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Baer, Joseph & Co.,
Frankfurt am Main
Un psautier provençal
de 1265.
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UN PSAUTIER
PROVENÇAL
= DE 1265 =
JOSEPH B>ER&CIE.
PRANCFORT S. M.
6 HOCHSTRASSE
1907
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UN PSAUTIER
PROVENÇAL
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Tiré à loo exemplaires numérotés.
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UN PSAUTIER
PROVENÇAL
= DE 1265 =
^e manuscrit décrit dans la brochure ci-jointe est à vendre.
Prix Mark 20000.
Das beifolgend beschriebene Manuskript ist verkâuflich.
Preis M. 20000. lies
eur
Joseph Baer & Co.
Buchhandlung und Antiquariat
Frankfurt am Main.
JOSEPH BiCR&CIE.
FRANCFORT S. M.
6 HOCHSTRASSE
1907
Tir.
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UN PSAUTIER
PROVENÇAL
= DE 1265 =
Avec trois photographies
et une planche en couleur
JOSEPH ByER&CIE.
FRANCFORT S. M.
6 HOCHSTRASSE
1907
NT)
e toutes les parties de l'Ecriture Sainte, le psa'itier est le livre
dont les clercs et les lais firent le plus fréquent usage au moyen
âge. Dans la plupart des monastères, la récitation des psaumes
_________ était le principal exercice de piété imposé aux religieux non
engagés dans les ordres. C'était aussi la pratique de presque tous les
couvents de femmes. Le psautier était à peu près le seul livre de prières
qui fût mis entre les mains des fidèles jusqu'au XIV' siècle, époque à
laquelle commença la vogue des livres d'heures proprement dits ').
Le riche psautier, que nous étudions ici, n'est pas tout à fait
inconnu. Il a été décrit, il y a 17 ans, au point de vue liturgique et
philologique par M. Ulysse Chevalier.^) Il appartenait alors aux
Dames Trinitaires de Valence. Monsieur Chevalier s'est surtout
occupé du calendrier et des légendes en langue provençale qui accom-
pagnent les miniatures. Il a négligé ces miniatures elles-mêmes, «un
spécialiste pouvant seul», selon lui, «apprécier avec compétence ces
peintures sur fond or.»') C'est là une lacune dans son savant article,
que nous voulons essayer de combler, tout en utilisant ses recherches
liturgiques et philologiques.
Notre manuscrit mesure 184 millim. en hauteur sur 13 cent/m. de large :
c'est un fn-S" carré. Il se compose actuellement de 255 feuillets en vélin. Sa
forte reliure en maroquin rouge, à fers et filets dorés, ne remonte pas au-delà
du XVII' siècle; elle porte au dos le titre : PSALTER. MSS. On peut encore lire
sur le 1" feuillet cette inscription du XV" siècle .Celestinorum S. Mar-
cialis de Gentilino, qu'on a renouvelée et complétée au XVI' Celes-
tinorum S. Marcialis de Gentilino Pontis Sorgencis. Ce Psautier
appartenait donc, à cette époque, aux Célestins du Pont-de-Sorgues (Vaucluse).
') Histoire littéraire de la France. T. XXXI, p. 259.
») Notice sur un livre d'heures provençal de 1265 par Ulysse Chevalier (Bulletin d'his-
toire ecclésiastique des diocèses de Valence, Gap, Grenoble et Viviers. X, p. 236 suiv.)
") Ibid. p. 239.
2 UN PSAUTIER PROVENÇAL DE 1265.
Les 64 feuillets suivants comprennent autant de miniatures qui, avec leur
cadre, mesurent environ 12 centim. ^l2 sur 8 ^/g. Elles sont affrontées, c'est-
à-dire qu'elles se font face du verso au recto suivant. Le sujet de ces représen-
tations est l'histoire de r Ancien Testament ; chacune d'elles est expliquée au bas
par une légende en langue romane, parfois assez développée. Une main du XVI'
siècle en a inscrit, d'ordinaire au dessus, un résumé en latin, avec renvoi au
chapitre correspondant de l'Ecriture Sainte. La disposition indiquée permet de
conjecturer qu'il manque deux feuillets à cette 1" partie : l'un après le no 6,
l'autre après le 10'; cette constatation est confirmée par une note inscrite par
les Célestins au verso du dernier.- Ixvj imagines sunt de Testamento Veteri.
Sur les deux feuillets suivants se trouve le texte des evangélistes. Le
dernier verso est occupé par une table chronologique, qui donne, pour les années
7265 à 1305, avec la lettre dominicale, le jour de la fête de Pâques; les années
bissextiles sont signalées par un B'. Voici la première indication: Anno M CC LXV.
d nonas ai)rilis. C'est exact, car les Pâques furent bien, en 1262 le 5 avril.
Cette mention est précieuse, car elle fixe indubitablement la date de la
transcription du volume à l'année 1265. On sait que, soit dans les Brévi-
aires et Missels manuscrits du moyen âge, soit encore aujourd'hui dans les livres
liturgiques imprimés, la table temporaire des fêtes mobiles part de l'année
courante.
Le calendrier des fêtes fixes est compris dans les six feuillets suivants;
il indique, comme d'habitude à cette époque, l'épacte, la lettre dominicale, le
quantième et la fête de chaque jour, plus le mouvement du soleil sur les signes
du zodiaque. Il peut donner lieu à quelques remarques. — Plusieurs fêtes, spé-
ciales à la France, trahissent dès l'abord le pays d'origine du manuscrit: S'
Marcialis (30 juin), translatio s' Martini ('l' yu//.;, translatio s'Benedicti^/7y£///.;,
Germani episcopi (31 juif), Ferreoli mart. (18 sept.), Remigii, Germani, Ve-
dasti et Amandi episcoporum (1" oct.), Firmini episc. et conf. (11 oct.),
Leonardi conf. (6 nov.), Bricii episc. et conf. (13 nov.). — // est possible
d'aller plus loin et de préciser l'ordre religieux pour lequel il a été écrit, auquel
du moins il a servi à l'origine. La mention de s' Thomas d'Aquin (Thome
de ordine Predicatorum, 7 mars), celle de s' Pierre martyr (Pétri martiris,
de ord. Prédicat., 29 avril), canonisé en 1253, l'addition patris ordinis Predi-
catorum à l'article de s' Dominique sont d'une main postérieure, la même pour
les trois inscriptions; mais dans la Litanie dont il va être question, sce Petre,
qui clôt la liste des martyrs après sce Thoma (Becket) n'est-il pas s' Pierre de
Vérone ? Dans la même liste on a ajouté plus loin sca Helizabet (de Hongrie).
Parmie les invocations on notera, dans le même ordre d'idées : ut episcopos et
UN PSAUTIER PROVENÇAL DE 1265. ■»
priores nostro(s) et cunctas congregationes illis commissas in tuo sancto
servitio conservare digneris , ut loca nostra et omnes habitantes
in eis visitare et consolari digneris, ut regularibus disciplinis nos instruere
digneris. Ajoutons que dans les miniatures les religieux représentés sont tou-
jours des moines blancs. On ne s'écarterait donc pas beaucoup de la vérité en
disant que ce beau volume a servi à quelque riche tertiaire Dominicain.
La 2" partie du manuscrit est en grosse écriture à longues lignes (13 cent,
sur 9), au nombre de 23 à la page. Les titres sont en vermillon, le:, initiales
alternativement rouges et bleues. Cette partie comprend : 7" en 706 feuillets les
psaumes de David, partagés suivant l'ordre des fériés dans le Bréviaire pour
matines et vêpres. 2" Sans titre particulier, les cantiques insérés dans l'office,
le symbole dit de saint Athanase, le Gloria in excelsis, le symbole des Apôtres
et le Pater. 4" La Litanie dont il a été parlé; comme saints locaux on peut y
signaler : S. Dyonisi cum sociis tuis, S. Maurici es. t., S. Hylari, S. Fir-
mine. 5° Hymnes, au nombre de 73; plusieurs sont rimées. Une main du
siècle suivant a inscrit l'hymne : Aurora jam spargit polum sur le recto du
7" feuillet de la 3' partie.
Cette troisième partie se compose de 50 feuillets qui terminent le volume
et offrent une composition analogue à ceux du début : ce sont 49 peintures, repré-
sentant autant de scènes du Nouveau Testament. Ici encore il y a un déficit,
car une note finale accuse 56 planches : Ivj imagines de Testamento Novo sunt.
Nous avons donné en ce qui précède le résultat des recherches
de M. Chevalier. Nous avons maintenant à nous occuper des 127
miniatures qui font la valeur exception elle de ce livre.
L'usage d'ajouter aux psautiers un résumé de l'histoire sainte en images
devient assez général à la fin du 12"" siècle. Notre manuscrit ne
fait donc pas exception à la règle. Ce qui le rend particulièrement
remarquable, c'est que ses illustrations s'écartent des types, que nous
trouvons en général dans les manuscrits de cette époque. Par la table
chronologique, qui donne le jour de la fête de Pàque, nous savons la
date exacte de l'exécution de notre psautier; c'est l'année 1264 ou
1265. Les légendes en langue provençale, qui accompagnent
les miniatures, et sa provenance d'un couvent de Pont-de-
Sorgues, prouvent que c'est un monument de l'art provençal.
En effet les 115 miniatures de la première et de la troisième partie repré-
sentant l'histoire de l'ancien et du nouveau testament ne se rattachent
pas à l'école des miniaturistes de la France septentrionale de cette
. UN PSAUTIER PROVENÇAL DE 1265.
époque, dont l'élégance fit l'admiration du Dante. On les prendrait,
à première vue, pour l'ouvrage d'un artiste espagnol. Elles ont, dans
leur naïveté, une saveur de terroir, que l'on trouverait difficilement,
à cette époque, chez un artiste plus expérimenté, peut-être, mais tra-
vaillant d'après les recettes d'une école en vogue.
Il n'est pas doutable que les miniatures de notre manuscrit
appartiennent à l'école d'Avignon. On ne connaît qu'un autre
monument de l'art miniaturiste Avignonnais de cette époque: C'est
une «Crucifixion» du XII' siècle dans le manuscrit 176 de la Bibliothèque
d'Avignon, dont le style se rattache beaucoup aux miniatures de notre
psautier. M. Labande, qui a publié dernièrement cette «Crucifixion» ')
sans connaître notre manuscrit dit que le style de cette miniature soit
comparable aux fresques en La Tour Ferrande de Pernes. Il cite aussi
le nom d'un peintre Avignonnais de la seconde partie du XIIP siècle:
«Guillelmus» dont le nom nous est encore révélé par une charte
du II août 1272 (Arch. départ, de Vaucluse G. Chapitre métropolitain,
8. n. 60). Il ne serait qu'une hypothèse très vague de donner les
miniatures de notre psautier à cet artiste nommé par les documents.
Mais il est sans nul doute que ces miniatures étant d'un type tout
à fait exceptionel sont le seul monument considérable de la peinture
Avignonnaise du XIII" siècle qui nous a été conservé. Ils sont de la
plus haute importance pour la connaissance de l'art provençal de
cette époque.
Essayons maintenant de les étudier au point de vue artistique.
Les miniatures mesurent, avec leurs cadres, environ I2'J2 sur %\ centi-
mètres. Elles sont sur fond d'or, laissant quelques fois de la place pour
une pièce de maçonnerie en briques rouges dans la partie supérieure.
Les contours sont arrêtés au pinceau par des lignes noires. Les cou-
leurs sont étendues en couches uniformes, le rouge et le bleu en
différentes teintes y dominent. Les plis des draperies sont indiqués
en noir, le terrain est ondulé, de couleur brune, l'eau d'un vert clair,
les arbres et la végétation, en général fortement stylisés, rappellent
les ouvrages en bronze et en ivoire de cette époque. Les personnages,
presque de la grandeur des miniatures, sont maigres et élancés avec
') Gazette des Beau.x Arts. 49 e a. p. 213 suiv. Les miniaturistes Avignonnais et leurs
oeuvres Voir p. 231.
UN PSAUTIER PROVENÇAL DE 1265. r
des têtes petites et rondes, des membres menus et grêles; ils donnent
l'impression d'être sortis d'un bloc rectangulaire et rappellent aussi
les ouvrages de l'art plastique du XIII° siècle. Le nu est peu modelé
et rehaussé de blanc. Les yeux sont largement ouverts, les nez et
les sourcils accentués, les extrémités ont de forts contours, les gestes
sont raides, mais déjà pleins d'expression. Le costume est celui de
l'époque et surtout très caractéristique pour les Juifs dans les minia-
tures représentant des scènes de l'Ancien Testament. L'architecture
et le mobilier sont réduits au strict nécessaire. Les bordures, exécutées
en couleurs en couches uniformes, sont rehaussées d'ornements en
blanc du style roman.
Ce qui nous frappe dans cette suite de miniatures, c'est la
profonde connaissance de la bible, une foi naïve et austère, et un
talent de composition remarquable. La facture a une certaine raideur
archaïque d'un charme tout à fait particulier. Nulle doute que nous
n'ayons-là l'oeuvre d'un véritable artiste vivant retiré du monde, loin
des ateliers parisiens, où, à cette époque, on fabriquait déjà des
psautiers d'après des recettes précises pour des entrepreneurs.
Etudions maintenant l'ornementation de la 2^ partie
contenant le texte. Les 12 petites miniatures, les 140
bordures grotesques et les nombreuses lettres initiales ont
été exécuté par une toute autre main. Les trois premières pages
sont accompagnées de bordures d'un style déjà semi-gothique.
A la première page du texte se trouve une grande lettre ornée, un
B, contenant deux compositions, le roi David assis sur un trône et
jouant de la harpe et, au-dessous, la mort de Goliath. Cette dernière
scène est une copie de la miniature 41 du premier artiste, mais repro-
duite dans un style plus moderne. Huit autres lettres historiées sont
réparties dans le texte. Elles sont toutes exécutées d'après les for-
mules, dont se servaient alors, pour les psautiers, les enlumineurs
français').
Ce second artiste dépend du premier, comme le prouve la
composition de la mort de Goliath, mais il est déjà fortement influencé
par la nouvelle école française; c'est un jeune, un moderne. Il a
') Voir Berger, Les manuels pour l'illustration des psautiers au 13"" siècle. Bulletin
des Antiquaires de France 1896, p. 95 suiv.
5 UN PSAUTIER PROVENÇAL DE 1265.
couvert, à chaque recto des feuilles, les marges extérieures de figures
rappellant des sculptures en bois, des hommes et des femmes à bonnets
pointus, des monstres, des animaux fantastiques d'une gaieté gauloise
et se terminant tous en queues de serpent. Les personnages dans les
lettres historiées sont fortement stylisés, les visages ne sont plus ronds
comme chez le premier artiste, mais rectangulaires, une riche orne-
mentation rehaussée de blanc est semée sur les vêtements. Il affectionne
dans les couleurs surtout le bleu et le violet. L'architecture est dans
le style de transition.
Pour compléter cette étude nous reproduisons ci-après la liste
des miniatures avec les légendes provençales, telle que M. Chevalier
l'a dressée. Nous y ajoutons la liste des miniatures, qui décorent
le texte.
MINIATURES HORS TEXTE.
ANCIEN TESTAMENT.
I. Création du monde.
/. Dieu , sous les traits du Verbe incarné (Deus erat Verbum ;
omnia per ipsum facta sunt), commence l'œuvre des six jours; il tient dans
sa main le globe terrestre et le bénit.
Lo primier jorn que Dieus comenset a crear lo mon, e veus
com tenc lo mon e som poder.
2. Le second Jour, Dieu sépare des eaux du firmament.
El segon jorn, com Dieus devezi la terra de las aiguas.
3. Le Tout-Puissant soulève d'une main le soleil et de l'autre la lune.
El ters jorn, com Dieus mes lo soleil e la luna e las estelas el cel.
4. Des arbres, sur l'ordre de Dieu, sortent informes du sol.
El quart jorn, com Dieus creet los arbres.
5. Dieu tient en sa main un poisson ; des oiseaux et des quadrupèdes paraissent
devant fui.
Com nestre Seinher, al sinquen dia, creet la bestias, els aucels,
els peissons de la mar.
UN PSAUTIER PROVENÇAL DE 1265. 7
6. Créa/ /on de la femme, après celle de l'homme.
Com nostre Seinher, cant ac fac home e l'ac fag adormir, trais
li una Costa del destre costat e fes ne femena ad ajutori d'el, al
seizen jorn.
7. Dieu leur montre l'arbre de la science du bien et du mal.
Com nostre Seinher mostra l'albre ad Azam e ad Eve, cant
los ac mes em paradis, e veda ad els que non ma(n)jessont del frug
d'aquel albre.
8. Malgré la défense, ils mangent de son fruit.
Com Azam et Azeva ma(n)jeron del pom de l'albre que Dieus
lur avia devedat, per amonestament del serpen, so es assaber lo dia-
ble etc.
9. Le Seigneur leur apparaît; ils couvrent leur nudité.
Com nostre Seinher venc davan Azam et Azeva, et els, de
vergonha que agron cant si viron nutz, celiriron (i) lur natura cascun
d'una fuella d'albre; e demandet per que avion manjat del frug que
el lur avia vedat, et Adam respos: «Seinher, la fenna que m'as dada,
(m') o a fag far», etc.
70. Un ange les chasse du paradis terrestre.
Com nostre Seinher fes gitar Azam et Azeva a l'angel, car li
foron dezobedien, de paradis, etc.
77. Eve a donné le Jour à un premier fils, Caïn.
Com Azeva jac de dos fils bessos, que l'us ac nom Abel e
l'autre Cahim ; e com los prumiers eram que agro e l'autre ....
12. Sacrifices de Caïn et d'Abel au Seigneur.
Com Cahim et Abel, que eron fraires, sacrifîcavon a nostre
Seinhor de lur blat ; et Abel sacrifi(c)ava del mellor que avia e
Cahim del avollor que avia, etc.
13. Caïn tue son frère d'un coup à la tête.
Com Cahim aucis son fraire Abel per enveia, etc.
14. Le Seigneur interroge Caïn sur la mort d'Abel.
Com nostre Seinher parlet a Cahim, cant ac mort son fraire
Abel; e demandet li: «On es tos fraire Abel?» et el respos: «E soi
eu garda de mo fraire?» etc.
') Pour Celeron.
8 UN PSAUTIER PROVENÇAL DE 1265.
15. Adam travaille la terre, Eve tourne le fuseau.
Com Azam et Azeva comenceron a trebaillar, cant feront gitat
de paradis, etc.
II. Déluge.
16. Un ange communique à Noé les ordres du Très-Haut.
Com nostre Seinher mandet per l'angel a Noe que fezes l'arca,
en que gandis aquelas cauzas qu'el li mande(t), cant vole destrure lo
mon per aigua per la malicia de las gens, etc.
17. Noé met dans l'arche les animaux de toute espèce.
Cant Noe ac fâcha l'arca que Dieus li ac mandat, cant saup
que l'esduluvis dévia venir; e com mes de cascuna creatura un pareil
en l'arca, et aquellas personas que Dieus li ac mandat, etc.
18. L'arche est portée par les eaux; tout périt.
Com l'arca anava per l'esduluvi de las aiguas, et com totas
cauzas periron estier aquo que se salvet en l'arca davant dicha, etc.
79. L'arche s'est arrêtée, la colombe rapporte un rameau.
Cant l'esdolobis fon passatz, e remas l'arca entre dos puegz
que son en Erminia segon que hom dis; e com Noe, cant conoc que
las aiguas eron amermadas, trames lo corp per vezer se las aiguas
eron batzadas, et el trobet una caronhada, e comenset a manjar e
non tornet ; e pueis el trames la columba que li aportet i . ram d'oliver
et i-ssiron de l'arca, etc.
20. Noé cueille des raisins sur la vigne qu'il a plantée.
Com Noe coil los rezims de la vinha que avia plantada, e fon
lo prumiers hom que plantet vinha, etc.
21. Noé est couché sur son lit; conduite diverse de ses fils.
Com Noe estet cant fon ibris del vi que ac begut de la vinha
que avia plantada; e com l'us de sos fils lo descobria, qu'en fazia son
isquern, e l'autre lo copria per la vergoinha que avia de son paire e
per bona fe, et aquel qu'el descobria fon maldigz, car fazia esquern
de son paire.
22. Construction de la tour de Babel; confusion des langues.
Com le gentil bastian la torre, lacal es appellada la tor Babel,
lacal es in Babulonia, per paor si l'esduluvi venia es que ....
UN PSAUTIER PROVENÇAL DE 1265. g
pagneis gaor et mas us lengatgues, et nostre Seinher
ses lenguatgues que son setenta cessent ,
car no s'entendiont, etc.
23. Sacrifice d'Isaac par Abratiam ; un ange apparaît.
Com Abraam vole sacrificar son fil Ysaac a nostre Seinhor, car
el li o avia mandat; e cant vi sa voluntat, trames li son angel que li
o vedet e mostret li i. mouto de que feses sacrifizi a lui, etc.
24. Les âmes dans le sein (une nappe) d'Abraiiam.
Com Abraam ten las armas en son sen, etc.
m. Sortie d'Egypte.
25. Dieu apparaît à Moïse derrière un buisson ardent.
Com nostre Seinher parla a Moysen et dis li que ânes a Pha-
raon, que li disses qu'el ; et adonc avia i. boisson ,
Moysen que el boisson cremet e non cremava, etc.
26. Moïse contemple le buisson ardent, qui ne se consume pas.
Com Moysen se meravillia cant vi lo boisson vert que davant
l'era veiant, que tremes cant Nostre Seinher parlava ab lui, etc.
27. Moïse ordonne à Pharaon de laisser partir le peuple.
Com Moysen dis a Pharaon que Dieus li manda que il deslivre
som pobol, etc.
28. Les Hébreux partent sous la conduite de Moïse et cTAaron.
Com Moysen deslivret lo pobol d'Israhel per la voluntat de
Dieu del poder de Pharao, que non l'avia volgut alargar per neguna
pestilencia que Dieus li agues tramessa denant.
29. La mer s'entr'ouvre, frappée par la verge de Moïse.
E com la mar si obri pel tocamen de la verga de Moysen,
per la voluntat de Dieu, et en aissi pa.sset outra ab tôt lo pobol el
dezert, etc.
30-37. Pharaon périt, avec son armée, dans les flots de la mer.
Com Faraon péri en mar ab sa cavalgada, que seguia lo pobol
que Moysen ne menava, qu'el cujava far tornar areires e tener e som
poder, etc.
32. La manne tombe sous forme de pluie dans le désert.
Com nostre Seinher trametia la manna cascun jorn al pobol,
cant foron el désert e issit del poder de Pharaon, de que vivian; et
IQ UN PSAUTIER PROVENÇAL DE 1265.
aquella manna avia lur sabor de oil que vianda aguesson celen; e
duret lur quaranta ans, e perderon o per lur follia, etc.
33. Moïse élève le serpent d'airain, figure de Jésus-Christ.
Corn Moysen monstra la serpen al pobol que ac fâcha per
mandamen de Dieu, que alcunas serpens poinhion alcuns del pobol e
morion per aquella poinchura ; e el di(s) lur que cant neguns séria
poingz d'aquellas serpens, gardesson aquella e serion guérit. Et aquella
serpens signifiquet nostre Seinher que dévia esser mes en cros per
l'uman linhatgue, e sil que siant poing ades gardon ben la passion
a sa
34. Dieu donne sa loi à Moïse sur le mont Sinaï.
Com nostre Seinher dona la lei a Moysen el pueg de Synai,
et e la nevol qu'es entr'amdos; et aquella leis era escricha en taulas, etc.
35. Le peuple attend Moïse pendant quarante Jours.
Com lo pobols esta el dezert entretan que Moysen anet recebre
la lei de nostre Seinhor, e estet i per xL. jorns e xL. nuegz, etc.
36. Il adore le veau d'or fabriqué par Aaron.
Com alcuns del pobol adoron lo vedel que agron fag, entretan
que Moysen esperava la lei que Dieus li donet, etc.
37. Moïse dit au peuple qu'il a reçu de Dieu la loi.
Com Moysen di al pobol que Dieus li a donada la lei en
taulas, etc.
38. Il sépare ceux qui sont restés fidèles au Seigneur.
Com Moysen a triatz aquels que non adoreron lo vedel ni mescre-
zeron nostre Seinhor, etc.
39. Il fait mettre à mort ceux qui ont adoré le veau d'or.
Com Moysen far aucir aquels que agron peccat en adorar lo
vedel e desconogut Dieu; e fes aucir los us als autres, etc.
IV. David et Salomon.
40. Saùl promet sa fille à David s'il tue Goliath.
Com David, que era pastre, venc davant Saul, que era reis et
oingz de Dieu; e Saul mostra a David sa filla Nicola, e dis li que
dara la li per moller si aucis Golias lo jaian, qu'es campios contra el
e contra som pobol, etc.
UN PSAUTIER PROVENÇAL DE 1265 I |
41. David tue Goliath de sa fronde et lui tranche la tête.
Com David aucis Golians ab i . peira de fonda e pueis tolc li
lo cap, et aisso fes per la voluntat de Dieu, etc.
42. Saiil donne en mariage sa fille Michol à David.
Com Saul dona sa filla a David, car a mort Golias e moutz
d'autres de sos enemics, etc.
43. Saùl inquiet consulte la pythonisse d'Endor.
Com la ferma encantairis, que sabia de l'art de n*gromancia,
fes cemblant a Saul qu'el feze[s] parlar ab Samuel la propheta pueis
que fon mortz; car Saul li cosseillava ab el entretan que vivia, que
volial demandar com li penria de la batailla que dévia far ab los faris-
tieus, etc.
44. Vaincu par les Philistins, Saul se perce de son épée.
Com Saul aucis se mezeis per dolor que ac cant vi que sos
enemics vencion sas gens, e com sos escudiers lo soste(c) cant vi que
moria, etc.
45. David remet à Urie, mari de Bethsabée, des lettres pour Joab.
Com David bailla las letras ad Urias son cavalier, que las bail
ad so senescalc, que estava per lui en la batailla contra sos enemics;
en las cals letras si contenia que el meseis que portava las letras fos
mes en tal luec de batailla que moris: car David avia emprenhada sa
moUer e no volia que o saubes el, etc.
46. Le prophète Nathan reproche ses crimes au roi David.
Com la propheta reprent David per lo peccat que avia fag,
que era grans, d'Urias e de sa moller, etc.
47. David s'isole de la société et fait pénitence.
Com David si soterret per lo peccat que avia fag, per so que
nostre Seinher loil perdones, cant la propheta l'en ac repres. Et adonc
fes los set salmes e nostre Seinher trames li aqui son angel, etc.
48. Absalon, resté pendu à un arbre, est percé d'un trait.
Com Absalon, fil de David, que era lo plus bels hom del mon,
que guerreiava ab son paire, cant venc i . jorn que fugia per aisso
que la ost de som paire vencia la soa; et en i. bosc remas pendutz
en I. albre e son caval emblet si desotz el; et us cavallier de son
paire, que l'encausava, aucis lo, etc.
j2 UN PSAUTIER PROVENÇAL DE 1265.
49. Samson, assis sur un lion, lui brise la mâchoire.
Com Samson, fil de David, que era lo plus fortz hom del
mon, que pueis mori per sa forsa, tolc per forsa la bresca al leon
qu'en portava, etc.
50. Jugement de Salomon, le plus sage des hommes.
Com Salomon, fil de David, que fon lo plus savis hom del
mon, jutguet lo contrast de l'efan que era entre las doas ma(n)cipas,
aissi com si conten en la pistola, etc.
51. Salomon adore les dieux des femmes païennes.
Com Salomon adoret los dieus de la pagana per amor d'ela,
tan la amava, en dezamparet lo sieu Dieu ver; e cant si reconoc
d'aquel fallimen que avia fag contra Dieu, fugi sen en i. bosc, etc.
V. Préparation évangélique.
52. Les offrandes de Joachim et d'Anne sont refusées au temple.
Com Joachim et Anna, paire e maire de nostra Dona, foron
acomiadat del temple per lo capela del temple, et no vole penre lur
offerta; car escrig era en la lei viella, que qui non avia efan era
maldig de Dieu; e els non avian minga et avion estât ganre esenzs, etc.
53. Un ange console sainte Anne et lui prédit un prochain enfantement.
Com l'angels conortet sancta Anna, cant si marria en Tort, e
dis li qu'ela era preins d'un efan, que anc mais non fo som par ni
sera, el cal ort era ab sa sirventa près d'un laurier, etc.
54. Le même ange apparaît à Joachim dans le désert.
Com l'angels venc a Johachim, que stava el désert maritz ab
sos pastors et ab son bestiari, e dis li que sa moiller era preingz
d'una filla e que tomes ad ella, «et era cosseupuda enans que fossetz
acomiadat del temple, e car tu non o sapias e tu l'avias deam-
parada», etc.
55. Joachim offre un agneau en sacrifice au Seigneur.
Com Johachim près l'anhel de que avia covidat l'angel de manjar,
e preguet a nostre Seinhor qu'ai deinhes recebre son sagrifizi, car
l'angels li o ac aissi dig, etc.
UN PSAUTIER PROVENÇAL DE 1265. I ,
56. L'ange apparaît de nouveau à Joachim endormi. Voir planctie III.
Com l'angels venc a Joachim cant dormia e dis li co non tor-
nava a sa moller Anna, aissi com el li avia dig, etc.
57. Joachim s'entretient de l'apparition avec des pasteurs. Voir planche III.
Com Joachim parla ab los pastors sieus cant l'agroli levât del
sol o era ablesmatz, que si cujavon que fos mortz, et el conta lur so
que l'angels li ac dig, etc.
58. Joachim rencontre sainte Anne et l'embrasse.
Com Joachim e sancta Anna s'encontreron a portas aurias e
s'abrasseron, aissi com l'angels lur o ac dig, etc.
59. Sainte Anne vient de donner le jour à Notre-Dame.
Com sancta Anna jas de nostra Dona, etc.
60. Joachim et sainte Anne présentent Marie au temple.
Com Joachim e sancta Anna ameneron nostra Dona lur filla
al temple, etc.
61. Ils y laissent leur fille et retournent à leur demeure.
Com Johachim e sancta Anna s'entornon a lur maizon, cant
agron laissada nostra Dona al temple per servir, etc.
62. Ils prient le Seigneur de leur indiquer son époux.
Com Habiatar e Joachim e sancta Anna e nostra Dona pre-
gavon nostre Seinhor, que lur demostres cals dévia esser espos
d'ella, etc.
63. Une colombe sur la verge de Joseph le désigne.
Cant la trips de Judas ac gazanhada la sort de las autras trips,
e pueis aquella trips de Judas ajustet si ; e cadauns tenc sa verga el
man e pregavon a nostre Seinh[or], que lur deinhes demostrar alcun
signe en la verga d'aquel que volria que fes espos de Maria ; e com
adoncs venc columba en la verga de Joseph et era plus vieils que
negun dels autres ; et aquel fon espos de Maria, etc.
64. Joseph emmène Marie à sa demeure.
Com Josep enmena Maria e sa maizon, ab las verges que il
fazessont companhia, etc.
65. La roue de la fortune (rota fortune, suivant une note ajoutée au
XV* siècle) termine ces figures; à droite s'y cramponne un homme à qui l'avenir
, . UN PSAUTIER PROVENÇAL DE 1265.
sour/t (regnabo); au sommet un roi avec son sceptre (regno), buvant à la
coupe du bonheur; auprès de lui sont deux autres coupes: à gauche celle du
passé, pleine d'un breuvage amer, à droite celle de l'avenir, dont on ignore la
saveur; un 3" personnage, que la fortune trahit, cherche en vain à se cramponner
à la roue et tombe la tête en bas (regnavi) ; un 4', dépouillé de tout, est attaché
au-dessous de la roue (non regno).
Aisso es aventura, so es assaber la roda del mon, etc.
NOUVEAU TESTAMENT.
VI. Incarnation, naissance et vie du Sauveur.
66. L'ange Gabriel apparaît à Marie et la salue: Ave
Corn l'angels Gabriel anunciet a nostra Dona cant li dis: Ave,
Maria, etc.
67. Etonnement de Joseph à la grossesse de Marie.
Com Josep si meravillet cant vi nostra Dona, espoza sieua,
preinh, que no sabia com era vengut, e reptava ne las verges a cui
l'avia comandada.
68. Il veut fuir: un ange lui apparaît et le rassure.
Com l'angels conortet Josep que s'en volia fugir d'ira e de ver-
goinha cant vi nostra Dona, .sa espoza, preinh; e l'angels dis li que del
Saing Esperit avia conceuput.
69. Jésus vient de naître; il est couché entre deux animaux. Voir planche I.
Com nostra Dona efantet e jac de nostre Seinhor.
70. Un ange annonce la bonne nouvelle à des bergers.
Com ano(n)ssiet l'angels als pastors que nostrei Seinher era
natz em Beleem.
71. Le Sauveur est circoncis le 8' Jour et nommé Jésus.
Com nostre Seinher fon circumcis a l'octau jorn de sa nati-
vitat, e fon apellatz Jezus.
72. Trois rois viennent l'adorer et se présentent à Hérode.
Com li très rei vengron davant Erodes, que anavant adorar
nostre Seinhor; e Erodes preguet lur que cant l'auriont trobat, que
tornessont ad el e que loil esseinhessont, que el l'iria adorar.
UN PSAUTIER PROVENÇAL DE 1265.
'5
73. Les mages offrent leurs présents à Jésus qui /es bénit.
Com li très rei adoreront nostre Seinhor et li offriron aur e
ensens e mirra.
74. Un ange les prévient de ne pas retourner vers Hérode.
Cant l'angel dis als reis, que agron adorât nostre Seinhor,
que non tornesson ad Erodes.
75. Jésus est offert au temple; le vieillard Siméon.
Com nostra Dona offri nostre Seinhor el temple a saing Sy-
meon, ab doas columbas.
76. La sainte famille, prévenue par l'ange, fuit en Egypte.
Com Jozep e nostra Dona s'enfugion ab nostre Seinhor per
paor d'Erodes en Egipte, que l'angels o ac révélât la nueg a Jozep.
77. Hérode en fureur ordonne le massacre des Innocents.
Com Erodes comandet a sos cavaliers aucire los enfans totz
de son règne, que foron C.XLiiii. milia.
78. Des soldats arrachent des enfants à leurs mères et les tuent.
Com Erodes fes aucir los enfans, que foron C.XLiiii. milia.
79. Marie et Joseph retrouvent Jésus dans le temple.
Com nostra Dona e Jozep troberon nostre Seinhor cant l'agron
perdut el temple, ques desputava ab los Juzieus.
80. Il est baptisé dans le Jourdain par saint Jean-Baptiste.
Com saingz Jo(hans) Babtista batejet nostre Seinhor, et adonc
avia XXX. ans.
81. Le diable tente Notre-Seigneur pendant son Jeûne. Voir planche IV.
Com lo diables vole temptar nostre Seinhor cant fazia la qua-
rantena el désert, que li dis que «se Fils de Dieu ist, digas que
aquestas peiras siant pas e mangia ne»; e el respos li: «Escrig es
que hom no viu de sol pan»; e pueis portet lo sobrel temple, e dis
li ques gites aval.
82. Jésus ressuscite Lazare à la prière de ses sœurs. Voir planche IV.
Com nostre Seinher ressuscitet lo Lazer, pels precs de sancta
Marta e de la Magdalena, serors d'el.
VII. Passion du Sauveur.
83. Jésus entre en triomphe à Jérusalem sur une ânesse.
Com nostre Seinher intret en Jérusalem cavalgant en la sauma,
e la honor queil fil dels Ebrieus li fazion.
jg UN PSAUTIER PROVENÇAL DE 1265.
84. Jésus lave les pieds à ses apôtres la nuit de la cène.
Corn nostre Seinher lavet los pes als apostols la nueg de la
Cena, e dis lur: «Essemple vos don que en aissi com eu o fauc, en
aissi o fassatz vos autre».
85. Judas reçoit les trente deniers, prix de sa trahison.
Com Judas pren los trenta deners per los cals ac donat e
vendut nostre Seinhor, e pueis s'en pen e los lur rendet.
86. Pendant la cène, saint Jean incline sa tête sur son maître.
Com nostre Seinher cenet ab sos apostols, e com saingz Johans
si enclinet son cap sobrel pieg de nostre Seinhor.
87. Les Juifs s'emparent de Jésus après le baiser de Judas.
Com li Juzieu prezeron nostre Seinhor cant Juzas lo lur ac
vendut; e Juzas lur ac dig: «Aquel qu'eu baizarai, prenes e veus
col baiza.»
88. Notre-Seigneur est conduit devant Pilate.
Cant li Juzieu agron près nostre Seinhor, com l'adusseront da-
vant Pilât.
89. Les Juifs tournent la royauté du Sauveur en dérision.
Com li Juzieu, cant agron près nostre Seinhor ni adug en la
carcer, que per isquern li vestiron i. pâli e l'asegron en la cadieira,
el mezeron una verga el man, e agenolavon si denant el per esquiern
e il donavon a la gauta, e disseron li: «Dieus ti sal, rei dels Juzieus».
90. Saint Pierre pleure d'avoir renié trois fois son maître.
Com saing Peire si ploret cant ac negat nostre Seinhor, e re-
cordet si cant auzi lo gai cantar, per la paraula que nostre Seinher
li avia dicha, so es assaber que «avans qu'el gais cante, mi auras
negat iii. vegadas».
97. Jésus devant Hé rode, auquel Pilate l'a renvoyé.
Com nostre Seinher es davant Erodes, que Pilatz lo il ac trames
per vezer, car Erodes lo i avia mandat e pregat; e per amor d'aisso
Pilaz et Erodes foron amie, que si voli(a)nt mal.
92. Hé rode le renvoie, vêtu d'une robe blanche, à Pilate.
Cant lo rei Erodes fes tornar nostre Seinhor, cant l'ac vist, a
Pilât e l'ac fag vestir de blanc, car lo tenc per fol, que no il vole parlar.
UN PSAUTIER PROVENÇAL DE 1265. 17
93. Pilate fait subir à Jésus le supplice de la flagellation.
Com Pilatz fes batre nostre Seinhor.
94. Pilate se lave les mains, comme innocent de ce sang.
Com Pilatz lavetz sas mas cant ac livrât nostre Seinhor al Juzieus
a crucificar, e dis lur: «Eu no soi nosens del sanc d'aquest drechurier».
95. Les Juifs se partagent les vêtements du Sauveur.
Dels Juzieus com deviziront la rauba de nostre Seinhor per sortz,
qu'ai parzeront cant Tagron mes en cros.
96. Judas, tombé dans le désespoir, se pend à un arbre.
Com Juzas si pendet per dezesperansa, car ac vendut nostre
Seinhor.
97. Jésus est descendu de la croix et remis à sa mère.
Com dessenderont nostre Seinhor de la cros.
98. Joseph d'Arimathie oint le plais du Sauveur.
Com oiceront las plagas a nostre Seinhor, e com fon pauzatz el
monumen.
VIII. Résurrection, Ascension, Pentecôte.
99. Jésus, entouré d'anges, ressuscite vivant du tombeau.
De la ressurexio e com nostre Seinher ressucitet.
700. Les trois Maries viennent visiter le tombeau.
Com las très Marias vengron al monumen en que nostre Seinher
fon pauzatz, e l'angels dis lur que ressucitatz era e non era aqui.
707. Notre-Seigneur apparaît à Madeleine dans le Jardin.
Com nostre Seinher aparet a la Magdalena cant fon ressucitatz
e dis li: «Nom vuelas tocar»; e dis li que disses als apostols e a Peire
qu'en Galileam veniarian, si com eu lur avia dig.
102. Le Sauveur fait toucher la plaie de son côté à Thomas.
De nostre Seinhor cant mostret sas plagas a saing Thomas.
103. Il monte au ciel, en présence de sa mère et des apôtres.
Com nostre Seinher s'en pujet el cel, vezent sa maire e vezen
sos apostols.
jg UN PSAUTIER PROVENÇAL DE 1265.
104. Le Saint-Esprit descend sur Marie et sur les apôtres.
Corn nostre Seinher trames lo Saing Esperit aïs apostols, els
alumenet de la sua gracia, et aqui mezeis saupron parlar de totz len-
gatgues.
705. Mort de la sainte Vierge; Jésus reçoit son âme.
Del passamen de nostra Dona, que nostre Seinher près s'arma.
W6. Saint Pierre et saint Paul portent son corps au tombeau.
Com saing Peire e saingz Pauls porteron nostra Dona sebelir
cant fon passada ; e com li Juzieu la lur cujavon tolre, remani(a)nt pendut
entrenant.
707. Notre-Seigneur couronne sa mère dans le ciel.
De nostre Seinhor, com coronet nostra Dona, maire de lui.
IX. Fins dernières.
108. Le Verbe incarné vient juger tous les hommes.
Com nostre Seinher venra jutgar al jorn del juzizi; com nostra
Dona e saing Johans pregaran per lo huma linatgue.
109. Au son de la trompette les morts sortent des tombeaux.
Com las gens ressucitarant al jorn del jutgament, els angels com
cornarant.
110. Abraham emmène les justes dans la gloire.
Com Abraam menara los justz en gloria après lo jutgamen.
777. Tableau de vingt bienheureux couronnés en paradis.
Com las gens istarant cm paradis.
772. Satan emmène les méchants enchaînés en enfer.
Com lo diables enmenara los peccadors en efern , cant nostre
Seinher aura donada la sentencia al jorn del juzizi.
773. Les démons tourmentent les pécheurs qui brûlent en enfer.
Dels peccadors com estarant en efern.
77-^. Jésus dans sa gloire, entouré des attributs des évangélistes.
Com nostre Seinhor esta en sa magestat.
775. Saint Michel archange terrasse le dragon.
Saing Michel archangel com aucis lo colobre.
UN PSAUTIER PROVENÇAL DE 1265.
19
MINIATURES DANS LE TEXTE.
140 BORDURES GROTESQUES AU RECTO DES PAGES.
Page I : Bordure avec l'aigle de St. Jean.
Page 2: Bordure représentant St. Mathieu; au dessous le lion
de St. Marc.
Page 3 : Le symbole de St. Luc.
Psaume I. Lettre initiale B : Le roi David jouant de la harpe.
— La mort de Goliath. Voir planche II.
Psaume XXVI. Lettre initiale D: Samuel couronnant David.
Psaume XXXVIII. Lettre initiale D : David agenouillé devant
Dieu porte la main à sa bouche.
Psaume LU. Lettre initiale D : David simulant la folie.
Psaume LXVIII. Lettre initiale S : David, nu dans l'eau, im-
plore le Seigneur qui porte le globe dans la main gauche.
Psaume LXXX. Lettre initiale E : David joue d'un instrument
à clochettes.
Psaume XCVII. Lettre initiale C : Deux prêtres à l'Office.
Psaume CIX. Lettre initiale D: La Sainte Trinité. En tête
des Hymnes Lettre initiale P : Un prêtre à genoux devant l'autre.
La main de Dieu entourée d'une auréole sort d'un nuage.
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