(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Children's Library | Biodiversity Heritage Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "Union médicale du Canada"

Google 



This is a digital copy of a book thaï was prcscrvod for générations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project 

to make the world's bocks discoverablc online. 

It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject 

to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books 

are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that's often difficult to discover. 

Marks, notations and other maiginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book's long journcy from the 

publisher to a library and finally to you. 

Usage guidelines 

Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the 
public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we hâve taken steps to 
prcvcnt abuse by commercial parties, including placing lechnical restrictions on automated querying. 
We also ask that you: 

+ Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use thèse files for 
Personal, non-commercial purposes. 

+ Refrain fivm automated querying Do nol send automated queries of any sort to Google's System: If you are conducting research on machine 
translation, optical character récognition or other areas where access to a laige amount of text is helpful, please contact us. We encourage the 
use of public domain materials for thèse purposes and may be able to help. 

+ Maintain attributionTht GoogX'S "watermark" you see on each file is essential for informingpcoplcabout this project and helping them find 
additional materials through Google Book Search. Please do not remove it. 

+ Keep it légal Whatever your use, remember that you are lesponsible for ensuring that what you are doing is légal. Do not assume that just 
because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other 
countiies. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can'l offer guidance on whether any spécifie use of 
any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search means it can be used in any manner 
anywhere in the world. Copyright infringement liabili^ can be quite severe. 

About Google Book Search 

Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps rcaders 
discover the world's books while helping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full icxi of ihis book on the web 

at |http: //books. google .com/l 



Google 



A propos de ce livre 

Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec 

précaution par Google dans le cadre d'un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l'ensemble du patrimoine littéraire mondial en 

ligne. 

Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression 

"appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à 

expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont 

autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont 

trop souvent difficilement accessibles au public. 

Les notes de bas de page et autres annotations en maige du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir 

du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains. 

Consignes d'utilisation 

Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages apparienani au domaine public et de les rendre 
ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine. 
Il s'agit toutefois d'un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les 
dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des 
contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées. 
Nous vous demandons également de: 

+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l'usage des particuliers. 
Nous vous demandons donc d'utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un 
quelconque but commercial. 

+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N'envoyez aucune requête automatisée quelle qu'elle soit au système Google. Si vous effectuez 
des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer 
d'importantes quantités de texte, n'hésitez pas à nous contacter Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l'utilisation des 
ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile. 

+ Ne pas supprimer l'attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet 
et leur permettre d'accéder à davantage de documents par l'intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en 
aucun cas. 

+ Rester dans la légalité Quelle que soit l'utilisation que vous comptez faire des fichiers, n'oubliez pas qu'il est de votre responsabilité de 
veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n'en déduisez pas pour autant qu'il en va de même dans 
les autres pays. La durée légale des droits d'auteur d'un livre varie d'un pays à l'autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier 
les ouvrages dont l'utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l'est pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afficher un livre sur Google 
Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous 
vous exposeriez en cas de violation des droits d'auteur peut être sévère. 

A propos du service Google Recherche de Livres 

En favorisant la recherche et l'accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le français, Google souhaite 
contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet 
aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer 
des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l'adresse fhttp: //book s .google . coïrïl 



No. 

Boston 

Médical Library 

Association, 

19 BOYLSTON PLACE. 




3 



4 • 



No. 

Boston 

Médical Library 

Association, 

19 BOYLSTON PLACE. 




!t-" 



4 
I 



■H. 



iYirjJJlUALrj 



sr AD A.. 



TTOT, M. D. 



ENAIS, M. n. 
SROSIEllS, M. II. 



Vol. 1. 



873. 






^.>' 






^ 



i 



i 



r .« 



COLLABORATEURS 



AU 

VOLUME 1. 

DK 



L'UNION MEDICALE 



BIBALD J. a. M. 0. 
BOURQUE E. .1. M. I). 
BROSSE AU A. T. M. D. 
DAGENAIS A. M. I). 
DEMERS A. Mu. 
DESGHAMPS A. M D. 
DESJARDINS Ed. M. D. 



GAUTHIER S. M. D. 
GRENIER G. M. 1). 
LARAMÉE A. M. D. 
LAFONTAINE L. D. M. D. 
LAROCQUE A. B. M. D. 
r.AROGQUE J. H. Mu. 
LONGTIN S. A. M. D. 



DESROSIERS L. Jf P. M. 1). MOUNT J. W. M. D. 



D'ODET D'ORSONNENS 

Ths. m. d. 
DUBUG G. M. D. 
FILÎATRAULT Ghs. Mu. 
EORTIER A. L. M. D. 



MOUNT P. E. M. l). 
MOUSSEAU J. (). M. D. 
PAQUET A. H. M. D. 
RIGARD A M. D. 
ROTTOT J. P. M. I). 



TABLE DES MATIERES 



Contenues dans le 1er Vol. de l'Union-Médicale du Canada. 



Ablation du corps d'une vertèbre cervicale 326* 

Académie des sciences 334 

^' de médecine de Paris 362 

Acide carbolique dans les maladies des enfants 23& 

Acte médical projeté, Dr. L. A. Fortier 315 

Acte médical projeté. J. P. Rottot, M. D 241, 294, 341 

Accouchement prématuré, Dr. L . A. Fortier 286' 

Amputation de la cuisse, A. T. Brosseau, M. D '.... 111 

" •' J. P. Rottot. M. D 205 

Anesthésie combinée par le chloroforme et la morphine 230 

Assemblée des médecins vaccinateurs 68 

Assembla du Bureau 255 

Arsenic (de 1') dans la leucorrhée et la ménorrhagie 377 

Aspiration (de 1') dans le traii^ement de la hernie 380 

Association médicale canadienne, J. P. Rottot, M. D 437 

Bains (des) tièdesdans la petite vérole 333 

Baume de copahu dans la variole et la scarlatine, A. Rowan, 

M. D 223 

Bibliographie, L. J. P. Desrosiers, M. D 260 

" »' '' 526 

" ;' *' 580 

Bromure de potassium (du) dans les hydropisies 37& 

Bureau de santé, A. Dagenais, M. D 252 

Cannabis Indica 56 

Canule à trachéotomie détachée 325 

Cancer (du) comme souche tuberculeuse 426 

Camphre (du) en poudre dans le phagédénisme des chancres 504 

Cataplasmes d'iodure d'amidon 37^ 

Causes de l'ophthalmie d'Egypte 506 

Chlorure de potassium 379 

Chloral (du) 300 

Chronique, L. J. P. Desrosiers, M. D 41, 93 

Congrès médical de France 364 

Contagion de la variole par le Dr. G. Grenier, Dr. A« Laramée... 381 

Constitution de Pair atmosphérique 565 

Correspondance Dr. L. A. Fortier 17 

" " Dr. Ricard 89 



1 
M 



it 



l 



" Dr. E. Y. Bourque 90 

*' '' Dr S. A. Longtin 114 

'' " Dr. A. H. Paquet U7 

" Dr. C. Dubuc U9 

'' " Dr. L. A. Fortier 151 

'' '' A. Deschamps, M. D 2(\^ 

" '' Parisienne, A. T. Brosseau, M D 291 

a (( a ht a ^ 34G 

u « << a u ^]^5 I 

•Correspondance de Londres, Dr. Ed. Desjardins 393 I 

" " Europénne,A. T.BrosseauM. D 445 

" " •* Dr. Ed Desjardins 492 

Corps étrangers éliminés à traverô la paroi abdominale 327 

Corps étranger dans la vessie, Dr. S. Gauthier 23 

Courant ^al van ique comme moyen de résorption (du ) «^ 1 9 

Digitale \de la) comme antiaphrodésiaque iî^5 

Discours prononcé aux obsèques de M. Louis 5G9 

Dispensaire St. Joseph 222, 388 , 

Distribution des diplômes à TE. de Méd. C. Montréal 250 

Diverses formes d*a.sphyxie 422,463 * 1 

Doit- on toujours chercher à guérir la gastralgie 476 

Dystocie, par A. Dagenais M: D 533 

Ecole de Méd. et de C. de Montréal 485 

EditorialJ. P. Rottot, M. D 49, 146, 193 

Effets toxiques de Thydrate de chloral 164 

Electroponcture du Cœur (de 1') 281 

Empoisonnement par les vapeurs de la houille, L. J. P. Des- 

Rosiers, M. D 16 

Emploi des greiFes épidermiques 26S 

Emploi des injections de morphine dans le tétanos 360 

Epoque (de V) précise où apparait la membrane lamineuse 366 

Etude sur le traitement de quelques albuminuries 84, 97 ij 

" chimique sur le tabac à fumer 328 

Extraction d'une balle au niveau de la cloison recto -prostatique. 275 

Fièvre puerpérale, (de la) 269 

Gravelle pileuse %.. 419 

Greffe épidermique 280 

Guarana pour le mal de tête 324 

Guérison des ulcères par transplantation 124 

Hernie étranglée 405 

Hôtel Dieu, J. P. Rottot, M. D 26 

Huile essentielle de térébenthine dans la péritonite 172 

Hydrophohie spontanée 262 

Importance du lait dans l'alimentation de l'enfance par S. A. 

Longtin, M. D 543 



. 



8 

Indium (de P) par Dr. Odling 284 

Influence du défaut de chlorure de sodîum 330 

Intervention (de V) chirurgicale dans la grossesse extra-utérine. 33 1 
Kyste ovarique et grossesse avec placenta prœvia, A. Laramée. 

M. D .. 245 

Lecture sur l'hygiène publique . 466 

Lithotomie, par Dr. Munro 525 

Loi (la) de vaccination en Europe 412 

Lusus natune, Dr. L. D. Lafontaine 222 

Maladies régnantes 240 

Mort du Dr. Spencer Dills 579 

'' du Dr. John Dickson 580 

Mount J. W., M. D., Lecture 37 

Moyen de connaître le sang de l'homme, Dr. S. A. Longtin 203 

Moyen de combattre la contraction musculaire 327 

Noces d'Or de Mgr. l'évêque de Montréal 573 

Notes sur une épidémie de variole 335 

" sur l'érysipèle 529, 552 

Nouveau Bill de Médecine, J. P. Rottot, M. D 6 

Nouveau procédé de dilatation de l'urèthre 546 

Nouvelles Médicales. 91, 137, 187, 261, 433, 483, 527, 575 

Nouvelles anti-médicales, Rustîcus 154 

Nouvelle Faculté Médicale française 388 

Obsèques de M. Louis 474 

Observations sur la lithotomie et la lithotritie, par W. H. Hings 

ton, M. D 536 

Onguent d'acide benzoïque dans la fistule anale 177 

On Protoplasmic life 224 

Opération de la lithotomie, Chs. Filiatrault 31 

' " fistule vésico, vaginale, W. H. Kingston, M. D 112 

Ophthalmologie, Dr. Ed. Desjardins 50 

Opération dans la métro-péritooite, Dr. S. Gauthier 156 

*' cataracte, Dr. Ed. Desjardins 116 

Ovariotomie 266 

Pain fait avec l'eau de mer 177 

Pansement à la ouate de M. Alphonse Guérin 166 

Pansement des plaies par occlusion inamovible 383, 396 

Péritonite par propagation 522 

Perforation de la vessie et du rectum 264 

Phosphore (Du) dans les maladies de la peau 232 

Plaie du genou, Dr. L. A. Fortier 65 

Pleurésie de (la) et de la thoracentèse 501 

Propriétés (des) médicales de l'arsenic, J. G. Bibaud, M. D.... 452 

Quinine 173 

B. echerches sur la physiologie du cervelet 1 58 



' 



ï 



4 

Réforme urgente (Une) A. Dagenais, M. D 13 

Remarques du Dr. D. Gibb sur Tépiglotte 234 

Réponse (Une) J. P. Rottot, M. D 389 

Saignée (de la) dans le traitement de Tapoplexie, Dr. S. A Longtin 349 

Saveur de Thuilede foie de morue masquée 233 

Société de biologie 279 

Société clinique de Londres ^ 234 

Société Médicale de Montréal, Dr. G. Grenier, 32, 70, 131, 178, 

209, 256, 370, 409, 458, 509 

Statistiques (des) A. Dagenais, M. D 62 

Sulfate de fer dans la phlegmasia albadolens 375 

Tableau des maladies traitées au Dispensaire de la Providence, 

P. E. Mount, M. D 190 

" " " '' Dr. G. Grenier. 221 

Tannate (du) et du gallate de quinine 353 

Thérapeutique de r Arsenic 497 

Températures (des) basses excessives 477, 517 

Tétanos traumatique traité par le bromure de potassium, J. P. 

Rottot, M. D 515 

Traitement du bubon 321 

. " des condjlomes 379 

Traitement de la pourriture d'hôpital par le camphre 473 

Tumeur pelvienne, J. H. Larocque 28 

Uroscopie..^ 175 

Vapeurs anesthésiques 325 



L'UNION MEDICALE 



3DU Oj^ïT^r)^ 



< • » 



•;iW 



Bévue Medioo-chirurglockle paraissant tous les mois. 



B édaetam •» OW-' ) ( A miitamt-Sidaetemrê: 

J. P. ROTTOT, M. D. j ( L, j. p. OBshosiERS, M. D. 



Vol. 1. JAlffVIEB 1872. No. 1. 



I>ROSFEOTU8, 

A NOS CONFBÈBES. 

Montréal, 1er Janvier 1872. 

Nous envoyons aujourd'hui à nos confrères de la Province 
de Québec le premier numéro de L'Union Médicale du Cana- 
da, dont nous avons entrepris la publication. Nous osons es- 
pérer que ce journal de Médecine sera bien reçu par tous les 
membres de la Profession. 

Le peu de succès que les publications de ca genre ont eu 
Jusqu'à ce jour, doit suffire pour convaincre tout le monde 
que ce n'est pas un motif de spéculation qui noi^s porte à 
faire cette entreprise. Il est aussi a peu près certain que ce 
travail aurait été entrepris depuis tôngtemps, si on avait pu 
espérer dans l'avenir une rénumération suffisante pour les 
sacrifices qu'il exige. Notre parole ne devra donc pas être 
mise en doute, si nous déclarons que notre seul but, c'est l'inté- 
rêt du public, l'intérêt de la -science, et i^tre unique motif, 
l'accomplissement d'un devoir. 

Ce devoir est loin d'être un plaisir, et nous concevons com- 
bien il devra être pénible pour nous surtout, qui, obligés de 
nous livrer entièrement à la pratique de nuire profession, 
avons dû négliger de suivre d'une manière régulière les pro- 
grès que la science médicale a pu faire dyis toutes ses bran-^ 
ches, et avons dû perdre l'occasion d'acquérir, par la pratique, 
cette habitude d'écrire si essentiellement nécessaire au suc- 
cès d'une telle publication. 

Aussi nous aurions été des plus heureux, si ceux qui sont 
si bien connus du public, çt dont la réputation d'habiles 



2 l'union HiDIOALE DU CANADA. 

écrivaias est si bien méritée, se fussent dévoués à cette œu 
vre. Ce n'est donc qu'à la dernière heure, en désespoir de 
cause pour ainsi dire que nous nous imposons cette tâche, 
et que nous nous efforçons de combler cette lacune qui 
Bïiste déjà depuis trop longtemps parmi nous. C'est parce 
qu'une plus longue attente noms exposerait à mériter les re- 
proches qu'on fait si souvent aux Canadiens de manquer d'é- 
nergie, d'esprit d'entreprise. On ne peut pas se défendre 
d'un certain sentiment de malaise, de honte même, en voyant 
qu'il n'y pas un seul journal de médecine en langue française 
dans une province qui compte au-delà de 600 Médecins Cana- 
diens-Français. Nous sommes pressés, poussés, par un cer- 
tain nombre d'hommes pleins d'énergie et d'amour pour la 
science, qui veulent en suivre les progrès, contribuer même 
à les étendre, par la publication de leurs travaux, l'échange 
de leurs idées, l'encouragement mutuel. Nous voulons faire 
disparaître cet isolement dans lequel nous vivons les uns vis- 
à-vis des autres, véritable vide qui existe au milieu de nous 
et qui nous prive d'un des charmes de la vie. Nous l'entre- 
prenons parce qu'il y a un bien immense à faire dans ce vaste 
champ encore à peine exploré. La carrière que nous avons 
embrassée est vraiment sublime. Nous avons pris pour objet 
de nos études, rhommeij cette perfection sortie de la main de 
Dieu, ce reflet de la divinité elle-même. Nous ne nous con- 
tentons pas d'en faire une étude stérile; nous ne cherchons 
pas à connaître simplement quelles sont les qualités, la 
nature, Fessance de son corps et de son âme, nous allons 
plus loin, -bien plus loin. Car l'homme portant en lui- 
même le germe de sa destruction, vivant dans un milieu 
qui quoiqu'absolument nécessaire à son existence, réagit néan- 
moins continuellement contre tout son être, voit bien sou- 
vent dans cette lutte incessante qu'il supporte, son existence 
se briser tout à coup à l'aurore de la vie ; ou bien, devenu 
un fardeau pour lui-même et pour les autres, cloué sur son 
lit de misère, il voit les souffrances et les infirmités le con- 
duire lentement vers la mort. 

Or le but que le médecin se propose c'est de prolonger autant 
que possible l'existence de l'homme, c'est de vaincre ces en- 



l'union médicale du CANADA. 3 

nemis du dehors et du dedans qui lui ravissent les jouissances 
de la vie. C'est d'alléger au moins assez ses souffrances pour 
Tempêcher d'appeler la vie un mal. 

Pour cela il faut qu'il ait une connaissance approfondie de 
la structure du corps humain ; qu'il l'analyse jusqu'à ses pre- 
miers principes ; qu'il comprenne la fonction que chacun de 
ses organes remplit. 

Il faut qu'il connaisse toutes les substances organiques et 
inorganiques de la nature. 

Il faut qu'il connaisse ce que l'on appelle les lois de la na- 
ture; lois qui régissent la vie de tous les éléments, de tous 
les corps, leur action les uns sur les autres, leurs rapports entre 
euXj'et qui maintiennent cette sutlime harmonie qu'on voit 
régner partout. Etudes immenses, puis qu'elles embrassent 
presque toutes les sciences. Horizons sans bornes qui vont 
toujours s'élargissant à mesure que l'on avance ; travaux que 
par découragement l'on est souvent tenté d'abandonner lors- 
qu'on compare ce que l'on sait avec ce qui nous reste à ap- 
prendre ; lorsqu'on voit combien ont été lents les progrès 
qu'on a faits, les obstacles sans nombre qui, à chaque pas, nous 
arrêtent, et surtout lorsqu'on réfléchit à la brièveté de la vie. 

Cependant, messieurs, dans l'intôfét de la science, dans 
l'intérêt de l'humanité, il faut absolument entreprendre la 
lutte ; s'abstenir serait pour ainsi dire un crime. 11 faut 
mettre nos idées, nos travaux au jour, les discuter les com- 
menter, et s'efforcer d'éclaircir ces questions obscures qui, 
en trop grand nombre, déparent la science médicale. Il faut 
surtout s'attacher à détruire ces théories nouvelles et fausses 
présentées par des médecins distingués par leurs talents et 
leur position dans le monde, et qui, si elles étaient adoptées, 
non seulement retarderaient les progrès de la science mé- 
dicale, mais encore la ferait rétrogarder jusqu'au temps d'Hip- 
pocrate. 

C'est dans ce but donc que ce journal a été fondé. Et 
c'est afin qu'il puisse l'obtenir que nous nous sommes assuré 
du support de plusieurs médecins distingués, et que les Drs. 
Beaubien, Duchesneau, Peltier, Brosseau,Hingston, Coderre, 



4 l'union médicale du oanada. 

Desjardins, Deschamps, Dubuc, Beaudet, Dugas, Leblanc, 
Mousseaii, Bibaud, Ricard, McMahon, Laramée, L. Fortier, De- 
Itonald, Dansereau, Lachapelle, Grenier, D'Orsonnens, Nel- 
son, McDonnell, ont généreusement souscrit un fonds de ga- 
rantie suffisant pour maintenir son existence durant trois ans* 

Cependant, malgré notre bon vouloir, malgré nos efforts, et 
tous ces sacrifices, il est évident que nous ne pourrons pas 
obtenir un succès complet et permanent, si nous n'obtenons 
pas l'appui de la profession en général. 

Ce support nous le demandons donc instamment à tous et 
à chacun des médecins de cette province en particulier, non 
pas par rapport à nous, mais dans l'iuterôt delà science, dans 
l'intérêt de notre nationalité. 

Nous serions profondément surpris, si ce journal n'était 
pas reçu avec le plus grand plaisir par toute la profession, car 
cet isolement dans lequel nous nous trouvons doit peser à tout 
le monde. De plus comme il serait très difficile pour la 
pluspart d'entre nous, de se procurer les nombreux ouvrages 
publiés annuellement sur la Médecine, et qu'il nous serait 
d'ailleurs presqu'impossible de les lire, en égard à nos occu- 
pations, nous devons naturellement désirer une publication 
mensuelle, qui à peu de frais et sans labeur, nous mettra, 
dans l'espace de quelques minutes, au courant des progrès 
de la science. 

D'ailleurs il est bon de ne pas oublier que môme dans son 
intérêt matériel il est dangereux de rester stationnaire. Plu- 
sieurs l'ont déjà cruellement éprouvé. Il y a encombrement 
dans notre profession. Nous sommes environnés par un grand 
nombre de jeunes médecins actifs, qui nous approchent, nous 
coudoient, et finissent par nous dépasser. Et on s'apper. 
çoit, mais un peu tard, que la considération et les succès ne 
s'obtiennent que par le travail et la science. 

Le sentiment d'amour propre national devrait encore être 
à lui seul capable de nous déterminer à faire les plus géné- 
reux efforts non-seulement pour soutenir un journal de cette 
nature, mais encore pour travailler au perfectionnement môme 
de la médecine. Un des plus beaux titres de gloire pour l'Alle- 
magne, la France, l'Angleterre et les Etats-Unis, n'est-ce pas 



l'union médicale du canada. 5 

<^e(te pléiade de médecins célèbres que Ton voit briller au 
premier rang de Téchelle sociale. 

Pourquoi ne pas suivre leurs traces, pourquoi ne pas 
tenter de les approcher. Certainement nous ne nous 
ferons pas Tinjure de croire que nous ne pouvons pas 
monter jusqu'à eux. Nous avons parmi nous des hommes 
de talent : tout ce qu'il leur faut c'est un peu d'aide, un peu 
d'encouragement ; tout ce que nous leur demandons, c'est du 
travail et de la persévérance, et avant longtemps nous les 
verrons parvenir à la célébrité ; et cette auréole de gloire qui 
ceindra leurs fronts, s'étendra sur tout notre Canada- 

n est vrai que nous travaillons sous un immense désavanta- 
ge, car à part quelques médecins privilégiés, les autres ne peu- 
vent pas s'imposer de grands sacrifices ; ils se doivent tout 
entier à leur pratique, dans l'intérêt de leurs familles. Et vu 
la jeunesse de notre pays, nous n'avons pas encore dans les 
autres classes de la société assez de fortunes indépendantes 
pour espérer comme ailleurs (Je ces dons généreux en faveur 
des institutions scientifiques, qui leur permettent de faciliter 
aux professeurs les moyens d'acquérir d'abord la science, 6t 
de la propager ensuite. 

L'Université Laval cependant fait une glorieuse exception. 
Le pays tout entier lui devra une éternelle reconnaissance 
pour les immenses sacrifices qu'elle s'est imposés depuis un 
nombre considérable d'années, dans l'intérêt de notre profes- 
sion. Le Séminaire de Montréal a dernièrement fait un pas 
important dans cette direction, en établissant une bibliothè- 
que médicale à l'usage des médecins et des étudiants en 
médecine. Messire Martineau dans un discours admirable, 
lors de l'inauguration du Cabinet de Lecture, nous a dévoilé 
les motifs qui ont déterminé ces messieurs à s'imposer de si 
grands sacrifices ; il nous a fait connaître toute la sympathie 
qu'ils éprouvent pour la jeunesse, et le désir qu'ils ont de 
contribuer autant qu'il leur sera possible à son éducation et à 
son perfectionnement. Mais comme on s'apperçoit à mesure 
que l'on avance dans la voie du progrès, que le bien qui 
reste à faire est beaucoup plus considérable que celui 
qu'on a fait, nous espérons, qu'ils feront avant longtemps 



6 l'union médicale j>v canada. 

quelque chose de plus encore en faveur de la jeunessse et da 
la science. 

Le Gouvernement non plus, n'a pas encore cru devoir don- 
ner à cette branche si importante des connaissances humai- 
nes tout l'appui auquel elle a certainement droit ; en contri- 
buant cependant à son perfectionnement, il nous semble que 
ce serait contribuer au bonheur de l'humanité. 

De sorte que nous sommes laissés entièrement à nos pro- 
pres forces. Voilà pourquoi l'union entre nous est si néces- 
saire, si indispensable. Ce journal de médecine sera 
donc le premier pas vers le but que l'on veut atteindre- 
Nous le mettons entièrement sous la protection de la profes- 
sion. Nous sollicitons encore une fois la coopération de tous. 
L'intérêt du journal augmentera en proportion de la variété 
des communications. Quant à nous, tout en laissant dans 
notre journal une large part pour les écrits étrangers, nous^ 
ferons en sorte que les productions indigènes, obtenues de 
nos hôpitaux et de la pratique privée, soient assez nombreu- 
ses, pour qu'il puisse être considéré comme une gazette mé- 
diCale canadienne dans toute l'acception du mot. 

Janvier 1872. 

J. P. ROTTOT, M. D. 

A. Dagenais, m. D. 

L. J. P. DesRosiers, m. d 



■* ♦ ♦' 



Xonveau Bill de Médecine. 

Nous croyons qu'il est très important de commencer^ 
dès aujourd'hui, à mettre devant la Profession le nou- 
veau projet de loi préparé par l'Association Médicale Cana- 
dienne. C'est une question des plus importantes, dont les ré- 
sultats devront affecter considérablement l'enseignement 
médical dans toutes les Provinces de l'Union, et surtout les 
membres de la profession de notre Province. Elle mérite 
par conséquent notre plus sérieuse attention. 

Avant d'entrer directement en matière, il sera peut-être 
plus convenable de faire connaître l'origine de l'Association 
Médicale Canadienne, et de donner un résumé de ses tra- 



l'union médicale du canada. 7 

vaux depuis son organisation jusqu'à sa dernière réunion, au 
moins pour ceux qui n'ont pas assisté aux assemblées. 

Depuis déjà bien longtemps, les médecins de cette province 
étaient loin d'être satisfaits de la loi médicale qui nous régit. 
Tous sentaient la nécessité de l'amender et tous le désiraient^ 
mais chacun était arrêté par la difficulté de Tentreprise. 

Le 12 Mai 1867, le Dr. Marsden de Québec, à l'assemblée 
semi-annuelle du Collège des Médecins et Chirurgiens du 
Bas Canada, dans un rapport qu'il fit des procédés d'une 
séance de l'Association Médicale Américaine, qui avait eu 
lieu quelques jours auparavant, à Cincinnati, Ohio, et à la- 
quelle il avait assisté comme délégué, entama ce sujet, par 
la ^proposition suivante ; qui formait la conclusion de son 
rapport : — En conséquence des changements importants que 
doit subir cet immense pays sous l;i Confédération, et en vue 
de l'influence avantageuse qu'exerce l'Association Médicale 
Américaine sur les Ethiques médicales des Etats-Unis d'Amé- 
rique, votre délégué suggère humblement la formation 
d'une Association Médicale Canadienne, devant être compo- 
sée de tous les membres de la profession qui occupent une 
bonne position dans la Puissance du Canada, et ce sujet mé- 
rite la sérieuse attention et le concours du Collège. 

Aucune démarche n'ayant été faite à ce sujet par le Pollér 
ge des Médecins et Chirurgiens, la Société de Médecine de 
Québec, prit l'affaire en main, et dans une de ces séances, te- 
nue le 18 Juin 1867, elle adopta le rapport suivant, qui fut 
envoyé à chaque membre connu de la Profession Médicale 
dans la Puissance du Canada, avec la circulaire ci-annexée : 

RAPPORT. 

Attendu, que par l'Acte d'Union des Provinces Britanni- 
ques de l'Amérique du Nord, 1867, proclamant l'Union des 
Provinces du Canada, de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau- 
Brunswick, avec le pouvoir de faire des lois et de les mettre 
à exécution ; et 

Attendu, qu'une connexion plus intime doit nécessaire- 
ment avoir lieu dans toutes les relations de la vie religieuse, 
morale et sociale ; et 



s l'union médicale du canada. 

Attendu, qu'an système uniforme de lois dans les Provin- 
ces d'Ontario, de Québec de la Nouvelle-Ecosse et du Nou- 
veau-Brunswick est pourvu dans le dit Acte ; et 

Attendu, que Puniformitô des lois nécessaires au maintien 
de la vie et de la santé, et surtout de celles qui président à 
l'exercice de la Profession Mé|iicale, est au premier rang : 

En conséquence, la Société Médicale de Québec, — la plus 
ancienne ville Je la Souveraineté du Canada, — croit devoir 
prendre aujourd'hui l'initiative, et a décidé que le moyen le 
plus sûr et le plus équitable d'avoir un système uniforme de 
Législation Médicale est de réunir les Membres de la Pro- 
fession dans une " Conférence " qui aura lieu sous le plus 
court délai possible, après la Proclamation de Sa Très Gra- 
cieuse Majesté, la Reine Victoria, mettant en force l'Union 
des Provinces qui constituent la Puissance du Canada. 

Dans ce but, les résolutions suivantes ont été adoptées à 
l'unanimité, et sont maintenant soumises humblement à la 
considération de la Profession Médicale : 

Résolu, 1. Que dans Tintérôt du public et de la Profes- 
sion Médicale il est désirable que l'on adopte un système uni- 
forme dans la manière d'accorder la licence pour la pratique 
de la Médecine, de la Chirurgie et de l'Art Obstétrique, 
dans la Puissance du Canada. 

2. Qlie dorénavant, tous les degrés en Médecine ou diplô- 
mes des Universités, Collèges ou Ecoles n'aient simplement 
qu'une valeur honorifique, et que les licences pour la prati- 
que de la Médecine, de la Chirurgie et de l'Art Obstétrique, 
dans la Puissance du Canada,soient accordées par un " Bureau 
Central d'Examinateurs, " devant lequel tous les élèves gra- 
dués et porteurs de diplômes subiront un examen. 

3. Qu'un comité de sept membres soit nommé pour confé- 
rer avec les différentes Universités, Collèges et Ecoles de Mé. 
decine en Canada, au sujet de la formation d'un bureau cen- 
tral d'examinateurs en Médecine, Chirurgie et Art obstétrique, 
devant lequel seront examinés tous les candidats à la licence 
de la pratique de la Médecine dans la Puissance du Canada. 

4. Que la Société Médicale de Québec recommande une 
convention de délégués médicaux des Universités, Collèges, 



l'union MiBICALS DU CANADA. 9 

Ecoles et Sociétés de Médecine, etc., dans la Puissance du 
danada, devant se réunir en la cité de Québec, le second 
mercredi d'Octobre 1867, dans le but de se concerter ensem- 
ble et d'adopter un système uniforme au sujet de la législa- 
tion médicale, conformément au rapport qui vient d'être 
adopté et touchant la formation d'une Association Médicale 
Canadienne. 

Le tout humblement soumis, 

W. MARSDEN, M. D., 

Président, 

R. H. RUSSELL, M. D., 

Secrétaire. 

Université Laval, 

Québec, 18 Juin 1867. 



Université Laval, 

Québec, 25 Juin 1867. 



Monsieur. — J'ai l'honneur de vous transmettre pour voire 
information le rapport suivant d'un comité de la Sociét^Mé- 
•<LicaIe de Québec, et de solliciter votre assistance et co-opéra- 
tion dans la protection des intérêts, le maintien de l'honneur 
et de la respectabilité, l'avancement de la science, et l'éten- 
due des avantages de la Profession Médicale en Canada. 

Je suis de plus chargé d'inviter toutes les TTniversités, Col- 
lèges, Ecoles et Sociétés de Médecine à envoyer des délégués 
à la Conférence proposée ; et suggère humblement aux cités, 
villes ou comtés, où il n'existe pas de tels institutions, d'orga- 
niser des assemblées des membres de la Profession Médicale, 
'dans leurs localités respectives, afin d'élire des délégués qui 
les représenteront aux débats de la Conférence, devant avoir 
lieu à l'Université Laval, en la cité et province de Québec, 
Mercredi, le 9ème jour d'Octobre prochain, et les jours sui- 
Tirants. 



10 L*UlfIOII MÉDICALE DU CANADA* 

Je suis de plus chargé de vous informer que tous les délé* 
gués devront être munis des papiers nécessaires attestant 
leur mission officielle à cette conférence. 

J'ai rhonueur d'être, Monsieur, 

Votre Serviteur très humble, 

R. IL RUSSELL. M. D., 

Secrétaire. 

Conformément à cette invitation, un certain nombre de Mé- 
decins de la Puissance du Canada, au nombre de 164 se réu- 
nirent le 9 Octobre 1867, dans la grande salle de TUniversité 
Laval, à Québec, sous la Présidence du Dr. Sewell, Président 
de la Société de Médecine de Québec. Ce fut à cette assem- 
blée que la Profession Médicale du Domaine du Canda se* 
forma en association, sous le nom d'Association Médicale Ca- 
nadienne : dont voici le plan d'organisation, tel que rédigé- 
par le comité nommé à cet effet. 

PLAN d'organisation DE LA SOCIÉTÉ MÉDICALE CANADIENNE. 

Considérant que la Conférence de la Profession Médicale,, 
tenue en la cité de Québec, en Octobre 1867, a résolu qu'il est. 
expédient pour la Profession Médicale de la Puissance du 
Canada de former une association médicale devant être nom- 
mée ^^ l'Association Médicale Canadienne ; " et considérant 
qu'une semblable organisation donnerait fréquemment l'ex- 
pression conjointe et décisive de l'opinion médicale du pays, 
tendrait à propager les connaissances médicales, puis contri- 
buerait à la direction et au contrôle de l'opinion publique en 
ce qui a trait aux devoirs et à la responsabilité des médecins; 
servirait à exciter l'émulation aussi bien que l'harmonie 
dans la profession, à faciliter et encourager les bonnes rela- 
tions parmi ses membres : en conséquence, Il est résolu : au 
nom de la Profession Médicale de la Puissance du Canada, 
que les membres de la Conférence Médicale tenue à l'Uni- 
versité Laval, dans la cité de Québec, le 9 Octobre 1867 et 
tous autres qui, en vue des objets susmentionnés, veulent 
s'unir avec eux ou les suivre, constitueront l'Associatioa 
Médicale Canadienne. 



f 



l'union HIDICALS du CANADA. 11 

Les officiers de rAssociatîon Médicale Canadienne sont un 
Président, quatre Vice-Présidents, (un pour chaque Province) 
^atre assistants-Secrétaires, un Secrétaire Général et un Tré- 
sorier. Quant aux règlements ils sont en grande partie 
{Semblables à ceux de l'Association Médicale Américaine. 

L'Honorable Dr. Charles Tupper, C. B. d'Halifax, Nouvelle- 
Ecosse fut unanimement élu 1er Président de l'Association. 

Les autres ofiiciers ayant ensuite été élus, on forma un 
Comité sur les lois, «ur l'examen Préliminaire, sur l'éduca- 
tion, sur l'octroi des licences, sur les Statistiques et l'Hygiène, 
sur l'enregistrement médical, sur l'Ethique médicale, un 
Comité des impressions, un Comité des arrangements et un 
Comité des Auditeurs. 

L'association ayant ainsi complété son organisation, l'as- 
semblée fut ajournée au 1er mercredi de Septembre 1868, à 
Montréal. 

La première assemblée annuelle des Membres de l'Associa- 
tion Médicale Canadienne eut lieu les 2, 3 et 4 Septembre 
1868, à Montréal, dans la grande salle du musée d'Histoire 
Naturelle. 

Après avoir discuté certaines questions d'un intérêt gé- 
néral, les rapports des Comités sur le plan d'organisation de 
la Société, sur les Statistiques et l'hygiène, sur l'enre- 
gistrement et sur l'Ethique médicale, furent pris en considé- 
ration et adoptés, après avoir été plus ou moins amendés. 
Les rapports sur l'éducation préliminaire et sur l'éducation 
professionnelle furent reçus pour être considérés plus tard. 

Le Dr. Tupper fut de nouveau élu Président ; et l'assemblée 
fut ajournée au 2ème mercredi de Septembre 1869, en la 
Cité de Toronto. 

La seconde assemblée annuelle de l'association eut lieu 
les 8 et 9 Septembre 1869, dans la Salle de Réunion de l'U- 
niversité de Toronto. Les affaires furent traitées d'après Vor- 
dre des Procédés. Les rapports des Comités sur l'éducation 
préliminaire et sur l'éducation médicale furent pris en consi- 
dération à cette assemblée, et furent adoptés après avoir été 
modifiés. 

La proposition suivante fut ensuite adoptée : 



12 l'union médicale du canada. 

'^ Qu'un comité soit nommé pour préparer an bill à être^ 
soumis au Parlement de la Puissance après avoir été ap- 
prouvé par cette association, pourvoyant à un système unifor- 
me d'éducation médicale, à des examens en conformité avec 
les vues de cette association, à l'enregistrement et à l'octroi 
des licences des praticiens en médecine par un bureau cen- 
tral d'examinateurs. 

Le Dr. Tupper fut de nouveau élu Président, et l'assemblée 
s'ajourna pour se réunir de nouveau l'année suivante à Ot- 
tawa. 

A l'assemblée tenue à Ottawa au mois de Septembre 1870,. 
les membres s'occupèrent principalement du nouveau Bill 
de médecine qui fut discuté, amendée, et remis à l'année sui- 
vante pour être de nouveau pris en considération. L'Honora- 
ble Dr. Parker fut élu Président de l'association. 

Les membres de l'Association se réunirent de nouveau à . 
Québec au mois d'Octobre 1871 mais comme le Bill 
n'avait pas été imprimé et distribué d'avance aux membres, 
tel qu'amendé, il fut résolu vu son importance d'en remettre la 
discussion à l'assemblée du mois de Septembre 1872 qui devra 
se tenir à Montréal. L'assemblée fut en conséquence ajournée,, 
après avoir élu le Dr. Sewel, Président. On voit donc que 
quoique lente dans sa marche, l'Association Médicale est sur 
le point d'atteindre son but, et que c'est l'automne prochain 
qu'elle doit adopter ce projet de loi qu'elle a préparé, dans- 
le but de le faire accepter ensuite par la législature et de le 
rendre obligatoire pour toute la Puissance. Il est par con- 
séquent de la dernière importance que nous l'examinions afin 
de nous assurer s'ils nous convient, si nos intérêts et nos droits 
sont sauvegardés. 

J. P. ROTTOT, 

M,D. 
A continuer» 



l'union médicale dit oanada- 13^ 

Une réforme urgente. 

Ua mouvement remarquable se fait depuis quelques an- 
nées en Canada parmi le corps médical ; il se meut, il s'agite, 
on dirait qu'il sent le besoin d'étendre et d'élever la sphère 
dans laquelle il vit. Le premier résultat de ce mouvement 
a été la formation de l'Association Médicale du Canada. Le 
but principal des fondateurs de cette société était de trouver 
un mode uniforme d'étude et d'enseignement pour tous ceux 
qui aspiraient à devenir membres de la profession ; depuis, 
on a élargi son horizon, et tout ce qui se rattache à la méde- 
cine peut devenir le sujet de ses travaux. 

D'autres sociétés se sont aussi formées dans les principaux 
centres de la Province, toutes fondées dans le même but, l'a- 
vancement et le progrès de la science. Mais toutes ces ins- 
titutions, quoique très utiles, en cimentant l'amitié et en- 
provoquant l'échange des idées entre leurs membres respec 
tifs, ne suffisaient pas au besoin actuel ; il fallait un trait d'u 
nion entre ces difTérentes sociétés et entre tous les membres 
du corps médical qui n'en pouvaient faire partie, il fallait un 
moyen par lequel chacun put faire valoir ses idées et discu- 
ter celles des autres. Ce trait d'union, ce moyen, les méde- 
cins de Montréal l'offrent au public médical par la fondation 
d'un journal de médecine rédigé en langue française. Car nos 
lecteurs savent tous que la publication de V Union Médicale 
n'est pas due à noire seule initiative, mais bien plutôt au con- 
cours libéral des médecins de la Métropole du Canada qui 
nous ont généreusement aidés de leur bourse et encouragés 
de leurs conseils. Aussi est-ce pour nous une obligation de 
plus de travailler avec tout le zèle et l'énergie dont nous som- 
me» capables à ce qui peut servir au progrès de la scien- 
ce et aux intérêts de la profession. Cette obligation, nous 
sommes décidés à la remplir, au moins dans la mesure de 
nos forces, et nous ne laisserons jamais échapper l'occasion 
de demander les réformes que nous croirons utiles, et l'aboli- 
tion des abus qui se sont glissés dans l'exercice de ia médt>- 
ciné. 

Parmi les réformes qui devraient appeler l'attention de nos 



14 L'CNIOV JCfolCALX BU CAHAI>A« 

autorités médicales, il en est une qui nous semble plus urgen> 
te que toutes les autres ; nous voulons parler de la qualifi- 
cation des sage-femmes. A voir ce qui se passe sous nos 
yeux, on dirait que la loi est nulle ou presque nulle sous ce 
rapport. Ces accoucheuses fourmillent partout et tous les 
jours il en apparaît de nouvelles qui étalent pompeuse- 
ment aux yeux du public leur enseigne de sage-femme 
approuvée ; mais ce qui est pis, c'est que leur ignorance et 
leur incapacité surpassent encore leur nombre. Les sept 
huitièmes de ces femmes ne savent ni lire ni écrire, et nous 
ne pensons pas exagérer en disant qu'il n'y en a peut-être pas 
une sur cent qui connaisse les premiers éléments de l'art 
qu'elle exerce. Combien de mères de famille ont vu s'ou- 
vrir prématurément pour elles les portes du tombeau, laissant 
de pauvres orphelins dans le chagrin et la misère, par l'i- 
gnorance et l'impéritie des sage-femmes I Combien de pau- 
vres petits êtres à qui Dieu avait donné la vie et qui n'ont 
jamais vu le jour par la même cause ! 

Nous sommes convaincus qu6 parmi nos lecteurs, il n'y en 
a pas un seul qui n'ait été témoin de quelque malheureux 
cas de ce genre, sans compter les cas encore plus nombreux 
où il n'y a pas eu perte de vie, mais seulement des souffran- 
ces et des maladies qui auraient pu être facilement évitées, 
avec un peu plus de connaissances et d'éducation médicale. 

Nous pensons qu'il est temps que cet état de chose finisse ; 
car le public en souffre et le corps médical aussi. Le public 
en souffre, parce que, confiant dans l'approbation du Collège 
des Médecins et Chirurgiens du Bas-Canada, il met la vie 
de ses membres entre les mains de personnes ineptes et qui 
ne connaissent pas leurs devoirs. Le corps médical en souf- 
fre, parce qu'il prend la responsabilité de toutes les bévues 
des sage- femmes, en les autorisant ; il en souffre aussi 
dans ses intérêts pécuniaires parce que ces femmes sans 
éducation et sans scrupule, profitant de leur licence, enlèvent 
aux médecins une grande partie des cas les plus rémunératifs 
de la pratique. 

Maintenant y a-t-îl un moyen de remédier à ces abus ? 
Nous le pensons. S'il est impossible de les extirper d'un seul 



l'union médicale du CANADA. 15 

coup, il est du moins possible, par des mesures sages et ap* 
propriées, de les faire disparaître graduellement. 

D'abord, que le Collège des Médecins et Churgiens s'adres- 
se à la législature, pour la passation d'une loi qui impose une 
forte pénalité contre toute sage-femme dont l'ignorance sera 
la cause des accidents dont nous avons parlé. Que cette loi, 
une fois passée, ne soit pas une lettre morte, et que le Bu- 
reau des Directeurs reçoive instruction de la mettre à exécu- 
tion, dans toute sa rigueur. Nous comprenons que cette me- 
sure ne servirait que de palliatif, et qu'elle serait loin de re- 
médier aux maux que nous avons signalés ; aussi avons-nous 
un autre remède à suggérer aux autorités médicales, remè- 
de qui, selon nous, couperait le mal dans sa racine et le gué- 
rirait pour toujours. 

On exige, et avec raison, de tous ceux qui aspirent à la 
noble profession de médecin, de hautes qualifications : pour- 
quoi n'en exigeraitron pas de celles qui doivent les remplacer, 
soirvent même dans des circonstances critiques et délicates. 
Pourquoi n'exigerait-on pas des sage-femmes une certaine édu- 
cation qui leur donnerait plus de relief, et leur attirerait l'es- 
time et la confiance du public ? Ne pourrait-on pas ensuite les 
forcer à suivre un cours d'anatomie au moins pour tout ce qui 
regarde le bassin et les parties génitales ? Ce cours pourrait 
comprendre des leçons sur les premiers soins à donner aux 
nouveaux-nés, et sur tout ce qui regarde le régime chez les 
nouvelles accouchées. De plus, il y a assez d'hospices pour 
les femmes enceintes, dans la province, pour qu'on puisse 
obliger toutes celles qui se destinent à la pratique des accou- 
chements, à suivre quelqu'un de ces établissements pendant 
un certain temps. La théorie serait ainsi unie à la pratique; 
de sorte que celles qui se seraient soumises à ces conditions 
d'enseignement, sans être des Boivin ou des' Lachapelle, 
pourraient rendre des services réels. 

Cette mesure profiterait à tout le monde ; elle profiterait 
au corps médical, en diminuant le nombre des sage-femmes ; 
elle profiterait à ces dernières, en les rehaussant dans l'opi- 
nion du public ; et elle profiterait surtout à la société qui se 

trouverait à l'abri des nombreux accidents qui surviennent 

2m 



16 l'union mîdicalb du canada. 

dans Tétat actuel. Nous espérons que le Collège des Méde- 
cins et Chirurgiens du Bas-Canada, prendra nos suggestions 
en bonne part, et qu'il y fera droit, en opérant une réforme 
que la profession désire, que le public demande, et que l'hu- 
manité exige. 

Dr. a. Daqenais. 



•♦ <*• 4^ •«• ^^^ 



Empoisonnement de bait personnes par les Tapeurs de la bouille. 

Le 4 Décembre, à 7 heures du matin, je fus appelé, en tou- 
te hâte, par Peter Fagan, demeurant au No. 245 de la rue 
Aqueduc, pour porter secours à sa famille qui était empoi- 
sonnée, selon toute apparence. Il était sous l'impression que 
certains biscuits, mangés au souper de la veille, pouvaient 
contenir du poison. Je me rendis promptemen ta son domicile. 
En entrant, au premier étage, je respirai une forte odeur de gaz 
sulfureux, et je n*eus, dès lors, aucun doute sur les causes de 
Taccident. Un poêle rempli de houille de la Nouvelle- Ecosse, 
et trop bien fermé avait rempli la maison de gaz délétères. 
J'en ouvris bien vite la clef, et montai au second étage, par 
un escalier ouvert : toute la famille y couchait dans deux 
chambres sans issue. Une jeune fille de seize ans, 
gisait par terre, privée de sentiment : elle s'était évanouie 
en voulant secourir sa mère atteinte de vomissements, et 
d'une violente céphalalgie. Sur quatre jeunes enfants qui 
habitaient aussi celte chambre, l'un avait des convulsions, et 
les trois autres étaient dans un état voisin de la syncope. 
J'établis aussitôt un courant d'air, en ôtant les doubles chas- 
sis ; j'agitai les enfants, dont deux, ainsi que la mère, eurent 
pendant longtemps des nausées. La jeune fille recouvra 
bientôt ses sens. J'administrai des cordiaux, fis des frictions, 
&c., et les quittai, après m'ètre assuré que tout danger était 
disparu. A 10 heures, je les revis : un jeune garçon de dix 
ans était seul debout ; les autres, encore au lit, accusaient 
nne céphalalgie intense et une prostration extrême. Je 
continuai les stimulants, et fis encore renouveler l'air. Le J 

lendemain, toute la famille était debout, mais Madame Fagan 



'l'union HiDIOALB BU CANADA. 17 

«ut alors un éblouissement subit, en voulant se baisser, et 
faillit tomber la face contre terre. Chose étrange, un enfant 
à la mamelle ne parut point être affecté par cet air empoison- 
né, et échappa complètement à son influence, quoiqu'il fut 
avec sa mère durant toute la nuit 

J'attribue l'issue des gaz carbonés et sulfurés à l'extrême 
longueur du tuyau, à ses nombreux coudes, à l'occlusion trop 
parfaite de la i>artie commandée par la clef, et encore à la lour- 
deur extraordinaire de l'atmosphère, pendant cette nuit-là. 
(Plusieurs autres logis, à ma connaissance, où l'on avait con- 
servé de la houille en combustion, dans le même temps, con- 
tenaient, le matin, un air difficile à respirer, l'attraction du 
dehors étant presque nulle. 

On ne saurait trop, selon moi, mettre les familles en garde 
contre les accidents que peut entraîner la combustion de la 
houille. L'empoisonnement lent par ces gaz est plus com- 
mun qu'on ne le pense généralement parmi le peuple, et tel qui 
se plaint pendant tout l'hiver de maux de tête, de palpitations 
de cœur et de prostration continuelle, n'aurait qu'à faire con- 
naître au médecin son mode de chauffage, pour lui rendre le 
diagnostic facile. 

Dr. L. J. p. DesRosiers. 



OOBBESFONDANGE. 



lyfessieurs les Rédacteurs de V Union Médicale, 

Esc-il bien vrai que nous allons avoir un journal de mé- 
decine écrit en français ? 

Allons-nous enfin secouer le joug abrutissant de l'apathie 
qui a pesé sur nous jusqu'à ce jour, d'une manière si con- 
tinue ? 

J'en suis ravi, vraiment. 

Saluons avec bonheur le jour qui va nous offrir un hori- 
zon nouveau, souriant, plein d'espérance et de promesses ; 
réjouissons nous sincèrement d'hn événement destiné à ser- 
vir nos intérêts, et le plus propre à maintenir, parmi nous, 



18 l'union médicale du canada. 

cette communauté de sympathies, d'affections, de bons rap- 
ports qui doivent exister entre tous les membres d'un même 
corps. 

S'il m'était permis de puiser dans les trésors de l'expression, 
je serais tout orgueilleux de démontrer que, tout en contri- 
buant à enrichir la République littéraire canadienne, notre 
Journal de médecine pourrait assurer, ici, à notre profes- 
sion, ce cachet de noblesse et de vérité, de force et de lu- 
mière qui nous habitueraient à ignorer les honteuses in- 
quiétudes de la jalousie, le tourment de la haine, la bassesse 
de nuire, et qui nous inviterait ou mieux qous obligerait à 
recevoir et donner avec droiture tous les conseils et les juge- 
ments de l'impartialité, à applaudir tout haut aux vrais suc- 
cès, et à ne chercher que le bien, le progrès et l'embellise- 
ment de notre art. 

Pour nous, un journal de médecine, c'est la voix qui fera 
connaître nos espérances ou nos craintes, notre force ou 
notre faiblesse ; c'est la voix qui fera connaître et compren- 
dre nos besoins, qui défendra nos droits méconnus ou mépri- 
sés, et flétrira, sans merci, tout ce qui pourrait être pour nous 
une cause de honte et d'avilissement ; c'est la route couverte 
de fleurs et de fruits laissant échapper les émanations pures 
et suaves de la science : c'est le phare qui pourra, sous cer- 
taines circonstances critiques, nous faire éviter de grands 
périls et nous assurer une route sûre, sans écueils ; enfin, 
c'est un des nombreux éléments capables d'assurer notre 
autonomie nationales sur le sol canadien. 

Mais pour assurer à la portion française des médecins du 
Canada tous les avantages liés à l'existence d'un journal de 
médecine écrit en leur langue, il faut que chacun d'entre 
nous livre assaut à cette tendance qui nous porte malheu- 
reusement au far niante littéraire et que nous envisagions, 
tous, sérieusement, les conséquences fâcheuses qu'entraîne- 
rait une indifférence coupable. Réparons le temps perdu, et 
attachons nos pensées aux intérêts nationaux, professionnels 
et scientifiques confiés à la mission de notre journal de mé- 
decine. 
Sans parler de nos hôpitaux, qui offrent un champ d'obser- 



l'union MiDICALS DU CANADA. 19 

Talions immense, la pratique journalière, tant dans nos villes 
que dans nos campagnes, appporte un riche butin à une pu- 
l)Iication médicale ; et la presse médicale étrangère nous 
présente un auxiliaire respectable. Avec tous ces éléments 
de succès, sachons utiliser les enseignements ds la science et 
daignons prendre des notes dans le livre vivant de Fhumanité 
souffrante. 

Quelle perspective attrayante et souriante attendrait notre 
journal si la moitié, seulement, des médecins canadiens- 
français de la Puissance faisaient le sacrifice de quelques 
heures de travail dans le cours d'une année, pour fournir à 
leur organe, chacun, un article sur uu des nombreux sujets 
qui peuvent intéresser notre art ! 

A Tœuvre, et n'oublions pas que nous sommes les artisans 
de notre prospérité et de notre bonheur, comme nous pou- 
vons être les auteui'S coupables de notre propre ruine. 

Sous l'empire de ces considérations, je me donnerai le 
plaisir de parler un langage que j'oublie, me reposant d'avance 
sur la bienveillance de mes confrères, spécialement de ceux 
de nos villes, dont le tympan n'est, peut-être, pas tout-à-fait 
sympathique aux mots : Médecin de Campagne. 

L'isolement scientifique du ftiédecin obligé d'exercer son 
art loin des grands centres, le cercle étendu de ses devoirs 
tracé par la main terreuse des maladies, et les longues cour- 
ses qui absorbent les trois quarts de son temps, le condam- 
nent, malgré son bon vouloir, à suivre le progrès d'un pas 
inégal, comme l'enfant suivant son père. Veuillez nous écou- 
ter, bienveillants confrères des villes, avec la permission de vo- 
tre conscience médicale ; écoutez-nous parler sans être pré- 
venus défavorablement par notre style pittoresque et gothi- 
que ; par les attentions que vous nous accorderez, nous vous 
étalerons les trésors de notre expérience avec la bonhomie 
du sauvage apportant au voyageur ror dont il ignore la va- 
leur. (!) 

Accouchement... — ^En 1867, dans la nuit du 26 au 27 de 
Mars, j'étais appelé auprès d'une femme en couche, Marcel- 
Une Sauvé, femme de Louis Brunette, paroisse des Cèdres. 
D'une constitution et d'un tempérament bien ordinaires, 



20 l'union médicale du CANADA. 

cette femme s'était mariée en 1860, à un âge assez avancé et 
jouissait déjà de la réputation d'avoir des accouchements^ 
laborieux. En effet, en 1861 et en 1863, j'avais été appelé au- 
près d'elle (après la sage-femme du (Janton^) et avais été obligé 
d'employer les Forceps dans le premier cas et le Seigle er- 
goté, dans le second. En 1867, à mon arrivée près de la ma- 
lade, les eaux de Vamnios étaient écoulées depuis plusieurs* 
heures, et les douleurs commencées depuis trois jours, d'après 
les déclarations officielles de la sage-femme et de la patiente.. 
A première vue, celle-ci qui était de haut« taille, ne parais- 
sait pas souffrir, et offrait un abdomen rassurant, sous le rap* 
port du développement ; mais la main appliquée sur la tu- 
meur utérine, me fit constater qu'il y avait contraction de 
l'organe offrant un diamètre transversal qui me mit sur mes 
gardes. L'examen per vaginam me ût connaître un commen- 
cement de dilatation permettant à peine l'introduction de l'in- 
dex qui ne put rien établir; l'élévation de la partie qui se pré- 
sentait rendant le toucher très difficile. 

Comme la femme n'accusait aucun mouvement de l'enfant 
depuis longtemps, je me confiai à l'expectative, tout en soup- 
çonnant une présentation du tronc. La main appliquée, de 
temps à autre sur l'abdomen, ifte confirma qu'il y avait con trac- 
tion irrégulière, permanante, de la matrice ; et cependant la 
femme paraissait calme, et le jour arrivé, elle se mit à faire 
son petit ménage comme si rien ne fût; il n'y avait que quel- 
ques contractions des muscles de la face qui me disaient 
quelquefois qu'il y avait exacerbation des douleurs do l'ac- 
couchement. 

Sui /ant de près les progrès de la dilatation qui se faisait at- 
tendre, je pus entre sept et huit heures de l'avaiit-midi, m'as- 
surer que j'avais affaire à une présentation du plan latéral* 
droit, céphalo-iliaque gauche^ l'occiput de l'enfant regardant 
l'aîne gauche de la mère, deux heures après, environ, je me 
préparai à faire la version ; car dans le cas actuel il m'était 
défendu de reposer quelque confiance dans les asssertions de 
Denman. 

Pas de version spontanée à espérer. J'introduisis ma*, 
main droite, secundum artem^ que je pus faire parvenir sur let 



l'union HiDIOALS DU CANADA. 21 

plan antérieur du fœtus, après beaucoup de difficultés de la 
part de l'utérus qui était fortement contracté et de la mère, 
dont les mouvements et les gémissements contrastaient sin- 
gulièrement avec l'état de calme dont elle avait paru jouir 
jusqu'à ce moment-là ; je fis une pause, puis je voulus diri- 
ger ma main vers l'extrémité pelvienne, mais les difficultés 
redoublèrent : sentant bien l'abdomen du fœtus, ma main 
heurtait une cloison faite par une contraction irrégulière de 
la matrice — seconde pause — puis faisant appel à toute mon 
habileté^ je tentai l'introduction de ma main dans l'anneau 
que formait l'utérus et qui comprimait le corps de l'enfant 
vis-à-vis la région ombilicale. Vains efTorts. Aux prières et 
aux cris perçants de la mère, je retirai ma main que j'avais pu 
cependant introduire jusqu'à l'articulation des phalanges 
avec le métacarpe. 

N^ayant jamais rencontré un obstacle de cette nature, dans 
les quelques cas de version podalique que j'avais rencontrés 
depuis mon entrée dans la pratique, ma théorie s'embrouilla 
un instant, et je faillis perdre mon sang-froid, (si précieux). 

Après une demi-heure de repos, environ, j'introduisis de 
nouveau ma main jusqu'au détroit utérin^ puis, encourageant 
de mon mieux la malade, je tâchai de vaincre l'obstacle ; 
mais il me fallut faire des efforts qui m'étonnèrent, et lutter 
pendant longtemps contre la résistance de C anneau^ avant de 
pouvoir introduire ma main dans la seconde chambre de la 
matrice, où logeaient l'extrémité pelvienne et le placenta. 

Un rayon d'espérance vint alors me fortifier ; mais, hélas ! 
la paume de ma main sentant bien la cuisse droite de l'en- 
fant était incapable de la saisir, malgré les efforts réitérés et 
consciencieux ; vaincu moi-môme par la douleur, je dus reti- 
rer cette main dont les mouvements impuissants m'avaient 
au moins rendu le service de constater que j'avais affaire 
à une singulière présentation du tronc. J'ai dit, tout-à- 
l'heure, que j'avais reconnu la position céphalo-iliaque gauche^ 
l'occiput me regardant ; je n'étais pas dans Terreur ; mais la 
main en s'acheminant péniblement vers l'extrémité pelvien- 
ne du sujet à extraire eût la faculté de rencontrer l'ombilic 
et de me dire franchement que ce point regardait le sommet 



22 l'union médicale du canada. 

de la mère, et, arrivé à Textrémité pelvienne elle m'assura, 
sans laisser prise au doute, que les parties génitales et les ge- 
noux de l'enfant regardaient l'aine droite de la mère, de sor- 
te que j'obtins la conviction fondée qu'il y avait une espèce 
de torsion du tronc. 

Je demandai du secours et j'envoyai chercher mon confrère, 
Mr. le Dr. A. Valois, de Vaudreuil, qui, vu le mauvais état 
des chemins, n'arriva qu'au bout de trois heures, pendant les- 
quelles la malade put jouir d'un repos comparativement ré- 
parateur. Mon confrère, dans sa première tentative, ne fut 
pas plus heureux que moi. Nous tînmes conseil : il fut ques- 
tion de saignée ; il fut question de chloroforme (nous n'en 
avions pas) et nous nous décidâmes à administrer une forte 
dose de morphine. Au bout d'une heure et demie, n'ayant 
pu, ni l'un, ni l'autre, opérer la version, nous donnâmes de 
nouveau une dose de morphine plus élevée, convaincus, cette 
fois, que nous réussirions ; car Vanneau utérin était moins ri- 
gide. Me sentant trop abbattu, je priai mon confrère, une 
heure après cette seconde dose, de terminer l'accouchement ; 
mais la main de celui-ci, étant plus développée que celle qui 
trace ces lignes, réveilla les colères de l'utérus et le désespoir 
de la mère. 

Je dus enfin terminer l'accouchement par la version pel- 
vienne que je pus opérer, sans trop de difficultés, à notre 
grande satisfaction. 

Le calme revenu, nous ne pûmes, mon confrère et moi, ca- 
cher notre étonnement, au sujet de cet accouchement qui ve- 
nait de nous faire constater un véritable enchatonnement de 
r extrémité pelvienne^ et une torsion non moins équivoque du 
tronc de l'enfant, auquel il était encore très facile de faire re- 
prendre la môme position, en dehors du sein de sa mère. 
(L'enfant était mort). 

Après avoir réparé nos forces à une table, que nous aurions 
désirée voir chargée des libéralités de la Société St. Vincent 
de Paul, nous nous séparâmes, en rendant hommage, avec 
Boherhave et Sydeuham, à l'importance de l'opium et ses 
préparations. 



l'union MtDIOALS T>V OANADA. 23 

Et une semaine après, la mère succombait à une Métrite 
puerpérale. 

Maintenant, liberté à la critique, aux commentaires et aux 
remarques. 

•Pai l'honneur d'être, Messieurs, 

Votre dévoué, 

Dr. Léonard Age. Fortier. 
St. Clet, 25 Novembre, 1871. 



9 



CORPS ETKAKGSR DiKS U TESSIE. 

PAR LE DR. S. GAUTHIER, DE MONTRÉAL. 

Le 6 Juin dernier, je fus consulté par une jeune femme de 
24 ans, mariée depuis environ 4 ans, et sans enfants ; elle 
disait avoir une poignée de parapluie dans la vessie. 

Etonné d'une pareille confidence, je lui demandai le détail 
de son aventure, ce qu'elle fit à peu près en ces termes : 

^^ Mon mari me disait souvent que je ne devais pas être 
'^ conformée comme les autres femmes, puisque je n'avais 
^' pas d'enfants : cela me fesait de la peine, et je résolus de 
" m'enquérir, près des vieilles commères du village, de ce 
'^ qu'il fallait faire pour avoir de la famille, et comment 
** il fallait s'y prendre. Une d'elles me répondit qu'en effet 
^' je n'étais pas faite comme les autres, et s'efforça de me 
'^ convaincre que les enfants se fesaient dans le passage de 
*' l'urine. 

" Imbue de cette idée, je pris le moyen de découvrir ce 
" conduit : après avoir réussi dans mes recherches, je de- 
*' meurai convaincue que j'étais une exception à la règle gé- 
" nérale. 

^' Je me décidai à agrandir cette petite ouverture de la ma- 

^' nière suivante : je pris une petite bouteille, plus petite que 

^^ mon petit doigt ; j'introduisis, avec douleur, une de ses ex- 

*' trémitôs dans l'ouverture de l'urèthre ; j'employai ce 

-^^ moyen plusieurs jours de suite, chaque jour avec moins de 

^^ difficulté, et, à la fin, avec une certaine jouissance. 



24 l'union MiDIOALE DU OANADA. 

" Après avoir dilaté l'ouverture tour-à-tour, avec mes doigts,^ 
" à partir du plus petit jusqu'au plus gros, je résolus d'aug- 
^' monter la dilatation, en faisant usage de la poignée brisée 
" d'un manche de parapluie en bois, que j'avais ramasée 
" (sans penser que cette trouvaille me serait aussi funeste) 
" sur le marché de la grande rue St. Laurent, il y a 4 ans. 

" Ce corps présentait à sa plus grosse extrémité, des angles 
'' aigus qui pouvait me blesser, je les taillai avee un cou- 
" teau ; je commençai les mêmes manœuvres de dilatation, 
" avec ce nouvel instrument, lui imprimant des mouvements 
" circulaires pour suppléer à son manque de volume. 

" Mon travail, mes peines arrivaient à leur fin ; j'était sur 
" le point de dire à mon mari que désormais je serais une 
" femme comme les autres, apte à la procréation, quand, dans 
" un moment d'excitation, je laissai pénétrer ma pièce en 
" bois trop avant dans la vessie, et elle me glissa des doigts. 

" Je fis d'inutiles tentatives pour l'extraire, en plongeant 
" tout l'index dans mon ventre (dans la vessie) par l'ouvertu- 
" re que j'avais tant agrandie. 

" Je demeurai inquiète et résolus d'attendre l'œuvre de la 
" nature, c'est-à-dire, l'émission des urines ; j'avais l'espoir que 
" cette opération me débarasserait du corps étranger, 

" Vain espoir ! les douleurs me rongeaient dans le bas ven- 
" tre ; les urines passaient sanguinolentes, goutte par goutte,. 
" à chaque instant; mon appétit se perdait ; je n'avais plus de 
" sommeil ; le cours des matières fécales était complètement 
" suspendu. 

" Mon mari et moi, nous décidâmes d'aller quérir les soins 
" du médecin du village. 

" Celui-ci, après avoir entendu mon histoire, secoua la tête 
" et prescrivit quelque chose qui ne me donna aucun soula- 
" gement. Quelques jours après, je le visitai de nouveau ; 
*' je lui dis que j'allais mourir, s'il ne trouvait pas un moyen 
" de me guérir. Il répondit que, n'ayant pas les instruments 
" convenables pour faire l'opération, il me conseillait de me 
" rendre en ville, où je trouverais des médecins qui feraient; . 
" l'opération nécessaire. "—C'est le huitième jour, après sas. 
mésaventure, que cette dame est venue me consulter. 



l'union MiBIOALX DU CANADA. 25* 

Jugez de son état de faiblesse, et de soui&ances ; tous ses 
traits étaient décomposés. 

Ayant à expédier d'autres patients, je du la faire attendre^ 
quelques minutes avant de savoir le sujet de sa visite. Pen- 
dant ce court intervalle, elle ne put résister au besoin de ren- 
dre ses urines. 

Ayant des douies sur la véracité complète du fait relaté 
ci-dessus, je dirigeai mes examens du côté du vagin et du 
rectum ; n'ayant rien découvert, il fallut bien explorer la 
vessie, et admettre que le corps étranger était logé dans ce 
dernier organe, (comme elle disait dans son langage vulgaire, 
dans le passage de devant.) 

Le tintement métallique de la sonde, sur un corps dur, ne 
me laissant aucun doute, j'introduisis le long forceps à polype^ 
et je saisi le corps étranger par son milieu. 

Il était placé en travers, dans le plus grand diamètre de la 
vessie, sa partie convexe touchant la face interne du pubis. 

Après l'avoir tiré à l'ouverture de l'urètre, je reconnus 
aussitôt l'impossibilité de le faire sortir dans cette position ; 
je l'abandonnai pour le saisir par une de ses extrémités ; je- 
l'approchai de nouveau près de f ouverture de l'urètre^ et, 
je le sentis s'arrêter sur le pubis. 

Alors j'introduisis l'index de la main gauche dans la vessie^ 
je produisis un mouvement de bascule qui plaça le corps^ 
étranger dans la direction de l'ouverture : 

Dans cette position, je n'eus plus aucune difficulté d'en 
faire l'extraction. 

La Cystite aigùe, qui, en outre des symtômes communs à 
cette maladie, était accompagnée d'une éruption pustuleuse 
sur toute la surface de l'abdomen, céda facilement par le trai- 
tement ordinaire. 

Quelques jours après l'opération, la santé de la femme se 
rétablit, et elle m'a dit depuis, n'éprouver aucun inconvé- 
nient. 

Mesure de la poignée de parapluie extraite de la vessie do 
Dame XXX. Longueur, 2 pouces, 5J lignes ; Circonférence^ 



26 l'union médioale du canada. 

2 pouces, 7^ lignes ; Grand Diamètre, 11 lignes; Petit Diamè- 
tre, huit lignes. Ce spécimen peut être vu à la Pharmacie 
Française du Docteur S. Gautier, vis-à-vis le Marché, No. 
190. Rue St. Laurent. 



-*♦-♦• 



HOTEL-DIEU 



L'Ho tel-Dieu de Montréal, fondé en 1642, par Melle. 
Jeanne Mance, quoique très modeste dans ses commence- 
ments, est devenu, après des revers successifs, un vaste éta- 
blissement, qui est tout à la foi une gloire pour la religion et 
pour le pays Les malades en grand nombre y viennent 
tous les jours chercher le soulagement à leurs souffrances, et 
leur santé perdue. 

Pour pouvoir apprécier toute son importance, et avoir 
une juste idée du bien qu'il fait, il faudrait connaître le 
nombre de malades qu'il reçoit par année, leurs maladies, les 
opérations qu'on y fait, les guérisons et les insuccès. 

Par les Statistiques de cette année, on voit que depuis le 
mois de Janvier dernier au mois de Novembre, il y a eu 2202 
malades admis à l'hôpital ;*sur ce nombre, 1560 furent guéris, 
443 non guéris, 65 incurables, et 135 décès. On a fait un 
nombre assez considérable d'opérations dans cette espace de 
temps ; mais comme jusqu'à présent on n'a pas suivi un sys- 
tème régulier de classification, il est presque impossible d'en 
faire un compte rendu satisfaisant. On peut faire la même 
observation pour les autres maladies : c'est pourquoi je dois 
réclamer l'indulgence de mes lecteurs Jpour le tableau 
que je présente ci-dessous. J'espère que, malgré son im- 
perfection, il donnera un peu de satisfaction, au moins, par 
sa nouveauté. L'année prochaine il sera plus complet, plus 
régulier. Je suis heureux de pouvoir ajouter, que les Sœurs 
toujours pleine de dévouement, se proposent de donner aux 
Professeurs de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Mont- 
réal qui ont la direction du département médical de l'Hotel- 
Dieu, toutes les facilités possibles, pour leur permettre de 
placer leur hôpital sur un pied qui ne laissera rien à désirer. 



L'TJNIOIf MÉDICALE DU OANABA. 



2T 



Tableau des Maladies traitées à THotel-Dieu depuis le mois 
de Janvier 1871, au mois de Novembre dernier. 



Maladies. 






Asthme 

Anasarque , 

Ascite 

Appoplexie Pul 

Abcès 

Angioleuoite 

Abcès Scrof 

Appoplexie 

Amenorriiée 

Anémie 

Amygdalite 

Arthrite ..... «. •. 

Albugo 

Bronchite 

Biépharite », 

Blennorrhée 

Brûlure 

Bec-de-LièvTO 

Gephalagie 

Cataracte 

Cystite 

Colite 

Coméite 

Chorée » 

Carie 

Choiera (pays) 

Choiera (A) 

Cérebrile 

Coqueluche 

Coxalgie » 

Chlorose 

Cancer 

Cancer, uter« .• 

Contusion ., ., 

Constipation 

Coryza 

Colique 

Cardite..... 

Cholérine 

Dyspnée » 

Débihté 

Diarrhée 

Dyspepsie 

Dyssenterie 

Dislocation ,....• 

Entorse 

Epi&taxis 



6 
5 
5 
2 
26 
4 
2 
1 
17 
33 
19 
5 
4 
13t 
4 
8 
11 
2 
9 
10 
9 
1 
10 
4 
4 
1 
1 
5 
1 
3 
7 
12 
1 
24 
7 
3 
5 
26 
10 
4 
42 
23 
37 
19 
6 
2 
2 



Maladies. 



S» 

au 

O (X> 



Bntropion 4 

Ectropion 3 

isrysipeie.. .*••.••«• ...mmm . ...m .....m i v 

Exanthème...... 6 

Epilepsie , 9 

Entente 10 

Entero colite 1 

Engelure (pied) 3 

Emphysème pulm 1 

Endocardite t 

Fièvres 60- 

Fièvres typhoïdes 4 

Fièvres inlerm.. 10 

Fistule « 6 

Fistule, V. V «... 1 

Fracture »•... 12 

Furoncle 4 

Fièvres Scarlat, 1 

Gastrite ^ 4 

Gastr. Embarras» 215 

Gangrène P 1 

Hépatalgie 2 

Hépatite 13 

Hyperthropie, Cœur 7 

Hernie 4 

Hernie étranglée 2 

Hydropisie 6 

Hémorrhoïdes 6 

Hémoptysie & 

Hystérie 12 

Hypochondrie 1 

Herpès - 7 

Hémorrhagie 1 

Iritis a 

Impétigo 6 

Ictère 7 

Ischurie 2 

Kyste, Ov 4 



Lupus 

Leucoma 

Lumbago .... 
Leucorrhée .. 

Lèpre 

Laryngite .... 

Manie 

Monomanie ., 



4 
1 
6 
5 
1 
l 
8 

^ 

Métralgie 12 



1 jMétrorrhagie 



28 



l'union MiDIOALS DU CANADA. 



Myopie 

Méningite 

Méningite spinal. 

Métrite 

Névrose 

Nécrose 

Otite 

Ophtalmie 

Orchite 

Ozène , 

Ossifi:arter 

Pieurisie 

Pleurodynie 

Pleuropnomonie .. 

Pneumonie 

Phthisie 

Péricardite 

Paralysie 

Péritonite 

Prolap : Uteri 

Panaris 

Paracentèse 

Psoriasis - 

Plaies 

Polype nasal 

Phlegmon 

Paraplégie 

Partus 

Pied bot 



•••••«•••••••• 



1 
6 
2 
4 

10 
3 
8 

46 
3 
2 
4 
6 
9 
9 
6 

49 
5 

19 
3 
7 
7 
3 
5 

21 
4 
4 
6 
3 
1 



Prurigo 3 

Pterj'gium 1 

Polype utérin l 

Rhumatisme chro ^ 84 

Rhumatisme aigu ~6 

Retrov. uter 2 

Strabisme 2 

Strict. U l 

Squirrhe 4 

Synovite 2 

Scrofules 3 

Stomatite ^ 1 

Syph. second 6 

Scabies 2 

Synov. chr 1 

Strict, rect., 1 

Tinea Capitis 8 

Tympanite ... 3 

Torticolis 2 

Tumeur 7 

Ténotomie 3 

Ulcères 49 

Ulcères, S ^ 10 

Vieillesse 90 

Variole 183 

Vers 

Varice 

Vertige ^ 31 



N. B. — Cette liste n'a rapport qu'aux malades qui, au mois de Novembre, 
ne se trouvaient plus sous les soins des médecins. 



J. P. ROTTOT. 



Montréal, Janvier 1872. 



TUMEUB PELVIENNE. 



HOTEL-DIEU. — CLINIQUE DU DR. MUNRO. 



Rapporté par J. H, LaRocque^ Etudiant en Médecine, 



Ce cas mérite d'attirer Tattentiou des médecins sous plu- 
sieurs rapports, mais surtout parce qu'il servira à démontrer 
avec quelle apparence de vérité, les symptômes peuvent si- 
muler une maladie qui n'existe pas le moins du monde, et 
combien il est difficile parfois, sinon impossible de faire un 
véritable diagnostique. 



l'union MiDICALS DU CANADA. 29 

Une jeune personne du nom de Âda Thibaudeau, âgée de 
^ngt ans, était affectée depuis plusieurs années de bronchite 
tuberculeuse et menacée par héridité de phthisie pulmonaire. 
Dans le cours du mois de Juillet dernier, elle se présenta à 
l'office d'un des professeurs de l'Université Victoria, se plai- 
gnant d'une douleur assez intense qui avait son siège princi- 
pal dans l'articulation coxofemorale, et qui se répandait jus- 
que dans le genoux. 

La malade n'avait fait aucune chute, ni reçu aucun coup. 
Se basant sur la théorie du tuberculosis, et sur la connais- 
sance qu'il avait de la constitution de la patiente, le médecin 
crut à l'existence d'une coxalgie déjà passée à son second de- 
gré, La douleur étant très intense, il fit usage de calmants à 
des doses assez élevées et eut aussi recours à l'iodure de po- 
tassium. 

La maladie continuant toujours ses progrès, la patiente se 
décida à entrer à l'Hôtel-Dieu où elle fut reçue le quatre Oc- 
tobre dernier. L'examen du cas fut fait assez succintement, 
car la malade ne voulait se soumettre à aucune opération à 
cause de la douleur intense que lui causait le moindre at- 
touchement. Dirigés aussi par cette prédisposition apparente 
è, la phthisie tuberculeuse, et par l'ensemble des symptômes, 
les médecins partagèrent l'opinion de celui qui, le premier, 
avait déjà traité la maladie ; et ils décidèrent que l'on avait 
affaire à un cas de coxalgie. Tous les symptômes généraux 
et locaux venaient en effet à l'appui de ce diagnostic : les 
muscles étaient dans un état de contraction très forte, le 
membre fléchi en dedans, le pli périnéal plus bas du côté af- 
fecté que du côté saiu, le pli anal ainsi que l'apophyse épi- 
neuse supérieure antérieure de l'ileum étaient dirigés vers 
le côté affecté, la fesse visiblement déprimée, et l'angle d'in- 
clinaison du bassin beaucoup plus prononcé. La douleur 
très vive s'aggravait encore par le moindre mouvement, la 
moindre pression, cette douleur se transmettait sympathique- 
ment jusque dans l'articulation du genoux par la distribution 
4es branches du nerf obturateur. 

Plusieurs jours s'écoulèrent ainsi et la pauvre malade, pour 
•calmer ses douleurs, fut réduite à faire usage des calmants 



30 l'union MtDICALS DU CANADA. 

les plus énergiques, et à des doses très élevées. Vers les pre- 
miers jours de Novembre, les médecins ne constatant aucun, 
changement apparent, si ce n'est, un plus grand état de fai- 
blesse, se décidèrent à faire usage du chloroforme, afin de 
constater plus directement l'existence de la maladie soupçon- 
née et de pratiquer les opérations exigées en pareilles cir- 
constances. 

Mais quelle ne fut pas leur surprise, lorsque tous les mus- 
cles de la vie de relation étant dans un état de relâchement 
parfait, ils purent placer le membre afTecté dans sa position 
naturelle, l'étendre autant que l'autre et faire exécuter à la 
cuisse ses différents mouvements. L'examen fut poussé plus 
loin, et bientôt la prétendue coxalgie se changea en une tu- 
meur ferme, immobile, ayant son siège dans la fosse iliaque 
gauche et qui par la pression qu'elle exerçait sur les parties 
environnantes, donnait au côté affecté une apparence telle, 
que tout inidqait, comme nous l'avons déjà vu, une coxalgie 
à son second degré. 

Tant il est vrai qu'il ne faut pas toujours se plier aux capri- 
ces des malades, et que l'on doit avoir recours à toutes les 
ressources de l'art afin de bien diriger son diagnostic sans 
quoi l'on s'expose à tomber facilement dans l'erreur. 

Ne connaissant pas de quelle nature pouvait être cette 
tumeur, on eut de nouveau recours à la médication expec- 
tante : les calmants furent continués et l'on tenta les appli- 
cations émoUientes pour tâcher d'amener la suppuration. 
Pendant quelques jours, ce traitement fut continué sans 
aucun succès apparent, et alors les médecins décidèrent 
d'explorer la tumeur afin d'en reconnaître la nature : le tro- 
cart fut donc introduit dans la partie affectée et au lieu de 
pus l'on ne vit sortir {de la plaie que des matières sébacées 
de consistance caséeuse, ce qui parut confirmer l'opinion 
émise d'abord que l'on avait affaire à un développement de 
tubercules. Une mAcho fut introduite dans l'ouverture prati- 
quée sur la tumeur, les applications émoUientes furent con- 
tinuées ; mais depuis quelques jours, la plaie s'est entière- 
ment fermée, la malade dit que ses douleurs vont toujours 
croissantes, son appétit, son sommeil son nuls ; elle dépérit à 



l'itnion médicals du canada. 31 

vu e d'œil; en efTet, la fièvre heckique s'est emparée d'elle et 
viendra bientôt mettre fin à ses souffrances ; alors l'autopsie 
nous permettra de vous dire dans un autre numéro, la nature 
de la tumeur, son point d'attache, et la cause des doulenrs 
dans l'articulation et la jambe. 



OPERATION DE LA LITHOTOHIE. 



RAPPORTÉ PAR CHS. FILIATREAULT, ET. MÉD. 



Le 23 Octobre dernier, notre savant professeur, le Dr. Mun- 
ro faisait, pour la cent cinquantième fois, une de ces belles 
opérations qui lui ont acquis une réputation presque sans ri- 
vale en ce pays. Le nom du Dr. Manro est tellement ident 
tifié aux progrès chirurgicaux des trente dernières années, 
que l'histoire de sa vie serait celle de la chirurgie canadien- 
ne depuis cette date. 

Les professeurs de l'Université Victoria,'ainsi que la plupar- 
des élèves, étaient réunis dans la salle d'opération de l'Hôtel- 
Dieu de Montréal, pour assister à l'opération de la taille. 

Un vieillard de soixante-et-dix ans, du nom de François 
Chartrand, demeurant au Village Si. Jean Baptiste, souf- 
frait depuis quatre ans de douleurs très aigiies dans la 
vessie. Il dit avoir passé du sang dès les.premiers jours de 
la maladie, et, durant les deux dernières années surtout, l'é- 
mission des urines, devenue de plus en plus difficile et dou- 
loureuse, ne s'effectuait qu'à force de manipulations et tou- 
jours en très faible quantité. Las de souffrir, il vint à l'Hô- 
pital, le 22 Octobre dernier, demander à la chirurgie le mieux 
qu'il n'avait pu obtenir d'ailleurs. 

Après un court examen, le Dr. Munro constata la présence 
d'un calcul dans la vessie et annonça qu'il en ferait l'extrac- 
tion dès le lendemain. 

Assisté du Dr. Beaubien, qui tenait la sonde, le Dr. Munro 

pratiqua l'opération latérale, et fit l'extraction d'un calcul 

pesant une once, long de deux pouces et demi, d'un pouce 

et demi d'épaisseur latérale et de forme ovoïde. La difflcul- 

3 X 



32 l'union hédioale du canada. 

té de ropération, en cette circoastâoce, consistait surtout dans 
répaisseur du périné qui était de plus de trois pouces. Du 
second coup de scapel cependant le chirurgien parvint à la 
vessie ; l'extraction demanda toute la force de ces deux bras. 
Le patient fut ensuite soumis à un régime doux et léger. La 
plaie ne fut assujettie qu'à un pansement simple. Aucun 
instrument ne fut mis dans la plaie pour faire écouler les 
urines, comme cela se faisait autrefois. Coutume rejetée 
comme mauvaise et retardant la guérison ; la compliquant 
souvent par la présence de ce corps étranger, nuisant à l'u- 
nion des bords de la plaie. Les urines reprirent leur passa- 
ge naturel le t7ème jour et continuèrent depuis ce temps, à 
s'écouler par la verge. 

Pendant tout le temps de la convalescence, à part quelques 
petits élencements durant les premiers jours, aucune douleur 
un peu vive, aucune imflamation ne vinrent tourmenter le 
patient, ni déranger son sommeil. Si bien que quatre jours 
après l'opération il demandait a retourner chez lui. Cette 
permission lui fut accordée le 27 Novembre. Alors par- 
faitement guéri, il reprit, alerte et joyeux, le chemin de ses 
pénates, bénissant la mémoire de celui qui l'avait arraché 
à une mort aussi certaine que prochaine. 

Je le rencontrai dans les premiers jours de Décembre, se 
promenant dans les rues du Village St. Jean-Baptiste, et se 
portant, disait-il, mieux qu'il n'avait jamais été. 



Société Médicale de Montréal. 



Nous publions ci-après les rapports des différentes assem- 
blées qui ont eu lieu à Montréal dans le but de fonder une 
Association parmi les médecins parlant la langue française. 
Nous n'avons pas besoin d'ajouter que ce mouvement ren- 
contre toutes nos sympathies comme celles de tous les vrais 
amis de la science. 

Tout ce qui tend à élever le niveau de la Profession Médi- 
cale et à lui JEaire prendre dans la société la place honorable 



l'union MiDIOALS BU CANADA. 33 

•qui lui revient de droit, recevra toujours notre concours le 
plus empressé. Déjà dès les premières réunions convoquées 
4ans le but de fonder le journal de médecine, Tidée de for- 
mer une association, avait été émise plusieurs fois et avait 
rencontrée l'assentiment 'générale. Après avoir réussi par 
la bonne entente et des efforts généreux à fonder un journal 
de médecine sur des bases solides, les membres de la Profes- 
sion Médicale se sont réuni de nouveau et ont réusis à fonder 
une société propre à cimenter l'union qui doit exister entre 
«ux. Le but de la société tel que développé dans la consti- 
tution est le suivant : 

io. De cimenter l'union'qui doit régner entre les membres 
de la Profession Médicale. 

2o. De fournir aux médecins un motif de réunion et l'oc- 
casion de fraterniser et de se mieux connaître. 

30. De s'instruire mutuellement par des lectures, des dis- 
cussions et des conférences scientifiques. 

40. D'engager tous ceux qui en feront partie à pratiquer 
mutuellement tout ce que l'honneur et la fraternité prescri- 
vent aux membres d'une même profession. 

La Société se compose de membres actifs, correspondants 
^et honoraires. Tout médecin soit de la ville soit de la cam- 
pagne peut devenir membre actif en faisant présenter son 
nom. La contribution annuelle est d'un dollar. 

Tout médecin résidant en dehors de la ville de Montréal 
peut être admis membre correspondant mais il est tenu avant 
son admisson de faire une lecture ou d'envoyer à la Société 
un travail sur quelque sujet scientifique. Les membres ho- 
noraires et correspondants peuvent assister aux assemblées 
et prendre part aux discussions ; mais ils ne sont pas soumis 
aux contributions et n'ont pas le droit de voter. 

Nous espérons Qu'un grand nombre de médecins profite- 
ront des avantages que présente la Société Médicale et se 
feront inscrire comme membres actifs ou correspondants. 
Pour notre part nous comptons enrichir nos pages de matiè- 
res intéressantes fournies par cette Société. Les cas rappor- 
tés devant l'association se trouvant enrichies par les obser- 
vations des membres de l'assemblée, acquerront par là-même 



34 l'union mébioale du canada. 

une plus grande valeur. Nous donnerons aussi le résultat 
des discussions qui auront probablement lieu sur les rapports 
des médecins entre eux, avec les malades et avec le public. 
La diffusion d'idées saines sur ces différents objets ne peut 
que sauvegarder la dignité de la Profession Médicale. 

A une assemblée convoquée dans le but de fonder à Mont- 
réal une association parmi les médecins parlant la langue 
française, et tenue à TEcole de Médecine le 5 Octobre 1871, 
furent présents les Drs. J. G. Bibaud, A. Dugas, J. C. Poite- 
vin, A. B. Larocque, J. W. Mount, Edouard Desjardins, A. T. 
Brosseau, C. Dubuc, E. P. Lachapelle, J. P. Rottot, A. Da- 
genais, L. J. P. Desrosiers, L. Quintal, S. Martineau, G. Gre- 
nier. 

Le Dr. J. G. Bibaud fut nommé Président et le Dr. G. Gre- 
nier, Secrétaire. 

Les résolutions suivantes furent adoptées unanimement : 

Proposé par le Dr. L. J. P. Desrosiers, secondé par le Dr. 
A. Dagenais : 

Que les Drs. J. G. Bibaud, Hector Peltier, A. Dugas, Ed. 
Desjardins, J. W. Mount, C. Dubuc, A. T. Brosseau, E. P. La- 
chapelle et Georges Grenier forment un comité pour asseoir 
les bases de la constitution d'une Société Médicale et prépa- 
rer les règlements. 

Proposé par le Dr. A. Dagenais, secondé par le Dr. C. 
Dubuc : 

Que le comité fasse rapport à une assemblée^qui sera tenue 
jeudi le 26 Octobre. 

Des remerciments sont votés au Président et au Secrétaire 
et l'assemblée est ajournée. 

Georges Gbenibb, 
Sec. pro temp- 



société médicale de MONTRÉAL. 

A une assemblée de médecins tenue à TEcole de Médecine 
le 26 Octobre dernier, dans le but de considérer le rapport 
du Comité nommé à la réunion du 5 Octobre pour rédiger 
les règlements devant servir de base à la constitution d'une 
asfociation médicale furent présents : Les Drs. Hector Pel- 



l'union médicale du oanaba. 35 

3tier, J. E. Goderre, J. P. Rottot, A. P. Brosseau, A. Dagenaii, 
A. Ricard, A. B. Larocque, A. RoUin, J. W. Mount, L. J. Des- 
rosiers, G. Dubuc, E. P. Lachapêlle, L. A. £. Desjardins et 
Georges Grenier. 

Le Dr. J. P. Rottot fut élu Président et le Dr. Georges 
Grenier, Secrétaire. 

Le Secrétaire donna lecture du rapport du comité relatif 
é, la constitution, lequel fut discuté clause par clause et adopté 
avec quelques amendements. 

Les résolutions suivantes furent ensuite adoptées : 

Proposé par le Dr. Hector Peltier, secondé par le Dr. L. A. 
E. Desjardins : 

Que le rapport du Gomité soit adopté. 

Proposé par le Dr. L. J. P. Desrosiers, secondé par le Dr. 
'B. P. Lachapelle : 

Que la première assemblée de la Société Médicale de Mont- 
réal ait lieu mercredi le 8 Novembre prochain, pour Télec- 
tion des of&ciers. 

Proposé par le Dr. J. W. Mount, secondé par le Dr. A. 
Rollin : 

Que tous les membres qui auront donné leur nom et payé 
leur contribution annuelle au Secrétaire avant l'assemblée 
du 8 Novembre soient considérés comme les membres fonda- 
teurs de la Société. 

Proposé par le Dr. A. Dagenais, secondé par le Dr. A. B. 
Larocque : 

Que les Drs. J. W. Mount et A. Ricard pour la Division 
Est ; A. B. Larocque et E. P. Lachapelle pour la Division 
Centre ; et A. P. Brosseau et G. Dubuc pour la Division 
Ouest soient nommés pour solliciter l'adhésion des Médecins 
de leur division respective à la Société Médicale. 

L'assemblée s'ajourna alors après un vote de remerci- 
jments à Mr. le Président et au Secrétaire. 

Georges Grenier, 
Secrétaire Pro-temp. 



36 l'union m:édicals du canada. 

SOCIÉTÉ MÉDICALE DE MONTRÉAL. 

Séance du 8 Novembre 1871. 

A une assemblée des médecins tenue le 8 Novembre à l'E- 
cole de Médecine en conformité d'une résolution passée à une^ 
assemblée tenue le 26 Octobre dernier furent présents : Les 
Drs. J. Emery Coderre, A. Dugas, J. W. Mount, L. A. E. Des- 
jardins, A. T. Brosseau, G. Dabuc, A. B. Larocque, E. P. La- 
chapelle, Georges Grenier, J. G. Poitevin, Ls. B. Durocher, 
Albert P. 0. Vilbon, G. 0. Bruneau, A. RoUin, J. P. Rottot, J. 
M. A. Perrin, A. A. Meunier, Luc Quintal, ^B. H. Leblanc, P. E. 
Plante, A. Dagenais, L. J. P. Desrosiers. 

Le Dr. Goderre fut appelé à présider l'assemblée et le Dr. 
Grenier à agir comme secrétaire. 

Le procès-verbal de la séance du 26 Octobre dernier fut lu 
et adopté. 

Le Secrétaire donna lecture de la Gonstitution et des Rè- 
glements de la Société Médicale, et les médecins présents ap- 
posèrent leur signature au bas de cette constitution. 

Il fut proposé par le Dr. J. W. Mount, secondé par le Dr. 
A. Dagenais, que le temps pour recevoir les noms des méde- 
cins désirant faire partie de la Société soit prolongé et que 
tous les médecins qui signeront leur nom au bas de la Gons- 
titution d'ici à la date de la prochaine séance soient considé- 
rés comme les membres fondateurs de la Société. Adopté. 

L'assemblée ayant été convoquée dans le but d'élire les 
officiers de la Société, l'on procéda alors à leur élection au 
scrutin secret. 

Il fut proposé par le Dr. A. Dagenais, secondé par le Dr. L. 
J. P. Desrosiers, que les Drs. A. Dugas et E. P. Lachapelle 
soient nommés scrutateurs. Adopté. 

Le dépouillement du scrutin donna le résultat suivant : 

Président : Dr. J. E. Goderre 

ier. Vice-Président " J. W. Mount. 

2d. Vice-Président ,.. " A. B. Larocque- 



l'union MéDIOALE DU CANADA. 37 

Secrétaire-Trésorier " Georges Grenier 

" G. O. Bruneau. 
" A. Dugas. 

Comité de Régie -{ " G. Dubuc. 

" L. J. P. Desrosiers. 
" Arthur Ricard. 

Les Drs. Gôderre, Mount et Larocque exprimèrent leurs re- 
merciements à rassemblée pour la confiance dont ou les ho- 
norait et promirent le concours cordial de leur bonne vo- 
lonté, de leur expérience et de leurs efforts pour assurer le 
succès de la Société Médicale. Le Dr. J. W. Mount soumit alors 
à l'examen de l'assemblée une pièce pathologique et promit 
de donner à la prochaine séance un rapport du cas tel qu'ob- 
servé par lui. 

Il fut proposé par le Dr. A. Dugas, secondé par le Dr. E. 
P. Lachapelle que des remerciments soient votés aux journaux 
la Minerve, le Nouveau-Monde et le Payé pour avoir bien voulu 
annoncer gratis les différentes assemblées et au représentant 
de la Minerve pour l'intérêt qu'il a manifesté à la Société Mé- 
dicale en assitant à toutes les séances. 

L'assemblée s'ajourna alors après un vote de remerciments 
à M. le Président et au Secrétaire. 

Georges Grenier, 
Ser.rétaire pro-temp. 



société médicale de MONTRÉAL. 

Séance du 22 Novembre 1871. 

Présidence du Dr. J. E. Coderre. Officiers présents : Drs. 
J. W. Mount, A. B. Larocque, 0. Bruneau, A. Ricard et G. 
Grenier. — Le procès-verbal de la précédente séance est lu et 
adopté. Le Secrétaire fait rapport que les Drs. H. Peltier, A- 
Ricard, A. Deschamps, D. Bondy, E. Robillard, de Montréal, 
sont devenus membres foadateui*s en se conformant aux 
règlements. 

Le Dr. J. W. Mount met sous les yeux de la société une 
môle et lit en même temps l'observation de ce cas qui donna 
lieu à une discussion à laqu'elle prirent part les Drs. Bru- 
neau, Rottot, Ricard, Larocque, Plante, Brosseau et Grenier. 



./:^'v 



38 l'union médicale du canada. 

M. le Président et Messieurs^ 

Pour me rendre au désir des membres de la Société Médi- 
cale exprimé à la séance du 8 Novembre dernier, je vous don- 
nerai, ce soir, des détails circonstanciés sur le cas rare dont je 
vous ai fait part en quelques mots à cette même séance. Si 
je trouve le cas extraordinaire et intéressant pour moi-même 
et pour plusieurs d'entre vous, ce n'est pas tant par la forme, 
le volume, ou par la nature même de ce produit-modèle, mais 
bien plutôt par le temps qui s'est écoulé depuis sa formation 
jusqu'à son expulsion, et par les circonstances qui l'ont ac- 
compagné. N'ayant pas eu le temps d'examiner d'une ma- 
nière attentive ce produit que j'appellerai en attendant môle 
ou faux-germe, j'ai cru devoir le confier à notre digne Prési- 
dent, pour en faire l'examen et l'exposer à la discussion, à la 
séance de ce soir. Pour le moment, je me contenterai de 
vous en faire l'historique. J. P., épouse de J. F., est âgée de 
30 ans et réside en cette ville. Elle a eu quatre enfants, 
dont trois ^ terme, et un, le deuxième, à six ou sept mois. 
Dans ce dernier cas, une hémorrhagie assez grave avait pré- 
cédé de trois semaines l'accouchement. Les douleurs ont du- 
ré neuf jours avant l'expulsion d'un fœtus qui a vécu 18 heu- 
res. Cette femme est petite, faible, d'un tempérament lym- 
phatico-nerveux. Elle voyait ses règles tous les mois, excep- 
té quand elle était enceinte et quand elle nourrissait ses en- 
fants. Dans le cas actuel, ses menstrues ont paru pour la der- 
nière fois, le 12 août 1870. 

Quelques jours après, elle ressentait les mêmes symptômes 
de ses grossesses précédentes, tels que : perte d'appétit, nau^ 
sées, vomissements, faiblesse, etc. Son corps augmentant gra- 
duellement de volume jusqu'à cinq mois et ne sentant pas 
«ncore les mouvements de l'enfant, elle s'adressa à moi pour 
en connaître la raison. Ne voyant là rien qui nécessita l'in- 
tervention de l'art, je la tranquillisai, lui dis d'attendre avec 
patience, quebien tôt la chose se décidera et tout ira pour le 
mieux. Â dater de cette époque, elle s'aperçut que son corps 
diminuait de volume graduellement, jusqu'à ce qu'il fut 
presque à l'état normal. Au mois de Mai dernier, faisant à 



l'union médioals du oanada. 39 

peu près neuf mois après qu'elle se fut crua enceinte, elle 
ressentit de fortes douleurs à Tabdomen, aux reins et aux 
Jambes pendant deux jours. Croyant que c'était le retour de 
fies règles supprimées depuis le 12 Août de l'année dernière, 
qui s'annonçait, elle n'a pas cru devoir m'en informer et tout 
en est resté là. 

Ces dopleurs passées, excepté la faiblesse et un certain ma- 
laise continuel, elle a continué d'être passablement bien jus- 
qu'au 6 Août dernier où, après de légères douleurs, elle a re- 
marqué qu'elle perdait une eau roussâtre sans mauvaise 
odeur qui a duré pendant un mois. Alors l'écoulement prit 
plus de consistance, ayant le caractère des règles ordinaires, 
et rendant une odeur désagréable qui n'a pris le caractère 
de la putréfaction que six jours avant sa délivrance. A cette 
époque, dans les premiers jours de Septembre ayant remar- 
qué une tumeur dans l'hypocondre gauche suivie quelques 
jours après d'un développement subit et insolite de l'abdo- 
men, elle s'adressa à moi de nouveau. Par le toucher vagi- 
nal, je constatai l'existence d'un corps dur, inerte qui pres- 
sait sur le fonds de la matrice, son col non dilaté, étant re- 
jeté en arrière. Par l'examen externe, j'ai trouvé l'abdo- 
men développé comme chez une femme enceinte de 5 à 6 
mois, mais son état de mollesse accusait plutôt un dévelop- 
pement de gaz, suite d'un certain degré de putréfaction qui 
devait exister à l'intérieur de la matrice. N'apercevant au- 
cun signe de dilatation, et ayant raison de craindre qu'en 
intervenant je pouvais causer un plus grand mal, les symp- 
tômes ne l'exigeant pas, je calmai ses craintes en l'assurant 

^ que la nature se débarrasserait tôt ou tard de ce qui lui était 
nuisible. 

Dans la soirée du 4 Novembre, je fus mandé en grande 
hâte auprès d'elle et je la trouvai en proie aux plus atroces 
douleurs. Ces douleurs étant continuelles, et n'apercevant 
encore aucun signe de dilatation, j'ai dû lui donner un cal- 
mant Pour remédier à l'odeur infecte qui s'échappait alors 

•du vagin, j'ordonnai l'injection de substances émoUientes, 

.^aromatiques et désinfectantes. 

Le 5 au matin, les douleurs, après avoir cessé pendant 



40 l'union MÉDICALS du CANADA. 

deux heures, ont repris avec la même intensité. Dan& 
l'impossibilité de produire la moindre dilatation du col utérin, 
j'appliquai l'Extrait de Belladonne, j'ordonnai un calmant et 
fis continuer les injections. Les douleurs, un peu modérées 
durant le jour, sont revenues le soir pour durer toute la nuit 
sans amener la dilatation. Cette persistance des douleurs qui 
s'irradiaient dans ses membres, son teint cachectique et la 
présence de cette tumeur que je pouvais sentir à travers les 
parois de la matrice, me firent craindre que j'avais affaire à 
un cancer de cet organe. 

Dans la journée du 6, j'ai pu constater un commencement 
de dilatation, et l'apparition à l'ouverture du col, d'un corps 
étranger. Gomme la veille, les douleurs avaient en partie 
cessé durant le jour pour reprendre le soir et durer toute la 
nuit. 

Fixé d'une manière à peu près positive sur la nature du 
cas, j'ai pu donner à la pauvre malade l'assurance qu'elle se- 
rait bientôt délivrée de ce qui l'incommodait depuis si long- 
temps et qu'ensuite la santé lui reviendrait. La journée et 
la nuit du 7 se sont passées comme les précédentes, la dila- 
tation augmentant graduellement, mais lentement J'essayai 
à plusieurs reprises, durant ce temps, de faire l'extraction de 
ce corps étranger, au moyen de la manipulation et à l'aide 
d'une pince à faux-germe, je ne pus en obtenir que quelque» 
fragments. Je n'ai pas cru devoir insister davantage, le col con- 
servant encore trop de rigidité Le matin du 8, la dilatation 
du col ayant acquis la grandeur d'une pièôe de cinquante 
centins, je réclamai l'assistance de mon ami le Dr. Ricard qui, 
comme moi, constata l'état favorable du cas, et l'expulsion 
probable du produit morbide dans quelques heures, par les 
seuls efforts de la nature. Les douleurs qui avaient çn- 
core en partie cessées durant le jour reprirent avec la plus 
grande intensité sur les 6 heures et à 7^ heures j'avais la sa- 
tisfaction d'opérer l'extraction— la nature en faisant en grande 
partie les frais — de ce produit que j'ai eu l'honneur de vous 
présenter pour examiner à notre séance du 8 Novembre der- 
nier. Une grande quantité de gaz et de matière sanieuse se^- 
sont échappées à la suite de cette expulsion. 



l'union MiDIOALS DU CANADA. 41 

Avant comme après la délivrance, j'ai du tenir cette mala- 
de sous un régime stimulant et tonique pour soutenir ses for- 
ces affaiblies et continuer les injections aromatiques et désin- 
fectantes pour la débarrasser de cette odeur infecte qui au- 
rait pu amener des accidents putrides par son absorption* 
Aujourd'hui, j'ai la satisfaction de vous dire qu'elle est ea 
parfaite convalescence. 

J. W. MouNT, M. D. 

A continuer. 



CHRONIQUE. 



Faire une chronique médicale peut paraître chose asses 
facile, à première vue : je conseille à celui qui pense ainsi 
d'en essayer un peu. Voilà bientôt dix minutes que je 
chauffe ma machine, sans autre résultat que dix lignes d'un 
mérite douteux, que je me suis empressé de biifer, plus un 
énorme pâté qui dort sur ma page. 

Je l'avoue de suite, roues et cylindres sont rouilles jusqu'au 
centre, et je ne suis pas loin de croire que tout cet engin, qu& 
j'osais appeler mon appareil littéraire, n'est plus guère bon^ 
faute d'usage, qu'à rédiger des formules pour les patients 
qui ont la bonté de s'adresser à ma littérature. Et pourtant, 
il faut une chronique à tout prix ; plusieurs prétendent qu'un 
journal soucieux de son honneur, fut-il médical, ne saurait 
s'en passer. Qu'est-ce qu'une chronique ordinaire? Un 
babil léger ou sérieux sur les hommes et les choses du jour 
présent, mêlé d'un grain de sel fin, et d'un peu de médisance^ 
si c'est possible. Mais une chronique médicale est bien au- 
trement onéreuse : faire descendre les fils d'Hyppocrate de 
leur gravité professionnelle, les forcer à dérider un instant 
leurs fronts solennels, les distraire des hautes préoccupations 
du moment, voilà une t&che capable d'effrayer le courage le 
plus téméraire. 

Si donc je réclame, pour ces premières lignes, l'indulgente 
bienveillance des lecteurs de V Union Médicale y je déclare 



42 l'union médicale du canada. 

<iue c'est autant à cause de la haute importance de leur posi- 
tion et de leur caractère que par une juste défiance de mes 
capacités. 



* 



Les développements immenses donnés aux sciences moder- 
nes ont fait dire à un écrivain que Dieu semblait trouver 
rhomme assez mûr, pour lui laisser pénétrer une partie de 
ses secrets. En effet, ce dernier doit se sentir fier en présen- 
ce des conquêtes immenses faites dans le champ de la scien- 
ce, depuis cinquante années. A cette époque, il lui fallait, pour 
se déplacer, se servir de ses jambes, monter en voiture ou 
déployer sa voile aux vents ; sa pensée écrite prenait un an 
à faire le tour du monde, le séjour sur la terre et Teau lui 
était seul connu ; il n'empruntait sa force que de lui-môme 
ou à peu près, son pouvoir était borné par mille obstacles en- 
core insurmontés. 

Aujourd'hui, quel changement ! il franchit l'espace plus 
rapide que l'oiseau qui fuit, il s'arrête pour jeter sa pensée, 
comme la foudre, à des milliers de lieues, il parle à l'oreille 
de son semblable d'un coin de l'univers à l'autre, puis il va, 
plus hardi que l'aigle, défier les astres par delà les nuages. Ici 
il combine les éléments, pour en obtenir une force irrésisti 
ble, là il imprime sur la toile, dans un rayon de lumière, les 
plus vastes scènes de la création. Sous l'effet de ses puissan- 
^38 machines, le cuivre, le fer, tous les métaux se tordent, s'ef- 
filent, se contournent, avec la rapidité de l'éclair. Il lance 
dans les abîmes de la mer, le fil qui relie les mondes, il 
dompte l'océan, il se rit des tempêtes, il étend à tout sa 
royauté suprême. 

Mais il est un terrain où il ne marche qu'à pas lents et me- 
surés, où chaque étape est marqué par de pénibles e fforts ; 
il s'y avance en tâtonnant, en observant les millions de faits 
de tous genres que la nature lui présente, il les compare 
avec minutie, il les entasse pendant de longues années, pour 
arriver à asseoir une conclusion pratique. Souvent il s'arrê- 
te, il revient sur ses pas, il renverse l'échaffaudage élevé à 
grands frais, il déblaie le terrain et recommence la tâche la* 



l'union KiDIOALB BU CANADA. 4$ 

borieuse qui doit amener la découverte d'une vérité partielle. 
Ce champ, c'est celui de la médecine. Rien de plus difficile 
que cette science, dans ses applications, rien de plus contro- 
versé que ses affirmations ; elle procède en tâtonnant, pour 
ainsi dire. 

Pourquoi î Parce que le secret de la vie nous échappe en 
•ntier, aussi bien que celui de la mort, parce que la raison 
physiologique de l'existence des êtres organisés sera toujours 
un mystère que le Créateur ne révélera sans doute jamais à 
la| faiblesse de notre intelligence. Nous ne voyons que les 
effets, sans pouvoir remonter aux causes premières, et, comme 
ces effets sont aussi variés, aussi nuancés que les figures hu- 
maines, et que la moindre nuance piroduit des résultats tout op- 
posés, delà surgissent nos incertitudes et nos embarras. La sci- 
ence médicale ne peut être autre chose que l'expérience qui en- 
seigne,unie au jugement qui discerne Voilà pour quoi elle est si 
personnelle et si peu transmissible qu'on croirait qu'elle ne 
marche guère. Marche-t-elle cependant ? Sans doute, puis- 
que beaucoups de graades vérités sont aujourd'hui hors de tou- 
te contestation et assise sur des bases anatomiques et physiolo- 
giques qui délient tous les efforts pour les renverser. 

Ne perdons pas courage dans cette grande lutte séculaire, 
qui a pour objet d'étudier l'homme et ses maladies, afin de re- 
tarder sa mort. Travaillons en commun, unissons nos efforts, 
si l'union est la force, elle est aussi le succès. 

La médecine, en Canada, a peu fait encore pour l'instruction 
mutuelle de ses membres, mais le mouvement actuel promet 
bien pour l'avenir. On semble se persuader qu'on a droit 
d'être lu sans être Qalien ni Trousseau, et que notre science 
peut bien se passer, à la rigueur, des formes élégantes qui 
sont indispensables à des genres plus légers. En effet, touty 
ce qu'on peut exiger de la médecine, c'est la correction 
du langage et le respect aux lois de la grammaire. La 
littérature médicale est encore à créer ici. Occupés des 
moyens d'organiser les études professionnelles sur une bââe 
solide, et de répondre aux premiers besoins de la jeunesse, 
les hommes voués au professorat n'ont guère pu songer en- 
core qu'à s'assimiler les travaux faits par leurs devanciers 



44 l'union médicale du canada. 

d'Europe et des Etats-Unis, en y mêlant le fruit de leur ex, 
périence personnelle. Aujourd'hui que le Canada a sa place 
marquée parmi les nations, que la fortune publique et pri- 
vée se fait plus haute et plus entreprenante, la profession 
sent le besoin de s'affirmer, par des productions indigènes, et 
de prêter la main à la grande œuvre de progrès qui s'opè- 
re dans tous les coins du globe. Nous représentons la méde- 
cine française en Amérique, et si celle-ci tient une des pre- 
mières places littéraires en Europe, le moins que nous de- 
vions ambitionner, c'est d'élever la nôtre au rang qui lui est 
assigné par le nombre et les capacités de ses membres. La 
création d'un journal comme celui-ci répond donc à un be- 
soin national autant qu'à une légitime ambition. 



* * 



Veut-on savoir quelles sont les alliances du nouveau venu 
qui naît si à propos, et sur quelle protection il peut comp- 
ter ? Trente papas penchés tendrement sur son berceau, et 
dont les yeux jaloux veillent sur ses premiers mouvements ; 
de plus, trois pères nourriciers chargés de lui verser le lait quo- 
tidien, et quantité de parrains et amis qui tiennent à hon- 
neur de soutenir ses premiers pas. Ainsi escorté, il ne peut 
manquer de filer son chemin sans trébucher, et de devenir 
un fier et solide gaillard. Dieu veuille que tant de pères 
communs restent unis par les liens de la plus étroite concor- 
de, et qu'ils puissent voir ensemble le nourrisson parvenir à 
la plus respectable vieillesse. 



* * 



Un procès remarquable eut lieu en mai dernier à Sher. 
brooke. Andrew Hill fut accusé du meurtre de sa femme. 
Celle-ci avait été trouvée, sans vie, dans son lit. Les Docteurs 
Worthington et Austin trouvèrent, à l'examen, les organes 
de la génération couverts de sang, et, en dedans de la lèvre 
droite, deux plaies dont l'une près du vagin avait un pouce 
et demi de longueur et deux pouces de profondeur. Cette 
blessure était pleine de sang et formait une espèce de poche 
d'une étendue considérable. Le docteur Worthington dépose 
que le tisonnier, trouvé sur le poêle, s'adaptait exactement à 
ces plaies. 



l'union MiDIOALX DU CANADA 46 

La Couronne tend à prouver que Andrew Hill, ayant sur- 
pris sa femme en flagrant délit d'infidélité, avec un nommé 
Grâce, se serait servi de cet instrument, pour lui infliger, 
séance tenante, ces blessures mortelles. Elle prouve, par la 
sœur de la défunte, que des menaces de mort auraient été 
proférées par H 11, à l'endroit de sa femme, dont la conduite 
était fort équivoque. 

Le seul témoin dBS faits est Mary Hill, fille de l'accusé, qui 
jure qu'elle était seule dans la maison, avec sa mère, lorsque 
l'accident est arrivé ; que la défunte était assise dans le ber- 
ceau, avec un enfant dans ses bras, qu'en se levant, elle fit 
un faux pas en avant, contre un banc, et tomba ensuite en ar- 
rière, sur le plancher, derrière le berceau ; qu'en se relevant 
elle courut à son lit, en disant qu'elle saignait mortellement, 
et d'envoyer au plus tôt Grâce, qui était au dehors, chercher 
le médecin, qui, à son arrivé, la trouva morte. 

La défense cherche à établir qu'une tumeur variqueuse ou 
thrombus peut, par sa rupture, dans ces circonstances, avoir oc- 
casionné la mort de cette femme. Le Dr. F. Paré s'appuie, pour 
confirmer cette opinion sur l'autorité de Velpeau, de Churchill, 
de Cazeaux, de Ramsbotham, de Cross, de Dupuytren, de Tay- 
lor, de Bayard, de Samson et de plusieurs autres. Ce sy tème de 
défense est habile et fort rationnel. La défunte peut avoir re- 
çu le premier coup en tombant, parce que le poids de son 
corps a pu presser violement la lèvre entre le rameau descen- 
dant du pubis et le pied du berceau. Le résultat d'une telle 
pression a pu être la blessure relativement légère constatée à 
l'entrée de la vulve. Or, suivant Velpeau, un coup de pied, 
un coup sur l'angle d'une chaise ou d'une table sont des cau- 
ses déterminantes du thrombus. Il est possible que la défunte 
en tombant sur l'angle du berceau, ait reçu une contusion 
suffisante pour produire la rupture des veines qui forment 
le plexus utérin, et qui est situé sur les parois du vagin. Le 
sang répandu tout à coup, dans ces parties, a pu former le 
thrombus qui, par sa rupture, a causé la mort. L'appauvrisse- 
ment du sang, constaté chez cette femme, a dû, au reste, con- 
tribuer puissamment à la catastrophe. 

Le Dr. Worthington nie la possibilité de ces faits ; il consi- 



36 l'union MÉDICAL! DU CANADA. 

SOCIÉTÉ MÉDICALE DE MONTRÉAL. 

Séance du 8 Novembre 1871. 

A une assemblée des médecins tenue le 8 Novembre à TE- 
cole de Médecine en conformité d'une résolution passée à une^ 
assemblée tenue le 26 Octobre dernier furent présents : Les 
Drs. J. Emery Coderre, A. Dugas, J. W. Mount, L. A. E. Des- 
jardins, A. T. Brosseau, C. Dubuc, A. B. Larocque, E. P. La- 
chapelle, Georges Grenier, J. C. Poitevin, Ls. B. Durocher^ 
Albert P. 0. Vilbon, C. 0. Bruneau, A. RoUin, J. P. Rottot, J. 
M. A. Perrin, A. A. Meunier, Luc Quintal j^B. H. Leblanc, P. E- 
Plante, A. Dagenais, L. J. P. Desrosiers. 

Le Dr. Coderre fut appelé à présider l'assemblée et le Dr. 
Grenier à agir comme secrétaire. 

Le procès-verbal de la séance du 26 Octobre dernier fut lu- 
et adopté. 

Le Secrétaire donna lecture de la Constitution et des Rè- 
glements de la Société Médicale, et les médecins présents ap- 
posèrent leur signature au bas de cette constitution. 

Il fut proposé par le Dr. J. W. Mount, secondé par le Dr. 
A. Dagenais, que le temps pour recevoir les noms des méde- 
cins désirant faire parlie de la Société soit prolongé et que 
tous les médecins qui signeront leur nom au bas de la Cons- 
titution d'ici à la date de la prochaine séance soient considé* 
rés comme les membres fondateurs de la Société. Adopté. 

L'assemblée ayant été convoquée dans le but d'élire les 
officiers de la Société, l'on procéda alors à leur élection au 
scrutin secret. 

Il fut proposé par le Dr. A. Dagenais, secondé par le Dr. L. 
J. P. Desrosiers, que les Drs. A. Dugas et E. P. Lachapelle 
soient nommés scrutateurs. Adopté. 

Le dépouillement du scrutin donna le résultat suivant : 

Président : Dr. J. E. Coderre 

1er. Vice-Président " J. W. Mount. 

2d. Vice-Président " A. B. Larocque- 



l'union MÉDIOALS du CANADA. 37 

Secrétaire-Trésorier " Georges Grenier 

" G. O. Bruneau. 
" A. Duffas. 

Comité de Régie -{ " G. Dubuc! 

" L. J. P. Desrosiers. 
" Arthur Ricard. 

Les Drs. Goderre, Mountet Larocque exprimèrent leurs re- 
merciements à l'assemblée pour la confiance dont ou les ho- 
norait et promirent le concours cordial de leur bonne vo- 
lonté, de leur expérience et de leurs efforts pour assurer le 
succès de la Société Médicale. Le Dr. J. W. Mount soumit alors 
à Texamen de rassemblée une pièce pathologique et promit 
de donner à la prochaine séance un rapport du cas tel qu'ob- 
servé par lui. 

Il fut proposé par le Dr. A. Dugas, secondé par le Dr. E. 
P. Lachapelle que des remerciments soient votés aux journaux 
la Minerve J le Nouveau-Monde et le Payé pour avoir bien voulu 
annoncer gratis les différentes assemblées et au représentant 
de la Minerve pour l'intérêt qu'il a mauifesté à la Société Mé- 
dicale en assitant à toutes les séances. 

L'assemblée s'ajourna alors après un vote de remerciments 
à M. le Président et au Secrétaire. 

Georges Grenier, 
Ser.rétaire pro-temp. 



SOCIÉTÉ MÉDICALE DE MONTRÉAL. 

Séance du 22 Novembre 1871. 

Présidence du Dr. J. E. Goderre. OflBciers présents : Drs. 
J. W. Mount, A. B. Larocque, 0. Bruneau, A. Ricard et G. 
Grenier. — ^Le procès-verbal de la précédente séance est lu et 
adopté. Le Secrétaire fait rapport que les Drs. H. Peltier, A- 
Ricard, A. Deschamps, D. Bondy, E. Robillard, de Montréal, 
sont devenus membres fondateui's en se conformant aux 
règlements. 

Le Dr. J. W. Moimt met sous les yeux de la société une 
môle et lit en même temps l'observation de ce cas qui donna 
lieu à une discussion à laqu'elle prirent part les Drs. Bru- 
neau, Rottot, Ricard, Larocque, Plante, Brosseau et Grenier. 






'\ 



36 l'union médioalb du canada. 

société médicale de montréal. 

Séance du 8 Novembre 1871. 

A une assemblée des médecins tenue le 8 Novembre à TE-^ 
cole de Médecine en conformité d'une résolution passée à une- 
assemblée tenue le 26 Octobre dernier furent présents : Les 
Drs. J. Emery Coderre, A, Dugas, J. W. Mount, L. A. E. Des- 
jardins, A. T. Brosseau, C. Dabuc, A. B. Larocque, E. P. La- 
chapelle, Georges Grenier, J. C. Poitevin, Ls. B. Durocher, 
Albert P. 0. Vilbon, C. 0. Bruneau, A. Rollin, J. P. Rottot, J. 
M. A. Perrin, A. A. Meunier, Luc Quintalj^B. H. Leblanc, P. E. 
Plante, A. Dagenais, L. J. P. Desrosiers. 

Le Dr. Coderre fut appelé à présider l'assemblée et le Dr. 
Grenier à agir comme secrétaire. 

Le procès-verbal de la séance du 26 Octobre dernier fut lu 
et adopté. 

Le Secrétaire donna lecture de la Constitution et des Rè- 
glements de la Société Médicale, et les médecins présents ap- 
posèrent leur signature au bas de cette constitution. 

Il fut proposé par le Dr. J. W. Mount, secondé par le Dr. 
A. Dagenais, que le temps pour recevoir les noms des méde- 
cins désirant faire partie de la Société soit prolongé et que 
tous les médecins qui signeront leur nom au bas de la Cons- 
titution d'ici à la date de la prochaine séance soient considé- 
rés comme les membres fondateurs de la Société. Adopté. 

L'assemblée ayant été convoquée dans le but d'élire les 
officiers de la Société, l'on procéda alors à leur élection au 
scrutin secret. 

Il fut proposé par le Dr. A. Dagenais, secondé par le Dr. L. 
J. P. Desrosiers, que les Drs. A. Dugas et E. P. Lachapelle 
soient nommés scrutateurs. Adopté. 

Le dépouillement du scrutin donna le résultat suivant : 

Président : Dr. J. E. Coderre 

1er. Vice-Président " J. W. Mount. 

2d. Vice-Président '* A. B. Larocque- 



l'ttnion médioale du canada. 37 



Comité de Régie - 



[ 



Secrétaire-Trésorier " Georges Grenier 

" G. G. Bruneau. 

" A. Dugas. 

" G. Dubuc. 

" L. J. P. Desrosiers. 

" Arthur Ricard. 

Les Drs. Goderre, Mount et Larocque exprimèrent leurs re- 
merciements à rassemblée pour la confiance dont on les ho- 
norait et promirent le concours cordial de leur bonne vo- 
lonté, de leur expérience et de leurs efforts pour assurer le 
succès de la Société Médicale. Le Dr. J. W. Mount soumit alors 
à l'examen de rassemblée une pièce pathologique et promit 
de donner à la prochaine séance un rapport du cas tel qu'ob- 
servé par lui. 

Il fut proposé par le Dr. A. Dugas, secondé par le Dr. E. 
P. Lachapelle que des remerciments soient votés aux journaux 
la Minerve, le Nouveau-Monde et le Payé pour avoir bien voulu 
annoncer gratis les différentes assemblées et au représentant 
de la Minerve pour l'intérêt qu'il a manifesté à la Société Mé- 
dicale en assitant à toutes les séances. 

L'assemblée s'ajourna alors après un vote de remerciments 
à M. le Président et au Secrétaire. 

GB0R6IS Grenier, 
Seerétaire pro-temp. 



SOCIÉTÉ MÉDICALE DE MONTRÉAL. 

Séance du 22 Novembre 1871. 

Présidence du Dr. J. E. Goderre. OflBciers présents : Drs. 
J. W. Mount, A. B. Larocque, 0. Bruneau, A. Ricard et G. 
Grenier. — ^Le procès-verbal de la précédente séance est lu et 
adopté. Le Secrétaire fait rapport que les Drs. H. Peltier, A. 
Ricard, A. Deschamps, D. Bondy, E. Robillard, de Montréal, 
sont devenus membres fondateurs en se conformant aux 
règlements. 

Le Dr. J. W. Mount met sous les yeux de la société une 
môle et lit en même temps l'observation de ce cas qui donna 
lieu à une discussion à laqu'elle prirent part les Drs. Bru- 
neau, Rottot, Ricard, Larocque, Plante, Brosseau et Grenier. 



.^' - 



36 l'union HiBIGALX DU CANADA. 

SOCIÉTÉ MÉDICALE DE MONTRÉAL. 

Séance du 8 Novembre 1871. 

A une assemblée des médecins tenue le 8 Novembre à VE- 
cole de Médecine en conformité d'une résolution passée à une 
assemblée tenue le 26 Octobre dernier furent présents : Les 
Drs. J. Emery Coderre, A. Dugas, J. W. Mount, L. A. E. Des- 
jardins, A. T. Brosseau, G. Dabuc, A. B. Larocque, E. P. La- 
chapelle, Georges Grenier, J. G. Poitevin, Ls. B. Durocher, 
Albert P. G. Vilbon, G. G. Bruneau, A. Rollin, J. P. Rottot, J. 
M. A. Perrin, A. A. Meunier, Luc Quintal, B. H. Leblanc, P. E. 
Plante, A. Dagenais, L. J. P. Desrosiers. 

Le Dr. Goderre fut appelé à présider l'assemblée et le Dr. 
Grenier à agir comme secrétaire. 

Le procès-verbal de la séance du 26 Octobre dernier fut lu 
et adopté. 

Le Secrétaire donna lecture de la Gonstitution et des Rè- 
glements de la Société Médicale, et les médecins présents ap- 
posèrent leur signature au bas de cette constitution. 

Il fut proposé par le Dr. J. W. Mount, secondé par le Dr. 
A. Dagenais, que le temps pour recevoir les noms des méde- 
cins désirant faire partie de la Société soit prolongé et que 
tous les médecins qui signeront leur nom au bas de la Gons- 
titution d'ici à la date de la prochaine séance soient considé- 
rés comme les membres fondateurs de la Société. Adopté. 

L'assemblée ayant été convoquée dans le but d'élire les 
o£Biciers de la Société, l'on procéda alors à leur élection au 
scrutin secret. 

Il fut proposé par le Dr. A. Dagenais, secondé par le Dr. L. 
J. P. Desrosiers, que les Drs. A. Dugas et E. P. Lachapelle 
soient nommés scrutateurs. Adopté. 

Le dépouillement du scrutin donna le résultat suivant : 

Président : Dr. J. E. Goderre 

ier. Vice-Président " J. W. Mount 

2d. Vice-Président " A. B. Larocque- 



l'union médicale du CANADA. 37 



Comité de Régie. 






Secrétaire-Trésorier " Georges Grenier 

" G. 0. Bruneau. 

" A. Dugag. 

" G. Dubuc. 

" L. J. P. Desrosiers. 

" Arthur Ricard. 

Les Drs. Gôderre, Mount et Larocque exprimèrent leurs re- 
merciements à rassemblée pour la confiance dont ou les ho- 
norait et promirent le concours cordial de leur bonne vo- 
lonté, de leur expérience et de leurs efTorts pour assurer le 
succès de la Société Médicale. Le Dr. J. W. Mount soumit alors 
à Texamen de l'assemblée une pièce pathologique et promit 
de donner à la prochaine séance un rapport du cas tel qu'ob- 
servé par lui. 

Il fut proposé par le Dp. A. Dugas, secondé par le Dr. E. 
P. Lachapelle que des remerciments soient votés aux journaux 
la Minerve^ le Nouveau-Monde et le Payé pour avoir bien voulu 
annoncer gratis les différentes assemblées et au représentant 
de la Minerve pour l'intérêt qu'il a manifesté à la Société Mé- 
dicale en assitant à toutes les séances. 

L'assemblée s'ajourna alors après un vote de remerciments 
à M. le Président et au Secrétaire. 

GB0R6BS GrENIBR, 

Secrétaire pro-temp. 



SOCIÉTÉ MÉDICALE DE MONTRÉAL. 

Séance du 22 Novembre 1871. 

Présidence du Dr. J. E. Goderre. Officiers présents : Drs. 
J. W. Mount, A. B. Larocque, G. Bruneau, A. Ricard et G* 
Grenier. — Le procès-verbal de la précédente séance est lu et 
adopté. Ije Secrétaire fait rapport que les Drs. H. Peltier, A. 
Ricard, A. Deschamps, D. Bondy, E. Robillard, de Montréal, 
sont devenus membres fondateurs en se conformant aux 
règlements. 

Le Dr. J. W. Mount met sous les yeux de la société une 
môle et lit en même temps l'observation de ce cas qui donna 
lieu à une discussion à laqu'elle prirent part les Drs. Bru- 
neau, Rottot, Ricard, Larocque, Plante, Brosseau et Grenier. 



..r' 



> 



t \ 



36 l'union médicale du canada. 

société médicale de montréal. 

Séance du 8 Novembre 1871. 

A une assemblée des médecins tenue le 8 Novembre à TE- 
cole de Médecine en conformité d'une résolution passée à une 
assemblée tenue le 26 Octobre dernier furent présents : Les 
Drs. J. Emery Coderre, A. Dugas, J. W. Mount, L. A. E. Des- 
jardins, A. T. Brosseau, C. Dubuc, A. B. Larocque, E. P. La- 
chapelle, Georges Grenier, J. C. Poitevin, Ls. B. Durocher, 
Albert P. 0. Vilbon, C. 0. Bruneau, A. RoUin, J. P. Rottot, J. 
M. A. Perrin, A. A. Meunier, Luc Quintal, ^B. H. Leblanc, P. E. 
Plante, A. Dagenais, L. J. P. Desrosiers. 

Le Dr. Coderre fut appelé à présider l'assemblée et le Dr. 
Grenier à agir comme secrétaire. 

Le procès-verbal de la séance du 26 Octobre dernier fut lu 
et adopté. 

Le Secrétaire donna lecture de la Constitution et des Rè- 
glements de la Société Médicale, et les médecins présents ap- 
posèrent leur signature au bas de cette constitution. 

Il fut proposé par le Dr. J. W. Mount, secondé par le Dr. 
A. Dagenais, que le temps pour recevoir les noms des méde- 
cins désirant faire partie de la Société soit prolongé et que 
tous les médecins qui signeront leur nom au bas de la Cons- 
titution d'ici à la date de la prochaine séance soient considé- 
rés comme les membres fondateurs de la Société. Adopté. 

L'assemblée ayant été convoquée dans le but d'éUre les 
officiers de la Société, l'on procéda alors à leur élection au 
scrutin secret. 

Il fut proposé par le Dr. A. Dagenais, secondé par le Dr. L. 
J. P. Desrosiers, que les Drs. A. Dugas et E. P. Lachapelle- 
soient nommés scrutateurs. Adopté. 

Le dépouillement du scrutin donna le résultat suivant : 

Président : Dr. J. E. Coderre 

1er. Vice-Président " J. W. Mount. 

2d. Vice-Président " A. B. Larocque- 



^ 



l'union MéDIGALE DU OANADA. 37 

Secrétaire-Trésorier " Georges Grenier 

" G. 0. Bruneau. 
" A. Dugas. 

Comité de Régie -{ " G. Dubuc. 

" L. J. P. Desrosiers. 
" Arthur Ricard. 

Les Drs. Goderre, Mount et Larocque exprimèrent leurs re- 
merciements à rassemblée pour la confiance dont ou les ho- 
norait et promirent le concours cordial de leur bonne vo- 
lonté, de leur expérience et de leurs efforts pour assurer le 
succès de la Société Médicale. Le Dr. J. W. Mount soumit alors 
à l'examen de rassemblée une pièce pathologique et promit 
de donner à la prochaine séance un rapport du cas tel qu'ob^ 
serve par lui. 

Il fut proposé par le Dr. A. Dugas, secondé par le Dr. E. 
P. Lachapelle que des remerciments soient votés aux journaux 
la Minerve, le Nouveau-Monde et le Payé pour avoir bien voulu 
annoncer gratis les différentes assemblées et au représentant 
de la Minerve pour Tintérêt qu'il a manifesté à la Société Mé- 
dicale en assitant à toutes les séances. 

L'assemblée s'ajourna alors après un vote de remerciments 
à M. le Président et au Secrétaire. 

Gborgbs Grenibr, 
Secrétaire pro-temp. 



société médicale de MONTRÉAL. 

Séance du 22 Novembre 1871. 

Présidence du Dr. J. E. Goderre. Officiers présents : Drs. 
J. W. Mount, A. B. Larocque, 0. Bruneau, A. Ricard et G. 
Grenier. — Le procès-verbal de la précédente séance est lu et 
adopté. Le Secrétaire fait rapport que les Drs. H. Peltier, A. 
Ricard, A. Deschamps, D. Bondy, E. Robillard, de Montréal^ 
sont devenus membres fondateurs en se conformant aux 
règlements. 

Le Dr. J. W. Mount met sous les yeux de la société une 
môle et lit en même temps l'observation de ce cas qui donna 
lieu à une discussion à laqu'elle prirent part les Drs. Bru- 
neau, Rottot, Ricard, Larocque, Plante, Brosseau et Grenier» 



> 



I \ 



.jf 



36 l'union médicale du oanada. 

société médicale de montréal. 

Séance du 8 Novembre 1871. 

A une assemblée des médecins tenue le 8 Novembre à l'E- 
cole de Médecine en conformité d'une résolution passée à une 
assemblée tenue le 26 Octobre dernier furent présents : Les 
Drs. J. Emery Coderre, A. Dugas, J. W. Mount, L. A. E. Des- 
jardins, A. T. Brosseau, C. Dubuc, A. B. Larocque, E. P. La- 
chapelle, Georges Grenier, J. C. Poitevin, Ls. B. Durocher, 
Albert P. 0. Vilbon, C. 0. Bruneau, A. Rollin, J. P. Rottot, J. 
M. A. Perrin, A. A. Meunier, Luc Quintal, ^B. H. Leblanc, P. E. 
Plante, A. Dagenais, L. J. P. Desrosiers. 

Le Dr. Coderre fut appelé à présider l'assemblée et le Dr. 
Grenier à agir comme secrétaire. 

Le procès-verbal de la séance du 26 Octobre dernier fut lu 
et adopté. 

Le Secrétaire donna lecture de la Constitution et des Rè- 
glements de la Société Médicale, et les médecins présents ap- 
posèrent leur signature au bas de cette constitution. 

Il fut proposé par le Dr. J. W. Mount, secondé par le Dr. 
A. Dagenais, que le temps pour recevoir les noms des méde- 
cins désirant faire partie de la Société soit prolongé et que 
tous les médecins qui signeront leur nom au bas de la Cons- 
titution d'ici à la date de la prochaine séance soient considé" 
rés comme les membres fondateurs de la Société. Adopté. 

L'assemblée ayant été convoquée dans le but d'élire les 
officiers de la Société, l'on procéda alors à leur élection au 
scrutin secret. 

Il fut proposé par le Dr. A. Dagenais, secondé par le Dr. L. 
J. P. Desrosiers, que les Drs. A. Dugas et E. P. Lachapelle* 
soient nommés scrutateurs. Adopté. 

Le dépouillement du scrutin donna le résultat suivant : 

Président : Dr. J. E. Coderre 

1er. Vice-Président " J. W. Mount. 

2d. Vice-Président '* A. B. Larocque. 



l'union médicale du canada. 37 

Secrétaire-Trésorier " Georges Grenier 

" G. 0. Bruneau. 
" A. Dugas. 

Comité de Régie -{ " G. Dubuc. 

" L. J. P. Desrosiers. 
" Arthur Ricard. 

Les Drs. Goderre, Mount et Larocque exprimèrent leurs re- 
merciements à rassemblée pour la confiance dont ou les ho- 
norait et promirent le concours cordial de leur bonne vo- 
lonté, de leur expérience et de leurs efiforts pour assurer le 
succès de la Société Médicale. Le Dr. J. W. Mount soumit alors 
à l'examen de l'assemblée une pièce pathologique et promit 
de donner à la prochaine séance un rapport du cas tel qu'ob- 
serve par lui. 

Il fut proposé par le Dp. A. Dugas, secondé par le Dr. E. 
P. Lachapelle que des remerciments soient votés aux journaux 
la Minerve^ le Nouveau-Monde et le Payé pour avoir bien voulu 
annoncer gratis les différentes assemblées et au représentant 
de la Minerve pour Tintérét qu'il a manifesté à la Société Mé- 
dicale en assitant à toutes les séances. 

L'assemblée s'ajourna alors après un vote de remerciments 
à M. le Président et au Secrétaire. 

Gborgss Grenibr, 
Ser.rétaire pro-temp. 



société médicale de MONTRÉAL. 

Séance du 22 Novembre 1871. 

Présidence du Dr. J. E. Goderre. Officiers présents : Drs. 
J. W. Mount, A. B. Larocque, G. Bruneau, A. Ricard et G. 
Grenier. — Le procès-verbal de la précédente séance est lu et 
adopté. Ije Secrétaire fait rapport que les Drs. H. Peltier, A. 
Ricard, A. Deschamps, D. Bondy, E. Robillard, de Montréal, 
sont devenus membres fondateurs en se conformant aux 
règlements. 

Le Dr. J. W. Mount met sous les yeux de la société une 
môle et lit en même temps l'observation de ce cas qui donna 
lieu à une discussion à laqu'elle prirent part les Di*s. Bru- 
neau, Rottot, Ricard, Larocque, Plante, Brosseau et Grenier. 



.r' 



^ 



'\ 



36 l'union MiDICALB DU CANADA. 

SOGIÉTÉ MÉDICALE DE MONTRÉAL. 

Séance du 8 Novembre 1871. 

A une assemblée des médecins tenue le 8 Novembre à l'E- 
cole de Médecine en conformité d'une résolution passée à una 
assemblée tenue le 26 Octobre dernier furent présents : Les 
Drs. J. Emery Coderre, A, Dugas, J. W. Mount, L. A. E. Des- 
jardins, A. T. Brosseau, C. Dabuc, A. B. Larocque, E. P. La- 
chapelle, Georges Grenier, J. C. Poitevin, Ls. B. Durocher, 
Albert P. 0. Vilbon, C. 0. Bruneau, A. RoUin, J. P. Rottot, J. 
M. A. Perrin, A. A. Meunier, Luc Quintal, ^B. H. Leblanc, P. E- 
Plante, A. Dagenais, L. J. P. Desrosiers. 

Le Dr. Coderre fut appelé à présider l'assemblée et le Dr. 
Grenier à agir comme secrétaire. 

Le procès-verbal de la séance du 26 Octobre dernier fut lu 
et adopté. 

Le Secrétaire donna lecture de la Constitution et des Rè- 
glements de la Société Médicale, et les médecins présents ap- 
posèrent leur signature au bas de cette constitution. 

Il fut propo5^é par le Dr. J. W. Mount, secondé par le Dr. 
A. Dagenais, que le temps pour recevoir les noms des méde- 
cins désirant faire partie de la Société soit prolongé et que 
tous les médecins qui signeront leur nom au bas de la Cons- 
titution d'ici à la date de la prochaine séance soient considé-* 
rês comme les membres fondateurs de la Société. Adopté. 

L'assemblée ayant été convoquée dans le but d'élire les 
officiers de la Société, l'on procéda alors à leur élection au 
scrutin secret. 

Il fut proposé par le Dr. A. Dagenais, secondé par le Dr. L. 
J. P. Desrosiers, que les Drs. A. Dugas et E. P. Lachapelle* 
soient nommés scrutateurs. Adopté. 

Le dépouillement du scrutin donna le résultat suivant : 

Président : Dr. J. E. Coderre 

1er. Vice-Président " J. W. Mount. 

2d. Vice-Président ** A. B. Larocque. 



l'union médioalb du canada. 37 

Secrétaire-Trésorier " Georges Grenier 

" G. 0. Bruneau. 
" A. IDufifas* 

Comité de Régie -{ " G. Dubuc! 

" L. J. P. Desrosiers. 
" Arthur Ricard. 

Les Drs. Goderre, Mount et Larocque exprimèrent leurs re- 
merciements à rassemblée pour la confiance dont ou les ho- 
norait et promirent le concours cordial de leur bonne vo- 
lonté, de leur expérience et de leurs efforts pour assurer le 
succès de la Société Médicale. Le Dr. J. W. Mount soumit alors 
à l'examen de rassemblée une pièce pathologique et promit 
de donner à la prochaine séance un rapport du cas tel qu'ob- 
servé par lui. 

Il fut proposé par le Dr. A. Dugas, secondé par le Dr. E. 
P. Lachapelle que des remerciments soient votés aux journaux 
la Minerve^ le Nouveau-Monde et le Payé pour avoir bien voulu 
annoncer gratis les différentes assemblées et au représentant 
de la Minerve pour l'intérêt qu'il a manifesté à la Société Mé- 
dicale en assitant à toutes les séances. 

L'assemblée s'ajourna alors après un vote de remerciments 
à M. le Président et au Secrétaire. 

Gborgss Grenibr, 
Ser,rétaire pro-temp. 



société médicale de MONTRÉAL. 

Séance du 22 Novembre 1871. 

Présidence du Dr. J. E. Goderre. OfiBciers présents : Drs. 
J. W. Mount, A. B. Larocque, 0. Bruneau, A. Ricard et G. 
Grenier. — Le procès-verbal de la précédente séance est lu et 
adopté. I^e Secrétaire fait rapport que les Drs. H. Peltier, A. 
Ricard, A. Deschamps, D. Bondy, E. Robillard, de Montréal, 
sont devenus membres foadateui*s en se conformant aux 
règlements. 

Le Dr. J. W. Mount met sous les yeux de la société une 
môle et lit en même temps l'observation de ce cas qui donna 
lieu à une discussion à laqu'elle prirent part les Drs. Bru- 
neau, Rottot, Ricard, Larocque, Plante, Brosseau et Grenier. 



.^' - 



■'■'\ 



36 l'union médicale bu canada. 

société médicale de montréal. 

Séance du 8 Novembre 1871. 

A une assemblée des médecins tenue le 8 Novembre à TE- 
cole de Médecine en confonnité d'une résolution passée à une- 
assemblée tenue le 26 Octobre dernier furent présents : Les 
Drs. J. Emery Coderre, A. Dugas, J. W. Mount, L. A. E. Des- 
jardins, A. T. Brosseau, C. Dabuc, A. B. Larocque, E. P. La- 
chapelle, Georges Grenier, J. G. Poitevin, Ls. B. Durocher, 
Albert P. G. Vilbon, G. 0. Bruneau, A. Rollin, J. P. Rottot, J. 
M. A. Perrin, A. A. Meunier, Luc Quintal, ^B. H. Leblanc, P. E- 
Plante, A. Dagenais, L. J. P. Desrosiers. 

Le Dr. Goderre fut appelé à présider rassemblée et le Dr. 
Grenier à agir comme secrétaire. 

Le procès-verbal de la séance du 26 Octobre dernier fut lu 
et adopté. 

Le Secrétaire donna lecture de la Gonstitution et des Rè- 
glements de la Société Médicale, et les médecins présents ap- 
posèrent leur signature au bas de cette constitution. 

Il fut proposé par le Dr. J. W. Mount, secondé par le Dr. 
A. Dagenais, que le temps pour recevoir les noms des méde- 
cins désirant faire partie de la Société soit prolongé et que 
tous les médecins qui signeront leur nom au bas de la Gons- 
titution dlci à la date de la prochaine séance soient considé-* 
rés comme les membres fondateurs de la Société. Adopté. 

L'assemblée ayant été convoquée dans le but d'élire les 
officiers de la Société, Ton procéda alors à leur ilection au 
scrutin secret. 

Il fut proposé par le Dr. A. Dagenais, secondé par le Dr. L. 
J. P. Desrosiers, que les Drs. A. Dugas et E. P. Lachapelle* 
soient nommés scrutateurs. Adopté. 

Le dépouillement du scrutin donna le résultat suivant : 

Président : Dr. J. E. Goderre 

1er. Vice-Président " J. W. Mount. 

2d. Vice-Président " A. B. Larocque- 



*i 



l'union MÊDIOALE du CANADA. 37 



Comité de Régie. 



[ 



Secrétaire-Trésorier " Georges Grenier 

" G. 0. Bruneau. 

" A. Dugas. 

" G. Dubuc. 

" L. J. P. Desrosiers. 

" Arthur Ricard. 

Les Drs. Goderre, Mount et Larocque exprimèrent leurs re- 
merciements à l'assemblée pour la confiance dont ou les ho- 
norait et promirent le concours cordial de leur bonne vo- 
lonté, de leur expérience et de leurs efforts pour assurer le 
succès de la Société Médicale. Le Dr. J. W. Mount soumit alors 
à l'examen de l'assemblée une pièce pathologique et promit 
de donner à la prochaine séance un rapport du cas tel qu'ob- 
servé par lui. 

Il fut proposé par le Dr. A. Dugas, secondé par le Dr. E. 
P. Lachapelle que des remerciments soient votés aux journaux 
la Minerve^ le Nouveau-Monde et le Payé pour avoir bien voulu 
annoncer gratis les différentes assemblées et au représentant 
de la Minerve pour l'intérêt qu'il a manifesté à la Société Mé- 
dicale en assitant à toutes les séances. 

L'assemblée s'ajourna alors après un vote de remerciments 
à M. le Président et au Secrétaire. 

Gborgks Grenier, 
Secrétaire pro4emp. 



SOCIÉTÉ MÉDICALE DE MONTRÉAL. 

Séance du 22 Novembre 1871. 

Présidence du Dr. J. E. Goderre. OfiBciers présents : Drs. 
J. W. Mount, A. B. Larocque, 0. Bruneau, A. Ricard et G. 
Grenier. — Le procès-verbal de la précédente séance est lu et 
adopté. 1/6 Secrétaire fait rapport que les Drs. H. Peltier, A. 
Ricard, A. Deschamps, D. Bondy, E. Robillard, de Montréal, 
sont devenus membres fondateurs en se conformant aux 
règlements. 

Le Dr. J. W. Mount met sous les yeux de la société une 
môle et lit en même temps l'observation de ce cas qui donna 
lieu à une discussion à laqu'elle prirent part les Drs. Bru- 
neau, Rottot, Ricard, Larocque, Plante, Brosseau et Grenier. 






I \ 



€0 l'union kédioalx du oanapa. 

«n même temps que le gonflement. Bile avait alors un écoulement jaunâ- 
tre durant, peut-être une semaine. Gependan'^ pendant toute cette période , 
ses règles revinrent régulièrement à leur jour, et elles continuèrent ainsi 
jusqu'au 17 Mars dernier, où, n'étant pas bien disposée , elle éprouva, par 
suite. d'un incendie, une très-vive alarme ; se trouvant alors seule à la 
maison. Â partir de ce jour jusqu'au 10 mal, elle continua à étrQ malade, 
tantôt plus tantôt moins. Une partie de la perte sanguine se faisait en 
caillots, et avec de vives douleurs. Le 10 mai, je prescrivis teinture de 
chanvre indien 25 gouttes deux fois par jour. Le 12 l'hémorrhagie était 
arrêtée, depuis lors, la patience alla bien, sauf de la faiblesse, et elle 
partit poiu* la campagne. Huit jours après, le 4 Juin, le flux reparut, s'ac- 
compagnant de beaucoup de douleurs, et en partie en caillots, puis il 
s'arrêta au bout de six jours, après une durée normale. Aujourd'hui, 21 
juin, la malade est bien, mais faible ; elle est^mise à l'usage du fer. 

Les cas gui précèdent pourraient être considérés comme 
particulièrement appropriés à tous égards pour l'emploi du 
médicament qui nous occupe, la ménorrhagie dans chacun 
d'eux étant purement fonctionnelle, suivant l'expression consa- 
crée, et non sous la dépendance d'aucune affection organique. 
Mais même dans ces cas où il existe un désordre local sous 
la forme de tumeurs ou de maladies de mauvaise nature, le 
chanvre indien revendique son influence sur la perte sangui- 
ne, mais seulement pour un temps. En résumé, par consé- 
quent, si, le chanvre administré à plusieurs reprises, arrêtant 
chaque fois la perte sanguine et calmant la douleur, ces der- 
niers symptômes reparaissent quand le médicament est sus- 
pendu, il y a une juste cause de soupçonner l'existence d'u- 
ne afTection utérine autre qu'un trouble purement fonction- 
nelle. Ainsi, dans un cas de tumeur fibreuse de l'utérus de 
volume considérable, remontant jusqu'au voisinage de l'om- 
bilic, le flux périodique était considérablement augmenté, 
et par suite la malade se trouvait fort affaiblie ; dans ce cas 
le chanvre a réussi à arrêter la perte, mais non à en préve- 
nir le retour. Dans un autre cas où l'hémorrhagie se mon- 
trait rebelle, on découvrit une petite excroissance polypoïde 
dont l'ablation ût disparaître les accidents. Mais peut-être 
l'exemple suivant présente t-il ces traits de manière à les im- 
primer dans l'esprit : 



l'union mêpioals du canada. 61 

Ob8. Y.^E. m***, âgée de treate-hoit ans, mariée depuis sept années, 
n'ayant pas eu d*enfant ; trois ikusses couches, toutes vers lo cinquième 
mois de la grossesse ; toujours bien portante ; mari bien portant égale- 
ment. Après la dernière fausse couche, cette femme Ait très-réguhère- 
ment menstruée jusq*à la fin de Tété de 1869, oii, sans cause appréciable, 
le flux cataménial commença à devenir plus laquent et plus abondant, en 
s'accompagnant de douleurs de reins intenses, qui devenaient encore plus 
vives immédiatement avant Tapparition des règles. Le sang, au lieu d'ê- 
tre liquide, est expulsé sous forme de caillots, mais sans que leur sortie 
s'accompagne de d «uleurs expulsives. Peu à peu la malade s'est affaiblie, 
et maintenant ell- en est arrivé à voir tous les quinze jours, parfois même 
plus souvent. Un traitement fiât d'après les avis d'un médecin apporta le 
soulagement des douleurs, mais aucun soulagement en ce qui concerne le 
flux sanguin. G*est alors que cette malade me Ait adressée. Je lui prescrL 
vits le chanvre indien, qui procura rapidement de bons effets, dès la 
troisième ou quatrième dose. Cependant Técoulement sainguin se repro- 
duisit, et Tadministration du chanvre indien Ait reprise, avec les mêmes 
résultats, aux dates, suivantes : — Le 10 Juin, après quatre doses de 20 
gouttes chacune, cession de la perte de sang ; mais elle est remplacée par 
im flux leucorrhéique. Suspension du médicamment, retour du sang. 
Chanvre indien et fer alternativement. — Le 17, sang arrêté de nouveau 
sous rinfluence du chanvre ; mais prompte et abondante réapparition, 
avec mélange de caillots et douleurs expulsives. Chanvre indien avec 
«rgot et fer en alternant. — A cette époque du traitement, soupçonnant 
'quelque chose de plus qu'un simple trouble fonctionnel je pensai qu'il y 
«vait lieu de procéder à un examen direct des organes Dès que la perte 
<le sang eut été de nouveau arrêtée, grâce à l'action du chanvre. M. le 
docteur Black, accoucheur de l'hôpital de Gharing-Gross, voulut bien 
procéder à cet examen, qui fit découvrir une aflection de mauvaise nature 
occupant le col de l'utérus et commençant à gaguer la paroi vaginale. 

Ce cas, comme on le voit^ peut servir à faire yoir que Ton- 
peut compter sur le chanvre indien pour réprimer les hé- 
morrhagies utérines, de quelque nature que ce soit. 

A ma connaissance, un certain nombre de praticiens sont 
dans l'habitude d'employer le même agent, spécialement con 
tve la menstruation douloureuse, la dysménorrhée de cause 
non mécanique. Le docteur Hunt m'assure qu'il l'a admi- 
nistré dans ces conditions plus d'une centaine de fois, et 
qu'il l'a toujours vu, dès la troisième dose, amener le sou- 
lagement de la douleur et du malaise. 



62 l'union médicale du canada. 

J*adininisire le chanvre indien, sous forme de teinture, S 
la dose de 20 gouttes. Il réussit mieux encore, associé à Tes- 
prit aromatique d'ammoniaque. 

Bull de thér. 

Ayant lu la communication ci-dessus relative à une subs- 
tance dont j'ai beaucoup fait usage, depuis un an, à la place- 
du Seigle ergoté, dans les accouchements, ainsi que dans 
l'hystérie, j'en fis, de suite l'essai dans un cas de ménorrha- 
gie, qui me donnait beaucoup d'ennui, depuis plusieurs mois.. 
La patiente, qui est une femme de 27 ans, d'une constitution 
robuste, mais beaucoup affaiblie par ces déparditions répé- 
tées, en était arrivée à n'éprouver presque plus d'interrup- 
tion dans l'écoulement cataménial. Le fer, les acides, l'er- 
got avaient fait peu de chose. J'administrai donc ^ grain 
d'extrait gommeux de Cannabis indica, toutes les trois heures. 
Le lendemain, le flux hémorrhagique était suspendu. Il re- 
parut le surlendemain, et céda au même moyen. Alors je 
le continuai pendant dix jours, sans interruption, en admi- 
nistrant concurremement la Tre. de perchlorure de fer. Au- 
jourd'hui, j'ai cessé l'usage du chanvre indien. Je m'en 
tiens à la midication analeptique, et il m'est permis d'espérer 
une guérisoQ permanente. 

Un de nos confrères, qui a employé le même agent, dans^ 
un cas analogue me déclare en avoir obtenu de bons résul- 
tats, quoique non encore décisifs. Son rapport paraîtra pro- 
chainement Je serais heureux de voir d'autres confrères • 
faire l'essai de cette substance, et en communiquer les résul- 
tats à la profession. 

Dr. L. J. P. DbsRosiers. 



Dbs Statistiques. 

Nous avons vu avec plaisir la société de Médecine de Mon-^ 
tréal s'occuper de l'important sujet des statistiques vitales. 
C'est certainement le moyen le plus sûr et le plus efficace d'ac- 
tiver le progrès de la science parmi nous. Si la médecine a 



l'union médicale Dtr CANADA. Q9 

avancé si rapidement depuis un siècle ou ieux en Europe on 
doit avouer que ce mouvement est dû en grande partie 'au 
soin avec lequel on a étudié les statistiques. Tous les hom 
mes écrivent, toutes les sociétés savantes se sont donné la 
mam dans ce but et on peut dire aujourd'hui qu'il y a bien 
peu de questions sur lesquelles nous n'avons pas de données 
précieuses. 

Ce résultat n'a rien qui doive nous surprendre ; car s'il n'y a 
rien de plus brutal qu'un chitfre, souvant aussi, il n'y arien de 
plus éloquent et plus instructif. Quelques chiffres alignés au 
haut d'une phrase renferment quelquefois plus de renseigne 
ments et de leçons utiles que de longs discours ou de nom 
breuses pages. Ils possèdent toujours le mérite de la préci 
sion, de la concision et de la clarté ; qualité que l'on ne ren 
contre pas constamment même dans les meilleurs écrits 
On comprend aisément les services que rend la statistiaue 
quand on réfléchit que celte science nous expose l'origine 
les causes et la marche de différentes maladies, ainsi que tout 
ce qui peut en augmenter ou en dimunier le nombre et la 
gravité. Déplus, non satisfaite de nous renseigner sur les 
forces et Iss auxiliaires de l'ennemi, elle nous fournit encore 
des armes pour le combattre, en nous faisant connaître les 
substances et les mesures qui ont mieux réussi à en arrêter le 
progrès à des époques antérieures. 

Le profession médicale, en Canada, n'a encore rien fait 
jusqu'ici sous le rapport des statistiques vitales, et, véritable 
parasite, elle a toujours vécu du travail d'autrui. Trop dé 
fiant de nos propres forces, et comptant trop sur celles des 
autres, nous somçies restés en arrière, marchant à la re- 
morque de nos confrères étrangei-s. Il est temps de nous 
mouvoir et de faire quelque chose, si nous' ne voulons pas 
être taxés d'insoucience inexcusable. ' Les raisons qui peu- 
vaient faire pardonner l'apthie dans laquelle nous étions 
p ongés, n'existent plus. Nous sommes dans des conditions 
plus favorables qu'autrefois : l'isolement qui faisait notre 
faiblesse a disparu, grâce à la fondation de Sociétés et d'un 
journal de médecine. Maintenant, nous sommes assez forts 



2m 



64 l'union médicale du canada. 

et assez nombreux pour nous affirmer et marcher de pair 
avec le corps médical des autres pays. Le nom canadien est 
connu avec avantage dans presque toutes les parties du mon- 
de. Le commerce, l'industrie, le barreau, en un mot, pres- 
que toutes les classes du Canada, ont su percer et se faire es- 
timer de la plus grande partie des nations. Seule, la profes- 
sion médicale n'a pas su prendre le rang qu'elle devait occu 
per. 

Il faut réparer le temps perdu,et ce n'est que par des tra- 
vaux incessants que nous pourrons y parvenir. Pour les 
corps comme pour les individus, le travail est un devoir 
dont nous ne sommes pas plus exempts que les autres. Nous 
devons fournir aussi notre contribution pour Tavancement 
de la science ; et les statistiques nous offrent un vaste champ 
encore inexploré pour nos études et nos travaux. Nous pos- 
sédons bien, il est vrai, des données précises sur la plupart 
des sujets importants qui sont du ressort de la médecine, 
mais ces données ne peuvent pas s'appliquer exactement à 
notre pays. Le climat d'une contrée, la constitution, les ha- 
bitudes et le régime de ses habitants ont une influence mar- 
quée sur les maladies, de sorte que leur gravité n'est pas la 
môme partout. Si nous avions des statistiques, il serait in- 
téressant de les comparer avec celles de l'Europe. 

Nous esjjôrons que les Sociétés de médecine, vont prendre 
les moyens, pendant Tépidémie de variole qui sévit actuelle- 
ment en Canada, de donner au monde scientifique des ren- 
seignements exacts sur la marche, la durée et la gravité de 
cette maladie. 

Nous espérons surtout qu'après cette épidémie, nous au- 
rons des notions certaines sur le plus ou moins d'efficacité 
de la vaccine, telle que pratiquée aujourd'hui. 

Si nous mentionnons la variole en premier lieu, ce n'est 
pas qu'il n'y ait d'autres sujets importants à étudier, mais 
c'est parce que les ravages qu'elle fait actuellement ont attiré 
l'attention publique et surexcité tous les esprits. 

Une autre maladie sur laquelle il serait intéressant d'avoir 
des slatestiques est la pthisie pulmonaire qui fait tous les ans 



l'union médicale du canada. 65 

tant de victimes parmi la population canadienne : elle pour- 
rait jeter du jour sur l'influence des différents climats sur 
le développement de la tuberculose. Toutes les affections 
•qui se répandent d'une manière épidémique devraient aussi 
être le sujet d'études sérieuses. 

A l'œuvre donc ; la tâche est immense, mais avec de l'éner- 
gie et du travail nous sommes certains d'avance du résultat. 
Le premier pas est fait, il n'y a qu'à continuer à marcher 
dans la bonne voie où nous a fait entrer la société de méde- 
cine de Montréal. 

Dr. Dagenais. 



PLAIE DU GENOU. 

Le 9 d'Avril 1869, Joseph Valade, journalier de notre lo- 
calisé, étant au bois, reçut de son compagnon bûchant en 
face de lui au pied d'un même arbre qu'ils voulaient abattre 
■tm coup de hache dans le genou. 

Incapable de faire un pas, il fut transporté dans la maison 
de celui pour lequel il travaillait. Le Conseil de circonstan- 
ce jugea, sans hésiter, qu'il était prudent d'aller quérir le 
médecin, le même jour. 

Je fus appelé. A mon grand étonneraent, je vis avec satis- 
faction qu'on avait évité la gaucherie de bourrer la plaie de 
chair de cuir, ou de feuilles de tabac, ou de chaux vive, etc., 
etc., etc ; peut-être avait-on craint de ne pouvoir en mettre 
assez, tant la plaie était grande. 

A mon arrivée, le patient, en proie à la plus vive inquiétu- 
de, était assis sur un canapé, les deux jambes dans l'état de 
flexion naturelle. La jambe droite offrait une plaie béante 
qui laissait voir toute l'articulation femoro-tibiale ; la surfa- 
<:e articulaire des deux condyles du fémur et celle du tibia, 
-complètement à nu, étaient à demi séchées par l'action de 
l'air ; un caillot de sang reposait au fond de l'articulation et 
la rotule fuyait sur le fémur. 

liC membre soumis à l'extension nous montrait la direction 
de la plaie qui était de haut en bas et de dedans en dehors, 



66 l'union médicale du canada. 

et mesurant trois pouces eaviron. La hache ayant à peine 
frappé la tête du tibia avait divisé tous les ligaments qui se 
trouvaient sur son passage entre la tête du tibia et le som- 
met de la rotule. 

Je commençai par faire des sutures en nombre suffisant, 
pour maintenir les lèvres de la plaie en parfaite juxta-posi- 
tion, et les recouvris de bandelettes agglutinatives. 

En face de cette plaie étendue qui compromettait les liga- 
ments, les cartilages, la membrane synoviale et l'extrémité 
spongieuse du fémur et du tibia, je formulai d'avance un 
pronostique défavorable. Mon patient, âgé d'une trentaine 
d'années et gagnant péniblement le pain de sa famille à la 
sueur de son front, avait toujours joui d'une assez bonne san- 
té. Craignant d'exposer sa constitution par un traitement 
antiphlogistique énergique, je me bornai aux applications 
froides, (eau blanche^ presqu'à la glane) la jambe étant légère- 
ment fléchie et reposant sur un oreiller placé en dehors, avec 
recommandation de la laisser dans le repos le plus absolu. 
Et je n'appUquai aucun appareil contentif. 

Avant de me retirer, je défendis les stimulants spiritueux 
à mon patient ; mais lui permis de manger et boire ce qu 
lui plairait, c'est-à-dire, de suivre le même régime qu'aupara- 
vant. 

Du 9 au 14, dose de morphine au coucher, répétée quel- 
quefois pendant le jour. Renouveler les applications réfrigé- 
rantes. 

Le 14, malgré le mauvais état des chemins, je pus lui faire 
visite ; état général rassurant ; fièvre insignifiante ; genou 
offrant une enflure qui ne monte pas sur la cuisse ni ne des- 
cend sur la jambe, aspect d'une tumeur dure, rouge et n'em- 
brassant pas tout l'espace poplité. Bandelettes renouvelées. 
Je me retirai sans changer en rien le traitement commencé ; 
si ce n'est que j'ajoutai un léger laxatif oléagineux pour pa- 
rer à un inconvénient prévu. 

De cette date, c'est-à-dire, du 14 d'Avril au 15 de Mai sui- 
vant, je fus privé de l'avantage de voir mon malade ; mais 
pendant cet intervalle, j'en reçus souvent des nouvelles par 



l'union médicale du canada. 67 

les voisins dont les informations réglées sur mes recomman- 
dations me permettaient de suivre Tétat de la tumeur. Le 
malade ne manqua pas de calmants (opium, morphine, Jus- 
quiame) que je donnai alternativement pour prévenir la to- 
lérance. Convaincu depuis quelques jours que la suppura- 
tion s'établissait, j'avais fait remplacer les applications froi- 
des par les émoUients ; et le 15 de Mai on m'apprit que la 
matière sortait un petit brin, par un petit trou en dehors et en 
haut du genou. Je demandai à voir le patient ; mais sur ces 
entrefaites passsa un maréchal (un coupeur de chevaux, en 
tournée) qui prescrivit avec la plus grande assurance des 
douches d'eau courante du mois de Mai ; un congrès de com-* 
pères et de commères jugea hardiment que ça ne ferait pas de 
mal au malade. Mais le 20, on vint me chercher en disant 
que le malade rempirait, qu'il affaiblissait et que son enflure 
montait et descendait. En effet, le membre affecté présen 
tait en dehors une tuméfaction extraordinaire, à partir du 
mollet au grand trochanter, avec fluctuation évidente, sans 
le secours du toucher ; la peau présentant une dizaine de 
points livides et prêts à donner issue à la matière. Un petit 
coup de lancette dans l'un de ces points menaçants en haut 
du condyle externe laissa échapper une quantité prodigieuse 
d'un pus plutôt séreux que plastique. Après avoir vidé cet 
abcès diffus au moyen de la lancette et d'une compression 
modérée au moyen de la paume de la main, j'appliquai le rou- 
leau pour favoriser la réunion des tissus ; et après avoir in^ 
séré une tente dans l'ouverture que je venais de pratiquer, 
je recommandai les fomentations. 
Il va sans dire, que le patient était sous l'empire d'une 

■ 

prostration assez avancée ; en conséquence je recommanda ^ 
les stimulants, le brandy en particulier, — mais son indigen- 
ce — j'eus recours à la Quinine sans abandonner les cal- 
mants au coucher. Ce traitement fut suivi pendant une dou- 
zaine de jours, pendant lesquels le malade fut rendu à sa fa- 
mille logeant alors dans une misérable maison où se t?.nait 
xine école. 
Dans la nuit du 2 au 3 de Juin, je fus appelé de nouveau ; 



68 l'union médicale du canada. 

mais, cette fois, pas pour la coupure ; car, à part le genou ^ 
le membre délivré de toute tuméfaction, offrait la même 
température que celle de son voisin et pouvant se prêter un 
peu aux mouvements de flexion et d'extension ; la suppura- 
tion était tarie et les forces un peu revenues. Lorsque tout 
présageait un heureux retour à la santé, un rhumatisme ar- 
ticulaire vint, fort mal à propos, tourmenter notre sujet, dont 
la famille commençait à souffrir. 

Sous ces circonstances j'abandonnai les stimulants, mais 
continuai Tadministration de la Quinine [et des calmants, 
comme ci-devant, ces derniers répétés plus souvent, et fis 
rien de plus pour combattre cette affection qui alla jusqu'à 
se permettre une visite dans l'une des cavités splanchniques. 

Pour des raisons hygiéniques et morales, la guérison com- 
plète n'eut lieu que dans la dernière quinzaine de Juillet, 
époque à laquelle mon patient, tout réjoui, put quitter la 
maison pour continuer son travail de tous les jours, sans 
éprouver la moindre incommodité dans le membre qui venait 
d'échapper à l'ankylose. 

Dr. L. A. FoRTiER. 



-•-•■*- 



ASSEMBLEE DES MÉDECINS VACCIN ATEURS PUBLICS 



Le Bureau des Vaccinateurs Publics s'est assemblé à l'Hô^ 
tel-de-Ville, à la demande du Bureau de Santé, le 30 Novem- 
bre dernier. 

Etaient présents : Les Docteurs Larocque, Dugdale, F. W* 
Campbell, Ricard, Wm. Mount, Leblanc, N. Robillard, Bour- 
ke, Andersen, et Tracy. 

Le Dr. Selly s'est excusé par lettre de ne pouvoir assister. 

Le Dr. Ricard fut appelé à la présidence. Les officiers de 
de Santé, Drs. Larocque et Dugdale firent connaître le but de 
la réunion. Ils dirent que le Bureau de Santé voyant aug- 
menter le nombre des décès par la variole et redoutant l'in- 
vasion d'une épidémie, désire que les Vaccinateurs prennent 
les moyens les plus efficaces pour prévenir l'extension de la. 



l'union médicale du canada. 69 

maladie et il leur demande s'ils consentiraient <\ faire la vac- 
cination à domicile afin de mettre, en peu de temps, tous les 
enfants à Tabri. 

Après une longue et sérieuse discussion, il a été entendu 
parmi les Vaccinateurs qu'ils feraient plus qu'ils étaient te- 
nus de faire à cause du besoin urgent de leurs services, 
([u'ils s'emploieraient de la manière la plus active pour re- 
pousser l'invasion du fléau et qu'ils sont prêts à aller vacciner 
de maison en maison pourvu que pour chaque cas vacciné ainsi 
avec succès la rémunération soit de cinquante centins, com- 
me légère compensation de la grande perte de temps qu'exi- 
gent les visites répétées de la vaccination à domicile. 

L'assemblée, de plus, adopta unanimement les résolutions 
suivantes. 

lo. Que les certificats de décos étant souvent mal remplis 
et n'étant môme pas exigés pour l'enterrement dans un de 
nos cimetières, le Bureau de Santé soit prié de voir à l'exécu- 
tion rigoureuse de la loi exigeant ces certificats. Les offi- 
ciers deSanté et les vaccinateurs pourront ainsi connaître les 
maladies régnantes, la variole en particulier, en combattre 
la cause et en empêcher l'extension, autant que possible. 

2o. Considérant que la loi de vaccination ne peut recevoir 
sa pleine et entière application et qu'il est impossible de 
connaître et de trouver les enfants pour obliger les parents à 
les faire vacciner à l'âge requis, sans le secours d'une loi 
d'enregistrement des naissances. Que le Bureau de Santé 
soit prié de préparer et de faire passer au Parlement une tel- 
le loi qui serait obligatoire pour tous. 

TJne ville comme Montréal devrait avoir des statisti- 
ques certaines de sa mortalité, sur lesquelles on ne pour- 
rait élever des doutes, afin de donner satisfaction au pu- 
blic et de mettre ceux qui sont préposés à la surveil- 
lance de la santé publique en état de bien remplir leur 
charge. Il est loin d'en être ainsi. Si tous les certifi- 
cats de décès étaient donnés par des médecins ils se- 
raient des documents sûrs. Mais malheureusement la 



70 l'union mïédioale du canada. 

loi concernant cette matière, permet à d'autres person- 
nes de donner ces certificats quand un médecin n'a pas 
été appelé pour la maladie. On conçoit que, par cette 
application si imparfaite de la loi, les statistiques de la 
mortalité fourmillent d'erreurs. 

Cette clause, permettant aux individus de donner des 
certificats sur une matière dont ils sont ignoi'ants, de- 
mande impérieusement d'être changée. Le meilleur 
mode serait d'exiger, dans de tels cas, le certificat du 
médecin vaccinateur du quartier qui serait tenu d'aller 
constater la mort à la demande des parents. — Comm, 



SOCIÉTÉ MÉDICALE DE MONTRÉAL. 

Séance du 22 Novembre 187t. 

(Suite,) 

Dr, Bruneau, — J'ai pris un grand intérêt au rapport du ca- 
que nous Amenons d'entendre. Le Dr. Mount me permettra ce- 
pendant de différer d'opinion avec lui sur Fépoqe qu'il assigne 
au commencement de la grossesse. Je ne puis croire qu'un 
corps étranger puisse demeurer quinze mois dans Tutérus. Y 
aurait-il eu ici grossesse extra-utérine? En calculant que le 
produit de la conception ait pu rester 40 à 50 jours dans la 
trompe, nous gagnerions cet espace de temps. Le fœtus 
transporté dans l'utérus aurait été absorbé et la môle se rerait 
ensuite développée. Peut-être aussi la conception a-t-elle eu 
lieu pendant une aménorrhée. On sait que cette maladie 
amène souvent tous les symptômes de la grossesse. 

Dr, Rottot. — Je pense que, d'après l'histoire du cas, on ne 
peut mettre en doute que cette femme ait porté ce produit 
pendant quinze mois. Les symptômes d'action de Tutérus 
vers le neuvième mois, la perte d'eau rousseâtre pendant 
trois mois et les différents autres signes rendent pour moi ce 
fait évident. 

Dr. Ricard, — La caviié que l'on remarqua dans cette tumeur 



l'union médicale du canada. 71 

a du contenir un fœtus. La membrane lisse qui la tapisse 
€n est la preuve. La croissance du fœtus a été arrêtée et il 
s'en est suivi la dégénérescence du placenta et des membra- 
nes. On ne peut expliquer sa rétention au moyen d'une gros- 
sesse extra-utérine, car le fœtus aurait été alors trop volumi- 
neux pour passer par les trompes. Cette môle n'était pas un 
corps étranger, mais elle vivait de la vie de la mère et pou* 
vait ainsi continuer à vivre jusqu'à ce qu'elle fut détachée 
des parois de l'utérus. Alors son expulsion devenait néces- 
daire. 

Dr, Plante, — ^Au bout de neuf mois, la nature expulse inva- 
riablement le produit de conception, je ne puis croire que ce- 
lui-ci soit resté quinze mois. 

Dr. Larocque. — Dans ce cas-ci on ne peut mettre en doute 
qu'il y ait eu grossesse, absorption du fœtus et nutrition des 
annexes. On peut différer seulement sur l'époque de la 
conception. 

Dr. Grenier. — Je suis parfaitement de l'opinion que vient 
d'exprimer le Dr. Ricard. Le produit a pu demeurer dans 
l'utérus pendant neuf mois, parcequ'il ne s'est pas développé 
de la même manière et dans les mêmes conditions qu'un pro- 
duit ordinaire. Il est vrai que dans la plupart des cas, ces 
môles sont expulsées vers le Sème, ou 4ème mois, ou au 
temps ordinaire de la grossesse, mais rien n'empêche qu'el- 
les ne continuent à se développer lentement et à séjourner 
un temps indéfini dans les organes de la mère. J'ai eu ces 
jours derniers un cas d'avortement où le fœtus était indubi- 
tablement resté quatre mois dans l'utérus après la cessation 
de son existence. J'ai lu des cas où le fœtus mort était resté 
un an et môme deux ans dans l'utérus (Ruysch-Phesam. Om- 
nium Max.) Riedlin cite un cas où une môle demeura trois 
ans dans les organes. (Lin. Med. 1695, p. 297) et Zuingen en 
décrit un autre où la môle ne fat expulsée qu'au bout de dix 
sept ans. (Theatrum Titae Humanae, p. 33. Good's Study of 
Médecine.) 

Sur proposition du Dr. J. P. Rottot, secondé par le Dr. J. 



72 l'union médicale du canada. 

W. Mouiit, le Dr. 0. Bruneau est prié de faire une lecture 
sur le vaccina la prochaine réunion de la société. 
Puis la séance est l«vée. 

Dr. Georc.es Grenier, 

Sec. Très. S. M. 



SOCIÉTÉ MÉDICALE DE MONTRÉAL. 

Séance du 6 Décembre 1871. 

Le Dr. Bruneau lut un travail sur la vaccination. Il en fit 
rhistorique. Constata d'abord que Tinoculation avait été em- 
ployée dans les temps les plus reculés, parmi différents peu- 
ples. Que d'après les statistiques on pouvait se convaincre 
que lorsque les personnes ainsi inoculées étaient atteintes de 
variole, elles n'avaient pour la plupart que des symptômes 
légers, et que cette pratique avait pour effet de restrein- 
dre considérablement les ravages de cette maladie. On 
continua à se servir du virus variolique jusqu'à Jeûner 
Malgré tous les avantages que l'on reconnaissait à l'ino- 
culation, il n'en était pas moins vrai, qu'un assez grand 
nombre de personnes mouraient et qu'un plus grand nombre 
encore guérissaient avec des infirmités plus ou moins gra 
ves, pour le reste de leurs jours. Aussi depuis longtemps tous 
les véritables amis de l'humanité faisaient les plus grands ef- 
forts pour trouver un substitut moins dangereux et tout aussi 
efficace que le virus variolique. Ce fut Jenner qui eut la 
gloire de faire cette découverte. Après plusieurs années 
d'expériences, il fit connaître au monde que le vaccin pris de 
la vache, et inoculé avait pour effet de préserver la personne 
de la variole ; et que cette vaccination était tout à fait inof- 
fensive. 

Les médecins s'empressèrent d'adopter cette pratique, qui 

fut suivie de si heureux résultats, que peu d'années après, 

l'inoculation fut complètement abandonné. 
Depuis cette époque, la vaccination a régné en souveraine 

maitresse jusqu'à ces quelques années dernières. Aujour- 
d'hui il y a des médecins, qui la considèrent comme tout à 
fait inefficace, et ils regardentson emploi non seulement com- 



l'union médicale du canada. 73 

me inutile mais môme comme dangereux, parce que, disent- 
ils, c'est avec ce vaccin impur qu'on inocule, sans le vouloir, 
et bien souvent, les maladies syphilitiques et autres. 

Le Dr. prouva Tefficacité de la vaccination par des statisti • 
ques prises dans sa propre pratique, et dans les autres pays 7 
et fit voir la grande différence qu'il y avait dans le nombre 
de personnes atteintes de la variole avant et depuis Jenner, et 
surtout la différence qu'il y avait dans la mortalité, avant et 
depuis l'introduction du vaccin. Que, quant à l'inoculation 
du virus syphilitique par le vaccin, pour sa part il n'y 
croyait pas. 

Il parla de l'importance de choisir du bon vaccin, en donna 
la description et les caractères, et dit qu'on devrait vacciner 
de bras à bras. Qu'on ne devait pas être surpris si des indi- 
vidus vaccinés étaient atteints de variole, puisque la variole 
elle-même ne protégeait pas complètement contre une nou- 
velle attaque. Il connait une personne qui a eu la variole 
trois ou quatre fois. 

Que la revaccination à des époques déterminées était né- 

Le Dr, Peltier. — Reconnaît toute l'importance du travail du 
Dr. Bruneau. Il est en faveur de la vaccination, mais il est 
entièrement opposé à la revaccination. Il n'en voit pas la 
nécessité. Puisque le vaccin est un préservatif contre la 
variole pourquoi dit-il revacciner ? Aussi lorsqu'un homme 
veut entrer dans l'armée, ou qu'il désire faire assurer sa vie, 
on lui demande s'il a été vacciné, mais on né lui demande 
jamais s'il a été revacciné. On juge donc que c'est inutile. 
Maintenant, parmi les Sœurs de charité, parmi les médecins 
et les étudiants ici et à Paris, il n'y en a pas qui ont été re- 
vaccinés, cependant à peine si on en voit un de temps à autre 
avoir la variole. Preuve donc que la vaccination est une pro- 
tection suffisante contre la variole. 

Le Di\ Dagenais. — Dit qu il n'est pas prêt à donner une opi 
nion décisive sur ce sujet. Que certainement l'inoculation 
doit être rejeté complètement. Que, par rapport à la vaccinât 
tion, si on produit des statistiques pour prouver sa vertu, il 
est facile d'en produire d'autres pour prouver son inutilité 



74 l'mnion médicale du canada. 

De ce que les sœurs, les médecins et les étudiants, ne sont 
presque pas atteints de la variole, il ne s'ensuit pas, comme le 
dit le Dr. Peltier, que ce soit parce qu'ils ont été vaccinés. Ceci 
peut s'expliquer d'une toute autre manière. On sait que la 
variole est surtout une maladie de l'enfance. Les médecins 
et les sœurs étant d'un âge assez avancé, il s'ensuit qu'ils ne 
sont pas si susceptibles à être affectés par cette maladie ; cette 
raison là suffit pour expliquer pourquoi ils n'en sont pas at- 
teints. Dans sa pratique, il a remarqué que la mortalité par- 
mi les personnes vaccinées était très grande. 

Le Dr, Rottot. — Dit qu'il était en faveur de la vaccination et 
de la revaccination. Que le raisonnement du Dr. Peltier con- 
tre la revaccination ne pouvait pas être accepté, parceque les 
statistiques étaient contre ; et que pour venir à l'appui des 
idées émises sur ce sujet par le Dr. Bruneau, il prenait la li- 
berté de lire l'extrait suivant d'un travail fait par le Dr. Bri- 
quet dans la Lancette Française du 24 Octobre dernier, sur 
une épidémie de variole qu'il a observé pendant le siège de 
Paris à l'ambulance militaire de la rue Glichy. 

Le nombre des varioleux soumis à l'observation de Mr. Bri- 
quet a été de 504, tous militaires. La moyenne d'âge a été de 
24 ans 1;10. Les 9;10 avaient été vaccinés ; 1/6 seulement 
avait été soumis à la revaccination. Chez les 413 sujets pré- 
sentant des traces caractéristiques de va'^xine, 252 n'ont eu 
qu'une varicelle légère, 107 une varioloïde, 20 une variole 
discrète, 34 une variole confluente. 

Chez les 66 sujets qui ne présentaient pas de cicatrices, 14 
n'ont eu qu'une varicelle légère, 7 une varioloïde, 13 une va- 
riole discrète, 32 une variole confluente. 

D'où il résulte que chez les sujets bien vaccinés, les cinq 
huitièmes n'avaient eu qu'une maladie légère, deux huitiè- 
mes avaient eu une maladie un peu sérieuse et un huitième 
seulement une véritable variole : tandis qu'au contraire, chez 
les sujets non vaccinés, il y a eu un tiers de cas légers et 
deux tiers de cas graves. 

Quant à la proportion relative des décès on trouve que chez 
les sujets vaccinés la mortalité à été d'environ un dixième, 



l'union médicale du canada. 75 

tandis que chez les sujets non vaccinés elle a été des deux 
tiers. 

Mr. Briquet constate de plus que le nombre des cas de va 
riole a été régulièrement croissant, à mesure qu'on s'éloi- 
gnait de répoque de la vaccination. 

Le Dr. Desrosiers. — Fait quelques observations pour prouver 
qu'on ne doit pas attacher d'importance à l'objection que l'on 
fait contre le vaccin, parce qu'il ne donne pas une immunité 
complète contre la variole. On remarque la môme irrégula- 
rité dans la plupart des faits physiologiques et autres, soumis 
à notre observation. 

Dès lors qu'un agent quelconque vous procure un bien 
réel et constant, on ne doit pas être justifiable de le rejeter. 
11 se déclare en faveur de la vaccination ; et son opinion est 
formée en grande partie par ses observations personnelles. 

Après quelques mots de la part du Président, leDr. Co- 
derre, sur l'importance de la question, et sur l'opportunité 
d'en continuer la discussion, à la prochaine assemblée, la 
séance est levée. 

SOCIÉTÉ MÉDICALE DE MONTRÉAL. 

Séance du 20 Décembre 1871. 
Présidence du Dr. J. W. Mount. 

Officiers présents : Drs. A. B. Lardcque, 0. Bruneau, A. 
Dugas, C. Dubuc, A. Ricard, G. Grenier. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Le Secrétaire donne communication d'une lettre du Dr. S. 
A. Longtin par laquelle il demande soa admission comme 
membre actif. 

Le Dr. A. Dugas donne avis qu'il proposera à la prodhaine 
séance l'admission comme membres actifs des Drs. Léandre 
Lefebre, de Lachine, Beaudet de Montréal et S. A. Longtin 
de Laprairie. 

Le Dr. P. E. Plante donne avis qu'il proposera ladmission 
du Dr. Jos. Lanctôt de St. Philippe. 

Le Dr. L. A. E. Desjardins donne avis qu'il proposera les 



7G l'union médicale du canada. 

Drs. F. X. Perrault, de laPointe-aux-Trembleset A. Laramée, 
de Montréal. 

La discussion sur le vaccin, soulevée à la*suite de la lecture 
du Dr. O. Bruneau sur ce sujet, est à Tordre du jour. 

Dr A. B. Larocque : La puissance préservatrice du vaccin 
a été amplement prouvée par le Dr. Biineau. 

Nous n'avons pas ici malheureusement de mode efficace 
pour obtenir des statistiques et il faut nécessairement s*en 
rapporter beaucoup à Texpérience des autres pays. Nous 
voyons par exemple qu'en Irlande on a chassé pendant un 
certain temps la petite vérole au moyen de la vaccination. 
Quoique cette maladie sévisse encore en Europe, on y a ob- 
tenu de grands succès. J'ai pris en note quelques considéra- 
tions que je me permettrai de vous lire et qui contribueront 
à prouver l'efficacité de la vaccination : 

VACCINATION. 



Un des plus grands bienfaits qui aient été conférés à l'hu- 
manité est sans contredit la vaccination qui, pratiquée dans 
les conditions adoptées par la science, devient une garantie 
contre le plus affreux comme le plus fatal des fléaux qui dé- 
ciment les populations. Pour s'en convaincre nous n'avons 
qu'à recueillir les faits incontestables, produits par les statis- 
ques qui servent à prouver l'efficacité de ce préservatif dont 
l'immortel Jenner a doté l'humanité en 1798. 

L'inoculation de la matière variolique précéda celle du 
vaccin. Les Circassiens prétend-ton furent les premiers qui 
s'en servirent, cette pratique fut adoptée en 1673 à Constan- 
tinople. 

Lady Montagne Tintroduisit en Angleterre et de là elle se 
répandit dans toute l'Europe. 

L'inoculation variolique tomba bientôt en discrédit et céda 
entièrement à la découverte du vaccin dont le bienfait est 
d'avoir diminué le nombre des aveugles, maintenu la beauté 
des races et accru la moyenne de la vie. D'après Bernouilli 
et Duvillard la moyenne de la vie est augmentée d'au moins 



;1 
l 






l'union médicale du canada. 77 

trois ans dans la masse des individus vaccinés p.3u de temps 
après leur naissance. 

Avant rintroduction de la vaccine on comptait suivant les 
relevés de dix pays de l'Europe 1 décès par la variole sur dix 
morts, depuis la vaccine 1 sur 2378. D'après un rapport de 
l'Institution vaccinale anglaise de 1826, parmi plusieurs mil- 
liers de personnes vaccinées, il n'y a pas eu un seul cas qui 
ait été fatal ; au contraire, quand la maladie apparaissait, c'é- 
tait toujours sotis un caractère bénin et très-aisé à traiter. 
Pendant une épidémie qui sévit en Ecosse, le Dr. John 
Thompson a pu faire des observations depuis juin 1818 à dé- 
cembre 1819 sur 556 cas, dont 205 avaient été ni vaccinés ni 
varioles. Sur ce nombre 50 moururent de la maladie, c'est-à- 
dire 1 sur 4 ; 40 contractèrent la maladie une seconde fois, 
ainsi que 30 autres cas que le Dr. Thompson recueillit ail- 
leurs, faisant en tout 11, dont 3 moururent c'est-à-dire 1 sur 
23, tandis que sur 310 qui avaient été précédemment vacci- 
nés, un seul mourut. 

La population de Marseilies qui en 1828 était estimée à 
40,000 dont 30,000 avaient été vaccinés, 2,000 varioles, et 800 
laissés sans protection. Sur les 30,000 vaccinés, 2000 furent 
attaqués par la variole, 20 moururent, c'est-à-dire 1 sur 100. 
Des 8,000 qui n'avaient pas été vaccinés, 4,000 en furent at- 
teints, et 1000 succombèrent, 1 sur 4. Des 2000 varioles, 20 
contractèrent la maladie une seconde fois et 4 moururent 1 
sur 5. 

Le rapport de la société médicale de Philadelphie assure 
authentiquement qu'en 1827 un seul cas de variole causa la 
mort sur 80,000 vaccinés lors d'une épidémie qui avait ce- 
pendant pris la source la plus maligne et la plus mortelle, 
tandis que plusieurs individus perdirent la vie à la suite 
d'une seconde attaque de la maladie. 

On peut donc admettre en toute sûreté cet axiome, que 
le vaccin garantit de la mort parla variole. Son bienfait est 
•complet et accroit et la valeur et le chiffre des populations. 

Avant Jenner sur 100 cas de cécité, 35 provenaient de la 
variole, la proportion a été réduite à 8 par cent, encore les 



78 l'union médicale du canada. 

8 aveugles des Quinze-Vingt, dont Tinfirmité a été attribuée 
par le Dr. G. Dumont à la variole n'avaient pas été vaccinés 
d'une manière satisfaisante. Chez les enfants aveugles par la 
variole la proportion n'est que de 3 par 100. Le Dr. Dumont 
constate que le vaccin en France a diminué à J le nombre 
des aveugles. 

Les faits suivants sont récents et devraient convaincre les 
adversaires les plus obstinés de la vaccination. 

L'épidémie variolique qui sévit actuellement à Londres, 
Angleterre, est de mémoire d'homme une des plus violentes 
et des plus mortelles, 110 en sont morts dans une semaine, 
beaucoup plus en [furent atteints mais ils recouvrirent la 
santé. Il y a un mois 100 parmi la classe pauvre souffraient- 
de cette dangeureuse maladie. Il est mort J de ceux qui 
n'ont pas été vaccinés, et 1 sur 24 des vaccinés, encore étaient- 
ils la plupart avancés en âge et avaient ainsiperdu l'influence 
protectrice du vaccin qui devrait être inoculé dès l'âge de 
deux à trois ans. 

Un fait digne d'être signalé, c'est que les médecins et les 
nourrices qui sont en service dans les salles les plus encom- 
brées des hôpitaux de Londres, échappent tous à l'épidémie ; 
car tous sont obligés de se faire revacciner avant d'entrer en 
service. A Liverpool l'épidémie fut une des plus violentes ; 
il est mort une personne sur quatre. 

On voit donc qu'outre une première vaccination on a résolu 
à Londres, et avec sagesse, de revacciner. 

Si on n'a pas encore jugé à propos de mettre en force com- 
me mesure de police sanitaire la revaccination il n'en est pas 
moins prudent toutefois de conseiller officieusement et de 
propager les re vaccinations tous les 10 ou 15 ans. C'est une 
loi qui est prescrite dans l'armée. Les recrues des armées 
de Wurtemberg, de Danemark et de Prusse ont donné 30 à 
40 succès sur 100. Bousquet a obtenu J de secondes vaccines 
bien établies. Durant l'épidémie de Provences-Maille il n'a 
pu obtenir de bonnes revaccinations au-dessus de 10 ans, 
mais a constamment réussi à 15 ans de la première vaccine. 

De 721,143 revaccinations faites en Europe et dans les Etats- 



L^UNION MÉDICALE BU CANADA. 79 

Unis 36 par cent réussirent, tandis que 112,061 cas, chez les- 
quels on pratiqua une seconde re vaccination 12 par cent fu- 
rent protégés. 

Nous n'avons souvent pour preuves convainquantes, d'une 
l)onne première vaccination que la cicatrice au bras et le 
rapport des vaccinés eux-mêmes, ou des parents des enfants 
«n bas âge. Mais après avoir fait une déduction raisonnable 
des cas que Ton croit avoir été vaccinés d'une manière inef- 
ficace : il reste encore un certain nombre (à peu près 33 par 
cent) qu'une première vaccination, quoiqu'ayantété complète 
selon les apparences, faillit cependant par quelques particu. 
Jarités de la constitution, de les protéger contre le virus 
irariolique ; ces individus requièrent d'être soumis à la 
Tevaccinalion dans le but de les mettre complètement à l'abri 
de l'épidémie. 

La revaccination, selon le rapport de l'Académie de mé- 
decine de la Belgique, est l'utile et indispensable complé- 
ment d'une première vaccination non quelle soit toujours 
nécessaire, mais afin de s'assurer que toute susceptibilité de 
l'économie à contracter la variole soit entièrement éteinte. 

Si la revaccination réussit, la garantie contre le virus est 
assurée. SiellefailUt nous devons cependant la répéter à 
certains intervalles afin de s'assurer .par ces épreuves de 
l'entière exemption du sujet. 

Si nous n'avions pour nous convaincre de Timportance de 
la revaccination que les heureux résultats obtenus dans l'ar- 
mée prusienne, ce serait plus que sufiisant. 

Quoique cette armée ait été depuis plusieurs années très-fré- 
quemment exposée à l'influence du poison variolique, elle en 
a cependant entièrement été exemptée. Dans un de ses rap- 
ports on trouve spécialement mentionné que l'influence de la 
revaccination a eu pour effet de diminuer d'une manière 
tout-à-fait étonnante les maladies varioliques dans les diffé- 
rents hôpitaux militaires. 

Pendant toute une année il n'y eut que 30 cas, dont 10 
étaient vraiment varioliques, 24 cas de varioloïdes, 16 de vari- 
-celle. Trois patients sont morts, un qui n'avait pas été 

Sm 



80 l'union médicale du canada. 

vacciné en entrant en service ; son certificat indiquait cepen- 
dant qu'il l'avait été ; le second était un recru qui n'avait pas 
été vacciné ; le troisiè^ie était un sous-officier qui avait été 
revacciné quelques années auparavant, mais sans succès. 

Avant que l'ordre de la revaccination fut issue, les casernes 
étaient exposées aux maladies varioliques ; depuis elles ont 
entièrement disparu. 

Pendant les 19 années finissant le 31 déc. 1852, le nombre 
de vaccinés qui joignirent l'armée fut de 811,402. La pre- 
mière vaccination réussit dans 414,595 cas, le reste fut revac- 
ciné et 42,984 revaccinations réussirent. 

La vaccine en protégea donc entièrement 457,581 desquels 
pendant une période de 19 ans, 217 furent affectés de vari- 
celle, 191 de varioloïde, 113 de variole dont 4 sont morts. 

Nous devons donc résumer avec les concurrents de l'Acadé- 
mie des sciences de 1845 : 

" Que la vertu préservative de la vaccine est absolue pour 
le plus grand nombre des vaccinés, et temporaire pour un 
petit nombre ; " chez ces derniers môme elle est presque 
absolue jusqu'à l'adolescence. 

Que la variole atteint rarement les vaccinés avant Tage de 
dix à douze ans ; c'est à partir de cette époque jusqu'à trente 
et trente-cinq ans qu'ils y sont principalement exposés. 

Outre sa vertu préservative, la vaccine, introduit dans 
l'organisation une propriété qui atténue les symptômes de la 
variole, en abrège la durée, et en diminue considérablement 
la gravité. 

Le cow-pox donne aux phénomènes locaux de la vaccine 
une intensité très prononcée : son effet est plus certain que 
celui de l'ancien vaccin, mais après quelques semaines de 
transmission à l'homme cette intensité locale disparait. 

La vertu préservative du vaccin ne parait pas intimement 
liée à l'intensité des symptômes de la vaccine ; néanmoins, 
pour conserver au vaccin ses propriétés il est prudent de le 
régénérer le plus souvent possible. 

Parmi les moyens proposés pour effectuer cette régénéra^ 



l'union médicale du canada. 81 

tion, le seul dans lequel la science puisse avoir confiance 
jusqu'à ce jour consiste à le reprendre à sa source. 

La revaccination est le seul moyen d'épreuve que la science 
possède pour distinguer les vaccinés qui sont définitivement 
préservés de ceux qui ne le sont encore qu'à des degrés plus 
ou moins prononcés. L'épreuve de la vaccination]^ ne cons- 
titue pas une preuve certaine que les vaccinés, chez lesquels 
elle réussit, fussent destinés à contracter la variole, mais seu- 
lement une assez grande probabilité que c'est particulière- 
ment parmi eux que cette maladie est susceptible de se déve- 
lopper. 

En temps ordinaire la revacciuation doit' être pratiquée à 
partir de la quatorzième année, en temps d'épidémie, il est 
prudent de devancer cette époque. 

Nous voyons parles données ci-haut que les pays d'Europe 
les plus avancés en science ainsi que les Etats Unis ont tou- 
jours eu recours depuis sa découverte à la puissance préser- 
vatrice du vaccin pour protéger leurs populations du plus 
terrible fléau auquel est sujet l'humanité, son influence bien- 
faitrice maintient aussi l'état sanitaire des armées. 

En 1868, le Bureau de San lé de New- York ayant reçu une 
communication des Drs. Whitney, Carnochan et d'autres mé- 
decins éminents dont la confiance dans le virus vaccin avait 
été ébranlée, prit la résolution de présenter au Sur-Intendant 
de la vaccination, le Dr. Loines, les questions suivantes : 

1 Depuis combien de temps pratiquez-vous la vaccination ? 

2 Combien avez-vous fait de vaccination, et quel a été 
votre succès ? 

3 Combien depuis, ont pris la variole ? 

4 Combien ont été affectés de scrofule, de Syphilis et d'au 
très maladies causés par la vaccination ? 

5 Quel est le meilleur mode de vacciner f 

6 Que pensez-vous du vaccin de vaches ? 

7 La revaccination est-elle nécessaire ? 

Le Dr. Loines répondit que, pratiquant la vaccination de- 
puis 18 ans, il avait été à même de recueillir de précieuses 
observations sur Tefflcacité d'une bonne vaccination. 



82 L*UNION MÉDICALE DU CANADA. 

Qu'étant depuis 15 ans médecin vaccinateur de plusieurs 
institutions publiques et de la Quarantaine le nombre de 
vaccinés était considérablement au-delà même de 200,000 et 
que de ce nombre il n'avait pas encore entendu dire qu'un 
seul de tous ceux qu'il prononça bien vaccinés fut affecté de 
variole ou de varioloïde, et qu'il n'avaient pu constater qu'une 
mortalité et sept cas de la maladie panni ceux qu'il n'a- 
vait pu revoir après une première tentative de vaccination, 
encore dans tous ces derniers cas, l'action étant imparfaite 
ou indistincte, il ne les avait jamais déclarés bien vaccinés. 
La statistique du Dr. Parkinson {mort en 1858) médecin vac- 
cinateur du dispensaire de New- York durant une période de 
16 ans corrobore l'avancé du Dr. Loines. Sur 40,000 vacci- 
nés pas un seul ne prit la variole. Le Dr. Ward, de Londres, 
affirme aussi qu'ayant été vaccinateur de l'établissement na- 
tional de vaccin depuis au-delà 40 ans et qu'ayant pendant 
ce laps de temps vacciné à peu près 48,000 il est absolument 
convaincu que la vaccination bien faite est un préservatif de 
la variole aussi efficace que la variole elle-même. En répon- 
se à la 4e. question le Dr. Loines assure qu'il n'avait jamais 
pu constater que les scrofules, la syphilis ou d'autres mala- 
dies injurieuses aient été transmises par une bonne vaccina- 
tion. 

Que de plus la question revint, c'est à-dire si la lymphe 
d'une véritable vésicule de Jenner pouvait être le véhicule 
cl transmettre aux vaccinés les scrofules, la syphilis ou 
d'autres maladies constitutionnelles, ou si par mégarde un 
médecin instruit pouvait inoculer le virus autre que celui 
qu'il se propose de donner dans la vaccination, ayant été 
soumise à plus de 500 célébrités scientifiques, d'autorités pra- 
tiques, de Bureaux médicaux et corporations, d'hôpitaux, de 
médecins d'armées et conseils médicaux des gouvernements 
d'Europe et du monde entier. 

Que tous sans exception répondirent dans la négative et 
furent d'opinion que la vraie vésicule viccurale pouvait être 
facilement distinguée par un connaisseur d'autres maladies 
cutanées, que par l'inoculation on ne pouvait reproduire que 



l'union médicale du canada. 83 

la maladie inoculée, c'est à dire quMnoculant la vaccine, la 
vaccine seule était reproduite et que les résultats contraires 
devaient être dus à Teffet d'une décomposition purulente, ou 
d'un empoisonnement de sang analogue à celui produit pas 
des blessures de dissection. Que dans tous les casmalheu 
reux où avait été inoculé quelque virus spécifique et qu'on 
avait soumis à l'investigation on avail pu constater qu'il y 
avait ignorance. 

5e. Réponse. — Que la meilleure méthode de vaccination 
consistait dans l'observation de quatre règles bien simples, 
recommandées par le Dr. Lee, l. Avoir le soin de toujours 
se servir d'un instrument bien net. 2. Ne pas prendre la 
lymphe de la^'ésicule plus tard que la huitième journée. 3. 
Prendre seulement la lymphe, en ayant le soin de faire at- 
tention que le sang ou d'autres sécrétion ne se mêlent à la 
lymphe. 4. Que la lymphe soit recueillie sur le bras d'un sujet 
en bonne santé. 

6e. Réponse. — Loines confirme l'opinion du Dr. Guérin 
dont les expériences ainsi que les informations réunies do 
plusieurs hôpitaux^ et d'un nombre considérable de médecins 
tendraient à faire perdre confiance aux résultats que Mr. De- 
paul, Sur-Intendant de la vaccination à Paris, aurait prétendu 
obtenir de la vaccination animale, car ayant pu observer les 
différentes phase des deux vues, il conclut avec le Dr. Guérin 
et beaucoup d'auti*es médecins dont l'expérience et la science 
sont indubitables, que le vaccin animal n'est pas aussi régu- 
lier dans son développement, ni aussi durable et énergique 
dans ses propriétés préservatives que le vaccin humain. 

A la dernière question c'est-à dire s'il est nécessaire de re- 
vacciner, si dans l'aflirniative, au bout de quel temps après 
une première vaccination, dans quel épidémies et à quel de- 
gré d'exposition à la maladie doit-on revacciner ? La ré- 
ponse du Dr. Loines est que la plupart des vaccinateurs expé- 
rimentés sont d'opinion qu'une première bonne vaccination 
est une aussi sûre garantie contre la variole qu'une première 
attaque de la maladie elle-même que cependant comme il v 
a des exceptions qu'il est impossible de discerner, il est plus 



84 l'union médicale du canada. 

prudent de répéter de temps en temps une opération si facile 
et si inoffensive. 

J'ajouterai que pendant l'épidémie actuelle la plupart des 
cas qui se sont terminés par la mort étaient chez des person- 
nes non vaccinées. J'ai des notes ici sur 25 cas mortels et 
2 seulement avaient été vaccinés. 

Dr. Georges Grenier, 

Sec. Très. S. M. 

A continuer. 



-♦ ♦• ^^- •*■ ♦> 



iiOTEL DIEU.— M. Noël Guéxeau de Mrssv. 

Paris, le 17 Octobre 1871. 

ÉTUDE SUR LE TRAITEMENT DE QUELQUES ALBUMINURIES. 
(Extrait de lerons cliniriues faites à i*HôteI-Dî?u.) 

L'albuminurie est habituellement consécutive à un état 
congestif des reins. Cette congestion peut être sous la dépen- 
dance de conditions pathogéniques très-diverses : elle peut 
^ ôtre l'élément essentiel de la maladie, sa seule expression 
anatomique appréciable ; elle peut accompagner d'autres pro- 
cessus morbides ; elle peut dépendre de causes traumatiques 
ou accidentelles ; elle peut être sous la dépendance d'altéra- 
tions profondes de l'organisme qui l'entretiennent et en ag- 
gravent les conséquences. En un mot, l'albuminurie est un 
symptôme comme la congestion est un mode, mais l'une et 
l'autre peuvent traduire des conditions morbides très-diffé- 
rentes. S'il en est ainsi, il serait absurde de chercher un 
traitement uniforme de l'albuminurie. Dans la même espè- 
ce, la période à laquelle est arrivée la maladie n'a pas moins 
d'importance pour le pronostic et pour le traitement. Une 
fois la substance glandulaire étouffée par les néoplasies mor- 
bides, dégénérée ou atrophiée, toute régression (l) réparatri- 

(l). J'ai toujours protesté contra l'emploi que les Allemands, faisaient du 
mot régression. Apjiliquer le moi régression graisseuse à la stéatose mus- 
culaire, ce serait insinuer que le muscle, dans son évolulioni a passé par 
l'état graisseux. Le mol dégénérescence, consacré par Laennec, est infi- 
niment préférable. Quand un tissu alt'Té ou modifié revient à l'étal nor- 



l'union médicale du canada. 85 

ce est invraisemblable, et si les. efforts du médecin peuvent 
quelque chose, c'est uniquement pour ralentir les progrès du 
processus morbide, pour combattre les complications, amoin- 
drir les souffrances. 11 n'en est pasdemt^me dans la période 
congestive si la congestion n'est pas subordonnée à une de ces 
affections générales ou locales que nos modificateurs ne peu- 
vent atteindre , si elle est toute la maladie, différents traite- 
ments lui pourront être opposés. C'est dans ces cas que Vacido 
tannique, l'acide gallique ont quelquefois réussi, après que 
Tacuité du travail congestif était apaisée ; j'en ai moi-même 
observé une fois les bons effets (2), L'hydrothérapie, entre 
les mains du docteur Fleury, de Becquerel et d'autres méde- 
cins, a obtenu des succès ; les drastiques, les acides miné- 
raux peuvent en revendiquer également. — Je vais citer quel- 
ques observations dans lesquelles, après des symptômes gra- 
ves, j'ai eu la satisfaction de voir les malades guérir, et in- 
diquer une médication nouvelle peut-être qui m'a, dans plu- 
sieurs cas, donné des résultats satisfaisants. 

Obs, I. — En 1867, je reçus à l'IIôtel-Dieu (3) un homme de 
42 ans, scieur de long ; il avait eu la variole et la fièvre ty- 
phoïde ; en dehors de ces deux maladies, il avait toujours 
joui d'une bonne santé. 

mal ou tend à y revenir, il y a véritablement r(^gression. Ce mot s'ap- 
plique encore avec opportunité aux modifications que l'utérus subit après 
l'accouchement. 

(2j Le docteur Gestin, professeur à l'Ecole de santé de Brest, m'a dit 
avoir eu souvent à se louer de cette médication en portant la dose de ces 
acides à deux et (rois grammes dans les 24 heures. Je suis heureux de 
pouvoir citer le nom de ce médecin, aussi distingué que modeste, qui, en- 
gagé volontairement dans Us ambulances de l'armée de la Loire, devint 
le médecin en chef du 21e corps. Non content de diriger avec un dévoue- 
ment admirable le service dont il était chargé, il contribua à rallier nos 
troupes surprises à Droué par la trahison des habitants . à Ivré-rEvôque, 
il reçut un éclat d'obus qui lui-coupa le nerf médian et l'artère humérale, 
pendant qu'il ramassait lui-même nos blessés, sur lesquels les Prussiens 
dirigaient le feu de leurs batteries après le combat, comme ils l'ont fait 
en maint endroit, et comme ils se vantent de l'avoir fait à Leipsik. 

(3) Cette obser\^atioa a été recueillie par le docteur Rathery, interne du 
^ervi:e. 



S6 LUXIOS ILÉDICALS DU CAICADA. 

Son père esl mort hjdropijuf ; sa mère esl bien portante ; 
il n*a jamais habité de logement humide, et n'a pas fait de 
grands excès de boissons alcooliques. Il n'a eu ni la syphilis 
ni aucune manifestation rhumatismale. 

Depuis quelques semaines cependant^ il éprouvait des ma- 
laises inaccoutumés : quinze jours avant son entrée à THôtel- 
Dieu, il fut pris de frissons avec perle d'appétit et vomisse- 
ments ; les frissons se répétèrent pendant sept à huit jours 
avec les mômes svmplômes ; sur l'avis d'un pharmacien, il 
prit un purgatif. 

Il s'aperçut alors que sa figure était enflée ; l'enflure, d'a- 
près son témoignage, aurait suivi une marche descendante 
et aurait successivement envahi le ventre, puis les pieds, les 
jambes et les cuisses. La tuméfaction des extrémités infé- 
rieures augmentait pendant la marche ; les vomissements 
continuaient, constitués par de la bile, en partie du moins, 
et accompagnés d'une constipation opiniâtre. 

Le 6 Juillet il se décide à entrer à Thôpital. On constata 
une anasarque généralisée. L'infiltration séreuse n'est pas 
bornée au tissu conjonctif sous-cutanné ; le malade éprouve 
une grande ^^wq de la respiration, et on constate les signes 
d'un œdème des poumons. Il urine peu; il est tourmenté par 
une soif ardente qui trouble son sommeil ; il est réveillé la nuit 
par le besoin de boire ; il est sans fièvre. 

Les urines contiennent une énorme quantité d'albumine. 

Je prescrivis à ce malade deux fois par jour avant les re- 
pas quatre gouttes de teinture d'iode, récemment préparé, dé- 
layées dans quelques cuillerées d'eau de riz ; la dose fut pro- 
gressivement portée à huit gouttes. Le malade ayant accusé 
quelques douleurs d'estomac, j'y ajoutai une à deux gouttes 
de teinture thébaïque, et ces douleurs cessèrent. 

Dès le quatrième jour du traitement, on constata une di- 
minution dans la quantité d'albumine que les urines renfer- 
maient. L'œdème diminua d'abord au ventre, puis à la fa- 
ce ; il disparut en dernier lieu au membres inférieurs ; la soif 
diminua ; les selles devinrent régulières ; une diurèse abon- 
dante accompagna la disparition de l'anasarque. Après 



l'union médicale du canada 87 

trois semaines de traitement, cet homme, complètement 
guéri, quitta Thôpital le 2 août. 

Obs. il — ^Un homme âge de 41 ans, garçon brasseur, entre 
à PHôtel-Dieu le 3 juin 1867. 

Il raconte qu'il y a treize ans, après avoir séjourné dans 
un lieu humide, il fit une maladie dont il ne peut se rappe- 
ler les incidents ni les symptômes, mais qui dura trois mois. 

Il y a onze ans il fut traité, dit-il, pour un hydro-péricarde, 
pendant le cours duquel ses membres inférieurs et ses bour- 
ses se tuméfièrent. A cette époque, ses urines ne furent pas 
examinées. Depuis lors, il est resté sujet à des douleurs ar- 
ticulaires. 

De ces renseignements très-vagues, il résulte que cet hom- 
me a eu très-probablement une péricardite rhumatismale, 
compliquée d'œdème. Les douleurs qu'il n'a cessé d*éprou- 
ver depuis ne laissent guère de doute à cet égard. 11 avoue 
s'adonner aux excès alcooliques et s'enivrer trois ou quatre 
fois par mois. 

Il y a sept mois, il s'aperçut, qu'il enflait. Il entra à l'hô- 
pital Saint-Louis ; il en est sorti sans être guéri ; cependant 
l'enflure avait considérablement diminué. Quinze jours 
avant son entrée à THôtel-Dieu, elle augmenta de nouveau 
sous l'influence d'un refroidissement, s'élevant progressive- 
ment des parties inférieures aux supérieures. 

A son entrée, nous constatâmes une anasarque généralisée. 
La soif était ardente, l'appétit nul. Depuis trois jours la vue 
était troublée, il lui semblait qu'il avait un brouillard de- 
vant les yeux 

Il est sans fièvre ; il se plaint de palpitations cardiaques ; 
on constate dans la région précordiale un souffle au premier 
temps et à la pointe. 

Les artères radiales et fémorales sont dures, bosselées. Les 
urines contiennent une grande quantité d'albumine. 

Je prescrivis deux fois par jour, avant les repas, quatre, 
puis six, puis huit gouttes de teinture diode récemment pré- 
paré, délayées dans un petit verre d*eau de riz. 

Jusque-là, ce malade buvait trois à quatre litres de liquide 



88 LCMON MÉDICALE DU CANADA. 

par jour et n'excrétait qu'un litre et demi d'uriue. Sous Tin 
fluence du traitement, la soif s'apaisa ; il ne buvait plus qu'un 
litre dans les 24 heures, et la quantité d'urine rendue variait 
entre un et deux litres. 

En même temps, Tanarsaque diminua très-rapidement, et 
le 30 juin, le malade voulut sortir. L'œdème avait complète- 
ment disparu ; à peine pouvait-on découvrir encore quelques 
traces d'albumine dans les urines. 

Dans ces deux cas, la cause de l'albuminurie paraît avoir été 
une congestion rénale, récente dans le premier cas, mais à for- 
me subaiguë, sans douleurs vives, sans réaction fébrile ; dans 
le second, la congestion était plus ancienne ; sept mois aupa- 
ravant Tanasarque avait déjà paru, puis s'était dissipée. Le 
malade ne s'était pas cependant trouvé complètement guéri -, 
il conservait encore un peu d'œdème, il n'avait pas retrouvé 
ses^forces habituelles. Probablement l'albuminurie existait 
à cette époque. Sous l'impression d'un refroidissement au- 
quel sa disposition rhumatismale devait le rendre plus sensi- 
ble, la congestion rénale augmente ; Tanasarque se dévelop- 
pe rapidement. 

La soif, la dyspepsie chez ces deux malades sont avec l'œ- 
dème les phénomènes dominants de la maladie. Chez le 
dernier, les habitudes alcooliques ont pu avec la diathèse ar- 
thritique être les coefficients de la cause indéterminée qui a 
produit cette congestion du rein. L'affection du cœur ne pa- 
raissait pas encore arrivée à cette période où elle aurait pu 
être regardée comme l'origine de l'état morbide des glandes 
urinaires. 

Cette appréciation des conditions pathogéniques de ces al- 
buminuries m'a conduit à prescrire la teinture d'iode, que 
j'ai plusieurs fois employée avec succès depuis cinq à six ans- 
dans des cas analogues. 



A continuer. 



l'union médicale du canada. 89 

OOBBSSPONDANCE. 

Messieurs les Rédacteurs^ 

Je vous envoie d'avance le montant de mon abonnement 
pour cette année. Il n'y a pas de doute que tous les confrères 
se feront un devoir d'agir ainsi. La souscription est bien mo- 
dique et vos dépenses sont si grandes que c'est bien le moins 
qu'on puisse faire en faveur d'une œuvre commune, si im- 
portante et si utile. A vous le labeur, le trouble et la perte 
d'un temps précieux ; ^h. nous la jouissance du fruit de vos 
travaux. Il est juste que nous vous mettions en état de faire 
face aux premiers déboursés toujours très considérables 
qu'exige une entreprise comme la vôtre. 

Les médecins canadiens ont besoin d'un organe français 
pour leur instruction mutuelle, pour la discussion des matiè- 
res qui les concernent et pour être tenus au courant des pro- 
grès de la science en ce pays et ailleurs. 

Vous ne pouvez donc manquer de réussir. Vous avez pris 
généreusement et patriotiquement la charge d'un journal 
qui est pour nous. Faisons au moins quelque chose pour 
vous la rendre moins ardue et moins onéreuse. Puisque 
nous sommes tenus de le faire tôt au tard, payons notre abon- 
nement maintenant, en nous rappelant que : bis dat qui cita 
dat. Nous vous mettrons en état d'augmenter le nombre et 
la variété de vos productions, recevant ainsi au centuple l'in- 
térêt de notre petite contribution envoyée d'avance avec 

ionne grâce. 

A. Ricard, M. D. 

Nous remercions cordialement M. le Dr. Ricard pour les 
bonnes paroles dont il veut bien accompagner l'envoi de sa 
contribution ; nous espérons qu'elles sont l'écho de tous les 
abonnés de Y Union Médicale. 

La seule ressource qu'il nous soit, en effet, permis d'espé- 
rer, pour alléger la tâche que nous nous sommes laissé impo- 
ser, se trouve toute entière dans l'appréciation de nos sacri- 
fices et le bon vouloir de nos confrères. 

(Rédaction.) 



90 l'union médicale du canada. 

MM. les Rédacteurs de V Union Médicale^ 

Depuis nombre d'années, il s'est répandu dans Tesprit d'une 
certaine portion de la population de nos campagnes un préjugé 
incroyable, touchant la manière de se mettre à l'abri de la 
petite vérole. Il est temps plus que jamais de faire disparaî- 
tre cette erreur née de l'ignorance la plus coupable, surtout 
dans ces temps si critiques où la variole menace de devenir 
épidémique. 

Voici ce qui s'est pratiqué dans ma paroisse, et l'on pourait 
Peut-être en dire autant de plusieurs autres : aussitôt que l'on 
apprenait que la picote faisait son apparition quelque part, 
certaines personnes s'empressaient de se transporter auprès 
du sujet atteint de la maladie, et là recueillaient avec beau- 
coup de soin un peu de la matière fournie par les pustules 
varioliques, pour inoculer ensuite leurs enfants avec ce poi- 
son. 

C'est le meuilleur moyen, disent elles, pour être exempt 
des cicatrices qui sont l'apanage ordinaire de la picote. Pour- 
tant, je pouraits citer les noms de deux familles dont les en- 
fants ont été gratifiés, il y a quelques années, de la variole 

artificielle, comme on pourait l'appeler, et qui, presque tons 
portent les traces indélibiles de cette épouvantable maladie. 

Je m'informai afin de savoir qui avait pu tromper de la sorte 

ces pauvres gens ; on me répondit, chose épouvantable ! que 

c'était un certain médecin des environs, qui tenait fort en 

honneur cette pratique, et qu'il avait, lui-môme, fourni le 

pus variolique à l'une des familles citées plus haut. 

Ce préjugé est encore tellement enraciné chez quelques in- 
dividus aveuglés par l'opinion du susdit médecin, qu'ils n'en 
veulent pas démordre. 

Que l'on juge à présent de l'effet d'une pratique aussi per- 
nicieuse. 

Il suffirait d'une personne imbue de cette fausse idée, qui 

irait ailleurs chercher le poison, pour infester ensuite toute 

une paroisse. 

J'ai l'honneur d'être, 
Messieurs, 

Votre dévoué. 

St. Valentin, 17 Janvier 1872. Dr. E. J. Bourquk. 



l'union MÉDICALB du CANADA. 91 

NOUVELLES MÉDICALES. 

Choléra. — Cette maladie continue a sévir à Constantinople. 
A Haskeni, village voisin, sur 708 habitants qui composent 
la colonie anglaise, trente-trois ont succombé à Tépidémie. 
Elle poursuit ses ravages dans diftérentes parties de TArabie. 

Augmentaiion de la peliu vérole à Londres. — Le doute a dis- 
paru sur répidémi'' »le petite vérole à Londres. Le nombre 
total des cas traittis à THopital de varioleux de Hampstead 
jusqu'à présent est de 5822, dont 1089 sont morts et 4543 ont 
été déchargés. On craint, d'après ces apparences, que cette 
maladie ne se montre redoutable à Texcès durant Fhiver qui 
commence. 

Il est problable que la revaccination deviendra obligatoire 
dans Tarmée anglaise et les familles des soldats mariés. Il 
est bien connu que l'influence de la re vaccination, dans Par- 
mée prussienne, a été hautement avantageuse. Un ordre 
vient d'être émis par le département médical de Tarmée, sta- 
tuant que toutes les femmes mariées et leurs enfants au-des- 
sus de 10 ans appartenant au dépôt du bataillon général à 
Chatham soient revaccinés. 

La variole fait aussi do grands ravages en Italie. A 
Messine, toute la classe inférieure en est atteinte et Ua 
grand nombre y succombent. 

Un journal de cette ville fait remarquer que sur 27 décès de 
petite vérole la semaine dernière, à Montréal, 26 sont des Ca- 
tholiques romains. Selon lui cette disproportion serait causée 
par l'indifférence au vaccin professée par les classes illélrées 
catholiques. Que pense-t-on de l'idée ? 

La balle qui a tué James Fisk a été trouvée^ à l'autopsie, 
dans la tissu cellulaire qui environne le rein droit. La 
cause immédiate de sa mort serait une homorrhagie interne. 



92 l'union médicale du canada. 

Calcul salivaire dans le conduit de la glande sous linguale^ 
Sous les soins de M Bryant du Guys Hospital^ N. }'.— Eliza S. 
âgeé de 22 ans, vint sous traitement pour un gonflement dou- 
leureux, sous la langue. A Texamen, on sentit clairement un 
petit calcul occupant Torifice du conduit de la glande sali- 
vaire sublinguale gauche. Avec Tongle, M. Bryant réussit 
assez aisément à Tenlever. Tous les symptômes disparurent 
dans une semaine. Le calcul était à peu près de la grosseur 
d'un grain de chanvre. 

Fer dans les injections utérines. — Dans une discusssion sur 
les injections utérines, à une assemblée récente de la société 
obstétrique de New-York, le Dr. Noegerath fnt d'opinion que 
le sulfate de fer était moins dangereux que le sesquichloru- 
re qui occasionna dans un cas une métropéritonite. 

Un grand nombre de médecins anglais distingués ont si- 
gné une déclaration comportant que le fréquent usage des 
boissons alcooliques, dans le traitement des maladies, engen- 
drait les plus funestes habitudes dans la société. Ils con- 
cluent à l'emploi le plus limité possible des spiritueux, don- 
nant pour raison, que tout en soulageant les infirmités hu- 
maines, le médecin ne doit pas oublier qu'un de ses devoirs 
les plus sérieux est de sauvegarder la moralité publique. 

Les Etudiants en médecine de Paris ont été les premiers 
signataires de l'appel au président, pour une commutation de 
la sentence de Rossel. Le premier nom est celui d'un étu- 
diant en médecine et il fut supporté de grand cœur par tous 
ses confrèrs de Paris et de la province. Rossel comptait de 
nombreux admirateurs et s'il n'eût fallu encore cet exemple, 
il eût été sauvé par eux. 

M. le Dr. Rottot qui a été nommé à la chaire de clinique 
médicale à l'Hôpital Ste. Famille, a donné sa première clini- 
que le 10 Janvier dernier. 



l'union médicale du CANADA. 93 

Mr. le Dr. Brosseau a aussi donné, à la môme date, sa pre- 
mière lecture comme professeur de Botanique à l'Ecole de 
Médecine et de Chifurgie de Montréal. 

Il est question d'établir une morgue à Montréal. Cetfe 
fondation rencontre un besoin senti depuis longtemps déjà. 
Il est à espérer que Tétude de Tanatomie, profitera bientôt 
de cette nouvelle création. 

Pourquoi les certificats mortuaires signés du médecin ou 
de deux amis de la famille sont-ils obligatoires pour les ca- 
tholiques de Montréal, en vue des statistiques, tandis que la 
population protestante en est exemptée ou à peu près ? 

Une réponse serait bien venue. 



CHRONIQUE. 

Si la pratique àô la médecine entraine souvent, pour celui 
qui s'y livre, des inquiétudes et des déboires, elle lui procu- 
re quelquefois, par contre, des succès et des triomphes bien 
propres à ranimer son courage. Le Dr. William Jenner 
ainsi que ses deux savants confrères le Dr. GuU et M. Oscar 
Clayton nous en fournissent présentement une preuve : tous 
trois ont déjà été l'objet de la munificence royale et placés 
au rang des Sauveurs de la patrie. De grands hommes 
qu'ils étaient, ils sont devenus des demi-dieux et n'ont plus 
maintenant qu'à dormir en paix sur les lauriers conquis par 
leur valeur. Qu'il fait bon de compter quelques patients de 
la trempe de Son Altesse daus sa clientèle, surtout s'ils veulent 
bien, de temps en temps, mourir un peu. Ce qu'on peut sou- 
haiter à ces trois magnifiques confrères, c'est une longue vie 
qui leur permette de jouir à satiété de leur bonne fortune, et 
ce que je ne leur souhaite pas, c'est une récidive mortelle de 
Son Altesse Royale. 

Il paraît bien avéré aujourd'hui que le prince prit lo irerme 
de sa maladie dans une visite qu'il fit à lordLondesbjrough 
à sa villa, près de Scarborough. Le canal des égouts, trouvé 



9i l'union méoigale du canada. 

insuffisant, en serait la cause. Cette opinion est confirmée 
par le fait qu'un serviteur qui était à là résidence du comte, 
dans le même temps, souffre maintenant, à Londres, de la 
fièvre typhoïde. Le duc de Chesterflerd, un des invités à 
cette soirée et mort depuis, d'une perforation intestinale, est 
i^ne seconde preuve. On sait, du reste, que l'origine fécale 
de la fièvre typhoïde est trop commune de nos jours, dans les 
classes les plus élevés de la société. Voilà des faits qui de- 
vraient rendre circonspects à l'égard des lieux d'aisance si- 
tués dans Tinlérieur des habitations. 



* * 

« 



Le 18 de Juillet dernier, Thomas Talbot, constable irlan- 
dais, qui s'était beaucoup distingué dans la suppression du 
fénianisme, reçut un coup dé pistolet à la tête, dans une des 
rues de Dublin. John Kelly est le nom du meurtrier fénien. 
Talbot se rendit à l'hôpital chirugical de Richmond, où il re- 
çut les soins du Dr. Stokes, junior. La balle paraissait être 
entrée un peu en arrière de l'apophyse mastoïde, et avoir 
cheminé vers l'épine dorsale. De concert avec le professeur 
Smith, Mr. Hamilton, Mr. Tufnell, le Dr. McDonnell et le 
Dr. Baxter, le Dr. Stokes procéda à l'extraction de la balle ; la 
blessure fut élargie, en conséquence. On dut faire des inci- 
fiionsj couper deux artères dont l'une considérable, mais sans 
pouvoir atteindre la balle. Vingt-quatre heures après, un 
frisson violent saisit le blessé, puis un délire furieux suivi de 
<^oma : la mort survint au bout de trois jours. Malheureu- 
sement, à Tautopsie, on ne put découvrir le projectile. 

Que pense-ton qu'il en advint ? Kelly appréhendé, traduit 
en justice, convaincu du fait, vient d'être acquitté par les Ju- 
rés, sous le motif que la mort de Talbot avait du être causée 
par la tentative d'extraction du Dr. Stokes. Le Juge en chef 
partagea ces vues et sa harangue fut toute empreinte de cette 
idée. Voilà un fénien assez chanceux, je présume. 

Les plus hautes autorités chirurgicales de Londres, telles 
que César Hawkins, Wra. Fergusson, T. B. Curling, James 
Paget, Prescott Hewet, Ashton Bostock, J. E. Erichsen, John 



r 

I 
I 



l'union BliDICALB DU CA9A^. 9i 

Birkett, George PuUqpk ont inscrit leur protêt contre ce ver- 
dict et affirmé que la seule cause de la mort de Talbot étail^ 
la blessure caiisée par la balle. 

Ge témoignage collectif est sans doute consolant pour la ré- 
putation de M. le Dr. Stokes, mais le fénien, qui rend grâ^« 
au couteau du chirurgien, est bien autrement consolé, 
n'ayant perdu que sa réputation. 

C'est ainsi qu'une incision profonde près des vertèbres cer- 
vicales peut donner naissance à des soucis inattendue 



* 



Les mânes d'Edouard Jenner tressaillent d'indignation du 
fond de Téternité ; on dit même qu'elles ont obtenu la per- 
mission de venir voltiger la nuit, sombres et menaçantes, au- 
tour de la couche de certains héritiques qui sont en train de 
discréditer la grande découverte qui lui a valu une des pre- 
mières places dans les champs-Elizés. L'homme a des auda- 
ces inconnues jusqu'à ce jour : dire que la vaccine propage 

la variole, oser fournir des preuves sérieuses , saper enfin 

cette croyance quasi séculaire dans la prophylaxie du vinis 
vaccinal, voila ce que font aujourd'hui plusieurs hommes du 
premier mérite en Europe et en Amérique. Les religions s'en 

vont Pour ceux qui^ comme moi, gardent lafoi de leurs 

pères et croient toujours au génie du bienheureux Allemand, 
il y a lieu de vacciner hardiment^ sans perdre de temps, car 
la variole nous gagne, elle s'insinue partout et triomphe in- 
solemment dans nos mui*s. Depuis deux mois 125 victimes y 
ont succombé, sans compter ceux dont elle s'est contenté de 
labourer la physionomie. Le bon Jenner choqué enfin de 
l'ingratitude des hommes ne serait-il pas la cause de cette 
menace d'épidémie ? Immolons lui une génisse sans tache, 
pour les péchés de nos confrères. 



Je ne saurais terminer cette petite causerie mensuelle, 
sans jeter un mot de regret et d'indignation sur les assassi- 
nats militaires commis à la Havane, il y a quelques temps. 

4M 



96 L'ttri^Ef MÉDICALE DU CANADA. 

Huit étudiants eu médecine passés pgur les armes et 30 dé- 
portés, pour un escapade d'écoliers en bamboche, voilà un 
fait qui a de quoi étonner et terrifier les plus sauvages parti- 
sans de la vengeance personnelle et politique. Ni Tâge, ni 
les regrets, ni la position irresponsable des jeunes et mal-i 
heureux étourdis n'ont pu désarmer les farouches soldats 
qui demandaient leur sang. Ces exécutions inqualifiables 
ne serviront certainement pas la cause de TEspagne, dans ce 
malheureux pays, et les autorités espagnoles recueilleront 
sans doute, comme elle Pont déjà fait ailleurs* les conséquen- 
ces de ces actes d'aveugle barbarie. Tout le monde civilisé 
n'a eu du reste q^u'un cri d'horreur pour flétrir ce fanatisme 
lâche et implacable digne des Huns et des Iroquois. 

Dr. L. J. p. DbsB osiers. 



-♦^^*- 



NAISSANCES. 

— En cette ville, la 17 Décembre dernier, la Dame do G. Dubuc, M. D., No. 
478, rue St. Jostph, une fille. 

— A Vaudreuil, le 10 courant, la Dame du Dr. H. A. DesRosiers, une 
fille. 

A Lachine, le 18 Janvier eourant, !a Dame du Dr. Léandre Lefebvre, 
un fils. 

A Montréal, le 25 du courant, la Dame du Docteur Héroux. un fils. 

DÉCÈS. 

— Lnndi, ier courant, à Tâgede 18 ans, Dlle. Carmelice Bondy, fille aîné 
de D. A. Bondy, M. D., No. 398, rue Ste. Catherine. Ses Ainérailles eurent 
lieu le 3 courant, à Lavalirie, lieu de sa naissance. 



AUX MEDECINS. 

L'attention toute spéciale des Médecins est appelée sur les 2 prépara- 
tions suivantes, VElùir de CcUisayfi Phospho-ferrique, qui est un cordial 
délicieux combinant les effets du Phosphore, du Fen et du Quinquina tout 
en évitant l'amertume et le goût désagréable d'ENCRE qui accompagnent 
généralement les combinaisons tonique de ce genre. Ù Huile de foie de 
Morue au Quinium ei Hyppophosphiles préparée de manière à être excel- 
lente au goût et acceptable a tous estomacs. Cette préparation est cer- 
tainement la meilleure combinaison d'Huile de Foie de Morue qui ait jamais 
été offerte à la Profession. Nous tenons toujours tous les Produits Chi- 
miques, Drogues, etc., etc., de 1ère qualité et au plus bas prix du marché. 
Aussi— Ftnj ei Eaux-de-vie les plus purs pour l'usage de la médecine, sur 
prescription ou autrement. 

Prescriptions préparées avec soins. PICAULT à FILS, 

75, Rue Notre-Dame — Montréal Pharmacien-Chimistes. 



LIBRAIRIE NOUYELLEII 



ALPHONSE DOUTEE & CUi, 

COIN DES RUES NOTRE-DAME ET ST. GABRIEL, 

Ont constamment en mains les LIVRES de MÉDECINE les plus récents 
de France et des Etats-Uuis. 

Se chargent de toutes commandes pour importations de Livres, Instru- 
ments de Chirurgie, etc, à des prix sans compétitions et conditions faciles- 
Décembre 1871. 



INSTRUMENTS DE CHIRURGIE. 



IMPORTATEUR 

D'INSTRUMENTS DE CHIRURGIE DE S. MATHIEU, PARIS. 

Trousses dlntruments de Chirurgie et de Dissection, Boite d'Ampu- 
tation, Forceps Dubois, Scies, Couteaux, Spéculums, Seringues, Cada- 
Terioues et autres et tous les instruments détachés les plus en usage. 
Décembre, 1871. 

VIVE €HA]VCE! 

Un médecin établi depuis une quinzaine d'années dans une des bonnes 
paroisses au Nord du St. Laurent, céderait sa place & un confrère qui 
ferait i"acquisition de l'emplacement qu'il occupe actuellement. 

C'est une propriété bien bAtie et ornée de plantations nombreuses ; la 
maison spacieuse, chaude, est divisée en dix appartements presque tous 
peinturés. Les dépendances ofTrent beoucoup de commodités. 

A UNB DBMI HBURB DES ChaRS BT DU FlBUVB. 

6'adresser à ce Bureau, 
Décembre, 1871. 



r- 



TABLE DES MATIÈRES. 



Etude sur le traitement de quelques Albuminuries (suite et fin).. 97 

Le aCondurango» — J. O. Mousseau, M. D 108 

Hôtel-Dieu — amputation de la cuisse par A. T. Bro6seau,M.D.. 111 

Opération delà Fistule vesico-vaginale 112 

Correspondance. — Dr. S. B. Longtin 114 

Guérison des ulsères par transplantation 124 

Rapport de la Société Médicale de Montréal. — Dr. G. Grenier.. 131 
Nouvelles Médicales 137 



mi 



AVIS DS L'ADMIKISTRATION 



Nous apprenons que les noms de plusieurs de nos confrères ont été 
omis, dans notre liste d'envoi. Nous prions ces Messieurs de croire 
que ces oublis sont tout à fait involontaires inévitables, et de vouloir 
bien nous en donner avis au plustôt. 



On s'abonne a V Union Médicale au Bureau de La Minerve^ Rue 
St. Vincent, No. 16. 

Toute correspondance devra être adressée à Tmn des Rédacteurs 
la Boite 942, Bureau de Poste. 



L'UNION MEDICALE 



DU Oj^N^^DA. 



Revue Medioo-ohirur&ricale paraissant tous les mois. 



Bidaeteur en CW' ) ( AêtiêtanU-Rédaeteun: 

j P ROTPftT MUT If DAGHIAIS, M. D. 

J. P. ROTTOT, M. D. ) ( ^ j^ p^ DESROSIERS, M. D. 



VoL 1. MÂBS 1872. No. 8. 

ETUDE SUR LE TRAITEMENT DE QUELQUES ALBUMINURIES. 

(suite et fin.) 

Voici les motifs qui m'ont poussé dans cette voie ; Tiode est 
éliminé par le ifein ; il peut donc avoir sur la texure de cet 
organe une action topique. Dans la congestion extérieure 
à forme subaiguë, l'iode a une action résolutive incontesta- 
ble ; il agit sur la circulation capillaire. 

Il ne faut pas l'employer prématurément, ni à doses telles 
qu'il produise une stimulation trop énergique. 

Chez un adulte, je commence généralement par quatre 
gouttes, en répétant cette dose deux fois par jour, quelques 
minutes avant le repas. Il faut s'assurer que la teinture d'io 
de est récemment préparée, car sous l'influence de l'air et de 
la lumière, la teinture d'iode donne facilement naissance à de 
l'acide iodhydrique, qui a des propriétés beaucoup plus éner- 
giques, qui est môme caustique. Il faut donc s'assurer des 
réactions de la teinture d'iode qu'on emploie ; si elle est aci- 
de, elle produit de la gastralgie, des nausées, des coliques, de 
la diarrhée. 

Pour le mieux faire tolérer, je donne l'iode mêlé à l'amidon 
en faisant tomber la teinture dans un petit verre d'eau de riz. 
La diffusion est instantanée, et le véhicule prend une couleur 
violette, ce dont il faut prévenir les malades. Il m'a semblé 
que, sous cette forme, l'iode était plus facilement accepté pai^ 
les organes digestifs. Si cependant l'estomac lui oppose quel- 



98 LUNION KiBICALB DU CANADA. 

que répugnance, j*y ajoute quelques gouttes de teinture thé- 
baïque qui en assure la tolérance. 

Chez mes deux malades, l'effet thérapeutique a été rapide- 
ment obtenu. La soif qui était ardente, qui chez le premier 
troublait le sommeil par ses exigences, s'est appaisée ; en mê- 
me temps, la diurèse augmentait aux dépens du sérum infil- 
tré dans le tissu connectif sous-cutané qui était résorbé, et 
Talbumine diminuait pour disparaître dans les urines. 

Je ferai remarquer qu'un de ces malades avait depuis quel- 
que jours de l'amblyopie, et très-probablement les lésions 
rétiniennes qui accompagnent les formes graves de l'albumi- 
nurie. En 1868, j'ai fait connaître ces observations à la So- 
ciété de thérapeutique, et mon ami, le docteur Bourdon, 
ayant essayé depuis, cette méthode thérapeutique dans son 
service de la Charité, m'a dit en avoir obtenu quelque bons 
résultats. Le succès n'est pas assez commun dans cette affec- 
tion pour qu'on doive négliger d'enregistrer ceux qu'on a 
obtenus, et les moyens qui y ont conduit. Je crois impor- 
tant de ne pas oublier dans quelles indications déterminées 
j'ai conseillé cette médication et quelles limites j'ai assignées 
i son opportunité* 

Dans l'observation suivante l'albuminurie s'est montrée 
sous une forme insolite, par l'évolution des phénomène» 
morbides, comme par leurs caractères mêmes, malgré la gra- 
vité et la persistance des symptômes, la terminaison a prou- 
vé que cette albuminurie était liée à une congestion rénale : 
le traitement a présenté des circonstances intéressantes qui 
m'engagent à réunir ce fait aux précédents. 

Obs. m. — Une femme de 48 ans, blanchisseuse, et par con- 
séquent exposée fréquemment aux causes qui développent le 
rhumatisme, entra dans mon service au mois de décembre 
1858. Elle est née de parents bien portants. Elle a eu onze 
enfants, dont six sont vivants ; à la suite d'une de ses cou- 
ches, elle a été affectée d'une hémiplégie gauche qui a duré 
deux mois. 



l'union médicale du canada- 99 

Dans les premiers jours de Novembre, elle éprouva des 
malaises. 

Le 3 ses règles parurent et s'arrêtèrent presque aussitôt, 
sans qu'elle puisse ou qu'elle veuille indiquer la cause de 
•cette anomalie. Aux époques précédentes d'ailleurs, elles 
s'étaient montrées moins abondantes qu'auparavant ; et son 
âge eût autorisé à voir dans cette apparition incomplète du 
flux menstruel un fait physiologique, si des phénomènes 
morbides ne fussent venus témoigner que la congestion ca- 
taméniale n'était pas épuisée. 

Cette femme fut prise d'inappétence ; de vomissements 
continuels, de douleurs dans les reins, en même temps elle 
s'aperçut d'une enflure, qui se serait d'abord fait sentir à la 
ceinture et aurait envahi ultérieurement les membres supé- 
rieurs, puis les membres inférieurs. 

Un mois après le début de ces accidents, elle entra à l'hô- 
pital présentant un anasarque considérable. Ses urines 
étaient rares, rougeâtres d'aspect, sanguinolentes et ressem- 
blaient à de la lavure de chair. 

Le ventre était tuméfié ; il donnait 'partout un son tympa- 
nique ; aucime fluctuation n'y était perceptible, les intestins 
étaient météorisés. 

Mais quand on appuyait le stéthoscope sur la paroi abdo- 
minale, il laissait un relief arrondi, circonscrit par une gout- 
tière circulaire, témoignage de l'œdème de^ cette paroi et un 
des meilleurs moyens de l'apprécier. L'anasarque d'ailleurs 
était porté à un degré considérable : la face était bouffie, les 
paupières tuméfiées, les lèvres renversées, le cou élargi sem- 
blait raccourci ; partout les saillies osseuses étaient effacées, 
et les membres présentaient un aspect éléphantiasique. 

La peau était pâle, jaune, sèche et retenait l'impression des 
doigts. 

La vue était trouble et, examinés à l'ophthalmoscope par 
le docteur Galezowski, les yeux offraient des exsudats et de 
petites hémorrhagies rétiniennes. 

Le sommet du poumon droit présentait des nuances de so- 



100 l'union médicale du canada. 

norité plus aiguë et d'affaiblissement du bruit respiratoire- 
qui permettaient d'y soupçonner des indurations du paren- 
chyme pulmonaire. Les artères étaient durçs, annelées. Le 
cœur, comme cela a lieu presque toujours, avait participé à 
l'action morbide qui avait amené 1 induration des parois ai- 
térielles ; un bruit de souffle systolique, localisé à la pointe, 
indiquait une insuffisance de la valvule mitrale. 

Les urines renfermaient une quantité d'albumine ; exami- 
lîées, au microscope, le dépôt laissait voir des globules de 
sang très-nombreux, pas de tubuli, ni cylindres protéiques 
(1), quelques cellules épithéliales, et quand elles avaient été 
exposées au contact de l'air, elles exhalaient une odeur féti- 
de, et renfermaient des bactéries. 

Ainsi cette femme était atteinte d'une albuminurie héma- 
turique avec les lésions qu'on rencontre dans la maladie de 
Bright avec de l'anasarque, avec des soupçons de tuberculi- 
sation commençante à un des sommets, et enûn avec une lé- 
sion cardio artérielle. Probablement, pour le dire en passant, 
cette lésion avait préexisté à l'hémiplégie dont cette malade 
nous avait fait mention. 

Car les altérations de l'appareil circulatoire sont la condi- 
tion pathogénique la plus active, et la plus commune des af- 
fections cérébrales qui s'expriment par l'hémiplégie. Cette 
femme par son état de, blanchisseuse, avait été exposée aux 
influences extérieures qui produisent le plus souvent le rhu- 
matisme ou en favorisent l'évolution, et ces influences peu 
vent limiter leur action au système circulatoire et y provo- 
quer un travail morbide qui est le plus souvent accompagné 
ou suivi d'autres manifestations rhumatismales, mais qui 
peut aussi en être l'unique expression. 

Le cœur, du reste, ne paraissait pas sérieusement atteint 
dans son tissu musculaire ; il fonctionnait régulièrement ; et 
si nous ne répugnions pas à l'idée que les artères cérébrales 
altérées avaient pu céder à un effort énergique, et permettre 



(1) Goncrélions croupales, Reinhard. 



l'dhioh m£dicalk du canada. lot 

un léger épanchement de sang, nous ne pouvions faire qu'u- 
ne part insignifiante à ces anomalies de l'appareil circulaloi 
re, dans la série de symptômes qui se déroulaient sous nos 
yeux ; tout an plus avaient-elles été des facteurs trùs-secon- 
daires des troubles de circulation accusés par l'anasarque. 

Deux symptômes dominaient la scène morbide : l'auasar- 
que et les urines alburaineuses. Ces deus symptômes peu- 
vent se montrer indépendants l'un de l'autre ; nos salles nous 
en fournissaient des exemples ; mais leur connexion est si 
fréquente que la manifestation de l'une porte toujours à re- 
chercher l'autre. 

Les réactions chimiques et le microscope nous avaient 
montré la présence simultanée des globales du sang et de 
l'albumine dans les urines. Cette complication n'est pas rare 
au début delà néphrite albumineuse, suitout de celle qui 
succède à la scarlatine. Mais il est beaucoup plus rare que 
l'hématurie persiste pendant des mois ; nous pouvions nous 
demander si l'albuminurie n'était pas sous la dépendance de 
l'hématurie. La présence du sang dans l'urine entraîne né- 
cessairement celle de l'albumine, mais le sang n'était pas as- 
sez abondant pour rendre cette explication admissible. L'u- 
rine ne renfermait pas de ces coagulum fréquents dans les 
hématuries rénovésicatcs et qui parfois passent avec difficul- 
té ou douleur à travers les excréteurs. 

L'anasarque qui s'était montré dès le début, avait pris ra- 
pidement un développement considérable et n'avait rien de 
comparable à cet œdème qui survient quelquefois chez les 
sujets anémiés par des hémorrhagies abondantes et prolon- 
gées. 

D'ailleurs, il y avait chez celte femme un signe presque 
pathognomique de l'albuminurie, c'était la lésion rétinienne. 

L'hématurie peut se lier aux affections organiques du rein. 
Mais outre cette affection de la rétine, qui est une note ca- 
ractéristique et qui dirigeait le diagnostic dans une au' 
voie, on n'observait chez cette malade ni les douleurs vi' 
ni les urines fétides, ni les hémorrhagies abondantes du c 



102 l'union médicale du canada. 

cer rénal ; on ne trouvait pas davantage les dépôts mucoso- 
purulents qui accompagnent la pyélo-néphrite tuberculeuse. 

Nous arrivions par élimination à supposer, derrière ce flux 
albumineux sanguin, une congestion rénale analogue à celle 
qui accompagne le premier degré de la maladie de Bright, 
mais empruntant des caractères particuliers aux conditions 
dans lesquelles elle s'est développée. 

L'examen de ces conditions éclairera peut-être la pathogé- 
nie de Taffection que nous avons sous les yeux. 

Par sa profession, cette femme est souvent exposée à l'im- 
pression du froid humide et aux brusques variations de tem- 
pérature : circonstances qui ont été signalées parmi les cau- 
ses les plus actives de la néphrite albumineuse ; en d'autres 
termes, cette femme est placée dans des conditions qui doi- 
vent amener des perturbations fréquentes des fonctions de la 
peau, et nous pouvons, à l'aide des données fournies par la 
physiologie, comprendre les retentissements que ces troubles 
peuvent produire dans l'organisme et dans l'action des reins 
en particulier. 

La peau n'est pas seulement, en effet, une enveloppe pro- 
tectrice, un organe sensoriel, aboutissant d'un grand nombre 
de nerfs, c'est un appareil sécréteur très-actif, un émonctoire 
très-important et à produits variés. Ainsi, comme le foie, 
elle sécrète des substances grasses à réaction alcaline ; c'est 
la matière sébacée. Gomme le rein, elle élimine par la 
sueur de l'eau, un acide, des matières protéiques ; elle exha- 
le de l'acide carbonique comme le poumon, dont sa trame 
vasculaire est un auxiliaire et comme un foyer de combus- 
tion respiratoire. 

Les fonctions de ce grand organe sont sans cesse modifiées 
et exposées à être troublées par les conditions du milieu dans 
lequel nous sommes plongés ; mais les organes chargés de 
fonctions analogues lui servent de pondérateurs et de sup- 
pléants ; ainsi, lorsque après un temps chaud, l'air devient 
frais et humide, la diurèse augmente ; elle diminue dans les 
conditions inverses. 



l'union médicale dit CANADA. 103 

Si rintesUiî sécrète avec excès, la peau devient sèche : alvus 
iaxus^ cutis sicca. 

Aussi les anomalies de Taction cutanée jouent-elles un rôle 
considérable en pathogénie, et elles fournissent par consé- 
quent des indications très-importantes à la thérapeutique. 

Quand les fonctions de la peau sont suractives, quand sa 
trame vasculaire est turgescente et que tous ses appareils se 
crétoires sont surexcitées, si une cause extétrieure, le froid? 
vient déterminer une contraction brusque des vaisseaux et 
arrêter, par un choc subit, cette impulsion fonctionnelle si 
énergique, si les éléments organiques n'ont pas cette élas- 
ticité physiologique, si je puis parler ainsi, qui diminue 
avec l'âge et certaines conditions morbides, si les organes 
congénères à la peau n'entrent pas dans un surcroit d'activi- 
té pour suppléer à son inertie, on pourra alors voir survenir 
des troubles graves dans l'économie. 

Dans ce refoulement circulatoire, des congestions peuvent 
se localiser, soit dans les organes sous-jacents : le tissus cel- 
lulaire sous-dermique, la plèvre, le péritoine, soit dans les 
organes chargés si subitement de cette suppléance fonction- 
nelle. 

Et si cette suppléance n'intervient pas immédiatement, la 
composition du sang est modifiée ; des matières protéiques, 
de l'eau, des gaz, qui devaient être rejetés au dehors, restent 
dans le liquide circulatoire, l'altèrent ; et alors celui-ci pro- 
duit sur les organes des incitations anomales qui peuvent se 
manifester d'abord dans les tissus périphériques. Notre ma- 
lade était en outre dans l'imminence de la période mens- 
truelle. Il y a alors un molimen congestif qui doit aboutir à 
l'écoulement menstruel et se limiter dans l'appareil génital, 
mais qui peut très-facilement être dévié et se porter dans 
d'autres organes. Il faut aussi noter que cette femme était 
arrivée à l'âge de la ménopause, où cettte disposition congés- 
tive semble exagérée, comme le prouvent les ménorrhagies 
si communes à cette époque, les houHées vers la tête, et toutes 
les modalités morbides qui apparaissent si souvent vers cette 



104 l'union médicale du canada. 

période de la vie, et dont la congestion est le phénomène 
initial. 

Nous ajouterons enfin que le rein semble être, plus que 
d'autres organes, accessible aux retentissements de la con- 
gestion menstruelle. Dans un travail, sur l'ectopie rénale, 
j'ai montré qu'aux époques menstruelles ces reins déplacés 
devenaient quelquefois le siège de congestions périodiques 
très-douloureuses. 

Telles furent les conditions physiologiques et hygiéniques 
qui précédèrent, chez cette femme, l'explosion de la maladie, 
et n'ont probablement pas été sans influence sur son dévelop- 
pement. 

Nous en avons indiqué l'évolution ; le flux menstruel avorte 
après une courte apparition ; lors apparaissent les signes de 
la congestion rénale : douleurs dans les flancs, vomissements» 
urines hématuriques, puis bientôt l'anasarque. 

Quoique la présence du sang dans les urines me fît soup- 
çonner une forme aiguë dans cette affection déjà ancienne, 
je fus conduit à tenter la teinture d'iode par l'apyrexie, par la 
durée de la maladie et par l'opiniâtreté des vomissements, 
me rappelant que ce médicament avait été préconisé dans les 
vomissements incoercibles des femmes enceintes. Cette der- 
nière indication fut remplie ; la malade cessa de vomir, mais 
le caractère hématurique des urines devint plus accentué, et, 
au bout de quelques jours, je cessai cette médication. J'es- 
sayai les astringents : l'acide tannique à la dose à'un gram- 
me, puis l'acide gallique, qui résisterait mieux, dit-on, aux 
actions chimiques du travail digestif, et arriverait au rein 
avec ses propriétés inaltérées. 

Cette médication ne réussit pas mieux que la 'précédente ; 
le sang diminua peut-être, mais l'albumine ne diminua pas ; 
l'anasarque augmenta, le ventre se tuméfia de plus en plus, 
et la malade, voyant l'insuccès de mes efforts, tomba dans le 
découragement ; alors survinrent des phénomènes de conges- 
tion pulmonaire, qui furent combattus par des vésicatoires. 

N'obtenant rien de la médication topique, car l'iode, l'acide 



l'union médicale du CANADA. lOS 

gallique devaient, dans ma pensée, agir topiquement sur le& 
éléments sécréteurs et vasculaires du rein, je réfléchis de 
nouveau aux conditions dans lesquelles la maladie s'était dé- 
veloppée. A ce trouble de la fonction cataméniale, dont le 
molinien congestif augmente et se prolonge quelquefois bien 
au delà de sa durée habituelle, aux approches de la méno- 
pause, malgré les 48 ans de la malade, et je pourrais dire à 
cause de ses 48 ans, je pouvais attribuer à une déviation 
menstruelle l'état congestif du rein. Je dressai mes batteries 
dans cette direction ; nous touchions à la période catémé- 
niale ; il fallait tâcher de rappeler sur l'utérus cette fluxion 
égarée. L'anémie, l'œdème énorme des grandes lèvres m'in- 
terdisaient les sangsues. Je n'aurait pas môme osé appliquer 
des sinapismes sur les membres inférieurs, distendus par l'œ- 
dème, dans la crainte d'y provoquer un érythème ou un éry- 
sipèle ga gréneux. 

Quand j'avais dû opposer un vésicatoire à la congestion pul- 
monaire, je l'avais placé sur la partie antérieure du thorax, 
sur le point le moins œdématié ; je n'avais laissé l'emplâtre* 
épispastique en place que pendant quelques heures, et je l'a- 
vais remplacé par un cataplasme amilacé. 

Privé de ces ressources, j'administrai des emménagogurs : 
une infusion de safran en boisson, et, n'ayant pas d'apias, je 
fis donner des quarts de lavemement avec une forte décoc 
tion de persil, et en môme temps je prescrivis des boissons 
doucement diurétiques et des demi-bains de vapeur avec de 
l'infusion d'armoise, limités à la moitié inférieure du corps 
J'ai peur des bains de vapeur entiers chez les albuminuri- 
ques ; je me rappellerai toujours qu'en 1843, remplaçant à 
l'Hôlel-Dieu Magendie, qui avait pour interne, à cette époque, 
l'illustre Claude Bernard, je prescrivis un bain de vapeur à un 
albuminurique. A la suite de ce bain, le pauvre malade 
éprouva des accidents de congestion pulmonaire, auxquels il 
succojnba. Je l'avais ordonné dans l'espérance d'atténuer la 
congestion rénale, en incitant la peau, et de ranimer l'activité^ 
fonctionnelle de celle-ci, qui paraissait annihilée. 



106 l'union médioalb du canada. 

Chez la malade qui nous occupe en ce moment, en plaçant 
la poitrine en dehors de Tatmosphère du bain, j'espérais con- 
jurer tout danger de cette nature. 

Pas plus que Tutérus, la peau ne parut sentir la stimula- 
tion que je lui adressais ; mais elle retentit sur l'organe sy- 
nergique, et pendant quelques heures la malade éprouva une 
véritable polyurie, avec diminution notable de Tanasarque. 
Les urines étaient beaucoup moins albumineuses ; mais cette 
dimunition, qui pouvait être toute relative, était sans valeur 
pour le pronostic. J'attachais plus d'importance à la polyu- 
rie, que j'avais vue précéder la guérison dans plusieurs cas 
d'albuminurie congestive. 

J'insistai sur cette médication, et ses effets se soutinrent ; 
l'anasarque diminua rapidement et disparut presque entière- 
ment. Mais en môme temps le ventre ne diminuait pas de 
volume, une fluctuation évidente s'y faisait sentir d'un flanc à 
l'autre ; une matité régulièrement ^imitée des régions décli- 
ves circonscrivait une zone tympanique occupant la partie 
antérieure de l'abdomen ; celui-ci était partout indolent ; la 
palpation n'y faisait percevoir ni tumeur, ni résistance, ni 
empâtement ; les intestins, libres de toute adhérence, se dé- 
plaçaient avec une extrême facilité, et dans le décubîtus laté- 
ral le liquide, dont la matité marquait les limites, se portait 
instantanément en masse du côté sur lequel la malade repo- 
sait, et la sonorité intestinale reparaissait immédiatement de 
l'autre côté. 

On voit fréquemment l'ascite survenir à une période avan- 
cée de la maladie de Bright et comme conséquence de l'ana- 
sarque ; il est beaucoup plus rare qu'elle survive à celui-ci, 
et à plus forte raison qu'elle lui succède. J'admets que l'as- 
cite avait commencé avant la disparition de l'anasarque ; 
mais après que le liquide infiltré dans les mailles du tissu con- 
nectif sous-cutané eût été résorbé, non-seulement la coUec- 
iton séreuse péritonéale n'a pas diminué, mais elle a considé- 
rafclement augmenté. Tandis que l'absorption a été active 
dans la sphère de la veine cave, la circulation de la veine 



l'union médicale du canada. 107 

porte semble accuser un trouble exprimé par les progrès de 
Tascite. 

D'où vient cette anomalie ? Je me suis demandé si cette 
ascite ne pourrait pas être imputée à une péritonite chroni- 
que. Mais Tabsence d'adhérences intestinales, démontrée 
par les signes que je relatais plus haut, c'est-à-dire la délimi- 
tation régulière de la sonorité et de la matité, la mobilité ab 
solue de l'intestin et de la masse liquide ne permettaient pas 
de s'arrêter à cette hypothèse ; d'ailleurs, les péritonites tu- 
berculeuses ou cancéreuses sont presque toujours des épiso- 
des d'affections organiques viscérales ; elles peuvent être in- 
dolentes, mais plus souvent leur évolution esi accompagnée 
de douleur, de fièvre, de diarrhée s'il s'agit de tuberculose- 
J'ai déjà dit plus haut pourquoi je rejetais toute idée de can 
cer ou de tubercules des reins. 

Y avait-il quelque lésion modifiant la circulation de la veine 
porte ? Il n'est pas rare que la cirrhose coïncide avec la ma- 
ladie de Bright ; mais le foie avait conservé son volume nor- 
mal; cette complication existe surtout chez les personnes 
adonnées aux excès alcooliques. Dans l'évolution de l'hy- 
dropisie albuminurique, comme dans les caractères de l'al- 
buminurie elle-même, il y avait donc quelque chose d'insoli- 
te. Les urines étaient beacoup moins albumineuses ; j'éloi- 
gnai les demi-bains de vapeur, qui fatiguaient la malade. Je 
lui fis faire des applications quotidiennes de teinture d'iode 
sur la paroi abdominale, pour stimuler la nutrition et l'hé- 
mathose ; je donnai des préparations ferrugineuses, l'ascite 
commença à diminuer, puis disparut avec l'albuminurie ; les 
lésions rétiniennes se dissipèrent à leur tour ; et quand l'har- 
monie semblait rétablie dans cet organisme si longtemps 
troublé, les règles reparurent. Ce retour de la fonction uté- 
TO-ovarienne mit le sceau à la guérison. La malade avait 
repris de l'appétit et des forces, et elle sortit de l'hôpital trois 
ou quatre mois après y être entrée complètement guérie. 

Nul doute que, comme je l'ai déjà indiqué, la lésion rénale 
ne fût une simple congestion. Les dégénères ".ences et les 



108 l'union médicale du CANADA. 

hyperplasies qui suivent la période congestive ne rétrogra- 
dent pas, et dans ma conviction, nous avons eu là un curieux 
exemple de déviation menstruelle survenue aux approches 
de la ménopause. — [Gazette des hôpitaux.] 



LE '' CONDURANGO. " 



Le public médical devra enfin se réjouir de l'arrivée du fa 
meux Condiirango, si vanté par certains médecins des Etats- 
Unis et que Ton regarde comme un spécifique sûr contre le 
cancer et ses différentes variétés, et contre la syphilis cons- 
titutionnelle. Au mois de Juillet dernier, si je m'en sou- 
viens bien, quelques journaux de cette cité firent mention de 
la découverte de cette plante, mais ne donnèrent aucun dé- 
tail, vu le peu de renseignements qu'ils avaient eus sur le 
sujet. Aujourd'hui, je suis à môme de renseigner le public 
d'une manière plus certaine, plus claire et plus étendue, car 
j'ai reçu une circulaire qui donne toute l'histoire de ce re- 
mède nouveau, grâce à la générosité de MM. Lafon etVer- 
nier, pharmaciens de cette cité, qui viennent d'en recevoir 
une certaine quantité. Je.'traduis : " Dans le Sud de l'Equa- 
teur, près des bornes du Pérou, et sur le penchant fertile 
des vieilles montagnes des Andes qui environnent la belle 
vallée de la ville de Loja, se trouvent les vignes du Condu- 
rango. Les indigènes de ce pays croyaient que le fruit de 
cette vigne était un poison violent, et, il est parmi eux une 
tradition qui dit qu'une femme voyant son mari presque aux 
portes du tombeau, par suite d'un cancer qui le faisait souf- 
frir horriblement, lui donna, non dans l'intention de le guérir, 
mais de le faire mourir plus sûrement, de hautes doses de 
décoction de Condurango. Le remède, de fatal qu'il devait 
être devint bienfaisant, car ce pauvre Indien revint à la vie 
et guérit complètement de son cancer. 

Malgré cette tradition, il paraît que personne, pendant de 
nombreuses années, n'eut le courage de répéter la même ex- 
périence, jusqu'à ce que enfin, un certain médecin, nommé 



l'union MÉDiCALE DU CANADA. 109 

• 

Eguiguren, frère du gouverneur actuel de la Province de 
Loja, désirant mettre à Tépreûve les propriétés de la plante, 
l'administra à plusieurs de ses patients atteints soit de cancer 
ou de syphilis, et obtint d'excellents résultats. Par malheur, 
dans l'intervalle, il fut obligé de quitter la province de Loja 
et alla à Quito pour y occuper une position politique et ne 
pensa plus à son Condurango. Son frère, le gouverneur de 
Loja, qui avait eu vent de cette découverte, voyant un jour un 
pauvre nègre qui souffrait d'un ulcère, se souvint du Condu- 
rango et l'administra au malade qu'il avait fait venir spécia- 
lement à sa maison de Campagne de Malecatos, et le guérit 
complètement dans l'espace de six semaines. Ce bon gou- 
verneur de Loja, fier de son succès, vint, peu de temps après, 
à Quito, emportant avec lui quelque peu de Condurango, et 
les cures merveilleuses qu'il opéra dans les hôpitaux de ce 
pays attirèrent d'abord l'attention du Président de la Répu- 
blique de Quito, Senor Don Garcia Morena, sur ce qu'une 
nouvelle source de revenu pour son gouvernement n'atten- 
dait que sa propre protection pour se répandre par tout l'uni 
vers. 

Alors, Senor Don Garcia Morena dressa une note qu'il fit 
parvenir à plusieurs autorités des principales villes de l'Eu- 
rope et de l'Amérique, laquelle note était accompagnée d'un 
échantillon de Condurango et insistait fortement sur l'impor- 
tance de cette plante. Le Département d'Etat à Washington, 
agita aussitôt la question, par l'entremise de son ministre à 
Quito, THon. Rumsey Wing et lança dans le monde améri- 
cain une circulaire constatant tout ce que je viens de rappor 
ter sur le Condurango. 

Cette circulaire, tomba entre les mains du Dr. Bliss, de 
Washington, docteur éminent qui avait alors sous ses soins 
la mère de l'Hon. Scuzler Colfax, vice-président actuel des 
Etats-Unis. Le Dr. Bliss parvint à se procurer, à grands frais, 
il est vrai, une certaine quantité de Condurango et en fit im- 
médiadement l'application sur son honorable patiente qui souf- 
frait d'un cancer mammaire et laquelle revint bientôt à la 



100 l'union médicale du canada. 

norité plus aiguë et d'affaiblissement du bruit respiratoire^ 
qui permettaient d'y soupçonner des indurations du paren- 
chyme pulmonaire. Les artères étaient durqs, annelées. Le 
cœur, comme cela a lieu presque toujours, avait participé à 
l'action morbide qui avait amené 1 induration des parois ai - 
térielles ; un bruit de souffle systolique, localisé à la pointe, 
indiquait une insuffisance de la valvule mitrale. 

Les urines renfermaient une quantité d'albumine ; exami- 
lîées, au microscope, le dépôt laissait voir des globules de 
sang très-nombreux, pas de tubuli, ni cylindres protéi(jues 
(1), quelques cellules épithéliales, et quand elles avaient été 
exposées au contact de l'air, elles exhalaient une odeur féti- 
de, et renfermaient des bactéries. 

Ainsi cette femme était atteinte d'une albuminurie liéma- 
turique avec les lésions qu'on rencontre dans la maladie de 
Bright avec de l'anasarque, avec des soupçons de tuberculi- 
sation commençante à un des sommets, et enfin avec une lé- 
sion cardio artérielle. Probablement, pour le dire en passant, 
cette lésion avait préexisté à l'hémiplégie dont cette malade 
nous avait fait mention. 

Car les altérations de l'appareil circulatoire sont la condi- 
tion pathogénique la plus active, et la plus commune des af- 
fections cérébrales qui s'expriment par Thémiplégie. Cette 
femme par son état de . blanchisseuse, avait été exposée aux 
influences extérieures qui produisent le plus souvent le rhu* 
matisme ou en favorisent l'évolution, et ces influences peu 
vent limiter leur action au système circulatoire et y provo- 
.quer un travail morbide qui est le plus souvent accompagné 
ou suivi d'autres manifestations rhumatismales, mais qui 
peut aussi en être l'unique expression. 

Le cœur, du reste, ne paraissait pas sérieusement atteint 
dans son tissu musculaire ; il fonctionnait régulièrement ; et 
si nous ne répugnions pas à l'idée que les artères cérébrales 
altérées avaient pu céder à un effort énergique, et permettre 



(1) Goncrélions croupalos, Reinhard. 



l'union médical» du canada. lût 

un léger épanchement de sang, nous ne pouvions faire qu'u- 
ne part insignifiante à ces anomalies de Tappareil circulatoi 
re, dans la série de symptômes qui se déroulaient sous nos 
yeux ; tout au plus avaient-elles été des facteurs très-secon- 
daires des troubles de circulation accusés par Tanasarque. 

Deux symptômes dominaient la scène morbide : Tanasar- 
que et les urines albumineuses. Ces deux symptômes peu- 
vent se montrer indépendants l'un de l'autre ; nos salles nous 
en fournissaient des exemples ; mais leur connexion est si 
fréquente que la manifestation de l'une porte toujours à re- 
chercher l'autre. 

Les réactions chimiques et le microscope nous avaient 
montré la présence simultanée des globales du sang et de 
l'albumine dans les urines. Cette complication n'est pas rare 
au début delà néphrite albumineuse, suitout de celle qui 
succède à la scarlatine. Mais il est beaucoup plus rare que 
l'hématurie persiste pendant des mois : nous pouvions nous 
demander si l'albuminurie n'était pas sous la dépendance de 
l'hématurie. La présence du sang dans l'urine entraîne né- 
cessairement celle de l'albumine, mais le sang n'était pas as- 
sez abondant pour rendre cette explication admissible. L'u- 
rine ne renfermait pas de ces coagulum fréquents dans les 
hématuries rénovésicales et qui parfois passent avec difficul- 
té ou douleur à travers les excréteurs. 

L'anasarque qui s'était montré dès le début, avait pris ra- 
pidement un développement considérable et n'avait rien de 
comparable à cet œdème qui survient quelquefois chez les 
sujets anémiés par des hômorrhagies abondantes et prolon- 
gées. 

D'ailleurs, il y avait chez cette femme un signe presque 
pathognomique de l'albuminurie, c'était la lésion rétinienne. 

L'hématurie peut se lier aux affections organiques du rein. 
Mais outre cette affection de la rétine, qui est une note ca- 
ractéristique et qui dirigeait le diagnostic dans une autre 
voie, on n'observait chez cette malade ni les douleurs vives, 
ni les urines fétides, ni les hémorrhagies abondantes du can- 



100 l'union médicale du canada. 

norité plus aiguë et d'affaiblissement du bruit respiratoire- 
qui permettaient d'y soupçonner des indurations du paren- 
chyme pulmonaire. Les artères étaient durqs, annelées. Le 
cœur, comme cela a lieu presque toujours, avait participé à 
l'action morbide qui avait amené 1 induration des parois ai- 
térielles ; un bruit de souffle systolique, localisé à la pointe, 
indiquait une insuffisance de la valvule mitrale. 

Les urines renfermaient une quantité d'albumine ; exami- 
rfées, au microscope, le dépôt laissait voir des globules de 
sang très-nombreux, pas de tubuli, ni cylindres protéujues 
(1), quelques cellules épithéliales, et quand elles avaient été 
exposées au contact de Tair, elles exhalaient une odeur féti- 
de, et renfermaient des bactéries. 

Ainsi cette femme était atteinte d'une albuminurie héma- 
turique avec les lésions qu'on rencontre dans la maladie de 
Bright avec de l'anasarque, avec des soupçons de tuberculi- 
sation commençante à un des sommets, et enfin avec une lé- 
sion cardio artérielle. Probablement, pour le dire en passant, 
cette lésion avait préexisté à l'hémiplégie dont cette malade 
nous avait fait mention. 

Car les altérations de l'appareil circulatoire sont la condi- 
tion pathogénique la plus aciive, et la plus commune des af- 
fections cérébrales qui s'expriment par l'hémiplégie. Cette 
femme par son état de . blanchisseuse, avait été exposée aux 
influences extérieures qui produisent le plus souvent le rhu- 
matisme ou en favorisent l'évolution, et ces influences peu 
vent limiter leur action au système circulatoire et y provo- 
.quer un travail morbide qui est le plus souvent accompagné 
ou suivi d'autres manifestations rhumatismales, mais qui 
peut aussi en être l'unique expression. 

Le cœur, du reste, ne paraissait pas sérieusement atteint 
dans son tissu musculaire ; il fonctionnait régulièrement ; et 
si nous ne répugnions pas à l'idée que les artères cérébrales 
altérées avaient pu céder à un effort énergique, et permettre 



(1) Goncrélions croupales, Reinhard. 



l'union médicale du CANADA. 101 

Tin léger épanchement de sang, nous ne pouvions faire qu'u- 
ne part insignifiante à ces anomalies de l'appareil circulatoi 
re, dans la série de symptômes qui se déroulaient sous nos 
yeux ; tout au plus avaient-elles été des facteurs très-secon- 
daires des troubles de circulation accusés par Tanasarque. 

Deux symptômes dominaient la scène morbide : Tanasar- 
que et les urines albumineuses. Ces deux symptômes peu- 
vent se montrer indépendants l'un de l'autre ; nos salles nous 
en fournissaient des exemples ; mais leur connexion est si 
fréquente que la manifestation de l'une porte toujours à re- 
chercher l'autre. 

Les réactions chimiques et le microscope nous avaient 
montré la présence simultanée des globales du sang et de 
l'albumine dans les urines. Cette complication n'est pas rare 
au début delà néphrite albumineuse, suitout de celle qui 
succède à la scarlatine. Mais il est beaucoup plus rare que 
l'hématurie persiste pendant des mois : nous pouvions nous 
demander si l'albuminurie n'était pas sous la dépendance de 
l'hématurie. La présence du sang dans l'urine entraîne né- 
cessairement celle de l'albumine, mais le sang n'était pas as- 
sez abondant pour rendre cette explication admissible. L'u- 
rine ne renfermait pas de ces coagalum fréquents dans les 
hématuries rénovésicales et qui parfois passent avec difiicul- 
té ou douleur à travers les excréteurs. 

L'anasarque qui s'était montré dès le début, avait pris ra- 
pidement un développement considérable et n'avait rien de 
comparable à cet œdème qui survient quelquefois chez les 
sujets anémiés par des hômorrhagies abondantes et prolon- 
gées. 

D'ailleurs, il y avait chez cette femme un signe presque 
pathognomique de l'albuminurie, c'était la lésion rétinienne. 

L'hématurie peut se lier aux affections organiques du rein. 
Mais outre cette affection de la rétine, qui est une note ca- 
ractéristique et qui dirigeait le diagnostic dans une autre 
voie, on n'observait chez celte malade ni les douleurs vives, 
ni les urines fétides, ni les hémorrhagies abondantes du can- 



100 l'union médicale du canada. 

norité plus aiguë et d'affaiblissement du bruit respiratoire- 
qui permettaient d'y soupçonner des indurations du paren- 
chyme pulmonaire. Les artères étaient durqs, annelées. Le 
cœur, comme cela a lieu presque toujours, avait participé à 
l'action morbide qui avait amené 1 induration des parois ar- 
térielles ; un bruit de souffle systolique, localisé à la pointe, 
indiquait une insuffisance de la valvule mitrale. 

Les urines renfermaient une quantité d'albumine ; exami- 
nées, au microscope, le dépôt laissait voir des globules de 
sang très-nombreux, pas de tubuli, ni cylindres protéi<iues 
(1), quelques cellules épithéliales, et quand elles avaient été 
exposées au contact de l'air, elles exhalaient une odeur féti- 
de, et renfermaient des bactéries. 

Ainsi cette femme était atteinte d'une albuminurie héma- 
turique avec les lésions qu'on rencontre dans la maladie de 
Bright avec de l'anasarque, avec des soupçons de tuberculi- 
sation commençante à un des sommets, et enfin avec une lé- 
sion cardio artérielle. Probablement, pour le dire en passant, 
cette lésion avait préexisté à l'hémiplégie dont cette malade 
nous avait fait mention. 

Car les altérations de Tappareil circulatoire sont la condi- 
tion pathogénique la plus active, et la plus commune des af- 
fections cérébrales qui s'expriment par l'hémiplégie. Cette 
femme par son état de . blanchisseuse, avait été exposée aux 
influences extérieures qui produisent le plus souvent le rhu* 
matisme ou en favorisent l'évolution, et ces influences peu 
vent limiter leur action au système circulatoire et y provo- 
.quer un travail morbide qui est le plus souvent accompagné 
ou suivi d'autres manifestations rhumatismales, mais qui 
peut aussi en être l'unique expression. 

Le cœur, du reste, ne paraissait pas sérieusement atteint 
dans son tissu musculaire ; il fonctionnait régulièrement ; et 
si nous ne répugnions pas à l'idée que les artères cérébrales 
altérées avaient pu céder à un effort énergique, et permettre 



(1) Concrétions croupales, Reinhard. 



l'union médicale du canada. 101 

un léger épanchement de sang, nous ne pouvions faire qu'u- 
ne part insignifiante à ces anomalies de l'appareil circiilatoi 
re, dans la série de symptômes qui se déroulaient sous nos 
yeux ; tout au plus avaient-elles été des facteurs très-secon- 
daires des troubles de circulation accusés par Tanasarque. 

Deux symptômes dominaient la scène morbide : Tanasar- 
que et les urines albumineuses. Ces deux symptômes peu- 
vent se montrer indépendants l'un de l'autre ; nos salles nous 
en fournissaient des exemples ; mais leur connexion est si 
fréquente que la manifestation de l'une porte toujours à re- 
chercher l'autre. 

Les réactions chimiques et le microscope nous avaient 
montré la présence simultanée des globales du sang et de 
l'albumine dans les urines. Celte complication n'est pas rare 
au début delà néphrite albumineuse, suitoat de celle qui 
succède à la scarlatine. Mais il est beaucoup plus rare que 
l'hématurie persiste pendant des mois : nous pouvions nous 
demander si l'albuminurie n'était pas sous la dépendance de 
l'hématurie. La présence du sang dans l'urine entraîne né- 
cessairement celle de l'albumine, mais le sang n'était pas as- 
sez abondant pour rendre cette explication admissible. L'u- 
rine ne renfermait pas de ces coagulum fréquents dans les 
hématuries rénovésicales et qui parfois passent avec difficul- 
té ou douleur à travers les excréteurs. 

L'anasarque qui s'était montré dès le début, avait pris ra- 
pidement un développement considérable et n'avait rien de 
comparable à cet œdème qui survient quelquefois chez les 
sujets anémiés par des hémorrhagies abondantes et prolon- 
gées. 

D'ailleurs, il y avait chez cette femme un signe presque 
pathognomique de l'albuminurie, c'était la lésion rétinienne. 

L'hématurie peut se lier aux affections organiques du rein. 
Mais outre cette affection de la rétine, qui est une note ca- 
ractéristique et qui dirigeait le diagnostic dans une autre 
voie, on n'observait chez cette malade ni les douleurs vives, 
ni les urines fétides, ni les hémorrhagies abondantes du can- 



116 l'union médicale du canada. 

Voyons maintenant pour ce qui regarde Van-Helmont.- 
Il est né en 1577 ; ses premiers écrits, qui ne parlent nulle- 
ment du lait, sont de 1621 ; il mourut en 1644, et c'est qua- 
tre ans après sa mort, en 1648, que parurent ses œvres diver- 
ses sous le titre de Or tus Medicins, 

C'est dans cet ouvrage seulement que se trouve le petit 
traité sur la nutrition des enfants, et où il parle plus particu- 
lièrement du lait. A supposer que les idées de Van-Helmont 
se soient de suite répandues, et que tout le monde en ait été 
séduit, que les effets s'en soient fait sentir immédiatement, 
il est difficile encore d'expliquer comment une maladie qui 
se répand dans le milieu du 16ème siècle, peut être produite 
par des idées qui ne se répandent qu'au milieu ou vers la fin 
du 17ème siècle. 

11 faut donc, quant à l'origine de la maladie, mettre Van- 
Helmont hors de question, et chercher une autre cause que 
son influence. 

On dit, il est vrai, qu'il a enseigné de bonne heure, dès la 
Un du 16ème siècle. Mais il n'y a aucune trace de son en- 
seignement sur le lait, avant VOrtus Medicinœ^ c'est-à-dire 
avant 1648. 

Bien plus, ce petit traité est à la fin de ses œuvres, et il se- 
rait plus aisé de dire qu'il n'a pu être qu'une œuvre se- 
condaire, laquelle suppose des théories premières qui ne sont 
pas du premier âge. 

Au 18ème siècle Willinghoff imagina que le rachitisme 
n'était point connu dans l'Europe septentrionale, avant l'ex- 
pulsion des Juifs de l'Espagne et du Portugal ; et, suivant 
Boerhaave on aurait observé que les enfants des Juifs portu- 
gais, sont les plus sujets à cette maladie. Ce sont là deux 
affirmations sans valeur par ce que les Juifs étaient répandus 
dans tout l'Occident bien avant le 16ème siècle et qu'il n'est 
nullement démontré que leurs enfants soient plus sujets qu3 
d'autres au rachitisme. 11 faut encore chercher ailleurs. 

S'il était permis d'ouvrir un avis dans une question aussi 
délicate, et je ne le ferais qu'avec réserve, j'observerais que le 



l'union médicale du canada. 117 

rachitisme s'est répandu dans les temps qui ont suivi la ré- 
forme, et principalement dans les pays protestants, c'est-à- 
dire dans un temps et dans des lieux où l'ancienne discipline 
ecclésiastique fut mise de côté, où Ton se livra au sensuars- 
me sous toutes ses formes, bien que l'on eût beaucoup de 
misères, où Ton mit de côté l'ancien usage de l'abstinence et 
du maigre. 

Si comme les expériences de J. Guérin semblent le démon- 
trer, l'abus de la viande est une des causes, et même, suivant 
lui, la cause principale du rachitisme, le développement de 
cette maladie au 16ième. siècle recevrait uue^explication na- 
turelle dans la remarque que je viens de faire. Mais je le ré- 
pète, on ne saurait donner ces rapprochements que comme 
une vue d'esprit au moins dans l'état actuel de la science et de 
rhistoire. 

Van-Helmont étant disculpé de la grosse responsabilité 
dont on le chargeait, il lui demeure encore celle d'avoir jeté la 
défaveur sur le lait : c'est ce que nous examinerons plus 
loin. 

Prenons d'abord la question actuelle et demandons-nous 
ces deux choses : Est-ce la privation du lait qui fait naître 
le rachitisme, et quels peuvent être les effets de cette priva- 
tion sur la mortalité des enfants ? Ici reviennent les expé- 
riences de J. Guérin, lesquelles démontrent que les petits 
animaux nourris de lait s'élèvent et se développent, que ceux 
nourris de bouiUon, de jus de viande et d'amylacées meu- 
rent d'inanition ou deviennent rachitiques. Ces expériences,, 
les seules que l'on connaisse sur cette question, ne doivent 
pas être interprétées au-delà de ce qu'elles disent : elles mon- 
trent l'utilité de la lactation ; elles montrent l'influence tàr 
cheuse de la nourriture de jus de viande et d'amylacées^ 
elles ne disent pas que c'est la privation du lait qui produit 
le rachitisme, mais bien cette nourriture trop animalisée^ 
La distinction est importante. 

Que le lait soit nécessaire, c'est un fait certain : loin de 
nous de nier les bienfaits que nous voulons attester. Mais 



118 l'union médicale du canada. 

enfin, ce n'est pas la privation du lait, c'est ralimentation 
trop animalisée qui, selon les expériences, engendre le ra- 
chitisme ; cette distinction est importante pour l'analyse des 
causes. 

Or, pourquoi cette alimentation trop animalisée et fécu- 
lente peut-elle engendrer le ratichisme ou faire périr les pe- 
tits animaux d'inanition ? Voilà une première explication à 
rechercher. 

De cela, nous trouvons quatre raisons : 

En premier lieu, l'alimentation étant, principalement une 
destruction de l'aliment par les puissances végétatives de 
l'organisme, il est clair que si vous donnez au jeune organis- 
me des aliments de facile destruction, il exerce» et par cela 
même développe naturellement ses forces, tandis que si vous 
lui donnez des aliments de trop difficile destruction, elles 
s'épuisent à ce travail, et étant ainsi épuisées, ne peu- 
vent plus suffire au second acte de la nutrition, à l'assimila- 
tion qui est minime sans doute, mais nécessaire. Ainsi, 
excès dans la dépense de forces, diminution dans la répara, 
tion : double voie pour aller à uneterminaison fatale. 

En second lieu, les qualités de l'aliment se communiquent 
à l'alimenté ; il est bien clair que cette alimentation de vian- 
de excite les forces musculaires du jeune être, dans un mo- 
ment où les Qs manquent encore de solidité. 

Il y a ainsi défaut d'équilibre entre la puissance du levier 
et de son point d'appui : les muscles déforment les os qui cè- 
dent à leurs efforts, l'empâtement se fait dans les jointures, 
les courbures se produisent dans la diaphyse. 

En troisième lieu, les os ne trouvent pas dans l'aliment ce 
qui est nécessaire à la réparation des efforts qu'ils supportent ; 
car le jus de la viande et la viande contiennent surtout de la 
potasse et de la soude, non de la chaux qui serait ici néces- 
saire. L'élément minéralisateur manquant, la végétalité 
de l'os est privée de son objet d'activité, et par cela même 
perd ses forces, à la suite de quoi elle perd sa propre consti- 
tution ; de telle sorte que loin de s'accroître et de se réparer. 



l'union médicale du CANADA. 119 

Vos abandonne de son calcaire, qai, comme on le sait, rend 
grises et blanchâtres les selles des rachitiques. 

En quatrième lieu, cette alimentation de viande possède 
peu de matière grasse, cette matière qui est l'un des éléments 
nécessaires de l'alimentation, qui a pour rôle, peut-être prin- 
cipal, de fixer précisément l'élément minéralisateur, la chaux 
dans l'économie. 

Voilà, suivant nous l'explication des expériences faites sur 
les animaux. Mais ces expériences ne sont pas applicables 
•dans toute leur rigueur à l'alimentation des enfants, parce que 
tous les enfants qui ne sontpas élevés à la mamelle sont élevés 
au biberon ou au petit pot, et le lait est en définitive, la base 
de l'alimentation de tous les enfants. 

Vouloir expliquer la mortalité enfantine par la privation 
de lait dans l'alimentation, c'est de trop, parce que tous les 
enfants prennent du lait. Là n'est pas l'exacte vérité. On 
ne peut expliquer cette mortalité que par l'adjonction au lait 
d'aliment d'éfectueux, ou par le lait défectueux lui-même^ 
et c'est en effet ce qu'il faut examiner. 

Tous les enfants prennent du lait jet pour supprimer la 
mortalité qui pèse sur eux, il ne faut pas dire seulement : 
donnez- leur du lait ; il faut dire : donnez leur surtout du 
bon lait 

Les grands défauts de la nourriture des enfants, c'est ce 
que l'on ajoute, au lait, et c'est le mauvais lait Des mères 
veulent sevrer trop vite, ou se débarrasser d'une partie des 
ennuis de la lactation ; et l'on donne trop tôt à l'enfant du 
lait' de vache et des bouillies trop fortes. Ou bien 
c'est une nourrice qui veut nourrir trop de nourrissons, 
ou encore qui veut continuer de garder un nourrisson alors 
qu'elle n'a plus de lait 

Ou bien même encore ce sont des parents imprudents qui 
veulent forcer la nourriture de l'enfant sous prétexte de le 
rendre plus fort avec du bouillon, de la viande, des pâtes 
farineuses. 



120 l'union médicale du canada. 

L'enfant que Ton nourrit ainsi trop fortement, avec des ali- 
ments trop abondants, se trouve dans une situation analogue 
à celle de ces petits animaux nourris de viandes. On lui 
donne des aliments qui épuisent ses forces et des aliment» 
trop privés ûe graisse et de chaux. Et alors les enfants 
dépérissent, la diarhée arrive, les membres maigrissent^ 
les os ne prennent pas de forces, tout Teire s'épuise, et la 
moindre fièvre, le moindre accident l'emporte ; ou il devient 
rachi tique. 

Une bonne nourrice voilà le fin mot de la question. Car, 
le lait seul est capable de produire tous les désastres, s'il est 
mauvais. Il peut lui-même avoir tous les défauts que nous 
avons indiqués plus haut. 

Beaucoup d'enfants sont abreuvés de lait de vache peu cou- 
pé d'eau de gruau ou d'eau d'orge, et ce lait est trop caséeux^ 
trop fort pour l'enfant. Ou bien ce sont des mères, des nour- 
rices, auxquelles on fait manger beaucoup de viandes, sous 
prétexte de leur donner un bon lait : On leur fait un lait trop 
fort qui épuise les forces de l'enfant et rend ses muscles 
trop forts aux dépens de ses os. 

Ou bien c'est un lait qui ne contient ni assez de calcaire, 
ni assez de graisse. 

Tout le monde sait que certains fromages durcissent et 
tournent à la craie, tandis que d'autres sont gras, onctueux, 
et d'autres encore secs ou séreux : Cela dépend de la qualité 
du lait, lequel dépend de la nourriture de l'animal. Les va- 
ches qu'on nourrit plus particulièrement de betteraves, don- 
nent un lait qui contient plus de lactose et moins de caséum, 
moins de graisse et moins de calcaire que le lait des vaches 
nourries de bons iourrages. De même les femmes qui se nour- 
rissent de beaucoup de végétaux féculents, de patates, etc., sous 
prétexte d'avoir beaucoup de lait, et celles qui se privent de 
matières grasses, parce que cela leur répugne, qui satisfont 
leur gourmandise avec beaucoup de pâtisseries, de sucreries, 
etc., donnent encore un lait détestable. Les mamelles s'em- 



l'union médicale dd canada. 121 

s'emplissent d'un lait maigre en caséum, maigre en globules 
graisseus et presque sans calcaire. 

■ Notre siècle, plus que tous les siècles passés ne l'ont fait, 
abuse des substances féculentes et du sucre, et néglige les vé- 
gétaux herbacés. La bonne partie des désastres qu'on observe 
dans la santé publique tient à ce régime. On a cru que la patate 
pour sa fécule et la betterave pour son sucre étaientdes trou- 
vailles merveilleuses ; on finira par reconnaître qu'elles ne 
sont bonnes qu'à faire de l'amidon et de l'eau de vie. 

Il ne suffit donc pas, comme on le dit, de donner du lait 
aux enfants, il faut aussi ne pas surcharger l'alimen talion et 
que le lait ait toutes les qualités convenables; car le lait 
peut être vicié, nous allons le voir, c'est ce qui explique les 
critiques qu'on en a faites. 

Ici je reviens à Van- Ilelraont, qu'il ne faut pas, selon la 
juti ce, charger plus qu'il ne le mérite, et qui va me fournir les 
dernières questions que je voulais soumettre aux lecteurs de 
votre journal sur ce grave sujet. 

Van-Helmont a parlé du lait dans plusieurs de ses traités. 
Dans un, qui est un de ses vrais titres de gloire, oùildémon- 
tre que la chaleur ne cuit pas les aliments, que la digestion 
n'est pas une acidification, mais bien l'effet d'un ferment par- 
ticulier qui attaque le verre dans l'estomac des poules, il cons* 
tate que c'est d'une altération de ce ferment que dépend, 
dans quelques cas, la mauvaise digestion du vin, du lait ou 
d'autres substances, Dans un traité suivant, il se rit de Pa- 
racelse qui croyait que le sérum est la partie principale dii 
lait et préfère le beurre et le caséum ; puis il établit que le 
lait des animaux peut-être un très-bon médicament ou ali- 
ment, mais non pris seul, et que, pour juger de sa qualité, il 
faut tenir compte de la vitalité de l'animal. Ailleurs encore, 
il soutient que le pain n'est pas l'aliment essentiel, comme 
on le dit, mais secondaire, puisque certaines personnes 
ont vécu longtemps en se nourrisant exclusiment de lai 
que les hommes du Nord réparent promptement leurs fo 
en usant de treffle au lieu de pain. Cest là sans dont* 



122 l'union médicale du canada. 

très fort paradoxe^ que de traiter le pain d'aliment secondaire ; 
mais il ne dit rien de fâchenx contre le lait, et même Ini 
rend justice. Il ne semble pas encore avoir de parti pris- 
Enfiin, nous arrivons au corps du délit; c'est le traité Infan- 
lu nutritio ad vitam longam. C'est ici que nous allons voir 
apparaître tout à la fois, il faut bien le dire, le sophiste, l'ob- 
servateur intelligent et le systématique. 

Yan-Helmont a inventé systématiquement un aliment pour 
les enfants ; il veut pour le propager, établir que le lait est 
une bonne chose, souvent mauvaise, et qu'on p3Ut faire 
mieux. C'est, bien entendu, par un sophismequ'il commence : 
toute erreur commence par là. Il trouve donc que le lait a 
été mis très naturellement aux mamelles des mères, parce- 
que Dieu a choisi un moyen terme qui était d'ailleurs ce 
qu'il y avait de mieux à faire. Ainsi, le lait est une nourri- 
ture ordinaire, mais non un aliment de longévité. La natu- 
re ne voulut pas que la vie se prolongeât pour personne, 
quand elle la vit se multiplier ; de sorte que le lait fut donné 
comme l'aliment commun, et amena dans la nature des dis- 
positions multipliées à la mort pour ruiner les fondements de la 
vie. C'est par le lait cet aliment ravageur, que la nature arrive 
aux fins que son auteur lui a imposées. Mais la doctrine de 
la longue vie est une irrégularité destinée aux enfants chéris 
de l'art divin ; elle ne regarde pas le cours ordinaire de la na- 
ture, c'est une nouvelle pyramide, un nouvel horizon de la 
vie. 

Voilà certes le sophiste dans toute la laideur de ses dé- 
tours orgueilleux, et il est bon qu'on le voit dans un exem- 
ple pour ne pas se méprendre à ses copies. 

Mais après cela vient l'observateur. Van-Helmont remar- 
que combien les grumeaux du lait donnent lieu à des vomi- 
turitions fréquentes : ce qu'on ne saurait contester chez les 
enfants qui en prennent au delà de leur besoin. Il note 
que le lait produit des vers, des coliques, de la fièvre, des 
diarrhées, des convulsions ; il lui attribue ce qui est trop fort, 
de causer des morts subites. Pour les vers, la fièvre, la diar- 



l'union MfolCALS OU CANADA 123 

rhée, les convulsions, ce sont des effets qu'on ne peut nier 
quand le lait est de mauvaise qualité. 

Il y a des enfants chez lesquels on supprime un ou plu- 
sieurs de ces accidents par le seul fait de leur faire changer 
de nourrice. Plusieurs anciens auteurs ont noté qu'une lacta- 
tion trop prolongée peut amener des vers, et on en voit souvent 
des examples irrécusables. De môme, il est des enfants 
dont on guérit la diarrhée en les sevrant ou en changeant leur 
lait. Enfin, on a cru, et certains faite m'autorisent à Tad 
tre, qu'il y a des nourrices dont tous les nourrissons sont 
sujets aux convulsions, parceque que sur plusieurs enfant^ 
d'une même famille, ceux-là seuls seront atteints qui auront 
sucé le lait de ces nourrices. 

Van-Helmont parle ensuite des vices cachés que le lait 
de la nourrice peut communiquer à l'enfant : ce qu'on ad- 
mettait autrefois très-largement, ce que nos modernes orga- 
niciens ont trop méconnu. Il cite 1 a propgation de la syphi- 
lis par le lait de la nourrice au nourrisson ; la contagion des 
fièvres, des maladies héréditaires, de la phthisie ; des vices 
moraux de toute sorte, de la démence, des états nerveux, etc. 
Je n'oublie pas le dépérissement des enfants que les nourri- 
ces mercenaires continuent d'allaiter alors qu'elles sont de- 
venues grosses. 

MalheurezLent tout cela est vrai pour la majeur partie, si 
non en tout. On l'a nié, parce que le grossier matérialisme 
n'a pu l'expliquer, mais ce n'en est pas moins vrai. 

Et toute famille soucieuse de ses enfants, tout médecin 
soucieux de sa responsabilité, ne prennent pas au hasard une 
nourrice, et ne lui laissent pas à l'aventure un petit être sur 
qui repose l'espoir de leur vieux jours. 

Van-Helmont n'a pas eu tort de signaler les vices d'une 
mauvaise lactation et d'un mauvais lait, car ^'est contre ces 
choses mauvaises que s'élèvent au fond et subsistent encore 
toutes ses critiques. Ses sophismes sur la nature et sur la 
longévité ne pouvaient et ne peuvent encore tromper per- 
sonne. Sa prétendu découverte d'un lait artificiel de longé* 



124 l'union médicale du canada. 

vite est tout juste le pendant, an 17ème siècle, de ce que Lie- 
big, le Chimiste, nous a donné il y a quelques années ; dans 
Tun et Fautre cas, ce sont les mômes folles prétentions, et il 
ne peut y avoir que de bonnes intentions sottes qui y applau- 
dissent. Mais la critique du mauvais lait et de la mauvaise 
nourrice subsiste et subsistera. 

Encore une fois, Taliment n'est pas une simple combinai- 
son d'éléments chimiques ; la chimie n'a rien à faire ici que 
des analyses, et on ne peut lui tolérer la prétention non 
moins dangereuse que vaine de se substituer à la nature. 
L'aliment doit avoir des qualités vitales particulières. Il ne 
suffit pas que le lait possède des éléments nécessaires à sa 
destination, il lui faut encore une somme de vitalité et de 
qualité appropriées à l'enfant qu'il doit nourrir. 

Une mauvaise nourrice et une mauvaise lactation sont 
choses aussi dangereuses qu'une mauvaise alimentation et 
une mauvaise éducation. 

Dr. s. B. Lonotih. 

Lapraiiie, 18 Janvier 1872. 



GUÉRISON DES ULCÈRES PAR TRANSPLANTAllON. 

PAR LE PROFESSEUR F. H. HAMILTON, M. D. NEW-TORK. 



Dans un rapport de ma clinique, au Dispensaire du Collège 
Médical de Genève, pour Janvier 1847, on cite le cas d'un 
jeune garçon de quinze ans, dont la jambe avait été, en gran- 
de partie, privée de ses téguments, et dont la blessure ne s'é- 
tait jamais fermée, depuis huit ans. Le rapport dit : Le Dr. 
Hamilton proposa au jeune homme une opération plastique, 
dans le but d'implanter, sur le centre de l'ulcère, un mor- 
ceau de peau nouvelle et parfaitement saine. (Cette propo- 
sition lui avait été faite deux ans auparavant.) Il proposait 
délexciser du mollet de l'autre jamba, non dans le but de cou- 
vrir toute la surface de Vulcère^ mais peut-être deux ou trois 
pouces carréSy ce quiy pensait-il^ serait suffisant pour assurer la 



l'union médicals du canada. 125 

ekalrUation de toute la blessure j dans un court espace de temps 
Le jeune garçon ne corsentit pas à me laisser opérer, et, 
en 1864, il était encore v' vant, avec sa plaie ouverte. 

Ma première opération de ce genre fut faite le 1er Janrier 
1854, sur Horace Driscoll, dans THopital des Sœurs de Chari- 
té, à BufTalo. Driscol] avait perdu une grande partie de la 
peau de sa jambe, par la chute d'une lourde pierre en cet 
endroit ; et, après (juinze mois écoulés, il devint évident que 
le procédé naturel de réparation était ittsuf&sant. Un rap- 
port complet de cette opération fut publié dans le New-York 
Journal of Médecine de la même année. On peut en trouver 
aussi une copie dans le Bu/falo MedicalJou/mal pour Décembre 
1864. 

Le tégument fut pris du mollet de la jambe opposée, mais 
il était tout à fait insuffisant pour couvrir la plaie en entier. 
En quatre-vingt-dix jours, la cicatrisation fut complète, et 
elle Test encore aujourd'hui. On remarqua que le nouveau 
lambeau de peau s'était élargi de la circonférence, dans toutes 
les directions, de manière à atteindre, à la fin, le double de sa 
superficie primitive. 

Dans le journal indiqué, se trouvent les remarques sui- 
vantes: *' Parce procédé, j'espère, MM., non seulement four- 
nir une quantité de peau égale à la surface du morceau trans- 
planté, mais encore donner naissance a un noyau auquel 
viendra s'ajouter une peau de formation nouvelle. J'espère 
établir un nouveau centre de vie, — un oasis, duquel s'irra- 
diera une vraie et saine végétation qui couvrira, dans toutes 
les directions, le sol épuisé." 

J'ai établi, de plus, que la greffe, non-seulement croîtrait, 
mais qu'elle s'étendrait même du centre, par la contraction 
des granulations circonvoisines, puisqu'il est reconnu que, 
par la contraction des granulations, la peau, près de l'ulcère, 
est attirée vers le centre. Les axiomes suivants terminaient 
mes remarques : 

1 0. Les ulcères, accompagnés de perte considérable de té- 



126 l'union MiDICALE DU CANADA. 

guments, se refusent généralement à guérir, quelque puisse 
être la santé du corps ou du membre. 

2o. L'anaplastie réussira quelquefois à accomplir une cure- 
permanente, et spécialement lorsque la santé du corps et du 
membre est bonne, et lorsque, conséquemment, le refus de 
guérir ne peut être attribué qu'à l'étendu de la perte tégu- 
mentaire. 

3o. La greffe doit être prise généralement dans une partie 
assez éloignée du membre opposé, ou chez une autre per- 
sonne. 

4o. Si la greffe est plus étroite que la brèche qu^elle est appelée 
à remplir^ elle croîtra^ ou donnera naissance à une peau de for- 
mation nouvelle^ pour combler ce vide. 

5o. Il n'est pas improbable que la Greffe s'étendra^ durant le 
procédé de cicatrisation, à ses marges, mais sur tout après 
que la cicatrisation est complète. (J'ai depuis, pleinement 
vériflé cette proposition.) 

60. En conséquence d'une ou des deux dernières circons- 
tances. Une sera pas nécessaire de fournir une greffe aussi éten- 
due que la solution de continuité qu'elle est destinée à remplir. 

En réponse au Dr. Watson, de New- York, qui avait dit que 
Vanaplastie pour la guérison des vieux ulcères n'était pas 
nouvelle, et qu'il l'avait pratiquée lui-môme, j'ai écrit dans le 
No. du New- York Journal of Médecine^ pour Janvier 1855, qu'il 
avait simplement répété une très vieille opération, qui con- 
siste à trancher dans la peau, et que javais souvent faite moi- 
même, longtemps avant que ma nouvelle suggestion ne fut 
annoncée. Il n'avait cependant jamais songé à faire le lam- 
beau moindre que l'espace à remplir, et à s'en remettre ensui- 
te à la croissance et à l'expansion, pour compléter la guérison. 
Il n'a donc ni adopté mon procédé, ni obtenu mes résultats. 

Depuis la date de ma première opération, je l'ai répétée 
plusieurs fois, et avec un succès presque constant. L'hiver 
dernier, à l'hôpital Bellevue, le Dr. Gouley fit faire à l'opéra- 
tion un pas de plus, en l'utilisant, pour la guérison d'une 
brûlure étendue à la euisse. Avant d'opérer, le Dr. Gouley 



L'tmiON MÉDICULLS DU CANADA. ' 127 

me pria de voir le cas, avec lui, et de donaer mon opinion 
sur le succès possible de mon opération. Je l'assurai que 8*11 
pouvait insérer seulement un petit lambeau au centre de 
l'immense ulcère, il réussirait presqulndubitablement ; mais 
que, étant obligé de prendre la peau sur la cuisse opposée, 
je craignais qu'il ne perdit la greffe. Il serait plus difficile 
que dans le cas de la jambe, de croiser les membres, de ma- 
nière que le lambeau pédicule puisse être attaché au centre 
de Tulcère. Le Dr. Gouley ût Topération ; et, quoiqu'il ne 
put conserver seulement qu'un petit morceau, le succès de 
l'opération fut presque complet. 

En Décembre 1869, M. Reverdin, interne à la Charité lut, 
devant la Société Chirurgicale de Paris, un travail, sur la 
Greffe Epidermique, qui fut publié dans le bulletin de la so- 
ciété pour cette année, et aussi dans la Gazette des Hôpitaux 
pour Janvier 11, et 22, 1870. 

La méthode proposée et pratiquée par M. Reverdin consis- 
te à détacher, avec les sciseaux, ou avec le couteau un tout 
petit morceau de peau ( plus il est petit mieux c'est, est-il af- 
firmé) et de l'enfouir dans le centre de l'ulcère granulé. Par 
ce simple procédé, un nouveau centre de croissance s'établit 
et l'ulcère guérit L'attention des chirurgiens américains 
fut d'abord attirée sur cette intéressante découverte, par les 
expériences de M. PoUock, à l'Hôpital St. Georges, en Mai 
1870 ; et, au mois d'Août suivant, jd commençai une série 
d'observations, dans cette voie, à l'Hôpital de la Ch.irité, 
Blackwells Island, où nous avons constamment sous nos 
soins plusieurs centaines de vieux ulcères. Les résultats de 
mes premières expériences furent donnés au public, par mon 
chirurgien interne, le Dr. Williams. Sur cinquante trans- 
plantations faites soit par moi-môme ou par le Dr. Williams, 
eix seulement réussirenL La grande partie des insuccès 
était due au manque de choix des cas, et à la grande variété 
des méthodes adoptées, notre but étant de déterminer l'éten- 
due de son application possible et de s'assurer de quelle ma- 
nière le succès serait le plus certainement atteint Depuis 



128 l'union médioals du oanada. 

la date de ces opérations, j'ai rarement rencontré un insuc*^ 
ces, excepté dans les cas où cet insuccès avait été prédit, d'a- 
près l'aspect défavorable de l'ulcère, ou les soins incomplets 
donnés par les aides aux pansements. Les remarques sui- 
vantes comprennent les résultats des observations faites juSf 
qu'ici, et qui son confirmées par la presque totalité des ob- 
servations. 

Plus les granulations de l'ulcère sont saines, plus il y de 
chances de succès ; avec des granulations parfaitement con- 
ditionnées, le succès est, on peut dire, certain. Il importe 
peu de quel point du corps le lambeau est détaché, quoiqu'il 
soit plus convenable de le prendre de quelque partie mince 
et flexible. Avec une paire de forceps à dents fines et déli- 
cates, on soulève la peau que l'on coupe avec le couteau ou 
les sciseaux. On considère généralement comme important 
de ne point enlever de tissu aréolaire ni graisseux : je ne* 
saurais dire si ce détail est essentiel ou non ; mais il est oei- 
tain que l'exiguité du morceau, si excessive qu'elle soit, nY 
fait rien ; il n'est pas nécessaire de couper assez profonie- 
ment pour tirer du sang. Ayant excisé un morceau à sa 
convenance, on peut le diviser en plusieurs autres parties,, 
sans craindre que les contusions «qu'il subit n'affectent sa vi« 
talité. Après l'essai de plusieurs méthodes, pour insérer le» 
fragments, j'en suis venu à la conclusion que, si les granula- 
tions sont fraîches et vigoureuses, le meilleur moyen est de 
les appliquer simplement sur la surface ulcérée, sans cher- 
cher à les enfouir dans des incisions et sans s'occuper de la 
position de leurs surfaces. Lorsque les particules sont au 
nombre de plusieurs, elles doivent être insérées simultané- 
ment à des intervalles d'à-peu-près un pouce, Tobservation 
ayant prouvé que la limite de la croissance de chaque mor^ 
ceau n'excède pas, en général, un diamètre d'un pouce. Afia 
de leA retenir en place, j'ai employé ordinairement Templâ- 
tre adhésif commun, avec quelques tours de bandage roulée 
Si l'opération du greffage est faite sur les extrémités, il sera 
néoaasaire d'imposer au patient un repos absolu^ dans la posi- 



l'union MÉBIOALE dit CANADA. 129 

lion horizontale, surtout sMl s'agit des extrémités inférieures. 
Le pansement doit être maintenu deux ou trois jours, après 
lesquels on peut les enlever, puis nettoyer la plaie* avec de 
l'eau tiède et du savon, et subséquement la lotionner avec 
une solution d'acide carbolique et d'eau (4 grs. à l'once). Le 
reste du traitement sera le même que pour un ulcère sous les 
circonstances ordinaires. 

Lorsque les pansements sont d'abord levés, les particules 
paraissent à leur place primitive, ou flottent librement. 
Quelquefois elles semblent avoir disparu complètement. 
On pense que ces points, qui semblent être les greffes sont 
seulement l'épiderme qui s'est détaché du derme absorbé; mais 
je ne saurais rien affirmer de positif la-dessus. Lorsqu'ils 
restent attachés, le procédé de développement sous-jacent ne 
peut être observé avec autant d'exactitude ; mais lorsqu'ils 
ont glissé de leur première position, on peut alors remarquer 
une légère dépression à ce point, laquelle dépression est, 
dans quelques cas, suivie d'une élévation correspondante, 
quelques jours plus tard. Généralement, je pense, le point 
reste déprimé. En second lieu, vers le septième ou le dixè- 
me jour après le greffage, le centre de la dépression ou de 
l'élévation revêt uue teinte d'un bleu opaque, précisément 
comme celle que j'ai décrite ci-devant comme apparaissant 
sur la surface d'un os exposé, lorsque la peau commence à se 
former. Avec l'aide d'une loupe, l'augmentation de vascu- 
larité et un peu d'opacité peuvent être reconnues, à une 
époque plus rapprochée. Ceci est le commencement du pro- 
cédé de formation de la peau. 

Au môme moment, aussi, là ou l'on découvre que la trans- 
plantation a été suivie de succès, on verra, au cas où une 
greffe est placée à un demi ou trois quarts de pouce de la 
marge de l'ulcère, que la peau de cette marge se porte vers 
la greffe sous forme d'un petit promontoire, de manière à si- 
muler — si cette figure de discours peut être permise ici— un 
pont dans cette direction, entre l'île et la terre ferme j quel- 
ques jours plus tard, la greffe se perd dans les téguments en- 



120 l'union MéDICALE DU CANADA. 

L'enfant que Ton nourrit ainsi trop fortement, avec des ali- 
ments trop abondants, se trouve dans une situation analogue 
à celle de ces petits animaux nourris de viandes. On lui 
donne des aliments qui épuisent ses forces et des aliments 
trop privés de graisse et de chaux. Et alors les enfants 
dépérissent, la diarhée arrive, les membres maigrissent^ 
les os ue prennent pas de forces, tout Teire s'épuise, et la 
moindre fièvre, le moindre accident l'emporte ; ou il devient 
rachitique. 

Une bonne nourrice voilà le fin mot de la question. Car, 
le lait seul est capable de produire tous les désastres, s'il est 
mauvais. Il i)eut lui-môme avoir tous les défauts que nous 
avons indiqués plus haut. 

Beaucoup d'enfants sont abreuvés de lait de vache peu cou- 
pé d'eau de gruau ou d'eau d'orge, et ce lait est trop caséeux^ 
trop fort pour l'enfant. Ou bien ce sont des mères, des nour- 
rices, auxquelles on fait manger beaucoup de viandes, sous 
prétexte de leur donner un bon lait : On leur fait un lait trop 
fort qui épuise les forces de l'enfant et rend ses muscles 
trop forts aux dépens de ses os. 

Ou bien c'est un lait qui ne contient ni assez de calcaire, 
ni assez de graisse. 

Tout le monde sait que certains fromages durcissent et 
tournent à la craie, tandis que d'autres sont gras, onctueux, 
et d'autres encore secs ou séreux : Cela dépend de la qualité 
du lait, lequel dépend de la nourriture de l'animal. Les va- 
ches qu'on nourrit plus particulièrement de betteraves, don- 
nent un lait qui contient plus de lactose et moins de caséum, 
moins de graisse et moins de calcaire que le lait des vaches 
nourries de bons iourrages. De même les femmes qui se nour- 
rissent de beaucoup de végétaux féculents, de patates, etc., sous 
prétexte d'avoir beaucoup de lait, et celles qui se privent de 
matières grasses, parce que cela leur répugne, qui satisfont 
leur gourmandise avec beaucoup de pâtisseries, de sucreries, 
etc., donnent encore un lait détestable. Les mamelles s'em> 



l'union MÉDIOALE du CANADA. 121 

s'emplissent d'un lait maigre en caséum, maigre en globules 
graisseux et presque sans calcaire. 

• Notre siècle, plus que tous les siècles passés ne l'ont fait, 
abuse des substances féculentes et du sucre, et néglige les vé- 
gétaux herbacés. La bonne partie des désastres qu'on observe 
dans la santé publique tient à ce régime. On a cru que la patate 
pour sa fécule et la betterave pour son sucre étaient des trou- 
vailles merveilleuses ; on finira par reconnaître qu'elles ne 
sont bonnes qu'à faire de l'amidon et de l'eau de vie. 

Il ne suffit donc pas, comme on le dit, de donner du lait 
aux enfants, il faut aussi ne pas surcharger l'alimentation et 
que le lait ait toutes les qualités convenables; car le lait 
peut être vicié, nous allons le voir, c'est ce qui explique les 
critiques qu'on en a faites. 

Ici je reviens à VanHelmont, qu'il ne faut pas, selon la 
jutice, charger plus qu'il ne le mérite, et qui va me fournir les 
dernières questions que je voulais soumettre aux lecteurs de 
votre journal sur ce grave sujet. 

Van-Helmont a parlé du lait dans plusieurs de ses traités. 
Dans un, qui est un de ses vrais titres de gloire, où il démon- 
tre que la chaleur ne cuit pas les aliments, que la digestion 
n'est pas une acidification, mais bien l'effet d'un ferment par- 
ticulier qui attaque le verre dans l'estomac des poules, il cons* 
tate que c'est d'une altération de ce ferment que dépend, 
dans quelques cas, la mauvaise digestion du vin, du lait ou 
d'autres substances. Dans un traité suivant, il se rit de Pa- 
racelse qui croyait que le sérum est la partie principale du 
lait et préfère le beurre et le caséum ; puis il établit que le 
lait des animaux peut-être un très-bon médicament ou ali- 
ment, mais non pris seul, et que, pour juger de sa qualité, il 
faut tenir compte de la vitalité de l'animal. Ailleurs encore, 
il soutient que le pain n'est pas l'aliment essentiel, comme 
on le dit, mais secondaire, puisque certaines personnes 
ont vécu longtemps en se nourrisant exclusiment de lait, et 
que les hommes du Nord réparent promptement leurs forces 
en usant de tréfile au lieu de pain. C'est là sans doute un 



120 l'union médicale du canada. 

L'enfant que Ton nourrit ainsi trop fortement, avec des ali- 
ments trop abondants, se trouve dans une situation analogue 
à celle de ces petits animaux nourris de viandes. On lui 
donne des aliments qui épuisent ses forces et des aliments 
trop privés ae graisse et de chaux. Et alors les enfants 
dépérissent, la diarhée arrive, les membres maigrissent^ 
les os ne prennent pas de forces, tout Têire s'épuise, et la 
moindre ûèvre, le moindre accident l'emporte ; ou il devient 
rachitique. 

Une bonne nourrice voilà le fin mot de la question. Car, 
le lait seul est capable de produire tous les désastres, s'il est 
mauvais. Il peut lui-même avoir tous les défauts que nous 
avons indiqués plus haut. 

Beaucoup d'enfants sont abreuvés de lait de vache peu cou- 
pé d'eau de gruau ou d'eau d'orge, et ce lait est trop caséeux^ 
trop fort pour l'enfant. Ou bien ce sont des mères, des nour- 
rices, auxquelles on fait manger beaucoup de viandes, sous 
prétexte de leur donner un bon lait : On leur fait un lait trop 
fort qui épuise les forces de l'enfant et rend ses muscles 
trop forts aux dépens de ses os. 

Ou bien c'est un lait qui ne contient ni assez de calcaire, 
ni assez de graisse. 

Tout le monde sait que certains fromages durcissent et 
tournent à la craie, tandis que d'autres sont gras, onctueux, 
et d'autres encore secs ou séreux : Cela dépend de la qualité 
du lait, lequel dépend de la nourriture de l'animal. Les va- 
ches qu'on nourrit plus particulièrement de betteraves, don- 
nent un lait qui contient plus de lactose et moins de caséum, 
moins de graisse et moins de calcaire que le lait des vaches 
nourries de bons tourrages. De même les femmes qui se nour- 
rissent de beaucoup de végétaux féculents, de patates, etc., sous 
prétexte d'avoir beaucoup de lait, et celles qui se privent de 
matières grasses, parce que cela leur répugne, qui satisfont 
leur gourmandise avec beaucoup de pâtisseries, de sucreries, 
etc., donnent encore un lait détestable. Les mamelles s'em- 



l'union médicale du CANADA. 12t 

s'emplissent d'un lait maigre en caséum, maigre en globules 
graisseux et presque sans calcaire. 

■ Noire siècle, plus que tous les siècles passés ne l'ont fait, 
abuse des substances féculentes et du sucre, et néglige les vé- 
gétaux herbacés. La bonne partie des désastres qu'on observe 
dans la santé publique tient à ce régime. On a cru que la patate 
pour sa fécule et la betterave pour son sucre étaient des trou- 
vailles merveilleuses ; on finira par reconnaître qu'elles ne 
sont bonnes qu'à faire de l'amidon et de l'eau de vie. 

Il ne suffit donc pas, comme on le dit, de donner du lait 
aux enfants, il faut aussi ne pas surcharger l'alimentation et 
que le lait ait toutes les qualités convenables ; car le lait 
peut être vicié, nous allons le voir, c'est ce qui explique les 
critiques qu'on en a faites. 

Ici je reviens à VanHelmont, qu'il ne faut pas, selon la 
jutice, charger plus qu'il ne le mérite, et qui va me fournir les 
dernières questions que je voulais soumettre aux lecteurs de 
votre journal sur ce grave sujet. 

Van-Helmont a parlé du lait dans plusieurs de ses traités. 
Dans un, qui est un de ses vrais titres de gloire, où il démon- 
tre que la chaleur ne cuit pas les aliments, que la digestion 
n'est pas une acidification, mais bien l'effet d'un ferment par- 
ticulier qui attaque le verre dans l'estomac des poules, il cons* 
tate que c'est d'une altération de ce ferment que dépend, 
dans quelques cas, la mauvaise digestion du vin, du lait ou 
d'autres substances. Dans un traité suivant, il se rit de Pa- 
racelse qui croyait que le sérum est la partie principale du 
lait et préfère le beurre et le caséum ; puis il établit que le 
lait des animaux peut-être nn très-bon médicament ou ali- 
ment, mais non pris seul, et que, pour juger de sa qualité, il 
faut tenir compte de la vitalité de l'animal. Ailleurs encore, 
il soutient que le pain n'est pas l'aliment essentiel, comme 
on le dit, mais secondaire, puisque certaines personnes 
ont vécu longtemps en se nourrisant exclusiment de lait, et 
que les hommes du Nord réparent promptement leurs forces 
en usant de tréfile au lieu de pain. C'est là sans doute un 



120 l'union kédigale du canada. 

L'enfant que Ton nourrit ainsi trop fortement, avec des ali- 
ments trop abondants, se trouve dans une situation analogue 
à celle de ces petits animaux nourris de viandes. On lui 
donne des aliments qui épuisent ses forces et des aliments 
trop privés de graisse et de chaux. Et alors les enfant» 
dépérissent, la diarhée arrive, les membres maigrissent^ 
les os ne prennent pas de forces, tout Te ire s'épuise, et la 
moindre fièvre, le moindre accident l'emporte ; ou il devient 
rachi tique. 

Une bonne nourrice voilà le fin mot de la question. Car, 
le lait seul est capable de produire tous les désastres, s'il est 
mauvais. Il peut lui-même avoir tous les défauts que nous 
avons indiqués plus haut. 

Beaucoup d'enfants sont abreuvés de lait de vache peu cou- 
pé d'eau de gruau ou d'eau d'orge, et ce lait est trop caséeux^ 
trop fort pour l'enfant. Ou bien ce sont des mères, des nour- 
rices, auxquelles on fait manger beaucoup de viandes, sous 
prétexte de leur donner un bon lait : On leur fait un lait trop 
fort qui épuise les forces de l'enfant et rend ses muscles 
trop forts aux dépens de ses os. 

Ou bien c'est un lait qui ne contient ni assez de calcaire, 
ni assez de graisse. 

Tout le monde sait que certains fromages durcissent et 
tournent à la craie, tandis que d'autres sont gras, onctueux, 
et d'autres encore secs ou séreux : Cela dépend de la qualité 
du lait, lequel dépend de la nourriture de l'animal. Les va- 
ches qu'on nourrit plus particulièrement de betteraves, don- 
nent un lait qui contient plus de lactose et moins de caséum, 
moins de graisse et moins de calcaire que le lait des vaches 
nourries de bons lourrages. De môme les femmes qui se nour- 
rissent de beaucoup de végétaux féculents, de patates, etc., sous 
prétexta d'avoir beaucoup de lait, et celles qui se privent de 
matières grasses, parce que cela leur répugne, qui satisfont 
leur gourmandise avec beaucoup de pâtisseries, de sucreries, 
etc., donnent encore un lait détestable. Les mamelles s'em- 



L*UNION MÉDICALE DU CANADA. 12t 

s'emplissent d'un lait maigre en caséum, maigre en globules 
graisseux et presque sans calcaire. 

• Notre siècle, plus que tous les siècles passés ne Pont fait, 
abuse des substances féculentes et du sucre, et néglige les vé- 
gétaux herbacés. La bonne partie des désastres qu'on observe 
dans la santé publique tient à ce régime. On a cru que la patate 
pour sa fécule et la betterave pour son sucre étaient des trou- 
vailles merveilleuses ; on finira par reconnaître qu'elles ne 
sont bonnes qu'à faire de l'amidon et de l'eau de vie. 

Il ne suffit donc pas, comme on le dit, de donner du lait 
aux enfants, il faut aussi ne pas surcharger l'alimentation et 
que le lait ait toutes les qualités convenables ; car le lait 
peut être vicié, nous allons le voir, c'est ce qui explique les 
critiques qu'on en a faites. 

Ici je reviens à Van-Helmont, qu'il ne faut pas, selon la 
jutice, charger plus qu'il ne le mérite, et qui va me fournir les 
dernières questions que je voulais soumettre aux lecteurs de 
votre journal sur ce grave sujet. 

Van-Helmont a parlé du lait dans plusieurs de ses traités. 
Dans un, qui est un de ses vrais titres de gloire, où il démon- 
tre que la chaleur ne cuit pas les aliments, que la digestion 
n'est pas une acidification, mais bien l'effet d'un ferment par- 
ticulier qui attaque le verre dans l'estomac des poules, il cons" 
tate que c'est d'une altération de ce ferment que dépend, 
dans quelques cas, la mauvaise digestion du vin, du lait ou 
d'autres substances. Dans un traité suivant, il se rit de Pa- 
racelse qui croyait que le sérum est la partie principale du 
lait et préfère le beurre et le caséum ; puis il établit que le 
lait des animaux peut-être un très-bon médicament ou ali- 
ment, mais non pris seul, et que, pour juger de sa qualité, il 
faut tenir compte de la vitalité de l'animal. Ailleurs encore, 
il soutient que le pain n'est pas l'aliment essentiel, comme 
on le dit, mais secondaire, puisque certaines personnes 
ont vécu longtemps en se nourrisant exclusiment de lait, et 
que les hommes du Nord réparent promptement leurs forces 
en usant de tréfile au lieu de pain. C'est là sans doute un 



136 L*tTNION MÉDIOALE DU CANADA. 

choisir du bon vacciD. La vaccination a été très négligée 
dans ce pays, à présent on y regarde de plus près. Les gales 
sont à peu près certaines. En France dans les grands centres 
on vaccine de bras à bras, dans les provinces on distribue la 
lymphe du Sème jour. Jamais on ne se sert de la gale. Au- 
tour de cette gale peut peut-être se ramasser un autre virus. 
Il serait nécessaire d'établir ici un autre mode de vaccination. 
On craint la gale, il faudrait donc se servir de la lymphe. 

Mais en attendant que nous Payons, il faut vacciner avec la 
gale en prenant toutes les précautions nécessaires. En France 
on sait distinguer le cow-pox. Le vaccin de génisse est très dif- 
ficile à distinguer et on le rencontre rarement. M.Depaul en- 
tretient le cow-pox sur des génisses et s'en sert pour vacciner. 
Lors de mon dernier voyage à Paris je l'ai vu opérer. Il se sert 
d'une aiguille dite aiguille de Depaul, enlève la pellicule et fait 
trois piqûres. Dans 20 minutes 80 à 100 personnes sont ainsi 
vaccinées. Nous sommes tous d'accord qu'il faut vacciner. On 
a des doutes sur l'efficacité de la gale, il faudrait donc établir 
la vaccination de bras à bras ou avec la lymphe ou peut être 
transmettre le virus à la génisse et opérer avec le vaccin ani- 
mal. Cette dernière pratique éloignerait chez les parents 
toute appréhension au sujet de la syphilis ou autres mala- 
dies. 

Dr. O. Bruneau : — J'aurais désiré voir ici les médecins qui 
ont assité à ma lecture. Il a pu paraître singulier à quelques 
uns que j'ai soulevé la question de l'inoculation, qui peut 
avoir son mauvais effet. Cependant des hommes comme 
Gregory, Sydenham, Baglivi, etc., qui ont eu une grande 
expérience dans l'inoculation du pus variolique, nous disent 
que cette pratique présente peu d'inconvénients. Le Dr. 
Mount a cité un cas ou l'inoculation du pus variolique pris 
chez un sujet qui présentait un seul grain dejpicotte, a pro- 
duit une variole confluente. Cependant d'après l'expérience 
du plus grand nombre en choisissant une picotte bénigue, 
on produirait une picotte bénigne. Telles statistiques prou- 
veraient que pendant une épidémie variolique on a diminué 



l'union MiDIOALÏ DU CANADA. 137 

la mortalité' par Tiaoculalion. Cependant je ne donne pas 
comme mon opinion qu'on doit recourir à cette pratique, je 
voulais seulement savoir pourquoi on s'y opposait. 

Avant de terminer je remarquerai que nous n'avons pas 
ici de Bureau où chacun pourrait puiser les statistiques- né- 
cessaires dans un grand nombre de circonstances. Nous de- 
vons donc donner notre appui cordial au Dr. Larocque, officier 
de santé qui cherche à établir ici un tel Bureau. 

Dr. A. B. Larocque ; — L'appui que promet aux officiers de 
santé le Dr. Bruneau sera certainement très apprécié. Je 
n'ai pu encore obtenir toutes les statistiques sur la mortalité, 
les naissances, la population, etc., si nécessaires surtout pen- 
dant un temps d'épidémie. A la prochaine séance, je ferai 
part aux membres de cette société d'un travail sur l'hygiène 
et les statistiques et je les prierai d'examiner les certificats 
afin de trouver le meilleur mode d'obvier aux irrégularités 
qui se glissent dans l'exécution de la loi. 

Et la séance est levée. Dr. Geohges Gtibnier. 



NOUVELLES MEDICALES. 
LOCALES. 

D'après le Canada Lance ty les sage^ femmes de la province 
d'Ontario ne vaudraient guère mieux que celles de Québec. 
Ce journal rapporte un cas où dans une présentation du tronc 
une matrone a arraché les deux bras, les deux clavicules et 
un omoplate du fœtus. Deux jours après,^ la mère était 
morte. 

Depuis quelque temps, dans presque tous les numéros du 
Médical News and Library sont rapportés des cas de mort, pro- 
duits par l'emploi du chloroforme. Celui de Janvier dernier 
n'en contient pas moins de cinq. 

Mr. Orantham préconise hautement l'emploi de la vapeur 
d'ammoniaque dans le traitement de la coqueluche rendue à 
ta troisième période, c'est-à-dire, après la troisième semaine. 



138 l'union HÉDIOAIil DU OANADA. 

Selon lai, cette médication fait disparaître tous les accidents 
nerveux et guérit entièrement la maladie en trois ou quatre 
jours. Voici comment il procède. Il place au milieu d'une 
chambre un vase ouvert contenant un. gallon d'eau bouillan. 
te, dans laquelle il met une once d'ammoniaque liquide fort ; 
puis, entretenant l'ébuUition au moyen d'une brique chauf- 
fée à rouge, il fait entrer ses patients dans cet appartement. 
— (British Médical Journal). 

Vaccination. — La question de la vaccination et de la revac- 
cination continue toujours d'occuper la profession médicale 
et le public de Montréal. Chacun sent l'urgence d'une solu- 
tion immédiate qui mette fin aux doutes dont plusieurs sont 
agités et rétablisse l'unanimité de vues si nécessaire à cette 
partie de l'hygiène public. 

Petitb-vérole. — Cette épidémie ne parait point en être en- 
core à son déclin. Chaque jour amène plusieurs victimes. — 
Plusieurs paroisses du district de Montréal sont fortement ra- 
vagées; par contre, plusieurs autres en sont exemptes ou à peu 
près. 

La fièvre typhoïde, ainsi que les fièvres simples continuent 
paralt-il à sévir, en cette ville, d'une manière inaccoutumée. 

Il I s 

Dispensaire ST. joseph — Du 1er Janvier au 31 Décembre 
1871, 4076 malades ont reçu des soins, dans cette institution. 
De ce nombre, 675 hommes et 3401 femmes. En outre, 1325 
prescriptions du dehors ont été remplies. 

Médecin de service : Dr. L. J. P. Desrosiers. 

Départ prochain pour l'Europe. — M. le Dr. A. T. Brosseau, 
professeur de Botanique à l'Ecole de Médecine et de Chirurgie 
de Montréal, Université Victoria, se prépare à partir pour 
l'Europe, dans quelques semaines. Son voyage, qui a un 
but tout scientifique, se prolongera près d'un an. Ses nom- 
breux amis-confrères seront sans doute heureux de profiter 



l'union mébioalb du oanada. 139 

de cette circonstance pour lui demander un escompte sur sa 
bonne volonté et son obligeance bien connues. Nos meilleurs 
souhaits le suivront dans ce voyage d*outre-mer. 

DISPENSAIRE DE LA PROVIDENCE. 



Tableau indiquant le nombre de malades qui ont été soi- 
gnés au dispensaire de la Providence de la ville de Montréal 
par les médecins chargés de ce service, depuis Tannée 1863 

jusqu'à Tannée 1870. 

Résumé. 

1863. 

Ordonnances 5036 

Visites 1275 

Malades 3000 

1864. 

Ordonnances 9515 

Visites 1000 

Malades 6000 

1865. 

Ordonnances 9892 

Visites 400 

Malades ». 6(139 

1866. 

Ordonnances 9620 

Visites 500 

Malades 4300 

1867. 

Ordonnances ^ 8230 

Visites 256 

Malades 3050 

1868. 

Ordonnances 11739 

Visites 412 

Malades 7000 



140 l'union médigalb du GàNAPA. 

1869. 

Ordonnances U120 

Visites , 682 

Malades 9820 

1670. 

Ordonnances 11324 

Visites 400 

Malades 7024 

Mort suBiTE.->Un jeune médecin de Québec M. le Dr. 
McGrath, est tombé victime d'une de ces surprises subites et 
foudroyantes de la mort, le 18 Prévrier. 

Il s'était rendu à la basse messe avec sa mère et» après l'of- 
fice divin, il passa. à la pharmacie àe M. Burke et pris ensuite 
le chemin de son domicile. 

Arrivé à l'angle de la rue Baade et de la rue du Fort, une 
eapèce d.'étoardis9em.Qnt slempara de lui. et incontinent il en- 
tra chez M. Ço.uchard^ hôtellier, à quelques pas de la rue 
Buade. 

M. McOrath se laissa tomber sur un siège en disant : ^' Je 
ne sais ce que j'ai, il me semble que je vais m'évanouir. Al- 
lez chercher ma mère. " 

M. Bouchard acquiesça à son désir. A peine était-il parti 
que madame Bouchard remarqua que la figure de M. Me- 
Grath se contractait et allait passer de vie à trépas. Elle lui 
dit : " Docteur, vou3 allez mourir, recommander vQtre âme 
à Dieu 1 " Deux minutes plus tard, le malheureux jeune 
homme rendait le dernier soupir. 

Madame'^McGrath mandée en toute hâte, n'arriva que pour 
trouver le cadavre de son fils. Décrire la scène qui se passa 
alors serait impossible. Cette femme, frappée dans ses affec- 
tions les plus chères, se laissa aller à toutes les démonstra- 
tions de la plus vive douleur. Ce n'est qu'avec peine que l'on 
réussit, après deux heures de sollicitations, à l'arracher à 
cette scène de douleur. 

On croit que M. McGrath a succombé à une syncope. 



L'imiQK VÉDIOALB I>U CANADA. 141 

Ce jeune médecin, ancien élève de l'Université Laval, pro- 
mettait de devenir un chirurgien émérite, et un de nos plus 
habile praticiens. Esprit brillant, jugement solide, il possé- 
dait toutes les qualités qui mènent à la fortune et k la dis- 
tinction. 

Cette mort subite a fortement ému et douloureusement 
mpressionné la population. 

Les funérailles du Dr. McGrath ont eu lieu mardi matin, i 
8( heures, au milieu d'un concours considérables de citoyens. 

Parmi ceux qui étaient dans les rangs du cortège funèbre 
se trouvaient le Dr. Sewell, doyen de la Faculté médicale de 
de rUniversité-Laval, et président de l'Association Médicale 
Canadienne, ainsi que les professeurs et élèves de la Faculté 
Médicale. Les officiers et membres résidents de l'Assocition 
Médicale de Québec, et de l'Association Médicale Canadienne 
faisaient aussi partie du cortège. 

Le corps a été reçu à l'église Saint-Patrice, par le révérend 
M. McGauran, le service a été chanté par le révérend M. Ne* 
ville et le révérend P. Rousse 1 a officié au libéra. 

Les porteurs du poêle ont été les Drs. Patton, Ahern, Brad- 
ley, J. Robitaille, Gauvreau et De Lagrave. 

L'inhumation a eu lieu au cimetière de Saint Patrice. 

Le Dr. McGrath était le seul soutien d'une mère âgée. 

Le verdict du jury du coroner sûr la mort du Dr. McGrath 
a été " mort de syncope. " 



EUROPÉENNES. 

Le médecin en chef de l'Islande prétend) avoir fait dispa- 
raître la petite vérole, importée dernièrement de France, au 
moyen du soufre et de l'acide sulfureux dissous dans de 
r«au, qu'il faisait boire i ses patients. 

Un médecin écrit dans la Lancette de Londres qu'il guérit 
la gonorchée et la gleet dans l'espace de deux à six jours, en 
faisant des injections composées d'une solution de permanga* 
nate de potasse. Il met cinq, dix ou quinze grains pour cha- 



142 L*MNION MÉDIOALE DU OAN AD A. 

que once d'eau. Ces injections doivent ôtre répétées au 
moins quatre fois par jour ; elles ne causent ni trouble ni 
douleurs. 

Etat sanitaire de sgarborough. — ^Une commission sera ins- 
tituée par le gouvernement anglais pour &'euquérir de la con- 
dition sanitaire de cette ville. 

Le bureau du gouvernement local a été poussé à prendre 
cette mesure en conséquence d*un mémoire dressé par trois 
médecins'praticiens de cette ville, établissant qu'une sembla- 
ble enquête était rendue nécessaire par le grand nombre de 
cas de maladies putrides qui existaient, dans le moment. 



■ ■■■■ ■ ■ ♦ »— ^» I ^ 
NÉCROLOGIE. 

Vendredi dernier ont eu lieu, à l'église Saint-Sulpice, les 
obsèques de M. Paul Dubois, doyen honoraire de la Faculté 
de Paris, ancien professeur de clinique d'accouchement, 
membre de l'Académie de médecine, commandeur de la lé- 
gion d'honneur, etc., décédé, dans le département de l'Eure, 
à l'âge de soixante-seize dins-— (Gazette hebdomadaire du 8 Dec. 
1871). 

Condamnation a mort. — Le procès du Révérend John Selby 
Watson, ministre anglican de Londres, accusé du meutre de 
sa femme, vient de se terminer par un verdict de cupabilité 
et sa condamnation à mort. Le Jury le recommanda toute- 
fois à la clémence de la cour, vu son âge de 67 ans et sa po- 
sition : sa sentence sera sans doute commuée en un empri- 
sonnement à vie. Après avoir assommés Madame Watson 
en la frappant à la tôte avec un pistolet, le meurtrier cacha 
son cadavre dans sa chambre à coucher pendant plusieurs 
jours : alors il tenta de s'empoisonner avec de l'acide prussi- 
que, ce qui amena la révélation de son crime. La question 
de l'aliénation mentale ne put être maintenue parla défense. 



l'union MÉDIOAXB du CANADA. 143 

Recrutement de l'armée française. — ^La France ne peut 
fournir tout au plus que 300,000 hommes par année qui aient 
atteint Tâge d3 20 ans ; et de ce nombre il faut déduire au 
moins 48 par cent d'exemptions pour infirmités, défaut de 
stature et autres causes. L'armée ne peut donc recevoir an- 
nuellement que 156,000 nouveaux soldats, et si ceux-ci sont 
retenus au service trois années pour l'instruction militaire, 
l'armée active s'élèvera a 468 mille hommes dont il faut dé- 
duire une proportion pour les. morts et les démissions pour 
diverses causes. — Ofazette Hebdomadaires. 



►-♦■ 



BRRATA. 

A la quatrième ligne de la page 63 Usez au lieu de ** écrivent " éminenla 
Au bas de la môme page au lieu de ** apthte " lisez apathie. 



NAISSANCES. 

■ 

— A Montréal, le 7 février^ la Dame de Georges Leclair, M. D., un fils. 
— En cette ville, le 20 courant, Madame J. William Mount, M. D., un 
fils. 

—A Ghambly, le 13 courant, la Dame de M. D. S. Martel, M. D. V., une 
fille. 

En cette ville le 23 du courant, la Dame de IjUc Quintal, Ecr., M. D. une 
fiUe. 

A Ste. Ursule, comté de Maskinongé, le 16 ult. la Dame du Dr. Hercule 
Savoie, une fille. 



MARIAGES. 

—A Longueuil, le 12 courant, par Messire Thibault, curé de r endroit, 
THon. Léandre Dumouchel, Sénateur de la division des Mille-Isles, à Da- 
me Marie Elizabeth Bauset, veuve de feu Edouard Lespérance, écuier. 

L'Honorable Sénateur J. O. Bureau servait de père à la mariée, et James 
Watts, écr.,' au marié. 



144 l'union médicale du canada ; 

— A Lavaltrîe, le 5 ult., Siméon Martineau, M. D.. de l'Universiié Vic- 
toria, à r>emoiselle G. C. H. Pliébée Morin. de celte parois8<'. 

DÉCÈS. 

A Chambly, le 12 février, dama Hermine Phébée David, épouse de C. R. 
Lafontaine, M. D. 

— A St. Roch ile TAchigan, le 15 février dernier, Charles Eugène Napo- 
léon Gourteau, M. D. 

La mort l'enleva subitement à Taffection de ses amis et à Teslimc de ses 
confrères. 

Beaucoup du regrets le suivent dans la tombe. 



AUX MEDECINS. 



Tout ordre venant des Médecins, sera exécuté avec 
les meilleures Drogues et aux plus Bas Prix 

possible. 

Nous désirons en même temps attirer Tattention des 
Médecins sur notre préparation 

D'IiTiile de Foie * de Morue 

ET D'HYPHOSPHITE DE CHAUX, 

dans laquelle il n'entre que la meilleur huile de foie de 
morue ; l'estomac le plus délicat peut la garder ; son 
goût est doux et elle à la^ consistance de la crème, n'ay- 
ant ni l'odeur ni la couleur de l'huile. 

DEVINS & BOLTON, 

Salle d'Apothicairerie, 
Montréal. 



LYMAN CLARE & Cie. 

IMPORTERS OP 

Chemical and 3)ruffffist Sundries, 

Surgical Instruments &Co Appliances, &c., &c. 

LYMAN CLARE & Co. 

IMPORTATEURS DE 

DROGUES ETRANGERES. 

Produits Chimiques, etc., etc. 

Instmments de Chirurgie, Appareils, &c-, &c. 



TABLE DES MATIÈRES. 



Kditorial |4t) 

(^)rrcspoiuî;inc\'.--, — Dr. Pa<[Uot, Dr. Public, Dr. Fortior 147 

Non voiles ant i-3I tMlical<\> — E iist icns 1 T)-!: 

Opération dan> l:i ^Mvtro-pi'iitonito — Dr. S. (r.iiitliRT IjG 

llevu.- lit?' Jouniî.ux — lu'clicrclu'S sur la Pli\>i()l(>iiio du cor- 
volot. Kdots toxi({ucs de l'hydrata do chloral. Le? 
pansements à la ouate de ^f^. Alphonse (îuérin. L'huile 
essentielle de térébenthine dans la péritonite. Quinine. 
Uroscopie. Oni^uent benz()i(|ue d ms les fistules anales. 
Pain fait avi'o l'eau de ni.M' I5S à 177 

Rapport de la Société Médicale de ^[ontréal. — Dr. G. Grenier.. 178 

Nouvelles 3Iédicales 187 

Tableau des maladies tniitées au dispensaire de h Providence.. P.IO 



■•uaMMSiuMniMntMtnMtHMm 



AVIS DE L'ADMINISTRATION 



Nous apprenons c^ue les noms de j)lusieurs de nos confrères ont été 
omis, dans notre liste d'envoi. Nous prions ces Messieurs de croire 
que ces oublis sont tout à fait involont lires, inévit d>les, et do vouloir 
bien nous en donner avis au plustôt. 



On s'abonne a V Union Médxcnle au Bureau de La Minerve, Hue 
St. Vincent, No. 10. 

Toute correspondance devra être adies.sée à l'un des Rédacteurs 
la Boite 942, Bureau de Poste. 



L'UNION MEDICALE 



DU CAJSi A.T>A. 



Revue Medico-chiruraricale paraissant tous les mois. 



Rédacteur en Chef: '\ t An*iMtauU-Ji.'dacte\irt: 

J. P. ROTTOT, M. D. j \ ^ j p dESROSIERS, M. D. 



Vol. 1. AVRIL 1872. No. 4. 



Montréal, 1er Avril 1872. 

Les mois de Janvier, Février et Mars que nous venons de 
traverser ont fourni, pour cette ville, une somme de maladies 
et de décès qui dépasse de beaucoup celle des mois oorres- 
pondants des années précédentes. Le chiffre de la mortalité 
des enfants s'est élevé au double de celui de raiinée derniè- 
re pour les mêmes mois ; et celui des adultes a excédé d'un 
liers, donnant, pour ce trimestre, un excédant de 150. Si 
t'on compare ces statistiques avec c^.lles des autres villes d'A 
mérique et d'Europe on trouve que Montréal occupe une pla- 
ce proéminente dans la lugubre échelle des mortalités, car 
elle égale, sur ce point, les contres les plus maltraités. 

Les maladies typhoïdes, la scarlatine, la rougeole ont sévi 
à peu près au degré ordinaire et produit les mêmes résultats 
que les années antécédentes ; les inflammations érésypélateu- 
ses ont fait un bon nombre de victimes. La dyssenterie a 
été plus commune que d'ordinaire et les maladies intestina- 
les en généraient pris une place importante dans l î cadre 
des maladies prévalentes. La petite vérole s'ust montrée re 
doutable à l'excès dans certains quartiers, et elle rend comp- 
te presque à elle seule de la mortalité inaccoutumée qui vient 
d'être constatée. La forme conflueute et pétéchiale qu'elle 
revêt, la rend rapidement mortelle. C'est le plus souvent 
outre le huitième et le douzième jour que le malade y suc- 
combe, les croûtes se formant à peu près à cette époque. La 
somme de décès par la variole, pour le mois que nous finis- 



146 l'union biédicale du canada. 

sons, s'élève au-dessus de 130, ce qui prouve la violence de 
lepidémie et doit faire réfléchir ceux qui voudraient encore 
s'obstiner à n'y voir que des cas isolés. Cette maladie décime 
surtout la population des faubourgs là où naturellement la 
population est plus à l'étroit et où les précautions hygiéniques 
font le plus défaut. 

C'est dans le canton Delisle-Workmau qu'elle se montra 
d'abord, à l'ouest de la ville, et c'est là qu'elle sévit encore 
avec le plus de persistance. Un fait digne de remar.jue c'est 
que la population de la campagne qui s'établit en nombre dans 
cette partie est généralement la plus maltraitée. Est-ce dénue- 
ment, rst-ce changement d'air et logements comparativement 
trop étroits. Pi'Ut-ùtre les deux. Dans tous les cas, il serait 
fort à désirer que la population fut mise au courant de tout 
ce qui concerne les maladies épidémiques, de leurs causes, 
de leurs progrès et des moyens d'en prévenir le développe 
ment. L'ignorance sur ce point est vraiment déplorable par 
mi la classe illétrée, beaucoup s'imaginant que ces maladies 
ont un caractère de fatalité qu'il est inutile de cherchera 
combattre. Au lied donc de garder le silence et de cacher 
au peuple une partie du mal qui le dévore, de peur de l'ef- 
frayer, il vaut mieux lui en montrer l'étendue et lui en faire 
apprécier les causes. 

Les lieux publics, les églises, etc., sont encombrés de per- 
sonnes qui séjournent avec des varioienx, des scarlaiineux 
des typhiques sans se douter que tout ce qui émane deux 
est imprégné de miasmes contagieux. L'ignorance est si 
grande chez un certain nombre, qu'on en voit ne p8ts crain- 
ilre d'exposer leurs enfants dans un lit commun avec dés pa- 
tients souffrant de maladies contagieuses. L'éducation, sour 
ce rapport, est certainement très négligée surtout parmi nos 
nationaux. Aussi les statistiques nous donnent une propor- 
tion de décès comparativement très forte parmi les catholi- 
ques. Sans doute il faut faire entrer en ligne décompte, 
comme causes, les positions et les fortunes respectives des dif- 
férentes dénominations, mais le manque de connaissances 
nécessaires y reste encoie pour beaucoup. 



l'union MiDiCALS DtT CANADA. 147 

Après un semblable hiver, que sera-ce de Tété 7 Quand 

les décompositions végétales auront saturé de gaz méphiti- 
ques un air déjà si chargé de principes morbides, on peut 

s'attendre à des épidémies plus redoutables encore. 

CORRESPONDANCE. 

Messieurs les Rédacteurs de C Union Médicale^ 

A l'exemple dn Dr. Ricard, je vous envoie, avec mon abon- 
nement, mes félicitations et mes souhaits les plus sincères 
pour le succès de votre publication. 

Je suis heuî^eux de voir que vous ayez eu le courage de 
combler la regrettable lacune qui existait dans la profession 
médicale et je me dis qu'ensemble, nous tous médecins cana 
diens, nous devons travailler à assurer son eyistence, et que 
ce serait une véritable honte si, à votre dévoûment, nous ré- 
pondions par l'apathie. Pour ma part. Messieurs les Rédac- 
teurs, si je me propose, de temps à autre, avec votre bienviel- 
lante permission, de vous faire pnrt de quelques cas surve- 
nus dans le cours de ma pratique, ce n'est pas par ce que je 
crois mon tour déjà arrivé, mais bien parce que j'espère par 
là démontrer à mes aînés qu'on doit et qu'il faut à tout prix 
rivaliser de zèle et d'ambitiosi pour assurer le succès de vo- 
tre journal. 

Avant d'aller plus loin, permettez-moi d'espérer que tout y 
sera condensé et donné d'une manière parfaitement exacte^ 
comme Eberle quand il dit : " Je n'ai pu sauver que 45 cas 
sur 60, " fait que bien d'autres auteurs n'aiment pas toujours 
à constater avec autant de franchise ; et pratique comme 
Chailly, quand, à propos de la version pelvienne, n'approu- 
vant pas les minutieuses théories et descriptions de tel ou tel 
écrivain, il dit '' que de prétendues précisions, que de détails 
inutiles, " Il n'y a qu'une réponse à faire A tout ceci, c'est 
qu'on saisit les membres comme on peut ; qu'on les prend 
tous les deux, ce qui est rarement possible, et que lorsqu'on 
n'a pu en saisir qu'un, ce qui est la règle, on ne sait pas dans 



!48 l'union médicale tu canada. 

la plupart des cas, si c'est le membre antérieur ou postérieur ; 
et quand on le saurait, cela ne changerait rien au résultat, 
il n'en faudrait pas moins tirer sur celui qu'on a saisi et ter- 
miner l'extraction sans se croire obligé d'aller dans tous les 
cas, à la recherche de l'autre. " 

J'ai fait cette citation d'un auteur faisant autorité dans la 
science obstétrique pour me faire pardonner la liberté que je 
prends d'insister sur la nécessité d'être, avant tout, pratique. 

Maintenant, je vous transmettrai quelques notes sur un cas 
de rétention spasmodique d'urine dont voici les principaux 
détails 

Louis Patry, aet : 45, cultivateur de peu de moyens, jouis, 
saut d'une excellente santé jusqu'à ce moment, me fit appeler 
auprès de lui pour combattre une rétention d'urine. Les 
souffrances étant déjà très vives, je voulus le soulager de 
suite par le cathétérisme ; mais je trouvai à la portion mem- 
braneuse de l'urùtre une résistance telle que je dîis y renon- 
cer. De suite, j'employai la saignée générale, puis les bains, 
l'opium à haute dose, le chloroforme, les injections hypoder- 
miques de morphine l'extrait de belladone, le tartre stibié 
et lutli quanti et cela du mercredi soir jusqu'au dimanche 
malin, période pendant laquelle il put à peine rendre gutta- 
tim deux ou trois onces d'urine. Je le voyais régulièrement 
une et souvent deux fois par jour, essayant chaque fois inu- 
tilement l'application du cathéter. La distention était 
alors extrême et l'état général qui n'avait jamais ofTert de ten- 
tance phlogistique très prononcée, présentait des symptômes 
typhoïdes qui menaçaient d'emporter rapidement mon ma- 
lade, à part la rupture de la vessie qui me semblait immi- 
nente. Ayant consulté les auteurs de chirurgie que j'avais 
sous la main, je vis que, des deux alternatives qui me restaient, 
la ponction suprà pubienne, ou recto-vésicale, la première 
SL^mblaJt à peu près abandonnée et que la seconde était en 
plus grande faveur. Croyant alors, comme maintenant qu'on 
est quelquefois injustes eu discréditant un mode d'action 
pour le plaisir d'attacher son nom à du nouveau, je résolus 



l'union médicale du canada. 1{9 

de praLii]uor la ponction abdominale. Je relirai à Tinstant 
une énorme qnanlilé irnrino fortement ammoniacale et fon- 
cée. Je passai dans la canule du trocart un cathéter élasti- 
que que je laissai à demeure après avoir retiré la canule. 

Je donnai ensuite à mon malade les stimulants, etc., etc., 
que requérait l'état général, veillant attentivement aux sécré- 
tions, etc., et aycuU soin surtout de ne jamais permettre la disten- 
sion de la vessie (jui versait au dehors, par le catheler, toute 
l'urine aussi Lut ([ue secrété(\ 

I^Midant 8 jours encore, l'urètre refusa di» donner passage 
aux catheler d'aucune grosseur et ce ne fut que le 9e jour 
que je pus arrivera la vessie naturale vid. Alors fut retiré 
le cathéter de la plaie et celui de Turùtre maintenu A par- 
tir de ce moment, la convalescence commença et six semai- 
nés après l'opération, j'eus le plaisir de voir mon malade en- 
tièrenii'Ut rrt;i])li, pouvant excréter fa ileuient et sans dou- 
leur aucune, le conrenu d«» la vessie, et en somme très bien, 
ce qu'il a (,outiuué d'être d(»puis. 

Veuillez rroire, MM. les \\('\ : ff'e jene prétends pas don- 
ner ce cas, comun étant nouveau pour la science ; au con- 
traire, j'ai suivi des séculiers battus, mais dans le.=(iuels la pro- 
fession semble maintenant hésiter à passer, en donnant à 
l'autre mode la supériorité et la préférence. 

Voilà ce que je comprends moins et par les résultats obte- 
nus, je n'hésiterais pas du tout, sous les unîmes circonstances, 
a ado\)ler le même mode connue plus facile d'exécution et 
moins sujet aux conséquences fâclieuses quiî l'auU'e. 

Crovez moi, M. M les Réd. 

Avec mes renie rci me i:ts. 

Votre, eic. 

St. Culhbert, Février 18T1 Du. A. II. P.iQUET. 



A. Messieurs les Rédacteurs, de l" Union Médicale^ 
3[essieurSy 

Ayant lu dans votre intéressant jouruîil un article sur les 
bons ellets^du Chanvre Indien, dans les cas de ménorrhagie. 



150 l'union médicale du CANADA. 

je me promis d'en faire l'essai à la première occasion, ce qui 
ne tarda pas. 

William Touchet, me Workman, vint me consulter le 19 
Janvier touchant la maladie de son épouse. Voici l'h'sloire du 
cas en peu de mots. La liersonne est âgée de 42 ans, d'un 
tenipéramment faible, a eu 9 enfants et 2 avortements à 2J 
mois, son dernier enfant a 21 mois, a été sevré à l'âge d'un 
an. Elle eut ses règles deux fois subséqueroment, puis deux 
mois de retard, suivis d'une perte abondante pendant 5 jours, 
continuée, en moindre quantité pendant 15 autres jours, puis 
encore 2 mois de retard suivis d'une perle abondante qui n*a 
pas discontinuée, pendant deux mois, époque ou je fus consul- 
lé. Je lui donnai deux pilules d'extrait de chanvre indien 
d'un J gr. chaque, à prendre une soir et malin, lui recomman- 
dant de venir me donner des nouvelles le lendemain soir. Je 
le vis arriver le lendemain midi hors d'haleine, me disant que 
sa femme se mourait, qu'elle était paralysée, etc., et qu'elle 
perdait comme d'habitude. Je rétablis le calme dans ses es- 
prits, en lui disant que c'était là l'effet des remîedes et qu'il 
eut à revenir le soir. Il revint en effet, consolé, me dire que 
la malade était mieux et que la perte était complètement ar- 
rêtée. Je lui donnai deux autres pilules à prendre le soir 
seulement. Deux jours après, il m'apprit que la perte n'élait 
pas revenue. Alors j'administrai la teinture de muriate de 
fer pendant une ou deux semaines. Hier, 15 Mars, c'est-à-dire 
2 mois depuis l'administration du chanvre indien, ayant eu 
occasion de voir le mari, je lui demandai des nouvelles de 
cette patiente ; il m'apprit qu'elle allait de mieux en mieux, 
que l'appétit et les forces lui étaient complètement revenues 
et qu'elle avait été menstruée deux fois depuis d'une maniè- 
re naturelle tant à la durée qu'à la quantité. Je crois que 
ce cas corrobore pleinement l'efRcacité et surtout l'eflicacité 
presqu'instanlanée du chanvre indien, c'est ce qui faisait di* 
re au mari que c'était des pilules miraculeuses, tout en 
avouant franchement qu'il avait cru d'abord que, mêlant 
trompé de remède, j'avais empoisonné sa femme. 

Montréal, 16 Mars 1872. C. Dubuc, M. D. 



l'union M£DIGAL1 du CANADA. 151 

SCANDALE. 

Messieurs les Rédacteurs^ 

Oïl lit en maints en Jroits qu'autrefois la médecine était très 
honorée ; qu'il lïil un temps où les rois dti Tancienne Grèce 
étaient choisis parmi les médecins devenus prêtres ; un temps 
heureux où Ton donna sept villes de la Grèce à Tiin des As- 
clépiades ; où Damète concéda la Chersonèse à Podaligre, à 
titre de dot, en le mariant avec sa fille, qu'il avait guérie ; où 
la ville de Venise éleva une statue à Fabrice d'Aguapendente 
et lui fit une pension annuelle de mille pièces d'or. L'histoi- 
re fait aussi mention de la libéralité des rois de France qui 
honoraient de leur intimité Thomme qui les approchait pour 
les guérir. 

Ou lit cela avec plasir ; mais rien de semblable ne s'est vu 
et ne se verra dans notre pays. 

Si la médecine a fait des progrès merveilleux dans le do- 
maine de la science depuis Hippocrate, tout le monde con- 
vieudra qu'elle est pitoyablement déchue de son antique di- 
gnité. Cet aveu fait d'une manière générale reçoit sa triste 
application dans notre jeune pays où la médecine, semblable 
à une prostituée, appartient à tout le monde, est exploitée 
par le premier venu, par l'éhonté ; jetée sur nos rives, sans 
protection, elle est demeurée au service de la cupidité jusqu'à 
nos jours, sans réveiller l'attention du législateur. Licom- 
prise, mal rétribuée, la médecine croupit dans l'oubli, le mé- 
pris et l'avilissement. 

Il est humiliant, superlativement humiliant d'avoir à cons- 
tater un élat de choses aussi affligeant. 

Il est bien vrai que nous avons pour fiche de consolation 
un chapitre très honorable aux médecins dans l'Ecclésiasti- 
que ; il est bien vrai qu'on y voit l'origine divine de la méde- 
cine, la gloire de notre profession et les avantages qu'en reti- 
rent les hommes ; et tout cela sous une pienture qui donne 
une haute idée des services importants que notre art salutai- 
re rend à l'humanité. 

Mais connalt-on généralement cet important chapitre ? A 



152 l'union médicale dv canada. 

en juger par ce qui se passe autour de nous, on peut répon- 
dre par la négative, et ajouter que dans certains cercles on 
affecte de Tignorer. Tout le monde fait de la médecine, de- 
puis le mandiant jusqu'au dignitaire ; c'est un véritable dé- 
vergondage. Il n'y a pas jusqu'à la presse qui ne prodigue 
tous les joure son mépris envers leshommos de l'art en pu- 
bliant à profusion des recommandations en faveur de personnes 
étrangères à l'art de guérir. On a vu même de ces recom- 
mandations dans les colonnes d'une certaine presse religieuse 
qui menace de se fanatiser pour un ignoble cliarlatanisme. 
Il est donc bien facile de faire litière de la morale qui nous 

dit tout droit : •' Mcdici et alii qui hanc arlem (medecinam) im- 

* 

" perili exercent^ peccant morlalUer Uncntxirqne damna ex sud 
*• imper Uiâ or ta resarcire. " 

Ce n'est pas tout ; c'est au milieu de nous que nous voyons 
commettre de ces choses bien propres à jeter notre profession 
dans le discrédit. Ne voit-on pas rci tains médecins, assez 
peu soucieux de la dignité de leur état et de riionneur du 
corps auquel ils appartiennent, transiger et capituler avec l'i- 
gnorance pour servir des vues d'intéiét mal éclairées? Je 
pourrais appuyer cet avancé de plusieurs faits, à ma connais- 
sance ; un seul suffira pour le moment. 

Il n'y a pas bien longtemps, la tendresse paternelle d'un 
riche Monsieur, appartenant à une de nos professions libéra- 
les, fut mise à l'épreuve par une fracture survenue sur un des 
membres de son fils unique, à la suite d'un accident. 

Deux médecins furent appelés, oplimè; mais le démon de la 
souffrance s'étant permis d'arracher quelques plaintes amères 
au jeune patient, le père tout ému, fit redemander, tour-à- 
tour, les deux médecins ; oj^r/mè, encore ; mais ceux-ci sont 
auprès d'autres malades et seront de retour avant longtemps. 
Mais notre riche Monsieur qui croit, dans son exigeante im- 
patience, que le monde a dû commencer à son chevet et doit 
finir au pied de son lit, fit venir le ramanchexir du canton. 
Pessimè^ pour un homme instruit (!) 

L8 ramancheur tout rayonnaiU de joie et d'un légitime or- 



l'union médicale DtJ CANADA. 153 

gueil, commença par enlever l'appareil pour y substituer le 
sien d'une physionomie pins rustique ; puis après avoir fait 
maintes ordonnances il se retira solennellement avec les 
compliments gracieux des personnes du logis ! 

Jugez de rétonuementque durent éprouver les deux méde- 
cins ; l'un d'eux, adressa sur le champ une petite note au ri- 
che Monsieur pour l'informer qu'il ne pouvait continuer ses 
visites après un tel témoignage de confiance ; mais l'autre 
médecin, sans froncer le sourcil et sans manifester le moir- 
dre mécontement, but sans façon cotte nouvelle coupe, de 
déception et continua ses visites, comme ci-devant. 

Un jour, cependant, sa conscience médicale lui fit rom- 
pre le silence pour modifier le traitement, à ses yeux 
trop empirique ; mais une commère du voisinage, à langue 
bien pendue, lui rappela avec un sans ^Cnie de convic- 
tion que Mr. X., le ramancheur^ avait prescrit telle chose et 
qu'il n'y avait rien de mieux, parce que, dit-elle, elle avait eu 
occasion d'en constater les bous effets, en semblable circons- 
tance, sur un des membres de sa famille (!) Notre malheu- 
reux confrère, à sensibilité émoussée, eut le courage de ne 
point réclamer et se soumit lâchement aux exigences delà 
prétention et il avala, sans nausées, cette seconde avanie ! 

Honte au médecin qui en courtisant ainsi les adeptes de l'i- 
gnorance flétrit une noble profession ! Son nom, qu'il serait 
facile de donner, tracé en grosses lettres de boue devrait être 
connu du monde médical qu'il oublie ;ce serait, peut-être, le 
seul moyen à lui offrir pour lui faire éviter une rechute. 

En attendant ce châtiment, mettons sous les yeux de notre 
malheureux confrère ces paroles sacrées qu'il pourra méditer 
pendant les longs loisirs que lui donne son culte pour les 
charlatans : " Honora medicum propter necessitatem : ete- 
*' nim illum creavit Allissimus. 

'- Disciplina medici exaltabit caput illius, et in conspectu 
'' rnagnatorura coUaudabitur. 



154 L^UNION MÉDICALE BU CANADA. 

" Altissimus creavit de terrâ medicamenta, et vir prudens 
" non abhorrebit illa. 

" Ad îignitionem hominnm virtus illorum, et dédit homi- 
'' nibus scieiitiam Altissimus, lionorari in mirabilibus suis. 

'*' In his curans mitigabit dolorem, et unguent.irius faciet 
*' pigmenta suavitatis, et iinctiones conficiet sAnitalis, et con- 
" snmmabuntur opéra ejus. 

'* Etenim illum Dominus creavit : et non discedat a te, 
" quia opéra ejus sunt necessaria, etc., etc., etc. " 
Ecclest. C. XXXVIII. 
Et la réflexion lui fera comprendre que sa conduite provo- 
que le mépris et engendre des préjugés terribles à combattre. 

Tout à vous, 
Dr. Léonard Age. Portier. 



NOUVELLES ANTI-MÉDICALES. 

Le Comté de Vaudreuil a la fortune de compter les médi- 
castres suivants : 

Le Dr. (!) Campeau, cultivateur, qui a fait fureur autrefois 
avec ses racines ; mais dont l'étoile pâlit depuis quelques an- 
nées, — incapable de se déshabituer à représenter les méde- 
cins comme conspirant sans cesse contre la vie du monde au 
moyen de la potasse et du mercure. Bavard de la pire espèce 
qui réussit encore à faire des dupes. 

G. Diotte, faiseur de bardeaux, chargé d'enfants, se dit ra- 
mancheur, y croit lui-même, n'y entend pas malice ; d'une 
réputation pas tout-à-fait solide comme rebouteur. 

Metcalf, du bas de la grande côte de Vaudreuil, maréchal 
populaire; d'une malpropreté suigeneris\ ne s*ichant à qui 
donner la tête dans son taudis, mais trouvant fort bien le 
moyen de glisser un collyre, un purgatif et des amer?, etc., 
avec ses fioles de gargling oil^ ses condition powders ou son on- 
guent varte : reçoit amoureusement les vingt-cinq centins 



l'union médicale du canada. 155 

en causant sur les troubles du mauvais mal ; se contente de 
faire de la médecine intrà muros seulement. 

Sévère Lemaire, ci-devant marchand de Ste. Marthe, por- 
tant barbe longue et artistement pointue, au regard oblique 
et à Tair gr^ve, entreprend de guérir radicalement tous ceux 
ou toutes celles qui ont la bonté de se présenter chez lui. 
Muni d'une loups qui lui rend de grands services pour ar- 
ranger les montres et les horloges qui encombrent son office^ 
il examine religieusement boulons, papules, vésicules et ga- 
les ; môme certains liquides D'une impudence rare, il va 

à domicile visiter les patients et distribue à deux mains le 
R. R. R.. l'huile de castor, le rognon de castor et force raci- 
nes. Marié depuis peu, le voilà propriétaire, de facto, du 
titre de Docteur que la duplicité et la simplicité lui on dé- 
corné dans un moment d'entente. 

Je ne mentionnerai pas un nommé Clark, cultivateur, réduit 
à la besace, mais grand joueur de violon, qui, dans l'espoir 
de gober quelques sous précieux, s'est senti tout récemment 
appelé à soulager Thumanité souffrante. 

Je ne dirai rien des marchands du comté qui sont presque 
tous agents du Radway, du Pain-Ktllcr^ du Don Samaritain et 
de tous les médicaments qui se disputent le patronage de la 
bêtise humaine et qui s'entendent à augmenter le nombre des 
patients. 

Drôle d'institution que celle de laisser vendre des médica- 
ments par tout le monde ! ! ! 

Enfin, ce beau comté possède aussi un médicastre qui fait 
de la spécialité. Cette fois, c'est un révérend monsieur qui 
jouit d'une réputation monstre pour traiter les cancers, les 
chancres {!) Armé d'un emplâtre caustique, il fait une guère 
à tous les clous, toutes les verrues, les gales et les tumeurs 
qui s'amusent à flâner sur le corps des habitants du comté et 
des alentours. Et j'ai rencontré plus d'une personne exhiber 
complaisamment les cicatrices produites par Vempldlre sacrée 
du révérend monsieur. 

Il y a à parier un contre dix que ce monsieur trouverait à 



loG l'union médicale du canada. 

redire contre le médecin qui se permettrait de parler sans 
gène, contre la confession et Tinfaillibité. 

Oh ! î ! C'est drôle, encore. Et tous ces niédicastres sont 
autant d'hypothèques sur la confiance duo aux hommes de 
l'art. 

Les choses étant ainsi, il n'y a rien d'élonnant qu'on ait 
vu, dans la première quinzaine de Février, une ramancheuse 
depuis peu établie à la ville, être appelée à Vaudreuil pour 
une fracture ! 

Qiio usquè tandem abutcre palicnlid uostrâ 

RusTicus. 



■ <•» I 



' OPÉRATION DANS LA MÉTRO PÉRITONITE. 



Le neuf Novembre 18'/!, je fus appelé auprès de Ma- 
dame XXX, jeune femme de vingt ans, d'un tempéramment 
délicat, pour l'assister dans son premier accouchement. La 
maladie se passa de la manière la plus heureuse, sans aucu- 
ne intervention de ma part. Six jours après, elle se plaignit 
de doulenrs dans l'abdomen, et d'une grande gène dans la 
respiration. Le pouls était vif, la transpiration abondante, 
le ventre ballonné et très sensible à la pression ; les selles 
tantôt solides, tantôt diarrhéiques. Le diagnostic n'offrait au- 
cune difficulté; j'avais à traiter uno métro-périionite, com- 
pliquée d'une forte congestion aux poumons. Je réglai mon 
traitement sur les symtômes que présentaient ces deux ma- 
ladies. J'appris, par mon interrogatoire, que la patiente avait 
en une inflammation de poumons deux ans auparavant. 

Les sept jours qui suivirent l'invasion de la maladie, ne fu- 
rent marqués d'aucune amélioration. Les parents alarmés, 
demandèrent une consultation ; ils s'adressèrent à un méde- 
cin reconnu comme possédant une vaste expérience dans le 
traitement de ces maladies. Le résultat de la consultation 
fut que la patiente devait succomber avant douze heures. 

Le lendemain, je visitai la malade, car j'avais conservé 



l'union médicale du canada. 157 

Tespoir qu'elle ne mourrait pas aussi vite qu'on l'avait dit: 
en effet, elle semblait éprouver un peu moins de gène du 
coté des pouni.^us ; du cùté du ventre, les symptômes étaient 
les mêmes. 

Le onze Décembre, c'est à-dire trente-deux jours après lac. 
couchement, et vingt-six jours depuis le début de l'inflam- 
mation, je demandai une nouvelle consultation avec le mê- 
me médecin., J'avais constaté un épanchement considérable 
de matière purulente dans la cavité abdominale. Malgré les 
vomissements, l'odeur insupportable qui empoisonnait la ma- 
lade, la sensibilité extrême des parois de Tabdomen, les 
sneurs abondantf>s, le médecin consultant ne put être cou- 
vaincu (ju'il y avait là un épanchement purulent. Je dus, 
en consé(iuence de cetto opinion contraire, remettre Topéra- 
lion à pins lard. 

Unit jonrs après, c'est à-dire quarante jours depuis l'accon- 
chement, j'3 décidai de faire l'opération ; pour cette fin, je de- 
mandai l'assistance du môme médecin qui consentit cette fois 
à opérer. Le gros trocart fut enfoncé à une profondeur de 
d'îux pouces, sur le trajet de la ligne blanche, à mi-chemin 
entre l'ombélic et le pubis. Le pus, tel qu'on le rencontre 
dans un phlegmon, sortit en abondance ; la quantité équiva- 
lait à deux chopines. 

Quelques jours plus tard, une ouverture se fit à l'ombélic, 
par laquelle il se déchargea encore beaucoup de pus. 

Aujourd'hui, cette femme est parfaitement rétablie; les 
seins ont recomuîencé à sécréter le lait ; elle peut, en con- 
séquence, nourrir son enfant, ce qu'elle n'avait pas pu faire 
pendant Tinterval de sa maladie. 

Dr. s. GAUTmsn. 



158 l'union médicale du canada. 

REVUE DES JOURNAUX. 



RECHERCHES SUR LA PHYSIOLOGIE DU CERVELET 

Par le Dr Weir Mitchell. 
Compte rendu par M. II. Gafé, interne des hô]'ilaii\ do Nanii'S. 

Le docteur Weir Mitchell (de Philadelphie), membre de 
TAcadémie nationale des sciences des Etats-Unis, et si connu 
par ses beaux travaux sur le venin des serpents à sonnettes, 
vient de faire paraître un mémoire intitulé : Researchcs of thc 
physiology of the cerebellum^ dans lequel il essaye de débrouil- 
ler le chaos qui enveloppe encore cette partie de la science 
de la vie. 

Nous allons en donner une succincte analyse et en citer 
quelques passages ; ils feront mieux comprendre encore Tim- 
portance du travail : 

" J'ai, dit Tauteur, enlevé le cervelet plus de 87 fois, fait 
plus de 20G expériences sur Tinfluence des irritants par rap- 
port à cet organe et aux organes adjacents. Depuis un an 
et demi que j'ai introduit dans ces recherches physiologi- 
ques l'usage du froid excessif, par la méthode deRichardson, 
j'ai ajouté d'innombrables expériences à mes anciennes et ob- 
tenu des résultats qui, s'ils laissent quelque chose à désirer, 
n'en suffisent pas moins pour m'engager à publier, mes con- 
clusions. J'ai enfoncé une alêne à travers Je crâne, j'ai lié 
l'organe après m'ôtre servi du trépan, ou, chez les oiseaux, 
après avoir enlevé un morceau du crâne ; j'ai injecté, dans 
le cervelet, des globules de mercure, avec ou sans perchlo- 
rure do fer pour arrêter l'hémorrhagie ; j'ai congelé plus ou 
moins bien l'organe, le laissant ensuite dégeler pour pro- 
duire de la congestion ; enfin, j'ai peint la partie avec de la 
teinture de cantharides ou de tout autre liquide irritant.'' 

Mais de tous ces procédés, celui auquel il donne de beau- 
coup la préférence, c'est la congélation par la rhigoline au 
lieu d'éther, selon la méthode de Richardson : 

" La seule grave objection qu'on puisse lui faire, c'est 
qu'il est difficile d'en limiter les effets." 



l'union UtDIOALE DU CANADA. 159 

• 

Les résultats qu'il a ainsi obtenus de ces diverses méthodes 
diffèrent peu de ceux qu'ont observés les autres expérimenta- 
teurs. Il n'a jamais noté de trouble intestinal permanent après 
ces opérations ; mais il a vu, dans les graves blessures des ré- 
gions postérieures, chez les oiseaux, un renversement de la 
tète en arrière qui donne à la démarche de ces animaux un 
air de fierté. L'auteur a vu le mouvement en avant et la 
marche à reculons, tous les deux produits successivement 
par une seule et môme lésion de la région postérieure du cer- 
velet, contrairement a ce qu'en disent Magendie, Flourens et 
Longet. Il ne pense point que la marche en arrière soit due 
spécialement, chez des oiseaux, à une lésion accidentelle des 
parties subjaceutes, ou du moins il pense que certaines irri- 
tations, comme la congestion limitée du cervelet, sont suffi- 
santes pour produire cet effet. D'après lui, chez les lapins, 
le froid appliqué modérément à^la moelle allongée à travers 
Tespace occipitoatloïdienne donne lieu qu'à des convulsions 
générales. Le mouvement en avant résultant de l'application 
du froid au cervelet est toujours le premier, et il est vite suivi 
du mouvement de recul : 

On dirait le premier effort d'un animal égaré et qui cher- 
che à fuir. " 

Tous les phénomènes de cet ordre, il les rapporte au cer- 
velet, qui dit-il, est capable de les produire directement, at il 
le démontre expérimentalement. Quant aux changements 
dans la nutrition de l'œil, il les a fréquemment rencontrés 
chez les lapins, les cochons d'Inde ; jamais chez les pigeons; 
mais il n'a jamais observé l'amaurose proprement dite, dont 
parlent beaucoup de physiologistes. 

L'auteur entre alors dans le détail de ses expérimentations ; 
il nous apprend qu'il a réussi jusqu'ici à conserver la vie à 
neuf pigeons sur qui l'ablation de larges portions du cerve- 
let avait été pratiquée : 

^^ Un de ces oiseaux est aujourd'hui bien vivant en ma pos- 
session. Quatre qui furent tués de deux semaines à deux 

2m 



1B0 L*UNION MÉDICAL! DU^CAKAPA. 

• mois après Tablalion, présentèrent une destruction de l'orga- 
ne que je puis dire complète. " 

Pour lui, la principale cause d'insuccès après ces opéra- 
tions, c'est l'abaissement subit de la température Pour le 
neuvième de ses opérés, quatre mois après, il n'y avait pas 
de différence entre lui et ses compagnons, intacts de toute 
lésion : 

" Toutefois, dit l'auteur, quand il court autour de la cham- 
bre, il cesse plus tôt que les autres, et quelquefois tout à fait 
subitement. Ce symptôme existe dans beaucoup de cas, 
mais il a d'autant plus de valeur intrinsèque qu'il est vu plus 
tard après l'opération. Lb dernier signe de maladresse qu'il 
présenta fut une certaine absence de la faculté de diriger 
son bec. " 

Gomme conséquences immédiates de l'ablation du cervelet, 
le savant Américain indique les symptômes de titubation de 
Flourens, en un mot, tout ce qu'on a décrit comme consti- 
tuant l'incoordinatiou. Mais cet'e confusion dans les mouve- 
ments ne pourrait-elle pas provenir d'actions musculaires ré- 
flexes ? La chose est assez vraisemblable. En effet, ces actions 
réflexes contrebalanceraient complètement, pendant quelques 
temps, l'influence des centres de la volonté, qui sont d'ordi- 
naire tout puissants. 

" Il est à remarquer, ajoute l'auteur, que, pendant la gué- 
risori, les désordres se reproduisent souvent si l'on fait du 
bruit, si Ton fait peur à l'animal ou qu'on le manie brusque- 
ment ; en un mot, il suflBt de toute cause qui produise des 
mouvements rapides ou une circulation accélérée.'* 
' Le seul changement permanent qu'il ait vu est le suivant, 
dont nous avons déjà dit quelque chose : 

Tous les oiseaux qui ont survécu longtemps m'ont paru in- 
capables d'un effort aussi prolongé que leurs camarades sains 
de toute lésion et m'ont semblé aussi se fatiguer beaucoup 
plus vite... Le vomissement n'est pas rare, mais je ne l'ai ja- 
mais vu plus tard que le second jour, et il est curieux de no- 
ter qu'il ne survint que dans l'un des cas où la survie fut 



l'union MÉDICALS du CANADA* 161 

d'une semaine. Ce seul fait m'inclinerait à penser qu'il est 
toujours dû, quand il se voit, à une lésion des régions sous- 
jacentes au cervelet. 

La nutrition, en général, continue parfaitement bien. 
Quant à la diarrhée, il l'explique par une succession d'irri- 
tations affectant les tissus moteurs du canal alimentaire 
puisqu'il admet l'intervention constante du cervelet dans' 
l'activité motrice des fibres musculaires de la vie organique 

La guérison obtenue, '' le sujet ne peut prolonger ses efforts. 
A part cela, la locomotion est intacte. Dans la région de la 
sensation, aucune altération ne peut être perçue, et dans la 
sphère des activités sensibles, il m'a été impossible de dé- 
couvrir de changement. " 

Quant à l'activité des organes de la génération après la 
destruction du cervelet, la question a été résolue en bien 
des sens ; mais, pour lui, tout est encore à refaire sur ce 
point, et la difficulté de l'expérimentation est extrême. 

Ici l'auteur récapitule les principaux résultats que l'appli- 
cation du froid lui a donnés. 

Au printemps de 1867, il découvrit que, lorsque la colonne 
vertébrale est gelée en quelque point au-dessus des vertèbres 
dorsales, il s'en suit des résultats curieux. 

*' Les expériences, dit-il, varient beaucoup ; mais, dans un 
grand nombre.... tout me représenta à l'esprit les lésions du 
cervelet que j'ai vues si souvent suivies de phénomènes sem- 
blables.... J'ai également remarqué que la congélation du cer- 
velet donne précisément les mômes résultats. Ensuite, je dé- 
couvris que l'irritation directe du cordon cervico-spinal par 
des irritants occasionne des mouvements en arrière, et que 
l'influence des irritants dure plus que celle du froid." 

Tous ces phénomènes, il les rapporte à l'irritation, la con- 
gestion que le froid produit secondairement : 

" Que le froid soit appliqué là (cervelet) ou à la colonne 
vertébrale, les phénomènes du mouvement tardent souvent à 
apparaftre une minute ou plus, mais ils vont ensuite en aug- 



162 L UNION MÉDICALE DU CANADA 

mentant d'intensité pendant quelque temps. — L'été suivant, 
je fis une très-curieuse découverte : si l'on applique subite- 
ment le froid en des points déterminés de la peau d'un pigeon, 
on a précisément les mômes mouvements à reculons que lors- 
que l'on congèle les régions de 'moelle qui leur correspon- 
dent. 

" Quand je congelais le côté gauche ou le côté droit du ja- 
bot, le pigeon marchait du côté opposé à celui qui était con- 
gelé. Il y avait donc là ressemblance frappante avec les ré- 
sultats des lésions du cervelet. " 

Enfin, au 1er juillet 1868, l'auteur découvrit, à sa grande 
surprise, que ces pigeons, après avoir perdu une partie ou la 
totalité du cervelet et s'être guéris, étaient encore capables de 
produire dans la perfection des mouvements à reculons, des 
convulsions en arrière et la marche de côté. Dès lors il ne 
pouvait plus rapporter au cervelet ces espèces de spasmes de 
la coordination, toutes les apparences d'équilibre, les convul- 
sions, etc. L'auteur admit donc que les^lésionsdu cervelet ne 
produisent point le défaut de coordination, lequel est dû à des 
affections mécaniques et intercurrentes des parties voisines. 

" Chez les oiseaux, les lésions et la congestion de la moel- 
le occasionnent d'abord un semblant d'incoordination ou tout 
au moins des phénomènes semblables à ceux qui résultent 
de lésions pareilles du cervelet. Lorsque le cervelet a été 
enlevé, l'irritation de la moelle continue encore à développer 
les mômes symptômes que quand le cervelet est intact. Ces 
faits prouvent que ces deux organes, chez les oiseaux au 
moins, ont une curieuse communauté de symptômes patho- 
logiques et probablement de fonctions physiologiques. " 

L'auteur ajoute : " Supposons que le cervelet soit une gros, 
se masse ganglionnaire qui a les mêmes facultés motrices 
que la substance grise de la moelle et se rattache comme elle 
et par elle aux muscles qui obéissent à la volonté : les irrita- 
tions de son tissu, l'ablation, ou ce qui équivaut momentané- 
ment à une irritation étendue, les congestions provenant de 
l'application du froid ou d'autres causes, peuvent produire 



l'union médicale du canada. 163 

directement, par la moelle, ou indirectement, par réaction, 
sur son tissu, justement la confusion dans les mouvementf| 
Tagitation et les désordres de la locomotion que nous voyons 
actuellement. Si un organe est perdu et qu'aucune fonction 
finalement ne disparaisse, ou bien cet organe n'en possède 
point, ou bien il en possède une en commun avec quelqu'au- 
tre partie qui reste intacte et capable de suppléer seule le 
jeu des tissus détruits. Pour ces motifs, je suis disposé à re- 
fuser au cervelet une plus large part dans la coordination 
que celle qui appartient à tout ganglion servant au mouve- 
ment volontaire et à lui assigner une puissance qui le ratta- 
che étroitement au cordon nerveux de la moelle. Le cerve- 
let devient donc pour moi un organe puissant de renforce- 
ment capable de servir plus ou moins pour les mouvements 
musculaires soumis à la volonté... L'apparence d'incoordina- 
tion qui se voit après les sections faites dans les couches les 
plus profondes du cervelet est simplement une confusion des 
mouvements due à l'action réunie de deux causes séparées et 
intercurrentes. Dans la santé, le cervelet est comme réveil- 
lé par la volonté, quand elle a besoin de lui, et agit, à tra- 
vers la moelle sur les muscles. Après l'irritation ou l'abla- 
tion (équivalents pour un temps à une irritation étendue), 
nous avons en jeu deux forces opposées : la première, ce sont 
les fibres afférentes du cervelet excitées et blessées, force in- 
constante, irrégulière, involontaire ; la seconde, c'est l'acti- 
vité normale de la volonté qui, en présence de cette premiè- 
re force perturbatrice, s'efforce, mais en vain, de développer 
dans les muscles le mouvement ordinaire et régulier. Le ré- 
sultat général, le physiologiste le voit dans l'étrange confu- 
sion de la motilité qui s'offre si souvent à ses yeux. " 

Mais l'auteur ne prétend point affirmer par là que le cerveU t 
n'a pas d'autres usages ; il pose seulement cette conclusion-ci : 
que chez les oiseaux, " la parenté des fonctions entre le cer- 
velet et la moelle est nettement établie." Ainsi chez les oi- 
seaux, pour lui, le cervelet est un grand centre suplémenlai- 
re de puissance motrice que la volonté met habituellement 



164 l'union médicale du canada. 

en activité et qui coopère avec la substance nerveuse de la 
moelle. Mais ne peut-on pas généraliser cette théorie et rap- 
pliquer aux mammifères? Il n'y a rien dans les expériences 
dil cervelet des mammifères qui puisse Tinflrmer. 

" Les irritations du cervelet chez ces derniers animaux 
produisent exactement le môme genre de troubles de la loco- 
motion et d'irrégularités que chez les oiseaux. " 

Quant aux symptômes consécutifs à l'ablation, ils sont moins 
concluants, car ils sont trop passagers, l'animal survivant 
très-peu à l'opération. D'ailleurs il ajoute : 

" Les expériences comparatives sur des animaux apparte- 
nant à des classes inférieures à celles des oiseaux me sem- 
blent prouver encore avec une plus grande valeur l'idée que 
j'ai déjà démontrée que le cervelet est principalement un ren- 
flement moteur supplémentaire des cellules nerveuses de la 
moelle, comme elle, obéissant à la volonté." 

Enfin l'auteur cherche, même dans l'étude clinique des af- 
fections du cervelet, les preuves qu'elles peuvent fournir à 
l'appui de sa théorie : 

" Luys, dit-il, dans cent observations, a noté quarante-sept 
fois la faiblesse musculaire progressive ; je suis moi-même 
arrivé à peu près au même résultat après avoir étudié d'au- 
tres cas que les siens, et je me crois autorisé à dire que, si la 
démonstration pathologique est peu concluante, il y a plus 
en faveur des idées que j'ai exposées qu'en faveur de toutes 
les théories qui ont précédé. " — [Gazette des hopiteaux.) 



EFFETS TOXIQUES DE L'HYDRATE DE CHLORAL, 

par N,-R. SMITH. 

Depuis que le chloral est devenu l'un des médicaments 
hypnotiques les plus employés, on commence à compter des 
cas d'empoisonnement, et de plus on peut observer des phé- 
nomènes toxiques résultant de l'administration répétée de 
cet agent. Le professeur de Baltimore a eu l'occasion d'ob- 
server des symptômes qui rappellent ceux qui surviennent 



l'TTNION MÉDICALl DU CANADA. 165 

à la suite d'un traitement prolongé par [Pergotine. Son at- 
tention, dit-il, fut éveillée sur ce po'nt dans une consultation 
donnée à un médecin âgé. Celui-ci présentait une affection 
singulière des doigts, caractérisée par la desquammation de 
^'épiderme, des ulcérations superficielles placées plus spécia- 
lement vers les (bords des ongles. Il éprouvait de la dou- 
leur et une sensibilité exagérée au toucher, en môme temps 
un malaise général et de l'accélération du pouls. Ce méde- 
cin était convaincu que ces troubles étaient la conséquence 
de l'usage, prolongé pendant plusieurs mois, de chloral, em- 
ployé par lui à larges doses comme hypnotique. Des appli- 
cations locales astringentes amenèrent promptement la gué- 
rison ; mais trois semaines plus tard le docteur Smith fut ap- 
pelé près de ce médecin, atteint d'une bronchite grave avec 
un pouls battant 140, et affaiblissement extrême des batte- 
ments cardiaques. Le malade en mourut, et, bien que rien 
ne soit plus commun à cet âge que de mourir de bronchite, 
M. Smith ne soupçonna par l'usage du chloral comme cause 
de la mort. 

Mais, à quelques semaines de distance, le docteur Smith 
fut appelé auprès d'une femme, âgée de vingt-deux ans, qui 
souffrait précisément de la môme affection des doigts, et avait 
pris depuis un mois du chloral comme hypnotique. Cette 
femme, ne souffrait d'aucune affection générale, mais depuis 
<lix jours elle présentait de l'anasarque ; les battements du 
cœur étaient très-faibles, le pouls marquant 140. La respi- 
ration était extrêmement embarrassée et l'urine contenait de 
l'albumine. Cette malade guérit par l'usage des stimulants 
et des diurétiques. 

Le docteur Smith a eu connaissance de deux autres cas, 
dans lesquels la même affection des doigts suivit l'emploi du 
chloral. Il a également rencontré deux cas de mort par des 
doses exagérés de chloral : dans l'un, une personne qui pre- 
nait habituellement J drachme (2 grammes environ), mourut 
subitement après avoir pris 3 drachmes (12 grammes environ). 

Dans un autre cas, la malade s'endormit pour ne plus se 



166 l'union médicalb du csanada, 

réveiller. Enfin, chez une femme qui éprouvait des douleurs 
vives avec impossibilité de sommeil à la suite d'une opération, 
1 drachme t;2 (6 graçimes) fut injecté dans le rectum ; la 
malade tomba aussitôt dans le coma et mourut en trois heu- 
res. 

Ces divers cas suffisent, suivant M. Smith, à établir les ef- 
fets toxiques de cet agent puissant. Il est probable qu'ils se 
produisent de deux manières. Lorsqu'on donne des doses for- 
tes, et surtout lorsque l'économie est en quelque sorte char* 
gée par une administration prolongée du médicament, le 
chloral détruit les forces de la vie et tue brusquement. Lors- 
qu'il est donné à petites doses et continué longtemps, il pro- 
duit une forme d'empoisonnement comparable à l'ergotisme. 

Nous avons déjà cité, dans la gazette hebdomadaire, des 
cas d'empoisonnement par le chloral. Tout en tenant compte 
de leur petit nombre par rapport à l'usage si étendu du chlo- 
ral, on voit qu'il y a lieu d'en surveiller l'emploi. (Boston mé- 
dical and surgical journal et Médical Times and Gazette^ 23 sep- 
tembre Mm,— Gazette Ikhdomndaire. 



LES PANSEMENTS A LA OUATE DE M. ALPHONSE 

GUÉRIN, 

par M. Raoul Hervey. 

En attendant que nous puissions consacrer à l'étude des 
pansements à la ouate l'espace que mérite cette méthode de 
traitement, dont M. Alphonse Guérin est certainement l'in- 
venteur, malgré quelques revendications dont il a été fait 
prompte justice, nous empruntons au premier travail dans le- 
quel le sujet est complètement traité, des indications générales 
sur ce mode de pansement. 

Ly pansement que M. Alphonse Guérin a imaginé n'est 
point simplement un pansement des plaies avec de la ouate : 
calle-ci y joue un véritable rôle, grâce auquel le membre 
amputé ou blessé bénéficie de l'application de plusieurs gran- 
des méthodes chirurgicales qui produisent chacune d'excel- 



L*0NION MÉDICALE DU CANADA. 167 

lents effets. La ouate est employée dans le but de filtrer Pair 
qui arrivera jusqu'à la plaie ; elle doit donc être appliquée 
en quantité suf&sante pour réaliser les qualités d'un filtre, et 
en même temps les couches d'ouate doivent être assez abon- 
dantes pour qu'on puisse soumettre les parties qu'elles recou- 
vrent à la compression élastique. 

Filtration de l'air, compression élastique (Burgraeve), voilà 
ce que doit toujours réaliser le pansement à la ouate. 

Voyons comment on y parvient. Nous supposerons qu'il 
s'agit du pansement d'une amputation de cuisse par la mé- 
thode circulaire. Une fois les ligatures principales faites, le 
chirurgien s'applique à faire la recherche des vaisseaux qui 
donnent encore du sang ; il en fait la ligature et détermine 
ainsi l'hémostase aussi complètement que possible. La plaie 
est alors lavée, d'abord avec de l'eau tiède, puis avec un mé- 
lange d'eau et d'alcool camphré, ou d'un liquide antiseptique 
quelconque. Le membre est débarrassé de toute souillure 
et «ssuyé avec soin. Lesfll^des ligatures sont coupés ras, 
sauf celui de l'artère principale. On procède alors au panse- 
ment. Et ici nous devons déjà signaler une première pré- 
caution. 

La ouate qui va être employée ne devra pas avoir séjourné 
dans une salle où se trouvent des malades ; elle devra, pour 
ainsi dire, sortir des mains du fabricant. Afin de l'employer 
vierge, autant que possible, de toute impureté morbide, M. 
Alphonse Quérin veut ouvrir lui môme le paquet de la ouate 
destiné au pansement : celui-ci est emmagasiné dans un en- 
droit spécial de l'amphiléâtre d'opérations. 

La manchette du moignon est confiée à un aide, qui la 
maintient tendue en la pressant, entre le pouce et l'index, à 
chaque extrémité du diamètre horizontal de la plaie. Un 
second aide embrasse entre ses deux mains le membre, com- 
me pour le rapprochement des lambeaux. Alors le chirur- 
gien dispose sur le fond de la manchette, par petites couches 
successives, des fragments d'ouate qui adhèrent immédiate- 
ment aux tissus humides avec lesquels ils se trouvent en 



168 l'union médicale du cajnada. 

contact. Aucun point n'est laissé exposé. Peu à peu la 
manchette, se remplit d'ouate légèrement comprimée ; enfin, 
elle est comblée. Alors on se sert de lames d'ouate plus ou 
moins étendues, qui, recouvrant par leur centre l'extrémité 
du moignon, sont rabattues par leurs bords sur le membre 
qu'elles enveloppent de plus en plus ; puis ce sont de vérita- 
bles bandes d'ouate qui s'enroulent autour de la cuisse, et, 
renversées au pli de l'aîne, vont s'appliquer sur le bassin, 
qu'elles entourent complètement. Toute cette ouate est ap- 
pliquée aussi exactement que posible, et quîind enfin le 
membre a acquis le triple de son volume au moins, quand il 
est empaqueté comme im objet des plus précieux, auquel on 
voudrait éviter le moindre ébranlement, on commence l'ap- 
plication des bandes. ' 

Cette application se fera comme pour la compression élas, 
tique : la constriction sera progressive, elle devra devenir 
aussi énergique que possible à la fin du pansement, égale- 
ment répartie sur le membre et lel*segment auquel il est al* 
taché. On maintiendra alors le bandage avec des épingles 
ou mieux en le faisant coudre immédiatement. Après avoir 
dépensé beaucoup de force à faire ce bandage, on sera très- 
étonné de ne pas le trouver trop serré ; cette constriction. 
ainsi que l'application de la ouate jusque sur le tronc où on 
la maintient par un bandange aussi énergiquement appliqué, 
sont de la plus haute importance pour obtenir de bons ré- 
sultats. 

S'agit-il, au contraire, du pansement d'un bras, maputé le 
cou et la poitrine devront être ensevelis dans la ouate, afin de 
permettre une compression très-forte au niveau de l'aisselle et 
de la région sus claviculaire. Pour la jambe et l'avant-bras, 
la perfection de l'appareil ouaté sera bien plus facilement ob- 
tenue lorsque le chirurgien aura lo soin de le faire remonter 
jusqu'à la racine du membre. 

Dans les amputations à lambeaux, on interpose de la ouate 

entre eux, comme on avait rempli la manchette de l'ampula- 

ion par la méthode circulaire. Dans les résections, on com- 



l'union médicale du CANADA. 169 

ble de la même façon l'espace occupé par les os réséqués dans 
le fond de la plaie, puis le membre est soutenu dans une es- 
pèce de gouttière faite avec une lame d'ouate, roulée suivant 
deux de ses bords qui font ainsi office d'attelles. 

Enfin, quelque soit le cas, l'application consiste toujours en 
un enveloppement très-exact, très minutieux, maintenu par un 
bandage solidement compressif. On le voit, avec ce panse- 
ment, jamais'de tentative de réunion immédiate ; toutefois, 
nous pouvons dire que M. Guérin, encouragé par les résul- 
tats qu'il a obtenus se propose, à la première occasion, d'es- 
sayer, sans la ouate, cette réunion qu'il avait toujours recom- 
mandé de tenter jusqu'ici. 

Une fois pansé, l'amputé de cuisse sera porté dans son lit, 
et le membre, soutenu seulement par une alèze pliée en plu- 
sieurs doubles, dans une position presque horizontale. Le 
chirurgien ne devra pas oublier, au moment du pansement, 
la position que devra garder la cuisse-amputée ; aussi, pen- 
dant l'application devra-t-il faire grande attention à ce que le 
membre soit maintenu presque dans l'axe du tronc couché, 
afin que le bandage ne le presse pas ; pour l'y fixer dans une 
position très-relevée le pansement deviendrait rapidement dé- 
fectueux. 

Le premier phénomène que remarque le malade, c'est Tab- 
sence de toute douleur : on l'a transporté, on l'a installé dans 
son lit, sans qu'il ait éprouvé la moindre sensation pénible, et 
cela alors que l'influence du chloroforme a disparu ou n'ex- 
iste pas. 

Pendant les premières heures qui suivent .l'opération, s'il 
arrive que le malade se plaigne, c'est d'une douleur très 
supportable d'ailleurs ; tantôt il ressent une cuisson causée 
par la détersion de la plaie avec un mélange trop tort d'al- 
cool camphré et d'eau, ou bien c'est une démangeaison, un 
tiraillement produit par l'agglutination des poils avec l'appa- 
reil. Dans un cas, la ligature de l'altériole avait compris 
un petit filet nerveux, et tant que la mortification de celui-ci 
ne fut pas achevée, l'opéré accusa des élancements peu in- 



170 l'union médicale du canada. 

tenses d'ailleurs, une sorte de battement dans la région opé- 
rée. 

Une analyse précise de la sensation perçue permettra ordi- 
nairement d'en trouver Torigine. En dehors de ces cas, aus- 
sitôt q u'elle apparaîtra, je ne dis pas la doulçur, la sensibilité 
du moignon signifiera que le pansement est défectueux, il de- 
vra être immédiatement rectifié. Si le malade souffre, c'est que 
la compression est inégale quelque part, ou bien c'est que 
l'air passe en un point du pansement et arrive directement à 
la plaie. Dans ce cas, les sécrétions de la plaie s'écoulent or- 
dinairement où ce passage a lieu. L'alèze qui soutient le 
moignon révèle de précieuses indications sur ce point : on 
doit Vexaminer tous les jours. Le pansement, à moins d'im- 
perfections trop grandes, ne doit pas être entièrement défait 
pour être suffisamment réparé. On ajoute, au niveau des 
points défectueux, de nouvelles couches d'ouate, fixées par 
un bandage aussi uniformément serré que nous l'avons re- 
commandé. Immédiatement on verra cesser la douleur. 
Cette sensation douloureuse n'est d'ailleurs pas seule à dé- 
montrer l'imperfection du pansement : l'élévation de la tem- 
pérature, l'augmentation du nombre des pulsations, attirent 
presque en môme temps l'attention. Dans les premiers jours 
de l'application de l'appareil, le suintement de la plaie for- 
me, avec les couches de la ouate, une espèce de magma, de 
feutrage, qui agglutine et fait adhérer la peau du membre à 
la couche qui l'environne : c'est là une condition très dési- 
rable, car lorsque cette agglutination est complète sur toute 
la périphérie du membre, à quelque point de la hauteur du 
segment qu'elle se soit produite, l'air ne peut plus arriver à 
la plaie que filtré, débarrassé de ses agents redoutables ; 
pour y parvenir, en effet, il lui a fallu subir une filtration 
dans la ouate. 

On doit donc favoriser catte agglutination par tous les 
moyens possibles. Pour cela, il faut d'abord recommander 
aux malades d'éviter tout mouvement ; en général, ils souf- 
frent si peu, que cela est plus facile ù obtenir d'eux qu on ne 



l'union médicale du CANADA 17| 

pourrait le penser. Lorsqu'il s'agira d'une amputation de 
cuisse, surtout on forcera le malade à ne s'assoir sur son séant 
que pour les besoins indispensables ; et ici nous rappelons 
la précaution à prendre au moment de l'application des ban- 
des, de ne point fixer de membre dans* une position trop éle- 
vée. Voici pourquoi : bientôt, à cause de la compression mê- 
me, la ouate se tasse, le membre s'abaisse en vertu de son pro- 
pre poids, le bandage n'est plus exactement appliqué, l'air 
peut passer au niveau de l'aîne ; si le malade fait un mou- 
vement, ce jeu de l'appareil se produit au pli de la fesse : 
l'insuffisance du bandage augmente ainsi que le passage de 
l'air qui en résulte. Si le pansement, au contraire, a fixé le 
membre dans la position qu'il aura dans le décubitus habi- 
tuel du malade, c'est-à-dire dans la position presque horizon- 
taie, ces inconvénients n'auront pas lieu, et de plus cette po- 
sition est la meilleure à donner à une cuisse amputée pour 
éviter la saillie du fémur. 

Le malade ainsi pansé conserve un état général excellent ; 
on constate, vingt-quatre ou trente-six heures après l'opéra- 
tion, les signes de la fièvre traumatique durant deux ou trois 
jours ordinairement. Tant que le malade ne souffre pas, 
tant que le pansement demeure bien fait, on peut le laisser 
en place, mais il est nécessaire, surtout dans les premiers 
jours, de vérifier si la compression est bien maintenue, et au 
besoin, si le pus s'écoule au dehors, d'ajouter des couches 
nouvelles d'ouale et le bandage compressif. Cette vérifica- 
tion doit être faite tous les deux jours. En outre, on fait sur 
l'appareil des aspersions d'eau phéniquée ou d'alcool cam- 
phré. Enfin lorsqu'on renouvelle le pansement, le blessé 
doit être transporté hors des salles, précaution à laquelle M. 
Guérin attache, avec raison, une très-grande importance. 
— Archives générales de Médecine^ décembre 1871.) 



172 L*UNION MÉDICALE DU CANADA. 

i;huile essentielle de térébenthine dans la 

péritonite. 

A une récente assemblée de la " Société médicale de l'Hô- 
pital de Paris." M. Vidal prit occasion d'attirer l'attention do 
ses collègues sur la grande valeur de la Térébenthine comme 
application externe dans la péritonite partielle, générale et 
môme puerpérale. Trousseau, ayant emprunté d'abord ce 
remède à l'Angleterre, l'employa intérieurement à larges do 
ses. Dans la péritonite, M. Vidal plonge un morceau de fla- 
nelle dans la térébenthine, et l'ayant appliqué sur une large 
partie de l'abelomen, le recouvre de soie gommée. Il Ty 
laisse jusqu'à ce que la vésication s'y soit produite en plu- 
sieurs points; alors la soie est enlevée afin de permettre l'é- 
vaporation de la térébenthine. Avec ces applications, il a vu 
dans plusieurs cas, des patients qui laissaient peu d'espoir, 
éprouver une amélioration rapide et recouvrer complètement 

la sauté. 
M. Bourdon demanda si dans aucun cas, l'application de la 

térébenthine avait été faite dès le commencement, sans avoir 
été précédé des sangsues et des cataplasmes, car après ces 
remèdes, la térébenthine aurait agi simplement comme un 
contre-irritant ordinaire et il est bien reconnu que dans la 
péritonite avancée, on tire quelquefois de bons avantages en 
recourant aux vésicaloires et au mélange de Todds. 

Il suggéra aussi que la Térébenthine pourrait agir de la 
môme manière que l'huile de castor au collodion, tel qu'em- 
ployé par R. Latour, en empochant la transpiration et le con- 
tact de l'air. M. Vidal croit cependant que la térébenthine 
n'agit pas de cette manière, mais.comme un révulsif énergi- 
que et difTusible, tandis qu'en môme temps il subit l'absorp- 
tion par la peau et les organes respiratoires. D'abord il ne 
l'employa pas aussi exclusivement, dans la péritonite, qu'il ne 
le fait aujourd'ui, car il employait aussi les sangsues alors. 
Maintenant il a recours de suite à la térébenthine, sans hési- 
tation. Il combine généralement avec elle l'application de 
la glace, ou ce qu'on peut appeler la compression au moyen 



l'union MiBIOAlX DU CANADA 173 

de la glace, et, sous certaines circonstances, il emploierait en- 
core les sangsues. M. Moutard Martin, croyant que Faction 
de la térébenthine est seulement locale, demanda si les essais 
comparatifs de la térébenthine et des vésicatoires avaient été 
faits; mais M. Vidal est convaincu qu'elle agit aussi inté- 
rieurement. On voit par Todeur des urines qu'elle est rapi- 
dement absorbée, tandis que peu après son application, le pa- 
tient semble éprouver les effets d'un cordial, l'état cyanose 
des lèvres disparaissant bientôt, pour faire place à la couleur 
naturelle 



QUININE. 

Nos connaissances sur les effets physiologiques et thérapeu- 
tiques de ce précieux alcaloïde ont reçu dernièrement beau- 
coup d'extentioii par les travaux de Binz, Ranke, Kerner, 
Zuntz. Scharrenbroich et Schulte. Nous donnerons un ré- 
sumé des principaux résultat obtenus. 

Binz trouvé que la quinine a le pouvoir d'arrêter le pro- 
cédé *de putréfaction et de fermentation à un haut degré, 
et qu'elle est un poison actif pour toute les organisations 
inférieures, soit animales, soit végétales. Suivant les vues de 
Gohuheide, le pus étant surtout une collection de globules 
sanguins blancs, qui ont passé à Graver les parois des vais- 
seaux ; de plus, la quinine ayant le pouvoir d'arrêter les 
mouvements des corpuscules blancs, et par la, de prévenir 
leur sortie des vesseaux, l'alcaloïde arrête ou tout au moins 
diminue la formation du pus durant le cours d'une iuflama, 
mation. De plus, elle détruit le pouvoir Ozonisant de certai- 
nes substances ; et comme les corpuscules rouges ont ce pou- 
voir, la quinine, introduite dans le sang,|diminue probable- 
ment l'oxidation des tissus et diminue la production de la 
chaleur. Ranke et Kerner, en effet, ont touvé que la quinine 
à larges doses diminue les changements des tissus, comme en 
le voit par les moindres quantités d'urée et d'acide urique 
excrétées ; etil y a plusieurs observations qui démontrent que 



\ 74 l'CNION ICéDICALB DU CANADA. 

dans les fièvres, elle produit une diminution dans la tempe, 
rature. Les expériences de Ranke, et Kerner ne montrent pas 
cependant jusqu'à quel point la diminution de la perte des 
tissus est due à l'action directe de la quinine sur Toxidation, 
ou à Faction indirecte de l'alcaloïde sur le système nerveux 
Deux méthodes ont été employées pour constater l'influence 
directe de la quinine sur Toxidation. Harley a ajouté de la 
quinine au sang, et trouva que celui-ci ainsi traité prenait 
moins d'oxigène et cédait moins d'acide carbonique que le 
sang, pur. Celte méthode est d'une application difficile et 
sujette à erreur. Zunlz se servit des changements dans l'alca- 
linité du sang, pour arriver aux mômes résultats. Schulte- 
a étendu ces recherchée. Si l'on tire du ?ang frais, l'acidité 
commence à s'y développer d'abord rapidement, ensuite plus 
lentement, jusqu'à ce que la putréfaction s'y établisse. De 
fait cette acidification dépend de Toxidation, et la diminution 
de l'alcalinité du sang, produite par là même, fournit une 
preuve de la rapidité avec laquelle l'oxidation procède. 
Schulte a confirmé l'observation d'abord faite par Zantz et 
Scharrenbroich que la quinine et la berberine diminuent ^ 
production des acides. Les observations de Harley sont ainsi 
confirmées. La Cinchonine produit des résultats semblables 
à la quinine, quoi qu'à un degré inférieur. Le picrate de 
Sodium est presqu'aussi puissant que la quinine. Zuntz 
trouva, comme Ranke et Kerner, que la quinine à la dose de 
dix grains diminue l'excrétion journalière de l'urée d'un 
tiers ou plus. Unruh à constaté que la même chose se ren- 
contre lorsque la quinine est administrée dans les fièvres; 
mais ses observations sont sujettes à objection. Les expérien- 
ces de Binz sont curieuses et montrent que lorsque des liqui- 
des en putréfaction sont injectés dans la circulation, la tem- 
pérature du corps s'élève, mais si les fluide sont d'abord mêlés 
avec la quinine qui arrête ou détrnit le procédé de putréfac- 
tion, l'élévation de la température est ou entièrement préve- 
nue ou considérablement diminuée. Nous pensons que ces 
expériences ont une portée considérable sur la pratique, et 



l'union médicale bu canada. 175 

(jii'elles sont d'accords avec les enseigaemeats de robservatioii 
clinique. Il a été trop de mode de croire que les actions 
thérapeutiques de la quinine sont entièrements différentes 
de ses effets lorsqu'administrée àTétat de santé. Nous coni 
prenons que la vraie méthode de commencer Tétu.le de Tac 
tion des médicaments est d'abord de constater leurs effets 
physiologiques, ensuite d'observer leurs résultats dans la 

maladie. 

Le Dr. Grâce Galvert a aussi récemment annoncé la décou- 
verte du pouvoir de la quinine à prévenir le développement 
des fungi. Il parait cependant ignorer la publication anté- 
rieure de ce fait par Binz. -{Mcd /. Fév. 1872.) 



UROSCOPIE. 

Le dernier numéro de la Revue Msdico Chirurgicale bri- 
tanique et étrangère contient un excellent sommaire des 
nouvelles connaissances concernant Turine, dii à la plu- 
me du Dr Karl Hofmann de Vienne. Le Dr. Hofmann est 
Tauteur d'un guide pour Texamen de l'urine et est, sous tous 
les rapports, une autorité de premier ordre sur le sujet. 

Les transformations de l'albumine ont été longtemps et soi- 
gneusement étudiées, mais jusqu'ici sans succès quant à leur 
dernière transition en urée. De fréquentes tentatives ont été 
faites pour produire l'urée de cette façon dans le laboratoire, 
mais toutes ont failli, même celle de M. Bechampsqu'on avait 
récemment déclarée suivies de succès. Les essais pour for- 
mer l'urée par synthèse, ont cependant été plus heureux et 
un autre procédé a récemment été inventé par Bazarof. Cer- 
t'iines recherches faites par Cyon quanta l'origine de l'urée 
dans le système l'ont amené a penser qu'elle est formée en 
partie sinon totalement dans le foie. La question difficile de 
la liaison de l'élimination de l'urée avec la haute température 
du cori)sest aussi abordée, mais les résultats sont fioalemcnt 
contradictoires et nous n'en dirons pas davantage. Mais, 
dans le tétanos, l'élimination de Turée n'est pas augmentée. 

3m 



176 l'union médioals du oanada. 

D'un autre côté, il semble clairement prouvé parSéuator que, 
môme lorsque la maladie est accomjjagnée d'une haute tem- 
pérature, et dans les cas qu'il signale la quantité éliminée 
n'est pas plus considérable à la période où les spasmes sont 
le plus sévères ; la Creatinîne ne semble pas non plus être 
augmentée. 

Des recherches intéressantes ont été faites sur l'urine dans 
l'atrophie aiguë du foie et l'empoisonnement aiguë par le 
phosphore. Dans les cas d'empoisonnement, ou nota que, 
vers la fin, Turée était remplacée pa d'autres matériaux azo- 
tés inconnus et ((ue l'urée apparaissait sous une forme res- 
semblant à la Tyrosine. L'atrophie aiguë du foie donne 
naissance à des changements dans l'urine analogues à ceux 
de l'empoisonnement phosphorique, mais l'urine contient des 
quantités remarquables de leucine et de tyrosine qui se mon- 
trent peu ou point dans cette dernière affection. 

Nous trouvons aussi quelques rapports sur l'urine dans la 
leukaemie. Divers observateurs s'accordent à établir que, 
dans cette condition, la quantité d'acide est notablement aug- 
mentée, quoique l'urée ne soit pas, dans tous les cas dimi- 
nuée. En définitive, toutes les recherches tenient à démon- 
trer que, quoique les corpuscules du sang soient diminués 
en nombre, le pouvoir d'oxidatîon du sang n'est pas essen- 
tiellement diminué. 

On y fait aussi mention de la découverte de l'albuminurie 
par l'acide carbolique. Hofmann ne nous donne pas le fruit 
de sa propre expérience, mais nous confessons que la nôtre 
est défavorable. ' Il y ft des difficultés dans la manière de 
précipiter l'albumine sous diverses conditions, qui deman- 
dent encore des éclaircissements. Ceci est dû sans doute au 
fait que l'albumine n'est pas invariablement sous la même 
forme. Ainsi Hefsen a montré que sur 31 cas, il a trouvé 
des globulines au lieu de Se rum-Albumen. 

La dernière partie de l'article du Dr. Hofmann a rapport 
à la présence du sucre dans le diabète. Il signale une nou- 
velle méthode inventée par Knapp, ayant le Cyanure de 



l'union hédioali du canada. 177 

Mercui^ comme réactif. La réaction finit lorsque les liqui- 
des mélangés ne forment plus une tache brune étant exposés, 
sur le papier buvard aux vapeurs du sulphure d'ammonium 
Une autre proposition digne d'attention est d'employer la 
glycérine au lieu du sel Rochelle, danrte fluide de Fehling- 
II restera à savoir comment le nouveau fluide se conservera. 
~Med. J. & Gaz. 



ONGUENT D'ACIDE BENZOIQUE DANS LA FISTULE 

ANALE. 

Le Dr. Gibbs de la marine des Etats-Unis établit que cet 
onguent est spécialement utile dans la flstule inaccessible de 
l'anus. Il l'a employé dans différents cas de fistule commen- 
çante aussi bien que dans d'autres formées plus complèteme- 
nt. Il l'emploie chaque soir on l'appliquant avec le doigt, 
ayant soin d'en recouvrir toute l'ulcération environnante, 
et de l'introduire par la pression dans l'ouverture fistulaire. 
Voici la composition de l'onguent :— la morphine y étant 
ajoutée pour calmer les contractions du sphycter, &c. Acid 
Benzoic, 2 scrupules ; Acétate de morphine, 4 grains ; cerat 
simple, 1 drachm, ramolissant avec la glycerrhine, s'il est be- 
soin. Une sensation immmédiate de soulagement suit l'appli- 
caiion, et l'onguent est instamment récommandé à ceux qui 
redoutent l'opération, et lorsque le patient peut faire usage de 
son doigt. Dans un moij, une fistule de six mois de durée a 
été soulagée. 



PAIN FAIT AVEC L'EAU DE MER. 

Mr. Rabuteau appelle l'attention sur l'importance de cet 
article. En premier lieu, il est très agréable à manger, aug- 
mentant aussi l'appétit et favorisant la digestion. A bord des 
navires, le pain giinsi préparé a été trouvé très favorable à la 
santé, durant les longs voyages. Il produit aussi d'importants 
effets médicaux particulièrement dans la dyspepsie. Dans la 
phthisie et la scrofule, l'auteur déclare que c'est un puissant 

auxilliaire.— (fT/won Médicale.) 

(N. Y. Med, Record, Nov. 15) 



178 L*UNION MÉDICALE DU CANADA. 

SOCIÉTÉ MÉDICALE DE MONTRÉAL. 

Séance du 3 Janvier 1872. 

Présidence du Dr. J. E. Coderre. 

Officiers présents : Çrs. A. B. Larocque, L. J. P. DesRosiers, 
G. Grenier. 

Le procès- verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Proposé par le Dr. P. E. Plante, secondé par le Dr. J. M. A. 
Perrin, que les Drs. L.Lefebre, deLachine, S. A. Longtin, de 
Laprairie, Jos. Lanctôt, de-St. Philippe, F. X. Perrault, de la 
Pointe-aux-Trembles, A. Laramée et A. Beandet, de Montréal, 
soient admis membres actifs. Adopté. 

Le Dr. A. B. Larocque donne lecture d'un travail sur 

l'Hygiène et les Statistiques Vitales. 

Proposé par le Dr. L. J. P. DesRosiers, secondé par le Dr. G. 
Grenier, que des remerciments soient votés au Dr. A. B. La- 
rocque pour son utile et intéressante lecture. Adopté. 

Le Dr. A. T. Brosseau donne avis qu'il proposera à la pro- 
chaine séance l'admission comme membres actifs des Drs. 
D. D. Archambault, S. Gauthier et F. Hamelin, de Montréal. 

Sur proposition du Dr. A. T. Brosseau, secondé par le Dr. 

P. E. Plante, il est résolu de remettre à la prochaine séance 

la discussion sur la vaccination. 

Et la séance est levée. 

Dr. Georges Grenier, 

Sec. Très. S. M. 



société médicale DK MONTRÉAL. 



Séance du 17 janvier \S1'2. 

Présidence du Dr. A. B. Larocque. 

Officiers présents : Drs. J. E. Coderre, J. W Mount, G. 0. 
Bruneau, L. J. P. Desrosiers, A. Picard, G. Grenier. 

Le procès-verbal de la précède. ite séance est lu et adopté. 

Proposé par le Dr. A. Dagenais, secondé par le Dr. G. O. 
Bruneau, que les Drs. D. D. Archambault, S. Gauthier et F. 
Hamelin soient admis membres actifs.— Adopté. 



l'union médicale du canada. 179 

Le Dr. C. 0. Bruneau ayant été appelé à la présidence, le 
Dr. A. B. Larocque donne lecture du rapport du comité sur 
le meilteur mode de statistiques vitales. 

Voici la formule de certificats de mortalité dont le comité 
recommande l'adoption et dont les détails devraient être ins- 
crits dans le livre d'enregistrement et de statistique vitale. 

Une colonne devrait ôtre réservée pour chacun des rensei- 
gnements suivants : 

Date d'enregistrement ; date de la mort ; nom ; âge ; sexe î 
nationalité ; religion ; occupation ; cause de mort — cause pri- 
maire et secondaire ; place de la mort et résidence ; et place 
de naissance des parents, — hôpital ou autres institutions pu- 
bliques ; depuis quand i^ résident dans la cité ; — pour le 
traitement médical ou non ; — vacciné ou non ; — nom du mé- 
decin ; — quartier ; — autres places en dehors de la municipa- 
lité. 

Mais comme il est impossible de faire une statistique vita- 
le sans connaître la relation des mortalités ou naissances 
d'une population, ces messieurs recommandent que des me- 
sures soient prises dans le but de se procurer toutes les nais- 
sances de la ville d'après les quartiers et la nationalité. 

Pour atteindre ce but, ils suggèrent donc que des listes im- 
primées sur la formule du livre d'enregistrement fourni par 
le Comité de Santé à l'Eglise de Notre-Dame, soient remises 
aux divers ministres protestants, avec prières d'enregistrer 
sur ces listes les naissances dos enfants appartenant à leurs 
différentes dénominations. 

Outre l'utilité pour la statistique d'un pareil enregistre- 
ment ils sont d'opinion qu'il servirait de plus à fournir àcha- 
cun des vaccinateurs de la ville une liste des enfants qui nais- 
sent dans leur quartier, afin de les vacciner à l'âge de trois 
mois, tel que voulu par la loi de vaccination. 

Ils considèrent que cette dernière mesure serait le moyen 
le plus efiBcace de faire face aux épidémies de petite vérole 
qui sévissent de temps à autre avec tant de violence, et font 
surtout des victimes parmi les non vaccinés et les mal vaccinés- 



180 ' l'union médicale d canada. 

En terminant, ils appuient sur Timportance d'un tel enre- 
gistrement pour tout le pays. 

Proposé par le Dr. L. J. P. Desrosiers, secondé jlir le Dr. 
A. Dagenais, que le rapport soit publié et qu'une copie soit 
transmise au bureau de santé. — Adopté. 

Après quelques remarques sur la vaccination par les Drs. 
J. E. Coderre, L. J. P. Desrosiers, G. Grenier, A. Ricard, A. T. 
Brosseau, J. W. Mount, sur proposition du Dr. A Ricard, se- 
condé par le Dr. L. J. P. Desrosiers, il est résolu de remettre 
à la prochaine séance la discussion sur la vaccination. 

Proposé par le Dr. A. RoUin, secondé par le Dr. A; T. Bros- 
seau, qu'un comité composé des Drs. A. Ricard et A. B. La- 
rocque soit nommé pour s'aboucher avec les autorités afin de 
prendre les mesures les plus efficaces pour empêcher l'exten- 
sion des maladies contagieuses telles que scarlatine, variole, 
rougeole, etc.— Adopté. 

Proposé par le Dr. L. J. P. Desrosiers, secondé par le Dr. 
P. E. Plante, que les membres de la société soient convoqués 
aux assemblées au moyen de circulaires. — Adopté 

Le Dr. L. J. P. Desrosiers donne avis qu'il proposera à la 
prochaine séance le Dr. Hurtubise, de St. Henri, comme 
membre actif. 

Le Dr. J. W. Mount donne avis qu'il proposera le Dr. Por- 
tier, de Longueuil. 

Le Dr. A. Dagenais donne avis qu'il proposera le Dr. Napo* 
léon Robillard de Montréal. 

Le Dr. A. Ricard donne avis qu'il proposera le Dr. Edmond 

Mount, de Montréal. 

Et la séance est levée. 

Dr. Georges Grenier, 

Sec-Trés. S. M. 



SOCIÉTÉ MÉDICALE DE MONTRÉAL. 

Séance du 31 Janvier 1872. 
Pr J. E. Coderre. 

Membres présents : Drs. H. Peltier, 0. Bruneau, F. X. Per- 



l'union hédioalx du oanada. 181 

rault, A. B. Larocque, P. E. Plante, A. Ricard, A. Dugas, F. 
M. Perrin, A. Dageoais, L. J. P. Desrosiers, B. H. Leblanc, 
C. Dubuc, A. T. Brosseau. J. W. Mount, A. Laramée, E. P. 
Lachapelle, Luc Quintal, G. Grenier. 

Le procès verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Proposé par le Dr. J. W. Mount, secondé par le Dr. C. 0. 
Bruneau : 

Que les Drs. Ed. Mount, E. Hurtubise, N. Robillard et Alf. 
Portier, soient admis membres actifs. — Adopté. 

Le Dr. J. W. Mount ayant été appelé à la présidence, le Dr. 
J. E. Coderre donne lecture de la première partie d'un travail 
sur la vaccination dont Tobjet principal est de démontrer l'i- 
dentité du virus vaccin et du virus variolique. 

Ensuite le Dr. A. B. Larocque soumet le rapport qu'il avait 
été chargé de faire de concert avec le Dr. A. Ricard, sur les 
mesures a prendre pour empêcher l'extension des maladies 
contagieuses telles que scarlatine, variole, rougeole, etc. 

Le rapport est déposé pour être pris en considération à la 
prochaine séance. 

Le Dr. A. Dugas donne avis qu'il proposera à la prochaine 
séance le Dr. A. Lenoir, de St. Henri, comme membre actif. 

Et la séance est levée. 

Dr. Georges Grenier. 
Sec.-Trés. S. M. 

SOCIÉTÉ MÉDICALE. 

RAPPORT ou COMITÉ NOMMÉ LE 17 JANVIER DERNIER, LU LE 31, ET 
PRÉSENTÉ HIER AU BUREAU DE SANTÉ PAR LES SOUSSIGNÉS. 

Ayant été nommé pour examiner l'article du Médical Re- 
cord de New-York, dont le Dr. DesRosiers nous fit la lecture 
à la dernière séance, et qui traite de certaines mesures de 
préventions adoptées par le Bureau dé Santé de New- York 
contre les maladies contagieuses, telles que la petite vérole, 
la scarlatine, la rougeole et la fièvre ty[jlioïde. Et ayant 
de plus reçu instruction d'en conférer avec le Bureau de 
Santé de la^ville et de r^ commander l'adoption de telles sem- 



182 l'union médicale du canada. 

blables précautions pour empêcher Textensioii parmi notre 
population des maladies contagieuses ci-haut mentioimées. 
Nous avons (votre comité) Thonneur de vous présenter le 
rapport suivant : Après avoir fait une étude sérieuse de la 
question, et considérant la continuation de la petite vérole, 
•nous croyons devoir recommander les mesure sanitaires sui- 
vantes, en conformité avec celles du Bureau de Santé de 
* New-York. 

lo. Que chaque médecin soit tenu de faire rapport au Bu- 
reau de Santé de chaque cas de maladie contagieuse sons ses 
«oins, ou pour lequel il aurait prescrit, et ceci, sous les 24 
heures qa il aurait été appelé. 

2o. Que toute personne tenant maison de pension, de loge- 
ment, auberge ou hôtel, ainsi que les parents de personnes 
effectées de maladies contagieuses, soient tenus d*en faire au- 
tant. 

Sur ces informations, les officiers de santé devront se 
transporter sur les lieux et décider si les malades devront 
être (de leur consentement, bien entendu) transportés à l'hô- 
pital. Dans le cas contraire, de les isoler autant que faire se 
peut. Si le patient va à Thôpital, qu'un homme de la police 
sanitaire soit chargé de voir à ce que la maison et les eflTets 
qui étaient au service du malade soient désinfectés. S'il de- 
meure chez lui, Thomme de la police sanitaire devra s'assu- 
rer deux ou trois fois par semaine que les mesures sanitaires 
adoptées dans ces visites soient mises à exécution. Dès que 
le patient laissera sa chambre, on devra immédiatement pro- 
céder à la désinfecter. 

Si la maladie contagieuse est la petite vérole, le vaccina- 
leur du Quartier où réside le patient devra en être averti, 
afin de revacciner tous les membres de la famille, ainsi que 
les voisins de chaque côté de la résidence du patient et même 
s'il était nécessaire, ceux du côté opposé, protégeant ainsi 
tous ceux qui auraient pu être directement exposés à l'infec- 
tion. 

Les irgloa j^uivantes contre la petite vérole, la scarlatine, 



l'union médicale du canada. 183 

la rougeole, devraient t^tre en la possession de tous ceux qui 
ont des malades sous leurs soins : 

1o. Que le médecin appelé, la nourrice et la mère du pa- 
tient soient les seuls à qui l'on permette d'entrer dans la 
chambre du malade, de toucher aux effets qui servent au pa- 
tient, à moins qu'ils n'aient été désinfectés. 

"20. Que tout ce qui ne sert pas au patient soit transporté 
hors de la chambre. Qu'on ne fasse pas usage des elfels du 
patient à moins qu'ils n'aient été trempés au moins un heure 
dans la lotion suivante composée de 8 onces de sulfate de 
zinc, une once d'acide carbonique et 3 gallons d'eau, puis la- 
vés à Teau bouillante. Los lits de plume, matelas en crin, 
flanelles, effets en laine devront t^tro soumis à une complète 
fumigation avant de s'en servir. 

Les vaisseaux pour recevoir les excrétious du malade doi- 
vent constamment contenir du fluide désinfectant et lavés à 
l'eau bouillante chaque fois que Ton s'en sert. Les water- 
closets et latrines devraient être journellement désinfectés 
en y jetant du chlorure de fer dans la proportion d'une livre 
à ur« gallon d'eau, ayant le soin d'y ajouter une ou deux on- 
ces d'acide carbonique. Les paillasses doivent être trans- 
portées par l'homme de la police sanitaire. 

On recommande de se servir au lieu de mouchoirs de mor- 
ceaux de coton ou de toile pour nettoyer les mucosités des 
narines et de la bouche du patient, et de les brûler après 
s'en être servi. Aussitôt que le malade a laissé sa chambre, 
les plafonds, les murs, les parties en bois doivent être lavées 
avec de l'eau chaude et du savon. 

Gomme la vaccination est univei'sellement reconnue com- 
me étant le seul préservatif contre la petite vérole. iNous 
recommandons que des mesures énergiques soient prises 
dans le but de vacciner tous ceux qui ne l'auraient pas euco 
re été, et ceux dont la première vaccination serait douteuse, 
et d'après l'autorité du bureau de santé de New-York, de ne 
se servir que de la lymphe prise sur le bras des enfants alv 
solument sains, — mettant de côté celle qui aurait été recueil 



184 L'TTNIOK IfÉDICALB DU CANADA. 

lie depuis 72 heures. — Concernant la valeur de la vaccination 
nous ne pourrions fournir de preuves plus convainquantes 
que l'opinion des médecins vaccinateurs de New-York ex- 
primée dans le paragraphe suivant du Médical Record. 

Comme la traduction* de ce paragraphe pourrait en faire 
perdre de la valeur. Nous Tadjolguons tel qu'imprimé dans 
le Médical Record. 

On conçoit le bien inappréciable que ferait l'homme de po- 
lice sanitaire chargé de faire ces visites de maisons où sévis- 
sent des maladies contagieuses et d'y mettre en pratique les 
mesures sanitaires ci-haut mentionnées. Par ce moyen on 
préviendrait l'extension et la propagation de ces maladies 
contagieuses, car, sur informations reçues, et observations 
faites, nous pouvons constater que ces épidémies originent 
et se propagent à la suite de maladies, dont les miasmes sont 
restés imprimés dans les effets, vêtements du patient, soit 
d'un côté, d'un bas ou d'un haut de maison, transmettant 
ainsi la maladie d'une chambre à une autre et même de fa- 
milles à familles et de maison à maison. Nous considérons 
que le manque de l'assainissement des appartements, des 
hardes, des effets en laine, etc., ainsi que le manque de dés- 
infectants, sont autant ds causes d'épidémies que ferait dis- 
paraître la police sanitaire en faisant journellement des visi- 
tes à domicile partout où il y a de ces maladies contagieuses. 
Cos hommes de police sanitaire seraient en outre l'intermé- 
diaire des sociétés de bienfaisance, en faisant connaître les 
besoins des pauvres, des délaissés» et nous mettant consé- 
quemment en lieu de soulager des misères inconnues, le 
plus souvent la cause des maladies qui déciment notre popu- 
lation. 

Nous sommes d'autant plus confiants dans le succès de ces 
moyens que nous connaissons d'avance le bon esprit qui ani- 
me ces hommes spéciaux de la police sanitaire, auxquels on 
pourrait journellement donner des instructions et qui sous 
peu deviendraient tout à fait disciplinés dans» l'exercice de 
leurs devoirs. 



l'union HÉDIOALX du CANADA* 185 

Et de plus votre comité [recommande que des circulaires 
imprimées selon la formule ci-après décrite, soient '.déposées 
à PEglise Notre-Dame, priant messieurs de la Fabrique d'or- 
donner au bedeau ou au clerc d'enregistrement des naissan- 
ces, de les distribuer aux parents'des enfants devant être 
baptisés. 

Que les ministres des différentes dénominations en soient 
aussi pourvus avec les mêmes instructions. 

Voici la formule de ces circulaires : 

Par autorité du Conseil-de-Ville, les parents prendront con- 
naissance des obligations suivantes auxquelles ils doivent se 
conformer d'après la loi. 

lo. Ils sont tenus de faire vacciner leurs enfants avant l'â- 
ge de trois mois. 

2o. S'il se déclare des maladies contagieuses, telles que va- 
riole, scarlatine, rougeole, fièvre typhoïde, ils sont de même 
tenus d'en donner avis au Bureau de Santé sous les 24 heu- 
res que ces maladies auront fait leur apparition. 

3o. Dans les cas de mortalité, la famille devra avoir un cer. 
tificat de mortalité signé par le médecin de la famille, et si 
ce dernier est absent ou qu'il n'y ait pas eu de médecin ap- 
pelé, par un autre médecin de la ville. 

Dans le but de mettre efficacement en opération les sug- 
gestions de ce rapport, nous recommandons instamment que 
la resolution du Bureau de Santé concernant l'établissement 
d'un Bureau de Santé dans l'Hôtel- de- Ville et passée le 6 
Nov. 1871 soit immédiatement présentée au Conseil-de-Ville 
pour adoption. 

Confiants dans l'esprit de charité dont sont toujours mus 
les membres du Bureau de Santé quand il s'agit de venir en 
aide à la classe pauvre de la cité ; d'ailleurs étant tous soli- 
dairement intéressés à maintenir l'état sanitaire des classes 
inférieures, d'où orîginent principalement les épidémies, et 
souvent sévissent dans les plus hauts rangs de la société 
Nous espérons que ces mesures de prévention contre les ma- 



186 l'union médicale du canada. 

ladies contagieuses seront unanimement adoptées et mises en 
pratique. 

A. B. LaRocque, m. D. 

A. Ricard, M. D. 

SOCn%TÉ MÉDICALE DE MONTRÉAL. 



Séance du li Février l«"'2. 

Présidence du Dr. A. B. LaRocque. 

Officiers présents : Drs. J. E. Coderro, J. W. Mount, A. Ri- 
card, L. J. P. Desrosiers, G. Grenier. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Le secrétaire donne lecture d'une lettre du Dr. A. Fortier, 
de Longueuil, promettant son concours cordial pour le suc- 
cès de la Société. 

Le secrétaire présente aussi de la part du Dr. J. W. Chopin, 
du Sault-au-Récollet, une note concernant la vaccination. 

Ensuite sur motion du Dr. A. Ricard, secondé par le Dr. E. 
P. Lachapelle, le Dr. A. Lenoir, de St. Henri, est admis mem- 
bre actif. 

Le Dr. J. E. Coderre donne lecture de la deuxième partie 
de son travail sur la vaccination dont Tobjet principal est de 
démontrer les mauvais effets que cette pratique aurait eu en 
Angleterre et les efforts que Ton a tentés dans ce pays pour 
amener le rappel de la loi de la vaccination compulsoire. 
L'auteur annonce que la troisième partie de son travail tendra 
à prouver les mauvais effets de la vaccination parmi nous. 

Il est ensuite proposé par le Dr. J. W. Mount, secondé par 
le Dr. A. T. Brosseau, qu'une séance extraordinaire soit con- 
voquée mercredi, 21 Février courant, afin de clore la discus- 
sion sur la vaccination et d'adopter certaines conclusions à 
ce sujet et que tous les membres de la Société soient particu- 
lièrement invités à assister à cette séance. Adopté. 

Le Dr. P. E. Plante donne avis qu'il proposerai la pro- 



l'union uédicàle du canada. 187 

chaîne séance le Dr. J. A. Lapierre, du Village St. Jean-Bap 
liste de Montréal, comme membre actif. 
Et la séance est levée. 

Dr. Georges Ghenier, 
Soc-Trés., S. M. 

A continua'. 



•t^t 



NOUVELLES MÉDICALLES. 



Un chirurgien vénérable et un dur patient. — Il y a quel- 
que temps, le Dr Joseph Stevens, maintenant âgé de 82 ans, 
pratiqua Tampulalion de la cuisse, sur un palient de 66 ans, 
pour une ulcération étendue et obstiuée du pied et de la jam- 
b»î remontant à 40 ans de durée! Le second jour de Topé- 
ration, le patient s'assit sur son lit, se rasa, et, avant la fin 
de la semaine, put se lever de son lit chaque malin, sans 
aide, pour le faire ar^angiîr. — Boston Journal^ Nov. 21. 

Mr. le Dr. Forlin nous inrorme que hi lièvre scarlatine et 
la diphthérie ont régné épidémiquement pendant l'hiver sur 
la cote de Gaspé et à la Baie des Ciialeurs. Heureusement 
que la forme en est bénigne. 

— A rÉcule pjlylechnique (pulyteckuicum) de Zurich, 
vingt-quatre femmes suivent en ce moment les cours de mé- 
decine et sept ceux de philosophie. Une dame a été admise, 
après examen passé avec succès, à suivre le cours de mécani- 
que. Il y a peu de temps, une Zurichoise a subi avec distinc- 
tion Texamen nécessaire pour être admise à l'Université ; sur 
douze candidats, elle a eu le u» 1 pour les langues anciennes. 

— Par les soins de la Société frauçaise de secours aux bles- 
sés militaires, un service funèbre a été célébré en Téglise 
métropolitaine de Notre-Dame, le 16 janvier 1872, à 1 1 heures 



188 l'union MiDIOALB DU OANADA. 

a 

très-précises du matin^ en mémoire des officiers, sous-officiers 
et soldats des armées de terre et de mer, des gardes nationa- 
les mobiles, des gardes nationales et des corps volontaires 
morts pendant la guerre. 

Cette solennité a été présidée par Monseigaeur TArclievô- 
que de Paris. 

Le R. P. Félix a prononcé l'Oraison funèbre. 

Un journal américain contenait dernièrement le rapport 
du transquestionnement du Dr. E. Warren dans le procès de, 
Mlle. Wharton, accusée d'avoir empoisonné le général Ket- 
chum. Le Docteur supportait la théorie de la défense qui 
était que le général était mort d'une méningite cérébro 
spiuale. La piquante répartie suivante fut faite par le Dr. 
Warren au Procureur-Général Syester: 

Proc. Gén : Un médecin doit j)ouvoir donner son oppiniou 
sur une maladie, sans faire d'erreur. 

Dr. Warren : Il le peut aussi bien qu'un avocat. 

Proc. Gén : Les erreurs des médecins sont enterrées à six 
pieds sous terre. Celles des avocats ne le sont pas. 

Dr. Warren : Peut-être, mais elles sont quelquefois pen- 
dues à autant de pieds au-dessus de la terre. 

CHAIRE DE PHYSIOLOGIE A LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE PaRIS. — 

Pour cette chaire, il y a deux candidats, M. Béchard, bien 
connu par son traité sur la physiologie, et M. Vulpian, le pro- 
fesseur actuel d*anatomie pathologique- Ce dernier candi- 
dat, étant de beaucoup plus jeune, et remarquablement bien 
versé dans toutes les recherches ^de l'école moderne, aurait 
probablement les meilleures chances, si la faculté ne s'était 
pas prononcée, il y a quelque temps, par une large majorité, 
contre la permutation des chaires. 

• 
UN SUCCESSEUR AU ZOUAVE JACOB.— M. Stroug, américain de 
naissance, vient d'établir un bureau à Marseille, pour les gué- 
risoDs miraculeuses, comme le Zouave Jacob* M. Strong re- 



l'union MÉDICALB du CANADA. /}yj 

fuse tout paiement, et son mode de guérison consiste à impo- 
ser les mains, etc. Une procession interminable d'invalides 
vont tous les jours à la villa de M. Strong, sur le bord de la 
mer, et les médecins ont l'intention de faire une pétition con- 
tre ce qu'ils appellent le Thaumaturge, 



ANTi-VACciNATEURs. — Le Burcau de Santé de Manchester a 
refusé de recevoir une députation d'une assemblée tenue à 
Harparthey, protestant contre la mise en force de l'actef de 
vaccination. Les ofiRciers de Santé répondirent qu'ils n'a- 
vaient rien auire chose à faire que de surveiller l'exécution 
de la loi. 



Dr. Edward jKSNEa. — Un me:n?iito trèi intérviSidUi du dé- 
couvreur de la vaccine a été présenté récemment au Collège 
Royal des médecins par sir John Fisher. Il consiste en un.» 
corne de vache très bien polie, présentée à Sir W. Fisher, un 
l'année 1813 parle Dr. Jenner et polie par lui-môme. Le don 
fut fait en reconnaissance des services rendus aux enfants 
malades de Jenner par Mr. Fisher' alors assistant-médical à 
oho. La corne est maintenant montée en argent, et porte une 
inscription appropriée établissant les circonstances sous les- 
quelles elle est présentée au collège. Le Dr. Burrows, le pré- 
sident, en demandant l'acceptation de la corne remarqua qu'il 
était probable, quoiqu'il n'y eut aucun rapport officiel du fait, 
que la corne avait été prise d'une des vaches favorites du 
Dr. Jenner sur lesquelles il fit ses expériences de vaccina- 
tion. — Med. /. et Gaz. 



VM) 



L UNION MëOICALE DU GA.NAUA. 



TABLEAU des maladies traitées au Dispensaire de l'Asile de la 
Providence, depuis le 15 Décembre 1871 jusqu'au 15 Fé- 
vrier 1872, par le Dr. P. E. Mount, 
994 prescriptions ont été remplies pour les maladies sui- 
vantes. 



Maladie^ 



a 

o 



Asthme 

Aphonie 

Amygdalite 

Abcès 

Avortement 

Arthropathie 

Aménorrhée 

Bronchite légère (Rhumes) 

Bronchite aiguë 

" chronique 

Brûlures 

Constipation 

(Chancres syphilitiques 

Conjonctivite occulaireet pa!pe- 

petrale 

Cysiite algue 

Calharro Vésical 

Coryza 

Cancer 

Coqueluche « 

Déviation de la matrice 

Dysménorrhée / 

Débilité 

Diarrhée 

Dyspepsie 

Engelure (pied) 

Kpistaxis 

Krysipèle « 

Entorse 

Extraction do dents 

Embarras Gastrique 

Epi'cpsie 

Exoma 

Fièvre 

Typhoïde (Fièvre) 

Gastrite Chronique 

Gengivile 

Gastrorrhagie 

Goitre 



1 



c? 

' •^ 

i 

» I 

' . 
1. 

6 
4 
3 
1 

7 

.9 



21 

4 
4 
3 

11 

2 

I 

1 

4 

9 

4 

5 

8 

9 

24 

1 

t 

2 

t 

42 

45 

8 

11 

lô 

5 

2 

1 

1 



Maladies. g 3 

Hernie 1 

Herpès 1 

Hydrocéphale 1 

Hypertrophie du coeur 6 

Hydropisie l 

Incontinence d'urine 2 

Leucorrhée U 

Luxation du bras l 

Mastoïte 1 

Menorrhagie 3 

Néphrite aiguë i 

Névrose 4 

Névralgie lumbaire i 

Otorrhoe | 

Ophthalmi» i 

Pneumonie 5 

Paralysie 4 

Pleurésie 'A 

Palpitations du coeur â 

Prurigo 5 

Plaies 8 

Phthisie 12 

Panaris • 2 

Rupia I 

Rhumatisme articulaire 11 

" musculaire 2 

Rétrécissement de l'Oesophage.. I 

Scorbut I 

Syphilis second 3 

Tumeurs 2 

Taies de la cornée 4 

Tic doultureux 1 

Ulcères 5 

Vulvite 2 

Vomissement de grossesse :\ 

Vers intestinaux 3T 

Variole 27 

Vaccination |."j 



'I 



L'UNIOIf MtolOALV BU CANADA. 191 



NAISSANCBB. 

— ^A 8orel, le 12 Mars» la Dame de J. H. Bélivaux, Ecr., M. D., un fils. 

— A Montréal» le 7 Mars» la Dame de George Leclair» M. D.» un fils. 

— En cette ville» le 9 Mars» la Dame du Dr. A. A. Meunier» un fils. 

— A 8t. Roch de Québec» le 1 1 courant» la dame du Dr. Alf. Simard, 
une fille. 

—A Oswego, N. Y.» le 18 Mars 1872, la Dame de A. A. Desaulniera,» 
.Ber.» M. D.» un fils. 

DÉCÈS. 

—A. Busserah» Turquie d'Asie» le 28 Décembre dernier» William Logat 
Frazer» Esqr.» Chirurgien» 8. 8. Ispaham, second fils de William Frazer» 
M. D.» de Montréal. 

—A. MasRinongé, le 16 Mars» le Docteur Charles Boucher» fils de feu 
le lieutenant-Colonel Bouchoi». 



I 

i 

II 



WMR.WARNER&CIE 

MANDrAOTUBIKBS DS 

'§Mts maétdts m sutn. 

194, Kne fliorlh thlrd, 

PHILADELPHIE. 

Expédiées par la malle sur le reçu du prix du cata- 



Piliiles lodofonn et Ferri de Wamer. 

(Yoyei A ce que chaque bouteille porte notre marque de commerce et n'&o- 

ceptez aucun substitut de qualité iufgrieure.) 

Om Filnlea Mut id tODlqne et nn slterint piliunt, recOHHai* 

dabin lartont dmai la 

PRIX {3.35 PAR 100. 

Sou dannoni d-dswoiu on coDrtHtnltil'Dii rapport de UndéUmMloleda EgmUda 

bAIgli, tal que pubUt iIhu la trMuuUoni de 1b loàtoA mMIoiila da Fanirlnnl*, «a JbIb, 

À riiil*rMiir,jB preMrtTli la qntnlDB et lafliret ona dièlc lènCraDH, nulrrt Mil. t'm« 
bCMWODpds dlOÉDlUit obUDlr d« iraonliUiii» de bonas utun ; aU« irilanl^e mq. 
danot t daraalr i>(lH <t llrldat. J'eaufii ■acceutieoieiit on (rud asmbr* d'alUranU. 
«Ml-mtawnodoradapoWertnnietUcbijni. LacMatdMprofrti trt.l«BUJiunn'i „ ,JÏ 
mcmuUnUoDnitiDiHltaiarlupllulH" ladatonnttdehr^' pu na nitlcla aaJf«U<uI i.d 
llnrfaa) Sworfir. la déôldsl d'eturer ImmMUiUiaisDl le ramide. JsdlKonUnaiil loalaoïn 
MfiamaDtwiinltlIttoTiiial etla donul twli pimlw t™i< (01» P*r Jour. m»iiorMBir*« dm- W. 
- —— ^"^ii nOm i i b A^ J-™ blan«II»»lliacUoBdaTO1rnnproiT«irmpkfir l* 



pâpMoiu j àâtMJ Ifaa». ' Ôâ h pfnl liMiFÎiiDfe' ■ign» frw» dt U hhÏi^ tt tm j-- in fàH 

BtBait.7ïi tniti dam mntn* ch, I'db datutda troli et l'utn d* ogatra ui tna l 
■fcn» liiiiilfat J* nia WDTalasa da VeOlacIté dn remMa. 
■™^ P, L.BIOHAKD. iWi.*,eh.irfM*8aiyt 

Expédiées par la malle lur le reçu du prix du catalogue. 

PIL: PHbsPHORU.S COMP. 



PHDSFHBU u ceitiËna de gnii. Xit. HDIX TaUllDS u qurt de fnlL 

PRIX $13.00 PAR CENT. 

Laphoaphara conMlMt no da* tUmanti ImpoitanU de l'iooiumieaalmala, •Bitoat da 
iumml iil ifn iTatlIinn nnrrtin. tt on te nguda conm» un inséda prèctanx danaleiDuUdlea 
d*oaianlllw.taUMqDe: parUdemtDialn.nniolUHemeiit du oerreu. dWHliHi iMmiue, 
BbUtWa. Hnlnla at Impulannce. La phoapluna l'adinlatatra plni aMownt wna Ibrma da 
BDilaaill?* innn dana un Mat parCilt ds ubdlrMon <Unt dluona daiu la flrcMna. 

U Dr. 0. DolifOlB Beadmau. de l'HSpiul da U PlUé, t Paria, aprii au ttodg tMtaU 

■MtoBBaDce (kVmnla dana eatta malMie. u. Qde la phHpbon ■cil oomm* Mmalautat 
maDd 11 lorTltat d<* ttoaUaa da cSU dea arnoea dIMUb. (Bmlaila tfoïnl da ihlnMa- 

«Sll^ JlD. U rtT. »1I«WIMM« 

A TKHDSK KN OBOB SXULXIIXNT PAB 



j;UNION MEDICALE 



DU CANADA. 



Revue Medico-chirurgicaJe paraissejit tous tes mois. 



Bé dae tm r m CW: \ ( AtriakaUê-IUdacteura: 

j P ttorrar m n f 1 ^ DAGEllAIS. M. D. 

J. p. ROTTOT, M. D. ) ( L^ j^ p, DESROSIERS. M. D, 



VoL 1. mua 1872. Na 5. 



Nos lecteurs se rappellent sans doute que nous avions pro-. 
mis, il y a déjà assez longtemps, de publier le Projet de loi 
concernant la profession médicale, préparé par l'Association 
Médicale Canadienne. Il est probable aussi qu'on doit être 
sur le point de nous accuser de négligence. Voici la raison 
qui nous a fait retarder Taccomplissement de notre promesse 

Ce Bill de médecine est très long et sa publication dans no- 
tre journal, nous mettait dans la nécessité de mettre de côté 
les communications que nous avions regues de plusieurs méde- 
cins ; pour éviter cela nous avons prié M. le Dr David, secrétai- 
re de l'Association médicale, qui est chargé de publier ce Bill 
pour la prochaine réunion de la dite assemblée, d'en hâter la. 
publication, tant dans l'intérêt de notre journal que dans ce- 
lui de toute la profession ; le Dr. David se rendit immédiate- 
ment à notre demande, et nous avons aujourd'hui la satîsfac. 
tion de pouvoir donner à nos abonnés une copie de ce Projet 
de loi," sans rien retrancher de notre journal. 

Comme son titre l'indique ce n'est qu'un Projet, et qui sera 
loin d'être une loi, même après son adoption par l'Association 
médicale. Cependant, une fois adopté, ce sera l'expression 
de l'opinion du corps médical de toute la Puissance, et com- 
me tel, il devra nécessairement mériter la plus sérieuse atten- 
tion du Gouvernement. Il faut se rappeler que l'association 
médicale a été formée pour mettre la profession médicale sur 



194 L UNION MÉDICALE DU OÂNÂDA 

un pied plus élevé, en faisant disparaître les abus de la loi 
actuelle ; que ses travaux, ses efforts tendent tous aux pro- 
grès de la science et au bonheur de l'humanité : il s'en suit 
donc que tout ce qui émanera de ce corps exercera une iorte 
impression sur ceux qui sont au Pouvoir, et que tôt ou tard 
ce projet deviendra la loi du pays. C'est ainsi qu'on a fait en 
Angleterre ; et c'est ainsi que l'on fait actuellement aux 
Etats-Unis. • Il y a là l'Association médicale Américaine, qui 
embrasse dans sa sphère, toute l'Union américaine : autour 
d'elle est venu se grouper un nombre considérable d'associa- 
tions locales, qui ont adopté ses codes et ses règlements, et 
toutes ensemble elles travaillent pour élever la profession 
médicale, et pour faire disparaître les abus qui régnent là 
comme ailleurs, et peut être plus là qu'ailleurs. 

Notre association a été formée dans le môme but, nous tra* 
vaillons pour la môme cause. Et comme le disait un méde- 
cin distingué des Etats-Unis à une de nos assemblées, les 
deux pays ont besoin l'un de l'autre, nous devons nous aider 
mutuellement, et ce n'est que par une telle entente, que 
nous parviendrons au résultat qu'il serait si important d'at- 
teindre. L'Association médicale canadienne a commencé sa 
tâche depuis plusieurs années, et aujourd'hui elle offre à la 
profession, comme fruit de ses travaux, ce projet de loi, pour 
qu'elle l'examine, afin de l'accepter ou de le rejeter si elle 
le trouve convenable ou non. 

La préparation de ce projet de loi a du nécessiter un tra- 
vail immense. Sa confection avait été confiée à un comité 
composé de plusieurs membresi ayant pour Président le Dr. 
Howard, de Montréal ; nous devons dire que c'est sur le Dr. 
Howard qu'est tombé tout le fardeau, c'est lui seul qui a ac- 
compli ce travail, et qui l'a fait tel qu'il est .; aussi n'est-ce 
que simple justice, quelque soit notre opinion sur sa valeur 
intrinsèque, de lui en accorder tout le mérite. 

En lisant ce projet, on voit que le nombre et Timportance 
des questions et des résolutions qui ont été prései^tées et 
adoptées sont une preuve convaincante de la défectuosité de 



L'TTNIOK MÉBItlAIiS DU CANADA. 



195 



la loi qui régit la profession médicale, et de l'urgente néces- 
sité iy porter remède. Le nombre considérable de méde- 
cins de touteis les parties de la Province qui s'est rendu 
auï diverses assemblées pour travailler à cette œuvre, témoi- 
gne du profond intérêt que notre corps éprouve pour œ mou- 
vement de régénération. Et pour les organisateurs, pour les 
membres de la Société Médicale de Québee, c'est tout à la fois 
ua magnifique témoignage d'estime et de considération, et 
une garantie du succès de leur généreuse entreprise. Je dis 
que leur succès est assuré, car nous sommes trop avancés 
pour nous arrêter, il est trop tard pour reculer^ Nous àvoDS 
proclamé à la face du pays tout entier que la loi, qui nous 
régit, est défectueuse : nous avons affirmé la nécessité de la 
réformer ; c'est au nom des intérêts bien entendus du corps 
médical, au nom de là science, et du bien public que 
nous avons demandé ces modifications ; il,faut donc qu'elles 
aient Ueu. Et c'est i ik)us de les faire. En effet, formant 
pour ainsi dire une société à part, occupés d'études spéciales, 
seuls, nous connaissons nos besoins, ce que nous nous de- 
vons à noua-mêmes et à nos semblables : par conséquent non 
seulement il nous convient, mais je considère que c'est sur 
nous qu'incombe l'obUgation de proposer et de faire les rè- 
glements qui doivent régir nos études, nous protéger comme 
corps, et protéger aussi la société en général. 

Mais où donc est le danger qui nous menace ? Quelle en 
est la nature ?Ëst-il vraiment assez grand pour nécessiter un 
tel mouvement parmi nous. De tous côtés on entend dire 
que notre corps commence à être battu en brèche, qu'il se 
commet parmi nous des abus très graves, qu'un certain nom- 
bre d'individus ont été reçus médecins quoique ne possédant 
pas les qualifications requises,' et qu*ïl est à craindre que ce 
nombre aille en augmentant 

Voilà le danger. Et il existe, parceque la loi ne nous don- 
ne pas les pouvoirs suffisants pour les combattre, parce que 
• les privilèges accordés aux corps enseignants sont trop con- 
sidérables et que nous n avons aucun contrôle sur eux. Il 



1 



i !f6 l'union MÉDIGALB du CANAOiU 

est donc temps de remédier au . mal, de fermer la porte à 
ceux qui ne désirent le nom de médecin, et le prestige que 
ce titre donne, que pour faire de la profession un métier plus 
ou moins lucratif, une spéculation sur la crédulité et Thon- 
nêteté publique. 

Nous pouvons dire, je crois sans inconvenance, que la so* 
ciété médicale occupe une position honorable dans réchelle 
sociale, qu'elle est entourée d'estime et de respect, que les 
plus petits comme les plus grands parmi les hommes témoi- 
gnent à ses membres les marques les plus sincères de consi- 
dération, les sentiments les moins équivoques de confiance, 
^e gratitude et d'amitié. 

Ce résultat n'a certainement pas été obtenu par les pompes 
de la grandeur ni l'éclat de la richessa Et nous devons 
être convamcus que nous ne pourrions conserver cette posi- 
tion que nos devanciers nous ont faite, qu'à la condition de 
la maintenir sur les mêmes bases, c'est-àr4ire la science, 
l'honneur et la vertu. Voilà nos seules sauve-gardes. 

Le projet de loi qu'on nous soumet maintenant serat-il de 
nature à nous faire obtenir le but que nous nous proposons : 
c'est ce que nous devons examiner tous ensemble. 

J. P. ROTTOT. 

Montréal 12 Avril 1872. 



OPÉRATION DE CATARACTE PAR EXTRACTION 
LINÉAIRE COMBINÉE AVEC IRIDECTOMIE. 

(PBOGÉCé DE DB GRiEFE.) 

Cette nouvelle méthode opératoire qui a gagné en si peu 
de temps le suffrage de presque tous les opthalmologistes en 
Europe, a été pratiquée plusieurs fois avec succès à l'Hôlel- 
Dieu de cette ville. 

Gomme il serait trop long de publier ici les observations 
faites sur chacune de ces opérations, je ne rapporterai que 
les trois derniers cas opérés d'après cette méthode, depuis le 



L'unCNH HiDIOALS DU OAKABA. 19*7 

commeocementâe février, malgré œpendant qa'aiicua des 
trois n'ait été suivi d'un succès tbi^t-à^ait complet pour les 
raisons que o<ou9 verrons plus loin. 

Avant de donner la description de ce nouveau procédé 
opératoire, je résumerai en peu de mots les avantages qu'il 
présente sur l'ancienne méthode d'extraction à lambeau : 

1o. L'incision se fait à la jonction de la sclérotique et de la 
cornée c'est-à dire dans un endroit qui présente deâ condi- 
tions de cicatrisation les plus favorables, comme on a pu s'en 
convaincre eil observant' la rapidité avec laquelle s'opérait la 
guérison dans lés cas de blessures ou d'opérations faites dans 
cette partie de l'œil. 

2o, l^a plaie correspondant avec Téquateur du cristallin, 
permet àcelui-ci de sortir directement après l'excision de Viris, 
sans qu'il soit nécessaire de lui imprimer up mouvement de 
bascule en avant, comme dans l'opération à lambeau. De 
plus, à cause de cette section périphérique, on peut exciser 
l'iris jusqu'à son bord ciliaire, et ouvrir plus largement la 
capsule, ce qui donne une si grande facilité à la sortie du 
cristallin, qu'il devient inutile d'introduire dans l'œil tout 
instrument de traction. Cette large déchirure de la capsule 
permet auësi d'évacuer plus complètement les masses corti- 
calesj.qui non seulement exposent l'œil au danger d'une ca- 
taracte secondaire, mais encore sont souvent le point de dé- 
part d'inflammations funeste au succès de l'opération. 

3o. La forme presque linéaire de la plaie est déjà par elle 
seule, une cause de supériorité évidente sur l'ancienne opé- 
ration ; en effet, tandis qu'il faut à peu près une couple de 
semaines pour guérir une plaie à lambeau, trois à quatre 
jours suffisent généralement pour la guérison d'uïie plaie li- 
néaire. 

* • 

4o. La section se faisant tgut^à-fait e^ dehors de la circon- 
férence coj;néenne, n'est plus, une cause aussi fréquente d'as- 
tigmatisme que dans l'ppéji'aiioa 4 lambeau, où la plaie est 
toute entière dans la cornée, et ne se guérit bien; couvent 



198 



l'union médioalb d0 cjlmada; 



qu'en altérant plus ou moins iJa convexité de cet organe, et 
en laisaùt une cicatrice qui en trouble la transparence. 

5o. Malgré les inconvénients optiques et cosmétiques qni 
résultent , de l'excision de Tiris, inconvénients du reste assez 
légers lorsque cette excision se fait à la partie supérieure., 
puisque la paupière supérieure recouvre en grande partie le 
coloboma arii/iciel^ il n'en est pas moins vrai que l'irldisc- 
tomie, outre la grande facilité qu'elle donne à l'expulsion 
complète de la cataracte, comme je l'ai dit plus haut modifie 
tellement les conditions de la circulation intra-oculaire que 
les inflammations ultérieures ne sont plus à craindre cpmme 
autrefois. 

f Si, depuis à peu près un an que l'opération de de Grœfe est 
pratiquée à l'Hôtel-Dieu nous n'avons pas encore perdu un 
seul œil par inflammation subséquente, nous le devons tout 
probablement à Piridectomie. 

Je passe maintenant à la description du manuel opératoire, 
et des précautions qu'il faut prendre pendant ou après l'opé- 
ration ; car si l'on veut obtenir les résultats qu'on est en 
droit d'attendre de cette opération, il ne faut négliger aucuno 
des règles qui sont données. 

Les instruments nécessaires pour cette opération, sont : un 
écarteur des paupières, une pince à fixation, un couteau long 
et effilé, (couteau de DeGraefe), une pince à iris droite ou 
courbe, une paire de ciseaux ans et coudés, un cystitôme 
coudé et une curette de caoutchouc. 

L'opération se divise en cinq temps : lo. Incision périphéri- 
que. 2o. Iridectomie. 3o. Ouverture de la capsule. 4o. Extraction 
de la cataracte. 5o. Evacuation des masses corticales. 

Premier temps. — Le malade étant couché sur le dos, à une 
hauteur qui permet au chirurgien de rester assis, celui-ci 
se place en arrière de la tôte, s'il doit opérer l'œil droit, et en 
avant si c'est l'œil gauche. Après avoir placé l'écarteur en- 
tre les paupières et fixé l'œil un peu en bas au moyen de la 
pince à fixation, en saisissant un lai'ge pli conjonetival près 
du bord inférieur de la cornée, on ponetionne avec le cou- 



L'tmlOll MéDIOAU BTT CANADA. 199 

laau, dont le tranchant regarde en haut, la sclérotique à un 
tiers de ligne à peu près de la circonférence côrnéenne, et 
deux tiers dé ligne au-dessous de là tangente au sommet de 
la cornée. La pointe du couteau une fois entrée dans la 
chambre antérieure est d'abord dirigée vers le centre de la 
cornée jusq.u*à une certaine distance, puis elle est ramenée 
horizontalement et conduite sous le bord sclérotical pour y 
faire là contreponction, laquelle doit être symétrique à la 
iponction. lia section est ensuite terminée par en haut, par 
un mouvement de va-et-vient du couteau dont on a le soin 
de diriger la pointe un peu en avant, afin que Tincision puis- 
se longer tout le temps le bord cornéen. 

Second temps. — On remet la pince i fixation à un aide, et 
de la main gauche, saisissant avec la pince à iridectomie,ri. 
ris qui fait généralement saillie dans là plaie, oh excise au 
moyen des ciseaux toute la partie h^miée, y compris le bord 
pupillaîre. Cette excision doit ôtre pratiquée avec beaucoup 
de soin, et autant que possible jusque dan» les angles de la 
plaie, afin d'éviter des enclavements irient toujours nuisi- 
bles au succès de l'opération ; en effet lorsqu'il y a enclave- 
ment de l'iris, la pupille prend une forme iri*êgalière et est 
attirée en haut ce qui est une circonstance très défavorable 
pour la vision ; puis la période de cicatrisation ordinaire 
ment si prompte après cette opération quand elle est bieu 
faite, se prolonge quelquefois très longtemps et rend Tooil 
beaucoup plus sensible. 

Troisième temps. — On reprend de la main dé l'aide la pince 
à fixation, et l'on introduit entre les lèvres, de la plaie le cys- 
titôme en le conduisant à plat le long de la surface interne 
de la cornée jusqu'au bord inférieur de la pupille ; et là, 
abaissant légèrement la pointe de l'instrument, on incise la 
capsule jusqu'à l'équateur dû cristallin eu longeant le bord in- 
terne de la pupille ; une incision semblable est faite du bord 
externe en partant du même point, et l'on ramène en haut le 
lambeau triangulaire de la capsule qui résulte de ces deux 
incisions. 



200 l'union Uiti^ALE DU G4NiM. 

Quatrième temps^ — On applique sur la ficlérotlgue près du 
bord inférieur de la cornée, le dos delà curette de caoutchouc, 
et Ton comprime légèrement le globe de Tœil à cet endroit, 
ce qui fait entrebâiller la plaie et permet à la partie supé- 
rieure du cristallin de s'y engager ; il faut alors incliner la 
curette un peu en avant et la promener successivement de la 
partie inférieure de la cornée jusque vers son milieu,, comme 
pour repousser le cristallin en dehors. Cette manœuvre qui 
donne généralement une si grande facilité à la sortie du cris- 
tallin a en outre l'avantage de dispenser de l'usage de tout 
instrument de traction, dont Tintroëuction dans l'œil n'est 
pas sans amener quelqu'inconvénient. Le cristallin une fois 
sortis, on enlève la pince à fixation et l'écartéur des paupiè- 
res, puis l'œil reste fermé pendant quelques instants pour 
donner à l'humeur aqueuse le temps de se reproduire. 

Cinquième temps, — ^On pratique de douces frictions sur la 
paupière supérieure fermée^ afin de réunir autant que possi* 
ble dajis le champ pupUlaire tous les débris de substanciQ cor- 
ticale qui restent dans l'œil en plus ou nioins grande quanti- 
té après La sortie du noyau ; puis faisant re^rder le malade 
en bas, on presse un peu sur .le globe oculaire à trav»îrs la 
pcfupière supérieure relevée pour faire eritr'ouvrir la plaie^ 
tandis qu'à travers la paupière inférieure on repousse, ces 
masses corticales vers la plaie pour les faire sortii*. On doit 
répéter cet manœuvre jusqu'à ce que la pupille apparaisse 
parfaitement noir. On laisse de nouveau se reproduire l'hu* 
meur aqueuse pour l'évacuer une dernière fois avec le sang 
qui s'y trouve souvent mêlé, et avant de fermer l'œil on ap- 
plique soigneusement le lambeau conjonclîval sur la plaie, 
avec le dos de la curette dé caoutchouc. 

L'opération terminée, or^ mçt sur l'œil opéré \me rondelle 
de toile, et dçs plumasseaux de chai^pie fine en quantité suf- 
fisante pour remplir la cavité oculaire formée par l'arcade 
sourcilière et le nez, et le tout est maintenu par une bande 
de flanelle assez longue pour faire cinq à six fois le tQui* de 
la tête. Ce bandeau contentif est ordinairement relevé tou- 



l'union MÉDICAXiS du CANADA. 201 

tes les 24 heures jusqu'au quatrième jour, tA il est remplacé 
par un carré de soie flottant II est bon d'instiller dans l'œil 
quelques gouttes d'atropine (2 à 2 grs par once d'eaa) chaque 
fois que l'on renouvelle le bandeau. Le malade doit rester 
couché environ quarante huit heures. Au bout d'une cou- 
ple de semaines on peut le laisser sortir ea lui recomman- 
dant de porter des lunettes bleues. 

Obsehyation I.— -Joseph Jeannette, igé de 59 ans, demeurant Bue Jac. 
ques GaKier, est admis dans le service du Dr. Rottot vers la fin de Jan. 
vier. Il a perdu Toeil droit depuis une couple d'années à la suite d*une 
opération pour cataracte, son œil gauche lui permet à peine de se condui- 
re. L'examen fait reconnaître une cataracte dure non encore rendue à 
maturité, mais comme le malade veut absolument en être débai1*assé, M. 
Rottot se décide de Topérer le ter. Février. L*opératiou ne présente au- 
cune particularité dans les quatre premteirs temps, seulement après la sortie 
du cristallin oemme la pupille apparaît noire^ le bandeau contentif est ap- 
pliqué de suite sans pcûcéder à révacuatlon des uMsses coftioales. 2 fé- 
vrier. Le malade n'a éprouvé aucune douleur» la coi^onctive est légère* 
ment ii^tée, la cornée parfaitement transparente et la pupille ^ une for- 
me régulière. Renouvellement du bandeau avec instillation d'atropine. 
3 Février. Pas de douleur, même apperenoe de Tœil, i Téclairage latéral 
on remarque dans le champ pupillaire un peu de substance corticale. Le 
lambeau est appliqué de nouveau avec atropine. 4 Février, La plaie est 
à peu près cicatrisée. Le bandeau est remplacé par le carré do soie flot- 
tan t. Je revois le malade le 20, l'œil est guéri, la substance corticale pa- 
rait s'être absorbée tant soit peu, et malgré I4 présence de ces masses cor- 
ticales dans le champ pupillaire, le malade distingue sans limette à peu 
près tous les objets qui se trouvent dans la chambre, mais un peu.diiScile» 
ment et avec le verre biconvexe 2J il parvient h lire le No 20 de Téchelle 
typographique. 

Observation IL— Elizabeth Bourgoin, âgée de 57 ans, demeurant à l'Azile 
Nazarette de cette ville, a aussi perdu l'œil droit, il y a six ans, à la sui- 
te d'une opération par abaissement, elle est complètement aveugle de Pœil 
gauche depuis à peu près cinq ans. A l'examen fje reconnais tme cataracte 
corticale complète. L'épreuve visuelle étant satisfaisante, je pratiqué l'opé* 
ration, le 6 Février. Au moment oii je fais l'excision de l'iris, le corps vi- 
tré commence à s'échapper de la plaie, ce qui m'oblige à terminer l'opéra- 
tion au plus vite et à laisser de côté les manœuvres nécessaires pour refou- 
ler l'iris dans l'œil afin d'empêcher qu'il y ait enclavement. J'applique de 
suite le lambeau contentif. Six heures après, je revois la malade, elle se 
plaint de douleurs lancinantes dans l'œil, je renouvelle le bandeau en 1ns- 



202 jJtnttùtS MflDIOÀLï DÛ CAHÀDA. 

tiilant quelques gouttes d'une solutiota d'atropiaiB (3 gr. par onoe d*eau^ 7 
t'évrier. L^malado n'a» pas aoufiert depuis hieif soir ; la oorzrôe est parfai- 
tement tra^u3paiiente„ U pupille trôB dilatée et irréguiière et. la conjonctive 
injectée. Renouvellement du bandeau avec instillation d'atropine. 8 Fi- 
vritr. Pa^de douleur, aucun changement dans l'œil, à réclairage latéral 
je remarque un peu de sang dans la chambre antérieure. 9 Février, 
Itféme apparence dé Toml ; comme la plaie ne* paraU pas bien rémUe, je 
continue l'emploi du bandeau conteQtifëvec instillation d^atmptne, encore 
une couple de jours. 20 Fi^orier, La plaie est guérie, la. cicatrice laisse 
voir une petite ligne noirâtre due à la présence de pigment irion«, il y a en- 
clavemefit du lambeau externe de l'iris et le pupille est attirée en baut ; je 
ne vois plus de trace de sang dans la chambre antérieure. La malade 
peut sans lunette dire l'heure à ma montre, elle distingue tous les objets 
qui l'entourent ; avec le verre biconvexe No. ]U), elle l^t aisément le No. 
1\ de l'échelle typographique et parvient è lire. le No. ô. 

OasBavATioN IIL*— Philomène Polder» Agée de 28 ans, se présente dans le 
service du Dr. Roitot tu commenoemeni deMrrier, sa v«ie est très impar- 
Mi^^ mais lui permet cependant de se conduire. A l'éclairage latéral, on 
reconnait dans les deux yeux une cataracte corticale demi*moile. > -M.. Rot- 
tôt pratique Topération sur l'œil droit le i2 Février. La malade mise sous 
l'influencé du chloroforme» s'éveille au milieu de l'opération et Î^W de mou- 
vements qui obligent l'opérateur de h&teria sortie du cristallin sans pou* 
voir évacuer complètement les massée cortioaiiee. 

Le lendemain et les jours suivants, Tœil suit à peu près la même mar- 
che que dans les deux cas précédents ; le quatrième jour la plaie est guérie. 
20 Février, -^l\ n*existe plus aucune trace d'inflammation dans Tœll, la 
pupille est irréguiière, et adhérente par son bord interne à la substance 
corticale qui s'est amassée tout autour; laissant au milieu une ouverture 
parfliitement transparante. Sans lujotte, la malade voit assez distincte- 
ment de loin, et avec le verre biconvexe 4, elle lit avec facilité le No 5 de 
l'échelle typographique. 

Si cette correspondance n*était pas déjà trop^longi^e.. je se- 
rais e&tré dans quelques détails, sur les Snouvelles méthodes 
d'extraction dorçataraote de MM- Liebieich et Landré, pour 
lesquelles ce deux chirurgiens réolament la supériorité sur 
l'opération de de Grafe, mais je me contenterai de citer les 
quelques lignes suivantes qui feront connaître l'opinion à peu 
près générale des ophthalihologistes sur cette question : 
'^ Les défenseurs de l'extraction à lambeau ont toujours été 
^^ obligés de reconnaître que cette méthode n'est pas a{)plica- 



l'union MiDICALB DU CANADA. . 203 

'' Ue dans certajlns cas , I^a méLbode dede.Grafe 

'^ ne connaît pas môme ces ezceptloQS, çt nous. sonMines.con- 
(( vaincus (m'eUe s^affirmera chaque jour davantage. comme 
^' méthode générale, surtout lorsque la pratique journalière 
'^ aura démontré à tous les chirurgiens que. c'est le procédé 
^^ qui donne le plus grand nombre do succès et permet de 
^' rendre les opérés, plus vite 4 leurs travau](. " 

Dans un au^re endroit, le même auteur dit : '^ he. chii&e 
^^ des résultats publiés permet incontestablement de rem- 
^^ placer tous les autres procédés, d'extraction linéaire par oe- 
^^ lui de M. de Grafe» (Meyer- Traité des opérations qui sç pra- 
tiquent sur l'œil Mit : 1871.) 

^' Que les adhéreitts des différente? méthodes d'extrs^ction 
" ne s'étonnent pas, si, jusqu'à preuve du contraire, l'immen- 
^^ se majorité des oculistes continuent à préférer l'opération 
'^ arec ouverture de la capsule, et en particulier, à cultiver 
^' l'extraction linéaire de de Grafe, car elle a en sa faveur les 
^^ plus belles statistiques opératoires qui aient jamais été pu- 
" bliées, — (Annales oculistiques. Livraison de Mai et Juin 1871.) 

Montréal, 21 Février 1872. 

Dr. Eu. Desjardjns. 



MOYEN DE DISTINGUER LE SANG DE L'HOMME. 

l^AR CASANTI. (1) 

Il emploie une solution d*acide phosphorîque d'uiie densité 
de 1,18 ; il dessèche le sang par évaporatîon, le réduit en pou- 
dre fine, puis verse sur cette poudre une certaiiie quantité 
d'acide phosphorîque ; il fait enfin le mélange intinie'avéc une 
baguette de verre 

Est-ce du^ang humain, celui-ci se.gonfie d'abord, se ramollit, 
forme bientôt un tout adhésif, une masse brillante, de là cpu, 
leur du foie, de la consistance d'un extrait très dense^ très 
plastique. En comprimant la masse avec un tube de verre, 



(1) (JfjiiniU de Cl^miç Médical 3e. Série, Tom IV, pnge S73). 



204 l'union médicalï t>v canada. 

elle cède à la pression sans se diviser et de /lent au contraire 
phis homogène et plus cohérente. 

Fait-on la même expérience avec du sang de bœuf, de veau, 
de mulet, de cheval, de jument, de porc ou de chevreuil, 
voici comment lés choses se passent Les molécules sangui- 
nés pénétrées par l'acide se gonflent et se ramollissent d'a- 
bord ; mais au lieu de se réunir pour former une seule masse 
homogène, elles se forment en divers grumeaux de U couleur 
dii foie, très durs et très brillants, qui refusent obstinénient 
d'adhérer entre eux ; pressés par la baguette de verre, Ils pa^ 
raissent peu cohérents, peu tenaces et se divisent de plus en 

plus. 

Le sang des gallinacés ne se prend nullement en masse co 
hérent* ; quand au sang du chat, il se comporte d'abord 
comnie celui de l'homme, mais il offre moins de densité et de 
cohérence. 

Cettp étude sur les caractères distinctifs du sang humain 
nous rappelle uiie célèbre parole de l'apôtre St. Paul, dans 
une de ses épitres immortelles, lorsque parlant aux Gorm- 
thiens il leur dit : " Non omnis caro eadem caro alla quidem 
''hominum, alia vero pecorum, aUa volucrum, alia autem 
"Discium," ch. 15. V. 39. (Toute chair n'efet paôla môme 
chair • mais autre est celle des hommes, autre est celle des 
hôtes 'autre ^st celle des oiseaux, autre celle des poissons. 

Oui la chair de l'homme est différente de la chaix de l'a- 
nimal'- oui, cette chair coulante qu'on appelle le sang est dif- 
férente' ; et. cependant jusqu'à ces dernières années on les a 
confondues 1 II a fallu les travaux d'un grand nombre de 
savants et particulièrement de ceux d'Isidore Geofroy Samt- 
Hilairc, pour faire, non point encore accepter, mais bien pro- 
poser ek histoire naturelle un quatrième règm : le règne hu- 
main, distb'ct de celui des mauimifères. 

Et cependant il y avait plus de 1800 ans que la parole chré 
tienne l'avait révélé au monde l .... 

Qu'on ne vienne donc plus nous parler de religion co.Timâ 



L'tmtOfN MÉOIOALX DU CANADA. 205 

d'un joug qui doit faire rétrograder la. science : qu'on ne 
vienne plins dire que ces deux termes sùience et religion, d<yi^ 
vent être absolument sépaarés, qulte ^ hurlent d'effi^oi de se 
voir accouplas.-' Nooj il n'en est .point ainsi. Qnels que 
soient les effbrts des ennemis de Dteu, le p^rogrèsse fait et se 
fera par le Ghristianisme. Un grfKnd Médeciu dont je lie puis 
me rapj^ier le nom, disaflt vers le milien de notre soiëcle : 
Votr& devise doit être : > Instanrare oiiiniâ in Christo. Le 
dogme n^a point banni la scie«ce, loin de làyiô'est lui qui la 
sauva dans les âges de ténèbre, en U conservant à l'ombre 
des monasiërea C'est lui qui reneonrage et là guide dans 
nos âges de tristesse et de lutte. L'ordre sarnatorel soutiëtit 
l'ordre naturel, loin de lui naircy il lui communique la vie, et 
si d'une part la foi semtde limiter notre raison en lui pro- 
posant d'emblée certaines vérités indémontrables, ces nou- 
veaux axiomes^ au lieu d'être u# obaitacle sont la point d'ap- 
pui tout-puipsant qui manquait à A^îchlnièide pour soulever le 
monde. lia foi nous le donne, et jette la scienoe humaine 
dans un progrès sans bornes, dans une carrière sans limite^ 
en lui communiquant l'idée de rinfinû 

Dr. S. Ai'LONôTiïi. 
Lapraino, n Avril 1872. ' ' . 



AMPUTATION DE LA ClJlSSE. 



I • 



Mr. X. âgé dé 69 ans, se présenté à Thôpital avec une ul 
cératioû considérable de là partie mo^nne de la jambe 
droite. La plaie a à peu près-6 pouces de ïong sur 4 de large, 
e titrés profonde ; le tibia est non seulement dénudé etxdfcéré, 
mais sa partie moyenioe. est eabàrement . disparue parl'ab»- 
sorption, les: bords de la plaie sont renvecsés.en dehors et 
forment tout autour un bourrelet trèa épais. L'odeur est in 
feote. La jambe jusqu'au g^^u est tuméfiée^ Les douleiïrs 
sont atroces. Le malade est faible, il a perdu considérable' 



206 



l'union MiDJCALB D0 CANADA. 



à 



ment do 90a embonpoint et s'aperçoit que ses forces dimi- 
nuent plu» vite depuis quelque temps. Son pouls es<f naturel • 
Aucun autre organe n'est affecté^ mais il a une ancienne her- 
nie très considôrable* Cette plaie est le résultat d^une con- 
tusion produite sur la jambe^ il y a à peu près trent^e 
ans ; il fut obligé alors de garder le Ut pour quelqiuesi semai- 
nes : puis il reprit ses occupations avant sa guérisoa com~ 
plëte. Il resta un petit ulcère qui pendant 2S ans ne prit 
point d'extension, et ne lui causa presque pas d'inconvénient. 
C'est depuis ld67 que la plaia commenta à s*enfliammer et à 
s'agrandir,et aujourd'hui elle présente tous les caractères 
d'un ulcère cancéreux. 

Les médecins de Vhopital furent d'opinion que l'amputa- 
tion seule pouvait donner au malade une chance de lui 
sauver la vie. 

Le 1er. Janvier 1672 il fut xflis sous rinfluence du chloro- 
forme, et assisté des médecins de radtel-Dieu, je ils l'ampu- 
tation de la cuisse à son tiers inférieur, par lambeau • anté- 
rieur et postérieur. 

Le Dr. Beau bien fit la compression de l'artère pendant l'o- 
pération, le malade ne perdit pas une once de sang ; une li- 
gature en fil fut mise autour de l'artère ; les hors de la plaie 
furent réunis par des points de suture en soie, puis le bandage 
roulé. Le malade supporta l'opération très bien. 

En examinant ensuite la jambe amputée on trouva les os 
ramollis dans toute leur étendue, la moelle laissait échapper 
un liquide huileux, le cartilage seul était intacte. 

Le soir de l'opération je fis donner au malade une dose de 
jusquiame, il passa une bonne nuit. Le lendemain il fut assez 
bien, sans douleur dans la cuisse. 

Le 1er. Février, le pouls est vite, langue sèche, la peau 
chaude. Prs : quinine 1 gr. 3 fois par jour, vin, bouillon, etc, 
traitement stimulant La plaie présente néanmoins une 
bonne apparence ; ce traitement fut continué tout le temps 
de la convalescence qui fut très longue, car la plaie ne. fut 
entièrement guérie que dans les premiers jours d'avril. Mon 



ioadvartânce ea ne faisant pas prendre une position inoliQéa 
aa iinoignQn diurani les premiers jQujps après Topération fut 
probablement la cause d'une ^guérison si lente, .. Après ces 
amputations, les miiscles élèrent le membre, dedoite:que la 
matière s^acçumude et forme des trajets flstul&ux ; c'e9t ce 
qui arriva daps qe cas ; je fus obligé de faire une Qontre<ou- 
verture et d^.fatrg'une large incision dans le bord inférieur 
de la plaie qui était déjà unie pa r première intention, afin 
d'obtenir une libre sortie pour 1*0 pus, tout eri'fàîàant prendre 
en môme temps, au membre un^ position convenable pour ob- 
tenir cet effet. J?aippliquai aussi le bandage ^érré aftrt de te- 
nir les parties en juxta- position. Les symi^tftttîës commencè- 
rent ensuite à s^améliorer, et aujourd'hui le malade est com- 
plètement guéri. A là suite de ce compte irehdu, je crois 
quHi serait' -intéressant de faire cbnnattrè là modification 
que-Pou ï^ropose pour ces sotltes d'opérations*. 

Je prends cela dans un rapport publié par le (département 
de la guerre, des opérations faites dans ^aJIr^lée des Etats- 
Unis depuis .rannéé 1865 à. 1871 et dont une copie i^ous a été 
envoyée au mois de Février dernier. C'est un rçcuèil des 
plus important et des plus instructif. Cette ^lodiflc^tion est 
proposée par le Dr. Mc6ilL Elle consiste à . conserver a^sez 
de périoste pour recouvrir l'extrémité de l'os ap|:ès l!amputa- 
tion. Voici comme il procède. Après ayoir fait }e^ Um- 
beaux, vous retractez les muscles sans toucher, le -périoste 
avec le couteau. Puis avec votre couteau vous faites une in- 
cision, dans le périoste pour obtenir un lambeau ant^leur 
large et assez long pour couvrir la substance médul^ire* Ce 
lambeau est soulevé par décollement, il doit ôtre jntaçL Le 
périoste retracte plus que la peau. L'os est ensui^ spié avec 
précaution, pai;cequ'on doit .éviter délaisser venir en cox^tfçt 
avec la partie interne du périoste aucune particule osseuse 
séparée du reste de l'os. On laisse ensuite tombr le lambeau 
sur l'extrémité de I'^mt, il .le.vecouvre et y adhère sans qu'il 
soit nécessaire de l'y fixer d'aucune manière, ce qui d'ail- 
leurs > pourrait se faire facilement. Les résultats obtenus par 



SOS L^UNIOir XfOIdALt 7>V CANADA. 

lui et par d'antres môdecins de l'armée américaine ont été 
assez satisfaisants, pour l'autoriser à recommander fortement 
cette modification à l'attention de la profession. Pourquoi 
dit4l la substance de l'os ne requerrait-elle pas son envelop- 
pe naturelle c'est-à-dire le périoste, pour pouvoir vivre, com- 
me les muscles et les autres tissus requèrent la peau. 

Dr. J. p. Rottot. 



A M. le Dr. L /. P. DesRosiers^ 

Monsieur^ — Les éloges que vous nous fîtes dernièrement du 
Canabis Indica excitèrent ma curiosité, et, dès lors, je dési- 
rai beaucoup un cas qui me fournit l'occasion d'essayer ce 
grand remède. Le destin m'a favorisé, car, peu de jours 
après votre communication, une dame qui soufTrait depuis 
longtemps d'une ménorrhagie assez grave vint me consulter. 
Elle me dit avoir été traitée par plusieurs médecins, mais 
sans succès. Comme vous le savez, cette indisposition, sans 
ôtre le désespoir est au moins l'ennui des disciples d'Escula- 
pe. Aussi, peu confiant dans mes forces, j'aurais probable- 
ment pâli en face de la lutte qui m'était offerte, mais, encou- 
ragé par vos succès, je promis atout hasard, une guérison 
complète et rapide à mon inquiète patiente. Je dois vous 
dire qu'elle parut me trouver téméraire ; néanmoins elle pro- 
mit de se soumettre à mon traitement. Alors je lui admi- 
nistrai le Canabis Indica à la dose de deux grains par jour ; 
et, après trois jours de médication, je constatai, avec un indi- 
cible plaisir, que j'avais maitrisé la maladie. Je vous ferai 
remarquer que, chez cette dame, le Canabis Indica ne pro- 
duisit aucun de ces efFets nerveux qui effraient tant d'ordi- 
naire les parents. 

Si je ne me trompe, personne n'avait encore expérimenté 
ici ce précieux remède (nouveau quant à son application) et 
dont la profession, à mon sons, peut tirer de grands avanta- 
ges. 

J'ai l'honneur d'être, 

Votre obt. 
A. Dbsghamps, m. D. 



I/UNIÛN XiDIOALX BU CANADA. 209 

SOClâTâ M<DICALB DS lfOKTA<AL. 



i*4d 



Séance extraordinaire du 21 Péyrier 1872. 
Présidenoe du Dr. J. E. Coderre. 

Membres présents : Drs. J. W. Monht, A. B. Larocque, A. 
Ricard, 0. Bruneau, LiJ. P.'Dôsrosïers, J. P. Roltot, F. X. 
Perrault, A. P. Brosseau, J. M. A. Penin, Ed. Mount, P. E. 
Plante, A. Desjardins, A. Rollln, A. P. N. Vilbon, S. Gauthier 
E. Hurtubise, 6k Gfrenier. 

Le procès-Terbal de. la précédente séance est lu et adopté, 
La discussion sur la raccinatibn est à l'ordre du jour. 

Dr. A. B. Larocque :— Gomme raccinateur public et oiB- 
cier do santé, j*ai fa^it des'risites dans les maisons où la petite 
vérole. avait fait des victimes du sévissait encorefet j'ai obser- 
vé que chaque fois qu'une bonne marque était apparente, le 
vaccin faisait preuve de son efficacité, caries personnes bu 
ne prenaient pas la maladie oii n'avaient qu'une variole béni- 
gne. Mon confrère, le Dr. Dugdale quî,m'accompaçnait cor- 
robore mes avancés. Nous avons cependant trouvé peu de 
bonnes marques, munie chez les enfants que l'on nous disait 
avoir été bien vaccinés. Le nombre extraordinaire de succès 
que Ton obtient dans les revaccinations prouve aussi que le 
mode de vaccination actuel laisse à désirçr. Il serait préféra- 
ble de se servir de la lymphe. 

Dr. F. X. Perrault* — J'ai beaucoup vacciné, le plus souvent 
avec succès, et j'ai observé qu'en temps d'épidémie les per- 
sonnes vaccinées ont été préservées. 

Dr J* W. Mount«*-Quelqnes*un8 préconisent lé vacoin en 
tubes ou la lymphe, je préfère là gale qui en séchant devient 
impennéable et conserve ses propriétés plus longtemps. Je 
erois qu'il est impossible de dire comUen de temps la Tertu.prô- 
servatrice peut durer chez quelques-uns 2 ou 3 mois peut-être, 
chez d'autres toute la vie, aussi je recommande la revaccina- 
tion chaque fois qu'une personne est plus directemenir expo- 
sée à contracter la maladie. 
2 



210 L'tmroK Mii>roALs t>v canada. 

A Acton Vale, il y a qiï6k}ueift années, j'ai fait une expé- 
rience décisive en faveur de la vaccination. Une épidémie 
de variole comrhençait.à sévir â*une manière alarmante, 
lorsque je me dévouai pour aller vactiùer de ïD&tBoa en mai- 
son. J'av^lf à peine Urmin^i^ ma ru^e ■ besogne que répidé- 
mie. avait coqipt^timent disparue. Dans ma pratique^ je re* 
vaçoine 33 anglais contre 4 à 5 . ca^adien/^ et je crois qna 
riOidifiéreuce ou les préjugés qui existent paxmi/pps com|ia« 
triotes à cet égard sont une grande cause de 1^ mortalité qon* 
sidérable que Ton observe chez eux. 

Dr. A. T. BiiQsçeau :— J'ai remar^fué à ^'Hôtel-Dieu et dans 
ma pratique que la mortalité était plus grande chez les non- 
vaccinés et que la variole éjait jplus confluente. 

Dr. A. P. V. Vilbon.— J'ai eu 2 cias de 'varioles confluentes 
chez des personnes qui avaient déjà eu la maladie et qui ont 
succombé à la seconde attaque. La vertu préservatrice du 
vaccin est poiir'moi douteuse. 

Dr. J. M. À. Pétrin : — ^Pçu de confiance dans la vaccine. 

Dr. Ed. Moùnt :* — Je considère le vaccin comme un préser- 
vatif, mais malheureusement il n'est pas toujours bon. H 
serait préférable d'adopter la vaccine animale. 
, Dr. P. )&. Plante. — J'ai observé 23 cas, 4 i^on vaccinés. J 
variole confluente, 2 cas morts vaccinés. 

Dr. E. Hurtibise : — En faveur de la vaccination. ■ 

Dr. S. Gauthier. — J'ai vacciné un grand nombre et aucun 
de ceux-là à ma connaissance n'a pris la variole, cependant 
je ne crois pas que la vaccine soit un préservatif sûr. Il vaut 
mieux expérimenter sur les nouveaux modes de vaccination, 
voir par là le meilleur et attendre le résultat de l'expérience. 

t>r. Lk A. K Desjàrdins.-^Bn faveur de la vaccination* 

Dr. L. J, P. Deérosiers, — Je distingue trois espèces de vac- 
cin. Le bon dont la vertu préservatrice est prouvée par 1^ 
bons résultats que L'on obtient, le faux qui he prend ^s et 
le mauvais ou viraient qui produit desiescharres et quelque- 
fois la mort. Je me suis bien trouvé de lu lymphe, 

Dr. J. P. Rottot.— Je n'ai jamais tenu de statistiques, j'ai 



i/'mu*ir MtDîOAJUB i>vi oakàpa. 211 

remaïqaé oepisadàtifr que les vaccioi^d avaieal souvent une^ 
variole discrète, les aulrës uue variol4 iconQuante. D^ns les 
premiers temps, la vaccine doonait. uae immanHé iCQmplète^ 
auJQusd'hui le vaccin est.dégéûoéré, il fautl9< ii^eopi^uvoleiv. • 

Dr: 'A. Ricard : Jusqu'à présent: taas 8on?t eo : faV'e^n . de la 
vacctoatioa, mdis.beiiueûup pensent'que le8>gal^$>ne pré^ea- 
tent pas les garanties nécessaires. II faut avoir <lu cow^j^^* 
Sd la Tacciqd était réellemeiit la petite vérole Iraiij^pi.ieQ- à la 
vacbe, au moyieD de régénération il sexail; bon d'inocuiei: .la 
variole à ces animaux. Mais dajQs tous l^s ca» lo.pyemiçr pas 
à faire sériait d£ vdccinël:)avAc.lai lymphe WGfi le va,ccLu. ani- 
mal ou da bras: à bi^as. Cependant le cow-pox est quQlqtjyejrois 
très mal supporté;, produit uae foiie fièvre^ !méine d^e oojiyul^ 
sioiis. 

Cbevchons* le meilleur miod» de vaocinatîetik. Quand^bien 
môçie cela prendrait du temips et de rargent,'il s'agit de pi*é- 
server de. la maladie la. plus affneuse et on ne^doiUpae oômp* 
tor nos peines. 

Dr. J. G. Bibaud : Le fcon vaccin ancien donnait ime immu- 
nité presque complète. Le vaccin anima! est plus foi^t,' peut-être 
trop fort même et produit plus de fièvre. Le vaccin^est dégéné- 
ré, vicié par d'àtttrts maladies. J*en àf eîi une triste expérience 
par la perte d'un de mes enfants vacciné avec du vaccih ga- 
ranti bon par un pharmacien qui disait Tatoir importé de 
Londres. Quoique j'eusse pris toutes les précautions requises, 
me servant d'une lancette à ce seul usage, une éruption suivie 
du choiera infantum ainena la mort Nous sommes si peu 
prudent ici en Gdûa«dajgouc collecter n^otrç vaccin qu'il est 
vraiment surprenant que des cas de ce genre n'arrivent pas 
plus souvent. Ghe^ inn çniaiit ayant une éruption il est dif- 
ficile de produire une bonne vacqUiatioap. Une éruption ne 
s'implante pas si^ur une aiitj:^ éi^ptioiu Les persai)Dei9 bien 
vacciDÂes, ont prQuqvie Jiqï^ours.eu, unç variole, modifiée. La 
revs^GCiMtion. avec, du bon virus produira d«e. bens effets.. Re- 
vacciuez Mpntrèal â^vy^urd'àuj et vq^s verreps .Ié^ vayiole dis- 
paraiitie. On coniiait Teffs,! de la oraiafte, dan^ U propagation 



212 L'tmiON KÉBIOALl 1)0 CANADA. 

des maladies, la revaccination a eh outre l'effet de rassurer 
l'esprit, ce qui est déjà beaucoup. Il faut donc vacciner et 
revacciner avec du bon vaccin. 

Dr. O. Bruneau : — Les cas que j'ai rencontré dans ma pra- 
tique depuis ma première lecture m'ont prouvé la vertu pré- 
servatrice du vaccin. Je pencherais pour l'adoption de la 
lymphe comme règle générale. 

Dr. J. E. Goderre : — Pour moi la vaccine n'est pas un pré 
servatif de la variole. C'e^t une maladie du cheval trans« 
mise à la vache, et de la vache à l'homme, maladie d'un ca- 
ractère virulent et gangreneux. Chez deux enfants non 
vaccinés que je soigne en ce moment un a une variole dis- 
crète, l'autre confluente. Les cas de variole qui se sont ré- 
pétés une seconde fois chez le même individu se sont très 
souvent présentés à ma connaissance.: sur 71 varioles à 
l'Hôtel Dieu, 63 avaient été bien vaccinés, 17 sont morts par- 
mi lesquels 11 vaccinés. Je suis loin de vouloir adopter 
une mesure quelconque en faveur de la vaccination. 

Le Dr. Ricard, secondé par le Dr. A. B. Larocciue propose 
ensuite la résolution suivante : 

D'après l!histoire et l'expérience depuis Jenner jusqu'à 
nos jours on reconnaît que la vaccine est le préservatif de la 
variole. 

Une discussion s'élève sur cette motion et la séance est 
ajournée. 

Dr. Georgbs Grenier. 

Société Médicale de Montré ai. 

Séance du 28 Février 1872. 

Présidence du Dr. J. E. Coderre. 

Membres présents :— Drs. A. B. Larocque, A. Ricard, C. 
Dubuc, O. Bruneau, F. X. Perrault, J. M., A. Perrin, Ed. 
Mount, B. H. Leblanc, A. Dagenais, G. Grenier, J. P. Rottot, 
A. T. Brosseau, L. Lefebvre, A. Déchamps, P. E. Plante. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 



l'union UÈDXOkVÈ BU OANÀDA- 213 

Le Secrétaire donne lecture d'une lettre du Dr. F. L. Ge- 
nand (de St. Jacques de TAchigan) accompagnant Tenvoi 
d*un travail sur les ^^ Effets pernicieux du tabac." 

Il est ensuite proposé par le Dr. P. E. Plante, secondé parle 
Dr. J. M. A. Perrin, que ' le Dr. J: A. Lapierre soit admis 
membre actif. Adopté. 

Le Dr. J. E. Coderre donne lecture de la troisième partie 
de son travail sur la vaccination dont l'objet principal est de 
démontrer les mauvais effets de cette pratique en Canada. 

Je ne prétends pas dit-il en résumé, convertir mes confrè- 
res à mon opinion, mais j'ose espérer que plus tard ils. ver 
ront comme moi. J'ai donné des autorités pour établir Ti 
deatité du virus variolique et du virus vaccin. Devergie, 
Depaul, Piorrf, Bouillaud et tm grand nombre d'autres sont 
de cette opinion. J'ai cité leurs faits et leurs expériences. 
lA maladie, adoucie dans les premiers temps, reprend sa vi* 
rulence et alors on voit les mauvais résultats. J'ai cité dés 
médecins comme Epps, en Angleterre, qui après avoir vacci- 
né 120,000 personnes considère le virus vaccin comme un 
poison, Pierce a vacciné pendant 20 ans des milliers de per- 
sonnes à Londres ce qui n'a pas empoché que plusieurs 
soient morts de la petite vérole, En présence de ces faits nous 
somme forcé d'admettre que la vaccine ne préserve pas. Le 
Dr. Chopin, du Sault au RécoUet, nous a cité 4 cas vaccinés 
avec le môme vaccin, dont 1 a suivi les phases ordinaires et 
3 autres ont été suivis d'ulcère, gangreneux et de scarlati- 
ne. Pourquoi exposer ainsi la vie de nos malades ? 

Tout le monde n'est pas destiné à prendre la petite vérole, 
alors si la vaccine n'est pas un préservatif sûr, pourquoi faire 
courir de tels risques pour empocher l'invasion d'une mala- 
die que peut-être l'on n'aurait jamais contracté ? Je ne sais 
si c'est la vaccine ou la prédisposition des enfants^ toujours 
est-il qu'on voit survenir souvent de très mauvais effets, 
mais on met tout sur. le compte du mauvais vaccin. Du mo- 
ment que les épidémies se déclarent, on vaccine et les épidé- 
mies se généralisent. On introduit dans une constitution saine 



ai4 L'imiûif idbioALX bv ganaba 

une maladie vlruleale et pourquoi ! Peut^ôtre cet individu 
u'aux«it jamas pm la maladie. Un tel n'a pas pris la variole, 
dit-on. Est-ce Teffeti préservatif du vacoin ? Non, on ne peut 
rassurer. J» n'ai jamais prétendu dire que le vaccin donnait 
la syphilis par lui-mêmâ| mais si on ne vaccinait pas lon.n'au* 
rait pas ces accidents à redouter. 

La vaccin peut produire ,des affections tuberpulei^âs«r&ci|o- 
fuleu8es> caacèren^cSvSïphiUtiquescy etc. Depuis l'intrpduo. 
tion diS cette praiique la.diphlédçite, le çbjolér^ le typhus, l'a^ 
Uénation mentale ont pris une .extension funaste. 

Jenner n'a vacqiné qu'un de ses ûla qui est knort de con- 
somption. Sur la ftn^tJeonei^ voulait vaccioier tous les ans, 
preuve de son peu de oonflance daûs la vaceination. En 
Chine la variole s'est déclarée laprèellintrodliciioa du vaccin. 
En Suède parmi une pdptilationî que Toni dit être ^ien vacci- 
née 2000 personnes sont morfaes ed un !an de là petite véroie. 
J'espèreque .dans 25 ans bette .pratiqp:ie sedra complètement 
abandonnée. : i ' 

Dr. J. P. Rôttot :— H'iile'séifible que le Dr. Côdei^ré n^'a'pas 
traité son sujet comme lldeviàilf le faire. H à mi^ d\in côté 
toutes les olj^èrVations qu'il â plu te<îuèillir contre la vaccina- 
tion et n'a cité aucune de telles qui sont favorables à cette 
pratique. Le niOlns qu'il aurait pu faire, aurait été de cîler 
les expérierifees en faveur. lîn tel dluil, a été bien vacciné et 
a pris la vari^ile : Cela ne suffit pis. A-t-il été bien Vacciné ? 
Avait-il une bonne marque ? Qui nous dit que le vaccin était 
parfait? Tous lés cas que le docteur li^a pas suivi lui-même 
pemdant lapéri'dde de viicéiàatioh sont incertains. Il faudrait 
prouver d^âW*d que le vaeèin était bo&. Jusqu'à cette année, 
i*avate fait peu d'observations , sur la marche : nahirelle de la 
vaccine elt je- càrèis qu'un grand nombre de mes confr^res^sont 
daDsi.te'mtôine cas. Avant de; piroclame;r la vaccination non 
efficace^ U faudrait avoir l'observation du médecin qtà pour- 
rait 'Certifier que la maladie a parcouru toutes ses phases. 
BouTBnt il ne se développe qu'on petit boutbn qui n^a pas la 
t^rttiâe présër^t' ^t les parents cotn-^nt leurs enfants 



l'union. XfolOAIiB V^ OAITAIki» , 215 

comme biea yaeciûés/ODL si.on:1wr demanâQ «i leurs :e!MiaDts 
ont élé vaccin66) Ils répoodept dans l-affiroiaUve quoiqu'e^ 
les que9tio0fiai>t'de Douveiiu^ oa s'ai^aure qiia le vacçîD o'a 
pas'pris du to«rU.> .. < < i • ' 

kpfSB dvbip- Va^oin& èf suivi la maladie lebea un grand 
nombi^e et s'étire a«dtt¥ê qilé la Taecine fa*a^pëd pbéderrit^ 
iadiYidtis; on pôun^r^it vê^r alopg oontesftef ses ëlTets; inais 
aussi longtemps que 16& dtseryations ne seront^^to 'faltes'de 
cette ïnsfniëré, on* M doit'pâB en faire de cas; Bn^Ëuro^pg on 
a fait de vaétea opéfâitldniEk Dans ions lespays, dans tous les 
temps, M' s^vu'la vaèbltie préser«rer d^nne manière presque 
complète c par toute' l'^Buroipe lu y^tiùlef était presquedi^- 
roe. Alo^ on^^tt VèïMïê^^M Bi négligeâtes précautiefns re- 
coniniandéeÀpioWiobténir'^Aubon va([^in,on à réconnu que le 
vaccin ne pbéservaBll pllïs; pâPbOBséqUeiït dégénérait et M don- 
nait qu'une inlinuifiité É^elatiiyo. On s'est alors remis' ft' Tacci- 
ner avéè'du ceW-^pôr, oii \a, reTadeiné^t bn a réussi à' artôtèr 
de nouveau dés épid^tfiiès pat toute TEurope. Dan à une 
ville, dans un' viHagé on a'réussi'de môme à arrêter des épi- 
démies* par la même méthode et <>ela non pas une seule fois, 
mais un grand nombre de fois. ' > . 

H est impossible de croire qiie des 'faits semblables répé- 
tés plusieurs fois' se soient présentés ^ar pur accident., ,'tioin 
de propager les épidémies', €bii[ime le prétend le Dr. Çodçrre 
on a réussi à les arrêter de cette manière. ' On a de plus ino- 
culé ensuite che^ des personnes bien vaccinées le vîru;! vâ- 
rioliqùe «t ce dernier n^a pas pris. Comment le pi». Coiérre, 
en face de faits semblables peut-il affirmer que la vaccine ne 
préserve pas ? Tout au plus aurait-il pu exprimer un doute 
quoique pour moi ce doute. ne soit pas râisoilnatfle. Ceci 
n'est pas une question que Ton peut décider par le raisonne-^' 
ment, maïs bien iipe question de faits. Avant de pouvoir 
détruire lés expériences qui ont été faites, le Dr. Godjerjçe' doit 
en amener qui prouvent la contraire. C'e$t ce qulî n'a pas 
fait. 

Dans une' questidn aussi Itnportante pour Hé' j^ublic, quand 



216 ' l'union HimoALS du oanada. 

il s'agit de pi^server ros semblables de la plus affireuse ma- 
ladie, il faut y regarder à deux fois avant de semer dans le 
public des préjugés contre le sefol moyen de préservation 
que nous connaissions. Cette maladie n'existe paK «enle^ 
meai da^s rimagination des gens effrayés, comme paraît le 
faire croire 1^ Dr. Goderre, car nbu3ftvoas malheureusement 
trop de faitp so^s les yeux. Certainement tout le moade 
n'est. pas destiné apprendre la maladie, mais .cela âoit«il nous 
empécberde prendre les précautions convenables, surtout 
qua(nd le moyen préservatif est aussi innocent que la vacci- 
nation ? Le Or, Coderre affirme l'identîié du virus vaccin ^t 
du virus vari^lique. C'est ce qu'en- effet^lusieurs ont essayé 
de prouyierj^ mais op a prouvé au copt^^ire t^ie h vapcijn don-. , 
naît toujours de 1^ vaccine et le Tirus varioliq^^ela variole. Ce ^ 
quia troimpé certains observateurs, c'est qu'ils n'ontpas poussé 
leurs expériences a^ssez loin. Aprèfl avoir, iaoculé 1^ yacbe 
avec la variple, ils ont obtenu une pustule dont< la manière 
transmisQ à l'çnfant a produit une seule pustule. Mais, s'ils 
avaient continué l'expérience comme d'autres l'ont fait, c'est* 
à-dire ta*ansmettre la matière prise sur cet ^fant, à un/au* 
tre, ils auraient vu qu'elle produisait un plus grand nombre 
de pustules, si bien qu'à la troisième ou quatrième transmis- 
sion on produisait une variole confluente. La variolç trans- 
mise à la yacbe ne perd donc ses propriétés virulentes que 
pendant un certain temps. Au contraire on a inoculé 'la 
vache avec le vacciQ, et jamais on n'a pu obtenir une 
variole avec la lymphe provenant de la vaccine. La 
vaccine est donc une maladie difTérente. Les cas de vacci- 
nation suivis d'une attaque de variole, cités par le Dr. Go- 
derrç ne prouvent rien. Il n'y a rien d'étonnant surtout 
d^ns un temps d'épidémie que la variole et la vaccine se dé- 
veloppent simultanément. Ce sont deux maladies différen- 
tes et ce n'est pas la vaccine qui donne la variole. . La vac- 
cine, dit le Dr. Coderre, cause d'autres maladies. On a en- 
core fait des expériences sur ce point. 

Jamais la lymphe prise au 7ème ou 8i;me jour n'a doi^né 



LlPNIOM JlfDIOÀLS DXf OANADA- 217 

d'autres maladies. Si tous prenez de la syphilis et qi,ie tous 
TiDOCuliez, alors ce n'est plus. du vaccin. Depuis l-introduc* 
tion du vaccin, dit encore le Dr. Coderre, la mortalité par le 
choléra^ Le typhus, raliènation mentale, etc., est augmentée. 
Pourquoi ne pas dire de suite que le vaccin peut produire 
des fractures. Mais dans tous les cas en admettant ce faitj 
cela prou verait que le vaccin protège, que la variole en un mot 
fait moins de ravages car les enfants n'étant. pas décimés par 
la variole, un plus grand nombre se rend, à un âge plus avan- 
cé, de sorte qu'ils seront nécessairement plus exposées à mou- 
rir de phthisie par exemple, ou d'autres maladies. Ljb typhus, 
la diphlhérie existaient avant la vaccination. 

Le cas d'hydrophobie produit par la ^aoeîtiation et cité par 
le Dr. Godérre n'en est pas im. 

Un cki de rage se terminant par un abcès et la guérison au 
bout de quelques jours est fort Suspect. C'est affaiblir sa thè- 
se que de rapporter des observations semblables. Je ne puis 
donc conéounr flans lés opinions du Dr. Coderré, j'ajouterai 
même qu'après avoir entendu sa lecture, je suis plus convain- 
cu qtfaupàraratit de l'efiBcacitô de la vaccine comme préser- 
vatif de la variole. 

Dr. A. Ricard : L'immense majorité des médecins répu- 
dient les avancés du Dr. Çoderre. Les quelques médecins 
qu'il a cité en sa fayeur, peuvent avoir eu des motifs person- 
nels de jalousie ou autres causç^ dans leurs locali^tés respec- 
tives pour , s'opposer à la vaccination. La statistique delà 
paroisse Notre-Dame citée par le Dr. Coderre est nulle. Le 
bedeau demande aux parents si leurs enfants ont été vacci- 
nés sans s'enquérir si le vaccin à pris ou non. Je m'ensuis 
assuré en allant visiter quelques familles qui avaient donné 
leurs enfants comme vaccinés et chez lesquels le vaccin Sa- 
vais pas pris. S'il y a nu bon nombre de mortalités parmi les 
vaccinés, on doit l'attribuer à notre mauvais ^y$tème. La 
lymphe peut protéger plus longtemps que la gale« Les' cas 
vaccinés prenant la variole prouvent la nécessité de la revac- 



218 L-01I1ON XÉDlOAtK DtT' OANABA. ' 

cination. Le» cas d'érysipèle aumient pa arriver tout aitsai 
bien par une pl<Jûre quelconque. 

Dr. L. Lefebvre. Je croîs au bon effet dû vaCctn. Péhianl 
plusieurs années, aux Etkts-UiiiSj j*ai reitiarqué que les cas 
de variole ôonfluënte survenaient chez les noti-vacéinfiè'ét'la 

variole discrète chet les vaccînék. - "'' 

' . . • . ' ' ■ ..■'{' 

Dr. G. Grenier : En venapt à la conclusion que la vaccine 

,. - '•• ''(II''' 

est le préservatif de. la variole, je ne nj'en rapporte pas seule- 
ment à mes expérie'ûces personnelles, mais bi^n surtout aux 
expériencesque Voxx a faîtes en Europe et ailleurs. Quplqi^es- 
uhs sont disposés à rçje ter toutes les* autorités et 4 uè s'p:i 
rapporter qu'à leur exprérîence personnelle. S'il fallait adop- 
ter "ce principe dansfDutes les ^pii^tiahs'qaitrèlgiaDdeaiJa 
médecine, la science serait encore <|ati8> soin «nfabidd,. chr' 
nqus n'aurions pu profiter des adn^irables décou vertep qiji sont 
venues renricllir, M4s c'est en vaia que çe,S; personnes çïier- 
cheot à Sj9. soustraire à rautoritéi- '. 

Malgré eux lOîpresUge du talent et de Ja pciwQ^î ^^y^.^;c^ '^' 
pose, qt ils,clierc)ient envain à échapper & ceUi^ Ipi 4^ )9i ufif^u. 
re. Lorsqueilea hommes bien mipux placés quef^.^^igp^up ob- 
server, nous affirment certains faits, au moin^^P^VQ^Y ^vaat 
de récuser leur témoignage se placer dans les,mômps condi- 
tions et.faire lea mômes expériences, pri cé,<iui regarde la 
vaccination, peut-ori affirmer que nous avons pria é'nlÙtinada 
les mômes précaju lions, que dahs d'autres pays et parlSculîè- 
rement en Europe ? Chacun sait le contraire et avant qdé la 
profession médicale ici cherche à contredire les facultés dés 
autres pays^ il faut opérer dans les conditions requises. ïl 
est évident que le vaccin que nous avons ijuOiquô bon jusqa^à 
un certain point a dégénéré. Vax exertiple, poérrions-nous,' 
comme on Ta fait dans. les premiers temps de là vaccination, 
vacciner des villages entiers et quelque temps après inoculer 
les,mômes "personnes avec du virus varîoRqiie et obtenir le 
môme résultat, c'est à-dire que pas une de ces personnes pren- 
drait la maladie ? (Test ce que l'on a vik bien des fois pourtant 
en Europe. L'aptitude à preniîrë la vaccine diffère chez aiffé- 



L^icm MiDlOÀli» ïm CANADA; 8¥9 

L 

i-dtites ^rstotte^ f^'ôn lie petit éblëiïir eheï qtlêl^ues-aneB 

Çii'iiiïé 'p'^'*^^^ ' 'î^^^f*'**^- Gepetidamt ici iott fcl» faccine 
tonk;TMti)eflF/dké«»Ky%ééftilè^ir-é% sAhWtt'op cihûiè^ an'lt^ans- 
inei fe itiôme vaccSitt-â a'ffdtre^: Plbs On ▼acclte ^aîiléi, plue 
le vaccin perd de sa foi'fce. Ett'Vàccrnànt en même temps' iirte 
p^rsonqe avec du vaopm .ordinaire et du cawippx, yous ob^r- 
vez que cette dernière donne une pustule plus parfaite que 
l'autre. Le vaccin a donc dégénéré, il faut le renouveler, 
nôhpiis'le' pro^crli^e cotiiiné certains médecins voudraient le 
fâît'ô en setnattt parmi notre "pbpiilàtioti caitlidifeime' des pré- 
jugés ààngèreûx côrlti-étine pratique à'uteéi^ùtiîe et âméi Wàin- 
tageuse que l'est la vaccination. "' '" ^' ' 

DnA.B. Làrôcque : Jlôtue comme on la pratique ici, la 
vaccination est ei&cace jusqu^à un certain point. Les enfants 
présentant une bonne marc^ue ont ^té saufs ou ,otit eu une va- 
riole mitigée. La grande majorité des niortalités pendant l'é- 
pidémie actuelle est sûrlbnue cheîdè^ enïànC^'non vaccinés. 
Dans 4 caâ seuîéfinetit sif 55 j*^i desTaïsôtis de croire que le 
vaccin a tiïeh'ilMtj. ta grande qùestioii da^s ce bas est de 
s'assmfet H la vaccine a ^îvie toutes s(és phaàes." ' • 

Dr. F. X. Perrault : Je suis plus conVàiïicû que 'jamais de 
FelBcaeité d'ume bonne vaeèinatîon. Hai^' i ^ause âè notre 
nfégiig^nêfe à avoir 4ù bon vaccin, le vaccin' â âégénéi«é: Il 
faut secouer cette paresse. Nos anciens profe^èUlhi làdus^don- 
i^ai^nt'l|'e4;ei]aple, aii^4 l'ancieio, Bol^^rt ^elspn receuijllait la 
lyniphe ayeç soin et ne sq servait jajjaais j^e, la gjal,e. ,. 

Nous encourrons uii:¥èf^rooh0 Mérité 61 connaissiarlt Pëffi- 
eacité' sapérîeujre 4e;la lyii^pbe, palis pe faisons! pjcsuus nos 
e£foirts potur-ria troduire daas la pratique. 

Dr. A. T. Brosseau : Le résultat de cette discussion prouve 
que le vaccin n'a pas préservé autant ici que dans les pays 
étrangers. On donne 80 pour cent ailleurs comme exempts ; 
ici nous n'en comptons peut-être pas vingt. Mais nos expé- 
riences ne sont pas assez nombreuses et n'ont pas été con- 
duites avec assez d'avantages pour les opposer à celles faites 



820 L'USION UipiOALM WJ QÀMADA» 

à Paris, à Loadreg| à New-York. Avec les donaéee que nous 
avons BOUS ne pouvons entreprendre de contrediie ces faits 
observés dans des circonstances plus favorables que celles 
que nous avons icL Changeons notre mode de vaccination 
et faisons des expériences à notre tour. 

Les résolutions suivantes sont ensuite adoptées à Tunani- 
mité. 

Proposé par le Dr. A. Ricard, secondé par le Dr. A B. La- 
rocgue^ que d'itprès l'histoire et Texpérience depuis Jenner. 
jusqu'à nos jours on reconnaît que la vaccine est le préser- 
vatif de la variole. 

Proposé par le Dr. J. P. Rottot, secondé par le Dr F. X 
Perrault, que la Société Médicale est. d'opinion que c*esl à la 
corporation qu^incombe le devoir de fournir aux médecins 
vacciiiateurs lesmoyens de se procurer du bon vaccin. 

PioposQ par le Dr. A. T. Brosseau, secondé par le Dr. 0. 
Bruneau, que la Société Médicale est d'opinion que le meilleur 
moyen d'avoir du bon vaccin est de se procurer du cow-pox, 
de l'humaniser et de continuer ensuite les vaccinations de bras 
à bras et avec la lymphe, 

Sur motion du Dr» A. T. Brosseau, secondé par le Dr. Ed. 
Mouut, des remerciments . sont votés au Dr. J. E. Coderre 
pour sa lecture. 

Proposé par le Dr. O. Bruneau, secondé par le Dr. P. E 
Plante, que l'on considère à la prochaine séance le sujet du 
tarif et do l'étiquette médicale. Adopté, 

Le Dr. X. P. Perrault donne avis qu'il proposera à la pro- 
chaine séance le Dr. F. L. Ôenand comme membre corres- 
pondant de la Société. 

Et la séance est levée. 

Dr Georges GnBNiBR. 



^XJVTb'H MfoîOAU tIfÛ dÀHADA; 



221 



Tableau des maladies traitées au Dispensaire de FAsile de la 
Providence, depuis le 15 Février 1872, jusqu'au 15 Avril 
de la même année, par lé Dr. Georges Grenier. 



MALADIES. 



3 



? 



Albuminurie 
Aménorrhée 
Amygdalite „ 



n 



1 

.:::z" : :::::r::: n 
...~ 8 

chronique ^ 

Anémie '. , ^ 

Angine pharyngée ^ 

" granuleuse ^ 

Ascite " 

Asthme , ^ 

Blépharite aigûe ^ 

" chronique ....M j 

Bronchite , 18* 

" chronique J 

Bronchocèle .^..., -| 

Brûlures •,.., * 

Cancer *... ^ 

Catarrhe ^ 

Céphalalgie . 3 

Chlorose ' 3 

Congestioii céréibrale ^ ..^. ^ 

Congestion du foie ^ . ^ 

Conjonctivite 1° 

Contusion** t.....' ^ 

Convulsions ^ J 

Constipation 1 * 

Coqueluche » ; ^ 

Corysa .., ^.,.. * 

Couperose ' 

Coxalgie .....*•** ^ 

Débilité , ^ 2? 

Diarrhée 8 

Dyspepsie....».- ; 41 

Dysménorrhée...* *, * 

Dyssenterie <J 

« cèronique.. 2 

Embarras gastrique.^ , 3? 

Eczéma « 4 

Emphysème pulmonaire .«...«.^ .• . 4 

Epilepsie .....v....^ .,....*•...-• 21 

Etat puerpéral ^ 3 

Emipèile 15 

Fièvre simple continue 18 

** rémittente abdominale des 



MALADIES. 






Irritabilité de la vessie 1 

Kéracilè - 2 

Laryûgite ^ 

Leucorrhée '.'...','.,.. 12 

Lichen 4 

Lunibago ;..:.......;............... .. 18 

Luxation de Thumérus 3 

Ménorrhagie 9 

Migraine % 

Néphrite 2 

XievraigieM..».....MM.«4*..« •«.••*..••■*.. i * 

Opthalmie scrofuleuse p... 2 

Otite aigûe i 7 

** chronique ..*... 2 

Ozène ...o — 1 

Palpitations du cœur 2 

Panaris 5 

Paraplégie 2 

Parotidite 1 

Périostélte \ - 2 

Phlegmon 5 

Phthlsie 58 

Pleurésie .i * 14 

Pleurodynie ....*; -. 1 

Pneumonie 3 

Plaie ^ ^ 1 

Prolapsus ani, ^.<. 1 

Prurigo : 13 

Psortasisr .....J 2 

Purpura ,-.. «..^r - 1 

Pyrosis :. 3 

Rhumatisme nluscuiaire 35 

articulaire aigûe^.,. 2 

chronique '.. 8 

Rhumatisme tioueux - 1 

Rougeole ■..«. , 2 

Rupia 1 

Scabies .., , 12 

Scarlatine ...» .......,;...*«..... 5 



4i 



Scrofules 

Stomatite. 

|S ueri)urgation 
Synovite...*, 



5 
1 
l 
1 



tSi 



U*VVWif^ Hl^KAfjSk m OANABÂà 



• 1 

:. 3 



'V 



_ w 



•»»«•• •*« 



Flatuleoçe ...s.. 

Gastralgie .'. 

Gerçures ai» seina 

Ilémorrhoïdes 4 

Hépatite chronique 2 

Hernie omhili6ai&'»«.>..«. 1 

^erpès 2 

Herpès tonsurant 1 

Hytfrocôphale chronique ,.... .1 

Hydwthôrdx :.:...............,.. ;.. 1 

H ypwtrôphie" dû' ôttur '. .v;; 10 

" au'fhiô';:.*...;;...,...;.. ' '4 

■" ■••dô'lagrandepai'ôtide 2 

Hystérte... .:.::;;:.::;.:.;;;::::;::...... lo 

impêtiertf :..;..■.::..:;::....••.; ;. i 

Inccfntltience d'ùMhe 2 

Induration* glandxrlatrô 2 



SypliiUsi 



(I 



#«.f 



secondaire 17 

Tiiefc capitis..< .»:. ...J.i.',.;l;... 6 

ilbux nerveuse...... .;,M*.r '•*•'<*'•• ^ 

'fumeurs ..*. 2 

Ulcères 4 

Urticaire 1 

** chronique 1 

Variole «w;.. .;.. 2.'» 

Vertiges 4 

Vers intestinaux 45 

ISrrpresôHptlôWsônt été remplie 
pouf leâ* maladies ' ôi^dessus, roprô- 
isentatif-^l ltïûîad0$, dont .714 ap- 
parCiefmeùX'au sexe'f^minin, et 197 
au afejfe fflascuîîfi; 'Sur' ce; nombre, 
«e trouvent 164 çrifints au-dessous 
de 10 ans. • 25 'personnes ont été vi- 

sitéôï à domicire: ■ 



• • « a 



-Tf- 






DifiPEKSAJRrS St. JosBPH.-«-Bu 1er. • Janvier au 31 Mars der- 
nier tOlî patients reçurent de», soiiis à cette instîtiitiou. De 
ce nombre- -215 hommes et 450 femmes*- Les prescriptions 
remplies Véléver^ïita,u nômbifê de 356. 



;;:;:: LUSUS NATUftiE. ; 

Le Dr. Lafontaine, de St. Edouard, nous communique leis 
détails âiïivantâsar la conforination d'un jeune en'ftint. 
. C'est. . un.anfant.de trois an? et s^pt mois (né.le 19 Sept. 
1868) dont leis org'ançB génîtswi tiennent defs deux sexes. Le 
iscratum.. et .les., testes soiiit naturels,. il y a absence totale de 
péni». Entre le pnbîs et romîbilic, il yauBfvagfîtiTiar où 
«'écoulen t les .urines... Ge vagin estrecouirert. dune.es^ûe de 
▼ulre qTitjfèrméreyne présente aucune élérration:" Les dis- 
positions. ^oeteOifaQt sont celies dusexe masculin.. J'ai assi^s- 
té lamère, lors def st)n açcouche,qient et je îe déclara^ Ôtre n^i 
petit. garjgon. 'Son pèP6e8tm^auiaier.et.cuUivateiir, Fenfant 
s'amuse a-vec- tes antiis dç spn jj^ère et fait des petits chevaux, 
les poupées n'oat. pour lui audun attrait Queîqties perooinnes 
conseillaient aTixparèhÇs. de le ' vêtir en -ftlte-j-m'^lâ l'inconvé- 
nient !qiiiJsie...pr.éseni.èra^ sansî douta,. c'est.. que. le., men ton I à 
vingt airsy seraxou'^rt de bai-be. • , ' , ' ' ' 



. L'VNIOli UttMAhM J>V, CANM>A. 223 

BAUME BE COPAHU DANS LA VARIOLE ET LA SGAR- 

JLATINE. 



(LeUre du Dr. A. Rowan ^ l'Editeur du Médical Times an^ 

Gazette). ^ 

Monsieur^ — Vous m'obligerez en insérant dans yotrejourna), 
les remarques suivantes, relativement au traitement de la pe- 
tite vérole et de la scarlatine, par le baume de copahu. 

D'après nos connaissances des effets de ce bannie sur !à 
peau et les membranes muqueuses, j'ai été conduit à ressayer 
à la dose de 4 ou 5 gouttes mêlées à ii de sirop et il de mu- 
cilage de gomme arabique, trois ou quatre fois par jour, dans 
un cas de variole confluente chez une personne qui n'avait 
jamais été vaccinée. Il ne causa aucune nausée, mais, au 
contraire, donna beaucoup ^d'appétit jusqu'à complet recou- 
vrement. Il ne resta aucune éinpi'einte quoiqu'aùcune ap- 
plication ne fut faite, qu'un peu d'eau et de glycérine. J'ai 
essayé le môme mélange da'os la fièvre scarlatine avec les 
résultats les plus satisfaisants. Avec son usage, la langue et 
la gorge s'améliorèrent rapidement, l'appétit s'établit et on 
n'observa aucune des conséquences ordinaires. La sécrétion 
de l'urine fut copieuse et commença à augmenter après 
dçux ou trois doses. D'abord elle était de la couleur de la 
bière at légèrement chargée, mais après trois jours, entière- 
ment nette et normale. Ma théorie sur l'action du remède 
est qu'il altère ou détruit le caratère du virus et l'élimine 
surtout par la peau et le rein ; car le recouvrement a été ex* 
traordinairement rapide. Dans tous les cas, j'ai prescrit le 
lait5..1e.bouiUon, lé via, etc., selon les besoins,. 

Je suis, etc., 

A. RoNvÀN, M. D. 

Méde.cin et Chirurgien visiteur à l'Hôpital de Marine, etc 

Qoébec, 6t Rue St. Louis 
26J«lnvier 1872. 



224 L'OKIOH UÉbtÙAïM »Û CANADA. 

O.^ piLOTOtkAfiatc un /BT F.. GâlCB^CULVEiiTi .LûraibN, 
Prikted from CHEMICAL nS1s{6 l&TH, iN-12, 18 PAGES. — Sous le 
titre de : On protoplasmic Ufe^ M. F. Grace-Calvert, a présen- 
té à la Société royale dé liOÎidped, une séné 'de koéhioires qui 
ont été depuis insérés dans The Chemical NewSj juillet, sep- 
tembre tî87t. 

Ces mémoires présentent un îiitérôt assef sérieux pour 
que nous croyions devoir en donner une analyse succmte : 

tips iatéressantes recherches du docteur Tyndall, sur Ta- 
bondancé jJ^s germes rivantg répandus dans Talmosphère, 
et la difliciiUé de détruire ces germea, àu^si bien qile des 
travaux analogues publiés par d'dulres savants, avaient sug- 
géré à Tauteur Tidée de rechercher si les gertnes vivants 
existauls,'ou produits, dans ui^ liquide en état de fermenta- 
tion ou de putréfaction pourraient être transportés dans d'au- 
tres liquides également susceptibles dô fermenter ou de se 
putréfier, et quoique les résultats de ces techerches ne lui 
aient pas paru encore assez complets pour pouvoir être pu- 
bliés, il en est résulté cependant un certain nombre de faits, 
que M. Calvert ^ crû devoir faire connaître au public. Pour 
se mettre à Tabri des difficultés nombreuses qui entourent 
ces expériences,' et notamment de celles qui dépendent du 
rapide développement dans les liquides en expérience, des 
germe^ vivante contenus dans l'atmosphère, l'auteur a été 
conduit à employer de l'eau distillée par une méthode parli- 
culièrequ'ildécrit longuement, et dont une des coniitîons 
est le déplacement de l'air dans l'appareil au moyen d'un 
courant d'hydrogène. Cette méthode a permis d'obtenir de 
l'eau parfaitement pure ei qui est restée dépourvue de ger- 
mes vivants pendant plusieurs naois, grâce à la précaution de 
ne la retirer de. l'appareil distillateur qu'au furet à mesure 
des besoins. 

Une certaine quantité d'eau distillée le 20 noveinbre fut 
introduite le 7 décemdre dans douze petite tubetf et laissée 
exposée à l'air pendant 15 heures ; aprè^ quoi, les. tubes fu- 
rent soigneusement fermés. Quelques-uns de ces tubes fu- 



VWIW H^iOr^.OT ^4^tfi>4v 225. 

rent ouverts qpiii;f^^.joun| ^p^i^ iU ne, ccfai^eos^i^i^t^ aucun 
gQçmç, viyai^t.. ^ yiagHrp^sième jour,- p^ jés^ltat néga- 

• '^ • • i ' 1 • » ... ' } li . ..lit» , .. . 

Le 2 janvier 1 87 1^ c'est à-dij'e!i24iJQUi^ i^j^; la laimeture 
des lubes^ ofa'açilii des. >tu]|>e» ounreiri» à celte ^^oa^e/pcéd^n- 
tait à re(xameq iiadoi;ûscDpiqud/d$!ax<)U.,trQiBf^i))KiQ|[|s noire* 

Pensant qi^e' ce miaoe ' résultat .tep«ai:| , h \9k foit>le quantité 
de germes YivaTitsIràpaD due daoa l'atmoephère [ par le fpaid 
rigoureux de cette: saisoil d&l'aiiia^q, M.iC^lTsrtireQppunen- 
çveon ecq^enoe^e;4 jaiKvjtir^.en >»y0at 90im4'e;iiposer , pen- 
dant 2 heures ^es tubes ijeinpUB à'tou dfâttUito jpa|:lAi^Bj\çp,( 
pure ^u ccmtaot.de 'là^iatxde«j^tafâfté6i)0t: 9)9 jpiWi ^prèa» on 
trouvait danachai^. tabe.ouverta;de^ux.|pu: .trpis,nyi])rM>ns 

noirs ; deux mois â)prè8,'àaii3 àe^if^a^iM^/Xs^^ml^PlfPi féerie, 
on constatait le même tésultat s^p^ija^^orQ^seeip^a^;.: ainsi 
Pexposilioa d^és iul^s au contacl dHïue'.sauroeH al;K;iiQdani0 de 
gejrmes paroto-plasmiques, avait eu pcj|m;:J7teultAt imP! dévelop- 
pement plus capidô:.de..oes.;gert)a6is^.$ )jpUi]r^iau.lie,|\de 24, 
comme danas la.porécédeate expéri0n<)e:;mafs If^JT^^^. de ces 
profco^OTganism^s semblait démontrer ^égaieoiLiiut que l§ur re- 
production ne. peut se faire danal'eau. distillée iperfait^ment 
pure fauté d'éiénkents tiéceâsairesi &.;lisw!Qoe;ii@iteja<^.. Une 
troisième série d'expériences Yxnjt conûx^mer ; cette byppttiès^ 
de la manière la pliis positive, en. intrqduisluâili 160 grammes 
d'albumine liquide d'un œuf frais dails 10:4^noeis.d-qaU'dii$til,- 
lée et en ëxpoéant pendant: huit; heures. au.; coatAaijdie Tair 
ce mélange dans des tubes oureJDts^ puis sdigqeuaeitient fer- 
més; on vit dès le oinquième jour des tnapes distinote^de vie 
emkryonnairs dans lei^ premiers tubes examinés,, et dès le 
dixième jour un àôctoi^sëment tifès.nûtabie de cespnoto^orga- 
nismef ; preuve évident^.^ue la présepce de r^lb^mine. avait 
favorisé.la mulitipiUçatioïi d%s germep. /;. . 

L'auteur fait . observera a,vec ^raison') ooinbien ses expérieui- 
ces sont défavorables à là: théorie de là génë ration spontanée, 
car il a toujours été i^éçeçsaire d'expçki^fer au contact, de l'air 
ou dans le voisinage 4'uae source de vie proteplasmique les 



326 L'tTNioN kibndÀXA i>è ciiTAbÂ. 

llqm(iès en expérience pour f ydîr dé^elo^iper flès proW^ôrgâ- 
nismes, tandis qu^il n*y a jamais eu la moinère- l'race' de vie 
embryonnaire dans les liquides soigneusement renfermés 
dans des vases 4 l'iabri de ce méikie contact . ' * 

Ces éxpésieUces répétées en remplaçant l'hydrogène dans 
rapptfrëil distitlatétir par de Toxigène pur,, ont présenté à peu 
près les ïnômes résultats, sians peut-être un développement plus 
notable des proto-organismes dans les tubes ; mais, oircons** 
tance iniportante, la reproduction de ces mômes expériences 
par une température plus<;haude, alors'qùe l'atmôsphèra est 
pour ainsi dire imprégnée de germes vivants, a été suivie 
dMn âecroîssement si considérable dans le nombre des prota* 
organisée développés dans les tubée, qu'iji ne peut être attri- 
bué qu*à l'iïilrbâuotion ptùs nombreuse des germes de Fat. 
mosphère et non & leur multiplication dans les tubes^ 

//.— iicl/on de ta chaleur sur la vie protoplasmiguei^^Les par* 
tisans de la génération spontanée ayant avancé qu'une tempe» 
raturé âe312« Fart, c^st-à-dire le point d'ébullition des liqui- 
des en expérience, était suffisante pour détruire toute viepro- 
tôpiasmique, et que les organismes observés postérieurement 
dans ces liquides y avaient pris naissance ispQntanémient, M. 
Calvert institua un certain nombre d'expérience^ dans le but 
d'éciaîrer cette question, et on peut dire qu'il y a réussi par- 
faitement et qu'il ne petit rester aucun doute sur la fausseté 
de la proposition précédente. 

Voici comment l'auteur pbocédltà cette recherche : 

Il institua quatre séries d'expériences : la première avec 
une solution sucrée, }a deuxième avec une infusion de foin, 
la troisième avec une solution de gélatine, la quatrième avec 
de l'eau mise au cohtadt de la viande putréfiée. 

En décrivant succinctement'le^ procédés employés* dans la 
première série d'expériences on aura donné une idée exacte 
de la manière de faire de l'auteur, et il suffira de donner* les 
résultats obtenus, dans les au tifis ^riës. 

Une Solution sucrée fut préparée en dissolvant iine partie 
de sucre dans 10 parties d'eaii commune, et ensuite exposée 



.IiViriON UÈDlOJLL^ DU CANADA. 227 

toute la nuit au cont«,ct de l'air libr^^ de façon à ce qu'une 
grande quantité (te^ germes vivants pût s'y introduire. Cette 
solution ainsi préparée, le \^^ novembre 1870^ fut versée le 2 
novem})pe dans des tubes de verre épais et soigneusement; ,1^- 
vés ;.;puis les tubes, hermétjjqaement fermés ei^velojïpés de 
gaze mé^lique paur prévenir tout accident d!explo3ipn„ fu- 
rent placés dans un he^ïn d'huile et graduellement chauffés Ji 
la température requise, et maintenijis pendant une denu-heure 
à cette ^mpérature. 

Le contenu de chacun des tubes ne fut examiné au micros- 
cope que 24 jours après avoir été fermés et chaufTés. • 

Douze de ces tubes avaient été gardés sans être chauffés, 
douze furent chauffes à 202» F., douze à 3iQ0o F., douze autres 
à 400û F., douze enfin à 500<> F. 

r 

Voici résumés les résultats de cette expérience -: 

Solution sucrée nçn chavffée ; flnviron ÎO animalcules sur le 
ohajgip du microscope, principalement de courts vi|3rions 
noirs, 2 ou 3 m^crozymas nageant. faiblement £^utour, 3 pu 4 
vibrions ordinaires et quelques bactéries. 

Solution chauffée à 21 2^ F, pendant wne demi-heure \ La vie a 
disparu dans une large mesure ; plus d'animalcules nageant. 
Mais tout n'est pas détruit ^ 4 ou 5 courts vibrions noirs se 
meuvent énergiquement, ça et là, 2 ou 3 vibrions ordinaires, 
animés de mouvement rapides, maïs sur place/ c'estXdire 
sans nager. 

Solution chayi/féf à iOO^ F. : Le sucre est légèrement char- 
bonné, mais toute vie n'est pas détruite, 1 ou 2, vibrions ordi- 
naires et 1 ou 2 courts vibrions noirs se meuvent sur le chamo 
du mici^oscope. 

Solution 'chauffée à 40ûo P. : Lé sucre est presque entière 
ment décomposé : pas dq traces de vie. 

Solution ehanffée à 5Ç0 F. : T^sls de traces de vieu 

Les vibrions neira dont il est q:iiestion ont une téiMeplus 
foncée que les autres, ils sont importants à connaître parce 
Qu'ils résistent mieux que les autres à une température élevée 
et à r^tiop d^s agents chimiques. 



228 X'tmiON' MÉDïbALE DTT CANADA. 

Les '^'tésultàts ci-désèus ^btéiiife'ie'^ifffepettt pas-seftsible-^ 
ment dans lesàiittes sériés' à*ëxpériences, et eîlefr «'âccordeat 
àdémonti'ei'': l^que ïàrie {)Tbto{)lasmique nMst que faible- 
ment atteinte pat utie téiiii)ératatè ^e 21 » F. ; 2o qtf à &00* P. 
on en trotivéencotë' des traces apréciaMes, sanï dans la solu- 
tion dé gêlatitië, où elléa tout àfait disparu à cette tempéra- 
ture; â^ 'qu'il- fèftit^ éh- géhéral une chàléûr dé 400o F., pour 
éteindre totiféf'We ori^ah'îqtie ; '4* enfin que lés résultai pro- 
clamés par les partisans de la génération spontanée sont enta- 
chés d'erreurs, çuîsqiie dans aucune de leurs expériences ils 
n'ont atteint ou excédé là température de^300o F. 

Comme appendice à ces expérience» sur les effets des hau- 
tes températures sur la vite' itrotoplasniique, M. Cal vert sou- 
mit pendant vingt heures des liquides contenant des proto- 
organisnies à Tinfluencè de ïa congélation' et d'un froid al- 
lant jusqu'à l7o P. an-dessous dû point' de congélation, il vit 
alors les animalcules de^etlir languissants et perdre leur 
puîèsance de locomofiôn ;* mais deux heures adirés la fonte 
de la glace, ces mêmes àûîihaletilè& avaient repris toute» leui' 
vigueur. ' /" , ' \ .. f\ .K _ - 

lïlJ ~^Des e/feU'âé ta'chàleuf les protô-orgàhtifïiâs préala- 
blement desséchés! r^pans i^n tr'çirfiêiiie mémoire qui porte le 
titré ci-dessus, Tàuteur a rècher.ché si les animalcules micros- 
copiqjes préalablement desséchés, s6it à Tair, soit à Tétuve, 
résisteraient sans êjbre détruits ^ une température. pluS; élevée 
que ceux qui, (}ans.lpseipériencés/pi:écédentes, avaient été 
chauffés avec Jiès liquidés dans lesquels ils vivaient. Les 
températures ont varié de 100 à 600^ P., et dans toutes ces 
expéi^iences le résultat a été le jnême, c'est^rdire,^ que' la Vie 
s'est conservé juiqû'â la.'teipj^ékrure de SOQo ¥^! ,' plus On 
moins languissante, il est' vrai, maiè qu'au-delà, elle a été fa^ 
cilement déthiitèf, les îi^^idësr 'eiix-mêàiès . élànt pliis ou 
moins îréidùiU en^maisses charbonneuses ou semblables à uïie 
sorte de gomme/ ... 

rv. — Dîans un quâtrièitte mémoire,, intitulé \ AètîoH de 'M 
chaleur sur la vie proto-pla^rhîque dessécfHêk dans 'léi fabriqués 



■ m I 



I#'l7N|0H UgmOàLM W CUlffADA. 229 

des expériences préoééoUtes à rase^inifistoi^ntr ^e» ifabriquei 
d4> cQt^Q: <HLL 4i^»rY^1^em•n.ts cMd^tioipnpéd «et dea foaAi» qu'il a 
tei»t<M:daia9:l0:l)mld'«itiv6r'à'QUf)^rimer^^ eokHagion.par leis 
germer {viyaQUrépanâa?' if^o(asioQ âaas oee^fabci^aes. 

Le procédé sdeJjauteur consiste à décoOper une |>iàcoi d'é- 
toffo en petiH fragtudû^ à lajaettoyerav^C'SOia dé) façon 
à la débarrasser 4e youi apprêt et à la plonger dans une 
solution d'albumine ou de viande putréfiée cpatenaut une 
grande quantité d'animalcules microscopiques ; puis à des- 
sécher ces fragments, soit â' Taîr libre, soit à Tétuve avant 
de les enfermer dajf)s de» tiibes hermétiqiiement fermés ; 
ces tubes sont envelappésde ga^eimétaillique, portés dans 
un bain d'huile et successivement chauffés à des tempéra- 
tures variant entre 100 et OOO^ F. 

Mômes résultacs à pçij, près, que dans les -expériences 
relatées plus haut. •. .. • ,- ,, ^. 

, Toujours la, vie cellolaîre résister à des. l€impéra,tptfes' qui 
ae dépassent pa^ dpo^ F, qii;^lqtiefoi&]xiôaiei^'400^ 6a m a 
encore des traqes appréciable^, aurcjelà de 400^ ^ute vie a 
dispaçuc'i ffxais le. .résultat industriel , e^t tout à fait quI^ Té- 
tolTe de^ jCO^OA qui jusqWà|r,2Q(>> F cqnsfrve ses qijtatités, 
commence à sialtérçr ^fL-defà, et à 300o K est ioiatà, fait 
perdue pour l'usage; à 400o,;clle.§st devenue presque-, «pire ; 
et se -réduit en poussière q^a^d oa le^ frqtte entre' Ij^s doigts ; 
à 500^> ^Ue eslt i peu près, complètement carbonisée et le 
tube contient une igrai^den^^uafitité d^ gaz hydro^arbonés ; 
à ÇOO» l'étofTe , e&l; • itout 4 £ait:rédaice^ii charboR. - IL n'y a 
don<^,iusqu'à . pp^ent, aucnn béqiflce:à a(tent}rç de rapplioa- 
tion d'études : pour/la ^ésii^^^^^tiCNa et Tas^iaiBaismetit des 
fapriques^ telle ^^ia concli^sion des rpcherel^e^i) f ,: . 

' En terminant ee Qompté-renâu, dèjâ>bien loiigyêèB diffé- 
rôQts mémeiréé de MitOalvert, nou^ ferons remarqœr que 
nous avons dû en retrancher faute d'espace une foule «de 
détails:iiit6reMahter:^ qoi' se prêtent inali-raMlyse ,-" aussi 
engageonsi-tWms les ^lescft^rs à reco^ivir: àu^ travail opigioal 



230 L*ONION MÉÛKiALE Dd CANADA» 

afla d'avoir unis idée plus complète des expériences de l'au- 
teur et des cohclusions^'qu'il ea a tirées. 

fin ce moment où l'Académie des sciences ifetentit des 
débats contradictoires sur le rôle de l'air ou plutdt des ger- 
mes qu'il contient, sur tes ferme2it£Aions, peut-être ces expé- 
riences derront-elles entrer en ligne de compte comme con- 
Annàtivesdes idées soutenues par M. Pasteur. 

Dr. P. MEYNEt 

— Lyon MedieaL 

L'ANESTHÉSIE COMBINÉE PAR LE CHLOROFORME 

ET LA MORPHINE. 

Nous donnons au compte rendu de X Académie des sciences 
l'analyse de deux communications fort intéressantes au 
point de vue de la pratique chirurgicale et de la physiologie. 

MM. Labbé et Guyon viennent de faire une application 
des observations de M. Claude Bernard sur Tanesthésie ob- 
tenue au moyen de l'action combinée de la morphine et du 
chloroforme; Nussbaiim le premier avait tenté sur un 
malade ce mode d'anesthé^ie, et nous parlerons plus loin du 
résultat de ses observations ;;lrfM. Labbé et Guyon, encoura- 
gés par des essais récents de MMt Rîgault et Sarazin, viennent 
de démontrer que des opérations graves peuvent être tentées 
par l'anesthësié combinée. Ces quatre faits sont très-en- 
courageanlfi, puisqu'ils ajoutent une démonstration expéri- 
mentale suif dès opérés aux considérations théoriques ou 
empruntés à l'expérimentation * chez des animaux, et autori- 
sent à établir cetie contihision importante : qiîe l'injection 
préalable de^ morphine à petites doses peroûtet d'obtenir, avec 
des qu^aotitéi de chl<ârofoftne bien plus faibles que celles 
qui sont .employées d'oi^linaire, une aaestbésie très-prplon- 
gée. 

, La démoastratioa semblera plvp oemplète encore si l'on 
ajoute, à ces, faits les obsei^vatîoQ» de Nussbaum^ qui sont 



L'imtON MÊ>!CALB DU GANàDA. 231 

plus nomboreuses qu'on ne le (^oil ^ généralement Puisque 
la question vient A'&Lte âûtilevée, IT n'est pas âane intéliât de 
rappeUerses essuis. 

Nussbaum, en pratiquant l'ablation d'un cancer du cou 
volumineux chez un homme de quarannte ans, eut l'idée 
d'injectet de l'acétate de morphine pendant que le malaide 
était encore BOUS l'influence du chloroforme ; le but du 
chirurgien était d^épargoer au malade les douleurs conëécu- 
tives i l'opération. Le sommeil anesthésiqne fut ainsi prolon- 
gé pendant douze heures. Nussbaiim a employé les injec- 
tions de morphine dans seize autres cas, l'injection sous-cu- 
tanée étant pratiquée pendant la narcose due au chloroforme. 
Dans tous ces cas, les résultats obtenus Ont été excellents, 
c'est- à4ire que la douleur a été. supprimée pour un temps 
fort long ; dans quatre cas seulement on a observé un som- 
meil aussi profond, avec anesthésie aussi complète, que dans le 
précédent, mais le sommeil ja^aduré que deux^ trois, cinq et 
huit heures. Une remarque analogue a été faite par Von 
Pitha dès l'année^ t861 : ce ' chirurgien avait employé les 
lavements av«G l'extrait, de beUadoiie chez un malade qui 
était réfractaire & l'anesthésie par le chloroforme. A la 
suite des lavementa le malade put éCre anesthésié et le 
sopimeil fut profond et prolongé. 

On remarquera que Nussbaum faisait les injections de 
morphine pendant l'anesl^ésie : MM. Labbé et Guyon em- 
ploient la morphine av4i)t l'apesthésie ; le but qu'ils se pro- 
posent est différent, puisqu'ils cherchent non pas à empo- 
cher les douleurs consécutives à l'opératipu, mais bien à 
faciliter l'anesthésie et à en diminuer les dangers par l'emploi 
d'une quantité moindre de chloroforme. 

Nous savons qu'il faut; ôtre tpès-réservé quand ilslagit de 
juger du degré d'innocuité> des anesthésiques; mais il est utile 
que des expérimentateurs- prudents poursuivent le.perfoction- 
nenient..^es procédés anestbésiques. — (Gaz. Hebdomadaire) 



few 



282 l'union MâoaoàivB i>e caiiaoa. 

Do PHOSPHORB DÂ>1B DÎS'LiS VàLÂDIBS M LA HAID, parle âO€- 

teur 'Eanieâ.***Ld £i^n Ifëii/eà^a â6jà ^âénnéna Tèsuteôf des 

recherches de M. Broadbentsur ce sujet; le» eroatH-èeM. 
Ë^mes confirment pleinement les ré3ultats ol)t^a)i]3 p^^r^ce 
médecin. . . 

L'auteut emploie' una solutioade 60<oentig;ide iphoaphjorjô 
danfi:3^ grs^mnies d'huile d'olive, etil doane^leiQiiviÂdiz 
minime dQ cette soltitioa'troiaioi^ pairijouf ; Joîdqmiaij»^^ 
para^^KHii huileuse cause de9 nBuaéas, il la .reîûiplaco'p^<jde$ 
capsules [QCmtenaat un: dixième, un douzième, oiluû trëimème 
de grain de phosphore, chacune. : '' 

Sous rinfluence de ce traitement, lia obtenu des effets 
très-sâtisf^isantd dans diverses maladies onttoée^. Une aané 
ifiduf^aidB la face, par exemple, datant de (|uatre ans, fut 
guérie êii six semaines. Trois cas de lupus'f urënt aussi très- 
heureusement influencés. Dans le premier, il y atait déjà 
une améhoratlon' marquée au bout de qninie joursde Iraite- 
metit, le[ malade continua cependant encore Thuile phéspho- 
rée pendant neuf mois, à la dose de dix! minimes Dains le 
second cas, lagaérion survint après cinq mois detràitëthent ; 
elle se maintenait encore dix-huit mois (après. Dans le troi- 
sième, Thuile fut administrée pendant neuf semaines, mais 
avec des interruptions nécessîléôs par l'inteccurrenee- do 
symptômes ^e dyspepsie. 

Dane un cas dé Bcrofa10'deï*mie,*Veing>orgeinentglatidlàlaire 
disparut en six semaines ; dans iin autre cas, lu- guét*lson 
avait lieu en trois semaines. 

Le psoriasi-s cède aussi très-promptément ai^ médicament ; 
dans un cas ïe phosphore proyoquiaht là' dyspep§iè',' bh dut le 
remplacer par Tacide phosphoriqué. *' " 

Descasde pemphigus et d'eciâma furent aussi très^Ù'eu- 
reusdmebt iaOu^tités par le médicament. 

L'auteur attire rattention.stir'^rapparerice ârg'ôûtéô que 
prend la langue afpt'ès" l^sage un peu prolongé^ du remède ; 
il signale aussi la dyspepsie comme pouvant être produite 



L'imXON HiDKliUiB SÎU Oidll])4U; 233 



parla médicalioa; ba'yt^ifttefif^ilqiïiont^b i^mplaQW'tle. 
phosphore pàif l'acide .pholqifajdifiqtte {HHhdAAtq^oelqu^fi^Wip^j 
La discussSon^qdi «aitU iaieeture âa.ti^avaU de M; Eames 
à la Médical Society of the Coll è g e of the phisicians of Ire- 
land, cbiïfirniat'lets fait^ avanklés- par Manieur. M. QdiNLAtM 
emi^îDiçl â«r(ac gnabd afaïUai^'lé pliofiiifere rcpmme : tonique 
exéifiaû't{ datid un tetfiàih nonthra de maladies^, daâs la' jpoeu- 
monib, ^r exèmpHey it m* ttouve bien de^la ciitoibinaisondu 
quibsi'av^l^dcide |»bWsp4iûriqvie étèiiàu ; ilsis>^rb.qTi|»lkiue» 
fois du phosphore rouge oti amorphe. 'Le docteui / Ybhgsbn 
a essaya là solution aleboUque; et elle a/vépondlià sdn .at- 
teste. Le . docteur KsNkBOY vanter, contre le lii^us, deux 
moyens -qui lui <mi} souvent réussi: lo. rap|llicÂiioa d'un 
catitëre'; 2o rarti£niBtk<â)tiôtl de l'écorcb d'ôrme. {The Briiish 
médical JourncUl 9 iècQtntiré'\8ll.\ ' 



■') 



LA.8AyBÇa UKL'hvIL^^PB FOI£lDB MORUB MASQUÉB PAU l'es- 

iKNCB.D';BUCAi«Y^TUsc^i^oj5iji.ija.rr-ri résulte des recherches de 
M. Ihique^nel, pharjuacieni que des mélanges d'huilé de foie 
de morue branche ou brune^ avec des q;uantités variables,, 
mais toujours très petites, d'essence d'eucalyptus, facilitent 
l'administration de rhuile de foiç . de morue. La nouvelle 
forme qu'il propose de donner à ce médicament est très-facile 
à ejçécuter et pec^ epûteuse : 

Huilé de folè 9éïaotUe!blanche'ou |imbrée..,.......100gn 

Essence d'eucalyptus ^. .*...., «...l.il.j*;;.....:^.!' gr< 

Mêlez, Ayez àoin de tenir le flacon bien béuché; 

L'huile, îiromatisée avec cette proportion d'essèncè ne pos- 
sède Ri) rpdeuj? ni la saveur de l'iiuile de fôîe dé mortie. 
Elle est ingérée avec facilité, ne laisse dans l'arrièr^ bouche 
et sur la langue que le goût de l'essence qu'elle contient , et 
de plus les éruAlUtiûiia odptif^rantes^^ si désagr^êables lorst 
qu'elieé.ae. produisent, avec }'huiile de. foie de JpPtorue^ son- 
eomplètement modifias* .: > r' ? ; ' 

Poair les huile» ibronies, on peiït augmenter la' proportion 



234 LtjHUHH lflSDIGlI.K DU CANADA. 

d'essence d'eucalyptus, puisque, d'après les expériences faites 
par Gimbert (de Cannes ) sur lui-npràme, on. peut la donner à 
la dose de 1, 2 et m&me 4 grammes. — Lyon MedieaL 



■ » I f »* 



Un chirurgien anglais, M. Dancan Gibb, a. fait cette, sin- 
gnliàiQ remarque, qtie Tépiglotte, ce cartilage mobile situé 
dans Tarrière-goi^e, occupe la position verticale cbez les 
personnes au-dessus de 70 ans, et que rafTaissçmçnt de iCe 
cartilage peut, être considéré comme le signe que Tindividu 
ne parviendra pas à un âge avancé. 

L'observateur anglais assure avoir examiné cinq miUe 
personnes bien portantes. Toutes les personnes qu'il a exa- 
minées: et dont l'âge était aussi entre 70 et 95 ans, avaient 
Tépiglotte verticale. Il cite en exemple plusieurs hommes 
d'Etat bien connus, lord Palmerston, lord Lyndhurs, lord 
Campbell, et lord Brougham. Il cite aussi plusieurs 
vieilles dames, encore vivantes, dont l'âge est de 72 et 90 
ans, et dont répiglotte est verticale. L'examen le plus 
rémarquî^ble est celui d'un homme de 102 ans, qui vit enco- 
re, chez qui ce cartilage occupe toujours la même position, 
n résulte de là qu'on ne peut atteindre la longévité ôn-delà 
de 70 ans, si on a l'épiglotte pendante. ■ 

M. . Duncan Gibb résume ses idées dans les conclusions 
suivantes : 

to C'est une règle que personne ne peut dépasser 70 ans, 
avec une épiglotte pendante ; si quelques personnes y arri- 
vent, c'est. un fait exceptionnel. 

2o L'affaissemeiit de l'épiglotte amène la fin de la vie vers 
l'âge de 70 ans ; c'est là la limite naturelle de la vieillesse. 

^9 Au contraire, une épiglotte verticale donne les meil- 
leures chances pour atteindre une. extrême' limite de lon- 
gévité. — Cyon Médical 

Société clinique delondms. — M. Cooper Porster Jil unitra. 
vail srur deux cas d'anévrysiïlë poj^Uté : dans le premier cas, 
homme de 35 ans, buveur; traitemennt par compression mé- 
canique et la flexion pendant cinquante-cinq jorurs :' oa liait 



L'UMIOH tcioICQkXA ùt8 rGAMAOA. ' 385 

ensuite dec; kéahfeèé dé quiatre âf^èuf: hydres, le mala[de cihlo- 
roformisé : le sac devient plus petit et plus dur, cessation des 
pulsations le 23 décembre^ sortie de rhopltal le 3 janvier. 
Dans le second cab, homme de 34 ans^ aaévrf sme poplité<du 
volnihe d'iitie orange ; la com{H^se&oa mécanique n'ayant rien 
produit, on eut recoiirs à la cotnpression digitale, et Ton ^ut uaef 
guérisdn complète au bout de trois heures et de mie. M. Fors- 
ter pense que, pour arrive!: tMi succès, il faut suspendre com- 
plètement le côurb ào, sang, ce qui est en opj^osition avec la 
manière dé toir de Bellingham'; il croit que dans tous les 
cas on doit essayer d'abord de la compression et ne js^mais 
employer d'emblée la Ugatdre. — Dans la diacussîoa qui sui- 
vit, M. Barwéll émet l'idée qu?uae guénisoa trop ntpide peut 
être dangereux au point de vuede la gangrène ooasécutive, 
et que le malade court alord les môme^ risques qu'après liga- 
ture ; 4 l'appui de cette laanjère de voir, M. Hulke rapporte 
un fait dans lequel, jiprès une guérison rapide, il y eut sup- 
puration du sac suivie de mort. M. Hart affirme que le* pre- 
mier objectif du chirurgien doit ôtt'e de suspendre comp^te*- 
ment la <;irculationf que la docirine qui fait traiter les ané- 
vryames de manière à avoir des couches successives de lym- 
phe est sans fonlement, et que c'est une illusion à perdre ; 
que si les chirur^ens irlandais laissent persister un faible 
courant, c'est pour éviter au malade la douleur oauaée par 
l'interruption totale de la circulatiDn, douleur que l'on .peut 
éviter au moyen du chloroforme. 

MM. Hutke et de Morgan, ayant reçu d*un chirurgin améri 
'cain un échantillon de conduran^o^ l'ont expérimenté à Mid- 
dlesex hospital ; M. Hulke a complètement échoué dans deux 
cas de cancer dû sein et dans un cas d'épithélîum de la face ; 
M. de Morgan n'a pas eu plu^desuccèsenface de deux can- 
cers du sein et d'un cancer utérin. Ces nouveaux essais con- 
firment complètementles résultats |négaiîfs obtenus 'par M. 
Hulke en août et septembre 18T1, et son opinion que le con- 
durangb'n^a-aticune action sur le cancer, {fiances du 26 
jtinvier et au 9 février).— Lyon Médical. 



33ft L-'unum )uioi(Sàsm : ot canada; 

L*A€IDB .GARB&LIQUBiri)ANa ; l4Ea MAdjADIB» jDElB 

î. î:. ■ - • .• . :. ^ ■ '.î ENFAf»î.TS; ^' - iv ' •• . ! ; - ": . • ■ 

• Depuis deux jm^^j'ai-pnesorii raoiâe^càrï>oll(|tte> trèft sou- 
vent et>4ûfi» ofl gPArnd noii^ede oon^tionsmorhid'èSh ^Dafis 
difiRSrent»^ états d^rritatioa ot) de senaibitité :maladhre.'des 
mem1brâTie§ mtKiueiKes du canal alidrienftaire, spéoialemûnt 
chez lés ^^fEtnls^, $«' lui ai recenim beaîucoup dje. valeur. La. 
rëiàtion dë<ïÀéIqneB cas servira mlBux qiife tout «aiïtre moyen 
à en fliii^'at)préGi6r les effets dans Les itialidussiintestinaies des 
enfants. • ' ^ , - r .. . r, 

ter GasJ-Â/ B., enfint-ftgé~ée huit inois, nén sbTiré; ' ^es 
intestins avaient; été légèremaht; : reldohds pendant tl*oTs ou 
quatre jour^, les éracuatioiis plus aqueuses «t plas^naùséa- 
bondeis qiDie d'habltuide, maisi^étôefi seulemmt (trois fois 
par jout; jusqù^au i Juillet 1870. Alors il s*établit tibé diar- 
rhée active, les selles étant très claires et d'une couleur ver- 
dâtre, accompagnées du vôrbissement'imméâiat de toutes les 
matiètes introduites dans réstomac. Celi'ëtait pas le vomis- 
sement actif d'un chotéra-morbus grave, mais cette sensibilité 
morbide de l'estomac qui cause la rejection des ingestaQt une 
sérieuse dian'hée. Il n'y avait pas de réaction fébrile, mais 
plutôt une'pâleur et un refroidissement de la surface. Je 
conseillai à la mère d'allaitefr Tenfant plus souvetit, mais peu 
à laiois-et de ne lui donner auoun brerage ekcepté une ou 
deux cuillerées à thé à la foisd^u froide et de macîlage. 
Je lui donnai l'ofdonnançe suivante ; 

'. Acide carboUque crist^jùséi 3 gjçains j; 

Gly;ç.errhine ^ .., undemioA^^e 

.. ^ ' Tre.^Opi,! Ga9[^p,^.,^,*^ •,. un deJBçii o^ce , 

. . .. ?aij..... ...;..,. V.,..,.,..,, . deu?;|iji>((îes ' .. 

..AdmiQi^tre2 20 gouttas tputes^lfla îhevres, jusqu'à^oe que 
reatomaç, j9t le^ intestipp soient apsUsés. . ; . , • 

liprsqu'ii n'y aura pas eju (^'évac^atioas nipar. haut ni 
par bas pendant douze heurc^^ aXors allongez à t^îs^be.uries 
les intervalles entre les doses, ^ous reffet de oe .traitement, 



Ififireifiiissétoent^' cessa ^Ui^llëépPèttiJëTes é6waè ^hebl^es, 

centihWS à Irëië kôwëe d'iïii^Vallô; Le Ibtôisiëlike jonfr après 
iééôtùimMBttî&ëi àn^ n^aitetieM^ il n'y âvëil plcis da ybmisse- 
xàèûtëi setiteMent deuk évacuations intestinales p^ jour, 
mais d^ati éarac^tère pliis nkturei^ Le^ nièihe mfldioditierït 
Ait Continué pendant 4F0id jom^ de ^I us, alors i'enfoiHrpartil 
bien et le Iradtement fut disebntinné. Ihnrant l'été ie t870, je 
traitai "{Â'iMdêi soixaut6-â»cais «enliblables à eerlul ^i vient 
d'ètPéTa^ppGl^t^, (jotâpreoÂntcles'efiifantS'de'six iHoîq h dfiti^x ans 
avec lamèitteftomnlé^, et nëufsnr dix recouvrèrent prompte- 
metil. ' LéÉ'&titMta gui avalent été sevrés furent nourris 
avec des quantités lâlnîmes.et fi^éqtiem«n)ënt répètées'de bouil- 
lie claire iaite de lait doux' et d)B farine ôè froment. Dans 
quelques cas^ le médicament parut n'èxeifcer aucune iiifluen- 
oe sur le vomissement et ladiarthéoyjetd^au très remèdes eu- 
rent du succès. On se rappellera que les cas» auxquels on fait 
ici allusion étaienttécents et sans complications. Le^ données 
suivantes âignaleront une autre- classe de <3aa d'une plus 
grande sévérité et d'une oocurpnece très- fréquente, durant 
les.m(iis de Juillet, Août et Spetembte.' 

2nd. Cas. 27 Juillet. Appelé pour voir Penfant de C. D., 
âgé de 15 mois et non eAcore sevré. L'enfant-^vait commen- 
cé par avoir nne diarrljiée modéréç, ou.J' maladie de Tété " 
comme on l'appelle, durant la première semaine de Juillet, 
laquelle avi^tipautinué;. seulement ^vec quelques vomisse- 
ments, après réplétionexpesisive, juagu!aa/?4-. Il rétait, deve- 
nu pâle et amaigri, ^^is cepeadant, la plupart, du .temps 
jojeijLx, et Ip. mère,, confime q'es^ . ordinairement Ifi cas, attri- 
buant La dibarrhée à. la d^ntijion,^ A'avaiti f mp^^ .^uc^ua re- 
mède eijoepté ^ne ou 4^vix doses d'huile de, castor. Dijyra^t 
.la nuit 4u ^^> V^jalapt jdevint jplqs ^ité, le^» éyaq^atipAs.ifli- 
tf snales ,ayanf Uau toutes , les de^x. on; tJ^Qj^; .^ei^res, e^rejet- 
tarit prodopypten^rat to^t ^liment quejconqueé jpes selles étaient 
.très aqueuses, jaunes et nauséabonds. . Le. jour suivant, un 
médepinfut appelé qui prescrivit des doses c^^nvenables de 



pQ\uMrps altéc^tes et apodynçsi des (ataplasmQSr^iaapi^éji sur 
r^gastre^ et 1q jour .suivant quelque, p^éâicamçnt laxatif 
pour QftOtUvoijr les iutestins. Gepenctant pr e^gua chaque dose 
de. médicament fat rejeté par le vomissement et. les symp- 
tômes çontÂnuèrent sans diminuer. Lorsque je i^s appelé le 
27,.lîe.nfant était Inès émacié., liÇBil hagard, les» /extrémités 
froides, le pojals vjJT et faible, des parpxymes d'agitation ex 
trè.me suivie de somnolence. Presque chaque paroxysme se 
terminait par une évacuation intestinale d'une . couleur ver- 
dâtrer;presquL'aussl claire qtbe de l'eau^ avec quelques traces de 
muciis. Il y avait vomissement assez luuiifonne quelques mi- 
nutes après ringestion d'une nourriture quelponque, .la sé- 
crétion \u*inaire était de heaucoup diminuée* Je prescrivis 
à ia mère d'allaiter l'enfant peu à la lois, mais fréquemment 
et d,e ne lui donner pour tout hreuvage que quelques cuillerées 
à thé d'eau à la glacq qu'il avalait avidement Je prescrivis 
l'orijonnance suivante : 

, Cristaux d'acide cai^holique 3 grs. 

<jlyçe>rrhine , un demi o^ce . 

. Eau.. »..^..» deux onces et demi. 

A donner une demi- cuillerée à thé chaque heure, jusqu'à 
ce que le vQmissement cesse, et que. le lait maternel soit 

bien gardé. De plus : ' . 

Ether riitr. un demi once 

Tre. d'opium Co un demi once 

Donner 20 gouttes danà une demi-cuillerée à soupe d'eau 
sucrée, tontes les heures, pour soulager l'irritabilité des in- 
testins et promouvoir la sécrétion des reins. 

Juillet 28. Le vomiésement avait presque cessé, les éva- 
cuations intestinales sont moins fréquentes^ mais presque du 
même <iàrà(itèi*, * et les urines augmentées légèrement en 
quantité.' Les deux ordonnances continuées, mais la solu 
tion d'acide carbolique seulement toutes les trois heures, la 
faisant alterner avec le paregoHque et Tether nitrenx. 

29. L'enfant tête bien etretient tout ce qu'il prend ; conte- 
nance améliorée, urines plus abondantes, mais les évacua- 
tions intestinales continuent toutes les trois ou quatre heures 






et sont claires ei-Mt^ fai>OûàAïM^i jei {UMscrîvis la conti^ 
nuation de la solutioa d'acide carbolique toutes les six heures, 
<t„ ^dj^gq Tia t0f v^ill^^! ua0 des .^udifes sui vMltas i ' 

.<, ; .Subiiij».pisi»iUb'gi¥iolii.. 

l^uiv. xad.;Géraiûi.gfs. iv >. > 

Pulv. Dov^ri:— L..^«<gr. i ♦ ' 

.^.^ . Div. eu six p^p (liras.. 

. Soias riiiQuencd de ca traitement, les BiéoréUe6[;isinteMinales 
:fl'amôliororeQt rapiddineat, et^ k^ 1^. Août, i'acide oarboUqae 
fut continué) :et u^e ^udr^ seutomeut fut admioîstcéie «oir 
et matin. Après tKoisjQurs, tout traltemeai cessa, Ven&int 
se portant très-bien. , ^omme, je.T^i rc^marqué, ce. cas r^^u- 
me uh.grand nombre, d'autres gui furent traités de ^a même 




VjOi 

^ .^...w 4a^^ I presçiue tous i^mssI l'actipo d'autres 
médicanlents fut rê<}uise pour ramener les iAte^tins à leu^* 
côhidition ilormale. t>ans la première période du choléra- 
n^'orbus actif, chez les enfants comine cbez 1^ adultes» 
J*ai plusieurs fois arrêté promptement les .symptômes ac^i^ 
par la formule suivante : 

Acide carbolique cristaïlisé six grains. 

Gflycerrliihe , ^. un denpi once 

l^re. Opium catnph , un once et demi 

Eau........,........^v*vvv.-*--v deux onces 

Doânér aiix'adultes une cuillerée à thé toutes la^ demi«heu- 
xes oii toutes lès heures, jusqu'à ce que les symptômes soient 
soulagés. Aux enfants, donner dés doâes proportionnelle- 
ment moindres. 

Dans la dyssenterie acttye jou- detns l'inflammation aiguë 
4'aucune partie de la meinbrane m,ugu€iuse 4u cariai ^Umen- 
tkire,jai tiré ^eu d ava^t^ge , de lac^d^ cacbouque.; mais 
dans plusieurs cas de dyssentetrie chronique accompagnée 
de flatulence et d'irritabilité gastrique, il procura beaucoup 
•de soulagement, administré avec du parégorique, comme dans 
ikâièràiètë fljrmule'pifëëitèe, et'r^ étiaque trois, quatre 

•ou six heures. — {Chicago Médical Examiner.) 



240 L'oniOM MiDIOAU BV OAIUOA.. 

MALADIES REGNANTES. 

La variole continue toujoura à sévir parmi nous. La Cor- 
poration de la ville parait vouloir 8*en occuper un peu. On 
a accepté, la semaine dernière, les proposltio^fis des Sœurs de 
l'Hôtel-Dieu, offrant demetti-e une de leurs grandes salles au 
service seul des picottés, moyennant 5<Kî par jour pour cha- 
que malade. Naturellement il n'est nullement question de 
rénumération pour le 6u les médecins qui seront chargés de 
les soigner. D'un autre côté on a remercié les médecins 
vaccinateurs, parce* que ça cofkte trop cher. 

De soi^te que les Drs. Larocque et Dugdale seront seuls 
chargés d'aller de maison en maison pour s^assurer si les en- 
fants ont été vaccinés, et pour les vacciner, dans le cas où 
ils né l'auraient pas été. Jolie besogne pour une ville don t la 
population dépasse 100,000 Âmes. Il faut avouer que c'est 
prendre les choses tranquillement, surtout, lorsque les rap- 
ports nous font voir, qu'il meurt au-delà de 50 personnes par 
semaine dé la variole, et que la maladie va en augmentant. 
Notre àmi le Dr. Coderre, qui' affirme que c'est liousquipro-' 
pageons la variole avec notre vaccine, doit être souveraine- 
ment satisfait dé ces dernières mesures, car comme il ne 
reste plus que deux vaccinateurs, l'épidémie va maintenant 
dîmitiiier, et disparaître promptenient. 

Les autres maladies "qui règiiëiit enisuilë en plus grand 
nombre sont les fièvres scarlatines, la phthisie, les catarrhes 
et quelques cas de pneumonie. 



NAISSANCE. 

—En eette ville,' le 11 Avril dernier, la Dame de 'L. j. P. DesHosiers, 
Bcr., M. D.^ Rédactenr-conjoint de V Tnion Médicale^ un fils: 



DÉCÈS. 

-:-A Rigaud, le 15 Mars dernier, André ^éguin, Kor. M..l>. h l'Age dt 56 
ans. 



TA9^Ç,0ES MATIÈRES. 

Editorial. — Nos lecteurs, J. P. Rottot., * 193 

Opération de cataracte, etc., Dr. Ed. Desjardins 196 

Moyen de distinguer le sang de Thomme, Dr. S. A Longtin 203 

AmpîlWtîon de la'cuîsSê; Dr. J. P. Rotlot..; 205 

Alilr. le Dr. L. J. P. DësRosiers, A Deschamps, M. D. 208 

Société Médicale de Montréal,,,.., , 209 

Tableau des maladies, &c., iic*, ..►...^. .-*.,.. •..,..i.*. 221 

Dispensaire de |3t. Joseph 222 

LususNaturse....'..u..«^. ;j.-ij.',»;.*] 222 

Baume de Copahu, &c., A. Rowan, M. D 223 

On protoplasmic, D^ P. Meyne .-. 224 

L'anesthésie ,. • 230 

Du phosphore 232 

La saveur de Thuile , '. 233 

tJn chirurgien anglais 234 

Société clinique de Londres 234 

L'acide carbolique, N. S. Davis, MD. Chicago 236 

Maladie» régnantes '. \240 

AVIS DB L'ADMIHISTEATIOH 



Nous apprenoiis que les noms de plosienra de nos confrères ont éU 
omis, dans noire liste d'envoi. Nous prions ees Mesneors de croire 
qne ces oublis sont tout à fait involontaires, inévitables, et de vouloir 
bien nous en donner avis an plustôt. 



On s'abonne a V Union MécUaUe au Bureau de La Minerve, Rue 
8t. Vincent, No. 16. 

Toute correspondance devra être adressée à l'un des Rédacteurs 
à la Béitê 942, Bureau de Poste. 



Be BVAN», WSmÊL H m. 



Ce VIN justemeot oélèpre à caui^ de son arôme et de son goût ex- 
quis, est trèis recommandé par uû grand nombre de médecins é&â^ 
nents. 

C'est le meillanr. tonique oioore. offert aa public ; donne àjitpj^ 
WS nerfs^ BcpÏYe la digestion, donne de Tappétit, et fait disparl^taré 
la débilité générale. Ses qualités sont vraiment inestimables. Préparé 
dans lé ' lai^ratôlté dé' Etttis; Meroer & Cie., Pharmaciens en GnM, 
Montréal, et vendu par tous les pharmaoîene. i 



. 1 1 1 • 1 1 



-»-» 



REMEDE DU Dx. BIRN.BAUM. 



V ' * < f 



. La faculté d^M^^^iAe.^e Montréal, Mi^culièremenf les médecins siûi 
]i;a^t8: les Drs. Peltier, Munro, Hottot, Kolaillàrâ, Brosseaù, Leprohoti, Dà- 
yld; Qirdwood; -Sraailwood; Mûcdonell, Thompson^ Tucgeon. Bessev et ICc( 
Clinum..Mwi J.e. ." B.eipède du Dr, BIRNBAUM pour le RftUMAJX^i^MÇ. pf 
JjJi GOUTTE/' a été soumis pour essai, ont avec uni rare dé^intèresse'Éient; 
reconnu s^sr qunlitév supérieures et donné dtts- -CERÎlflFiGA^ à cet eMi 
dairt cotisa, p'.uyep.t être obtenues du soussigné ou d^aucun Phormficieii 
dfi la Puissance 

' << Lf! RÈMÈDfi du Dr. BIRNBAUM pour lé HHUIf ATIBlIfi et kl 
COUTXE/: eçt . rçcorom^indé pourie Bbm^f ti^me. la (xoutt^, la Névralgie. 
L9k|ftal de Beins^la Goutte volante, et les autres douleurs, rinflexibiliteYIea 
Meiobres- et- des jointures,- les- Entersesv ^BB^urdissement, les- Bbftilréi 
Ac, àc„ et est le remèd»ie.plug afilcACiA^lie plus sOr qui soit connu pour 

ces maladies. ' / " ». -^Pi' 

En vente par tous les Pharmaciens! c.j . , 

CHARLES MARTIN, 

■> • ' ' '• .3d, Carré Yiotofi*/Wq«i(*al, 

, :, . Se^l A0^ W»»* ^.* PV:^?Wi«Ç .<*)» Can.ad» e^. les Btati^Uhis. 



H '/ 



QUJSIiQUEB ÔBirrisriCATfii. 



I • 



Par les ei^sals qae J'ai Adt dans ma praiiqae du Remède du Dr. Blrnbaum * 
pour le RhumttlBine et la Gontte, et par ce que Je sale de «a compoaitloD, Je suis 
persuadé que son usage sera de beaucoup salutaire pour lés dURrents buts pour 

recommander ftirtement au public comme étant un remède JQvmpt et effloaça 
TOur exUrminer les douleurs et les enflures. • 'K AfuNHOt M. B. . i ''« 

Professear de ClUruigie et de Oiilrurgle (^liniaue a PHôtel-Dleu de MontréaL 

Mr. G bs. Martin. ,, . 

Monsleur.—^ant pris connaissance dea)'Migré«eaU ^noen^Md 4n:W Wn.^ 
baum, pour le Rhumatisme et la Goutte, et sachant bien l'action thérapeutique 
de ces composés comme agent de guérison. J'éprouve beaucoup de plaisir de con- 
firmer les vues de mes confrères qui ont d^à certifié son ntiUté et son action sa« 
luUUre. HECTOR PELTIBK, M. D. 

Montiifial, 6 Mars 1872. 



L'UNION MEDICALE 



DU OA.2Sr^r)A. 



» » 



Revue Medioo-ohirurgicale paraissant tous les mois. 



Bidaetew m Ch^: '\ 
J. P. ROTTOT, M. D. ) 



{ 



Auiitantt-Bédaeteurt : 

A DAGEHAIS. M. D. 

L. J. P. DESROSIERS, H. D, 



Vol. 1. 



JUIN 1872. 



No. 6. 



L'AOTE MEDICAL PEOJETÉ. 



Lorsque nous avons vu T Association Médicale prépa- 
rer une nouvelle loi de médecine, nous avions tous rai- 
son de croire que son Bill ferait disparaître les défec- 
tuosités de ^ancienne loi, fermerait la porte aux abus, 
mettrait la profession sur un pied plus élevé, et, tout 
en sauvegardant plus efficacement qu'à présent les in- 
térêts de ses membres, donnerait en même temps plus 
de satisfaction et plus de garantie au public. Je crains 
bien que ce projet de loi qui nous est maintenant sou- 
mis ne puisse réaliser ces espérances; et j'avouerai pour 
ma part que sa lecture m'a laissé dans l'esprit une im- 
pression défavorable. 

D'abord, ce Bill pourvoit à l'établissementd 'un systè- 
me uniforme d'études classiques et médicales. Voilà 
certainement une idée à laquelle j'applaudis de tout 
cœur : c'est pour amsi dire la pierre angulaire sur la- 
quelle ce Bill doit être élevé ; sans elle il nous est im- 
possible d'atteindre notre but ; sans elle, par conséquent, 
point de succès. Mais en même temps il faut avouer, 
que dans un pays composé de différentes nationalités, 
et toutes jalouses de conserver intacts, leurs droits, leurs 
langues et leurs croyances religieuses, il est extrême- 



242 l'union médicale du canada. 

* 

ment difficile de confectioner une loi qui puisse donner 
satisfaction à tous. 

C'est certainement l'obstacle le p]us sérieux que Ton 
avait à rencontrer, mais on a pas su le vaincre. 

Pour s'en convaincre, examinons d'abord la IVème 
clause de ce Bill : on y voit que le Conseil Général sera 
composé de 30 membres, 

dont 10 représenteront la Province d'Ontario 
10 '' " " de Québec 

6 " " " de la N. Ecosse 

6 " " " du N. Brunsv^ick. 

Combien de membres pourrons-nous envoyer à ce 
conseil ? Cinq ou six, tout au plus. 

Nous nous trouverons dans une très grande minorité, 
entièrement sous la dépendance de nos confrères d'On- 
tario et des Provinces d'en Bas. Je veux bien croire 
qu'ils n abuseront pas de leur puisance. Mais enfin ce 
n'est pas une position satisfaisante, ni même convenable.' 

Si encore le conseil n'avait que des pouvoirs limités : 
mais il est indépendant, sans contrôle, tout-puissant. 
Ainsi, la 24me. clause lui donne le pouvoir de nommer I 
un Bureau d'examinateurs, dont le devoir sera d'exami- 
ner et de s'assurer des connaissances pro1ressio(nelles de 
tous les candidats pour l'enregistrement en conformité 
aux règlements du conseil général. 

La XXVIme. clause lui donne le [pouvoir de nommer 
des examinateurs pour instituer et conduire l'examen 
des étudiants en médecine sur leur éducation prélimi- 
na-ire ou générale. De plus il eèt pourvu par cette mê- 
D^e clause qu'aucun gradué dans les arts d'aucune Uni- 
versité dans les possessions de Sa Majesté ne sera ramiig^,, 
de passer un examen relatif à l'éducation générale. fDe 
sorte qu'un gradué quelconque, fut-il d'Afrique ou de 
la Chine sera admis à l'étude de la médecine, simple- 
ment sur présentation de son diplôme, tandis que nos 
jetmes compatriotes, après avoir reçu dans nos collèges 
une éducation, pour dire le moins, aussi bonne que celle 
donnée dans les Universités anglaises seront obligés de se 
soumettre à un examen avant d'être admis à l'étude do 
la médecine. Ces Messieurs paraissent vraiment avoir 
une petite opinion de nos maisons d'éducation. 



« 



r 




L'UNION MÉDICALE BIT CANADA. 243 



La 27èm6. clanse donne au conseil le pouvoir de fixer 
et de déterminer nn cours d'étude à être suivi par les 
étudiants en médecine. 

Par la 28ème. clause on voit que le conseil ne sera pas 
I tenu de reconniutre aucune école de médecine qui n^^ 

sera pas en opération lors de la passation de cet eiCteJTje 
qui veut dire, si je comprends bien, que si, plus tard, dans 
^ la Province de Québec on croyait nécessaire d'établir 

r une nouvelle école de médecine canadienne, il nous fau- 

drait avoir recours au bon plaisir du conseil général 

La 29ème. clause donne de plus au conseil TatCforité 
de faire de temps en temps des règlements pour guider 
le Bureau des Examinateurs et pourra prescrire les su- 
jests et le mode d'examen, etc., etc. 

Voilà les pouvoirs que possède le conseil général, 
pouvoirs d'autant plus à craindre pour nous, que vu 
notre petit nombre il nous sera impossible de le contrô • 
1er. 

De plus, on reprochait, et avec raison, à loi actuelle 
de donner des pouvoirs trop considérables aux Univer- 
sités ; on disait que les abus qu'on avait à déplorer, 
étaient dûs aux privilèges possédés par ces institutions. 
Et voilà que l'on commet exactement la même faute ; 
On investie le nouveau corps, qui doit nous régir, d'une 
autorité encore plus grande que celle dont jouissent les 
^ ; ■ Universités. Il n'y a certainement pas ici d'améliora- 
. '^^^ -ition ; c'est tout simplement un déplacement de pouvoir, 
1^) avec peut-être moins de garantie pour l'avenir : c'est 
Pierre qui dit à Paul, tu as abusé de tes privilèges, c'est 
pourquoi je te les ôte, mais je les garde pour moi. 

Pourquoi ne commettrait-on pas des abus plus tard : 
ils ne seront pas il est vrai, de même nature que les au- 
tres ; mais ils pourraient fort bien être plus grands. Ces 
raisons là seraient seules suffisantes je crois pour nous 
déterminer à ne pas accepter ce Bill. Mais il y en a d'au- 
tres. 

On dit que le niveau de la profession médicale va 
continuellement s'abaissant par l'admision d'un nombre 
considérable de personnes ne possédant pas une éduca- 
tion classique et médicale suffisante. Fuis on nous don- 



-* 



244 



L^UNION MÉDICALE DU CANADA. 



La loi acluellc exige le cours sui- 
vant : 

— A l'examen préliminaire le can- 
didat devra fournir la ]>reuve qu'il 
jouit d'une bonne réputation morale, 
et qu'il possède une connaisance 
suffisante du latin, d'histoire, de 
géographie, de mathématiques et de 
physique, et il devra aussi avoir une 
connaissance générale des langues 
anglaise et française. 



ne ce projet de loi comme devant remédier à ce mal, et 
mettre notre profession sur un pied plus éleA'é. 

Il me semble que pour obtenir ce résultat, il fallait 
d'abord nécessairement commencer par exiger des aspi- 
rants à Tétude de la médecine une éducation classique 
plus complète que celle requise par la loi actuelle. 
Comparons donc les clauses de l'un et de l'autre Bill con- 
cernant ce sujet, afin de s'assurer si on l'a fait ou non. 

Le urojet de loi statue ce qui suit. 
XXVIme. clause : 

Voici quels seront les sujets pour 
tel examen préliminaire jusqu'à ce 
que le conseil juge à propos de les 
modifier. 

Compulsoire : Langue française 
ou anglaise, selon la nationalité de 
Tétudiant, y compris la grammaire 
et la composition ; histoire, géogra- 
phie ; arithmétique, y compris les 
fractions vulgaires et décimales, y 
compris l'algèbre, les équations sim- 
pies ; géométrie, les deux premiers 
livres d'Euclide ; latin, traduction et 
grammaire : et un des sujets suivants, 
au choix, le grec, le français ou 
l'anglais suivant la nationalité de 
l'étudiant, l'alemand, la philosophie 
naturelle y compris la mécanique 
riiydrostatique et la pneumatique. 

Ce tableau nous prouve qu'au lieu d'entrer dans la 
voie du progrès, on fait plutôt un pas en arrière ; car la 
loi actuelle rend compulsoire l'étude des langues an- 
glaise et française ainsi que de la physique ; tandis que 
par le nouveau Bill, l'étudiant ne sera ooligé d'étudier 
qu'une seule de ces trois branches, qu'il pourra lui-même 
cnoisir. 

Il y avait cependant une lacune à combler ; le cours 
u'étude exigé par la loi actuelle n'est pas même sufSi- 
sant. S'il y a une classe d'hommes pour qui de bonnes 
études classiques sont nécessaires c'est certainement la 
nôtre. La science médicale est si. vaste, les questions 
qu'elle traite sont si nombreuses et si variées, qu'elle 
se trouve, pour ainsi dire, en contacte avec presque 
toutes les autres sciences. De sorte qu'on peut dire que 
s'il était possible de parcourir le cercle immense des 



L'UNION MÉDICALE DU CANADA. 245 

connaissances humaines, c'est surtout le* médecin qui 
devrait le faire. Nous devons néanmoins nous borner tout 
simplement à ce qui nous est le plus nécessaire. Mais 
Toilà justement où réside la difficulté. 

Quel est le cours d'étude qui convient le plus aux 
médecins ? 

J. P. ROTTOT. 

A continuer. 



CAS RARE. 
Kyste ovarique et grossesse avec placenta prjevia. 

MM, les Rédacteurs^ — Veuillez insérer, dans «votre journal, 
Ja présente communication qui pourra ofErir quelqulntérêk à 
vos nombreux lecteurs, et spécialement à ceux qui en sont à 
leurs premiers pas dans la carrière médicale* 

Le 30 Septembre dernier, je fus consulté par une femme de 
35 ans, d'un tempérament lymphatique, mariée depuis dix- 
sept ans, et n'ayant eu, dans ce long intervalle, qu'un enfant 
qui compte aujourd'hui quinze ans révolus. 

La malade me dit que, depuis deux mois, elle urinait diffi- 
cilement et peu à là fois, mais que depuis dix-huit heures, 
l'excrétion urinaire était complètement impossible. Elle ac- 
cusait beaucoup de ténesme vésical, des douleurs vives et un 
sentiment de pesanteur dans la région abdominale qui pré 
•sentait un développement coniidérable. Le pouls était un peu 
plus rapide qu'à l'état normal, et la peau, couve rte de sueurs, 
exhalait une odeur urineuse. La malade était en proie à une 
grande anxiété et me pressait de lui porter soulagement au 
plus tôt. D'abord, je vous avouerai que je crus avoir à lutter 
contre une simple rétention d'urine, due à une paralysie es- 
sentielle de la vessie, quoique cet accident soit rare chez une 
personne aussi peu avancée en âge ; et sans pousser mon in- 
vestigation plus loin, je rassurai ma madade. L'introduction 
du cathéter favorisa l'écoulement d'une quantité abondante 
d'urine fortement ammoniacale. Ce procédé causa un soulage- 
ment notable ; mais, à mon grand étonnement, la distension 



246 L'tmiON MfolOALB BU CANADA. 

abdominale resta très prononcée. J'appris alors que cette pro- 
tubérance datait de plusieurs années : de six à huit ans 

La tuméfaction avait commencé par occuper l'hypocbondre 
droit, puis allant en augmentant jusqu'à la ligne blanche ; 
elle avait fini par envahir toute la région abdominale. La 
progression^cependant était plus sensible depuis quelques 
mois. Sur cette information, je soupçonnai Texistence d'une 
tumeur ovarienne, et je procédai immédiatement à la palpa 
tion et à la percussion, ce qui me procura le moyen de cir- 
conscrire la tumeur et de bien constater le ballonnement ain- 
si que la fluctuation ; en appuyant la paume de la main sur 
une paroi du ventre et en exerçant la percnssion sur la paroi 
du côté opposé, je sentais distinctement Timpression^particu- 
lière fournie par la fluctuation, et de plus, la tumeur me parais- 
sait être déplacée in globo. Ce dernier caractère, joint aux 
signes déjà mentionnés, me fit conclure un kyste ayant eu son 
point de départ dans Tovaire droit. Le volume du ventre 
avait un peu l'aspect de celui qu'on observe dans une gros- 
sesse de huit mois. 

En poussant plus loin mes questions, j'appris aussi qu'il y 
avait longtemps que les fonctions de la vie végétative étaient 
troublées, par suite sans doute, de la compression mécani- 
que sur les viscères abdominaux et thoraciques ; les vomisse- 
ments alternaient avec la constipation, et les coliques avec 
la dyssenterie. Les poumons, refoulés en haut par la tu- 
meur, fonctionnaient difficilement ; la malade éprouvait des 
étouffements, surtout après les repas. Depuis trois mois, les 
menstrues, jusque là plus ou moins régulières, étaient sup- 
primées entièrement. Je dois vous dire aussi qu'à venir 
aux deux mois précédents, les fonctions urinaires n'avaient 
jamais été interrompues. 

Après l'examen que je venais de pratiquer, je laissai entre- 
voir à ma patiente qu'il faudrait en venir à une opération- 
Je songeais à la ponction, dont je lui donnai une courte 
explication ; et pour la rassurer davantage, je lui dis que je 
ne voulais rien faire avant d'avoir le conseil d'un confrère. 



l'union médicale du canada. 247 

Alors, elle m'aroua qu'elle avait déjà consulté M. le Dr. 
Grem«r qui lui avait proposé la même chose ; mais, comme 
elle ne voulait pas consentir à l'opération, elle avait décidé 
de recourir à d'autres avis, dans l'espoir qu'il n'en serait 
nullement question. Je cherchai à lui faire comprendre 
qu'elle serait obligée d'en venir là ; mais, elle m'objecta, 
pour toute réponse, qu'elle préférait mourir. Durant les 
trois semaines qui suivirent, il fallut recourir au cathéter ré- 
gulièrement^ matin et soir, puis à la an de ce terme, je fus 
consulté pour un^accident d'un autre genre qui venait de se 
déclarer. Il était survenu im prolapsus utérin qui faisait une 
saillie considérable hors*de la vulve. Ce prolapsus se réduisait 
presque complètement lorsque la malade gardait le repos, ou 
prenait la position horizontale, mais reparaissait dès qu'elle 
voulait se livrer au moindre exercice. 

Après avoir ordonné le repos le plus absolu, je quittai ma 
malade, en lui enjoignant de me donner de ses nouvelles le 
lendemain. 

Je restai plusieurs semaines sans néanmoins en entendre 
parler, et je crus qu'elle s'était adressée ailleurs. Mais au 
commencement de Février, elle vint elle-même m'annoncer 
qu'elle était enceinte, qu'elle en était d'autant plus certaine 
qu'elle sentait les mouvements de l'enfant. J'appris aussi, en 
même temps, que toutes les difCLcultés de la vessie était dis- 
parues et que le prolapsus avait cessé un peu après elles. 

Les mouvements du fœtus se faisaient sentir sous l'hypo- 
chondre gauche, et à l'auscultation, j'entendis distinctement 
les bruits du cœur. En percutant cet espace, je trouvai une 
matité complète et le doigt donnait la sensation d'un corps 
dur et bosselé. Je supposai que l'enfant était placé de telle 
sorte que son dos regardait la paroi abdominale de la mère, 
ce qui rendait les mouvements plus sensibles et les bruits 
cardiaques plus distincts. 

Je vous avouerai que ces divers signes joints à l'augmen- 
tation continuelle de l'aodomen, étaient de nature à me faire 
craindre une grossesse extra-utérine avancée et je me sentais 



248 l'union médicale du canada. 

d'autant plus enhardi à adopter cette opinion, que les auteurs 
nous disent, que dans la grossesse abdominale, les mouve- 
ment de Tenfant sont superficiels, toujours du môme côté, 
plus facilement perçus par la mère, et, de plus, que les formes 
sont quelquefois distinguées. Cependant, Té/ènement prou- 
va que la grossesse était bien utérine. 

Le 16 du même mois, je me rencontrais avec M. le Dr. 
Grenier auprès de la patiente pour une hémorrhagie utérine, 
qui s'était déclaré ex abrupto et qui avait plongé la malade 
dans une grande faiblesse. Je dois vous dire que cet écou- 
lement n'était accompagné d'aucune douleur. A Tezamen 
vaginal, nous crûmes toucher quelque chose qui ressem- 
blait à une portion placentaire, mais, je vous avoue que nous 
étions loin d'en être sûrs. Du reste, le toucher était difficile 
et le doigt ne faisait qu'effleurer le museau de tanche ; dans 
la crainte de réveiller l'hémorrhagie nous n'osâmes répéter 
l'examen. 

Après avoir administré des hémostatiques et recommandé 
la tranquillité, nous quittâmes la pauvre femme, nous pro- 
mettant bien de recourir aux lumières de nos devanciers. 
Le hazard nous favorisa, car nous venions à peine de sortir 
que nous eûmes l'avantage de rencontrer M. le Dr. Rottot, à 
qui nous ûmes part du cas que nous venions d'observer 
Mr. le Dr. R. nous dit qu'en effet il y avait des symptômes 
annonçant une grossesse abdominale ; cependant, M. le Dr. R. 
voulut bien se rendre chez la malade, et après quelque dif- 
ficulté, réussit à introduire le doigt bien avant dans le col 
de la matrice et nous dit qu'il croyait avoir atteint la tète du 
fœtus in utero. Il diagnostiqua aussi kyste ovarique Le 
surlendemain le mari vint me quérir, me disant que sa fem- 
me commençait à sentir les douleurs de l'enfantement et 
qu'elle perdait en abondance. Je me dirigeai en hâte chez 
la malade ; mais, en passant, j'eus la bonne pensée de recou- 
rir au conseil de M. le Dr. D'Orsonnens, qui voulut bien me 
prêter le secours de son expérience. A notre arrivée, la per-* 
te était arrêtée ainsi que les tranchées. M. le Dr. d'Ors., après 



l'union médicale du canada. 249 

avoir surmonté les difficultés du toucher, diagnostiqua gros- 
sesse utérine avec insertion placentaire sur le col et fut 
d'avis aussi qu'en laissant la nature achever son œuvre 
on se risquait à déplorer une double mort, vu que la 
malade était extrêmement affaiblie par cette dernière 
hémorrhagie, et que, au moins pour sauver le vie de Ten- 
fant, il était d'opinion qu'il fallait pratiquer Taccouche- 
ment forcé. Aussi, sans balancer, nous adoptâmes ce 
dernier parti. L'ergot fluide ayant été administré, M. 
le Dr. D'Ors., après des efforts soutenus, réussit à extraire, 
avec les forceps, du détroit supérieur, un enfant de huit 
mois donnant à peine quelques signes de vie ; cepen- 
dant, après deux heures de soins nécessaires, cet en- 
fant commença à revenir et, à l'heure où je vous écris, il 
jouit d'une bonne santé, mais la pauvre mère expira trois 
heures après lui avoir donné le jour. 

A l'autopsie, qui fut pratiquée le lendemain par M. Gre- 
nier, on trouva attaché, par un fort pédicule à l'ovaire droit, 
un kyste dont le poids total, contenant et contenu, était de 
25 livres. Le volume était celui d'une masse arrondie et sil- 
lonnée de lignes bleuâtres ressemblant à des veines. La 
grande circonférence mesurait 43 pouces et la hauteur 6 à 7 
pouces. A la ponction, le kyste laissa échapper un liquide 
d'une couleur citrine et assez abondant pour remplir un 
vaisseau de trois gallons. On trouva aussi, dans la tumeur, 
trois autres petits kystes remplis d'un liquide semblable. 

L'utérus était naturellement dans un grand relâchement 
et présentait encore une forte portion de placenta fixée dans 
la partie supérieure du col. 

Tel est ce cas, que j'ai cru rare et intéressant ; voilà pour- 
quoi j'ai pensé qu'il serait utile de le faire connaître à VU- 
nion Médicale. 

Votre très humble, 

Alfred Laramée, M. D. 



I 



250 l'union médicale du canada. 

DISTRIBUTION DES DIPLOMES A LA FACULTÉ DE 

MÉDECINE DE L'UNIVERSITÉ VICTORIA. (Ecole de 
médecine et de chirurgie de Montréal.) 

Lundi 13 Mai eut lieu, dans la Salle de lecture de la facul- 
té médicale de l'Université Victoria, l'examen des thèses et 
la réception des degrés, conférés par l'Université de Cobourg. 
Cette séance était la première du genre pour cette institution, 
car on sait que jusqu'aujourd'hui les élèves ayant subi leur 
examen devant la Faculté, étaient tenus d'aller à Cobourg 
recevoir leur Diplôme universitaire. Par une nouvelle fa- 
veur accordée à la faculté de médecine, celle-ci peut désor- 
mais sans déplacement, donner à ses élèves ce diplôme, après 
avoir rempli les formalités nécessaires. Ce fut donc lundi le 
13 Mai que ces diplômes furent conférés. M. le Dr. Beaubien 
présidait, entouré de tous ses collègues. 

Après quelques remarques préliminaires de M. le Président, 
on procéda à l'examen et à la discussion des thèses qui furent 
celles-ci : 

Noms. Thèses. 

Dr. A. Dâgenais.. Traitement de la variole. 

Dr. L. J. P. Desrosiers Syphillis et Scrofule. 

N. Desmarteau Chlorose. 

L. M. A. Roy Métrite. 

J. Bte. Laporte Hémorrhagie puerpérale. 

0. Larue Cataracte. 

J. Paquet Le Croup. 

N. Gosselin Erysipèle phlegmoneux. 

CM. Filiatrault Rhumatisme articulaire. 

P. Carrière Maladies des nerfs. 

H. Larocque Scarlatine. 

U. Gaboury Fièvre intermittente. 

Ch.Faffard " Fièvre Typhoïde. 

R. D. McDonell Pneumonie. 

V. Laurin Soins à la première enfance. 

A. Simard Les abcès. 



l'union MéDIOALX DU CANADA. 251 

C. J. Coulombe Pneumonie. 

H.Héroux Hépatite. 

P. Meunier Asthme. 

F. Dufort Hémorrhagie utérine. 

P. Cartier " 

F.Demerse Blenorrhagie. 

P. Trudei Hystérie. 

F. Patoël Onanisme. 

Z. Rouleau Fièvre typhoïde. 

Z.Dupuis Chlorose. 

Z. Mignault L'Inflammation. 

L. Beaupré Le Chloroforme. 

Ces thèses ont été soutenues avec succès par tous les aspi- 
rants dont plusieurs se sont particulièrement distingués. On 
s'accorde à dire que la classe des élèves en médecine qui 
viennent de terminer leurs cours cette année est relativement 
très forte de talents et d'études, et peut servir à prouver que 
la diligence et l'amour du travail sont loin de se ralentir 
dans cette institution. 

Après ces procédés, M. le Président fit la distributions des 
diplômes au nombre de 39 en accompagnant chaque présen- 
tation de quelques mots bien appropriés, puis termina par 
une petite allocution pleine de bons conseils et de franche 
sympathie pour ceux qui laissaient la vie joyeuse et insou- 
ciante de l'étudiant pour entrer dans la vie réelle et positive. 

Mr. le Dr. Peltier voulut bien dire aussi un dernier mot à 
ses élèves et le ût avec cet entrain charmant que chacun lui 
contait et que ses disciples n'oublient jamais. 

La séance allait finir lorsqu'un des gradués se leva pour 
remercier au nom de ses jeunes collègues les professeurs 
qu'ils quittaient à regret, dit-il, et avec lesquels il voulait con- 
tinuer de communiquer par les rapports d'affection et de pro- 
tection, qui ne devront jamais cesser d'exister. 

Il est probable que l'obtention des diplômes universitaires 
à Montréal va engager plusieurs confrères de l'Ancienne 
Ecole de Médecine et de Chirurgie à imiter l'exemple de 



252 l'union médicale du canada. 

MM. les Drs. Dagenais et DesrosLers et à profiter Q'un pri- 
yilége qui met à la portée de chacun d'eux le titre de Docteur 
en Médecine. 



DU BUREAU DE SANTE. 

La variole qui a fait de si grands ravs^es dans notre 
ville, pendant rhiver, commence à diminuer ; et nous 
avons lieu de croire, qu'avant longtemps, le terrible 
fléau aura entièrement disparu. Nous espérons que la 
terreur et les angoisses que cette épidémie a causées 
parmi notre population, ne seront pas inutiles, et qu'el- 
les serviront à ouvrir les yeux de nos autorités munici- 
pales sur Torçanisation défectueuse du département de 
santé. Car il faut bien l'avouer, ce département n'est 
pas ce qu'il devrait être ; il pèche sous plus d'un rap- 
port, et la preuve de ce que nous avançons, se voit 
dans le complet désarroi où û se trouve à l'invasion de 
quelque maladie contagieuse. On attend pour faire des 
règlements que l'ennemi soit dans nos murs ; dans le 
trouble du moment, voulant aller trop vite, on ne fait 
rien, et l'on commence par où on aurait dû finir. C'est 
ce qui est arrivé dans la présente épidémie, et c'est ce 
qui arrivera toujours, tant que nous n'aurons pas un dé- 
partement de santé organisé sur des bases stables et 
permanentes. 

Nous avons bien, il est vrcd, un comité et un bureau 
de santé ; mais les honorables Messieurs qui font partie 
de ce comité et de ce bureau ne peuvent pas s'occuper 
d'une manière efficace de tout ce qui touche à l'hygiène 
publique, et cela pour plusieurs raisons. D'abord ils 
n'en ont pas le temps : tous ces messieurs sont des gens 
d'affaires, dont les occupations particulières remplissent 
la plus grande partie du jour, et il ne leur reste que peu 
d'heures à consacrer au service du public, qui ne peut 
exiger d'eux qu'ils sacrifient entièrement leurs affaires 
personnelles, dans son intérêt. De plus, malgré la bon- 
ne opinion que nous avons de l'intelligence et du méri- 
te des membres du bureau de santé, nous ne pensons 
pas qu'ils , soient compétents pour diriger entièrement 



l'union médicale du canada. 253 

un département comme celui qui nous occupe. Pour 
faire des lois et des règlements sur l'hygiène publique, 
et les faire exécuter, il faut des connaissances spéciales, 
qui ne s'acqxdèrent que par de fortes études. On peut 
être un bon notaire, un avocat habile, un marchand con- 
sommé dans les affaires, et cependant, ignorer une fou- 
le de choses qui se rattachent à l'état sanitaire d'une 
ville. 

En troisième lieu, les changements qui se font pres- 
que tous les ans dans la composition du bureau ajou- 
tent encore à son inefBicacité. Les membres n'ont pas 
le temps d'acquérir les connaissances nécessaires au bon 
fonctionnement des lois de l'hygiène, et le peu de durée 
de leur service ne leur permet pas de suppléer aux étu- 
des spéciales par l'expérience. 

Nous avons aussi deux o£Biciers de santé : il serait 
peut-être aussi bon de ne pas en avoir du tout. Car, 
depuis bientôt trois ans que cette charge existe, on est 
encore à se demander, quel bien il en est résulté. Loin 
de nous, de vouloir jeter le blâme sur les deux Messieurs 
qui occupent cette position ; nous voulons simplement 
constater un fait et en découvrir la cause. Or la cause, 
suivant nous, du peu d'efficacité de la charge d'officiers 
de santé, ne se trouve pas dans ces derniers, mais bien 
plutôt dans les conditions dans 1 esquelles ils ont été 
nommés. 

Le conseil de ville en appointant des officiers de santé 
sans leur donner les moyens et le pouvoir de faire exé- 
cuter les mesures sanitaires, qu'ils jugeraient à propos 
de faire, devait s'attendre à ce résultat. Il aurait été 
surprenant qu'il en eut été autrement. De plus, le sa- 
laire étant tout-à-feit insuffisant, on ne pouvait pas con- 
venablement exiger de ces Messieurs, une somme de 
travail qui aurait absorbé tout leur temps. ^A propos 
du salaire, nous avons vu dernièrement dans un journal 
quotidien une curieuse note d'un ex-conseiller, se plai- 
gnant de ce que les officiers de santé ne remplisaient 
pas mieux leurs devoirs, quoiqu'ils fussent grassement 
payés. Si ce Mr. trouve que cinq cents piastres suffi- 
sent amplement à payer les services d'un médecin pen- 
dant une année, nous aimerions à savoir, si lui-même se 



254 l'union MiDIOALS DU CANADA. 

contenterait d*an pareil, salaire, quoique ses occupations 
ne demandent pas autant d'étude et de travail. 

Le bureau et les officiers de santé ne pouvant pas 
comme nous venons de le voir, remplir toutes les exi- 
gences que réclame la salubrité publique, la population 
en souffre nécessairement et il faut trouver un remède 
à ce mal. Le meilleur remède, d'après nous, serait la 
création d'un département de santé distinct de tous les 
autres, avec un chef, un assistant et des employés subal- 
ternes en nombre suffisant. Nous avons déjà les dépar- 
tements de l'eau, du feu et de la police qui fonctionnent 
admirablement bien; nous ne voyons pas pourquoi 
nous n'en aurions pas un de santé. Ce ne serait pas le 
moins important ; s'il est bon de proléger la propriété, 
il doit l'être encore plus de protéger la vie. 

Jusqu'ici, on s'est trop peu préoccupé de la santé pu- 
blique ; lorsqu'on avait fait des canaux dans les rues, et 
nettoyer les cours au printemps, on croyait avoir tout 
fait, et on se croisait les bras. Cependant ceci ne com- 
prend que la plus petite partie de l'hygiène. A part les 
canaux des rues, il faudrait exiger strictement que cha- 
que maison eut un égoût pour rejoindre celui de la rue ; 
et il est à notre connaissance qu'un grand nombre de 
propriétés n'en ont pas. L'inspection des viandes, du 
pain, des boissons devrait attirer aussi la plus grande 
attention. La construction des édifices publics qui a 
été si négligée sous le rappoit de la salubrité, devrait 
être sous la surveillance du département de santé. Nous 
sommes convaincus que, si lors de l'érection du palais 
de justice, on avait consulté un officier de santé capa 
ble. Messieurs les juges et les avocats s'en trouveraient 
bien mieux aujourd'hui. Il en de même de plusieurs 
autres bâtises publiques. 

Si on avait eu un service de santé bien organisé, on 
aurait pas eu à déplorer, ces années dernières, les tristes 
accidents causés par la vente de substances vénéneuses 
dans les pharmacies ; car l'officier de santé aurait obligé 
les propriétaires de ces établissements à tenir à l'écart 
toutes les matières dangereuses. 

La vente du lait devrait aussi exiger une surveillance 
spéciale, parcequ'il est certain qu'une grande partie des 



l'union médicale du canada. • 255 

maladies des enfants provient de la mauvaise qualité 
de cet aliment. Il y a encore une foule d'autres rai 
sons qui militent en faveur de rétablissement d'un bu- 
reau de santé permanent et effectif ; et nous croyons en 
avoir suffisamment démontré la nécessité. Que Ton 
choisisse un homme compétent pour mettre à la tête de 
ce département, qu'on lui donne un salaire convenable 
qu'on lui fournisse tous les assistants nécessaires et la 
ville s'en trouvera bien. Avec une bonne organisation 
sanitaire, si une épidémie vient encore nous visiter 
nous ne serons pas pris au dépourvu, et nous aurons les 
moyens de la combattre, au moins dans les limites du 
possible 

A. Dagenais, m. D. 

ASSEMBLÉE DU BUREAU. 
L'assemblée semi-annuelle du Bureau des Gouverneurs du 
•Collège des Médecins et Chirurgiens du Bas-Canada eut lieu 
le 14 Mai dernier, dans les Salles de la Faculté de Médecine 
de l'Université Victoria. 

Furent présents : Messieurs les Drs. Scott, Wilbrenner Rus- 
sel, H. Blanchet, Rottot, Tessier, Peltier, Howard, Small- 
wood, G. E. Fenwick, Kobillard, E. Landry, Jackson, J. Bte 
Blanchet, Michaud, Boudreau, Marmette, Dubé, Brigham 
Duchesneau, Gibson, A. G. Fenwick, Worthington, Hamilton 
Gilbert. 

La licence du Collège fut donnée aux Messieurs suivants 
sur présentation de leurs diplômes. * 

B. Desrochers, M. D. L. F. Demers, M. D. V. 
G. A. Turcot, M. D. L. T. Trudel '' V. 
T. A. Dufort, M. D. V. L. M. A. Roy " V. 
N. Desmarteau " V. j. g. Sheppard " V 

C. Fafard " V. p. Meunier « V. 

€. J.'CouIombe " V. George A. Stark, M.D, McGiU 

N.Gaboury " V. KMarcaau " McGill 

P.Cartier « V. j Morrisson " McGiU 

J.Gagnon « V. P. McLaren « McGill 



256 

J. Paçyet 
H. Larocque 
J. Dupuys 
A. Mathieu 
A. Simard 
Z. Mignault 



l'union médicale de canada. 






" McGill 



V. A. A. Brown 

V. F. Patoël,C. M., M. D. 

V. P. A. Désilets, C. M., ML D. 

V. P. B. A. Lanouette, C. M., M. D. 

V. W. Nelson C. M., M. D. ' 

V. H. S. Cunningham, C. M., M. D. 

Les Messieurs suivants furent admis à l'étude de la Méde- 
cine après un examen satisfaisant. 



ce 



C( 



u 



u 



A. Brodeur, 
P. AUard, 

C. J. J. Valentine, 
E. Brun, 
L. Poirier, 
L. Burroughs, 
G. Lachaud, 

B. Pinsonnault, 
B. Descaries, 
S. Larose, 



X. Auger, 
O. Gervais, 
J. Roy, 
H, Desrosiars, 
E. Michon, 
0. Martineau, 
E, Latraverse, 
E. Proulx, 
P. Brossard, 
V. Bilodeau, 



A. Champagne, 

F. Trudel, 

P. M. Annet, 

J. A. S. Brunelle, 

E- Larocque, 

A. Tessier, 

A. Létourneau, 

L. A. Goulet. 



SOCIÉTÉ MÉDICALE DE MONTRÉAL. 



Séance extraordinaire du 24 Avril 1872. 
Présidence du Dr. J. E. Coderre. 

Officiers présents :— Drs. J. W. Mount, A. B. Larocque, L. J. 
P. Desrosiers et G. Grenier. 

lie procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Proposé par le Dr. L. J. P. Desrosiers, secondé par le Dr. J. 
C. Poitevin, que le Dr. J. 0. Mousseau, de Montréal, et J. 
Beaudin, de HuU, soient admis membres actifs.— Adopté. 

D'après une résolution passée par le Comité de Régie, la 
question du vaccin étant de nouveau mise à l'ordre du jour, 
il est proposé par le Dr. S. Gauthier, secondé ^par le Docteur 
F. Hamelin : 

Que la Société Médicale de Montréal à sa séance du 28 fé- 
vrier dernier, en adoptant les résolutions suivantes : 



l'union médioale du oanada. 257 

" lo Que d'après Thistoire etl'expériencedepuisJenner jus- 
qu'à nos jours on reconnaît que la vaccine est le préservatif 
de la variole ; 

" 2o Que la Société Médicale est d'opinion qu'il incombe à 
la Corporation de fournir aux médecins vaccinateurs les 
moyens de se procure du bon vaccin ; 

" 30 Que la Société Médicale est d'opinion que le meilleur 
moyen d'avoir du bon vaccin est de se procurer du cow-pox, 
de l'humaniser, et de continuer ensuite les vaccinations de 
bras à bras et avec la lymphe," n'a pas affirmé par ces réso- 
lutions que le vaccin que nous avons soit bon ; il a été dit, 
au contraire, que le vaccin tel qu'employé aujourd'hui par la 
plupart des vaccinateurs est mauvais et n'offi;p aucune 
protection contre la variole. 

Le Dr. H. Peltier propose en amendement, secondé par 
le Dr. L. J. P. Desrosiers, que la Société Médicale, tout en 
reconnaissant que l'on doit s'efforcer d'avoir du vaccin 
plus efficace, reste cependant d'avis que l'on doit conti- 
nuer de vacciner avec le vaccin actuel tel qu'employé par 
nos confrères d'après leur jugement. 

Après discussion, l'amendement est mis aux voix et adopté 
sur la divison suivante : 

Pour : Drs. H. Peltier, L. J. P. Desrosiers, J. C. Poitevin, J 
W. Mount, J. P. Lachapelle, A. B. Larocque, P. E. Plante, G 
Grenier. 

Contre : Drs. S. Gauthier, F. Hamelin, A. Vilbon. 

Proposé par le Dr. J. W. Mount, secondé par le Dr. A. B. 
Larocque, que dans le but de donner une plus grande satis 
faction au public, la Société Médicale est d'opinion qu'il se- 
rait expédient que le Bureau de Santé nommât une commis 
sioii composée de quatre médecins expérimentés qui seraient 
chargés de visiter de temps en temps les enfants vaccinés 
par les médecins vaccinateurs aûn de s'assurer si le vaccin 
employé par eux possède les qualités requises. Adopté sur 
division. 

Le Dr. S. Gauthier donne avis qu'il proposera à la prochai- 



258 l'union médicale du canada. 

ne séance le Dr. A. Archambault (de St. Antoine) comme 

membre actif. 

Et la séance est levée. 

Dr. Georges Grenier, 
Sec.-Trés. S. M. 

Séance du 13 Mars 187?. 

Présidence du Dr. J. W. Mount. Membres présents : Drs. 
C. 0. Bruneau, A. Dagenais, A. T. Brosseau, P. E. Plante, J. 
M. A. Perrin, F. X. Perrault, Ag. D. Bondy, J. C. Poitevin, A, 
A. Meunier, L. Quintal, A. Ricard, G. Grenier. Le procès- 
verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Proposé par le Dr. A. Dagenais, secondé par le Dr. F. X. 
Perrault que le rapport des délibérations de la Société soit 
publié dans les journaux quotidiens d'une manière succinie 
aussitôt que possible après chaque séance. Adopté. 

Proposé par le Dr. F. X. Perrault, secondé par le Dr. J, M. 
A. Peirin, que le Dr. F. L. Genand (de St. Jacques de TAchi- 
gan) soit admis membre correspondant. Adopté. 

La discussion sur le tarif et Tétiquette médicale est à Tor- 
dre du jour. 

Un projet de tarif soumis par le Dr. C. 0. Bruneau est dis- 
cuté article par ?.rticle et il est décidé de le prendre de nou- 
veau en considération à la prochaine séance. 

Le Dr. J. M. Perrin donne avis qu'il proposera le Dr. P. E. 
V. Mfgnanlt (d'Acton Vale) comme membre actif. 

Et la séance est levée. 

Dr. Georges Grenier, 
Sec.-Trés. S. M. 

Séance du 27 Mars 1872. 
Présidence du Dr. A. B. Larocque. Membres présents . 
Drs. O. Bruneau, A. T. Brosseau, A. Dagenais, J. Perrin, P. 
E. Plante, Ed. Desjardins, S. Gauthier, J. W. Mount, F. Ha- 
melin, L. J, P. DesRosiei*s, G. Grenier. 

>► Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 
Proposé par le Dr. J. M. A. Perrin, secondé par le Dr. A. T 



l'union médicale du oanada. 259 

Brosseau, que le Dr. P. E. V. Mignault (d'Acton Vale) soit ad- 
mis membre actif. 

Le projet de tarif, soumis à la dernière séance, est alors de 
nouveau discuté articlcj par article et finalement adopté sur 
motion du Dr. 0. Bruneau secondé par le Dr. S. Gauthier 

Il est ensuite proposé par le Dr. A. Dagenais secondé, par 
le Dr. Ed. Desjardins et résolu ; qu'un comité composé des 
Drs. 0. Bruneau, S. Gauthier, P. E. Plante, du moteur et se- 
condeur soit chargé de prendre les moyens de faire adopter 
ue tarif par la législature. 

Le Dr. L. J. P. DesRosiers donne avis qu'il proposera à la 
prochaine séance le Dr. J. N. Chopin (du Sault-au Récollet) 
comme membre correspondant. 

Et la séance est levée. 

Dr. Georges Grexieb. 
Sec-Trés S. M. 

Séance du 17 Avril 1872. 
Présidence du Dr. J. E. Coderre. 

Membres présents: Drs. H. Peltier, A Dagenais, 0. Bru- 
neau, L. Quintal, A. Meunier, J. Perrin, P. E. Plante, J. W. 
Mount, G. Grenier. 

Le procès- verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Proposé par le Dr. H. Peltier, secondé par le Dr. 0. Bru- 
neau, que le Dr. J. N. Chopin (du Sault-au-RécoUeti soit ad. 
mis membre coriespondant. Adopté. 

Le sujet de l'étiquette médicale étant à l'ordre du jour est 
discuté par plusieurs membres. 

Proposé par le Dr. P. E. Plante, secondé par le Dr. A. 
Meunier, que le règlement de la Société n'autorisant qu'une 
séance mensuelle depuis le mois d'Avril jusqu'au mois d'Oc- 
tobre, une séance spéciale soit convoquée mercredi 24 cou- 
rant pour l'adoption d'un code d'étiquette médicale. Adopté. 
Le Dr. A. Dagenais donne avis qu'il proposera à la prochai- 
ne séance le Dr. J. Beaudin (de Hull) comme membre actif. 



360 l'union médioale du canada. 

Le Dr. J. Perrin donne avis qu'il proposera le Dr. J. 0. 
Mousseau (de Montréal). 
Et la séance est levée. 

Dr. Georges Grenier, 
Sec-Trés. S. M. 



BIBLIOGRAPHIE. 

Traité des maladies de T Enfance, — Seconde édition^ agran- 
die et complètement revisée. Par J. Lewis Smith, M. 
D., curateur à V hôpital des enfants en nourrice^ New- 
York ; médecin à F hôpital des enfants à Wards, Island ; 
médecin consultant dans la classe des maladies des enfans^ 
au département externe de T hôpital de Bellevue ; lectu* % 
reur clinique sur les vialadies des enfants et professeur au 
collège médical de F hôpital de Bellevue, New-York, 
Henry 0., Editeur, Philadelphie. 

Ce traité est appelé à rendre de grands services à la profes- 
sion, car les travaux spéciaux sur les maladies des enfants 
tirent leur prix de leur rareté relative autant que de l'impor- 
tance même du sujet qu'ils traitent. On peut dire que 
cette partie si pratique des sciences médicales est trop sou- 
vent négligée ou mal interprétée, parce que le praticien se 
' trouve obligé de recourir à des auteurs qui n'ont pas en 
cette matière, toute la compétence désirable. L'ouvrage 
du Dr. Smith comble largement ce vide en fournissant à 
la science un traité complet des maladies de la pr.emière et 
de la seconde enfance. L'expérience consommée et le ta- 
lent bien connu de l'auteur donnent à cette œuvre- une au- 
torité de premier ordre. Placé à la tête d'un des plus 
grands hôpitaux d'enfants de N.-York, ayant en outre à ré- 
pondre à une des plus nombreuses clientèles consultante de 
cette ville, professeur habile et estimé, il unit à une science 
éclairée • la pratique la plus étendue et la plus variée : son 
livre se recommande par là même sous le double rapport 
du stvle et des idées. 

Je viens de lire les trente pages qui traitent de la Scarla- 
tine : rien n'y manque, clarté, sobriété et concision du style. 



\ 



l'union médicale du canada. 261 

richesse des détails, nouveauté de vues, discussion impartia- 
le et judicieuse des opinions étrangères, traitement formulé 
avec soin et précision ; tout y révêle un talent d'élite traitant 
un sujet dont il est un des meilleurs maîtres. Ce livre a sa 
place marquée dans la bibliothèque du praticien comme dans 
celle de l'étudiant. L'encouragement et l'appui qu'a reçu la 
première édition doubleront sans doute pour la seconde et ré- 
compensera le zélé professeur pour les services qu'il rend avec 
tant de distinction à la profession médicale. — V Union médi- 
cale accuse avec gratitude réception d'un exemplaire de 
cette édition et souhaite au bienveillant auteur la continua- 
tion de ses succès. 

L. J. P. Desrosiers, M. D. 

NOUVELLES MEDICALES, 

Rechutes dans les fièvres typhoïdes. — Les rechutes dans 
ces fièvres ont presque toujours lieu parcequel'on donne au 
malade des vivres solides trop vite, c'est-à-dire avant que les 
ulcères de l'Ileum soient guéris. 

Nous avons cependant le thermomètre pour nous guider 
infaïblement dans ces cas là. 

Si la température du malade demeure deux jours de suite 
à son état normal, ou entre 98o et 99o Fahr :, à 8, a m. et a 6, 
p. m., on peut donner ensuite des vivres solides aux malades, 
sans danger, mais pas avant cela. La langue peut être claire 
ei humide, l'apétit extrême, si la température n'est pas cons- 
Aament à 98o les ulcères ne sont pas encore guéris. 

(Dr. p. W. Latham). 



CoLLAPSE DANS LE CHOLERA. — Nitrite d'Amyl. — Il est à prê- 
tent à peu près prouvé que le collapse du choléra est dû à un 
obstacle à la circulation dans les poumons par la contraction 
e des fibres musculaires des petites artères pulmonaires. Le ni- 

trite d'amyl est justement propre à combattre cet état là. Il 
.donne un soulagement instantané dans le collapse asthmati- 
■que, son administration augmente invariablement les puisa- 



262 l'union médicale du canada 

tions cardiaques, dilate les petites artères, ramène la chaleur 
du corps, le sang à la figure et produit la transpiration. II 
n'a pas encore été employé dans le choléra, mais d'après ce 
que Ton connaît de ses effets dans d'autres maladies, il est pro- 
bable qu'il nous sera d'un grand secours pour celle-là. 

(Dr. t. Jones, brit. md. j.) 
MAL DE dent. — Quclques grains d'hydrate de chloral soli- 
de, mis dans la cavité d'une dent cariée, font presque toujours 
disparaître la douleur très promptement. On peut recourir 
à une deuxième ou une trosième application, s'il est néces- 
saire. (Dr. D. Page.) 

EMPOISONNEMENT PAR LA STRYCHNINE. — Fèvc do à Calabar et 
chloroforme. — Le Dr. John White, de Glasgow, rapporte un cas 
d'empoisonnement par la Strychnine où on avait pris 3J grains 
avec l'intention de causer la mort. Le traitement qu'on adop- 
ta, fut l'inhalation du chloroforme afin de réprimerla sévé- 
rité des spasmes, et l'administration de la fève de Calabar 
Le chloroforme fut administré largement, et produisit un 
très bon effet, mais on ne donna que deux doses de l'extrait 
de la fève de Calabar, d'un demi-grain chacune. Il n'y a pas 
de traitement qui parait être plus convenable que celui-ci : 
la fève de Calabar diminue directement et puissament l'exci. 
tabilité réflexe de la moële épinière, tellement qu'il est ex- 
trêmement difficile d'exciter aucun mouvement reflex sur une 
grenouille empoisonnée par cette substance. Elle est sous ce 
point de vue très supérieure, au Curare, à la Belladonne, et au 
Tabac. (Dr. Write Glasgow, Journal Médical,) 



HYDROPHOBIE SPONTANÉE. 

L'automne dernier, M. Guillery relata un cas très intéres- 
sant d'hydrophobie spontanée, à l'Académie de médecine 
belge, lequel est reproduit dans le huitième numéro de son 
bulletin pour cette année. 

Un vieillard vigoureux de 71 ans, tailleur de son métier et 
qui avait toujours joui de la meilleure santé, fut attaqué, le S 



l'union médicale du canada. 263 

Février 187i, à la tête, au cou et à la région temporale, d'une 

douleur qu'il atribua au froid. Il y fit d'abord peu d'atten- 
tion, jusqu'à ce que, le soir, en plongeant dans l'eau ses 
mains pour les laver, il fut saisi d'un spasme violent et dou- 
loureux du gosier et une grande répugnance à répéter l'im- 
mersion. Se sentant altéré, il essaya de ^oire de l'eau, 
du thé et du café, mais à chaque tentative le spasme 
revint et l'en empêcha. Cet état de chose se continuant. M- 
Guillery fut appelé le 7 et le trouva parfaitement calme, par- 
lant de sa maladie plutôt comme d'une curiosité que comme 
d'une souffrance. Il avala de la viande sans difficulté, mais 
n'osa pas appaiser sa soif ardente. L'introduction d'un liqui- 
de dans la bouche, sans le voir, au moyen d'un tube, avait 
aussi amené des spasmes. Persuadé d'essayer, il réussit, par . 
un immense effort, à avaler deux cuillerées à thé de café, 
mais il déclara qu'il préférait endurer la soif plutôt qwe de 
répéter ce douleureux essai. La simple vue d'un liquide 
amena des spasmes accompagnés d'un paroxisme de frayeur 
intense et prolongée. 

Le liquide éloigné, il discourait avec calme sur son étran. 
ge maladie. Sa douleur à la tête était disparue, il n'y avait 
ni fièvre ni accélération du pouls, et sa langue était seule- 
ment blanche^ Le 8, les symptômes décrits s'aggravèrent, de 
cruelles souffrances se produisirent à la tentative de laver 
ses mains. La seule substance que le patient put ingérer 
était quelques morceaux de pain trempés dans le vin, et prér 
sentes de derrière, de manière à en éviter la vue. 

A cette époque, la seule vue d'un verre d'eau produisit un 
spasme effroyable. Il mourut une heure après, déclarant que 
cette dernière tentative l'avait tué. 

L'examen post-mortem ne fut pas fait. Il est parfaitement 
sûr qu'il n'a été mordu par aucun chien. 

—Med. T. & Gaz. 



264 l'union hédioali du ganada. 

PERFORATION DE LA VESSIE ET DU RECTUM PAR 
UNE BALLE, SUIVIE DE GUÉRISON. 

Le trajet qu'a suivi la balle dans le cas que nous venons de 
rapporter est celui que suivent très-souvent ces projectiles lors 
qu'ils viennent à'pénétrer à travers les organes pelviens jus- 
que dans la vesfte. Ce rapprochement et la coïncidence d'un 
fait de plaie pénétrante de la vessie, suivi de guérison, que 
M. Redard a eu l'occasion d'observer dans la même ambulan- 
ce, lui ont fourni le texte de quelques considérations sur ce 
sujet, qui trouvent ici leur place naturelle. 

Dans un mémoire très-intéressant communiqué dans le 
temps à l'Académie de médecine, M. Demarquay a montré que 
les blessures de la vessie, très- fréquentes par les armes à feu 
en temps de guerre, sont loin d'être toujours aussi graves 
qu'on se le figure, et il a fait voir comme Roux l'avait avancé 
d'ailleurs avant lui, que le pronostic était en raison de la ré- 
gion lésée, que la partie antérieure de la vessie et son bas- 
fond, par exemple, peuvent âtre blessés sans que le péritoine 
le soit aucunement et sans entraîner la mort. 

M. H. Larrey, dans le rapport qu'il fit à cette époque sur le 
mémoire de M. Demarquay, rapportait à l'appui plusieurs 
observations de plaies de la vessie par armes à feu, suivies 
de guérison. 

Voici l'observation nouvelle du même genre, recueillie 
dans les services de l'ambulance de Longe hamp, où M. Re 
daid a pu suivre le blessé. 

Nous laissons la parole à notre confrère : 

^'E..., âgé de 27 ans, soldat au 90e de ligne, fut blessé le 30 
septembre au soir, au combat de la redoute du fort Bicétre, 
par une balle entrée par la fesse droite et qui perfora le 
rectum et la vessie, en sortant par la partie postérieure et 
moyenne de la cuisse gauche, formant un premier séton de 
la fesse droite à la cloison recto-vésicale, par où l'urine sort 
en abondance, et un second séton du rectum à la partie 
moyenne et postérieure de la cuisse gauche par où les matiè- 
res fécales sortent aussi. 



l'union méoigalb du Canada.. 265 

Le blessé avait eu une hémoriagie assez grave sur le 
champ de bataille, et il avait perdu connaissance lorsqu'on le 
ransporta dans le service de M. Demarquay. 
Le malade éprouve des djjuleurs intolérables ; il est pris 
♦d'une soif très-ardénte, et la fièvre ne tarde pas à devenir vi- 
ve. Ses urines et ses matières fécales mêlées sortent par les 
deux plaies ; il y a du ténesme et des douleurs de plus en 
plus violentes, s'étendant jusqu'aux reins en même temps 
qu'aux deux cuisses et jusqu'à la jambe gauche. L'explora- 
tion, pratiquée par l'anus, indique la communication de la 
vessie et du rectum. D'ailleurs, le malade rend ses urines 
mêlées aux matières fécales par l'anus.. 

Le malade va très-peu à la selle et urine très peu par le 
■méat urinaire. 

Le 28 octobre, le malade ne va guère mieux ; il soufTre 
toujours beaucoup Une purgation est administrée, et bien- 
tôt on passe une sonde ; la vessie est en proie à des contrac- 
tions très-vives. 

Pendant les huit jours derniers, les contractions puissantes 
et fréquentes de la vessie ont été continues. Des gaz sont 
mélangés aux excrétions, et l'urine est rendue avec ce bruit 
particulier que M. Ricord a appelé bruit perlé, 

La suppuration devient bientôt meilleure, et les trajets fis- 
tuleux semblent vouloir s'oblitérer On laisse une sonde à 
demeure. 

Le 30 octobre, on ouvre quelques abcès qui se sont formés 
au bras droit et au creux poplité de la jambe gauche. 

Malgré ces accidents, dès la première semaine de novem- 
bre, le malade se lève et marche avec des béquilles. Il dort 
mieux, souffre moins dans la journée et dans la nuit ; les 
trajets flstuleux se cicatrisent et ne laissent passer que peu 
de liquide. 

Le 15 novembre, le malade reste 'levé une grande partie 
<le la journée, descend les escaliers et a un excellent appétit. 

A partir du 1er décembre, il entre en pleine convalescen- 
ce. Les fonctions de la vessie et du rectum s'accomplissent 



266 l'union hédioale du canada. 

encore avec quelques difficultés, mais nous assistons à une 
amélioration progressive jusqu'au jour où le malade sort en- 
tièrement guéri de Thôpital. 

Les faits de ce genre ne parai^ent pas très-rares ; le chi- 
rurgien McCormac, dans un ouvrage récent intitulé : Notes et 
recolUctions of an ambulance Surgeon^ 187t, cite quelques cas 
où, malgré une perforation de la vessie ou du rectum, le 
malade a parfaitement guéri (cas XXVI, XXVII : cas de 
double fistule fécale, XXVII). Il a vu aussi, à l'ambulance 
belge, deux cas de fistule urinaire sans aucun symptôme 
alarmant. M. Larrey pense, du reste, que si les plaies de la 
vessie par armes à feu sont moins graves que celles par ar- 
mes blanches, cela tient à l'attrition immédiate : le gonfle 
ment et l'escharrification de ces tissus, causée par les pro- 
jectiles empêchant l'issue de Turine hors de la vessie. On 
le voit, le pronostic est loin d'être toujours fatal, et nous 
sommes loin, dans tous les cas, de prononcer, avec Hippocra- 
te, cette sentence de mort : Cui persecta vesica lethaley — [Ga-z, 
des hôpitaux,) 



OVARIOTOMIE. 

A la séance du 7 Février 1872, de la Société de Chirurgie 
de Paris, M. Panas a rapporté les deux observations d'ovaria- 
tomie suivantes. Ce chirurgien attribue le succès obtenu au 
mode de suture qu'il a employé, c'est-à-dire à la suture pro- 
fonde comprenant largement le péritoine ; et de plus à ce 
que les malades ont été opérées dans des chalets établis 
d'après la méthode prussienne. Chaque chalet contient 
deux lits, mais un seul est occupé. M. Panas n'a jamais 
vu de cas heureux d'ovariotomie dans les salles ordinaires 
des hôpitaux. 

Obs. I. — Adèle D..., vingt ans, piqueuse de bottines, réglée 
à quatorze ans, mariée à vingt et un ans, elle a eu deux en- 
fants ; n'a jamais été malade. Il y a dix-huit mois, douleurs 
dans l'hypochondre droit où l'on découvre une tumeur. La 
malade entre dans mon service le 2 octobre 1871. L'abdomen 



l'union médicale du canada. 267 

mesure alors Im, 30 de circonférence ; tumeur déjetée à gau- 
che. Bruit de cuir neuf en pressant sur les parois. Col de 
l'utérus remonté et déjeté à gauche. Le 6 octobre, douleurs 
Tives dues à la distension de la tumeur ; une ponction soula- 
ge la malade. Cette ponction, faite avec un trocart capillaire 
donne 300 grammes d'un liquide colloïde filant, composé sur- 
tout de matières albuminoïdes d'après l'examen microscopi- 
que. 

L'opération fut pratiquée le 17 octobre comme il suit : 
Ch lorof ormisation ; incision sur la ligne médiane depuis le 
pubis jusqu'à trois travers de doigts de l'ombilic. On arrive 
sur la surface du kyste qui est immédiatement ponctionné. 
Trois grands kystes sont ouverts successivement laissant écou- 
ler plusieurs litres d'un liquide jaunâtre. Quoique réduite 
des deux tiers de son volume, la tumeur ne montre aucune 
tendance à se porter au dehors, ce qui s'exphque par la con- 
sistance charnue du reste de la tumeur, et surtout par son ad- 
liérence. Il s'agit d'un kyste proliférant développé dans l'o- 
vaire droit, et qui, en refoulant les deux feuillets du ligament 
large, a rempli de Fa massse toute l'excavation pelvienne. L'u- 
térus et la vessie, refoulés à gauche, sont directement appli- 
qués sur la tumeur, de sorte qu'il n'y a point de pédicule en- 
tie celle-ci et l'utérus, et que pour l'en détacher il nous a fal- 
lu raser le bord latéral de cet orgaue. Du côté externe ou 
iliaque, la tumeur, intimement adhérente à la fosse iliaque, 
recevait l'artère et la veine ovarique contenues dans un repli 
An péritoine. Enfin, la tumeur offrait une adhérence avec le 
pavillon de la trompe opposée avec l'épiploon. 

Voici ce que nous fîmes pour la mobiliser ; un double fil 
très-fort est passé au ras du bord latéral de l'utérus entre ce 
lui-ci et le kyste ; puis, en serrant isolément les deux anses 
de fil en haut et en bas, on pédiculise la tumeur de ce côté. 
On détache ensuite les adhérences épiploîques et la trompe 
gauche dont le pavillon adhèrent à la masse a dû être retran- 
ché. Pour détacher la tumeur du bassin, il nous a fallu 
l'arracher du tissu cellulaire sous-péritonéal et à inciser le 



268 l'union médicale du canada. 

péritoine à l'endroit des vaisseaux ovariques après y avoir 
appliqué une forte ligature. L'opération avait duré plus 
d'une heure et demie. Le 24 novembre, la malade quitte 
l'hôpital parfaitement guérie. 

Ob8. 2nde. — D... (Sophie), placière, quarante-deux ans; mal 
réglée jusqu'à dix-huit ans ; mariée à vingt ans. Deux en- 
fants accouchements faciles. Il y a six ans, la malade s'aper- 
çoit d'une tumeur siégeant à gauche et dont le volume croît 
de jour en jour. • Prolapsus de l'utérus à travers la vulve, 
datant de la première couche. Le 5 octobre 1871, la malade 
entre à l'hôpital Saint-Louis. Tumeur déjetée à gauche, ab- 
domen mesurant 86 centimètres. Fluctuation. Opération le 
25 octobre ; cette opération n'a duré en j^tout que vingt mi- 
nutes. Le 8 décembre, la malade [sort parfaitement guérie 
Il s'agissait d'un kyste muqueux contenant à son centre un 
kyste dermoïde. Depuis l'opération, la chute utérine n'a 
point reparu. 

Emploi des greffes épidermiques pratiquées avec des lam- 
beaux DE PEAU DE LAPIN, POUR LA GUÉRISON DES PLAIES REBELLES. 

— A la séance du 26 Février 1872 de l'académie des sciences, 
M. Larrey a présenté au nom de M. Coze un mémoire sur ce 
sujet " L'auteur, dit M. Larrey, rappelle d'abord le travail lu 
à l'Académie des sciences, en novembre 1871, par M. le doc- 
teur L. Reverdin, sur les greffes animales étudiées expéri- 
mentalement au collège de France. 

" M. Coze rapporte ensuite trois observations de sa pratique 
à l'hôpital militaire de Perpignan, à l'appui des expériences 
de M. Reverdin. 

" La première de ces observations est relative à une plaie 
ancienne et listuleuse de la cuisse, par un éclat de bois ; la 
deuxième à une plaie ulcérée du genou, compliquant une 
fracture de rotule, par coup de pied de cheval ; et la troisiè- 
me à une plaie par éclat d'obus, de l'extrémité inférieure 
de la jambe. 

" Ces trois observations, recueillies avec soin, dans tous 
leurs détails, sont suivies de remarques pratiques sur les 



l'union médicale du oanada. 269 

opérations d'anaplastie, et de conclusions précises en faveur 
de la transplantation d'un lambeau cutané du lapin, svir une 
plaie ulcérée ou difiRcile à guérir chez rhomme. 

" Le mémoire de M. Coze mérite d'être transmis à la com- 
mission des prix de médecine et de chirugie. 



OBSTÉTRIQUE. 

De la fièvre puerpérale. — Le professeur F. Martin, de 
Berlin, a lu devant la Société de médecine de cette ville un 
mémoire sur la fièvire puerpérale, dont nous reproduisons 
les points saillaints. 

Depuis l'épidémie qu'il a eu occasion d'observer en 1860, 
l'auteur enseigne que la fièvre puerpérale consiste dans un 
processus diphtheri tique des organes génitaux de la fem- 
me, et toutes les investigations qu'il a faites depuis l'ont con- 
firmé dans sa manière de voir. 

D'après lui, on range généralement un peu trop au hasard 
dans les relevés statistiques toutes les affections fébriles des 
femmes en couche sous la rubrique : fièvre puerpérale. Il 
faut bien se représenter que chez les femmes en couches 
comme chez les autres peuvent éclater différents états fébri- 
les tenant, soit à des phlegmasies de tel ou tel organe, soit i 
des maladies infectieuses spéciales (variole, scarlatine, etc.) 
maladies qui n'ont rien à voir avec la puerpéralité. Bien 
plus, des mouvements fébriles peuvent se développer chez 
les femmes en couches à la suite d'infiammation des organes 
génitaux, sans que cependant on ait affaire à la fièvre puer- 
pérale dans l'acception vraie et redoutable du mot. 

Chez les femmes en couches, une mastite, une métrite, une 
vaginite traumatique, un épanchement sanguin dans le tissu 
cellulaire pelvien, un abcès ou une ulcération quelconque 
peuvent déterminer une fièvre violente, sans que ni les 
symptômes, ni la marche, ni la terminaison ne rappellent ce 
qui se passe dans les processus diphtéritiques. Cett la diph- 
thérite des parties génitales de la femme en couches que. Martin 



270 l'union médicale du canada 

regarde comme constituant essentiellement la fièvre puerpé- 
rale. Même la thrombose des sinus utérins ne doit pas être 
prise sans plus ample examen comme la caractéristique de la 
maladie puerpérale ; elle se rencontre maintes fois comme 
fait isolé et indépendant, quoique presque toujours elle ac- 
compagne ou suive la diphthérie 

Quant à la nature de celle-ci, on Ta surtout étudiée dans 
d'autres légions, notamment sur le pharynx 

Letzeritch a montré que la pharyngite diphthéritique est 
due à une espèce particulière de champignon dont les spores 
traversent la muqueuse, pénètrent dans les tissus et dans le 
sang et déterminent ainsi les accidents généraux. Martin 
avoue qu'il ne peut pas encore présenter des faits aussi pré- 
cis et aussi concluants à l'appui de sa diphthérite des organes 
génitaux. Des végétations cryptogamiques se rencontrent 
normalement dans le vagin des femmes tant enceintes qu'à 
l'état de vacuité et sans que leur présence entraîne le moin- 
dre inconvénient. La fièvre puerpale est-elle due à un 
champignon difTérent ? ou bien le mycoderme est-il simple- 
ment le porteur d'un contage particulier ? M. Martin se pose 
toutes ces questions sans en résoudre aucune. 

Voici les faits anatomiques positifs, mais purement micros- 
copiqueSj sur lesquels l'auteur base l'édifice de sa théorie. 

Dans la majorité des cas de fièvre puerpérale, on trouve 
sur les parties génitales externes ou à l'entrée du vagin des 
plaques grisâtres correspondant aux déchirures ou éraillures 
si nombreuses de la muqueuse. Le pourtour de ces plaques 
est le siège d'un empâtement plus ou moins considérable. 
Dans quelques cas bénins tout se borne à ces accidents 
locaux ; la couenne diphthérique est éliminée sans fièvre 
et -avec fort peu de réaction. Mais le plus souvent le pro- 
cessus diphthérique envahit tout le vagin, Téchancrure du 
museau de tanche, la cavité cervicale et même celle du 
corps de l'utérus, surtout au niveau de l'insertion placen- 
taire. Souvent même l'utérus seul est malade, les parties 
accessibles à' la vue restant indemnes. La diphthérite 



l'union médicale du canada. 271 

utérine se reconnaît par l'expulsion spontanée ou au moyen 
d'injections, de flocons caractéristiques et de lambeaux d^ 
muqueuse. 

Des parties génitales, le mal irradie et s'étend rapide.* 
ment plus loin. Il gagne rarement la peau des fesses ou des 
cuisses, où il détermine des érythèmes, qu'on a quelquefois 
faussement interprétés comme scarlatine puerpérale, ou 
môme des ulcérations. Plus souvent il envahit la muqueuse 
uréthrale où anale, où il peut même naître tout d'abord. 

Mais le mode de propagation le plus fréquent est le sui- 
vant : le processus gagne le péritoine soit par l'intermédiai- 
re du tissu connectif qui enveloppe l'utérus et le vagin, 
soit directement par la muqueuse des trompes ; ou bien en- 
core il se généralise par les veines ou les lympatbiques ; 
ces trois modes peuvent, du reste, coexister et se combiner. 

Dans le premier cas, le tissu cellulaire du petit bassin 
présente une infiltration séreuse, trouble, caractéristique 
(truserose infiltration.) Le péritoine de la région est généra- 
lement recouvert d'une exsudât plus ou moins abondant. 
Cette infiltration du tissu connectif peut envahir toute l'at- 
mosphère celluleuse rétropéritonéale jusqu'aux-reins, au foie, 
et même jusqu'à la plèvre et au poumon ; si elle en a le temps, 
elle se termine par suppuration. Beaucoup d'auteurs ont 
considéré l'infiltration du tissu connectif pelvien comme le 
fait essentiel de la fièvre puerpérale, qui pour eux, n'était en 
dernière analyse qu'un phlegmon péri-utérin et pérûvaginal : 
ils ont^négligé le point de départ, la diphthérite de la mu, 
queuse génitale. 

Le poison se propage plus rarement par la muqueuse des 
trompes ; alors on trouve la face^inteme de la matrice tapis- 
sée par un enduit sanguinolant et puriforme ; les trompes 
(quelquefois une d'elles seulement) sont hypéremiées élar- 
gies et remplies de pus, les franges notablement gonflées et 
recouvertes d'un exsudât fibrino-purulent. Ordinairement, 

dans ces cas, la douleur péritonéale, localisée souvent dans 

3 



272 l'union médicale du canada. 

une fosse iliaque, éclate brusquement vers le troisième jour 
de raccouchement. 

Le troisième mode de propagation se fait par les lympathi- 
ques utérins qu'on rencontre distendus par une masse blan- 
châtre à demi coagulée. Généralement, les deux ovaires 
ou un seul sont infiltrés et parcourus par des lympathiques 
charriant des coagulums fibrineux. La cavité péritonéale 
est généralement recouverte d'exsudats. Le plus rarement, 
l'infection diphthéritique se fait par les sinus veineux, qui 
sont alors remplis de caillots thrombosiques. 

Bientôt les viscères abdominaux, les reins, le foie, la rate 
se prennent et présentent^une inflammation parenchyma- 
teuse ; il n'est pas rare de trouver une infiltration séro-puru- 
lente des lobes inférieurs du poumon et de l'épanchement 
dans la plèvre. Enfin, il arrive que le poison diphthérique 
se localise du côté du tissu connectif sous-cutané ou donne 
lieu à des abcès articulaires, périarticulaires ou musculaires > 
à l'inflammation de glandes mammaires ou parotides. C'est 
précisément la grande variété de ces localisations et leurs 
combinaisons multiples qui constituent le caractère de la 
flèvre puerpérale ; et telle ou telle de ses localisations venant 
à s'accentuer danvantage, il en résulte que, pour les uns, ça 
été la péritonite, pour les autres, la phlébite ou la lymphan. 
gite, qui a été prise pour le point de départ de la maladie gé- 
nérale. 

Quant aux causes qui favorisent la production du ferment 
morbide, M. Martin insiste surtout sur la décomposition des 
débris de l'œuf et des caillots sanguins dans l'intérieur de la 
matrice. — Il y a certainement des causes prédisposantes 
Aussi l'auteur a observé que les accouchées atteintes de blen- 
norrhagie aiguë étaient particulièrement prédisposées aux 
affections diphtériques, et par conséquent, à la fièvre puer- 
pérale. Mais la cause la plus importante de toutes est la 
transmission du virus d'un sujet malade à un sujet sain, la 
contagion. Elle a lieu le plus souvent pendant l'accouche- 
ment, plus rarement pendant les couches, plus rarement en- 



l'union médicale du canada. 273 

core avant raccouchement. Ce qui le prouve, c'est ce fait 
si bien constaté à Vienne, où on a établi, d'après une très 
grande statistique, que la fièvre puerpérale est excessive- 
ment rare chez les femmes qui entrent à la Maternité, après 
avoir accouché inopinément dans la rue (Gassengeburten)^ et 
qui, par conséquent, n'ont pas été soumises aux explorations 
et aux manœuvres habituelles du travail. Il est donc proba- 
ble que le virus est introduit par le doigt explorateur du mé 
decin, de la sage-femme ou de l'élève, souillé, malgré une 
propreté en apparence irréprochable, de substances septiques 
Des éponges, des linges, des sondes contaminées sont aussi 
souvent le véhicule du contage ; c'est ainsi que les épidé- 
mies se produisent dans les hôpitaux et en ville. 

La durée de Tincubation de la malade, ainsi transmise, 
serait, d'après Veit, de 27 et 28 heures. 

La diphthérite des parties génitales ne règne pas exclusi- 
vement sur les femmes en couches, quoique celles-ci y soient 
particulièrement disposées. Il y a 40 ans déjà, Paul Dubois 
a observé qu'en temps dépidémie i& fièvre puerpérale, les 
jeunes sage-femmes de la Maternité étaient quelquefois, lors 
de la menstruation^ atteintes d'une affection fébrile analogue 
à celle des malades auxquelles elles donnaient des soins. M. 
Martin a observé des faits semblables et notamment le sui- 
vant : Une femme de 52 ans entre à son service pour une 
métrorrhagie ; on l'examine et on voit, faisant saillie à tra- 
vers les lèvres du col, un magma volumineux. On détache 
la tumeur au moyen de l'écraseur, et on en pratique l'ex- 
traction à l'aide du forceps. Le pédicule est cautérisé au 
fer rouge. Apparemment le forceps avait servi à accoucher 
une femme contaminée et n'avait pas été suffisamment net- 
toyé, car l'opérée fut atteinte de diphthérite des parties géni- 
tales et mourut au bout de 15 jours, présentant toutes les lé- 
sions anatomiques de Tinfection puerpérale. Du reste, la 
maladie qui nous occupe n'épargne même pas toujours les 
nouveau-nés, comme Lorain déjà en a rapporté des exemples 
Cependant, c'est chez les femmes en couches qu'elle trouve 



274 l'union hédioale du canada. 

son véritable terrain et qu'elle évolue le plus rapidement et 
avec le plus d'intensité. 

Symptomalologie. — Les syptômes caractéristiques, d'après 
Martin, sont, une température oscillant d'une façon continue 
entre 39o et 40^, le pouls de 100 à 120. L'état général est peu 
inquiétant au début, mais bientôt arrivent, chez beaucoup de 
malades, les pressentiments sinistres ; l'intelligence reste 
nette jusqu'à la fin ; quelquefois, cependant, il y a du délire 
et des accès de manie aiguë. Quand au processus diphthéri- 
tique en lui-même, on le constate de visu à la vulve et dans 
le vagin jusqu'au museau de tanche ; il trahit sa présence 
dans l'utérus par un écoulement lochial fétide et par l'expul- 
sion de débris de fausses membranes diphthériques. 

Presque toujours l'utérus est douloureux à la pression. 
Inutile d'insister sur les autres symptômes, l'inflammation si 
fréquente de la vessie, du rectum, la péritonite, la pleurite, 
les phlegmons, etc. 

Pronostic. — En faisant abstraction des cas de diphtbérite 
tout à fait locale, le pronostic est grave. La mortalité est de 
1 sur 3. La mort a généralement lieu du 5e au 1 le jour ; il 
est des cas qui durent des semaines et des mois. 

Traitement, — Veiller surtout à la prophylaxie. Les mains, 
les vêtements de l'accoucheur, les éponges, les sondes exigent 
la plus grande propreté. Ne pas abuser des explorations in- 
ternes (toucher), surtout en temps d'épidémie ; habituer les 
élèves à tirer un meilleur parti de l'exploration externe (pal- 
pation et auscultation). 

Quant à la thérapeutique, elle est purement symptomati- 
que et s'adresse surtout à la fièvre (digitale, quinine, bai-ns). 
L'auteur insiste sur le traitement local (injections vaginales 
désinfectantes et injections utérines au moyen de la sonde à 
double courant). 

Ces leçons de M. Martin ont eu un certain retentissement 
en Allemagne. Somme toute, l'idée d'attribuer les accidents 
puerpéraux à une infection zymotique ; à la pénétration dans 
l'organisme de ferments et de mycodermes, cette idée est loin 



l'union médicale du CANADA. 275 

d'être nouvelle. Martin Tamplifie et identifie le processus 
puerpéral avec celui de la diphthérite, si bien étudié par Let- 
zerich. Mais, nous le répétons, les faits anatomiques directs, 
la description exacte et la recherche scrupuleuse du micro- 
phyte, les essais de culture, les transplantations artificielles, 
bref, les épreuves et les contre-épreuves, tout cela fait défaut 
et tout cela cependant serait nécessaire pour donner à Thy- 
pothëse de M. Martin une base et une portée vraiment scien- 
tifique. (Allgemeine medizinisehe Zentrvlzeitung^ 9. und. 12. 
Aug. 1271. — Medizinisehe Neuigkeiten^ 19 Aug. 1871, et Gaz. 
méd. de Strasbourg^ mil, 1871.) — Lyon Medicla 



EXTRACTION D'UNE BALLE AU NIVEAU DE LA 
CLOISON RECTOPROSTATIQUE. 

Le fait suivant, qme nous communique M. le docteur Paul 
Redard j paraîtra intéressant non seulement en raison de sa 
rareté, mais surtout à cause du résultat heureux de l'opéra- 
tion chirurgicale qui a été mise en pratique en temps utile. 

Le nommé B..., soUat du train, se présenta le 23 mars à 
l'ambulance de Longchamp, pour une blessure qu'il venait 
de recevoir au moment où il chargeait des sacs d'avoine sur 
une voiture ; son corps se trouvait dans la demi-flexion* 

La balle qui l'a frappé a pénétré dans la région fessière, 
un peu en arrière du grand trochanter. Le blessé ne perçut 
pas d'abord une grande douleur, Thémorrhagie était nulle 
et il put môme marcher pendant quelque temps. 

Voici ce qui fut constaté à son entrée dans l'ambulance : 
B.... ne semblait pas très-effrayé de sa blessure, l'bémorrhagie 
était nulle et la température était presque normale (on verra 
plus loin les motifs de l'importance attachée à ce fait) ; le 
pouls était normal. L'ouverture d'entrée de la balle esta 
quelques centimètres en arrière du grand trochanter ; elle 
continue par un trajet flstuleux très-sinueux, remontant de 
haut en bas dans la direction de la vessie. Un stylet, 
introduit très-profondément, ne donne aucune notion utile, 
et il est impossible de se rendre compte de la profondeur du 



276 l'union médicale du canada. 

trajet, et par conséquent des désordres que la balle peut avoir 
produits en cheminant à travers les organes aussi importants 
que ceux vers lesquels elle semblait s'être dirigée. 

On fait uriner immédiatement le malade et on constate un 
signe de fâcheux augure, la présence du sang dans les urines. 
Il y a, en outre, un peu de rétention d'urine, une douleur 
recto-prostatique très vive et un sentiment de pesanteur vers 
le rectum. Les selles sont régulières et ne présentent rien 
d'anormal. 

En pratiquant le toucher rectal au niveau de la prostate, 
on reconnaît l'existence d'une tumeur dure, très résistante, 
et l'on éprouve exactement la sensation perçue lorsqu'il exis- 
te une hypertrophie de la prostate, avec cette différence que 
la résistance rencontrée présente la sensation de dureté mé- 
tallique. C'était là qu'était évidemment la balle, en partie 
surtout sur la ligne médiane. Il s'agissait de l'extraire 
L'extraction a été faite le 28 Mai, par M. Ricord. Voici de 
quelle manière : 

Ce chirurgien s'est servi d'un bistouri à lame cachée qu'il 
a pu ainsi porter à couvert jusque sur le point à inciser et di- 
riger dans le rectum. L'incision fut faite sur la ligne médiane 
de la cloison recto-prostatique, afin d'éviter les gros troncs 
vasculaires. La balle fut dès lors mise à nu, et après quel- 
ques tentatives assez laborieses, elle put être saisie avec les 
pinces. 

Le malade éprouva sur-le-champ un soulagement très- 
marqué, riiémorrhagie par le rectum fut nuUc On pres- 
crivit des lavements émoUients. 

Le lendemain, les urines ne contenaient plus aucune tra- 
ce de sang ; l'ouverture d'entrée donne issue à une quantité 
assez considérable de pus de bonne nature ; on prévoit que 
l'os iliaque a pu être fracturé, mais ce fait ne peut être cons- 
taté d'une façon directe. 

Une certaine quantité de matières fécales s'écoule aussi par 

cette ouverture. Le malade a de la diarrhée. De grandes ir- 
rigations sont pratiquées matin et soir dans le trajet fistuleux^ 
et des lavements émoUients sont administrés. 



l'union médicale du canada. 277 

Le jour suivant, il existe un peu de fièvre ; la température 
est 38o,3. Les selles sont diarrhéiques ; pas de sang dans les 
urines. Les matières fécales s'écoulent par la plaie. 

Bientôt (6 jours après), un mieux marqué se produit. Les 
matières fécales ne s'écoulent plus par la plaie ; la suppura- 
tion est toujours très-abondante ; la diarrhée continue ; ce- 
pendant les urines sont normales l'appétit est excellent. 

Au bout d'une vingtaine de jours environ, le malade ayant 
exprimé le désire de retourner au camp est autorisé à quitter 
l'ambulance. 

Quelques jours après sa rentrée au camp, M. P. Redard, 
étant allé le visiter, est douloureusement surpris de voir que 
le pus s'écoule encore en grande quantité par l'ouverture ex- 
térieure, et qu'unepartie fuse môme le long des muscles de la 

cuisse. 
Le malade en parait considérablement affaibli ; son appétit 

est en partie perdu. 
En présence de ces accidents, M. Redard place la cuisse 

dans la demi-flexion^ et la fixe à Paide d'un bandage ouaté as- 
sez épais, de façon que le coton, prenant et comprimant les 
interstices musculaires, empoche le pus de s'accumuler vers 
les parties déclives. 

Nonobstant ces précautions, il ne tarda pas à se former 
une tuméfaction assez volumineuse dans l'aine gauche, tu- 
méfaction dure d'abord et qui devint bientôt fluctuante. Il 
fallut ouvrir cet abcès, qui avait décollé îles muscles dans 
une étendue assez considérable. Il n'y avait d'ailleurs aucu- 
ne communication entre l'ouverture externe (ouverture d'en- 
trée de la balle) et l'ouverture artificielle pratiquée pour l'é- 
coulement du pus. L'ouverture d'entrée de la balle était en 
outre notablement agrandie, et on put alors, en introduisant 
le doigt très profondément de bas en haut, constater une 
fracture de l'os iliaque qui semblait, comme dans la plupart 
des cas de ce genre, du reste, être régulière et à emporte-piè- 
ce, l'index s'engageant dans une excavation osseuse parfaite- 
ment limitée. 

A. partir de ce moment, le malade va de mieux en mieux ; 



278 l'union médicale du canada. 

la diarrhée cesse, la suppuration diminue. Le trajet fistu> 
leux bourgeonne et la prolifération s'empare à son tour des 
parois de Tabcès qui s'accolent. Il n'existe plus bientôt 
qu'une suppuration abondante par l'ouverture d'entrée de la 
balle-; l'appétit redevient excellent et le malade marche à 
grands pas vers sa guérison ; mais il reste une émaciation et 
une atrophie excesfdves de tout le membre inférieur, avec 
persistance, toutefois, des mouvements. Malgré une petite 
vérole que le blessé a eue à subir intercurremment, la gué- 
rison a marché rapidement. (Ce blessé est aujourd'hui en 
convalescence à l'hôpital du Gros-Caillou.) 

M. Redard signale, dans cette observation, plusieurs faits 
dignes d'attention. Et, d'abord, il nous fait remarquer la ra- 
reté d'une blessure de la cloison recto prostatique. " Il est cu- 
rieux, en effet, dit-il, que la balle se soit arrêtée dans cette 
cloison, résistante il est vrai, et l'on ne peut s'empêcher de 
songer aux accidents plus graves qui auraient pu survenir 
si la balle avait continué sa marche et perforé la vessie. 
Nous avons cherché dans les traités de chirurgie militaire, 
et nous n'avons retrouvé aucun fait semblable. 

'' L'intervention chirurgicale a été, dans ce cas, très-utile 
et des complications graves seraient survenues si M. Ricord 
n'avait pas pratiqué immédiatement l'extraction. Le poocédé 
dont s'est servi ce chirurgien était très-simple et a été cou- 
ronné de succès ; il est vrai qu'on aurait pu, suivant le pro- 
cédé de M Demarquay pour les abcès péri-prostatiques, inci- 
ser au devant de l'anus ou sur les côtés du raphé, et l'on se- 
rait probablement arrivé au môme résultat." 

On aura remarqué, en outre, la durée extrêmement longue 
de la suppuration, qui doit trouver son explication dans la lé- 
sion osseuse constatée après coup. Toutes les fractures des 
os, et en particulier celles des iliaques, donnant lieu à des 
suppurations très-prolongées, on ne doit pas s'étonner, dès 
lors, d'avoir assisté ici à une suppuration de six grands mois, 
sans que le traitement institué ait paru produire quelque effet. 

Si l'on se reporte aussi au commencement de cette obser- 
vation, on verra que l'on s'est préocupé, avant de se livrer à 



l'union médicale du CANADA. 279 

un examen complet du malade, de la température. " Nous 
trouvions, ajoute M. Redard, une température presque nor- 
male, et partant de ce fait, avant de constater la situation de 
la balle, nous pouvions affirmer qu'il n'existait pas de' plaie 
pénétrante grave de l'abdomen, qui nous aurait donné cette 
température hypo-physiologique de l'étranglement que nous 
avons observée fort souvent. 

" On comprend l'importance de ce fait, si nous n'avions pu 
constater la présence de la balle, qui se traduisait par la ré- 
sistance métallique reconnue à l'exploration. Là encore se 
montrait l'importance de la thermométrie que M. Demarquay 
nous a fait étudier et qui nous a conduit à d'heureux résultats. 
•^{Gazette des Hôpitaux.) 



Société de biologie. — M. Broven-Sequard, revenant sur le 
rôle que paraissent jouer les lésions du grand sympathique 
dans la production expérimentale de l'épilepsie, présente un 
cochon d'Inde qui a eu le grand sympathique coupé dans l'ab- 
domen et qui est devenu épileptique. En irritant la zone épi- 
leptogène, M. Brown-Sequard provoque immédiatement 
chez cet animal plusieurs attaques bien caractérisées. Mais 
il fait observera ce propos que le point épileptogène n'est 
pas toujours facile à trouver, qu'il varie selon les individus^ 
et même quelquefois chez le même individu, d'où il suit que 
l'existence de l'épilepsie peut être souvent méconnue. 

— M. Brown-Sequard présente les pièces pathologiques re- 
cueillies sur un cochon d'Inde chez lequel une double pneu- 
monie s'est produite à la suite de la section d'un seul pneumo- 
gastrique ; il constate, en outre, l'existence d'une névrite du 
bout central du pneumogastrique sectionné ; il ne doute pas 
que la double pneumonie ne soit due, dans ce cas, à un effet 
réflexe. 

M. Vulpian a souvent observé des lésions pulmonaires dou- 
bles à la suite de la section d'un seul pneumogastrique : les 
deux poumons sont habituellement engoués, mais la lésion 
est ordinairement plus marquée dans le poumon correspon- 
dant au pneumogastrique sectionné. 



280 l'union médicale du canada. 

— M. Bourneville donne lecture d'un travail sur^des obser- 
servations thermoraé triques faites comparativement dans l'u- 
rémie et dans Téclampsie puerpérale, observations desquelles 
il résulta que tandis que la température s'élève considé- 
rablement dans réclam psie, elle s'abaisse d'une manière non 
moins remarquable dans l'urémie. 

M. Charcot fait ressortir tout l'intérêt qui s'attache à ce tra- 
vail, non-seulement au point de vue du diagnostic, mais en- 
core relativement a la nature des deux maladie* dont il s'agit 
et qui se trouvent ainsi séparées par un caractère de grande 
importance. 

— Des expériences nouvelles faites par M. Bert il paraît ré* 
sulter que l'oxygène introduit à une certaine dose dans l'or- 
ganisme y joue le rôle d'un poison énergique. L'animal en 
expérience meurt au milieu de crises convulsives de moins 
en moins fortes et de plus en plus rapprochées. (Séance du 3 
février in Revue scientifique.) 



GREFFE EProERMIQUE. 

Le Dr. Thomas B. Clark, officier de santé de la Salle-des- 
Métiers de Leicester, dans son rapport pour l'année dernière, 
dit qu'un grand nombre de cas d'ulcères à la jambe ont été 
admis pour le traitement. Dans l'espoir d'opérer plus efBca* 
cernent leur guérison et d'en prévenir le retour, plusieurs 
patients ont été persuadés de subir volontairement la nou- 
velle opération de la greffe épidermique. Environ vingt-cinq 
patients y ont été soumis ; plusieurs d'entre eux furent ainsi 
opérés deux ou trois fois successivement avec les résultats les 
plus satisfaisants. Le progrès du recouvrement a été remar- 
î[uablement accéléré, et la perspective du retour de l'ulcéra- 
tion grandement diminuée. 



l'union médicale du canada. 281 

DE L'ÉLECTRO-PUNCTURE DU CŒUR COMME MOYEN 
DE TRAITEMENT DANS LA SYNCOlPE PAR LE 

CHLOROFORME. 



Parle docteur Steiner (de Vienne). 

L'emploi du galvanisme et des courants continus contre la 
syncope par le chloroforme n'est pas une nouveauté, et l'on 
doit avoir encore présentes à la mémoire les discussions aux- 
quelles a donné lieu, de la part de Duchenne, Abeille, Legros 
Onimus, Liégeois, la publication des expériences faites par 
Legros et Onimus. Actuellement, on est loin d'être d'accord 
sur le choix du mode d'application et môme du lieu d'appli- 
cation de l'électricité. Le docteur Steiner croit pouvoir 
proposer un moyen plus énergique encore, c'est-à-dire l'é- 
lectro-puncture du cœur. On trouverait facilement cette 
proposition déjà formulée et même des exemples d'électro- 
puncture du cœur non suivis du retour à la vie ; mais ce 
n'est pas Jau titre de conception originale que nous analy- 
sons ce travail. L'auteur s'est appliqué à réunir tous les 
arguments, qui peuvent établir que l'électro-puncture est 
inofTensive en même temps qu'elle agit efficacement. 

Parmi les questions principales qui devaient être exami- 
nées, celles qui se présentent le plus naturellement sont les 
suivantes : La piqûre du cœur avec l'aiguille est-elle dan- 
gereuse î Quel est le point le plus convenable pour la 
piqûre î L'emploi de courants électriques faibles à travers le 
c<Bur est-il dangereux ? Quelle est la meilleure méthode d'é- 
lectro-puncture ? 

Sur le premier point, Tauteur a pu trouver^une démonstra- 
tion clinique dans une étude historique sur les plaies du 
cœur par instruments piquants, dont on connaît un nombre 
de guérisons suffisant pour montrer que le tissu du cœur 
n'est pas doué d'une sensibilité extrême à l'égard {des piqû- 
res. Aux expériences déjà connues, l'auteur a ajouté une 
série de recherches dont les conclusions peuvent se résumer 
ainsi qu'il suit 



282 l'union médicale du oanaba. 

La piqûre avec une aiguille pratiquée dans une partie 
de la paroi ventriculaire sans produire la perforation n'offre 
pas de danger. Lorsque l'aiguille pénètre dans le ventricu- 
le, il n'y a pas d'accident si l'aiguille est retirée rapidement. 
Il ne se produit ni cardite ni péricardite lorsque par des 
mouvements ou le séjour prolongé de l'aiguille, le trajet de 
la piqûre n'est pas irrité. La pipûre des oreillettes est dan- 
gereuse, elle a pour résultat ordinaire l'écoulement de sang 
pendant la systole et la diastole. 

Pour la détermination du point le plus favorable à la ponc- 
tion, l'auteur s'est inspire de recherche cadavériques faites 
par Luchka et donnant des indications intéressantes sur 
l'épaisseur des diverses parties du cœur. Le point d'élection 
pour la piqûre est la pointe du cœur, car c'est la partie où, 
grâce à l'épaisseur des parois, et à l'éloignement des artères 
coronaires, on a les meilleures chances. Extérieurement, 
la piqûre sera pratiquée au millieu du cinquième espace 
intercostal gauche- à trois centimètres en dehors du bord 
sternal ; la piqûre doit être perpendiculaire et pénétrer 
à trois centimètres de profondeur ; mais chez les individus 
fortement musclés, on peut pénétrer de 1 cent, à 1 cent et 
demi. Il faut d'abord explorer la région pour i-econnaître 
les changements pathologiques pouvant exister. Il faut 
éviter toute manœuvre inutile, tout ébranlement donné à 
l'aiguille. 

L'auteur a multiplié les expériences destinées à étudier 
les effets du galvanisme sur le cœur, chez des animaux tués 
par le chloroforme ; elles ont donné des résultats qui vien- 
nent à l'appui de la théorie qui admet comme cause de 
mort l'arrêt de l'activité cardiaque, et elles montrent que 
l'excitabilité du cœur est très-rapidement éteinte dans la 
mort par le chloroforme. 

Les conclusions de ces recherches, par rapport à l'électro- 
puncture du cœur, sont résumées par l'auteur en une série 
de propositions. 

L'électro-puncture du cœur est une opération qui ne pré- 



l'union médicale du canada. 283 

sente aucun danger. Après Tarrôt du cœur dans la syncope 
parle chloroforme, l'emploi de Pélectro-puncture n'est pas un 
moyen certain de résurection^ parce que par l'action du chlo- 
roforme, la perte de l'excitabité du muscle cardiaque est dé- 
truite avec une promptitude extrême. La galvanisation du 
cœur doit être préférée à la respiration artificielle lorsque l'ar- 
rêt du pouls et le collapsus font craindre la perte d'irritabilité 
du cœur. Les cas heureux dans lesquels l'emploi de la res- 
piration arliûcielle a ramené la vie, s'expliquent par la persis- 
tence de l'irritabilité cardiaque, et parce que la respiration 
artificielle a été accompagnée d'irritation mécanique du 
cœur. 

Le courant électrique employé doit être très faible ; l'au- 
teur s'est servi d'un élément de Smée avec un appareil d'in- 
duction ; le courant doit toujours être transmis par voie indi- 
recte, le pôle positif sera porté dans le cœur par l'aiguille 
à électro-puncture, le pôle négatif sera placé sur le côté gau- 
che de la poitrine, dans la septième espace intercostal. La 
galvanisation du cœur n'est pas seulement le moyen le plus 
actif de l'excitation de la force cardiaque, mais elle agit éner- 
giquement sur les mouvements respiratoires. Lorsque, pen- 
dant la gelvanisation du cœur, 11 survient passagèrement un 
mouvement dans l'aiguille, des mouvements respiratoires, et 
la réapparition du pouls, il faut continuer la galvanisation 
tant que les mouvements du cœur ne sont pas redevenus 
rhythmiques et forts ; mais à cette période, les mouvements 
la respiration artificielle sont un bon moyen complémen- 
taire. Lorsqu'au bout de quinze minutes, la galvanisation 
n'a produit aucun effet, l'irritabilité du muscle cardiaque 
est à jamais complètement détruite et toute tentative pour la 
rétablir reste inutile (Arehie fur Klinische Chirurgie^ 12o Bd) 
3. H., 1872.)— fifa-r. Hebdomad. 



284 l'union médicale du canada. 

ENTRETI EN DU DR. ODLING SUR L' " INDIUM, " A 

L'INSTITUTION ROYALE. 

Vendredi soir, le 19 Janvier, le Dr. Odiing fit un discours, 
à r " Institution Royale '' sur V " Indium ". Ce ne fut qu'au 
temps de Lavoisier, dit-il, qu'on établit le fait que la couche 
extérieure de la terre peut se résoudre en plusieurs éléments 
indépendants, parfaitement distincts les uns des autres, par 
leur nature, et incapables d'être changés ou transformé» 
d'aucune manière. Avant la découverte de l'hydrogène, 
vingt-quatre de ces éléments étaient connus aux chimistes, 
et, depuis cette découverte, trente quatre nouvelles subtances 
ont été ajoutées à la liste à différents intervalles. Dans les 
cinquante dernières années, il y a eu, en moyenne, un élé- 
ment nouveau découvert tous les quatre ans ; mais les inter- 
valles sont très irréguliers. Le dernier découvert fut l'In- 
dium, qui fut trouvé par MM. Rei«h et Richter, dans l'année 
1863, et il est conséquemment temps que quelque nouvel élé- 
ment apparaisse. La liste des subtances ' élémentaires est, 
selon toute probabilité, capable d'une extension indéfinie ; 
mais il ne me semble pas probable qu'aucujie substances 
de fréquente occurrence ne vienne à notre connaissance. 
Toutes les substances qui ont été découvertes dans ces der- 
nières années sont d'une extrême rareté, et,'étant d'une faible 
valeur commerciale sont considérées plutôt comme des curiosi^ 
tés chimiques qu'autre chose. Mais quoique rares, il ne 
s'ensuit pas que ces corps ne soient pas distribuées largement. 
Comme c'est le cas pour l'Iode et pour plusieurs autres, leur 
présence peut être constatée dans beaucoup de corps, mais 
en quantité si minime que leur rareté reste la même. Les 
quatre derniers éléments qui ont été ajoutés à la liste, savoir: 
le Casium^ .le Rubidium^ le ThalUum et l'Indium sont remar- 
quables pour avoir été découverts pour la première fois au 
moyen du Spectroscope. Il est bien connu que différents 
corps lorsqu'ils sont chauffés à la flame de la lampe de Bun- 
sen, pour la vaporisation, produisent des rayons lumineux 



l'union médicale du CANADA. 285 

•de diverses couleurs. Le Lithium donne un rayon rouge, le 
Barium un vert, le Strontium un cramoisi ; et lorsque des 
éléments simples sont seuls présents, il est assez aisé de dé- 
cider quel est cet élément, par l'apparence de la flamme à 
Tœil nu ; mais lorsqu'il y a une combinaison d'éléments, il 
devient nécessaire d'user d'autres moyens. Le plus parfait 
de ces moyens est Tuiage d'un prisme, par lequel les rayons 
sont mis en évidence et placés par ordre devant l'observa- 
teur, selon leurs différents dégrés de réfraction. Ce fut par 
le moyen du prisme que Bunsen découvrit le Casium et le 
Rubidium en l'année 1859, tandis qu'il examinait les eaux 
minérales de Diirkeim. Ayant remarqué dans le spectre de 
la flamme des lignes brillantes données par les sels de ces 
eaux, il en réduisit une quantité énorme et réussit à isoler 
ces deux nouvelles substances alcalines. On trouve main- 
tenant qu'elles sont largement distribuées en quantités ex- 
cessivement petites, mais le Casium n'a pas encore été trou- 
vé dans les cendres d'aucune matière végétale. Elles se 
rencontrent en rapport presque le même avec le potassium, 
que le strontium et le Barium vis-à-vis du Calcium. 

Le Thallium fut l'élément dont la découverte suivit celles- 
ci. Ce corps fut d'abord remarqué par M. Crookes en 1861, 
tandis qu'il examinait les dépots impurs de Sélénium prove- 
nant des montagnes de Harz. Le Thallium est remarquable 
pour la belle ligne verte produite dans le spectre de sa flam- 
me. Sa vraie position est encore une matière à controveise, 
puisqu'il ressemble à l'argent, à l'or, au plomb^ au potassium 
et à d'autres métaux par quelques-uns de ses caractères, mais 
il diffère encore de chacun d'eux par certaines propriétés 
particulières. 

Le dernier nouveau métal est l'Indium. Il fut découvert 
par MM. Reich et Richter, de Freiberg, dans l'année 1863, 
dans quelques minerais de zinc des montagnes de Harz. Son 
spectre contient seulement deux lignes d'une couleur indigo 
jorillante, une située dans la partie bleue, l'autre da ns la par- 
lie indigo du spectre. Quant à la couleur, ce métal est très 



286 l'union médicale du canada. 

blanc en apparence,' avec une teinte de couleur de bismutti. 
A Texposition à l'air, il se ternit rapidement et présente une 
ressemblance exacte au plomb terni, mais diffère du plomb 
en ce que la couche terne peut s'enlever aisément avec un. 
linge, contrairement à celle du plomb. Comme le plomb, 
rindium est très compact, et très mou, comme il fut démon- 
tré par la conversion en fil d'un morceau en très peu de 
temps. Son poids ressemble à celui de l'étain. La gravité 
spécifique de l'étain est 7.3, l'indiumest de 7.4, le plomb, 11.9. 
Sa fusibilité est très remarquable ; il peut être fondu dans le 
spermaceti chaud, à une température de 176. cent; l'étain 
peut être fondu à 228. cent, et le cadmium à 278 cent. La 
proportion de combinaison de l'indium est de 3 8 et son poids 
atomique est 71.84. 

Ce discours fut accompagné de quelques beaux spécimens 
Jîes plus rares métaux, tels que le Tellurium, le Zirconum, 
TYstrium, le Berylium, le Lithium , le Sélénium et l'acide 
vanalique. Le spectre du Sodium fut montré et la lumière 
elle-même fut répandue, avec son effe t, ordinaire sur l'assis- 
tance. Les spectres du thalium et de l'indium furent aussi 
montrés à l'aide de la lumière électrique. — M éd. 71 & Gaz. 



ACCOUCHEMENT PRÉMATURÉ. 

Dans la nuit du 3 au 4 d'Avril dernier, M. Angèle Rouleau,, 
femme de J. Bte. Sauvé, à St. Clet, s'éveilla toute kaignante 
dans son sang. Robuste, de haute taille, d'une santé par- 
faite, âgée de 25 ans et approchant Ibs 170 en pesanteur cette 
femme était enceinte pour la deuxième fois et dans le sep- 
tième mois de sa grossesse. 

Je fus appelé : la personne envoyée pour me quérir me 
disant que la malade était sans connaissance. En effet, à 
mon arrivée auprès d'elle, je fus effrayé de la quantité de. 
sang perdu et de l'état de prostration dans lequel elle était ; 
elle me dit qu'elle n'avait pas de douUun à part un chauffe' 
ment de reins. 



JL. 



L'umON XiDIOALS DU OâNADA. 287 

L'examen m'offrit un col effacé, résistant, permettant, tout 
juste, rintroduction du doigL Je constatai de suite que 
j'avais affaire à une présentation du placenta, centre pour 
centre. Pas moyen d'hésiter. 

La main gauche appuyée sur le fond de l'utérus et la 
droite dans le petit bassin, je commençai la dilatation for- 
cée du col qui consentit, au bout de 15 à 2û minutes de di* 
citation difficile^ à me permettre l'introduction libre et fran- 
che de deux doigts que je réussis à faire passer à travers le 
placenta directement ; je saniais la membrane amniotique, 
mais comme il n'y avait pas de contraction, elle était molle 
et fuyait les doigts qui voulaient la perforer. 

Heureusement qu'un membre que je pus sentir fut avide- 
ment saisi et entraîné à travers l'ouverture que je venais 
de pratiquer à travers la substance du placenta ; à ce moment 
du travail forcé, les eaux de l'amnios s'échappèrent ; c'était 
le bras droit que je venais d'entraîner (tune baptizavi seeun- 
j dumy Benoit XIY.) Je me reposai un instant, tout en conti- 

nuant la traction sur le membre sorti du fœtus, et je pus ad- 
ministrer une bonne dose de seeale avec du brandy. 

Ensuite, je refoulai dans la cavité utérine le petit bras qui 
m'a^ ait rendu un fameux service et continuai la dilatation 
du col qui prit un long quart d'heure avant de me permettre 
l'introduction pénible de la main ; le sang ne coulait plus et 
pour cause ; la version pelvienne fut opérée sans trop de diffi- 
culté et l'enfant extrait mort, la tête ayant éprouvé un peu 
de gène à franchir le détroit créé par le placenta. 

La délivrance fut aisée ; il n'y eut pas d'hémorrhagie subsé- 
quente ; mais il y eut tintements d'oreilles, vertiges et vomis- 
sements répétés immédiatement après. 

Je rappelai la chaleur aux extrémités par les moyens ordi- 
naires et je quittai la malade calme et sans douleurs, et de- 
puis elle n'a éprouvé aucun accident; sa figure atteste seule- 
ment aujourd'hui que quelque chose d'extraordinaire a ébran- 
lé sa belle et puissante constitution. 

Dr. Léonard âge Portier. 



I 



288 L'uKION Ictfl^IGALV DU CANADA. 



NAISSANCE. 



A St. Jacaiies L'Achigan, le 13 Avril, la dame du Docteur T. G. F. Pa- 
toêl, une fille. 



MARIAGE. 

— A Laprairie, le neuf Avril dernier, par le Révérend Messire Isidore 
Gravel, curé de Tendroit, Je Dr. P. H. d'Artois de West Farnbam, à Demoi- 
«olle Lucrèce Philomène Bourassa, troisième fille de Hubert Bourassa, 
Bcr., de Laprairie. 

DÉCÈS. 

~A 8t. Paul TErmite, le 2 de Mai, à Tàge de huit mois et demi, Rosario 
«nfant du Dr. Alphonse Gervais. 



j; UNION MEDICALE 





DU 


o^isr A D^. 


Bévue Medico-ohirurgricale paraissant tous les mois. 

1 


Rédacteur m Chrf: 
J. P. ROTTOT, H. D. 


} 


AwiattMU-Sidaidevari: 

• A DAGENAIS. M. D. 
. L. J. P. DESROSIERS, M. D 


Vol. 1. 


« 


JUrriTiF-T 1872. No. 7. 



M. LE Dr. BROSSEAU. 

Les colonnes de VUnion Médicale s'ouvrent avec plaisir à la* 
correspondance d'un de ses meilleuri amis M. le Dr. Brosseau 
qui, comme on le sait, a quitté le pays il y a deux mois pour 
aller visiter les principaux hôpitaux de Paris et de Londres. 
M. le Dr. Brosseau visite régulièrement dans le moment les 
hôpitaux de Paris en môme temps qu'il suit plusieurs cours 
et cliniques donnés par les célébrités d3 celte ville, entr'au- 
tres les professeurs Dolbeau, Gosselin, Duplay, Brocaqui 
s'occupent de chirurgie. 11 suit aussi le grand oculiste Wec- 
ker. On voit qu'il ne perd pas son temps et qu'il n'aura pas 
il regretter les sacrifices qu'il s'est imposés. Voici la com- 
munication qu'il nous envoie : 

■ 

A MM. les Rédacteurs de C Union 31édical€, 

Habitant Paris depuis un mois e^ demi, suivant scrupuleu- 
sement tons les jours .<^es hôpitaux, je croirais manquer à mon 
devoir, si je ne faisais part à vos lecteurs, des innovations 
dont je suis témoin. 

Pour aujourd'hui, je me contenterai de vous décrire le 
" Pansement Guériu ou Pansement ouaté. " 

Qu'est-ce que le pansement Guérin ? 



893 l'union médicale du canada, 

Dans quels cas s'emploie-t-il ? 
Quels en sont les avantages ? 

Je vais essayer de répondre aussi catégoriquement que pos- 
sible à ces trois questions. 

M. Guérin, chirurgien de THôtel-Dieu est l'inventeur du 
pansement qui porte son nom, je l'ai vu appliquer plusieurs 
fois, par M. Guérin lui-même et par d'autres chirurgiens. 

Voici comment on procède dans une amputation de la jam- 
be, par lambeaux par exemple : Aussitôt l'amputation termi- 
née on met entre les lambeaux un tampon de ouate de la 
grosseur du poing d'un adulte, on ramène les lambeaux par- 
dessus autant que possible, puis on entoure le membre de 
couches de ouate superposées, jusqu'à une épaisseur de 4 ou 
5 pouces. Cette ouate est maintenue en place et comprimée 
par des bandes circulaires au nombre de 3 ou 4 aussi 
superposées. Un point important est de bien serrer ces ban- 
des de coton, de manière qu'en percutant l'appareil il rende 
un bruit sonore. 

On doit laisser l'appareil en place durant 15 ou 20 jours. 
On le défait alors pour le remplacer immédiatement par un 
autre en tout semblable, excepté cependant le tampon entre 
les lambeaux qui est supprimé. On laisse ce deuxième ap- 
pliqué sur le moignon encore 10 ou 15 jours. 

M. Guérin a d'abord employé la ouate dans les amputations, 
ensuite pour les tumeurs blanches et les arthrites chroni- 
ques ; d'autres chirurgiens l'emploient dans les fractures 
compliqués et les ulcères chroniques et indolents. 

Durant la guerre, ce procédé à été employé sur une assez 
grande échelle, mais la mortalité déterminée par les priva- 
tions et l'encombrement dens les hôpitaux n'a pas permis de 
faire des comparaisons décisives. Aujourd'hui les chirurJ 
giens sont divisés, mais je crois que la majorité est en faveur 
du pansement ouaté dans les amputations. 

Il ne faut pas oublier que l'union par première intention 
est impossible dans les hôpitaux de Paris, cette raison milite • 
fortement en faveur de ce nouveau pansement. 



l'union médioale du canada. 293 

Le but que cherchent à atteindre les partisans du panse- 
ment ouaté, c'est à'exclure Vair des plaies en suppuration ou 
au moins de filtrer cet air avant qu'il arrive à la plaie, et dans 
le cas de tumeurs blanches ou d'arthrites chroniques, c'est de 
faire une compression molle et élastique. 

La ouate est bien propre à remplir ces buts. 

Je dois faire remarquer que les malades soumis à ce trai- 
tement s'en trouvent très- bien. 

Les amputés mômes n'éprouvent aucune douleur. L'odeur 
n'est pas considérable. 

Ce pansement devra ôtre d'un immense avantage en temps 
de guerre où les employés manquent et où les malades sont 
trop nombreux pour que les pansements quotidiens soient 
faits régulièrement. De plus il forme un excellent coussin 
qui permet de transporter les blessés à une grande distance 
sans injurier les moignons. 

Ce pansement fait aussi les délices des ipternes des hôpi- 
taux, une amputation n'exige d'eux qu'une heure de travail 
en tout. 

Dans toutes les tumeurs blanches où les arthrites, on l'ap- 
plique de la manière suivante : On entoure le membre (quel» 
quefois l'articulation affectée seulement) d'une épaisseur de 
ouate qui, comprimée, doit avoir un pouce d'épaisseur puis on 
la recouvre de bandes trempées dans une solution de dextrine 
ou de silicate de potasse qui se durcissent dans l'espace d'une 
demi-heure et le membre mollement comp rimé par la ouate 
se trouve déplus dans un appareil inamovible. On laisse in- 
définiment ces appareils sur les tumeurs blanches et les ar- 
thrites chroniques. 

Vous conviendrez avec moi qu'il y a loin du Pansement 
Guérin à l'Acupressure, dont le but est comme vous le savez 
d'obtenir une union par première intention môme dans les 
amputations de la caisse. 

Si j'osais me permettre une apréciation, je dirais que le pan- 
sement ouaté est une découverte très-importante, destinée à 
rendre en temps et lieu d'immenses services à la chirurgie. 
C'est l'opion d'un très-grand nombre de chirurgiens de Pari?, 



294 l'union médicale du canada. 

Il faut nous attendre à des insuccès tant que nous n'aurons 
pas une indication précise de remploi de ce traitement. 

Dr. a. t. Brosseau. 
Paris, 28 Mai 1872 



L'ACTE MEDICAL PROJETÉ. 

1er. Juillet 1872. 

L'éducation, comme toutes les autres choses de ce monde, 
est relative. Pour elre bonne, il faut qu'elle soit en rap- 
port avec le but que nous nous proposons. Il faut qu'elle nous 
serve de point d'appui, qu'elle soit pour nous un aide, lAus 
tard dans la recherche de vérités plusabstraites et plus cachées 
De sorte que la même éducation donnée à des hommes de- 
vant suivre des carrières différentes, sera excellente pour 
quelques-uns, et presque nulle, pour les autres. Les çciences 
qui développent l'intelligence, qui Tornent de connaissances 
utiles et variées, qui la fortifient, par l'exercice de ses diverses 
facultés, sont donc celles qui doivent faire l'objet spécia 
des études de celui qui veut embrassser la carrière médicale. 

Celles qui paraissent être les plus importantes pour lui 
sont, l'histoire, les mathématiques, la géographie, la botani- 
que, la chimie, la physique, et par-dessus tout, la philoso- 
phie, la connaissance de l'âme, de ses facultés, de cette ad- 
mirable union de l'esprit avec la matière, formant un seul 
tout, et produisant cette série de phénomènes qui consti- 
tuent la vie ; la connaissance des devoii's de l'âme envers 
nous-mêmes, envers nos semblables, et envers Dieu ; voilà 
le couronnement d'une bonne éducation pour le médecin. 
L'étude et la connaissance du corps humain ne peuvent être 
complètes, sans Tétude et la connaissance de l'âme. 

Ces deux substances, quoi^u'entièrement distinctes, sont si 
intimement unies, leur action réciproque l'une sur l'autre 
est tellement active, incessante, qu'on ne pourra comprendre 
un grand nombre de maladies, ni la manière de les traiter, 
sans connaitre les propriétés respectives de l'une et de l'au- 
tre. On rencontre souvent de ces cas, où l'âme plus malade 



l'union HiDIOALX DU CANADA. 295 

que le corps, exigent de la part du médecin une connaissan- 
ce approfondie du cœur de l'homme ; où il a besoin d'appe- 
ler à son aide toutes les ressources de son iutelligence pour 
adoucir et faire disparaître ces souffrances intellectuellep, 
qui mettent le trouble dans tout l'organisme. Comment le 
médecin pourra-t il réussir si cette connaissance lui fait dé^ 
faut. Cependant je vois que cette partie là est complètement 
mise de côté dans le programme qu'on a fait. On dit que la 
science médicale ne fait pas autant de progrès que les au- 
tres. La cause ne réside-t-elle pas dans l'insuffisance de 
l'éducation classique de ses membres. Dans nos collèges ne 
donne-t on pas même à ceux qui font leurs cours complets, 
que quelques mois de leçons sur la botanique, la physique, 
la chimie et la philosophie ; tandis qu'on leur fait étudier 
durant plusieurs années le français, l'anglais, le latin et le 
grec. Quel rapport y a-t-il entre la connaissance de toutes 
ces langues et la science médicale. Est-ce que le nombre de 
nos idées, est-ce que nos connaissances augmentent en pro- 
portion des langues qu'on apprend ? Nullement. 

Les langues ne sont que des aons, des signes diversement 
modifiés par convention, pour se communiquer les uns aux 
autres nos pensées, nos connaissances respectives. Connaî- 
tre une langue c'est donc tout simplement savoir que tel si- 
gne ou tel son représente telle ou telle idée. Quand môme 
on connaîtrait toutes les langues du monde, nos idées, nos 
connaissances n'en seraient donc pas, par là, augmentées. 
Nous saurions représenter la môme idée par un plus grand 
nombre de sons et de signes, voila tout. La connaissance d'une 
langue n'est donc pas directement la science ; c'est le moyen 
de l'acquérir. Il est vrai, qu'outre la satisfaction que la con- 
naissance de plusieurs langues doive nous faire éprouver, 
c'est le moyen le phis facile de s'instruire ; de sorte que, sous 
ce double rapport, il serait à désirer et très-avantageux de les 
connaître même toutes, si on pouvait les apprendre promptc- 
ment, et si une fois apprises, elles restaient pour toujours gra- 
vées dans notre mémoire. Mais nous savons tous la difflcuU 
té que nous éprouvons, pour la plupart, d'apprendre une lan- 



296 l'union médicale du canada. 

gue étrangère, le temps considérable qu'il faut sacrifier pour 
cela, et Tétude continuelle, nécessaire ensuite, pour ne pas 
Toublier. De plus la brièveté de la vie, la nécessité de se li- 
vrer à d'autres travaux beaucoup plus importants sont au- 
tant de raisons qui doivent exempter le médecin d'une lelle 
étude. D'ailleurs la facilité avec laquelle on peut se procu- 
rer, presqu'aussitôt qu'ils paraissent, les écrits des divers au- 
teurs, traduits dans notre langue maternelle, suffît pour nous 
convaincre que la connaissance de toutes ces langues, qui peut 
être si avantageuse pour d'autres, est presque nulle pour le 
médecin. 

On dit encore, il est vrai, que si le niveau de la Profession 
Médicale baisse, ce n'est pas parceque le cours d'étude classi- 
que ou médical même exigé par la loi actuelle est insuffisant, 
mais tout simplement parceque les institutions enseignantes 
ne l'exigent pas de leurs élèves, et que le nouveau Bill remé- 
die à ce mal, parcequ'il ôte aux Univeraités le privilège d'ex- 
aminer les aspirants à l'étude et à la pratique de la médecine 
et qu'il le transmet au Conseil Général. 

Il y a ici deux questions ^importantes, l'examen classique 
et l'examen médical. Voyons s'il est dans l'intérêt de la 
profession et du public que ce droit d'examen soit plutôt en- 
tre les mains du Conseil Général, que des Universités. 

Prenons d'abord l'examen classique. 

Pour ma par.t, je crois qu'il est absolument nécessaire que 
le Conseil Général ait seul le droit d'examiner les élèves, et 
de les admettre à l'étude de la médecine. C'est ce pouvoir 
qui donnera au conseil le contrôle sur les personnes qui 
veulent faire partie de notre corps ; qui lui donnera les 
moyens de faire observer les règlements qu'il pourra formuler. 
C'est la clef de lapoi'te qui doit s'ouvrir devant les aspirants 
à l'étude de la médecine, et c'est le conseil qui doit la garder. 
Qu'un autre en effet la possède, c'est l'abandon de son droit ; 
c'est le premier pas vers les abus ; c'est un pouvoir érigé 
•^u-dessus de lui. 

De sorte que ses règlements pourront facilement être élu- 



l'union médicale pu CANADA. 297 

dés, et qui que ce soit pourra être admis à l'étude de la mé- 
decine puis à la pratique, si c'est l'intérêt particulier d'une 
institution de le recevoir. Si je crois devoir accorder au con- 
seil seul le droit d'admettre les élèves à l'étude de la méde- 
cine, ce n'est pas que je veuille dire que ses membres seront 
pins compétents ou plus justes ; c'est tout simplement parce 
que leur ligne de conduite sera modifiée par la différence de 
leur position. Placés en effet, en dehors des intérêts univer- 
sitaires, qu'ont-ils à craindre ou à espérer de la part des élè- 
ves, que leur fait le moins ou le plus grand nombre d'étu- 
diants. Leur unique but, leur seul intérêt, c'est d'avoir des 
hommes instruits, capables plus tard de faire honneur à la 
profession. Ayant pour la plupart déjà parcouru une bonne 
partie de leur carrière, c'est leur devoir de songer à leur ssuc- 
cesseurs, et de faire en sorte qu'ils soient dignes de les rem- 
placer. Ils sont obligés de prendre les intérêts de la science, 
et par conséquent de n'admettre que des hommes capables 
de la faire progresser, d'en reculer les bornes et de la rendre 
de plus en plus certaine. Leur conscience les oblige de pen- 
ser aux populations futures, et de leur donner des hommes 
d'une éducation solide et éclairée. Voilà leur position et les 
motifs qui doivent influencer et guider leur jugement. 

Mais est-ce que ces motifs n'existent pas pour les professeurs 
des Universités, et ne doivent-ils pas avoir sur eux la môme 
influence. Pourquoi donc, ne pourrions-nous pas espérer les 
mêmes résultats ? J'avoue que ce sont les mômes hommes, 
doués, si l'on veut, de toutes les qualités de l'esprit et du 
cœur ; mais leur nouvelle position a fait surgir d'autres inté- 
rêts, qui doivent nécessairement avoir leur part d'influence et 
agir plus ou moins fortement sur leurs actes. 

Animés deg pluslouat)les motifs, ces Messieurs ont voulu se 
consacrer à l'éducation, et initier les jeunes gens aux secrets 
de la médecine. Sans doute, qu'excités par une honorable 
ambition, c'est à qui produira les élèves les plus instruits, 
les plus capables de faire honneur à leurs institutions respec- 
tives : mais enfin, ces institutions ne sont pas le corps médi- 



298 L*UNION MÉDICALE DU CANADA. 

cal lai-môme ; elles n'en sont qu'une partie ; elles ont une 
vie à part, complètement distincte, des intérêts tout particu- 
liers et tout à fait différents. Pour les professeurs un grand 
ou un petit nombre d'élèves fait une différence énorme. 
Si le corps médical doit prospérer, il faut que leur corpora- 
tion prospère aussi ; et elle ne le peut qu'en autant que les 
étudiants sont nombreux. D'un côté il y aura pour agir sur 
eux, les intérêts généraux de la science, ceux du corps mé- 
dical, et du public ; les sentiments de justice, de générosité et 
de désintéressement; de l'autre, les intérêts de leur Univer- 
sité, la question pour elle de vie ou de mort, la crainte d'une 
institution rivale, les intérêts personnels de chacun des pro 
fesseurs, la nécessité de se procurer les moyens de satisfaire 
aux besoin réels ou aux comforts de la vie : car il ne faut 
pas croire que c'est le dévouement seul qui porte ces Mes- 
sieurs au professorat ; la question de rénumération y entre 
peut être pour plus de moitié. 

' Si cette considération d'argent les a influencés à leur dé- 
but, croyez-vous qu'elle agira moins fortement surenx à me- 
sure que les années de travail se succéderont, à mesure que 
les besoins de la famille deviendront plus pressants. Et 
sans vouloir inculper la bonne foi de qui que ce soit, nous 
pouvons dire que malgré nos meilleures intentions, notre ju- 
gement pour ainsi dire nous fait défaut, s'obscurcit et que 
nous voyons les choses d'une manière toute différente lors- 
que notre intérêt se trouve compromis ; de sorte que, croyant 
agir d'une manière au moins non repréhensible, on fait ce 
que l'on n'aurait jamais fait si l'on eut été placé dans d'au- 
tres circonstances. C'est ainsi que tous les ans on voit gra- 
duellement augmenter le nombre des élèves incapables. No 
tre histoire et celle d'autres pays sor^t là pour prouver cette 
vérité. 

Le nouveau système que l'on propose est-il de nature à 
faire disparaître ces abus. Pour obtenir ce résultat, il fau 
drait que l'examen se fit en présence du Conseil, par ses pro- 
pres membres ou par des personnes nullement en rapport 



ê 



l'union médicale du canada. 299 

officiel avec les Universités. Est-ce là ce que Ton propose 
de faire dans le nouveau bill. 

Voici ce que dit la XVIe clause. Le Conseil Général aura 
le pouvoir et l'autorité de nommer des examinateurs pour 
instituer et conduire Texamen des étudiants en médecine sur 
leur éducation préliminaire ou générale, et de faire des rè- 
glements pour déterminer l'admission et l'enrôlement des 
étudiants, et les examinateurs seront des personnes engagées 
dans l'enseignement général et en rapports officiels avec les 
Universités, Collèges ou Séminaires de la Puissance. On 
voit donc que les examens ne se feront pas par le Conseil, ni 
môme en sa présence. Le Conseil Général, placé à la tête de 
la profession médicale pour veiller à ses intérêts, abandonne 
immédiatement son droit le plus important pour en investir 
une ou plusieurs personnes qui devront agir entièrement à 
son insu, hors de son contrôle. Le conseil sera obligé d** re- 
cevoir comme élèves en médecine tous ceux que les examina, 
teurs jugeront qualifiés. Notre Bureau actuel n'est pas sa- 
tisfait, parce que les examens ne sont pas faits par ses mem. 
bres ; ne sera-ce pas la môme chose avec le nouveau Bill. 
On dit que le corps médical, et le public ne sont pas proté- 
gés à présent parce que les médecins qui examinent leurs 
élèves sont trop intéressés. 

La protection sera-t-elle plus grande à l'avenir. Les exa- 
mmateurs ne seront pas des médecins, il est vrai, mais ils 
seront toujours en rapports officiel? avec les Universités. 
N'est-ce pas la môme chose, puisqu'ils appartiennent tous au 
môme corps, ayant tous les mômes intérêts. De sorte qu'a- 
proprement parler il n'y a pas de changement à l'état ac- 
tuel ; aujourd'hui ce sont des membres universitaires qui 
font les examens préliminaires, et par le nouveau Bill les 
examens seront encore faits par des membres appartenant au 
même corps. Je ne vois pas pourquoi on aurait plus de 
confiance aux examinateurs nommés par le conseil, qu'aux 
examinateurs nommés par l'Université même. 

Dr. p. Bottot. 



% 

300 lVnion médicale du oanabà. 

DU CHLORAL. 

Rapport fait à la Société de médecine de Lyon, au nom d*une Gommisiion 
chargée d'examiner les mémoires envoyés au concours de 1871 ; 

Par M. Desgraxges, rapporteur. 

La Société de médecine, dès les premières publications sur 
le chloral, comprenant Timportance que ce produit pouvait 
prendre en thérapeuthique, jugea convenable d'y attirer l'at- 
tention et d'en faire le sujet d'un concours 

L'espoir de la Société n'a pas été déçu ; deux mémoires ont 
répondu à son appel ; preuves que les travaux scientifiques, 
momentanément suspendus chez nous, reprennent leurs 
cours, malgré les perturbations jetées dans le pays. Deux 
mémoires, c'est peu quant au nombre ; c'est beaucoup s'ils 
ont de la valeur. 

Or, sur ce point, que la Société se rassure'; les travaux 
qu'elle a reçus sont remarquables et dignes de récompenses. 

Mais je dois dire tout de suite que le mémoire No. 1, avec 
cette épigraphe : '' La science procure à l'homme les satis- 
factions les plus vraies et les plus nobles, " doit être mis hors 
de concours. Les auteurs se sont fait connaître par la pré- 
sentation de ce travail à l'Institut et sa publication dans le 
Journal d'anatomie et de physiologie du professeur Robin. (N^ 
6, Novembre et Décembre 1871, page 570.) 

Le manuscrit et la publication sont une œuvre unique ; 
mêmes idées, mêmes recherches, mômes phrases : tout se re- 
trouve dans le journal, sauf quelques détails d'expériences 
retranchés probablement par la rédaction. 

Tl est donc démontré que MM. Byasson et Follet, de Paris, 
•ont les auteurs du mémoire No. 1 ; par conséquent, le débat 
38l fermé pour eux avant d'avoir été ouvert. C'est dommage, 
car ce travail se recommande |)ar une science de bon aloi, 
et l'intérêt qu'il inspire est soutenu par l'étude comparative 
de quatre composés voisins : le chloral, le trichloracétale de 
soudé, le chloroforme et le formiale de soude. 

Est-ce par inadvertance que MM. Byasson et Follet ont pu- 
blié un mémoire adressé à votre compagnie ? Dans cette hy- 



l'union médicalb du canada. 801 

pothèse, tious n'avons rien à dire. Si, au contraire, la com- 
munication à rinslitut n'a eu pour objet qu'un plus grand 
retentissement, sans égard à la déférence légitimement due à 
la Société de médecine de Lyon, nous ne craignons point 
d'affirmer que ces messieurs ont manqué aux convenances 
académiques les plus élémentaires. 

Dans tous les cas, que l'auteur du No. 2 se console de res- 
ter seul en lice. Le mémoire No. 1 n'aurait pu lui disputer 
le prix : à l'unanimité la commission l'a déclaré d'un mérite 
bien inférieur. 

Je vais essayer. Messieurs, de vous faire connaître le mô 
moire No. 2, afin de vous mettre à même de ratifier, avec 
connaissance de cause, les décisions de votre commission des 
priXy composée de MM. Arlha^ud, Lacour, RoUet, Perroud, 
Ferrand et Desgranges, Tapporteur. 

I 

Le mémoire commence par une étude chimique du chloral. 
D'abord l'auteur nous rappelle que ce composé fut découvert 
par Liébig, en 1832 ; qu'il fut étudié en 1834, par Dumas, 
qui en démontra le dédoublement en chloroforme, sous l'in- 
fiuence des alcalis ; mais que le mérite de l'avoir fait connaî- 
tre, en 1869, comme agent anesthésique et somnifère, appar- 
tient à Oscar Liebreich, de Berlin, 

L'élude des propriétés du chloral est faite avec méthode ; 
»la discussion des modes de fabrication est approfondie et con- 
duit à adopter le procédé de Dumas, qui donne du chloral 
pur, à l'exclusion de celui de Roussin, qui ne fournit que de 
l'alcoolate de chloral. C'est avec le plus grand soin qu'on 
nous expose les réactions du chloral, le moyen, par consé- 
quent, d'être édifié sur la pureté du produit. 

Un expérimentateur qui se met ainsi en garde contre une 
grave cause d'erreur doit donc inspirer la plus grande con- 
fiance, le soin qu'il-prend de s'éclairer nous engage à le sui- 
vre. 

Le chloral préparé par Liebreich, de Berlin, ne laisse rien 
à désirer ; seul, il est mis çn usage dans le cours du travail. 



302 l'union médicale du canada. 

Enfin, il est bien entendu qu'il s'agit toujours de Vhydratc de 
ehloral^ quelle que soit la dénomination employée. 

La deuxième partie du mémoire éveille le plus vif intérêt. 
Vous y trouvez le récit des travaux antérieurs ; l'exposé d'ex- 
périences personnelles et l'histoire des effets physiologiques 
du chloral sur les animaux et sur l'homme. 

Liebreich, le premier, fait sur les grenouilles les expérien- 
ces qui l'édifient sur la propriété du chloral. 

En août 1869, une commission de savants, sous la prési- 
dence de Richardson, étudie le produit et conclut qu'il pro- 
voque le sommeil, diminue la respiration, abaisse la tempé- 
rature, mais ne vaut pas le chloroforme pour obtenir Taues- 
ihésie. 

Au mois de Septembre . de la môme année, M. Demarqu-ay 
arrive à des conclusions notablement différentes. Pour lui, 
le chloral amène le sommeil, la résolution musculaire, pro- 
duit une injection palpébrale et auriculaire, mais provoque 
une véritable hyperesthésie caractérisée par des mouvements 
désordonnés quand on pince l'animal. 

Ainsi le chloral, loin d'être un ancsthésique, est un agent 
liyperestliésique, malgré le sommeil q'uil procure. 

Le chloral, sous l'influence des sels alcalins du sang, ne se 
dédoublerait pas en chloroforme, attendu que l'air expiré ex- 
hale une odeur de chloral et non de chloroforme. 

Pour MM. Krishaber et Dieulafoy, le chloral est hyperes- 
thésique à faible dose et anesihésiqiie^ à dose massive. Son 
action se déroule en' deux périodes : l'une d'e^xcitation^ l'autre 
de résolution. Au milieu d'un sommeil plus ou moins pro- 
fond, on constate des troubles dans le rythme du cœur, un 
ralentissement de la respiration, ainsi qu'un abaissement do 
la température. 

MM. Labbé et Goujon déclarent le chloral anestliôsique, 
sans période d'excitation, moins hypnotique sous la peau 
qu'injecté dam le sang, et assez stable pour ne point se décom- 
poser en chloroforme dans le système vasculaire sous l'in- 
fluence des alcalis. 



i^:^ 

^>:^^ 



h- 






** *''^.ott5 l'union Médicale du canada. 803 

^^ >- Les expériences prédédentes et d'autres encore que je pour- 
rais citer prouvent que la science n'est pas faite sur ce point 
Z*""-^ .:^c et que le champ reste ouvert à ceux qui désirent l'explorer A 
' '"^"'^ .£ quoi tiennent ces divergences d'opinions î Très certainement 
--^ii i^i à la variabilité du composé. 

Le chloral employé n'était pas pur; et cette hypothèse est 
fondée, puisque les expérimentateurs ne disent pas un mot. 
*" pour affirmer la bonté de leurs subtances et ne semblent pas 

*^^ *.:•. connaître les réactions propres à en déce 1er les vices. Il est 
''- -^ - permis de supposer qu'ils se sont servi S! acétate ordinaire ou 
•^■^^ * (ïalcoolate de chloral au lieu à' hydrate de chloral bien préparé ; 

** JSc' erreur bien facile à commettre, à raison des analogies chi- 

miques de ces trois corps. 

"•••^ Quelle idée faut-il donc se faire des propriétés physiologi 

ques du chloral I Nous l'apprendrons bientôt si nous suivons 
l'auteur ou peut-être les auteurs, car un travail qui se distin 
^ pr:, gue 'autant parles études faites sur les animaux que par 

-""'-- l'observation clinique semble être la résultante des efforts 

combinés de la médecine humaine et de l'art vétérinaire. 

- ç: Les sujets d'expériences sont le chiefi et le cheval, pris dans 

des conditions diverses d'âge et de taille. Les voies d'intro- 
^ i - duction de l'agent chimique sont : l'estomac pour une série, 

- la veine jugulaire pour une autre, le tissu sous-cutané pour 
une trosième. La dose de la substance est calculée d'après 

fsr- la force de l'animal et selon la voie de pénétration. 

-' Cette manière de concevoir l'expérimentation physiologi- 

"^ I que a été bien appréciée par la commission. Tous les membres 

^' : ont loué l'ampleur d'un pareil plan, l'importance des docu. 

- ' ments qu'il fournit et la logique des conclusions qu'il donne. 

Ici les auteurs ont fait plus que de suivre une bonne voie 
I pour une étude particulière, ils ont mis en évidence la meil- 

leure méthode applicable à tout médicament nouveau, et le 
choix qu'ils ont fait de " grands animaux leur a donné, dans 
les résultats, une netteté, une évidence qu'ils auraient vaine, 
ment demandée aux animaux inférieurs. 

Les phénomènes physiologigues du chloral, chez les animaux 



S04 L*UNION MÉDICALE BU CANADA. 

varient suivant la taille et suivant Page : les chiens âgés ré- 
sistent moins que les jeunes et les adultes. Ils varient aussi 
avec les races : le chien de chasse et l'épagneul sont plus sen- 
sibles que le bouledogue et le terrier. 

Par la bouche, quatre à cinq grammes de chloral dissous 
dans quinze à vingt grammes d'eau produisent des effets au 
bout de dix à quinze minutes tandis que dans le tissu cellu- 
laire il en faut quinze à vingt, alors que la même dose 
injectée dans les veines agit immédiatement et peut devenir 
mortelle. 

Le chloral injecté sous la peau détermine une inflamma- 
tion localisée qui peut allel* jusqu'à la formation d'une es- 
chare. Par la bouche, l'âcreté du contact produit volontiers 
des vomissements et provoque toujours une hypersécrétion 
salivaire. 

Les phénomènes généraux peuvent se résumer ainsi : loco- 
motion irrégulière, progression brusque, saccadée, oscilla- 
tion latérale du tronc, marche titubante. L 'animal tombe, 
les membres flasques, la tête inerte, les mâchoires sans cons- 
triction, les muscles ei^ complète résolution. 

La sensibilité s'émousse, puis disparaît. D'abord, l'animal 
sent les piqûres, les brûlures ; il grogne et s'agite sous l'in- 
fluence de la douleur ; plus tard, il devient tout à fait insen- 
sible ; mais, à ce moment, la vie est en danger. 

La peau et les muqueuses s'injectent. A l'autopsie, les 
vaisseaux du mésentère, les capilaires du cerveau sont goi*- 
gés de sang. 

Les pupilles se resserrent ; le cœur se ralentit ; la respira- 
tion devient irrégulière et, par moments, laborieuse ; eniin, 
la température s'abaisse de un à deux degrés. 

'Un chien de taille moyenne, sous l'influence de 4 à 6 gram- 
mes de chloral, peut avoir 4 heures de sommmeil. 

D'après le tableau précédent, est -Il possible de saisir l'ac- 
tion du chloral, sur le système nerveux ? Oui, répond l'au 
leur. 

Remarquez que les premiers phénomènes apparaissent 



l'union médicale du CANADA. 305 

dans la locomotion ; que la sensibilité s'émousse en second 
lieu ; puis qu'on observe le resserrement des pupilles, les con- 
gestions capillaires, pour arriver aux troubles cardiaques, à 
la pâleur, aux perturbations respiratoires, concurremment 
avec un abaissement de la température. 

Les troubles de la musculation indiquent une action de l'a- 
gent sur la moelle ; de môme que Tinsensibilité démontre 
une influence secondaire sur le cerveau. Le resserrement des 
pupilles, les congestions capillaires prouvent une sorte de pa- 
ralysie du grand sympathique, puisque ce système tient sous 
sa dépendance les fibres radiées de l'iris, c'est-à-dire les fibres 
dilatatrices, et qu'il fournit aux vaisseaux l'incitation motrice 
indispensable à la régularité de la circulation. 

L'action du chloral continue à s'étendre, lo plexus cardia- 
que est atteint, le cœur se ralentit, le poumon fonctionne mal 
et la température s'abaisse. 

La preuve de cette action élective du chloral sur les gan- 
glions cardiaques est donnée par Liebreich de la manière sui- 
vante : " Si l'on coupe, dit-il, le ventricule au-dessous du siè- 
ge des ganglions, il se contracte immédiatement, et tout at- 
toucbement provoque une nouvelle contraction. " (Liebreich. 
^Hydrate de chloral. — Paris 1870.) 

Au reste, quelle que soit la confiance que l'on attache à l'as- 
sertion de Liebreich, il n'en demeure pas moins parfaitement 
clair que la mort arrive par les centres nerveux. * 

Chez l'homme, les phénomènes physiologiques suivent les 
mêmes phases, avec cette particularité que la conjonctive est 
la première anesthésiée et que la pituitaire résiste plus long- 
temps que les autres membranes. 

IIL 

Que devient le chloral une fois arrivé dans le torrentcircu- 
latoire ? Sur ce point les opinions varient D'une part, plu- 
sieurs médeoÉis, MM. Demarquay, Krishaper et Dieulafoy, 
I^abbé et flroujon, d'après l'observation des phénomènes phy- 
siologiques, pensent que le chloral reste fixe et se manifeste 
suivant son action propre ; d'autre part, des chimistes de pre- 



306 l'union MiDICALI DU CANADA. 

mier ordre, MM. Liebreich, Personne, Houseùi affirmeot le 
dédoublement en chloroforme et en acide formique. 

Il était donc intéressant pour l'auteur du mémoire de re- 
chercher par lui môme la vérité de ce fait. 

Ici encore, nous avons à constater des connaissances chi- 
miques élevées ; preuve nouvelle, s'il en était besoin, de la 
force que se donnent les sciences lorsqu'elles s'appuyent en 
tre elles. 

Or, sans entrer dans les détails techniques de l'analyse, 
qu'il suffise de dire que le chloral chauffé à 40» dans un bal- 
lon est stable ; ses vapeurs, conduites dans an tube de por- 
celaine rougi, puis reçues dans une solutiou de nitrate d'ar- 
gent ne donnent pas de précipité. 

Ajoutez, au conlaire, à la solution de chloral un peu de 
carbonate de soude, et l'opération, conduite de la môme ma- 
nière, donne un précipité dé chlorure d'argent insoluble dans 
l'eau, dans l'acide nitrique et soluble dans l'ammoniaque. 

Ce n'est pas tout : du chloral mélangé avec du sang dans 
un ballon et chauflë k 40», se dédouble en chloroforme ; et 
encore, le sang d'un animal chloralisé, s'il est chauB'é de la 
même façon, donne la réaclion du chloroforme, réaction 
d'autant plus prompte que l'acalinité du sang est pins pro- 
noncée, par conséquent, plus évidente chez le mouton, le che- 
val et le bœuf que chez le lapin et le chien. 

EnflD, chose remarquable I tout le chloral charrié dans le 
sang est trausformé es chloroforme et en acide formiqne. La 
démonstration de cette particularité est fournie de la manière 
suivante : Le sang de l'animal mis en expérience est traité 
suivant les règles posées ; la réaction du chlorofonre se mon- 
tre au bout de quelques minutes ; puis, lorsqu'elle reste sta- 
tionnaire, on ajoute à ce sang du carbonate de soude, par pe- 
tites fractions. 

Or, comme dans ces nouvelles conditions le précipité n'aug- 
mente pas, on en déduit logiquement que tout le chloral s'est 
dédoublé. 

La conclusion de ce chapitre intéressant est donc que le 
chloral, dans l'économie, sous l'influence des alcalis dusaog, 



l'union médicalb pu canada. 307 

se dédouble en chlorororme et en aciâe formique^ lesquels se 
convertissent ultérieurement en chlorure de sodium et en for- 
miate de soude^ pour être, en définitive, éliminés par la voie 
rénale. 

Les différences physiologiques du chloroforme et du chlo- 
ral peuvent se résumer ainsi : pour le chloroforme, les eTets 
anesthésiques l'emportent sur les effets hypnotiques ; Te ^es- 
thésie complète n'est pas dangereuse ; pour le chloral, l'hyp- 
notisme prédomine sur l'anesthésie ; et celle-ci, quand elle 
existe, annonce un danger imminent. 

Le sommeil du chloroforme est court, celui du chloral est 
prolongé. 

L'action du chloral peut être comparés à la chloroformisa- 
tion.la plus lente qui se puisse imaginer ; elle n'a de limite 
que l'épuisement du chloral introduit dans le sang, attendu 
que la régénération des alcalis du sang (Liebreich) rend in- 
cessante la décomposition du produit étranger, jusqu'à sa 
disparition totale. D'ailleurs, comme preuve conflrmative, 
ou n'a jamais trouvé du chloral libre dans le système circu- 
latoire. 

Mais si le chloral, en définitive, tire du chloroforme, qu'il 
produit la cause initiale de ses propriétés, d'où vient donc la 
différence d'action entre ce chloroforme développé dans le 
sang et celui qui est absorbé par la voie pulmonaire ? 

Elle gît tout entière, suivant l'auteur, en ce que le chloro- 
forme issu du chloral agit à Vétat naissant^ au lieu que celui 
des inhalations est à l'état ordinaire. 

Le premier aurait des propriétés chimiques et physiologi- 
ques exaltées, son énergie, ses affinités seraient plus déve- 
loppées que celles du second, qui pénétre tout formé dans le 
sang. En faut-il une preuve nouvelle ? la voici : le chloro- 
forme par inhalation est sans puissance sur les sujets soumis 
à l'influence du chloral, alors que le chloral a dompté des 
sujets réfractaires au chloroforme. 

Cette théorie, si séduisante qu'elle soit, éveille cependant 
quelques doutes. 

L'état naissant du chloroforme est-il bien la seule raison à 



308 l'union hédigali du gaKada. 

invoquer ? Ne convientril pas de teuir grand compte de la 
production lente, à faible dose, mais incessante du chloro- 
forme, tant qu'il y a du chloral dans le sang ? On accumule 
ainsi du chloroforme, dans les vaisseaux et, lorsqu'on touche 
à l'aneslhésie, il y a saturation en quelque sorte et danger 
d'intoxication. Le péril vient de ce que l'on ne peut pas ar- 
rêter la production du chloroforme tant qu'il reste une par- 
celle de chloral, contrairement à la possibilité de suspendre 
l'inhalation aux premiers signes inquiétants. Ne pourrait- 

■ 

on pas dire aussi que le contact du chloroforme sur les radi- 
cules du pneumo-gastrique trouble médlatement la sensibilité 
célèbrale, par opposition à ce qui arrive lorsque le chlorofor- 
me, en proportion relativement forte, touche directement les 
centres nerveux ? 

Cet état naissant du chloroforme, qui a frappé l'auteur, 
avait déjà été pris en considération par un de nous, dans un 
travail sur le chloral, communiqué à la Société de médecine. 
Annales de la Société de médecine de Lyon^ 1869, tome XVIIe, 
2e série, page 92). 

Notre collègue explique le sommeil du chloral, à la. fois 
léger et durable avec de faibles doses, par la lenteur de l'éli- 
mination, et le danger des fortes doses par l'accumulation 
d'un composé chimique à l'état naissant. (Ferrand. — Du 
Moral. Données théoriques et pratiques. — Lyon médical^ tome 
rv, page 99.) 

Au reste, la théorie du chloroforme naissant a trouvé des 
adhésions au sein de la comfnission ; adhésions que je dois 
signaler après avoir mentionné les réserves faites par un des 
représentants les plus autorisés, parmi nous, de la chimie 
organique. 

Quelle que soit finalement l'idée qu'on se fasse de l'action 
intime du chloroforme dans le système circulatoire, l'auteur 
n'en mérite pas moins les plus grands éloges, autant pour la 
manière savante dont il a dirigé ses expériences que pour la 
méthode qu'il a suivie pour arriver aux conclusions.* 



l'union médicale du oànada. 309 

IV. 

Ap"ès ces recherches préliminaires, arrive naturellement 
Tétude clinique du chloral, partie importante du mémoire, 
où se déroulent des applications nombreuses et variées. 
Faits antérieurs, observations personnelles, mode d'adminis- 
tration, effets thérapeutiques, toxicologie : tel est Tordre adop- 
té dansTexposé des documents de ce vaste travail. 

Parmi les faits antérieurs, on voit deux ordres d'applica* 
tions : les unes chirurgicales, les autres médicales. 

Ainsi, Liebreich propose le chloral pour de petites opéra 
lions douloureuses ; Langeubeck s'en sert avant de cautéri- 
ser un lupus ; Marjolin le donne contre les douleurs de la 
brûlure et Richardson en tire profit dans le taxis d'une her- 
nie étranglée. 

De Graefe l'administrait après l'opération de la catarac- 
te ; Giraldès, Demarquay le conseillent pour combattre les 
douleurs qui suivent immédiatement les opérations. 

Contre le délirium tremens^ il s'est montré efficace ; mais 
contre le tétanos les chances sont variables : aux succès de 
MM. Verueuil et Dubreuil il faut opposer des insuccès au 
moins équivalents. 

En médecine j le chloral a été essayé, avec des résultats très di 
vers et souvent contestables, contre la chorée, la coqueluche, 
l'asthme, la colique hépatique, l'éclampsie, les convulsions 
infantiles, l'agitation et l'insomnie des aliénés ; contre les 
douleurs du zona, du rhumatisme, du cancer et de l'accou- 
chement. Mais toutes ces tentatives ne fournissent point 
des déductions pratiques définitives ; l'art n'est point encore 
fixé ; il est donc intéressant de voir quelles lumières jaillis- 
sent du mémoire que j'analyse. 

• Les premières observations personnelles nous montrent, 
l'efficacité du chloral, en topique^ contre les douleurs insépa- 
rables des arthrites suppurées, des tumeurs blanches, de la 
nécrose invaginée, etc., dans des cas où le môme médicament, 
à l'intérieur, était resté impuisant, et la morphine, en injec- 
tions complètement inerte. 



300 lVnION MÉOIOALS DU CANADA. 

DU CHLORAL. 

Rapport fait à la Société de médecine de Lyon, au nom d'une Commission 
chargée d'examiner les mémoires envoyés au concours de 1871 ; 

Par M. Desgranges, rapporteur. 

La Société de médecine, dès les premières publications sur 
le chloral, comprenant l'importance que ce produit pouvait 
prendre en Ihérapeuthique, jugea convenable d'y attirer l'at- 
tention et d'en faire le sujet d'un concours 

L'espoir de la Société n'a pas été déçu ; deux mémoires ont 
répondu à son appel ; preuves que les travaux scientifiques, 
momentanément suspendus chez nous, reprennent leurs 
cours, malgré les perturbations jetées dans le pays. Deux 
mémoires, c'est peu quant au nombre ; c'est beaucoup s'ils 
ont de la valeur. 

Or, sur ce point, que la Société se rassure'; les travaux 
qu'elle a reçus sont remarquables et dignes de récompenses. 

Mais je dois dire tout de suite que le mémoire No. 1, avec 
cette épigraphe : *' La science procure à l'homme les satis- 
factions les plus vraies et les plus nobles, " doit être mis hors 
de concours. Les auteurs se sont fait connaître par la pré- 
sentation de ce travail à l'Institut et sa publication dans le 
Journal d'anatomie et de physiologie du professeur Robin. (N» 
6, Novembre et Décembre 1871, page 570.) 

Le manuscrit et la publication sont une œuvre unique ; 
mêmes idées, mêmes recherches, mômes phrases : tout se re- 
trouve dans le journal, sauf quelques détails d'expériences 
retranchés probablement par la rédaction. 

Tl est donc démontré que MM. Byasson et Follet, de Paris, 
«ont les auteurs du mémoire No. 1 ; par conséquent, le débat 
dst fermé pour eux avant d'avoir été ouvert. C'est dommage, 
car ce travail se recommande |>ar une science dé bon aloi, 
et l'intérêt qu'il inspire est soutenu par l'étude comparative 
de quatre composés voisins : le chloral, le trichloracétate de 
soude, le chloroforme et le formiale de soude. 

Est-ce par inadvertance que MM. Byasson et Follet ont pu- 
blié un mémoire adressé à votre compagnie ? Dans cette hy- 



l'union HÉDICALB du CANADA. 301 

• 

pothèse, nous n'avons rien à dire. Si, au contraire, la com- 
munication à rinslitut n'a fsu pour objet qu'un plus grand 
retentissement, sans égard à la déférence légitimement due à 
la Société de médecine de Lyon, nous ne craignons point 
d'affirmer que ces messieurs ont manqué aux convenances 
académiques les plus élémentaires. 

Dans tous les cas, que l'auteur du No. 2 se console de res- 
ter seul en lice. Le mémoire No. 1 n'aurait pu lui disputer 
le prix : à l'unanimité la commission l'a déclaré d'un mérite 
bien inférieur. 

Je vais essayer, Messieurs, de vous faire connaître le mé 
moire No. 2, afin de vous mettre à môme de ratifier, avec 
connaissance de cause, les décisions de votre commission des 
pnx^ composée de MM. Arthaud, Lacour, Rollet, Perroud, 
Ferrand et Desgranges,'Tapporteur. 

I 

Le mémoire commence par une étude chimique du chloral. 
D'abord l'auteur nous rappelle que ce composé fut découvert 
par Liébig, en 1832 ; qu'il fut étudié en 1834, par Dumas, 
qui en démontra le dédoublement en chloroforme, sous l'in- 
iluence des alcalis ; mais que le mérite de l'avoir fait connaî- 
tre, en 1869, comme agent anesthésique et somnifère, appar- 
tient à Oscar Liebreich, de Berlin. 

L'étude des propriétés du chloral est faite avec méthode ; 
'la discussion des modes de fabrication est approfondie et con- 
duit à adopter le procédé de Dumas, qui donne du chloral 
pur, à l'exclusion de celui de Roussin, qui ne fournit que de 
l'alcoolate de chloral. C'est avec le plus grand soin qu'on 
nous expose les réactions du chloral, le moyen, par consé- 
quent, d'être édifié sur la pureté du produit. 

Un expérimentateur qui se met ainsi en garde contre une 
grave cause d'erreur doit donc inspirer la plus grande con- 
fiance, le soin qu'iLprend de s'éclairer nous engage à le sui- 
vre. 

Le chloral préparé par Liebreich, de Berlin, ne laisse rien 
à désirer ; seul, il est mis en usage dans le cours du travail. 



300 lVnion idbioALS du oanaba. 

DU CHLORAL. 

Rapport fait à la Société de mf^decine de Lyon, au nom d'une Commission 
chargée d'examiner les mémoires envoyés au concours de 1871 ; 

Par M. Desgranges, rapporteur. 

La Société de médecine, dès les premières publications sur 
le chloral, comprenant Timportance que ce produit pouvait 
prendre en thérapeuthique, jugea convenable d*y attirer Tat- 
tention et d*en faire le sujet d'un concours 

L'espoir de la Société n*a pas été déçu ; deux mémoires ont 
répondu à son appel ; preuves que les travaux scientifiques, 
momentanément suspendus chez nous, reprennent leurs 
cours, malgré les perturbations jetées dans le pays. Deux 
mémoires, c'est peu quant au nombre ; c'est beaucoup s'ils 
ont de la valeur. 

Or, sur ce point, que la Société se rassure'; les travaux 
qu'elle a reçus sont remarquables et dignes de récompenses. 

Mais je dois dire tout de suite que le mémoire No. 1 , avec 
cette épigraphe : *' La science procure à l'homme les satis- 
factions les plus vraies et les plus nobles, " doit ôtre mis hors 
de concours. Les auteurs se sont fait connaître par la pré- 
sentation de ce travail à Hnstitut et sa publication dans le 
Journal d'anatomie et de physiologie du professeur Robin. (N^ 
6, Novembre et Décembre 1871, page 570.) 

Le manuscrit et la publication sont une œuvre unique ; 
mêmes idées, mômes recherches, mômes phrases : tout se re- 
trouve dans le journal, sauf quelques détails d'expériences 
retranchés probablement par la rédaction. 

Tl est donc démontré que MM. Byasson et Follet, de Paris, 
«ont les auteurs du mémoire No. 1 ; par conséquent, le débat 
dst fermé pour eux avant d'avoir été ouvert. C'est dommage, 
car ce travail se recommande par une science de bon aloi, 
et l'intérêt qu'il inspire est soutenu par l'étude comparative 
de quatre composés voisins : le chloral, le trichloracétate de 
soude, le chloroforme et le formiate de soude. 

Est-ce par inadvertance que MM. Byasson et Follet ont pu- 
blié un mémoire adressé à votre compagnie ? Dans cette hy- 



l'union médicalb du canada. 301 

pothèse, nous n'avons rien à dire. Si, au contraire, la com- 
munication à rinslitutn'a eu pour oJbjet qu'un plus grand 
retentissement, sans égard à la déférence légitimement due à 
la Société de médecine de Lyon, nous ne craignons point 
d'affirmer que ces messieurs ont manqué aux convenances 
académiques les plus élémentaires. 

Dans tous les cas, que l'auteur du No. 2 se console de res- 
ter seul en lice. Le mémoire No. 1 n'aurait pu lui disputer 
le prix : à l'unanimité la commission l'a déclaré d'un mérite 
bien inférieur. 

Je vais essayer. Messieurs, de vous faire connaître le mé 
moire No. 2, afin de vous mettre à même de ratifier, avec 
connaissance de cause, les décisions de votre commission des 
pvix^ composée de MM. Arthaud, Lacour, RoUet, Perroud, 
Ferrand et Desgranges, Tapporteiir. 

I 

Le mémoire commence par une étude chimique du chloral. 
D'abord Fauteur nous rappelle que ce composé fut découvert 
par Liébig, en 1832 ; qu'il fut étudié ea 1834, par Dumas, 
qui en démontra le dédoublement en chloroforme, sous l'in- 
fluence des alcalis ; mais que le mérite de l'avoir fait connaî- 
tre, en 1869, comme agent anesthésique et somnifère, appar- 
tient à Oscar Liebreich, de Berlin. 

L'étude des propriétés du chloral est faite avec méthode ; 
■la discussion des modes de fabrication est approfondie et con- 
duit à adopter le procédé de Dumas, qui donne du chloral 
pur, à l'exclusion de celui de Roussin, qui ne fournit que de 
l'alcoolate de chloral. C'est avec le plus grand soin qu'on 
nous expose les réactions du chloral, le moyen, par consé- 
quent, d'être édifié sur la pureté du produit. 

Un expérimentateur qui se met ainsi en garde contre une 
grave cause d'erreur doit donc inspirer la plus grande con- 
fiance, le soin qu'iLprend de s'éclairer nous engage à le sui- 
vre. 

Le chloral préparé par Liebreich, de Berlin, ne laisse rien 
à désirer ; seul, il est mis çn usage dans le cours du travail. 



300 l'union UiDlOALS DU CANADA. 

DU CHLORAL. 

Rapport fait à la Société de médecine de Lyon, au nom d*une Gommisiion 
chargée d'examiner les mémoires envoyés au concours de 1871 ; 

Par M. Desgranges, rapporteur. 

La Société de médecine, dès les premières publications sur 
le chloral, comprenant importance que ce produit pouvait 
prendre en thérapeuthique, jugea convenable d*y attirer Tat- 
tention et d'en faire le sujet d'un concours 

L'espoir de la Société n'a pas été déçu ; deux mémoires ont 
répondu à son appel ; preuves que les travaux scientifiques, 
momentanément suspendus chez nous, reprennent leurs 
cours, malgré les perturbations jetées dans le pays. Deux 
mémoires, c'est peu quant au nombre ; c'est beaucoup s'ils 
ont de la valeur. 

Or, sur ce point, que la Société se rassure'; les travaux 
qu'elle a reçus sont remarquables et dignes de récompenses. 

Mais je dois dire tout de suite que le mémoire No. 1, avec 
cette épigraphe : '' La science procure à l'homme les satis- 
factions les plus vraies et les plus nobles, " doit être mis hors 
de concours. Les auteurs se sont fait connaître par la pré- 
sentation de ce travail à l'Institut et sa publication dans le 
Journal d'anatomie et de physiologie du professeur Robin. (N» 
6, Novembre et Décembre 1871, page 570.) 

Le manuscrit et la publication sont une œuvre unique ; 
mêmes idées, mêmes recherches, mômes phrases : tout se re- 
trouve dans le journal, sauf quelques détails d'expériences 
retranchés probablement par la rédaction. 

Tl est donc démontré que MM. Byasson et Follet, de Paris, 
6ont les auteurs du mémoire No. 1 ; par conséquent, le débat 
dst fermé pour eux avant d'avoir été ouvert. C'est dommage, 
car ce travail se recommande par une science de bon aloi, 
et rintérât qu'il inspire est soutenu par l'étude comparative 
de quatre composés voisins : le chloral, le trichloracétale de 
soudé, le chloroforme et le formiale de soude. 

Est-ce par inadvertance que MM. Byasson et Follet ont pu- 
blié un mémoire adressé à votre compagnie ? Dans cette hy- 



l'union médicale du CANADA. SOI 

• 

pothèse, lions n'avons rien à dire. Si, au contraire, la com- 
munication à rinslitutn'a eu pour objet qu'un plus grand 
retentissement, sans égard à la déférence légitimement due à 
la Société de médecine de Lyon, nous ne craignons point 
d'affirmer que ces messieurs ont manqué aux convenances 
académiques les plus élémentaires. 

Dans tous les cas, que l'auteur du No. 2 se console de res- 
ter seul en lice. Le mémoire No. 1 n'aurait pu lui disputer 
le prix : à l'unanimité la commission l'a déclaré d'un mérite 
bien inférieur. 

Je vais essayer, Messieurs, de vous faire connaître le mé 
moire No. 2, afin de vous mettre à même de ratifier, avec 
connaissance de cause, les décisions de votre commission des 
prix, composée de MM. Arlhaud, Lacour, RoUet, Perroud, 
Ferrand et Desgranges, Tapporteur. 

I 

Le mémoire commence par une étude chimique du chloral. 
D'abord Tauteur nous rappelle que ce composé fut découvert 
par Liôbig, en 1832 ; qu'il fut étudié en 1834, par Dumas, 
qui en démontra le dédoublement en chloroforme, sous l'in- 
fluence des alcalis ; mais que le mérite de l'avoir fait connaî- 
tre, en 1869, comme agent anesthésique et somnifère, appar- 
tient à Oscar Liebreich, de Berlin, 

L'étude des propriétés du chloral est faite avec méthode ; 
■la discussion des modes de fabrication est approfondie et con- 
duit à adopter le procédé de Dumas, qui donne du chloral 
pur, à l'exclusion de celui de Roussin, qui ne fournit que de 
l'alcoolate de chloral. C'est avec le plus grand soin qu'on 
nous expose les réactions du chloral, le moyen, par consé- 
quent, d'être édifié sur la pureté du produit. 

Un expérimentateur qui se met ainsi en garde contre une 
grave cause d^erreur doit donc inspirer la plus grande con- 
fiance, le soin qu'iLprend de s'éclairer nous engage à le sui- 
vre. 

Le chloral préparé par Liebreich, de Berlin, ne laisse rien 
à désirer ; seul, il est mis en usage dans le cours du travail. 



316 L* UNION VÉDICALX DU CANADA. 

^^ Attendu qu'il est expédient que les personnes requérant 
*^ Taide médicale puissent distinguer les praticiens qualifiés 
^' de ceux qui ne le sont pas, et que les lois et règlements 
'' pour réducation, Texamen et Fenrégistrement des prali- 
*' ciens en Médecine, Chirurgie et Accouchements, soient uui- 
'' formes et semblables dans toute la Puissance du Canada ; 
" en conséquence, Sa Majesté, &c., &c., &c. 

XXVL " Le conseil général aura le pouvoir et Taulorité 
" de nommer des examinateurs pour instituer et conduire 
^^ Texamen des étudiants en médecine sur leur éducation 
*' préliminaire en générale et de faire des règlements pour 
'* déterminer l'admission et l'enrôlement des étudiants : et 
" les examinateurs seront des personnes engagées dans Ten- 
" seignement général et en rapports officiels avec les Univer- 
" sites, Collèges ou Séminaires de la Puissance. Voici 
" quels seront les sujets pour tel examen piéliminaire 
"jusqu'à ce que le conseil juge à propos de les modi- 
" fier. Compulsoire : Langue française ou anglaise, selon 
" la nationalité de l'étudiant, y compris la grammaire et la 
" composition ; histoire, géographie, arithmétique, y compris 
'' les fractions vulgaires et décimales ; y compris l'algèbre, 
" les équations simples ; géométrie, les deux premiers livres 
" d'Euclide ; latin, traduction et grammaire ; et un des su- 
^' jets suivants au choix : le grec, le français ou l'anglais, 
'^ suivant la nationalité de l'étudiant, l'allemand, la philoso- 
" phie naturelle, y compris la mécanique, l'hydrostatique et 
" la pneumatique. 

" (2) Aucun gradué dans les Arts d'aucune Université dans 
" les possessions de Sa Majesté, ne sera requis de passer un 
" examen relatif à l'éducation générale." 

Le préambule ne dit pas expressément que l'uniformité 
des lois et règlements pour l'éducation, l'examen et l'enregis- 
trement des praticiens en Médecine, Chirurgie, &c.,&c., sera 
applicable à l'Éducation préliminaire ou classique des aspi- 
rants à l'étude de la médecine ; mais nous arrivons prompte- 
ment à la conviction de la chose en lisant la XXVIe. clause 
où nous voyons minutieusement détaillés les nombreux su- 



l'union médicale du canada. 317 

jets qui feront la matière des examens que devront subir les 
aspirants à l'étude de la Médecine. Ne devient-il pas par- 
faitement établi par l'esprit et la lettre de cette disposition de 
la loi projetée que le Conseil général aura la haute miin sur 
nos institutions classiques, puisqu'il aura le pouvoir de modi- 
. fier quand il le jugera à propos^ les sujets qui feront la matière 
de l'examen préliminaire ou classique des candidats à l'étude 
de la Médecine. 

Sous l'empire de cette conviction, allons-nous, nous, Cana- 
diens-français, ébranler ou plutôt détruire d'une main cou- 
pable, la base de notre nationalité pour nous reposer aveu- 
glément sur la bonne foi et la générosité d'une majorité hos- 
tile, mais obligée de nous respecter par nos habitudes de 
loyauté et de patriotisme ? Allons-nous mépriser les leçons de 
l'histoire qui nous trace la meilleure voie à suivre ? 

Lequel d'entre nous est prêt adonner le premier coup? 

Si nous paraissons généralement avoir peur de déplaire, il 
n'est pas hors de propos de se rappeler que cette habitude chez 
nous a accrédité en certains lieux plus d'audace que l'igno- 
rance et la légèreté. Mais qu'on ne confonde pas noire con- 
descendance avec la lâcheté ou l'indifférence ; la distance qui 
les sépare pourrait étonner. 

Un égoïste calcul et l'astuce pourront se liguer de nou- 
veau pour nous violenter dans cet amour pur et inaltérable 
que nous conservons pour tout ce que nous ont légué nos ancê- 
tres, mais nous ne consentirons jamais à laisser déchirer dans 
la boue de l'indifférence les lambeaux précieux de notre na- 
tionalité. Jamais ! ! ! 

Et personne ne songera, pas même nos ennemis, à traiter de 
manie la liberté que nous avons de penser, réfléchir et de 
choisir les moyens les plus propres à nous protéger. 

Sous les circonstances actuelles, sans être nombreux, nos 
moyens de protection nous offrent une pleine et entière sé- 
curité contre les pièges qu'on veut nous tendre. Un Tiens 
vaut infiniment mieux que deux tu Vauras ; eh bien, gar- 
dons-nous de donner entre les deux, tête baissée et le reste 
en l'air ; car ce serait un exercice gymnastique qui provo- 



318 l'union médicale du canada. 

querait une trop grande hilarité chez nos ennemis et qui 
nous exposerait à un mouvement fluxionnaire qui nous enlè- 
verait, à coup sûr, la faculté de mesurer le danger. Res- 
tons dans notre position normale et demeurons fermes, iné- 
branlables et serrés autour du Tene quoi habes que nous 
offre la constitution de notre récent régime politique. Oui, 
bienveillants confrères, hommes éclairés et patriotiques, 
vous savez tous que FActe de r Amérique Britanique du Nord^ 
1867, destiné à consolider l'cBavre de la Confédération, a su 
dans la distribution des pouvoirs législatifs, confier aux lé- 
gislatures provinciales le pouvoir exclusif de décréter des 
lois relatives à Téducation, pourvu que ces lois n'affectent 
pas les droits des minorités ; le gouvernement /édéral 
n'ayant la liberté d'intervenir que dans le cas d'appel (en 
cette matière) d'une province pour réparer un grief infligé 
par une majorité injuste. Impossible de voir ailleurs dans 
l'acte constitutionnel de la Confédération quelque chose qui 
puisse autoriser le gouvernemtjnt Fédéral à l'égislater en 
matière d'éducation, ou qni laisse entrevoir que ce dernier 
est accessible en ce sens par la voie ordinaire dos requêtes. 
Et après cela nous irions sciemment, en prêtant notre con- 
cours à un ennemi toujours jaloux de nos immunités, hâter 
notre dissolution et opérer une absorption qui a résisté peu- 
pantplus d'un siècle au travail continu du contact immé- 
diat ! ! 1 1 Allons, réfléchissons sur ce qui s'est passé, il n'y a 
pas longtemps, au Nouveau-Brunswick, et rappelons-nous 
avec un regret amer l'interprétation forcée de la loi donnée 
par le ministre de la justice à Ottawa : interprétation arra- 
chée pour flagorner le fanatisme d'une majorité toujours la- 
même envers une minorité ayant le tort de chérir ce qu'ab- 
horre la première. 

L'équité naturelle, cette vraie lumière qni éclaire tout 
homme venant dans ce monde, étant éteinte chez cette ma- 
jorité de plus en plus égoïste, ne devient-il pas obligatoire 
pour nous que nous soyons toujours prêts à déjouer la ruse, 
l'artifice et à repousser des attaques sans cesse se renouve* 
lant. 



l'union médicale DV CANADA. 319 

Ne mettez en cammiM avec un égoïste^ dit Latena, dans son 
beau livre sur Thomme, que les choses dont vous serez décidé 
à lui/aire un complet abandon. 

EXCELLENT I 

I/égoïsme^ dit le marne, est de tous les sentiments le moins su- 
jet à rinconstance^ parcequ'il a dans rhomme-mémey sa source et 
son objet, 

PENSÉE ÉTONNANTE DE VÉRITÉ. 

Et comment aurions-nous le courage de nous allier à des 
ennemis connus, inévitables, actifs et tenaces pour aller as- 
siéger un pouvoir supérieur de demandes dont il ne doit pas 
s'occuper ? Allons, ne faisons point assaut au sens commun. 

Et dans quelle singulière position nç mettrions nous pas 
nos institutions enseignantes, en poursuivant Tadoption du 
Bill en question ! Ne serait-il pas permis au Barreau de s'or- 
ganiser d'après le môme mode que celui sur lequel on veut 
nous lancer, et de se créer un Conseil Général qui aurait, 
aussi lui, la haute-main sur les institutions classiques, &c., 
&c., par la liberté qu'il. aurait de prescrire la nature de Tédu^ 
cation préliminaire des aspirants à Tétude du droit ? Et ain- 
si de suite pour tout autre corps de la société canadienne, au- 
quel il prendrait fantaisie de s'organiser. 

ADMIRABLE ! 

Pleins de crainte pour l'avenir, mais toujours fidèles à no- 
tre passé, montrons-nous dignes de nos ancêtres, en conser- 
vant pur et intact le dépôt sacré qu'ils nous ont confié. 

Dr. Léonard Age. Portier. 
St. Clet, Mai, le 25, 1872. 



Du courant galvanique gomme moyen de résorption, par le 
docteur Ludwig Seeger. Lyon Médical — On sait que le courant 
galvanique a une action évidente sur la circulation capillaire 
de la peau ; une minute après Tapplication du pôle zinc, on voit 
par exemple la cyanose cutanée faire place à une hyperhémie 
plus ou moins intense ; il est probable que cet effet de l'élec- 
tricité sur la circulation doit se faire sentir sur les tissus pro- 



320 l'union médicale de canada. 

fonds et peut influencer la nutrition ftes parties voisines de 
manière à provoquer la résorption des tissus, si l'action élec- 
trique est souvent répétée. Guidé par ces considérations, 
Tauteur a pu faire résoudre assez rapidement par le courant 
électrique certaines néoformations qui avaient résisté à d'au- 
tres moyens. Il applique habituellement le pôle zinc sur la 
partie au moyen d'une brosse métallique, qu'il fait alterner 
avec un électrode ordinaire ; l'autre pôle est appliqué sur le 
plexus ou sur le point du système nerveux qui anime la par- 
t;ie malade. Chaque application ne dure que ' quelques mi- 
nutes. Voici deux faits qui montrent les heureux résultats 
de cette méthode : 

1o Jeune femme de 22 ans, atteinte de périmotrite avec 
albuminurie ayant débuté par une vive douleur à gauche de 
l'hypogastre bientôt suivie d'une tuméfaction douloureuse 
de la grosseur d'un œuf vers l'anneau abdominal gauche ; 
urines très albumineuses. Les applications froides, les cata- 
plasmes, la quinine, le fer, l'iodure de potassium ne dimi- 
nuèrent pasMa grosseur de la tumeur ; au moment ou l'on 
eut recours à l'électricité, elle s'étendait le long du ligament de 
Fallope, à partir du mont Vénus, obliquement en haut et en 
dehors, et en dedans sous le carré des lombes ; la cuisse était 
fléchie sur le bassin à 45® ; la malade ne pouvait se mouvoir ; 
peau transparente et rouge en quelques points avec une légè- 
re élévation de température. 

Le courant galvanique fut appliqué tous les deux jours, le 
pôle positif sur la colonne spinale et sur le sympathique, le 
négatif sur la tumeur ; infusion de quina en môme temps. 

Au bout de la troisième application, soulagement de la 
douleur, la malade peut se tourner seule sur le côté gauche. 
Quinzième application : la tumeur a Irès-notablement dimi- 
nué ; la malade peut se lever sur son séant. Trentième ap- 
plication : pas d'albumine dans l'urine ; la malade meut son 
membre très-librement ; elle peut faire quelques pas à l'aide 
de béquilles. Quarantième application : on ne sent plus au- 
cune tumeur ; une forte pression réveille seulement un peu 



l'union MéOIGALE DU CANADA. 321 

de douleur ; la malade marche sans support. Cinquanle* 
deuxième application : guérison complète. , 

2o. Jeune homme de 17 ans : lièvre scarlatine grave suivie 
de pneumonie ; vive douleur en urinant, en même temps 
gonflement douloureux ei élastique le long de Turèthre et au 
p6riné&.f Dix jours ensuite douleur et tension au dedans de 
la cuisse droite, grande^ sensibilité du scrotum et engorge- 
ment inflammatoire des glandes inguinales superficielles et 
profondes. La douleur et le gonflement de Turèlhre et du 
périnée disparaissent, mais Tengorgement inguinal augmen- 
te ; amaigrissement, perte des forces, poulx à 140. Traite- 
ment : applications froides, fer, iodure de potassium, glycé- 
rine. Ces moyens oiit peu d'effet mv la tumeur. 

Au moment où Ton a recours à Télectricité, la tumeur est 
dure, douloureuse, non mobile, elle occupe la face interne 
de la cuisse droite jusqu'à la partie moyenne de la face anté- 
rieure ; la peau est saine, la température est un peu élevée ; 
le membre a 9 centimètres de circonférence de plus que ce- 
lui du côte opposé ; les mouvements actifs sont impossibles 
et les mouvements communiqués entraînent le bassin avec 
la cuisse. 

Le pôle positif est appliqué sur la colonne vertébrale et le 
aégatif avec Télectrode en brosse métallique est appliqué ? ir 
la tumeur. Dixième application : la circonférence de la 
cuisse a diminué de 3 centimètres, la longueur de la tumeur 
a diminué ellemôme de 5 centimètres. Le malade se sent 
mieux, ses mouvements sont moins difllciles. Vingtième ap- 
plication : diminution très grande de la tumeur, le malade 
peut faire quelque^ pas avec des béquilles. Vingt neuvième 
application : la tumeur n'est plus visible, le malade marche 
sans soutien, il se sent très-bien. Le traitement par l'électri- 
eité a duré sept semaines. (The Médical Worldj octobre 1871.) 



Traitement du bubon. — Dans une lecture publiée dans le 

Wiener, Med. Wochenschrift^ mars, 9, le Professeur Zeissl, de 

Vienne, énumère les grands avantages qu'il a obtenus de ce 

3 



322 l'union médicale bu canada. 

qu'il appelle le traitement aborlif et méthodique du bubon et 
des autres gonflement aigus et sous aigus des glandes de Taï- 
ne et de la cuisse. Chacun de ceux, observe-t-il, qui ont eu 
beaucoup à faire avec cette maladie connaissent les diflBcul- 
tés et quelquefois môme les dangers auxquels elle peut don- 
ner naissance et ne peut que désirer un moyen qui pourrait 
prévenir la suppuration et ses ennuyeuses conséquences. En- 
gagé dans la division Hebra de l'hôpital pendant plus de vinj't 
ans, le Dr. 2eissl rechercha toujours ce moyen et tira des 
avantages remarquables de l'application de l'acétate de plomb, 
comme recommandée parBehrend et Cooper. En 1869, il fut 
mis à la tête des Salles Syphillitiques dont quelques-unes 
avaient la réputation d'être tenues dans des conditions très 
saines. 

Il ne fut pas longtemps à s'appercevoir que ces conditions 
hygiéniques agissaient d'une manière très funeste sur les 
bubons ouverts qui devenaient affreusement gangreneux. 
La proximité de ces salles de celle des morts semble être une 
cause de leur insalubrité ; et aûn d'éviter le contact des sur- 
faces blessées avec l'atmosphère infectée, on tenta l'expérien- 
ce d'ouvrir les bubons sous l'eau et ensuite de. les fermer 
avec un bandage hermétique. Dans quelques cas l'union 
primaire eut lieu, mais dans plusieurs autres la cavité se 
remplit et la peau couvrant l'abcès devint si mince, en dépit 
de toutes les mesures préventives, qu'à la fin il fallut y faire 
encore une ouverture considérable, soit par des instruments 
tranchants ou par des caustiques. Ni l'attention portée à la 
propreté et à la ventilation, etc., ni l'application de l'acide 
carbolique suivant le plan de Lister ou d'autres ne réussi- 
rent à amener la cicatrisation prompte de lels ulcères. 

L'auteur n'entreprenait plus aucune opération sur ces 
glandes enflammées sans crainte et tremblement, tellement 
qu'à la un il prit la résolution de traiter ces bubons avec le 
plomb qu'il avait trouvé si utile dans la pratique privée, et 
de ne les ouvrir qu'exceptionnellement Ce traitement a 
maintenant été poursuivi pendant deux ans de la manière 
' suivante : Lorsque, au premier examen du patient, on peut 



l'union médicale bu CANADA. 323 

espérer de conserver la peau intacte, oa la nettoie soigneu- 
sement et on la rase. On met alors le patient au lit et on 
applique sur la tumeur une compresse imbibée d'une solu- 
tion d'acétate basique de plomb, en la renouvelant aussitôt 
qu'elle devient sèche. Au bout de trois ou quatre jours la 
peau couvrant la glande malade devient plus épaisse et plus 
ferme. 

La fluctuation qui était d'abord perceptible a un examen 
attentif ou a disparu entièrement ou est devenu moins per- 
ceptible ; et, en pressant la tumeur avec les doigts elle don- 
ne déjà une sensation pâteuse. Si la fluctuation au com- 
mencement du traitement est très marquée, ou le devient, on 
doit faire une ponction perpendiculaire, avec un bistou 
pointu, dans la plus mince partie de la peau, ayant soin que 
la ponction ne devienne pas une incision et soit seulement 
assez large pour assurer la décharge graduelle et contenue 
du pus, ce qWon obtiendra à l'aide de la pression modéré- 
ment ferme d'une compresse trempée dans le plomb et sur 
lequel on applique un louleau. Le bandage aussi amène 
la peau excavée en contact avec les parties sous jaceutes 
et favorise leur union. Le remplacement des contenus 
purulents, qui s'écoulent quelques jours après l'application 
du bandage, par un fluide plus séro lymphatique est tou- 
jours une circonstance favorable. 

On doit avoir soin de prévenir l'entrée du linge du panse- 
ment dans l'ouverture, car une irritation répétée de cette 
espèce peut aisément convertir une simple ponction en ulcère. 
Si le gonflement consiste en un bubon multiple et qu'une ri»p- 
ture spontanée ait déjà eu lieu en un ou plusieurs points, 
l'emplâtre d'Iode suivant peut être avantageusement substi- 
tutué aux compresses de plomb. Plump. lod. 1 drachme, 
Extr. Belladon. 2 scrupules^ Empl. diach c. 1 once. Ung. 
ilemi q. s. ut f. empl molle. 

Tant que seulement un fluide semblable à la lymple se 
déchargera par les ponctions ou les ouvertures spontanées, 
et qu'aucun symptôme d'inflammation renouvelée ne se pré- 



324 l'union médicale du oanada. 

sentera, et plus encore si l'érysipèle prévaut, on doit s'abs- 
tenir d'entamer la peau. Mais si une ou plusieurs sources 
de pus existent profondément sous les fascia superficiels, la 
cavité de Tabcès doit être ouverte, employant la pâte de 
Vienne ou le couteau avec les précautions ordinaires. 

Dans plusieurs cas, une simple incision de la peau suffira ; 
et l'auteur en a rencontré d'autres dans lesquels l'excava- 
tion de la peau occupait plusieurs pouces d'étendue, don- 
nant à croire qu'elle devait périr ; et cependant l'application 
du plomb l'a conservée et a conduità sa solidification. 

Ainsi, dans plus de cent cas de bubons indolents et aigus, 
soit provenant de l'infection ou d'un simple catarrhe, l'au- 
teur est parvenu à prévenir la suppuration et à obtenir, 
très-souvent sans aucune ponction» l'absorption de leur con- 
tenu dans le cours de six à dix semaines. Les tumeurs 
glandulaires gangreneuses sont maintenant très-rares à l'hô- 
pital, à moins qu'elles n'aient été admises Aans cet état. 
Les aides ont maintenant beaucoup moins de temps à passer 
auprès de ces cas. Lej professeur Zeissl est donc très-dési- 
reux de faire mieux connaître son mode de traitement, non 
qu'il croie avoir fait aucune découverte, puisque les mêmes 
moyens ont été employés par Wallace, Cooper et autres. 
Une particularité qu'il réclame est celle de ne pas borner ce 
traitement au simple bubon indolent mais de l'employer 
aussi dans le bubon vénérien aigu et sousaigu. (Lond. Med, /.- 



GuARANA POUR LE MAL DE TÊTE. — Le Dr. Wilks, de Guy's Ho- 
pitalj attire l'attention des médecins sur le guarana comme 
remède pour le mal de tête ; et prie ceux qui s'en sont servi, 
de faire connaître les effets qu'ils ont obtenus. Lui-même 
ne connaît ce remède que depuis deux ans ; après la publi* 
cation de ses lectures sur le mal de tête, M. Helmcken, de la 
Colombie Anglaise, lui envoya deux poudres, qu'il assurait 
pouvoir guérir cette maladie. Le Dr. H. l'employa, et le re- 
commanda à plusieurs de ses amis et de ses parents. Dans 
presque tous les casHe remède a paru produire les meilleurs 



l'union médioale du canada. M5 

effets. Le Dr. Wood, de Montréal, qui remploya pour lui-mt)- 
me le recommande aussi fortement. Cette substance est 
connu depuis longtemps, mais ne parait pas avoir été géné- 
ralement employée. Elle provient des graines du PauUinia 
sorbilis, arJ)re qui croit au Brésil. Ces graines sont mises en 
poudre et contiennent un alcololoïde que Ton dit ôtre iden- 
tique à celui que Ton trou/e dans le thé et le café. 

La digitale comme anti- aphrodisiaque. — D'après Mr. Gour- 
vat, la digitale ou la digitaline administrée pendant quelque 
temps affaiblit les pouvoirs sexuels, diminue graduellement 
la sécrétion de la liqueur séminale et la fait môme disparaître 
complètement. Chez les femmes, la digitale produit de fortes 
contractions utérines, et arrête la metrorrhagie : c'est pourquoi 
ce remède est employé pour causer Tavortement. Il est pro- 
bable que chez la femme il agit aussi comme anti-aphrodi- 
siaque, en empêchant le dévoleppement des vésicules de 
Graaf.— (^05f. tied. /.) 

VAPEURS ANESTHÉsiQUEs. — Ou voîL daos le Med, and Surg^ 
licp. que le comité de l'Association Médicale Américaine sur 
les substances aneslhésiques, recommande comme étant très- 
supérieur i Téther, ou au chloroforme, le mélange suivant : 
Une partie d'alcool, deux parties de chloroforme, et trois 
parties d'éther. Ce mélange a été employé, dit-on, avec les 
plus heureux résultats. . Ses avantages sont, la rapidité de son 
action, la petite quantité requise pour produire l'anesthésie, 
peu ou point d'action stimulante; point de mauvais effets 
après son emploi ; l'absence de danger (jusqu'à présent on a 
eu aucun cas de mort) de plus l'odeur piquante et désagréable 
de l'éther et du chloroforme se trouve considérablement 
diminuée. 



Canule a trachéotomie détachée de son pavillon et tom- 
bée DANS LA tranchés ; EXTRACTION PAR AGRANDISSEMENT DE 

LA. PREMIERE OUVERTURE, par M. HoLTHOUSE. (Thc LatlCft^ 21 
janvier 1872.) — The Lancet se félicite de pouvoir rapprocher 
ce fait du précédent et profite de l'occasion pour recomman- 



326 l'union médicale du oanada 

der aux fabricaatsd'iastruments de profiter de la leçon et de 
faire à Tavenir de la canule et de son pavillon un tout « un 
et indivisible. » 

Homme de 45 ans, laryngotomisé par M. Morell Makenzie 
en 1868, le 14 février, et portant sa canule depuis lors ; le 
16 novembre 1871, comme il prenait son thé, il fut pris d'un 
violant accès de toux ; la canule s'était brisée à sa jonction 
avec le pavillon et était tombée dans la trachée. Il vint im- 
médiatement à Westminster Hospital. 

 l'entrée, dyspnée extrême, disparaissant dans le décu- 
bitus dorsal ; à l'auscultation, murmure respiratoire à peine 
appréciable à gauche, exagéré à droite, sonorité des deux 
côtés. M. Holthouse agrandit l'incision faite à la membrane 
crico-thyroïdienne en divisant avec des ciseaux le cartilage 
cricoïde et les trois premiers anneaux de la trachée ; ce temps 
fut difficile, à cause de l'ossification de ces cartilages. Un 
stylet, introduit dans l'ouverture, rencontra la canule à l'o- 
rigine de la bronche gauche. On essaya alors de saisir avec 
de longues'pinces la canule, mais on n'y réussit pas et on ne 
fit que provoquer un violent accès de toux. On coucha alors 
le malade sur le ventre, la partie inférieure du tronc élevée, 
et l'on donna de fortes claques sur le dos ; on déplaça ainsi 
la canule, qui fut amenée à l'ouverture trachéale, où on put 
la saisir et l'extraire avec des pinces à polype. Quinze jours 
après le malade quittait l'hôpital avec une nouvelle canule. 



Cas de guérison complète après ablation du corps d'une 
VERTÈBRE CERVICALE, par W. Oglb (Ths Lanctt^ 20 janvier 
1872.) — Il s'agit d'irn homme qui, souffrant de la gorge de- 
puis plusieurs mois, se présenta à la consultation de St. Georges 
flospital ; on trouva en l'examinant une portion osseuse à nu 
au font du pharynx : mais il en souffrait si peu qu'on *ne 
put le décider à entrer à l'hôpital. Néanmoins, son atten. 
tion une foiâ attirée de ce côté, il prit l'habitude de remuer 
ce séquestre avec les doigts ; il finit par l'ébranler ; puis par 
l'enlever lui-même- Après macération, on reconnut que la 



l'union médioalb du oanada. 327 

pièce osseuse éliminée était formée par le corps d'une ver- 
tèbre cervicale et une petite portion du corps d'une seconde- 
Après être venu plusieurs mois à la consultation, le mala- 
de se décida à entrer à l'hôpital ; on le plaça s«r le .dos, la 
tête maintenue fixée, et on lui fit conserver cette position 
pendant six mois. Dans cet intervalle, il expectora à plu- 
sieurs reprises des parcelles osseuses et des portions de flbro- 
cartilage. On obtint une cicatrisation complète, et aujour- 
d'hui, au bout de deux ans, cet homme supporte les plus ru- 
des travaux de la vie de ferme. Il n'y a pas la moindre dé- 
formation du cou et il n'y a aucun autre symptôme anormal 
qu'un peu de raideur dans la rotation de la tôte. 



Corps étranger éliminé a travers la paroi abdominale. — 
M. luno a présenté à la Société médicale de Manchester, 
dans la séance du 6 décembre 1871, un couteau à dessert 
long de six pouces qui avait été avalé par une dame pendant 
un accès d'alcoolisme, et qui s'est éliminé neuf semaines 
après par un abcès de la paroi abdominale. Il sortit au ni- 
veau de l'ombilic, à un pouce à sa' droite ; la pointe du cou- 
teau était dirigée en avant, en bas et à droite. La lame était 
recouverte d'une incrustation noirâtre, et il y avait un peu 
de matière glutineuse à l'endroit où avait dû être le manche. 
La cicatrisation fut rapide. — Brit, Med. Journal^ 3 fév.1872. 



Moyen de combattre la contraction musculaire dans les 
tentatives de réduction des fractures et des luxations. — 

Tout le monde connaît la résistance que la contracture 
musculaire apporte à la réduction des luxalions et des frac- 
tures avec déplacement des fragments. Pour éviter les diffi- 
cultés qui proviennent de ce fait, on a conseillé d'opérer la 
réduction le plus tôt possible, pour profiter de l'état de 
stupeur où se trouve l'économie aux premiers moments après 
l'accident. C'est pour venir à bout de cette contracture 
qu'on a recours à l'anesthésie. M. Broca a imaginé un 
moyen qui n'a pas les inconvénients de l'éthérisation, c'est 
la compression de l'artère principale du membre lésé. En 



328 l'union médicale du canada 

bien des circonstances Tarrét de la circulation dans Thunié- 
rale ou dans la fémorale empêche de se contracter les muscles, 
qui se trouvent ainsi privés de Tafflux du sang artériel néces- 
saire à Texertice de leur fonction ; et, grâce à cette pratique, 
M. Broca a x u maintes fois éviter d'en venir à Tanesthésie. 

Étude chimique et physiologique sur le tabac a fumer, par 
les docteurs Vohl et Eulenberg. — ^Aquel principe doit-on at- 
tribuer rinfluence fâcheuse du tabac sur la santé ? Est-ce à 
la nicotine, comme le veut une opinion généralement ré- 
pandue. Telles sont les questions que le travail de MM. 
Vohl et Eulenberg est appelé à résoudre. Ces physiologistes 
ont, dans une première partie, déterminé la composition 
chimique du tabac à fumer et du tabac à chiquer et à priser ; 
dans une seconde partie, ils ont recherché quels sont les pro- 
duits de la combustion du tabac à fumer, et dans la troisième 
partie, ils ont décrit les effets physiologiques produits sur les 
animaux par les bases qu'ils ont trouvés dans la fumée du 
tabac. Voici le résulat de ces recherches. 

Le tabac. à fumer contient toujours de la nicotine, quelque- 
fois jusqu'à quatre pour cent et plus ; les tabacs à chiquer et 
à priser ne contiennent que des quantités extrêmement &iibles 
de cet alcaloïde, de sorce qu'il est tiès-douteux que ces deux 
dernières espèces de tabac puissent empoisonner par la nico- 
tine. On ne connaît, du reste, aucun exemple d'empoisonne- 
ment par cet agent. 

Parmi les produits fournis par la combustion de cigares et 
d'uœbon tabac à fumer, les auteurs ont trouvé de l'oxygène, 
de l'azote, du ga; des marais, de l'acide carbornique, de 
l'hydrogène sulfuré, de l'acide cyanhydrique et parfois de 
l'acide sulfocyanique, dû à l'action de l'hydrogène sulfuré 
sur l'acide cyanhydrique. — Au nombre des corps non gazeux, 
ils trouvèrent de l'acide formique, de l'acide acétique, méta- 
cétique, butyrique, valérique et phénique, de la créosote, 
peut-être aussi de l'acide caprylique et de l'acide succinique, 
ce dernier provenant de la fermentation de l'acide malique, 
bien connu pour exister dans la plante verte du tabaa Ils 



l'union médicale du CANADA. 329 

■ 

trouvèrent aussi un produit hydrocarboné solide ayant pour 
formule C 19 H 18 et un produit hydrocarbonné liquide de 
la série des benzols. Lé principal intérêt des travaux de 
MM. Vohl et Eulenberg réside dans les substances basiques 
qu'ils obtinrent par la distillation du tabac à fumer. Ils ne 
trouvèrent aucune trace de nicotiru ; ainsi furent confirmées 
les expériences de Zeise et infirmée Topinion presque clas- 
sique qui attribue à la nicotine les effets physiologiques de 
la fumée de tabac. 

En dehors de l'ammoniaque, les principes basiques en 
question appartiennent tous aux séries du picolin ou du py- 
ridin, substances qui se forment pendant la distillation du 
bois et de divers végétaux. Ces bases forment des séries 
homologues bien définies dont voici quelques termes : pyri- 
din C 5 H 5 Az ; picolin C 6 H 7 Az ; lutidin C 7 H 9 Az ; 
collidin G 8 H 11 Az. Ces substances ont été rencontrées en 
quantité assez considérable dans les produits de la distilla-' 
tion du tabac ; en moindre quantité lesauteui^ ont trouvé les 
composée suivants : parvolin G 9 H 13 Az ; coridin G 10 H 15 
Az ; rubidin C 11 H 17 Az ; viridin G 12 H 19 Az. La mé- 
thylamine ne figure pas au nombre des substances trouvées 
par MM. Vohl et Eulenberg ; ils n'ont trouvé l'éthylamine 
qu'en très-petite proportion. 

Ijes recherches physiologiques que les auteurs ont entre- 
prises avec les différentes bases de la série du pyridin ont 
démontré que parmi ces bases celles dont le point d'ébuUi- 
tion est au dessous de 160o <5. tuent les pigeons en provo- 
quant chez eux des spasmes tétaniques et des convulsions, et 
que celles dont le point d'ébuUition est entre 160o et 250» c. 
produisent sur les pigeons et les cochons d'Inde de l'irrégu- 
larité des battements du cœur, des spasmes toniques et clo- 
niques, des convulsions et la mort. Des* résultats tout à fait 
semblables ont été obtenus au moyens des mômes corps alors 
même qu'ils provenaient d'une autre sourceque de la distil- 
latioii du tabac. Ainsi, les effets de la fumée du tabac doi- 
vent être attribués, non à la nicotine, mais au pyridin et aux 
différentes bases de cette série. 



330 l'union médioalb du oanaba 

• 

De môme, ce n'est pas à la daturiae qu'il faut attribuer les 
effets de la fumée du datura stramonium ; les autelirs aussi 
sont portés à attribuer les pernicieux effets de la fumée de 
l'opium, non à la morphine, mais au pyridin et au pîcolin, 
que l'analyse démontre dans les produits de la distillation de 
l'opium ainsi qu'aux différentes bases de ces séries. — (Médical 
Times and Gazette^ septembre 1871.) 



Influence du défaut du chlorure de sodium de l'atmos- 
phère SUR le développement et la propagation du choléra, 
par le docteur S. Waterman, de New-York.-^L'auteur pense 
qu'une certaine quantité de chlorure de sodium dans l'atmos- 
phère est nécessaire à la vie, que les propriétés antiseptiques 
de ce sel sont bien faites pour prévenir la contamination des 
différents milieux (eau, terre ou air,) et qu'un défaut dans 
les proportions de cette substance normalement répandue 
dans l'atmosphère doit favoriser le développement et la pro* 
pagation des maladies infectieuses, telles que le choléra, le 
typhus et autres affections contagieuses. 

Le docteur Pett^rs conteste ces assertions ; il fait remarquer 
que le choléra traverse la mer en dépit de leur atmosphère 
fortement chlorurée ; il fait observer aussi que l'épidémie ne 
respecte pas non plus certains points de la Russie, les bords 
de la Mer Noire, par exemple, où abondent des limons salés 
et où le sel de cusiiie est entassé en amas de plusieurs mil- 
liers de quintaux. 

Le docteur Waterman répond à ces objections dans le tra- 
vail que nous analysons ; il maintient sa thèse première et il 
fait remarquer à l'appui de son dire que, pour agir avec effi- 
cacité, le chlorure de sodium doit être non pas réuni en 
grandes masses, comme dans les limons salés dont on a par« 
lé, mais réduit en fines particules et répandu en fines pous- 
sières dans l'atmosphère. En cet état, il suffit à empêcher 
l'éclosion du choléra, car si l'on a vu le choléra traverser 
les mers ou les pays russes en compagnie de charretiers char- 
gés de transporter les sels, jamais on ne l'a vue naître sur 
mer ou prendre naissance dans les pays à marais salées. 



l'union HimCALS DU CANADA. 331 

Enfin, il faut savoir que les heureux efTets des atmosphères 
salés peuvent être contre-balancés et même détruits par diver- 
ses causes d'insalubrité ; c'est ainsi que la malpropreté, l'en- 
combrement et la saleté de certains ports de mer expliquent 
Tinvasion de la maladie, malgré les conditions favorables 
que leur crée le voisinage de la mer et son chlorure de so- 
dium ; c'est ainsi encore qu'il n'est pas rare de voir le cholé- 
ra éclater dans certaines localités après les périodes plu- 
vieuses, c'est-à-dire lorsque l'atmosphère a été fortement la- 
vée par les pluies et débarrassée du sel de cuisine qu'elle 
renfermait et qui, jusqu'alors, avait été un prései^vatif suffi- 
sant. 

L'analyse spectrale, en permettant de reconnaître la ri- 
chesse d'une atmosphère en chlorure de sodium, est donc ap- 
pelée à rendre de grands services à l'hygiéniste ; elle le ren- 
seignera sur le degré plus ou moins élevé des propriétés 
anti-fectieuses de cette aimosçhère. (The Médical Record^ 15 

janvier 1872.) 



DE l'intervention CHIRURGICALE DANS LA GROSSESSE EXTRA. 

UTÉRINE. — ^Une discussion intéressante a eu lieu sur ce sujet 
à la Société obstétricale de Londres, séance du 6 décembre, 
à l'occasion du fait suivant, rapporté par M. Alfred Meadows. 
II s'agit d'une femme de 21 ans, entrée dans son service à 
l'hôpital des femmes, pour une grossesse Jextra-utérine qui 
avait été précédemment diagnostiquée : l'abdomen était au 
nioins aussi volumineux qu'au terme d'une grossesse ordinai- 
re, bien que celle-ci ne fût encore qu'à six mois et demi ; on 
attendait les bruits du cœur fœtal. Une semaine après son 
entrée, la femme présenta tous les symptômes de collapsus 
qui accompagnent une hémorrhagie interne, et mourut. Le 
fœtus fut trouvé libre dans la cavité abdominale ; il était 
simplement uni par le cordon ombilical à une masse placen- 
taire insérée sur l'oriflce frangé de la trompe. Au sujet de 
ce fait, M. Meadows propose d'avoir plus souvent recours à 
la gastrotomie dans des cas de ce genre, moins dans le but 
de sauver l'enfant ou de secourir la femme quand le collap- 
sus est produit, que dans le but de prévenir le collapsus, et. 



332 l'union médigalb du. canada. 

en somme, de faire Tablatioii de la tumeur aussitôt qu'on aura 

pu arriver à porter le diagnostic ezacL II pense que, dans 

des cas analogues à celui qu'il yient de relater, et dans cer- 

tiins autres peut-être, il ne serait pas nécessaire d'enlever la 

masse placentaire, celle-ci pouvant être résorbée consécutive- 
ment. 

Dans lu discussion qui suit, M. Protheroe Smith se dit par- 
tisan de la gastrotomie dans des cas de ce genre, mais insiste 
sur la difficulté du diagnostic ; voyant que presque toujours 
la grossesse extra-utérine est suivie de mort il pense que, 
même dans la grossesse tubaire à ses débuts, toute interven- 
tion opératoire qui donnerait quelque chance de sauver la 
vie de la mère devrait être regardé comme un devoir. M. 
Graily Hewett croit que la gastrotomie doit être faite quand 
rhémorrhagie par rupture menace d'amener la mort ; mais 
il rappelle la grande difficulté du diagnostic, et fait observer 
qu'un certain nombre de grossesses supposées tubaires sont, 
comme l'a démontré Kussmaul, des grosseses développées 
dans un utérus bicorne, et que ces cas abandonnées à eux- 
mêmes ont souvent une terminaison favorable. 

M. Spencer Wells établit, au point de voi des indications, 
une difTérence entre les cas où une femme est menacée do 
mort par une hémorrhagiedans le péritoine et ceux où la vie 
n'est pas en danger immédiat, bien que l'existence d'une gros- 
sesse extra-utérine ne soit pas douteuse : dans le premier cas, 
le devoir du chirurgien est de tout essayer pour sauver sa 
malade ; dans le second, il faut tenir compte de ce fait que la 
terminaison spontanée de la grossesse extra-utérine n'est pas 
très-rare ; le produit de la conception peut séjourner pendant 
plusieurs années dans l'économie sans nocuité, ou bien être 
éliminé par le rectum, le vagin ou la paroi abdominale. M. 
Greeuhalg partage l'opinion de M. Meadows sur l'utilité de 
la gastrotomie, et pense qu'elle {procurera souvent plus de 
chances favorables à la malade, que si, en laissant se déve- 
lopper le fœtus et ses enveloppes, on l'expose à la rupture du 
kyste et à une hémorrhagie interne, qui peut-être fatale. M. 
Braxton Hicks fait observer de son côté que le plus souvent 



LUNIOJ^ HÉBIGALB DU CANADA 333 

on ne diagnostique la grossesse extra-utérine qu'après l'appa- 
rition de symptômes graves, et que, si Ton veut relire les faits 
publiés, on verra quelles diiTicultôs on a rencontrées en ten- 
tant Tablation du fœtus par la gastrotomie : adhérences de ton- 
tes parts, développement considérable du système vasculaire 
et hémorrhagies jg^raves et difficiles à arrêter qui en décou- 
lent. (Med. Times and GazitlCy & juavieTlSli). 

Emploi des bains tiedes dans la petite vérole — par le pro- 
fesseur Stokes, de Dublin. — L'auteur conseille l'emploi pro- 
longé du bain tiède dans ces cas de varioles confluentes qui 
s'accompagnent de larges décollements épidermiques avec 
odeur fétide et état général grave ; c'est, suivant lui, un 
moyen souvent héroïque auquel beaucoup de malades ont 
dû la vie. Voici un cas qu'il cite à l'appui : 

Il s'agit d'un homme atteient d'une variole extrêmement 
confluente presque sur toute l'étendue du corps ; la surface 
cutanée n'était plus qu'une plaie comme une large brûlure 
ulcérée ; en quelques points la peau avait un aspect noi- 
râtre dû à des suffusions sanguines : la variole était hémor. 
rhagique et l'odeur était extrêmement fétide et repous8ant.e ; 
le pouls était rapide, faible et intermittent, et depuis plusieurs 
jours le malade était condamné. C'est dans de pareilles con- 
ditions que le bain tiède fut essayé. Le sujet y fut maintenu 
dans la position couchée, au moyen d'oreillers. L'effet pro- 
duit fut instantané et merveilleux. Le délire cessa d'une 
manière magique et le malade exprima avec transport le 
bien-être qu'il éprouvait en demandant pourquoi on n'avait 
pas employé plus tôt ce moyen. La fétidité disparut complè- 
tement, si bien qu'en entrant dans la f aile on ne se serait 
pas douté qu'il y avait là un varioleux. 

On laissa le patient sept heures au bain, temps pendant 
lequel on lui administra du brandy jusqu'à commencement 
de quelques symptômes cérébraux. Au sortir du bain, la 
peau était propre et les ulcérations d'un bon aspect. Les 
choses fureut répétées le lendemain, et alors, pour la pre- 
mière fois, le malade put dormir tranquillement. A partir 



334 l'union méoigale du q^nada. 

de ce moment la guérison s'établit progressivement, enrayée 
seulement par des abcès et de grandes douleurs dans les pieds. 

M. Stokes dit que, pour tout médecin un peu versé dans 
le pronostic de la variole, ce malade était mort sans le bain 
tiède ; il recommande donc fortement ce moyen ; il est inof- 
fensif et les services qu'il rend sont indubitables. Hébra, à 
l'hôoital de Vienne, a prolongé chez certains sujets le bain 
liède pendant une centaine d'heures d'une manière continue 
et avec les meilleurs résultats. 

Le Dr Stevçns, de Plymouth, conseille aussi le bain tiède, 
mais il le rend désinfectant en y ajoutant du chloralum 
(chlorure d'aluminium) ; il y laisse les varioleux un quart 
d'heure pendant trois jour» de suite, et il emploie ce moyen 
après la guérison au moment où les malades vont quitter 
riiôpital, dans le but d'empêcher qu'ils ne transportent la 
maladie avec eux et ne la répandent au dehors. . 

Le médecin de l'hôpital de Plymouth emploie beaucoup 
aussi les désinfectants comme moyen curatif ; il donne à 
l'intérieur le sulfate.de sonde toutes les quatre heures, çt à 
l'extérieur il fait des lotions au chloralum, puis à Thuile d'o- 
live phéniquée ; ce» onctions, outre leur action désinfectante, 
ont aussi un heureux effet contre les démangeaisons et une 
action adoucissante sur les parties enflammées de la peau. — 
{British méd. Journal^ févr. 1872.) 

Académie des sciences. — ^M. Feltz établit par de nouvelles 
expériences que par l'intermédiaire du tissu médullaire des 
os on peut introduire à volonté toute espèce de substance 
liquide ou en suspension moléculaire dans le système vei- 
neux. 

Les substances septiques et les alcaloïdes toxiques, injectés 

dans le tissu spongieux des os sur le vivant, sont absorbés et 
agissent aussi vite que si on les introduisait directement dans 
les veines. 

Le pus, le lait et les poussières fines, de quelque nature 
qu'elles soient, organiques ou autres, passsent dans le sang 
et les organes splanchniques aussi facilement que si on les 
injectait directement dans le système veineux. 



L'UNION MÉDIOALS BU CANADA. 1^35 

L'examen anatomique et Tétude histologique des pièces dé- 
montrent, suivant M. Feltz, que les lacunes osseuses du tissu 
spongieux des extrémités articulaires des os longs et de la 
substance intertabulaires des os plats sont en connexion 
directe avec le système veineux, et que le tissu spongieux 
pourrait être considéré comme un tissu de sinus cavernei^x 
à parois solides. 



Notes sur une épidémie de variole ; par M. Blanchard, in- 
terne DES HOPITAUX. — Daus les premiers jours du mois de 
janvier dernier, j'arrivai à Boudry, dans le canton de Neu- 
châtel (Suisse). La ville est peuplée de 1,500 habitants envi- 
ron, dont la plupart sont cultivateurs ou propriétaii^es de vi- 
gnobles ; les habitations sont peu élevées et ne contiennent 
en général qu'une famille. — ^Au printemps de 1871, comme 
dans toute cette partie de la Suisse, la variole fut apportée i 
Boudry par l'armée de l'Est, et y fit de nombreuses victimes ; 
dans cette épidémie, les complications graves avaient été 
très-fréquentes, sans que le nombre total des cas eût été con- 
sidérable (15 à 18). 

Depuis plusieurs mois, aucun cas ne s'était déclaré ; mais 
dans les vallées du Jura, et surtout dans le val de Travers, 
la variole continuait à sévir, sans cependant prendre une 
grande intensité. — Au milieu de décembre 1871, un ouvrier 
descendit de Noiraigue (val de Travers) et vint travailler à 
Boudry, où il ne tarda pas a succomber à une variole hé- 
morrhagique. Quelques jours plus tard, la fille d'un de ses 
compagnons de travail, puis le père de cette jeune fille furent 
atteints, et, à mon arrivée (9 janvier), les varioleux de la lo- 
calité étaient au nombre de six. Du 15 au 20 janvier, onze 
nouveaux cas furent constatés, et la commission de salubrité 
publique, effrayée par cette rapide extension, prit alors les 
mesures prescrites par la loi (1). Cette commission est nom- 



(t) Conseil d'Etat du canton de Neufchâtel, loi du 23 mai 1871 ; elle 
était dirigée contre répidémie de variole qui venait alors d'éclater ; elle 
se compose de vingt articles renfermant des détails nombreux tt très-mi- 
nutieux relatifs à la prophylaxie de la maladie. 



336 l'union IfiDIOALE DU OANADA. 

mée par le gouvernement cantonal et chargée, de concox^t 
avec Tautorité locale, de faire exécuter les mesures de polic?^ 
sanitaire, spécialement dans les cas d'épidémie de variole. 

Ces mesures sont : l® la séquestration complète des hab£^ 
tants de la maison infectée. Sur la porte, on place un écrî— 
Ui^uT portant les mots : pclUe vero/^,— et toutes les personnes 
qui y séjournent ne peuvent avoir avec les autres habitants 
que les rapports indispensables. Les enfants de la maison 
cessent de fréquenter Técole, et les adultes quittent momen- 
tanément les ateliers où ils travaillent. La séquestration 
n'est levée que sur une déclaration du médecin constatant 
que l'individu est désormais incapable de devenir un agent 
de contagion ; 

2o La création d'un lazaret est nécessaire pour assurer, 
dans tous les' cas, l'isolement des varioleux ; on y transporte 
les malades qui, dans leur logement, ne pourraient être soi- 
gnés convenablement ou suffisamment isolés ; 

30 La vaccination ou la revaccination est prescrite à tous 
les habitants d'une maison infectée, s'ils ne prouvent avoir 
été vaccinés avec succès dans les sept années précédentes ; 

40 Après la guérison du malade, il prend des bains ou au 
moins fait de nombreuses lotions au savon.— Les vêtements, 
les pièces de literie sont soigneusement lavés et désinfectés ; 
les murs de l'appartement sont blanchis, les boiseries et les 
planchers lavés avec un liquide désinfectant ; 

50 Tous les soins à donner aux varioleux doivent, autant 
que possible, être confiés à des personnes à l'abri de la con- 
tagion. — La commune supporte les frais et les pertes que ces 
mesures occasionnent aux indigents. 

Grâce à la stricte exécution de ce règlement, l'épidémie ne 
tarda pas à décroître, et tous les cas nouveaux qui survinrent 
éclatèrent dans des maisons déjà infectées, — quatre, dans des 
logements peu salubres qui avaient à peine été nettoyés 
après là guérison d'un premier varioleux. 

L'épidémie s'était étendue en dehors de la ville, dans quel- 
ques hameaux voisins et dans des fermes isolées ; mais j'ai 



t 



l'union médicale du canada. 337 

spécialement étudié, jour par jour, sa marche dans un quar- 
tier de la ville où se manifestaient 29 cas de variole. — et c'est 
seulement à cette fraction de l'épidémie que se rapportent 
les chiffres que je cite dans ces notes. — Tous les individus 
avaient été vaccinés, à l'exception d'un seul ; presque tou- 
jours, j'ai pu reconnaître la source de la contagion : en gé- 
néral, le sujet atteint avait séjourné plus ou moins longtemps 
dans un cabaret auprès de quelque individu fréquemment 
en rapport avec un malade. Aussi, 18 fois sur 29, le sujet 
'fut-il un homme adulte, et 4 fois seulement une femme, fut- 
elle frappée la première dans une maison ju*;qu'alors indem- 
ne. 

Sur les 29 varioleux. 5 furent atteints de variole hémor- 
rhagique : deux d'entre eux succombèrent au quatrième 
jour de l'ôruption, et un troisième le premier jour» Chez ce 
dernier, les prodromes furent fort graves et à marche, insi- 
dieuse ; puis, quand apparurent les premières papules, toute 
la surface de la peau se couvrit de pétéchies excessivement 
confluentes ; dans les conjonctives survinrent de larges suf- 
fusions sanguines, et par Turèthre se fit une hémorrhagie 
assez abondante ; la mort survint dix heures plus tard. — 
Deux autres varioleux présentèrent les phénomènes hémor- 
rhagiques ; l'éruption avait les caractères d'une varioloîde 
très confluente, les pustules avaient un aspect acnéiformes, 
étaient petites, entourées d'une auréole d'un rouge sanglant, 
et se desséchaient très rapidement ; des hémorrhagies exces- 
sivement abondantes se produisirent par le nez et par les 
bronches ; — ces derniers malades guérirent. 

■ 

Six fois la variole fut très confluente, et l'un des malades 
non vacciné, âgé de 72 ans, succomba ; un enfant de dix ans, 
sur lequel six ans auparavant on avait pris du vaccin pour 
l'inoculer à d'autres enfants (inoculations suivies de succès), 
présenta une éruption confluente de larges pustules varioli- 
ques, ombiliquées, dont quelques-unes avaient presque un 
centimètre de diamètre. 

Trois fois avant l'apparition des papules varioUques, j'ai 
4 



338 



l'union médigalb du canada. 



observé une éruption anormale, scarlatiniforme (rash), qui 
disparut rapidement pendant la période d'éruption réelle. 

Enfin, très-souvent, dans les cas graves, j'ai vu sur les 
membres inférieurs un certain nombre de pustules se rem- 
plir d'un liquide hémorrhagique, et même parfois se réunir 
pour former une large bulle violacée, — sans cependant que la 
termmaison dût être fatale. 

Cette épidémie a donc présenté certains caractères parti- 
culiers : sa naissance et son extension, dues uniquement à 
la contagion ; , — ^une grande diversité dans la forme de l'é- 
ruption ; — un nombre de cas graves assez considérable pro- 
portionnellement à l'étendue de l'épidémie et au nombre des 
malades vaccinés (28 sur 39) ; — une mortalité supérieure à 
la moyenne (13 pour 100). 

Enfin, un fait m'a semblé digne de remarque : c'est la ra- 
pide extinction de l'épidémie sous l'influence de la séques- 
tration absolue et des revaccinations ; en effet, le premier 
cas se déclara au millieu de décembre et contagionna 28 
personnes d'une manière plus ou moins directe, et, le 24 
février, il restait dans la ville un seul variole ux en voie de 
guérison. 



NAISSANCE. 
A Laprairie, le 25 Juin, la Dame du Dr. S. A. Longtin, un iils. 



TABLE DES MATIÈRES. 



Mr. le Dr. Broaseau 291 

I 

L'acte médical projeté, Dr. J. P.Rottot 294 

Du chloral 300 

L'acte médical projeté, Dr. Léonard Âge. Portier 319 

Du courant galvanique comme moyen de résorption 319 

Traitement du bubon 321 

Guarana pour la mal de tète 324 

La digitale comme anti-aphrodisiaque 325 

Vapeurs anestésiques 325 

Canule à trachéotomie détachée .«• 325 

Cas de guérison complète après ablation du corps, etc.... 326 

Corps étrangers éliminé, elc 327 

Moyen de combattre la contraction musculaire 327 

Etude chimique sur le tabac à fumer ^ 328 

Influence du défaut du chlorure de Sodium, etc 330 

De l'intervention chirurgicale, etc 331 

Emploi des bains tièdes dans la petite vérole 333 

Académie des sciences 334 

Notes sur une épidémie de variole 1 335 



On s'abonnt a l' Union Médicale an Bureau de La Minerve^ Nos. 
212 et 214, Bue Notre Dame coin de la Bue St. Gabriel. 

Toute oorrespondanoe devra être adressée à l'un des Bëdacteurs 
à la Boite 942, Bureau de Poste. 



WM-R. WARNER &CiE. 

UANUFACTDBIBES DK 

^Me« ntmkûts m sucre. 

1S4, Rue Narth thir<l, 

PHILADELPHIE. 

Bxpldîteipar la malle sur le reçu du prix du eata. 
l^^^ 

PiMeBilodofonn et Ferri de Warner. 

jVovfli à ce due ohaoue bouleille porte notremarque de commerce et n'ac- 
ceptei aucun substitut de qualité ittfSrieure.l 

CM Pihto ">•• ""SiSli'ûrllîl'SMÎtt '"""'■ '"•"■■•■ 

(Jt*lB.t»a 11tac.nU.nl p™"jj"jj j- p^^^ ,{^ 

lil* ginirïBte, ni»Uri c*U, J'en»; 

g ib ia no/iJil tt U pottoits *•■« 
I et l'uni» ds q«tn ■tu une 1« 

Bjp^iéM par la msùe sur le reçudu prii du calalogue. 

pi:l: pHoVpHOÏrus comp. 

■ CONTBMANT CHXCOBE 

fHOSFBm n GenUlns le piii. Eit- NOIX TQHUOK no qurt de ^\. 

*""" PRIX ÏÎ.O0 PAR CENT. 

m irtritnM, 
u fiinne d* 

ode '*ol«ni* ' 



A TRNDBB BK OBOT SEULBMBNT PAB 
ffMrwHMton «M Oroj.-JTeiilrwiI- 



L'UNION MEDICALE 



DU CJiJNAJDA.. 



-49- 



Revue Medioo-ohiruTsicale paraissant tous les mois. 

I I I » —i».^— < j 1 I !■ I I ■ ■ I I I I I I I I II ■ III I I < - I 

JUdaetêmr m Ck^: '\ ( AuiiUuUê'JSédaetMin: 

J. P. ROTTOT, M. D. J l ITrmIrOSIKRS, M. D 



VoL 1. AOUT 1872. No. a 



L'ACTE MÉDICAL PROJETÉ 

1er. Août 1872. 
M'étant élevé si fortement contre le pouvoir que possèdent 
les Universités d'examiner les aspirants à l'étude de la méde- 
cine, il semble tout naturel que je doive aujourd'hui m'op- 
poser au privilège qu'ont ces mêmes Universités d'examiner 
les aspirants à la pratique de la médecine, et de leur accorder 
un diplôme qui leur donne droit à la licence du Collège des 
Médecins et Chirurgiens : car s'il n'est pas prudent de laisser 
l'examen classique entre les mains des professeurs, il ne doit 
pas l'être plus de leur laisser l'examen médical. Dans l'un 
comme dans l'autre cas on doit croire, au moins à première 
vue, que la Société Médicale et le public sont exposés aux 
mêmes dangers et doivent avoir les mêmes craintes. 

Je crois cependant que si l'on réfléchit un peu, si l'on exa- 
mine la question avec attention, on doit arriver à une con- 
clusion toutà-fait différente ; on devra se convaincre qu'il 
est, au contraire, de l'intérêt de la science, du corps médical, 
et du public, de laisser aux Universités le droit d'examiner 
leurs élèves sur la science médicale et de leur conférer un 
diplôme qni leur donne droit à la licence sans autre examen» 



342 l'union m£dicals du canada. 

Le problême que Ton a à résoudre dans ce moment, c'est 
d'élaborer une loi de médecine qui puisse faire disparaître 
les abus de l'ancienne, et mettre la profession sur un pied 
plus élevé, sans nuir le moins du monde aux intérêts des 
Universités. 

D'abord, qu'est-ce que l'on doit considérer comme étant 
absolument nécessaire, indispensable, pour relever le niveau 
de la Profession Médicale ? C'est certainement l'éducation. 
Ce que l'on doit craindre le plus, ce que l'on doit chercher à 
éviter à tout prix, c'est l'ignorance. Voilà pourquoi il est si 
important de priver les Universités du droit de faire l'examen 
classique des aspirants à l'étude de la médecine. 

L'expérience en effet nous a démontré que cet examen est 
loin d'êt'^e sérieux ; que bien souvent même, on a permis aux 
élèves de commencer l'étude de la médecine, on leur a 
laissé compléter leur cours, et on ne leur a fait subir leur 
examen classique que quelques instants seulement avant leur 
examen médical : Véritable farce, toui-à-fait indigne d'un 
oorps enseignant. Ce privilège, en donnant aux Université» 
la faculté de se faire des élèves, laisse la profession tout-à- 
fait sans protection. Mais en donnant au corps médical seul 
le droit d'examiner les élèves sur leur éducation préliminaire 
et de les admettre à l'étude de la médecine, nous nous assu- 
rons k protection la plus ample possible, sans mettre 1« 
moûtiee obstacle à la prospérité des Universités. 

Nous pourrons être certains, qu'à l'avenir, nous n'auront 
pour médecins que des hommes possédant une bonne éduca- 
tion classique. Mais l'éducation classique seule ne suffit pas ; 
il faut de plus une bonne éducation médicale ; et me dira-t- 
on, ne serait-il pas plus logique, afin de rendre notre protec- 
tion plus complète, de nous réserver encore le droit d'exami- 
ner les élèves sur la médecine. Cet examen est très impor- 
tant. Pourquoi les Universités n'en abuseraient-elles pas 
comme de l'autre. N'avons-nous pas raison de craindre qu'elles 
accorderont leurs diplômes à des honunes ne possédant pas 
les connaissances médicales suffisantes ? Je ne le crois nas 



l'union médicale du CANADA. 343 

Si on laissait aux Universités le droit d'admettre les élèves 
à Tétude de la médecine, je comprends qu'il serait extrême- 
ment dangereux de leur donner le droit de les admettre à la 
pratique ; on peut être convaincu que pas un seul ne serait 
refusé quelque fut soi; incapacité. Mais si on leur enlève 
le premier périvilge, je ne vois pas à quel grand danger on 
s'expose en leuBjaisant le second. Il n'est pas probable en effet, 
que des jeunes gens instruits, en état de comprendre toute la 
beauté, et tout l'importance de la science médicale, capables 
d'apprécier la position honorable que cette profession devra 
leur procurer dans le monde, abandonneront, tout à coup 
leurs anciennes habitudes de travail, et leur amour pour la 
science. Ceci est à craindre seulement pour ceux qui n'ont 
pas une éducation suffisante. Et si l'on interrogeait les Pro- 
fesseurs, ils seraient unanimes à nous dire qu'ils n'éprouvent 
du désagrément dans ces examens qu'avec ceux dont l'édu- 
cation première fait défaut ; que ceux qui on fait un cours 
d'étude complet ne se présentent jamais sans être bien pré- 
parés, et leur examen leur cause toujours beaucoup de satis- 
faction. Au reste, s'il y avait malheureusement quelques 
rares exceptions, le mal ne serait pas sans remède ; car il 
sera toujours facile pour un homme instruit de compléter plus 
tard son éducation médicale, que les égarements de la jeu- 
nesse lui auront fait négliger. De plus il ne faut pas oublier 
que le Bill nous donne le droit de faire les règlements rela- 
tifs à l'instruction médicale. Nous devrons par conséquent 
avoir un contrôle sur les Universités, nous pourrons exiger 
qu'elles donnent le nombre de lectures et de cours voulu, 
qu'elles possèdent des bibliothèques, cabinets de physique, 
hôpitaux, enfin tout ce qui est absolument nécessaire pour 
donner aux élèves une éducation médicale aussi complète 
que possible. Nous pourrons par conséquent toujours refu- 
ser notre licence, s'il y a lacune quelque part, c'est-à-dire, si 
ces Institutions ne remplissent pas les devoirs que la loi leur 
limpose. De sorte que le danger de ce côté, s'il existe, est 
réduit à une si petite proportion que nous n'avons pas la 
moindre raison de le redouter 



344 l'union médigau du canada. 

La réaction qui se fait en ce moment contre les Universités 
ne doit pas aller trop loin. Sous le 'prétexte qu'elles sont 
trop puissantes, il ne faut pas les mettre complètement sous 
la dépendance d'une autre institution, elle-même tout-à-fait 
indépendante et irresponsable. Rappelons-nous que ce qui 
arrête toujours le progrès, ce qui tue' en tout et partout, c'est 
cette concentration extraordinaire de pouvoirs dans un corps 
sans contrôle, c'est ce cercle dans lequel'on enferme les 
hommes, cercle que l'on ne peut pas franchir, qui va conti- 
nuellement se rétrécissant, et qui finit par vous étouffer. 
Nous devons tâcher de donner à chacun en particulier, à cha- 
que corporation, une juste proportion de pouvoirs et de pri- 
vilèges afin que dans leurs sphères respectives,tous aient assez 
de liberté pour employer leurs talents, leur énergie au déve- 
loppement des arts et des sciences. 

Nous avons parmi nous plusieurs Universités, toutes éta^ 
blies dans le but d'être utile à l'humanité. Elles forment 
des sociétés privées^ ayant chacune une existance à part, 
indépendante. Elles passèdent cet esprit de corps, ce senti- 
ment si naturel à l'homme, qui fait désirer la distinction, la 
gloire, elles font les plus grands efforts pour faire briller 
leurs institutions, pour les élever au premier rang. 

Mais pour faire ajiparaitre cette gloire, pour la faire voir 
au public, au monde ; pour lui donner un coprs, si je puis 
m'exprimer ainsi, il leur faut un symbole ; et ce symbole 
c'est leur diplôme. C'est ce diplôme qui, rehausé encore par 
les talents de celui qui le possède, sera dans tous les temps 
et dans tous les lieux la preuve de leur existence, de leur 
mérite, et de la sceince éminente de leurs Professeurs. Pour 
l'élève, ce diplôme est encore quelque chose de plus : c'est 
la preuve de ses succès passés, c'est la couronne si bien mé- 
ritée, ce fut la cause d'une des plus pures jouissances de sa 
vie, c'est le talisman qui devra lui ouvrir l'entrée du monde, 
et le protéger dans sa nouvelle carrière ; relique sacrée qui 
établit entre lui et l'Université un lien indissoluble, qui les 
fait participer l'un et l'autre aux avantages et à la gloire de 
l'un et de Tautre ; et vous briseriez tout cela ? Non. Nous 



l'union MÉDIOALB du CANADA. 345 

devons notre protection aux Universités. Les priver du pou- 
voir de donner des diplômes, c'est faire disparaître une des 
principales causes de leur émulation. Mais, dit-on, on ne 
veut pas leur enlever ce droit, on veut tout simplement que 
leurs élèves, après avoir reçu leurs diplômes subissent devant 
le conseil un nouvel examen pour obtenir leur licence. 

Suivant moi ceci revient au môme. Car à quoi sert un 
diplôme, si vous proclamez qu'il est sans valeur. Quel res- 
pect, quelle considération, les Universités étrangères auront- 
files pour ce diplôme, quand vous-mêmes vous le considérei 
hi peu, que les élèves qui le possèdent ne'sont pas jugés par 
vous dignes de votre licence. C'est mettre bien bas dans 
l'opinion publique les Professeurs de ces Universités. Croyez- 
vous maintenant qu'elles en distriburont beaucoup de ces 
diplômes ? On attache du prix à une chose qu'en proportion 
de sa valeur, qu'en* proportion des avantages qu'on peut 
en retirer. Croyez- vous alors que les élèves se fatigueront à 
faire des thèses, subiront les inquiétudes d'un examen pour 
un diplôme qui sera mis de côté comme s'il n'existait pas. 
D'ailleurs pourquoi mettre votre licence au-dessus du diplô- 
me. Etes-vous un corps enseignant î Est-ce vous qui avez 
pris ces jeimes gens par la main et qui leur avez fait parcou- 
rir le champ des connaissances médicales ? Vous ne les con- 
naissez seulement pas, vous ne les recevez môme pas en corps. 
L*examen devra se faire par un ^comité de trois membres, 
payéi pour cela. Vous vous en rapportez à leur opinion. 
Pourquoi un tel examen nous donae-t-il plus de garantie que 
lorsqu'il est fait en présence de tous les Professeurs d'une 
école Si les Universités ont le mérite de former des hom- 
mes utiles à la société, elles ont droit à la récompense et à 
l'honneur qui en découlent. 

Mais ce qni me parait étrangp, c'est qu'on accorde aux 
Université étrangère;s ces mêmes p;*ivilèges qu'on refuse aux 
nôtres : la XXXIIIe clausQ donne. au conseil le droit d'accor- 
der la licence du coUégç aux élèves de ce^ institutions sans 
examen. Nous devons penser que c'est par inadvertance 



346 L UNION HÉDiOALE DU CANADA. 

qu'on a poussé la générosité si loin ; personne ne voudra 
croire qu'on désire favoriser ces Universités au dépens des 
nôtres. 

J. P. ROTTOT. 



CORRESPONDANCE PARISIENNE. 

Permettez MM. les Rédacteurs que je vous transmette une 
copie fidèle des observations que je recueille journellement 
dans les hôpitaux de Paris ; si vous jugez à propos d'en faire 
part à vos lecteurs, j'en serai honoré. 

Je me plais à reconnaître que les médecins et chirurgiens 
des hôpitaux portent une attention particulière aux étrangers, 
ils s'empressent de répondre à leurs questions et môme de 
leur donner des explications étendues touchant les cas les 
plus intéressants. 

Il y a continuellement ici un grand nombre d'Américains, 
de Grecs, d'Espagnols, d'Anglais, etc., auxquels les médecins 
et chirurgiens français donnent généreusement le fruit de 
leurs labeurs 

Je commencerai par l'Hôpital Laridoisière qui est le plus 
nouveau (il n'a été achevé qu'en 1853) il se compose de dix 
pavillons parallèles autour desquels sont des jardins où les 
malades peuvent se promener. 

Cet Hôpital est dû à la générosité de Madame de Lariboi- 
sière qui lui a donné son nom. 

Les salles sont vastes et bien aérées. Le chauffage et la 
ventilation s'y font d'après les systèmes modernes. 

Cet hôpital contient 432 lits de médecine et 204 de chirur- 
gie. 

Les malades en chirurgie sont complètement séparés des 
malades en médecine ; ici les fonctions des médecins et des 
chirur chiens, sont aussi complètement distinctes. 

Le chirurgien qui soigne les malades dont je vais vous 
rapporter les observations est Mr. Verneuil, professeur à l'E- 
cole dé médecine. (Ce M. vient d'être nommé professeur de 
clinique chirurgicale à l'hôpital, " la Pitié "). 



l'union hédioale du oanada. 347 

1ÈRE. Observation. — ^Un jeune homme de 25 ans est entré 
à rhôpital il y a deux mois avec un testicule d'un volume 
considérable. Les antécédents de ce jeune homme, la forme 
et la consistance de cette tumeur rendaient le diagnostique 
diflBcile. Aussi ce n'est pas s'en hésitation que M. Verneuil 
déclara que c'était un testicule vénérien. Il le traita d'abord 
avec l'iodure de potassium, mais l'amélioration se faisait très 
lentement, l'association du mercure au premier médicament 
amena une diminution rapide du gonflement, et ce jeune 
homme sort ce matin de l'hôpital parfaitement guéri. M. 
Verneuil fait observer aux élèves que dans les cas de ce genre 
il faut tout essayer et avec perse vérence avant d'ea venir à 
la castration. 

2ÈME. Observation. — Dislocation du pied, avec pjaie et pro- 
trusion de l'astragale. 

La réduction ayant été essayée, sans succès, M. Verneuil se 
décida à faire la résection de cet os aân de conserver le pied 
du malade. 

Cette opération a réussi à merveille. Le pied n'est presque 
pas difforme et Tarticulation tibiotarsienne jouit d'aumoins 
la moitié de sa mobilité normale. Il y a deux mois que ce 
malade est à l'hôpital. 

3èMB OBSERVATION. — Extirpatiou de l'extrémité inférieure du 
rectum. Maladie epithelioma. 

Ce malade est aujourd'hui guéri, il ne lui reste localement 
aucune trace de son affreuse maladie. 

M. Verneuil fait remarquer aux élèves qu'il ne faut faire 
celte extirpation qu'avec l'Ecraseur de Chassagnac ou le gai- 
vano-eaustigi^, afin d'éviter les hémorrhagies si fréquentes 
lorsque Ton se sert d'instruments tranchants. 

De plus le malade résiste d'autant mieux à l'infection pu- 
tride et à l'érésipèle qu'il perd moins de sang. L'anus est 
remplacé par une large ouverture. 

4me. Observation. — Ablation du sein. M. Verneuil' a fait 
dans ce cas une nouvelle application du pansement ouaté, 
(l'opération a eu lieu il y a à présent huit jours.) La plaie 



348 l'union hédigalb du canada. 

est remplie de granulations vermeilles, il n'y a eu ni inflam- 
mation ni douleur consécutives. 

A propos du pansement ouaté, M. Verneuil dit : " Je consi- 
dère ce nouveau moyen de traiter les amputations dans les 
hôpitaux et surtout sur les champs de batailles comme un 
bienfait. Avec ce pansement nous pourrons en temps de 
guerre envoyer nos blessés à des distances considérables sans 
aucun inconvénient. 

5me. Observation. — Coxalgie ancienne. Le membre est 
dans une position qui ne permet pas la locomotion. M. Ver- 
neuil fait le redressement et rallongement forcés. Une frac- 
ture du col du fémur se produit (ce dont M. Verneuil avait 
prévenu les assistants). Le malade est mis dans l'appareil de 
M. Bonnet, de Lyon, qui donne aux articulations coxofemo- 
rales une immobilité complète. 

Après deux mois, le malade se lève, il a une ankylose com- 
plète, pas de déviation, pas de raccourcissement du membre- 

6me. Observation. — Fistule vesico-vaginale. Les chirurgiens 
ici opèrent ces fistules par la " méthode américaine " c'est-à- 
dire qu'ils font une ouverture longitudinale taillée en biseau 
et qu'ils évitent de perforer la muqueuse vésicale avec le fil 
métallique. 

Dans le cas actuel l'union des lèvres de la plaie n'a pas eu 
lieu parce qu'il est survenu un érésipèle et de« ulcérations 
vaginales» L'opération sera recommencée dans quelque 
temps. 

La visite des malades terminée, M. Verneuil fait à l'amphi- 
théâtre, en présence des médecins étrangers et des élèves, les 
opérations suivantes : 

lo. Un enfant de 6 ans avec un testicule tuberculeux. Ce 
testicule est au moins quadruplé de volume, il suppure de- 
puis quelques mois. 

Traitement local. M. Verpeuil plonge dans ce testicule des 
fers rougis, qu'il laisse pour ainsi refroidir dans l'organe, il 
fait ainsi trois trous à 2 centimètres de distance les uns des 
autres. 



l'union MiDIOALS DU OANADA. 349 

hê but de ces cautérisations profondes est de déterminer 
^ine suppuration abondante et de débarrasser Torgane de la 
matière tuberculeuse qu'il renferme, ce qui vaut mieux que 
la castration. 

Traitement général, iodure de fer, huile de foie de morue. 

2o. Un honmie avec des fistules multiples à la région péri- 
néanale. Les unes communiquant avec le rectum, les autres 
s'étendant à la face interne et postérieure de la cuisse. 

M. Verneuil fait la section ' de la principale fistule rectale 
avec Técraseur de Chassagnac, puis il fait communiquer tou- 
tes les autres fistules externes avec l'extrémité inférieure de 
la première. Aussitôt ces trajets fistuleux ouverts avec le bis- 
touri et la sonde cannelée, il les cautérise profondément au fer 
xouge, afin de faire fondre la substance indurée qui les en- 
•toure et aussi àans le but d'arrêter Thémorrhagie. Après ces 
4eux opérations il y avait dans l'amphithéâtre une odeur de 
chair brûlée très prononcée. 

3o. M. Verneuil enlève une tumeur fibreuse située en-des- 
sous de la paupière inférieure. Dans le but d'empôcher Tec- 
tropion que causera la rétraction cicatricielle, Û ravive le 
bord libre des paupières, les unit par des sutures. 

Aussitôt la plaie bien guérie, il divisera Tuiiion temporaire 
des paupières et le patient sera guérie sans ectropion. 

J'ai aussi ce matin assisté à la ligature de rax:tère fémora- 
le par M. Gusco pour un anévrisme; 

Paris, 25 Juin 1872. 

A. T. BaossBAu. 



DE LA SAIGNÉE DANS LE TRAITEMENT DE L'A- 
POPLEXIE. 

UM. les Rédacteurs. 

Veuillez insérer, dans les colonnes d« votre intéressant 
journal, les quelques mots qui suivent, sur les inconvénients 
des émissions sanguines dans le traitement d^ l'apo^exie. 

Lorsque le médecin est appelé auprès d'un individu qui 
vient d'ôtre frappé d'apoplexie, il ne lui est pas toujours fa> 



350 l'union lléDIGALE ou CANADA. 

cile de diagnostiquer sur-le-champ la lésion qui produit Tat- 
taque. Est-ce une simple congestion, une hémorrhagie? 
Est-ce un ramollissement du cervau, une névrose, une em- 
bolie ? Dans ces derniers cas, la déperdition de sang doit 
avoir les conséquences les plus déplorables, elle peut tuer le 
malade. Quelle prudence il faut donc au praticien dans son 
intervention thérapeutique ! 

Admettons une hémorrhagie. Cest une blessure du cer- 
veau ; répanchement de sang dans la substance cérébrale ne 
diffère guère de Fépanchement de sang dans le tissu d'un 
autre organe, par exemple, dans le tissu cellulaire sous-cuta- 
né. Dans une ecchymose à, la peau, ne regarde -t-on pas les 
émissions sanguines comme inutiles et même nuisibles ? Ne 
laisse-ton pas à Torganisme le soin d'opérer la réformation 
du sang. 

Pourquoi agirait-on autrement dans ces ecchymoses du 
cerveau ? D'ailleurs, quand le médecin est appelé, il se 
trouve en présence du fait accompli, l'accident s'est produit, 
un corps étranger a pénétré dans le cerveau. 

Que pourront donc saignées et sangsues ? 

On voudrait diminuer, enrayer la congestion sanguine. 
Mais nous savons que, malgré les émissions sanguines, la 
congestion n'eu continue pas moins de produire ses effets. 
Les recherches modernes sont là qui prouvent cette asser- 
tion. Magendi, Marshall, Hall, J. Vogel, Schneider, Ândral, 
Gaverret, Charles Robin, ont démontré par des expériences 
physiologiques : lo. que les saignées ne peuvent rien contre 
la congestion, rien contre l'hémorrhagie ; 2o. que plus un ma- 
lade perd de sang, plus le pouls devient fort, plein, dur, plus 
les battements de cœur sont violents, désordonnés, à ce point 
qu'une espèce de fièvre survient ; 3o. que les saignées agis* 
sent plus particulièrement sur le système nerveux et la vita- 
lité pour les débiliter. 

Appelons-en surtout à l'expérience clinique. Recueillons 
les aveux de quelques princes de la science. 

Hippocrate a dit, et, après lui, Galien a répété que si, daiis 
l'apoplexie, la saignée ne soulage pas le malade, elle le tue. 



l'union HÉPIOIXI DU CANADA. 351 

'^ J'ai vu, dit Gruveilhier, (dictionnaire de médecine et de chi- 
rurgie pratiques^ page 259,) j'ai vu bien des attaques d'apo- 
plexie sur la marche funeste desquelles la saignée n'a aucu- 
ne espèce d'influence et qui se sont renouvelées à de courts 
Intervalles, comme si aucune d'éperdition sanguine n'avait eu 
lieu, il semblait même, dans quelques cas, que le mal croissait 
en proportion de la au jnée. " 

Andral écrit sur le même sujet : " Vainement, dans cer- 
tains cas, multiplie- t-on les pertes de sang, les signes de con- 
gestion ne s'évanouissent pas ; plus d'une fois même on les a 
rendus plus forts à mesure qu'on a, par des saignées répétées, 
affaibli les individus. " — (Clinique Médicale^ t. V. p. 293.) 

Et ailleurs : '' Le traitement antiphlogestique le plus actif, 
bien qu'il soit employé dès le début de la maladie et dans les 
circonstances les plus favorables, reste très-souvent sans effet. 
Dans certains cas, non-seulement aucun soulagement ne suit 
la saignée, mais elle produit dans l'économie une perturba- 
tion telle que, sous son influence, les simples signes de con- 
gestion se transforment en ceux d'une véritable apoplexie. " 

Pour mon compte, j'ai noté une fois ce déplorable acci- 
dent dans le cours de mes quelques apnées de pratique ; 
sous le coup de la lancette, j'ai vu la congestion crébrale se 
changer en apoplexie. 

C'était en 1 869. Une femme un peu au-dessus de la cin- 
quantaine, d'une constitution sanguine, au cou court Je 
la vis immédiatement au début de l'attaque. La face était 
'mltueuse, gonflée, la tête embarrassée, la parole bredouil- 
lante, les membres se mouvaient encore, mais ils étaient 
lourds et engourdis, ni la langue, ni la commissure des lè- 
vres n'étaient déviées ; le pouls était large, dur, lent. Je 
saignai. Vers la fin d'une saignée de 12 à 14 onc^s, le côté 
gauche se paralysait, la bouche était déviée. La saignée 
terminée, la malheureuse était frappée d'hémiplégie. Elle 
mourui au bout de trois jours et demi. 

Dans d'autres cas, j'ai vu mes malades pris d'accidents 
Deaucoup plus graves immédiatement après une saignée 



352 L^NION MÉOIGALB DB CANADA. 

Et cette triste espérieace n'a pas peu contribué à me faire^ 
prendre les saignées en horreur. 

Trousseau rapporte l'observation suivante : 

'^ 11 y a peu de temps, un médecin de mes élèves était 
mandé auprès d'un magistrat qui venait d'être frappé d'une 
bémorrhagie cérébrale. Il constatait une hémiplégie très- 
prononcée avec distorsion du visage et embarras de la paro- 
le ; l'intelligence était parfaitement conservée. 

'^ Quoique dans son opinion, il crut devoir s'abstenir de la 
saignée, il fut contraint de céder devant l'avis d'un confrère^ 
qui avait sur lui l'ascendant de l'âge, et plus encore, d'une 
haute position scientifique. La saignée fut pratiquée ; mais, 
quelque prudence qu'on mit à la faire petite, 100 grammes de- 
sang ne s'étaient pas ésoulés, que le malade, qui, aupara* 
vaut, dans toute la plénitude de ses facultés intellectuelles,, 
s'entretenait très-librement avec son entourage, tombait dan& 
un état de résolution complète, dont il ne sortit plus jusqu'à, 
sa mort, qui survint quelques jours après." 

C'est à cet éminent professeur, si justement regretté, que 
Ton doit une véritable croisade contre l'abus de la saignée 
dans l'apoplexie. Depuis longtemps il avait proscrit cette 
médication violente et perturbatrice dans les attaques ap: 
poplectiques, à quelque degré qu'elles se manifestassent^ 
Son expérience lui avait appris que les malades s'en trou- 
vaient mieux et se guérissaient plus rapidement ^' Au lieu 
de les saigner, de les mettre à la diète, de les tenir au Ut, je 
m'abstiens de leur tirer du sang, je les alimente, je recom- 
mande de les faire lever quand la chose est possible, ou tout 
au moins de les faire rester assis. J'ai la conviction que cet- 
te médecine est de beaucoup préférable à l'intervention plus 
ictlve dont on semble ne pouvoir se passer. " — Clinique Médi- 
Ctffe, t II, p. 12.) 

Le professeur Monneret suit également la même ligne de 
conduite dans 2e traitement des hémorrhagies cérébrales 
ion de prescrire aux malades un traitement débilitant, il les 
alimedte et les stimule en leur dormant du «vin. 



l'union médicals du canada. 353 

Cette piatique tend de plus en plus à se répandre parmi les 
médecins ; un grand nombre, et des plus instruits et des plus 
hauts placés^ s'abstiennent de la saignée ; et Ton en trouve- 
rait encore d'avantage, s'il n'y avait pas à lutter contrôla 
routine, l'opinion et les préjugés des gens du monde. 

Ainsi d'après mon humble opinion, dans aucun cas d'apo- 
plexie, pas de saignées. Conservons au malade toutes ses 
forces, toute son énergie vitale, pour lutter contre la maladie. 

Le sang est notre existance, notre vie ; il ne se répare que 
très-lentement, et son émission au dehors laisse le corps hu- 
main dans un état de faiblesse et d'anémie qui doit nécessai- 
rement préparer ou faire éclore toutes les maladies qui sont 
la suite ordinaire du défaut d'énergie, de l'affaiblissement 
général de l'être. 

Votre très-humble serviteur, 

Dr. s. a. Longtik. 

Laprairie, 22 juin 1872. 



Sur le tannatk et le gallate de quinine. — On Ta rap- 
pelédans la dernière séance de l'Académie de médecine, le 
tannate de quinine n'est pas un agent nouveau en thérapeu- 
tique. Il y a vingt- cinq ans déjà, on l'employait dans les 
fièvres intermittentes, et des rapports avaient été faits, des- 
quels il résultait que ce médicamen; était moins actif que le 
sulfate de quinine, qu'il n'agissait pas aussi bien que ce der- 
nier dans les fièvres pernicieuses, mais qu'il guérissait néan- 
moins aussi bien que lui l'intoxication paludéeïiûe. On 
avait remarqué en outre qu'il ne fatiguait pas l'estomac, qu'il 
était utile surtout dans les fièvres accompagnées de sueurs et 
lorsqu'il existait de la diarrhée ; il faisait disparaître cette 
dernière, tandis que le sulfate de quinine la produit parfois. 

Après la lecture d'un rapport fait par M. Hérard'^sûr' un mé- 
moire présenté par un mjèdeQm qui, à la suite dé ^ ^bser- 
vations, s^étaitcru autorisé â avancer que le tannate dé quinine 
était le meilleur remède de ïa diarrhée cholérique, il s'est 
élevé, dans l'Àcadëmie de médecjne une discussion qui n'est 
peut-être pas terminée encore. Le tannate de quinine a été 



354 l'union médicale du canada. 

d'abord déclaré une substance inerte : il a été poursuivi, 
proscrit au nom de son insolubilité, et aussi au nom de la 
théorie ; car il est des écrivains qui ont fait beaucoup de mal 
à la chimie physiologique et à la thérapeutique, en écrivant 
beaucoup et n'expérimentant pas. Mais, M. Vulpiari ayant 
démontré que l'on pouvait provoquer dans l'urine la réaction 
de la quinine, après l'administration du lannate, la discus- 
sion est devenue plus animée. 

Afin de mieux mettre le lecteur au courant de la question, 
nous avons cru devoir la lui présenter d'une manière expéri- 
inentale. 

Nous avons donc voulu voir par noUs-môme ce qu'il en 
était. Gomme on a dit que le tannate de quinine présentait 
une composition variable, et comme on ne spécifie pas assez 
en général les caractères des substances sur lesquelles on 
fait des recherches, nous p.vons eu soin de préparer nous- 
mêmes le sel dont nous avions besoin. Ceux qui voudront 
opérer comme nous arriveront, de cette manière, aux mêmes 
résultats que nous. En procédant ainsi, on observe plus ces 
désaccords qui sont inévitables lorsqu'on ne se place pas 
dans les mêmes circonstances. Après avoir parlé du tannate, 
nous dirons un mot du gallate de quinine, dont l'étude se 
rattache intimement à celle du premier composé. 

Nous avons précipité une. solution de bisulfate de quinine 
par une solution de tannin, et nous avonfi obtenu une subs- 
tance d'un blanc jaunâtre qui a été lavée à l'eau froide sur 
un filtre, puis desséchée. Elle avait, après la dessiccation, 
une coloration plus jaunâtre que lorsqu'elle était humide. 
Nous l'avons lavée à l'eau froide avant de la dessécher, parce- 
que le tannate de quinine, mis dans l'eau bouillante, se ra- 
mollit, ^forme une masse poisseuse avant de se dissoudre. 
La partie qui ne s'est pas dissoute présente l'aspect indiqué ; 
mais, par le refroidissement, la masse devient fragile et fa- 
cile à réduire en cette poudre jaunâtre, état sous lequel se 
présente le tannate de quinine. 

On est étooné de la quantité de ce sel qu'on peut obtenir 
avec un poids donné de çulfatô de quinine du commerce, 



hfxmWV MlpigALB DU CANADA. 355 

transformé pc^alaUameat eu bisuUate. Ainsi^ avec 10 
grammes da c^ sulfate, .nous ayons pu 34 gi^ainmes de tan. 
nate, et ce uombrQ est un peu trop faible, c^ nous négli- 
geons les pertes que nous avons éprouvées par le lavage du 
précipité ; pertes que nous pouvons évaluer peut-être à 2 
grammes. Ce résultat, important à noter, tient à ce que, le 
poids moléculaire du tannin étant très élevé, la molécule de 
tannate de quinine doit peser bien plus que celle du sulfate 
de cette base. D'après la quantité de tannate obtenu, nous 
voyons que la molécule de ce sel pèse approximativement 3, 
5 fois autant que la molécule de sulfate de quinine, et Pou 
arrive, par le calcul basé sur les poids atomiquesi ou sur les 
équivalents, à trouver que le tannate de quinine ^st formé 
par Tunion de deux molécules de tannin avec une seule mo- 
lécule de quinine. 

On ne saurait trop appeler l'attention sur cette circonstan- 
ce lorsqu-on veut comparer les effets du tannate de quinine à 
ceux du sulfate. On voit que, pour obtenir théoriquement 
avec le tannate les effets produits par 1 gramme de sulfate, 
il faudrait en employer près de 4 grammes- M. Lambron 
et, en dernier lidii, M. Vulpian avaient déjà noté qu^U fallait 
prendre en considération cette même circonstance dans l'ap- 
préciation de Taction physiologique et thérapeutique du tan- 
nate de quinine. Toutefois, lors même qu'on en tient comp- 
te, on n'observe pas sous l'influence de ce sel les effets éniér* 
giques du sulfate de quinine, comme nous l'avons pu vérifier 
nous-méma dans l'expérience suivant^ : 

Nous avças pris 3 grammes de ce sel yers di^ heures du 
soir. X^\X» quantité ne corr^sspon^ait pas tout-à^fût ^ 1 
gramme 4^ sulfate de quinim ;. tou^fq|9,QUe aurait éf^ suffi- 
sante ppiir produire déjà les effsts de ^'ivresse quiniqup,, si le 
tannate agis^H comme le sulfate de cette base. Or, nous 
n'avons pas ressenti, ni ^^u^beuieg, ni même cinq heures 
après Viptfdstion dp ce siédicaoKini, le moindre bourdonne- 
ment ^.'orf^Ues, la moindre î^cer^At^de des mouvements. Il 
n'en fivaft pas été de m^ême 4^f ;^ expérience f^ite il y a 
quatre ans bientôt, et dans laquelle nous avions pris 1 jsram- 



356 L*tnaoN mIdioals du oanaba. 

me de sulfate de quinine (Gazette hebdomadaire^ 6 novembre 
1868.) Nous avions donc un terme de comparaison. 

Mais le fait le plus important, celui gui avait été le plus 
combattu à l'Académie de médecine, c'était le passage de ce 
sel ou, du moins, de la quinine dans les urines. M, Briquet 
avait dit qu'après avoir donné 4 à 8 grammes de tannate, il 
n'avait pu retrouver un atome de quinine dans les urines- 
D'un autre côté, M. Mialhe, se fondant sur des aperçus théo- 
riques, comme, à notre sens, il l'a fait trop souvent, affir- 
mait, vu l'insolubilité du tannate de quinine, que se sel était 
une matière inerte. Or, M. Vulpian était arrivé à des résul- 
tats opposés ; il avait fort bien remarqué que si les effets de 
l'ivresse quinique n'avaient pas été perçus par ses nwiladesi 
le passage de la quinine dans leurs urines pouvait être cons- 
taté à l'aide de l'iodure de potassium ioduré. 

Nous avons donc cherché la quinine daps nos urines. Or, 
le liquide qui fut recueilli le matin, neuf heures après l'in- 
gestion du tannate, donna un précipité abondant après l'ad- 
dition d'iodure de potassium ioduré. Ainsi nous avions la 
preuve que le tannate avait été absorbé, ou que, du moins, 
une certaine quantité de quinine avait passé dans le torrent 
circulatoire. Le précipité était faible quinze heures après 
l'ingestion du médicament ; enfin cinq heures plus tard, il 
était à peine manifeste. 

Pour expliquer les résultats positifs au point de vue de l'é- 
limination du tannate de quinine, remarquons que ce sel 
n'est pas complètement insoluble. Divers expérimentateurs 
ont insisté déjà sur ce fait. Nous avons vu nous-mêmes que 
notre tannate se dissolvait très notablement dans l'eau bouil- 
lante, car ce liquide chargé de tannate, et tout à fàitlimpido 
est devenu aussi opalescent que le lait à la température de 8 
degrés. Nous avons trouvé, par l'un des procédés usités pour 
déterminer la solubilité des selâ, que mille parties d'eau 
bouillante dissolvaient 7 parties du tannate que nous avions 
préparé, ei que 1000 parties 'd'eau à 8 degrés en dissolvaient 
1, 2 parties. 



l'union UtDlQAJiM BV CANADA. 357 

Comment se fait ]'al)3orption du taimate ? Oa ne peut in- 
voquer maintenant l'insolubilité de ce sel surtout à la tempé- 
rature de 37 à 38 degrte ; car M. Regnauld s'est assuré qu'à 
cette température le tannate était notablement plus soluble 
qu'à froid. D'un autre côté, ce sel était-il plus soluble dans 
le suc gastrique que dans l'eau ? 

Pour répondre à cette question, nous avons mis un excès 
de tannate de quinine dans du suc gastrique de chien r<)- 
cueilli et filtré depuis^une demi-heure, et nous avons mis éga- 
lement un excès du même sel dans une quantité d'eau exac- 
tement égale à celle du suc gastrique. Or, après quinze heu- 
res, ces deux liquides ayant été filtrés et analysés, nous avons 
constaté que le premier contenait à peine un peu plus de sel 
quinique que le second. 

Nous avions donc la preuve que le tannate de quinine n'é- 
tait guère plus soluble dans le suc gastrique que dans l'eau- 

Ce résultat faisait exclure la pensée que cette substance 
pourrait se transformer dans l'estomac en gallate, sel beau- 
coup plus facilement absorbable que le tannate. Toutefois, 
nous avons voulu voir si les acides ne pourraient pas opérer 
cette transformation. 

Nou^avons mis un peu de tannate en suspension dans de 
l'eau, dans deux vases séparés, et nous avons ajouté à l'un 
deux quelques gouttes d'acide sulfurique et à l'autre quelques 
gouttes d'acide chlorhydrique. Or la dissolution ne s'est pas 
mieux opérée que dans un autre vase contenant une égale 
quantité de tannate en suspension, et dans lequel on n'avait 
pas mis d'acide. Ayant po;rté alors à la température de l'é- 
bullition le contenu de chacun de ces vases, nous avons vu 
que la dissolution se faisait dans les trois cas, mais que cha- 
cun des jdquides devenait opalescent par le refroidissement. 
Ainsi, même à chaud, le tannate ne s'était pas transformé en 
gaÙate, ou ,du moins la transformation av£Ût dû être bien 
faible, car si le gallate avait remplacé le tannate, la liqueur, 
à cause de la solubilité du gallate, serait demeurée limpide 
malgré l'abaissement de la température. 



358 L'umoji mÈDtOALt w oanàba. 

Ge8 expériences ûoub ont conduit naturellement à nous de- 
mander <|uels seraient les effets du gallate de quinine. 

Afin d'dtre certain de ce que nous faisons et n'ayant pas 
d'ailleurr tdtivé ce sel dans le cémmeroe, nduâ eft à^Ohs pré- 
paré noûs-même. 

Ce sel est, de même que le tannate, soluble dans l'alcool, 
mais il s'en distingue nettement par sa grande solubilité dans 
Teau bouillante. L'eau froide en dissout également une 
quantité considérable, de sorte que, pour l'obtenir, on con- 
seille de j^récipiter par l'acide gallique une solution concen- 
trée d'un sel de quinine. Nous l'avons préparé de la manière 
suivante, qui nous a donné de bons résultats : Nous ayons 
dissous ensemble de la qmnine et de l'acide gallique dans 
l'acool bouillant ; puis, après avoir évaporé, noiis avons traité 
le résidu car l'eau bouillante, qui a laissé déposer du gallate 
de quiuîrié f ar le refroidissement On dit que ce sel ne se 
cristallise pas ; cependant le produit obtenu, qui paraissait 
amorphe, s'est présenta au microscope formé de cristaux pris- 
matiques d'une grande netteté. 

Si rôn admet que le gallate de quinine présente une com- 
position analogue à celle du tannate, c'est-â-diT'e qu'il soit 
formé par la combinaison de deux molécules d'acide gallique 
avec une mbléèule de quinine, on trouve que le poids molé- 
culaire dé c-e sél supposé anhydre est seulement 564, celui du 
sulfate ordinaire étant de 446. On voit donc que, toutes 
choses égaleà 'tf ailleurs, le gallate de quinine devait être 
beaueonp pluà actif que le tannate, et Ton pouvait supposer 
que son 'abllvité devait se rapprocher de celle du sulfate de 
quinine. Sïais pour élucider la questioù il fall'aït recourir 4 
l'eipérieùcè. ' 

Nou's ai^oUs donc pris 1 gramme de gallate de quinine, 
quantité qui devait correspoudre approximativeihent à 80 
centigràiiiilies du sulfate. La solution de cé sel, qui fut opé- 
ré dans 130 girâinmes d'^àu, était trè^mè^é, prel^ûô autant 
que celle d\ï bisulfate dissous, à la inéme, dosé,|âaus une 
égale quantité de véhi^tiïé a^ueut. Noi^ iiriûeâ, éxatfLinéés 
trois heures après Tingéstlôii ûe ce ïnMicament, précipitèrent 



L'UHIOH UtoCÀU DU jQAIfADA. 359 

atKm^anuMQt lorsqu'elles furent traitées par l'iodure de po- 
tassium ioduré ; par ooaaéqueQt, nous avions la i»*euye que 
le gidlatil de quinine aidait été absorbé avec facilité. En 
même temjps nous éprouvions les symptômes que nous avions 
ressentis après avoir pris 1 gramme de sulfate de quinine, 
mais ils étaient infiniment mpiQs marqués. Nous avons obte* 
nu encore un très léger précipité par Tiodure de potassium 
ioduré vingt-quatre heures après l'ingestion de ce sel. 

Nous ajouterons que nous avons constaté non-seulement 
rélûnination de la quinine,- mais celle de l'acide gallique. 
En effet, après avoir ajouté de l'ammoniaque aux urines, nous 
avons remarqué bientôt une coloration brune générale et de 
stries noires vers la partie supérieure du liquide exposé à l'air. 
Or, ayant ajouté de l'acide gallique à des urines normales, 
puis les ayant additionnées d'ammoniaque, nous avons obser- 
vé la même chose. Nous proposons ce moyen pour recon- 
naître l'acide gallique dans les urines. On obtient d'ailleurs 
une coloration rouge, puis noire, lorsqu'on verse de l'ammo- 
niaque dans une solution de cet acide. 

Le gallate de quinine est donc un sel qui est absorbé rapi- 
dement, aussi facilement que le sulfate ; un sel qui contient 
nne quantité très considérable de quinine, et malgré cette 
double condition, est loin de produire, à un aussi haut degré 
que le sulfate, les accidents incommodes qu'on éprouve après 
l'adarinistration de ce dernier, tels que le bourdonnement 
d'oreille, le serrement des tempes, Finceititude de la marche. 
Est-ce. à dire que cet agent noaveau, du moins ea ttiérapeu- 
tique, ne. serait pas actif dans les fièvres ? Nullemcpoit, puis- 
que le tannate a été reconnu efficace. Il y a ' doouC des re- 
cherches, des expériences il faire, des observatioaisr.à recueil- 
Mr. Le quinqiiM^a était seul çmployé contre, \es fièvresf avant 
ladécouveriddeiAft quinine et de son sulfate,; et il réussissait 
sans piroduire qçs ^ccidaptsi tiizarres, cette, iyf essa jqu'on res- 
sent aprçs 1 l'jUigosUon de ce 4firnier, mé^caoïiçnt. Sans 
doute, celui-ci méritera toujours la préférence ^ans un cas 
de fièvre pernicieuse ; mais il est certain qu'on rendrait ser- 



360 L*irNION UÉDIOALB DU CÀ5ADA. 

vice à la science thérapeutique si Ton trouvait un sel quiui- 
que très absorbable et aussi curatif que le sulfate de quinine 
et n'en présentant pas, au même degré, les inconi^nients. 

Dr. Rabuteau. 
(Gazette Hebdm,) 



De l'emploi des injections intra-musculaires de chlorhy- 
drate DE MORPHINE DANS LE TRAITEMENT DU TÉTANOS. — VsrS la 

fin de Tannée dernière, M. Demarquay a fait connaître quel- 
ques résultats heureux qu'il a obtenus de l'emploi d'injections 
intra-musculaires d'une solution de morphine dans le traite 
ment du tétanos traumatique. Deux circonstances l'avaient 
porté à reprendre, mais dans des conditions un peu différentes 
et avec quelques modifications que nous allons faire connaî- 
tre, la méthode des injections sous-dermiques, déjà préconi- 
sée et employée même dans le traitement de cette affection. 
C'était, a'one part, l'insuccès constant qu'avait eu entre ses 
mains, pendant le siège, où les cas de tétanos ont été si nom* 
breux, l'emploi des médications par la voie stomacale, quelle 
qu'ait été la substance ingérée et à quelque dose élevée 
qu'elle ait été administrée. C'était d'autre part, la-considéra- 
tion des faits suivants qu'il a eu plusieurs fois l'occasion 
d'observer : 

lo Les sujets tétaniques sont très-sensibles au froid : sous 
l'influence d'un air un peu frais, les contractures deviennent 
souvent plus douloureuses et plus intenses ; 

2o. Les contractures et le trismus doivent souvent attirer 
l'attention du médecin : 1 o. à cause de la douleur qui peut 
déterminer la mort par épuisement nerveux ; 2 à cause de 
la gène apportée à la nutrition du malade. 

On ne sait point encore si le tétanos traumatique est ou 
non symptomatique d'une lésion du système nerveux. Mais, 
en attendant, il incombe au chirurgien d'agir sur le phéno- 
mène apparent, la contracture, et de la combattre : 

lo. En mettant le blessé dans des conditions favoi'ables ; 
2o. En agissant sur les nerfs et les muscles eux-mêmes. 



l'union MéDIGAXB DU CANADA. 361 

9 

La ipremiëre des conditions est remplie en plaçant le ma- 
lade dans une ckaoibre Men aérée et à température constante 
del8à20o. 

Quant à la seconde, voici de^ quelle manière M. Demar- 
quay y satisfait ; il fait, dans Tintérieur du muscle contrac- 
ture et autant que possible à l'émergence du nerf qui l'anime 
une injection de vingt à vingt-cinq gouttes de la solution 
suivante : 

Chlorhydrate de morphine 1 gramme. 

Eau distillée 50. — 

Voici ce qu'on observe à la suite d'une injection faite dans 
les mas^éters par exemple. Quelques minutes après une in- 
-jection faite profondément dans l'épaisseur des masséters, on 
voit la contracture cesser en môme temps que la douleur. 
Le malade peut avaler du bouillon, de l'eau rougie, en un 
mot se nourrir et étancher la soif qui le tourmente. 

M. Demarquay a déjà rapporté deux cas de guéridon de té- 
tanos traumatique aigu, obtenus par ce mode de traitement : 
le premier, chez un soldat ayant une blessure grave, par éclat 
d'obus à la jambe, avec déchirure profonde des muscles du 
mollet et fracture du péroné, et qui fut pris de tétanos à la 
suite d'un transport pendant lequel il eut froid ; le deuxième, 
chez un autre militaire, amputé de la jambe à la suite d'une 
blessure avec grand fracas du membre, et qui avait été éga- 
lement exposé au froid quelques jours après l'opération. 

Voici l'observation d'un nouveau cas de guérison — mais 
celui-ci de tétanos chronique — que nous devons, ainsi que 
les considérations qui l'accompagnent, à une communication 
obligeante de M. J. Girard, interne, du service. * 

M. X..., 35 ans, entre à la maison de santé le 21 février 
1872. 

Il présente tous les symptdities du tétaiios : trismus, con- 
tracture des muscles ducou, dutroûc, des memlnres inférieurs. 

Antécédents : Le 13 janvier, ce malade tombe dè^voiture ; 
plaies peu gray^Sisar le dos 4n pied droit el au milieu de la 
partie interne et supérieure de la jaml;^ .gs^uche. Panse- 
ment simple. 



362 L'xmioM XÉDIOÂLS ira outahA 

Le 21 janvier, il pMid froid, et présente peu après des 
symptômes tétairitiaes. Pendant quinze jours, dit le malade, 
je n'ai pu desserrer les dents, la tète renversée en arrière ; 
la base de la poitlrine était le siège de contractions horrible- 
ment douleurenses. 

I/es membres inférieurs étalent raides, tous les mouve- 
ments déterminaient des douleurs vives ; enfin Pinsomnie 
était complète. 

Traitement : laudanum à hautes doses ; alcool, café. 
'Le mieux était peu marqué, les douleurs intolérables, 
quand le malade quitte son département (Seine-et-Marne) et 
entre à la maison de santé. 

A son arrivée, il se plaint surtout de crampes dans les 
membres inférieurs. Les muscles grands droits de l'abdomen 
sont contractures et forment saillie sous la peau. 

Le trismus permet un écartement des mâchoirs de 1 centi- 
mètre à f centimètre et demi. Le pouls est normal. Le ma- 
lade est inquiet et abattu. 

21 février, M. Demarquay ordonne: Chambre à tempéra- 
ture constante, 18 à 20». Injection de 1 centigramme et demf 
de morphine dans chacun des masséters : boissons chaudes. 

Visite du soir : sudation modérée. Le malade ouvre plus 
facilement la bouche, il se trouve mieux. (Injection dans les 
droits de l'abdomen, au niveau de leur tiers supérieur). 

Le 22, nouvelles injections dans les muscles contractures, 
grands étroits, muscles de la cuisse, masséters. 

Le 23, les symptômes locaux s'amendent ; les symptômes 
généraux sont très-modiûés ; l'abattement a disparu. Le ma- 
lade a retrouvé le sommeil e^ mangé deux degrés. 

Nouvelles injections le 2i et les jours suivants. On pour- 
suit les ^ntraciqrds partout où elles se montrent : muscles 
de cuid907^Vi ài>6) du yeA^'^r 

Aprèslès injeetioÉi, iroiclce qu'on observe;: 

AiiWut dé deux ft éiikt thi^ateej' la dOulMr 'ce»e, puis la 
contractu^, éi qttéliJtiJbfois la peau environnant la piqûre se 
couvre de sueur. 



L'UHION XtelOALX BU OAIT^A. 363 

Le ^upe de muscles auquel appartient celui qui a été 
injecté, reste de une demi-heure à cinq ou [dix heures avant 
de présenter de nouvelles contractures, 

Enfin ces injections produisent les effets de Topium à 
haute dose ; sudation abondante et excitation de la peau. 

L'état général se modifie de plus en plus ; le malade repose, 
digère bien, n'a pas de fièvre. 

La température n'a jamais dépassé 38o. 

On a fait, en vingt-quatre heures, jusqu'à huit et dix injec^ 
tiens de un centigramme et demi de chlorhydrate de morphine. 
Bile n'ont amené aucun foyer purulent |[dans l'épaisseur des 
muscles injectés. 

ier mars. Le malade se lève durant la journée, mange 
trois portions. Dès cette époque, à part quelques recrudes- 
cences, imputables presque toujours à des refroidissements, 
le malade s'achemine vers la guérison, et quitte la maison de 
santé le 17 mars. 

On pouna objecter à ce fait que c'est un cas de tétanos chro- 
nique et que la guérison -est habituelle On pourrait dire 
aussi que les deux cas de tétanos aigu, traités et guéris par 
M. Demarquay, se seraient peut-être terminés d'une façon 
chronique, quand bien même on n'eût pas employé ce trai- 
tement 

Mais ces trois observations prouvent néanmoins : 

lo Que les injections intra-musculaires de chlorhydrate de 
morphine font cesser non-seulement la douleur, mais encore 
la contracture ; 

go Qu'elles pei^nettent de nourrir le malade, en faisant 
disparaître le trimus pour un certain temps. 

Et comme la mort dans le tétanos arrive : 1o soit par un 
accès tétanique violent, qui interrompt subitement et d'une 
manière absolue tout mouvement respiratoire : So soit par 
épuisement, conséquence de l'activité mu scuiaire continue 
de la douleury'd» l'impossilnlité de prendre des aliments, de 
f empoisonnement lent par l'acide carbonique (gêne respira- 
toire); il sera trèfr-utile d'avoir a sa disposition un médica- 



364 L UNION MiOXGALB miCAJIADA. 

ment gui fera disparedtre, môme momentanément, la douleur 
et la contracture dans un certain grolipe de muscles (masti- 
cateurs, respirateurs), et qui permettra au malade de s'ali- 
menter et de respirer. 

La lésion anatomique du tétanos n'est point connue, mais 
l'observation des symptômes démontre deux faits : 

lo La surexcitation^du pouvoir excito-moteur de la moelle ; 

2o La mise en jeu de cette propriété excito-motrice par cer- 
tains agents, dont les principaux sont le froid et la douleur. 

La contracture détermine la douleur, s'est dit M. Demar- 
quay ; la douleur provoque une excitation de la moelle, dont 
le résultat est la production de nouvelles contractures. C'est 
comme on le voit un cercle vicieux. 

Les injections de morphine agiraient en faisant disparaître 
la douleur, et partant préviendraient de nouvelles contrac- 
tures. 

Le curare produit le même résultat, par une autre voie ; 
au lieu de s'attaquer à la douleur, il empèctite les contractu- 
res par son action sur les plaques terminales motrices. 

Pas de contractures, pas de douleurs, et par conséquent 
pas d'excitation de la moelle par cet agent. 

En résumé, la température élevée et censtante, les injec- 
tions de chlorhydrate de morphine combattent deux des 
éléments qui mettent en jeu la surexcitation excito-motrice 
de la moelle, le froid et la douleur. 

(Gazette des Hôpitaux,) 



CONGRES MÉDICAL DE FRANCE. 

STATUTS ET PROORAMMB. 

Art. 1er. — ^Un congrès médical sera ouverte Lyon, le 18 
Septembre 1872. 

Art. 2. — Le congrès sera scientifique et professionnel : il au- 
ra uae durée de neuf jours. 

Art 3. — ^Le congrès se compiosera de membres fondateurs 
«t de membres adhérents. 

Seront membres fondateurs les docteurs en médecine, les 



l'union XfDIOALB DtT CANADA. 3S5 

pharmaciens, les médecins vétérinaires diplômés de Lyon et 
^es autres départements, qui en feront la demande à la com- 
mission d'organisation. Le prix de la souscription est fixé à 
15 francs. 

Seront membres adhérents les docteurs en médecine, phar 
maciens, vétérinaires, étrangers au corps médical lyonnais, 
qui enverront leur adhésion à M. le secrétaire général ( M. le 
docteur Dron, 5 rue Pizay, à Lyon). — ^Ils seronti exonérés de 
toute rétribution pécuniaire. 

Art. 4. — ^Les travaux du congrès se composeront : 

1o. De communications sur des questions proposées par la 
commission ; 

2o. De communications sur des sujets étrangers au pro- 
gramme. 

Art. 5. — La commission a arrêté le programme suivant : 

L — Des épidémies de variole. 

n. — ^Des plaies par armes à feu. 

m. — Des ambulances en temps de guerre. 

IV. — ^De la peste bovine ou typhus contagieux du gros bé 
tail. 

V. — ^Des causes de la dépopulation en France et des 
moyens d'y remédier. 

VL — Du traitement de la syphilis. 

Vn. — De la réorganisation de l'enseignement de la méde- 
cine et de la pharmacie en France. 

Vm. — Des moyens pratiques d'améliorer la situation du 
médecin et de la rendre en harmonie avec le rôle qu'il est 
appelé à remplir dans la société. 

Art 6. — Ces questions seront traitées dans l'ordre de leur 
inscription au programme. Ainsi : 

La Ire. question du programme sera traitée le mercredi 
18 ;— la 2e. le 19 ;— la 3e. le 20 ;— la 4e. le 21 (1) ;— la 5e. le 
lundi 38 ;~la «e le 34 ;— ta Te. le 25 ,wla 8e. le 26. 

(1) Le Congrès ne tiendra pas de séance le dimanche, \ mditis que rim- 
fiortancd de» travaoi à l'ordroe du Jour ne Je néoestile. 



366 L'mnon Mti^iaàu imt oah^ba. 

ArU 7/*^Le8 membres fondateurs ou s^liéreute qni désire- 
roat faine une coramunicatioa sur une des questions du pro- 
gramme ou sur un autre snj|et sont inyités à adresser leur 
travail à M. le secrétaire général au moins une semaine (10 
septembre) avant l'ouverture du Congrès. La ccmunission 
décidera de l'opportunité des communications et de Tordre 
suivant lequel elles seront faites. 

Art. 8. — Les séances du Congrès seront publiques, mais les 
membres fondateurs ou adhérents auront le droit de prendre 
part aux discussions. 

n y aura une ou deux séances par jour, suivant le nombre 
et l'importance des travaux. 

Art 9é — Chaque question n'occupera qu'un jour, et l'ordre 
du jour sera ainsi réglé : lo. lecture sur les questions du 
programme ; 2o. Discussion ; 3o. Si le temps le permet, com- 
munication des travaux laissés à l'initiaUve individuelle. 

Art. 10. — ^Le temps accordé pour chaque lecture sera limité, 
s'il y a lieu en vue de donner accès à un plus .grand nombre 
de travaux. 

Art. 11. — ^A l'ouverture de la première séance, le Congrès 
nommera son bureau, composé d'un président, de viee-pré- 
sidents, d'un secrétaire-général, de secrétairres des séances, 

Art 12. — ^Tous les mémoires lus au Congrès seront déposés, 
aprè.s chaque séance, entre les mains du secrétaire-général ; 
ils sont la propriété du Congrès. 

Les travaux du Congrès seront publiés en^ totalité ou en 
partie par les soin de la commission d'organisation. 

Le président^ P. Didat 
Le secrétaire général^ Aghillb Dron. 

ACADEMIE DE MÉDEaNE. 

Séance du 26 Mars 1 872. 

Présidence de M. Barth. 

♦ I 

RBGHBRcaaB ëuR i/jb>0Qi&B mtfaisB oij appaiuit la HBuaiu^K 

LAICIMBUSE DANS LB PLACENTA HUXAIN. — ^M. JOULIN fait SUr ÇO' 

sujet la lecture suivante : 

J'ai présenté en i866i, à l'Académie, un mémaire ayant 



pour titre vReefurehéà anatomiques iur la membmne lamineuse 
l^état du chorUm et la circuhêUm dafU le plëôenta à terme. Ce 
mémoire avait surtout pour butâ'étabUr ({ue, k terme, le eho- 
rion a disparu comme membrane continue de la face ftetale 
du placenta ; de plus, que le tissu grisfttre et résistant qui 
forme la charpente du placenta, et iestiê lequel rampant les 
gros vaisseaux de sa surface fœtale, n'est nullement le cho- 
rion, mais bien une membrane de nouvelle formation qui 
s'eèt substituée au chorion, et à laquelle j'ai donné le nom de 
membrane laminewe. 

Mon étude avait exclusivement porté sur l'organe is terme, 
mais il me restçdt à éclaircir un point : obseur de son, évolu- 
tion. • * 

Je disais, page 10 de mon mémoire : ^ Je ne^euia pas en 
mesure de déterminer exactement Tépoque où dispaiîatt le 
chorion comme membrane coiïtinue de la surface placentaire. 
U me faudra, pour cela, étudier une série de placentas aux 
différents âges de leur développement " 

Je viens aujourd'hui combler cette lacune de l'histoire de 
la membrane lamineuse. Je ne dirai rien des résultats né. 
gatifs obteoius sur des œufs trop jeunes ou trop avancés. Mes 
recherches ont été complètes sur un œuf intact parvenu à la 
dixième ou onzième semaine de 'son développement ; il était 
distendu par le liquide amniotique, et j'ai pu flaire toutes 
mes préparations en conservant son intégritô; 

Je préparai les pièces en enlevant des débris de caduque et 
toutes les villosités, qui recouvraient plus des deux tiers de 
l'œuf, de façon à laisser le chorion à nu dans toute soVi éten. 
due. Â travers cette membraae, parfaitetnént transparente^ 
on voyait le fœtus, son cordon et les vaisseaux qui en émer- 
geaint 

A cette époque de la gestation, le chorion n'a point subi la 
dépression qui précédé sa disparition ; sa surface est lisse et 
unie S^ans pétiétration dans la niasse villeuse, ékeepté sur 
quelques points Circonscrits que je vais décrire, et qifi conMt» 
tituem les premiers rudiments de la transformation du cho- 
rion et de l'évolution de la membrane lamineuse. 



\ 



368 l'union XiDIOALB JM7 OANiU>A. 

Dans le Toisûiage du point où le Cordon atteini «les mem- 
branes, on constate la présence de bandes grisâtres légèrement 
opaques, d'une longueur de qinq à huit millimètres, et au 
nombre de six à sept Elles servent de -gaines aux plus gros 
vaisseaux qui sortent du cordon, et dont la direction est la 
même qu'on observe à terme à la surface fœtale du placenta. 

Ces bandes sont situées entre le chorion et l'anmios ; ou 
les isole de ces membranes avec une certaine facilité^ en les 
soulevant sur un fin crochet. Ce sont les premiers rudiments 
de la membrane lamineuse. 

Sur le trajet de ces. bandes, on observe des renflements cir- 
conscrits, de même substance, dont l'opacité est plus pronon- 
cée. Il en existe une douzaine de volumes Ihégaux, et fai- 
sant dans la masse villeuse qu'ils pénètrent une saillie de 
trois à huit millimètres. . 

Ces renflements entraînent avec eux le chorion qui les re- 
couvre, et constituent les premières traces de la déformation 
et de la disparition du chorion comme membrane continue 
au niveau du placenta. 

Ce travail de transformation et de substitution commence 
donc de la dixième à la onzième semaine, pour se compléter 
progressivement vers la fin de la gestation. 

Ces renflements, très-consistants, ne peuvent être enlevés . 
que par la section ; ils donnent insertion aux bouquets vas-^ 
culaires que j'ai signalés dans mon précédent mémoire, et les 
villosités qui s'implantent sur ces points sont plus toufTues et 
plus vigoureuses que sur les autres parties de l'organe. 

Les bandes opaques sont réliées entre elles par des tissus de 
même nature, mais en couches beaucoup plus minces et qui 
donnent à la région une teinte opaline. La teinte opaline 
ne se voit que dans le voisinage des bandes opaques et s'efface 
à mesure qu'elle s'éloigne de leur trajet. 

La membrane lamineuse se forme donc tout d'abord sur le- 
triyet des gros vaisseaux, puis s'étend progressivement à tou. 
te la surface du placenta. Bur lesi^ufs plus jeunes on n'em 
trouve pas de trace. , .,. • 



l'union KÉDIOÀLX bu CANADA. 369 

L'examen microscopique de ce tissu- m'a fourni les mômes 
éléments que dans la membrane lamineuse à terme ; cepen- 
dant, avec les petites différences qui peuvent exister entre 
les deux phases d'un tissu en évolution et à l'état parfait. 

A terme, la membrane lamineuse est constituée par des fi- 
bres lamineuses en lames, formant des faisceaux parallèles 
qui parfois s'entrecroisent. On note, par places, des fibres 
isolées plus volumineuses ; de la matière amorphe remplit 
l'intervalle des faisceaux. Enfin on observe quelques vési- 
cules graisseuses. 

Je la dixième à la onzième semaine, on trouve également 
des fibres lamineuses, mais elles sont à tous les degrés d'évo- 
lution ; beaucoup de cellules embryoplastiques, dès granula- 
tions gj^isseuses et du tissu amorphe. ^ 

Dans mon précédent mémoire, j'avais signalé l'allantoïde 
comme l'élément régénérateur de la membrane lamineuse. 
J'ai enlevé le chorion bux un point éloigné des bandes opa- 
ques, et j'ai trouvé entre cette membrane et l'amnios ce qui 
reste de l'allantoïde sous forme d'une membrane d'une té 
nuité et d'une transparence extrêmes ; elle n'avait rien de 
l'aspect que présente l'allantoïde (ma^aréticulé) des pre- 
miers temps. Les éléments microscopiques étaient de même 
nature que dans les bandes opaques, seulement à un degré 
d'évolution encore moins avancé. Les fibres lamineuses ne 
constituent plus de faisceaux ; elles sont isolées, rares et en* 
trecroisées en divers sens, quelquea-nnes encore fusiformes. 
On voit également des noyaux embryoplastiques, du tissu 
amorphe et quelques granulatioùs graisseuses. 

Il est presque inutile de faire observer que ces éléments 
diffèrent tellement de ceux qui appartiennent aux autres mem 
branes de l'œuf, qu'on ne peut faire aucune confusion entre 
eux. 

La séance est levée à 5 heures. 



1 » 



T' '." ' .00: 



370 lIuNIOK MÉJUCkhB DU CANADA 

SOCléTi M^DICALB DB UOUTBÈékL. 

Séance du 19 juin 1872. 
Présidence du Dr. Ricard. 

Officiers présents : Drs. J. W. Mount, O. Bruneau, G. 
Grenier. 
Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Sur proposition du Dr. A. Dagenais, secondé par le Dr. E. 
P. Lachapelle, le Dr. A. Archambault, de St. Antoine, est ad- 
mis membre actif. 

Le sujet de l'Ethique Médicale étant à Tordre du jour, le Se- 
crétaire donne lecture du code adopté par l 'Association Mé- 
dicale Canadienne, lequel est discuté article par article. 

Il est ensuite proposé par le Dr. A. Dagenais, secondé par 
le Dr. 0. Bruneau, que le code d'Ethique Médicale de l'Asso- 
ciation Médicale Canadienne, soit celui de la Société Médicale 
et que tout membre qui y contreviendra s oit sujet à être cen* 
sure ou expulsé de la Société, suivant, la gravité de l'oSénce. 
—Adopté. 

Proposé par le Dr. J. W. Mouat, secondé par le Dr« Ed. 
Desjardins et résolu, que le Secrétaire soit chargé de fournir 
à chacun des membres de la Société une copie du code tel 
qu'adopté. 

Sur proposition du Dr. E. P. Lachapelle, secondé par le Dr. 
A. JLaramée, il est résolu de convoquer la prochaine assem- 
blé le Sème mercredi de juillet, à 2^ heures, p* m., dans les 
salles de l'Ecole de Médecine. 

Le Dr. A. Laramée donne avis qu'il proposesa, à la prochai- 
ne séance, le Dr, W. H. Hingston, de Montréal, et le Dr. G. 
Leroux, de St. Marc, comme jpembres actifs. 

Et la séance est levée. j 

JDlA., Gbçbg^s Gbbnibr, 

Sec-Trés. S., M. 

• ' Séance' du 17 juillet i872. 
Présidece du Dr. J. W. Mount. 

Officiers présents :— Drs. C. (X Bnmeau et G. Grenier. 

Le procis-verval de la précédente séance est lu et adopté. 



l'union HéDÎOAU Dtjr CANADA. 371 

Proposé par le Dr. A. Meunier, secondé parle Dr. P. E. 
Plante, que les Drs. W. H. Hingston (de Montréal) et G. Le- 
roux (de St. Marc) soient admis membres actifs. — Adopté. 

Le comité nommé à une séance précédente pour prendre 
les moyens de faire adopter un tarif par la Législature, pré- 
sente le rapport suivant : 

Votre comité, nommé le 27 mars 1872, pour faire rapport 
sur le tarif, a l'honneur de vous soumettre respectueusement 
qu'il approuve le tarif adopté à la dite séance, sauf la classi- 
fication qui est basée sur le chiffre des revenus. Votre co- 
mité suggère qu'au lieu de déterminer ce montant, il serait 
préférable de laisser subsister la 1ère, 2de et 3me classe, lais- 
sant au jugement d'un chacun de classifier ses clients. De 
plus, votre comité est d'opinion que la Société Médicale de- 
vrait inviter les médecins de la campagne à faire connaî- 
tre leur opinion sur le tarif qui leur conviendrait, et ce d'ici 
au premier de septembre prochain. 

G. 0. Bruneàu, M^ D., président, A. Dagenais, M. D., Séra- 
pliin Gauthier, M. D., P. E. Plante, M. D., secrétaire. 

Le Dr. C. 0. Bruneau donne ensuite lecture du tarif sui> 
vaut adopté par la Société Médicale à sa séance du 27 mars 
dernier. 

TARIF MÉDICAL. 

Ire. 2nd. 3me. 

classe classe classe 

1 0. Pour une visite de 7h. A. M. à 8h, P. M. $2.00 1 .50 1 .00 

2o. Avis au Bureau du Médecin 2.00 

3a Visite de 8h. P. M. à 1 Oh. P. M 3.00 

4o. Visite de lOh. P. M. à 7h. A. M 5.00 

5o. Détention pendant une nuit 20.00 

6o. Consultation avec un médecin ou 

chirurgien 20.00 

7o. Chaque consuliation subséquente 10.00 

8o. Consultation par lettre entre méde- 
cins •••••6C 10.00 

$0. Certificat de banté— Avis par écrit...« 10.00 
S 



1.00 


.50 


1.50 


1.00 


3.00 


2.00 


12.00 


6.00 


10.00 


5.00 


5.00 


2.00 


5.00 


1.00 


5.Q0 


2.00 



372 l'union mébioals du canada. 

t 

lOo. Certificat de décès 2.00 . 1.00 .50 

ilo. Accouchement ordinaire 20.00 10.00 5.00 

1 2o. *' avec une sage femme 20.00 1 00 5.00 

13o. Vev*sion ou application du forceps.... 30.00 18.00 5.00 

Uo. Extraction du placenta 20.00 15.00 lO.ÔO 

15o. Vaccination 2.00 1.00 0.50 

16o. Ablation des amygdales 20.00 10.00 5.00 

17o. Opérations mineures au bureau (Pe- 
tite chirurgie) 2.00 1.00 0.50 

18o. Prescription ordinaire 2.00 1.00 0.50 

19o. ^' extraordinaire 10.00 5.00 2.00 

20o. Introduction du cathéter 1er 10.00 5.00 2.00 

2to. " " 2nd 6.00 3.00 1.00 

226. Litholomie 50000 200.00 50.00 

23o. Cataracte 250.00 100.00 25.00 

24o. Pupille artificielle , 100.00 50.00 25.00 

25o. Réduction fracture de la cuisse 60.00 30.00 15.00 

26o. " " jambe et bras 30.00 20.00 10.00 

27o. Luxation de la cuisse 60.00 30.00 1 5.00 

28o. " " jambe et bras 20.00 10.00 5.00 

29o. Réduction hermie par taxis 20.00 1 0.00 5.00 

30o. Opération hernie étranglée 500.00 200.00 50.00 

31o. Amputation de la cuisse 200.00 100.00 50.00 

32o. " '* jambe et bras 100.00 50.00 25.00 

33o. Amputation doigts et ablation de pe- 
tites tumeurs 20.00 10.00 5.00 

Proposé par le Dr. F. X. Perrault, secondé par le Dr.. J^ 
Lauctôty que le rapport soit adopté et que les médecins de la 
campagne soient invités à préparer d'ici au premier de sep- 
tembre prochain, un taux de tarif qui leut conviendrait, dans 
le but de le faire adopter par la législature. Adopté. 

Proposé par le Dr. P. E. Plante, secondé par le Dr. A. Meu 
nier, qu'un comité composé des Docteurs J. E. Coderre, A. 
Dagenais, S. Gauthier, 0. Bruneau et G. Grenier, soitiormé 
pour s'enquérir et faire rapport sur les plaintes contre les 
membres qui enfreindront les règles de rétiquette et du tarif 
médical. Adopté. 



L'imiON MÉDIOALI DU CANADA. 373 

Proposé 4)ar le Dr. F. X. Perrault, secondé par le Dr. J. 
0. Mousseau, et résola que les membres de la société médi- 
cale ont appris avec regret le décès du Dr. A. Beaudet de 
cette ville, un des membres de cette société. 

Proposé par le Dr. 0. Bruneau, secondé par le Dr. S. A. 
Longtin, et résolu qu'une copie de cette motion soit transmi- 
se à sa famille. 

Sur proposition du Dr. A. Dagenais, secondé par le Dr. A. 
Vilbon, il est résolu de convoquer une séance spéciale le 
1er. mercredi du mois d'août pour la discussion du bill mé- 
dical projeté. 

Le Dr. A. Dagenais donne avis qu'il proposera à la pro- 
chaine séance les Drs. L. A. Portier (de St. Clet) et F. Filia- 
trault (de St. Alexandre) comme membre actifs. Et la séan- 
ce est levée. 

Dr. g. Grbnier, 
Sec. Très. S. M. 



ACADÉMIE DE. MÉDECINE DE PARIS. — M. lo professeur Vemeuil 
lit une Note sur la Trachéotomie pratiquée avec le galvano- 
càutère. 11 s'agit d'un homme de trente-huit ans, phthisique, 
menacé de suffocation par un rétrécissement laryngien. La 
trachéotomie fut résolue, mais l'état d'affaiblissement et d'a- 
némie profonde du malade rendait périlleuse la moindre perte 
de sang, et Thémorrhagie, si fréquente dans cette opération 
délicate, fit choisir l'emploi du couteau-cautère pour l'éviter 
plus sûrement. Cette nouvelle tentative opératoire réussit 
parfaitement. Le couteau porté au rouge-sombre pénétra 
dans la peau et en pratiqua la section complète dans l'étendue 
de trois centimètres environ. L'incision n'avait pas moins 
de deux centimètres de profondeur. Le premier anneau tra- 
chéal étant sectionné avec un bistouri boutonné, il fut facile 
d'introduire la canule, et l'opération fut ainsi complétée sans 
donner issue à plus de 40 à 50 goûtes de saog. (Rév. scientif,) 

M. Le docteur Joubert, dans une lettre adressée à l'acadé. 
mie, réclame pour M. Amussat la priorité de ce nouveau 
mode opératoire. 



374 Ii'0NIOK MÉDICALE DU CANADA. 

Le 13 Avril 1870, M. Amassât pratiqua une tr&chéotomie 
au moyen de la gai vano-caustique thermique sur un enfant 
de treize ans, ayant depuis plus d^un mois un petit caillou 
dans la trachée-artère. 

Le chirurgien traversa les téguments et la trachée avec 
une aiguille courbe portant un fil double de platine, de ma- 
nière à comprendre dans Tanse métallique 2 centimètres en- 
viron du tube aérien. Après avoir enlevé Taiguille, il saisit 
Tun des fils avec deux pinces en communication avec une 
pile, et fit la section des tissus dans Tanse, sans écoulement 
sanguin. La irachée ouverte, l'enfant dans im accès de toux 
expulsa le corps étranger. Le 21 Mai, la plaie était cicatrisée 
et Tenfant guéri de Tinflammation pulmonaire occasionnée 
par la présence du corps étranger. 

— M. Béhier fait une communicatien sur la thoracentèse. 
Ayant d'une part obtenu toujours d'excellents résultats de 
son emploi dans le traitement des épanchements pleuréti- 
ques, et d'autre part pleinement convaincu de sa par faite iuo- 
cuité, il cherche par tous les moyens possibles à vulgariser, 
à généraliser cette méthode, déjà préconisée par Trousseau. 
M. Béhier a essayé les divers appareils aspirateurs, tels que 
ceux de Dieulafoy, Regnard, Gastiaux, Thénot, et donne la 
préférence à la canule seringue de M. J. Guérin. Il termine 
en donnant le résumé de cinq observations dans lesquelles il 
a pratiqué la thoracentèse avec un plein succès. 

On a fait observer et non sans raison que le trocart de 
Reybard, muni de sa baudruche ou le trocart capillaire 
conseillé par Blachez constituent une instrumentation suffi- 
sante pour les cas ordinaires et ont l'immense avantage d'être 
dans la trousse de tous les praticiens. 

— M. Tillaux lit le résumé d'un mémoire intitulé : Recher- 
ches cUnifues et expérimentales sur les fractures malléolaires. 

lo On comprend à tort sous le nom de fractures du péro- 
né un certain nombre de désordres résultant d'un mouve- 
ment anormal du pied qui peuvent porter sur la malléole in- 
terne et sur le corps du tibia lui-même. 



L'UJflON MtolOALB BU OAIIADA. 375 

2o Ces désordres doivent être réunis sous le nom généri- 
que de fractures malléolaires. 

30 lies fractures malléolaires se produisent presque tou- 
jours dans un mouvement d'adduction ou d'abduction du 
pied, mouvement qui ne saurait exister sans un degré de 
projection de la pointe du pied en dedans ou en dehors. 

40 Le mouvement d'adduction forcé du pied peut produire : 

a L'arrachement de la malléole externe seule : 

h Cet arrachement avec éclatement de la malléole interne : 

c Ce même arrachement avec fracture susmalléolaire 
tranversale du tibia La luxation de la tête du péroné peut 
se substituer à l'arrachement de la malléole externe pour 
produire cette fracture transversale. 

50 Le mouvement d'abduction produit : 

a. L'arrachement, soit des ligaments latéraux internes, soit 
de la malléole elle-même ; 

h. Consécutivement la fracture du péroné avec plus ou 
moin^ d'intégrité des ligaments péronéo-tibiaux inférieurs. 

60 De l'intégrité de ces ligaments péronéo-tibiaux inférieurs 
ou de leur arrachement du tibia résulte le degré de luxation 
du pied en dehors. 

7» Le péroné ne peut céder dans les fractures par abduc- 
tion que si les ligaments internes ou la malléole interne ont 
été préalablement brisés. — (Séances des 16 ef 23 avril.) 



DES APPLICATIONS DE SULFATE DE FER DA.NS LA PHLEGHATIA ALBA 

DOLENS, par le docteur W. Crighton. — Ce sont les succès que 
Velpeau a obtenus du sulfate de fer dans le traitement de l'é- 
rysipèle qui ont encouragé l'auiieur à essayer le médicament 
dans la phlegmatia alba dolens. Voici comment il procède : 
Il fait, sur le membre malade, des a{^licatioas aussi chau- 
des que le patient peut les supporter d'une solution de sulfate 
de fer de un gramme à un gramme et demi dans une once 
d'eau ; 11 emploie dans ce but des éponges imbibées de solu- 
tion et maintenues lâchement fixées autour du membre au 
moyen de rubans de fil. Ce traitement externe est aidé d'un 
traitement interne qui consiste d'abord dans l'administration 



376 l'union médioale dv oanada. 

d'un purgatif, et ensuite dans Tusage de la teinture de chlo- 
rure de fer, soit seule, soit associée à la quinine. 

Dans tous les cas soumis aux moyens précédents, c^est-à- 
dire chez cinq ou six malades, ^la guérison.fut heureuse et 
rapide ; dans un seulement, vers le dixième ou douzième jour, il 
restait encore de la dureté des troncs veineux superficiels ; les 
parties reprirent bien vite leur état normal sous Tinfluence 
d'un Uniment avec parties égales de belladone et d'iodure de 
potassium. 

M. Grighton pense que les sels de fer agissent comme an- 
tiseptiques en neutralisant l'infection de l'économie produite 
par l'entrée de matériaux nuisibles dans le torrent circula- 
toire ; à cette action générale vient s'ajouter une action loca- 
le sur les parois vasculaire§, par diffusion du médicamment 
à travers la peau et les tissus sous-jacents jusqu'aux veines. 
Cette action, suivant l'auteur, est probable, si l'on songe que 
la phlébite commence toujours, ainsi que l'a démontré Ar- 
nolt, par l'extérieur du vaisseau, alors môme qu'elle est pro- 
voquée par un corps irritant placé à l'intérieur. 

Quoi qu'il en soit de cette explication, les faits de M. Grigh- 
ton sont à ajouter à ceux qui montrent l'heureux parti qu'on 
peut tirer de l'application externe des médicaments ; on 
peut rappeler à ce propos que le docteur Ghristison a pu faire 
résorber complètement des ascites et des anasarques, dans 
l'afTection de Bright, par l'application sur les parties malades 
de compresses imbibées d'une décoction de trente grammes 
de poudre de feuilles de digitale sur six cents grammes d'eau 
bouillante. (Britlsh médical journal^ octobre 1871.) 

EMPLOI DU BROMURE DANS LES HYD&OPISIBS, par IC dOCteur J. 

G. Thomas.-— Gomment les bromures agissent-il dans ces cas ? 
L'auteur ne le sait ; il constate seulement qu'ils augmentent 
la sécrétion de l'urine et qu'ils font rapidement disparaître les 
effusions séreuses. M. Thomas a pu s'assurer du fait dans 
un grand nombre d'hydropisies de nature différente. D^ns 
plusieurs cas d'ascite avec anasarque, il a vu la résorption 



L'umON MiOICALB DU CANADA. 377 

se produire en un très-court espace de temps et la même ob- 
servation a souvent été faîte par plusieurs de ses confrères 
qu'il avait engagés à expérimenter le médicament. 

Voici uu exemple de ces heureux effets du bromure : 

Pendant Phi ver de 1869-70, l'auteur eut à soigner dans son 
service de l'hôpital de Savannah, un jeune homme de 27 ans, 
d'une bonne constitution et atteint de maladie de Bright ; il 
avait commencé à perdre ses forces et son embonpoint six 
mois auparavant, et il y a un ou deux mois que les pieds et 
Tabdômen avaient commencé à s'infiltrer. A son entrée à 
l'hôpital, l'hydropisie était général ; les poumons étaient œdé- 
matiés ; il y avait de l'oppression, et l'état était si grave que 
la mort paraissait imminente. Gomme tous les moyens ten- 
tés jusqu'alors avaient échoué, M. Thomas songea à essayer 
Je bromure de potassium, sur l'avis de son assistant, le doc- 
lour Newman ; 50 centig furent ordonnés toutes les trois 
honres jusqu'à effet sensible. 

Dès la première dose un mieux se manifesta, et, peu de 
jours après, le malade se levait et se promenait, les jambes 
étaient presque complètement revenues à leur état normal, 
et l'abdomen avait très- sensiblement diminué. L'usage du 
bromure fut continué pendant plusieurs semaines, et le pa- 
tient fut renvoyé très-amélioré, sinon complètement guéri. 
L'urine n'était presque plus albumineuse et ne contenait plus 
de cylindres, ni de débris épithéliaux. (The Médical record^ 15 
janvier 1872.) 



De l'arsenic dans la leucorrhée et la ménorrhaoie, par le 
docteur J.-H. Aveling. — L'arsenic était employé comme mé 
dicament par les Grecs, les Romains, les médecins arabes et 
même les Chinois ; cependant son usage en Angleterre est 
de date récente ; c'est Powler (1786) qui en a vulgarisé l'em- 
ploi. Depuis, Hill (1809) a écrit &ur cette substance, mais son 
administration dans les cas de leucorrhée et de ménorrhagie 
est plus récente. 

En 1834 et en 1838, le docteur Henri Hunt vit la liqueur 



978 L*imiON HÉDXOALS DU CAHABA. 

arsenicale diminuer les douleurs du cancer de l'utérus ; plus 
tard sir Chyles Loçack ayant vu une ménorrhagie guérie 
par Tarsenic chez une femme gui avait pris ce ipiédicameni 
pour des troubles du nez. et le docteur Hunt ayant constaté 
le même fait chez une jeune fille qui prenait de l'arsenic 
pour une affection cutanée, on eut l'idée d'administrer ce re- 
mède dans les cas de leucorrhée et dans ceux de règles 
profuses 

Parmi les gynécologistes qui suivirent cette pratique, on 
peut citer Courty, Begbie (1858), sir James Simpson, Hardy, 
Barne«, Tilt, Wells, etc. L'auteur adopte complètement cet- 
te manière de faire ; il pense qu'il vaut mieux administrer 
l'arsenic à petites doses et en continuer longtemps l'usage, 
comme le veulent Hunt et James Simpson, que de donner 
d'emblée de hautes doses sans prolonger l'emploi du remède, 
comme le recommande Aran. Voici comment procède M 
Aveling : il se sert de la liqueur de Fowler ou des granules 
d'acide arsénieux, à un milligramme ; il commence par trois 
granules par jour à prendre au commencenient des repas ou 
par deux ou trois gouttes de liqueur. Il est bon, dit-il, de 
^ suspendre de temps à autre la médication pendant un court 
espace de temps et de ne la cesser que progressivement. Tant 
que le médicament est toléré, on le continuera en augmentant 
légèrement les doses de un à deux milligrammes tous les 
quinze jours ; comme le premier symptôme de l'intolérance 
est un certain degré d'irritation des conjonctives, c'est sur la 
présence ou l'absence de ce signe qu'on se guidera pour sa- 
voir si l'on doit continuer à augmenter ou arrêter l'adminis- 
tration de Tareeiiic. 

L'arsenic parait agir comme tonique excitant de^ vaso-mo- 
teurs ; c'est donc un anticoxxgestif^ il décongestionne les vais- 
seaux de l'utérus, aussi doit-il être employé surtout contre les 
leucorrhées et les ménorrhagies qui sont dues à un état hy- 
perémique de l'organe ; dans ces cas l'utérus est augmenté 
de volume, il est ramolli, habituellement il est plus sensible 
au toucher, sa couleur est d'un rouge plus foncé qu'à l'état 



* 



• 



l'union MÉDICALE DU CANADA. 379 

naturel et à l'autopsie ses vaisseaux sont dilatés, et l'aspect 
rouge de l'organe disparait facilement par le lavage. 

X^e premier effet du médicament est de rendre plus longues 
les périodes intern^nstruelles. Les malades sont réglées 
moins souvent et moins longtemps. Bientôt aussi la quanti- 
té de sang perdu diminue et les menstrues se régularisent 
comme quantité et comme durée. Les effets de l'arsenic sur 
la leucorrhée ne sont pas moins évidents, et comme celle-ci 
s'accompagne habituellement d'un certain degré de conges- 
tion utérine, il est probable que c'est en décongestionnant 
l'utérus que le remède ici agit encore. L'auteur rejette donc 
l'opinion de Courty, qui veut que l'arsenic ne rende des ser- 
vicesdans les affections utérines que dans les cas d'herpétis- 
me. — [Jthe British médical journal^ janv. 1872.) — Lyon Médical. 



9 

Chlorure de potassium. — Le docteur Lander emploie ce 
sel à la place du bromure de potassium dans l'épilepsis ; il 
lui trouve les avantages d'être plus actif, de coûter six fois 
m.oin8 et de ne pas avoir les inconvénients des effets secon- 
daires du bromure de potassium. Il commence par de peti- 
tes doses, mais il a pu continuer sans fâcheux effets le médi- 
cament pendant plusieurs mois, à des doses quotidiennes va- 
riant entre 3,50 et 5 grammes 50. Suivant l'auteur, le bro- 
mure de potassium se transforme en chlorure dans l'estomac ; 
c'est une raison de plus de l'administrer d'emblée sous cette 
forme. — L M. 



Cataplasmes d'iodure d'amidon. — Ces cataplasmes ont de 
très heureux effets sur les ulcères de mauvais aspect ; on les 
prépare de la manière suivante : prenez deux onces d'amidon, 
délayez avec six onces d'eau bouillante, de manière à faire 
une gelée ; ajoutez alors, avant le refroidissement, une demi- 
once de teinture d'iode ; on peut alors s'en servir. — L M. 



Traitement des condylomss. — Le docteur Boise détruit ces 
petites tumeurs ave.c Tacide carbolique pur liquide ou en so- 
lution très-concentrée ; 11 étend le caustique sur le néoplasme 



380 L*tTNION MÉDICALE T>V OANADA. 

avec un pinceau, en ayant soin de ménageries parties voisi- 
nes ; souvent, après un seul attouchement, la tumeur devient 
dure et blanchâtre ; elle se momifle dans toute son épaisseur 
et elle tombe sans laisser d'ulcération. Ce mode de traite- 
ment est presque indolent ; il ne produit aucune inflamation 
si les parties voisines ont su être préservées, et la guérison 
ainsi obtenue est radicale. 



M. DEMARQUEZ SUR L'ASPIRATION DANS LA RÉ 

DUCTION DE LA HERNIE. 

A l'Assemblée de l'Académie de Médecine du 2t mai, Mr. 
Démarquez présenta un homme âgé de 21 ans, chez lequel il 
avait réduit une hernie inguinale congénitale étranglée au 
moyen de l'aspiration. Le 5 mai une tumeur parut dans 
l'aine gauche accompagnée de douleurs sévères et de vomis- 
sements qui persistèrent le jour suivant. 

Au bout de vingt quatre heures, il fut amené à la maison de 
santé de Paris, où on enj ploya le taxis sans succès. On appliqua 
de la glace pendant les 12 heures qui suivirent, et c'est alors 
que M. Démarquez vit le patient. Ses traits avaient subi une 
grande altération et la fièvre s'était allumée. On constata une 
hernie inguinale congénitale étranglée d'un fort volume et 
M. Démarquez songea à d'autres moyens qu'à l'opération, 
n'ayant jamais réussi par ce dernier procédé dans cette forme 
de hernie. Il employa d'abord soigneusement le taxis, après 
avoir mis le patient sous l'influence d'un profond sommeil et 
«'étant persuadé de l'inefficacité de ce moyen il se détermina 
à essayer la sortie des liquides intestinaux au moyen de l'as- 
piration. Un fin trocard fut introduit dans le centre de la 
tumeur et, par le moyen de l'aspirateur de Potain, on tira'à 
peu près 120 grammes de liquide intestinal. La tumeur dis- 
parut complètement et, le trocard ayant été enlevé, on laissa 
écouler quelques minutes sans toucher à la tumeur, afin 
d'observer si de nouveaux liquides ou gaz entreraient dans 
l'intestin étranglé. La tumeur ne se reproduisit plus et une 
très légère pression d'en haut suffit pour amener le retour de 



■ • 



L UNION MtDI OALB DU CANADA 381 

Tintestin dans la cavité abdominale. Le patient fut tenu en 
Tepos, à une diète sévère, en lui administrant de petites doses 
«d'opium. Aucune mauvaise conséquence ne s*en suivit. M. 
Démarquez regarde ce cas comme frappant et il propose d'ap- 
pliquer ce nouveau mode de traitement, lo. A toutes les 
hernies congénitales et à toutes les hernies récentes qui s'é- 
tranglent au moment de leur formation. 2o. Aux vieilles 
hernies qui étaient parfaitement réductibles quelques jours 
avant leur strangulation et dans les larges hernies ombilica- 
les qui ont été récemment étranglées. 3o. L'aspiration qui a 
pour objet de faciliter l'emploi du taxis doit être employée 
seulement dans la première période lorsqu'on est certain que 
l'intestin est encore inaltéré et capable de reprendre ses fonc- 
tions. — Lond, Med, /. 

CONTAGION DE LA VARIOLE. 

Lecture faite devant l'Union Catholique (Séance du 19 Mai 
1872) par le Dr. Georges Grenier, licencié du Collège des Méde- 
-cins et Chirurgiens de la Province de Québec, ex-président 
de l'Institut Médical, Médecin de THôtel-Dieu et du Dispen- 
saire de la Providence, démonstrateur d'anatomie à l'Ecole 
de Médecine et de Chirurgie (Faculté de Médecine de l'Uni- 
versité Victoria, Montréal), auteur, du Mémorial Thérapeuti- 
que du " Guide Pratique des Sœurs de Charité ", etc., in 18, 
pp. 56. — Montréal, Typographie Le Nouveau-Monde. 

Ce travail lu devant l'Union Catholique a été publié sous 
les auspices de cette Société qui a cru rendre un service à la 
population, en mettant les excellentes idées qu'il renferme à 
la portée de tous. 

Après avoir parlé des ravages exercés par cette redoutable 
épidémie depuis plusieurs mois, l'auteur commence d'abord 
par prouver le caractère contagieux de la variole et cite de 
nombreux evemples pour démontrer qu'elle se communique 
de toutes manières : par inoculation, par simple contact, par in • 
halation. Il énumére les circonstances qui favorisent la 
Iransmission du virus varioleux et insiste particulièrement sur 



S82 l'union MiDIOALE Dtr OJiNADA. 

les dangers des concrétion varioliques qui se forment sur 
la surface de la peau, lors de la dessication des pustules, et 
qui sont les véhicules les plus puissants pour propager la ma- 
ladie. 

Il examine la nature intime du virus et cite les différentes 
théories qui attribuent les maladies contagieuses à des subs- 
tances organiques altérées, à des ferments ou à des germes vi- 
vants suspendus dans Tatmosphère. Puis, touchant la par- 
tie pratique, il recommande, comme moyen préservatif, la 
vaccination. 

Il appuie spécialement sur les moyens hygiéniques à adop- 
ter dans rintérieur des familles lorsque la maladie s'y décla- 
re : l'isolement du varioleux, l'enlèvement des meubles super- 
flus, les précautions à prendre par les garde-malades et la pros- 
cription des visites inutiles. Ensuite, il recommande l'usa- 
ge des désinfectants tel que le chlorure de chaux, l'acide car- 
bolique, etc., mais il prise hautement les deux agents les plus 
efficaces : l'air et l'eau, la ventilation dans le but d'empêcher 
la contagion chez les autres et de contribuer à la guérison du 
malade lui-môme, et les bains tièdes, pendant Ja convales- 
cence, pour débarrasser la surface de la peau des concrétions 
morbiflques qui y sont attachées. Il recommande aussi, en 
s'appuyant sur de grandes autorités, le traitement réfAgérant 
de la variole. 

Il termine en faisant un appela l'action individuelle néces- 
saire pour mettre un terme à l'épidémie. 

Nou3 devons féliciter M. le Dr. Grenier sur fexcelleuce de 
son travail, et nous avons la certitude que cdtte lecture 
portera ses fruits et que les excellentes suggestions qu'elle 
renferme auront un retentissement profitable è la population 

Les travaux de ce genre doivent être bien accueillis par les 
médecins, car, en détruisant les préjugés qui existent dan» 
le publique, ils facilitent leur tâche auprès des malades. 

Dr. Lâbamée 



L'tmiOK XfDiOAIiB BtJ OAXfJLÙA. 383 

THÉRAPEUTIQUE CHIRURGICALR 

ou PANSEMENT DES PLAIES PAR l'OCCLUSION INAMOVIBLE, PAR 

M. Viennois. 

««MMAiRB. — Deroccluaionmamovibie, ou deJa combinaison de l'inamoribU 
lité et de roccluaion pour obtenir la cioatrisation des plaie8.~^Impoi^ 
tance de l'immobilisation des pansements ouatés dans de vastes ban- 
dages iilicatés. — ^LMmmobilité des moignons ou des parties lésées ne 
peut être complète nue dans des appareils inamovibles. — Effets de 
Vinamovibilité sur ! s processus de réparation des plaies récentes et 
des collections purulentes aiguës ou cbroniques.-^Son utilité pour ob- 
tenir la réunion immédiate, pour calmer les douleurs et pour (i^minuer 
la suppuration. — Cicatrisation sous-cru stacée de certaines plaies trai- 
tés par Tocslusion inamovible. 

Dans une première note insérée - dans la Gazette Hebdoma- 
daire du 22 décembre 1871 sur les pansements isolants et an- 
tiseptiques, j'ai fait connaître les modifications que M. OUier 
a apportés au pansement ouaté de M. Alphonse Guérin et qui 
consistent principalement dans l'addition de Finamovibilité 
à Tocclusion. Cette méthode de pansement, que M. Ollier 
appelle occlusion inamovible^ et dont il a exposé les principes 
le 12 février dernier à la Société de médecine de Lyon, a 
fourni déjà de si heureux résultats que je crois utile de les 
faire connaître dès aujourd'hui. Appliquée aux plaies d'am- 
f ûtations, aux traumatismes graves des membres, aux plaies 
articulaires et aux diverses plaies en général, elle nous a 
paru non-seulement avoir les avantages que M. Alpouse Gué- 
rin a si justement attribués au pansement ouaté, mais encore 
des avantages spéciaux que Timmobilité absolue de la plaie 
peut seule réaliser. Ayant pu suivre quarante et quelques 
plaies traitées par ce"tte méthode, nous croyons pouvoir dire 
que, grâce à la combinaison rationnelle de l'occlusion ouaté 
et des appareils inamovibles, le pronostic des plaies, notam- 
ment de certaines plaies graves des membres, et surtout des 
plaies d'amputation dans les millieux infectés, nous parait 
devoir changer complètement. Les chirurgiens des hôpitaux 
peuvent éviter dorénavant ces accidents, qui ont été jusqu'ici 
leur terreut et les ont souvent empêchés d'exécuter dans les 




384 l'union médioalb du canada 

millieux hospitaliers les opérations les plus rationoelles d'ail- 
leurs (1). 

Uocclusion inamovible repose sur deux principes essentiels 
et d'égale importance : !<>. l'occlusion par le coton, telle quo 
l'a préconisée H. Alphonse Guérin, pour mettre les plaies à.v 
l'abri des germes infectieux ; 2» l'immobilité complète, abso- 
lue, permanente de la région blessée dans un bandage silica- 
te enfermant toutes les parties dont les mouvements peuvent 
influer d'une manière quelconque sur les tissus divisés. Les 
magnifiques succès qu'a obtenus M. Alphonse Guérin dans 
ses amputations, pendant le deuxième siège de Paris, ont 
montré toute la valeur de la ouate comme moyen d'occlusion,. 
En parlant d'occlusion ouatée, nous allons contre la théorie 
de M. Alphonse Guérin, qui considère la ouate non pas com- 
me une barrière à l'air, mais simplement conmie un filtre de 
ce fluide. Nous n'avons pas l'intention d'aborder ici la dis- 
cussion théorique, mais quelque incontestables que soient, 
les faits expérimentaux (Pasteur^ Pouchet, Tyndall) sur les- 
quels s'est appuyé M. Alphonse Guérin, nous ne comprenons^ 
guère la filtration de l'air à travers des couches de coton, 
très serrées et épaisses de 8 à 10 centimètres. Nous insiste- 
rons d'autant moins sur le côté doctrinal que la théorie de 
l'occlusion explique les faits chirurgicaux d'una manière sa- 
tisfaisante, et que malgré les objections théoriques que sou- 
lève l'idée de la filtration de l'air, et le rôle des germes infec- 
tieux dans la production de certains accidents des plaies, les 
faits cliniques n'en subsistent pas moins. Quelques précau- 



(1) Je crois devoir rectifier une faute d'impression dans mon premier ar- 
ticle, relative aux proportions d*huile et d'acide phénique pour les bains 
ou les irrigations i^uileuses. On me fait dire que la proportion d'acide phé- 
nique est de 50 pour 100, c'est, 50 pour 1000 qu'il faut lire ; et, comme cette 
proportion est notablement différente il est utile de corriger une erreur que 
pourraient commettre ceux qui suaient dans l'intention de répéter ces es- 
sais. Cette erreur est d'autant plus importante que nous pub lirons bien- 
tôt des obseivations et des expériences démontrant les dangers de l'acide- 
phénique en application sur la peau saine ou employée dans le pansement 
des blessures. 



l'union médicale du CANADA. 385 

lions que Ton prenne, on enfermera toujours quelques ger. 
mes entre le coton et la plaie : Tair pur des hautes monta- 
gnes lui môme ne serait pas à Tabri de tout reproctie contre 
la présence de certains germes. Mais cette privation abso- 
lue des germes ne nous parait pas indispensable ; l'important 
est qu'il ne puisse pns s'en développer par l'abord incessant 
de l'air vicié,, et sous ce rapport le bandage ouaté, quand on 
a eu soin de désinfecter la ouate par les vapeurs phéniquées 
ou par l'interposition de quelques couches imbibées d'une so- 
lution phéniquée, nous parait réunir des conditions suffisan- 
tes de succès. 

Quelque soit du reste la théorie véritable, l'idée d'envelop- 
per les membres dans d.3s couches d'ouate très épaisses, ra- 
rement renouvelées, et qui appartient à M. Alphonse Guérin, 
nous permet de réaliser la première indication fondamentale 
dans le pansement des plaies. Quant à la seconde indication 
qui consiste à immobiliser le membre ou la région malade 
d'une fagon aussi complète que possible, elle ne peut êlre 
réalisée que par l'appareil silicate, ou tout autre appareil fa- 
cilement solidiflable. M. Ollier préfère le silicate de potasse 
à cause de la commodité de son emploi et de sa légèreté ; on 
le manie plus facilement que le plâtre, et il immobilise tout 
aussi bien. Avec le plâtre, on serait obligé de faire des ap- 
pareils monstrueux. L'enveloppe silicatée fait par-dessus la 
ouate une nouvelle couche occlusive ; mais comme cette oc- 
clusion a l'inconvénient de maintenir une humidité trop 
grande autour de certaines régions, en empêchant Tévapora- 
tion des liquides de la plaie, il est bon, si l'on a lieu de soup. 
çonner la production abondante de sérosité et de pus, de le 
perforer en divers points après sa dessication, sans toucher à 
la couche ouatée. L'immobilité n'en subsiste pas moins avec 
tous ses avantages et le coton reste sec au-dessus. M. Ollier 
recommande ces perforations depuis qu'il a trouvé des moi- 
sissures dans un bandage resté trente-deux jours eii pîace ; la 
plaie fut trouvée très belle, mais la peau saine du pourtour 
de la plaie était excoriée et comme macérée sur une certaine 
étendue. * ' 



386 l'union IciDICALB DU CANADA. 

Par Tocclusion inamovible, la chirurgie des champs de ba- 
taille nous parait devoir être considérablement modifiée. 
Avec de la ouate et des bandes solidiflables, on pourra faire 
la plupart des premiers pansements qu'exige les plaies des 
membres par armes à feu. On s'en servira pour transporter 
dans les hôpitaux fixes les amputés et les blessés à indication 
douteuse pour lesques il n'est pas nécessaire d'intervenir im- 
médiatement. Tous ceux qui ont pu voir dans la dernière 
guerre les difficultés de ce service des ambulances volantes, 
se rendront compte du changement que l'occlusion inamovi* 
ble pourra apporter dans la chirurgie d'armée, dès que les 
fourgons d'ambulance seront garnis d'une grande quantité de 
coton suffisante. C'est dans des cas semblables que l'immo- 
bilité joue le principal rôle, et comme elle est sans danger, 
grâce à l'épaisse couche d'ouate que contient l'appareil ina- 
movible, elle devra être employée, pour peu qu'il reste des 
chances sérieuses de conserver le membre. Il ne fant pas 
oublier toutefois que les plaies par armes à feu, et surtout 
par les gros projectiles, quand elles s'accompagnent de con- 
tusions profondes et étendue, sont exposés à la gangrène hu- 
mide et à la septicémie aiguë, et que l'occlusion inamovible 
ne pourrait pas prévenir ces terribles accidents ; ce n'est que 
pour les écrasements des doigts de la main ou du pied qu'on 
pourrait sans danger courir les chances de la mortification. 

Nous avons vu récemment dans le service de M. OUierdes 
écrasements de la main qui semblaient devoir exiger l'ampu- 
tation au moins partielle de cet organe. Les os brisés^ les ar- 
ticulations ouvertes se sont couverts sous le bandage d'une 
couche granuleuse, sans qu'il se soit produit des fusées §t de 
l'arthrite purulente. Les articulations et les gaines se sont 
oblitérées, et, ce qu'il y a de plus important au point de vue 
des plaies contuses, les portiena de doigts et les fragments 
d'os mortifiés ont pu rester un mx)is sow.le bandage sans oc- 
casionnner d'accidents, et au premier examen de la plaie oa 
les retrouvait presque complètement jdét^hés.des parties sai- 
nes, mais sans décomposition putride. Elles exhalaient seu- 



L'imiON HÉDIOAI/B DU CANADA. 387 

lement ane odeur faisandée très pronoDCée, très-désagréable 
mais différente de celle de la putréfaction à l'air libre. 

L'immobilité nous parait surtout avantageuse pour calmer 
les douleurs, limiter la supuration des plaies et prévenir les 
décollements des parties voisines. C'est à ce point de vue 
que la supériorité de Vocclusion inamovible nous parait incon- 
testable. 

Si Ton se contente d'enfermer certaines plaies et les divers 
moignons dans des masses de coton entourées de bandes sou- 
ples, les malades accusent toujours quelques douleurs. Ajou- 
tez un bandange silicate et les iouleurs cessent, et cessent 
définitivement) lorsque le bandange est sec, ai le bandage a 
été bien fait et embrasse une partie du corps suffisante pour 
rendre la plaie absolument immobile. Dans les amputations 
du membre supérieur, il faut prendre Tépaule dans le ban- 
dage et le bassin, dans les amputations du membre inférieur; 
même poux les amputations de la main et du pied, il faut 
prendre la partie correspondante du tronc. 

Nous avons vu il y a quelle temps combien cette immo- 
bilité était nécessaire. Plusieurs malades, qui se trouvaient 
un mois après leur opération en assez bon état pour que M. 
OUier crût pouvoir se dispenser de renouveler le bandage 
silicate, ont reclamé au bout de deux ou trois jours une nou- 
velle immobilisatiou avec l'appareil silicate. 

Parmi les faits qui ont pu nous permettre d'apprécier exac- 
tement la valeur de l'immobilisation, nous citerons celui 
d'un amputé de cuisse où l'épreuvre et la contre-épreuve ont 
pu être faites avec toute la rigueur nécessaire. Ce malade, 
âgé de cinquante et un ans, atteint d'une ostéo-arthrite du 
genou, miné par la fièvre hectique et des douleurs incessan- 
tes, avait été opéré dans les plus mauvaises conditions. Pen- 
dant quatre semaines après son opération, il avait goûté un 
bien-être qui lui était inconu depuis longtemps. Au bout de 
quinze jours il avait pris de Fappélit et se refaisait à vue 

d'œil. 

A continuer, 
4 



388 l'dmion médicale du canada. 

DISPENSAIRE SAINT JOSEPH. 

11 Juillet 1872. 

Du 1er Avril au 31 Juia dernier 1004 patients reçurent des 
soins à cetu? institution. De ce nombre 156 hommes et 486 
femmes. U's prescriptions remplies s'élevèrent au nombi'e 
de 362. 



Lis IVOUVELLBB FACULTÉS MÉDICALES FRANÇAISES. — Selon le 

journal La France^ le ministre de Tlnstruction Publique est à 
préparer un Bill pour la réorganisation complète de Péduca- 
tion médicale. Il se proposera de maintenir les présentes fa- 
cultés médicales à Montpellier et à Paris, donnant quelqu'ex- 
tension à cette dernière et créant de nouvelles facultés à 
Bordeaux, Lyon, Nartes, Lille et Nancy. — Gaz, Méd. 25 Mai. 



NAISSANCE. 
A Rigaud, le 18 juillet, la dame de G. &(adore» M. D., un His. 



MARIAGE. 

A Muskinongé, le 18 Juin par le Révd. J. Agapit L "gris, Secrétaire du 
diocèse des Trols-Rivières, et frère du marié, Charles Henri F. X. Legris, 
Bcr., M. D., de Ste. Monique, à Délie. Marie Philomène PhiUe Giroux, de 
Masicinongé. 



&SSOOUTION MEDICALE CINADIENNE. 



LA CINQUIÈME ASSEMBLÉE ANNUELLE de rASSOCIATION 
MÉDICALE CANADIENNE aura lieu MERCREDI, le ONZE SEPTEM- 
BRE prochain, dans la cité de Montréal. Le Président prendra le fauteuil 
à 10 heures, A. M. 

A. H. DAVID, M.D. Gd. D.C.L., 

Secrétaire-Général. 
Montréal, 1er Août 1872.— di 



TABLE DES MATIÈRES. 



L'acte médical projeté, J. P. Rottot 341 

Correspondance parisienne, A. T. Brosseau 346 

De la saignée dans le traitement de Tapopléxie, Dr. S. A. 

Longtin 349 

Sur la tannate et la gallate de la quinine 353 

De remploi des injections intra-musculaires de chlorhy- 
drate de morphine dans le traitement du tétanos 360 

Congiès médical de France 364 

Recherche sur Tépoque précise où apparaît la membrane 

lamineuse dans le placenta humain 366 

Société Médicale de Montréal ' 370 

Académie de Médecine de Paris > 373 

Des applications de sulfate de fer dans la phlegmatia 

alba dolens 375 

Emploi du bromure dans les hydropisies 376 

De Tarsenic dans la leucorrhée et la ménorrhagie 377 

Chlorure de potassium 379 

Cataplasme d'iodure d'amidon 379 

Traitement des condylomes 379 

Mr. de Marquez sur Taspiration dans la réduction de la 

hernie 380 

> 

Les nouvelles facultés médicales françaises 381 

Dispensaire de St. Joseph 381 

Thérapeutique chirurgicale 381 



On s'abonne a VCnion Médicale au Bureau de La Minerve, Nos. 
212 et 214, Kue Notre Dame coin de la Rue St. Gabriel. 

Toute oorrespondance devra être adressée à Tun des Rédacteurs' 
à la Boite 942, Bureau de Poste. 



Wm.RWARNER&Cie. 



MANnPAOTUBIKBS Dl 



^ïïttles xtcmMts m sittn. 

154, Rue IVcrIh third, 

PHILADELPHIE. 

Expédiées par la malle sur le reçu du prix du cala, 
logue. 



Pilnles lodoform et Ferri de Warner. 

(Voyei à 09 <iue cbtque bouteills porte notre marque de commerce et n'ac- 
ceptez aucun substitut de qualité iurerieura.) 
4}«s rtlnles sont ■■ tonique et nn «lter&n( paU»nt, recoansn- 
dBblei airtont dans Ix 

SGigFH», l'iSBHIK U NBTBILGE, Li CfllORflSE, etc. 

PRIX Ï3.ÏÔ PAR 100. 

Honi dsoDoni d-d«WDni nu esan titnlld'un rappoit dv la lodiLi mMIula ilu umMdi 

IrfibUh, Ml qsB pablll lUm Iss tnnuoUiina ilsUioclèU iiiMI»l< Qe FdDsTlnniï, en Juin. 

bHDCoupde'dIlicnlUi* ablAolr du ïrinulitloiiB da banne utnn ; ellsi aralïnt ao« Un- 



^i 



CDpMIODCMDraatLina. On u ptm ^^tretcalr aiuiiiu frsH it la midaja» •( /n pacimu jBait 
Dspato, ]'af trait* dani «ulrei caa, l'on dal»nt dB trol» « rantro d« (initro ans avec ta 
ntau rinltaL Js mit comalncn de roBic»cii* da raniMe" 

P. U. BICH&BD, PréÊ. df OnrniU it StaUi. 

Expédiées par la mallo sur le reçu du prix du catalogue. 

PIL: PHOSPHORUS COMP. 

PHOSPHOEE Di CflDtièine de rriin. Kit. NOIX TOHIQIIE nn qnsrt de rnii. 

PRIK $2.00 PAR CENT. 

La pbaapbora cootutntt un dei tlémenU importanta da L'éoonainl a knlmsls. >drt«tt dv 
wrreaii et du ijatâUB narreaKt et on la ragaida comme an remède préolaax danalei maladlai 
de ces organea, talleiiinB : nBrt«ilemfaiiolre,rmmiilllnemei H du saiTeu. dtpreilMa neTrenaa, 
pbtbIaLe, paralyabe iil lnliiillaaaiiiMi M pboipboiB a^admtalatre plna alatment aoba fbnna da 
pUDlea L'I a'' traoTB daoa dd itat paiblt da aobdlTtiloii éUnt dliaona dani U (iTcMiie. 

La Dr. Q. Ilnlaidin Benanie^ti^ PHBpltal de la PltM. t Pufa. miJÛ-^ne tidde K%irfa 

tonique aar le araùme Darveui. an lutTemlant un élément Indiapeniabla. 3o. Que l'admlnla- 
tntloDdapboapbQradolt «ofklre à petites dotes, un mUllfframinp, («nTlran 1-60 do grain.) pour 

^H,Jali.»riT. MlUraia, 1«M " * " ''''*°" 

A TSNDBE EN GROS SBULBHBNT PAR 

jphtHtHMeleH •» (tr«».—X»ntr«at, 



L'UNION MEDICALE 



DU CJLNJfLJDJs.. 



'^-^/^ 



Bévue Medioo-chirurgicale paraissant tous les mois. 



Rédacteur en Cftef : '\ Ç ÀMiàtautt-Bédacteun : 

j P ROTTOT M D f \^ DAGENAIS, M. D. 

J. P. ROTTOT, M. D. ) ( L^ j, p, DESROSIERS, M. D. 



Vol. 1. SEPTEMBRE 1872. No. 9. 



UNE REPONSE. 

• 

Il parait que mon appréciation de l'acte médical en projet 
ne plait pas à tou.t le monde. Mes remarques ont surtout af- 
fecté d'une manière très désagréable le système nerveux de 
l'éditeur du Canada Médical Journal. Dans un article du mois 
dernier, le Dr Fenwick se sert à mon adresse d'un langage 
qui frise l'impertinence. J'en suis d'autant plus surpris, 
qu'une telle conduite est contre ses habitudes. Libre à lui 
de continuer sur ce ton-là ; pour moi je ne le suivrai pas. 
Celui qui dans ces sortes de luttes remporte la palme, ne peut 
pas à la fin se glorifiai d'une grande victoii-e. 

J'ai fait quelques observations sur le bill de médecine, 
principalement pour provoquer la discussion sur une ques- 
tion si importante et si compliquée. Dans le cours de mes 
remarques j'ai évité toute personnalité, je ne me suis occupé 
que de la question elle-même, je ne me suis pas servi d'une 
seule expression blessante contre qui que ce soit. Je savais 
bien jque mes opinions étaient en opposition directe avec 
celles de quelques-uns de mes confrères: mais je croyais 
avoir la liberté, le droit de les exprimer sans craindre de 
leur part aucune remarque offensante. Le docteur Fen- 
wick lui-même, déclare que la discussion du Bill est ab- 



390 L*UNION MÉDIOALC DU CANADA. 

solument nécessaire ; il la demaocLe avec instance ; mais il 
faut dit-il, qu'elle soit faite d'une manière calme et sans pas- 
sion Le Dr Fenwick est comme les Puissants da la terre ; 
ils font des lois pour les humbles mortels, mais il est toujours 
entendu que ça ne les regarde pas du tout. 

Pour moi, je continuerai a suivre ma même ligne de con- 
iluite, etje vais aujourd'hui m'efTorcer de prouver au Dr. 
Fenwick, aussi poliment que possible, qu'il a une fausse idée 
de la question qui nous occupe, et qu'il n'a pas compris le 
sens de mes remaitjues. 

Dans le mois de Juin dernier j'écrivais : qu'il était très dif- 
ficile, dans un pays composé do différentes nationalités, cha- 
cune jalouse de conserver sa langue, ses lois et ses croyances 
religieuses, de faire une loi qui fut acceptable pour tous. — ^Le 
Dr Fenwick prend occasion de cela pour me dire qu'il est 
simple et ridicule d'amener ces considerations-là de l'avant 
dans la discusion de ce projet de loi ; que la religion n*a 
rien à y voir ; que la colique faii souffrir un Catholique au- 
tant qu'un Protestant ou un Juif, et que le traitement est 
toujours le même. 

Je croyais tout bonnement, moi, qu'une loi de médecine 
était une chose tout à fait différente de la science de la mé- 
decine, que l'une ne devait pas entrer dans le domaine de 
l'autre. Je ne me serais jamais imaginé qu'en faisant une 
telle loi, ou devait se proposer d'enseigner aux Elèves, com- 
ment il fallait traiter un mal de ventre. J'ai toujours cru 
de plus que l'éducation était une des choses les plus impor- 
tantes pour un peuple ; que c'est elle qui, contribue le plus 
àj^assurer sa prospérité, son avenir. J'ai toujours cru aussi, 
qu'il ne pouvait pas y avoir de bonue éducation sans reli- 
gion : qu'on no pouvait pas enseigner ks sciences, la 
médecine surtout, sans parler de religion : que les ,ques- 
i'iOfïs religieuses en rapport avec la science médicale, é- 
taient loin d'être traitées de la même manière par les Protes- 
tants et par les Catholiques : et que pour ces diverses 
raisons-là, nous ne devions pas renoncer au privilège 



L*0NION MÉDICALE DU CANADA. 391 

que la constitution nous accorde, de diriger nous-m^mes no- 
tre système d'éducation. Il me semble, qu'il n'y a pas là de 
simplicité, ni d'étroitesse d'esprit. C'est, je crois^ traiter la 
question sous un point de vue aussi large, et sussi élevé que 
que possible. Si le Dr. Fenwick n'a pas vu cela, c'est proba- 
blement, par ce qu'il se sera, par hasard, placé lui-même trop 
bas. Je lui conseillerais donc de monter un échelon de plus. 

Dans le même écrit, je disais que la XXVme clause ne 
rendait pas justice à nos maisons d'éducation. Le Dr. Fen 
wick n'a pas pu comprendre cela. Voyons ce que pourra fai- 
re une seconde explication. 

La XXVme clause pourvoit à ce que tout aspirant a Tétu- 
4e de la médecine, porteur d'un diplôme de Maître-ès-arts, 
soit admis sans examen. 

Ouest Tinjustice, demande le Dr. Fenwick. Les Caua. 
diens ne sont-ils pas traités comme les Anglais. Qu'un élè- 
ve de l'Université Laval vienne devant le Bureau ou devant 
nous, avec son diplôme de Maître-ès-arts, il sera admis à 

•k l'étude de la médecine sans examen ; mais nous ne pouvons 

pas faire la môme faveur aux élèves sortant d'aucune de 
nos écoles publiques, porteurs d'un certificat qui n'est pas 
un diplôme Universitaire. Voilà exactement où est l'in- 
justice. Le Dr Fenwick met nos premières maisons d'édu- 
cation, telles que les Jésuites, le collège St. Hyacinthe, de Ni- 
colet* de Montréal, etc, sur le môme pied que leurs écoles pu- 
bliques. Il ignore que l'éducation donnée par ces maisons, 
est tout aussi bonne et aussi complète que celle donnée par 
les Universités, et qu'un bon certificat d'études complètes de 
l'une ou de l'autre de ces institutions équivaut à un diplôme 
de maître-es-arts, parce que leurs élèves suivent le même 

* cours qui est enseigné par les Universités. Ces jeunes gens 

étant donc aussi instruits que les autres, devraient jouir de» 
mêmes privilèges. C'est ce que j'appellerais justice égale. ' 

Le Dr. Fenwick cherche ensuite à faire de l'esprit au su- 
jet de mes remarques concernant la 28ème clause. A l'en- 
tendre, nous sommes toujours dans des trances alTreuses, 



392 l'union médicale du canada. 

l'ombre même d'an Anglais nous fait peur ; bien loin de re- 
poser la moindre confiance en eux, nous les croyons conti- 
nuellement occupés à tramer dos complots qui tendent à rien 
moins, qu à la destruction de notre nationalité, de notre lan- 
gue, et de notre religion : sans espoir eux-mômes 4'étrè sau- 
vés, ils veulent nous conduire au diable avec eux. Par 
rapport à cette dernière remarque, il pourrait biea se faire 
après tout, qu'il n'aurait pas tort, et que sans le vouloir, il 
aurait dit une grande vérité. C'est probablement ce qui nous 
arriverait, si on voulait les suivre; heureusement, qu'on y 
voit des inconvénients. 

Il me semble pourtant, que nous avons de bonnes raisons 
pour nous opposer a cette 28ème. clause. Elle donne vérita- 
blement trop de pouvoir au conseil ; car elle pourvoit à ce 
que le conseil ne soit pas tenu de reconnaître aucune école 
(le Médecine dans la Puissance du Qanada, qui ne sera pas en 
•opération lors de la passation de l'acte médical. Quand on 
possède un tel pouvoir, il n'est pas impossible qu'on en abuse, 
N'a-t-on pas raison de le craindre ? Quel crime commet-on 
lorsqu'on clierche à se protéger. N'est-ce pas ce que font 
toutes les minorités dans les pays mixtes ? C'est pour ainsi 
(lire un droit. Et Messieurs les Anglais en usent largement, 
chaque fois que l'occasion se présente 

D'ailleurs je m'opposerais à celte clause, quand même nous 
ne formerions qu'un seul peuple ayant la môme langue et la 
même religion. Le gouvernement seul devrait avoir le droit 
de reconnaître ou de permettre la formation d'une école de 
Médecine ; parceque dans cette question il n'y aura que le 
bien public qui pourra l'influencer. Ce système, dit le Dr. 
Fenwick a été la cause de beaucoup d'abus: c'est grâce à 
lui si l'on a vu en Angleterre se former un si grand nombre 
d'écoles de Médecine, et si elles ont tant abusé de leuw pou- 
voirs. Il est évident que la cause du mal ne réside pas dans 
ïe pouvoir qu'a le gouvernement de permettre l'établissement 
des Ecoles de Médecine ; elle jéside plutôt dans la défec- 
tuosité de le loi de médecine elle-même. 



L*UNION MÉDICALE DU CANADA. 393 

Rendez celte loi plus sévère. Exigez plus de garantie de 
la jrart des écoles. Obligez-les de posséder tout ce qui est 
nécessaire pour donner une bonne éducation médicale. Eta^ 
blissez un pouvoir qui puisse les contrôler jusqu'à un certain 
poiat, et \'oir à ce qu'elles remplissent exactement lesexigen- 
cei= le la loi. Vous n'aurez plus ensuite d'abus à redouter 
de ia part du gouvernement. Vous n'aurez pas même à 
craindre l'établissement d'un trop grand nombre d'Ecoles. 
Ellet^ ne se formeront que lorsque le bien public le re- 
querra. En voulant éviter un mal, il faut prendre garde 
de ne jias tomber dans un autre plus grand. S'il n'est pas 
bon d'avoir trop d'écoles, il est peut-être plus mauvais de ne 
pas en avoir assez. lia rivalité, en médecine comme ailleurs 

est souvent la plus puissante cause de l'émulaiion et des pro- 
grès. 

Je terminerai en priant les Médecins de se rappeler que 
l'Association Médicale s'assemble le 11 de ce mois. Cette 
session devra nécessairement être très importante. Le projet 
de loi sera de nouveau pris en considération, et probable- 
ment pour la dernière fois. Si ^ous ne voulons pas qu'il soit 
adopté sous sa forme actuelle, c'est notre devoir de nous rendre 
à cette convocation et de proposer les modifications que nous 
croirons convenables et justes. 

Septembre 1872. 

Dr. J. p. Rottot. 



CORRESPONDANCE. 

Mr. le. Rédacteur., 

Je vous envoie les quelques lignes qui suivent pour Y Union 
Médicale^ si vous y trouvez de l'intérêt pour vos lecteurs, pu- 
bliez-les en tout ou en partie comme il vous plaira. 

J'ai l'honneur d'être 

Votre etc., 
Dr. Ed. Desjardins. 

Je suis tout-à-fait enchanté de mon séjour à Londres. Cet* 
te ville offre en effet, à celui qui veut s'occuper de maladies 



394 l'union IfÉDICALE DU CANADA. 

d'yeux, le plus vaste champ d'observations qu'il soit possible 
de rencontrer. L'on compte ici cinq hôpitaux exclusivement 
consacrés aux affections oculaires, de plus, la plupart des 
grands Hôpitaux ont un département spécial pour ces affec- 
tions et dans chacune de ces institutions où se fait réguliè- 
rement un service journalier, les malades viennent toujours 
en grand nombre ; ainsi, à Moorflel(r$ Ophthalmic Hospital^ 
plus de trois cents malades se présentent chaque matin à la 
consultation. 

Les Hôpitaux que je suis plus parlicuulièrement sont, dans 
l'avant-midi : Moorfield's^ qui est sous la direction des pre- 
miers oculistes de Londres, tels que MM. Bowman, Critchett, 
Sœlberg Wells, Lawson, &c., et dans l'après-midi : Wvttmim- 
ter Ophthalmic et St. Thomas.^ dont le service opthalmique est 
confié à M. Leibreich. 

Les cliniques oculaires sont de ce temps-ci encore plus in- 
téressantes qu'à l'ordinaire, à cause delà présence d'un grand 
nombre d'oculistes des plus distingués venus de presque toutes 
les parties du monde, pour assister à une réunion du Congrès 
International d'Ophthalmologie qui a eu lieu ici la semaine 
dernière. MM. lés oculistes anglais, pour faire plaisir à leurs 
confrères étrangers, et un peu aussi, je suppose, dans le but 
de montrer leur habileté en chirurgie oculaire, ont conservé 
pour cette occation leurs plus beaux cas d'opérations ; aussi 
depuis une couple de semaines, il ne se passe peut-être pas un 
seul jour, sans que nous soyons à même de voir pratiquer 
quinze à vingt opérations importantes. 

J'aurai occasion, probablement plus tard, de vous parler 
de ce Congrès d'ophthalmologie, dant j'ai eu l'honneur do 
faire partie ; je me contenterai cette fois, de vous donner un 
résumé de quelques unes de mes notes prises dans les différents 
hôpitaux que j'ai suivis. 

Une des questions qui préoccupent le plus les ophthalmo- 
logistes, c'est de savoir s'il ne serait pas possible de perfection- 
ner encore le mode opératoire pour l'extraction de la cata- 
racte. On est satisfait jusqu'aujourd'hui des résultats obte- 



L*tTNION MÉDICALE DU CANADA. .39& 

nus par ropération de de Graefe, mais on trouve que ce pro- 
cédé est difficile, qu'il expose bien souvent au danger de per- 
dre de rhumeur vitrée, &c., malgré cela, ce procédé me paraîi 
être employé par la grande majorité des oculistes, beaucoup 
en suivant exactement les préceptes de Tauteur et d'autre» 
en y apportant quelques modifications dont la meilleure à 
mon avis est celle de M. Critchett. Cette modificafioa con- 
siste à faire la ponction et la contreponction, à environ un 
tiers de ligne plus bas qne ne l'indique M. de Graefe, et à 
terminer l'incision complètement dans la cornée, au lieu Je 
là faire à la périphérie. On conçoit, que par ce changement 
dans la situation de la plaie, le corps vitré est beaucoup moins 
exposé à faire hernie que dans la méthode de de Graefe, où 
l'incision étant toute entière en dehors de la circonférence 
cornéenne, se trouve, après l'iridectomie, en face de la mem- 
brane hyaloïde, qui n'ayant plus de point d'appui se rompt 
avec la plus grande facilité, pour peu que le chirurgiens hésite 
dans son opération. 

J'ai vu M. Critchett opérer plusieurs fois, et jamais cet ac- 
cident ne lui est arrivé ; je puis dire la même chose des au- 
tres chirurgiens qui ont opéré d'après ses indications — j'en 
conclus que cette modification de M. Critchett est réellement 
aventageuse, même en admettant que la plaie ne se guérisse 
pas aussi vite que dans le procédé de Graefe, et que la sortie 
du cristalliasoit un peu plus difficile, à cause du mouvement 
jde bascule en avant qu'il faut lui imprimer. 

La méthode de discission connue sous le nom de Bowman's 
two-need le opération^ est bien souvent employée ici et avec 
succès : dans les cas de cataractes secondaires où la capsule 
est très épaisse et fortement adhérente à l'iris. Cette méthode 
consiste d'abord à introduire dans la cornée près de sa circon- 
férence, une aiguille que l'on pousse jusque dans le centre 
de la capsule, puis une seconde aiguille du côté opposé, que 
Ton conduit aussi jusque dans la capsule au même point oVi 
se trouve la première. Ces deux aiguilles une fois bien en- 
gagées dans la cataracte, sont ensuite écartées de chaque côt^ 



396, l'union médicale du canada. 

de la pupille ; la capsule se déchire et laisse une espèce d'ou- 
verture où le corps vitré se précipite et maintient séparés les 
débris de la cataracte. C'est par cette ouverture devenue 
transparenle par la présence du corps vitré, que les royons 
lumineux peuvent entrer dans l'œil. Pendant l'opération, il 
faut avoir soin de ne pas trop tirailler l'iris, ce qui pourrait 
amener des symptômes inflammatoires plus ou moins fâcheux. 
Les aiguilles dont on se sert, sont les mêmes que celles em- 
ployées pour la discission ordinaire. 

Je vous dirai en terminant, qu'ici, on ne fait presque pas 
d'opérations dans l'œil, sans endormir les malades. L'aneslhé- 
sique le plus souvent employé est le Bichlorure de Méthylène- 
parcequ'il agit plus promptement que le Chloroforme, et 
que son effet dure moins longtemps. .Ces deux préparations 
se ressemblent beaucoup quant à leurs qualités physiques, 
elles s'administrent de la môme manière, et les malades pren- 
nent l'une ou l'autre indifféremment. Cependant quand il 
s'agit de faire une longue opération, on donne de préférence 
le chiorofomre ; ou bien, l'on commence avec le Méthylène 

pour anesthésier de suite le malade, et l'on continue ensuite 
avec le Chloroforme. 

Pour ceux qui ont ù faire plusieurs opérations à la fois 
l'emploie du Bichlorure de Méthylène est certainement avaa- 
tageux parcequ'il sauve beaucoup de temps. 

Londres 9 Août 187-2. 

Dr. Ed. Dësjardins. 



THERAPEUTIQUE CHIRURGICALE. 

DU P.\NSEMENT DES PLAIES PAR l'oCCLUSION INAMOVIBLE, par Mr. 

Viennois. 
(Suite et fin.) 

Au trente-deuxième jour, M. Ollier crut pouvoir se 
dispenser de l'enveloppe silicatée, et dès le lendemain le ma- 
lade accusa de la douleur ; la température avait augmenté 
dès le soir, le moignon devint douloureux et le malade perdit 



l'union médicale du canada. 397 

i'appélit. Au bout de cinq jours il y avait un petit décolle- 
ment à la face inférieure du moignon. Cette fois encore on 
fit le simple pansement ouaté, sans bandage silicate ; le ma- 
lade continua à souffrir, et quatre jours plus tard ou constata 
un décollement plus grand. Alors le chirurgien eut recours 
au pansement complet, c'est-à-diro à Tocclusion inamovible^ 
et une fois l'appareil silicate sec, les douleurs disparurent. 

Nous attachons donc une importance capitale à l'immobili- 
sation, soit pour soulager le blessé, soit pour favoriser Tac 
complissement lent et régulier des processus réparateurs, soit 
enfin pour obtenir dans certains cas la réunion immédiate 

M. Ollier est tellement persuadé de Timportance de Tim- 
mobilisation, que dans les cas où un abcès ossifluent doit 
s'ouvrir et menace de perforer la peau, il immobilise préa- 
lablement la partie dans un bandage silicate. Ce mode de 
traitement des abcès ossifluents ou des suppurations articu- 
laires est trop important pour que nous n'en dissions pas 
quelques mots. On sait combien sont graves, dans les ser- 
vices de Chirurgie, les ouvertures spontanées ou accidentelles 
des abcès par congestion ou des abcès provenant des grandes 
articulations, comme la hanche et l'épaule. Ces dangers 
viennent de deux causes : de l'air qui pénètre dans le foyer 
et de l'inflammation du foyer par les mouvements. Les 
mouvements sont cause de la pénétration de l'air ; il est donc 
important de les supprimer complètement au moment de 
l'ouverture des abcès. En ouvrant ainsi ou en laissant s'ou- 
vrir sous le bandage inamovible des abcès dont l'ouverture 
à Tair libre, spontanée et surtout artificielle, est suivie des 
accidents les plus graves, on prévient mieux la pénétration 
<le l'air que par tous les autres procédés de pansement. Si 
l'Abcès est considérable, on le vide avec l'aspirateur Dieula- 
foy et l'on se hâte de recouvrir d'ouate la partie correspon- 
dante ù la fenêtre de l'appareil, t Après avoir vu ouvrir de 
cette manière certains abcès ossifluents, nous avons étééton- 
jié de la faible quantité de pus qui s'en écoulait consécutive- 
ment sous le bandage tant que l'occlusion inamovible était 



398 l'union médicale du oanada. 

maintenue ; malheureusement il est des cas nombreux otlt 
rabondance de la supuration force à faire des pansements 
fréquents ; mais on les fait sous le bandage gui maintient 
toujours Timmobilité. I/articulation doit être ainsi immo- 
bilisée pendant plusieurs mois, s'il le faut, jusqu'à la cicatri- 
sation du trajet. 

Quand on examine le pus des plaies traitées par l'occlusion 
inamovible, on trouve qu'il a des propriétés différentes de 
celles du pus exposé à l'air libre ; il est devenu acide, comme^ 
on peut s'en assurer en y trempant un papier bleu de tourne- 
sol. Cette acidité tient probablement à la sueur qui se mêle 
au pus sous le bandage. 

Dans le numéro de décembre 1871 des Archives GÉNÉRALEa^ 
DE médecine, m. Hervey signale le^ résultat de quelques ob- 
servations de M. Hayem, d'après lesquelles des globules de 
pus seraient peu nombreux et mal formés dans l'intérieur des 
bandages ouatés tels qu'on les pratique à Paris. Dans les dif- 
férents pus que nous avons examinés, nous avons treuvé des 
vibrions d'autant plus nombreux que les bandages étaient 
plus anciens. 

Dans deux cas où le bandage a été enlevé au bout- 
de dix et treize jours, nous avons observé peu de pus,, 
mais des cristaux abondants d'acide stéarique. Nous n'avons 
pas fait les mêmes observations que M. Hayem relativement 
à la quantité des globules du pus ; nous avons trouvé le plus- 
souvent des globules du pus très-abondants, ratatinés, obscur- 
cis par des granulations, mais qui deviennent très-apparents 
lorsqu'on ajoute une certaine proportion d'eau. Le pus du 
reste, quel que soit le temps qu'on attende pour enlever le 
bandage, ne subit pas les modifications qu'on observe dans les- 
panseraents ordinaires, il n'a pas d'odeur sulfhydrique. L'o- 
deur en est d'abord fade, désagréable, puis analogue à l'odeur 
exagérée de certains fromages, mais sans rapport avec les pro- 
duits de la putréfaction du pus exposé à l'air libre. Cette 
odeur fade commence lorsque la partie liquide du pus vient 



L UNION MÉDICALE DU CANADA 399 

:à traverser le bandage silicate, et elle devient de plus en plus 
forte à mesure que la supuration s'accumule. 

Dans la plupart des faits dont nous avons été témoins, cet- 
te odeur n'était pas fr.i.i, -lie, elle était mêlée aune odeur 
phéniquée, résultat de I Huile ou de Talcool phéniqués dont 
on avait arrosé certaines parties du bandage, soit préventive- 
ment, soit pour les désinfecter, lorsque Todeur en devient in- 
commode pour le malade ou ses voisins. Dans le cas où ce 
bandage vient à être traversé, on le renforce, comme le fait 
du reste M. Alphonse Guérin, par quelques plaques d'ouate, 
mais on y ajoute en outre une bande silicatée. Mais ce qu'il 
faut en général éviter et reculer pour les dix premiers jours 
usqu'à la dernière extrémité, c'est la destruction du banda- 
ge silicate ; il ne faut l'enlever que si le malade souffre et si 
l'on craint un gonflement inflammatoire qui pourrait devenir 
•dangereux. A ce sujet, nous dirons que l'occlusion inamo- 
vible doit être tout particulièrement surveillée après les ré- 
tcctions articulaires faites pour des lésions chroniques, pour 
-des arthrites fongieuses surtout. Le gonflement du mem- 
bre qui survient inévitablement, rend ces cas beaucoup 
moins favorables que les opérations (amputations ou résec- 
tions) pratiquées sur des tissus sains et non encore enflam- 
més. Dans les cas de résection du coude et de l'épaule pour 
lésions anciennes et avancées, M. Ollier préfère le pansement 
qu'il emploie depuis plusieurs années, et qui consiste dans 
un appareil silicate, largement fenêtre pour être prêt à tout 
événement. Il faut alors de l'immobilité, mais de l'occlu- 
sion temporaire seulement ; une occlusion trop complète et 
trop prolongée lui parait pouvoir favoriser les fusées puru- 
lentes au milieu dos tissus déjà altérés. 

lies considérations dans lesquelles nous sommes entré s'ap- 
pliquent surtout aux amputations et aux diverses plaies des 
membres, car pour les plaies du tronc et de la tête les condi- 
lioDs anatomiques sont telles, que l'occlusion inamovible 
n^ést pas applicable, ou du moins ne l'est que d'une manière 
imparfaite. Pour les plaies du rein, par exemple, l'occlusiou 



400 l'union médicale du canada. 

est difficile à cause de la configuration des parties, et Tim- 
mobilité est impossible à cause des mouvements respiratoi- 
res. On ne peut pas empêcher l'air d'arriver à la plaie au 
hout de quelques jours, et les malades sont du reste incom- 
modés de l'odeur qu'exhale le pansement. M. OUier préfère 
pour ces cas-là le pansement ouaté simple, qu'il renouvelle 
tous les trois ou (juatro jours, suivant l'abondance de la sup- 
puration. 

Le maintien du membre dans sa premioie position est un 
point très-important ; les mouvements imprimés à la partie 
malade occasionnent toujours dans la plaie des tiraillements 
qui produisent la rupture des petits vaisseaux et des adhé- 
rences déjà faites, et par cela même ainèneront une prédis- 
position aux dé^'oUements et ouvriront une voie aux fusées 
purulentes. 

Nous avons citt'î un fait qui montre la part de l'immobilité 
dans l'occlusion inamovible ; nous avons vu la température 
s'élever, les douleurs revenir, les décollements se produire 
quand on ne faisait que l'occlusion simple ; nous avons vu et 
nous avons conslalé le retour du calme et un nouvel abaisse- 
ment de la température dès que l'inamovibilité est venu s'a- 
joutçr à l'occlusion. Nous pourrions citer, si besoin était, 
d'autres exemples qui'démontrent la nécessité de l'inamovi- 
bilité pour aiTcfcer les douleurs et régulariser les processus 
réparateurs. 

Nous admettrons donc que l'immobilité absolue du moi- 
gnon est de la plus haute importance, et s'il faut mettre des 
couches épaisses de ouate et faire des pansements rares, c'est 
autant pour ne pas ^imprimer des mouvements au membre 
blessé et ne pas déranger la cicatrisation que pour empêcher 
l'arrivée des germes infectieux. L'occlusion inamovible n'a 
pas la même importance à toutes les périodes du travail de 
cicatrisation. C'est pendant la première période, période de 
granulation, c'est-à-dire pendant que se font à la surface de 
la plaie les processus oblitérants, qu'il est indispensable de 
soustraire les parties divisées au contact des germes infec-, 



l'union médicale du canada. 40 1 

lieux. L'occlusion et Timmobilité sontcalors indispensables.' 
Plus tard, lorsque la couche granuleuse est formée, rocclu- 
sion n'est plus nécessaire, rimmobilité suffit. M. Ollier ap- 
plique alors des appareils silicates tant que les plaies sont 
douloureuses et que les tissus sont exposés à des décolle- 
ments préjudiciables, mais ces appareils sont fenêtres au ni 
veau de la plaie pour permettre les pansements appropriés. 

D'une manière générale, la plaie est déjà recouverte au 
bout de dix jours environ d'une couche de granulations, et 
si la suppuration est abondante, il est utile de changer le 
bandage à cet époque pour éviter la macération des tissus. 
Pour les amputations,- c'est en moyenne au bout de trois se- 
. iriaines qu'il est boa de le renouveler. La plaie est assez 

[ oblitérée pour qu'un nouveau pansement soit sans inconvé- 

nient. Le malade, débarrassé du pus, toujours plus abondant 
à la première période, se trouve mieux dans un nouvel ap- 
. pareil. L'occlusion sera plus ou moins longtemps nécessai- 
re, suivant la salubrité du milieu, et l'immobilité sera tou- 
jours utile. Ces deux idées du reste ne doivent pas être sé- 
parées, et quel que soit le milieu dans lequel se trouve le 
blessé, elles sont simultanément applicables. Que le malade 
soit à l!hôpital ou à la campagne, que l'on soupçonne des ger- 
mes infectieux ou non, la couche épaisse d'ouate rendra tou- 
jours un immense service comme coussin protecteur ; l'im- 
mobilité aura les mêmes avantages dans un milieu salubre, 
et elle aura plus de chances encore de nous permettre de re- 
courir à la réunion immédiate dont nous allons nous occu- 
per maintenant. 

Depuis notre dernière note, nous avons suivi une tentative 
de réunion immédiate que M. Ollier a faite après une ampu- 
tation de l'avanji-bras chez un jeune homme qu'il n'aurait 
peut-être pas osé amputer alors qu'il n'avait à sa disposition 
que les moyens usuels de pansement. Ce malade, âgé de 
vingt-huit ans, avait depuis un mois des crachats sanguino- 
lents ; on entendait des craquements humides aux deux som- 
mets. Il était atteint d'une arthrite suppuréedu poignet, oc- 



402 l'union médicale du canada. 

casionnan t des douleurs incessantes dues à la formation de nou- 
relles fusées dans la région palmaire ; il y avait une fièvre 
continue et des sueurs nocturnes très-abondantes. C'est dans 
ces conditions que fut pratiquée l'amputation, à la réunion 
du tiers inférieur avec les deux tiers supérieurs de l'avaat- 
bras, et le moignon fut traité par l'occlusion inamovible. Le 
bandage resta en place quinze jours, mais à partir du surlen- 
demain de l'opération la temparature avait baissé sensible- 
ment (380,6). La plaie avait été suturée avec des fils métalli 
ques. On n'avait pas mis de mèche, mais on avait fait sortir 
en des points différents les bouts des trois fils qui avaient 
servi aux ligatures, pour qu'ils permissent au besoin au pus 
qui se produirait de s'écouler au dehors. Au bout de quinze 
jours, quand on défit le bandage ; il n'y avait pas de gonfle- 
ment ; la plaie était réunie dans la plus grande partie de son 
étendue ; on l'aurait dite même complètement réunie sous 
les petits trajets des points de suture, qui tombèrent du reste 
au moment du pansement. La pression sur tout le pourtour 
du moignon fit à peine sortir deux ou trois gouttelettes de 
pus. Cette suppuration insignifiante par la quantité continua 
encore quelques jours. Bien que la réunion par première 
intention n'ait pas été complète, nous croyons de voir citer 
ce fait comme un exemple de ce qu'on peut obtenir, même 
ohez les sujets les plus défavorables. Il ne faut pas s'illu- 
sioner du reste sur ce que les chirugiens partisans de la réu- 
nion immédiate dans les amputations, entendent par un suc- 
oes. Après les grandes amputations, il y a toujours un petit 
trajet purulent venant de l'os, et qui ne se ferme que plus 
tard. C'est surtout au point de vue de la réunion immédiate 
que l'addition de l'inamovibilité au pansement ouaté nous 
])arait d'une absolue nécessité ; le moindre mouvement, le 
plus petit tiraillement dans la plaie empèclie les surfaces sai- 
gnantes de s'unir et d'adhérer. Il faut donc réaliser autant 
que possible une immobilité absolue. Nous rappellerons du 
reste à ce sujet les cas que nous avons cité3 dans notre pre* 
ï»iëre note, relatifs à des amputations des doigts ou des abla 



L'vmON MÉ0ICAL6 DU CAlfADA. 403 

tiofis de tumeurs des membres, après lesquelles It OUter 
avait obtenu la réunion immédiaié en plaçdnl' les parties 
dans le bandage amidoné. Nous ajouterons seulement un 
fait récent, dabs lequel nous aroUs , constaté la réunion par 
première intentiou d'un genre de phâe qui amène toujours 
une suppuratioa plus ou moins abondante : il s'agit di'une 
fracture par arme à feu survenue par la déchaîne afccidentel- 
le d'un pistolet tiré presque à bout pdrtadt. La balle vint 
frapper la première phalange de Pindex gauche el le fractu- 
ra tout près de l'articulation métacarpo-phalangiennei Bile 
sortit par ricochet en agrandissant l'ouverture dféntrée, de 
manière qu'il n'y avait qu'une seule plaie. Quand où eut 
exploré la plaie et qu'on eut acquis la certitude que la balle 
était ressortie, on mit le membre dans un bandage ouaté sili- 
cate remontant jusqu'à la moitié du braâ. Le membre ain%i 
pansé fut soutenu par une ôcharpe. Le malade ne souffrit 
pas du tout et le membre fut maintenu pendant dix-sept 
jours dans l'appareil. Après cette époque il fut enlevé et 
M. Ollier trouva une couche de coton sèche et adhérente à 
la plaie. Pas de trace d'inflammation, pas de supputation^ pas 
de douleur. Il ne toucha pas à la plaie, ne fit aucune tenta- 
tive pour arracher le coton. Nous réapphqu.âmes uû nouvel 
appareil ouaté silicate ; douze jours après, nous déflmes de 
nouveau l'appareil ; môme absence de suppuration. Nous 
enlevâmes alors la croûte de coton quï recouvrait la plaie et 
nous constatâmes qu'il n'y avait pas l'ombre de suppuration 
que la plaie s'était épidermisée sous la coucfhe protectHce 
lî'ouate sans donner lieu à une suppuration' appréciable: Ce 
fait, qui n'aurait rien que dé très ordinaire liotfr^ une plaie 
des parties nioUesy est dîjgne d'atteiltîbn dès qu'il s*agit d'une 
platiè avec fracture. 

Ce fait nous conduit à examiner une autre partiteùlàtité 

âtf'plaiea tmtées'par l'occlusion inanuMble; qui est aussi 

intéressante que k réimien immédiater, atqui àgpartie&t du 

reste au^mètii&primii^ phyaielogique ; c^èsftr KdbimDtiiiesyfh 

'pofmion apprémbk dam certaines' i^aies non réunies* et i^- 
2 



* A 



494 l'union hédioalb du oanada 

couvertes de co^n. Noos avons vu plusieurs fois, et entre 
autres, aprèb Tablation d'une tumeur de la paume de la main, 
après des plaies contuses avec amputation des doigts, le coton 
parfaitement sec au bout de quinze jours, ou du moins imbi- 
bé de sang et de pus desséchés et intimement adhérent à la 
plaie. La suppui^ation ne s'était pas établie d'une manier e 
appréciable sous le bandage inamovible, on aurait dit^ême 
au premier abord qu'aucun travail ne s'étaitjaccomplidepu is 
le moment de la blessure, mais le travail, quoique masqu é 
par la couche de coton, ne s'en était pas moins accompli. Il 
s'était fait >une couche granuleuse sous-crustacée qui dev e - 
nait apparente quand on cherchait à enlever le coton dure i 
par le sang et le pus desséchés. On trouvait alors une cou- 
che granuleuse rose, vermeille d'un très bon aspect, ave c 
tendance à une cicatrisation rapide, et, sur les^bordsune épi- 
dermisation assez avancée qui s'était opérée sous la couche 
de coton. Dans les cas de plaie de moyenne étendue, cette 
cicatrisation sous-czustatée peut se produire et, en enlevant 
la croûte formée par la ouate desséchée, on observe non- 
seulement une couche granuleuse de nouvelle formation, 
mais encore une surface recouverte d'une petite couche épi- 
dermoïdale, cqmme on l'observe habituellement^our les 
écorchures ou les petites plaies. 

Ceéte diminution ^t dans quelques cas cette absence de 
suppuration sont un des résultais de l'immobilité absolue ; 
Bonnet l'avait déjà signalé à propos de cautérisation qu'il 
ppatifuait sous le bandage amidonné. Certaines eschares se 
détachent alors sans suppuration appréciable. Quanft on met . 
simplement le coton autour d'une plaie, quelque épaisse que 
soit la couche, la plaie est à l'abri de l'air et l'on prévient les 
accidents infectieux ; mais on n'obtient pas cette réunion im- 
médiate ou cette cicatrisation sousrcrustacée qui simplifie la 
réparation de» plaies et sont la meilleure garantie contre 
leurs complications ultérieures. Pour les grandes amputa- 
tions on n'obtiendrait pas certainement des résultats aussi sim- 
ples ; il y aura toujours.une collection de pus plus ou moins- 



l'union UiDIOALB J>V CANADA. 403 

abondante^, mais on limiUerra toujours la suppuration, soit 
qu'on cherche à Téviter par la réunion immédiate, soit qu'on 
bourre la plaie de. coton pour en laisser les bords écartés. 

Les procédés de pansements des plaies appliqués par cer- 
tains peuples primitifs, et en particulier par les Arabes, pré- 
sentent quelquefois des résultats analogues. Ces pansements, 
bizarres quant à leur composition, dangereux surtout dans 
leur application empirique, formés de substances emplastiques 
et solidiflables, font à la fois, dans une certaine mesure l'oc- 
clusion et l'immobilité. C'est à ce titre que nous les signalons 
ici ; il faut seulement aujourd'hui substituer à des procédeés 
empiriques et dangereux des pratiques rationelles. Mettre à 
l'abri de l'air et immobiliser sont les deux indications essen- 
tielles du traitement des plaies: la pratique de M. OUier n'est 
que l'application rationnelle et méthodique de ces deux idées. 

Nous conclurons en disant qu'il nous parait de la plus 
grande importance d'ajouter l'inamovibilité au pansement 
ouaté, si Ton veut remplir toutes les indications que réclame 
* le traitement des plaies. Malgré l'épaisseur de la couche 
d'ouate et la constriction des bandes, le pansement de M. Al- 
phonse Guéria ne peut pas suffisamment immobiliser les 
plaies ; il faut le compléter par un appareil inamovible. Si 
l'on veut donc mettre les plaies dans les meilleures conditions 
de clsatrisation ,11 ne faut pas se contenter de l'occlusion simp- 
il faut faire fie Voccltision inamovible, . 

Gazette Hebdomadaire. 



OPÉRATION DE HERNIE ÉTRANGLÉE.— LIQUIDE 
INTESTINAL LIMPIDE, DÉLIRE GUÉRI PAR 

LES ALCOOLIQUES. 

Qand nous étudierons Faction de l'alcool dans la pneuno- 
nie, nous aurons à nous demander jusqu'à quel point cette 
action dépend des habitudes alcooliques du sujet. 

La même question se présente lorsqu'il s'agit d'un accès de 
délire que Valcool a pu calmer, comme c'est le fait chez une 



4#8 L'cmriDN IffOICALB Ot eAKADA 

Mialadef opérée dernièrement par If. Richel potiif mie benito 
étrâttglée. 

Voici en peu de mots Thistoire de cette malade, qoi a pré- 
senté des particularités curieases à connaître pour le prati> 
cien. 

Elle était entrée dans le service pour une hernie crurale 
<du côté gauche datant déjà d'un certain temps, qu'elle conte- 
nait habituellement avec un bandage, et gui s'était récem- 
ment étranglée. Du volume d'un œuf, marronnée et dure, 
€ette hernie ne put être réduite par le taxis, et H. Rlchet 
allait procéder à l'opération, lorsqu'on lui proposa d'essayer 
l'effet d'une ponction aspiratrice à l'aide de l'appareil de IL 
Dieulafoy. Comme ce genre de ponction a peu d'inconvé- 
nients, et comme on en a récemment venté les grands avan- 
tages, M. Richet consentit à en faire l'essai. 

Une aiguille creuse fut enfoncée dans la tumeur, et elle 
donna d'abord issue à quelques gouttes de sérosité sangaino 
lente, provenant évidemment du sac herniaire ; puis quand 
cet écoulement fut tari, en faisant pénétrer l'aiguille un peu 
plus loin, on retira, cette fois, un liquide bien différent du 
premier, filant et poisseux, semblable par la consistance à du 
sirop de sucre-, assez limpide et absolument sans odeur. 

Ces caractères empêchèrent, au premier instant, IL Richet 
de croire que ce liquide put provenir de l'intestin, et, assez 
intrigué, il laissa cette malade, après avoir prescrit quelques 
cuillerées d'eau de Sedlitz à administrer de temps en temps 
pour provoquer des contradictions intestinales, et après avoir 
fait, dans le même but, recouvrir de glace la tumeur hemiai< 
re. Il espérait que cette tumeur, dent le volume avait dimi- 
nué de beaucoup par la ponction aspiratrice, pourrait peut- 
être rentrer d'elle même, et sachant que le taxis réussit rare- 
ment dans les hernies crurales, il avait d'autant moins de * 
tendance & insister sur cette pratique, qu'il Voulait laisser aofx 
piqûres possibles de l'intestin le temps de se reférmoi' tôm- 
plétement avant de soumettre cet organe & une préàsiOil ila 
peu forte. 



L'iftnoir xiDi^AU pu oahapa. 407 

La Jbernie ne se réduit pas, les vomissements fécaloides per- 
sistèrent, et le lendemain matin il était évident que l'opéra- 
tion devenait urgente. 

Avant de la faire, M. Richet dit aux assistants que, après y 
avoir réfléclii, il s'était persuadé que le liquide filant, extrait 
en second lieu la veille par la ponction aspira trice, était un li- 
quide intestinal. 

L'absence d'odeur fëcaloïde, la limpidité relative, ne pou- 
vaient prouver le contraire, car dans une anse intestinale iso- 
lée du tube digestif par un étranglement qui l'aurait surprise 
alors qu'elle était complètement vide, il devait se faire, sous 
l'influence de l'irritation, une sécrétion qui, n'étant nulle- 
ment mélangée avec les détritus de l'alimentation, ne devait 
reasembier en rien aux matières fécales. 

S'il en était ainsi, rien ne devenait plus facile à expliquer 
que la succession de deux liquides : l'un contenu dans la ca 
vite du sac herniaire et qui avait' un aspect serosanguino- 
lent ; l'autre renfermé dans la cavité de l'anse intestinale iso- 
lée par l'étranglement, et qui était filant et onctueux comme 
une sécrétion glandulaire ou muqueuse. 

Que faudrait-il supposer autrement ? La préexistence d'un 
kyste ? Mais la malade s'en serait sans doute aperçue, et puis 
aux dépens de quoi ce kyste se serait-il développé ? D'un gan- 
glion lymphatique ? Dans l'espèce, c'était chose assez peu 
probable. 

Tout conduisait donc à admettre que la ponction, en da ve- 
nant un peu plus profonde, avait pénétré dans la tumeur in-^ 
testinale et l'avait vidée. 

Il y aurait eu peut-être quelque chance de faire rentrer 
l'intestin si on eût pratiqué le taxis avec une certaine force 
immédiatement après la ponction, alors que la tumeur était 
réduite au plus petit volume. Mais maintenant il ne s'agis- 
sait plus que d'opérer pans aucun retarJ. 

M. Richet saisit cette occasion de bien faire comprendre 
des .élèves chacun des temps qui se succèdent dans l'opéra* 



408 l'union médicale du oanada. 

tion d'une hernie crurale étranglée. Voici le résumé de sa 
démonstration : 

*' On ne sait jamais d'avance, en pareil cas dit-il, à quel ni- 
veau siège l'étranglement ; si c'est au niveau du fascia cré- 
"bririforme ou du ligament de Gimbemat. Peu importe, du 
reste, puisque le principe est de débrider sur le point qu'on 
trouve étranglé, quel qu'il soit. On n'est pas, non plus, bien 
certain d'avance de trouver un sac proprement dit L'impor- 
tant est donc de procéder avec assez de prudence pour ne pas 
s exposer à blesser Tintestin. La peau doit être soulevée en 
un large pli, et ce pli doit être traversé à sa base par le bis- 
touri, dont le tranchant regarde en haut, de telle sorte que la 
section de la peau soit achevée de la face profonde à l'exté- 
rieur. Lorsque la tumeur est ainsi mise à découvert, il faut 
examiner avec soin ce qui se présente. Ici, ce n'est pas l'in- 
testin, mais la paroi du sac. Un point de cette paroi étant 
soulevé avec des pinces et fendu, on passe une sonde canne- 
lée par cette ouverture, qui livre passage à un peu de sérosité 
sanguinolente, semblable à celle qui s'écoula en premier lieu 
par la ponction aspirati:ice avec l'appareil Dieulafoy. Main- 
tenant que le sac est divisé dans toute sa lon^eur. nous 
sommes en présence de l'anse intestinale étranglée, dont la 
surface est d'un rouge violacé. Sur cette surface, on remar- 
que un point qui ressemble à une ulcération superficielle ; 
c'est sans doute par là que Taiguille a pénétré hier. Il s'agit 
il présent de trouver le point où siège l'étranglement. Il est 
assez superficiel. Nous débridons largement en bas, et, après 
ce débridement, l'ouverture se trouve assez large pour qu'il 
soit possible d'introddire par là le doigt dans le ventre. Pour- 
tant comme l'intestin est un peu altéré et qu'il est bon de ne 
pas avoir à le presser beaucoup, nous débridons également 
en haut, et rintestiu'renti*e sans peine. Il ne reste plus qu'à 
rapprocher les bords de la plaie externe par quelques éri- 
gnes." 

Les suites de l'opération furent très-heureuses : les vomis- 
sements cessèrent^ les matières fécales reprirent leur cours. 



l'union médicale du canada. 409 

Mais, le lendemain, il s'était produit une complication qui 
effrayait beaucoup les personnes de service : la malade était 
en plein délire ; cependant le pouls était calme, la" J>eau fraî- 
che ; et, constatant qu'on obtenait encore des réponses sen- 
sées par des questions courtes et précises, en un mot qu'on 
avait affaire à une forme de subdélirium qui d'ordinaire ne 
se rencontre pas dans le délire inflammatoire. M. Richet ilt 
mettre cette malade au vin opiacé, convaincu qu'elle devait 
avoir des habitudes alcooliques. 

Le vin opiacé calma le délire ; mais la femme nie énergi- 
quement qu'elle soit adonnée à l'usage des liqueurs fortes. 
Jamais, dit-elle, elle n'a tu d'eau-de-vie, m d'alcool sous au- 
cune forme, à peine lui arrive-t-il de boire un verre ou deux 
de vin par mois. 

Est-ce néanmoins le cas de répéter le vieil adage : Natu/ram 
moi'bomm ostendunt curationes. 

Dr. Victor Revillout. 
Gazette des Hôpitaux, 



SOCIÉTÉ MÉDICALE DE MONTRÉAL. 



Séancedu? Août 1872. 

Présidence du Dr. J. E. Coderre. 
Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Proposé par le Dr. A. Meunier, secondé par le Dr. P. E. 
Plante, que les Drs. L. A. Portier, (de St. Clet) et P. Piliatrault, 
<de St. Alexandre) soient admis membres actifs. — Adopté. 

La discussion de l'acte médical projeté étant à l'ordre du 
jour, les Drs.' J. P. Rottot, H. G. Bibaud, L. À Portier et au- 
tres y prennent part. 

Il est ensuite proposé par le Dr. J. p. Rottot, secondé par 
le Dr. F. Perrault, que la Société Médicale est d'opinion que 
le principe df^ l'acte médical projeté tendant à mettre l'éduca- 
tion classique et médicale sous le contrôle du gouvernment 
fédéral doit être rejeté. — ^Adopté à l'unanimité. 



410 L'UVIOK XiSlXOALIB XiU 0A2CADA. 

Proposé par le Dr. P. E« Plaate, secoadé par le Dr. L. 
QuinUtlf qu'up comité, comppsé des Dm. J. P. Rottot, F. X. 
Perrault, G. Grenier, du moteur et secondeur, fioit formé 
pour préparer les amendements néceesaires pour rendre 
Tacte .médical projeté acceptable à la province de Québec. 
—Adopté. 

8ur prog[)osition du Dr. A. Meunier, secondé par le Dr. A. 
Laramée, il est résolu dd convoquer une séance spéciale, 
mercredi, le 14 août, à 8 h. p. m., pour recevoir le rapport du 
comité ckargé de Texamen de Tacte médical projeté. 

Le Dr. L. Quintal donne avis qu'il proposera à la prochai- 
ne séance les Drs. F. L. Palardy, (de St Placide) et G. Fafard 
(de Montréal) comme membres actifs. 

Le Dr. A. Laramée donne avis qu'il proposera les Drs. J. G. 
Bibaud et A. B. Craig (de Mointréal) comme membres actifs. 

Et la séance est levée. 

Dr. Geobges Grenier, 
Sec-Trés. S. 11. 



Séance du 14 Août 1872. 

Présidence du Dr. J. E. Goderre. 

Officiers présents : Drs. J. W. Mount, G.- Bruno, L. J. P. 
Desrosiers, O. Grenier. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Proposé par le Dr. A Laramée, secondé par le Dr. Ed. 
Mount, que les Drs. J- G. Bibaud, et A. B. Craig, de Mon- 
tréal, soient adn^is membres actifs.— Adopté 

Sur propf^tion du Dr. L. Quintal, secondé par le Dr. P. E 
Plante, les Drs. F. L. Palardy, de St. Placide, et Charles Fa- 
fard, de Montréal, sont admis membres actifs. 

Le Dr. J. P. Rottot présente le rapport du comité nommé 
a la séance précédente pour préparer les amendements 
nécessaires, «[fin de rendre l'acte médical projeté, accepta- 
ble à Ut Province de Québec. Plusieurs clauses de ce rap- 
port sont prises en considération, discutées et adoptées 
avec quelques amendements. 



L'ci^iON utaioAint DIT CANADA. it;t 

Sur proposition du Dr. L. J. P. Desrosiers, secondé par le 
Dr. F. X. Pen»uU, il «si résolu de continuer à la prochaine 
séance Texamen de ce rapport. 

Et la séance est levée. 

Dr. Gborgbs Grbnibr, 
Sec-Trés. S. M. 



Séance du 21 Août 1872. 

Présidence du Dr. J. G. Bibaud. 

OfBciers présents : Dr. A. Ricard, G. Dubuc, G. Grenier. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Le Dr. J. P. Rottot continue la lecture du rapport du co- 
mité chargé de préparer les amendements nécessaires afin 
de rendre l'acte médical projeté acceptable à la province de 
Québec. Toutes les clauses de ce rapport sont prises en con- 
sidération, discutées et adoptées. 

Il est ensuite proposé par le Dr. A. Ricard, secondé par le 
Dr. A. Laramée, et résolu qu'une séance spéciale soit convo- 
quée jeudi le 5e jour de Septembre prochain à 2 h. p. m., 
dans les salles de l'école de médecine, pour la considération 
finale des amendements proposés à Pacte médical projeté et 
que, tA l'importance du sujet qui affecte les intérêts de tous 
les membres de la profession médicale de la province de 
Québec, tous les médecins de la ville et de la campagne ne 
faisant pas partie de la Société soient instamment priés d'as- 
sister. 

Le Dr. A. Laramée donne avis qu'il proposera à la pro- 
chaine séance le Dr. J. M. LeCavaUer (de St. Laurent) comme 
membre actif. 

Et la séance est levée. 

Dr. Georgbs Grbnibr, 

Sec.-Trés. S. M. 



412 l'vnion uéoioalb du canada 

LA LOI DE VACCINATION EN EUROPE. 

• I 

\ 

(Du Lond. Med. Tinxes.) 

Le débat de mercredi sur la question de la limitation des 
amendes, pour négligence ou infraction à la loi de la vaccina- 
tion compulsoire, attirera encore l'attention publique sur la 
question de l'opportunité d'infliger une amende et un empri- 
sonnement, pour négligence de la vaccination. On se rap- 
pellera que dans ce journal, le principe de la vaccination 
compulsoire a toujours été admis ; mais nous avons pensé 
qu'il est de notre devoir de supporter le système de vaccina- 
tion compulsoire plutôt en créant des disqualifications sur les 
non vaccinés qu'en recourant au mode plus rude de rinflic- 
tion pénale. Le premier mode de promouvoir la vaccina- 
tion ne porte aucune ressemblance avec la persécution, le 
second le fait. Le premier fournit un thème aux agitateurs 
et aux démagogues ; tandis que personne ne peut se plaindre 
que des individus qui ne possèdent aucune immunité contre 
la petite vérole, et qui peuvent la communiquer aux autres, ne 
soient pas tolérés dans les écoles, dans les services publics 
ou dans les professions, les fabriques ou les ateliers. 

La négligence du système d'instituer des disqualifications 
politiques et sociales pour les personnes non vaccinées met 
le gouvernement dans la nécessité d'avoir recours au sys 
tème pénal, et conséquemment les lois anglaises sur la vacci- 
cination égalent en sévérité celles d'aucun -autre code étran- 
ger. De fait, le témoignage d'efficacité de tout système de 
législation, ce sont ses effets pratiques ; et si l'événement 
prouve que le système pénal est celui qui confère le plus 
d'immunité contre la variole, aucun doute que tout autre 
doit être mis de coté et qu'il doit être adopté. Mais si une im- 
munité égale peut être obtenue par le système des disqualifi- 
cations, ou par un système mixte, comme en Prusse où les dis- 
qualifications sont le premier engin coêrcitif, et où les péna- 
lités sont rarement mises en vigueur, jamais, et disons nous, 



l'union médicale dit canada. 413 

excepté dans le cas de petite vérole chez un enfant non vac- 
ciné le système coërcitif ne doit avoir le pas sur le système 
de compulsion indirect par disqualification. 

Il n'y a aucun doute qu'en Angleterre le moyen de faire 
naître une secte est de poursuivre à son égard, un plan qui 
puisse être stigmatisé comme une persécution ; et c'est par 
ce que nous pensons que la vaccination est un grand bien- 
fait pour l'humanité et doit être universelle, que nous crai- 
gnons l'effet d'un trop grand zèle dans la voie des punitions. 

Afin de mettre devant nos lecteurs un rapport fidèle de l'é- 
tat de la vaccination dans les pays étrangers, nous nous som- 
mes mis en communication avec les représentants de la plu- 
part des gouvernements européens, et nous avons obtenu 
d'eux des informations contenues dans ces notes. Nous 
avons beaucoup de plaisir à accuser réception des informa- 
tions précises, touchant les lois de la vaccination en Allema- 
gne, du Dr. Muller, directeur-général de la vaccination à 
Berhn, et nous procéderons maintenant à reproduire la subs- 
tance de ses communications. 

Suivant la loi prussienne, les enfants doivent être vaccinés 
dans leur première année. La pénalité dans le cas de con- 
travention est appliquée seulement lorsque les enfants, qui 
n'ont pas été vaccinés dans leur première année, sont attaqués 
de petite vérole. 

Les directeurs des écoles, les chefs d'ateliers, les manufac- 
turiers et les autres employés sont requis d'obtenir des preu- 
ves, que les personnes qui se présentent à eux pour l'éduca- 
tion, ou pour entrer à leur service ont été vaccinés. 

Les personnes qui recherchent pour leurs enfants, ou pour 
ceux qui sont confiées à leur soin, l'admission dans aucune 
institution publique, rencontrent un refus s'ils ne peuvent 
fournir des preuves que ces jeunes gens^ont été vaccinés. 

La vaccination est sous les soins et le contrôle des autorités 
municipales ; et personne, excepté les médecins et chirurgiens 
licenciés comme praticiens généraux, n'ont droit de vacciner, 
et ceux-ci ne peuvent le faire qu'en suivant strictement les 



414 L'UNiOlf M^ICAU DU CAITADA. 

iodioations publiées, lesquelles indications leur enjoignent de 
ne prendre la matiàre vaccinale que chez les] en&nts parfai- 
tement sains. Les médecins sont obligésr de fournir à la po- 
lice, à chaque quartier, une liste soignée des noms de ceux 
qu'ils peuvent avoir vaccinés dans leur pratique privée. 

. Pour pourvoir à la vaccination des individus qui sont re- 
connus non vaccinés, une vaccination publique générale a 
lieu, chaque année, ou plus souvent, si les circontances le 
requièrent, dans les différents districts provinciaux, et spé- 
cialement dans ceux où la vaccination n'est pas continuelte- 
nient pratiquée. Si, nonobstant ceci, les enfants demeurent 
non vaccinés jusqu'à la fin de leur première année, sans 
cause raisonnable, et qu'ils soient ensuite atteints de petite- 
vérole, leur parents ou tuteurs, en conséquence du danger 
d'infection ainsi causé, sont sujjsts à une pénalité pour leur 
négligence. La pénalité est une amende dont le montant est 
laissé au jugement des autorités de police. 

La petite-vérole se déclare-t-elle dans une maison, une en- 
quête soigneuse est faite 'pour s'assurer s'il n'y a là aucune 
perspnne sujette à l'infection et s'il y en a, elles sont vacci- 
nées aussitôt que possible. Dans le cas d'une plus grande 
extention de la petite-vérole, tous les autres habitants sont 
prévenus du danger et requis de faire vacciner le plus tôt 
possible tous ceux qui, étant dans leur dépendance, sont su. 
jets à l'infection ; à laquelle fin, des arrangements nécessai- 
res sont pris par le département médical de la police ; et lors^ 
que requise, la vaccination compulsoire est effectuée. 

L'opposition à la vaccination est rare en général et est fai- 
te seulement par les partisans de l'homéopathie. Lorsque la 
vacdination est négligée, la chose est due ordinairement au 
manque de soin de la part des parents. Les lois de la vacci- 
nation diff&rent légèrement dans les différents Etats d'Alle- 
magne, mais, pour la plus grande partie, elles sont esaea- 
tiellement les mômes qu'en Prusse. Seulement en Bavière 
la loi est plus sévère. 

La rev^ciuation n'est pas pcescrite par la loi, mais les ré- 



L'mnOK VtDÎÛÂlA DU CANADA. 415. 

glements gouvernementatix la r6Commende et dans leis (ien. 
siems qui sont liées avec les institutions d'éducation publique, 
les élèves ne sont admis qu'à la condition d'avoir été Vacci- 
nés depuis deux ans. Ti i revaccination des soldats, en en- 
trait t dans l'année, est compulsoire. 

Aucun cas d'enfant vacciné forcément contre le gré de ses 
parents n'est venu à la connaissance du Directeur-Général ^ 
de la vaccination ; et le Dr. Muller dit qu'il est rarement pos 
fiible qu'il puisse y avoir aucun adulte en Prusse qui n'ait 
pas été vacciné. D'un autre côté, il arrive souvent que les 
^nfknts demeurent non vaccinés jusqu'à l'âge où ite sont en- 
voyés à l'école, de la moitié de ceux qui meurent dans les 
épidémies de petite-vérole sont des enfants non vaccinés. 



CORRESPONDANCE PARISIENNE. 

HOTEL-OIEU DE PARIS. 

Cet hôpital a éié fondé en 660 : ses dimensions ont été aug 
mentées à diverses époques suivant les besoins de la popula 
tion. 

Il contient aujourd'hui 834 malades auxquels huit méde- 
cins et trois chirurgiens donnent leurs soins, régulièrement 
tous les jours. 

11 y a clinique chirurgicale à l'amphithéâtre :ous les mardis 
je\idis, samedis, et clinique médicale tous les lundis, mercredis 
et samedis,. Ces cliniques sont données sans interruption 
durant toute l'anûée. Dans les quinze autres grands hôpitaux 
Ae Paris il y a chaque semaine une ou deux clinique*. 

De plus tous les médecins et chirurgiens font aux lits des 
raalaldes des observations cliniques d'une très-grande impor- 
tance pratique, que lès élèves s'empressent de recueillir et 
4'annotter 

fiahs chaque service de chirurgie^ il y a 3 et môme 4 inter- 
nes et autant d'externes. 

Les devoirs de ces MM. sont de remplacer leurs chefs 



4t6 L UNION MÉDICALE DU CANADA. 

dans les cas pressants, tels que hémorhagies, fractures, disloca- 
tions, et toutes les complications qui demandent une inter- 
vention prompte. 

De plus ils ont à faire tous les jours le pansement, les ap- 
plications d'appareils, à prendre la température et l'état du 
pouls des malades, aux diverses heures de la journée. 

Les internes et les externes changent d'hôpital une ou 
deux fois par année, de sorte qu'ils profitent ainsi des leçons 
de plusieurs chefs. 

Ces places d'internes et d'externes ne s'obtiennent -que par 
concours. Pour ceux qui veulent, un jour, parvenir au pro- 
fessorat, le concours à l'externat est le premier d'une série 
'^de concours dont le dernier n'a lieu qu'après dix ou quinze 
années d'un travail incessant. 

Étant données de telles épreuves, il est facile de se faire 
une idée de la somme de connaissances que possèdent ceux 
qui parviennent. Il n'y a quelquefois que 3 ou 4 candidate 
pour chaque place vacante, d'autres fois il y en a une dizaine. 

M. Le professeur Richet est aujourd'hui arrivé à l'apogée 
des honneurs comme chirurgien. Après avoir passé par 
plusieurs hôpitaux, il occupe actuellement la chaire de clini- 
que chirurgicale de l'Hotel-Dieu. Il possède à fond son ana^ 
tomie, il a un œil exercé, une main sure, un jugement sain^ 
il réunit en un mot toutes les qualités qui font le vrai chirur- 
gien. M. Richet est l'auteur d'un ^' traité d'anatomie médico- 
chirurgicale " que doit étudier tout homme qui s'occupe de 
•hirurgie. 

Permettez, MM. les rédacteurs, qu'après ces quelques ob- 
serrations, je vous donne un compte rendu de la «Unique et 
des opérations faites le 18 juin par H. le professeur Richet 

Un homme de 40 ans à tempérament sanguin, est apporté- 
à l'hôpital avec une fracture compliquée des deux os de la 
jambe gauche. Vu le gonflement considérable du membre, on 
le met sur un coussin résistant et on applique autour un ban- 
dage compressif au moyen de la ouate et des bandes de 
coton. 



L UNION, MÉDICALE DU CANADA. 417 

. Malgré une hémorrhagie assez forte survenue immédiate- 
ment après raccideni, M. Richet prescrit cependant une sai- 
gnée abondante, dans le but d'empêcher les ^complications 
d'érésipèle et d'angioleucite si fréquentes et si fatales dans 
cet hôpital à la suite des factures de ce genre ; il fait obser- 
ver que, règle générale, les chirugiens néglignent trop les 
saignées. 

On ne se hâte pas ici d'appliquer les appareils à fracture, 
on attend môme souvent jusqu'au huitième jour c'est-à-dire 
jusqu'à ce que les premiers sjinptômes enflammatoires aient 
disparu. 

M. X, âgé de 50 ans, a subi en février dernier 2 ou 3 séan- 
ces de lithotritie. Les calculs étaient très difficiles à saisir, 
car la vessie présentait des colonnes charnues entre lesquel- 
les les pierres étaient comme cachées. Il fallait pour les 
saisir mettre le malade sur le côté. 

L'urine était retenue dans la vessie de ce malade par la 
valvule vésicale très développée et tirée en haut par les co- 
lonnes charnues ; inutile donc de faire de nouvelles séances 
de lithotritie puisque le patient ne pourrait expulser les frag- 
ments de la pierre. 

A la suite de la lithotritie il s'est développé un cystite ai- 
guë, puis des douleurs, des contractions, des spasmes, et il est 
impassible de dilTérer plus longtemps l'opération de la taille, 
sans exposer ce malade à des complications qui pourraient 
amener sa mort. 

Je ferai, dit M. Riehet, la taille bilatérale l^^. afki de diviser 
la prostate sur deux points, et 2o. afin de diviser en môme 
temps la valvule qui fait obstacle au passage dQ.r?9irine. 

Je ferai à 6 ou 7 milUmètres en avant de Tanus une inci- 
sion demi oourbe que je prolongerai jusqu'au bec de la pros- 
tate en avant de laquelle je perforerai Turétre. 

L'index de la main gauche doit ôtre introduit et maintenu 
dans le rectum durant tout le temps de l'opération. . 

Le pouce gauche suit le bistouri dans la plaie. C'est M. Né- 
laton qui a indiqué et mis en usage .ce procédé opériioire, 



418 L*inrioir MioioALi i^u oanada. 

aassi on lui a donné le nom de taille prérectale de Nélaton. 
Le grand avantage de ce procédé opératoire, c^est de se tenJr 
à la distance voulue du rectum et de plus, d^évitr sfiirement 
le bulbe de Turètre. 

Chose étonnante, Dupuyû^n ignorait l'extrême importance 
de ne pas blesser le bulbe et d'éviter par cette précaution les 
dangers de la phlébite et de l'infection purulente, etc., etc., 

Le lithotome double de Dupuytren ne doit pas être ouvert 
à plus de 30 millimètres, afin de ne pas dépasser les limites 
de la prostate et de ne pas blesser les plexus périvésicaux et 
prostatiques. Après avoir ainsi rappelé aux élèves quelques- 
unes des règles les plus importantes à observer pour bien 
faire une l'ithotomie, M. Richet procède à l'opération de la 
taille bilatérale, mettant strictement en pratique les préceptes 
qu'il vient de donner. 

Il retire trois pierres grosses comme des noisettes. 

La vessie présentait en outre plussieurs incrustations cal- 
caires, que l'opérateur se donna bien garde de toucher, de 
peur de déterminer de l'inflammation. 

Après l'opération de la taille, M. Richet enlève une tu-, 
meur du sein. Il fait de longues incisions ; obéissant aux 
règles de la prudence, il enlève plus que moins des tissus en- 
vironnants. M. Richet introduit dans un vaste kiste du foie 
un tube de près d'un pouce de diamètre. Une quantité con- 
sidérable d'un liquide infecte sort par ce tube, ae plus de 
large grumeaux, même des membranes qui tapissaient ëvi- 
iemment les parois de cette cavité. Grrâce i cette înterven- 
Mon énergique et hardie, ce malade guérira très probable- 
ment d'une maladie qui devait le conduire à la mort. 

Les divemes thoracentèses que j'ai vues faire, déttit plaies 
pénétrantes de l'abddmen avec hernies du gr&nd kiste 
épiploon qui sont guéries, cette ponction du kiste du foie prou^ 
ve que, dans les ca;s gtâr^es, il ne ftiui; pae^ trbp craiiiMlM de 
pénétrer dans ces grauiies cavités, pour chercher à siauver la 
vie des malades. 

Relativement à la Uthotomie je croîs devoir ajouter qUe, quoi 



L'uJ^IQN MtolCAUB DU CANADA. 4 {9 

que la taille prérectale soit adoptée par presque tous les chi- 
rurgiens des hôpiUux de Paris (je Tai vue pratiquer trois fois 
dans la même semaine par trois chirurgiens différents) cepen- 
dant M. Dolbeaiî, professeur de chirurgie à Técole de méde- 
cine, se sert d'un procédé qui est peut-être destiné à renver- 
ser tous les procédés en usage aujourd'hui. 

Ce procédé consiste à faire dans la portion membraneuse de 
Vurètre, une simple ponction, et ensuite à dilater, au moyen 
d'un instrument inventé à cet effet, la portion du canal qui 
conduit à la vessie. 

En un mot, à faire chez Thomme comme on fait chez la 
fenmie, lorsqu'on extrait les calculs par l'urètre dilatée. 

Si Ton tient compte de la facilité avec laquelle on brise à 
présent les pierres avec les instruments perfectionnés ainsi 
que de l'innocuité d'une simple ponction du canal de l'urètre 
sans toucher le col de la vessie ni la prostate, excepté avec le 
dilatateur, on sera tenté de croire que cette méthode prévau- 
dra avant longtemps, du moins pour l'extraction de certains 
calculs. L'expérience aura bientôt décidé la question. 

A. T. Brosseau. 



GRAVELLE PILEUSE. 

M. le docteur Debout nous transmet deux ©bservations très- 
intéressantes de gravelle pileuse qu'il a recueillies à Cou- 
trexéville, et qui, ainsi qu'il le dit justement à la fin de sa 
communication, apportent des éléments à l'étude d'un nhé- 
nomène pathologique qui attend encore son explication. ' 

Voici la note de notre confrère : 

Les faits de gravelle pileuse sont rares, et quoique depuis 
Hippocrate bien des auteurs aient parlé du trichiasis des voies 
iirinaires, aucune théorie n'est encore admise pour expliquer 
la présence des poils expulsés avec l'urine. En effet si 
Rayer, dans son mémoire présenté à la Société de biologie 
en 1860, conclut à l'existence du trichiasis, M. le professeur 
Broca explique un npuveau fait présenté p^r lui le 17 juin 

3 



426 l'union médicalx du cakaba. 

1868 à la Société de chirurgie par un kyste fœtal en commu- 
nication avec les voies urinaires en exprimant un doute sur 
Texistence du trichiasis et en se demandant si tous les cas 
du même genre ne son pas des pilimictions fœtales. 

Nous pensons que les deux faits qui vont suivre ne peuvent 
pas permettre une pareille interprétation, et sans vouloir en 
donner une explication que, dans Fétat actuel de la science, 
il noiis serait impossible de fournir/ nous filions les relater 
en mentionnant toutefois préalablement Topinion de Bichat, 
qui dans son Anatonue générale^ dit ceci : '' Quelquefois, il 
se forme des poils a la surfaca interne des muqueuses. On en 
a vu dans la vessie^ Testomac et les intastins. J'en ai trouvé 
sur des calculs du rein. 

Observation t. — M. G...., homme de 52 ans, vigoureux et 
lûcn constitué, vient à Contrexévile, en 1870, pour la première 
fois. Ce malade se plaint de maux de reins datant de deux 
ans et devenus presque continuels. Il expulse avec les urines 
du sable urique môle à des poils de grosseur et de couleur 
variables. Contrairement aux cas cités par Rayer et à celui 
<|ai va suivre, Tacide urique n'adhère pas à ces poils. Le 
malade, qui a été frappé de ce dépôt, en a recueilli une assez 
grande quantité, en petits paquets séparés, et nous les pré- 
sente avec la date de rémission des produits pathologiques. 

Soumis à T usage progressif de Teau de Gontrexé ville en 
boissons, en bains, puis en douches rénales, il expulsa, pen- 
dant les huit premiers joui*s de son séjour dans cette station 
une certaine quantité de poils mêlés à de Tacide urique que 
nous pûmes facilement recueillir. 

Après ces huit jours, les poils disparurent, ainsi que lefi- 
maux de reins, et le malade, qui appartenait à Tarmée, ne 
revint plus à Gontrexéville depuis cette époque. 

Nous avons, ainsi que plusieurs de nos confrères, examiné 
les poils rendus par ce malade ; ils étaient pourvus de leur 
bulbe et ne présentaient rien de particulier. 

Observation II.— M. G..., âgé de 46 ans, homme nerveux 
et bien constitué, est venu, il y a 14 ans, à Gontrexéville po«ir 



L*17NI0ir MÉDICALl DU OAVAOA. 421 

]a première fois à la suite de plusieurs crises néphrétiquosiet 
de quelques légers accès de goutte articulaire. Il y suivit 
pendant quatre années, un traitement hydrominéral, et ex. 
puisa, sous l'influence de sa dernièra cure, une petite masse 
dure du volume d'un poids formé d'un magna de poils et de 
Sable urique, Il avait antérieurement rendu, avec le sable 
qui abondait dans ses urines des poils isolés, mais n'y avait 
point fait attention, pensant que ces poils venaient du pubis ; 
mais alors que son attention eut été éveillée par l'expulsion 
<le la petite boule iont nous venons de parler, il remarqua 
que les poils du pubis flottaient sur l'uriue, tandis que les 
poils de la vessie étaient déposés au fond du vase. Il ne 
nous a pas été donné de vérifier cette assertion du malade. 

A la suite de ces quatre saisons, le malade passa sept années 
«ans ressentiment de goutte ni de coliques néphrétiques : il 
émit cependant encore du sable, et avec ce sable quelques 
T>oils dans les urines. 

Revj^nu à Contrexéville en 1869 pour y rétablir son esto- 
mac, qui, depuis la mort de sa femme, survenue en 1866, 
était aHectée de dyspepsie, et sur lequel, lors de ses premiè- 
res visites, l'eau du Pavillon avait eu un effet salutaire, il y 
obtint le résultat qu'il désirait et partit guéri : mais, au bout 
de quatre mois, le mal revint. Après une deuxième cure 
faite en 1870, dix mois se passèrent sans souffrances, malgré 
les pénibles émotionsi qu'amenèrent la guerre et l'occupation 
de sa résidence. Une troisième saison, en 1871, laisse espé- 
rer une guérison définitive. 

Jjes coliques néphrétiques n'ont plus reparu ; le malade a 
toujours continué, à rendre, de loin en loin, un peu de sable 
et quelques poils. Une fois entre autres, le malade expulsa, 
non sans une vive douleur dans le canal, un poil qui présen- 
tait, dit-il, l'aspect d'un chapelet dont les grains étaient for- 
més d'acide unque. 

Tels sont les faits qu'il nous a été donné d'observer, et^ 
TiOus le répétons sans pouvoir en donner l'explication, nous 
douions fort que celle de M. le professeur Broca, la pilimic- 



422 L^UNION HÉDIOALB DU CANADA. 

tion fœtale, et même Topinion de Bichat, la formation de 
poils sur les muqueuses, puissent, dans ces deux cas, expli- 
quer cette émission abondante de poils avec les urines. Aus- 
si nous sommes-nous simplement proposé d'apporter des élé< 
ments à Tétude d'un phénomène pathologique qui attend 
encore une interprétation satisfaisante. 

[Gazette des hôpitaux.) 



DES DIVERSES FORMES D'ASPHYXIE. 

AU POINT DE VUE PHYSIOLOGIQUE ET PATHOLOGIQUE- 

Par M. le docteur Levex 

I 

Nous avons publié, il y a un an, quelques résultats de nos- 
expériences sur la ligature de la trachée, et nous en avons 
fait le sujet d'une communication à la Société de biologie. 

Nous nous proposons aujourd'hui de reprendre ce sujet et 
de publier les applications de ces études physiologiques aux 
diverses questions de l'asphyxie par pendaison et par submer- 
sion, en même temps que nos expériences sur l'action du gaz 
acide carbonique dans le sang. 

Nous avons, dans notre première publication, dit que si on 
applique un fil autour de la trachée d'un animal, et qu'on le 
serre très légèrement, sans gêner le passage de l'air et des 
gaz exhalés par le sang, ou observe immédiatement une di- 
mikution du nombre des mouvements respiratoires, et que* 
ce nombre baisse de 60 à 45 par minute par exemple. 

Et nous avons observé sur plusieurs animaux, des lapins et 
des cochons d'Inde, qu'en serrant brusquement la' trachée 
avec un fil de manière à l'oblitérer on peut produire la mort 
immédiate, précédée de deux ou trois secousses convulsives, 
seulement généralisées. Cette expérience ne réussit pas tou- 
jours ; nous avons constaté le môme fait en essayant d'intro- 
duire dans la trachée une canule trop étroite ; la trachée en 
se rompant brusquement, était la cause de la mort immédiate^ 
précédée de quelques mouvements convulsifs. 



l'union médicale du CANADA. 423 

J'ai essayé de reproduire les mômes expériences en sec- 
tionnant au préalable les deux nerfs pneumogastriques et en 
liant ensuite la trachée. Dans ce cas, la mort ne survient 
que peu à peu, par le fait de Tempoisonpement du sang par 
Tacide carbonique. L'animal s'asphyxie peu à peu, les bat- 
tements du cœur se ralentissent, les muqueuses noircissent, 
et ranimai ne sudombe qu'au bout d'une minute environ. 

D.-ins ce dernier cas on peut même, quand il est frappé de 
mort apparente le faire revenir à la vie en déliant la trachée. 

Dans la première série des expériences, lorsque le pneu- 
mogastrique était respecté, la ligature de la trachée détermi- 
nait une mort irrévocable. Après la section du pneumogas- 
trique, je pouvais le ressusciter en déliant la trachée. 

La diminution dans le nombre des mouvements respira- 
toires lorsqu'on serre faiblement la trachée au moyen d'un 
iil, la mort immédiate que Ton voit survenir quelquefois par 
une ligature forte, me paraissent devoir s'expliquer par l'ex- 
citation faible ou forte de la périphérie du nerf pneumogas- 
trique. 

Ces expériences donnent des résultats qui ont de grandes 
-analogies avec ceux de l'électrisation du bout central du 
pneumogastrique. 

Une électrisation faible du bout central du nerf pneumo- 
gastrique détermine un ralentissement de la respiration et 
non une accélération, comme le disait Traube. Une électri- 
satiou forte peut tuer l'animal sur le coup en arrêtant la res- 
piration et les battements du cœur. Dans ces divers genres 
de mort, le poumou et le cœur conservent leur couleur rose. 

L'influence sur la respiration de la ligature de la trachée 
est indépendante de toute émotion ou excitation cérébrale 
due à l'expérience ; car si on serre le fil enroulé autour de la 
trachée assez pour que l'échange des gaz soit profondément 
troublé et que l'animal tombe dans le coma produit par une 
asphyxie incomplète, on peut diminuer ou augmenter instan- 
tanément le nombre des mouvements respiratoires en serrant 
légèrement la ligature ou en la desseirant ; on peut même 



424 l'union médicale du ganada. 

arrôter la respiration et les battements du cœur tout d'un 
coup eu serrant la ligature brusquement, de manière à obli- 
térer la trachée. 

II 

Ces expériences peuvent nous rendre compte de phénomè- 
nes qui accompagnent la mort par pendaison. 

On a publié des autopsies d'individus et d'animaux qui ont 
été pendus (1). La mort par pendaison peut être déterminée 
par luxation des vertèbres cervicales ; elle peut ôtre due à 
l'empoisonnement par l'acide carbonique ; mais les faits que 
rapporte Brown-Séquard ne rentrent pas dans ces catégories. 

Les poumons et le cœur avaient leur coloration rosée et ne 
ressemblaient en rien à ce que l'on trouve dans les cas d'as- 
phyxie par acide carbonique. La mort paraît se rattacher 
alors aux mômes causes qui, dans nos expériences, l'ont ame- 
née à une ligature forte de la trachée. 

Nous avons vu, chez les animaux tués par ligature, que It> 
cœur et les poumons avaient une coloration rouge. 

La mort chez les paralytiques qui succombent durant un 
repas peut être rangée dans la môme gatéporie. Duchenn? 
(de Boulogne) nous a dit avoir vu mourir de la môme maniè- 
re des individus atteints de paralysie labio-glosso laryngée. 

Lès morts subites survenues durant Popération de la tra- 
chéotomie (et les auteurs en ont signalé un certain nombre; 
méritent également d'ôtre rappelées. 

Lorsqu'on plonge des animaux comme le cabiai sous l'eaiu 
et nous avons répété cette expérience plusieurs fois, ils ne 
meurent pas empoisonnés par l'acide carbonique, si on a soin 
de les tenir sous l'eau ; on voit que les animaux ne font que 
que deux ou trois respirations et meurent ensuite. 

L'autopsie permet de constater que les poumons et le cœur 
ont conservé leur coloration rose. 

Beau avait déjà fait cette observation. 



(I) T. I, Journal de physiologie. Brown-Séquard, nô. 822. 



l'union IfÉDICALI DTT CANADA. 425 

Si, au contraire, l'animal peut remonter de temps en temps 
au-dessus de l'eau pour respirer de l'air, il absorbe de l'oxy- 
gène, la respiration continue, ainsi que le battement cardia- 
que ; mais il s'asphyxie peu a peu par l'acide carbonique^ la 
mort arrive progressivement, et le cœur et les poumons de- 
viennent noirs par l'acide carbonique en excès. 

La submersion parait donc comme la pendaison, pouvoir 
dèierminer la mort x>ar syncope, comme le montrent les pre- 
mières expériences, ou bien par empoisonnement du sang, si 
l'animal ne reste pas plongé sous l'eau. 

On a signalé des individus noyés qui ont pu êt**e rappelés 
à la vie un grand nombre d'heures après la noyade ; d'autres 
qui meurent rapidement après la submersion. 

N'est*ce pas à ces diverses causes physiologiques de la 
mort qu'il faut rapporter ces différences dans les résurrections ? 

Gomment expliquer la syncope dans la submei^sion des 
animaux que l'on tient sous l'eau ? 

Pourrait*on dire que l'oxygène ne pouvant plus pénétrer 
dans les organes respiratoires, le bulbe cesse d'être excité se 
paralyse, et de là arrêt du cœur et des poumons ? 

£t dans les cas de ligatuœ foi*te de la trachée, n'est-ce pas 
l'excitation trop forte de la périphérie du pneumogastrique 
qui se traarsmettant au bulbe, le paralyse ? 

En résumé, la mort par asphyxie comprend plusieurs or- 
ares de causes ; tantôt elle est dne 1 des phénomènes pure< 
ment nerveux, et alors elle peut être considérée comme mort 
par syncope ; d'autres fois elles est due à des actions chimi- 
ques, à Tempoisonnement par les acides carboniques. 

On comprendra qu'il importe, pour' le pronostic et le trai 
tement de ces divers genres d'asphyxie, de bien en connaître 
la physiologie pathologique. 



426 l'union hépicale du canada. 

LE CANCER COMME SOUCHE TUBERCULEUSE: M. 

BURDEL 

Paris, le 18 Juillet 1872. 

La publication (1| que M. le docteur Burdel a récemment 
présentée à TÂcadémie est le complément d'un travail sur 
lequel Vlgla avait fait en 1870 un rapport qui montrait l'im- 
portance des documents recueillis par l'auteur. 

La méthode adoptée par &L Burdel et roriginalité des con- 
clusions qu'il a déduites de ses recherches persévérantes, 
nous imposent le devoir de consacrer à ce petit livre une 
analyse dont nous ne regretterons pas l'étendue, si elle con- 
tribue à provoquer des recherches analogues à celles dont 
l'auteur offre un modèle 

Le docteur Burdel, étudiant à Vierzon l'étiologie de la 
phthisie chez ses malades, a été frappé de la fréquence de 
l'existence du cancer chez les parents non tuberculeux ayant 
donné naissance à des enfants tuberculeux. Poursuivant ses 
études pendant vingt-sept années de pratique dans un pays 
où il succédait i son père, et pouvant établir rigoureusement 
les antécédents des familles, il est arrivé i des résultats re- 
marquables, autant par la précision des observations que par 
les conclusions qu'il en a déduites. — Nous examinerons d'a- 
bord les faits tels qu'ils ont été présentés par le docteur Bur- 
del. 

Sur plus de 100 familles cancéreuses, 7o ont fait souche de 
phthisiques, 79 cancéreux ont produit 237 tuberculeux. 

32 observations citées comme exempte montrent avec quel 
soin l'auteur a suivi l'histoire de ces familles. Nous les 
avons toutes lues, étudiées, résumées, classées, de diverses 
façons, et comparées entre elles, ce qui nous permet d'en 
présenter les résultais sous une forme très-succincte. 

32 cancéreux, constituant 32 familles, donnent naissance à 



{]) Le cancer emsiiérè romme soucke iuhereuleme, parle docteur E. 
Burdel.-— O. Masson. Paris. 1872. 



l'union uédicale du canada. 427 

*^1 8 cancéreux, 61 tuberculeux et 31 iDdividus exempts de Tune 
• ou Taulre de ces dialhèses ; sur les 18 cancéreux nés de la 
première généralion, 15 reproduisent 36 tuberculeux, 2 can- 
céreux et 14 individus indemnes. En réunissant les deux 
générations, on arrive à ce résultat que 32 cancéreux produi- 
.«ent 20 cancéreux et 97 tuberculeux et 45 individus indemnes, 
ou en d'autres termes à la première et à la seconde généra- 
tion, les descendants en ligne directe des cancéreux compren- 
nent : cancéreux, 12 pour 100 ; tuberculeux, 59 pour 100 ; in- 
demmes 29 pour 100. A la troisième génération on trouve 
-seulement 4 cancéreux, dont] deux sont nés de mère ou père 
cancéreux, lui troisième de père tuberculeux, celui-ci ayant 
€11 UB frère et son père cancéreux, le quatrième né d'un père 
tuberculeux, mais ayant eu une gran^'mère tuberculeuse et 
cancéreuse. Ces chiffres sont fort remarquables, mais ils 
prennent une valeur plus considérable lorsqu'on ks compa- 
re aux chiffres approximatifs de la fréquence du cancer et 
du tubercule. Il est sans doute regrettable que nous ne con- 
naissions pas pour Vierzon, ou au moins pour le Berry, la 
proportion habituelle des décès par cancer et par tubercule 
parce qu'il semble, à considérer les résultats précédents, que 
xes diathèses sont plus développées dans le Berry qu'ea d'au- 
tres parties de la France. Nous devons nous contenter des 
chiffres approximatifs admis pour la France eu général, ou 
au moins pour les parties de la France où le cancer et le tu- 
bercule sont fréquents. 

M. Broca a montré que, dans des calculs de ce genre, on 
peut considérer que sur 26 individus il existe, suivant les 
probabilités, 1 cancéreux ; appliquant cette proportion aux 
.432 enfants issus des 32 cancéreux, la probabilité serait de 
tf cancéi*eux au lieu de 20 cancéreux, d'une part ; en admet- 
tant, d'autre part, la moyenne de iO pour 100 de décès de tu- 
berculeux par rapport à la totalité des morts, le nombre des 
tuberculeux par rapporta la totalité des morts, ne devrait ôtre 
•que de 16 environ, au lieu de 97. Il faut donc conclure, 
pour les deux cas, h l'existence d'une cause particulière. 



428 l'union médicale db canada. 

Pour le cancer, Thérédité semble ici démontrée dans la. 
première génération, et cette influence héréditaire explique 
fort bien le chiffre obtenu. Mais pour la tuberculose, quelle 
est la cause de cette proportion si remarquable ? En faisant 
la part de l'analogie de conditions dans lesquelles ont vécu 
ces diverses familles, en supposant môme l'action de la con- 
tagion entre les enfants de la même famille, on est encore 
loin de s'expliquer ce nombre considérable de phthisiques is- 
sus de cancéreux, nombre qui est porté à 75 pour 100 de tu- 
berculeux nés de cancéreux par les autres observations de M. 
Burdel. Doit-on admettre ici une de ces coïncidences que 
peut présenter toute statistique qui ne comprend pas une 
poipulation étendue î M. Burdel ne le croit pas ; il conclut 
que le cancer peut être considéré comme une source de tubev.- 
culose ; il établit une loi de transmission héréditaire et expo- 
se une théorie complète. Cette théorie s'appuie sur les précé- 
dents, sur des expériences et sur des arguments tirés de l'é- 
tude générale des diathèses. Nous exminerons sucessire- 
ment ces diverses parties. 

Les chiffres présentées par M. Burdel sont tout à fait excep- 
tionnels ; ils ne tendent à rien moii:s qu'à prouver que la pro- 
portion de phthisiques nés de cancéreux est supérieure à cel- 
le des phthisiques nés de phthisiques telle que l'indiquent les 
statistiques les plus étendues (celles de Walshe, de Cotton et 
de Smith n'offrent qu'une moyenne de la moite des phthisies 
ayant une origine héréditaire.) 

Pour juger de la valeur de ces proportions, il faudrait pou- 
voir les comparer avec d'auti^s statistiques ; or, l'étude des 
rapports de la tuberculose avec le cancer ne nous donne mal* 
heureusement pas de renseignements pouvant par leur pré- 
cision être opposés aux résultats de M. Burdel. Cette étude, 
comme nous l'avons montré ailleurs (article Carcinome du Die- 
tioîmaire enq/elopédique)^ a subi des phases intér'kssantes à sui- 
vre ; on a commencé par croire à l'antagonisme du cancer et 
de la tuberculose mais on a trouvé dans quelques cas la coïn- 
dence des deux produits diathésiques, tubercules et cancôr^ 



l'union lïÉDiOALI DU OANADA. 42{> 

et Ton en est arrivé à montrer que les rapports des deux dia- 
IhëseB étaient assez intimes pour que, suivant Cooke et Si- 
bley« on trouve des antécédents de phthisie chez le tiers des 
cancéreux environ. Enfin, des statistiques plus étendues do 
Holden, portant sur plus de 7000 individus, nous donnent la 
proportion des cancéreux chez les individus à antécédents tu- 
berculeux, un peu inférieure à celle qu'on obseri^ chez les 
individus sans antécédenCs tuberculeux reconnus. 

Tous ces travaux aboutissent donc à ce résultat, que la 
tuberculose n'influe pas sur le développement du cancer. 
Malheureusement jusqu'à présent personne n'a dirigé les re- 
cherches dans le même seits que M. fiurdel, de sorte que 
pour le sujet qui noas occupe ces statistiques démontrent 
simplement qu'il y a souvent coïncidence de cancer et de tu- 
berculose dans les mêmes familles, et que les auteurs de ces 
recherches :n'ont pas été frappés des rapports que M. Burdel 
a découverts. Ses chiffres i^estent comme un appel forcé à 
des statistiques recueillies ^vec le même soin, et tant qu'elles 
ne fleront pas établies, il ne peut y avoir vis*à-vis de M. Burdel 
qu'une argumentation prenant ses moyens dans l'étude des 
diaihèses. 

Admettant théoriquement l'influence héréditaire du cancer 
par rapport.au tubercule, on est obligé pour en expliquer la 
cause de'pénétrer au fond des problèmes les plus complexes 
de la pathogénie des diaihèses. £n effet, il faut admettre que 
la diathèse cancéreuse peut se transformer par hérédité en 
diathèse ^tuberculeuse, ou bien que la diathèse cancéreuse 
eM une des causes qui prédisposent à la diathèse tuberculeuse. 

Sur le premier point, nous aurions longuement à discuter 
si nous voulions passer en revue tes doctrines qui ont été 
soutenues, en particulier par MM. Ba^in, Oigot-Suart, Pidottx, 
Luys, Morel, Moreau, la multiplicité seule des théories qui 
ont été proposées, nous conduirait à cette conclusion que 
dana l'état actuel de la science la:mutabilité.de8 diathèses est 
un problème qui n'a pas encore été l'ésolu par des démons- 
trations rigoureuses. La possibilité de la transformation des 



430 l'union médicale dk canada 

produits diathésiques les uns dans les autres serait une dé- 
monstration péremtoire, mais les données de Fanotomie pa- 
thologique, quant à présent, sont en opposition complète 
avec la probabilité d'existence d'un pareil phénomène ; M. 
Burdel cite bien quelques expériences où le cancer inoculé à 
des lapins aurait produit des tubercules, ou des abcès caséeux, 
mais nous savons avec quelle sévérité on doit éviter de con- 
clure d'expériences de ce genre, surtout lorsqu'elles sont à 
l'état de faits isolés. 

Dans les faits présentés par M. Burdel, nous trouvons pour 
presque tous les cas la manifestation de la diaihèse turber- 
4:uleuse apparaissant chez l'enfant avant que le père ne pré- 
sente la manifestation du cancer sous forme de tumeur ou 
de lésion organique des viscères ; et, dans tous les cas, la 
manifestation cancéreuse chez les parents est postérieure à 
la naissance des turberculeux. C'est donc la diathëse cancé- 
reuse en tant que prédisposition, et pou la diathèse con- 
iirmée par le produit pathologique qui se transformerait en 
diatl^se turberculeuse. M. Burdel répondrait sans doute 
4|ue cette même prédisposition diathésique produit chez un 
certain nombre d'enfants la diathèse cancéreuse, chez d'au- 
tres la diathèse tuberculeuse. 

La discussion porterait ainsi sur deux états également in- 
connus, sur deux diathèses qui ne se sont pas manifestées : 
quelles seraient alors les bases d'un raisonnement pouvant 
produire des conclusions précises ? M. Marchai (de Galvi), en 
admettant la période amorphe pendant laquelle la germina- 
tion cancéreuse resterait latente et comme endormie, consta- 
te plutôt qu'il n'explique ce fait que dans le cancer la mani- 
festation se produit ordinairement à un flge avancé, ou que 
la transmission héréditaire peut laisser une génération in- 
demne et se propager du grand-père au peiit^fils ; M. Bur- 
del ajoute à la période amorphe^ la période larvée diathésique^ 
celle qui précède la .manifestation de la diathèse dans la- 
quelle l'organisme est troublé plus ou moins profondément 
dans Aon état général, cette période correspondrait à la fer- 



l'u£[ION MfolGALS DU CANADA. 431 

mentation des troubles organiques dans laquelle ^^ on sent 
que sous cette perturbation un orage organique se préj>are 
en grondant sourdement, sans qu'on sache ni comment ni 
quand il doit se manifester ". Eh bien, nous l'avouons fran- 
chement, quand la méditation doit s'élever dans les régions 
où les comparaisons sont les bases du jugements, nou.4 som- 
mes conduits à conclure qu'il faut attendre pour se pronon- 
cer que la science ait dégagé des phénomènes plus saisissa- 
blés en d'autres termes, avant d'admettre la mutabilité de 
deux prédispositions qui ne sont pas manifestées, nous vou- 
drions être mieux renseignés sur les caractères môme de ces 
prédispositions. 

S'il était démontré, comme l'ont avancé MM. Bazin et 
Gigot-Su ard, que le cancer est précédé de manifestations 
herpétiques et que le cancer est lui-même l'expression la 
plus dégénérée, la plus avancée de l'herpétisme, on pourrait 
alors concevoir les moyens de mieux définir les périodes de 
la diathèse dans lesquelles se prépare la manifestation ulti- 
me, mais M. Burdel lui môme, ne nous donne pas de rensei- 
gnements précis a cet égard. En somme, avant d'admettre la 
transformation des diathèses par hérédité, nous croyons 
prudent d'attendre que nous connaissions mieux les condi- 
tions de l'hérédité pure et ample des diathèses. 

Ces termes n'expriment pas un découragement qui rejette- 
rait bien loin toute discussion, car il est permis d'espérer 
4]u'on arrivera à connaître ces prodromes de la manifestation 
diathésique, puisqu'on tst obligé de les admettre à titre 
d'hypothèse. Ainsi que l'a dit M. Reynaud, il est évident 
qu'on ne peut donner que ce que l'on a et si la fille.d'une en- 
gendrée avant l'existance du cancer chez la mère, cancéreuse 
devient cancéreuse elle-même, c'est qu'il y a eu transmis- 
sion de quelque chose de plus qu'une simple prédisposition. 

Il novfè reste à examiner la seconde hypothèse, à savoir, 
que le cancer est une des causes qui prédisposent à la tuber- 
culose. 

Cette hypothèse peut être émise sous des termes très varia- 



432 l'union médicàlb dc canada. 

Mes ; ainsi, on dira avec Vigla, ^^ qu'il ne répugne pas 
d'admettre que la résistance organique, comme l'entendait 
Bichat, une fois attaquée dans une famille, des dégénères- 
vence» diverses, suivant les aptitudes individuelles, vien- 
dront à se produire, ici le cancer, là le tubercule. On ad- 
mettra, en appliquant les doctrines de M. Pidoux^ que le 
<-ancer est une des origines multiples de cette maladie com- 
mune, sorte de caput mortuumy qui, sous le nom de phthisie^ 
termine la série des maladies chroniques. Mais encore, si 
l'on veut trouver des bases solides à cette théorie, il faudra 
découvrir et monlrer ce qu'est cette prédisposition spéciale, 
diathèse protéïque ou indifférente, sans manifestations appa- 
rentes jusqu'au moment où elle se convertit, par l'hérédité, 
soit en tubercule, soit en cancer. 

Dans cet ordre d'idées, on a plusieurs fois cité la remarque 
faite par M. Béhier, que le cancer de l'œsophage prédispose 
à la phthisie, nous comprenons que l'affaiblissement, les 
troubles nutritifs chez ces cancéreux soient favorables au 
tléveloppement de la phthisie, et d'ailleurs C. Mobre à ren- 
<ontré chez des cadavres de cancéreux la phthisie dans la 
^iroportion de 34 pour 100 ; mais ici on trouve anatomique- 
ment des produits diathésiques superposés, distincts ; la 
tuberculose est, suivant nous, dans ce cas, une coïncidence 
ou une complication en quelque sorte cachectique. Or, 
pour l'hérédité il en est autrement, et nous ne voyons pas 
comment un homme de vingt ans qui deviendra cancéreux 
à cinquante ans, est déjà assez profondément, troublé dans 
sa nutrition pour transmettre le tubercule qu'il n'a pas et 
iraura pas. 

Desorteque la seconde hypothèse n'est, au fond, qu'une ex- 
pression particulière de la première hypothèse, nous dirions 
presque un pléonasme, puisqu'on y admet que la prédispo- 
sition à une diathèse peut se transmettre héréditairement. 

Pour terminer cet examen des faits et de la théorie pré- 
sentés par M. Burdel, nous constatons que la théorie- com- 
porte comme arguments réellement importants les faits de 



l'union uédioale du canada. 433 

* 

transmission observés par LOtre confrère. Nous reconnais- 
<60ûs qu'ils ont une grande valeur, qu'ils sont de nature à pro- 
voquer la méditation et la discussion, mais nous ne les con- 
-«idérons pas comme r ncluants, parce que, malgré leur 
nombre, ils ne compren:ient pas des données assez étendues 
au point de vue d'une statistique générale. Dans tous les 
<^as, M. Burdelpcut à bon droit demander qu'on lui en oppose 
ile contradictoire,et l'exemple qu'il donne est de tous points 
ur> modèle à suivre. S'il est démontré ainsi que M. Burdel 
a été égaré par une coïncidence très-singulière, il lui restera 
comme consolation le mérite d'avoir provoqué des recher- 
-ches qui seront certainement fécondes en documents, sur la 
question si importante de la transmission du cancer et du tu- 
bercule, question ci laquelle est lié le problème de la pro- 
phylaxie des deux dialhëses les plus meurtrières entre toutes. 
II s'agit ici d'un sujet de recherches qui appartient surtout 
s^ux praticiens, et plus encore à nos confrères qui, exerçant 
dans des centres restreints, peuvent seuls poursuivre des in- 
vestigations complètes, prolongées, persévérantes, minutieu- 
-fiCB et exactes dans l'histoire des familles. 

Gazette, hebdomadaire 



NOUVELLES MEDICALES. 

Sous le titre de " Travaux à consulter " la Gazette Hebdo- 
madaire rapporte les faits suivants : 

Du CANCER DES AMYGDALES, PAR M. lo dOCtCUr A. POLAND. — 

— La localisation du cancer aux amygdales est relativement 
rare, et les observations publiées sont très communes ; Tau- 
tour a recueilli dans son mémoire les faits connus, ou consi- 
gnés à titre de souvenirs dans divers auteurs. Les cancers 
primitifs sont plus fréquents que les cancers secondaires, 
dont l'auteur cite quatre cas. A ces observations on peut 
ajouter im fait publié dans la Gazette hebdomadaire, 1855, 
p. 786, qui peut être discuté, mais qui a été rapporté comme 
un exemple de l'action thérapeutique de la liqueur de Fow 



434 L UNION MÉDICALE OU CANADA. 

1er. La mouographie de M. Poland renferme des documenis. 
intéressants sur la question. {TAe Bntish and foreign medico- 
chirurg. Reviev:^ avril 1872.) 

Gaxcuoïde du larynx. Trachéotomie, par M. le docteur B. 
Lamy. — On avait diagnostiqué chez une malade, à THôtel- 
Dieu de Nantes, une laryngite tuberculeuse ; la malade était 
grosse, et fut prise d'an accès de sufTocation qui nécessita la 
trachéotomie. L*hémorrhagie fut tellement abondante que 
la malade tomba dans le coma. On fit l'opération césarienne 
aussitôt après la mort, mais le fœtus était mort depuis plu- 
sieurs heures. On suppose qu'il y a eu entrée de l'air dans 
les veines. A l'autopsie on trouva dans le larynx des végéta- 
tions épithéliales. {Journal de médecine de FOiiest^ t. vi, 1872.) 



GuÉRisoN d'i::^ anévrysme poplité par la flexion, par M. le 
docteur Holmes. — Il s'agissait d'un anévrysme de la grandeur 
d'une noix pour lequelle on fit faire le traitement par le ma 
lade lui-môme ; il maintint la flexion pendant trente-six heu- 
res, mais de temps en temps ii étendait la jambe. Au bout 
de vingt-quatre heures, le bruit de souffle disparaissait, et, 
au bout de trente-six heures, il n'y avait plus de pulsations 
-dans la tumeur, qui était devenue solide ; le malade est sorti 
de l'hôpital quatorze jours après l'entrée, la guérison parais- 
sant complète. [British Médical Journal^ 6 avril 1872.) 

• 

Nécrose du tibia, pyoké^^ie avant l'ouverture de l'abcès, 
par M. le docteur ërichsen. — Ce fait, qui, à proprement par- 
ler, est un exemple de d'ostéo-périostite, est intéressant parce 
qu'il démontre que la pyohémie a pris naissance avant toute 
action de l'air sur le pus ; l'infection directe par des produits 
inflamatoires a produit l'infection purulente. Il y avait, à 
l'autopsie, des abcès métastiques dans les poumons et une 
péricarditc purulente. [Médical Times and Gazette^ 20 janvier 
1872.) 



l'union miSdicals du canada. 433 

Incubation de la variole dans l'utérus, par le docteur TJ 
SuTTON TowNSEND. — L'auteuF rapporte un fait qu'il considè- 
re comme démontrant la possibilité de l'infection variolique 
du fœtus sans affection de la mère. 

Dans ce cas, il s'agit d'un enfant de dix-huit jours, atteint 
de yariole et qui à cette époque présentait une éruption 
analogue aux éruptions du neuvième au dixième jour. M^ 
Tovsrnsend, se basant sur les renseignements donnés par la 
mère et sur l'éruption, conclut qne, en admettant l'incuba- 
tion'de quatorze jours, et, à la rigueur, une incubation de 
plus de quatre jours, l'enfant a dû contracter la variole alors 
qu'il était encore dans l'utérus. 11 rapproche ce cas des faits 
analogues rapportés par Jenner, Pearson, et Mortimer. Chez 
cet enfant, l'éruption était apparue cinq jours après la nais- 
sance. La mère avait été vaccinée, avait eu une varioloïde, 
mais aucune éruption, de ce genre pendant la grosesse. Ce 
fait par lui-môme pourait prouver aussi bien que l'incubation 
peut être très-courte chez le nouveau-né, plutôt qu'il ne 
prouve réellement la variole contractée à la vie intra-utéri 
ne. (Médical Times and Gazelle^ 1er juin 1872.) 

Du traitement des maladies aiguës par le froid, par le 
docteur C. Lasègue. — Revue critique des travaux de Lieber- 
meister et Hagenbach, de Ziemsen Immermann, d'Otto Cœtz 
et de Wilson Fox, démontrant que la médication à Teau froi- 
de est une heureuse et puissante addition à la thérapeutique. 
[Archives générales de médecine^ mai 1 872.) 

T.ENIA SOLIUM COMPLÈTEMENT DÉVELOPPÉ CHEZ UN ENFANT DE 

CINQ JOURS, par le docteur C. Armor. — Cette observation est 
remarquable au point de vue du développement du tœnia. 
L'entozoaire n'a pu ôlre entièrement expulsé. La mère était 
également atteinte de taenia. Davaine rapporte des observa, 
tions d'entozoaires chez des enfants à la mamelle, mais jus- 
qu'à présent nous croyons le fait du docteur Armor unique 
en son genre, et d'ailleurs il a eu pour témoins les collègu 



t 



436 L UNION MÉDiCALE DU CANADA. 

de ce médecin à Long Tsland hospital. Comment s'est inlro- 
duit le t»nia qui certainement s'est déve'opp5 p( ndant la vie 
utérine ? C'est ce que Ton expliquera difRcilement. (New-YorJi 
Médical journal^ décembre 1871.) 

Nouvelle méthode de destruction des cils dans le cas de 

TRIGHIASIS ou DE DISTRICHIASIS LIMITÉ, par le dOCtCUr P. J. 

Hayes. — L'auteur, aux nombreux procédés connus, mais trop 
souvent impuissants, ajoute le suivant : à l'aide d'une serin- 
gue à injection hipodermique il injecte immédiatement au- 
dessus des culs-de-sac ci lia ires quelques gouttes de perchlo- 
rure de fer. L'inflamation localisée et modérée par l'applica- 
tion de cataplasmes détermine l'élimination des cils et des 
foUiculles. Ce procédé a été tenté deux fois, mais ces obser- 
vations ne sont pas assez nombreuses pour nous assurer com- 
plètetnent la localisation des phénomènes inflamatoires pro- 
duits par le perchlorure. (The Dublin Journal of médical Scien- 
ce^ mars 1872.) 

Résection du coude et de l'épaule sur le même bras, 

POUR DES PLAIES PAR ARME A FEU, par le dOCteUT MacGoR- 

MAC. — Ce fait, très-probablement unique, de la résection des 
deux articulations principales d'un membre, a été présenté à 
la société médicale et cliirugicale de Londres, et l'auteur a pu 
y soutenir, sans soulever de vives discussions, que le membre 
du blessé était, malgré la double opération, devenue réelle- 
lement utilisable pour divers mouvements. (The Lancet^ 23 
mars 1872.) 



DECES. 

— ^A Berthier, le 1 Août, à Tige de cinquante quatre ans, Louii Joseph 
Moll, M. D. II pratiquait la médecine dans cette ville depuis près d* 
treote ans. 

—A Rigaud. le 31 Juillet, à Tdge de 14 jours, Joseph Raoul Kildare» 
enfant de G. Madore, M. D. 



TABLE DES MATIÈRES. 



Une réponse, Dr.RoUot 389 

Correspondance de Londres, Dr. Ed. Desjardins 393 

Thérapeutique chirurgicale (suite et fin) 396 

Opération de hernie étranglée, etc 405 

Société médicale de Montréal 409 

La loi de vaccination en Europe 412 

Correspondance parisienne, A. T. Brosseau 415 

Gravelle pileuse 419 

Diverses formes d'Asphyxie 422 

Le cancer comme souche tuberculeuse 420 

Nouvelles médicales 433 



ASSOCIATION MEDICALE C INADIEXNE. 



LA CINQUIÈME ASSEMBLÉE ANNUELLE de rASSOGrATlQN 
MÉDICALE CANADIENNE aura lieu MEliCHEDI, le ONZE SEPTEM- 
BRE prochain, dans la cité de Montréal. Le Président prendra le fauteuil 
à 10 heures, A. M. 

A. IL DAVID, M.D. Gd. D.C.L., 

Secrcio ire-Général. 
Montré.il, 1er Août 1872.— di 



On s'abonne a V Union Médicale an Bureau de La Minerve, Nos. 
212 et 214, Eue Notre Dame coin de la Eue St. Gabriel. 

Toute correspondanoe devra être adressée à Tun des Rédacteurs 
à la Boite 942, Bureau de Poste. 



WM-RWARNER&CiE 

MANDFACTUBIEBS DE 

^Mes xmétxtts m smn. 

IS4, Bae Korth third, 

PHILA.DELPIIIE. 

Expèdiies^ar la malle sur le reçu du prix du cota, 
logue. 



Pilules lodoform et Ferri de Warner. 

{Voyfli à co que chaque bouleilla ports notramarque do coinmerue et n'ac- 
ceptez aucun substitut de qualité iu férié ui». , 
Ces Pilnles sont u toniqne et nn iltertit pabuit, rêcOHata* 
dablei sartout dkn> la 

SGSOFDIS, L'HHEKIK U HEmLGB, LUHLOBBSE, 8tc. 

PRIX Ï3.îi PAR 100. 

yoni donnoni cl-luvmn an court cxtutt d'un npport de U lacKU niMlcil* itn ctmU da 

Ii-'iL«li, t«l quo publW <lia> IM tnwaMLloiu d> [■ Hclâli miillcilt d* Pomyiv.Bte, eo Juin, 

'h llnWrienr.le Micriil^s U quinine 'M^/'J °'."'"/^ *'*•• rtnireoi», imlirré «tu. J'en» 



'mlSàT J*. 






ii4jt»in«ntG'iu4UtaUinin«1M1eduni»Unila pliais tnla Kili psrjoar, nunnrkctnriH ur V. 
S. ITvw éOfii PkOaMiMt. J'sut bIcntSt U uUihcUon d* Voir dd imiïrèi nfiST h* 



■nSniB rtaultil. Jeaulg cuuvdu 

Exp'îdites par la malle si 

PIL: PHOSPHORUS COMP. 



?aaS?H0&8 un mtim de min. Eil. NOIX nMU m qairt de riia. 

PRIX S3.00 PAR CENT. 

carVfltD ettlii KvdlAnie nervqu^, «l on le re^Aftle cïnmp un ravMa précieux Ubu lea nmladle* 
de ce* grujinav tellen iiue : »r(vde mémoire, rAiJioUl'ïKniefit du cerveau, dâfnvBfllon nerireuee, 
Bhthliile, n«r»1y»lB etlmpnlwmce. La iihuphon ■'■dnilautra Moi aletineni lane (tonné de 
dUuIbi : II»' r tronra lUni nn eut publL de anbdlTlUDn (tant dlemu dini la il/eérln*. 

b< br. a. DnJiMln Buaintl. d* l'HDplul ita la PiÏÏé, t Pane, apréi nna é(«dé MKgDta 



ilut : 10. que ta ptu* 

tvolautanrta •viUniinMfaui.anlninivIntBD tiémant IndlapgiiHble. So. Qua l'admlolt- 
uMaa da Dhn,ph-ir« doit •• Mrs 1 Prtim •><••»; uo "'.'"^"î' 'r",;J"'î '■*!?1 'îf'-lîîîf 
â3MS™>Drv™"<l«^tEDâi.lM'du cirtlti orfinei dliûtlh. (BullaUn linérU de iliéi 

tique. J»n- iag eT.a9Maraie.i8ae 

A VENDEE EM OHOfl SBULXMBHT PAR 

PfwrnuicfeHmerM.-jrsnlrMll. 



L'UNION MEDICALE 



DU 0-A.lSr-A.IDA. 



Revue Medioo-chirurffioale paraissant tous les mois. ' . 

■ -- — ■ ' . f ■■■ 

t 

Bédactewr m Ok^: ^ f A9»i$latUé-RidaeifUti : 

J. P. KOTTOT, M. D, J ( L^ j^ p DESROSIERS, M. D. 



^b^i^MftiM^h^^ 



Vol. 1. OCnOBBB 1872. Ko. 10. 



L'ASSOCIATION MÉDICALE CANADIENNE. 



Nous donnons plus bas un résumé des procédés de l'Asso- 
ciation Médicale lors de sa réunion le 11 Septembre dernier. 

Quoique l'assemblée ne fut pas aussi nombreuse qu'on au- 
rait pu le désirer, on y voyait néanmoins des médecins de 
toutes les parties du Canada. 

La principale question qu'on avait à traiter était l'acte 
médicale projeté. Cette question était importante en elle 
môme d'abord, et ensuite parce qu'elle tendait à établir un 
principe en opposition directe avec les privilèges que l'acte 
de la Confédération nous a accordés ; car, ce bill statue que 
l'éducation classique et médicale sera sous le contrôle du 
gouvernement fédéral. 

Tont en désirant une modification à la loi aciuolle, tout en 
désirant une loi plus en conformité avec nos intérêts et ceux 
du public, nous ne pouvions pas cependant consentir à ache- 
ter ces avantages au prix d'autres droits d'une importance 
plus considérable. 

Les membres canadiens presqu'à runauimiit'; ijrotestèrent 
donc contre ce principe, et malgré (Jue nous fussions en mi- 
norité, le Dr. Howard déclara qu'après l'expression d'une 
telle opinion de la part de ses Compatriotes d'origine française, 



438 l'union liÉJ]flCALI DV CANADA. 

il croyait de son devoir de retirer ce projet de loi, et pria 
l'assemblée de décharger le comité qui Tlsivait préparé. 

L'Association, autant pour payer un compliment bien mé- 
rité au Dr. Howard, président de ce comité, que pour ne pas 
se dessaisir de cette question et fermer la porte aux réfor- 
mes dont le besoin se fait si vivement sentir, ne voulut pas 
obtempérer à la demande du Dr. Howard, mais préféra re- 
mettre la discussion du bill à deux ans ; dans Tespérance que 
l'on pourra, dans l'intervalle, trouver les moyens de rallier 
toutes les opinions. 

Les membres se livrèrent ensuite avec empressement aux 
autres travaux qui sont le véritable but de l'Association : 
cir, la loi médicale n'est qu'une question incidente. Ce que 
l'Association a principalement en vue, c'est le progrès de la 
science médicale. £t durant plusieurs heures, l'attention 
des membres de l'assemblée fut captivée par la lecture et la 
discussion de plusieurs sujets de médecine et de chirurgie. 

L'offre généreuse d'une médaille d'or par le président Dr. 
Grant et le Dr. Worthington pour le meilleur essai sur les 
maladies zymotiques du Canada, devra nécessairement don- 
ner une forte impulsion à l'Association dans la voie du 
progrès. Il faut espérer que les compétiteurs ne manque- 
ront pas. Voilà la véritable lutte qui doit se faire entre nous : 
qu'elle soit bonne, sérieuse. Que la gloire pour le vainqueur 
ne soit pas encore tant la possession de la médaille, que la 
victoire sur ses rivaux. 

Il n'est peut être pas hors de propos de dire que le 1 1 , à 8 heu- 
res, P. M.<) les membres de l'Association et Son Honneur le Mai- 
re de Montréal prirent part à un somptueux dîner donnné 
par les médecins de Montréal, au St Lawrence Hall. On 
mit de côté, pour quelques heures, la gravité habituelle du 
médecin. La gaieté la plus franche régna toute la soirée. 
Les médecins se firent un devoir de prouver qu'ils savaient 
eux aussi dans l'occasion faire honneur à un repas. 

Il y eut du vin, des santés et des discours à profusion ; le 
tout entremêlé de délicieux morceaux de musique exécutés 
pas de véritables artistes. On ne se sépara qu'à minuit. 



l'union médicale du Canada. 439 



ASSOCIATION MEDICALE CANADIENNE. 



Rassemblée annnelle de Passociation médicale canadienne 
eut lieu le 11 Septembre dernier, dans les salles de la Société 
d'Histoire Naturelle. Membres présents : 

Les Drs. Poitevin, Chamberlin, G. E. Fenwick, Rottot, 
Craik, Marsden, Tessier, Hamilton, Dagenais, Schmidt, Scott, 
Bell, Picard, Larue, Warthington, Trenholme. Kingston, 
Beaubien, Davii, Robillaixi, Grenier, Bourque. Freeman, 
Proulx, McDonnell, Laramée, Lachapelle, Craig, Botsford, 
Archambeault, Hamilton, Howard, Alloway, Peltîer, DeBo- 
nald, F. W. Campbell, G. W. Campbell, Bhoyken, Cheva- 
lier, Gauthier, Vilbon, McCallum, Rinfret, Boissy, Grant, Gird- 
wood, Gilbert, Rousseau, Wright, Godfrey, Perrin, Fullef. 

Le Dr. Sewel, de Québec, président de l'Association étant 
absent, l'assemblée fut présidée par le Dr. Hamilton, du 
Noaveau-Brunswick, un des vice-présidents. 

Le Dp. McNab, du New-Hampshire fut prié de prendre un 
siège à côté du Président. 

Le premier ordre du jour étant la réception des nouveaux 
membres, un certain nombre de médecins furent proposés et 
admis membres de l'association. 

Les minutes de la dernière assemblée furent ensuite lues 
et adoptées. Le secrétaire, Dr. David lut une lettre du 
Dr. Sewell exprimant son regret de n'avoir pas pu se rendre 
à cette assemblée. 

' Le discours que le Président est tenu de faire à l'expiration 
de son terme d'office fut lu par le Dr. Marsden, de Québec. 
Conune ce discours doit être publié par l'Association médi- 
cale, je me bornerai ici à en faire un court résumé. Le Dr. 
Sewell s'occupe principalement du Bill de médecine projeté ; 
] éducation médicale, dit-il, est une des plus importantes ques- 
tions qui puisse venir devant cette association ; c'est pourquoi 
il prie instamment les membres de s'occuper de ce projet 
de loi et de le discuter en mettant de côté toute considéra- 



440 l'union ilÉDICALB DU CANADA 

tion, tout intérêt personnel ; ce que Ton doit avoir en vue 
c'e:^t Tintérât de tous, c'est le perfectionnement de Téducation 
médicale dans ce pays. Il attire aussi l'attention des mem- 
bres sur plusieurs questions importantes , entre autres, sur 
les cours de clinique, leur importance et la nécessité pour 
les élèvea^ de les suivre ; sur les médecins internes de nos 
hôpitaux ; sur le cours d'étude que l'élève en médecine est 
obligé de suivre ; sur l'établissement d'institutions pour le 
traitement des personnes adonnées à la boisson ; sur la loi 
concernant les aliénés épileptiques, etc. Le Dr. Sewell fait 
sur chacun de ces sujets des remarques et des suggestions 
qui ont été très bien goûtées par l'assemblée. 

Le Dr. Howard, président du Comité nommé pourprôparer 
le nouveau bill de médecine, fait quelques remarques sur 
les différentes phases que l'acte médicale projeté a parcouru 
'depuis son origine jusqu'à ce jour ; il attire l'attention des 
membres sur les clauses qu'il considère comme les plus im- 
portantes, et comme devant être seules discutées dans ce mo- 
ment. Il espère que l'Association voudra bien se mettre sé- 
rieusement à l'œuvre aujourd'hui, afin d'en finir avec cette 
question qui occupe notre attention depuis si longtemps. 
Il propose donc, secondé par le Dr. Hingston, que l'Assemblée 
se forme en comité pour procéder à la discussion dn bill. 
Cette motion est acceptée. 

Le Dr. Marsden est nommé Président du Comité, et aussi- 
tôt après, le Dr. Botsford propose que la discussion du bill 
soit ajournée sine die. Le Dr. Marsden, après une discus- 
sion assez prolongée sur cette motion, la déclare hors d'ordre ; 
puis l'assemblée s'ajourne jusqu'à 2| h., p. m. 

A 2J h. l'association étant de nouveau réunie, le Dr. De 
Bonald lit un ouvrage sur l'extinction je la syphilis. Des 
remerciments lui furent votés sur une proposition du Dr. 
Tessier, de Québec. 

Le Dr. F. W. Campbell présente le rapport du comité sur 
la Nécrologie Médicale Canadienne. La mort a enlevé deux 
membres proéminents de cette association dans le cours de 



/ 



l'union médioals bu canada. 441 

Tannée dernière, le Df. M. Fraser, de Moniréal et le Dr. 
Jean-Baptiste Blanchet, de Qaébec. 

Le Dr. Howard propose ensuite que l'assemblée se fouine 
en comité pour examiner le MU de médecine. 

Le Dr. Botsford propose en amendement secondé par le 
Dr. Trenholme, que l'Association ne doit pas employer eon 
temps à la discussion du bill de médecine. Après uno dific^is- 
sion assez vive sur cet amendement, il tut mis auï voix et 
perdu. 

La motion principale fut adoptée. L'assemblée se forme 
en comité, avec le Dr. Marsden pour président. 

Le préambule et la première clause du bill ayant été lus 
par le Dr. Howard ; le Dr. Rottot propose eu amendement, 
secondé par le Dr. Mount : — que cette association, tôul en 
désirant que les lois et règlements concernant l'éducation, 
Texamen et l'enrpgistrement des médecins soient uniformes 
et semblables dans toutes les provinces du Canada, rejette 
cependant le principe de l'acte médical projeté tendant à 
mettre l'éducation classique et médicale sous le contrôle du 
gouvernement fédéral. Une discussion s'éleva sur cette 
question, à laquelle prirent part plusieurs membres, puis 
elle fut mise aux voix et perdue, 11 pour, et 17 contre. 

Le préambule fut adopté, et l'assemblée s'ajourne à 6 
heures. 

Le lendemain, l'association se réunit de nouveau à 10 
heures, A. M. 

Sur une proposition faite par le Dr. Marsden, il fut unani- 
mement résolu que l'assemblée prochaine de l'Associaltion 
Médicale Canadienne se tiendra à St. Jean No.uveau-Bruns- 
wick. 

Le Dr. Tremholme, secondé par le Dr. Marsden, propose que 
cette assemblée ait lieu le second mercredi de Juillet. 

Le Dr. Hingston propose, secondé parle Ûr. Gilbert, que la 
prochaine assemblée ait lieu dans la première semaine du 
mois d'Août. Adoptée. 

Le Dr. Botsford présente le rapport suivant du comité de 



442 l'union médicale du canada. 

nomination. Le comité de nomination a Thonneur de faire 
rapport qu'il recommande à T unanimité le Dr. Grant, M. P^. 
comme Président de Tassociation. 

Le Dr. McDonald, de Hamilton, Vice-Président pour On- 
tario. 
Le Dr. W. Maraden, Vice-Président pour Québec. 
Le Dr. d G. Hamilton, V. P. pour la Nouvelle-Ecosse. 
Le Dr. Steves, V. P. pour le Nouveau-Brunswick, 

Le Dr. Peltier, Secrétaire-général. 
Le Dr. Berryman, Secrétaire pour Ontario. 
Le Dr. H. Blanchet, Secrétaire pour Québec. 
Le Dr. Gordon, Secrétaire pour la Nouvelle-Ecosse. 
Le Dr, Carie, Secrétaire pour le Nouveau-Brunswick, 
Le Dr. Robillard, Trésorier. 

COMITÉ SUR LES CONCOURS DRESSAIS. 

Drs. Hingston, Hodder, Bayard, Larue, Yates et Rééd. 

, COMITÉ SUR l'éducation MÉDICALE. 

Dr». Howard, Rottot, Wortbington, Sewell, Canniff, Ogden, 
Dickson, McGellivray, Botsford, Earle, Tupper, Parker. 

COMITÉ SUR LA LITTÉRATURE MÉDICALE. 

Drs. Black, Fenwick, Dagenais, Marsden, Larue, Bethune, 
Mcintosh, Fulton, Oldright, Freeman, G. Hamilton, et Wick- 
wire. 

COMITÉ SUR LA NÉCROLOGIE. 

■ 

Drs. F. W. Campbell, Workman, Larue, DeWolff et 
Harding. 

COMITÉ DE PUBLICATION. 

Drs. David, Robillard, F. W. Campbell, Trenholme, Dage- 
nais, Hingston, Peltier. 

Auditeurs ; — Drs. Fenwick, Peltier, Scott. 

J. B. BoTSFORD, 

Président. 



/ 



l'union MÉDIOÂLB du CANADA. 443 

Ge rapport est unanimement adopté par l'assemblée. 

Le Dr. Trenholme présente ensuite à rassemblée plusieurs 
nouveaux instruments employés pour le traitement de cer- 
taines maladies des femmes. 

Le Dr. Howard, secondé par le Dr. Hingston, propose que 
le comité qui avait préparé Pacte médical soit déchargé et 
que la discussion du bill soit complètement abandonnée. Tl 
dit qu'après le vote qui avait été pris hier sur la motion du 
Dr. Rottot, il ne croit pas devoir continuer comme président 
de ce comité ; la motion, il est vrai, avait été perdue, mais 
elle était supportée par presque tous les membres canadiens- 
français présents, et il ne se croirait pas justifiable de pres- 
ser l'adoption d'un bill qui ne serait pas acceptable à ses 
compatriotes. 

Le Dr. Hingston dit qu'il seconde la motion du Dr. Howard 
avec peine ; il croit qu'on devrait plutôt remettre la discus- 
sion du bill à plus tard ; dans l'intervalle les difficultés 
pourront s'applanir. 

Le Dr. Rottot approuve la conduite du Dr. Howard ; c'est un 
acte de délicatesse de sa part, et en môme temps la meilleure 
ligne de conduite qu'il avait à suivre. Quoiqu'opposé au 
principe du bill, il n'est pas opposé au bill lui-môme, il au- 
rait voulu le voir présenté sous une autre forme. La loi ac- 
tuelle est défectueuse. Il en veut une qui puisse mettre la 
profession médicale sur un pied plus élevé, et il aurait dési- 
ré voir le Dr. Howard continuer ses travaux avec le comité 
dans ce sens-là. Le Dr. Rousseau exprime les mômes vues. 
Le Dr. Hamilton propose alors que la discussion de ce bill 
soit remise à deux ans. Adopté 

Le Dr. Rousseau secondé par le Dr. Worthington propo- 
se un vote de remerciment au Dr. Howard pour avoir prépa- 
ré le bill de médecine sous discussion. Adopté. 

Le Dr. Iftirsden annonce à l'assemblée que les Drs. Grant 
et Worthington oflfrerft une médaille d'or pour le meilleur 
essai snr les maladies zymotiques du* Canada. Cet essai 
devra être envoyé à un comité nommé à cet effet par Tas- 



444 l'union médicale du canada, 

socialion, sans signature, avec un motto approprié, avant le 
1er. de Juillet 1873, pour être présenté à rassemblée pro- 
chaine de Tassociation. (Applaudissements) 

Séance de Taprès midi. 

Le Dr. Marsden donne avis de motion qu'à la prochaine 
assemblée il proposera, qu'à l'avenir la souscription soit de 

$4.00 

Le Dr. Howard lit un travail sur la pleurésie de la scarla- 
tine. 

Le Dr. Fenwick lit un travail sur Topératiou de la taille. 

Et le Dr. Kingston sur la la lithotritie. 

Ces ouvrages donnèrent lieu à des remarques très inté- 
rossantes de la part des membres présents, et il fut voté des 
remerciments à chacun de ces messieurs. 

Le Dr. Marsden, secondé par le Dr. Hamilton, propose qu9 
le comité sur le concours pour la médaille d'or soit com- 
posé des Drs. David, Howard, Fenwick, Rottot, Peltier. 
Adopté. 

Le Dr. Campbell, secondé par le Dr. Fenwick, propose que 
les Messieurs suivants soient priés de présenter un travail à la 
prochaine assemblée, sur les sujets suivants : Médecine — Dr. 
Howard; Chirurgie — Dr. Kingston; Accouchements — ^Dr. 
Hodder, de Toronto ; Hygiène — Dr. Botsford. Adopté. 

Des remerciments furent votés aux officiers sortant de 
charge, principalement au Secrétaire, le Dr. David, ainsi 
qu'à la Société d'Histoire Naturelle. 

Avant de clore l'assemblée le D^\ Grant dit qu'il voulait 
offrir ses plus sincères remerciments à l'association pour 
l'honneur qu'on venait de lui faire, en l'élisant Président. 
Il ne s'attendait certainement pas qu'un si grand honneur 
lui aurait été décerné. Il aurait préféré qu'on eut choisi 
un autre plus capable que lui de remplir les ^Tonctions de 
Président. Cependant, que quoiciu*^ jeune il ferait tous ses 
efiTorts pour môritor la confiance que Tassociation plaçait 
en lui. 



l'union MÉDIOALB du CANADA. 445 

Qu'il était heureux de Toir la part proéminente que les 
médecins de ce pays cherchaient à prendre dans la pro- 
fession médicale ; et que leurs travaux tendraient non seule- 
ment à faire prospérer cette association, mais qu'ils ten- 
draient de plus à prouver aux médecins des Etats voisins, 
que nous Bommes aussi un peuple de progrès, au moins 
quant à ce qui regarde la médecine, et que nous sommes dé- 
terminés de ne pas nous laisser arriérer. 

Qu'il espérait'qu'avant peu, nous serions un corps uni, non 
seulement dans toute l'étendue de celte Puissance, mais en- 
core aux Etats-Unis et en Angleterre, afin de pouvoir pren- 
dre la position à laquelle notre profession a droit, d'un bout 
de l'univers à l'autre. 

Le Président nomma ensuite les Drs. Kingston, Marsden, 
Campbell, Trenholme et Hodder, députés à l'association des 
Etats-Unis. Puis l'assemblée fut ajournée. 

J. P. ROTTOT. 

Montréal 1er Octobre 1872. 



CORRESPONDANCE EUROPEENNE. 

VISITE DES HOPITAUX (Suite,) 

L'hôpital St Louis a été fondé en 1604 par Henri IV et des- 
tiné au traitement des maladies cutanées. 

Les malades aiïectés de ces maladies viennent de tous les 
quartiers de Paris, à cet hôpital où ils peuvent prendre des 
bains de tous genres. 

Disons de suite, que l'hôpital St Louis n'est pas exclusive- 
ment consacré aux affections cutanées, mais à toutes les ma- 
ladies en général. 

Il contient 800 lits, plus 25 chambres pour les malades qui 
peuvent payer. Il est situé dans un des quartiers les plus 
populeux de Paris. 

Il y a régulièrement à la consultation deux ou trois cents 
malades par jour. 



446 l'union médicale ou canada. 

(On appelle ici '^ malades de la consul taUon, " ceux que les 
Anglais appellent '^ outdoors patients.. ") 

Outre les médecins qui s'occupent spécialement des mala- 
dies de la peau, Thôpital St. Louis compte plusieurs chirur 
giens, au nombre desquels est M. Tillaux, professeur agrégé 
à TEcole de Médecine, surintendant des travaux anatomiques 
à Glamart, etc. 

M. Tillaux n'a pas encore 40 ans. 

La haute position qu'il occupe déjà dans l'Ecole de Méde- 
cine, sa réputation comme opérateur brillant, ses profondes 
connaissances anatomiques font présager que, dans un ave- 
nir prochain, il sera un digne successeur de ceux qui ont il- 
lustré la chirurgie française. 

Il est très affable, et très complaisant pour les étudiants et 
les médecins étrangers, il leur donne avec empressement 
toutes les explications qu'ils désirent. Aussi y a-l il toujours 
foule à ses opérations. 

Une qualité précieuse que je me plais à reconnaître chez ce 
jeune professeur, c'est qu'il possède le véritable talent de l'en 
seignement : son style est aisé, ses explications sent lucides ; 
il fait avec habileté des diagrammes qui facilitent baaucoup 
l'intelligence des démonstrations, etc. 

M. Tillaux, comme la plupart des jeunes chirurgiens ac- 
tuels, a eu l'avantage de se former à l'école de MM. Velpeau, 
Nélaton, etc. 

Après ce préambule, permettez, MM. les Rédacteurs, que je 
communique à vos lecteurs quelques observations qui pour 
raient les intéresser. 

Torsion de Vartcre fémorale. 

Le 20 mai, un jeune homme de 16 ans est apporté à Th^pi- 
tal St. Louis, les deux cuisses et le bras droit fracturés. 

L'accident avait été causé par une roue de miçhine à va- 
peur. 

La jambe droite était tellement fracassée que M. Tillaux 
dut faire l'amputation immédiate de la cuisse, (avec torsion 
de l'artère fémorale.) 



l'union médicale du CANADA. 

Malgré que rarticulation du gen ou gauche fut ouverte et 
les condyles du fémur endommagés, M. Tillaux crut pouvoir 
conserver ce membre vu que les nerfs et les artères étaient 
intacts, et il ût la résection du genou. 

Le pansement ouaté fut employé pour ces deux opérations. 

Du 20 au 30 le pouls du malade a varié entre 130 et 135 
pulsations. La température s'est maintenue à 40°. Après cette 
date, sa condition, s'est sensiblement améliorée ; il paraissait 
même en pleine voie de guérison lorsque dans la nuit du 25 
il fut pris d'hémorrhagie (non par l'artère fémorale tordue) 
mais par les petites artères du genou réséqué. 

Quoique ce patient fut dans les conditions les plus critiques, 
que la mort même fut imminente, le chirurgien se trouva 
dans la triste obligation d'amputer l'autre cuisse, tant pour 
prévenir une seconde hémorrhagie, que pour enlever les tis- 
sus sphacélës et le foyer- purulent qui environnaient les os 
réséqués. 

La moindre perte de sang eut causé la mort immédiate de 
ce malade : cependant M. Tillaux fit encore la torsion de Tar. 
tère fémorale, tant il est convaincu, que la torsion bien faite 
oblitère sûrement les artères. 

Le jeune homme est mort 36 heures après l'opération, mais 
sans hémorrhagie. 

La pince dont se sert M Tillaux a des mors longs et larges, 
l'extrémité supérieure terminée en un verrou au moyen du 
quel l'artère est fermement saisie. Il va sans dire que la 
forme de l'instrument n'y est pour rien dans le succès de l'o- 
pération, mais seulement, elle la rend plus facile. 

Il faut saisir environ un centimètre de l'artère, un p3u 
obliquement puis faire lentement la torsion (sans se régler sur 
le nombre de tours) mais jusqu'à ce que le bout saisie se dé- 
tache du tronc principal. 

Rédi^tian de la hernie étranglée par la ponction avec 

l'aspirateur. 

Le 20 Juin dernier M. L. Labbé, chirurgien des hôpitaux, 
professeur agrégé de l'école de médecine etc., fut appelé auprès 



448 L^UNION MÉDICALE DE CANADA* 

d'un homme d'une soixantaine d'années, qui, après un violent 
accès de toux, avait éprouvé une forte douleur dans la région 
enguinale droite, des nausées, des vomissements, etc., on fit 
l'examen et on constate la présence d'une hernie intestinale 
étranglée. 

Le taxis fut essayé a plusieurs reprises et avec beaucoup 
de soin, mais sans aucun résultat. 

. L'étranglement n'existant que depuis une dizaine d'heures, 
les lésions pathologiques de l'intestin ne pouvaient en empê- 
cher la reintroduction dans la cavité abdominale. 

Sous ces circonstances M. Labbé se décida sans hésitation, 
à avoir recours à la ponction avec l'aspirateur afin de dimi- 
nuer le contenu de l'anse intestinale étranglée et d'en obtenir 
ainsi la réduction. Il introduisit l'aiguille trocart N». 2 dans 
la tumeur et en retira deux ou trois drammes d'un liquide 
jaunâtre, plus, une quantité de gaz difficile à mesurer. 

La tumeur diminua immidiatement de volume, et une lé- 
gère pression exercéd sur le col du sac fut suffisante pour la 
réduire. 

Le patient se sentit immédiatement soulagé ; les nausées et 
les vomissements se prolongèrent encore quelques heures ce- 
pendant. On administra au malade de faibles doses d'opium, 
souvent repétées, afin de maintenir les intestins dans un re- 
pos parfait, et tous ces symptômes disparurent. 

Huit jours après l'opération, cet homme put vaquer à ses 
occupations. 

Autre cas de hernie étranglée réduite par l'aspirateur. 

Jje 15 Juillet Mme. P. se présenta à l'Hôpital St. Louis avec 
les symtômes suivants, nausées, vomissements, douleurs in- 
testinales, plus une tumeur dans le canal crural : on constata 
sans difficulté une hernie fémorale, qui selon toute probabi- 
lité était étranglée depuis deux jours et demi. 

Le taxis fut essayé à plusieurs reprises, mais sans succès ; 
alors, on se hâta de faire la ponction avec l'aspirateur de 
Dieulafoy et on retira comme dans le cas précédent un liquide 
jaunâtre et des gaz, après quoi la réduction fut facile. 



I 



-a^MBM 



L^UNION MEDICALE DU CANADA. 449 

Deux jours après ropération, l'abdomea était légèrement 
gonflée, il y avait un peu de tyrapanite, de la fièvre, Tappétit 
presque nul. Les intestins cependant fonctionnaient assez 
bien.. 

Il est impossible de prédire aujourd'hui quel sera le résul- 
tat de cette opération il ; est même à craindre que la malade 
ait attendu trop longtemps avant d'avoir recours au chirur- 
rien. 

Le principal fait à constater c'est que la réduction a été 
facile et complète après la ponction avec l'aspirateur. 

Les résultats obtenus par ce nouveau traitement de la her- 
nie étranglée doivent encourager les chirurgiens à y avoir 
recours avant d'en venir a l'opération si dangereuse du débri- 
dement. 

i J'oserais même dire que la ponction devrait être employée 

' plutôt qu'un taxis forcé et prolongé. 

[^ Ce traitement n'a pas encore reçu la sanction de l'expé- 

rience, il est aujourd'hui à l'épreuve ; espérons qu'il sera fé- 
cond en bons résultats, et que ceux qui l'ont imaginé et pro- 
pagé auront la satisfaction d'avoir grandement simplifié et 
amélioré le traitement de la hernie étranglée. 

Toutes les cavités anatomiques ont, aujourd'hui, été ex- 
plorées avec les trocarts des appareils aspirateurs. Exemple : 
Le thorax dans la pleurésie, l'intestin dans les hernies, la 
vessie pour l'obstruction du canal de l'urètre (j'ai vu un ma- 
lade qui a subi 15 fois la ponction de la vessie, sans aucun 
accident). On a même souvent ponctionné, les grandes ar- 
ticulations telles que, le genou, le coude, &c. 

Le plus grand de tous les avantages qu'offrent ces appa 
reils, c'est de pouvoir pénétrer dans une cavité sans aucun 
danger d'introduction d'air. 

L'appareil de Dieulafoy se compose d'un corps de pompe 
rnuAi de deux robinets dont l'un sert à faire l'aspiration et 
l'autre l'expulsion des liquides. 

Celui de Potain se compose d'un bocal en verre épais, au] 
quel sont adaptés deux tubes, l'un sert à faire le vide l'autre 



> 



450 L^DNION MÉOIGALfi DC7 CANAbA. 

Taspiration. Les fabricants parisiens modifient et améliorent 
continuellement ces instruments. 

Traitement de Vhydrocele par les injections d FalcooL 

Un grand nombre de chirurgiens des hôpitaux de Paris, 
emploient actuellement l'alcool pur, comme traitement cura- 
tif de l'hydrocèle. 

Le procédé consiste à injecter dans la tunique vaginale 40 ou 
50 gouttes d'alcool et de renouveler ces injections, tous les 
quinze jours durant un mois ou deux si la guérison n'a pas 
lieu avant. J'ai vu deux cas d'hydrocèles, contenant 150 à 200 
grammes de liquide, guéris dans 24 heures et par une seule 
injection d'alcool. Mais, règle générale, il faut répéter les in- 
jections quatre ou cinq fois. Il n'est pas nécessaire de retirer 
le liquide avant d'injecter l'alcool, M. Monod, médecin doc- 
teur de Paris qui a été le propagateur de ce mode de traite, 
ment, prétend guérir non seulement les hydrocèles, mais 
aussi les hydropisies locales telles que les kystes séreux du 
cou, les hydarthroses, etc. Il vient de lire à la société de 
chirurgie un travail sur ce sujet. 

Emploie des attelles cilicatées ou plâtrées dans les fractures. 

Au nonbre des rares avantages qui résultent de la guerre, 
doivent être classées les améliorations chirurgicales. 

La dernière campagne a fourni un vaste champ d'expéri- 
mentation. 

Vu qu'il est très difficile à la plupart des chirurgiens de se 
procurer pour toutes les espèces de fractures des clisses con- 
venables, en bois ou en métail, je me permettrai de faire con- 
naître aux lecteurs de VUnion Médicale celles employées 
par Mr. Tillaux durant la dernière guerre et que je lui ai vu 
appliquer plusieurs fois à l'hôpital St. Louis. 

Ces attelles sont d'une application facile et peuvent s'adap- 
ter à toutes les variétés de fracture. 

1o. On prend du tarlalan, du vieux linge ou encore du coton 
commun, on le ploie sur lui-même 12 ou .15 fois, de manière 



l'iTNIOM HtDICALE DÛ CANADA. 43 i 

à former une bande large de trois ou quatre travers de doigt 
et de la longueur exigée par le cas à traiter. 

2o. On dissout du plâtre de Paris dans de Teau froide. 

La proportion est un v^rre de plâtre pour un verre d'eau, 
on fait ainsi la quantité que Ton veut et en dernier lieu on 
ajoute un verre de plaire en plus et une légère poignée de sel 
ordinaire. 

3o. Aussitôt ce mélange préparé, il faut se hâter d'y tremper 
les bandes de tarlatan ou de coton et de les appliquer sur le 
membre fracturé. 

Pour une fracture de la jambi^ par exemple voici comment 
on procide : On met d'abord une bande (bien imbibée de la 
solution) à la partie postérieure du membre, qui, partant du 
creux poplîté descend au talon puis remonte sur la plante du 
pied jusqu'aux orteils, 

On prend alors une seconde bande, double en longueur à 
la première, on l'applique sur un des côtés du genou, on le 
fait descendre jusqu'en dessous de la plante du pied, puis re- 
monter jusque sur le côté opposé du genou. 

Ppur que ces clisses moulent bien 'sur le membre, on 
applique, pendant quelles sont encore molles un bandage 
circulaire, que l'on enlève aussitôt que la dessication est com- 
plète. 

Afin de maintenir ces atelles durcies en bonne position on 
les cercle de deux ou trois bandes de diachylon. 

Règle générale, il ne faut pas appliquer ces attelles lorsqu'il 
y a beaucoup de gonflement, car aussitôt ce gonflemen;t dis 
paru, elles ne s'adapteraient plus, excactement à la forme 
du membre* 

On peu également se servir du silicate de potasse au lieu 
du plâtre. 

On fait dissoudre ce selicate de polnsse dans de l'eau 

chaude, on ajoute du silicate tant que cjiteeau n'a pas acquis 

une consistance sirupeuse, puis on y trempe les bandes et on 

procède comme avec le plâtre de Paris. 

A. T. Brosseau. 
Paris, 15 Août 1872. 2 



452 l'union médicale du canada. 

CONSIDÉRATIONS SUR LES VERTUS MÉDECIN ALES 

DE L'ARSENIC ET SON EMPLOL 

Par J. G. Bibaud, M. D., Prof. d'Anatomie, G. M. et C. M., Méd. <le 

rHôtel-Dîeu. 

Messieurs les Rédacteurs^' 

La communication ^^ De Tarsenic dans la leucorrhée et la 
ménorrhagie '' que vous empruntez au Lyon Médical m'a sug- 
géré de vous offrir quelques observations théoriques et prati- 
ques sur ce précieux remède, sur lequel le célèbre philoso- 
phe et médecin arabe Avicenne a attiré Fattention des hom- 
mes de la science. 

Dès mon entrée en pratique (1842) j'employai les prépara- 
tions arsenicales comme antipériodiques, névrosthéniques et 
altérantes (désobstruantes) sans avoir aucunement à m'en 
plaindre, ni cesser de leur accorder confiance à Tégal des 
meilleurs agents de cette catégorie. Je dus aux préceptes et 
à l'exemple de mon savant patron et oncle, J. B. C. Trestler, 
M. D., de n'avoir pas redouté ses propriétés toxiques à raison 
desquelles bon nombre de praticiens le négligent, faute, sans 
doute, de données et d'observations suffisantes. (*) 

Essayons d'abord de nous rendre compte de l'efficacité de 
l'arsenic dans le traitement de la leucorrhée et de la ménor- 
rhagie. 

Dans le fait, ces désordres ne sont-ils pas, le plus souvent, 
non pas des maladies per se mais bien des symptômes et des 
signes diagnostiques d'une condition atonique et anémique 
de l'économie entière? d'une perversion des fonctions def 
l'hématose et de la nutrition intime? Dans dételles condi- 
tions systémiques, rien de plus commun que des congestions, 



(*) Avant la formation de rancien Bureau Médicale les v examens p«ur 
licence se faisaient par des magistrats^ 

II advint un jour que l'un de ces juges demanda au candidait- s'il 
emploierait jamais Tarsenic comme remède. Sur sa réponse aifirBiative. 
on lui signifia que i'on ne recevait pas d'empoissonneurs comme médecins. 



L^tNtOK MtDICAtE DIT CANADA. 453 

des phlo'gôses, que Ton voit se porter tantôt vers l*un, tantôt 
vers Tautre des viscères contenus dans les cavités splanchni- 
ques : congestions qui entraînent parfois, à leur suite, des 
épanchements séreux bu sanguins d'autant plus redoutables 
quMls n'ont point d'issue au dehors. Je ne prétends pas 
qu'on ne doive les étudier avec intérêt, pour leur opposer au 
besoin un traitement qui leur enlève toute gravité ; mais je 
régarde eomme symptômes critiques, plu tôt favorables qu'au- 
trement, les écoulements quels qu'ils soient, qui se manifes- 
tent au dehors dans ces conjonctures. Je n'excepterai pas 
plus les hémopthisies, les hypersécrétions intestinale, hépa- 
tique, rénale, que la leucorrhée et la profusion des règles, 
car il y à des congestions et des effusions, encéphalique car- 
diaque, pleurale et péritonéale où les dangers sont bien au- 
trement graves et la médication impuissante. 

Si dans ces cas où la cacoémie et l'ataxie jouent leur rôle, 
vous employez des remèdes propres à ramener l'équilibre en- 
tre les systèmes vasculaire et ut^r veux, les organes se décon- 
gestionnent, par le fait que la cii'culation capillaire se rani- 
me et s'égalise par toute l'économie. 

J ai yu disparaître des ménorrhagies et des leucorrhées 
sous l'influence des préparations arsenicales ; mais je n'ai 
pas pensé à m'en rendre compte qu'en Vertu de leur effet to- 
nique stimulant des capillaires, et secondairement désobs- 
truant ou décongestionnant. 

Sans me ranger absolument à l'opinion deCourtyet autres, 
je SUIS porté à croire que ces affections utérines cèdent plus 
facilement à l'emploi de l'arsenic, lorsqu'elles se ralient à la 
condition herpétique — ayant plus souvent fait usage de ce 
médicament dans* les maladies chroniques de la peau, ac(!om- 
pagnées de l'un ou de l'autre dérangemeSit. 

Gomment expliquer cette vigueur noiivelle du système 
mtrsculaire, cette très grande aptitude à lu marche dont parle 
Trousseau, qu'amène l'usage de l'arsenic, sans l'attribuer à 
son action spéciale sur la moelle épinière et les nerfs vaso- 
moteurs, comme excitant et névrosthénique ? 



454 l'union MiDICALI DU GANjU>A. 

V Je m'en suis bien trouvé dans le traitement de la chorêe, 
de rhystérie avec dérangement des fonctions utérines ; contre 
l'hémicranie (migraine), .le rhumatisme chronique muacu 
laire et fibreux et autres maladies périodiques. Je n'en ai 
pas fait l'expérience dans les quelques cas de fièvres intermit- 
tentes périodiques que j'ai rencontrés, non plus que dans 
celles qui avaient été contractées dans les endroits où elles 
sont endéniques. Je m'en suis tenu à la quinine, et dans 
un cas au sel de table (chlorure sodique). Mais nous n'igno- 
roi>s pas que de bonnes autorités placent l'arsenic au second 
rang, après la quinine et que plusieurs en font son égal et 
même son supérieur dans la cure de la fièvre intermittente 
franche. Il peut être employé, dit-on, durant les paroxismes 
comme durant les iatermissions, avantage que ne compor- 
te pas la quinine. La solution arsenicale se prescrit ici à 
plus forte dose que dans le traitement des affections eu tannées ; 
de 10, 15 à 20 gouttes, 3 fois par jour, selon le type des fièvres 
et la tolérance des malades. 

Mais il est une névrose contre laquelle toute médication 
vient échouer le plus souvent ; pour laquelle, cependant, 
les composés arsenicaux ne laissent pas que d'avoir de bons 
effets. Je veux parler de l'épilepsie c^ntrique et excentrique, 
congénitale ou acquise, dont iK enrayent les paroxismes, 
les éloignent et peuvent dans quelques cas rares amener une 
guérison. 

Précédés de vomitifs et administrés pendant une certaine 
période de temps, ils m'ont valu d'améliorer la condition des 
épileptiques, et dans un cas où la cause excentrique ex- 
istait à l'estomac d'obtenir une cure radicale. 

Le sujet était un jeune homme cordonnier, que son métier 
et un mauvais régime avaient rendu très dyspeptique. 

Les dérangements fonctionnels et organique^ des viscères 
chylopoiétiques et génito-urinaires sont de fréquente* sour- 
ces d'épilepsie ; je dirais mieux peut-être, de convulsions épi- 
leptiformes ; et ça sera dans ces formes surtout, lorsque les 
lésions organiques sont h peine appréciables, que nous pour» 



l'union médicale du CANADA. 455 

rons compter des succès par la médication arsenicale. Chez 
plusieurs, la thérébentine, les ferrugineux, la quinine en re- 
haussent Pefiftcacitë. 

Les dermologistes sont unanimes dans leur appréciation de 
Tarsenic comme VanHpsorique pkr excellence. Dans celle-ci 
et les autres afTections chroniques, squammeuàes ou dartreu- 
ses-psoriasis, pityriasis, herpès, etc., ses effets sont si supé- 
rieurs à ceux de tout autre agent qu'on lui a opposé jusqu'à 
ce jour, qu'on ne peut lui refuser, à part son action désobs- 
truante, une Influence toute spéciale sur le tissu d'ermoïde. 
Suivi avec persévérance, il est encore efficace contre les di- 
verses formes de l'acné (couperose) l'eczôme, le lupus, etc. 

Les seules préparations dont je me suis servi jusqu'à pré- 
sent sont la liqueur de Fowlor et les pilules asiatiques ; en y 
joignant le fer, dans les cas anémiques, la quinine et la thé- 
i*ébentine dans les névroses et les névralgies. Je n'ai appor- 
té de changement au régime alimentaire que d'une manière 
incidente. D'aîlleura l'appétit se conserve et les forces mus- 
culaires augmentent ou se récupèrent chez les individus sou- 
mis à ce traitement. L'abstention des liqueurs fermentées 
et excitantes; les ablutions et lés bains au chlorure de so- 
dium, ou carbonate de sonde ou de potasse ont été les adju- 
vants. 

Mais voici que je me trouve en présence d'un dilemme lors- 
que je passe auxphénomènes physiologiques qui se manifestent 
sous l'influence de l'arsenic. Devergie nous dit que dans les af- 
fections squammeuses, de rouge qu'était la peau dans les points 
malades, elle devient brune et lisse ; et pour lui cette colora 
tion brune est, en quelque sorte, le cachet de l'action du mé- 
dicament, la mesure de la quantité nécessaire pour parvenir 
à la guérison. C'est bien jusque-là. Mais comme premier effet 
général, dit-il, se présentent l'amaigrissement de tout le corps 
et celte coloration plombée du visage, qui font que les sujets 
qui sortent (de l'hôpital ?) bien portant d'ailleurs, ont l'appa- 
rence d'individus qui seraient convalescents d'une grande 
maladie. Dans ces circonslances l'émacialion ferait présu- 



456 l'union médicale du canada. 

mer ane action modificatrice particulière sur la formation et 
la sécrétion de la graisse. 

Pour mon propre compte, j'ai fait usage de la solutioi^ de 
Fowl^r, pendant plusieurs mois, sans m'ôtre apperçu ni de 
Tun ni de l'autre de ces eflfets généraux. Le bien que j'en ob- 
tins fut l'augmentation de mon appétit, le retour de mes for- 
ces et la guérison d'ulcères chroniques aux jambes, résul- 
tant de furoncles négligés. Ne voulant pas paraître enthou- 
siaste ni optimiste, disons que le bandage roulé a dû être 
pour quelque chose dans le résultât. 

J'ai de même, administré ce remède pendant d'assez lon- 
gues périodes, chez des personnes ayant de l'embonpoint, 
particulièrement des personnes du sexe, sans remarquer cet 
amaigrissement et cette teinte plombée que je serais porté à 
regarder comme faisant exception à la règle. Autrement il fau- 
draient tenir comme controuvés, les écrits et les rapports de 
médecins (dignes de foi, fussent-ils même tombés dans l'exa- 
gération) qui nous parlent d'arsénicophages de certaines pro- 
vinces de l'Autriche, qui font im usage habituel de l'acide 
ai-sènieux pour se fortifier, se donner un air frais et de l'em- 
bonpoint. Il nous manque des données sur la signification 
de ces faits contradictoires, en apparence, et nous aimerions 
à être édifié sur les causes constitutionelles, topagraphiques, 
hygiéniques, &c., dont la connaissance nous conduirait à une 
appréciation plus pratique de ces différences individuelles. 

Mais pendant son emploi comme remède il s'offre des mani- 
festations physiologiques ; si nous ne pouvons dire symptô- 
mes ; qui demandent plus spécialement et plus tôt, toute l'atten- 
tion du médecin. D'abord, parce qu'elles dénotent la satura- 
tion arsenicale, avant même l'action thérapeutique commen- 
cée ; ensuite, parce qu'elles nous avertissent qu'il est temps 
d'en diminuer les doses, ou d'en suspendre momentanément 
l'administration, jusqu'à leur disparition. 1o. après trois, qua 
tre, six semaines ou plus, survient l'injection de la conjonc- 
tive, avec sensibilité de lu vue, lacrymalion, œd^mo drs 
paupières, etc. 



l'union Méi>ICALE DIT CANADA. 457 

2o. Dessymtôraes gastralgiques que n'ont pas siiflisam- 
ment appréciés quelques auteurs modernes. Tels seront, une 
certaine défaillence stomacale, des brûlements, des tiraille- 
ments quelquefois des crampes à la région épigastrique, 
résultant, selon nous, de l'influence de l'arsenic sur la fonc 
tion réflexe de la moelle épinière, et probablement aussi sur 
celle du système sympathique. 

Un prurit général peut accompagner l'une et l'autre série 
de phénomènes. 

Inutile de dire que le patient est alors rendu à ce degré 
de tolérance au-delà duquel ou ne peut s'attendre qu'à des 
eJDfets toxiques en continuant le traitement. 

Pour assurer le succès, dans les maladies cutanées spéciale- 
ment, il est quelques préceptes qu'on doit exactement rem- 
plir, car c'est pour y avoir manqué que l'arsonic n'a pas tou- 
jours réussi et qu'il a même, quelquefois, produit dés accidents 
graves. 

lo. On ne doit jamais le prescrire dans la période aiguë et 
j|nflammatoire, si l'on ne veut voir les symtûmes s'aggraver. 

2o. Pour qu'il ait une action durable, il est indispensable 
de l'employer avec régularité, jusqu'à* ce que la maladie dis- 
paraisse, et d'en continuer l'usage plus longtemps même, afin 
de prévenir les récidives : sans préjudice à sa suspension tem- 
poraire dans les circonstances plus haut mentionnées. 

3o. Il finit éviter de donner l'arsenic à jeun, mais mêlé 
aux boissons et aux aliments, autrement les symptômes gas 
triques et l'intolérance se manifesteront plus tôt. 

4o. La dose doit être exactement déterminée et donnée trois 
ou quatre fois par jour. 

Je prescrivais d'abord la liqueur de Fowler en augmentant 
les doses de 3 à 4, 5 gouttes et plus ; mais je m'en suis tenu 
plus tard à l'opinion do Devergie qui ne croit pas nécessaire 
d'aller au delà de trois minimes, prises dans de l'eau, ou 
autre véhicule, au sortir de^ table. 

J'tMuploie aussi l(»s pilules d'arsenic composées ; une, matin, 
midi i*t soir, immédiatcMuonL apW's les repas. 



458 l'union médicale du canada. 

Je lis dans Wood et Bâche, " Les soi-disant pilules asiatiques 
sont composées d'acide arsénieux et de poivre noir^ dans les 
proportions de t à 80 parties. " La formule suivante me pa- 
rait plus conforme à l'originale. 

Pr. Acide arsénieux grs ii 
Poivre noir '' X 

Poudre d'acacia " XX 

Faites 32 pilulss. Une jusqu'à deux, après les repas, selon 
la tolérance. . 



SOCIÉTÉ MÉDICALE DE MONTRÉAL 

(Séance du 5 septembre 1872.) 

Présidence du Dr. J. W. Mount. 

Officiers j)rôsidents : Drs. A. Ricard et G. Grenier. 

Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. 

Proposé par le Dr. A. Laramée. secondé par le Dr. E. P. 
Lachapelle, que le Dr, J. M. Lecavalier, de St Laurent, soit 
admis membre actif. Adopté. 

Le rapport du comité nommé à une séance précédente 
pour préparer )cs amendements nécessaires afin de rendre 
Tacte médical piojoté acceptable à la province de Québec 
est à Tordre du jour. 

Toutes les clauses de ce rapport sont prises en considéia- 
tion, discutées et adoptées avec quelques amendements. 

Voici le rapport tel qu'adopté : 

Rapport du comité nommé par la Société Médicale de 
Montréal pour préparer des amendements à l'acte médical 
projeté. 

Votre comité à l'honneur de faire rapport, que le principe 
du bill tendant à mettre l'éducation classique et médicale sous 
le contrôle du gouvernement fédéral doit être rejeté. 

Votre comité est néanmoins d'opinion que les lois qui doi- 
vent régler l'éducation classique et médicale des aspirants à 
l'étude, et à la pratique de la médecine, ainsi que les intérêts 
des Universités et des médecins en général, soient unifor- 



l'union médicale du canada. 459 

mes pour toutes les Provinces dé la Puissance du Canada, et 
que Tassociation médicale, doit faire tfons ses efforts pour 
élaborer un bill de médecine ^ui soit acceptable pour toutes 
les Provinces : chaque province devant ensuite veiller à Vex- 
écution et au fonctionnement de ta loi dans leurs limites res- 
pectives. 

Comme l'acte médical projeté ne rencontre pas les vues 
d*un grand nombre de membres de la profession médicale, 
votre comité présente à votre considération les résolutions 
suivantes, comme devant servir de bAse à un nouveau bill 
de médecine : 

\\ Que dans Tintérôt du public et de la science médicale, 
il est expédient que les lois et les réglemeuts concernant les 
aspirants à Tétude et à la pratique de la médecine de la chi- 
ruigie et des accouchements, ainsi que les règlements con- 
cernant Tenregistrement et radministration en général des 
intérêts des médecins, soient entièrement sous le contrôie du 
corps médical de chaque Province. 

2» Que la profession médicale composée de toute personne 
possédant actuellement, ou qui plus tard, deviendra en pos. 
session d'une licence, pour pratiquer la médecine, la chirur* 
gie et Tart obstétrique, soit incorporée sous le nom de Collège 
des Médecins etChirurgiens de la Province de Québec. Cha- 
que menbre sera tenu de payer une contribution annuelle de 
, sous peine de perdre ses privilèges comme médecin. 

3o. Que le collège ait un sceau collectif et que ses affaires 
soient conduites par un bureau de gouverneur, élu par le 
collège, de la manière ci-après indiquée. 

4o. Que le bureau ait seul le droit d'admettre les élèves à 
l'étude de la médecine : et que personne ne puisse être con* 
sidéré comme étudiant en médecine, s'il n'a préalablement 
obtenu du bureau un certificat d*admision à l'étude de la 
médecine. 

5o. Que ce certificat d'admission à Tétude de la médecine 
ne sera accordé à l'élève qu'après un examen satisfaisant de- 
vant le bureau, sur les branches suivantes : L'Anglais, le 



460 l'union MfolCALB PU CANADA. 

Frangai», le Latin, rHiitoire, la Géographie, les Mathémati- 
ques, l'Algèbre, la Géométrie, la Physique ^t la Piiilosophie. 
(Proviso.) — Le bureau aura le droit d'exempter de Texameu 
classique tout individu présentant ua diplôme de .m^itre- 
ë$-arts, ou un certificat prouvant qu'il a suivi avec.si^pcès 
dans une bonne maison d'éducation un cours d'étude com- 
prenant les sujets ci*haut mentionnés. 

60. Que personne ne pourra pratiquer la ipédecine, etc., 
sans une licence du Collège des Médecins et Chirurgie^ de 
la Province de Québec. 

7o. Que personne ne pourra se présenter pour obtenir la 
licence du Collège, s'il n'a suivi durant quatre années con- 
sécutives, (à commencer depuis la date de son admission à 
l'étude de la médecine) dans une université, collège ou école 
de médecine canadienne incorporée : deux conrs dp six mois 
d'Anatomie et Physiologie ; do d'Anatomie.pratiqne ; do de 
Chirurgie ; do de Théorie et pratique de médecine ; do, <.V Ac- 
couchements, maladie des femmes et des* enfants ; do de 
Chimie ; do de Matière médicale et pharmacie. Un cpin*s de 
6 mois d'Institutes de Médecine ; un cours de 3 mois de Juris- 
pioidence médicale et Toxicologie ; un coui^s de 3 mois de 
Botanique ; 6 mois de Clinique médicale : 6 mois de Clini- 
que chirurgicale ; 3 mois de Maternité ou un cerlificut prou- 
vant qu'il a eu 6 cas d'accouchements ; un cours de 3 mois 
d'Hygiène ; .do de Chimie pratique; do de Chirurgie prati- 
que. 

80. Que la licence du collège ne sera accordée ù aii,cua 
élève qu'après avoir subi devant le bureau un cxamçu satis- 
faisant sur les différentes branches mentionnées dauslaclau- 
se précédente ; proviso. Le bureau devra accorder sans exa- 
men une licence à tout individu porteur d'un diplôme d'une 
Université ou Ecole Canadienne incorporée. 

r 

■ « 

9o. Que les corps enseignant la médecine, etc., seront tenus 
d'avoir à la disposition des élèves, un hôpital d aumoi^s 50 
lits, une mciterniléd'aumoins ^25 V\U^ une bibliothèque.» un ca> 
linel de physique, d'histoire naturelle, de botanique, compro- 



l'union médicale du CANADA. 461 

liant tous les instruments et objets Jugés uécessairçs, par le 
bureau, pour faciliter et illustrer les enseignements douués 
par les professeurs. 

iO». Que le bureau devra être représenté par quelques-uns 
de ses membres aux examens des diverses universités, afin de 
s'assurer si les dipîomes sont accordés d'après le mérite des 
élèves et si les exigences d<e la loi sont satisfaites. Et il aura 
le droit, s'il y a contravention, de refuser la licence aux élèves 
de ces institutions. 

IK Qu'aucune Université, Collège ou écolo de Médecine 
incorporée, n'aura le droit de recevoir un élève d'une institu- 
tion étrangère pour compléter ses cours, s'il n'a préalable- 
ment obtenu du bureau un certificat d'admission à l'étude 
de la médecine en conformité avec les dispositions de cet acte. 
L'Université pourra ensuite lui faire suivre le nombre de 
cours qu'elle jugera nécessaire pour compléter ses études 
médicales, et lui donner un diplôme si elle l'en juge digne. 

Vl'\ Que le Bureau n'aura pas le droit d'accorder, une li- 
ceuce à un porteur de diplôme étranger à la province de Qué- 
bec, avant qu'il ait obtenu le diplôme d'une Université ou 
Ecole canadienne incorporée. 

i3o. Que tout licencié, d'aucune des provinces de la IHms- 
sanco qui adopteront et suivront ces lois et règlements, pour- 
ra pratiquer dans chacune de ces provinces en se fiiisant en- 
regîstrer en iceile. 

14o. Que les sages-femmes devront subir un examen devant 
le Bureau pour obtenir une licence. Le Bureau pourra, 
quand il le jugera convenable, exiger de ces femmes,, un 
cours d'acouchenient théorique et pratique. 

ioo. Que chaque médecin en pratique après la sanction de 
cotte loi, sera tenu de ce faire enregistrer dans l'espace d'un 

an, moyennant une somme de , sous peine d'une amende 

de , payable tous les ans jusqu'à ce qu*il se soit confor- 
mé à la loi, et sous peine dî perdre ses droits de médecin. 
Lo Rogistrti fera foi devant les cours de justice de la qualili- 
r,;ilion d(^s médcM'ins. 



462 l'union médicale du canada. 

16o. Que le Collège aura le droit do faire des règlements 
pour Texécution et le fonctionnement de cette loi, sujets à 
rapprobation du Gouverneur en Conseil. 

17o. Que le Collège pourra former une société d'assurance 
sur la santé et sur la vie. 

Montréal, 5 Septembre 1872. 

Le tout respectueusement soumis, 

J- B. RoTTOT, M. D. 

F. X. Perrault, M. D. 
P. E. Plante, M. D. 

L. Quintal, M. D. 

G. Grenier, M. D. 

Sur proposition du Dr. A. B. Craig, secondé par le Dr A. 
Dagenais, il est résolu que tous les membres de la Société 
Médicale soient instamment priés de se i^ndre à la réunion 
de FAssociation Médicale Canadienne qui aura lien mercre- 
di, le 11 courant, à 10 hs. a. m., afin d'assurer l'adoption d'un 
projet d'acte médical basé sur les principes du rapport adopté 
par la société. 

Sur proposition du Dr. Ïm A. Portier, secondé par le Dr. J. 
N. Chopin, il est résolu de convoquer la prochaine séance, 
mercredi, le 18 courant, afin de prendre en considération les 
diflFérenis taux de tarif préparés par les médecins de la cam- 
pagne dans le but d'en faire adopter un par la législature. 

Le Dr. A. Ricard donne avis qu'il proposera l'amendement 
suivant à l'article premier des règlements de la société : Les 
réunions de la Société auront lieu le 1er et le 3me samedi de 
chaque mois. à-2J hs. p. m., depuis le 1er du mois d'Octobre 
jusqu'au 1er d'Avril, et le 3me jeudi de chaque mojs depuis 
le 1er du mois d'Avril, jusqu'au 1er du mois d'Oclobi*e. Si 
le jour désigné est un jour de fête d'obligation, la réunion a 
lieu le môme jour de la semaine suivante. 

Et la séance est levée. 

Du. Gkorges Grenier, 

Sec- Très. S. M. 



L*UNION UtolCALt DU CANADA. 463 

DES DIVERSES FORMES D ASPHYXIE. 

AU POINT DE VUE PHYSIOLOGIQUE ET PATHOLOeiQUB- 

Par M. le docteur Leven 

III 

Ces études nous ont conduits à reprendre la question de 
l'asphyxie par Tacide carbonique, en observant d'abord les 
actions physiologiques de ce gaz en excès dans le sang. Nous 
rappellerons rapidement les résultats que nous avons obtenus. 

Nous avons eu soin de mettre les animaux dans une atmo- 
sphère d'acide carbonique pur ou mélangé à l'air, et nous les 
laissions respirer librement. 

Ce que nous avons constaté d'abord sur les divers genres 
d'animaux, le câblai, le chat, le lapin, c'est qu'en leur faisant 

4 

respirer le gaz par la bouche ou par la trachée au moyen 
d'une canule, rien n'était changé dans les effets : c'est que si 
on mâle à l'acide des proportions variées d'air, les phénomè- 
nes physiologiques sont les mêmes ; il n^ & de difTérence 
que dans la rapidité de leur production. 

Ce que nous avons encore observé dans nos expériences, 
c'est que l'acide carbonique ne détermine aucune excitation 
aucun mouvement convulsif, et que les animaux meurent 
tranquillement. 

Dès qu'ils commencent à resiHrer le gaz, les mouvements 
du cœur se ralentissent, le nombre des respirations diminue, 
la sensibilité et la motilité se paralysent, l'animal tombe 
dans le coma et meurt dans une immobilité complète, si on 
l'abandonne i lui-même. 

C'est là la physionomie générale de l'empoisonnemut par 
le gaz carbonique, mais poussons plus avant dans l'analyse 
des faits physiologiques. 

1o. CoBur.— Si l'on plonge le cœur d'une grenouille dans 
une atmosphère d'acide carbonique, il passe immédiatement 
de la couleur rouge au noir, et les battements s'arrêtent- 
, Que l'on coupe le cœur en morceaux et que l'on jette une 



464 l'union médicale Dtî Canada. 

de ces parcelles dans le même gaz, on observe le môme chan- 
gement de couleur et l'arrêt des mouvements vermiculaires 
dont était doué chacun de ces morceaux. 

Le changement de couleur se rapporte sans doute à une 
modification chimique de la fibre cardiaque, qui est le point 
de départ probable de la modification physiologique. 

Ces modifications ne sont pas profondes si le contact de 
l'acide carbonique n'a pas été trop prolongé. Il suffit alore 
de plonger la parcelle cardiaque dans de Fair ou dans de 
l'oxigène pour lui rendre sa coloration et sa contractilité. 

'2'\ Sang. — L'acide carbonique n'a aucune action sur les 
globules du sang, ce que Ton sait depuis longtemps. Dans 
un seul cas, nous avons trouvé dans le sang des cristaux 
d'hématocristallin. 

Si l'on place sous le champ du microscope la patte d'une 
grenouille empoisonnée, on voit la circulation se ralentir à 
la périphérie d'abord, puis dans les vaisseaux d'un calibre 
mojen*. Ce ralentissement , ne paraît dû qu'à la paralysie 
progressive du cœur. 

3«. Respiration, — Les mouvements respiratoire» se ralen- 
tissent progressivement, puis s'arrêtent comme ceux du cœur. 
Les animaux respirent le gaz jusqu'à la mort^ sans trquble du 
rhytme respiratoire. 

4». Système nerveux, — Il suspend les fonctions cérébrales, 
anéantit l'intelligence, le mouvement et la sensibilité. Il 
anémie le cerveau plutôt qu'il ne le conjestionne ; c'est ce 
que nous 'ont montré les autopsies. 

Il respecte les propriétés de la moelle, des nerfs, et la con- 
tractilité musculaire. 

5o. NuMtian. — Si on n^ provoque Tasphyxte que lentement 
en mêlant de l'air à l'acide carbonique, et si la mort n'arrive 
qu'au bout d'une demi-heure, par exemple, là lempêi'ature 
de l'animal s'abaisse d'un degré et demi à deux degrés. Oh 
trouve dans le âang, dans les viscères, une grande quantité 
de sucre 

Dans les urines, également du sucre. 



( l'union MÉOICALC du CANADA. 4fô 

Noua avons* trouvé 10 grammes de sucre euviron par iitre 
chaz'J^ilapirn^ 

VfuMjlyse du sang duCoie^.aétéfaite par M. Duquesnel, 
et* ce chimiste a employé le procédé qui suit : 

Il a coupé le.foie par^patits morceaux, a ajohité de f alcool 
concentré^ quipréciplte et élimine les matièmsalbuminoldes. 
Après quelques heures de macération, il a filtré et évaporé à 
siccité. . ., . , .1 

Le if sîdU| i!epris par uiae petite quantité d'eau distillée, 
pirécipitait la liqueur de FehUng. 

hà aang frais, additionné d'alcool très-fort et Iraité, comme 
ciid^sfius/ donne une liqueur. qui précipite la liqueur de 
F«hlMïg.. 

On peut suposerqae l'extrait alcoolique reprit' par l'eau con- 
tient d'autres corps susceptibles de réduire la liqueur cupro- ' 
potaç^iqpe ; mais des expériences comparatives, faites avec le 
foie d'fiHiioaux morts sans poison, ont donné des résultats 
négpW^ ..... 

Le^br^anes ont été' atialysés immédiatement après la mort 

£n résumé^ rjontoiicakion par le gaz cai*l)onique ne délnrte • 
pas panune période d'excitafion et ne détermine pas de moa^' 
vements convulsifs. ' 

Dès qu'il est respiré, le cœur est frappé le premier ; celui- 
ci le lance dans le torrent circulatoire ; le cerveau se piaralyse, 
le bulbe égalêVnent, et les diverses fonctions sous leur dépen- 
dai^ce sjBiSpspendeni, mais lesi propriétés réflexes de lAmoêlle, 
du nerf et du muscle soiit respectées. 

Si Taction stupéfiante est réelle, comme nos expériences 
nous l'ont démontré, comment admettre (1) que le gaz carbo- 
nique, puis^ rendre les tissus aptes à entrer eq action, tandis 
que l'çxygène ae servirait qu'à les nourrir, que le g^ carl^o* 
niqùà entretient les n^ouvements de la resp^iation et de l.a 
circulation ?.. 



. ;♦ 



{\)'BBvi,àiâtionnaiTedéméêêtine et de chirurpif, l. 111,1885. Brown- 
Sequaçd, 1. 1, ISâ^, Journal de^ physiologie. 



466 l'union NÉDICALB DU CANADA 

Commeni admettre celte division des fonctiom d*uii gu 
chargé d'alimenter le tissu et d'un autre qui ne serrinil 
qu'a éveiller son activité, alors que nous avons moûtrt que 
chaque parcelle du cœur de la grenouille jetée dans l'acide 
carbonique perd sa conlractilité ? Gomment admettre des 
propriétés vivifiantes pour un gas qui ne se manifeste phj* 
siolog^uement que par des propriétés toxiques f 

Ces hypothèses ne nous paraissent pas d'accord avec l'ex- 
périmentation, et, du reste, pourquoi distingaer dans le tis- 
su ce qui le nourrit et. ce qui lé rend apte à entrer en action. 

Est-ce que le muscle, qui a son aliment chimique, n'est 
pas susceptible d'entrer en action spontanément en vertu 
de la propriété de contractilité qui lui est inhérente ? Est ce 
que le buU)e, quand il reçoit Toxygène de l'air, ne peut pas 
fonctionner im^lédiata^le^t 1 

Il n'y a, selon nons, dans le sang, qu'un seul gaz chargé 
d'entretenir les tissus ainsi que leur activité Mtale : l'oxy* 
gène. Il excite les contractions cardiaques, rougit les glo- 
bules et le sang. C^est lui qjui cumule les fonctions que Bert, 
Brown*8e4uaj:d,.:Xhiéry.et Traube, veulent partager entre 
l'oxygène et l'açi^e carhoniquje« Ce dernier n'est qu'un gas 
toxique. — (Gazette des Hôpitaux). 



LECTURE SUR. L'HYGIENE PUBUQUK 

FArra av coLLâes MtoCAL db L'uorrrAi/ Bbllbvub par lb pro- 
fesseur WiLtiAUc Hammond, m. D. 

MessieurSy 

Je désire, dans ccjtte lectune^ mettre devant vous certains faits 
importants d'hygiène piîMiqtie. Je m'occuperai surtout des 
principes généraux, vous laissant le soin d'en faire l'applica- 
tion dans les détails, et je m'efforcerai d'appuyer mes remar- 
ques par des expériences et des exemples familiers. Il existe 
peu de sciences plus importantes pour l'homme que l'hygiène 
et cependant, chose étrange, c'est une science qu'il regarde 



l'union HiDIOALS DU CANADA. 467 

avec très peu d^intérêt, jusqu'à ce que quelque terrible épidé- 
mie le pousse à quelque tentative spasmodique pour dimi* 
nuer la sévérité de la punition que des soins opportuns «ao- 
raient pu lui faire éviter entièrement. Pour une violation 
des lois de la santé, il n'y a pas de pardon. ' 

Le péché est commis et l'expiation suit avec une certitude 
rigoureuse et un degré d'énergie exactement proportionné à 
Toffense: Regardez la négligence criminelle des premiers 
principes de la science sanitaire montrée par ceux qui gou- 
vernent la ville : voyez les masses de matières animales et vé- 
gétales en décompositon qui sont entassées dans chaque rue, 
les occupations nuisibles à la santé qu'on permet dans les lo- 
calités encombrées ; les constructions défectueuses de nos 
habitations et des égouts qui chaiToient les excrétions de la 
population, et dites alors qu'il est surprenant que pendant 
des semaines les morts excèdent les naissances. Les réfor- 
mateurs mêmes pensent que l'hygiène est un sujet d'une lé- 
gère importance, car, dans la charte récemment soumise à la 
législature par un corps de citoyens censés bien instruits, on 
a établi un bureau de santé dont aucun membre n'est tenu 
d'être médecin Que penser d'un marchand choisissant un 
commis qui ne c^onnait rien des chiffres, ou de ce môme co- 
mité de soixante et dix négligeant de veiller à ce que les 
juges soient instruits dans la loi, et vous n'aurez pas un exem- 
ple plus frappant de la folie criminelle de celui que je viens 
de citer. Cependant le temps viendra probablement où ces 
choses seront traitées différemment et où le principal devoir 
du médecin sera d'enseigner à ses patients et au public en 
général non pas la manière de guérir leurs maladies, mais 
le inoyen de le^ éviter. 

Le cours rcsîreint de lectures que j'ai riulention de vous 
donner sera destiné aux rapports sanitaires de l'atmosphère 
que nous respirons, de l'eau que nous buvons et que nous 
employons pour divers usages et au sol sur lequel nous vi- 
vons. Ces matières constituent, il est vrai, à peine la moitié 
du sujet de l'hygiène publiciue ; mais ils ne le cèdent certaine- 



3 



C 



468 l'union uédicals du canada. 

ment à aucune autre partie en importance et forment la base 
de la science. Avec une bonne connaissance de ces sujets et 
de leurs divers rapports hygiéniques vous ferez certainement 
des médecins plus utiles, quand même vous ne seriez pas ap- 
pelés à agir comme membres des bureaux de sauté. 

Uair existe dans deux conditions distinctes. Il entoure la 
terre eonmie un gaz d'une densité variable, et il est dissout 
dans Peau qui constitue une si grande portion de la surface 
de notre globe. Il est nécessaire à la vie de tous les êtres or- 
ganisés que nous connaissons. Il s'étend au-dessus de la ter- 
re à une hauteur de près de quarante cinq milles, et au ni- 
veau de la mer, exerce une pression d'environ quinze livres 
sur chaque pouce carré de surface. Pour des causes diver- 
ses cette pression est sujette à des variations considérables, et 
la plupart des grands principes de la météorologie terrestre, 
sont basés sur ce fait. En mesure, cent parties d'air atmos- 
phérique contient 20.8 d'oxygène et 79.2 de nitrogène mêlés 
mécaniquement et conséquemment ne constituant pas un 
composé chimique fixe et défini. Dans toutes les circons- 
tances il contient de petites quantités d'acide carbonique, 
d'ammoniaque, d'acide nitrique et d'iode' lesquelles sont su- 
jettes à variation suivant les localités. L'air contient aussi 
d'autres substances d'origine et de distribution locale dont 
quelques-unes sont plus ou moins délétères pour la santé de 
ceux qui sont forcés de le respirer. Ces matières viennent 
des décompositions animales ou végétales et sont produites 
par les diverses industries qui occupent l'homme, ou bien 
sont des organismes vivants d'origine animale' ou végétale. 
Leur nature, les conditions sous lesquelles leur évolution a 
lieu, le degré de danger qui accompagne leur inhalation et 
les moyens d'éviter ou de neutraliser leur influence perni- 
cieuse, tout cela constitue une des parties les plus importantes 
de la science de l'hygiène publique. 

Plusieurs de ces émanations sont d'une odeur excessive- 
ment désagréable tandis que d'autres ne révèlent leur exis- 
tence que par les maladies qui en sont la suite. Ces derniè- 



L'UKtON MÉDtOALfi 1>I7 CANADA. 469 

res dont conséquemment plus iiiaidietises que les premières, 
et, on a raison de le croire^ beaucoup plue daugereoses. 

En «ffet, quant aux premières, on ne manque pas d'opinion 
et de faits pour prouver que leur influence pernicieuse non- 
seulement à été exagérée, mais qu'au contraire elles sont lUi- 
les à la sanlé. Parmi les principales soui'Ces d'émanations 
sont les boucheries, les fabriques de. colle, les tanneries, les 
établissements ou Ton bout la graisse et le savoU) les mar- 
chés, les étables, les fabriques de poudrette, &c. Je me pro- 
pose, dans cette lecture^ d!examilier cette question : Jusqu'à 
que) point les émanations de tels lieux sont-elle^ nuisibles ? 
D'abord je rappellerai qudque»-uns des exemples les plus re- 
marquables et qui paraissent avoir le plus de portée sur le su- 
jet qui nous oceujpe ; je déduirai ensuite les conclusions qui 
paraîtront devoir être établies, et finalement ferai quelques 
expériences pour confirmer les principes énoncés. 

Durant la guère de la Péninsule espagnole, les malades 
dans les hôpitaux de Giudad HoUrigo furent affectés de dys 
senterie, de gangrène des hôpitaux et de tétanos à un degré 
extraordinaire dû, comme pn le pensa, à l'inhumation de 
plusieurs milliers de cadavres dans les limites dé la ville peu 
de temps avants sa transforjnation en siège d'hôpital. 

Ce fait a été cité souvent comme un argument tendant à 
prouver la théorie de l'influence nuisible des miasmes prove. 
venant de toutes les matières aniinales ; et cependant lors- 
que le tyi^us sévit à Paria en 1814, les patients affectés de 
cette maladie qui furent placées dans l'immense abattoir de 
Mont-Faucon recouvrirent la santé beaucoup plus rapidement 
et plus sftrement que ceux traités dans les hôpitaux régu- 
liers. Les bons résultats, dans ce cas, peuventcependaut avoir 
été dûs au fait que le lieu est remarquablement bien aéré et 
salubre sous tous les autres rapports. 

En l'année 1828, une commission fut nommée par le Gou- 
vernement français pour s'enquérir des relations sanitaires 
des grandes savonneries de Paris. 

On trouva que tous les hommes, femmes et enfants atta^ 



470 L*UNIOIf MÉDICALE DU CANADA. 

chés à ces établissements étaient remarquables pour Texcel 
leiice de leur santé et leur apparence rude et vigoureuse, 
lies travailleurs généralement étaient des vieillards «t plu- 
sieurs d'entti9 eux avaient atteint un ftge extrêmement avancé. 
Ou constata aussi que les personnes'qui résidaient dans le voi- 
sinage de ces lieux jouissaient d'une santé peu commune. 
Les fièvres épidémiques semblaient impuissantes à attaquer 
les personnes engagées dans des occupations qui les forçaient 
d*âti*e exposées constamment aux émanations nauséabondes 
venant des matières animales, et même le choléra les épar- 
gna. Dans tout le cours de leurs examens, les membres de la 
commission furent incapables d'obtenir la nioiadre preuve 
tendant à démontrer que les odeurs dégoûtantes produites 
dans les établissements en question f ureiH jamais une cause 
de mauvaise santé. De ces faits et de plusieurs auti^s qu'il 
y ajouta, Parent Du GhtAelet établit saus hésiter sa ooavic- 
tion que les émanations venant des tissas animaux en décom- 
posilion ne sont pas préjudiciables'i la santé. 

Pâtissier (Traité des maladies des artisans. Paris 1822, 
p. 105 et seq.) prétend que les émanations des matières anima- 
les putrides ne sont pas très délétères, à moins qu'elles ne 
soient confinées dans des limites étroites et ainsi absorbées 
dans le système sous une forme excessi rement concentrée. 
Les vidangeurs et les fabricants de poudre ttes, provenant des 
excréments humains sembleraient être partculièrement sujets 
à certaines maladies, comme les inflammations gastro-intesti- 
nales, le charbon et la gangrène. En même temps il déclare, 
ce qui, je pense, est généralement admis, que les bou'^.hers 
sont de tous les plus robustes et les [dus vigoureux. II at- 
tribue leur bonne condition au fait que les molécules nutri- 
tives dégagées de la chaire et du sang qui les retenaient sont 
absorbées en abondance dans leur système. Durant Tété ils 
sont, d'après son opinion, sujets aux fièvres malignes et pu- 
trides, à cause de la putréfaction qui a rapidement lien 
dans leurs abattoirs. 

X^ontjp fîta])lit c[i|P, Icincjis (|ue les ftnianations du sang «m 



l'union Mi]>lCALS DtT CANADA. 471 

des chairs saiqes ne sont pas nuisibles, celles provenant des 
mômes substances en décompositin exercent une influence 
décidément Gontraice. Lorsque le nettoyage des abattoirs 
est né^pLigéet, comme conséquence, que la putréfactiîoii s'é- 
tablit dans tes déboris qui y «ont amassés^ tes bouchers^ dit-il, 
sont sujets à des inflammations viscérales, à. Tauthrax à . la 
piistule-maligne, etc. 

lies salles de dissection ne sout pas des lieux malsains 
lorsqu'ils sont bien ventilées et lorsque les cadavres sQut dans 
un bon état de conservation. Il est bien connu que les subs- 
tances animales putrides introduites, dans le sang produisent 
un grand dérangement constitutionnel et souvent la mort. 
II est certainement raisonnable de suppose** que de telles ma- 
tières, gagnant la circulation par la respiratioii doivent être 
également délétères. Un exemple de. ce genre donné par 
Londe, est si frappant et si plein d'enseignement que j'en 
fournirai les détails. 

Le Dr. Gb^mbon fut deqaandé, se'on Percy, pour démon- 
trer Fanatomie du foie et de ses appi5ndices, au temps de sa 
licence, par la faculté de PariSi La décomposition étjait fort 
avancée dans le cadavre employé pour la démonstration et 
Chambon appela l'attention sur ce fait» mais nonobstant «ses 
objections et celles des professeurs, l'obstiné doyen insista 
pour qu'on fit usage du sujet. Un des quatre candidats saisi 
par les émanations putrides qui s'échappèrent du corps aus- 
sitôt qu'il fut ouvert, tomba en syncope, fut rapporté chez lui 
et mourut dans soixante et dix heures. Un autre, le célèbre 
Foucroy fut attaqué d'une gi^ave éruption exanthémateuse. 
Les deux autres, Lagnerenne' et Dufresonay demeurèrent 
longtemps dans un faible état de santé dont ce dernier ne re- 
couvra jamais entièrement. 

Quant à Chambon, excité à la colère, par l'obstination du 
doyen, il demeura ferme à sa place et termina sa lecture 
tandis que ceux qui l'entouraient tâchaient de mitiger l'o* 
deur affreuse par des mouchoirs saturés de parfums. Sans 
aucun doute il dut son salut à l'excitation mentale qui, après 



472 L UNION MÉDICALE DD CANADA. 

une légère fièvre, se termina par une transpiration abon- 
dante. 

Pringle attribue li production; des fièvres malignes et de la 
dyssenterie aux émanations venant des égouts, des abattoirs 
et des matières animales en putréfaction généraleiAenL 

Mônro adopte les vues de Partius, de Ramazîni et d*autres 
écrivains qui attribuent Torigine des maladies putrides aux 
miasmes et aux effluves qui s^élèvent des déjections de Phom- 
me et deè bêtes, ainsi que des cadavres d'hommes, de chevaux 
et d'autres animaux gîssant à découvert dans le voisinage des 
camps. 

Desgenette a reconnu que riosalubrité des ambulances 
était beaucoup augmentée par leur voisinage des localités 
entourées de cadavres dont plusieurs étaient à peine recou- 
verts de terre. 

Hennen appelle Tattention sur le fait que rhôpital d'A- 
brantès en Espagne éiait situé sur le rivage Alentejo du 
Tage. sur un terrain bas, plat et humide, qui de temps en 
temps était inondé par le fleuve. Dans le voisinage était 
le grand dépôt du commissariat, ofi de grandes quantités de 
bestiaux étaient tués tous les jours, et le sol du voisinage 
était converti en une boue épaisse, par le passage continuel 
des animaux qui laissaient de Tordure m&lé à leur nourritu. 
re, et souvent à du biscuit gâté, le tout exposé à un soleil 
ardent. Dans cet hôpital la gangrène régnait à un degré 
extraordinaire. 

Le Dr. John Bell dit que M. G. A. Walker a fréquemment 
démontré qu'une seule inhalation ^u produit de la putréfac- 
tion humaine a, dans des exemples nombreux, soit indivi- 
duels soit collectifs, détruit la vie tout à coup ; dans d'autres 
cas, elle a donné naissance à la consomption galoppante, au 
thyphus, à la scarlatine et à d'autres maladies, et de plus 
produisant un état de santé permanemment mauvais. 

Le Dr. Bell signale alors un cas rapporté par M. Chodwick, 
dans le<|uel ce monsieur, tandis qu'il marchait avec lo profes- 



L UNfON MéDiGALB DU CANADA. 473 

seur Owen, rencontra un boucher qui, sur enquête de Tétat 
de sa sanlé, établit les particularités suivantes : 

Cet homme avait vécu longtemps dans Bear Yard, pcëside 
Glare Market où il était exposé à deux influences > délétèties : 
les vidanges d'un côté et un abattoir de l'autre. Bon atien^ 
tion à sa santé affaiblie, sous de telles circonstances fut éveilt 
lée davantage par Tobservation qu'il lui était impossible d'y 
garder des oiseaux dont il était très amateur. Ce qui l'en* 
nuyait le plus, dans ce mélange d'odeurs était les vapeurs sor- 
tant de la graisse dans le procédé de la préparation de l'esto- 
mac de bœuf. Quelque temps auparavant il avait occupé 
une chambre dans la rue Portugal dominant une cour em- 
combrée d'où il vit souvent sortir une vapeur dense qui avait 
une odeur très nauséabonde. Les oiseaux du boucher itiou- 
rurent là en peu de temps et le bonhomme ne put conserver 
de nouveaux achats qu'en transportant ses quartiers dans la 
rue Verre, hors de l'atteinte des émanations délétères. 



POURRITURE DHOPITAL TRAITÉE AVEC SUCCÈS 
PAR LA POUDRE DE CAMPHRE, 

(Par M. A. Netter, qui produit quatre observations.) 

L'une de ces observations conduit l'auteur à conclure que, 
dans la pourriture d'hôpital, lorsque l'emploi de la poudre 
de camphre n'est pas suivi d'une amélioration immédiate, 
en quarante huit ou soixante heures, la cause de l'échec se 
trouve dans des complications coexistantes, ou dans des par- 
ticularités anatomiques de la région atteinte. Dans le cas 
dont il s'agit, la ][>ourriture survenue à la suite d'une blessu- 
re au bras, produite par une balle, a été suivie, après quatre 
jour6 d'application de la poudre de camphre, d'une inflam- 
mation violente, retentissant jusque dans l'aisselle: l'aspect 
de la blessure était extrêmement inquiétant. Après avoir 
appliqué des cataplasmes par-dessus la poudre, on vit lln- 
flammation diminuer en vingt-quatre heures ; mais la suppu- 
ration, toujours extrômement abondante et tachant les linges 



474 L^UNION HiDICALB DU CANADA 

en bleu, ne pût être arrêtée qu'eu enlevant avec des ciseaux 
les parties mortes et en pratiquant des fentes dans Taponé- 
vrose, avec les branches d'une pince, de manière à faciliter 
l'action du camphre. Enfiu une complication nouvelle, sur- 
venue au bout d'une quinzaine de jours, finit par disparaître 
entièrement par l'application de la poudre de camphre, em- 
ployée en quantité énorme, laissée et introduite avec un espa- 
tule sous les bords de la plaie. Lorsque les pansements de- 
vaient être renouvelée, on s'abstenait de toute espèce de lava- 
ge, et Ton se bornait à ajouter du camphre, pour remplacer 
celui qui avait été dissous ou entraîné par le pus ; au bout 
d'une semaine, la plaie a commencé à marcher vers la cicatri* 
sation, et les bourgeons charnus se sont produits de la façon 
la plus satisfaisante. 



OBSEQUES DE M. LOUIS. 

Une des plus grandes, des plus dignes, des plus nobles 
figures médicales de notre temps vient de disparaître. Char- 
gé d'années (86 ans), mais de beaucoup moins d*honneurs 
qu'il n'en méritait, M. Louis avait conservé dans sa verte vieil- 
lesse et jusque dans ses derniers mois une vigueur peu ordinaire. 
Une atteinte jugée d'abord légère sur les organes génitouri- 
naires a pris peu à peu la plus grande gravité, et après des 
souffrances cruelles, a conduit au tombeau cet illustre maî- 
tre, ce confrère excellent, qui ne laisse parmi nous que le 
souvenir pur et austère du travail, de l'honorabilité profes- 
sionnelle, de la dignité de la vie publique et privée, des ser- 
vices considérables rendus à notre science et à notre art. 

Ainsi s'éteint tous les jours cette forte génération médicale 
au miUieu de laquelle M. Louis a brillé du plus vif éclat et 
sur laquelle il a exercé, pendant un demi-siècle, une influen- 
ce qui s'est étendue dans le monde médical tout entier ; car 
la célébrité de M. Louis avait franchi Paris et la France, 
ses élèves répandus en Angleterre, en Amérique, partout, 
y ont introduit sa méthode d'observation rigoureuse et les 
procédés numériques dont il a fait une si féconde application. 



y 



l'union médioalb bit oanada. 475 

M. Louis a eu, en effet, rhoimeur et lagkôrede faire école, 
eL pour apprécier cette école, il a'eat beaoia qae 4e citer 
quelques noms des médecins moris ou viraaits qo'fUe «( pro- 
duits : Grissolle, Valleiz, Marc d*Epiiie^ Garth, Fauvel^Bar 
thez, Depaul, Gallard, Woiliez, Lediberdei;, Ruhr de Lavisou, 
Amédé Fontan et tant d'autre dissiminés dans le monde sa- 
vant. De tels disciples dlsenH; ce qqe fat la maître. 'Et 
cela — encourageant exemple ptour* W jeunesse laborieuse — 
par un enseignement libre et . spontané, par une clinique 
officieuse ouverte à tous, car M. Louis n'a appartenu à aucun 
degré à l'enseignement officiel, et les rares honneurs qu'il 
a reçus sont venuâ le trouver dan^ la modestie et la simpli- 
cité de sa vie. 

Les obsèques de M. Louis ont eu lieu samedi dernier au 
millieu d'un concours aussi nombreux que possible, dans 
cette saison de vacances, de confrères et d'amis* L'académie 
de médecine, dont M. Louis était un des membres les plus 
anciens, était surtout largement représentée par de nombreux 
collègues, à la tête desquels marchait M« Barth, président. 
Les coins du poêle étaient portés par M. le président de l'Aca- 
demie, par M. Fauvel, par M. Devinck, l'un de* .plus, intimes 
amis du défunt, et par M. Barthex. Nous avons remarqué 
dans l'assistance MM. Bouillaud, Briquet, Henri Roger, Bon- 
ley, Husson, Bouchardat, Buignet, Demarquay^ Jules Quérin, 
Hervez de Chégoin, Rufc de Lavison, W^nilez, Parmentier, 
plusieurs ecclésiastiques, un général dont ou n'a pu nous 
dire le nom, et un grand nombre d'autres personnes distin 
guées. 

Le deuil était conduit par M. Abel Hugo, fils, neveu par 
alliance de M. Louis. 

Après une messe basse mêlée de chants admirablement 
exécutés par la maîtrise de la Trinité, les dépouilles mor- 
telles de M. Louis ont été portées au cinlitière Montparnasse 
et déposé dans le caveau de famille où repose son fils, dont 
la mort a empoisonné les dernières années de son père et où 
repose aussi Valleix, le disciple bien-aimé de M. Louis. . 



476 L'i/^tON MimoALB PV CANADA. 

M. Barth, au nôim, et commd président de rAcadémie de 
médecine, a j^ronencé avec iine grande émotion et un pro 
fond AttendrisselfMiit, un diicouirs que nous nous empresse- 
rons de reprbdidre' àpvbê quUl aura été communiqué à TA* 
cadémie."— fr'OiniOfi fMâkâle 



ï)orr-ON TOUJOURS chbrchbr a guérir la 

GACrmALGIE ? 

Et d*ab(ird il importe de' ne pas confondre la gastralgie 
avec la dyspepsie douloureuse. La gastralgie est la névralgie 
de Testomac caractérisée par des accès dont la durée est li- 
mitée et que séparent des intervalles de santé parfaite. Le 
gastralgique pur n'est pas dyspeptique eu dehors des accès 
et quelquefois môme pendant les accès, la digestion s'opère 
très-bien, aussi Tétat général du malade est-il excellent, il ne 
maigrit pas, son teint reste bon et ses forces intactes, sur- 
tout si ïes accès sont séparés par d'assez longues intervalles- 
Cette distinctioa a son importance pratique. Dans la vé- 
ritable gastralgie, les^aux bicarbonatées sodiques, fortement 
minéraUséès, réussissent très-bien. Dans la dyspepsie dou- 
loureuse, au contraire^ elles augmentent la douleur et don- 
neràiedt, si'l'on n'^ prend gArde, un caractère inflammatoi- 
re ; il f£lnt débuter :par une alcaline presque indifférente et au 
besoin marne la couper avec du laiton du sirop quelconque. 

Cela étant établi, cette question se pose tout d'abord : Doit- 
on toujours chercher à guérir la gastralgie ? Mr. Boiirgarel 
répond : non. Toute affection de nature névralgique lors- 
qu'elle est tro]^ brusquement dopprimée par une médication 
imprudente, ou qu'elle disparaît elle-même subitement, est 
souvent remplacée pat une affection de même nature ou de 
nature- dlfférMte At^vX pour siège le môme organe ou un 
organe plut 'OU n^ins éloigné : et souvent le m£(Iade ne ga- 
gne pa» aui cbangen^qt, 

L'auteur ' cite' plualeuns - exemptes à Tappui de celte asser* 
tion : 



LT7NI0N MfelCALB BU OANADA 477 

lo. Une vieille Xemme souffrait horriblement d une névral- 
gie faciale gauchje : des applications calmantes enlèvent la 
douleur, mais il survient de violentes palpitations, de Top- 
pression, un sentiment d'angoisse extrême et l'état de la ma- 
lade devint très-alannant. Tous ces accidents disparurent 
en même temps que i^vint la névralgie lorsqu'on eut cessé 
les pansements calmants. 

2o. Un homme souffrait depuis sa jeunesse d'une gastral- 
gie qui fut entièrement guérie au bout de deux saisons pas- 
sées à Vichy ; mais bientôt survint une dyspepsie intestinale 
très-grave qui céda à un traitement institué à Vais, po.ur être 
remplacée par une gastrorrhé sans gravité, mais désagréable. 

30. Une dame de trente-cinq ans souffrant d'une vive gas- 
tralgie fait disparaître plusieurs années de suite sa névralgie 
stomacale, mais chaque fois la voit remplacée soit par de vio- 
lents accès hystériques, soit par une névralgie de la face ou 
une névralgie de la grande branche abdominale du plexus 
lombaire droit, et surtout du rameau pubien de cette bran 
che. — (Marseille Médical.) 



8ÉMÉI0L0GIE. 

DES TEMPÉRATURES BASSES EXCESSIVES. LeçON FAITE A l'hO- 
PITAL DE LA PITIÉ, par MICHEL PETER. 

Sommaire. — Refroidissement exirinsèque, ou par rayonnement, et lefroidis- 
semcnt intrinsèque ou spontané. — L'abaissement de la température, dans 
lo premier cas, peutôtre beaucoup plus considérable que dans le second, 
sans que mort s*ensuive nécessairement.— Importance de F intégrité de 
l'organisme sur le retour à la santé. — ÉmaciatioD et refroidissement 
parallèles par Tinanitiation. — Températures basses do la convalescence, 
du sclérènie, des aiïeclions chroniques, de rurin»^ra'e, do la lypémanie. — 
Conséquences pratiques diverses. 



Messieurs, nous avons vu, dans ma dernière leçon, que la 
chaleur, ce signe si particulièrement caractéristique de la vie 
qu'on l'a appelé chaleur vUale^ ne pouvait pas s'élever au delà 
d\in certain degré, sans perler atteinte à lexistence, par 



478 l'union médicals ùv canai>a. 

enroidissement des muscles ou peut-être autrement ; nous 
allons voir aujourd'hui que cette même chaleur vitale ne 
peut pas non plus s'abaisser au delà d'un certain degré, sans 
que la vie soit compromise. Cependant, un fait assez étrange, 
qui a prêté à des interprétations différentes de la mienne et 
que vous avez pu observer comme moi dans ce service, prouve 
que l'abaissement de la température au-dessous de 37 degrés 
peut être beaucoup plus considérable que l'élévation sans que 
mort s'ensuive ; mais cela, je vous le dis par avance, pourvu 
que P organisme aoii^aia^ c'est4-dire apte à refaire du calorique, 
les conditions de réfrigération ayant disparu, en d'autres ter- 
mes les conditions de réfrigération étant extrinsèques. Au 
contraire, j'espère vous faire voir que quand ces conditions 
sont intrinsèques^ c'est-à-dire quand c'est l'être vivant qui se 
refroidit par lui-même^ en raison de l'altération môme de son 
organisme, l'abaissement de la température, précurseur de la 
mort, est beaucoup moins considérable que l'élévation. 

Le matin du 3 mars 1869, on apportait dans mon service 
de la salle Saint-Charles une femme gelée pour ainsi dire, 
Ses jupes étaient en partie roidies par l'eau glacée qui les 
imbibait, son haleine était froide, et le contact de sa peau 
donnait la sensation du marbre. En réalité, la température 
périphérique semblait être celle du milieu ambiant, qui était 
de 8 à 10 degrés. 

Elle était absolument sans connaissance, la tête renversée 
en arrière, les yeux roulant dans leurs orbites et son corps, 
dans l'extension de l'opisthotonos, était secoué de temps à au- 
tre par des convulsions des membres supérieurs et inférieurs. 
Le simple attouchement suffisait pour pmvoquer ces convul- 
sions qu'accompagnaient alors des cris plaintifs. 

La peau était complètement décolorée, le pouls régulier 
cependant, quoique moins fréquent qu'à l'état normal ; la 
respiration lente mais régulière. 

J'appris de ceux qui apportaient cette fenmie à l'hôpital, 
qu'on l'avait trouvée le matin, vers sept heures, dans un 
fossé de la route, près d'ivry. Les voisins avaient entendu 



\ 



L'TJNION médical» Dtr CANADA. 479 

jusqu'à une heure assez avancée de la nuit une personne er- 
rant par les chemins et criant, maïs ne s'en étaient pas autre- 
ment préoccupés; puis le silence S*étaît fait vers les trois 
heures du matin. 

Or, il y avait eu cette nuit-là une véritable tempête ; il 
était tombé de la neige, puis du verglas, et c'est dans ces con- 
ditions qne la pauvre femme avait passé plusieurs heures le 
corps plongé dans un fossé à moitié plein de neige fondante 
et d'eau glacée. 

Frappé de ces circonstaiices, et ne doutant pas que la tem- 
pérature centrale ne fût très-basse, je fis prendre immédiate- 
ment la température simultanément dan^ le vagin et dans 
Faisselle ; elle était dans les deux cavités de vingt-six degrés 
seulement, c'est-à-dire de onze degrés plus basse que la tem- 
pérature normale ! 

Je crus qu'un tel refroidissement était incompatible avec 
la vie et que cette femme allait mourir. Néanmoins, je la fis 
mettre dans un lit bassiné (au n». 14) ; je la fis entourer d'une 
dimî douzaine de boules d'eau chaude et couvrir d'édre- 
don. 

Je lui fis donner, en outre, tout lesquarts d'heure environ, 
et par petites tasses, du thé bien chaud additionné de rhum, 
comme on fait aux cholériques et pour lea mêmes raisons. 
Il était alors dix heures et demie. 

A onze heures, une demi-heure après le commencement do 
ce traitement pour ainsi dire physique^ la température s'était 
d'éjà élevée de p^'ès d'un degré : elle était dans l'aisselle et 
le vagin, de 26'',8. 

La température s'éleva graduellement ainsi jusqu'à quatre 
heures et demie du soir, où elle atteignit sa hauteur presque 
normale 36o,3. Ainsi, en six heures, cette femme avait 
gagné plus de dix degrés de chaleur. 

Voici d'ailleurs la gradation ascendante de la température 
recueillie avec le plus grand soin par nn élève zélé du service, 
M. Hirne: 



480 lVnION MiDIOALË Dû dAiCAt>A. 





Vagin. 


Aisselle 


llh.,3Û... 


270,9 


27o,9 


12h.,t5... 


28o,7 


280,6 


i2h.,45... 


30o,4 


30o,0 


1h.,15... 


30o,9 


310,1 


2h.,00... 


31o,6 


320,4 


3h.,15... 


340,4 


340,3 


4h.,30.... 


360,3 


360,3 



Vous pouvez voir, par ces chiffres, que si la température 
s'éleva graduellement^ elle ne le fit cependant pas d'une façon 
régulière, puisque l'élévation de la température fut de : 

0^,8 en 30 minutes. 



10,1 


— 


30 


— 


00,8 




45 




lo,7 




30 


— ' 


00,5 




30 




00,7 




45 




2o,8 




75 


— 


1o,9 


• 


75 





Total.... 10o,3 en 6 heures. 
" A mesure que la température s'élevait, dit M. Hirne, qui, 
pendant tout ce temps, ne quitta pas cette femme, la malade 
recouvrait ses sens ; à onze heures quinze elle était redeve- 
nue tout à fait calme ; les yeux étaient immobiles, mais non 
plus égarés, elle était dans un grand état de prostration. 

" Vers trois heures, elle éprouva un grand frisson qui dis- 
parut à quatre heures, et la malade put a^ors dire qu'elle se 
nommait Joséphine Kicher, et qu'elle était née à Golmar. " 

On apprit ainsi qu'elle était âgée de trente-huit ans, que sa 
santé était parfaite et qu'elle n'avait pas d'antécédents alcoo- 
liques. 

Elle raconta encore que la veille, profitant de l'absence de 
son mari, qui ne devait rentrer qu'à dix heures du soir, elle 
avait, malgré sa défense, été diner chez une compatriote ; 
qu'après un repas copieux et accompagné de maintes libations, 



\ 



l'union MÉOICALB pu CANADA. 481 

elle partit à huit heures, afin de reatrer avant son mari ; 
mais qu'à peine sortie et troublée par l'ivresse, e^e. ne recon- 
nut pas son chemin, le demanda, £ut. trompée et s'^^gfltra de 
plus en plus. Puis, qu'après deux, l^emes çnviron de cette 
marche au hasard, elle finit par tombQr^4^jis,fin fos-é quelle 
perdit connaisance. 

L'état le cette femme alla s'améliorant gïradnelleiaenk jus- 
qu'au lendemain matin. La température, revenue à 37o,4, 
resta à ce niveau, et le matin du 5 mars, deux jours après son 
admission à l'hôpital, elle sortait complètement rétablie. 

'^ Ainsi, dit encore M. Hirne, dont je tiens à citer les pa- 
roles, cette femme avait résisté au refroidifsement causé par 
une nuit passée dans un fossé plein d'eau glacée, et pendant 
une violente tempête qui eut lieu cette nait-U même. " 

Vous croyez peut-être comme moi que chfi&C|etteifeatme 
le refroidissement a été lout extérialir «I dû à ce QM son 
corps est resté plusieurs heures immobiles dans unfo^sé demi 
plein d'eau et au milieu des circonstances atmosphériques si 
remarquables qui viennent d'être rapportée»! ;. . qu'iûnsi il y a 
eu perte graduelle de C9d.Qriq\xe parroypnnevientn Eh bien, 
telle n'est pas l'interprétation que quelques-uns ont donnée 
de ce fait. Je sais qu'il en est parmi vous qui voient surtout 
dans ce cas un refroidissement par intoxication alcooliqitey et 
qui le rapprochent volontiers des expériences faites sur les 
animaux et où l'on voit, la température s'abaissant de 4 à 6 
degrés seulement, la mort en résulter. 

Je vous ferai remarquer que notre malade a pu perdre 1 1 
degrés de sa chaleur normale et cependant revenir à la santé. 
C'est que, dans l'intoxication alcoolique, il y a une action 
matérielle exercée par Talcool sur les centres oerveux^ et les 
organes le l'hématopoièse et de la calorifleatiiNA (foie, ratei 
reins, etc.) : qu'ainsi il n'y a pas intégrité des org^m^a, tandis 
que dans le refroidissement par le fooid ext^i9i»r, le^ orga- 
nes n'étant imprégnés d'aucune substance toxique, sont à ce 
point de vue absolument ititacts. De sorte que si, chez notre 
malade du No. 14 de la salle Saint-Charles, l'opisthotonos et 



482 L'TTNION IfiDICALE VV CANADA. 

les couvulsious démontraient Texistence d'une congestion in- 
dubitable de Taxe cérébro-spinal, par refoulement du sang de 
la périphérie vers le centre, ainsi que je Tai maintes fois ob* 
serve chez les noyéâ saisis paï* le froid de Teau, néanmoins, à 
cela près de trop de sang dans les vaisseaux encéphalo-rachi- 
diens, la pulpe n