un quatrième fuit est de tou4 points analogue au précé^ 
dent, avec cette différence que, dans ce dernier cas, lagibb^sité 
a été la conséquonee, non plus de la station verticale et de la 
marche, mais du simple séjour prolongé dans un fauteuil. 

La conclusioM pratique qui découle de tous ces faits, c'est 
qu'il faut se défier des contusions siégeant à la région verté^ 
bmle. Trop souvent elles masquent des fractui*es très aisées 
à méconnaître, car oes lésions sont loin de se traduire toujours 
par des signes révélateurs caractéristiques. Dans tous les cas 
de oette nature, s'il reste quelque doute dans l'esprit, il faut se 
comporter comme si Ton était certain de l'existence d'une frae^ 
tttre. 

Autrefois, que Ton traitait oes lésions par le simple repos au 
lit, les déforonatioDs consécutives étaient fréquentes ; aujour- 
d'hui, il est aisé de prévenir oes dernières, en tenant les blessés 
aussi longtemps qu'il est nécessaire dans les gouttières de 
Bonnet. — lèevue de ThérapeuligiAe Médico-Chirurffieale., 



L'umON IfifiDIOALS BU CANADA 4É 

1 • ■ ■ ■ — ■ ■ 1 — r»-M— T~T ■ T ri rinrn— I ii-i iiii l _ j _, ^ 

UUNION MEDICALE DU CANADA 

MONTREAL» JANVIER 1881. 

Comité de Rédaction : 

Messistjbs lis Docteubs E. p. Lachapblle, a. Lamarchi 

£T s. Laohapells. 

Le ** Canada Médical Record " et TUniversité 

La^al à MontrèaL 



Juaqu'en 1371 il n'y avait à Mcmtrëal que deux éooles de méde- 
cine : k faculté de rUuiversité McGill et r£cole de Médecine et 
4e Chiruxgîe de Montréal afi&liée à TUniversité Victoria de Co- 
bourg, Onteio. En 1871 VUniveraité du Collège Bisbop de 
Lennoxville ouvrit une troisième faculté de médecine à Montréal, 
laquelle après neuf annéea d'exietence nous annonce tout ingénu- 
ment, pftr «(jo organe le Canada Médical Record^ qu'elle a sur- 
ittonté tous les obstacles dressés sur sa route et y a même trouvé 
les éléments du suocès qui couronne aujourd'hui ses travaux. 
Nous sommes vraiment charmés d'apprendre cela. Mais voilà 
qu'en 1879 rUuniversité Laval de Québec vient ouvrir une qua- 
trième faculté de médecine à Montréal. Pour le coup, s'écrie 
là -Canada Médical Retord^ c'est trop fort, que l'Université Bishop 
ait doté Montréal d'une faculté de médecine alors qu'il en existait 
déjà une de la même dénomination religieuse et une autre catholi- 
que, c'est psr&it, (n'a-t^Ue pas réussi, en dépit des difficultés ou 
plutôt grâce aux obstacles qu'on lui a opposé ) ) 

Mais que le Laval vienne fonder une quatrième faculté de méde- 
cine, ce n'est plus nécessaire depuis que nous j sommes, deux 
nniver«ités protestantes et une école catholique sont bien sufiisan- 
Uhb paur tous les étudiants canadiens-français et catholiques romains 
qui suivait les cours de médecine à Montréal 

Ce qu'en dit le Canada Médical Record n'a pas pour but de faire 
de la rédame en faveur du Bishop 1 mais de donner un exposé imr 
pariial des difficultés qui existent entre l'Université Laval et 
l'Ecole de médecine Victoria. On ne s'en serait paa douté. Nos 
confrères da Record paraissent manier mieux l'encensoir que la 



44 l'union médicale du canada 

plume. N'e?4t-ce pas la notion la plus élémentaire du journalisme 
que pour parler sensément d*une question en litige, il faut en con- 
naître le pour et le contre et ne pas se tenir satisfait des informa- 
tions puisées auprès d'une seulf des parties intéressées, c'est 
cependant ce qu'à fait notre confrère, aussi son écrit n est il 
qu'un tissu d'appréciations fausses, comme chaque lecteur qui con- 
naît un peu la question pourra en juger, in peUo, ou à haute voix 
suivant ses intérêts et ses convictions. 

Notre confrère ne voit dans toute cette question qu'un complot 
tramé par le Pape, Mgr Conroy et T Université Laval contre l'Ecole 
de Médecine (a trup set for ih^m unsuspiciously). Nous ne 
voulons pas même effleurer les difficultés qui existent entre nosdeux 
institutions médicales, l'Union Médicale a toujours gardé sur cette 
question ce qu'elle croit être une sage réserve. Quant au reste il 
nous est bien permis d'en manifester notre appréciation. 

Le Record voit dans l'établissement de k faculté de Laval à 
Montréal une insulte et un défi aux trois Ecoles déjà existantes en 
cette ville et prétend que deux facultés protestantes et une catholi- 
que sont bien sufi&santes pour l'éducation médicale de nos étudiants 
canadiens-français et catholiques romains. L'accusation d'égoïsme 
et d'arrogance qu'il lance contre le Laval, parce qu'il ignore absolu- 
ment les faits, s'il ne les dénature volontairement, pourrait ici lui 
être appliquée avec plus de raison. 

Mais vraiment, va-t-on nous faire un crime d'avoir la prétention 
d'enseigner nous mêmes la médecine à nos coreligionnaires et à nos 
compatriotes d'origine canadienne fi-ançaise,de trouver regrettable que 
nos compatriotes suivent des cours de médecine donnés dans une lan- 
gue étrangère qu'ils ne comprennent qu'imparfaitement, des leçons 
basées sur des principes religieux qui ne sont pas les leurs, de faire 
la lutte en un mot pour que dans une province catholique et cana- 
dienne française nos compatriotes trouvent assez d'avantage et 
de garanties dans les institutions catholiques et françaises pour les 
dispenser d'aller puiser l'enseignement dans d'autres qui n'ont ni 
leur croyance ni leur langue. Gela se nomme-t-il de la prétention 
et de Taoïsme ? La théologie et la médecine se touchent de trop 
près pour vouloir les séparer. La craniotomie en est une preuve 
entre mille. Et puis nous sommes jaloux de notre lan<rue, n'est-ce 
pas légitime ; et de même que nous trouvons ridicule Dupuis, qui 
de retour de la république voisine s'appelle M. Wells ; Larocque, 
M. Stoue ; Leblanc, M. White ; de même nous ne pouvons sans une 
arrière-pensée entendre un médecin canadien-français, presqu'inévi- 
tablement destiné à vivre et à pratiquer parmi les gens de sa propre 
nationalité, ne pouvoir parler médecine dans sa langue maternelle 
et ahurir à tout instant ses confrères et ses compatriotes de ter- 
mes et d'accents étrangers. Si nous étions perdus dans l'élément 



l'union MÉDIOALS DU OANÀBA 46 

anglais, notre langae pourrait derenir une objection, mais «Trace à 
Dieu, dans la province de Québec, nous pouvons nous instruire, 
pratiquer la médecine, vivre et mourir en français. Ainsi donc 
quatre ou six universités anglaises et protestantes ne rencontreraient 
pas plus nos besoins que deux, et nos confrères du iî^con/ peuvent 
en prendre leur parti, nous saurons maintenir le droit que nous 
avons de pourvoir nous-même aux besoins de renseignement médi- 
cal de nos compatriotes, et cela sans que personne ait le droit de 
s'en plaindre, du moment que nous nous conformons aux lois 
établies. 

Quant à l'opportunité d'avoir à Montréal detix écoles catholiques 
françaises au lieu d'une, cela concerne si peu nos confrères du 
Record, et intéresse tellement l'élément canadien français, qu'ils 
seraient bien aimables de ne pas s'immiscer d^s nos afiaires de 
famille j si pourtant ils y tiennent nous leur reconnaissons leur droit 
d'en parler à leur aise, quitte à nous de leur rappeler de temps 
à autre ce que l'on entend en français par un exposé impartial des 
faits. 

Quand le Bishop parut en 1871 il existait déjà à Montréal une 
université anglaise et protestante qui, nous sommes heureux de le 
dire, donnait alors comme aujourd'hui un excellent enseignement à 
ses élèves. Personne pourtant, parmi nous ne s'insurgea contre la 
nouvelle faculté. Et si comme le dit le Hecord, ce sont les difficultés 
qui l'ont rendu si prospère, nous n'avons aucun droit de nous 
enorgueillir de son succès. Pendant ses neuf années d'existance 
personne parmi nous ne lui a jamais contesté son droit d'exister, 
ni difCitU son opportunité. Nous avons même été si réservés 
à son égard que nous ne savions même pas qu'elle fut si floris- 
sante. 

Dans cette charge à fond de train contre la faculté de médecine 
de Laval à Montréal le Hfcord a peut-êtro aussi un autre mobile 
que l'amour de la justice et les intérêts de la science, et nous com- 
prenons à demi-mot qu'il n'aime pa<( à voir deux écoles françaises 
de médecine à Montréal. L'élément anglais trouvant depuis long- 
temps à l'Université McGill un enseignement médical aussi complet 
que possible, nous comprenons les inquiétudes do notre confrère 
lorsqu'il voit les canadiens-français se mettre eux aussi en mesure 
de rencontrer sous ce rapport tous les besoins de leurs étudiants. 

Dans un pays comme le nôtre, composé d'éléments hétérogènes 
il faut savoir respecter les droits et les opinions de Caste et pou- 
voir regarder briller le soleil sur la flèche de vingt temples où Dieu 
est servi et adoré de vingt manières diltérentes. 

Que nos confrères anglais aient deux écoles, qu'ils en aient quatre, 
peu nous importe. Quant à l'opportunité d'avoir ici deux écoles 
canadiennes françaises, le Rncof d devrait avoir la générosité facile 



O&flADA 

qu'elle concerne imm^ 



N^ V 



du R^ordàKùB le yo jftge 
«peade doeunentSi noua prëfé- 
« k i^g ww ) de ceux qui ont minion pour 



•^ . •.. 



'«E^sisiMr «iix bienAùteurs de rhumanité.— L'hopi. 

>k. ^x .*> 4di;ïs vVft«ii evccestiivement sous les noms d'hôpital 
N^ *-'t^^^««i^tîiK d'hôpital Sainte-Eugénie, sera désigné dé- 
v% .^mn ^h<n v>N«t fi'Bopiial Trousseau. 

\.x Ho^wù MenilmoDtant s'appelle Hôpital Tenon et Tan- 
«• .u^^W (^mporaire Hôpital Laennec. 



\ AX 



Brochures reçues. 



I^port on obstitrics, hy W. Gardnbb, M. D., Prof, of Médical 
Jttrbprudence and Hygiène, McGiil Univei'sity ; Attending 
nhystioian Univei-sity Dispensaiy for Diseasos of Women 
Mouti'eaL 

Electricity in Médecine and Surgery by John J. Caldwell, 
M. D., Baltimore. 

The treatment of the diseases of the Genito Urinai^ orgsins 
by the use of Electricity, Damiana, etc., by John J. Cald- 
WKLL, M. B., Baltimore. 

The Abdominal Method of Singîngand breathing as a cause 
of female weaknesses by Clifton, E. Winq. M. D.. Boston. 



VARIÉTÉS. 



La marne des eaux.— Le médecin thermal.— Mon 

ami B... se portait à merveille, il y a hîx semaines. Par mal- 
lieur, sur le boulevai-d, un matin, il se trouve nez à nez avec 
son médecin. 



L'mnoir uÈmcàOM dit oâhada 47 

— Comme il y a longtemps qae je ne vona ai vu. 

— Cest que je me porte bien. 

— Allons, tant mieux. En- effet, voqs aves bon visage. 
Yoyons, attendes nn peu, regard«^moi bien... Je me demande 
à quelles eaux je vais vous envoyer. 

— Mais je n'ai ancune envie, aucun besoin d'aller anx eaux. 

— Envie c'ent possible... Besoin, c'est toat autre chose .. 
Vous allez me faire le plaisir de partir pour ies eaux de X... 

Mon ami n'avait jamais entendu parler de ces eaux-là .. Il 
demaïKle des renseignements. 

— Oh I répondit le médecin, ce sont des eaux nouvelles qui 
ont été lancées et qui ont réussi. 

— Mais je ne suis pas malade. 

— Je sais bien que vous n*ètes pas malade. Anssi, je vous 
envoie à des eaux spéciales, à d&s eaux préventives. Vous vous 
portez bien maintenant, d'accord... mais vous traînerez tout 
l'hiver, si vous n'allez pas a mes eaux. 

Mon pauvre ami, est parti docilement, huit jours après, pour 
les eaux de X... La semaine dernière, il revenait à Paris dans 
un état déplorable. Ces eaux, si bien lancées lui avaient fait nn 
mal affreux. Il a rapporté de là bas des fièvres, un rhumatisme, 
etc., etc. Son mcdecin a gardé toute sa sérénité devant ce beau 
résultat. 

— C'est l'effet naturel des eaux. Bi(>n de plus heureux. Ces 
fièvres», ce rhumatisme étaient en vous, avaient besoin de sor- 
tir. Les eaux ont provoqué une crise salutaire. C'est à mer- 
veille... Je réponds de votre santé l'hiver prochain. 

Quelle mouche a donc piqué les médecins depuis quelque 
temps? Quelle est cette fureur d'eaux qui les dévore ? A partir 
du mois d'avril, ils commencent à passer l'inspection de leurs 
clients bien ou mal portants... Ils prennent un air soucieux 
et répètent tous ce refrain : 

— A quelles eaux pourrai-«-je b?en vous envoyer cette année ? 
Boyat ne vous avait pas réussi l'année dernière, ni Cautercts 
l'année précédente... Vous devriez essayer d'Allevard ou d'U- 
siage... Oh ! nous finirons bien par trouver les eaux qui vous 
conviennent. 

Les spéculateurs qui sont toujoours à l'affût ont tiré bon 
parti de cette manie des médecins d'aujomxi'hui... Ils se sont 
mis à lancer des eaux, comme on lance des tramways ou des 
charbonnages. On m'a montré, l'autre jour, un monsieur fort 
intelligent qui s'était ruiné dans une raffinerie et qui a refait 
sa fortune avec une eau ferrugineuse qui ne marchait pas, et 
qui maintenant, gi'&ce à une publicité bien organisée, va com- 
me sur des roulettes. ^ 



48 L*tmiON MiDIOALS DU CANADA 

Le médecin thermal est un peraonnage bien partictilier, 
bien amusant. Il y a naturellement des exceptions et de très 
honorables... mais enfin voici le type dans sa généralité. Le 
médecin thermal est attaché à une certaine eau... et il faut 
que cette eau guérisse toutes les maladies... la bradypepsie, la 
dyspepsie, l'apepsie, la lienterie, la dynsenterie, Thydropiciie, 
etc., etc., etc. Le médecin thermal fait des brochures, des 
ai'ticles dans les journaux de médecine... Il vante son eau mer* 
veilleuse: Prenez, prenez mon élixir I II court les grMudt» mé- 
decins. Il leur demande des malades. Ces malades, il est bien 
entendu qu'il ne les gardera pas... Il ne doit pas faire de 
clientèle. Il doit rester dans sa spécialité... On lui prête des 
malades, on ne les lui donne pas. 

Au bout de vingt-cinq jour^ de traitement, il doit les réexpé- 
dier, avec un rapport détaillé, à leur médecin ordinaire qui est 
leur propriétaire légitime. Aussi l'art du médecin thermal 
est-il d'eiitretenir les malades. Il ne faut pas qu'il les tue, mais 
il ne faut pas qu'il les guérisse trop. La perfection c'est do 
faire patienter le baigneur, de le restituer a peu près tel qu'on 
l'a reçu et de pouvoir écrire au confrère qui l'a fourni : 

— Je vous renvoie M. un tel... Il ne va ni mieux ni plus 
mal. Vos excellents soins lui sont plus que jamais uécecisai- 
res. J'espère que vous me le renverrez l'année prochaine. 

Et des malades font ainsi, pendant une longue suite d'an- 
nées, la navette entre deux médecins qui se les renvoient com- 
me un volant en deux petits coups de raq[uette bien appli- 
qués... Yl'an, je vous envoie un baigneur... Yl'an... je vous 
renvoie votre malade. 

Une autre remarque. Jamais le médecin ne dirige le mari 
et la femme sur les mêmes eaux. Et comme, un jour, je m*en 
étonnais, un de mes amis, médecin de beaucoup d'esprit me fit 
cette réponse : 

— Les eaux avant tout et par-dessus tout doivent être un 
repos. — Uunwtrs illustré. — V Abeille médicale. 



DÉCÈS. 
A Kamouraska, le 10 courant, A. T. Michaud, M. D. 



TRAYATJX ORIGINAUX. 



La Oraniotomie. 



(Lu devant la Société Médicale par le le Dr A. Daœnaisv. 
Ptof. à rniiiTeTsité>LaYal, Montréal.) 



(^Suite et fin,) 

Cependant malgré œ sentiment nnanime des théologiens*^ 
M. Avaneini soutient qne le médecin pent faire la cépbalotomie 
sur Tenfant vivant quand l'opération césarienne est impossible. 
Parceque, dit-il, alors Tenfknt doit mourir, et il n'y a que le 
mode de mort qui soit changé. Avant de répondre à cet argu- 
ment, il est bon de remarquer qu'il est difficile de concevoir 
une circonstance ou la craniotomie soit possible sans que l'opé- 
ration césarienne le soit aussi. Si la femme est trop faible 
pour supporter la gastrotomie, même avec le secours des ânes- 
thésiques, il est tout probable qu'elle le sera aussi pour la 
céphalotomie ; car cette dernière opération qui demande de» 
manœuvres répétées, ne se fait pas sans douleur pour la mère^ 
et même souvent, elle demande plus de temps que l'opératioii 
césarienne, 

Maintenant je laisse M. Eschbach répondre à M. Avanzinî. 

**• La morale chrétienne n'a jamais admis que le fait seul de* 
l'impossibilité de prolonger, pour des causes naturelles, Yexi»- 
tence au*delà d'un terme donné, ravisse à l'homme le droit 
actuel à la vie, ni même le dispense du devoir de vivre, tant 
que l'heure suprême n'a pas sonné. Elle n'a jamais admis qu'à 
cet homme il ne reste d'autre droit que celui de décerner par 
quelle issue son âme immortelle s'échatmera de l'enveloppe^ 
périssable qui la retient prisonnière. SattI olessé mortellement 
n'était pas autorisé à se jeter son son épée, ni à se choisir le 
mode de mourir ; et de son côté le soldat amalécite, en se van- 
tant de l'avoir achevé^ se déclarait coupable du crime d'assa»^ 
flinat. " ^ 

4 



50 l'union médicalb du oanada 

Une antre comparaison. — Un batelier reçoit un passager 
dans sa frêle embarcation. La mer est battue par les vents ; 
ils vont être fatalement engloutis tous deux, si Tun ou l'autre 
n'est sacrifié. Le batelier se jette sur son compagnon, lai 
brûle ia cervelle et abandonne son corps aux flots. Cet acte 
€st-il justifié par la morale chrétienne r Nous ne pensons pas 
que Ton puisse citer un seul théologien casuiste ayant répondu 
affirmativement ; et cependant telle serait la réponse de notre 
auteur, au moins si Ton en juge d'après ses principes. Ne 
dira-t-il pas que le pauvre passager devant périr dans quelques 
instants a perdu son droit à la vie, et qu'il ne lui reste que la 

liberté de choisir le genre de moii;? Mais non; notre 

honorable adversaire, nonobstant ses principes, ne s'écai*terait 
pas dans le cas présent, de l'enseignement universel des moralis- 
tes. Avec eux, il condamnerait l'acte en question comme un cri- 
me et un assassînat^J^^vartjnsçHj^ ici, nous en avons 
la persuasion, ii^^^^^/QiMft^i % reconnaîtrait qu'en de 
semblables ococrPences^le ^devoir Mnak^ de mourir et ne per- 
met en aucnâ» façpn I^age (Tun ^»me homicide. Or ces 
occurrences!^ pradu^f^^taiwe ^nilitude frappante, dans 
le cas de rèmoryotomie^^^il existeAme différence entre les 
deux cas, ellVes^ ^ute^'nuere^^nQiKre faveur. Le passager, 
ien effet, est en1»:^SdS^^^ A^flkÇ^^ peut être sur ses 
plus vives instancèBt-pciuinêtrffy art-il été reçu par charité, et 
«ans doute il aura prévu, saltem in confuso, le danger qu'il 
allait courir, tandis que l'innocent petit être que la mère porte 
dans son sein y a été renfermé sans sa participation, par suite 
d'un acte souvent tout égoïste, toujours librement posé par 
celle dont il a droit d'exiger aide et protection. 

Outre ces considérations qui paraissent péremptoires, ne 
pourrait-on pas demander à M. Avanzini, si un condamné, à 
n^ort, pour éviter à sa famille et à lui-même la honte de monter 
sur l'échafaud, a le droit d'avaler un poison violent ou de se 
plonger un poignard dans le cœur. Il n'est pas probable que 
ce Monsieur répondrait dans l'affirmative à cette question, et 
pourtant dans cette circonstance, le condamné ne ferait que 
•changer son mode de mort. 

M. Avanzini ajoute que dans certaines conjonctures, il est 
permis de tuei' un innocent et il dit : étant poursuivi par un, 
•ennemi qui veut attenter à mes jours, il m'est permis en me sau- 
vant d'écraser un enfant qui se trouve sur mon chemin : ou 
encore, je puis tuer un innocent dont un injuste agresseur se 
ferait un bouclier ; >^lors pourquoi ne serait il pas permis de 
sacrifier l'enfant pour sauver la mère ? 

Celui qui en se sauvant d'un ennemi écraserait un enfant 



»♦ 



X'iTNION MÉDICALE DU CANADA 51 

B^est pas coupable parce quMl n'a pas voala la mort de Ten- 
fant; son but n'était que de sauver sa vie par la fuite, et la 
mort de Tinnocent n'a été qu*un accident survenu en dehors 
de sa volonté, prœter intentionem. Il en est de même de 
celai qui en voulant frapper un injuste agresseur, transper- 
cerait d'un coup de lance le corps d'un innocent dont son 
ennemi se ferait un bouclier? En frappant son agresseur, 
il fait un acte licite ; mais par des circonstances en dehors 
de sa volonté, cet acte se trouve avoir une double consé- 
quence, la mort de son ennemi et celle del'innocent. Mais 
tous les théologiens sont d'accord pour affirmer que dans 
ces cas, pour être licite, la mort de l'innocent ne doit pas 
avoir été prévue ou voulue par celui qui la donne, parce 
qu'alors il serait i*éellement coupable ; autrement il faudrait 
adopter en morale le principe que la fin justifie les moyens. 
Or dans la craniotomie, la mort de l'enfant est-elle voulue 
par le médecin ? Evidemment oui. Car, cette opération qui 
n'est qu'une suite de manœuvres, commence par enfoncer 
un fer meurtrier dans le crône, ou si l'opérateur emploie le 
céphalotribe, il broie ce ci-âne, causant par là immédiatement 
la mort de l'enfant. Ainsi le premier acte de la craniotomie 
-est de tuer le fœtus, et le secondée l'extraire; de sorte que 
le médecin délibérément et volontairement, fait périr un inno- 
-cent pour soustraire la mère à un danger. On voit par là qu'il 
n'y a pas de similitude entre les cas posés par M. Avanzini et 
celui de la craniotomie. 

Le dernier argument apporté par M. Avanzini en faveur de 
la craniotomie Cîit celui-ci : si l'enfant est formellement inno- 
cent, il est matériellement un injuste agresseur vis-à-vis de sa 
. mère dont il met la vie en danger; or s'il est permis à quel- 
qu'un de tuer un fou furieux qui menacerait sa vie, il devrait 
. être également permis à la femme de sacrifier la vie de son 
enfant pour sauver la sienne. Car le fou est aussi formellement 
innocent que l'enfant, puisqu'il n'est pas responsable de ces 
actes. M. le Dr Hubert, professeur de médecine à l'Université 
de Louvain, répond ainsi à ce raisonnement : 

" Toute attaque suppose une action. Un être passif ne sau* 
rait être considéré comme agresseur à moins d'admettre une 
aggression passive, ce qui implique contradiction dans les 
termes. Le fœtus est resté complètement étranger à l'acte de 
ea conception, et contrairement a r opinion des anciensy il reste 
également étranger au travail qui s'établit pour son expulsion. 
A ces deux termes de la vie intra-utérine, il est donc tout à 
fait passif. 

Pendant la grossesse... dans l'état de nos connaissances, il 



62 L'UIVION MtDfCALB jyfJ CAVJSIDA 

^t impoBsîble de dire si Tenfant prend ou 8*il reçoit Te» liquides 
et Tespace nécessaire à son évolution. Beconnaissons toute* 
fois qu'il ne se comporte pas à la manière d'un corps inerte» 
qu'il jouit d'une certaine activité, qu'il se développe vitalement, 
en vertu d'une force propre, et que, vu l'existence du vice du 
bassin, ce développement constitue un élément de dangej, oa, 
si l'on veut, un fait nuisible à Ift femme. 

Si, forçant un peu la signification du mot, on qualifie ce fait 
du titre d'attaque, et si l'on dit qu'elle est injuste... cette théo- 
rie est-elle soutenable en morale pure ? 

L'injustice d'un acte doit s'envisager à un double point de 
Tue : au point de vue de celui qui le pose, au point do vue de 
celui qui s'en trouve lépé ? 

Au point de vue de celui qui le pose, Tacte n'est injuste que 
^uand son auteur sort de la limite de ses droits : nam gui sua 
jure utitur nemini fœcit injuriam. Lorsque les sphères indi- 
viduelles sont bien distinctes et indépendantes, l'homme ne 
peut empiéter sur celle du prochain sans sortir de la sienne 
propre, et l'agression, si elle a eu lieu, présente sûrement les 
caractères de l'injustice. Ainsi l'assassin, le fou furieux, en 
nous frappant, commettent un acte injuste, parce qu'ils com- 
promettent notre existence, en même temps qu'ils sortent do 
la sphère de leurs droits. ^ 

Mais l'enfant qui se développe dans le sein de sa mère n'est 
pas dans les mêmes conditions^ car si en lui, on reconnaît un 
seul droit, ce doit^ètre, avant tout, celui de vivre et de se déve* 
lopper conformément aux k)is de sa nature. A ce point de 
vue, son développement ne peut donc être considéré comme 
un acte injuste, et s'il constitue un mal, c'est un mal de forcer 
maieure, sans moralité aucune. 

Pour celui qui se trouve lésé, l'acte est injuste dès qu'il y a 
empiétement sur ses droits et qu'il n'a rien fait pour légitimer 
cet empiétement. Or, dira-ton, la femme a le droit de vivre - 
et le développement du fœtus porte atteinte à ce droit, et 
comme, on concevant, elle n'a fait qu'un acte naturel, parfaite» 
ment légitime, elle doit conserver le droit de réagir contre le 
danger qui la menace. 

Ce raisonnement serait peut être juste, si le danger procé» 
dait d'un tiers envers lequel elle ne serait liée par aucune 
espèce d'obligations. 

Mais, en concevant librement, la mère a pris envers sou 
çnfknt un de ces engagements que l'on désigne sous le titre 
de quaisùiontratf c'es^-dire qu'elle a passé un de ces faits volon- 
taires d'où résultent, pour elle, des obligations réelles, posi- 
tives, et^ pour lui, des droits naturels corrélatifs. De queique- 



ti^UNION MdIOALB su OANABA tô 

Afaiçcm 'qu'on Tenvisage, ravortemeDt pi-ovoqué (et à fortiori U 

* craniotomie) implique tODJoui*8 l'oubli d'un devoir, et la viola^ 
tioD d'un di-oit. 

En vain dirait-on que si la femme a pris rengagement tacite 
de nourrir le fruit de ses entrailles, c'est uniquement dans la 
pensée qu'elle le pourrait, sans s'exposer à un danger aussi 
^rave que celui de Topération eésanenae ; ce serait prétendre 
^ue la morale n^oblige que quand sa pratique est facile ; ce 
49erait prétendre que le milicien enrôlé volontairement et chargé 
de la défense d'un pont, peut abandonner son poste, sous pré- 
texte qu'en s'engageant, il n'a pensé courir que les chances 
- d'une guerre ordinaire. Pour lui cependant, il ne s'agit encore 
que de l'omission d'un devoir, tandis que pour la femme qui se 
fait avorter, il s'agit en outre de la violation d'un droit, d'un 
fœticide par eommissioTL 

Remarquons, d'autre part, que c'est elle-même qui a mis 
l'enfant dans une position qu'il ne pouvait refuser, qu'il ne 
peut, changer, et dans laquelle il se <;onforme aux lois de sa 
destinée, de sorte que, en provoquant sa ruine, elle écarte un 
péril dont elle est <en réalité l'auteur et la cause première. Or, 
s'il est permis de se défendre contre ses pi^opres actes, c'est, 
nous semblet-il, à la condition que ce ne soit pas au détriment 
' certain, et grave jusqu'à la mort, d'un être innocent. 

Si l'enfant ne sort pas un instant de la sphère de ses droits, 
si son attitude à l'égard de sa mère ne présente nullement les 
caractères d'une agression injuste, si le mal qu'il constitue est 
un mal sans moralité, de force majeure, et si, comme le fait 
matériel, ce mal dérive de la femme elle-même, on ne peut 
soutenir qu'en le repoussant par un fœticide, colle-ci réunisse 
■ les conditions voulues pour la légitime défense. 

Au point de vue de la loi naturelle, conclut le savant profes- 
seur, c'est l'omission des devoirs maternels. 

Au point de vue de la morale, c'est la violation des droits 
d'un tiers, c'est un mal positif malum ab intrinseco^ que la fin 
ne peut justifier. 

Au point de vue du droit naturel et de la morale, c'est sur- 
tout un acte illicite, lorsque, en concevant librement, la femme 
-connaissait l'alternative qui allait Tattendre." 

A ces observations si justes et si rationnelles du professeur 
^ de Louvain, M. Esehbach en ajoute une qui complète la réfdta- 
"tion de l'argument des partisans de la ci*aniotomie, la voici : 

Quelles causes physiques produi»ent d'ordinaire ces terribles 

• xx^njonctures ou, malgré les efforts de l'art le plus consommé, 
Ja mort n'ej^ jamais qu'à demi vaincue, si elle ne triomphe pas 

«-complètement? Viennent-elles de la mère? Viennent-elles de 



44 l'union médicalb du oanada 

plame. N'est-ce pas la notion la plus ëlémentaîie du journalisme 
que pour parler sensément d'une question en litige, il faut en con- 
naître le pour et le contre et ne pas se tenir satisfait des informa- 
tions puisées auprès d'une seule des parties intéressées, c'est 
cependant ce qua fait notre confrère, aussi son écrit n'est il 
qu'un tissu d'appréciations fausses, comme chaque lecteur qui con- 
nait un peu la question pourra en jugei; in petto, ou à haute voix 
suivant ses intérêts et ses convictions. 

Notre confrère ne voit dans toute cette question qu'un complot 
tramé par le Pape, MgrConroyet l'Université Laval contre l'Ecole 
de Médecine (a trap set for ifi^m unsuspiciously). Nous ne 
voulons pas même effleurer les difficultés qui existent entre nosdeux 
institutions médicales, l'Union Médicale a toujours gardé sur cette 
question ce qu'elle croit être une sage réserve. Quant au reste il 
nous est bien permis d'en manifester notre appréciation. 

Le Record voit dans l'établissement de ]& faculté de Laval à 
Montréal une insulte et un défi aux trois Ecoles déjà existantes en 
cette ville et prétend que deux facultés protestantes et une catholi- 
que sont bien suffisantes pour l'éducation médicale de nos étudiants 
canadiens-français et catholiques romains. L'accusation d'égoïsme 
et d'arrogance qu'il lance contre le Laval, parce qu'il ignore absolu- 
ment les faits, s'il ne les dénature volontairement, pourrait ici lui 
être appliquée avec plue de raison. 

Mais vraiment, va-t-on nous faire un crime d'avoir la prétention 
d'enseigner nous mêmes la médecine à nos coreligionnaires et à nos 
compatriotes d'origine canadienne fitinçaise,de trouver regrettable que 
nos compatriotes suivent des coure de médecine dominés dans une lan- 
gue étrangère qu'ils ne comprennent qu'imparfaitement, des leçons 
basées sur des principes religieux qui ne sont pas les leurs, de faire 
la lutte en un mot pour que dans une province catholique et cana- 
dienne française nos compatriotes trouvent assez d'avantage et 
de garanties dans les institutions catholiques et françaises pour les 
dispenser d'aller puiser l'enseignement dans d'autres qui n'ont ni 
leur croyance ni leur langue. Gela se nomme-t-il de la prétention 
et de l'égoïsme 1 La théologie et la médecine se touchent de trop 
près pour vouloir les séparer. La craniotomie en est une preuve 
entre mille. Et puis nous sommes jaloux de notre lan^e, n'est-ce 
pas légitime; et de même que nous trouvons ridicule Dupuis. qui 
de retour de la république voisine s'appelle M. Wells ; Larocque, 
M. Stone ; Leblanc, M. White ; de même nous ne pouvons sans une 
arrière-pensée entendre un médecin canadien-français, presqu'inévi- 
tablement destiné à vivre et à pratiquer parmi les gens de sa propre 
nationalité, ne pouvoir parler médecine dans sa langue maternelle 
et ahurir à tout instant ses confrères et ses compatriotes de ter- 
mes et d'accents étrangers. 8i nous étions perdus dans l'élément 



l'vnion médicale du oanàda 45 

anprlais, notre langue pourrait devenir une objection, mdis prrâce à 
Dieu, dans la province de Québec, nous pouvons nous instruire, 
pratiquer la médecine, vivre et mourir en français. Ainsi donc 
quatre ou six universités anglaises et protestantes ne rencontreiBient 
pas plus noe besoins que deux, et nos confrères du Record peuvent 
en prendre leur parti, nous saurons maintenir le droit que nous 
avons de pourvoir nous-même aux besoins de renseignement médi- 
cal de nos compatriotes, et cela sans que personne ait le droit de 
s'en plaindre, du moment que nous nous conformons aux lois 
établies. 

Quant à l'opportunité d'avoir à Montréal deiix écoles catholiques 
françaises au lieu d'une, cela concerne si peu nos confrères du 
Record, et intéresse tellement l'élément canadien français, qu'ils 
seraient bien aimables de ne pas s'immiscer dans nos affaîreA de 
famille ; si pourtant ils y tiennent nous leur reconnaissons leur droit 
d'en parler à leur aise, quitte à nous de leur rappeler de temps 
à autre ce que l'on entend en français par un exposé impartial des 
faits. 

Quand le Bisbop parut en 1871 il existait déjà à Montréal une 
université anglaise et protestante qui, nous sommes heureux de le 
dire, donnait alors comme aujourd'hui un excellent enseignement à 
ses élèves. Personne pourtant, parmi nons ne s'insurgea contre la 
nouvelle faculté. Et si comme le dit le Record, ce sont les difficultés 
qui l'ont rendu si prospère, nous n'avons aucun droit de nous 
enorgueillir de son succès. Pendant ses neuf année» d'existance 
personne parmi nous ne lui a jamais contesté son droit d'exister, 
ni difCuU son opportunité» Nous avons même été si réservés 
à son égard que nous ne savions même pas qu'elle fut si floris- 
sante. 

Dans cette charge à fond de train contre la faculté de médecine 
de Laval à Montréal le Heeord a peut-être aussi un autre mobile 
que l'amour de la justice et les intérêts de la science, et nous com* 
prenons à demi-mot qu'il n'aime pa« à voir deux écoles françaises 
de médecine à Montréal. L'élément anglais trouvant depuis long^ 
temps à l'Université McGill un enseignement médical aussi complet 
que possible, nous comprenons les inquiétudes de notre confrère 
lorsqu'il voit les canadiens-français se mettre eux aussi en mesure 
de rencontrer sous ce rapport tous les besoins de leurs étudiants. 

Dans un pays comme le nôtre, composé d'éléments hétérogènes 
il faut savoir respecter les droits et les opinions de Caste et pou- 
voir regarder briller le soleil sur la flèche de vingt temples où Dieu 
est servi et adoré de vingt manières dilt'érentes. 

Que nos confrères anglais aient deux écoles, qu'ils en aient quatre, 
peu nous importe. Quant à l'opportunité d'avoir ici deux écoles 
canadiennes françaises, le Recoi d devrait avoir la générosité facile 



44 l'union médicale du oanaba 

plame. N'est-ce pas la notion la plus élémentaire du journalisme 
que pour parler sensément d'une question en litige, il faut en con- 
naître le pour et le contre et ne pas se tenir satisfait des informa- 
tions puisées auprès d'une seult* des parties intéressées, c'est 
cependant ce qu'à fait notre confrère, aussi son écrit n'est il 
qu'un tissu d'appréciations fausses, comme chaque lecteur qui con- 
naît un peu la question pourra en jugei; in pelto, ou à haute voix 
suivant ses intérêts et ses convictions. 

Notre confrère ne voit dans toute cette question qu'un complot 
tramé par le Pape, M^r Conroy et l'Université La val contre l'Ecole 
de Médecine (a trap set for ih^in unsusplciously). Nous ne 
voulons pas même effleurer les difficultés qui existent entre nosdeux 
institutions médicales, l'Union Médicale a toujours gardé sur cette 
question ce qu'elle croit être une sage réserve. Quant au reste il 
nous est bien permis d'en manifester notre appréciation. 

Le Record voit dans l'établissement de ki faculté de Laval à 
Montréal une insulte et un défi aux trois Ecoles déjà existantes en 
cette ville et prétend que deux facultés protestantes et une catholi- 
que sont bien suffisantes pour l'éducation médicale de nos étudiants 
canadiens-français et catholiques romains. L'accusation d'égoïsme 
et d'arrogance qu'il lance contre le Laval, parce qu'il ignore absolu- 
ment les faits, s'il ne les dénature volontairement, pourrait ici lui 
être appliquée avec plus de raison. 

Mais vraiment, va-t-on nous faire un crime d'avoir la prétention 
d'enseigner nous mêmes la médecine à nos coreligionnaires et à nos 
compatriotes d'origine canadienne fi'ançaise,de trouver regrettable que 
nos compatriotes suivent des cours de médecine dominés dans une lan- 
gue étrangère qu'ils ne comprennent qu'imparfaitement, des leçons 
basées sur des principes religieux qui ne sont pas les leurs, de faire 
la lutte en un mot pour que dans une province catholique et cana- 
dienne française nos compatriotes trouvent assez d'avant^e et 
de garanties dans les institutions catholiques et françaises pour les 
dispenser d'aller puiser l'enseignement dans d'autres qui n'ont ni 
leur croyance ni leur langue. Gela se nomme-t-il de la prétention 
et de l'égoïsme ) La théologie et la médecine se touchent de trop 
près pour vouloir les séparer. La craniotomie en est une preuve 
entre mille. Et puis nous sommes jaloux de notre lan<?ue, n'est-ce 
pas légitime ; et de même que nous trouvons ridicule Dupuis. qui 
de retour de la république voisine s'appelle M. Wells ; Larocque, 
M. Stoue ; Leblanc, M. White ; de même nous ne pouvons sans une 
arrière-pensée entendre un médecin canadien-français, presqu'inévi- 
tablement destiné à vivre et à pratiquer parmi les gens de sa propre 
nationalité, ne pouvoir parler médecine dans sa langue maternelle 
et ahurir à tout instant ses confrères et ses compatriotes de tor« 
mes et d'accents étrangers. Si nous étions perdus daaa l'élément 



L'tTNIOir MÉDICALE DTT OAFTADA 46 

anpflais, notre langue pourrait derenir une objection, mais prrâce à 
Dieu, dans la province de Québec, nous pouvons nous instruire, 
pratiquer la médecine, vivre et mourir en français. Ainsi donc 
quatre ou six universités anglaises et protestantes ne rencontreraient 
pas plus nos besoins que deux, et nos confrères du Record peuvent 
en prendre leur parti, nous saurons maintenir le droit que nous 
avons de pourvoir nous-même aux besoins de renseignement médi- 
cal de nos compatriotes, et cela sans que personne ait le droit de 
s'en plaindre, du moment que nous nous conformons aux lois 
établies. 

Quant à Topportunité d'avoir à Montréal deux écoles catholiques 
françaises au lieu d'une, cela concerne si peu nos confrères du 
Record, et intéresse tellement Pélément canadien français, qu'ils 
seraient bien aimables de ne pas s'immiscer dans nos affaires de 
famille ; si pourtant ils y tiennent nous leur reconnaissons leur droit 
d'en parler à leur aise, quitte à nous de leur rappeler de temps 
à autre ce que l'on entend en français par un exposé impartial des 
faits. 

Quand le Bishop parut en 1871 il existait déjà à Montréal une 
université anglaise et protestante qui, nous sommes heureux de le 
dire, donnait alors comme aujourd'hui un excellent enseignement à 
ses élèves. Personne pourtant, parmi nons ne s'insurgea contre la 
nouvelle faculté. Et si comme le dit le Hecordy ce sont les difficultés 
qui l'ont rendu si prospère, nous n'avons aucun droit de nous 
enorgueillir de son succès. Pendant ses neuf années d'existance 
personne parmi nous ne lui a jamais contesté son droit d'exister, 
ni di'CuU son opportunité. Nous avons même été si resserves 
à son égard que nous ne savions même pas qu'elle fut si floris- 
sante. 

Dans cette charge & fond de train contre la faculté de médecine 
de Laval à Montréal le Hecord a peut-être aussi un autre mobile 
que l'amour de la justice et les intérêts de la science, et nous com- 
prenons à demi-mot qu'il n'aime pa« à voir deux écoles françaises 
de médecine à Montréal. L'élément anglais trouvant depuis long- 
temps à l'Université McGill un enseignement médical aussi complet 
que possible, nous comprenons les inquiétudes do notre confrère 
lorsqu'il voit les canadiens-français se mettre eux aussi en mesure 
de rencontrer sous ce rapport tous les besoins de leurs étudiants. 

Dans un pays comme le nôtre, composé d'éléments hétérogènes 
il faut savoir respecter les droits et les opinions de Caste et pou- 
voir regarder briller le soleil sur la flèche de vingt temples où Dieu 
est servi et adoré de vingt manières diltérentes. 

Que nos confrères anglais aient deux écoles, qu'ils en aient quatre, 
peu nous importe. Quant à l'opportunité d'avoir ici deux écoles 
canadiennes françaises, le Recoi d devrait avoir la générosité facile 



44 l'union médioals du oanaba 

plame. N'est-ce pas la notion la plus élémentaire du joumalisrae 
que pour parler sensément d'une question en litige, il faut en con- 
naître le pour et le contre et ne pas se tenir satisfait des informa- 
tions puisées auprès d'une seule des parties intéressées, c'est 
cependant ce qu'à fait notre confrère, aussi son écrit n'est il 
qu'un tissu d'appréciations fausses, comme chaque lecteur qui con- 
naît un peu la question pourra en jugei; in petto, ou à haute voix 
suivant ses intérêts et ses convictions. 

Notre confrère ne voit dans toute cette question qu'un complot 
tramé par le Pape, Mgr Conroy et l'Université Laval contre l'Ecole 
de Médecine (a trap set for ih^in unsuspiciously). Noms ne 
voulons pas même effleurer les difficultés qui existent entre nosdeux 
institutions médicales, l'Union Médicale a toujours gardé sur cette 
question ce qu'elle croit être une sage réserve. Quant au reste il 
nous est bien permis d'en manifester notre appréciation. 

Le Record voit dans l'établissement de \& faculté de Laval à 
Montréal une insulte et un défi aux trois Ecoles déjà existantes en 
cette ville et prétend que deux facultés protestantes et une catholi- 
que sont bien suffisantes pour l'éducation médicale de nos étudiants 
canadiens-français et catholiques romains. L'accusation d'égoïsme 
et d'arrogance qu'il lance contre le Laval, parce qu'il ignore absolu- 
ment les faits, s'il ne les dénature volontairement, pourrait ici lui 
être appliquée avec plus de raison. 

Mais vraiment, va-t-on nous faire un crime d'avoir la prétention 
d'enseigner nous mêmes la médecine à nos coreligionnaires et à nos 
compatriotes d'origine canadienne fiançaise,de trouver regrettable que 
nos compatriotes suivent des cours de médecine donnés dans une lan- 
gue étrangère qu'ils né comprennent qu'imparfaitement, des leçons 
basées sur des principes religieux qui ne sont pas les leurs, de faire 
la lutte en un mot pour que dans une province catholique et cana- 
dienne française nos compatriotes trouvent assez d'avantage et 
de garanties dans les institutions catholiques et françaises pour les 
dispenser d'aller puiser l'enseignement dans d'autres qui n'ont ni 
leur croyance ni leur langue. Cela se nomme-t-il de la prétention 
et de l'égoïsme 1 La théologie et la médecine se touchent de trop 
près pour vouloir les séparer. La craniotomie en est une preuve 
entre mille. Et puis nous sommes jaloux de notre lan<?ue, n'est-ce 
pas légitime; et de même que nous trouvons ridicule Dupuis, qui 
de retour de la république voisine s'appelle M. Wells ; Larocque, 
M. Stone ; Leblanc, M. White ; de même nous ne pouvons sans une 
arrière-pensée entendre un médecin canadien-français, presqu'inévi- 
tablement destiné à vivre et à pratiquer parmi les gens de sa propre 
nationalité, ne pouvoir parler médecine dans sa langue maternelle 
et ahurir à tout instant ses confrères et ses compatriotes de ter- 
mes et d'accents étrangers. Bi nous étions perdus dans l'élément 



l'union médicale du oanàba 46 

anglais, notre langae pourrait devenir une objection, mais prrâce à 
Dieu, dans la proyince de Québec, nous pouvons nous instruire, 
pratiquer la médecine, vivre et mourir en français. Ainsi donc 
quatre ou six universités anglaises et protestantes ne rencontreraient 
pas plus nos besoins que deux, et nos confrères du Record peuvent 
en prendre leur parti, nous saurons maintenir le droit que nous 
avons de pourvoir nous-même aux besoins de renseignement médi- 
cal de nos compatriotes, et cela sans que personne ait le droit de 
s'en plaindre, du moment que nous nous conformons aux lois 
établies. 

Quant à l'opportunité d'avoir à Montréal deux écoles catholiques 
i^tmçaises au lieu d'une, cela concerne si peu nos confrères du 
Recardy et intéresse tellement Télément canadien français, qu'ils 
seraient bien aimables de ne pas s'immiscer dans nos affaires de 
famille j si pourtant ils y tiennent nous leur reconnaissons leur droit 
d'en parler à leur aise, quitte à nous de leur rappeler de temps 
à autre ce que l'on entend en français par un exposé impartial des 
faits. 

Quand le Bisbop parut en 1871 il existait déjà à Montréal une 
université anglaise et protestante qui, nous sommes heureux de le 
dire, donnait alors comme aujourd'hui un excellent enseignement à 
ses élèves. Personne pourtant, parmi nons ne s'insurgea contre la 
nouvelle faculté. Et si comme le dit le Hecorfl, ce sont les difficultés 
qui l'ont rendu si prospère, nous n'avons aucun droit de nous 
enorgueillir de son succès. Pendant ses neuf années d'existance 
personne parmi nous ne lui a jamais contesté son droit d'exister, 
ni difCuU son opportunité. Nous avons même été si ré^9ervés 
à son égard que nous ne savions même pas qu'elle fut si floris- 
sante. 

Dans cette charge à fond de train contre la faculté de médecine 
de Laval à Montréal le Hfcord a peut-être aussi un autre mobile 
que l'amour de la justice et les intérêts de la science, et nous com- 
prenons à demi-mot qu'il n'aime pa« à voir deux écoles françaises 
de médecine à Montréal. L'élément anglais trouvant depuis long- 
temps à l'Université McGill un enseignement médical aussi complet 
que possible, nous comprenons les inquiétudes de notre confrère 
lorsqu'il voit les canadiens-français se mettre eux aussi en mesure 
de rencontrer sous ce rapport tous les besoins de leurs étudiants. 

Dans un pays comme le nôtre, composé d'éléments hétérogènes 
il faut savoir respecter les droits et les opinions de Caste et pou- 
voir regarder briller le soleil sur la flèche de vingt temples où Dieu 
est servi et adoré de vingt manières dill'érentes. 

Que nos confrères anglais aient deux écoles, qu'ils en aient quatre, 
peu nous importe. Quant à l'opportunité d'avoir ici deux écoles 
canadiennes françaises, le Recoid devrait avoir la générosité facile 



«60 tl'ukion idbicAiiX du oakada 

fkieant <le8 traetions avee l'instrament même, soit en appli- 
quant Le forcepB. D'antres au contraire, «et en particulier M. 
^ajot, eonseillent de laisser la terminaison du travail à la 
nature. Le sarant tocologiste que je viens de nommer emploie 
la céfihalotripsie repétée sans traction^ c'est-à-dire qu'il enlève 
l'instrument, puis le réappliqne une seconde ou une troisième 
fois suivant les circonstances, mais toujours dans le sens d'un 
autre diamètre, de sorte qu'après quelques applications, la tète 
ae trouve avoir été comprimée dans ^us les sens et réduite à 
son plus petit volume. Ce monsieur laisse toujours une heure 
ou deux entre chaque nouvelle application de l'instrument ; et 
il déclare avoir réussi dans des cas où le bassin était très étroit 
-api*ès sept ou huit applications du céphalotribe, l'accouche- 
ment se terminant par les forces seules des contractions 
utérines. 

Au premier abord, cette méthode est certainement de nature 
À plaire au praticien et à la femme, parce qu'elle évite l'extrac* 
tion du fœtus par morceaux, chose toujours pénible pour la 
sensibilité de l'un et de l'autre; cependant elle n'e:^t pas sans 
danger. '' Car, «X)mme le fait remarquer Schrôder, le cépha- 
lotnbe TA peut s'appliquer que dans le diamètre transverse ou 
dans l'un des diamètres obliques. Mais aussitôt que le crâne 
«st ainsi comprimé dans ce diamètre, il faut nécessairement que 
les autres diamètres du crâne, et par conséquent aussi celui 
4}ui se trouve dans le conjugué, éprouvent un allongement, ou 
«i cet allongeraient se ti-ouve empêché, qu'ils pressent sur 
l'obstacle qui s'y opposa. 

Si donc l'on se sert du céphalotribe, les parties molles mater- 
nelles déjà fortement comprimées à la paroi antérieure et pos- 
térieure du bassin sont exposées de nouveau à une forte près- 
«ion. Cette pression est naturellement beaucoup moins forte 
fii le cerveau a été évacuée auparavant, et c'est pour cela que 
l'on doit toujours faire précéder la céphalotripsie de la perfo- 
ration. L'augmentation de la pression sur les parties molles 
déjà meurtries se trouve évitée par la méthode anglaise. Toute- 
fois, l'enlèvement successif des os du d'Âne au moyen de la 
pince à os, est une opération très longue, très délicate. Pour- 
tant entre des mains habiles, elle peut se faire sans lésion pour 
la mère, et la pression des parties molles ne sera augmentée à 
aucun moment, mais au contraire diminuée continuellement à 
mesure que l'on enlèvera les os.... On ne peut donc contester 
«que la méthode anglaise ne présente sur la céphalotripsie des 
.Avantagea réels, quoique d'une fuçon générale elle soit plus 
difficile et plus délicate." 

A ces considérations de Sohrôder, on peut ajouter que la 



L^mnON MÉDEOALB DIT CANADA 61' 

oéphalotripsie répétée, telle que pratiquée par M. Pàjot. laissa 
la femme dans de grandes souffrances pour un temps asses 
long, variant suivant le nombre d'applications de Tinstrument ; 
de plus, il peut arriver qu'après un broiement du crâne aussi 
complet, des esquilles d*os percent le cuir chevelu et pendant 
la descente de la tête sous la pression des contractions utérines, 
déchirent soit le col de Tutérus, soit le vagin. Il peut arriver 
aussi qu'à cause du choc nerveux que subit la fennne soumise 
à ces opérations, les véritables tranchées disparaissent pour 
être remplacées par de fiasses douleurs ; ce qui retarde encore 
sa délivrance. Par la méthode anglaise, au contraire, Taccou* 
chôment se termine plus rapidement ; et si le médecin a Tha- 
bileté suffisante, il pourra éviter de lacérer les parties génitalea^ 
de la femme, enlevant par là une source de grand danger pour 
cette dernière. 

Après cet examen des deux méthode», je suis porté, Mes^ 
sieurs, à me prononcer en faveur de la pratique anglaise^ 
surtout lorsque Tétroitesse du bassin est considéi*able, parce 
qu'elle me paraît plus sure, plus expéditive et qu'elle laisse 
souffrir la femme moins longtemps. 

Dernièrement, le Dr Barnes a imaginé une nouvelle méthode 
de céphalotomie, qui consiste à sectionner le crfine au moyen 
d'un ôl de fer attaché à un serre-nœud ; et il prétend par là 
réussir dans des bassins de* la plus petite dimension. M. Pajot 
éprouve une certaine méfiance sur la possibilité d'application 
de ce procédé, méfiance qui parait assez bien fondée, pour ne 
pas lui donner de prime abord la préférence sur les moyen» 
déjà connus de faire la craniotomie, avant plus mûr examen.* 



REVUE DES JOURNAUX. 



PATHOLOGIE ET CLINIQUE MÉDICALES. 



Traitement de la fièvre typhoïde chez les enfants.^ 

— Le traitement de la fièvre typhoïde chez l'enfant, différa 
essentiellement du traitement qu'on institue pour un adulte* 
Il ne s'agit pas, si Ton veut, d'une médication active, d'un 
remède en particulier, mais d'une série d'indications qu'il 
convient de remplir. On peut les résumer dans cette phrase : 
soutenir les forces, calmer ou exciter le système nerveux selon 
les cas, réveiller les fonctions cutanées qui sommeillent. 
Dès les premiers jours, remploi des boissons délayantes est 



tj62 l'union médicale du canada 

nettement indiqué. II convient de prescrire de préférence, le» 
liquides acidulés parce qu'ils rafraichissent et sont plus 
ngréables à pi*endre. Cela suffit au début, mais au bout des 
^quat^e ou cinq premiers joui-s, on peut commencer d'adminis- 
trer de l'alcool. Cette substance, comme tout le monde le sait, 
-^st excitante à certaines doses ; d'un autre côté, il est un fait 
notoire, c'est que dans les maladies hyperthermiques, elle 
abaisse la temjjérature et soutient les forces qui tendent à 
s'épuiser. 

La forme sous laquelle s'administre l'alcool peut varier: 
l'eau-de-vie, le rbura, le vin de Malaga, etc., peuvent s'employer 
indifféremment, toutes conditions de doses réservées, cela s'en- 
lend. 

Durant cette première période de la maladie, l'enfant, d'une 
manière générale, a été constipé; mais voilà que la scène 
change; une hypersécrétion intestinale se produit, la diarrhée 
apparaît, le tout, s'accompagnant de coliques parfois très- 
violentes. Employez alors les fomentations émollientes* sur 
le ventre, les lavements contenant deux à trois gouttes de lau- 
danum pour un enfant de cinq à sept ans. Tous verrez, dans 
la plupart des cas, les douleurs abdominales s'apaiser, le météo- 
risme diminuer après deux ou trois jours de cette pratique, 
quelquefois plus-tôt. Tous les trois jours, on pourra faire 
prendre avec avantage un petit verre d'une eau minérale laxa- 
tive, non pas dans le but de purger le petit malade, mais pour 
nettoyer la tube digestif et faire en quelque sorte sa toilette. 

On administrera tons les jours des lavements d'eau, dans 
lesquels on pourra mettre si l'on veut une substance antisep- 
tique. Pour exciter la peau et la rafraîchir, des lotions seront 
pratiquées rapidement sur tout le corps, avec de l'eau dégour- 
die, contenant un peu de vinaigre ordinaire, du vinaigre de 
Sully, etc. A ce propos, M. J. Simon fait une petite digression 
sur les bains froids qu'il n'admet pas dans le traitement des 
•enfants, Il conseille néanmoins d'employer des bains tièdes, 
<ïomme donnant de bons résultats sans présenter lei inconvé- 
nients des immersions froides. 

Le malade sera changé de lit et de chambre le matin et le 
Boir, si toutefois le logement le permet. Le but de cette pra- 
tique est d'empêcher l'enfant de séjoui*ner constamment dans 
un milieu empesté par le poison qu'il engendre. Il convient 
d'ajouter à cela le silence le plus absolu, une demi-obscurité 
et un repos qui ne sera pas troublé par des visites inoppor- 
tunes. Le régime sera diététique, mais pas d'une façon absolue, 
le lait, le bouillon seront prescrits dans le but d'alimenter 
le patient. 



l'union médicale du canada 63 

En résumé, le traitement de la fièvre typhoïde ordinaire qui 
évolue sans accidents notables, consistera à soutenir directe- 
ment les forces au moyen du lait, du bouillon, de Talcool, ou 
indirectement en diminuant Fhypei'sécrétion intestinale, et à 
combattre le poison par le lavage du tube digestif le change- 
ment d'air, etc. 

Complications : — !<> Accidents abdominaux — Quand on parle 
d'accidents abdominaux on a surtout en vue la superpurgation 
et les tranchées vives. Employez hardiment des substances 
absorbantes on légèrement modificatrices. On peut faire 
prendre jusqu'à 10 grammes de craie dans un julep gommeux^ 
ou bitfà 4 gi*ammes de sous-nitrate de bismuth délayés dans de 
l'eau simple ou sucrée. On se trouvera bien dé l'administration 
de lavements d'amidon cuit dans les quels on mettra quatre à 
<;inq gouttes de laudanum ; cette dose d'opium peut être aug- 
mentée jusqu'à tolérance du malade, mais il faut dans tous les 
cas une surveillance attentive. Ajoutez à cela des fomenta- 
tions émoUien^^s sur le ventre. Il pourrra se faire que la 
diarrhée ne cède pas avant quatre ou cinq jours. 

2o Accidents thoraciques. — Les plus fréquents sont les bron- 
chites généralisées, les congestions pulmonaires doubles. Il 
fatdra se garder en général d'employer des vomitifs. L'ipéca, 
lepolygala, le kermès, l'antimoine seront rigoureusement pros- 
crits. Tous ces moyens n'aboutiraient qu'à déprimer les forces 
du malade, si toutefois ils ne le tuaient pas. Qu'on se borne à 
-des applications de ventouses sèches en avant et en arrière de 
la poitrine, le matin et le soir. C'est là un moyen bien simple 
et pourtant bien puissant qu'on a toujourà à sa disposition. 
Par ce procédé, on stimule la peau et l'on fait une dérivation 
salutaire. Insistez sur l'aleool que vous prescrirez à la dose 
de 20 à 30 grammes dans un julep ; au besoin vous pourrez 
ajouter un peu d'extrait de quinquina. 

Si la dyspnée augmente notablement, il faut sans hésiter, 
appliquer un vésicatoire volant sur la poitrine. Il sera laissé 
^n place trois ou quatre heures, mais jamais au delà de cinq ou 
Bix' Cela suffira juste pour irriter la peau ; on le remplacera 
par un cataplasme de fécule qui provoquera la formation de la 
«cloche. 

Ne nous privons pas d'un agent thérapeutique d'une puis- 
sance extrême, surtout chez les enfants, par la ci*ainte de pro^ 
Toquer des escbares. Il est vrai que cet accident est plus fkci- 
lement produit dans la fièvre typhoïde et dans les cachexies 
-en général, mais on peut toujours le prévenir en levant le vési- 
4çatoire assez tôt 

3o Accidents cérébraux,^-Cest là une complication sur la^ 



64 l'union médicale du canada 

quelle on a le tdoîds de prise. Il convient d'insiBter sur le* 
cbloral qui sera administré à la dose de 1 à 2 grammes. S§ 
Tenfant présente des phénomènes d'une grande excitation^ 
prescrivez tous les jours un lavement contenant un jaune d'œuf, . 
1 gramme de chloral et 1 gramme de camphre. Ce n'est qu'en 
dernier ressort qu'il sera donné du bromure de potassium, 
encore faudra-t-il se gai*der de l'administrer plus de deux jours 
de suite. 

40 Hémorrhagies, — Les hémorrhagies intestinales liées à la 
fièvre thphoîde, sont rares chez les enfants ; il se produit plus 
souvent des épistaxis rebelles. Yoici, d'ailleurs un moyen, le 
plus souvent efflcacC) pour arrêter l'écoulement du sangipar lo 
nez. 

On prend de l'amadou qu'on découpe en lanières, larges d'un 
peu moins d'un centimètre. On les introduit le plus loin pos* 
sible dans les fosses nasales jusqu'à ce que cette cavité soit bien 
remplie. Cela fait, une dernière lanière est placé transvei^sa* 
lement sur l'orifice des narines ; il n'y a plus qu'à fixer le tout 
au moyen d'une petite bande qu'on serre sur la tête. Il y a 
quelquefois nécessité de tremper l'amadou dans une solution 
titrée de perchlorure de fer. Dans tous les cas, le tamponne-^ 
nement postérieur des fosses nasales au moyen de la soude de 
BelloG, doit être rigoureusement proscrit. C'est là, en effets 
une manœuvretrès-difficile à cause de smouvements de l'enfant ^ 
elle provoque des nausées et no produit pas de meilleurs résul- 
tats, que le procédé dont il vient d'être question. 

Lorsqu'une hémorrhagie intestinale se déclare, administrez 
deux gouttes de perchlorure de fer, dans un peu d'eau, toutes 
les heures ou toutes les deux heures. Si ce moyen ne suffît pas^ 
donnez des boisions fraîches, fastesi^placer des compresse» 
froides sur le ventre. A l'intérieur, donnez de la glace qui,, 
après avoir été râ})ée et mélangée à du sucre en poudre, sera 
généralement bien acceptée par le malade. 

4P Accidents par compression, — Ces accidents sont constitués 

Sar les rougeurs, les eschares qui se déclarent dans les parties 
éclives qui supportent le poids du corps : elles se montrent 
d'habitude au sacrum. Il faut tâcher de les prévenir. Le moyen 
le plus simple consiste à faire reposer le bassin de l'enfant sur 
un coussin à air, rempli aux deux tiers; on lavera d'ailleurs 
soigneusement ces parties, avec l'infusion de feuilles de noyer^ 
des substances astringentes en général. 

Nous terminons par un coup d'ceil jeté sur le traitement des 
formes graves de la fièvre typnoïde. 

Dans les formes ataxo-adynamiques, caractérisées par un 
mélange de délire et de prostration, appliquez immédiatement 



4 



l'union médicale du canada 65 

un vésicatoire volant à la nuque ; dès qu4l sera sec, on pourra 
le remplacer par un autre. Par ailleurs, on utilisera les moyens 
indiqués précédement contre les acccidents cérébraux. 

Enfin dans les cas de fièvre typhoïde adynamique, et dans 
les formes putrides, il faudra insister sur les toniques et les 
substances excitantes capables de réveiller le système nerveux. 

On pourra même au besoin donner un bain frais. Quelques 
secondes suffisent pour provoquer une excitation remarquable, 
mais c'est là un moyen qui ne devra être employé qu'après 
s'être vainement adressé aux autres. — Le Concours Médical. 



Eczéma diabétique ; par M. le Dr di Ranterb. — Il est 

de ces affections qui sortent un peu du cadre pathologique 
ordinaire et qui dans les hôpitaux, de même que dans la pra- 
tique civille, sont d'une grande rareté relativement à d'autres 
affections qui figurent à la tête des statistiques sanitaires, de» 
tableaux de décès. La goutte vraie et l'asthme essentiel, le 
diabète sucré sont de ce nombre. 

Je ne me propose pas de traiter de ces maladies ; je n'ai en 
vue que de relater un fait d'observation particulière sur lequel 
j'ai établi une théorie et que je soumets à la science. et au juge- 
ment de mes confrères. 

Parmi les complications multiples se produisant dans le 
cours de la glycosurie, se trouve une affection servant parfois 
à établir un diagnostic et rebelle au ti*aitement : j'entends l'ec- 
zéma pudendorum et par irradiation, celui des cuisses, des 
aînés et du bas ventre. 

Dans la glycosurie, le tissu cutané et ses dépendances est 
extrêmement sujet à des altérations ; à preuve, la sécheresse 
de la peau et la cataracte du cristallin, l'anthrax et les gan- 
grènes spontanées. 

Feu le professeur Trousseau, dans ses admirables leçons cil- 
diques de l'Hôtel-Dieu de Paris, disait : 

" Lorsqu'il vous arrivera d'être consulté par des malades,, 
par des femmes commençant k avancer en âge, qui se plain- 
dront de démangeaisons vives de la vulve ou de son pourtour ; 
lorsqu'en examinant ces régions, vous constaterez I existence 
1 d'un eczéma, et que cet eczéma, survenu en dehors des époques 

! menstruelles, indépendamment de tout écoulement leucor- 

i rhéique, occasionnera des douleurs telles qu'elles entraîneront 

la perte de sommeil, votre idée devra se porter vers la glyco- 



surie." 



L'année dernière, j'eus à traiter ^peu-près à la même époque 

5 



66 l'union médioale du canada 

deux personnes, une dame de cinquante-trois ans, et une bate- 
lière de 43 ans, toutes deux affectées de glycosurie, et d'eczéma 
des parties génitales. Cette dernière affection était un tour- 
ment qui primait l'affection principale et dont elles deman- 
daient le plus instamment à être débarrassées. Tous les soirs, 
à heure ûxe, détail à noter, cette région était le siège d'un 
prurit tellement violent que ces personnes, en dépit des 
lotions fi^oides, dos applications d'eau blanche, des cataplasmes, 
de solutions arsenicales, de sublimé, de nitrate d'argent, d'on- 
guent au précipité rouge, au turbite minéral, au calomel, etc., 
que des praticiens divers avaient mis antérieurement en pra- 
tique, que ces personnes, dis-je, se grattaient jusqu'au sang et 
préféraient une douleur même aiguë à l'insupportable déman- 
geaison. 

L'eczéma, éruption vésiculeuse, d'un diagnostic facile, atten- 
du qu'il n'y a guère moyen de la confondre avec la miliaire et 
l'herpès, les seules avec lesquelles une confusion serait pos- 
«ble, reconnaît pour cause (à part la cause interne dépendant 
de la diathèse dartreuse) toute irritation de la peau et j'oserais 
dire presque sans crainte d'être contredit, l'irritation de la 
peau par des substances acides. 

Ainsi chez les enfants, nous voyons tous les jours l'eczéma 
fiuccéder à l'éry thème des fesses, à la suite de diarrhées acides, 
du séjour prolongé dons des linges mouillés par l'urine ; l'ec- 
zéma du menton et de la gorge à l'époque où les enfants vont 
faire des dents et bavent le plus; l'eczéma du cuir chevelu 
chez les enfants malpropres, qui on eu la tète encroûtée; 
l'eczéma encore existe de préférence aux endroits où la sueur 
peut s'accumuler : sous les seins et dans les aines chez les per- 
sonnes trop fortes ou qui ne se donnent pas des soins de pro- 
preté suffisants; derrière les oreilles chez les enfants, dans le 
pli génito-crural et anal chez les adultes et même le pli du 
jaiTet. 

Dans le diabète, l'urine conserve sa réaction acide en dépit 
des sels qu'elle renferme et dont la proportion, d'après les 
recherches de Thierfelder et Uhle, est notablement accrue 
^sulfates 4 et ô gr, au lieu de 2 gr. ; chlorures en moyenne 11 

fr., mais pouvant aller jusqu'à 36 gr. en 24 heures). Jaccoud 
it qu'après l'émission, il y a formation dans l'urine d'acide 
lactique, butyrique, acétique et formique qui viennent corro- 
borer l'acidité primitive. D'autre part encore, la glycose, 
•substance éminemment fermentescible, soit, qu'elle-même 
Agisse comme ferment, soit que des spore de làtmosphère ou 
des globules de ferment se produisant dans l'urine même se 
chargent de ce rôle, une fermentation se produit dont le résul- 



l'union médicale dit canada 6T 

tat, acide carbonique et alcool, n'est pas tout-à-fait propre à 
adoucir la peau sollicitée déjà à s'enflammer. 

Bans cette occurence, le seul traitement rationnel devait 
consister : !<> à faire des lotions à grande eau, chaque fois que 
la personne aurait uriné ; et ce, à l'effet de pi-évenir une cause 
déterminant et entretenant l'affection. 

2o A trouver un médicament propre à saturer sur place les 
acides qui se produisent et enrayant d'autre part la fermenta- 
tion. 

A cet effet, je prescrivis la pommade suivante, d'une simpli- 
cité toute primitive, mais dont l'efficacité me semblait prévue 
par le raisonnement. 

Axung. procin, récent 1 aa ? ss 

Olei amjgdal. cois j ^ 

Boratis sodœ grs 45 ' 

Picis liquid 3 bs 

M. f. ung 

Le borax, sel alcalin, devait prévenir la fermentation; — 
nous savons en effet que les spores ou ferments se trouvent 
mal de son atmosphère (oïdium albicans par exemple) ; — et 
d'autre part, saturer les acides qui auraient pu se produire, et 
rendre nulle par là, leur action irritante. 

D'autre part, le goudron est à la fois antiseptique et adou- 
cissant ; partant de la même idée, le docteur Mayer d'Anvers 
a donné la créosote de hêtre en pommade de 1/16 et a égale- 
ment obtenu la sédation du prurit. 

Je revins quelques jours après avoir fait cette prescription 
revoir une de mes malades, qui à ma première demande ré|)on- 
dit qu'elle n'allait nullement mieux. A force de questions et 
d'instances, je parvins à tirer d'elle cet aveu : ^^ qu'ayant déjà 
employé tout ce qu'on pouvait imaginer, elle n'avait pas cru à 
Temcacité de mon médicament et avait négligé de le faire pré- 
parer. Dieu sait, ajoutait-elle, combien cette pommade serait 
acre, car avec ses lotions arsenicales elle avait déjà tant souffert 
sans qu'il en fut résulté la moindre amélioration. 

Belevons en passant cette idée encore enracinée dans le cer- 
veau de nos clients : Que l'action curative d'un médicament 
«et en raison directe de l'intensité des symptômes subjectifs 
éprouvés par son administration. 

En dépit des mauvaises pensées de ma cliente, je tins bon ; 
le traitement se fit et au bout de dix-sept jours, l'affection 
- avait entièrement cédé. 

Quant à l'autre sujet de cette observation, batelière de pro- 



68 l'union MimcALK du canada 

fession, celle-là fbt plas docile^ le traitement comtnença d'en»' 
blée, mais dora un mois avant d'amener une guérison par-- 
faite. 

J'ai vu et revu ces deux personnes, et je peux affirmer quer^ 
c'est uniquement au traitement tel que je Tai institué que la. 
guérison doit être attribuée. 

Les docteurs Gueneau de Mussy et Delioux de Savignac ont 
également employé le borax à l'extérieur conjointement avec: 
l'eau de laurier cerise, mais il n'ont obtenu que la sédation du. 
prurit, ce qu'ils atti*ibuent à la formation de cyanure de Hodium.. 

En résumé, je crois,, en présence de l'effet que j'ai obtenu, > 
que le même résultat se reproduirait dans tous les cas ana- 
logues ; j'invite mes confrères à essaver la pommade dont j'ai 
donné la formule et je suis sûr que ae nouvelles application» 
ne pourraient manquer de produire de nouvelles guérirons. — 
{Annales de Mèd. d^Anveis). — Le ScalpeL 



Anévrysme de l'aorte et tuberculose. De quelques 
hémoptysles. Traitement de Tasthinei quelle que- 
80it sa cause, par Tiodure de potassium (suivant la 

méthode du Professeur G. Sée.) — On admet généralement que 
l'anévrysme de l'aorte ne se complique guère de désordres 
pulmonaires ; M. le professeur G. Sée a cependant observé trois 
cas d'anévrysmes aortiques où il en a été autrement: Une* 
sage femme, entrée il y a huit joura à l'Bôtel-Dieu pour un 
anévrysme aortique et qui avait déjà été soignée dans d'autres* 
hôpitaux, présentait un teint cachectique peu en rapport avec 
la lésion dont elle était atteinte. 11 semble, en effet, que l'ané- 
vrysme ne puisse déterminer de dyspnée que par suite de ia< 
compression du récurrent ou du tronc du pneumo-gastrique^ 
Or, il n'y avait, chez cette malade, ni altération de la voix, ni 
paralysie des cordes vocales, et cependant la face était trèa< 
pÂle et la dyspnée intense. Pour se rendre compte de ce» 
phénomènes insolites, M. Sée examina attentivement la poi- 
trine de cette femme, et fVit tout surpris de trouver des signea- 
de ramollissement pulmonaire du côté gauche. Cette malade 
succomba peu de jours après, à la rupture de l'anévrysme qui 
s'était ouvert drns la bronche gauche. A l'autopsie, on trouva^ 
outre l'anévrysme, dans le sommet du poumon gauche, une> 
aorte de pneumonie chronique suppurée. 
^ M. Sée se rappelle deux antres faits analogues qu'il a observés- 
en ville : Ij Un marquis méridional, âaé de 40 ans, se sentant, 
oppressé, consulte son médecin qui lui donne quelques conseil» 



iihmiON XÉDiOALK DU CANADA 69^ 

♦contre rasthme. Le mal faisant des progrès, H va oonsalter 

ijxn médecin de Montpellier, qui lui déclare qu'il a un ané- 

^rysme de l'aorte. C'est alors qu'il se déeide à venir à Paris. 

A ce moment, c'est à peine s'il pouvait marcher, le plus léger 

'mouvement amenait une grande oppression ; de plus, le som- 

<'meil était impossible. Sous l'influence du traitement par 

l'iodnre de potassium et des pilules de morphine, dont nous 

^parlerons tout à l'heure, la situation de ce malade s'améliora 

oeaucoup, il put dormir toute la nuit et faire des marches d'une 

^demi-heure sans trop éprouver de malaise. M. Sée a, du reste, 

-réussi plusieurs fois à faire vivre des malades pendant 10, 12 

et même 15 ans, bien qu'ils fussent atteints d'anévrysraes de 

l'aorte; l'iodure de potassium n'agit pas directement pour 

.^érir l'anéviysme, mais pour en diminuer le symptôme le 

.plus pénible, la dyspnée. 

Ce malade allait de mieux en mieux, lorsqu'un jour l'amélio- 
'ration vint à xîesser ;' cependant le malade n'avait ni toussé, ni 
r maigri ; Tauscultatien révéla un foyer de pneumonie caséeuse 
au sommet du poumon di*oit. 

2o il y a quatre ou cinq mois, on amena au professeur G. 

'Sée une vieille femme très oppres.<ée et toussant beaucoup, elle 

•était atteinte d'anévrysme de l'aorte : le traitement oi*dinaire 

l'améliora, mais peu après des signes de tuberculose très nette 

•ae manifestaient dans le poumon droit. 

Déjà de semblables faits ont été publiés par MM. Hanot et 
Ducastel : il s'agissait, dans les deux cas rapportés par ces 
^<lerniei*8, de pneumonié-caséeuse coïncidant avec un anévrysme 
■aortique. 

Les anéviysmesde l'aorte donnent souvent lieu àjdes hémop- 
'tysies répétées y il en «est de même de certaines affections valvu- 
l'sii'es du cœur. Ainsi, cette sage-femme dont nous parlions 
plus haut et qui a succombé à une hémorrhagie foudroyante, 
3vait déjà en, il y a cinq ou six ans, de petites hémoptysies qui 
.avaient nécessité son entrée à Thèpitai de la Charité. M. Sée 
'Observe en ce moment un jeune homme qui n'a qu'un léger 
bruit de souffle à la pointe du cœur, il est atteint d'une affec- 
tion mi traie dont tous les autres signes sont latents ; le seul 
•qui se soit manifesté c'est l'hémoptysie. Aussi, quand on se 
trouve en face d'un hémoptoïque, homme ou femme, il y a, 
«comme dans l'Ecclésiaste, trois choses à chercher, et de plus 
'une quatrième : 1^ examiner les poumons avec assez de soin, 
-pour ne rien laisser à glaner après soi ; 2o interroger l'aorte; 
^uand elle est anévrysmatique, elle peut laisser filtrer le sang, 
^'est le '^ stillieidium sanguinis " ou la diapédèse d'Erasistrate; 
*3^ ausculter ie cœur. Jjoi^qu'on n'aura rian trouvé dansées 



70 l'union H]ftDIOALK DU OANAJ>A 

organes, alors on pourra croire à la quatrième causoy savoir : à.* 
une hémorrhagie essentielle si c'est un homme, ou pe«t-être à 
une déviation des menstrues si c'est une femme. 

Yoici maintenant la formule du traitement de l'asthme sui- 
vant la méthode du professeur G. Sée : On administre Tiodure 
de potassium à la dose de 1 gr. 50 par jour, tantôt seul, tantôt 
additionné de 5 à 10 centigrammes d'extrait gommeux d'opium. 
Quand l'oppression est considérable, il faut donner 1* à 2' 
grammes de chloral le soir pour faciliter Le sommeil. 

Chez le malade atteint d'anévrysme dont nous avons parlé 
plue haut, la dose d'iodure de potassium fut portée à 7 gram- 
mes par jour et parfaitement tolérée grâce à la morphine. 

D'ordinaire, les doses d'iodure de potassium sont augmentées 
graduellement de 1 gr. 50 à 2 et même 3 grammes par jour, 
>ris au moment du repas afin de ne pas fatiguer l'estomac. M. 
ée a remarqué que les symptômes d'iodisme, lorsqu'ils se pro- 
dnisent, sont provoqués aussi bien et mieux encore par* de 
petites doses que par de hautes doses du médicament, si bien 
qu'il lui est arrivé de faire cesser les premiers symptômes 
d'iodisme en doublant la dose d'iodure de potassium. 

Au bout do quelques heures après l'administration de Tiodu- 
re de potassium, la dypsnée et l'oppression diminuent ; les 
grands accès sont généralement arrêtés au bout de 24 à 48 
heures; et, en continuant l'emploi de ce médicament, la mala- 
die est parfois définitivement enrayée. Si l'on donne Piodure 
quelquas heures avant l'accès prévu, celui^îi n'a pas lieu; si 
l'accès est déjà commencé, l'iodure peut en aln^ger la durée et 
l'intensité. 

C'est en délayant les mucosités bronchiques dont la séche- 
resse rend pénibles les accès de dyspnée, qu'agit l'iodure de 
potassium ; il fait disparaître les râles secs et sibilants du 
début et, sous l'influence de la prolongation du médicament^ 
l'emphysème récent disparait. 

Quelle que soit la variété d'asthme nerveux ou catarrhal^ 
Tefiet est le même; pour maintenir les effets heureux ainsi 
obtenus, il est nécessaire de prolonger l'usage de Tiodure de 
potassium pendant des mois et des années. — La Praticien 



Traitement hygiénique des calculs biliaires^ par 

BouoHABDAT. — lo S'abstenlr de pain, de graines, d'œufs, d'ali- 
ments azotés en excès, d'oseille, de tomates, de liqueure fortes, 
de poissons, de crustacé», de coquillages, de fromages avancés ; 
remplacer Le pain par des pommes de terre ;. manger les 



l'union médicalk du oanada '71 

légames ordinaires, les herbes qui renferment de la potasse, 
préférable ici à la soude. Faire de la médication alcaline indi- 
recte sous la forme de malates, citrates, tels qu'ils sont conte- 
nus dans les fruits ; fruits oléagineux en quantité modéré; vin 
rouge léger, étendu d'eau. 

2o Entretenir la liberté du ventre en prenant au réveil 
depuis une cuillerée à café jusqu'à une cuillerée à bouche de 
tartrate de potasse et de soude et de sulfate de sonde, parties 
égales, dans un verre de macération de racine de réglisse, de 
limonade ou d'orangeade fortement sucrée. 

30 Exercice modéré. 

40 Activer les fonctions de la peau par da<* lavages, fric- 
tions fréquentes et massages avec la main enduite de quelques 
gouttes d'huile pai'fumée. Chaque semaine un à trois bains 
avec : ^ 

Carbonate de potasse ^ iij 

Essence de lavande 3 ss 

Teinture de benjoin, vanillle 3 i 

suivis de longues frictions et massage. 

50 a. Dans un but d'expulsion, matin et soir 1 à 3 perles 
d'essences de térébenthine et 1 à 2 perles d'éther. On peut les 
prendre aux repas, préférablement entre. 

b. Pour empêcher la formation des calculs, pendant dix 
Jours, matin et soir, avant chaque repas, une pilule de 0,1 
décigr. de tartrate de potasse et de lithine ; pendant dix autres 
jours, matin et soir, une cuillerée à bouche de : 

Sirop des cinq racines apéritives 1 xij 

Acétate de potasse 3v 

Pendant dix autres joure, un litre d'eau chaque jour conte- 
nant 10 gr, de tartrate de potasse et de soude, 

Au printemps, le matin au réveil, pendant un mois, 120 gr. 
de sucs d'herbes (laitue, chicorée, pissenlit, parties égales), 
plus 5 gr. d'acétate de potasse. 

c. Saison à Fougues, V als, Vichy. (Bulletin de thérapeutique.) 
— Lyon Médic&L 



Congestion du foie dans les affections cardiaques. 

— Il arrive assez souvent qu'on ne tient pas un compte suffi- 
sant de l'état de congestion du foie dans les affections car- 
diaques, car il y a là dans certains cas une indication théra- 



72 l'union médicale du oanaba 

peutiqne importante à laquelle on peut répondre avec efficacité, 
il y a du reste a cet éganl des dinérences extrêmement nota- 
bles suivant les malades. Ainsi que Ta déjà fait remarquer 
M. Bendu dans l'article important qu'il a publié dans le 
Dictiminaire encyclopédique, ce qui doit être bien mis en relief 
au sujet de la congestion du foie liée aux maladies de cœur, 
c'est qu'elle n'est pas en corrélation nécessaire avec le degré 
Apparent des lésions cardiaques, bien que les phénomènes 
mécaniques y prennent la plus grande part. Certains malades 
■conservent pendant des années un rétrécissement mitral et 
même une insuffisance, sans présenter d'autres complications 
hépatiques que des poussées d'hypérémie passagère ; d'autres 
tiu contraire ont dès le début un gros foie et de i'ascite, avant 
même que l'on puisse constater le moindre œdème des jambes, 
fi ce point de vue, il y a pour ainsi dire autant de variétés 
dans le tableau des accidents morbides qu'il y a de malades, 
sans que la i*aison de ces variations paraisse suffisamment 
connue. On peut se demander s'il n'y a pas là une prédisposi- 
tion due soit à des accidents morbides héréditaires, soit à 
une influence diathésique. A coup sûr, cela est vrai pour les 
alcooliques atteints de maladies de cœur ; presque toujouns les 
accidents hépatiques sont chez eux prédominants. Mais cela 
se voit également pour des malades nullement entachés d'al- 
coolisme et alors il est possible comme le croit M. Jules Simon 
que le tempérament bilieux la goutte, la gravelle soient les 
circonstances déterminantes de la localisation hépatique con- 
gestive. 

Quelle que soit d ailleurs cette raison, la congestion hépa- 
tique d'origine cardiaque doit être l'objet d'une attention par- 
ticulière ainsi que le démontre le cas d'un malade du service 
de M. Eendu. Cet homme, âgé d'une cinquantaine d'année et 
atteint d'une insuffisance mitrale, est déjà entré cinq ou six fois 
à l'hôpital pour des attaques d'asystolie plu ou moins violentes 
et on a toujours constaté chez lui une congestion considérable 
du foie. Dans les premières atteintes, on se contentait de 
combattre les phénomènes d'asystolie par les moyens usuels 
tels que la digitale, les diurétiques, les drastiques, etc., mais 
les accidents ne diminuaient que très lentement, et le foie en 
particulier conservait longtemps sa dilatation anormale. Frap- 
pé de ce fait, M. Eendu dans les attaques ultérieures, chercha 
à agir directement sur cet organe et dans ce but fit appliquer 
dans la région hépatique cinq ou six ventouses scarifiées. Sous 
cette influence le foie diminua rapidement de volume et en 
même temps le cœur reprenait bientôt son fonctionnement 
normal, la dyspnée disparaissait ainsi que tous les autres 



l'union MiDIGALE DU OANADA 73 

isymptomes d'asystolie. On peut donc admettre que dans dea 
•cas semblables les choses se passent comme si le malade se 
trouvait dans une sorte de cercie vicieux : le cœur venant à se 
ti*oubler sous une influence quelconque, la circulation hépa- 
tique chez certains malades par une des raisons énumérées 
plus haut ^ très rapidement entravée, et devient l'obstacle 
principal au rétablissement du fonctionnement régulier du 
-cœur; si, par conséquent, on parvient par des moyens assez 
prompts à décongestionner le foie, on arrive plus sûrement 
que par tout autre procédé à faciliter l'action du cœur. Or 
>cette indication peut être remplie par l'emploi des ventouses 
scarifiées ainsi que cela a été fait avec succès dans l'exemple 
rapporté ici, exemple qui montre en même temps la nécessité 
-de rechercher l'état de la circulation du foie dans les affections 
-cai*diaques. — Journal de Médecine et de Chirurgie. 



Le croup. — ^Parmi les maladies que l'hiver rend plus fré- 
•quentes nous devons citer le cix>up, l'effroi des mères, et qui tant 
<ie fois, a plongé les familles dans le deuil. A cette occasion 
nous ne pouvons oublier d'entretenir nos lecteurs des admi- 
rables effets que nous avons obtenus dans le traitement de 
Kcotte maladie par le sulfate de cuivre. Quelques auteurs avant 
nous ont désigné cette substance comme très-efficace dans 
«ce cas, mais il semble que les pr&ticiens ne se sont pas assez 
rendu compte du remède puissant qu'ils avaient dans les 
.mains, aujourd'hui encore il se trouve rarement employé. 
Tja plupart n'ont vu dans le sulfate de cuivre qu'un émétique 

Î)lus ou moins bon et facile à remplacer par tout autre de 
'espèce. Le sulfate de cuivre est un émétique, c'est vrai ; 
mais ce qui en fait un remède complet contre le croup, 
-c'est qu'il est parasiticide, excellent contre les végétaux infé- 
rieurs. Les cultivateurs qui l'emploient en mélange avec 
leurs semailles, pour empêcher la formation des blés noirs, à 
la moisson pi*ocnaine, sont les premiers qui peuvent prouver 
-cette propriété incontestable de ce sel. 

Des expériences nombreuses ont d'ailleurs été faites pour 
constater cette vertu, et tout le monde est d'accord sur ce 
point. Or si nous considérons que le croup, avec tous ses 
/étouffements et sa quasi strangulation, n'est que le résultat 
du développement de fausses membranes végétatives qui obs- 
truent les voies de la respiration, il devient qu'on ne peut 
trouver un meilleur remède que le sulfate de cuivre pour les 
expulser par ses vertus vomitives et poui* empêcher leur repro- 
^luction comme parasiticide. 



74 L*TJNION MÉDICALE DU CANADA 

Nous avons eu Toccasion de faire de nombreuses expériences- 
dans ce sens, et pas une n*a trompé nos espérances. Noua 
avons même eu aans les mains des enfants abandonnés par 
leur médecin, qui jugeait inutile de prescrire un médicament 
quelconque, tant l'heure de la mort paraissait m*ochaine, eK 
bien, tous ces moribonds revenaient doucementrà la vie par 
l'emploi d'une potion au sulfate de cuivre. Ces cures miracu- 
leuses nous ont même valu des ennemis mortels de la part do 
confrères aussi incapables que peu généreux ; mais là n'est pas 
la qiiestion.' 

Une précauption utile à observer dans l'emploi de cet agent 
si efiScace, est de l'ordonner à dose suffisante, sans craindre 
l'empoisonnement ; des enfants de deux ans en ont absorbé 
plus d'un gramme dans les 24 heures, et rien n'a dénoncé chez 
eux que cela eût produit des effets toxiques. Voici, pour 
notre part, la potion que nous ordonnons, à prendre une cuille- 
rée à café tou es les 10 minutes jusqu'à vomissement; une fois 
ce résultat obtenu une cuillerée toutes les heures, puis toutes 
les deux heures : 

Eau f ij 

Sulfate de cuivre grs viij 

Si l'administration en est facile, il est très-avantageux de 
faire boire au malade par petite portion une infusion de camo- 
mille sauvage à intervalles égaux qui peuvent varier d'une 
demi-heure à une heure, 

Nous osons prédire au praticien qui emploiera ce traitement 
un succès complet, quelle que soit la gravité du cas, car nous 
avons pratiquement et théoriquement la preuve du résultat 
que nous annonçons. Et certes, bien rares sont les cas où le 
médecin a la bonne chance de pouvoir s'expliquer le pourquoi 
de l'effet d'un remède. 

Notre conclusion est donc que le sulfate de cuivre est le 
remède le plus rationnel pour guérir le croup. — L. Thibon. — 
La Lancette Belge, 

Traitement de l'érysipèle. — Le Dr Bleynib commu- 
nique à la Société de la Haute-Vienne d'intéressantes observa- 
tions pratiques sur ce sujet. '* Depuis longtemps, dit-il, j'emploie 
le sulfate de quinine dans la cure de l'érysipèle. 

" La plupart des érysipèles que j'ai observés siégeaient à la 
face ou au cuir chevelu. Tous étaient fébriles sans traumatisme 
apparent. 



L*UNION MÉDICALE DU OANADA 75^ 

" Dans tous les cas, que le sulfate de quinine ait été admi- 
nistré dès le début ou senlement dans le cours du développe- 
ment de la maladie, dés les premières vingt-quatre heures,, 
amélioration, ralentissement du pouls, diminution de la rou- 
geur et du gonflement, guérison progressive et rapide, succès^ 
constant. 

J*ai observé quelquefois, chez des herpétiques, des érysipôles 
revenant tous les deux ou trois mois, quelquefois tous les mois, 
et cela pendant des années. 

" L^arséniate de soude, à petite dose, 1 milligramme par 
jour, pendant un an, dix-huit mois au besoin, avec des inter- 
mittences du tiers ou de la moitié du temps dans son adminis- 
tration, débarrasse généi'alement les malades de ces ennuyeuses 
récidives. " — Revue de Thérapeutique Médico-Chirurgicale, 



Traitement de la coqueluche par les inhalations 
d'essence de térébenthine. — M. Te docteur Baréty (de 
Nice) rapporte, dans VUmon médicale, qu'il y a quatre ans 
environ il eut à soigner, dans une même famille, trois enfants 
atteints de coqueluche. Il les traite par les moyens ordinaires, 
vomitifs, extraits de belladone, sii*op de codéine, etc., mais 
sans résultat bien appréciable, lorsqu'en pleine période spasmo- 
dique de la maladie il eut l'oocaiion de faire une remarque 
extrêmement intéressante. 

L'un des enfants, celui précisément qui était le plus violem- 
ment atteint, fut, par hasard, installé pour y dormir dans une 
chambre dont les boisenes avaient été récemment peintes et 
laissaient exhaler une forte odeur d'essence de téréoenthine. 
Or, il arriva que, dès ce moment, les quintes devinrent beau- 
coup moins intenses et fatigantes, et que la maladie eut une 
dui'^e bien moindre que chez les autres enfants. 

Ce fait l'avait vivement frappé, et il ne doutait guère que 
cette amélioration rapide en fût imputable à l'essence de téré- 
benthine qui, se dégageant delà nouvelle peinture, imprégnait 
l'atmosphère de la chambre et était respirée par le jeune mala- 
de. Aussi il se proposa d'employer à l'avenir les inhalations 
d'essence de térébenthine. C'est ce qu'il eut l'occasion de faire 
plusieurs fois et avec succès. 

Yoici comment il procède : 

Il verse dans deux assiettes creuses de l'essence de térében- 
thine de manière à les remplir à moitié. Il place une des 
assiettes sous le lit et l'autre dans un coin de la chambre. 

Les enfants ou l'enfant dorment dans cette chambre toute 



^6 l'union MÉDICAL! DU CANADA 

imprégnée des vapeurs de Tessence de térébenthine, et y 
passent une partie de la journée. 

L'essence est renouvelée toutes les fois qu'il est nécessaire. 
L'air est entièrement renouvelé dans la chambre une ou deux 
fois par jour. 

Les quintes s'atténuent rapidement, la maladie prend un 

^ai*actèi*e de ^^nde bénignité et ne dure guère qu'un mois en 

moyenne. — Journal de Médecine et de Chirurgie. — Le Praticien. 



Applications des vésicatoires dans le cours de la 

vanole. — L'application des vésicatoires dans le cours de la 
variole pourrait être un sujet d'embarras pour le praticien, si 
l'on songe d'une part à la susceptibilité extrême de la peau 
<îhez les varioleux et d'autre part à ce fait qu'il y a chez eux 
un certain degré de néphrite que l'action de la cantharidine 
-serait susceptible d'aggraver. Il est cependant important 
-d'être fixé sur ce point, non étudié jusqu'ici, la brancho-pneu- 
monie se montant assez souvent à titre de complication de la 
variole. Aussi le fait suivant qui semble démontrer l'innocuité 
<le ce moyen thérapeutique présente- t-il un certain intérêt pra- 
tique. Nous en devons la relation à l'obligeance de M. Josias, 
interne du service de K Eendu: un jeune hommes de dix-huit 
.ans, non vacciné, était entré à l'hôpital le premier jour d'une 
éruption variolique, très abondante d'abord et qui ne tarda 
-pas à devenir confluente. La prostration était extrême, la 
température très élevée, et les pustules présentèrent même au 
niveau des jambes une tendance hémorrhagique. Le quatrième 
jour de l'éruption, les urines contenaient de l'albumine en 
quantité notaole, albuminurie qui disparut, puis reparut quel- 
ques jours après. Enfin, le septième jour, le malade présenta 
une vive oppression, et l'auscultation permit de reconnaître 
AU niveau du tiers inférieur du poumon droit un souffle tubai- 
re accompagné de râles crépitants et de matité. Cet état 
ayant persisté, M. Eendu fit appliquer au bout de trois jours 
-un vésicatoire A la base de la poitrine, malgré l'abondance de 
.l'éruption et Texlistence d'une certaine quantité d'albumine 
•dans les urines. Il y eut consécutivement une certaine amé- 
lioration dans l'état local, mais la toux fréquente, l'expectora- 
tion et la présence d'une grande quantité de rftles souscrépi- 
tants au même niveau déterminèrent bientôt l'application 
»d'un nouveau vésicatoire au bout de quelques joui*s. Enfin 
un troisième vésicatoire, nécessité par la persistance d'un 
«certain nombre de symptômes pulmonaires, fut suivi d'une 



L'GNION MÉDIOALS du CANADA 7T 

amélioration complète et le malade ne tarda pas à gnérir de sa. 
broncho-pneumonie et de la variole. A ce moment les nrines- 
ne contenaient plus de traces d'albumine. 

On voit, donc en résumé, qu'il s'agit d'un malade atteint 
d'une variole grave qui s'est compliquée d'uae broncho-pneu- 
monie droite à marche rapide et menaçante et que malgré le» 
raisons qui pourraient faire redouter cette médication, trois^ 
vésicatoires ont été successivement appliqués sans qu'ils aient 
déterminé aucun accident; en effet l'albuminurie qui existait, 
préalablement n'a été nullement modifiée dans sa marche et 
du côté de la peau, il ne s'est rien produit d'anormal. Il est. 
donc permis de conclure de cette observation, autant du moins 
qu'on peut le fuire d'un seul fait, qu'on ne doit pas craindre^ 
d'utiliser les vésicatoires lorsque leur action paraît nécessaire 
dans des cas semblables. 



Néphrite consécutive au cancer utérin eta— On 

peut mourir de plus d'une façon à la suite du cancer utérin : 
nous avons eu quelque temps dans notre service une malheu- 
reuse femme qui, avant de succomber, vomissait continuelle- 
ment, à tel point, que ma première pensée fut qu'elle devait être 
atteinte de péritonite par perforation. Mais la vie se prolon- 
geant, et les vomissements persistant, je dus renoncer à cette^ 
opinion et supposer qu'il s'agissait d'une néphrite. L'utérus 
est, en rapport avec la vessie et avec les uretères qui chemi- 
nent le long des côtés du col utérin pour se rendre à la vessie, 
de telle sorte qu'il n'est pas rare de voir le cancer utérin se 
communiquer à ces conduits. A un moment donné, il 7 a 
rétrécissement des uretèjcs, dilatation de la portion située au* 
dessus du point rétréci, ainsi que des calices et des bassinets, 
et néphrite ascendante; c'est par un mécanisme analogue que 
chez l'homme on voit des néphrites succéder à des rétrécisse- 
ments de Turèthre. 

Dans ces cas-là les femmes atteintes de cancer utérin suc- 
combent aussi souvent par les reins que par le péritoine; c'est 
ce qui est arrivé à la malade de notre service. Comme ell& 
perdait ses urines involontairement, nous n'avons pas pu 7 
rechercher l'albumine qui sans doute devait 7 exister en grand» 
quantité. Les reins, en effet, son ttrès-altérés, ils sont blancs et 
hypertrophiés. 

En réalité, on ne meurt pas directement par l'utérus, et 1& 
cancer de cet organe ne peut guère, par lui-même^ amener une 
crise fatale, sauf en cas d'hémorrhagie; mais il finit par déter- 
miner des accidents mortels dus à la septicémie, à la périto* 



70 l'union MtolOALB DU CANADA 

organes, alors on ponn*a croire à la quatrième causoy savoir : à.- 
une hémorrhagie essentielle si c'est un homme, on pe«.t*être à 
une déviation des menstrues si c'est une femme. 

Yoici maintenant la formule du traitement de l'asthme sui- 
vant la méthode du professeur G. Sée : On administre Tiodure 
de potassium à la dose de 1 gr. 50 par jour, tantôt seul, tantôt 
additionné de 5 à 10 centigrammes d'extrait gommeux d'opium. 
Quand l'oppression est considérable, il faut donner 1* à 2: 
grammes de chloral le soir pour faciliter le sommeil. 

Chez le malade atteint d'anévrysme dont nous avons parlé 
plue haut, la dose d'iodure de potassium fut portée à 7 gram- 
mes par jour et parfaitement tolérée grâce à la morphine. 

D'ordinaire, les doses d'iodure de potassium sont augmentées 
graduellement de 1 gr. 50 à 2 et même 3 grammes par jour, 
pris au moment du repas afin de ne pas fatiguer l'estomac. M. 
Sée a remarqué que les symptômes d'iodisme, lorsqu'ils se pro- 
duisent, sont provoqués aussi bien et mieux encore par' de 
petites doses que par de hautes doses du médicament, si bien 
qu'il lui est arrivé de faire cesser les premiers symptômes 
d'iodisme en doublant la dose d'iodure de potassium. 

Au bout de quelques heures après l'administration de l'iodu- 
re de potassium, la dypsnée et l'oppression diminuent; les 
grands accès sont généralement arrêtés au bout de 24 à 48 
heures; et, en continuant l'emploi de ce médicament, la mala- 
die est parfois définitivement enrayée. Si l'on donne Piodure 
quelquas heures avant l'accès prévu, celuir<îi n'a pas lieu ; si 
l'accès est déjà commencé, l'iodure peut en abréger la durée et 
l'intensité. 

C'est en délayant Les mucosités bronchiques dont la séche- 
resse rend pénibles les accès de dyspnée, qu'agit l'iodure- de 
potassium ; il fait disparaître les râles secs et sibilants du 
début et, sous l'influence de la prolongation du médicament,, 
l'emphysème récent disparait. 

Quelle que soit la variété d'asthme nerveux ou catarrhal, 
l'effet est le même ; pour maintenir leb effets heureux ainsi 
obtenus, il est nécessaire de prolonger l'usage de l'iodure de 
potassium pendant des mois et des années. — La Praticien 



Traitement hygiénicjue des calculs biliaires, par 

BouoHAADAT. — l^ S'abstenir de pain, de graines, d'œufs, d'ali- 
ments azotés en excès, d'oseille, de tomates, de liqueurs fortes, 
de poissons, de crustacé», de coquillages, de fromages avancés ; 
remplacer le pain par des pommes de terre ;. manger les 



l'union médicale du CANADA 71 

légames ordinaires, les herbes qui renferment de la potasse, 
préférable ici à la soude. Faire de la médication alcaline indi- 
recte sous la forme de malates, citrates, tels qu'ils sont conte- 
nus dans les fruits ; fruits oléagineux en quantité modéré; via 
rouge léger, étendu d'ean. 

2'> Entretenir la liberté du ventre en prenant au réveil 
depuis une cuillerée à café jusqu'à une cuillerée à bouche de 
tartrate de potasse et de soude et de sulfate de soude, parties 
égales, dans un verre de macération de racine de réglisse, de 
limonade ou d'oi^angeade fortement sucrée. 

30 Exercice modéré. 

49 Activer les fonctions de la peau par des lavages, fric- 
tions fréquentes et mas&ages avec la main enduite de quelques 
gouttes d'huile pai-fumée. Chaque semaine un à trois bains 
avec : v 

Carbonate de potasse ^ iij 

Essence de lavande 3 ss 

Teinture de benjoin, vanillle 3 i 

suivis de longues frictions et massage. 

ôo a. Dans un but d'expulsion, matin et soir 1 à 3 perles 
d'essences de térébenthine et 1 à 2 perles d'éther. On peut les 
prendre aux repas, préférablement entre. 

b. Pour empêcher la formation des calculs, pendant dix 
jours, matin et soir, avant chaque repas, une pilule de 0,1 
décigr. de tartrate de potasse et de lithine ; pendant dix autres 
jours, matin et soir, une cuillerée à bouche de : 

Sirop des cinq racines apéritives 1 xij 

Acétate de potasse 3v 

Pendant dix autres joui*s, un litre d'eau chaque jour conte- 
nant 10 gr, de tartrate de potasse et de soude, 

Au printemps, le matin au réveil, pendant un mois, 120 gr. 
de sacs d'herbes (laitue, chicorée, pissenlit, parties égales), 
plus 5 gr. d'acétate de potasse. 

c. Saison à Pougues, Vais, Vichy. (Bulletin de thérapeutique.) 
— Lyon Médical, 



Congestion du foie dans les affections cardiaques. 

— Il arrive assez souvent qu'on ne tient pas un compte suffi- 
sant de l'état de congestion du foie dans les affections car- 
diaques, car il y a là dans certains cas une indication théra- 



70 l'union hédioalb du canada 

organes, alors on pouiTa croire à la quatrième canso^,. Bavoir : à.* 
une hémorrhagie essentielle si c'est un homme, ou pemt-être à 
une déviation des menstrues si c'est une femme» 

Voici maintenant la formule du traitement de Vasthme sui- 
vant la méthode du professeur G. Sée : On administre Tiodure 
de potassium à la dose de 1 gr. 50 par jour, tantôt seul, tantôt 
additionné de 5 â 10 centigrammes d'extrait gommeux d'opium. 
Quand l'oppression est considérable, il faut donner 1* à 2 
grammes de chloral le soir pour faciliter le sommeil. 

Chez le malade atteint d'anévrysme dont nous avons parlé 
plue haut, la dose d'iodure de potassium fut portée à 7 gram- 
mes par jour et parfaitement tolérée grâce à la morphine. 

D'ordinaire, les doses d'iodure de potassium sont augmentées 
graduellement de 1 gr. 50 à 2 et même 3 grammes par jour, 
pris au moment du repas afin de ne pas fatiguer l'estomac. M. 
Sée a remarqué que les symptômes d'iodisme, lorsqu'ils se pro- 
dnisent, sont provoqués aussi bien et mieux encore par* de 
petites doses que par de hautes doses du médicament, si bien 
qu'il lui est arrivé de faire cesser les premiers symptômes 
d'iodisme en doublant la dose d'iodure de potassium. 

Au bout do quelques heures après l'administration de l'iodu- 
re de potassium, la dypsnée et l'oppression diminuent ; les 
grands accès sont généralement arrêtés au bout de 24 à 48 
heures; et, en continuant l'emploi de ce médicament, la mala- 
die est parfois définitivement enrayée. Si l'on donne l'iodure 
quelquas heures avant l'accès prévu, celuiK^i n'a pas lieu; si 
l'accès est déjà commencé, l'iodure peut en aU^éger la durée et 
l'intensité. 

C'est en délayant les mucosités bronchiques dont la séche- 
resse rend pénibles les accès de dyspnée, qu'agit l'iodure de 
potassium ; il fait disparaître les râles secs et sibilants du 
début et, sous l'influence de la prolongation du médicament^ 
l'emphysème récent disparait. 

Quelle que soit la variété d'asthme nerveux ou catarrhal, 
l'effet est le même ; pour maintenir leb effets heureux ainsi 
obtenus, il est nécessaire de prolonger l'usage de l'iodure de 
potassium pendant des mois et des années. — La Praticien 



Traitement hygiénique des calculs biliaires, par 

BouoHABDAT. — !<> S'abstenir de pain, de graines, d'œufs, d'ali- 
ments azotés en excès, d'oseille, de tomates, de liqueurs fortes, 
de poissons, de crustacés, de coquillages, de fromages avancés ; 
remplacer le pain par des pommes de terre ;. manger les 



l'union médicale du oanada 71 

légames ordinaires, les herbes qui renferment de la potasse, 
préférable ici à la sonde. Faire de la médication alcaline indi- 
recte sous la forme de malates, citrates, tels qu'ils sont conte- 
nus dans les fruits ; fruits oléagineux en quantité modéré; vin 
rouge léger, étendu d*ean. 

2o Entretenir la liberté du ventre en prenant au réveil 
depuis une cuillerée à café jusqu'à une cuillerée À bouche de 
tartrate de potasse et de soude et de sulfate de soude, parties 
égales, dans un verre de macération de racine de réglisse, de 
limonade ou d'orangeade fortement sucrée. 

30 Exercice modéré. 

4P Activer les fonctions de la peau par des lavages, fric- 
tions fréquentes et massages avec la main enduite de quelques 
gouttes d'huile pai-fnmée. Chaque semaine un à trois bains 
avec : v 

Carbonate de potasse ^ iîj 

Essence de lavande 3 ss 

Teinture de benjoin, vanillle 3 i 

suivis de longues frictions et massage. 

50 a. Dans un but d'expulsion, matin et soir 1 à 3 perles 
d'essences de térébenthine et 1 à 2 perles d'éther. On peut les 
prendre aux repas^ préférablement entre. 

b. Pour empêcher la formation des calculs, pendant dix 
jours, matin et soir, avant chaque repas, une pilule de 0,1 
décigr. de tartrate de potasse et de lithine ; pendant dix autres 
joui*s, matin et soir, une cuillei'ée à bouche de : 

Sirop des cinq racines apéritives 5 xij 

Acétate de potasse 3v 

Pendant dix autres joure, un litre d'eau chaque jour conte- 
nant 10 gr, de tartrate de potasse et de soude. 

Au printemps, le matin au réveil, pendant un mois, 120 gr. 
de sucs d'heroes (laitue, chicorée, pissenlit, parties égales), 
plus 5 gr. d'acétate de potasse. 

c. Saison à Pougues, Vais, Vichy. (Bulletin de thérapeutique.) 
— Lyan Médical, 



Congestion du foie dans les a.ffections cardiaques. 

— Il arrive assez souvent qu'on ne tient pas un compte suffi- 
sant de l'état de congestion du foie dans les affections car- 
diaques, cai* il 7 a là dans certains cas une indication théra- 



70 l'union mAdIOALB du CANADA 

organes, alors on pourra croire à la quatrième causc^i. savoir : à: 
une hémorrhagie essentielle si c'est un homme, ou pe&t-être à 
une déviation des mensti*ues si c'est une femme. 

Voici maintenant la formule du traitement de l'asthme sui- 
vant la méthode du professeur G. Sée : On administre Tiodure 
de potassium à la dose de 1 gr. 50 par jour, tantôt seul, tantôt 
additionné de 5 à 10 centigrammes d'extrait gommeux d'opium. 
Quand l'oppression est considérable, il faut donner 1* à 2* 
grammes de chloral le soir pour faciliter le sommeil. 

Chez le malade atteint d'anévrysme dont nous avons parlé 
plue haut, la dose d'iodure de potassium fut portée à 7 gram- 
mes par jour et parfaitement tolérée grâce à la morphine. 

D'ordinaire, les doses d'iodure de potassium sont augmentées 
graduellement de 1 gr. 50 à 2 et même 3 grammes par jour, 
pris au moment du repas afin de ne pas fatiguer l'estomac^ M. 
Sée a remai*qué que les symptômes d'iodisme, lorsqu'ils se pro- 
dnisent, sont provoqués aussi bien et mieux encore par' de 
petites doses que par de hautes doses du médicament, si bien 
qu'il lui est arrivé de faire cesser les premiers symptômes 
d'iodisme en doublant la dose d'iodure de potassium. 

Au bout de quelques heures après l'administration de l'iodu- 
re de potassium, la dypsnée et l'oppression diminuent; les 
grands accès sont généralement arrêtés au bout de 24 à 48 
heures; et, en continuant l'emploi de ce médicament, la mala- 
die est parfois définitivement enrayée. Si l'on donne Piodure 
quelquas heures avant l'accès prévu, celuiK^i n*a pas lieu ; si 
l'accès est déjà commencé, l'iodure peut en abréger la durée et 
l'intensité. 

C'est en délayant Les mucosités bronchiques dont la séche- 
resse rend pénibles les accès de dyspnée, qu'agit l'iodure de 
potassium ; il fait disparaître les râles secs et sibilants du 
début et, sous l'influence de la prolongation du médicament^ 
l'emphysème récent disparait. 

Quelle que soit la variété d'asthme nerveux ou catarrhal^ 
l'efTet est le même ; pour maintenir leb effets heureux ainsi 
obtenus, il est nécessaire de prolonger l'usage de l'iodure de 
potassium pendant des mois et des années. — La Praticien 



Traitement hygiénique des calculs biliaires, par 

BouoHABDAT. — !<> S'abstenlr de pain, de graines, d'œufs, d'ali- 
ments azotés en excès, d'oseille, de tomates, de liqueurs fortes, 
de poissons, de crustacés, de coquillages, de fromages avancés ; 
remplacer Le pain par des pommes de terre ^ manger les 



l'union médicale du CANADA '71 

légaraes ordinaires, les herbes qni renferment de la potasse, 
préférable ici à la sonde. Faire de la médication alcaline indi- 
recte sous la forme de malates, citrates, tels qu'ils sont conte- 
nus dans les fruits ; fruits oléagineux en quantité modéré; vin 
rouge léger, étendu d'eaa. 

2o Entretenir la liberté du ventre en prenant au réveil 
depuis une cuillerée à café jusqu'à une cuillerée à bouche de 
tartrate de potasse et de soude et de sulfate de soude, parties 
égales, dans un verre de macération de racine de réglisse, do 
limonade ou d'orangeade fortement sucrée, 

30 Exercice modéré. 

40 Activer les fonctions de la peau par des lavages, fric- 
tions fréquentes et massages avec la main enduite de quelques 
gouttes d'huile pai^umée. Chaque semaine un à trois bains 
avec : v 

Carbonate de potasse ^ iij 

Essence de lavande 3 ss 

Teinture de benjoin, vanillle ... 3 i 

suivis de longues frictions et massage. 

5^ a. Dans un but d'expulsion, matin et soir 1 à 3 perles 
d'essences de térébenthine et 1 à 2 perles d'éther. On peut les 
prendre aux repas, préférablement entre. 

b. Pour empêcher la formation des calculs, pendant dix 
jours, matin et soir, avant chaque repas, une pilule de 0,1 
décigr. de tartrate de potasse et de lithine ; pendant dix antres 
joui*s, matin et soir, une cuillerée à bouche de : 

Sirop des cinq racines apéritives 1 xij 

Acétate de potasse 3v 

Pendant dix autres jours, un litre d'eau chaque jour conte- 
nant 10 gr, de tartrate de potasse et de soude, 

Au printemps, le matin au réveil, pendant un mois, 120 gr. 
de sucs d'heroes (laitue, chicoi'ée. pissenlit, parties égales), 
plus 5 gr. d'acétate de potasse. 

c. Saison à Pougues, Y als. Vichy. (Bulletin de thérapeutique) 
— Lyon Médical, 



Oonçestion du foie dans les affections cardiaques. 

— Il arrive assez souvent qu'on ne tient pas un compte suffi- 
sant de l'état de congestion du foie dans les affections car- 
diaques, car il y a là dans certains cas une indication théra- 



.84 L'imiON MiDICALB BU CANADA 

centigrammes par litre d*eau. La gnérieon a été obtenu en trois 
jours. 

Chez le troiaième, Fauteur est arrivé au même résultat en» 
trois jours également avec un mélange de 3 grammes de tein- 
ture d'iode et do 500 grammes d'eau. Il avait affaire dans cette 
circonstance à un enfant de trois ans et demi, chez qui la pus- 
tule maligne avait déjà deux jours d'existence lorsque la médi- 
cation a été commencée. 

Le quatrième malade du docteur Chipault était le plus gra- 
vement atteint. Il a fallu dans ce cas recourir aune dose diode 
beaucoup plus forte que celle qui suffit habituellement. La 
solution, au titre de 1 sur 1,00(^, qui a été d'abord employée 
chez lai, est restée tout d'abord sans efficacité ; et, en présence 
des progrès menaçants de l'oedème charbonneux, l'auteur s'est 
vu ooligé de recourir à uae solution de 25 centigrammes d'iode 
pour 62 grammes d'eau. Il a été récompensé de sa persévérance 
dans la médication iodée en voyant, nous l'influence de cette 
dernière solution, au titre 1 sur 250, survenir une rapide amé- 
lioration qui a permis de suspendre, au bout de trois jours, les 
injections et de déclarer le malade hora de danger. 

On voit par le court résumé que nous donnons de ces quatre 
observations que l'auteur est bien réellement en droit de décla- 
rer, comme il le fait que la médication iodée mérite d'être 
substituée à la cautérisation de la pustule maligne. Pour ne 
donner prise à aucune objection et donner au lecteur un 
moyen facile de contrôler la sincérité de son diagnostic, l'au- 
teur a eu soin d'inoculer chaque fois à des cobayes la sérosité- 
retirée des vésicules développées sur la région malade; et il a 
fait suivre chacune de ces ooservations de l'énoncé des résul- 
tats dbtenus à la suite de ces inoculations. 

La troisième partie du mémoire du docteur Chipault est 
consacrée à l'exposition des règles à suivre dans l'application 
de la méthode de traitement conseillée par l'auteur. 

La partie essentielle de la médication consiste dans la prati- 
que d'injections hypodermiques faites avec une solution d'iode 
dont le titre varie suivant la gravité de la maladie. La solution la 
moins forte qu'emploie le si^ant chirurgien d'Orléans est celle 
de 25 centigrammes d'iode par litre ; dans les cas de moyenne 
gravité, il élève la dose à 50 centigi*ammes par 1,000 grammes 
d'eau ] et chez les malades dont la vie semble le plus menacée, 
il va jusqu'à 1 gramme d'iode par litre. T ans certains cas 
exceptionnels, il dépasse cette limite ; nous l'avons vu dans la 
quatrième obeervation recourir à une solution au 1/250, et il 
ne craint pas de conseiller même des solutions an 1/100 et au 
1/50. L'expériuce lui a montré que l'on peut faire de pareille» 
injections sans produire aucune lésion dans le tissu cellulaire» 



'I.'UNION MÉDIGAL-S DU OAlïADA 85 

L'iode métallique étant difficilement Bolable dans Teaa, il 
t faut, pour empêcher qu'il ne se piécipite, avoir le soin d'ajou- 
ter À la solution une quantité d'iodure de potassium double de 
• celle de Tiode employé. 

Les injections sont pratiquées matin et soir au nombre de 

quatre à dix snr tout le pourtour du foyer d'infection, ot de 

manière à le circonscrire. La durée qu'on est obligé de donner 

. au traitement par les injections est ordinairement de deux à 

trois joui-s. 

On peut remplacer l'iode métallique par la teinture d'iode à 
3, 6, 9 ou 12 grammes pour 1;000 grammes d'eau, en ayant 
soin d'ajouter au mélange une quantité d'iodure de potassium 
suffisante pour empêcher la précipitation de l'iode. Dans les 
cas très-graves, on porte la proportion de la teinture d'iode à 3, 
15 et même 30 grammes pour 100 grammes d'eau. 

Aux injections hypodermiques^, il faut ajouter l'administra- 
tion de l'iode à l'intérieur. L'auteur emploie pour cette médi- 
cation une solution analogue à celte qui lui sert pour les injec- 
tions, e'est-à-dire une solution de 25 centigrammes à 1 gramme 
' d'iode pour 1,000 grammes d'eau. Il en fait prendi*e un litre 
par jour à peu près, en donnant trois, quatre ou cinq grandes 
' ouillei-ées toutes les deux heures. Lorsque l'estomac ne peut 
suppot-ter labdorption d'un pareil médicament, il a recours à 
des lavements iodés au millième ou au quinze-centième. 

La médication iodée, pratiquée suivant les principes que 
nous venons de résumer, ne constitue pas par elle seule tout 
le traitement des affections charbonneuses ; le docteur Chipault 
« est le premier à en convenir. Elle attaque l'élément principal 
^ de la maladie on détruisant les baetéridies, elle remplit la pre- 
mière indication à laquelle le théi-apeutiste ait à obéir en 
pareille circonstance, celle de combattre, de neutraliser la 
violence du charbon. Mais une fois cette première indication 
remplie, il «ti reste encore trois autres que l'auteur a soin de 
mettre en relief. Il faut seconder la médication iodée en 
mettant 1 économie à même de réagir contre les effets de la 
^ virulence lorsque ceux-ci ont commencé à se généraliser. Il y 
a, comme il le fait rermarquer, par suite de cette généralisa- 
tion, un état do dépression bien marquée de l'organisme. H 
faut combattre cette dépression par les stimulants, et celui des 
stimulants que l'auteur pi^fôre à tous tes autres, c'e^t l'acétate 
d'ammoniaque qu'il recommande do donner à doses élevées, 
suivant en cela la pratique d-e Guipon (de Laon). 

Une auti'e indication du traitement des affections charbon- 
neuses, c'est d'aider la médication interne par un pansement 
/ local antiseptique. Pour ce pansement, le docteur Chipault 



86 Ji 'union MtDIOALB DU OAtTADA 

conseille indifféremment d'avoir recoui*8, soit à la teinture 
d'iode, soit à Tacide salicylique ou à tout autre antiseptique. 

Enfin, comme dernière indication, on doit, une fois la viru- 
lente enrayée et le malade entré en convalescence, réparer par 
un traitement tonique les forces d'une constitution qui a tou- 
jours été fortement ébranlée par l'infection charbonneuse. — H. 
DsBAUGE. — Lyon MédicaL. 



Etude clinique sur lès indicatipns de ruréthroto- 

mie externe. — L'excellente- monographie que le Dr M(inod 
vient d'écrire sur la question si controversée des indications de 
Turéthrotomie externe, est bien faite pour jeter une vive lu- 
mière sur l'état actuel de nos connaissances en la matière. 

L'auteur, s'inspimnt des conseils éclairés de ses maîtres, et 
appuyé sur la pratique de M. Guyon, a voulu aborder son sujet 
par toutes ses faces, Il a. considéré d'abord l'absolue nécessité 
de Turéthrotomie externe d'emblée dans certains trauma- 
tismes graves de l'urèthre, puis il a étadié successivement 
l'uréthrotomie externe secondaire qu'il dénomme de ce nom, 
parce qu'au moment où le bleseé se^ présente an chirurgien, 
des complications redoutables sont déjà un fait accompli, et 
l'uréthrotomie externe retardée ainsi appelée du fait d'un 
retard voulu par l'opérateur: et avec raison, Tauteur con- 
clut que cette opération, dans ces occurrence^, est sans gravité 
et vient parfaitement parer aux accidents, soit immédiats, soit 
conhécutifs, en évacuant l'urine, en assurant libre passage aux 
liquides épanchés, et en restaurant le canal dilacéré. 

Poursuivant les indications de cette opération, M. Monod 
veut, dans un deuxième chapitre, démontrer la pratique de la 
section périnéale dans les rétrécissements infranchissables, 
entendons cliniquement infranchissables, car Syms prétend 
que là où l'urine passe, peut, à force de soins et de persévérance, 
passer un instrument ; une chobe toutefois est évidente, c'est 
qu'il existe des coarctations de l'urèthre, véritables barrières 
infranchissables à l'habileté la plus grande et à la persévérance 
la plus soutenue ; seule, rurâtnrotomie externe, sans conduc- 
teur, peut juger les cas d'une telle nature. Il est permis 
ici de ne pas complètement partager l'opinion de l'auteur 
sur la pratique de l'uréthrotomie externe, alors qu'il existe des 
lésions rénales confirmées. Bien que l'opération puisse, nous 
n'en doutons nullement, prolonger la vie du malade, nous lui 
préférions, dans ces cas désespérés, la ponction hypogastdque 
de la vessie. 



l'union MÉDIOALB du CANADA BT 

Il est une classe de strictnres nréthrales, qui échappent à la 
dilatation progressive, car notons que Tauteur appliquera tou- 
jours la dilatation progressive comme opération de choix quand 
celle-ci est possiple ; ce sont d'abord les rétrécissements, cli- 
niquement infranceissables, et puis les coarctations compli- 
quées de fistules ; dans ces derniers car, le chirurgien choisira 
tantôt l'uréthrotomie interne, qui parfois peut suffire, tantôt 
Furéthrotomie externe, quand les fibtules sont anoiennes et les 
tissus périnéaux profondément indurés : quoi qu'il en soit, cette- 
indication spéciale de l'uréthrotomie externe externe, qui sera' 
faite ici sans conducteur, n'est pas encore entrée dans la pra* 
tique courante en France et en Belgique, tandis qu'en Angle- 
terre et en Allemagne, elle est généralement admise. 

M. le docteur Monod a voulu consacrer un chapitre spécial 
â l'étude fort intéressante de rui*éthrotomie externe considérée 
comme méthode rivale de l'uréthrotomie interne. Il écarte- 
d'abord toute la série des cas où la section périnéale s'impose 
absolument, pour se demander si les indications de l'uréthro- 
tomie périnéale s'étendent à la classe des strictures, qui sans 
rentrer dans les catégories précédentes, résistent cependant à 
à la simple dilatation, et il conclut formellement en faveur de- 
l'uréthrotomie interne. Pour lui, la lame de Maisonneuve, 
guidée selon certaines règles fixes et précises, ne détermine 
qu'une lésion uréthrale sans gravité et une cicatrice peu l'étrac* 
tile et facilement extensible. 

Sans même adopter entièrement les opinions émises par M. 
le docteur Monod, le lecteur ne peut qu'applaudir à l'extrême 
impartialité qui préside à tous ses jugements, et ne peut que 
retirer profit et iiiStructions de l'étude d'un ouvrage auquel 
l'auteur À consacré tout son talent d'écrivain et toute l'érudition 
de ses recherches. — Dr Léopold Dejace. — Le Scalpel, 



Inutilité et danger du traitement pharmaceutiQue 
et topique dans Tépithélioma de la langue.— M. vEa- 

NEUIL. Le traitement médical de Tépithélioma, encore beau- 
coup trop usité, consiste dans l'emploi de l'iodure de potassium- 
et du mercure, on y «joute souvent des cautérisations. Pour- 
quoi cette pratique si mauvaise est-elle encore répandue? 

C'est une erreur de croiï'c à l'efficacité de l'iodure de patas- 
sium dans les néoplasmes vrais. Il y a des néoplasmes qui 
simulent l'épithélioma, mais à la langue le diagnostic n'est pas 
difficile. Les praticiens ont quelquefois peur d'effrayer les 
malades et n'osent pas leur parler d'opération. 



88 l'union médioalx du oanada 

L'épithélioma de la langue est uoe variété grave ; d*aillears 
eD général les épithéliomafi des moqueuses sont presque aussi 
graves que le cancer. J'ai opéré quati*e malades guéris, Topé- 
ration est donc efficace dans certaines conditions, quand le mal 
est peu avancé. 

L'opération est surtout efficace à la période que les prati- 
ciens laissent passer en essayant la thérapeutique que je con- 
damne. Elle est très bénigne quand répithélioma est peu 
étendu et quand elle est faite par les voies naturelles. Je n'ai 
peitlu qu'un malade opéré d'une tumeur de la langue d'une 
étendue modérée, et cela sur un très grand nombre d'opérations. 

Avec l'écraseur linéaire, le thermo-cautère et la ligature 
élastique, l'opération est très facile. 

L'épithélioma ne rétrograde jamais, ne s'arrête jamais ; l'ex- 
pectation est donc toujours mauvaise : de plus les essais de 
traitement intempestif exagèrent singulièrement la marche du 
mal. Les malades atteints d'épithélioma sont presque toujours 
des arthritiques chez lesquels l'iodure de potassium est presque 
touiours très mal supporté. 

Quant au chlorate de potasse dont on a eu la prétention de 
vanter l'efficacité, il n'a jamais eu d'action sur l'épithélioma et 
ce qu'il a guéri, ce sont des ulcérations d'adénome sudoripare. 

Conclusions, — !<> Les médicaments internes et les applica- 
tions topiques n'ont jamais guéri l'épithélioma ; 

2» L'iodure de potassium et le mercure non seulement sont 
impuissants, mais encore nuisibles, il en est de même des cau- 
térisations dites modificatrices ; 

3^ L'opération doit être faite de bonne heure et dans ce cas 
elle est efficace, sans gravité et généralement très facile ; 

40 Le diagnostic de 1 epithéiioma ne présente aujoui-d'hui, 
dans rimmense majorité des cas, aucune difficulté; les faits 
embarrassants sont rares. — Revue de Thérapeutique méd.-chir. 



Procédé pour la réduction du paraphimosis.— Voici 

en quels termes Lemaistre rend compte de ce procédé qui 
Appartient à Bardinet. J'étais, dit-il, près d'un jeune homme 
atteint d'un paraphimosis que je ne pouvais réduire par le pi^o- 
cédé oi-dinaire. Croyant qu'ils fallait arriver à l'incision, je 
demandai Bardinet. Il procéda d'abord comme moi, mais en 
vain. Toutes les tentatives devenant inutiles, il demanda une 
épingle à cheveux, en rapprocha un peu plus les deux extré- 
mi es, puis enfonça la convexité de l'épingle derrière la cou- 
ronne du gland, sous l'étranglement, de manière à éloigner le 



l'union médicale du CANADA 89 

prépuce, pais une seconde à une certaine distance et enfin une 
troisième an peu plus loin. Puis, ramenant le prépuce en avant, 
il fit la réduction avec la plus grande facilité, la peau glissant 
sur trois ponts, sans être arrêtée par un enfoncement — /. de la 
•Soc. de Méd. de la Hte-Vienne et Par. méd. — Le Praticien. 



La chirurgie dentaire conservatrice.—Le Dr Quinet 

(de Bruxelles) voudrait voir, en chirurgie dentaire, se généra- 
liser certainis principes, quMl expose à la suite d'un mémoire, 
dans les quati*e conclusions qui suivent : 

1^ Les indications de V extraction définitive, dans les affections 
dentaires, en général, doivent être aujourd'hui l'exception 
comme elles étaient autrefois la règle ; 

2^ "L'extraction n'est jamais indiquée dans la carie, ni dans 
le courant de la périostite subaiguë ou aiguë, à moins que de 
graves accidents de voisinage à évolution rapide ne menacent 
de défigurer le malade, ou de compromettre son existence ; 

3o Elle n'est pas indiquée dans la plupart des formes de la 
péfiostite chronique ; 

4P £nfin, quelleque soit sa forme, sa cause, son siège, la 
périostite alvéolodentaire est curable par l'emploi des moyens 
tionnels appropriés suivant les cas. — Revue de Therap, Méd.- 
€hir. 



Greffe dentaire. — M. le Dr T. David communique cinq 
observations personnelles de transplantation des dents, toutes 
suivies de succè^s. Lu dent plantée dans une au lire alvéole 8*y 
consolide par un processus vital, celui de lu greffe, analogue à 
Ja réunion immédiate. Cette greffe d'emprunt permet de subs- 
tituer à une dent altérée une dent saine, prise sur le sujet lui- 
même (transposition) ou sur un autre individu de la même 
espèce (transplantation). Il convient surtout de choisir pour 
greffe des dents saines, dont l'extraction est devenue nécessaire, 
•dans les cas notamment oii elle est motivée par la régularisa- 
vtion des. arcades, dentaires. — (^Nouv, Journ. Méd.) — Le Scalpel. 



90 l'union médioalk du canada 

NOTES DE THÉRAPEUTIQUE. 



lodoforme chez les phthisiques. — A côtés de ses nom- 
breux usages externes riodoforme a an certain nombre d*ap^ 
plications internes au rang desquelles il faut placer son emploi 
chez les phthisiques ; chez ceux de ces malades qui sont parti- 
culièrement irritables chez ceux qui souffrent ou dont la toux 
est pénible et spasmodique, M. Bendu ordonne fréquemment 
i'iodoforme par pilules de deux centigrammes dont on peut 
donner quatre ou cinq dans la journée. On diminue surtout 
ainsi les phénomènes d'irritation si pénibles chez ces malades 
pour lesquels on ne saurait avoir trop de moyens de varier la 
médication employée. — Journal de Médecine et de Chirurgie. 



Traitement de la fièvre typhoïde à forme céré- 
brale chez les enfants.— (J. Limon). 

Tous les jours un lavement : 

Eau de guimauve ^ vj 

Jaune d'œuf. 1 

Hydrate de chloral ) ^^ „ ^^ 

Camphre } ^»™- ^ 

M. 



Traitement de la vaginite aiguë.— Dans les vaginites 

aiguës, dans celles surtout qui se manifestent par une rougeur 
intense de la muqueuse avec douleur assez vive, à tous les 
moyens astringents ou mêmes caustiques employés le plus 
ordinairement M. Bendu préfère les badigeon nages faits avec 
du laudanum pur. Ces badigeonnades sont répétés ainsi plu- 
sieurs fois et après chacun d'eux on introduit dans le vagin 
pendant que le spéculum est encore en place de la poudre 
d'amidon en grande quantité. On arrive ainsi à modifier très 
rapidement Tinflammation vaginale.: — Journal de Médecine et 
de Chirurgie, 

Le tœnia à Thôpital de Saint-Mandrier, par Béren- 

OER-FfiRAUD. — L'auteur se déclare partisan de la pelletiérine de 
Tanret. C'est le plus puissant ta3nifuge que nous possédions^ 
dit-il. (Idem.) — Lyon Médical. 



I»'UNION MÉDIOALX D9 OAlfADA 91' 

Traitement de la gale. — M. Foumier donne, dans 86» 
leçons sur le traitement de la gale, la formate d'une pommade 
que Ton peut prescrire en ville pour remplacer la pommade 
d'Helmench, souvent trop irritante : 

Glycérine 5 vj 

Gomme adragante gr. xv 

Fleur de souffre ', § iij 

Carbonate de soude |jss 

On peut aussi remplacer les frictions au savon noir par des 
savons de toilette ordinaires, à la condition que les frictions 
soient suffisamment prolongées. 



Injection hypodermique de pilocarpine dans les 

accès d'asthme. — Le docteur Mackensie vient d'essayer la 
pilocarpine en injections sous cutanées à la dose quotidienne de 
gr. 02 cent. Le résultat, qu'il communique au British médi- 
cal journal, a été des plus favorables. Les accès qui s'étaient 
succédé presque tous les jours pendant plusieurs mois cédaient 
déjà au bout d'une semaine de traitement. — Lyon Médical. 



Traitement de Tictère par rétention. (Cook) — Admi- 

nistrer tous les deux jours de 1 gr, 50 à 3 grammes d'ipéca- 
cuanha : c'est un remède héroïque, qui a une action topique 
sur le duodénum et sur les tractus œuqueux des conduits 
biliaires. — Revue de Thérapeutique médico chirurgicale. 



Thérapeutique des maladies du cœur. (Gublsr) 

Dans les affections mitrales, l'opium est généralement contre- 
indiqué ; il est utile au contraire dans les lésions aortiques. 
On l'emploie soit sous forn^ d'injections hypodermiques de 
sels de morphine, soit sous forme de teinture thébaïque (5 
gouttes à la fois, trois fois par jour). Le bromure de potassium, 
qui n'a pas d'action sur le myocarde, mais sur les vaisseaux, 
est très utile dans l'angine de poitrine, les palpitations ner- 
veuses, etc. 

En un mot, opium, si lésion aortique ; bromure, si névrosé; 
digitale, dans les autres cas. — Mevue de Thér. méd.chir. 



32 L 'union médicale du CANADA 



L'UNION MEDICALE DU CANADA 

MONTREAL, FEVRIER 1881. 

Comité de Rédaction : 

Messieurs les Docteubs E. P. Lachapelle, A. Lamarchs 

ET S. Lachapslle. 



Statistique. 



L'Hygiène publique, comme la médecine elle-même, n*a pas 
• de plus solide fondement que la statistique. C'est grâce a la 
. statistique que toutes les grandes questions vitales peuvent 
êti*e élaboraes, et le pays qui n'en a pas une sérieuse et fidèle 
à sa disposition, ne fait que tâtonner dans les mesures sani- 
taires qu'il soulève et discute; la vitalité alors n'est qu'un 
bienfait de la fortune et non le résultat heureux et satisfaisant 
d'une œuvre raisonnée. 

Nous devons donc saluer avec plaisir la nouvelle de l'établis- 
sement prochain d'un département central de statistique pour 
toute la confédération. Un homme compétent est allé chez 
nos voisins étudier le système de statistique qu'ils emploient 
.afin qu'il serve de modèle à celui qui sera mis en pratique 
parmi nous. L'intervention du gouvernement était nécessaire 

Sour mettre à exécution un si grand projet, et l'indifféi-ence 
ésespérante de nos municipalités ne nous aurait jamais con- 
duit Dien loin sous ce rapport. 

Quel sera le plan adopté, notfs l'ignorons ; mais nous espé- 
rons que toute la sagesse et le travail lui seront donnés, pour 
ne pas faire de cette grande tentative un ridicule avortement. 

La statistique est immense, disons-nous, dans ses opérations 
et il est peu de questions d'économie politique et sociales aux- 
quelles elle ne soit pas intimement liée ; c'est elle qui peut 
résoudre les problêmes, les plus élevés, les grandes questions 
de population (naissance, mariage, décès), de subsistances (rap- 
port du confort de la population, de sa santé, avec la prospé- 
rité publique), de climatologie (topographie, météorologie et 
géogi*phie) de pathogénie et d'étiologie des maladies épidémi- 
ques ; du regimbe de vie de tous les grands établissements, des 
^différents systèmes de prison, etc 



l'union IfÉDIOALB IH7 OANAI>A 93- 

Tontes ces questions touchent à la vie des sociétés > et quand 
elles sont sous un contrôle scientifique les sociétés en font leur 
profit. Contrôle scientifique, voilà le caractère qu'il faudra 
aonner à ces études si importantes ! Que le médecin de chaque 
paroisse fasse un rapport à un médecin de chaque comté^ ou 
qu'un médecin de comté fasse seul le travail sérieusement, 
qu'il observe et commente., que la compétence, pour exprimer 
mieux notre pensée, soit mise à cette œuvre, et qu'on n'aille 
pas répéter la comédie de nos villes, ou la santé publique est 
confiée au fanatisme national et au favoritisme bien plus qu'au- 
savoir intelligent. 

Les ramifications du département de la statistique devront 
étendre partout comme des artères de vie aussi indispensable 
aux extrémités du corps qu'à son sentre. 

L'initiative du gouvernement est une garantie de succès, il 
faut des lois sanitaires aussi efficaces que les lois nécessitées 
par nos tribunaux civils. Le grand mouvement hygiénique 
qui se fait partout devait faire bcntir son contre coup jusqu'ici 
et notre constitution politique basée sur celle de l'Angleterre 
ne pouvait l'empêcher de lui emprunter aussi sa constitution 
sanitaire. Les paroles du nestor de l'hygiène à Londres, le 
Dr Wilson, s'appliquent au Canada comme à l'Angleterre : 

<• Lorsque l'homme aura été forcé de reconnaître que c'est 
par ses propres mains, grâce à l'oubli de quelques règles 
évidentes que les germes des maladies sont semées avec la plus 
grande prodigalité dans son corps; lorsqu'il aura demandé à la 
science médicale de s'occuper de prévenir les maladies plutôt 
que de les guérir ; loi^que les gouvernements auront été amenés 
à considérer la conHcrvation de la santé d'une nation, comme un 
objet aussi important que le développement de son commerce 
ou le maintient de ses conquêtes; nous pourrons aloi*s espérer 
de voir approcher cette époque ou après des jours passés pres- 
que sans maladies, une existence tranquille se terminera par 
une paisible euthanasie.'* 

Nous reviendrons sur cette question importante. 



Société Médicale de Montréal. 



Séance dti 3 décembre 1880. 

M. le Dr B. P. Lachapelle, président, au fauteuil. 
Après la lecture et TÙioption du procès-verbal de la dernière 
iséance; le Dr A. -Dagenais donne lecture d'un travail sur la. 



"94 L^UNION MÉDICALE DU CANADA 

craniotomie. (Ce travail a été publié dans le numéro de janvier 
dernier.) 

Yû rheure avancée de la soirée, la discussion sur cette ques- 
tion si importante est remise à une séance subséquente. Et la 
séance est levée. 



Séance du 17 décembre. 

Le ]> E. P. Lachapelle, président, au fauteuil. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Le I)r C. M. Filiatrault donne lecture d'un travail intitulé : 
*' Considérations générales sur Tétude des maladies de la peau 
et sur la classification de ces maladies." 

M. le président remercie M. le Dr Filiatrault pour l'utile 
travail qu'il vient de soumettre à la Société. 

Une vive discussion s'engage ensuite au sujet de Topération 
de la craniotomie. Prennent part à cette discussion M le pré- 
sident et MM. les D" Dagenais, Mount, Brosseau, Lamarche, 
Berthelot et Cléronx. 

Le secrétaire lit une letti*e du Dr L. A. E. Desjardins, par 
laquelle celui-ci donne sa démission comme premier vice-prési- 
dent de la Société Médicale de Montréal. Cfette démission est 
acceptée. 

Le Dr J. A. Laramée est alors élu, à l'unanimité, premier 
vice-président de la Société Médicale en remplacement du D^ 
Desjardins. 

Le sécrétaii^e donne lecture d'une lettre du Dr B. C. Séguin, 
de New-York, accusant réception de la somme de cent francs, 
votée par la Société, comme contribution à l'érection d'un 
monument à la mémoire du professeur Claude Bernard. 

11 est ensuite pi*oposé par le Dr J. W. Mount, secondé par 
le Dr J. E! Berthelot que la Société Médicale a lieu de regretter 
que le changement de local auquel elle s'est décidée au com- 
mencement de cette année n'ait pas eu le résultat qu'on en 
attendait, et qu'eu éçai*d à la commodité plus grande offerte à 
la plupart des membres les plus assidus par le local occupé 
précédemment, il soit résolu que la Société tienne désormais 
ses séances à ce dernier endroit, N^ 134, rue Notre Dame. 

Adopté unanimement. 

Le Dr A. T. Brosseau propose alors, secondé par le Dr Dage- 
nais, que des remerclments soient votés au Bév. Messire Sen- 
tenne pour l'obligeance qu'il a eue de mettre à la disposition 
ode la Société une des salles de l'école St-Jacques. 

Adopté. 



l'union médicale du oanada 95 

L'avis de motion donné par le Dr S. Lachapelle, à la séance 
«du 12 novembre est rayé de Tordre du jour. 

Le Dr A. T. Brosseau s'engage à donner une lecture à la pro- 
chaine réunion. Et la séance est levée. 



Séance du 21 janvier 1881. 

Présidence du Dr E. P. Lachapelle. 

Après la lecture et l'adoption du procés-verbal de la dernière 
séance, M. le Dr A. T. Brosseau communique à la Société un 
travail sur les hernies ombilicales. Il s'en suit une discussion 
à laquelle prennent part M. le Président et MM. les Dr» Lamar- 
che, Berthelot, Carrière et Desrosiers. 

M. le Dr N. Fafard s'engage à donner une lecture à l^pro- 
<shaine réunion qui doit avoir lieu vendredi, le 11 février. Et la 
séance est levée. 



Brochures reçues. 



Transactions ofthe twenty-seventh annual meeting ofthe Médi- 
cal Society ofthe State ofNorth Carolina held at Wilmingtonj N, C, 
llth may 1880. 

The Surgical treatment of intestinal obstruction^ by W. T* 
Bbigqs, M.D. 

Mémoire contre la vaccination obligatoire^ par Hubert Boïns , 

Handbook of Systematic Urinary Analysis Chemical and 
Hicrocopical for the use of physicians, Médical Students and 
Clinical Assistants, by Frank M. Deems, M. D., Loboratory 
instruclor in the médical department of the university of 
New-York, etc. 

NOUVELLES MÉDIOALES. 



Le Progrès Médical^ de Paris, nous annonce que M. Azarie 
Brodeur vient d'être nommé interne à rhôpital Sainte-Perrine 
((maladies chroniques), service de M. le Dr Gouraud. 



96 L'UinON MÉDICALE DU CANADA 

Nécrologie. 



Le Dr Beaubien. — La profession médicale de Montréal 
vient de perdre son doyen et aussi Tun de ses membres les 
plus distingués. Le Dr Pierre Beaubien est décédé à la rési- 
dence de son fils, Thonorable Louis Beaubien, dimanche, le 9^ 
Janvier dernier. 

Le Dr Beaubien naquit à Saint- Antoine de la Baie du Febvre, 
le 13 août 1796. 

Il termina ses études classiques à Paris où il prit le degré de 
*^ bachelier ôs-lettres, " le 27 mai 1819 ; il y étudia la médecine 
et obtint le degré de " docteur en médecine, " le 16 août 1822, 
Il voyaga ensuite en allemagne, en Suisse et en Italie, puis 
revint au Canada et se fixa à Montréal. \"1lËi 

Il épousa le 11 mai 1829, à Québec, dame Marie Justine Cas- 
grain, fille de Pierre Casgrain, seigneur de la Eiviôre Quelle, 
et veuve du Dr A. Maguire. Mgr Turgeon, évêque de Québec, 
donna la bénédiction nuptiale. 

Le Dr Beaubien se fit promptement à Montréal, une position 
hanorable au milieu de ses confrères. Il fut un des premiers 
professeurs de l'école de médecine et de chirurgie. Il y pro- 
fessait encore, il y a quelques années, et s'était retiré avec le 
titre de professeur honoraire et de doyen de la faculté. 

Il représenta, dans l'Assemblée Législative du Canada-Uni, 
la ville de Montréal de 1841 à 1844, il représenta aussi le comté 
de Charably. 

Il fut nommé médecin des prisons de Montréal par Sfr 
Georges E. Cartier, alors solliciteur-général pour le Bas-Canada 
' en 1859, et conserva cette charge jusqu'à sa mort. 

Il laisse trois enfants : L'hon. L. Beaubien, député d'Hoche- 
laga à la Chambre locale; le Eévd Messire Charles Beaubien, 
curé de la Côte Saint- Paul ; et la sœur Marie de la Présenta- 
tion, des Dames de la Congrégation Notre-Oame. 



DÉCÈS. 

—A Indian Orchard, Etats-Unis, le 30 décembre 1880, le D^ 
Charles Désautels. 



TRAVAUX ORIGINAUX 



Etude BUT les fermentations. 



(La devant la Société Médicale de Montréal, par le Dr. N. Fafard, 
Profeaseor à l'Uni veisité-La val, Montréal-) 



Il y a à poine vingt ans, la pathologie était loin de présen- 
ter ce cachet de certitude qu'elle nous offre aujourd'hui. La 
plupart du temps, 'ne connaissant pas la cause des maladiea 
ou ne la connaissant que d'une manière imparfaite, les méde- 
cins se trouvaient réduits À une médication plus ou moins in- 
cei*taine et empirique. On n'étudiait les affections morbides 
que par leurs symptômes : de là le choix des médicaments no 
pouvait se faire que d'après les données de l'expérience. Impos- 
sible de se rendre compte du '^ modus operandi '' de la médi- 
cation instituée. Tel remède a été bon dans telle maladie, il 
doit l'être encore dans cette même maladie : voilà le raisonne- 
ment que l'on se faésait ; le succès donnait la vogue au médi- 
cament et on... l'employai t. >^ 

En tout temps néanmoins, les esprits chercheurs et sérieux 
ont voulu se rendre compte des maladies et de leurs causes* 
Il serait long et fastidieux de faire Thistoriqne de toutes les 
théories, qui ont vu le jour et qui sont tombées en désuétude, 
depuis les temps les plus reculés de la médicine. Je «ne citerai 
que celle de Bi^onssais : ^' inflammation comme cause et fièvre 
comme effet, " telle était sa théorie sur la plupart des affec- 
tion morbides. Il a eu beaucoup de prosélites. Aussi, dans 
cette école, les an tiph logistiques étaient-ils très usités. D autre» 
médecins, repoussant cette idée et ne reconnaissant pas de 
causes exactes à un bon nombre de fièvres, les ont appelées 
fièvres idiopathiques. Ici le traitement le plusratîonol consiste 
à instituer une médication expectante et à fortifier le malade, 
pour l'aider à supporter une maladie que l'on ne comprend 
pas, qu'on ne peut empêcher ni détourner. 

Depuis à peu près vingt ans, l'histologie, aidée de la chimie^ 
a jeté un jour nouveau sur la pathologie et sur l'art de traiter 

7 



98 l'union médicale du canada 

les malades. Je dirai même que ces sciences ont révolutionné 
la médicîne. Aujourd'hui, gi'âce à Thistologie pathologique et 
à rhisto-chimie, on suit la maladie sur le terrain oii elle opère, 
c'est-à-dire sur la cellule même. L'histologie physiologique 
nous a fait connsdtre les cellules à l'étude de santé, à son tour 
l'histologie pathologique nous apprend ce que devient la cel- 
lule sous l'effet de la cause morbide. L'histo-chimie nous 
montre même les transformations qu'elle subit sous l'influence 
de telle ou telle maladie. 

Parmi les causes des maladies, plusieurs sont restées long- 
temps ignorées. Il nous est donné de voir, de nos jours, la 
lumière remplacer les ténèbres et le doute faire place à la cer- 
titude sur plusieurs points obscurs de la pathologie. Les études 
approfondies sur les fermentations et les célèbres expériences, 
qui ont été faites à ce sujet, notamment par Pasteur, Berthe- 
lot, Davaine et autres, nous ont procui-é cet avantage. 

Je viens, ce soir, messieurs, vous offrir une courte analyse 
d'études sur les fermentations, dues au Dr Armand Gauthier, 
professeur agrégé à la faculté de médecine de Paris, et exami- 
ner avec vous les résultats pratiques de ces expériences. 

Définition, — "On dit qu'il y a fermentation, toutes les fois 
qu'un ou plusieurs corps organiques ou organisés subissent des 
changements de composition ou de propriétés, sous l'influence 
d'une substance organique azotée appelée ferment, qui agit 
60U8 faible masse et ne cède sensiblement rien à la matière 
fennentée (A. Gauthier). " 

Or, messieurs, les changements qui s'opèrent dans les corps 
organiques ou organisés, sous l'influence d'un ferment, sont 
Bombreux et de divers ordres. Il y a : lo. Les fermentations 
proprement dites, lorsqu'il s'agit simplement de la matière 
organique : telles sont les transformations de l'amidon en sucre, 
sous l'influence de la diastase, du sucre en alcool et acide car- 
bonique, de l'alcool en vinaigre, etc., sous ^influence des subs- 
tances azotées. 2o. Tous les actes physiologiques de la nutrition 
ou de l'assimilation se font par des transformations de la ma- 
tière organique et quelques fois vivante, ayant pour cause des 
ferments spéciaux, tels que la ptyaline, la pepsine, la pancréa- 
tine, etc. Ces ferments ont la pi*opriété de transformer les 
matières alimentaires et de les rendre diffusibles et assimi- 
lables. Le sang, ce liquide si complexe, n'est pas sans contenir 
lui aussi un bon nombre de ferments spéciaux, lesquels pré- 
sident sans doute aux différents phénomènes qui se pi*oduisent 
dans notre organisme, phénomènes mystérieux dont on par- 
viendra peut-êti'C à se rendre compte plus tard. 3o. Aujour- 
d'hui, on explique par les fermentations, les infections mias- 



' 



L^UmON MÉDICALE DU CANADA 99 

-^matiques, virulents, contagieuses, et certaines maladies de la 
peau, dont les causes sont restées inconnues jusqu'à ces der- 
nières années. 

Historique. — Mon intention n'est pas de vous faire Thisto- 
Tique des différentes opinions qni ont été émises sur les fer- 
mentations. QaMl me suffise de vous citer le pharmacien Astier 
qui, déjà en 1813, affirme: " Que l'air est le véhicule de toutes 
espèces de germes, origines du ferment, que ce ferment d'ori- 
gine animale est en vie et se nourrit aux dépens du sucre, d'où 
résulte la rupture d'équilibre entre les éléments du sucre. 

" En 1850 deux grandes théories se trouvaient en regard: 
la théorie vitaliste française et la théorie allemande ou de con- 
tact. Dans la première on reconnaissait comme causes de 
plusieurs fermentations des germes vivants végétaux ou 
animaux. Dans la seconde, d'après Gerhardt " le ferment est 
tout corps qui est dans un état de décomposition et qui, par 
son contact avec un autre, y provoque des métamorphoses 
chimiques. Un même ferment, en passant par plusieurs degrés 
de décomposition, peut réagir différemment suivant l'état 
d'altération ou il se trouve." 

La théorie vitaliste française est la seule admise aujourd'nuî 
par les personnes de bonne foi. 

Berthelot, Pasteur, Davaine sont ceux qui, par leurs mémo- 
rables travaux ont plus fait pour cette partie de la chimie 
organique. 

' *' Pasteur prétend que chaque fermentation à son ferment 
spécifique ; que dans toutes les fermentations, dans lesquelles 
il a reconnu un ferment vivant, ce ferment est nécessaire ; que 
ce petit être produit la transformation, en respirant l'oxigène 
du corps fermentescible, ou en s*appropriant un instant ce 
«orps tout entier, puis le dédoublant, de façon à sécréter, pour 
ainsi dire, les produits fermentes. Trois choses d'après lui sont 
nécessaires au développement du ferment : de l'azote à l'état 
solubre, de l'acide phosphorique et une matière fermentescible 
hydrocarbonée. Il prétend que tout ferment vivant, de fermen- 
tation ou de putréfaction, est apporté par l'air." 

Composition du ferment, — Le ferment parait être mélangé 
d'un certain nombre d'espèces chimiques: albunime, fibrine, 
«au, matières gi-asses, -matières minérales, composés phos- 
phores. 

Aujourd'hui on divise les ferments en deux grandes classes : 
les ferments figurés ou vivants et les ferments solubles ou non 
figurés. Les rorments figurés appartiennent tantôt au règne 
végétal tantôt au règne animal, lis absorbent beaucoup d'azote 
«et de phosphore, vivent en dégageant de la chaleur, se dévelop> 



100 l'union ^ftBICALE DU CANADA 

pent, 86 reprodaisent, et sont détruits par un grand nombi'O de 
poisons organiques et inorganiques, tout comme les autres 
êtres vivants. 

Les ferments non figurés ou polubles sont répandus soit dans 
les parties aqueuses des ferments figurés eux-mêmes, soit dans 
les liquides des organismes plus complexes, comme la salive, 
le suc gastrique, le suc pancréatique, soit enfin dans les diver- 
ses régions des plantes. Ces ferments sont sur Textrème limite 
de Torganisation. Ils ne sont pas détruits par les poisons. 
Par la fermentation ils s'épuisent. On peut remplacer ces 
fermentations par des actions chimiques, exemple : La ptyaline,. 
ferment non figuré de la salive, transforme Tamidon en glucose, 
de même avec Tacide sulfurique on produit sur l'amidon le 
même phénomène. 

Rôle du ferment. — Comment s-expliquer le rôle du ferment 
son figuré sur le liquide fermentescible ? On est bien obligé 
d'invoquer la théorie allemande ou de contact et dire que la 
fermentation est due à la transmission au corps fermentescible, 
d'une cei*taine quantité de mouvement initial ou continu, dont 
Toingine ou la cause se trouve dans la transformation même 
du ferment. 

L'action du ferment figuré est plus mystérieuse et c'est celle 
qu'il nous importe le plus d'étudier. Pasteur prétend, qu'à 
chaque fermentation à ferment figuré, correspond un ferment 
spécifique, vivant aux dépens de la matière fermentescible,. 
qu'il transforme en acide carbonique et^alcool, en acide lactique, 
et acide butyrique et hydrogène, comme un mammifère, par 
exemple, transforme, dans son organisme, un grain de blé en 
urée, eau et acide carbonique. 

Berthelot soutient que, dans le corps du ferment orga- 
nisé, la matière fermentescible, un instant absorbée, ren- 
contre un ou plusieurs ferments solubles ou non figurés, qui 
constituent sa fermentation, de la même manière que, dans le 
corps du mammifère, c'est par le suc poncréatique et la ptyaline 
de la salive, que l'amidon s'est transformé en sucre. 

Quoiqu'il en soit de ces opinions, tous les deux b'accordent 
sur ce point principal, que plusieurs fermentations ont pour 
cause des ferments spécifiques, et que ces ferments sont des 
êtres organisés et vivants, végétaux ou animaux. 

Origine du ferment figure. — D'où proviennent ces ferments 
dits ûgurés ou vivants ? Les uns ont prétendu que ces petits 
organismes naissaient spontanément dans les substances azotées 
en voie du putréfaction. D'autres soutiennent qu'ils existent 
tout formés dans l'air, et qu'ils n'attendent pour se reproduire 
qu'un milieu favorable à leur développement. Parmi les par- 



l'union médicale Dt7 CANADA 101 

lisant de la génération spontanée, je citerai Mitscherlick, 
Scholsberger, rouchet, Turpin etc , parmi les advereaires de 
^cette théorie, les pins illnstreâ sont Spallanzani, Cognard de 
Latour et enfin Pasteur. 

'' En 1859 Pasteur annonçait^ à la société chimique de Paris, 
qu'ayant filtré de l'air à travers des tampons de coton -poudre, 
il en avait retiré divers corpuscules organisés auxquels il attri- 
buait les faits de génération dite spontanée et de fermentation. 
Plus Uii'd il démontrait expérimentalement que Tair est le 
véhicule d*un gi-and nombre de germes, et il concluait que ces 
êtres organisés qu'il avait découverts dans les fermentations 
butyrique, lactique, tartrique, malique etc , n'étaient autres 
que quelques-uns de ceux qu'il venait de démon ti*er exister 
dans l'air. 

Ces belles expériences ont été le coup de grâce de la théorie 
des générations spontanées, laquelle est à peu près abandonnée 
maintenant. 

Messieurs, il ne serait pas sans intérêt pour nous d'étudier 
les fermentations proprement dites et les fermentations physio- 
logiques, dans tout leur détail ; mais comme un semblable ciétdre 
nous mènerait trop loin, j'en arrive immédiatement aux 
fermentations pathologiques. 

" Elles peuvent se diviser en deux grandes classes: 1° celles 
qui sont inaptes à reproduire les causes iufectueuses, 2» c^les 
qui peuvent régénérer le virus ou le ferment initial. La pre- 
mière clause a pour cause des ferments non figurés, qui se 
détruisent par leur action et ne peuvent se reproduire, telles 
sont les maladies par infection putride et les maladies à venir. 

La deuxième classe de fermentations pathologique, e^t sous 
la dépeudance de ferments figurés ou vivants, végétaux ou 
animaux. Ces petits êtres vivent, en détruisant la trame de 
nos tissus, se reproduisent et peuvent, en passant dans d'autres 
sujets, pi*oduire les mêmes désordres ou mieux donner nais- 
sance à des maladies semblables. 

Les maladies spécifiques et parasitaires sont produites par 
des germes déposés sur la peau ou absorbés avec l'air et les 
aliments. Ces avancés ne sauraient être mis en doute, depuis 
les savantes expériences de Pasteur, etc. 

Les organismes aptes à être transportés par l'air ont été 
divisés en quatre groupas, fondés sur leur nature végétale ou 
animale et les produits auxquels ils donnent naissance : 

lo. Les sporules ou organismes végétaux, qui donnent nais- 
sance aux champignons parasitaires de la peau et des mu- 
queuses, aux moississures, à beaucoup de fermentations propre- 
ment dites et de fermentations anormales, telles que les 
maladies des vins. 



102 J/UNION MÉDIGAL]^ DIT CANADA 

2o. Les ovules oa germes animaax qui, par leur développe*^ 
ment, suscitent des décompositions putrides, s'attachent à la. 
peau ou aux muqueuses des animaux, vivent dans les intestins • 
et dans les muscles. 

3o. Des organisations de nature intermédiaire (palmella^ 
bactéries, monades,) qui ont été renconti'ées au sein des hu- 
meurs dans un grand nombre de maladies graves, et dont la . 
nature animale ou végétale reste encore douteuse. 

4o. Des corps à Tétat de simples granulations, derniers 
termes de l'organisation visible, trouvés dans le plasma sanguin>. 
d'animaux atteints de maladies infectieuses» 

A. Le premier groupe comprend : lo. Les spores qui donnent 
naissance à certaines maladies de la peau. 

L'oïdium albicans : trouvé dans la muqueuse des sujets at- 
teints de typhus, et qui. cause le muguet des enfants. 

La micoderme : qui végète dans la gaine des cheveux et 
produit la teigxie. 

Le tricophiton tonsurans : rencontrés dans l'herpès tonsu-- 
rans. 

Le dyplasporium fuscum : trouvé sur les fausses membranes 
de la gorge. 

Tous ces parasites peuvent pénétrer jusque dans les vais- 
seaux. 

26. Les spores qui donnent naissance aux moississures et 
aux fermentations proprement dites : 

Les globules de la levure de bièi*e : produisent la fermenta- 
tion alcoolique ; le ferment lactique. 

Le micoderma aceti : transforme l'alcool en vinaigre. 

Le ferment ammoniacal de l'urine : transforme l'urée en - 
carbonate d'ammoniaque. 

Le leptotrix buccalis : trouvé constamment dans le tartre 
dentaire. 

B. Dans le second groupe, comprenant les ovules ou germes 
animaux, nous avons le cercomonas intestinalis : trouvé dans 
les selles des cholériques et des typhisés. 

Le trichnomonas vaginalis : dans la blennorrhée vaginale. 
Les ovules, qui produisent les vers intestinaux. 

C. Dans le troisième groupe, de nature végétale ou animale, 
il y a : 

Les amibes diiluentes : rencontrés sur les muqueuses intesti- 
nales. 

Les vibrions on bactéries : dans le tissu cellulaire enflammé 
de la base de la pustule maligne. 

Les palmellées: reconnues dans les fièvres intermittentes. 

D. Le quatrième groupe, comprend les spores à l'état de; 



l'union médicale du oanada 103 

simples granulations. C'est à des granulations ou corpuscules 
figurés et organisés que Ton doit les effets spécifiques des 
diverses maladies miasmatiques. 

Tous ces germes vivants, aussi barbares d'actiou que de nom, 
ont été étudiés avec soin. On a pu les isoler, décrire leur forme, 
donner leurs dimensions, étudier leurs mœurs. Les germes 
que Ton a le mieux étudiés sont ceux que Ton rencontre dans 
les maladies charbonneuses, la variole, la fièvre typhoïde, la 
fièvre scarlatine, la fièvre puerpérale. 

Dans le cours do l'été dernier Pasteur est parvenu à isoler 
les germes qui se trouvent constamment chez les sujets atteints 
de fièvi*e typhoïde. Il les a inoculés à des poules et à des 
lapins, et ces animaux ont éprouvé les mêmes symptômes que 
les typhiques. Il a remarqué qu'il faut un certain nombre de 
jours, après l'inoculation, pour que la maladie se déclare d'une 
manière régulière, juste le temps nécessaire au développement 
et à la reproduction des germes. 

Quelques-uns de ces organismes, après avoir infecté un sujet 
ne paraissant plus trouver, dans le même individu, le milieu 
favorable à leur existence. Des lapins, atteints de fièvre 
typhoïde, après l'inoculation du ferment, semblent jouir d'une 
immunité complète, à une seconde et troisième inoculation. 

Le même fait s'observe dans la variole. Tout le monde sait 
que la variole n'atteint presque jamais deux fois le même sujet. 

D'autres animalcules ou germes végétaux paraissent se mul- 
tiplier et vivre indéfiniment, par générations consécutives, 
dans le milieu ou ils se sont implantés. C'est ce que nous 
remarquons dans certaines maladies de la peau: dans la gale, 
la teigne, le rifie (eczéma infantile) etc. 

Conclusion : 

De toutes ces expériences, et au milieu même des nuages 
qui les entourent encore, mais qui finiront sans doute par se 
dissiper plus tard, il ressort pour nous un enseignement utile. 
Il est hors de doute maintenant que toutes ces maladies dites 
épidémiques, contagieuse.'^, toutes ces fièvres dont on ignorait 
les causes, et appelées pour cela fièvre» idfopathiques, toutes 
ces afiections de la peau, si rebelles au traitement, que l'on a 
décrites avec tant de minuties et auxquelles on a donné tant 
de noms si difficiles à retenir; il est bore de doute dis-je que 
toutes ces maladies reconnaissent pour causes des germes soit 
végétaux soit animaux. 

Doit-on s'étonner maintenant que les préparations mercu- 
rielles noient si efficaces dans les maladies syphilitiques ; que 
l'iode, absorbé par les lymphatiques, fasse disparaître l'en- 
gorgement glandulaire ; que la quinine, à haute dose et donnée 



104 l'union HÉDIOAXB du CANADA 

à temps veula, e^est-à-dire plusîeura heures avant Tattaque, 
empêche la reproduction des germes et par là même les symp- 
tômes qui les accompagnent ? Il est facile aussi de s'expliquer 
pourquoi Tonguent ae calomel et Tonguent de broxide de mer^ 
cure agissent si bien contre la teigne, le prurigo, le rifle, etc. 
Le chlorate de potassef Tacide sulfureux, le perchlorure de fer 
fsont excellents dans les affections diphtéri tiques. L'acide carbo- 
lique, injecté à la base d'une pustule maligne, avant que le 
virus ait atteint la profondeur des tissus, enraye la maladie. 
L'acide arsenieux, administré à petite dose, est le remède hé- 
roïque contre les affections rebelles de la peau. 

On peut maintenant, jusqu'à un certain point, expliquer 
l'action de toute cette clause de médicaments altérants, qui 
tous sont des poisons plus ou moins énergiques et que l'on 
emploie d'habitude contre les maladies contagieuses. 

Ces médicaments étaient bons contre ces diverses affections, 
l'observation l'avait démontré. Aujourd'hui, on prouve qu'ils 
fiont bons, parce qu'ils sont des poisons, et qu'en cette qualité, 
ils détruisent les germes, cause immédiate de toutes ces ma- 
ladies, restées si longtemps ignorées. 

Je ne vous ai donné, ce soir, qu'un court aperçu des belles 
découvertes qui ont été faites de nos jours. Ces expériences se 
poursuivent avec ardeur, et nous avons tout lieu d'espérer que 
Dientôt, nous pourrons soigner nos malades, avec la satisfac- 
tion de connaître leurs maladies, et le mode d'action des mé- 
dicaments qui leur seront administrés. 

Db, N. Fafard. 



REVUE DES JOURNAUX. 



PATHOLOGIE ET CLINIQUE MÉDICALES. 



Des purgatifs chez les enfants.— Quand il y a lieu de 

purger un enfant, on n'a que l'embarras du choix des moyens. 

S'agit-il d'un enfant à la mamelle ? On prescrit du sirop de 
chicorée. Il va de soi que ce sirop n'est nullement purgatif 
par lui-même. Il le devient par l'addition de la rhubarbe. 

On peut avec succès administrer V huile d'amandes douces 
additionnée ou non de quelques gouttes d'huile de ricin. 

Un bon luxatif, c'est la magnésie calcifiée à la dose d'un tiers 
de cuiller à café donnée dans de l'eau sucrée. 



l'union MiDIOALE BU CANADA 105 

On a encore la ressouixe du calomel et de la mamiite» L'ex- 
trait de manne bous forme de pastille, est très bien préparé en 
Angleten*e et en Amérique. Chez les nourrissons, une pastille 
réussit très bien, dissoute dans un peu d'eau ou du lait. 

Pour les sujets un peu plus âgés, les moyens manquent 
encore moins. 

L'huile de ricin se prescrit dans le bouillon, dans du café, 
dans du tilleul, qu'on peut aromatiser avec du jus d'orange. 

La mannite est administrée avec avantage, à la dose de deux 
ou trois pastilles. 

On se trouve bien d'une infusion préparée avee 6 gr. de folli- 
€ules de séné. 

On a encore la ressource du calomel (0,05), ou de la magné- 
sie (8 3 10 gr.) aromatisée au besoin avec du sirop de groseil- 
les, de framboises, avec du jus de citron. 

On peut donner un lavement évacuant ou dérivatif en faisant 
une infusion d'un veiTC d'eau pour 8 gr. de séné et 10 gr. de 
sulfate de soude. 



Contagion de la rougeole. — Le professeur Desplats (de 
Lille) fait remarquer que Ta rougeole est sur les muqueuses 
respiratoires et oculaires avant d'être sur la peau. C'est par 
ces voies que s'opère la contagion. 

Le fait suivant en est une preuve remarquable : on réunit 
un certain nombre d'enfants dans une fête de famille et, parmi 
les vingt-quatre qui se trouvaient présents était une petite 
iille qui toussait un peu et que sa mère avait forcée à y aller, 
quoiqu'elle se dit fatiguée et eût un peu do de fièvre. Personne 
ne remarqua qu'elle fût malade et on apprenait avec étonne- 
ment deux jours après qu'elle avait la rougeole. Elle n'avait 
■donc été en rapport avec ses petits amis que quelques heures et 
deux jours avant Téruption, et cependant sur les 23 enfants 
qui restaient, dix-huit eurent la rougeole dix à quatorze jours 
après. Il est probable que ceux qui échappèrent à la conta- 
gion avaient eu la maladie antérieurement. Le grand nombre 
■des enfants atteints dans ce cas s'explique par l'habitude 
qu'ont les enfants de familles parentes ou amies de s'embrasser 
•quand ils se rencontrent : on voit par cet exemple que cette 
pratique n'est pas sans inconvénients. M. Lancereaux a cité 
aussi des faits qui prouvent d'une façon extrême que la rou- 
geole est contagieuse pendant sa jiériode d'invasion. On peut 
donc en conclure qu'il est nécessaire d'isoler aussitôt que possi- 
ble et sans attendre Téruption, tout enfant chez lequel on 
soupçonne la rougeole ; de ne point admettre à fi'équen ter d'au- 



106 l'union médioals du canada 

-fcres enfants^ tout enfant provenant d'un foyer rubéolîqne: 
cette interdiction doit durer au moins une douzaine de jours^ 
afin qu'on soit assuré que cet enfant ne porte pas en lui le ger- 
me de l'affection. 



Lésions cardiaques dans la phthisie.— Le Dr Deci*oix 

étudie l'atrophie du cœur et la dilatation de ses cavités droites- 
dans la tuberculose pulmonaire, et tire de son étude les deux 
conclusions suivantes : 

lo L'atrophie du cœur s'observe fréquemment dans les cîis 
de phthisie à marche lente avec détérioration de tous les viscè- 
res, altération de toutes les fonctions de l'organisme. 

2o La dilatation des cavités droites doit surtout se rencontrer 
dans la forme fibreuse de la phthisie chronique, avec lésions 
concomitantes d'emphysème et accès de dyspnée pai-oxysti- 
ques. 

Sur la meilleure manière d'administratrer l'acide^ 

salicylique. — Le Dr Thomas a rappelé récemment l'attention» 
sur un mode d'administration de l'acide' salioylique qui lui a 
réussi souvent dans beaucoup de cas de rhumatisme articulaire- 
aigu, sub-aigu ou même chronique. La formule qu'il recom- 
mande aurait l'avantage de ne point troubler le système diges- 
tif, d'être facile à prendre, de renfermer une dissolution parfaite- 
de l'acide salycilique, d'être tout à fait active. Elle ne produit 
pas de mauvais effets sur le cœui\ et déprime moins que le- 
salicylate de soude. 
Voici la formule : 

Eau de menthe poivrée • | iv 

Acétate de potasse | i j 

Acide salicylique fss 

Limonade citronée | ij 

Pour préparer on met la potasse et la menthe poivrée dan» 
un mortier de porcelaine, puis on ajoute graduellement l'acide 
en triturant jusqu'à parfaite solution, et en ajoutant plus tard 
le sirop. La dose est une cuillerée à bouche toutes les 2, 3 ou 
4 heures, ou plus souvent, suivant la violence de l'attaque; 
Cette dose donne 20 grains d'acide pour 80 grains d'acétate. 
Chez les malades très robustes dont le rhumatisme n'est pas 
compliqué, le Dr Thomas donne également des injections de 
morphine. La convalescence arrive oixlinai rement au bout de^ 



l'union médicale dit canada lOT 

5 à 6 jours. — Paris médical, d'après The Américain Pi^actitioner, 
— Bévue de Thérapeutique Médico-Chirurgicale. 



par le protozide d'azote.— Le Dr Blan- 
chard résume ainsi, d'après les idées de son maître Paul Bert, 
les indications thérapeutbiques et la physiologie de Tanesthésie 
par le protoxide d'azote. 

lo Le protoxide d'azote, administré sous tension et mélangé 
à l'oxigène, produit en quelques secondes une anesthésie pro^ 
fonde. . 

2o Dans ces conditions, il peut entretenir la vie indéfiniment 
et on se trouve complètement à l'abri de l'asphyxie. 

30 En augmentant ou diminuant la pression, on peut régler 
à volonté et mathématiquement la marche de Tanesthésie ; oi> 
n est menacé de la sorte par aucun des accidents qu'on encourt 
si' on fait usage du chloroforme ou de l'éther. 

49 Dès qu'on cesse l'inhalation du protoxide d'azote, le patient 
revient à lui en quelques secondes et il n'éprouve aucun malaise 
consécutif. 

50 Le protoxide d'azote se dissout simplement dans le plasma 
sanguin ; dès que l'inhalation a cessé, il s'échappe par le pou* 
mon. Son emploi n'amène donc aucun trouble dans la nutr- 
tion ou aucune modification dans la composition chimique de» 
organes. 

60 La nécessité pour l'opérateur et ses aides de se placer dan» 
l'air comprimé ne saurait être redoutée ; l'air comprimé est 
atès efficace dans le traitement des catarrhes de la muqueuse 
msale, de la trompe d'£ustache et en général des voies respi' 
ratoires. 

70 En raison de tous ces faits, le protoxide d'azote semble 
être bien supérieur au chloroforme ou à Téther, tant à cause 
de la profonde anesthésie qu'il procure que pour la grande 
innocuité qu'il présente. En ne dépassant pas une pression de* 
0m,30 de mercure, il est absolument impossible de faire courir 
au malade un risque quelconque par le seul fait de l'anesthésie.- 

80 Dans tous les cas où on emploie actuellement le chloro- 
forme et l'éther, partout où il sera possible de l'employer, le^ 
protoxide d'azote devra remplacer définitivement les deux 
anesthésiques. — Revue de thérapeutique Médico-Chirurgicale. 



L'épistazis et son traitement.— Nous croyons devoir 
résumer, d'après le récent travail du Dr Vienot (th. de Paris^ 



100 l'union 3ltl)ICALB DU CANADA 

pent, 86 reproduisent, et sont détruits par un grand nombre de 
poisons organiques et inorganiques, tout comme les autres 
êtres vivants. 

Les ferments non figurés ou solubles sant répandus soit dans 
les parties aqueuses des ferments figurés eux-mêmes, soit dans 
les liquides des organismes plus complexes, comme la salive, 
le sue gastrique, le suc pancréatique, soit enfin dans les diver- 
ses régions des plantes. Ces ferments sont sur Textrême limite 
de l'organisation. Ils ne sont pas détruits par les poisons. 
Par la fermentation ils s'épuisent. On peut remplacer ces 
fermentations par des actions chimiques, exemple : La ptyaline, 
ferment non figuré de la salive, transforme Tamidon en glucose, 
de même avec l'acide sulfurique on produit sur l'amidon le 
même phénomène. 

Rôle du ferment — Comment s'expliquer le rôle du ferment 
non figuré sur le liquide fermentescible ? On est bien obligé^ 
d'invoquer la théorie allemande ou de contact et dire que la 
fermentation est due à la transmission au corps fermentescible, 
d'une cei*taine quantité de mouvement initial ou continu, dont 
l'origine ou la cause se trouve dans la transformation mêmo^ 
du ferment. 

L'action du ferment figuré est plus mystérieuse et c'est celle 
qu'il nous importe le plus d'étudier. Pasteur prétend, qu'à 
chaque fermentation à ferment figuré, correspond un ferment 
spécifique, vivant aux dépens de la matière fermentescible,. 
qu'il transforme en acide carbonique et^alcool, en acide lactique, 
et acide butyrique et hydrogène, comme un mammifère, par 
exemple, transforme, dans son organisme, un grain de blé en 
urée, eau et acide carbonique. 

Berthelot soutient que, dans le corps du ferment orga- 
nisé, la matière fermentescible, un instant absorbée, ren- 
contre un ou plusieui*8 ferments solubles ou non figurés, qui 
constituent sa fermentation, de la même manière que, dans le 
corps du mammifère, c'est par le suc poncréatique et la ptyniine 
de la salive, que l'amidon s'est transformé en sucre. 

Quoiqu'il en soit de ces opinions, tous les deux s'accordent 
sur ce point principal, que plusieura fermentations ont pour 
cause des ferments spécifiques, et que ces ferments sont des 
êtres organisés et vivants, végétaux ou animaux. 

Origine du ferment figure, — D'où proviennent ces ferments 
dits figurés ou vivants ? Les uns ont prétendu que ces petits 
organismes naissaient spontanément dans les substances azotées 
en voie du putréfaction. D'autres soutiennent qu'ils existent 
tout formés dans l'air, et qu'ils n'attendent pour se reproduire 
qu'un milieu favorable à leur développement. Parmi les par- 



l'union Mf dical-e mi oanada 101 

^isan;^ de la génération spontanée, je citerai Mitscberlick, 
Scholsberger, rouchet, Tarpin etc , parmi les adversaires do 
cette théorie, les pins illastreâ sont Spallanzani, Cognard de 
Latour et enfin Pasteur. 

^' En 1859 Pasteur annonçait, à la société chimique de Paris, 
qu'ayant filtré de Tair à travers des tampons de coton-poudre, 
il en avait retiré divei-s corpuscules organisés auxquels il attri- 
buait les faits de génération dite spontanée et de fermentation. 
Plus tard il démontrait expérimentalement que l'air est le 
véhicule d'un grand nombre de germes, et il concluait que ces 
êtres organisés qu'il avait découverts dans les fermentations 
butyrique, lactique, tartrique, malique etc , n'étaient autres 
que quelques-uns de ceux qu'il venait de démontrer exister 
dans l'air. 

Ces belles expériences ont été le coup de grâce de la théorie 
des générations spontanées, laquelle est à peu près abandonnée 
maintenant. 

Messieurs, il n« serait pas sans intérêt pour nous d'étudier 
les fermentations proprement dites et les fermentations physio- 
logiques, dans tout leur détail ; mais comme un semblable cadre 
nous mènerait trop loin, j'en arrive immédiatement aux 
fermentations pathologiques. 

" Elles peuvent se diviser en deux grandes classes: !<> celles 
qui sont inaptes à reproduire les causes iiifectueuses, 2» cejles 
qui peuvent régénérer le virus ou le ferment initial. La pre- 
mière clause a pour cause des ferments non figurés, qui se 
détruisent par leur action et ne peuvent se reproduire, telles 
sont les maladies par infection putride et les maladies à venir. 

La deuxième classe de fermentations pathologique, e^t sous 
la dépendance de ferments figurés ou vivants, végétaux ou 
animaux. Ces petits êtres vivent, en détruisant la trame de 
nos tissus, se reproduisent et peuvent, en passant dans d'autres 
sujets, produire les mêmes désoi*dres ou mieux donner nais- 
sance à des maladies semblables. 

Les maladies spécifiques et parasitaires sont produites par . 
des germes déposés sur la peau ou absorbés avec l'air et les 
aliments. Ces avancés ne sauraient être mis en doute, depuis 
les savantes expériences de Pasteur, etc. 

Les organismes aptes à être transportés par l'air ont été 
divisés en quatre groupas, fondés sur leur nature végétale ou 
animale et Jes produits auxquels ils donnent naissance : 

lo. Les sporules ou organismes végétaux, qui donnent nais- 
sance aux champignons parasitaires de la peau et des mu- 
queuses, aux moississures, à beaucoup de fermentations propre- 
ment dites et de fermentations anormales, telles que les 
maladies des vins. 



100 l'union médicale bu canada 

pent, se reproduisent, et sont détruits par un grand nonibi*e der 
poisons organiques et inorganiques, tout comme les autres 
êtres vivants. 

Les ferments non figurés ou colubles sont répandus soit dans 
les parties aqueuses des ferments figurés eux-mêmes, soit dans 
les liquides des organismes plus complexes, comme la salive, 
le suc gastrique, le suc pancréatique, soit enfin dans les diver- 
ses régions des plantes. Ces ferments sont sur Textrême limite 
de l'organisation. Ils ne sont pas détruits par les poisons. 
Par la fermentation ils s'épuisent. On peut remplacer ces 
fermentations par des actions chimiques, exemple : La ptyaline,. 
ferment non figuré de la salive, transforme l'amidon en glucose, 
de même avec l'acide sulfurique on produit sur l'amidon le 
même phénomène. 

Môle du ferment, — Comment s'expliquer le rôle du ferment 
non figuré sur le liquide fermentescible ? On est bien obligé 
d'invoquer la théorie allemande ou de contact et dire que la 
fermentation est due à la transmission au corps fermentescible, 
d'une certaine quantité de mouvement initial ou continu, dont 
l'origine ou la cause se trouve dans la transformation même 
du ferment. 

L'action du ferment figuré est plus mystérieuse et c'est celle 
qu'il nous importe le plus d'étudier. Pasteur prétend, qu'à 
chaque fermentation à ferment figuré, correspond un ferment- 
spécifique, vivant aux dépens de la matière fermentescible,. 
qu'il transforme en acide carbonique et^alcool, en acide lactique,, 
et acide butyrique et hydrogène, comme un mammifère, pai* 
exemple, transforme, dans son organisme, un grain de blé en 
urée, eau et acide carbonique. 

Berthelot soutient que, dans le corps du ferment orga-^ 
nîsé, la matière fermentescible, un instant absorbée, ren- 
contre un ou plusieurs ferments solubles ou non figurés, qui 
constituent sa fermentation, de la même manière que, dans le 
corps du mammifère, c'est par le suc poncréatique et la ptyaline 
de la salive, que l'amidon s'est transformé en sucre. 

Quoiqu'il en soit de ces opinions, tous les deux ^'accordent 
sur ce point principal, que plusieura fermentations ont pour 
cause des ferments spécifiques, et que ces ferments sont des 
êtres organisés et vivants, végétaux ou animaux. 

Origine du ferment figure. — D'où proviennent ces ferments 
dits figurés ou vivants ? Les uns ont prétendu que ces petits 
organismes naissaient spontanément dans les substances azotées 
en voie du putréfaction. D'autres soutiennent qu'ils existent 
tout formés dans l'air, et qu'ils n'attendent pour se reproduire 
qu'un milieu favorable à leur développement. Parmi les par- 



L*UNION UfDIOALE IXC CANADA 101 

^îsans^ de la génération spontanée, je citerai Mitscberlick, 
Scholsberger, rouchet, Tarpin etc , parmi les adversaires de 
•cette théorie, les pins illastreâ sont Spallanzani, Cognard de 
Latour et enfin Pasteur. 

^' En 1859 Pasteur annonçait, à la société chîmîqne de Paris, 
qn'ajant filtré de Tair à travers des tampons de coton-poudre, 
il en avait retiré divers corpuscules organisés auxquels il attri- 
buait les faits de génération dite spontanée et de fermentation. 
Plus tard il démontrait expérimentalement que l'air est le 
véhicule d'un grand nombre de germes, et il concluait que ces 
êtres organisés qu'il avait découverts dans les fermentations 
butyrique, lactique, tartrique, malique etc , n'étaient autres 
que quelques-uns de ceux qu'il venait de démon ti'er exister 
dans l'air. 

Ces belles expériences ont été le coup de grâce de la théorie 
des générations spontanées, laquelle est à peu près abandonnée 
maintenant. 

Messieurs, il n« serait pas sans intérêt pour nous d'étudier 
les fermentations proprement dites et les fermentations physio- 
logiques, dans tout leur détail ; mais comme un semblable cadre 
nous mènerait trop loin, j'en arrive immédiatement aux 
fermentations pathologiques. 

" Elles peuvent se diviser en deux grandes classes: !<> celles 
qui sont inaptes à reproduire les cause-^ infectueuses, 2o cejles 
qui peuvent régénérer le virus ou le ferment initial. La pre- 
mière clause a pour cause des ferments non figurés, qui se 
détruisent par leur action et ne peuvent se reproduire, telles 
sont les maladies par infection putride et les maladies à venir. 

La deuxième classe de fermentations pathologique, e^t sous 
la dépendance de ferments figurés ou vivants, végétaux ou 
animaux. Ces petits êtres vivent, en détruisant la trame de 
nos tissus, se reproduisent et peuvent, en passant dans d'autres 
sujets, produire les naêmes désordres ou mieux donner nais- 
sance à des maladies semblables. 

Les maladies spécifiques et parasitaires sont produites par , 
des germes déposés sur la peau ou absorbés avec l'air et les 
aliments. Ces avancés ne sauraient être mis en doute, depuis 
les savantes expériences de Pasteur, etc. 

Les oi'ganismes aptes à être transportés par l'air ont été 
divisés en quatre ffroupos, fondés sur leur nature végétale ou 
animale et les produits auxquels ils donnent naissance : 

lo. Les sporules ou organismes végétaux, qui donnent naiS' 
sance aux champignons parasitaires de la peau et des mu- 
queuses, aux moississures, à beaucoup de fermentations propre- 
ment dites et de fermentations anormales, telles que les 
maladies des vins. 



100 l'union médicale bu canada 

pent, 86 reproduisent, et sont détruits par un grand nonibi*ede 
poisons organiques et inorganiques, tout comme les autres 
êtres vivants. 

Les ferments non figurés ou Bolubles sont répandus soit dans 
les parties aqueuses des ferments figurés eux-mêmes, soit dans 
les liquides des organismes plus complexes, comme la salive, 
le suc gastrique, le suc pancréatique, soit enfin dans les diver- 
ses régions des plantes. Ces ferments sont sur Textrème limite 
de Torganisation. Ils ne sont pas détruits par les poisons. 
Par la fermentation ils s'épuisent. On peut remplacer ces 
fermentations par des actions chimiques, exemple : La ptyaline,. 
ferment non figuré de la salive, transforme Tamidon en glucose, 
de même avec Tacide sulfurique on produit sur l'amidon le 
même phénomène. 

Aôle du ferment, — Comment s-expliquer le rôle du ferment 
non figuré sur le liquide fermentescible ? On est bien obligé 
d'invoquer la théorie allemande ou de contact et dire que la 
fermentation est due à la transmission au corps fermentescible, 
d'une certaine quantité de mouvement initial ou continu, dont 
l'origine ou la cause se trouve dans la transformation même 
du ferment. 

L'action du ferment figuré est plus mystérieuse et c'est celle 
qu'il nous importe le plus d'étudier. Pasteur prétend, qu'à 
chaque fermentation à ferment figuré, correspond un ferment 
spécifique, vivant aux dépens de la matière fermentescible, 
qu'il transforme en acide carbonique et^alcool, en acide lactique, 
et acide butyi'ique et hydrogène, comme un mammifère, pai* 
exemple, transforme, dans son organisme, un grain de blé en 
urée, eau et acide carbonique. 

Berthelot soutient que, dans le corps du ferment orga- 
nisé, la matière fermentescible, un instant absorbée, ren- 
contre un ou plusieurs ferments solubles ou non figurés, qui 
constituent sa fermentation, de la même manière que, dans le 
corps du mammifère, c'est par le suc poncréatique et la ptyaline 
de la salive, que l'amidon s'est transformé en sucre. 

Quoiqu'il en soit de ces opinions, tous les deux b'accordent 
sur ce point principal, que plusieurs fermentations ont pour 
cause des ferments spécifiques, et que ces ferments sont des 
êtres organisés et vivants, végétaux ou animaux. 

Origine du ferment figure. — D'où proviennent ces ferments 
dits figurés ou vivants ? Les uns ont prétendu que ces petits 
organismes naissaient spontanément dans les substances azotées 
en voie du putréfaction. D'autres soutiennent qu'ils existent 
tout formés dans l'air, et qu'ils n'attendent pour se reproduire 
qu'un milieu favorable à leur développement. Parmi les par- 



L*UNION IfÉDICALS I>C CANADA 101 

'^isan:^ de la génération spontanée, je citerai Mitscherlick, 
Scholsberger, rouchet, Turpin etc , parmi les adversaires de 
•cette théorie, les pins illastres sent Spallanzani, Cognard de 
Latour et enfin Pasteur. 

" En 1859 Pasteur annonçait, à la société chimique de Paris, 
qu'ayant filtré de Tair à travers des tampons de coton-poudre, 
il en avait retiré divers corpuscules organisés auxquels il attri- 
buait les faits de génération dite spontanée et de fermentation. 
Plus tard il démontrait expérimentalement que l'air est le 
véhicule d^un grand nombre de germes, et il concluait que ces 
êtres organisés qu'il avait découverts dans les fermentations 
butyrique, lactique, tartrique, malique etc , n'étaient autres 
que quelques-uns de ceux qu'il venait de démontrer exister 
dans l'air. 

Ces belles exjîériences ont été le coup de grâce de la théorie 
des générations spontanées, laquelle est à peu près abandonnée 
maintenant. 

Messieurs, il ne serait pas sans intérêt pour nous d'étudier 
les fermentations proprement dites et les fermentations physio- 
logiques, dans tout leur détail ; mais comme un semblable cadre 
nous mènerait trop loin, j'en arrive immédiatement aux 
fermentations pathologiques. 

" Elles peuvent se diviser en deux grandes classes: 1© celles 
qui sont inaptes à reproduire les causes infectueuses, 2o cejles 
qui peuvent régénérer le virus ou le forment initial. La pre- 
mière cla^jse a pour cause des ferments non figurés, qui se 
détruisent par leur action et ne peuvent se reproduire, telles 
sont les maladies par infection putride et les maladies à venir. 

La deuxième classe de fermentation-^ pathologique, e^t sous 
la dépendance de ferments figurés ou vivants, végétaux ou 
animaux. Ces petits êtres vivent, en détruisant la trame de 
nos tissus, se reproduisent et peuvent, en passant dans d'autres 
sujets, produire les mêmes désordres ou mieux donner nais- 
sance à des maladies semblables. 

Les maladies spécifiques et parasitaires sont produites par . 
des germes déposés sur la peau ou absorbés avec l'air et les 
aliment?. Ces avancés ne sauraient être mis en doute, depuis 
les savantes expériences de Pasteur, etc. 

Les organismes aptes à être transportés par l'air ont été 
divisés en quatre groupos, fondés sur leur nature végétale ou 
animale et les produits auxquels ils donnent naissance : 

lo. Les sporules ou organismes végétaux, qui donnent nais- 
sance aux champignons parasitaires de la peau et des mu- 
queuses, aux moississures, à beaucoup de fermentations propre- 
ment dites et de fermentations anormales, telles que les 
maladies des vins. 



114 l'union médioalx du oanada 

le filtrant, soit en le chauffant pendant 10 minâtes à 55» cent, 
constitae nn vaccin préservatif du charbon. 

Mais, en oatre, Lemmer a découvert que ce qui était vrai pour 
le chai*bon Tétait aussi pour la septicémie. 

Le procédé de M. Toussaint, pour fabriquer un vaccin anti- 
fiepticémique lui a parfaitement réussi. Soit un lapin septicé- 
inique, son sang inoculé fait succomber un second lapin à la 
septicémie, tandis qu'un autre lapin inoculé avec ce même sang 
préalablement chauffé pendant 10 minutes à 55o non-seulement 
ne meurt pas, mais est vacciné, septicémisé; et, en effet, ce 
même lapin, inoculé plus taixl avec un sang d'une activité con- 
tagieuse rigoureusement établie par une expérience de con- 
trôle, ne contractera pas la septicémie. 

L'auteur espère que des faits de même ordre pourront être 
heureusement reproduits pour les autres maladies infectieuses. 
— (Cent, f, d, med, Wissench.^ 27 novembre). — Lyon Médical, 



De la pneumonie chez les enfants.— Diagnostic- 
Traitement. — M. Jales Simon rappelle le souveoir de deux 
enfants qui lui ont été présentés à la consultation de samedi, 
27 novembre. Tous deux, au premier abord, offraient les 
mêmes symptômes. Le premier sujet, une petite fille, je crois, 
âgée de sept ans, se présente dans un état d'hébétude et de 

Erostration rappelant tout à fait celui de la fièvre typhoïde. 
la peau est sache et brûlante, la langue, d'un rou^e vif sur les 
bords et à la pointe. Le ventre est un peu ballonné et dou- 
loureux; il y a de la toux depuis quinze jours: c'est une 
dothiénentérie. 

A côté de ce tableau, et comme pour lui faire pendant, le 
brillant conférencier place celui d'un garçon de dix ans, que 
8a môre porte dans ses bras. C'est, en apparence, la même 
prostration que précédemment. La langue, Dordée d'un liseré 
rouge, traduit un état fébrile accentué. On est tout naturelle- 
ment conduit à songer à une fièvre typhoïde ; maïs pendant 
l'interrogatoire de la mère, le petit malade fait deux ou trois 
^efforts de toux. Immédiatement on examine la poitrine et 
l'on constate de la submatité à gauche et en arrière, dans 
presque toute la hauteur du poumon ; l'auscultation fait per- 
cevoir un bruit de souffle: il s'agit, dans ee cas, d'une pneu- 
jnonie. 

En résumé, nous avons ici un état général semblable à celui 
qui est produit par la fièvre typhoïde, et provoqué par une 
pneumonie. 



l'union uIdic^le du oânada 115 

Da reste, ce n'est pas là un fait insolite. D*ane manière 

fénérale, la pneumonie s'occompagne chez les jeunes sujets 
'une prostration ressemblant à celle de la dothiénenthérie. 

La fièvre est vive, mais la peau n'est pas sèche ; il y a de la 
^uz sans crachats, car d'habitude les enfants les avalent; le 
cpointde côté est l'exception; d'ailleurs le malade en raison 
•de son âge, peut bien rarement nous 'éclairer à ce sujet. 

Jusqu'à ce moment, c'est-à-dire tout à fait au début, on 
pourra se demander si cet état ne cache pas une fièvre 
•éruptive; passez alors en revue les signes qui annoncent 
l'apparition de ces diveraes fièvres. S'il n'y a eu ni vomisse- 
ments, ni coryza, ni larmoiement, si la conjonctive palpébrale 
n'est pas rouge, et ne présente pas ce que M. Jules Simon 
appelle le coup de pinceaUy il ne faudra pas songer à la rou- 
geole. L'absence des phénomènes qui traduisent la congestion 
de l'axe cérébro spinal feront rejeter l'idée d'une variole. 
Enfin, si une scarlatine devait apparaître, il y aurait les symp- 
tômes d'une pharyngite généralisée. Il ne faudra dès lors 
'balancer qu'entre une fièvre typhoïde et une pneumonie. 

Les phénomènes précités ont-ils fait brusquement leur appa- 
j*ition, il y a tout à parier qu'on aura affaire à cette dernière 
maladie. D'ailleurs l'auscultation lèvera les doutes qui pour- 
raient subsister encore. Au bout de vingt-quatre heures en 
général, il sera facile de percevoir du côte de la poitrine des 
signes qu'on pourrait appeler négatifs. Ce sera souvent une 
diminution du murmure respiratoire, et surtout une expiration 
•caractéristique, brève, étouffée, qui se ti*aduira à l'oreille 
cumme si l'enfant prononçait brusquement un e muet. Le 
lendemain vous commencerez à entendre des r&les crépitants, 
puis du souffle. 

La fièvre tombe souvent dès le cinquième jour. A ce mo- 
ment l'enfant peut encore être prostré, non plus à cause de 
J'hyperthermie, mais plutôt à la suite de la secousse \mprimée 
à l'économie par le brusque changement de la température qui 
descend quelquefois à 36o. 

Le souffle persiste maintes fois sept ou huit jours, comme 
dans un cas rapporté par M. Jules Simon, en sorte qu'un mé- 
decin qui ne serait pas prévenu du fait, poujrait croire à une 
induration chronique du poumon. Il ne faut donc pas se 
tromper à ce signe et se rappeler, en thèse générale, que, plus 
l'apparition du souffle est tardive chez les jeunes sujets, plus 
il met de temps à disparaître. 

Il n'est pas rare de voir la pneumonie se montrer inopiné- 
ment, et s'accompagner de vomissements et de convulsions. 
X'abattement du petit malade est complet ; les traits expriment 



^ 



116 L*UKION MàDICALB DU CANADA 

l'hébétude. Le médecin, appelé à ce moment, interprète fktzs— 
sèment ces symptômes qui semblent indiquer ce qae Ton est 
convenu d'appeler Tétat cérébral et laisse échapper le mot de 
méningite commençante. Certes, le diagnostic peut être diffi- 
cile et l'embarras du praticien est aisé à comprendre; mais il 
ne faut jamais se hâter de se prononcer sur une affection dont 
on doute. Si vous avez des raisons de ci*oire à une méningite, 
contentez-vous in petto d'en soupçonner l'existence, mais n'af- 
firmez rien, car lorsqu'il s'agira d'une pneumonie, cet aspect 
cérébral peut disparaître en vingt-quatre heures, et l'ausculta- 
tion vous permettra de poser le véritable diagnostic. 

Traitement, — Nous avons dit que la pneumonie chez l'enfant 
s'accompagne presque toujours d'un état de prostration, rap- 
pelant celui de la fièvre typhoïde. La première indication qui 
ressort nettement de cette situation, c'est de soutenir le patient 
et de lui permettre de vivre jusqu'à ce que la maladie ait 
accompli son évolution. Il ne faut consulter que la résultante 
des forces de l'économie, quid valeant humeri. 

Ne donnez pas de vomitif, sous prétexte de débarrasser les 
bronches deâ produits morbides qui les obstruent. Le petit 
malade sera tellement affaibli, qu'il ne pourra réagir, le vomis* 
sèment ne se produira pas, et le résultat le plus clair obtenu 
par cette pratique, aura été de débiliter encore le patient. 
Insistez plutôt sur l'alcool, qui agira contre la maladie commo 
une épée à deux tranchants, en diminuant la température et 
en soutenant les forces de l'enfant. 

Deux ou trois jours après le début de la pneumonie, mettez 
un petit vésicatoire volant, que vous pourrez remplacer en- 
suite une ou deux fois, si le souffle persiste. On le laissera en 
place, trois, quatre, cinq heures au plus. Il est difficile, sans 
aoute, de bien interpréter l'action physiologique de ce médica- 
ment, et il est des médecins qui le rejettent absolument de 
leur pratique, mais il donne de oons résultats, et jusqu'à plus 
ample informé, ne vous privez pas d'un agent qui a fait ses 
preuves. — Le Concours médical. 



Ménin^te tuberculeuse.— Diagnostic.— Nous avons 

vu, samedi dernier, un enfant de trois ans, malade depuis quinze 
jours, et qui nous a été apporté à la consultation par une con* 
cierge. Cette femme n'a pu nous éclairer à son sujet. Tout 
ce qu'elle a pu dire, c'est que le patient était abandonné, seul 
dans nne mansai'de, pendant que son père travaillait, et qu'un 
médecin du bureau de bienfaisance L'a visité «ne fois. Il n'est 



I 



l'union MÉDIOALE du CANADA 117 

• donc pas facile d'être renseigné sur les premiers temps de la 
-maladie. 

Ce qai frappe d'abord chez cet enfant, c'est l'aspect céré' 
bral* qu'il présente. Le cou est raide, la tête rejetée en arriére, 
la figure stupéfié, grimaçante par moments. Il y a du stra- 
bisme, de rinégalité des pupilles. Les facultés intellectaelles 
semblent obtuses, le maltule entend mal. En outre, on remar- 
que de l'hémiparésie à droite. 

Il y a an léger état fébrile ; la respiration est inégale et irré- 
guliére, le pouls bat lentement et sans i^gularité. 

Il ne faut pas songer à une fièvre typhoïde, car dans cette 
affection, et sans rappeler tous les symptômes qui la carcté- 
risent, la température est beaucoup plus élevée ; on ne remar- 
que ni strabisme, ni irrégularité de la respiration. Enfin; le 
pouls est régulier. Elle peut débuter, il est vrai, par des vomis* 
seménts, des cris de la nuit; il peut même y avoir un état 
d'allanguissement qui pourrait dans certains cas simuler l'as- 
pect cérébral, mais les caractères de la fièvre et du pouls, sur- 
tout après quinze jours, la feront différencier facilement de la 
méningite tuberculeuse. 

La méningite tuberculeuse, se traduit d'abord par de la dou- 
leur de tète, des cris nocturnes, dits cris hydrencéphaliques. 
En même temps il y a une grande agitation plus marquée la 
nuit. L'enfant a l'aspect cérébral : les sourcils sont froncés, 
il y a du strabisme, de l'inégalité des pupilles; la vision est 
obtuse, la figure grimaçante par intervalles. 

On remarque, en outre, des alternatives de rougeur et de 
pâleur «de la face, se succédant presque au même moment. U 
faut noter que les vomissements sont spontanés, subits, se pro- 
duisant sans efforts, et par une contraction brusque et spasmo- 
dique de l'estomac et de l'œsophage. Ils ont encore ceci de 
particulier, c'est qu'ils se répètent à chaque instant. Dans la 
rougeole, la variole, etc., nous trouvons bien des vomissements, 
mais ils se font avec plus d'efforts et ne sont pas, à beaucoup 
près, aussi fréquents que dans la méningite. 

Le ventre est excavé en bateau, la constipation opiniâtre et 
résistant à tous les médicaments. Les mouvements de la cage 
thoracique perdent un peu déjà de leur rhythme habituel; ils 
commencent à montrer une légère irrégularité. On ne cons- 
tate pas beaucoup de fièvre ; le pouls est précipité mais n'of- 
ii^ant pas toujours la même fréquence. Ainsi, par exemple, il 
pourra battre à 130 le matin, et à 90 le Koir. 

Cette première phase que Ton désigne sous le nom de période 

d'excitation, dure en moyenne de huit à dix jours; puis, à ces 

, phénomènes qui peuvent aller jusqu'à de petites convulsions et 



118 l'union médicale bu CANADA 

à des contractures passagères, succède parfois une sorte dd 
paralysie. La période d'accalmie commence. La fièvre tombe,, 
l'enfant peut même recouvrer une partie de son intelligence. 
Ke vous laissez pas induire en erreur par ce symptôme qui ne 
manque pas de rendre Tespoir aux parents, et si jusqu'à ce 
moment on soupçonné la maladie sans pouvoir l'affirmer, il 
existe alors un signe capital, pathognomonique^ c'est le ralen-r 
tissement et rirrégularité du pouls. Dès que vous le constatez 
vous pouvez être sûr que vous avez affaire à une méningite 
tuberculeuse, c'est-à-dire à une affection qui ne pardonne pas. 
-*-Le Concours Médical. 



PATHOLOGIE ET CLINIQUE OHIBUBGia ALES. 



Le mal de Pott. — ^Le mal de Pott est une affectîom com- 
plexe qui consiste dans une altération profonde ou des vertô- 
Dres ou d^ disques intervertébraux, caractérisée par l'élimina- 
tion de la partie nécrosée et par une cicatrisation osseuse. 

Les uns*ont admis une néorose, d'autres une carie. Nélaton 
voulait que ce f\it toujours une forme du tubercule du corps 
des vertèbres; en somme, c'est toujours une affection amenant 
de la destruction des os. 

lo Période d'invasion; 

2o Période de destruction ; 

3 Période de réparation. 

Pott n'admettait pas la période de réparation, mais ce der- 
niej ne s'adressait qu'à des adultes, et on sait qoe chez les^ 
adultes le mal de Pott est toujours mortel, tandis que chez les 
enfants il guéiît. 

lo. Période d'invasion, — Le mal de Pott peut commencer 
par les ligaments ou les os, et l'ulcération se former au centre 
ou à l'extérieur de la vertèbre. 

Dans certaines circonstances il y a une simple érosion, en 
coup d'ongle qui a enlevé comme un copeau à la colonne verté- 
brale; cette érosion s'agrandissant, peut s'étendre à une ou^ 
plusieurs vertèbres. M. de Saint-Germain insiste beaucoup 
sur cette éi*osion en coup d'ongle, qui peut expliquer les maux:: 
de Pott prolongés, c'est ce que l'on appelle la forme ulcéreuse. 
Il se forme des abcès non accompagnés de gibbosité, car il faut 
un certain temps pour que la vertèbre s'use. 

Dans d'autres cas, il se forme an tubercule dans le corps dû > 



L*UNION MÉDICALE DU CANADA 119 

la vertèbre ; ce tubercule a une période de crudité, une do 
ramollissement et une de suppuration. 

Une fois donc la vertèbre réduite à Tétat de bouillie, la colonne 
vertébrale s'infléchit, il se forme une gibbosité. La colonne 
vertébrale peut résister pendant un certain temps ^ la destruc- 
tion de la vertèbre, gi-âce'à la partie postérieure de cette der- 
nière. Pour comprendre ce phénomène, divisons, avec Boa* 
vier la colonne vertébrale en aeux parties : le rachis antérieur 
et le rachis postérieur. 

Le rachis antérieur comprend le corps des vertèbres, le 
rachis postérieur comprend tes apophyses épineuses avec leurs^ 
lames et les apophyses transverses. Une fois le rachis anté- 
rieur détruit, c'est le rachis postérieur qui soutient la colonne } 
mais on comprend combien ce point d'appui est faible et que 
le moindre traumatisme puisse faire effondrer la colonne. li 
y a donc un ti*avail préexistant qui mine la vertèbre, et le 
traumatisme qui arrive, ne fait qu'accélérer la marche des 
choses ; jamais donc le mal de Pott n'est traumatique d'emblée. 

Quand les choses se passent lentement, dès que le corps de 
la vertèbre est assez ramolli pour être incapable de supporter 
le poids du tronc, il s'affaisse sur lui-même; la vertèbre supé- 
rieure manquant d'appui en avant, mais soutenue en arrière 
par les apophyses épineuses, exécute un mouvement de bascule 
par lequel son apophyse épineuse se redresse et devient sail* 
lante; de là une gibbosité. 

Période de destruction, — La formation de l'angle caractérise 
cette période. Cet angle est à peu près médian ; il a un carac- 
tàre particulier, il est brusque. Jamais ce n'est une convexité 
postérieure analogue à une cyphose, c'est un véritable pro- 
montoire. 

Quelquefois, cependant, la courbure du mal do Pott peut 
ressembler à une gibbosité cyphotique ; s'il n'y a qu'aune ou 
deux vertèbres de détruites, l'angle est aigu, mais s'il y en a 
cinq, six et même huit vertèbres atteintes, l'angle est moin» 
prononcé. La gibbosité est médiane, car le tubercule enkysté 
se tix)uve au milieu de la colonne ; il peut se trouver cepen- 
dant sur les parties latérales, de là, inflexion du tronc soit à 
droite, soit à gauche ; on cite même le mal de Pott postérieur. 
Le malle de Pott peut être multiple. Bouvier a trouvé deux 
cas dans lequels il y avait deux et trois maux de Pott; dans ce 
dernier, chaque mal de Pott était eépai*é par des intervalles de 
vertèbres saines avec une série de petits promontoires séparés- 
par des concavités. 

Période de réparation, — Quand il n'y a qu'une érosion, la 
réparation est simple; il se produit une sorte de bourgeon ne* 



120 L^UNION MÉDICALE DU CANADA 

ment et la petite plaie se recoavre. Cette réparation est si 
facile que beaacoiip de cas do mal de Pott ont pu passer ina- 
perçus. 

Lorsqu'il y a effondrement, il se passe un phénomène analo- 
gue aux guérisons des fractures. La cavité bourgeonne, de 
véritables parties osseuses partent des parties supérieures et 
inférieures, empêchant la gibbosité de s'accroître. Au bout 
<l'un cei*tain temps, les stalacties osseuses disparaissent en 
partie, et dans la cavité on ti*ouve un tissus osseux éburné qui 
constitue le cal. 

Lésion de la moelle, — La moelle est rarement atteinte ; quel- 
quefois on observe des fourmillements, une faiblesse des mem- 
bres, de la paraplégie avec incontinence d'urine et des matières 
fécales; tous ces faits sont rares. La moelle ne peut être 
Atteinte que dans la formation de Tangle, mais le racnis posté- 
rieur la protège ; les lésions peuvent exister dans le cas d effon- 
-d rement brusque. 

Diagnostic. — 1o Période latente. L'enfant menacé se fatigue 
sans avoir rien fait, il y a une fatigue générale qui se traduit 
par une envie de s'asseoir ou de se coucher, de plus, l'enfant 
perd le sentiment de l'équilibre; il s'appuie sur les meubles 
en passant dans un chambre, et ne va jamais directement d'un 
point à un autre ; le soir il a un petit accès de fièvre ; il se 
plaint habituellement des reins. 

2e Période, — L'enfant a des cris nocturnes; le premier est 
niga comme s'il avait reçu un coup; ce qui arrive dans le pre- 
jnier sommeil, comme dans la coxalgie, parce que souvent àce 
moment l'enfant éprouve comme une sensation de chute, de 
glissement; alors, par un mouvement brusque, il contracte 
fortement ses muscles spinaux, avec l'intention de se rattraper 
ou de se reteuir. Ce phénomène est assez fréquent chez les 
iidultes. 

Il y a une douleur fixe qui siège toujoura sur la colonne ver- 
tébrale au niveau de la vertèbre malade. 

On constate de la raideur dans les mouvements de la colonne 
Tertébrale ; c'est facile à vérifier par la suspension par les 
pieds. On place Tenfant sur le ventre et on lève ses jambes 
par les malléoles; si l'enfant est sain, la colonne vertébrale, 
semblable à un grand ressort, formera une courbe très pronon- 
cée ; s'il y a mal de Pott, le petit malade fait le gros dos, sa 
colonne vertébrale se tient raide. 

On pourrait confondre le mal de Pott avec la scoliose, mais 
qui dit mal de Pott dit immobilisation spontanée ; dans la sco- 
liose, au contraire, il y a grande mobilité, grande souplesse, 
«ans jamais de douleurs. La cyphose rachitique peut simuler 



l'union MÉDIOALE du CANADA 121 

'Vn mal de Pott où il y aurait plusieurs vertèbres atteintes ; on 
«ait que la c7pho:«e rachitioue est très rare chez Tenfant. 

Le diagnostic différentiel avec la rachialgie rhumatismale 
sera fait par le siège et la dunée de la maladie ; nous ne ferons 
que citer le lumbargo, qu'on n'observe pas chez l'enfant. 

Formes du mal de Pott. — On a prétendu que, suivant la forme 
de la gibbosité, suivant la forme et la courbure et suivant la 
région, on pourmit distinguer le genre de lésions : tout cela est 
inexact Le seul signe que l'on puisse donner, c'est l'abcès 
pai*faitement limité au i*achis; dans ce cas, il 7 a un mai de 
Pott probable par érosion. 

Conséquences du mal de Pott. — Le produit du mal de Pott est 
l'abcès par congestion, surtout dans la forme tuberculeuse. 
Ces abcès sont station naii'es ou migrateurs. Si le pus reste sur 
place, il s'accumule et vient faire saillie sous la gibbosite. Si le 

Î)us est abondant, il fuse, arrivé dans la fosse iliaque, passe sous 
'arcade de Fallope, se monte à la partie interne de la cuisse 
et peut descendre jusqu'au genou; c'est l'abcès ilio fémoral. 

D'autres fois le pus fuse en arrière par l'échancrure sciati- 
que, de là dans la fesse, arrive à la partie posténeure de la 
cuisse jusque dans le creux poplilé. 

Diagnostic d'un abcès par congestion. — Il faut d^abord avoir 
soin de purger l'enfant, ensuite on le place sur le dos, on lui 
fait fléchir les cuisses et ouvrir la bouche, afin de mettre les 
muscles abdominaux dans un état complet de relâchement; si 
Ton n'y arrive pas par ce moyen, on emploie le chloroforme. 
Puis, en déprimant doucement la paroi abdominale, et allant à 
la rencontre de la colonne vertébrale, on sont un boyau allongé 
venant se peinlre dans la fosse iliaque. Lorsque l'abcès a passé 
sous l'arcade de Fallope, il est facile à diagnostiquer, ou pour- 
rait tout au plus le confondre avec un abcès ganglionnaire; un 
tibcès par congestion est fluctuant et réductible ; avec une main, 
déprimant la paroi abdominale, et l'autre pressant sur l'abcès 
au niveau de l'arcade do Fallope, on peut facilement se renvoyer 
le pus par fluctuation. 

L'abcès postérieur est plus difficile à reconnaître : on peut 

îe confondre dans l'échancrure sciatique avec un cancer encé- 

phaloïde, avec une sciatique, à cause de la douleur produite 

par compression du nerf sciatique ; la tuméfaction quelquefois 

•énorme de la fesse peut mettre sur la voie. 

On peu confondre les abcès par congestion avec les abcès 
•ossifluents venant des côtes ou du sternum ; ces dernière ne 
sont pas loin et sont toujours accompagnés de douleurs soit du 
•côté ou des côtes, soit du côté du sternum. 

La myélite pourrait être confondue avec une paraplégie du 
«mal de Pott ; cette dernière est bru-^que et guérit oi-dinairement 



122 l'union médicale du canada 

au boat de trois mois à la suite de repos, tandis que cela u ^ar- 
rive pas pour la myélite. 

Pronostic. — Il se divise en deux cas : chez Tadulte, le mal de- 
Pott est mortel, chez Penfant le plus souvent il guérit, à moins 
d'affections thoraciques tuberculeuses. 

Traitement. — Au point de vue du traitement, on peut diviser 
le mal de Pott en trois classes : 

10 Mal de Pott sans paralysie ni abcès ; 
^o Mal de Pott avec paralysie ; 

30 Mal de Pott avec abcès. 

En tant que mal de Pett, le mal de Pott guérit ; mais il est 
incurable par ses complications qui sont : soit la tuberculose, 
soit la méningite, soit le carreau, soit les abcès par congestion. 

1er cas. Mal de Pott sans abcès ni paralysie : le premier symp- 
tôme est la gibbosité. Dans ce cas on peut faire intervenir 
rétat général, c'est-àdire si ce mal de Pott tient à la syphilis; 
on pourra alors donner le traitement mixte (Bouvier). M. de 
Saint-Germain ne croit pas au mal de Pott syphilitique. 

Si la cause est la scrofule, administrer l'iode sous toutes les 
formes; en second lieu, les sulfureux en bains, en boissons; 
en troisième lieu, les phosphates. Bouvier a nié l'influence des 
phosphates: M. de oaint-Germain, au contraire, dit que les 
phosphates bien administrées, produisent de bons résultats, 
snrtout sous la forme du lactophosphates. 

Les bains de mer ont aussi une grande influence, mais il faut 
les donner dans un moment propice. Dans le premier cas de 
mal de Pott, il y a deux périodes: la première ou période 
aiguë, est celle dans laquelle il y a des poussées inflamma- 
toires ; les bains de mer seront sans résultat. Il faut les donner 
dans la période chronique, et encore faut-il prendre la précau- 
tion de ne pas les donner froids, à moins que l'enfant ne se 
trouve dans des conditions spéciales, qu'il soit très fort, que son 
système nerveux soit peu sensible. Le bain de mer doit être 
donné chaud, jamais pur au commencement; car il développe 
de l'insomnie, un appétit exagéré, de la faiblesse, etc.. ; on 
commence d'abord par mettre f eau douce pour J eau de mer, 
puis i eau douce et ^ eau de mer, ensuite § eau de mer et ^ eau 
douce. 

Antoine Dubois avait préconise un spécifique qui a eu une 
grande vogue ; c'était le Uniment ammonical. 

11 faut lutter énergiquement contre la tendance des médecins 
qui conseillent l'exercice, parceque, disent-ils, un enfant enfer- 
mé dans une gouttière, ne sortant pas, ne s'amusant pas, devient 
presque toujours phthisique ; au contraire, M. de Saint-Ger- 
main a toujours remarqué que l'enfant enfermé dans une goût* 



l'union hédioale du canada 123^ 

tiôre engraissait et dit qu'il est toujours possible de le faire- 
sortir de sa gouttière eu ayant bien soin que la colonne vertes 
brale soit maintenue immobile. Bouvier a cité plusieura obser- 
vations d'enfants qui se sont guéris en prenant de l'exercice. 
Ces observations ne sont pas concluantes, parce que l'on avait 
aifaire ou à des cas bénins, ou à une cyphose rachitique. 

Il ne faut pas non plus essayer le redressement ; c'est une 
mauvaise méthode pouvant amener de graves accidents et ne 
donnant pas de résultats pratiques. 

Traitement local. — C'est l'immobilisation. Pour immobiliser, 
le séjour au lit ne suffît pas ; un lit, tant dur soit-il, est toujours 
trop mou, et l'enfant finit toujours par s'y faire un petit creux ;- 
de plus l'enfant se couche comme les petit animaux, ni sur le 
dos, ni sur le ventre, mais en chien de fusil, c'est-à-dire avec 
une tendance à rapprocher son menton de ses extrémités infé- 
rieures. L'appareil qu'on devra employer en premier lieu sera 
la gouttière de Bonnet. Une fois l'enfant placé dans la gont» 
tière, on peut laisser des mouvements aux jambes, mais il faut 
toujours avoir soin que le trono soit bien immobilisé et ne 
jamais laisser enlever la sous-ventrière. 

Si l'on veut sortir les enfants en hiver, on les introduit avec 
leur gouttière dans un sac en fourrure ou en peau de moutoO' 
et on les promène sur une petite voiture d'enfant; il faut sup- 
primer l'usage des grandes voitures qui donnent de trop forte» 
secousses, même lorsqu'elles sont bien suspendues. 

La gouttière de Bonnet remplit bien toutes les conditions 
voulues, mais elle a deux inconvénients: sa masse et sa dureté. 
M. de Saint-Germain a fait construire à bien meilleur marché, 
une gouttière en osier, légère, se pliant dans le sens de la lar- 

Î^eur, et ressemblant assez bien au panneton des boulangei*s^ 
e seul inconvénient de cet appareil, c'est l'imperforation. 

Quant au corset, on ne l'emploie que quand la gouttière est 
devenue inutile ; ce qu'on reconnaît à plusieurs signes : quand 
l'enfant ne souffre plus dans sa gouttière, quand il veut en sor-- 
tir et manifeste le désir de marcher. 

Le coi*set doit répondre à deux indications : 1^ présenter un 
appui solide sur le bassin ; 2o il doit avoir deux tuteurs qui 
remplacent les lames usées de la colonne vertébrale ; il faut 
aussi que le poids de la tête porte le moins possible sur la* 
colonne vertéqrale. 

Doi^on supprimer subitement la gouttière et le corset ? M.^ 
de Saint-Germain n'est pas de cet avis, et conseille de prendre 
un moyen intermédiaire, par exemple le procédé des béquilles- 
qui ont le grand avantage de soustraire la colonne vertébrale^ 
à l'action de la pesanteur, mais l'éducation en est très difiicilc 



^2i L*UiriON MÉDieALE DU OANADA 

L'éminent cbimrgien des onfants a Bubstitaé aux béquilles le 
chariot flamand qui en a tous les avantages sans en avoir les 
inconvénients. 

La gymnastique non-seulement est inutile, mais même nui- 
sible en ce sens qu'elle expose aux récidives. 

Les cautères ont joui d'une grande vogue, surtout en pro- 
vince, parce que, disait-on, ils empêcbaient les abcès. Les cau- 
tères sont au mal de Pott, pour beaucoup de praticiens, ce que 
les sangsues sont à une inflammation. 

Ce qui explique leur grande vogue, c'est qu'ils enlèvent la 
douleur; mais en revanche, ils ont un effet redoutable en ame- 
nant des fistules intarissables. 

M. de Saînt-Grern(iain combat absolument l'usage des cautères, 
mais en revanche, il admet la cautérisation, non pas avec le 
galvano-cautère, mais avec le cautère actuel. 

Les caustiques liquides sont mauvais, parce qu'on ne peut 
pas mesurer l'intensité de la brûlure. 

2e cas. Mal de Pott avec paralysie. Abandonnée à elle- 
même, la paralysie guérit presque toujours. Il y a antagonisme 
^ entre la paralysie et l'abcès par congestion, chose qui parait 
curieuse, mais qui est bien explicable. En effet, dès que la 
moelle est dégagée do la compression produite par le pus et le 
détritus osseux, il n'y a plus de paralysie, il y a production 
d'abcès. 

Le traitement à cette période, est le repos et l'immobilisa- 
tion. On a essayé les bains de mer, traitement ni utile, ni 
inutile, parce qu'il s'adresse plutôt à un état général qu'à un 
état local. 

Il en est de même des frictions et de l'électrisation qui ne 
sont que des moyens adjuvants. 

3« cas. Mal de Pott avec abcès. Si Tabcès s'ouvre spontané- 
ment, cette terminaison, redoutée par beaucoup de médecins, 
n'est cependant pas très fôcheuse, sauf chez l'adulte, à cause 
•des réactions qui peuvent se produire, sur l'organisation (fièvre 
hectique, infections purulentes). Il faut au contraire, laisser 
les abcès s ouvrir seuls, car la fistule qui se produit peut finir 
par se boucher. D'habitude on cherche à évacuer le pus le plus 
tard possible ; il ne faut pas hésiter quand l'abcès s'est enflam- 
jné, ou bien, quand on ci*aint une cicatrice vicieuse ou sur une 
fistule. 

Comment doit-on ouvrir? Bouvier cite, pour le préconiser, 

Je procédé d'Abernethy (méthode sous-cutanée). Mais tout ce 

qui est ponction est presque toujouns nuisible; l'évacuation du 

pus est difficile^ incomplète, à cause des grumaux, des détritus 

•qui se présenten^b à l'embouchure de la canule et l'obstruent ; 



• 



l'union médioalb du canada 125* 

Suis la ponction entraîne toujours l'inflammation 'du pourtour 
e Touverture. 

Chez les enfants où il n'y a que peu^ de réaction, on peut ou-' 
vrir largement. On commence par fendre l'abcès dans son plus 
^rand diamôti'e, on vide et on éponge ; puis on se sert d'un 
instrument très en vogue chez les Allemands, appelé raclette ; 
on écarte les lèvres de la plaie ; on racle la snrmce interne de 
l'abcès, qui se présente sous la forme d'une membrane pyogé* 
nique villeuse, et on transforme cette surface villeuse en une 
surface cruentée. 

L'opération est longue et dure d'une demi-heure à trois 
quarts d'heure ; ensuite on réunit par première intention, en 
ayant soin de ménager deux drains. 

M. Trélat a présenté à la Société de chirurgie un malade opéré 
par ce procédé, dont la guérison avait été complète au bout de 
quatre jours. 

Les fistules ont été traitées par la teinture d'iode (Brunet^ 
Velpeau). I^laton a décrit un procédé plus rationnel: il dila- 
tait le canal de la fistule avec des tiges de laminaria> qu'il en- 
fonçait le plus profondément possible \ une fois ce canal dilaté,, 
il poussait des injonctions de Iiqneui*s de Yillate. Il est proba- 
ble qu'en retirant les tiges de laminaria, il raclait la surface 
du canal, et, transformant ainsi la surface villeuse en surface 
cruentée, il obtenait la guérison. — Revue de Thérapeutique 
Médico-Chirurgicale. 



Traitement dee fractures.— Frappé des ennui», des in- 
convénients ou des dangers, I^ des bandages inamovibles oa= 
amovo-inamovibles amidonnés, dextrinés ou plâtrés; 2^ des 
coques ou valves modelée s en zinc ou autre matière ^ 3^ des 
attelles en bois qui ont pour objet de contenir les tissus autour 
des os léBés, de maintenir ces os en rapport et de paralyser le» 
contractions musculaires, j'ai renoncé depuis longtemps à tous 
ces appareils compliqués pour recourir exclusivement, dan» 
tous les cas de fractures simples, multiples ou comminutives, 
à celui que je vais décrire. 

Fractures simples ou multiples» — Le membre blessé est enve- 
loppé d'ouate, de beaucoup d'ouate^ de première qualité. 

Cette ouate tomenteuse est recouverte ensuite d'une feuille 
de carton très épaisse^ complètement imbibée d'eau, préalable- 
ment coupée et appropriée, pendant son application, de manière 
à embrasser le membre destiné à être immobilisé dans toute 
son étendue et toute sa largeur à l'exception d'un intervalle 
d'environ 1 centimètre qui doit subsister entre" les deux bordi»- 
de la feuille. 



126 l'union médicale du canada 

Par dessus le carton qui se moule comme une pâte molle sur 
le membre, on met un bandage roulé simple assez serré, corn- 
nant plusieurs tours de linge les uns sur les autres. 

On laisse sécher. Voilà tout. 

Ce bandage se compose donc de beaucoup d'ouate^ d'un car- 
ion très épais et d'une quantité suffisante de bandes roulées. 

Fractures comminutives. — Même bandage auquel à l'aide 
d'un canif ou de la pointe des ciseaux on pratique une ou plu- 
flieurs ouvertures correspondant aux plaies cutanées. Ces ou- 
vertures sont bordées d'un morceau de toile de gomme im- 
perméable, qui recouvre en dedans l'ouate, en dehors le carton. 

L'application de ce bandage est très facile. Il faut surtout 
•que le carton soit d'une épaisseur notable. 

On peut le fendre dans toute sa longueur avec des ciseaux 
ordinaires ou dérouler les bandes à volonté. 

La valve unique en carton est assez élastique pour s'ouvrir 
au besoin, et être remise en place après examen des parties 
^blessées. * 

Les plaies extérieures sont pansées à l'aide d'eau alcoolisée^ 
acidulée ou phéniquée, une, deux ou trois fois par jour ; et en- 
tretenues dans un état de sécheresse le plus complet possible, 
sans onguent ni graisse d'aucune espèce. 

Dans le cas de gonflement excessif du membre au moment 
oiii l'on applique le bandage, il y a lieu quelquefois de resserrer 
otl rapprocher, plus tard, les bords longitudinaux du carton- 
valve ou du carton attelle ; cela peut s'exécuter en imbibant ses 
bords d'eau chaude, et en les déchirant ensuite avec les doigts 
d'un bout à l'autre, afin de laisser toujoura entr'eux un intes- 
tice d'environ 1 centimètre. 

Ce bandage est aussi solide que léger. 

Il convient aux petites comme aux grandes fractures, aux 
doigts comme à la cuisse, quelques soient les complications 
possibles. Il se moule exactement sur chaque membre ou chaque 
portion de membre affecté, infiniment mieux que les coques 
modelées et les attelles préparées à l'avance, dont je n'ai jamais 
pu faire usage ; et sans offrir les pressions excentriques^ irregu- 
îièreSy funestes souvent, soit pour les tissus comprimés soit 
pour les fragments osseux refoulés de côté, qu'exercent fré- 
quemment les valves modelées en zinc ou en plâtre et les attelles 
en bois de bandage de Sneltet et autres modes de contention 
des membres fracturés. 

Je pourrais maintenant citer des observations très nombreu- 
ses. J'en ferais un volume. Je l'ai dit ailleurs, déjà bien des 
fois: il ne se passe pas un seul jour, depuis une vingtaine d'an- 
nées, sans que j'aie à traiter un ou deux blessés, en moyenne, 



l'union médicale du canada 12? 

les uns légèrement, les autres grièvement. On conçoit le nom- 
bre de bandages, petits et grands, que j'ai dû appliquer. Plus 
J'en applique et plus je me félicite d'avoir pris le parti de les 
■confectionner d'owafc, de carton et de linge seulement, à Tex- 
<;lusion de tout autre appareil ou ingrédient: C'est très expé- 
•ditif et très avantageux. 

Si je devais maintenant donner un nom au bandage que j'em- 
ploie à l'exclusion de tout autre dans les cas de fractui*es, je 
t'appellerais bandage ouaté, parce que c'est grâce à l'application 
'd'une épaisse couche d'ouate^ conformément aux recommanda- 
. tions du professeur Burggraeve, de Qand, à qui le mérite et 
l'honneur de cette importante révélation devraient revenir 
intégralement, qu'il ma été possible de rejeter amidon, dex- 
trine, plâtre, coques modelées et attelles en bois, pour les rem- 
placer par une feuille de très gros carton empâtée d'eau et mou- 
lée sur le membre blessé. — Hubert Boens. — Le Réveil Médical, 



\ 



Ponction des articulations pour les épanche- 
ments sanguins et purulents. — Depuis l'emploi de la 

•chirurgie antiseptique, la chirurgie des articulations s'est 
transformée. Ce ne sont plus des *' noli me tangere " pour le 
•chirurgien, et on n'hésite plus guère à les ouvrir largement 
pour l'évacuation des liquides normaux et purulents accumulés 
4ans l'intérieur. 

Il y a, toutefois, un certain nombre de cas où ce serait abu- 
ser que de faire subir à la capsule articulaire une grande perte 
•de substance, si la chose peut être évitée en évacuant l'articu- 
lation par des moyens moins radicaux. M, Périer s'est bien 
trouvé d'employer largement la ponction avec aspiration. Mais 
il l'a toujours accompagnée des précautions antiseptiques : la- 
vage phéniqué de la région, lavage des instruments, du corps 
de la seringue avec la solution phéniquée forte, et après l'opé- 
ration enveloppement du membre que l'on immobilise dans 
un large pansement pbéniqué. Il emploie pour ses ponctions le 
plus gi'os numéro des canules de l'aspirateur. 

Il a employé ces ponctions surtout dans les épanchements 
sanguins traumatiques du genou et s'en est bien trouvé. C'est 
^ainsi que récemment sur deux hommes il a fait la ponction, 
tirant dans le premier cas 40 grammes et dans le second 150 
grammes de sang visqueux. Sans autre intervention, ses pa- 
tients, dont le mal ne s'atténuait pas jusque-là, qui souffraient 
«t avaient un membre menacé d'immobilisation, ont rapide- 
ment guén. La douleur a d'abord disparu après cette évacua* 



128 l'union médicale du canada 

tion, même peu abondante, et la convalescence a marché bien 
vite. M. Périer pense que cette manière d'agir est de tous 
les points préféraole à Texpectation avec laquelle le temps de 
la guérison est beaucoup plus considérable et les chances de 
suppuration restent à redouter. 

On ne sait pas toujours en eifet les conditions dans lesquelles 
Bui'vient la suppuration, témoin le cas d'un homme de 45 ans 
actuellement encore dans le service, qui avait fait une chute 
sur le genou droit en tombant d*un tramway. Il avait eu un 
épanchement intra-articulaire immédiat, point d'apparence de 
réaction inflammatoire, et 10 jours après l'accident Paspect du 
genou mettait en droit de penser qu'il n'y avait dans cette 
articulation que du sang pur ne se résorbant pas. Dans cetto 
pensée M. Périer décida de pratiquer la ponction. Celle-ci 
donna du pus bien lié. Le genou avait 8uppui*é sans réaction 
dans ce court espace de temps. Il est juste d'ajouter qu'après 
cette simple ponction, et sans l'application d'un topique réso- 
lutif quelconque, la guérison se fit rapidement et sans en- 
combre, et aujourd'hui, six semaines après l'accident, le genou 
est dans le meilleur état. 

L'indication de la ponction peut se rencontrer dans des cas 
plus graves encore, un homme, actuellement dans le service, 
est depuis longtemps atteint d'une tumeur blanche du genou. 
Des phénomènes inflammatoires ont éclaté de nouveau du côté 
de son genou depuis peu, et un abcès évident s'était formé 
auprè3 de la tête du péroné gauche. En même temps le genou 
se distendait par du liquide. 

Il était bien difficile de savoir s'il y avait communication 
entre l'articulation et le voisinage de la tète du péroné, ou si 
les phénomènes inflammatoires vei*s le péroné et le tibria s'ac- 
compagnaient seulement d'épanchement séreux dans le genou. 

Les douleurs articulaires étaient vives, la température 
constamment élevée. M. Périer jugeait que si on avait eu la 
certitude qu'il y eût du pus dans le genou, l'indication do 
l'ouvrir largement était formelle. Il se décida à faire une ponc- 
tion dans le genou, se promettant d'incieer largement la cap- 
sule sur la canule s'il trouvait du pus à la ponction. L'aspira- 
teur ramena 80 grammes de pus environ ; et cependant 
M. Périer eut la pensée, avant de recourir à l'incision, d'em- 
ployer le procédé très répandu en Allemagne, qui consiste à 
distendre l'articulation en y injectant de l'eau phéniquée à 
1/20, à bien laver l'articulation avec ce liquide et à le réaspirer. 

Cette manœuvre fut suivie de- l'effet le plus favorable. La 
fièvre tomba immédiatement pour ne plus remonter. Il y avait 
de vives douleurs, le genou devint insensible, et, à l'heui'O 



L*UNION MÉDICALE DU OANADA 129 

qu'il est, 15 joars après Topération, Tétat est lo plus satisfais 
saut et les choses paraissent marcher vera la guérîson. 

Dans ces diverses circonstauces la ponction de rarticulation 
a joué un rôle très favorable, et M. ï^érier pense qu'on peut 
Tatiliser dans la pratique beaucoup plus qu'on ne le fait gêné- 
jalement, à la condition toutefois d'employer des précaution» 
antiseptiques qui en assurent l'innocuité. — Journal de Médecine 
H de (Mrwrgie. 



Traitement de Tadénite strumeuse par le ther-* 
mocautère. — Oangrène dans le lipome. — M. Périer 

montrait dans ses salles un excellent exemple d'un traitement 
T des aJénites strumeuses, qui a été recommandé par plusieurs 

' chirurgiens. Il consiste à travei*ser, en une série de points, le 

fangiion malade et plus ou moins suppuré avec une pointe 
ne de thermocautère. Gela donne une ouverture immédiate,, 
une issue facile du pus, et provoque une réaction salutaire 
dans le ganglion, qui mène à la guérison. 

Un jeune homme de dix- neuf ans, batteur d'or, était atteint, 
depuis ti*ois mois, d'une adénite volumineuse et ti*ès doulou- 
reuse du pli de l'aine droit. Il souffmit, et la tumeur n'avait 
aucune tendance vers la résolution. M. Péner, avec la pointe 
du thermocautère, la traversa en six points différents, il y a 
I huit jours. Il y avait fort peu de pus. Mai» en revanche la 

^^ tumeur se métamorphosa avec une rapidité extraordinaire,, 

car, huit jours après l'opération, elle est n^connaissable ; la 
résolution est si bien faite, que sous peu toute trace en aura 
disparu. 

Une femme de soixante-six ans présentait une transforma- 
tion de lipome qui n'est pas très commune, une véritable 
gangrène. Cette femme portait depuis vingt ans, à la partie- 
interne et supérieure de la cuisse, presque au-dessous du pli de- 
l'aine, un lipome du volume des deux poings. Cette tumeur 
était devenue fort gênante, et la pauvre femme avait les plus* 
'^ grandes peines pour s'asseoir et pour marcher. Malgré cela,, 

elle menait une existence très fatigante, et probablement sous 
l'influence des irritations répétées de la surface de la tumeur 
la peau s'altéra, une partie de la surface s'ulcéra, une portion 
du lipome se gangrena au centre et il se forma une véritable 
caverne gangreneuse qui, depuis deux mois, donnait lieu à un 
écoulement de suppuration infecte. Chaque jour la caverne 
centrale disait des progrès. Il était grand temps d'intervenir, 
et M. Périer procéda à l'ablation de cette tumeur en sacrifiant 
nne étendue considérable de la peau très altérée. Malgré de» 

9 



130 l'union médioale du canada 



<ïDnditîons très défavorables, dôs lo lendemain de Topëration, 
&ite suivant la méthode antiseptique, la réunion était excel- 
lente dans les points rapprochés. 

Cet accident dans la marche du lipome se rencontre à la 
iSnite d'irritation vive déterminant dans la tamear des phéno- 
mènes inflammatoires. L'indication de l'ablation est alors 
formelle, à cause de la fétidité extrême de la suppuration et 
4es complications qui peuvent survenir. — Journal de Médecine 
^tde Chirurgie. 

OBSTÉTRIQUE ET aYNÉ0OL6GIK 



Traitement de la " phlegmatia alba dolens."— M. E. 

'Troisier résume ainsi, dans sa thèse d'agrégation, les moyens 
thérapeutiques employés pour le traitement de la phlegmatia 
.alba dolens chez la femme enceinte : application de sangsues si 
la douleur est bien localisée, et de ventouses scarifiées si elle 
•est vague, diffuse ; fVictions avec la pommade mercurielle sim- 
;ple ou belladonnée jusqu'à salivation ; application d'un vésica- 
toire (Gendrin, Nonat), quand le mal est très limité. Il rejette 
la compression faite à l'aide d!un bandage roulé, parce qu'elle 
:a le grave inconvénient, si méthodiquement qu'eUe soit faite, 
•d'exaspérer la douleur. Il conseille les laxatifs doux, et, à 
Texemple des médecins anglais, le calomel à l'intérieur, en 
Tassociant soit au camphre, soit à l'opium, soit à la digitale. 

Le membre sera enveloppé de cataplasmes émollients ou 
«doucement frictionné de pommades et de liniments narcoti- 
ques, composées avec le oaume tranquille, le laudanum, l'ex- 
itrait de belladone (Grisolle). Trousseau recommande l'emploi 
^es sachets de sable chaud. 

On mettra le membre dans une position horizontale ou incli- 
née, en évitant, an moyen du cerceau, les poids des couver- 
-tures. 

La malade gardera le lit plusieurs semaines; elle évitera les 
mouvements brusques, qui bien souvent facilitent la rapture 
ou le détachement des caillots. Pour le même motif, jamais 
on ne devra Motionner trop énergiquement les parties 
Atteintes. 

La compression, inutile sinon dangereuse au début des acci- 
dents, est le moyen le plus efficace à employer contre l'œdème 
persistant. Quelquefois, les malades seront condamnés toute 
leur vie au port d'un bas élastique. 



l'union MiDIOALS BU CANADA 131 

Le même traitement convient à la pfUegmatia de la conva- 
lescence des maladies aiguës. 

Les liniments narcotiques, la position, les cataplasmes et les 
fomentaticms émollientes, tels sont les seuls moyens à employer 
dans les cas d'œdôme douloureux qui se montrent à la dernière 
^riode des maladies organiques. 



Traitement de ralbuminnrie gravidique.— D'après le 

D^ L. Dumas, la première indication est de combattre Thy* 
perhémie et la phfegmasie des reins par les antiphlogistique 
(sangsues ou ventousse scarifiées sur les lombes, suivies de 
cataplasmes émoUients), les révulsifs intestinaux (purgatifs 
salins, huile de ricin, calomel). En même temps, ou agira sur 
la circulation en la modérant avec des boissons tempérantes, 
une tisane avec Tacide nitrique, par exemple. En même temps 
on donnera des narcotiques locaux et généraux, ou prescrira 
une hygiène sévère. On évitera les diuritiques, qui surmène- 
raient le rein et seraient nuisibles, sauf la digitale, bon tunique 
•circulatoire. 

Les phénomènes aigus passés, on recourra aux diurétiques 
'(eau et sels de Yichy), aux astringents (tannin, alun, acide gai* 
iique, perchlorure de fer), à l'arsenic, etc. On évitera l'emploi 
du seigle ergoté, on comprend pourquoi. On conseillera les 
diaphoré tiques, l'hydrosudopathie provoquée par l'étuve sèche, 
le massage, les frictions, d'une façon méthodique et conetante. 
'On peut essayer le jaborandi. En même temps, il faut soutenir 
les forces par la médication tonique, l'air pur, l'hygiène bien 
dirigée. On relèvera les fonctions gastriques avec les médica- 
ments ad hoc : noix vomique, alcalins, pepsine, ete. On pros- 
crira du régime les substances fortement azotées : œufs, crèmes, 
.gâteaux, etc. On régularisera les fonctions du foie par une, 
alimantation fractionnée, le calomel, les alcalins, les eaux 
minérales (Balaruc, Salins, Yichy). 

Enfin, restent les agents préconisés pour rendre normaux les, 
'échanges nutritifs et résouare la néphrite. Nos lecteurs con- 
naissent: l'iode, l'iodure de potassium, le chlorure de sodium, 
la fuchsine, le chloral, etc. 

Quant à i'aceouchement prématuré artificiel, le !> Léon 
Dumas pense que, lorsque l'état de la mère sera grave, on pour- 
ra le pratiquer, mais plutôt dans l'insérêt de l'enfant que dans 
^lui de la mère. On devra donc prolonger le jAns possible les 
entres modes de traitement. 

Tarnier a vu, sous l'influence du régime lacté, l'albuminurie 



132 l'union médicale du canada 

diminuer rapidement chez les femmes enceintes; la décrois^ 
sance ou la guérison ont été observées en moyenne de huit àr 
quinze jours apràs le début du traitement. Si pai^ois ce traite- 
ment échoue, il a, en tout cas, le grand avantage de supprimer 
réclrmpsie ; mais il ne fkut pas se laisser surprendre par cette 
ffrave complication, car alors il est trop tard. On prescrit 
donc le régime lacté de bonne heure, avant que l'albuminurie, 
quelle que soit sa cause, ait pu, par le seul fait de sa durée mo- 
difier rétat anatomique du rren. Voici la formule du traite- 
ment deTamie, pour que ce traitement soit réellement efficace r 

Le premier jour, 1 litre de lait, 2 portions d'aliments ; 

Le deuxième jour, 2 litres et 1 portion ; 

Le troisième jour, 3 litres et ^ portion ; 

Le quatrième jour et les suivants, 4 litres de lait, ou lait à 
discréiion, mais proscriprion absolue de toute autre espèce 
d'aliments ou de boissons. Dans les cas graves, oii le danger 
est imminent, il faut mettre d'emblée la malade au régime 
lacté absolu. — Revue de Thérap. Méd.-Chirurgicak. 



Suspension et reprise de l'allaitement dans le 

cours d'une fièvre tsrphoide. — Malgré les graves incon- 
vénients qui peuvent résulter de l'interruption brusque de- 
l'allaitement, on est généralement assez disposé à considérer 
toute maladie aiguë, de durée assez longue, comme nécessitant 
absolument eette suspension et comme empêchant même la 
sécrétion du lait de se reproduire consécutivement. Le fait 
suivant, contraire à cette manière de voir, indique la conduite 
qu'on peut tenir dans ces circonstances. Une malade, accou- 
chée depuis deux mois et demi, entrait dans le service de M» 
Siredey avec tous les symptômes d'une fièvre typhoïde ; son 
enfant, jusque-là nourri au sein par elle, était très bien portant. 
Elle continua à le nourrir pendant les premiers joui*s de sa 
maladie, mais au bout de quelque temps la sécrétion lactée 
était insuffisante et l'enfant, pour lequel, par suite de diverses 
circonstances, on ne put avoir de nourrice, fut soumis à l'usage 
du biberon ; à ce nouveau régime, et malgré la bonne qualité 
du lait qui lui était donné, la santé de cet enfant s'altéra ra- 
pidement, il fut pris de vomissements, de diarrhée verdfitre, il 
maigrit, présenta bientôt tous les symptômes du choléra infan- 
tile et sa physionomie s'altéra tellement qu'il était devenu 
méconnaissable en quarante-huit heures. Il allait succomber, 
lorsqu'une femme de la même salle, nourrissant déjà son enfant, 
voulut bien l'allaiter en même temps. Sous l'influence de cet 



l'union MÉDIOALS du CANADA 138 

^r^aUaîtemeDt natarel, la diarrhée et les vomissements^ dispa- 
jurent en vingt-quatre heures; tous les autres symptômes 
s'amendèrent et cet enfant qu'on croyait perdu, revint assez 
rapidement à la vie, pour qu'en moins de deux jours, il ait paru 
complètement hors de danger. Il fut ainsi nourri pendant une 
dizaine de jours «et, à ce moment, la mère qui était entrée en 
eonvalesconoe, Feeommença a lui donner le sein. Sous Tin- 
fluence de la succion, la sécrétion du lait qui avait été com- 
plètement tarie, «e i^tahlit, et, après une suspension de plus 
de quinze jours, se produisit de plus en plus aoondante et au 
bout de quatre ou cinq jours, elle était assez considérable pour 
suffire à l'enfant; tous deux purent bientôt quitter la salle 
dans un état très satisfaisant. 

Ainsi que l'a fait remarquer M. Siredey, ce fait est double* 
ment intéressant parce que d'une part, il montre d'une façon 
remarquable l'influence presque immédiate que peut avoi;* 
l'allaitement naturel sur un enfant presque mourant, lorsque 
l'altération de sa santé provient d'une alimentation déiec- 
tueuse ; d'autre part, il soulève cette question souvent discutée 
de la continuation de Tallaitement malgré une affection inter- 
currente. L'expérience démontre cependant, que lorsqu'il 
survient une affection aiguë chez les personnes qui allaitent, 
il ne faut pas se presser de faire changer la nourrice de l'en- 
fant, ou de faire suspendre l'allaitement à la mère, si c'est elle 
qui nourrit; déjà Natalis Guillot insistait beaucoup sur la 
conduite à tenir dans ce cas, disant qu'il n'y a pas lieu de 
sevrer lenfant quand la maladie maternelle est de celle dont 
la dui*ée n'excède pas un mois à six semaines; et à plus foi*te 
raison lorsqu'il s'agit de pneumonie, d'une pleurésie, dont la 
l'ésolution s'obtient en quinze jours ; son enseignement à cet 
égard a été souvent reproduit dans ce recueil (Art. 6041, etc.) 
Deux cas peuvent alors se présenter : ou bien la sécrétion lactée 
continue avec plus ou moins d'abondance pendant tout le cours 
de la maladie, même lorsqu'il s'agit d'une fièvre typhoïde, et 
il ne semble pas que dans ces conditions le lait presente des 
qualités nuisibles qui puissent altérer la sauté de l'enfant; ou 
bien la sécrétion est tarie momentanément, mais peut se réta- 
blir au moment de la convalescence et il y a alors d'une façon 
générale, tout avantage, après avoir alimenté temporairement 
Tenfant par un autre procédé, autant que possible au moyen 
d'une autre nourrice, à lui faire reprendre l'allaitement primi- 
tif; il résulte de là, que beaucoup d'enfants qui sont sevrés 
définitivement quand survient chez la nourrice une affection 
aiguë; pourraient, ou bien continuer à être allaités, ou bien, 

c cettâ affection guérie, recommencer à prendre le sein. Ces 



134 L'imiON MÉDICALIE BU CANADA 

consîdérfttîons ne peuvent être évidemment applicables à tous • 
les cas, car il est de toute évidence, par exemple, que chez 
une femme profondément épuisée par une fièvre typhoïde de 
longue durée, il n'y aurait aucun intérêt, en admettant que la 
lactation se rétablisse, à profiter de cette circonstance pour 
rendre un nourrisson à sa môre. 

Ce retour de la sécrétion lactée qu'on a signalé même après 
une violente attaque de choléra, peut d'ailleurs se produire 
dans quelques cas après une suspension très prolongée et c'est 
une condition heureuse qu'il faut souvent mettre à profit, ainsi 
que Trousseau et Gubler l'ont démontré par des faits connus 
mais qui méritent d'être rappelés. Gubler raconte ainsi l'his- 
toire d'une femme pour laquelle on craignait le développement 
de la tuberculose et qui sevra son enfant à l'âge de trois se- 
maines. Deux mois plus tard,- elle entra avec son enfant malade 
dans le service- de Trousseau qui lui fit redonner le sein ; il ne 
s'écoula que très peu de lait le premier et le deuxième jour, 
mais dès le quati*ième la sécrétion était rétablie complète- 
ment. 

Dans un autre cas, il s'agissait d'un enfant de dix mois sevré 
depuis quatre mois ; malgré cette^ longue suspension, la sécré- 
tion se rétablit aussi avec rapidité, et l'enfant reprit le sein 
très volontiers. Trousseau et Pidoux ont vu aussi un enfant de 
neuf mois reprendre le sein et la lactation se rétablir après 
deux mois de suspension ; dans ce cas, il est vrai, l'enfant 
montra une répugnance qu'on ne put arriver à vaincre qu'en 
le privant de tout autre alimentation. ^ 

Le Dr Mathieu, enfin, a rapporté en 1852 dans la Gazette 
médicale de Lyon, un fait plus remarquable encore en ce sens 
que la sécrétion se reproduisit après un an de suspension, mais 
sans que la lactation ftlt sollicitée par un nourrisson. Il s'agit 
d'une femme de trente-huit ans, mère de. cinq enfants qu'elle 
avait tous nourris; le dernier mourut quatre ou cinq jours 
après sa naissance et la sécrétion lactée pai*ut se tarir au bout 
de quelques jours chez la mère sans qu'elle en éprouvât la 
moindre incommodité; cinq mois après cependant elle reparut, 
mais pendant quelques jours seulement, et c'est seulement un 
an après l'accouchement qu'elle se montra avec une abondance 
singulière, amenant un gonflement considérable des seins avec 
écoulement du lait en grande quantité. Cet écoulement dura 

Sendant près d'un mois et finit par cédera l'usage du petit-lait 
e "Weiss. Les règles avaient reparu régulières depuis long- 
temps, moins abondantes toutefois que par le passé et c'est à 
cette circonstance que l'auteur attribue le retour de la sécré- 
tion lactée ; il est bon de noter cependant, que^ dan£h le» cas 



l'union XÉDIOALS du CANADA 13(^ 

eitéfi par Trousseau la réapparition des règles avait eu lieu et 
n'avait paru influencer en rien cette sécrétion. — Journal de 
Médecine et de Chirurgie. 



Anasarque guérie par Tusaffe du lait caillé.— Dan» 

une des salles du service de M. Lasegue est couché un malade 
atteint de néphrite aibumineuse qui, depuis la fin du mois de 
juillet, s'était compliquée d'anasarque ; il avait été soumis aa 
régime lacté. Malheureusement le lait fourni à l'hôpital ne 
se conservait point pendant les grandes chaleurs ; il fermentait, 
devenait acide, se caillait même, et, dans cet état, il f\it refusé 
par la plupart des malades. 

Cependant cet homme, n'éprouvant aucune répugnance pour 
ce lait caillé, en prit régulièrement deux litres par jour, buvant 
le petit lait jusqu'à la dernière goutte. 

Sous cette influence, il se déclara une diurèse très abondante.^ 
L'urine, dont la quantité dépassait à peine un litre par jour, 
monta tout à coup à six litres. En même temps l'enflure com- 
mença à diminuer rapidement. Elle disparut entièrement eo 
cinq ou six jours. 

Les choses se passèrent donc pour le moins aussi bien que si 
le malade avait pris du lait frais au lieu du lait acide et caillé» 

.C'est un petit point de pratique qui peut avoir son impor- 
tance, car le régime lacté, souvent si efficace contre l'anasarque^ 
dépendant soit d'une maladie du cœur soit d'une maladie 
des reins, etc., ne peut quelquefois pas être appliqué directe^ 
ment sous une autre forme. 

Aussi, la Gazette des . HôpitaiLX a-t-elle bien fait de nous rap- 
porter cette observation. — Revue de Thér. Méd.-Chirur. 



NOTE DE THÉRAPEUTIQUE. 



La glycérine comme vomitif chez les enflants, par 

Smith. — D'après l'auteur (British med. jawm.)^ la glycérine 
constituerait ud vomitif simple et rapide chez les enfants, à Vsk 
dose d'une demi-cueillerée à thé. — (^Rép. de phai^m., novemb.) 
— Lyon Médical. 



136 l'union médicale du oanada 

Traitement du hoq[uet (Mercier). — ^11 faut d'abord sap 

Î' primer la cause (tathéténsme (Bsophagien, si rétrécissement ae 
'œsophage, sulfate de quinine, si impalndisme). 

On a préconisé les antispasmodiques : extrait de belladone, 
de Jusquiame, valérianate de zinc, etc. 

La formule suivante, due au D^ Park, a donné de bons 
résultats : 

Bromure de potassium 3j 

Teinture de sumbul 3ss 

Teinture de jusquiame , • 3j 

Eau camphrée ^jss 

M... par cuillerées toutes les deux heures. 

lie chloroforme a été préconisé par le T>^ Marage. 

Huile d'amandes douce 3ij 

Sirop diacode • ij 

Sirop de menthe poivrée 3iij 

Chloroforme 3S8 

M... par cuillerées toutes les trois heures. 

Gola a employé avec succès l'acide sulfurique, à la dose de 4 
^r. d» 500 d'eau ; Juaritz l'infusion de moutarde. 

Les toniques à l'épigastre et au cou (emplâtre belladone, 
pulvérisations d'éther, injection de morphine, acupuncture ou 
^alvanopuncture, rhéophores au cou et au diaphragme, etS.), 
doivent être réservés pour les cas plus rebelles. 

Bostan a eu des succès par la compression de l'épigastre, 
Peretti par la compression circulaire des poignets. — Bévue 
de Thérap, Méc-Chir. 



Moyen d'empêcher les cicatrices de variole (Schwim- 

aner). — 

Acide phénique, de 3J à 3ijs8 

Huile d'olive 1 i j 

Craie préparée | ij 

Appliquer sur la face au moyen d'un masque de linge prô- 
-sentant des ouvertures pour le nezj la bouche, les yeux. Des 
«compresses suffisent pour les bras et les mains ; laisser en place 
pendant douze henres, puis remplacer par une nouvelle prépa- 
ration. La suppuration dure moins longtemps et a moins 
d'intensité, tanâis que dans les parties du corps laissées libres, 
le stade de suppuration apparaît du treizième au quinzième 
jour ; sur la face, il arrive (lu neuvième au onzième Jour. On 
^enlève en général le masque quand la dessiccation commence. 






l'union MÉDIOALE du CANADA 137 



L'UNION MEDICALE DU CANADA 

MONTREAL, MARS 1881. 

Comité de Rédaction : 

Uessiburs lbs Dooteurs E. p. Lachapelle, a. Lamabohe 

ET s. Lachapelle. 



Le Bureau de Santé. 



Le bulletin de statistiques, publié par le Bureau de Santé, 
n'a pu s'occuper jusqu'ici que de deux éléments essentiels : cons- 
titution médicale régnante et décès, et phénomènes météréolo- 
giques. Il en est cependant un troisième, et qui doit être le 
premier, c'est celui qui constitue le mouvement vital de la 
3)opulation, et qui est composé des naissances et des mariages. 

Il a toujours été impossiolo de faire figurer dans les statis- 
tiques vitales, ces deux derniers éléments, qui n'en forment 
qu'un, et qui doivent être la base de toute étude démogra- 
phique ; et la raison de cette lacune, nous la trouvons dans 
l'absence d'un bureau à cet effet. 

Nous ne voyons que deux moyens de combler cette lacune, 
c'est l'enregistrement civil, ou la constatation à domicile. Il faut 
la îormation d'un bureau indépendant, où toute naissance et 
tout mariage seront enregistrés, indépendamment des croyan- 
<3es religieuses, qui séparément ne peuvent nous faire le rapport 
•dont nous avons besoin ; ou bien, il sera fait visite à domicile, 
dans le but d'établir ce travail d'une manière exacte et véri- 
dique, c'est ce dernier mode qui est employé en Belgique. 

Notre bulletin ainsi organisé, ainsi fait, se rapprochera de 
-ceux que prescrivit le congrès démographique de Buda-Pesth, 
et qui est maintenant adopté presque partout. 

Le fond étant ainsi modifié, la forme devra l'être et il con- 
viendra de changer le nom et de lui substituer le suivant qui 
fiignifie beaucoup plus: Bulletin mensuel de statistique démo* 
graphique et médicale. 

Ainsi donc trois tableaux dans le bulletin : mouvement de la 
population (naissances, mariages, etc.), observations météoro- 
logiques (pression atmosphérique, température, hygrométrie, 
went^j leur direction), décès et leur cause.) 



138 l'union médicale i>u oanaba 

Parmi les causes, il en est une qui mériterait une attention^ 
particulière, par cela même qu'elle est plus contrôlable, c'est 
celle qui regaitie les accidents. La constatation d'un accident 
devrait être suivie d'un examen minutieux de la nature de cet 
accident, notes devraient en être prises longuement, et rapport 
annuel détaillé fait à l'autorité administrative. Que de réformes 
seraient opérées, que de réformes sous ce rapport, dont nous 
avons besoin, et dont bénéficierait si largement l'ouvrier qui 
dans maintes occasions n'est pas suffisamment protégé. 

Pour que le calcul comparatif puisse être compris plus fa- 
cilement dans ce trîple mouvement des naissances, mariages 
et décès, il conviendrait de mentionner dans le bulletin, le 
chiffre de la population. Il faut espérer qu'avant longtemps, et 
surtout s'il s'organise un département sanitaire, une espèce de- 
ministère d'hygiène, que les moyens seront employés pour 
opérer la réforme dans le relevé des statistiques vitales, ré- 
forme dont tout le monde sent le besoin. 

Voilà bien le principal travail qui incombe nécessairement 
à un bureau de santé. Notre officier de santé, le Dr Larocque, 
a fait tons les efforts les plus énergiques pour parvenir à cette 
fin. Le but a été atteint en partie, mais pas complètement, vu 
les difficultés nombreuses devant lesquelles l'autorité semble 
demeurer impuissante ; et néanmoins nous savons que cette 
dernière seule peut les vaincre, tout dépend d'elle, et c'est à 
cause que nous croyons qu'elle finira par se rendre à l'évidence- 
et qu'elle complétera l'ouvrage commencé avant longtemps, 
que nous ne craignons pas de demander. 

A part cette première tâche, la plus importante, la plus fon- 
damentale, il y a encore à faire. 

La surveillance des grands établissements, des maisons d'é- 
ducation surtout, dont la responsabilité est si grande, dont le^ 
séjour détermine la force ou la faiblesse future de la génération 
qui pousse, la surveillance hygiénique des écoles devrait être- 
un devoir et un droit de l'administration sanitaire. 

Au dernier congrès de Turin, le Dr Koth, de Londres, fit 
lecture d'une étude sur l'inspection médicale obligatoire des 
écoles. Nous y trouvpns les détails suivants dans le Journal 
d'Hygiène du Dr Pietro Santa : " Le Dr Roth s'étend longue- 
ment sur les avantages de l'inspection médicale des écoles 
municipales de Bruxelles, sous l'habile direction du Dr Jans- 
sens. Cinq médecins inspecteurs surveillent tout ce qui con- 
cerne l'hygiène des dits établissements, examinent avec soin 
chaque élève au commencement de l'année scolaire, prescrivent 
le traitement médical ou hygiénique, et publient à la fin de 
l'année scolaire, les résultats obtenus. Les inspecteurs sont aussi 



l'union médicale du CANADA 



139^ 



chargés de visiter les logements des parents desonfants mala- 
des et de donner aax élèves des notions élémentaires d'hjgiône.'' 

Les idées du Dr Janssens comme on le voit ti*iomphent, 1» 
congrès a déclaré que les visites médicales périodiques dans les- 
écoles sont indispensables^ et tous les pays s'empressent dé- 
mettre à exécution une décision aussi salutaire. Boston, comme 
Bruxelles, oblige les visites mensuelles médicales dans toutes 
les écoles, pourquoi Montréal, travaillant à un système sani- 
taire utile, ne suivrait-il pas ce bon exemple, pourquoi ne pas 
ordonner cette avantageuse précaution dont 1 utilité est hor» 
de doute ? 

Encore une fois la jeunesse est la patrie de demain, on ne 
saurait trop travailler pour elle. 

Que l'organisation se fasse de la manière expliquée dans la 
ville de Montréal ; que le gouvernement d'Ottawa ou de Québec 
la généralise partout, et nous aurons une statistique puissante^ 
raisonnée, que nous pourrons échanger avec orgueil avec les 
autres peuples. Et l'échange des idées et des faits, c'est le 
progrès I 



Société Médicale de Montréal. 



Séance du 25 février. 

M. le Di* E. P. Lachapelle, Président au fauteuil. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. le D^ Fafard donne lecture d'an travail sur " les fermen- 
tations." 

Cette lecture est suivie d'une discussion à laquelle prennent 
M. le Président et MM. les D^ Dagenais, Brosseau et Berthelot.^ 

Le Dr H. E. Desrosiers donne avis qu'à la prochaine réanion 
il proposera M. le Di" A. A. Foucher, comme membre actif de- 
là Société Médicale. 

Et la séance est levée. 



NOUVELLES MÉDICALES. 



Dr. Foucher. — ^Nous apprenons avec plaisir le retour de- 
M. le Dr Foucher, professeur d'ophthalmologie et d'otologie à' 
la Faculté de Médecine de l'Ùniversité-Laval à Montréa). 
Après deux années d'absence passées en Europe, surtout à« 
Paris, et consacrées à l'étude exclusive des maladies des yeux:: 
et des oreilles, M. le Dr Foucher vient s'établir à Montréal^, 
nous lui souhaitons bienvenue et succès. 



[140 L*(7NI0N MIdIOALB DU CANADA 

Université LaveJ à Montréal.— NN. SS. les Evèqnes de 
la Province de Qaébec désirant faire disparaître tons les doutes 
soulevés au sujet de la légalité de rétablis8eraent de rUuiver- 
site Laval à Montrésl, ont adressé une requête aux autorités 
impériales, les priant d'examiner la question et de faire à la 
^charte de l'Université Laval les modifications qui pourraient 
. être jugées nécessaires. Les autorités impériales, s'appuyant sur 
TActe de la Confédération, ont répondu qu'elles ne croyaient 
pas devoir intervenir dans cette question, qui comme toutes les 
autres questions d'éducation, relève des autorités locales. 

Il n'y a donc pas chose -jugée, comme on a voulu le faire 
•croire. Le tribunal choisi s'est récusé, tout en désignant celui 
auquel on devait s'adresser pour faire régler cette question, et 
voilà tout. 

C'est donc à la Législature de Québec que NN. SS. les 
Evêques doivent s'adresser maintenant. 



VARIÉTÉS. 



État mental des vieillards et des mourants.— II 

existe chez les vieil laixls, des états intellectuels fort différents 
suivant les individus. Tantôt, le vieillard peut conserver 
la plénitude de ses facultés; c'est ainsi que le traité de Gicéron 
sur la vieillesse donne presque envie de vieillir. 

Tantôt au contraire, la période de vieillesse peut être consi- 
dérée chez quelques-uns comme une véritable période de cala- 
mités. 

La vérité clinique est au milieu. 

Les vieillards se divisent en ti*ois classes, d'après : 

1^ L'état physiologique de leurs facultés intellectuelles ; 

2o L'état mixte ; 

30 I/état pathologique. 

l® Etat physiologique» — Le vieillard est fin, sagace, prudent, 
il mesure ses expressions, il a une grande sûreté d'appréciation, 
Il possède peut-être moins de dose d'assimilation, mais il con- 
serve bien les impressions qu'il reçoit; il est circonspect, 
méfiant, méticuleux ; fortifié par le^) épreuves ; il est peu enthou- 
siaste, il n'a pas d'élan, il ne reçoit des leçons que du passé, il 
est peu susceptible d'affections nouvelles. Il pense beaucoup 
-k lui, et devient un peu égoïste, ne croit pas aux vertus hu- 
maine et compare ce qu'il voit et ce qu'il a vu ; il n'estime que 
vCe qu'il a perd a ; il n'apprécie que ce qu'il a gagné. 



l'union SiDIOALB BIT CANADA 141 

2o Ététt mixte.'^On trouve alors» ohes lai, une usare oéré' 
brale semi-pathologique; dans cet état, les appréciations de 
son intelligence sont très-différentes: il y a anaissement du 
niveau intellectuel. Cet homme, épuisé* par le travail ou le 

f plaisir, n'a plus de verdeur d'esprit Les choses présentes ne 
'impressionnent pas ; il est obscur, diffus, contradictoire ; il 
ne conclut pas, répète les mêmes choses à satiété. 

Son caractère se modifie, il devient irritable ; sa volonté est 
moins ferme et moins poissante, aussi est-il très-facile de lui 
faire changer d'avis et prendre des déterminations contre les- 
quelles il a lutté toute sa vie. Après s'être un peu regimbé^ 
il arrive à faire tout ce qu'on lui a demandé. ^' Qaudieat ingC" 
nium.\' (Lucrèce.) 

30 État pathologique. — Ohez le vieillard réduit à l'état d'en- 
fhnce et de démence sénile, il 7 a des troubles de motilité et de 
sensibilité, des trouble nerveux. Il est irritable sans cause, il 
s'attendrit sans motifs, il devient à charge à autrui et à lui- 
même. Il a l'attitude brisée, cassée. Dans la station verticale, 
il manque d'aplomb ; cet homme s'égare dans la i*ue et même 
dans sa chambi'e ; il n'a plus conscience de son identité : il ne 
se souvient plus de son âge; il est plein d'angoisses et de 
frayeur, il a le délire tranquille et intermittent des persécu- 
tions séniles, Le vieillard en démence sénile ne dort pas ou 
dort peu ; il écrit mal, répète ses mots^-'* omnia deficvunt "• 
Tout manque à la fois. 

Le vieillard est-il un être responsable ? Oiri, à l'état phy-' 
Biologique, et même à l'état mixte. Mais dans ce dernier, au 
point de vue des actes civils, le vieillard est un être qu'on 
exploite ; on lui fkit faire ses partages, et ensuite on cherche 
à s en débarrasser ; on imagine un voyage à Paris et on le laisse 
en plan, et la plupart du temps, il reste à la charge du départe- 
ment qui l'a recueilli. 

La loi romaine pensait qu'il était difficile de demander 
compte à un vieillài*d de ses actes délictueux ou criminels. 

La loi fi'ançaifie n'applique pas les travaux forcés après 70 
ans, mais la peine capitale est applicable à tous les figes. 

En Chine, à 80 ans, la peine de mort n'est jamais appliquée. 
En Angleterre, on pense au contraire que le vieillard est plu» 
criminel que l'adolescent et on lui inflige des peines plus fortes. 

Les actes délictueux, ce sont des propos déplacés et obscènes^ 
des propositions îmmorables faites à des enrants, des outrages 
public à la pudeur. Il sont rarement poursuivis et le degré- 
de responsabilité varie suivant les cas. 

Dans l'état physiologique, il sont responsables; dans l'état 
mixte, la responsabilité est atténuée : dans l'état pathologique^ 



142 l'union MiDIOALE BU CANADA 

ils sont irresponsables ; mais alors il faut lear donner un asile 
pour leurs vienx jours. 

Le vieillard qui possède est choyé, adulé, entouré par ses 
proches; ce sont des manœuvres de captation. On lui fait 
faire des dons manuels, surtout dans les derniers temps de sa 
vie ; aussi, les bijooXy les objets précieux, les valeurs au porteur 
-ont-ils disparu au moment du décès- On lui suggère des dis- 
positions en vue de telle ou telle chose et il arrive que les héri* 
tiers qui sont éloignés sont tout à fait dépouillés. 

On se demande si, dans un intérêt général, il ne faudrait pas 
faire un cas de conscience au médecin d'intervenir, lorsqu'il 
soigne un vieillard, en déposant entre les mains d'un agent, un 
pli cacheté devant être ouvert dans des conditions déterminées 
et portant que tel jour, à telle date, la situation du vieillard 
•était dans tel état, s'il se trouvait plus ou moins conscient, etc. 

Il en est de même des testaments et des mariages in extre- 
mis; il a pu dans certains cas. être démontré que l'homme 
•était dans un état comateux, lors de l'accomplissement de la 
cérémonie, et les tribunaux ont dernièrement cassé un mariage 
•de ce genre. 

MouBANTS. — L'état mental des approches de la mort est tout 
À fait particulier. 

On peut diviser les mourants en 3 groupes, correspondant à 
Autant d'états divers : 

10 Tous les états qui laissent l'intelligence libre jusqu'à la 
dernière minute ; 

2o Certains états qui n'intéressent que secondairement le 
•oerveau, mais qui laissent l'intelligence dans un état de trouble; 

30 Toutes les aflections de l'encéphale, ou celles qui reten- 
tissent sur l'intelligence. 

Dans le premier groupe, c'es1>à-dire celui des affections qui' 
laissent persister l'intelligence, on trouve : 

La phthisie pulmonaire. Le phthisique a des illusions sur 
fia mort et il meurt ordinairement en parfaite lucidité d'esprit; 

Les affections du cœur. 

Les affections du foie. 

Le cancer de l'estomac et des intestins. 

Les hémorrhagies. 
. Les affections chirurgicales. 

La péricardite la pleurésie, la péritonite. 

11 7 a même parfois une certaine surélévation d'intelligence 
et l'on voit des mourants qui désirent entretenir les leurs et 
ont une sorte d'entrevue avec tous ceux qu'il ont aimés; qui 
donnent des conseils, qui prévoient l'aveniri qui font leur pro- 
iSassion de foi. 



l'union MÉDIOALl BU OANADA 143 

Xi'explîcation est celle là : 

Quand rafleetion, cause de la mort, est loin du cerveau, il y 
^ pour ainsi dire une dérivation et le cerveau est plus dégagé. 

lies anciens connaissaient cet état. Zimmerman a parlé 
•d'enfants qui avaient été extraordinaires dans leurs derniei*s 
entretiens. On peut donc conserver toute sa raison et toutes 
ses facultés, jusqu'au dernier moment. 

On a dit que certains aliénés chroniques, au moment de leur 
mort, pouvaient recouvrer leur raison. Brière de Boismont 
•en a donné une observation. C'est un homme qui était dément 
depuis 56 ans, et qui a retrouvé son intelligence et causé avec 
ses parents, réglant toutes ses affaires, la veille de sa mort. 
Leçrand du Saulle a noté aussi des périodes de clarté intellec- 
tuelle et de lucidité. On a même dit que la voix prenait une 
sorte de timbre particulier et qu'elle devenait musicale. Ce 
-qu'il 7 a de certain, c'est qu'alors les mourants parlent d'une 
Toix nette et claire. 

L'homme qui va attenter à sa vie, dans quel état se trouve- 
til ? 

Le suicide est compatible avec la conservation de l'intelli- 
gence. C'est souvent un acte volontaire, voulu et consenti. 1 
Le mourant donne, dans une pièce dernière, la mesure de son 
intelligence ; aussi trouve-t-on parfois des mots écrits à la craie, 
au charbon, des chiffons de papier qui contiennent les disposi- 
tions dernières ; ces suicidés sont intelligents. 

Yoilà dans quel ordre on peut classer ces dispositions de la 
-dernière minute : 

lo Reproches, déclamations, recommandations, aveux ; par- 
fois le suicidé veut qu'on sache qu'il a été un homme indigne. 
2o Paroles bienveillantes, déclaration philosophiques sur l'im- 
mortalité. Mais ce qui fait le fond de tous ces post-scrîptum 
mortuaires, c'est la prière de n'accuser personne. 

Esquiros avait tort ,de dire que le suicide par lui seul était 
toujours un acte de folie. Pendant la Commune, Legrand du 
Saulle a noté la persistance du courage, de la raison et du calme, 
la justesse d'esprit et la résignation des personnes qui mar- 
chaient au supplice. — Le Praticien. 



Improvisation. — Eoger de Beauvoir, pour se conformer 
au goût de son. époque, avait dans son cabinet un magnifique 
squelette, monté sur un piédestal. 

" Un jour, dit Alexandre Dumas, nous déjeunions chez lui ; 
Hugo vint, examina avec grande curiosité le squelette. 



144 l'union kédioali du canada 

— ^Ecrivez-moi donc, mon cher Hngo, des vers sur mon eqn^ 

latte. 

Hugo prit une plume et sur Tos de Tomoplate, écrivit ce» 

vers : 

Squelette, réponds-moi : Qu'as-tu fait de ton àme ? 

Flambeau, qu'as-tu Tait de ta flamme? 

Gage déserte qu'as tu fait 

De ton bel oiseau qui chantait ? 

Volcan, qu'as-tu fait de ta lave ? 

Qu*as-tu fait de ton maître, esclave? 

L. LoiEE. 



NAISSANCES. 



•—En cette ville, le 11 février dernier, la dame du D^ J. 
Gagnon, une fille. 

— A Ste. Julie de Somerset, le 16 février dernier, la dame du 
Dr D. L. Laprise, une fille. 



MAEIAGfiS. 



A Montréal, le 8 février dernier, M. le Dr D. Gaucher de 
Hull, à DUe Marie E. Cadieux, de Courville. 

— ^A Joliette, le 9 février dernier, M. le Dr J. T. Desroches, 
de Montréal, à Dlle Marie-Jeanne A. Groulx. 



DÉCÈS. 

A Indian Orchard, le 30 décembre 1881, M. le Dr A. C. Des- 
autels, âgé de 44 ans. 

— ^En cette ville, le 16 février dernier, âgée de cinq jours 
Eulalie-Cordélia-Célina, enfant du D>* J. Gagnon. 



TRAVAUX ORIGINAUX. 



Hôpital Notre-Dame. 

Conférences cliniques par A. T. Brosse au professeur de clinique 

chirurgicale à UUniversité-Layal. 



Des fractures compliquées de plaies, leur traitement, — leur pro- 
nostic, — la question d'amputation, 

Messieuj 5, 

Nous avons en ce moment dans nos salles plusieurs cas de 
fractures, entre antres une fraie ture composée du nez et trois 
fractures composées du membre inférieur. Nous ne saurions 
laisser passer cette occasion favorable, sans vous faire quel- 
ques remarques pratiques touchant ces lésions si fréquentes et 
si graves. 

Dans le langage clinique, on dit qu*une fracture est compli- 
quée (les anglais disent composée) quand il existe en même 
temps une plaie communiquant avec la fracture, cette dernière 
se ti'ouve ainsi en contact avec l'air extérieur. Ce qui donne 
à ces lésions une gravité toute spéciale^ c'est l'action de l'air 
sur les fragments. 

Le pronostic est beaucoup moins sérieux lorsque la plaie 
cutanée est étroite, sinueuse et que Ton réussit à la clore par 
première intention, mais si la plaie est large, il survient ordi- 
nairement de terribles complications — abcès profonds, nécro- 
ses, infection purulente etc. — Cependant ces dangers peuvent 
être surmontés et le malade guérir après un temps plus ou 
moins long. 

Le traitement des fractures compliquées est parfois très- 
précis ; par exemple, lorsqu'un menibre est broyé, il faut faire 
l'amputation ou la résection suivant l'état des parties. Si au 
contraire la plaie est étroite^ il faut la fermer et agir comme si 
la fracture était simple. 

D'autre part, certaines fractures compliquées placent le chi- 
rurgien daDs un cruel embarras. Doit-il amputer, doit-il résé- 
quer ou tenter la consei*vation du membre ? 

10 



146 l'union médicale du canada 

C'est dans des circonstances comme celle-ci que le tact, le 
jugement et la science du chirurgien sont mises à Tépreuve. Du 
mode de traitement qu'il adopte dépend souvent la vie ou la 
mort du patient, la conservation ou la perte d'un membre. 

Un célèbre chirurgien à dit : " Consei-ver la vie c'est notre 
principal but; en arriver là, même par le sacrifice d'un 
membre c'est encore faire de la conservation. 

" Couper un membre inutilement, c'est une en^eur que le chi- 
rurgien ne commet pas volontairement, mais sacrifier la vie 
dans le but de conserver un membre, en est une bien plus 
grande. Cependant les chirurgiens timides la commettent sou- 
vent. 

^^ Abandonner à la nature un membre malade, est une lâcheté 
qui ne demande aucun effort d'intelligence, mais l'amputer 
demande du courage, des connaissances et impose une grande 
responsabilité." 

Faire une amputation c'est de l'art, mais décider si cette 
opération est absolument nécessaire, est infiniment plus diffi- 
cile, car cela demande beancoup plus de savoir et de jugement. 

Le point capital dans ces fractures compliquées de plaies, 
c'est que l'os ne suppure pas, car lorsque l'os fracturé suppure 
(et malheureusement tous les efforts que nous faisons pour l'en 
empêcher ne réussissent pas toujours) les phénomènes clini- 
ques et anatomiques de la consolidation se trouvent tout par- 
ticulièrement modifiés. 

Nous avons aussi des différences suivant que l'ostéïte suppu- 
rante occupe la superficie ou toute Vépaisseur de l'os et quelle 
est plus ou moins intense. 

Si l'ostéïte est bénigne et superficielle, le malade n'a pas de 
symptômes généraux, pas de fièvre, le membre n'est que 
modérément gonfié, la suppuration est peu abondante et sans 
fusées purulentes. La mobilité entre les fragments commence 
a diminuer vers le trentième jour et la consolidation a lieu vers 
le soixante-ct-dixième, s'il y 'a eu nécrose superficielle et sur 
un seul point de l'os. 

Mais lorsque la suppuration envahit la surface, la profon- 
deur de l'os et le canal médullaire, l'ostéïte est suppuraiive 
générale (c'est cette forme que M. Gosselin appelle .Ostéo- 
myélite) ; elle est très grave. Les phénomènes cliniques varient 
suivant l'intensité de l'inflammation osseuse. 

Si cette inflammation est modérée, la fièvre traumatique 
n'est pas très-violente. Le pouls ne dépasse pas 110, la tem- 
pérature 39. 

Si on est obligé de déplacer le membre pour le pansement, 
on voit le pus s'échapper des parties profondes. 



L^UNION ilÉDICALB DU CANADA 147 

Au bout de trois à six mois, un gros cal existe au niveau de 
la lésion primitive de Tos. 

Le cal se fait aux dépens des bourgeons charnus eux-mêmes 
«t aussi aux dépens du canal médullaire et du tissu compact, 
comme aux dépens du périoste. 

Le périoste n'est donc pas la seule partie formatrice du cal. 

Dans certains cas, Vostéo-my élite donne lieu a une fiôvre 
traumatique des plus graves, qui est le point de départ de cette 
autre fièvre qui est l'infection purulente et qui est si souvent 
mortelle. 

Le séjour à la campagne, une bonne constitution empêchent 
la suppuration de devenir putride. Pans les grandes villes, 
dans les hôpitaux les moyens d'atteindre ce but sont le panse- 
ment de lister, et plus sûrement encore en pratiquant V oc- 
clusion de la plaie avec le collodion et la ouate. Voici le pro- 
cédé opératoire adopté dans tous les cas où la plaie est petite 
ou moyenne: 

On rapproche les lèvres de la plaie par des points de 
suture, puis on met une couche de collodion, puis une légère 
couche de ouate et ainsi de suite jusqu'à ce que la plaie soit her- 
métiquement fermée. 

On peut encore se servir de bandelettes de linge ou de bau- 
druche collodion nées et imbriquées en cuirasse. 

On se sert encore dans ce pays de bandelettes enduites de 
baume du Canada. 

Il faut laisser cet appareil en place pendant une dizaine 
de joure. 

Si la fracture est compliquée d'une grande plaie^ le chirur- 
gien doit encore essayer l'occlusion, du moins dans un certain 
nombre de cas ; mais il aura soin d'enlever les bandelettes 
aussitôt que la douleur et \q suintement du pus l'avertiront que 
l'union n'a pas eu Iveu. 

Si l'on échoue dans l'occlusion, voici alors la conduite à te- 
nir: lavez d'abord la plaie avec de l'alcool camphrée, ou de 
l'acide phénique. Exercez sur elle de légères pressions afin 
d'en chasser le pus. Continuez à tenir le membre aussi immo- 
bile que possible au moyen d'un appareil de Scultet qui est 
certainement le meilleur de tous les appareils dans ces espè- 
ces de fractures. Les pansement^ seront faits matin et soir. 
Si l'on trouve du pus amassé dans des clapiers, on n'hésite pas 
à les ouvrir et à y mettre des tubes à drainage. 

Il importe que le pus ne séjourne pas, car en séjournant il 
croupit, se décompose, et peut fournir à l'absorption les maté- 
riaux putrides qui engendrent l'infection purulente. 

Les lavages faits on injecte de l'alcool dans la plaie ou on y 



\ 



148 l'union 3léDrCALE DU CANADA 

introduit des boulettes de charpie imbibée d'alcool ordinaire*,. 
sans mélange d'eau ou imbibées d'une solution phénique faible. ■ 
On recouvre la plaie de compresses aussi imbibées des mêmes 
liquides et on les enveloppe d'un taffetas ciré. 

Certains auteurs recommandent ^e se servir d'alcool pendant 
les quinze premiers jours parce qu'il fait contracter les vais- 
seaux, empêche la suppuration et par conséquent diminue les 
dangers d infection purulente, et ensuite on le remplace par 
l'acide phénique qui excite plus les granulations et entre- 
tient un travail régulier de réparation. 

Un traitement général par les toniques sera prescrit dans ces 
cas de fractures compliquées, eau de vie, vin^ quinquina, phos- 
phate de chaux, etc. 

Le malade prendra aussi tous les aliments réparateui's qu'il 
pourra accepter, il faudra entretenir la meilleure aération 
possible dans la salle. 

Messieurs^ il est une grande question qui se trouve posée par 
tous les auteurs au chapitre des fractures compliquées de 
plaies, c'est celle de l'amputation. 

Chez l'un de nos trois blessés nous aurions été autorisés à 
proposer la question d'amputation primitive. Mais ce qui 
nous en a empêché c'est que les dangei'S de l'amputation 
n'auraient pas été moindres que ceux auxquels l'exposait sa 
fracture. Puisqu'il y avait autant de chances de guérison 
sans mutilation, l'amputation n'était donc pas justifiable. 

Proposer la mutilation immédiatement après une fracture, 
cause une perturbation morale qui ajoute aux dangers actuels. 
Celui au contraire, qui est affecté de tumeur blanche, et qui 
souffre depuis longtemps dans un lit d'hôpital, considère 
la mutilation comme une ressource salutaire, c'est ce dont 
j'ai été souvent témoin dans les hôpitaux de Londres. Le 
chirurgien disait à ces pauvres malheureux pris de tumeurs 
blanches depuis des années ^' demain, nous allons vous couper 
la jambe," *' c'est bien, répondait le malade, j'en suis content." 

Dans tous les cas il ne faut penser à l'amputation que dans 
les fî*actures avec grandes plaies ou avec déiabrementti con- 
sidérables. 

Il est surtout à propos de faire de la chirurgie canservatrice 
lorsqu'on pratique à la canUpagne ou dans les petites villes, 
c'est-à-dire lorsqu'on opère sur des sujets qui vivent dans une 
atmosphère non viciée par l'encombrement. Il ne faut pas 
cepenaant proscrire d'une manière absolue l'amputation primi- 
tive dans tous les cas de fracture compliquée de la jambe. 
Lorsque, dans une fracture de jambe, il y a attrition consi- 
dérable de la moelle, propagation de la fracture jusqu'à Parti- 



l'union médicale du CANADA 149 






ulatîon voisine, imminenee de suppuration dans cette join- 
ture, menace dMnfection purulente, etc., etc., les chances de 
guérison sont plus grandes après une amputation primitive, 
que sans intervention chirurgicale ; si le blessé étant menacé 
après un long séjour au lit et une suppuration abondante, de 
mourir d'hecticité^ il faudrait recourir à l'amputation secon- 
daire. 

'N'ous vous présentons maintenant les observations qui ont 
fhit le sujet de nos remarques: Nous les devons à Tobligeance 
de M. le D^ Desrosiera, interne de cet hôpital sous la direction 
duquel les élèves externes ont fait les pansements, 2 fois par jour. 

Observation L — Le 10 février, F* H* âgé de 20 ans, a été 
frappé, en pleine figure par la manivelle d'un treuil qu'il était 
occupé à tourner. Le coups a produit une blessure grave 
à la région du nez. Cette blessure est en forme de V 
renversé, et s'étend d'un côté sur la ligne médiane du nez et 
de l'autre sur la joue. Il y a fracture des os propres du nez. 
Le malade a perdu beaucoup de sang. On remet les os en place, 
et l'on ferme la plaie externe par des sutures multiples, très 
rapprochées les unes des autres, dans le but d'obtenir l'occlu- 
sion et union par première intention. On recouvre le tout de 
deux lames de charpie sèche que l'on maintient en place au 
moyen de bandelettes de diachylon sur lesquelles on applique 
un tampon de ouate et un bandage exerçant une compres- 
sion très douce. L'air atmosphérique se trouve ainsi complè- 
tement exclu de cette blessure. Les jours suivants le malade 
va bien. Aucune réaction fébrile. La température reste la 
même qu'à fétat normal, le 13, on enlève Tappareil et quelques 
sutures. Le 14 on ète le reste des sutures. Il y a union par 
première intention. Pas une seule goutte de pus ne s'est formée 
à la surface de la plaie. Le nez n'est pas déformé. Aucune 
complication n'étant survenue, le patient laisse l'hôpital le 2L 

Ainsi, nous voyons qu'avec les sutures très rapprochées, 
l'application de la charpie sèche qui s'est imbibée de suite de 
sérosité et de sang, nous avons obtenu l'occlusion complète 
de la plaie, exclusion de l'air et guérison par première inten- 
tion. Cette fracture composée a donc été convertie en une 
fractui*e simple et a guéri comme une plaie sous-cutanée. SI 
cette plaie avait suppuré, il est très pi'obable que nous aurions 
eu nécrose des os du nez avec déformation consécutive. 

Observation IL — ^T''^ B* âgé de 45 ans, tombe d'une hauteur 

de 27 pieds et se fracture la jambe droite à la réunion du tiers 

moyen avec le tiers inférieur. La fracture est composée. Ce 

patient n'enti-e à rhôpital que douze jours après l'accident, le 

.13 février 1881. Pendant ces douze jours il a été traité i&r un 



150 l'union médicale du 0ANA9A 

médecin qui avait appliqué une attelle latérale retenue en 
place par deux liens fort serrés, ce qui arait grandement gêné 
la circulation dans le membre et produit une tuméfaction 
considérable, même des pblyctènes. Cet appareil primitif 
est remplacé par le bandage de Scultet, que Ton refait 
deux fois le jour. La blessure extérieure est pansée à Teau 
phéniquée. On y injecte aussi de l'eau phéniquée au 40®. Un 
tube à drainage est inti*oduit dans la plaie pour favoriser 
récoulement assez abondant du pus. Ce pus est d'assez bonne 
nature cependant. Enûn la jambe fracturée est suspendue de 
manière à ce que le patient puisse changer de position dans 
son lit sans déranger la juxtaposition des os. Le soir même 
de l'arrivée du malade le pouls est à 110. Température, 102. 
Le lendemain matin, poufs 100. Temp., lOO^J. Soir, pouls, 92. 
Temp. 100. Le malade est mis à une diète généreuse, prend 
la teinture de quinquina composée, comme tonique. Les forces 
générales se maintiennent assez bien. Du 14 au 31 mars, la tem- 
pérature se maintient à une moyenne de lOOj^ le soir et de 99^ 
te matin, le pouls variant dans les mêmes proportions. Le 8 
mars, la température est à 102°^. On découvre alors un foyer 
de pus sur la partie latérale interne de la iambe. Ce foyer est 
ouvert et un tube à drainage y est introduit. Le traitement 
continue toujours à peu près le même. Yiz: injections phéni- 
quées, cératphéniqué sur la surface des plaies, fomentations 
cnaudes, drainage méthodique, compression légère sur le reste 
du membre (qui est encore tuméfîé) au moyen des bandelettes 
de Scultet. Dès le lendemain, 6, la température tombe à 100^. 
Du 7 au 21, la température est encore à une moyenne de 100 
le soir et de 99 le matin. Pouls, 100 le soir et 92 le matin. 
L'abaissement de la température est surtout remarquable. 
Depuis le 14, jour où un second foyer purulent a été ouvert à 
la partie latérale interne de la jambe. Actuellement, l'état 
général du patient est bon. L'appétit se maintient. Le som- 
meil aussi. 

Remarques. — Mais dans ce cas-ci la suppuration continue 
abondante, les décollements sont considérables, ce qui indique 
une ostéite profonde et étendue^ peut-être même y a-t-il une 
ostéomyélite. Si cet état se proloDge encore quelque temps 
nous aurons lieu de craindre la fièvre hectique, l'épuisement, 
etc. Nous nous verrons dans la triste nécessité de lui proposer 
l'amputation de la jambe au lieu d'élection. 

Observation IlL — N* P*, âgé de 23 ans^ admis le 23 février, 
pour fracture composée de la jambe droite, à la réunion da 
tiersfmoyen avec le tiers inférieur. La cause de la fracture 
a été directe. La plaie est fermée par trois ou- quatre points de- 



l'union médicale du CANADA 151 

sature, mais une hémorrhagie secondaire assez considérable 
survient et on panse au perchlorure de for, puis le membre est 
mis dans un appareil de Scultet et suspendu. La douleur est coq- 
fiidérable. Les deux premiora jours la température n'excède pas 
lOlo Fahr. Le troisième jour survient un frisson considéraole, 
avec température à 103oJ, délire. Une collection de pus s'est 
formée au niveau de la fracture. On enlève l'appareil et on ouvre 
l'abcès, puis l'on traite ensuite par un drainage méthodique, 
injections d'eau phéniquée, et pansement avec des fomentations 
chaudes d'abord, puis avec des applications de cérat phéniqué. 
L'appareil de Scultet est maintenu, mais le pansement est fait 
deux fois par jour. A l'intérieur, stimulants et toniques. Diète 
généreuse. Du 1er au 11 mars, la température offre une 
moyenne de lOOo le soir et de 99^ le matin, le pouls à 110 le 
soir et à 100 le matin. Du 11 au 28, la température se main- 
tient à 99J le soir et 98J le matin. La plaie se ferme graduel- 
lement. On continue les injections phéniquées. Mais comme 
le fragment supérieur du tibia a quelque tendance à se dépla- 
cer on applique la pointe de Malgaigne qui corrige ce déplace- 
ment. L appétit est bon. Les stimulants sont continués à 
petites doses, ainsi que les toniques amers et ferrugineux. 

Ce qu'il 7 a eu de remarquable dans ce cas, c'est une hémor- 
rhagie assez abondante et difficile à maîtriser; peu s'en est 
fallu que nous fussions obligés de faire la ligature de l'artôro 
tibiale antérieure. 

Nous avons rencontré l'année dernière, un anévrysme trau- 
matique de l'artère tibiale à la suite d'une fracture semblable. 

Observation IV. — O* B* âgé de 40 ans, tombe d'une hauteur 
de 37 pieds et se fracture le fémur droit à peu près vers le mi- 
lieu. La fracture est compliquée. La blessure extérieure n'est 
pas très grande, mais en introduisant l'index dans l'ouverture, 
on constate qu'il existe au niveau de la fracture une grande 
cavité dans les muscles dilacérés. En même temps, il y 
a fracture du maxillaire inférieur, au niveau de l'angle du 
côté droit. La cuisse et la jambe sont mises dans un appareil 
à extension continue perfectionné, usité dans les hôpitaux de 
New- York, et qui permet au chirurgien de se dispenser de la 
longue attelle latérale et du bandage périnéal. Un tube à drai- 
nage est introduit dans la plaie. 

Jrendant les cinq ou six premiers jours qui suivent l'accident, 
le malade présente des symptômes assez alarmants du côté du 
cerveau, indiquant que cet organe a subi, dans la chute du 
malade, une contusion forte. De plus la prostration géné- 
rale est considérable, le pouls ir régulier et petit, le délire 
continuel. La température offre une moyenne de 102J le soir 



152 l'union médicale du canada 

ot de 101| le matin. Cependant après quelques jours, Tintel- 
ligencc devient plus lucide, le pouls se relève, le sommeil est 
bon. La température tombe à 101 puis à 100. Le pouls variant 
entre 104 et 100. On prescrit les stimulants et les toniques, 
diète généreuse etc. Deux fois le jour la plaie est pansée à 
Tacide phénique, on y laisse un tube à drainage et on y 
injecte de Talcool camphré pur. Le pus est très fétide et de 
mauvaise nature tout à fait. Une fusée purulente se déclare 
à la partie supérieure de la cuisse, une contre ouverture est faite 
et on y établit un drainage méthodique, injections antisepti- 
ques etc. 

Du 5 au 15 mars, la température varie entre 99 à 100. Le 15 
elle tombe à 98J et s'y maintient jusqu'à aujourd'hui (28 mars) 
autrement l'état général est excellent. Apjiétit bon. L'appa- 
reil est toujours maintenu sur le membre et le pansement ordi- 
naire est fait deux fois par jour. Sommeil bon aussi. Le pus 
est redevenu de bonne nature. 

Aujourd'hui, (50 joura après l'accident) ce malade est en 
pleine voie de guérison, encore une vingtaine de jours et cette 
affreuse fracture de la cuisse sera cicatrisée. 

Quant à la fracture du maxillaire, nous n'y avons appliqué 
aucun appareil, vu que le périoste était peu déchiré et qu'il 
n'y avait pas de déplacement des fragments. La consolidation 
en est a peu près complète. 

La contusion du cerveau nous a causé beaucoup d'inquié- 
tude les premiers jours, mais grâce aux stimulants et aux 
contre-irritants tout est rentré dans l'ordre. 



Témoignage des médecins devant les cours 

de justice. 



Il y a quelques mois, X..., journalier, est blessé par un quart 
à fleur lancé du troisième étage d'une de nos grandes manu- 
factures. Dès que son état lui permet de faire les démarches 
nécessaires, il intente à la compagnie une action en dommages 
pour un montant considérable. 

MM. les Drs A. Demera, J. A. Desjardins et P. O'Leary 
comparaissent pour le demandeur et déposent: 

'^ 1« Que leur patient avait eu quelques mois auparavant une 
fracture de la clavicule et une fracture de côtes ; 2« qu'il en 
était résulté des lésions internes ; 3^ que vu son âge (57 ans) 



l'union médicale du canada 153 

la consolidation des os devait être imparfaite; 4P que leur 
malade courait le risque de rester infirme ou du moins de 
rester bien longtemps sans pouvoir travailler." 

Le montant des dommages devrait suivant eux être calculé 
d'après l'infirmité probable et la longue perte de temps. 

MM. les Di*s Brosseau, £. P. Lacbapelle et Laramée, appelés 
par la défenderesse, déclarent unanimement après un examen 
attentif du blessé : 

" Qu'il y avait pi'obablement eu fracture de la clavicule, 
mais sans déclii)*ure complète du péi'ioste, sans déplacement 
important des fragments ; qu'à la ddte de l'examen la consolida- 
tion dé la fracture de la clavicule était ferme et solide ; qu'il n'y 
avait aucune trace de fracture de côtes, ni lésions internes." 

Ils firent conséquemment une estimation de dommages bien 
moindre que celle de leurs confrères. 

La Cour, fort embarrassée entre deux opinions aussi contra- 
dictoires, fit appeler, comme arbitre, un autre médecin (M. le 
Dr Kingston) qui, après avoir examiné le blessé, rendit le 
témoignage suivant : 

'* J'ai constaté sur le blessé des signes évidents de fracture 
'^ de la clavicule dans sa moitié externe. 

'' Le périoste n'a pas été entièrement déchiré. Je n'ai pas 
*^ constaté de signes de fracture de côtes. J*ai examiné au 
*■* stétoscope les organes thoraciques et les ai trouvés dans leur 
*^ état normal. 

*• J'élimine donc complètement la lésion des côtes en appré- 
*'• ciant les dommages. 

*' Il n'est pas difficile d'établir qu'une personne a reçu une 
'^ blessure, mais il est très difficile de dire quand le blessé 
^' pourra reprendre ses travaux habituels, soit partiellement, 
^' soit complètement. 

*' Voici mon évaluation, qu'il est facile de convertir en un 
^' montant équivalent en argent. Je suis d'opinion que durant 
" les trois premiers mois le olessé était tout-à-fait incapable de 
^' travailler; que durant les trois mois suivants, il était capable 
<< de travailler, mais durant une partie de la journée seulement ; 
*' durant les autres trois mois, la moitié du temps et durant les 
^* trois derniei*s mois de la première année les trois quarts du 
'* temps. 

*' Si l'on me demande de dire pour quel laps de temps encore 
" la blessure qu'il a reçue, lui nuira dans l'exercice de son état, 
*' je dirai : pour douze mois (2c année après l'accident) en pro- 
" portion de vingt pour cent, pour douze autres mois (3^ année) 
*' en proportion de douze pour cent. Quant aux douze mois 
** suivants (c'est-à-dire durant la 4^' année) après l'accident, j© 



IM L'rxiosr médicale dc casada 

** cro\% qae «a ble«(4nre ne laî naira plo.*, et qu'il n'est pss 
'' probable qa'îl loi »i vienne de noavelle^ complicationd.'* 

I/apros» ce dernier témoignage, la défenderesse devrait donc 
être condamnée à payer an demandear foatre les dommages 
pour lef» «oafTranceH endorées, les honoraires des médecins, etc., 
etc., etc,,i pre<K|ae toat son salaire la première année ; vingt 
poor cent pour la deuxième année, et douze pour cent la 
troisième année pui.sqae c'est là la proportion en moitis d'ou- 
vrage qu'il pourra faire. 

Quant à la quatrième année on n'a pas osé y appliquer des 
dommages. 

Dan4 cette appréciation, il faut bien se rappeler qn^on n'a 
affaire qu'à une simple fracture de la clavicule, sans déchirure 
complète du périoste^ circonstance qui favorise si avantageuse- 
ment Tunion osseuse, puisque le périoste encore résistant main- 
tient les fragments en juxtaposition ; et cette simple fracture 
rendrait un homme fort et vigoureux, comme le demandeur, 
plus ou moins incapable de ti*availler trois longues années 
durant I 

Il jr a là une exagération que je ne saurais admettre. 

Appellons^n à des juges compétents, ouvrons nos auteurs 
clasMJqnos et que les médecins qui exercent depuis quelques 
années se rappellent les cas analogues qu'ils ont rencontré et 
jugent par eux-mêmes. 

Qu'il me soit permis de faire ici un résumé des meilleura au- 
teurs sur la formation et la consolidation du cal dans les frac- 
tures simples et de donner aussi leur pronostic sur la fracture de 
la clavicule. Follin et Duplay, Ërichsen, etc. 

Les expériences multipliées faites sur des animaux ont per- 
mis do suivre jour par jour la marche de la formation du cal et 
do constater la plus parfaito analogie entre ce (fae Ton décou- 
vre chez les animaux et ce que l'on constate dans l'espèce 
humaine : il ost donc possible do faire une histoire exacte des 
périodes que parcourt le travail de réparation osseuse. 

Les théories et les hypothèses d'autre fois ont été élucidées. 

Immédiatement après la production d'une fracture ordinaire 
dans un os long, du sang et de la lymphe plastique s'épanchent 
entre les fragments, s'infiltrent dans le canal médullaire et 
pénètrent les parties molles voisines. 

Le périoste souvent peu déchiré retient encore les fragments 
en juxtaposition. 

L'épanchemont sanguin est résorbé au bout de huit à dix 
jours. 

L'union de.) fractures a lieu par l'intermédiaire d'une ma- 
tière plastique qui se transforme graduellement en tissu osseux. 



l'union médicale du canada 155 

Darant cette première période^ qui dure une dizaine de jours, 
les fragments sont mobiles dans le sang et la lymphe épanchée. 

La deuxième période est constituée par l'organisation fibro- 
cartilagineuse de cette lymphe plastique. 

La troisième période est caractérisée par Tenvahissement 
des ostéoplastes. 

L'ossification est achevée entre la huitième et la dixième 
semaine et le blessé peut commencer à se servir de son membre. 

La fracture est alors assez solidement unie. Le cal finit 
par ressembler au vieil os en dureté et en structure vers le 
sixième ou huitième mois. ^ 

L'ossification duca/ provisoire est alors parfaite. 

La différence efltre l'union ct^ne fracture simple et d'une 
fracture compliquée de plaie est la même que la différence 
qu'il y a entre la guérison d'une plaie sous cutanée et celle 
d'une plaie ouverte — c'est-à-dire que la fracture simple guérit 
rapidement je dirais par première intention, tandis que la frac- 
ture composée guérit par suppuration. 

Dans le cas actuel, la fracture était des plus simple avec 
conservation du périoste, d'après le témoignage même du mé- 
decin appelé comme arbitre. 

Une chose étonnante, c'est que les médecins de la défenderesse 
et le médecin appelé comme arbitre posent les mêmes prémices 
et en arrivent ensuite à une conclusion si différente. La logi- 
que a dû faire défaut chez quelqu'un. On admet que les dom- 
mages doivent être calculés d'après une simple fracture de la 
clavicule, et on arrive à la conclusion que le blessé sera plus 
ou moins empêché de travailler pendant trois ans. 

Voici le pronostic des différents auteurs sur la fracture sim- 
ple de la clavicule. 

Nélaton. — " L'union de la clavicule avec diflfbrmité no gêne 
en aucune manière le bon fonctionnement du membre." 

Oosselin. — ^' Les cals difformes ne gênent en aucune façon 
les fonctions du. membre, mais c'est un désagrément pour les 
femmes jeunes qui aiment à se montrer les épaules nues." 

Erichsen. — " La clavicule est plus souvent fracturée qu'au- 
cun autre os du corps humain." 

^' La clavicule étant un os spongieux et très vasculuire l'unionr* 
en a lieu rapidement. On a constaté l'union après 27 jours." 

*' Un homme peut après la guérison lever un poids aussi 
lourd avec le bras lésé qu'avec le bras sain." 

Ashhurst dit: " quant à la vie du patient et à l'utilité de son 
membre, le pronostic de la fracture de la clavicule est très 
favorable, mais la guérison sans difformité est très rare quand 
la fracture est au milieu de l'os." 



156 l'union kIdicale du canada 

D'après Topinion unanime des hommes de science, il est 
donc logique de conclure lo que la fracture simple de la clavi- 
cule est une lésion très peu grave ; 2o que Tunion et la con- 
solidation osseuse ont lieu rapidement, c'est-à-dire, dans l'es- 
pace de six à huit semaines. Le demandeur en cette cause, 
se trouvant dans les conditions ci-deseus mentionnées, n'avait 
riiona pas droit à plus de trois ou quatre mois de salaire, disons 
un plus six mois ; plus une somme en argent en compensation 
des souflfi*ances endurées. Nous croyons cette estimation juste 
et raisonnable — conforme aux saines données de la science. 

Les cas nombreux de fracture simple de la clavicule, que 
nous avons ea occasion d'observer, viennent à l'appui de notre 
appréciation; et ne nous ont jamais fourni l'occasion de faire 
du pronostic à 12 ou 20 pour cent pendant trois ans. 

M. D. 



REVUE DES JOURNAUX. 



PATHOLOGIE ET CLINIQUE MÉDICALES. 



Pneumonie, Traitement ; par M. le docteur Blaghez, mé- 
decin de l'hôpital Necker. — Il y a une trentaine d'années, tout 
médecin qui fût resté, les bras croisés, simple spectateur d'une 
pneumonie, eût été considéré comme faisant acte d'homicide. 
Il y avait pour ainsi dire des traditions qui s'imposaient au 
praticien, traditions que confirmait encore la lecture des livres 
spéciaux. On cherchait alors à combattre la maladie surtout 
par des émissions sanguines, et les médecins se divisaient en 
deux camps : les saigneurs à outrance et les saigneurs relati- 
vement modérés. 

Les premiers tiraient à leur malade jusqu'à sept livres de 
sang, pratique véritablement monstreuse qui fut cependant 
suivie, pendant un certain temps, par les plus grands noms 
de la médecine; on saignait alors jusqu'à deux et même trois 
fois par jour. Aussi, lorsque le malade résistait à la fois à la 
maladie et au traitement, il restait longtemps, après sa ^uéri- 
son, dans une anémie profonde et dans un état de faiolesse 
-extrême. 

D'autres, comme Sydenham, comme Stolz, etc., saignaient 



l'union médicale du canada 15T 

avec moiDS de violence, et, bien qu'ils fussent considérés 
comme très modérés, ils saignaient encore quatre et cinq fois 
pendant le cours de la maladie. 

Ce traitement est aujourd'hui heureusement en partie aban- 
donné, même par celui qui fut un de ses plus fermes promo- 
teur, par M. Bouillaud. 

Celui-ci avait ainsi formulé le traitement de la saignée: 
Quel que soit l'état du malade, saignez le dès son entrée à 
l'hôpital, et applique&lui des ventouses ; le lendemain, saignez- 
le de nouveau et de nouveau aussi faites-lui une application 
de ventouses } et le troisième jour après une nouvelle ^saignée^ 
la maladie sera jugulée, c'est-^-dire qu'une détente survenant 
dans l'état du malade, on le laissera se reposer. Mais si, con- 
trairement à toute attente, le souffle pei*siste, pratiquez une 
nouvelle saignée, appliquez de nouveau les ventouses et posez 
un vésicatoire. Enfin, si le huitième ou le neuvième jour le 
mal persiste, saignez de nouveau. 

M. Bouillaud avait cru voir ainsi la mortalité s'abaisser à 
20 p. c. par le traitement qu'il préconisait avec tant d'ai*deur. 
Ce résultat pai*aissait magnifique dans une affection que Ton 
considérait alors comme très-grave, ce dont on est aujourd'hui 
complètement revenu. 

Basori^ un médecin italien, niort en 1839, reprenant les 
théories émises par un médecin anglais du siècle dernier, 
Brown, créa la doctrine du stimulus et du contre-stimulus de 
deux forces opposées se faisant équilibre, et imagina pour la 
pneumonie une autre méthode de traitement, en associant 
d'abord l'émétique, le tartre stibié à la saignée ; mais on se 
demande comment un malade pouvait résister à un pareil 
traitement, comment il pouvait résister à six ou huit saignées» 
augmentées d'une quantité d'émétique qui n'était pas moindre 
de 60 grammes administrés par dose de 2, 3 ou 4 grammes» 
par jour. Mais bientôt lui-même abandonna la saignée pour 
ne plus employer que le tartre stibié, c'est-à-dire une médica- 
tion conti*o-stimulante. 

C'est cette médication que Laennec, tout en la tempérant, a 
mise également en honneur en administrant chaque jour à ses 
malades de 20 à 30 centigrammes d'émétique, auquel il ajou- 
tait un peu d'opium, afin que l'estomac pût le tolérer et que 
le malade n'eût pas de vomissements. Lorsque la tolérance 
était bien établie, il élevait la dose à 40 centigrames. 
. Laennec publia de nombreuses observations de succès ; mais 
celles-ci, aujouitl'hui que l'on connait la marche de la maladie 
et sa bénignité dans bien des cas, manquent absolument d'au- 
torité. 



158 l'union médicale du canada 

En 1850, un médecin viennois, Skoda, grand observateur^ 
•qui avait fait une étude spéciale de la pneumonie, pensa qu'on 
pouvait la traiter sans tout cet appareil, et que la thérapeuti- 
•que pouvait, en bien des cas, se borner tout simplement à sur- 
veiller la marche de la maladie. 

Peut-être rhomœopathie n'a-1>elle pas été étrangère à cette 
résolution d'abandonner la maladie à elle-même ; en effet, M. 
Maix)ite, entendant vanter constamment les succès obtenus 
•dans la pneumonie par les doses infinitésimales ordinaires, eut 
]"dée de laisser la maladie suivre son cours naturel sans inter- 
venir d'une façon active, à moins que Tétat du malade ne pré- 
sentât des complications exigeant l'emploi de moyens théra« 
peutiques spéciaux. Ses essais, faits avec une grande prudence, 
furent couronnés d'un plein succès, et les bulletins de statis- 
tique qui furent alors publiés produisent un étonnement inouï ; 
la mortalité était tombée à 9 p. c. 

Bien plus, les observations rapportées par Bennet, d'Edim- 
bourg, de pneumonies auxquelles on ne donnait que des alca- 
lins, abaissèrent encore ce chiffre k 4 p. c. 

Ces recherches eurent le mérite de faire connaître aux mé- 
decins une chose, jusqu'aiors lettre close pour eux, à savoir 
que la pneumonie, dans les conditions ordinaires, suivait une 
marche naturelle, avec une durée totale de huit a neuf jours. 
Mais à côte de ces faites, il est nécessaire aussi de savoir que 
cette maladie n'a pas toujours un processus aussi régulier, et 
que l'on a parfois des pneumonies, pour ainsi dire, déviées. 

Mais ici, comme en toutes choses, en devient très facilement 
exclusif, et c'est à cet exclusivisme même que Legendre, mal- 
gré les suqqlications de ses confrères pour se laisser traiter, 
dut de succomber au onzième jour d'une pneumonie pour 
laquelle il avait refusé toute médication. 

Barthez fit, sur les enfants de son service à l'hôpital Ste- 
Eugénie, les mêmes observations que Marotte, et sur 312 cas, 
il n'eut que deux morts. Sa médication avait consisté dans un 
seul vomitif, des boissons émoi lien tes, quelques juleps diacodés, 
et rien autre. 

Mais il ne faut pas s'y tromper, l'expectation est encore un 
traitement par les soins que vous donnez au malade, d'aboi*d 
de le soustraire au froid, de lui ci*donner une diète à peu près- 
absolue, enfin, de lui administrer dos boissons chaudes addi- 
tionnées d'un pou de lait. 

Eh bien, il y a seulement 25 ou 30 ans, un médecin qui eût 
ainsi à peu près abandonné la maladie à elle-même, non-seule- 
ment eût été renvoyé par la famille de son client, mais encore 
il eût couru grand risque d'être actionné en dommages-intérêts. 



Ii'UMION MÉDIOALE DU CANADA 159 

X 

Enfin, si nous continuons rhistorique da traitement de la 
pnouaaonîo, noas dirons que, plus récemment encore, quelques 
médecins ont prétendu que toutes les maladies aiguës ayant 
une marche déterminée à l'avance, la seule médication à la- 
quelle on dût avoir recoui*8 était de mettre le malade en état 
de résister au mal qui tendait à le déprimer, en relevant ses 
forces par des toniques et des excitants, notamment par l'al- 
cool. 

C'est ainsi que dans la pneumonie on a conseillé l'alcool à 
doses d'autant plus élevées que le malade était plus faible, plus 
adynamique. 

Béhier, l'un des premiers a appliqué cette méthode par l'al- 
cool, préconisée surtout en Angleterre, et la statistique de son 
service de la Pitié, lui donna, en 1865, 29 guérisons sur 36 ma- 
lades. 

Nous venons de passer en revue les différentes méthodes 
qui ont eu cours pour le traitement de 18 pneumonies depuis le 
commencement de ce siècle, et au milieu d'observations sou- 
vent contradictoires, le médecin serait parfois bien embarrassé 
s'il n'avait, dans l'état du malade, dans les indications fournies 
par la marche même de sa pneumonie, un guide à suivre avec 
toutes chances d'arriver au Dut. 

Ainsi, avez-vous affaire à une pneumonie peu étendue chez 
un suiet jeune et vigoureux, vous pouvez le plus souvent rester 
dans l'expectation et vous contenter d'ordonner des boissons 
émollientes et quelques potions diacodées. Chez le même indi- 
vidu, la douleur du côté est-elle vive et trop pénible, n'hé- 
sitez pas à faire des applications de ventouses scarifiées. 

Si le malade présente une forte oppression, si ses crachats 
sont fortement teintés, vous }30uvez sans crainte pratiquer une 
saignée, car vous verrez, dans la plupart des cas, colle-ci pro- 
duire immédiatement un résultat favorable. 

Par contre, chez les enfants et les vieillards, méfiez vou^ des 
saignées par la dépression fatale qui peut s'en suivre. 

On ne saigne plus aujourd'hui les enfants, mais on les fait 
Tomir, et s'ils tendent à s'aifaiblir, on leur donne un peu^ 
d'alcool. 

Si, chez les vieillards, la saignée est contre-indiquée, à moins 
d'avoir afifaire à un vieillard exceptionnellement vigoureux, 
les ventouses scarifiées seront, au contraire, recommandées 
par leur action révulsive et la petite évacuation sanguine 
qu'elles produisent. 

En thèse générale, ne saignez donc que les gens vigoureux, 
présentant un état fébrile très prononcé et surtout ne le saignez 
qu'une ou deux fois au plus. 



160 l'union médicale du canada 

Qaant à la médication stibiée, il est un certain nombre de- 
pneumonies qui revêtent une forme bilieuse — forme surtout 
bien étudiée par Stolz — dans lesquelles les vomitifs par réméti- 
que vous rendront de bons services, mais Témétique à petite 
dose, et non pas comme contre-stimulant, à la façon de Basori. 

Dans ses dernières années, Trousseau avait remplacé Téméti- 
que par le kermès et par la digitale. 

Je ne suis pas, je Tavoue, très partisan de la médication sti- 
biée, qui, d'après un certain nombre de médecins, aurait une 
influence dépressive flkshouse sur le cœur, et je lui préfère ladigi- 
taie. Celle-ci me paraît d'une médication plus rationnelle en 
ralentissant la circulation et déprimant le pouls, bien que, par- 
fois aussi, elle ait une action un peu irritante sur la muqueuse 
stomacale et donne lieu à quelques vomissements. 

Aussi, bien que la digitale me paraisse devoir atténuer favo- 
rablement les accidents aigus de la maladie, no Timposerai-je 
pas à toutes les malades atteints de pneumonie, tous ne la sup- 
portant pas également bien. 

Enfin, j'arrive aux vésicatoires qui sont toujours employés, 
mais que je réserve, en général, pour les derniers jours de la^ 
maladie, dans les cas où la résolution ne me paraît pas sur- 
venir assez rapidement. Mais je ne les fais jamais appliquer 
au début de la maladie, où ils ne produisent aucun résultat 
avantageux, tandis qu'il n'en est pas de même au déclin de la 
pneumonie. 

Vous voyez donc, en résumé, qu'il • ne saurait y avoir une 
méthode généralement applicable à tous les cas indistinctement, 
mais que nous conseillons : 

lo Pour les uns, une oxpectation prudente, raisonnée, loreque 
rien n'indique que l'on doive avoir recours à une médication 
active, et je ne range ni la digitale, ni le kermès dans i»ne médi- 
cation active ; 

2aêPour les autres, c'est-à-dire les cas où on remarquera une 
fièvre très-vive, une oppression considérable, et les différents 
symptômes que nous avons énoncés plus haut, nous n'hésite- 
rons pas à oMonner les antiph logistiques, la saignée elles ven- 
touses scarifiées. 

Enfin, chez les malades qui présentent une assez grande dé- 
pression, une sorte d'état adynamique, nous conseillerons le 
traitement par l'alcool. — Bévue Médicale. — Le Scalpel. 



Note sur le microbe de la diphthérie, par Ch. Tala- 

MON, ancien interne des hôpitaux. — J'ai l'honneur de montrer 
à la société le microbe que je suppose être l'organisme spécifi- 



l'union médicale du CANADA 161 

que de la diphthérie. Jo dois dire, tout d'abord, que mes 
recherches et mes expériences, bien que poui-suivies depuis 
près de cinq mois, ne sont pas complètement terminées, ce 
qui explique la restriction que j'ai faite en commençant. Si jo 
me décide à faire aujoui'd'hui cotte communication, c'est uni- 
quement pour prendre date. 

La plupart de mescultures ont été faites à Taide de fausses 
membranes provenant du service de M. Bergerou, à Sainte- 
Eugénie. Grâce à son obligeance et à celle de son interne, M. 
Sass, j'ai pu recueillir un certain nombre de ces fausses mem- 
branes détachées soit de^ amygdales, soit de la trachée^ ou 
rendues par la cranule après la trachéotomie. Je ne tiendrai 
compte ici que des cas qui m'ont fourni des résultats cer- 
tains. La discussion des faits douteux ou négatifs m'entraî- 
nerait trop loin ; j'y reviendrai plus taixi dans un travail plu» 
complet. 

Les faits positifs sont au nombre de huit ; tous sont des cas 
d'angine toxique, diphthérie vraie, soit purement pharyngée, 
soit avec extension au larynx et à la trachée. Les cas d'angino 
avec croup sont au nombre de deux ; dans ces doux cas, la 
fausse membrane cultivée a été prise dans la trachée, et a don- 
né le même organisme que les fausses membranes amygdu- 
liennes. Dans un cas d'angine, le premier où j'ai trouvé le 
microbe que je mets sous vos yeux, j'ai pu suivre la diphthérie 
depuis le début jusqu'à la guérison. Le malade était un homme 
de vingt ans, couchant dans la même chambre qu'un de set> 
amis atteint de diphthérie toxique, il sentit, le jour même de 
la mort de celui-ci, un léger mal de gorge. Le lendemain, il 
vint à l'Hôtel- Dieu, et l'on constata la présence de faus^es^ 
membranes gris-vei^dâtres sur les deux amygdales et un engor- 
gement ganglionnaire déjà considérable. Chaque jour, j'ai fait 
plusieurs cultures de ces fausses membranes, et, pendant les^ 
dix jours qu'a duré la maladie, constamment j'ai obtenu lo 
même organisme. Les fausses membranes disparues, le mucu» 
de l'arrière- gorge, cultivé à plusieurs reprises, n'a plus rien 
donné. 

Ce cas est le seul, oii j'ai pu suivre ainsi, jour par jour, la 
maladie. Pour les antres, j ai dû me contenter de prendre 
des fausses membranes une fois seulement pour chaque mala- 
de. Voici l'organisme que les cultures ont donné dans lei» 
huit cas. 

Cet organisme ne fressemble ni au Zygodesmus fiiscus de 
Letzerîch, que personne d'ailleurs n'a revu, pas même Letze- 
rich, ni au tiUètia diphtherica, sur lequel l'auteur allemand 
s'est rabattu après avoir abandanné le zygodesmus, ni au mi- 



162 l'union médicale du canada 

crosporon de Klebs, qui n'eut qu'uD micrococeus. C'est un 
champignon facile à voir et à reconnaître, dont j'ai pu suivre 
et étudier le développement dans tou.^ ses détails, soit dans de 
grandes cultures multipliées, soit dans lu chambx*e humide. 

A I état de complet développement, il se présente sous la 
forme de mycélium et de spores caractéristiques. Les mycé- 
liums sont tantôt sou:^forme de longs tubes, cloisonnés de dis- 
tance en distance, d'une réfringence spéciale, en général très 
clairs; ils ont depuis 3 jusqu'à 4 et 5 millièmes de millimètres 
de large. Quand les conditions de croissance sont bonnes, ils 
^'allongent extrêmement, se biffurquent de temps à autre, et 
les bouts bifurques sont par eux-mêmes très caractéristiques ; 
ils dessinent par leui's deux branches légèrement incurvées, 
une figure qu'on ne peut comparer plus exactement qu'à une 
lyre oa à un diapason. D'autres fois, les mycéliums ne s'allon- 
gent pas ainsi ; tout en se multipliant de manière à couvrir 
rapidement la surface du liquide ae culture, ils restent courts, 
prenant des formes bizarres, dont la plus commune peut être 
comparée à une béquille; il existe alors une foule de oâtonnets 
droits, de 3. 4 miliièmcti de millimètres de lai*ge, sur 15, 20, 40 
millièmes de long. 

Les spores sont de deux espèces : des spores rondes ou 
ovales qu'on peut appeler les spores de germination, et des 
bpores rectangulaires qui représentent le dernier terme de 
développement du i;hampignon et que nous appellerons des 
conidi'S. Ces dernières caractérisent l'espèce; elles ont la 
forme de petits rectangles dont la grandeur est très variable } 
la largeur varie de 1 à 2 jusqu'à 7 et 8 millièmes de millimè- 
tres et quelquefois plus. Leur longueur varie de même depuis 
5 à 1 jusqu'à 10 et 15 millièmes de millimètres. Tantôt elles 
80nt isolées, tantôt réunies par 2, 3 ; très souvent en chapelets 
de 10, 12, 15 grains, ou en chaînettes brisées en zigzags. Homo- 
gènes d'abord, elles se remplissent bientôt de petits grains 
ronds, très brillants, du volume des micrococeus ordinaires, et, 
qui, pour moi, sont le véritable germe du champignon ; je me 
borne pour le moment à ces quelques observations. 

Les spores rondes ou légèrement ovales sont celles dont 
rallongement constitue le mycélium; ces spores apparaissent 
commes des points claii's de 3, 4, 5 millièmes de millimètres de 
diamètre, au milieu d'une matière granuleuse disposée en amas 
plus ou moins étendus, qui représentent ce qu'on appelle des 
zooylœa. Ces spores s'allongent par un de leurs pôles en un 
tube de 2, 3, 4 millièmes de mini mètres de diamètre, qui va 
dès lors s'étendant et se bifurquant comme je l'ai dit plus 
haut. Quand l'allongement du mycélium est à son déout, 



L*UNION MÉDICALE DU CANADA 163 

TaApect de la spore munie de ce prolongement rappelle la forme 
.d*un têtard. 

Les ditférentes phases du développement de ces spores et des 
conidies sont trèi carieuses à étudier, mnis je ne veux pas y insis- 
ter dans cette note. J'arrive aux inoculations et aux injections 
•que j'ai faites à divei-s animaux. 

Dans cette question de la recherche des microbes, on ne 
peut se contenter d'isoler par la culture l'organisme qu'on 
suppose la cause première de la maladie. Il ne suffit pas 
non plus que l'organisme inoculé tue l'animal en expérience. 
Il faut, et c'est ce qui rend la question si ardue, reproduire, si 
c'est possible, chez l'animal, la maladie qu'on attribue au 
microbe, ou du moins, démontrer, par la culture des divers 
organes, que c'est bien l'oi'gani'^me inoculé et non la septicé- 
mie qui a déterminé la mort. Or, malgré les affirmations des 
auteurs allemands, pei*sonne n'a reproduit jusqu'ici la diphthé- 
rie. Letzerich et K.lbs disent l'avoir fait chez des lapins : ils 
ont tué des lapins, c'est vrai, l'un en leur injectant le zygodes- 
mus fuscus pendant une première période et le tilletùa pendant 
une seconde; l'autre, en leur inoculant \e microsporon: maif^, 
ni l'un ni l'autre n'ont reproduit la diphthérie, car ni l'un ni 
l'autre n'ont reproduit de fausses membranes, et la rapidité 
avec laquelle mouraient leurs lapins donne à croire que cette 
mort était le résultat d'une infection septique et non d'autre 
xîhose. 

J'»i inoculé sur la muqueuse buccale et nasale ou fait ingé- 
rer le mici-obe que j'ai décrit à six lapins, deux cobayes, quatre 
grenouilles, un coq, quatre pigeons. Les six lapins sont morts 
au bout de six, huit, dix, dix-huit jours. Le premier est mort 
au bout de nix jouis avec un gonflement énorme du cou, tout à 
fait comparable à l'œ lème des diphthériques. Ce gonflement 
•était formé par une infiltration sérieuse du tissu cellulaire et 
la culture de cette sérosité a redonné le microbe avec dos coni- 
dies caractéristiques. Le lapin mort au bout de dix-huit jours, 
après ingestion de liquidai contenant le microbe, avait une pleu- 
résie fibrineuse double avec épanchement; le liquide épanché 
aussi bien que les fausses membranes ont redonné par la cultu- 
re l'organisme inoculé. Chez tous les lapins, d'ailleurs, j'ai 
retrouvé, souvent avec le microscope seul, d'autres foin par la 
culture, le microbe constamment dans la sérosité du péritoine, 
très souvent, dans le péricarde, souvent aussi dans les reins. 
Jamais la culture du sang pris dans le cœur n'a redonné l'orga- 
nisme. Le plus souvent, le liquide restait clair; parfois il s'y 
développait des bactéries vulgaires. 

Des deux cobayes, un seul est mort; l'antre a résisté. J'ai 



104 l'union médicale du canada 

fkit avaler à trois gi*enouiIles des flocons de mycélium, à deux: 
ou trois reprises; les grenouilles replacées dans leur bocal sont 
mortes huit, dix et onze jours après la dernière ingestion. Klles^ 
étaient pour ainsi dire farcies du microbe. Dans la lymphe- 
sous-cutanée surtout et dans le grand sac lymphatique, l'orga- 
nisme avait cultivé en abondance. Ici encore, le liquide dn 
péritoine a reproduit par la culture le microbe, mais le sang 
pris dans le cœur qui battait encore n'a rien donné dans un cas ; 
dans un autre, il a donne des bactéries. Deux de ces grenouil- 
les étaient en plein rut ; la femelle avait l'abdomen rempli de 
frai; la grenouille mâle avait les testicules gros comme des 
haricots et gonflés de sperme. Le sperme et le frai cultivés ont 
donné le microbe diphthérique. De sorte que si la féconda, 
tion avait pu se faire, les têtards de ces deux grenouilles 
auraient pu avoir, en naissant, le germe de la diphthérie. 

J'ai placé la quatrième grenouille dans l'eau où avait vécu 
une des grenouilles inoculées. Cette eau contenait de nombreu- 
ses conidies. Au bout de dix jours la grenouille était morte, et 
j'ai retrouvé l'organisme dist^éminé par tous ses tissus. 

Chez les grenouilles, c'est dans l'estomac que paraît se faire- 
la lésion principale. La muqueuse était tapissée d'une épuibse- 
couche de mucus visqueux jaunâtre, consistant, foi-mé nu 
microscope de cellules épithélialos, de granulation» et de 
gouttes de graisse, de nombreux micrococcus et d'un certain 
nombre de conidies rectangulaires. La quatrième grenouille- 
avait, en outre, une inflammation intense de toutes leb tuniques 
stomacales. L'estomac apparaissait en effet avec une colora- 
tion rouge diffuse, aussi bien à l'extérieur qu'à l'intérieur, et 
la surface péritonéale était couverte de fausses membranes fin er^* 
et récentes. 

J'ai fait avaler au coq quelques flocons de mycélium. Ait 
bout d'une huitaine de jours, voyant qu'il ne paraih^Hit pas 
malade, j'ai voulu le refroidir et je l'ai laissé pendant vingt- 
quatre heures les pattes dans l'eau, suivant le pi*océdé employé 
par Pasteur pour la réfrigération des poule» charbon neubes. 
La température, de 42 degrés est tombée en effet à 38. Malheu- 
reusement, la planche à laquelle le coq était attaché a glissé- 
dans l'eau, et la bète s'est noyée. A l'autopsie, j'ai trouvé la 
muqueuse du jabot tapissée d'une foule de points blancs gros 
comme des lentilles; ces points, examinés au microscope, 
étaient formés d'épithélium rempli de granulations, de goutte- 
lettes de graisse, de micrococcus, et d'un grand nombre de 
spores rectangulaires. ' 

Enfin, chez les quatre pigeons j'ai réussi à reproduire Icsr 
fausses membranes diphtéritiques. En grattant rudement avec 



l'union médicale du canada 165 

.1% lame d'un bistouri la surface de la muqueuse et en badigeon- 
nant ensuite Texténenr de la bouche avec le produit de 
culture, j'ai vu se développer, au bout de vingt-quatre heures, 
une épaisse membranequi tapissait les deux côtés de la bouche, 
la langue, le voile du palais, l'arrière-gorge ; cette fausse mem- 
brane était d'un blanc jaunâtre et formée, comme les fausses 
membranes pharyngiennes et araygdaliennes de Thomme, de 
cellule'* épithéliales, de graisse, de coocus et de bactéries ; il y 
avait fort peu de conidi es rectangulaires; mais cultivée, cette 
fausse membrane redonnait constamment l'organisme. Je n'y 
ai pas vu de fibrine. Deux des pigeons sont morts au bout de 
trois joui*s; l'un avait l'entrée du larynx aussi recouvert de 
fausses membranes, et la trachée pleine d'un mucus épais dont 
la culture repi*oduisait le micii*obe. Le liquide du péritoine et 
du péricarde, des reins, cultivés, le reproduisaient aussi. Mais, 
comme chez les lapins et les grenouilles, le sang du cœur n'en 
contenait pas et les ballons ensemencés avec ce sang restaient 
clairs. Le troisième pigeon est resté malade une huitaine de 
jours ; les fausses membranes se sont détachées d'elles-mêmes 
et il a gtiéri. Le quatrième est actuellement en observation. 

Ces différentes expériences présentent des particularités sur 
lesquelles je ne veux pas insister ici et qui seront mises en 
relief plus tard. J'ai voulu seulement montrer que j'avais 
isolé un microbe qui« à plus juste titre que le tiUetia de Letze- 
rich et le microsporon de Klebs, peut être regardé comme la 
cause de la diphthérie, puisqu'il reproduit ce que ces expéri- 
mentateurs n'ont jamais obtenu, la fausse membrane. Quant 
A la nature et à l'origine de ce champignon, que je crois con- 
naître, je les discuterai dans un prochain travail; mais, cela 
ne peut être fait utilement qu'en toute connaissance de cause, 
et, je Tai dit, ma certitude à cet égard n'est pas complète. — 
Le Progrès médicaL 



Les syphilis ignorées. — M. Louis Jnmon, d'après l'en- 
seignement du professeur A. Fournier, traite, dans sa thèse 
de doctornt, l'importante question des syphilis ignorées. ^* Un 
malade adulte, ait l'auteur, se présente avec une lésion qui. 
après examen minutieux, semble, par sa marche et ses carac- 
tères objectifs, ne devoir être rapportée qu'à la syphilis. On 
interroge Le malade sur ses antécédents spéciâques: pas de 
résultat; le malade nie avoir eu la série des accidents qu'on 
lui énomère. Il affirme n'avoir jamais eu la syphilis. Cepen- 
dant, le médecin passe outre, et institue le traitement spéci- 
.iique; et l'on voit la lésion, jusqu'alors stationnaire on pi*o- 



166 l.'UMON MÉDICALE DU CANADA 

gressive, guérir avec cette rapidité qui en démontre Fa nature^ 
La lésion était bien syphilitique (cela est démontré par le 
résultat du tmitement) ; mais )e malade ignorait sa maladie : 
"• il avait la syphilis sans le savoir, " Voilà la définition de la 
syphilis ignorée. 

La syphilis est, ou paraît ignorée, selon que les premiers 
accidents ont passé inaperçus, ou que le malade nie tout anté- 
cédent de vérole. Dans bien des cas, on veut cacher la " mala- 
die honteuse. " Les femmes surtout, d'après M. Fournier, sont, 
à cet égaiHi, étonnantes de sang-iroid et d'aplomb, soit qu'elles 
y mettent cette sincérité naïve à laquelle les plus sceptiques 
se laissent prendre, soit qu'elles s écrient avec indignation : 
'^ Jamais je n'avouerai cette maladie ; on me couperait plutôt 
en morceaux ! " 

La vérole est donc souvent dissimulée; mais la bonne foi 
existe parfois dans la négation, et la syphilis ignorée est loin 
d'être rare, si l'on en juge, du moins, par les statistiques du 
prof. Fournier. La syphilis ignoi-ée est plus commune chez la 
classe pauvre que chez les riches, dans le sexe féminin que 
dans le sexe masculin. On comprend aisément ces différences, 
si l'on songe à l'incurie forcée des gens du peuple pour leurs 
personnes, et à l'ignorance relative où vit la femme, dans nos 
sociétés modernes. Enfin la syphilis ignorée, dans la période 
tertiaire, est presque quatre fois plus fiéquente que dans la 
période secondaire. 

On a rattaché parfois les syphilis sans antécédents à l'héré- 
dité tardive. Le fait est possible, mais rare. Le Dr Jumon 
estime que presque tous les cas semblables observés chez des 
adultes ne sont que des syphilis dont le passé reste ignoré du 
pujet. Quant au diagnostic (jualificatifdes lésions elles-mêmes, 
il se fait parla pierre de touche du traitement spécifique: 
naturam morborum curatio ostendit... 

La vérole d'emblée, c'est à-dire sans chancre^ est en train de 
rejoindre, dans le chaos des erreurs patbogéniques, le fameux 
bubon d emblée, admis par tant d'écrivains de mérita, et que le 
Dr Ch. Mauriac, l'éminent syphiliographe du Midi, a rejeté- 
dernièrement de la pathologie par des considérants indiscu- 
tables. Aucune observation précise ne démontre l'existence 
de l'entité '* vérole d'emblée " : pour y croire, il faudrait nous 
montrer un exemple d'inoculation non suivie de chancre»,, et 
amenant des accidents secondaires. 

La syphilis reste parfois méconnue, parce que le chancre est 
extra-général. Le publi 3 ne saurait considérer comme- chanci'e 
une ulcération primitive syphilitique de la bouche, de l'abdo- 
moDi de la cuisKC, etc., surtout lorsque l'infection survient en. 



l'union médicale du canada 167 

dehors de tout commerce vénêrieD. Dans cette classe, se 
rangent, les contaminations par nn enfant, un baiser, un verre, 
une cailler, une pipe, une canule d'irrigaieur, un médecin, 
une sage-femme, un spéculum, un instrument destiné à sonder 
iS trompe d'Eustache; enfin, l'infection produite par les pra- 
tiques vaccinales. (Voir les observations.) 

Le chancre peut encore passer inaperçu, parce qu'il est 
profondément situé dans le vagin, sur le col utérin, sous une 
balano-po8thite, etc., et que l'incurie et la négligence em- 
pêchent de le chercher; d'autres fois, c'est la certitude, bizarre 
d'ailleurs, de ne pas être contaminé par la femme honnête^ 
incapable d'être syphilitique (comme l'est toujours, d'ailleurs, 
la femme que l'on a ehoisie pour maîtresse). 

La syphilis reste souvent ignorée de la femme, parce que 
l'homme qui lui a communiqué la maladie s'efforce derassurer 
sa victime et de la tromper (ce qui est généralement facile^ 
sur la nature des accidents; de plus, les faits de syphilis par 
conception (enfant procréé par un pyphilitique contagionnant 
la mère in utero) ^ faits qui expliquent l'immunité de la mèrc^ 
qui allaite à l'égard de 8on enfant syphilitique, expliquent 
aussi comment peut s'installer chez la femme une syphilis 
ignorée. 

Souvent le chancre est une érosion superficielle, petite, indo- 
lente et paRsagère, qui passe pour une écorchure do coït, une 
ulcération d'herpès, un chancre mou. Les accidents secon- 
daires, les syphilîdcM, les adénopathios, les «ngines, l'alopécie, 
la céphalée, les plaques anales, Tiritis lui-même, reçoivent du 
malade une interprétation pathogénîque banale, surtout quand 
ces accidents (ce qui est fiéquent) sont très légers. 

Les conséquenoo'^ de la syphilis ignorée sont graves «^ eau**© 
de l'absence du tï'nitement. Nous savons, dit M. Jumon, que 
les syphilis tertiaires sont quatre fois plus fréquemment igno- 
rées que les syphilis secondaires. Si, maintenant, l'on compare 
la fréquence de ces mêmes syphilis tertiaires méconnues au 
total des syphilis tertiaires sans distinction, on trouve que, 
sur 26 syphilis tertiaires, 10 sont restées méconnues S'il était 
possible sur les 16 autres r^as, de pouvoir distinguer celles qui 
ont été^insufiîsamment traitées, on saurait l'influence de l'ex- 
pectation sur la marche ultérieure de la vérole. Bien des 
lésions tertiaires sont d'un diagnostic facile ; mais, s'il s'agit 
de lésions viscérales (foie, poumons, cœur) et surtout de cer- 
taines lésions céi-ébrales, Terreur devient facile, et l'absence du 
traitement spécifique«*st généralement fatale au malade. Enfin, 
la vérole ignorée, c'est-à-dire non traitée, est singulièrement 
funeste à la descendance. 



163 l'qnion médicale du canada 

Les médecins doivent tous méditer le mot bien connu de 
Tillustre Eajer : ^' Quand je ne vois pas clair dans quelque 
chose, je fiaire la vérole ; et bien m'en a pris, en mainte occa- 
sion, de prescrire le traitement de la vérole, aloi*s que 1*8 
malades récubaient tout antécédent suspect. Cai* la science du 
médecin doit primer toujours les allégations du malade, même 
-de bonne foi. *' 

Conclusions. L'absence de commémoratif n'a pas de valeur. 
— Le diagnostic porté, il faut instituer le traitement spécifique 
même à titre d'ensai, parce qu'il n'est généralement pas dan- 
gereux quand il est bien dirigé, et parce qu'il est indispensable 
au malade syphilitique. 

Nous ne voulons pas décerner de louange banale à la thèse 
<le M. Jumon. Elle constitue, avec les intéressantes observa- 
tions dont elle est accompagnée et dont nous ne pouvons ici 
<lonner le détails une véritable monographie de la syphilis 
ignorée. — Revue de thérapeutique médico-chirurgicale. 



Guérison spontanée de la tuberculose pulmonaire. 

— Le docteur Iieilter examine, au point de vue de la guérison 
spontanée de la phthisie, les poumons de 16,562 cadavres. 
Sans compter tous les cas de cicatrices douteuses, ou d'adhé- 
rences pleurales, Heilter a trouvé 180 foyers caséeux guéris, 
sur des sujets morts d'affections absolument étrangères à la 
tubei*culose. Sur ces 780 sujets, il a noté 503 hommes, 277 
femmes. Au point de vue de l'âge : répartition égale de vingt 
A soixante cinq ans. 

Un de ces morts avait 101 ans, un autre 103 an3 ! Tous ces 
sujets appartenaient à la classe ouvrière. Les lésions consis- 
taient en noyaux cicatriciels fortement pigmentés, très noirs 
et entourés de nodules gris ou jaunâtres. 11 a trouvé des 
cavernes, cicatrisées, dont le volume variait entre celui d'une 
noix et celui d'un œuf. 

Dans 651 cas, la lésion était bilatérale, presque toujours 
limitée aux sommets. La guérison spontanée est, dit l'auteur, 
plus facile dans les cas chroniques que dans les cas aigus. On 
peut toujours l'espérer tant que les tubercules n'ont pas dé- 
passé les lobes supérieures. Quand les lobes inférieurs sont 
envahis, la maladie peut avoir des temps d'arrêt, mais la 
guérison n est plus possible. — Medizinische lahrbucher^ 1880, 
Heft., IIL 



l'union médicale du CANADA 169 

Contribution à la pathogénie des abcès du cer- 
veau, par le docteur Binswauger. — L'auteur apporte un cas 
fort intéressant, en ce qu'il démontre qu'une inflammation 
chronique de l'oreille moyenne peut déterminer des lésions 
graves du côté du cerveau, sans qu'on observe de carie du 
rocher; Yoici ce fait : 

Un homme do 51 ans présentait depuis quelque temps des 
symptômes pathogéniques sans localisation bien déterminée. 
l)epuis quatre semaines il avait de la fièvre, de l'abattement, 
<le l'anorexie et de la diarrhée. Aucuns symptômes cérébraux, 
seulement une paralysie du bras gauche, sans troubles de la 
beusibilîté ; le ventre est excavé, non douloureux. La rate 
ii'est pas augmentée de volume. Fièvre rémittente, vomisse- 
ments bilieux. Puis il survint un accès épileptif >rme et la 
mort arriva au bout de quelques semaines, au milieu de symp- 
tômes progressifs do prostration. 

A l'autopsie, on trouva un abcès récent des poumons. Le 
crâne et les méninges étaient absohiment sains. A la section 
de l'hémisphère droit, on découvrit dans la partie centrale de 
la circonvolution frontale et de la frontale ascendante un foyer 
purulent dont la paroi paraissait dure et fibreuse. En outre, 
lorsqu'on ouvrit le rocher du côté correspondant, on trouva 
dans les cellules de l'apophyt^e mastoïde un fo^-er composé de 
granulations rougeâtres de la grosseur d'une pièce de 5 pfen- 
nigs; ces granulations pénétrant dans la caisse du tympan par 
ses faces supérieure et _ antérieure, développaient complè- 
tement les Osselets de l'ouïe dont les ligaments étaient détruits. 

Il est certain qu'on aurait porté le diagnostic d^ abcès idio- 
pathique du cerveau, si Ton avait omis l'examen détaillé des 
organes de l'audition. En effet, l'autopsie démontra la parfaite 
intégrité de la dure-mère et des sinus dans le voisinage du 
foyer purulent, elle démontra aussi l'absence de carie du côté 
du rocher. 

L'auteur de cette obsei'vatîon explique ainsi la marche suivie 
par la lésion initiale de l'oi-eille pour arriver à la formation de 
l'abcès du cerveau. Il croit que les mici*ophyte8 infectieux 
partis de l'oreille moyenne ont suivi les fentes du tissu con- 
jonctif qui enveloppe les nerfs et les vaisseaux, allant de l'oreille 
à la partie interne du ci*fine, et qu'arrivé là il leur a été possible 
d'intecter le sang dans ba totalité. (Breslau xrzll Zlschr,)^ 
Lyon Médical 



D'un symptôme rare dans l'attaque d'épilepeie — 

Il s'agit <f'un soldat reçu comme epileptique dans le service 



160 l'union médicale du canada 

Quant à la médication stibiée, il est un certain nombre de 
pneumonies qui revêtent une forme bilieuse — forme surtout 
bien étudiée par Stolz — dans lesquelles les vomitifs par Téméti- 
que vous rendront de bons services, mais Témétique à petite 
dose, et non pas comme contre-stimulant, à la façon de Sasori. 

Dans ses dernières années, Trousseau avait remplacé l'éméti- 
que par le kermès et par la digitale. 

Je ne suis pas, je Tavoue, très partisan de la médication sti- 
biée, qui, d'après un cei*tain nombre de médecins, aurait une 
influence dépressive fâcheuse sur le cœur, et je lui préfère la digi- 
tale. Celle-ci me paraît d'une médication plus rationnelle ei^ 
ralentissant la circulation et déprimant le pouls, bien que, p«ir- 
fois aussi, elle ait une action un peu irritante sur la muqueuse 
stomacale et donne lieu à quelques vomissements. 

Aussi, bien que la digitale me paraisse devoir atténuer favo- 
rablement les accidents aigus do la maladie, ne l'imposerai-je 
pas à toutes les malades atteints de pneumonie, tous ne la sup- 
portant pas également bien. 

Enfin, j'arrive aux vésicatoires qui sont toujours employés, 
mais que je réserve, en général, pour les derniers jours de la* 
maladie, dans les cas où la résolution ne me paraît pas sur- 
venir assez rapidement. Mais je ne les fais jamais appliquer 
au début de la maladie, où ils ne produisent ancun résultat 
avantageux, tandis qu'il n'en est pas de même au déclin de la 
pneumonie. 

Yous voyez donc, en résumé, qu'il ne saurait y avoir una 
méthode généralement applicable à tous les cas indistinctement, 
mais que nous conseillons : 

lo Pour les uns, une expectation prudente, raisonnée, lorsque 
rien n'indique que l'on doive avoir recours à une médication 
active, et je ne range ni la digitale, ni le kermès dans une médi- 
cation active ; 

2* Pour les autres, c'est-à-dire les cas où on remarquera une 
fièvre très-vive, une oppression considérable, et les difiérents 
symptômes que nous avons énoncés plus haut, nous n'hésite- 
rons pas à oi'donner les antiph logistiques, la saignée et les ven- 
touses scarifiées. 

Enfin, chez les malades qui présentent une assez grande dé- 
pression, une sorte d'état adynamique, nous conseillerons le 
traitement par l'alcool. — Bévue Médicale. — Le Scalpel. 



Note sur le microbe de la diphthérie, par Ch. Tala- 

3I0N, ancien interne des hôpitaux. — J'ai l'honneur de montrer 
à la société le microbe que je suppose être l'organisme spécifi- 



l'union médicale du CANADA 161 

qne de la diphthério. Jo dois dire, tout d'abord, que mes 
recherches et mes expériences, bien que poursuivies depuis 
près de cinq mois, ne sont pas complètement terminées, ce 
qui explique la restriction que j'ai faite en commençant. Si je 
me décide à faire aujourd'hui cette eouimunication, c'est uni- 
quement pour prendre date. 

La plupart de mescultures ont été faites à Taide de fausses 
membranes provenant du service de M. Bergerou, à Sainte- 
Eugénie. Grfice à son obligeance et à celle de son interne, M. 
Sass, j'ai pu recueillir un certain nombre de ces fausses mem- 
branes détachées soit de'^ amygdales, soit de la trachée^ ou 
rendues par la crannle après la trachéotomie. Je ne tiendrai 
compte ici que des cas qui m'ont fourni des résultats cer- 
tains. La discussion des faits douteux ou négatifs m'entraî- 
nerait trop loin ; j'y reviendrai plus taiti dans un travail plus 
complet. 

Les faits pcsitifs sont au nombre de huit ; tous sont des cas 
d'angine toxique, diphthérie vraie, soit purement pharyngée, 
soit avec extension au larynx et à la trachée. Les cas d'angine 
avec croup sont an nombre do deux ; dans c(îs doux cas, la 
fausse membrane cultivée a été prise dans la trachée, et a don- 
né le même organisme que les fausses membranes amygdu- 
liennes. Dans un cas d'angine, le premier où j'ai trouvé le 
microbe que je mets sous vos yeux, j'ai pu suivre la diphthério 
depuis le début jusqu'à la gnérison. Le malade était un homme 
de vingt ans, couchant dans la même chambre qu'un de ses^ 
amis atteint de diphthérie toxique, il sentit, le jour même do 
la mort de celui-ci, un léger mal de gorge. Le lendemain, il 
vint à l'Hôtel- Dieu, et l'on constata la présence de fausses 
membranes gris-verdâtres sur les deux amygdales et un engor- 
gement ganglionnaire déjà considérable. Chaque jour, j'ai fait 
plusieurs cultures de cch fausses membranes, et, pendant lus. 
dix jours qu'a duré la maladie, constamment j'ai obtenu lo 
même organisme. lies fausses membranes disparues, le mucus 
de l'arrière gorge, cultivé à plusieurs reprises, n'a plus rien 
donné. 

Ce cas est le seul, où j'ai pu suivre ainsi, jour par jour, la 
maladie. Pour les antres, j ai dû me contenter de prendre 
des fausses membranes une fois seulement pour chaque mala- 
de. Yoici l'organisme que les cultures ont donné dans les 
huit cas. 

Coi organisme ne fressemble ni au Zygodesmus fuscus de 
Letzerich, qne personne d'ailleurs n'a revu, pas même Letze- 
rich, ni au tillétia diphtherica^ sur lequel l'auteur allemand 
s'est rabattu après avoir abandanné le zygodesmus. ni au m»- 

11 



160 l'union médicale du canada 

Quant à la médication slibiee, il 6st un certain nombre de 
pneumonies qui revêtent une forme bilieuse — forme surtout 
Dien étudiée par Stolz — dans lesquelles les vomitifs par Téméti- 
que vous rendront de bons services, mais Témétique à petite 
dose, et non pas comme contre-stimulant, à la façon de Basori. 

Dans ses dernières années, Trousseau avait remplacé l'éméti- 
que par le kermès et par la digitale. 

Je ne suis pas, je Tavoue, très partisan de la médication sti- 
biée, qui, d'après un cei-tain nombre de médecins, aurait une 
influence dépressive fôcheuse sur le cœur, et je lui préfère la digi- 
tale. Celle-ci me paraît d'une médication plus rationnelle ei> 
ralentissant la circulation et déprimant le pouls, bien que, par- 
fois aussi, elle ait une action un peu irritante sur la muqueuse 
stomacale et donne lieu à quelques vomissements. 

Aussi, bien que la digitale me paraisse devoir atténuer favo- 
rablement les accidents aigus de la maladie, ne l'imposerai-je 
pas à toutes les malades atteints de pneumonie, tous ne la su]> 
portant pas également bien. 

Ënfln, j'arrive aux vésicatoires qui sont toujours employés, 
mais que je réserve, en général, pour les derniers jours de la^ 
maladie, dans les cas où la résolution ne me paraît pas sur- 
venir assez rapidement. Mais je no les fais jamais appliquer 
au début de la maladie, où ils ne produisent ancun résultat 
avantageux, tandis qu'il n'en est pas de même au déclin de la 
pneumonie. 

Vous voyez donc, en résumé, qu'il • ne saurait y avoir une- 
méthode généralement applicable à tous les cas indistinctement, 
mais que nous conseillons : 

lo Pour les uns, une expectation prudente, raisonnée, lorsque 
rien n'indique que l'on doive avoir recours à une médication 
active, et je ne range ni la digitale, ni le kermès dans une médi- 
cation active ; 

2* Pour les autres, c'est-à-dire les cas où on remarquera une 
fièvre très- vive, une oppression considérable, et les différents 
symptômes que nous avons énoncés plus haut, nous n'hésite- 
rons pas à oi'donner les antiphlogistiques, la saignée et les ven- 
touses scarifiées. 

Enfin, chez les malades qui présentent une assez grande dé- 
pression, une sorte d'état adynamique, nous conseillerons le 
traitement par l'alcool. — Bévue Médicale. — Le Scalpel. 



Note sur le microbe de la diphthérie, par Ch. Tala- 

MON, ancien interne des hôpitaux. — J'ai l'honneur de montrer 
à la société le microbe que je suppose être l'organisme spécifi- 



l'union médicale du CANADA 161 

que de la diphthérie. Je dois dire, tout d*abord, que mes 
recherches et mes expériences, bien que poursuivies depuis 
près de cinq mois, ne sont pas complètement terminées, ce 
qui explique la restriction que j'ai faite en commençant. Si jo 
me décide à faire aujourd'hui cette communication, c'est uni- 
quement pour prendre date. 

La plupart de mescultures ont été faites à l'aide de fausses 
membranes provenant du service de M. Bergeron, à Sainte- 
Eugénie. Grâce à son obligeance et à celle de son interne, M. 
Sass, j'ai pu recueillir un certain nombre de ces fausses mem- 
branes détachées soit de=? amygdales, soit de la trachée,, ou 
rendues par la crannle après la trachéotomie. Je ne tiendrai 
compte ici que des cas qui m'ont fourni des résultats cer- 
tains. La discussion des faits douteux ou négatifs m'entraî- 
nerait trop loin ; j'y reviendrai plus taitl dans un travail plus 
complet. 

Les faits positifs sont au nombre de huit ; tous sont des cas 
d'angine toxique, diphthérie vraie, soit purement pharyngée, 
soit avec extension au larynx et à la trachée. Les cas d'angine 
avec croup sont an nombre de deux ; dans ces doux cas, la 
fausse membrane cultivée a été prise dans la trachée, et a don- 
né le même organisme que les fausses membranes amygdu- 
Hennés. Dans un cas d'angine, le premier où j'ai trouvé le 
microbe que je mets sous vos yeux, j'ai pu suivre la diphthérie 
depuis le début jusqu'à la guérison. Le malade était un homme 
de vingt ans, couchant dans la même chambre qu'un de ses^ 
amis atteint de diphthérie toxique, il sentit, le jour même do 
la mort do celui-ci, un léger mal de gorge. Le lendemain, il 
vint à l'Hôtel-Dieu, et l'on constata la présence de fauB8es 
membranes gris-verdâtres sur les deux amygdales et un engor- 
gement ganglionnaire déjà considérable. Chaque jour, j'ai fait 
plusieurs cultures de ces fausses membranes, et, pendant los. 
dix jours qu'a duré la maladie, constamment j'ai obtenu le 
même organisme. Les fausses membranes disparues, le mucu» 
de l'arrière gorge, cultivé à plusieui*s reprises, n'a plus rien 
donné. 

Ce cas est le seul, oii j'ai pu suivre ainsi, jour par jour, la 
maladie. Pour les antres, j ai dû me contenter de prendre 
des fausses membranes une fois seulement pour chaque mala- 
de. Yoici l'organisme que les cultures ont donné dans le» 
huit cas. 

Cet organisme ne fressemble ni au Zygodesmus fuscus de 
Letzerich, que personne d'ailleurs n'a revu, pas même Letze- 
rich, ni an tillétia diphtherica, sur lequel l'auteur allemand 
s'est rabattu après avoir abandanné le zygodesmus, ni au mi- 



160 l'union médicale du canada 

Quant à la médication stibiee, il 6st un certain nombre de- 
pneumonies qui revêtent une forme bilieuse — forme surtout; 
bien étudiée par Stolz — dans lesquelles les vomitifs par Téméti- 
que vous rendront de bons services, mais Témétique à petite 
dose, et non pas comme contre-stimulant, à la façon de Basori. 

Dans ses dernières années, Trousseau avait remplacé l'éméti- 
que par le kermès et par la digitale. 

Je ne suis pas, je Tavoue, très partisan de la médication sti- 
biée, qui, d'après un certain nombre de médecins, aurait une 
influence dépressive fâcheuse sur le cœur, et je lui préfère la digi- 
tale. Celle-ci me paraît d'une médication plus rationnelle en 
ralentissant la circulation et déprimant le pouls, bien que, par- 
fois aussi, elle ait une action un peu irritante sur la muqueuse 
stomacale et donne lieu à quelques vomissements. 

Aussi, bien que la digitale me paraisse devoir atténuer favo- 
rablement les accidents aigus de la maladie, ne l'imposerai-je 
pas à toutes les malades atteints de pneumonie, tous ne la sup- 
portant pas également bien. 

Enfin, j'arrive aux vésicatoires qui sont toujours emj^loyés, 
mais que je réserve, en général, pour les derniers jours de la^ 
maladie, dans les cas où la résolution ne me parait pas sur- 
venir assez rapidement. Mais je ne les fais jamais appliquer 
au début de la maladie, oîï ils ne produisent aucun résultat 
avantageux, tandis qu'il n'en est pas de même au déclin de la 
pneumonie. 

Yous voyez donc, en résumé, qu'il • ne saurait y avoir una 
méthode généralement applicable à tous les cas indistinctement, 
mais que nous conseillons: 

lo Pour les uns, une expectation prudente, raisonnée, lorsque 
rien n'indique que l'on doive avoir recours à une médication 
active, et je ne range ni la digitale, ni le kermès dans vn\e médi- 
cation active ; 

2<«Pour les autres, c'est-à-dire les cas où on remarquera une 
fièvre très-vive, une oppression considérable, et les différents 
symptômes que nous avons énoncés plus haut, nous n'hésite- 
rons pas à oi*donner les an tiph logistiques, la saignée et les ven- 
touses scarifiées. 

Enfin, chez les malades qui présentent une assez grande dé- 
pression, une sorte d'état adynamique, nous conseillerons le 
traitement par l'alcool. — Bévue Médicale. — Le Scalpel. 



Note sur le microbe de la diphthérie, par Ch. Tala- 

MON, ancien interne des hôpitaux. — J'ai l'honneur de montrer 
à la société le microbe que je suppose être l'organisme spécifi- 



l'union médicale du CANADA 161 

qne de la diphthério. Jo dois dire, tout d'abord, que mes 
recherches et mes expériences, bien que poursuivies depuis 
près de cinq mois, ne sont pas complètement terminées, ce 
qui explique la restriction que j'ai faite en commençant. Si jo 
me décide à faire aujourd'hui cette communication, c^est uni- 
quement pour prendre date. 

La plupart de mescul turcs ont été faites à Taide de fausses 
membranes provenant du service de M. Bergeron, à Sainte- 
Eugénie. Grâce à son obligeance et à celle de son interne, M. 
Sass, j'ai pu recueillir un certain nombre de ces fausses mem- 
branes détachées soit de^ amy^çdales, soit de la trachée^ ou 
rendues par la crannie après la trachéotomie. Jo ne tiendrai 
compte ici que des cas qui m'ont fourni des résultats cer< 
tains. La discussion des faits douteux ou négatifs m'entraî- 
nerait trop loin ; j'y reviendrai plus tai-d dans un travail plus 
complet. 

Les faits positifs sont au nombre de huit ; tous sont des cas 
d'angine toxique, diphthérie vraie, soit purement pharyngée, 
soit avec extension au larynx et à la trachée. Les cas d'angine 
avec croup sont an nombre de deux ; dans ces doux cas, la 
fausse membrane cultivée a été prise dans la trachée, et a don- 
né le même organisme que les fausses membranes amygdu- 
lienncH. Dans un cas d'angine, le premier ou j'ai trouvé le 
microbe que je mets sous vos yeux, j'ai pu suivre la diphthério 
depuis le début jusqu'à la gnérison. Le malade était un homme 
de vingt ans, couchant dans la même chambre qu'un de âes^ 
amis atteint de diphthérie toxique, il sentit, le jour même do 
la mort de celni-ci, un léger mal de gorge. Le lendemain, il 
vint à l'Hôtel-Dieu, et l'on constata la présence de faus8es 
membranes gris-verdâtres sur les deux amygdales et un engor- 
gement ganglionnaire déjà considérable. Chaque jour, j'ai fait 
plusieurs cultures de ce» fausses membranes, et, pendant les 
dix jours qu'a duré la maladie, constamment j'ai obtenu le 
même organisme. Ijcs fausses membranes disparues, le mucu» 
de l'arrière gorge, cultivé à plusieure reprises, n'u plus rien 
donné. 

Ce cas est le seul, où j'ai pu suivre ainsi, jour par jour, la 
maladie. Pour les antres, j ai dû me contenter de prendre 
des fausses membranes une ibis seulement pour chaque mala- 
de. Voici l'organisme que les cultures ont donné dans les 
huit cas. 

Col organisme ne fressemble ni au Zygodesmus fuscus de 
Letzerieh, que personne d'ailleurs n'a revu, pas même Letze- 
rich, ni an tillétia diphtherica, sur lequel l'auteur allemand 
s'est rabattu après avoir abandanné le zygodesmus, ni au mi- 

II 



176 l'union médicale du canada 

racine des ligamente larges à découvert. A ce moment, Séca-r 
mier faisant glisser Tindicateur au-dessus de la trompe, pas&a- 
sur la face postérieure du repli péritonéal, et ayant coupé de 
bas en haut toute l'épaisseur de ce repli, jusqu'à 3on tiers infé- 
rieur, il saisit avec les doigts cette dernière portion dans 
laquelle se distribue Tartùre utérine et la comprime en entier 
dans une ligature de iil fort. 

La même chose étant faite du côté opposé, il excisa Tiitérus 
renversé en avant et le sépara du rectum en procédant de haut 
en bas. 

Ce qu'il y a donc de plus remarquable dans son procédé, 
c'est qu'il a été plus complet et plus précis dans l'hémostase 
que ses prédécesseurs. 

Il nous a paru intéressant de décrire ici le manuel opé- 
ratoire de Kecamier, à côté de celui de Freundque nous allons- 
reproduire en détail d'après Cscrny, et cela d'autant plus 
volontiers, qu'on chercherait vainement des indications,— du 
moins à notre connaissance, — dans les traités spéciaux, non. 
plus que dans la plupart des revues périodiques. 

Toute*< les précautions de la chirurgie antiseptique comme 
nous avons déjà eu occasion de le noter, et comme nous aurons 
encore occasion d'y revenir, en rapportant quelques autres 
faits observés à la clinique de Billroth, doivent être rigoureu- 
sement observés. 

La malade a été préparée trois ou quatre jours avant l'opéra* 
tion; l'intestin a été évacué à l'aide d'une ou deux purgations 
à deux jours d'intervalle, et dont la dernière a été donnée la 
veille du jour de l'opération, et le matin même un lavement^ 
lui a été administré. La malade chloroformée jusqu'à résolu- 
tion complète, est placée sur la table à oj^ération, les jambes 
fléchies sur les cuisses, et celles-ci sur l'abdomen, comme pour 
l'opération de la taille. — La vessie ayant été vidée, l'opérateur 
applique la grande cuiller de Simon sur les parois postérieures 
du vagin, de façon que le b^rd libre interne de la cuiller soit 
placé au-dessous du col de l'utérus, tandis que sa courbure 
déprime la fourchette. Sur lei pai'ois latérales du vagin, on 
place deux bpatules recourbées, et une troisième soutient la 
pai*oi antérieure du vagin, toutes les trois sont alora confiécs- 
aux aides qui tiennent les jambes de la malade. On fait alors 
le lavage du oanal vaginal avec une solution de permanganate 
de potasse à l'aide de l'irrigateur hydraulique d'Esmarck, qui 
y envoie également, pendant toute la durée de l'opération, un 
jet continu et filiforme de solution phéniquée à 2 p. c. 

L'utérus, saisi avec des pinces de Muscux, est attiré en bas,, 
autant que le permettent fa laxité de ses ligaments et la résis- 



l'union médicale du canada 177 

tance du tissa néoplaâique. L'opérateur traverse alors le coi 
de Tatéras, et aussii haut que possible, de plusieura gros fils 
destinés à servir de moyen de traction et à remplacer les pin- 
ces. Les extrémités en sont confiées à un assistant. 

On lait de Thémostase préventive en faisant comprimer 
Taorte abdominale par un aide. — U continuer). 



Comment on meurt en chirurgie.— Il y aurait à faire, 

dit M. Yerneuil, une thèse pleine d'enseignements et d'intérêt, 
sur les causes de la mort en chirurgie. On y verrait combien de 
fois les blessés et les opérés succomoent pour des causes eu appa- 
rence insigniffantes, combien de négligences sont commises 
auxquelles on n'attache pas d'importance et qui entraînent des 
conséquences redoutables. 

Malheureusement la littérature médicale est très pauvre en 
observations de ce genre, parce qu'on ne se soucie générale- 
ment pas de livrer à la publicité des notes où l'on constate 
qu'on a perdu un malade pour lui avoir pratiqué une o|)eration 
qui semblait devoir réussir. Sous ce rapport, on ne saurait 
trop admirer la noble franchise et l'honnêteté scientifique du 
chirurgien de la Pitié. Il considère comme un devoir de faire 
connaître les cas malheureux tout aussi bien que les succès^ 
d'abord parce qu'ils portent en eux un grand enseignement, et 
ensuite parce que, si une faute a été commise, le seul moyen 
de la réparer c'est d'apprendre aux autres à ne pas la corn* 
mettre. 

Dans cet ordre d'idées, il rapporte l'observation instructive 
d'un malheureux qu'il avait opéré d'un testicule sarcomateux» 
Le pansement terminé, on lui appliqua, pour soutenir le scro- 
tum, une forte compressé fixée par un bandage en T. Le 
bandage fut trop serré, monté trop haut, exerça une contpres- 
sion trop grande à la racine des bourses, et il se produisit une 
hémorrnagie veineuse par obstacle mécanique à la circulation. 
L'interne fut appelé et bourra la plaie de tampons imbibes de 
perchiorure de fer. Un phlegmon en fut la eonséquence. Tout 
à coup, survinrent des frissons, il y eût de l'infectioD puru- 
lente, et le malade succomba rapidement. 

Ainsi donc, une écharpe trop serrée a été la cause occasion- 
nelle de la pyohémie qui a emporté cet opéré. 

Un autre exemple non moins intéressant : une fem^me vient 
pour se faire opérer d'un épithélioma du col. M. Yeraeail en 
fait Tabrasion avant d'y placer une olive de p&te de Ganquoin» 

L'olive est fixée avec un fil en queue de cerf volant. Dans sa 

L-2 



178 l'union médicale du canada 

préoccupation, le professenr oublie de s'assurer de la solidité 
du nœud. L'olive est mise en place et le va^in tamponné. 
Qoand on veut Tonlever, le fil vient seul, et l'olive qui avait 
été mal attachée ne peut être extraite que par morceaux. Une 
péritonite se déclare, la femme succombe, et l'on trouve, à l'au- 
topsie, une perforation du cul do sac vaginal postérieur pro- 
duite par les débris de p&te de Canquoin. 

L'existence do cette pauvre femme n'a donc tenu qu'à un 
fil mal attaché. 

De nimiis curât prœtor^ dit M. Verneuil comme conclusion. 
Veiller aux plus petites choses contitue souvent le grand secret 
des succès du chirurgien. — Le Nouveau Journal Médical, 



Trachéotomie en un seul temps. — Voici la méthode 

employée par M. SaintrGermain pour pi*atiquer la trachéo- 
tomie. Ce chirurgien place l'enfant sur une table, les épau- 
les reposant sur un coussin dur et la tête portant dans le vide 
et maintenue solidement par un aide. 11 ^:^q le larynx de 
la main gauche en le saisissant par ses parties latérales et pos- 
térieure, comme s'il voulait l'écarter de la colonne vertébrale. 
De la main droite, il plonge un bistouri droit, à lame étroite, 
dans la membrane crico-thyroïdienne, le tranchant regardant 
le sternum, et l'enfonce à une profondeur de 15 millimètres. Il 
divise ensuite, en sciant et non en pressant, le cartilage cri- 
coïde, les deux ou trois première anneaux cartilagineux de la 
trachée, l'isthme du corps thyphoide et la peau. En retirant 
l'instrument, il prolonge l'incision de quelques milimêtres en 
faisant une queue à la peau pour faciliter l'écoulement des 
liquides. 

La plaie faite à la trachée, le chirurgien en écarte les 
lèvres avec le dilatateur, puis il place la canule. 

Quelquefois, il y a une petite hémorrhagie fournie par 
l'anastomose des artères thyroïdiennes au niveau de l'isthme 
du corps thyphoïde. Cette hémorrhagie, do peu de gravité, 
s'arrête rapidement. Si elle persistait, il suffirait de substituer 
à la canule, une canule plus volumineuse. — Le Médecin Prati- 
cien. 



Résurection : deux mètres d'intestin grêle suivie 

de guérison. — M. Kœberlé a présenté un fait très remarqua- 
ble et unique jusqu'à présent, dans lequel il a pu réséquer deux 
mètres de la longueur de l'intestin sans qu'il en résultât d'ac- 



l'union M&DiCALE DU t^ANADA 1*79 

oidents graves. L'opération a été faite chez une jeune fille de 
22 ans, atteinte de temps en temps d'accidents d'obstruction 
intestinale. L'obstruction étant devenue définitive, M. Kœberlé 
pratiqua la gastrotomie et trouva deux rétrécissements cica- 
triciels de l'intestin grêle distants l'un de l'autre de un mètre 
et demi environ. Il réséqua cette longue portion d'intestin et 
satura l'une à l'autre les deux extrémités sectionnées. La gué- 
rison tut obtenue au bout d'un mois. M. Kœberlé conclut 
donc que la résection de l'intestin gi-èle peut être faite dans 
une étendue considérable sans amener de troubles, dans les 
fonctions digestives ; que pratiquée dans dos conditions conve- 
nables^ elle peut être considérée comme une opération parfai- 
tement admisible, et que la résection des rétrécissements 
fibreux cicatriciels, qui sont probablement plus fréquents qu'on 
ne le suppose, est à même de donner lieu à une guérison radi- 
cale. Il en est de même de la résection des épithéliomas. 



OBSTÉTRIQUE ET GYNÉCOLOGIE. 



Influence réciproque de la grossesse et des mala- 
dies de cœur, par le De PoRAK, chef de elinique adjoint à la 
clinique d'accouchement de la Faculté. 

Ce titre est celui de la thèse d'agrégation (section de chirur- 
gie et d'accouchement) que notre ami lo I)»" Porak a soutenu 
cette année. L'importance pratique do la question nous enga- 
ge à nous étendre sur cette publication plus que nous n'en avons 
l'habitude, nous es])érons que nos lecteurs ne nous en sauront 
pas trop mauvais gré. 

Il n'est pas superflu d'avoir un guide compétent pour se con- 
<luire dans ce dédale d'assertions contradictoires et nous ne 
pouvons que féliciter M. Porak d'avoir pris comme base de son 
travail l'observation clinique. 

1» Voilà une femme enceinte, est-ce que son cœur s'hyper- 
trophie et quelles conséquences cela peut-il avoir ? 

2^ Voilà une femme enceinte bien portante, peut-elle du fait 
de sa grossesse contracter une affection de cœur? 

3<> Voilà enfin une cardiopathe, elle devient enceinte, que 
va devenir son affection de cœur ? 

l» Le cœur s'hypertrophie4U pendant la grossesse et de quelle 
manière f 

A propos de l'hypertrophie du cœur pendant la grossesse, la 



180 l'union médicale du CANADA 

lecture de la thèse de M. Porak nous a laissés dan» un étonnc- 
ment que nous ne dissimulerons pas. i>epui8 le commence- 
ment du siècle, depuis quarante ans surtout, personne n'avait 
osé nier l'hypertrophie du cœur pondant la grossesse. C'était 
un article de foi. La sanction même de l'Académie n'y manqua 
\ pas. Mais voici que soil à l'étranger, soit en France, des au- 

teurs reprenant cette recherche, sans connaître leurs travaux 
récipi^oques, ne retrouvent plus cette fameune Hy}>ertrophie 
temporaire^ constante, normale du cœur pendant la grossesse. 

Les recherches an atomo- pathologiques récentes deO. Ruge, 
de Cohnstein, de Dacastel, de Leiulle, etc., eic, démontrent 
que souvent le cœur n'est pas hj'^pertrophié pendant la grosses- 
se ; que lorequ'il l'est, cette hypertrophie n'est pas très-consi- 
dérable. Si l'on faisait une moyenne de ses pe^jées diverses, on 
la trouverait un peu plus élevée que le poids moyen du cœur. 
Cette hypertrophie ne porte pas toujours sur le ventricule gau- 
che, ainsi qu'on l'avait annoncé à grand fracas. Voilà un pre- 
mier fait. 

Mais ce qni est plus étrange, c'est que l'examen de la région 
précoi*diale donne pre^^que loujonre une extention assez nota- 
ble de la matité (Gueraixlt, JDurogie, Letulle). Y a-til donc là 
une contradiction ? 

Allons même plus loin: dans une très intéressante observa- 
tioïi de M. Letulle, lajnatité précordiale était augmentée pen- 
dant la vie. La feimne meurt, on fait son autopsie, on lui 
trouve un cœur normal. 

Il est évident que la seule explication que l'on puisse don- 
ner de ces faits, c'est que le cœur se dilate, et cela est d'autant 
plus admissible que MM. Potain et Rendu ont démontré que 
sous l'influence des phénomènes réflexes, des troubles gastri- 
ques, par exemple^ on observe la dilatation du c<eur. 

Est-ce donc une dilatation de cette nature que Ton trouve 
pendant la grossesse ? M. Porak s'incline évidemment vei*» une 
autre théorie; il pense que c'est une dilatation mécanique. Il 
y a pléthore pendant la grossesse, tous les auteurs tombent 
d'accord à ce sujet ; il faut donc qu'il y ait distension de l'ap- 
pareil circulatoire et du cœur qui n'en est qu'une pai*tie. Le 
cœur se laisse seulement distendre dans ses parties les moins 
épaisses, cœur droit l'oreillette droite surtout. Mais cette dis- 
tension détermine une augmentation des contrnctious du 
cœur, une accroissement de son fonctionnement. C'est une 
loi générale qu'un muscle s'hypertrophie en proportion du 
travail qu'il accomplit. Le cœur doit donc présenter une 
hypertrophie générale, plus marquée cependant dans les par- 
ties les plus puissantes, au niveau du ventricule gauche. Si non- 
e vero bene trovato. 



l'union médicale du canada 181 

Quant aux palpitations, anx hémoptyeies de la grossesse, à 
^aggravation de la phthisie, de la pneumonie, etc., etc...., nous 
ne devons plus les rattacher avec tant de complaisance à l'exis- 
tence de l'hypertrophie exceptioiiupUe du cœur pendant la 
♦rrosaesse. Par conséquent, la thérapeuthique est nulle. Ces 
opinions ont cependant un intérêt à propos de la pathogénie des 
troubles gravido-cardiaques aussi croyons-nous que M. Porak 
a bien fait de consacrer une large place à cette étude dans son 
travail. 

2» La grossisse peut-elle engendrer des lésions de cœur ? Oui, 
et BOUS des formes divei'ses. 

La grossesse peut frapper le mj^ocarde dans sa nutrition et 
déterminer m-êrae une dégénérescence granulo-graisseuse ou 
des lésions inflammatoires. Nous avons vu, il n'y a qu'un instant, 
l'accroissement de la fonction aboutir à l'hypertrophie possi- 
ble du cœur; nous voyons maintenant cet excès de travail, 
les moditications d« la composition du sang, les troubles de 
nutrition, si multiples et si remarquables pendant la grossesse 
frapper aussi le cœur. La dégénérescence du myocarde conduit 
à l'affaiblissement de son fonctionnement, à l'aggravation des 
symptômes dos lésions val vu I aires. Il existe même une très- 
intéressante observation de Spiegelberg de rupture du cœur 
chez une femme de 32 ans. Ce qui, dans ce cas, démontre que 
la grossesse est bien responsable du redoutable accident qui a 
été observé, e'est l'âge de la malade. vSi on se reporte à un tra- 
vail récent et très complet de M. lîai'th sur Iss ruptures du 
cœur, on y voit que le sujet le moins âgé de ses observations 
avait plus de 60 ans, c'est a-dire le double de la malade de 
Spiegelbeig. 

La grossesse peut encore dominer la pathogénie des endocar- 
dites récentes; que ce soient des endocardites aiguës, que ce 
soient des poussées récentes sur des lésions anciennes... Dans 
l'une ou dans Tantre forme, la lésion est caractérisée presque 
toujoui*s par des bourgeon uem en t s, des végétation» plus ou 
moins exubérantes, ou choux-fleurs^ quelquefois, mais plus 
rarement, par la destruction d«s valvules et la formation d'ul- 
cérations. 

L'endocardite suràignë pueqiérale a été considérée par la 
plupart des auteurs comme spéciale aux couches. M. Porak 
J'apporte neuf observations, ou au moins huit dans lesquelles 
le début des accidents survint pendant la grossesse, détermina 
ou non l'expulsion prématuiée du f\etus, observations suivies 
d'examen microscopique. 

Mais le point sur lequel a surtout insisté Fauteur est l'exis- 
tence des poussées récentes de végétations de l'endocarde 



182 l'union MÉDICAL! DU CANADA 

entées sur dos lésions anciennes! Quelqaes aatenrs s'étaient 
bornés à une mention du fait (Bsrthiol), mais aucun auteur 
n'y avait donné l'importance que lui attribue M. Porak. Il 
montre la fréquence de ces lésions, pnîttqn'elles sont citées dans 
le 1/10 des antopsies qu'il rapporte, et l'on peut à bon droit 
supposer que le phénomène n'a pas été signalé dans qnelques 
relations, souvent écourtées. L'existence de ces poussées 
l'écentes d'endocardite se lie à l'histoire des embolies pendant 
la grossesse. Les embolies constituent une complication beau- 
coup plus fréquente des affections du cœur pendant la grosseis- 
se qu'en dehors de l'état de gestation. Elles peuvent s'arrêter 
dans tous les points du corps. Il est regrettable que les autop- 
sies ne soient pas plus complètes, bon nombre de ces compli- 
cations pulmonaires, si redoutables, si subites, si effrayantes, 
qui constituent un des types les plus frappants des troubles 
gravido-cardiaques pourraient bien être rappoi'tées à lexie- 
tence d'embolies du poumon. 

Ces embolies, on les a encore observées dans les reins, dans 
le foie et enfin dans le cerveau. 

L'hémiplégie s'observe fréquemment chez les cardiopatlAs 
enceintes, dans 1/9 des observations. Certainement l'hémiplé- 
gie est observée hors- de grossesse dans le cours des affections 
du cœur, mais non pas avec une fréquence aussi remarquable. 
Les. pou ssécH récontes d'endocardite constituent l'une des par- 
ticularités spéciales aux troubles cardiaques. C'est là un des 
mérites du travail de M. Porak d'avoir bien mit^ en relief ces 
lésions ; des arguments nombreux et légitimes justifient son 
insistance à ce propos. 

Mais de thérapeutique, point î Ce n'est pas tout d'étudier le 
mécanisme de ces troubloH, il faudVait bien nous dire comment 
on peut les atténuer, les supprimer, ou au moins poser quel- 
ques indications, ouvrir la route oîi doivent s'engager les cher- 
cheurs. Faut il donc que voyant ces danger» qui menacent 
la cardiopatbe enceinte, nous nous déclarions désarmés? 

30 O^^ls phénomènes vont caractériser les lésions cardiaques 
dans le cours de la grossesse f Tel est le dernier point que 
nous devons aborder souh ses deux faces : aggravations des 
symptômes de la maladie du cœur; troubles dans la marche de 
la grossesse. Dans le premier cas, influence de la grossesse sur 
la maladie de cœur; dans le second cas, influence de la maladie 
de cœur sur la giossesse. 

Une femme est prise brusquement, au milieu de la grossesse» 
d'une dyspnée épouvantable, allant jusqu'à l'orthopnée, une 
anhélation extraoïxlinaiie, une bronchorrhée abondante, spu- 
meuse est rejelée an milieu de menaces d'asphyxie de tous les 



l'union médioale du canada 183 

instants. Quelquefois cette bronchorrhée est sanguinolente, 
c'est même une hémoptysie vraie. I^ femme est cyanosée, 
ses extrémités sont refroidies. Puis le travail se déclare, Tex- 
puision prématurée du fœtus a lieu au milieu des accidents les 
plus effroyables, la femme en imminence syncopale continuelle 
semble devoir succomber d'un moment à l'autre. L'enfant est 
en effet expulsé et tous ces symptômes s'amendent. La déli- 
vrance, suivant la belle exprassion de M. Peter, n'a pas été 
seulement '^ matérielle, elle a été aussi une délivrance car- 
diaque." 

Voilà ce que l'on observe dans un certain nombre de cas. 
L'asystolie avec tout son cortège d'hydropisie et de phénomè- 
nes de retrodilatation vasculaire est rare comme manifestation 
gravido cardiaque. Les troubles do l'innervation cardiaque ne 
constituent pas non plus un type fréquent. Nous avons déjà 
insisté sur l'embolie. La congestion, apoplexie ou oedème pul- 
monaire, les embolies en particulier du cerveau, sont les phé- 
nomènes les plus constants qui impriment leur cachet particu- 
lier aux troubles gravido-cardiaques. 

Nous voulons rester dans ces considérations générales et 
nous renvoyons le lecteur au chiffres statistiques qu'affectionne 
peut-être un peu trop M. Porak Ils ont bien leur intérêt, mais 
un intérêt très-relatif. 

£nfin les caixliopathes enceintes sont sujettes à la persistance 
des règles ou des hémorrhagies précédant ou suivant la déli- 
vrance, aux altérations du pla(^enta, à la mort du fœtus et à son 
expulsion prématui-ée, à la débilité des nouveau-nés et à leur 
peu de chance de survivre quelque temps. On trouvera dans 
chacun de ces chapitres des détails intéressants. Nous nous 
bornerons à insister sur l'un d'eux: c'est sur la fréquence vrai- 
ment incroyable des avortements et des accouchements préma- 
turés qu'on observerait, suivant M. Porak, dans la moitié des 
cas. Mais, circonstance remarquable, on peut observer cette 
complication dans des cas de lésions bien compenKées, silen- 
cieuses, de telle sorte qu on ne doit jamais omettre d'ausculter 
une femme qui avorte successivement à plusieurs de ses gros- 
sesses. 

Mais, ]K)urquoi donc les symptômes des cardiaques sont-ils 
exagéi'és pendant la grossesse ? Pour trois raisons : 

lo Parce que le myocarde est affaibli ; 

2» Parce qu'il a des poussées récentes d'endocardites et que 
les lésions cardiaques peuvent être aggravées ; 

30 Parce que le travail du cœur est exagéré, la masse de 
sang étant augmentée, les résistances étant accrues par le dé- 
veloppement de l'appareil vasculaire utéro-placen taire. 



184 L*UmON MÉDICALE DC CANADA 

On conçoit que suivant telle ou telle de ces causes sera 
]>Iu8 ou moins marquée, il y aura de grandes variétés dans les 
nymptômes observés. 

Le pronostic dépend surtout de l'état du cœur et du degré 
de la lésion val vu lai re et de l'état général de la malade. Cer- 
tainos conditions de la grossesse peuvent encore le faire varier, 
tout ce qui peut létrécir le champ de l'hématose : grossesse 
gémellaire, h ydramnios, réti-écisseraent du bassin, etc. Le 
siège de la lésion peut bien au^si avoir une influence. Mais, 
contrairement à ! opinion généralement reçue, M. Porak ne 
lui accorde qu'une importance accessoire. 

Toutes ces considérations lui font a<iopler l'opinion du pro- 
feshcur Peler : " Une cardiapathe ne doit pas se marier ; si elle 
est mariée, elle ne doit pas devenir mère; si elle est mère, elle 
ne doit pas allaiter.*' 

Quant aux indications thérapeutiques, elles ne sont paf> dif- 
férentes de celles que l'on étudie à propos des affections du 
cœur. 

Jl y a aussi des indications qu'on peut appeler obstétricales 
et c'est là surtout le point qui occupe l'auteur. 

Il arrive dans un certain nombre de circonstances que la 
^ros^esse ne provoque aucune aggravation des symptômes car- 
diaques ; d'api-ôs les observations relevées dans les auteurs, cela 
peut s'observer dans le demi-quart des cas. Lorsque ces trou- 
oies surgissetit, il y a lieu de distinguer trois cas. Nous ren- 
voyons le lecteur aux observations instructives qu'a rassem- 
blées M. Porak sur ce sujet : 

lo La femme e^t en travail; 

2® La femme n'est pas en travail ; 

30 La femme est mourante ou morte. 

Lorsque lu femme est en travail, l'indication est très-précise: 
il faut terminer l'accouchement aussitôt qu'on le peut. On 
met ainsi la femme dans les meilleures conditions, on sauve- 
garde la vie de l'enfant, si compromise. L'auteur conseille, 
mais seulement lorsque les accidents sont redoutables, d'accé- 
lérer le travail. Et alors on ne doit pas employer l'ergot de 
seigle qui ajouterait son influence néfaste a celle de la lésion 
cardiaque pour diminuer les chances d'avoir un enfant vivant. 
On peut se demander, si, dans certains cas, on ne serait pas 
autorisé à prati<|uer la dilatatiim forcée, progressive du col à 
l'aide de l'appareil de R Barnes. On lira quelques observations 
oii des succès ont été obtenus à l'aide d'interventions bien au- 
trement d!U)goreu>es et qu'on doit d'ailleurs ab^iioln ment repous- 
ser, comme la dilatation forcée ou digitale du col. 

Lorsque la femme n'est pas en travail, ou n'est autorisé à 



l'union médicale du canada 186 

provoquer raccoiichement prématuré et surtout l'avortement 
que lorsque les accidents sont redoutables et que leur prolon- 
gation mettrait presque certainement en danger la vie de Ten- 
tant. On n'a donc pas à en tenir compte dans ces cas extrê- 
mes, et heureusement exceptionnels. 

Lorsque la femme est morte, l'auteur pi'éfère l'opération 
césarienne à l'accouchement forcée par les voies natui-elles. 
L'intervention doit être, en effet, très rapide pour laisseï* quel- 
que espérance de sauver la vie de l'enfant. Aussi ne doit on 
recourir à l'accouchement forcé que comme pis aller devant 
une opposition formelle de la famille à l'opération césarienne. 

Il y a d'ailleurs peu de chances d'avoir un enfant vivant 
dans ces conditions, à moins que la mère ne succombe rapide- 
ment ou subitement à une embolie cérébrale et surtout de la 
})rotubérance. 

L'enfant meurt de l'agonie de la more, il meurt lentement, 
il la suit de près ou la pi^cède même. 

Auc«si l'auteur n'hésiterait pas, dans ces conditions, à faire 
Taccouchement forcé par le procédé de R. Barnes s'il y a la 
moindre lueur d'espoir de sauver la mère, par l'incision sur le 
col et l'extraction forcée si la mort de la mère parait certaine, 
L'opération césarienne serait généralement repoussée par les 
familles et pourrait être difficilement proposée. — Le Praticien, 



De ripèca pendant le travail de raccouchement.— 

Dans une note publiée par le Nno-York Médical Journal^ le Dr 
Carriger considère l'ipéca comme un puissant stimulant des 
contractions utérines. C'est à cette action qu'il doit sa pro- 
]»riété d'arrêter les métrorrhagies. Aussi l'ipéca parait-il indi- 
qué dans les cas de rigidité du col, alors que la femme est 
épuisée par des douleurs prolongées complètement infficacos. 
On le donne à la dose de 12 centigrames. 

Comme oxytocique, l'ipéca serait, d'après Carriger, supé- 
rieur à l'ergot de seigle ; en effet, les contractions qu'il provoque 
sont comparables à celles du travail naturel, elles se produisent 
à des intervalles réguliers et après des temps de repos. Dans 
un grand nombre de cas de rigidité du col avec dilatation 
insuffisante, alors que chaque douleur surexcitait et épuisait 
violemment les femmes, l'ipéca amenait au bout de quelque 
temps du calme et de la force, le col se dilatait, les contractions 
oxpulsivos devenaient régulières et puissantes et l'accouche- 
ment se terminait heureusement. — Réperl. de Thei\ méd.-Chir, 



186 l/UNION MÉDICALE DU CANADA 



UUNION MEDICALE DU CANADA 

MONTREAL, AVRIL 1881. 

Comité de Rédaction: 

Messieurs les Docteurs B. P. Lachapelle, A. Lamarche 

ET S. Lachapelle. 



La prostitution et la sjrphilis. 



Il ne manque à Montréal que fort peu des traits qui caracté- 
risent les grandes villes, et on ne saurait que difficilement lui 
refuser une place au nombre des grands centres de population 
et de progrès. Tout lui donne droit à ce titre : sa position 
géographique et commerciale, le nombre de ses habitants, ses 
millionnaires, ses misérables... et le chiffre de la prostitution 
qui s'y étale. 

Nous ne voulons pas cependant tout accaparer et reconnais- 
sons volontiers que plusieurs autres villes de la Puiseance nous 
disputent vigoureusement la suprématie sur bien des points, y 
compris le dernier. * 

Nous n'oserions risquer une évaluation, même approximative, 
du chiffre de la prostitution à Montréal et n'accepterions même 
que sous toute i*éserve les opinions de notre chef de police à ce 
sujet. La latitude illimitée laissée aux prostituées et leur 
indépendance ab-olue de tout contrôle de la part des autorités 
laissent le champ libre aux suppositions les plus vagues, mais 
rendent impossible une statistique exacte. On no peut en juger 
que par ses ravages et son ubiquité. La prostituée coudoie la 
femme honnête dans les rues, les théâtres et toutes les assem- 
blées publiques; elle poursuit ses victimes au grand jour et 
dans l'ombre, protégée par la loi comme femme mais 
ignorée comme prostituée. Faut-il setonner, dès lors, que la 
syphilis infecte au lit nuptial la génération qui passe et au 
berceau celle qui naît. Ici, la prostituée est syphilitique par 
état, et si elle accepte momentanément le contrôle du médecin 
(ce dont elle se dispense le plus souvent) elle n'a pour s'en 
débarrasser qu'à solder la note de ses honoraires; l'Etat n'a 
rien à y voir et la Faculté n'y peut rien. 



l'union médicale du canada 18T 

La proBtitutioo est une plaie dont aucun précepte religieux,, 
aucune loi civile ne poun'ont jamais guérir la société, et c'est 
d'accord avec ce fait qu'on ne saurait discuter qu'en France- 
on tolère la prostitution, qu'on inscrit la prostituée afin de- 
pouvoir exercer sur elle une sui'veillance active, un contrôUv 
effectif, afin de prévenir les conséquences les plus désastreuses 
d'un mal qu'il est impossible d'extirper et d'en mettre à l'abri 
la partie saine de la population. 

!No6 lois ne tolèrent pas la prostitution et prétendent faire 
mieux que de la régulariser en l'étouffant, (stamp it out, comme 
disent les Anglais ;) mais, nous le répétons, c'est là une utopie 
el toutes les lois possibles à ce sujet resteront toujours 
théorie stérile et lettre morte. Voyons en l'application ici : 

La prostitution n'est pas tolérée; elle y est aussi répandue 
qu'ailleurs et ses effets sont plus désastreux, il est facile de le 
prouver : aucun propriétaire n'a le droit de louer une maison 
à des prostituées, elle trouvent à se loger dans tous les quar- 
tiers de la ville. Si les voisins se plaignent de leur tapage, 
la police fait une descente dans les maisons les plus tur- 
bulentes et en livre tous les hôtes à la justice. Celle-ci 
les condamne à une amende modérée qui leur permet de 
retourner à leui- trafic, et à défaut de paiement les jette pour 
quelques semaines dans nos prisons communes, où le système 
cellulaire est inconnu ou reconnu trop barbare... ou trop dis- 
pendieux! La prostituée est là, en contact continuel avec 
d'autres détenues condamnées pour vol, ivrognerie, etc. Et ce 
n'est assurément pas entre pareils sujets que: " Du choc des 
opinions jaillit l'étincelle do la vérité." 

Tant que la prostituée ne dévalise pas le trésor public en 
vendant sans licenso des liqueurs spiritueuses, tant qu'elle ne 
trouble pas, par un horrible tapage, le sommeil des honnêtes 
gens, elle peut impunément, sans même y mettre trop de 
forme, exercer son ignoble métier, parcourir tout le jour et 
jusqu'à une heure avancée de la nuit nos rues les plus fréquen- 
tées, être de toutes nos réunions publiques et propager, par 
l'intermédiaire des débauchés, la syphilis au sein des familles. 
Si nous nous adressions au public, ce serait ici le temps de 
lui demander, ou plutôt de lui dire (que de gens sont véroles 
sans le savoir!) combien de citoyens honorables, de femmes et 
d'enfants portent une âme pure sous une enveloppe syphili- 
tique. Les médecins le savent surabondamment. N'est-ce 
pas là une des mialadies que nous rencontrons tous les jours 
sous l'un ou l'autre de ses mille aspects ? 

Devons nous rester spectateui's et victimes résignés d'un 
fléau qui crétinise la progéniture, flétrit la jeunesse, empoison- 
ne la vie, souille la famille et deshonore la société ? 



ISS l'union médicale du canada 

Nous admettons volontiers qu'il n'est pas permis de faire le 
mai pour en éviter un plus grand., mais nous protestons contre 
Tapplication de ce principe de morale à la question qui nous 
occupe. 

La prostitution ne demande à personne le droit d'exister, 
elle le prend, et puisqu'il est de fait que nous ne pouvons l'en 
empêcher, ce n'est assurément pas un mal que de lui imposer 
des restrictions. 

Dans i« traitement d'une maladie incurable on s'attaque aux 
symptômes et aux complications, et si on ne peut empêcher la 
crue du fleuve, on peut au moins construire des digues pour 
]>i'évenir les inondations. 

Gela ne s'appelle ])as un mal pour un bien. 

Xous reviendrons sur ce sujet. 



Société Médicale de Montréal. 



Séance du 18 mars. 

M. le Dr E. P. Lachapelle, président, au fauteuil. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

Sur proposition du Dr A. T. Brosseau, secondé par le Dr 
A. Eicard, M. le Dr A. A. Foucher, est admis membre actif de 
la Société Médicale de Montréal. 

Le Dr H. E. Desrosiers rapporte un cas de " cancer du foie 
et du pancréas " observé à l'Hôpital Xotre-Dame, et présente 
les pièces pathologiques relatives tï ce cas. 

Le Dr A. T. Brosseau présente aussi une pièce pathologique 
fee rapportant à un cas de pneumonie chez un enfant. 

Il s'en suit une discussion à laquelle prennent part tous les 
membres présents. 

Le Dr Ërosseau donne alors avis qu'à la pi*ochaine séance il 
proposera M. le Dr Marcil, de St-Eustache, comme membre 
actif 

M. le Président donne également avis qu'à la prochaine 
réunion il proposera M. le Dr Louis Mignault, de Montréal, 
comme actif de lu Société Médicale. 

Ala première séance libre, le Dr Lamarche donnera une 
lecture sur " les autopsies cadavériques." 

Et la séance est levée. 



I 



l'union aiÉDTCALE DXJ CANA]>A 189^ 

NOUVELLES MÉDIOLAES. 



Oondoléance. — A une asemblée des Etudiants en médeoine 
de rUnivei'sité Laval à Montréal, tenue le 21 mare 1881, sons 
la présidence de M. A. K. Marsolais, les résolutions suivantes 
ont été adoptées : 

Proposé par M. J. ChafFers, secondé par M. G. Lafontaine : 

"Que les Etudiants en médecine de cette Université,^ ont 
appris avec un profond chagrin la mort de leur estimé con- 
frère, Jos. Edouard Laforce, de la paroisse de St-Aimé.'* 

Proposé par M. J. J. Peladeau, secondé par M. A. Thi ban- 
deau : 

"Que comme marque d'estime pour leur regretté confrère, 
les étudiants en médecine de cette Univeraité, portent le deuil 
pendant un mois.*' 

Proposé pai-M. L. S. M. Matte, secondé par M. J. S. Tiem- 
blay : 

*' Que copie des présentes i^solutions soit transmise à la 
famille du regretté défunt." 

Proposé par M. Arthur Cormier, secondé par M. Sam. 
Brien : 

" Qu'un rapport de cette assemblée soit publié dans les jour- 



naux." 



A. JOYAL, 

Secrétaire. 



Université Victoria. — I^es examens pour Tmlmission à 
la pratique et pour le titre de bacheliers en médecine se sont 
terminés samedi soir à Técole do médecine et de chirurgie de 
Montréal (Faculté Victoria). 

Les messieurs dont les noms suivent ont subi leur examen 
pour le titre de M. D. : 

Hormisdas Legault, Ferdinand St Jacques, S. Lamarche, 
Amédée Martin, G. Fauteux, B. Elie Page, J, Hamelin, Jules 
Savard, Gilbert Huot, Joseph Eodolphe Chamilly de L^rimier, 
€. Voisard, Théodule Cypihot, Chs F. Clerk, S. Kelly, (t. A. M, 
Fortier, Joseph Asselin, J. A. Prieur, Eugène Fournier, A. 
Sinek, Charles Girard, J. Bte. LeEoy, David Dufresne, M. 
Soulard. 

Ceux dont les noms suivent ont été reçus bacheliers en méde- 
ne (B. M. V.) Philéas Geoffrion, J. A. B. Goulet, J. A. Pépin, 



190 L*UNION MÉDICALE DU CANADA 

Albert Beaupré, L. Camii-é, J. Brisebois, L. J. Gareau, Geo. 
IBaril, Joseph E. Thérianlt, Charles Tessier, L. D. Grenier, 
Hector Gauthier, G. Watier, E. Panneton, Horace Manseau, 
Edgar Tuigeon, Gustave Paquet, Edmond Aubry, Joseph 
Yenne, H. E. Langis, Alfred Archambault, G. P. Chartrand, 
Alfred Duckett. 



Brochures reçues. 



Onthe uselof Alcohol in pnoumonia by L.Coyteux Prévost, 
M. D. V., Physician to Ihe General Hospital, Ottawa. 

On Quehracho barh\ (Aspidosperma quebracho) Botanic-phar- 
macognostic éssay by Dr Adolph. Hausen, asssistant at the 
Botanic institute of Erlanger, Reprint from .the Therapeutic 
4jazelte, 1880. 



VARIÉTÉS. 



De l'alimentation végétale chez Thomme. — Cette 

question a été prise comme sujet de thèse par M"^*' Algerton 
Kingsford, qui a cherché à démontrer que le végétalisme est 
le régime naturel de l'homme et qu'il aurait tout avantage à y 
i-e venir. Bien que Tauteur ne puisse pas compter faire beau- 
coup de convei-sions à cet égard et qu'il soit facile de réfuter 
beaucoup de ses arguments, la manière originale dont ils sont 
présentés et surtout l'érudition considérable déployée dans ce 
travail, méritent certainement qu'on s'y arrête. 

Tout d'abord, M™*" Kingsford prouve que par sa conformation 
rhoramo se rapprochant surtout du singe, doit être frugivore 
comme lui. L'homme n'est ni Carnivore, ni herbivore, a dit 
Flourens. Si l'on considère ses dents, son estomac et son intes- 
tin, il est par sa nature frugivore comme le singe. C'est aussi 
l'opinion des grands naturalistes comme Cuvier, Linné, etc. 

Ce fait étant admis, y a-t-il avantage ou désavantage pour 
lui à cette transformation qui le rend Carnivore ou omnivore ? 
L'opinion que la chair contient les éléments de force physique, 
et que si l'on veut être rebuste, fort et doué d'une grande éner- 
gie musculaire, il faut vivre d'un régime plutôt animal que 



L*UNION MÉDICALE DU CANADA 191 

végétal, «st généralement acceptée. Cette idée est cependant 
fausse: car on voit journellemout la preuve que leë animaux 
les plue fortô et Ie8 plus utile» sont précisément ceux qui ne se 
nonrrrissent pas de chair. Tout le travail du monde est fait 
par les herbivores, les chevaux, le l)étail, les éléphants, les 
chameaux. On ne s adresse jamais aux carnassiers, qui man- 
quent non-seulement de docilité, mais de force et surtout de 
fond. La caractéristique dominante des carnassiers, c'est la 
férocité; la force, le courage et la capacité pour le travail 
appartiennent aux animaux herbivores, qui depuis le commen- 
cement de rhistoiredu monde ont seuls été associés aux guerres, 
•anx conquêtes et aux travaux des hommes. On peut faire 
remarquer aussi que les peuples qui nous ont laissé sur la terre 
les monuments les plus superbes, l'histoire la plus glorieuse 
et la science la plus profonde, ne furent pas des peuples créo- 
phages. 

Chez les Hindous, l'usage de la chair est absolument défen- 
du aux trois castes supérieures, les Boudhistes sont dans le 
même cas; et, en étudiant ce sujet, on voit que, indépendam- 
ment de toute question de climat et de race, l'usage de l'ali- 
mentation végétale est répandu sur une grande partie du 
globe, sans que la force et la santé en soient moins dévelop- 
pées, bien au contraire : c'est ce qui s'observe pour les paysans 
russes et hongrois, les ouvriers égyptiens, les mineurs de l'Amé- 
rique du Sud, les Mexicains, les coolies, les soldats turcs, etc .. 
tous remarquables par leur force et la facilité avec laquelle ils 
supportent la fatigue. Même dans notre quartier du globe, 
les paysans et les ouvriers agricoles sont presque tous végéta- 
riens de fait, s'ils ne le sont pas par principe. A côté de ces 
faits généraux, M™*- King^ford cite des faits particuliers, entre 
autres le cas de la femme d'un des fondadours de la Société 
végétarienne d'Angleterre, qui vécut pendant une période de 
trente ans d'une façon exclusivement phytivore, sans faire 
usage d'autre boisson que l'eau, et devint pendant cette période, 
nièrede quinze enfants. £lle en a nourri quatorze et conservé 
toujours non seulement une santé florissante, mais encore toute 
sa force et sa gaieté. 

A côté de ces faits vient se placer cette considération que 
non seulement les substances végétales renferment les éléments 
nécessaires à la nutrition et à la pi'oduction de force et de 
chaleur, mais que même elles eu contiennent plus que les 
substances animales. Cette assertion est démontrée d'ailleurs 
par des chiffres que nous ne pouvons reproduire ici. Enfin, 
l'alimentation animale a des effets fâcheux indirects; l'alcoo- 
lisme en est souvent une conséquence. 



192 l'union médicale du canada 

Aa point de vue médical, le végétarisme a un grand nombre 
d'applications dans les maladies : la tuberculose, les affections 
du foie, la néphrite chronique, la goutte, etc. M"**^ Kingsford 
dit avoir été elle-même guérie par ce moyen d'une tuberculose 
commençante et mise en état de i-ésister à toutes la fatigues 
d'une étude constante prolongée pendant plus de six ans. Knlin 
on a noté l'immunité des végétalistes vis-à-vis des affections 
infectieuses. Pendant l'épidémie de choléra, en 1832, à New- 
York, tous ceux qui s abstiurenl entièrement de viandes et de 
boissons alcooliques ne furent pas atteints par le fléau. L'au- 
teur termine son travail en prouvant qu'une surfece de terre 
consacrée à la culture do céréales, de légumes et de fvmta 
fournit un approvisionnement capable de fournir une popula- 
tion douze fois plus considérable que la même surface utilisée 
pour la proiUiction de la viande de boucherie, répondant ainsi 
victorieusement à cette objection d'ordre économique, d'après 
laquelle l'alimentation végétale généralisée ne serait possible 
c[ue pour une population clairsemée. M.^^ Kingsford nous 
apprend, en outre, que ia Société Végétarienne d'Angletei*re 
fondée en 184(i et dont elle est vice-présidente compte environ 
.'îOOO per»oiiiies. Dc6 sociétés semblables existent aussi en 
Allemagne, en Suisse, en Amérique, etc. — Journal de Médecine 
et de Chirun'fjie, 



DECES. 

A St. Aimé, le 18 mar?, à l'âge de 18 ans, M. Jos. Ed. Laforce, 
étudiant en médecine. 



I 



TRAVAUX ORIGINAUX. 



N 



Un cas d'ovariotomie 

Ln devant la Société Médicale par le Dr D. Margil, de St-Enstache. 

• 

Vers la fin mois de mara de Tan dernier, M^^e M. B... venait 
me consulter pour une grosseur dans le ventre. Elle reportait 
à quatre ans le début de cette tumeur qu'elle avait signalée 
d'abord dans Taine gauche, et qui, au moment de la consulta- 
tion, remplissait Tabdomon jusqu'au delà de l'ombilic. 

Cette femme a quarante huit ans ; elle a toujours joui d'une 
excellente santé; taille moyenne et forte ; avant l'apparition 
de cette tumeur, elle était pléthorique. Mariée encore jeune, 
elle s'est noblement acquittée de ses devoirs d'épouse et de 
mère en donnant le jour à douze enfants forts et robustes. 

Aussi longtemps que ce néoplasme ne l'a pas trop vexée^ 
elle l'a vu et senti se développer avec presque de l'indififérence. 
Ce n'est que l'an dernier qu'elle s'en est occupée sérieusement. 
Il est vrai de dire que le traitement et l'opinion des médecins 
qu'elle avait consultés jusqu'à cette époque ne l'avaient guère 
encouragée. On lui avait conseillé de consulter avec confiance 
les spécialistes de l'Hô tel-Dieu de Montréal. Bile ne suivît pas 
cet avis. C'est sous ces circonstances et dans ces conditions que 
cette malade songea à s'adresser à celui qui a l'honneur de vous 
faire rapport ce soir, de ce cas intéressant. 

La durée de la maladie, environ quatre ans, et l'histoire quelle 
me fit de son évolution, m'entraînèrent à penser qu'elle por- 
tait une tumeur ovarienne. 

Premier examen. Mais avant, M™e B.. m'apprend qu'elle a tou- 
jours été réglée régulièrement et abondamment, sauf quelques 
écarts ménorrhagiques persistant quelques semaines. Au mo- 
ment quelle me consulte, elle est en pleine période catameniale. 
Yù quelle demeure à une distance considérabble de St-Eusta- 
che,et qu'il lui sei*a difficile de revenir prochainement, je ne crus 
pas devoir la laisser retourner chez elle sans l'examiner même 
incomplètement afin de la renseigner aussi exactement que 
possible sur sa maladie et ses conséquences. Je procédai seu- 
lement à l'examen externe et me convainquit assez positive- 
ment qu'elle portait une tumeur ovai*ienne. 

13 



194 l'union médicale du canada 

La sonorité était manifeste entre les fausses côtes et la crête 
de rilium droit; elle nepoavait aussi être méconnue à quelques 
tra-vers de doigts au-dessus de l'ombilic en suivant, d'un hypo- 
condre à Tautre, une ligne à courbure supérieure— ligne ova- 
rienne. La fluctuation était évidente; le faciès ovarien. Parce 
quelle était menstruée, je remis à plus taixl l'intention de com- 
pléter cet examen par le vagin, la matrice, le rectum et la ves-. 
sie. Toutefois je suis d'opinion que, dans un cas d'urgence, il 
ne peut y avoir d'objection sérieuse à introduire la sonde dans 
la matrice pendant les règles, mais ne me trouvant pas dans 
cette occurrence, je crus agir prudemment en lui conseillant 
de me revenir au premier beau chemin du mois de mai. Elle 
ne me revint pas. 

Conseillé par son médecin ordinaire, elfe alla consulter les 
médecins extraordinaires de l'Hôtel -Dieu. 

Après examen minutieux et répété par les membres les 
plus illustres de la docte faculté, il fut amphatiquement décla- 
ré que mon humble diagnostique n'était ni plus ni moins qu'er- 
roné ; que ce néoplasme n'était rien autre chose qu'une tumeur 
cancéreuse de la matnce ; qu'il n'y avait pas lieu à une prise chi- 
rurgicale ; que cette infortunée mère de famille devait subir 
patiemment l'œuvre impitoyable de cette maladie, et se rési- 
gner, sans espoir, à son malheureux sort. On poussa le dévoue- 
ment jusqu'à faire un rapport soigné de ce brillant diagnosti- 
que et on le fit parvenir, à courte échéance, au médecin 
ordinaire de cette malade. 

Le cœur navré et le désespoir dans l'âme, notre malade 
reprit le chemin de sa demeure. Sa raison faillit faire naufrage 
sous le coup de ces pénibles impressions. Une longue année 
d'angoisc, de larmes et de résignation s'est écoulée depuis cette 
décision mémorable. 

Je revis M"»« B... au commencement de mars dernier, et ce 
n'est qu'alors que j'appris ce qui s'était passé depuis notre pre- 
mière entrevue. 

Je la soumis a un examen complet cette fois et lui répétai 
qu'elle portait une tumeur ovarienne qui pouvait et devait être 
enlevée le plus tôt possible, sinon quelle devait se préparer à 
mourir avant longtemps. Son ventre était si énormément 
distendu qu'elle ne pouvait plus se coucher depuis plusieurs 
semaines; sa respiration était considérablement gênée ainsi 
que les fonctions digestives. 

Second examen. Ce second examen ne fit que confirmer 
le premier et me fournit les indications suivantes : 

La cavité utérine mesurait 72 millimètres, ce que je ne pris 
pas pour une exagération mordide pour une femme qui avait 



l'union médicale du oakaba 195 

^M 12 enfants. N'était-ce pas là plutèt une légère snbînvolu- 
tion? 

Le cathéterisme uténn ne me fournit aucune indication qui 
put mo faire croire à une altération quelconque de la matrice 
^ont le corps était légèrement attiré du côté gauche et le col 
en arrière. Les mouvements de latéralité, de descente et 
-d'ascension de toute la masse abdominale n'imprimait aucune 
secousse sensible et significative à la sonde introduite jusque 
dans le fond de(la matrice. On conçoit toute la valeur dignos- 
tique de cette partie importante de l'examen ; l'utérus était 
évidemment indépendante de la tumeur et réciproquement. 

Par le toucher rectal, il était facile de constater que le col 
«t le corps de la matrice étaient normaux et que le cul de sac 
de Douglass n'offrait rien que de physiologique. Le diagnos- 
tique ne pouvait être douteux : " Tumeur ovarienne originant 
de V ovaire gauche^ L'abdomen était parfaitement lisse et for- 
tement tendu. Etait-ce un mono ou un polyciste? Cette ques- 
tion est entièrement du domaine des probabilités. Y a-t-il des 
adhérences considérables? Autre question impossible à résou- 
dre positivement et d'aucune utilité pratique, quoiqu'on dise 
J^œberlé. 

Faudra-t-il pour élucider encore le diagnostique avoir recours 
aux ponctions exploratrices ? Je n'y songeai pas sérieusement 
pai-ce que j'abhorre ce moyen de renseignement qui peut avoir 
bien rarement son utilité pratique et très souvent des consé- 
quences fatales; Cela se conçoit. 

Enfin je constate à nouveau qu'il n'y a chez cette patiente 
aucune trace d'affection organique ; que la constitution et la 
santé ont toujours été irréprochables ;' je suis entraîné à pronos- 
tiquer favorablement. 

Cest le temps de la ménopause pour ma malade dont la 
constitution tend à l'équilibre physiologique par une légère 
ménorrhagie qui n'a que Tenconvénient de l'ennui qu'elle 
impose. 

Je lui pose hardiment la question de l'opération ; elle hésite 
et demande quelques jours de réflexion. La chose en valait la 
peine. L'opinion des spécialistes de l'Hô tel-Dieu l'obsédait 
«ans doute. 

Quati^ jours plus tard, je revois ma malade et je renouvelle 
mon examen qui ne change nullement mon diagnostique et i\e 
fait que le conflrmer. C'est à cette visite que l'opération fut 
décidée et fixée au 1 4 mars dernier. 

^i j'en avais eu la liberté, j'aurais différé cette opératîoi), 

parce que le mois de mars, dans notre pays, n'est pas très saip. 

.par les yents de l'est^les tempêtes de neiges,les brouillards et les 



196 l'union médicale du canada 

changements brusque de la température qui ont lieu si sauvent 
dans cette saison. Les spécialistes les plus autorisés s'accor- 
dent à reconnaître que ces variations atmosphériques ont une 
influence foneste dans Tovariotomie. Mais il y avait urgence ; 
il me fallait procéder sans retard. Heureusement que je fus 
favorisé d'une température splendide le jour de Topération et 
les trois jours consécutifs. 

Opération. Comme ce n'est pas une clinique que j'ai la pré- 
tention de vous donner sur cette importante question chirur- 
gicale, mais d'en faire un rapport que j'ai préparé à la demande 
de quelques membres de la Société Médicale, je m'abstiendrai 
de décrire minutieusement le mode opératoire que j'ai suivi ; 
je ne vous en décrirai que les particularités importantes. Cette 
opération a été trop bien décrite dans les ouvrages didactiques 
par Kœberlé, Spencer, Wells, Pean, Bilroth et d'autres grands 
maîtres qu'il serait fastidieux d'en entreprendre une nouvelle 
description devant une société de médecins dont j'ai appris à 
respecter depuis longtemps la science et les talents. 

Et d'abord, inutile de dire que la malade fut profondément 
anesthésiée. En ouvrant l'abdomen, au lieu d'élection, enfre 
l'ombilic et le pubis sur la ligne blanche, j'incisai juste sur une 
adhérence très résistante qui réunissait intimement un énorme 
kyste au péritoine. La paroi abdominale était légèrement 
infiltrée. Jressayai de vaincre cette adhérence, mais l'obstacle 
était tel que je craignis de faire fausse i*oute entre le facias 
transversale et le péritoine et je me souvins que Hutchinson 
appelle l'attention sur la difjieultè spéciale que présentent les 
adhérences antérieures : " on peut, dit-il, avoir beaucoup de 
" peine à reconnaître les limites du kyste. L'opérateur peut 
'* prendre l'espace celluleux qui se trouve entre le fascia tj^ans- 
*' versalis et le péritoine pariétal pour celui qui existe entre le^ 
" péritoine et le Kyste. Cette erreur, si elle n'est pas recon- 
" nue promptement, peut causer des dangers. En cherchant 
" a éviter cet écueil, le chirurgien peut tomber dans un autre, 
" et peut retrancher le péritoine viscéral du kyste ; dans un 
" grand nombre de cas, l'extérieur du kyste, séparé dupéritoi- 
" ne est poli, blanc et brillant, les adhérences sont celluleuses 
" et faciles à déchirer, de sorte que rien n'indique au chirur- 
'* gien son erreur. Un moyen ajoute-t-il, décarter le risque de 
" ces deux erreurs, c'est d'agrandir la plaie en haut jusqu'à ce^ 
" qu'on arrive à un point ou il n'existe plus d'adhérences. 
" Quand le doigt de l'opérateur a touché l'intestin, il sait où 
" il est, et peut rompre les adhérences sans crainte de se 
** se tromper." 

Le moyen d'écarter la difficulté, recommandé par Hutchin- 



C'UNION MÉDICALE DU CANADA 197 

son était inapplicable ici puisque la tumeur remontait jusqu'à 
Tappendice xiphoïde et adhérait au foie, au ligaments rond et 
large, à Testomac, au colon transverse, à toute l'étendue du 

frand épiploon et à toute la paroi abdominale jusque près 
e la région pubienne. J'aurais cherché vainement la cavi- 
té péritonéale et l'intestin en haut. Aus»i je ne songeai pas 
. à attaquer mon ennemi par cet endroit. Je prolongeai mon 
incision jusqu'à qxielques centimètres du pubis, ne m'in- 
quiétant pas de la vessie qne je savais être vide. En attei- 
gnant cette l'égion, j'eus le bonheur de tomber dans la cavité 
péritonéale. Le grand kyste qui se trouvait en vue, fut per- 
foré avec le trocart de Spencer Wclles et donna vingt-sept 
livres de liquide trouble. Six autres kystes, à base charnue, 
iîbreuse, les uns du volume du poing les autres de la grosseur 
d'une tète de fœtus à terme, qui avaient proliféré vers le cen- 
tre du grand kyste, contenaient des liquides et des substances 
divers. 

Je ne rencontrai point de difficultés bien grandes à défaire 
les adhérences. Je fus cependant obligé de recourir au scalpel 
et au ciseau pour diviser quelques bandes fibreuses trop résis- 
tantes pour céder an travail purement manuel. Aucune de ces 
bandes fibreuses ne renfermaient de vaisseaux sanguins impor- 
tants. 

Comme je l'ai dit l'épiploon était adhérent dans toute son 
• étendue avec la face postérieure de la tumeur. Je l'en séparai 
avec beaucoup de précaution. La moitié inférieure de cette 
membrane était tellement altérée et ramollie que la moindre 
traction la déchirait. Enfin j'arrivais sans accident au terme 
de l'opération qui a duré une heui^ et demi. La tumeur sortie 
du ventre, je procédai à la ligature du pédicule. Ce pédicule 
ne mesurait qu'environ deux pouces de longueur par un pouce 
de diamètre. Trop court pour être saisi et maintenu au dehors 
par le clam sans être fortement tiraillé, et trop gros pour 
être ligaturé en masse, j'en fis la ligature perdue et par- 
tielle. Je le transfizai vers son milieu avec l'égnille de Savi- 
fny chargée d^une ficelle de fouet, en évitant soigneusement 
e ne pas perforé ses vaisseaux, et je liai fermement ses deux 
moitié ; puis j'enlevais la tumeur par un dernier coup de scal- 
pel appliqué à environ trois quarts de pouce au-dessus do la 
ligature. 

L'épiploon, comme je viens de vous le dire, était tellement 

altéré et ramolli qu'il eut été plus qu'imprudent de le laisser 

intégralement dans l'abdomen. Je le sortis du ventre et l'éta- 

y lai sur une serviette bien blanche préalablement étendus sur 

/la région ^pigastrique. .Je ligaturai .avec de la soie bien fine, 



198 L^UNIOir MÉDICALB. DU CANADA 

tous les vaisseaux de quelque dimension appréciable vers I^ 
partie naoyenne et transversale de cette- membrane et j'en enle- 
vai la. moitié inférieure. 

Après m'être attentivement assuré que cette moitié restante 
était relativement saine et qu'il ne s'en écoulait pas une seule 
goutte de sang, je retendis sur les intestins et je continuai la 
toilette de Tabdomen. 

Cette toilette est d'une importance majeure : une condition 
sine qud non de succès dans cette grande et périlleuse opéra- 
tion. Tout l'intérieur de Tabdomen doit attirer Tattention 
sérieuse de Topérateur ; le moiudre suintement de sang doit 
être contrôlé. La toilette du cul de sac de Dougla^s doit 
être particulièrement soignée, La moindre négligence dans ce 
pansement de Tintérieur du ventre peut avoir des consé- 
quences fatales.. Il est donc du devoir du chirurgien d'être 
très particulier dans ces détails délicats de l'opération. 

Cer{,ains spécialistes attachent de l'importance à la cautéri- 
sation, par le fer rouge, de l'extrémité du pédicule à ligature 
perdue ou à sa dessication par le perchlorure de fer en poudre. 
Ce moyen me répugne, je ne l'aime pas. 

Notre thermo-cautère était prêt et je ne voulus cependant 
pas m'en servir parce que je ne crois pas aux avantages des 
escharres dans le ventre. Ces cautérisations peuvent devenir 
des centres d'inflammation, de gangrène et de suppuration^ et 
avoir des conséquences désastreuses. Ce moyen, il est vrai, a 
souvent été mis en application, et les opérées n'en sont pas 
moins arrivées à la guérison ; celles qui n'ont pas été cautéri- 
sées ont guéries également. Laissez-moi vous dire franchement 
que, pour moi, c'est un post hoc qui ne m'impose pas une con- 
fiance solide dans le proter hoc. 

Je soulevai ensuite l'utérus à la hauteur du détroit supé- 
rieur pour constater de visu, avec les six médecins qui 
m'avaient fait l'honneur et rendu le service de m'^assister dans 
cette belle et grande opération, que cette organe était parfaite- 
ment sain et qu'il n'avait jamais servi de territoire aux em- 
piétements d'un néoplasme cancéreux. 

Suture : Je suturai la plaie abdominale suivant la méthode 
de Spencer Wells, avec cette difiërence qu'au lieu de placer 
les sutures profondes à une distance seulement de 13 milli- 
mètres l'une de l'autre, je les éloignai d'un centimètre et demi 
et je fis une suture cutanée intermédiaire. Par les sutures pro- 
fondes, je compris le péritoine et toute l'épaisseur de la paro^î 
abdominale. JÉ^oeberlé n'intéresse point le péritoine dans sa 
manière de suturer; iLsemble donner une certaine importance ^ 
à cette précaution. Il ne m'appartient pas de hasarder un . 



l'union médicale du canada 199 

jugement sur le modus operandi et les spéculations théoriques 
de ces illustres maîtres. Je me contente de les admirer et je 
m'efforce de mettre en pratique leur brillant enseignement. 
Cette suture n*a été pour moi qu'une question d'option. Ce- 
pendant je dois dire que je préfère un bon fil de chanvre bien 
ciré au fil d'argent parce qu'il est aussi solide que ce dernier 
et plus aisé à enlever loi*sque la plaie est parfaitement réunie ; 
ce qui a lieu, à moins d'accidents, vers le septième ou huitième 
jour. 

Pansement : Uu morceau de lint placé sur la plaie ; deux 
coussins de ouate épais d'un centimètre recouvrant tout l'ab- 
domen, et une bande de flanelle forte assez longue pour faire 
deux fois le tour du corps et solidement fixée avec des épingles 
font tous les frais du premier pansement; puis la malade est 
reportée dans son lit. Je ne partage pas l'opinion des chirur- 
giens qui veulent que la malade subisse cette opération dans 
son lit afin d'éviter les déplacements. Ce déplacement ne com- 
porte aucune objection sérieuse s'il est conduit d'une manière 
intelligente; tandis que le lit oi*dinaire en est une formelle 
pour moi, à moins qu'il n'aurait été construit en prévision d'o- 
variatomie, ce qui n'est pas probable, on le sait. 

Comme vous le voyez les sutures et tout le pansement sont 
on ne peut plus simples. J'ai évité soigneusement la bijouterie 
chirurgicale parce qu'elle'est inutile et n'a que du brillant ; 
aussi je la déteste cordialement. Plus on simplifiera la chi- 
rurgie, plus elle sera efficace, belle et grande. La science 
réelle n'a pas besoin de décora qui ne font que chagriner sa 
radieuse et sublime splendeur. 

Le faciès de l'opérée est excellent ; son pouls bat 90. Quoi- 
que condamnée au silence absolu, elle ne peut s'empêcher do 
me dire : MercL Ce petit mot est immense dans le succès. 

Comme il m'est impossible de surveiller journellement le 
traitement consécutif, j'en chargeai mon intelligent et zélé 
neveu, le Dr Alfred Savard. Je visitai la malade durant les 
huits premiers jours après l'opération. 

Durant les trois jours qui suivirent l'opération, le pouls 
oscilla de 90 à 108, et même à 125 vers le milieu du second 
jour. Cette augmentation du pouls eut lieu après un vomis- 
sement considérable, le seul qu'elle a eu dans toute sa conva- 
lescence. Je fis le premier pansement de la plaie abdominale 
le quatrième jour; elle était réunie par première intention. 
L'état général de l'opérée est on ne peut plus rassurant : Au- 
cune douleur à la pression sur l'abdomen ; légère transpiration 
occasionnée par la haute température dans la maison, langue un 
peu blanche, bon faciès ; la nuit, sommeil calme et réparateur ; 



200 l'union médicale du canada 

appétit excellent ; enfin tout annonce que laguérison s'effectue 
rapidement. 

Les deux premiers jours après Topération, j'ordonnai pour 
toute nourriture le lait à la glace. Maintenant je lui fait pren- 
dre le lait sans glace et du thé de bœuf. Elle use de cette 
nourriture à discrétion jusqu'au septième jour ; puis elle re- 
vient insensiblement à son régime habituel. Il est important 
après cette opération comme après toutes les grandes opé- 
rations, que les malades ne soient point soumis à une diète sé- 
vère mais qu'ils soient soutenus par une nourriture substan- 
tielle et non stimulante. 

J'enlevai les sutures profondes et cutanées le huitième jour. 
La plaie était solidement réunie, sauf la peau dans une éten- 
due do deux pouces au milieu de la plaie, qui ne Tétait pas. Il 
y avait à cet endroit une légère suppuration. Je fis laver cette 
solution de continuité avec l'eau d'épinette rouge qui, dans mon 
opinion, est un précieux détersif. Cette eau d'épinette jouit, 
ajuste titre, d'une grande réputation dans nos campagnes ca- 
nadiennes et dans nos chantiers. Dans les chantiers de l'Ot- 
tawa et de ses tributaires, les bûcherons qui sont si exposés à 
se faire de graves blessures se dispensent assez facilement des 
services du médecin. L'écorce d'épinette bien pilée leur sert 
de charpie, et la décoction de cette ipème ëcorce leur fournit 
Teau pour le lavage de leurs plaies. Ce pansement est très 
efficace et, dans mon opinion, supérieure à l'alcool camphré et 
à l'eau pheniquée dont l'odeur est repoussante, tandis que l'eau 
d'épinette a une odeur très agréable. 

Huit jours plus taixi, c'est-à-dire quinze jours après l'opérs- 
tîon, mon opérée était complètement guérie, quoique je lui eut 
fait une incision de 33 centimètres à la paroi abdominale. 

Cette rapide guérison me rappelle que Koeberle dit : " Lors- 
" qu'on a fait une ligature peixlue du pédicule, ou qu'on a 
" rentré ce dernier dans la cavité abdominale après l'avoir 
** cautérisé, on peut obtenir d'emblée la réunion immédiate sur 
" toute l'étendue de l'incision, qui a été réunie alors dans toute 
" sa longueur, et les opérées peuvent être complètement gué- 
" ries au bout d'une dizaine et d'une quinzaine de jours. Les 
'' soins consécutifs se réduisent alors à très peu de chose." 

Quoiqu'il ne survint aucun accident pendant la convales- 
cence, j'exigeai que ma malade gaixlât le lit pendant trois 
semaines afin que la plaie fut parfaitement consolidée avant 
que l'opérée ne songeât à reprendre ses occupations habi- 
tuelles. 

Quand la guérison n'est nullement entravée, il est étonnant 
de constater avec quelle rapidité la constitution récupère ses 
forces après cette grave opération. 



l'union médioalb du canada 201 

J'ai cm qu'il serait inutile et superflu de donner plus de dé- 
tails sur le traitement consécutif, sachant que j'aurais Thonneur 
•de soumettre ce rapport à des médecins éclairés. 

Avec votre bienveillante permission, je vais attirer votre 
attention sur une question capitale avant de terminer ce rap- 
port qui a, sans doute, le malheur d'être trop long déjà. 
J'aborde un problème délicat que j'entends i*ésoudre dans un 
sens qui pourra peut-être ne pas satisfaire nos chirurgiens des 
hôpitaux ; mais je m'en console en songeant qu'eux et tous les 
membres de notre noble profession, aussi bien que moi, nous 
n'avons aucun intérêt qui puisse primer celui que nous por- 
tons à nos malades. Toute notre vie, comme dit Trousseau, 
•est le patrimoine de notre clientèle. 

Je pose cette question délicate et sérieuse : Doit-on ovarioto- 
miser dans les hôpitaux ordinaires? 

Comme je ne veux pas que l'on soupçonne chez moi une 
velléité d'intérêt personnel, je laisserai parler Barnes au nom 
de la science et du bon sens : 

" Une garde, dit-il, qui soigne une ovariotomisée ne doit 
*^ avoir aucun rapport avec d'autres malades; elle doit surtout 
" n'être pas exposée à toucher des plaies chirurgicales ou infec- 
^* tieuses. Ce point touche à la grande question de savoir si cette 
" opération doit être faite par les chirurgiens d'hôpitaux. On 
" peut avancer que toutes les grandes opérations exposent les 
'^ malades à plus de dangei*s si elles sont faites dans un grand 
^^ hôpital: mais ce n'est pas une raison suffisante pour ne pas 
*^ les faire dans ces établissements. La condition de la malade 
^' peut ne pas lui laisser le choix : de plus l'habitude exercée 
" du chirurgien d'hôpital, et la perfection de l'arrangement de 
" l'établissement peut contrebalancer les inconvénients. Cela 
" admis, on demandera : L'ovariotomie pi-ésente-t elle des con- 
" ditions spéciales, qui en fassent une exception à la règle 
'^ générale, et fassent pencher la balance de l'autre côté ? Je 
^' crois que oui. 

*• L'ovariotomie a quelque analogie avec la parturition. 
^' L'ablation subite d'une énorme tumeur qui s'est nourrie aux 
"'dépens de l'organisme amène une révolution de toute l'éco- 
*^ nomie, et une modification subite dans l'élément dynamique, 
^* qui rend l'ovariotomisée, comme l'accouchée, particulière- 
'^ ment sensible à l'action des virus. Au risque commun aux 
"deux sortes de malades, s'ajoute la plaie du péritoine dont le 
tissu est tellement sensible, aux influences toxiques, et ab- 
^* sorbe si facilement toute infeotion que le chirurgien ou son 
"^^ assistant, qui, comme l'a dit Sydney Smith, travaillent cous- 
^ tamment ^'dans le pus et les miasmes" peuvent apporter* 



4i 



202 l'union médicale du canada. 

*' Je crois qu'on peut diminuer beaucoup ce danger en em- 
ployant soigneusement les méthodes antiseptiques, si heu- 
reusement appliquées aux autres départements de la chirur- 
gie. Il est singulier qu'une opération qui exige des soins 
plus attentifs, qu'aucune autre, ait été la plus négligée sous 
ce rapport. Malgré toutes les précautions imaginahUSs je ne 
crois pas cependant que rovariotomie donne jamais dans Us 
grands hôpitaux des résultats aussi favorables que dans les^ 
maismis particulières ou dans les hôpitaux spéciaux. Bans 
notre pays, où les di*oits des classes inférieui-es sont plus 
respectés qu'en aucun autre, on admet qu'on est justifié à 
accoucher une femme dans un hôpital d'accouchement, ou 
dans un hôpital général, que dans des cas pai'ticulièrement 
exceptionnels. Pénétré de ce principe, j'ai cru de mon devoir 
de résister fermement à l'extension des maternités, malgré- 
les grandes tentations que ces institutions offrent à l'obser- 
vation et à l'enseignement. La passion de l'étude doit être 
subordonnée aux droitsde l'humanité." 
Je livre, sans commentaires, cette opinion du grand gyné- 
cologiste anglais à la sérieuse attention de la pix)fe8sion médi- 
cale du pays. 
N. B. — Mon opérée jouit maintenant d'une parfaite santé. 



Notes sur un cas de cancer du foie et du pancréas. 



(La devant la Société Médicale de Montréal, par H. £. Desro- 

sucRS, M.D., Prof, à TUniversité Laval Montréal, 

Médecin interne de PHôpital Notre-Dame.) 

Les pièces pathologiques que je présente ce soir à la Société- 
ont trait à un cas très intéressant qui s'est présenté ces jour» 
derniers à l'Hôpital Notre-Dame et dont les faits principaux 
sont relatés dans l'observation suivante. 

Observation, — E* L*, âgé de 28 ans, est admis à l'Hôpital 
Notre-Dame (Salle St. Joseph, No. 16), dans le service de M. 
le Dr Laramée, le 26 février. Il se plaint de douleurs vives 
dans la région épigastrique, douleurs qui, d'après son récit, 
sont surtout vives depuis à peu près sept semaines, mats qui 
ne l'ont foi-cé de cesser tout travail que depuis un mois environ. 
Il est impossible d'obtenir de détails sur l'état de santé des 
parents du malade. Celui-ci ne semble pas jouir de la pléni- 
tude de ses facultés mentales, et ne donne de ses conditions de 



l'union MÉBICALB 1)0 CANADA 20^- 

santé antérieare et des détails de la maladie actuelle que des- 
renseignement fort imparihits. On apprend cependant qu'il a 
souffert de malaise d'abord et de douleur ensuite aux régions 
épigastrique et hépatique depuis deux ans. Ces douleurs,. 
comme il Tient d'être dit, sont surtout vives depuis sept 
semaines. On apprend aussi, d'autre source, que la santé de- 
ce malade a, la plupart du temps, été assez délicate. Mais ce 
renseignement est ti*op vague pour être de quelque utilité. Le 
patient a toujours été sobre et a mené une vie constamment 
régulière, bien que la couleur de son nés indiquât de prime 
al]ord un alcoolique. 

L'état du patient, lors de son admission à l'hôpital est comme- 
suit : Faiblesse considérable ; dyspnée assez intense, la respi- 
ration étant de 40 par minute. Le pouls est accéléré, faible- 
et petit. La température, je regrette de le dire, n'a pa 
être observée dans ce cas-ci. Cependant, elle n'est pas très 
élevée, autant qu'on en peut juger par le toucher. Le tissu 
cellulaire sous-cutané est légèrement infiltré de sérum, sur- 
tout aux parois antérieure latérale et pobtéiùeure de la poi- 
trine et aux membres inférieurs. On remarque que sur la 
paroi antérteure de l'abdomen les veines superficielles sont 
gorgées de sang, indice d'une circulation difficile dans le sys* 
tème des veines intestinales. 

Outre les douleurs vives qu'éprouve le malade dans la région 
du foie, qui l'empêchent de se redresser tout à fait, et le for- 
cent à marcher un peu courbé, il y a aussi à la région hépa- 
tique une sensibilité considérable, tellement que le malade 
peut à peine supporter la plus légère pression. Cette sensibi- 
lité est évidente aussi à l'épigastre, mais moins que vers Thy- 
pochondre droit. Avec cela il y a hypéresthésie s'étendant à 
toute la surface du corps. Toute la peau est sensible à la 
pression. 

A l'auscultation, on n'entend le murmure respiratoire, du côté 
droit, qu'à la partie supérieure et moyenne du thorax, jusqu'à 
environ un travers de doigt au-dessous du mamelon. Du côté 
gauche, il y a aussi une légère diminution du murmure respi- 
ratoire, à la partie inférieure, mais non d'une manière marquée. 

A la percussion on constate une matité bien caractérisée 
limitée par une ligne qui passerait à un travers de doigt au- 
dessous du mamelon droit et s'étendrait, jusqu'au même point 
du côté opposé pour revenir de là, en descendant obliquement 
à travers l'abdomen, passerait par l'ombilic et viendrait se 
terminer à environ un pouce et demi au-dessus de la crête - 
iliaque droite. 

Il n'y a ni nausée, ni vomissements. Les fonctions intesti— 



.204 l!i7NI0n médicale du oanada 

«nales sont régulières. L'arine contient nne assez forte propor- 
tion de bile et la conjonctive a Faspect jaunâtre de Tictere. 
.Pas de toux. 

Le malade reste dans cet état jusqu'au 6 mars. Pendant 
tout ce temps on prescrit une nourriture concentrée et de facile 

• digestion, quinine, etc. Le 6, le nez du patient commence à se 
tuméfier et présente bientôt l'apparence luisante de Térysipèle. 
L'éiysipèle se montre également dans les deux jours qui sui- 
vent, aux oreilles, au prépuce et sur les cuisses. Il a le carac- 
tère erratique. La fièvre augmente, le pouls s'accélère davan- 
tage, la respiration devient de plus en plus difficile et le malade 
meurt, le 8, autant par apnée que par asthénie. 

L'autopsie est faite 60 hrs après la mort. En voici le résultat : 
A l'ouverture de l'abdomen, on voit que le foie occupe tout 
^espace limité par la matité. Il est parsemé, comme vous le 
.pouvez voir, de plaques blanches dont quelques-unes repré- 
sentent des nodosités, et d'autres, des points ramollis. A la 
section il présente l'aspect que vous voyez ici. La vésicule 
biliaire est atrophiée. Le ^oie est adhérent au diaphitigme. 
La cavité péritonéale est à moitié remplie d'un sérum sangui- 
nolent. Le foie repousse très en haut le poumon droit et 
même le cœur. Les deux plèvres contiennent une petite quan- 
tité de sérum. Du reste, elles sont saines. La rate aussi est 
saine, de même que les reins. Le coeur est petit. L'estomac 
•est parfaitement sain. 

Le foie étant enlevé, on découvre an-dessous du duodénum 
•et du colon une tumeur d'aspect blanchâtre et d'une consistance 
très dure. En essayant de la contourner, on voit qu'elle est 
adhérente en arrière à la colonne vertébrale et à la masse 
intestinale en avant. Cette tumeur est formée par le pan- 
créas. Vous le voyez ici. Tous les lobules de cette glande ont 
•été envahis par la maladie. Plusieurs sont ramollis. 

Le foie pèse 127 onces et le pancréas 22 et demie. Vous 
savez que, à l'état normal, le foie d'un adulte pèse 53 et le 
pancréas, 3 onces. 

L'examen mici'oscopique a révélé la présence de cellules 

• cancéreuses (grosse cellules à noyaux) dans les masses ramo- 
lies tant du foie que du pancréas. 

Le cas que je viens de rapporter offrait certaines difficultés 
-de diagnostic incontestables, fin premier lieu il était impos- 
sible de reconnaître, par l'histoire clinique, l'existence d'une 
affection quelconque du pancréas, le foie, comme je l'ai dit, 
•couvrant entièrement la partie antérieure et latérale droite de 
.l'abdomen. De plus, les symptômes du cancer du pancréas 
sont en général très mal définis, et fort incertains. 



l'union MÉDIOALB du CANADA 205* 

Qnant an foie lui-même, la difficulté de diagnostic tenait âb 
Tâge du malade, à Tabëence de symptômes gastriques, à.' 
Tabsence de la cachexie cancéreuse et de cancer dans d'autres 
organes. De plus il y avait un peu de fièvre. 

ij&gQ du malade devait faire rejeter, do prime abord, l'idée 
de cancer, puisque, en règle générale le cancer ne se montre 
qu'entre 40 et 60 ans. Cependant, les statistiques de Liech- 
tenstern indiquent que sur 472 cas de cancer du foie, il en a 
découvert 3'r où la maladie s'était manifestée chez des sujets 
de 20 à 30 ans, ce qui donne une proportion de 7 8/10 pour 
cent. (1) 

Chose remarquable, les troubles gastriques ont été à peu 
près nuls dans tout le comrs de la maladie. Il n'y a eu ni 
vomissements, ni diaiThée. 

Quand la marche du cancer est rapide, dit Murcfaison, il 
peut y avoir un certain degré de fièvre (2). C'est ce que nou» 
avons remarqué dans ce cas. 

Le malade ne présentait certes pas l'apparence si caractéris- 
tique de la diathèse cancéreuse et n'était pas émacié à un degré 
bien marqué. Seulement il éprouvait une faiblesse extrême. 
Remarquons aussi qu'il ne se plaignait de douleui's vives que 
depuis à peu près sept ou huit semaines. 

Le cancer primitif du foie est, comme vous le savez tous, 
moins fréquent que le concert secondaire. Liechtenstern 
énonce cet axiome de la manière suivante (3) : 

" Dans quels organes origine le plus souvent le cancer qui 
produit le cancer du foie ? Il y a deux réponses à cela : lo. 
Dans les organes dont le sang veineux se vide dans celui de la 
veine-porte, c'est-à-dire estomac, intestins (rectum), péritoine 
et pancréas; 2o. Dans les organes qui sont le plus souvent 
siège de cancer, c'est-à-dire estomac, utérus, mamelles, rectum^^ 
péritoine, panci'éas et ganglions lymphatiques." 

Dans le cas présent, le pancréas seul était envahi de concert 
avec le foie. Dans lequel de ces organes la maladie a-t-elle pris 
naissance ? Les symptômes commémoratifs n'ont pu nous 
donner aucun renseignement là- dessus. Le cancer a dû, dans 
ce cas-ci, suivre une marche assez rapide, vu le peu de cachexie 
imprimée à l'organisme. 

Si les conditions que je viens d'énumérer étaient de nature à 
rendre le diagnostic incertain, il en était d'autres, par contre, 

M. . - r — ~r 

(1) Ziemssen's Cyolopaedia— Vol DC, page 863. 

(2) MuTohiflon— Leçons oliniques sur les maladies du foie, page 217. 
(S) LiechtenBteni, Op ctto^, p. 866. 



'206 l'ukion médicale bu canada 

•qui auraient indiqué asses clairement la nature de Taffection, 
si nous en croyons Murchison. 

Nous avions, par exemple, une augmentation considérable 
dans le volume du foie. Celui-ci était dur et résistant à la 
pression, en même temps que très douloureux au plus léger 
palper. Murchison dit que l'ictère existe dans un grand 
nombre de cas, et, une fois présent, disparaît rarement. Ici il 
'n'était pas très considérable, comme nous l'avons vu, mais il a 
•été persistant jusqu'à la fin. 

La pression sur les veines intra-abdominales avait amené de 
l'ascite et un développement anormal des veines superficielles 
-de l'abdomen. Ces deux caractères enregistrés par Murchison 
•comme appartenant au cancer ne pouvaient faire soupçonner, 
ici, que la présence d'une tumeur quelconque gênant la circu- 
lation des vaisseaux intra-abdominaux. 

Murchison dit enfin que, dans le cancer du foie, la rate est 
rarement pins volumineuse qu'à l'état normal, ce qui constitue 
un caractère important pour distinguer le foie cancéreux du 
foie amyloïde ou cirrhotique. Dans le cas actuel, la rate était 
parfaitement normale en consistance et en i^olume. 



REVUE DES JOURNAUX. 



PATHOLOCHE ET CLINIQUE MÉDICALES. 



De la constipation. — M. Lasèque. — La constipation est 
<an retard d'évacuation par rapport aux habitudes d'un indi- 
-vidu. Elle a des lois de périodicité non absolues mais relatives 
aux individus et à l'état différent de santé ou de maladie chez 
le même sujet. Pour juger delà constipation d'un individu, 
il faut tenir compte de ses habitudes antérieures. 

La constipation n'est pas seulement horaire, mais encore 
quantitative. Ainsi tel individu qui ne va à la garde-robe que 
tous les jours, rend une quantité en rapport avec le stock des 
matières qu'il possède dans son magasin intestinal. C est une 
•question de doit et avoir, d'entrée et de sortie. Tel autre, aii 
•contmre, bien qu'il aille régulièrement chaque jour à la selle, 
rend moins que son stocK ne l'exigerait, et par suite ne vide 
pas complètement son gros intestin. 



l'union HÉDICALB du CANADA 207 

.Ybus ponvez comparer cela à la vessie d'un homme qui nrine 
cinq ou six fois dans une nuit. A-t-il pour cela vidé sa vessie ? 
!Non, car il peut avoir une rétention vésicale, et rien ne dit 
•que, malgré ces mictions répétées, il ne reste pus encore une 
«certaine quantité de liquide dans le réservoir vésical. 

Le nombre de fois, non plus que la régularité horaire, ne 
-suffisent pas pour déterminer s'il y a ou non constipation, mais 
il est aussi nécessaire d'avoir la quantité. 

Il y a donc deux constipations : la constipation apparente, 
-celle qui est manifeste pour le malade, et la constipation laten- 
te, c'est-à-dire celle dont il ne se rend pas compte. 

On peut avoir de la constipation tout en ayant une diarrhée 
•de cinq à six selles même par jour. Vous avez dans ce cas, 
affaire à un constipé qui a détaché, à chacune de ses gaixles- 
robes, une petite quantité de son stock ; la première fois ce 
sera une seule caprime, une petite crotte à peine grosse comme 
le bout du doigt, puis les selles suivantes, toutes diarrhéiques 
•qu'elles sont, seront le résultat d'une sécrétion particulière qui 
liquéfie peu à peu partie des matières accumulées dans son 
;gros intestin, comme une petite pluie mouille parfois considé- 
rablement un ti*ottoir transformant en une liquide la poussière 
•qui le recouvre, sans entraîner pour cela toutes immondices 
^ui y ont été déposées. 

La constipation peut donc exister avec des matières rendues 
fréquemment, chichement et sèchement, comme elle peut 
'exister avec des matières rendues fréquemment, chichement et 
bumidement. 

C'est alors qu'appelé auprès d'un malade pour cette diarrhée 
qui s'allie parfaitement à une constipation qu'on vous laisse 
ignorer parce qu'elle est latente et dont vous n'avez nul souci, 
que vous ignorez absolument, vous ordonnez bravement, et 
-sans examen, de l'opium, fournissant ainsi un nouvel aliment 
à cette constipation que vous auriez dû combattre, mettant 
ainsi un nouveau bouchon à la bouteille de votre malade. 

Tout homme doitril, ou non, rendre une certaine quantité de 
matières dans un temps donné, et, s'il ne le fait pas, manque- 
t-il à tous ses devoirs ? Ces matières doivent-elles être rendues 
proportionnellement à la dose qui a été ingérée, et à la 
manière dont elles ont été ingéi*ées, auti*ement dit en un ou 
plusieurs repas ? Doivent-elles être rendues proportionnelle- 
ment aussi à la qualité des aliments introduits dans le gros 
intestin, proportionnellement aux déperditions qui peuvent se 
faire par d'autres voies telles que les urines, la sueur, etc., et 
<^efi déperditions ont-elles une influence sur la qualité même de 
ia matière et facilitent- elles leur induration ? 



208 l'union médicale du canada 

Vous voyez que le pi*oblême de la constipation est loin d'être 
simple. 

iJn homme est au lit depuis hmt jours, par exemple, pour 
une pleurésie, une bronchite ou autre accompagnée d'une lièvre 
modérée, son régime est annulé; antérieurement à cet éta£ 
morbide, il n'avait jamais de constipation, et le voilà qui tout 
à coup reste sept ou huit jours sans aller au garde-robe, c'est- 
à-dire dès le début de sa maladie. Son médecin a oublié de 
s'en occuper, et ce n'est qu'un certain jour qu'il s'aperçoit 
qu'il 7 a là une rétention des matières fécales. Quant au mala- 
de, il ne s'en étonne nullement ; il y a huit jours, dit-il, qu'il 
n'a rien mangé; il n'a rien pris, il n'a rien ; pas d'ai'gent, pas 
de suisse. C'est une phrase que vous entendrez pi*ononcer cha> 
que jour. 

Toutes les fois qu'en médecine une induction est tirée du 
sens commun, elle est mise à la porte. Nous vivons non 
pas sur ce qu'on dit, mais sur ce qui est. C'est ainsi que nous 
ne tenons pas compte de ce que nous dit le malade sur l'ab- 
sence d'alimentation, comme cause de sa constipation, et nous 
ordonnons un purgatif afin de faciliter l'écoulement du stock 
des matières intestinales accumulées. Le malade pourra rem- 
plir un vase à la suite de ce purgatif sans que pour cela ce vase 
soit plein de matières fécales, mais bien rempli par la sécrétion 
liquide due au purgatif, et les matières n'auront de fécales que 
l'aspect. La quantité rendue ne prouvera donc rien relative- 
ment au stock dont l'intestin aura été débarrassé. 

Comment donc reconnaître la constipation véritable de la 
rétention fécale ? Les rétentions fécales absolues, telles qu'elles 
constituent une dérogation aux lois physiologiques, sont de la 
rétention, tandis que la constipation dans laquelle il entre 
d'autres éléments est une constipation proprement dite. 

Dans toutes nos conversations médicales, la constipation est 
doublée d'une épithète, et nous disons que le malade a une- 
constipation habituelle, c'est-à-dire un état flottant, incertain. 
Il faut donc séparer ces deux mots, dont le plus difficile à étu- 
dier est bien certainement la constipation. La rétention fécale 
. peut parfois entraîner la mort. Elle peut se faire dans diffé- 
rentes régions de l'intestin. 

Et ici nous allons faire une série de demandes et de réponses 
comme dans le catéchisme. 

D. Bans quelle région la rétention fécale a-t-elle lieu de pré- 
férence ? 

R. On suppose qu'elle a lieu de préférence dans l'exti'émité 
inférieure du rectum ? 

D. Pourquoi a-t-elle lieu de préférence en cet endroit? 



L'DNION médicale du CANADA 209 

R, Parce que c'est L\ qa'on la rencontre avec le doigt. 

D. Pourquoi ne se ferait-elle pas plus haut dans le gros 
intestin. 

R, Parce qu'on ne peut pas Vy reconnaître. 

D. Pourquoi ne peut-on pas l'y reconnaître ? 

R, Parce qn'il n'existe aucun moyen de la distinguer^ si ce 
n'est dans la région cœcale, dans la typhlite. 

La rétention fécale dans le côlon est surtout difficile à recon- 
naître lorsque le malade a, de temps à autre, des petites 
évacuations trompeuses. 

A ce sujet, et pour couper un peu Taridité du sujet que je 
traite, je vous raconterai l'histoire suivante : A l'époque où 
j'étais chef de clinique de Trousseau, celui-ci donnait des soins 
à un personnage célèbre, surtout par les cai'icaturos qui en 
étaient journellement faites par des artistes avec lesquels il 
s'était lié, à tel point que sa charge se voyait partout. C'était 
un chef de bureau d'un ministère quelconque, qui avait rem- 
placé nn œil perdu par un bandeau noir, de préférence à un œil 
de verre, qui, disait-il, se voyait beaucoup plus. Cet homme 
était porteur d'nn ventre si colossal qu'il ne ressemblait à rien ; 
seul un potiron sur sa tige pouvait lui être comparé. Un beau 
jour, il tomba malade, et ce ventre, si extraoi*dinairement 
volumineux, augmenta encore : il souffrait beaucoup, mais il 
n'existait ni diarrhée, ni constipation, pas de vomissements, à 
peine quelques nausées. Médecins sur médecins furent appelés, 
chacun de porter un diagnostic plus ou moins fantaisiste, 
lorsqu'une nuit, tout à coup, huit à dix mois après le début de 
ses souffrances, notre homme est réveillé par un mal soudain, 
et n'a que le temps de sonner son domestique pour qu'on lui 
apporte en hâte un vase de nuit; mais à peine celui'ci est-il 
rempli jusqu'au bord, que nouveau coup de sonnette, nouveau 
vase demandé, nouveau vase rempli ; troisième coup de son- 
nette, troisième vase apporté et rempli : le domestique est... 
sur les dents, et suffît à peine à la consommation des pots de 
chambre; enfin, an dix-septiième, l'intestin était satisfait, et 
notre homme éprouvait un de ces bien-êtres comme il n'en 
avait eu depuis longtemps. Sa maladie avait donc consisté 
tout simplement dans une rétention fécale de dix-sept pots de 
chambre, ce dont personne n'avait eu garde de se douter^ 
d'abord par la difficulté d'explorer un pareil abdomen, ensuite 
par la r^ularité de son fonctionnement intestinal, tel que, 
comme l'employé de bureau modèle, il consultait chaque jour 
sa montre pour ne pas oublier l'heure réglementaire de sa pi^é- 
sentation aux water-closets. Et le lendenmin, Trousseau, en 

arrivant à l'Hôtel-Dieu, s'empressa d'aborder ses collègues 

14 



210 l'union médicale DF CANADA 

réunis dans la salle des médecins, qui devisaient encore de ce 
malade et du diagnostic de cette affection et leur disait : '< Yous 
savez : Un tel/' et chacun de s'écrier : " Saprelotte ! oui, nous 
le savons, sa tumeur ? Aurait-il succombé ?— --Sa tumeur, répond 
Trousseau d'un air bourru, cette fameuse tumeur, c'était de 
la !" 

Stupéfaction générale. 

A la sortie de l'hôpital, comme un de ses confrères lui repro- 
chait l'expression qui lui avait échappé. Trousseau lui répon- 
dit : ^^ £h bien ! quand j'aurais dit des excréments, cela aurait- 
il sauvé grand'chose ? " 

Mais i*evenon8 à la rétention fécale. La cause peut aussi exis- 
ter non plus dans l'intestin lui-même, mais en oehors, et nuire 
à sa perméabilité ou l'obstruer. Telles sont : l'augmentation 
du volume de l'utérus, la grossesse, la tuméfaction de l'ovaire, 
la formation de brides dans le ventre à la suite de péritonites, 
etc. 

Dans une autre catégorie rentrent les intoxications, notam*- 
ment l'intoxication saturnine, ou l'ingestion de certains médi- 
caments spéciaux, tels que le fer, qui amène parfois chez les 
jeunes filles des rétentions terribles, et l'opium, mais celui-ci 
moins cepei)dant que le fer et le plomb. 

Il existe d'autres causes, maiscelles-ci d'un ordre plus délicat, 
très importantes, et qui se rapportent au fonctionnement du 
système nerveux relativement au mécanisme intestinal. 

Parmi les affections de l'intestin d'origine nerveuse, nous 
avons les affections centrales, telles que la méningite infantile, 
qui amène une constipation absolue malgré les médicaments 
employés pour la combattre, si ce n'est parfois dans les der- 
niers moments. Mais, de toutes, l'hystérie est le triomphe de 
la rétention fécale. 

Une hystérique, dont la rétention fécale n'a d'autre origine 
que son état nerveux, la supporte avec indifférence, et sa durée 
peut ^varier de huit jours à six semaines, plus encore, parfois 
de six semaines à trois mois, voire même à six mois. J'ai eu 
l'occation de voir une rétention de six mois, j'entends du 
moins qu'on me l'a dit dater de cette époque ; personnellement 
je n'en pouvais rien savoir, et franchement je ne pouvais suivre 
partout ma malade avec un panier pour recevoir ce qu'elle 
aurait eu besoin de rendre. Nous n'avons donc aucun moyen 
de vérifier l'authenticité de pareils faits, surtout lorsqu'ils se 
passent dans un pensionnat de jeunes filles, et, vous le uavez, 
nul n'est trompeur comme une hystérique. Eh bien ! vous 
verrez chez de pareils sujets des rétentions fé.3ale8 de trois 
mois supportées sans aucune incommodité. 



l'union médicale du CANADA 211 

n est donc des cas où TintestiQ n'est nullement touché par 
'4a présente de matières fécales accumulées, tandis qu'il en est 
d'autres où la rétention de courte durée peut amener des 
désordres. Les phénomènes sont donc complètement diffé- 
rents ; de là un rôle différent aussi dans l'empiol des purgatifs 
selon que le bouchon fécal obture complètement ou incomplè- 
tement le tube iutestinaU c'est-à-dire selon qu'il existe une 
obstruction absolue on une simple rétention ffêale. — Le Nou- 
veau Journal MédicaL 



Des accidents à la suite des opérations d'em* 

pyème. — A la suite des injections faites oans la cavité pleu- 
rale, el que nécessite Popération de l'empième, on voit surve- 
nir parfois des accidents effrayants caractérisées principale- 
ment par des mouvements épileptiformes et se terminant quel- 
quefois par la mort. Quand Maurice Baynaud communiqua, 
en 1875, à la Société médicale des hôpitaux ses deux premières 
observations, il terminait en disant : ^' Soyez certains que ce 
ne seront pas les seuls cas, il en viendra d'autres. " En effet, 
l'attention une fois éveillée, Eoger, Brouardel, Yallin, Lépine, 
Leudet, Goodhart, "Williams, Laveran, Butlin, Cayley, etc., 
publièrent des observations. Les thèses de Auboin et Bertin 
du Château, celle de Landauzy mirent la question à son plan 
et lui donnèrent tout le relief qu'elle mérite. Le Dr G. Martin 
rassemblant tout ce qui avait parq sur ce sujet et y ajoutant 
des observations personnelles a fait 4e cette étude l'objet d'un 
travail inaugural. D'après lui, les injections faites dans la 
cavité pleurale après l'opération de l'empyème peuvent provo- 
quer des accidents de deux ordres : les uns survenant' brus- 
quement sont surtout caractérisés par une perte subite de con- 
naissance, de convulsions épileptiformes et l'état de mort ap- 
parente pendant un temps variable ; la situation est grave, et 
l'issue est fatale dans le tiers des cas. Les autres, se produisent 
lentement, sont caractérisés par une paralysie revêtant tantôt 
la forme monoplégique, tantôt la forme hémiplégique : ceux-ci 
disparaissent rapidement et sans laisser de traces. 

Que l'origine de ces accidents soit, comme le veut Maurice 
Baynaud, une compression du nerf phrénique, une anémie 
bulbaire comme l'admet Yulpian, ou un réflexe produisant un 
désordre d'inervation du système médullaire, nous ne nous y 
arrêterons pas, constatant seulement que l'autopsie n'a jamais 
montré de lésions capables d'expliquer les convulsions toni- 
ques et clonîques. Il vaut mieux remarquer que c'est surtout 
entre 20 et 30 aus et principalement chez les hommes qu'on a 



212 l'union médicale du canada 

observé ces phénomènes sans que le siéçe de Tempyorne et la . 
nature du liquide injecté aient une notable influente, et signa- 
ler que dans presque toutes les observations ils se sont pro- 
duits quand Tinjonction était poussée trop fortement ou le 
liquide injecté trop abondant. Le précepte ae faii-e des lavages 
lentement et avec la plus grande précaution ressort nettement 
des résultats 9^ Texpérience et s^impose à Topérateur. Pen- 
dant Taccès on ne pourra faire autre chose que d'essayer, par 
des frictions excitants, de réveiller Taction du cœur et au be- 
soin on pratiquera la respiration artificielle : la médication 
est nulle, et les divers essais n'ont jamais produit rien qui 
vaille en pareille circonstance. — Revue de Theurapeutique. 



Nouveau Drocédé d'anesthésie.— TJn dentiste de Phi- 
ladelphie, le i)r Eonwill, fait faire à ses clients qu'il doit 
opérer une série d'inspirations aussi rapides et aussi profoodes^ 
que possible, pendant environ une minute. Dans ces condi- ^ 
tions, on peut arracher les dents les plus solidement enraci- 
nées, ouvrir les abcès, cautériser les nerfs, faire enfin toutes les 
opérations de cottrte durée les plus douloureuses, sans que le 
patient accuse la moindre douleur. Il importe que, tant que 
dure l'opération, le malade continue à respirer de la manière 
que nous venons d'indiquer, à raison d'au moins cent mouve- 
ments respiratoires par minute. 

Le Dr Lee (de Philadelphie) a, de son côté, appliqué avec 
succès ce procédé. Il a pu, chez un jeune homme nerveux, 
ouvrir un abcès du périnée, sans que le patient manifestât la • 
moindre douleur ; il fit une incision longue d'un pouce et qui 
donna issue à une grande quantité de pus. Le malade, qui 
n'avait rien ressenti, fut tout surpris d apprendre la fin de 
l'opération qu'il appréhendait tant Plus tai*d, des trajets 
fistuleux s'étant étaolis, le Dr Lee coupa avec des ciseaux des 
brides charnues longues d'un pouce chacune, sans que le malade 
ressentit encore la moindre douleur. 

Ce procédé d'anesthésie semble jouir déjà d'une certaine 
faveur en Amérique. Le Di* Howson n'aurait plus recours qu'à 
lui dans sa pratique obstétricale. Si, d'autre part, on emploie 
cette méthode simultanément avec les agents ordinaires de 
Tanesthésie, il faudrait employer une moindre dose d'anesthé- 
sique pour obtenir le sommeil et la résolution musculaire. 

Ces faits curieux méritaient de fixer l'attention. Tout d'a- 
bord, il fallait les contrôler: c'est ce que vient de faire un 
dentiste de Monaco, M. Ash, et il a pu extraire 15 dents par 



l'union médicale du canada 213 

ce procédé, toujours avec un excellent résultat. Nous rappor- 
tons une seule des observations de M. Ash : 

" Demoiselle de 20 ans, dents très-serrées gencives enflam- 
mées, extraction de la première gi*osse molaire gauche de la 
mâchoire inférieure. Après 40 secondes de respirations pro- 
fondes et rapides, la dent est enlevée sans soufl&ance. La 
demoiselle, qui était très-eifrajée et avait souffert dans d'autres 
circonstances, s^écrîe : " Mais ce n'est rien du tout I 

Quelle explication peut-on donner de ce faits ? Le Dr Bonwill 
pense que, dans ce cas, Tanesthésle est due : !<> à la tension 
d'esprit et à Teffort constant de volonté qu'exigent les mouve- 
ments respiratoires forcés; 2® à Thyperhémie qu'amène le 
retour plus lent du sang au cerveau ; 3^ à l'accumulation de 
l'acide carbonique dans le sang. 

De toutes ces explications, aucune ne nous semble plausible. 
Ne doit-on pas plutôt attribuer ces faits à l'accumulation de 
l'oxygène dans \e sang ? On sait; en effets, depuis les travaux 
de M. Paul Bert, que ce gaz, lorsqu'il est inhalé en trop grande 
proportion, agit sur le systsme nerveux d'une façon toute 
spéciale. Quoi qu'il en soit, ces faits méritaient d'être signalés 
à l'attention des chirurgiens. (R. Blanchard, in Progrès 
Médical.) 

Ajoutons encore que le fait do respirer fortement pendant un 
certain temps diminue très-certainement la sensioilité. Un 
homme qui vient de courir et dont la respiration est haletante 
peut subir un traumatisme périphérique sans presque aucune 
soufirance. Nous avons sur nous-mème remarqué le fait sui- 
vant: A l'état normal, il nous est impossible de boire du 
cognac, même en petite quantité, sans avoir une sensation de 
brûlure à la gorçe. Mais après une course, un exercice violent 
d'équitation ou d'escrime, nous pouvons absorber un petit verre 
d'eau-de-vie sans éprouver cette sensation désagréable. Il y a 
donc, à notre avis, certainement quelque chose d'exact dans 
les faits relatés plus haut. — Le Praticien. 



De rintroduction des aliments par les narines.— M. 

' F£RNET propose, quand le passage des aliments par la bouche 
" est impossible, de les faire prendre par le nez. Voici en quoi 
- consiste le procédé : 

Le malade étant couché sur le dos, le haut de la poitrine et 

la tête légèrement i*elevé par les oreillers, on introduit dans la 

[ partie postérieure de l'une des narines l'extrémité effilée d'une 

> ouiller ou le bec «n biseau d'une cafetière ou du biberon dont 



214 l'union IfÉDICALE DU CANAI>A 

on se sert pour les hôpitaux ; puis on verse- doacement le li- 
quide : eelui-ci glisse sur le plan incliné que forment le plan- 
cher des fosses nasales et la face supérieure du voile du palais^ 
et arrive ainsi directement dans le pharynx, où il provoque le 
mouvement de déglutition. 

A mesure qu'on verse ainsi la boisson alimentaire d'une fa- 
çon continue, on entend et on voit le malade avaler à inter- 
valles réguliei*s : si la petite manœuvre est bien conduite et 
assez lentement, aucun incident n'entrave l'opération, et le 
repas n'of&e pas plus de difficultés et n'exige pas plus de temps 
que si les aliments pouvaient être administrés par la bouche. 
Quelquefois,, lorsque le liquide est versé trop vite ou quand la 
Bensioilité du pharynx est trop émoussé pour que l'excitation 
provoque le mouvement rénexe de déglutition , quelques 
gouttes du liquide s'égarent dans le larynx et amènent des 
secousses de toux;: mais cet inconvénient, auquel on remédie ^ 
d'ordinaire en agissant très doucement, n'apporte pas un obs- 
tacle sérieux à l'opération. — Revue de Thérapeutique. 



Sciatiques gaéries par les courants continus.— M. 

V.-P- Gibney rapporte quinze cas do sciatique rebelle guéris 
par l'application des courants continus. Le point le plus 
important à noter, c'est que lé nombre des séances est relative- 
ment petit (quinze en moyenne). Il n'est pas nécessaire d'avoir 
des batteries très fortes ; des courants moyens ont semblé pré- 
férables. Il pense que la direction du courant n'a qu'une im- 
poHance secondaire ; cependant il a toujoura employé les 
courants descendants. Il place le pèle positif sur le tronc du 
nerf à son point d'émergence, et le pôle négatif au siège de la 
douleur. !La duré des séances droit être de dix minutes envi- 
ron. (Practitioner.) — Revue de Thérapeutique Méd.'Chirur. 



Sur un mode de réveiller les contraction du cœur 
qui a cessé de battre, par J.-C. Reid, M. D.^-Quand j'étais 

enfant, raconte l'auteur, je me rappelle que mon père fut 
appelé d'une jeune femme qui avait un accès. Mo» père était 
aosent. Quant il revint, un envoyé lui annonça qu'il était 
trop taixi, que la malade était morte. Il s'y rendit néanmoins, 
demande l'eau chaude et fit couler sur la région précordiale un 
jet continu de cette eau. Peu à peu les battements du cœur 
revinrent et la malade fut rendue à la vie. . Ce souvenir de son » 



l'union médicale du canada 215 

enfance a fait récemment appliquer le même remède du docteur 
Beid BUT un yieillard qui semblait avoir succombé à une accès 
et dont les battements cardiaques avaient cesse. Ce moyen 
rappela le vieillai'd à la vie. (British Médical Journal) — Revue 
de Trérapeutique Médico-Chirurgicale. 



L'estomac et le s^tème nerveux.— Le Dr Le yen a fait, 

80U8 ce titre, à la Société de biologie, Tintéressante communi- 
cation qui va suivre. 

Lies réactions de l'estomac sur le système nerveux ne sont 
pas décrites jusqu'à présent. Les faits cliniques qui les démon- 
trent sont très nombreux. 

Dès que la dyspepsie dure qaelque temps avec intensité, tout 
le système nerveux est mis en branle. L'byperestbésie est la 
première manifestation, la plas commune parmi les phéno- 
mènes nerveux dus à la dyspepsie. Elle a été rapportées jus- 
qu'à présent à l'hystérie : c'est là une erreur clinique ; elle est 
tributaire de la dyspepsie seulement. Sur 100 malades dys- 
peptiques dont j'ai groupé les observation, je compte 53 hommes 
et 47 femmes. 

L'hyperesthésie paraît chez l'homme après l'âge de 30 et 40 
ans en général, et on la rencontre souvent après 50 et 60 ans. 
Quand l'hyperesthésie existe du côté droit ou gauche, compli- 
quée de fourmillements et de phénomènes cérébreux, vertige, 
céphalalgie, etc., les médecins craignent en général quelques 
affection cérébrale. L'hyperesthésie se développe pai*allèle- 
ment à la dyspepsie, grandit et disparait avec elle. Bien des 
erreurs de diagnostic sont faites parce qu'on en a méconnu 
jusqu'à présent l'origine et la portée. 

Chez la femme, ce symptôme parait plus tôt que chez 
l'homme. La raison en est que c'est la menstruation, ce sont 
les grossesses qui produisent la dyspepsie. L'hyperesthésie 
est le fait de la dyspepsie ; seulement, si elle paraît chez une 
hystérique, c'est que l'hystérie est compliquée de dyspepsie. 
lîe signe propre à la névrose hystérique est l'anesthésie que je 
n'ai jamais observée dans la maladie de l'estomac. Sur les 53 
hommes dyspeptiques, 37 présentaient de l'hyperesthésie. Sur 
les 47 femmes, il y en a 44 qui avaient la peau, les muscles 
hyperesthésiés. 

On peut presque dire, d'après la statistique que ce symptôme 
est aussi fréquent chez l'nomme que chez la femme, et que 
c'est surtout chez l'homme arrivé à la maturité qu'on la cons- 
tate. Cependant je l'ai notée chez des enfants (garçons et filles) 
âgés de 8 et 10 ans. 



216 L^UNION MÉDICALE DU OANADA 

I 

La dyspepsie, tant qu'elle ne se caractérise que par des 
symptômes locaux, gaz, acidités, gonflement de Testomac, est 
une maladie qui guérit assez rapidement ; mais elle devient 
tenace aussitôt que le système nerveux est envahi. 

Jusqu'à présent ces symptômes éloignés avaient échappé à 
l'attention des médecins, parce qu'on n'avait fait de la dyspesie 
qu'un trouble fonctionel. Mais on comprend que l'estomac 
étant un organe sujet à la maladie, ces congestions sont l'ori- 
gine de symptômes multiples dont le plus grand nombre 
paraissent dans le système nerveux. Les développements que 
j'ai à donner à cette question mettront en évidence l'exactitude 
des idées que je professe sur la fonction et la maladie de l'esto- 
mac. — Bévue de Thérapeutique Médico-Chirurgicale. 



Traitement hygiénique des calculs biliaires, par 

BouoHARDAT. — 1» S'absteuir de pain, de graines, d'œufs, d'ali- 
ments azotés en excès, d'oseille, de tomates, de liqueurs fortes, 
de poissons, de crustacés, de coquillages, de fi*omages avancés ; 
manger les légumes oixiinaires, les herbes qui renferment de 
la potasse, préférable ici à la soude. Faire de la médication 
alcaline indirecte sous la forme de malates, citrates, tels qu'ils 
sont contenus dans les fruits; fruits oléagineux en quantité 
modérée ; vin rouge léger étendu d'eau. 

2« Entretenir la liberté du ventre en prenant au réveil 
depuis une cuillerée à café jusqu'à une cuillerée à bouche de 
tartrate de potasse et de soude et de sulfate de soude, parties 
égales, dans un verre de macération de racine de réglisse, de 
limonade ou d'orangeade fortement sucrée. 

30 Exercice modéi-é. 

40 Activer les fonctions de la peau par des lavages, frictions 
fréquentes et massages avec la main enduite de quelques gout- 
tes d'huile parfumée. Chaque semaine, un à trois bains avec : 

Carbonate de potasse 100 grammes. 

Essence de lavande 2 — 

Teinture de benjoin, vanille 6 — 

50 a. Dans un but d'expulsion, matin et soir, 1 à 3 perles 
d'essence de térébenthine et 1 à 2 perles d'éther. On peut les 
prendre aux repas, préférablement entre. 

b. Pour empêcher la formation des calculs, pendant dix jours, 
matin et soir, avant chaque repas, une pilule de 0,1 déc. de 



L^UNION MÉDICALE DU CANADA 21T 

tartrate de potasse et de lithine; pendant dix autres joars, 
matin et soir, une cuillerée à bouche de : 

Sir. dos 5 i*acin. apéritives 400 grammes. 

Acétate de potasse 20 — 

Pendant dix autres jours, un litre d'eau chaque jour conte- 
nant 10 gr. de tartrate de potasse et de soude. 

Au printemps, le matin au réveil, pendant un mois, 120 gr. 
de sucs d'herbes (laitue, chicorée, pissenlit, parties égales), plus 
S gr. d'acétate de potasse. 

c. Saison à Fougues, Vais, Vichy. — Dr E. Monin. — Revue de 
Thér. Méd.'Chir. 



PATHOLOGIE ET CLINIQUE OHIRURQIOALES. 



De l'ablation des tumeurs par morcellement.— Le 

traitement des tumeurs se fait par incision, par excision, par 
ligature, par énucléation, par écrasement, par broiement. Ces 
méthodes sont longuement décrites dans tous les traités de 
médecine opératoire: elles ne doivent pas nous occuper. 

Il en est une autre sur laquelle les chirurgiens ont peu in- 
sisté et qui nous a donné les meilleui*s résultats chez plusieurs 
des malades que nous avons soumis à l'appréciation des mem- 
bres de rAeadémie: c'est celle à laquelle nous avons donné le 
nom de morcellement. 

Elle consiste à diviser, au cours de l'opération, les tumeura 
en plusieurs parties: deux, trois ou plus, dans le but d'en faci- 
liter et d'en hâter l'extirpation. 

A vrai dire, elle n'est pas indispensable pour l'ablation de 
toutes les tumeurs. Elle est surtout indiquée pour celles qui 
sont volumineuses, difficiles à poursuivre par dissection à la 
périphérie ; tK>ur celles qui sont en rapport avec des organes 
délicats qu'il faut ménager; pour celles dont les vaisseaux, 
peu développés au centre, le sont, au contraire, tellement à la 
surface que l'hémostase serait diflicile au coui*s de l'opération ; 
pour celles qui sont logées dans des cavités anfi-actueuses, et 
^ui ne pourraient être attaquées par un autre procédé sans ex- 
poser à des délabrements inutiles ; pour celles qui, profondé- 
ment situées, sont masqués par des organes importants du côté 
de leur implantation. Elle n'est guère contre-indiquée que 
pour les tumeurs qui, par leui*s vaisseaux ou par ceux des or* 



218 l'union médicals du canada 

ganes qni s'y rendent, sont pen favorables à Théraostase pré*- 
▼entive, temporaire ou dénnitive comme certaines tamenr» 
érectiles osseuses, lesquelles, d'ailleurs, sont exceptionnelles. 
Pour bien faire comprendre le mode d'application du mor- 
cellement, nous passerons en revue plusieurs séries de tumeurs.. 

La première série comprend celles qui sont sous-cutanées ou 
tout au moins peu profondes, entourées d'une capsule propre- 
et placées au milieu d'organes qu'il est sans danger d'intéresser» 
- Bon nombre de ces tumeurs sont, comme on le sait, assez 
faciles à enlever par dissection ou par énucléation. Dans ces 
cas, le morcellement a pour avantage d'amoindrir la durée et 
les difficultés de l'opération. Prenons par exemple une de ces 
tumeurs hypertropniques ou sarcomateuses, pourvues de mo- 
bilité, que l on observe communément dans l'épaisseur de la 
mamelle, et dont le tissu n'a pas encore contracté d'adhérences 
inflammatoires ou autres avec les tissus ambiants. Yoici com- 
ment nous opérons leur ablation par morcellement : 

La tumeur et les téguments qui la recouvrent étant saisis et 
tendus à la périphérie par la main d'un aide où par celle de 
l'opérateur, celui-ci pratique, suivant le grand axe, dans la di- 
rection la plus favorable à l'écoulement ultérieur des liquides 
plastiques, une incision qui intéresse à la fois la peau, le tissus 
cellulaire et la masse morbide elle-même jusqu'à sa face pro- 
fonde. A ce niveau, le chirurgien redouble de précautions 
pour ne pas diviser les tissus sains. Cela fait il saisit chaque 
moitié de la tumeur et l'extirpe avec les mains, la spatule ou 
le bistouri. Cet an*achement est exécuté aussi rapidement 
que possible, et quelques pinces hémostatiques, suffisent à pré- 
venir tout danger d'hémorrhagie. 

A côté de ces cas, qui sont à la fois les plus rares et les plus- 
simples, se placent ceux de la seconde série, qui présentent 
déjà un peu plus de difficultés. 

S'agit- il, par exemple, de lipomes dits en masse ou de pro- 
ductions analogues ? Tout d'aboi-d l'opérateur procède comme 
ci-dessus à l'ablation de la portion principale de la tumeur» 
Mais il reste, à son pourtour un ou plusieurs lobes qui étaient 
seulement annexés et qu'il faut également enlever. La métho- 
de, pour cette raison, parait un peu moins brillante, mais n'en 
est pas moins avantageuse en allégeant encore les difficultés 
et la durée de l'opération. 

La troisième série comprend les tumeurs implantées plus 
profondément au milieu de muscles, de vaisseaux ou de nerfs 
importants, sur une aponévrose ou sur un os ; on bien les 
tumeurs ganglionnaires entourées d'une capsule propre et sépa- 
ïéespar des cloisons; ou encore les lopes multiples d'une ^aur- 



l'union médicale DV CANADA 219^ 

de hypertrophiée ou sarcomateuse. Yoici comment nous appli 
quoDS alors le morcellement : 

Si la tumeur est implantée sur une aponévrose par un pédi- 
cule, nous la coupons comme précédemment, puis nous- 
extrayons les fragments après avoir excisé le pédicule et placé 
sur lui des pinces hémostatiques. Si la tumeur est implantée- 
sur un os par une base osseuse ou cartilagineuse, nous la sec- 
tionnons tout d abord avec le bistouri, la gouge ou la scie de 
notre polytritome et nous enlevons la masse principale avec 
le davier. Cette manœuvre nous permet d'examiner sans diffi- 
culté le siège et le mode d'implantation et d'extraire à son 
tour, par morcellement, le pédicule. Pour mieux y parvenir 
nous détachons avec la gouge et le maillet la lame compacte 
qui émerge de Tos, et nous é vidons, aussi largement qu'il con- 
vient, le tissu spongieux dégénéré; grâce à ce morcellement, . 
les dangers dangers de lopération sont notablement atténués. 

S'agit-il de procéder à l'ablation des masses ganglionnaires 
conglomérées, hypertrophiques, caséenses ou sai-comateuses, 
séparées par des cloisons cellulo-vasculaires et côtoyées de toutes 
parts par des organes importants ? Dès que la masse princi- 
pale de la tumeur est mise à découvert par une incision conve- 
nablement dirigée, il faut couper à son tour la capsule d'enve- 
loppe des ganglions les plus snpei*fîcieliement placés, pour 
inciser avec le bistouri ou la spatule le tissu morbide, le irag- 
menter et faciliter son ablation avec l'ongle ou tout autre 
instrument mousse. De la sorte, il ne restera que les cloisons 
intermédiaires qu'il n'y aura lieu d'inciser qu'au niveau des 
points les mieux situés pour l'écoulement ultérieur des liquides 
de la plaie. 

S'açit-il d^enlever les lobes multiples d'une glande hyper- 
trophiée ? Après avoir successivemeet mis à nu, comme dans 
le cas précédent, chacun de ces lobes, le chirurgien incise la 
capsule propre qui les entoure, les énnclée et les excise suc- 
cessivement, tout en ayant soin de ménager les vaisseaux et 
les nerfs importants qui les recouvrent, 

Dans une quatrième série, nous rangerons les tumeurs situées 
dans une cavité profonde, un canal, un sinus, une loge splan- 
chnique. Pour leur appliquer le morcellement, s'il est utile, le 
chirurgien devra nécessairement redoubler de précautions. 
Supposons, par exemple, qu'il veuille procéder à l'extirpation 
d'un polype naso-pharyngien qni envoie des prolongementa 
volumineux dans les fosses nasales, la gorge, la joue, la tempe.. 
Tout d'aboi*d le chirurgien met à nu la tumeur au moyen d'un 
lambeau préliminaire emprunté aux parties molles et d'une 
résection partielle du maxillaire supérieur. Cela fait, au moyeik 



220 l'union mIdigale du canada 

de notre pince-scie, il coupe, successivement, sans hémorrha- 
gie, chacun des lobes de la tumeur jusqu'au point d'implanta- 
tion. 

S'agit il d'un sarcome du sinus maxillaire qui, en s'étendant, 
en a détruit les parois osseuses et a envoyé des prolongements 
dans les i*égion8 voisines, la tempe, la pommette, la joue ? 
Nous commençons par mettre à nu le maxillaire en détachant 
les parties molles et en les relevant sous forme d'un lambeau. 
«Ce temps de l'opération, grâce à nos pinces hémostatiques, 
s'exécute encore sans perte de sang. Cela fait, avec notre 
pince rachitome, nous coupons d'avant en arrière la voûte 
palatine osseuse eu dehors de la cloison des fosses nasales, et 
avec la pince de Liston nous coupons transversalement la 
branche montante à la hauteur de l'unguis ; puis avec un fort 
davier nous retirons par morceaux les portions nasale, alvéo- 
laii*e et palatine du maxillaire, si bien que le tissu morbide se 
montre ensuite à découvei*t par ses faces antérieure et infé- 
rieure. Nous plaçons alors au fond de la fosse nasale corres- 
pondante et du sillon vestibulaire inférieur de chaque côté, 
près des boixls de l'épiglotte, des éponges montées sur de pin- 
ces afin d'empêcher le sang de passer dans le larynx ; puis, 
avec une gouge coudée, à tranchant large de 2 à 3 centimè- 
tres, nous enlevons par morcellement toutes les parties consti- 
tuantes de la tumeur, si bien que les parois distendues du sinus 
deviennent apparentes à leur tour. Celles-ci sont ensuite résé- 
quées en conservant le périoste qui les double, s'il est sain, en 
l'excisant également, s'il est malade ; et, pour ne rien négliger, 
l'opérateur termine en enlevant largement les prolongements 
profonds de la tumeur. Pendant ce temps, les vaisseaux sec- 
tionnés sont comprimés avec des éponges ou avet des pinces 
iiémostatiques. 

Il est bien entendu que le manuel du morcellement sera 
dirigé suivant les mêmes principes quand les tumeurs occupe- 
ront le maxillaire inférieur la langue, les amygdales, les joues 
et toutes les autres régions de la face. Et c'est grâce à cette 
méthode que nous pouvons journellement enlever de vastes 
productions morbides implantées dans les cavités nasale ou 
buccale avec une grande rapidité et sans crainte de voir le 
sang passé dans les voies aériennes en produisant l'asphyxie, 
•comme quelques chirurgiens éminents paraissent tant le redou- 
Xer. 

S*agit-il enfin de ces grandes tumeurs qui prennent nais- 
sance dans les cavités splanchniques, aux dépens d'organes qui 
zie sont pas indispensables à la vie, tels que l'ovaire, l'utérus, 
ie rein, la rate, le mésentère? 



l'union médicale bu CANADA 22F 

En pareil cas, le morcellement donne parfois des résultats 
tellement avantageux qu'il ne faut pas hésiter à y recourir. 
En ce qui concerne les tumeurs ovariennes, c'est surtout pour 
celles qui sont aréolaires ou sarcomateuses que cette méthode 
est utile. Des que, au moyen de l'incision préliminaire, la 
tumeur est mise à nu et qu'elle a été vidée partiellement par 
ponction, le chirurgien doit exciser les lobes qui s'opposent au 
détachement des adhérences, à leur attraction au dehors, 
en même temps qu'il broie avec la main les loges inté- 
rieures de la tumeur. Convenablement dirigées, ces manœu- 
.vres n'exposent pas aux hémorrhagies, surtout si le chirurgien 
se sert des pinces hémostatiques de diyei*s modèles que nous 
avons fait construire depuis de longues année à cette usage. 

S'agit-it de tumeurs spléniques, rénales, pelviennes, mésen- 
tériques ? C'est alors que le morcellement devient nécessaire 
pour bien mettre à découvert la surface d'implantation. Lui 
seul permet de bien voir les vaisseaux et les organes accolés à 
la périphérie, de les pincer, de les lier, de les isoler. En agis- 
sant autrement, le chirurgien serait à chaque instant exposé à 
faire des délabrements inutiles, peut-être même à ne pas ache* 
ver l'opération. 

Quant au morcellement qui convient à l'ablation des grandes 
tumeurs kystiques et fi bro- kystiques de l'utérus, nous l'avons 
déjà fait connaître à l'Académie. Nous n'y reviendrons pas. 
Il exige des précautions particulières en raison de la richesse 
et du calibre des vaisseaux périphériques. C'est pour ne s'être 
pas conformé aux règles que nous avons tracées que quelques 
chirurgiens Tout combattu, objectant, que, en pareil cas, il 
allonge sensiblement la durée de Topération. Ce reproche se- 
rait fondé si nous avions proposé d'appliquer le morcellement 
aux tumeurs utérines peu volumineuses, pédiculées, faciles à 
attirer au dehors par une courte incision. C'est sans doute 

Farce que dans leur pratique ces opérateurs n'ont abordé que 
ablation de ces petites tumeura qu'ils ont combattu notre mé- 
thode. Mais leurs objections tomberont d'elles-mêmes quand 
ils he craindront pas, comme nous, d'aborder spécialement l'a- 
blation des grandes tumeurs qui remplissent toute la cavité 
pelvi-abdominale, c'est-à.dire celle dont l'ablation d'une pièce 
serait impossible, même en leur imprimant des mouvements de 
bascule et en faisant sur la ligne médiane du pubis à l'épigastre 
une incision démesurément longue. C'est alors que le mor- 
cellement seul est applicable. D'ailleurs les nombreux exem- 
ples de guérison que nous avons obtenus sont les meilleurs ar- 
guments à opposer à ceux qui préfèrent critiquer qu'appliquer 
Dotre méthode. 



212 L^UNION MÉDICALS DU CANADA 

observé ces phénomènes sans que le siéçe de Tempysme et la > 
natm*e du liquide injecté aient une notable inâuenee, et signa- 
ler que dans presque toutes les observations ils se sont pro- 
duits quand Tinjonction était poussée trop fortement ou le 
liquide injecté trop abondant. Le précepte de faille des lavages 
lentement et avec la plus grande précaution ressort nettement 
des résultats 9^ Tezpérience et s'impose à l'opérateur. Pen- 
dant Taccès on ne pourra faire autre chose que d'essayer, pai* 
des frictions excitants, de réveiller l'action du cœur et au be- 
soin on pratiquera la respiration artificielle: la médication > 
est nulle, et les divers essais n'ont jamais produit rien qui 
vaille en pareille circonstance. — Revue de Theurapeutique. 



Nouveau procédé d'anesthésie,— Un dentiste de Phi- 
ladelphie, le V^ Bonwill, fait faire à ses clients qu'il doit 
opérer une série d'inspirations aussi rapides et aussi profondes 
que possible, pendant environ une minute. Dans ces condi- 
tions, on peut arracher les dents les plus solidement enraci- 
nées, ouvrir les abcès, cautériser les nei*fs, faire enfin toutes les 
opérations de cottrte durée les plus douloureuses, sans que le 
patient accuse la moindre douleur. Il importe que, tant que 
dure l'opération, le malade continue à respirer de la manière 
que nous venons d'indiquer, à raison d'au moins cent mouve- 
ments respiratoires par minute. 

Le Dr Lee (de Philadelphie) a, de son côté, appliqué avec 
succès ce prociédé. Il a pu, chez un jeune homme nerveux, 
ouvrir un abcès du périnée, sans que le patient manifestât la 
moindre douleur ; il fit une incision longue d'un pouce et qui 
donna issue à une grande quantité de pus. Le malade, qui 
n'avait rien ressenti, fut tout surpris d'apprendre la fin de 
l'opération qu'il appréhendait tant. Plus tai*d, des trajets 
fistuleux s'étant établis, le Dr Lee coupa avec des ciseaux des 
brides charnues longues d'un pouce chacune, sans que le malade 
ressentit encore la moindre douleur. 

Ce pi'océdé d'anesthésie semble jouir déjà d'une certaine 
faveur en Amérique. Le D^ Howson n'aurait plus recours qu'à 
lui dans sa pratique obstétricale. Si, d'autre part, on emploie 
cette méthode simultanément avec les agents ordinaires de 
l'anesthésie, il faudrait employer une moindre dose d'anesthé- 
sique pour obtenir le sommeil et la résolution musculaire. 

Ces faits curieux méritaient de fixer l'attention. Tout d'a- 
bord, il fallait les contrôler: c'est ce que vient de faire un 
dentiste de Monaco, M. Ash, et il a pu extraire 15 dents par 



X'UNION MÉDICALE BU OANADA 213 

ce procédé, toujours avec un excellent résultat Nous rappor- 
tons une seule des observations de M. Ash : 

" Demoiselle de 20 ans, dents trôs-serrées gencives enflam- 
mées, extraction de la première grosse molaire gauche de la 
mâchoire inférieure. Après 40 secondes de respirations pro- 
fondes et rapides, la dent est enlevée sans souffrance. La 
demoiselle, qui était très-effi*ayée et avait souffert dans d'autres 
circonstances, s^écrie : " Mais ce n'est rien du tout l 

Quelle explication peut-on donner de ce faits ? Le Dr Bonwill 
pense que, dans ce cas, l'anesthésie est due : 1© à la tension 
d'esprit et à Teffort constant de volonté qu'exigent les mouve- 
ments respiratoires forcés; 2^ à l'hyperhémie qu'amène le 
: retour plus lent du sang au cerveau ; 3^ à l'accumulation de 
l'acido carbonique dans le sang. 

De toutes ces explications, aucune ne nous semble plausible. 
Ne doit-on pas plutôt attribuer ces faits à l'accumulation de 
l'oxygène dans le sang ? On sait, en effets, depuis les travaux 
de M. Paul Bert, que ce gaz, lorsqu'il est inhalé en trop grande 
proportion, agit sur le systsme nerveux d'une façon toute 
spéciale. Quoi qu'il en soit, ces faits méritaient d'être signalés 
à l'attention des chirurgiens. (H. Blanchard, in Progrès 
. Médical.) 

Ajoutons encore que le fait de respirer fortement pendant un 
certain temps diminue très-certainement la sensibilité. Un 
homme qui vient de courir et dont la respiration est haletante 
peut subir un traumatisme périphérique sans presque aucune 
soufirance. Nous avons sur nous-même remarqué le fait sui- 
vant: A rétat normal, il nous est impossible de boire du 
• cognac, même en petite quantité, sans avoir une sensation de 
brûlure à la gorçe. Mais après une coui-se, un exercice violent 
d'équitation ou d'escrime, nous pouvons absorber un petit verre 
d'eau-de-vie sans éprouver cette sensation désagréable. Il y a 
donc, à notre avis, certainement quelque chose d'exact dans 
les faits relatés plus haut. — Le Praticien. 



De rintroduction des aliments par les narines.— M. 

• F£RNET propose, quand le passage des aliments par la bouche 
. est impossible, de les faire prendre par le nez. Voici en quoi 
" consiste le procédé : 

Le malade étant couché sur le dos, le haut de la poitrine et 

la tête légèrement relevé par les oreillers, on introduit dans la 

[ partie postérieure de l'une des narines l'extrémité effilée d'une 

• cuiller ou le bec «a biseau d'une cafetière ou du biberon dont 



i 



212 l'union médicals du canada 

observé ces phénomènes sans que le siège de Tempyorne et la : 
nature du liquide injecté aient une notable influence, et signa- 
1er que dans presque toutes les observations ils se sont pro- 
duits quand l'injonction était poussée trop fortement ou le- 
liquide injecté trop abondant. Le précepte ae faire des lavages 
lentement et avec la plus grande précaution ressort nettement 
des résultats 9^ l'ezpérience et s'impose à l'opérateur. Pen- 
dant l'accès on ne pouri*a faire autre chose que d'essayer, par 
des frictions excitants, de réveiller l'action du cœur et au W 
fioin on pratiquera la respiration artificielle: la médication 
est nulle, et les divers esnAïa n'ont jamais produit rien qui 
vaille en pareille circonstance. — Revxie de Theurapeutique, 



Nouveau procédé d'anesthésie.-— Un dentiste de Phi- 
ladelphie, le V^ Bonwill, fait faire à ses clients qu'il doit 
opérer une série d'inspirations aussi rapides et aussi profondes 
que possible, pendant environ une minute. Dans ces condi- 
tions, on peut arracher les dents les plus solidement enraci- 
nées, ouvrir les abcès, cautériser les nerfs, faire enfin toutes les 
opérations de cottrte durée les plus douloureuses, sans que le 
patient accuse la moindre douleur. Il importe que, tant que 
aore l'opération, le malade continue à respirer de la manière 
que nous venons d'indiquer, à raison d'au moins cent mouve- 
ments respiratoires par minute. 

Le S^ Lee (de Philadelphie) a, de son côté, appliqué avec 
succès ce procédé. Il a pu, chez un jeune homme nerveux, 
ouvrir un abcès du périnée, sans que le patient manifestât la 
moindre douleur ; il fit une incision longue d'un pouce et qui 
donna issue à une grande quantité de pus. Le malade, qui 
n'avait rien ressenti, fut tout surpris d'apprendre la fin de 
l'opération qu'il appréhendait tant. Plus tai*d, des trajets 
fistuleux s'étant étaolis, le Dr Lee coupa avec des ciseaux des 
brides charnues longues d'un pouce chacune, sans que le malade 
ressentit encore la moindre douleur. 

Ce procédé d'anesthésie semble jouir déjà d'une certaine 
fkveur en Amérique. Le D^ Howson n'aurait plus recours qu'à 
lui dans sa pratique obstétricale. Si, d'autre part, on emploie 
cette méthode simultanément avec les agents ordinaires de 
l'anesthésie, il faudrait employer une moindre dose d'anesthé- 
sique pour obtenir le sommeil et la résolution musculaire. 

Ces faits curieux méritaient de fixer l'attention. Tout d'a- 
bord, il fallait les contrôler : c'est ce que vient de faire un 
dentiste de Monaco, M. Asb, et il a pu extraire 15 dents par 



X'UNION MÉDICALE DU CANADA 213 

ce procédé, toujours avec un excellent résultat Nous rappor- 
tons une seule des observations de M. Ash : 

" Demoiselle de 20 ans, dents trôs-serrées gencives enflam- 
mées, extraction de la première grosse molaire gauche de la 
mâchoire inférieure. Après 40 secondes de respirations pro- 
fondes et rapides, la dent est enlevée sans souffrance. La 
demoiselle, qui était très-effi*ayée et avait souffert dans d'autres 
circonstances, s^écrie : " Mais ce n*est rien du tout ! 

Quelle explication peut-on donner de ce faits ? Le Dr Bonwill 
pense que, dans ce cas, Tanesthésie est due : !<> à la tension 
d'esprit et à Teffort constant de volonté qu'exigent les mouve- 
ments respiratoires forcés; 2® à Thyperhémie qu'amène le 
retour plus lent du sang au cerveau ; 3^ à Taccumulation de 
Tacido carbonique dans le sang. 

De toutes ces explications, aucune ne nous semble plausible. 
Ne doit-on pas plutôt attribuer ces faits à l'accumulation de 
l'oxygène dans le sang ? On sait; en effets, depuis les travaux 
de M. Paul Bert, que ce gaz, lorsqu'il est inhalé en trop grande 
proportion, agit sur le systsme nerveux d'une façon toute 
spéciale. Quoi qu'il en soit, ces faits méritaient d'être signalés 
à l'attention des chirurgiens. (E. Blanchard, in Progrès 
Médical.) 

Ajoutons encore que le fait do respirer fortement pendant un 
certain temps diminue très-certainement la sensinilité. Un 
homme qui vient de courir et dont la respiration est haletante 
peut subir un traumatisme périphérique sans presque aucune 
soufirance. Nous avons sur nous-même remarqué le fait sui- 
vant: A l'état normal, il nous est impossible de boire du 
cognac, même en petite quantité, sans avoir une sensation de 
brûlure à la gorge. Mais après une coui^se, un exercice violent 
d'équitation on d'escrime, nous pouvons absorber un petit verre 
d'eau-de-vie sans éprouver cette sensation désagréable. Il y a 
donc, à notre avis, certainement quelque chose d'exact dans 
les faits relatés plus haut. — Le Praticien. 



De l'introduction des aliments par les narines.— M. 

' Fernet propose, quand le passage des aliments par la bouche 
> est impossible, de tes faire prendre par le nez. Voici en quoi 
» consiste le procédé : 

Le malade étant couché sur le dos, le haut de la poitrine et 

la tète légèrement relevé par les oreillers, on introduit dans la 

-. partie postérieure de l'une des narines l'extrémité effilée d'une 

• cuiller ou le bec en biseau d'une cafetière ou du biberon dont 



1 



212 l'union médicale du canada 

observé ces phénomènes sans que le siège de rempjéme et la *. 
nature du liquide injecté aient une notable influente, et signa- 
ler que dans presque toutes les observations ils se sont pro- 
duits quand l'injonction était poussée trop fortement ou le 
liquide injecté trop abondant. Le précepte de faii*e des lavages 
lentement et avec la plus grande précaution ressort nettement 
des résultats 9^ l'expérience et s'impose à l'opérateur. Pen- 
dant l'accès on ne pouri*a faire autre chose que d'essayer, par 
des frictions excitants, de réveiller l'action du cœur et au W 
soin on pratiquera la respiration artificielle: la médication 
est nulle, et les divers essais n'ont jamais produit rien qui 
vaille en pareille circonstance. — Revue de Theurapeutique. 



Nouveau procédé d'anesthésie.— Un dentiste de Phi- 
ladelphie, le V^ Bonwill, fait faire à ses clients qu'il doit 
opérer une série d'inspirations aussi rapides et aussi profondes^ 
que possible, pendant environ une minute. Dans ces condi- 
tions, on peut arracher les dents les plus solidement enraci- 
nées, ouvrir les abcès, cautériser les nerfs, faire enfin toutes les 
opérations de cottrte durée les plus douloureuses, sans que le 
patient accuse la moindre douleur. Il importe que, tant que 
Qure l'opération, le malade continue à respirer de la manière 
que nous venons d'indiquer, à raison d'au moins cent mouve- 
ments respiratoires par minute. 

Le D^ Lee (de Philadelphie) a, de son côté, appliqué avec 
succès ce procédé. Il a pu, chez un jeune homme nerveux,^ 
ouvrir un abcès du périnée, sans que le patient manifestât la 
moindre douleur ; il fit une incision longue d'un pouce et qui 
donna issue à une grande quantité de pus. Le malade, qui 
n'avait rien ressenti, fut tout surpris d'apprendre la fin de 
l'opération qu'il appréhendait tant. Plus tai*d, des trajets 
fistuleux s'étant établis, le Dr Lee coupa avec des ciseaux des 
brides charnues longues d'un pouce chacune, sans que le malade 
ressentit encore la moindre douleur. 

Ce procédé d'anesthésie semble jouir déjà d'une certaine 
&veur en Amérique. Le Dr Howson n'aurait plus recours qu'à 
lui dans sa pratique obstétricale. Si, d'autre part, on emploie 
cette méthode simultanément avec les agents ordinaires de 
l'anesthésie, il faudrait employer une moindre dose d'anesthé- 
sique pour obtenir le sommeil et la résolution musculaire. 

Ces faits curieux méritaient de fixer l'attention. Tout d'a- 
bord, il fallait les contrôler: c'est ce que vient dé faire un 
dentiste de Monaco, M. Asb, et il a pu extraire 15 dents par 



X'UNION MÉDICALE DU CANADA 213 

ce procédé, toujours avec un excellent résultat. Nous rappor- 
tons une seule des observations de M. Ash : 

'^ Demoiselle de 20 ans, dents trôs-serrées gencives enflam- 
mées, extraction de la première grosse molaire gauche de la 
mâchoire inférieure. Après 40 secondes de respirations pro- 
fondes et rapides, la dent est enlevée sans souf&ttnce. La 
demoiselle, qui était très-eifrayée et avait souffert dans d'autres 
circonstances, s^écrie : " Mais ce n*est rien du tout 1 

Quelle explication peut-on donner de ce faits ? Le Dr Bonwill 
pense que, dans ce cas, Tanesthésie est due : !<> à la tension 
d'esprit et à Feffort constant de volonté qu'exigent les mouve- 
ments respiratoires forcés; 2» à Thyperhémie qu'amène le 
retour plus lent du sang au cerveau ; 3^ à raccumulation de 
Tacido carbonique dans le sang. 

De toutes ces explications, aucune ne nous semble plausible. 
Ne doit-on pas plutôt attribuer ces faits à l'accumulation de 
l'oxygène dans le sang ? On sait; en effets, depuis les travaux 
de M. Paul Bert, que ce gaz, lorsqu'il est inhalé en trop grande 
proportion, agit sur le systsme nerveux d'une façon toute 
spéciale. Quoi qu'il en soit, ces faits méritaient d'être signalés 
à l'attention des chirurgiens. (E. Blanchard, in Progrès 
Médical.) 

Ajoutons encore que le fait do respirer fortement pendant un 
certain temps diminue très-certainement la sensibilité. Un 
homme qui vient de courir et dont la respiration est haletante 
peut subir un traumatisme périphérique sans presque aucune 
sonfirance. Nous avons sur nous-même remarqué le fait sui- 
vant : A l'état normal, il nous est impossible de boire du 
cognac, même en petite quantité, sans avoir une sensation de 
brûlure à la gorge. Mais après une coui'se, un exercice violent 
d'équitation ou d'escrime, nous pouvons absorber un petit verre 
d'eau-de-vie sans éprouver cette sensation désagréable. Il y a 
donc, à notre avis, certainement quelque chose d'exact dans 
les faits relatés plus haut. — Le Praticien. 



De rintroduction des aliments par les narines.— M. 

• F£RN£T propose, quand le passage des aliments par la bouche 
» est impossible, de les faire prendre par le nez. Voici en quoi 
« consiste le procédé : 

Le malade étant couché sur le dos, le haut de la poitrine et 

la tète légèrement relevé par les oreillers, on introciuît dans la 

' partie postérieure de l'une des narines l'extrémité effilée d'une 

^ ouiller ou le bec «n biseau d'une cafetière ou du biberon dont 



i 



228 l'union MÉDICALET du CANADil 

de les placer de façon à maintenir les bords écartés, enfin les 
compresses phéniquées par-dessus et un bandage en T main- 
tenant le tout convenablement. — La Pairie ten. 



Métrite hémorrhagique. — Une femme d'une trentaine 
d'années, du service de M. le professeur Gosselin, est atteinte 
d'une de ces affections pour lesquelles il est diâicile de faire 
un diagnostic précis et de déterminer exactement le ou les or- 
ganes attaqués. Cette femme a eu successivement six avorte- 
ments ou plutôt accouchements avant terme ; c'est ordinaire- 
ment, dit le professeur, l'indice ou la cause d'une métrite^ mais 
il nous est, à cette heure, diflScile de savoir si la métrite a été 
la cause déterminante des fausses couches, ou si ces dernières 
ont détern;iiné la maladie de l'utérus. Il ne faut pas oublier non 
plus qu'il y a beaucoup d'accouchements avant terme qui 8ont 
symptomatiques d'une maladie du fœtus, souvent d'une dia- 
thèse, de la syphilis surtout. 

Depuis quatre ans, elle n a jamais cessé de souffrir du ventre. 
Il est vrai qu'à son dernier accouchement elle a eu, nous dit- 
elle, une péritonite. A la suite, ses règles sont venues irrégu- 
lièrement, mais en trop; elle a en effet des hémorrliagies 
douloureuses qui reviennent à quinze jours d'intei-valle ; c'est 
ce qui l'a rendue si pâle et si anémique. Elle digère mal, elle 
n'a pas d'appétit, elle est fatiguée au moindre mouvement, ne- 
peut se livrer à aucun travail ni même marcher pendant plus 
de quelques minutes. Quelle est la variété de lésions qui existe 
chez elle, c'est ce dont il nous est très difficile de nous rendre 
compte. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'elle est anémique ; 
mais n'est-elle que cela? Elle a de la sensibilité dans le ventre,, 
mais pas de tumeur perceptible, pas de point plus spécialement 
douloureux j cette douleur est plutôt l'indice d'une péritonite 
diffuse que d'une lésion localiîjée, ou d'une névralgie iléo-lom- 
baire. Dès que sa métroi'rhngie actuelle le permettra, il nous- 
faudra examiner le col de l'utérus, voir s'il n'est pas le siège 
d'ulcération, s'il n'y a pas de congestion de la membrane in- 
terne, ce qui est probable. 

Une médication que M. Gosselin emploie volontiers contre 
ces pertes, c'est la douche froide, générale en pluie; il ne craint 
pas les métastases, car cette douche ainsi appliquée pendant 
quelques minutes n'occasionne pas l'arrêt des règles, mais ne 
fait qu'en diminuer la surabondance. Dans le même but, nous 
avons employé souvent avec succès le bain de siège frais d'une 
durée de un quart à une minute que le femme affectée de mé- 
trorrhagie simple doit prendre le soir, en se couchant, à partir - 
du deuxième jour de ses époques. — Le Praticien, 



li^UNION SfÉDICALE DT7 CANADA. 229 

Des dangers des maniptilations et des opérations 

'iUtérines les plus simples.— On prend plus souvent la 

plume pour raconter les succès qu'a donné la hardiesse que 

Npour mettre en garde contre les dangers de la témérité, A ce 

' titre, il nous semble intéressant et d^une grande utilité prati- 

• que de reproduire les conclusie^ns du mémoire de M. Engelman, 
-dont le Dr Cordes, de Genève, donne la traduction dans les 
Annales de ta G^éeologie. 

1^ Les manipulations utérines nécessitent la plus grande 

T prudence, surtout à un premier examen: même Torgane le 

plus accoutumé à ces manœuvres peut avoir une sorte de bovr 

• tade^ sous l'influen-ce de conditions ignorées, et s'irriter de 
l'intervention la plus banale. 

2^ Aucune manipulation, aucune opération n^est exempte de 

' danger; et, avant d'en .enti'eprendre une, il faut se garder 

•contre certaines conditions physiologiques ou morbides: la 

menstruation, la grossesse et rinvolution^ d^un côté; la suite 

• de la cellulite et de la péritonite de l'autre; et pardessus tout 
des affections aiguës. 

On a pu, sans accident, omettre quelquefois cos précautions, 
' mais, de temps en temps, Fimprudent se trouve puni. 
3^ Pendant les opérations, nous devons tenir compte : 

a. De la condition sanitaire de la ville. L'existence d'une 

• épidémie surtout de la fièvre puerpérale, d'érysipèle, ou de la 
diphthéric, contre-indique absolument une opération ; il semble 
que le print-emps soit la saison la plus dangereuse. 

b. Observer une propreté irréprochable, sinon le listèrisme 
dans sa pureté, autant qu'il se peut. 

4<i Après Ves opérations, je parle toujours do plus simples, 

' l'opérée doit rester un temps suffisant dans son lit. Le médecin 

« doit imposer cette règle, toute ridicule qu'elle paraisse à une 

malade qui n'a ni douleur ni malaise quelconque. 

Après les applications utérines, les malades doivent prendre 

^ un court i^epos. — Répertoire de Thér, Méd.-Chir. 



De Taccouchement sur le côté, par le Dr Rendu. — 

' L'accouchement sur le côté, connu sous le nom d'accouchement 
à l'anglaise, parce que c'est ainsi qu'on accouche les femmes 

• en Angleterre, est pratiqué dans la plupart des Maternités de 
la Suisse et de l'Allemagne, mais seulement chez les primipares. 
Les multipares sont accouchées sur le dos, en France, parce 

• -que la souplesse de organes génitaux externes les garantit 
f davantage contre les déchirures périnéales. 



230 L'UIflOW Mtol€ALB DU CANADA 

En effet, le principal avantage de cette méthode e^t de ren- 
dre beauconp moins fréquentes, ehez les primipares, les déchi- 
rures du périnée. Ou surveille très bien la distension progres- 
sive de celui-ci et de la vulve, et par conséquent on juge mieux 
•de la résistance que la main doit opposer; de plus, Taccou- 
cheur est mieux placé pour rendre cette résistance efficace. 

Je n'exagère pas en disant qu'en Prance près de la moitié * 
des primipares ont des déchirures plus ou moins grandes da. 
périnée. A la Maternité de Vienne, au centraire, où il se fait 
par année plus de 9,000 accouchements, la proportions de ces 
déchirures, chez les primipares, est de 6 % ; elle est -de 10 % si 
Ton considère comme déchirures les débridements faits au 
bistouri boutonné. 

Cependant, pour obtenir de tels résultats, je dois dire qu'il 
ne suffit pas, au moment de la sortie de Venfant, de faire cou- 
cher la femme sur le côté et de soutenir plus ou moins bien lai 
région périnéale ; il y a encore une certaine pratiquer acquérir. 
Grâce a l'obligeance du professeur C» Braun et de ses deux 
assistants, les docteurs Pawlik et Welponner ; j'ai passé trois 
nuits à la Maternité de Vienne, et j'ai fait moi-même avec 
l'aide, je dirai volontiers sous la direction des sages-femmes de 
service qui sont très expérimentées sur ce point, 21 accouche- 
ments sur le côté. 

Voici en quelques mots le manuel opératoire» Quand la tète 
est à la vulve, on fait coucher la femme sur le côté gauche, la 
jambe droite étant relevée et soutenue par un aide. L'accou- 
cheur, placé à droite de la parturientey. passe ea main gauche 
entre les cuisses de la femme et la porte-en arrière, de manière 
à appliquer sa face palmaire sur la tète de l'enfant. De la 
main droite, il soutient le périnée ; mais cette résistance qu'il 
lui oppose ne doit pas être passive. Il doit, au contraire, au 
moment de chaque douleur,, presser énergiquement sur la 
région sacro-coccygienne et vefouler en avant, sur la tête de 
l'enfant, le plus de téguments possible. Pendant ce temps-là 
la main droite retient solidement la tête à la vulve et s'oppose 
à sa sortie sous Vinfluence des contractions utérhus. Dans 
l'intervalle des douleurs, la tête rentre pour reparaître bientôt 
Ce mouvement forcé de va-et-vient, auquel la tète est soumise, 
a pour effet de distendre peu à peu et d'assouplir Torifice vul- 
vaire. Enfin la tête sort et se défléchit. Il faut, je le répète, 
éviter soigneusement que cette expulsion ait lieu au moment 
où le femme pousse, et ne la laisser se produire que lorsque la 
douleur a presque disparu. De plus, on doit soutenir le péri- 
née jusqu'à la fin, car le dégagement des épaules est ordinaire- 
ment plus funeste à la fourchette périnéale q^ue la sortie de la% 
tète. 



l'union médicale du CANADA 231 

C'est ainsi; écrit Tantear aa Lyon médicaly que j'aacoiiche les 
primipares à la clinique de la Charité de Lyon, et M. le profes- 
seur Èouchacourt recommande instamment, dans ses cours^ 
cette méthode aux élèves. — Le Médecin praticien. 



Du traitement des névralgies par le salicylate de 

soude. — On est un peu trop porté de nos jours à vouloir rat- 
tacher même la production des douleurs névralgiques â^Texis- 
tence d'un état diathésique. M. Germain Sée considère que 
les névralgies sont beaucoup plus fréquemment d'origine pu- 
rement locale, qu'on ne le croit généralement. 

Yoici, par exemple, un homme de son service, qui se pré- 
sente avec une névralgie du trijumeau, qu'on a qualifiée de 
paludéenne, parce que le malade a eu des accès de fièvre quai*te 
en Cochinchine, en 1869. Mais si on réfléchit que cet homme 
n'a eu que des accès à intermittences éloignées, qui ont dispa- 
ru facilement pour ne plus se manifester depuis une dizaine 
d'années, il est difficile d'accuser une fièvre larvée de la pro- 
dnction de sa névralgie. Du reste, le traitement va servir de 
pierre de touche. Si elle est d'origine paludéenne, la sulfate 
de quinine en aura raison. En cas de négative, on aura recours 
à l'administration du salicylate de soude à haute dose, et on 
verra certainement l'affection disparaître. C'est qu'en effet, 
ce médicament est souvej*ain contre les névralgies, et il est 
bon d'insister sur cette propriété qui est trop peu connue des 
praticiens. 
A l'appui de cette opinion, M. Germain Sée a pris un exem- 
le tii*é de sa clientèle privée, et qui démontre bien rexcellence 
e cet admirable agent antinévralgique. C'est le cas d'une 
vieille dame, veuve, très riche, entoui-ée d'un grand nombre 
d'héritiers, qu'elle a l'habitude de réunir une fois tous les ans 
autour de sa table. Depuis 17 ans, elle souffrait d'un tic dou- 
leureux de la face, et depuis ce moment, pas une seule fois^ 
elle n'avait pu présider au repas de ses neveux, en y prenant 
une part active. Consulté par elle, M. Sée lui prescrivit le 
salicylate de soude, et bientôt après, il y a de cela trois ans, 
elle pouvait participer, pour la première fois, au repas annuel 
en question. 

Après quelque temps, l'un de ses héritiers lui fit entrevoir 
avec sollicitude que l'usage abusif du médicament lui occasion- 
nerait des désordres graves du côté de l'estomac. Elle se ren- 
dit à ces tendres remontrances et en cessa l'emploi. Les né- 
vralgies revini-ent, et pour s'en débarrasser de nouveau, il fallut 
recourir encore au salicylate de soude. — L hygiène pour tous» 



l 



232 l'cnion médicale du canada 

Traitement des hémorrhagies consécutives à Tac- 

COUChement— Le moyen proposé par lo Dr E. Bœlz, de 
Tokio (Japon) a, sur les moyens déjà connus, Vavanta/çe d'être 
très simple, à la portée de tout le monde, et parai^il, très- 
officace. Il consiste à tamponner le vagin avec le poing, tandis 
-qu*avec l'autre main on applique exactement les grandes 
lèvres sur le poignet qu'elles embrassent à la manière d'une 
manchette, si bien qu'il ne peut pas s'en écouler une goûte de 
sang. Pendant ce temps un aide comprime l'utérus de haut 
en bas à travers la paroi abdominale, ou bien applique la vulve 
contre le poignet de l'opérateur, lorsque celui-ci peut avoir 
une main libre pour comprimer lui-même l'utérus. 

Ce moyen est simple, rapide, peut s'appliquer dans tous les 
cas, et jouit d'une grande efficacité. Suivent des observations 
à l'appui. — (Centralblatt fût Gynœhologie,) — Revue de Thér. Méd. 
{jhirur. 



Traitement des douleurs ovariques.— Le Dr Seelig- 

mùller commence par établir que les douleurs ovariques, qui 
jouent un si grand rôle dans les phénomènes nerveux de Thys- 
térie, ont un traitement si peu satisfaisant qu'on est même 
arrivé à proposer l'ablation de ces organes. Sans poursuivre 
•cette ordre d'idées, il rapporte deux observations dans lesquels 
il employa la morphine à des doses très élevées et à laquelle il 
substitua des injections hypodermiques d'eau qui produisirent 
plus de soulagement et moins d'accidents cérébraux. Il recom- 
mande l'injection de f de gramme d'eau bouillie ou distillée 
avec un peu d'acide acétique ou d'acide phénique, et de prati- 
quer les injections soit au niveau de l'ovaire malade soit du 
<'ôté opposé, et il attribue les heureux effets qui en sont la 
conséquence à une sorte de révulsion. (Edinhurgh mcdic Jour.) 
— Revue de thérapeutique médico-chirurgicale. 



NOTES DE THÉRAPEUTIQUE. 



Potion gazeuse bromurée contre les vomisse- 
ments. — M. Chéron indique dans la Revue MédicoChii^rgi- 
cale des maladies des femmes, l'emploi d'un moyen utile contre 
les nausées et les vomissements qu'il n'est pas rare de voir per- 
sister pendant des mois et souvent des années chez des femmes 



l'union médicale du canada 333 

-atteintes d'affections divewes de Tapparoil utéro-ovarien. La 
plupart des moyens thérapeutiques échouent contre ces mani- 
festations morbides. On ne parvient en général à les atténuer 
enfin et à les faire disparaître qu'à l'aide d'un traiment tant 
général que local, destiné à éteindre l'affection utérine et les 
actes morbides réflexes qu'elle engendre. 

Dans le but d'arriver à un résultat satisfaisant par uno voie 
plus rapide, M. Chéron a employé la potion de Kiviôre, le bro- 
mure de potassium, le laudanum dilué dans l'eau pure et nom- 
bre d'autres moyens d'une action moins sérieuse. 

Il a reconnu que la combinaison de la potion gazeuse et du 
bromure donne des résultats bien supérieurs à ce qu'on peut 
obtenir de remploi isolé de ces deux médicaments. 

Aussi, dès qu'il constate l'existence de nausées ou de vomis- 
sements récents ou anciens, il emploie d'une façon suivie la 
potion suivante : 

X«> 1. — Bi-carbonate de potasse 3i 

£au commune. ^ij 

Bromure de potassium 3ss 

No 2. — ^Acide citrique ,. 3j 

Eau commune 3iv 

Sirop de sucre § j 

Verser dans un verre une cuilleré à café du numéro 1 et une 
cuillerée à bouche du numéro 2, agiter et boire aussitôt. 

Prendre cette même dose toutes les demi-heures ou toutes 
les heures. 

Les numéros 1 et 2 représentent la quantité du maximum à 
employer chaque jour. 

Dans les cas de pelvi-péritonite localisée, cette potion arrête 
souvent les envies do vomir et les vomissements, même pen- 
dant la période aiguë. — Journal de Médecine et de Chirurgie 
pratiques. 



Traitement médical des hémorrhoides par le Dr Y. 

Sabal. — Notre confrère emploie : 

Poudre d'iodoforme gr. j 

Poudre d'opium g»', jss 

Vaseline gr. j. 

Matin et soir il en applique localement après ehaque évacua- 
tion alvine, en ayant soin de laver préalablement avec de l'eau 
froide ou chande. On peut y ajouter 4 gr. de tannin pour 



»■ ■* 



234 l'union médicale du canada 

atténuer Todeur de riodoforme. Il entretient la liberté do) 
ventre à Taide de la formule suivante : 

Pr. Sulfate de magnésie ^ 

Carbonate de magnésie . ^ ^ -r. 

es r -JL • 'AJt >a.a. oiv 

Soufre précipité ' 

Sucre de lait 

d'anis 3ij 

— Le Médecin Praticien, . 



Traitement de la fièvre de foin (bronchite ou asthme- 
d'été : hay fever des Anglais). 

Le Dr Webkr, de Philadelphie, consdère Tiodure de potas- 
sium comme Tagent le plus efficace contre cette affection, sur- 
tout quand il est accompagné de bicarbonate de potasse et de- 
jusquiame. Il emploie, à cet effet, le mélange suivant : 

Extrait de jusquiame gr. 731 

lodure de potassium 3 gr. 654 

Bicarbonate de potasse 7 gr. 308- 

Extrait de réglisse dépuié 14 gr. 615 

Eaud'anis 101 gr. 540 

M... < 

A prendi*e par cuillerées à dessert, toutes les 4 heures, jus- 
qu'à cessation des accès. On doit suivre co traitement aui 
moins pendant une semaine. — Revue de Thèr, Méd.-Chir, 



L'acide lactique dans le catarrhe vésical— Le Dr 

Deekel, d'api'ès une longue expérience, pense que do tous les 
acides, l'acide lactique donne les meilleurs résultats dans cette 
affection. Il en donne de 0,75 à l gr. trois fois par jour. On 
commence à reconnaître la présence de cet acide dans Turi ne- 
après l'absorption de 2 gr. Il assure qu'il empêche les décom- 
positions ammoniacales de l'urine, dissout les dépôts salins, et 
détruit les champignons microscopiques qu'elle pourrait con- 
tenir. (Médical and surgical Reporter,) — Revue de ther.méd.- 
chirur. 



Un conseil en cas d'anesthésie.— Le Dr Hugues écrit 

dans The London Lancet: "Si je devais être chloroformisé, je 



l'union médicale du canada 235' 

dirais: Ne me surveillez ni le pouls ni le cœur; ne vous préoc- 
cupez pas de Tétat de ma pupille : observez ma respiration ; et 
si elle vient à se troubler à un certain degré, prenez une pince- 
à artère et attirez fortement ma langue en dehors de ma bouche/' 
On rappoi*te que feu M. Syme se conformait strictement à cette 
règle, et que, sur 5,000 cas de chloroforraisation, il ne perdit 
pas un seul malade. — (Sev. de Thér, Méd. Chir. — Le Praticien 



Formule contre la BtomsAody&odie^'— (Mauvaise odeur 
de la b(mche) : 

Eau distillée de menthe 300 gr. 

Eau distillée de laurier-cerise 30 gt. 

Essence de menthe 10 gt. 

Borate de soude • 4 gr. 

M. 

Trois fois par jour, se laver la bouche avec cette eau. — 
Revue de thérapeutique médico-Chirurgicale, 



Potion contre le hoquet persistant.— (Marage.) : 

Huiles d'amandes douces 60 gr. 

Chloroforme 20 gt. 

Siropdiacode 30 gr. 

Sirop de menthe 12 gr. 

M. 

A prendre par cuillers à café toutes les trois heures. — Revue- 
de thérapeutique medico-chirurgicale. 



Oolutoire contre le Muquet. 

Eau distillée 200 gr. 

Glycérine pure 30 '* 

Borax...... 10 " 

Essence de menthe 10 gtt.- 

Teinture de pyrèthre 1 gr. 

M. 
— Revue de thérapeutique médicoXhirurgicale. 



:236 l'union médicale vxj canada 



L'UNION MEDICALE DU CANADA 

MONTREAL, MAI 1881. 

Comité de Rédaction : 

Messieurs les Docteurs E. P. Lachapelle, A. Lamarchs 

ET S. Lachapelle. 



Les opérations chirurgicales à la ville et 

à la campagne. 



Nul doute que, d'une manière générale, il faut faire une dis- 
linction entre l'atmosphèro de ville et l'atmosphère des cam- 
pagnes. 

C'est bien dans les premières que naissent et se développent 
les maladies, à caractère contagieux, à type contagieux, dirai- 
je plus correctement, et l'opéré doit être à l'abri d'accidents 
étrangers, des maladies intercurrentes; il a bien assez souffert, 
le pauvre amputé, de la perte d'un membre, ou de l'enlève- 
ment d'un organe (merveille récente de la chirurgie), sans 
qu'il soit exposé aux atteintes d'une des affections morbides 
que le cadre ygnotique nous fournit. 

Les secondes ne sont pas accoutumées à des ravages sem- 
blables, et si les épidémies y dirigent leur marche désastreuse, 
il ne reste bientôt plus trace de leur passage ; c'est un vent 
qui souffle, qui passe et ne revient plus, qui va se perdre dans 
des régions reculées, s'il ne disparaît pas dans Timmensité des 
océans, ces climats favorisés qui ne présentent rien de ces 
sombres couleurs. 

Voilà bien pourquoi le chirurgien clairvoyant, qui voit par- 
delà de son scalpel, qui comprend que les dangers ne sont pas 
moins nombreux après l'opération qu'avant, cherche une terre 
de salut, redoutant le sort néfaste qui lui enlèvera celui à qui 
il venait de rendre la vie. 

C'est pourquoi les experts, les virtuoses de l'art chirurgical 
se paieront le luxe d'une maison, d'une villa opératoire, au 
milieu des parfums de la campagne, y conduii*ont le patient 
♦comme dans un berceau où loi mort ne peut pénétrer. 

C'est ce qui- se fait aux environs de Londres, sinon ailleors ; 



l'union médicale du canatda 23T 

ce qui s'est dit là-bas se répète ici ; ce qui se pratique à Lon- 
dres, on suggère de le pratiquer parmi nous. 

Cette question importante de la supériorité de la campagne 
sur nos villes, devons-nous la résoudre dans un sens affirmatif ? 

Montréal, au point de vue de l'atmosphère, de la composi- 
tion intime de l'air, n'est-elle pas une campagne véritaole ? 
Notre ciel n'est-il pas pur, et les vapeurs qui enveloppent Lon- 
dres comme dans un voile impénétrable, sont-elles perceptibles 
au dessus de notre ville ? La brise fraîche que nos montagne» 
du nord bien disposées, laisse venir jusqu'à nous le souffle hu- 
mide qui règne sur les bords de notre grand fleuve, ne nous 
mettent-il pas dans une position géogr^phiquement sanitaire 
d'une manière exceptionnelle? Les épidémies ont-elles pénétré 
souvent dans nos hôpitaux ? Nos malades, nos opérés n'ont- 
ils pas la quantité d'air pur qui leur est nécessaire ? Est-ce que 
nous ne leur en fournissons pas à chacun d'eux trente à qua- 
rante mètres cubes par heure ? 

Voilà autant de questions qu'il faut se poser. 

L'hygiène, nous dit Gladstone, (une autorité qu'on trouvera 
peut-être curieuse, mais qui est compétente puisqu'elle s'ac- 
corde parfaitement avec les données reçues) doit rendre l'exis- 
tence des villes aussi avantageuse que celle des campagnes au 
point de vue de la santé. Il n'est pas dans l'ordre divin que 
la vie y soit plus exposée. 

C'est en effet ce que se sont dits, peut être instinctivement, les 
fondateurs des villes modernes pour le bien de tous. Les 
ruelles étroites disparaissent, elles sont laissées au Caire avec 
la peste qui y a élu domicile; les rues larges, les bouquets et 
les rangées d'arbres, les parcs ou promenades publique*, etc., 
il y a dans tout cela des applications sanitaires pratiques, qui 
font que notre air est pnr, et que nous aimons à respirer 
notre air. 



L'Ecole de Médecine va. TUniversité LavaL— 

L'Ecole de Médecine n'ayant pu obtenir de la cour de Eome 
qu'elle mette de côté le décret ordonnant l'établissement à 
Montréal d'une succursale de l'Université Laval, s'adresse 
maintenant aux ti'ibunaux civils dans l'espérance d'arriver 
ainsi à son bût. 

D'un autre côté, l'Université Laval, appuyée parles évêques 
de la province^de Québec, s'adresse à la Législature pour obte- 
nir un bill afin de faire disparaître les doutes qu'on soulève 
sur la légalité de son existence à Montréal et pour mettre fin 
à un état de chose qui dui-e depuis trop longtemps déjà et 



:238 l'union médicale du canada. 

•qu'on pourrait prolonger indéfiniment au moyen d'appels judi- 
'Ciaires. 

Yoîci la lettre que TEvèque de Montréal a adressée à ce 
sujet aux journaux de cette ville : 

J Evêché de Montréal, 

{ Montréal, 29 avril 1881. 

Pour éviter de nouvelles discussions dans les journaux au 
sujet de la question universitaire, je crois utile et opportun de 
rendre public les faits suivants : 

lo Malgré les plaidoyers du défenseur de TEcole de Médeci- 
ne (Victoria) à ICome, où l'Univei-sité Laval n'était pas repré- 
sentée, le Saint-Siège a manifesté clairement son désir que la 
succursale fut maintenue, et que les doutes soulevés à son sujet 
fussent levés. 

2o Les évêques de la Province ont signé une requête en 
faveur de TUniversité-Laval, pour appuyer la demande que 
•celle ci fait à la Législature. 

En présence de ces faits, il est du devoir de tous les catholi- 
ques sincères de se soumettre aux décisions de l'autorité sur 
•cette question, sans qu'il soit nécessrire de les rappeler ici, et 
l'on ne peut s'expliquer la prétention que l'on a de ranger cer- 
i;aines communautés sous les dra2)eaux de l'opposition à la 
8uccui*sale-Laval à Montréal. 

t Edouard Chs, Evêque de Montréal. 



Tarif mèdicaL — ^Enfin, le tarif médical a été sanctionné 

Î)ar le Lieutenant-Gouverneur en Conseil. Il a été publié dans 
a Gazette Officielle^ et aux termes de la loi, il sera en force six^ 
imois après telle publication. 



Examens à rUniversité-Laval.— Les examens (par 
•écrit, oral et clinique) pour les degrés de la licence et du doc- 
torat en médecine de l' Université-Laval ont lieu à Montréal, 
les -6, 8 et 9 avril dernier. MM. Isaïe Cormier, Aimé Gaboury 
-et George Henry Oliver ont subi avec succès ces diverses 
■épreuves. 

Les examens de terme ont eu lieu le 13 du même mois. 



l'union médicale du canada 239 

Admission à Tétude de la médecine.— Les examens 

pour l'admission à l'étude de la médecine ont eu lien les 5 et 
'6 courant, dans les salles de l'Université Laval, en cette ville. 
De ce nombre, dix huit ont été admis, douze ont été refusés 
partiellement, et vingt-sept ont été refusés complètement. 

Voici les noms de ceux qui ont été admis : Messieurs J. A. 

Johnston, E. LaBonté, M. Brophy, H. Gaudreau, H. T. Hurd- 

raan, C. Bussière, D. E. Darby, W. H. Léonard, H. B. Smith, 

P. Simard, G. Smith, P. Morin, J. C. Blanchet, F. Jeannette, 

-J. O. Lambert, A. Lamothe, C. Prévost, N. Tessier. 



Brochures reçues. 



Eighth Annual Report of the Trustées, suporintendent and 
treasurer of the Illinois Asylum for feeble minded children at 
Xincoln, October Ist, 1880. 



VARIÉTÉS. 



Liqueur conservatrice pour pièces anatomiques. 

— ^Le Médical Times publie une note relative à un nouveau 
liquide destiné aux embaumements et à la conservation des 
pièces anatomiques : la formule en est due au Dr Wickershei- 
mer. 

Yoici la composition de ce mélange recommandé : 

Alun 3 iij 

Sel de cuisine 3vj 

Sel de nitre 3iij 

Potasse § ij 

Acide ai*sénieux , 3ijss 

" On fait dissoudre le tout dans 6 livres d'eau bouillante, on 
^^ laisse refroidir et on filtre. Puis à 4 livres de cette solution, 
^* on ajoute 2 livre de glycérine et 8 onces d'éther méthylique. 
^^ (Quelles que soient les quantités de liquide que Ton veuille 
" préparer, les portions que nous venons d'indiquer doivent 
^* toujours servir de base.) " 



/ 



240 J/UNION MÉDICALE DU CANADA 

Ohambre des députés. — M. le Dr Turigny et un certain- 
nombre de ses colloques ont déposé le projet de loi suivante : 

" Article unique. — Tout citoyen français mort en concourant 
au sauvetage dans un incendie, tout médecin mort dans les 
hôpitaux en soignant une maladie épidémique, toute personne 
morte en essayant de sauver la vie à un de ses semblables, sera 
considéré comme mort au champ d'honneur, et laissera à sa 
veuve ou à ses enfants une pension égale à celle du soldat mort 
sur le champ de bataille, c'est-à dire le double de la pension- 
ordinaire." 

L'urgence, mise aux voix, a été déclarée. — Revue de Théra- 
peutique MéclicO'Chirurgica le. 



Le Dr Tanner. — Le Dr Tanner paraît vouloir faire par- 
ler de nouveau de sa personne. 

Les feuilles américaines publient une lettre adressée par 
lui au Dr Eicbardson et oii il offre de recommencer à Londres 
son jeûne de quarante jours ; en même temps, il se pose comme 
champion de l'eau, il porte un défi à tous les partisans du vin, 
de la bière et des alcools. Il demande qu'on fasse jeûner en^ 
même temps que lui des individus du même âge et de la. 
même constitution que lui, et qui auront la faculté de s'admi 
nistrer des boissons précipitées, tandis que lui s'en tiendra^ 
uniquement à l'eau. Il prétend que c'est lui qui endurera plus- 
longtemps la privation d'aliments. 



NAISSANCE. 



— A St. Sébastien, le 3 Avril dernier, la Dame du D»' TU 
Phénix, un fils. 

DÉCÈS. 
—A Montréal, le 12 avril,,M. le Dr B. A. Paquet. 



TRAVAUX ORIGINAUX. 



Autopsies OadavériquQs. 



LLu devant la Société Médicale de Montréal, par le 
Dr A. Lamarchb. Séance du 13 mai 1881.] 



Le 7 mars 1661, pendant que Mazarîn rendait le dernier 
sonpir après une maladie de cinq mois, les quatre médecins 
les plus célèbres de l'époque discutaient encore pour savoir si 
rillustre cardinal mourait d'une maladie du foie, du poumon, 
de la rate ou du mésentère. En 1665, Molière ouvrait par 
" Tamour médecin " et " le médecin malgré lui " sa brillante 
campagne contre la Faculté. En 1715 enfin, Gil Blas, né du 
génie de Lesage, racontait que le Dr Sangrado quetout Valla- 
dolid regardait comme un Hippocrate, professait qu'il ne faut 
que saigner et faire boire de l'eau chaude pour guérir toutes 
les maladies du monde, aussi ajoute-til, pendant quarante ans, 
il occupa le ciseau des Parques et était si expéditif qu'il ne 
donnait pas le temps à ses malades d'appeler des notaires. Mais 
à la même époque la médecine se préparait dans l'ombre une 
éclatante revanche. Eevanche glorieuse conçue et combinée 
par Fallope, Yésale et Ëustachi au 16me siècle, poursuivie par 
Bartholin, Blancard, Théop. Bonet, qu'on surnommait le grand 
ouvreur de cadavres et Bariwe au 17me et au 18me siècles et 
complétée en 1761 par le fameux traité de Morgagni : " Du 
siège et des causes aes maladies basés sur les recherches ana- 
tomiques. " 

Dépouillée par l'anatomîe pathologique des idées mystiques 
et spéculatives qui l'aveuglaient la science s'élança vers de 
nouveaux horizons et la maladie surprise en flagrant délit, dut 
fournir elle-même des armes au médecin. 

Bayle appelait Tanatomie pathologique le flambeau de la 
nosologie, le guide du diagnostic et ce que Téminent médecin 
de la Charité disait à la fin du siècle dernier a reçu depuis une 
éclatante confirmation et Legendre a exactement l'eproduit 



242 r/UNION MÉDICALB DU CANADA 

Topinion de la médecine contemporaine quand il a dit qae 
toute thèse nosologique réclame la sanction de Tanatomie pa- 
thologique. Ce n'est que par les Symptômes de Morgagni, c'est 
à dire par les lésions constatées sur le cadavre qu'on peut con- 
trôler efficacement le diagnostic posé pendant la vie. L'anato- 
mie pathologique, dit Cruveilhier, est une science et ses lésions 
sont assujetties à des lois certaines. Les caractères anatomiques 
.doivent être la base de la détermination des espèces morbides, 
on les puise dans la conformation extérieure et dans la texture 
des organes malades. 

L'aspect sous lequel on envisage habituellement la physio- 
logie l'a fait définir : l'étude de l'homme à l'état sain, mais, 
comme ditGoubert, on ne cesse pas d'être physiologiste en en- 
trant dans une salle d'autopsie cadavérique. La pathologie, 
en effet, est régie par des lois ûxes et suit, une évolution déter- 
minée qui constituent la physiologie pathologique qui ne diffère 
de la normale que par l'adjonction d'agents perturbateur. Le 
cancer, les tumeurs érectiles, ont tout aussi bien que le foie 
normal, leur physiologie qui permet de les classiffer et d'en 
déterminer les nombreuses variétés. 

On admet généralement qu'il existe une foule de maladies 
sans lésions organiques et qui ne laissent pas de traces sur le 
cadavre. Toutes les maladies, dit Bichat, doivent ressortir de 
l'anatomie pathologique, sauf les fièvres essentielles et les né- 
vroses. Mais le nombre de ces maladies à lésions insaisissables 
s'est singulièrement restreint depuis l'illustre anatomiste, 
Bouillaud nous dit, en effet: ^' Il n'existe pas de maladies sans 
siège ou sans lésion d'un organe ou d'un élément organique. " 

"A l'autopsie, dit Eobin, on ne retrouve rien et l'on dit qu'il 
y a eu mo7*t sans lésion^ parce qu'on n'a pas su la voir là où 
elle est, parce qu'on ne s'est pas donné l 'éducation expérimen- 
tale anatomique et physiologique nécessaire pour la constater. 
Mais la lésion, dans ce caâ, existe fort bien, elle est générale 
et elle est des plus graves I Seulement elle n'est ni jaune ni 
rouge, ni dure ni molle, elle est en dehors de ce qui est direc- 
tement perceptible aux sens Pour biea comprendre donc, 

ce que sont les maladies sans lésion^ il faut bien savoir qu'en 
dehoi'S des lésions directement perceptibles aux yeux et au 
toucher, il y a des lésions invisibles moléculaires qui peuvent 
être constatées autrement que pai* le toucher ou qu'à l'aide de 
la vue." Les principaux parmi ces moyens accessoires, sont, 
vous le savez, le microscope et les réactifs chimiques. 

Les instruments requis pour pratiquer une autopsie sont : 
un scalpel à tranchant droit, un à tranchant convexe, un cou- 
teau à amputation, un fort couteau à cartilage, des forceps, 



I 



L*UNION JIÉDICALE DU CANADA 243 

^^es érignes, une paire de forts ciseaux dont une branche est 
ffnousse et l'autre aigûe, une paire de petits ciseaux dont une 
branche se termine en forme de sonde, un entérotome, des 
sondes exploratrices, une scie, un maillet, un ciseau, des ci- 
sailles de Liston, un tube à insuffler avec robinet, des aiguilles, 
une mesure d'une verge, un verre gradué, des balances, une 
loupe, du papier de tournesol et un rachitome. On conçoit 
•qu'il est préférable d'avoir en double les instruments les plus 
"fragiles et ceux q\ii s'émoussent le plus facilement. 

Les scalpels sont destinés à l'examen des parties délicates, 
^raisseaux, nerfs, etc. 

Le couteau à amputations qu'on emploie habituellement 

pour l'examen des viscères et toutes les grandes incisions a 

été avantageusement modifié par Yirchow. L'éminent ana- 

tomo-pathologiste emploie un couteau de trois pouces trois 

• quarts de lame et cinq pouces et demi ""de manche, plus épais 

•et plus large que les couteaux ordinaires, à extrémité arron- 

<iie de façon à augmenter la longueur du tranchant et à pointe 

très courte pour diminuer le danger des piqûres anatomiques. 

Le couteau à cartilage est employé pour les incisions de la 

rpeau, l'ouverture du thorax, des articulations, la division des 

•muscles, etc., il doit être plus fort que le précédent, à dos plus 

large, à tranchant plus convexe. Le manche qui a près de f 

•de pouce d'épaisseur pour permettre d'y appliquer les doigts 

•<ie la main gauche quand on veut exercer une pression se ter- 

^mine par une extrémité libre large et aplatie sur laquelle la 

paume de la main peut s'appliquer à l'aise pour faire des ponc- 

tions ou certaines désarticulations. 

La salle d'antopsie devra être bien ventilée et surtout bien 
éclairée. Sauf des circonstances incontrôlables on ne devra 
Jamais se servir de la lumière artificielle qui par sa teinte jaune 
modifie considérablement l'aspect des parties. 

L'opérateur se place de préférence à droite du cadavre qui 
sera 'étendu sur une table assez haute pour ne pas obliger 
l'opérateur à se pencher d'une manière fatiguante. 

Un bloc de bois sera placé sous le cou pour l'examen du cer^ 
veau et sous le thorax pour celui du cou. Dans un cas imprévu, 
-ou dans les familles, il n'est pas toujours facile d'avoir à sa 
disposition les instruments requis ou le local voulu, l'ingénio- 
fiité d'un chacun devra alors suppléer du mieux possible aux 
exigences de la circonstance. 

L'autopsie peut être pratiquée pour plusieurs raisons et n'a 
pas toujours le même objet en vue. L'opérateur n'a quelque- 
lois pour but que de confirmer un diagnostic et de constater 
l'altération d'un ou de plusieurs organes, il suffît alors d'enle- 



244 L*UNION MÉDICALE DU CANADA 

ver la pièce et de Texaminer ; tantôt c'est dans un but médico^ 
légal où il s'agit de rechercher lacausedelamort, l'examen in- 
terne et l'externe sont alors de rigueur, surtout ce dernier^ 
tantôt enfin on veut constater les ravages de la naaladie dans 
l'organisme et son effet sur les différents organes, dans ce cas 
l'examen externe est accessoire et l'interne doit être des plus 
minutieux. Dans tous les cas pour qu'une autopsie soit profi- 
table et probante, il faut qu'elle soit complète et que chacune 
des parties du corps soit examinée attentivement. 

L'autopsie se divise en deux grandes périodes, à savoir : 
l'examen externe ou inspection et l'interne ou section. 

Inspection, — L'inspection, comme nous venons de le dire est 
d'une importance majeure dans les autopsies médico-légales,, 
elle comprend deux cnefs : lo. l'examen du corps dans son en- 
semble, 2o. l'examen de. ses différentes parties. 

lo Au premier chef se rapportent les attributs généraux du*, 
corps; l'âge, le sexe, la taille, le développement, la nutrition 
générale, les caractères généraux de la peau, les signes de la 
mort et de décomposition. 

La peau présente diverses colorations qu'il impwte de bien 
distinguer: lo une coloration verdâtre qui se montre d'abord 
aux endroits où les viscères sont le plus près des parois, sur* 
les côtés de l'abdomen et dans les espaces intercostaux. Cette 
coloration, signe de mort certain, n'est pas, comme Orlh le 
prétend un commencement de puti-éfaction, mais elle précède 
immédiatement celle-ci, un degré de plus et l'odeur caractéristi- 
que se manifeste, l'épiderme se sépare du derme sous la pression, 
du doigt, la putréfaction est établie. Elle est plus ou moin& 
prompte à apparaitre suivant la température de l'appartement 
et la quantité de vapeur d'eau qui y est contenue. 2o La colo- 
ration rouge pâle ou foncé due au sang. Elle offre deux varié- 
tés, l'une qui résulte de la gravitation du sang dans les vais- 
seaux de la partie la plus déclive du cadavre, on la remarque 
au dos, au cou, au thorax suivant la position du sujet on la nom- 
me tâche hypostatique, l'autre qui dépend de la diffusion de la 
matière colorante du sang dans les tissus environnants. Les 
taches hypostaliques disparaissent sous la pression du doigt et 
sont d'origine cadavérique, les secondes ne disparaissent pas^ 
BOUS la pression du doigt et sont d'origine pathologique. Ces- 
deux espèces de taches ne soulèvent pas la peau, ce qui a géné- 
ralement lieu pour les extravasations sanguines. On devra 
se rappeler que lorsque la couleur d'une partie du corps vivant 
dépend de la congestion des vaisseaux elle disparait d'habitude- 
presque complètement après la mort, mais la cyanose des 
lèvres, du nez et de l'extrémité des doigts subsiste le plus 
ordinairement après la mort. 



l'union médicale du canada 245 

La rigidité cadavérique, due à la coagulation de la myosine, 

:-âe montre d'abord dans les muscles de la mâchoire, envahit 

'ensuite le cadavre de haut en bas et disparait dans le même 

•ordre. Elle est d'autant plus marquée que l'individu était plus 

fort et que la maladie a été plus courte. Elle atteint son 

maximum dans le choléra. Si on vainct par la force la rigi- 

• dite cadavérique, elle ne se reproduit pas. 

2<) Dans l'examen dos différentes parties du corps on passa- 
' ra 8uccessiven»ent en revue, la tête, le cou, le thorax, l'abdo- 
men, le dos, l'anus, les organes génitaux et les extrémités, les 
dcnts« la langue, les corps étrangers,, les blessures et les modi- 
fications de forme et de volume. 

Section. — D'abord, il est important que le couteau soit bien 
tranchant, on le tiendra, non pas comme une plume à écrire 

• comme lorsqu'on déssèque, mais à pleine main comme un cou- 
teau à dépecer. On commencera l'incision non par la pointe, 
mais par le talon de l'instrument, et il sera dirigé non par un 
mouvement du poignet mais bien de l'épaule, de manière à 
faire une incision longue et lisse. Yirchow pose en principe 

-qu'une grande incision malgré qu'elle soit faite dans un endroit 

mal choisi ou dans une fausse direction vaut mieux qu'une ou 

f plusieurs petites entailles bien placées et encore mieux valent 

des sections fausses si elles sont unies que des coupes dentelées 

• déchiquetées, mais correctes du reste. 

Les incisions doivent être faites par un mouvement de trac- 
tion plutôt que de pression, afin de ne pas écraser les tissus ; 
pour les organes les plus consistants, l'incision devra être d'au- 
tant plus rapide qu'os sera obligé d'appuyer d'avantage sur le 
couteau. 

La grande règle qui s'impose dans toute autopsie est de pro* 
céder à l'ouverture des cavités et à l'examen des parties 
'd'après un ordre défini et cela pour plus d'une raison. Un plan 
: méthodique permet d'examiner tous les organes sans en oublier 
aucun, de consulter et de confronter d'un coup d'œil les rap- 
ports que Fen conserve. Mais ce n'est pas là le point capital, 
cet examen méthodique est la condition sans laquelle on ne 
peut étudier ies organes dans l'état et les rapports qu'ils affec- 
tent normalement Que résulte rai t<il, en onet, de l'examen de 
; la cavité thoracique avant celui de la crânienne : un dégorge- 
ment des vaisseaux de l'encéphale résultant de la section 

• des gros vaisseaux du cœur et conséquerament à l'ouverture de 
la cavité crânienne un as]>ect du cerveau qui n'est plus le 

véritable. 

La même raison nous empêchera de vider la cavité abdomi- 
sXiB,\e avant la thoraeique, car la section de la veine cave infé- 



246 l'onion médicale du canada 

rieure laisserait dégorger la portion thoracique da vaisseau et 
le plus souvent le côté droit du cœur, lorsqu*ensuite on vien- 
drait à examiner cet organe on en trouverait un côté vide et 
flasque lors qu'on aurait du peut-être le trouver gorgé de 
sang. De plus on s'exposerait à déchirer le diaphragme en déta- 
chant le foie ce qui perwiettrait aux liquides contenus dans la- 
plôvredo s'écouler dans l'abdomen. 

Le médecin dont le temps est précieux fera-t-il ouvrir à. 
l'avance, par un aide, les deux cavités thoracique et abdomi- 
nale, comme on le faisait autrefois, pour sauver du temp ? As- 
surément non, car le diaphragme s'affaisserait et il n'y saurait 
plus retrouver les précieux enseignements qu'il nous donne 
souvent. 

Tant que la cavité thoracique est fermée le poumon reste- 
distendu par l'air qui pénètre parla trachée et les branches et 
la voussure du diaphragme persiste, enlevez le sternum ou 
piquez le diaphragme de la pointe du scalpel et aussitôt le pou- 
mon s'affaisse et se rétracte contre la colonne vertébmle et lé- 
diaphragme s'affaisse. Il faut donc procéder par oitire et voici 
dans quelle succession. 

On commencera d'abord par l'examen des centres nerveux, 
encéphale et moelle épinière, l'examen de cette dernière peut 
sans inconvénient, et doit de préférence dans les cfts de méde- 
cine légale, être renvoyé à la lin de l'autopsie à cause des fré- 
quents déplacements qu'il faut faire subir au cadavre pour 
ouvrir le canal vertébral. Puis on passera au thorax et à l'ab- 
domen, pour cela on fait une incision depuis le menton jusqu'à - 
la symphyse du pubis. 

Ici se présente une difficulté. Je viens de dire que le thorax 
doit être vidé avant l'abdomen, mais si j'ouvre la cavité thora- 
cique le poumon va se rétracter, s'il n'est pas emphysémateux, 
laforme du diaphragme sera changée par suite de la section de 
ses attaches antérieures et les viscères abdominaux seront 
déplacés vers la cavité thoracique. Si je vide l'abdomen avant 
le thorax, ce sera pis encore, je déchirerai peut être le dia- 
phragme et je changerai assurément l'aspect du cœur, le bon 
sens me prescrit un moyen terme : après avoir fait la longue 
incision cutanée je compléterai l'ouverture de la cavité abdo- 
minale, je constaterai les rapports des organes, leur couleur, la 
présence de liquides ou tissus pathologiques la position du 
diaphragme et laissant le tout en place, je procéderai à l'ou- 
verture du thorax. 

Mais pourquoi tant se hâter d'observer la couleur des viscè-^ 
Tes abdominaux quant il semble qu'on pourrait si bien le faire à « 
un moment subséq^uent de l'autopsie 1 Yirchow nous en. fait . 



l'union MtDIOALE DU CANADA 247 

bien voir la raison. La physiologie nous enseigne que le 
sang artériel est d'an rouge brillant, le sang veineux d'un 
rouge sombre presque noir, le chirurgien peut reconnaître * 
la nature artérielle où veineuse d'un vaisseau qu'il divise 
par la couleur du sang, qui s'en échappe ; sur le cadavre, rien 
de cela et tout le sang qu'il contient a revêtu une couleur vei- 
neuse uniforme, les artères ne contiennent plus que du sang 
veineux, le poumon seul fait exception à la règle parce qu'il 
n'a pas exhalé les dernières traces d'oxigène avec le dernier 
soupir et l'hématose s'y fait encore localement quoiqu'incom- 
plètement par l'air qui est resté emprisonné dans les alvéoles 
de l'organe. Cette couleur veineuse du sang est cependant 
instable et le sang du cadavre peut s'hématoser, mais remar- 
quons-le bien, aussi bien que dans les veines que dans les artè- 
res, le sang des veines peut devenir rouge brillant au contact 
de l'air atmosphérique et faire croire à une inflammatoire à 
un processus pathologique là où il n'existe qu'une modification 
posthume, un processus cadavérique. C'est pour pi'é venir cette 
cause d'erreur qu'on constate tout d'aboi*d la couleur des 
viscères. 

Il se dégage de ces faits un enseignement pratique, à savoir : 
qu'il ne faut jamais présumer de la nature artérielle ou veineuse 
d'un vaisseau sanguin d'après la couleur de son contenu, si le 
vaisseau est trop petit pour en distinguer la nature, il faut en 
refouler le sang jusqu'à ce qu'on arrive à une branche plus 
considérable que l'anatomie nous permette de classifier. 

Tel est Tordre dans lequel il est le plus avantageux d'exami- 
ner les cavités splanchniques mais ce n'est pas tout, chacune 
d'elles contient une foule d'organes qu'il faut aussi interroger 
avec méthode. 

Occupons nous d'abord du cerveau ou pîutôt de la tête. On 
fait d'abord une incision transversale s'étendantd'un apophyse 
mastoïde à l'autre, puis on rabat le cuir chevelu en avant 
jusqu'au bourrelet superciliaire et en arrière jusqu'à la protu- 
bérance occipitale externe, et on enlève le péricrâne de façon 
à exposer la voûte crânienne. Il importe ae tenir compte des 
suture qui sont dites exister tant qu'on peut en apercevoir les 
zigzags et dont l'ossification prématurée joue un rôle assez im- 
portant dans le développement du cerveau, par contre, la sutu- 
re frontale qui normalement disparait à la fin de la cinquième 
année peut persister jusqu'à un âge plus ou moins avancé. Le 
crâne est scié circulai rement à la hauteur de la protubérance 
occipitale externe et du bourrelet superciliaire et on complète la 
séparation des os avec le ciseau en se servant le moins possible du 
maillet dont le choc pourrait dans certains cas lacérer la pulpe 



248 l'union hIdioalb du canada 

cérébrale. Si la dure-mère n'est pas trop adhérente au cr&ne on 
la laisse en place, mais cbez les enfants au-dessous de sept ans, 
on est toujours forcé de l'inciser circulairement et de l'enlever 
avec la voûte, car jusqu'à cette époque de la vie la dure-môre 
adhère intimement à la face interne du crâne dont elle consti- 
tue le périoste interne. 

La tension de cette membrane doit être examinée attentive- 
ment. Dans Texamen de la pie-mère on devra se prémunir con- 
tre le danger de voir une congestion pathologique là où il 
n'existe qu'une congestion hypostatique. Il faudra, donc 
suivre certains vaisseaux pour s'assurer s'ils sont complète- 
ment ou partiellement remplis et si une partie est plus pleine 
que l'autre. Pour s'assurer si la congestion est artérielle ou 
veineuse, on devra se rappeler que les veines de la pie-mère 
rampent à la surface du cerveau et les artères dans le^ circon- 
volutions et s'il existe des doutes on s'aidera du refoulement 
du sang jusqu'à un vaisseau plus grand, A l'examen des mé- 
ninges, on fera succéder celui des ventricules, mais on j pro- 
cédera d'une manière différente de celle qu'on adopte en anato- 
mie descriptive. Au lieu de mettre à nu le centre oval de 
Yieussens on fera une incision verticale antéro-postérieure à 
un millimètre en dehors du raphé du corps calleux de façon à 
ouvrir un des ventricules latéraax tout en conservant intact le 
septum lucidum et le ventricule moyen; cette incision ne devra 
pas être assez profonde pour attaquer le noyau cérébral de 
Gratiolet, on la prolongera en avant et en dehors vers la corne 
frontale puis en arrière et en dehoi*s vers la corne occipitale, 
puis les doux extrémités de cette incision courbe seront réunies 
par. une seconde incision verticale passant en dehors du noyau 
cérébral et pénétrant jusqu'au plancher du ventricule, on pour- 
ra alors enlever la voûte et exposer la cavité ventriculaire qui 
ne contient tout au plus qu'une cuillerée à thé de liquide à 
l'état normal. On procédera de la même manière pour l'autre 
ventricule latéral. Pour ouvrir le troisième ventricule la pointe 
du scalpel est introduite sous le corps calleux et les piliers 
antérieurs du trigone au niveau du trou de Mnnro, le tout est 
divisé obliquement de bas en haut et d'arrière en avant et ren- 
versé en arrière de manière à exposer la toile choroidienne, 
puis celle-ci est renversée à son tour et détachée des tubercules 
quadrijuraeaux et de la glande pinéale. Une dernière incision 
antéro-postérieure et verticale divise les tubercules quadriju- 
maux Taqueduc de Syivius et le quatrième ventricule. 

Il est d'une importance majeure dans l'examen des oi*ganes, 
d'y multiplier les incisions pour bien se rendre compte de leur 
état. Au cerveau plus qu'ailleurs cet examen minutieux est 



•I 



l'union médicale bu CANADA 249 

indispensable. Pour tirer de ces coapes multipliéestout l'avan- 
tage qu'on en attend il est essentiel- de conserver entre les 
-différents segments un trait d'union qui permette de les réunir 
■an besoin pour se rendre compte du trajet d'un vaisseau, du 
<iiaiBètre d'une cavité, etc., de faire de chaque organe suivant 
la comparaison de Yirchow un livre dont les feuillets retenus 
-en place par la reliure, puissent être réunis, séparés, retournés 
^t retrouvés sans effort. Le point qu'on choisit de préférence 
pour la reliure, c'est le hile, les incisions devront donc y con- 
verger de dehors en dedans, mais au cerveau le hile n'existe 
pas et les différentes parties de l'organe ne sont retenues en 
place que par une membrane très-déliée, la pie-mère, cependant 
il est encore possible d'y ti'ouver des points d'union. Ainsi la 
Xîouche optique et le corps strié seront étudiés par des incisions 
en éventail convergeant vers le pédoncule cérébral. La moelle 
^pinière sera tranchée en rondelles i-éunies par leur bord anté- 
rieur ou posténeur. 

Voilà pour l'examen des centres nerveux, passons main- 
tenant an thorax. 

La cavité du thorax ee subdivise en trois cavités secondaires 
parfaitement indépendantes : les deux cavités pleurales et la 
péricardique contenue dans le médiastin. Ce dernier était au- 
trefois considéré comme un espace, mais aujourd'hui on en fait 
«ine cloison. On sait que les plèvres tapissent les cartilages 
costaux et qu'au niveau des 3 ou 4 premières côtes, elles ta- 
pissent la face postérieure du sternum et s'y adossent pourfor- 
iner la plèvre médiastine. En enlevant le sternum on ouvre 
donc les deux cavités pleurales, mais l'ouverture simultanée 
<lu péricaixle serait le fait d'une maladresse. 

I^our enlever le sternum on divisera avec le couteau ad hoo 
les cartilages costaux à quelques millimètres de leur insertion 
aux côtes en ayant soin de tenir l'instrument aussi parallèle 
•que possible avec la surface pour ne pas blesser le poumon ou 
le cœur. Si ces cartilages sont calcifiés on sciera les côtes près 
de leur extrémité antérieure ou on les coupera avec les cisailles 
•de Liston. Il faut se rappeler que le cartilage de la première 
•côte n'est pas en ligne avec les autres à cause de la plus grande 
largeur du manubrium et qu'il affecte des rapports intimes 
avec le^ gros vaisseaux. On le divisera en introduisant la 
pointe du couteau dans le premier espace intercostal et en opé* 
rant un mouvement de bascule de façon à sectionner le carti^ 
lage de dedans en dehors. On désarticule la clavicule et on 
«coupe les attaches antérieures du diaphragme près des fausses 
<}ôtes et du cartilage ensi forme pour relever le sternum. Si on 
soupçonne le pneumothorax on remarquera s'il s'échappe des 



260 l'union médicale du oanada. 

gaz par la première incision. Si on vent en démontrer Texis- 
tence aux assistants on tiendra au-dessus de Touverture une 
allumette dont la flamme vacillera ou sera éteinte par les gas 
qui s'échapperont. On devra se hâter d'examiner l'état et le 
contenu aes deux cavités pleurales pour y constater, s'ils 
existent, l'hydrothorax, l'hémothorax ou l'inflammation de la 
séreuse et cela d'autant plus tôt^que dans la section du ster- 
num, on coupe ordinairement les vaisseaux mammaires in- 
ternes qui peuvent se dégorger dans les cavités et y produire 
un épanchement^ou dénaturer celui qui existe déjà. 

On conçoit qu'il faille examiner le cœur avant d'extraire le 
poumon du thorax; il faudrait en effet pour cela couper l'ar- 
tère et les veines pulmonaires ce qui permettrait au tronc de 
l'artère, à l'oreillette gauche et au ventricule droit de dégorger 
leur contenu. On pourrait à la rigueur ligaturer ces vaisseaux: 
mais cela n'est ni avantageux ni facile. 

L'examen du cœur constitue un des points principaux de 
toute nécropsie. Après avoir examiné le péricai'de et l'as- 
pect extérieur du cœur, on procédera à l'examen in situ de ses- 
cavités pour constater la quantité de sang qu'elles contiennent 
et l'état de ses ouvertures auriculo-veutriculaires. On conçoit 
toute l'importance qu'il y a à constater la quantité de sang 
contenue dans le cœur, car c'est elle qui nous révèle toujours 
les deux causes de mort les plus fréquentes : l'asphyxie qui se 
trahit par l'engorgement du ventricule droit et la paralysie da 
cœur par celle du ventricule gauche. 

C'est ici le lieu de rappeler que les caillots post mortem: 
qu'on trouve souvent dans le cœur sont noirâtres, couleur jus 
de pruneaux, molasses et gélatimiformes, tandis que les con- 
crétions sanguines antérieures à la mort sont, au contraire, dé- 
colorées, d'un blanc grisâtre ou jaunâtre, parfois très-blanches» 

Dans l'ouverture des cavités du cœur, il faut ménager avec 
soin la base de l'organe et éviter de sectionner les valvule» 
qui s'y insèrent si on veut plus tard les examiner. On ouvrira 
le ventricule droit en incitant le boixi droit de l'organe depuis 
la base jusque près de l'apex qui est formé, on le sait, par le 
ventricule gauche ; l'incision pour V oreillette droite commen- 
cera à mi-chemin entre l'ouverture des deux veines caves, et 
se terminera en avant de la base ; celle du ventricule gauche 
commencera en an'ière de la base et se terminera à Tapex ; 
celle de V oreillette gauche^ à gauche de la veine pulmonaire 
supérieure jusqu'en avant de la base. 

Après l'ouverture de chacune des cavités du cœur on enlè- 
vera le sang qu'elle contient, puis on introduira doucement 
les doigts dans chacune des ouvertures auriculo-ventriculaires^ 



l'union médicale du canada 25 Î 

pour en constater les diamètres. A Tétat normal, une maiiï 
délicate peut y introduire trois doigts : l'index, le médius et 
l'annulaire, mais on le conçoit, c'est là une mesure approxima- 
tive à laquelle on ne peut suppléer que par la pratique. Il ne 
faudra pas chercher à se rendre compte, en même temps, de^ 
rétat des valvules. Dans le côté gauche du cœur, il faudra 
savoir éviter deux causes d'erreur assez fréquentes : l'ouver- 
ture auriculo-ventriculaire de ce côté est souvent rapetissé par 
la contraction du ventricule on la rigidité cadavérique, il fau- 
dra donc vaincre avec les doigts cette rigidité anormale avant 
de prendre note des diamètres de l'ouverture. Ici se terminer 
le premier temps de l'autopsie du cœur. 

Dans un deuxième temps, on sortira l'organe de la cavité' 
thoracique : pour cela introduisant le pouce et l'index de 1» 
main gauche dans l'ouverture des ventricules près de l'apex^ 
on relèvera l'organe et on divisera les artères aorte et pulmo* 
naire et les veines caves et pulmonaire, puis après avoir exa- 
miné les parois des artères on en étudiera les valvules sig- 
moides. 

Pour juger de leur suffisance plus ou moins complète on de- 
vra suspendre le cœur par le bord externe dés deux oreillettes, 
verser de l'eau dans les artèi'es et constater si elle s'échappe 
ou non par l'incision des ventricules. Si on suspendait le cœur 
en le tenant par les bords dn vaisseau dont on examine leff- 
valvules, celles-ci pourraient être tiraillées inégalement. Si on 
étreignait l'organe par sa base on pourrait empêcher l'eau do 
sortir quand même il y aurait insuffisance des valvules. 

Dans un 3me temps on complétera l'ouverture des ventri- 
culee pour exposer à la vue les valvules, les cordes tendi- 
neuses, les colonnes charnues, le septum, l'endocarde, etc. 
L'épreuve de l'eau n'a plus ici de valeur pour juger de l'état des 
valvules auriculo-ventriculaires. Il > est donc important de ne 
pas les lacérer, si on veut juger de leur état, et pour atteindre- 
ce but les incisions devront être faites dans un sens déterminé. 

Pour compléter l'ouverture du ventricule droit, on fait avec 
des ciseaux une incision s'étendant depuis la partie supérieure 
de l'incision déjà existante, jusqu'à l'artère pulmonaire. Mais 
sur ce trajet se trouvent les colonnes charnues et les cordage* 
tendineux d'un des feuillets de la valvule tricuspide, il faudra 
donc avoir soin d'introduire une des branches des ciseaux 
entre ces organes et la paroi du ventricule. 

Pour exposer la ventricule gauche, Tincision commençant à 
l'apex du cœur divisera la pai-oi antérieure du ventricule et de 
l'aorte ; mais encore ici, sur le trajet de l'incision se trouva 
l'orifice pulmonaire et le bord droit de la valvule mitrale qu'il 



:252 l'union médicalb du oanada 

faut éviter. Pour cela je tirerai à droit le tronc de Tartàre 
pulmonaire et je ferai mon incision sur le côté gauche et pos- 
térieur de l'artère mais pas ti*op à gauche, car à quelques milli- 
mètres je trancherais la mitrale dont le bord droit est en ligne 
-directe avec le bord droit de Toroillette gauche, je dirigerai 
donc mon incision vers le mil lieu de l'espace qui sépare l'ar- 
tère pulmonaire de l'oreillette gauche. 

Abdomen. — En examinant les viscères abdominaux, il faudra 
avoir soin de réserve?^ pour la fin ceux dont Vexlraction pourrait 
nuire à r examen subséquent des autres. Si par exemple on 
onlevait le foie le premier, on ne saurait éviter de couper les 
veines cave et porte et de souiller de sang tous les autres vis- 
cères. On procédera donc dans l'ordre suivant : 1^ Omentum, 
2o rate, 3^ rein gauche avec sa capsule et son ui*etère, miêmes 
^organei du côté droit, 4^ vessie, 5^ organes génitaux, 6o rectum, 
'70 duodénum et estomac, 8» conduit cholédoque et veine porte, 
90 vésicule biliaire et foie, lO^^ pancréas, 11^ mésentère, 12ogros 
et petit intestin, 13^ gros vaisseaux sanguins et chjlifères et 
ganglions lymphatiques. 

La plupart de ces organes devront être examinés in situ 
avant d'être enlevés. 

Une foule de circonstances peuvent nécessiter un change- 
ment d'ordre, mais il faudra toujours se guider sur le principe 
que je viens d'énoncer. 

Il peut sembler à plusieurs plus avantageux d'enlever d'a- 
bord l'intestin et il n'y aurait pas vraiment grand inconvénient 
à en agir ainsi, surtout s'il était distendu par des gaz ou des 
matières fécales ou fécal oïdes. 

Quand aux extrémités qu'il n'est pas toujours nécessaire 
-d'examiner en détail, je crois inutile de m'y arrêter, il me 
faudrait pour cela entrer dans des considérations d'anatomie 
pathologique que ne comporte pas mon sujet. Permettez-moi, 
cependant, pour terminer, de vous communiquer quelques 
remai*ques du professeur Beneke de Marburg qu'on ne trouve 
pas dans les ouvragci classiques. 

1'^ Avant la puberté l'aorte a un plus grand diamètre que 
l'artère pulmonaire. Après cette époque c'est le contraire qui 
-existe. 

2o Chez l'homme adulte le volume des poumons est infé- 
rieur à celui du foie, chez la femme adulte c'est le contraire. 

3'^ Chez l'homme le volume des deux reins est moindre que 
xelui du cœur, chez la femme il est plus considérable. 

40 Le volume du cœur augmente subitement à la puberté. 

5'> Le calibre des artères iliaques diminue pendant les trois 
f>remiers mois de la vie. 



l'union médicale du canada 253P 

60. Chez les cancéreux le cœur est gros et puissant, les ar^ 
tères bien développées, mais Tartôre pulmonaire comparative- 
ment petite, le poumon petit, les os et les muscles bien déve^ 
loppés et le tissu adipeux en assez grande abondance. 

7o. La tuberculose pulmonaire est souvent associée à un> 
cœur exceptionnellement petit. 

80. Chez la rachitiques le cœur est gros et bien développé. 

Ce sont là des faits qu'il est bon de se rappeler dans les exa- 
mens cadavériques. 

Après cette longue description on pourrait demander avec 
inquiétude, combien de temps exige une autopsie complète.^ 
Deux ou trois heures, nous dit Virchow. Plus ou moins prO' 
bablement, suivant le cas et les opérateurs. 

Tel est, messieura, le manuel opératoire d'une autopsie ca^ 
davérique. Le praticien n'a pas bien souvent, en ce pays, l'oc- 
casion de faire des ouvertures et nos écoles, je dois le constater, 
ne donnent pas à cette question toute l'importance qu'elle mé- 
rite. Mais comme chacun peut être appelé, par ses clients ou 
par la loi à s'acquitter de ce devoir, il importe de se tenir prêt 
a y faire bonne figure. Certaines causes célèbres nous ont 
laissé à ce sujet de bien désagréables souvenirs et de salutaires 
avertissements. La société me pardonnera, en considération 
de l'importance du sujet, la longueur de cette étude pour la- 
quelle je ne réclame d'ailleurs que le mérite d'une bonne com- 
pilation. C'est déjà quelque chose de compiler certains au- 
teurs allemands. Si vous en doutez, je vous engage à en fairer 
l'expérience sur le petit manuel d'autopsies cadavériques de 
Virchow; ouvrage admirable quand on l'a compris. 



COMMUNICATION. 



Chirurgie. 

\ 

La passion de rdtade doit Atre* 
subordonnée aax droits de l'hu- 
manité.— Dr Babsues. 

LES OPÉRATIONS CHIRURQICALX8 A LA VILLE ET A LA CAMPAONEr 

MM. les Rédacteurs^ 
Au cours de votre article éditorial (No, de Mai der- 
nier), vous dites : " Cotte question importante de la supériorité 
*^ de la campagne sur nos villes, devons-nous la résoudre dans 
" un sens amrmatif " ; puis vous entieprenez courageusement 



-254 l'union médicale du oanada 

'de faire de M^ontréalun Eden, un baucage embaumé, pur, frais, 
ombragé, délicieux enfin; nullement vicié par les miasmes et 
les émanations nocives ; " qu'il 7i'estpas dans Vordi^e divin que 
*' la vie y soit plus exposée qu'à la campagne.'' Elle n'est pas 
seulement poétique votre entreprise, elle a presque des préten- 
tions méthapbysiques ; c'est trop brillant, je n'ose vous suivre 
si haut et si loin, je me contente des froides et arides régions 
de la science réelle. 

Je vous concède très volontiers qu'il n'est jamais entré dans 
le plan providentiel que, dans le petit coin de terre que M. de 
Maisonneuve a choisi pour y établir Montréal, la vie y fut plus 
■exposée qu'ailleurs ; mais ce que je ne vous concède pas du 
tout c'est que la ville de Montréal ait été construite d'après un 
plan providentiel. Il n'est rien de moins providentiel que la 
•distrioution de ses rues étroites et trop souvent d'une propreté 
fort contestable; que son système de drainage ; que son orga- 
nisation sanitaire; que ses hôpitaux qui ne peuvent légitime- 
ment avoir de prétentions scientifiques et hygiéniques dans 
leur bizarre disposition architecturale. Il y aurait un travail 
important et très utile à faire sur ce sujet. 

Â^ous le savez, Montréal ne figure pas très avantageusement 
dans la statistique comme centre sanitaire. Il a la mauvaise 
habitude de choyer les épidémies qui le visitent assez souvent 
et de leur permettre des ravages qui font le désespoir des fa- 
milles et des médecins qu'il abrite. 

Ce n'est pas faire acte de dévouement personnel et scienti- 
fique que de prétendre que les opérations chirurgicales doivent 
réussii' aussi oien à Montréal ou dans les grandes villes qu'à la 
campagne. C'est dans mon humble opinion une faute grave 
^pour no pas dire plus) que de chercher à entraîner les malades 
de la campagne à se faire opérer dans les hôpitaux des grands 
€entres de population. Habitué à vivre dans un atmosphère 
sain, il est toujours dangereux pour la santé et la vie de l'habi- 
tant de la campagne de se soumettre à l'insalubrité des grandes 
villes. Il me serait bien facile de prouver ce que j'avance ici, 
si j'en avais le temps et l'espace. Ce changement de milieu 
et de conditions sanitaires est surtout et particulièrement fatal 
aux malades. Ce n^est certainement pas mon intention de 
déprécier dans un but de dénigrement les secours nosocomiaux 
que Montréal prodigue généreusement aux malades ; mais y a- 
t-il un seul établissement qui mérite judicieusemeMt et scienti- 
fiquement le nom d'hôpital? Il suffit de jeter un coup d'œii sur 
vos établissements de ce genre pour se convaincre fortement 
que le maçon et l'architecte ont eu plus à faire dans leurs dis- 
positions générales que les médecins, les chirurgiens et surtout 
les hygiénistes. Le métier s'y est substitué à la science. 



l'union médicale du oanada 255 

L^ enseignement de Barnes peut contrarier Tambition, mais 
il est trop solide et ti-op judicieux pour qu'il soit permis de le 
méconnaître. Ce qu'il dit de l'ovariotomie s'applique à toutes 
les grandes opérations chirurgicales, vous le savez. 

Dr D. Marcil. 
Saint-Eustache, 27 mai 1881. / 



ERRATA. 

Dans '* Un cas d'Ovariotomie, numéro de Mai dernier : 8me 
alinéa, lisez " emphatiquement" au lieu de " amphatiquement" ; 
et " entreprise " au lieu de " prise." Page 197, 3me alinéa, 
lisez ''de perforer" au lieu "de ne pas perforer." 



REVUE DES JOURNAUX. 



PATHOLOGUE ET CLINIQUE MÉDICALES. 



De la Dipsomanie.T"!**!' 1^ ^^ Magnan. — Messieurs, nous 
allons étudier aujourd'hui une affection qu'il ne faut pas confon- 
dre avec l'alcoolisme : C'est la dipsomanie. Vous allez voir en 
quoi elles diffèrent. Je vous ai dit, dans notre précédente leçon, 
que les hallucinations alcooliques avaient un caractère pénible; 
c'est le cas de beaucoup le plus commun. Il est très rare, en effet, 
qu'elles prennent un caractère gai et ce n'est que par intermit- 
tences. Elles sont mobiles, généralisées, s'étendent à tous les 
sens et reproduisent les préoccupations ordinaires du malade qui 
présente l'aspect ou mélancolique, ou lypémaniaque, ou stupide. 
Ces hallucinations, au début de l'alcoolisme, se montrent d'aoord 
la nuit, quand l'individu va passer de la veille au sommeil, ou 
loi*squ'il se réveille en sursaut, car alors, la volonté éteinte ne 
peut plus corriger et rectifier les erreurs des sens et les diverses 
•causes d'excitation normale n'existent plus. Rappelez-vous 
aussi qu'il ne faut pas se fier à la période de calme de l'alcoo- 
lique pendant le jour. Si sage qu'il soit à ce moment, où il 
raisonne sainement et où il critique son délire nocturne, il 
peut néanmoins, sous l'influence d'hallucinations nouvelles, 
-commettre dans la nuit des actes dont il est absolument irres- 



256 l'union MIÊDIOALE DU CANADA 

f)on8able. Cela est très important en médecine légale. Pla» 
es accès de délire se répètent, et plus Tétat da malade devient 
grave ; l'intelligence baisse pen à peu, la lypémanie s'établit^ 
la mémoire s'affaiblit, le jugement disparaît, Tétat moral s'af- 
faisse et l'alcoolique, devenu négligent pour ses affaires et sa 
tenue, ayant perdu tout sentiment affectueux pour sa famille^ 
marche plus ou moins vite vers la démence simple ou vers la 
paralysie générale, ne pensant plus qu'à une chose, n'ayant 
qu'un seul souci : boire, et toujours boire. 

Vous verrez qu'il en est tout autrement dans ladipsomanie.. 
La dispomanie n'est pas une entité morbide, ni une monoma- 
nie ; c'est seulement une prédominance de symptômes : '' C'est 
une impulsion, un entraînement puissant contre lequel l'indi- 
vidu ne peut résister et qui le pousse à faire des excès de bois- 
son. " Les anciens auteurs en avaient fait une maladie ; je^ 
vous citerai, par exemple, Salvatori (de Moscou) et Hufeland,. 
qui lui donna le nom qu'elle porte encoi-e aujourd'hui, iisqui- 
rol rapj>ela monomanie d'ivresse. Mais, pour nous, messieurs, 
** la dipsomanie n'est qu'une manifestion d'une mélancolie im- 
pulsive ". Les dipsomanes sont des aliénés en puissance, en 
germe, ayant de fortes racines d'hérédité. Chez les uns, on- 
trouve de l'hérédité convergente double : le père et la mère ont 
été l'un alcoolique, l'autre mélancolique. Souvent un seul des- 
ascendants a été atteint ; quelquefois même il faut remonter 
au grand'père. D'autre part, et ceci est très important, les- 
dipsomanes ont déjà présenté, avant leura accès, des monoma- 
nies d'une autre nature, manie de suicide, d'homicide, manie 
religieuse, démonopathie, etc... Cette affection est donc une 
folie, et avant de boire le dipsomane est déjà aliéné, tandis quo 
l'alcoolique est sain avant de boire et ne devient aliéné qu'après. 

Chez les dipsomanes, les accès sont précédés de tristesse, de 
mélancolie, d'un malaise particulier qui imprime une modifi- 
cation profonde à leur caractère et à leur manière d'être habi- 
tuelle. Puis le désir de boire se manifeste, sous forme d'im- 
pulsion de plus en plus vive à laquelle ils essayent d'abord de 
résister pour un mobile ou pour un autre, soit qu'un sentiment 
de dégoût, soit que leujs idées morales ou religieuses leur 
fassent condamner l'acte vers lequel ils sont portés. Enfin l'in- 
citation devenant plus violente, ils ne peuvent y résister, il» 
ne raisonnent plus, et ils boivent tout ce qu'ils trouvent. Mais 
remarquez bien, messieurs, et c'est un point sur lequel insis- 
tait M. Trélat, que les dipsomanes ne boivent qu'au moment 
de leurs accès, ce qui les différencie des ivrognes, qui boivent 
toujours. 

M. Magnan raconte alors l'histoire d'une pauvre dipsomane 



Ia'union médioalb bu canada 267 

qu'il présente ensuite à l'auditoire. Cette femme, âgée aujour- 
d'hui de 52 ans, avait dans sa famille des antécédents do folie 
convergente double. Son père était ivrogne, son grand'père 
était atteint de manie de suicide et finit par se tuer. Dès Tâge 
de 18 ans, la malade, contrariée par l'opposition de ses parents 
À un mariage qu'elle désirait, tenta de s asphyxier par le char- 
bon : donc monomanie de suicide. Quelques mois plus tard 
elle entre an couvent et se fait carmélite; là, après des excès 
de ferveur, elle a des hallucinations, elle entend la voix des 
anges, elle converse avec Dieu ] puis après de graves irrégula- 
rités dans sa conduite, elle est atteinte de demonopathie pen- 
dant deux ans. Voilà de la manie religieuse bien caractérisée. 
Elle se décide nn jour à quitter le couvent et à rentrer dans sa 
famille, où elle se marie. Mais au bout de quelques mois elle 
devient bizarre, son caractère se modifie, elle est ti*iste, taci- 
turne par excès, elle néglige le ménage et un jour on la trouve 
complètement ivre. Cinq ou six semaines après nouvel accès 
et son caractère devient de plus eu plus irritable; elle veut 
étrangler son mari, le menace d'un couteau, le bat à table de- 
vant plusieurs personnes. Eenvoyée pendant 18 mois chez sa 
mère, elle y recouvre la santé ; elle est reprise alora par son 
mari. Mais bientôt elle est ramassée ivre dans la rue et après 
4 ou 5 nouveaux accès, on se décide à la renfermer dans un 
asile d'aliénés. Elle y resta 3 mois et son état s'améliora sen- 
siblement. Peu de temps après sa sortie, elle rencontra un 
ami avec lequel elle vécat pendant 7 ans; celui-ci, plein de 
sollicitude pour elle, Qt la surveillant de près, note en 7 ans 
80 accès. La malade, se rendant compte de sa triste situation , 
chercha deux fois à se suicider. Eenfermée une troisième fois 
à l'asile et encore améliorée, elle ne tarde pas à être reprise 
de sa manie irrésistible : elle boit plus que jamais, malgré tous 
ses efforts, et devient complètement alcoolique, si bien qu'on 
la i*amène une dernière fois à l'asile Sainte^Anne, où elle se 
trouve encore aujourd'hui. 

La malade raconte alors elle môme comment elle était prise 
de ses accès de dipsomanie et tous les moyens qu'elle em- 
ployait pour ne pas céder à cette impulsion plus forte que la 
volonté. 

Ces accès revenaient généi'alement la nuit, quand la malade 

commençait à s'endormir ; aioi's, réveillée en sursaut, elle se 

sentait poussée à boire les bouteilles do vin qui étaient près 

d'elle sur sa table de nuit. Elle résistait d'abord en essayant 

de se rendormir. L'incitation devenant plus forte, il n'était 

pas de moyens qu'elle ne mit en usage pour ne pas succomber, 

mêlant au vin de la bouteille les liquides les plus amers et les 

17 



258 l'union méokialb du canada 

Î>lus repoussants, jusqu'à dos matières fécales; malgré cela, 
'impulsion continuait et bientôt, ne raisonnant plus, elle sai- 
sissait les bouteilles et buvait : puis arrêtée par Tâcre saveur 
du liquide, elle le laissait un instant : mais elle recommençait 
jusqu'à ce qu'elle eût achevé la bouteille. Elle devenait alors 
complètement ivre, et, à lu fin, atteinte de délire alcoolique, 
elle voyait, dit-elle, des araignées, des chauves-souris, des ani- 
maux fantastiques autour de son lit ; toute la série, en un mot, 
des hallucinations alcooliques. 

Ce qui caractérise la dipsomanie, c'est ce retour paroxys- 
tique de l'impulsion à boire, impulsion qui n'est pas isolée, re- 
marquez-le bien, mais toujours précédée et accompagnée d'un 
sentiment de tristesse, de découragement, d'impuissance à 
continuer le travail, de malaises dyspeptiques. Le malade a 
la sensation d'un poids, d'une barre sur l'estomac. Il a de l'in- 
somnie, des cauchemars, des rêves fatigants et, le désir impé- 
rieux de boire survenant, il s'y abandonne avec fureur. Les 
premiera verres amènent un état d'apaisement, de soulagement, 
de bien-être funeste puisqu'il engage le dipsomane à continuer 
jusqu'à ce qu'il tombe dans l'ivresse complète : alors tout est 
bon, les boissons même les plus désagréables, et pour s'en pro- 
curer, le malheureux se sert de tous les moyens ; il quitte son 
domicile et court de maison en maison, laissant chez les mar- 
chands de vin tout ce qu'il a sur lui, jusqu'à ses vêtements, 
pour assouvir ses affreux besoins. Puis arrivent pour les uns 
les phénomènes de l'ivresse comateuse, pour les autres la phase 
d'excitation véritablement redoutable, cai; alors ils sont pous- 
sés à des actes de suicide ou d'homicide dont ils ne sont plus 
responsables. 

Les accès de dipsomanie présentent une très-grande variété : 
comme durée, ils se prolongent pendant quinze jours même, 
dans certain cas; 2o. comme fréquence, les uns se renouvellent 
tous les quinze jours, d'autres cinq ou six fois par an, quelque- 
fois plus rarement encore. La menstruation, la grossesse ont 
peu d'importance sur leur reproduction. 

Le pronostic est très-grave, puisqu'on a affaire à des folies 
intermittentes paroxystiques qui. peuvent pousser le malade 
aux actes les plus graves, et qui se renouvellent constamment. 
Le traitement consiste à traiter les phénomènes d'excitation 
qiii suivent l'accès, on donne alors du bromure de potassium. 
On agit contre l'état gastrique par les amers, etc. Mais ce qu'il 
y a de mieux pour les dipsomanes, c'est la séquestration, c'est 
l'asile et la surveillance, qui les calme, qui éloigne les accès, 
qui leur enlève la faculté de céder à leurs fstcheuses impulsions 
et arrête par là la reproduction de nouvelles attaques de folie. 



h*XSmOV MÉDICALE DIT CANADA 259 

TI est donc néecssaire de maintenir ces malades dans les mai- 
sons d'aliénés, où ils resteront plus ou moins longtemps, sui- 
vant la gravité de Taffection et les conditions particulières qui 
îeur permettent de reprendre la vie commune, mais ils de- 
TTont toujoura être surveillés. — Le Praticien. 



Indications pathologiques des cures de lait.— a. 

^ures de iait dans lei affections générales. — Les cures de lait 
-ont été appliquées primitivement dans les affections tubercu- 
' ieuses ; or il est à remarquer que c'est précisément dans les 
gastrites et les dyspepsies d'origine tuberculeuse, que ce ré- 
gime convient le moins; loi'sque les malades sont arrivés à 
cette période caractérisée par l'anorexie absolue, par le dégoût 
•des aliments solides quelconques, par les vomissements succé- 
dant aux quintes de toux, par la difficulté de digérer, c'est 
alors surtout que le lait paraît devoir être utile, et cependant 
il n'en est rien. Il semble au contraire qu'il convient plutôt 
au début de la maladie, à l'époque qui réclame les corps gras, 
l'huile de foie de morue; c'est comme aliment de combustion, 
c'est-à-dire en raison de la graisse et du sucre de lait, qu'il agit 
alors efficacement; la partie azotée du lait, la caséine, bien que 
d'une peptonisation incontestablement facile, devient d'une di- 
gestion difficile, en raison des acides lactique et butyrique qui 
se forment aux dépens du sucre de lait, et d'une autre part, en 
i*aison de la graisse qui entrave la digestion stomacale. 

b. Dans les dyspepsies urémiques et uricémiques. — Un autre 
genre de dyspepsies de provenance générale, c'est la dyspepsie 
rénale Qi Vurémie gastro- intestinale, qui en est la conséquence; 
dans ces conditions la cure de lait présente une incontestable 
utilité. On l'a employée également dans les cachexies, parti- 
culièrement dans la goutte chronique, accompagnée ou non de 
dyspepsie. 

c. Dans les hydropisies^—Tie triomphe du lait est dans les 
hpdropisies en général, rénales ou cardiaques ; il agit atitre 
de diurétique. 

C'est même là le point de départ de son emploi dans les 
affections du cœur sans hydropisies. Le professeur Potain a 
insisté sur cette médication dans certaines lésions cardiaques, 
surtout du cœur droit, qui proviennent de la néphrite. De 
même aussi, dans les hypertrophies cardiaques passagères pro- 
venant de dyspepsies, cette application est parfaitement logique, 
si la cure de lait convient aux affections dyspeptiques; or co 
D'est pas là un axiome, mais n'est-il pas arrivé à mon distingué 



260 l'union médicale au CANi^DA 

CQllôgne de constater Tinverse, c'est-à-dire des di^teiwfons ga- 
zeuses sous rinfluencede la dyspnée cardiaque ou asthmatique^, 
véritables tympanites résultant de la fatigue du diaphragme,, 
véritable météorisme mécanique, qui existe sans la moindre - 
trace de dyspepsie ; dans ces cas, pas de lait. 

d. Ulcères de V estomac, — Parmi les maladies de Testomac, la? 
seule qui réclame énergiquement le lait, c'est Tulcère de Vesto- 
mac (Cruveilhier) ; de là on a argué en faveur du lait dans- 
toutes les maladies des organes digestifs^ inflammations- 
chroniques, entérites, dyspepsies hépatiques et même caneer. 

On n'a varié pour tous ces états si divers que la quantité de- 
lait, et sa qualité ; on a prescrit tantôt des cures exclusives,, 
tantôt on a remplacé le lait de vache par du lait de chàvre,. 
surtout dans les diarrhées, ou par le lait d'ânesse, surtout dans- 
les atonies intestinales. 

Dans Vukere de l'estomac^ l'incontestable supériorité d» lait 
tient à des raisons physiologiques qu'il s'agit de motiver forte- 
ment, pour qu'on n'en fasse ni une panacée, ni un remède- 
empirique : 

lo. Sa qualité de liquide alimentaire fait qu'il ne pi'ésente* 
pas de fragments volumineux comme la viande, durs corame^ 
f'albuminoïde coagulée de l'œuf, anguleux comme la croûte d& 
pain dume ; il n'a donc rien d'agressif pour les ulcères, qu» 
sont ouverts, ou en voie de cicatrisation. 

2o. Sa consistance molle le fait pour ainsi dire glisser de 
l'estomac dans l'intestin ; son séjour dans l'estomac ne sauraii^ 
se prolonger, les caillots de caséine, eux-mêmes, soit purs, soit* 
mêlés de graisse, s'échappent facilement, entraînés par le- 
liquide, à travers l'ouverture pylorique, qui s'entrouvre si fré- 
quemment pendant la digestion, ec souvent dès le début,. 
c'Jest-à-dire dix à quinze minutes après l'ingestion des ali- 
ments; dès lors il ne pèse pas, comme l'on dit, sur Testomac ;. 
loin de là, il ne l'occupe même pas, il n'utilise même pas ses- 
fonctions; il trouve en cttét dans l'intestin le 8uc intestinal 
qui digère la caséine, et transforme le sucre de lait en glycosie;. 
il ti*ouve là le suc pancréatique, qui peptonise encore plut» 
merveilleusement la caséine, ainsi que les albuminates du lait, 
et qui de plus émulsionne la graisse ; il rencontre enfin dans 
la ^vité duodénale, la bile, qui complète l'émulsionnement, et 
fa,cilite singulièrement l'absorption de la graisse par la mem- 
brane qui couvre la villosité intestinale. 

3o. Le lait dispense de tout autre aliment dans l'ulcère de 
l'estomac, et c'est là un avantage immqp;ise', de sorte qu'il 
n'est plus question de demi-cures ou de cures mixtes ; mais à 
un moment donné le dégoût arrive, et force est aloi*s de le 



l'union MfiDIGALE DU CANADA 2^1 

^remplacer par des palpes de viande crue, ou d'aatres aliments 

• de digestion facile, et dépoarvas de tout élément consistant, 
•<5oriace, etc.; j'ai connu un jeune médecin, très distingué, qui 

-a vécu de lait pendant trois ans ; puis ramaigrissement se ma- 
nifesta, et le lait lui inspira une véritable répulsion ; il fallut 
•œsser; il se nourrit alors, d'après mes conseils, exclusivement 
de viande crue réduite en pulpe, et mêlée ou non avec de la 
-confiture; il vécut ainsi deux ans; puis il reprit le lait, qui 
fut impuissant pour empêcher une hémorrhagie mortelle. 

4a D'autres raisons physiologiques viennent s'ajouter aux 
précédentes pour démontror l'utilité du lait; elles seront dé- 
veloppées à Poccasion du traitement des dyspepsies. 

€. Cure âe lait dans le traitement des dyspepsies gastriques. — 
Laissons maintenant les ulcères de Testomac, ainsi que les 
atonies intestinales, qui seront étudiées d'une manière spé- 

• ciale, pour arriver à pi-éciser le rôle du lait dans la diététique 
des antres maladies de l'estomac. Je récuse le lait dans le 
cancer^ il est rare que cet aliment ne subisse pas dans l'esto- 
mac une fermentation lacto butyrique ; je récuse le lait dans 
les dyspepsies à mucine, avec enduits de la langue, anorexie; 
je le rét^erve pour les dyspepsies simples, et pour les dyspep- 
sies vaeomotrices. Voici les raisons physiologiques : 

lo. Peptonisation lecale. — La caséine exige bien moins 
» d'acide gastrique que la fibrine et l'albumine, pour se peptoni- 

• eer. Il est démontré que sous le rapport de la peptonisation, 
on doit établir une série graduée descendante entre les divers 
albuminates usuels, sans parler du gluten, de la gélatine, de la 
nucléine, de l'hémoglobine, qui résistent singulièrement; la 

' classification doit commencer : a) par l'albumine de l'œuf, qui 
■exige un degré d'acidité considérable pour se peptonit=er ; b) 
puis vient la musculine; c) la fibrine du sang se peptonise 
plus facilement, c'est celle qui sert de prototype; d) mais 

• c'est surtout la caséine qui exige la moindre intervention du 
suc gastrique, le moins d'acido et le moins de pepsine ; e) à 

•côté de ia caséine, on peut citer la légumine, qui a la plus 
grande analogie de composition avec la caséine animale, et la 
même facilité de peptonisation, si bien que Schutzenberger et 

• d'autres chimistes l'ont dénommée la caséine végétale. 

2o. Pas de dyspeptone. — Par cela même qu'elle exige moins 

' d'acide pour se transformer, sa peptonivSation ne s'arrête pas 

en chemin, et on ne trouve pas de parapeptone, c'est-à-dire de 

• syntonine, qui n'est que le produit de l'acidification des albumi- 
inates en général. Ainsi digestion complète dans l'estomac, à 
: moins que les fragments de caséum ne soient entraînés par le 

liquide lacté dans l'intestin, oii le pancréas digère parfaitement 
Ha caséine. 



262 l'union médioale du oanada 

3o. Âlbuminose et lacto-protéine. Peptones, — Outre la caséine,:, 
il y a dans le lait une petite quantité d'un corps albaminoïde^. 
variable selon l'espèce de lait et qui n'a ni les réactions de 1& 
caséine, ni celles de Talbumine. Un antre corps bien autre- 
ment important, c'est l'albuminose de Bouchardat, et la lacto- 
protéine de Millon et Commaille ; ces corps, d'après Kii*schner, 
sont identiques à la peptone, car ils ne précipitent ni par la? 
chaleur, ni par les acides. — Préformés dans le lait, ou en 
partie aux dépens de la caséine, ces substances peptonoides • 
s'absorberaient directement, sans avoir eu à subir la moindre 
modification digestive ; c'est un avantage réel, mais la quan- 
tité de ces principes est minime, elle ne dépasse pas un 
millième. 

4o. Graisses. — Le lait, a dit Soxhlet, n'est qu'une émulsion 
de graisses par les albuminates alcalins; cette émulsion se 
compose de gouttelettes libres et non entourées d'enveloppes, 
comme on le croyait ; or cette division émulsive facilite sin- 
gulièrement l'absorption de la graisse, celle-ci ne présente 
nulle part une pai'eille forme, et par conséquent une si grande 
facilité à pénétrer dans les membranes. Le beurre qui existe 
également sans être enveloppé d'une membrane, se prête à la 
résorption mieux que les autres graisses. 

5o. Le sucre de lait prédomine sur tous les autres éléments 
dans le lait écrémé, c'est-à-dire privé de graisse et de caséine ; 
sa fermentation lactique se pi^uit directement. Les autres 
sucres sont d'abord convertis en glycose, et celui-ci une fois • 
formé fermente en alcool. x 

60. Les sels du lait de vache sont principalement des triphos- 
phates calcaires. Comme la caséine est plus considérable - 
dans ce lait, comme elle est tenue en dissolution par les phos- 

Ï phates, on s'explique aisément le surplus de phosphates par 
'excès de caséine. Or nous savons que la caséine se digère • 
facilement^ et que les triphosphates calcaires sont solubles. 

f. Dans les cas d'anorexiCy comme cela a lieu dans les 
dyspepsies nervovasculaires, le lait n'exigeant aucun effort de- 
mastication est accepté par le malade. 

Pour toutes ces raisons la cure du lait dans les dyspepsies • 
s'explique aisément; mais dans la généralité des cas, les 
pepsinogènes, l'eau de Yichy et l'alcool sont indispensables, et 
supérieurs; ils réveillent les forces digestives assez. pour qu'oa< 
puisse recourir à une nourriture variée, substantielle et exci— 
tante; que les malades préfèrent.. 



l'union MÉJDIGALB du CANADA 263 

Gorabilité et traitement de la phthisie pulmonaire. 

— Leçons faites à la Faculté de Médecine^ p'ïr Jacooud. — Paris, 
Delahaye, 1881. — Voici un bel et bon livre que nous croyons 
devoir recommander à nos confrères. Nous estimons qu^ls en 
retirerons de précieux enseignements pour le traitement de 
cette cruelle affection, que le médc cin rencontre tous les jours 
sur sa route. Nous nous bornons à en donner un compte-rendu 
très sommaire; un tel ouvrage se lit, mais ne s'analyse pas. 
Les trois premières leçons sont exclusivement consacrées à 

démontrer la curabililé de la phthisie. Ce n'est pas sans motifs 
que Tauteur s'occupe longuement de ce point, n est consolant, 
pour le médecin comme pour le malade, d'entendre un homme, 
de la valeur de Jaccoud, énoncer la proposition suivante : " la 
" phtisie pulmonaire est curable à toutes ses périodes; voilà la 
" notion féconde qui domine toute l'histoire de la maladie, qui 
** doit inspirer et diriger incessamment l'action médicale." 

L'auteur s'occupe ensuite du traitement prophylactique; 
après avoir exposé les' signes indicateurs de l'opportunité de 
ce traitement, il montre que le médecin doit tâcher de remplir 
deux indications principales : la première tirée do la débilité 
constitutionnelle, la seconde tirée de l'insuffisance pulmonaire. 
La débilité constitutionnelle sera principalement combattue 
ar le séjour à la campagne, un régime alimentaire approprié, 
es exercices de gymnastiques, le choix d'une bonne résidence, 
les voyages sur mer, enfin l'hydrothérapie. Il insiste sur ce 
dernier moyen, pour lequel on se montre souvent trop timoré 
chez les sujets prédisposés à la tuberculose. 

Afin de remédier à l'insuffisance pulmonaire, M. Jaccoud dit 
qu'il n'existe que deux moyens: c'est le séjour dans l'atmos- 
phère raréfiée des hauteurs et l'aérothérapie. L'auteur attache 
une grande importance à ce dernier procédé, pour la réalisa- 
tion duquel on doit avoir recours soit aux appareils transpor- 
tables (Walden bourg), soit, quand on en a à sa disposition, 
aux bains d'air comprimé. " Je vous recommande avec insis- 
" tance, dit-il, l'emploi des méthodes aérothérapiques ; leur 
" efficacité est bien propre à faire accepter le léger ennui qui 
" résulte de l'assujettissement quotidien qu'elles imposent ; car 
" rien ne peut les remplacer comme agents de développement 
" de l'activité fonctionnelle des poumons. Le médecin qui 
*' néglige l'emploi de cette méthode lorsqu'elle est indiquée 
" commet une faute qui peut avoir des conséquences graves ; 
'* car il rejette ainsi une des armes les plus puissantes du trai- 
" tement prophylactique " 

Le savant professeur de Paris consacre ensuite quatre leçons 



s 



264 l'union médicale du oanada 

aa ti*aitement coralif. An point de vue hygiénique, il revient 
encoi'e ear les deux procédés^ qu'il a déjà préconisés comme 
remèdes préventifs ; je veux parler de Thydrothérapio et de 
Taérothérapie. Pour ce dernier, voici ce quMl en dit: les 
effets ne sont jamais nuls; l'effet minimum consiste dans le 
maintien prolongé des lésions à un état station naire ; d'autres 
fois, on obtient une diminution plus ou moins notable dans 
l'étendue des lésions; enfin, dans quelques cas plus heureux 
encore, on peut constater la disparition totale des lésions et la 
restitution ad intergrum des régions pulmonaires affectées. 

Comme médications, M. Jaccoud pi'éconise les ferrugineux, 
l'huile de foie de morue, la glycérine, l'arsenic, les révulsifs ; 
dans quelques cas, la créosote, l'alcool, le lait médicamenteux. 

Vient ensuite le traitement des complications, telles que la 
fièvre, les désordres des voies digestiv es, les hymoptysies. 

La neuvième leçon comprend la thérapeutique des deux 
formes spéciales de tuberculose, que M. Jaccoud nomme la 
phtisie pneumonique et la granuloso miliaire aiguë. 

Enfin, dans les dernières leçons, l'auteur expose des aperçus 
tout à fait nouveaux et des idées très originales sur le traite- 
ment thermal et le traitement climatérique. Les opinions 
personnelles empruntent une importance toute particulière à 
cette circonstance que M. Jaccoud a voulu s'assurer, par lui- 
même et de visu, dos conditions dans lesquelles se trouvent les 
rinci pales station» thermales ou climatériques où l'on envoie 
es tuberculeux. Dr A. Mœlleb. — Le Scalpel, 



i 



L'écorce de mûrier doit être abandonnée comme 

tœnifùge. — L'écorco de mûrier jouit de la réputation de tœnî- 
fuge depuis Dioscoride ; elle est indiquée depuis des siècles 
dans toutes les listes des médicaments i-éputés capables de dé- 
barrasser l'intestin du parasite. Tantôt c'est le mûrier blanc 
qui est préconisé, tantôt c'est le noir ; et la dose à laquelle on 
doit remployer est même fixée d'une manière assez précise 
par certams autoura, pour qu'on puisse penser que son action 
est relativement puissante. 

Pour se faire, par expérience, une opinion sur sa valeur, un 
de nos médecins de la marine les plus distingué?, M. Bérenqer- 
Féraud (de Toulon) vient d'ex|3érimenter cette écorce et voici 
le résumé de la note qu'il adresse au Bulletin de Thérapeutique 
au sujet de ses essais. 

Dans douze expériences, allant depuis 16 grammes d'écorce 
fraîche provenant d'un arbre jeune et vigoureux, jusqu'à 300 
grammes, M. Bérenger-Féraud n'a pas vu se produire une seule 



/ 



l'union médicale du CANADA 265 

fois xine action tœnifuge ; bien pins, le liquide obtenu par Tin- 
i*u3ion et la macération de cette énorme dose de 300 grammes 
•de mûrier, n'a engendré absolument aucan effet physiologique 
^ppi^ciable. Et cependant ce médicament avait été préparé 
sous la surveillance du Dr Porte pharmacien de première 
'Classe de la marine, et tour à tour 1e l'égime lacté préalable, le 
purgatif huileux, drastique ou salin avait été mis en œuvi*e. 

D'après ses expériences M. Bérenger-Féraud se croit — avec 
juste raison selon nous — autorisé à conclure que l'écorce de 
mûrier blanc ou noir de Toulon n'a aucune action tœnifuge, et 
«omme le mûrier vit en Provence aussi bien et aussi facile- 
ment que dans sa contrée d'origine il est bien probable que 
•dans aucun pays cette écorce n'a une pi*opriété anthelmentique 
plus efficace. — Le Médecin praticien. 



Des avantages du traitement par occlusion dans 

les dermatoses. — M. le Dr Busqubt, de Bordeaux, vient de 
publier sous ce titre un travail intéressant avec observations 
A l'appui qu'il termine par les quelques conclusions suivantes : 

î^ous pouvons donc actuellement, en nous appuyant d'une 
part sur la physiologie de la peau affirmer l'innocuité du pan- 
«^ement par occlusion, alors même qu'il devrait s'étendre à 
toute la sui'face du corps, car il produit une élévation de tem- 
pérature alors que la mort, à la suite du vernissage chez les 
animaux, ne survient que par le refroidissement ; et, en second 
lieu, les observations que nous avons citées nous permettent 
•encore d'affirmer cliniquement l'excellence de ce mode de trai- 
tement. 

Dans les dei'matoses diathésiques, le pansement par occlu- 
sion devra s'accompagner du traitement général. 

Le traitement par occlusion rendra de grands services dans 
les dermatoses aiguës; mais ses l'ésultats seront surtout appré- 
ciés dans les dermatoses chroniques, invétérées, et contre les- 
quelles la plupart des agents thérapeutiques auront déjà 
•échoué. 

Les toiles imperméables sont supérieures aux auti'es modes 
d'occlusion; et parmi ces dernières, nous emploierons de pi-é- 
férence le taffetas gommé d'Angleterre recouvert d'une couche 
<i'ouate, et à cause de la chaleur plus considérable dans laquelle 
il entretient la partie malade, et aussi à causede sa commodité. 

Chez l'enfant, il faudra user de ménagements, ne pas pi-éci- 
j)iter la guérison, et ne jamais pratiquer l'occlusion de toute la 
«urface du corps, dans les cas de dermato^^e généralisée. 



266 l'union médicale du canada 

Nous emploierons le pansement par occlasioa dans la pin- 

Î)art des dermatoses humides, vésiculeuses, pustuleuses, bul- 
euses, eczéma, impétigo, pemphigns, etc.. etc. Nous Tem- 
ploierons encore dans les affections cutanées sèches, formée» 
de squames, d'écaiiles, telles que l'ichthyose, le psoriasis, etc» 
Enfin, nous remploierons dans tous les cas où il sera néces- 
saire de combattre l'inflammation et le prurit. 

— Le Médecin praticien. 



Sur le Sarracenia purpurea et son emploi théra- 
peutique. — En 1861, Morris et Miles avaient vanté sod 
action dans la variole. Bursh, Taylor, Henderson et Griffith 
avaient appuyé cette conclusion ; mais Marson, Haldone, Goy- 
der et Brown, ayant eu à traiter des oas de variole chez des- 
sujets non vaccinés, ne purent reconaître aucune action. En 
sorte qu'il faut conclure, avec notre collègue M. Labbé, qu'il 
n'y a guère à espérer de ce côte. 

Il n'en est peut-être pas de même dans la goutte. 

M. Foucault, médecin de première classe de la marine, fai- 
sant le service à bord des paquebots transatlantiques, entendit 
parler à New-York de cette plante ; il en rapporta et en fit 
prendre à son père atteint depuis longtemps de goutte chro- 
nique 'y il l'employa ensuite avec succès chez plusieurs autres 
goutteux, et fit paraître à ce sujet un mémoire dans les Archives 
de médecine navale, t. XXVII, p. 380, 1877. 

M. Leroy de Méricourt, qui avait été mis au courant de cette 
action du sarracenia dans la goutte par son collègue, l'a em- 
ployé depuis cinq ans dans sa clientèle et se félicite de l'usage 
de cette plante chez des goutteux avérés. 

J'ai, pour mon compte, dit M. Constantin Paul, employé 
cette plante chez trois malades, dont deux sont atteints de 
goutte chi*onique et le troisième de rhumatisme noueux. Les 
résultats que j'ai obtenus sont encore trop restreints pour que 
je puisse affirmer nen de positif; mais, une semblable expé- 
rience ne pouvant guère être faite par un seul médecin, j'ai cru 
devoir signaler à mes collègues ce nouveau remède. — Revue de 
Thérapeutique medico-chii^rgicales. 



locomotrice. — M. le professeur Pitres a fait à 

rhôpital Saint-André de Boixleaux une excellente clinique sur 
ce sujet. Nous croyons intéressant d'en rapporter les conclu- 
sions : 



l'union médicale du canada 26T 

lo La sclérose des cordons postérieurs débute toujours par 
des ti'oubles de la sensibilité ; 

2o Les phénomènes douloureux ont le plus souvent une phy- 
sionomie spéciale qui permet d'établir un diagnostic précoce 
(caractère fulgurant, intermittent, irrégulier, etc.) ; 

30 Les douleui*8 peuvent siéger sur différents points du corp» 
(membres et face, viscères, rachis) ; 

4P Elles précèdent les troubles moteui*s de plusieurs mois ou 
de plusieurs années. 

50 Elles peuvent indéfiniment constituer les seuls symptôme» 
de Tataxie, qui, dans ces cas, mérite mieux la dénomination de^ 
tabès. — Revue de Thérapeutique médico-chii^rgicales. 



Action du café et du sucre sur la digestion sto- 
macale. — M. Leyen vient de communiquer à la Société de bio 
logie les l'ésultats des recherches expérimentales, qu'il vient 
de faire avec notre ami le Dr Sémerie, sur l'action du café et 
du sucre sur la digestion stomacale. 

Il a été frappé de la divergence d'opinion des médecins sur 
Faction du café. Les uns, par exemple, tels que Trousseau et 
Pidoux, considèrent le café comme un excellent digestif;. 
d'autres, au contraire, comme étant très-nuisibles à la digestion. 
Yoici comment M. Le yen a procédé : Il a fait avaler 30 gr. 
de café en poudre dans 150 gr. d'eau à un chien qui venait de 
manger 200 gr. de viande. L'animal est sacrifié trois heures 
après. On trouve la muqueuse de l'estomac pâle, décolorée,. 
profondément anémiée. Les vaisseaux de la surface interne, 
aussi bien que ceux de la périphérie de l'estomac, sont con- 
tractées. 145 gr. de viandes restent non digéi'ées. Donc, 1er 
café ralentit la digestion stomacale. Cela, parce que la con- 
traction des vaisseaux et l'anémie consécutive de la mu- 
queuse, entravent la sécrétion du suc gastrique. L'abus du 
café produira la dyspepsie. Ainsi les Anglais, les Hollandais, 
qui prennent du café, du thé, à hautes doses, sont fréquemment 
dyspeptiques. La répétition fréquente de l'anémie stomacale- 
entraîne un effet contraire : la congestion, état physiologique* 
indispensable à la dyspepsie, d'après M. Leven. 

Le café suractive les fonctions cérébrales. Il a un effet gé- 
néral utile, agréable, et un effet Jocal nuisible. 

Le sucre a été très-incriminé par les médecins chimistes. 
Pour eux, le sucre est une substance dont les effets sont déplo- 
râbles pour les dyspeptiques, M. Leven ne partage pas ces- 
craintes, il cite le cas d un de ses amis, médecin, qui, dyspep- 



268 l'union médioalb dtt canada 

-tique depais deux ans, avait une véritable terreur du sucre, et 
^ui^ aujourd'hui, mange jusqu'à 120 gr. de sucre par jour sans 
«être incommodé. L'auteur a suivi là la même méthode expé- 
rimentale que pour le café. Un chien prend 80 gr. de sucre 
blanc après un repas de 200 gr. de viande. Sacrifié six heures 
.après, son estomac renferme à peine de viande. La muqueuse 
gastrique est rouge, vivement congestionnée. La congestion 
•du foie est notable. Si on ouvre un animal qui a pris 200 gr. 
'de viande et pas de sucre, on retrouve dans son estomac de 90 
à 100 grammes de viande. Le sucre favorise donc la sécrétion 
.du suc gastrique. Le café sucré perd une partie de ses défauts. 
Jl ne faut pas prendre de café non sucré. — Le Médecin praticien. 



Traitement du rhumatisine articulaire aigu par le 

iDeuzoate de soude. — Ti*ouvant une avisez grande analogie 
•entre la composition chimique de l'acide benzoïque et celle de 
l'acide salicylique, le docteur David Macewan a pensé que le 
benzoate de soude pourrait avoir quelques-unes des propriétés 
thérapeutiques du salicylate de soude ; et il l'a expérimenté 
«dans le traitement du rhumatisme articulaire aigu. Les résul- 
tats obtenus sont ont ne peut plus satisfaisants. L'adminis- 
tration de 1 gr. à 1 gr. 30 cent, de benzoate de soude toutes les 
trots heures amène en deux ou trois jours la diminution de la 
•douleur et la délitescence de la fièvre, comme le démontrent 
les observations publiées par le docteur Macewan dans le Bri- 
tish Médical Journal. Ainsi voyons-nous que chez une malade 
«qui avait les épaules, les coudes, les genoux et les hanches 
(prises avec une température de 38o,0 et un pouls à 120, une 
dose d'un gramme de benzoate de soude toutes les ti'ois heures 
faisait dès le lendemain tomber la température à 38o,3 et le 
;pouls à 108. Le troisième jour, le pouls était à 96^ et la tem- 
<pérature à 3*70,2. Le quatrième, le pouls était à 71 et la tern- 
ira ture à 37<>, et le cinquième jour la malade était complète- 
ment guérie ; elle n'avait plus ni douleurs ni fièvre. 

Les autres observations du docteur Macewan sont tout aussi 
•concluantes, et la moyenne de la durée du traitement n'a pas 
•chez ses malades dépassé 4 à 5 jours. 

C'est donc à bon droit qu'il peut donner l'acide benzoïque 
let ses composés comme les succédanés des préparations faites 
;avec l'acide salicylique. — Revu£ de Thérapeu. Méd.-Chirur, 



l'union MÉDIOAIX DU CANADA 269^ 

Injections hjrpodermiqueB d'eraotine pour calmer 

la toux. — Jas Allai) dans le Britisk Médical Journal donne la 
note suivante : L'ergotine en injections hypodermiques à ]» 
dose de 5 à 15 centigr. est un agent d'une grande puissance 
pour atténuer les quintes de toux dans les diverses affections 
des poumons et diminuer les crachats. Au lieu de pi*ovoquer, 
comme certains médicaments, un trouble générai hors de pro- 
portion avec les bons effets qu'ils peuvent produire, Tergotine^ 
ne détermine aucune incommodité. Cependant l'injectioiv 
éveille une irritation locale; administrée sons la peau, elle* 
peut provoquer un abcès : il vaudrait mieux l'enfoncer profon* 
dément dans un muscle, le deltoïde, par exemple. Los effets- 
Eédatifs persistent pendant un jour ou deux. Dans les quintes- 
de toux fatiguantes des phthisiques avancés suivies assez sou- 
vent d'hémoptysies parfois mortelles, l'ergotine est indiquée à 
tous les points de vue. L'ergotine administrée à Tintérienr, à 
doses faibles ou fortes, ne semble pas donner les mêmes résul- 
tats. — Revue de Thérapeutique Médico-Chirurgicale. 



PATHOLOGIE ET CLINIQUE OHIRURGIOALES, 



Des abcès de la marge de l'anus ;— Symptomatologio 

et traitement. 

Les abcès profonds de la marge de l'anus peuvent avoir de» 
origines trôs-diiférentes. Il y a les abcôs stercoraux qui sont 
la conséquence de quelque aitection chronique du rectum, can- 
cer, rétrécissement, etc. ; il y a les abcès urineux qui se forment 
à la suite de lésions de l'urèthre, de la prostate ou de la vessie ^ 
enfin, il y a les abcès ossifluents qui tiennent à quelque altéra- 
tion des os du bassin ou de la colonne vertébrale. 

Mais, en dehoi*s de ces abcès symptomatiques, il en est 
d'autres encore dont l'origine est toute locale, et c'est de ceux* 
là que je veux parler aujourd'hui, et principalement des abcès 
du pourtour de l'anus. On les divise en deux grandes classes ; 
1» les abcès supei'ficiels, et 2» les abcès profonds. Enfin on 
peut aussi rencontrer dans la peau de la même région, de petits 
abcès comme des clous, des abcès tubéreux, sous-dermiques 
qui ont souvent pour point de départ une petite glande. Ce» 
petits clous forment une classe à part, ils ne sont jamais suivis 
ni de fistule ni de décollement de la peau. Ils restent intra- 
dermiques ou sous-dermiques. 



2*70 l'union médicale du oanada 

lo Les abcès superficiels se développent dans le tissa cellu- 
laire sous-cutané; ils sont très-fréquents et sont souvent le 
résultat de la présence des hémorrhoïdeS) ou de quelque écor- 
«hure, de quelque petite excoriation. Jls sont caractérisés par 
une tuméfaction superficielle, circonscrite, suppurant plus ou 
moins vite, leur fluctuation est facile à percevoir; ils ont une 
grande tendance à décoller la peau du pourtour de Tanus et à 
s'étendre vei*s la muqueuse et vers ses valvules internes, à 
l'union de la peau et de la muqueuse rectale. C'est là en effet 
<que l'on rencontre le plus souvent les fistules consécutives à 
<;es abcès. 

Quelquefois le point de départ est l'inflammation de ces val- 
vules, une lymphangite de voisinage auxquelles succèdent 
iibcès, décollement et fistule. 

2o Les abcès profonds, eomme chez le malade qui est le sujet 
-de cette leçon, ou péri-anaux proprement dits, sont ceux qui 
peuvent s'ouvrir sur la muqueuse rectale dans un trajet limité 
par les sphinctei*s. L'anus n'est pas un simple anneau, il doit 
être considéré comme un cylindre d'une hauteur de 4 à 5 cen- 
timètres, limité par les deux sphincters interne et externe. 
<]î'e8t autour de ce cylindre que se montrent les abcès péri- 
anaux. 

Ces abcès peuvent être plus ou moins considérables et s'éten- 
dre en arrière jusqu'au coccyx, en avant jusqu'au périnée, et 
latéralement jusqu'aux tubéi*osités et latéralement jusqu'aux 
tubérosités ischiatiques, remplissant alors les fosses ischio- 
rectalos. Leur volume est variable. 

Ils ont souvent un début insidieux, lent, pouvant mettre des 
Jours et même des semaines à se montrer. Chez notre maladie, 
il a débuté un mois après le traumatisme qui en a été la cause 
— un coup assez violent — il a débuté par une sorte d'induration, 
et ce n'est que plus tard que celle-ci s'est accompagnée de dou- 
leurs lanciaantes. Les choses ont ainsi duré pendant plusieurs 
semaines sans changement de coloration de la peau, sans 
œdème, ni inflammation. La région malade était dure et résis- 
tante, ce qui distingue ces abcès profonds des abcès superfi- 
ciels. La fluctuation était difficile à trouver. Cependant la 
douleur aiguë déterminée par la pression dans un point circons- 
crit nous a permis de reconnaître la présence du pus. 

Cette induration persistante tient à la nature des tissus ou 
l'abcès s'est développé, tissu cellulo-gi*aisseux que recouvre 
une trame fibreuse qui forme une sorte de cuirasse protecti*ice 
de la peau. C'est à cette trame même que ces abcès doivent 
de se développer plus facilement dans les parties profondes, de 
fuser en profondeur, et la résistance qu'elle présente est une 



l'union médicale du CANADA 271 

caase de décollement et de fusées purulentes dans une direction 
déterminée à l'avance, c'est-à-dire soit en avant du côté du 
périnée, soit sur les côtés de Tanus vers la face externe du 
sphincter d'où l'abcès peut s'ouvrir dans l'anus, soit enfin, ce 
qui est beaucoup plus rare, en arrière et en dehors sur le boi*d 
inférieur du grand fessier vei*s la tubérosité ischiatique. 

Les abcès profonds s'accompagnent de difficultés pour le 
malade à rester assis ou à marcher, de gêne et de douleurs 
dans la défécation ; les contractions do l'anus et du rectum 
«ont douloureuses ainsi que la miction ; les efforts de toux, si 
le malade a quelque affection pulmonaire, provoquent aussi de 
vivres douleurs.' 

Quant aux phénomènes généraux, ils sont les mêmes que 
<ians toute affection inflammatoire. 

Les causes sont de plusieurs ordres. Ce peut être la consti- 
pation donnant lieu à des déchirures ou à de petites érosions 
de la muqueuse anale et à une lymphangite consécutive. Les 
hémorrhoïdes sont aussi une des causes les plus fréquentes, par 
leur dilatation ampullaire, qui devient assez facilement le siège 
d'une thrombose, d'une coagulation sanguine, et la dégénéres- 
cence du caillot est souvent le point de départ d'une périphlé- 
bite et d'un abcès superficiel ou profond, selon que l'hémorr- 
hoïde elle-même est superficielle ou profonde. 

Enfin il y a encore une cause très- importante, c'est la tuber- 
•culisation pulmonaire qui est admise aujoui*d'hui par la plupart 
des chirurgiens.Ces abcès chez les tuberculeux sont fréquents ; 
quelques fois ils accompagnent let» ulcérations de la muqueuse 
du rectum et font suite à la diarrhée des tuberculeux. Chez 
d'autres, l'abcès survient sans ulcérations intestinales préa- 
lables, alors même que la tuberculisation pulmonaire ne s'est 
pas encore manifestée d'une façon apparente, l'abcès précède, 
-dans ces cas, les signes de la tuberculose. C'est ainsi que j'ai 
soigné un étudiant en médecine pour un abcès du périnée, dont 
l'apparition avait précédé de peu les premières manifestations 
de la tuberculisation pulmonaire. L'examen histolopique de 
ces abcès n'a pas encore été fait, mais tous les faits cliniques 
démontrent avec la plus grande évidence que dans ce cas on a 
affaire à des abcès tuberculeux. 

La maladie peut se terminer soit par résolution, soit par 
fistule. 

Dans le premier cas, il reste pendant longtemps un noyau 
induré, qui le plus souveut redevient le siège d'une nouvelle 
inflammation. On doit savoir, en effet, que ces abcès sont 
eujets à récidiver deux ou trois fois ainsi jusqu'à suppuration. 

Le pus de ces abcès affecte une odeur fétide, particulière, 



2*72 l'union médioalb du oanada 

fécale; aussi avait-on cm longtemps qu'il existait quelque 
ulcération ou quelque perforation de la muqueuse anale qui 

Ï)er mettait le passage des liquides ou des gaz intestinaux dan» 
e foyer purulent Mais aujoui*d'hui Ton sait que cette odeur 
Î)eut exister sans perforation ni communication de l'abcès avec 
e tube intestinal, on a parlé alors de phénomènes d'endosmose, 
de filtration à travers les pai*ois. La vérité est qu'il est fort 
diflicile de se prononcer encore sur cette question. 

La terminaison par fistule est très-fréquente, en raisoiv 
même de la disposition de la région envahie par l'abcès, l'in- 
flammation entraînant une perte de substance ; les parois rap- 
prochées éprouvent de grandes difficultés à rester accolées, 
d'autant plus que les contractions de l'anus et du rectum amè- 
nent forcément des déplacements continus. 

Le décollement de la peau pi*édispose aussi à la formation 
de trajet fistuleux à la suite des abcès superficiels, car la peau 
dans ce cas est amincie, violacée, altérée et, au moindre ti*avail 
ulcératif, il se fait de petites perforations autour du point que^ 
l'on a incisé. 

Les abcès de la marge de l'anus sont très-importants à recon- 
naître de bonne heure pour éviter leur extension. L'induration, 
la tuméfaction, une douleur aiguë à la pression, enfin une fluc- 
tuation profonde seront les signes auxquels on les reconnaîtra 
facilement. 

Le traitement se déduit du diagnostic même de la maladie, 
et le point où la douleur est le plus aiguë est celui où Von 
devra opérer avec le bistouri quand même la tumeur ne serait 
pas encore fluctuante. Il est urgent d'opérer de bonne heure,, 
de ponctionner ou d'inciser la tumeur même avant toute fluc- 
tuation. 

Lorsque l'on perçoit nettement la fluctuation, il faut inciser 
largement suivant le sens an téro- postérieur: mais comme un& 
seule incision ne suffit pas toujours, il est utile d'en pratiquer 
une seconde qui, partant du point le plus saillant de la tumeur^ 
se dirige vers l'anus et forme ainsi avec la première un véri- 
table T. De plus, si la peau est décollée, on la fend avec des 
ciseaux dans la direction de son décollement. 

Ceci dit, il me reste à vous résumer en quelques mots l'his- 
toire du malade qui a été l'occasion de cette leçon. C'est un 
garçon boulanger âgé de 27 ans, qui jouissait ordinairement 
d'une bonne santé, un peu pâle, — la pâleur anémique des bou- 
langers. — Comme antécédents, nous ne trouvons qu'une blen- 
norrhagie, il y a un peu plus d'un an, qui a très-bien guéri sans 
laisser après elle aucun rétrécissement du canal de l'urèthre. 
Cet homme a fait une chute violente sur la région périnéale. 



l'union MiDICALB DU CANADA 273 

cinq semaines environ avant son entrée à l'hôpita], et ce n'est 
qu'un mois après cette contusion, qu'il a senti une sorte d'em- 
pâtement douloureux, à fluctuation douteuse, au niveau de la 
marge de Tanus. Nous l'avons incisé néanmoins le jour même 
de son entrée, et cette petite opération a donné issue à un pus 
phlegmoneux, sans aucune odeur particulière, d'une coloration 
un peu foncée par le sang épanché à la suite de la contusion. 
L'incision ayant été reconnue un peu trop petite pour évacuer 
complètement la poche purulente, je l'ai agrandie avec les 
ciseaux. La douleur a presque aussitôt disparu. Il y a aujour- 
d'hui trois semaines que l'opération a été faite, aucun accident 
n'est survenu; la plaie bourgeonne convenablement et tout 
annonce une guérison complète et pi*ochaine. — Le Praticien. 



Traitement chirurgical de l'anthrax. La Société de 
Chirdboie. — La séance tout entière a été consacrée à cette 
question et les opinions les plus opposées se sont fait jour ; 
nous ne ferons donc pas un compte-rendu proprement dit, nous 
extrairons seulement des diverses coramunirations ce qui 
peut intéresser le praticien. 

M. Labbé fait observer que chaque chirurgien a sa manière 
de traiter les anthrax et en a obtenu des succès : les uns n'y 
touchent pas, se contentent d'applications émollientes. La 
plupart incisent sur ou sous la peau. En réalité, tout le monde 
peut avoir raison, cela dépend des cas. Cl iniquement, il y a 
diverses sortes d'anthrax. Il y en a auxquels il ne faut paâ 
toucher, ainsi que le recommande M. Tillanx ; d'autres, qu'on 
peut traiter par l'incision «ruciale ou par le procédé de M. A. 
Guérin (incision sous-cutanée), d'auti*es enfin qu'il convient 
d'enlever comme s'il s'agissait d'une tumeur. Prenons pour ex- 
emple ranthï*ax de la nuque. Si Ton voit au début une tumeur 
munie d'un grand nombre de petites ouvertures par les- 
quelles la moindre pression fait sourdre du pus, on peut être 
sûr qu'un pareil anthrax guérira par tous les moyens. 

A côté de cette variété, s'en présente une autre un peu plus 
grave, où il est nécessaire, pour obtenir l'évacuation du pus, 
de détruire par incision les petites brides qui séparent les 
foyers les uns des autres : ces anthi*ax-là peuvent être traités 
par la méthode sous-cutanée de A. Guérin. 

D'autres anthrax ont une dureté considérable, ils peuvent 
être traités par des incisions multipliées dépassant bien la 
limite du mal et que l'on badigeonne avec de la teinture d'iode 
étendue, ainsi que le conseille M. Boinet. 

18 



\ 



2Ï4 l'union médicale du canada 

Enfin, il est un certain nombre d* anthrax ligneux extrême- 
ment durs, où les bourbillons sont séparés par des intervalles 
de 4 ou 5 centimètres de tissu pour ainsi dire lignifié. Il est 
impossible, dans certains cas, que le malade suffise à Télimi- 
nation d'une pareille masse, elle doit être extirpée. L'ablation, 
conseillée déjà par M. Broca, sauve un certain nombre de ma- 
lades qui, sans elle, succomberaient infailliblement. Un jour 
je suis appelé auprès d'un vieux médecin de Paris, atteint d'un 
antbrax qui avait déjà subi plusieurs incisions sans qu'on fïït 
arrivé à rien faire sortir. Il était absolumeat mourant, la tu- 
meur était énorme, j'arrivai jusque sur les muscles du cou et 
coupai plusieurs filets nerveux qui produisirent une insensibi- 
lité limitée à ce côté de la tête. Aussitôt après l'extirpation, 
la fièvre tomba, et notre vieux confrère se rétablit. 

M. Desprès pense, avec les vieux cbirurgiens, que les anthrax 
qui guérissent après les incisions eussent aussi bien guéri si 
1 on n'en eût pas fait. Voici à cet égard sa statistique : sur 8 
anthrax gros comme la main, il n'y a eu que 2 décès, et encore 
chez des diabétiques. Si l'on incise l'on augmente la mortalité 
de la gravité propre aux incisions, il peut se produire des 
phlébites, et très-souvent des hémorrhagies rebelles, c'est 
même pour les arrêter et non-seulement afin de pixxiuire un 
effet révulsif, que l'on conseille de cautériser le fond des inci- 
sions avec un fer rouge. 

M. Trélat pense aussi que les divers anthrax réclament une 
thérapeutique variable, le difficile, c'est de reconnaître les in- 
dications; il rend justice à l'incision sous-cutanée de M. A. 
Guéri n, que les Allemands se sont contentés de modifier légè- 
rement. 

M. Tillaux. Il y a un certain nombre d'anthrax, à la nuque 
surtout, oiîl les incisions hâtives ne servent à rien. Certains 
de ces anthrax ont une marche pour ainsi dire fatale, ils vont 
d'une oreille à l'autre, et de la protubérance occipitale à la 
septième vertèbre cervicale. Ceperidant l'incision est utile à 
une certaine période; alors que l'on sent nettement la fiuctua- 
tion, on doit inciser si le foyer purulent ne se vide pas bien. 

M. Labbé fait observer que Nélaton incisait quand même 
vers la fin de sa pratique, il ne faut donc pas le représenter 
comme un partisan de l'abstention absolue. 

M. Anger rappelle que l'incision en croix de Nélaton était 
complétée par la dissection des lambeaux jusqu'à ce que ceux- 
ci fussent mobiles sur les parties profondes. 

M. Marjolin insiste sur la nécessité de faire de grandes inci- 
sions et de bien dépasser les limites de la tumeur. 

M. Vemeuil. Sur 100 anthrax, il y en a environ 80 qu'il 






l'union médicale du canada 2*75 

iaut laisser tranquilles. Il y a deux indications pour interve- 
nir : lo si Tanthrax est douloureux ; 2o s'il ne se limite pas 
lui-même. On ne sauve d*anthrax chez les diabétiques que 
lorsqu'on les débride, parce que ces anthrax ne se limitent pas 
' d'eux-mêmes. Le thermo-crutôre est l'instrument à employer 
de pi'éférence. Voici un fait entre beaucoup d'autres: Un jeune 
homme fonctionnaire de la Faculté vient un jour à la Pitié et 
•s'adresse à M. Pozzi pour son père, qui, diabétique au plus 
haut degré, était atteint d'un anthrax. L'état du malade était 
«i grave qu'il ne reconnut même pas son fils. Le thermo cau- 
tère fut employé pour faire de nombreux débridements ; im- 
médiatement, les phénomènes généraux s'amendèrent et le 
malade revint à la vie. 

Il no faut pas croire que cette opération soit rapidement 
•effectuée, bien au contraire ; il faut au moins 20 minutes pour 
pratiquer l'incision circulaire et les incisions transversales en 
rayons au nombre de 6 à 10 tout autour de l'incision circulaire. 
J'ai vu les vomissements cesser et la fièvre tomber immédiate- 
ment après; l'effet de la cautérisation ainsi faite est réellement 
extraordinaire. Il est bien entendu qu'on emploie en même 
temps le pansement antiseptique, les pulvérisations phéni- 

quées, etc 

M. Boinet. J'ai toujours réussi dans le traitement des au- 
-^ thrax volumineux en faisant des incisions en étoile à 7 ou 8 

branches dans toute l'étendue de la tumeur et de la zone voi- 
sine. Puis je met des flèches de pâte de Canquoin et, le 
deuxième ou le troisième jour, les flèches étant enlevées, je 
panse avec de la charpie imbibée de teinture d'iode étendue de 
«on volume d'eau. Les lambeaux de tissu cellulaire gangrené 
ne tardent pas à tomber et la guérison à s'effectuer. J'ai obtenu 
ainsi des succès constants chez des diabétiques rendant de 40 
à 84 gr. de sucre. — Le Praticien. 



Ulcères chroniqries, bons effets des scarificalions linéaires ; 
par Balmano Squire. — Peu de personnes savent que la guéri- 
son des ulcères les plus invétérés (d'une espèce au moins) est 
rapidement et sûrement obtenue à l'aide des scarifications 
linéaires. Ce mode de traitement, que j'ai fait connaître dans 
ce journal, il y a quelques années, comme applicable au lupus 
ordinaire non ulcéré, a été assez généralement adopté, pour 
cette affection, en Angleterre et à l'éti-anger j mais on ignore 
encore qu'un ulcère à granulations volumineuses baignées de 
pus, peut, avec le plus graud avantage, être hardiment attaqué 
par cette méthode. 



2*76 l'union médigalb du canada 

Une expérience répétée me permet de proclamei* avec co»-- 
iiance le bénéfice qui en résulte pour les ulcères qui consti- 
tuent révolution ultime de la maladie connue sous le nom de* 
Lupus vulgaris. Je crois que la guérison rapide de ces inter- 
minables ulcères lupeux à l'aide de ce procédé, est due à 
Taction profonde du stimulus^ — profondeur d'action exigée par 
le siège relativement profond de la lésion. On sait, en enet,. 
que les solutions et les quasi-caustiques (tels que le nitrate - 
d'argent solide) qui n'attaquent directement ou même indirec- 
tement que les surfaces, ne donnent jamais de résultat rapide 
et convenable. Il y a d'autres ulcères chroniques semblables 
à ceux du lupus, au moins en ce sens que leurs granulations * 
prennent des racines également profondes dans le derme. Je - 
n'ai pas eu l'occasion de traiter ces variétés d'ulcère chronique 
les plus connues, depuis qu'on a cessé de les considérer comme - 
des maladies de la peau. Cependant mon expérience, autant 
que j'ai pu l'étendre, me porte à croire que les ulcères chro- 
niques peuvent retirer le plus grand bénéfice du moyen que - 
j'indique. L'instrument que j'emploie depuis longtemps est- 
un scarificateur multiple, construit pour moi par MM. Weiss^ 
& Son, et dont le modèle est connu de tous ceux qui s'occupent- 
spécialement du traitement des maladies de la peau. Grâ^^e k 
lui, la petite opération peut toujours être rapidement exécutée- 
— Brit, mèd. joum. et union méd. 



Moyen de rendre les applications de cautère- 

insensibles. — Les applications de cautère au moyen de la 
potasse caustique s'accompagnent parfois de douleurs excessi- 
vement vives. Pour les éviter, M. le professeur Peter a re- 
cours à des pulvérisations d'éther pratiquées sur le point où 
l'application doit être faite. Cette pulvérisation peut être faite 
avec le premier appareil venu, avec ceux si simples et d'un si 
minime prix, dont on se sert pour répande des eaux parfumées 
dans les appartements. 

L'insensibilité obtenue est suffisante pour que le malade 
n'éprouve aucune souffrance pendant toute la durée del'actiont 
du caustique. — Revue de Thérupeutique médico-chirurgicale. 



l'ctnion médicale du canada 27T 

OBSTÉTRIQUE ET GYNÉCOLOGIE. 



De rôclampsie puerpérale, par le Dr James Mubpht. 
— Les attaques eonvulsives pendant la grossesse ou J'accouche- 
rjnent, écrit notre canfrère dans The Lancety peuvent être dues 
.à rhystérie, l'épilepsie, l'apoplexie, ranémie (après hémorrha- 
:gie profuse), la choiémie et d'autres causes; le plus souvent, 
-cependant, dans ces cas de convulsions, T urine contenait de 
l'albumine ; cela est tellement vrai, qu'en pratique, lorequ'a- 

Î)rès examen soigneux, on ne trouve pas d'albumine dans 
'urine, on regarde le cas comme n'étant pas l'^clampsie puer- 
pérale, dans fucception propre du mot. 

Sur 131 femmes examinées par Litzman, 38 avaient de l'al- 
bumine dans l'urine et 7 eurent des attaques ; parmi ces der- 
♦nières, un grand nombre rendaient des urines où l'on ne ren- 

• contrait pas tous les élément normaux de ce liquide: ainsi 
.' l'urée qui se trouvait alors dans le sang en quantité trop consi- 

• dérable jusqu'à 1 pour 960. 

Elles souffrent souvent de troubles visuels et l'excitabilité 
particulière du système nerveux les pœdispose à l'éclampsie 
puerpérale. 

Proportion d'après 
Schrœder, 1 pour 500 accouchements. 
Cazeaux, 1 pour 485 *' 

Lever considère comme cause de l'albuminurie, la pression 
' exercée par l'utérus sur le rein et ses vaisseaux ; de là, con- 
. gestion. 

Halbei'tsma dit que la compression porte sur les artères. 
Ces deux théories paraissent vraisemblables à cause de la 
rapidité avec laquelle elle disparaît après l'accouchement. 

jj'auteur admet la théorie de Frerichs, partagée par Braun ; 
c'est à-dire la décomposition de l'urée en carbonate d'ammo- 
niaque produisant les attaques convulsives : le chloroforme 
"diminuerait les convulsions, parce que après son administra- 
tion, il y a du sucre dans le sang, et que le sucre gêne la dé- 
«composition de l'urée en acétate d'ammoniaque. C'est la théo- 
xie chimique. La théorie mécaniqud de Traube et Bosenstein 
fini semble aussi très-rationnelle. L'appauvrissement du sang 
-.par la parte de l'albumine (hydrémiej et l'hypertrophie du 
^ventricule gauche qui augmente la pression sanguine; de là 
' œdème du cerveau, qui bq manifeste par du coma quand c'est 
..'le cerebrun (circonvolution) qui est œdémateux, et par descon- 
^vulsions, quand t^e sont les parties centrales. 



2Ï8 L*UNION MÉDICALE DU CANADA 

La pression, en effet, est encore augmentée à chaqire doif— 
leur par les efforts de la femme, le sang se charge d*acide car- 
bonique parce que la femme ne respire plus bien pendant les 
maux, et parce que tous les muscles sont en état de contrac- 
tion. Ce sont, du reste, des théories qui ne sont nullement 
prouvées. 

Traitement préventif à établir chez les femmes albuminu- 
riques, — Diète lacté, légumes, pas de viandes. — Acide ben- 
zoïque. — Jus de citron pour neutraliser le carbonate d'ammo- 
niaque. 

Quand Texudation commence dans les tubes de Bellini, ab- 
sorber beaucoup de liquides ; quand Turine est trouble, eau de 
Vichy ou de Seltz. — Pilules de tannin ou d'aloès. 

Le colchique, le perchlorure de fer et le jalap sont aussi 
utiles. 

Il ne faut faire Taccouchement prématuré que dans les cas 
les plus graves. 

Traitement des attaques cCéclampsie, — !«> Médical — Empê- 
cher la femme de tomber du lit sans cependant arrêter ses 
mouvement ; prévenir la moreure de la langue. 

Chloroforme, ou injection de morphine, ou lavement de * 
chloral. 

La saignée produit une amélioration passagère, mais bientôt 
la quantité de sang redevient la même, seulement le sang est 
plus aqueux que précédemment. Les déplétions sanguines à la . 
région du rein ont rendu service à Tautenr. Si les narcotiques 
ont échoué, y a-t-il quelque chose à faire ? Le Dr Lange rap- 
porte le cas suirant : 

" Une secondipare fut admise a la clinique d*Heidelberg 
avec œdème, albuminurie et éclampsie, elle fut délivrée par le 
forceps ; la saignée, la glace, Les lavemements de morphine, le 
chloroforme n'avaient rien &it. Après 22 accès, on ût la 
transfusion du sang, la femme guérit. " 

2<> Obstétrical— Bans Vmtévèt de Tenfant, il faut appliquer 
le forceps, si la tête est engagée. Sii les attaques semblent pro- 
duites par la pression de la tête de If enfant, il faut recourir à 
la version ou au forceps, quoique ces deux manœuvres aug- 
mentent encore momentanément les accès.-Ié Médecin praticien. 



Nouvelle application de l'électricité aux accou-^ 

chements. — Le Dr Apostoli, pourauivant le cours de ses 
intéressantes études d'électricité, lit un mémoire sur le sujet 
précédemment énoncé, que nous pouvons- résumer ainsi :. 



^ 



l'union JIÉDIOALX du CANADA 2*79 

" Toute métrite ou engorgement utérin a pour facteur initial 
presque constant un an*êt d'involution de Tutéras; je propose, 
comme moyen pi*ophyiactique de cette affection si commune 
H la suite de couche, le nouveau moyeu thérapeutique suivant, 
que je formule ainsi : 

Etant donnée une femme qui vient d'être délivrée d'un enfant 
à terme ou non, j'applique imédiatemment et séance tenante à 
son utérus un courant faradique ou induit engendré par une 
bobine à fil gros et court, et à intensité progressivement crois- 
sante ; je renouvelle cette opération de huit à dix fois pendant 
six jours en moyenne, après un accouchement à terme et nor- 
mal ; quinze à vingt fois en moyenne pendant dix à quinze jours 
après une fausse couohe, ou un accouchement laborieux. — J'ai 
pour but d'aider, de hâter et de compléter l'involution utérine, 
pour abréger la convalescence et prévenir toutôs les complica- 
tions qui résultent de son arrêt ou de sa lenteur. 

L'étude de 32 cas observés depuis donx ans, parmi lesquels 
11 fausses couches et 21 accouchements à terme, pour lesquels 
j'ai fait au total 500 électrisations de l'utérus à l'état de gravi- 
dité et de puerpéralité, me permet de tirer les conclusions sui- 
vantes : 

1o La faradisation de l'utérus est toujours absolument inof- 
fensive ; 

2» La faradisation est un calmant et un sédatif constant ; 

30 La faradisation abrège considérablement la convalescence 
en accélérant l'involution ou le retrait de l'utérus, que l'on ne 
sent plus au-dessus du pubis, par le palper profond, du sixième 
au huitième jour en général ; 

4P La faradisation accélère le retour et rexei*cice régulier do 
toutes les fonctions ; \ 

5» La faradisation préserve la femme do toutes les compli- 
cations utérines qui sont le fait de l'accouchement; 

60 La faradisation est le vrai traitement préventif des dévia* 
tions utérines, suites de couches, comme la rétroûexion ou la 
rétroversion ; 

7<> La faradisation m'a paru diminuer l'écoulement lochial ; 

80 Etant donnée la même dose de faradisation, la contracti- 
lité utérine est très variable et est en raison invei*se de son 
inertie; 

90 L'action de la faradisation sur l'utérus comparée à celle 
du seigle ergoté est manifestement plus prompte et plus éner- 
gique. 

En résumé, je propose l'introduction dans la thérapeutique 
obstététricale de la faradisation utérine après tout accouche- 
ment : lo parce que c'est une merveilleuse méthode par son 



280 l'union médicale du oanada 

application simple, son dosage facile, son action rapide et éner- 
gique, toujours inoffensive, qu'on peut interrompre et renou- 
veler à volonté ; 2« parce que son but immédiat est de restaurer 
la femme le plus prompte ment possible ; et son but éloigné, de 
prévenir toute complication utérine ultérieure." — Revu^e de 
Thérapeutique Médico-Chirurgicale, 



Traitement de rhémorrhai^e " postpartum. "— 

Voici, d'après un long travail publié dans Ta Revue des mala- 
dies des femmes^ le résumé du ti*aitement rationnel préconisé 
par le D^ Engelmann : 

A. — Taitement préventif après rétablissement du travail. — 
1. Sérieuse attention à chaque détail et stricte application des 
règles de l'obstétrique dans chaque cas de travail. 

2. Admisnistration d'une dose complète d'ergot lorsque la 
tête franchit Torifice vaginal. 

3. Si rhémorrhagie menace, suivre le fond de l'utérus avec 
la main fortement appliquée. 

4. Extraire le placenta par la méthode de Ci^édé, et étreindre 
fortement avec la main le fond de l'utérus. 

B. — Traitement de Vémorrhagie déclarée. — 1. Manipulation 
externe, pression et friction avec la main froide ou avec de la ^< 

glace. 

2. Ergot. — Le mieux en injections sous-cutanées, une ou deux 
bonnes doses, tandis qu'on augmente les manipulations. 

3. Indroduction de la main dans le vagin, et, si les contrac- 
tions ne se produisent pas, aller jusque dans l'utérus ; extrac- 
tion des caillots et irritation de la surface interne afin de sti- 
muler les contractions. 

4. Administration sous-cutanée d'éther. 

5. Glace ou vinaigre avec la main dans la cavité utérine; 
on peut essayer ce moyen ; mais s'il ne réussit pas, ne pas 
persister. 

6. La douche d'eau chaude qui, si elle ne provoque pas la 
contraction désirée, stimulera au moins la malade et nettoiera 
la cavité utérine : de sorte qu'elle offrira ainsi un remède sans 
danger et très efficace. 

T. Le perchlorure de fer.— On peut en faire usage alors que 
l'introduction de la main et l'injection sous-cutanée d'étber 
auront échoué ou après l'essai de la douche d'eau chaude ; mais 
dans les cas désespérés on doit y avoir recours de suite sans 
perdre de temps à tenter les autres moyens moins puissants. — 
Revue de Thérapeutique Médico-Ghirurgicak. 



'V 



l'union médicale du CANADA 281 

NOTES DE THÉRAPEUTIQUE. 
La noix de coco contre le tœnia.— Dans les Antilles, 

la noix de coco est le remède populaire contre le tœnia, et son 
«efficacité a été démontrée par le Dr Martiali, chef du service 
médicel au Sénégal. Une noix de coco (coco crucifera) du poids 
"de 5 onces est ouverte ; Tamande est extraite, râpée, et, trois 
heures après son administration, on donne une dose d'huile de 
ricin. Le ver sort cinq à six heures après la prise de la noix 
-de coco. Dans neuf cas, oii ce remède fut administré, le résul- 
tat fut complet. — Revue de Thérapeutique médico-chirurgicales. 



Traitement de l'atonie gastro-intestinale, du t^m- 
panisme et de la dyspepsie flatulente. — Voici les 

moyens recommandés par G. Sée, de sa récente monographie : 
lo Substances absorbantes, craie ou phosphate calcaire avec 
-une poudre amère comme le colombo, selon la formule suivante 

Craie lavée f -. 

Magnésie calocinée |** ^ 

Poudre de colombo 3 ss 

Poudre de vanille gr. xv 

A prendre une demi-cuillerée à café avant chaque repas. 

2o Purgatif salin de temps à autre. 

30 Teinture de noix vomique, 5 à 10 gouttes à prendre dans 
orne cuillerée de café noir ou de liqueur, à la fin du repas, ou 
bien, 0,20 centigrammes de Calabar. 

Ou bien : 

Vin de gentiane 3 ix 

Vin de rhubarbe 3 iij 

Alcooiot de racides d'aconit 9 i j 

.Essence d'anis gr. xv 

Une gi*ande cullerée à la fin du repas. 

40 L'arsenic sous forme de gouttes de Fowler (6 à chaque 
repas) réussit parfois. 

60 Douches sulfureuses chaudes, plus tard l'hydrothérapie. 

60 Saison thermale à Plombières. 

70 L'électricité constitue un des plus puissant*? moyens d e 
l'atonie, soit en tant que faradisation des téguments de Tépi- 
^astre, soit comme courants continus ; on applique le pôle 
•anode sur l'épigastre, l'autre sur la colonne vertébrale. — Revue 
de Thérapeutique médico-chirurgicales. 



282 l'unionI^hédicale du canada 

Solution contre l'asthme. — iTrousseaa). 

Eau distillée ^ iij 

Arséniate de soude ..*. gr. j 

Teinture de cochenille 20 gtt. 

M. * 

Une cuiller de café avant chaque repas soit 2~milligr. 1^ 
d'arséniate sodique. 

Liniment contre le sciatique. — '(Yzeta). 

Huile d'olives 3 viij 

Essence de téréhenth g i j 

Ammoniaque liquide ,^ j 

Teint.de catharides 3 iv 

M. S. A. 

Potion contre la fièvre typhoïde. — (Murchison). 

Acide chlorhydrique 14 à 20 gtt. 

Sulfate de quinine gr. ij à iij 

Infusion de digitale 3 ss 

Teinture d'oranges amères 3 ss 

Sirop simple 3 sa 

Eau 40 gr. 

M. S. A. 

Pour une dose tous les quatre heures. 



lodure d'éthyle et pilocarpine dans l'asthme.— Le 

Dr Brower a employé avec succès l'iodure d'éthyle après avoir 
vu échouer tous les médicaments. Le patient était un enfant 
de 15 ans, qui avait hérité de cette afteciion nerveuse. La dose 
employée fut de six gouttes. Le médicament diminua les 

Earoxysmes et augmenta l'intervalle entre leur apparition, 
e Dr Burkhart trouve que la pilocarpine donne d'heure'ox 
résultats dans les cas d'asthme compliquée de bronchite chro- 
nique. — Revue de Thérapeutique Médico Chirurgicale. 



l'union médicale du CANADA 283' 



L'UNION MEDICALE DU CANADA 

MONTREAL, JUIN 1881. 

Comité de Rédaction : 

Messieurs les Docteurs E. P. Lachapelle, A. Lamarche 

ET S. Lachapelle. 



Assemblée semi-annuelle du Bureau des Gouver- 
neurs du Collège des Médecins et Chirurgiens 
de la Province de Québec. 



L'assemblée semi-annuelle da Bureau des Gouverneurs a eiL 
lieu le 11 mai y à Montréal, dans les salles de la Faculté de Mé- 
decine de rUniversité-Laval. 

M. le Dr Howard, pi*ésident, au fauteuil. 

Lès Gouverneur suivants étaient pi'ésents : Le D^ S. P. 
Howard, Président ; MM. les D" E. H. Trudel, F. W. Campbell ,. 
E. P. Lachapelle, X. Perrault, R F. Rinfret, C. Rinfret, Lanc- 
tot, Robillard, Marsden, Austin, Church, Mignault, Lafontaine,. 
Gibson, Laberge, Rousseau, Kennedy, Belleau, Ladouceur, 
Rodgers, de Saint-George, Lemieuz, Marmette, Desaulniers,. 
Hingston et Prévost. 

Le Secrétaire fait lecture d'une lettre du Secrétaire du Col- 
lège Bishop, par laquelle il informe le Bureau, que le Dr David 
est forcé par l'état de sa santé de résigner sa charge de gouver- 
neur et que le Dr Kennedy a été choisi par cette institution' 
pour la représenter au Bureau. 

Proposé par THon, C. Church, secondé par le Dr Marsden,- 
que le Bureau regrette la cause qui force le Dr David à rési- 
gner et que tous les membres de ce Bureau, ses anciens collé- 
gués, lui présentent leui*s sympathies et leurs vœux les plus 
sincères. — Adopté à l'unanimité. 

Le Dr Kennedy est présenté par le Dr J. B. Gibson. 

Après lecture du rapport des assesseurs, le Dr Marden attire^ 
l'attention sur le fait que le règlement qui limite à trois jours- 
le temps de service des assesseurs est en contradiction avec 1»* 
loi et donne avis de motion à l'effet d'amender ce règlement. 



284 l'union médioalb du oanaba 

On donne lecture d'un protêt par lequel TEcole Victoria 
«'oppose à ce que le Bureau accorde la Licence aux gradués 
^e la Faculté de Médecine de rUnivereité Laval à Montréal. 
Après une discussion animée, il est décidé que le Collège con- 
tinuera, comme par le passé, à accorder la licence aux gradués 
<le8 quatre institutions mentionnées dans l'acte médical, jusqu'à 
^eque les cours de justice aient décidé la question en litige. 

rour — 18. Contre — 5. Eefusent de voter — 3. 

La Licence provinciale est accordée aux MM. suivants : 

Université-Laval, Québec. — J. Pelletier, St-Charles de Belle- 
•ohâsse ; A. F. Poulin, Arthabaska; W. E. Blagdon, St-Philippe 
de Xéry ; E. Poirier, St-Cyrille. 

Université-Laval^ Montréal. — A. Gaboury, St-Martin ; J. A. 
-Cardinal, Napierville ; Alf. Savard, St-Eustache ; J. H. B. Jean- 
nette, Bringham ; R. Trancheraontagne, St- Louis de Gonzague. 

Collège Bishop. — W. C. McGillis, Montréal ; E. Q. Cai-dana, 
Porto Rica. 

Collège McGilL — G. W. Gernon, Marieville; J. C. Shanks, 
Huntingdon ; "W. A. Shufelt, Knowlton ; J. W. Ross, Wenthrop ; 
H. Lunam, Litchfield ; R H. Newburn, Drummondville ; B. 
T. McDonald, Montréal ; T. L. Brown, Ottawa ; H. E. Poole, 
Kazubuzaa. 

Collège Victoria,— IS., Legault, St- Armas ; A. J. Prieur, St- 
Anicet; J. Asselin, Joliette; E. Fourniei', Monti-éal; A. Mar- 
tin, Iberville ; P. E. Marier, Terrebonne ; E. Lalonde, Mont- 
réal ; G. L. Laforest, St-Liboire; J. A. Soulaixi, Québec; W. 
Beaudet, St-Grégoire d'Iberville ; J. G. Leduc, Montréal; J. L. 
•Carignan, Gentiily; E. Yoisart, Pointe-du-Lac ; T. Hamelin, 
5te-Angôle (Trois-Rivières) ; 0. Fauteux, St-Simon ; S. B. Ber- 
^eron, St-Etienne. 

De plus : MM. E. Tremblay, Nicolet; L. Ii'win, M. R. C. S., 
London ; A. M. Gibson, M.D.* L. R. C. P., et S. Ed. M. R. C. P., 
Ont., Massawappi ; C. S. Fenwick, Montréal. 

Le Dr Campoell demande si le Bureau peut, d'après la loi 
actuelle, accoi"der la licence aux porteurs de diplômes univer- 
taires qui ont subi leur examen final avant quatre années 
révolues depuis la date de leur admission à l'étude de la méde- 
cine. L'opinion de la majorité est que, dans ce cas, le Bureau 
n'a pas le droit de donner la licence. Un comité est nommé 
pour s'enquérir de la question et faire rapport à la prochaine 
assemblée. 

M. Lamirande, l'officier chargé par le collège de poursuivre 
«ceux qui sont en contravention avec la loi médicale, donne 
lecture de son premier rapport semi-annuel. Ce rapport permet 
de constater un travail actif et persévérant et constate qu'ua 



\ 



l'union médioalb du canada 28& 

grand nombre de délinquants ont été forcés de s'enregistrer^ 
que plusieurs médecins, qui avaient négligé jusqu'à ce jour de 
prendre la licence à laquelle ils avaient pourtant droit, ont été 
forcés de se la procurer ; que plusieurs jugements ont été obte- 
nus contre les charlatans, et que plusieurs procès sont encore 
pendants. 

Il est décidé que le Bureau publiera, à certains intervalles^ 
un tableau contenant les informations nécessaires concernant 
le collège à l'usage des étudiants ou autres intéressés. 

Et la séance est levée. 

Une magnifique collation, offerte par les gouverneurs rési- 
dant à Montréal, A leurs confrères étrangers à la ville, termina* 
agréablement l'assemblée semi-annuelle. 



[Extrait de la Gazette Officielle^ 21 mai 1881.] 

Tarif médical, tel que proposé et adopté unanimement par 
les gouverneurs du Collège des Médecins et Chirurgiens 
de la province de Québec, représentant la profession mé- 
dicale, respectueusement soumis à l'approbation et sanc- 
tion de Honneur le Lieutenant-Gouverneur en Conseil (1) : 

Visites du jour, de 8 A. M. à 9 P. M., n^excédant pas im demi 

miUe $ 2 00 

Visites la nuit, de 9 P. M. à 8 A. M., n'excédant pas un demi 

mille 4 00 

Visites, chaque mille additionnel de jour 50 

Visites, chaque mille additionnel la nul t 1 (X) 

Détention pendant une journée 20 00 

Détention pendant une nuit 25 QO 

Consultation au bureau, avec prescription, le jour 2 00 

Consultation au bureau, avec prescription, la nuit 3 00 

Consultation avec examen spécial 5 00 

Consultation avec confrère 5 00 

Consultation par lettre entre médecins 10 00 

Certificat de santé ordinaire 5 00 

Certificat de santé avec rapport attesté 8 00 

Certificat avec rapport aur la maladie et la mort 5 00 

Examen post mortem (externe)... 5 00 

Examen post mortem a<vec autopsie 10 (X) 

Accouchements ordinaires, soins subséquents extra. 15 00 

Version, application des forceps, extraction du placenta, soins 

subséquents extra 30 00 

(1) Par une disposition spéciale de la loi médicale, ce tarif ne sera en 
force que six mois après sa pablicatioD dans la Gazette Officielle^ c'est-à- 
dire, le 21 novembre procham. [Note Edit.j 



•2S6 l'union médicale du cânaea 

Avortement; accouchement prématuré, soins subséquents 

«xtra 15 00 

Pans le cas d'accouchement avec une sage-femme le prix sera 

comme pour l'accouchement 

Cathéterisme, cas ordinaire 3 00 

(liaque application subséquente 1 00 

Vaccination, vénésection, extraction de dent, iryection hypo- 
dermique, etc ^ 1 00 

Introduction de la pompe à estomac 5 00 

A ppUcation des vantouses, sangsues, se tons, moxa,Tampons,etc. 5 00 

Chloroformisation ou autres anesthésiques 5 00 

Réduction de ft'acture de la cuisse 25 00 

Réduction de fracture de la jambe ou du bras 20 00 

Réduction de dislocation de la cuisse 50 00 

Réduction de dislocation de la jambe ou du bas 25 00 

Amputation de la cuisse 100 00 

Amputation de la jambe ou du bras 50 00 

Hernie étranglée, opération 100 00 

Hernie, réduction par le taxis 25 00 

Lithotomie, lithotritie 200 00 

Ovariotomie 500 00 

Trachéotomie 30 00 

Cataracte 100 00 

Ablation du sein 50 00 

Amygdalotomie 10 00 

Amputation des doigts ou orteils 10 00 

Autres opérations majeures non désignées 100 00 

Autres opérations mineures non désignées 25 00 

Les frais ci-dessus sont pour Topération seulement ; les ser- 
vices subséquents seront extra, 

POUR LES DROGUES ET REMÈDES. 

Mixtion ou potion jusqu'à deux onces (2) $0 25 

Mixtion ou potion jusqu'à quatre onces (4 ) 50 

Mixtion ou potion jusqu'à huit onces (8) 1 00 

Poudres, d'une à six (1 à 6) 25 

Poudres, de six à douze (6 à 12) 50 

Une boîte de pilules d'une douzaine 50 

Pilules, chaque douzaine additionnelle 25 

Lotions, injections, etc., quatre à seize onces (4 à 16) 50 cts. à 1 00 

Liniments ou embrooations, de quatre à huit onces (4 à 8).50 cts. à 1 00 

Vésicatoires, emplâtres, etc 50 cts. à 1 00 

Onguent, boîte d'une once 25 cts. à 50 

Quand on ee sert de remèdes coûteux, les frais seront aug- 
mentés selon leur valeur. 

L. Larue, Bégisîrateur, 
(Vraie copie,) C. M. & C. P. Q. 

Ph. J. Jolicœur, 

Assistant-secrétaire de la Province de Québec, 



l'union médicale du canada 28T 

Société Médicale de Montréal. 



Séance du 23 avril 1881. 

M. le Dr B. P. Lachapelle, président, au fauteuil. 

Après la lecture et l'adoption des minutes de la dernière 
«éance, le Dr Brosseau propose, secondé par le Dr Lamarohe, 
que le Dr D. Marsil, de St.Eastache, soit admis membre actif 
de la Société Médicale de Montréal. — Adopté. 

Le Dr Louis D. Mignault, de Montréal, est aussi admis 
membre actif de la Société sur motion du Dr Filiatrault, 
secondé par le Dr Berthblot. 

M. le Dr Marsil donne lecture da rapport d'un cas de kyste 
ovariqae pour lequel il a pratiqué avec succès l'opération de 
l'ovariotomie. (Ce travail a été publié dans la livraison de mai 
de V Union Médicale, 

M. LE Président remercie, au nom de la Société Médicale, 
M. le Dr Marsil pour l'intéressant et utile travail dont il 
vient de donner lecture et rend hommage au talent et à Tha- 
bilité dont a fait preuve M. le Dr Marsil en pratiquant Topé- 
ration dont il vient d'exposer le rapport. 

MM. les Drs Brosseau, Kingston, Lamarohe et Sévérin 
Laohapelle prennent aussi la parole sur la question. 
V II est ensuite proposé par le Dr C. M. Filiatrault, secondé 

par le Dr N. Fafard, que la Société Mécicale a appris avec 
regret la mort prématurée de M. le Dr E. A. Paquet, un de 
ses membres actifs j qu'en témoignage de leur respect pour la 
mémoire du défunt, les membres de la Société portent le deuil 
pendant un mois, et que copie de ces résolutions soit transmise 
à la famille de M. le Dr Paquet. — Adopté. 

Le Dr N. Fafard donne avis qu'à la prochaine séance il 
proposera M. le Dr A. Savard, de St-Eustache, comme membre 
actif de la Société médicale. 

Et la séance est levée. 



Séance du 13 mai 1881. 

Présidence du Dr A. Ricard. 

Après la lecture et l'adoption des minutes de la dernière 
séance, M. le Dr A. Savard, de St-Eustache, est admis 
membre actif de la société, sur proposition du Dr Dagbnais, 
secondé par le Dr Berthelot. 

Le Dr A. Lamarohe donne lecture d'un travail sur les 
autopsies cadavériques (1). 

(1) Nous publions ce travail dans la présente livraison. 



288 l'union médioale du canada 

M. le Président et MM. les Dus Pprrault, Bbosseau et 
Berthelot prennent la parole sur cette question. 

Le Dr Dagenais propose ensuite qu'une demande soit faite 
aux rédacteurs de V Union Médicale du Canada à Teffet de faire 

f>rofiter la Société des journaux et revues de médecine que 
* Union reçoit chaque semaine. 

Le Dr Lamarohe exprime Tidée que les rédacteurs de 
V Union accéderont sans doute avec plaisir à la demande de la 
Société. 

Sur motion du Dr Brosseau, un comité composé du Prési- 
dent, du Secrétaire et des Drs Dagenais et Lamarche est 
alors nommé pour aviser aux moyens à prendre pour mettre à 
effet la proposition du Dr Dagenais. 

Et la séance est levé9: 



Brochures reçues. 



— Rapport annuel du Surintendant de V Aqueduc de Montréafy 
pour Tannée finissant le 31 décembre 1880. 

— On Unnecessary Surgical Opérations in the treatment of the 
diseases of Women^ by Clipton B. Wing, M.D., Boston. 

— Excision of the rectum for malignant disease, by N . Senn^ 
M.D., Milwaukee. 

— Phthisis Pulmonalis andits treatment with hypophosphites, 
by L. DE Bremon, M.D., New-Yoriî. 



DÉCÈS. 

En cette ville, le 20 mai, M. le Dr Charles Dansereau, â^é 
de 60 ans et 8 mois. 

A Ste-Anne de Beaupré, le 27 mai, de consomption, à l'âge 
de 21 ans, la dame de L. Geo. Bolduc, Ecr., M. D. 



TRAVAUX ORIGINAUX. 



La Pustule maligne. 



LA THÉORIE DE PA8TEUB ET LA MÉDICATION NOUVELLE. 



Pasteur, travaillant toujoui*8 à sa théorio des germes, vient 
de faire une nouvelle découverte au sujet des maladies char- 
bonneuses qui ravagent si souvent nos campagnes, jetant la 
désolation et le deuil sur nos fermes. 

Cette découverte peut se résumer dans la formule suivante, 
qui est la conclusion de son rapport à T Académie des Sciences. 

" De la terre recueillie au-dessus des fosses où sont enfouis 
des animaux charbonneux depuis plusieura années, convena- 
blement traitée, est susceptible de produire le charbon par 
inoculation. Les vers de terre sont les agents qui ramènent 
constamment les germes morbides, de la profondeur des fosses 
à la superâcie du sol, au moyen de leurs excréments. 

M. Colin, si souvent incrédule, a nié le fait; une commission 
académique a été organisée, et M. Yillemain a fait le rapport 
suivant: 

Trois sortes de teiTe ont été expérimentées : 

10 TTce terre recueillie sur une fosse où des animaux char- 
bonneux avaient été enfouis depuis douze ans. 

2o Une terre recuillie sur une fosse où des animaux char- 
bonneux avaient été enfouis depuis trois ans. 

30 Une terre vierge^ c'est-à-dire, recuillie sur de lièrrain où, 
de mémoire d'homme, il n'avait pas été enfoui d'animaux char- 
bonneux. 

Des expériences ont été pratiquées en outre avec des excré- 
ments de vei*s de terre provenant des deux premières fosses. 
Huit séries d'expériences ont été instituées par la commission, 
avec tout le soin et toutes les précautions exigées en pareille 
matière. Toutes furent concluantes en faveur de Pasteur. 

11 résulte de ces faits, qui doivent venir a la connaissance 
publique, par tous les moyens et le plus vite possible, que 
nous n'avons à notre disposition qu'une seule ressource contre 
un mal qui semble pousser avec l'herbe de nos champs, c'est 
l'incinération, c'est le feu. 

19 



290 l'union médicale du canada 

Les aatorités, — le conseil d'agriculture, je suppose, — de- 
vraient voir à ce que des circulaires soient envovées dans 
chaque localité, recommandant la destruction immédiate par 
le feu de tout animal charbonneux. Il faut se mettre à Tœu- 
vre, guetter les travaux de la science, et mettre en pratique 
sans hésitation ses commandements. 

Je profiterai de l'occasion qui se présente tout naturellement 
au sujet de ces expériences, pour dire un mot du charbon tant 
au point de vue pathogénique que thérapeutique. La pustule 
maligne est si souvent désespérante qu'il faut signaler sans 
retai*d les différents points de vue nouveaux auxquels il faut 
se placer d'unfe manière rationelle, pour pouvoir espérer un 
triomphe sur cette terrible maladie. 

Ce qui constitue la bacteridie est bien la lacterie, c'est-à-dire, 
le développement d'un germe qui empoisonne l'organisme par 
un travail prolifique prompt. 

Or, nous devons viser à la destruction de ce germe qui con- 
stitue l'empoisonnement. Les caustiques ordinaires iusqn'ici 
ont été les seuls agents destructeurs de la pustule que la théra- 
peutique inquiète et hésitante nous conseille contre elle. 

Les notions nouvelles sur la nature de cette maladie et de 
nouveaux agents médicamenteux ont fait penser à un nouveau 
traitement. 

Bn effet, n'existe-t-il pas de substances qui détruisent la for- 
mation des germes, qui détruisent le germe lui-même ? Le 
caustique a bien ce but, mais l'atteint-il aussi sûrement qu'il 
est nécessaire ? Non. 

L'on sait que certains désinfectants agissent par la destruc- 
tion des germes qui se développent dans les substances agis- 
sant comme infectants. Pourquoi l'acide carbolique, qui 
agit de cette manière, ne jouerait-il pas le même rôle dans la 
pustule ? 

Destruction donc de l'élément virulent. 

Injection hypodermique de l'acide carbolique pur dans la 
vésicule elle-même; injection de l'acide carbolique dilué, solu- 
tion forte, dans la zone voisine de la pustule; injection de 
l'acide carbolique dilué, solution faible, dans toute l'étendue 
des tissus œdémateux. 

Un auteur conseille en place de l'acide carbolique l'iode mfU5 
et exU a : 

Iode pulv grsV 

Aqua 1> i 

Ajoutez iode pot. grs X pour empêcher la précipitation de 
l'iode. Injection hypodermique et a l'intérieur. 



l'union médicale du canada 291 



systôme oerveux, subissant une prostration profonde, 
ra de l'assistance de Tacétate d'ammoniaque et des stimu- 



le 

i^cevra 

lants qui ne doivent pas être épargnés. 

Puis la période d'épuisement indiquera l'emploi des toniques 
les plus -énergiques. 

La saison oà nous sommes est la saison des maladies char- 
i)on neuves, ou plutôt de la bacteridie; en attendant que la 
médication préventive soit mise en pratique et fasse disparaître 
«ce fléau redoutable, qu^on mette à l'épreuve la nouvelle médi- 
tation qui semble offrir les garanties qui ont fait défaut jusqu'ici 
^ toute médication. 

Sévebin Lachapelle. 



HEVUE DES JOURNAUX. 



PATHOLOGIE ET CLINIQUE MÉDICALES. 



Traitement du chancre simple. — Affection locale, le 
chancre simple ne réclame qu'un traitement local, et c'est 
celui-ci seul que nous aurons en vue. Nous laisserons donc de 
côté, pour aujourd'hui, les complications qui viennent quelque- 
fois l'arrêter dans son évolution naturelle vers la guérison, 
•comme le bubon et le phagédénisme. 

Et d'abord, pas de dépuratifs, ni d'altérants, ni d'antisyphi- 
li tiques surtout. Le mercure, entre autres, est inutile et même 
nuisible ; c'est un appoint pour le phagédénisme. Eemarquons 
cependant que si le sujet présente des traces de scrofule, de 
lympathisme, de débilitation, il. faudra y remédier par un 
régime approprié, par les toniques, l'huile de foie de morue, le 
quinqpuina ; et si le sujet est pléthorique, il sera indiqué de le 
soumettre à un régime sévère. 

Le traitement local exige une attention particulière. Le 
chancre, n'est, il est vrai, qu'une petite plaie de 0,01 centi- 
mètre en moyenne, qui guérirait en 5 ou 6 jours chez un sujet 
bien portant; mais, il lui faut, au minimum, plusieurs septen- 
naires et souvent plusieurs mois, parce que c'est un ulcère 
spécifique, et que cet ulcère, à cause de sa spécificité, tend 
toujours à s'accroitre. Il faut donc tendre à le transformer en 
^plaié simple par un moyen quelconque, et ce moyen nous 



292 l'union médicale du canada 

l'avons, il est unique : c'est la cautérisation. Alors, Ta pfafet 
ne demande qu*à s'éteindre et à se cicatriser ; il n'y a plus de^ 
chancre. On en a la preuve par l'inoculation du pus de cette' 
plaie ainsi modifiée: elle est sans résultat; or, vous savezi 
qu'on peut reproduire à l'infini, par inoculation,, de nouveau3C 
chancres simples. 

Quel caustique faut-il employer poui- arriver à ce résultat ?... 
un caustique fort, énergique, destructeur, un escharotique eir 
un mot, les caustiques faibles, les cathérétiques, par exemple,, 
ne produisent rien, surtout le nitrate d'argent qui est parfaite- 
ment insuffisant, quelque profonde que soit Ta cautérisation y 
et la preuve, c'est qu'après son emploi l'inoculation reproduit 
toujoura un chancre. 

Parmi les escharotiques, on peut choisir entre la potasse, la 
pâte de Vienne, la pâte de Canquoin ; les acides nitrique, sul- 
furiqtte, etc.. Pour le professeur Foumier, le meilleur est le 
carbo-sulfurique ou caustiqne de Ricord, dont voici la corapo- 
sition : on fait un mélange d'acide sulfurique et de charbon de- 
façon H avoir une p&te de consistance analogue à celle du 
cirage. Pour s'en servir, on en prend gros comme une lentille 
sur une spatule ou uue allumette; on la met sur la plaie, et on 
la laisse ; elle se détache après quelques jours et on ne trouve 
au-dessous qu'une petite plaie où la cicatrisation déjà faite. 

Le résultat est merveilleux ; si la cautérisation a été bîe» 
faite, le chancre est tué sur place (Eicord) ; et de plus, il est 
anéanti en tant qu'origine possible de complications spéci- 
fiques : inflammation, bubon, phagédénisme, et au point de vue 
de la contagion. La douleur est assez vive, mais elle disparait 
presque immédiatement. La cicatrice que laisse la cautérisa- 
tion est persistante mais limitée: si celle-ci n'était pas pro- 
fonde, si la surface du chancre n'était pas cautérisée intégrale- 
ment, si on laissait un petit coin, il resterait une gouttelette 
de pus qui rallumerait l'incendie, et on n'aurait aucun résultat. 

Cette méthode, par excellence est cependant assez rarement 
appliquée en pratique. Cela tient à ce qu'elle a des contre 
indications nombreuses, tandis qu'il n'y a vraiment que deux 
indications, qui sont les suivantes : !<> il faut que le chancre 
soit naissant et petit: alors l'indioÀtion est formelle; 2^ S'il y 
a tendance au phagédénisme : alors il faut cautériser violem- 
ment. Mais vous ne cautérisez pas dans Les cas suivants : 1^ si 
le chancre a déjà acquis son développement complet ou pres- 
que complet ; il n'y a pas d'intérêt réel à agir, la cicatrisation 
se fera seule ] 2o s'il ne peut être atteint dans toute son éten- 
due, à cause de ses replis, de sa disposition ; 3» s'il y a des 
chancres d'inoculation au voisinage, eu si l'on soupçonne qu'il 



l'union médioali du canada 293 

^r a un chancre primitif caché dans les replis de la peau, 
«comme à la partie profonde du prépuce, par exemple, dans les 
<sas de phymosis. £n tout cas, si Ton a plusieurs chancres 
"voisins, il faut les cautériser tous, ou pas du tout. 

4^ On ne fera pas la cautérisation, si elle exposait à des 
'délabrements trop considérables ou à des dangers locaux, tels 
•que la pei*foration du prépuce ou Tatrésie du méat urinaire ou 
'de l'anus, ce qui pourrait arriver, si on touchait trop forte- 
jnent les chancres de ces deux orifices. 

5<> Enfin, si elle devait entraîner des cicatrices trop appa- 
rentes, très-déplaisantes aux malades comme vous le savez, 
H^ar ainsi que Ta dit Bicord, les organes génitaux ont leur 
•coquetterie comme le visage. 

La cautérisation n'^est donc qu^une méthode de début et on 
ne peut la mettre en pratique que pendant un temps assez 
«court. Cette période past^e, on est bien moins puissant et 
moins mai tre de la situation. Que faut- il faire alors? Trois 
«choses seulement : 

1^ Isoler le chancre ; 

2o Lui op]»08er une hygiène convenable; 

3» Le modifier par des topiques appropriés. 

1^ Il faut isoler le chancre, pour quil ne fasse pas de petits 
.-autour de lui, pour qu'il ne repullule pas : on remplit cette 
«condition par des pansement bien faits. 

2o Une bonne hygiène est surlout nécessaire pour prévenir 
les complications. Le malade devra donc éviter les fatigues 
<ie toute espèce, les marches forcées, la danse, les excès 
4ilcooliques. Localement, des soins de propreté minutieux 
.sont indispensables ; d'où, ablutions fréquentes avec eau de 
guimauve, de .pavots ou l'eau simple. Les bains sont de la 
jplus grande utilité, essentiels même et on doit en prendre 
tous les deux jours au début. 

Les pansements seront fréquents : trois ou quatre par jour, 
/et très-soigneusement faits ; et il faudra toujeura avoir soin de 
mouiller la plaie, afin de ne point déchirer les vaisseaux et la 
faire saigner. 

3^ La troisième indication est de modifier le chancre par 
«des topiques appropriés. Yoiei quels sont les meilleurs ; 1^ Le 
:tai'trate ferro - potassique dans la proportion de 3 ou 4 gr. 
pour 30. — 2^ h iodoforme, qui agit très rapidement dans cer- 
tains cas et ne fait absolument rien dans certains autres. 
3^ Enfin, le nitrate d'argent qui constitue encore ce qu'on a 
^e mieux. On l'emploie à 1 gramme pour 30 ; c'est la solution 
«que l'expérience a montré la plus avantageuse. On en imbibe 
«de petits plumeaux de charpie qu'on laisse à demeure sur le 



294 l'union médicale dv canada 

le chancre et on renouvelle ce pansement trois ou quatre foÎB& 
par jour. De cette façon, le nitrate d'argent n'est pas caus- 
tique ; mais c'est un pansement sale qui aoircit tout. 

Le nitrate d'argent ne convient qa'à la période d'nugment 
et d'état du chancre : il ne faut pas l'employer à la période^ 
ultime où le chancre est rouge, bourgeonnant et serait irrité- 
par l'application de ce topique. Ce qu'il y a de mieux alore,. 
c'est de le panser avec de la charpie sèche seulement. 

Maintenant, que faut-il ne pas faire dans le traitement du» 
chancre ? d'abord, s'abstenir absolament de cautérisations au: 
crayon de nitrate d'argent, qui ne font qu'irriter le chancre 
sans le modifier. — 2» S'abstenir également des pommades et 
corps gras en général; les pommades sont détestables: elles 
favorisent même le phagédênisme et parmi elle» aucune n'est 
plus nuisible que l'onguent napolitain. 



Influence de la fonction menstruelle sur la marche^ 
de la phtliisie pulmonaire, par le Dr Daremberg.— Notre- 

confrère ayant été frappé de la marche par saccades, par 
bouffées, avec alternatives constantes d'amélioration et de- 
rechute de la phthisie chez les femmes, a étudié avec grand 
soin l'influence de la fonction menstruelle sur la marche de 
cette affection pulmonaire, et a publié le résultat de ses- 
recherches dans un mémoire paru dana les Archives de méde- 
cine^ dont voici la substance : 

M. Daremberg croit que c'est à la fonction menstruelle- 
qu'on peut rapporter un certain nombre de ces particularités. 
Il s'efforce de prouver par des faits que, chea la femme vègn- 
lièrement réglée, la menstruation peut quelquefois être la 
cause occasionnelle du développement de la phthisie pulmo- 
naire, qui sans elle aurait pu rester latente, toajoui's, ou tout 
au moins pendant un certain temps. Lorsque la phthisie est- 
établie, la menstruation peut quelquefois être la source de- 
poussées conjestives simples, bémorrhagiques ou inflamma- 
toires, soit autour des lésions existantes, soit dans des points* 
jusque-là indemnes. Quant au moment des époques l'écoulé* 
ment fait défaut, tandis que la conservation intacte du moli- 
men congestif démontre la persistance de l'orgasme ovarien,, 
les congestions menstruelles sont encc^^e plus intenses et plus- 
dangereuses. 

Chez les femmes phthisîqneSy îl fondra donc toujours surveil- 
ler les poumons aux environs de l'époque menstruelle. A la 
moindre alerte de ce côté, il faudra calmer rezcltatloiL ner- 



l'union médicale du CANADA 295 

yeuse et vasculaire (digitale, bromure de potassium, etc.), 
i^ecommander le repos absolu et agir sur les lésions pulmo- 
naires par des révulsifs énergiques. Et cela pendant plusieurs 
époques consécutives. Quand chez les femmes phthisiques, à 
la période menstruelle ou à la période critique de la méno- 
pause, Técoulement sanguin cesse, pendant que le molimen 
ovarien continue, il faut prescrire le traitement qui précède 
et essayer de faire revenir les règles, d'aboM par des moyens 
externes, puis, si on ne réussit pas, par remploi très prudent 
des purgatifs et des emménagogues internes ; si même on ne 
parvenait pas à rappeler les règles, on obtiendrait l'effet déri- 
vatif que l'on cherche. M. Daremberg ajoute encore que: 
lo. la suppression brusque des règles ne peut pas faire naître 
de toutes pièces la tuberculose, mais qu'elle peut la développer 
chez des femmes prédisposées; 2o. après l'accouchement les 
phénomènes de congestion pulmonaire d^origine réflexe sont à 
craindre; 3o. lorsque les deux fonctions utérine et ovarienne 
sont supprimées, à la suite de la ménopause complète, physio- 
logique ou pathologique, les congestions menstruelles ne sont 
plus à redouter. 



Du lavage de restomac— Ce procédé thérapeutique 
paraît se généraliser d'une façon telle depuis un certain temps, 
que nous croyons utile d'indiquer quels sont les progrès faits 
pai* cette méthode depuis que nous avons eu l'occasion d'en 
parler et que nous avons décrit le tube-siphon de M. Faucher 
qui a rendu cette médication d'une application facile. De nom- 
breux travaux ont été publiés sur cette question ; nous emprun- 
terons surtout aux mémoires de M. Bucquoy et de M. C. Paul 
publiés dans la Gazette hebdomadaire et le Bulletin de thérapeu- 
tique quelques-uns des détails que nous donnerons ici : M. 
Bucquoy en effet est un des premiei*s promoteurs de cette 
méthode empruntée, comme l'on sait, à Kussmaul et nous 
avons déjà rapporté quelqùes-un» des faits étudiés par lui dans 
ses cliniques ; il en a relaté un nouveau récemment relatif à un 
homme atteint d'une dilatation considérable de l'estomac con- 
sécutive à un rétrécissement du pylore survenu lui-même après 
l'ingestion d'acide nitrique. Cet homme mourait littéralement 
de faim par suite d'une intolérance complète de l'estomac, 
lorsqu'il fut soumis au lavage stomacal avec le tube Faucher, 
une amélioration considérable se produisit alors très rapide- 
ment et le malade engraissa de plus de deux kilogrammes en 
quinze jours; toute fois il fut atteint de nouveaux accidents 
et succomba à la phthisie pulmonaire peu de temps après. 



296 l'union médicale du canada 

M. Bucquoy, dans son ti*avail, insistait déjà beaucoup sur les 
diverses Indications auxquelles pouvait répondre le lavage de 
Testomac. 

M. Ck>nstantin Paul surtout a étudié très longuement cette 
question, et a même exposé sur le pi-océdé opératoire à emplo- 
yer des idées qu'il est utile d'indiquer ici. Tout d'abord il fait 
remarquer que, pour l'opération en question, la position assise 
du malade est la plus favorable ; certains îndiviaus cependant, 
très pusilanimes et très craintifs devi'ont être coucbés les pre- 
mières fois. Quant à l'instrument usité c'est le tube de Fau- 
cher avec cette restriction cependant qu'il peut être utile pen- 
dant les premiers jours d'employer la sonde rigide ordinaire 
pour vaincre le spasme œsophagien qui se produit quelquefois 
à ce moment, mais qui disparait au bout de quelques séances ; 
c'est pour remédier à cet inconvénient qne M. Debove a fait 
construire un mandrin qui facilite dans ce cas beaucoup l'in- 
troduction du tube en caoutchouc souple; mais lorsque le 
malade introduit lui-même sa sonde, ce qui arrive toujours 
très rapidement, la flexibilité du tube au contraire est une con- 
dition nécessaire, puisqu'il entre par un véritable mouvement 
de déglutition. Il faut ajouter que M. Audhoui a fait cons- 
truire un tube flexible à double courant qui faciliterait beau- 
coup le lavage de l'estomac, mais dans lequel le tube de sortie 
des liquides se ti*ouve forcément assez rétréci, ce qui est un 
grave inconvénient. 

Eappelons maintenant le mode d'introduction tel que le 
décrit M. Bucquoy et que nous l'avons déjà indiqué d'après 
M. Faucher : le tubt étant légèrement humecté avec de Teau, 
(M. C. Paul conseille de le graisser avec de la vsiseline, pendant 
les premiers jours seulement) le malade prend l'extrémité libre 
du tube, la porte dans le pharynx, et le pousse légèrement en 
faisant un mouvement de déglutition : il répète un certain 
nombre de fois ce mouvement de déglutition en guidant le tube 
avec la main ; celui-ci pénètre assez r&pidement dans l'estomac 
et le malade s'arrête quand il voit près des lèvres une marque 
tracée à 45 et 50 centimètres de Textrémité libre, alors couchée 
le long de la grande courbure de l'estomac. Pour amorcer le 
siphon, le malade verse dans Tentonnoir de l'eau alcaline et 
après l'avoir rempli l'élève au-dessus de sa tête jusqu'à ce que 
le liquide ait pénétré presque tout entier; à ce moment, il 
abaisse Tentonnoir au-dessous du niveau de l'estomac, au-dessus 
d'une cuvette; on voit aussitôt l'entonnoir se remplir du con- 
tenu de la cavité stomacale et l'on constate qu'il revient une 
quantité de liquide plus considérable que celle qui a été intro- 
duite entraînant des résidus de digestion. L'opération est 



L*UNION MÉDICALS DU CANADA 297 

répétée an certain nombre de fois et autant qu'il est nécessaire 
jusqu'à ce que Teau revienne presque limpide. On emploit 
généralement pour cette opération une eau alcaline; M C.Paul 
8'est bien trouvé de Teau silicatée de Sait ; ou d'une solution 
antiseptique contenant du thymol ou de Thjposulfite de soude ; 
pour terminer l'opération, il verse dans l'estomac deux ou trois 
•cents grammes de lait. Les premiers liquides injectés sont 
tièdes parce qu'ils détergent mieux les parties; les derniers 
«ont froids parce qu'ils constituent un meilleur pansement par 
les muqueuses, et provoquent plus facilement les contractions. 
Dans certains cas graves l'opération a été renouvelée deux fois 
par jour; dans les cas ordinaires une fois seulement pour com- 
mencer, puis moins souvent ensuite. 

Quelle que soit l'affection stomacale ainsi traitée, on obtient 
presqu'immédiatement des l'ésultats qui sont, d'après M. Paul: 
d'abord la cessation de la douleur, puis l'apparition au bout de 
de quelques jours de garde-robes spontanées (dans le cas de 
-dilatation) : enfin la réapparition de 1 appétit et l'augmentation 
du poids beaucoup plus rapide qu'on aurait pu le croire. 
Actuellement du reste, le lavage de l'estomac n'est plus liinité 
À la dilatation stomacale comme il l'était au début; il est ap- 
pliqué à des affections très diverses. M. C. Paul cite des faits 
de gastralgie, de vomissements hystériques, de gastrites alcoo- 
liques qui ont été aussi complètement guéris; il a pu aussi 
-soulager ainsi grandement une femme présentant des vomisse* 
xnents fécaloïdes et atteinte d'une hernie ombilicale; enfin 
dans le cancer de l'estomac, on atténue beaucoup les accidents 
«t on peut même déterminer de notables améliorations passa- 
gères ; MM. Bucquoy et Ferrand ont aussi observé des cas de 
guérison d'ulcères simples. M. Debove a également rapporté 
à cet égaid dans le Progrès médical un cas de guérison extrê- 
mement remarquable chez un malade atteint d'un ulcère simple 
probablement très ancien avec une intolérance absolue de l'es- 
tomac et un état de cachexie extrême. Les résultats favorables 
obtenus furent presqu'immédiats, et au bout de six semaines le 
malade qui avait augmenté de 100 à 125 grammes par jour, 
^tait en voie de guérison complète. 

Dans son traité des Dyspepsies gastro-intestinales, M. le 
professeur Germain Sée cite aussi un certain nombre de faits 
-qui démontrent bien l'utilité de cette méthode dans des affec- 
tions stomacales d'ordre très divers: il cite en particulier le 
-cas d'une jeune fille atteinte d'une anorexie grave ; avec refus 
invincible de toute nourriture, arrivée au dernier degré de 
mai*asme et qui fut guérie après trois mois de ce traitement 
mécanique. Le professeur a vu enfin des vomissements incoer- 



298 l'union médicale du canada 

cibles ainsi arrêtés, des cancers très soulagés, et aussi des dys- 
pepsies à forme cachectique pouvant faire croire à un cancer^ 
complètement guéries, il y a donc dans ce dernier cas, indé- 
pendamment d un moyen de traitement un véritable moyen de 
diagnostic. 

On voit par cette rapide énumération toute l'importance de- 
ce nouveau mode de traitement qui joint à une très grande- 
facilité d*emploi, une innocuité parfaite, car jusqu'ici, on n'a 
encore signalé aucun accident survenu par le fait de l'opéra- 
tion. — Journal de médecine et de chirurgie. 



L'oakum, son emploi contre les affections articu* 

laires aiffues et chroniques. — Ces affections sont du do- 
maine de Ta chirurgie aussi bien que de la médecine. On sait 
combien sont variés, et surtout capricieux, les résultats du 
traitement par Tiode, les vésicatoires, etc. Nous désirons- 
attirer l'attention des praticiens sur l'emploi d'une nouvelle 
substance, Voakuniy employé avec succès par M. Constantin 
Paul à l'hôpital Lariboisière. Voulez-vous savoir ce qu'est 
l'oakura? C'est tout simplement du chanvre imprégné de 
goudron. Les marins s'en servent pour calfater leurs embar- 
cations. On peut se le procurer dans tous les ports de mer et 
même chez les droguistes. La première provision d'oakunk 
employée par M. Constantin Paul est venue d'Angleterre et a 
été fournie par les pharmacies anglaises. 

Ces jours derniers, nous avons été émerveillés de l'améliora- 
tion produite par l'oakum dans une arthrite blennorrhagique 
du genou chez la femme. L'articulation avait été complète* 
ment enveloppée avec ce chanvre goudronné, de 1 à 2 centi- 
mètres d'épaisseur, et laissé en permanence autour du genou.. 

M. Constantin Paul emploie aussi ce médicament dans Var- 
tkrite déformante, dont il a considérablement amélioré un cas» 
en quelques semaines. 

L'oakum ne réussit pas seulement dans les affections articu- 
laires, mais dans tous les cas où Tiode est recommandé en 
application. Il a produit les meilleurs effets dans la bronchite 
et il remplace aussi bien l'emplâtre de poix de Bourgogne. 

La première application thérapeutique de l'oakum appar- 
tient à un ingénieur anglais, M. Verderman, qui l'aurait con- 
seillé aux matelots qui souffraient de douleui*s articulaires. 
C'est par le plus grand des hasai-ds que 1^ savant médecin de 
l'hôpital Lariboisière en a eu connaissance. — Revue médicale^ 
— Le Scalpel 



l'union médicale du canada 2d\^ 



PATHOLOGIE ET CLINIQUE OHIRURGIOALES. 



Des méthodes antiseptiques, de l'acide phénique 
et du pansement de Laster. — M. Boimt lit un long mé- 
moire ayant pour but de servir à Thistoire de Tacide phénique 
et de ses premières applications en chirurgie. Dans ce travail, 
M. Boinet commence par passer en revue les différents produits 
de la houille, les huiles essentielles, les hydrocarbures, les 
phénols, reprochant aux étrangère d'introduire sous un nom 
quelconque, comme leur propre découverte, des produits fran- 
çais d'origine et d'application françaises. 

C'est ainsi que, remontant à l'ingénieur français Philippe 
Lebon, qui démontrait, en 1785, que la houille pouvait rem- 
placer le charbon, il cite successivement Chaumetle, en 1815, 
comme parlant le premier des propriétés désinfectantes du 
coaltar ; Guilbourg, en 1832, Bayard, dont le mémoire fut cou- 
ronné en 1844; Dumas, en 1846, dont le traité de chimie éuu- 
mérait les subststices capables d'enlever la putréfaction, et 
notamment la créosote. Il arrive ensuite à Lemaire, qui se* 
servait le premier, en 1859, de l'acide phénique en pansement 
pour détruire les pédiculi capitis et pubis ; Lemaire qui pu- 
blia en 1860 son premier mémoire sur l'action antiseptique de- 
Tacide phénique, c'est-à-dire quelques années avant les travaux 
de Lister sur la même question. En 1863, Lemaire renfer- 
mant un nombre d'observations de malades traités par l'acide 
phénique et recommandant son emploi comme topique et en- 
injections. 

Enfin MM. Darricau et Petit publiaient en 1862 un grand 
nombre de faits cliniques relevés à l'hôpital civil de Bayonne,- 
sur remploi du coaltar saponiné et de l'acide phénique. En 
186*7, M. Maisonneuve faisait tous ses pansements avec l'acide 
phénique ; en 1860, Giraldès citait les heureux effets de ce- 
même agent, dans ses leçons cliniques sur le pansement des- 
plaies. 

L'usage des pansements antiseptiques par l'acide phénique 
appartient donc aux chirurgiens français, à Lemaire tout le^ 
premier ; et non pas à la chirurgie anglaise ; non pas à Lister,, 
qui, lorsqu'il fit ses pretniôres recherches, feignit d'ignorer 
tout ce qui avait été fait avant lui. 

M. Boinet reproche à M. Lucas Championnière de ne pas- 
avoir suffisamment rendu justice à la chirurgie française. Dans^ 
le pansement qui porte aujourd'hui le nom de Lister, il n'y a- 



^00 l'union médicale du canada 

de nouveau, dit-il, que la mise en scène, il faut rendre à cha- 
xîun ee qui lui appartient. 

M. Lucas-Champ ionnière regrette que M. Boinet n'ait pas lu 
son livre, ou tout au moins la partie qui touche à Thistorique 
des méthodes antiseptiques. Lister n'a jamais eu la préten- 
tion de revendiquer pour lui la découverte de l'acide phéniqu^. 
L'emploi des antiseptiques était connu déjà des anciens, et M. 
Xarrey nous a montré que les Arabes, lorsqu'ils faisaient la 
trépanation se servaient du goudron dans leurs pansements. 
La différence entre Lister et ses prédécesseurs, c'est qu'autre- 
fois on appliquait les antiseptiques tant bien que mai, tandis 
que Lister a institué toute une théorie basée sur les belles 
recherches de M. Pasteur. Ses premières applications datent de 
1865 et non de 1866. C'est à lui que l'on doit d'avoir su régie- 
jnenter l'emploi dos antiseptiques. 

D'autres chirurgiens, certainement, ont employé l'acide 
phénique: Maisonneuve l'employait exclusivement dans son 
service à doses élevées, et il en obtenait de très-bons résultats. 

On m'a reproché autrefois, d'être un apôtre de la chii^rgie 
antiseptique. Je suis convaincu qu'il est peu de nos collègues 
qui se laisseraient opérer aujourd'hui sans que l'on ait reconi^s 
AU pansement de Lister. 

M. VerneuiL Nous assistons en ce moment à quelque chose 
d'analogue à ce que j*ai vu se produire pour la fistule vésico- 
vaginale. Loraque Marion Sims et Bowsman arrivèrent en 
J^ranee, nous prétien tant 4 succès sur 5 opérations, nous en étions 
encore a savoir si l'on pouvait guérir ces fistules, et nous met- 
tions en doute ou plutôt nous contestions les succès obtenus 
j)ar Jobert. Il n'y avait cependant rien de nouveau dfins la mé- 
thode américaine : tout cela existait en France, et néanmoins 
on bâtissait mal, parce que l'on agissait sans méthode, sans 
cet ensemble de conceptions logiques dont le mérite revient 
absolument au chirurgiens américains Sims et Bowsman. 

Il en est de même du pi*océdé de Lister : nous avions l'acide 
phénique, le drainage, les pansements par occlusion, etc., et 
cependant nous sauvions à peine un amputé sur quatre. En 
fait d'équité historique, je l'ai déjà dit, je ne connais pas de 
nationalité. La réforme dont nous parlons était dans Tair. Mai- 
sonneuve, dans une communication à l'Institut, avait énoncé 
une grande vérité lorsqu'il disait: '^ Si le poison nait dans la 
plaie, c'est là qu'il faut le tuer." Lister a profité des travaux 
2e Pasteur; il n'a nullement les prétentions dont M. Boinet l'a 
.accusé ; loin de là : c'est un homme modeste, simple, un 
«avant galant homme, qui, tout le premier, a rendu justice aux 
travaux de Pasteur ; et ce qui fait son mérite, c'est d'être tom- 



l'union médicale du canada 301 

bé sur une excellente combinaison, d'avoir imaginé un excel- 
lent procédé dérivant d'une méthode générale. 

Laissons donc de côté les questions de personnes. Une 
grande théorie était dans l'air depuis 20 ans, et nous lui 
devons les merveilleux pansements de Lister et d'Alphonse 
Guérin. Il y a 20 ans, nous perdions les deux tiers de nos 
amputés d'infection purulente ; aujourd'hui celle-ci est deve- 
nue l'exception. 

M. Labbé trouve la comparaison de M. Verneuil parfaite- 
ment exacte. Jobert a eu do grands et nombreux succès ] il 
avait fait avancer considérablement la question des fistule» 
vésico-vaginales, qui, avant lui, était dans un piteux état. 

M. Monod ajoute à ce qu'à dit M. Verneuil que tous les jeu- 
nes chirurgiens se sont ralliés à la méthode de Lister. Le seul 
cas d'infection purulente qu'il ait eu dans les hôpitaux depuis 
5 ans est un cas où il avait négligé l'emploi des pansements 
de Lister. 

M. Després déclare qu'il ne laissera pas seul M. Boînet com- 
battit les partisans de Lister. Il pi-oteste contre les résultats 
énoncés par M. Verneuil dans les amputations de la cuisse. Il 
a vu Nélaton pratiquer avec succès deux de ces amputations. 
Si nous avons aujourd'hui moins de morts, ajoute t-il, c'est 
parce que nous pansons mieux et avec plus de soin nos ampu- 
tés. Depuis que je suis entré à la Charité; au mois de janvier, 
j'ai balayé le pansement de Lister et je n'ai pas encore eu un 
seul décès à la suite de nés opérations. Je ne perds pas plus 
de malades que mes collègues. Nous avons vu ainsi mille 
pansements plus merveilleux les uns que les autres, portés 
aux nues jusqu'au moment où battus en brèche, la vérité se 
faisait jour : gardons-nons des apothéoses, et, comme dans la 
fable, 

Chacun trouve eu réalités, 
Autant qu'il peut, ses propres songes ; 
L'homme est de glace aux frites. 
Il est de feu pour les mensonges. 

M. Berger. Si M. Després n'a point encore de mécomptes 
dans ses opérations à la Charité, c'est que ses salles sont encore 
sous l'influence des énergiques phénications d'avani son arri- 
vée dans cet hôpital. 

M. Farabeuf regretterait de voir leç partisans de Lister fai- 
blir sous les paroles de M. Després. Les pansements d'autre- 
fois étaient faits avec autant de soin qu'aujourd'hui, mais il a 
fallu dix ans à la chirurgie pour devenir listérienne, comme 
dix ans à la France pour devenir républicaine. 

M. Boinet ne trouve ni juste ni exacte la comparaison de M. 



302 l'union médicale du CANADA 

Yerneuil. Il a lu plusieurs fois le livre de M. Lucas-Champion- 
nière^ il n'y a pas trouvé ce qu'il eût voulu; les idées anciennes 

f' sont beaucoup trop mises de côté. Les pansements que 
'on faisait tous les jours chez les opérés du temps de Bi-ous- 
sais sont devenus plus rares ; puis on a eu recours à Talcool, à 
Tiode, comme je le préconisais dans le mémoire que je publiais 
«n 1855, aân de prévenir Tinfection purulente ; puis encore on 
servit de l'iodoibrme, du chloroforme, etc. ; enfin est arrivé 
l'acide phénîque qui a donné des résultats analogues à ceux 
des autres agents antiseptiques. 

Si donc j'ai tenu à présenter à la Société l'historique de cette 
question, c'est que l'on fait beaucoup trop bon marché des tra- 
vaux d'origine française pour en reporter tout l'honneur à 
Lister, qui n'a que le mérite d'avoir étendu la méthode anti- 
septique. L'acide phénique n'est qu'un antiseptique de plus ] 
dans quelques mois ou quelques années nous en découvrirons 
d'autres. L'acide phénique n'est pas une panacée universelle ; 
de plus, il n'est pas un médicament si innoncent que l'on n'ait 
eu des intoxications ; c'est un poison violent avec lequel^ par 
de simpls frictions le long de la colonne vertébrale, on est par- 
venu à tuer des chevaux. 

M. Lucas-Championniere maintient que tout ce qui vient 
d'être dit par M. Boinet, relativement aux pansements anti- 
septique, se trouve dans son livre. — Le Praticien. 



A propos des influences que les états constitu- 
tionnels exercent sur le pronostic de la Kélotomie. 

— M. le professeur Vbrneuil. — Les états constitutionnels 
jouent un rôle considérable dans le pronostic des opérations 
de hernie étranglée et c'est à peine cependant si ce sujet a été 
effleuré, en passant, par quelques rares auteurs. Je me sou- 
viens qu'en 1868, M. Fanas, à la société de chirurgie, rendant 
compte de sa statistique d'opération de Kélotomie fit incidem- 
ment la déclaration suivante : ''Je n'ai pas fait entrer ici en 
ligne de compte les malades alcooliques, car tout le monde 
sait combien rarement ces opérations réussissent chez eux." 
Et mon collègue avait parfaitement raison. 

Il est également vrai qu'on a décrit sous le nom d'étrangle- 
ment algide une forme d'accidents considères comme tellement 
funestes qu'après Malgaigne on ne croyait généralement pas 
devoir les opérer. Mais qu'est-ce que ce refroidissement algide 
qui accompagne les étranglements, sinon un symptôme de cer- 
tains états constitutionnels que l'expérience nous dit se trou- 



l'union médicale du CANADA 303 

ver plus spécialemeDt en rapport direct avec la congestion 
pulmonaire et avec les affections intestinales? Yous savez 
tous, du reste, jusqu'à quel point Tarrêt des matières provoque 
rapidement des phénomènes d'algidité. 

Cependant un travail d'ensemble sur ce sujet reste encore à 
faire : 

La relation intéressante d'un malade qui vient de succomber 
ainsi dans nos salles après l'opération me fournit l'occasion 
<i'attirer votre attention sur ce sujet. 

Ce pauvre homme, en effet, était emphysémateux, dyspep- 
tique ancien, et rentrait par conséquent dans la catégorie de 
«eux qui se trouvent plus spécialement exposés à voir survenir 
l'algidité à la suite d'un étranglement herniaire. 

L'opération que j'ai faite devant vous a présenté quelques 
particularités sur lesquelles je crois devoir attirer votre atten- 
tion. Comme vous avez pu le voir, la hernie était volumi- 
neuse, et dans mes tentatives de taxis je suis arrivé à la ré- 
duire assez considérablement de volume sans toutefois qu'il 
m'ait été possible d'atteindre complètement le but. A quoi 
faut-il attribuer cette diminution de volume ? D'ordinaire, la 
tumeur s'affaisse, comme dans notre cas, mais en faisant en- 
tendre un bruit de glouglou caractéristique qui est dû au 
passage précipité des liquides et des gaz. N'ayant pas perçu 
<îe gargouillement, je devais en conclure que la diminution de 
volume de la tumeur était autre; et en effet nous avons ren- 
<K)ntré à l'opération une certaine quantité de sang épanché, 
* dont une partie a dû être réduite. Faut-il accuser mes 
manœuvres d'avoir provoqué cet épanchement ? je puis décla- 
rer catégoriquement que non, pour cette raison que le sang 
•qui s'est offert à notre observation n'avait aucune des qualités 
du sang frais. C'était donc le résultat des premières tentatives 
opérées en ville. 

Avant l'ouverture du sac, vous m'avez vu recueillir une 
certaine quantité du liquide herniaire que M. Nepveu a exa- 
miné, et il a constaté qu'il renfermait un très grand nombre 
de bactéries, conformément à ce que j'ai déjà avancé il y a 
plusieurs années. J'attache une très grande importance à ce 
fait qui peut nous conduire à des données thérapeutiques im- 
portantes. Les propriétés irritantes, pyrogènes de ce liquide 
avaient du reste été reconnues depuis bien longtemps, car 
Yelpeau a dit que parfois il irrite même les doigts de l'opéra- 
teur. Il faut donc éviter à tout prix son contact avec le péri- 
toine qui est si susceptible, et c^est là ce qui m'a fait apporter 
au manuel opératoire de la Kélotomic cette modification qui 
consiste à évacuer le liquide du sac et à désinfecter celui-ci 
avant de l'ouvrir. 



304 l'union médicale du canada 

Etant bien établi que ce liquide est sceptique, il est facile- 
de comprendre toute Timportance qu'il y a a ne pas le mettre 
directement en contact avec des parties lésées du péritoine, 
soit pendant des manœuvres de taxis mal conduites, soit pen- 
dant l'opération elle môme. Vous avez vu malgré tout notre 
malade succomber à Talgidité quelques efforts que nous ayon» 
tentés pour relever sa température. 

Voici maintenant les conclusions que nous devons tirer de 
ces faits : 

lo L'étranglement herniaire est plus particulièrement grave 
chez les sujets atteints d'anciennes affections des voies pulmo- 
naires et intestinales parce qu'on observe presque toujours 
chez eux des phénomènes d'algidité. 

2o II est nécessaire, la première fois qu'on pratique le taxis^ 
de s'entourer des précautions les plus capables d'en assurer le- 
succès sans maltraiter le péritoine, et d'éviter Tépanchement 
de liquides qu'on peut toujours considérer comme septique. 

3o Avant d'ouvrir le sac, il est indispensable d'en évacuer 
le liquide et d'y pratiquer des injections antiseptiques. 

4o Dans les cas d'algidité. il faut, après la Kélotoraie, rele- 
ver les forces du malade par un traitement approprié, relever 
sa température à l'aide des injections hypodermiques d'éther, 
traiter la congestion pulmonaire par les stimulants, la potion i 
de Todd, les ventouses, etc. — Le siècle Médical. 



De la thoraoentèse chez les enfants par le Dr Ck. 

West. — Le célèbre médecin des enfants anglais vient de 
publier dans Nice médical^ un travail intéressant que nou** 
croyons devoir résumer j 

M. West fait d'abord remarquer qu'il est réellement impor- 
portant que l'enfant reste immobile pendant tout le temps de 
l'opération, ce qui serait absolument impossible s'il était' 
effrayé par les préparatifs ou par la douleur de la ponction, 
qu'il lui fait toujours respirer du chloroforme d'avance; il* 
ajoute qu'il fait de même dans la trachéotomie, et non seule- 
ment pour que l'enfant se tienne tranquille, mais pour liû^ 
éviter la peur, l'anxiété, la détresse morale, qui, seraient iné- 
vitables, et pour lo maintenir dans de bons rapports avec le - 
médecin, ce qui ne serait guère possible, si au lieu de le regar- 
der «omme son ami il le considère comme la cause de ses 
souffjrances. Quant à la question de savoir s'il faut vider la 
cavité pleurale complètement ou seulement l'évacuer partielle- 
ment, il s'est toujours accoutumé à la vider aussi complète-- 



L*UNION MÉDICALE DU CANADA 305 

ment que posBible, avec la seule précaution d'enlever l'instru- 
ment dès qu'il voyait le sang se mêler au liquide. C'est de 
l'appareil Dieulafoy qu'il se sert habituellement. 

La position où il fait la ponction est dans la cinquième ou, 
sixième intérespace, et à peu près à deux pouces en dehors du 
mamelon. Même dans les cas où l'œdème de la peau et l'amin-» 
cissement des téguments indiouent que Tempyème va se 
frayer un passage à l'extérieur, M. West ne choisit jamais do 
préférence cet endroit pour y faire la ponction. Presque tou- 
jours la nature fait l'ouverture entre la troisième et la qua- 
trième côte : position trop haute pour que la cavité puisse 
se vider complètement. Il faut ajouter que, si l'on se sert de 
cette ouverture, elle a une grande tendance à rester âstuleuse, 
vu l'ulcération préalable de la plèvre et la condition morbide 
de la peau. Même quand il est absolument nécessaire d'ouvrir 
le thorax dans la position où l'empyème va se faire jour, pour 
éviter l'ulcération des téguments, il faut toujours faire une 
seconde ouverture plus basse dans la situation ordinaire, et 
tâcher de fermer la première, en laissant ouverte celle d'en bas. 

Chez l'enfant, lorsque l'épancheraent est purulent, il arrive 
souvent que la plaie ne se referme pas, et pur suite do la 
grande élasticité des parois du thorax, le liquide s'échappe 
facilement, et la cavité se vide sans qu'il soit nécessaire d'y 
introduire soit une canule, soit un tube en caoutchouc. Lors- 
qu'il ne compte pas que la plaie se ferme, il applique immé- 
diatement après la ponction des cataplasmes de farine de lin 
pendant vingt-quatre heures. Ensuite, sitôt que le liquide ne 
coule plus ti*ès abondamment, il se sert comme pansement de 
l'étoupe goudronnée, ce qui empêche surtout que le liquide se 
décompose et devienne fétide. 

Quand on voit que la plaie extérieure va se refermer, quoî- 
que la sécrétion purulente continue, M. West plie un petit fil 
double d'or, dans la forme de la lettre T majuscule, et l'intro- 
duit dans la plaie, de façon à ce que la ligne perpendiculaire 
entre dans le thorax, et que la ligne horizontale reste à Vextê^ 
rieur. Quelques fois cependant, il ne suffit pas d'une seule 
ouverture pour que la cavité se vide complètement. Dans ce 
cas, il devient nécessaire de faire une seconde ponction, et d'y 
introduire un tube en caoutchouc pour établir ce que l'on 
appelle '* drainage " de la cavité pleurale. 

Cette seconde ouverture doit être faite alors deux ou trois 
intérespaces plus bas, ce qui faoilite beaucoup l'écoulement da 
liquide ainsi que les lavages qui sont faits avec l'acide phé- 
nique (1 pour 40). SE les enfants sont trop récalcitrants et 
difficiles à panser, on peut les plonger dans un bain phéniqué» 
— Le Médecin Praticien, 20 



306 l'union médicale du canada. 

Enfant atteint d'un double pied bot varus équin 
des plus considérables, déjà opéré sans succès par 
un autre chirurgien, guéri radicalement par M. Julss 

Guérin. — L'illustre académicien présente de nouveau à ses 
collègues l'enfant qu'il avait présenté il y a quatre mois, 
atteint à cette époque d'un double pied bot varus équin des 
plus considérables et qui avait été opéré sans succès par un 
autre chirurgien. 

Pour M. Jules Guérin ce fait était un exemple de l'insuffi- 
sance des méthodes en usage pour remédier à l'adduction 
considérable de l'avant-pied et à l'enroulement du pied qui 
constituent les deux principaux éléments du varus équin. 

En effet, on se bornait presque toujours à couper le tendon 
d'Achille, et les sujets conservaient après l'opération une 
adduction extrême de Tavant-pied. Or, pour faire disparaître 
cet élément qui avait persisté chez cet enfant, M. J ules Guérin 
a eu recoura à la section des jambiers antérieurs et postérieura, 
à celle des longs et courts fléchisseurs des orteils. 

Indépendamment de ces opérations complémentaires, M. 
Jules Guérin a été obligé de refaire la section des tendons 
d'Achille en deux points différents, au-dessus et au-dessous du 
siège des précédentes opérations. Ces dernières, ayant été 
pratiquées sans les précautions prescrites par la vraie méthode 
Bous-cutanée, avaient été suivies de suppuration, ce qui avait 
déterminé des adhérences cicatricielles aes parties. 

Aujourd'hui, toutes ces complications ont disparu, et les 
deux pieds se présentent avec une régularité parfaite. 

Il est à noter que le fait de la rétraction musculaire, comme 
cause du pied bot, continue à être inscrit après la disparition 
de la difformité, dans la forme particulière du mollet, lequel 
reste court et élevé en contraste avec la longueur dispropor- 
tionnée du tendon d'Achille. 



Indications de la pleurotomie.^-Malgré les nombreux 

travaux dont elle est si souvent l'objet, l'opération de )^m- 

{>yème est toujours discutée et ses indications constituent pour 
a pratique un des points les plus délicats sur lesquels le 
médecin puisse avoir à prendre une décision. Aussi fira-t-on 
avec beaucoup de fruit l'excellent travail de M. A. Robert, qui 
s^est dpfbrcé de préciser les cas de pleurésie purulente dans 
lesquels l'intervention chirurgicale est indiquée. On est loin 
maintenant du temps où Corvisart pouvait dire que l'opération 
dans le pyo-thorax procure même rarement un soulagement 
éphémère et qu'elle hâte dans tous les cas la mort des malades. 



l'union MlBDICALS DU OANAJ>A 307 

M. Bobert, qui a étudié plus particulièrement là question dans 
^e service de M. Bucquoy dont il était Tinteme, est partisan 
;aQ contraire d'une intervention en général hâtive, et c'est à 
X)ette condition que beaucoup de malades peuvent être sauvés. 
Il examine d^abord les cas dans lesquels la collection puru- 
lente vient faire saillie à Textérieur; ici, pas de discassion 
■possible, c'est rempyème de nécessité, car la :fi9tule qui se 
formerait est toujoura insuffisante ; mais une ponction ne 
suffit pas; il feut fiiire une large ouverture. M. Robert con- 
aeiile de faii>e cette incision au point même oh se fait la saillie, 
•oar une ouverture plus déclive n'empêcherait pas une fistule 
-supérieure de se former. 

Jja seconde question -qui se présente est la suivante: lorsque 
"des accidents inflammatoires se produisent sur le trajet de 
4X)i>ctions antérieures ou autour d'une canule placée à demeure, 
('of)ération est-elle indiquée ? A cela M. Robert répond que si 
i'état général est bon et que le cas ne soit pas pressant on peut 
essayer d'abord la dilatation de l'orifice et les lavages ; mais 
si la sortie du pus est difficile et par conséquent intermittente, 
si la fistule est tortueuse, on fera bien aloi*s de ne plus hésiter 
ot de ne pas attendre que le pus prenne de l'odeur sous l'in- 
âuence de la pénétration de l'air aans la cavité pleurale où il 
Ta stagner ; on fera bien surtout de ne pas attendre les phéno- 
mènes généraux qui d'ailleurs ne taraent guère à survenir 
-dans ces conditions d'infection et Ton ne craindra pas do pra- 
tiquer une incision largement euverte et suivie des précautions 
d'usage en pareil cas. Mais s'il est important d'opérer de 
lK>nne heure, il faut savoir qu'il n'est jamais trop tard pour 
intervenir. 

Les cas où le pus trop épais, ou chargé de particules solides 
ne s'écoule que a'une manière insuffisante indiquent également 
Teo^yème à l'exclusion de tous les autres moyens qui ne sont 
-que des palliatifs; il en est de même de la fétidité du pus qui 
^mmande impérieusement l'intervention par le bistouri ; une 
remarque importante est cependant ici nécessaire: c'est que 
l'asphyxie ne doit pas être considérée comme une indication 
de l'incision intercostale; lorsque dans une plaurésie puru- 
Jente, la dyspnée, dépendant de l'abondance du liquide est 
telle qu'il y a urgence d'agir, il ne serait ni sage ni prudent 
de désemplir la cavité pleurale aussi brusquement que le fait 
l'opération de l'empyème : on devrait alors, ou bien faire la 
ponction avec le trocart, ou fonctionner avec le bistouri, et 
.laisser s'écouler le liquide lentement avant de prolonger l'in- 
«cision. 

Il y a des faits extrêmement rai^s dans lesquels la cavité 



308 l'union médicale du canada 

pleurale reDferme à la fois des liquides et des gaz sans quMl jr 
ait fistule pulmonaire : ces gaz sont le produit de la décompo- 
sition des liquides épanchés malgré toute absence du contact- 
de l'air. M. Eobert a observé un de ces pneumo-thorax dans- 
Je service de M. Buf^quoy ; or il ne paraît pas douteux que la 
pleurotomie soit alors indiquée. Il est plus difficile de préciser- 
la conduite à tenir dans le cas où il y a fistule pulmonaire eik 
mémo temps que pneumo-thorax ; on peut essayer des chan- 
gements de position comme Ta fait M. Raynaud^des ponctions» 
simples, et patienter si la situation pai*aissait ^'améliorer, mais> 
on doit recourir à l'opération si l'état général s'aggrave ou 
même si la position re^te longtemps stetionnaire. La même^ 
règle de conduite est applicable pour les cas où la fistule bron- 
chique existe, sans qu'il y ait pneumo-thorax, alors même qu& 
les vomiques vident de temps en temps le plèvre. L'expecta- 
tion ne doit alors jamais être trop prolongée. En tous cas,, 
lorsque l'on fait des lavages dans ces cas de pleui*ésie avee 
fistules bronchiques, il convient, suivant le conseil de JDupuy, 
d'éviter de faire usage de substances irritantes et volatiles qui 
peuvent provoquer des quintes très pénibles et même parfois- 
dès accidents plus graves d'origine probablement réflexe. 

Beste enfin la question de la pleurésie purulente simple,, 
c'est-à-dire de celle qui ne se complique d'aucun des accidents 
qui viennent d'être étudiés. Yoici à cet égard comment M, 
Kobert résume la discussion à laquelle il s'est livré. Dans les 
pleurésies purulentes simples il met au premier plan le» 
dimensions du kyste pleurai C'est une question qu'on ne 
saurait négliger en discutant l'opportunité de Tempyème;. 
dans de grands épsnchements renfermant 1,800 et 4,006 
grammes de liquide ou plus, on s'efforcera par dos thoracen- 
tèses répétées ou par les divers procédés connus des lavages, 
de réduire autant que possible le volume de la cavité en sup- 
puration. La pleurotomie viendra souvent achever une guéri- 
son trop lente à se confirmer; on ne comptera pas absolument 
sur l'opération qui peut elle-même rester inefficace dans ces 
cas. 

Dans les pleurésies moyennes fournissant de 800 à 1,80^ 
grammes de pus, si après deux ou trois ponctions aspiratrices, 
le mouvement de réduction du kyste pleural tai*de à se des- 
siner, il y aura lieu de discuter l'utilité de la pleurotomie dans 
chaque cas particulier, en mettant en balance les conditions 
de force et de résistance du sujet, les qualités du pus, etc.. 
Enfin, l'aspiration suffira dans la grande majorité des cas à 
assurer la guérison des épanchements de 800 grammes et 
au-dessous. Tous ces chiffres, il faut bien l'indiquer ici, ne- 



l'union médicale do canada 309 

::6ont (Tailleurs que des approximations auxquelles on ne doit 
pas attacher d'importance absolue. 

Au point de vue des contre-indications, on peut dire que la 
"pleurotomie n'en présente pour ainsi dire pas. Ni dans l'état 
^général quelque grave soit-il, ni dans le fait d'une complica- 
tion à moins qu*elle ne doive entraîner la mort à bref délai, il 
m'y a de motif suffisant d'abstention. La tuberculose pulmo- 
maire elle même qui pour beaucoup d'auteurs est une contre- 
indication à la pleuratomie ne doit pas être considérée comme 
telle, d'après M. Bobert: ce que le médecin doit faire pour 
baser sa conduite, c'est s'efforcer d'apprécier autant qu'il est 
possible, le temps de survie réservé au malade s'il guérit de 
Tempjème ; or on a vu très fréquemment l'opération réussir 
«chez des tubeixïuleux qui ne sont morts que longtemps après, 
'des suites de leur maladie primitive. — Jour, de lied, et de Chir. 



Luxation sous-coracoidienne traumatique récente, 
xëduction par te procédé de douceur de Élocher (d'à- 

J)rès une obt^ervation du Dr Gilbert Eaymondaud, Journal de 
a Société de Médecine et de P.hai^macie de la Haute-Vienne. — 
Dans la journée du 10 ievner 1881, entrait à l'hôpital de Li- 
moges, salle St Vincent, 11, -service de M. le Dr Eaymondaud, 
;pèi-e, un homme de 26 uns, ©.-.F..., chiffonnier, d'apparence 
iH>buste, de bonne santé et n'ayant, en particulier, jamais 
•éprouvé de ti*aumatisme. 

La veille, à neuf heures du matin, occupé à charger de fer- 
railles un wagon sur le rebord duquel il se tenait debout, cet 
homme avait perdu l'équilibre, et, menacé de tomber à la ren- 
verse, il s'était, dans sa chute, accroché par la main droite au 
rebord du wagon. Grâce à ce point d'appui, il était tombé sur 
les pieds, mais au prix d'un mouvement de toraion si brusque 
de l'épaule droite, qu'il avait senti dans cet article un violent 
'Craquement, et qu^en se redressant il avait le bras douloureux, 
-pendant et immobile; il ne pouvait faire que de petits mouve- 
'.ments de l 'avant-bras. 

Un témoin de l'accident offrit du secours ; sa propre femme 
-avait eu lécemment une grossesse gémellaire, circonstance 
qui, on ne s'en serait peut-être pas douté, est réputée donner 
^es caipacités chirurgicales. Le blessé souffrit beaucoup et 
^ardft sa blessure. 

L'examen fut fait à l'hôpital à la visite du 11, 48beureg 
âiprès l'accident ; la lésion était une luxatîbn sous-coracoïdienne 
^complète. 



310 L.'UNION MÉDieALB OV OAIMe^A, 

Après avoir laissé an des assistants faire ane tentative lestée» 
infructueuse de réduction par le pi*océdé de Mothe, et avant 
d'en venir à la traction, le chef de service voulut bien m'auto- 
riser à essayer devant lui le procédé de réduction imaginé par 
le professeur Eocher. 

kn moins d'une minute, la luxation fut réduite avec une- 
facilité qui surprit les assistants et le malade prévenu contre- 
toute manœuvre opératoire par les douleurs qu*il avait précé- 
demment éprouvées. 

Malgré son excellence,, ce procédé est fort peu connu. Ko- 
cher publia ses recherches et ses résultats dans un ti*avail écrit 
en allemand, sous le titi*e de :. ^' Nouveau procédé de réduction^ 
des luxations sous-coracoidiennes, Berliner Klinische Wochen-^ 
schrift, 1870."^ Cet essai ne s'étendit pas sans doute plus loin^^ 
que le journal où il avait été consigné, car huit ans plus tard^ 
en 1878, M. Ceppi, prenant à tâche de vulgariser le procédé de 
son maître, constatait que le silence le plus complet avait régné- 
jusqu'à ce jour sur sa découverte. 

Ce procédé est le type parfait des procédés de douceur. Le 
professeur bernois ne s'occupe pas de la résistance musculaire,- 
ne tient compte que de l'état des pai*ties lésées par la luxation^ 
de la position nouvelle des surfaces articulaires, et il cherche à> 
ramener par la voie toute tracée qu'a faite le traumatisme, la 
tête déplacée dans sa cavité normale. 

En somnie, la tête humérale est déplacée, par rapport à sa 
position normale, en dedans, en avant et en>bas naaintenue dana. 
cette situation vicieuse par des débris fibreux dont le plua- 
puissant est le fragment supérieur de la capsule. Il faut faire 
cheminer la tête d'abord en dehors, puis en arrière et en haut 
après l'avoir mobilisée, c'e6^à-dire après avoir détendu les- 
brides fibreuses. 

En rapprochant le coude du tronc dont il est écarté, on im- 
prime à l extrémité supérieure de l'humérus une sorte de mou- 
vement de bascule qui le porte en dehors, la dégage de la^ 
pression de l'apophyse coracoïde,^ et en même temps modifie la . 
direction de la traction exercée par le deltoïde. Sendu mobile^ 
par cette manœuvre, Thumérus peut obéir à un mouvement de^ 
rotation en dehors qui détord et qui détend par conséquent les 
brides de la capsule. Yoici quelle est alors la situation : le* 
bourrelet glénoïdien est situé entre la partie la plus pe^stérieure^ 
de la grosse tubérosité et la surface articulaire ; il faut pi'ofiter- 
de cette rainure pour faire glisser l'une sur l'autre les deux: 
surfaces, celle du moins qui est mobile, l'humérus, en l'élevant». 
Dans ce but, le coude est porté en avant et poussé de bas eo- 
haut. Enfin, lorsqu^ les deux surfaces sont au même niveaa^ 



l'union médicale du canada 311 

il ne resto plus ponr rétablir complètement le rapport qu'à 
ramener un peu en dedans la surface humérale. 

Il convient maintenant de reporter ces données sur le malade 
pour tracer rapidement la succession des mouvemente de 
réduction. 

Le malade est assis sur une chaise, de façon que Tépaule 
luxée soit complètement en évidence. 

Un aide, dont Taction est commode, mais non indispensable, 
fixe Tomoplate en appliquant les pouceâ sur le moignon de 
l'épaule et la face palmaire des doigts sur chacune des parois 
auxiliaires. 

Le chirurgien se place du côté du blessé, un genou en terre. 

10 II rappi*oche graduellement le coude du tronc, l'y applique 
et Vy fixe avec le pouce de la main gauche, tandis que Tindex 
passé au-dessous le soutient doucement. (Ces indications se 
rapportent à mon malade qui avait Tépaule droite luxée). 

2o De la main droite il saisit la main du côté blessé, met 
ra«ant-bi*as à angle droit sur le bras et le porte on dehors par 
nn mouvement très lent, jusqu'à ce qu'il sente une résistance 
ou que le malade accuse une sensation de tiraillement dans le 
coude. L'avant-bras fait alors à peu près un angle droit avec 
le plan latéral du corps. 

30 Le chirurgien porte alors le coude en avant en le faisant 
glisser au contact du tronc qu'il ne doit pas quitter, et appuie 
plus fortement de bas en haut, de façon que la dirction de la 
pression supportée par l'humérus est de bas en haut et d'avant 
en arrière. 

4P Enfin il ramène lentement Tavant-bras eu avant et relève 
la main jusque sui* l'épaule saine. 

Ces mouvements doivent être exécutés rigoureusement dans 
l'ordre précédent, avec une grande lenteur, avec une allure 
uniforme, sans secousses ni brusquerie. Il est inutile de laisser 
aucun intervalle entre ces différents temps. L^ manœuvre 
entière doit durer do quarante à cinquante secondes. Le chi- 
rurgien ne doit faire aucun effort, le blessé ne doit éprouver 
aucune souffrance. 

11 est bien vrai de dire, en résumé, qu'aucune manœvre ne 
peut mieux réaliser le type du procédé de douceur. Les avan- 
tages sont évidents d'eux mêmes. 

Je voudrais pouvoir répondre avec l'autorité de l'expérience 
à la première question qui va se présenter : Ce procédé réussit-il 
toujours ? Kocher et Ceppi l'aflSrment. Je n'ai eu l'occasion de 
faire qu'un très petit nombre d'essais. Ceux que j'ai faits ou 
vu faire dans les conditions exactement précisées par l'auteur 
ont toujours réussi. Mais souvent on veut faire aoûner à un 



312 l'union médicale du oanada 

procédé plus qu'il n'avait promis, en tirer de nouveaux avan- 
tagea. J'ai toujours vu ces tentatives être inutiles, et je crois, 
enfin, que le succès ne manquera pas à ceux qui ne s'écarteront 
pas des indications formulées par M. Ceppi, d'une façon concice 
et précise, en appliquant le procédé de Kocher exclusivement 
''aux luxations soua-coracoïdiennes traumatiques, simples et 
récentes. — Gilbert Ratmondaud. — Le Praticien. 



OBSTÉTRIQUE ET GYNÉCOLOGIE. 



Des accouchements sans douleur ou de Tanody- 
nie obstétricale par le chloroforme et spécialement 

par le bromure d'Ethyle. — Depuis quelques années je me 
suis occupé de la question si intéressante, si utile et si avanta- 
geuse, des accouchements sans douleur, d'abord à Taide du 
chloroforme et plus tard à Taide du bromure d'Ethyle. 

Cette opération est pratiquée depuis plus de vingt ans avec 
succès en Angleterre au moyen du chloroforme; Simpson 
publia les premiers faits et fut bientôt suivi dans cette voie 
par d'autres accoucheurs français, Eoux, Chailly, Stolz, etc. 

Cette méthode d*abord bien acceptée en France, n'a rencon- 
tré plus tard qu'un accueil peu sympathique, tandis qu'en 
Angleterre et surtout en Amérique, toutes les femmes indistinc- 
tement, riches ou pauvres en réclament le secours bienfaisant. 

Cela démontre, il faut l'avouer, que nos femmes ne se ren- 
dent pas encore bien compte des services que peut leur retidre 
l'emploi du chloroforme et surtout du bromure d'Ethyle, dans 
la parturition, cette pratique dont on ne s'est pas encore beau- 
coup occupé en Lorraine, sera peut êti*e longtemps paralysée 
chez nous par des idées fausse^, par la peur, par des préjugés 
injustes, par l'indifférence de beaucoup de médecins, et surtout 
par la routine. 

Quant à moi, je suis partisan déclaré de ce procédé, et con- 
vaincu que, plus tara, dans un certain nombre d'années, 
l'usage en sera généra! dans notre pays; si quelques sages- 
femmes et quelques confrères s'y opposent encore, les femmes 
alors en imposeront l'emploi à leur accoucheur. 

Aujourd'nui, pas un docteur ne refuse le bienfait des anes- 
thésiques à un individu qui doit subir une opéi*ation (que de 
fois je les emploie pour l'extraction d'une dent, ou l'ouverture 
d'un panaris et toujours, lorsque je me sers du cautère actuel, 



L^UNION MÉDICALE DU CANADA 313 

je me laisse guider par la sensibilité da malade, par la crainte 
que lui inspire l'opération, et par son ferme désir d^être sous- 
trait H toute douleur, mais il faut le dire, je ne cherche qu'à 
atteindre, dans ces cas, que TEthérisation animale et non 
l'éthérisation organique: pourquoi le refuser aux pauvres 
femmes en couches, qui certes endurent pendant de longues 
iieures des douleurs très violentes, tout au moins égales à 
<^elles qui accompagnent les opérations chirurgicales, douleura 
<X)ncassantes qui conduUent souvent aux convulciions et par 
«uite à la mort. 

Dès le début de mes essais, je n'avais pas compté sur l'obs- 
tacle le plus sérieux, la jalousie de quelques sages-femmes (peu 
instruites et malveillantes, mais c'est le plus petit nombre 
heureuifement) qui en m'entendant parler de ruaministration 
<ie bromure d'Ethyle dans les accouchements normaux, d'ac- 
«couchements sans douleur, supposèrent immédiatement que 
je voulais les supplanter, leur enlever leur clientèle, e't loin 
■d'exciter les jeunes femmes surtout, a se faire accoucher par 
<îe procédé, les en détournèrent, prétendant qu'il n'était pas 
possible d'accoucher sans douleur, ou bien encore leur faisant 
entendre qu'elles étaient exposées aux plus grands dangei*8. 
Aujourd'hui, si, malgré l'une de ces sages-femmes (car jamais 
je ne refuse leur concours dans un accouchement), j'use du 
chloroforme ou du bromure d'Ethyle, je suis certain que tous 
les accidents des suites couche, étranger» à cet agent, me 
•seront souvent attribués, soit par la sage femme soit par le 
public. (La dame G... de Dolcourt, dont je donne l'observa- 
tion, vint me trouver à Colombej, quelque temps après son 
accouchement et me fit voir une mauvaise dent, dont elle souf- 
frait depuis longtemps ; le public avait mis sur le compte du 
fcromure d'Ethyle, les douleura et la fluction dont elle était 
atteinte; heureusement elle ne fit qu'en rire.) 

Mais me dira t-on, pourquoi employer le bromure d'Ethyle 
-qui est plus rare et coûte trois fois plus cher que le chloro- 
iorme ? quels avantages présente t-il ? 

Il m'est facile de répondre à cette objection. 

io Le bromure d'Ethyle est plus rare, parce qu'on l'emploi 
peu jusqu'ici (en Angleterre 40 iv. le kilog., en France, à Paris, 
car je n'en ai trouvé que là, 50 fr. le kilog.) Dans dix ans on 
se le procureradans toutes les pharmacies, à 12 ou 15 fr. comme 
le chloroforme. 

2o Le bromure d'Ethyle offre, je crois, cet avantage sur le 
chloroforme : c'est qu'à volume ou poids égal, il donne chez 
la femme en couche qui le respire, une persistance plus pro- 
longée de l'intelligence, de la vue, de fouie et, enfin, de la 



314 l'union médioale du oanada 

conscience tout en supprimant la sensibilité de Tutérus en lui 
laissant sa contractilité comme celle de tous les muscles res- 
piratoires. Les femmes conservent le pouvoir de répondre^ 
aux questions qui leur sont adressées, de là suppression de- 
cet accident fréquent appelé avalement de la langue, si Ton & 
soin de ne pas pousser l'anesthésie jusqu'à la période chirur- 
gicale et cette conservation permet, non-seulement les effort» 
utiles en vue de Taccouchement, mais donne à Taccoucheur 
une grande tranquilité d'esprit. 

Avec un peu d'habitude on maintient la malade, aussi long- 
temps qu'on le veut, dans cet état rassurant. 

Ces propriétés du bromure sont trôs importantes dans le& 
accouchements que nous pratiquons, car à la campagne, chacun 
le sait, nous ne sommes accompagnés généralement que d'une 
sage-femme ou quelquefois d'une personne quelconque, recrutée^ 
dans le voisinage* quelquefois d'une parente ou d'une amie 
qui ne fait que pleurer en entendant les plaintes et les cris de^ 
la patiente et ne nous aide en aucune façon. 

En ville, c'est différent ; comme pour pratiquer une opéra- 
tion chirurgicale importante, on se fait assister d'un confrère 
qui se charge alors de l'administration du chloroforme, sur- 
veille le pouls et les autres organes pendant le sommeil ânes- 
thésique. 

3o Le Bromure d'Ethyle, administré sagement, produit très 
vite une légère l'ésolulion musculaire, sans période d'excita- 
tion ; je le donne assez abondamment dès le début, vei^sé sur 
un large mouchoir de poche non déplié, placé à 2 ou 3 centi- 
mètres de la face ; seulement à chaque inspiration, je rappro- 
che ou j'éloigne le mouchoir de façon à laisser entrer de l'air 
pur alternativement avec des vapeuns de bromure, et j*engage-. 
alors la malade à respirer à pleins poumons. Il pi'ovoque rare- 
ment ces bourdonnements d'oreilles, ces suffocations, ces éi*ucta- 
tions et ces vomissements si fréquents, à la suite de l'adminis- 
tration du chloroforme ou de l'éther; la femme reste calme,, 
les yeux souvent entr'ouverts, quelquefois fermés. Elle accuse^ 
une tendance au sommeil, mais elle y résiste facilement, aveo 
un peu de bonne volonté, d'ailleurs j'ai l'habitude de lui adres- 
ser de temps en temps une question à laquelle elle répond vo- 
lontiers. 

En tout cas, si l'on pousse l'aneethésie jusqu'à la période 
chirurgicale, le réveil se fait rapidement et sans malaise, le» 
modifications psychiques persistent moins longtemps. Bi^ 
outre il existe du côté des yeux une modification importante, 
un changement assez accentué dans la contraction de l'irip, qui 

5)0urrait eff'rayer l'accoucheur, s'il n'était pas prévenu de ce 
ait, je veux parler de la demi-dilatation de la pupille. 



l'union médicale du canada 315 

Le Bromaro d'Ethyle a une odeur presque analogue à celle 
de Téther, mais on le distinguera facilement de ce dernier 
liquide en ce qu'il s'enflamme très difficilement ; pour moi je 
n'y suis pas parvenu ; c'est là un certain avantage, loraqu'oo 
s'en sert pendant la nuit, dans le voisinage d'une lumière. 

Je rapporterai ici une de mes dernières observations, parce 
qu'elle est concluante, la malade n'ayant ressenti absolument 
aucune douleur. 

Dans le mois de mars 1881, je suis appelé à 10 heures du 
matin près de la dame G .. de Dolcourt, mère de deux enfant» 
du sexe féminin ; je trouve là, madame T... sage-femme à S... 
(femme instruite et très intelligente) qui m'assure que chaque 
fois l'accouchement a été facile — ^je touche— présentation du 
sommet, position occipito-iliaque gauche postérieure, les dou- 
leurs ont commencé à se faire sentir vers sept heures du matin 
et le travail marche régulièrement — tout me fait espérer que 
la délivi*ance ne se fera pas attendre. Mais au moment oh le* 
col doit se compléter et le tête s'engaffor, les douleurs très 
vives se font sentir, aussi la malade réciame-t-elle le Bromure 
d'Ethyle. Après quelques inspirations vigoureuses, les dou- 
leurs cessent et la figure reprend son aspect ordinaire : à 
chaque nouvelle contraction que la dame G... m'annonce elle- 
même, je verse quelques gouttes de Bromure sur le mouchoir 
et la gaieté renaît en même temps que le pouls s'accélère : — 
légère coloration des pommettes — pas de sueurs. 

" Oh ! que je suis neureuse, me dit la malade, ne vous éloi- 
gnez pas et redonnez-moi de ça" 

A mesure que la sensibilité disparait, les douleurs sont plus- 
fraquentes et la contraction plus énergique : cependant vers 
midi l'expulsion ne pouvant pas se faire, vu le volume de 
l'enfant, ie me décide à appliquer le forceps. 

Nouvelle dose de bromure, environ une cuillei*ée à café; 
l'application de l'instrument se fait sans difficulté ni douleur, 
— je cause avec la patiente, qui répond franchement à toute» 
mes questions et, après quelques tractions assez énergiques, je 
mets au monde une grosse fillette, bien portante, que je pi^- 
sente à la mère, toute étonnée de la voir et de l'entendre crier, 
ne se doutant pas que l'opération était terminée. Pour la déli- 
vrance, faite dix minutes après, je redonne une nouvelle dose, 
toujours sur la demande de fa malade, et la sortie du placenta 
se fait également sans douleur. 

Six jours après, elle était sur pied, pai*faitement rétablie, et 
vingt jours après elle faisait 14 kilomètres à pied pour venir 
à Colombey. 

Jusqu'ici peu de femmes dans notre pays, malgré notre aris^ 



:316 l'union médicale du oanada 

consentent à se laisser administrer le bromure d'Ethyle, les 
unes parce qu'elles n'ont pas foi dans l'insensibilité qiXe je leur 
promets, se rappelant sans doute les paroles de l'Ecriture sainte, 
quand Dieu dit à Eve en le chassant du paradis terrestre : ^^ Ta 
enfanteras tes fils dans la douleur. — Parturies in dolore.'' 

^^ Il 7 aura bientôt deux ans déjà, dans une réunion de quinze 
ou seize confrères du département des Vosges, je soulevai la 
question des accouchements sans douleur, et plusieurs d'entre 
eux me i-épondirent que la souffrance était un phénomène 
naturel et nécessaire dans les accouchements, et que d'ailleurs, 
la femme avait été condamnée par Dieu à souffrir eu mettant 
au. monde ses enfants, que nous devions respecter cet arrêt du 
•créateur. L'un d'entre eux, le Di' Ch..., avait eu cependant 
l'occaâion d'employer une fois le chloroforme chez une dame 
anglaise qui était venue faire ses couches à Neufchâteau et elle 
avait non seulement i-éclamé, mais exigé, l'emploi de cet anes- 
thésiquo. Aucnn accident ne s'en était suivi." Les autres, et 
c'est le plus grand nombre, parce qu'elles craignent, disent- 
elles, d'y rester y — mais qu'elles se rassurent, elles ne coui*ent 
aucun danger, nous le voyons par l'avis unanime de tous les 
accoucheurs anglais, américains, sur plus de 2400 accouche- 
ments simples et sur 640 applications de forceps, on ne compte 
aucun décès maternel, il n'existe pa^iin senl cas de mort sur- 
venue pendant la chloroformisatioi/d'une femme en travail. 

Pas plus d'accidents consécutifs que d'accidents immédiats, 
avantages dus probablement, à ce que prétend un de mes con- 
frères, à la loi de tolérance par spécificité, absolument comme 
un individu atteint de névralgie violente, ou d'un rhumatisme 
articulaire aigu, supporte une dose très forte de morphine ou 
d'un autre calmant sans en être incommodé. D'un autre 
<îôté ne savons-nous pas tous également que les douleurs phy- 
siologiques, sont enlevées plus facilement que les douleurs cau- 
sées par des altérations pathologiques ou une opération quel- 
conque. 

Quant à moi„ je n'hé»ite pas à croire que la congestion céré- 
brale produite par la douleur physiologique, entiiune néces- 
sairement l'innocuité de l'anesthésique, les rares accidents 
sui'venus pendant les opérations chirurgicales où le chloro- 
forme avait été employé étant dus à la syncope résultat de 
l'anémie cérébrale. 

Avec cette demie anesthésie, les accouchements normaux 
sont plus rapides ; loin de diminuer, comme on pourrait le 
-croire, les contractions intérieures, elle semble les accélérer 
par le relâchement de certains muscles, et la femme une fois 
insensible sans qu'on le lui dise, se livre aux efforts d'expul- 



l'union MÉDIOALS du CANADA 31T 

Bîon les plus énergiques; sans le bromure, le travail dure 
beaucoup plus longtemps, et l'intervention chirurgicale devient 
plus souvent nécessaire : aussi je suis d'avis qu'on devrait tou- 
jours l'employer dans les cas simples comme dans les cas de 
délivrance instrumentale, de version, d'extraction artificielle 
du placenta: car en supprimant la douleur, on place la femme 
dans des conditions entièrement favorables, la prolongation 
du travail et les douleurs exagérées épuisant les forces de l'or- 
ganisme, sont souvent causes de complications (crises d'éclamp- 
sie) et d'accidents graves dans les suites de couche. 

Les inhalations de bromure d'Ëthyle peuvent avoir lieu 
pendant plusieurs heures sans inconvénient, et surtout si l'on 
se contente de diminuer l'acuité do la douleur: mais on peut 
également arriver sans danger aucun (je parie dans les accou- 
chements) à la période chirurgicale en ayant soin de ne pas la 
dépasser. Il s'agit, pour l'opérateur, de reconnaître nettement 
la période de l'éthérisme qu'il cherche à produire et pour cela 
il aoit connaître le trépied physiologique^ découvert et si bien 
décrit par mon ancien et savant maître, M. le docteur Simonin,, 
de Nancy, — je crois que c'est à l'observation des trois faits 
qui composent ce fameux trépied physiologique ; 

lo Insensibilité périphérique, notamment des tempes et de 
la cornée ; 

20 Serrement des mâchoires du trismus ; 

3o Demi-contraction de l'îris avec le bromure, contraction 
avec le chloroforme; 

Qu'on peut attribuer les résultats heureux obtenus cons* 
tamment dans les hôpitaux de Nancy, à la Clinique chirurgi- 
cale, où l'on suivait de mon temps, pour la chlroformisation, la 
méthode indiquée par ce savant professeur. 

Conclusion. — ^J'emploie toujours le chloroforme et spéciale- 
ment le bromure d'Ëthyle dans les accouchements, sans excep- 
tion, normaux ou anormaux : 

lo Parce qu'il diminue ou supprime les douleurs de l'enfan- 
tement ; 

2o Parce qu'il n'a pas d'influence fâcheuse sur la santé de 
la mère pas plus que sur celle de l'enfant ; 

5o Parce que les accouchements se font bien plus rapide- 
ment ainsi que la délivrance (sortie du placenta) et l'interven- 
tion chirurgicale est moins souvent nécessaire ; 

4o Parce que les suites de couches ne reçoivent aucune mo- 
dification f&cheuse, au contraire, convalescence plus courte et 
pas de complication, retour à la santé en très peu de temps. — 
Le Concours Médical 



u5l8 l'union médicale du CANADA 

Polsrpes dô la matrice. — Leçon clinique de M le Dr 
Hubert, professeur à l'université de Lot/rain. — La matrice 
peut être le siège de divei*ses tuineui*8 : polypes mons, ma- 
^ueux, glandulaires, vésiculeux, fibreux ; tumeurs fibreuses, 
fibro kystiques, myomes, fibromes, hystéromes, etc. Nous 
n'entrerons pas dans les discussions d'anatomo-pathologie aux- 
quelles ces néoplasmes donnent encore lieu et, nous plaçant 
au point de vue pratique, nous les diviserons en deux groupes : 
les polypes muqueux et les polypes fibreux. 

1. POLYPES i^QUEUX. — Ce sont des excroissances qui 
prennent parfois naissance dans la cavité utérine, mais bien 
plus souvent dans le canal cervical. Composées de tissus aéro- 
iaire ou connoctif imparfait, et imbibées d'un liquide albumi- 
noïde, elles présentent parfois des aréoles très larges qui les 
ont fait prendre pour des kystes. Leur enveloppe très mince, 
formée par de Tépithéléon, est parcourue par de nombreux 
vaisseaux provenant de la muqueuse voisine. Habituellement 
pédiculées, elles finissi^nt quand elles acquièvent un certain 
développement, par faire irruption dans le vagin où on les 
reconnaît aisément au moyen du spéculum ou du doigt. 

Inconvénients, — Ces productions peuvent causer une métrite 
hémorrhagique ou tout au moins entretenir la dysménorrhée, 
les ménorrhagies, la leucorrhée, donner lieu à tous les symp- 
tômes de la congestion utérine et amener des troubles géné- 
raux : dyspepsie, névropathies, chloro-anémie, etc. 

Traitement, — Il consiste à enlever la production patholo- 
gique. A les racler, les couper avec le bistouri ou les ciseaux, 
on s'expose à des saignements, faciles à réprimer, mais que 
nous préférons éviter en recourant à la torsion ou à Técrase- 
sement linéaire. Loraqu'elles sont petites et qu'elles siègent 
dans le canal cervical, il suffit souvent, pour les voir dispa- 
raître, d'introduire une éponge préparée, qui les écrase contre 
les parois en se dilatant. 

2. TUMEURS FIBREUSES. — M. Sims a noté que sur 605 femmes 
qui avaient réclamé ses soins, 119 étaient atteintes de tumeurs 
fibreuses de la matrice. En raison de leur fréquence et de 
l'infiuence qu'elles exercent sur la santé générale de la femme, 
sur les fonctions utérines et sur la grossesse, elles méritent 
donc de fixer toute votre attention. 

Caractères physiques, — Le volume des tumeui^s fibreuses 
varie de la grosseur d'une tète d'épingle à celle d'une tête 
d'adulte, la plupart atteignent les dimensions du poing. Leur 
forme est arrondie, ovoïde quand elles se sont développées 
dans la cavité utérine qui leur a servi pour ainsi dire de 
moule ; elles sont bosselées ou lobées, (^uand elles ont subi une 



l'union médicale du CANADA 319 

«onstriction et très irrégulièros quand elles ont rencontré des 
x>bstacles dans leur évolution ou qu'elles sont formées de plu- 
sieurs tumeui:s agglomérées. Elles sont souvent multiples 
Biais isolées et indépendantes les unes des autres. 

Leur consistance est très dure mais élastique. Leur tissu 
«rie sous le scalpel et laisse suinter à la pression un liquide 
ressemblant à la synovfe. L'aspect de la coupe est d'un blanc 
brillant, nacré : on a comparé la surface de section à celle 
qu'on obtiendrait, si l'on coupait un peloton de fil fige dans de 
la cire. Habituellement les fibres concentriques sont enroulées 
autour d'um centre unique ; d'autres fois on découvre plusieura 
■noyaux différents entre lesquels il existe parfois des vacuoles 
remplies d'un liquide filant, blanc ou rosé. 

Ces tumeurs se composent de deux éléments — avant tout 
de fibres fasciculées de tissu conjonctif — et de fibres cellules, 
•hypertrophiées comme pendant la grossesse. Entre l'élément 
fibreux ((•rainant et l'élément musculaire, on rencontre une 
substance amorphe, grisâtre, granuleuse, mais ni vaisseaux 
lymphatiques ou sanguins, ni filets nerveux. 

Nutrition, — Ces fibro-myoraes sont reliés an muscle utérin, 
B la séreuse péritonéale ou à la muqueuse, par du tissu cellu- 
laire lisse et vasculaire qui envoie des prolongements entre 
les lobes. 

Ce tissu lamelleux rend l'énucléation du néoplasme facile et 
Ton comprend que si la suppuration s'en empare, le fibrome 
peut se détacher spontanément. 

Leur développement est très lent, les cellules centrales rece- 
vant les éléments nutritifs des cellules périphériques en rap- 
port avec les sources. On en a vu qui pesaient 20 kilogr. ; 
on en a vu d'autres complètement incrustés de matières cal- 
tîaires (calculs utérins des anciens). 

Ces tumeurs peuvent - elles s'atrophier ? Il est certain 
qu'elles peuvent s'indurer et alors paraître diminuer de 
volume. Cet effet s'observe régulièrement sous l'influence de 
Tergotine, mais lorsque l'on a obtenu ainsi une tumeur plus 
dure, plus nette et moins grosse, le retrait, qui n'est peut-être 
qu'un tassement des fibres, ne continue en général pas, malgré 
l'emploi continué du médicament. 

La guérison de certains fibroïdes, quoique naguère encore 
contestée, dit M. Guéniot, doit être désormais regardée comme 
une vérité acquise. Est-elle précédée d'une métamorphose 
graisseuse? Si oui, les substances réputées stéatogènes telles 
que l'arsenic, le phosphore, le plomb, etc., pourraient se 
trouver indiquées. Quoi qu'il en soit, ces tumeurs peuvent 
disparaître par expulsion spontanée et par destruction gangre- 
neuse ou suppurative. 



320 l'union MiDICALB DU CANADA 

Les tumeurs fibro kystiques ou fibrocystiques sont-elles de^ 
dégénérescences des fi bro-myoraes ou procèdent-elles des vais- 
seaux lyraphaliques comme le soutient Kœberlé? La question 
intéressante au point de vue pathogénétique, Test beaucoup 
moins au point de vue pratique et, si la marche du fibrokyste 
est moins rgulière et sou veut plus rapide que celle dvt 
fibro-myome, nous ne croyons pas cependant devoir séparer la 
description de deux affections dont les principaux traits sont 
communs. 

A un certain degré de développement, les fibro-kystes pré- 
sentent des parois minces, friables et très vasculaires. Ils sont 
nniloculaircs ou divit^és par des cloisons incomplètes qui leur 
donnent un aspect aréolaîre. Ils contiennent presque toujours 
un liquide rougeâtre et épais. On en a observé qui ne pesaient 
pas moins de 80 livres (Eustache). Leur base d'implantation 
est habituellement fort large et contient des vaisseaux volu- 
mineux. 

Pour faire l'histoire des fibromes utérins, nous croyons utile 
de traiter séparément de ceux qui se développent sur le col et 
de ceux qui ont leur point de départ dans le corps de la 
matrice. 

lo. Fibrome du col. 

Nous nous occuperons d'abord de ceux qui sont insérés sur 
le museau de tanche. Ils apparaissent parfois à la vulve — ou 
bien on peut les découvrir au moyen du spéculum oi'dinaire, 
ou mieux, de la valve de Sims ; ils ont généralement un aspect 
rosé. Au toucher, ils pi-ésentent une tumeur d'une dureté car- 
tilagineusC) élastique, arrondie ou marronnée, présentant 
souvent l'apparence du col qui n'aurait pas d'ouverture. Il 
n'est pas toujours facile d'arriver à leur lieu d'implantation et 
cela importe cependant lo. pour reconnaître s'ils sont pédi- 
cules ou sessilesj 2o. pour savoir s'ils ne viennent pas, grâce à 
un long pédicule, de plus haut, de la cavité utérine elle-même. 

Inconvénients. — Corps étrangers, ils provoquent des irrita- 
tions, des hypersécrétions dans lo vagin et des congestions 
utérines qui se traduisent surtout par des hémorragies; ils 
gênent le coit, rendent la fécondation plus difficile, troublent 
la grossesse et peuvent amener l'avortement ou apporter des 
obstacles à l'accouchement. Froissés ou écrasés par le passage 
de l'enfant, ils peuvent devenir, pendant les couches, la source 
des plus gi*aves dangers. Par leur volume, ils peuvent com- 
primer les organes voisins, la vessie, le rectum, déplacer la 
matrice, et amener des troubles digestifs et nerveux. 

Les inconvénients de ces excroissances fibreuses du col sont 
donc nombreux et d'une nature assez sérieuse pour réclamer 



X 



l'union médicale du CANADA 321 

rintervention chirurgicale ; il est heureux que si l'opération 
est parfois difficile à exécuter, elle ne soit cependant presque 
pas dangereuse à subir. 

Les procédés opératoires sont : la torsion, applicable senle^ 
ment aux pédicules fort longs et grêles — V excision par le 
bistouri, les ciseaux (1), les polypotomes : elle expose à 4es 
hémorragies — et V étranglement du pédicule par une ligature 
on par la chaîne de Cbassagnac. Quelques chirurgiens, après 
avoir lié le pédicule, laissent la tumeur tomber en gangrène : 

Sour mettre la femme à Tabri de Thémorragie, facile à arrêter 
u reste par le perchlorure de fer ou le tamponnement, ils 
Texposent aux desagréments et aux dangers d'une putréfac- 
tion, qui marche vite dans le vagin. L'écrasement et l'enlè- 
vement doivent donc se faire en une même séance. Chez les 
femmes qui ont eu des enfants et qui ont les ligaments sus- 

Senseurs de la matrice lâches, nous n'avons jamais rencontré 
e difficultés ni observé d'inconvénients à abaisser l'utérus. 
Pressant d'une main sur Thypogastre et tirant prudemment 
de l'autre sur le polype, nous amenons sans peine le pédicule 
jusqu'à l'entrée au vagin et, dès que la chaîne de l'écraseur 
est bien appliquée, nous laissons l'organe remonter à sa place. 
Nous ne croyons pas que cette pratique présenterait des dan- 
gers chez une femme vierge. Cependant, pour ne pas tirailler 
les ligaments, nous préférons chez elles recourir à nos pinces 
porte-ligatures, imaginées surtout en vue des polypes intra- 
utérins, et sectionner par une ficelle le pédicule sur place an 
haut du vagin. Ces pinces nous paraissent d'un emploi plus 
simple et plus sûr que les porte-ligatures d'Herbiniaux, de 
Levret, de besault, de Mayor, de Niessen et de M. Senny. 

Mais le volume de la tumeur peut être tel qu'il soit néces* 
saire pour l'extraire d'en enlever au préalable des segments. 
Le plus gros que M. Sims ait rencontré avait les dimensions 
d'une tête de fœtus et pouvait passer. Il va de soi que l'ex- 
ti*action d'une telle tumeur est soumise aux mêmes lois et 
exige les mêmes précautions que l'extraction de la tête de 
l'enfant par le forceps au moment de l'accouchement. Nous 
avons enlevé en 1870 un fibrome qui remplissait toute l'exca- 
vation, s'élevait jusqu'à l'ombilic, avait mstendu énormément 
le vaçin et refoulé la matrice en haut. Il ne pouvait être ques- 
tion de le détacher de la lèvre antérieure du col à laquelle il 
adhérait par un pédicule court, gros comme le pouce : détaché 
nous n'aurions pu l'extraire. Nous l'attaquâmes par le forceps 

(1) M. Warlemont a inventé des dêeaux-pincêa-himoeUUiqueê çai pour- 
raient être ici utilement employés (Aoad. de méd., séaxiee du 81 juil, 1881). 



322 l'union médioale du oanada 

Bcie, entraînâmes d*abord le segment postérieur, puis Tante- 
rieur et enûn nous saisîmes le pédicule dans une forte ligature 
et nous le sentionnâmes au-dessous. L'opération fut peu dou- 
loureuse et eut les suites les plus heureuses. Si nous n'avions 
pas réussi par le forceps-scie, nous aurions eu recours au 
transforateur modifié pour passer une double ficelle à travers 
la tumeur et la diviser par séricission. 

Les fibromes développés dans les pai*ois du col présentent 
la même histoire que ceux développes dans le corps même de 
la matrice et nous ne séparerons pas ces deux descriptions. 

2o. Fibromes du corps de rutérus, 

Nous les diviserons d'après leur siège en fibromes externes^ 
interstitiels et internes, La paroi utérine se compose d'un tissa 
propre, tapissé en dehors par le péritoine, en dedans par une 
muqueuse. Loraque le fibrome naît au milieu du tissu propre 
il en refoule de tous côtés les fibres, mais reste enveloppé par 
elles. C'est le fibrome intrapariétal ou interstitiel proprement 
dit. Se développant du côté de la cavité utérine, il peut ne 
conserver que des rapports peu étendus avec le muscle, mais 
il soulève la muqueuse et est sous-muqueux ; se développant 
de l'autre côté, il soulève la séreuse et est sous péritonéal. 

(a) Fibromes externes. — Ces néoplasmes croissent dans la 
cavité abdominale et rencontrent peu d'obstacles à leur épa- 
nouissement, aussi acquièrent-ils souvent un volume considé- 
rable ; ils sont souvent multiples et peuvent être sessiles ou 
pédicules. Pendant la grossesse, ils croissent rapidement pour 
rétrocéder pendant les couches et parfois même disparaître 
complètement suivant ainsi l'hypertrophie et l'atrophie phy- 
siologique de la fibre utérine elle-même. 

On cite des cas où de ces tumeurs pédiculées ont rompu 
leur point d'attache et son tombées libres dans le péritoine. 

Ces fibromes se reconnaissent au palper et ont pour incon- 
vénients d'amener, selon leur situation et leur poids, divers 
déplacements utérins, de causer des embarras de circulation, 
de gêner les fonctions des organes voisins. Pendant l'accou- 
chement, s'ils sont sessiles et à large surface d'implantation, 
ils peuvent enrayer les contractions expulsatrices, occasionner 
des déchirures et gêner le retrait de 1 organe après l'issue de 
l'enfant. S'ils font saillie dans le petit bassin, ils peuvent être 
comprimés, meurtris, et tomber ensuite en gangrène, accident 
grave puisque le péritoine est intéressé. 

Traitement. — On a recommandé les fondants, l'iodure de 
potassium, les eaux de Kreuznach et surtout l'ergotine à l'in- 
térieur et par la méthode endermique. Nous avons vu qu'on 
a recommandé aussi les substances stéatogènes, l'arsenic, le 
phosphore, etc. 



l'union HÉDIOALO DTT CANADA 323 

Ije moment le pins favorable pour obtenir la dispari- 
tion d'un corps nbrenx est celui qui suit les couches, 
pnisqu'alors Timpulsion est donnée et qu'il existe un mouve- 
ment régressif spontané. Si ces tumeurs menaçaient la vie 
{«r leur volume, on pourrait se trouver obligé de les enlever 
par une opération comparable pour sa gravité à Tovariotomie, 
lorsque le fibrome est pédicule, beaucoup plus meurtrière s'il 
fkxxt rénucléer ou enlever en masse utérus et ovaires. Dans ce 
-dernier cas, la mortalité en Amérique a été de 11 femmes sur 
12. La statistique du professeur Storer est moins sombre : il a 
réuni 24 observations donnant 6 succès, mortalité 75 p. c. 
Péan a publié les résultats de 44 extirpations de l'utérus : 13 

fuérisons, 31 décès : mortalité 70 p. c. Il a pratiqué lui-même 
fois la gastrotomie pour des tumeurs fibreuses et en a obtenu 
'î guérisons, et d'après ce chirurgien heureux : " l'opération 
supra-vaginale n'est pas une opération plus dangereuse que 
i'ovariotomie compliquée d'adhérences. 

b) Fibromes interstitels. — Ce sont peut être les pires. — ^Ils 
occasionnent les mêmes accidents, compressions, congestions 
bémorrhagies, déplacements, etc., que les autres et sont plus 
inaccessibles au traitement. Ils déforment la matrice et dépla* 
^«ent la cavité. — Nous connaissons un cas où une tumeur de ce 
^enre, développée dans l'épaisseur du fond de l'organe, fut 
cause d'une présentation vicieuse de l'enfant et de la mort de 
la femme : le placenta était greffé sur la tumeur et après la 
délivrance elle empêcha la matrice de i*evenir sur elle-même 
«t maintint béantes les ouvertures des vaisseaux déchirés. 

Ces tumeurs se reconnaissent aux troubles variés qu'elles 
occasionnent et à l'examen direct par le toucher, le palper et 
la sonde utérine qui donne la profondeur et la direction de la 
cavité utérine. 

Traitement. — Comme pour les fibromes externes : Combat- 
tre les accidents de compression et les hémorrhagies — t&cher 
<l'enrayer la croissance ou même d'obtenir la régression du 
néophisme par l'ergotine. L'éntlcléation par l'intérieur est 
une tentative hardie que Baker Brown et Atlee ont réussie 
quelquefois ; Marion Sims, jamais. Nous avons dit plus haut 
la gravité de l'hjstérotomie. Dans les derniers cas que nous 
avons observé, nous avons remarqué dans le vagin une très* 
-grosse artère. Nous nous demandons si la ligature de cette 
artère ne pourrait pas amener d'heureux résultats: noua 
l'essaierons. 

c) Fibromes internes ou sous muqueux. — Le plus souvent 
implantés sur la face antérieure, ils prennent la forme de la 
oavité dans laquelle ils se développent et dont ils distendent 



324 l'union MiDIOALE DU OANADA 

régnlîèrement les parois. Ils sont parfois sensibles ; nous ei» 
avons vn un qui adhérait au fond de Tutérus par une surface* 
large comme une assiette. Mais le plus souvent ii sont pédi- 
culés et ce pédicule peut s'allonger considérablement à la suite 
des tiraillements qu'il subit lorsque l'utérus, réagissant contrô- 
le corps étranger, se contracte pour l'expulser. Il en résulte 
qu'on peut rencontrer le fibrome interne engagé dans le col 
et même dans le vagin. — Parfois même le pédicule se détache 
et la tumeur tombe. Si l'eflfort d'expulsion est insuffisant, le- 

Solype après s'être montré, rentre: polypes intermittents, 
ous Tinnuence du poids du fibrome et des contractions, la 
matrice peut-elle subir un certain degré de renversement? 
C'est ce dont il faudrait s'assurer par le palper abdominal 
avant d'attaquer la tumeur par des instruments ou des ligatu- 
res qui pourraient porter sur l'utérus. La conception est-elle- 
possible? — On prévoit les dangers dont elle s accompagne- 
rait. 

Ces tumeura occasionnent des phénomènes de congestion 
utérine, des compressions, des leucorrhées et surtout des 
hémorragies. Au moment où la matrice cherche à se débar- 
rasser de son contenu la femme présente tous les symptômes 
de la fausse couche — le col s'entre-ouvre et c'est le moment 
de parfaire un diagnostic incertain jusque là. Le doigt ou la 
sonde utérine reconnaît le point d'implantation. En outre^ 
«—et nous ne croyons pas que ce symptôme ait été signalé, — 
un large pédicule empêche les mouvements de torsion qu'on 
voudrait imprimer à la tumeur. 

Trai^em^n^-— Combattre les accidents du côté des organe» 
digestifs et des centres nerveux ; combattre les hémorragies et 
leurs suites, — tâcher d'enrayer le développement de la tumeur 

Sar l'ergotine, qui a au moins pour effet d'atténuer et de ren- 
re plus rares les pertes sanguines. Si le fibrome est sessile, 
il présente à peu près les mêmes indications que s'il était 
interstitiel. — S^il est pédicule, nous l'enlevons, au besoin, après 
la dilation artificielle du col, au moyen de nos pinces porte- 
ligatures. — (^Journal des Sciences médicales de Louvainy—Le 
Scalpel 



Névralgies trifàciales traitées par le sulfekte de 

cuivre ammoniacal. — Dans quatre cas de névralgie trifa- 
ciale j'ai employé le sulfate de cuivre ammoniacal recommandé* 

Sar M. le Dr !F^btiOL, et les résultats obtenus me font un devoir 
e faire connaître ces observations. 
Le premier cas a pour sujet une femme de trente-deux ans,. 



l'union médicale du CANADA 325 

«tfeetée d^une névralgie trîfacîale depuis sept ans. Cette 
i)é\rralgie se présentait sons forme de crises très violentes, qui, 
depnis qHelque temps, se reproduisaient trois ou quatre fois 
•dans les vingt-quatre heures. Pendant deux ans, Jai essayé 
inutilement la quinine, l'arsenic, le bromure de potassium, 
t'aconitine, etc. 

Le 20 mai 1879, connaissant la communication faite à l'Aca- 
><iémie de médecine par M. le Dr Fériol, je lui fis suivre le trai- 
tement suivant : 

Pf ondre en deux fois, dans la journée et chaque fois au mo- 
jment des repas, la potion ci-après : 

Sulfate de cuivre ammoniacal.. ...... 0,15 cent. 

Sii*op de menthe 30 gr. 

Eau distillée 100 gr. 

Au bout de trois jours, les accès avaient diminué d'intensité 
•et ne se représentaient plus qu'une fois dans les vingt-quatre 
lieures. Je fis continuer le traitement pendant quatre jours 
«encora, mais, au bout de ce temps, la malade se plaignit de 
Couleurs d'estomac et de coliques accompagnées de diarrhée. 
Je diminuai alors la dose du sel de cuivre, et la restreignis à 
«0,10 centigr. par potion à prendre dans les vingt-quatre heures. 
A cette dose te médicament fut bien supporté, et, trois semai- 
nes après le début de ce traitement, la malade n'accusait plus 
aucune douleur. 

En septembre de la même année, quelques accès reparurent, 
mais moins violents ; je fis repi^endre le traitement pendant 
liuit jours et lés donleurs disparurent. Depuis cette époque, la 
^uérison s'est maintenue. 

Notons en passant que cette malade s'était fait extraire neuf 
•dents en l'espace de quelques mois, attribuant ses souffrances 
4k des dents cariées. 

Le second cas a pour sujet une femme de quarante-deux ans. 
3!ja maladie a débuté brusquement au retour d'un voyage. Les 
4U^s, très violents, éclataient toutes les trois ou quatre heures 
•et duraient envii*on une heure. En présence de cette x>ériodi- 
<$ité, je fis prendre à plusieurs reprises du sulfate de quinine 
{l gr. en une dose), sans aucune amélioration. 

J'eus alors recours au sulfate de cuivre ammoniacal, mais 
redoutant les vomissements chez cette femme très nerveuse, 
prévenu d'un autre côté par le cas précédent de l'action du sel 
.6ur l'estomac, j'employai la formule suivante : 

Sulfate de cuivre ammoniacal gr. x 

Extrait de Valériane gi*- ^^ 

Extrait de thébaïque ; gr. ij. 

Pour 12 pilules, 2 par jour. 



326 l'vnion médvbalu i>v oanapa 

Le premier jour, sédation marquée, un seul accès dans k» 
journée et une autre un peu intense pendant la nuit, mais lai 
malade se plaint de nausées fréquentes. Le second jour, ui» 
seiEd accès dans les vingt-quatre heures. Le troifii^me jour^ 
calme complet. 

Je fis continuer les pilules, à la même dose, pendant huit 
jours encore, et les douleurs ne se reproduisirent plus. 

Le troisième cas a rapport à un homme de cinquante-quatre- 
ans, souffrant depuis huit mois et ayant suivi plusieurs traite- 
ments. J'employai les pilules précédentes qui furent parfaite- 
ment supportées. Au bout de vingt jours les douleurs avaient, 
disparu, mais il y eut deux rechutes dues à l'abandon prémar* 
ture du traitement. 

Le quatrième cas concerne une femme de soixante-deux ans^ 
atteinte d'asthme et souffrant de sa névralgie depuis plusieurs- 
années. Les accès se présentent tous les huit ou quinze jours^. 
ils sont d'une extrême violence et aucun traitement n'a pu le&^ 
fitténuer. Chez cette ntalade, le sulfate de cuivre ammoniacal 
à la dose de 0,20 centigr. par jour ne produisit aucun effet^. 
mais, à la dose de 0,30 centigr. j'obtins une diminution sen- 
sible de l'intensité des douleurs et de la longueur des accès» 
J'essayai de dépasser cette dose, mais il se produisit des vomis- 
sements qui me forcèrent à m'en tenir à la pose précédente^ 
En résumé, chez cette malade, il y a eu soulagement marqué, 
mais non guérison ; de plus, i'ai observé que, pendant qu'elle- 
prenait ses pilules, les accès ^asthme étaient moins fréquents.. 

Enfin j'ai employé le sulfate de cuivre ammoniacal dans deux 
cas de sciatique, chez une femme de cinquante-deux ans et che& 
un homme de trente-sept ans. L'effet a été nul dans ces deux 
cas. 

Pour terminer, qu'il me soit permis de présenter les obser- 
vations que j'ai pu faire concernant l'action du médicament 
sur l'organisme. 

Chez les trois femmes soumises au traitement, le sel cuivri- 
que a déterminé quelques troubles du côté de l'estomac. Chez: 
l'une, j'ai pu pousser la dose jusqu'à 0,30 centigr. sans détermi- 
ner de vomissements qui apparaissaient cependant dès que« 
cette dose était dépassée chez toutes trois, il y a eu des nausées.- 

La potion donnée à la première malade lui répugnait en rai- 
son de sa saveur métallique; l'emploi des pilules m'a parQ> 
*^référable. 

Chez les malades prenant chaque jour 0,10 cent, de sel, j'aîi 
constaté à la fin du traitement un léger abaissement du pouls^ 
ainsi que l'indique M. Féréol et contrairement à l'opinioftdi^ 
Gubler qui a noté une accélération de la circulation. 



l'union MÉDIOALX du CANADA 327 

Chez la dernière malade j'ai constaté que les accès d'asthme 
étaient moins fréquents, et j'ai principalement observé une 
diminution marquée de la sécrétion bronchique. 

L'action du sulfate de cuivre ammoniacal sur l'intestin ne 
paraît pas constant, ou, tout au moins, n'est pas la même chez 
tous les sujets, puisque, chez une seule des malades, il a déter- 
miné de la diarrhée. 

En résumé, malgré le petit nombre des cas que je signale, je 
puis dire que j'ai été frappé des bons effets du sulikte de cuivre 
ammoniacal dans la névralgie trifaciale, et surtout de sa rapi- 
dité d'action. — Dr Deliony, Membre correspondant de la So- 
ciété de Médecine. — Le Concours Médical 



NOTES DE THÉRAPEUTIQUE. 



Sur quelques préparations nouvelles cTiodoforxne. 

—Le Dr H. 0. Howard, Champagne (Illinois), recommande 
iPhysicians* and surgeons* investigator et London medic. record) 
l'iodoforme surtout pour les chancres et chancrelles, herpès 
circiné, herpès zoster, du prépuce, granulations conjonctivales 
de la blennorrhagie. Il conseille plusieurs sortes de préparar 
tions peu connues. 
Pour les chancres il conseille : 

P. lodoforroe 100 parties poids. 

Sucre de lait 200 parties 

Acide thymique • 1 partie 

Mêlez et réduisez en poudre impalpable. 

On lave puis on dessèche bien le gland. On remplit les 
ulcérations de la poudre ci-dessus, puis on en répand autour 
d'elles, puis on recouvre le tout d'un léger bandage. On répète 
les applications aussi souvent que la masse pulvérulente est 
imprégnée par l'écoulement. Ordinairement cela fait trois 
pansements pour les deux ou trois premiers jours, puis les jours 
suivants les pansements deviennent de plus en plus rares. 

Dans les diffrentes formes d'herpès il emploie la préparation 
suivante: dissoudre: 

lodoforme 31. 

Essence d'eucalyptus ^iv. 

Peindre les surfaces malades avec cette solution. Ordinaire- 
ment deux ou trois de ces applications amènent la guérison. 



328 l'union MiDIOALE DU CANADA 

Pour les granulations des paupières il applique avec un pin- 
ceau doux sur les paupières retournées, la poudre : 

lodoforme 1 partie. 

Sucre de lait 5 parties. 

Ordinairement on obtient avec ce topique et sans douleur la 
cure de lésions déjà anciennes. 

Dans la blennorrhagie il emploie rodoforme en suppositoires. 
11 conserve dans un pot une masse faite de la sorte : 

lodoforme finement pulvérisé 5ss 

Beurre de cacao ^ 

Il a une sorte de seringue d'argent à large ouverture avec 
piston très exact. 

Il relève le piston de la quantité d'onguent nécessaire et 
plonge à plusieurs reprises le corps du piston dans le pot. Il 
nnit par le remplir, puis il chasse le contenu de cette seringue 
dans Vurètre en ayant soin de le faire cheminer jusqu'à la partie 
malade. 

Il emploie le même médicament pour les catarrhes de la 
cavité du col utérin. Il le chausse même jusque dans la cavité 
du corps. — Jouî'nal de médecine et de chirurgie. 



Des préparations d'opium chez les enfànts.—Tout 

en rappelant la susceptibilité particulière des enfants à l'égard 
de l'opium, M. J. Simon insiste sur Tutilité de cet agent dans 
la thérapeutique infantile, lorsqu'il est prescrit avec les plus 
grandes précautions, progressivement et à dose fractionnée. 

La décoction de tête de pavot peut servir pour l'usage externe, 
mais il est très imprudent de l'employer à l'intérieur, car son 
dosage est mathématiquement impossible. 

Parmi les préparations officinales les plus usuelles, se place 
en première ligne le laudanum de Sydenham, dont on donne 
une goutte par jour jusqu'à 1 an, deux gouttes jusqu'à 2 ans, 
puis, au-dessus de 2 ans trois gouttes dans une potion de 120 

frammes dont l'enfant prendra une cuillerée à café toutes les 
emi-heures et dont on surveillera l'action, en se basant sur la 
somnolence et l'état des upilles. 

Si les enfants ne peuvent supporter le goût du laudanum, 
on leur donne Vélixir parégorique, laudanum agréable au goût 
et cinq fois moins actif que celui de Sydenham. 
Ce sont là les seules préparations opiacées dont M. J. Simon 



ti'UKION MÊDIOALB DU OANADA 329 

fasse iiBS:ee chez 1«8 enfants aa-deesons de deux ans. Chez les 
enfants plus âgés on peut avoir recours au sirop de codéine^ au 
sirop dîacode, à la poudre de Dover et au diascordium. 

Jjd sirop de codéine s'emploie à la dose de 5 à 10 grammes 
dans une potion de 120 grammes qui sera prise de demi-heure 
en demi-heure jusqu'à effet sédatif. 

Le diascordium ne s'emploie jamais seul, associé au sous- 
nitrate de bismuth et au laudanum contre les diarrhées de 
longue durée. On formule, par exemple, la potion suivante : 

Laudanum de Sydenham 1 goutte. 

Sous-nitrate de bismuth 5S8 

Diascordium gr. x à .^ss 

Julep ^iv. 

A prendre par cuillerée à bouche d'heure en heure. 

Le sirop diacode^ plus actif que le sirop de codéine, se pres- 
crit à la dose d'une à deux cuillerées à café en vingt-quatre 
heures dans une potion ou de la tisane. 

La poudre de Dover se donne aux enfants au-dessus de 2 ans, 
aux doses de 0,20 à 0.30. 

I) est d'autres opiacés que M J. Simon exclut complètement 
de la thérapeutique, infantile : la morphine, l'extrait thébaïque, 
le sirop de Karabé, le laudanum de Kousseau. — Le Siècle Méd. 



Bromure d'ammonium dans la coqueluche.— Kor- 

man (larbuch fur Kinder et London Medic. record) affirme la 
grande utilité du bromure d'ammonium. Pour les jeunes 
•enfants il donne à la fois cinq centigrammes, pour les enfants 
plus âgés ving^cinq à quarante centigrammes toutes les deux 
heures. L'amélioration est très rapide. Il ne doit y avoir 
qu'une contre-indication, la coexistence d'un catarrhe bron- 
chique chronique. Quelquefois il se pix)duit un peu de stupeur 
que l'on fait disparaître en suspendant un peu le médicament. 
— Jowrnal de médecine et de chirurgie. 



330 l'union hédioali du oanada 



L'UNION MEDICALE DU CANADA 

MONTREAL, JUILLET 1881. 
Comité de Rédaction : 

MSS8IEUB8 LES DOCTEURS E. P. LaOHAPELLE, Â. LaMABOHB 

ET s. Lachapelle. 



Le Tarif-Gagnon. 



On sait qu'en septembre dernier le Bureau des Goavemears 
a élaboré un nouveau tarif que la législature a dûment accepté- 
et que Son Honneur le Lieutenant-Gouverneur a sanctionné. 
Ce tarif, publié dans la Gazette Officielle du 21 mai 1881, ne 
devait venir en force que le 2$. novembre prochain. 

Nous avions tout lieu de croire que nous en avions fini pour 
longtemps de cette question si longuement et si mûrement 
étudiée. Pas du tout. Le 30 mai dernier, M. Gagnon de son 
propre chef, sans y être invité par aucun membre de la pro- 
fession, et à rinsu du Bureau des Gouverneurs, a présenté à la 
législature un amendement au tarif et nous a fait des hono- 
raires qui ne sont rien moins qu'acceptables. Ce n'est qiu' après 
la deuxième lecture de ce bill officieux que les membres de la 
profession en ont eu connaissance. Voilà, n'est-ce pas, une 
deuxième édition considérablement augmentée de la fameuse 
clause concernant les sa^e femmes. 

Que M. Gaçnon pour des raisons qui ne sont pas un mystère^ 
veuille nous donner un tarif selon son cœur, il est possible de 
comprendre la chose sans l'approuver, mais ce que nous com- 
prenons moins, c'est que la législature prenne au sérieux l'ho- 
norable député. En effet, il nous semble difficile de faire con* 
corder cette immixtion de M. Gagnon à nos affaires sans y 
avoir été sollicité par aucun de nous avec l'article 4 de la 13e 
dause de notre loi médicale, lequel article se lit comme suit : 

" Le Bureau provincial de médecine fera, quand l'occasion le 
demandera, des règlements pour fixer le tarif des prix qui 
seront payés dans les villes et dans les campagnes pour les 
avis en matière de médecine, d'art obstétrique ou de chirurgie 
ou pour les soins ou pour l'accomplissement de toute opération 
ou pour toutes médecines qui auront été prescrites ou fournies.'^ 



l'union MiDICALI DU CANADA 331 

Si on permet ainsi aux clients de faire des tarifs à leur goût 
sans nous consiilter, il est probable que la législature n'en aura 
pas fini de sitôt avec cette question. Et pourquoi le Barreau 
n'aurait-il pas ensuite son tour s'il en prend fantaisie à quelque 
plaideur. 

C'est là, on en conviendra, une anomalie de voir un homme 
complètement étranger à la médecine se poser en appréciateur 
de nos services et de nos besoins. 

Le tarif de M. Gagnon pourra peut-être lui valoir les remer- 
ciements de ses constituants, mais il n'est pas de nature à en- 
thousiasmer la profession. Si c'est là tout ce que M. Gagnon 
peut nous accorder pour tarif maximum, il n'est pas flatteur 
pour nous et personne ne serait plus excusable dorénavant de 
se dispenser ae vivre et de mourir suivant les règles de l'art. 

Le Bureau Provincial de Médecine, composé de 40 membres 
choisis par la profession, usant des pouvoirs que lui a conféré 
la loi, a adopté après mûre délibération un tarif maximum que 
l'Assemblée, le (x>n8eil et le Gouverneur ont jugé équitable et 
sanctionné. Et tout cela sera en pure perte parce quil plaît 
à M. Gagnon de filer à notre insu des amendements ruineux à 
nos iYitérèts! Allons doncl C'est une mauvaise plaisanterie^ 
et M Gragnon serait moins parcimonieux s'il savait (car il 
parait l'ignorer) qu'un médecin enrichi par la pratique de son 
art est un phénomène des plus rares. 

M. Gagnon s'alarme sans motif s'il se figure que nous allons * 
ruiner le peuple avec notre tarif maximum et s'il se fie peu à 
notre honnêteté, nous pouvons l'assurer que notre intérêt per- 
sonnel suffira toujours à nous faire pi*oportionner la note de 
nos honoraires à 1 état de fortune de nos clients. Mais d'un 
autre côté il ne saurait trouver mal que nous nous protégions 
contre la lésinerie de certaines gens qui voudraient mesurer 
nos services à l'aune et peser la science à l'once. 

Un tarif maximum est le seul possible dans les circonstances 
actuelles et le nôtre est loin d'être exagéré, c'est au moins ce 
qu'en pense le Bureau Provincial de Médecine dont l'honora- 
bilité et la compétence en cette matière valent bien celles de 
M. Gagnon. 

Aussi nous ne doutons pas que la législature ne fasse droit à 
nos justes réclamations et ne confirme le vote de confiance 
qu'elle nous a donné sur cette question. 



Université Laval — Collation des degrés.— La clôture 
des cours de l'Université Laval, à Montréal, s'est faite, le 30 
juin dernier, au Cabinet de Lecture Pai*oissial. 



332 l'union médioals du oanada 

La vaste salle était remplie par une société d'élite, où leB 
•dames figuraient en grand nombre. 

Sa Grandeur Mgr de Montréal présidait, et Ton remarquait 
parmi les personnes présentes : M. le curé Bousselot, M. le curé 
Sentenne, M. Tabbé Giband, M. l'abbé Toupin, M. Tabbé Dee- 
champs, M. l'abbé Desrochers, M. l'abbé Gendreau, et autres 
membres du clergé, les honorables Juges Johnson, Berthelot, 
Papineau, Laframboise, M. L. H. Frénhette, M. Èhoêr Roy, 
M. B. A. Généreux, M. F. L. Béïque, M. le protonotaire Hubert, 
M. le Dr Tassé, M. Lachapelle, M. T. C. de Lorimier, etc., et 
un grand nombre d'autres avocats, médecins et citoyens dis- 
tingués. 

L'Université était représentée, sur l'estrade, par M. l'abbé 
Beaudet, vice-recteur, par trois professeurs de la faculté de 
théologie, et par MM. les professeurs Cherrier, Jette, Alphonse 
Ouimet et C. G. de Lorimier, de la faculté de droit, et MM. les 
Drs Dagenais, Brosseau, Lachapelle, Desrosiers, Filiatreault, 
Laramée, Lamarche, Duval et foucher, de la faculté de méde- 
cine. 

M. l'abbé Beaudet ouvrit la séance par un discours de cîr- 
•constance, où il constata les progrès accomplis par la succur- 
sale, qui comptait cette année b55 élèves, dont 220 de la faculté 
de théologie, 90 à la faculté de droit et 40 à la faculté de 
«médecine. 

M. le Dr Dagenais, professeur de tocologie, donna ensuite 
une lecture sur le rôle du médecin dans la société. 

M. Charles de Lonmier, professeur de droit criminel, pro- 
nonça ensuite un discours sur les causes des désordres sociaux 
et les moyens de les prévenir. 

Le vénérable M. Cherrier vint ensuite et fit un historique 
^loffieux de l'Université Laval. 

Dans rintei*valle avait eu lieu la collation des degrés. 

En théologie, il y a 1 docteur, 3 licenciés et 26 bacheliers; 
en droit, 6 licenciés et 12 bacheliers ; en médecine, 2 docteurs, 
2 licenciés et 15 bacheliers. 

Les licenciés en droit sont MM. Charles Lemoyne de Mar- 
tigny, Joseph-Octave Drouin et Thomas Fortin (tous trois 
summâ cùm laude)^ Joseph-Ulric Emard et Henri Gérin- 
Lajoie (jcûm laudé) et Arthur David. Les bacheliers sont MM. 
Emery Bertrand, T. Théophile Brosseau, L. G. A. Cressé, 
J. S. Doucet, U. Lafontaine, J. D. Leduc, A. S. McKay, F. R 
Marceau, Philippe Martel, J. A. Binfret, L. J. B. Taché et 
L. E. Turgeon. 

Dans la faculté de médecine, les docteurs sont MM. Aimé 
4aboury et J. E. Lemaître; les licenciés sont MM. Isaïe 



l'union médicale du canada 33^ 

Cormier et George-Henty Oliver ; les bachelierB MM. Samuel 
Brien, Joseph Chaffers, J. B. A. Cormier, F. X. Gagnier, F. D. 
Gauthier, Edmond Grenier, Gaspard Janson, Arthur Joyal, 
P. G. Lafontaine, Anthime Leclair, Joseph Leroux, J. Wilfrid 
Prévost, L. E. N. Matte, Avila Marsolais et Albert Thibaudeau. 

Le prix du doyen (30) en droit, a été remporté par M. 
Thomas Fortin, et en médecine le prix des finales par M. J. E. 
Lemaître, et les deux prix des primaires par MM. A. Marsolais 
et Isaïe Cormier. 

Les cours de l'Université Laval reprendront au commence- 
ment d^octobre. 



L'hôpital Notre-DapXne. — Les administrateurs de cet 
hôpital accusent réception, avec reconnaissance, des souscrip- 
tions et dont suivants versés depuis le mois de janvier dernier : 

souscriptions en argent. 

y. Hudon $50 00 

Un ami 50 00 

Police de Montréal 43 25 

Hon. J. E. Thibaudeau 26 00 

Jacques Grenier 25 00 

Geoffrion & Einfret 26 00 

E. McKeown 25 00 

B. A. Généreux 20 00 

D. Masson&Cie 20 00 

Jos. Hudon 20 00 

Charles Hébert 20 00 

A. S. Hamelin 20 00 

P. M. Galameau 15 00 

L. Tourville 10 00 

J. Lapierre 10 00 

L. H. Sénécal 10 00 

Arthur Prévost 10 00 

A. Bélanger 16 00 

Gaucher & Telmosse 6 00 

J. B. Durocher 6 00 

A. Couillard : 5 00 

Brossard & Chaput 6 00 

J. 0. Lafrenière 6 00 

John EUiott 6 00 

E. Bellemare 5 00 

Arthur Boyer 6 00 

J. 0. Gravel 6 00 



334 l'union médioali du canada 

C. Melançon $5 00 

Alph. Eacine 5 00 

J. Leclair 5 00 

Prévost, Hébert &Cie 5 00 

F. Larue 4 00 

Beauchemin & Valois 3 00 

Henri Tiffin 2 00 

Joseph Turcot 2 00 

J. T. Letonrneux 2 00 

W. Stafford 5 00 

P. Froidevaux 26 00 

D. Beaulieu 2 50 

W. Hanson & Oie 25 00 

dons en natube. 

E. A. Généreux : 3 montons, laine pour 2 matelas et dessert 
du dîner de Pâques ; Dufresne et Mongenais : effets d'épicerie ; 
L. Larivée : plusieurs lots de poisson fi-ais ; Mme H. Masson : 
ornements pour la chapelle; Mme Limoges et DUe Béné: col- 
lecte pour une aube et autres objets pour la chapelle ; diverses 
dames : lots de coton et charpie pour pansements. 



Législation. — Le projet de loi autorisant rUniversité- 
Laval à multiplier ses chaises d*enseignement dans la Province 
de Québec a été adopté par là Législature et sanctionné par le 
Lieutenant-Gouverneur. 

Le projet de loi incorporant THopital Notre-Dame à Mon- 
tréal, a aussi été adopté et sanctionné. 



Bibliographie* 



Anatomical Studies upon Brains of Criminals — A contribution 
to Anthropology, Medicine, Jurisprudence, and Psychology, 
bj MoRiz Benedikt, Professer at Yienna ; translated from , 
the German by B. P. Fowler, M,D., New- York. 

Ce curieux ouvrage, basé sur Tétude minutieuse de la con- 
formation extérieure du cerveau de 22 criminels : faussaires, 
voleurs, ou meurtriers, est d'un grand mérite ii plus d'un point 



L'ONIOV MÉDIOALI du CANADA 335 

<ie vue. L'autear ne prétend pas poser en axiomes les conclu- 
sions qu41 déduit d'un nombre aussi restreint d'observations ; 
les incertitudes qui existent encore au sujet de Tanatomie et 
de la physiologie dos centres nerveux, et surtout des localisa- 
tions de fonctions, ne sauraient lui permettre d'être aussi 
affirmatif, mais ces observations sont précieuses en ce qu'elles 
accumulent des matériaux d'un nouveau genre pour l'anthro- 
pologie, science toute nouvelle dont le fondateur vient de 
mourir, la médecine et surtout la jurisprudence médicale à 
laquelle il reste encore beaucoup à faire pour apprendre à 
protéger la société contre les criminels et à les protéger contre 
eux-mêmes. 

Plaider folie chez un criminel est devenu un lieu commun 
auqael le Juriste n'a recours qu'avec bien peu d'espoir do 
succès, et dans les cas bien évidents, et pourtant les recherches 
de Benedikt tendent à prouver que : l'inhabilité à se retenir 
de la répétition d'un crime malgré qu'elle apprécie parfaite- 
ment le pouvoir supérieur de la loi, et un manque de sentiment 
du mal malgré qu'elle en ait une perception claire, constituent 
les deux principaux caractères psychologiques de cette classe 
à laquelle appartiennent plus de la moitié des criminels con- 
damnés. 



VARIÉTÉ. 



Nécrologie. — Nous avons la douleur d'apprendre la mort 
de M. Emile Littré, sénateur, membre de l'Académie française 
«t de l'Académie des Inscriptions et belles-lettres, associé 
libre de l'Académie de médecine. 

M. Littré était né en 1801, il avait donc quatre-vingts ans ; 
mais il avait conservé jusqu'au dernier jour une force et une luci- 
dité d'esprit, une habitude et une puissance de travail dont la 
collection de la Philosophie positive témoigne éloquemment. Il 
était de ces héros du labeur intellectuel que la mort seule 
arrête. 

Contrairement à l'opinion commune, M. Littré n'était pas doc- 
teur en médecine ; il avait été seulement interne des hôpitaux 
*€t s'était tourné aussitôt après verales recherches philologiques 
«t historiques pour lesquelles il étudia à fond le grec, le sans- 
crit, l'arabe et les principales langues anciennes et modernes. 

En même temps il traduisait Kippocrate, entrait dans le 
mouvement philosophique inauguré par Auguste Comte. 



336 l'union médicale du canada 

L'œuvre capitale de sa vie : le Dictionnaire de la langue fran- 
çaise^ commença à paraître en 1853 et a étépoarsuivi sans inter- 
ruption jusqu'en 1872. C'est un véritable et magnifique 
monument élevé à notre idiome et qui est maintenant dans 
toutes les mains, car cette œuvre d'érudition a eu cette bonne 
et rare fortune de devenir aussitôt populaire. 

On n'a pas oublié ses démêlés avec Mgr Dupanloup, qui réus- 
sit pendant huit ans à lui fermer les portes de l'Académie fran- 
çaise, sous prétexte d'athéisme ; on sait aussi qu'après sa 
réception, le fougueux évêque d'Orléans refusa de repart tre 
BOUS la coupole de l'Institut. M. Littré aurait été baptisé quel- 
pues instants avant sa mort, dans des circonstances mysté- 
rieuses. 

Citons, parmi les plus importants des nombreux ouvrages 
de cet écrivain encyclopédique, le Dictionnaire de médecine en 
collaboration avec M. le Dr Ch. Bobîn, une Histoire de la langue 
française, une traduction de la Vie de Jésus de Strauss, diverses 
publications se rettachant à la doctrine positiviste, un grand 
nombre d'articles réunis en volumes, enfin une édition des 
Œuvres complètes de son ancien collaborateur et ami Armand 
Carrel. — Le Siècle Médical, 



MAEIAGB. 



Le 21 juin, à l'évêché de Montréal, par M. le chanoine Du- 
fresne, M. le Dr G. Lanctôt, de St-Henri, à mademoiselle Clara 
Bourassa, fille de M. Hubert Bourassa, de Laprairie. 



DÉCÈS. 

A Montréal, le 18 juin, dame Marie-Louise-Bsther Mercier^ 
âgée de 32 ans, épouse de M. le Dr L. A. Geo. Jacques. 



TRAVAUX ORIGINAUX. 



REVUE DES HOPITAUX. 



Hôpital Notre -Dame, Montréal, 

Service du Dr Laramée. 
{Noies cliniques recueiUiespar le Dr H. £. Desrosiers, M.D., médecin interne.) 

IntuBBusception. 



A. L., jeune homme de vingt-deux ans est pris en se levant, 
le t décembre au matin, de coliques, nausées et vomissements. 
Les coliques ne sont pas excessives mais Tempêchent d'aller à 
son travail. Le 8, les douleurs intestinales sont de plus en 
plus considérables, d'après le rapport du malade lui-même qui 
dit avoir ce iour-là, ainsi que la veille, pris plusieurs doses de 
punch dans le but, selon lui, de mettre fin à ces coliques. Le 
9, un médecin est appelé et prescrit trois pilules purgatives 
qui restent sans effet, de même que trois doses consécutives 
d'huile de Ricin. On appliqua des fomentations chaudes sur 
Tabdomen. La nuit du 9 au 10 est mauvaise : les douleurs 
augmentant d'une façon alarmante. Le 10, à 10 h. a. m., le 
malade est admis à Thôpital, t*alle St Joseph, n» 13 — service 
du Di* Laramée. La face est pâle, les traits un peu contractés, 
langue humide et naturelle, il y a vomissements formés de 
mucosités et de bile. L'abdomen présente un peu de mé- 
téorîsme circonscrit à l'ombilic et légèrement sensible, mais 
la région iliaque gauche présente un peu do tuméfaction 
sensible à la pi*ession et est un peu moins sonore à la per- 
cussion que normalement. Le reste de l'abdomen offre une 
résistance et une sonorîté normales ; le pouls est à 74 : tem- 
pérature, 98» 3. On prescrit des lavements d'huile de Bicin 
et de sel d'Epsom toutes les demi-heures, avec applica- 
tion de chloroforme sur le ventre. A 4 h. p. m., les injections 
n'ont produit aucun effet. L'état général est le même. 

A deux reprises on introduit dans le rectum et la partie 
inférieure du colun un tube œsophagien qui pénètre à environ 
deux pieds de profondeur et à cet endroit le tube se ploie sur 



338 l'ctnion médicale du canada 

lai-mème, et on le Bent, ainsi ployé, à travers la paroi abdo- 
minale. 

Après chaoue introduction de la sonde, le patient essaye 
d'aller à la selle, mais n'y peut réussir. A 5 h. le patient est 
mis sous Vinfluenee du chloroforme jusqu'à résolution muscu- 
laire complète et tenu dans cet état pendant une demi-heure. 
A 8 h. il n'y a pas encore eu de selle. On introduit de nou- 
veau le tnbc oesophagien dans le rectum ce qui a pour effet 
de favoiîser la sortie d'une certaine quantité de gaz. On pros- 
crit des lavements d'eau froide, à répéter toutes le» heures 
jusqu'à effet. En même temps om fait des applications froides 
sur l'abdomen c'est-à-dire qu'on recouvre tout l'abdomen avec 
une vessie contenant des fragments de glace et qu'on renou- 
velle souvent. Le pouls est à 70. Température, 98o 3. Langue 
humide et blanchâtre. Le malade a pris un peu de bouiUon 
vers 7|t b. p. m., mais l'a rejeté presque aussitôt. 

11 décembre a. m, — Les injections d'eau froide n'ont eu 
aucun effet. Pouls, 64. Temp., 99o. Bespir., 20. Pupilles un 
peu dilatées. On prescrit 1 grain de Podophylline toutes les 
heures jusqu'à effet. 

2J h, p. m. — Etat le même. Pas de selles. A l'aide d'une 

Csse seringue adaptée au tube œsophagien ou poussé dans 
ectum une quantité considérable d'air, ce qui a pour effet 
d'occasionner une selle liquide assez abondante. Yomissementfi 
continuent mais restent bilieux et les douleurs sont toujours 
iiitenses. 

3 h. — Le malade prend 1 grain de podophythine. Pouls 60. 
Temp., lOQo 2. 

4 h. — Injection d'eau de soude (soda-water) à l'aide d'un 
siphon rempli d'eau gazeuse adapté au tube oesophagien ; on 
injecte à pou près deux chopines de ce liquide. Après cette 
injection le malade a une évacuation de matières liquides mê- 
lées à des fèces solides. 

Le malade put alors quitter son lit et marcher dans la salle 
en déclarant qu'il n'éprouvait plus de douleurs. 

5 /i. — Pouls, 72. Temp. lOO». On prescrit, pour la nuit, un 
i*epo8 absolu, et on suspend toute médication. Le malade 
vomit à deux ou trois reprises. 

12 décembre, 9 h. a, m. — Le malade a, pendant la nuit, fait 

Îuelques efforts de défécation mais n'a passé que des gaz. 
ies douleurs abdominales se font encore sentir, mais elles 
sont intermittentes et assez supportables. Elles s'accompa- 
gnent de borborygnies. Le patient a vomi trois ou quatre 
fois pendant la nuit, mais toujours après ingestion de quelque 
article de diète, bouillon, lait, etc. Le langue est humide, 



lVnion médicale du canada 339 

VblancbAtre.'Ce matin il n'y a pas de nausée. Pouls, 68. Temp., 

11 /iéure*. — Etat le même. Pouls, 63. Temp. lOOo. On 
répète ks injections d« soda-ioater. Elles sont suivies du pas- 
sage de matières fécales liquides et solides parmi lesquelles 
•on reconnaît un fragment de la pelure d^une pomme mangée 
lundi par le malade. 

6 h. 30 p. m. — ^Le patient a eu une selle volontaire naturelle 
^ans le cours de TaprèH-midi et n'éprouve plus aucune douleur. 
Pouls, 68. Temp.. 90o. 

13 décembre^ 11 h. a, m. — ^^La nuit a été bonT>e et le malade 
a bien dormi. Il prend du bouillon et ne vomit pas. Pouls, 72. 
Temp 98o 3. 

6 A. p. m. — Le malade a éprouvé encore quelques coliques 
légères avec borborygnies. Pouls, 76. Temp., 98o 3. 

14 décembre a. m. — Nuit excellente. Il n y a plus de sensi- 
4bilité à la région iliaque gauche. Le malade a expulsé des gaz 
par l'anus, mais il n'y a pas eu de selles. La langue est 
iiumide mais un peu chargée. Pouls, 80. Temp., 99o. Ni nau- 
sées ni vomissements. 

1 h. p, m, — Le malade a eu une selle et éprouve quelque 
peu de deuleur dans l'abdomen. Il vomit un peu. Pouls, 76. 
•Temp., 98o 3. 

6 A. p, rw. — Ne vomit plus. Pouls, 76. Temp., 98» 5. On 
nrescrit 3 pilules cathartiques à répéter toutes les quatre 
heures si besoin il y a. 

\b décembre^ a. m. — Le malade a bien dormi et a eu une 
eelle. Pouls, 80. Temp., 98^ 3. 

7 h. p. m, — Un peu avant midi, le malade a éprouvé une 
douleur abdominale assez considérable. Il n'y a ni tympanite, 
ni sensibilité, ni nausée, ni vomissementa ni matité. La langue 

-est humide. Pouls, 72. Temp., lOOo. On prescrit des cataplas- 
mes chauds sur l'abdomen et de la morphine au besoin pour 
calmer la douleur. 

16 décembre^ a, m. — Douleurs beaucoup moins fortes : mais 
cil y a un peu plus de tympanite. Pas de nausées ni de vomis- 
sements. Le malade a pris du lait et s'en trouve bien. Aucune 
selle depuis deux jours. Pouls. 72^ Temp., 99o3. On continue 
les cataplasmes sur l'abdomen et on donne la morphine. On 
conseille aussi au malade de manger un peu de viande (beefs 
steak saignant) s'il en a le goût. 

7 A. p, m. — Le malade ayant pris un peu de viande, a eu 
quelques nausées et vomissements. Au reste il n'éprouve 
aucune douleur. Pouls, 72. Temp., 100^. 

17 décembre, a, m, — Sommeil agité par des rêves. Pas de 



' 340 L'^UNION MÉDICALE DU CANADA' 



douleur. Pas de selles. Prend assez de nourriture. Pouls, '7?. 
Temp., 990 3, On proscrit Quinine 1 gr. 3 fois par jour. 0» 
continue les cataplasmes. 

^h.p.m. — Pas encore de selle. Pouls, 96. Temp^ lOO»^ 
Sorborygnes-anorexie, mais ni douleur, ni sensibilité. 

18 décembre^ a. m» — Même état, pas de selle. Pouls, 80.. 
Temp., 990 3. 

6 A. p, m. — Le malade a eu une selle naturelle et spontanée» 
Pas de douleurs. Pouls, 72. Temp., 98o 4. 

19 décembre. — Malade va de mieux en mieux. Pouls, 72.. 
Temp., 98 3. Il n'a plus de douleur ni de sensibilité abdomi- 
nale. On supprime toute médication à TexceptioA de la Quini- 
ne. On prescrit diète générale, viande 2 fois par jour. 

Depuis ce jour le malade est entré en pleine convalescence - 
et a laissé Tbôpital le 22. 

Ce qu'il y a de remarquable dans ce eas, c'est le soulagement 
immédiat après les injections d'eau de soude qui a été poussée* 
dans l'intestin en assez grande quantité pour atteindre la por- 
tion invaginée et la réduire. Il est vrai que les douleurs sont^ 
revenues un peu plus tard, mais elles n'avaient plus le carac- 
tère qu'elles avaient antérieurement. Il paraît rationnel de 
les attribuer au contre-coup de l'invagination. Quand au siège 
de l'intussusception, il est probable qu'il était dans l'intestin 
grêle, comme le fosait observer le Dr JUaramée, vu que le météo*- 
risme était circonscrit à l'ombilic et qu'on ne sentait pas de 
tumeur, tandis que le météorisme occupe l'abdomen tout entier 
quand l'obstacle siège dans le gros intestin, et la douleur est- 
alors accessible à la palpation ou à l'exploration intérieure^, 
chose qui ne s'est pas présentée dans le présent cas. 



Hôpital Notbb-Damb, Montréal, 
Service du Dr Brosseau. 

Fracture composée du crftne) avec dépression. 



E. St H., &gê de 35 ans est, le 13 avril, vers 6 hrs. P. M., 
frappé à la tempe par une pièce de bois lancée par une ma- 
chine. Il y a lacération des téguments et du muscle temporal 
et fracture du frontal à peu près au niveau de la suture qui 
unit cet os au pariétal gauche. La fracture a environ un pouce 
et demi de longueur et le frontal est déprimé de toute l'épais- 
fieur de l'os. En inti^oduisant le doigt dans la plaie on constate- 



l 



\ 



t'tmiaK ^DICAIJE DU CANADA 341 

tparfaitemeat cette dépression et l'on touche le bord rugnenx 
•dH fragment postérieur qui parait sonWé. Le malade a perdu 
«omplèteme«t connaissance low de raccident. Cependant, 
•^tant ensuite «m peu revenu à lui, il a pu receyoir les derniers 
«acremests et se confesser, puis est retombé de nouveau dans 
^n état d'insensibilité complote pendant lequel il a eu quel- 
t-ques movveaents convulsiis ressemblant à de léffôres contrac- 
' tions tétaniques. Au bout d'une heure le malade reprend ses 
«ens et vomit abondamment. Il est alors transporté à l'hôpital. 
' (salle St-Joseph, No. 13, service du Dr Brosseau). Le poufs est 
: petit filiforme* la respiration affaiblie. Il n'y a aucun symp- 
tôme de paralyse. Pas d'intolérance de la lumière ou des 
. sons. Mais le naïade est dans l'impossibilité absolue de parler. 
«L'aphasie est complète. Le malade cependant comprend et 

* entend bien. Il peutécrire aussi, mais d'une façon peu inteU 
«*liçible. JLinsî il commence à écrire une phrase et ne la ter- 
mine pas, il répète souvent les mêmes mots. Il veut donner 

> l'adresse de ses parents, à Québec. Il indique le nom de ceux- 
ci, mais s''embreuille sur le nom de la rue. Inouïs normal, ainsi 
^que la température. Yù l'absence de symptômes de compres- 
^sion on n'intervint pas autrement que pour panser la blessure 
' j>ar un sitaple morceau de charpie sèche et exercer un peu de 
» compression pour arrêter l'hémorrhagie qui est assez considé- 
rable. Comme le pouls reste toujours petit et faible, on donne 

• du firandf de demi-deure «en demi-heure, jusqu'à ce que le 
; pouls se eoit velevé. 

14 (wHL 9je pouls est redevenu meilleur et plus fort. 
Température 99o. En demandant au malade de montrer sa 
langue, en coBState qu'il y a une légère déviation de cet 

' orçane. Mais comme le patient fait mouvoir celui - ci à 
volonté et des deux côtés, il est facile de voir que la para- 

' lysie n'est pas considérable. L'aphasie continue toujours. Le 
malade «écrit d'une façon plus intelligible qu'hier. Ainsi, 
après la visite du chirurgien de service il écrit ce qui suit: 
** Si vous ne éhoisissez est pour satisfaire j'aimerais a ce que 

. f avais. ..^'U rCy'^ rien de quelque danger^ 

7 hrs. 4^. M,--l\ y a eu consultation au sujet du malade cette 
après-midi et Ton a cru à propos de ne pas intervenir encore, 
vu l'absence à peu près complète de signes de compression. 
Pouls 80. Temp. lOQo. La respiration est un peu faible encore 
Pas de convulsions, 5Di de nausée, ni vomissements. On ne 

< constate pas non plus d'intolérance des sons ou de la lumière. 
L'examen ophthalmoscopique ne révèle rien autre chose 

•^qu'une congestion asses forte des veines de la rétine. La 

fpupille n'est j)a6 œdématisée. Les milieux de l'œil sont in- 



342 li'UNION MtolCALS DU GAITADA 

tacts. On remarque que l'œil gauche est dévié en. dedans, ^ et* 
lo malade écrit qu'il ne voit rien que d'un seul œil, ainsi : * Jer- 
ne vois rien du seul que je louche. Cependant en interrogeant 
ses amis, on apprend qu'il s'est toujours plaint d'une diminu- 
tion de l'acuité de la vision dans l'œil dévié. 

On prescrit des applications froides sur la tète ; les sinapismes 
aux pieds, et 15* gr. de bromui*e da potassium toutes les 'S- 
heures. Le malade peut marcher dans la salle» Il se lève de - 
temps à autre. 

15 avril a.m, — Le malade a dormi cette nuit, n'a eu nr 
vomissement,, ni mouvements convulsifs, il urine bien ; . 
Pas d'autres signes de paralysie ^ue ceux constatés hier 
à la langue et aux yenx^ L'aphasie continue. Le patient 
écrit d'une manière plus comprise qu'hier et semble plua- 
affaissé. Pouls 74. Temp. 100^. On continue les applications 
froides à la tète. L'ophthalmoscope ne révèle rien de plus < 
qu'hier. On prescrit 10 grains de calomel suivi d'un purgatif 
salin après deux heures. 

Soir^ — Btat général à peu près le même. Pouls 92<'. Temp.. 
10 lo. Le purgatif a produit un bon effet. Pa9 de symptômes 
de paralysie. L'aphasie continue. Le malade dort bien. On 
continue les applications fh)id6s et le bronuire. 

16 avrils a.m, — Nuit a été assez bonne. Le malide s'est levé * 
ce matin. L'intelligence semble plus libre. Le malade écrit 
ces mots : " J'aimerais d'avoir du bouillon."' Il est toujours 
aphasique. Pas de vomissements ni de convulsions. La bles- 
sure qui rend maintenant du pus est pansée à l'acide phénique 
au 40». L'examen ophthalmoscopique donne encore des résul- 
tats négatifs. Pouls 74o. Temp. 98^.. Le malade sourit. 

P.¥.— Même état que ce matin. Pouls 82o. Temp. 100«. 

17 avri/, a.in. — Bonne nuit. Sommeil. Pouls 74p. Temp. 98o. 
L'aphasie continue. Le malade mange et boit bien. On con- 
tinue lo froid à la tète. Etat généralle même. 

P.lt— -Pouls 82o. Temp. 10 lo. Même état. 
' 18 avril^ a.m.— Pouls 84o. Temp. 98«-3. Toujours aphasique. 
On prescrit une diète généreuse. De plus. Pot Bromid, 10 gr. 
et Pot lorlid, 7 gr. a prendre trois fois par jour, avec ^i de * 
Tinct. Cinchonœ. Pansement phénique pouv la plaie à la 
tempe. 

P.Jtf.— Même état : Pouls 84o. Temp. tOO^-ar. 

19 avrily a,m, — Même état se continue. Le* malade mange - 
mieux et avec plus de goût, mais il est toujours aphasique. A 
rophthalmoscope on voit les veines du fond de 1 œil gonflées, 
tandis que les artères sont filiformes. Il n'y a pas d'œdème- 
de la papille. On introduit dans la plaie un tube à drainage :» 



> 
t 



l'union médicale du canada 3i3 

Îar lequel od fait les injonctions à Tacide phéuique. Pouls 86o. 
emp. 980-3. 
P.M.— Pouls 96. Temp. 100o.3. 

20 avriL — Le pouls est à 80 le matin et à 96 le soir. La tem< 
pérature à 98^.2 le matin et 99^.3 le soU*. Le malade est tou- 
jours aphasiq^ue. 

21 avriL— Le malade dit oui et non très distinctement. 
L'état-général s'améliore considérablement depuis deux jours. 
Le pouls est à 74 et la température à 98<>.3. 

Du 22 au 26 l'état général s'est de plus en plus amélioré, le 
TOuls est revenu à 72 et la température se montrait entre 
98o.3, et 99^.2. La parole revient peu à peu et le 26 le patient 
parle fort bien. Les facultés mentales sont intactes. L'œil 
gauche reste, toujours dévié comme il l'était, du reste avant 
raccident. La plaie suppure abondamment, on y introduit des 
crins de cheval pour établir le drainage, et le malade laisse 
l'hôpital le 28. 

Ln mois et demi aprôs son départ le patient se présente i 
la clinique. En examinant la plaie on aperçoit au fond de 
celle-ci un point qui ofiEre une certaine résistance et qui est 
évidemment un corps étranger! On en tente l'extraction et on 
retire trois morceaux de feutre d'environ un pouce carré en 
tout, et un petit morceau de ruban, le tout faisant partie du 
chapeau que le malade portait lors de l'accident et que le mor- 
ceau de bois avait enfoncé dans la profondeur du muscle tem- 
S»oral. Depuis l'ablation de ces corps étrangers, la plaie s'est 
érmée rapidement. 

La guérison du patient est complète. 

Dr H. E. Desrosiebs, 
Médecin interne de VHépital Notre-Dame* 



BEVUE DES JOURNAUX. 



PATHOLOaiE ET CLINIQUE MÉDIOALES. 
Le traitement de la pneumonie.— Je n'entrerai pas ici 

dans la description de la pneumonie, qui est une maladie parti- 
culière caractérisée par des fnssons, un point de côté, de la 
dyspnée, de la fiôvi'e et un poul violent, etc., et, comme lésion 
anatomo-pathologique, par un épanchement fibriueux dans les 
alvéoles ; je veux (fans cette leçon vous entretenir des diflfé- 
rentes médications employées contre la pneumonie. 



344 l'union MiDIOALB DU CANADA 

Je commeDoerai par les médicaments spoliateurs oa modifi- 
catearB de la températare, qui comprennent d'abord les émis- 
sions sanguines. 

Depuis Hippocrate iusqu*à nos jours, on avait toujours 
saigné, même très-abondamment ; jamais on n'avait contesté 
l'utilité de la saignée, elle était adoptée par tous les médecins ; 
si Ton discutait parfois, c'était sur le procédé opératoire 
^devait-on ouvrir telle veine plutôt que telle autre? et>c.) 
Sydenham recommandait des saignées coup sur coup, jusqu'à 
ce qu'on ait retiré 250 gr. de sang. Les médecins italiens 
allaient jusqu'à 3,000 gr. 

Ghes nous, Bouillaud avait posé ainsi les règles à suivre 
dans la saignée: le premier jour, il faisait une saignée le matin 
et une le soir; le deuxième jour une saignée le matin, le 
troisième jour encore une saignée le matin. 

Broussais prétendait que, dans les phlegmasîes, il fallait 
saigner jusqu à la syncope, puis ordonner la diète pour main- 
tenir Tefifet de la saignée... 

Si nous considérons Tétat du sang chez un pneumonique, 
nous y voyons deux choses à noter : 

1^ fine modification dans Tétat de la fibrine; 

2o Les globules rougos sont toujours nombi'eux, les globules 
blancs auqmentant en pit)portion avec la température ; ils 
suivent la courbe do la temjiérature. 

Quel est l'eifet de la saignée ? Elle retire une certaine quan- 
tité de sang et diminue momentanément la tension circula- 
toire. En saignant un pneumatique on diminue la tension du 
sang,, d'où diminution de la dytpnée ; en abaissant le chiffre 
des globules rouges, on abaisse la température. 

Ces deux résultats, qu'on peut obtenir en saignant un pneu- 
monique, seraient très-favorables, s'il n'y avait un inconvé- 
nient, un danger qu'on doit redouter : il y a un l'apport inverse 
entre la fibrine et les globules blancs ; donc, si la fibrine dimi- 
nue, le nombre des globules blancs augmente : l'individu se 
trouve par ce fait prédisposé à la suppuration, car l'état suppu- 
ratif est en rapport direct avec le nombre des globules blancs. 
On risque donc d'amener par la saignée une terminaison grave 
ce que l'on doit à tout prix éviter dans une pneumonie. 

Antimoniaux. — (Tartre sti bié.) 

Le tartre stibié est connu depuis longtemps. 

Rasori, un médecin du commencement de ce Fiècle, l'em- 
ployait à très haute dose ; il donnait do gr. 60 à gr. 20 de 
tartre stibié dans un litre d'eau miellée; depuis, on en a donné 
jusqu'à 6 grammes par jour ; de sorte que le malade se trouvait 
avoir avalé jusqu'à 60 gr. de tartre stibié dans sa pneumonie. 



l'union BIÉDICALB du CANADA 345 

Maintenant on donne des portions à gr. 30 : 

Tartre stibié gr. 30 

Infusion de tilleul 250 gr. 

Sirop diacode 30 gr. 

F. S. A. 

Le sirop diacode rend le médicament tolérable et restreint 
ses effets vomitifs. 

Au point de vue physiologique, quel est l'action du tartre 
stibié? Il détermine une irritation pi*ofonde; dans tous les 
points qu'il touche, des pustules se développent. C'est un 
^éméto-cathartique puissant ; à do^es élevées, il fait vomir, pro- 
duit des selles abondantes et donne un état analogue au cho- 
léra. En même temps, il agit sur la circulation, il diminue 
les contractions caixliaques, entraîne de la cj'^anose, du refroi- 
dissement; il déprime le système nerveux et fait éprouver un 
^tat analogue au mal de mer. 

Le tartre stibié a donc une action dépressive et anti- 
thermique. 

Maintenant, comment agit-il dans la pneumonie ? 

Contre Tétat des poumons, il ne fait rien ; il ne peut pas 
influer sur le dépôt nbrineux. Il agit contre l'état général ; il 
■abaisse la température, et diminue la fièvre; mais il affaiblit 
l'individu, il lui lèse le tube digestif et l'an'i ère-gorge ; il en 
résulte des dyspepsies profondes : c'est donc un médicament 
-dangereux. 

Le kermès et Voxide blanc d'antimoine ont été donnés comme 
.médicaments expectorants. 

Voici une potion au kermès : 

Kermès gr 50 

Eau de tilleul 30 " 

Eau de laurier-cerise 30 " 

Eau de laitue 30 ** 

Sirop diacode 30 '* 

F. S. A. 

L'oxyde blanc d'antimoine est donné à la dose de 1 gr. 

Digitale. — Elle fut donnée par Traube la première fois. On la 
[prescrit en infusion, de gr. 75 à 1 gr. de feuilles, dans 100 gr. 
d'eau ; 

En teinture, de 10 à 20 gouttes, même jusqu'à 2 gr. 

La digitale est un médicament très dangereux, surtout 
parce qu'elle s'accumule et produit très facilement des effets 
^toxiques. 



346 l'union médicale du canada 

Sulfate de quinine. — Les Allemands vantent beaucoup c^ 
médicament et le donnent à des doses colossales ( 5 gr. em 
24 h.) en administrant le médicament le soir. Cette médica- 
tion amène immédiatement un abaissement considérable de la» 
température ; mais souvent au lieu de guérir le malade, ello^ 
le tue. 

La vératrinCy employée surtout en Amérique, abaisse égale- 
ment la température. 

On remploie en granules de gr. 001 (de 1 à 3 par jour.) 

C'est un médicament dangereux. 

Réfrigération, — Les lotions froides ne sont pour ainsi dire 
employées qu'en Allemagne ; en France les succès en ont été- 
douteux, et on a renonce à cette pratique. Comment guérir 
une pneumonie par lotions froides, quand souvent on en voit 
une se déclarer dans le cours d'une fièvre typhoïde par le fait 
de ce genre de médication ?... 

Toniqikes. — ^Alcool . 

C'est à Tood, médecin anglais, que revient Thonneur d'avoir 
employé le premier l'alcool dans la pneumonie. 

Éehier a tait adopter cett« méthode en France. 

Potion de Tood ; 

Eau do vie 100 gr. 

Teinture de canelle 6 ** 

Eau 50 " 

Sirop simple 45 " 

Potion de Tood (Gubler). 

Alcool à 85o 50 gr. 

Eau 50 ** 

Sirop d'écorces d'oranges 50 " 

F. S. A. 

L'alcool a des propriétés physiologiques au nombre de troi» 
principales. 

lo. C'est un stimulant du système nerveux ; il cède de la. 
force : c'est un tonique. 

2o. L'alcool est un médicament qui, agissant sur les globules- . 

sanguins, arrête les combustions de l'économie : c'est un antù- 
déperditeur. 

3o. L'alcool est un médicament qui subit des combustions^- 
dans Torganisme ; il est un aliment respiratoire^ à l'égal deft> 
graisses. 



'V 



l'union médicale du canada 347' 

Appliqué à la pueumoDie, ce sera en agissant comme un 
tonique, un antidéperditeur, un élément respiratoire, qu'il- 
diminuera la dyspnée du malade. 

Il y a des inconvénients et même dies dangers dans la médi- 
cation alcoolique : les médecins anglais nous signalent deux 
sortes de dangers : 

lo. La fatigue de Testomac surtout dans des doses élevées;. 
2o. des habitudes alcooliques qui succèdent à une médication^ 
alcoolique. 

D'autres médicaments ont été employés dans le traitement 
de la pneumanie. 

Acétate neutre de plomb. — (Stoltas, de Strasbourg.) 

Acétate de plomb • gr. 30 

Eau distillée 100 ** 

Sirop blanc 20 " 

M. S. A. 

A prendre dans les 24 heures. 

La guérison serait, dit on, très rapide. 

Seigle ergoté, — A été employé à la dose de 2 gr. par jour. 

On cite encore Vaconit, médicament très efficace dans les - 
bronchites. 

Les alcalins peuvent être employés comme antifébriles, 
mais à hautes do^es, 10 à 20 gr. de bicarbonate de soude ou 10' 
gr. de bicarbonate de potasse. 

On emploie encore l'acide phénique, l'acide salicylique, là 
résorcine (Dujardin-Beaumetz). 

Formule (due à Grinwath Plymouth.) 

Glycérine phéniquée 8 gr. 

Extrait d'opium liquide 30 " 

Eau de camphre 200 ^* 

Une cueillée à bouche toutes les 4 à 6 heures. 

Médications extraordinaires, — On a fait respirer du chloro- 
forme (les médecins anglais prétendent ainsi faire disparaître 
la dyspnée.) 

Dans la dernière guerre turco-russe, un médecin (Finning) 
allait retirer du sang dans le parenchyme pulmonaire aveo' 
l'aspirateur Dieulafoy. 

C'est à bon droit qu'on peut appeler ces moyens des médi- 
cations extraordinaires. 

Indications dans le traitement, — Il faut suivre pas à pas le* 
malade ; prenons par exemple un malade avec une pneumonie^ 



'348 L*aNION MÉDIOALB DU CANADA 

franche ; il a eu uq point de côté, un frisson, de la fièvre, 
«nfin vous reconnaissez tous les signes d'ane pneumonie 
lobaire ; surveilles attentivement votre malade, le thermo- 
mètre à la main ; vous avez à considérer quatre états qui diri- 
geront votre médication. 

lo La date de la maladie ; 

2o L'état local ; 

3^ L'état général ; 

4fi L'état du sujet. 

La date de la maladie est bien importante à connaître, car 
alors vous serez fixé sur le jour probable de la défervescence 
qui vient du septième au neuvième jour de la n^aladie. L'état 
local consiste à savoir si la pneumonie est circonscrite ou si 
elle a une marche envahissante. 

L'état général : il faut savoir si l'individu supporte bien sa 
maladie. 

L'état du sujet: il faut connaître ses antécédents, savoir s'il 
est alcoolique, etc. 

Dans la période inflammatoire de la pneumonie, le rôle du 
médecin est borné, pour ainsi dire, à l'expectation ; mais Tex- 
pectation proprement dite est une méthode d'hôpital : dans la 
• clientèle elle doit être modifiée, il faut satisfaire au désir du 
malade par quelques potions calmantes, par de l'eau vineuse, 
quelques tisanes; sans jamais faire de médication trop active. 

Les potions jouent même un certain rôle ; voici une potion 
calmante que je vous recommande beaucoup : 

Eau de laurier-cerise 30 gr. 

Eau de tilleul 30 " 

Eau de laitue 30 '* 

Sirop diacode , 30 " 

F. S. A. 

On introduit un peu de bromure de potassium suivant les cas. 

La maladie suit son cycle normal et arrive à la déferves- 
^cence: à ce moment, vous devez intervenir; il reste des phé- 
nomènes locaux que vous devez faire disparaître. La régression 
«de la fibrine dans les lobules pulmonairrs se fait lentement ; il 
y a deux moyens d'activer la résorption de ces produits 
inflammatoires : 

1 ^ Les révulsifs ; 

2o Les vomitifs. 

La question des l'évnl5if^ft été longtemps débattue. 

Comment agit le vé-sioatoire ? Tl agit d'une façon multiple, 
•ce qui a été prouvé par i'expérionce. Quand on place la mem- 



L*UNION MÉDICALE DU CANADA 349^ 

brane interdîgitale d*une grenouille bous le champ du micros- 
cope, et qu'on fait agir de la cantharide sur la peau du dos, on^ 
remai'que d'abord un resserrement des capillaires, puis une dilar^ 
tation. Donc la révulsion sur un point de la peau détermine, 
dans un autre point même éloigné, des troubles dans les vaso- 
moteurs. 

Dans la pneumonie, la révulsioki se produit d'une manière 
très nette \ examinez un individu ayant un ulcère de jambe : 
si cet homme est pris de pneumonie, l'ulcère se sèche subite- 
ment i dès que la pneumonie guérit, l'uLcère se reproduit. La 
pneumonie avait donc révulsé pour un moment et amené un 
dessèchement de l'ulcère. 

Action de la cantharide dans la circulation. — En appliquant 
UB vésicatoire, il pénètre toujours une certaine quantité de\ 
cantharide dans 1 économie ; cette pénétration a pour effet 
immédiat d'amener un resserrement des vaso moteurs, puis 
une dilatation. 

Dans la pneumonie, à la premièi'e période de la maladie, le 
vésicateire a peu d'action ; mais, lorsqu'il faut amener une 
régression des produits fibrineux, le vésicatoire est favorable > 
il aide la circulation qui se fait autour du lobule ; il favorise 
par cela même la régression de ces produits fibreux. Mais ce- 
n'est qu'au moment où la défervescence est arrivée, qu'il faut 
employer le vésicatoire. 

Emploi des expectorants. — Dans les alvéoles pulmonaires, il- 
y a des dépôts fibrineux qui, après avoir subi différentes modi- 
fications doivent être expectorés. 

Pour faciliter cette élimination, on emploie les expectorants, 
qui sont les kermès, l'oxyde de blanc d'antimoine et l'ipéca, etc. 

C'est l'Ecole de Montpellier qui a fait les plus beaux 
travaux sur l'ipéca dans la pneumonie. 

L'ipéca amène d'abord un état nauséeux qui produit la- 
décongestion du poumon, puis une sortie des matières fibri* 
neuses par les efforts du vomissement. 

Il y a une autre action moins connue, c'est l'effet de l'ipéca: 
sur les glandes du poumon, leur sécrétion est augmentée^ 
modifiée, condition favorable à l'expectoration. 

En résumé, les deux moyens, vesieatoires et vomitifs, con- 
cordent vers le même but : régression des produits inflamma- 
toires et expectoration de ces produits. 

Examinons maintenant les différents symptômes qui se 
manifestent dans le cours de la pneumonie et voyons quel 
genre de médication vous pourrez appliquer à chaque cas en 
particulier. 

Parlons d'abord du point de côté : le point de côté est le 
plus souvent faible, quelquefois il est très vif. Un moyen très 



r' 



.350 L'UI^ION MÉDICALE DU CANADA 

actif de 1o calmer, ce sont les ventouses scarifiées ; autant je 
suis opposé à la saignée, autant je suis favorable à l'emploi ae 
cette médication comme révulsif contre la douleur. 

Dyspnée. — Le malade éprouve une dyspnée considérable qui 
peut avoir différentes origines ; elle peut dépendre de Tinten- 
BÎté de la fièvre ou de l'étendue des lésions (pneumonie double). 

Dans certaines circonstances, avec une pneumonie limitée, 
on a une fièvre intense et une dyspnée considérable : il y a un 
moyen héroïque de le faire disparaître, c'est la saignée. Il faut 
bien peser les avantages que vous pouvez retirer de ce moyen, 
avant de l'employer, car vous savez tous les inconvénients 
sérieux qui peuvent en résulter, le grand affaiblissement pro- 
duit par la saignée et le délire qui suit. Vous devez toujours 
.être guidé par l'intensité de la dyspnée. 

Délire. — Il y a des pneumonies avec du délire intedse, qui 
dépend : I» De l'idiosyncrasie du malade ; 2» de ses habitudes 
^délire alcoolique) ; 3^ du siège de la pneumonie (pneifenonie 
du sommet). 

Quand la pneumonie passe à la suppuration, il se produit 
souvent aussi un état délirant. 

Le délire exige une médication : dans le délire nerveux, 
-employez le musc, le chloral. 

Ijes potions à gr. 50 de musc donnent de bons résultats. 

Le chloral, dans ce cas, doit toujours être donné à doses 
• élevées^ 2 ou 3 grammes ; il faut sidérer le malade ; sans cela 
on ne fait qu'augmenter son ivresse céi-ébrale. 

Dans le délire alcoolique, il y a une double médication, par 
. l'alcool et l'opium. 

Il est préférable de modifier les potions de Tood, de substi- 
stuer le vin à l'alcool, à moins qu on ne soigne un individu 
xiche possédant de l'alcool pur de vin ; sans cela revenir au 
'Vin et certaines liquoui*8, surtout les vins cuits, vin de Bagnols, 
vin d'Espagne. Les alcools en France sont pour la plupart de 
mauvaise nature, ont des inconvénients sérieux au point de 
vue de l'estomac : il est préférable de donner du vin avec un 
peu de teinture de canclie. 

S'il y a un délire, une prostration profonde (pneumonie typi- 
que), il n'y a qu'une seule médication, c'est la médication par 
ies potions toniques et le quinquina. 

Extr., mou de quinquina 4 à 8 gr. 

Alcoolat de mélisse 30 gr. 

Teinture de cannelle 10 " 

yin de Bagnols 90 " 

Sirop d'écorces d'orange 30 " 

M. S. A. 



l'union médicale du canada 351 

Vyperthermie, — S'il y a une aggi-avation de la fièvre, si la 
température dépasse 41 <> on doit intervenir, quand cette hyper- 
thermie s'accompagne de dyspnée pénible, il faut saigner. 
Entre le cinquiôme et le septième jour, la saignée est favom- 
ble ; la chute de la température peut se maintenir jusqu'à la 
défervescence ; le malade va vers saguérison, sans voir sa tem- 
pérature s'élever. 

Si le malade est affaibli, pas de saignée, mais des toniques, 
Tin et alcool. 

Certains ti'oubles peuvent 6e produire du côté du tube diges- 
tif, il y a un état saburral, la langue est blanche, le malade a 
mauvaise haleine : employez la médication par les évacuants, 
l'ipéca, l'émétique. Ces troubles du côtédu tube digestif cèdent 
rapidement avec cette médication. 

I)ans nos pays, on se trouve quelquefois devant des consti- 
tutions médicales palustres ; sous rinfinence do fièvres in ter- 
oui t tentes on voit se déterminer des pneumonies qui sont 
tributaires d'un seul médicament, du sulfate de quinine (fièvre 
intermittente dite palustre,) 

Pneumonie chtz les alcooliques, — Le traitement est très 
nettement applicable ; alcool, opium et chloral ; on ne peut 
pas supprimer l'alcool à ralcoofique : sans cela il tomberait 
<ians une prostration profonde ; on doit autant que possible 
remplacer l'alcool par le vin, ainsi que nous l'avons dit tout à 
l'heure. 

Pneumonie chez les tuberculeux. — Los tuberculeux prennent 
des pneumonies vraies: la méthode révulsive leur est applica- 
(ble, il faut hfiter le plus possible la résolution. 

Pneumonie chez les diabétiques. — Chez les diabétiques pris 
■de pneumonie, on no doit point faire de révulsion ; car toute 
partie dénudée peut être le point de départ do la gangrène ; 
jpas de saignée non plus, car la plaie de la saignée peut amener 
•des accidents graves. 

Pneumo7%ie dans la grossesse. — Elle est très grave car elle 
«'accompagne ordinairement d'avortement. Lorsque l'avorte- 
«lent se produit, il faut le hâter ; il y a danger à donner du 
tartre stibié, qui excite la contraction de l'utérus ; il ne faut 
pas en donner tant que l'avortement n'est pas produit. 

Pneumonie chez les enfants, — C'est là le triomphe de l'expec- 
tation. L'enfant supporte difficilement une médication active ; 
il faut 80 borner a une médication calmante, aux toniques 
révulsifs; un peu de bromure de potassium, dans le délire, 
dans les convulsions. Eviter le tartre stibié et surtout no pas 
«aigner. 

Pneumo7iic chez les vieillards. — Même médication que chez 



352 l'union hédioalb du oanada 

les enfants ; pas de tartre stibié, tonifier, soutenir les force» 
par le vin. le quinquina, surveiller la résolution, ne pas laisser 
séjourner les dépôts fibrineux; les vésicatoires donnent de- 
bons résultats. 

Conclusions : Il n'y a donc pas de traitement réel de la 
pneumonie ; le médecin doit seulement surveiller attentive- 
ment son malade. Il n'existe pas de traitement exclusif; 
jamais il n'y a deux pneumonies semblables : selon l'état des 
malados, doivent varier les remèdes ; il n'existe que des traite- 
ments de pneumoniques. — Revue de thérapeutique medico-chi- 
rurgicale. 



De rurémie. — Une simple voie d'eau qui se déclare en un 
point du navire, si elle est aveuglée par un habile calfat avee 
un peu d'étoupe et de goudron, n'empêche près l'équipage de 
contitnuer sa route : mais, quand la masse des flots s'engouffre 
par une trop large brèche ouverte dans ses flancs, la submer- 
sion du vaisseau est inévitable. 

Ainsi, lorsqu'une atteinte profonde et définitive est portée 
à un appareil important de notre économie, le mal, primitive- 
ment localisé, doit, à un moment donné de son évolution,, 
retentir sur le fonctionnement de l'organisme entier. Noua 
assistons alors à la transformation d'une maladie d'organe en 
une maladie générale, totius subtantix, 

L'asystolie est le type de ces états ultimes, dernière et inévi- 
table étape des cardiaques vers la fin de leurs souffrances, à 
laquelle il s'agit de ne les laisser arriver que le plus tard possi- 
ble, en leur faisant prendre, — si l'on veut me permettre cette 
expressions, — le chemin des écoliers. 

Dans les affections hépatk^ues, on observe aussi parfois un 
proccessus morbide anafoque comme signification, assez nette- 
ment caractérisé pour qu'on ait dû iui donner un nom spécial : 
c'est l'ictère grave ou acholie. Pourquoi ne connaîtrait- on pas* 
un jour quelque chose de semblable relativement à chaque 
appareil ? 

On comprend quel intérêt s'attache à l'étude de ces termi- 
naisons des maladies chroniques, puisque leurs signes précur- 
seurs trahissent certaines précautions thérapeutiques capables 
de le conjurer. Ainsi le manomètre avertit le chouffeur de 
l'excès de pression dans sa chaudière ; ainsi l'électroscope, par 
l'écartement de ses feuilles d'or révèle la tension maximum et 
l'imminence de la décharge électrique. 

Ce qne nous venons de dire de l'asystolie et de l'ictère grave 
s'applique exactement à l'urémie. 



L*UXION MÉDICALE DU CA2IADA 353 

" L'urémie est, en effet, l'issue nécessaire vers laquelle ten- 
dent fatalement toutes les affections rénales arrivées à une 
certaine période de leur évolution (Sendu)." 

Ce mot d'urémie, dont la paternité appartient à feu le profes- 
seur Piorry, déià père du plessi mètre, a été assez mal choisi 
d'ailleurs ; éveille Vidée d'une intoxication du sang par Turéc, 
idée démontrée fausse par l'innocuité des iujeetions expérimen- 
tales d'urée dans la circulation. Si impropre que soit le terme 
incriminé, il a le droit de cité dans la science; comme tel, 
mieux vaut le conserver que d'en chercher un nouveau qui ne 
serait peut-être pas meilleur. A la différence de certains 
édiles qui croient modifier les opinions politiques d'une partie 
de leurs concitoyens en changeant les noms des rues que ceux- 
ci habitent, les pathologistes ont mieux à faire que des révo- 
lutions dans les mots. Une expression est assez bonne du mo- 
ment qu'on est d'accord sur le sens qu'il faut lui attribuer. 

Or, les nosologistes s'entendent pour désigner, par le terme 
d'urémie, l'accumulation, dans le liquide sanguin, de tous les 
principes de désassimilation, accumulation causée par l'insuffi- 
sance de la dépuration urinaire. Toutes les fois que, par une 
des causes sur lesquelles nous reviendrons tout à i'heui*e, l'ap- 
pareil uropoîétique cesse de pouvoir jouer son rôle d'émonc- 
toire, l'urémie est constituée; et cet état morbide, toujours 
secondaire, se révèle par un exemple de symptômes qui est 
comme Vacte de déchéance du rein. 



Causes et symptômes de l'urémie. 

On peut répartir en deux «catégaries les causes de rui*émio. 

L'une comprend celles qu'on peut appeler causes des pre- 
mih'eSy — pour employer le jargon des philosophes, — ou causes 
nécessaires, attendu, que sans elles, l'action des autres serait 
insuffisante. Telles sont toutes les lésiens aiguës ou chroniques 
de l'appareil ui'inaire, pourvu, disait Béhier, qu'il existe Tune 
on l'autre des deux conditions suivantes : l» absence de sécré- 
tion par cessation des fonctions spéciales du rein ; 2o absence 
de l'excrétion de l'urine, déjà formée, par obstacle à son 
cours. 

Addison avait déjà remarqué, et l'on a vérifié maintes fois 

depuis, que c'est bien moins le degré avancé de l'altération 

anatomique que son étendue qui en constitue la gravité au 

point de vue de l'établissement des accidents urémiques. C'est 

ainsi que l'inflammation catarrhale et superficielle, mais géné- 

23 



354 l'union MiDIOALE DU CANADA 

ralisée, des néphriteei scarlatineuse et gravidique entraîne plus 
«ouvent, et surtout plus rapidement rurémie* que les dégéné- 
rescences profondes, irréparables, mais limités. On ne voit 
^èred*urémie dans le cancer dn rein, dans la suppuration 
rénale ; au contraire, elle est consécutive à la transformation 
kystique des reins, à la eompression des uretères par un cancer 
■de l'utérus ; rare dans la dégénérescence amvloïde, — assez fré- 
quente dans la néphrite parenohymateuse chronique, au cours 
•de laquelle elle ne serait, suivant Piberet et Bichardson, que 
J 'expression d'une nouvelle poussée inflammatoire aiguë, — 
l'urémie est de règle dans la néphrite interstitielle. 

Sous le nom de causes secondes^ nous opposerons aux précé- 
dentes celles qu'on pourrait encore appeler occasionnelles, et 
qui, inhérentes le plus souvent à la marche même de la mala- 
die rénale, peuvent aussi parfois dépendre d'une intervention 
thérapeutique intempestive ou maladroite. 

Expliquons-nous : 

Un malade, atteint de néphrite parenchymateuse chronique, 
présentait des hydropisies viscérales multiples ou une anasar- 
que généralisée ; l'analyse de la sérosité épanchée a démontré 
qu*en pareil cas, elle est chargé de principes excrémentitiels, 
•et que le processus hydropigène est destiné à combattre l'in- 
eufiisance croissante des reins malades. Sous l'influence de 
purgatifs draustiques réitérés, un mouvement de résorption 
«'accentue avec rapidité ou s'opère brusquement ; aussitôt, par 
le fait de lu réintégration dans le sang des prîncipes excrémen- 
titiels, l'nrémie éclate. 

Chez un saturin on a relevé les signes de néphrite intersti- 
tielle sur lesquels nous insistions dans le précédent article, 
l'hypertrophie cardiaque suppléait au rétrécissement progressif 
du cnamp circulatoire dans le rein atrophié. Mais des émotions 
viennent troubler l'innervation du cœur ; ou bien une maladie 
fébrile intercurrente, en même temps qu'elle augmente la quan- 
tité des produits de la désassimilotion, afl'aiblit la puissance 
contractile de moteur circulatoire j dès lors, l'équilibre entre 
le cœur et le rein est rompu ; conséquence : urémie. 

Enfin dans une autre circonstance, c'est à l'administration 
de certains médicaments que l'on peut attribuer l'apparition 
des accidents urémiques: on incrimine, surtout en pareil cas, 
les mercuriaux (Bright, Barlow), l'opium (Eichardson), la 
digitale (Bouchard). Les bains de vapeur ont été accusés par 
Marchai de Calvi. 

Variable est le mode d'apparition des phénomènes urémiques. 
Ou ils apparaissent chez un sujet que l'on sait atteint d'albu- 
minurie, — et dans ce cas le médecin n'est pas surpris, préparé 



L^UNiON kédicâhï du ' CiUrADA 355 

qa'il est à tette éventualité par la connaissance de la néphrite 
existante, — on bien ils se déclarent aa milieu de la santé en 
apparence la plas complète, et ce sont • eux alors qui mettent 
sur la piste d*une affection reniée le praticien non encore pré- 
Tenu ; c'est dans la néphrite interstitielle, maladie latente par 
excellence, que ce second mode de début est habituel, et nous 
n'aurons qu^a rappeler ee que nous avons dit dans notre précé- 
dent article relativement au diagnostic du «tade ,préalbuminu- 
rique de cette affection. 

L'urémie peut «tre précédée de prodrome»; elle peut, d'au- 
très fois, se révéler d'emblée par les accidents les plus graves. 

Les signes précurseurs consistent, dans le premier cas, en 
troubles nerveux mal déterminés tels qu'une apathie habituelle, 
une sorte d'obt«âion de l'intelligence et lenteur de la mémoire, 
qu'entrecoupent une céphalalgie frontale ou occipale opiniâtre, 
une insomnie avec agitation nocturne et vertiges fréquents. 
On relève aussi des troubles sensoriels, dimiuution de l'ouïe, 
bourdonnements d'oreîlles et surtout une amblyopie ou plus 
exactement une cécité subite, sans lésion du fond de l'œil 
appréciable à l'ophthalmoscope. Ce phénomène diffère abso- 
lument de l'amaurose consécutive à la rétinite brightique dont 
nous parlions la dernière fois ; accident purement nerveux, il 
disparait aussi inopinément qu'il -était apparu. 

On note encore des troubles digestifs consistant en une dys- 
pepsie tenace, anorexie, état nauséeux, parfois même des 
Tomissements ; d'autres fois une oppression habituelle que 
n'expliquent pas suffisamment les phénomènes d'auscultation. 

L'examen des urines fait à cette période initiale est d'un 
haut intérêt; on peut constater, s'il s agit d'un malade atteint 
de néphrite parenchymateuse, que la quantité d'urine émise 
quotidiennement s'abaisse, sans que la densité de celle-ci s'ac- 
croisse en proportion de sa concentration. — S'agit-il d'un 
malade atteint de néphrite interstitielle ? il faut se rappeler 
que, la polyurie étant la règle de cette affection, une quantité 
d'urine oscillant à peu près aux environs de la normale peut 
masquer fort bien une dépuration urinaire insuffisante. Il faut, 
comme le recommande Jaccoud, tenir grand compte de la 
densité de l'urine plus encore que de sa quantité ; et si on voit 
la première tomber du chiffre de 1018 à 1015, 1010, 1008, on 
doit s'attendre à voir apparaître prochainement des accidents. 

L'urémie confirmée présente des allures cliniques fort varia- 
bles, suivant la prédominance de tels ou tels symptômes. C'est 
ainsi que des grandes formes s'imposent d'abord, T urémie 
aiguë, l'urémie chronique ou lente. 

A la première se rattachent des variétés plus ou moins 



356 l'union médicale m; canada 

tranchées. Ainsi les convulsions peuvent prédominer : oi:*'- 
assiste à des secousses convulsi ves presque toujours générales^, 
rarement localisées, aâectant là mrme exclusivement clo- 
nique ; d'auti'es fois, Tattaque revêt les caractères de réclamp— 
sie avec perte de connaissance, mélange de convulsions toni- 
ques et cloniques, stertor et coma passager ; enfin Jaccoud a 
vu des contraotui-es tétaniques et une raideur des muscles d^ 
la nuque et du tronc simulant Topisthotonos. 

Telle est la forme convulsive qui aboutit, en général, après 
plusieurs attaques, à la forme comateuse^ bien que celle-ci 
puisse s'établir d'emblée. L'encépbalopathie comateuse est, 
suivant Lasègue, du pronostic le plus grave et soulève tqujours 
une extrême difficulté de diagnostic. 

La forme délirante peut affecter une allure monotone et 
tranquille ; le malade marmotte paisiblement des phrases sans 
suite et semble, comme on Ta dit, faire la chasse aux idées ; 
ou bien, plus rarement, le délire est bruyant et frénétique, iV 
faut contenir le malade de force dans son lit. 

Ou enfin les accidents nerveux simulent la manie (Lasègue). 

Bien entendu les formes mixtes ne sont pas rares dans les> 

ÎueUes on voit alterner les convulsions, le délire et le coma. 
i& réunion de tous les accidents précédents est, en générale- 
comprise sous la dénomination d'urémie cérébrale. 

On décrit sous celle à'urémie respiratoire les cas où se mon- 
trent des accidents dyspnéiques à caractères spéciaux ; ou 
bien c'est une dyspnée subite, avec anxiété et annélatiôn \ lés 
respirations sont fréquentes et ne s'accompagnent d'aucun 
bruit laryngé, le murmure est faible ou absent, rauscultation. 
ne révêle point de râle et pourtant le malade asphyxie visible- 
ment ; le diaphragme est en cause et la paralysie domine. 

Un élément spasmodique peut se manifester sous forme- 
d'inspiration bruyante, sifflante, croupale, c'est un spasme du 
larynx qui a fait croire la suffocation assez imminente pour 
qu'on ait pratiqué la trachéotomie (Christensen). 

Enfin on connaît sous le nom de respiration de Cheyne— 
Stokes un type spécial qui paraît être sous la dépendance d'un 
trouble de l'innervation buloaire : car, bien que dans la majo-^ 
rite des cas on doive le rattacher à l'intoxication urémique, on 
Ta observé aussi dans d'autres affections où la circulation dû-, 
bulbe n'est pas normale, telles que la méningite tuberculeuse^ 
les tumeurs cérébrales et même l'insuffisance aoctique. Ce 
type de Cheyne-Stokes est plus habituel dans l'urémie chro- 
nique lente ; il consiste en une modification du rythme respi- 
ratoire. Les mouvements, d'abord lents, naturels et silencieux^, 
deviennent peu à peu plus fréquents et plus anxieux, d'une: 



L'rXION Mf DICALE DU CANADA 357 

^tonalité haute et brajante ; pnis^ souvent nue gradation 
inverse et descendante, ils se ralentissent peu à peu jusqu'au 
moment où se produit une pause complote, une année absolue 

' et prolongée dont le malade n'a pas conscience, puisqu'elle se 
produit même pendant le sommeil. Bientôt les inspirations 
reparaissent d'abord faibles et rares, puis de nouveau préci- 
pitées et bruyantes pour continuer ainsi avec les mêmes 
phases pendant des heures, des semaines et parfois davantage. 
On peut rattacher à l'urémie sinon cérébrale au moins 
cérébro-spinale ces formes de dyspnée que nous venons de 
décrire ; on y peut joindre encore la variété a» ticulaire 
(Jaccoud) caractérisée par l'existence des douleurs rhuma- 
toïdes. 

Enfin le tube digestif peut être particulièrement affecté par 
les manifestations de l'empoisonnement urémique. Les troubles 

. gastpO'inlestinoux^ associés ou non aux précédents, consistent 

'• en une anorexie absolue, des nausées, puis des vomissements 
incoercibles dans lesquels l'analyse chimique décale la pré* 
sence de principes excrémentitiels. L'existence de ces vomis- 
sements rend l alimentation bientôt impossible ; la nutrition 
nulle entraîne l'amaigrissement cachectique que hâte l'appa- 
rition d'une diarrhée, soit purement séreuse, soit dyssenté- 
rique, et la mort survient au milieu de ce complexus choléri- 
forme, si déjà un coma apoplectique ou une asphyxie gra- 

- duel le ne sont pas venus mettre fin à la pénible situation du 
malade. — {A suivre.) Paul Gsbne. 



Traitement des maladies dm cœur, par le professeur 

\deIIenzi. — Bans les affections cardiaques, la thérapeutique 

• moderne commence à employer trois médicaments nouveaux : 
le bromuFe de , potassium, Tiodure de potassium et l'hydrate de 

• chloral. 

L Le bromure de potassium, suivant Binz et Sée, a une 
action directe sur le cœur et la circulation périphérique, si 
bien qu'on doit le classer plutôt par les médicaments cardio- 
vascuîaires que parmi les antinerveux. 

Suivant Gubïer, le ibromure de potassium exerce une 
influence sédative très> remarquable sur les maladies orga- 
niques du cœur; il fait disj)araître les intermittences et abaisse 
iles pulsations de 108 à 78. 

Lie professeur Bujardin-Beuumetz place le bromure de 

potassium parmi les toniques du cœur, et le cite en première 

l' ligne, immédiatement api^ès le digitale : '* Le bromure de 

'" potassium, dit-il, régularise la circulation et a des proprié- 



358 l'union^ médicale^ bu caitada 

'* tés sédatives sur Taxe cérébro-spinal, et en particuGer snr ]s^i 
*' bulbe. Il est bien supérieur à 1 opium, qui augmente la con- 
** gestion déjà si vive de l'encéphale ; il régularise les batte- 
" ments du cœur;. diminue Tirritabilité nerveuse si fréquente 
'< chez les cardiopathee, et peut ainsi combattre les insomnies 
*' qui afifaiblissent et épuisent les malades.'' 

'^ Nous employons le bi'omure de potassium, dît Sée : lo. 
** comme mouérateur de la circulation périphérique, surtout 
^' dans les afféction& cardiaques qui s'accompagneot de dimi- 
*^ nution delà pression artérielle, d'augmentation de la pres- 
'* sion veineuse, d'accélération et d'irrégularité des battements 
'^ du cœur, de congestions passives, d'œdème, de cyanose, de * 
^* dyspnée ;. 2ùi comme déprimant l'excitabilité réînexe ; 3o. 
" comme hypnotique." 

n. Le second médicament employé récemment avec beau- 
coup de succès est Tiodure de potassium;. Dans son livre sur 
les maladies du cœur, publié* Tannée dernière, le professur Sée 
dit de l'ioduro qu'il est non-seulement le meilleur agent pour 
combattre l'asthme, mais encore qu'il est le remède le plus 
utile dans la dyspnée d'origine cardiaque. 

Il l'emploie de préférence dans les altérations du tissu 
propre du cœur plutôt que dans les lésions valvulaires. 

UI. L'hydrate de chioi*al est aussi fréquemment employé 
dans les affections cardiaques. Il ralentit tout d'^abord les • 
contractions de l'organe et en diminue ensuite l'énergie : tel 
est le résultat des recherches de Liebreicht, Demarquay, 
Eokitansky, Franck, Troquart, Sée, etc. Le chloral agit en 
paralysant pour ainsi dire soit les ganglions automateurs 
intrinsèques du cœur, soit le centre vaso-moteur bulbaire. 

Les recherches de Yulpian, Cl. Bernard, Eajewski Owjani- 
kow, Heidenhani, Bokitanski, démontrent que^ l'hydrate de 
chloral a une action paralysante sur le* centre nerveux vaso- 
moteur, qui amène la dilatation des vaisseaux périphériques 
avec diminution de la pression sangnine. Aus&i les influences 
réflexes, à la suite de l'action du cMoral, ne sont pas capables 
d'exciter le centre du vaso-moteur. 

Chez sept malades affectés de maladies du cœor, traités 
cette année à sa clinique-, le professeur Eenei a employé ces 
trois médicaments, et, par nn exanuen attentif de ces malades, 
il a été possible de tirer les condueions suivantes r 

A. Le bromure de potassium diminue l'aBxiété des malades 
atteints d'affections cardiaques : ils éprouvent un certain bien- 
être, et la respiration est plus facile. Sous son influence le 
sommeil est plus tranquille, plus facile et plus durable : aussi-, 
c'est le retour du sommeil physiologique qui paraît être l'effet.. 



L'U^aON MÉDICALE J>V CANADA 359 

le pins constant et le plos ayantagenx du bromure de potas- 
Bium. 

Le nombre des pnlsations cardiaques et des inspirations 
diminue: c'est pour ces dernières, jusqu'à présent du moins, 
que la diminution est le plus sensible. La toux seule semble 
s'aggraver sous l'infiuenoe du médicament. 

B. L'îodure de potassium réussit mieux et est plus utile dans 
les maladies du eœur. Son effet principal est d'améliorer d'une 
manière remarquable la respiration et surtout de faire cesser 
l'asthme symptomatîque. 

c. L'hydrate de chloral, à petites doses, peut combattre 
l'insomnie qui tourmente les caîtiiopathes. En général cepen- 
dant il ne diminue pas sensiblement la dyspnée d'origine car- 
diaque. Il facilite la torpeur cérébrale et la somnolence, phé- 
nomènes qui ne sont pas rares dans les maladies du cœur. Le 
plus souvent on a dû suspendre le chloral, parce que, admi- 
nistré avec l'iodure de potassium, il produit alors chez les 
malades une somnolence grave et persistante. {Gazetta médiea 
italiana janvier 1880.) Dr Hyvebt. 



Du massage du foie dans l'engorgement hépa- 
tique simple. — M. Dnrand-Fardel appelle l'attention sur 
cette pratique qui lui rend de véritables services dans le trai- 
tement de cette affection du foie qu'il a décrite dans son 
Traité des maladies chroniques sous le nom d'engorgement 
simple ou d'hypérémie chronique du foie. Cet état, qui se 
termine par la résolution et n'entraîne jamais ni cachexie ni 
ascite, est caractérisé par un accroissement général ou partiel 
du volume du foie, dont la surface reste unie et la consistance 
normale. 

La doaleur, soit spontanée, soit à la pression, se montre 
surtout par intervalle et peut manquer absolument. L'ictère, 
qui peut faire défaut, est habituellement peu prononcé, plutôt 
jaune que verdâtre. 

Contre cette affection, outre l'usage interne de l'eau miné- 
rale de Vichy et les bains, M. Durand-Fardel recommando 
l'usage de douches locales sur la région hépathique, et du mas- 
sage, à moins cependant qu'il n'existe des douleurs trop vives, 
ou une névralgie intercostale, qui complique assez souvent 
l'engorgement du foie. 

Les douches sont d'abord prises tous les deux jours, puis 
tous les jours. Ce sont des douches en ari^osoir^ dont la pres- 
sion doit être graduée suivant la sensibilité de la région et la 
tolérance du malade. Il leur donne le nom de douches résolu- 



\ 



360 L'imiON MÉDICALE T>V CANAÏA 

tives, et les fait prendre à la température du bain, 84 degrés 
•centigrades, immédiatement avant celui-ci. La durée de la 
douche est de 5, 8 ou 10 minutes. 

Quant au massage, voici de quelle manière il doit être pra- 
tiqué: on commence par malaxer l'ensemble de Tabdomen, 
puis on passe la main par une simple friction sur la région 
nêpatique, on malaxe d'abord les téguments, puis le foie lui- 
aneme par des pressions de plus en plus profonde. On arrive 
Ainsi, peu à peu, à pétrir le foie lui-même et à soulever son 
»bord inférieur en le saisissant à pleine main. Inutile de dire 
que ces manœuvres, qui doivent être prolongées longtemps, 
pendant un mois au moins, réclament oeaucoup de ménage- 
ment et de douceur. Douches et massage sont suivis d'un 
sentiment d'allégement et de bien-être. C'est après deux ou 
trois traitements, c'est-à dire deux ou trois années, que l'en- 
.gorgement finit par disparaître, mais les résultats acquis 
après chaque phase du traitement sont définitifs et s'ajoutent 
les uns aux autres jusqu'à la résolution complète. 

Le massage, tel qu'il vient d'être décrit, peut également 
être opposé avec succès à cette forme particulière d'obésité 
qui, vers l'âge de la ménopause, envahit les seins, les épaules 
•et les parties supérieures du thorax, et qui, outre une alté- 
ration des formes, détermine un sentiment de constriction de 
Ja poitrine, de pesanteur, qui peut aller jusqu'à la gène respi- 
ratoire. (Revue médicale, 2 juillet 1881.) 



De remploi de Thuile de cade en thérapeutique 

oculaire. — M.Qalezowsky, dont le nom peut être cité chaque 
fois qu'il s'agit d'une nouveauté thérapeutique utile^ vient de 
publier sur ce sujet un travail fort intéressant dans le Recueil 
d'ophthalmologie (mai 1881.) J'aurais vouln analyser cette 
étude aussitôt après sa publication, tellement j'avais été séduit 
par les résultats obtenus à la clinique de mon savant collègue, 
mais j'ai préféré la remettre à une époque où j'aurais pu me 
faire par moi-même une opinion sur la valeur du médicament. 
Cette expérience je l'ai faite et toujours avec succès. J'ai été 
réellement étonné de la défervescence rapide des symptômes 
les plus alarmants, et du soulagement presque instantané 
éprouvé par les malades. Se rappelant le profit que Bazinet 
Hardy avaient su tirer de l'emploi de l'huile de cade dans le 
traitement des afi^ections parasitaires de la peau, et frappé du 
danger que les ophhalmies scrofuleuses des enfants eutraînent 
avec elles, et de la longue durée de l'affection, M. Galezowski 



t'rWION MÉDICALE DU CANADA 361 

^nt ridée d'eseayer Thnile de cade, d'abord pure, et ensuite 
.^associé à la vaseline ; il employa la formale suivante : 

Vaseline Sijss 

Huile de cade oss 

"^t n'eut qu'à s'en féliciter. Cîomme le fait très justement 
observer M. Galezowski, il est bien entendu que le traitement 
par l'huile de cade doit être associé à l'application de la glace. 
Pour tous ou presque tous les optbalraologistes, la glace forme 
en effet la base du traitement des conjonctivites à sécrétion 
purulente abondante avec tuméfaction des paupières. Plu- 
sieurs opérations d'oph thaï mies purulentes scroiulouses sont 
-annexées à ce travail ; elles sont parfaitement concluantes. 
Dans tous les cas une détente très rapide a suivi l'emploi de 
l'huile de cade ; les paupières ont désenflé, la suppuration a 
diminué et Tœil a été sauvé. Dans les cas analogues, au con- 
traire, personne n'ignore que les cautérisations, si indispensa- 
bles dans la véritable optnthalmie purulente, ne donnent pas 
grand résultat, et l'on voit l'affection persister quelquefois pen- 
dant des mois entiers. Ces jours-ci, j'ai été consulté pour un 
enfant de 4 ans, à tempérament lymphatique, et auquel j'avais 
■déjà donné des soins l'année dernière pour des pustules scléro- 
cornéennes. L'œil droit était malade depuis trois jours, les 
paupières gonflées et tendues ; écoulement d'un liquide muco- 
purulent, lorsqu'on écartait les voiles pali)ébraux : conjonctive 
très rouge ; cornée saine. J'ordonnai immédiatement des appli- 
cations permanentes de compresses glacées, des lavages ÎVé- 
quent<i. de l^atropine 1/400 et je i^ecommandai d'insérer toutes 
les trois heures entre les paupières de la vaseline à l'huile de 
cade à l'aide d'un petit pinceau. Le lendemain la suppuration 
avait considérablement diminué ; les paupières étaient notable- 
ment moins tuméfiées, et l'enfant ne se plaignait plus comme 
la veille. Quatre jours après il était complètement guéri. 

M. Galezowski a étudié l'action de l'huile de cade dans les 
kérato-intis suppura tives consécutives à l'opération de la cata- 
racte. Il parait satisfait du résultat de ses recherches. Tant 
•mieux I car je ne connais pas d'accident plus épouvantable que 
'Ces suppurations de la cornée survenues souvent à la suite de 
l'opération la mieux faite. Il est vrai que le nombre de ces 
.suppurations paraît bien diminué depuis que l'on emploie 
méthodiquement le pansement antiseptique en chirurgie ocu- 
laire (pulvérisations phéniquées, rondelles de lint borate, etc. 
— Revue de Thérapeutique Médico-Chirurgicale. 



l'union médicale du canada 
Du tayiiya comme antisyphilitique. — La ta^aya^ 

plante originaire du Brésil (dermophilla pendatica, fut mtro- 
dnit en Europe par un naturaliste italien, Xuigi Ubicini. Ce* 
savant avait constaté que les indigènes du pays se servaient de- 
ce remède conti'e la syphilis. 

La racine est la partie la plus active de la plante ; elle sert, 
en Italie, à pi'éparer deux teintures; Tune forte, dite teinture 
mère, qui est employée en injections sous-cutannées à la dose 
quotidienne de 1 gramme ; l'autre faible, qui consiste en un^ 
dilution de la première dans trois parties d'alcool, et qui est 
prescrite à Tintérieur à une dose qui varie de six à soixante 
gouttes par jour, en plusieui'S fois. 

L'analyse y a fait découvrir des oxalates de chaux et de 
magnésie, du fer, de la résine, et une substance incristallisa- 
ble que Ton suppose être un alcaloïde. 

Les effets physiologiques de taynya, à doses minimes, se 
rapprochent de ceux de Taloès ; à haute dose, il produit de la 
diarrhée, de la diaphorèse et de la salivation. L expérimenta- 
tion clinique a fait reconniutre dans cette substance un médi- 
cament antisyphilitique d'une grande valeur et d'une complète 
innocuité. — (Gazetta médica de Bahia.) — Revue de Thérapeuti- 
que Médico-Chirurgicale, 



Pâte d'arnica contre les flironcles-— Le Dr Planât 

préconise les applications d'arnica dans le traitement des 
furoncles purement inflammatoires. L'arnica fait avorter ces 
éruptions avec une promptitude extraordinaire, probablement 
en raison de son action sur les nerfs vaso-constrfcteurs des 
vaisseaux de la superficie de la peau. Les onctions se font 
avec : 

Extrait de fleurs frdches d'arnica 3;ijss 

Miel 3v 

Si ce mélange est un peu trop liquide, on y ajoute de la pou- 
dre de lycopode, pour le rendre suffisamment adhésif. 

On étend cette pâte, dans une certaine épaisseur, sur un 
morceau de toile ciliée ou dediachylon que l'on applique sur Ic- 
furoncle. On renouvelle le pansement toutes les vingt-quatre 
heures. Deux ou trois applications suffisent généralement, 
dit le Journal de médecine de Bruxelles (auquel nous emprun- 
tons le récit de cette nouvelle méthode), pour faire avorter le 
furoncle à n'importe quelle époque. On sait, d'ailleurs, que 
l'arnica est, depuis longtemps, préconisé à l'intérieur contre ce 
qu'on a appelée improprement ui c?iaf/iè5e /uroncu/euse. — Re^ùut- 
de Thérapeutique Médico-Chirurgicale, 



L*UNION MÉDIOALB DC CANADA 363 

Du traitement de la phthisie larviig6e.— Le docteur 

Manrice Schmidt (de Francfortreor-le-Mein) utilise surtout 
coDtre la phthisie laryngée la méthode antiseptique. Il re- 
commande surtout les inhalations avec le baume du Pérou. 
Yoici comment il procède : 

Je fais, ditril, innaler trois à quatre fois par jour pendant 
cinq minutes de la manière suivante. On prend un demi-litre 
d'eau bouillante (qu'on maintient telle en la plaçant sur un 
réchaud à l'esprit^e-vin), dans lequel je fais verser 10 gouttes 
de la mixture suivante : 

Baume du Pérou. jij 

Esprit-de-vin 3J 

Le malade fait les inhalations au moyen d'une espèce d'en- 
tonnoir conique formé d'une feuille de papier à cartes de la 
longueur d'un mètre. La largeur de l'entonnoir à son extré- 
mité supérieure doit avoir la grandeur de la bouche, à l'infé- 
rieure celle du vase contenant l'eau. 

Naturellement, il faut faire continuer ces inhalations pen« 
dant longtemps : depuis un mois jusqu'à un an. 

A ce traitement le docteur Schmiat ajoute la scarification > 
de la partie supérieure du larynx. — Revue de thér, méd, chir» 



De rammoniaque dans les affections respiratoires. 

— L'un des membres les plus illustres de l'Académie de méde- 
cine de Belgique, M. Melsens, a fait, sur ce sujet, une curieuse- 
communication, dont nous citerons les paragraphes suivants : 

" Si jamais^ disait Mascagniy on découvre un remède effieace 
contre tes maladies de poitrine, ce sera un de ceux que Von peut 
appliquer au poumon à l 'aide de l'inspiration. 

Je connaissais le remède, vulgaire et ancien, qui consiste à 
envoyer les phthisiques respirer Tair des étables, et j'attribuais 
le bien qui peut en résulter dans quelques cas, aux émanations 
de carbonate d'ammoniaque qui s'y rencontrent. 

J'en avais conclu que la respiration, continue mais modérée 
de ce sel, pourrait être utile dans d'autres affections des orga- 
nes respiratoires. Je me décidai, à la suite d'une forte bron- 
chite, a faire l'expérience sur moi-même. A cet effet, je ne 
craignis pas de porter sur la chemise un sachet renfermant 
quelques blocs de carbonate d'ammoniaque ; après quelques 
jours^ je fus absolument débarrassé de Faffection, Taméliora- 
s'étant manifestée dès le premier jour. 



.364 l'union médicale du canada t 

Depuis cette époque, j'ai souvent donné ce conseil qui. en 
-définitive, se résume à porter sur la poitrine unt étable grosse 
comme wa petit œuf, étable dont on se débarrasse instantané- 
ment si elle devient gênante oja qu'on éloigne en mettant dans 
la poche de son habit. Toujours on s'est bien ti^ouvé de mon 
eonseil, même dans le cas de bronchite chronique très ancienne. 

J'ai hésité longtemps à publier ce moyen bien simple, mais 
une observation faite par un médecin de Bruxelles m'a décidé 
À porter la question devant l'Académie. 

Ce médecin, qui aujourd'hui ne pratique plus, souffrait 
depuis longtemps d'une toux opiniâtre due à une bronchite 
.chronique avec dilatation des bronches compliquée d'emphy- 
sème et parfois de laryngite aiguë ; après avoir assez long- 
«temps résisté à mes conseils, il finit par adopter le sachet de 
carbonate d'ammoniaque (sel volatil a' Angleterre du commerce) 
^et s'en est trouvé parfaitement soulagé." — Revue de thérapeu- 
tique médico-chirurgicale. 



Emploi thérapeutique de l'ergotine.— Nous tradui- 
sons de Transactions Oregon state médical Society, quelques 
passages du travail de J.-T. Wells. 

L'ergotine possède à un degré suffisant le pouvoir d'arrêter 
les hémorrhagies provenant du nez, des poumons, des reins, 
de l'utérus, de l'intestin, lorsque ces organes présentent une 
solution de continuité ; mais l'expérience démontre que ses 
effets sont encore des plus manifestes quand ces organes ne 
sont pas lésés, et que c est un excellent décongestionnant de 
ces tissus; par conséquent son emploi est indiqué dans les con- 
gestions et les inflammations. 

Pour la pneumonie, je l'emploie depuis plusieurs années avec 
^un succès très satisfaisant ; les résultats sont meilleurs qu'avec 
aucun autre traitement. Je suis certain qu'elle fait avorter 
l'affection dans presque tous les cas, lorsqu'elle est administrée 
avant la période d'hépatisation ; les crachats rouilles dispa- 
raissent en quelques heures ; la douleur, la congestion et l'in- 
flammation cèdent rapidement. Après l'hépatisation ses effets, 
moins immédiats, n'en sont pas moins heureux et peuvent 
être augmentés par l'adjonction de l'acétate de plomb. La 

f>leurésie, les sueurs nocturnes sont facilement combattues et 
'action de l'ergotine est encore très appréciable dans la mé- 
ningite, la péritonite et l'orchite. Enfin dans l'ovarite et la 
'métrito, c'est le traitement sine quà non. 

Dans la spermatorrhée, les écoulements, elle produit sou- 
vent des succès là où les remèdes classiques échouent. Pans le 
iptyalisme l'action est rapide. 



l'union médical» du canada 36^ 

Injecté avec quelques gouttes d'acide phénique dans les 
paquets hémorrhoïdaux, elle donne une guérison 6Ûi*e et per- 
manente. 

Dans la période intense de la fièvre typhoïde, on peut espé- 
rer que Terçotine préviendra la perforation en limitant la con* 
gestion et l'inflammation des glandes de Peyer. Elle prévient 
la destruction des tissus dans les fièvres continues aussi bien 
par son action sédative sur le cœur qu'en empêchant les con- 
gestions et en diminuant la suractivité circulatoire et par là la 
combustion et la désorganisation des globules sanguins. 

Dans l'asthénie nerveuse, son application parait théorique- 
ment indiquée. Enfin on pourrait l'administrer en prévision 
des hémorrhagies que nécessite une opération ; de plus, elle 
modifiera les inflammations consécutives dans les cas d'ovario * 
tomie par exemple, et dans mes dernières opérations j'attribue 
l'absence de réaction à l'emploi de l'ergotine. 

Tels sont quelques-uns des cas dans lesquels j'ai employé 
avec succès ce médicament ] j'en omets beaucoup, soit par 
oubli, soit qu'une obseruation incomplète ne me permette pas 
de les citer. Mais je suis convaincu que son indication s'éten- 
dra, et que les praticiens qui l'utiliseront reconnaitront son 
efficacité non-seulement dans les cas déjà cités, mais dans bien 
d'autres encore. Depuis dix ans que je l'emploie, j'en suis en- 
core à attendre le premier symptôme fâcheux provoqué par 
son administrations faite dans de bonnes conditions. Dans un 
cas d'épilepsie que m'a communiqué un de mes savants con- 
frères, un gramme d'ergotine fut donné trois fois par jour 
pendant des mois ; les attaques disparurent progressivement 
et finirent par s'arrêter alors qu'au début du traitement elle» 
se produisaient trois à quatre fois par jour. Le malade guérit 
au bout d'un an environ , pendant tout ce temps, l'ergotine 
fut constamment administrée, et aucun accident ne se pro- 
duisit. 

La gangrène sèche qu'on l'accuse de provoquer prouva son 
action spécifique j mais très heureusement elle est si rare 
qu'elle se produit en imagination plutôt qu'en réalité. Sur un 
homme sain, abusant de tels effets, c'est à la rigueur possible; 
mais chez l'homme malade Cile semble user tout son offet à 
à contracter les vaisseaux trop distendus et ne produit aucune 
action désastreuse sur le reste du corps. On peut en effet l'ad- 
ministrer impunément aussi longtemps que persistent les- in- 
dications. — Revue de thérapeutique médico-ehii^rgicalc. 



2S6 l'union médicale du canada 

Traitement de la phthisie pulmonaire simple par le 

Dr AuDHOUi. — Dans la phthisie simphy dit notre oonîrôre dans 
fionjoumaK la Thérapeutique contemporaine/]' KxàéûmtivQm'^iit 
renoncé à Fusage des arsenicaux, de Thuile de foie de morue, 
des vins de quinquina, du sirop antî-scortique, de la créosote, 
du pétrole, du soufre et de toutes ces drogues qui n'ont d'autre 
effet que d'irriter la muqueuse de l'estomac et de troubler les 
fonctions digestives. Je ne donne plus que des pilules balsa- 
miques à la dose de deux par jour, une au repas du matin, et 
l'autre au soir. Ces pîlules et le régime de vie convenable 
suffisent au traitement de cette forme de phthisie 

Dans la phthisie pulmonaire composée et compliquée^ je 
donné en même temps que ces pilules les médicaments indi- 
qués par les affections composantes et compliquante, à moins 
qu'il n'y ait quelques désordres gastriques à combattre. Je 
les supprime alors jusqu'à ce que les fonctions digestives soient 
rétablies dans leur état habituel. 

Yoicî la formule, que M. Audhoui, donne de ses pilules bal 
samiques avec la façon de les préparer : 

Extrait de quinquina Galisaya gijss 

Extrait de ciguë gr. xv 

Teinture balsamique 50 gouttes. 

Poudre de guimauve Q. S. 

Faites les gouttes de teinture balsamique avec le compte- 
goutte officinal. Les 50 gouttes pèsent environ 1 gramme. 

Déposez les extraits sur la taole de marbre ; ajoutez 10 gout- 
tes de teinture balsamique et mélangez avec le couteau. 
Ajoutez de nouveau 10 gouttes de teinture, mêlez et ajoutez 
encore 10 autres gouttes; opérez enfin de la même façon 
jusqu'à ce que vous ayez incorporé les 50 gouttes. Etendez la 
pâte sur la table et laissez évaporer pendant deux heures. 
Ajoutez alors la quantité nécessaire de guimauve et formez une 
masse que vous divisez en 100 pilules. 

Argentez ces pilules, ou, ce qui est préférable, enroulez-les 
dans une couche de sucre. — Le Médecin Praticien. 



De l'emçloi des vapeurs d'azotite d'éthyle pour 

purifier l'air. —M. Peyrusson propose de purifier l'air par 
l'azotite d'éthjMe qu'il considère comme un des meilleurs anti- 
fermentes cibles et antiputrides. Il propose même de faire 
6ur place cet azotite d'éthyle, et voici comment il procède ; 



l'union médical* du canada 367 

Mélange d'aloool et d'acide azotique dans des vases larg^ 
ment oaverts, des capsules en porcelaine par exemple, et 
chauffer doacement ces capsules en les posant sur de Teau 
•chaude. Seulement pour opérer ainsi, il change les propor- 
tions d'alcool et d'acide asootique, indiqués pour les prépara- 
tions de ces éthers, de façon à éviter le dégagement de vapeurs 
acides, et il emploie de préférence le mélange suivant : 

Alcool à 90o 4 parties. 

Acide azotique à 36^ t — 

Dans ces proportions, les produits secondaires de la réaction 
ne sont nullement incommodes. L'alcool qui ast en grand 
^zcôs sature complètement les produits acides, <^ui n'en ont 
cependant que plus d'activité par suite de l'état naissant dan;* 
lequel ils se trouvent au moment de la décomposition par les 
impuretés do Talcool. 

Ce système, ainsi simplifié, serait on ne peut plus facile à 
employer, surtout dans les établissements puolics, tels que les 
hôpitaux, les maternités, les casernes, etc., etc. II suffirait de 
mettre chaque soir, environ 50 grammes de ce mélange pour 
100 mètres cubes d'air dans des capsules en porcelaine qui 
seraient disséminées dans les salles, et qu'on pourrait, à la 
.rigueur, placer sur des vases d'eau chaude. 

Il fait encore remarquer que, sans les droits qui grèvent 
Talcool, ce système serait plus économique que ceux employés 
jusqu'à ce jour. 

Enfin, ce mode de purification de l'air, qui est inoffensif et 
agréable, détruit mieux qu'aucun autre les corps volatils qui 
produisent les infections, mais il est le seul qui agisse sur les 
germes de fermentations ou de putréfactions qui sont dans 
Tair quelquefois en grande quantité, comme dans les salles 
-d'hôpitaux. Il peut donc rendre les plus grands services pour 
combattre ces myriades d'infiniments petits qui nous attaquent 
de toute part, et qui sont les causes premières dos raaladiefi 
pestilentielles et contagieuses. Journal de médecine de la 
Maute-Vienne. — Bulletin gcn. de Thérap. 



Effets thérapeutiques du chlorate de potasse.— Le 

Dr Alex. Harhin, dans le Dublin Journal of médical sciences : 

Dans la diarrhée chronique, le chlorate a une puissance 

étonnante: il réussit très bien dans la diarrhée et la dyssente- 

rie des enfants, et on l'administre par la bouche ou le rectum. 



368 l'union médicale du canada 

Dans les affections de la peau qui sont caractérisées par de la 
faiblesse et une dyscrasie du sang, lô sel est un agent tAs 
actif. Dans Térysipàle, aucun ne peut lui être comparé, surtout 
si on l'associe au fer. Il est très utile dans Tecxéma, Timpégito 
et le parpura, dans le lupus d'origine scrofuleuse, pour les 
furoncles, pour Tacné rosacea et enfin il combat avec avantage 
Tacné punctata, ce désespoir des jolies femmes. Le remède 
administré à l'intérieur paraît avoir une action spéciale sur les 
glandes sébacées et les follicules, et les empêche d'arriver 
iuspu'à suppuration. Dans l'acné rosacea, le sel semble com- 
oattre la dilatation des vaisseaux et la congestion de la peau, 
qui sont la cause de l'affection. Quant à son action particu- 
lière sur les épithéliomas et les cancroïdes de la bouche et de 
la peau, tout le monde connaît l'effet des lotions du chlorate- 
de potasse. — Revue de thérap. méd,-chir. 



Traitement de la folie par la morphine.— Le Dr Aug. 

Yeisin, poursuivant ses études si consciencieuses et si pratiques^ 
sur le traitement de la folie, publie, dans le Bulletin de thérd- 
peutique, vingt-sept nouvelles observations de guérison : 

15 malades ont été traités à l'hôpital ; sur 15, 12 étaient 
atteintes de manie hystérique et des hallucinés. 

12 ont été traités à l'hôpital : sur ces 12, 8 étaient mélanco- 
liques et hallucinés. 

4 étaient atteints de folie religieuse, la vésanie, reconnue 
comme étant la plus difficile à guérir. 

Les doses maximum le plus généralement employées ont été 
de 5 à 8 centigr. par jour. Elles ont dû être portées à 60 cg* 
par jour chez îllle B..., lypémaniaque gémisseuse. Or, on 
sait que cette forme est considérée comme à peu près incu- 
rable. 

L'éminent clinicien de la Salpêtrière affirme en terminant 
que l'emploi des injections sous-cutanées, et en particulier de^j 
injections de morphine chez les aliénés, donne les résultats les 
plus satisfaisants, par la précision dans les doses, et par la cer- 
titude que l'on a de l'administration des médicaments ordonnés. 
— Revue de thérap, mèdico.-chir. 



Benzoate de soude dans le rhumatisme aigu.-7Le 

Dr D. Macewen ayant remarqué l'analogie chimique, des acides 
benzoïque et salicylique, la similitude de leurs effets physiolo- 



l'union médicale du canada 369 

ffiques, eut Tidée de constater si les résultats thérapeutiques 
étaient semblables. 11 publie cinq cas traités par lo benzoate 
de soude. Dans le premier, la diminution des douleurs et la chute 
fièvre de la furent si rapides et la guérison si prompte et si 
complote qu'il n'hésita pas à adopter le même traitement pour 
les premiers malades: de gr. 75 de sel chaque trois heures; 
pour les autres, il alla jusqu'à l gr. Dans tous les cas, les 
symptômes disparurent entre trois et huit jours ; dans aucun cas 
il ne survint de complications cartliaques et Macewen trouve 
que la convalescence fut plus rapide que lorsqu'on emploie le 
salicylate de soude. Le benzoate de soude a les avantages 
suivants: il ne produit ni nausées, ni dépressions, ni aucun do 
ces troubles cérébraux que détermine si souvent le salicylate. 
La meilleure préparation est celle d'une mixture, et ou peut 
le donner à la dose de gr. 75 à l gr. chaque deux ou trois 
heures. On peut le continuer à doses plus faibles pendant 
vingt-quati'e à quarante-huit heure* après la disj)ariiion des 
symptômes rhumatismaux. — British médical Journal 



PATHOLOGIE ET CLINIQUE CHIRURGICALES. 



Lîthotritie en une seule séance, par le Dr lion ri 

Thomson. — On sait, dit le spécialiste anglais dans British 
médical Journal^ qu'un chirurgien américain distingué, le pro- 
fesseur Bigelcw, s'est montré le défenseur de la piatique qui 
consiste à extraire les calculs, quel que soit leur volume, dans 
une séance de lithotritie. 

Le principe de Bigelow peut être ainsi résumé : étant donné 
qu'une séance prolongée pour le brisement et l'extraction 
d'une pierre grosse et dure produit des accidents multiplet, la 
vessie aura moins à souffrir si Ton enlève à la fois tous les 
fragments, que si l'on a recours à trois ou quatre séances un 
peu plus courtes, puisque la présence dos fragments dan> cet 
organe amène en quelques jours des troubles plus grands 
qu'une opération unique prolongée. 

On sait d'ailleurs que le meilleur moyen de traiter la cystite 
qui survient dans l'intervalle des séances, est de briser et d'en- 
lever sans délai les fragments qui restent dans la ve-^sie. 

Il y a un an et demi que j'ai employé la méthode de la 
lithotritie en une seule séance. J'ai opéré ainsi 48 adultes por- 
teurs de calculs de différentes grosseurs. Je n'ai eu que deux 



2i 



370 l'union médicale du canada 

morts et encore l'une d'elles ne peut être attribuée à Topera- 
lion. 

Je résumerai en peu de mots les résultats pratiques de mon 
expérience pour le choix des opérations dans le but d'extraire 
un calcul : 

lo S'assurer d'abord de la nature et du volume de la pierre 
modifier selon ces données les procédés à mettre en œuvre 
Quand la pierre est petite ou de moyenne grosseur, ne se ser 
vir que d'instruments peu volumineux et facilement maniables 
La lithotritie en une seule séance ne demande pas d'instru 
ments spéciaux, mais le lithotriteur et l'aspirateur doivent 
être bien construits et adaptés à chaque cas. 

2^ Il est plus difficile d'extraire un calcul dur et volumineux 
en une seule séance qu'en plusieurs. 

3o On peut dire, sans témérité, que le nouveau procédé ren- 
dra plus sûrs les résultats de la lithotritie dans les cas où cette 
opération a été indiquée et permettra de l'étendre à des calculs 
plus volumineux. Mais je considère encore la lithotomie laté- 
rale comme une admirable opération non seulement dans le 
cas de gros calculs, dépassant environ 2 onces, mais encore 
dans les cas où l'étroitesse du canal ou d'autres conditions l'in- 
diquent. 



De remploi de l'éponge comme moyen hémosta- 
tique. — M. Verneuil ayant eu à combattre, après une ampu- 
tation de la cuiëse, un écoulement de sang assez abondant qui 
venait d'un côté du canal médullaire et était également fourni 
en nappe par la surface des lambeaux à la suite de l'applica- 
tion de la bande d'Ësmark, s'en rendit maître au moyen du 
tamponnement avec des éponges. 

Pour le canal médullaire, il l'opéra» en y introduisant un 
morceau d'épongé cylindrique. 

Le lendemain, le malade allait bien, il avait dormi, avec une 
température de 37., 6, il n'accusait pas de douleurs, n'était pas 
altéré, sa plaie avait bon aspect, on apercevait une belle teinte 
rose sur les coupes musculaires. 

Le tampon du canal fut laissé en place dans la crainte de 
détruire Ihéraostase, taudis que la grosse éponge fut enlevée, 
et M. Yerneuil en prit occasion pour nous expliquer les 
motifs de sa conduite. 

On voit, tous les dix ou quinze ans, paraître régulièrement 
un nouveau travail sur l'emploi de l'éponge dans les panse- 
ments, et comme moyen hémostatique. En général, il ne faut 
accueillir qu'avec une certaine méfiance toutes les découvertes 
à forme intermittente. 



L^UNSOK UÉDICABE T>U tlANAD^A 371 

' L'emploi d^ Féponge présente en effet nne tache rédhibî- 
^^ire terrible : les bourgeons charnus pénètrent d^ns les anfrac- 
tuosités de T^pon^e et s'y installent de telle façon qu'on a 
toutes les peines du monde à les en retirer. 

M. Verneail rappelle à ce sujet le cas d'an malade à qui il 
-avait fait Textirpation de la glande parotide, en 1 864, à rhô- 
pital du Midi ; il s^était servi 4'un fragment d'épongé pour 
. faire Théraostase ; après 2 ou 4 jours, Téponge étant adhérente, 
il ne crut pas devoir y toucher dans la crainte de provoquer 
une nouvelle hémorragie; trois semaines s'écoulèrent ainsi, 
-et l'éponge au lieu de s'immobiliser, ne fit que prendre corps 
davantage avec les bourgeons charnus ; il fallut cinq ou six 
semaines au chirurgien pour arriver à l'enlever, fragment par 
fragment, molécule par molécule. 

Les observations de ce genre sont excessivement nombreu- 
ses et viennent toutes nous démontrer la tendance de ce corps 
• étranger à se laisser pénétrer par les bourgeons. 

Dans le cas actuel, on peut laisser encore l'éponge dans le 
canal médullaire où cet accident n'est pas à craindre, tandis 
que l'expérience enseignait de retirer la grosse éponge assez 
À temps pour que la membrane granuleuse ne s'y insinuât pas. 
— Le Siècle Médical. 



Sur le pansement aintiseptique ouvert de M. Ver- 

neuil. — Le principe d'amputer toujours dans les parties saines 
doit subir quelquefois des violations -et des entorses, comme 
vient de le démontrer M. Yerneuil. Il s'agit d'un jeune homme 
sur qui il a pratiqué l'amputation de la cuisse à la partie 

• moyenne pour une arthrite purulente du genou avec foyer 
s'étendant et remontant très haut. Chez ce malade là, si on 
avait voulu se soumettre à la règle indiquée, il aurait fallu 
faire l'amputation très haut, peut-être même en arriver à l'ar- 
ticle , et augmenter ainsi les probabilités de mort. Dans ces 

• conditions, M. Verneuil préféra, malgré l'altération des parties 
molles de la cuisse, faii*6 l'amputation dans le foyer même de 
la suppuration. 

Mais cela excluait toute idée d'emploi des pansements de Lis* 
ter ou de (xuérin ; M. Verneuil choisit donc le pansement ouvert 

• qu'il a l'habitude d'employer, qui ecît un procîédé particulier 
' de la méthode antiseptique et qui consiste, comme on le «ait, 

à faire sur la plaie recouverte de quelques doubles de tarla- 
tane, à l'aide d'un appareil à vapeur, de la pulvérisation conti- 
nue avec de l'eau pnéniquée. C'est en quelque sorte un bain 
de vapeur antiseptique. - Ce pansement fournit de très beaux 



372 l'union MÉPXCALE DU CANADA: 

résultats, comme on peut le voir jburnellement dans le service 
du savant protb.^seur, et nous avons relaté dernièrement uni- 
cas de dôsurtioiîlation de* la cuisse, ainsi traité, et qui a très- 
rapidement ^uéri. Toutefois, M. Verneuil dédare qu'il ne^ 
faut pas M'acliarnor à défendre un procédé unique, qull faut 
faire de réciecti^me, parce que chaque procédé offre ses indica- 
tions particulières. 

La démonscraiion vient d'en être faite d'une façon très dé- 
cisive dans son service ; tandis que les deux cas dont nous 
parlons et qui présentaient certainement une gravité excep- 
tionnelle, étaioni guéris au moyen de son pansement ouvert ; 
dans la même salle on observait un malade à qui M. Berger 
^Hivait fait d'urgence Tampu cation de la jambe, qu'il avait 
traité, par Je })anî5ement de Lister, et sur qui une réunioQ par 
premiore inteniion avait réussi. Enfin, à quelques lits plus- 
loin, on reti-ouvait un réséqué du coude qui était depuis nuit 
jours sous le bandage ouaté de Guérin sans présenter d'accident 
d'aucune sorte. — Le Sièclà MédicaL, 



Emploi de riodoforme dans Totorrhée chronique-. 

— Les médecins américains conseillent i'iodoforme dans l'otor- 
rhée. Czavda Ta expérimenté avec succès dans lu clinique 
des maladies de l'oreille du professeur Zanfal (de Prague), et 
vient de publier ses résultats. \ 

Il a employé ce médicament dans une vingtaine de cas, chez 
des malades âgés de 5 à 33 ans. Beaucoup d'eiitre eux souf- 
fraient depuis des mois, quelques-uns depuis des années. L'otor- 
rhée était consécutive, soit à la scarlatine, soit à la rougeole, 
soit à la fièvre typhoïde, etc. 

Dans beaucou]) de cas, la membrane du tympan était plus 
ou moins complètement détruite; dans d'autres elle était seu- 
lement perforée. 

La membrane muqueuse était rouge et gonflée ; la sécrétioT> 
dans beaucoup de cas était abondante : dans cinq cas les deux- 
oreilles étaient malade'=«. 

Chez huit malades on avait employé pendant des mois des 
instillations d'une >ohuion de nitrate d'argent; dans deux 
cas on avait employé lalun pulvéri.sé. 

Le petites quaiuités d'iodoforme pulvérisé sont insufflées 
<iaus l'orei lie malade, après Savoir tout d'aboixi nettoyée soi- 
gneusement ; ensuite, quand la suppuration a diminué et qu'il 
y a une amélioration manifeste, on introduit aussi près que 
possible du tympan, et même dans la cavité tympanique, ua 
petit tampon de coton saui>oudré d'iodoforme. 



] 






l'union .^iédicale du canada 3Ï3 

La poudre inâuffiée ou le tampon sont laissés en place pen- 
dant trois ou quatre .jours, et à chaque pansement Foreille est 
eoigneusemont nettoyée. 

La suppuration diminue rapidement à partir de la première 
application du remède. Le pus n'a plus d'odeur, et ce résultat 
est dû à la présence prolongée du tampon iodoformé. 

La guérison a lieu généralement de une <à quatre semaines, 
et la muqueuse du conduit auditif reprend graduellement son 
aspect normal. 

L'iodoforme agit comme désinfectant, résolutif, et est en 
même temps un enduit protecteur. Il a en outre l'avantage 
de ne pas former avec le pus fétide des concrétions comme le 
fait Falun. 

Il est facile de raa«iquer l'odeur de l'iodoforme avec la pou- 
dre de camphre, l'essence d'amandes amàres, le tannin, quel- 
ques gouttes d'essence de fenouil ou de menthe poivrée. 
{Gazetla medica italiaita.) — Lyon médical. 



pa 
Tr 



Un cas d'incision du péricarde suivie de guérison, 

ar le professeur S Roseinsnein. — L'auteur pense avec 
ousseau que ce sont des craintes imaginaires qui empêchent 
l'intervention chirurgicale active dans le traitement des épan- 
chements abondants de cette séreuse. Se fondant sur sa 
propre expérience et sur celle de Senator, il croit que souvent 
la ponction simple suivie d'aspiration est insuffisante, et qu'il 
est nécessaire, comme pour la pleurésie purulente, d'avoir 
recours au débridement. ^ Cette intervention très-audacieuse 
fiera rendue infiniment moins dangereuse par une application 
rigoureuse des méthodes antiseptiques de Lister. Et comme 
confirmation de cette opinipn,.Eosen8tein rapporte en détail 
l'histoire d'un petit garçon de. 1*0 ans, qui présenta dès son 
entrée à l'hôpital les symptômes d'un épanchement aigu dans 
le péricaixle (thorax dilaté de bas en haut, matité triangulaire 
à base inférieure, brait du cœur afl'aiblis). 

L'absence de fièvi-^e et d 'œdème de la peau rper mettait encore 
de douter de la nature du liquide. Une ponction exploratrice, 
faite à l'aide de la seringue de Pravaz, donna un pus parfaite- 
ment pur. Le décubitus dorsal n'étant plus possible et le 
pouls faiblissant, on retira, à l'aide de l'appareil Potain, 620 
centimètres cubes de pus louable. Le nombre des respirations 
tomba de 59 à 38, les pulsations de 140 à 92. Presqu'immé- 
diateraent survint une pleurésie aiguë qui nécessita en quel- 
3[uesjeurg deux ponctions successives, Tune de 1,100 cent. 



374 I/'UNION' MÉDIOAl.S' DIT OAlOiDM 

cnbes de eérositée, la suivante de 12 cent, cabee de pvs» Ea • 
même temps, les signes de .1& p^ricardite snpparée se repré- 
sentaient de nouveau aveC' leur intensité-primitive. 

L'auteur se décide à ouvrir le- péricarde : méthode anti- 
septique rigoureuse^ Incision de 3 centimètre entre la 4e et 
la ôe côte. Ouverture de- la sérenseavec la pointe du bistouri • 
et agrandissementavec le bistouri boutonnée II s^éeouie une 
grande quantité de pus. Deux drains sont introduits dans la 
plaie et le pansement de* lister est appliquée 

Les effets de l'opération sont merveilleux : le malade peut 
s'asseoir, le pouls devient perceptible et les «rines reparais- 
sent. Les bruits du cœur sont entendus de nouveau et la 
région précordiale donne un son tympanique à la percussion. 
Cependant les phénomènes du côté de la plèvre n'ont pas été 
enrayés, et l'on se voit dans la nésessité' de- pratiquer l'opé- 
ration de l'empyème qui donne issue à 150 centimètres cubes 
de pus. La température descend à 3&o 2, et dès lors l'apyrexie - 
devient complète ; dix-neuf jours environ après l'ouverture du 
péricarde, la plaie était entièrement cicatrisée et l'ineision de 
ta plèvre ne mit que onze jours à se fermer. 

Eosenstein insiste sur ce fait qu'une péricardite purulente - 
peut évoluer sans température et sans œdème eutané : d'oii la 
nécessité d'une ponction exploratrice. Il ne faut pas croire 
trop vite à une altération du myocarde qui peut être simulée - 
par de simples troubles dynamiques. Enfin, lorsque les 
épanchements sont abondante, les changements de position 
peuvent rester sans influence sur la hauteur de la matité, ce 
qui peut rendre le diagnostic quelquefois fort difficile. (Ber- 
liner klinische Woshenshr.^ 1881, no 5, et Revue médicale de la • 
Suisse normande^ p. y27.) H. M. 



OBSTÉTRIQUE ET GYNÉOOLO&IE. 



Faut-il donner du lait coupé aux 6n£etnts nourris • 

au biceron ? — Question difficile et qui ne peut recevoir une 
réponse catégorique. Voici comment s'exprime à eet égard le 
Dr Goffin dans le Journal d'accouchement : 

Je suppose une série d'enfants également bien développés à < 
la naissance, indemnes de toute tare héréditaire et placés dana 
de bonnes conditions hygiéniques. 

1. Une première catégorie de ceux-ci, nourris au moyen . 
du lait coupé dans les proportions indiquées ci-dessus, progrès- - 
sera paifaitement. C'est un fait de pratique médicale commun « 



à beaneoop d entre nous et contre leqael aucune ob^tioa io 
natnrs chimique oa antre ne pent Taloir qnoi qne ee doiu 

2. La fieoaode cat^orie se compose de ceux qni ae trouTont 
bien le premier mots de lait par, sans aocnn mélange. C> nest 
certes pas le plus considérable en 9iombre^ mjîs, jt ëois ie at\\j- 
rer^ c'est le plus brUlasU en santé, 

3. Bans nne troisième, je range ceux qui ne peayent $app>or> 
ter ni le lait por^ ni le lait oonpé, mais prennent bien ^noant 
pluneors mois des panade» légères de biscottes, saineâ d an 
régime plus varié. 

4. Quelques organisations exceptionnellea ne peuront se 
à ces différents régimes. Elles vivotent quelque temp^ 

et, de t&tonnements en titonnements, on parvient à leur faire 
prendre asses &cilement soit une farine^ soit une bouillie queU 
conque, soit des biscuits mous trempés dans du lait coupé* J*ai 
rencontré plusieurs faits semblables dans ma clientèle. 

5. Enfin un certain nombre d'enfants privée de la soulo 
alimentation réellement physiologique — je veux dire du lait 
maternel — dépérissent malgré tous les moyens hygiéniques et 
thérapeutiques employés et succombent. 

La conclusion qui ressort de ces faits me parait évidente: 
c'est qu'en dehors du sein maternel, U n'y a plus de formule 
absolue pour l'alimentation artificielle du nouveau-né, ol« o<o> 
rais je le dire ? qa'il n'y en aura probablement jamais, ot cola 
pour le motif que l'on se trouve en dehors des conditions 
naturelles. 

Votre conclusion, m'objectera-t-on, n'est guère brillante; 
peu importe, répondrai-je, pourvu qu'elle soit vitiic. 

Nous croyons, pour notre part, qu'une des raisons qui rou 
dent l'allaitement artificiel si difficile à conduire et si perni- 
cieux, c'est la difficulté de donner aux enfants du lait exempt 
de germes de fermentation. Tous les appareils sont défectueux ; 
les enfants mis au pis d'une chèvre, par exemple, viendront 
bien mieux que ceux qui seront élevés au biboix)n avec le 
même lait. 



De l'emploi des pessaires. — M. Dssprès a dit et écrit 

que les pessaires n'atteignaient jamais le but qu'on se propo- 
sait par leur emploi, qu'ils n'avaient pour effet que d'entre- 
tenir une très grande malpropreté, et de déterminer souvent 
une vaginite chronique. M. Notta a même cité des exemples 
de fistules vésico- vaginales déterminées par l'usage de ces 
appareils. Il condamne donc absolument l'application des 
pessaires destinés, dit on, à redresser l'utérus. A l'appui de 



376 l'union médicale du canada 

cette opinion, M. Desprès présente une femme dont l'utérus est 
en dehors et le pcssaire dans un des cuL^-de-sac vaginaux. 

M. Tr.ÉLAT pense que le cas cité par M. Desprès n'infirme en 
rien l'ulilité du possaire, pas plus qu'un bandage herniaire qui 
laie>e échapper la hernie ne doit faire douter de l'utilité de ces 
bandages en général. 

M. GuÉNiOT est d'avis que les pessaires rendent de très 
grands services à un très grand nombre de femmes. Il a inler- 
terrogé la malade de M. ï)e^prÔ8 ; c'est elle-même qui a placé 
fion pessairo, et quand elle ne l'a pas elle ne peut plus faire 
un mouvement. Ce qui prouve que, même mal placé, le pes- 
fiaire lui est encore utile. 

MM Vernei'IL et Berger croient aussi à l'efficacité du pes- 
Sflire. surtout dans les cas si fréquents de prolapsus léger, à 
condition qu'il soit bien placé et qu'il trouve sur le périnée un 
point d'appui suffisant. 

M. Les PRÈS n'en persiste pas moins dans ces conclusions, 
comme on dit au palais. — Le Mcdecin praticien. 



De remploi de la teinture d'iode dans le traite- 
ment des hémorrhagies post partum.--Le docteur W. 

E. Forest aie New- York) indique les avantages suivants pour 
le traitement des hémorrhagies post partum^ par la teinture 
d'iode. D'après lui: V* l'iode réprime l'hémorrhagie, non pas 
en coagulant le sang dans l'utéru.*, mais en excitant Tutérus à 
se resserrer. Le sang coule à l'état liquide plutôt que de per- 
mettre à l'utérus de se lemplir d'un caillot dur et visqueux 
prêt à se décomposer ; l'utérus se trouve donc ainsi vide et 
désinfecté ; 

2^ La teinture d'iode n'a jamais, dans la pratique du doc- 
teur Foi'e>t. causé aucun mauvais résultat, même étant injectée 
H l'étai pur dans l'utérus. Ainsi, dans un de ces cas, on a in- 
jecté 150 grammes de teinture d'iode, et aucun mauvais résul- 
tat n'a été observé. 

D'api os l'auteur, la teinture d'iode ne manque jamais d'ar- 
rêter l'hémorrhagie. {N^w York Mcdlcal Rtcord,) — Bulletin 
GcmruI de Thérapeutique. 



L UMO^ MÉDICALE DU CAKAIVA 377 

NOTES DE THÉRAPEuTIQUK 



Traitement de la chorée par rarsenic— M. Siivder a 

•dei'iiis Ioi:^em|>s i-ecouj's à Tai-senic da:> :o trai:o:neiiî do la 
chorée rhumatismale. Il en vante beaucop.^-k le? otlot--. I; em- 
ploie la liqueur de Boudin, dont nous n»pix»loiis ic: ia formule : 

Acide arséiîi eux irr. xv 

Eau distilée ll-ii 

Faire bouillir pendant un quart d'heui^e. 
La dose varie suivant l'âge. Pour un entant Je C à 10 ans, 
on peut prescrire la potion ^uivante : 

Julep gommeux ^ij 

Liqueur de Boudin ôj ^ oj^s 

(selon la force du sujet.) 

La potion doit être administrée par cuiUe!*ées îi cnfêà inter» 
valles rapprochés, de manière à être épuisée ou vingt-quatre 
heures. 

Avec cette façon de procéder, la tolérance s'établit partaito- 
ment. 

A sa clinique de Breslau, le D»' Sottmann donne la solution 
suivante aux enfants atteints do danse do Sainl-Guv: 

m 

Liqueur de Fowler 4 à 6 gouttes. 

Eau ôij 

et il obtient une guérison complète dans un temps variant do 
;Seize à vingt et un jours. Jamais il n'a eu de troubles gastri- 
ques. Quelquefois il ajoute de 50 centigrammes à un gramme 
de chloral. Les enfants anémiés et à prédisposition nerveu.>o 
héréditaire tolèrent assez bien la préparation. 



Traitement de la migraine. — iGronica medi.— l ' Midicd- 

tion interne, — Café, eaux de fleurs d'oranger, de romarin, hydra- 
te de chioral, bromure de potas^siuin, teis de mor])hine. tein- 
ture d'aconit, sous-carbonate de magnésie poudre de cubèbe, 
ammoniaque. 



378 l'union médicale du oanada 

2o Application sur la tête, — Ether Bulfuiique, pommade^ 
d'Autenrich et les formules saivantes : 

Camphre ^ 

Alcool 3J88 

Faites dissoudre et ajoutez : 

Ammoniaque liquide ^ij 

Huile essentielle d'anis 3ij 

On peut en faire respirer en même temps qu'on applique des 
compresses sur la tète et les tempes. 

Ammoniaque liquide ^v 

Ëther nitrique 3v 

Huile camphrée • ^ivss 

Matin et soir, frictions sur les tempes. — Rdvue de Thérapeu- 
tique Médico-Chirurgicale, 



Traitement du catarrhe v6sicaL—(Lieppert). 

Baume de copahu ^ijjss 

— de Tolu 3jss 

Eau de cannelle ) 

Sirop diacode j 3j 

Ether nitrique 1 

Eau de laurier cerise J 3J 

F. S. A. une potion. 
Une cuillerée à café trois fois par jour. 



Traitement de l'érysipèle de la £eice à répétition 

(James Braithwaite). Quelque soit le traitement médical ou 
hygiénique employé, les applications locales sont nécessaires. 
La plupart de ces topiques ont Tinconvénient de défigurer le 
malade ou d'être désagréeble ou inefficaces. Depuis plusieurs 
années, le Dr J. Braithwaite se sert avec succès d'une forte 
solution de tannin. 

Tannin gr. y à x 

Eau alcoolisée 3ss 

Cette application qui nest pas désagréable se fait à l'aide 
d'un pinceau doux tous les deux ou trois jours, on laisse sécher 
et on a soin d'empêcher le malade d'approcher du feu. — Eevuc 
de thérapeutique médico-chirurgicale. 



l'union médicale du canada 379^ 

L'UNION MEDICAIJE DU CANADA 

MONTREAL, AOUT 1881. 

Comité de Rédaction : 

Messieurs les Docteurs E. P. Lachapelle, A. Lamarche 

ET S. Lachapelle. 

Une question de sympathie. 



A propos du Bill de rUniversité Laval, adopté par la Légis- 
latare de Québec, à sa dernière session, nous lisond ce qui suit 
dans le Canada Médical and Surgical Journal, livraison de 
juillet, 1881. 

'*We hâve considérable sympathy with those who hâve 
" opposed the Bill on principle, and should be satisfied, in 
'^ the interests of University Education generally, to see them 
'^ successful in causing its repeal," etc., etc. 

Notre intention n'est pas de faire un reproche à notre esti- 
mable confrère d'accorder ses sympathies aux adversaires de 
rUniversité, de préférance à ses partisans, V Union médicale, 
d'ailleurs, n'étant l'organe ni des uns ni des autres ] mais ce 
que nous tenons a constater, c'est l'excès de zèle qu'il met à se 
prononcer sur une question de constitutionalité qui, il faut 
bien l'avouer, n'appartient guère à la science médicale. 

Cependant, comme nous sommes dans le journalisme, sur un 
pied d'égalité, notre confrère ne trouvera pas à redire si nous 
aussi, nous osons en passant pénétrer dans le temple de Thémi» 
et nous autoriser de son mauvais exemple pour raire quelques 
remarques sur l'opinion émise par lui sur cet acte de la légis- 
lature. 

Le ton de l'article du Canada Médical and Surgical Journal 
démontre clairement deux choses : 

lo Que notre confrère est peu renseigné snr la question de 
constitutionalité qu'il a entrepris de traiter. 

2o Qu'il lui sied mal de vouloir exclure de Montréal, en 
union avec les adversaires du haut enseignement universitaire, 
une université catholique (la seule qui existe dans la province- 
de Québec) qui fait le plus grand honneur au pays et offre le» 



Z80 l'union médicale du canada 

plus grands avantages, sous tous le^ rapports, et crier ensuite 
au monovoie l (" which will soon pos>oss in a vvay a monopoly.") 

En effet, il aurait mieux valu pour notre confrère d'étudier 
le Bill de Laval avant do nous communiquer ses impressions 
légales, car il se serait convaincu par lui-même que ce Bill 
qui le scandalise tant, n'a trait qu'à la multiplication des 
chaires cF enseignement de l'Université Laval, dans la pro- 
vince de Québec, et non à une demande d'extensioa des privi- 
lèges ou des prérogatives qu'elle possùde en vertu de sa Charte 
Eojale, lesquels privilége<<, comme on sait, sont les plus amples. 

Sa Charte Royale, de fait, n'a pas été amendée par cette nou- 
velle loi, mais elle demeure en pleine force et vigueur, et des 
juristes éminents prétendent avec raison que TUniversité 
Laval n'avait même pas besoin de cette loi pour le maintien 
de fses chaires à Montréal et continuer l'enseignement qu'elle 
y donne. » 

Mais, on dit, les législatures locales n'ont pas le droit de 
changer ou d'amender une Charte lloyale. Tel n'est pas le cas 
ici; mais supposons que le Bill de Laval aurait cet eflFet, 
n'avons-nous pas dans notre légir-lation plusieui*8 précédents 
qui établissent notre droit de modifier des chartes royales ? 

Le chapitre 82 de la 12 Victoria (1849) amende la Charte 
Royale de l'ancienne Université de York, aujourd'hui l'Univer- 
bité do Toronto. 

L'année suivante, par la 13 et 14 Victoria (1S50) chapitre 
49, la charte de cette même Université a été de nouveau 
amendée. Et encore aussi par le chap. 89 do la 16 Victoria 
(1853i. 

Le collège de Nicolet a une Charte Royale, et elle a été 
«mendée par le chap. fjS de la 22 Vict. (1858). 

En 1S70, nous voyions aussi que la Charte Royale de l'Uni- 
versité de Lennoxvillo a été amendée. 

Le fait est que ce droit n'a jamais été mis en doute, et nous 
pourrions citer une multitude d'autres cas ou des chartes 
royales ont été amendées. 

Après ces précédents notre confrère peut-il encore prétendre 
que : le Bill de l'Université Laval '* is contrary to ail esta- 
blished usage." 

Si noti-e confrère veut maintenant remonter à la source du 
droit qu'ont les législatures provinciales de législater sur les 
matières d'éducation, il n'a qu*à consulter VActe de V Amérique 
Britannique du Nord qui nous régit, et il aura alors le secret 
de la conduite **of that powoT^ul and ambitious corporation." 

L'Université Laval, en veitu do sa Charte Royale, a le droit 
d'enseigner et celui de conférer des degrés universitaires. 



l'union médicale du canada. 381' 

Oi% le Bill de Laval ne se rapporte qu'au pouvoir d'enseigner 
qai etit du ressort des législatures, et non à celui de conférer 
(les degrés, qui est de prérogative royale. Voilà toute la 
question. Oa est donc alors Vinconstitulionalfté de cette l#i ? 

D'ailleurs, nous demandons à notre confrère s'il ne trahit 
pas quelque peu ses sentiments a propos de cette question et 
s'il ne donne pas la mesure de la valeur de son article sur rin- 
constitutionabiliiè du Bill de Laval lorsqu'il écrit les ligues 
suivantes : "' but it is equally not right that anj one body 
*' V7ith University powers should be able to set itself down dt 
" doors ofany or every other similar institution in the coun- 
try." 

Après une telle indiscrétion, comment peut-il parler de mono^ 
pôle et qualifier d'ambitieuse une université qui n'a d'autre 
tort que celui de vouloir exister dans notre grande métropole- 
commerciale, comme toutes les autres institutions de ce genre, 
et ce, au même titre, et en vertu des mêmes droits. 

On crie au mono»iole ! Est-ce bien l'Université Laval qui: 
veut le monopole ? N'est-ce pas plutôt ceux qui veulent avoir 
le droit exe/ us //"d'enseigner à ^[ontréal ? 

Où est donc la loi qui donne à une seule institution ensei- 
gnante le droit d'exclure toute autre école do Alontréal ? 

L'Université Laval, université catholique, demande-t-ello 
autre chose que ce qui a été accordé à une université pro- 
testante ? 

Le Bishop's Collège, dont l'établissement principal est à 
Lennoxville, a des chaires de médecine à Montréal, et l'Uni- 
versité McGill ne s'est pas, que nous sachions, jamais opposée à 
l'établissement de ces chaires. 

Pourquoi deux poids et deux mesures ? 



Brochures reçues. 



Trartëactions of the American Dermatological Association 
with the President's Address, at the fourth annual meeting, 
Newport, E.I. 

Hip Joint disease, — Death in early stage from tuberculai* 
méningites by Dr Forest Willard, M.D», microscopical 
appearances, with cuts by B. 0. Shakespeare, M.D. 

Announcement of the Médical Department ofthe University of 
Pennsylvania for the one hundred and sixteenth annual session 
18S1-&2, and list of graduâtes. 



.382 l'union médicale du canada 

Report for the Canadian Commission (Parig aniversal ezhibi - 
tion 1878) by Thos. C. Kbbfeb, M. Inst. C. C. executive com- 
missioner. 

Des intermittences du pouls, de la syncope et de la mort 
subite dans la convalescenee de la fièvre typhoide^ par le Dr 
Langlec, ancien interne des Hôpitaux de Fans, médecin de 
THôtel-Dieu de Reims. 

Trichinœ, — How to deteot them and how to avoid them, 
by John Phin. 

Forthteith Announcement of the St. Louis Médical Collège, 
Session 1881-82. 

Détroit Médical Collège, — Order of exercises for the freshmen, 
junior and senior classes. Regular term 1881-82. 



VARIÉTÉS. 



Un cas d'hermaphrodisme.— (Société de chirurgie, 

Paris.) M. Magitot présente un individu qui offre un cas 
curieux d'hermaphrodisme. 

Agée de 40 ans aujourd'hui, Ernestine Guériot est Tenfant 
de parents bien constitués. Déclarée fille à la mairie, elle fut 
traitée comme telle et envoyée à l'école avec les autres fillettes 
du pays. A 13 ans apparurent les règles : elle eut trois hémor- 
rhagies assez nettes, puis ses seins se développèrent. 

Enfin, elle devient amoureuse d'un jeune villageois avec 
lequel elle n'eut cependant jamais de rapports sexuels. A 17^ 
ans, Ernestine Guériot se marie avec un antre jeune homme. 
Les rapprochements sont difficiles, cependant elle vit en bonne 
intelligence avec son mari. 

Devenue veuve, elle s'éprend de femmes, a plusieurs mai- 
tresses et ne recherche plus le commerce des hommes, D'ail- 
leurs, pendant son mariage, elle avait déjà eu des relations 
avec les femmes, et elle reconnaît que dans ses rapports 
sexuels avec son mari, l'acte vénérien s'accompagnait des 
mêmes sensations et de la même éjaculation que dans ses rap- 
ports avec les femmes. 

C'est que, en etfet, Ernestine Guériot est réellement un 
homme. Il a l»», 78, ses cheveux sont noirs, sa barbe fournie. 
Comme il est habillé en femme, il doit se raser tous les deux 



L*UNION MiDICALK DU CANADA 383 

jours. Son visage n'a pas de caractère sexuel bien tranché , 
mais le cou est plutôt masculin que féminin. La voix est 
celle d'une femme, les mains sont fortes et vigoureuses. — Seins 
assez volumineux, bassin étroit — Pénis de la grosseur de celui 
d'un enfant de douze ans avec hypospadias, scrotum bifide ren- 
fermant de chaque côté un testicule, celui de gauche est plus 
Tolumineux que celui de droite. Entre les deux parties du 
scrotum, il j a un infundibellum dans lequel le petit doigt 
pénètre difficilement ; aucune' trace du col utérin. 

Cet homme a des érections et des éjaculations ; le sperme a 
l'apparence du sperme normal, mais il ne renferme pas de 
: sperm atozoïdes . 

M. Lannelonoce. Il est souvent fort difficile au moment 
de la naissance de dire à quel sexe appartiennent ces indivi- 
dus; et plusieurs fois à l'hôpital Trousseau, l'on m'a apporté 
des enfants dont je n'ai pu déterminer le sexe que vers l'fige de 
deux ans. Chez deux sujets, en effet, ce n'est qu'à cet fige que 
s'e<9t opérée la descente des testicules. 

M. Th. Anobr. J'ai fait en 1864, avec M. Le Dentu, Tau- 
^opsie de la fameuse femme à barbe : cet individu portait une 
barbe qui descendait jusqu'au nombril, et l'autopsie démontra 
que c'était bien une femme. 

M. TiLLAUx. Le point qu'il importe de connaître dans cette 
•question, c'est de s avoir si l'hermaphrodisme vrai existe ? 
Uar le sujet présenté par M. Magitot est bien évidemment un 
%ommo. Mais je crois que dans la science il existe des cas 
d'individus ayant les deux sexes,c'est-à-dire testicules et ovaires. 
M. Pozzi. Le sujet de M. Magitot est un homme présentant 
nn hypospodias Bcrotal complet; quant au cas d'hermaphro- 
disme vrai, je crois qu'il faut être très sceptique à cet égard, 
•et pour ma part je n'en connais pas de cas dans la science. — 
Mevue de thérapeutique médico-chirurgicale. 



Action du tabac sur les organes génitaux. — Le 

tabac pris en excès est pour certaines personnes un anaphro^ 
disiaque. Contrairement aux conclusions formulées dans ce 
journal (tome xxxv, p. 397) par M. le docteur Ygonin, M. le 
docteur Jacquemart a interrogé beaucoup d'ouvrières em- 
ployées à la manufacture de tabac de Paris, et voici quelles 
ont été SCS constatations : 

Dans 100 cas de grossesse, nous avons trouvé une moyenne 
de 45 p. 0/0 d'avortement ou d'accouchements prématurés ; 

15 p. 0/0 d'enfants morts quelques heures ou quelques jours 
après la naissance. 



384 l'union médicale du canada 

D'un travail comparatif auquel nous nous sommes livré 
nous pouvons conclure : 

Que la mortalité est de 10 p. 0/0 plus grande chez les 
enfîints dos ouvrières do nos manufactures nourris par leur 
mère que chez les enfiinis nourris par des étrangères. 

Nous avons relevé beaucoup d'unions stériles, enviroa^ 
18 p. 0/0. 

On pourra nous demander communication de ce travail de 
statistique, qui démontre d'une façon évidente, les tristes 
effets du tabac sur la procréation. {ParU médical^ 2 juin 1881.)- 



DECES. 

A la Longue-Pointe, le 4 de juillet dernier, à Tâge de 32 ans 
et 5 mois, Marie-Jeanne-Bibiane Morin, épeuse de E. E. Duquety 
ÎI. D. 

Le même jour, Marie-Jeanne- Yvonne, âgée de 10 joura, enfant 
de E. E. Duquet, M. D. 



GUIDE DU VAOOINATEUR (ly. 



Les deux vaccins. 

AVANT-PROPOS. 

Obéissant à une pensée humanitaire et patriotique, la 
Société française d'hygiène a entrepria de doter la France d'un 
de ces établissements vaccinogônes créés avec succès à Paris 
et dans plusieurs capitales de l'Europe. 

Pour entrer d'emblée dans la voie des applications pratiques, 
la Société a organisé un service de vaccination gratuite qui 
fonctionne depuis trois ans dans l'une des salles de la Société 
d'Encouragement peur l'Industrie natUmale^ 44 rue de Bennes, 
et qui met à la disposition des médecins et du public, du vac- 
cin d'enfant (jennérien), et du vaccin animal (génisses de M. 
Chambon). 

£n présence du nombre eonisdérable de renseignements qui 
sont reclamés journellement par les confrères de Paris et de 
la Province, sur l'organisation même du sei*vice de vaccination 
de la Société et sur son mode de procéder, le Bureau a pensé 
qu'il y avait lieu de confier à une commission, composée de 

MM. ChAHBON, DROBiAIM, FOURUE, GiBAULT et de PlETRA 

Santa, le soin de rédiger, sous forme de conseils et d'instruc- 
tions, des détails précis sur la culture et le mode d'emploi des 
deux vaccins. 

Ce travail, véritable Mémento du vaccinateur, sera donc 
essentiellement pratique et complètement en dehors de toute 
controverse théorique. 



NOTIONS PRÉLIMINAIRES. 

La FanoZ^, vulgairement appelée petite vérole, est une mala* 
die d'une nature épidémique, essentiellement contagieuse, Ofr- 

(1) Nous croyons intéresser nos lecteurs en publiant ce travail adressé 
par la " Société Française d'Hygiène" à la ''Société Médicale de Mont- 
réal " et oui contient des détails aussi complets que précis sur la culture 
et le mode d'emploi des deux vacoins.^tNoTB £dit.) 

2f 



386 l'union médicale du canada 

ractérisée par une éruption spéciale ear la peau et accompa- 
gnée d*ane réaction fébrile intense. 

On appelle Vaccine la maladie pustuloase et contagieuse par- 
ticulière aux vaches, qui inoculée aux enfants, les préserve de 
la petite vérole. 

La Vaccination (inoculation de la Vaccine), est Topération 
qui consiste à mettre le virus- vaccin en conta!ct avec les vais- 
seaux absorbants de la peau, au moyen de petites piqûres ipar 
pointes de lancettes ou d'aiguilles à vacciner). 

On appelle Vaccin le virus particulier, le germe doué de la 
propriété antivariolique. Il a été ainsi nommé parce qu'il a 
été recueilli dans les pustules qui sui-viennent quelquefois aux 
pis des vaches. 

Le Coiv-pox (de cow : vache, et pox : variole) est le nom 
donné en Angleterre à l'éruption (pustule ombiliquée) qui se 
manifeste sur les trayons des vaches, et qui contient le virus- 
vaccin. 

Le Horse-pox (de horse : cheval, et pox : variole) est l'érup- 
tion pustuleuse vaccinogène, ayant son sié^e sur tout le corps 
et particuliôremont aux jambes, qui se développe sur le cheval. 

Au dire d'auteurs compétents, cette éruption spontanée chez 
le cheval serait l'origine première de la vaccine. 

Le vaccin jennérien QsWle virus pris par Jenner sur le pis 
de la vache, et inoculé À l'enfant : virus transmis depuis 1796, 
sans interruption, d'enfant à enfant. 

Le vaccin animal est le virus transplanté de la vache à une 
jeune génisse, et perpétué par des cultures successives sur 
l'animal. 

La rétro-vaccination est une opération qui consiste à inoculer 
sur la génisse, le virus-vaccin pris sur un enfant, pour le con- 
server par des cultures successives. Ce procéeé est générale- 
ment proscrit. Les deux seules méthodes logiques sont l'ino- 
culation d'enfant à enfant (vaccin jennérien)^ et l'inoculation 
de génisse à génisse {vaccin animal). 

En Angleterre, les médecins vaocinateurs professent la 
croyance que le virus-vaccin actuel provient originairement 
de celui qui fut recueilli par Jenner et inoculé an jeune Phips. 
En France, le virus-vaccin de l'Académie de médecine a été 
renouvelé une fois, en 1836, par M. Bousquet (vaccin de Passy 
femme Fleury), et une seconde fois, par M. JDepaul, en 1870 
(vaccin de Beaugency). 

Le vaccin animal a déjà été renouvelé plusieurs fois en Italie 
de 1840 à ce jour. 

La Société française d'hygiène a utilisé et employé avec 
succès, du vaccin provenant du Horse-pox dit vaccin des 
Champs-Elysées (1880). 



l'union médicale dç catîada 38T 

VACCIX JENNÉRIEN. — VACCIN D'BNPANT. 

Le vaccin est un liquide visqueux, inodore, incolore, d'une 
saveur acre et salée : l'analyse chimique y décôle de Peau et 
• de Talbumine ; le microscope y démontre des microbes spiri- 
formes, les uns groupés sur cellules épithéliales, les autres 
flottant dans le sérum, des corpuscules gras et quelques globu- 
i les sanguins. Le vaccin se desséche rapidement sur une sur- 
iace plane en conservant sa transpérance ; liquide ou desséché, 
il se dissout facilement dans Teau. 

L'évolution de la vraie vaccine (la seule quipréserve de la pe- 
tite vérole) est ainsi établie par les instructions de TAcadémie 
de médecine {D« Bousquet, Depaul, Blot). 

Du premier au troisième jour. — Entre l'insertion du virus 
pris sur le bras d'un enfant et l'Apparition des boutons, il 
e'écoule au moins trois jours pendant lesquels ou n'aperçoit 
presque aucune trace de l'opération. 

Du troisième au quatrième jour, — Du troisième au quatrième 
jour, un peu plus tôt en été qu'en hiver, on distingue sur 
chaque piqûre un petit point rouge plus sensible au toucher 
qu'à la vue : la période de papujation commence alore. 

Cinquième jour. — Le cinquième jour, à compter de celui de 
l'inoculation, ou le deuxième de l'éruption, le bouton est un 
peu plus prononcé, et l'on sent sous le doigt un petis engorge- 
ment très circonscrit. 

Sixième jour. — Parvenu au sixème jour, ce petit bouton cesse 
de se développer en pointe ; il s'élargit, s'aplatit, se déprime 
au centre, et prend une teinte blanchâtre tirant un peu sur le 

• bleu, qui joue le reflet de l'argent ou de la nacre. £n même 
temps, la base de chaque bouton s'entoure d'un petit cercle 
rouge qui s'étend chaque jour davantage. 

Septième et huitième jours. — Les septième et huitième jours, 
mêmes symptômes avec un peu plus de développement. A 

• cette époque, la pustule dans son éclat est large de 7 à 8 mil- 
. limé très, d'un blanc légèrement azuré, entouré d'une aui-éole 

• rouge plus ou moins étendue, déprimée dans le milieu et ter- 
minée par des bords durs, saillants et plus élevés que le reste 
de la surface. 

Neuvième et dixième jours. — Les neuvième et dixième l'ours, 
l'auréole s'élargit ; elle prend une couleur vive, vermeille, et 
fi'étend jusqu'à 18 et 20 millimètres ; l'engorgement des par- 
ties sous-jacentes est d'autant plus pi-ononcé que l'auréole est 
plus étendue. 

Onzième jour. — ^Le onzième jour Taui-éole se rétrécit, la rou* 
geur diminue, le bouton commence à se ûétriTi le reflet argen 
té s'altère et brunit. 



888 L^UNION M$mCALX DU CANADA 

Douzième et treizième jwr. — Du doiuûàme aa treizième jour;;, 
le bouton se dessèche et se transforme bientôt en une croftté* 
dure, noirfitre, qui tombe du vingtième aa vingt-cinquième- 
jour, en laissant une cicatrice iiidelébile^ 

On vaccine de bras en bras en prenant la Ijmipfae vaccinale- 
du sixième ou septième jour : dans la pratique ordinaire, ooj 
attend le huitième jour, pour des raisons de commodité ou de 
facultés de service. Pour la recueillir, on fait de légères^ 

Î)iqûres sur le bouton et Ton voit bientôt le rivus s'épanouir à*. 
a surface, comme une légère rosée (fig. 1). 

Le procédé qui consiste à enlever entièrement toute la pelli- 
cule, pour mettre à nu le bouton, donne phas de lymphe, mais 
il est plus douloureux et il expose davantage 1 en&nt à des 
phénomènes locaux d'irritation, d'inflammation, voire même 
de rougeur érésypélateuse. 

On pratique ordinairement la vaccination sur la partie 
externe du bras, au niveau du triangle deltoïdien, mais oik. 
peut inoculer le vaccin sur d'autres parties du corps, selon la 
convenance des personnes. 

On fait, en général, trois piqûres à chaque bitis, soit ei^. 
triangle soit en ligne longitudinale, en ayant soin de laisser 
entre chaque point d'inoculation un intervalle de 2 à 3 centi- 
mètres, afin que les auréoles ne se confondent pas. 




• 1 




^ 



• 




■I 



Fig. 1 

Lavaecinationdoit être pratiquée dès les six premiers mois^ 
dtt rezistence. Les enfants seront vaccinés d'antant pins 



l'union MtDlCAIJB BT7 CANABA 389 

jeunes qa^ils se trouveront dans des conditions hygiéniques 
plas mauvaises : dans les hospices, hôpitaux ou asiles, il n'y a 
aucun inconvénient à vacciner dès les premiers jours qui 
suivent la naissance. L'enfant pris comme vaccinifère 
doit être ckeisi absolument sain : le médecin examinera avec 

• 6oin les antécédents morbides de la famille, de peur d'inoculer, 

• en même temps que le vaccin, quelque maladie diathésique. 

Le mode opératoire de la vaccination est des plus simples. 

' Tout instrument piquant peut servir d'une ȍon efficace 

lorsque le vaccin est de benne qualité. On peut donc employer 

indistiiictement «ne lancette ordinaire ou 1 une des nombreuses 

• variétés de lancette dites lancettes à vaccin. Certains vacci- 
nateurs emploient l'aiguille cannelée, d'autres une lancette en 
forme de flèche, cannelée ou non. Tous ces instruments sont 

• également bons, et l'on peut dire que le meilleur est celui dont 
on sait le mieux se servir. 

La première opération consiste à charger la lancette. Dans 

' la vaccination de bras à bras, la pustule vaccinogène ayant 

^ été préalablement ouverte, il suffit de tremper la pointe de 

l'instrument daus le virus-vaccin, au moment oà il émerge de 

i la pustule. 

L'instrument ainsi chargé, on saisit, de la main gauche, le 

bras sur lequel oa veut opérer, de façon à tendre légèrement 

' la peau à ta face externe du membre. On tient l'instrument 

• entre le pouce, «l'index et le médius, et l'on pique légèrement 
la peau, soit perpendiculairement, soit obliquement, en ayant 
soin de retourner la pointe de l'instrument dans la plaie, de 

' façon à Fessuyer, pour ainsi dire, entre le derme et l'épi- 

^ derme, et à déposer ainsi la plus grande quantité possible de 

' virus. Tel est le procédé classique ; il est souvent préférable 

de faire une petite inoision de 2 à 3 millimètres, et de déposer 

. au niveau même de cette incision une certaine quantité de 

' lymphe vaccinale. On laisse ensuite sécher le sang qui sort 

de la piqftre, avant de recouvrir les parties vaccinées. Toute- 

'fois, il ne faut pas pousser cette précaution à l'extrême. £t, si 

l'inoculation a été faite avec soin, il est préférable de ne pas 

' laisser le petit opéré longtemps découvert. 

Une des grandes préoccupations des mères de famille, après 
la vaccination, est de connaître quel régime spécial il faut 
" faire suivre à l'enfant, et quelles précautions particulières 
. sont à prendre pour assurer le succès de l'opératiom, en évi- 
tant toutes suites fôcheuses. On peut répondre en les assurant 
qu'il tf y a dans ce cas aucun traitement ni pansement spécial. 
ILa fièvre vaccinale, elle-même, est une chose fort douteuse, et 
.qui, en tous cas, ne nécessite aucun soin particulier. Les 



390 l'union mIdicaCb nu oanaiva. 

enfants peuvent sortir sans danger ; il suffira simplement * 
d'éviter de faire prendre des bains aux enfants vaccinés, tant 
que les pustules ne seront pas complètement desséchées et 
que les croûtes ne seront pas tombées. Enfin, si Ton consta- 
tate une certaine inflammation au niveau des pustules, il serait 
bon de saupoudrer les parties tuméfiées, avec un pou de 
poudre de riz, d'amidon et de fécule de pomme de terre. 

Le résultat de la vaccination doit toujours être constaté par 
le médecin, qui s'assurera que' la vaccine est bonne et légitime^* 
Le diagnostic différentiel de la vraie et de la fausse vaccine, 
est facile et la description, empruntée à l'Académie de méde- 
cine, que nons avons donnée plus haut, suffirait certainement. 
Ajoutons, toutefois, que lorsqu'il s'agit de la fausse vaccine, il ' 
se forme un bouton presque aussitôt après la vaccination ; que 
ce bouton n'est pas ombiliqué j qu'il est de couleut jaune et 
terminé en pointe, et qu'il' ne laisse pas de cicatrice. S'il nous 
était permis d'établir une comparaison, nous dirions qu'il y a 
entre la vraie et la fausse vaccine, la même différence 
qu'entre la variole et la varicelle. 

Une précaution indispensable pour le vaccinateur, lorsqu'on^ 
a plusieurs opérations à pratiquer, est de laver avec soin la 
lancette après chaque vaccination. Ce lavage sera fait avec 
de l'eau chaude ou avec de l'alcool rectifié : les lancettes can- 
nelées étant plus difficiles à nettoyer et à essuyer, nous con- 
seillerons d'employer do préférence les lancettes en forme de 
lance et sans cannelure. 

Le moyen de cultiver le vaccin jennérien et de l'entretenir 
est des plus simples : 

Il consiste à vacciner, toutes les semaines, plusieurs enfants» 
avec un premier enfant dit vaccinifôre, et à j^e servir, la » 
semaine suivante, de ces enfants vaccinés comme vaccinifères ; 
et ainsi de suite sans interruption. Toutefois,, pour les vacci- 
nations à distance, il a fallu trouver le moyen de conserver 
artificiellement le vaccin. Le vaccin jennérien peut se re- 
cueillir et se conserver de quatre façons principales, sur des 
lancettes^ sur des plaques de verre^ sur des pointes d'ivoire et 
dans des tubes. Ce vaccin peut se conserver ainsi plusieurs 
mois, à condition d'être place à l'abri de Taii* dans un milieu 
frais ; la trop grande chaleur, comme le froid excessif, pouvant * 
amener une sorte de décomposition qui le rendrait impropre à 
l'inoculation. 

Pour conserver le vaccin sur une UiJicette^ il suffit de déposer 
une gouttelette de virus-vaccin sur la pointe de la lame et de 
laisser ce virus s'y dessécher. On referme ensuite la lancette, 
en roulant à sa base, au niveau du pivot, une bandelette de - 



L'CtrtON MÉDICALE DU CANADA 391 

papier, do façon à ompècher lo contact do la lamo do la lan- 
cette, avec loâ deux plaques d'écaillo ou do corno qui on 
forment le manche. Lorsqu'on veut ensuite eo servir do cette 
lancette pour pratiquer la vaccination, il tufSt do la mouiller 
légèrement avec nn peu d'eau tiède, à l'effet de dissoudre le 
vaccin. 

On peut même dissoudre etimptcmcnt le vaccin desséché sur 
la lancette, dans la gouttelette do sang qui viont soudre au 
niveau do la piqûre préalablement pratiquée. 

Pour conserver le vaccin en plaques, on charge doux plaque» 
de verre de deux centiniôti-cs carrés sur une pustnie do vaccin 
ouverte au moyen d'une petite incision ; on applique ces deux 
plaques l'une contre l'autre (fig 2]. En enveloppant ensuite 
hermétiquement ces deux plaqua'* ainsi juxta|>06ées, avec une 
fouille d'étain, le vaccin so dessèche, et, pour l'emploj-or, il 
suffit do le dissoudre avec un peu d'eau, et d'utiliser cette dis- 
Éolution pour charger la lancette. 



Le procédé de conservation du v.accin sur des pointes d'ieoire 
(fig. 3), est abaolument le raôme qiio celui qui con>iste ^ lo 



I A 



Fi.j. 3. 
recuillir sur la iancotto ordinaire; l'avantage est do pouvoir 
ainsi exjjédier le virus sur une feuille de papier ou une carto 
dana laquelle on pratique deux fentes parallèles servant à 
intercaler les pointes d'ivoire, ainsi que l'indique le numéro 1 



392 l'union BfiDICALI DU CANADA 

de la figure 3. Le mode opératoire seul est différent. Une 
incision ou plutôt une scarincation, est d'abord pratiquée avec 
une lancette ordinaire, puis on dissout le virus concrète et 
desséché sur la pointe d'ivoire, dans la goutte de sang qui 
apparaît au niveau de la scarification. 

Four conserver le vaccin jennérien dans des tubes^ on em- 
ploie des tubes capillaires présentant à la partie moyenne une 
sorte de renflement ou d'ampoule. Ces tubes sont difficiles à 
remplir avec le vaccin tiré d'une pustule prise sur le bras d'un 
enfant, d'abord parce que la quantité de vaccin est très peu 
•considérable, et ensuite parce que le virus étant souvent mé- 
langé à un peu de sang, il se produit parfois de petits caillots 
fibrineux qui empêchent le vaccin de monter dans le tube par 
^capillarité et de le remplir. complètement. 

(Suite eifin-wa prochain numéro,) 



Communication (1). 



LA LEPRE. 

Trinidad, 27 juillet 1881. 
M. Antonio Marquez^ 

Monsieur, — Je réponds à votre honorée du 15 juin, qui me 
demande mes idées sur la lèpre. Cest une immense question, 
comme vous le pensez bien, et qui en enveloppe une foule 
d'autres. Vous connaissez mon petit livre: La lèpre est conta- 
qieusej qui se trouve chez Bainière, 19, rue Hautefeuille, à 
Paris. J'en prépare un autre, qui paraîtra dans quelque 
temps, et où seront traités des pointe de la dernière impor- 
tance. 

Au milieu de tout cela, que vous dire dans une lettre ? 

La lèpre ne se répand absolument que par communication; 
elle ne se forme pas spontanément. 

J'entends par communication : 

1«> V hérédité; 

2« Les rapports des sexes; 

3« Vinnoculation; 

4« La contagion. 

La principale voie est Vhérédité, qui franchit quelquefois 
plusieurs générations. Mais il faut aussi tenir compte des 
autres moyens, parce qu'ils sont autant de sources premières, 
qui deviennent des chefs d'hérédité. 

(1) Nous publions hvec plaisir la lettre suivante que nous communique 
M. Marquez. (Note Edit.) 



l'union médicale du canada 393 

II est an fait extérieur auquel on fait peu d'attention, et qui 
cependant mériterait tous les soins des gouvernements. C'est 
•que, entre Etats divers, la lèpre gagne beaucoup par immigra- 
tion ou importation (ce qui est toujoui-s la commnnication). 
Dans beaucoup d'Etats, il arrive des flots d'étrangoi's, dont 
beaucoup apportent la lèpre dans le pays ; tels les nègres, les 
Hindous, les Chinois, les rortugais, etc. Il est d'une excessive 
importance de voilier à cette introduction par le dehors. 

Quant à l'intérieur du pays, si tout est dans la communi- 
cation, il n'y a qu'un moyen de se garantir, c'est la séparation 
par les lazarets ou autrement. C'est ainsi que l'Europe s'est 
délivrée ; c'est ainsi que de nos jours la Suède et la Norwège 
font décroître rapidement la maladie chez elles. 

Il est vrai que cela demande dés ressources, de l'argent, une 
bonne administration, et que toutes les contrées n'ont pas 
ces secours, 

En fait de médicament, le Hoâng-nân, quoique n'ayant pas 
•eu le temps d'obtenir encore des guérisons ahsolues, produit 
•chez la plupart des sujets des améliorations considérables. 

Je souhaite, monsieur, que ces quelques notes vous soient 
«utiles. 

Je vous prie d'agréer l'assurance de toute ma considération, 

J. Etienne, O. P. 

Leper Asylum, Cocorîte, Trinidad (Antilles Ang.) 
Kyslo, 20 1881. 



IREVUE DES JOURNAUX. 



PATHOLOGIE ET CLINIQUE MÉDICALES. 



Sur un nouveau mode d'auscultation du cœur, par 

le Dr Lhuilier, de Nancy. — Je voudrais donner, à défaut d'une 
expérimentation clinique que j'eusse préférée, le résumé d'un 
nouveau procédé d'auscultation du cœur, que l'on pourrait 
appeler : l'application des lois de l'acoustique à la connaissance 
•du cœur sain et malade. Los faits étudiés en eux-mêmes et 
sur le vif seraient beaucoup plus éloquents que la parole. 

Ce procédé est sous la dépendance de tant de considérations 
«d'anatomie^ de physiologie, de physique et même de psycho- 



394 l'union médicale du canada 

logîe, qu'il exigerait pour son développement complet, utp 
temps que j'appellerai considérable. Je dois craindre naturel- 
lement de ne pas bien remplir ma tâche et de ne donner qu'une* 
esquisse un peu diffuse peut-être, et qu'il faudra au lecteur- 
beaucoup d'indulgence pour accepter telle quelle. 

Le oceur est un organe de mouvement et, par cola, un orga- 
ne sonore. Il est en effet disposé pour l'être. Sa substance 
contractile, ses valvules élastiques, ses coixlages tendineux et 
ses anneaux susceptibles d'étirementetde relâchement devien- 
nent la source, par leur activité, leur jeu et leurs désoixlres, 
de sensations auditives fort multipliées. Mais à l'état sain les 
valvules du cceur gauche seules se font entendre. C'est le tic- 
tac si connu du cœur, si mal défini par ces deux mots. Il faut 
un certain degré d'émotion, à part l'état morbide, pour qu'il 
s'y joigne un bruit de contraction musculaire qui donne dos 
vibrations sonores. 

Ce tic-tac représente deux notes, la première plus basse, la 
seconde plus élevée, formant entre elles une tierce de sol à si. 
L'épanouissement contractile et vibratoire de la mitrale donne 
la première, la seconde est due A l'abaissement brusque des 
sigmoïdes ; aussi est-elle plus courte. Te trouve ces notes à 
tous les âges, en tous les sexes, avec les constitutions les plus- 
diverses; seulement il faut dire qu'elles s'altèrent vite. Le 
cœur comme la face subit facilement et conserve Tempreintô 
de la vie physique ou normale troublée. Une des personnes 
chez lesquelles j'ai trouvé ces deux notes frappantes d'une 
manière admirable vint, trois ans après, mariée, épouvantée, 
puis enrhumée, me consulter, n'offrant plus que des notes mé- 
connaissables, accompagnées de deux nouvelles notes dépen- 
dant du cœur droit. 

Leur altération est un signe de maLodie et doit rester un 
élément de diagnostic. Voici comment se fait la transforma- 
tion de cette sonorité. 

Le sol descend d'une note, l'autre restant la même, ou les- 
deux suivent la tierce musicale en continuant de descendre. 
Cependant la note aortique descend avec moins de facilité et 
dépasse rarement deux notes au-dessous ; cela se comprend et 
s'explique aisément. Earement elles montent ; il faut déjà do 
certains désordres anciens pour que l'aigu succède tiu gnive, à 
part les cas d'affection mitrale. D'autres fois, toujours avec 
un long temps, les notes ont entre elles un grand écart ; par 
suite des désoitlres, de modifications anatomiques, elles for- 
ment une quarte et même une quinte. 

Un fait important qui doit contribuer à enlever les doutes, 
c'est cette formule, à savoir : les orifices mitraux et aor tiques* 



l'union médicale bu canada 395» 

sains sont entre eux dans un rapport égal à celui des notes 
50^ et si entre elles ; le rapport est 5|7. Lorsque ce rapport 
change, soit dit en passant, la modification causale est en rai- 
son directe de l'écart survenu : la souffrance sera plus grande, 
cela se trouve dans ce que Ton appelle parfois 1 asthme ner- 
veux. 

J'oubliais de dire que ces notes du cœur sont cherchées en 
faisant agir des diapasons formant la gamme (ïut naturel. 

Mais ce n'est pas tout : les valvules du cœur droit donnent 
aussi des notes quand il est malade. Elles sont à rythme ren- 
versé, la première haute et courte, la deuxième au-dessous 
sans tierce exacte, la seconde plus large et mieux frappée. Et 
ces notes entre elles et avec les deux autres s'expliquent par 
la conformation et la proportionnalité de l'aire des orifices. 

Ici nous partageons, cela est à dire, l'opinion de Cruveil- 
hier sur l'état de la valvule tricuspide. Elles ne se propagent 
que dans l'aorte, un peu vers la fourchette sternale et beau- 
coup parfois vers l'appendice xiphoïde. 

La formation de ces deux notes droites est due surtout à 
une dilatation du cœur droit. Les quatre ensemble sont un 
grand signe d'affection cardiaque, souvent méconnue, et qui 
différencie l'hypertrophie vraie des différents cas de dilatation. 

Les cas de dilatation simple du cœur se font reconnaître 
aussi par sa sonorité ; calme et douce au repos, bruyante et 
multiple dans l'action avec abaissement de son valvulaire. De 
même aussi le relâchement des anneaux aortiques surtout et 
mitraux. 

Je suis forcé de passer beaucoup de faits et d'explications, 
car le sujet est complexe et je ne le donne pas comme achevé. 
Dans un intérêt de progrès scientifique ou d'utilité générale^ 
je cherche des cooperateurs. Nous sommes fatigués d'un silen- 
ce inexplicablo en face de résultats pratiques si féconds et qui 
ont plus attiré l'attention des malades que celle des médecins. 

On nous a supposé des raisons qui n'en sont pas; "Vous 
n'avez pas fait d'anatomie pathologique." Mais celle-ci se tire 
du processus morbide de l'évolution organo-pathologique, sans 
qu'il soit besoin d'un cadavre. 

" C'est trop difficile, il faut être musicien." Le diapason 
donne le po.sitivisme, l'état géométrique; mais d'après les ré- 
sultats acquis on peut s'en dispenser si on veut. On peut 
écouter sans lui les bruits du cœur droit, discerner les sons 
aigus des sons graves, les cas de dilatation, les cas d'hypertro- 
phie, quoique ces dernière soient plus difficiles. Toute loi 
ficientitique vraie finit par s'adapter aux besoins du médecin« 
praticien. 



396 r/UNION MÉDICALE DU CANADA 

Cependant, j'ajouterai que je suis sur trois pistes. Dans la 
laryngite chronique avec aphonie, j'ai trouré trois cas de suite 
de maladie du cœur droit ; y a-t-il un rapport ? Dans la chlo- 
rose, très souvent n'est-ce pas à rechercher encore ? Quelle est 
•enfin la signification siniéiologique de la propagation des 
bruits et des notes du cœur dans les parotides, les deux à la 
fois ou Tune ou Tautre seulement? 

Je dirai pour les jeunes étudiants que, s'ils veulent se faire 
une idée juste des frémissements vibratoires de la myocardite, 
ils n'ont qu'à prendre uue fourchette de table et en frapper les 
fourchons d'un coup sec que l'on reçoit légèrement par le 
manche dans la paume de la main. — Le Médecin Praticien. 



Sur quelques points du traitement de la blennor- 

rliagie. — Le traitement de la plennorrhagie qui parait si sim- 
ple au premier abord est cependant le plus souvent si mal 
compris qn'on ne saurait revenir trop souvent sur cette grave 
question qui se présente chaque instant. Un premier fait 
très discuté se présente, c'est celui du traitement aborttf de 
la blennorrhagie. M. Maurice en est partisan, mais dans le cas 
où l'on peut intervenir dans les douze ou quinze heures, ce qui 
est un cas absolument exceptionnel. Quelques heures plus 
tard, il ne serait déjà plus temps. Les iniections de nitrate 
.d'argent constituent alors le meilleur procédé à employer. On 
peut les répéter toutes les dix heures pendant trois ou quatre 
jours, ou n'en faire qu'une seule. Dans le premier cas on se 
sert de la solution faible : 

Nitrate d'argent 0.30 ceutigr. 

Eau distillée 30 grammes. 

On fait faire cette injection toutes les dix heures, et comme 
c'est inutile d'atteindre tout le canal, puisqu'à ce moment l'in- 
flammation est cantonnée dans la partie antérieure, on peut 
empêcher l'injection de pénétrer plus avant en serrant ou liant 
Ja racine du pénis. On renouvelle l'injection au bout d# dix 
heures et on en fait ainsi cinq ou six. 

Dans le second procédé, qui est préférable, la solution à em- 
:f)loyer est la suivante : 

Eau 30 grammes. 

Nitrate d'argent 1 gramme. 



l'union médicale du CANADA 397' 

On Agit comme précédemment. Si an bout de quarante 
huit hem*es l'écoulement n'est pas arrêté, on renouvelle Tin* 
Tinjection, et cela trois ou quatre fois environ dans les mêmes 
délais. 

La douleur produite par Tinjection n'est pas aussi forte 
qu'on pourrait le croire, et cependant il aiTive souvent que les 
malades se trouvent mal à ce moment, phénomène commun 
d'ailleurs dans toutes les opérations même les plus légères qui 
ont pour siège les voies génito urinaires. Il se prodmt ensuite 
un écoulement séreux très abondant qui se change bientôt en 
pus ; quelquefois même il y a écoulement de sang. Ces phéno- 
mènes durent cinq à six heures, puis diminuent peu à peu et 
l'écoulement cesse progressivement. Mais, si après avoir cessé, 
il reprend cinq ou six heures plus tard, on doit recommencer 
l'injection ; après trois injections ainsi faites, si l'écoulement 
n'est pas supprimé complètement, on doit renoncer à ce mode 
de traitement qui est d'ailleurs absolument exceptionnel, il ne 
faut pas l'oublier, et recourir alors au traitement habitue), 
lequel consiste à n'agir activement qu'à une période déjà avan- 
cée de la maladie. 

Dans la première période, la période d'augment, c'est surtout 
la douleur et les érections noctures souvent si pénibles qu'on 
devra combattre. Indépendamment du traitement hygiénique 
et des émoUients qu'on doit employer à cette période, on doit 
alors intervenir activement par différents médicaments. On 
peut donner alors deux à trois cuillerées à bouche chaque jour 
au sii-op suivant dans autant de tasses de nymphéa: 

Sirop d'écorces d'oranges amères 1 ^ aa ^«^^^^ 

Sirop de codéine T. } ^^^ grammes 

Bromure de potassium 10 grammes 

Le sirop suivant doune aussi de très bons résultats : 

lî? t ^^:::::::::::::::::::r: } »» p»»-» 

Bromure de potassium 20 grammes 

Une cuillerée à bouche seulement le soir dans une tasse de 
tilleul. 

On peut encore, comme l'a conseillé M. Martin, employer le 
chloral à suppositoires, à la dose de 1 gramme pour 5 gram- 
mes de beurre de cacao. Beaucoup d'autres procédés trop* 
longs à énumérer ont été proposés dans^ le même but. 



:398 L*rNiON médicale du canada 

D'autres indications peuvent être fournies par des douleurs 
extrêmement intenses qui existent quelquefois au niveau du 
collet du bulbe ; on peut les combattre simplement par des 
-cataplasmes laudanisès ou de la glace ; mais il existe aussi sou- 
vent des douleurs profondes, ano-périnéales, quelquefois exclu- 
sivement nerveuses, mais le plus souvent sous la dépendance 
d'une phlegmasie profonde, origine de quelque complication. 
Quinze ou vingt sangsues sont alors nécessaires, et on doit 
insister sur les moyens an tiph logistiques. 

Au sujet des douleurs, M. Mauriac a fait remarquer qu'elles 
étaient quelquefois d'une intensité exti^aordinaire et pouvait 
durer ainsi jusqu'au cinquantième jour de la maladie ; dans cer- 
tains cas aussi, elles peuvent se produire à la racine des bour- 
bes, d'une manière toute spontanée en dehors de la miction et 
des érections. Elles se manifestent par une sensation de gêne, 
■de pesanteur à la portion antérieure de l'anus ] quelquefois 
même sous forme de douleurs constrictives ou véritablement 
tétaniques qui se propagent vei's les fesses et les cuisses et 
déterminent un état de nervosisme comparable à celui qui a 
-été observé chez certaines femmes atteintes d'affection de l'uté- 
rus; ces douleurs ne sont pas signalées par les auteurs, et ce 
ne sont pas toujours les blennorrhagies les plus intenses, les 
plus inflammatoires qui y donne lieu. 

Bien qu'il y ait pas de modifications à apporter dans le trai- 
tement, la ])ériodo suivante, ])ériode d'état est souvent la plus 
difficile à traiter, parce que le malade supporte difficilement 
l'inactivité de son médecin, alors qu'il aurait voulu se traiter 
dès le premier jour. Mais ce n'est que dans la période du 
déclin aloi's que les douleurs ont presque disparu, que l'écou- 
lement est devenu visqueux, que 1 on peut commencer à agir. 
Ce moment n'arive quelquefois que trente, quarante jours, 
quelquefois trois mois d'attente, mais il est nécessaire d'attendre 
jusque-là, sous peine d'insuccès, et alors c'est encore aux balsa- 
miques et principalement au copahu, surtout à celui qui a été 
débarrassé de son huile essentielle, comme dans certaines pré< 
paration ; qu'il faut avoir recours. Ainsi préparé, le copahu a en 
effet pour avantage d'être toléré beaucoup plus facilement par 
l'estomac, de laisser les urines presque normales, et de ne pas 
déterminer d'éruption. Le traitement mixte par les opiats 
renfermant à la fois du cubèbe et du copahu est atile^ mais 
plus difficile à faire suivre que celui par les capsules. 

L'utilité des injections est résolue diversement par les 
auteurs. M. Mauriac les utilise, mais jamais dès le début de 
la période de déclin, et seulement lorsque les balsamiques ont 
été donnés pendant quatre ou cinq jours. L'inflammation à 



l'union médicale du canada 399 

presque disparu à ce moment et on peut alore user des injec- 
tions astringentes. Les formules à cet égard sont presque 
innombrables et il est inutile d'en citer ici. Nous rappellerons 
seulement qu'elles peuvent avoir pour base le sulfate de zinc, 
le chloralà (l pour 120) la teinture d'iode (10 à 15 gouttes 
pour 100), le tannate de zinc (1 pour 150, l'oxyde de zinc 2 à 
■5 pour 100), le sulfate de fer (0,50 pour cent), le sulfate de cui- 
vre (0,25 pour cent 100), etc. Toutes ces injections peuvent 
-être plus ou moins combinées les unes avec les autres. Quant 
au nitrate d'argent, même à très faible dose, M. Mauriac l'em- 
ploie rarement dans cette forme de blennorrhagie, parce qu'il 
donne quelquefois lieu à des douleurs extrêmement violentes. 
Cependant il a son indication dans les blennorrhagies qui ont 
une tendance à la chronicité. 

On a une tendance à exagérer les précautions hygiéniques ; 
il faut songer cependant que ces malados sont souvent déjà 
affaiblis et qu'il faut éviter tout ce qui pourrait tendre à les 
affaiblir davantage. On doit tout simplement les priver de 
vin pur, de vin blanc, do bière surtout qui a une influence con- 
sidérable sur les écoulements, et il faut oien se gai*der de leur 
imposer tonte privation qui pourrait diminuer leur appétit et 
altérer leur état général. 

Plus encore que la blennorrhagie aiguë, la blennorrhagie 
<'hronique présente de grandes variétés dans son aspect, dans 
sa nature, et demande une grande variété dans le traitement 
qui lui est appliqué. Avant tout, on doit s'attacher à l'état 
de la santé générale qui est presque toujours atteinte : aussi le 
régime doit-il toujoui*s être substantiel. 

Le fer, le quinquina, le antiscrofuleux seront administrés si 
cela est nécessaire et on recommandera surtout le grand air, 
l'exercice, les bains froids, les bains de mer surtout; ce der- 
nier moyen peut souvent suaire à guérir une blennorrhagie 
pei'si^tante. Parmi les médicaments intcrnos, à côtés des bal- 
samiques qui n'ont que rarement leurs indications, on peut citer 
la teinture do cantharide, très vantée en Amérique, mais qui 
doit être maniée avec de grandes précautions. On la donne à 
Ja dose de trois à cinq gouttes trois fois par jour. On peut 
aussi la combiner avec Te fer : alors on donne trois fois par 
jour dix goutte de la mixture suivante : 

Teinture de cantharide 8 granmmes. 

Teinture de mars tartarisée 24 grammes. 

Mais c'est presque toujours aux injections extrêment variées 
dans leur composition et chacun peut modifier danH le sefis qui 



400 l'union médicale du canada 

lai paraît utile. Parmi ces préparations, TiDJection dite de» 
trois sulfates peut rendre de grands services. 

Eau destinée , 200 grammes. 

Sulfate de fer ") 

Sulfate de zinc... y â& 0.50 à 75 centigr. 



er ") 

;inc.... > 
suivre ) 



Sulfate de cuivre 

Emulsion de gomme 20 grammes. 

M. Diday conseille : 

Eau destillée 100 grammes. 

Liqueur de vau Swieten 20 grammes. 

Il est nécessaire, d*ahemer les formules entre elles et do 
ne pas persister plus de dix jours avec la même substance 
pour éviter Taccoutumance qui ne manquerait pas de se pro- 
duire du côté de Turôthre. 

Dans les blonnorrhagies torpides, on peut être obligé de 
recourir aux injections caustiques pour lesquelles on emploie 
le nitrate d'argent à dose variable. On peut faire, par exem- 
ple, trois injections par jour avec 

Eau destillée 200 grammes. 

Nitrate d'ai'gent 0,05 centigr. 

Mais il est préférable d'employer une solution plus forte,, 
contenant 0,10 centigrammes pour 100 grammes d'eau, par- 
exemple, en faisant faire une seule injection par jour, puis- 
redonnant ensuite le balsamique comme s'il s^issait d^ne 
blennorrhagie récente. Mais il faut savoir que le nitrate d'ar- 
gent doit toujours être manié avec de grandes précautions en* 
raison des accidents de cystite, rétentions d'urine, etc... qu'il 
peut déterminer. Aussi ne doit-on l'employer que dans des 
cas très rebelles et lorsque beaucoup d'autres moyens auront 
échoué. — Journal de jnédecine et de chirurgie. 



Du traitement de la pleurésie chez les enfcnts;. 

par M. J. Simon, médecin de l'hôpital des Enfiints malades. — 
Etant donné un enfant atteint de pleurésie, la première chose 
à faire, c'est de le laisser au lit et de l'y maintenir quand 
mêmei 



l'union médicale dit canada 401 

Chaque fois que cette prescription est transgressée, on cons- 
tate une augmentation de l'épanchement. On emploiera, dès 
le début, des diurétiques ; le meilleur est le lait pur ou aroma- 
tisé ; on peut alterner avec la tisane de queues de cerises. On 
peut également formuler une préparation de scille ou de 
digitale : 

Eau de tilleul, 105 gr. ; teinture de scille et de digitale, de 
chaque, 10 gouttes ; oxymel scillitique. 95 gr., pour édulcorer, 
F. S. A. — A prendre par cuillerées à café toutes les demi- 
heures. 

Tous les deux ou trois jours, on fera sur les intestins une 
révulsion au moyen de la manne, mannite, chocolat à la ma- 
gnésie, et surtout très simplement avec deux ou trois paâtilles 
de calomel de 5 centigr. chacune. 

Enfin, on appliquera dos vésicatoicee^ en ayant soin de com- 
mencer par en appliquer de fort petits, de 4 à 5 centimètres 
de diamètre, et de ne les laisser que peu de temp::». Des vési- 
catoires plus grands auraient pour effet de brider, pour ainsi 
dire, la poitrine et d'empêcher Tenfant de dilater dOn thoi*ax 
du côté a^eint. Il est préférable de revenir plus souvent sui* 
leur emploi. 

En somme, le traitement de la pleurésie aiguë franche se 
compose : de prescriptions hygiéniques, de diurétiques, de 
purgatifs et de révulsifs cutanés. Dès le cinquième jour, lors- 
que la fièvre est tombée, ou peut permettre une légère alimenta- 
tion. A ce moment, la digitale sera suspendue pendant quel- 
que temps, car il faut redouter ses effets sur les enfants bien 
plus que ceux de Topium, qui, bien manié, est bien toléré. 
^ On se contentera de sucrer la tisane avec du sirop de pointed 
d'asperges. 

Si 1 epanchement persiste au-delà de trois semaines, on no 
servira de l'huile de croton mitigée, dont Teffet est fort utile a 
cette période. 

Si, cependant, malgré ce traitemeut, Tépanchement ne se 

résorbe pas, faut-il avoir recours à la thoracentèse ? M. J. 

Simon en paraît peu partisan. Chez, l'enfant, il ne fiiit do tho« 

racentèse : l^ au début, que si Tépanchement est d'emblée très 

considérable, s'il siège à gauche surtout, bien que la torsioa 

du cœur soit bien mieux supportée à cet fige que chez l'adulte. 

On a, dans ce cas, la main forcée par des épanchemonts qui, 

en 24, 36 heures, menacent d'étouffer le malade ; 2» après le 

premier mois, lorsque la pei*SL8tance du liquide fait craindre 

sa transformation purulente; 3» quand Tépanchement est 

purulent. (Le Concours MedicaL 4 juin 1881.) — Lyon MédiaaL 

26 



402 l'union médicale du canada 



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Du traitement de la diarrhée et de la dvjssenterie 
chroniques, par E. Maurel. — L'antear traite de la même 
manière les deux maladies, quelle que soit leur origine ; il com- 
mence par les purgatifs répétés. Aujourd'hui Tauteur donne 
constamment Tip^ca, soit 2 gros dans les cas aigus, 1^ 
et 1 gi*0d pour les cas chroniques, suivant l'intensité, d'ipéca 
concassé, macéré dans 4 onces d'eau donnés en six fois 
dans les vingt-quatre heures, par deux cuillerées à la fois ; le 
même ipéca sert à faire une troisième macération, donnée le 
deuxième et le troisième jour, de la même manière ; bouillon 
comme régime; il est rare que les selles ne diminuent pas dès 
le deuxième jour. Le quatrième jour est commencé le régime 
lacté pur à la dose d'un litre et demi dans les vingt-quatre 
heures ; augmenter d'un demi-litre tous les trois jours jusqu'à 
trois litres environ. Le lait doit être employé cru autant que 
possible. Continuer jusqu^i ce qu'il y ait une seule selle mou- 
lée par jour ; dix jours en général suffisent. Alors commence 
le régime mixte avec six périodes ; 1» celle des ceufs. Un œuf 
correspond à un demi-litre de lait ; par chaque œuf l'on dimi- 
nue le régime lacté d'autant de demi-litres, et les selles restant 
moulées, Ton passe à la 2» période des viandes rôties ; côtelettes 
et rôti de mouton bien cuit ; une côtelette représente à peu près 
un demi-litre de lait. Arrive alors la troisième période, pleine 
d'accidents, du pain et du vin; commencer environ par 4 
onces de pain ; celui-ci étant bien suppoi-té, passer au vin, 
7 centil. d'abord, et toujours à la première menace de rechute, 
revenir en arrière. Si tout va bien, 4P légumes verts et secs, 
lentilles, puis légumes verts, salade. La cinquième période, 
celle des ragoûts j est une des plus difficiles à franchir ; plus une 
viande est cuite, plus elle est indigeste ; ainsi en est-il du lait 
brûlé. La sixième période, c'est le régime de la caserne, 
bœuf bouilli et soupe aux choux. L'auteur, médecin de marine, 
soumet les soldats à l'exercice des haltères une demi heure, 
mne heure par jour. 

Les urines ont été étudiées avec soin ; la quantité des ma- 
tières solides dans l'urine est ici chose importante comme 
indiquant Tétat de la nutrition, et avec l'améloration de celle- 
ci augmente le chiffre des matériaux solides de l'urine, de 
l'urée entre autres. (Bulletin de thérap,) — Lyon médical. 



Du traitement de l'indigestion, par le docteur Au- 

DHOui. — Ce traitement a pour but de favoriser le nettoiement 
spontané des organes digestifs, de le provoquer s'il tarde à se 
faii*e et finalement de rétablir la digestion. 



l'union médicale du CANADA 403 

L^indlgestîon bénigoe, extrêmement légère et comme ayor^ 
f 'tée, n'exige ancan soin particulier: tout au plus le grand air 
«t quelques cuillerées d*eau de vie, de rhum ou de toute autre 
liqueur. La glace aromatisée est admirable dans ces sortes 
d'indispositions, qui sont dues à un excès d'aliments et de 
boissons. Prise à la fin d'un dîner succulent et chargé de vins, 
elle facilite la digestion et prévient l'agitation, le coma vigil 

• et l'insomnie même qui suivent habituellement de tels repas. 

Lorsqu'il y a lieu de croire que l'indigestion se terminera 

sans évacuations immédiates, le mieux est de faire coucher le 

] patient s'il n'est pas au lit, de le réchauffer, de lui présenter 

enfin un verre aeau fraiche, légèrement aromatisée avec de 

•Yeeu distillée de fleurs d'oranger. Il boira cette potion par 

j petites gorgées, et non tout d'un trait. 

En même temps on activera les mouvements de l'estomac 
et des intestins par des frictions faites sur la paroi abdominale 
avec la main fortement chauffée et enduite de baume tran« 
quille, d'huile de camomille camphrée ou d'huile d'olive 
' même. Les serviettes chaudes appliquées sur l'épigastre sont 
encore fort utiles ; elles ne valent pas cependant un doux 
massage des organes digestifs. 

On favorisera, à l'aide de quelques infusions aromatiques 
tièdes, le vomissement spontané. 
Si le patient, tourmenté par les nausées et les efforts pour 

* vomir, ne vomissait pas, il faudrait provoquer l'expulsion des 
matières contenues dans l'estomac, soit en portant le doigt sur 

\ la luette et les amygdales, soit en donnant un vomitif. Pour 

. remplir cet objet, on peut se servir d'eau tiède bue à petits 
coups ou des compositions d'Ipéca ; le tartre stibié cependant, 
à cause de son administrrtion facile et de sa plus grande 
énergie, parait mériter la préférence. 

Les désoi*dres intestinaux ayant paru, s'il survient des 
évacuations faciles et copieuses, on se contentera de lotionner 
l'anus avec de l'eau fraîche, et l'on donnera finalement des 
lavements d'eau pure tiède. On évitera ainsi le ténesme et 
les cuissons. 

Mais lorsque les coliques sont fortes, le ventre tendu et les 
évacuations tardives et peu abondantes, il convient d'admi- 
nistrer une composition purgative qu'on fera prendre suivant 
les circonstances, soit par la bouche, soit par l'anus. 

J'emploie communément le lavement purgatif, ou la limo- 

>nade purgative gazeuse au citrate de magnésie édulcorée avec 
le sirop de groseille, ou si le malade le préfère, avec le sirop 
de grenadine ; j'observe cependant qu'on peut faire usage de 

'toute autre composition du même genre. 



404 l'union 31ÉDICAXE J>V CANADA 

Ainsi, par exemple, chez les sujets qui répugnent à prendre^ 
une boisson purgative ou qui éprouvent des langueurs d'esto-- 
mac avec un sentiment de réfrigération que ne pourrait 
qu'augmenter l'emploi des sols neutres en solution, il m'a», 
paru préférable de mettre en usage la composition suivante : 

Pdndre de jalap gr. x. 

Poudre de magnésie blanche gr. x. 

Huile volatile de girofle ? gouttes. 

Mêlez les poudres daus un petit mortier, ajoutez Thuile 
volatile et mêlez très-exactement. Divisez le produit en trois 
parties égales dont vos fôr,ez trois bols enveloppés dans des 
pains azymes. 

Je fais prendre ces bols soit immédiatement l'un aprè» 
l'autre, soit en trois temps séparés par un intervalle de quinze' 
à vingt minutes. 

Cette composition très-élégante est généralement bien tolé- 
rée ; elle évacue sans coliques et sans affecter l'estomac. La 
dose entière est pour les adultes ; un seul bol suffit aux jeunes 
enfants, deux bols à ceux qui sont un peu plus âgés. 

Les voies digestives étant netteyées à fond, il ne reste plus- 
qu'à supprimer, s'il est possible, les causes qui ont provoqué 
l'indigestion et à recommander la sobriété. (Le Médecin Pra-^ 
^2«>n, 16 juillet 1881.) 



Du traitement du scorbut par l'hydrothérapie.— Le^ 

docteur Costetti, après s'être convaincu de la presque inutilité 
de tous les remèdes les plus vantés contrôle scorbut, s'imagina 
de