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► 



D.nt.zedbïG0Oglc 



ninp 



FM.MOLfc 




FRENCH DEPARTMENTAL LIBRARY, 

TAYLOR INSnTUnON, 

OXFORD. 

This book should be returaed on or before 
the date last marked bclow. 



29. JiN. 1591 



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DintizedbïGoOglc 



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LES 

GRANDS ÉCRIVAINS 

DE LÀ FRANGE 

NOUVELLES ÉDITIONS 



DE M. AD. REGNIER 



D.nt.zedbïGoOglc 



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ŒUVRES 



MOLIERE 



D.nt.zedbïGoOglc 



PARlit. IMPnlMRnrB k, lakuiib 

Rue de Fleurai, g 



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ŒUVRES 



MOLIÈRE 



NOUVELLE EDITION 



<r«ii porlnit, de fae^imile, eti. 

n> WL masi HSTMS n PUl IBIIUD 



TOME NEUVIÈME 



PARIS 

LIBRAIRIE HACHETTE ET C' 



DintizedbïGoOglc 



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FEMMES SAVANTES 

COMÉDIE 

mmmmhmmjiK Là pauntai rou a rui* 

ra& tM milni ua l4 mllb dd f*uu>ioTAL 

u II' NUf 1671 

VA! U Taoïnv du moi 



D.nt.zedbïGoOglc 



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NOTICE. 



Im FemmÊM tapimtet furent jouJM, pour U première fms, 1« 
Il mars ift?', wr le th^re daPokift-Rojal. Le leodemun, 
■ a inan, Doonean de Viaë en parlait aiuj dans U Miwatre 
gmitmt, dont il venait,, cène aim^ mfana, de. oommeiiMr la 
pnblicfttioD* : « Le luneiu Holîire aa uotu a point troupes 
dans l'espérance qu'il nous avoit dannfe, il y a tanlât quatre 
ans, de &ire représenter an Palaia-Aojal une pièce cooàqoe 
de » fiiçon qoi Ût tout k fait acber^ {p. aof^. a Si oe soave- 
■ir remontant k taadl quatre ans est exact, il pourrait se rap- 
porter an temps de l'Avare (septembre i6fi8), Gomédie eieel- 
IiBte, mais alors jugée imparfaite, parce qu'il y manquait Ja 
lugne des vers. Ce serait à u moment^ qn» Ut^èra aurait 
«annwf^ le dessein de pr^panr plus à loior fu ouvrage qui 
doaatt «oins de f»iM aux objeotisus, à ce momant-là peot^itre 
^'il aurait oommencë d'y travailler*. Qudle qneeoit la date 
de b première pensée de U pièce, si, dqHiis le Tarmffit et le 
Miumtin^, oa attendait de Molière ooe œuvre d<»tt ou p6t 
dire, comme de ces <mivre3 immortelles, qu'elle était «. tout à 
Cut acbevéa s, on n'eut plus à l'attend» apns les Femmes 

\, \thA0*é d'înptinMr dn prenier KrtDe nt dn *5 n*i.' 
%, \m daie du PrifiUgm^ qni «M de 1670 (vvyes d-apiis, p. 64), 
■e p e iia et pa* de oroire que {'ait ità beaucoup pin* tard ; mais il 
■e ftmt pas efaerther d« preuve dans L'sM«ition de Cailhava {da 
CÀrl i* Im tomUi*, tome Ù, p, iSi) que Mme Daeier préparait nn 
eonmeutaîrc de VJmpkitijoH de Plante, où elle voulait démontrer 
rinftHorité de Vjim/Âiirjat de HoUèré (janvier 166S), lorsqu'elle 
^>pril que notre poCle Mngeiit k faire jouer Ui Fhumu mhuiu. 
L'tge qu'elle avait alon réfiile l'erreur de Cailhava, commue 
anatlni par V^laire.Vojet aux pages 341 et 341 de notre tome VI, 



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4 LES FBHMES SAVANTES. 

lamxUei, Vive peinture de inceurs, où la plupart des portraits 
sont autant de chefs-d'œuvre, satire toute en action, qui, i 
aucun moment, ne s'ëgare hors des cAoditioDS du théâtre, 
perrection du style où jamais le potte n'avait mieux attdnt, il 
y faut tout admirer. Sans doute le sujet, s'il est plus agréable 
que Voltaire ne l'a dît', est beaucoup moins grand que ceux 
dont, quelques années plus tdt, Molière avait fait choix, quand 
il avait peint un jour l'hypocrisie, un autre jour l'infleuble 
droiture se raidissant contre les vices du temps. Le ridicule de 
femmes pédantes n'a pu se prCter à ufte étude morale aussi 
profonde, d'une aussi hante portée; nuis le noorean chef- 
d'œuTre n'est point inférieur à ses atnés par l'exécution ache- 
tée, qui avait frappé de Visé. 

Dana ce mSmft îitrcurt gaitmt, qui noUS donne la première 
împreasloa des contemporains, nous devrais encore relever 
nue parole (p. ao8) : a On y est Inen diverti..., par ces pré- 
cietises ou fonmes savantes, > synonymie remarquable, dont i) 
est permis de conclure que l'effet produit par la pièce, à l'heure 
où elle parut, fut très-particulièrement celui d'une reprise 
d'hostilités contre les précieuses, après une tr6ve de douw 
ans. 11 eAt été difficile qu'on ne l'eût pas tout d'abord cran- 
pris ainsi, et nons aurions tort aujourd'hui de négliger, comme 
on l'a fait quelquefras, ce point de vne : il pent nous épurer 
des malentendus, des contre-sens. Oui, ce que Molière s'était 
prtq>osé surtout, c'était de frapper, pour la seconde fois, nne 
ooierie dont la grande influenoei incomplétemrait rainée par 
ion assaut de 1659, n'avait pas cessé de lui paraître dange- 
reuse pour l'e^it français. 

Nous ne craignons pas le reproche de rétrécir ainn le sens 
d'an cheM' œuvre. Si Molière n'a voulu faire la satire que d'un 
certain coin de la société de son temps, un si grand esprit ne 
manque jamais d'élargir les sujets qu'il traite; mais, bien que 
le trait porte au deli, ce n'est pas moins un petit cercle qos 
d'abord il a surtout visé. 

Lorsque, avec des armes un peu moins bien trempées, Boi- 
leau, son auxiliaire dans cette revanche du bon sehs, s'est, en 
passant, attaqué aux mêmes ridicules dans sa taiire x*, pu- 

I, Voyez ci-aprèi, p, 54, le Sommairt de Voltaire. 



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NOTIGI. 5 

Utée tn 1694, il a Mmbi^ dùttogoer, comma Molière l'âvait 
bit par les titres diffërenU donnes à ses deux pièces, la prë- 
àenie de U savante. Il commence par celle-ci, dcmt le por- 
trait, «Tec SOD astrolabe et ses expériences de frfiyûqiie, est 
assurémeot on souvenir de U comédie de 1673. ^ûs sur ses 
pu il amène U précieuse, 

Reste de ce* esprit* jatHs si renomme*. 

Que d'un conp de son art Htdîère ■ diffamé* '. 

Haia, bien que, dans une note (de 1 7 1 3) sur ces vers, il dise ; 
« Voycs la comédie des Préeieutesy » et ne renvoie pas à l'autra 
comédie, il nous bit moins reconnaître dans sa précieuse quel- 
que Catfaos ou qndque Hsdel<m qu'une des savantes de Mo- 
lière : 

Sa doole demeure 

Aux Potins, aux Oins est onrerte k tonte beure. 
ta du bnz bel e^trit se tiennent le* bureaux*. 

Tmlà bien la maison de Chrj'sale. Boileau avait donc vu que, 
dans celle maison, les pédantes n'étaient qu'une variété de l'es- 
pèce des précieuses. 

Par un seul trait la précieuse de Boileau diffère des admi- 
ratrices de Trissotin et de Vadius. Il la fait rire 

.... des Tain* amatenn dn grec et du latin^. 

Ceil un changement qu'il n'aurait pas introduit sans la grande 
qncfdle acadàniqua de 1667 entre les anciens et les modernes. 
Toute de circonstance, cette légère retouche au portrait n'em- 
pècbe pas que, sous le nom de prieieute, le satirique ne noua 
ait donné une Philaminte, attestant par là comment il avait 
(Dlendn b poisée de Molière. 

GelB-ei, du» ses Femmes tovama, n'avail pM seubmat 
Tosin regarder les précïéqses sous un autre aspect que dans 
sa première peinture, il les avait mises à b dernière mode; 
car lenrs ridicnles avaient pris une forme nouvelle. En 1659, 
il j avait eu )i bire justice du jargon des melles, des bilbvesées 

i. Smtin X, vers 439 et Uo. 

s. IMb», TMa 445-447. — 3. liidtm, Tcn 46>- 



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6 LES FEMMES SAVANTES. 

r(Hnane<({oei des ehir-et, do leur redierche du grand fin, du 
Gn du fin ; mais, depuis, le peintre avait remarqué va cbutgt- 
meta dans 1& phynonomie de ses modèles : il a donc voola les 
représuiter' tels qn'ils étaient dermos. La comédie dea Pré- 
eieiuei ridieiUet reste parfaite en son genre; Molière lui a na- 
pknwut donné une suite; il n'a pas refait stm petit cfaef- 
d'oeuvre, comme s'il n'edt été qa'ime première esquisse, une 
âtauche. 

Si ce mot ébauche n'avait pas été appUqué par Buàn aux 
Préeietues ridUmies^ qui étaient bien mteux que cela, nous 
trourerions tout à fait juste ce qu'il dit de l'aubr* oosiédie 
écrite omitre les précieuses de la seconde nunièra : « Tout 
au commencement de sa carrière,,.. MMère avait tracé une 
ébauche des Préeieutes. Il voulut reprendre ce sujet et le 
traiter en grand avec Ions ses accessoires. It y rq>Iaça ce per- 
sonnage dont on s'inquiète toujours quand il est question d'un 
bel esprit en jupons, le mari; il y fit entrer les Travers parti- 
culiers des gens de lettres, hdtesordinairesde ces ménages;... 
il y adapta la réhabilitation de l'faoïtune de cour',... s II est 
très-vrai que le cadre est plus large que celui des PréeieuM* 
ridiculetf les scènes plus variées, les peintures de caractères 
pliu nombreuses. Les traits de la satire n'en étaient pas moins, 
G(»nme Bazin l'a bien comprit, tombés encore une fois du 
mSme cAté. 

La récidive criminelle de Molière ne pouvait échapper i 
Rcederer. Entendons maintenant ce zélé paladin de ce qu'il 
appelait, par excellence, la Société paiie. « Le ii mars 167a, 
Molière remit %xxr la swène, sous le nom de femmet toptmter, les 
prudes bourgeoises et beaux esprits qu'il avait si joyeusement 
travestis eu 1659*, sons le nom de préeieutes ridicule**. » 

l.-NMtt hâlerifua itr la rU lU Molilr*, p. 173 de la 1* édition 

1. Et ne» cm 1669, comme on l'a imprimé ici et dans on antra 
pafMge du mtee Âiril de Roderer. Est-ce bumï une faute de 
l'imprimeur qui a fait dire il l'auteur (p. 3ii, oole] que, dans U 
Cemttft J'Ztcariagnat, Uoliire fit Uae lortie coDtre la Gauttt ia 
BoiUmJt en 1 663 ? 

3. tUnunrt pour ttrrir à Phùloire dt la loeUlé peSs m FraKt* 
(i835), p. 3o6. 



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NOTICK. 7 

Db peu jik» loio il &ît A notM toraé^^ dool lea pent»- 
■agn «ppmiigHwnt an mouds baurgem», un nproohe d'in- 
iiiîmmIiUiiiii ■iiiii|wiilniiiimi dan» la forme, tr^t-entortill^, 
quedmale fond: » La Femme* imMaOet.... toatUsPréeieutei 
riJteMie* reproduites avec tut ridînilfr de phu, celui de la 
■danee anppoa^ par le pofite dans une conditioD qui ne laiue 
paût de kùâr ponr tas études scienti6qaes, ce qm était abao- 
huBcat oontnùre à la vérité *. > En vain Minière aTai^-il fait 
eetle prétendoe £ante de dépasser, par pnidcnoe, dans la ood- 
ditim boorgeoiae les dames que Htederer véoérait, il n'en 
étui paa moiiiB clair tpi'il avait touché 1 l'arcbe sainte. On ne 
sa amîi jamais douté de toute la [x>of(«dear de ses noirs 
desseins sans la décoDTerte da clairvoyant écrivain : s Mo- 
lière, qoi voj^ le train de la cour continuer, l'amour du Hoi 
et de Mme de Montespan imver le scandale, imagina d'm- 
ffig^ on Htrcrotl de ridicule aux femmes dont les moenrs 
chastes et l'écrit délicat étaient la ceooure muette, ma» pro- 
fonde et oontîaue, de la dissolution de la oourj II ne doutait 
pas cpie ce ne fiû un moyen de jAtân an Roi et à lime de 
HotlUspan*. » Vcàlà un méchant homme, bien habile i cacher 
SOQ jeol Jamais basse courtisanerie ne s'est plus adroitement 
iBvdof^téc et d^uiaée; mais ce déguisement ne pouvait tmm- 
ptt l'avocat des chaatea Armandes. 

Noos c3«ignoos 4|ne ,1e râle de cbaB^wn des précieuses n'ait 
des dangers. On risque de s'y montrer plus ridicule qu'elles 
ne som dIes-mSmss dans la comédie de Holière. Philaminte 
n Trissolin n'ont peut-être rien d'égal à cette manière-ci de 
jagsr m chef-d'œuvre : s II est éridrat, par le travail de cette 
ennédie, qu'elle n'a été ni insiurëe par le spectacle de la so- 
ciété, ni avooée par l'art. C'est une ceuvre de oomtûoaisoa 
poliliqae, iimut Mi/terva', > H serait temps que l'on t!nt 
■oins de compte du fameux Mémoire, trop souvent écrit de 
ce style et avec ce boa sens. Notre excase pour l'avoir àxé', 
^eit que le gémissement arraché par notre comédie à cet al- 
côviste en retard prouve qu'il avait senti oà le trait de Holi^^ 

I. JHaMfw fur ttrnr à rhuleir* 4» la loàiii peVie at Pranca 
(.835), p. 3o8. 

a. aUnm, p. 3o5 et 3o6. — 3. lUiltm, p. 309. 



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8 LES FEMMES SAVANTES. 

trait fait la blewnre. Il importe d'établir par tous 1« témoi- 
gnages que le véritable objet des raiUeriea de Hcdîère d'b paf 
été l'accès des lettres et des sciencea oavert «dx femmes, mais 
les extravagaDiM pëdanteries d'nn certain monde, d'un monde 
k part dans la aoàéti du dix-septième ùècle. 

Dans ce monde prétentieux, le poÊte comique a-iril voolii, 
sons les noms de Philaminte, d'Armande et de BJlise, dM- 
gner telles ou telles dames ? Nous lisons dans le Memigiai>a^ i 
a On dit que les Femmes savantes de HolieresoDtHesd.de....* 
Les p(Hnts suspennEs sont à regretter. Une note de Saint-Harc, 
au tome V de son Àlition des Œuvres de SoiUati^ les inter- 
prète ainsi : « Hme de Rambouillet et Mme la doc hoss e de 
Montansier sa fille. • On a objecta qoe la divine ArthéÛM 
ritait morte le 37 décembre i665',et Jolie d'AngennesleiSm^ 
vembre 1 67 1 . S'il n'y avait d'autres raiaixu d'écarter lea noms 
cités par Saint-Harc, elles ne seraient pas d'un grand pmds, 
des souToûrs remontant à quelques années ayant pu trouver 
|daoe dans notre comédie. l demi^ de ces diffiôillés cbr». 
ncJogiqnes disparaît - d'ailleurs devant la date du Privilège 
de la pièce (1670). Hais Saint-Marc n'aj^iuie sa glose que 
de rautorité du CwpmtariaiWy oà il est dit t « Minière a 
joué dans ses Pemmei uvaiueM t'bfitel de Ilaiid)onillet, qui 
étCHt le reodei-vous de tous [les] beaux écrits; Molière y eat 
un grand accès et j étoît fort bien vmu ; mais loi ayant été 
dit quelques railleries piquantes de la part de Cotin et de U^ 
nage, il n'y mit plus le pied*. » Outre la très-mince valeur de 
tons les témoignages qu'on peut recueillir dans cet (Ma, le ré- 
cit de ses rédacteurs perd lui-même tout crédit, lorsque, le 
ctmtkiuant, ils font aller Hénige en viûte ches la marquise de 
Rambouillet, après la première représentation des Femmet >«- 
9aMet, c'estè-dira plus de ûx ans après la mort de cMte 
dame, qui aurait dit i Vadius : a Quoi, Monsieur, vous aonC- 
frires que cet impertinent de Molière noua joue de la scMie'7> 

I. Tome lU, p. a3. 
.. Page 143. 

3. Voyqi la GoMtiig du a janvier t6fl6. 

4. CarptMtar'uaia (Afluterdam, >74l)r P- S5. 

5. IUJ*M, p. 56. 



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N0TIC8. 9 

Non-Mokment U cfaroDologie proteste; mais si la nurquÏM 
avait encore vécn, à l'époque des Femmei tavante;!, elle n'au- 
rait pas cru 7 être jouée, elle qui ne s'était pas montrée 
oflouée dea Précieuseï rldicmUt, sachant bien qu'elle n'était 
jamais tombée dans les excès de mauvais goftt raillés dans 
cette comédie '. Hilée à des assertions si évidemment foosses, 
la prétendue révélation des noms que le Menagiana a laissés 
en Manc ne soutient pas l'examen, 

Im part à faire aux perBonnalités dans l'excellente pièce de 
1673, qui aurait pu et dâ s'en passer, n'est du reste que trop 
grande. Le povonnage de Trissotin ne labsail pas d'énigme 
à devûter, de masque à lever. On a parlé du nom, un peu 
pttn transparent encore, de Tricoiia, que Molière aurait donné 
d'abord à son pédant. C'est ce que dit la Honnoye, dans une 
de aes additions au Meitagiamt* : « Molière joua d'abord 
Cotin, sous le nom de Tricotia, que plus malicieusement, sons 
prétexte de mieux déguiser, il diangea depuis en Trùiotùt^ 
équivalent à tivii foii lot. » 

La [Mvmière forme du nom se trouve aussi dans une dea 
note* de Brossette*. Ne peut-on âtre d'avis qu'elle vaut la 
seconde , et est asseï heareuse pour inspirer qudque confiance 
dans le souvenir qui en est resté 7 En même temps qu'elle 
eonaerve entièrement le nom de Cotin, elle sonne À peu pii» 
eoaax irigaudin *, petit trigaud. Il faut dire que le Begùtre 
Je ta Cftmge n'a pas gardé trace du nom de Tricotùt; mois 
10a stleace ne prouve rien, parce qu'il n'annonce la pièce que 
■oua le nom de Femmes savantes, jusqu'à la douzième repré- 
teoUtioQ (>9 avril 167s], où, pour la première fois, il ajoute 
le second litre de Trissotin. On doit remarquer, cependant, 

I. VojtL ta Nulle* des Prégiaiutt rùSeuUi, an tome II, p. 6. 
9. Tome m, p. i3. 

3. OEmrtt i» Boiltau Dt^rJaur (1716), tome I*, p. 3l, fin de 
la JtoM T f « MOT le Tcn 60 de la mtire iti. 

4. Sonont (i l'on «e louTient qa'inirîqu*, pour ùilrifut, était une 
wtbofrapbe admise an dix-ieplième liïcle, — Il y ■ presque du 
aaême temps qne Us Ftmaut laraalu duc comëdio de Hontfleurjr, 
■■tÎMlée Trigmm£m. Le RegUtrt de la Grangt nous apprend qn'elle 
fat jooée bnit on neuf fois, du a6 janvier 1674 au 16 fitnm sni' 



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lo LES FEMMES SAVANTES. 

que, dii le mercredi 9 mars, quand fes Femmet fopotueto'i- 
Taient pas encore été jouëes, Mme de SMgnë, écrivant à sa 
fille que, le samedi snirant, son ■ cher cardinal » euteodrait 
Kre par Molière cette s fort plaisante pi^, » la nommait 
Tristotin *. Il ne doit donc pas Stre exact qu'elle ait d'abord 
ili jouée tons le nom de Trieotin. Mais cela n'empêcherait 
pas qn'on peu pins tAt Molière n'eAt pn laisser c<»uiattre qu'il 
■e proposait de donner cette forme an nom tris-l^èremeiit 
dë^m^ de 1*1» de ses pédants, 

n ne s'est pas contenté de la clarté du nom, presque ^;ale 
sons une des deax formel que sous l'autre. H a voulu mar- 
quer soa iatentimi de personnalité de telle manière qu'on ne 
pflt hésiter. Ce n'est pas que nous derions admettre tout oe 
qui a été dit sur les hardiesses devant lesqacHes 11 n'aurait 
pas reculé. Dans la page tout à l'heure citée du Sfenagitma, 
on Eût dire à Ménage : i Le Trisaotin de cette.... comédie est 
l'abbé Gotin, ju)que-là que Molière fit acheter un de Ks hafaïtt 
pour le faire porter 1 celui qui faîsoit ce personnage dans sa 
[ûèce. » La mième circonstance da rflle joué avec raie défroqoe 
du pauvre abbé se retrouve dans la Fie de Fauteur, en tête 
de l'ëditicai de 1735 des QEm>res.de MaUéx\ Ces anecdotes, 
à la première source desquelles nous ne pouvons remonter, ne 
sont pas articles de foi. II est curieux de voir comment le* 
histoires peu i peu s'embellissent. Non content d'adopter celle 
qu'avait contée le Menagiima, l'auteur des Méiangej htiio- 
riqncx publiés, en 1718, à Amsterdam', a trouvé moyen d'y 
ajouter : il prétend que la pièce fat d'abord annoncée sous ce 
titre : l'Abhi Cotiit; voili ce que le bon sens n'admet pas. Pour 

I. Lettre iSS, tome II, p. Si4. Nom n'avoni pat le texte antt^ 
graphe de cette lettre; mais elle a M donii^, HandaCollectioii de* 
Grand* écrÏTain*, d'après une ■Dciemie copie où les changeaMiits, 
quand il y cd a, ne loat jamaii comme serait celui-ci, dei eorrec- 
tioDS Tolontaim. — IMjii, dan» une lettre dn (" man (lettre i53, 
UUwi, p. 5iS), Mme de Sévigné parlait d'ane comédie de Mo- 
lière qui derait être lue ches la Rochefoucauld. Cette (bia, die ne 
la nomme pat; ce ne pourait être qae lu ftmma laranlei. 

». Pages?. 

3 . UHangu lûtlariqati reeutiUÙ et commtnlii par MmuUiir *** (on 
nomme J. de la Brane), i voluae in-ia : vojei k la page 70. 



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ffOTIGB. II 

corapMttr la Ugende, il dit eœon : « La pr«in^re foia qm 
foe kt jooa, f ofabé fui refn^seiitë avec nn masque si renem- 
Uam, qoe toot ie puterre le rectmnut. CeH une particularité 
qae laK Paris «ait. » Il était tris-«aperflu de se mettra en 
(nb de cea imaginatÎMia. Cotin était asses maître au 'doigt 
et De pouvait maDqner d'&tre dénoncé,' Boit dis la première 
wy éw tfati oD, scut bîeatftt après, par les petites pièces que 
rétàte Trisaotin, le sonnet mr Ai /léirv, et l'épigramme ou ma- 
drigal sur HR earrotre. Molière les arait tirées, sans y ohangw 
m mot, des Œuvres de l'abbé*. C'était suffisant pour que sa 
comédie Ht terriblement arîslophanesque. 

La faste, beancoop trop athénienne pour ttot mœcrs, qu'il 
ba/t reeoDinltre et r^retter ici, Aimé-Martin trat» de l'att^ 
BBcr ; Hidière « s^iare si Uen, dit-il'*, le poSte de l'homme 
privé, que les conten^iorains ne pravent les oonfcndre ; car oe 
qn'3 y a de vil duia le perscmiiage de Trissotin (sa cupidité, 
aa penérérance è vook^r épooser Henriette) ne pouvait ooiv 
Tcmr i un ecdésiastîqoe de sentante uis. Ainsi Molière ne 
diSuK pas la vie de Cotin ; il jone ses ridicules. » Cependant 
mbMr SOT la scène une personne virante, pour la livrer Jt la 
risée popolaiie, c'est déjA trop de licence, même si l'on s'arrête 
an pnnt oà la suire n'est encore qoe littéraire. Que sera-ce, 
lonqne, aprèa l'avoir li biai fait reconnaître par un signale- 
ment sans équivoque, on finit par Ini prSter dëi actions désho- 
Boeuues ? Ces actions ont beau être telles qu'il est manireste- 
ment impossible de ne pas les savoir imaginaires, il reste dans 
les esfHits une mauvaise imgs'esmoD, qui fait tort, non plus 
seolement à l'écrivain, mais à l'bomme. En le disant agir 
eoBuae sa [«oEession et son Sge ne permettent pas de croire 
<|Be jamais il ait précisément agi, on n'a pas, dtt-on, touché 
i sa vie privée. Soit; mais on a tooché à son caractère, dont 
bmt le monde pensera qu'è travers la fiction on a marqué 
qoelqnea traits. Ne pallions pas ie tort de Molière. Il a donné 

M nrf J» MantieUT Cotài, i Parti, 
Lo/ton, MnoLim, i volime in-ia. L'scber^ d'im^ 
9t dn >6 déeemhre i66s. L« lODnct est i la page 366, le 
«u pages 443 «t 444- 

■s nne note sur la Mène n de l'acte III, an ven^Sï, p. >o6 
VI (1845). 



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13 LES FEMMES SAVANTES. 

im exemple dont il est ftcbenx que Folisaot et Voltaire (pour 
De pu chercher trop près de août d'autres noms k citer) 
aient peut-être cm avoir le droit de s'autoriser. Puisque noua 
nommons l'auteur de l 'Éeaitaire, u'oublitms pas que, à pn^m 
de ootre [Mèoe, il s'est é\evé contre b une lil>ertë plus dangereuse 
qu'utile, et qui flatte plus la malignité humaine qu'elle n'inspire 
le b(m goût' >>. C'est parier d'or; mais, lorsqu'un peu [dus 
tard il écrivit sa comédie de 1 760 , il aurait pu se souvenir 

Qn'oD doit >e regarder toi-mSine un fort long teoipi, 
ATint qne de songer k condamner lei geni*. 

Ne toyont pas sourd à cet avertissement d'être circonspect 
dans le blâme, et si noua osons, à notre tour, faire un reproche 
à Molière, que ce soit du moins en restant dans la mesure de 
la iostice. Ce n'est pas de gaieië de ooeur qu'il s'est d^cid^ k 
cette cruauté. Personne ne pensera que, pour l'irriter si fort, 
Cotin n'edt jamais fait rien de plus que de mauvaia vers. Dans 
•es écrits, il n'était pas inofiensif. Boilean en savait quelque 
dhose, traité par lui de n'eitr det Vipereaux*, et dénoncé comme 
coupable de lèse-majesté humaine et divine. Aussi n'est-il pa( 
improbable qu'il a plutôt excité que retenu le poEte, son ami ; 
<Mi dît qu'il lui avait fourni l'idée de la scène entre l'rissotin 
et Vadius', et lui avait même apporté le sonnet et le madrigal 
des OBavres gaUaUes*. Plus qne complice de rimjnto^ble per- 
ttHinalité, il en aurait donc peut-être été l'instigateur. Sans 
que tout cela soit absolument sûr, il est ranarqoabie qne 
Holi^, comme pour donner place à Boileau dana la ven- 
geance exercée de concert, l'a cité dans la grande scène des 
deux pédants, ce qu'il n'a jamais fait que là, et n'; a pas écrit 
moins de quinze vers* qui rendent témoignage à l'autorité de 

I. Voyez cî-aprti, p. S5, la fin de son Sammàra, 
*. Lt MUmikropt, acte III, scène ir. Ter* gSi et gSa. 

3. A la page 46 de la Critique Jtiiatémiée tur Ititalim Ju Itmpi; 
Vtrrata (page 6)), an recommandaDt de rem|dKMr ce» mot* (qu'il 
évite, il est mi, de reproduire) par a le Coiseur s, appelait, ee 
nous semble, tout particulièramenl l'attention sur l'injare. 

4. Mmapmia^ tome III, p. »3, et Boimma, p. 34- 

5. Bclmama, MJtni. 

6. Acte III, scène m, vers ioaS-io39. 



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NOTICE. t3 

c l'anteor des satires ». I] ne doit cependnnt pas s'Stre armé 
{war la seule querelle de celui-ci, mais aussi pour la sienne 
propre. U «vait persoooelleiDeDt des injures à pooir. On a to 
<{ae le Carpentariana les fait remonter asseï hast, jusqu'au 
beau temps de l'iiôtel de Rambomllet, avec lequel des inso- 
lences de Gotin et de Ménage auraient brouillé Molière *. Nous 
avons dit que cet aaa ne peut pas inspirer beaucoup de 
confiance \ mais un démHé de Gotin avec Molière est attesté 
dans la lettre déjà citée àa Mercure de 1671 (p. 313 et ai 3] : 
■ Bien des gens font des af^licaiions de cette comédie ; et 
une querelle de l'auteur, il j a eUTirou huit ans, avec un homme 
de lettres qu'on prétend fitre représenté par Monsieur Trisso- 
tin, a donné lieu à ce qui s'en est publié. » Environ huit am, 
ce serait vers 1664, lorsque vivait encore la marquise deRam- 
booillet. Aime-t-oD mieux que le mauvais procédé de Cotin 
et de Ménage n'ait eu lieu qu'en 1666, à l'occasion du rAle 
d'Alceate dans U Misaitthrope^ quand ils chercherait, suivant 
d'Olîvet*, à indi^mser le duc de Montausier contre Molière? 
La date de la rancune de celui-ci importe peu ; il est d'ail- 
leurs assez vraisemblable qu'il j eut plus d'une provocatioii 
1 des représailles ; et il n'est pas même besoin de recourir 
an anecdotes plus ou moins certaines; car il est facile de 
omistater, dans les écrits de Cotin, des actes d'hostilité, qui, 
s'ils n'eicussil pas entièrement la correction infligée par Ho- 
Bère, suffisent à l'expliquer. On a toujours attribué À Cotin, 
Doo sans de fortes raisons, ia Critique désiniéressée sur let 
satiret du temps*, publiée sans nom d'auteur, ni lieu ni date, 
et déjà mentionnée ci-dessus [p. la, note 3). Elle est de 1666 
on de 1667 K Les comédiens j sont traités avec cette urba- 
nité : « Que peut-on répondre à des gens qui sont déclarés 
infimes par les lois, mSme des païens ? Que peut-on dire contre 
ceux à qui Vaa ne peut rien dire de pis que leur nmu P 

t. Vo/es ri-denui, p. 8. 

9. Vo/ea VBitloirt A CJemJJmU ftoHfoùe (édition de 1719, 
IMte n, p. i58], et U tfoiie* dn Mitaulirapt, à U pige 387 de notre 

tOMC V. 

3. In-S* de 63 pagei. 

4. Vojn Bemat-Saint-Prii, OXurru Je Boittau, tome I", 



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14 LBS FEMHBS SAVANTES. 

Holièn ^lait en droit de prendre sa part de ces ^endlIeMes. 

Hais il Mt enoore plos directement attaqua dans la Satire 
des tattres^ du mftme Gotin. Voici qnelqnes traits ; 

J'ai TU d«s mauTai* vers, miu bliour le poète, 
Tai la oetix de Molière, M ne l'ai point «ïffl^ *. 

tlne preuve allégnëe dn manvais goftt on de ta maavaiae M 
de Boileaa, c'est que, dans ses ëiûits, 

Comme nn de ie« hAos, il eBoqnae Molière*. 
L'antenr de la Satire Jet satires se croit plus sage : 

Suhant l'art de placer ohaqoa ehoes en mn lien. 
Je ne pni* d'nn hroenr m« faira on dmu-dieu *. 

On a cm que, dans le passaf^ où il a parle de Turlupin, 
qui assiste Boileau*, il désignait Molière. C'est une erreur. Il 
s'agisnit de Gilles Boileau, Mais le farceur va clairement à 
Fadresse de notre poète. 

Les deux amb sont raillés ensemble, comme deux compè- 
res, dans ces deux vers contre te satirique, qui terminent la 
|Mèce: 

A Mf Ten emprunta la B^jar applaudit. 

Il règne lar Pamaue, efr Molière l'a dit. 

Soùe ne s'est jamais attiré les coups d'un dieu plus fort que 
lui par d'aussi téméraires insolences. 

La Satire du satires a été, comme la Critique désimérestée, 

1. Rige 6i. — - La citation latine e«t un païuge, anang^ par 
Cotin, de la <atù« ir de Juvénal, ver* i4 et i5 : 

....Cum dira tl fouHar om»i 

OnnùitB ptriena ait..,, 
s. Dnprémax on la Satir» Jet tmtiru, in-ia de la pagM. 

3. Page 4. 

4. Mda». 

5. Pi«e5. 

6. Page?. 



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NOTICB. i5 

iaprim^ sans nom d'aatear et miu date; mais nous uyons 
qn'ea 1666 on l'a inaërëe dans une édition des Satires du 
limr DuprétMx Boilemt\ pnbliée chei Billaine. Quelques 
penooaes ont voulu douter qu'elle Alt de Cotin, Elles ont 
ajouté ïcH au désaveu de paternité qu'impliquent si hardiment 
iJnsieurs passages de sa Critijiu désintérestée. Il y dit quel- 
que part : s Je demande réparation d'honneur pour ceux de 
l'Académie françoîse à qui on a malignement attrÛiiié la Satire 
<k$ tatirei, comme s'ils îgnoroient le beau tour du vers el 
le génie de leur langue*. » Ce qm aurait dA lui coâter plus 
cacore qoe ce sacrifice de son amour-propre d'auteor, ce qui 
Mt d'une extr&me platitude, c'est d'avoir avoué lui-mfîme, 
dus l'espérance de se mieux cacher, la vilenie des attaques : 
■ On lui reproche justement (à l'auteur de la Satire des satires) 
•es ii^nstes invectives et ses basses médisances'.... [Il] traite 
d'abord sou adversaire de bt {de lot), de comédien, de bate- 
leor, de feroeor, de fol enragé. Ces injures atroces ne smit pas 
d un galant Imnme, d'un homme du beau monde, d'un homme 
qui soit bien nourri {bien éteré) ', m Voilà quelles rudes étri- 
niies, Irien méritées d'ailleurs, il ne craignait pas de se doo- 
■er i Im-mfeme. Cétaît vraiment vouloir se dégiiiser trop. 
Non» pensons, comme Berriat-Saint-Prir*, qu'il n'a pas réussi 
à bire prendre le change. Bien des satiriques, Toltaire, par 
exenqile, ont en recours à des stratagèmes de ce genre, sou- 
vrat sans avcùr grande envie de tromper personne. Bmleau, 
oplignant, dans une note de i^iS, un mot de la seconde 
phrase de toa DUcotuv iw la Satire^ dit* : a Ceci regarde 
puticnUèrement Cotin, qui avoit puUié une satire contre l'au- 
teur. B Que serait cette satire, sinon celle qui vient d'être 
citée? S'il en existait une autre, serait-elle aiyonrd'hni in- 



i. Petit in-ii de 8( pages, dont i* sont rcmpliei par la Satîr* 
4n «ivw, d'afvis Berriat-^iut-Prii [OEupm dt BcHma, tome I*, 
^ocm.). 

1. PageSo. 

J. Page «. 

4. Page 36. 

5. OÊmrrwt da Beiiamu, Urne I", p. ccnn et oczrr. 
t. Tome ni. p. 83 de l'édition Bemal-Saint-Prix. 



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■ 6 LES PEHMES SAVANTES. 

Il lâut en TOUT i une •econde Ticdme, uiù« tonte vive, 
avec Cotin, par les veogeances de Molière. Vodius, sans doute, 
o'eit pas tout à fait auui reconnaiisable qne Trissotin ; aucniie 
citatitHi emprunta i se* cenvres ne bous épargne la peine de 
cbercber ma vrai nom. Ce nom cependant n'est pas tn^ 
difficile A trouver. Tadius sait, comme Ménage, v du grec 
aniant qu'homme de France; » il est célèbre par les mëmea 
larcins littéraires qoi ont attiré à Ménage tant d'épigrammea. 
Lorsque Trissotin, loi rendant ses coups d'encensoir, le gratte, 
comme anrait dit M, Jourdain, « par où il se démange, » il 
vante ses églogues ; on sait qne Ménage était particubèrement 
fier des names. Vadius fait mnarquer qne l'auteur des Sa- 
tires ne l'a pas traité c<Hnioe Trissotin, qui est en butte partout 
k ses traits : 

Il me daiinB en pasiant une atteinte iégtre 
Famî plnsieur» autetus qa'aa Pakîi on révère*. 

11 renvoie évidemment, non comme Aimé-Martin l'a dit, au 
vers 91 de la latire iv, qui ne peut pas m&me passer pour 
une légère atteinte , mais aux deux vers 1 7 et 1 8 de la satire a, 
tels qu'on les Ut dans les premières éditions : 

Si je pense parler d'un galant de notre ige, 
Ha plume, pour rimer, rencontrera Ménage. 

Paire entendre que le coquet Ménage prétendait en vain pas- 
ser pour galant, n'était qu'une petite épigranune; et on l'y 
nommait à côté de Quinault, ce dont il pouvait tirer qoelqne 
vanité, Quinault ne Taisant pas mauvaise figure dans les librai- 
ries du Palais. Ainsi tont se rapporte. GiUes, prénom de Mé- 
nage, était devenu, exactement traduit en latin, Mgidius. Le 
nom latin de Vadiia (nous trompons-nous?] n'était pas trop 
mal trouvé pour faire penser à Xgidius. Hais ce qui pouvait le 
moins échapper dans les Femmes savantes, c'est que la querelle 
des deux pédants rappelait, le fameux échange de horions 
qui avait donné Cotin et Ménage en spectacle. D'Olivet veut 
qu'une de Irars altercations ait en lien ches Mademoiselle de 

I. Ver* im8 et 10*9. 



D.nt.zedbïGoOglc 



NOTICE. 17 

Montpensier, à qui l'aU>é Cotin était allë montrer le sonnet à 
Mlle de Longuet'ilfe , à prêtent duchesse de Nemours, sur ta 
fiivre quarte. « Comme il aclievoit de lire ses vers, Ménage 
entra. Hademoiselle les fit voir à Ménage, sans lui en nommer 
l'anteor. Ménage les trouva, ce qa'efiectivement ils étoient, dé- 
testables. Là-dessus, nos deux poètes se dirent à peu près l'un 
à l'antre les douceurs que Molière a si agréablement rimécs ' . » 
La scàie donnée pour véritable paraît là tellemeot semblables 
celle de notre comédie, que l'on a quelque envie de souf>çonaer 
d'Olivet d'avoir arrangé celle-là d'après celle-ci. Cependant 
\t Menagiana ^ où la tradition, recueillie dans un tem|)s plus 
TtMsin, risque moins d'être altérée, est à peu près d'accord. 
Seulement il place ailleurs le champ de bataille où s'escrimè- 
rent les combattants, et ne donne pas leurs noms, s'étant con- 
tenté ifi dire un peu plus haut que Trissotin était l'abbé Cotin, 
Void le passage : > La scène où Vadius se brouille avec Tris- 
aotin, parce qu'il critique le sonnet sur la fièvre, qu'il ne sait 
pas être de Trissotin, s'est passée véritablement chez M. B*", 
Ce fut H. Detpréaux qui la dcmna à Molière*. » Autre va- 
riante dans le BoUeana {1742)* : u La même scène s'étoit 
passée entre Gilles Boileau, ^re du satirique, et l'abbé Cotiu, » 
Cest vraisemblablement ce même Gilles Boileau que le Me- 
i^iana désigne par l'initiale B. Si Ménage cependant avait 
SB que ce frère de Despréaux n'avait pas été seulement, chez 
kn, on des temoios, nuis un des deux acteurs de la dispute, 
ce qui Terait de lui le véritable Vadius, ne se serait-il pas em- 
pressé de rejeter sur lui un ridicule dont il ne se souciait pas 
de rester chaîné? Il ne l'a pas fait et s'est contenté de pro- 
tester, comme nous te verrons tout à l'heure, contre le rôle 
qu'on loi donnait dans Us Femmes savantes. 

En dépit du SotMona, le plus vraisemblable est que la scène 
rMle, dont s'est inspiré Molière, s'est passée entre Cotin et 
Ménage. En tout cas, lorsque tant de traits, comme nous l'avons 
va, font dans Vadius reconnaître Ménage, comment ne serait-ce 



I. BuUirt Je t/itadémit, Xtant II, p. iSg. 
■■ Memagiaa», tome III, p. i3. 
J. PȤfi 34. Vojes anwi les lUmoim.,,. J* Lom* R 
[CMC I da Amû(«, p, sGi. 



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i8 LES FEMMES SAVANTES. 

pu Iiû que Molière, fidèle ou non k l'exacte tMU, a mis 
aux prises aTec Trissotia? TTëcrivant pas une page d'histoire, 
il pouvait, s'il ^tait néceaiaire, écarter Gilles Boilean ou tout 
antre et préférer Ménage. Il était difficile de mieux choisir; 
car, entre celui-ci et Cotin, il y avait eu, comme nous l'allona 
dire, de célèbres rencontres, oili ils avaient fait assaut d'invec- 
tives, très^ropres à divertir la galerie, 

Cotin, on le sait, a écrit la Ménagerie^ oh. il n'épargne pas 
tes injures À Ménage, Ce libelle est sans indication de date ni 
de limi* ; mus il doit Stre d'un temps voisin de i65g, car on 
y lit BOUS le titre A' Avis au lecteur ' : « Je pensois que toute la 
Ménagerie fdt achevée, quand on m'a averti qu'après les Pré- 
cieuses on doit jouer, diez Molière, Ménage hypercritique, 
le Faux savant et le Pédant coquet : Fivai. » Voilà une joie 
dont te malheur de Cotio, en 1673, a rendu l'imprudence 
extrêmement comique. Ce qtn avait excité la grande colère de 
Codn, c'est que Ménage, mécontent d'un quatrain de l'Abbé 
sur la surdité de Mlle de Scudéry, lui avait décoché ime épi- 
gramme en tatiu*. Id riposte de Cotin fut la Ménagerie^ dont 
loi-même explique en cet termes* le titre et le dessein ; 
« J'appelle ainsi un pe^t Recuâl de vers, fait en faveur du fa- 
meux Monùeur Ménage, lequel a cherché querelle avec moi, 
et l'a trouvée. Ce galand homme a fait contre moi une é[n- 
gramme de dix-huit vers, qu'à cause de sa bigarrure de latin 
et de grec, je nomme une épigramme à la Suisse *, où il lui a 
plu de me traiter obligeamment de brutal et d'insensé.... » 

I . A II fin de la MiaagirU, Aiàiie à S. A. R. Mademoiselle, > 
sont ajoutés cet mot* : Intfirimi par Ut Aatimiaagiiiét, rue da Mati- 
fait gaiyoïu, à CEmngnt de la CeraûlU d'Étoile, ekei le PédaKI di- 
momi, A CotmopalU. — Si quelques-uni ont cru la ttiaagtria de 
1666, o'eat tant doute parue qu'il en exiite une édition de la Haja 
arec cette date. 

1. Pages 5i et Si. 

3. flatlet lur Ulle Je Seadiry, pu- E.-J.-B. Rathery, en tête Aê 
MattemoùetU de Scudiry, ta vit et M eorrt^ndaHee, arec un eh«U Jt 

Mtpoitïet. Paris, Techoner, 1873 : voyez p. i3i et i3i. 

4. Psge 3. 

5. Ces mots : c i ta Sniite, * font uns doute allnsion à la bi- 
garrure da eostoma dei garde* ou hallebardien misses du Pape; 



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NOTICE. ig 

Moiîère, eût-il mis quelque fiction dans sa fameuse scène, ne 
pouTait doDC rencontrer perionne qui donnât mienz la ré' 
|Jîque à Trissotin que M^ge.- 

Il plot à celni-ci, d'après le Managiana, de chercher à tirer 
•on^pingte du jeu. v L'on me vent (aire accroire, aurait-il 
dit', que je suis le savant qui parle d'un ton doax. Ce sont 
cboMS cependant que Molière désavouoit. » Ce désaveu, qui 
d'ailloirs portait sur toutes les applications qae l'on fÛsait 
de la cMBÀlie, est constate par le Mercure galant de 167a ; 
* H. de Holière s'est suffisamment justifié de cela par nne 
hanngne qu'il fit au public deux jours avant la première re- 
iràentarïc»! de sa pièce*. » C'est grand dommage que cette 
petite harangue ne nous ait pas été conservée. Il est probable 
qi^auaisODnée de malices, qui devaient plutAt confirmer que 
Bettre en doute ce que chacun savait déjà, elle ne pouvait 
iroraper personne. Holière eût été bien fâché que son démenti, 
de pare forme, fSt tenu pour sérieux. Ses précautions étaient 
[ciies, du côté de Trissotin surtout, pour que la satisEaction 
qu'il dcmnait à ses victimes ne parât que dérisoire. Elle ne 
Fêtait guère moins que ne fut, au siècle suivant, celle de la 
Xeqtàéte de Jérôme Carré aux Parisiens, pour leur persuader 
que VÉco$saise était la ûmple traduction d'une comédie de 
M. Hume, prêtre écossais, dans laquelle le nom de Wasp 
n'avait pu fctre traduit que par celui de Frelon, 

Le désaveu de Molière e«t indivisible. Ménage ne ponvait 
fetie reçu à l'accepter pour lui-même et non pour Cotiu. Mais, 
ootre qu'il n'avût aucun intérêt à ne pas laisser celui-ci au 
fond dn puits oà tous deux se trouvaient de compagnie, le 
moyen de l'en tirer avec lui ? Après ce que nous avons dit 
précédemment, on devrait croire que personne n'a tenté ce 
nnvetage de Cotin. Bh tnen, Roederer s'est rencontré. Citons 
les arguments dont H appuie son paradoxe : « Un coquin 
ne prêche pas dix-sept carêmes de suite à Notre-Dame.... 
Mme de Sëvigné, qui connaissait Cotin et ne le méprisait 
pu, ne se serait pas réjouie d'entendre la lecture du rdle de 

•me m, p. i3. 

9i3 (d'un attiele daté dn la mars : vojex ci- 
I, p. 3 d Doie i). 



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ao LES FEUHES SÀTÀNTES. 

TrÎHOtin par Mcdière, n c'eût ^1^ Cotin que ce r61e rei»^Bea- 
tât'. » La première de ces prétendues preuves, tirée des nom- 
breux carêmes, est par trop naïve ; la seconde serait un peu 
moins faible, m oa la faisait valotr en faveur, non de Gotin, mais 
de Hàiage. Nous craignons toutefois que, mSme de ce cdté, 
l'aimable rieuse n'eût pas tant de scrupules, et qa'elle ne fût 
pas d'un caractère à prendre au tragique la mésaventure de son 
vieux mattre tombé dans des mains redoutables. Chez elle, l'ami- 
tié, quelque sincère qu'ellefût, n'excluait pas la malice. Au aII1^- 
ploB, il est probable qu'elle ne connaissait pas en«n« la pièce 
lorsqu'elle se promettait d'en entendre la lecture. Depuis, nous 
ne trouvons pas qu'elle ait rien écrit pour l'approuver. 

Rnderer pouvait dire qu'il avait pour lui de Visé ; maïs 3 
faut y regarder de près. Nous lisons dans te Mercure gaiatU 
de 1673 * ; « On ne peut croire qu'un faomme qui est souvent 
parmi les premières personnes de la cour et que Hademm- 
selle honore du nom de son ami, puisse 6tre cru r<^jet d'une 
si sanglante satire. » Bayle, qm transcrit ce passage dans sa 
Répome aux questions eCun provincial *, a bien raison de dire 
i la marge : « Cela est pourtant très-vrai, » Hais il est évident 
que de Visé n'a point parlé sérieusement, et que les mots : « on 
ne peut croire », ne sont qu'un artiEce de langage, un blâme 
déguisé de la hardiesse de Molière, contre lequel il ne voulait 
pas, tout en plaidant pour Cotin, se déclarer plus ouvertement. 
Un peu plus haut, après avwr eu l'air de prendre pour bon ar- 
gent la justification de Molière, il avait ajouté : o Et puis ce 
prétendu original de cette agréable comédie ne doit pas s'en 
mettre en peine, s'il est aussi sage et aussi habile homme que 
l'on dit; et cela ne servira qu'à faire éclater davantage son 
mérite en faisant naître l'envie de le comurftre, de lire ses écrits 
et d'aller à ses serm<ma, Aristophane ne détruisit point la ré- 
putation de Socrate en le jouant dans une de ses farces*..,. > 
C'est tout umplement un pen de sucre pour adoucir la pîlale. 



I. Mimùra pour itrrir i FUtleir* d» U tonili poR» tu Frm 
p. 3,3 .1 3,<. 

I. Tomel', p, 3ig (dn ig m*rt], 

3. A Hotterdam, tome 1", hikhiiv : vojea p. sSo. 

4. Pages »i3 et 114. 



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NOTICE. 91 

Cette ressemblance avec Socrate, vilipenda dans la comédie 
Ae%Iliufe$, ce service rendu par la satire, qui met en lumière 
l'fcrivain et le prëdicatear, voilà d'ingënieasea consolations 
auxqaelles on n'a pas recours lorsqu'on eapère faire croire 
qu'il n'y a pmnt de blessure à panser. 

U ^tait moins difficile i Ménage qu'à Cotin de se feindre, 
en ce qui le coacernait, incrédule à la rumeur pnblîque, Bn 
pareQ cas, do reste, d'antres que lui se sont plu à dire im- 
posable l'intention prêtée à un satirique de les aT<»r eus en 
vne. Comme tonte histoire, souvent l'histoire littéraire se ré- 
pits. Noos avons parlé de l'Écrusahe de Voltaire : avant la 
représentation de cette comédie, Fréron avait essayé <le la 
même tactique qne Ménage, avec aussi peu de conviction ; « Il 
m'est revenu, disait-il dans son Année liitéralre ', que quel- 
ques pedta éerivaillenrs prétendoient que c'étoit moi qu'on 
«voit vonla dérigner sous le nom de Frelon : à la bonne heure, 
qu'Us le croient ou qu'ils feignent de le croire, et qu'ils tlchent 
même de lebire croire à d'autres.... M, de Voltaire anroit-il 
jamais osé traiter quelqu'un de fripon? Il connott les égards; 
il sait trop ce qu'il se doit i lui-même et ce qu'il doit aux an- 
Im. a Un peu différente cei^eudant était la feinte de Ménage, 
où il n'y avait pas la même ironie. Celait simplement la brave 
eoDUoance d'un bomme d'écrit*, qui fait bonne mine à mau- 



f. Tome IV. p. iij et iiS, 3 juin 1760. 

s. CeM en homme H'e*prit auiti que, d'ipr^ le Mcnagiaae 
(lome n, p. 65), ît aunit lou^, en i6Sg, tei Préciiiati ridiatUê 
Dani la Itoliee de cette piïce (voyez notre tome II, p. 14 et tS), 
H. Dmpoii, te rangeant à ravii de M. Bazin, et regardant eommo 
pea iftr en général le témoignage du Htnagiana, ne croit pas que 
Ménage ffll homme d'atiex bon len* pour avoir tenu anr cette co- 
médie le laagage qu'on loi • prttJ. Noa doutei D'îraieni pa* tout 1 
Eut auMÏ Imn que te* sien*. On • seulement exagéré peut-être le* 
Mrme* de Tactc de contrition que lui arracha U utîre excellente de 
ce qu'il avait adoré jusque-là. Quanta ion refus de «e reeonnaîlie 
deu* la femmei laranlti, U a, dan* le* expresiïoo* mtmet que l'on 
met dan* m boucbe, un grand air d'aulhenticilé. Ce serait une 
preuve de pin* de bon *«o* qu'on ne lui en accorde. Il au- 
rait donc étî capable d'en avoir asset pour ae tirer, avec la mCme 
«dresse, du mauvais p«* de* PrHUutM riJknUt. 



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32 LES FEMMES SAVANTES. 

vais jeu et ne veut ims donaer aux rieurs plus d'amusement 
encore en se fâchant. 

ApprouTons-le donc d'avoir ^t^ assex sage pour receviûr le 
coup sans crier : « Je suis touché; a mais ne soyons pas naï- 
vement dupes de sa finesse. Sincèrement persuada qu'il n'était 
pas B le savant qui parle d'un ton doux, » il aurait été seul à 
ne pas coin{w-endre ce. qui dtait<.si dair. Les contemporains n« 
doutaient pas. Un d'eux, Hichelet, dans son Dictionnaire fnm- 
çois, parlait, en i^79> comme d'une chose admise par tous^ 
de l'identité de Vadius et de Ménage, tout aussi tnen que de 
celle de Trisaotin et de l'abbë Cotiii ; il disait au mot aanocHn : 
s Cotin, dans la comédie des Femmet sapantes, re[HY>che 1 H^ 
nage d'assez plaisantes choses; Ménage, à son tour, lui en re- 
proche quelques antres qui ne sont pas mal plaisantes aussi. » 
De même, dans une des éditions suivantes', au mot s'AiwRasni, 
il donnait pour exemple de ce verbe réfléchi, pris an sens A'at- 
taquer une personne de gaieté de cœur, etc. : « Ménage et Cotia 
se sont par plaiùr adressés à Molière, et Molière qui étoit sen- 
sible, et qui d'aillenra étoit sollicité par Despréaux, les a beniés 
dans la comédie des Femmet sapamet. Ménage sous le nom de 
Fadius, et Cotin sous celui de Trisaotin. » 

Ainsi, pour tout le monde, Ménage est resté et restwa 
Fadius, " le fripier d'écrits, ■> traité moins durement que 
Trissotin, mais encore assez bien ridiculisé. Qu'avait-il fait 
à Molière? De son cAté, nous n'avons pas de preuves aussi po* 
sitives d'une provocation que du c6té de son compagnon d'ia- 
fortune. Le bruit avait couru, nous t'avons dit*, d'une tenta- 
tive qu'il aurait faite, avec Cotin, pour brouiller notre poSte 
avec le duc de Montausier. Serait-ce tout? Il devait j avoir 
eu quelques griefs plus anciens, puisque Cotin nous a appris 
que, bien avant les Femmes savantes, on avait songé à ba- 
fouer Ménage sur le théâtre de Molière*. Ce qui fut alors 
différé ne fut pas perdu, mais Cotin ne pouvait plus crier 

Ce pauvre Cotin n'avala pas le breuvage amer avec aatant 

f. Dam celle de GeDère, 169}. 

3. Voyeip. Set i3. 

3. Voyei ci-deiMis, p. i9. 



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de plûloBf^ie que Vénaga. Cëtùt, il est vrai, le sien qui 
ivait le flia de dëboire; car le personnage qu'on avait aBublé, 
sinon de son habit, du moins de lei vers, est coupable, au dé- 
nonement, d'une licbeté qui trahit sa basse avarice. Cotin, 
cette fcHs, n'essaya pas de riposter; il se tint en si humble pos- 
tiir« que, dans le même mois de mars où les Femmes savantet 
venaieut d'ètrs jouëes, il ne se joignit pas à ses confrères de 
TAcadémie qui allèrent à Versailles remercier le B<h de I'Ihh^ 
nenr qu'il leur iaisait de se déclarer le Protecteur de la Com- 
pagnie. Il craignait, s'il faut s'en rapporter anMercwe gtûatU*, 
■ qu'on ne crût qu'il s'ëtoit servi de cette occasion pour se 
plaindre au Roi de la comédie qu'on prétend que M. de Ho- 
lière ait bite contre lui, » N'étant pas habitué à des scrupules 
si délicats, A est beanconp plus probable que la honte seule 
loi ottsàlla de fuir tous les regards. 11 cachait mal, dit-<ia, 
qa*na si mde coup l'avait assominé. Une tradition, trop faci- 
lement acceptée par Voltaire*, vent même que le chagrin l'ait 
conduit au tombeau. On ne peut dire du moins qu'il l'y pr^ 
cqnta : il ne mourut que beaucoup plus tard, neuf ans après 
Hohère, ainsi justifié, ce semble, d'un homicide, dix ans après 
la r^résentation des Femmes saroBtet^ en décembre 1681, à 
rige de aoixante^ix-huit ans. Sans tomber dans l' exagéra tion 
tragique de oeox qui l'ont tué sur le coup, Bayle constate ce- 
pendant qu'on le représentait comme profondément accablé et 
deveno une sorte de farouche Bellérophon, qui ronge son cœur 
et fuit les hommes : « Je voua nommerois, dît-il ', si cela ctoit 
néceuaire.'deui ou trois personnes de poids, qui, à leur retour 
de Paris, après les premières représentations de la comédie des 
Femmet lavtiatei, racontèrent en province qu'il fut consterné 
de ce rode coup, qu'il se regarda et qu'on le considéra comme 
frappé de la fondre, qu'il n'osoit plus se montrer, que ses amis 
l'obandonnà^nt. ... Je veux crràre que c'éloient des hyperboles ; 
■ais ou o'a point vn qu'il ait donné depuis ce temps-là nul 

I. ToBM 1", p. aiS et 319. Le paiMge est daté, il la fin, dn 
19 mm. 

9. Vojex ci-apT^ ion Sammairt. 

3. MifcmM auf fautiant iTun provlaàal, Rotterdam, tome 1" 
(■■NX**), p. 945 et 146. 



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a4 LES FBHUËS SAVANTES. 

rigne de vie. » Rabattoat-eii encore un peu, puisque Ba^le 
ajoute à la marge : « J'excepte un sonnet inséra dans le Mer- 
cure galant de juïUet 1678*, & Ce sonnet, à cette date, a 
quelque chose de rassurant. 

D'Olivet dit aussi quelques mots du découragement qni fit 
taire et désarma la muse de Cotin ; il offre toutefois à la con- 
science de son oppresseur un petit soulagement, par cette r»- 
marque qu'en 167a l'Sge de l'infortuné l'avait pent-ètre o déjà 
mis hors de combat; car il baissa extrêmement sur la fin de 
ses jours, et m6me ses parents, à ce que dit M. Perrault (Pu- 
rallèles, tome III)^ agirent pour obtenir qu'il lût mis en cura- 
telle». » . 

Quelles qu'aient été les suites des sanglantes railleries de 
Molière, on s'est étonné que notre auteur ait osé si publique- 
ment Trapper le bel esprit attitré da Lnxembourg et de l'hAtel 
de Rolian, un académicien (Cotin l'était depuis i655), un des 
aumôniers du Rm. 

EtleRoi, que dit-il? — LeRotsepriti rire'. 

Voilà, du mmns, ce que rend très-probabte le fait qu'il n'ar- 
rStapas les représentations de la pièce. Il n'avait jamais mar- 
qué de mécontentement des continuelles attaques du satirique 
contre Cotin, ni paru admettre ce que celui-ci avait tant de 
fois insinué : 

Qui mépriis Cotin n'cttîme point ton Roi*. 

Peut-être pensait-il que le peu charitable abbé avait dierché 
bataille, et si, pour cette raison ou pour toute autre, il avait 
laissé le champ ouvert à Boileau, ce n'était pas pour le fermer 

I . Figea 19 et 3o, Sur la paia offtfte par U Jfoi «us KoUmiJoU, 
Le Uêrturt dît, à la suite du patiage cité : ■ H. l'abbé Cotio a 
fait ce ■onnet. Il fut très-bien reçu du. Roi, quand il eut l'hon- 
neur de le prétenter. > 

a. H'itioira Je FAcadinùe, tome II, p. i5g et 160. — Vojex en 
effet au tome III (t6gi) des PeraUiïtt dtt antUitt tt du modem— 
en ce fui regarde la poiûe, p, sSB-iSg, l'intéiesaant passage qui eoo- 
cerue l'abbé Cotin. 

3. Boileau, ipùre tt, Tera 54. 



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k Holifre, anqnel il n'avait jamais refiu^ de très -particulières 
libertés. Il fallait asaurëment en prendre beaucoup pour faire 
riie n im[ûlo;abIeiaeQt d'un sonnet 

qui chei une princeue 

A pauë pour aroir quelque délicatesie '. 

Cdte princesse nVtait pas imaginaire. Son nom fut certai- 
Donait alors dans toutes les bouches, aussi bien que celui de 
l'auteur du sonnet. Elle ëtait du sang royal, cousine germaine 
du Roi. Qui ne savait que c'était h Mademoiselle que Cotin 
avait lu Im vera, dont les admiratrices sont aussi ridiculisas 
par Molière q»e l'auteur lui-mSiDe? Elle était donc en droit de 
ne pas trouver bon que l'on eflt fait jouer à Philaminte, à Ar- 
maode, à Btflise un rdie qui avait été i peu près le sien. Quant 
1 la princesse Omnie, inritée à nojer sa fièvre, elle est àé- 
àgaie dans les Œupm galantes comme étant la duchesse 
de Nfmours*, femme de beaucoup d'esprit, quoiqu'elle admit 
Cotin i lui faire agréer l'hommage de sa méchante poésie. Ou 
le Boi ne vit pas dans le ridicule jeté sur le sonnet, auquel les 
deux nobles dames devaient prendre quelque intérêt, un manque 
de re^tect «pi'elles eussent k prendre au sérieux, ou il sHnquié- 
tail trop peu de leur déplaisb pour les défendre contre l'homme 
û amusant dont il n'était pas habitué k gêner tes hardiesses. 

Nous avons insisté sur les personnalités de la comédie des 
Femmer tavanui, parce qu'elles appartiennent k l'histoire anec- 
dotique, à laquelle ces Nociees doivent faire une grande place. 
A UD point de vue plus purement littéraire, il serait permis 
de beaucoup moins s'attacher, dans celle-ci, au câté de la sa- 
tire persiKmelle. Cette satire s'oublie facilement dans la peiri- 
Inrc plu générale d'une comédie de moeurs, lorsqu'elle n'y 
vient, comme ici, rien déranger. Dans le tableau il y a tant 
d'art, que les deux pédants qui y figurent semblent plutAt des 
caractères généraux que des portraits, et qu'an lieu de mo- 
dèlet vivants, ayant seulem^it donné au peintre la peine de 

I. I^t Femmu MMnfu, acte lU, icèDe ii, Ter* 761 et 7S1. 

1. Fille du premier lit du duc de Longueville. Elle Aitt, an 
tCMp* de la pubficalion du sonnet dui* le* Œmret galimfei, veuve 
da dw de Nemours, nort en janvier 1659. 



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a6 LES FEMMES SAVANTES. 

les faine poser, on croit voir des types qui ont ^t^ tronrà par 
la simple observation des défauts des hommes. Loin de faire 
dans la pièce l'effet de hors-d' oeuvre, ils ; paraissent nëce»* 
saires, et il ne serait pas plus facile de les en détacher que 
les autres personnages. En même temps, ceux-ci, quoiqu'ils 
ne cachent, que nous sachions, personne sous leurs noms de 
comédie, ne sont pas pour cela des figures moins vivuilet, 
moins fidèlement dessinées d'après nature que celles de Tri>- 
■otin-Codn et de Vadius- Ménage. 

Jamais Molière n'a plus heureivement fait contraster les 
caractères. L'art des oppositions, destinées k mettre en relief 
un ridicule, cet art, quelque grand, par exemple, qu'il sût 
dans le Bourgeois gentilAomme, est ici plus merveilleux cocon. 
Voici l'honnête bourgeois, avec mhi bon sens comiquement 
vulgaire, mais souvent très-juste, .sans volonté d'ailleurs et 
responsable de ta conduite ridicule de ses trcûs folles, parce 
qu'il est trop faible pour les mettre i la raison, et pour savoir 
garder au logis le rAle de l'homme quand elles ont oublié celui 
de la femme. Voici la tout aimable jeune fille qui, sans d(Hinw 
dans le bel esprit, a tant d'esprit véritable, modèle accompli 
de cette raison pleine de naturel et de grftce que jamais son 
sexe ne remplace par une prétentieuse philosophie sans paraî- 
tre avoir de la barbe. Puis c'est le digne prétendant à sa main, 
Vhormête liomme, comme on disait alors, chez qui Molière, 
poor dédommager la cour, si souvent s immolée au parterre ' » 
dans ses comédies, n'a montré cette fois que les cdtés aimables 
de cette cour, et qu'il a si bien choisi pour faire éclater la su- 
périorité de l'esprit du monde sur l'ennuyeux savoir des lourds 
pédants. N'oublions pas la pauvre servante, dont la grosse sa- 
gesse, le sens commun tout populaire et naïf a le bonheur de 
ne rien comprendre au jargon des gens qni ne parlent pas 
a tout droit* ». 

On a toujours admiré la vérité des portraits de cette a^ 
médie, de ceux qui servent d'antithèse au pédantisme et de 
ceux qui le personnifient. Parmi ces derniers cependant, il en 
est un dont le ridicule a paru outré. Ce n'est pas qu'au fond 
il j ait de l'invraisemblance dans la manie d'une femme pos- 

I. Boilean, ipUre vn, vert 3s. — a. Acie II, scène ti, vert 486. 



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NOTICE. s, 

tédét de l'îd^ fixe que totu les soupirs, même les j^aa dis- 
crètement étouffés, sont pour elle. Les chimères de Béiise finis- 
sent toutefois par dépasser les limites au delà desquelles on 
doit les tenir pour un cas médical. Comment supposer que 
Molière ne l'ait pas lui-mSme senti f Hais celui qui avait bit de 
M. Jourdain un mamamouchi, savait qu'au théâtre il est sou- 
vent boa d'exagérer les biiarreries qui font rire. A cAté de 
tant de traits qu'il avait dessinés sur nature, en se contentant 
d'un léger grossissement, il a pu, cette fois encore, sans gâter 
son clief-d'ceavre et poui' l'égayer, admettre cbei un de ses 
persMUHges secMidaires ud peu plus de caricature. Comme il 
n'oubliait rien de ce qui lui avait paru plaisant, it avait été cm~ 
lainement tenté par le souvenir des f^isionnairej ' de Desmareti. 
Ce n'est pas lui cependant qui aur.ait, comme Pellisson, traita 
cette comédie d' a inimitable* ». Voici, d'afffès MtMichesnay*, 
le jageomit digne, surtout ici, d'attention, qu'il en aurait on 
jour porté : s H. Despréaux m'a dit que, Usant à Molière sa 
satire qui commence par 

Màà it n'eit point ie fou qui, par bonnes raiions, 
Ne loge ton Toïrin aux Petites-Nations*, 

Molière lui fit entendre qu'il avoit eu dessein de traiter ce 
■niet-là; mais qu'il demandoit .i être traité avec la dernière 
délicatesse; qu'il ne falloit point surtout fiiire comme Desma- 
rets, dans ses Fixionnaireu, qui a justement mis sur le théittre 
des fous dignes des Petites-Maisons. » S'il avait eu le temps 
d'exécuter son projet, il ne serait pas tombé dans la mSme 
faute de ne présenter dans une pièce que des personnages ayant 
à l'envi perdu la tËte. Quand il mît sur la scène ses savantes, 
il trouva suffisant de réserver un petit coin aux pures extra- 
vagances de l'une d'elles. Chez Desmarets, les visions d'Hes- 
périe, 

.... de mille amants s*na cesie importniiée, 

1. Ut Fimmaairt, toméJU, i Paris, chez Jean Camunt, 

MDCUI*II, 10-4*. 

s, Bittaire é* lÂeaiime, tome I* (17*9), P- 9o- 
J. A>Am« (1741), p- 38 et 39. 

4. Salir* IV, ver* 3 et 4. Au premier de ce* deux vers, le vrai 
Kile de Boilean est a h^iu raisons >. 



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98 LES FEMMES SAVANTES. 

ne lui sraient sembla nna idée comique et divertisunte qu'à 
la coodidou d'être un peu adoucies. 

La ressemblance de ce rAle d'Hespérie et de celai de Btflise 
n'avait pas échappé aux contemporains. Bussy en parlait dans 
une lettre aa P. Ripin, du n avril 1673, sans approuT«r Mo- 
lière plus que Desmarets, Il donnait mSme l'avantage à l'imité 
BUT l'imitateur, jugement dont on s'étonne chez un homme de 
goût comme lui : s Le personnage de Bélise, dit-il, est une 
fbible copie d'une des femmes de la comédie des Fitionnairet, 
11 j' en a d'asKz folles pour croire que tout le monde eM amou- 
reux d'elles; mais il n'y en a point qui entreprennent de le 
persuader à leurs amants malgré eux. » Quiconqne a décou- 
vert, oii que ce soit, ches Molière, one s foible copie, » a 
eu, ce joor-là, la vue trouble. Quand on rapproche les pas- 
sages correspondants des deux pièces', COttJtÂea ne trouve- 
t-on pas, dans la nAtre, le trait comique autrement aignisé, 
te style d'une supériorité qui ne permet pas même de compa- 
raison! 

Ce n'est pas seulement le rdie de Bélise que Bussy, dans la 
même lettre, a tenté de critiquer : s Le caractère, ajonte-t-il, 
de PhJlaminte avec lUartine n'est pas naturel. Il n'est pas 
vraisemblaUe qu'une femme fasse tant de bruit et enfin chasse 
sa servante parce qu'elle ne parie pas bien françois ; et il l'est 
moins encore que cette servante, après avoir dit mille mé- 

I, Ceit ce qui est fait cî-sprit dam les notes. Les puiagei des 
Fuionaaint, qui j sont citJi, ont trop de reMemblance avec quel- 
qnei-nni dei Ten de* hmnut laraniei pour laiucr aucuo doute. H 
est inCOQtHtabte que Moliire STiit la Fuàmnaira aoui In Jeux, 
et difficile, pour ne citer qu'un exemple, de ne pas voir un em- 
prunt dan* ce* ven de la seine m de l'acte lU : 
Si la nèela nadoit j utic* mi beaux oipiiM,... 

Dans la pièce de Deunareti, Amidor, le « poCte extravagant, • dit 
k l'acte IV, tctee ir : 



J'aaraîi va* Matva «a la piMa pabliqM. 



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chaob mois, comme elJe doit dire, eo dise de fort bons et 
d'estraordinaires, comme quand Hu-tine dit : 

L'eq)rit n'eu point da tout ce qa'il faut en in6»ge ; 
Le* iivret quadrent mal areo le mariage '. 

II n'y a pas de jugement à faire dire le mot de quadrer par 
mie servante qui parle fort mal, quoiqu'elle puisse avoir du 
bon sens, s Ce a' est pas que Bussy ait refusé d'ailleurs de 
^andes louanges à une comddie qu'il proclame a un des plus 
beaux ouvrages de Molière. » Hais il ^tait de ces délicats 
qui, dans leur admiration, se piquent volontiers de faire des 
réserva. Les siennes étaient-elles aussi justes qu'il le croyait 7 
CodUK la Bruyère, cherchant querelle au Tartuffe, il mon- 
trait qu'il n'était pas dn métier, et ne se rendait pas compte 
de la nécessite de ne pas marquer la vérité de traits trop 
fins sur U scène. Vouloir d'ailleurs que Philaminte soit inca- 
paUe de mettre à la porte une fille rustique dont les solé- 
Qsmes ofiensent continaellement ses oreilles, c'est lui retran- 
cher un des traits, non-seulement les plus plaisants, mais les 
plos naturels, de sa tyrannie de grammairienne. Nous con- 
viendrions plus facilement de quelques di^rates dans le lao- 
gage de Hairtine. Mais, avec cette rigueur, peut^tre seraio-il 
impossible de faire parler au théâtre ou dans un roman, fât-il, 
axnme on dit aujourd'hui, naturaliint, soit un paysan, soit 
tnite antre personne inculte. Il y a toujours quelque moment 
où nous oublions leur pauvre et véritable langue, qui rend st 
peu d'iiiées, et oà nous y mêlons, par nécesùté ou par dis- 
tractioa, nn peu de la ndtre. Lecteurs et spectateurs ont asses 
volontiers la c(»nplaisance de ne s'en pas trop apercevoir. 

Après tout, si, dans les discours de Martine, on surprend 
Holi^ en faute, c'est bien rarement. Le don qu'il avait d'ei- 
primer et de faire sentir sa conception profonde des caractères 
pu U vérité de chaque mot qu'il mettait dans la bouche de 
Ms personnages et de peindre fidèlement les physionomies 
par la couleur du langage, ne s'est jamais mieux montré que 
ilans ses Pmunet sananus, Cest un des plus saillants mérites 
du style de cette comédie, que Laharpe a eu raison de dire 

I. Vers 1664 et i665. 



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3o LES FEMMES SAVANTES. 

« d'une fabrique qu'on a'a point retrouvée depuis Molière'. » 
Tout y est plein d'esprit, mais d'un esprit qui ne paraît pas 
fttre celui de l'anteur, parce qu'il a écrit sous la dictée de la 
nature. 

Une sentie pas douteux que sa belle comëdie eut le succèa 
qu'il avait dà s'en promettre. Du n mars au 5 avril 1671, 
elle fut jouée onze fois, avec de très-satisfaisantes recettes. 
Interrompues par les vacances de Pâques, les représentations 
recommencèrent le ag avril et continuèrent jusqu'au dimanche 
i5 mai. Elles furent reprises le 18, le ai et le a3 octobre, 
puis, en 1673, les 3 et 5 février. La pièce alors céda la place 
aa. Malade imaginaire, qui fut répété le 7, représenté le 10 
du même mois. Gtons le Registre de la Grange : 

Pièce nouTelle de M. de Uolièra. 

Vendredi ïi"* {mars 167a], Femmet taraaiet tjSS» 

Dimtnehe i3* mars, Femaui lamatti 1196 10' 

Mardi i5* idem 1696 10 

Vendredi iS Idtm 1447 

Dimanche 30 IJtn iiaS 

Hardi ai Idim i3a6 

Vendredi a5* Niant, 

DiiDancliea7 Peitaut savanisi 1060 

Mardi ag Ii&m 717 

Vendredi i" arril. Idem 1019 10 

Dimanche 3 Idtm 65o ta 

Mardi 5 Ftmnut larantti S93 

La troupe du Roi an Palais-Royal.... a recommence après 
Piqne*, le 

Vendredi 19* arril, par Ut Ftmnui tavanltt ou Tr'w 

lOtia 495" l*>' 

Dimanche i" mai, Idem 6aa 

Mardi 3* Trùieiiu 45» 

Vendredi 6* JJem 364 

Dimanche 8* Idtm 73* i5 

Mkrdi lo' Idem a6S 10 

Vendredi i3 Idem i58 5 

Dimanche i5* Idem 56o 5 



" partie, chapitre vi, •«»- 



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IfOTICS. 3i 



Du jeadi 1 1 [août], nno TÏiite ■ Sumt-Cloa, chez McumBOB. Jouj 
Ui Ftmmtd tarmiUat; reçu. 33o* 

UaniU iS octobre, Trittelia GiS iS' 

Vendredi ï i Idtm 476 S 

Dûnanche a} Idtm S91 10 

' ' teii'. ■ 

Vendredi 3 ttwier, Trittotia sgS 

Dinuncbe 5 I<Um 388 

Au lieu de la faveur publique assez bien constatée, ce nous 
Mcnble, par ces renseiguements uullientîques, une chute, à ce 
que prétend Grimarest, menaçait Molière^ si le Roi n'en 
avait garautï les Femmes savantes par son approbation. Nous 
regrettons que Voltaire' s'en soit, à cette occasion, rapporté 
au témoignage du biographe ; nous allons voir combien peu il 
méritait cette confiance. « Si le Roi, dit Grimarest*, n'avoit eu 
autant de bonté pour Molière, à l'egaid de ses Femmes savantes, 
que Sa Uajesté en avoit eu auparavant au sujet du Bourgeois 
geiuUhomme^ cette première pièce seroit peut-être tombée. Ce 
divertissement, disoit-on, étoit sec, peu intéressant, et ne con- 
vencHt qu'à des gens de lecture.... Le Roi n'avoit point parlé 
à ta première représentation de cette pièce; mais, à la seconde, 
qui se donna àSaint-CIoud, Sa Majesté dit à Molière que la pre- 
nùère fois elle avoit dans l'esprit autre chose qui l'avoit empè- 
dié d'observer sa pièce; mais qu'elle étoit très-bonne et qu'elle 
lui avoit fait beaucoup de plaisir, Molière n'en demandoit pas 
davantage, assure que ce qui plaisoit au Roi étoit bien reçu 
des connoisseun, et assujettiasoit les autres. Ainsi il donna sa 
pièce à Pari» avec confiance le 11' de mai 167a, » Nous 

t. Vo/ei ci-«prèf ton Sommairt. — Lt Mtreuri de juillet i^iS 
(p. i3>) a dit (emblablement, wr la foi uni doute de Grimareit, 
p'à la première repréieniation la pièce « tomba presque tont i 
bit..., joaqa'à ce que le Bot, l'ayant vue une lecoude fois, en paria 
brarabkmeDt. ■ Û avait cependant constaté {p. 13g) qu'elle avait 
fabord été joaée an Palal»-Rojal , et il n'arait point, comme Gri- 
mana, parlé de Saint-Ooad. 

*. Pifct 370, «71 et a7s. 



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3a LES FEMMES SAVANTES. 

avooB ëpargo^ au lecteur, dans la station de g« passage, les 
impertineotes remarques de M. le Marquis.... et de M. le 
comte de..,. A propos d'autres pièces de Molière, Grimarest 
nous a d^jà régalés des sottises qu'il prête à de grandi sei- 
gneurs ; c'est une de ses fictions favorites. Tout son récit, et 
particulièrement la dernière phrase supposent que les Femme* 
sw/antei Turent d'abord représentées 4 la cour : ce que d^ 
moitrat les plus certains témoignages'. Ne serait-ce pas pour 
laisser le temps aux représentations de la cour d'avoir d^ 
Tancé celle de la ville, que Grimarest a retardé celWd, et 
fixé la première au onze mai 167a, au Ueu du onze mars? Il 
parle de Saint-Cloud. Là en eCTet la pièce fut jouée, comme le 
Registre dous l'a appris ; mais ce ne fut pas chez le Roi, ce fut 
en vÏHte chez Monsieur, le jeudi 11 août 1671. L'unique re- 
présentation à la cour notée par M, Despou*, avant la mort de 
Molière, est, sans doute, celle dont il a parlé dans son T^âtre 
sous Louis XIF*, d'après la Gazette du a4 septembre 1672, 
qui en rend compte en ces termes : a Le 17 Itepiembre)^ la 
"Troupe du Roi y représenta (à Kersaitles) une [cnm^die) des 
plus agréables, intitulée les Femmes sapantes, et qui fut ad- 
mirée d'un chacun, s La pièce avait déjà été jouée dix-neuf 
fois au Palais-Royal, et l'on voit quel en fut, sans hésitation^ 
le succès à la cour. Si les Femmes savantes rencontrèrent quel- 
que malveillance, ce ne fut donc pas où Grimarest l'a dit. 

Nous ne pouvons paa douter que cette comédie n'ait été 
dénigra par quelques amis de Cotiii et des précieuses ; nous 
ne trouTODs pourtant pas trace d'hostilités publiquement en- 
gagées par une cabale à ce moment. En dehors de ceux qui se 
sentirent directement offensés, on ne dut guère prendre parti 
pour une petite coterie de pédantes, et ce n'est pas à cette 
date que l'on pouvait beaucoup songer à accuser Molière d'a- 
voir prétendu enchaîner les femmes à l'ignorance des Agnès. 
Si l'on prit feu pour l'émancipation intellectuelle d'un sexe iiH 



t. NoD-*eulemcnt Ib nxgistrt it la Grmigt ne dit rim des repré- 
iCDtatioi» i la cour, maîj, au titre de la pièce, dao* l'édtlioa de 
1683, on Ut : a Représentée la première foi* i Paris. » 

1. Tome I", p. 557. 

3. Page 3o6. 



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NOTICE. 33 

joaMiDeitt privé de son droit à la science, c« ne fut que plus 
Urd, bien qu'it soit prouve pur la pièce elle-même que l> 
cpiestion, mus 6tre tout â fait traitée au même point de vue 
qu'elle l'a été depuis, cnmmençait dès lors à Être agitée duos 
quelques cei-cles. C'est surtout au temps où la philosopKie du 
dix-huitième siècle avait jeté quelques femmes dans un pédaa- 
dame d'au nouveau genre, que s la comédie des Femmes sa~ 
vaiUej a paru..,, grossière et scandaleuse, s si Geoffroy, qui le 
dit', n'a pas un peu exagéré. Il y avait alors des dames ency- 
clopédistes qui écrivaient des opuscules philosophiques et tra- 
duiuieat Newton. Il est remarquable cependant que Voltaire, 
iië depuis plusieurs années avec la marquise du Châteiet, lors- 
qu'il fit imprimer, en 1739, ses jugements sur les comédies de 
Molière, n'eut pas un seul mot de blâme contre les railleries 
doot la divine Emilie aurait pu prendre sa part dans tet 
FemoKt savaiaei. A peine serait-^! permis de soupçonner lut 
peu de mauvaise liumeur, dont la vraie cause serait dissimulée, 
dans l'insistance qu'il met à désapprouver les personnalités 
de la pièce. En tout cas, il aima mieux laisser croire qu'à ses 
yeux les traits piquants de Molière ne s'adressaient, ce qui est 
très-vrai, qu'i une forme particulière du pédantisme féminin 
au dix-septième siècle. Moins sage, Thomas, dans sou Essai sur 
le earacière, le* moeurs et feipril des femmes dans lei diffé- 
reMs tii^eSj publié en 1773, écrit dès 1770, se laissa entraîner 
par son araiiié trè^-vive, mais très-pure, pour une savante 
dame, k se 13cher contre Molière. Il croyait reconnaître daos 
sa comédie un préjugé s digne des Francs nos aïeux b [p. 174)1 
dont n'avait pas su se défendre le siècle le plus éclairé. Il accu- 
sait notre poète et son ami Boileau d'avoir appuyé ce préjugé 
de l'autorité de leur génie, et de s'être tirés d'affaire, dans leur 
msooteaable thèse, en chargeant le tablean, aGn de faire rire. 
■ Molière surtout, dit-il, mil la folie à la place de la raison ; et 
Toa peut dire qu'il truuvn l'elfei théâtral plus que la vérité. > 
Ibomas en voulait singulièrement au pot-au-feu du bonhomme 
ChiTsale, à son fil et à ses aiguilles, 1 Au lieu de faire con- 
traster avec les deux folles.... ce Chrysale, qui est donné poor 
fboaune raisonnable de la pièce, » il eAt voulu que l'on eAt 

I. jMnmt dt$ DibtUt dm 4 gnmiiul an X (iS msTi l8os). 



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34 LES KEMUES SAVANTES. 

peint « use femme jeune et aimable,.., qui slU peOMr pro- 
fondément et qui n'affectât rien ; qui oouvrh d'un T<nle doux 
wa lumièreB » (p. 176 et 177). Il continue ce aÀluisant poi^ 
trait, dont le modèle, ainsi qu'il l'indique lui-même astez clai- 
rement dans une note, était Mme Necker. Comme cei aveu- 
gle* qui avaient bâb Chalcédoine en face de l'emplacement de 
Byaance, il n'avait pas ta voir Henriette, A la profondeur des 
pensto de celta charmaote HenrieUe il pouvait manquer 
quelque chose; elle n'en plalt |>aa moins; au contraire. Que de 
dëticateste dans son esprit I Voilà le caractèra que UoUère a 
opposa à celui de ses ridicules savantes. Sa vraie peosée, pteine 
^ mesure et de bon sens, est dans ce rôle, non dans celui de 
Gbrysale; elle est encore dans le rAle de Clitandre, lorsqu'il 
consent « qu'une femme ail des clané& de tout, » maia à la 
eondilÏQn s qu'elle ait du savoir, sans vouloir qu'on le sache*. > 
Sic'estià méoonnattre le progrès, il faut ea refuser anssi l'in- 
telligooce à Fonteoelle, qui a revêtu la mfime pensée d'une 
fortac très-spirituelle : « [Les femmes] ne sont pas moins obli- 
gées à cacher les lumières acquises de leur esprit qne les sen- 
timents naturels de leur coeur, et leur plus grande scienoe dmt 
toujours 6tre d'observer jusqu'au scrupule les bienséances ex- 
térieures de rigtH>raBce*. s Nous avons parlé de Qitaitdre et 
d'Henriette, non d'Ariste, parce que, si Uolière parle quelque- 
fois par sa bouche, les vérités dont ille fait l'âiterprète répon- 
dent moins à la pnéoccupadon de Thomas et de ceux qui font 
la même guerre que lui à notre comédie. Jamais «1 n'eoset- 
gnera mieux que Molière de quelle façon discrète la femme 
doit toucher k l'étude et cultiver son e^irit. Ce n'était point 
le ridicule jeté snr les Philamintes qui risquait de briser la 
plume d'une Sévigné ou d'une la Fayette, et de décourager 
leur. talent, si éloigné de la pédanterie, tout élèves de Ménage 
qu'elles étaienL 

Le savoir qn convÏMit k la femme est de dos jours encore 
discuté trè»-vivement. Peut-être beaucoup de nos contempo- 
rains jugent-ils, comme Thrauas, que Molière a manqué de 

I. Acte I", toène m, ven ai8 et aaj. 

1. Élogt dt Carri. Voyez le* Âloget Je FoHIemtUê, édîtioa de 
M. Pranoisque BoniUier (Paris, Gainwr Aères, i883), p. 66 et 67. 



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NOTICE. S5 

grandes vues sur cette qnestîoD. Il n'y a pas maDqnrf de l>on 
MDi; et ce boo sens, qui a'est pas da tmit l'esprit étroit de 
Chrrule, mérite en tout temps qu'on ne le dÀlaigae pas. Si 
Booa n'apportona pas beaucnup de mesure daos ce que plu- 
neort d'entre nous appellent la joste reveodication ponr les 
femmes de V^alité des lumières, si nous négligeons quelque»* 
nues des vérités de tous les temps auxquelles le génie de notre 
potte a donné un împÀîssable relief, nous préparerons aux 
poètes de l'avenir un beau sujet d'une nonrelle comédie des 
Femme* rayantes, o& ils nous en montreront qui auront fait 
leur édncaticai ailleurs que dans les cabinets d'Artbémce et qui, 
Boins SLmourenses de grec et de petits vers que les précieuses 
<b grand nècte. n'auront pas une forme de pédsntisme plas 
akmble ni plus sage. Hais n'ayons pas trop d'ioqniétades. Le 
BatoreL, c'esirà-dire chea la femme le charme indestructible, 
qi^on anra tenté de chasser, reriendra au galop. 

Quand le sajet et 1m caractères d'une comédie, qum qu'au 
food ils aient de vrai suis distinction d'époque, portent toute- 
fois, par la manière dont ils sont présentés, la date du jour, 
pcasum de l'heure où ils ont été mis sur la scène, il est diffi- 
cile de ermn que Fauteur d'une telle pièce ait pu, tout au 
notas dans ce qu'elle a d'fesseoUel, en demander le modèle à 
des ouvrages moins nouveaux. Ce qui n'est pas imposable, 
c'est que dans certains traits il y ait eu des réminiscences, que 
le dcûein même de faire le portrait de la femme pédante ait 
étié suggéré par quelque souvenir, fttt-ce mfime d'unthéAtre 
ëcnoger : il a seulemuit fallu donner une forme différente 
m ufene sujet. 

Oa a soaveot dlé, pour des ressemblances, assez bibles s^ 
loo Doos, avec lot Ftmmei taaantes, la comédie de Cbldermi : 
« On DO badine point avec l'amour, n JVo hœf burlat eon H 
a i m i r, imprimée en 1637. Linguet, qui l'a traduite, mais beau- 
coup trop librasent, au tome III de son TMâtre eipagnol*, dit 
dans y jMrtistement : a Je donne encore cette pièce de Calde- 
rco, parce qu'il m'a paru qu'elle avoit fourni k Hdière l'idée des 
Femmes tuantes. » Quand on en tfwnberait d'accord, linguet 
«xaigère sôgolièrement en pariant de notre comédie oooune 

i. k Fans, cbea de Uansy le jeme, 1 



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36 LES FEHHE5 SAVANTES. 

d'une copie; mais il a U boat^ de reconnaître que <> la copie 
est certainement bien au-dessus de l'nrigiDal. » 11 regrette ce- 
pendant que Molière n'ait a pas pris de l'auteur espa^ol tout 
ce qui auroit pu convenir à un g^nie tel que le siea, Lei Femme* 
tatantet, comme toutes les comédies de ce créateur du tbëitre 
ches nous, soot vides d'intrigue et même d'iaterèt. Il y a 
ici [da/u la pièce de Catderon) des situations vraiment comi- 
ques, qui auroient ajouté, à ce qu'il me semble, un grand 
lustre i cette pièce, û Molière avoit jugé à propos d'en pro- 
fiter, e On doit reconnaître, sans contredît, une grande com- 
plication d'intrigue et beaucoup de mouvement dam On ne 
badine ftoini avec Pamour^ comme dans toutes les comédies de 
cape et d'épëe de la scène espagnole; mais il fallait qu'uiw 
étude trop assidue de ces pièces eflt quelque peu faussé le goût 
du traducteur, pour que, du cAté œ£aie de l'iatérèt, U ne TAt 
pas frappé de la supériorité de Molière, et qu'il Imuviit du 
vide ou ne manquait que l'imbroglio. Les situations comiques 
dont parle Linguet sont si étrangères an sujet traité par notre 
poËte, que celui-ci edt perdu le sens, s'il eftt songé a y rien 
prendre. Toute comparaison du mérite des deux oeuvres écar- 
tée, nous avons seulement à examiner quels rapports elles peu- 
vent offrir entre elles. Dans la pièce espagnole, il y a deux 
sœurs, dont la cadette ne demande pas mieux que d'aimer et 
l'atnée ne paraît pas s'en sonûer. Quoique la cadette, Léonor, 
soit aimable et ait dans le caractère une simplicité qui manque 
i la dédaigneuse, sa uxar, ne cherchons pas en elle toute la 
charmante sagesse de notre Henriette. Béatrix, l'atnée, a quel- 
ques-uns des traits d'Armande. Enivi-ée par les flatteries de 
quelques sots, c'est une savante, une précieuse et une prude. 
Ses caprices et ses bizarreries de minaudière la font comparer, 
dans la pièce, à la Belisa de Lope de Vega '. Elle fait des vers 
en longue castillane et a étudié le latin. Elle s'indigne de la sot- 
tise et de l'ignorauce de sa servante, tk qui elle a demandé de 
lui apporter les Remèdet ttamour d'Ovide, et qui s'est trompée 

I. DsD* la pi^ intitulée loi tltSnditi Ja Mua. H. Eugène Ba- 
Mt a induit cette pièce, sou* oe titre aussi exaei que la permettait 
notre Ungue : Im Capriei J» B&n, an tome II des Cmurnt drtim*~ 
liants et Lapt dt ^tgm, s *olnmet in-S* (1B70}. 



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HOTICB. 37 

i. EUe introduit det mots grec» dans s«s phraiea, qu'il 
bodrait an cnmmenuire pour entendre, et parle la langue af- 
fecta da cttltisme, qui n'est pas uns ressemblance avec celle 
de nos Calhos et de nos Hadelons. Aoui recherchée dans ses 
tm\ett«s que dans son langage, elle se pique, en d^it de cette 
eoqaeUenc, d'un grand dédain pour les amants et d'une or- 
goeiUcase aiYirilÉ de moenrs, qni la rend impitoyable pour les 
biblesaes de Ijéaaor. Qu'il se rencontre cepeiidaDt un cavalier, 
qui, par feinte d'abord et par jea, en attendant qu'il soit pris 
an pkége de ton badinage avec l'amour, lui déclare sa passînn, 
eUe va l'écooter très-favorablement. Nous ne disons pas que 
rien là ne remette Annande en mémoire. Qnnnt au père de 
DOS Menrs, ïl n'a pas du tout la bonhomie bourgeoise de 
Chrjvale ni ion amusante fisiblesse de caractère; mais il y a un 
iMmeot oà il fait à Béatrix, quand il la «oit engagée dans une 
intrigue, une semonce qui rappelle la grande sortie de notre 
boonto bourgeois contre ses pédantes. 11 s'accuse d'avoir él^ 
trop complaisant pour les ftdies d'une fille si bicarré, et at- 
tribue ans lectures dont elle a troublé sa cervelle les désordres 
dont il la soupçonne. Il ne veut plus voir dans u maison 
d'antre livre latin que des heures, « Ceat assez qu'une femme 
■acbe &ire des travaux d'aiguille, broder, coudre. Elle doit 
abandonner l'étude aux hommes*. « Il n'est pas le seul per- 
sonnage de la pièce qni parie ainsi. Lorsqu'un amoureux de 
Bëatrix, don Louis, apprend i don Diego, sou ami, qu'il va 
la faire demander en mariage, celui-ci plaint son scNrt, Il est 
d'avis qne cbes cette belle l'esprit est de trop : a Pour moi je 
n'amierais pas, je vous assure, qu'une femme en edt plus que 
moi. — Quand le savoir, dit don Louis, peat-il donc être un 
mal ? — Qoand il n'est pas à sa place. Qu'une femme ait le 
talent de Gier, de coudre, de faire une reprise} qu'elle ne 
s'occupe point de grammaire et de vers*, s Ces quelques rea- 
lemblaocea entre deux comédies, si différentes du reste, suf- 
Eaent-clles pour donner la certilude qne l'une ait été inspirée 
|Mr l'autre? De grands doutes, au contraire, sont permis. 11 
j a des idées si naturelles sur les occupations qui siéent le 



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38 LES FBHHSS SAVANTES. 

Oiirax à U femme, et sur le rîdioule de ses fvétentioiu exa- 
géréea au aaToir, que tous c«uz qui loocfaent k ce sujet ne 
peuvent gam manquer de se renctntrer jusque dons l'expre»- 
■ioD. Si Bëatrix ne rappeUe pas seulement les aarantes de Mo- 
lière pour tes vers et pour son latin, nui> aussi pour la pr^osit^ 
de son langage, il ne faut pas oublier que cette ùngularité a M 
à la mode en Espagne, aussi bien qu'en France et, au temps 
de l'ea]riinisme, en Angleterre, et que partout le même ridi- 
cole invite le bon sens aux mêmes raillerie*. Tient-on enten- 
dant k croire que la lecture de Calderon n'a pas â^ inudle i 
Holiwe pour ses Femmet Moimntet, p«it-étrÊ pour ses Pré' 
Bteatet ridicuUtf sa gloire n'aura rien à j perdre. Son origi- 
nalité reste entière dans des ouvrages qïi il- au Cortcment 
imprime le cadiet de scm t«nps et de ton pays, et dont il: n'a 
pa devoir les beautés, dans ce qu'elles ont de plus frappant, 
qn'À son génie d'(d»ervateur. 

Des rapprochements ont été Aû|s ausù «atre les Femme* 
toKuaet et Ut Femme titencleàte [the SlUnt annuin) de Ben 
]i»son (1609). 

U. Hécières, dans ses pridéeeueuri et eoMemporain» de 
S/ktÀespeare ', note une actes de cette comédie an^aise, dans 
laquelle un personnage, qui est, dit-il, « un Trissodn doublé 
de Hascarille, s lit à des précieuses des vers dont il est l'au- 
teur. Elles admirent ces sottiMs, se récriant, se pâmant de 
plaisir, tont comme Philaniote, Annande et Bélise. La com- 
paraiscm toutefois avec la scène 11 de l'acte III des Femmes 
tmtmtet ne peut aller loin, et les différences sont grandes. 
On trouvenût une ressemblance, nxHus faible, d'une autre 
scène de la mtme comédie avec celle des ennemis qui sont 
censés poursuivre Géroate dans Iw Fourberies de ScapiH 
(aœlll, scène 11]. De telles rencontres sont fortuites. H est 
peu probable que Molière connât les cemëdies de Ben Jon- 
son, et il n'aurait guère trouvé i IHiAiter. H, Méaières ■ et 
'M. Taine* ont donné de la Femme sileiKietua' viw idée suffi* 

,1. Vojn aux page* 906 et 10; de la tniUième éditioD, i to- 
lume în-ia. Paris, Hachette, iSSl. 

a. Pagei a54-i7S. 

3. Hitloirt dt la Uuiraluri mglaiit, a* édition, totne II, p. i43- 
r47. 



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ROTICE. 39 

MDte poor iiûre comprendra camUnt peu Holîèce et 1« eoo- 
lo^MMrÙD de Shakespeare, tout cUuàque qn'il voulait fttra, sont 
eomparable» daiu leur manière d'entendre le tfaâltre. 

S'il faut admettre qoe, dans notre comédie, Molière a quel- 
qoeGobioiité, ce serait encore [dutiït ches teloa tel de ses god- 
temporaim françaû, ayant eu «cas les yeux les ridicnles de la 
■tâe aociét^ , qa'on pourrait >e promettre de découvrir des traeei 
de «et tmitatioiu. Maisg en cherchant de ce cAié, on ne tronre 
à £nre, avec Ut Femmet ttataittÉ, que des rapprochements de 
détniis. Ta est celtii-«î qoe no&s ofire U Roman bMrgtoit de 
Fn«tun, publié en 1666. Belastre va chee le libraire Rocolet, 
dont la bootique est an Palais, et lui demande on livra, n'im- 
porte leqoel, pourra qu'il soit gros, s Ditesmoi, demande Le 
Bbrain, àqom vous voeu en voulei servir?,.. • — C'est à mettre 
en presse mes rabats ■ . > & n'est pas dontenz que cette plaisan- 
terie n'ait dtmné l'id^ de oe « gros Plutarque à mMtre mes 
rabats*, a Ceat tout ce qu'avait i revendiquer Foretière. La 
Polymadûe de son roman, que l'on croit 6tra Mlle de Scndérj, 
est très-différente des Savantes de Holièra. II y a bien un pa»> 
la^ du satirique tableau de mœurs où nous nous croyons 
tout près du sujet traité par notre poâte ; c'est lorsqu'un des 
persoonages de Puretière, une certaine Javoiie, est introduite 
dans ane docte compagnie : <> Ce beau réduit étoît une de ce8 
Académies bourgeoises, dont il s'est établi quantité en toutes 
tes villes et en tous les quartiers du Royaume, où on discou- 
rait de vers et de prose et où on faisoit les jugements de tous 
les o u vrages qui paroissoient au jour*, s Voilà bien, quoi qu'en 
ait dit lUederer*, la maladie des Philaminies propagée dans 
la bo ur geoirie. Hais Fnretière n'a hit qu'indiquer la condition 
sociale où McJitre, sans avoir eu besoin de lui, allait, bientAt 
^irès, prendre ses modèles. Il a préparé le cadre : il n'entrait 
pu daiw son dessein de le remplir. 

Avant la publication du Boman bourgeois, Chapptueau avait 

I. It JtMMn hmrgeaii, par Antoine Foretîère, tome II, p. i{g, 
de r^ition de H. Herre Jannet. 
1. Acte n, seioe vn, vers S61, 

i, Vejea ej-deatoi, p. 7, 



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4o LES FEHHES SAVANTES. 

4crtt nne comédie, V Académie de* femmes^ dont le btre pn^ 
met le deTeln|ipemeiit nëglig^ par Fiiretière. Elle fiit repr^ 
sentée lar le théâtre du Marais, en 1661, et imprimée U mime 
année'. C'est !■ refonte d'une pièce précédente, le Cercle des 
femmet..., Eniretieni comiques, que l'un affirmerait avec plus 
de confiance avoir suggéré quelque chose à Molière pour la 
très-légère intrigue des Précieniei ridicules, ti la vraie date 
de cet ouvrage de Cliapputeau n'était pas difficile à établir ', 
Quant à la comparaison que l'on peut faire entre let Femmet 
tafaotet et l'Académie des femme*, elle ne va pag trèt-lnin. 
L'idée principale, l'action, les caractères, tout diffère absolu- 
ment, La soène, épisodique d'ailleurt, Ae l'Académie de* 
femme», qui d'abord semblerait devoir nOrir le plus de rap- 
prochements avec les entretiens de Philaminte, d'Armande et 
de fiélise, est la conférence académique de la savante Emilie 
et de ses trois voisines, où elles disent (acte III, scène tu) : 
Pour notre unique emploi, pour tout notre partage, 
N'aaroni-noiu donc januii qae lesioin* dauén^je? 
Mais les projets de réforme sociale et d'émancipation, qui sont 
discutés par ces dames, font penser plutôt à la Praxagora 
d'Aristophane et aux autres femmes de la comédie des Harart- 
gueuses qu'aux pédantes amies de Trissotin. Un trait d'Emilie 
cependant, \ la Gq de cette mËme scène, rappelle les colères 
de Philaminte contre Martine. Lisette, & qui sa maîtresse a de- 
mandé un tome de Plutarque, lui donne un Platon, Emilie 
s'emporte contre « cet esprit lourd » : 

Que cet ime* brutalei 

Font de peine ! et comment, uni perdre la raiion, 
Pourroit-OD longlempi livre avec un tel oiion? 
Elle m'a fait cent foii de pareilles uillie*. 

Au reste, c'est encore moins Molière que nous retronvons Ut 
que Calderan, dans un passage tout À l'heure àté. Chappu- 
xeau nous parait l'avoir connu. 

Quand revient la Roque, le mari, qu'on avait cru mort, de 
cette Emilie si rude avec ses geas, U explique k son valet qu'il 

t. A Paris, ohec Angastin Courbé et Louis Billaine, Kdoxu. 
3. Voj^es notre tome II, p, i5, note s. 



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NOTICE. 4i 

sWt^pu^ d'elle, amnj^ des perpAnelles lectures d'une femme 



Qui niioniie k la table, an lit, même en donnant. 
Et qui, d»ni le chagrin qu'ont loutn cea savantei, 
ChaMoit de ma maiion et raleit et tervaoïe**. 

K c^eat i ces ven de Ghsppuaean que noua dev(»ia la pauvre 
HartÎDe chaas^ 

aTeo- un grand fraeai, 

A canae qa'etle manque à parler Vaagelai*, 

oa petit dire qn'U avait luffi de faire na bien l^r aigae à 
Uolière poor ëveiller dana ion imagination l'idée d'un de* 
excellents rAlea de m pièce. 

Od penaera pent-ètre aussi que celui de ChiTaate était en 
germe dana cette semonce du même mari à aa femme : 

Madame, 1 mon retour apprenei il mieux Tirre; 
Otez de moe logîi JntqaFi an dernier Iitts, 
Chaiaei tooi eei anleun qui toui Ironblent lei KUt, 
GoaTemci la maîiOD et Teillez Mr toi gens*. 

Bien ({ne ce soit encore du Calderon, nous nous rapprochons 
m peu dataatage, avec cette Académie des femmei, de quel- 
ques vers des Fcmihei savaate*. Remarquons toutefois que, 
dans les paroles fermes de la Aoque signifiant cong^ anx aot- 
tîaea d'Emilie, on est loin du caructère de Chr^sale. Molière, 
quand il l'a si heureusement conçu, n'a vraiment pas eu de 
modèle. 

Quppnzean a dispersé dans plusieurs rAIes les boutades qui 
ODt quelque ressemblance avec cellea de notre bonhomme. 
Uarque, père d'Emilie, veut qu'on bon mariage la détourne 

De ton* ces cfaieni d'anieart dont sa chambre fourmille; 
Et j« crains de la voir en6o, i lire trop, 
Anx Pecites-lIaiaoM aller an grand galop*. 

t. Acte m. acène i, 

a. Acte 11, acine vu, ver* 6o5 et 606. 
3. Acte m, leène demièR. 



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4a LES FEMMES SAVANTE& 

Chappuieau reitait daas la vraiwmUuice en ddnnsnl au pire 
le même genre de sagesse qu'au mari. C'était par Gor^xia, 
leur père, que, dans sa comédie de lâSg, Molière avait fait 
gourmander ses précieuses. Ce que l'on peut reprocher à l'au- 
teur de l'Académie des femmes, c'est d'avoir fait sembtable- 
ment condamner le pédandsme chez les femmes par le pédant 
de la pièce, qui a songé è éponaer Emilie : 

Ahl Dieul qa'alloi»-je faire?... 



Diea me garde .d'aToir jantai* daiw mon donjon 
Une femme qui lit Detcartet, CaMubon ! 

Qoe c'e*t un beau mojvn de gtler n oerreMe! 
El que, tandis qu'elle a celte démanfeaiam. 
Un mari pawe bien son temps à la maison I 

Une bonne qnenouille en la main d'twe femme 
Lui sied bien, et la met à oouaert de [ont bUme; 
Son ménage fiorit, la rigla Ta partant, 
Et de sel serritcors elle Tient mieux k bout '. 



Si Molière a mis à profit cette drade. il n'a mi garde A'tn 
charger Trissotin ou Vadius. 

Les citatims que noua venons de (aire ont mis ioas les 
yeux des lecteurs tout ce qui a foit supposer qn'il avait tîr^ 
quelque chose de la pièce de Chappniesa. Si cette soppositioo 
parait justifiée, c'est le cas de dire du poêle si halûle i Iran»' 
former tout ce qu'il touchait : 

Sons set heureuses mains le enivre devient or*. 

Nous n'avons pas à revenir sur la part à réclamer par De»- 
marest dans les imitations que peuvent donner k reconnaître 
les Femmes savantes. Cette part, que nous avons eo déjà 
l'occasion de ne pas lui refuser*, n'est pas non pins très- 
grande ; et là l'imitation porte sur un trait de oaractire qui 
ne tient pas intimement au sujet. 

I . Acte 1", scène t, 

s. Lt Joueur de Regnard, acte III, sctne r. 

3. Vojez ci-des«ut, p, >-j et s8. 



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NOTICE. (3 

Il Mnit plus int^reuant d'apprendre que Holiire & tronW 
cbex quelque devancier le iDodèle de U scène entre TriMotin 
et Tadioa, une des plus parfaitement comiqnee de sa pièce. II 
eomuûwaït aasurëment Ui Comédie dei Académittes, imprimée 
defMÎK k»ftemps, et qui, bien avant l'impression, avait^tj loe 
paitoot*. Oq la savait de Saint-Ërremond*; et noD-seuiemeiM 
le nom de l'antrar, nais beannoup de truts qMritaets la re- 
OOOMBandaMnt «a monde lettre. Que HoHère ait éti frappa dn 
eonâquc de U scène ii de l'acte I", nous n'y voyons pas d'n- 
Tnûsemblaiice ; mais B-t*il pris là sa dispute des deux p^ 
dants, qui n'a qa'une reasemblance très-imparfaite arec celle 
de CoUetet et de l'éviqne de Grasse 7 Dans cette acène, Colle- 
lel, {Movoqué par Godeau à admirer ses tera, c(MnmeQce par 
biie eoiii|4BisaBineDt iàto aux louanges que son vaniteux 
eonfrère ae d^oeme & Im-mSme; puis, lorsqee, en payement 
de ioa adulation, il sellicite lui-m&ne quelques compliments, 
edid qu'il teçcMt est des plus froids- et, comme il n'en pa- 
rait pas Battafait, Godean devimt très-méprisant et très-dnr. 
Le respect échappe i Colletet, qui, rétractant ses flatteries, ri- 
poste avec aigranr. Ia dispute s'ëchauffe, et nos acadëmiates 
en vienaent aux gros mots*. On voit qu'entre ces deux con- 
frères, doat l'un se tient pour très-supérieur à l'autre par le 
raDK, il vîy a paa d'abord ce doux concert d'éloges hyperbo- 
liques, cpn rendent si plaisantes les invectives de Trissotin tH 
de Vadina, sacG^daBt aax coups d'encensoir. On dira que^ sans 
truavcr dans les Aeadémittei sa grande scène toute faite, il 
ssAieit à Hobire qu'une heureuse idée lut eût été indiquée 
pour qu'il y donnât une valeur nouvelle et en tirât tout ce 

I . Z« C amé Ht Ja Jeadimiita pour U riformmtUm Jt U Iviguê flvn- 
ftim, /Un Mmi^f .... imftimJ tmn th Im Bifermt, — On croit que 
riasprcwioa «U de iSSo. &i tAte de la piice «U ans tfpttre ; Jum 
mtatari Jt l 'jtetuUmit fui 4» méltal J* réformir la Itatgtu ; elle est ti- 
pée du pacudoDjme Jn CaruuU. 

s, Qnelqucï-ons l'aiaient 1 tort attribuée i Sainl-Aniant. 

3. La Béme scène ofTre quelques Tariantes, mail qui l'ont laissée 
au fend telle que dods reDon* de l'iiMljser, dan* Ut jtoaJeaûcuiu, 
eemédje poUiéepardesHaixcau, i b fin du tome I" de* OKmru 
A M*»tU^ Jt aami-Émmand (i;53). C'est une refonte des JeaJi- 
mùitt, qoe l'édiletir dit avoir tnmvée dan» les papien de raaienr. 



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44 LES FEMMES SAVANTES. 

que le premier anteur D'arait pas sa voir qn'elle contenait. 

Que dertendrut cependnDt la tradition, auez difficile à re- 
jeter, de la ridicule querelle cbes Gillei Boileau, laquelle ait 
rail, ditron, bien plus coai|il^tein«ii servi de modèle k notre 
Bcène'^ Toutefois ce modèle, pris sur nature, Molière ne Ta 
tans doute pas si exactement copie, qu'il n'y ait ajonlë quelqnea 
embellissements. Telle peut avoir été cette circonstance des 
vers de Trissntin que Vodius juge ez^rables, quand il n'en 
cwinalt pas encore l'suteur. Elle se retrouve, il est vrai, dana 
l'anecdote de l'abbé d'Olivet*; mais il n'est ptnnt certain qu'elle 
n'y ait pas élé, comme noua l'avons fait remarquer, introdniie 
par lui d'après la scène de notre comédie. Molière l'aurait^) 
empruntée, ainsi qu'on l'a supposa, k Tallemant des R^ux, 
qui raconte' une Ûvue de Godeau semblable à celle de Vadïos? 
On avait mis sous les yenx de l'éveque de Grasse l'aigle de 
l'Smpire à la priiwette Julie, ouvrage de Cliapelain, que ce- 
lui-ci avait À;rit en caractères qui imitaient l'imprimerie et 
ne laissaient pas reconnaître sa main. « Godeau dit brusque- 
ment que cela ne valwt pas grand'chose, • Chapelain fut 
sans doute blessa ; mais Godeau raccommoda «es flûtes et r^ 
forma son jugeaient, après que le marquis de Rambouillet 
eut donné son approbatioo à l'ode ; et il ne s'ensuivit aucune 
querelle pareille à celle de la scène des P&nmes toMuiles. Ad- 
mettons qoe Molière avait entendu raconter ta petite anec- 
dote : il nous semble avoir bien faiblement marqué qu'il s'en 
souvenait; et comment la ressemblance légère de deux ntua- 
tions comiques qtd, dans la vie littéraire, ont dd se reocMi- 
trw plus d'une fois, a-t-elle paru aux éditeurs des Historiette* 
leur donner le droit de dire, dans une note*, que Vadius est 
peut-être plutAt Godeau que MénageP 

Les imitations qu'on a cru découvrir dans let Femme* 
ttKtuitrSj fassent-elles moins douteuses, ne chargeraient pas 
Molière d'une lourde dette. 11 a certainement, dans cette co- 
médie, moins emprunté que prfité ; s'il y a un plagiat à dé- 

I. Vojez ci-d«HDi, p. 17. 

a. Vojri ci-deuui, p. 16 et 17. 

3. BUlpriMtti (Mîtinn Honmerqné et Paulin Parii), tome 111, 
p. 169. 

4. A h jnge sSi dn même tome m. 



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NOTICE. 45 

Doocer, c'est celui dont on pourrait se plaindre ea son nom. 
Intrïgae et caractères, PalUsot, dam sa comtfdie des Pkilo- 
tophe*, ytaét ea 1760, a tout pillé chez Molière. Il o'y a de 
diffifrent que l'objet de sa virulente satire, qui est la maladie, 
non du pédantisme d'une coterie de précieuses, miiis du philo- 
sophisme propre au dix-huitième siècle. Cydalise est la Phila- 
miote de la secte encyclopédique. Elle a laissé là les petits vers, 
pour écrire, sous la dictée de ses amis, des traités io-quarto. 
Elle refuse de donner pour époux à sa fiUe Rosalie l'honnête 
homme Damis qu'elle aime (nous allions, au lieu de Damis, 
nommer Ckitandre), et veut la marier à Trissotin-Valère, qui 
n'est autre qu'flelvétius, embelli de quelques traits du àféchant 
de Greaset. Un discours sur Ut Devoirs drs roh, que s'est at- 
tribué Cydalise, est, en son absence, raillé par Vâlère devant 
DorlîcUus (Oidemt] qu'il ne sait pas en être l'auteur. De là 
uoe querelle entre les deux confrères en philosophie, qui y 
jouent les râles de Trissotin et de Vadius. Palissnt constate 
hii-mtrae la trop évidente ressemblance, lorsqu'il fait dire à 
ton 1hé<^>hraste, qui intervient comme pacificateur: 

HessieuT*, D'imitoa* pu Ici pédants de Holîïre'. 

A la fin de la pièce, Cydalise est détrompée sur le compte 
de Valère par un lùllet de celui-ci que l'on fait tomber dans 
■ea mains, et qui lui apprend tout le mépris que les plido- 
aopbes avaient pour ses écrits, et leurs complots ]N>ur loi 
tDoroer la t(te. Elle cousent alors au mariage de Damis et de 
Koeal'w. Nous connaissions déjà tout cela. L'imitateur s'est 
mé<tiocreinent mis en frais. Il a pris à Molière non-senlement 
le plan et bien des détails de sa pièce, mais sa hardiesse de 
penoonalitès j il n'a pu lui dérober ni sa verve comique, ni 
son inimitable style, ni tant de traita étincelants. Sun ouvrage 
n'est qu'un pam^^let anliphilosophique, dans lequel on poui^ 
rait ioaer quelque courage, miiis non pas la gaieté. 

Avant Palissot, il y aurait eu, suivant l'ordre des dates, A 
Dommer le Sage ; mais noas avons dd parler d'abord de la 
comédie des PkiAuopAti, entîèrenieal calquée sur les Femmes 
aoMMter, tandis qu'il n'y a, chez le Sage, qu'un emprunt, 

1. A«U 111, seine in. 



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46 LES FEHHBS SAVANTES. ' 

bten légiremeDl marqué, à une tcène niliqiie de U 11161M pUce. 
Le chapitre xiv^ du DiabU boHeu* (1707), qui raooDte le 
fiémélé tTan poète tragique avec un autrur eomitfue, ■ é\é pro- 
bablement inspiré par te démêlé dea Bavants chez Philaminte. 
Le Sage n'a pas été ,coioine Palissot, imitateur gwrile ; et sa 
plaisante dispute, aon dialog^ plein de naturel, sont, par le 
caractère des dévelof^meots et par l'objet même de la satire, 
très-différeat* de la scèae qui paraît eu avoir snggéré l'idée. 

On a TU récemmeat, sur la scène française, une comédie de 
H. Pailleron, le Monde où l'on l'ennuie, jouée, pour la pre- 
mière fois, le 1 5 avril 1861, qui a renourelé, en le OMMlifiuit 
par ta peinture des mteurs d'aujourd'hui, le sujet des Femmet 
taiantet. Nous devtms nous borner à constater que la pièce 
contemporaine rappelle, de Uen des cAtés, le sonvenir de l'im- 
mortel cbef-d'œurre, 'et bous abstenir d'une comparaison : elle 
impliquerait un jugement dont l'heure n'est pas venue. Ra- 
jeonir pour nous las ridicules auxquels Molière a touché sera 
toujours une tentative périlleuse, légitime cependant, parce 
que, de siècle en siècle, ces ridicules changent de costume. 
Rien de mieux que de s'in^irer de celui qui est le plus grand 
des peintres de nos travers, le meilleur des maîtres dans tous 
•es ouvrages, dans les plus parfaits surtout, «u nombre des- 
quels il but compter tet- Femmes savwitei. Les personnalités 
toutebus que HaKère s'j est permises, et que son génie m^me, 
nous l'avons dit, n'excuse pas, ont laissé, dans ce chef-d'ceuvre, 
un modèle sur lequel il serait regrettable que l'on se régISt. 

De même que Molière, ddns 'une comédie où il avait pris 
pour sujet un des ridicules de la société qu'il avait sous les 
jreus, n'avait pu rien emprunter aux théâtres étrangers, si ce 
n'est qudques traits généraux qui s'offrent en tout lieu et en 
tout temps à quiconque veut railler le pédantisme ches les 
femmes, ce sont aussi de tels traits seulement que ces théâtres 
devaient trouver k imiter dans sa pièce. Nous pouvons prCD- 
dre pour exemple la comédie anglaise de Colley Cibber, in- 
titulée le Omit d'option ou la Philosophie des Damet*. Dib- 

I. Ou chapitre m du tome II daut l'édition de 1716. 
a. 7At Sefiaal, or tkt Uu&ti PkUmopItjr, an tome IV de* OXurret 
JrmHMijttu d« CiMxr (Londres, 1760). — Cette piiee ■ été écrite 



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NOTICB. 47 

Ha, <|(ù la sigaale comme empnmt^ surtout aux Femme* 
imMuua >, H plaint qu'ella n'ait point eu autant <ie succès 
qu'elle ea mà'iuit. Il ne nous umbie pas qu'elle en méritât 
beiuicoap. Ce ne serait pas du moins la manière dont Uolière 
jr a Aé îmitë qui la recomnaanderait. Voyons quels sont les 
emprunts évidents. Nous trogvwis -one Sophronia qui paratt 
«voir poor la philost^hie le même godt que notre Armande ; 
elle n'en a pas moins, tout comme celle-ci, des prétentions sor 
le galant de sa soeur Charlotte. La scène première de l'acte II 
offifCf.dana .le dialogue de Sophronia et de Charlotte, de gran- 
des ressemblances avec celui d'Armande et d'Henriette*, sans 
raprodûre toutefois ce qu'il a de plus ^tincelant. La belle-mère 
dea deoK soeurs rirales, lady Wrangle, se croit elle-même 
l'omet de la passion de l'amant que cellca-ci se disputent. U 
7 a U un souTentr de Bëlise. Ce que Cibber n'a certainement 
pan d^raU à notre comëdie, c'est la peinture m parfaite des 
caractènea, Id philosophe Sophronia apostasie, à la fin de la 
psèce, pour ae marier. Lady Wrangle, qui est ici la Philaninte 
et qui gourmande sa servante, s ce monstre illettré, a parce 
qu'elle a donné, cnnme vieux papier, an cuisinier, sa tradno 
tioa de l'histoire, racontée par Ovide*, de f amour incestoeux 
de Bjblit , nous laisse pourtant douter de la sincérité de son 
fanstisnic de pédante; elle ne paraît qu'une vulgaire marAtre, 
yuisrtée surtout du désir de faire entrer ses belles-filles au 
coovcsit, pour les dépouiller de leurs biens. Son mari n'a aucun 
des traits si plaisants de Chrysale. Charlotte, très-insignifiante, 
n'est pu plus la charmante Henriette que Frankly n'est Clî- 
tandrey cet élégant modèle du meilleur esprit de la cour. 

Il BOUS reste à parler des acteurs qui oui joué les Femmes 
taMMUt. Ceux qui ont créé les rdles au mois de mars 167a 
SDOt nommés, comme il suit, dans le Mercure de juillet 1733 *, 

aprt* le Ifem-jmror, la plm célèbre de toutei oellei du mlnie anteur, 
qui j a ïmit^ l* Tmrlufft, et yen 1719, au temps du (yKine de 
Law, dont parlent le* personnage* du lUfutei. 

t. ^ CompUu katary of iht itagt, tome V, p. 14. 

s. Le» Femme* terentet, acte I", tcine i. 

3. iUlemerpluMe*, livre IX, ver* 4S3 et luivanu. 

4> F*ge* lag et i3o. 



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4a LES FEMMES SAVANTES. 

dont les informatioiis sembleat avoir pu encore, i cette date, 
être puiiëes à bonne source : « L'auteur y jnuoit lui-mènie 
le principal râle de Chrytale^; les sieurs Baron, Jrisie; la 
Grange, Cliieutdre; ja Thnrillière [«re, TrUtaiim dn CmiajTj 
Fadiux. Pour les actrices, Philamirae^ le sieur Hubert ; BeUte, 
la Dlle VilleaubniQ'; Jrmande, U Dlle de Brie; Henriette, 
la Dlle Molière; Martine'^ une servante de M. de Molière qui 
porhnt ce nom. » 

Chrysale, cette 6gnre qui, dans les Femoiet tatwHes, ett 
dessinée, plus que titate autre, de main de maître, « ce per- 
sonnage tout comique et de caractère et de langage, » comme 
l'a tn»-bien dit Laharpe, ^lait le râle que naturellement Mo- 
lière avait dû se réserver. Voici la description de son costume, 
d'après l'inventaire de 1678 : <■ [Un habit] servant à la repré- 
sentation des Femmes savaaies, composé de juste-au-corps et 
haut-de-chausses de velours noir et ramage 1 fond aurore, 
la veste de gase violette et or, garnie de boutons, on cordmi 
d'or, jarretières, aiguillettes et gants; prisé vingt livres*. » 
Ainsi devait être vêtu celui qui, dans la liste des perscmnages, 
est, comme le Gorgibits des Précieuses ridicules, qualifié « bon 
bourgeois, » c'est-à-dire « homme de bonne bourgetûsie, > 
et non, comme on l'entendrait aujourd'hui, bonhomme sans 
élévation dans les idées et d'une simplicité bourgeoise. Chry- 
sale a de grosses dors à donner à ses filles, et son alliance 
est assez honorable pour que Clitandre, un gentilhomme, la 
recherche. 

Bien que Baron n'eât pas encore tout à fait dis-oeuf ana à 
l'époque des premières représentations des Femmes soBOofs, 
l'assertion Aa Mercure de 1713 que le persoimage d'Ariste 
était représenté par lui, est confirmée par un passage du 
Mercure de 167a. Là, en effet, de Visé dit* que le Chrjrsale 

I. On a imprimé CAriiullt. 

>. Geneviire B^jard, née «en i63i, mangea 1664, il Léonard 
de Lom^nie, lirur de U Vitlubrun, iprii la mort duquel (il tirail 
encore en juillet 16G8) elle ëpoiiiK eu secondes noces, au mois de 
seplembr* 1671, Jean-Baptiste Aubry. 

3. On a imprima Mariiu, 

4. Ktekerehtt tur Moliin, par Eud. Soulié, p. 3;7. 

5. Page* sio et III. 



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NOTICB. 49 

de HoBirc a « m frire qui, qnmqne bien jeune, parolt rbomme 
dn moode da môHear sens, ■> Les mots bien Jeune ne Ma- 
nient fttre qn'noe lUmion plaisante à l'acteur charge da râle ; 
car il est clair qae, dans la pièce, le sage Ariste, Srère d'un 
buboo, n'est pas de ia première jeunesse. 

Un antre rAle ponrrait, il tort sans doute, ëtonner. Cest 
cdm de PhUamiiue, donné i Hubert. lorsque Lenuiorier loi 
a attribua celui de Balise*, n'était-ce pas seulement qu'il loi 
paraiwit <ine c'était mienx ainsi 7 Le passage sniTant dn Mv- 
cw g/otarU d'anil i68S*, écnt à l'occasit»! de la retraite 
d'Hubert, ne snfErait pas à décider la question du personnage 
qu'il fusait dans notre comédie : « M. Habert.... étoit l'orî- 
^nal da fdmieurs rOles qu'il représentoit dans les pièces de 
HoGère.... Jamaii acteor n'a ^atli si l<Hn les râles d'homme 
en femme. Celui qu'il représentoit dans Us Femmes savaiaet, 
Mme Jourdain dans le Bourgeois gentilhomme,... lui ont at- 
tiré l'applaudissement de tont Paris. » Si l'on tenait à croire 
qae Lemasorier ne s'est pas trompé, dans ce qu'il a dit, en 
cootradiction, an moins apparente, arec le Mercure de 1713, 
c* serait qn'Hnbert, k va certain moment, aurait joué Bélise. 
Qdm qn'îl en soit, pour la distrUration des râles dans la noa- 
Tcaol^ de la pièce, il n'est pas probable que le Mercure ait 
bh on quiproquo en nommant Geneviève Béjard dans celui 
de JM'mb, Habert dans celui de Philamiiae. De ce renieigne- 
nent, qui doit fitre exact, on n'eat pas forcé de conctore que 
Molière «nolait faire jour Phitaminte en grosse charge. Il 
aaSsait que le personnage fdt d'un caractère un pen mascnlin, 
U 7 a Uni de penser que, dans un genre de travestissonent 
qa'Hobert avait le don de rendre suffisamment vraiaemblaUe, 
il Hvait garder la mesure. 

Dans la distribution suivante, donnée par le Répertoire â» 
i6S5, on trouve presque tous les mftmes noms qne dans b 
Jfennw de 1733. Il est à remarquer qne Philaminte 7 est 
dite wtûilU, ce qui fait comprendre encore mieux qne le râle 
ait M joai par im bomne. 

uÊttmr* Ju ikUtr» fruufû, toaie I, 



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LES FEMMES 8ATANTBS. 
TRISSOTIN. 



AaMASiiK J* Bru. 

Ibamum Guer'ut. 

Baun ta Grange, 

Himinn. Bimaralou PiHtt»m, 



Ojruntu ImGratg». 



PmMMom, *ieill« .... Buitrt. 

Ajunx Dmmilùr*, 

Taïuonir Gatrm. 

ViDini Ja Croùjr, 

li'Énmz un laqumê, 

tx NOTIIBS BtaU¥«t. 

Paimi tout les renseîgnemeDts doon^ par le Mercure de 
jaiUet 1733, on muI, très-^nrieux d'ailleurs, semble fait pour 
laisser les plus grands doutes. Noos sommes très-di^fosd à 
regarder comme une légende, fort jolie assnrtoent, ce qu'il 
nous dit du personnage de la rusdqoe serrante repr^nte 
par une vraie Martine, qae Moli^ aurait, pour U circon- 
stance, fait passer de la cuisine sur la seine. Ce serait le plus 
singulier exemple de réalisme qui ait jamais iii tetOà dans 
une représoitation tbëttrale. 

Ce n'est pas U seule occasion oà, dans l'histoire de Mo- 
lière, on nous <àt parU d'une de ses serrantes. Tout le m<Hide 
connaît celle qui a rencontré, dans la gloire de son maître, 
un petit eiÂa d' immortalité pour elle-même. Cest peut-être 
son BouTenir qui a fait imaginer l'étonnant caprice jithti à 
l'âuteur des Femmet lopantet. Bcnleau racmtait' que notre 
poMe lui avait souvent montré cette btmne fille, et qu'il disait 
lui avoir lu quelquefois ses comédies. C'était, suivant la tra- 
dition, celle qui était surnommée la Forêt. Grimarest dit que, 
à un certain moment, elle faisait tout le domestiqne de Mo- 
lière'. L'invoitâire de 1673 la juxame : « Renée Vannier, dite 

I. Rifitm»» prmuiiM mit Longio, i" alinéa. 
\. urUiaM.ll* HoiUr; p. iji. 



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NOTICE. 5i 

Il FoTMt, » et ncMome arec eDe Cadieriiie Lemoj'iw, « ser- 
vant de fiBe de chambre *. >> N'7 a-t-il psts en, avant Renfe 
Taniûer, tme antre la Forit? M. lal a trouve l'acte d'inhu- 
maâoD, ea date dn 9 juillet 1668, de Loiùm Lefebure, veuve 
d'Edme Jorand, chirurgien, servante de cuisine de Molière*. 
n ^t remarquer que le Registre des dépenses de la comëdie, 
tuai par la Thorillîère, muitionne, sous la date du 19 décem- 
bre 1664, une /a Forest. Si la femme Joraod fut d'abord seule 
an serrice de Molière et que Senée Vannier n'y soit pas entrée 
avant 1668, on devrait conjecturer, avec H, Jal, que Molière 
trouvait commode de donner, tour à tour, le m6me surnom k 
■es savantes; et il serait difficile de savoir laquelle des deux 
la Forêt lui a tenu lieu de comité de lecture. 

Ce qoi nous intéresse id, c'est que, pamù ces filles de ser- 
vice, à ne s'en rencontre pas du nom de Martine. Cela déjà 
rend suspecte l'assertion du Mercure, au moins dans cette dr- 
coostancc qu'il rapporte dn mSme nom porté par la servante 
de Molière et par celle de Philaminte. A moins de croire i 
rexùtence d'une autre servante, qui nous serait restée încon- 
me, il n'y attrait plus à choisir, en 1673, pour le r61e de Mar- 
tiae^ qu'entre Catherine Lemojne et Renée Vannier. Cdle-d 
semble dev<Hr être préférée, n elle est notre vraie la Forêt, 
celle SOT qiû son maître éprouvait l'effet de quelques scènes 
de ses comédies. Mais pour représenter Martine, la brave fille 
n'avait-dle qu'à rester elle-mfane 7 L'inventaire nous apprend, 
il est vrai, qu'elle ne savait pas signer, entendant, puisqu'elle 
paraivait à Molière digne d'être consulta, nous la snppoee- 
rkns, quelle que fdt sa simpUdté, trop au-dessus de l'épaisse 
ignoraitce de Martine, pour la rendre au naturel : voilà donc 
qn'nn peu d'art devient nécessaire, et qu'il tant dire adieu 
an pur réaUsme. Admettons cependant qu'elle ait été aussi 
sanblable à Martine que l'on voudra, on est alors arrêté par 
une tneo antre objectiou. Nous n'en avons aucune contre i'a- 
neodole de B<Mleau, et nous comprenons Molière t^iservant 
cfaa sa servante les impressioiu populaires, de même qu'il 

I. Ëêdm^M MT ËbDirt, par Eod. Soulié, p. s63 et igi. 
1. tfiriimtmirt tritift* d» biogrflm t iiùtain, an mot Sia- 
vm M Houiu. 



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5a LES FEHHE8 SAVANTES. 

observait, dit-cm, lei monrements lutnrela des enfants, lor^ 
qne les comÀltens, wr sa demande, amenaient les leurs aux 
lectures qu'il lear faisait de ses pièces nouvelles*. 0ser de ce 
moyen ingénieux de l'aisurer si tes plaisanteries seraient fad- 
lement senties est nn trait digne de celai qoî tarait que le 
rire naïf n'est pas nn jugement à dÀiaigner. Haia une bniaiiie 
inexplicable, c'edt été de changer une fille grossièrement igno- 
rants en actrice. Les rtUes lei pins nalb ne sont pas c«nx qtn 
demandent le moins d'art ; et ce n'est pas sans nn sérieux ap- 
prentissage dn m<Stier que l'on rëdte, comme on doit le faire, 
les quelque cinquante vers de celnî-d. Les confier i une fille 
réellement aussi rustique que la Martine de la comédie, poor 
obtenir une plus complète illusion de la vérité, l'idée est-elle 
juste ? si elle ne l'est pas, Molière ne l'a pas ene. 

Il hnt faire attention que MUe Beauval, cette Nicole du 
Bourgeolt geniiO»nmme, avait des droits sur le rdle de Mar- 
tine. Qo'aurait^lle dit si Molière l'en avait dépossédée, pour 
le donner à une maritome, improvisée comédienne 7 Bât-^De 
voulu le reprendre plus tard 7 Nous avons vu que ce fut elle 
qui le joua depuis la réunion de la troupe du Harais à celle 
de Gtténegaud, et il est bien probable qu'elle l'avait joué dès 
l'origine. 

Le Mercure de jiùllet i9i3, À k smte de la première dis- 
tribution, donne celle-d (p. i3o], peu différente de celle que 
fait connattre le H/pertoIre de i685 : « Après la mort de Mo- 
lière, la pièce fut jouée par les sieurs de Rosimond, Hubert, 
la Grange, Daurilliers, Guerin, du Ooisy, Verneuil, et par les 
Dlles Guerin, de Brie, du Pin, de la Grange et Beauval. » 

Rosimond, nommé le premier, avait pris, dans notre pièce, 
comme dans toutes les autres, le râle joué par Molière. Un 
peu plus tard, Guerin d'Estriché fat chargé de ce rôle, ai pro- 
fondément comique, de Chiysale, et c'était un de ceux où, sui- 
vant Lemazurier*, il montrait autant d'art que de naturel. Le 
mfinM rdie, an commencement' de notre siècle, a été un des 
meilleurs de Grandmesnil. Nous y avons vu exceller Provott, 
en un temps qui n'est pas très-éloigné. 

I, MtretÈT* Ji rraitee, mai iji<t, p. 84i- 

1. Caltrk kitUri^ jet eelturt Ju thtdtrt ^rBjifai/,tonieI,p, i^S. 



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NOTICE. 53 

A. f^poqm oi GraidiiMnil faisait k penomuga dn boo- 
UmÊUt, vielkM dt» pMaatet, Flenr; brillait, avec sa suprême 
fl/igiarn. dans celui de CUtmMdrt; Lodse Coitat était une 
des plos rcnaïqnaUes PkiUmtlmet qoe l'on ait tcws, quoique 
Qmjbvj M reprochât d'aTtùr l'air de pentfier TrÎMOtin, tant 
il là était AScile de s'oolilier tout à &it elle-m8me dans les 
peraomages qu'dle représentait *. Alors aussi Mlle Mars Aaît 
d^ la chamûirte SenrittU qoe quelques-mu d'entre nom ont 
eDooK pD oonoallre. 

Fanai les pins amnsantes Uartine* on âte, an ûMe detvjer, 
MDe Dengerille, puis Mme Belleconrt. 

An tenqis prient, noua avons remarqué, dans les plus ré- 
eata distributions, te rAle de TVwMm joné, arec nn art 
cMMonmé, par H. Gol, qoe seconde parCùtemaU H. Coque- 
lin atné dans celui de F'adiiu; Phiiamint» représraitée par 
Mme Hadeleiae Brohan, Ârmaitde par Hme finnsat, Béliie par 
Urne Jooassaio, Hemriette par Urne fiarretta-Wonns, Chry^aU 
par U. Barré, Clitattdn par H. Delaunajr, ^ritie par H. Sil- 
Tain, Martine par Mme JeaniM Samary. 

L'édition originale des Anunu immta porte la date de 
1673; c'est un io-ia de a feoillets liminaires et 9* pages, dont 
TCio le titre : 



SÇWAM'ES. 



Pu I. B. P. Mouna. 
Mt fê ttmdpow FJmthtw. 



Ches Pbbbi Psomi, tar la Quaj 

das Grands Aoguftiiu, k la ChaiiU. 

BLDO.uani. 

Jm« PrvMêgt dt May. 



U JmmtmiJM DAmU da 10 jaillet 1806. 



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54 LES FEMHES SAVANTES. 

Le Piivil^ eat dn 3i dfcembre 1670*; md «Bngiitn- 
menl du i3 mars 1671 ; l'AdieT^ d'imprimer, dn lod^oembra 
1679. n y a ({oelqnea exemi^aires qui ont, an titre, la date d« 
167a; ils doivent appartsnir à nn premier tirage. Nous en 
avons vu nn dans h bildiothèqoe de U. le baron de Ruble; 
il nous a dit l'avoir collatkinné avec on de ceux qui ont la 
date de 1673, et les avoir trouves absolument idattiqnes, sauf 
une différence portant snr nn flenron. 

H). Wright a imité en partie cette comédie dans No FooU 
like Wits or the FemaU F'ittuotoet, représentée en 1693 
(a** édition, Zfumton, 1711]. Il vient de paraître i Londres 
ime autre imitation ou, comme dit l'atdenr, adi^ation, par le 
ctjmiel Colomb, sons le titre : (Ad Blue ttaetingt. 

Gxaa en outre, parmi les tradadtions ou imiutions sépa- 
rées, one autre en anglais (1797); une eu portugais (/. l. 
n, d.)\ deux en néeriandais (t7i3, iSSo*); huit en allemand 
{1789, 1817, 1837, i854, i865, 1869, 1870, 1879, U der- 
nière, par le docteur Werther, directeur du ifaéitre de Hamn 
faeim,jonée parlatroiqie du duc de Heiningen ; celle de i865, 
en vers, réimprimée en 1881, et qui a été déjà mendotmée 
an tome V, p. 4a5, note a, est l'œuvre de M. Adolf Lann) ; 
une en danma (i863); une en suéd(ns(i865]; une eo rosse 
(187a]; denK en polonais [i8aa, i8a6). 



BOMHÂtRB 

DES FEMMES SArjNTES, PAE VOLTAHLE. 

Cette comédie, qui «t t mise par lei (innuiineiui dani le raitg 

du Tartmffë et du Mtuaalhvpt, anaqiuit un ridienk qui ne Mmblait 

prApre k rëjonir ni le peuple ni U cour, à qui ce ridicule paraisnit 

I. Non» avons déji appelé l'attention inr cette date. Elle noM 
apprend i quel tempi il faut faire remonter la eompoùtion de« 
Femme, taraittu. Voyei ci-deuot, p. 3, note 1, et p. 8. 

a, Ettr-ce l'one de cei deux que U MoHiriitg du i* juin 1880 
mentionne, aani date ni nom d'auteur, comme un arrangement 



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SOMMAIRE DE VOLTAIRE. 55 

* étnagtr. Hle Int n^aa dUiord inm froidaHanl; 
■MM Im eonntÛMim raidirait biouAt à Molifa« Ict m&ajM d« U 
villa, «t on mot dn Roi loi doniw osu d« la oonr. L'iutrigoB, qui 
€■ dfet « qnelqaa choie de pin* pUtMnt que oelle dn J&MrtM^, 
tavËBt le [ùiee laiftespe. 

Ptn» oa U TÏt, etplni on admÎM comment Holiin anùi jm jMer 
taat de coaaiqne car un Mjet qni pataineit fonrnir plu de pMan- 
taria qne d'agrfment. Tout eenz qni lont an bit d« lliittaîre lilt^ 
nira de ce ump^Jà Mvait qne Hàuge j eit joua mm* le nom de 
TadÎM, et qoe Triiaodn «et le funeuz abM Cotîn, li eoonn par let 
aatimdcDe^r&nx, Ceideiu hommoi Aaient, pow leur malhenr, 
oMMflû de Bfoliire : iU axaient Tonln pennadar an dno de Hoatan- 
âer qoe U Miiamtknpt Aait ftit contre lu; qudqne tenpe aprte, 
ib anïcnt en ehea Hademoiaelle ■, fiUo de GaMon de France, b fcbe 
qne Midlira a ■ liien rendne dani U* FtwÊrnu tmraUét, Le malheo- 
renx Cotîn terrait igdement contre Hdnage, oontn Holiire et 
contre Deqw&nx. Let Ntire* de Defpftem l'aTtient d^i conrert 
de honte, mai* Holiire l'accahla. Trimatïn Aait appelé aux pr»- 
miirei ie|iiùeutationi Trieotin. L'aotenr qni le reprAentait avait 
ifleelé, antant qn'il avait pu, de reaiembler à l'original par !■ voix et 
par la geate. Enfin, ponr eunUe de lidicnle, le* va* de Triaiotiii 
mariaée «ar U âidtre à la tiije pnbliqne Aaient de l'abU Cotin 
mtaae. S^ avaient 4tà b<wa, et n lenr antenr avait valu qnelqne 
rhnn,la critiqne mngUnte de Molière et c^e de De^rtenz ne loi 
cnaeeet p«a tiU *a r^niation. Holiire hiHntme avait iit jon^ anmi 
iiaiinimiHi aor le tb^itre de rhdtel de Bonrgogne, et n'en ht pat 
»tÊàmt: le vni mjiiie r^aiate i la Htire. Mail Cotin était bien 
ir contre de tellei attaque* : on dit qn'il 
I, qu'il tomba dam nne mâancolie 
qù la eaadni«t an lombean. Le* Htire* de Detpréanz eodtirent 
aHHhvieil'aUi<Ca*aaîgae>:tnm eOet d'ime liberté phi dan- 

I. Tojea ei-dcMnt, p. i6 et 17. 

s, Ola ne parait pa* plut vrai qne la l^ende de la mon de 
Cotîn fin 1*0 par Jlu F* mmu M»ntt»t. L'abbé C 
■079, CI In mtirê m, où il 7 a nn trait I 



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S6 LK8 FEMMES SAVANTES. . 

|aw»a ^'«tik, «t ^û OatM jtm U Miligmtrf twiMi— qa'alk 

a'mtpre I4 bon (oAt. 

L« iMillenv Mlire qn'on puMe &ira dca «mmi* poHo, tf Mt 
da donner d'MMUcDU oamfB*. Holiin M DHpri««x B^nÙAt pH 
betoiii d'j Rjonter de« injora. 

lai, punt on 1666. Voittin • un* dttnte paiU d'apri* d'Olmt 
[Hiitoirê Jt P^eatUmi; ijtg, tome II, p, lii et I^Si■, mai* Tojes 
B«niM-Suni-Priz, CBumt j* AUmb, tome I, p. ut «t uti. 



D.nt.zedbïGoOglc 



CH&TSALE, boD boorgeob*. 
PHILAMINTE, femme de QutsbIc. 
ABHÀHDE, i 

ARISTB, frère de Chrysale. 
BALISE, sœar de Chrytale, 
CLTTAITDRB, amant d'Henriette. 
TEISSOTIN*, bel esiHit. 
TADinS, MTant. 
HARTD1B, servante de cuisine*. 
h'ÉPlStf, laquis. 
JULIBK, Talet de Tadins. 
Li Ifouiu*. 

La Mène eM à Parif ', 



I. Taf7«i à-deaKu, p. iySi de la IfciUtf la dûtribndoii et 
■Aie* «a tempt de Holièie, telle que l'a fait conuttn l* Mmmv 
de joiQel i7a3, «t la dittribntîon qui a hùtî cette premiire. 

m. GuTiux, bmrgeoii. (1734.) — Cette qualification de imt 
imÊ r gm iâ a M expliquée i la Ifotice, p. 48. — L'inTentaire de 
1673 a dtoit le eoatanw qne Holite portait dana ce rAle : Tojei 
wccwc à la Noikê, nlme page 48. 

3. Sm ce penoonage dn bel eiprit et le nom qn'îl arait reifa 
d'abofd, Tojea la Noiiet, p. 9 et miTante*. — Vafes-4a tfgalo- 
9mtt, p. 16 et MÙTantet, «vr le nom et le p 



te. (1734.) 

5. L'Erm, Talet de Cbr/aale. (Hidem.) 

C, U* jrorumB. {liiJem.) 

7. Im ttène tit à Pmrit, dmt ta «aimi Je (AiyMl*. (ItUtm.) — 
Pomt 4 Tfitmli* on fu Ftmmt* javafw , a note le Tiens déeoraleur, 
k Ibétoe ert me ehaubre ; il faut deu linei , qoatre oluiaea et 



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58 LES FEMMES SAVANTES. 

du fMpicr. • Un d« OM petit* admit de hIm ■■ Mine, qvaire 
ohaiiM tenlenieat, Mt int i r r wMit k relrrer : il Bont panit mdi- 
qiur qn'i la wène d«* rJciutÎDitt da TnMotîii(Uii*'darkoteIII], 
Henriette, pen détÎTeiMe d'Àioutv à rûac et toajoiut prCte à 
•'éloigner*, ne •'uiej«it mtae pu. Le* deux lirrei ueonpa- 
gnuent lani doute le Ullet apporta par Julien k la aoiBa ir de 
Paote IV. Le papier devait êtn pour la table dn Hotaire, 



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LES 

FEMMES SAVANTES. 

COKÉDIE. 



ACTE I. 

SCÈNE PREMIÈRE. 

ARHANDE. HENRIETTE. 

AltHARBl. 

Quoi? le bean nom de fille est un titre, ma hbiu*. 
Dont TouB voulez quitter la charmante doDceor, 
Et de vous marier tous osez faire fête * ? 
Ce vnlgaïre dessein vons peut monter en tête ? 



Ah 1 ce • oui > * se pent-Q supporter, S 

caaaa ^ bgadtaar d* nw avitr. Ttira Bu d'us cfagH i qnd^'aa, 
^tuàt k i M lw baBMMv, (■ àtmmer au hiota oa agiiaU* idéa a U loi 
fMBMtiBl, ta l> M UmM a^faw. • Junilt fl b« parai A mm, pimù aaa 
*^ diMih» d* gM* ft qai dla aTi>it Mt f «te 4« Id. ■ <£« Crili^mt it 
tâmt* Jm ^M— , «te*Il,taBalIt, p. 3ig.) Compara dàra pamgn daa 
£(«*BdkJr«a»4a, toaatni<ia«*Ciean>.p. J?!, al tow IT, p. i5. Ce 
fa ^ eaa ax— plua de la locatiaB dUtiagaa Ig DÔtra, e'eal Tibiâee, daoi 
mAb-b, d'an i iiMiiUiaail ladiratt da panoBHa. 
•. tfas fMiw paBM, latarda ici apïi* a poar peraMUn de mûn ap- 



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6o LES FEHHES SATAHTES. 

Et sans nn mal de cœur BanToit-on réeoater? 



Qa'a donc le mariage en soi qui voob oblige, 
Ma aœor...*? 

AaMANDB. 

Ah, 'mon Dten ! fi ! 

HIHUBTTS. 

Comment ? 

AMUIfOI. 

Ah, fi! Tonsdiaje. 
Ne coDcevez-vouB point ce que, dès qu'on l'entend, 
Un tel mot i l'esprit offre de dégoûtant ? i o 

De (Quelle étrange image on est par lui blessée P 
Sur quelle sole Tue il traîne U pensée ? 
N'en frissonnez-Toufl point? et pouvez-vous, ma soeur. 
Aux Boites de ce mot résoudre votre cœur*? 

pvjm mr oui, dmll (aira aipinr ea dcrelar mM ; oai «tt iplmtal upM, 
, iDi Ten 353, 36i et iSgi, 107S (eonpina 
nît, du reitflj plalAt wM^IinoB on Roa-liuiim 
U K'f >nit qn'rnaa ui>lTitM« M*-%ln, niiwn 
fn la Toit pu U muniiu de Tanfilu (p. 194 de l'Miliu dg 1670). • Ca 
mot lent que Tarn proDonoa eelid qai le prieède tout de même qae a^S j 
kToit oB* i eoueunta deraut eaj «t qa* ToB terlTtt Aen, aeeptt qa« 
Tk ■• ('aapsooh poÎBt.... Ob proDOiM doae m eai et aoa pu u mmL,., 
iiiul, qnoiqie I'ob ienTC cal pw, bb proBiHue aéesoMiiM et oat, 1 iiwmii 
■'il 0*7 aToit poîat de (, «t o» «■>, eomme i^ n'j *Toit point d't i (w.,.. ■ 
L'ieleiJMtisa ornai* M dhaehail de mloM : Tofa as nn lSI3. — QMad 
PBi «I immédiataiwnt noS par U pronoïKiitioB la mot prMdaat, qBBid, 
par aximpla, à la Sa d'une phraH, il a le leai d'mamrimu»!, il ae t'wfin 
pai do Inat et l'< qol préeide a'Uide i fojn d-iptl^ p. S8, aote i mm 
T«n 3g7i et aiuil, p. g3, nota t *o *era (43. 

I . Gamme llndiqBaat oai polBti aaynaif» de FiditioB orlgiaile, U phnia 
•it Inteinuiipae, et otlig», qai tenaine U Ttn prieident, «t k pnBdi* 
daw BOB aeeeptiDB la plaa crdloain ; la peaeée qn'Heaiitlti a'a pn la 
tampa d'siprimer eat indemmoit 1 • .... qui lou alili|i, <]«i mot fane, nu 
Mnr, d'aa moalnr nae telle borruir. • 

■. Armawla aena lait aiHger iei i la deniire dtelaratiaB de CatbM, k U 
fia de la aeiae tr dei PrieUiuéi {tome U, p. 6>]. Ob aaot biaa, dèa la 
dibet. qna HoUire, ponr lai arair deanl db Uagai* beaaeoap plaa ia< 
1 ari, b'b paa todId fain d'elU nae de «M Untaca chai qui aat toota MB- 
eèrt M BatoreUt U • dilicateaaa et da unMt «t de pnuiia > qaa laa dea » 



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ACTE t. SCÈNE I. 6t 



Les srnte* de c« mot, quand je les envingt, t S 

Me font Toïr un mari, des enfanta, un méiOigt ; 
Et je ne toÎs rien là, si j'en puis raisonner, 
Qui blesse la pensée et base fnssonner. 

ÀKMÂaDB. 

De tels atUchementa, 6 Cîel! sont pour yous jdaire * ? 

■EHRUTTB. 

Et qu'est-ce qu'i mon «ge on a de mieux à &ïre, >o 

Que d'attacher à s<h, par le titre d'époux, 

Vn homme qui vous aime et soit aimé de vous, 

Et de cette union, de tendresse suivie', 

Se faire les douceurs d'une innocente vie? 

Ce nœud, bien ssscHti, n'a-t-il pas des appas*? «s 

âkmârde. 
Mon Dieu, que votre esprit est d'an étage bas * I 
Que vous jouez au monde un petit peraonna^, 
De Toas claquemurer' aux choses du ménage. 
Et de n'entrevoir point de plaisirs plus touchants 
Qu'an idole* d'époux et des marmots d'enfants I 3o 

lrDa*£ 1 admirer diu le roniin ds Vihbi de Pan [Tojei 
tl, p. s5, aote i, nsc cltitioD ds ThomuCorncilli]. 
Sart Uu poorTou plaire? Ce toori iti relcré an ^rand nombre de 
T»j» |i ia li wii iu a» ii«i a» tome VI, p. i35, noie 3. 

HAmr Bot ma ■nfw MU dam la Tan âô! 

■■liàre a bit d* BHt élngi an mima emploi Ef ara dan* ai Prifiut 
da Tmtmffi (ion IV, p. 3g3] i • C'ait un iuut élaga de Terta qoa crtM 

iànaatioB de ea aot, 
leaiarqDflri le rapport 
rai eau étjmologiqoa 
1, aa lieu de dam- 

C Le CCBf* ■'était pat cacora Cxi. • Ceoi qui fiiaiSenC idolt mtMnlin, 
tt liiai, iihâimiiiKt 1 rétymnlogie {U mal al de Itrimitaiiait xemirt en free 
lï ta Imlim) ; eesz ijai le biiaiaal (iaunin abéiwaiant i la terminaîaoa l/hut- 
^Hc). faî cM fiaiaiaa. ■ Tej ai ana note de U. Hartj-LaTeaoi, au tome II, 
fk 3 at i ^ Zauaâfan dm CanuHU. La FoMaiM anit ■■Mi, aa iMI, pré- 
IM ■■ MMc^a ((l"u •■ *>»*• vn do lin* VI). 




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6> LES FEMHBS SAVANTES. 

lAÏBsez aux gtnB grossiers, aux personnes valgaircSf 

Les bas amosemenu de ces sortes d'affaires ; 

A de plus liants objeu élevez vos désirs, 

Songez à prendre un goût des plus nobles plaisirs*. 

Et traitant de mépris * les sens et la matière, 3 s 

A l'esprit comme nous donnez-voiis tonte* entière. 

Vous ayez notre nùre en exemple à vos yeux *, 

Que du nom de savante on hon<H« en toas lieux : 

Tâdiez ainsi que moi de vous montrer sa fille, 

A^nrez aux clartèa' qui sont dans la ftmille, 4* 

Et vous rendez sensible aux cbarmantes douceurs 

Que l'amour de t'étnde épanclie dans les cœurs; 

Loin d'être aux lois d'un homme en esclave asservie. 

Mariez-vous, ma sœur, à la philosophie. 

Qui nous monte au-dessus de tout le genre humain*, 45 

Et donne à la raison l'empire souverain, 

Soumettant à ses lois la partie animale. 

Dont Taj^tit grossier aux bétes nous ravale''. 

I. SoBfs à pnmdn qnalqot goAt imi plui noblM pUiibi. 
1. Ane wpni. ComeiUa ■ plunco» toit «nploji eatta «xpronaB, Msaï 
qocedU* ic mUttr d'enUi, Jt rigiumr,dt cimfiJtHci(Tojm ion l.aigms) : 
Lt trÔBv^a'k nu jeiuj'ii tiiiii d* aMpiii. 

{la TciuM <r<r, tGOo, teu IV. «du ir, ren l606.) 
3. Tdla Mt bien, a 




.... New fiimr i» poita tta, tiùMmn àirti». 
6. CoTotîBe, diat ClUanon [nt» iSao, iSfS tt i3(4. tna* 11, p. G 
Sll)t ■ tmfiajk danx foii nontv wrut M M» flgoi^ dVfatw i 
Deu ui 1m ont montai u hiat degii dliMUMr. 



Oàls dnoit 



I >l«n et BB lunt nu dluanenr 
" - • 'KODbaah — * 



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ACTE I, SCiNE I. 

Ce soDt là les beaux feoz, les doux atUohemeatg, 
Qui doivent de la vie occuper les moments ; 
Et les soins où je tchs tant de femmes sensibles 
Me puoÎBseat aux jeox des pauvretés horribles. 



Le Gel, dont nom tojous que l'ordre est tont^misnat, 

Pour différents emplois nous fabrique en naissant ; 

Et tout esprit n'est pas composé d'une étoffe S5 

Qui se troore taillée i faire on philosophe. 

Si le vAtrc est né propre aux élévations ' 

Où moatent des savants les spéculations. 

Le mien est fait, ma scBnr, pour aller teire à terre, 

Et dans les petits soins son foible'se resserre. 60 

Ne troaUons point du Gel les justes règlements, 

Et de nos detix instincts suivons les mouvements : 

Habitez, par l'essor d'an grand et beau génie, 

Les hantes régions de la philosophie, 

lundis que mon esprit, se tenant ici-bas, 6 S 

Goûtera de l'hymen les terrestres appas. 

Aïnaï, dans nos desseins l'une à l'autre contraire, 

Nooi sanrons toutes deux imiter notre mère : 

Vous, du eftté de l'âme et des nobles désirs. 

Moi, du côté des sens et des grossiers plaisirs ; 7» 

Tons, aux productions d'esprit et de lumière, 

Moi, dans celles, ma sœur, qui sont de la matière. 

AHMANDB. 

Quand sur une personne on prétend se ré^er^ 
Cest par les beaux cdtéa qu'il lui faut ressembler * ; 



~ — ' — '--', ^njqi» paa, ip» Umi doiaa dacM ad- 
> «MW iit d'avoir la, mt Iv 



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64 E-BS FEMMES SAVANTES. 

Et ee n'eit-pMBt da lont bt prendra pour modtie, 7 5 

Ua scenr, qae de toaster et de enoher comme eUe '. 

Mais vous ne peries pu ce dont toQs tous Ttatea, 

Si ma mère n'eût eu qae de ces beaux oôtéi ; 

Et bien vous prend, ma sœur, que son noble géme 

oaf^UBiipnDniJg MoIUr*, *b Use dacMduinn, M«» à : 



if rte la iTotr eilii ■inii, tth qos Boilcio le* lai mit diEa, BroweB* ijiMte 
(P la ** <Ib Ht DOtM manoierilM, iumUûtoBaBt k Ii uite da pamfa qae 
Dam Ok ITOU rapporta an ran 55 da MUaitlkrop; Eoma T, p. ^7, nao 3) : 
■ H, Detpréaox lui ajanc fait aentir la foibleaaa da caa deiu daruera tb«, 
Hidiit* pria H. Daapi^ai da lai rijnttar, UndU qa'U alloil aorttr u aMiBa>t 
»•« M {anna (eu H. Dapréiax itoit alor* cbca Molitra). M. riniiliai 
a'ta dalaidit, mit il ne liiiu pi« da la cliaag«r aioti t 

Quand mr lUa penoaiia en pritsnd *e rigier, 

C'«t pw Im bMB <Bdt«ita qull lai (aat 
H, W«IUra «ppnKiTa la ckanfanmit, M il n'a pat latMi, dan riai|irawlna. 
da BouaiTer e^at par Um btoMx e6tia^ ea qui fait uu conaoABaacB vicîaais 
aT«e la in ds Tan 1 nntra qu'an na dit pal [eella criiifu att-tll* tnàmau 
Jttoiltau/] • raneablat i qnalqn'nn par aaa bain c6da. ■ Mail j'ai ra- 
»Mqui qaa UoliiM aToit momurri la mot da ailii poar nB* lise [i^/Ea dt 
s'tm ttnir pour mu rima) qui Tient qnatre itn «prct : 

Ibli TOna na acrisK pai ca dont Tona toui Tanlei, 

Si ma nie* m'aU aa qat da cai bmax cAtia. > 



I, dit lagar, annt i 



plaïaaata, bîaa qu'as pan conique, dn vîaiu roman de Soral^ iatitnU ia Frmû 
kiibârt comiqat it Fraitcioii • (tojbi «d lim XI, p. t^i, de l'édinoa da 
H. Colcnbaj). Joanfaim du Bellajr, daai u D4/an il UlmttrwAm it U 
Uitgw/ramtain (Ut» II, shapitra lo, P sf r* de l'éditioa da iSSS), aTait 
dit d'aaa b^a jilui générale, miia loati moiu «preaiÎTe : • Kagarde notra 
imltatear (Qaa HàUra i mi t m M tr tfmr^) pnaûtraonBt caoi qa'il Toadn i^- 
tar, et ea qa'an aai il poam it qui h dotl iaakar, poar aa Un «nauM» 
eeoi qui, Toalanli apparolcre Kmblablaa k quelque pand uignaor, laÛMniat 
plua M un patît gaala at fafon da laira Tieieuta de lai qoa wa Tartan at 
bonaaa ptMt, ■ — Sefaillar M aonTanait paal-Kra da en trait da Ho- 
iiin, quand, t la acto* ti du Ctmp <U ffaltiiultU, il a [ait dira aa Pr»- 
mùt Cia mar, aa Moqvaat da MaréeluU daa Ugit, qui aa TaMa d'aroir pa 
itadio' da pria la Tmi madàla, kv gnsd gàainl : > EU* toh ■ aul pmâti 
la lafua. Sa miaiim dn taaaav, da vaohnr, tmm Fnm biarianmlrt e^ 
pUn. Hais aoa giai^ ja P*>**j *>■ aap«it, •• b'mI pM k Ii pÉl*d« faV •• 
«■k«. ■ (Trmdaelimi À* M. Stgnitr.) 



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ACTE I, SCÈNE 1. 65 

N'ait pu vaqué toujoun à la pluloK>[^ie'. So 

De grâce, Boofifren-moi, par an peu de bonté, 

Des buaesses* à qni vous devez la clarté* ; 

Et ne Bnp[»iinez point, voulant qu'on vous seconde*, 

Qœlqae petit savant qui veut venir an monde. 

ARHiNDI. 

Je vois qne votre esprit ne peut être guéri S S 

Dd fol entêtement de vous &ire un mari; 
Mais sachons, s'U vous plaît, qni vous songez à prendre : 
Votre visée an moins n'est pas mise à Qitandre * ? 

HKinUBTTB. 

Et par quelle raison n'y seroîtelle pas ? 

Manque-t-il de mérite ? est-ce un choix qui soit bas? po 

t. ■ Cet BTgnniaat comiqiiflf dît iager, comparint doux pHBiyas bien 
dUEi^tt* iIb loB « de itjrle, ■■ rappelle nm tout Hmbliiile que ftadia ■ mù 
4aa* la boaeka de TUninfais, parlant i Bippolfte : 

Vaaa mHiih ek amitt-na», tom qui II ceothaEta a , 
SI IMtÏDiin Antiape, 1 ici loli (Hipoaàe, 
D'w po^iu «Heur n'cdl britle pou TIM« ? > 
(MMrv, iG;7, aela I, tctae i, Tcn 114-116; tot«i ta tont III daa 
OKmtrti Jt Rmeiiu, p. 3i i et oota t.] 
>. 9B«ftat, hiU t M en ow!, pannettai-iiiDi dei bnaami.... Conuilla ■ 
■M irwhliliti «OBMractioB dm wo ^tra de 1W7 <» «ni (toma X, p. iSB, 

CMt toat et qa* da m ma psat loaHrlr U glaea ; 
« Mal Ma a dtjk pladnn fol* tafiojt tat^pir, ajasl ca aoM d* fW' 
mtnrtfMtmc ^ iafimiiif jobit p«r ^ et on proaom penottael r^oi* iadîract t 
«•ya* leae T, p. 539, laa Tert IJ79 at 1(80 dn Mimlknpé, at la nota 3, 
at HMa Tin.p. 9{p, laT«47i itPijvki. 

3. iMJfiaK, la TÏa. 

4. FtmUat, ^ ToaUat ^'ojt wiu weaad» dan* voCra latta pcor l'atprit 
» aaacta h ■■riirii. ooatrelaa • groMian plaialn, ■ c'aN-à-dire ; asTonbat 

MM, i Taaprit toat aotlAn. Au Tan a^o «t 1599, aou troararOM nombr 
imm asa aauprinn ta ph* ordisaira, ^aUmr, appmjtr. Oa paat rapprod>er 
de raaplw lait Id da ca *ari>e In ran iSi da la MMu da CoraaiUa at 
iSfji et aaa Swaai, oà U t dat ■■aaaai da nfaiteatioB qai aiainMt, 
tamma ttMt da aa pawa^a ti. «a didaUaat da mu pneiiar at ■*; raaiiaaal. 
5. Vaaa >'airei pat ^û Totn riaàa i. Tan CUuadra, *« TBea sa ibbI 



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66 LES FEMMES SAVANTES. 

AMUNBE. 

Non; mais c'est un dessein qui seroit malhoanête. 
Que de vouloir d'un autre' enlever la coaqu£te; 
Et ce n'est pas un fait dans le monde ignoré 
Que Clîtandre ait* pour moi hautement soupiré. 

HBHRIBTTE. 

Oui ; mais tous ces soupirs chez vous sont choses vaines, g 5 

Et vous ne tombez point aux bassesses humaines ; 

Votre esprit à l'hymen renonce pour toujours. 

Et la philosophie a toutes vos amours : 

Ainsi, n'ayant au cœur nul dessein pour Clîtandre, 

Que vous importe-t>il qu'on y puisse prétendre ? t a o 

ÂBMAin>B. 

Cet empire que tient la raison sur les sens 
Ne fait pas renoncer aux douceurs des encens*. 
Et Ton peut pour époux refuser un mérite' 
Que pour adorateur on veut bien à sa suite. 

BTBRBIBTTB. 

Je n'ai pas empêché qu'à vos perfections loS 

Il n'ait continué ses adorations ; 
Et je n'ai fait que prendre, au refus de votre âme, 
Ce qu'est venu m'offrir l'hommage de sa flamme. 

ARHAnDE. 

Mais à l'oËEre des vœux d'un amant dépité 
Trouvez-vous, je vous prie, entière sûreté ? no 



■mtre >, dint Im tnUi dg 1673, 7^, 81, «t dau In ln>i« édt- 
__ «I ; *ojn, au tone I, p. 43S, nota 1. — D'ng aam. (1718, 
$J, 34.)CMtannilefiininiB:< d'iuc istn > qna ww ■»■!■ pla lofB.aa 
nn tlSS « 1341. 

1. Aifs eoMlaiiiBa « Mli}oaedf ; ub il aat jnilifii par la toar «IgaUl 
MqaeliiaatHboniDBni, 

3. MotUn a dijk dmui 1 sa phoial, 1 l'cumph da Caraafll*, la iMa 
i'Âammtgtt, da emllt [tayn, (■ Mma Vni, p. 17S, la Tan 06 d« PtfvlH 
M la Bola i) i pin Mb, im van i3o et gSo, il iqnlnot, ea qoi aa loBd 
dfva paa, k granJet loaaHgf, eempi iTiiuwMmr. 

(. La qoaliU, poar le qaalifié, on boon* da miriM. 



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ACTE I, SGÂNE 1. 67 

Oojei-voiu ponr vos yeux sa passion bien farte, 
Et qn'en Bon cœur pour moi toute flamme soit morte ? 

HENRUtTTK. 

Il me le dît, ma soeur, et, pour moi, je le croi. 

ARHUtDI. 

Ne Myez pas, ma sœur, d'une si bonne foi ', 

Et oroyez, quand il dit qu'il me quitte et vous aîme, 1 1 i 

Qa'il n'y aonge pas bien et se trompe lai-même. 

HKHHIKTTB. 

Je ne sais; mais enfin, si c'est votre plaisir, 

n noua est bien aisé de nous en éclaircir : 

Je l'aperçois qui vient, et sur cette matière 

D pooim notis donner une pleine lumière. ■ «a 



SCÈNE II. 

CLITAra)RE, AAMANDE, HENRIETTE. 



Pour me tirer d'un doute où me jette ma scbut, 
Entre elle et moi, Clitandre, expliquez votre cœur ; 
DécoaTTCz-ea le fond, et nous daignez apprendre 
Qui de noua à vos vœux est en droit de prétendre . 

tioo, non : je ne veux point à votre passion 1 « s 

Imposer U rigueur d'mie explication; 

le ménage les gens, et sais comme embarrasse 

Le «miraignant effort de ces aveux en bce*. 

I, ITf ^obIh pw bi li boBiMnant. 

a. UXmàmm «xpriosc ■£■<], poar iob prspn wnpia, l'auiua qn'ÀraiiDd* 
■■M ^ifav i (XtaBiln {U MuaMtMnipi, T«n ifa{|-tS33) : 
.... J« aoBlIn, k ml din, oh gfae trop fort* 



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«8 LBS FEMMES SAVANTES. 

CLITAUDRI. 

NoD, Madame, mon cœur, qui dissimule peu, 

Ne sent nulle contrainte i faire on libre aveu; iSo 

Dans aucun embarraB un tel pas ne me jette, 

Et j'avouerai tout haut, d'une Ame franche et nette. 

Que les tendres liens où je suis arrêté, 

Mon amour et mes vœux* sont tout* de ce c6té. 

Qu'à nulle émotion cet aveo ne vous porte : 1 3 S 

Vous avez bien vooln les choses de la sorte. 

Vos attraits m'avoient pris, et mes tendres soupirs 

Vous ont assez prouvé Fardeur de mes désirs ; 

Mon cour vous consacroit une flamme immortelle ; 

Mais vos yeuxn'ont pas cm leur conquête assez belle. 1 40 

Tai souffert sous leur joug cent mépris différents, 

Ils revoient sur mon àme en superbes tyran», 

Et je me suis cherché, lassé de tant de peines. 

Des vainqueurs plus humains et de moins rudes diaînes : 

Je les ai rmcontrës. Madame,* dans ces jeux, 14s 

Et leurs traits à jamais me seront précieux ; 

D'un regard pitoyable* ils ont sédié mes larmes, 

Et n'ont pas dédaigné le rebut de vos charmes*; 

De si rares bontés m'ont si bien sa toucher, 

Qu'il n'est rien qui me puisse à mes fers amoher; 1 9a 

Je troun qaa em moli, qal •ont ilninhligr—ti. 

Ha M doiieiit point dira «n priMoca «• gant. 
I. Mtmraat Ettritui. (1734.) 
1. Tant, adTarba. catiifaaMU. A>aima da *de Jdjtiau ■*> MU. 

3. MamiraiU BitrUtU. {l^U.) 

4. D'u ragard qui a aa pitii, plaû da pItU. CoBparai la *an i568 d« 
Dam GartU de Nawam, toma V, p. 3i6. 

6. Calai qnl l'était tu rebaté par Totra ehannanta panonaa. Ga iMlt dft 
ralM aM iliiguliimiwiu adoBci par la tifon doat OUiadra aa l'appUqa* 
t lul-Btina : comparai l'aaplai tmt autrament isargique qai ^ aat bit par 
b pndaikXilaoi aa *en 1717 da MùamAnpei A]caM> dit auil, daaa la 

ate* piaaa (au rm i jf)i), aiae plu iriiml : 

.... C* aaroit Boar voua aa hommaga trop baa 
Q« la rdMt dl*aa tact qd oa noa niolt pu. 



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ACTE I, SCÂNE II. 69 

Et j'ose nuintenant vous conjnrer, Midame, 
De ne vonloir tenter nul effort sur ma flunme, 
De ne point essayer à rappeler on oœur 
Résolu de mourir dans cette douce ardeur. 

AaHAKDI. 

Ehl qui voas dit, Monsieur, que l'on ait cette envie, iSB 
Et qae de tous enfin si fort on se soucie ? 
le TOUS trouve plaisant de voua le figurer, 
Et bien impertinent de me le déclarer*. 



Eh ! doDcement, ma sœur. Où donc est la morale 
Qui sait n bien régir la partie animale, lAo 

Et retenir* la bride aux efforts du courroux ? 

ÀBMAIWB. 

Mais voua qui m'en parlez, ob la pratiqnez-vous. 
De répondre à l'amour* que l'on vous fait parottre* 
Sans le congé de ceux qui vous ont donné l'être? 
Sachez qne le devoirvous soumet à leurs lois, iflS 

Qu'A ne vous est permis d'aimer que par leur choix. 
Qu'ils ont sur votre cœur l'autorité suprême, 
Et qa'O est crîmiael d'en disposer vous-même. 

I. Aimaai, du b MùmmtJknpe {bM V, mena tmniin, ran 1713-1716), 
dît de HéBe k jUeate qaj b nfo— : 

ai ! troTB-roQM, MmMwar, qu'on lit eaoe pMsia, 

El que ie toiu ■lolr osnit tint emprCMÀa? 

it T» Iman bb mrît Uaa plein àt nniti, 

Si d> ecna crâna il p^ l'An ttui. [ItsU d'Amftr.) 
M. MgfaBl bh nalrquer qw ■■ ÙMMioB ait encan !■ mtmê k II tn da U 
«ôe m da Tact* I de Pijrdké : tojb tome VIII, p. liji et note 1. 

m. JUtnfr wbU bi(n Barqnar nne riûitun plni gnnda \ l'aSort qoe 
■■ famit le einplt ittir, nqilojâ duu la même location an Tan 347 dn 

_iiei, quand tom rtpendai 1 Famoar*.., 
» U pratiqaar la norala? De refendre iqniTant 
Hipla 1 ranangoar de rudenna ilaatidti da Mat da la 
mJ: Comparai, po«r ce tonr, I* rtn ftS5. 
4. Daw In mtaa da 1Q7], 7<, ta, 97, 173a, al d*u ta Irai* Uldow 



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70 LES FEMMES SAVANTES. 



Je rends grAce aux bontés que vous me ftiites voir 
De m'enseigner si bien les choses du devoir; ■ ;< 

MoD cœnr sur vos leçons veut régler sa conduite; 
Et pour vous faire voir, ma sœur, que j'en prtAte, 
Clitandre, prenez soin d'appuyer votre amoor 
De l'agrément de ceux dont j'ai reçu le joar; 
Faites-vous sur mes vœux un pouvoir légitime, i ;! 

Et me donnez moyen de vous aimer sans crime. 

CLITANSKE. 

J'y vaiâ de tous mes soins travailler hautement, 
Et j'attendois de vous ce doux consentement. 

ARHUfDX. 

Vous triomphez, ma sceur, et faites une mine 

A vous imaginer' que cela me chagrine. i 3i 

HBnRlBTTX. 

Moi, ma sœur, point du tout : je sais que sur vos sens 
Les droits de la raison sont toujours tout-puissaats ; 
Et que par les leçons qu'on prend dans la sagesse, 
Vous êtes au-dessus d'une telle faiblesse. 
Loin de vous soupçonner d'aucun chagrin*, je croi iB: 
Qu'ici vous daignerez, vous employer pour moi, 
Appuyer sa demande, et de votre snffirage 
Presser l'heureux moment de notre mariage. 
Je vous en sollicite ; et pour y travailler.... 

laMAIfDI. 

Votre petit esprit se mêle de railler, 191 



1. Et tùU» «M miui tcUa, que 
gimer..., «t Tooaaiei toni* I* nine ie toui imtgiutt.... On pcsl Fain id 
•ni U prépotition i an* nmirqna iiulagDg i cilla qui Urmiae la nota 3 d« 
la fMfs 6g. tut di, 

>. La prcmicre tradoetim que Littri dmoa du not chagriit aal ■ ii- 
plaUr qnl paat être caDaé aoit par obb a&lietiaD, wic par an enaol, M>)t par 
iiD« colcce. > Le mot a bien Id daaa un «m le premiai at la ilmajai aiaiif 
et nn pca plaa loin, au Tcra ifS, Ica deox danien. 



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ACTB 1, SCENB 11. 71 

Et d'an cœur qu'on vous jette on tous voit toute fière. 

HBKKIBTTK. 

l^Kitietê qu'est ce oœnr, il ne tous déplaît guère ; 
Et u vos veux sur moi le pouvoient ramasser. 
Us prendnient aisément le soin de se baisser. 

ÀRHAIfDB. 

A répondre i cela je ne daigne descendre, 195 

Et ce sont sots diacoms qu'il ne faut pas entendre. 

HKHRIETTB. 

Cest fort bien fait à vous, et tous nous faites voir 
Des modérations qu'on ne peut concevoir*. 

SCÈNE III. 

CLITAI4DRË, HENaiETTE. 

HKIfRtBTTB. 

Votre sincère aveu ne l'a pas peu surprise. 

CUTANDaK. 

Elle mérite assez one telle franchise, *oo 

Et tontes les hauteurs de sa folle fierté 
SoiU dignes tout an moins de ma sincérité. 
Hais puisqu'il m'est permis, je vais à votre père, 
Madame.... 



Le pins sûr est de gagner ma mère : 
Mon père est d'une hnmeur à consentir à tout, 
Mais il met peu de poids aux choses qu'il résout * ; 
Il a reçu dn Gel certaine bonté d'âme. 
Qui le soumet d'abord à ce qne veut sa femme; 



I. beoMcnhlo, (ott hie 

«. S ippOM ^îÛ'n'Bt I» cboiM qu'i 
i, poid* t an râulotiau, le* laiwrat eii< 
M ■rcir M rnr au Im prandn. 



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7a LES FEMMES SAVANTES. 

C'ett elle qaî gouTeme, et d'no ton absolu 

Elle dicte pour lot ce qu'elle a résolu. » la 

Je voudrois bien vous voir pour elle, et pour ma tante, 

Une Ame, je l'avoue, un peu plus complaisante, 

Un esprit qui, flattant les visions du leur. 

Vous pût de leur estime attirer la chaleur. 



Mon cŒur n'a jamais pu, tant il est né sîooère, a 1 5 

Même dans votre sœur flatter teor caractère, 

Et les femmes docteurs ne sont point de mon goât. 

Je conseils qu'une femme ait des clartés de topt*; 

Mais je ne lui veux point la passion cboquaute 

De se rendre savante afin d'être savante*; iso 

Et j'aime que souvent, aux questions qu'on fait. 

Elle sache ignorer les choses qu'elle sait ; 

De son étude enfin je veux qu'elle se ca(^e, 

Et qu'elle ait du savoir sans vouloir qu'on le sache, 

Sans citer les auteurs, sans dire de grands mots, isS 

Et clouer de l'esprit à ses moindres propos*. 

t. TojBi ci-dot», iDTm (O, p. 69 M aou 5. 

«. • CoawUra, iaiTdt li FdMum t u tmm» k i5 •oflt'i663 (!«■■ Ul, 
p. 3ii Ht 3is de r«dItioB da H. Hartj'Linaiii),.., l'utilité qm «• *o« 
MToit, n «1 badiniat ja tdu iTob ■ccontnniéc t lliitoira »it de* Ueol. MÏt 
d« jivnoDiw ; tou ■nriei de qnoi tdu diMaanj n toata rotn tia, posna 
que a wit unt intencioD de rien réunir, cwiot aBcon da rica citer : ea 
ii*ett pt* noa baïuff qimlitë pour nae lemme d'être lATUitaj vt t^ea ûst nae 
ln*-BuiBT>iM d'uSecwr dg parait» tclla. > A. ds pla* Hnata Montiiigna 
■T(it, de lan lîmibls manière, donné du coaMil* •einbliblai [chapitre m 
daliira lU, lame UI.p. a37-s3g). 

3. ■ Duaa Um Ftmiau laranUr, dit H. Balfaeij (p. SO-SS da la Ktlûe iv 
MIU Ja SatJtry*),... il ; • bioi «aeore plu d'un tidt doat lai préciMaaa 
et IlDa de Scnderj penimt prendia laur part, mala )«■ critiqaK toat plua 
géaènlea.-, et la qaaitiini da l'iaitmetioa qui eonrinit eu feauuat art pl«* 
natlABoit poaéa. ClitaBdrv, qai rapiAMata la jute aùlica daw eetta qnvtïan..', 
na Iiit praaqaa qna rendra an Tan ca que Uila da Scoderj arait dit ea proaa 

loagtonpi lupiraTant £coiiteu Sapfao l'eipHqaut aBr ce.... iiiiat : 

■ Encore qna Ja TOnluaia qoe la* foumia MiaMnt plat da dwtat qn'aUca B'ta 
> tarant pour Hordionre, Ja vu -nfa. ponitiM jamalt qa'aUat ag ia t w t ai 

■ Vajoi d-daatni a U Aitica, p. iS, nota 3. 



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ACTI I, SCiNB III. ^i 

Je Teq>eote beanoonp Madame vota« mère ; 

MÛB je ne paia du tout appronver sa chimère, 

Et me rendre Vé^o des choses qu'elle dit', 

Aux eaceiu qu'elle doime à sod héros d'esprit*. ■ lo 

SoB Honsieor Trissotia me cbagriae, m'assomioe, 

Et j'enrage de voir qu'elle estime un tel homme, 

Qu'elle nous mette au nmg des grands et beaux esprits 

Un ben£t dont partout on siffle les écrits, 

Un pédant dont oa voit la plume libérale (35 

O'offideox* papiers fournir toute la balle. 



Set écrits, ses disconrs, toat m'en semble ennuyeux. 
Et je me troore assez votre goAt et vos yeux ; 
Mais, comme sur ma mère il a grande puissance, 
Yoos devez vous forcer à quelque complaisance. • t o 
Un amant fait sa cour où s'attache sou cœur*, 
Il veut de tout le monde j * gagner la faveur ; 
Et, pour n'avoir personne i sa flamme contraire, 

• qa'dki pnhrt M MnaM*. la mu doue Un qo'oB poln* dira d'au 
> fp— t da nm Mia qa'dk Mit «at dioaai doot alla h M nat* paa, 
« (fa'afla a ruapiit fan Mûri, qu'alla cowiott lEMOMml lai basa onnagaa, 
< q«'(Ba paria bin, qi^dla tait jaite ai qn'alla nit la ni» J», maûja me 
m *mmx paa tpi'ow pniaaa dirad'alla : C*ait ana Canna uvaata..,, Ca a^ait paa 

■ qaa cclla qa'ea n'appcUan point uTaata ne paiata mtoît aotamt at plut 

■ de riiBin qaa ccQ* i qai on donoara ca terrible IMU*, ■■)* eW qa'cifé 

■ aa Mil niiii iBiL da aon aquit, «t qu'alla uit aaAor adroitianl aa q»a 

■ TiaBa noatre ml i pnipoa. • {Artâiiiie ou U Gmnd Cjrmi, ■'"'-"— at 
dsDÏJn partie, i653, lirra II*, p. 67; at67S.} Aioti HUa da SendarJ, prè* 
da *>a(t mm anat la eomàdia dai FmuHât tmraaut, «arablaii prote*tar contra 
<• urrMt mm, «I eoBCre toota Mlidarità inc laa Béliaa at lia plnluBinte de 

> Vaya e>ean id néiM lim da Cjnu, p. 563-564- 

, qnaad j* l'aBtaada loiui, quand 
d6 : m la Tibor d'd dau eatta 
m g4( da Tartmfft et (o Ten 570 ^Amphio-jrm. 

' a, *( bien »ee liUrale ■■ dei papien renitiiu de 
'et pour eDTekipper Iran nurcliapdiaei- 
^_ Ok l'mumclu /«• eecmt, ^a* la naiaOB, dam la lamilla, oà aon oaiv le 
Inna attacbé, eà TaCtira l'ol^i a^nal aoB eoiir ait iiUeU, 




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74 LES FEMMES SAVANTES. 

Jiuqa'aa chien do logis il s'efforce de {daire*. 

clitarduk. 
Oui, voas avez raison; mais Monsienf Trissotin a(S 
M'inspire en fond de l'âme nn dominant diagrin. 
Je ne puis consentir, pour gagner tes sofirages, 
A me désbonorer en prisant ses ouvrages ; 
C'est par eox qn'à mes jeux il a d'abord paru, 
Et je le connoÎBSoia avant qne l'avoir vu *. %So 

Je vis, dans le &tras des écrits qu'il nous donne, 
Ce qu'étale en tous Ueux sa pMante personne ; 
La constante hantenr de sa présomption, 
Cette intrépidité de bonne opinion. 
Cet indolent état de confiance extrême a s s 

Qui le rend en tont temps si content de soi-même. 
Qui fait qu'à son mérite incessamment il rit, 
Qu'il se sait si bon gré de tout ce qu'il écrit*, 

I. HeM prolubl*, m*lgri la gmda dîBlnBB* im maonqda PUh* ■ do^ 
■fa* an p<noBiu|e> d* h Kèsa «t d* U ■tutim o& il la ■ plasé^ qm*!] j 
■ M aa Manoir de VAtimain. A la «na m d* Taeta I (thi iSS-IJO), 
Oi if iM, Twilla ak* d^w■ jaima eoutiuB* qa'glls oploita, motix, aa 
l( H» iaUréO M daai 1* laagiga la plaa coaToubla 1 ma 
'idilactùw [Hmr toot UDitaor bobt«b laui, «, aaln aatna 
miiilai, iBaIiâaawB«Bt iauDèri*, loi tranTa edot-ci i 

F'elt flmctn me amitm, mil milli, foll ftdinfam, 
Vati fammlù, rnlt ititan anaUlùi tt qaoaat raimio dm» 
SmtiUadilmr aoiet uuor, « al f uin Mtat, gmmdaat. 

• U n'a qu'an Niacl, pliln i u maltraiM, i moi, 1 U femma da duMlira, 
an doMiaaliqDa, au Mrrintai ; et aihae, le Boord anonrau, il Batu jna- 
qa'i aoB raqnat pour l'en &in luBa Tenir. > {TraJmciiai dt Sammtr.) La 
roBiaioa anul, as rapproehul ploi dn ton da OMnta qaa do ealù d'Haa- 
liattt, avait dû, eq 1G71, âuu la MamJrmgm (eonta 11 da la in*j>utie) : 

U aat diupsB la caita du paja,.,. 
Coaawt sasnaT lai con&laaH d'amouri. 
Et la aoumoa at la confanaDT Bénc, 
Imqitat an ehim : tant j £iit qnaad on aime. 
Tout tend anx Soi. 

1. Va axaaple d*«raal aue, ta liaa d'onul mm de on d'uMal ob, darant 



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ACTB I, SCÈNE III. 75 

Et 4pi*U ne vondroit pu changer sa renommée 
Contre tons les honnenra d'nn généra) d'armée*, «s» 

HXHBIBTTt. 

Ccst avoir de bofaa yeux qae de voir tout cela. 

CLmiTORE. 

losqaes i sa figore encor la chose alla, 

Et je TtB par les vers qu'à la tête il nous jette, 

De quel air il falloit que fïkt fait te poëte ; 

Et j'en aroÏB si bien deviné tous les traits, aSI 

Que rencontrant nn homme un jour dans le Palais *, 

p^te.qMHaiii ■lnlt^<FaBa^ni«d'HiiTMt(laii^<liiUTi«II,*anioft- 
toC), k l> is d* n II** utirc, adranic pu lui t Holiin an 1IW4 : 
Vu mt aaialnBt'falt toot atoc pliinr: 
H ■'( jhIm «m Mi Tin r«ailMtnt de elwiaiT, 
Bt towoan •ooatcai d* « qB*il tIbbC d'iorln, 

CTaM ^iii noû ^M^ida la loetHre da* tb* qui miTaot ena-là t 
Maïa ■■ cquit amUmie.... 
Il tilall 1 tant le aonda et aa uarolt aa plaire, 

qa* HsEb* it i BoDeaa la déclaration nlTanle, qna nau ■ eauarrtt Bro(< 
MaiMdaHeaB 1 iMMianim (tn»e I, 171S, p. aO) : • bi eat ewinHt, Halim 
ait ï Htn ■■•(«, n lui aaïut la maiB 1 ■ Voill li plu belle yttili qu 
a Tomt aT<s jamai* dite. Ja ne hUi pu du nonbre de ce) ««priti nblimet 
a paria; inau tel que je nd>, je n'ai rien fait en aa *ia dont je 



t. Pht Totr i pieÎB eetle într^îditè de bonne opinion, cette raniCenae 
■aAancc ds^ paila Œundrc, il a.'j ■ qa'l feaillcler lei OBunra galanut 
■ FaUt Cstin : pniqne cliaqne pièce j ert piicMée d'nae lettre ai dd 
a pUtAt nna eorntpondante l'annonce, m moin* d*u bd 
a aa ebef-d'nniTTa, Nom diobtiMn* ce* deux plai- 
'9 [I" piHie, a'* Mition, i665), on Ni : • Voni its 
H. d« C- qni Tint nn original dn Titien : je Tona 
le a^ copie. ■ Snit le Portrait d'Aitirit. ■— Page {oS [II*' par- 
lai), b preBièra dea Limlimi eoDlient cette recomnundalian da libelle d« 
U Mâufwit (raje* e>-eprt(, p. 171, tut* ^ : i Quoique tontei lei pièeei 
•aànil b*BBaa da cen qol ëeriTcnt Uen, il j en ■ tonjann qnelqn'unei (ne) 
a» plawil danntag*. £d Soliiudi de SaUl-Anan eil de plui baul prix 
_( b KiM, et la Maria»» da TiiilBn eat u merreille. Votre Hinagtrit^ 
Jl^wnr, ot ainai le ebef-d'anire de toi OEuTrea galanles cl récréetiTct. • 
», la Palab de jnatioB, dont aoa ordonaiMa royale de 1671, preaniraBl 



IV da la TiHe el la Uau dn plna grand et 



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76 LES FEMMES SATAnTES. 

Je gageai que c'étoit Trisaotin en peracame, 
Et je vis qu'en effet la gageure étoit bonne. 

Quel conte ! 



Non ; je dis la choae comme elle est. 
Mais je vois votre tante. Agrëez, s'il tous plaît, 
Que mon cœur lui déclare ici notre mjatère, 
Et gagne sa faveur auprès de votre mère.' 



SCÈNE IV. 

CLITANDRE, BÉLISE*. 

cirrANDU. 
Soufirez, pour vons parler, Madame, qu'on amant 
Prenne l'occasion de cet henreux moment, 
Et se découvre à voua de la sincère flamme.... •7S 

•a hittiUnU : > Tojn VBitlotrt dt Paru pir TUophila LitiUm (18S7) , 
9* •tria, p. 3fl. * Sou >«• (Doeanmin de Loati XI, <Ût «t hiitnrics ^. 35 
a. 30}, h PakU t/Êit».... i'étm )■ demaore rofila <t h fnl plu qsa U 
•cjour da b jnMiea, e'eit-à-dlra dn Purlsiiuiit, du la Cône dot eoapu*,.,. 
dfl la Cour da aidai,... da la Conncïablïa at d'une fonle d^aatm jtvîdûtîou 
partiniliiret. En néma tenp*, dei marehandi Tinreiic ■'itablir 1 Mcportaa, 
dtu Ml galeriai at (M malien..,. > Sont Louii XIH dcjl. • laa galeiiea 
étaient deremnci..,. OB lion de promenade trh-Mquenti. même par b no- 
bleiae, qui Tsnait eonitiwi lea iBirehaDdu dnu leon bontiquai, Lei pin 
nnomméei da aot bontiquai iciient eellet daa libriina. • Le* mardun- 
diii» nooTellaa, lea lirra noDTcau inrteBt, j ètaieat inM* at cric* (rajat 
U Priface da) Prtciemtu, tome II, p. 48), at, eomn» sou Pappradra Va- 
diu (an Tara qS}], Foccakon pouvait l'offrir, daai qnalqBe i»n coin, d'j 
réciter de vsn inidiu. Varei an tome II dn Canuillt de M. Ibrij-Lareiai, 
p. 3 atuiiiolo, U Natte* da ta GaUri» Ja Palaii [|034), Mani^ nn putap, 
indiqaé par Aimé-Martin, da Im frait kUimrt eomiftt i* Fnneiii», par 
Cbarlei Sord {publiée, croit-on, en lO»), tiTia [V, p. IJO-lj3 de rifidoB 
da H. Colombe; . 

1.(1734.) 



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AGTS I, SCÉNB IV. 77 

X&LI8E. 
Ah \ tout beaa , ganln-vons de m'oOTrir trop votre &me : 
Si je vooB ai su mettre an ran^ de mei amants, 
CoDtentez-TOiu des jeux pour tob seuls truchements *, 
Et ne m'expliquez point par on autre langage 
Des dears qui chez moi passentponr nn ontr&ge; «Ro 
Aimex-mcM, soupirez, brûlez pour mes appas. 
Mais qu'il me soit permis de ne le savoir pas : 
Je puis fermer les yeux but vos flammes secrètes, 
Tant que vous vous tiendrez aux muets interprètes; 
Mais si la bouche vient i s'en vouloir mêler, i<s 

Pour junais de ma vue il vous font exiler*. 

CUTARDU. 

Des i^ets de mon cœur ne prenez point d'alanne : 

Henriette, Madame, est l'objet qui me cbarme. 

Et je viens ardemment conjurer vos bontés 

De aeoonder l'amour que j'ai pour ses beautés. igo 

bÂlisb. 
Ah ! certes le détonr est d'esprit, je Tavone : 
Ce subtil bux-^jant mérite qn'on le loue, 
Et, dans tous les romans où j'ai jeté les yeux, 

I. Cas •qimMMNH d^^awr ^aw meitmim w. 1, y>4qti ««n plw loia, d* 
^■■if ÏMlirfril*'*, qn* Holicra bmI {d d(u b boBelw d'an* noiile (dUs, 
CuimMi I« ■ prMi h ■■ fmmaufa nwoiubls da M «nMia ialitsUa 
U J<H«w (1U4). TUaXa, aa liai aanoaM, dit {mtu I, «dtef K. ff 
ft-104. -mtrTiU Condl., f. i3i] : 

lUi ï?aM-ae fm mhi poar M iiiiàliiliiaai t 
Qaa faB^4l IBS aaiBata da plua pour ■'aqtliqa^ 7 



L'aa d«Bf l'iatrg i tow ooapa laar* ngardi 1 




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j9 LES FKUHBS SAVANTSa 

Je n'ai rien rencontré de pins ingénieux. 

CLITAnDHS. 

Ceci n'«8t point du tout un trait d'esprit. Madame, agS 
Et c'est un pur aveu de ce que j'ai dans l'àme. 
Les Geux, par les liens d'une immuable ardeur, 
Aux beautés d'Henriette. ont attacbé mon cœur; 
Henriette me tient sous son aimable empire. 
Et l'hymen d'Henriette est le bien où j'a^ire : 3oo 
Vous y pouvez beaucoup, et tout ce que je venx, 
Cest que vous y damniez favoriser mes vtBUx. 

BiUSB. 

Je vois où doucement veut aller la demande, 

Et je sais sous ce nom ce qu'il fiiut que j'entende ; 

La figure ' est adroite, et, pour n'en point sortir 3 o s 

Aux choses qne mon cœur m'offi<e à vous repartir*, 

Je dirai qu'Henriette à l'hymen est rebelle, 

Et que sans rien prétendre il faut brûler pour elle . 

CUTAXDHB. 

Eh ! Madame, à qu<N bon un pareil embarras. 

Et pourquoi voulez-TouB penser ce qui n'est pas ? 3 1 o 

Mon Dieu ! point de façons ; cessez de vous défendre 
De ce que vos regards m'ont souvent fait entendre : 
Il suffit que l'on est contente du détour 
Dont s'est adroitement avisé votre amour, 
Et que, sous la figure où le respect l'engage, 3 1 S 

On veut bien se résoudre à soofinr son hommage, 
Pourvu que ses transports, par l'honneor éclairés, 
N'offrent à mes autels que des vimx épurés. 



Mais..,. 

I. La ijwImIc, m, id rm 3i5, k Toik. 

1. Duu la choju, «a «Hia dlMBt 1m ihoiw i 
me disCa aion coori rfui li réponn nctn qiu j* i 
p. 73, la Tcn a3a at la note *. 



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ACTE I, SCANE IV. 79 

aiusu., 
Adieu : pour ce coup, ceci doit vous suffire, 
EAje TOUS û ^as dit qne je ne voulois dire. 3ao 

cutaudks. 
Mais votre erreur.... 

b6lisx. 
Laissez, je rougis maintenant. 
Et ma pudeur s'est fait on effort sorprenant. 

CLrrinDRx. 
Je T«iix être pendu si je vous aime, et sage'.... 

BKL19S. 

NoD, mm, je ne veux riei^ entendre davantage *. 

I. > Kt nga «VB di..„ > oa : • tt Mge i *o«( Hnit d«.... ■ Milt U 
•àU J» ta phnM iBteiroBpiw m ie pràrait pM itMi facUemcDEi H lagc 
pvab bwB 4ti« OB p« de nm^iiug* et poar b rCma. 

■. Ob ■ ■■■■iqBJ, arsc nltoo, que 1« rSle d* B^n ert «Bpnmtt t b 
CMiMie 4*1 F'iiinmairu, da DcnniMU'. On n'en amnit danter, n lÛHt 
■t d*ieiM«BlnH*i|>iria, fslarwtfw ctoeiw rùiu, oomma 
' ladiwla lktada*pBMaugM,«tMMHrMUws, 
H d'AUa:amJM U Grand i 

ItM^aar, £t«l**rai: que vos* dUoit nuliato 

n ac parlât d'aauwr. 

O II roM aealtnUa ! 
Doae il l'adroH k Tans, n'oint pM u'ibordar, 
Fsar Toai doBBor U nin d« mv pennider. 

n* SaBH pnial, ■* hht. Tst» "fin* de k Mrts i 
rWbMi wm parloit da l'uBioai' qa'Il ut porte. 



Haia nu Kaar, noja-auA, s'en preoei point li peise, etc. 
t coatuiH peadittt tonte II *attt!, qn'Heipcrie termine linii : 

lAetelI^KèMll.) 
. laH octB {Il IF', tchu ir), eetu mlmt Heipéne, entendent i 
■ • I i b AMm, p. ^-18, et putbalUnomt p. aS, b ri 



D.nt.zedbïGoOglc 



8o LES FEMMES SAVANTES. 

CUTAMDRB '. 

Diintre Mit de U folle areo ses visions! SiS 

A-t-on rien va d'égal à ces prérenÙMis* ? 
Allons commettre on antre an soin qae l'on me donne, 
Et prenons le secours d'une sage personne. 



K<tp«cMMX ■mot, on Mcapta *« T<mi : 

Qa'Blla m pitU dM auiiii qo* Toln cour «adon [ 
Ifaû, HBi (MB dannr, Mom ■■ Totu. 

D«M U Aun J'Mbiltrme, da Tbom» Coraellla, joui qiurtn iM nnt In 
rtmmM MMatw. il y ■ wm ium, ivjttt *B«i iW rHopiri* da /1#»ii- 
•oinH, M qiH Holièn pounit bi« arolr iinilia lai-Bi^iBa dam qaolqmei 
tnlti dn rOlg di fiàlba. C«ta Tiato, qoi croit qaa toiu Is horansa loat 
■moiiRiii d'cUa, B'aa TVat pnnt dàmordn, qnalqi» lennaiti qa'ilt Eamat 
da «ontnire ; M ïlla p-snd poor dn Utoan dâlieita laium tUraenti* l«i pba 
oOeaMnM. Uiadrt. «n d« caa priModoi «■""''. loi dit, aatn taxtm doo- 
eau* {«M /J/, »JH rj} : 

.... Vaaa *tm m «mi w quil Tsaa pkln ; 

Hall je ne Tona aimai «{Madinl dn ma na. 

— Voua at m'alms pia? — Han, tt n'ra al point rafla. 

Hoa l«a (mAH HiM), h TaM> M die 1 

.... SooEMr nttM Bort, poimat tou nooHÎr.... 

*t a loi rtpoad 1 

Sb, faiUi mti l'h mmi da na liimr noorir. 

(ilbi. fJmgtr.} 



an thilEi*; UaaretroBTa das la Awv ( i Sg^ da RagOMd (la CumMhi), «I 
il aat iadiqai diM k Crûfiit rirai (1707) d* b S^a (Un* Ototta). 

I. SCÂRB T. 

cuT«>ïnB, Mal. (itM.) 

a À IM prirantioiu? (iOg7i 1710, il, 33, 34.) 



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ACTE II, SCENES I ET II. 



ACTE II. 



SCÈNE PREMIÈRE. 

ARISTE'. 
Oui, je TOUS porterai la réponse au plus tdt*; 
J'appuierai, presserai, ferai tout ce qu'il faut. 
Qd'qd amant, pour un mot, a de choses à dire! 
Et qu'impatiemment il vent ce qu'il désire * ! 



SCÈNE II. 
CHRYSALE, ARISTE. 



Ah ! Dieu tous gard' *, mon frère ! 

CBRTSi.LS. 

Et vous aussi, 
MoD frère. 

I. «Bma, i CUia»sb^. (i6S«.) — «aiin, quillaiU CUlandrt tl lui pur- 
*»/«««. 0,34.) 

a. La dswen bdU de l'aeti ï jettent mis pirfilte cUrté nr « dabut 
<■ IV. CtiUadn l'at bltc d'alUr commenta lu autre i la dcmiods. 

3. O tm ■ dàjl M npprochî [tome lY, p. tgS, note 4) du ta» 1470 d* 

El qa'iToe violcoce ilmt ce qs'il deiirs ! 

(Acte IV, «eiiia r, ElTin I Tartuffe.) 

4. Oa m, au ven 10S8 i'Ampiiiijim, tome VU, p. 4[g, note 5, que 
fv/ ^icrinil tâaà dus «M ibûmla da aalai ; le ^ ètûi uoi douta In. 
MMlk diH la proBcHMÎatîaa, 

Mwita». u 6 



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8t LES FEMUES SAVANTES. 

AKtSTB. 

SaTez-TouB ce qui m'amène ici ? 

CHRTSILB. 

Non ; mais, si vous vonlez, je suifl prêt à l'apprendre '.335 

àRISTI* 

Depuis assez longtemps vous connoissez Clitandre ? 

CHRYSALB. 

Sans doute, et je le vois qui Tréquente chez nous *. 

IHISTE. 

En quelle estime est-il, mon frère, auprès de tous ? 

CHRYSILB. 

D'homme d'bonneur, d'esprit, de cœur, et de conduite ; 
Et je vois peu de gens qui soient de son mérite, 14a 

AHISTB. 

Certain désir qu'il a conduit ici mes pas, 
Et je me rcjouia que vous en fassiez cas. 

cnaYSALs. 
Je coDQiu feu son père en mon voyage & Rome. 

ÀniSTB. 

Fort bien. 

I. Et noo tmttadrt, comme iUm ploiinn •ditioiu modcnaa. — C> 
pctil jeu de di>J*gue ■ déjl éLé eBjilojié deoi foii par Molih». Dui 
CÈumréi {aelt If, teint r, urt iS47-iJig); 

ÉcoMa, •lU-tu bitn es qoa je nnu de Um ? 



Dent ta Faurttriit Jt Sctipin {arlt I, teint II, lomt FIJI, T- 4") - 
• dCTiVB. Hél.ii! ID Di wt« |>ai la ouM d« msa inqai^ode. tCtna. Noa, 
mail il ds tieodn qu'i loui que je ne li Mcbe bieaiAl. • (A'aff J'Angtr.) 

«Kcen lu dii-biiiliime : tdj« le DUiionnairi it litiri 1 3*. Cowlrait me 
eiti MilTi d'na aon de pertoone, il h troare diu li Foauue et dua Vol- 
taire: 

Il béqneanit alm le aoiapère Piecrt, 

(CooM X da la 1V< partia.) 
■ Vmw Be fariei plaîeir de oa plu friq«a»lar shia Bma. > [VÉmnmm, 
176a, aeUlV, Kène i.}- 



D.nt.zedbïGoOglc 



ACTE II, SCEN9 II, M 

CHRYULX. 

C'étoit, mon frère, un fort bon gentilhomme. 
ARISTB. 

On le dit. 

CHHTSALB, 

Nous n'avions alors que vingt-huit ans, ^^S 
Et nous étions, ma foil tous deux de verts galants*. 

AaiBTB. 

Je le crois. 

CRRVBÀL^, 

Noas donnions chez les dames romaines*, 
Et lont le monde U parloit de nos fredaines : 
Noos fainons des jaloux *. 

ÂBISTS. 

Voilà qui va des miew. 
Hais venons au sujet quî m'amène en ces lieox. SSo 



SCÈNE III. 
BÉUSE*, CHRYSALE, AIUSTE. 

Qitnndre auprès de vous me fait son interprète, 
Et son cœor est épris des grA«es d'Henriette. 

CBKTSUA. 

Quoi, de nu fille P 

«t dau «Oa dt 1681, nri-gnlaiu; itta d'ia. 
rirt galaai; d<nieell«d8 1734, Hrd^flau. 




u ans j'itoi* im eumpin lutrafni 7 
Ob a piii^ Ja Bou. 

(Kaeûic. Ut PltùUmn, 166S, ■eu UI, ninm ir, nw 9i>l44.) 



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84 LES FEMMES SAVANTES. 

IRISTE. 

Oui*, Clitandre^D est clisnné, 
Et je ne vis jamais amant plus enflammé. 

BEL [SB '. 
Non, non : je vous entends, vous Ignorez l'iiistoiref S5S 
Et l'affaire n'est pas ce que vous pouvez croire. 

Comment, ma sœnr? 

aiLisE. 
Qitandre abuse vos esprits. 
Et c'est d'un autre objet que son cœur est épris. 

ÀHISTB. 

Vons raillez. Ce n'est pas Henriette qu'il aime? 

DÊLISB. 

Non; j>n suis assurée. 

AMSTI. 

Il me l'a dit lui-même. 3So 
ttuea. 
Eh, oui* ! 

ABISTB. 

Vous- me voyez, ma sceor, chargé par lui 
D'en faire la demande à son père aujourd'hui. 

BfiLISK. 

Fort bien. 

AUSTB. 

Et son amour même m'a fait instance* 
De presser les moments d'une telle alliance. 



1. Toja ei-dimii, li aou a dt U puga 5g, et, >a vm i&i3, ooiapamlc 
■énM «fiât d'un* pauw innL muii. 
a. BiLUi, à JtuU. {i-}%\ 
3. Nom tcourarou pliu ba> li mjmc meoBt» d'ii at da oai d«u le 

j. H'a Ent DM iottinte pria» de pretHr la mamenti, ■ inuitl laprM 
de moi (pour que je pntie....]; ùuloKte i ici ta mfiiie iciuiib'biu rtn i433 
4b Tttafft SE i6al da MUanOimjftt il as a im qaalque peu difféiMt ai- 
■piW, ta <re» S47. 



D.nt.zedbïGoOglc 



ACTE II, SG&NE 111. K 

Biuaa. 
Eneor mienx. Od ne peut tromper plus galamment. 3«S 

Henriette, entre nous, est an amnsement. 

Un voile îngénieax, un prétexte, mou Irère, 

A conyrir d'autres feux, dont je sais le mystère; 

Et je veux bien tous deux vous mettre hors d'erreur. 

ARIBTX. 

Mais, puisque toos savez tant de choses, ma swnr, jjo 
Dites-nous, s'il vous plaît, cet autre objet qu'il aime. 

BÉLISB. 

Vous le voulez savoir? 

AKISTB. 

Oui. Quoi? 

B^USI. 

Moi. 

ARISTB. 

Vous? 
bAlos. 

Moi-même. 

AKISTK. 

B»y, ma sœur! 

aitiSB. 
Qu'est-ce donc que veut dire ce ■ hay », 
Et qu'a de surprenant le discours que je fai? 
On est faite d'un atr, je pense, à pouvoir dire 3 ; 5 

Qq'mi n'a pas pour un cœur soumis à son empire ' ; 
Et D(»«nte, Damis, Géonte et Lycidas 

rmpin, Catta loaatiaa ■ dijà M eioplajH diiu la Princttu JÉlUe, pu 
CfMkM (art* n, •«» I, MBM IV, p. 168) : < On bodi bit Tirir <[« Japjnr 
■'a paa nmi poar as* foia >, HalawBt una foii. Voja lai aatna aiemplei 
f4t la FoBteiaa, da Danaïut) cilia par Uttri* ; le damier ait da Voluira 
fCliiiVinr ri- rX^^tiafUia, 1771, Una XZXU dta OEwmi, p. Il) : < On 
■'arait paa alora pon m kbI propbita. • 
a ^ Bot Paam, 1 1* i *ojei «mI la Cn d« la Rtmar^w i i Qn ooiqe>e> 



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M LES f EHMBS SAVANTES. 

Peuvent bien ûure voir qn'&ti fe qaelques appas'. 

àkM¥K. 
Ces ^ns TOUS aiment? 

tiut*. 
Ooi, d« tout* leur puissaDce. 

iHlSTB. 

Ils vous l'ont dît? 

biElub. 
Aucun n'a pris cette licenoe : SI» 
Ils m'ont su révérer si fort jusqu'à ce jour, 
Qu'ils ne m'out jamais dit un mot de leur amour ; 
Mois pour m'offrir leur cœur et vouer leur service, 
Les muets truchements ont tous fait leur office. 

IRISTB. 

On ne voit presque point céans venir Damis. SIS 

C'est pour me fiiire voir un respect plus soumis. 

IRISTE. 
Dé mots piquants partout Dorante vous outrage. 

KÈLISE. 

Ce sout emportements d'une jalouse rage. 



iLjoui. tn i63S, j ■ mû 
d« U méaa tàpite, k qui l'on dit («li //. tciiH Ft) : 

bt-il d'uDlTM nDinli qui tdupimit pou **iu t 
•t qui r^ond : 

Qw trop : Vjàt, HflM, Pliiknnidf, Ohttdn, 
Cilidai, Mutcioa, Anjatat, rbikniiiiire, 
FdéoiaD •■ Lfiuqu an tinneit tau |>Mr am, 

Ii'oB pant biu Toir pu IJt li ja iiiit «ui>r balk. 



D.nt.zedbïGoOglc 



ACTE II. 8GÉNI III. »j 

AUSTE. 

Qéonte et Lycidas ont pria femme tous deux. 

BÉLUK. 

Cest par on désespoir où j'ai réduit leurs feux. j^o 

AKWTI. 

Ma t<Âl ma chère aœur, vision toute claire. 

CHKTSALB*. 

De ces chimères-li tous devez tous défaire. 

SÉLISB. 

Ah, chimères 1 ce sont des chimères*, dit-on! 
Chimères, moî*l Vraiment chimères est fort bon! 
Je me réjouis fonde chimères*, mes irères, S9II 

Et je ne saTois pas que j'eusse des chimères '. 

1. CmntXLS, i BélU». {ijH) 

3. j m use Mmblible ÙTcnion on plntAt utieipitioD de l'ittrilint, pUec 
f ibaJ, pu- b4u, pu iapati«« dé l'npriBer, « liM d* la phrM*, pai 
npMïu plaça ordiBiin, dam uds Itttra pbiloaaphiqne qae BerniH (l'imi 
di Hobin, la Tajagav, la gaattadiite) a adreaira ji Chtpalle en iKi' : 
• Qm'at-tm qs* ïVm ifmt M amuianicnt M ctiit iaUrlam^U? paat-oa dire 
^■a e> ■■ aait anlre cboaa qoa qnelqun nMilaoteiiU.... al codtaitum paiti- 
enliara d'atoaa nu d'eapiiti.,, ? Chimim, mon tréa-cher ami, ce n'ait qoa 
pvea cfabnin*. . 

3. Mw. arair dat cUmtta* ! 

4. De ea ciiaùru, de cette ïdja que Tnui aTci da mai cbimérBt, de ce mot 
4a iti'iiiJrar Et da mAne, inTe» préodenl : Ca chùiùrMi-M eit.... 

5. Ob aa *• panaaflan pat laeilnu qoa c* pmuge • doit élra cm- 
pamMi >, aaiam» la t«^ Kdoaard FaHniar*, da cabii-ci du A'wmmùw 
{MM n, MèM •) : 

Mail c'aal naB atîm i ta oà raiia amonr M fooda ; 

Car ^aa lau «ert ifainMc ca qui a'Mt plo* au monde*? 

O Dinut I pnia^a KraKrir cette tàmcrili ? 
■ m'j ■ rian là, •• wmhla, qoi tii dd lugftnr l'idée da e* ton rin, «n 
plmM Je ae IM de IblU qni prend k Béliaa. 

a Da Oànt *■ Par**, le lo juin. Elle irrmina, piRinée ï pari, la toaw I 
da FBifiairm de la Jtrmièrt rimtmtmi du Stait du Gnad Mtgal et ilea JV^ 
mairmmr Ctmfirt dm Grawl "'va'i iG^oeL 1O71 : njei p. 4] al (H. 

• Caal-à-din Alraudra la «nwl. 



D.nt.zedbïGoOglc 



88 LES FEMMES SATÀHTB8. 

SCÈNE IV. 
CHRYSALE, ARISTE. 

CHXTSILB. 

Notre sœur est folle, oui *. 

ÀRlgTB. 

Cela croît tous les jours. 
Mais, encore une fois, reprenons le discours*. 
Clitandre vous demande Henriette pour femme : 
Voyez quelle réponse on doit faire &-sa Aanuoe. «ao 

CHKtS&LE. 

Faut-il le demander? l'y consens de bon cœar. 
Et tiens son alliance à singulier honneur. 

ARISTB. 

Vous savez que de bien il n'^a pas l'abondance *, 
Que.... 

CHRTSILE. 

C'est un intérêt qui n'est pas d'imporUnce : 



I. On ■ lUjk pa nmarqner, d>u U Boargicii gtiuilSammM (Hte II, 
•ecB* n, Usmm VIII, p, B9), et rmploi da emi. pU« k II £■ d'à» phma, 
■f«e lo MB» «implnaeat eonfirmitif de ctriet, luiurémail, ma/ei: • CâUiora 
glUot, oui. — Siiu dooU. > C'ot lion uw Mtti d'euelitiqna, qui M nfoil 

qni B» l'aipl» nullrment et dnmt Icqiisl l'< l'ilide, codiiim ici. — Koiu 
MTOn* TU, iiiE Teri 5 ac 353, qu^apr^ une panta, et bian nlaré par la provoi- 
ciadoD, oui a'aapiraît lagàrankaat. 

1. La diaeoan inMimnpB, notra propoa. t renirqncr l'emploi da l'artul*^ 
eamparas, tu dibat de la aeèna ix da cat aaia II, k *n« 641 : 

Bà bian 7 b famine lort, mon Mn.-.i 
gt, diw U Mitmthroft, la ran a44 : 

3. n piratlrait plna « 
abondanoe, • ou • lAt biei 



D.nt.zedbïGoOglc 



ACTE II, SCÈNE IT. 89 

Il est riche en vertu, cela, vaut des trésors, toi 

Et puis son père et moi n'étions qu'un en deux corps. 

ARISTB. 

Parlons à votre femme, et voyons à la rendre* 
Favorable.... 

CHRTSÀLB. 

Il suffit : je l'accepte pour gendre. 

ARISTB, 

Oui; mais ponr appuyer votre consentement, 

Mon frère, il n'est pas mal d'avoir son agrément; 4 1 o 

Allons.... 

GHRTSALK. 

Vous moquez-vous? Il n'est pas nécessaire : 
Je réponds de nu femme, et prends sur moi l'affaire. 

AKISTS. 

Mais.... 

CHsrSALB. 

Laissez faire, dîs-je, et n'appréhendez pas : 
Je la vais disposer aux dûmes de ce pas. 

ÀRISTB. 

Soit. Je vais là-dessus sonder votre Henriette, 41 5 

Et reviendrai savoir.... 

CBRTSALE. 

C'est une affaire fiute, 
Et je vais à ma femme en parler sans délai, 

I. TlihtiBi. ÊÊÊMjaai ds II mdrc, i"!»»! lu mojeM da 11 main.... 
/Ur m, iim U mime mm, et k rnumple d« Milbarbe, cuutiuit ith <b 
Mnn53i da MitaMtkrepti to7«i tomtV, p. 476 M mot* 9. 



D.nt.zedbïGoOglc 



LES FIHURS SAVANTES. 

SCÈNE V. 
MARTINE, CHRYSALE'. 



Me voilà bien cbaDceuse'! Hélas! l'an dit* bien vrai: 

Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage*, 

Et service d'autrui n'est pas on héritage*. (lo 

I. CBKTMLS, MAHTm. (1734.] 

a. J'ti bien da Ii cbasM I Un Mtot «aplal InaiqM da aot t t»i bit 
par ClindiH 1 II Mèu i da l'acW II d* Gti»-g4 Dandm (tanM VI, p. SSg). 

3. L'on dit. ([674, Si, 94 B,) L'an, Ic^on de l'édilïon originale, «I ici«t 
aa TCn 411 h praaoamifaa ni*tii|g« da ran ; aa «ra ^t^ il y >, dan toiB 
In tntai, en (rajeila nota lur an* iPatwnW de ce deraier Tert). «Ceuaeoa- 
taàoB da formel, dit Oénia (la mot En da ion Leriifue, p. ii6J, ocuBangir 
par l'analogi» dn Miiu, était origiaiirement pemaBBnM dam la meiHaar lia- 
gige.... Il eit iatéieuiDt d'obacrrar qo* etita famw, aajiMrd'bui ralégan 

lai mieai parlanli. Dini rilnie de toiuei In ^ammairet friOfaiaei, erlle 
que Pibgnre «ri>it aa aagLiii poor la Uiar te Henri VIU <lS3^, <n tbU 
eoatUmDealfM figurer I cAtédcroa. • VojaFÉclmrcintma^ Jt la Imufmt 
/raitçoU, par Palignn, Mitiun Cénin, 18S1, p. 76 et 33R. Kou noo* oin- 
taottrom da eliar eet aianipl* (da Ii page 331] ; • ttn, lait, «1 « pcivc dRa 
biao JDjeni da fàira rîeai {qiulfiu eAon] jiour un tel baaana. • 

4. Ca rrra, comme le dit Anger, te Irunre, mot pour mot, nra la £n de li 
•aine i de Taete II d'ane eomodw da Guhin da BoaKal, li GoMrtrmtmml iU 
Satet» Païua, jaute, d'aprM la« frcraa Parfaiet, n 1S41, impriméa «aaap- 
tambre 1643, cl, ajouta Augcr, ■ raiiéc longtempi an tbéttre >. Haia la pto- 
verbe eu luen pliu TÎeuK : Littré Ta trouvé dana nn poïme du qnatonîéne 
^ècla, où la miae en len l'a alTosgé et qwlqoa pan affaibli : 

Qni le chien roailt ocirre, tuer et méhaigiiier 

Le rage le net aeure {tut, lai met la rmgt Jiitat), a* le Sari d'an Icrier. 
{U Aoinua/ dt BituiiMin de Siiaarc,.,. publié poor h i'*bi>..., 
Valeacienaei, 1S41 : chant XI, lert iji et 47G,) 

5. N'aat paa nn bien lUble oa auuré, Hiritagt, en ce aana, aat la tov» 
earaatÉrialiqDe de pEuiienn pn»erbei. Littré, k riliitoriqne, cita caa daoi 

da (amina n'«M pai ii^riliige; diai aiaieat *u joord'hui bb bomne M de- 
aais un autre • (lome VI, imprimé ea iSil, det faiu et geiie* du mi Pcr- 
ct/onil, efaipitra xvi, F 41 r*, colonne a). < Vie a'eit paa Uritaga > 
[CMgrm], Fliu toIûb de aalni de BlwUaa, al aaM dooU " 



fbïGoogIc 



ACTB II, SCtNB V. i 

CHVTSÀLB. 

Qa'est-ce donc? QaWez-vous, Martine? 

M&kTOlK. 

Ce que j'ai ? 
cdttrsAO. 
Oui. 



JTai que l'an* me ctoone aujourd'hai mon oong^, 

CHHY8AU. 

Votre congé! 

MAITINS. 

Oui, Madame me dusse. 

CBKYBÂLB. 

Je n'entends pas cela. Comment? 

lUBTIHI. 

On me menace*, 
S je ne son d'ici, de me bailler cent coups*. 41S 

CHaTSlLE. 

Non, TODS demeurerez : je suis content de vous. 
Ma femme bien sonreut a la tête un peu diaude. 
Et je oe veux pas, moi.... 

Dêrtimmmini Je Furtdir* «t dt FAeaiUmit qai root rcciwiffî, eit : • itrnee 
lia grsB^ («■ de ^nsd) ii*«ft pu hérhigtt > , 

1. Q«PM.{.67(.ga, îM».) 

■■ Dbm redilîoB de l^Z^■, pir conrormilé wnc U famé qu'a la mot 
pncédÉ de l'iuticlc ■« -nn ^^t ri fu ; ■ An me iii«i««. > Haii il eit ) 
nmtryitt qM U OarMB de PiJain joai, qai dit Tm, dit luii, non ■> 
«• CB, BnaB; pv ncmple, p. 38 de l'cditiDn de 1671 : • Qumad on gs'j 
ot, •> jb'j en ; > et p. 3g : • L'en diKt que Honiicar le «ri.... > 

3. Cei Beaien, id tcmpi d« Maliira, n'aient p» tonjoun faitei en 
ruÏT, et Uirtiae pniTiit na pM Ut prindr* pont a*i maiiitTe di pailcrt 
SB le nnieUa qn'iminoé liât aca gêna : Tojei tome V, p. Soi, noie I. 
faya ■■« la boU de H. LIhe m rera gio du Vùmthropi!! aui «emples 
4c bntililn d«i Durtm qa'il rapporta, Oa iwot Jotadr* le itail, fait • (tee 
toata Bioftw u jnuibto, ■ par BoUmb 1 BroMCtW, île l'ibcnlBaUe pefne 
da taBoB qse BMhiaiDDfri appliqu bb Joar k foB e«faer (^ (S t* N 461* 
ém ■MBiii 4t 1 1 M m u. p. SH 4a valaa* Lanidat). 



D.nt.zedbïG00glc 



LBS FEMMES SAVANTES. 



SCENE VI. 

PHILAMINTE, BÉLISE, CHRYSALE, MARTINE. 

TBIUMINTK*. 

Quoi? je vouB t<hi, maraude? 

Vite, sortez friponne; allons, quittez ces Ueux, 

Et ne vous présentez jamais devant mes yeux. Hd 

CHRTS&LK. 

Tout doux. 

PHILIHIHTB. 

Non, c'en est fait. 

CHRTSÀU. 

Eh! 



Je veux qu'elle sorte. 

GHRTSALS. 

Mais qu'a-t-elle commis, pour vonlotr de la sorte,... 



Quoi? voua la soutenez? 

CHRTSAL'B. 

En aucune 6içon. 

PHILAMIRTE. 

Prenez- VOUS son parti contre moi? 

CHRTSILB. 

Mon Dieu ! non ; 
Je ne fais seulement que demander son crime. «35 

PHlLAUimCK. 

Snis-je pour la chasser* sans cause Ugirime? 

I. PauAnarB, af t rv tr tmt Martiitt. {,^^l^■) 

s. C« tsn HBble biiB ici prtUr à dcu uw. k pariar miaù ■■jouJ'hd, 
iM liiqBcnit fsrt d'ém lOMpri* hobibi a, itm «m* ia**nMa. d« plM 
MIM«U «i dui ma f«n. m ■(■il Toala dîn : ■ <ai*.j« ubi nmm Ufi- 



D.nt.zedbïGoOglc 



ACTE II, SCÈNE W. 

CBRTS^U. 

Je De dis pas cela; mais iljaut de nos gens^'.. 



If on ; eUe sortira, tous dU-je, de céaos. 



Bé bien J oai ; vous dit-on quelque chose là contre * ? 

FBILAHlIfTB. 

Je ne veux point d'obstacle aux désirs qt>e j^ niontre. 440 

CHKTSALB. 

D'accOTd. 

^UU.HIIITX. 

Et TOUS devez, en raisonnable époux, 
Être poor moi contre elle, et prendre mon courroux*. 

Atusï fuB-je*. Oui *, ma femme avec raison vous chasse, 
Coquine, et votre crime est indigne de grâce. 

HARTim. 

Qu'est-ce donc que j'ai fait ? 

CBRYSALB*. 

Ma foi! je ne sais pas. 44S 

PHILAMIHTE. 

EUe est d'humeur encore à n'en faire aucun cas*. 

tima, ^M-jcpacda tamae ligitinc pou la ehaMer? * atii U nooi partit i 
P*m pis «afaia qaa Koliin ■'■ catcndu ■nlrtBeut ■> : Soû-ja frmaM k 1* 
tkMMr... 1 • e'Mt Aa lai db tour fnijiuat M qa» soat (tobi dsjà ralari 

I. • V««* am »ÎM>a.... od ne pool p« lUcr là contre. > {Dtm /««a, 
tu U w 軫 B, IBBC V, p. 88.) — • HoB frire, poara-Toiu tenir U 
««■■ « T • [tt MalmJt ùmagiaairt, leii» demis».] 

1, Pu^nBaBeoiuraiii.Ce«ipiira,iiiTgniQ4gd'.4ii^llr}'M(toD«TI 
p. tii), respnHwa ualagna de prmJrt Ma rmitgtaatm, 
3. J« k doii, aani U bia-jc, je la bii dose. 

^. S4 iommmiii rtr* Martine. Oai. (i;34.}— Le aw nt dit précIpitiM- 
WHÊt, mm* qn'anc— panM aBp4eba rdiaion da l'a maat qui procède 
S. Onnua. tmi. (ij34.) 

A. A iirilw ia b«^idlt ce qa'sU* ■ Ut, on, pour «mpnatar ma Mp raa- 
mtm é^ t^nps : h paaaar qoa ce m'eit paa grand eai. Cw, dit l'Aettlcaiia an 
rf^, ■ ù^itm aiMl d>ami anmoM C« ■*«( fol^aiU eai, poor dira : Ca 



D.nt.zedbïGoOglc 



9t LE» P2MHBS AÂTÀNTES. 

aa^TtuM. 
A-t-elte, pdlir ^anar matîAe i votre huss, 
Cassé quelque miroir oa qaelqae porcelaine' ? 

PfllLlMIRTE. 

Voudrois-je la chasser*, et tous figurez-vous 

Que {Kwr si peu de cfaoM ou se mette eu eourrom ? (S* 



Qa'e8t>oe i dire ? L'affaire* est doao consid^raMe ? 

PBILAMIIITX. 

Sans doute. Me voit-ou femme déraisoDuable ? 

CasTULB. 

Est-ce qu'elle a loïteé, d'ua esprit négli^nt, 
Dénoter quelque aîguîàre oa quelque pUt d'argent? 

FKILAMllTZ. 

Cela ne aeroil rien. 

CHaYSAtE. 

Oh, ohl peste, la belle! 4SS 

Quoi*? l'avez-vous surprise & n'être pas fidèle? 
PBILAHIHTS. 

C'est pi« que tout cela. 

CSaTSALB. 

Pis que tout cela? 

PHILIMINTE. 

Pis. 

CHRYSILE. 

Comment diantre, friponne! Euh'? a-t-elle commis. ... 

tfttt p»t gnmd'iboM. Cul grauftat^'en lupnt nmi/irirt iiUnirtrwIttm, > 
I. Siir 1é nntâ «t pir inhe le bail prii i» li pomUim ilan, mysaM 

■Ole fBtintuate dani rUitinn qn« M, LJTit ■ ricnomnl doBBée d* aÊ»M 

eouédic; Toja )iUH )> Dùiinntuiirt éê LilirJ. 

s. En M c» Toudraii-jt la ctuturf Mail difl «t tob* k la pwùti* da 

TMaraiats l'idée qu'dlt Ta «primiir an Tin (5l >t pin* ian^qaaiBaiil >■ 

T«n ^5^, — J^aw ri pn éi doit cal l( eoaplènHBt et (M llasl Hrt^ 

ragitiomqni aa aninnl, 

3. \A ttarlimt.) Qa'ait-w, «te. [A PUlamimt.) L'aOrin. (t}l4.) 

4. OasTUU, ■ Marlùu. Oh, Me. {A Philiminu.) Qflai f {ttUtm.) 

5. iA MarUm.) ConaaiK, etc. {A PWmmbu:) Stl (IKdMi.) 



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EHe a, d'onft.ittqoVrtii*) s ■BkU« Urtce paretUfl, > .f 
Après trente leçons, iasuU^ owd oreille 460 

Par rimproprifté'tb'uD tnot sauvage et bai. 
Qu'en termes décisifs condamne Vaagelas', 

CHKTSALI, 

Est-cse U.... 

»Hn.AHlJITB. 

Quoi ? toujours* malgré nos remontiUnces, 
Henrter le fondement de toutes les sciences, 
La grammaire, qui sait rég«at«r jusqu'aux rois, «95 
Et les fait la main haute* obéir à ses lois*? 

1. La fifOM dont Pb3«iDlmt«*t BélÎM parliat cU YingeUi, Bt loMi Chrf* 
■■I* d'iprci rila, • praoTs, dit Aoj^r, en qadla nconumndatina gtiil U 

■TSM ÎM Fimmrr tatoMét, U aM earMiB ^aa aaa Ramarf m t»r la Lmgtt.' 
framaût {16J7] nainit bit de lai le Irgiditaur da lingiga. > Ca n'aat pu 
qaV c« aAecli « rAla : Saiale-BeBTa l'a bieD oaglna ; intia. de aou riraM 
dâ}i, asa antorilé ^[t gngdeg cVH ai dPBl HfGralt \ témoigner ca pat- 
••ga f ua lenre de Biliac, qu'Airaé-Hartin (enihle prendre un peu trop aq 

ciiv B'aW pu aKsra frasçoît («• m km}, il l» Mra ranafa qrf rJtM, «t 
M. 4e V aa gaUi m'a proaiii de ne lui txit pu eoatrain quand nom ullici- 
tCT— a (• réeeptioa. > (4 rHoillier, du iB janTler 16(1. tome I, p. SSo d«a 
OCmmi da Umc, t<4S.) — Clauda Fa*re, baroa da Taugalai, S* fkm- 
tBÛc PaTra, ^ fat pi«Dii(r pràudeat da Séaat da Saroi* (iSlo) «I eon* 
»—da« gnènl da dudiê (1617)'. élait né t Haiimiau', en Breiae, pajl 

Jtpin A aai, im laiapa (tau niiManM, ea iStS, de la Shoib, maia, depaii 

iCoi, acqmii par flMri IV. 

>. At«c ana aataritÉ JBloiua et jamaît en dêfiat^ proprement lenr tenant 

la aaia haau, pir alloiion )n eatalier attestif 1 tenir ai)Ui 11 mais ponr 

taire «Mtir la bride. 

). liac-Martia peaae qae nulaminte aa aourient ici At Vadgetaa, pailiat, 
■!*■* ■ Prijma, aaa da la gramaiain «a géoàrtl, ■■!■ de la ertalian oa 

iàraatwa daa wita ; le paeuga {éa pangnpka ir] tamîna ea qa'il a dit da 

boa M da aaiiTiia luag*. • 11 a'iBt pamùf i qai qna w aott de leira da nao* 

a pliH ialàiawMtt anklei, datéa, dioa lai Luadit, de* 



e DUdoitiuïri Ae liX, qai noni ippraad (pi'as 



11, *S d M) dreeiobn i863. 

• Vont le Diedaanmin da Ij . , 
iK5 iiniK, imnt U lille «• Oiaaibirr, k ee père de Tangnlai 

• Oa Wal prca de U. t Peroogct oo P«roaa i • Perofaa ait aM bamnaie, 
doai ^wa avsaa aa u illaatea U. de Vaugatia gw.... > {La Franc* laiu It 
ni Umit Xl^, p*r r. ia'Vil, giagntbcàtS- H.,l''pirUe, 1667, p. lâS^ 



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9e LES -FEHMESS SAV^NT^. 

CBKYÙL'B.- 

Dn plus grand àea foriàiu je ta cro^As conpable. 

PHTLÂWlm. 

Qfoi? Vous ae trouvez pas ce crime impardonnable? 

CHBTSILI. 

Si tait*. 

PBILâMIITTE. 

. Je Toudrois bien que vous l'excusassiez. 

CHRTSILK. 

Je n'ai.garde. 

b£use. 
Il est vrai que ce sont des pïti^s* : 4;n 
Toute construction est par elle détruite, 
Et des lois du langage on l'a cent fois instruite. 

MARTINE. 

OVtnt ce que vous prêchez est, je crois, bel et bon ; 
Mais je oe saurois, moi, parler votre jargon, 

FHiLÂMnrrB. 
L'impudente! appeler un jargon le langage 4jS 

Fondé sur ta raison et sur le bel usage ! 

HIRTIRB. 

Quand on se fait eatendre, on parle toujours lûen. 
Et tous vos bianx dictons* ne servent pas de rien. 

PEILÂUINTE. 

Hé bien ! ne voilà pas encore de son style ? 
JV« servent pas de rien! 

TMBX mot*, luiD pu mJiDa la SonTtriui \ i» nrta I]db If. PamjKiDiu Hu- 
CfUui «it niioii de repreodre Tibère d*BD jroir Fiit im, et de dir* qu*îl poa. 
TBk bien donner le droit de bonrgsoiiie romeine lu hoDimei, ia«û non pa* 
■un mou, HHi mloriti ne l'étendinl p» jiuqiu.4à', ■ 

I. Oau rédition originile, il 7 ■ ici et in Tcn Sa6 «t iSSo, tiffail; 

denieellei de 1674 el de 1681, en c«t tairait li /ail, tox itanatnt n/ail 

ta on leul mot; dini noi nslret Intct, partout 'i /ail, fat Itta iditioM 

bolIindniM, 00 nou Tennintraai tel trou fonnei : ti/air, li/aii, *l ti/fait. 

9. Qnac'atl toal coap ODe pitié. — 3. Vot beaux dictant. (1674. >>■} 

■ Biiloirt romeiat At Dion Cawlai. Uno LVD, eb*pitic xm ; SaétOBe, 



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ACTE II, SCÈNE Vh 97 

BiuSE. 

O cervelle indocile! (ta 

Faot-il qu'avec les soins qu'on prend iucessammentf 
Ou ae te puisse apprendre à parler cragrûment? 
De ptu mis avec rien tu fùa la récidive*, 
Et c'est, comme on t'a dit, trop d'ane native *. 

lUKTIHS. 

Mon Dieu! je n'avons pas étugué comme vous*, 48S 
Et je parlons tout droit comme on parle cheux nous. 

PHILAHINTE. 

Ah! peut-on y tenir? 

Quel solécisme* horrible! 

t. Ta lui U ràcidin, tu rtlonibat du* ta bou ordiuin lit mattn fOM 

■. CttA «Be BégatÏTC de trop. Bêlùfl mt dïn qu c^sit trop aprifl J« pnoéw 
^pai, U pccmici' nakmemtM (/wf] doaoi i U nigitloii jh, d'm ■joalsr ■■ 
iMond {rit*). Oa ■ *a, du n»u, diu ose phrua dma isl* ninie [triMiit VI, 
p. 56i, >ata I, et vm, p. ao8, nots i], qua riaa, pnnaBt pMiftii plaa dt 
taloar, avmnt platAt da nHBpInDant h ui autra mot da U pbriH ^s'à 1* 
■■gatÏDB va, paat ibrt bïaa Tenir aprèa ptu * . 

3. • DuhI ja a'caMndl point la litia, et ja n'ai pai appria, GOB«a mol, 
b Bofia dM* U Graïut Cjn. • (MvotU, tctiia Ti dM FrieUmêu niùmUt, 
l«iÉ.n,p. 70.) 

4. La Bot toUcûme, qa'oa eal bibitaé an eol]^ Il pMndn au MU d« 
bau eoMn U (jniaia, dgaifia loaai iiDia {[aelaDOqac da langaga. Aa reita, 
<c ifai parait, eoume on le Toit par la (oiu (lara ifo), aloir aboqaé aaiw 
toBt BÉIiaa, e'eal bien la finta de ijntaie 1 • Je n'aTona. • Qaant k la pio- 
ao Mi atiaa uUmj, qatadAU cfaoqaer igalement, poitqaa, esteroiai déeiaifi. 
Taoïatai la onndaBiiuit (p. 3iS de 1630), elle n'éuii paa uaïquaiaiit propre 
aax pajBua. Taagelai coiulate qu'elle était trèi-eonunaae, aime i la 
coar. Kaa ierit «neore aiiui dana le manoairit antographe da aea Mimoiru 
M daM dea tetlrea de iS6e, 1667 i *oj«l la tome I de lea Ce*mt, p. 17g 
elBota 3jet letoBie VU, p. 366, nota 3, p. 3gi, boM 3. TbomaaCanail]*, 
bMH plai lard, dit dau usa note aur Vaugelaa (éditiBB de i6gj, p. 441) ; 
• <^«lq»fa -aai proBoneent citui pour chtM, et lUlant : Tirai ciaiuc mu, 

■ AîwiawiBa, aarer* 47a dea PUUtart, ai Inj er trome nue bâta kaotei : 
Oa ae nul paa riia birs ici qui roiu dipUiM. 
1 a'r a ^aac nmraoa : Oa at Tiat paa faire id ehaae au monde qui vaii< 



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9» LES FBHHBS SAVANTES. 

PHIUHIIITI. 

En votU pour tuer' uoe weiUe sensible. 

ToD esprit, je l'avoue, est bien matériel. 
Je n'est qu'un singulier, a»otu est pluriel '. 
Veux-tu toate u vie offenser ta graRunaïre * ? 



I. Vollk •]> q«d MOT.... 

>. Ob ■ n, «MM T, p. lol, wt* i, \ Il HH [ d> rscM n da Am 
/«a, qiM, aiMiiiH le dit Génia [p. 3ii), la KilieùiiM npnteU ■ Hutiiic, 
■ mat d* ■• troaia daot !■ boneha dM Mtmntn et dca pa^iti,... eTiii 
<!ti daae eaUe de* htuU et dei piiaeei >. 

3. QaglqiMt-iui ds ditùlt de at dielnpia (k jMTtir du «011477) penù- 
■^ «Tolr ité eBpraatii per Holière k ont mÎb* dn FeJtU, de Lai^ Ptt> 
([■■Ugo (157g). Ottt le Induedon igne Luiny e poblUe, en lOii, de la 
comMie itaÛiBH qui eM eilie ici par Aager, Alm^Martin «( H. Xolind ; die 
a paùl Kia aeale aBMi puai Miu le* yeux da aotr* poïle. Toiei lo dtnx 
loitei. Sauf pour Ut aonit d« pectoBDagM, du Serviola et un PédaDt, la neiHa 
eopla de LarÎTey sal exactement eali|o^ lor Tariginil; dau cette laéwie 
•etae, la xn* da U' acte, MoUèn iTail déjk tnaii le tan laliii qu le nûo- 
Mpha aipliqna i M. Jourdain [rajei i l'uta H, Mtae ir, du Beurftaû gtmil- 
kamiUÊ, tout VIII, p. Si M note 3) . »MnLA. /I Sifiatr FtMt tana iiiaaaf 
ORO*Mo. Faiàitm pmltmt, rade , indatU, imjmita, netcia, initia, imiii- 
<nb>,..- ffjmitfe, cii ^àa inâtgamto a parlar in ^eiUi moJo P TU kaî Jaita 
ma «rrwv ùi grmmmaiica, ana dites réa u tia ïm nKmrro, met modo ckiffMato 
KoBlnalina eaiB T«rtn, ptnht < WtitU > eM BOmed ain^arl* tt • tima > 
mmecl ploralia, *l ti det ilin i tn ca», ti aaa »no In caïa. ruirii^. /> 
asB M foiM fnuuHtidU. okotbio. A» Ht of»* emn.... vuinLi. A i*t 

poclaBo nieala in fwwig «un, pirdte da« negatloBii aOûnant, ai laitt» 
t/mfliom, jSBflta » m i/ieetti : a sw importa on poco, if cim la naa inuitdi 
tUrt, fttcJie raltri eli'iti iiUendttti du niesU l'imparla. >Â>nLt. /* »■ 
ke imfmraar ^tttt eoH ; b/m'uiu « ^nllo d^ia imparale, ononie. Stn- 
UHlia di Stmeca, l'jt tîiro ds Horibu : Uaatqaiique icit qood dididl. — 
• Bunii. Le Seignew FidUa •ont-îl i la naiaonF m. jotai. Femïita 
fraUrre, Tait, îndocle, imperila, ignate,... qui t'a enieigné k parler es cette 
ClfOH ? Ta aa (ait nne fanu an grammaire, ona ditcordaSBe an nombiv, ao 

Ilit, «t t HBt • HMHtari plmtatil; et doil-oo dira : • eit-il en la maîun ? • 

nxlrea. w. joaa, Vaid one antre {aota.... buius. TooUc c«t Totnt niai**' 
dat aa m'impoitenl rien. a. jomb. Kb ea tena, on DB dit paa • na m'importe 

diaoii 1 I il m'importa un pou, • ea qM ta n'anMiult paa dire, pare* qna ta 
Tonlola qaa i'antwdiw» qa'il M t'importe pat. lAUua. Ja a'ai poiat np- 



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ACTE II, SCÈNE VI. 



Qui parie d'offenser grand' mère* ni* grand-père? 

PHILÀMIHTB. 

6 Gel! 

B&LISK. 

Gnammaire est prise * à contre-sens par toi. 
Et je t'ti dit déjà d'ofa vient ce mot. 

HABTim. 

Ma foi ! 



priai laaiM tm-Aama li; ehaeon uîl n qu'il ■ ipprlu. m. mm*.S«ii- 
tCBM <!■ Sûiqau, la Iîttv Wff Monhmt ' : Umuqmirqut «eit qmod iitiùit^ ■ 

I. L> pliluntiTi» • pautAn éti tof^rie k Holiin par na pHuga 
iTAgT^pa d'Aobifat qw bodi stuu eu l'oceuloa da npportu, toaw TUI, à 
1> fia de kl aota a de 11 pig* 57, Il d'j ■ pi) d'uUcnrij ici ai Ik, un jra da 
laoM trop fanij oi pcmnit alôn, uai oQinKr l'oniDs da plat tanatM, 
t da m^niB grm m mmïrr at grami-mm : Géaia Ta élabJi, 
■ A'anarinu A iaHgagm/nuifair (iS^S) ; maii U aaKt, 
nppckr (eonDa l'a hconoMncnl fait bd* nota d'Ë> 
'1 rédidoB d( H. Holuid) e* litre d'oB lin* 
snan l'abU da Dl^eaa arthographiail «lui, ajM^ 
la parti pria da eonlbniiar l'^critora h ta proaonelatHM : 

n proaoBÇaiaant fi-a»d merà, on écrïnÎE qualquafuù gramméreî\ 
«■ *•• da Harei, àtè par Llltri, dan* rUistafiqaa du mot Maaci, oa p«Dt 
jomJk oM ucBpla d'Hcui Eatieiuw, qol H lit au ehipitra un dt l'Jpolcgie 
fm- Bin i a t t (loma U, p. 39 da rMitian da M. Biatdhubar, 1879] : • De 
paafiva Boiaaa..., qui.,.. Boat appelca porteora de rogitoas^ parce qa*iU 
■B nacMipc de* aamtaea dn gêna de Maa et de gramnarcia. • 

«■ Cbbb* la Tan 1S4S da PmjhU (acte IV, da Cuncllla, aeàBe v. 
Ma* TID, p. 341), U QCgariDa qal ail an Tond da ta panw* eipliqueram- 
ploi. Irai t— ^ab an railc daaa laa toamima de ce ganra, qui ait fait de 
■• 4a» c*Ma phrata iatemgatiTe. 

3. Alger wtmn^t» qa* gmmiaair* étant eoiuidàii ici naiqaaiMat 
ttmmt mM, ne paat étn qoa maMoUo, at qaa Bâliia darrait dira fnim- 
mmrt «■ U mot grammairt ut prit.... Haia Bilit* wat biaa qae, pour Mar- 
cha, gr m mmt à rt {grajumaire) et graJid-.mèrâ, eonFûBda* par Li pivoaaeia- 




•■ aalna aot diugae qu'elle a'éTaitaa i alla TCut tu 
ouirB doat on ta parla an pria* par u 
m-là m'ttt paa la paatlnncre à qui ta pi 



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loo LES FEMMES SAVANTES. 

Qu'il vienne de Chaillot, d'Hauteuil*, ou de Pontoïse, 49S 
Cela De me fait rien*. 

BÉLISB. 

Quelle âme villageoise '. 
La grammaire, du verbe et du nominatif, 
Comme de l'adjectif avec le substantif, 
Nous enseigne les lois. 

MIHTIHB. 

I J'ai, Madame, à vous dire 

Que je ne connois point ces geas-là. 

FHILIIIIKTB. 

Quel martyre! Soo 

BÉLISK. 

Ce sont les noms des mots, et Ton doit regarder 
En quoi c'est qu'il les faut faire ensemble accorder. 

MAKTtNB. 

Qu'ils s'accordent entr'eux, ou se gonrmeat, qu'importe*? 

FHILXHIKTS, k M Henr. 

Eh, mon Dieu! finissez un discours de la sorte. 
Vous' ne voulez pas, vous, me la faire sortir? 5o!> 

I. T«lle cit rortho^phe de (673, 74, Si, 97, 1710, iS, 31, etdei tnb 
UitîoDi étnngàrn, ai ■■ fio*Io ni «lUr^ : Bmleil. — AateuiL {l^3<^, 34.) 

1. I u Docraum. Siu-ln bian d'où tîsdi la mat de galant komnt? tt 
■àKNUTu^. Qu'il Tienne d« Viliejuif od d'Aubarillicn, je ne m\a «hck 
(sère. • [La Jaiimiit tin Barioaillé, «etna a, tome I, p. sa.} 

3. Duni4Metdiiiiiie[,derieeordd«riiB)i*«cl'lBtrï,Yo7eip. l3l,Bat*5. 

4. Le mAnejea de mot le lit k riete a dt ta Ztria, m la Hattc, ■ ilia< 
la traduction nauiucrile dci caneiai de l'Arlequin Dominique ■ : • Mon uni, 
■ne dit U DoeiaiÊr,,.. mtm-tddi eominant t'«eeorda le relatif ayee te anb- 
atamtif, le nominatif arsc le Tcrb* ? — Ua foi, léponda-ja, qa'ila l'aeendcnt 
on qnlli ae baLtanc, je ne m'en anharraia* gnéra. > (P. 8S tt 8g dn nann- 
■eii[ ; p. 10g de l'aniljae dei frërei Pirlàiet, dîna lenr Bùlair» de Pamàim 
iktdire ilalUn.) Bien qae « Metnario tait de cem auqneta lei frère* Pit- 
(•icc n'ont pa> en deroir lui^er du data potlirienra 1 1667, il eil {nrtpro- 
babla qn« e'eat 1 Molière qna l'emprant, conne beaneoapd'aDtnt, a ètibh : 
TOjei le paaaage rignificaCif de Palaprat, eitè, tome VIII, dani U nota 3 de 

anijoallea il ■ èti renrojè là. 

5. PmuiiHTE, i BiUf. Hé, aie. (A CkrjfU.) V<t«i, (ijU-) 
• Voj« tome 1, 1 la Ifoiit* dn lUtUàn rtltml, p. 48 M m 



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ACTB II, SCéNE TI. 

CHBTSALB. 

Si faix.* A. son caprice il me faut'consentir. 
Va, ne riirite point : retire-toi, Martine. 



Comment 7 voaa avez peur d'offenser la coquine? 
Vous lui parlex d'un ton tout à &it obligeant? 

CBRTSALB. (Bm.) 

Moi ?p(Mnt. Allons, sortez. Va-t'ea*, mapanvre enfimt. 



SCENE VII. 

PHILAMINTE, CHRYSALE, BËI^ISE. 

CnHYSlLB, 

Vons êtes aatïs&îte, et la voilà partie ; 
Mais je n'approuve point une telle sortie* : 
Ceat une fille propre aox choses qu'elle fait, 
Et vous me la chassez pour un maigre sujet. 

PHII.1HINT1. 

Vons voulez que toujours je l'aye à mon service 5 1 5 

Poor mettre incessamment mon oreille au supplice? 

Pour rompre toute loi d'usage et de raison, 

Par on barbare amas de vices d'oraison, 

De mots estropiés, cousus par intervalles, 

De proverbes traînés dans les ruisseaux des Halles*? Sa» 



fiai donc.] Y*-t'«D. 
■M dcpait, oa ranrai d pn)uEUU; Jt a'ippnta** pu qm< 




lé k Aini-lbrtiii qoBlqBM-BMi de* • loli ftmz la 

■ ÏUm n prtit Ut» oi na mis^H pu rironU, «t qu 

M'plamm ioia nffnehi du Inte di Holièrv (DoUmiDnit loua II, 

^ asM ■). l^t i^i* A 'k galamltrié : • Yoiu pnlam toquan dMU le* 

a Iw plaa pob d^ U «B«r n(ùra PMig*, rajamt Mac qù MMt mf 



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loa LES FEMMES SAVANTES. 

Il est vrai que l'on sue à soofirir ses discours : 
Elle y met VaugeUs en pièces tous les jours; 
Et tes moindres dérauts de ce grossier génie 
Sont ou le pléonasme, ou la cacojdionie. 

CHlTSâLB. 

Qu'importe qu'elle manque aux lois de Vaugelas, Si5 

Pourvu qu'à la cuisine elle ne manque pas? 

J'aime bien mieux, pour moi, qu'en épluchant ses herbes, 

Elle accommode mal les noms avec les verbes. 

Et redise cent fois un bas ou méchant mot', 

Que de brûler' ma viande, ou saler trop mon pot. 5 3o 

Je vis de bonne sonpe, et non de beau langage. 

Vaugelas n'apprend point à bien faire un potage; 

Et Malherbe et Balzac, si savants en beaux mots, 

En cuisine peut-être auroient été des sots. 

PHILAMINTK. 

Que ce discours grossier terriblenient assomme ! 5 3 5 

Et quelle indignité pour ce qui s'appelle homme 

D'être baissé sans cesse aux soins matériels, 

Au lieu de se hausser vers les spirituels ! 

Le corps, cette guenille, est-il d'une importance, 

D'un prix à mériter seulement qu'on y pense ^ Sto 

giédiatMqnn on trop ancien*, dnqiieli TOot n'oMTct jimtiii, lî ce n'en par 
raillcri*.... (rtjrttei^grtt Ittrtr* SSi-554). Voai tmu gardum nutoot d'iMT 
dfl prorerbn at da qmolibata. b1 ca a'aat aaT endroit! où il y ■ mojcB d'en 
Eàîrc qufllqit* Tmilterifl i prvpoi. 5i Toui tous en aerrin autrement, ee aeroÎE 
parier an boar^wiii «t en langaga dei halle*. • (Artiak K*i, au lame I*, 
p. 85, du ReauU de pïieet an proté IsM plus agrèablts it a umpt, i65ft oa 
]60a, on eei Lou fmrmiaiimt Jt aoumu corrigea et amftifiia fat C Aiita- 
htte giiUrtie «Eh GmlaïuU Je Frmaee.) 

I. Et méchant mot. (17M') 

*. Tour plu aiii et plua net qoe celai d a Ten itt( da Tarimffi, oâ nn 
•cal f « en Taut deni et qui unit ici : ■ Qu'elle brAIe. brlUt, lit brtié. • 

3. Philtmintea la DeKirtef, elle Icdin «Qe-niAMiB TeriSSI) et a'eit-ee 
pai DeacarM qni lai a appri*, rinon k parler, da moiai i penier aiiui dn 
lOrpl ? Vof ei, la Diteoart de la Mithode, le lecnsd alisii de la IT* ] 
(p. 33 et 34 de l'original, Lejde tSJ;). ~ ' 



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ACTE II, SCENE VII. loJ 

El ne deTons-nons pas laisser cela iÀcn loin ? 

CHRYSiLB. 

Ooî, mon corps est moi-même, et j'en veux prendre soin : 
Guenille si Ton veut, ma guenille m'est chère. 

bÂlisk. 
Le corps avec l'esprit fidt figure', mon (rére ; 
Mais si voua en cro^'ez tout le monde savant, su 

L'esprit doit sur le corps prendre le pas devant*; 
Et notre plus grand soin, notre première instance*, 
Doit être à le nourrir du suc de la science. 

CHRYSÀLB. 

Ma foi ! si vous songez à nourrir votre esprit, 

Cest de viande bien creuse', a ce que chacun dit, SS» 

Et vous n'avez nul soin, nulle sollicitude * 



ftr laqMOa j* nit ca qoi j* lui*, «t mtUrwaMt dîitiaMa <■■ eorpt,,., M 

^■'^■■r* qa*!] me tét poimt, «lia nu Itliroit pu i'ttn tonl ca qa'clU Mt. • 

I . CasBa aa Tan ago da Mùmaiin / *, * no iiaportasea, aH II tempttr, 

m. Sar aatta aipannaa U /a# der^fU et lai loaatioBft où alla aatiait, Tajav 

a **• ijSg A' A Mf kJt rytH, toma Vt, p. (Sa, Bota %. 

3. Ratra jutmiiat qipliaatioa. Luiamm, qù >a paat ici, niiMaii la dit 
Gària, yTwiUrir aai la bM prtaidaat mû, puait biu «rair tli tifiajii 
■MB ca «(aa daaa on pa«aga di Hoataigaa rapporti par littié : • La Mta 
n» aaaia, at, mi pa« ■«.daMoa, ropuiitnli, bh aambleat «De sdle* («fn 
la* ata ' aa» Jt m/aUf) daaqa^a* oa danoit h lonta lartUMi conbattca la 
■aiaMBca at b progré». • [StMmit, Mm I, diapltia n, tome I, p. 5a.) A 
tÊmtt Miiafj, avae la plu grmad •oîn, la plu panéT«anu appRcaiioD. 

4. /ïaaZf, aa iw, liâjl îadlqaé Iodw Vil, p. ng, Boic i, d'alinMOt, de 
■auikara : Tojalt Dielttnitaira Jt Lillri, i<at 0*, oà,«trc aotni «aaipla, 
aaai cilu eaax^i, da aena propra al du iru fifur^, prît diu la 4' ^^tîon 
(i76>) da Dietuamairt lU FJtaiimiM : < On dit ehu la Roi, lu jaon mai- 
paa iiiBMii lai jooci gru : £a rUadt «il «m'a, El M dit : Alltr i la 
timmdi..., allar chvrcbar lu pUli qo'oa dût Mrrir •ht tibia.... — Oa dit 
Ifrlaial (emplei u^â-uiii aii/av^À» nKar<} riaaJt eraue, par oppaaitioo 
a aDafTitara Taniabla at Hlida. La erimt /oatiiit al mu rlimJt trnit paar 
•■ Aana* Ja tea affitit.,.. ta auiifiia «( aaa naadt hitaet a a a ftmr ma 
hm^m fmi m /ma. Et aa païku d^ui hnir»! qn n nmplit d'imagination» 
^Bfciqaaa «t d*«ipiTBaeaa mù badiaa, on dit qn'/i a> rafw& ia riaait 



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io4 LES FEMMES SAVANTES. 

Pour.... 

PHiLimim. 
Ah ! sollicitude i mon oreille est nid« : 
D put* étran^ment son ancienneté*. 

BÉLISB. 

It est vrai que le mot est bien collet monté*. 

CBKTBALB. 

Vonle^vous que je dise? il faut qu'enfin j'éclate, 555 

mià» ; « am IroBTiri plolinn In Lexiqiu d* MalÂertt, «t m d« SoMnat 
daw la iNeosMMtn dt Lillri / 4aHitiituU pnah nnr ità d'nag* wuA 
ordiiuira ta dU-haitième niela qn'à pnmit ; al Biéina d« » qaa Chrjaaia 
Taiaplai* >i BatareUBintnt, on poit «aelara que c'Mt par pur eaprisa qna 
Iw d«n pridaaaa* t* toBilamBMt eamma •oraaBf. Paot-JDa, dix bar (b- 
pantîtioa pou le Int* da Vangelai, aTaiiat-aUea nwarqaé. ua* latwiit 
ôwnbar la niaon da fait, i|ih nlliâiuilt, qui m rtneoBin \ la Bsiiian|aB 
lappttiaaMaica tar SotlUiitr (p. 340 da l'MitiaB de 1670, p. SoS da 16^), 
avait ils tradnli auqaaoïaat par nia. 

I . Cetts fama aBeiaBne, fart oiilte joiqae d*u la dii-baillème aitele, 
ait la IcfOB de toataa bcm tdidoai. Ella appactiaBt an Teihe pmir, qBÎ a 
M, daaa la Tieilla langaa, amplorl eoBeureBiiaeBt arec le Teibe pm*r s 
■ C'aat paCr que waatir bea, • a dit MoBtaigoa [UTre 1 da) Etfit, cba- 
piln », tona I, p. (7} : citi pir Oioia]. Tojai l'HiNanqsa « la Bamarq«e 
do Dûtianaairv di lÀllri an raot Posa ; ea ICHM l« Iroia panoOBaa aiayn- 
Hvai da prélat da rÎBdicatif d* puir qui paraûaaat être toBbéaa le plna 
tard ea déiaMsde; litoi eiu ooeare, paar la troiaièma, aa anuipia da 
DaneaoTt et bb de le Sa^ ; cette tniaiiBia, aoniBig fbnB* ceattaeia (da />«()< 
att vanjota d'no eiranfleu aa Tan 87 de la paitle cm de Halheili* (laaia 1, 

PhUgra, qni lat iVfiit, pAt CBcore la fondra 
Dont îb ForaBt tooebia. 
1. En Tara, dit Littri, ancieiaeii «I tiatAc, comme ici, de dnq ijUabn, 

3. • Un collet manti, dit Aager, étiil un collet o& il nlraU du carlOB et 
da El da fer pour la nutaDir. Comme, du teinpt de Holiira, e'était dijl un* 
aiode aneienae, on es dOBaall la nom i tant ce qui était latiqna, «unoBÏ. • 
Ceit bieB aiui qoe, 1 la Ga du aiède CBcore, I'obe eateada CalEiirea et Per- 
raolt, et BofleaB ea i;o5. < Ab! G, HoBiieur le eommiadeBr, HiçrUmit : 
M mot MUt U collet mvHé, et je l'i! eatcadu dire k ma grand-m^e. > [De 
Callièret, du Mou à la moJt, 1693, p. \» rt 49.} — • Elle était babilKe 
comme mi nère-grand, al.... atlc aroit bb caDet maa-tl. • [Ch. Pemull, Iii 
BelU au toit Jenaani, iSg6, p. ^ (t gi de l'éditiaD dei Cealu donaéa par 
H. Andié LeleTTa.) 



Hall ca n'ait plai le tempa 

Tai boni mot*, aolretoli aàlieai dû roallea. 



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ACTB II, SCÈNE TH. loS 

(^e je lève le masque, et décfaaif^ ma rate * : 
De foUea on vous traite, et j'ai fort sor le cceur..,. 

raiLlMlHTE. 

Gomment donc? 

CHBTSALl '. 
C'est i vous que je parle, ma sœm*. 
Le moândre aolécîsme en parlant vous irrite* ; 
Mais vous en faites, vous, d'étranges en conduite*. 5So 



(BoUaiD, utin zu, 1705, nn 35-(0.) 

Hall, ^ùMm kwftr, • H cdMdt et il eutte ncore une autr* ngoifintioB pro- 
i^ L M » êa mat uUti mauli. Cm eoUsM, loiim de eutoo at da fit d'anlul, 
«fai t'SUrntat «> atomnoir, dn msaton JDtqu'ini 7001, abliguigiil 1« geu 
k Malr la téta baaM at droite. C'sl es qui &il dira d'ooa cboia qiû ■ î'ajr 
«oaMâM, OB d'aaa pcncHie qil aSacta noc gnriii oatrâa, qu'a/Zi Mf »U*t 
aammté. Ccat <■ ca («u qo* Mme de Séiigiié, pariuE du cbeTilier da Hâré, 
dît* : ■ Coibûielli abandDOBa Uin at mb ehicn ila (tjla, at li ridienla ai- 
' tiq— ^'il Ut, an coUat monlé, d'an aapric libra, badîa et ehiniUBt onauM 
■ Voiiarc : tant pii poar ceux qui ne l'aBlcDdaai pa*. > 

I . Opfaaaacc par la maticr» apaiiaei, l'alnbile qui t'j ail aceamaléa : 
▼o^v le J XcB anaair» Je Lùin, al la cauflltatios de M. it Paarcâougitae, 
«e«a I, icèBe nu, toma VU, p. 371. Dickargtr ■ aa dit auaai da loal ce qui 
pâaa, ^d iaeoBtntada.... C<»s Jngwtai bomu ptmr didurfr U antan, Irt 
ramt, • {B ûii naMain dt F^adimia, iSgt.) 

a. Caraux, IJf'/iw. [1681, 1734.) 

3. CesBe la aanat* et pédaste d» JaTaBal que rappelle à propoi 
M. Li*at tCdoot a bica pn aatouTenir Holiâra; le latiriqDa la oontra repre- 
aaM tante bafe dasi le langage de lea amie* et tnqte i plaindre tua mari 
4c a'BTBir plaa la liberli de bire d« • Kiliciiinet > (uiira tt, tcti 56). 

4. ■ SoUàâma tm eomjMÎtt eit oue eipreisioa heareiue, dît Auger, Ca 
■'eat pal, aa aarplu, la prcnière faii qu^on ait appliqué ee mol de lal^- 
dama à toat aatre eboae qn^aa langage..,. Chea je ne aaïi plu quel peupla 
d» ra a t iqa il*. an eomédien faiiaii ua geita fiui; on lui cria qa'il Taiiait 
m tMàtwm Àt U a—U. ■ Vojea le* fut du tofliitlti de Philsttrale, 
Brra 1, chapitre szt, g a3. Qoiatilieu dit aaui, lirra I, chapitre t, ^3(1, 
fae la mot a qaelqaefoii Itk appliqai t de Tiui geitei on de faniaei ei- 
JimiiMi d» ritmgt (eomme daaa J'épignmme itB dn liTre XI de VAjtAo' 
i%û (ree^as); et LiMira, dana un IVaii^ dm ta Daiut, parle de graTCB 
i^rcasca coaaiBia par baaueoap de danaeara dana Icnia "" '* 

' I«Ma db «« martmbn 167g, toM Tl, p. gA at 97. 



ibïGoogIc 



. lofi LBS FEHHBS SAVANTES. 

Vos' livres étemels ne me contentent pas. 

Et hors na gros Plutarque à mettre mes rabats*, 

VouB devriei' brûler tout ce meable * inatîle, 

Et laisser la science aux docteurs de la ville ; 

M'6ter, pour faire bien, du grenier de céans 5s > 

Cette longue lunette à (aire peur aux gens, 

Et cent brimborions dont l'aspect importane ; 

Ne point aller chercher ce qu'on fait dans la lune, 

Ëfr vous mêler un peu de ce qu'on fait chez vous, 

Où nous voyons aller tout sens dessus dessous. 570 

Il u'est pas bien honnête, et pour beaucoup de causes. 

Qu'une femme étudie et sache tant de choses. 

Former aux bonnes mœurs l'esprit de ses enfants, 

Paire aller son méoiige, avoir l'œil sur ses gens, 

Et régler la dépense avec économie, 57% 

iiolgtiou. H. Sg^ar ■ mèma itibli, duu «sa àm renirquM qa'il a jaiatn 
t HM JVflfioiu iUnwiUairu dt gmaimùn EOflyanfa (Tojrn la noi* 68), • qac 
ca mol.... ■ iitigai d'ibnnl diw bote de godl on de eonTa&iiui* diu Irt 
acte* da U *ie, ut que Malien Inl doonait lfti\ laii wni priniitif, • 

I, JPkaamùne. Vo,. [\6h.] 

3. Ce joli trait eit Emprunta i Furelién : rajet I U Kuie* ei-dcBU, 
p. 39. — Plua dSiD eecl^iiattiqae met emeore ainii lei rabati en pmie, « 
Piuag* data da loin ; Rabelaii ta part* an chapitra in da qnrt titre 
(Ubw II, p. 4S(; le paiiaga maat an u^molce la moacholr de eau Iroaii- 
par TartaSa daat lua FUur du lainU, acte I, ae^e u, Tara aoS) : < Me^ 
de«K aoara, Catharine et Renie, aTOienl mi* dadana ce bean aiilimc (lûri 
«■ tomt iti Ditrélahi), comme en pnuet {car il étoii courert da graaaei 
alttea, dtgm où, et Uni i glas), teora guinplea, maaehoBa eteoUaratt» 
tnonnéca de fraia, bien blancbci et empaaiet. Par la Terta Disn,... liBn 
guimplea, ealierettea, barerettea, eouTra-ehefa et tont entra l>n^ j darînt 
plu noir qn'on mc de eharitonsier. • Penl-jtre Molièra irail-il tb bob pèra 
tlrv ce parti d'un Plourque 1 totbi le* RBckerckei de H. Endors Sontié. 
p. U. 

3. Nooa efosa tu itrtUt en deux «jIlBbei an vart 49 de PStamrA, «t 
deoi Toi* dasa le IHfit amoaretx, aux Tere 108] (tona I, p. (73, >ota i) 
et iB9{; mail le mot compte pour troii, comna ici, au Tara Ij dn Ilar- 
IMjJt et I( da Miiaiitknipt. 

4. Ce terme cal, aana donU, empbri dana aon tau le pina oollaetïf, al 
comprend noa-Banlaniait lea liTrsa, Isa «orpi da biUiotlUqna, maia ea qnr 
Chryaila pant \k suntrar da doigt, la* eartaa, laa globaa, loat l'aaoMnbic- 
a«Bt dsa a brûnborîaaa ■ aaisBtiSqnat antrt* qaa laa aata eenirae da U laaMte. 



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ACTB II, SCENE ni. 107 

Dtnt être soa étude et ra philosophie, 

'So* pires sur ce point étoient geiu bien sensés, 

Qm disoient qn'ane femme en sait toujours assez 

(ju*nd la capacité de son esprit se hausse 

AcoonOttre* unpourpoiot d'avec UD haut de chausse*, ss» 

Les leurs ne lisoîent point, mais elles vivoieat bien ; 

Leurs ménages étoient tout leur docte entretien, 

Et leurs livres un dé, du fil et des aiguilles, 

Dont elles travailloient au tronssean de leurs filles. 

Les femmcsd'i présent* sont bien loin de ces mœurs ; 58 s 

Elles veulent écrire, et devenir auteurs. 

Nulle sdence n'est pour elles trop proffHide, 

Et céans beaucoup plus qu'en aucun lieu du monde : 

Les secrets les plus hauts s'y laissent concevoir. 

Et l'on sait unt chez moi, hors ce qu'il fsnt sav<Hr ; S90 

On j sait comme vont lune, étoile polaire, 

Véniu, Saturne et Mars, dont je n'ai point afiàire; 

Et, dans ce vain savoir, qu'on va chercher si loin, 

On ne sait comme va mon pot, dont j'ai besoin. 

Mes gens à la science aspirent pour vous plaire, 5^5 



NoB, >aii, je lU mu paimt d'iu eiprit qui uit baat, 
dit Analphc m >«n ^ di rÉtaié Ja/immrt (tome Ul, f. ■«!). 

a. • ri»toii, du de Brelagoe, Gii de Je» V, conme OB lai pvU d« 
•va ■ariigi ■*« lubcse, Ella d'ÉcMM, et qa'oD lui ijonli qn'ellc »ait 
•«■ MMirii uaipbmcBt et iiu «acoBa iaitruliaB de leitrea, râpoulit 
• ^'il l'cB lintoit nietii, et qu'une remoHi étoit »*ei itmaCa qniad 

■ mari. ■ (Hutugme, £nmû, liTrg I, chapitre ixn, coma I, p. 180.) Va* 
laiiM» de ce bbI da doc de Bretagne ae lit diu CÉii da Bteigoa PoUa*- 
HC(i5S3), P* 167 T* et iM r**, et, littéralament ripMe, dana la xziii*aa- 
i^ da BcMcfeM (p. 3iB de l'Éditioa de Raucn, |6)S} i < Ua* laHaie ae 
t^aVa aaaiB «âge qaaad elle p«at diacaiaer aoa cotilloa d'arae le paarpoiat 
daaaa sari. > 

3. Jfréi*»t, m un >fdI mot, dîna preique tout lea Badeai teilM; d- 
^âtat, aiec trait d'anioa, dam celai da \é^ B. 
• esté pn la Mallti- ^ hiHiofiat, 1853, p. 17s. 



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io8 LES FEMMES SAVANTES. 

Et tous ne font rien moins que ce qu'ils ont A bire ; 

RftiaonDer est l'emploi de loate ma maisoD, 

Et le raisonnement en bannit la niaon : 

L'an me brûle mon r6t en lisant quelque histoire ; 

L'autre rêve à des vers quand je demande A bmre; <oo 

Enfin je vois par eux votre exemple suivi, 

Et j'ai des serviteurs, et ne suis point servi. 

Une pauvre servante an moins m'étoit restée, 

Qui de ce mauvais air n'étoit point infectée, 

Et voilA qu'on la chasse avec on grand iracaa, <oS 

A cause qu'elle manque à' parler Vangelas*. 

Je vous le dis, ma SŒur, tout ce train-là me blesse 

(Car c'est, comme j'ai dit, à vous que je m'adresse). 

I. Iloo* an»* dajt t« Kunfuir, itco i, aa nr* 60 da SgMum^ld i 

d« U mJDC cnttTDetiaa, mu lome VIII, p. «55 et 4S0. 

a. A parla caïaa* parlerait Vingclai, la langue approoTte Ht Vaagato. 
• Je na doute point, dit de Viié, Vemptriat de l'eiprctaioD dini le pre- 
mier tolnme da iob Mercan (p. 3oS], qui pirut deai mou entîroB apr« 
1* première repr^MStitioii dei Ftmim lowitH, ja ne doate peiat ^e 
dau qaelqu tempt, )a lieu de dire partir Faagelar, poar louer «nx qai 
patiaiont bien, on ne dite partir Miaafe : > de Viû reodait eoaptc dn 
Otttrraiiau nr la tangut françeite. Matfaorin Régnier (Ten la Sa 4* u 
•atire zi, l6ia) donaait k parler laUtt, parler citajtii, le leni de parier 
d'oc toa da loldat, de bonrgeoii. Rotrou, c<ié par Auger, iTiit dit de 
mfine, en i6tt, deiu ta Clariee on FAmov etmeloMt : 



B, à dippoenate, le PMiM.) 

il Hijnard, dani une ode lia- 

.lin (!«•), 

Sant perler Btluc ni Ualhetbe, 
■ dîtrna;et l'ulre: 

Ce Hroit mal parlé c)oi parleroit Malherbe. 
Conpaiei aBui \e yarlir diriiiax de Harotle, tome U, p. ;o>ct Te7«s4Mia 
■t de Keaiemre i, Mmt- 



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ACTE II, SCÈNE VII. 109 

J« n'aime point céans tons vos gens i latin, 

Et principalement ce Monsieur Trissotin ; 1 o 

Cest loi qui dans des vers tous a tympaniséet*; 

Tous les ]»opos qu'il tient sont des billevesées ; 

On cherche ce qu'il dit après qu'il a parlé, 

Et je lui crois, pour moi, le timbre an peu fêlé'. 

PniLAMIKTK. 

Quelle basaesse, à Gel, et d'âme, et de langage ! et S 

B^ISE. 

Est-il de petits corps un plus lourd assemblage ! 
Un esprit composé d'atomes plus boui^eoisM 

le DùlicMmiiirt dt Liiiri, k Paiux, a;*, l'aipliettiOB d'talrm lomdaiu, 
■■alofBaa k celle da ju parttr rÛH ^tu ctreis mt fUM rmëlia, employée aa 
MI* M de ritelt Ja/tmmn (lama UI, p. i65). 

I. Tjm^mMKt quelqu'un, c'eat le décrier hinteuent, pBbliqamiM et 

qai..., d«iu rÉcolé iaftnannt (l'en 70-73), fait dire fur Chrynld* t kt- 
Mlplu: 

Vauderex mereher droit ponr&'Mre point berné; 

Et l'il itM qoe tur todi on lit la moindre priée, 

Cire qa'aai earrclDun oa ne too* tjmpinue. 

□■rynlene réel pu dire ici qne Tritaotina publié dai lera aitiriipiel eontre 
n faniDt et •■ ucor; il reut dire qu'il lei a renduei ridicalet dnu le 
aoade e> \t% eélébrtnl deu •«■ poéti». {Hntt iTAiigtr.) 

s. ' Soa timbre aal brouillé, > a dit Racine au ren 3o dei Plaideari 
(lfi6B], aoaceant ploe k l'ellet qu'à ta unae, moiaa k l'eut de l'inatromenl 
qa'ia aoa EDotn qa'U rend «a cet état. 

3. 11 eemUe bîea que, dana eette ipiri:uelte boutade, BéliM emploie 
ptlili mrft toDt 1 (ait eomme ajnonjme d'auoiu, et «la réaalta eacore de 
remploi qu'elle fait de l'eipreaaiDD an Ten 87a; elle parle éridemmeat U 
de* petit* earpa iiU!ritibla de Démoerîte et d'Epicure ; laui aToir à ejeuter 
r« derver qualificatif*, elle le fait bien comprendre. On ne peDt donc anp- 

■ Ceat bin dîna re aeni éljniolDglque, impliquant réellement tan do 
tmabonr, qne le aaol a'eat pria au aeîiiéme «ècle : rojn l'Biilariqu* de 
Uttré. En 1694, r&cedémi* ne le dëSnit plua qne par • Décrier hautement 
•( pahliqatmeat qnelqa'un, déclamer contre loi ; > et elle donne pour 
■xemplee : Il Ta l/mfaïUié fOr Umtit la evKftfaUt. Il a «• ptar qu fa- 
•waf A tm partit Mt It IjrmfanitiC, Quil plaitir fraut-nmi à mu Jkirt 
tjrmfmmù^ ea pIsÎM ptrUùjt ' l'amdUmee ^ 

* Comme l'ejoiite Deacartca, tradaîaant on définÏMiat atomo dana mt in- 
tîtaii de rartiefa m de la il* partie deaPrwe^i ^AiwUfeaiyU*.' > Qu'il 
■t pest j aToir aucant atoaiM on petit* coipt ladinaibua. ■ 



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iio LKS FEMMES SAVANTES. 

El de ce même s»iig se pent-il que je soû* 1 

Je me veux mal de mort* d'être de votre race, 

Et de confiuioQ j'abandonne la place. a>» 

ponr arscH. FriIMbc*, ■< pliinntc qua (il une pitcilla enatanoa dau la 
boBch* da la philouphe, qu'elle brouille Ici d» terme* cirictirùliqBe* 
appaittual aux daox liwlilaa* difltnmtaa d'Épieara ot d« Bsicarta, Ici 
■toiDM et Ici pedtaa partiat da la natiérc dirUible t l'IaCai. — Il a'eat pai 
comma la eroît r.oieor da C«ï«a/flri«ia (1741 , eiti par Augcr), 
a le »BTtDt d*iToïr In quelque pirt^ ce mol ing^uen d^om 
Grae : (nioeliidiaail de nn bèreËpienre que lanqa'il fat cob^d, la Hanre 
rawembla dant le leaire de la mère tou tei ■tonei de la prndeace > (c'«f- 
dn^ÙV Jt /< KwicM et da ta tagettt). — ■ Qaant h répitfaètc hHirgmi, doanéa 
»WK atoBei, ella aigaifie : plai gnmier i , pin roaimmi», ^aa Tolgaina. 
I Ah! mon pèra, ee qua tou) dilei là eat do denier booigeoii. > [Lu prà- 
cUttt riJitHlti, K^DarT, Mme H, p. 61.) A la iVofin dea Priciautt, oa a 
TB dlH oa* eitalion de Mlle de Seoderr (sala 3 1 la page 4} le aiot appli- 
qoé à la Hlira eoHr« In lémaïaa, da Boilaau : ■ Qaaiqa'il eroia que eat oa- 
vnge en ion cbef^d'eBorre, le pablio,,., la tionTe trAt-bftu^aDÎa et nffipli de 
phraaat tn»4MulMna. > Dau le langage da Hagddoa, mar^aml iimitii'iil ea- 
con aor ftsargasû : ■ Il sa ta p«nt rian de plaa nardiawl qae ea pneWU. • 
(Héiiia BCÂaa dat Pncitmm rùliaiUt. p. 63.) 

I. On paot, eomma bit Anger, eonparer e« trait (rec le langage qaa, 
daai Ui PrJtUmtH ri d ieal iM, liagd^oH tient d'abord i ion p^ (aoiaa ir, 
p. M), paîak H eontine {letaeT, p. 6g} : • hnr nol, an da me* teoBB*- 
«WBti, c'ait qne tobi ajaa pB hlra nna fille il ipirinialle que moi. • — • l'ai 
paina k me pannader que Je puiate Jtre «éritahlemant ta Klie.... • 

exemple, de l'exprearioa, bcqacnte alori, employée pir Done Elrirc an 
Tcrajig deAuM Gertit dt Slavam (tona II, p. 374], et ci-aprii, an Ten i(SB, 

a Vojei Km Leiiqiu an mat Éricuai- 

* l>ar exemple, dint Plutarqoe, i la fin du chapitre iviu dn traité Qme 
ftit «a «mnii'i mn JayvuumtHt ilm la dacirint J'Epteurut 1 lapauage a 
étiainil traduit par Amjat : • Il (^^pi«re) abieaea l'impndenea da dire.... 

y a ton frira Néoeln tiTermoit.... qasjamaii homme n'irait éti ti aage ae 
•atant qne Epieunii, et que ta m^^e était himt haareua. laaaalU aroit 

nUai,qDiaTaieiit,nii'amaiHDtenien)L... ^ _.. 

(,Lii<m»rmmwvlu,tmiUadePl»iarq«c. iS^S, loma I, TiSâr'etT*.) 



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ACTB II, SCÈNE TIII. i 

SCÈNE VIII. 
PHILAMINTE, CHRYSALE. 

PBILAHINTl. 

Avei-Toos à lâcher encore quelqae trait? 

CHKTSÀI.K. 

M<M? Non. Ne parlons plus de querelle : c'est fait. 
Dùcoannia d'antre affaire. A votre fille aînée 
On voit quelque dégoût pour tes nœuds d'h^énée : 
C'est ime philosophe enfin*, je n'en dis rien, li 

Elle est bien gonvemée, et vous faites fort bien. 
Mais de tonte* autre humeur se trouve sa cadette, 
Et je croîs qa'il est bon de pourvoir Henriette, 
De choïnr on mari. . . . 

PBILMIHTB. 

C'est à quoi j'ai songé, 
Et je veux vous ouvrir' l'iateatiou que j'ai. > 

Ce Monsieur Trissotin dont on nous fait un crime, 
El qni n'a pas l'honneur d'être dans votre estime, 
Est celui que je prends pour l'époux qu'il lui faut. 
Et je SMS mieux que vous juger de ce qu'il vaut : 
La contestation est ici superflue, ( 

Et de tout point chez moi l'affaire est résolue. 
An moins ne dites mot du choix de cet époux : 



t. Eu-a ■BUiHic* da ^irc nourquar la coup* da cat alaUKdna, oà ««- 
fim, nÏMésB drU J- lliJ— Uri.*., laDEores l'effet irouqoeda mot ^JoKfi* 
*a^a«WÎaiif«ritli? 

s. L> Bat aat aiwi idjectiF dau au aDciaBi textei : comparai ô-detH*. 



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lia LES FEUMBS SAVANTES. 

Je veux i votre fille en ptrler avant vous ; 

J'ai dea raisons à &ire' approuver ma conduite, 

Et je connottrai bien si vous l'aurez instruite*. 6<i> 



SCÈNE IX. 

ARISTE, CHHYSALE. 

ÂBISTE. 

Hé bien? la femme* sort, mon frère, et je vois bien 
Que vous venez d'avoir ensemble un entretien. 

CBKVSÀLS. 

Oui. 

âRISTK. 

Quel est le succès' ? Aurons-nous Henriette ? 
A-t-elle consenti ? l'affaire est-elle faite ? 

CHRTSALI. 

Pas tout à fait encor. 

AUSTI. 

Refuse-t-elle ? 



9. Haw dirim* pmt-ttrc platAc «ujonrdluii : ■ Si Tout Tira infiMli . • 
mil «'hI db tria-jnita Bmploi da futur pn*â. 

3. Ot «nplol da l'irticfe lu lica d'an pouaait ni deresm p*B orduaire 
(compun ci-doini la tan J^S); ii ait ia fort npnauf. A Piir ilëBomeartÉ 
du maH, h l'air diàtil de la [nnme, Arista a tLIi coBprii qnal * M la r^ 
tuhat ds law anli«tieB; il J a, aprt) la nam, osa lorts d'ellipM icoali|Bc 
d'cB* propeaitioB i«Uci*a, bb* coarta paaia, an geiu, imiit paal-ttrc d'am 
g«Ma tou pitia da «iNiSaDca da Chryiala. daaa la précManl aotrctiea .■ la 
fadiiDe doat tom r^oodiei (Ter* il»), la famoa qaa Ton* alliai ai Inca d». 
potar {Tarant). 

4. L'iMna, fe ràmltat da art antradcar Koiu aTogi mainu fbii meoatrf 
tmctii araa ea Mai : yojut, par naapli, aa Tan 195 du JfùaiUlrap*. — 
liai ididaui da iVjt, Si. 97, IJIO, 18, aataDaDt pii cospla, poar la bm- 
•u«j dm (M qoi pricèdt, porUat t ■ Qocl ta «M la *Mcï*? ■ 



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ACTE II, SCÈNE IX. it3 

ahistb. 
Bft«e qu'elle balance ? 

CHRYSÂLK. 

En aucnne façoa. 
ARI9TK. 
QDoidODC? 

CHiyaua. piomme. 

Ces! qne pour gendre elle m'offre un autre 

AUSTS. 

Un autre btHnme pour gendre ! 

CBIYSALS. 

Un antre. 

AKItTK, 

Qui se nomnie ? 



Honneur Trùflodo. 

Quoi ? ce Monsieur Trissotin.... 

CERTSALB. 

Oni, qui parle tonjours de vers et de latin. «5o 

Aaisn. 
Vous l'avez accepté ? 

CHBT8ALK. 

Moi, point, à Dieu ne plaise! 
Aanra. 
Qn'aTeb-voos répondu ? 

CaaTSALB. 

Hien ; et je sois bien aiae 
Oe n'avcnr point parlé, pour ne m'engager pas. 

ABI9TB. 

La raison eat fort belle, et c'est faire un grand pas. 
Atcx-tous su du moins lui proposer Clitandre ? 6 ï ;> 

CHRYSALB. 

Non ; car, comme j'ai va qu'on parioit d'autre gendre ' , 

t. • n hadull. dît A^cr, fan «BM g*iiJr*l Fid}*atlf sa «M ladùpas- 



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ii4 LBS FEMMES SATÀHTES. 

J^aî cru qa'il ëtoit mienz de ne m'avancer potot. 

Certes votre prndeDce est rare an dernier point ! 

N^avez-vouB point de honte avec votre mollesse ? 

Et se peut-il qu'an homme ait assez de foiblesse eso 

Pour laisser i sa femme an pouvoir absolu, 

Et n'oser attaquer ce qu'elle a résolu ? 

CBKYSÂLB. 

Mon Dieu ! vous en parlez, mon frère, bien à l'aise. 

Et vous ne savez pas comme le bruit me pèse. 

J'aime fort te repos, la paix, et ia douceur, 66S 

Et ma femme est terrible avecque aod humeur. 

Du nom de philosophe elle fait ^rand mystère'; 

Mais elle n'en est pas pour cela moins colère ; 

Et sa morale, faite à mépnser le bien', 

Sur l'aigreur de sa bile opère comme heu*. 670 

Pour peu que l'on s'oppose à ce que veut sa tête, 

On en a pour huit jours d'effroyable tempête. 

Elle me fait trembler dès qu'elle [»«ad son ton ; 

uhie qaand il ■'agit J'iu objet détirmiiif . Ce qui U proon, ■'•M q«e far- 
loMt ^amlrt chou fligaiSe ■floloiiHiit : elmgeoiii dt dûconn ; teadta qoc, ti 
l'on VHt pUHr d'un objet \ qodqiM aotn objet qu'on ■ en tve, il bat dire 
' parlimi iTmal sattv eian. • Ne eoBtaMoni pM I* jmwua d« la nOMtqM pK 
laqiMll* Angetovil motiTar la condamnatioii grammaticale qa'il piuoBcc. 
Uaii, d'apéa eetteiemarqoe ataM, «• Mmbk, le toor emplojt par Moliàe 
eat tacUe i juMiler. Cfarfiata a d'abord peu tntti ta ptnaé» •w le gesdn 
particulier propoai par Philaminte ; ai odtena qa*il lui aoil, il m'a paa eu lU 
mot de rèroite en TanteAdeat noiunar; il n'a été frappé, embarnaaé que do 
[ail qae aa fa«B« * déjl, d* aoa «Até, arraagi un projet d'aUianea : répon- 
dant 1 la généralité d* Tidie, famr* gmJrt «M aiiaplamint m^aa ihaimiai 
qse iTiM sMra gendrm. 

I. • On diMil alon, nplique ADger,^i>«'iM mjrtiln J'aiu eheët daaa la 
•au de : SB faire de récalage, j donner de l'importanea. Daaa tEtfrilJ^Ut 
de d'OoTtUa > [1641, acte II, uène i), Liaandre engageant FloreaUD, qsl 
Tient dVtre légèrement bleaté, 1 ae mettra an lit, eelnî-d répood : 
Le mal D'ett pat al grand pour en faire os mplére : 
Coauaant? cela Tanl-il aaoUBMat en parier? 

a. Laa biena de ibrtnne, laa rirbtMH, l'aigant. 

3. JUm, «égatif, tumm» mnmx, tawa*. 



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àCTB II, SCiNE IX. ii5 

le ne uîa oà me mettre, et c'est an vrai dragon ; 

Et cependant, avec toate m diablerie, 67^ 

Q fftot qae je l'appelle et ■ mon cœnr • et « ma mie * . ■ 

ARUTB. 

Allez, c'est se moquer. Votre femme, entre nous, 

Est par vos lâchetés souveraine sor voua. 

Son poBVMT n'est fondé que snr votre foiblesse, 

Cest de vous qu'elle prend le titre de maîtresse ; 680 

Vona-même à ses hauteurs vous vous abandonnez, 

Et voos faites mener en bête par le nez*. 

QooiPvons ne pouvez pas, voyant comme on voas nomme*, 

Voua résondre une fois à vouloir £tre un homme ? 

A &ire condescendre une femme à vos vœoz, ftSS 

Et [»«Ddre assez de cœur pour dire un : ■ Je le veux >> ? 

Voua laisserez sans honte immoler votre fille 

Anx folles visions qui tiennent la famille, 

Et de tout votre bien revêtir nn nigaud, 

PooT six mots de latin qu'il leur fait sonner haut, Ogo 

Un pédant qn'i tous coups * votre femme apostrophe 

Dd nom de bel esprit, et de g;raud philosophe, 



I. Cm ileraisn nn nppallant I A.)Bié-lIiftiii an puiage da PUuti, oè 
I* nlnr mil d« urictcn amème on j« ds icne. Dins l'acts II da Ca- 
mmm, aasBa m. Sulinoo, en Inin da ■« [daiadra àt n tname, b Toii Tcmir 
•t, tant pv poliiiqiw de loi fiiii* Mcaril, pin* rabiUnkcntdii toa do plo* 
f/ntUntaç/Kn» ■■ inala plai elHo [lan iift-lit}' 



it pour mon nppliea. La Toilï; «lia ut toata triital Allou, 
i bat t m tt n imadiiBer la mcc^nla Mte. Ha [anmc, mon char amoar, 
^'■•-ta dcMc? ■ ITVBdbcliaii J* Samnur.) 

9. C*a^ BBpautnoon daanwi qn'omnàa* paru mius1iàre,oacoinn( 
B baOa attoU qu'on ulns par aoa anncaB. 

3. lam «aMMlant appaler da bob ds bui, da naîtra, da Hoanaar aaSo, 
•t BM da Hri*— On pant-Atov, at m^a phIAt ■ Vojaat bi«B qa'oB tob* 



^. Qai M-t lo^. (173*. J«.l 



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■ i6 LES FBHMES SAVANTES. 

D'homme qn'en vers gaUaU jamais on n'égala *, 
Et qui n'est, comme on sait, rien moins qae tout cela? 
Allez, encore un coup, c'est une moquerie, <gS 

Et votre lâcheté mérite qu'on en rie. 

CaSYSALK. 

Oui, vous avez raison, et je vois que j'ai tort. 
Allons, il faut enSn montrer un cœur plnsfort^ 
Mon Irère. 

ARISTI. 

Cest bien dît. 

CHarsÂLB. 

C'est nue chose infime 
Que d'être si soumis au pouvoir d'une femme. 70» 

ABISTB. 

Fort bien. 

CHRVULB. 

De ma douceur elle a trop profité. 
ahistb. 
n est vrai. 

CBRYBALB. 

Trop joui de ma facilité. 

ARISTB. 

Sans doate. 

CHItTSALK, 

Et je lui veux faire aujourd'hui connoître* 
Que ma fille est ma fille, et que j'en suis te maître 
Pour lui prendre un mari qui soit selon mes voeux. 7«5 

ARISTB. 

Vous voilà raisonnable, et comme je vous veux. 

CHRT8IL8. 
Vous êtes povr Qitandre, et savez sa demeure : 



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ACÏB II, SCENE IX. 117 

Fùtea-le-moï venir, mon frère, tout à l'heure. 

1.1UST8. 
Tj coon tout de ce pos. 

CBRYSALE. 

C'est souffrir trop longtemps, 
Et je m'en vais être homme à U barbe des gens*, ^i» 

I. Dm gtmt na bîl lottuimt pcBWr qa'i PbiUminM, «t téU nml tort 
étala l'isplM <U U locatian qui prccode. Il j i ■■ chipitn i d*> Mintmttr 
4* la ri» dm eamu dt Cram m aKt [l'ji^ p. 335) an piuig* qiû psut^tra np- 
pnehé de ««lu-ci % 1> Prisa dit \ liballa Janâbigi qo' • il l'oÂvit usa bab 
■clîaH 1 liBT coim^, qui t*àlt iTtUar **adTC Usn onnga juiqaa duu U 
■d* ib la «■Adje, i It barba da la dacbaiM et da tonla aa enoT. > Oa lia- 
it mangnàa U plo* nettamaiit nuiora, on pant-étn, al 
j entnidre tant da fincaae, a 
■rHamiltaB, endifUdi, leaai» 



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LES FBHHBS SAVANTES. 



ACTE III. 



;SCÈNE PREMIÈRE. 

PHILAMCfTË, ARMAMDE, BËUSË, TRISSOTOfS 
L'ÉPINE. 

PHILÀMINTK. 

Ah ! mettons-nouB ici, pour écouter à l'aise 
Ces vers que mot à mot il est besoin qu'on pèse. 

ÂRHÂNDB. 

Je brûle de les voir. 

siuss. 
Et l'on s'en meurt cbez noui. 

PHIt^in-FB*. 

Ce sont diarmes* pom* moi que ce qui part de vous. 



Ce m'est une douceur à nulle autre pareille. 715 

B^SK. 

Ce sont repas friands qu'on donne à mon oreille*. 

FHILIMIHTX. 

Ne foites point languir de sî pressants désirs. 

I. Sur ce p«r*oaBBgE, dftm leqiwl, à ]■ plupirt de» tnlta qat le earMtâ- 
riHnt, (oiu lei cODUmporiiu neonaiinDt l'ibbé Cotin, to jai la JVbA'M, p. g, 
1. PBii.kMn(n, à TVÙMlia. (17I4.) 

3. An •ujgt da nas-emplai de l'irtidi ipni eetaU, ici el «a *or* 7r6, 
Tajei le Lexique Jm ConuilU, loae I, p. foi. — Héme uni l'inTcnioa 
du injet eL remploi de « qu'aile ubcbs derut le Ycrbe, celoHi aanit 
encore pa ■'■ecordar iTce l'inribot : yvjtt tm toma 10, p. 1E4, la *«n7>g 
de tÉeoUda/tmma; cl p. (iS, Il notei; el àa tome I da Lt K Îf t » Je 
CtnuiUi, p. ixxi. 

4. Vajei ci-apria, p, IM, aoM i. 



D.nt.zedbïGoOglc 



AGTB III, SCiNE I. 

1.IHÂMDR. 

{Mpêchez. 

BÉUSE. 

Faites t6t, et hâtez nos plairirs. 

PHILAMUtTE. 

A DOU« impatience offrez votre épigramme. 



Hélas! c'est ud enfant tout nouveau né, Madame. ;io 

Son sort asaorémeat a lieu de vous toucher, 

Et c'est dans votre cour que j'en viens d'accoucher*. 

PHILÀHITtTB. 

Pow me le rendre cher, il suffit de son père. 

imiSSOTIH. 

Voire approbation lui peut servir de mère. 

BKLISB. 

Qd'Î] a d'esprit! 

SCÈNE II. 

HENRIETTE, PHILAMINTE, AKMANDE, BÉLISE', 
TRISSOTIN, L'ÉPINE. 

PHILUIINTK *. 

HoU ! pourquoi donc fuyez-vous ? 7 a 5 

HEHRIBTTB. 

Cest de peur de troubler an entretien si doux. 

PHa.Aiiii(n. 
Approchez, et venez, de toutes vos oreilles, 

il ds TriiHtia puMit, la (lin (leTilkunt Am ftim, paar 

•tptm na p«B plu* à loûir ; ■ Antnbii, loi {Vmgttt) et 

>■ pu onr dci rapirtin poor •> twin *ilair l'aii l'autra daa 

Im—mpagait oà ib ■lloiot. ■ (Tome VII du MituriMUa, p. 31.) ■ Ca 

Oda tt ■> bu PkeAut, * wjmta im Béiui, qui, pour 1> prourer, ciU U 

MC pWaM i» wiawB qa'on m jagva poùt dM plu ■■thcMtqun. 

1. mÊLUM, UUC4MOB. (l?}^-) 



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lao LES FEUHBS SAVANTES. 

Prendre part aa plaisir d'entendre des merveilles. 

HKRBIETTB. 

Je sais pen les beautés de tout ce qu'on écrit, 

Et ce n'est pas mon fait qne les choses d'esprit. ; 

PHiLÀiiiErrs. 
Il n'importe : aussi bien ai-je à vous dire enioiie 
Un 8e<Tet dont ît fant que vous soyez înstmite. 

TRIBSOTIR '. 

Les sciences n'ont rien qui vous puisse enflammer, 
Et vous ne votu piquez que de savoir charmer. 

HBMUBTTB. 

Aussi peu l'un que l'antre, et je n'ai nulle envie.... ^ 

BALISE. 

Ah ! songeons à l'enfant nouveau né, je vous prie. 

PHlLÂtflKTE*. 

Allons, petit garçon*, vite de quoi s'asseoir. 

(Le Uqiuii tombe ttne la i^ûie*.) 
Voyez l'impertinent ! Est-ce que l'on doit choir, 
A[n^s avoir appris l'équilibre des choses'? 

bAlisk. 
De ta chute, ignorant, ne vras-tu pas les causes, 7 
Et qu'elle vient d'avoir du point fixe écarté 
Ce que nous appelons centre de gravité? 

l'épinb. 
Je m'en suis aperçu, Madame, étant par terre'. 

1. TunoTtH, i HettrittU. (i;ïi.) 
9. PnuwHTi, à PÉput. {IiiJtm.\ 

3. Sur 1« pMiU liqvui qa'il ittil de mode d-'eroir t Mm lerriee, ro; 
tome VUI, Il fin de Ii nota 4 1 li piga S60. 

4. VÉpÙH « laiim Umbtr. {n3i.] 

5- Ed-ce qii* rÉpiiM ■ prii dn lefoni de MeliquaP Oa la eniiait, k 
Uadce FfailiouBle («1 ■■ rair, ■■ wrr 7^3, qm'îl paraù enmprtitJr» U f» 
rcUmiififiu d* tilif] . PDnn|Bai bob ? Cihrjula B'i-I^il JMI dit k w la 

Mai gaa» t li icia^f» aipiraat poar tobi plnie. 

£. * Oon Qatckalta, qal s'eat pai pMast, maii qai aiaw laMi 1 din« 



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ACTE III, SGÉNR II. i 

PHHiAUtHTI *. 

LeloardMidl 

TRU»0n5. 

Bien lui preqd de D'être pas de verre. 
Ah ! de l'esprit putoot I 

Cela ne tarit pas.' j 

FBILÂHINTE. 

SerrezrnoDS |»t>mptement votre aimable repas. 



Poar cette grande faim qu'à mes yeux on expose, 
Un plat seul de huit vers me semble peu de chose, 
Et je pense qu'ici je ne ferai pas mal 
De joindre à l'épigramme, ou bien au madrigal *, 7 s o 
Le ngoât d'un sonnet, qui chez une princesse^ 

a, dit Aogar, ma coaTorutûiB Mmblibki aiac Saneho, dua wma oeeidaa 
pnqoe parciOs. • Voja au chapitre xzTin de la !!'> parti* de lliialoin. 
Saaeho, qui d'un gnmi coup de gaule, déeliargé lor loi par on pajaan ta- 
iieai, TÏeat d'être jeté t bat de la maDiun, m remet en «e)]«, naia poniae 
< 4e MBpe en tempe de profonda ioupin et det gWiaaementa doulnuniu. 
DoB Qiaieholte Ini demanda la eauae d'ue ai amire aSictlon. Il i^ondit 

lait oac douleur qui lui fallait perdre l'etprit. • La eanic da eetta doDlenr, 

• reprit don QuUiatte, doit étn cella-ei : eomoMle blton aT« lequel Ml 

■ t'a frappé était d'iua grande longueur, il t'a pria le doa dn hant an bia, 
> M asait CDDpriaei toutat le* partiea qui te font mal, et a'il iTait poni 

• aillean, ailleiini tn looffriraii de mliae. — Pardin, a'éeria Suulu, Votre 
« Gràcé vicat de me tirer d*an grand embarraa et de m'exptiqœr la ehoae en 

■ b^ai lai mai. Hort de ma *ie t «t-ea que la came de ma douleur eat iî ea- 

■ ehàe, qu'il wùt betoin de me dire que j* aonHre partoat oii la bttOD a 

• parti ? I { TtaduetÙMt de fianloi.] 

I. PmLàanm, à tÉpiiu fui nrf. (1734,) 

1. lU l'aatjtiu. (Itultim.) 

S. • Par ripigramme, od U madrigal, Trliaotin entend uu aenle et 
mimm pièea. Aatrefoii, on appelait m/iigranure tout* pièce de Ten fort 
conte, BBT na njet quelconqne. AuJMird'tiai on diitingua.... • [Itola iCAu- 
gtr.) Dana lea CCurrca de Cotia, en ttlrt. b pirca Smf iu Carroiie..., qui 
tara lae plaa Iota, ■ re^ le titra de madrigal, et noe noteqni PaceoDipagiie 
In BaaiB* nae épignmnia : Tajei ci-aprèa, p. i3a, note s. 

i. Toja b IfMif, |i- aS. 



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lai LES FEHHBS SAVANTES. 

A passé pour avoir quelque délicatesse. 
Il est de sel attique assaisonné partout, 
Et vous le trouverez, je crois, d'assez boD goût*. 

I. nom IroBiaM diot Pirticla ut Ci 
iatht diBi U DiciitmaMin dt la Cimrtrim 

qne fert int^rauntg ; e'ett q» HolUre l'cit trit-prolwfaleiiHBl iupiré, paar 
«a lUlMt d» l'cntratim "PBé entra Triuatin ac mi trait idsiintriaM, 
da l'oDa d«* mnaa gaUntai de Colin, d'one petite pièce ridienlcMesl pi4> 
einua, qn« Fabbé a d6, jartavMnt eomma tella, aomprendre avec ic plai 
de aitljfiiBtiiw dau aon ncDeil i 11 ae t»aT« itsuiaa, da façon h renplir 
la piiee pnaqna tant entière, l« métaphore da /riand, d'eimatU rtft, 
jnè« dut la diacoara par Bititc st par PUlamiaM (ran 71O et I46}, p«i* 
icpiba ai eompUiMmoim pu kor poita. Koaa mjan* dereir dter id 
OM boBU partie de e* petit mnrcun ea pn>w, inui eonna pant-étra dca 
coBlempartiBi qa* lea deu potaiai dani leetnrc ieor itaît donsie t il peat 
eoDlriban' t aehner l'idfa qn'oa a ï aa faire d« priaoipal niiMlii qid a 
MrTillIalière pour cette igiue: * FianU POtTIifaE- — Vob Tonln, Ha. 

aanu dtifient ordiMÎreawnt l«U ce qo'ila aiment. Je voui tr^terd a 
DitaM. la Ton* ferai terrir de l'ambroaie, je «ou ferai Taraer dn laUai. 
rnn et l'antre dignei de* taUee immortellei. Aprèi qnelqae* parfnmi, «c 
B> p«a d'eneena, e'«t-i-dire iprèa dei remerciemeoti, le premier aernea 
■era de TeiaonneBanH fort! et tolideii le MCond, dg lentimenU épaivt, 
a*ae qualqoei pointe* d'épigraBinai ponr ragollu, et qaelqaei entremeti 
de pa uBtb tani et de penaéei. Vont tarrei briller en dei conpes de eriital 
l'ara da la fontaÏBe dei nenf S«r«, laqadle, pour peu que toiu l'aponei 
aai yrax d'Apollon, voua parottra, Madame, «vee tootei lea coulenn de 
rtre'4m-4id. — Vo>f jaga bien qn'oa bel eipril, comme voai me bob- 
raei par bonatar, ne Tona doit pu traiter «ntreme&t. Ponr le nombre dea 
coBTUi al d« eea agriiMea ombra* qni Tona uivenc qnaad il toui iilalt, 
je ne lool Hante rien, Madame. Il j ■ an dci jonn qne j'en ai traité mille 
k la foli, MU qu'il m'en ait eodti nn doabla de pini.... — Cependant, 
Madame, Je loat remerae de toi bclla TOtai da moli de noTembre; 
«Uei «ont il TiTei et il parhmlea, qu'ellea ne peareat céder qa'è cette 
belle booehe olk l'on craioi da le fanlter qnand on tobi talne, et an doax 
perfnm de cette haleine qui m'cK an loafSe plai agréable que celui dei Z^ 

pbyn ne le fatjaauii uni parterre* (OEavrii fa'uniu daM. Cati»..., 

iditioB da iS65, H** partie, d'ooe icule pigtnatîon aree la I", p. (Ii et 
4I9.) -— VoitBia, da reile, comme le rappelle Aager, ('étail déjk joai 
arac ca thtau : < Hratienr, écrit-il 1 Coatar (lettre cix, p. (17 et 418 da 
l'édilloB da iftSo), je Toaloia rompra ponr qnelqna tempi le «nunerce qa< 

aempnle de me troarcr I ce* grand) feitini que tobi ma bilci. Mail.... 
j'ai demandé difpcBU de TCceTotr de toi lettre!.... Poar mat, tobi poa- 



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ACTE III, SCAnE II. I 

âRHAIfU. 

Ah! je nVo doute point. 

FULAHIUTS. 

Donnons vite audience. 7 

B^LIBI. 
(a ehiqae fbii qn'U T«nt lire, dis l'iotemnapt*.) 
Je fens d'aise mon cœur tressaillir par avance, 
Jeanne h poésie avec entêtement*, 
Et Hirtoat quand les vers sont toom^s galamment. 

Si nous partons toujours, il ne pourra rien dire. 

TRIMOTIH. 

so.... 

BBLISB*. 

Silence! ina nièce*. ^^ 



I* •erapala ncaroir M qa« j« toiu «BToie ; 1 p«U< û-j» de quai 

lire use Uière eoUiliom. Aa lien de c«i mKllo4 oiliirtt qae ran* 

lare.... BoeDra n'«B laMi-ja 

! Toiu lenirai que de> Û. 

«oamicaceaieni de u longue lettre «n même datée du 14 jiurier i6tii, 

I. Béuse, MfcrrwH^jd ïVifMfa ekaqtujoit fu'îl Êtd'oftte it /i>«. (l^I^.} 

1. Atcc db goU décidé, nne pauLag, une préTïnlioD dont il ne tenii 
pw ùé lia me fiiie rereoir. • H. M Mme de Hetmei urtent d'ici, ^it 
Mac de Sérigaé en 167g (tome VI, p. 141) ; ila ont recommencé tnr Don- 
««■nx traie I parlar de Toal et de Grignan ivec entAement. * — Plu lois. 
■■ Tcn p6l, TrlMnlin applique le mot à l'inFettiatian dei lutEura. — On 
Fa n, ■■ Tara («, nne la aeni d'iHée £ie. 

3. Béum, à 0e«r»lM. (1683, 1734.) 

<. L«t édItcBii de 1718, 3o, 33, 34 ont eomplélé le fera de cea lioi* la- 
fOBa : hiLumm. AUona, taiiHuiï-le lira. (1718.) — AaiiikNDi. Éeon- 
i«a, il ia lire. (1713.} — AuuiiDn. Ah 1 laiiaei-la done lire. (17)0, l^.) 
Mail Oa ant pria na aaia qnï était bien aoperflu : eatta iatemption do 
aan aurqBe Dalurellement ici la longne panaa néeeauire à Triatotin pour 

mit déjl eoumeaet aa lecture. Comparn plna loin la *en 771, qae, par 
la Mdaa niaoa, Molière n'a paa aeluTé, 



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1x4 LES FBMUES SAVANTES. 

TlBSOnH. 
SOimST A LA PBINCBSSE VKjyiK SUR SA FIÈFtU*. 
Votre prudence eat endormie^. 
De traiter magnifiquement. 
Et de loger saperbement 
Votre plus cruelle ennemie. 

BlEuSB. 

Ah! le joli début! 

ARHAHDK. 

Qu'il a le tour* galant! 

PHILimifTE. 

Loi seol des vers aisés possède le talent ! 

AKUINDE. 

A prudence endormie il faut rendre les armes. 
Loger son ennemie est pour moi plein de charmes. 
J'aime saperbement «t magnifiquement : 



i Cniin. L'iattar rrnit dcjà 

ï'* MltÏQB An VCfl 

OEurra gmlanlai db i65g diiu an premiar ncneil d'OEmnvt mélittt M. 
uu Holièn, il ne l'ni fat TraiHmUibloiuBt p» tenu M. _ Il B> mnit de 
ibugCBint qu'au titre ■; le nriuble ft : Somel. A Mlle it Langaffitlr, 
à friitiu Jmthtiie Ji NtmiKu-i , nr le JOtrt ^uartt. La doehnie, mari^ 
ca ]657i itaït daTcnua t«um dcut aiu aprèt^ elle moonit Ibit l§ée, 
es 17a; : TOjei la Notia, p. a5. et note a. 

a, Pndnte tmdermù a'ett point □■■« expreaiiaB ridimlc : elle cit cv- 
plofte.... par Conieilla, dini ce rende t/ieomiJt (iGSl, acte ///, kch », 
wr< 833) : 

Ma pTudenee n'ett pat tnut k fait endrinnîe. 

Ce n'ett poial de TVïaiotin, nu ponr mieui dire de Cotia, ign* MtXtn ac 
nCHjiie en cet endroit {jxmr tt ma'] : f'Mt de ce trio de Tenniea qni a'oita- 
•i«ll follemenl ibt Iw eha«ea qui le miritent le moina. [ffiM* f/tmgr.) 

3. Htgdelon, dau f«r iWeifluw rUicaUt [teimt ix, Ion 11, p. V}],Sl d* 
ulma deUuanlli! • llaon Innr admirablodaBareaprit, t {NbU j'^igr.) 

■ Stof une luigBifiuil* iaterreriian (rdor^ ru note) n ttoUiaie **r( 



1. On ■ ta » 


la Ifctice.-p. II, que le ta» 


pria tel qoel di 


!t OEatrei galaaUi de l'abbé 




it&>i(:«n i663ei 1665 dau 1. 



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ACTE III, SCÈNE II. 
Cet denx adverbes joints font adminblement. 

Prctons l'oreille au reste*. 

TKISBOTIIT. 

fotre prudaux est endormie. 
De traiter magnifiquement. 
Et de loger tuperbentent 
Foire plia cruelle ennemie. 
i.iaijfi>x. 
Pntdatce endormie! 

bAusi. 
Loger ton ennemie ! 

PHILA.HIim. 

Superbement et magnifiquement! 

TRIBSOTIlf. 

Faites-ia sortir, quoi quon die, 
De tvtre riche appartement. 
Oit cette ingrate insolemment 
Attaque votre belle vie. 

siLIBE. 

Ah I tout doux, laissez-moi, de grâce, respirer. 



, s'il voas plaît, le loisir d'admirer. 
PBiLAiiiim. 
On se sent à ces vers, josques au fond de l'âme, 
Gmlerje ne sais quoi qui fait que l'on se pâme. 

ÂKHAHDB. 

Faites-la sortir, quoi quon die *, 
De votre riche appartement. 



rraptiiM da ven, qae moEÎTe tmfl naanllv paua : vojvi 
fiai hMO, Tcn 760. ^ Quin (m nprim idainliTei d'eiprMuou, M 
■•1 mmptn eielaoutiaiH qui toM eoaper la dcai tactom, • il hait dif- 
Côfe, Jtt Jta^ cr. de la* ainjottir lai nglai d* l« Tarwfiwnio», lut AMr aa 
|i,|ii,,l d* aon Bataral gt da h libena. > 
a. r*ra> U *■ <!• !• ■•*• da Ter. jjj. 



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LES FSHHCS SAVANTES. 



Que riche appartemaa est là joliment dit I 
Et que la métaphore est mise avec esprit ! 



Faitea-la sortir, quoi qu'on di«. 
Ah ] que ce quoi qu'on die est d'an goAt «dminble I 
Cest, i mon sentiment, un endroit impayable. 

IRM&ITDK. 

De quoi qu'on die aussi mon cœar est amonntiz. 

VÉUW. 

Je suis de vob« avis, quoi qu'on die est heureux. ]SS 

1.KHARDS. 

Je voudroîs l'avoir fait. 

Il vaut tonte une pièce. 
PHiLAHiirrE. 
Mais en eomprend-on bien, comme moi, la finesse? 

IRHIHDB M BÂUBE. 

Oh, oh! 

PaïUHIIITK. 
Faitei-la sortir, quoi qu'on die : 
Que de la fièvre on prenne ici les intérêts: 
N'ayez aucun égard, moquez-vous des caquets, 
Faites-la sortir, quoi qu'on die. 
Quoi qu'on die, quoi qu'on die, 
Ce^uoi fu'on <//« en dit beaucoup plus qu'il ne semble. 7go 
Je ne sais pas, pour moi, si chacun me resBemble ; 
Mais j'entends là-dessous an million de mots. 

Il est vrai qu'il dit plus de choses qu'il n'est gi-os. 



Mais quand vous avez fait ce charmant quoi qu'on die, 
Avez-vo^ compris, vous, toate son énei^e? 7j 

I. PHll.uaKn, k JViuoda. (1734.) 



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ACTE III, SCàNE 11. ta^ 

SoDgiez-voas bien vous-même à tout ce qu'il notu dit, 
Et pconez-vons alors y mettre tant d'e^mt ' ? 

TU890TIK. 

H«7, hay. 

ARMANDB. 

J'ai fort aussi V ingrate dans la tête : 
Cette ingrate de fièvre, injuste, malhonnête. 
Qui traite mal les gens qui la logent chez eox. Soa 



Enfin les quatrains sont admirables * tons deux. 
Venons-en promptement aux tiercets', je vous prie. 

ARMINDE. 

Afa ! s'il vous plut, encore une fois quoi qu'on die. 

TRISSOTm. 

Faiteâ-la sortir, quoi qu'on die, 

PRiU.HinTK, ARMANDB M BÉUSE. 

Çuoi qu'on die! 

TRISSOTIN. 

De votre riche appartement, 

1 PBIUUIHTB, IRMANDE Ht BSLISB. 

SicAe appartement ! 

I. Q^i ^'*m dit n'nt qn'iue dxirilla dans nne niBTiîn picee, «t il ne 
■iriwi lit pat atlne qa'oa la nlsrlt ponr l'en maqaer. Mû ^iit prieùt- 
■ t t pBTC que qm fn'cvi JU lut dît rïeOj qpA HalUre l'a ebols pour tain 
Mater, aiic [r plm de fom, le ridienla eDthaïuiaaBH de « tnû follaa. 
CoM le BOBBCUaire ml qai ait plaisant. {Ifeli d'Amftr.] Bniajr ent mB 

il Ta tna-gaiement cobié 1 Hme de Sérîgné (tojci au tonM VI dei Ltltrt 

ta celle-ci, imaie 1678, p. ^So). — Moua n'iront pai beioin de dire qne 

' Il la loeation qm pan- 

ncon fort Dlltt, d Ib- 

it II proie de riatfnmpia Je FtnaiUet (leèu t. 

MBe III, p. fi6) ; rafa one Reaiarqae de H. Harty-LaTeau, an lama II, 

p. I08 4b £«Dfiw A ia laHguM da Cameilli. 

a. C—parg», puar li conpe, la Tcn Sgo. 

}. Le MM eM ierit Ureei, die Anger, < dni toaui lei éditioM dn IXe- 
iimamn Je l'Jtmâimàe, k Tafticle SoiimiT i nuit, ce qai ett «xtnordiuiin, 
aa-aMpboli aoB rug {.>4>iBWlifw].... (pe dani l'Uitlan de I761. • 
' » l'w - 



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is8 LES FEMMES SAVANTES. 

TIISSOTIIT. 

Oà cette Ingrate Imolemment 

PHiLÀHiirrE, AHmiTDB A b£li». 
Cette ingrate de fièvre! 

TBIBSOTIW. 

Auaque votre belle vie. 

PHILAHIHTB. 

rotre belle vie! 

IHMIHBB M BiLISI. 

Ah! 

TKISBOTtM. 

Quoi? tans respecter voire rang, 
Elle te prend à votre tang, 

PHILIMINTI, AMMi.HOK H B^USB. 

Ah! 

TniBSOTIN. 

Et nuit et jour * vous fait outrage ! 

Si mut la conduisez aux baint, 
Sant la marchander davantage. 
Noyez-la de vot propres mains. 

PHILAmHTB. 

On n'en peut plus. 

BéLIU, 

On pâme. 



On se meurt de plaisir*. > i • 

PHILAUIHTB. 

De mille doux Aissons voua vous sentez saisir. 

ABKÀHDB. 

Si vout la conduisez aux bains, 

I . On lit • Et joar et nuit > dtui Ici OOa^u imiliu at dni Im àia 
MitiaiM dM OEnvrei galmutt. 

■■ CoBpua k II Kine a dca Prieiemm rUumUi, tom II, p. Bf, la 
phrwst aulaïutins da Cidi(M, apitt qae HimbUIi ■ ehali tm â- 
prvmpta, M TDJB 11 BOM s da «rtt* ftft U. 



D.nt.zedbïGoOglc 



ACTB m, SCENE II. 119 

BÏUSB. 

Saiu la marehtmder dafontage, 

PHILUIIHTB. 

Noyez-la de vot propres maint : 
De vos propres maioB, là, nojrez-la dans les bains. 

ÂBM1.HBB. 

Chaqoe pas dans vos vers rencontre on trait diarmant. 

BÏLIBB. 

Partout on s'y pvomène avec raviBsement, 

PBILAHINTB. 

On n'y Monnt marcher que sur de belles choses, s 1 S 
Ce sont petits chemins tout parsemé» de roses. 

TRISSOTIN. 

Le sonnet donc todb semble.... 

PBILAMIIITE. 

Admirable, oonrean, 
Et personne jamais n'a rien fait de si beau*. 

■ÉLISB*. 

(^loi? MBS émotion pendant cette lecture? 

Voos laites U, ma nièce, une étrange figure I iio 

HENHIBTTE. 

Qtaeati bit ici-bas la figure qu'il peut, 

Ma tante ; et bel esprit, il ne l'est pas qui veut*. 

TaiSSOTIN. 

Peut-être que mes vers importunent Madame. 



Point : je n'éconte 



pas. 



I. PhilUlc ('letiiiiRc enTenOroBU, iprc* li Icelarc da kiiiiiiI, pir bo 
^oain coBpliBcmt prcaqac luui flalttnr ; miii, dani aa maniin d< rcsdre 
k 4tnir d'adHÏntioB iju'on rcclame de loi, naa lerlaiu ligàrcti i» Idb 



'. (173*.) 

1. PHrtatnaplM da il {oa de «Jai-U], eonma antéeédent de jw, «m 
fW naraK aicaBBair* i II dntâ od aa Madirs d* la phraia, t«j«i Ii 

MoLilaa. tx 9 



D.nt.zedbïGoOglc 



LES FEMMES SAVANTES. 

PKIUMIIfTB. 

Ah! voyons l'épigramme. 



SUR an CAJUtOSSE os COBLEVIL MUAlUirTX, DOUXt 

A U!tE DAME DE SES AMIES *. 

PBILÀniHTE. 

Ces titres* ont toujours quelque chose de rare. ii!; 

ARMANDB. 

A cent beanx traits d'esprit leur nonreinté prépare. 

THissonit. 
VAmawr »i ch*remeni nia vendu son lien., 

BÉtISB, ARHl.nDB M PHILAMUTTE. 
Ah! 

TRISSOTER. 

Quil m'en coûte* déjà la ntoUié de mon bien; 

■umplM doonct lUu la Dieiiomuiirt J4 Littri i II, I3>, et 1 Qm, prawa 
rdili(S*;aamlnM*a ina.ii*iBff<ai.MaJHgal da Uhuga li MIU it U 
FTfM, Il taXmn Mma de 1> Fijatta {S* âditiom de* Fotmmtm, 1668, p. l4t> 
au Une V dei piicel EriD^iiiei, compranamt Ict Saimilt, Madrigaux, Éfi- 
frammti, Ballaia) ■■ 

D'an gnad embraHiiacBE, iFiui rifcnran lenage, 
llHHUTa quipent. 
Et nu bUoMi Tfcynb d'tea ralige I 
HàlM I bella Dom, il oa l'«t pat qui nat. 
(Aoger BÏEc riTamt-dernier ran aréa ane Tuùvtc d'ope èdîtioB pittfé* 
YoM n'aecoaa à'ttn toIi|«.) 
I. n 7 « ici ua jtn da aeisa trèa-uitarel et bùm uiii. TriiaotiB art Uaal 
dai der^an moU d'Henriette (• PoiM: je a'JcOBte pu •}. H. Pr. Begais 
dit la titn, qui tait, de riptgrimne d'une Toii iltMe, et (B lançant dei 
ragardi de aoUra lu Henriette ; Ja mt aie li « jen de hbm loi appvtwL 
(fféla J* M. Daprii.) 

9. Du* Ut OBmtr— falaatai da MeiuUmr Cotin (tojw k la NwtUa, p. 1 1 
et nota i), le titra de la pitce eat : Sut un Camuta da eamUmi- amMnmU, 
mAati pour ana Dama. HtDUS^L. A li uite et par foraM d'aieM*, Cotia 
«ignitait encore en ren à li earlotiti du leelear : • En tania de* Crée* at 
deiLatiai, et dequelquei-Dnada m» Fraoçoi* qni ilbetaot ennBHwB«B« 
mot*, qaoiqaa (raid**, j'ai fait grlee ) cette Ëpigramme. ■ 

3. S«i titTe*.<i734.) 

4. L'uniqaa ineuetilude, dim* la tranaeriptioa qn'a bit* BlolUr*, M 
tronreici. CotiaaTait deuifbi*iaipriaii(Mid63*ta iGOS] i «Qu'il ■* 



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ACTE III, SCÀHK II. 
Et quand tu voit ce b«aa carron», 
Oh tant tCor te relève en botte. 
Qu'il étonne tout lepays, 
Et fait pompeuaemmt triompher ma Lait, 

PRILÂHIHTS. 

Ah! ma Lait! voilà de rëruditioD. 

Bcun. 
Il enveloppe ' est jolie, et vaut un millioa. 

TBISaOTIEf. 

Et quand tu voit ce beau carrotte, 
Où tant d'or te relève en botte. 
Qu'il étonne tout leptxyt. 
Et fait pompeutement triompher ma Lait, 

Ne dît plut qu'il ett amarante* : i 

Dit plutôt qu'il ett de ma rente*, 

mUARDB. 

Oh, oh, oh t oelni-là' ne s'attend point du tout. 

PHlLÀlflIITB, 

On n'a que lui qui poisse écrire de ce goût. 

B&ISB. 

iVê dit plut qu'il ett amarante : 
Dit plutôt qu'il ett de ma rente. 
Voili qni se dédioe*: ma renie, de ma rente, à i 



'• *^ ■■■ •"'iq'w, dàî|Btlîan iniUmLi d'uw coartiuDc on d'niH mil 

Pl« d'ut tiMÙap, hoDoit ton p./i. ' 

J. Q^U «( ^««,«,. (,6,«, Sî, ici « pin. bl^) 
. .*-.™ '".™™""" ("i™ "»"*" •«■. o" Ti«l de I. Toir, Colia ipp^ 
" '" '- " i™* '•' ■■<"). "7™ ■» «ouplrt d'Éiùa 1 I* «ce» ■ ds la Crt- 
itfM A i'rf«i. A*/«MM,. Mm. m, p. 3,4 et 3,s, .1 U note > d. «Mt. 

4. Ca 4v«Mr mit 

5. Ub. !■(»>«« 

■ * h 1im t tfet 4h i 



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■ Sa LES FEMMES SAVANTES. 

PBILAHniTB. 

Je ne sais, da moment qae je vona ai connu, 

Si sur votre sujet j'ai* l'espiit prévena, > 

Mais j'admire partont vos vers et votre prose. 

TBISSOTCK *. 
Si voua vouliez de vous nous montrer quelque obose, 
A notre tour aussi nous pourrions admirer. 

PHILAIIINTK. 

Je n'ai rien fait en vers', mais j'ai lieu d'espérer 
Que je pourrai bieotAt vous montrer, en amie, s 

Huit chapitres du plan de notre académie. 
Platon s'est au projet simpleitient airêté, 
Quand de sa République il a fait le traité*; 
Mais à l'effet entier je veux pousser l'idée 

pia, dei pripoiitioiu à tt dt plicJM dennt In mont, mil Malei, 



«en ^g^, et on peat bien er 
la d^cIiuiuB. 

I. J'«». (iM«. 1734.)- 

3. Dini I* a" •nna du IV 
Qiumdn {rert iiSS tl Ii56] 

J'û In dn TSi da tobi qa^ ■'■ point ttonvi baùi. 

Qnind Pli!liiBÎaM dît id : • le n'ii lien Eiit •■ tan, • alla nnt dire ap^- 
nBnCBt : Je n'ai point fait da ren depult pan, dapaia «eux que ja voaa ai 
lut. (Kalt d'AiifT.) 

4. rinton, dini «a tnllé, t'iM tniti i an pnjtt, il n'i rasntri la t». 
blnn (juF d'une répDbliqne ïdMe, iiriiliuble. On pournit entendre liui 
ce pauaga; miii Pbiliminte reut plntAt dire, ee onui tembla, qne aon 
ùUt, le plan de ion ■e*dim!e (l'idée, le plan Kulemenl] lai ont Été inapim 
par Plilon. On uit (|a*aa lirre V de is SipmUifmt, il • eipoai la i4«e d'ans 
tout autre caaimnnanté, poDr laa bonmei at le* fannaa de la eaata d'Uita, 
qD'nne eomainnintâ acadéiDiqae da eanuiataBeaa at da Iwaiiraai tuia l'idée 
mire da ea ebifNtre de la esnadtatian qnala pbiioaaplM poSta laii débattra awt 
ïnterioeateon da aon dîato^e doîc préeiiéaHitt tov «elle qna ta.:i — :-■- ^ 
riaola de posuer, dani lea bnit ehapilm da aa kti ierila, acewodia ■> 
tampa, 1 lona lei afleti aetBellanHBt aeceplableii eetta idÉe a*t qn'il 7 a iaaa 
\m deni km» n» aptitada, linan abaolaoant ignia, dn aiioia* toa^onr* eoa- 
pBtable ; et deni eouiqaaBeai a'en dMniaait : ponr l'an et l'antre ■■■ m*mm 
ûifâii, on paa difiiamle, aa|aBdm daa daroin da Bémn natun asver* 



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ACTE III. SCÈNE II. |33 

Que j*ai su^le papier en prose accommodée. sso 

Ou* eDfin je me sens nn éb-ange dépit 

Dd tort que l'on nous fait da cAté de l'etprit, 

Et je Teux nous venger, toutes tant que nous sommes, 

De cette indigne classe où nous rangent les hommes. 

De borner* nos talents à des futilitëfl, IS5 

Et nous fermer la porte aux sublimes clartés*. 

Cest feire à notre sexe une trop grande offense, 

De n'étendre l'effort de notre intelligence 

Qu'à jager d'une jupe et de l'air d'un manteau, 

On de» beautés d'un point*, ou d'un brocart nouveau*. 

TttM ; ■ TaB et h Fautn, en maDeh*, Mt doa lUM «dacatiaa uûfarme, da 
COfps par la gjnnutiqoi, da l'aprit p«r li ma^m, Philuaûll» nut ho» 
'ni Triastin que c'ait pour dâ*«lopp«r oa nablabla 
la ■ mil la aiaia k la pliuue ; on eontoit qut la gnad» 
I MTanti et da iiTanla, ait, daa* ce pUn, rsfa la mia- 
- k tiHB • Il porte aai aalillmet dartéa ■• 
i prilaidaiit bomer. La mdme tour a été ralair,' 4a 
P- «9. »<"• 3- 
! mot de cUrti; an T(n 40 ; il nrimt «More ni pan 

m dcatelle. ijaii aa Ten gig da TitmJJi : 
Hoa Dianl qaa de ce point l'oaTrage «t marraillenK ! 
%. Ccat ■ a» lettre da Babie \ Chapflaia* qu'iimaade aeinble ici bir« 
JWiaa. Maliira pannit nppoier qa'elle l'aTait lue, et qu'elle areit anr U 
cair le* pBaaapi wiTuli ; • Cetl à mon gré ans belle choie qne ce lémat 
*■— ~™ qKÎ ■'•MCBilile tou lei mereredii chei Mme *".,.. 11 j a longtainpa 
^■c je Hc Hiia déelaré natra eette pédanterie de l'antre leie, et qne j'ai 
4ît ^BC je •onEbiroii plaa Toloatien ane (aoise qai a da la barba qa'aae 
fnaa* qw fait la HTaDte.,.. Tant de bon, li j'éiaii madéntenr de le po- 
lice, j*esT07aToia filer toitei lei femmei qui Tcnlcnt dire de! liTrea, qui te 
ItmWiaaiaT par l'eiprit, qui ont rompu leur rang dan* le monde. Il y «n 

psûl* de Geane* (Cim] et de leun denletlei. > (Du So laptembre iSSS, 
ttmm I, p. 77; de l'éditioB in-^ d« OEiÊrm de Balime, i6S5i maii TDjaa 
tm la date, et aaiai anr la ficomtem d'Auehy, que ditignait Baliae, lea 
ttiim dm Jtam tJtaptltm pablîéei par U. Ttmiiej de Lamqae, lame I, 
■Mo, p. M» et >o3i p. 3iS, iiS, et note S de la page iiS.) 




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i34 LES PEUUES SAVANTES. 

wium. 
Il faut se relever de ce honteux partage, 
Et mettre haatemeot notre esprit bon de page'. 

raiHOTiM. 
Pour les damet on sait swn respeot en tons liaox ; 
Et, à je rends botniuage aux brUlanta de lenra yeux*, 
De leor esprit aussi j'honore les lamières. sss 



Le sexe aussi vous rend justice en ces matières ; 
Mais nous voulons montrer à de certains esprits, 
Dont l'oi^eilleax savoir nous traite avec mépris, 
Que de science anssi les femmes sont meublées* ; 
Qu'on peut faire comme eux de doctes assemblées, 871 
Conduites en cela par des ordres meilleurs, 
Qu'on y veut réunir* oe qu'on sépare ailleurs, 
Mêler le beau langage et les hantes sciences*, 



I. Hon de toiila dspasdum et tatellc. • ExpronoD, dit Aoger, tMe i* 
rutcisana charilarM. X. Kpt lu, on jaaac gantiUmmiiMi iltlt pUcé ea qu- 
Jité dfl po^ty da danoUaaUt od de varUt, aupr^ da qnelqna haut baroD, oa 
da qpalqua iUoitra ebarkUar. A quatone au» il était hoFt dt P**t^, *t dar^ 
aait wiijar. > Suivast l' Académie (i6g4), on dit HgurcnieDt hri Jt fft 
pour dir«, bon da la paiitiBce d*iutnii. On Ttf mit hert et /4f«. H m'êêl 
flaM t» pmÏMiMMes dt iMltar, il az hôri it pagt. Jlalharba, uiu «ûmIm )'»- 
B«e h ro ai i» a , ■ aniplajà dau aa traduction d* Vipîtrt xxzm <lo 3t«iq«i 
(tnmm 11, p, 3(|a} l'aspaaaioa da tarlir Jt ien pmgt [ou pIoLât paot-étoa 
tarlir icr* Jt pagt) pour raadra ccUa da latelmimm fiai. 

a. Mail vojut d« M) jeni tou laa bfillaala baiaaar.... 

(Tmrfjft, *an 117.) 
Àillear* eMore Holiàra a employa brUlasU mite le teoi i'ietal oa de fa«> 
litéi hritlamttt : Tojei loai VI, p. i63, nota 1. 

3. Oal la faire proTÏiioii ic icicnce. Holiïre a Toula uae eipraiaioa 
«oaTalla, car il lui était aiié de dire M/ tiui «u Ht4KhUa. 

4. Da* aiaaBblàci dlrigiei par dea tum plu hiuin, en eela, ea ce qu'om 

5. Il «t diflicils lia ns paa aperceToir ici une alluiian 1 r4e«dfm!e Enn- 
ftiae i/muiée M 1635} et * rAcadémie dea acianee* {/ond^a » 1S66), oc 
cnpéaa, l'iua du team langagt, at l*aat» d*i kanlu iciencti. Ffailaminte 
HDt ràuir, daaa aoa académia, laan attiibatieau •tput«. [AbM d^Jagm-.) 
L'iulitalios d'uB* (rend* MatUmia eanBi «elle dort PUlaBlUi • eôata 



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ACTE III, SCÈNE II. j35 

DécoaTtir la natore en mille expériences, 

Et sur les questions qu'on pourra proposer «7I 

Faire entrer chaque secte, et n'en point épouser'. 

TRISSOTUf. 

Je m'attache pour l'ordre au péripatétiame. 

FBU.AHIJTTB. 

Pour les abstractions, j'aime le platonisme. 

ARMAKDB. 

EfHcnre me plait, et ses dogmes sont forts. 

Je m'aooommode assez pour mçi des petits corps; 8I0 
Mais le vuide* à souffrir me semble difficile, 
Et je goûte bien mieux la matière subtile. 

TKISSOTIN. 

Deseartes pour Taimant donne fort dans mon sens. 

AaHAMDS. 

Taime ses tourbillons. 

PBILAHIITTB. 

Moi, ses mondes tombants*. 



l€ plaa anit iti, «a i66tf, dibiUna Ata» le> coBMili àa Calbert. Yojm u* 
Bote de Chu4ei Pamoli inwm pir H. Picrra Climmit lu tome V (iWS), 
p. Sis m 5i3 dea LÊitm, ùuoneiûiu et mimoim Jt Colttrt. M. P. CU- 
■rat TcmanjBB qoe • eetM nou ■utagnphe.... coaGme lei iiiertiaBidc 
FcbMmIIc [BUiaira d, CAaidimit njalc Jet teUiuti, i6S6) lu itijet dt 
Tiiim qaa Tob «at de «râar, bob pu une limpla ludàmia d» ickuiBCi, maia 
aaa arailfaiia g«énl* «t aniTanaUc. > — < L'aeadàmia, dit la nota de 
PfRwll, poaiTuI êtn coBpoaéa da paraoDmaa da qaitre talenta éUîènntt, 
•iT«ir I ballaa-lettni, biuoin, ptuloMpbic, nilhimatiqaei. La* grat de 
bcHaa- Uttfei euellariiicnt oa ea grammiira, àloqoenee, poéiie; laa hiito- 
rie^ Ba «a hktaire. ehnoalogii, gjognphi 
mit, napla* (toiuifiic), aDitonue, phjuijue 



I. Ctaga» atcta ea écale da philoaophic, et ne M dielarer d'iocna*. 

s. R«« •*«•• dcjk fait iwnarqnar, aa (an lOtg de rÊtoÊtrJi [tome I, 
p. VJ^, saM f), qae cette écriture, n^de, gioirala ib dii-Mptième liicla, 
toit celle de tootei sa* èditioai, taiu en excepter celle de 177}. 

S. Itaaa eat étalage de leiaBea.... que font noi trab pidintei et laar 
U"ai d'ofrii, il ■'; a poBitaat paa bd mot qai porte 1 bar oa qui loit dit 
■ fa». Vtribw, OB r«i 



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i36 LES FEMMES SAVANTES. 

[iRHAllDK. 

Il me tarde de voir notre assemblée ouverte, sis 

Et de nous BÎ^puder par qaelque découvAte. 

TRISSOTIK. 

On en attend beaucoup de vos vives clartés, 
& pour vous la natnre a peu d'obscnrités, 

«8«t la pfaripatélÙH {U éactriiu i'JrUtolé) ; at la aiëlractiaia da pbta- 
niim* (iw, Homftiu ardinairt, it PAtaUniU) unt (élgbm. Quot 1 Épinr*, 
SB uit qiu Im ftdu arft ou itoaiM (»)■■■ fiai koMi, Im now Ja rttt CiS} 
iliuBt le principe ds u phjilqDe at qu'J admitlaii U vidi..., Enfia, par* 
■onoa n'ignore que la tnaliàre tabtila^ lu tamrbUhnu et iet mauUt lom- 
hmnti ippirtienBent an ipliiBe dn monde imiginé par Daaeutc*', tt qaa œ 
grand liomma a en «ipliqaer lei propriétii da l'oMual par on certain mei. 
Tamaut delà aialièra nibtile i tnrenla matière canndée' .... ( ATeta ^'..^k; s-.] 



Le laetcur petit teïnrar aiiâmant nme elaîre et eourte expoaiLÏon da ce 

làaa dana la aaaoule partie dn livra VI de Ja Reekat^ it ta rériit da 

Halabcaneha. an ehapitn ir, on dam la tome I"' de l'Biitoire dt Im pkitaïa- 

nii* tarlitUnit* par H. Franeiique Bonilliar, an chapitre ix. L'«xprar-~ '- 

' J.. l.__.^_- L». T-^-î- l>i 1 ï^ J 1^^ !*_.■ I„. 



Z 



I» MmUa paa ««air ili enplojéa dan lai PriacijKM di la 
Phi l attpU t de Deaeartaa (tradaiti en fran^ pu un de h amii. Picot, et 
raToa paj loi, i6i7) i nuiù il Doua parait certain, comaH ï H. FKlaeke 
(fojei aoB article Datc^arai]! que ea aont lea comètei qoe Hulaminta dé- 
■gna ainri at qœ a'ett d'une comète euin qaa pule Tiinotin k la raotne de 
Taate IV (teaiw tu, ren ia67-i>70) : 

Un monde prêt de Don* a pauè tout dn loDg, 

£m chn tont av traTara de notra tourbillon ; 

Ella efll été briiée en morceaux comme *<IT«. 

■ l'édltian de il6S), eowidire 
cent de* planète* que par lear 
groaaeor, et qui i^eu Tout rojagaanl de ciein en cïaiix» de lonrbulan* en 
touibitloat, bien tu-detini de Satorue. Ea raiton de lenr giaiaear, la «- 
mètei peuTent paiaer d*uu tourbillon dau un autre, tandïa que lei pliaèteB^ 

tic dn Pnjteipet de Deacartei, articlei i ly et iuiTant*t partiettUàrcBiejit lea 

rant*, on peut haurder de dire que, dan* U théone de Deacaitea, lei 
planète* tant la* mandei tomb^, c'eit-à-dire deacendoi à I* tégioB on 
iti ODt trouté leor équilibre dalu l'eipace : dacttidrt e*t le terme, trét- 
frèqaemmenl emplojé par le pbilotophe, qui nom parait amir ■Dggéré 
k Molière eetaî de lomitr, Dau l'article 146 de la Ill< partia de* frim- 
tifsê, il eu dit, par exemple, • que In lix toorbilloni qui aroient Hercnre, 
Vinut, U Terre, Han, Jupiter et Saturne en leur* centre*, ètut détrwH 
par on autre plut gnnd «h milieu duquel était le Soleil, tou* eea ailrea 
*oat deeccndu* Tcn lui al •'* ■ont diapoict en I* fa^on qu'il* r puniinf t 
ïpriaeia.* 

* Voje* la qnaliUnie partia de* Prianpti dt la P UI tttf U t, u6dtt iffi M 



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ACTE III, SCÈNE II. 



?oar moi, sans me flatter, j'en si d^ji fsh une, 

Et j*M TU durement des hommes daas ii lane, iga 

B<LISI. 

le n'ai point encor vn d'hommes', comme je eroi; 
Mus j^ai TU des clochers tout comme je vous voi. 

ÂHMàRDE. 

Nous approfondirons, ainsi que la physique, 
Grammaire, hisKnre, vers, morale et politique, 

PHII.iHniTB. 

La morale a des traits dont mon cœur est épris, SgS 
Et c'étoit autrefois l'amour des grands esprits ; 
Mais aux Stoïciens je donne l'avantage, 
Et je ne trouve rien de si heau que leur sage*. 

XBHAHItB. 

Pour la langue, on verra dans peu nos règlements. 

Et DOtu y jHétendoOB faire det remuements*. goo 

Par une antipathie ou juste, ou naturelle*, 

Noos avons pris chacune une haine mortelle 

Ponr un nomhre de mots, soit ou verbes ou noms*, 

Qoe mutuellement nous nous abandonnons ; 

Contre eux nous préparons de mortelles sentences*, gos 

Et nous devons ouvrir nos doctes conférences 

I. KaiM bit» BUani M «prcuif ici, «omBB an len Soi, d'un mat, 
oa^plâaant ■cctwijra dM|iréeédBat*, aa dall d» I* paua da rhÉnuaticha. 

a. La Mg« Uial, dont Timag* gtiit plot babitaaJIeaMat iroquas fUuu 
Timttt 4c ZaBoa que daai aocuna lutra; il panaanifiaiE toata la dostrim 
miÊKwlm da Poctiqa*, at Était pra|Kiaé par la aultre, witoaC oomioa tjpa 
«atamptalion K à l'caïaUtioB da diMipU. 




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l38 LES FEMMES SAVANTES. 

Par les praiciiptioiis de Uhu cm mots divers 

Dont nous voudoos porgv et U prose et les tcts'. 

PBIL^HIRTB. 

Mais le plus beau projet de notre académie. 

Une entreprise noble, et dont je suis ravie, yio 

Un dessein plein de gloire, et qui sera vanté 

Chez toDH les beaux esprits de la posténté, 

C'est le retranchement de ces syllabes sales, 

Qui dans les plus beaux mou produisent des scandales, 

Ces jouets étemels des sots de tous les temps, 91S 

Ces fades lieux communs de nos méchants plaisants, 

Ces sources d'un amas d'équivoques infâmes, 

Dont on vient faire insulte i la pudeur des femmes*. 



I. Ob ««ut (Mul l«i pnmian iwithaiiiim fmii.iii d* looloir, ilMi 
qn* la propOM Anaando, patgtt I* lugaa <l« cortalM noU qai bar tu- 
blalsnt ndn ou ■■niuà. C'«[ k ea HJgt iju Hànige a fait ■« aaao i»- 
gWauia Mdra, iabtaU* Im AffinJto iltt Oùtimmaira. BaiM^naMoad ('ait 
Boqni du mtiat pnjai dant i* eonidi* dei AeadiiKieitiu, et il aat pn- 
babl* qaa Uolicre j Ciit ici une alluiioa nuligiic. Pallûun, hiitoriea da 
l'Acadiiaie, luan qne aea pliiuntenM n'tnat pai la ncdwln fanitiaaal 
[NoU d'Amger.) — Vojaa nn la fin de l'aitiale i da l'SÛMÙW dt l'Aeaii- 
mû/raiKoiM, dt Pelliuoa, lu lame I, p. Si-53,diiu l'cdUioa da M. Uni: 
on tn>uT«ri, jurmî !•• piieea jattiBcatitca jomtci i te mena volamai aaa 
fàiaiprwiiBn da ebaaoBa d«i <la«i pièeM cil in pai kmfn M déik biaa *■- 
cwBOM la tempa du FtmmtM tat-aout : p. 47; at •ainniai, la Ke^tt^ 
laait for let DUtifHiiaini i MM. de l' Aeadimit foar ta rifirmalmt dt U 
langmt JramfoU^ qua Uènage avait fait iaprimar en jdSa" ; et p. ^6& at ■û' 
-natn, la CtmidU da Acadinùtia da Saint-ïmimand [il a M parti da aettr 
danôère k la ffatùn^ p. 4^ ^ Dote r : voyai partïealièrama&l i la fia de l> 
pièce, p. i5*-4S(, la Rtnlutiou de PAïadimit). La Brartra, «a 169*, np- 
pelle encore la penicDlim qu'avait «nD^âe la car, et plua d'aa aatia aiM 
haareoMment ricbappi da pareill** miritUti ttHitacti' (Toja et Qmt i fm n 
mtagtt, article 73, tome II. p. loO et ninute) de rMilion de M. Samû). 

a. Ob (0 rappella qne, daoa la Critique dt Fieett dt /tmmn {iS6J, 
■eèu T, tona III, p. 338 et 33g}, Dorante, raillant < lea giÙMeaa d'oa 
praderie acrapnlaïua > de eertainaa femnei, at te moquant tont paitica- 
liàrenuot de la marqua Artmintc, prête dljk à sdla-ei ua projattnal «m- 

' Dau «et MÙHlIaatti. Wiii. d'apria Tallcmant dat Htaoi (tow V d«i 
Bûtniuttt, p. iig), elle > «oimil kt mw • aanirankt ; alla tut ÎBprlaie 
en iSith <^ "■ P- ''■'"< pnibahlement tant l'aToa da MMge, cl aoai I* 



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ACTE III, SCÈNE II. iSg 



"Voilà ceruinement d'admirables projeta ! 

'Vous Terrei nos atatata, quand ils serODttons&its'. 

TRISSOTTK. 

Ils ne Baoroient manquer d'être tous beaux et sages. 

AltMAnOE. 

Mous serons par nos lois les jn^s des ouvrages ; 
Par nos lois, prose et vers, tout nous sera soumis; 
Fful a'aon de Tesprit hors nous et nos amis* ; 



Mahli d^^anrtioa dM awti ; ■ LltibiUli da «oa nrapak tUcoaira dM 
■éIii i [ oè }tmù* pcnonac a'«i iviit vn. Oa imdi qu'il t*, ce Kropala, JM- 
^■M i iliigww Botn lu^e, «1 qu'il a'j ■ point prnqaa da mou doat la 
riiiait i da acMa daaa aa Tsaille taCnacha aa U Uto oa la faani, poar 
les ajnaba dcaboaa^taa qa'ellc j troBTe . • La Comtcue d'EauHMfaal ■ 
FaniBa mam moiiu oa wtB lar «lUinsi ijUibe) [ncna Tu, toma YUl, p. 5S7 

rioa tntiqmt. Céuiaat aa«i ipalqaei af&ctalioai Mmbliblea, et bb* doMa 

Htm riaBca, qaa HUa d« Gonrnij atait 

Battait facrc, et aembla, la plame i la 

faac* ■■rèra ^'dte a écrit lai lïgaea ituTantai : aoai an enipnuitoBa It cita- 
tïoa k la Préfme* doat M. Lïnt a tmit précéder la léimprasiioa An Dietion- 
mmirt 1^1 Prttiemuâ «t d'avtrea opMcole* da Somaiie (raya toma I, p. lij, 

tfitrirt da J^umuf rïJûmIn, loiH I, p. 7, aota 1 
" ~ ~ I, fant-i] qaa laa n ' 

!«■ 

' > {Lu jtrii SB Iti PrimtlÊ dt l» ianmiglU lU 

, p. a;(', TOjei eocora, i la paffa précédaDte, le 

■> Allai dire am daowi.... >) Tangelai {nom 

M bvaoai k cat «aspla), daai H ranarqua aar ^mItm* et Faet (p, iS 

' I 1S70, et r ■ ij), iadiqoa aaffiiaauioat U • ridicnla • et 

I ■!«! anpAahait l'ataga da damier de cai nnU 

I « tBOB EhU ■, qui aat l'onbofTapba da taalci no> laeiaanea édi- 

uBiiaii •« anapreadra de daax ta^oM. Le <nu da rera aulTant in- 

iiatafuia qaa ae awt a'eat pal i preDdae aa aaai adTarbial A'aitii- 

aMa aa mm d'adicstif. 

aa la |a d taa t parbiteHant 1 l'aiage pnncrbial i^ue amarant oa an 




■ iS> de rÈeaU dttjtmn»t\. 



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ijo LES FEMMES SAVANTES. 

Noos chercherons partout 1 tronver à redire, 
Et De verrons ^e nons qal Mche* bien écrîri 



SCÈNE III. 

L'ÉPINE, TRISSOTIN, PHILAMINTE, BÉLISE. 
ARMANDE, HENRIETTE, VADIUSV 

L*£piffl*. 

Monsieur, un homme est là qui veut parier & vous * ; 
Il est vêtu de noir, et parle d'au ton doux.* 

TniSBOTIM. 

Cest cet ami savant qui m'a fait tant d'instanoe* 

De lui donner rhouoeur de votre connoissance. gio 



Pour le iàîre venir vous avez tout crédit. ' 

I. £t ne TiTTOu ponow», a* ««trou aoln qoc aoM qoi ucbe, »- 
cbiot...- Smdu (N b Mxu dai ttoii Mitiou di 167], 74, S> «t àti troii 
tm^àm; imekéMi, ■■ phuicl, nt U Icfon de 171O, 18, 31, 3t. An «jet 
dg. «t aesoni ta pananoe itm la nlitif, at aon, aaloa 11 Rgla.'iTCC k 
praaôm pneédenl, Tojai la nota 1 da la paga 169 du Umb* II, at U wMe 6 
de li page 58 da tone VU La lefon origioalc aacAa, an a&igalier, iDp~ 
poM d< plo* l'clUpaa de fttêemm oa mutrt narquâe dana notre ei^ieatiitB. 

1. Tadiu lat lUaaga 1 t ca tiqet et lat laa querellai de edû-ei aiec Cv 
tia, mr aoe aeine réaÛe dont ili iriieiit dooné le ipeetaele dau la aanada, 
obea HiileaaltcUe on cbei Gilla Baiieau, Tojei k I) ffaiia*, p. iG et aw- 
Taatai. — Une aeène det AtaJimistn^ da Saiai'£yreBuiid (eompoKi nn 
iQSil], a été qaelqaeibU cooparée à celle-ci : Tojet aseore la Itotita, p. (1. 

3. Tamona, rNUAHixn, ■kum, iBMunw, ■uauna, L'Énn. 

L'Ânm, i Tiiuetim. |it34.) 
(. Ti>7«i dan* le £*«îfM Jt Im laMgm* Je CarnailU, toata II. p. i Sï al 
164, de Bonbrciu eicmplaB de Koblablet rigiana de f^tri ■oa* aa 
IrooTcroBa bb dani la pcoaa da Matade imugituùre, aele n, Mèaa a, 

5. /U H Ureut, (1734.) — Il eit probable que Htoige parlait babiMd- 
leaent d'as ton doux. Ca qu'on lui tait dire dau le JfWHf îmm (mbm IU, 
p. i3) doBBe 1 croire qa'oB Toalait lai peraBadar de ae reconaaltra paiti- 
ealiéTemnit 1 ce trait. 

6. Qui m'a ù iBatammeBt demanda (de...). 

7. TrUtatim ta «-dWjM il* r»Mmi. (177}.) 



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ACTE III, SCENE III. i^i 

Faisons bien les hooneurs «a moins de notre esprit*. 
HoU* ! Je Toos ai dit en paroles lùen claires, 
Qae j'ai bestHn de tous. 



Mais pour quelles affaires ? 



"Venez, on va dans peu voos les &ire savoir. giS 

TaiBBonN*. 
Void rbomme qui meurt du désir de voua voir. 
En TOUS le produisant*, je ne cndus point le blâme 
D'avoir admis chez vons un profane, Madame : 
n pent tenir son coin' parmi de beaux esprits*. 

FRUAMINTa. 

Ijk main qni le présente en dit assez le prix. 940 

TRI88OTIN. 
n a des vieux auteurs la pleine intelligence, 
Et sait dn grec, Madame, autant qu'homme de France ''. 



SCËKE IT. 



(f >1 aélU*. FuHHU 
(«-.) Holà! (1,34.) 
}. SCÈNE V. 



ir. frùmUM FtJiiu. (/UinH.} 

S, TcriM iM jea à» ftamt pn» n figwi; oBJoDrar, <lit Uttii, ■ titat 
hitm aoB on, ^n^d 3 «t bian ■ontnr «t r^mif «F I« «oapa qal TMttB*mt 
^ MB cMé. > Hbs dm iMgmt nppdk la MM (uiglBun i» OMM locotioB 
é^ otta phna o4 M* park iTuaa coarenilioD (lonw VIU da n* Uunt, 
f. nj^ ■■ • La bail* m'a pu mal itc asoOTC aaioanHiDi ; mai* Usa da Coa- 

£ Maacarila, daaa Ut PneinÊitt rUiemitt, dit da aim* i Cathoa M i 
M^lla». rm pariaat de Jodalct [kJm M, taau //, /.»]>' HoidaBiaa, 
aptes fa* j( voB* priiaat» aa [atilhi— -ri i nr au pamb, U aa di|>a 
4riU9 ao*aa da n>w. • {Ihu d'.dfi'.) 

j. MàMft ank ■«« ifpalatioD d'hallcaiila bies àliblia i •■ nnsM Mi- 



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Ui LBS FEMMES SAVANTES. 



Da grec, 6 Gel! du greol II aait da grée, ma MBur! 

B&ISK*. 

Ah, ma nièce, du grec ! 

Du greot qaelle doaoeitr! 
piialHnrTK. 
QacH ? Monsienr soit du grec ? Ah 1 permettez, de grâce, 
Que pour l'amour dn grec, Monsieur, on vous embrane. 

(D In but* isMct, jaaqsM à Bt m ' mnu , ^ U nfw« *.) 



Excusex-mcn, Mouîeiir, je n'entends pas le grec.* 

PHn^MUTB. 

]'aî pour lei lirrei greoa un mervdlleiix re^wct*. 

ti» <)• Diagint Jt LairU anît pan à LondcM «m 1W4. Pis* Urd b 
Bnijin refnt ITCC d^Krancs dei obHmtiou de lai •ht u tndactïn dt 
Tli4opfamte (voyn tom* II du tu ffs;-^. p. aoC «t (oinnta^. Il mit 
prit plmiiir k eomp«er en (jive •( tviii dJjl pi» d'oae foi* publii toU 
OB raeatil dt pDcwM diianei (AÎTiSleu Hnoy'M IlaixOM iKtaipinÊt 
bùjvfti 1 TOrn ci-apnt, p. i{S, nota 1). Toici oa ieluBtiUoa pmptv k Mtk- 
[lire qnelqan Intenn «rieiui. C'nl oo diMJqaa tP' ^^ d* 1* 5* Mkîoa) 
imité d«i pièce, Ita plu mi^urdei de V,Aitikologù, et qaï atiit pa é1» 
offert miiate foii» toamê per laî ea fnaçiïi, è ridauritioii do» pi^eieaaei. 
11 e)t idreué en Uineilliii Bilthiur d* Vin, qui eTiil imprimé, ea i65o, 
(OU le titre od l'inTecation dei Gritn, un reeneil as tnii linvi d'ilé(t« 
btinea {Ckaiitmm Uhri Ira) : 

EIc Xeipirac BaJLTal^dpou ttG Bîsvitt;. 

MX&of loal, BCaï • fienv Xôpmc x<ip<« Alwf- 
*AUi Si}*; oiibt tbH: Xafinon x>^' 
■ Ta ai haaraoi, Tiai ; Im Grtea* donaéreat Ii gtttt i d'intMi ; miii ta 
donae* tei-mima la grâce aai Crteea. • 
I. pMiuanm, àBilin. (1734.} 
9. Bïuaa, d Armand*. {Ibiitm,) 

3. Qm te nfui, dau lei Inii Miliou étrangina. 

4. (yadiiu tmh-mut aattî Bilut et JrmaaiU,) 

BamiiTTa, il FtidiiH jai rtal MUii FmârwâtÊT, (ijSf.) 

5. lU l'amytM. {lUiim.) 

6. n a'eit paa pmlMbla qu'Heaiiatte proBoaftt la mat gnc aoaiBa Mir- 
tîna an tea 1659 ; Pbilaainte feiaail piotAI, qoelqne dareté qni as ifadta, 
aoantr le c da ni^eif (comme aoBDa calai i'atptel as Ten SOj). Il 7 a ■■ 



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ACTE m, SG1ÏNE III. 143 

VABnrs. 
Je entiu d'être fîcbeux par l'ardeur qui n'engage 
A TOUS rendre aujonrd'hui, Madame, mon hommage, 
Et j'aurai pu troobler quelque docte entretien. 

FHlUlIlEfTE. 

MoQfliciir, «Tec du grec on ne peut giter rien. 

niSSOTM, 

Ad reate, il fait merreiUe en vers ainsi qu'en proae, 
Et pourroit, s'il vouloit, vons montrer quelque chose. 

VAmus. 
Le défaut des auteurs, dans leurs productions*, 99s 
Ceat d'en tyranniser les conversations. 
D'être an I^dais*, an Cours', aux ruelles*, aux ubles, 
De leurs vers fatigants lecteurs infatigables. 
Pour moi, je ne vois rien de plus sot à mon sens 
Qu'un auteur qui partout va gueuser* des encens*, geo 

cuBpl* da 11 Brfnw rima 1 I> fin de !■ Pn/a€e qac Pemull ■ mtm la 
tOB* I da Mm ParalUU det meUii et Jet mAfa-Ru [t68S} : 
Di daroint, eai tataan, danenrar dtiu lenr gnc, 
Et aa eonteatn du i*>pac 
Da U gmt qu port* ffrnla. 
I. Dau eei pradnctiou ijii'ik &>Bt de laon BDTrai, d)u catla uinia de 
laa prodoira? On : Qaaiid i]> Tieuiant da produire, de caapoMr quelque 
■awra, qnamd ila éerÏTCiit quelque ceuTre nouralle 7 

1. Tofax ei-d<MBa, p. tS, note a. Une alluioa ani llbriirlea du PabU 

3. Adi Cdw*. (1675 A. Si, gt&. gfB.} — AiuP*laîi,aniCoura. (1697, 
1710, tS. 33.} Catla T*nanle ; bkz Coart, indiquenil qu'en [G81 !«• daui 
priudpilo pnneaidm de Puii (noue troct au ocaiion de le» manliaiuKr 
■a DÎpti uuwMz, tome I, p. toB. no» 1), U Cauri U Rt!nt et le Coan 
Sminl-Aaleimi, ituanl Ipea pré* igilenuat {nquentiei. AjouIddi lonEafoia 
(|Ba la Coan par nealleDea faait la Coon la Seine, el qaaad pliu tard U 
Brvjèrc parla da !*■«&«, il dit le Boulevard (Toy« »od tome T, p. ïS5, 
■• i3. 1690). 

«. 'lajrttatVtnt\iti,taxPricitttttrulicaln, tome It, p. Si, note a. 
^Jm* tmhUt, dint lea npai. 

S. HoBèra a déjà emploji ea mot énargiqut , mail >n laaa abaoln de bire 
l« gnaai, Bandisr : 

Bt Hoi qai rai ra^ jaiawit M n'ajaal rien..,. 

{T»rtH/fi, MM V, wèna i, T«n (6a3.) 

t. 9ar ea plarM, *oja eï-deaau, ao ym 10*, p. 60, note I. 



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tU LES FEHHËS SAVANTES. 

Qui de* premiera venus aaùUsant les oreilles, 

Ed fait le pins aonvent les nurtjrs de ses Teilles.' 

On ne m'a jamais vu ce fol entêtement* ; 

Et d'un Grec là-dessus je sois le sentimeat, 

Qui, par un dogme exprès, défend à tons ses sages ^ti 

L'indigne empressement de lire leon ouvrages *. 

Voici de petits vers pour de jeunes amants, 

Sur quoi je voadrois tnen avoir vos sentiments. 

TRISSOTIN. 

Vos vers ont des beautés que n'ont point tons les antres. 

VA9I0S. 

Les Grâces et Vénus régnent dans tons les vAtres. gjo 

TUSSOTUf. 

Voua avez le tonr libre, et le bean choix des mots. 

TABIDS. 

On voit partout cbez vous YUhos et le pathos*. 

I. L<MIU Mmbla BoKir entre : cette folle prérention, «>iapUiu>ea poat 
DM aami, etatim/atmatioa; et : cette falle opiniltretï k lire m— omn». 
La pramiire aeeeption taDtcToii bou paraît plu probable. 

1. n peut bien j aroir ni précepte da ee genre de fsalqu Grec; aaii 
■00* B< aoBB rappeloBi p*idei]ai. Eit-e« •iaplenuBt lu aauTaBir do la la 
Mtiriqoe de l'Art poiiifit d'Horace? Martyrt rappelle le UatI oec ûCq at 
Ugaulo. 

3. • La* iBiaiin n et • Ici pueioM > ■ , c'ul-k-diie peat-Ant, 1> picwin 
en mot! greci an aau ali CkéroB, d'apria ta dibst da c)upitr« xxim de 
FOraumr, aasiblB lu arolr eotaodaa: la conoaiiMnce o« la paatora àxt 
DKEora, dei eanetire), et la eonntitaaBC* oa ta peintiir* de* paiBDu, Kifa 
c'Mt plalAt use di«dncliaB langùenent établis astre lei paiakoBa par Qoia- 
tilian, «a chapitra n de >ob lirre VI, que Vadia* Tant rappeler i (ol csb- 
nére, et c^eat d^iToir toujonra réna*! dana Vcapreaiion dei plo* doiut MBtï- 
■Hati coaiitw dan* celle de* plai graadea et fortea paieiaBa qnHI le Wiàt* 
par (a docte atlodoB. L'aBalfae de QuBtilicB eal trop miBDtieiue pou qaa 
■ou la npponiou ; raaia roiei on piiaaga da Traité dea hodt* d* HaUia 
o4 elle *• troan réaamée (Un* <|Datritna, chapitre at, arôele ii, g m,^ 
Faêtuiu, tome I, p. 5ot et Sog de l'édition in-j> de 1740} : • Oalre eatta 
praBÎin «apice de pauIoDa plu fortea et plsi TUiéauwai, k laqacUe le* 
rfaétMr* doDocBC la aooi da ncttoï, iT ; an a one aalr* (ottt, qa'Qa appall aat 

' La Oictiomiiiirt it Triremx tradnit : • la Boralité at la palbétiqM, • 
et dit «a l'iih— déainait la deniit* parti* dea aenwBi de* Pérea n«**i 
^d élut la monU, 



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ACTE III, scAnb m. 



Tï<HU «TOUS vu de tous des ég'logae* d'an style 
Qû p»sse en doux attraits Tliéocrite et Virgile *. 

^|0(. qù coaditB dam du «ntiiiiMiti plu dmx.ptiu tundra, plat inniiDiBti. 
^oît ^u B*Bn tout pn ponr ceti Aaiiu tanehanti ni Doiai TÏi* ! davl TgHirt 

malt JTtmninmm M iFsttewInr, «n «'Udoiiint iloactiiiaat juqa'ia food du 
cttMT. ■ Vohiîrc ■ onplofa EWA ddCi d'jfd^ et dtpaiJMt ■nw b d^id* êcc*^ 
!■•• fM liar doMBi Tsdiu, aiiii îraDiqimiwDt, pour n aoqnsr dw bu 
iBiti d^ofeqafiKfl laraojmte «C de patbôtùjnc ontré (tojb dv eitaUou de 
a aamipaBduiee dau Is Bieiîamjiain dé Liuri, à l'irtids Itsoi). — ÏJut 
art 1> tiaaacrip âon, flOBronna à ti prononeUtûo dee Grcet mod em —, da 
■M ^c, qM, k Toienple d'tnau*, U plspait det beUiaitta d'OeeidaU 
■t et que beaoeoap proowuoBt encore tiiot. Oa poomit Eroir* 
' c inlenlioa, et qn'l ce petit diliU en- 
B*ltr« Uinga diu Vidiu. C'«M M 
I- Egger, duu oe page, dea plu ialérewiatf 1 
citer id. de PBtlUiiùme m Francis. Apria anir dit qoe, aa dii-iaptiiBe 
■iirli. U réfbime iatiodiiite par lei diifiple* «fïnime ■ a triomphé d«>i 
III M» rBarope nvaate, • M cdotlati qa'en Frasée U proaoaoUtioa dat 
BeBtaei, oa de Reaehlia, a iai fameUcKent eondama^ par Laoeelot dam 
Ib p itfan «le ta MidaJe it Perl-Riyal, M. Egger ajoirte : "~ ' 

_ a la grec de ta 

a la Grèce la lit et 1* proDonce aiqoardluiî. le mu 

• rite, particalièroeat pour la proaoïuialioD de l'^Ta; mail je ne roia 

• pae poarqaoi ili pranoBCenl In diphlbongoet aree an double aon..,. 
1 ic lev drâasde l'ila renient t'oppoeeri oa aMga refo par tonte nae n*< 

• lioa..^ Ili oaibien de I* peine ï m'enteadn quand je parle i ma m>- 

• aiàra. Cela lei démonte. El mai je lea antendi fort biea qaand ili par- 

• Irai k Icar manière.... Ut realenl pnHMneer le grec comme ili prèten- 

• des* qa'oB U pronoafoit il 7 a deax niillc au. Il j * bien de la préren- 
1 nos al da l'an! jlasicnt *. • Haltère, qui l'a mil en acène dani Ut F*mm4t 
mrmuui sasi le pctaDDUga de Vadiu, Ini iiil dire, comme il proBoaçait ea 

Oa voit pirtofll ebci tou l'iiloM el le patboi, 
fîièH « ■«■ paa l'itW, comme annit dit an Érinnlen. > Ajontoai eapan- 
4aal ^ae. mJmii aaa* eatte intentioB. c'eat ainai qs'il edt p<BI-dti« écrit : al 
It Hat 4'ac l'cmplajail dana lai èeoln, ano on UBi xci(«c, il eit probable 
fiH 7 «TBit ganlé U mille pnaooeiatiaa par (> aatènaare 1 l'éra im iaa»!. 
1. L*a Égttfm»! et Id/Uêt eoapoieat le premier lirre dai pièeee &■>• 

• Tajan, tome I, p. 4Sï, l'Appeadlee k U iaplitB* lefOB, laqad ■ poar 
IJBa : it U PruÊomoMlimm d» grte amtit» M dm gm DMito-a*. 
a. p. 3bi-3s1 da u i» idiUa> (iBÎP)' 



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i46 LES FBUUBS SàTàNTSS. 

TADlin. 

VoB odes ont un air noble, galant et doux, 
Qui laisse de bien loin votre Horace aprÂs vo 



Est-il lien d'amoureox con^me vos chansonnettesT 

VADIUS. 

pent-OD voir rien d'égal aux sonnets que toqs faites ? 

TausoTiir. 
Rica qui soit plus charmant que vos petits ro&deanx ? 

VABIUS. 

Rien de ai plein d'esprit que tous vo« madrigaux ? gto 

TRISSOTIK. 

Aux ballades surtout vous êtes admirable. 

VÂDIUS. 

Et dans les bouts-rimés je vous trouve adorable. 

TRISSOTtH. 

Si la France pouvoît connoître votre prix, 

VÀDI05. 

Si le siècle rendoit juâtice aux beaux esprits, 

TRISSOTIK. 

En carrosse doré vous iriez par les rues. gis 

^ÏMi dips le volunu dei Paemata dt Hêu^, àijk «iaq Coii imprviB 
^uar U S* en i66S}. Elle* lont lumet de igaitrt antna Ûttm, mImi &u 
Éligitt, celui de> Sianca , eclui de* Éptiret, enta celai de* SmutU, «■- 
A-igaux, £i4gram«ut et Batl^tâ. L« folum* eoMpreod, en auirc, treâ 

de pièeea en iuUaii. • J*Bipère qa'ia premier jour il écrire es apigaol, • 
diuir Tillenisl d<i Kiaui, nîUent Uéuge d« • u rùioa d'écrire en taol 
delingeci difTÉreMci > (loae T At* BiiicrUlla, p. m). 

I. Aimé-Uirtin ripproclie de ca deraien yen ne pateage »■ !■ Folie 
d^mme. poBT Kherer de peindre let plot nt* (ripiees d'ieiite et iapadeau 
plagiaire» du umpa, let montre édiidgent ^Itrei, pièeea de w*, é l ngee, et 
te trniuat 1 l'enri de granda po£tea, de protondi [Âiloeopliei <m de pane 
CieimB : lllad amitia Upidùiimiim fmun mulmt ipûialU, eawtailaM, e ej» 
miii tu» rieitrim laaJaitt, ttalti itidut, LtJatui iaJaciL Hà illiat 4Mffim- 
fiodiiajil AUmiu,ilU hajut Callimadt^, ilU haim itM. Tmtti» nfimtr, 
kic ilU Plauite daetiar. {Èlogt Je U Fotît, p. 199 iu l'éditiand* iSfai 
Bile, Fraben.) 



D.nt.zedbïGoOglc 



ACTK 111, SCàNE III. 147 

VADIQS. 

On Yerroit le pablic vons dresser des atataes'. 
Hom!* C'est tme ballade, et je veux qne teat DCt 
Vous m'en.... 

T»t»90TDt*. 

Avez-Tons va ceruin petit aoimet 
Sur la fiÂTre qoi tient la princesse Uraoie ? 

TAStns. 
On, hier fl me fnt lu dans one compagnie. ggo 

TlIBSOTIK. 

Tous en savet l'aatear ? 

Tinros. 

Non ; mais je sais fort bien 
Qo'i ne le point flatter son sonnet ne vaut rien. 

Tai»SOT«. 

Beanoonp de gêna pourtant te trooTent admirable. 

viDins. 
Cela n'empêche pas qu'il ne soit misérable ; 
Et, si TOUS l'avez vu, vous serez de mon goût. 9 y S 

TRIUOTIN. 

Je «ai» que là-dessns je n'en suis point du tout, 
El tpie d'nn tel sonnet peu de gens sont capables. 

VADItlS. 

He préserve le Gel d'en faire de semblables ! 

THISSOTin. 

Je soaiiens qu'on ne peut en faire de meilleur *; 

Et ma grande raison, c'est que' j'en suis l'auteur. 1 000 

I. lâ OMOre, pow on eartiÎB mouTamcot du dialogue al pour U Uttn 
m^m dm d«a od Emii tvi, doii pour Taiprit, rintantioa, Uolière ■'«*£ «on- 
«■■■ d'à* eoait pui^ >1« F^uiomairti àa DnmireU (Mts IV, scina iv) : 
*«ps la Itotiet, p. ig, nota I. 

a. ^ TrittotU. ^l^li.) 

3. Tbwouk. a FaJiiu. (liLUm.) 

4. C« tooi, iTM m»iUamr an •Ugalbr, iquîniit corncMma&t (Mt-il !»• 
«■ia de la din ?) i • oo, UMB qui wit BWillau. • 

5. I« q>. (1734.) 



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i48 LES FEUHES SAVANTES. 

VADIOS. 

Voua! 

TaiSSOTRI. 

Moi. 

VADIUS. 

Je ne sais donc comment se fît l'affaire. 

THISSOTirt. 

C'est qu'on fut malheureux de ne pouvoir vous plaire '. 

vutius. 
Il faut qu'en écoutant j'aye eu l'esprit distrait, 
Ou bien que le lecteur m'ait gâté le sonnet*. 
Mais laissons ce discours et voyons ma ballade. (o«5 

TH1S90T1H. 

La ballade, à mon goût, est une <^ose fade. 

Ce n'en est plus la mode; elle sent son vieux temps. 

VADIUS. 

La ballade pourtant charme beaucoup de gens. 

TSISSOTIH. 

Cela n'empêche pas qu'elle ne me déplaise. 

VADIUS. 

Elle n'en reste pas pour cela plus mauvaise. lo lo 

iBplanMit liaii, p*r ee fiit, qa'om • 

3. CoBo» Is remanjnc Auger, rambirrai où h traun Vidîni, tpti* le 
jugcDunl qu'il ■ uiinpnidemiiMntpoiIé, (litHuraniT d'uK piqniBte «OMiloM 
qoa HiD« d( ScYÎfné mit coûtés k Pompoue, upt ini aTiut Ut Ftmmtt tm- 
rantri, dtai une Icttn du i" dé«inbra 1664 (tain» I*' di u CormpoB- 
duce, p. j56 et 45?) : < Il tint qua je mai eonta une p«Iita hiitoriMtg, qai 
Mt irht-ittic.... Le Hai h mêla dgpuii peu ds fiin det ■nn.... U it Tiab* 
jour UD petit midrigil, qnc lui-mime ug trouTi pM trop joli. Un Ditin U dit 
IB miRchil Ae Gramonl : • Hontinr la miiéchil, je tobb plie. Kaai e« 

■ patit uidrigil, stiojai ti Tona an arei jinaii tb bb b inpaiiaeBt.... • ti« 
minchal, aprai aïoli lu, dit aB Roi : • Sire, Voln HajaMf jaga dirioau^ 

• biaa da tonta eham : il ait ttiI qua Toill le plut aot at le plot riiiwal* 

• madrigil que j'aia tu. > [« Kol «a mit t rire, at lui dit 1 • ITot-il pu Tni 

■ que celui qui l'a tait ail blao ht 7 — Sire, il b'j ■ p» nortn de lui dfia- 
t uer na ntre 00m. ~ Oh bien, dît le Roi , je aaia nn qoa *ou ■■'*■ 
> ajei parlé ai boBnemeni; c'cK noi qni Tai fait. — Ab! Slr«, qMlk 
a tnhiMn t Qoa Votre HfjeMa Me I* railU ; jt l'd la It 



D.nt.zedbïGoOglc 



ACTE III, SCÈNE III. 149 

TRU8OTIN. 
Elle a pour les pédants de merveilleux appas. 

ViDIUS. 

Cependant nous Toyons qu'elle ne voua plaît pas*. 

TRISSOTIN. 

VoDS donnez sottement vos qualités aux autres. * 
Fort impertînemmeut tous me jetez les vôtres, 

TRISSOTIIf. 

Allez, petit grimaud *, barbouilleur de papier. i o 1 5 

VADIUS. 

Allez, rïmeur de balle *, opprobre du métier. 

• HoK, Moanaar I* bi>Mi*1 : In pmaien «cntlmcsti tam taDJonn 1m plu 

■ nbncb. • — La Koi ■ îort ri di «tu Iblis 

l. Qa'«Il« lu nou pUU p*>. (1674, 89 1 butecarrigce diai Ici iditioiu 

a. /Ir H U*Mt ta». (ij34,) 

]. Lu mot aTiit M, en 1664, appliqué par Bailua {laiirt IT, rtn ga] 
■■K habitoca da ncreradù de tteatgt : 

Cbipclais TCBt rimer 

Malt bian ift tf dort van, d'Apithàloa tnSti, 
Soieat daa noiadrat giùnaiuli chez lUnige lifflés..., 

«t ue Kote jointe 1 FiditiDn de i j 1 3 l'eiplique ou plutAt CD fait reuortir la 

•aBaiBCf ebei Ménlfe nne aieembléa on alloient beanioap de pcdli ei- 
prîti*. > — La Brujèra fait donner 1 grinamJ, par un paliiiqua an hommr 
4'>trair« parlant d'an unnt, la lignifiotion d'hamme de collège (tome 11, 
p. Si etS5, n- ig, 1690], et c'en bien dini »lle-]l que Colin TiDriit 
appUcpK à Héntgs paor ton inditioa de pùdaat, eilt'il dit. Il fiot re- 
narqaar que Vadiui, tmii teti plui bai, réplique pir le mot pltu grouier, 

i. Slmror i la douuLna, par alIniiDn i marchanJiu dt halle, mirihan' 
dUc médiocTS, inférieDre, de porte-balle, de colporteur. On lit lu début du 

■■• Bote de Cb. Labitte : • Parec que le> état» calboUquca n'a goérei tenu 
k Pnrii ne Mnt point étata de balle ni de eeui qu'on lend k U dou- 
uiH.... > — . Aprèa lont, dit en t637 fAmi du CiVdini une de Ml der- 
•ièn* apottroph» i OlTerel (tome 111 do CerneUU,^. 5S), oralenr et patte 

' Tallemant d«a Réan 
idée différente : • il j 
uf* (tome T. p. i34). 



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i5o LES FEMMES SATANTES. 

TBISSOTIR, 

Allez, fripier d'^rits, impudent plag[iaire. 

VASIUS. 

Allez, cuistre.... 



Eh ! Messieurs, que prëtendez-Toas £tire ? 

TRIBSOTIIf'. 

Va, va restituer tous les honteux larcins 

Que réclament sur toi les Grecs et les Idtins*. loau 

VADIOS. 

Va, va-t'en faire amende honorable au Parnasse 
D'avoir &it à tes vers estroper Horace. 

TKISSOTIR. 

Souviens-toi de ton livre et de son peu de bruit. 

VÀsins. 
Et toi, de ton libraire à l'hôpital rëduit*. 

I, l^mann, à FadiaM. (1734.] 

1. • L«i Toli {(iti pu H. HaugB iDr l«a uwieDi, dit 11 Hosaoyc (addi. 
tioB ■□ Mtitagiana, tamt I, p. 191), lui ont M npnxbit wni-milaB^t 
par Liaicri, nuii encore pir Gillei Boileio, Catin. Molière, BaillM, <tc. • 
D« Cutin «u cei to^*^ Toiâ d«ui pilim pi««, eilé» par H. Là*M, qu 
r*bbc aTtil iniinai, *A 1659, itoà u% CÊmrru miUti {ç. tioMp. 111)1 

TmI e* qu^l i\l «M emprunté, 
1] pille lei lujeu qn'il tniia, 

n Tant piHer pour an poïK. 
jMgtmtnl ifaK lînt. 

La kdI défiQt de mi oun-ig*, 

Oi l'ou ne peut tmin de ekoit, 

C'eit qu'nH ne Mil qu«l «I Minig*, 

S'il ait Grec, Latin on Franfoii. 
Hombra d'antre* ptécei analognei uni iti ntamhlttt dani U MiaagtnM. 

3. La MonBoja, dan* nne mira iddition an Mnagiaita (tome ID, 
p. l8g], rapporte nne fpigraame feite en réponae 1 ce triil de Holicret 
il ne Hmblfl pat qae Ménige wit donni comme l'auteer de oelte ipignama, 
>i qu'elle ripondll 1 ose entra de Uiaage ai Molière aanit pria la Inît 
lancé en ripoate par Vadiui. Lea antanrt da M*iuifUiia OM aenlement rc- 
caaiUi ce propet aiaai ïniignifiBnt da lenr hèroa •■ ^' ■ On ne peut pat luic 



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ACTE III, SCâNE III. 

TBISSOTIir. 

Ha gloire est établie ; en vain to la déchires. 

VADHIS. 

Oui, oui, je te renvoie i l'aoteur des Satire» ', 



Je t'y renvMe aassi. 

VÂDIVS. 

J'ai 1« contentement 
Qu'on Toit qa'il m'a traité plus hononblement ; 
n me donne, en passant, une atteinte légère, 
Parmi plusieurs auteurs qu'an Palais on révère* ; io5o 
Mais jamais, daus ses vers, il ne te laisse en paix, 
Et Ton t'y v(Ht partout être en butte à ses traits. 

TKISSOTIir. 

Cest par là que j'y tiens un rang plus honorable. 

Il te met dans la foule, ainsi qu'un misérable, 

Il croit que c'est assez d'un coup pour t'acçabler, io3f 

Et ne t'a jamais Dait l'hoDoeur de redoubler ; 

Hais il m'attaque i part, comme un noble aversaire' 

Sur qui tout son effort lui semble nécessaire ; 

Et KB coups contre moi redoublés en tous lîeax 

Montrent qu'il ne se croit jamais victorieux*. ta4« 

■M pis* (nad« iajore k an aataur ip'ai lai dinat qa'il ridait u* libraim 



1. Tojacaconb JfoiÙ4,p. |6. 

3. La ferme laciinBe anrtair*; pour adnr4aire, tu ici, ■! lu len iiS4> 
la l«^B dn idition* da 1673, 74, jS A, Si, 946, miii non dn iiiinDtat. 
Comparoi, tu. t«n 174G, ovaruti. 

i. Boilaaa, daoi la inils ix< nt;r«, > A ub aaprit • (1668). a ndaublà Ma 
atlaquaa cooira Cotia avec tu nritabU tchuoeiiMiit : il j ■ plioà ton bob 
■eaf (oU. daa* Maf Tin, bUa, à bb on data prà, paai mtai dm la ni* 
■oin da Mo» (iS, Sa. i3o, 19S, 176, agr, 3i>S, 3o6, }07)l ct> «on cna- 
t^aaaon. il ligaala apàeiabaiBDl l'abbâ, eamoia aataar d* liballa) dilti- 
■ iliàw.an niliau d'an caatt aTartiaaamrBl qui praoèda la pièea. Vo;« da 
plaliCUBlra le Cotia pràdicateBr, poète ou pbiloMpba, lei len 50 «I 60 de 

■ Oa en a ta an «nnpie dani une eitatioo da Colia, ci-daMUi, ii la 
page |5 da U Netift, 



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i5a LES FKMHES SAVANTES. 

VASIVB. 

Ma plume t'apprendra quel homme je pois être. . 

TBIStOTIK. 

Et U mienne sanra te faire toît ton maître. 

TUttOS. 

Je te d^fie en vers, prose, grec, et latin. 

TBissorm. 
Hé bien, nous nous verroiu seul à seul chez Bailûn*. 



SCÈNE IV >. 

TRISSOTIN, PHILAMINTE, ARMANDE, 
BÉLISE, HENRIETTE. 

TRlSSOTin. 

A mon emportement ne donnez aucun blàme; infS 
C'est votre jugement que je défends, Madame, 
Dans le sonnet qu'il a l'audace d'attaquer. 

. PHiLiHurrB. 

A vous remettre bien je me veux appliquer. 
Mais parions d'antre affaire*. Approchez, Reoriette. 

I*nufr*in {■66S),a3g-iiâde Ii lalira vm (iM;), 90 iaVi^m i (laKai, 
>Up), 45i <lc )■ tMÎr* z (lOg}), et 1b> d^graminti xi et zn (mat 1S70). 
I. La ]diu iiouap«iit~éti« da Ubriiru du PiUii, «loi doot li boaliqu, 
nadiM hmmam pir la t* ehast do Lutriit, ma troanit btai ai tih ur b 
•Mood pvToa da U Sainls-ChipcUa. Randai-Tou aan-t-il piii II, dia VU*- 
tanr, bob ubi •] ippder qariqaat jugat eboliii, pour na Hnm d'épigraiii- 

tont &aii ÏBipriBiàt? On bicB, scqnipiratt maiu probabla, cela ugnîG^M-il 
qa'ili TOBt écrira I'bb «mtra l'autre d«a lîballei qs'on verra onnrtt e6tt 1 
eAta ■ rétilaga de BaifaÎA 7 ^ QooîqoUI q'j aU pai de poiati aupaaiib 
aprài < laBl 1 lanl >, bobi arajoBi qsa la défi en eombat •tBfolier hiiîi 
maÏBi pltiaaBt, n Molière B'anil pai roui* qae le Tcn fat pnuKiaei coiaai 
•'ila j haÙBI, et eomniB A u propi* eotèra ou la bniaqae aaitte de Vidiu 
•sapait la parole 1 TriuDtin. L'oplù» paraît alnadoBBée au aetean. 
•erail cnriein da laToir coawent ïlalière entendait qoa cette Sn fdt joai*< 
a. SCÈHZ TL (lîî*-) — 3- ?»»»«« 1 



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ACTE III, SCÈNB lY. i53 

Depui» assez longtemps mon àme s'inqaiite loSo 

De ce qu'aocuD esprit en vous ne se fait voir, 
Mais je tronre un mojen de tous en faire avoir. 

HINaiBTTK. 

CeM prendre on soin pour moi qui n'est pas nécessaire : 
Les doctes entretiens ne sont point mon affaire; 
Taime i vivre aisément', et, dans tout ce qu'oD dit, 
n (aot se trop peiner pour avoir de l'esprit. 
Cest une ambition que je n'ai point en tête ; 
Je me trouve fort bien, ma mère, d'être bête, 
Et j'aime mieux n'avoir que de communs propos, 
Qoe de me toonnenter pour dire de beaux mots. loSo 

PHIUHIHTB. 

Ooi, mais j'y suis blessée ', et ce n'est pas mon conte* 

De uaffrir dans mon sang une pareille honte. 

La beauté du visage est nn frêle ornement, 

Une fleur passagère, un éclat d'un moment, 

Et qui n'est attaché qu'à la simple éptderme'; toi S 

Mais celle de Tesprit est inhérente ' et ferme. 

J'ai donc cbercbé longtemps un biais* de vous donner 

I. A tëitt, caamadiaiBDt, uu aflDn d'oprît. 

1. Ir MH hlaaé*, ja KtaRre de tou <oir *oui rc*igHr ■ « rtla. 

1- Ckm, poar II rime, at li ItfOD dat prvimèra iditiou ; ampit l pir- 
tBiittta, Vojo, loBc 1, p. 197, BoW a, in T«r> 1376 da PÈtvmrJi/ ta 
•m 3S t»t fdtAtux, tome III, p. 37, on lit eempie, riiBtBt pDartaut 
MHi iTtc huât. — LoD|;tampt, d'aîllcu*, ohh/U et cauu n'ont p» iti 
dùliapêi pu l'snbafnphe. 

4. • Id gtan d* e* mst ■ i*i iDeorUm, • dit liKii. Il CM ici da Ëmiais, 
^■■tliBM gnc, d'ailleon dt termiuiMUi difCÉnate, (iiit«p|iiiï. 

i. Imiirtmi, àiBpmUcncnt itticbé, Biû eu •ujet, que ri» ne lui peut 
Ata. inaâ dorehle qo* loi, un de ctf lenuM de la in^iie philoac^hiqn* que 
WiliMli M piqiH de parler. Uttri eD cite deax eiesiplei db il nt en- 
fbjc, rawm ici, abaoIiiBeBt ; Toid celui d« Baaauat : ■ La lica le plu 
■fcàw. ii ja paii paHer de la »rlB, et la pin* ioaiparable dai cboci bn- 
■aiaia, c'ait lev propre caducité. ■ (Biteaun «r CkitUirt muinrtMt, 
01* penii, ckaplcre r, aTant-deraier alinéa.) 

6. Cr ma]tm, cenae ae nrt 1600, du Tntmff* (<>A (>■•' ot da deox vi\' 

El *«>• darlet ckardwi qaelqa* biait |>lu* doDX. 



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i54 LES FBUHES SAVANTES. 

La beauté que les ans De peuvent mtMBsonner, 
De faire entrer chex voas le deair des sraences, 
De voua înaînaerlea belles connoÎMances ; ■»; 

Et la pensée enfin oh mea voeux ont Booscrit, 
Ceat d'atucher A voaa un homme plein d'eaprit;* 
Et cet homme eat Monaîeur, que je voaa détermine* 
A voir comme l'époux que mon chmx vmu destine. 



Moi, ma mère? 

PBILAHIMTB. 

Oui*, voua. Faitea la sotte on pan. layS 

Se Tons entends : vos yeux demandent mon aveot 
Pour engager ailleurs on cœur que je possède. 
Allez, je !e veux bien. A ce noeud je vons cède : 
Ceat un hymen qui fait votre établissement. 



Je ne sais que vous dire en mon ravissement, t a 

Madame, et cet hymen dont je vois qu'on m'honore 
Me met.... 



Tout beau, Monsieur, il n*eat pas bit encore : 
Ne vous pressez pas tant. 

PH1L4HI5TK. 

Comme vous répondez ! 
Save^vous bien que si.... Suffit', vous m'entendez. 



kl TrUtstin. (i;3t.) 

«. Espnnion bisa choiti* pomr mirqncr l'imphiiaM ToloBtt d* Plûla< 
■>)■(■; quj« TaiU(U<iile(k. ...),«• tou lit» tant da toita (nirfxnBc 
Vtfom....). 

3. IIOM afOM nint tau ec> en iipirti, d-dcnot, dut II BoU s da U 
p>SeSg. 

<■ Mut», i TWtmtiB. {1734.) 

6. TndflelioB oa initiboB do • Imim > (*«u da l'itdin tails), ptea 
KMTni nplo^ par HolUra (mf n loms TUI, p. lOg et ml* a, M p. ■ 14). 
ComailU a*ait aU. mtme <Um la tra|:Mi« (tttt 974 d'OttMi, iSS*), 4a 



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ACTE m, seins tv. 

Elle' le rendra s«g«; tUons, laissons-la làire. 

SCÈNE W 

HENRIETTE. AAMANDE. 

ARlfAMDB. 

On voit briller pour voas les soins de notre m^re, 
Et son choix ne pouTOÎt d'un plus illustre époux.. 



Si le choix est si beau, qne ne le prenez-voa* ? 

AMUIfDB. 

Cest i vous, non i moi, qae sa nudn est donnée. 



Je voas le cède tout, comme à ma sœar aînée. i ogo 

AKMAHDX. 

Si l'hymen, comme ivous, me paroissoit ediannant, 
J*«ccepterois votre offire avec ravissement. 

BKHRIBTTB. 

Si j'avois, comme vous, les pédants dans la tête, 
Je poomHi le trouver un parti îort honnête, 

ABMANDE. 

Cependant, bien qu'ici nos goâts soient diSërenU, 1 09 s 
Noos devons obéir, ma sceur, à nos parenu : 
Une mère a sur nous une entière puissance, 
Et vous croyez en vain par voire résisUnce..,. 



Poar mt pliu «k douter i 



D.nt.zedbïGoOglc 



LES PEHHBS SAVANTES. 



SCÈNE vr. 

CHRYSALE, AJUSTE, CLITANDRE, 
HENRIETTE, ARMANDE. 



Allons, ma fille, il taat approuver mon dessein : 
6tez ce gant*; touchez à Monsieur dans la main, r 
Et le considérez désonnais dans votre ame 
En bomrae dont je veux que vous soj'ez la femme. 



De ce côte, ma sœur, vos penchants sont fort grands. 

HEKaiBTTB. 

U nous faut obéir, ma sœur, à nos parents : 

Un père a sur nos vœux une entière puissance. i loS 

akMaitdr. 
Une mère a sa part à notre obéissance. 

CBXrSÀLI. 

Qu'est-ce à dire ? 

ÂRH&NDI. 

Se dis que j'appréhende (on 
Qu'ici ma mère et vous ne soyez pas d'accord ; 
Et c'est un autre époux. . . . 

CBRTBil^. 

Taisez-vous, péronnelle*! 
I. SCÈNE viu. {1734.) 

1. Cbkiuli, i HarittU, lui priimiUmi CUianJn. (AUtni.) 

3. Dhu rari|iB*l, gond. 

(. PimuuUa, qui f«it l'cBleodu, la nùosaenta, qd aime à BoatoUrd 
nBODCrar, laiu ttn d'ifa 1 le faire itcc bisuinec. L'AcxUmiv, « \t^, 
uni trop pKcùn le tata da mot, loi en doDiu du plu fort q» «là q>>'il 
•^U* ■TOir ioi et qa'il ■ munUBint dau l'iuaga : • Ten» bu, dit^ 
dUBt OB «e «wt par m^iii et par injure 1 l'^ganl d'oae fsmiH d* p«- • 
Liuii la difinil ùmplûaBt pw • icona fanutt eoMa et 



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ACTE III, SCÊNB VI. iS? 

Allez philosopher toat le soûl ' avec elle, 1 1 1 o 

Et de mes actions ne vous mêlez en rien. 
Dites-loi ma pensée, et l'avertissez bien 
Qu'elle ne vienne pas m'échauffer les oreilles : 
Allons vite. 

AKIITB. 

Fort bien* : vous faîtes des merveilles. 

CLITANDRE. 

Qael transport ! qoelte joie ! ah ! que mon sort est dou ! 

CBRYSÀLE*. 

Allons, prenez sa main, et passez devant nous, 
Meaez-la dans sa chambre. AK, les douces caresses! 
Tenez*, mon cœur s'émeut à tontes ces tendresses, 
Cela ragaillardit toat à fait mes vieux jours, 
Et je me ressouviens de mes jeunes amours, usa 

lit an nom propre.,., nulogae i Pcrratle [/l'miain ds 

le pijMBue eo effet cbei li Fontiina dani !•• eentn ix 
igg) de U m* peitie, oà l'm relcrt H. FritKhe (eu mot 



iAt« j] qne ce mot le pronoi^iit ea tempi di 
tl «u écrit <aMJdau Boire origiDal. 
*. SCtVK [X. 

OUrUUt, lUITB, HUBIETTS, 

l««..Fortbi...(i,î4.) 

3. Cniwu. à ClitmaJrt. (Atim.) 

4- A JHiu. T«Mi. \Ikidtm.\ 



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LBS FBHHBS SAVANTES. 

ACTE IV. 

SCÈNE PREMIÈRE. 

ARMANDE, PHILAMINTE'. 



Oui, ri«D a'a retenu son esprit en balance * : 

Elle a fait vanité de son obéissance. 

Son cœur, pour se livrer, à peine devant moi 

S'est-il donn^ le temps d'en recevoir U loi *, 

Et sembloit suivre moins lesvoloDlés d'un père, i laS 

Qu'affecter de braver les ordres d'une mère. 

PHILIHINTB. 

Je lui montrerai bien aux lob de qui des deux 

Les droits de la raison soumettent tous ses vœux, 

Et qui doit gouverner, ou sa mère ou son père. 

Ou l'esprit ou le corps, la forme ou la matière*. ■ i3a 

I. rRILUCnrTB, tUIAKIW. (i;3.',.} 

a. iVs rfiuiB en ialaaa, n'i bit hitïter, n'a hjl rcTeair, as Mort no- 
aunl, UB eopril laat de idjlc emporti. — ConMÎllg ■vrit (nploj'à Pciprat' 
M> diDi 1* Tan loS de SerUriai, tngidia d« 1661, «t jooi» lun «■ iM) 
An Hulià* {rajct li Ifotice de H. MarCj-LiTuai, laae VI dn Ctnuillt. 
p. 3i6) . 

Voilk em qui ntimt mon Mprit «a bdioM. 

3. D« recaToir la loi, l'ordre, la parmiMion da M lÎTnr. 

i. Philimioto, qai uu doau eniaDd mieui qam Catbo* eai tema âr 
/sniH [lubiuiitiglla} et de matiin la hdi que leur donnaient lea péripat^ 
Ikiaiu on Im «eolaatîqMi*, parla iei tout i (ait ooibbw la pocili Préainua 

• Kt an partieolier la* dod 



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ACTE IV, SCàNK L 



On TOUS ea devoit bien an moins uq oompliment* ; 
Et ce petit Monsieur en use étna^ment, 
De vouloir oialgré tous deyeair votre gendre. 

PBIUIIINTE. 

H n'en est pas encore oh son cœur peut prétendre. 
Je le tronTOÛ bien fait, et j'aimois vos aaioors; 
Miis dans ses procédés il m'a déplu toujours. 
U nit que. Dieu merci, je me mêle d'éerire. 
Et jamais il ne m*ft prié* de lui rien lire. 



SCÈNE II. 

CLITANDREV ARMANDE, PHILAMINTE. 



Je ne souffrirois point, si j'étois (|ue de vous *, 

Que jamais d'Henriette il pOt être l'époux. 

On me feroit grand tort d'avoir quelque pensée 

Que là-dessus je parle en fille intéressée. 

Et que le Uche tour que l'on voit qu'il me &it 

fà« ■ h (yiia« vBlDae 

•1 ^■'3 Ut tambwm (Uu MB Inw I ■ 

I. Hf ftt-c« qB« pou la ton», par •inplc polilcu*. on dariit b 
H Miii TOM «MLBMtre le projet d^dliuiec, rooi dmamdet min >g 



la riiuit peut-être p» «tre TlOM 

H priaeipa Titi), et l'aiDfit, Tnjti VHitInrt gimiraU 
H>û,t(«iBA«lefi>n,g*Mitiea,p. 1S7, «tla 
l> l^ ejmt, lirre II, chepttn* i et n). 



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i6o LES FEHUES SArARTES. 

Jette au fond de mon cœur qnelqae dëptt secret : 
Contre de pareils coups l'àme se fortifie t uS 

Du solide secours de la philosophie, 
Et par elle on se peut mettre au-dessus de tout. 
Mais vous traiter ainsi, c'est tous pousser à bout : 
Il est de votre honneur d'ètr« à ses vœox oontraire, 
Et c'est un homme enfin qui ne doit point vous pbire. 
Jamais je n'ai connu, discourant entre nous *, 
Qu'il e&t au fond du cœur dé l'estime pour vous. 

PBIt-iNinTB. 

Petit sot ! 

akmàhdb. 
Quelque bruit que votre gloire iîisse. 
Toujours à vous louer il a paru de glace. 

PHlLAHIIfTB. 

Le brutal ! 

ARKUfDB. 

Et vingt fois, comme ouvrages nouveaux, 
J'ai in des vers de vous qu'il n'a point trouvé' beaux. 

PBILAHinTB. 

L'impertinent ! 

ARUANDK. 

Souvent nous en étions aux prises; 
Et vous ne croiriez point de combien de sottises. . .. 

clitikdbb'. 
Eh) doucement,' de grâce : un peu de charité, 

I. A reniTqiut calte iaciic, d'un pirticipc w rapportant li deo pv- 
■Doafi, intcicaU dint nna phrue qui ■ pour njM/* : • Qauil ww dk- 
eanrisu estn Bout, dut lea cnlretieni qoa nom ■tou «u ■BHmlile. * 

3. Troari, ■■» lennl, dan) I»tcitc9 di 1673, 74, 81, «L diaa OMtrgii 
éditioni Btrangcrei, de mËma qu< plut luut, au *cr> 11 38, friJ, qut l'idi- 
teur de 1734 n'i pii corrigà, eaBma il ■ fjiii celui-d, paret qn> la Ditarf 
a< le panncttaît pii, Vo^ei diul Vlmtmlmclie* grammalitalt du Ltxi^ 
dt Caneilla, p. lti et iBinotai, l'ancienng ràgle en «rtu d* Uquilk li 
partisipa danteorait uwiabla dnant on eomplameat tel ipi'iei l'i^iaitif 
iacMC, Md-daMW, la tki ii38, In swta : A <h rita tint. 
>mtmA. (1734.) 



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XGTR IV, SCÂNE II. 161 

Madame, on tout xo moins qd peu d'honoéteté . 1 1 < » 
Qael mal voos ai-je fait ? et quelle est mon offense, 
Poor armer contre moi toute votre éloquence P 
Pour vouloir me détruire', et prendre Unt de soin 
De me rendre odieux aux gens dont j'ai besoin ? 
Pariez, dîtes, d'où vient ce courroux effroyable? itss 
Je veux bien que Madame en soit juge équitable. 

AKHAItDI. 

Si j'avois le courroux dont on veut m'aocoser, 
Je trouverois assez de quoi l'autoriser : 
Vous en seriez trop di^e, et les premières flammes 
S'éublissent des droits* si sacrés sur les âmes, 1 1 70 
Qu'il faut perdre fortune, et renoncer au jour, 
Plutôt que de bnUer des feux d'an antre amour* ; 
An changement de vœux nalle horreur ne s'égale, 
Et tout oœur infidèle est un monstre en morale. 

CUTAVO*K. 

Appelez-vous, Madame, une infidélité ktS 

Ce que m'a de votre àme ordonné la fierté* ? 

Je ne fais qu'obéir aux lois qu'elle m'impose ; 

Et si je vous offense, elle seule en est cause. 

Vos alarmes ont d'abord possédé tout mon ccaur ; 

& a brâlé deux ans d'une constante ardeur; t iS» 

D n'est soins empressés, devoirs, respects, services', 

I. lb|i«nln: TQjn UawiBbnu «nuplM do CuranDa, it d'iBtn* plu 
MBiM, in>H pu- H. Hutj-Linaiiu d»i le Laxi^ it I» Imguc J* Cor- 
uilfi, ton* I, p. igS et »^. 

t. Se bmt, l'tMonat du dreiu. 

I. Cm qaitce danien nn ont M nppnwhc* de goatra Tan, pm dif- 
OfMti, d'oB «iqiist da Oom Elri», 1 la miiiè n de l'iela II! de 0»m 
Garai* Ji ITanim |iS6i, tom* II, p. >ii, nota i]- 

4. La darad mm (loata, la cnunii, la Car* rlguar, hbi hjBMlotiqaa» 
^ nppdlnt aalù da latiii/ar» { Ti>r«i à U M^Ba u di faota V da iNt|4u, 
Ma* Tin, p. 146, la Tan 171C, da CorMiUa, at comparai aMpiti la 
»aiK4- 

5. Swfimt, MÏM, MtMtliBi, awnplaJMMM i njtt tmkci 711, p. 435. 
«I TU, p. Ji3 (Tara 114S, da CocEdUa). 

Moukaa. n ii 



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i6a LES FEMMES SXVANTBS. 

Dont il ne tous ait &it d'amoureux sacrifices. 
Tons mes feux, tons mes soins ne peavent rien sur tous ; 
Je TOUS trouTe contraire à mes tosuz les plus doux. 
Ce que tous refusez, je l'offre au choix d*une autre ' . 
Voyez : est-^e, Madame, ou ma iaute, ou la vôtre ? 
Mon cœur conrt-il au change*, ou si tous l'y poussez* ? 
Est-ce moi qui vous quitte, ou vous qui me chassez? 

IBIUNDB. 

Appelez-vous, Monsieur, être à vos .vœux contraire, 
Que de leur arracher ce qu'ils ont de vulgaire, i ■ 9* 
Et Touloîr les réduire à cette pureté 
Ob du parfait amour consiste la beauté 7 
Vous ne sauriez pour moi tenir Totre pensée 
Du commerce des sens nette et débarrassée ? 
Et vous ne goûtez point, dans ses plus doux appas, ■ 1 gS 
Cette union des ccBurs oii les coips n'entrent pas ? 
Vous ne pouvez aimer que d'une amour grossière ? 
Qu'aTec tont l'attirail des ncends de la matière ? 
Et pour nourrir tes feux que chez tous on produit, 
Il faut un mariage, et tont ce qui s'ensuit? i»oo 

Ah 1 quel étrange amour ! et que les belles âmes 
Sont bien loin de brûler de ces terrestres flammes ! 
Les sens n'ont point de' part à tontes leurs ardeurs, 
Et ce beau feu ne veut marier que les cœurs ; 
Comme une chose indigne, il laisse 1& le reste. noS 

I. C'«t inem mut malrt qn'oD lit ici et «■ Tcn 1141 : Eomptrei le Tan ga. 

s. Àa eb*Bgem*nt. ■ Ja tcu faire aatanl da pu qn'clla *a ÀaBgcnoU 
oà ja U Toii caurir. • (aioBle, k U •«*«■ a. da l'aetc in da Bemrgtoii gtm- 
liUsnMw.) Cimrir « cKaiigt itiit bob pliriia laite («ojei an T«n 5(7 da 
A^l aaumnmx), M riao ne le proate mieu pant-toe que sa m* da Coda 
OB de I'bd d« Ml corrMpoadanta ia«wiiu (p. 18 in QSmrm gmlamui, 
9*>fditian]: 

De ■'•dorer qaa deax baïax Jtai, 



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ACTE IV, SCÈNE II. i63 

Ce« un feu par et net comme le feu céleste* ; 
Od ne pODSse, avec lai, que d'honnêtes soupirs, 
Et Ton ne penche point vers les sales désirs j 
Rien d'impur ne se mêle au but qu'on se propose ; 
On aime poor aimer, et non pour autre chose ; n i u 
Ce n'est qu'à l'esprit seul que vont tous les transports. 
Et l'on ne s'aperçoit jamais qu'on ait un corps. 

CLrTANDRB. 

Pour moi, par an malheur', je m'aperçois. Madame, 
Qne j'ai, ne vous déplaise, un corps tout comme une àme : 
Je sens qu'il y tient trop', pour le laisser à part ; 1 1 1 > 
De ces détachements je ne connois point l'art : 
Le Ciel m'a dénié cette philosophie. 
Et mm âne et mon corps marchent de compagnie. 
U n'est rien de plus beau, comme vous avez dît, 
Que ces vœux épurés qui ne vont qu'à l'esprit, laiu 
Ces unions de cœurs, et ces tendres pensées 
Do commerce des sens si bien débarrassées. 
Mais ces amours pour moi sont trop subtilisés ; 
Je rais on peu grossier, comme vous m'accusez*; 
J*aùne avec tout moi-même, et l'amour qu'on me donne 
Ed veut, je le confesse, à toute la personne. 
Ce n'est pas là maUére & de grands châtiments ; 
Et, nna faire de tort à vos beaux sentiments*, 

1. L'eipreuioB, as clla-méBe, Mnblc prêter i dtos mu : 1« ttm dw 
aMFM, OB, aa tfwti, riiooiu' dai ciprili ccUitei, d« mgn ; miii U con- 
farùoB iTM I* Tcn 16S4 a> pemM pu de douter que Holiirs ne l'ait 
Ifiim •■ piDpr*, le Jim da lattil, Jei aiirti. 

*. Même MU daa* la MùaAtinpe, Tcn 1; : 

Et II, fti nu nwHieiir, j'en *niù fiic «ntiBt.... 

4. CÊmmm *■>■■ ■'•« ■B ni ei ; eUtp», wo Mqa^Oe ilon, dea pronom 
■ pM d Wla.... qae tbiu tou bnUM m Utc • {mt i3ti} ; et qid g« m- 



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i64 LES FEMMES SAVANTES. 

Je vois que clans le monde on suit fort ma méthode, 

Et que le mariage est assez à la mode, i«js 

Passe pour un lien assez honnête et doux. 

Four avoir désiré ' de me voir votre époux, 

Sans que la liberté d'une telle pensée 

Ait dû vous donner lieu d'en paroître ofTcnsée. 

Attmkitas. 
Hé bien, Monsieur! hé bien! puisque, sans m'écouter, 
Vos sentiments brutaux veulent se contenter ; 
Puisque, pour vous réduire à des ardeurs fidèles. 
Il faut des nœuds de chair, des chaînes corporelles, 
Si ma mère le veut, je résous mon esprit 
A consentir pour vous à ce dont il s'agît. n^o 

CLITAKDRB. 

II u'est plus temps, Madame ; une autre a pris la place; 
Et par un tel retour j'aurots mauvaise grâce 
De maltraiter l'asile et blesser les bontés 
OCi je me suis sauvé de toutes vos fiertés*. 

PHILAMIHTB. 

Mais enfin comptez-vous, Monsieur, sur mon sufi&age. 
Quand vous vous promettez cet autre mariage ? 
Et, dans vos visions, savez-vous, s'il vous plaît'. 
Que j'ai pour Henriette uu autre époux tout prêt ? 

CLrrlNDBB. 

Eh, Madame! voyez votre choix', je vous prie: 
Exposez-moi, de grâce, à moins d'ignominie, kSo 

Et ne me rangez pas* à l'indigne destin 



l. Pour qne j lit pn dearer-.. (iiu que.... 

a. GtniDfl au TCn 117G1 ■ de toi riguean t platAt psat-^tr* qas • 

Tt» didliu ». 

3. EIIip«&iBiIiin,teti4aBm>Bg:<DîtM-inai,ditM4MBW,i'!I*aapUI 
(. SatfBE, rUédiiiKi ma pn ■■ <^ix qa« raiu *T«i bit. 
S. Et na nu iMaUsi pal. 

AaubU d« milbnn oà I« dntîanM nnge.... 

(Dan DOgm, u nn 1S9 da CU.) 



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ACTE IV, SCÂNE II. i65 

De me Toîr le rival de Monsienr TrisBOtia. 

L'ftmoar des beaux esprits, qiii chez tous m'est contraire. 

Ne pouToit m'opposer un moias noble aversaire *, 

Il en est, et plusieurs, que pour le bel esprit tiS5 

Le mauvais goût du siècle a su mettre eu crédit ; 

Maïs Monsieur Trissotin n'a pu duper personne, 

Et cbacuD rend justice aux écrits qu'il nous donne : 

Hors céans, on le prise en tous lieux ce qu'il vaut ; 

Et ce qui m'a vingt fois fait tomber de mon haut, i aCo 

C'est de vous voir au ciei élever des sornettes 

Que vous désavoueriez, si vous les aviez faîtes. 

PSILAMinTS. 

Si TOUS JDgez de lui tout autrement que nous, 

C'est que nous le vojons par d'autres yeux que Tuas. 



SCENE III. 

TRISSOTIN, AiLMANDE, PHILAMINTE, 
CLITANDRE. 

THiSSOTlM*. 

Je viens tous annoncer une grande nouvelle. i 

Nous l'avons en dormant, Madame, échappé belle* : 

1. On ■ diji Ta cette fomc ci-dcuoi, la ni* 1037. 





TmiMomi, - PUlamimte, (ijH-) 




3. HOB, .T. 




itê, «m belle «TïDtun. Dim 


le. dlip.« «.- 


logoo : . Fit 


olr, 1. dooDer 


belle, • c'en Voccaiim qu'01 


> F.r.ll »«.»- 


toadKidi». 


d-iotr» : . II 1 


m 1 hit de bellei, il m'en ■ < 


wU de bellei, » 




mol cAonu. Li 


même loeuUoB ireDiqoe h tr 


o»en»n mi 


d( rÊttU^ 


1 femmti! on j 


emploie le TCrbe aetiTement, 






iTdioiInr ■■ dj>' 


-Mptlème ntels {tojbi le Die, 


r/<u»air> J, UUri 


k £CXU«M. 


II*]; qBUt *a 




pr««-Cn.i. 


d»qmlepr«k 




im,t le mràuieni. 


«il.'«pV 


..u-ip«-r„. 


neue r^e de l'tecord du p 


..rtieipe nppelé. 


CM.»..,., 


l«o,>a».. 







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i66 LES FEMMES SAVANTES. 

Un monde près de nous a passé tout du long. 

Est chu tout au travers de notre tourbillon; 

£t s'il eût en chemin rencontré notre terre, 

Elle eâtété brisée en morceaux coDune verre*. lajo 

PBtLAMINTE. 

Remettons ce discours pour une autre saiaon : 
Monsieur n'y trouveroit ni rime, ni raison ; 
Il fait profession de chérir l'ignorance, 
Et de haïr surtout l'esprit et la science. 

CLITANDBB. 

Cette vérité veut quelque adoucissement. ,aj5 

Je m'explique, Madame, et je hais seulement 

La science et l'esprit qui gâtent les personnes. 

Ce sont choses de soi qui sont belles et bonnes ; 

Mais j' aimer ois mieux être au rang des ignorants, 

Que de me voir savant comme certaines gens. i a g o 

TRisaoTiir. 
Pour moi, je ne tiens pas, quelque effet qu'on suppose. 
Que la science soit pour gâter * quelque chose. 

CLITANDUB. 

Et c'est mon sentiment qu'en faits, comme en propos*, 
La science est sujette à faire de grands sots*. 

I, Uk }oU mot de ToitBn, nppoitâ dm le Mmagima [\ama I, p. ii5 
d* ViAiAoB ds 11 HonuDje), ■ p<ut-4tn, commii Is dit Angn-, iamai k Md- 
liiTt l'idc« de e«tta mtrce di TriiMtin, micc h Donfelle MIrOQirauqiia : 
t On l'aotntcBoit, 1 lliM*] ds Ranbouillat, dn nuenla BonrallancM ik- 
eoavertcÉ duu la diiqae dn aDlaîl, qbî poaToUKt fuir* ppprAoBder qiM «et 
utn na l'aKoibltC. M. da Voiton «ntra dani ca tCDp»Ù. Mlle d« Baai- 
bowUct loi dit : . Eh biam t Hoiuitnr, qnalla noUTellat i — Nukaoladla, 
• dH-il, il coort de manvau braiti du lolail. > — Ilii'f ■ gaii* Haa daaap- 
pour qta Molicre longelt i tiin alliultia il l'anaujanM et plaH piàce q>e 
Codn • iuirée dui* ta Œuvra galaatrt (a" putia, 1065, p. 36i-3>4) 
■oaa le titie de Galaaurit mr la tomiu apparat tu Jitemtn iS6( at as 
jûMitr |66S. 

3. Soit de Batura k glter, mil fait* pour gtler. 

3. £b aoBduite, comme en dilcoDri. 

4. • (lia) unt ai trà-uTUta, qa'iU en aont tou loti. ■ [BirMida de 
Veirillc, la Mejrtn it parranir, p, i da l'édition do ^tiophilc Jacob.] 



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ACTE lY. SCÈNE III. 167 

TMMOTIH. 

Le puadoze est fort. 

CLITAKORK. 

Sans être fort habile, iil5 

La preuve m'en seroit, je pense, assez facile : 
Si les raisons manquoieat, je sais sûr qu'en tout cas 
Les exemptes femeux ne me manijueroient pas. 

T&ISSOTIK. 

Vous en pourriez àter qui ne concluroient guère. 



le n'irois pas bien loin pour trouver mon affaire, tigo 

TKUSOTIM. 

Ponr moi, je ne vois pas ces exemples fameux. 

CUTINDRX. 

H<H, je les vois si bien, qu'ils me crèvent les yeux '. 

TRtSSOTIK. 

J'ai cru jnsqnes ici que o'étoit l'ignorance 

Qaï Caisoit les grands sots, et non paa la science. 

CLrrÂNDRB. 

Vous avez cru fort mal, et je vous suis garant ■ i^S 

Qu'un sot savant est sot plus qu'un sot ignorant *. 

I. Ajg» «ritiqa* là )• jau d* «{aclqaa «n>Mi«B ia tOB Hnp* ■ < La 
mit. dte-a, «tf ava émet poor qna l'ielanr doits l'alwtaBir, n la Hmtt, 
dm wga rf^ TrlHatÏH ans ■ITiiiiralliiii I« Tan asBBBpagBi d'aB Ml ragard 
■'aat plaa mam ipigttmam qsa Tiliaiiliii aoil la mattra da sa paa a'appBqiiar ; 
c'ait ■■■ biiira djta aa faôt, i boat poitaat, qn'U aarail iapoadbla k 'tri»~ 
aada in-mtmt da aa paa ralarar. > 

9, La FoataiBa, daaa naa Icttra ao prince da Ctatlj, dont U euaDKUÙqne 
fidqaaa van 1 KaoBc {6 jiuB i6M], a dit i pca pw da mAiie i 
D> aol plaÎB da mtoîi ait plu »t qa'ua antn taonoia. 
Énaaaa a bm proTcrba inalopia dam la Ceilaqmt qui fat trahit da latin en 
Jr^tait par Otatat Harot, et qni ail UliiuU Abbatia <t Enditc (tnma I**, 
iMa la fa da la paga 03a, da l'àditiaB, aa meut Toloma* ÏB-folio, de BUa, 
rt^H. t5(a) : Wnjmmltr aadiri rmtgo diei,/êmiaam êmfimMm Utttultam 

. , . ,JSa eMHvaa laay^a 

YoBiB dau lua. 
(Harat, toM IT, p. i». dartditioa da Pian* Jauat. iB«S.} 



D.nt.zedbïG0Oglc 



■ 68 LES FEMMES SàTANTES. 

TMSiOniT. 

Le seotiment commoD est coolre tos maximes, 
Puisque ignorant et sot sont termes synonymes. 

CUTiRDHÏ. 

Si vous le voulez prendre ' aux usages <iu mot, 
L'alliance est plus grande* entre pédant et sot. 



La sottise dans l'un se fait voir toute pure. 



Et l'ëtude dans l'autre ajoute à la nature*. 

TRISSOniT. 

Le savoir garde en soi son mérite éminent. 

1. Le, pranom Dcntn : • li tou tobIci prindre U choie, mn* «m l^- 

ï. L'iUliDcc «L pliu tort». (1734.) 

3 < Db oa poHTiiit, dit Atio^If^rtlii, mleai déngncr Cotin, qmt liait 
Hociin «t VirgLlc, qui unit I1lcbr«a cl 1> iTriiqne, qui était tfth dini li 
pUloHpiiw hnmiiiH bI divine, et dont tint d'études et de Ki«eea n'iTÛMt 

vrtr 1m OEumi folajiui, Toieî ce qae Fahbi j dit dg lui dèi le* premiiMt 
pagn (iS tl 17 Jt la acb Jjàtiaa, 166S) : • Mon eUfTn ^at detn CC 
c eabelioif, qui, retourna et joint* euemhie, leroieiit ob eerde (je m'^ 

■ pelle Chéries, comme Toui ie*ex}. Et parce que mee êoigiuei ont éti Ira* 

■ doit* (lie) es italien et en eqiifiiol, et q>e mon Cantjqoe des eentiqnee iM 
t umjt par tant* li Tem. à e* qu'a dit un dariâcBr do teape, im, b 

• Too* Kiala, on fai**ar de deriie*, il n'a bien todIu de la gtte* appK- 

■ quar ce mot dea de» diiffrea d'an grand priwia et d'nAB gr 

• Charlea dne de Senia et Cathnine d'AaDiebe-; 



< Cela Rot dire on pen DijaCiquement qne HKi tturro rempUroat b nmt 

■ de U terre, qatnd elloe «eroni toslei relitea ouemble : Diea l'en Teuili 
• hien oalr! On lei e tiiti, Midime, eci méoM* chiffre) en uiiùatK*, ant 

■ iaaata en bonne élreane arec ce beau madrigal : 

Dite* : tani andaee pent-on 

Que Im Huwa, eea imrnoitrflete 
Dent leor lanple bmen graTéroit de laan oulM, 



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ACTE IV, SCÈNE HT. 169 

CUTAKDIK. 

Le uToir dans un fat * devient imperdnent'. 

TmUSOTIH. 

U hmt que l'ignorance ait poar voag de grands charmes, 
Puîstpie pooT elle ainsi vous prenez tant les armes. 

CLrrÀNDRE. 

s pour moi l'ignorance a des charmes bien grands, 
Cutdepais qa'i mes yeox s'offrent certains savants. 

TBissonir. 
Ces certains savants-là peuvent, à les connoître, 
Valoir certaines gens que nous voyons paroitre*. i3io 

CLITARDRE. 

Où, si l'on s'en rapporte à ces certains savants ; 
Hais on n'en convient pas chez ces certaines gens *. 

— t Cn— wl, (joute AiBic-Mirtin, U pobUc n'unnit-U p*i fait ï on tel 
>■■■« r^plialisa de « rtn iaB«iu : 

Us Mt nnat «t Bt plu qu'a wt ignomit > ? 

I. f«<«ilid. ouBmc DU mil, Lont k fiit ijBODjme de «i: Tojn «m en- 
dnita a£^ looa YII, p. iIS, noie 3, al d-aprèi, » nn iStS. 

1. tt — Jt M imappocuble. 

1 Cat-t-4ir«, tont linpIcBcat, eamnt lienl de dire Clicudn : • qni 
•'•<fr«M 1 ■■■■ j«BX. > C*rto répliqn* pir dd éqaiTilcDt noiu pinlt iii 
jtm (•«htbia <!■• la Mb*, pOBrtinl pouible «oui : ■ que noiu TOfau 
bin tfart d«mi le uoade. ■ 

(- Ct pntaga es nppalle k Anger «d de Fiente, oà an* di>ign*tiOB 
na ■■!! n(Bc, maii qaa lï eheenii de! interloCBlean fait de Mii, nt 
bim «sfrûe de l'anirc, cl Trappe dent le ditlogiw par DBa teinbliblo 

.... £tl ^mUam hum, fni it/am ait n «in sfa' lit. 

Al, fti. Me a jiadim aaJitr*, li ram manilrtl, graliam iittai. 



D.nt.zedbïGoOglc 



t70 LES FEHHXS SAVANTES. 

PHILUIIIITSV 

Il me s«mbl«, Monsieur. . . . 



Eh, Madame ! de grâce : 
Monsieur est assez fort, sans qu'à son aide on puse ; 
Je n'ai déjà que trop d'un si rode assaillant, t3iS 

Et si je me défends, ce n'est qu'en reculant. 

Mais l'offensante aigreur de chaque repartie 
Dont TOUS.... 

CUTÂMDHB. 

Autre second : je quitte la partie. 

PHOUIIHTB. 

Od sonffire aox entretiens ces sortes de combats. 
Pourvu qu'à la personne on ne S'attaque pas. iJi<> 

CUTÂKDRK, 

Eh, mon Dieu ! tout cela n'a rien dont il s'offense : 
Il entend raillerie autant qu'homme de France; 
Et de bien d'autres traits il s'est senti piqoer, 
Sans que jamais sa gloire ait fait que s'ea moquer*. 

jit Kafùdpam argauma txpMÙ. 



ta IT, leiM n, nn 40*-467.) 

• Lu»uit«H. Il J ■ quoiqu'on qui uit ce qa'elle «t derenne (celM eai- 
ullt). Bauicx. Ce qnclqu'an, ('il li tût ntronTCT i une eeruinc hmmt. 
D'abllft» p» nna ingnla. LixPADion. Hiit ce qualqa'ua T«at iToir tu 
tilaire. Hâluca. Hait, pir Pollaii cette eeruiie temne qui ■ pcrda ti 
cHHtte dit qu'elle n'e rien i doanar. LuirtiUOH. Ce qulqn'u «uge t' 
l'irgaat. Hàuki. Ce quelqu'un nige en Tain. Luoadiom. Uiia, per Pal- 
loi, jawM Bile, ce qoelqu'un ne bit jimaii rien pour ries. > {lyméulim 
il JKwA>t.) 

t.' Pmuaiim, k Clitaadra. {l^Z^.) 

a. Giain ne doit paa être entenda dan* ee TSn cobih dana In rm lOl; 
et iStS da Mittimtinpe, <A il ett aynonjmi de maanâtt (bù«, «buiJ, r~ 
gtil ! Clitandre dou» Ironiquement an mot un mm paer leqael le Ut- 
timaalrt A Littré a eeite eiedltgMe dUaittoB (t «•) t < 8aatiM«M Ma*é 



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ACTE ir, SCENE III. 171 

TUUOTIir. 

Je ne m'étonne pas, au combat que j'essuie, iJaS 

De voir prendre à Monsieur la thèse qu'il appnîe. 

et ter ■]■> !■ gloin inifùre à mIh! qui li poucde. • — L'hoame d'ifte 
n'ait pti uBi nilUr l'horanM de plume ur le proeédi ordinure d* hi pi- 
rnlt (■•» leoR qiunUM; il nit qne plu d'une foii déj!, at Tient peut- 
être d'apprendre que ce joiu^lk même Tadiut et Triiaatm, apn nu écfcMige 
d'ïnJDree, n'ont parlé de ae votr tenl h êtul que ch« Barbin. Mali il eat 
jiii"i'- qu'un trait plu* peitiailieT d* Cotin ait M nppeU *nx ipeete- 
teon. C'ait par ua redoublament «itrunliiuire de * aaiié qa'on l'iTÛt tu 

Aiati-Manin ligiule ici ane pièce fort curieuie, et qui aTiil dl ètn n- 
Burquée, dei OEurra galaiûn de Cotin (»*• partie, p. Ul^^^^t), où 
I la pnëte et ontmr Ëufoia ■ l'était adreaié 1 liii>a<BU , aiait appiouTB 
I tnut le mûîna de ta lignatnre publique miie lur te Tolnnie, Ui témaignagea 
de Tadmiratioa la moina dïaerête» L'eiag^tion eat ai forta^ qa'ii aenbls 
qoe al l'abbé n'a paia intrépidemeiit forgé lut-taénie la lettre auiTante, rile 
n'a pn lai être eoTojÉe que par en de> rlaura qui, t'ècani intéretaé aux 
prenlera eoapa éekang^f Toulaît de aon mieux aider i une repriae. Aprèe 
lea détnila donnéa dana la Notict aur lea libellée de Cotin, on troBTen per- 
tieufièrenent piquant ee qui eat dit de aon inaltérable douceur. — • Lama 
DU HiLuai. J'ai to lea première Tera de raillerie qu'ua eettain Gillea le 

de a« faire d'iUuMrei enoemia et d'emplojer cea rccneiïi*. luaqu'iei Totre 
bouebe jte a'étoît ouTerte que pour louer lea héroa et lea bêroùieai et apréi 
Tom chef-d'ceuTre du Cantiqna', reu n'aiiei écrit que de la plue fine phi- 
loeopbîe : toui aarei. Monsieur, juiqu'ji quel poiat je l'bonor* et je U 
rêràre,... Enfin j'ai lu votre Satire galante ou Totre Galanterie aatirique^, 

a aorte, aii ans oprta le début 
Leilrt i» MilÙÊ* BTBii d'abord 
paiv dana la Mimmgtrû, f. SS-O7, maia noua la eopiona dana la aeeonde 
editàon de* OBmrttt ftlaïua, aeberée le ai mai 166Î]. CilUa le Hiaia était 
te nom d'ua • eofumé • du temp* (toj'es lane.V dea HùtorUUn de Tal- 
loaant dea Kéaua, p. 33g, note i). 

* Cea recoeila étrangère, de Hollande, dont il cet qoeatioa à la fin da la 
lettre? 

a ■ Une perapliniae en rera françoia aur te Cantique dea canilquea, dont 
fai UlToir..- la auite et U liiiaon juaqn'ani moîndrea Teneta, ee que per- 
anaae a'iTait eoeore tait. > {^A ■« daim i qai il tnroii tm Patlvatt laeric 

il Cmuli^m», p. 46) dee m<mea OSanw — 1— — 1 -a j — 1— fcJ- 

àa*tl priÔBÊm de H. liTel, aitide de I 
(nrrea de l'aMw, coaiprenant 

a Mêmagtrié, rMaeil, comme il tb le dire, de aca faûttÊ coutn Hê- 

TOja u Hotict, p. ig. 11 l'aTait d'iboid répandue en copiea. a Je 

a mésagcr* de «otre Hénagerle, ee fait-it écrire (a** partie dea 

.1 _ .-w\ . '1, pina pai une dw Ai copie* que j'ai 



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171 LES FEMMES SAVANTES. 

11 est fort enfoncé dans la coar, c'est tout dit* : 
La cour, comme l'on sait, ne tient pas pour l'esprit; 
Elle a quelque intérêt d'appujer l'ignorance, 
Et c'est en conrUsan qu'il en prend la défense. 1 3 



Vous en voulez beaucoup à cette pauvre cour, 
Et son malheur est grand de voir que chaque jour 
Vous autres beaux esprits vous déclaouez contre elle. 
Que de tous vos chagnas vous lui fassiez querelle, 
Et, sur son méchant goût lui faisant son procès, ill5 
N'accusiez que lui seul de vos méchants succès. 
Permettez-moi, Monsieur Trissotin, de vous dire. 
Avec tout le respect que votre nom m'inspire. 
Que vous feriez fort bien, vos confrères et vous, 
De parler de la cour d'mi ton un peu plus doux ; 1 3 f « 
Qu'à le bien prendre*, au fond, elle n'est pas si bête 
Que vous autres Messieurs vous vous mettez en tète*; 

comme dit l'thM d* Boitrobtrt. Je Tom laue de o'iTOÎr ps) voulu eBpleftr 
•a Ter» contre Totre edicrjmire : ili lonC trop erucl» et trop ud([uU. 
Votre nilUiic caC plui inDoecDCe et plui enjoDée; et qujind on ■ Il nitondt 
■on cAté, il ne le but point glter pir dei injures. Votre minièn ett pin 
d'boDDtte boeima, Ella oblige eu ({aelqae lortc eeui-ti miate <|*'dk 
ofTeiiB.,.. En quoi je Tout iroure JneDDpenble, c'ctt que, uoi iliéntua 
et uni ehigrÏB, toui tnim ce malhenreni ennemi oomia* m Tni pU»- 
■ophe qne toui ^tei. Toui ne lui en feitei point pire obère (njsfp, mÔÊâ) eu 
TOB* le reneoatm, et l'épirgnei même un peu plu qoo iee (ntiet... : l( 
iHpaet poar le* dame* aoipead tei tonte* Ici entiet paun». Aprb etli, <■ 

■gnain et ou eolombe. le croit même, Moniienr, que lotre fietiean M 
innacible, ri le npport qu'on m'i Tait de Tou SM «éritibla.... Ceil qn'ipai 
apprit qu'an lieu de topprimer asa Tcri latitiqurt. Toira gilaud da Ftjl 
Idtâ lea a bit imprimer dm let étringen et a fbnrai Ut fraia de l'iopiee- 

MM E < Ah! Honaiecr. que je <oni tuîi obli^ et k rotre tal le eeiepib- 
e lettl] Il m'a remit en droit, malgré ta rèeonctlîetian prétendue, de bit* 

I. Cl par U toui eit dît; c'ait tout dira. littn, quia recueilli cat aumpla, 
n'en doane pu d'iutre de la location. 

9. Qb'1 bien te rendre compte de* ahoae*, qu'k tant preadr*. 

3. yow To« le metm tmitu : U mt «Bpprijiii MBse il b Mnit m**- 



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ACTE IV, SGÉHE III. 17) 

Qu'elle a da sens commUD pour se connottre à tout ; 
Que chez elle on se peut former quelque bon goitt ; 
Et que l'esprit du monde y vaut, sans flatterie, 1 3 1 s 
Tout le savoir obscur de la pëdaaterie '. 

TKlBBOTlir. 

De son bon goût, Monsieur, nous'voyoos des effets. 

CUTANMB. 

Où voyez-TOus, Monsieur, qu'elle l'ait si mauvais ? 

aatnnlIoBCBt, diat le maunna auge, (tso «•» cv^i; toj«> ci-deuiu, 
p. |63. la note, da yen 1334, lar «• ellipKi pianouinalei. 

1 . HoUin ■«■i pnaTail sau flatterie, • HO) buKiM •, dit Baiia (p. 17]). 
admacT, tftii tant de radsi eaapi, «i iiage à itt ludiieart on laeteiin 4c 
la coor ((Ojrei la Tfaiite, ei-doitu, p. a6). Malgré le rapprochement déjli 
bit » la ace» n de la CriUgmt i* FÉeoU da fimma (|683. tame III, 
p. 3S4, Bota 3], aan* «rojona néeeuain da remettre ici en ragard de ea 
enaplet de Cbtanilre ane dei répliqua de Dorante à Mouieur Lfaidat (même 
tasH m, p. 35Ï-355). • Doiuti. La coor n'a pal troq'i cela. Iruiua. 
Àh ! HanieBr, la eonr! DonUTH. Aehefea, Moaawor Ljiidaa. Je Toia hî*D 
qae Tona Toulei dire que la eoai ne ae conoott pat t cei choies ; et c'ait le 
rcfage ordinaire de Tona aatrei, Heaiean lea aotenn, dîna le mianti au- 
cia <le Toa oarraga, qaa d'aeemaer J'ï^Datice dn iîbcIs et le pen de iMmïtrs 
da» cowtiuiai, SicImi, a'il lou platt, Hooekor Lyildai, qna lae rniitiim 
oBt d'ansai boni Jeu qoa d'iDim; qu'on peut itit habile aiae nn point de 
Taaiea «t dei pliuBe* asui bien qu'aTcc une perruque covrte et na petit 
rabat onij que la grande ipreaTe de tonta toi eomsdisa, c'ait le jngaBiBt 
de la cour; que c'ot am goAt qo'il fiDt étudier poar trOBTU Tait da réna- 
Mr; qn'il a'j ■ point de lien où let déciaiona Kneni ai jualUi et aiaa anettrc 
am ligne découplé tooa leigeni lavanta qai j lont, que, du aimpte Iwa aew 

prît qui, nim eompaniiOB, jaga pla* finainnil de» ebetea que Mot la earnir 
CBreullé dn pédanti. ■ — Sar le peu de f odt qu'avait b acMr. aam paar 
l'ailint, mail pour on certain aaprit d'éraditiaB, et aur eon parti prie de 



pas plat haut (p. 1G7, noie i], A KoBMid, 

It d'crudiliana na ae poBToiiBt taai 
Ceet an nce anjauid'hui. . . . 

Cet aMeor a, dit-on, baeaia d'an « 

QbM eaebe nn UToiT M noatre aon eipril, 

ilefcertii de'eM trâtti'aeoit ploà (i4qBemBM 
Smu loi la eoar ■'nwiit h 



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174 LES FEMMES SAVANTES. 

TRIBSOTIN. 

Ce qne je vois, Monsieur, c'est que pour la scienee 
Rasius et Balclus ' font boonenr à la France, 1 3 5 o 

Et que tx>at leur mérite, exposf fort an jour. 
N'attire point les yeux et les dons de ta cour*. 

CUTANDU. 

Je vois votre chagrin*, et que par modestie 

Vous ne vous mettez point. Monsieur, de la partie ; 

Et ponr ne vous point mettre aussi dans le propos, ilSS 

Que font-ils pour l'Eut vos habiles héros 7 

Qu'est-ce qne leurs écrits lui rendent de service. 

Pour accuser la cour d'une horrible injustice. 

Et se plaindre en tons lieux qne sur leurs doctes noms 

Elle manque à verser la faveur de ses dons ? 1 s a 

Leor savoir à la France est beaucoup nécessaire. 

Et des livres qu'ils font la cour a bien affaire. 

Il semble à trois gredins *, dans lenr peut cerveau, 

I. Aagra «'mI foneaa ^g Voltura • plici ce dcniar bob ta tin it 
«en tp-a ■ «MO brgia k 1> biime diu nn Temple Jm gcdt (i;3i.ij3], 
toae XII, p. 3*7} : • ITau miontrtmn as dmiD bioii dei obUidH. 
D'abard iudi tnuTtaH HH. Btidiu, Seinppiiu, Lexiaoamaiu, Scrîblcriiii, 

ItaUoB da qatorHina dMa, qoî ett âtk, (tm I> dob plu célAr* ati»t 
ia loa niltra Bartoliu, diu VApttogie de HaimemJ Setami, at ■■ tia- 
pitn xm da Hwn III da MoBtilgH (tama II, p. 3gi, et tmia IV, p. io3]. 
a. Triitotln t«I dira HU dooM qa'îk n'ont pai aoeon M pottfa aar 
catM fasilla dai peadou, si, depnû iHS, l'iuic Molitrc, at joaqa'l ia 
«tranti ètiangan, qwf lanr* dou tatîniada en ax daraiant natuTclle^i^U aMO- 
ciar daw M nimain 1 Radu H Baldu :>ojai notre tome III, p. «Oi; 11 da 
mto, parmi let tlm, on troaran ami BUÛge, • atecllaat po<r l> eriiiqnc 
dta plasM, > •[ l'abbé Coda, • poit* el oratcor Anofoi*. • 

3. Votre d^t, Totre méeoaMnlaaHnl, eomme Hji aonimit, par ii— ifle 
k la fin daa Amante mofnijiqitee {tome 111, p. 4^]' 

4. A lioli paarm bèrei, Crtdim ■ tignifil mandlml. Ea lO^, PAea- 
àiaa.U difiait la met, coeanie adjectif, par • gaaai, uaïqain, > •■ ajoata 

caiaaanee, ni bonaa qnalîti. > An aau de tïI Eoqnln qn'a pria en inbatantif. 
on na ponirait l'ippliqMr 1 daa fna lanleMWt trap patr— a enr Icar 
mérita M leur imp«nawi«. — < Halai, dit Anfv, ^'il ■ promia i TriBotin 
J* ne fme U mtttrâ Jane le frapo t , rt da M parler qne da aai donx Uioa, 



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ACTE ir, SC&HE III. 175 

Qae, pour être imprimés, et reliés en vean, 

Les voilà dans l'Etat d'importantes personnes; ijes 

Qa'avec leur plame iltf font les destins des cooronnes ; 

Qu'an moiodre petit bruit de leurs productions 

Ha doivent voir chez eux voler les pensions ; 

Qae sur etn l'univers a la vue attachée ; 

Que partout de leur nom la gloire est épanchée, 1370 

Et qu'en science ila sont des prodiges fiimeox, 

Pour savoir ce qu'ont dit les autres avant eux, 

Pour avoir eu trente ans des yeux et des oreilles, 

Ponr avoir employé neuf ou dix mille veilles 

A se bien barbouiller de grec et de latin, 1 175 

Et se chaîner Tesprit d'un ténébreux butin 

De uns les vienx fatras qui traînent dans les livres : 

Gens qui de leur savoir paroisseut toujours ivres, 

Bidiea, ponr tout mérite, en babil importun, 

Inhabiles i tout, vuidesde sens commun, i3Bo 

Et pleins d'un ridicule et d'une impertinence 

A décrier partout l'esprit et la science*. 

PHILAHIKTS. 

Votre choeur est grande, et cet emportement 
De U nature en vous marque le mouvement: 
Cestlenom de rival qui dans votre ftme excite 3S5 

■■■■■ rt BiUm. Voilà poarUat qu'ici il aoinpu inw greJiiu. B M biaa 
JWala im eniie qa* TrlwntJB n* (mm f»t la IroûiàiBï. • U Hmblii «ipcB- 
dâmt fBV Irwù nt pistât ici on nombre iadêtenniDê. 

1. TafB Is portnil qa'ia iGffi Ii Bruyère, 1 wn toois ■ tnct Aa t ceux 
^■c ka ptmA at le ralgiîrc «nCoBilent itcc In utibIi, cl qal In t*gn 
tmnitÊt H pcdaalÏHM > {Mat I, d4t Oarrfti Jt Fajrit, p. 14S, ■* 61). 



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176 LES FEMMES SAVANTES. 



SCÈNE IV. 

JULIEN, TRISSOTIN, PHILAMINTE, 
CLITANDRE, ARMANDE*. 

JDLIEIf. 

Le MVant qui tantôt vous a rendu visite. 

Et de qui j'ai l'honneur de me voir le valet*, 

Madame, vous exhorte à lire ce billet *. 



Quelque împorunt que soit ce qu'où veut que je lise, 
Apprenez, mon ami, que c'est une sottise iSgo 

De se venir jeter au travers d'un discours, 
Et qu'aux gens d'un logis ' il faut avoir recours, 
Afin de s'introduire en valet qui sait vivre. 

IDLIBR. 

Je noterai cela, Madame, dans mon livre. 
PHILAMIIfTX lit* ; 
TrUsotin iett vanté, Madone, qu'il épouia-oU potrv 
filU, /s voiu donneavia que aa philosophie n'en veut qu'à 
pot rickettetf et que vous ferez bien de ne point conclure 
ce mariage que vous iCayez vu* le poème que je compote 



.. , , , , -,_IW. {17H.J 

a. El de qui J'ii l'hoonear A'ètn l'humble tiIci. (16S1, 17!^.} 
3. Ca lalien, vilct dH taraïUai, aL qui, moai l'illou roir, tMit pou 
Ini-m^Okt u joqnul ou lifre, «K doate de rvBArqiia, d^eEtnïEit d« T^(^ 
da MBdalH, pantt ùin dm pes la baaa parlanr, at planar ici mtm* mal i 
popoa «MW takarU m liaa da rau iimu OB rouf fri€. 






it ea«x qui Tiannaat pvar &ira nilla oa pav parlar aai Battrai. 

5. /J( eat omi* dau 1*i Ivitai da 1891 B, 97, 1710, iS, 33, 34. 

6. ATiat qac *<m* a^ tb. • Ja na M qallMrai poUt qM ja m» t'ai» *■ 
paadn. • {Lt Midtda mmlftt lui, a«ta UI, aaàM a, WM TI, f. 117. 
Taja la OiedcmiiMin i* Litri k Qn. p. l4lii aoInaBa i, ^, at BaU 
tWM TU, p. >I7. Bota S. 



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ACTE IT, SCÈNE IT. 177 

contre IhI. En attendant celte peinture, où Je prétejida 
MMM le dépeindre de toutes tes couleurs^ je vous envoie 
Horace, V'irgile, Tirence^ tt Catulle, ou voui verrez 
moti* «n marge tous U$ endroits quil a pillés. 

PHILàHIim poonnil*. 
Voilà SOT cet hymea * que je me suis promis 1 3 9 5 

Un mérite attaqué de beancoop d'ennemis ; 
Et ce déchaîaeroent aujourd'hui me convie 
A faire une action qui confonde t'envie. 
Qui loi fasse sentir qne l'effort qu'elle fait, 
De ce qu'elle veut rompre aura pressé l'effet. 1400 

Reportez* tout cela sur l'heure à votre maître, 
Et loi dites qu'afin de lui faire connoltre* 
Quel grand état je fais de ses nobles avis 
Et comme je les crois dignes d'être snîvis, 
Dès ce soir* à Monsieur Je marierai ma fille. 1405 

Vous*, Monsieur, comme ami de toute la famille, 
A signer leur contrat vous pourrez assister, 
Et je vous y veux bien, de ma part'', inviter. 
Armande, prenez soin d'envoyer au Notaire ', 
Et d'aller avertir votre sœur de l'affaire. 1410 

AHMÂKDB. 

Pour «Tertir ma sœur, il n^ea est pas besoin, 

I. CctM iadieatioa n'cM pia diu l'cdition da 1734, 

3. A. duc de cet hjnen, on 1 l'uBoBce, lur li bobt«II« da cet hjaun. 

3. ^ ImlUm. Keportci. (1734] 

i- lUac orthographe, uu égard 1 la rime, ^e plu haut, rarajo) ■1704. 

5. JhiUrM* TrUtatim. Dèa ce aoir. [Ihidtm.) 

t. SCÈRE T. 

raiLAMUtn, AaMAMU, CUTÀVDU. 

pHUMian, i CliimaJrt. Tau. {lUJtm.) 

7. Da ■■■ eAté, pour mai : mjei daa axemplM asalogOM daaa la LMrifw 
A U iMmgmt /• CtwunlU, Ion O, p. iSg. 

I. I« iBCBtJB» lariamt as vm 1437. Si die «al ■BJiwrd'hiu hora d'uâga 
^ pnlaal d'sa aataire, on dit bien «naore ; • (Blojer la midedH, • JKMr 
— aa j « qMifa'Bi Aai I* aWarfa, «arojv ehacefacr la aidaeiB. 



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itS les femmes savantes. 

Et Monsieur que voilà saura prendre le soin 
De courir lui porter bientôt cette nouvelle, 
Et disposer son cœur & vous être rebelle. 

PHILlMIIfTE. 

Nous verrons qui sur elle aura plus de pouvoir*, 1 4 > ^ 
Et si je la saurai réduire & son devoir. 

(EU. ■'* T..) 

AKKàlTDX. 

J'ai* grand regret. Monsieur, de voir qu'à vos visées 
Les cboses ne soient pas tout à fait disposées. 

CLrrÂHDKS. 

Je m'en vais travailler, Madame, avec ardeur, 

A ne vous point laisser ce grand regret au cteur. i ( s o 

ABMÀRDB. 

]'ai peur que votre effort n'ait pas trop bonne issue. 



Peut-être verrez- vous votre crainte déçue. 

ABHAKDE. 

Je le sonbaite ainsi. 



J'en suis persuadé. 
Et que de votre appui je serai secondé. 

IRHÀHDX. 

Oui, je vais vous servir de toute ma puissance. 



Et ce service est sûr de ma recoonoîssance. 



I. Tuiu do CDmpiratlf, uqiiel Im édiUarad* 1734 iDCuleat, uu dMte 
•Beore, d)iu Ii praaa, tnlMtitai ta Mur du «nperlitif : oompim ton* VII, 
p. loi, an ueoiul hotoI i • Qui «t plu erlminel, li Totra a*i>> oa cel«i 
qnL.., 00 UcQ calai qui,.. ■ ; at toj« la Ltxi^mt de tm loMgmt dt CermtiîU, 
tOBwD, p. tSg et igo, st calui ib la laagmi Je la Bmjirt, p. vjti M 977. 

a. SCÈNE VI. 



.. J'ai. (.7U.) 



D.nt.zedbïGoOglc 



ACT8 IV, SCÈNE V. 179 

SCÈNE V. 
CHRYSALE, ARISTE, HENRIETTE, CLITANDRE. 

CLFrAHDlB. 

Suu TOtie appui, Moosiear, je serai malheureux : 

Madame Totre femme a rejeté mes vœux, 

Et aon cœur prévenu veut Trissotin pour gendre. 

CHarsuA. 
Hais quelle fiintaisie a-t-elle donc pu prendre*? 14S0 
Pourquoi diantre vouloir ce Monsieur Trissotîn ? 

XBISTS. 

Cest par llioniienr qu'il a de rimer à latin' 
Qu'il a sur son rival emporté l'avantaf^e. 

CUTANDXB. 

Ule vent dès ce soir faire ce mariage. 

CHBYSÀLX. 

Dès ce soir? 

CUTiKDU. 

Dès ce soir. 

cnaYSALX. 

Etdèsce soir je veux, i435 



I. sctan vn. (1734.) 

%, Ob pvilt Hoir dit frtmàrt la fantaiiit on prtiulrt /antaùit iU„. 
ttimaia m* 4init fmtdn U dtatia A... : Tajn le Ltsiqme de la taaf»a i. 
C wwm ll i i , tooM I, p. aS8, p. At3-iH, at U reaui^nc ■■ b*ut ds cotta der 
tHarn pa(a. Compam d-dsHmi, ran gm «t 903, l'tiprMÙOB : frtmbv an 

it iMiiit de jnfuàem* 



• m Caritidà..., G»e da pretiuioB >, twlliniifBl helUnûlc lUt fd- 
Amm, MM m. KâM n, tome m. p. SSV 

* I )■ ■■— eroia grand latin, > grand lalinirta (IMwI amt»niuc, («ta D. 

■i>* *^ ««■ Ml. tMM 1. p. *4S). 



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■ 8o LES FEHHES SAVANTES. 

Pour la contrecarrer*, vous marier vous deux. 

CUTANDRI. 

Pour dresser le contrat, elle envoie an Notaire. 

CHRrSUB. 

Et je vais le qaerir pour celui qu'il doit faire. 

CUTÀRDRK*. 

Et Madame doit être instruite par sa sœur 

De l'hymen où l'on vent qu'elle apprête son cceor, m» 

CHBTSALB. 

Et moi, je loi commande avec pleine puissance 

De préparer sa main à cette autre alliance. 

Ah ! je leur ferai voir si, pour donner la loi, 

D est dans ma maison d'autre maître que moi. 

Nous allons* revenir, songez i nous attendre. 144S 

Allons, suivez mes pas, mon frère, et vous, mon gendre. 

HBNRIBTTa', 

H^las ! dans cette humeur conser^ez-Ie toujours. 

ABISTB. 

J'emploierai toute chose à servir vos amours. 

CLrrÀNDRB. 
Quelque' secours puissant qu'on promette à ma fiamme, 
Mon plus solide espoir, c'est votre cœur. Madame*. 

1. L'onhegripba d« inci«iu tmtn • 
*cn, toDtai n« édition omt mu daaii idcil 
(eonpirai lomc VI, p. i ig et aots i). 

1. CuTunHU. MMliuU BtitrittU. (ijS^.) 

3. Â Haritiu. Hou illona. (ItUm.) 

■ - I, a JritU. {lUJtm.) 

SCtNB VOI. 

Gutunaa. Qulqm*. [IKJtm.) 

6. Du* rdM>^, TiUr* dit da mtec klIuÛM (rtrr SiS M 8l4 ■ 

.... Qsdqaa alfartt ipia aou pripiiiou toaa. 
Ml pla* |ra»di mfinmit, k TTii din, ml w tow. 



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ACTE IV, SCÈNE V. if 

HKRBIBTra. 

Pour mon cœur, vous pouvez vous assurer de lui*. 

CUTANIIRB. 

Je ne puis qu'être heureux, quand j'aurai son appui. 

nBMMETTE. 

Vous voyez à quels nœuds on prétend le contraindre. 



Tint qu'û sera pour moi, je ne vois rien à craindre. 

nENRIETTB. 

Je vais tout essayer pour nos vœux les plus doux; 1 4 
Et si tons mes efforts ne me donnent à vous, 
D est une retraite où notre âme se donne * 
Qui m'empêchera d'être à toute autre personne. 

CLITANDKB. 

TeniUe le juste Gel me garder eu ce jour 

De recevoir de vous cette preuve d'amour*! n 

I. yomt pooTei Jm idr de lui, complir inr lai. Aûui Xjpbarà di 
MiMJMf. im Ytn i63 de MiiiriJaU, 1673 : 



eatiérti ('«Qgage pour taDJonn. — • L* coamM. 
oHiaiire da aMiaatauHi d« Bblière, qaind Inuf 
tiain Iedt iKUnidon. Eliire. ûtat Dam Cvn* 
I r, nrt 1739-1714), ei Htrign», dint Tartiiffli 
3oo], ■BBODuot 11 mjma ntolation qu'HcM* 



m DU QUATatàia aor. 



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LKS FEHHES SAVANTES. 



ACTE V. 

SCÈNE PREMIÈRE. 

HENRIETTE, TRISSOTIN, 

HBNUETTB. 

Ceet sur le mariage où ma mère s'apprête 

Qae j'ai voulu, Monsieur, vous parler tête à tête ; 

Et j'ai cru, daus le trouble oii je vois la maisoD, 

Qae je poorrois vous faire écouter la raison. 

Je sais qu'avec mes vœnz* vous me jagez capable i(<S 

De vous porter en dot un bien considérable ; 

Mais l'argent, dont on voit tant de gens faire cas, 

Pour on vrai philosophe a d'indignes appas; 

Et le mépris du bien et des grandeurs frivoles 

Ne doit point éclater dans vos seules paroles. kj* 

Tansorm. 
Aussi n'est-ce point 1& ce qui me charme en vous ; 
Et vos brillants attraits, vos yeux perçants et doux, 
Votre grâce, et votre air, sont les biens, les richesses. 
Qui vons ont attiré mes vceux et mes tendresses : 
C'est de ces seuls trésors que je suis amoureux. 147 s 



Je suis fort redevable i vos feux généreux : 
Cet obligeant amour a de quoi me confondre, 

I. Atm I'mg(g«ismt qaa ja prtmdnli d'onùr bi ria 1 Ii tMm, oa 
p«t-4m, CDHaa (i (oamt, et, p«T «•■pk, ■•■£ im plu Ion, arcs 
»BB aBNlioii, ITH qaalqaa iailùatiini poar tob* : «napirai FaBpM da 
■M bit MX *m 1403. iSis, ifS». iStt. 



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ACTE T, SCENE I. if 

Et î'w regret, Monsieur, de n'y pouvoir répoodre. 
Je TOUS estime autant qu'on sanroit estimer; 
Mais je trouve on obstacle à vous pouvoir aimer : 1 4 1 
Un cœur, vous le savez, à deux ne saoroit être, 
Et je sens que du mien Clîtandre s'est &it maître. 
Je sais qu'il a bien moins de mërite que vous, 
Que j'ai de méchants yeux pour le choix d'un époux, 
Que par cent beaux talents vous devriez me plaire ; 
Je vois bien que j'ai tort, mais je n'y puis que &ire ; 
Et tout ce que sur m<H peut le raisonnement, 
Cest* de me vouloir mal* d'un tel aveuglement. 

TRissorm. 
Le don de votre main où l'on me fait prétendre 
Me livrera ce cour que possède Clîtandre ; Kg 

Et par mille doux soins j'ai lieu de présumer 
Que je pourrai trouver l'art de me faire aimer. 

BKmmTB. 
Non : i ses premiers vœux* mon âme est atuchée, 
Et ne peut de vos soins, MoDSieor, être touchée. 
Avec vous lîlH«ment j'ose ici m'expliquer, 1 4 <> 

Et mcm aveu n'a rien cpiî vous doive choquer. 
Cette amoureuse ardeur qui dans les cœurs s'excite 
N'est point, comme Ton sait, un effet du mérite : 

I . Et Mat et qM, pu •■ 

.... Je Ba Tcnx BuJ d'ant U 



h ma Tcn awl i» Borl d'itn d« robt ne*. 



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i84 LES FEMMES SATAnTES. 

Le caprice y prend part, et quand quelqu'un nous pliût. 

Souvent nous avons peine à dire pourquoi c'est, i Soo 
Si l'on aimoit, Monsieur, par choix et par sagesse. 
Yods auriez tout mon cœur et toute ma tendresse ; 
Mais on voit que l'amonr se gouverne autrement. 
Laissez-moi, je vous prie, à mon aveuglement, 
Et ne vous servez point de cette violence iSoS 

Que pour vous on veut faire à mon obéissauce. 
Quand on est honnête homme, on ne veut rien devoir 
A ce que des parents ont sur nous de pouvoir ; 
On répugne à se faire immoler ce qu'on aime. 
Et l'on veut n'obtenir un cœur que de lui-même*. tSta 
Ne poussez point ma mère à vouloir par son choix 
Exercer sur mes vœux la rigueur de ses droits ; 
Ôtez-moi votre amour*, et portez à quelque autre 
Les hommages d'un cœur aussi cher* que le vôtre'. 

TMSSOTIH. 

Le moyen que ce cœur puisse vous contenter ? i S ■ S 
Imposez-lui des lois qu'il puisse exécuter. 
De ne vous point aimer peut-il être capable, 
A moins que vous cessiez ", Madame, d'être aim 



I. Conpim (Uni Don Gan 
p. ]») lu t«r* 1713-1719 idr 

1. Hctim-Dioi Totrc imaar, ■ Paurru qnc Diau ma (lOe li grttu ie 
Tiiiiiar eoeon plui qnc Tout.... Celte petit* eiicoiutaiicc d'un eair qac 
l'an AlB IH Créateur pour le donner i II créiture ne donne (joclquifail 
de gnniln igitiiiant. ■ (Mme de S^Tigné, tone III, 1673, p. 3i9.} 

3. D'ioui luul prii; la mol cW 1 iti anplnji inc ca «1 m t*rt 55 4a 
Mùantiropc : fajti tome V, p. 4(7 et note 3. 

4. Qaa Is oAtre. (1O74, Si; UaU corrigée dani lei iditiou (unnM*, 
a«Bfi6g7.) 

■« Ter» 7^3 d« Dotn Garei* da flafarn, Au tome II, p. 109 du fjrijne iU 
CtnmIU, H. Hirtj-LeTaiBi dit, iprèi iroir cîlé de lai de BOnbraaK 
•lampla «au u .- < aiehdal, Fnnticrc, rAcidémia, a'tM»fd«Bl h fUtr 
laivre it jmhu jb* de ■«. ■ P<wr l'AcadéBi*, aala «at mi 4» Ma tnU 



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ACTE y, SCÈNE I. i85 

Et d^éuJer aox yeux les célestes appas.... 

HIRSIBTTB. ' 

Eh, MoDsieur ! laissons là ce galimatias. iSao 

Voua avez tant d'Iris, de Pbilis, d'AmaraDtes, 
Que partout dans vos vers vous peinez si charmantes, 
Et pour qui vous jurez tant d'amoureuse ardeor'.... 

TIIIS80TIN. 

Cest moD esprit qui parie, et ce n'est pas mou cœur. 
D'elles on ne me voit amoureux qu'en poëtej iSiS 
Mais j'aime tout de bon l'adorable Henriette. 

HBNBIBTTE. 

Eh! de grikce, Monsieur.... 

THlSSOTlir. 

Si c'est vous offenser, 
Mon offense envers vous n'est pas prête à cesser. 
Cette ardeur, jusqu'ici de vos yeux ignorée, 
Voua consacre des vœux d'cteroelle durée; i5 3s 

Bien n'en peat arrêter les aimables transports • 
Et, lûen que vos beautés condamnent mes efforts. 
Je oe pais refuser le secours d'une mère 
Qui prétend couronner nne flamme si chère*; 



Jrû et Amaranu fuient «■ cfTet Im dinx b«aatéi en l'iir à qui l'abbé 
I adronit ki madrigaoï. EsTo^ant le recueil de eti fideun i an 
• U Houaaje, il lui dit* : • He faitei point d'application aux diniM 
aiuoH, ([Baul tou lirei ce qne j'ai fait ponr Irit et poor 
■ont, Honiienr, dei nomi de nmao, et l'il J ■ qnalqns 
, die eal cachée aou la fabla. > Ccit aiactenMnt le leBi de U Té> 
qM Triiaotin n [aire a Hennettc : 




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tS6 LBS FEMMES SAVANTES. 

Etpoarvn que j'obtienne un bonheur n chaimatit, i59S 
Pourvu qne je vous aye, il n'importe conunent. 



Hais Bxvcif-vous qu'on risque nn peu plus qu'on ne pense 

A vouloir sur un oœur user de violence ? 

Qu'il ne finit pas bien sûr', i vous le trancher net*. 

D'épouser une fille en dépit qu'elle en ait*, iSto 

Et qu'elle peut aller, en se voyant contraindre, 

A des ressentiments que le mari doit craindre? 

TUBSOTIH. 

Un tel discours n'a rien dont je sois altéré*: 

A tous événements le sage est préparé ; 

Guéri par la raison des foiblesses vulgaires, ■ S ( S 

Il se met au-dessus de ces sortes d'affaires *, 

t, Gor*dlla. par lailogU d* ea tour U/iâl ion, • «Biplaji 1m liniBtiiwi 
il Jail imugstia, il /tùi m mr a i i, coutmiiaiit k U (ait* sa isfiaitif ttma 
Je {njn ion Laiqme, toma I, p. 410]. Thom» Concilia, eiti par litoi, 
a*ait dljk d!t lUo* U GaUiid daaiU (1660, aeta T, acàme n), àgalomirt 
arec ob infinitif Mm dt ; 

fl doit bira nul adr nenair tm Mramti. 

a Bt. pooT le trancliai net, 

L'uBÏ du ganra hamaÎB n'«[ point du toat mon fait. 

[U Mitmiuirtft, Tan U «t 6f .) 

3. Pour catta loaorïon en dtpil que..., déji pluiaim ibi* tanooMiie 
<paT «oBipla aa Ttn a3j du MitanlMrVft, lomt V, p. 4S7 -, i U aeàa t da 
Paeta n da Mami4w ëe Pnmrctaitfnae, tam« VII, p. 1S6), «oyea dua la 
iXrliiiiuain ie liitri !«■ eiamplea citsa t ïtttxi V g Tojai asaii la R*- 
mtrftt 1 1 ce mot. 

4. Troabli, aFiècti. ■ Il y ■ da> paMiOB* nataralla* ^ paaTcat bia alli- 
rar la i^a, maii dos lai faire peur, ■ [lUUiarbe, Jr^mmit da Vifitn un 
4« Séntqoa, tama H, p. 470.) 

Ja >a Mil qasta «ooptsu ont ma> Ime akMe. 

(KetroB, l*M Oeauùju ftrJmtt, lS3l, aeta II, •ateam.) 
Qm) «nfat weanna tom tiosbla at Taoaallinf 

(Beiiaaa, miirt m, I0BS, 'nn i.) 

Oa ■ Tn plai hnt (p. i;*, note an Te» i3*4) daaa aa* «iladoB 4a Cmïm, 
«ifcnatisH «aploji dau le mbi da mmUt, imalim, 

5. Da M* «Ma d'aflaini. {i673.;Sl(I 



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ACTB V, SCAnB I. 187 

El a'a giide de prendre ancme ombre d'enaai' 
De toDt ce qui n'est paa pour* dépendre de loi. 



En Térité, Monsieur, je sois de vous ravie; 

Et je ne pensoîa pas que la philosophie 1 5 S o 

FAt n belle qu'elle est, d'instraire* ainsi les gens 

A porter consumment* de pareils accidents. 

Cette fermeté d'âme, i vous si singulière*, 

Mérite qn'oD loi donne une illustre matière, 

Est digne de trouver qui prenne avec amour ■ s S S 

Les Boina oontinuels de la mettre en son jour; 

Et comme, i dire vrai, je n'oserois me croire 

Ken pn^are i loi donner tout l'éclat de sa gloire, 

Je le laisse * à quelque autre, et vous jure entre noua 

Qae je renonce an bien^ de voua voir mon époux, t SSa 

t. Eimi, ■■ «eu d'aj^Keiiem, d« ejlagriK, de nMci, ai on 1'* ru «nfloji 
■Un la wm 545 et S67 da eitamrdi. 

1. ITeat pM dcutB»!...; toBTioaTC&t rtlni. 

3. C*tt-h-dii« ttt U bMUté, la mlriie, qu'elle i, d'iutniîr* ■!&«..,. 

«. ftUÊt ut pla«M«n fol* «TM le tcu de Ma^nrur du* Canaille i 

Fâ tm par na nppart. 

Coaae de tw deai BU tou partei le tnp«. 

\Barma, aeta V, leine n, *ert lUQ et itSoi et aaeora 
ai Tan i45S da «aplat de Tulle.) 
.... Il aroit pewti cette nart amtuHent 
Avaat qaa d« boaimui il iproaTÉt Ii nge. 
[Une n, dnpiln ix da einâiaiim, >en gO «t 9Ui tane Tm, p. ih.) 
— CaeiÉaMHiaM. ■•«« en m a n ee. iTce eoiuag* : a'ert uad qn'D bat wa* 
4M>eip£qB*Tiaad la »l aa Tan 5ag de Pir^eU (kM 1, eetoa t*. de 

Mdb*. MM* nu, p. >»s). 

5. Qai Toaa nt li particaliàn : la Dittiammairt i* IMtri >'a pal d'iatra 
(lai^li 4b êmgmiir a*ae aa BBMpHweal da ae gaaie. 
C 2a ■eatieleiiat : Je laiae* la eboaa, ee foia-.. 
J. X rseMlifa, aa boahaw. 

vutaa (à Sl—artlU). 
....Tm U Ue> d-tea de tm TaUae, 
Bifaa dai* raadra frfM % nn keai«a deMla*. 

(£*Aab Wh marû, atu I, tkmt m, Ten alç et *9*.] 
n ^eat db gnad e hi Maar, et aau a priti toai 
Q^n p«t aralr la Uaa da «oaHr iTee aana. 

(£m ^dilMw, *eia n, talM Ti, «m bS « 6aS.) 



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i8S LES FEHUBS SAVANTES. 

TBissoriR '. 
Nous allons voir bientôt comment ira l'affaire, 
Et l'on a là dedans fait venir le Notaire. 



CHRYSALE, CLITANDRE, MARTINE, HENRIETTE*. 

CHtYSiLB. 

Ah, ma fille ! je sais bien aise de tous voir. 

Allons, venez>voas-en faire votre devoir, 

Et soumettre vos vœux aux volontés d'un père. 1 5tS 

Je veox, je veux apprendre à vivre à votre mère , 

Et, poor la mieux braver, voilà, malgré ses dents*, 

Martine que j'amène, et rétablis céans. 

HKHRIETTK. 

Vos résolutions sont dignes de louange. 

Gardez que cette humeur, mon père, ne vous' change; 

Soyez ferme à vouloir ce que vous souhaitez, 

Et ne vous laissez point séduire à vos bontés' ; 

Ne vous relâchez pas, et faites bien en sorte 

D'empêcher que sur vous ma mère ne l'emporte. 



vrta^L (1534.) 

a. taUlTtALM, CLrTAHDU, HERKOCm, MlKIOn. {IMtm.) 
3, En <Upit d'cllo. < lia m'ont fiit inidwiB mlgn bm dcu*. > (U 
MUtn» maigri lui, icu lU, teiat i, tome VI, p. ^9.) Ain«iu« e'**t m 
difil 44 rat dtnu (pai titta^; M«ne tiD du Siatùn, mime Wm» VI, 
p. i56). 

i. Ktgima uidirecl : < 1 Ton», > éqnÎTilcat ici, pmr 1« mm, h « ea 



5. A 1 

plu loin, an Tcn iSSaj, i 

Uitttr, prend la Talcur de ^ 

eifB^w da Dittiiemitain Jt Lillri k l'aiticla À, si*, «t je ittifut d> 1* 

Uiifm* é» CannUU, Mme I, p. lo et ii. 



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ACTE r, SCÂNB II. 189 



CHHTMLl. 

Gnunent? Me preaez-voas ici pour ui^ benêt? iSjS 



ITcD préserve le Gel! 

Suis-je an ht*, s'il vous plaît ? 
Je ne dis pas «ela. 

CHkTSALE. 

Me croit-on incapable 
Des fermes sentiments d'un homme raisonnable ? 



Non, monp^. 

CHKYS&LK. 

Est-ce donc qu'à l'âge ob je nw voi, 
Je n'anrois pas Tesprit d'être mtdtre chez moi ? 1 5 s a 



S fait. 

CBaVSALB. 

Et qne j'aurois cette faiblesse d'âme, 
De me laisser mener par le nez à ma femme ? 

HBNHIBTTI. 

Eh I Doa, mon père. 

CHaySALK. 

Ouab * ! qu'est-ce donc que ceci ? 
Je vous troore plaisante à me parler ainsi *, 



1. Omaii «t MBf doata k pnMooctr en oaa aillitM, eoinm* m tc» Sfg 
4> D^ nwHVBf CI ei-iprii ta Tan i6(0, et, «n ci e», T* aiaet d« 
p« ■'s« poiat à «lider. Ua* piiM HBiblablc, tipirmat ami, daimier Bat 
Àt rWaiKiche, et 1'* BiHt da l'anat-damiar w», ■ cBptchi aani l'éU- 
daa ■■ m* 153. 



D.nt.zedbïGoOglc 



LES FEHUBS SAVANTES. 



Si je vous ai choqué, ce o'est pas mon envie, iStS 



Ma volonté cians doit être en tout soivie. 

RUfBierTB. 
Fort bien, mon père. 

GUTSALE. 

Ancan, hors moi, dans la n 
N'a droit de commander. 



Oui, TOUS avez raison. 

CHSYSÂLI. 

Cest moi qui tiens le rang de chef de la fiimiUe. 

HBHKirm. 
D'accord. 

CHftYSALE. 

C'est moi qui dois disposer de ma fille, i S90 

BEKaiBTTI, 

Eh! oui*. 



Le Gel me donne un pleîa pouvoir snr tous- 

HKNaiBTTB. 

Qui vous dit le contraire ? 

CHRTSALB. 

Et pour prendre an épcoXf 
Je TOUS ferai bieu voir que c'est à Totre père 
Qu'il TOUS &ut obéir, non pas i votre mère. 

HITTRIBTtB, 

Hélas ! vous flattez là les plus doux de mes vœux, t S»$ 
Veuillez* être obéi, c'est tout c« que je veux. 

I. PoBT II ligcT< MpintioB itaii, esaipim le d^Mt da T«n36t. 

9. Àytt la fenna Tolonlâ d'Itra obéi, i» tou fitr* obiir : tmr e«t iaf i 

ntif de nmloit al Ici fonnet diTinei fjn'on «aiplole i h mode «t ■■ «ab- 

' - l«t* doiMctiawW^iMW. 



D.nt.zedbïGoOglc 



ACTE V, SCÈNE II. 

CHRYSALB. 

Noua verrons si ma femme à mes désira rebelle.,., 

CLrriHDHB. 

La voici qui coaduit le Notaire avec elle. 

CHI 

Secondez-moi bien toos. 



Laissez-moi, j'aurai soin 
De vous encourager, s'il en est de besoin*. 1600 



SCÈNE m. 

PHILAMINTE, BÉLISE, AKMANDE, TRISSOTIN, 

Li Notaire *, CHRYSALE, CLITANDRE, 

HENRIETTE, MARTINE. 



Vons ne sauriez changer votre style sauvage, 

Et nous faire un contrat qui soit en beau langage ? 



Notre style * «st très-bon, et je serots un sot. 
Madame, de vouloir j changer on seul mot. 

1. C( hwr àtait mw dont* i^i ncilU. Lattre n'en cite, avec cet 
twtmfU, tfoe daBx ■■tm, de Rignîar (t de DcMUtci. Hilhcrfae lou! 

Timjtajiit diB* u proM : ■ Vou (Umaodei caaiBC toui dcm doa- 

■tr, d* qBDÏ il me wreit point de bctoio, li le donner iloit detinble de 
tti. • {Trmdaetiam lU Tnili ithitvItiU Je Sénè^mt, IJTn: IT, clwpitreix. 
1»m»U.f.f)$etgi.)D»iuu,faétiesut (rtr* i5, toow I, p. i5o),llidit ; 
Ibie BBi qm'il wit booin d'en parler devinuge.... 

1. VW «OTxi». (1734.) 

I> hDLUOxra, n itoiairt. {fUJem,) 

i, StfU ici ■'«•! pu une eiprewian grnérale, li^ifimt umplement mo- 
tiht Claire : àvu li boaehe d'na notaire, e'eit un mot leehmiqae, qui 
•'at«d de U Banitri de dresHr, de furmtdrr de) letai. Il f ■ d« lirrei 
^ l'eaeelgant.... (JKx* tAm^r.) PhiliiiiiaH l'euandait dei riaillta dû- 
imt ^ oBt éta ai langtaB^a eoBaarréca dana la Ui^M da U pntiqne 



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193 LES FEMMES SAVANTES. 

Ah I quelle barbarie au milieu de la France ! i 
Mais au moiDs, en faveui;. Monsieur, de la science. 
Veuillez, au lieu d'écns, de livres et de francs, 
Nous exprimer la dot en mines et talents, 
Et dater par les mots d'ides et de calendes*. 



Moi ? Si j'allois, Madame, accorder vos demandes. 



(.llM «•« ont p.t » 


on toDin diip 


.ru) 


tq.eV. 




tiit que bon it Icor 


pl>e«, diai eett 


p.« d« H i> 


•ifiut {Feuillet i I- et 


ridition de 167D) : • La Wmn de l'irt mu 


tOBJOan 


fort boni et ibrt bien 


n^t dut l'étendae d 


Imr jarUdietio 


n, où 


]» lUE» 


ne nudmient riea; 


et lo plia hibile oeli 


re dm P*Hl » 


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noi meilleuTi 


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■ iiMÎ que diivit-cH 




jIhî, jBçoil pu 


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ert F» poulut BBC 
■ns le «Ijle d'BB w». 


eoDi^uen».... qurto 


utei le( dlciIoB 


[.ire «leat minniH, 




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bo<m«. ».i. <» pe» 


din, MSI blcMer one 




teeu. 


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e moBde, qoe be»- 


coap de gen* oient de 


eertaini teme) qui 


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itjle de ■olaire, et 


qni duu le* *M« pubi 


ei lont tr»J»n 




« qni ne 


■lent rien ■illeon. . 


Tout en ■'■mnuni det réFormei propo 


iTp 


r PbiUm 


m. et BiïiM, le p.- 



blie ponnit rire du refai qoe fiit le notaire de cbinger nn lenl de aei 
• Bwtl lolenBef • triéi, de eei ■ eliuui ■rtiilei • forméel pu < le! priae** 
de Mt irt • pirtleolier dont h pliiBt àiji MoiUaigne : Tojei le pBMap 
de* SttaU que nppelle H. Puinganlt (p. 11), dupitto xm da Inre 01, 
tone IV, p. iDi. 

I. Bilue, din* la BarbtH, utire ea proee ooBtre Haatmaar. prfte 
■B«(i k WD pMamt Ji miai* de dater par idéi et cmltnJtt, et i'tifrimm 
Ici WBimai d'argent en mtaM et talanU, • Je «Mt laiue i penaer, dttnl, 
«I BB honnie de cette bameur date lei lellrei da i" et do lO** da Bisii, 
SB bien dei caUndtt et det iJai.... Il compte ub Ige qaelqBefaii par 
bulm et qutlquefoii par elympiadtM. Il lappuM ion argent tantôt par 
ttturai roHuiiu, tantAt par Jraekma et untSt par mim auifmu. • 
{Tàmt II*, p.OyiJ** OËBTTea Ji BbImm, i665.) a j a eertamenent iu- 
tatitn de la part de Holiére. {!fol* tAmf»-.) Ctrtaiatmml eai trop din^ 
eetia idia eomiqoa pouvait bien d'elle-méaie tenir 1 Mulilie, fjbm œ 
BaHran de BaLuc, an 1* Toit, ta manie graeqoe et la manie romaÏBe ahar- 
nalcBt. Béliiei par one eonTuaioa plaiaaBte , ane autre barbarie dont «ne mt 
•e donte pai, Teut Toir daiar, 1 la mmaiae, par idea ob ealesdet an acta 
si laa iTilualioai leraiaBt lait», I la greeqaei par mlae* et talent». 

a n fallait nai dnate, an liea de i". Imprimer i5* 



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ACTB r, 8CÉNB IIL 193 

]e me fcnna siffler de tous mes compagnons. 



De cette baritarie en vain noos noos plaignona. 
Alloua, Hoonenr, prenez la table pour écrire. 
Ah ! ah ! * cette impadente ose encor se produire ? 
PoorqwH donc, s'il toos plaît, la ramener chez moi ? 

CHHTSAUt*. 

Tantôt, avec loisir', on vous dira pourquoi. 
Nous sTons maintenant antre choae à conclure. 

Ll NOTAIKB. 

Proeëdons an contrat. Oii donc est la fntnre? 

PHILA.IfDfTI. 

CeUe que je marie est ta cadette. 

LX IfOTlIRK. 

Bon. 

CBKTSILI *. 

Oui. Im voiU, Monsienr; Henriette est son nom. tCa 

LB HOTJLiaS. 

Fort bien. Et le fator? 



L'époux qoe je loi donne 
Em Honneur. 

csaniLB*. 
Et œlai, moi, qu'en propre peraoune 



t. Àhl (hl (i7}«.) 

poitent ici Uiann, tp'i l'ainipU d** Uidomt 

m p«at, crajoot-iwui, reaplicer fatnliB«Bt pir 

-' — -''* l'adrMM à ChrjMlc, c'ait k lu d« 

: pu-tÙMat, ni poor la tond ml poor 

iidqna dau la faouoba da Chrj- 
I tdl* par Ànjcr. 




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1^ LES FEMMES â^TANTES. 

Je prétends qu'elle ^HKue, est' Hoiuiear. 

LB TIOTIIRX. 

Deux époux! 
C^est trop pour la coatome. 

PBtLUUHTI*. 

Oii TOUS arrêtez-TO«u ? 
Mettez, mettez, Monnenr, Trissotio pour mon gendre. 

CBRTULB. 

Pour mon cendre mettez, mettez, Hoosienr, C3itandre. 

LE IfOTAIU. 

Mettez-vous donc d'accord, et d'un juf^ment mAr 
Voyez & convenir entre vous du fdtnr. 

PBtLÀHIinS. 
Suivez, soivez, Monsieur, le choix oh je m'arrête. 

CBXySÀLX. 

Faites, faites, Monsieur, les choses i ma tête. i6I* 

LE HOTIIHB. 

Dites-moi donc & qui j'obéirai des deux? 

PHILAHINTE*. 

Quoi donc? vous combattez les choses que je veux? 

CHHYSALE. 

Je ne saurots souffiïr qu'on ne cherche ' ma fille 
Qae pour l'amour du bien qu'on voit dans ma fiunille. 

PHILAMINTE. 

Vraiment à votre bien on songe bien ici, ifilS 

Et c'est là pour un sage un fort digne souci ! 

CHRYBILE. 

Enfin pour son époux j'ai fait choix de Clitandre. 

PHILÀMlirTE. 

Et moi, pour son époux,^ voici qui je veux prendre : 



n, •• JKuoip*. (i;34,) 
n, i CkrjrtaU. [IbiJtm.) 
3. Qa'om » chirche 1 ifoiaer. Util, dit AogCT wom MM tmHa, M 
MmUe, rtthtrci» unit loi • l'atprtnii» propn ot aiaiMMn >> 
i. MvUnmt nimtùt, {ijH-) 



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ACT8 V, SCàNB III. 195 

Mon ohoût Mm saivî, c^est an point i^soln. 



Onaû! TOOfl le prenez li d'un ton bien absolu? 1840 

ILUTINK. 

Ce n'est point à la femme à prescrire, et je soDunes 
Pmr oëder le desnu en toute chose ata hommes. 

CBKTSÂLB. 

Cest faim dit. 

IfABTIIIZ. 

Mtm oongé cent foia me filkt-il boc', 
Im poole ne doit point chanter devant le coq *. 



1. M* teJl MMii. CMM loratiOB ikat d'n jan de ortw appali U 
hm, et ai 1* Mot kea Nrt 1 annonem qn'on joat eerutnai eirtei nuttmHi 
■t Ut U Ivrta. Du m pniDlin MHIoii (1694), l'Aodimi* te borae k 
*i— T ta ao*^ aattB figmrt trir^uuliin ; miia, dti la >«iHul« (171S], 
db «joat* catto npliaatlon : • An jeo do Soe )«• qutn rois, la dama 
de flipm, la nJat da carreau, *t Eoalt* lu cartel aa-dnau deiqullai Q 
aa a*^ IniKTapidal d'aBtraa, eomne laa aix quand tua* Ici aapt aoot ioste, 
aaHt tac; al pana <!■'«■ jount eaa aorte* da eart« on a aaeaatiimi d« dira 
Aac, de U ricat qoa, dm* la diacoori familier, pour dira qn'naa ehoas att 
■ii aih k i|Hlqa>Ba, oa dit : etla Im ut lux. • La Foatalaa, qoatra au 
anat far AtHaar l aro Mli M, avait bltdiia la Loap lenoBfaat à attaqaar la 
CW>d fbUaTDt da iinaT, 166S, rtrag) : 

m q>a a'm-ta Moaaonl caria ma Mnia bac. 

• tOrS, Ji, 81, m> ijto, 3o, 33, at dau lat troîi 
, poor rimer au yaai. — Aoger remar<jae (d'accord 
« ta DbtîaBaati* hiMoriqae da ta CÔnw de Sainte •Pali je, 1 Poi7i«] qae 
la Maaag aralt dit loagtaaapa araat Holifaa : 
naît ma diplatt 

e la Carne {1 C09), dau on 
B d'aprèt an aatear aatirieBr 1 Uivl* 
■ fw, fllim «oiMWa, gmllmM lattl, • 
ifiimm. Dt ' Amm eet^'ugali, ni de 
iadilu M^tinak tdilian de Vaniae, i5g5, » !«; r*.) Il M troBTe enfin dau 
Mitaa ipanata» rèi^irimii par M. Adosard Fonmier, an Mme IV, prio de 
am FarUtit UttÊrif^t ti linirmim : t Ce«t de pirelllei femme* (bitn JaUf 
-f ^ «aima h) qaa l'on tient ce diieonra: que la ponla chanta (;u e'«i bjm 
A «H fmmUM fW ataatni, f<M catu pamU-là dûmM) udlnairamant dennt 




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196 LES FEMMES SAVANTES. 

CBHTSALI. 

Suudoate. 

■AmTtm. 
Et nous TOyotis que d'un homme on seganue, 
Quand ia femme chez loi porte le haat-de-cèauue * . 

CBaTBALK. 

Il esterai. 



Si j'avois im mari, je le dis, 
Je vondroiB qn^î) se fît le maître du logis ; 
Je ne l'aimerob point, s'il faisoit le jocrisse* ; 
Et si je contestois contre lui par caprice, 
Si je parlois trop haut, je trouverois fort bon 
Qu'avec quelques soufflets U rabaissât mon ton. 

cHari 
Cest parler comme il fiiat. 



MoDsienr est raisonnable 
De vouloir pour sa fille un mari conreaable. 



Oui. 

MARTOn. 

Par quelle raison, jeune et bien &it qu'il est*, i s SI 



mmirm Jt edemiimié, 1694.] 

9. Mili j* u laiiM lUff (prl* ■■ lai iadin, 

Et dmuora la bru sniùéi covmc aa jocilMt t 
(Sgi— rail», k 11 min» »n du Coi» ÙKMgiamin, to* 353 « 354, MaM H, 
p. igS : mjn li nate ( de cMM dornib^ P*S*0 

3. Nou croTOD* «Dcore poaToir noo* conformer 1 TUitioa da ij3(, at 
MbMÎtaar CaiTUia 1 TmiHOTm, qoi «t II Isfon de tau le* iiriwi 
textea. Catt, •«■■ aal doatc, Ckrjnle qal approvTa ici MaRlae, aoBBa il 
Tient de le bira goitre fol*, et eomau il le fen.ipràa la lépliqv auTiMc, 

4. COPUH il eat. lUaa tour dau la poide zi de Milhei^t, nn 7S : 

Lt enelle qa'alle ait aa boaehe lai oreiltM. 



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ACTK V. SCÂNB III. 197 

liù refluer Qttandn ? Et pourquoi, s'il vona plaSt, 

Lai bailler an uvant, qui sans cesse épilo^e ? 

n loi ÙM no mari, non pas un pédagt^e; 

Et ne voulant saToir le graîs*, ni le latin, 

Elle n'a pas besoin de Monsieur Trissotin, teSo 

CmYSÀLI. 

Fort bien. 

Il faut Booffiir qu'elle jase à son aise. 



Les savants ne sont bons qne pour prêcher en chaise'; 

Et pour mon mari, moi, mille fois je t'ai dit, 

Je ne voodrois jamais prendre un honfme d'esprit. 

L'e^iit n'est point du tout ce qu'il faut en tnéna^ ; 

Les livres cadrent * mal avec le mariage; 

Et je veux, si jamais on engage ma foi, 

Un mari qui n'ait point d'autre livre que moi, 

Qui ne sache A ne * B, n'en déplaise i Madame, 

I. ■ Cot, dit GMb, l'ueîniBi wt l^gltim* pfononeiitiaB, gomme dau 
Mwr. ttg*. Ct |nw«gi BMM moBtre qoa, dii taa|ii de HoIUn.ln peapic U 
nMBiit mitan. > Yajtt, t rbûlorlqiM du net Gbbc, diu la Bù i ia ui aSn 
44 tittrJ, aa» dtatioB de Marot, empronU* m CaaOfiM ié U AcÛH.... 
(■53t,MMe II,p. Ii4derfdldaa de M. Piene JasBct] , oà rimst enHoïkla 
itgnu M Cnsi (i U eoit* nmt, pir ndonblemeiil, grii et icJtICTCU] ; 
■ilhan Hantt ■ emploji la rime iDalogue grtci el aignu, diai le Ce/- 
Ifmt JtPAUittiMU F*mm»,mit»lfome\Y, p. «]. 

«. Vaagalaa arait depoii longtenipt pretcrit la dbtinelioii de* dera fomei 
liai* et tàmm, et d)a démit ttre luei bien oublie dijl dan> l'xage : 
hapln aéma que Uolià*. Hee iatentiiHi probablesiEdt, a Toola que la 
■■TiMi paj^waa Ot îd de erlcùe poomit, ce Miabta, le moatrar. TodIc- 
Im ém i— lanniti d'aï aotre Ige préfâruent eneort, en ee *au, cette 
eieille laisa; aisai fteta, daaa aaa Mimoim aatagnphei, et de mtma dau 
■M k«M, ieiit ctùa (tamo II, p. 5»3 ; VU, p. S^) ; et sou aTou m 
(tam> V| p. aig) Hiiiihiiaaiet. ea i6CS, parler, lai auiii, de* cAoûm de pri- 
riiliii . 

3- Dau le* a»riaaa<ia éditiou, fwaJrtHl. — Toyai, p. il et >g de la 
Ifctû», UT l'emploi qae railHutiae de ea mot et de tal antre qDÏn'eat pat 
da MB p*7a> U* eilatioB da Bnaa; et le* ebaerratiaBi qni la aairent. 

^ Ca u ■> Un de ■> «et, dit Céala, ■ oa aicUtaWi Tboma* Diafelru 



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198 LES FSHHES SAVANTES. 

Et ne soit ta un mot dooteor que pour sa femme, tijo 

PHtLAlinrTB*. 

Est-ce fait? et sans trouble* ai-je assez écouté 
Votre digne interjH'ète ? 

CHRTSILE. 

Elle a dit vérité. 
pmLiMiim. 
Et moi, pour trancher court toate cette dîspate, 
II faut qu'absolument mon désir s'exécute. 
Henriette et' Monsieur seront joints de ce pas* ; tSjS 
Je l'ai dit, je le veux : ne me répliquez pas; 
Et si votre parole à Clitandre est donnée. 
Offrez-loi le parti d^épouser son aînée. 

CHRYSiLB. 

Voilà dans cette affaire un accommodement. 

Voyez*, y donnez-vous votre consentement ? i6to 



Eh, mon père ! 

CLiTimaK*. 

Eh, Monsieur! 

■'«H KTl ègilmimt : • HademoÏHille, ne plu na moini qi 
< MemnoD nodoit un lOD birmonlaiix.... • {Lt MMaJe mofiitnTt, 
KCBB T.) • Cina forme, ijOBte Giiûii, jidit Mola en nngc, fttft 
pour rélirioD i 

Que coup! da griSe enjunt lemblible lonne. 

(Li Fontiias, conu t de la 1V> partie, Ten U fin.} > 

I. PnLUcnn. & CkyittU, (1734.,) 

1. Sas* inpatiance, btm iMn de ung-froid. An^ Peiileiidalt plotAt ■*•( 
ta dgnlficatien *eA-n de : Sam aToir ei rien tionbU, aiBi aralr iitaRampn 
tout ce eaqiet. 

3. JVaalraiil Tnuctbt. (1734.) 

4. Noua alloDi da ee paa jolndrot tour caipUeatiF qoi adrenît arve !■ 
DéUpbore. • L'innée de ea pai aiaiigea Bri-aor-Seine, • dît Agrippa d'An* 
bigni, eité par Littri IfButoirt wnitettttU, Impartie, p. aïo). 

5. A Bevuiu II i Ctiuatén. Vojn. (1734.) 
S. Ormdu, i ChrjmU, (iW«M.) 



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ACTE V, SCAnE III. 199 

wiun. 

On poorroit bien lui fiùre 
Dei proposïtkMis qui pooiTCHent mieux lui plaire j 
Ibïs nous établissons une espèce d'amour 
Qui dmt être ^pnré comme Tastre du jour ; 
La substance qui pense j peut être reçue, lOss 

Hait nous en bannissons la substance étendue'. 



SCÈNE DERNIÈRE'. 

AJUSTE, CHRYSALE. PHILAMmTE, BÉLISE, 

HENRIETTE, AAMANDE, TRISSOTIN, ut Notuhb*, 

CLITANDRE, MARTINE. 

ÀMSTS. 

J'ai rq;ret de troubler un mystère* jo^ux ' 
Par le chagrin qu'il faut que j'apporte en ces lieux. 
Ces deux lettres me font porteur de deux nouvelles, 
Dont j'ai senti pour vous les atteintes cruelles : iSgo 
L'ooe,* pour tous, me vient de votre procureur; 
L'autre,* pour vous, me vient de Lyon. 

I. C«^a aMiwu d* l'Ima nbiUaci qnl paoM M da eorpi iDb*tim«c 
iNBd^ ttaial CmilUm mbx leetcon di Douna 1 Tojti particnlitr*' 
■■■ le S* tOait de l« tii£talion n*, at li I» piitis d« Prim:ipti J* la 
fUltmftù, attielM u st ninatt. • IToiu pODTOU ibmî, lil-oB 1 l'irtiele 
HEB, ini»dillini la pnuie et TiUidac uhbb* Ici tbott principale* qoi 
■MMÎMcmt la lutw de la aobMaae* intelligeste cl {Jt U nAiioaee) eorpo- 
rda, M ilora binh ne denu* point le* eoDeeroic antmient qna comme la 
nteasee wim* qai pemM M («aauiu U 4mitiaiU4 mtmt) qai »t ctendac. 
l'iw h ilin eoBiBe l'Imt et k eocp*;... il eai mtmt plot alai de eonnolm 
•Me mttUmm qai penia aa ane MttttMce ttradna goa la ■obataoee tante 

9. 8C&1IE ir. (1734.) 

3. tn MTuaa. (/Md«.) 

«. Le ■jatin, l'iatiBità da Mtte btoraaM réoaiin de bBille. 

5. J FkUmmUu. (ijSt.) 

C A CltjmU. (/NrfNB.) 



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MO LES FEUHES SAVANTES. 

pHiuMnm. 

Quel nulheor, 
Digne d« dodi trembler, ponmHNon nom écrire ? 

AUSTl. 

Cette lettre en contient an que voua pouvez lire. 

PHnaJUIfTK. 

MatlMne, fat prié Monsieur cotre frère de vaut rendre 
e^te lettre, qui vout dira ce que je ttal tué voua aller 
dire. La. grande négligence que vous avez pour vos af- 
fatres a été cause que le clerc de votre rapporter ne 
ma point averti, et vous avez perdu absolument votre 
procès que vous deviez gagner. 

cbrtsalb'. 
Votre procès perda ! 

FHILlIinfTi'. 

Vous voua troublex beaucoup ! 
Mon oœor n'est point du tout ébranlé de ce coup. 
Faites, fiiites paroître une âme moins commune, 
A braver *, comme moi, lea traita de la fortune. 

Le peu de sotn que vous avez vous coûte quarante mille 
icusy et c'est à payw cette somme, avec les dépens, ipt» 
vout êtes condamnée par arrit de la Cour. 
Condamnée ! Ah 1 ce mot est choquant *, et n'est fait 
Qae pour les criminels. 

AXIBTI. 

Il a tort en effet, ijos 

I. CnTaiu, à PUUmùut. (ijU) 
a. PmuMÊim, à CiijrraU. (T&Ubm.) 

3. En branal. ■ Mail..., Jt m'eagig* [eWf h afajnHa/ fmê/t/rmii) 
iB««wihI«m«it ehiqna jour, 1 ncsToir di trop griadi tiauMgBagM da 
votn pauîoB. • {lé Bemrftaù g—tiOiomm*, iilc m, Bàa* xv, ton* TUt, 
p. iSo .t iSi.) 

4. I Trirtn iimmitiliilJtJi û« riiikmJBM. ilir lii|nr, fitl pinMr i Miilii 
d* PimMdM, qai na *nt pu étn Uit. ■ Da rc*U, PhUnautt. qmi Tiat «t 
nit sioiilr*r qa'all* pread *aa HoludBg an tknm, ■wqiM bi«a, •■ sSk- 
tal de M H rimtw qai ui 1* mat, coodtiaB paa «Hi ^mmt •oapM da bit. 



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ACTE T, SCàHB DKRNIÉKK. 

Et TOUS Toas êlea li jaitenwnt récriée, 
n devoit avoir inù qne vons êtes priée. 
Pu «irêt de la Cour, de payer aa plus t6t 
Qnuinte mille éeaa, et les dépens qu'il 6at. 



Vofuu raatre. 

CHITSALI Ut* : 
Mnuteor, Camitié qui me lie à Mtmiltur votre frère 
ne fait prendre intérêt à totU ce qui vous touche. Je eaii 
fw mut avez mis votre bien entre les maint SArgaitte 
et de Damon, et Je vaut donne avis qu'en mime jour ils 
oMt fait tous deux banqaavute. 
OGel! tout à la fois perdre ainsi tout mon bien*! 1705 

PHiLAHiirra*. 
Ah! quel honteux transport! Fi I tout cela n'est rien. 
Il n*cst pour le vrai sage aacna revers funeste, 
Et perdant toote chose, & soi-même il se reste. 
Achevons notre affaire, et quittez votre ennni : 
Son l»en* nous peut suffire, et pour nous, et pour Inî. 

TKiBSorm. 
N<», Madame : cessez de presser cette a£hire. 
le vois qu'à cet hymen tout le monde est contraire, 
Et mon dessein n'est point de contraindre les gens. 

PHILAHlim. 

Cette réflexion vous vient en peu de temps ! 

Elle soit de lùen près, Monsieur, notre disgtâce. 1 3 1 S 

TBISSOTOf. 

I>E tut de résisunce i la fin je me lasse. 

Taime mieux renoncer i tout cet embarras, 

Et ne veux point d'un oœar qui ne se donne pas*. 

1. Obtcus. (1714.) — 9. Toot acia bim. {lUdim.) 

X rumn. à ciiytaU. {IMam.) 

(. Mmmmi T tin m i i i t. Soa U*a. (BÎidtm.) 

S. CMM •^tw^Hi d'an MM- f^ M M <J<m> /M> ink dijk M •■plBJM 



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sM LIS FBHHBS SàTÀNTKS. 

wtn.Ainwi. 
Je TCH>, je vois de Taas,|so]i pas pour votra gloire, 
Ce que jiuqoeB ici j'ai lefiué de erobe. i 



Vous pooTez voir de moi toat ce que voas Tondrax, 
Et je regarde peu comment vous le prendrez. 
Mais je ne sais point hcMnma* i soufirir l'infamie 
Des refus oflEensauta qu'il faut qu'ici j'essaie ; 
Je Taux bien que de moi l'on fasse plus de cas, 17*$ 
Et je baise les mains à qui ne me veot pas *. 



Qn'il* a bien décooTert son àme meroenaire ! 

Et que peu philost^be * est ce qa'il vient de &îre ! 

GLirlDDaB, 

Je ne me vante point de l'être, mais enfin 

Je m'attache, Madame, à tout votre destin, ijS» 

Et j'ose vous ofi&îr avecqne ma personne 

Ce qu'on sait que de bien la fortune me donne. 

PBIUHDITK. 

Vous me diarmez, Monsieur, par ce trait gënéren, 

parMoUin dut DomGareU Jt JAvum (iMl, aeteT, isiu T,nn 1711); 
•lie MbiWTa tOHl itut ïa MMrUau lUItjek* [lett 1, n^ Iii,i«n3l4)< 
mgtdia qmi fM rtpriMnti* as »Mi d< jurlar nlnat (1O7I} 1 

.... CoBtnindn d« MMMqunaw donamt pu. 
Vofu BOtn tooM U, p. 3» et nate a. 

I. Pm homn*. (i;3o, 33, 34) 

9. I* hIoc tri»4iiiBibl<m«it, miû refaw i maB taw ni ■« mt *M 
pu. Ob ■ *n la Ttlgor de ttttt foranl* as T«n 6tg d« tiimmS, «I ï I) 
•oix Ti ia l'aet* m de Gtorf Dmdin (toaa TI, p. SSi) ; tm j p— taou- 
panr ealUqai * itiaxpliqaia an miait tama TI, p. 5(8, Kila^. 

S. scSke DEaniËaE. 

Auns, OBaTUU,p 



1.(1734.) 

(. CoBpam)M**n97*t i6SdBjriMiiiÀn^[MRaV,p.U9,«tMl 
Ob {Mal aaàitnr le bob eomu* qwlUaat •^catir^atst, la«t«*ia 

.......... e CutpwnHn, pwwt.» 



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ACTE T. SCAHB DBANIÉSK. 

Et je venx coaronner vos d«nn unoaretix. 
Oiii« j'acoOTde Hemiette à l'ardear «npnaaét.. 



Non, BU mère : je change 1 prêtent de penjëe. 
Sooficx que je résùte à votre Tolontë. 

CUTAMORI. 

QtKM 7 TOtM TODS <^>pOMZ i ma félicite 7 

Et Iwsqa'i mon amour je Tois chacim se rendre.... 



Je sais le peu de bien qne vous avez, Qitandre, i;4« 

Et je TOUS ai toojoun souhaité pour époox, 

Lorsqa'en satisfaisant à mes vœux les plus doux, 

Fû va cpie mon hymen «jastoit vos affidres ; 

Mais lonque noos avons les destins si contraires, 

Je vous dïërâ assez dam cette extrémité, 1 7 ( S 

Poor ne vous ebarf^ point de notre avérait^*. 

CLrTAUDKX. 

Tout destin, avec vous, me pent être agréable ; 
Toot destin me seroit, sans vous, insapportable. 

HimiaTTi. 
L'unoor dus stm tnuupon parie toujoon ainsi. 
Des retoors* importuns évitons le Bonci : ijSo 

Bien n'nse tant Tardeor de ce nœud qui ootia lie, 
Que les fîtebenx besoins des choses de la vie ; 
Et Von en vient souvent à s'aconser tons ileux 
De tons les noîn chagrins qui suivent de tels feux. 

ÂairrB*. 
^est-«e cpw le motif que nous venons d'entendre 1 7 S S 
Qu viNU bit réùster à l'hymen de Qitandre ? 




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M4 LES FKHHIS SAVANTES. 



Sans cela, voos vernex toat moa oœar y ooorir', 
Et je s« fiiis n main que pour le trop obérir. 

AUSTK. 

Laissez-TOQS donc lier par des cWnes ai belles. 
Je ne voua ai porté que de fiuuaes nouvelles ; 
Et c'est an stratagème, un surprenant secoois, 
Que j'ai voula tenter pour serrîr vos amours, 
Pour détromper ma sœur*, et lui faire connoître 
Ce que ton philosophe i l'essai* pourut être. 

CBKySU.B. 

Le Gel en aoit loaé I 

PBILUiniTX. 

J'en ai la jwe au ocBur, 
Par ie dugrin qu'aura ce lâche déserteur. 
Voilà le ch&timent de sa basse avarice, 
De voir qu'avec édat cet hymen s'accomplisse. 

CBITBÂLx\ 

Je le saviMS iÀea, moi, que vous l'éponaeriez. 

aalUI^>s^ 
Ainsi dtmo i leurs vcenx vous me sacrifiez ? 




I. Ifoa MMi comrt-il tm «hiBgaî ■ 

a. Mm Mmmr «H dit par eonrMin*, pu >BJtU i Arùta t 
Mn, >oalMaa-MTa, de Chirula. 

3. 1 l'spnan. Ik not > lud m mm u ra« 4li At PtytU{wMi,é 
MotUn, HiM m, to» TUI, p. 390). 

4. CnTMU, ■ ClUmain. (16S9, Ij3(.} 

5. Amkuidb, k FUlmàmu. (1734.) 

fl. C* n» b'cm poiat ptrbitmtBl clair. La mm 1« plu pwbabU ■« 
pantt étra t < Pur et nuria^, ea ■• aara paa roaa, il h t 




\ Mal ce qa'alk •'<• ' 



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ACTB T, SCllNE DBRlflÂ&S. so5 

Et Toos avez l'appui de la philosophie, 
Pour voir d'on (^ content couroimer leur ardenr. 

•iusi. 
Qd'îI prenne garde ao moins qae je sois dans son oorar t 
Pu on jKompt désespoir souvent on se marie, 177$ 
Qa'on s'en repent* après tout le temps de sa vie. 



Allons, Ibnainir, suivez Ttwdre qae j'ai présent, 
Et biles le ctmtrat ainsi que je l'ai dit. 

1 ■* pbi ipiritMll* BBioB. ■ Uo* «pUcatiBB plu tûipl* Mnit : • C« 
■'« p«ât TBH qM ja kar werific. bu*, trop joiMmeiit. U Ucb* àitn- 
Har. > Util oatM façm iTntaBdn «t, o«la n us* dira, IiUb pan ligii* 
totna; faUlaan a'a»«Ua pal impoiaibla STsa le htarî H m'ad paa 
if a fMttirt ra*«Hir pour roir qa* le Hcri£« aM Tiiiaolùt c'aat 
vUtactatL 
r. D( laUa Mita, ri blaa qa'oa l'aa npaat..., pou a'aa rapaatk.... 
Ob Km laa eaAafc, qu'on aa l'aparfoit pat. 

{▼«a i4tf7 <l'.^iiytta7M, tmna VI, p. 4I9O 
CAaia, I M ji^ar par la ponatutloB, n'antaudalt pla* biiB e« var* 
limiài mr MtOn, iSm, p. a^ : 




D.nt.zedbïGoOglc 



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MALADE IMAGINAIRE 



COHâDIE 



■ KonQvm ne m Dunu' 

■ POra LA MXMiku fOIt 
■ TBfitrU M U iêUM DD tUAU-XOTAt 



t. u rUds ^ I0>a ajort* r ■ Caritit, twr tarigUal it r«U«v, i* 
M» '■ j III ■rfiffrfaii 4« twffÊtltimt A teèmm ttniir—, fntn Joui Ut 



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NOTICE. 



Le Mtdade imaginaire, qui Ait représenté pour la première 
fus le 10 férrier 1673, est la dernière en date des pièces de 
Matière, son adiea prématuré, non-seulement au théâtre, mais 
à la râ. (Test en le jouant qu'il se sentit frappé dn coup mor- 
tel, par qoi l'on a dit « justement que l'aimable comédie taX 
Utrasséeavecliû'. Préoccupé du soavenir touchant, qui de- 
neve attaché à fflenvre de gaieté, et très-frappé aussi de la 
grande valenr de cette oeuTre, on l'a saluée du nom de chant 
éâ exgne*. Ce n'est pent-6tre pas le mot auquel on se fât at- 
Uadn. Le chant du cygne, une des plus mélancoliques inven- 
tioni des portes, étonne parmi le bruit des [hIous et des autres 
aniei de l'officine de M. Fleorant. Hais nous craindrions de 
trop chicaner sur one expression dont sans doute le sens est 
tiiaatat que la comédie par laquelle Molière a mis fin à ses 
MiiJtges n'a pas indignement fermé la carrière de son génie : 
BDOtiomiDes kùn d'y contredire. 

Il aerail injuste, «a effet, de ne vcùr dans le Malade imagi- 
"târe qu'une facétie de carnaval. Voltaire, tout en le mettant, 
* tort, an nombre des farces, y a reconnu s beaucoup de 
wènes dignes de la hante comédie*. » Le sujet mSme, c'est- 
à-dn b peinture d'une des plus ridicules lâchetés de l'égolsme, 
ippaitieat an Tni comiqne, qui, chea Molière, devient aisé- 
nm le c<Hnique profond. Nous ne venons pas d'ailleurs d'in- 
dapKT le mjet tout entier. Molière ne s'est pas uniquement 

1. Boilcan, ipOn tu, ver* 36. 

1. TMcbcreao, Butoir* de Im rit tt itt omragit Je Moliirt, 
S<iditioD(i863), p. 3ii- 
1. Vo^ei ci-aprèt le Sommmn de VoUaire, p. 356. 

MoliIbb. n )4* 



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9IO LE MALADE IMAGINAIRE. 

prc^kosé de mettre sous nos yeax le risible spectscle d'un 
homme bien portant qae U prëoccupatioD pnérile de sa santé 
rend le jouet de tous. Cette peur de la maladie et de U mort 
entraîne naturellement une foi aveugle et superstitieue dans 
l'art de guérir. Que vaut cet art? Que valaient, pour roîeui 
dire, la plupart de ceux qui en faisaient profession en ce temps- 
là? Autre peinture à faire. A c6té du maniaque il y aura les 
charlatans, tout aussi vrais médecins que leur dupe est vni 
malade. Cest plutôt encore contre eux que contre leur p«i«l- 
lanime client que notre comëdie est partie en guerre. Molière, 
qui ne les regardait pas comme les moins utiles à poorsûvre 
parmi ses justiciables, leur avait déji porté bien des coups; 
mais c'est dans le Malade imaginaire qu'il leur a livré U plus 
grande bataille. Il y avait là un des fléaux du liècle à com- 
battre. De ce point de vue encore, la pièce parait quelque 
chose de plus qu'un agréable badinage. 

Xtf Malade imaginaire est une de cei comédies k divertia- 
sements que d'ordinaire Molière ne composait que pour fitre 
représentées devant la cour. Son intention n'avait pas été que 
celle-ci fit exception. Quelques lignes imprimées en tète du 
Prvlogae nous apprennent qu'après les exploits victorieux du 
Roi en Hollande, il avait fait le projet de cette oomédie « pour 
le délasser de ses nobles travaux. » Les vers du mime Pro- 
logue ' sont également un témoignage de ce dessein. Et cepen- 
dant la pièce, si incontestablemeutécrite pour égajerle carnaval 
de la cour, fut représentée en 1673, non pas! Saint-Germain, 
où le Roi était revenu le i" août 167a, mais sur le théâtre 
du Palais-Royal, Un changement si suiprenant dans les desti- 
nées du Malade imaginaire a besoin d'une expUcation. L'ob- 
stacle qui détourna l'excellente comédie du chemin qu'elle 

I. Nous parlons de celui de* deux prologues qoi le trouve daos 
le lÎTret de 1673, et qui a été éndemment eompoâé pour le théâtre 
de la cour. Qu'il n'ait pas été chanté sur celui du Palaia-Royal, et 
que Molière l'y ait remplie)! par le prologue que donne le lî<rret 
de 1674, noiu serioni fort tenté de le croire, à ne tenir compte 
que des Tniiemblancei morale*. On vem cependant ct-aprti, 
p. a6o, 170 et 171, dan* le* note* sur les prologues, Hir quels 
indice* digue* d'attentioD s'appnie une opinion contraire à celle 
qui n'a pour elle que oe« n«î*enbUinces. 



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NOTICE. an 

mit compté prendre n'est pu diffinle i si^aier. Ce fiit un 
BUsieiHi qui sor c« chemin jeta la pierre d'achoppement. 

Le Roi aimait Molière et la comddie; mais il aimait anasi 
Fop^ et Lulli; il semble même que sa faveur, au moment où 
moa sommes arec le Maiade imaginaire, avait déddëment 
pendit de ce dernier cAtë, s'il n'est pas plus juste de dire 
qa'dle y avait de tout temps pendié. 11 est remarquable qne 
tant de ibîa, qoand Louis XIV réclamait pour ses fètea le 
eoDcoon de Molière, il lui ait trace des programmes qui met- 
taient ton g^me au service des ballets de cour. Ces ballets et 
le poaq>eaz spectacle des tragédies chanta avaient évidem- 
■tat pour Louis XIV un attrait particnlier. C'était, a dit 
féditenr de dm premiers volumes, son s goût le plus pro- 
noncé*. > Aussi lÀlli ëtait-il son homme, l'objet pour lui d'un 
véritable ugouement, La faveur constante dont il jouit auprès 
du Roi a paru à M. Despcns bien autrement constatée par les 
eontenponùis qne ceUe de Molière*. Ce n'était pas au Roi 
•enl que faisait le Florentin : l'admiratioD pour lui était abn 
générale. Si elle est moindre aujourd'hui, son talent n'est pas 
emUeaté ; mais quand on donnerait à ce talent, et il se pour- 
rait Imsi qne ce fAt excéder la mesure, le nom de génie mu- 
■cal, qui voudrait le mettre eu balance avec le génie unnique 
de MoÛère? Il est donc étrange que l'un ait pu faire échec à 
fanire. Il j avait d'ailleurs, dans ce triomphe de Lulli, à (aire 
h part de ses manoeuvres peu honnêtes. C'était un homme 
iftt an gain, un égoïste impatient de toute concurrence, qui 
prétendait tout accaparer, et qui abusa jusqu'au scandale de 
h fxrmr du Prince. Expliquons comment Molière trouva cet 
■trignnt en travers de sa route. 

Le privilège obtenu en 1669 par Perrin pour l'établissement 
dTacadémies de musiqueà Paris et en d'autres villes du Ro/anme, 
qooiqaH lui eilt été accordé pour douze ans, lui fut retiré au 
bout de trois, et transféré i Lulli, i qui des lettres patentes 
da moû de mars 167a pennirent d'établir à Paris une ^00- 
dttfi* rqy^^ de iwaique. Les mêmes lettres portaient défense 
k tootes penoones « de faire chanter aucune pièce entière en 



t. Le Jltéétrt fran^mu tom Lou'u Xlf, par Ë. Despoit, p. 
1. /iUtm, p. 393. 



3i8. 



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31* LE MALADE IMAGINAIRE. 

France, soit en twi françois ou «atres langues, lani la par- 

mis*i<« par ^crit dudît ùear Lolly, à peine de dix mille Utto 
d'amende, et de cooGscatioB des théitres, nuchines, décora- 
tions, habita... '. » Charles Perrault a dit à ce sujet : s LoUi 
demanda cette grâce au Roi avec tant de force et d'in^iortit- 
nit^, que le Rot, craignant que, de d^t, il ne quittât tout, dit 
à H, Colbert qo'il ne pouvoit paa se paaser de cet homme 
dana ses divertiasements, et qu'il falloit lui accorda ce qu'il 
demandoit : ce qui fut fait dès le lendemain*, » Lot Mbaûtt, 
signifias dans le privilège de Lulli, ne purent empêcher No- 
li^ de continuer sur la scène du Palaîs-Ro^al la r ep r ^ s eo ta- 
tion de Pxyehé, qui u'^it pas une s pièce entière «i musiqDe. ■ 
Hais les enrahissements du musicien ne savaient point s'ar- 
rèter: il ne cessa de faire étendre son monopole et de le rendre 
de plus en plus gênant pour les autres thëâtres, où les pièces 
mêlées de chants et de danses étaient encore tolérées. Par 
une ordonnance signée à Saint-Germain, le 14 avril 167a, le 
Roi défendait a aux troupes de ses comédiens fVançois et 
étnagers qui représentent dans Paris.... de se servir, dans 
leurs rqirésentatioQS, de musi«ena au delà du nombre de six 
et de violoui ou joueurs d'instruments au delÀ da lUMohn 
de douze ; et recevoir dans ce nombre aucun dca lunsiciais 
et vicions qiii auront été arrêtés par ledit Lully... ; comme 
ausN de se servir d'aucuns des danseurs qui reçoivent pension 
de Sa Majesté*. » 

Il est certain et prouvé par les registres* que lorstpie P^dti 
fut reprise en novembre 167a, Molière se contei^ de rem- 
placer par d'autres musiciens et danseurs ceux qui a[^Mite- 
oaient au théâtre où Lulli régnait d ' 



e ftrmUùoit à la Miilc du litret de Caimut 
•t Etrmiona, imprima en 167$ et anui i la suite du livret à'Aktttt, 
iiBprim^ en 167 S. 

*, Uime'irti 4t Charles Ptrrtuti, Avignon, I75g, p. 180 et 190. 

3, Aprti II mort de Molière, l'Opéra ne k gCna paa pour faire 
pner plus durement eneore sur les autre* thétlrea oe* loi* jalooMS. 
(Joe noUTclle ordoniiBnce du 3o sTril 1673 ne permit pins an 
cmnédicDi français et jtrangen que deux *oii et six violon*. 
Voyei le Rtgiitrt de la Grange, p. iji. 

4. \oyet au rome VIII, p. 161. 



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NOTICE. «i3 

« que l'oD n'exigea pu dn Palais-Royal qa'il se réduisti, pour 
la mmiqne, à la portioD coogrne fixée par l'ortlonnance. Ce 
nVtait pas faire une trop grande grâce à l'oenvre de Holîère el 
de CMiteille, dont la musique était d'ailleurs de Lulli, et à la- 
qndle le Rm, apr^ en avoir été charmé sur le grand théâtre 
des Tnîlcnes, ne pouvait entièrement retirer sa proteclïon. On 
yoTA d-après' qu'une demi-tolérance ne Tut pas rerusée à la 
troi^ du mais-Royal, pour les représentations du Maladv 



MoUfare cep«>dant avait dd le sentir atteint par le monopole 
enescif de l'Académie Royale de muùqne ; et le mécontente- 
ment qu^ «1 eut est attesté par la résolutinn qu'il prit, au 
moment oà la ConUette d'E»carbagnas fut jouée sur son tbéit- 
tre (SjniUet 167a), de substituer àlamusiquede Lulli celte de 
Qiaipentier*. Ainû « les deux grands BaptUtes ■>, comme on 
les a appelés en leur temps (ils étaient grands fort ioégale? 
ment), se trouvaient dès lors en état de guerre. 

De la veille même du jour où la tragédie-ballet de Pryehé 
avak reccmimencé aea représentations au Palais-Royal, est 
daté V Achevé d'imprimer dn livret des Fitej de l'Jmour el 
de BaeekHf, auquel était jmnte la première impression sans 
dodte d'm nouveau privil^e du Roi, donné à Lulli, et signé 
k VenaîUes le ao septembre 167a. Ce privilège était exorbi- 
tBBt. 11 n'est pas inutile d'en citer ce qui nous intéresse ici : 
« Notre faien-amé Jean-Baplbte Lully,... nous a fait remontrer 
que les aire de musique qu'il a ct-devant composés, ceux qu'il 
oo^iosa journellement par nos ordres, et ceux qu'il sera obligé 
de ootnposcr à l'avenir pour les {nèces qui seront représentées 
par l'Académie Royale de muàque..., étant purement de son 
invcBtno et de telle qualité que le moindre changement ou 
oHuaùoa leur bit perdre leur grâce naturelle..., nous lui 
avona permis et accordé, permettons et accordons par ces 
[wéaentes de bire imprimer par tel libraire ou imprimeur.... 
qu'il voudra.... tous et chacun» lea airs de musique qui se- 
rodt par loi iâils, comme aussi les vers, paroles, sujets, des- 
•ans et ouvrages sur lesquels lesdiu airs de musique auront 

I. A la pa^ 14». 

1. Voyci an tome VIIl, p, 539, '* P- ^*< '^'>^'' ^■ 



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ai4 LE MALADE IMAGINAIRE. 

été composas, sans en rien excepter, et ce penduit la tempt d* 
trente années consécutives. » Ce texte «utorÏMit-il, par m 
effet rétroactif, la confiscation des vers, paroles, anjeta, al 
(l'expression U pins générale s'y remarque) des oiairaget qse 
HoU^ arait va le malheur d'orner des airs de nnisique ds- 
Tcnus la propriété inviolable du componteor? On en crcnraît 
trouver ane preuve dans ce (ait ({ne les FAei de VAiiwmtet 
de BaccAui, données par Lnlli ror son théAtre le 1 5 novemlm 
167a*, étaient composées en grtuide partie de morceaux tira 
des ouvrages de Molière*. Il se serait Tait ainsi la part du lion 
dans les intermèdes des pièces de notre auteur, les regu> 
damt comme siens, par la raison qu'il aa avait écrit U mnsiqne. 
Vers ces derniers mms de 167a, Molière devait déjà tra- 
vailler k son Malade imaginaire. 11 ini fallait la oollaboratiaB 
d'un mosicien ; mais il ne pouvait plus être tenté de la demai>- 
der à l'homme qui tirait tout i lui. Ce fnt à Charpentier qn'ïl 
t'adressa, comme il avait fait pour les rei»>éseDUtioua ï b 
ville de la Comtesse d' Eicarbagnat. Charpentier le mit d'abord 
à l'œuvre, sans prévtrir encore, i ce qu'il semble, les diffi- 
cultés que LuUi allait suscrler. On lit, à la page 4^ du cahier 
manuscrit qui contient sa musique : a Le Malade imagimairt 
avant les défenses ; » et en tète de la page 49 ■ * Ouverture 
du Prologue du Malade imaginaire dans sa splaideur ; » «fin 
à la page 5a : « £« Malade imaginaire avec les défenaes. 
OiH^rture. a Aurait-îl convenu qn'one fois dépouillée de sm 
splendeur musicale, la pièce nouvelle tût jouée devant le 
Roi? Et même n'étaiNil pas douteux que l'accàa du tliéftlre 
de la cour pdt Stre permis à une seule note qui ne fût pal da 
LuIlîP Le Malade imaginaire M trouva donc exclu, ou Mo- 
Uère pensa qu'il l'était. Le silence des contemporains sur U 
manière dont les choses se passèrent, ailence qui s'expliqns 
par le devoir de ne pas mMer un nom auguste au récit de la 
triste victoire du surintendant de la musique de U dutnabn, 
noua réduit aux conjectures. Celle que nous feroos le pku v»- 

I. L« PririUgt du ao leptembre a tfté, coniiM il vioit d'tov 
dit, imprimé ea Mie du llTret de nette Pwtorale. 

* ■ De U PattaraU eomi^ut, de Gtarga DanJi», des Ammuta bi^hk 
jffUM, du Bourgtmt gtmliltomme. 



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NOTICE. «iS 

lontîers, c'est qae la fierté de Htdi^re Ponpleha d'eogager la 
hôte contre l'injustice. 

Un des grands titres de Loois XIT i la reconnaisunce det 
lettres est la faveur c^ie notre poète a trouvée près de Ini. 
Elle avait A^ jnsque-Ia si ^datante, que l'oa répugnerait à 
admettre que Molière en ait été banni, à la fin de sa carrière, 
sans recours possible, et que, s'il avait fortement réclama, 
OD eût repoussé tout accommodement pour idiq>enser, en dé- 
pit de Lnlli, son Malade imaginaire ^ttn soumis anidéfenset, 
et poar te laisser en état d'être représenté devant le Roi. Ce 
•enit bien après ce refiis si dur, et, ce semble, si invraisem- 
blaUe, qn'H «irait eu le drnt de répéter ces vers de son ^a^ 
phitryoa : 

Vingt a SI d'aitidu MrriM 

N'en obtiennent rien po«rDOBi'. 

Croyons plntAt qu'il lai déplut de rien tenter pour disputer 
la place à Lnlli, et qu'avec sa comédie, il se retira dans son 
diéltre, CMiuBB dans sa tente, ne faisant, par respect, entendM 
mmaaati plainte, quoique profondément Ueaaé de voir aaoriflar 
à llusaâritle mooopdeur les intérêts de sa troupe et la pro- 
|wiété intiDe de qa«îque»-tineB de ses aenvres. De cette Meanure, 
cmdiaiwnt sentie, on ne «aurait douter. Autrement, que ti- 
gnîfieraient ces parolea qu'en présence de Baron, qui parait 
les avoir lui-même dtées à Gràmarest, il adressa k sa femme, 
le jour de la troinfane représentation du Mtàad» fiMigimainf 
■ Tant qne ma vie a été mêlée ëgatenient de douleur et de 
plaisir, je me suis cru heureux; mais aujourd'hui qne je snia 
aocaMé de peines, sans pouvoir compter sur aucnns moments 
de satisfactkxi et de douceur, je vma bien qu'il faut qtûtter la 
partie*. > Qu'il vouldt parler des souffrances de la maladie, 
on fiûre allnsioa k ses peines domestiques, devant celle même 
i qui, dit-t«, il aurait eu à les reprocher, ce n'est point le 
sa» le plna probable. Scm déoooragement semble bien être 
cdUu fie l'homme qui ne se sent plus ioui«iu dans ses travaux, 
eoauBe il l'avait été si longtemps, par nne main toute-pma- 
saHe. D crut aans doute qne cette main s'était, sinm tout à fiùt 

I. iclel, «eèse i, Tcra 174 et 17$. 

a. Gffinarest, ImrUétM.Js M«tiir*, p. 184 •* >U. 



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9\6 LE MALADE lUAGlNAIRE. 

rôtira, au moins ua peu âmgait de Ini, La nafrme d^c^xioa 
devait, un peii plus lard, porter à Racine le coup de la mort ; 
nous ne touIou pai dire qu'elle ait tu^ auaû Molièrej mail 
■ana doute elle augmenta la triatesae de ses derniers jours. On 
ne rencontre pas ici les calomniateurs puissants auxquels Ra- 
cine a attribué sa disgrâce ; ce ne furent pas eux <fui fir«il 
peser sur no autre grand poète la douleur d'un injuste ahvi- 
ioa, ce fut l'homme plac^ fort au-desaout de lui dans la iàé' 
rarchie des illustres de l'art, et longtempa Keurenx de tra- 
Taill»: av«c lui aux amusements du Rot', ce fiit l'opëra avec 
r&lat, peut-être aussi avec le clinquant de ses Bëducd<xis. 

Dans le chagrin qu'ëprouva Molière de ne pas jouer la 
Mtilade imaginaire devant le R<h, il pouvait être un peu cou- 
soie par Te^KHr d'un socc^ i la ville. Cet espoir ne parât pu 
trompa dans les qnatre repr^MctatkMis qu'il donna du lo f^ 
Trier 1673 an 17 du m6me mois, c'est-à-dire jusqu'à la fin de 
•a vie. Le 7t«^/.ffm^I(iGn»^étabUt aioKles recettes de ces 
représentations : 



i 10^ {flfriêr 1673). - 

199»» 

«4S9 

1879 itf 

DnT«ndfedii7 laig 

I. bosMtle a dît que, khm 1m IimU d'aa èom/f»» mEms, é'm 
mêfàn liaékrtiix, BoUaaa avait peint Lullt daiulei ver* io5-iio ds 
ion épftrt IX (vojex le Bolauu joint par Ciieron-Bivol au tome m 
dei L*tlrt familiirat d».,.. BoiUaa.,.. tl Broutttt, 1770, p, iSo et 
181 ; Tojei auui le Boimaaa de HoncheiDBj', p. 6a]. L'/sAr* u 
eu datée de 1673 dam U liMe dei &rîti de Boileau que donne 
ration de 1713 de ce* OEumi (Pari*, chei Billiot, io-^'). II «erait 
significatif qac l'ami de HoIièi« eût cniellement flagella Lnlli dam 
l'année même où tant d'amertume a débordé dn «mnr de notre 
poète. Boitean ^tait OMei peu craintif courtisan ponr m oharga 
de eetta vengeance. Hii* il ftnt dire que l'application i LoUi dn 
MBglant pauage e«t eonteuée; et quant i la date de 1673, eUe 
est démentie par les «llaiioni hiitorique» dn ven 11 et ai. Bra«- 
sette, dan» ion commentaire, indique la date de 1675, qne Berrial' 
Saint-Prix a adopta, 

9. A la nunte : Kif aam-dU M dmièn dt M. tU MolHn. 



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Le IwHJfiiiwp de ce vendredi 17, Robinet écrivait u lettre 
hebdomadaire, et parlait ainsi de l'eiiiprewenient da public à 
Toir la nouvelle cona^ie : 

HotT« Tni T^rence fraoçoii. 

Qui Tant mioix que l'antre cm! foi*, 

Jfo/Ur*, cet inoomparablB, 

Et de pliu en plm admirable. 

Attire aujourd'hui tout Parii 

Par le dernier de le* ^cril*. 

Où d'nn Ualadt imaginaire 

U nou* dépeint le caractère 

Avec de* traiu li nature)*, 

Qu'on ne peut toît de portrait* td», 

IjB Faculté de médecine 

Tant (oit peu, dit-on, a'en ehigrine, 

Et.... 

La ligne commencée ne devait Etre achevée qu'au milieu d'ime 
doDloureoM anipTiie : 

.... Mail qni vient en e« moment 
M*inleTTanipre *i hardiment? 
O Dieux I j'aperf oia un viiage 
Tout pile et de mauvaii prëti^! 
« QnV*t-ce, Honiieur? vile pariex : 
Je von* voii toni lei moi (roablé*.... 

— Von* le* allci avoir de même. 

— Hé comment? ma peine ett exirêne : 
Dite* vite. — Molière.... — Hé bien, 
Holiire..., — A fini ion deitta. 

Bier, quittant la comédie, 

Il perdit tout *oudain la vie. s 

ScToii-il vrai? Clion', adieu : 

Ponr rimer je n'ai plu* de feu. 

Non, la plume de* doigt* me tombe. 

Et looi la doaleur je luccombe. 
A r«xtrtme chagrin par ce irépa* réduit. 
Je Bail Gn à ce* vert, en février le dix-huit. 

L'éloquence n'est pas ici à la hauteur du lragî(|ue événement; 
car cfaes ce rimeor de balle il ne laut jaraaii chercher un 

a. Cita, BOM de la Hu*e, avec additioD d'à pour éviter l'hiatM. 



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%it LE HALADB IMAGINAIRE. 

pofte; et cependant cette fin de u lettre est touchante, pané 
que «on émotion a éîé True et qu'il dmu trouve dJapoaà k la 
partager, ctMiune ai ce grand denîl de U scàie fraocaîie âut 
d'hier. 

Quoique U doulenr de* camarades de Holi^ ait élét k 
o'mi pas douter, bien plus vive encore que celle de RolÀiet, le 
Registre de la Grange mentionne arec la aimpticUé dont ne 
pouvait guère l'écarter un joamal de oomptaMe, U malhcn- 
renae fin de la repréa^itatioa du 17 février. Aprèt la ligne 
ct-desK» traïucrite, où il a été constaté quel jour (le Totdredi 
17 février) fut donnée la quatrième représeautitKi et «tcc 
qiielle recette, on lit cette note ; « Ce même jour, après l« 
comédie, sur les dix heures du soir, M. de Molière mourut 
dana sa maison, rue de Richelieu, ayant joué le rAlc dodit 
Malade imaginaire, fort incommodé d'un rhume «t Bunon 
sur la poitrine qui lui cansoit une grande toux, de sorte que, 
dans les grands efforts qu'il fit pour cracher, il se rora^àl 
une veine dans le corps, et ne vécut pas demie heure oa 
trois quarts d'heure depuis ladite veine rompue. » I.a note 
n'a pas été écrite au moment même du coup de foudre, mais 
quelques jours après; car elle finit ainsi : « Son corps est 
enteiré à Saint-Joseph, aide de la paroisse Saint-Enstache. 
Il y a une tombe élevée d'un pied hors de terre. ■ On peut 
comparer le court récit de la mort de Molière dana U Préface 
de l'édition de 1 68a * : « Le 17* février, jour de la quatrième 
rei^ésentation du Malade imaginaire, il fut si fort travaillé 
de sa fluxion, qu'il eut de la peine à jouer son rAle : il ne 
l'acheva qu'en soufi'rant beaucoup, et le public connut aisé- 
ment qu'il n'étoit rien moins que ce qu'il avmt voulu jouer : 
en effet, la comédie étant faite, il se retira promptament diei 
lui ; et à peine eut-il le temp de se mettre au lit, que la toux 
continndle demi 11 étoit tourmenté redoubla sa viôlHice. Les 
efforts qu'il fit furent si grands, qu'une veine se rom{Ht dans 
ses poumons. Aussitôt qu'il se sentit en cet état, il tooma 
toutes ses pensées du côté du Ciel; un moment après, il pwdit 
la parole, et fat suffoqué en demie heure par l'abondoDCe àà 
sang qu'il perdit par la bouche. » Hua de détails ne d 

I, Page* x*ij et xTÎij de Dotre tane I. 



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NOTICB. «19 

Inw nw |d»c* que dans h Noile« biograpkiqHe. Qiielqa»-oiM 
•OBtefeis termit toajoon inséparables de llûsbMre de la pièce, 
Griiiarest raconte* qu'en prMmnQant le /itro de la cérémonie*, 
9 hn pfît me eonvnÛon, dont la moitié des spectateurs s'aper- 
qnnDt; mais il la cacha sous nn ris Torc^ et pat achever son 
râle. 11 ^entretint ratme, la pièce finie, quelques moments avec 
Baron, dans la loge de cdui-ci, avant qn'il làll&t le transport 
ter dies loi. Ixwsqu'il était pour la demiëre fois monte sur U 
scàae, il sentait tonte sa fatigue et ne savait pas s'il pourrait 
aDer jusqu'à la fin de la re|Mr^sentatiaa. Ce qui lui donna ce- 
peaduit le eonrage d'un danier eSmt, et le fit résister aux 
ilaiMCi de ceux qui lui «nueillaient le repos, ce fnt U 
1 1 linlii de faire perdre k de pauvres ouvriers du théAtre le 
gan d'une journée ; bonté touchante dont, an milieu même 
de U gloire de son gàiie, on verra toujours le rayon snr um 
detfâerjoir. 

On voodrnt n'avoir pas à parier n sérieusement, si trist»- 
ncM, à propos d'une des comédies les plus amusantes. Hais 
ici le contraste est inévitable.' Il n'a pu manquer de Grapper 
tont fe monde, dans cm jour funèbre de la quatrième représen- 
tatit». Un Shakespeare lui-même n'en aurait su imaginer d'un 
plus saisissant effet dans la tragi-comique vie humaine. He- 
[■l ' s fiH iai s iMwm ce que ht cette agonie, pleine des sonfiïvaces 
dM corps et de fâme, au bruit de l'hilarité de la bule et, pour 
bàaKT parler Bossuet avec son impitoyable rigueur contre 
an*, qa rient, ce dernier sou]ûr presque rendu parmi les plaî- 
sanaeries du théitre. On a bean, dans U Mt^ade imaginaire, 
csrtesMlre sonner ie grelot du carnaval, il nous semble qu'il 
s'y aafele, canne dans le loiidain, le glas de U D»rt d'un grand 

I. Page ^. 

9. Ce d'cH pal tout a fait à ce momeDi du Jarv, mait ua peu 
■pris, HÙTBiit l'anteur de /' FfMta* eeméiiitiui» (édition de H. La*et, 
ityS, p, 96) : ( Dam le tempi qu'il récîtoit oes ver* : 

Crudei doetoroi doctnue 
D« Il rhitbirlw at da ûmé, 

daas la eérfanoiiie de* mAlecm*, il lui tomba dn sang de U bonclie: 
M fM ayant cfl^yé le* ipcctateur* e( MB eamaradcs, on l'sm- 
pena cIm Ini fort pronptemenl. ■ 



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tw LB HALàDB imaginaire. 

géme; et ceux qui réfléduBsent. reiroaveront toojoon dm 
la joyeuse ptèoe le souvenir de U a mute idipiia* > etda 
veuvage de la cmnMie. Cett depuis liMiglempi U «nutniiie qw 
la r^jonîiaante cMmtHiie finale laiue une place à tme m%c 
de flte pins grave de la Comédie-Françaiw, i une grande r^ 
Toe de toQB sea acteurs, glorieuse ctHumëmoration du poHe, 
du chef dëvouë de sa troupe, rest^, i travers les Igea, le dtef 
do la Maiton de Molière. 

Les réflexions qui s'offrent naturellenient sur cette antitiÙM 
entre la gaieté et la roarX ne furent pas les seules qne firent 
les contemporains. On en rencmitre d'autres dies eux, nota» 
ment dans des ^ita{Aes',donirint«itioD n'était pasd'booorer 
la mémoire dn poète. Molière, dans son Matade ima^nairt^ 
avait poussé, comme nous l'avons déjà dit, ses critiqiies contre 
la médecine plus loin encore qu'il ne l'avait fait jasqne-Jl; tt 
U médecine semblait avoir trouvé, fort i point, une édaUim 
revanche. N'était-ce pas pour avnr dédaigné ses secoars ipx 
le mécréant était mort 7 Qui oserait rire déa(»maia de la maU- 
diction de Hmiûenr Purgon ? On pouvait voir si oe puMUt 
mortel, qui tient en sa main le fil de nos jouri, eit oatngé 
impunément, 

11 était naturel que ce vindicatif Purg<»i vonifit iaire crein 
à nn (iitinicnt du moqueur et en ressentit quelque manvaiic 
joie. Le badiuAge de Molière n'avait pas été de ton gott. 
lUrflinet nous a dit, en effet, qne la Faaûlé «i cooçnt du cha- 
grin. Elle saisit l'occasion qui se [H'ésentait d'exhaler son r u aen 
timent et de tirer de la àrconstance nne redoutable morale. 
U. LMseleur cite' une page de Jean Bemier, médectn de 
la duchesse douairière d'Orléans, où il reproche amèremn 
i Molière ses irrespectueuses plaisanteries, et l'avertit, m pen 

i. Boilcao, ^iin tu, *en 35. 

s. On pnit voir dan* l'édilion d'Utreobt (1697) ^"^ ^'Jf^ 
Mtu'uuri 4a BadtaiMOmt tl d* la CkmptlU (p. s3i-i4l; pu faaK, 
l3i-l43) le Bicueil itt épilaphei Itt plui euritiutt faita Mr la mtri 
twfrttaiitt Jm fameux comédien le littir Molière. Ce recueil ot MiTi 
Cp. s44-*So) d'une petite pièce d'aura maurait *eT« intituUc la 
Midetim putgti ou la nùte faitatte du MJadt imagimMrt. EUt CM 
d'un ennemi, non pas de Molière, mail dei Btédcciu. 

3. Lri Poinli ottcuri dm la vu dt Molière^ p. 3S4 et 3S5. 



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NOTICE. 111 

tard, qo'il «At mieux fait da suiTre Ici prà»ptes de I& mMe- 
doe cl d'avoir ■ moina MianRé son imagination et >a petite 
peitrine. » Ce n'est ^Tidemment qa'nn ^hanlillon des oraiioiu 
fanèbrea dent Molière fat honora par le docte corps. Pour 
BC pas s'étonner que Boileau, dans son épure ru, n'ait point 
nb les midtàxta au nombre de ceoz qui, du vivant de Ho- 
B^, venaient aux représentations de ses chefc-d'ceuvre pour 
les diflamer, il faut se rappeler qu'Us ne croyaient pas de lear 
dignté de se faire voir à la comédie. S'ils ne se joignirent pas 
li an détracteurs du poëte, hors du thé&tre du moins Us ne 
Ivcnt pas de ceux qui l'épargnerait, lorsque 

d'an Irait de le* fatale! maÎBi 

La Panjae l'eut rajf du Dombre de* humain* < . 

Les médecins d'aujourd'hui n'ont pas hérite de leur manvaise 
huieur. Us n'ont pas à prendre parti pour un charlatanisme 
m pour on pédantisnte ridîcale, qu'il n'y a eu ni injustice ni 
iutilîté à discréditer. Ils sont seulement en droit de dire que 
MoUère s'est bissé emporter trop loin *, lorsque, par la bouche 
de Béralde, il a nié absolument qu'il pdt y avoir un art de 
foérir et aSmé qne la tutnre suffit toujours à se tirer elle- 
■Cme et sans secours du désordre oà il lui arrive de tond>er. 
Cest l'exagération, qu'on ne peat mettre entièrement au compte 
de la plaiûnterie, d'une vue juste sur la tendance des forces 
ritales i rejeter ce qui iàit c^tacle à leur jeu, et sur le 
diiyr de la contrarier en la voulant aider. Hais dans la 
pierre au abus, souvent le but est dépassé. Ajoutons que n 
liolière a plu* outré U satire dans cette comédie que dans les 

I. Éplir» VII, Te» 33 et 34. 

«. Charie* Perrault, dont le frère était médecin, l'a dit, dans 
■I* JRmmki illuitra, arec une modération dont on lui sait gri, et 
fw était dans son caractèn!. A l'article Jus-BiPTiira PoquHLDt ns 
lIoukBM, tome I, p. 8o, il n'a pu iti au delà de cette protestation 
coMoiae : ■ On p«it dir« qu'il le méprit un peu dan* cette der- 
■ittc pUee (ia tfaXai/f imagiilmiri] et qu'il ne se contint pa* dan* le* 
boneidn poovoîr de la comédie; car an lieu de le contenter de 
bttmtr les mBavai* médecins, il attaqua la médecine en elle-mCme, 
k ttaka de seiaKM frivcde et po*a pour prînoipe qu'il est ridicmie 
à an II ic ai II de vouloir en guérir un antre. » 



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a» LE MALADE IMAGINAIRE. 

jwécÀlentei, c'est qu'en « tempc-là, m MoUnt Xri» DMilnlf,il 
derenaît p(iu Apre et plu sérieiuement irrita ccRitre une scieoa 
qn'il voyait dans une voie trop faoue pour en expéitr du k- 
coun. Û n'est pas douteux qu'il ait exprima cette ''iy^'™' 
de son esprit dana le second de ses deux prolagties, où, acMi 
le nom de la bergère, c'est bien Inï-inime qui se plaint aâii 
des a vains et peu aagea m^decias > : 

Voui ne pomei guérir par vot grand* mou latins 
La douleur qui me d^tespère. 

Il y a, dans la onriense scène entre Ai^an et B^ralde ', m 
passage bien remarquable, et qui devait produire une impris- 
sioD ëtran^, dit par Molière si visiblemuit menace par on 
nul que chaque heure aggravait. Ceit celui où il fait tomber 
l'entredeo etla dispute sur lui-même, II j dëfie les mMecns, qnî 
lui criait avec Argan : « Crève, crève I » et il sonfiBe à BôaUe 
la dédaratioD qu'il ne leur demande aucune assistuice : « Il a 
ses raisons pour n'en prànt vouloir, et il sondait qoe cela n'sM 
permis qu'aux gens vigoureux et robustes, et qui ont des fcvces 
de reste pour porter les remèdes avec la maladie ; mais que, 
pour lui, iln'a justemeat delà force que pour porter soniBsLa 
De quel effet devait être cet aven, bien inattendu entre des ^dats 
de rire, du déclin irrémédiable de ses forces 1 et quel sîagidier 
courage il avait faUu à Molière pour trouver dans a«i ea^rit, 
tout plein, k cette heure même, de lugubres preasentiiDeols, la 
source vive de gai^ qui, de toutes parts, jaillit dans la pièce! 
Don Juan dtHuunt sa main à la main de pierre est ^alé dans 
cette résistance si intrépidemuit railleuse ii la iiial»iti<», dans ce 
refus obstiné de se rendre k la médecine, dont le momeot sem- 
blait pourtant venu d'implorer l'asaistance. On ne peut ims- 
giner un plut parfait contraste avec la faiblesse, l'imbédllité 
d'Argan. Tandis que l'homme de santé robuste, dont H<di^ 
joue le rAle, est obsédé du fantdme de toutes les maladies, 
lui-même, par ses plaisanteries, nargue celle qui, chex lui, n'est 
que trop réelle. 

Et cependant Grimarest a dit : « Le Malade ii ' ' 



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NOTICE. a>3 

on prétend q»'U était roriginal'. ■> Il semble d'abord qu'il n'j 
ait qu'à w iDoquer d'an si étonnant paradoxe; mais peut- 
%tre n>érile-t-4l plntAt d'fttre expliqué que d'&tre absolument 
contredit. 

Ceux à qui Grimarest l'avait entendii soutenir se souve- 
naient sans donte de cette comédie de le Boulanger de Cha- 
lossay' dont on a dît avec raison que le titre : Éiomire hy- 
poamtbv, pent se traduire : Molière malade imaginaire ' . Là 
Élooirc i'iDqimète fort de sa toux : 

Je me croii bien maUde, 

Et qui croit VtlM l'est*. 

Dans ses alarmes sur sa santé, il a recours aux . ploa bai 
charlatans, à l'Orriétan, à Bary. Après eux, arrivent trois mé- 
decins, qu'Élomire rend témoins de son trouble, voisin de la 
folie. Epouvanté par leur c<msulUtion, il dit tout bas i son 
valet l^zarile : 



Laxarile répond -. 

SoDgtz à voui guérir, 

Vooi es pourrez un jour faire une comédie*. 

C'est oonune une prédiction de celle du Malade imaginaire; 
peot-Ctre aussi n'est-ce qu'un souvenir de Monsieur de Pomr- 
ttoMgitae (1669}, alors tout récenL A son tour vient un pré- 
tendu médecin qui examine de prétendus nutlades en présence 
d'âoanre. D dit à I'ud d'eux ; 



', roiu roui erojei étique et palmonique ; 
Hais vous Ton* aboseï : vous êtes Irénéti^e, 
AntrcBWDt hjpoCDQdre*. 

Dams son inlenlion, c'est à l'hypocondrie d'Élomire que ce 
£soMirs s'adresse. 

t. U yuJtM.iU MotUrt, p. s83. 
1. IiS pranitre édition eit de ifi^o. 

3. H. Louis H otand, {Xavra eompUiti et HoUhe, tome V, p. S17. 

4. Acte 1, teène t. — S. Acte II, scène tt. 
«. Acte UI. scène n. 



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114 LE MALADE IMAGINAIRE. 

Mail parce qu'il a plu à un ennemi de faire ainsi pxsier 
Hc^ère pour hypocoodre jusqu'à la folie, estr«e à dire qu'il 
le fût m effet, et que Id-mËme, k jugeant tel, se soit repré- 
senté sous les traits de son Argan ? Non sans doute, et pour- 
tant n'j a-Ml paa quelque chose que l'on puisse raisonûUe- 
tatSA accorder 7 

Il est probable que la comédie-pamjJilet SÈltatùre hypo- 
eoHdre mile à beaucoup de satire mensongère quelques vérité 
et n'a pas entièrement inventé un Molière eETrajé du nul qui 
le minait. Si ce n'est pas une raison pour que le modèle, 
clairement désigné, de cette caricature n'ait point éXÂ iiè»- 
défiguré dans le rdle qu'elle lui donnait, il se peut toutefois 
qu'elle ùt contribué à lui suggérer l'idée de la comédie daas 
laquelle, il est vrai, il n'a refait l'ouvrage du satirique mé- 
chant que pour y donner un démenti et le réfuter. On l'avait, 
lut trop vraiment moribond, clioisi pour un type de malade 
imaginaire; il voulut montivr comment on peint le vérluble 
caractère de l'égoïste peureux qui ne saurait se passer on seul 
jour de tontes sortes de remèdes dont A n'a aucun besoin; et, 
dans la comédie oit il l'introduisit, il prit soin de faire déclara- 
par un de ses personnages combien lui-même, cet Élomirc 
hypocoodre, se moque des médecins, de ces médecins soï- 
disant vengés^ , Quoique rien jusque-là ne justifie l'assertion de 
Grimarest, n'affiiTrtons pas que le Boulanger de Chainssay ail 
feurnî seulement k Molière l'occasion d'une riposte, et ne lui 
ait pas aussi donné envie de sonder ses propres naïsèrea, d'y 
trouver quelques traits de la peinture d'un homme livré aux in- 
quiétudes dont sont tourmentés les malades. En traçant le por- 
trait d'Argan, qui est si loin d'être le sien, Molière u'a-t-il pmnt 
profité d'observations faites sur lui-même? On C4»utate sans 
peine dans plusieurs de ses ctxnédies qu'il ne cherchait pas 
seulement au dehors, mais dans son propre cœur, des Uà- 
blesses humaines à noter. Cétait d'ailleurs son art de ne jamais 
rien mettre de sa persoime dans ses créations sans transformer 
le modèle qui lui avait été offert par le Connau-toi toi-m^iK. 

Un passage de la Préface d'Mlomire fy-pocondrc est remar- 
quable : « Tous ces portraits qu'il a exposés en vue à toute U 

I. l4t MétUtiMt veagéi est le fous-tilre A'Ètomir* kjpoeat^r*. 



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NOTICK. «5 

Fïaoe*, a'ajrant pu «n une approbatioa g^n^ale, comme il 
peiMoit..., il s'«st enfin i^wlu de faire le sien.... Il y e long- 
temps qu'il e dit, en particulier et eu public, qn'il l'alloit jouer 
iul-aiftme, et que ce seroît là que l'oo verroit un coup de 
maître de sa façon.... J'ai appris que, pour des raisona qui ne 
me sont'pas connues, mais que je pourroii deviner, ce fameux 
peintre a passe l'^tonge sur ce tableau.... Je me sais coosolé 
d'ooe si grande perte; et, afin de le faire plus aisément, j'ai 
ramaisé toates ces idées dont j'avois formé ce portrait dans 
Boo imagination, et j'en ai fait celui que je donne au public. 
Si Élomire le trouve trop au-dessous de celui qu'il avoit fait, 
et qu'une telle copie défigure par trop un si grand original, 
il lui sera facile de tirer raison de ma témérité, puisqu'il n'auru 
qu'à rebire ce portrait efi'acé et i le mettre au jour. » 

Z« Maiade imaginaire serait-il justement le portrait que 
ranteur £ Élomire hypocondre avait provoqué Molière ii refaire 
tA k donner enfin sa public impatient ? Si ce n'est pas certain, 
ce n'est pas impossible. Quoi qu'il en soit, le peintre n'y a 
laissé saisir qoe quelques lointaines ressemblances avec Ini- 
nfane, et y a mêlé les différences les plus propres à dérouter. 
n avait compris que si, dans ta comédie, il voulait peindre ses 
propres angoisses, le seul moyen de les rendre comiques était 
de les prCicr à nn homme qui n'aurait que la peur dn mal ; 
et Ton peut supposer qu^ traita ce sujet, non-seulement pour 
vooirer qn'ïl avait été manqué par son détracteur, mais peut- 
(tre aossi pour avoir occasion de raffermir son courage en riant 
des vaines terreurs que l'amour de la vie inspire, en même 
temps qu'il trouverait nn plaisir de vengeance i rendre pu- 
faUqîie sa révolte contre on an dont il avait éprouvé l'impuis- 
laace. 

Le denier intermède de sa comédie, la réception dn malade 
imaginaire, n'en est pat la moins ingénieuse, la moins parfaite 
plaisanterie. Pamù tous les intermèdes de set pièces à dtver- 
riiitments, il n'y en a point, on l'a remarqué bien souvent, 
d'anmi naturellement amené et ratUché k la comédie prc^re- 
■est dile. La fantaise burlesque y est moins outrée que dans 
la tnrqaerîe du BoMrgeoiM gentilhomme, et Molière a en le 
talnt de mettre dans cette folie de carnaval une |rius grande 
part de vérité, de cwnique excellent, que l'on n'en demande 



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aaS LE MALADE IMAGINAIRE. 

ordinairemeDt à ces îmaginatioiis boaffuMuies. Le crïiiqne Geof- 
froy en portait à pea près le mfaDe jugement'. Après aTrâT 
protesté contre le nom de farce donne quelquefois à one co- 
médie où il admirait avec raison l'étude profonde d'an carac- 
tère, il disait ; a Cest la réception da médecin qui est nne 
Writable farce, meillenre cependant que la cérémcwie turque 
dn Bourgeois ge/ttilAomiiK, La réception du médecin est sati- 
rique ; le Mamamoncbi n'est que burlesque, n Nons dirions [Jus 
TOlontiers que le joyeux intermède lui-niSme n'est une fcrce 
qae dans U forme ; dans le fond, c'est une satire qoi ne 
s'écarte pas trop de la peinture fidèle de l'objet de ses rail- 
leries. « Ce morceau, dît M. Maurice Raynaud*, doit être 
considéré comme un abrégé, non-seulement des cérànomes 
du doctorat, mais de toutes celles par où devait passer nu 
candidat, depuis le commencement de ses études jusqu'au jour 
où il recevait le bonnet. Touts'y trouve, ... aLa spirituelle pa- 
rodie en effet était un coup d'autant mienx assené qu'elle repro- 
duisait, avec toute la vérité comportée par la caricature, les 
solennités, d'un caractère moitié imposant, moitié Hdicule, des 
différents actes soutenus par les futurs médecins. Au jour fixé 
pour l'acte de Vespéries, « la séance était ouverte par un dis- 
cours latin, prononcé par ie président, et ayant presque tou- 
jours pour sujet l'éloge de la Faculté on de l'Univenité, l'âoge 
de la profession médicale, les devoirs qu'elle impose.... L'acte 
devait £tre présidé par un ancien, c'est-à-dire par un docteur 
régent, comptant au moins dix ans de doctorat. Il ai^umen- 
tait lui-m6me le futur docteur*. » C'était quelques jours après, 
et sous la même présidence, qu'avait lieu l'acte du doctorat 
Le réci[Hendaire, o précédé des deux appariteurs de U Fa- 
culté, en robe et portant leurs masses d'argent, ayant à sa 
droite le préùdent de l'acte, suivi des docteurs régents qni 
diHvent l'argumenter, et des bacheliers,... se rend anx écoles 
iatërieures {ou salies bojier).... Il est dans la grande chaire avec 
le préûdent.... Le premi^ appariteur lui rappelle U f(»innle 



s. Feoitleton àuJounuU dt FXmpirt, dn i6 février iSoG, 
s. Lu Midécim ait ttmpi dé Motûrt, p. S7 et S8. 
3. VAaciynt Faculii Jt mcdac'mt dm Paris, par H. le doetenr k. 
Corlieu, 1 Tulume in-8°, Paris, 1B77, p. 80. 



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NOTICE. ai7 

da pennent : Domine doctora/ide, aiaeqmam incipieu, habet 
triaJuMMàia^,,,, aWj a trois serments aussi dûs Molière, 
qooiqu'il n'ait pas doDn^ d'ëqnivalent i celui qni venait le se- 
cond dans l'ordre, et dont le caractère religietu ^happait 
t aux railleries du théStra : c'ëtait le serment 
r le lendemain de la Saint^Luc è la messe pour les 
doctenrs dëcMéi. Il n'a pas n^glig^ de traduire à sa manière 
lea deux autres, i savoir : « i* D'observer les droits, statuts, 
dArets, 1<HS et coutumes de la Faculté.... 3" De combattre de 
tontes ses forces ceux qui, pratiquant îllicitemenl U médecine, 
peuvent nuire à la santé et à la vie des citoyens : vis ita Ja^ 
rare?.,. Le récipiendaire prononçait lejuro*. s 

U devait répondre i tm certain nombre de questions, conune 
on le voit dans notre cérémraiie. Dans l'acte de Licence, dans 
l'acte de Tesperîes et dans celui de Doctorat, il en était pro- 
posé de pinsîeturs cAtés. Yoid comment les choses étaient ré- 
glées par les Statuts de la FaeuUé de médecine de Pari*, tels 
qu'on pent kc lire dans l'édition de 1660*, Nous les tradui- 
«nsdu latin : 

article zxzm. <■ .... [Dam facte deUceace], Les aspirauts 
i h licence ajant U tète couverte et tombant a genoux, le 
cfaascdier, on celui qui tient sa place, lui accorde, par l'au- 
brité dont il est revêtu, la permission et faculté de lire, d'în- 
lerpréter et d'exercer la médecine id et par toute la terre, 
us nom du Père, du giis et du Saint-Esprit. Alors à celui qui 
aura le prcmîtf rang dans ces actes de licences, il dut pn^o- 
ler une qoestitm médicale*. » 

Jrtide xxxnn. a Celui qui recevra le laurier doctoral, au 
■fane moment, et avant sa promotion au doctorat, devra se 
lier par le serment d'usage*. » 

Article L. u .... Cdui qui aura [véûdé aux Vespéries du 

I. VAmtltuMt FeaUU dt irÂdatUt Jt Paru, p. 83. — On peu voir 
•H ■twMi détail* dan* I' ^artmge de ^aron, KUaê, (uui et lemdeiiUê 
rm uA m i it mr^àmm Perutum ciMMwfWÛMf, Paris, 1751, p. 9^. 

a. VJm à autt raadtd Jt m e J ta nt de Pmr'u^ p. 84. 

3. Suite Fteaif lu mtdieiiim Pmriduuu, iWo, Pariiiû, ^nd fM» 
cÎMMi lÊM/mti, 1 vohune petit îo-i>. 

4. Paie 34. 

5. Par 38. 



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aaS LE MALADE IMAGINAIRE, 

liceadé sera aus» celui "qui donnera au mfime (aipirtuu) le 
laurier doctoral; etj dans les Vesp^ries, il proposera an can- 
didat une quesdoD de médecine à discuter; un autre docteur 
cependant, désigné suivant la coutume de l'Ecole, et dont la 
diaire sera placée plus bas, posera à celui qui doit Être veapé- 
risé, une question analogue àcelle-lè*.... Dans l'acte de Maî- 
trise, le président mettra sur ta tète du licencie le bonnet, 
insigne du doctoral, et, avec grand soin, l'ayertîra du devoir à 
remplir dans l' exercice de la médecine; puis le nouveau doc- 
teur proposera une question médicale à un autre docteur placé 
dans une plos petite chaire. Quand il aura été satisfait à celte 
question, le président donnera à discuter une question du même 
gem^ au second docteur, assistant du premier. Qu'alors le 
nouveau docteur, dans un élégant discours, rende des actions 
de grdces à Dieu très-grand et très-bon, au collège des mé- 
decins, aux parents et amis présents*. » 

Les mtmes statuts {article Lti) règlent le costume des doc- 
teurs : o Lorsqu'ils font une lecture publique, les docteuri tù 
médecine aont revStus de la robe longue, à manches, ont le 
bonnet carré' et la chausse*. » 

>■ Page 47- 
>. Page 48. 

3. Od peut Toir la forme carrée de oe bonnet T^n^nble (tomto 
ptneraiiii ei detlo) dam le portrait de Gui Patin, qui eit en tite dn 
tome I" de *ei Ltiint tlioitiei [éilition de Rotlefdan, lytS), — 
Le médecin Jacque* Perreau, lortqu'U reçut Victor Pallu, le 
s8 aoUl i63o, voulut, stidi de lui mettre sur la lèie ce bonnet 
carré, ce birreium^ comme on l'appelait, lui apprendre à admi- 
rer la signiGcalion profonde de i> forme : Quadratam riJes^ 11/ in 
amnihiu conilaaltm le tl perfeetum prmitci, virlatam letrvgoaa intU- 
ttaitm, làtmtiarumque quadririo ernalam; quatuor nluli eamma ori'u 
Imperium porlenJanl, quatuor plag'it diil'metam tt eltmfiuit qamiaor 
conflaliim, etc. : voj-es t la page 355 du StaJium medieum md tma- 
mun tthatm Paruieaùi, emeûiam a Viclore PbIU.... (Paniiù, apmi 
Joanium Camiuai, Mocxxxy Si Molière arrit connu ce magnifique 
morceau de rbétoriqne, n'en aurait-il pai enrichi sa réception 
bltrleique 7 

4. HumtreU cocciaum, — Vo^ei il la page' 4g et So dei Staimli. 
Ces Statuts ont été promulgués au Parlemeut le 3 teptemlve iSgS : 
Froaiulguta *imt ut Scmaia, ut. ttpiembril tmaa itaMiai MDXCMU, 



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NOTICE. 319 

Oa noomutt là les prindpanx traïu; de l'amasant taWeau 
de notre .cërémonie, dans lequel il a'y avait pas à distinguer 
les différents actes de la Faculté, mais à réunir tout ce qu'ils 
oflraieat de plus caractéristique. 

La plupart des questions qui y e'taient proposas paraîtraient 
aujourd'hui bien étranges. Les curieux les trouveront dans un 
recueil* publié à Paris, en i^Si. Molière, on n'en doute pas, 
en a exagéré le ridicule ; c'était son droit d'auteur comique j 
00 retrouve d'ailleurs chez lui, sinon la lettre, du moins l'es- 
jnit dn bizarre enseignement. La question sur l'opium et la 
réponse sont demeurées célèbres, comme une railler: rui 
porte à fond, et donne un Irès-caraciérisdqne échanl ' "! de 
la mauvaise phij^ophie de l'école. 

Le remerctmcnt d'Argan rappelle tout à fait pv; :c» hy- 
periïoles et par son lyrisme les louanges sans mesure qui se 
débitaÎHit daus ces solennités. « 11 a beau, dit M. Maurice 
Rayoand*, comparer l'assistance au soleil et .-lux étoiles, aux 
ondes de l'Océan et aux roses du printemps, jamais il ne sur- 
passera en emphase les compliments gigantesques qui étaient 
alors U monnaie courante des récejitions académiques; » et il 
en cite des exemples qui font en elTet trouver à peine exag^ 
récs les plaisanteries de Molière, 

Ce que l'on a surtout envie de prendre pour une fantaisie, c'est 
l'air des révérences, après le cérémonial du bonnet; ce sont les 
instruments et les voix qui accompagnent les danses des chirur^ 
gieos et des apothicaires. Molière cependant n'avait ajouté que 
le petit divertissement chorégraphique; quant à la musique mé- 
dicale, elle était dans les coutumes de la Faculté, sinon peut.£tre 
deParis,dnmoinsde Montpellier. Nous le savons par le témoi- 
gnage de Locke. Vers la Gn de l'année 1675, le philosophe 
anglais vint en France, pour y donner des soins à sa santé. Il 

I. Qao/JaawB MeJiearum.... itriei chroaolegiea (in-j*). Dan* la 
pr«MÎère ttm taa\ les queationi du Baccalauréat (de i53g k 17S1}; 
dans la lecoode, celles du Vttpinei, du Doclonl et de la lUgane* 
{atgralia tulgo PaitillariK* Jietm). Celte i^rîe eit de 1576 à lySi. 
On peut doDc chercher dans l'une et l'autre série les qoeitions du 
temps de Molière. 

1. Page 6>. 



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a3o LE MALADE IMAGINAIRE. 

« 
^taît, aa incns de mars 1676, à UontpeDier, oà il ferÏTait loa 
Journal, dans laqael on lit soua la date dn 18* : « La manUn 
dont on faisait nn médedii était celle-ci : le cortège ea robes 
ëcarlates et eo bonnets noin. Le professeur s'assît, et a|H^ 
que des violons eurent joué quelque temps, il leur fit dooner 
le signal de se taire, afin qu'il lui fQt loisible de parler i la 
compagnie, ce qu'il fit dans un discours contre les nonreant^. 
Reprise alors de la musique. Puis l'aspirant commença son 
discours, oà je trouvai peu de snjet d'être édifié : il j devait 
adressa nn compliment an chancelier et aux professeors qm 
étaient préamts. Le docteor alors lui mît sur la tSte, en signe 
de son doctorat, le bonnet, qui, dans la mardie dn cortège, 
était venu là au bout du blton de l'bnisner, ni pissa an doigt 
un anneau, et s'étant ceint lai-mbue d'une chabie d'or, le fit 
asseoir prit de liù, pour qu'après avoir pris tant de peines, 
il pdt maintenant se mettre à l'aise; il le baisa et l'embrassa, 
en gag« de cette amitié qui allait désormais exister entre eux, » 

Le latin de la Faculté n'était sans doute pas plus barture 
que ne l'aiirait paru nécessairement aux anciens une bonne 
partie du latin moderne. Molière lui en a pr(té un qui est, 
comme on dît, de euiiine^ parce que c'était le seul moyen de le 
reiidre ctHuique, et vraiseiublablement aussi parce que, voyant 
une sdennelle charlataaerie dans l'emptoi emphatique et pé- 
danteaque d'une langue inconnue au vulgaire et destinée par 
son mystère à cacher beancoup de sottises, il trouvait plaisir 
à la discréditer par le ridicule. 

MoDchesuay, dans le Bolmatta*^ dît que ce latin macaro- 
nique du Malade imagiruiin avait été s fourni à MoUÀre par 
son ami Despréanx, en dînant ensemble avec Mlle Ninon de 
l'Eocloa et Mme de la Sablière. » Nous vandrioni tout an 
moioi admettre l'e^Ucatioa ou la correction proposée par Im 



I. An tome I", p. ii8 et 119 àtUrU ia Ltk» (fi* Lifa •fJalm 
L»ekt)^ par loid Kiug, nouvelle é^Udon, Londies, i83o, 1 volumes 
in-S*. — Aim^'Martin (OZb<tu A ir#£Jn, iS45, tome VI, p. 43» 
et 43i, i la note) a donné de ee même passage une iraduotioa 
d'une iafiddil^ qni peut étonner, n'étant pas probable ijn'il ait 
eu soni les yeux un texte différent. 

». Page 34. 



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NOTICE. 93i 

«ntenrade \ Histoire du thétSire françoir* : a llauioit i\À plna 
clair de dire que M. Despréaux donna l'idée du latin macaro- 
lùque du Malade imaginaire, o Si, eu effet, l'on suppose un 
fond de vérité datu l'anecdote, on ne peut cependant croire à 
l'exactitiide des termes dans lesquels elle est contée. A entendre 
l'auteur du BoUeana^ ne semhlerait-il pas que Boileau ait été 
le vérîtable auteur de toutes les paroles de l'intermède? Lorfc~ 
qu'on en apprécie, comme il est juste, toutes les intentions 
comiques, Û est difBcile de les attribuer à un autre que 
Molière ; et s'il fallait accorder qu'il ait pu avoir des coUa- 
boraleurs, leur part ne doit pas avoir été. la plus grande. 
H. Maurice Raynaud n'a pas moias restreint celle de Molière 
que ne l'a fait le Bolxana^ tout en ne reproduisant pas asseï 
fidèlement le renseignement qu'il y a trouvé, et qu'il n'a sans 
doute pas puisé à une autre source. Une première inesactî- 
tnde est d'avoir dit, comme si nous en savions quelque chose, 
que le lameux dîner eut lieu a chez Hme de la Sablière '. » 
UoDchesna; l'a nommée seulement au nombre des convives. 
Cest d'ailleurs un détail de peu d'importance. Voici qui est 
l^ns hasardé : « Molière fournit le canevas; chacun y mit son 
mot. » Rien de semblable dans le BoUeaaa. Ce ne peut donc 
être qu'une suppositioD; et si l'on doit en faire une, la moins 
iorraisemblable serait que Molière aurait récité à ses amis la 
•cène toute faite, et que ceux-ci, au milieu des gais propos 
qoi suivirent la lecture, auraient, brodant sur le texte, jeté 
qndqDei mots de leur estoc, dont Molière fit ou ne fit pas son 
profit. 

Serait-«elà, comme M. Magnin penchait à le croire, l'ori- 
gine des cent cinquante vers ajoutés à la cérémonie anthen- 
tiqoe dans une édition de cet intermède, imprimée à Rouen le 
a( mars 1673 *, trente-cinq jours après la mort de Molière 7 



I. Tome XI, p. 183, noie b. 

1. Lci UéJeclnt au tempi Je MoRirt, p. 5I>. — Daiii l'édition de 
1773 des OEtttm Jt MoUirt, au tome VI, p. 486, Bm a le pre- 
mier, nom le crojoni, dit que le louper fiil donné cbei Mme de 
b Sablière. Parmi In conTÎTcs, il nomme la Fontaine, sans dire oA 
il a puisé ce reoseignemenl. 

3. Duu DD ia-ii, dont le titre eit : B t t tp l io puUica uaiuijurtJiU 



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tU LB UALADB IMAGINAIRE. 

M. Hagnin conjecture* que cette longue ducktod^ est li 
première .forme de la rÀieption d'Argan, improTu^ eo colla- 
boration inter pocula. Nous la croyocs plutdc imaginée après 
la mort de Molière, sans intention bien certaine de la raire 
passer pour son cenvre. Elle n'a donc pas i nos yeux U valeur 
que lui a prêtée H. Hagnin, qui, le premier, a conseilla d'ajouter 
ces quelques pages aux œuvres de notre auteur. Lorsque, tu 
nons défendant de toute prévention, nous comparons cette 
satire délayée à celle dont le teste a seul une évidente authen- 
ticité, nous n'y trouvons ni U même urbanité dans la plaisan- 
terie, ni la même habileté dans le maniement du latin bnr- 
lesque. Cette langue macaronique a ses toïs, que jamais aucim 
grammairien ne fixera, mais qae le goQt En et l'oreille fine de 
Molière ont senties avec la mfeme justesse que, en d'autres occa- 
sions, les lois, non moins impossibles à rédiger, du vers 13)re. 
Ces lois ne sont pas observées dans la lourde contrefaçon, où 
le fran^is et le latin s'amalgament avec maladresse. Nous n'y 
saurions reconnaître ni Molière, ni Boileau. Ce n'est pas eux 
qm eussent manqué à la simplicité û nécessaire ici, en étalant 
des élégances de bons thèmes de collège, lepidum oapat^ — 
gravit mre, — coron» nos admiraittis. Ils n'auraient pas com- 
pliqué leur français latinisé de bribes d'italien*, qui tut pam 
dénoncer la main de Lulli, Que dirons-nous des grossièreté 
des obscénités de quelques passages ? Personne, en tonl cas, ne 

■M^ici ia JtaJtmia blÊrhtca Jo4Uudi-BaptUta MatUn, Joetonx tomkL 
SJitlo A|MiJ»«, rttùa tt J» hmueetip augmtntata taptr wiimi^««i 
iroratot paii luam merlem. — Ce titre iembl« «tlribuer à Moliirc 
cei variante* de toa ïntei^ède, maii il ne le fait qne d'une ma- 
mèrc trèi-équlToque. — La rotme Rettplio fubllca...^ iJitia Irei- 
titiiu, rttiia^ tic, a éli publiée la totme aaaée 1673, et daoi le 
nfme format, k Amiterdam. — Elle tuit coanne de Bret, qui m 
parle au tome VI, p, 491, de* fXupfts dt Molièrt (1773.) 

I. Voyes U RtnuJei Dtut Woadti àa i" juillet 1841, tome XV, 
p. 171 et inÎTante*. — Milp^ l'opinioD que noui eiprimoo* sor 
eette vaiûnte de notre intermide, noiu û donnons ei-a[wi* *■ 
appendice, à l'exemple de* plu* récent* éditeur* de* OBmrrt* 4* 
Volièn. 

a. Nous n'en trauvoni pa* «enlement dan* te eonplet de la 
JamoittlU italitiint (iMa Jamkella ira/ÙAa), nui* aut*i dans d'aotic* 
cospleu. 



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'*I0TIC1. a33 

pour» croire qu'elles aient ^t^ destinées uix oreilles des spec- 
Uteora. Un critique aussi fin que M. Magnin aurait'illl plas 
décidément y déclarer Molière étranger, et ne pas croire une 
bouffouDcrie si médiocrement plaisante •> rédigée en commuD 
dans le salon de Mme de la Sablière '. o 

H, Hagnin dît qu'il est de tradition au théâtre d'ajouter au 
texte imprimé, en 1673, chez Christophe Ballard, des vers sur 
la demoÎMlle aux pâles couleurs, qui rappellent un peu la 
longue tirade du livret de Rouen. Aien ne nous apprend que 
cette tradîtioii remonte au temps de Molière, ce qui serait né- 
cessaire ponr la justifier. Elle prouverait seulement que, depuis 
assea longtemps, les comédiens connaissaient les développe- 
ments qn'oD s'était amusé à donner à la cérémonie. L'authen- 
Ddtë de ces développements n'est pas mieux démontrée par 
ce fait, rapporté anssi par M. Hagnin, qu'on tes trouve dans 
la traduction en italien du Malade imaginaire qui a été pu- 
blia, en i$97, it Leipsick, par Nie. di Castelli, secrétaire de 
l'électenr de Brandeboarg. H. Hagnin fait remarquer que ce 
même Castelli a donné exactement, dans sa traduction du 
Festin de pierre, la scène du Pauvre. Cela suppose sans doute 
que le traducteur avait mis beaucoup de soin à s'enquérir du 
vrai texte des comédies de Molière ; mais, en mSme temps 
qu'S cberdiait corieasement ce texte jusque dans des éditions 
ma cartMinécs, ne peut-il, pour la cérémonie du Malade Ima- 
ginaire, l'avoir (Perché où il n'était pas, trop peu en garde 
ccolrela Icmgne et fausse variante, fabriquée on ne sait par qui? 

Si Doos necrojons pas que Molière ait eu besoin d'aide pour 
traduire en latin de fantaisie celui de la p^t-talubre Faculté, 
une conjecture qne nous repousserions mmns, sans la juger 
uiotelbis nécessaire, c'est qu'il se serait adressé à quelque 
boaune de l'art pour se faire initier \ la connaissance exacte 
des Hajestneoses solennités de la rue de la BAcherie. Cela s'est 
dit; et le médecin de la Faculté de Paris qui a passé pour 
le traître ayant vendu ses frères est le docteur Mauvillain, 
ami de notre poCle. Nous avons cité ailleurs* l'acte d'accosa- 



I. a*fm d«$ Deat Mmdu déjk ciUe, p. tji. 
s. Dans notre loste IV, p. 39S «t 396, i la note a dn troiàimt 
Mtn de Molière. 



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a34 LE MALADE IMAGINAIRE. 

don contre HaunlUin, que l'on trouve duis un exea]{d>in de 
VIndex fanèrent chirurgorum Paritientium, publié en 171t. 
C'est une additHHi manuscrite, que l'on croît de U main mfane 
d« Jean de Vaux, auteur de l'Index, II y reproche à HaaTfl- 
laîn d'avoir (oorni à Molière ce qu'il appelle a les scènes ac- 
cessoires, 9 c'est-à-dire le fameux intermède de sou Jlfalade 
imaginaire : quelques notes seulement, ce serait plus faôle i 
admettre ; et nous croyons que pour en faire usage avec tant 
d'esprit, Molière n'a eu recours à personne. 

II nous a semblé que .l'on pouvait parler un peu longoe- 
ment de ce dernier intermède de la pièce, qui est, k lui seul, 
une petite comëdie, et qui d'ailleurs a pris plus de place 
encore dans l'histoire du théâtre de Molière par le funeste 
souvenir de ce jour où, pendant qu'il était joue pour la qua- 
trième fois, le dernier rire de son auteur se perdit dans une 
convulsion d'agonie. Mais nous ne voudrions pas mériter le 
reproche d'oublier, pour des seines accessoires, comme cm les 
a bien nommées, la principale et véritable comédie. Sans que 
l'on puisse nous demander ici une analyse détaillée de l'excel-' 
lente pièce, les jugements qui en ont été portés nous amènent 
à l'apprécier en quelques moU. 

Des critiques l'ont trouvée moins divertissante que logobre, 
au milieu de toute cette apothicaireric déchatnée sur un pauvre 
corps, malade ou non, dont il y a lieu de craindre qu'elle n'ait 
bientôt raison, et parmi ces sinistres corbeaux de la gcot mé- 
dicale, ces affreux tourmenteurs qui ne laissent aucune trêve à 
leur patient, tandis qu'une femme hypocrite guette le mommt 
où docteurs et apothicaires auront avancé l'heure de son hé- 
ritage, et qu'une servante insolente, avec son rire sans fiàé, 
s'amuse des terreurs du pauvre hypocoodre'. 

Il y a bien des misères, en effet, autour du fauteuil d*Ai;gMl. 
Avec quel art cependant Molière a caché au spectateur der- 
rière tant de détails comiques le triste fond du tableau, qui 
n'est reconnii qu'à la réflexion! Il fallait n'avoir pas un mo- 
ment perdu de vue les vraies conditions de la comédie pour 
remplur d'une telle gaieté une chambre où l'on ne parle que 

t. Voyei lit DtKs matfuis, de Paul de Saint-Victor, tome Ul, 



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NOTICE. aSS 

de maux d'entrullM, d« bile à expulser et de mort Àprèa 
toot, la maladie n'est pai sérieuse, et le burlesque des scènes 
où toat étalées crflment toutes les impuretés de notre misé- 
rabk aatore en sauve le répugnant spectacle. Si les oiseaux de 
inalieDr, lichés par b Faculté, viennent là s'abattre sur leur 
pnne, ib paraissent avec des têtes, non de Méduses, mais de 
grotesques, et sont û drflles, qu'ils cessent d'Stre terribles. 
Od admire G(xiunent Molière a pu surpasser, dans notre pièce, 
la gaieté et la vérité des tableaux qui déjà, dans l'Amour 
médeân, dans le MédeeiR nuûgré lui et dans Monsieur de 
Pfmrceaagnac, nous avaieut représenté avec des couleurs A 
vivantes et, par bien des cfités, si fidèles, les ridicules dea 
Esctdapes du dix-septième siècle. Les portraits des deux Dia- 
Coinis ont toujours été regardés comme des chefs-d'œuvre. 
Le jeane benêt Thomas, parfait exemplaire de la bêlîse or- 
né* de science, fait at^irablement comprendre quelle édu- 
cation formait ces [uxidigieux médlcastres. Quant à Toinette, 
à qui Ton reproche son impitoyable malice, elle n'est assu- 
rément pas tendre ; mais que de verve amusante dans ses 
incartades, au fond pleines de bon sens! Tel est, en général, 
le caract^ des servantes dans les comédies de Molière, où il 
n'y en a aucune dont le rAle soit aussi nécessaire i la pièce 
qne celui de Toinette. Sa rude franchise fait le plus heureux 
oootraste avec la méchanceté doucereuse de Béline. Celle-ci 
est, dans notre comédie, la seule physionomie vraiment noire; 
car le redoutable Purgon n'est pas nécessairement méchant 
diable, et ses cruautés ne sont que celles de son fanatisme 
médical. La figure de Béline cependant ne sort pas du cadre 
comiqije, parce qne le ridicule s'y montre toujours à cdté de 
l'oafiràz, et qu'elle a, comme celle du Tartuffe, des traits qui 
readoit risîMes les plus vilains artiEces. 

Le petit rdle de Louison était fort admiré de Goethe. Dans 
SCS CcâstvrMtfiMf ' recueillies par Eckermaon, il a jugé la 
scèae viu de Tacte II une des plus vivantes qu'il y ait an 
tUllre. L'en£incc en eBêt, sa grâce naïve, son espièglerie 
u'oot jamais trouvé pour les peindre avec autant de vérité et 
d'agréawnt, un aussi délicat pinceau. Horace a dit an poCte : 

t. Vajes la traductiou de H. E. Delerot, tone I", p. 3»i. 



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•36 LE MALADE lUAGiNAIftB. 

« Ta deu noter 1« mceun de cbaqne Ig**. ■ HoUère, qd 
savait tont de l'homme, n'a pas manque au précepte, et la 
traits du premier âge mSme n'ont pas échappa i sa fine obser- 
vation. 

Il nous reste i chercher s'il y a des ressemblances ï noter 
entre la dernière oeurre dti g^nie de Molière et d'autres com^ 
dies soit antérieures, sût postérieures en date. 

Des comédies antérieures, avons-nous réellement quelqoe 
chose à dire? Molière a-t-il fait À tel ou tel de ses denoâtn 
des emprunts bien avérés? Pour ce qui est du prinripaletTni 
sujet de sa pièce, il est, tout au plus, permis d'admettre, lioB 
que nous l'avenu dit, qa'^lomire fypoeojidre lui en a fait oaltrc 
f idée, idée toutefois dont il s'est emparé pour la transfonntr 
entièrement et la rectifier, eu la prenant comme k rehoan. 

On ■ G(Hijectaré*, mais seulement sur la trè»-vagoe in£- 
cation fournie par un titre de pièce, que, dans les nSles de* 
deux Diafoirus, il avait tiré quelque chose du Grand btré 
de fils austi sot que ion père. Nous ne savons rien de cette 
comédie, si ce n'est qu'elle fut jouée pour la première Ibis, 
en visite, chex le secrétaire d'iut le Tellier, le 17 janntr 
1664, et plusieurs fois, la même année, sur le théttre dt 
Molière. Il y a bien des variétés de benêts, fils de sots; d 
nous n'avons guère de raisons de croire que Molière ait trtwf^ 
là les figures de son jeune médecin et de son respectable papa- 
Lorsqu'on a vu quelque vraisemblance à un tel emprunt, c'est 
qu'on a pensé, comme les frères Parfaict, que ce Gmitd fan* 
pouvait être attribué à Molière, qui souvent reprenait taa Ixei 
dans ses anciennes fiirces. Mais la comédie, connue seuleoiat 
par «on titre, n'était pas un de ces petits canevas, tels ■pe'^ 
Médecin ixtlant ou la Jalousie du Barbouilla, puisque, à elle 
seule, elle a pu quelquefois composer le spectacle, et le Jl»- 
gittre de la Grange nous apprend qu'elle est de Brécourt*. 

I . j^utii cu/m^ut notandi twH tiii moru. 

[Jrt poiiiqm, Ters i56.} 
a. Vof es rSfjtwTi Wb lUi^ /rMfOM, tome X, p. iioftMttt 
de la mtme page. 

3. Vojec notre tome I, p. 9. 



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NOTICE. 337 

Un des ^tears de Moliènt, Pedtot*, a cru trouver le mo- 
dèle du raie de Bélîne dani uae comédie en un acte et en vers, 
■nt^rîenre au Malade imaginaire et qui a pour titre le Mari 
malade. U avait sous lu yeux cette comédie, que nous avons 
cherchée en vain. Elle « porte, dit-il, le nom de Moliires. > Ce 
Molièret, dont il écrit ainsi le nom, était, selon lui, un co- 
atédien de l'Hôtel de Bourgogne* qui avait composé d'autres 
pièces de ihëltre, entre autres une tragédie de Polyxine*. 
Voici la courte analyse que Petitot donne du Mari malade : 
< Ho vieillard qui a épousé une jeune femme est malade ; sa 
femme paraît avmr le plus grand soin de lui; mais elle le hait 
en aecret, et profite de sa maladie pour recevoir un araant. Le 
mari meurt pendant la pièce; et, ce qui est odieux, la femme 
ae réjouît de sa mort, s Pour que, en dépit des différences qui 
de cette courte analyse ressortent entre les deux rAles, la res- 
semblance de la perfide épouse avec Bétine permit de croire, 
sans hésiter, à <les imitadons, il faudrait savoir si quelques 
trait! des câlioeries de celle-U, ou Texpression de son coaun- 

1. OCarru de M»Jiirt, Pari*, BoaTclle édition (l8i3},6 volnme* 
ia-4> : Tojet m tome VI, p. 436. 

a. Petiiot a fait une oonAiMoit. Le eomédien de l'BAtel de 
Bowrgogne à qui l'on paraît avaîr donné quelquefoii le nom de 
jMtèra, et qui «M d'nn loapa moins ancien,' est Haisin oadet. 
Voyn /< Maiiérûu du i* Mplembre i88a, p. 177-179. 

3. La lenle Fùtjreiiit, d'an ikur ia Meliire, que non* oonnaî»- 
liawi. «M tut foman (mentionné «na Préàtuit, tome II, p. 67, 
mute 1). Non* «m avon* vn noe édition (U troiiîèma} de i63s, pu- 
bliée après U mort de l'auteor, François de Molière, le MoUéritU 
(jmin 1S81, p. 70] dit, d'après des documenti, qn'il s'appelait 
FisBfois Forget, sieur de Molière et d'Ettertùm; on écrirait aasti 
^Meimrtimtt. A la même page du Meliiruri, on cîle le titra d'un 
o u v r ag e de sa femme, publié en i6ig : t Odtt tpiriiueltet.,.. par 
\aae Kcarde), Tcfie du.... sieur de Umiliim et d'EttarlUi. > 
Hanpauit,dansnS(fCo(UfM^<i(Ud(»f{i733},parle,àUp«gei54, 
d'à Moiièrt U Iregijue, et de sa tragédie de FolbtèM, qu'il croît 
■voir été leptésentée aouTcnt à la cour. L'exîttence de oette pièce 
cat génénlrâietit mite en donte. C'est éridemment mr la foi de 
Mavpoint que Voltaire, dans sa ^7* ^JfoC^, a dit (tome XXXVIII 
da OEarrei, p. tgi) : ( Il 7 avail d^à en on comédiea appalé Mo* 
Sèfe, mitenr de U tragédie de Ptljeèm. • 



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a38 LE MALADE IHÀGINAIBB. 

tement quand elle est dëbarrau^e de son Talâadimire, np- 
pellent certains détails des scènes correspondante! du Malaie 
imaginaire. 

Ce qui nous parait moins donteux, c'est un petit emprunt 
fait par Molière, dans une des scènes ëpisodiques île sa fiice, 
au Don Bertran de Cigarrai, de ThoûiaB Corneille, qui fut 
jaaé en i65o. Parmi les ctKn^dies de ses devanciers, celle-d 
est une de celles que Uolière à dd ne pas dédaigner; souvent 
les vers en sont très-spirituels, et l'on j trouve des id<fes pUi- 
stnles. En voici une dont on croit que Molière a Tait son pro&L 
En présence d'Isabelle, que le bizarre et grossier don Bertran 
v«nt épouser, du père de cette Isabelle et de don Bertran 
bn-mème, don Alw, amant de la jeune fiUe, la vojuU en 
danger d'être sacrifiée, raconte une histoire (acte II, sc«m i^, 
qui, sous un voile transparent, est celle mSme de leur motnel 
amour. Le récit de Cléante (acte II, scène v) est une ficlioo 
ingénieuse imaginée avec uoe intention toute semblable. Don 
Bertran n'a pas plus de peine qu'Argan à coiiq>rendre qu't» 
se joue de lui, et ne montre pas avec moins de mauvaise bo- 
m«ir qu'il n'est pas dupe. Il déclare à Isabelle qu'elle « en- 
tend trop le jargon » : 

HoU I vans en nvex bien d'«iin«*, qve je pense, 

Je me trompe bien 

Si, pour voni tfgajer, il vous conte plot rien. 

Il est fort vraisemblable que HoUère ne s'est pas rencoidré 
fortuitement avec Thomas Corneille, et qu'il lui doit la ruse 
de Cléante', à moins qu'il n'ait, lui auss, puise à la souroe 
espagnole, et directement imité don Franosco de Bojas, que 
l'auteur de Don Serlran de Cigarrai rectnnalt, dans V Epure 
imprimée en t(te de la pièce, lui avoir servi de modèle'. 

i, C'wt saisi, dans U Bariitr Ja SéviUt, U ruse d'AImaiiva, 
qui vient chei Bartholo remplacer le matire de musique absent, 
eommè iàit Géante ohei Argan. Cest un petit emprunt que Mo- 
lière, platAt luis doute que Thomas Corneille, s foonû k Bea*- 
marchaii. 

3. Roja* a. intitolé sa comédie : Ltjcu rouU «nJn dtë loii ou Dem 
iHtat dm Cigarrai, Demenré justement célèbre, il était lùeii conna 
en Fiance de ses «ontemporains du dix-septième siècle, Scamn 



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NOTICE. 339 

Après aToir rencontré dans la comédie de Molière de si 
rares empnmts, les nns douleur, les autres assez insignifiants, 
on peut dédrer savoir ce que lui ont dO les imitateurs. 

Le titre d'oa ouvrage de Dufresnj, la Ma/ade sans màiadie, 
semblerait promettre une imitation du sujet lui-mSme. Cette 
' ie, en cinq actes et en prose, fut représentée pour la 
s fois le 37 novembre 1699'. Ce.it une pièce des plus 
médiocres, sans gaieté, sans peinture sérieuse des caractères. 
S'il ast naturel de s'attendre à y trouver on Argan, dont 
l'imitateur se serait borné à changer le sexe, cette attente est 
trompée. Dans la maladie du principal personnage il entre 
beancoi^ d'inquiétudes d'une imagination frappée, et, comme 
on disait alors, de vapeurs; maïs cette hypocondrie est faible- 
ment indiquée, et Dufresny n'en a rien su tirer de comique, 
malgré le modèle que lui avait donné Molière, et auqud il 
est évident qu'il a pensé. Voulant que sa malade eAt près d'elle 
nue sorte de Béline, il loi a donné une perfide amie. Puis il 
j a noe suivante, ijsette, qui, lorsqu'elle introduit auprès de 
ta malade un faux médecin, s'est souvenue de Toinette, jouant 
eUe-mème ce râle de docteur. Enfin, comme dans le MalaeU 
imaginaire^ l'intrigue ourdie par une avide cajoleuse est dé- 
jouée. On trouve donc là quelques idées, dont la source est 
vîsîUe; mais DoTresn; en a fait un très-pauvre usage. 

I> rSIe de BéUne, qu'il est plus facile de s'approprier qne le 
rAle d'Argan, principal objet de notre comédie, a surfont tenté 
les imitateurs, entre autres Goldoni, celui des auteurs étrangers 
qui s'est le plus attaché aux traces de Molière. Dans sa Sema 
amorota', comédie au fond û différente du Malade imagi- 
mairtf et dont l'intrigue est tont autre, Béatrice, une marâtre 

Ta ea pour modtle dan* (on JodtUt ou U Mattrt-vaîet, et, ce qu 
nu uueux, Rotrou dans ton T'aMulat, 

I. Vojes au tome U de* (Xwm de M. Ktiirt du Friny (Paris, 
ckei Briaisan, I73i). — Manpoint dit à tort iBihtiolhijut i*t 
1\iitr»s, 1733, p. 19^-194) qns cette pièce n'a pa* t.\.t jouée, U est 
le pat l'aekeTer \ sprèi le second acte, il fallut changer 



s. One eom^ie eu troi* aciet et en proie ■ ^t^ reprécentée, 
poar U premiira fois, à Bologne, au printemp* de 17SS. Sablier 
l'a traduite en françai* sous le litre de la Domtttijii* fémérvÊitt 



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a4o LE MALADE IMAGINAIRE. 

eomée enr Bâitu, a obteou àa neillard OtUvio, son mtri, 
<{a il chassât de la maison Florindo, le fils du premier lit. Pour 
qu'il soit déshérite à soa profit, elle n'épargne aucune nu- 
Qceuvre. Ottavio fera un testament, pour lequel elle mande mt 
notaire, qu'elle se croit assurée de mettre dans ses întérèti. 
Hais, par les conseils de CoraUina, la servante amoureuse, le 
bonhomme Ottavio se prête, comme Argan, à une comédie de 
mort. Béatrice, le croyant défunt, mais se gardant d'en rien 
dire, fait semblant de recueillir de sa bouche ses dcrmère 
volontés, qu'elle dicte au Notaire. Celui-ci, qui n'est pu, 
comme elle l'avait espéré, son complice, donne lecture du vni 
testament, par lequelle Gis est institué seul héritier. Béatrict 
essaye de protester. Ottavio ressuscite alors pour ctnifimier 
ses véritables inteutions et remercier, comme elle le mérite, 
la méchante femme de tout le bien qu'elle lui vent. On loit 
que l'auteur du Maiade imaginaire a passé par là : ce n'était 
pas trop la peine'. 

Regnard a su mieux imiter Molière. Ce n'est pas que nom 
pensions, comme on l'a fait quelquefois, i un de ses plus fai- 
bles ouvrages, composé pour le théâtre italien, à son Arle- 
quin homme à bonne fortune, comédie en trois actes et en 
prose, représentée, pour la première fois, le lo janvier 1690, 
Il s'y trouve sans doute une réminiscence de notre pièce.Bra- 
cantin veut faire épouser à sa fille Isabelle le médecin fiiiB- 
net, qui n'est pas un i>arti du goût de la demoiseUe. On re- 
connaît la scène v de l'acte I" du Maiade imaginaire; mis 
l'analogie n'a pas grande impoitance. Dans cette même pèce, 

voyelle* OEurra dt Jf***, Lonilre*, 1761, on, ne qui est Uatat 
chose, le Tbédtrt d'à» Inconnu, Paris, cbez Duofaesne, [76S. 

I, Parmi les auteur* étnuiger*, qui ont inittf U lialaJt ÎBffi- 
Mnm, il peut luffire ici d'aToir uommri Goldoni, le ploi mirqniDi- 
On en rencontienut san* doute pluiieun antre*. M. Henri ns 
Laun, datu It ttellérUtt dn t' mai et du i" août 1S81, a npali 
en Angleterre : i* la oomédie de Sir Patient Fançy, jooée en 1676, 
et dont l'autenr était une dame holJandaîte, Mme Alphia Bebn; 
oa reconnaît Argan dani le héros de la pièce, laquelle d'aillnn 
doit beaaooup bumï a FÂmour médeànf a' la comédie inlitniéc 
Ooetor Lait w hii charUt, où beaucoup d'emprunt* ont ^alemml 
iU faits an UtUJ» imaginairt/ elle est d'Isaac Èickerstafie. 



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NOTICE. a4i 

UMi grouière, Hegnard a, soivant soa habitude, f^aai cbn 
Hobère de ploaienra aatrea cdt^, prenant çà et U des traita 
à l'Aeare, ao Bcwgeoit gentilhomme, an Mariage forcé, aax 
Femntat watantet, anx Précietaes ridicules, Toutei ces imita* 
tiens, tri»-snperficiellei, oDt pen d'intàft. 

D but (aire jAué d'attentioD au légataire untvert^, que 
le mime Regnard fit jouer pour la première fois le 9 jaoTier 
1 708. Cest assurément du MiUade imagimire qu'est n^ cette 
cooaUie, dont le sujet est tout autrement logobre, mais qui 
n'en est pas moins Aincelante de rerre, et que l'on regarde, 
avec raison, comme la pins plaisante de lotîtes celles de Re- 
gnard. Plus hardi que H<dière, et il ne l'a iH qu'en passant 
les justes bornes, Regnard, dans son tableau des misères d'un 
bomme devmu la proie <les remèdes de la Faculté et des in- 
Irigaes de coquins qui ponrchassrat sa inccesHon, nous montre, 
an lien d'nn maniaque qui s'imagine être malade, un tn^ vrai 
Borîbond. Cela n'emp6clie pas que, en entendant son Garant», 
il nous semble souvent que c'est Argan qui parle : 

J'ai, cette noîi, iti •ecou^ coaune il fiai, 
Et icTieD* d'etsnjer on dsDgemix «ifanl : 
Un pareil, à coap *iIt, «mporteroit la place'. 

n quitte Et>6iaenunent la scène sans autres raisons que celles 
qm forcent Af^an k sortir avec la même bâte. Les UvemenU 
qui mettent Génmte en fuite viennent de cfaea Molière. L'a- 
potincaâre Oistorel, s plus tttn qu'une mule, * est évidem- 
ment de la lamille du médecin Pnrgon, dont il ne aaorait être 
déaavnaé, quand il arrive tout en odère, ponr n^voeher à 
Canote ses sottises : 

Non, non, je ne veux plus de commerce avec voui*. 

liKtte a qadqMS traits de TiànetI*, qocâqu'elte ne l'imite pas 
dus sa fidélité ; 

D neme donna rien; mais j'ai pour rfecmpeue 

lie droit de lui parler avec toute lieenae. 

Je loi dis, i son nex, des mots assea jùquants', 

1, I« LifÊlnr; «et* I, sctea iv. — a. Aete U, sotae xl. 
3. AaM I, seèM 1. 



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aU LE MALADE IMAGINAIRE. 

La nalain Scropnla «t prodia pu«it, un nom mSma 1*» 
Sqat, Ae Monùeur de Boanefbî. 

Lonqne Crispîn prend U robe de malade et le bonnet de 
unit de Garante, qu'il tient pour tr^paurf, il a peor on mo- 
ntait de sa hardiesse : 

Hait, aTec ion faibit, (i iod nul m'iUoit prenilre* ? 

Cette frayeur aaperslïtieiue rappelle -celle d'Ai^an ; « N'y a-t-j 
prant quelque dâagtr à contreGÏire le mort* 7 > C'est ainsi qve 
l'on trouve, d'an bout à l'autre de la comédie de B^nanl, 
one suite de gentilles variations sur le thème taam par Hi^ 
liftre. Si l'oa veut que ce snent des lardos, ib ont troarë si 
naturetlement leur place dans une ceuvre très-diffâ«nla, qo'il 
n'y en a pas de ptos lé^times; ils n'dtent pas à oetia twiTre 
U valeur comique qui lui est prc^m, et dont, bon gré mal gr^ 
Voa est fort amusé, au milieu mime de cet appareil mortnure 
et des plus pendables coquiDeries. Le tour de force de Mo- 
lière, de nous faire si franchement rire dans nne chambre de 
malade, avait été grand : celui de Regoird, qui a voulu ra>- 
chérir, eit plus extraordioaire; mais dans le Légataire, dans 
cette prodigieuse débauche de facéties, qu'cm est laia de la 
profondeur de h peinture du Malade imaginaire, loin aussi 
du style de Molière I Si celai de Regnard est très-agréablement 
plaisant et d'one vivacité étourdbsante, il manque, dans sa fa- 
cilité spirituelle, de cette forte originalité qni, chez Molière, 
fidt penser en faisant rire, et, par chaque trait, met en aaSIîe 
les caractères. 

Sur la distributifni des rAles delà [Hèoe aux premières Ttipeé- 
sentations le livre publié dès lors ches Christophe BaHard ne 
nous apprend rieu : il a ne donne ni les noms des acteurs qui 
ont jooé la comédie, ni même, ce qui est singulier, les noms 
des chanteurs, des danseurs et des musiciens*, v Ccst donc 
ailleurs qu'il faut chercher des renseignements. 

I, Lt Légatmrt, acte IV, icèoe iv. 

a. £* KaiaJe ImagiHmiri, aote III, «cènext. 

3. Docitm*Mi tarit M»UJtimagvu'm,.,.ptrM.Édowttd'nànTf 
(Parii, 1880), p. I. _ P«al-4tTe l'èuil-on ahatMia de doniMr loi 
listes des ehântonrs et de* dantmirs eupgjs par Molière, paroe 



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NOTICB. «43 

Qw Holière ait joai la principal Mt, ctM d'Jrgaty pour 
a'an pu douter il ^tait à peine besoin des l^moigDagea posi- 
6b dëf ooDlemponiiia qui ont parlé de la repi^sentation oh 
i noanu dans oe rAle, sinon de ce rftle. L'inTcnuire de 
■67I ne dit rien des habits qu'il portail en le jouant, reliqne 
hatimj que TraisemUableawDt on ne voulut pas j faire 
G|anr, et qui était peut-être tachée du sang de la vàne 
ranfiae. On donnera ô-après, dam les notes sur las penoiw 
lagM, la descripticMi du costume d'Argan, d'apris les indica- 
tions de la contreb^n de la pièce, imprima à Anuterdam 
cbsi Daniel BlieTir. N<kii ne pouvons affirmer qne ce costame 
ik eiactemenl été cdui de MoUèrej c'est touleftns le plus pis>- 
UUe. On j remarque surtost ta camisole rouge, qui aurait dd 
rsMr tnajoun de traditicHi, au lieu de la robe de duunbre. 
ladoee Soulië a fait l'obeervation qne ce costume est bïeo 
ttèà d'Argan dans la planche gravëe ui 1676 par le Pawtre, 
laqucâc reproduit la repréacalalti» du ai août i674> à Vei^ 
aïka*; et que, danaVÙition de i68a, la grarure de P. Bri- 
wi mcoirc également Argan vttu de la camisole '. U <■ 
eoBclat quU faut leoir pour très-suspecte l'anecdote racoifr- 
Ife par le président HÂianlt dans ses Mémoire**^ oii il dit : 
c Jean^emi Hénault, mon père.,,, donna à Holière, pour soo 
KtUaJa imagiMoira, la robe de chambre et le bonnet de nuit 
et..- M. Foocanlt, ion parait, l'homme le plus tdiagrin et le 
ffas redouté dans sa fainiUe, et qui travailloit toute la journée 
M robe de chambre, s 

n enalc anionrd'hui encore on vénérable témoindu rftie joué 
pv Hobère dans sa dernière comédie : c'est le fauteuil dans 
kqad i refilait le mémoire de H. Fleurant. Les meuUes ont 
la vie plus dnre qne les hommes, sana eiception ni privilège 
pnr ta poHea immortels, qui ne le smu que dans la mémoire 
dt U postérité. Ce bnlenil, où successivement se sont assis les 

p'cUei avaient M nn a*ea public des eoatnveDtiont, limplemsM 
IriMM, a> PrinWp de LnUi. 

1. Vojea ci-apris, p. 14S. 

a. Mtitre/tn mr HoiHr; p. U M tg. 

1. JMmùw Wa frétUiu Hi^ndi.... ntmiUU H wùi m onfrt^ep 
— mritru mmm, M. Uimm i* Fipm, t toImm ■b-S', Pari*, iHG, 



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%^^ LB UALi.DE IMAGINAIRE. 

bàilien da rAle d'Jrgwt àuu 1* ibukw 4» KoUin, et, ftin- 
(Uot quelque temps, irOdéon, > tonte one hisbûn qna H. Ho»> 
val, ■rchivisie de la Connédie-PrançaÎM, noua a noontée diM 
It Berne mensoelle qn'îl publie sous le titre du MoUéritu^. 
Il m a donne la de§cription et noos a ii^rîs que, reTonu de 
rOdtfon an Th^itre- Francis depuis près d'im siècle, il y ett 
prMeiisement conservé, mats que, poar le m^ger, oit a ré- 
cemment d^id^ que l'on ne s'en servirait plus dû» les rcfiré- 
sentations du Maiode imaginaire, où il serait rempinetf par m 
buteuU qui n'ra est que la fidèle copie. 

Poor attribuer k Hlle Uolièra et à la Grange les WHes 4CJh- 
gélique et de CUaMe, on n'en est pas réduit k la Traisem» 
blance. Le Menxre de i74i> dit de la pramère : « Elle avoit 
de la Toiz, et chantoit ordinairement ave la Grange danaleae- 
cond acte {teèite r] du Malade Imaginaire*. > Il vaat encore 
mieux citer ceque, bien plus [wia du temps de UoK^, écrivùt 
l'anleor des SntrMiem gedaati, publia en 1 68 1 ; il ne se ces- 
tente pas de nommer la comédienne et le eomëdien ; il porte 
nn jugement sur leur talent dans cette mime scène : « Cette 
belle scène du Mtdada imagimàre.... n'a-t-elle pas toqoars 
eu sur le ibéAtre de Guénegaud un agrément qu'elle n'aorait 
jamais snr celui de l'Opéra? La Molière et la Grange, qui la 
chantent, n'ont pas cepoMlant la voix du monde la plus bdie. 
Je doute mime qu'ils entendent finement la musique ; et qoofr- 
qn^ils chantent par les règles, ce n'est point par leur chaat 
qu'ils s'attirent une si générale approbation ; mais ils savent 
toocber le cœur, ils peignent les passions*. » Il est vrai que li 
c'est seulement du thélti-e Guénegand qu'il est parié; mais ne 
doit-on pas regarder comme certain que sur le tbéttre ansH 
do Palais-Royal, et dès la [Nremière représentation, Hlle Molière 
et la Grange ont joué les rôles d<»t, si peu d'années après, 
ttotu les trouvons en possessioa avec beaucoup de soceca 7 

m les frères Parfatct <»)t puisé k bonne source, conune noos 

I. Vojei wax pages 355<36o de la i" année du MM rûtt, 
i" mari i88o. 

*. Mertur* A Fraiiat,de nui 17^0, leur» tarUrUelbi eapr^iw 
éà Montra tt lar Ut eami£*iu di ton Umpt, p. 843. 

3. XiUrtiiMM gmUntt (Paris, Jean Kiboa, 1681). L» Mmàfmê, 
n* MMrtim, tomt U, p. 91. 



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NOTICE. >4S 

M ditpoirf à-l« enin, leon infermitioiu tar Im rtAt» da 
nu Dlafolma et de Toinatie, ce fut parBeanvai et par sa 
e que ces râlea forent remplis ; et voici l'anecdote qu'ili 
itenl : > On dit qtt« Hdi^, en faùant répéter cette [ùèce 
(Ir Mfatada Imaginaire), panit mécontent dea «ctenrt qni y 
joooMnl, et prindpalemcDt de Hlte Beanvat, qni représentoil 
le penonnage de Toineae. Cette actrice peu endurante, aprii 
hn «Totr r^ponda aaies brusquement, ajouta : « Vons nooi 
« tomaratei tons, et tous ne ditea root à rocm mari. — J'ai 
«Mrata iHen OtM, reprit Hotière : je lui glterois ton jen ; la 
« Bctnr* hn a iaûaé de meiUearea leçtM» qne lei nùenn» 
« poor ce rdis*. • 

Ceat par me diitractîoQ ériduite, pent-ttre |»r une simple 
faote d'iBq)reMioa, qne l'on a dooné l'Age de trois ana*i celle 
im petite* Beanval qw, dit-on, repréaenU Loaiimt en 1673. 
L'aGmt edt été Trûment trop précoce, et personne ne aonp- 
fOODwa HoKra d'avoir voala indiquer cet Ige, 00 à pen prit, 
potnr colm de sa gentille petite mtit, dont l'iDooceace en sait 
é^, on dn moins en iwwiae asaex long, avec ses umi et toMt f». 
Cdie des nombreox enhnts des Beanval qni avait alors, non 
pas trou au, mais deux ans et trais mois (le prodige auquel il 
nous Cudrait croire serait encore plus étonnant), n'était pas 
IfOtôse, comme nous la lisons an mtme endroit, mais leann^ 
CalfaariBe. levée sur les fonts par Uoliire et HUe de Brie, la 
■ 5 mvambre 1670. Pour Louise, on la cnnt née à Lyon vara 
i665*. U. Jal* a ea raison de U désigner comme celle qm 
JDoa le durmattt HUe, i l'tge d'environ huit ans. a ta veuve 
de Beanboorg.... nt encore aujourd'hui, dit l'abbé d'Âllainval 
aaiiasaX«««iJlO*»«**"wit(ïrw»....li73o,p.aieta»);... 
cMe est fille da h Beanval.... et elle fit le rAle de Looiaon 
daa* U Maladt imaginât n. • 
Lcadeoibsapt de courte dorée à U comédie : une impérieose 

s . aUtoirm dm JlMlrt fnaifou, toisa ZIV, p. S3S. 

a. Noie de N. Li»et, page i6ï da U FaauuM eemiMmmt. 

3. L'acte de mi mariage, daté dn 16 juvier ili83, h dh Igéa 
d*«M«iro« dii-hnit an*. Elle fit partie de U Troupe dn Théàtr»- 
haafnsaou U nom de Hlle Bcmand ta i685, M pins tard lom 
aalvi de Mlle Beaabtmrg. Ce fat ane eMaédienae médioon. 

4. JNMnbm*» «rWfM. p. 1S6, eolonw s, et p. iSS. eokmne 1. 



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a4S ; LE HALADB IHAGINAIRB. 

aiœuité ht abr^^. Le « apt i taw jonr après la mort de Hofiin, 
■es umaniiea jouèrent ion Misanthrope, puù tes deox petîtei 
pîècea de la ConUette d' Sioarhagitai et des FAeiemxi et 
bientôt, malgré le Ingnbre et ai récent sourenir {il remonl M t 
seulement à deux senaînes), le Maiadg imaginaire fbt rvpnt. 
Ou lit danrle Segitfn de (a Grange, k la mite des d^taili <fmt 
Doua avons ci-desnu tranicrits sur la mort de notre poHe : 
«Dans le désordre où la Troope se trottra après cette paie 
in^Mrable, le Roi eut dessein de joindre les aeteifft qta la 
oompos<M«it anz cométUens de l'Hâte! de Boulogne, câpea- 
' dant, après avoir éiè le dimanche 19 et nurdi n sans joaer, 
«1 attendant les ordres dn Roî, <» recommença le vendredi 
ï4* février par le Misanthrope, H, Baron jona le rMe.... Di- 
roan<^e 16*, idem.... Hardi a8*, Btearèagr^t et FAehea*.,., 
Vendredi 3< mars, on recommença le Maladie imaginaire. 
H. de la ToriUière joua le rOle de M. de Molière, b La recette 
de cette représentation du 3 mars et celle des hait repr^eo- 
laticms qui suivirent dans le même mois furent très-belIcs et 
à peu plis égales à celles des représentations domées du vivant 
de l'auteur. 

Le BBgittre parle ensoite des fortes dépenses que la Trovpe 
trait dft &ire pour notre comédie. Les détaik dans lesquels 3 
entre ne sont pas sans intérêt, snrtout parce qu'ils fi»t cost- 
nattre que le Palais-Royal, par faveur spéciale sans doute, 
n'observa pas rigoureusement, dans cette pièce, tes inbibitiaas 
signifiées aux ihédtres de Paria par les Privilèges de LoIK : 
<■ Les frais.... dnJIfataifo imaginaire aaX été grands à cause de 
prologue et des Intermèdes remplis de daiuei, munqoe et us- 
tensiles, et se sont montés à deux mille quatre cents livres.... 

« Les frais journaliers <«t été grands, à cause de doute 
violons à 3 I., douze danseurs à 5 1. 105., Ux^ sym|rfmiisstea 
à 3 1., sept musiciens ou rousidennes, dont il y en a deux 1 
II 1., les autres à 5 I. lo s..,. Lorsqu'on cessa les représen- 
tations à Piques, la Troupe devoit eocore plus de 1000 l. dcs- 
dita frais extraordinaires, s 

LnlU ne peusa-t-U pas, «près la mort de Molière, que ks 
ioiractioas à son moiu^iole, libérées dans les npréscatatiaas 
da Salade imaginaire^ avaient rendu néoeaaaire la "Mifirm*- 
tion de ses dnrilsF C'est ce que noua porte è croire celte pe- 



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HOTICS. «47 

àU note do RtgUtr* de la Grange : s Ordmiumce do Bm du 
3o »ri] 1673, portant difense et règ^emeat pour 1» voix et 
danseurs que le Boi permet d'avoir aiixc(»&édiens*,coD&rm& 
depoù en faveur du lieur Lully le ai mars 1675 et 3o juillet 
168s. > 

Fannî les représentatioiii de 1673, enregiiti^es par la 
Gnnge, la dernière est du a i mara. On Aait anivi k la clA- 
tnre d'usage. Les tiûtes cons^uencei qu'eut la mort de HoUin 
pour la fortune de son théâtre allaient être de plus en plus 
MDties. Ses camarades, prives de leur illustre chef, commen- 
cèrent à donner le spectacle d'un régiment qui se débande. 
« Les sieurs de la Torîllière et Ban», dit le Segiitre de la 
Graitge, quittèrent la Troupe pendant les f6tes de Pâqnea ; 
Mlle de Beauval et son mari les suivirent. Ainsi la troupe de 
Holière liit rompue. » Sans toutefois perdre courage, elle s'oc- 
cupa de combler les vides &its par la d^sertitHi. Elle reçit, le 
3 mai 1673, rengagement de Bosimond, qui se sépara alors 
de ta troupe dn Uaraia, dont il ^tait le meilleur com^en, et 
prît an Palaîa-Roral, comme nous l'avons d^jà dit ailleurs*, 
ks rAles de Hcdière. VBittoire du thMrv fnuiçoh* bit, par 
errenr, remcnter an aS Ë^vrier 1673 cet engagement de Ro- 
àmond et dit qu^il fut en itat Ât jouer le rAle SJrgan le 
vendredi 3 mars, et qu'il le contiDua jusqu'à la cidture ordi- 
Dure. Ce n'est pas lui, mais la Thorillîère, on l'a vu d-des- 
ans*, qui fut alors chargé de ce râle. Il ne put Stre donné 
qoe pins tard à Hosimond, lorsque ta Troupe se fut établie 
me Haaarine, dans le jeu de paume de Laffemas, connu de- 
puis, on peal-èlre dès le court séjour qu'y avait fiùt V^ea- 
démie det opéras, sous le nom d'bfitel Guénegand. On fiit 
redevable de ce déménagement i Lolli, l'bomme de malheur. 
qui semblait avoir 1 cœur d'achever la désorganisatioa da 
tbéftire de Holière. La note du Rsgittrv de ta Grange sor 
la retraite de ptniiears des comédiens de la Tronpe ooodnne 
aÎMi : B Ceux des acteurs et actrices qui restment, se tron- 

t. V«fea ci-d«Miu, p. si* et wrte 3 d« la mime pa|e. 
>. Tone VI, p. iS. 

3. Towe XI, p. ■&< et a85. 

4. F^MS. 



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>48 LE MALADE IHAOIMAiaB. 

virent mm-MiileRwnt mm troupe, maii uni Ifaâltn, le Boi 
ayant tronvé à (MMpos de donner la joctisBance de la salle da 
Palaift-Royal à M, de Lally. a 

L'envahitsante Académie nrftUe de musique, pour ae pn>- 
carer une nouvelle initallation, duaaait la comédie, mais sans 
pouvo^ la tuer : la nuiioa de Holière Aait solide. I^ Tfoupe 
(fit Roi (elle avait eonaerr^ ce thre], ayant émigré à ruûd 
GaAwgand, y rec(MDinen^ ses repràentatinis le 9 jnillet 
1673. Cne ordonnance da a3 dn mois prëcédeni l'avait rat- 
fanée par l'adjonction de la troupe du Harais. Le Malade 
imaginaire ne fut repris que le 4 mai 1674, avec parts d'anleor 
pour la veave de Molière. Qnraqne la Troupe Royale de l'HAtd 
de Boni^ogne fAt en droit de représenter concorremment ks 
comMies de M(dière, elle n'avait pn mettre la main snr son 
dernier ouvrage. « Le 7 janvier 1674, dit le Begittre de la 
Grange^ la Troupe obtint une lettre de cachet ' portant défenses 
à tons autres coioédienB qne ceux de la Troupe dn Hoidejoner 
te Malade imaginaire josques à ce que ladite jnèce fdt impri- 
née. s Depûa le 4 mai 1674, jusqu'au Si juillet inclusivenient, 
U Malade imaginaire fiit représenté tons les jours où la Troupe 
jouait, ce qui porte i trente^hnit le nombre de ces représenta- 
tions. A la date du ai aodt i674< jour où il n'y eut pu spec- 
tacle il la ville, le Segistre nous apprend qu'on représenta le 
Malade imaginaire s à Tersaillei poar le Roi : > première ntcn- 
tion que nous trouvions de cette comédie jonée devant cdni 
pour qtd Molière l'avait composée*. Depuis l'époque où nn 

I. n 7 en a nn bo-timile dan* U KalUrùia de septonfare i8B3, 
p. 177. 

1. Dans le tableaa des KrfrittMalioat k la eavr donné par 
M, Dcspoîi, à U paae SS? du tome 1", odle-o! est la seule qn^ ait 
pa constater de ifi73 i 1680. Il en ■ rclerf cinq de 16S0 i 171$. — 
Féliblen, qui ■ Uiitj unerelation officielle, et ontie de g ta v as ie s de 
le Pautre, dei Di—rt'iutmMli Je f^erieiltu Jouait (en lU j otCT éei) 
JMT /a Xw i toult M tour au rtlouri* U eoafiiéli dt la Fr*iitk*-Coiirtt 
•a Fmmm^t tA74i dit que U I/alede Ima^nairt fat jooé là, le tg* du 
même mois (de juillet, ce semble), dioi U troisifeineiaitn>ée;nuît 
tonte sa ehmnoîogîe eit pen obire ; il hat t'en tenir i U date de la 
Grange, qui pins qoe jamais alors a dfl tenir note esaote de oa 



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NOTICI. 



•49 



I do R(H, dat^ du 8 aodt iftSo, avait r^am Ih coorf- 
de l'HAtel de Bourgogne à cenz de Guëne^Dd, c« qoe 
saToos de la dîitributioii des rdles du Malade imaginain 
ett apprii par le lUpertoire des eomédiei françoiiat qui 
jouer (à la coar) en i68S : 

DilMOIHLLU. 

■■ dt Brit, 

Gaer!**. 

TouBnv Bttural (m 



HoMMt*. 

CiânMit im Grwag». 

AMOèX MMlmaïU. 



pDaaoB U Gnmg», 

FuMuvT, apothicaire Km*'m. 

BoaxiroT, notaire du Ctwtf. 

On TDÎt que la Grange faisait alora deux penonnages. 

Panni )« comtiieas d'un temps rnoini ^oigptf, qui jonirent 
dans h Malade imaginaire^ quelques-nni doivent 6tre nomm^. 
Dana la Mcoode noititf du diz-huitième siècle, BonneTal joua 
np^riearanent, dit-on', le rMe S Argon. An bu d'un de tes 
portraits*, oa l'a repràenttf dans la >'• scène de la pièce. Un 
pen après hii (cVtoit dans les premières ano^ de notre siè- 
de), Gnndmesnîl eut, dans le même rAle, le plus grand suc- 
cès. Geoftvj, qui le looe, ne lui trouvait pas tout ii fait cepen- 
daaC le |dijsiqne requis, à cause d'mie maigreur sans doute, 
qà Uiail DD peu contre-sens, et qu'il avait bien fallu d'ail- 
lanrs accepter, dès le dA>ut des représentations, dans la per- 
Mone de Molière; « mais il a, dit le critique, l'e^trit du per- 

■ . La Teore remaria de Holîère. 

». Lewaamier, (Mme kitttrijm Jtt ttiun Ju ikUtfê fnmftù*, 
MM* I*. p. 156. 
3. Dmhb^ par Hnqnier flb, gravi par J. B. Miobel. 



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aSa LE MALADE IHAGINAIRB. 

«Htiiage*. » Le choix que GraDdawBil fit de ce rAte pour nue 
de celles qui mireol fin à sa carrière thé&trale, le %i man ifiii, 
prouve qu'il le jugeait liii-mftme uo de tei meilleurs. La per- 
•onne de Montmesoil (le fils aloé de le Sage], par « saa aîr de 
santé, » avait mieui répondu à l'idfe d'un malade inuginain : 
Toyea ce qu'en dit Bemond de Sainte-Albine dans /s Comédiai*. 
Dans le rAle de Thomas Diafoirut, que Beauval avait jooé 
au grë de Molière, Dangeville, qui avait débuté en 1 70a et se 
retira en 1740, était Tort plaisant, a inimitable, n dit Lema- 
surier*. Nous avons sur DangeviJle ce témoignage de Gdié: 
<■ Je n'ai jamais manqué, tant qu'il a vécu, de voir le Malade 
imaginaire, dans lequel il étoit curieux de loi voir rendre le 
rAle de Th<muu Diafoirut*. » Baptiste cadet, le Thomas IHa- 
foina du temps où Graadmesnil était Argon, faisait beaocoop 
rire, mais sans ttre aussi approuvé des connaisseurs que Dan- 
geville, et sans se contenter, dans la niaiserie, de la mtfK 
naïveté. Geoffroy, disposé pent-fitre à peu de bienveilUoce 
pour lui, se plaignait de ses lasiis, qui lui paraissaient gller 
on des rôles les plus comiques du Malade imaginaire*. Il est 
à croire que cette critique n'était pas trop injuste ; oa la tnwTe 
aussi dans les Études sur Molière * de Cailhava ; car c'est évi- 
demment Baptiste cadet qui y est désigné comme ce Dialbinia 
assis sur une chaise d'enfant, qui a voulant se donner une petite 
collation, tire de sa poche successivement un gobelet, une boo- 
teille d'osier, avec un biscuit qu'il met tremper dans du vm, et 
que Toiaette lui enlève finement, dam le temps qu'il déploie no 
mouchoir en guise de serviette, u Le même dilhava {M^>pose 
comme le plus parfait modèle du personnage de Purgon, le fa- 
meux Préville, qui brilla sur la scène de la Comédie-Française 
de 1753 à 1786'. 

I. Feuilleton du Journal dt FEmpIre, Aa iS fénier 1S06. Vojai 
auMÏ l'éloge que bit de Crtadmetnll, dsat ce rAle, on feailletan 
antérieur du même Geoffroy, dai3 dÎtAm an XI (3 jsnTier i8o3)- 

s. Édition de 1747, p. igS, onàk toite de* Jr/Momu 2a itM, 
i8a5, p. s35. 

3. Dani l'ouvrage cité, tome I", p. «09. 

4. Journal U Mémoire Jt Ckarla ColU, toose I", p. 14$, 

5. Vojn le* deux feuilleton* cité» plus haut dans la noce i, 

6. Paga 341. — 7, Ibidtm, p. 334-337- 



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NOTICE. aSi 

NDe Dangerilla «t Hme Belleooart, qw prît wa rAlat, ont 
Md'nceDeDtes TViJiMffM.Apr^dles, etavec idchim de perfeo> 
ûaa, Mme Oevi«uie a M très-piquante dans le même rAle, 

On sait que Mlle Gauuîn tflait charmaate dans la comMie 
coraiBe dans Is trag^e; un des rAles où elle a laissa ce soih 
Toiîr int celui de notre JagMiifoe. Aussi charmante an moina 
7 fiit Mlle Mari, dès les premières années de ce «ècle. 

Ào tonpa où elle jouait dans le Malade imaginaire k cM 
de GraDdmesnil, Béline était reprëaentée par Mme Ladiat- 
isigiM*, que nous nommcMis pour cette seule raison, que le 
ch^ qa'oa avait fait d'elle donna lien à des obter*ationt de 
qntlqae intérêt aar l'emploi auquel ce HUe doit appartenir. 
Gtettroj ne pensait pas que cet emploi Mt celui que Mme La- 
e remidissait, celai « que les comédiens appellent des 
r, et qu'il faudrait plutftt appeler des carioaturet*. s 
n aurait Touin qne le rAle fût donné i de jeunes femmes*. 
Tel était aussi l'avis de Cailhava. 11 pensait que la seconde 
fHMM m Argon était nul représentée par nne duègne*; et 
le* raisons qu'il tire de l'examen du râle nous semblent 
wduantes. « Béline, disait-il, ne doit.,,, avoir qu'wiviroil 
tnnte ans; aussi Hme Grandval* ne se donnaît-eUe que cet 
Ige «a jouant le rAle. a La tfoestion qui fut alors soulevée ferait 
dénrer de savoir i qui le personiiage de Béline avait été confié 
par Molière. Est-ce i Mlle la Grange, comme l'a dit un re- 
çoit éditeur de Molière*, noua ignorons d'après quel rensei- 
gBcaent? En i685, on l'a vu ci-desausT, le rfile appartenait 

I. Reçae en 176g, retirée du ihéltre en i8o4i elle aTsii joué 
éaat la tngédie ki oonfidentia, dani la comédie, les cmraetirtt, 
Vtftt la Gmlteia kUtarifut de Lenuiurio', tome II, p. 40*. 

*. ftwmml 4*4 DéhUi du 3 jinvicr iSo3. 

3. J-maldatEmpir* du i6 «Trier 1806. 

4. itmda tur MaËirm, p. 33o-33a. 

5. Cène eoa^ieiuie avait débuté ta 1734, et «e retira en 1760. 
Elle jona tartaot avec fnccèt le« rdlei de piadei coquetiei. Ce- 
pcndut elle en a atiHi joué d'autre*, puiiquB, dam U CkêrtJitr 
à Im made, de Dancourt, elle rempliisait eelni de la ridicule 
Kbm hiin, qui toutafoïi ne non* (emUe pu tue daiu lei eorme- 
(Jm. Vojei la GmbrU de Lemaaurier, tome II, p. 344-946. 

A. M. L. Holand, an tome VU des OBarn» Jt Matiift, p. tSo. 
7. Pl««a49. 



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*U ht HALâDB IHAGIMÀlftB. 

à mu de Brie. N*e)U9 pu Tniaanfalibte qn'dle l'aTÙt oM? 
BUe A>it ami flgëe en i685, etd^iiieBieeD i6?3; nuisM* 
rAfet, plas jennei qnegon SgB, n'Aaieiit pu ceux qn'tm >p- 
peliit earœtirei, lesqnds étaient pIntAt remplia par Mlle la 
&^tige,qiii, beaoGoappli» jeane, avait ctpâidaiit. en 1671 
et 1671, fait le penonnage de la Comiewe d'Eacarfoagoai*. 

Ceux qui de noa joon ont tu U. Frorost dans le rAla d'jér- 
gaa^ H. Régnier dana celai de Thontat Diafoinu, ont gardé 
le aonTenir du talent qu'j faisaient admirer cea enx^enU 
comédiens, lime Angnstine Brohan, qui n'a quitté le théâtre 
qu'en 1668, a été la plus parfaite Toinaie. Dans cca demiirei 
années, Jrgan a été fort Inen joué par HH. Talbot, Barré 
«t Thirao, TkamM Diafaimt par M. Coqnelin, P^rgim et le 
Prate$ par M. Got, Jngtii^M par Mme Barratts-Wocw, 
Bàim par Hae JouaMain. 

li'iinpreaù»! du Malade Imagtnatre qu'on poorrùt £re 
Traîment la premiire, parce que le texte qu'elle donne a aiDJ 
tooi les caractiret de l'auflienticité, le fit attendre longtenpi. 
Nous avoni parlé* de la lettre de cadiet obtenue par les coné- 
diens de U Troupe du Roi, pour constater leur droit de ùân 
jouer la piice, à l'exclusion de toute antre troupe, tant qu'ils 
ne l'auraient pas fait imprimer. Il y avait donc un grand inté- 
rêt pour eux à ne %'j décider qne le plus tard possible. Une 
publication si longtemps différée contrariait les libraires étran- 
gers. Ils résolurent de prendre les devants, sans aoucî des maa- 
vaise* conditions dans lesquelles ils éuient réduits à le fùït. 
la dernière comédie de Molière, mais étrangement défigurée, 
fat d'abord publiée k Amsterdam, en 1674, chei Dsnid Ebe- 
vîr. Four bbriquer le texte, qui est complètement dénaturé et 
ftlsifié, sauf les prologoea et les intermèdes, emprunta aox 
livrets de 1673 et de 1674, on paratt s'fitre adressé k quelqu'un 
qui avait assisté aux représentations de notre comédie, et ae 
chargea de dcmner comme l'oeuvre de HtAîire ce qui en âait 
resté dans sa mémure. Gonmient, ayant pu généraleotent en 
garder un aonvenir aiseï étonnant, avait-il oublié les notnsdet 
personnages, on les avait-il ai malentendus? Il cbange^r;^** 

t. Vojrea an tome Vm, p. 6)7. — ». O-dcMus, p. afS, 



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NOTICE. «53 

ca Orgaa^ Purgon ta Turètm, etc. Ce qui est pliu grave, 
c'est û bçon dont il altère, non-Mulement le style, mais la 
penaëe de Holière. Un passif du rAle de Béredde (deTenu 
Omtte), où les attaques contre la médecine perdent toute leur 
fcvce, a Ut penser que le faussaire étiit un ami des médecins. 
On lii dans un aTÏs ^u ^Mtmir des cditioas d'Amsterdam (i683) 
et de Bruxelles (1694) : « Ces vénérables Uetsieurs [da ia 
Faiodi^, Tojant leur art aWi et devena infructueux par leur 
îgDoraDce, et leurs momerîes tournées en d^risicm, et que leur 
KMVtrm n'était devMine que pure chiinère, eurent recours i Sa 
Majesté poar en empèclier rimpresncn, pour qu'elle ne pardi 
en pnblic et principalement eo France... : c'est ce qui fit qu'on 
de lenrs amis en mit une an jour sous ce mtme titre, n'y 
ayant ni rime m raison.... » 

Hais éridenmMut il n'était pas juste d'accuser les médecins 
desretardsde l'impressùm, dont nous avons dit la vraie cansej 
et mfeme rim ne prouve qu'il faille les rendre responsables 
de l'altéraâon du texte dans la dispute d'Argan et de Béralde 
sur fart de guérir. Lear intervention n'est guère U plus vrai- 
aanUable que ne serait celle des notaires dans la suppresûon, 
(pi'co s'était permise, du personnage de Monsieur de Bonnefoi. 
Il ne bnt voir sans doute dans ces ridicules changements que 
la prétention de corriger de prétendues fuutes de Molière, ou 
des maladresses de l'écrivain qui, ronmissaut de mémoire le 
texte dont le libraire d'Amster^m se contenta, était forcé de 
combler a sa façon les lacunes de ses souvenirs. 

\a attnm année 1674, il j eut deux autres impressions du 
JMWt imaginaire : l'une de Cologne, chez Jean Samfaix; 
l'antre datée de Paris, qamque probablement elle sortit d'une 
prsise hollandaise. Elles sont beaucoup moins infidèles. Elles 
fivent repro dm ies dans l'édition pnbUée à Paris en 1675, chea 
Thkn/ et Barbîn, oà l'on se borna à en corriger les fautes 
typographiques. 

Enfin nne éditicm, dont le texte est autfaentiqnet (ut donnée, 
csi t68i, psr la Grange et Vioot au tome II des OE»re* por- 
ikmmet, qui est le tome TIll des OEavret. Les éditeurs aver- 
li ssen t que, dans les éditions précédentes, des scènes entières 
avaient été faussement ajoutées et supposées , que ces alt^ 
mioas aonl corrigées par eux snr l'origimd de fantenri et 



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a5« LE MALADE IMAGINAIRE. 

qn'aûui lu sc^hs m et vtn d« l'acte I* «t l'tcte III loat 
antier sont, pour la première fois, « de la proM de M. de 
Molière. » C'est ce que dous admettons una peine, dou- 
sMilement sur la foi de lear Xémcâgaagt, difficile i téaoÈtr, 
mais parce qu'il suffit de comparer leur texte an texte de ces 
parties dans l'impression de 1675 (nous donnons ceLm-cï eo 
appendice) pour recoonattre lequel des deux porta U naie 
marque de HoUère. 
Voici le litre de ration de i68a : 



MALADE 
IMAGINAIRE, 



HESLËE DE MUSIQUE 



Conigte Tut l'origûuLl de l'Attthear, de 

tomes lei buITes additioni et ruppoGtïotts 

de Scenei entierei, foUet dans les 

Editiani precedeatet. 

Btprifentit peur la prtmitn foii, fiir U 

Thtain Jt la SatU da Palaii Rojrat, 

U JUiéme Féwier 1673. 

Par la Troappe da Ror. 

Noua aT<Hii suivi, pour U comédie même, le texte de 1681, 
aoquel noos comparons, dans les notes, les deux édkians de 
1674, datées, l'une de Cologne, l'antre de Paris', et de pim 
celles de Paris 1675, de Rouen 1680, d'Amsterdam i6S3, de 
Rmxelles 1694. Pour le premier prologue et les interntèdss, 

I. Nous ne connÙMoos de oetla édition datée de Paris qD*)» 
eiemplaim, qui apparceasit au regreltë baron James de Rothachild, 
et qu'il nom avait permii de colUtionner dans sa btbIiotUqiie. 
Ces! un petit in-S°, de m pages, qui porte U rubrique de Puis 
et le nom d'Édenne Iiojiod ; il ne contient ni le ptemîo' aï k 
second prologue. Noua distinguons les deux éditions de 1674 par 
les imitales C «t P : a 1674C, 1S74 P. s 



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NOTICE. i55 

BOUS raivaiu 1« Gvre oa livret de Paris 1673, imprimé par 
Christophe Ballard, dont nous avons rapprocha l'impression 
holUixIaiM de ce mime livret (1673 A), les éditions énum^ 
fitÊ an commeDcement de cet aKsëa, et, en outre, on autre 
KvTel de Paris (1673 R), sans nom de libraire, que nons 
noos vu dans U bibliothèqne de U. le baron de Riibte, et qni 
mas a fbnnii aussi «{uelques variantes. Pour le sectHid pro- 
logue, Doos nons conformons au livret de 1674. qui n'a qae 
ce pnJogneJi, et où il a para pour la première fois ; nous 
dottnou aussi les variantes de ce livret pour les intermèdes. 

Pinm les traductions on imitations dn Malade imaginaire^ 
poUto ^ part, nous en indiquerons ici deux en italien (1700, 
1701), Mme en dialecte napolitain [i83S); ane en portugais 
(18(1); triMS en anglais (1678, 1769, 1875); trois en nëerlan- 
diii(aoede 1715, deux de 1866; plus une adaptation, datée de 
1741. de la cérémonie finale ou réception burlesque, avec tra- 
dnctionen néerlandais, par J.J. Mauriciui, des indications fran- 
tÙMs);nDe en allemand (1868]; trois en danois (17^7, i8i3, 
i8(g);denx en suédois (1769. 1857]; une en polonais (1763); 
me enrasK [iBoa); deux en serbo-croate (i85a, 1867); one 
es grec moderne (t834); nue en magyar (1800); une en tnrc 
{■8*9 r- 

8o«aAimB 
DU MJLADE IMAGIffAIRE, PAR VOLTAIRB. 

Cm me de oea fareM de Uoliire dans laquelle on trouve beau» 
coq de scène* digne» de 1* hanle comédie. La naCveté, penl-être 
ji owM fe trop loin, en fait le principal oaractère. Set faree* ont le 
édrat d'ttK qnelijueroii on peu trop baHoa, et m* oomédiea de 
a'ilnpaf inajoars aMca intércMantet; mûi, iTeo ton* cet d^fanta- 
^ il laa Iwjawr* le preniLer de toui lea poCtei oomiquei. Depnïi 

I. I & Constantinople, on a joné récemment i* Blatade imagi- 
Mn, tradmt en tore, et toni la rAlcs indiitiacteneut étaient 
JMéi par de jeune* Tares de la maiion dn ndtan. ■ (Article de 
H. Dteehanel enr Aristophane, dan* la marié ii peiutr, numéro 
fc |5 aoAt 1849, p. 93o.) 



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a56 LE MALADE IHAGINAI&K. 

loi, la tbMm fruif«ù a'eK Motcnn, et mèmn ■ iU atMrri à im 
Imi de dioune plu rigonrcMn qne An temp» de Hotière. Oa 
n'oienit ■DJoard'bai haurder U fofate où le Tkitufe prcMc la 
boule de «on hAte; on n'oienit ce tenir dei tenaes do fUtii 
fmtmi*, de earog»* et même de c»»; Ii pliu eiaota biem^anœ 
rignediulef piteatmodcrnei*. It eit étrange qne tant de rigala- 
rité n'ait pa leTer* encore cette tacha qu'on préjnié tria-injaMe 
altaehe à U profeitioa de conédien. Ha étaiant honoré* daat 
Athinef, o& ila reprëeentaient de moine bon* ouTiagee. Il j a de 
la etnantë 1 Touloir avilir det kommei njceetaïrea à on Étal hiea 
polio^, qui exercent, tona let Tettx de* magionte, on talent tria- 
diEleile et trèe-ertiiiiabla, Uab c'ett le aort de toua ceni qtd n'ont 
que leur talent pour appnî de travailler pour nn poUtc ingrat*. 

On demande poorqum, Uoliire aj^ant autaol de rripuiatiaa que 
Badae, le ipectaele cependant cet dëaert qnand on jone aea co- 
médie», et qu'il ne va* pmqns plui pcreonne k ce mêma I^vAi/* 
qui attirait antreroU tout Pari*, landia qu'on court eneoi* avec 
«m^caiemenl aux tregédiet de Racine, lonqu'cUea aont bien le- 
prëtentéei 7 CeM qoa la peinture de noi paatioiu noua toonhe oi- 
oore davantage que le portiait de noi ridiculei; e'eu qne re]q>it 
ae laaae dei plaiaanteriea et que le caur ett ioépuîtahle. L'oreïQt 
cet anati plui flattée de rbarmonie de* beanx ven tragiques, et de 
la magie étonnante du atjls de Racine, qu'elle ne pent l'ttre de 
langage propre à la comédie; ce langage pent plaire, maia il nepeM 
jamai* émouvoir, et l'on ne vient au apectaele que pour Atre tea. 

n but encore convenir que Moliire, tout «dminb)eq«'ilcM dam 
aoB genre, n'a ni de* intrigue* aitea aiuebantea, ni de* dlnene 
méat* âmes benrevi. Uni l'art dramatique e*t difficile. 

I. Voltaire, en parlant ainii, flattait beauooup trop aon temp*. 
n j aurait bien de* objection* k tùn, ù c'en était la pl«w, à qad- 
qaea-ant de* jugement* de oe Sommmir*. 

a, C'eat ainii que Voltaire a laiiaé imprimer dan* *a pramiire 
«t dana »B demi^ édition (1739, 1764) : finit-îl avec ff n-T-»* 
life lavirf 

3. Tel «t le texte de 1764; en 1739, Voltaire avait dit : allai* 
c'ait le aort de tous le* gêna k talent, qui aont *an* poavoir, de tn- 
vaiUer pour un public ingnt, > et li *e temioait ù 'ir-n\mn 

4. Et pourquoi il ite va : vojea le l > i* fÎ Bw» » »i« dt litlrJ à Qw 
eonjonetion, ven U fin de 17*. 



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AU lECTEUR'. 



Li troupe de MoUètw ajant TOuhi borner la gloire de cet Uiiutre 
■ueor el la «atùlaetian du public* dani la seuls reprétenution 
éa Maluw nuonuuB, «am en laiuei imprimer la copie*, quel- 
4[«e* geoi te iont ariië» de compoter une pièce à laquelle ili ont 
donné le mim» dure*, dont on a fait* plusieun impreHions, tant 
detlaui que dehors le Ro]rt).ume, qui ont été débitée! et ont bien 
abaaé du monde*. Haii les mémoires sur lesquels ces gena-là 
BToîeDt traTaillé, ou l'idée qu'ils croyoïent aroir oomerTëe de la 
psèoc, lonqn'iU l'aroient fa représenter, se sont trouTés si éloi- 
gné* de la conduite de t'originaP et du sujet mSoie, qu'au lieu de 
pbûre, iti n'ont fait qu'inspirer de* désirs plus pressants de voir* 

1. Ath «> Uicmm. (i6S3, M.) — Ot Ant au tecuar a'st pit dut» 
lHMitii>BiiUi673, 16S3, ni ds 1734. Bim que luui luÎTiani ecIIc de i6ga 
pKT 1* tste de II «nocdlfl, noua .toiu cru diToIr In n|in>duire. i etatt 
4cs rvBsngKarali qu'il donne sur 1« p»mîêr« impreiùoni da Malada 
ÛufMaire. Il m troan dins l« édÏEioni de 1674 (Cologns el Parîi), de 
xCto, iMJ (C t6gi; le tnce at idenciqua dini la traii pmnUreii nuu) 

1. Ajaat Uen todIu bonar la gloin da est illoitre mCenr pour U MEistsc- 
tioa d> poUie. {l683, 94) 

3. La Kriuble copia. (»ii£<i».) 

4. Il ■'■(■( da l'êdilioQ toat i fiit ialdsla pabliâe «n 1674 shei Daniel 
Xbnii : TOTB ci-devu l la Sotict, p. a5l et sS3, ei-apn, p. 176, el 
j. 4SS. «rt. .. 

5. Ce mtmf titn, dont on en 1 &it. ((683, 94.) 

6. Qai oBl été débiléo, ItsqneUi» oot jusqu'k présent abué l»en du 
■•■dr. {Ihidtm.) 

J. Si éloignéi d* roriginal. {liiiUni.] 

S. V«cj qselle est, à paitir d'ici, U Ca de cet avant-propos dani lea 
édkkaudc 16S} et de 1694 : < da wlr celle de eet iUuitra qui aniit ai bien 
H rwmmt^tn Im débuu de U médecine et de ceoi qui en «ercest la pra- 
tiqKi eme inpiosioB ici la feri diuiaguac d» autnn, a'j ayant ancune 
1— awblaicn. aiaoa an titra; at il étoit fort aité de voir qu'un ai babils 
ha^Ba a'aniatpai bit ijt'aml /ail, i683] une ai pitoyable pièce, qiii anroit 
fkatt sarrl I Icrair sa réputation qu'à augmantcr •* gloire. Ceat ea qui fait 
fa* aaaa la doaagat sa public, quoiqu'on ait défendu de Itmprinwr : o& 
la Iscaaar tronrara aaa |raoda diBorenea et j pourra ramarquar 1* aljle, 
Uoi.izaa. IX 17 



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i58 LE HALÀDE IHAGINAIRE. 

oelle de Molière imprima. Cette impreiiioo que je donne aajoai^ 
d'hni latiifen à cet empreuement ; et quoiqu'elle ne toit qu'an 
effort de 1a mémoire d'iioe penoiine qui eu ■ tu pluiean rq>ri- 
•eatatioui, elle n'en e*t pu maint correcte, et les Kène* en oot 
été traoBcrites btcc tant d'exactitude, et le jeu olnerré li réguliè- 
rement où il e*t nëcewaire, que l'on ne trouTcra pai un mot omii 
ni traïupoté, et que je «nia persuadé que ceux qui liront cette co- 
pie avoueront, à la gloire de Molière, qu'il ivoit tronTë Tut de 
plaire auati bien «ir le papier que mr le théitre. 

runbcllitnDMBt, Im jnu, M le tour qiw ce gninil honma nvoil iotam m 
bella choM. Le prologue * cil mêlé de diTcnei cfaïuoiu coatre 1a eorpl àt 
Il FKultc, de diHHii, de Diuiqae, ifenlrcn de ballet, d'iaUrmèdee et d'iM 
cMmonle groteMjua pour U i^nptioa du Uilide en médedii ; M cette pièce 
>'iTolt pu être mile >a jaur, pirca que cet itoinble* Henlaon, mjeal lear 
ut iboli et dereon iafinictDeui, pir leur ignoriiue et leon numeri*» loonéai 
en dériiion [el meiatrUt in Arrùwn, l6B3], M qui leur KJeBce n'était it- 

FicB]li iToil été benée et mite tut de laû in lïéltra 1 leur eanbàoB*, 
eurent reeourt k Si Hijettc pour en empteher rimpreuim, pour qa'db 

faiu (1 richei l force d'eToLi tué tant de monde en lei étonrdiuaDl p*r Inut 
e*qa«ti. Cail sa qui Et qa'ua de leon imii en mit une ta joui «mu M 
mène titre, n'y ijiat ni rima ni ruaon, el n'j ajant ■aeiuw ehaneon, (•• 
tiée de ballet, miuique, daaie, ai lacune cétémania : ih lieu qnc eoUa-d a 
eit toute remplie, et la lecteur n'aura pu de peine k coanoltre que ecUc-â 
eit l'orlginil. > 



' C'eM-k-dire ici la première partie dn ralume, tooi lea 

{Mitie de 11 lote t. 

* Cea demien moti, à partir de > et que leur oorpa •, ont été intcr- 
Yartii par l'imprimeur étranger, et plicéi i la fin de la phraw, api«> 
■ par leur* eaqaau a. 



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MALADE IMAGINAIBE. 



mMnÉMMatia im u Toâtm ov PALâU-iOTAL*. 



LE PROLOGUE». 

Après les glorieuses fetigues et les exploits victo- 
rienx de notre auguste monarque, il est bien juste que 
loas ceox qai se mêlent d'écrire traTaillent ou à ses 
louanges, ou i son divertissement. C'est ce qu'ici l'on 
a Toula faire, et ce prologue est un essai des louanges 
de ce grand prince, qni donne entrée à la comédie du 

I, Tel wt u tkn imtirisar (p. 3) da limt origiul ds 1673 que noui 
■■««■iL Le gnmd titre, idantiqua k Mlol-ei, pnru, «b outre, itbc le mU- 
liâiK. riifa w B nirute : < A Pitii, chn Chrùtopht Billard, ksI impri- 
maar àm ftai poor II muiqiie, roc Saint-Ieu-de-BaioTiii, m Momt Pir- 
■•■■. ■ Ce t>*t>l ralama 1b-4*, en grot einetèrgi, iTiit iti, laiTinl toate 
ifpB«M*, iMpriai k Pmge d« ipecUInn enriem des pirolei da chaut 
m 4aa a^ijti dM eatr^. D» lirreu aiuloguci, pour Iti Fili di FAniof 
m ém JlMciw (1S71), pour Cadmiu tl ffcrmioae (i6;3), a'acheuienl, da» 
b !■*■? tenpa, k la parie de l'Opéra. — L« édidoai de 1675, 83, 83, g4 
■rt aHka^aùu au pluriel. — Mjlée de maiique, Rpréaaatée Nr la Ibéltre 
Ja h DDiapa du Roi. (LJTret de iG?^.] — Coatoia-BaLUi. [i;34.) Dau 
«ne Milieu lea huit Ugst* (PiTia tuiTCnt, noa, comms diu notre original, 
b titn de Paouraiii, maii aamUaleamii le titre, qu'en lieut de lire, de 

%, Ce pn>l(ipt»<i, daaai d'abord dama la Utih de 1O73 dettiué an pra< 
«ion ifcetataara da Palali-ftajil, ua h trooTB pai dana te linvt de 1674 1 
*^«plaabaa, p. 171, aota i. — L'iditiaBd* lS7iP na ooBliemtDil* pta' 



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a«o LE MALADE lUAGINAIRE. 

Malade imaginaire, dont le projet ft été fût ponr le 
délasser de ses nobles travaux*. 

La décoration Mpr^ieme on lien chu^ém bct tgtitiia; 

I. KaHtn, tn l'i Ta 1 U ItulUi (p. aïo), ■ dtt conenaii' l'Uâa de c* 
Piologa« aprci la r«lou da Roi (le i" (oAt 1673) qnl nsrqai la E> dct 
premièrei opéntion* ù hcureiuet. «■ ipptrtD» *i dceiiivci, de U gocm 
de Bolbnda; et e'cit ehci la Ksi Ini-mtma, ooame eai ATcrtiucBeai U 
COBStilB, qa'il anit aipéré produire d'abord ta noaTelle eomidie-baUct; 
eetta utîibctiaa lai iiiE réfutée. A la data ob U Malade immgùiain ht 
reprétenti an Palaii-Kajal, Tcn le prinlempi de 1673, ai Totcbm aar- 
taut, par aa eaotpagne d'iatomoe et d'hiver, arait apprii as publie quÊ b 
Koi n'avait pas précJHBKBt ymitiJ If an*M faut* J'emittmit {ei'^rèa, 
p. a63], • la litualiaB gincrale paraiitail trèt-bonna poorLoDii XIV ■, • 
et le prologaa btiIi encore ion i-propot. 11 edt donc été pnaaiblc qu la 
louan^nie églogue terrlt d'oiiTerEara au quatre repréientationa doanéai 
du vivaiït da Holièra et inr aeafqai, qninia joara plu tard, avant Pftqnai 
1673, «tint lei défeuei ligaifiéei par Lolli le 3o arril, précédèrent la rmp- 
tura de la troupe du Paliia-Rajil : ('aurait éli U, pour TsaTre muiealt 
auociéa à la camédie du M^ada inuifinaire, et dont l'égluf n eat la par- 
lie la plui eoaiidérable, de beaucoup la pigi briltantep ce tempe de a^tn- 
denr qae, bien qu'il l'edt eapéré plua beaa encore, ae rappelait to^oua 
Cbarpentier* ; d'une part l'impreiaion da ce premier prologaa aanl toni 
au-dcTantda lirret de 1673 que Molière fit diatribaer on vendre ton ^ccta- 
lenn', d'autre part quelque! indicei lecneîllii par H. Sdoaard Tbierrj', 
la mention de certaine acceaaoirea portéi dana lei comptée du théâtre en 
1673. ne aéraient pal cosliaim i la Mppoaition qna le récit-aolo da k 
Bergère malade d'amour et la eonrt divertiweaient qui la lait ae faraat 
qa'en 1674 tubatitaèt k la gtsnde pMlonda de Flore. Ûaii ai Halièn, ^ 
moarut an Mrtirde la quatrième reprciantation, avait bil eièenlM U pr*- 
nier prologue, comment expliquerai l-on l'eûttenee da aeeonil, dant Tm- 
tfaenticité eit bon de doute et atteatèe par lei Uitanta de i6l>r VoTU à- 
apréi, p. 17a, note 4, U conjectura que l'on aenit amené è bii«. — C* 
qui eU eatuin, e'eat que l'un et l'antre prologue ont été mia en Bnaiqnei 
la partition du piemier, accompagnée de toutea let indientiona aéeaanâai 

du eompotitaor : Tojet le denier AppmJiea (p. 5o4-5a6}. 
9. Ca lUa dun/ttit tl HioMitaiiu /cri egrîaiU, (167S, Sa.) 



v de ce livret, cl-deuoi, p. i5g et Bote t. 
* Ti^ei lei Dotmmnu qu'il a publiéi en iSto nr U MaUia 
partieulièremeat p. 341; il l'agii d'aeaaaaoini nèeamairaa ani 
IsBBa et pin atiliiablea dani le Neowl. 



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EIT MUSIQUE ET EN DIITSE*. 



FLOU*. 

Quittes, quittez vos troupeaux, 

Fenex, Bergws, venez, Bergères, 

j/ccoarez, accourez saut ces tendres ormeaux : 

Je vient vous annoncer des nouvelles bien chères^ 

Et réjouir tous ces hameaux. 

Quittez, quittez vos troupeaux, 

Fenez, Bergers, venez. Bergères, 

Accourez, accourez sous ces tatdres ormeaux*. 

CLIIfinB XT DAPHNÉ. 

Berger, laissons là tes feux. 
Voilà Flore qui nous appelle. 

TIHCI8 ST nOKILAB*. 

Mais au moins dis-moi, cruelle, 

I. t*MJi»m. {1674. 75, So.) — !i. El en din». (ieS3, g4-) 

(. Cm oanrtBn iutraowDtal* préciidB, dini ta pirtidoB, et ncit dt 
TloM, — Om trosTcn m damiir Appenditt l'cDiuBéniion d« morcciu) 
eiMf mil par ChtcpEatEm pnar lu inUrmcilBi dn Mataéc imagiaairt, cl 
^■dqBei rcnMifMmcBl* (nr lu prcmicn iiterprètei du II' ialennède et 



— PROLOCnE. 

L* tiidirt repriienU un lUu ckamptitt. 

8CËHE PBEHIÈRE. 

rtokK, Dnrx liraiE» iaïaanu. 

TLOt: (17Î4.) 

S. Â> lû« it< et dernier ^m, la miuicien &iuit cbaatcr : • Teoci^ le- 

cow, Titttts, lecoBm «lai eu tandru armuiu, Tonn, icoctmvi:, iceoiuvi 

S. SCÈNE n. 

lUMB, Mnix nvBiM Jaiumit, cLoibn, nxpuri, TUtcii, dobila». 
CuaiRi, à Ttreit, et Diirmjrà, à Dorilai, 

Tacu, <l CUmèHt, tt Doulu, k D^M. (i?l4-) 



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a6a LE MALADE IMAGINAIRE. 

nacis. 

Si d'an peu d'amitié tu payerai* mes vœux? 

DORILAS. 

Si tu tWM êtruihle à mon ardeur fidèle? 

CUmAhB ST OAPHIf^. 

yoUà Flore qui naus appelle. 

TUtClS ET DORn.U. 

Ce n'est qu^un mot, un mot, un seul mot que je veux. 

Tuas. 
Languiraî-je toujours dans ma peine mortelle ? 

doulâs. 
Puit'je espérer qu'un jour lu me rendras heureux? 

CLIMiMB KT DAFHHi. 

Foilà Flore qui nous appelle. 

ENTRÉE DE BALLET. 



CUHtolB. 

Quelle nouvelle parmi nous. 
Déesse, doit jeter tant de réjouissance? 

DAPBnB. 

Nous brûlons Rapprendre de vous 
Cette nouvelle d'importance. 



D'ardeur nous en soupirons tout. 

I. Uiat compte d« ijllibci qa'ia rcn Soi de Tarlmff't et la ten g(o 
do Milanlkropa; corapirei caeore gajreli meinri en troil ijIUbei ■■ *n< 
lago i^Ampkiirjo*, et tojci U note k ec dernier Tcn. 

a. Dt, Btrga-, et Birgèm. [i683. 94,) 

3. SCtNE Ul. 

FLOKB, piux mrsiu daiuaaii, cunAbe, DAPHai, xncii, DOUiit, 

BBBOBB* ei BSBciaU Je la Ênite de Tircit al Jt Datilmt, duitUaUl 

damanu, 

rmiaiima imiii di kuut. 

tM htrgtn et Ut ttrgim rhiI m ptitTt «te. (i?!^.) 



D.nt.zedbïGoOglc 



PROLO&UE. s«3 

tobb'. 
Nous en mouroru d^impatienee. 

FLOKB. 

La voici : silatce, tUencel 
Vo» vœux* sont exaucés, Loois est de retour. 
Il rainène en ces lieux les plaisirs et Pamour, 
Et vout vo^ez finir fos mortelles alarmes. 
Par se* vastes exploits son bras voit tout soamU : 
Il quitte les armes. 
Faute d'amemia *. 

TODB*. 

Jh! quelle douce nouvelle* t 

Quelle est grande! qu'elle est belle! 
Que de plaisirs! que de ris! que de jeux! 

Que de succès heureux! 
Et que le Ciel a bien rempli no* vœux l 

Ah} ! quelle douce nouvelle! 

Qu'elle est grande ! qu'elle est belle ! ^ 

I. Ton monu. (167S, Ba.) — Cuxiin, Cimrf, Tiact*, DoMUt. 
(173^^ Oui la partitloD, Tireii dit d'ibard hdI : • Nom n mouradt, b«ii 
m ■umo&i dlmpaliaa»; • puit In trola tatrt» ■miinu, mtlaDt pla* on 
■oiu iRtn voix, rnnt encore cntuodra nnc qudniple rfpMclaB dfl e« pnvki. 

•. Ko* TOUX. (1673 H] 

]. Ptora, dau le chial, ijoau «ncor* danx (dû le pmnbr tU cm d«oi 
•«, et «M fait le Htond. 

4. Caonni. (1734.) là tu «ffei lee toù baaei d'iDlni bergen MJoi- 
(■tal t ecUei dei deai coa[det. 

5. Ce Tcn eit dit traii raii ; jtkl «1 i mirqner Ur U preml^ £iia, hii la 
nenade, et, la miiina, n'eit pai répété. — Le Te» iDiTint ait répété 
tMt catîer, et dam le trciûéne len Ira mati < que de rti, qos de jeux 1 > 



• Que de plaiiin (tir cet Iroii moti)! qne 
deiii! qoedejeai] Que de luecé) heorcoi {tU ce Tcn]t £t que le Gel ■ 
ti^ renpli soi tboi I >, et il j a encore, pour fislr, ana triple redite dei 
dCBi pnoien, arec bd Ak! qui eit 1 marquer ter. Pendant qne le cbmr 
im voix, accompagné par an petit cfa<aur d*inAlnimenti{quelquefbL* par tom), 
reekaau >ia«l U* Ta» d< c« eoaplet. Ira dauan», •omlcBu par la |Tud 



D.nt.zedbïG00g[c 



LE MALADE IMAGINAIRE. 



ENTR1^.E DE BALLET'. 

Tout lei Bergen et Bergère» «xpriment par det danaet* 
le* tran^KHti de leur joie, 

FLOaK. 
De vos flûtet bocagàret 
Riveillex les plus beaux tons: 
Lova offre à vos chansons 
La plus belle des matières. 

Après cenl combats y 

Où cueille son bras 

Une ample victoire. 

Formez entre vous 

Cent combats plus dous. 

Pour chanter sa gloire *, 

TOUB*. 

Formons entre nous 
Cent combats plus douxj 
Pour choyer sa gloire*. 

FLORE. 

Mon jeune amant*, dans ce bois. 
Des présents de mon empire 

onlMMn, M mettent en branle, rflmpljfltint de lear mûuîqn^ lei pinM h« 
diquéw aai reàx ipni chique membre de phriie, et eipriount fie noaren 
k leur minièn le Mni dei parole! ; 1 li demièra redita de* dcm Ttn àà 
nfnia, il nt éerit que . !■ dinie M néls (« miU tau i/«i») iwek 
dunt. • Pnii li dtiua eantiDae leols. 

I, Atmti iRnii tii BUUT. (ifi^S, Sa.) 

a. 11* vntU I» luxiT. 

Let hrgtri H Iti tergirti tlprimnt par Utri Jaiutt, etc. (1734.) 

3. Pour chanter II gloire, (Linel de 1673A; fanta èndnte, qui wrvrisn 
ptHDt trou Teri plul bai.) 

4. C»«tr.. (.jSt.l 

5. ClimèDe et Daphné Tant entendre d'abord leala* le eoaplet en entier; 
puii Tout la réunIiKst ponr le redire deux foii. 

6. Zéphjre, dont lei euuraDnel lerunt, Ten la fin du prologoe, appnr- 
tiei ani bergei* par deu giaici on inoiiidi«a <U«iu d« m eoitc. 



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PROLOOVE. 

Prépare un prix à la vola 
Qui saura le mieux nout dire 
Les vertue et les exploit* 
Dh plu* augutte de* roi*. 

CLiifàm, 
Si Tircit a ravantage. 

Si DwHat est vainqueur , 

cuhArb. 
A le chérir je m'engage, 

DAPBHS. 

lé me donne à son ardeur. 

TtKClS. 

O trop eàère espérance! ' 



O mot plein de douceur I 
Tom DKDX'. 
Plus beau s^et, plus belle récompense 
Peuvent-ils animer un cœur ' ? 
La TÎoloDt janmt on air pour animer )e« deux Bergen an combat, 
tandii que Flore, comme juge, va m placer au pied de l'arbro, 
■Tec deux Zjphin', et que le rette, eomme ipeetateun, va oe- 
caper let deux coio* du théâtre*. 

TIKCIB. 

Çuaid la neige fondue enfle un torrent fameux, 
Centre T effort soudain de ses flots écumeux 
Il iCe*t rien Passez solide; 
Digues, châteaux, villes, et bot*, 
i. Tnc» (I wniu*, (fjH.) 

t. Cb de^ n» taat nditt pir Im dm. 

i. Jm fi»à £m» M «-h*, f ■• «( SB militm Jm ikiitft, ùfm Jnu ZifUri. 
{Ml.) 

i. Lu JimxeMtdt U tciia. [IbUUm.) — Tm^ir fw lu ricUmtjamnU 
a tr ftÊâr mMÙmer Ut iâux Btrgtn « wmfar, FUn, b w iih» j<f*. Ml n 
f l étir am fimi frnut arirt, fai al m» milUm dm liiilnt l*t ^""C BumfÊt im 
MmifnMJtMtrfintMrItmMtiaeÊMAtttUiélmrtIitf. (1734.) 



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i66 hE MALADE IHAGINAiaE. 

Hommes et troi^teaux à la foU, 
Tout cède au courant qui le guide : 
Tel, et plus fier^ et plu* rapide, 
Marche Louis dont se» exploits. 

BALLET. 

Let Bergen «t B«rgire« de mmi o6ié * daDtent autour de lui, nr use 

ritoraelle, ponreipruDer* leura ipplauduienieiit*. 

DOKILU. 

Le foudre menaçant, qui perce avec fureur 

V affreuse obscurité de la nue enflammée. 

Fait dépouvanie et d horreur 

Trembler le plut ferme cœur : 

Mais à la tête d'une armée 

Lotus jette plus de terreur*. 

BALLET. 
LuBeif[erf et Be^res de ion eAté* font de même ^neleiaatRi*. 

Tiacis. 
Des* fabuleux exploits que la Grèce a chantés. 
Par un brillant amas de belles vérités 

Nous vtrfons la gloire effacée. 

Et tous ces fameux demi-dieux 

Que vante C histoire passée 

Ne ^ont point à notre pensée 

Ce que Louis est à nos yeux ''. 

I, D» eSli i» Tiras. (iGjS, ii.) 

a. m. immii m ■luxi. 

Im Btrgcri il Ut Barfh^ it la tuita da Tirât ia^mmS ninr it U 
pimr aprimer, ete. (lj3(,) 

). DoriUi ndit eu d«Qx dervîcra T«r*. 

i, DaeSUdt DorUai. [\-}Zl,.) 

S. 17. ■araii dk ulut. 

Lu Btrgm et- lu StrgiriM da U niie da DariU* ^ 
pAimU m dnuaia a»iomt dt lai. {Ibidtt.) 

S. Duu 11 putitioD de Chupcotin' : < Da a. 

7. Cm dMs dunUn nn M»! i4pM« 4mi U «b 



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a67 



BALLET. 
La Bagan et B«rgèiei de ton oAlë font encon k nlmo ehoie '. 

DORILÀS. 

Lem fait à nos temps, par tes faits inouïs. 

Croire tous les beauj: faits que nous chante V histoire 

Des siècles évanouis : 

Mais nos Jieveux, dans leur gloire, 

N'auront rien qui fasse croire 

Tous les beaux faits de Loua*. 

BALLET. 

Lm [BergETi et] Bergèvei ■ de ion dM font enoon de mime, 
■[vb quoi let deux putù le milent, 

PAN, RiiTi da nz FaimM, 
Ldsstz *, laissez. Bergers, ce dessein téméraire. 
Ué*J que voulez-vous faire ? 
Chanter sur vos chalumeaux 
Ce qujipollon sur sa lyre, 
Avec ses chants les plus beaux, 
ffeiUrepreadroit pas de dire. 



IM Mêthh tl lit Merghu A eiU dt Tinit rwoMMwfX faan duiMt. 

1. DvilMndJt <• dcnUr rm. 

1. £«> Arpn maB^BMI ici, uni dont* pirfnle, d«MUIiTntoil|lBiI. 

t- VI. unaii db iilut. 

ta irgtrt tt It Btrfirt Ja t6U de Doriiai rtammenenu »aut Uvt 



SCfalE IV. 
'U» Jsataïut, BEKcnu ei Buoàu* eiaunu tl daataïut. 



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s«B LE HALADB IMAGIIf AIKE. 

Cett donner trop tCêstor au feu qui votu ifuplr«t 

Cett monter * vers let cieùs tur des ailes de cir». 

Pour tomber dont le fond des eaux*. 

Pour chanta- de Lonu Fîntrépide courage, 

Il n'est point d'assez docte voix. 
Point de mots assez grands pour en tracer V image ; 

Le silence est le langage 

Qui doit louer ses exploits. 
Consacrez <t autres soins à sa pleine victoire : 
Vos louanges nont rien qui flatte ses désirs ; 

Laissez, laissez là sa gloire. 

Ne songez qu'à ses plaisirs *, 

T0D8*. 

Laissons, laissons là sa glaire, 
Ife songeons qu'à ses plaisirs *. 

PLOIK *. 
Blat que, pour étaler ses vertus tmmortdles, 

La force manque à vos esprits, 
Ife laissez pas tous deux de recevoir le prix ^ : 

I. < Catt Tolar. • (Paniliai <U CkarfiMlitr.) Cat, naymM ■— . h 
Hflle buta cHi Tirùnte ds quelque idiportiiioa qui «oit à j rvIvTv. 
». Ct eoDplatnppellalipreiDiirailraphc dtVadaaàahrxtrftSÊn»: 

lai; aratu ept Dmdatta 
iritilar ptnaù riirtaJaimnu 

L'imbilieni rJTil qui Teot ■oÎTre Pîndira 
Sur Doe aila de cira nt portt dwu ■<• lira. 
Et Ti d«*«r «an Dom, flamafl bd naoTal leara, 

A l'iblme dai »n. {Traiattiat A On.) 
J. Pas, aptia arair dit aaa daox d«ni«» nn an rtpiUBi le pnaiar, Iw 
nprtad da iuila. 

5. Cai dtni m* iont npria daaa k «baot, et la ataond» bïa la imdm 
mfmtemipiti, 

6. Flou, à Tireù tt i Darilat. (1734.) 

7. Ici Charpantier aTiit icrit daDi H partitiaBi mata poar la biflar i» 
niu ] > Ola pcoaste I toiu dau bu canroDaa da Sanra. > Ob !■ lair 
dau la Unat qat M aoM laa ZJpb|n qoi-^portM laa «sBiwHWi, 



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Da/u U$ choses gronda et belles 
Il suffit {Ttuvir entrepris^. 

ENTRÉE DE BALLET. 

Ln deiB Z^hin dament avec àeax eonranDH de flmn k la nuia, 
qu'ili viennent donner entuite aux deus Beigm. 

tXOttaw ET tiUuai, «s liv donnant It miln*. 
Dan» les choses grandes et belles * 
Il suffit Savoir entrepris. 

TIRCIS ET DORILÀS. 

Ha! que dtm doux succès notre audace est suivie I 

PLOBS ET PAIf. 

Ce qu'on fait pour Loou, on ne le perd januât. 

LB8 QUATRE ÀMAHT3*. 

A* soin ' de ses plaisirs donnons-nous désormais *. 



.. /■ m»giùt tt toiaiut nt til. 



Mt Û d* t'ignsr ïfl a'tmpojtt la prix^ 
Taum dn Boiai l'honnaur da raroir anlraprù. 

*. Tin. tKntfB m ULUT. 

iM imm Zijtân dÊiual — Am « —» dt Jtwt è la mai», pfUê 
•iimml iêmaw «wbM ^ IÏfe^ « i Airiiv. 

onrtan m Btnnii, rfnuuaj (a inawà 'nrtonwiiW. (1734.) 

1. CmI 1 I> fi> da m Tan qaa la partition doiUK l'iadioacion qa'on riant 
'alnw.damtdB enaplM ! > Ellci donnent la main 1 bon anaat*. ■ 

t. ctnin, DAPRri, nmcu, Doaixu. (i^St.) 

i. DaM la limt da \hjZ, ' aa Kùna {tic) * 1 bal-Q nettn laa dsm BoU 
m fhrid, H, coama boo* mat bit, d'apiàa 1* pirlitiaa et d'aprta tonlai 
hi am* UÛow, aa aingiilier? 

<■ Iimiiiifl UHrticlia ait r^tli dani I* ahanb 



D.nt.zedbïGoOglc 



«70 LE MALADE lUAGINAIRE. 

FLOU n PAIT. 

ffeareux, heureux qui peut lut coiuaera- #a vU! 
tocs'. 
Joignons toat dans cet bois 
Nos flûtes et nos voix. 
Ce Jour nous y convie*; 
Et faisons aux échos redire mille fois : 

■ Loua est le plus grand des rois; 
Heureux, heureux qui peut lui consacrer sa vieî ■ 

DERNIÈRE ET GRANDE ENTRÉE DE BALLET. 

Fannct, Bofen et Bergim, loni ae milent, et il te bit* mm eu 

de* jeux de danw, apri* quoi iU le vont préparer pour la Co- 

I. Ounim. (ij340 

1. ToDt le Chanr (Flan, lu deux coupt«, Pid et lu Bergen) rnMTiri 
p»r £ur« «BtflHlrfl In dmx pranien Ton du eonplst, et, la qovtie ^suti 
Hiili ijiet {lit «BtaBdn Is tnuiièB», il ndit « Imi* «en es ripctaal le 
dcrniiic. Et Toid conunent, nprèi aïoir dit une «eale foii le qBuiiàK, p 
ehaata ealyi qnlleiiToie ini iehc»,ct dont Iiù-mfiue ua* doala (fiatc d'H- 
tm Toii dini 11 coaliue) il fiiuit eatendre lei recoun : Fort, < Lsnii •; 
rfoBX, iLooii t;Jin, « Lonii •; data, < Loni* >; /arl, * eu la ploi gned 
dei roi* > ; ibaz, • pi» grind de« rota. • iprii que la CMœut 4a tiatmi 
a rtpki te phnts iTie •« itleniinca it/ori et icdotxi • Et faiioB ta 
écho* redire; firt, nulle (oii i doux, i mille fbii > ; Joii, • alUe bb •; 
Jomx, < mille foii • ; • Loait eM le {dai gnnd dei roii > ; ielio, • pl« gm l 
dei mû. • Tialam el écho de Tieloni. Poil ; • Leoit eat le pin* fn^ '** 
mil > ; Mo, • plni grand det roii > . Tialoai n ^o île noIoH. Pn : 

firt, ■ Loni) •; tcha, ■ Lauii > ; tuiriail', • Loai* > j/ërl, • Loaiii; âcit. 
■ Loai»' ; Muiréeoi, < Lnuii ■ ; /orl, • Lonii eit la pliu gnnd dos nïi •; 

Jbri, < LodIb b \ ècko, ■ Loui» > ^ tatrécot, t Loaii •; * Idù est le |^ 
grand dea loii. ■ Pour lerrainer l'hjoiDe écUtmnt, le Ten ([ai nit, • Hcn- 
reu, benieu.... >, Uji ehaoti 1 deox (ptr Hore et Pu), pttmt £iUa ■■ 
Duieito, el il l'e Mpprimé ; maie toot ce dtant de gloire, ■ partir de 
• Et [liiona aai icho*.... *, était encore à redirv, gtl la reprit* cobb»- 
fiienl, pour le coatiauer pendant trott ou qnitn ain de ballet, le* érele- 

3. IX' (I dtrniirt utniie Da uujt. — Ltt Famu, Ut Btrgtt H Ut 
Btrgini te mllau tiumhUi il te/ail, ete, (1734.) 

t. C'eit done tonte la tronpe cbampttie qui, intpirée par Flore, n 



Aofnphiaat trie-bia Mo. 



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AUTRE PROLOGUE. 171 

AUTRE PROLOGUE'. 

Le thâltre repr^fente une for#t 

L'ouTuUu« dn Aâttre te fait par on brait «gràdde d'îiutm- 
taraa*. Emaite une Bcrgtre Tient *e plaindre tendrement de ce 
qu'elle ne tnmve ■aeim remide pour loulager la peine* qu'elle 

iamma ma Kai le diTCttiueaiCBt d» i» eomidia et dei înMnBtdM. iSntl 
b pnmicr prologiu •■ ritttebe k U plice. Le iccond, qu'oD n lire, 
ij Tttït pu BB fil plu Hget encon; il b> contiant qa'BDa rtgiu in- 
■■BEt <!■ Mjvt, et B'iuit qu'iuK aimple ouTertue es muiiqat, d«b i la 
twMU, mai) i b m'aie, i bd ipaeiacla qB'illaiaBt aoeore nriar (uu 
tamfta le dialogoa de Qéante «t d'Angilîqas st U graads cirimiiBia 
btU) daai iatannàdei (ta chaat et da daiua tonl antli hon d'ouTre ^Ba 
a pnviar cmeen. Il ait i ftitnmet cepcadiat que la nÙM sa KeBs, et 
taw la siaiqaa dei Paasai at Égipani iBdiijiuient que la comcdic-ballet 

a paltn nâcnlâ du Tiianl de HoHèn luraoB théttn, il faudrait lani donta 
■ppsaaToa qaa le aeeaad prolofae £uil ane acin* ipiiodiqna da premier, 
Kt** d'alMrd ratnBchâg, et plu* tard ratroaTèa paar étra atilUie a«aa 
plai ■« Boîu d*à-propoi» oa qu'il eit bb fragnieat d*UB prologue Ib^ 
tktri. Bail rWlIcBHal préparé par HolUra es préniioB d'ua tempa oh 
la prala^ae de eireaoMaace dCTrait diiparallra. Il ett bon de doBte qa'l 
ta repiiae de 1674, il aa fallDl db tant autre que le premier. Da Tieillel 
tUuiDBi àdea eoaqa'tei abaadoaaiea ae poaTaient plaire, et quint k la 
*°ai^Ae BearelU da la FtaBehe-Comté, c'était biaa défialtivBmeat alon 
à IdUi qa'appirtaBait le privilège àt mettra aa uuaîqee. pour la publie, 
lei >in qai la càlêbraieDl. Ceat par II (impie plaiata da la Bargèri 
^aairaii qae a'oDTrit probablement li repréteatatioa douate k Taraaillaa 
<M>a uaivJl, eomne par elU laula a'élait oBTerte (la linat de 167! an 
fait bi} U pnniâre repiiae de la pièce aa Palais-Rojil. 

1. InBB taoïxMEB. Cbukoh coBtre lei médaciai. (i6S3, 94.) — Ce 
amad pnlagae, qoi o'cat paa ilaaa lai lineti da 16;], ait donné ici d'aprti 
k Emt da 1 Aji, oà il eat iatilulé lîmpleneat PaouMua, car il j aart de 
F abg iw BBiqiM. Auraa raouioiia ait la titre daaa toatet le» aalTM èdi- 
iHaa; laa wi j aidrast oc titra, mm éti* précéda dai ladieatioaa tatarw- 
*■•• qaa BOBB r^trodBiaoM d'aptit la liant da 1674. — Daaa l'idilioa 
UàUa d'Bbarir (AmBvdam, 1674: nr» ei-de«aa, p. 9S7, nate4), o* )«i 
la aeeoBd prologue 

dai intermâdea, teb que laa 
damier Appendice qn'alla a 




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LE MALADE IMAGINAIRE. 



dM jeux qui leur toat pirticnlien, rencontrent la Bergtce. Ht 
éeoDtent ie« plainte*, «t forment on ipecticle Irte^TeKiMtnt'. 

PUIHTR DE LÀ BBBCiRX*. 

Kotre plus haut /avoir n'est que pure chimère, 

f^aint et peu toges médecins ; 
Finis ne pouvez guérir par vos grands mots latint 

La douleur qui me disespère : 
Kotre plus haut savoir n'est que pure chimère. 

Hélas*! je ri ose découvrir 
Mon amoureux martyre 

jitt Berger pour qui je sm^>ire, 

Et qui seul peut me secourir. 

Ne prétendez pas le finir. 
Ignorants médecins, vous ne sauriez le faire : 
Votre plus haut savoir n'est que pure chimère. 

Ces remèdes peu sûrs dont le simple vulgaire 
Croit que vous connaissez Cadmlrable vertu. 
Pour les maux que je sens n'ont rien de salutaire} 
Et tout votre caquet ne peut être reçu 
Que d'an Malade Imaginaire. 

Votre* plus haut savoir n'est que pure chimère, 
Vains et peu sages médecins; 

I. Ct priiBbvIa D'«t pu diBt rMidon da I73(. — A la fim dt b d*r- 
■Un phriK, i'(gii-il nmpIcmcBt de* aatriu ds baDct qst liiMiiiliM ■• 
pniagaaP c'àtaic-^e pu plaUtt toat le ipectad* qu «llut tmrrt^'uaxm- 
fait ûui la programme f Vojmt ô-deaMi, p, 170, nota ^. 

a. Dani U partitioD, la Bergère ■ RM) ChmuiMe. — Uai sn«àMela- 
«-»«. (iï3*.) 

3. Hi]MMl Biiul {i6jiC, ;5,go, ta, 93, ci.) BdUt tlf«Mi tifbHÊm 
1* ebant. 

4. Ce premla coiqflet «M aiad rtiouni toat eotte daai h lînet di i6;t. 
a le rediMiii db loi iamt U «■ 



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AUTRE PROLOGUE. 

Voaa ne pouvez guérir par vot graad» mots latiits 

La douleur qui me désespère : 
Votre plus haut savoir n'est que pure chimère ' . 

Le théâtre change et repréiente une cbanibre '. 



«■duagoUn' da * graide inhirulbts i, c'«t-tdîrg i 

inada npnM, (rasd ntnia. par difCrcncc »ec la p 

■>«( )■ mbIoiH», da patit rotnia aa iBaoad enaplat. 

I. • Apn* qaoi. porte ici la parliliua, Isa tioIou 

Il b'7 ■ pat d'antre air da blllat ; ir 



t, CharpCMiiar «n ajoaia as, iTaot la («prÏM d< l'aaTerlare. poar 
■a* tatti» de Satrrei. 

1. Umt càmimtrm ait M U malade. (i083, 9^.) — Ala uilta du cette bdi- 
Hàaa, OB lit daa* 1m Ktrau da 1673, qai a'ont pal, noua riToai dit, \r 
taami pr^og**, «t dam la lirrat de iC;4, ei* unti : ut r»iuaa acn nr 
u aauÉaa. Ca* Ihrati Barqaant da mimt la plue dei ictn ajirt) lei deoi 
iatnâdaaaMrun. 
— .... ■'«al ^ae pare ^iawrc. 



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ACTEURS'. 

ÀRGAN, malade imaginaire. 

BÉLINE*, seconde femme d'Argan. 

ANGÉLIQUE, fille d'Ai^an, et amante de (3&ate. 

LOUISON, petite fille d'Argan, et Heur d'Angâique*. 

BÉRALDE, frère d'Argan. 

CLÉANTE, amant d'Angélique. 

MONSIEUR DUFOIRUS, médecin. 

THOHAS DIAFOIBUS, son fils, et amant d'Antique. 

MONSIEUR PURGON, médecin d'Argan'. 



I. Sot 1> premiire diilribtilioD de* râles, rojex à !■ Xotkt\<i 
reiueigiieiDeDti donné* p. 943 et tuiraDte*, et auui, p. a49> ^'^ 
que peut fournir, non Mu* TraiMmblauce, le Répértoirt de iU5. 
M. HoUod, par coDJecture (tni doute, attribue la orëation da rMr 
de Biraldi à du Croiij, celle de MoMÎaa- Dimfairui ■ de Bnc, At 
Montieur Pargon k la "ThorUlière. Pour l'un ou l'autre de cet pw- 
tonnagei, ou encore pour celui du Prtuei de la Crémoaie, on peut 
croire que Molière ne ae prira point du conconrf de Baron. — 
La liiie dei actenn de la Comédie, da Pnriogue et de* laler- 
mède* e«t placée aTint le premier prologue dan» rtiitioB de 1714- 

a. Ce nom de la doucereuse femme d'Ai^an dérire lan* doute du 
mot ieTiK, qui dam l'ancien françaii déiignait le mouton. Btlim, 
lit-on dan) le Dictionnaire dt Caaeitnne langue fraafmt» de H. Go- 
defrof, a terme de careice, en parlant d'une femme, oamme qoi 
dirait petiie brebi*j > l'exemple (uirant est pris de* Poiâitt de I- 
T«hun!Bn(iS74,f>6o,r<) : 

Lm baiwn de n lUUu, 
Da ■■ Hilina beline. 

Sur le personn^e, voyes ci-deMM la Hotlee, p. a3S, et ci-^nù, 
p.3o6, note 1. 

3. AnoiLiQra, fUU ^Argam, 

LooiMB, ptlilt fiUt, mir fAitg^ai^ ijl^A-) 

4. Tbomis DiAFOiau*, fitt J4 Sforui-r Diafoinu. 
Hoaiiaua Pubooh, miJtcin. [lUJem.) 



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*•}& 



HONSIBDa FLEHIUNT', apothicaire*. 
HOTfSIECR BONNXFOY*, noUin. 
TOINBTTE, serrante*. 

La Kène e*t k Paru*. . 



I. Le nom de l'apotbicaire en de ceux qne H, Eud. Soulié a 
wn wt rt» duu de* acte* authentique» da tempi (rojei notre 
une V, p. 77, note *)i il a ^t^ cboîiî ponr «a ngnification. Sur le 
•ofar neatre jl'u'w, Tojea au tome II la note a de la page 3f>S, 
(t,aatomeVI, lanote S de la page 45g. — Le rAle reiint probable- 
■tnl ■ celui dea aotenn qui aTail repràenlé l'Apothicaire de Mon- 
àim àt PtaKtangnae : pour l'un et l'autre pertonnage on nomme, 
ta i6S5, Raiim : rojes ci-deMu, p. i4g, et tome VII, p. siB. 

1. i^othieaire d'Argan. (1674C, 74P, So, 83, gj.) 

Il pvtieidc) qu'il «it nomm< par Aifan dani TMition ariginale 
4e 1S8* et dani celle de 1734, an eommencement de la tcftne Tif 
de l'acte I. — Snr le premier acteur probable et ion eottume, TOjez 
p. lu, BOIe I. 

4. Semote d'At«M>. (1674 C, 74 P, Eo, 83, gj, 1734.) 

5. Le vieu décorateur a laivé de la aeine et de» aoceMoire» la 
de»criptien aÙTante, i eAt< de laquelle eit iniorîte la date de 
lUo*. a a'j a BoUe Mention de Prologue. « [Le] théitre rrt une 
chaHbre et nne alcAve dan» le fond. As I" acte, une ehaîae*, 
iiUe, loBnette, et une bonne arec jeton», un mauiean fonirë, lii 
ereillen, nn Uton '. — I" intermède. Une guitare ou luth, quatre 

nu, qu«ti« lanterne* lourde», quatre bâton», une Te»»ie', 
I. U ïanl quatre chai»e«, nne poignée de Terge», du pa- 



'. JT«m.) — Toin ilww 1h DoniHêiUM nr U MtlUt immtinairw hUÎ*! 
foIL ti. "nitrrj (|uiti«litm«l p. 141 et i^Tintc») rinBdfntioD 
'HWicta Am 11—11 JT»» luuai* pour let toutn prcmicra repréHoUtiom, 
in imtM \m plM hrObatat l> BompwWMin fcra aoMtatw qne h •■>•• an 
■la*, la CfwàtiM tmua* M liémtm «d 16S0. 

■ Ua bt M il I iiJMrfBiii. at k plMièiHi makO* p«nM «tnir de 
«Mt, r^rt* Il 4«Mrip«MB «D'à doaat* H. Mo-tal da nw* medd» Uat»- 
Hfw MBIiHf iriia da franter Aivia (n7« I» JfbiÎH, p. «M et >ote i). 

• U Uton ^'Ama r^bm » dibat de la nbat m, (t ^A iliit, ijui 



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«76 LE UàLÂDE IMAGINi.IR,E. 

pier ■. — 11' întemiMs. Quatre tanbonn de liMqae. — III* intei- 
mMe. Il but la chaiie * ia Pnuu et la deux grand* bue*, hiit 
■eringuei, quatre échellei, quatre marteaux, quatre norticn, qai- 
tre pilooa, lis tabouret!. Let robe* rougei &ni*ie {iUiùiU : t hà- 
•ent? fralcbet? fratiei? fouirai?» a dtnùar ui 1* flu acAn', 
êiaaa U nuaux indiqué far féeritan). — H faut ehaoger le iMtit 
au I" îniennède et reprtemter une rille on de* met; et b thtrn- 
bre pantt connue ou a commoicj. Il faut troi* pièce* de b^ii*- 
série de baule lice, et de* percbet et corde* pou..,', s 

Dan* l'édition de 1674 (Amiterdam, D. EUerir}, où la piio. 
tauf le* prolognei et le* intennède*, e*t complètemeut déDitur^ 
ou falsifiée*, et dant lei éditïoa* de t683, 94, 1733, e*t indiquer, 
a la anite de U lUte de* Acteur*, la mmi^ Jomt tiajae ptrunty 
doit tire haiilU, Bien que ce* de*criptïont de eottomei ne poiwDi 
ëlrc eu aucune façon attribuée* i Molière, il y a apparence qa'db 
*ont a«iei exacte*, et noui crof on* deToir le* donner îct, 

Jrga». bt Tlta «a milidi : de groi b», de* malt, a kut-^ 
eluaiH hnit, usa euiiole ntiiga »sb qulqaa giloB oh deaMlt*. n 
naoeliair d* eau k Tisai puHinaiiti, nigti^nuDaBl attadc, oa bontt 
ds nuit ine li coiffe de dtstelle. [rejra è Im notice, />. 14], tt muU 
fin it ttttm naît, wmpnatii i M. È. jïiitrrf.) 

SJrmlda. En faabii A* eanlier module. 

CUbUm. Eit *<tii gilimmant et ea eamirciu. 

PmrgiKt, Diaftùiu père et Dia/einu Ut. Ton* troi* aoM Wla) de itir. 
le* dnn premïen en habit ordimira d< DiAdecin, al le dcrùec me ■■ 
grand collet ani, de loag*- dicTeai plau, un Bsateaa ^i Ini pane le* 

VAfotkitain, Eit amaî T^ta de noÎT, ou dt gria-brna, iree aae uurtc 



Parmi le* nombreux DoeumëitU tur le MalaJt imapaairt, publ>« 
par M. Edouard Tbierrj, *e troure (p. aoS) le mémoire du taiUcv 
qui, immédiatement apri* la mort de Molière, habilla U Tboril- 
lière pour le râle d'Arfan. Si le nouveau ooatnmc ne fat pat un 
copie du premier, il en con»erra certainement, comme le renanp- 
U. Edouard TJiieri^, l'atpeet, le goût général et en quriquoenr 

• Dei iviilaaDi d* aaaiqaa probablenent, poar G*a>ta et Aagéliqae. 

* C'aaI-i-dira la ahair*. 



. . ' Poor taadra, la aalla de lieapdoD au* dool* : nna h la C â iiaii " . 

* Tofai à Ja giiitû, p. iSk M 953, «t «-diMM. p. aS?, MM (■ — ""' 

rétabliiauiit, diu la eitaiioa qa'oa «a lira, iMTiaiaaoaa da* p«aawa|»> 

£i, uuf celai det SUtsinu, ont été chaDgé* oh dètgarfa pv Tédiin' 
Hollind*. 



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ACTBUAS. 177 

l'cipiil. Voioî ce mânoire, et qnelqaet puiagec, qna non* ne poa- 
TOI», bioi à regret, citer plu* an long, de l'inlëreaiuite note dont 
Ta fait «oiTre H. Édonard Thierrj. — « Parlât pour Ut Mtuitart Ja 
paUt-Hojwl pomr ■■ taiit Ju UalùJa imagiiiairt. — ..,, En Tcionr* 
■■HMile pour la chemiiette, 14^. — phu qm panne* pour let 
rhanww, i3it. — En ratine* griae pour doubler ladite ehemîiette, 
6*. — Phu poor 1b fourrenr qoi a Tounii Ici bande* de petit-grit 
pow k cbemiaette et le bonnet, 10*. — La «oie et le galon, i ■■ 
■S*. — Ia donUure det cbanuei et le padoD", i** 10'. — ttiu 
rapwcBVit*, itt, — Plni pour avoir bit l'habit deux (bia, 11 H, 
— I*bu j'ai fouiû ta bonton* d'or pour le long det ckaniae*, i H 
f.... — Sowna tous, 66 **. ■ — Dan* le nëmoire de Banillon, 
dit M. fid. Thîeny (p. aoS et 309), non* retroaron» It camiiole 
[/> U Jeteripliom d* BalUoitli) ipii l'appelle 1* chemiwtte, et la cou- 
IcBT de la camisole ronge daoi celle dn relonr* «marante. Ce qui 
difiïre, c'est l'omemeiit...; mai* la difFAvnce eit noin* dan* le 
dteil qne dam la phj*i(moinïe g^n^le de* deux eouumei : l'nn 
phi paaTTc, l'antre pin* riche; l'nn plui coqoet, l'autre plot né- 
gligé,... Nom Terron*.... par le mfaioire dn bonnetier.... qne les 
be* (boniî* poor la TfaorilUire Aaient dei bai de taie rouge extra- 
Gm; et tandi* que la deicriptioD,... de 1674 rétrécit le haut- 
de-chamees d'Argan amaigri, Baraillon f%njc le même faaat-de- 
chaDHc* avec de* bonton* d'or.... La tradition de Moliire c'est 
lonjoBn la oomMie riante et, de là, ton malade pour rire. Uolitre 
d'aïUeim laTail bien par lui-même qu'un malade amoureux, ma- 
né m nae jcane demme, n'a garde de ae négliger.... Baraillon, 
comme le tailleor de M. Jourdain, fit austi *on oh«r-d'mitTre, un 
hibil de cacocfajme qui fdt eo même temps un habit d'honnêie 



L'éditeur de 1734 donne i. la «aite de U litte det acteor* de 
Il Comédie, qn'on vient de toit, p. «74 et 975, celle-ci de* eeteur* 
da Pralogu et de* Intermède* (il a, nou* t'avon* dit, placé eet 
li«ct aTBBt le pnmic* prolc^ne.) 

ActBDat DD raoLooim. 
Dbox tàrmim*, JamtmUt. 



Tojei ts» VOl, p. 41, note S. 
■ cmiai doBt le poil «t tira es dehon, st hûi de 
n* d* pMÏt* gniai. > (OûtinHoirc Jt tAcaHaut, 1 
t bccder : Tojes %mm* VI, p. ta, nMa 1, 



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376 LS MALADE IMAGINAIRE. 

Tount, amant ia Climèitt, chef J'iat ireaf d* ètrgwv. 
DoBU.41, awtaat </« Daflai, Âtf ttiaie troap* ia iârgm. 
~ t —■"*"* Jt la tnitt d* T'aàt, ekaalanU «f dam 

t -"I*»— dt It iiiite de Doriiai, ebaaUaU ai 



Daiu le premier acte. 




Daat le IrouUme aele, 

TAMum*, daaiaiUl. 

L> PBÛmsiT da la Faculté de médiane. 

DocnuBi. 

&iau, iaelulùr. 

Apothicush, artc leur» wtartiert et ItarifUaM, 

PomitrÊMaimov*» . 

Cumom*. 

la wit« til A Paiit, 



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ACTE I, SCtHE 1. 



ACTE PREMIER. 



SCÈNE PREMIÈRE. 

IISAX, iml duttu olumlwe uiii' , niiB t>bte dcTiDt lui, «onple 
ia pardi* d'ipothicaira aTCC dm jctuiu ; il Jail, parbnt 1 loi- 
ntaw*. Ici dialoguât niTuiu'. 
Trois et deux font cinq, et cioq font dix, el dix Font 

I. Stml lUmi vu ckambn mit. (ift^S.) 

1. PTtmiU k ni-mirn: \IHiUnt.\ 

i. Asour, dmiu aiw ckait», ont ma lablt lUraat Imî, eompit iet fértUi 
iufdàeûrt m-tedti jitau. ([6;jC, 74 P, 83, 94.) — L'iadintion qui luit 
k aaa d'Amout manque dioi réditlon de 16B0. 

- ACTE I. 

lit Maire rtpriiéiiU la ehamtr* ^Argait. 

SXATPE. PREHlfcRE. 

IMUIi. rnuit, ajaal nnt laiU Jeranl lai, complaat avec dtt jlloia lu farûtt 

<£) .ai. tpoliUairt. [1734.) 

— Da f^tim ^m/mAiiain, ob mcnoira d'apothiciin. Partie, irticle de 
«■pu, da ■■MM ira; Ut parliat, la mU, le compte lUtailli. L« mal n'é- 
tait p>* parlicitlin an itjla d'apalhicaira : an l'a lu et-deatiu, p. 177, 
dai rimàtaU oaia par la tatltaur Biraillon i, aon aimolr* détaillé do cm- 
Oiaa d'Argam, « L'ane {de eat belîet) a aoîn de aon équipa^, Taiitre lui 
faarait de qnoi j<M*r, calla-ci air^a lei partiel de ion laillear. • (Dan- 
<aat, U Ckêr^litr i U nmU, 1687, acte III, leine n.) — . Le* jetou.... 
•t lUaiaanl k ■■• éaballa doM !«• palaaaaeai luMcaiiiet, an lien da ae 
platar d* traita t gaaehc, eomme dani l'aritbméllqa* ordinaire, ae met- 
IBM da bu en kaal, chacune daul uue ligne où il Taat aalant de jatau 
ta'tl j a d'nutda dani lai aoeffieienti : cet inconTéniant de la qaantité de 

pear j ri»tJi«r m partla qn'oa abràga daua la aUme ligne, ea marqiuml 
kaaamkn* S. Sa, Soo, etc., par •> mbiI jeun aéparé dca aatrei. Cette 
^a■d• aaBptar aat t^a-aaeianne, el alla ne laiiaa pu d'jtra atile; lea 
fcoaaaa at taM iPanl 1 ai gani qui na aaTent va nt Tcolent paa àerira, aimeat 
• ■aaicr daa )aMBa. > (Bafl6m, £fai ^triitmilijia maralt, Imprinarie 
niala, tami VI da Sappineat, 1777, $ unu, p. lai.) M. Camille Da- 



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aSo LE MALADE IMAGINAIRE. 

vingt. IVoifl et deux font cinq*. ■ Plus, du vingt-qna- 
n triémeS dq petit cljstère insinnatif*, préparatif, et 



mW, étùt «B irtisli or FBufire de U nimtjratiim, îmM an tomi X\ 
(1863) de U Revue germov^m it /rmeaite t\ •nquel um CBpmtoaa 
CM» cititiOB da Boffcn, proiiTe par dsi sumpin {p. 179 et 3êo) qu 
«tia mhhoda de uleal cUit fort uilâe an dii-aapliàBa uèele : njv. 
cotre autre*, une lettie de Hmc de Séilgaè du 10 Joia 1S71 (icnu II. 
p. :Ho\. • Il a'r ■ pM, lit-on p. 164 d'u oéinoirv d* Hahadal (17X) 
■nalpà m tuai* T de VHùuire Je rAcadimie Jet iiuerifliame et Mltê- 
leitne, il n'j a pa> an licele qn'on euplofoit eaeora dana b dot dVae 
lilla à marier la icieoee qa'elle aroit dani cette «ute de caleol, > c'eM-a- 

ùubli par Ici pareoCa, de loo apport manl, iju'oa l'énoBirail et reteiait 

[TBia 869), la tutnra était meublée. On IrosTera au loine T, 9' e^iie. de la 
Kbllolkiipu de l'École dei ehartei, p. 174 et 175. ao aipoai iiiti'iiinot. 
Tait par H. Léopold Delisle, dn pioeidé de calcat par lea jeton» enplové 
pool la reddition dea oonptea lei plot enniidérablêa dennt la cour Kta- 
mande de rEebiqnier. La petîta mithode d'Argan, eonne eib Ta 1« csa- 
girendre par un dialogue aTec X. Fleorani, eit toote eoniarnae à e«ll« 
qu'a obierréa Bunbo. Il lant iDppoHr snEre aea maina 00 aae reapU de 
jatona tout de m^me ibnne, et, aor la petite tabla 00 la planchette plaece 
derant lui, troia lignea; la long du tracé da eellea-ci il range : 1* aa Ita*. 
le* jetoni rcprcaentaoE lea aii-deniera ou demi-MMU (il b'j aTait pai lira 
de diviter eetta unité}; 1* au-dauui, la* jeton* repr éa mtaM le* aoaa, d 

Ui da* Buua *impl*a, celai de* cinq-Mue, et cdoi d« dix-aoaa; 3* aa haiI, 
le* jctuoi reprétentanl lei livre* (an tingt loa*) et fotaaaBt aatai qwlia 
IpVDpei : celui dea lierea aimplia, aelai dea eiaq-line*, oelni dea dis- 
lirrei (onité approchant do loni* ou da la pialale) et calai de* vingt-liTte*. 
■ . An moDient oo Argan «at montré ta apeetatear, il prBcéfle k ^ 

eer : ramaïaant 6 jeton* (I et a) au eaeter eu tu de* «(M* lisplea {aa 
peat-4tre de* lirre* aimplei, m*ia noua ne pourona eamir de laquelle de 
ce* Baiiéa il a'agit), poil 1 jeton aux cinq-*ou* (on anq-bn**), et 1 an 
dii-eoai (oa dii-lÎTrei), il le* reaplaee par ua aeol jaton poiis ooil aai 
lÎTret linple* (ou riagt aooi] aoit aux nogl-line*. laCa tmunat eiiert 
5 jacon* loit aai (ou* aoit ani Kne* aimplei, il lea remplnea par ua jeton 
mi* aai cinq. 11 peut continuer, dan* la agite, e« petîta* aotraetioMa et 
poie aana le* indiquer tout b*Bt ; il n* lea aurqoe pis* de la •en ■{•'■■* 
*eole foia, an pea aranl d'éannUrer le total de toMewa opétatiea. 

aoBi la verroDi 1 U Cn. M*i* U TéiifieatioB d'un mtHoira aaaâ llh^r^r 
d'artieleB aaraît éti extrémemeat longue. C'eit poarqaM le rideen M te 
m a4> dn moia. [HtM *Jmftr.) 
■ pénétrer de* nédieaateDt*. 



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ACTE I, SCÈNE I. . i8t 

• rénudlîeiit*, pour «mollir, hnmecter, et rafnîclur les 

■ entniUes de Monsieur*. > Ce qui me pkiît de Mon- 
sieur Fleurant, mon apothicaire, c'est que ses parties 
toat tonjours fort civiles : - les entrailles de Honsietir, 
■rente sols. ■ Onî, mais, Monsieur Fleurant, ce n'est 
pu tout que d'être civil, il faut être aussi raisonnable, 
et De pas éoorcher les malades. IVente sols an lave- 
ment*: je suis votre serviteur', je vous l'ai déjà dit. 
Voes ne me les avez mis dans les antres parties qu'à 
vin^ sols, et vingt sols en langage d'apothicaîre, c'est 
à dire dix sols ; les voilà, dix sols. <> Plus*, dndit jour, 

• on bon cljstère détersif, composé avec catholicon^ 

■ double, rhubariw, miel rosat, et autres, suivant 

■ l'cadonnance , pour balaj'er, laver, et nettoyer le 
•• bas-ventre de Monstenr, trente sols. » Avec votre 
permisnon, dix sols. ■ Plus, dudit jour, le soir, un 
a julep hépatique*, soporatîf, et somnifère, composé 

• pour faire dormir Monsieur, trente^inq sols. ■ Je ne 
me pUins pas de celat-Ià , car il me fit bien dormir. 
Ux, quinze, seize et dix-sept sols, six deniers*, n Plus, 

1. Lt mat «t tBplafé pir H. IberoloB k rAsiaitr tUJttim ((ans V. 

p- 399) ; 1* O iftJ Bmm mi n J* lÀitri ■■ doBU que U forme orduiirc imoilÙHt, 

s. • lAa*cmllMd>IIaBtMr,tnaUK>Ii.>{i6TiC,74P,75,8o,S3,94-) 

3. D> U tmib I . [1674 C 74P, Bo.) — Un linmnt? [1675.) 

4. Fn^taW de Hg*lîoB et d« tcfu, eoBime J* tiût rotn rmitt {jajt* 
1— . TI. p. S«8, »(■ 4). 

5. Ln «uU. • PliH. > {1674C, 74 P, 7S, 80, 83, (ri-l 

6. Pitwfn 4 a ut tùja. 

7. Caïkalicaa, naUa uî**T*«l. < ÂlactMÛrB d* Moé et de riioiMHie 
^'e« trajeit pnpn ■ tomUt urtea de mslidiet. ■ {Dieliomusiri d* Ullri.) 

S. ■ BipatifiÊt, propre au Bulidiei da foie, • npUijiM Aogcr, et boui 
Tcna» (k U t> de Ik Hé>e n de l'icle 11} que H. Porgoa ■ reeoiua 
cha kwfÊm ■>■ aabdia de foie. CqxBdint Ltttré ne donne point ce leni, 
et pfl <ti« Il BM indiqni-t'il platAt qa'il antnit dDEoie de loufr*, 4^^!-, 
dnn U frépuntioB. — D'ipi* m qoi ■ été dit tone V, p. 319, note a, 
Aignn peonnaflt jaUt, 

^ Id ^ABÏira dont Argu Htppnte en rëglnnt tt% piTtïeA ■ embirnueé 
Hitlqnr» pereonnca. Voici na jultp porta pour 35 laU par IL. Fleunnl, 
Arfnn ■« love d* l'eftet da m nnide, de ainièrt t h\n croira qn'U Ta 



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s8« LE MALADE IHAGINAIRB. 

g du vingt-cinquième, une bonne médecine pnigative 
• et corrôborative ', composée de ca»e récente avec 

■ séné levantin, et antres, suivant l'ordonnance de 
« Monsienr Pui^n, pour expulser* et évaoner la Inle 
V de Monsieur, quatre livres. ■ Ah ! Monsienr Fleu- 
rant*, c'est se moquer ; il faut vivre avec les malades. 
Monsieur Pili^n ne vous a pas ordonné de mettre 
quatre francs'. Mettez, mettez trois livres, s'il voua 
plaît. Vingt et trente sols*. ■ Plus, dudit jour, une 
« potion anodine*, et astringente, pour faire reposer 

■ Monûeur, trente sols. > Bon, dix et quinze sfils'. 
H Plus, dn vingt-sixième, un ctystère carminatif, pour 
•■ chasser les vents de Monsieur, trente sols. ■ Dix 

p«ucT l'irtielfl tel qu'il «it* Point du tovt. Comme, Hiirviit wtii prucipf 
que, • ta Ungtge d'ipothiciire, > ID toli nnt dire lo lalii, il ■«aide 
Il moitii Jute de* 3S »li, n'eil-knlin 17 joli 6 Jaiitri. Ainii, it^c mi 
jetant, il mirque d'iEiord dix {l jtttM aux jA'f-AHj), paii cïiiq (1 jtttm 
aati einj-Kmt), eu qui fut quinie ; puîi un [1 /((on «w »■( sim/ilti), et 
qaî fait MÏifr; poïi enfn an et dent («Airtf 1 Jeton amx ttmt et 1 Jerwier 
jtloit «uc lix-JàMÎÉrt m Jmi-ttn), <s qui Ait db-««pt et daMi. {HtU 

I . D'aprèe k Ditlioanaire dt Ijllri .- qai a Ii T«Ttu de douer de li 
Ë>ne, du ton. 

3. ■ Pour aiparger. • (1674 P.) 

3. ■Qaitnliirei. > HoUIlfoMinrnniraiit. (i6t3, 9f.) 

^. De mettra qmtn liirti. [167$ C, 74 P. ^5, 80, 81. 94] 

5. 11 en e>l de mjm* en cet eDdroit(^* nin* ;a'ar> 9* kjwoi ^le^^i 
frieiJtnu). La midmiiu «I portée pour i/rmui. Argan dit : • lletle>, 
mtttai 3 lÎTrei, l'il vaut plall. ■ Il n donc paiaer 3 limt? HalIcBeat: 
3 timmtet que M. Fleurant dexail porter ; et lai, Argan^qul ■■itl* • ba- 
gage d'apathietira •, ridait lea 3 lirrei k la mokii, laToir 3o tomt. Car, il 
ne but pM l'j tromper, quand i) dit : ■ TÎBgt et trente mbi, > ec m'en 
pii le total dei deux uunibret, c'eac-k^lire 5o toni, qu'il aecorde : il mar- 
que d'abord Yingt iTCe u> jetone (ba a^x limt tuHpltt)^ paii il ajoate dii 
(t jeiM iitx £x'ttmt), e« qui fait 3o. {Ifole i'Auger.) 

è. JL prendre daai le lew propre, jtjmaloglque de cmlmaM Ut Jim- 
/«ri, Conparea l'emploi que K. Hacraton fait do mot, tome T, p. Say. 

j. * Da màns ici, dit Angar, 10 i( xS ««i me lont pa* iS aa**. mait 
iS aoU leulamanl, moitii dei 3o teli denandia. • Continaant d'aecfMiH* 
gnar de la laix dei (CMei préeii, milhodiqnea, Argaa appaie ai 
BMDt on jeton («r le eaiier de* dû-eoui et un antre n 



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ACTE I, SCAKB I. agj 

•ois, Monsieur Fieaniit. ■ Plos, le clyarëre de Mbo- 

■ sienr rëitëré le soir, oomtne deuns, trente sols. ■ 
Monsienr Fleurant, dix sols. •> Plus, du vingt-septième, 

■ une bonne médecine composée poor hâter d'aller*, 

■ et chasser dehors les mamsises humeurs de Mon- 

* sienr, trois livres. ■ Bon, vingt et trente sols : je 
sois bien aise que tous soyez raisonnable. ■ Plus, du 

■ vingt-huitième, une prise de petit-hiit* clarifié, et 

■ duloorë*, pour adoucir, lénifier, tempérer, et rafraf- 
< chîr le sang de Monsieur, vingt sols. - Bon, dix 
sols. ■ Plus, une potion cordiale et prëservative, com- 

• poaée avec douze grains de bézoard', sirops de limon 
> et grenade, et autres*, suivant l'ordonnance, cinq 

■ livres. ■ Ah*! Monsieur Pleurant, tout doux, s'il 
vons plaît ; ai vous en usez comme cela, on ne voudra 
plus être malade : contentez-vous de qnatre francs^. 
Vingt et quarante sols. IVois et deux font cinq, et cinq 
fimt dix, et dix font vingt. Soixante et trois livres*, 



«. ■ Om pMk-blt. . (i6j\ p.) 

3. Éihtitmé Mt •■«an la MoIe forme qaa donne le Dietamtmirt Je 

4. Méiom^i lit-oB dami le DitlivuiMin Jt liUri, Tient d'un mot pemn 
^ ilgniln pleri ■ contre le Temn. C'eit le • nom donné im conerition* 
alodcnaei <|*1 M faraenl den* reitoaue, lei înleatûu et lei Tole* ■rinaim 

nul, calai qoi le trooie dani la qocUilMe 
H ladei. Ktoni oecidenta), celui qui le trooTe dam 
e la eUrre unn|« du Pinin, de TUard on du du- 
aeîa. Ce* Haeaidi kaieni ngardéi aatrcibia csane vjvtt de grand» ver- 
Ina alariffcniinqn 1 1 , • e' e a» >-dîre, expliqua la Ditliimiiairt k ee dernier 
■M, ^u|naa h «npolaw dn corpa let prindpM B»r1iiiq«i on qal prinen- 
■art r*&t da* pajjon» pria i rintérienr. Do là TiptAête de frînmtire 
daa^atb potion. 
9. ■ Sbep de Eiaoa el grauda. ■ (iM3, gi.) — < Siropi de lioian, gre- 

«. nnlfittU. 9(.) 

' qnaraBtewIe. (1O74C, 74P, 75, So,83,M.) 
k (■«74P-) 



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a8( LE MALADE IHAGINAIRB. 

quatre mIb, six denien*. Si bien daac qae de ce mois 
j'ai prit une, deux, trms, quatre, cinq, six, sept et 
huit médecines ; et un, deux, trois, quUre, cinq, six, 
sept, huit, neuf, dix, onze et douze IsTements; et 
l'autre mois il y avoit doaze médecines, et vingt lave- 
ments*. Je ne m'élmme pas si je ne me porte pas si 
bien ce moii-ci que l'autre, ie le dirai à Monsieur Pui^ 
gon, afin qu'il mette ordre à cela. Allons, qu'on m'Atf 
tout ceci.* Il n'y a personne : j'ai beau dire, on me 
laisse toujours seul ; il n'y a pas moyen de les arrêter 
ici. (a nona nn« MaDslw pow bin Tsnir «m pu*.] lU n'enten- 
dent pcMut, et ma sonnette ne fiùt pas assex de brait. 
Prelin, drelin, drelin : point d'affaire*. Dniin, drelin, 

1. On pnt ToÎT d*at FluUrmidiam du lO vt aSiTTÏl 1B7S, eoloKBcaïii 
«I a5{, la iii«BoiT«i da piitlat G>iir>iM pir deai ipattioaim «k itêi 
•C 1B41 : «1 piéesa tMIh pametUat d« coBUaUi i|d* lloliit« >*a pn 
l^aBul loia l'ougantioB cDmique ; «Ile M bit toat ta plu acatlr du< 
robatqaiaua cirilita da U. Flcannt et dau le durlatawiaaa Banalilï 
aTOB Icqaal, tint aa kalant la pirialta -~— "■— t da U ■■liai a Bidi- 
aal* et du nKabalaira dei docUan, S nata et gatulit la* ■awiJBaa» 
aCbl* da *e* pnparatioai. — Noaibra da aMaoiaa, «iBaBia d'as* corpa- 
ntïoa qaa la FaeaJté u^aTaît paa tanjoora nvdT^ aaaax aaaBiaai étaâ^Êï la* 
praBÎara i la dicriar daai le peblie [rojat H. aa^aaad, p. 33l at ni- 
Taataa); ili teiiamt, dit Gai Patû, laploi acharaida tsaa {daâ* aa konda 
a mai tSSo, loBM Kl, p. ainlilHeBRaaliia . i déllTTar Pari* data tjTaMJt 
et <la la trop ifraada ahartë dai partiel d^apoihieaiia ; » «t Toicï aa ^aila 
letaïai, daaa aa tampa biam nppttiefaé da calai da MaiaJm immgiatin, il> 
aa plaiulant h parlar da •« aaiiliurai et da lear pmfitabU eowra : 
• Pour ioaffrir eala, il bat amir aaa loM *inal« at aani Bal fait* ^'aa 
apothieair*, qui étsît ditai par H. Haatia : Amim»l /amrèiirimmm, Jkaw 
^■a ^aruf a( ^BcroB/ aunaUitir • [lattn da 6 Mtoln 1871 , tosa III, p. 79a). 

3. Si btea doas qaa da «a Mtiit j'ai piii a>e (aa, lOU), da a a, tnii, 
qaatie, daq, ak, lapt, hait, aaaf , dix, aata at daaàa lawiata; et Paatar 
Doiail jaToitdMuaaiideaaaiet TiB|t linBWBt*. (1674 C, iS. So, SI.) 

3. ytjmnt fB« pirmuu ne ruut ml fu'U it'y • «acaa it ttt fau itut — 
tkmmtM. (,7Î*.) 

^. s— gttut u £1. (1675.) — Ca jea de nBe at la tmtmt mt taa pa< 
daaa In Mittoai da iSjtC, 74P, la, 83, q4. — ^H* *'*^ '**^' ** 
Huatte fw M w H uUt. {1734.) 

S. Aaiai da brait. Dralia, drdiai poiat d'arbira. (iO)K-) — Abm da 
brait. {A/rit aroir Muipaar U J»miiimtJmt,)Pelat d'aCbba. {J/rmt»rmr 
«aaMf *■»».) II. toat narda. (1734.) 



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ACT8 I. SCiNB I. 3S5 

dreiin : ils sont sourds. Toinette ! DreUn, drelin, dreliD : 
toat comme ri je ne sonaois point. ChienDe, coquine ! 
Drelin, drelin, dreiin : j'enra^. (Q na Mmu plu, mû* il 
«de'.) Drelin', drelin, ilrelin : caro^e, à tous les dia- 
bles ! Est-il possible qa'on Itisse comme cela un pauvre 
malade tont seul? Drelin*, drelin, drelin : voilà qui 
est pitoyable! Drelin, drelin, drelin : ah^ mon Dieu! 
ili me laisseront ici mourir. Drelin, drelin, drelîn. 



SCÈNE II. 

TOINETTE, ARGAN. 

TOimiTB, «1 aBlnsl dana U ohamlwc''. 

On y va. 

AKGAN. 

Ab, chienne! ah, carogue...! 

I. ■ jMqa'icî, rcourqiK A^er, lei mata Jnlin, Atlia b« aoDt ioriu 
<|H puBT ifarer le Km de I* •Dandte d'Argvn, M do ^Unn modcnws 
In oBt ratnaehéi «Buie iuatil**. Mai*, 1 partir il« cet «ndniii, t» Kut 

Kttt, M riaitaDt. ■ Hou crairioBs plutAt, d'iprèt Im iadiutioiu inMr- 
olâii 4aat la Mxtc, qn'Aifam, aprit iToir daai ou troia £»■ agita iantî» 
■■■Bi m •uaaene, proBsnca toai la ^ra/ia qoi uiil éeriu ; il accomp^ne 
K ratloRC lOB «rilloa d'nna Toii da plui en plat Impaticau, jaiqa'au 
■Mant, BVqnc ici, oA, jetant, de rage, «■ »iinette, il crie lei Jttlia à 
ptMapaaaoM. 

1. Tniaane ! {A/rii amr/ait le plut dt braii qu'il pan avac ta lonnellt. 
Taat mai an. «ta. {foyau qa'il tvtiu tmcort iaaiilraual.] l'ennge. Drelin. 
('îî(-l 

1. Uapaaraa Balada ? Drriin. {1734.) 

4. Ha. (I«S1, 9f : iei at 7 ligne, plu loin.) 

5. £a imirmiu daat b 



TuNim, M eairaai. (I7H.] 



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aS6 LE MALADE IMAGINAI&K 

TOimm, UêêM »amti\mx d> t'èm cngii* h il«'. 

Diantre soit fait de votre impatienoe* ! tous pnœi m 

fort les penotmes, que je me guis donne un gnnd coup 

de la tète* contre U carne* d'un volet. 

AKSÀH, «• ooUn*. 

Ah*, traîtresse... ! 

TOlmm, pour l'iotMTompn at l'aMiptcbcr 4» criar, 



Ha*! 

nya.... 
Ha! 

Il y a nne heure.. 
Ha! 

Tn m'as laissé.... 
Ha! 



TOIKKTTB. 

AaOÂN. 

TomrTS. 

ÂIGAN. 

TOIHKTTB. 



AHGAN. 

Tais-toi donc, cocpiine, que je te querelle. 

TOIHITTB. 

Çamon*, ma foi! j'en suis d'avis, après ce qae je me 
suis fait. 



M cclir*, M Muât M Itl*. (l6jS.] 

a. On ■ TD, SB Ttn 767 da Tart^t, DnrÙM tmpUjei li bIbc tumt 

d^précsEion : • DtiDir* loît fût dt rotu..,! >, ci, *a rm 3aS imFammu 

taraaUi, CliUmdre •■ «opIoTar ddb peo di^'crenle : • DUntn loit di !• 

feO«...l > L'idimr de i;34 ■ pAliiè cetta denièn: * DiiBlra Hit it 



3. A b t<t*. (1734.) 

4. * Cmrmt,.,. l'iagl* «itfiitar d'oBt piem, d'âge tabla, etc. ■ {Ditti»*- 
«urw d* fAcmJimiê, 1O94O ^ *«ni» «it plui popaliire et pin prWi ^ 
eelui d'ut'*. 

5. Akoiii, tKjkrtmr. (l8jS.) — 6. Hit (l6S3, s4-) 

;. Tannm,iMUmmpaiitJrgaii.(i')H.) — S. AfaI (rCSo; icietplaitai.) 
g. Cette expmiloB itSmitiTe ■ déjk M nleite, d4M U boack* dt 
Km* JoBrdûn, tomt Vltl, p. loS, natt 3. 



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ACTB 1, SCàNB II. 



1^ m'asAtit égosiller, carogne. 



Et vous m'avei &it, voua, casser la tête : l'un vaut 
liien l'autre ; quitte è quitte^ si vous voulez. 

Quoi? coquiae.... 

TOINKTTB. 

Si vous querellez, je pleurezai. 

A.BCAM. 

He laisser, traîtresse '.... 

TOINKTTZ , lODJoan ponr l'inwmnnpr** : 

Ha! 

ARGAll. 

OiicDDe, tu veux.... 

TOlNtm. 

Ha! 

Aaei.if, 
Quoi ? il faudra encore que je n'aye pas le plaisir de 
la quereller*. 

Toniim. 
Qnerellex tout votre soàl*, je le veux bien. 

AmQkV, 

Tu m'en empêches, cliieiiae, en m'interrompant à 



Si vons avez le plaisir de quereller, il fant bien que, 
de mon c6té, j'aye le plaisir de pleurer; chacun le sien, 
ce n'est pu trop. Ha I 

I. M. himw. uwtummt (,«,5. t3, »*. «Tî'-Ï 

a. TanMm, i m m nmfn t *mf Jrgmm. (1734.) 

I. Dt ^M«ltar. (1683, 94.) 

t- II* MM ni iarit toi dau >otn origiul, at c'mi lùti q«'D m pn>oo«- 
j« l W j i m . J« qmdqM fty ^an l'icriTlt: jgjn d-d wi , »■ nn 1110 
ta W mm ti i MM i M , oà Mt pnM artmdli. m mb IV mîm h boai du 



D.nt.zedbïGoOglc 



aS8 LE JIALADB IMAGINAIRE. 

Alloi», î] faat en paMer par là*. Ote-moi ceci, 
coquine, 6te-moî ceci. (Aigu m lin de ■■ chue'.) Mon 
lavement d'aujonrd'hai a-t-il bien opéré ? 

TOnfBTTB. 

Votre lavement ? 

ABCAir. 

Oui. Ai-je bien fait de la bile ? 

TOniSTTK. 

Ma foi! je ne me mêle point de ces afiâires-ià : 
c'est à Monsieur Fleurant k y mettre le nez, puisqu'il 
en a le i»x>fit. 

AIGUI. 

Qu'on ait soin de me tenir un bouillon prêt, poor 
t'antre que je dois tantôt prendre. 

TOIBKTTB. 

Ce Monsieur Fleurant-Ià et ce Monsieur Poi^n 
aégiïyenl* bien sur votre corps; ils ont en vous une 
bonne vache à lait ; et je voudrois bien leur deman- 
der quel mal vous avez, pour vous faire tant de re- 
mèdes. 

AaCAH. 

Taisez-vous, ignorante, ce n'est pas i vous à cmi- 
tràler les ordonnances de la médecine. Qu'on me 

fasse venir ma fiUc Angélique, j'ai à lui dire quelque 
chose. 

TOINBTTE. 

La voici qui vient d'elle-même : elle a deviné votre 

pensée. 

1. A>out M Uw A M ttaitt el lui daaiu léêjtleiu it m parliti taft- 
ihkairt. {1675.} 

3. Apr^iHr* Uoi. {ijH.) 

i, St dsuMM eatritrt. Voyn h B i e ta mif in 4a lÀUrétm Mot l'fiaàm 
et Ui ciemplM qa'il eita. 



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ACTK I, SCANES HI ET IT. 

SCÈNE III. 

ANGËUQUE, TOINEITE, ARGAN>. 



A|fcodHsz, Angélique; vous venez à propos : je vou- 
lois TOiu parler. 

ÂHGÉUQOB. 

Me Toilà prête à vous ouïr. 

ÀlfiAM, oonnat «n ImmIii*. 
Aueodex. Donnez-moi* mon bâton. Je vais revenir 
toat à rbenre. 

TOUIBTTI , an la nlUut. 

Allez* vite, Moasiear, allez. Monaîeur Fleurant nous 
tiooM des afiàires. 



SCÈNE IV. 

.VNGÉLIQUE, TOraETTE. 
Toinctte. 

TOmiTTI. 

Quoi? 
I. usu, i»néi.iQM, TQinm. (ijSf.) 

■■ Cl in ^ IHM fli HadicstiM winmu M MU M* i 
'lllltCTiP, to, Il,9t- — Uaa ■«Uabla M 

' ■ ^ ■ PhsMt, ■ bM ■■ d«mt lie fMM m. 
' ' ~iwuf<(.) Do— Biiol. (I73(.) 
•-■) 

S. U ngarJ, f^ mU tamtmtuamt M laUU n mfi d mmm t . (1S75.) — 
C( )m 4* «Im ■'■» pu d^ kl MiliwM 4* i«t«C. ;«». In. U, gf- 



D.nt.zedbïGoOglc 



9» LE HALADE IMAGINAIKB. 

UIG^LIQCS. 

RegBrde«moi' un pea. 



Hi bieo ! je voui regarde. 

Toinette. 

Toiram. 
Hé iMen, quoi, • Toinette ■ ? 

Ne devines-tu point d« quoi je veux parler ? 
■NtHxm. 

Je m'en doute assez : de notre * jeune amant ; car 
c'est sur lui, depuis six jours, que roulent tous nos* 
entretiens ; et vous n'êtes point bien si vous n'en pariez 
à toute heure. 

Puisque tu oonnois cela, que n'es-tu donc la pre- 
mière i m'en entretenir, et que ne m'épai^e»-tu * la 
peine de te jeter sur ce discours 7 

Vous ne m'en donnez pas le temps, et vous avez des 
Sfflns li-desnu qu'il est difficile de [avenir * . 

Je t'avoue qne je ne sauroia me lasser de te parler de 
lui, et que mon oœur profite avec dtalenr de tous les 
moments de s'ouvrir i toi. Hais dis-moî, condamnes- 
tu, Toinette, les sentiments que j'ai pour lui ? 
Tomim. 

Je n^ai garde. 



— J. (iflitt faM* pcob«U«.) 
..<i6ï4C,74P,75.«*. «3, j(.) 

3. Tou «M. (lUAn.) 

4. nMMitp«gan-ta.<ie74C. 7(F, t5, So. 11.) 

5. Bt 11 «t bMB éUtiak *» prânur la Mim fw fMU fimmft m mm' 
ietiéfité, k loim f«t tMi pnM> A* m» J«Ur, 4» ■'■■ w ir wir — m 



fbïGoogIc 



ACTE i. SCÈNE IV. agi 

Ai-je tort de m' abandonner à oes douces impres- 
iïou ? 

Toinim. 
Je ne dis pas cela. 

ANGÉLIQUE. 

Et vondroîs-tu qne je fusse insensible aux tendres 
protestations de cette passion ardente qn'il témoigne 
pour nu»? 

TOlIOCrTE. 

A Dien ne plaise ! 

Dis-DMii un peu, ne trouves-ta pas, cooime moi, 
quelque chose du Gel, quelque efiet du destin, dans 
l'aTentore isofùiée de notre connoissance ? 
TOinnrt. 

Oui. 

AHGÂLIQUl. 

Ne tTOuTea-tn pas que cette action d'embrasser ma 
iléfcnse sans me coonoître est tout à fait d'on honnête 
homme? 

TOIHtTTB. 

Oui. 

AWC^LIQUK. 

Qae l'mi ne peut pas en user plus généreusement ? 

TOIMITTB. 

ITaeoonl. 

AM6KUQCB. 

Et qn'O fit tout cela* de la meilleure grftce du monde ? 

TOIMBTn. 

Ob!oai. 

AHGSUQni. 

N« iioares-ta pas, Toinette, qu'il est bien fait de sa 
e? 



r. ■■ fi-g fait tM* «il*. (i«7( C j4 P. 15, >o. U. 9«J 



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sgs l'E MALADE IMAGINAIRE. 

TOlNim. 

A»tirément. 

Qu'il a l'air le meilleur du monde* ? 

TOlRBm. 

Sans donte. 

AftGiUQVt, 

Que ses diuonrs, comme ses actions, ont qael<|tir 
chose de noble ? 

TOlIftTTI. 

Cela est sûr. 

Qu'on ne peat rien entendre de (das passionné qnr 

tout ce qu^il me dît ? 

TOimTTB. 

Il est vrai. 

ÀRCiuQDK. 

Et qu'il n'est rien de plus fâcheux que la conminti- 
où l'on me tient, qui bouche tout commerce aux dom 
empressements* de cette mutuelle ardeur que le Gel 
nous insjMie ? 

TOIHSm. 

Vous avez raison. 

ÂKGiUQVS. 

Mais, ma pauvre Tcûnette, crois-tu qu'il m'aime id- 
tant qu'il me le dit ? 

Toimm. 

Eb, eh! ces choses-U, parfois, sont no peu su- 
jettes i caution. Les grimaces d'amonr reasemUeDi 
îbrt à la vérité ; et j'ai vu de grands comédiens là- 
desBua. 

AHCÉUQUB. 

Ah I Toinette, que dis-tu lA ? Hélas ! de la foçon 



D.nt.zedbïGoOglc 



ACTB 1, SCÈNE IV. 99I 

igu'il psrle, aeroit-il bien possible qu'il ne me dît pas 
f ni ? 

TOIETEin, 

En tout cas, tous eu serez bientôt éclaircîe ; et lu 
réfltdntion où il vous écrivit hier qu'il étoit de vous 
(lire demander en mariage * est une prompte voie ù 
TOUS bire connoltre s'il vous dit vrai, ou non* : c'en 
sera là )a bonne preuve*. 

AlfciLIQOE. 

Ah! Toinette, si celoi-l me trompe, je ne croirai 
de ma vie «ncun homme. 



Voili votre père qui revient. 

SCÈNE V. 
ABGAN, ANGÉLIQUE, TOINETTE. 

ABCIH w met daai u duiM*. 
O çi*, ma fille, je vais vous dire une nouvelle, où 



n i l'autre 1« don 



I. Ea BOX ^pnBiit tfoa Clcnlc ■ icril hier qu'il ilUît daminder ÂB- 
(il^u* •■ ■■ri«s«. TaiaetI* priptre le quiproquo dt U leciM lainMc, 

r't» Bérmlde, I'vmJc «ta* d'Aagcliqua, qui ■ tti ehargi pir Ctéiale de 
«tu d(M^*. l Am fAuftr.) 
». B« ■■• ^1 ■■pie auqua de mni dire eonaaltr* iSl dil Trai, ou aon. 

J. Embm pfsa^M Muqiw pou Toua bîr< couaotee a'D ditTiai, ou bub. 
C.a^.b.«,h.>MprM». (167s.) 
(. Cwtiiili»aiiiiBB'aitpaeda»ileiêditio»ideiB;<C,74P.75.8o,i3.pt- 
i. La mtima (otBe, 4ajte na peu dillîreniiieat, le lil an Ten ;S8 du 

Hb çl B'ai.je pai lÛB de me plaindre de (oa ? 
— *Mie.»'a«Hy— J. Oi ^ (i;34.] Caat hlea de parti pri* qB* riditear de 
'llf a a^tiiBé ar fd à l'a fè (M«( {àl de Botra leit*. Comparei, par eiespU. 
r Va, BOto t M p<'SI>i BOU 4> •> la raiûaM nlerte à-iprèi, p. 3i>, BOte ». 



D.nt.zedbïGoOglc 



ï^ LE MALADE IHAGINAIRB. 

peot-étre ne toob attendez-TOiu pas' : on toos demiDde 
en inarwge> Qu'est-ce qne cela ? vota riex. Cek est 
pUJMDt, oui, ce mot de mariage ; il n'y a tien de ploi 
diile pour les jennea 611es : ab! nature, natnre'! A ce 
que* je puis voir, ma fille, je n'ai qne faire de voom de- 
mander n TotiB Tonlez bien vous marier\ 

Je dois fiûre, mon père, tout ce qu'il vous [dam de 
m*ordonner. 

AKOIH. 

Je sois bien aise d'avoir une fille si <4)éïsaante. La 
chose est donc coDclae, et je vous ai [ffomise. 

AROiLniDK. 

Cest i moi*, mon père, de snivre* aveaglément 
tontes vos volontés. 

laCAM. 

■ Ma femme, votre belle-mère, avoit envie qne je vous 
fisse religieuse, et votre petite sœur Loniaon aoasi, et 
de tout temps elle a été abeurtée à cela ''. 

I. Oh pour i lagmelU .- m lit da màmt dau P^amitmgamir (mIi I, 
uéae IT, too* VU, p. i6i>) : • Toilk uie coanolMaBec oA j* ■• s'anta- 
daii paiat. > (Itouidmgr.) 

■. Diu h piitoTala htrolqna d* M^lUml*, Mjitil, erm Sla d* Ljcanû, 

■ obtaaa da aoB priMada pin, i tant d'iuUaeea et da eajolariaa, ^'3 
«OBMUIll i MB aaiiift iTaa IlUicerta; et b boahanua*, itonidi d* l'cl*- 
qaasta riTaeiti da cet adolaKanl, l'icrie de ata« qa'AT|*a (aettif. 
mJm r, ttrt 55i) : > Hil n*lar«, aalorel > Caat aaa eidaBatin qii 
denit échapper biaa MaTant i Holiàre lai-m<ma. {IttU fj^gtr.) 

3. Ahl aataral Acaqae. [1S74P.) 

i. SI Tau TMin bieB ètn mirUa. (iS?!.) — Si raoi tobIci ion muia. 
<l«î, »*.) 

5. AaaiM.... Si oWÎHiate. KaaiiMflSK. CaM t nai. (1874 P.) 

fl. Aiairoi. [i87iC. 5+P,7S, 80, 8î,94j 

j. Obatia^ i cela, cntttéa de catta idée. Aktmrti rat U p ' 

praaoBiiaal t'aktarttr, m hésiter, puii M teair, l'apiai 
cboie}. • Aaà (atanit David. .. ; Boni le «ojroaa-.. tto 
OBtrant daaa le peai^ de* aatraa, paiat ahcarti 1 la aicBac. • (Bavaet. 
PaliitfM lir^e.... dm FÊaiUrt tmate, IEtt* T, aitide n, baiaîioi* p afa 
•hioB.) Tôt*! laa antret eienplei da Ditiiammin dt litlri aa partiapt 
et aa irerba, ai paitiïaliircBieat rhiitotiqae da actiîèaa* aifala; *ajn 



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ACTE I, SCftlIB T. ig$ 



Im bonne bête i ses nifona. 

AKGÀIT. 

Elle ne Toolmt pwit eoBScntîr à œ munge, mais 
je l'ai emporté, et ou parole est donnée. 

AMGfalQVS, 

Ah ! mon p^, que je voua mis obligée de toutei vos 
bonté*. 

TOIHBITB*. 

Eo Térité, je vous mû bon gré de cela, et voilà l'ac- 
tion la phu sage que vous ayez bite de votre vie. 

tKGtN. 

Je n'ai point encore vu la personne ; mais on m'a dit 
qve j'en serois content, et toi aoBsl. 
Àiiciuqua. 
Amrénent, non péfe* 

laeiiT. 
Comment Tas-tu vu* ? 

Poiaqse votre consentement m'antmise à vons pou- 
voir oanïr mon cœur, je ne feindrai point de voua dire * 
<]IK le huard nous a fait ouuurftre * il y a six jours, et 
qse fai denunde qu'on vous a faite est on effet de l'in- 
c&ation que, dés cette première vue, nous avons prise 
l'on pour Tantre. 

<■■•■ rnlîcl* ÂHBUKTU«rr, oi U MM «M détai < ittMhaawBl opiailln 
• B tmimtat, h m* apiaioa. > 
1. Un» ha ratio» ■'••» pH diH Im Mitimdc t6;4C. ;4P, lOi <!• 94- 

!.. i Jr^. ftjK.) 
Mr h'm-tm Tmt (1S7S, 1714.) 
*' »■« iTdM tmfiiiiJr*, Utitcr, «nMrail mth, MiBBa iei, itm di 
;mm n, p. 900. i ta PHattut d'Étui i tame T, p. iSt, k Dem /mmn/ 
■wt Tn,p. *io, hMmu^ardiPamrttmfime): tiBtAtinei(lomel,p. «7, 
• titmrJi, taaM T, p. f3S, ■■ MifiiÀrÊf! tamm Tfl, p. 71, ï FA—n). 
i. JImt m Jnt amu ccmattir* 1 dlïpM ds proaoB rigin* danat IHalsi. 
àl d-aa mh» rttUA dtpaadaM da>fr«, bqaalla • Mjà M i«I*t«« aa 



D.nt.zedbïGoOglc 



agS LE MALADE IMAGINAIRE. 

Ils ne m'ont pas dit cela ; mais j'en sois bieD aise, et 
c'est tant mieux que les choses soient de la aorte. Ils 
(lisent que c'est un gnnd jeune gan^n bien fait. 

AHGéUQOB. 

Oui, mon père. 

laQAH. 

De belle taille. 

ANGiLigUB. 

Sans doute. 

ABGAK. 

Agréable de sa personne. 

AHCiLIQOK. 

Assurément. 

AaGAN. 

De bonne pfaysîonomie. 

AKGÂLIQUS, 

IVès-bonne. 

ARCAK. 

Sage, et bien né. 

ARGÂLIQtrK. 

Tout à fait. 

ARGAK. 

Fort bonnéte. 

ANCÉI.IQDE. 

Le plus honnête du monde*. 

ABC AH, 

Qui parie bien latin, et grec. 

amcAliqdb. 
Cest ce que je ne sais pas, 

ABGAIf. 

Et qui sera reçu médecin dans trois jours. 

tc>n« VI, p. (Si.aoto i, «t lalomETlII, p, io5, ■ote s, tt p*u lafull* 
■HHU w m qj n m» da wmTmi mx dJTan Ltxi^uti de la CallcctH*. 
I. U piM houAs boKB* damwKU. (16^40, J4P,75, 80, tS,9(.] 



D.nt.zedbïGoOglc 



ACTK I, SCÉNR V. «97 

ANCÉUQIIB. 

Lui, nonpAre? 

Oui. Est-ce qu'il ne te Ta pu dit ? 

àMGBUQDI. 

Non vniment. Qui vous l'a dit à vous ? 

AROAM. 

HoDiieiir Pur^n. 

AHCiLIQUE. 

Eit>cc que Monsieur Pui^n le connott 7 

AKGAir. 

la belle demande ! il faut hieu qu'il le connoisse, 
poiaqae c'est son neveu. 

ANCILIQUE. 

Géante, neren de Monsieur Purgoo 7 

AKGAM. 

Quel Qéante ? Nous parlons de celui pour qai ['on 
t'a demandée en mariage. 

ARC&UQUB. 

H«! oui. 

AlGAIf, 

Hé bicD, c'est le neveu de Monsieur Purgon qui est 
le ils de son beau-frère le médecin, Monsieur Dîafoi- 
im; et ce fils s'appelle Thomas DiaFoirus, et non pas 
Qéante ; et nous avons coucln ce mariage-là ce matin, 
Xomieor Poison, Monsieur Fleurant et moi, et, de- 
Buin', ce gendre prétendu* doit m'être amené* par son 
père. Qu'est-ce ? vous voilà toute ébaubie* ? 

I. Taiacttr, h II Sm d* Fatte, ipiînc Angclîqnt inr on braoïBi ionmV, 

*. C* gmin faUT : «apun plu lois, p. 345,' mm prtM^a n*ri •; 
•■ 1 d*ià n, t r^tmn (tom* TU, p. ifio), • « prstawtiH b«IU-B«f« > ) k 
f™ I im |iit. ■ rato* prtuada g«adr« ■ et • BotM b«B-pira priuada > 
■4m MiM VII. p. «SB M 3m}. 

1. IbMiiM MMi. (i73(.} 

4. CMaMMd Ja«MkakBlanl«plaatdiBiimc«Bpamct4«w« In 
•"• lE M 6«) dn Ftmamt «Mai». — IWt tbaabta. (iSjt P.) 



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398 LE MALADE rHACIMAIRB. 

Cett, moB père, que je oonnoU que tous avex parié 
d'une personne, et que j'tî entendu une antre*. 



Qooî ? Monneor, voas auriez fiût ce denem boriet- 
qne? Et avec tout le bien que voua avez, vons vou- 
driez marier votre fille avec un mÀiedn ? 
AaexH. 

Oui.DequoitemêleB-tu, coquine, impudente que to es? 



Mon Dieu ! tout doux : vous aUezd'abord auzinvectives. 
Est-ce que nous ne pouvons pas raisonner* ensemble 
sans nous emporter? Li', parions de sang-frmd*. Quelle 
est votre raison, s'il vous [Jaît, pour on tel maiîage ? 

AaCAH. 

Ha raison eat que, me venant infirme et malade 
comme je suis , je veux me &ire un gendre et des 
alliés médecins, afin de m'appnyer de bons seeonrs' 
contre ma maladie, d'avoir dans ma famille les aonrces 
des remèdes qui me sont nécessaires, et d'être à même 
des consultations' et des ordonnances. 

I, Lt CUaaU de rA*an, 1 1« lelmc tr da l'ictt I ifam» TII, p, 77^1. 
tfxiâ t'tta prii *wsi liu I wptrar, ■ «■ umbbbl* tiWiwwt 

1. Krt-aa qu aou wm povroai jt U aam m . (lUJ, 94.) 

3. C* ta «t, du* Botn mlgtail, iorit iwe «■ Marat ^"B y ■ lâa di 
MtnBcba, iel at p. Sog, wmm ailUon calai de b lylU* raddakU* : ?«ja 
p. 307. »u 3. 

1. D«u Tftmffi, Il wrrinU DarÏM, ta uw «irsoMtOn toal* Mli* 
bliblt, dit de mteia k Orgom {tie II, mimt B, nra (7!) : 

Parlou aani hu lÛar, KoulaBr, )■ too* aippli*. 
Maia Doriaa, qui tant qa'om M aa lleka pM, H OAa ill» ■!■« «MiUt : 

Von* ■Mkqaai-Toiu An geuî atc., 
aa liaa qaa ToiMUa raiaoaaa «(fani<a«M»t da MBf-fraM, aau a'«Bf»ilari 
at aaa Sagwa aal (Mti pUiiant qaa la câlin de Dariaa. (Teat h atoa 
•ibutiaa, uia bibilaaan Tariia. (HMê XAuf^.) 

5. Da boB aaaoM». (1874 C, 7» P, 78, «o, i?*». S3, 34, nai* »■ 1773.) 

6. D'4tra taat k poitia daa anaMltatisw. • Oa dit d»* d ailMa a p^laBl 
d'aaa pamnaa qnl ■!■»« wulMiwaal ^aalqaadwt «t faiaatwwaaiw 



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AGTB I, SCilfE V. 



Hé Ihcd ! Toili dire une tatMii, et il y a (rfusir i se 
Tépondre' doucement les ans aux «atres. Mail, Hon- 
■ienr, mettez k main â la conscience : est-ce qae vous 
êtes malade ? 

AKGàH. 

Comment, coquine, si je suis makde 7 si je sais ma- 
lade, impudente* ? 

TOnrVTTE. 

Bé bien ! oui. Monsieur, tous êtes malade, n'ajons 
poml de querelle là-dessus; oui, vous êtes fort ma- 
lade, j'en demeure d^accord, et p\as malade qae vous 
ne pensez * : voiU qui est fait. Mais votre fille doit épou- 
ser un maii pour elle ; et, n'étant point malade, il n'est 
pu néeesaairo de lui donner un m^ecin. 

laCAM. 

Cest poor moi que je lui donne ce médecin ; et une 
fille de bon naturel doit être ravie d'épouser ce qui est 
utile i la santé de son père. 

TotnnTS* 

Ma foi f Monsieur, voulez-vous qu'en amie je vous 
lionne un conseil ? 

ARGAH. 

Quel est-il ce conseil ? 

i» M Blidun piHicBnt Il-dMnu. Tau mimtt lëtfgmét, m ttili, «pu Am 
i BiM. • IDittimmmmtrtdt FAemMmU, I«g(.) HolMn ■ ib^ «^0;^ Ulo. 

râiaiBa F*»' ■■■■ —wtrt • (t C«»il)a,d*u le «m jX de /■ PUet 
'9iaJ*(tia* n, p. tXH , m« an rifiac Boa ptieM^ ila U pripoeMan di : 

ChaichaMa de U joie k Blae (M* donleiua ? 
wfliea 4e mat daaleaTt, diBi mtt doalean Bteee. 

1. 1 rép.«l». (i«î(P.) 

X Hoataigaa, ^*iUiaI>Hertim nppelle ki, ■ biea pa •oggtrar aa Irait 
i lleliëre : ■ J'cm ai va prcwlra 11 ehén« de ee qa'oa lear IroaTmt U nl*gi 
bM et le poali pM*. • (LÏTra III dei £uaù, ehipitn n, toae Df, p. tgi.) 

1. New crvTUM qat ToiMtU camd parler de cette • ■•lidie dee mi- 
deoM ■ damt Bfaaide taaicn de gaérii aoa frire ea troinlaM acte. 



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3oo LB MALADE IMAGINAIRE. 

De ne point songer i ce □»nBg&-U. 

ÂICAN. 

Hé la raiaon*? 

TOINBTTI. 

La raison? Cest que rotre fille n'y oonwnûra point. 

AKGAR. 

Elle n*y consentira point ? 

TOimTTK. 

Non. 

aroah. 
Ma fille ? 

TomnTB. 
Votre fille. Elle vous dira qu'elle n'a que fiûre de 
Monsieur Kafoirus, ni de son fils Thomas Diafoinu, 
ni de tons les Diafoirus du monde. 

ARGlir, 

l'en ai affaire, moi, outre que le parti est plus avan- 
tageux qu'on ne pense. Monsieur Diaroirus n^a que ce 
fib-là pour tout héritier ; et, de plus. Monsieur Por- 
gon, qoi n'a ni femme, ni enfants, lui donne toni 
son bien, en faveur de ce mariage ; et Monsieur Pur- 
gon est nn homme qui a huit mille bonnes livres de 
rente. 



Il faut qu'il ait toé bien des gens, pour s'être fait si 
riche. 

arcah. 
Huit mille livres de rente sont quelque chose, sans 
compter le bien du père. 

TOiKirra. 
Monsieur, tout cela est bel et bon ; mais j'en reviens 
toujours U : je vous conseille, entre nous, de lui clwà«r 



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ACTE 1. SCÂHE r. 3oi 

DD autre mari, et elle n'en point faite pour être Madame 
DiafiMn». 

ABGllt. 

Et je veux, moi, que cela soit. 

■ TOIRXTTB. 

Eh fi ! ne dites pas cela. 

Aa«AH. 
Comment, que je ne dise pas cela ? 



Hé non ! 

AKGAN. 

Et pourquoi ne le diiai-je pas ? 

TOIMBTTB. 

On dira qoe vods ne songez pas à ce que voua dites. 

ABGÀir. 

On dira ce qu'on voudra ; mais je vous dis que je 
veux qu'elle exécute la parole que j'ai donnée. 

TOIKim. 

Non : je suis sûre qu'elle ne le fera pas'. 

AIGAN. 

Je l'y forcerai bien. 

Tomrn. 
EOe n« le fera pas, tous dis-je. 

AaGAH. 

EOe le fiera, on je la mettrai dans un couvent*. 

I. P« f ii cMta fkriM d< TaÙMU iadadvencnt juqw* al y MBprit 
*mm tfciii d'Ai^aB [p. 3aJ) :■!•■• n» poial boa M ja laia ni* 
cfcMC faaad ja nmx >, aa tnwTg répM taitaalla»«at la diâlogai asln 
SMff(B M ArgSBM, daa* la ir* •eèaa da I* MU dm FvrhTUM dt Sr^fim 
(^ ftti, f. 4U-439 : ««>«■ U»ôtêiiUU rt* «3t). Il ■'; ■ gain, 
«■M* ba deai panifat, qa'iB* Mola dilTircmM... : Aifaata parla d« 
Éii>irit«r na ib, at A^ dg nMIn la illa an eoaTrat. (/K>W tdm^.) 
Hm ptA aoaplM, asattast bbc aaaita ripUqaa, a ili iraa l-pnpoa ajiMti 
â M 4îab(iM-d (rajaa p. 3a3. bm* i). 

•• CmwM, daa> l«to* la idiliaH, Maf adlM da 168}, al d* I j3S, 34- 
Maàiwa. ibx Mtm wdroi>a de la pîtea o4 c* bM rariaat, oU taatdt ■. 
<m% l'ann) dit la lame IV, p. tU, >Mc S, 



D.nt.zedbïGoOglc 



3« LE MALADE IllAGIHAIEK. 

lX>UIETtl. 

Voi»7 

àmsàM, 
Moi. 

TOIKBTTB. 

Bon. 

AMGIN. 

Comment, ■ bon - ? 

TOtKBTTK. 

Vous De la mettrez point dans un convenu 

XKGAir. 

Je ne la mettrai point dans un couvent ? 

TOIMKTTK. 

Non. 

i^RGAH. 
Non? 

ToinBTim. 
Non. 

ABCAN. 

. Ouais I voici qui est ptainnt : je ne meUiai paa i 
fille dans un couvent) si je veux ? 

TOIHim. 

Non, vous dis-je. 

AKGUI. 

Qui m'en empêchera ? 

ToiHrm. 
VooA-même. 

AKOAN. 

Moi? 

Tourm. 
Oui : vous n'aurez pas ee cffiur-lâ. 

Am«AK. 

Je l'aurai. 

Toi»m. 
Vous vous moquez. 

IRGAir. 

Je ne me moque point. 



D.nt.zedbïGoOglc 



ACTB I, SCilfK V. 



Lft tcndresM puernelle votu premln. 

AIGU. 

EUe ne aie prendra point *. 



One petite laime ou deux, des bnu jetés au eoo, 
un - mon petit papa m^on* », prononce teadrement 
sera anez pour tous toacher. 

ARGIK. 

Toat eela ne fera rien. 



Oni, oui. 

aboar. 
le voos dis que je n'en démordrai point*. 

TCKRBTTB. 

BegateUefl. 

ABQAir. 

n ne bat point dire > bagatelles -. 



Mon Dieu! je vous connois, vous êtes bon naturel- 



ÂIGAM , iTMi ampcManent . 

Je ne ntia point bon, et je suis méchant quand je veux*. 

'■ Aa lÎM J« an dm duaiérM pknia», oa lit duu lu Fearbanat de 
S ta fia .- ■ La m l u ii piCaniIU far> mb o(Bm. — Elle m fira iîbb. > 
— La «^ht ^ tut «t la i^liqu B< M ti«a>*Bt utarclleant pu daot 
rmârt dula(B«, o«, aa Uea d'au Janx Uli, il aM qMH»m 4'u gnad 

*. «■ > pMit papa H|M>a ., (,<«, «.) 

3. DualadialafaarfMnartm«i£(Âfj«7<Ja*a«dîifBacihiMT*. > 

4. Crtk ■ Jr itiaa aaaqM, aÎMi qw toalai 1h (eMi jaaqa'l h Sa de 
i WM ■!■■. d»t Iw miiBMd» |«7< C 7« P, So, S3, gt. KSa a'aatpaïasa 
pfaa, ■ ba dMi (ainalaa, du* rUitiaa da 1S7S. 

5. DaM IW«ii0ï, Dafiaa, qri aoBniia da adaa Orgom ■■ HJat du 
■<iB*T^'aa«kaW,UIdil («1* //, MJM if, MT* 5(5) : • Bi I'« w Toat 
■"■»■•- >i •• 0>(aa rlpia rl ; < J* m tmb pai qa'aa s'aine. • La i4- 
paMa dVriaa at «alla d'Ama «aat te aaaia da aiéHa euaatba. (Are 



D.nt.zedbïGoOglc 



Sot LE MALADE IHÀGINÂiaS. 

Doneement, Moncieiir : rou ne songes pu qne nm* 
êtes malade'. 

A KG ATT. 

Je lui commande absolument de se [wépucr i prendre 
le mari que je dis. 

TOIHBTTB. 

Et m(H, je lui défends absolument d'en &ire rien. 

ÀBCAH. 

Où est-ee donc'qne nous sommes ? et quelle aodacr 
est-oe li i nne coquine de servante de parier de la 
sorte devant son maître ? 

TODfSm. 

Quand un maître ne songe pas à ce qu'il bit, nne 
servante bien sensée est en droit de le redresser. 
AEG&IT eoon* apri* Tobatla. 
Ah I insolente, il Tant que je t'assomme. 
TOIHETn M nnra da Inl . 

Il est de mon devoir de m'opposer aux choses qui 
vous peuvent déshonorer. 

AUAir, «Mlèra, Mut aprte «U« aatonr im n tk^m'. 

Viens, viens, que je t'apprenne à ^rler. 

TOtmm, coonuit, «t M nannt da cM da U dhaiaa 
on n'Mt pai Ar^an . 
Je m'intéresse, comme je dois, à ne vous point lais- 
ser faire de folie. 

I. ' (7«tt aiBiî, nairqu gacore A^er, qM Dohae dit k Or|M 
Ah I Toiu ttn Airat, cl (ooi *ou CMpartci? 
La TMamblaBca CDotÏBaa jiiafta'l la fis de la teiae. > 



i. Amtmr de a> tMhk. (1675.) 

S, ARaui,<!w«iuap^T«HUt«wi>arii<U«*#i«>,aMajaaMlM.(i7H.) 
e. Taninn, «wniat #M iHt dr«t(«. {i6j5.]— Ti 
*nSti*k a'tt fm$ ^a», (173*.) 



D.nt.zedbïGoOglc 



ACTE I, SCiNI T. 3.3 

Oiienne ! 

éoiNKrrK. • " 
Non, je ne consentirai jamais à ce mariage. 

Pendarde ! 

TCfl^KTTÀ. 

Je ne veux point qu'elle épouse votre Hiomas Dia- 
foinu. 

ARGAN. 

Carogne ! 

TOinm. 
Et' elle m'obéira plutôt qu'à vous. 

Àact.it*. ■ ■ 
Angélique, tu ne veux pas m'arréter cette coquine- 
là? 

AHG&UQVK. 

Eh! mon père, bg vous fiiites point malade. 

ARGAH*. 

K ta ne me Panâtes, je te donnerai ma malédic- 
tion. 

Tomrm'. 
Et moi, je la d^sbé^ntcrai, si elle voua obéit. 

ABGAn M i«u dan M diaÏM, àUM \M da aoarir iprte riU, 
Ab! ah'! je n'en puis plus. Voilà pour me feire 
mouiir*. 

I, àmmèM, di mtm * . CUmmI — Tooram, <l4 mimt. Hoa, ete. — 

' . J* mémi. Faodwdal — Tonwm, i» mtm». le, «te. — AunH, A 

mlm,. C«agD>: - Toimrri, ié mime. E>, «W. {173*.) 

1. AaaiN, À Jitfili^—. [1675.) — AMin, farrtlamt. (ifl^.) 

4. Taann, « iat mIUm. [IbùUm.) 

5. ÂmaafiUmiMmrtmthaitm. Abl ihl (1675.) — taoui, M/fteaJ •^«^ 
udUw*. Alilifa.' (i}l4.) 

6. ]• l'ai àijk fait murqaar, ealta leiBa et la daaaièna da M«Dail aaM 
im Tm-tm/Jt oal aatr* «liai dct lappani BBaUtnai M trappaat*. OrfOD et 
Arpa, (jul ducuB Jeur mjai'c, et as couiultaDt que leur intèrf L daaa le 
Auii d'à* gtadn, Teolenl, fan un leial hamine ^uï attire tat M aaÏMM 



D.nt.zedbïGoOglc 



ht$ LE UALADE IHAGIIfAIRE. 

SCÈNE VI. 
BËLINE*. ANGÉUQOE, TOINETTE, ABGAN*. 

AKCÀII. 

Ah! ma femme, approchez. 

BéLIRR. 

Qu'a-rez-voiu, mon pauvre mari? 

ÂE6AN. 

Vene2-voa»-en ici à mon weows. 

Bitiin. 
Qu'est-ce ^e c'est donc qa'îl j », mon petit fils'? 

In MnMeUnat da Ctcl, l'autn u 



nmtt qoi m 

■ppnK^ iort di riaulnsé. {IMt J'AmgB:) 

I. Pulml d« nMca>bl*BMi • qo'aa ngttd aUCKTif ptmt Heomn ii «acre 
U il«illB eamôdig «t la (hcltn du dii-ieptUme tifeb, > IL Aobutà, n 
Mme' I", p. S3l «t SJa da »■ Sittair» it U UnguM el Jt ta Utlmiaan 
J^mmtàt* a> mtyta if, aifulc ■ dut U bree da la Carmtiu' ■■ par- 
«odÛh d* ttBiBa qui.... £ût «Hiftr k U Bàliaa da MmlaJa tmm\îmtiit. 
Daa {amua coqoatta a au TÎeiu nuri qol ait n d«p«. Lai sarass da lid- 
lard, boBMt gau at fort au peina de l'hâriUca, «t riaola da d^tnaptr 
l'ondai Bail Uw fcaaai» au énatà par I< mM..., q«l priviot « ari* 
trana, Cclla^i rcdoubk&t da «niiaa hjpMrilct prod Ici daraatt mt m 
MCUHlnn... La maillaur andniit da la pièca ait iiu toatndit la mIh 
OD DMra Bèliaa, poor m raodia abaolna aatlraMa du eau da ti»a mari * 
am fnviar l'aaeii à tau lai atuiUanla, déplola tat aitifiaaa titn m t mmià dt 
M fciau landmaa, doat alU iwanah lliriria l illa aaipii » aar la naiUM^ 
oiélal*; U •OHIM da ouri, U a m iga da la f aaa M aoat di nîti ans m 
art ÎBitiBCtif d^* tort habJc. > 

a. Biu», Amou. {(734,) Oa s* wdt pa» a afiàl qa'AnfiliqM aMÎMa 
1 U uèsa, cl il aat natnnl qu'ail* M retira k la raa da la balla-Hàn ^ 
^«ra et >a doaucr tu aoiu k Argaa. Qaant k Toùatta, alla aott aaaî, 
P^qat pas apii* dla ••( rappelée. ToataCnia laa d«ax paaiaat ('aarttar 
qudqiM tanpi à cbMirer sa (pnLKla de» faua ■■piiiiimaat* d* Bdiiaa ra- 
pOB^I MX appili dolent! du mari da ploi au pla* aapii pu eUe. 

S. N«>M aTiHU déjli n ea terme de mmjH/ iaaa la boMba d« Mm di 

■ • Baeaeil de Itouen, tome Ut. Cette farte, eoaipMkaaaa Fruf«iil'> 

Mt d< Idban d'Aba&danca, baucUea at aotaùt an Pnt-Samt-Ctprït. • Haaa 



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i.GTI I, SCiffB VU S07 

UMur. 
Munie, 

Mon ami. 

(hi Tient de me mettre en colère ! 

Hélu! pauvre petit mari*. Comment donc, mon ami? 

Votre coquine de Toinette est derenne plus ïntolepte 
^K jamais. 

BifLin. 
Ne vous passionnez donc point. 

Elle m'a fait enrager, mamie. 

Doucement, mon fils. 

AIGâM. 

Elle a eontrecairé*, une heure dorant, les ciioMs que 
je veux faire. 

liLIHI. 

La, k*, tout doux. 

Et a en l'efinmleiie de me dire que je ne sois punt 



iMwiiUt M iaa» eM» fu* Twilt* boarpajw pirliU Tbim M Piatr* ■ 
IwMul (»*■ TI, p. 5it, ■■ 3* HUToi, «t WON Tlll, p. ttS, ■■ 4< m- 
m), « Bta* âamm b boaeba de Ull* pulaat à HucarilU (m nn 690 de 
fiMn£). 

I. MUm! mot |Han« ptdt maii, {i]14.) 

1. QHlqM*-au de km udeu teitei oat in, cdbim io Ten 1436 d» 
f^mm »— Wj, l'orlbofraphe «MtrffKOrW. 

3. Drae sotn leu*, «m la wml ourqnti d'am ace«nt qiu bobi uppri- 
■M^ riBMi ■ow iTOM bit long TI, p. 363 (■■ ren |36 t AmphUrjo» 1 
•n-1* M. k « Ter.), M p. S30 (- .- «»i)| K-M Ylll, p. 5M (» 
l*!*»*!); el Jtii, p. 198 [h 3'reBToi], MeoBiu aou (nvu ^oi lw>. 

M «iHi 4éji a** u p««w, d^prt* H. AsUrtla, 1 h iciM m d« l'aeta I 
<i r.dMr* (MA« TU, p. 68, Mte 1). 



D.nt.zedbïGoOglc 



LE HlLADl IluaiRÀIftB. 



Ceat hdc impertinente. 

AIGiK. 

Vons Mvex, mon cœur, ce ^i en «st. 

BÉLinl. 

Oui, mon cœur, elle a tort. 

ARGAK. 

Miunour, cette coquine-là me fera mourir. 

>£UHB. 

Th la, eb la' ! 

ARCin. 
£lle est cause de tonte la bile que je ùis. 

Ne TOUS fâcbez point tant. 

IRGàM. 

Et il y a je ne sais combien* que je voua dis de me la 
chasser. 

BàUHZ. 

Mon Dieu! mon fils, il n'y a point de servïteura et 
de servantes qui n'ajeut leurs défauts. On est contraint 
parfois de souffrir leurs mauvaises qualités à cause 
des bonnes. Celle-ci est adroite, soig^neuse, diligente, et 
surtout fidèle'; et vous savez qu'il faut maiateoant de 
grandes précautions pour les gens que l'on prend*. H(^ ! 
Toinette. 

I. Eh 11 la. Il II. (1675.) 

a. Je ■■ •*!• BHobiai de teopt, ramiiiB d^l k la kIb* Il du Mtiirfm 
jtrci (tona IV, p. 37) : ■ Il f > j* se Mii combiaii qae j'ong* da pea i» 
liberté qu'il m* doDoe, > 

3. Frobf , iaeapible de nen détourner, dft h mAniger, dan* oada rirlw lui" 
■on, du profit! illicitïi. CsK (iiui qui Cbijaale tBUBd la aot (aa wn 416 
dei Ptmnui lOvaiUct] : 

Quoi? l'ans-TOiu wrprÎM 1 aMtia pli fidèle ? 

(. Am ton, dit Anger, que Mlin* ■ prrnd d'eieaiST Toinetta, a> *••( 
4{a'«l|g compia aar nlle pour l'eucatïna d* Mi Hiiiiif, aiaii u aparté da 
ToioetU DOW a pn>«m«* (ei-diwi, p. agi] qu'elle n'était mi U dapa, ai la 



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ACTE I, SC&NB ri. 309 

TWnTTS. 

Madanufl*. 

ifiUHB. 

Poorquoi donc est-ce que voua mettez mon mari en 
colère? 

TomiTTS, d'DB ton doacereaz*. 

Moi, Madame, hélas ! Je ne sais pas ce que vous me 
voulez dire, et je oe soage qu'à complaire à Monsieur 
en toutes choses. 

ABCAN, 

Ah! la traîtresse! 

n nous a dit qu'il vouloit dooner sa fille eQ mariage 
«a fils de Monsieur Diafoirus; je lui ai répondu que je 
trouvois le parti avantageux pour elle; mais que je 
croyois qu'il feroït mieux de la mettre dans un couvent. 

BÉLtNE. 

Il n'y a p«s grand mal à cela, et je trouve qu'elle a 
raison. 

laciU. 

Ah! mamoor, vous la croyez. C'est une acêlérate : 
die m'a dît cent insolences. 

BÉLIKB. 

Hé bien I je vous crois, mon ami. La, remettez-vous. 
Écoutez, Toinette, si vous fôchez jamais mon mari, 
je vous mettrai dehors. Çà, donnez-moi son manteau 
fourré, et des oreillers, que je l'accommode dans s* 
chaise. Vous voilà je ne sais comment. Enfoncez bien 




•.(■734.) 

■. LMadkiaMi*l674C74P, Bo s'ont ùe 
4a ^am «Am. L« Midou d> 16SI, g( a'n 



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ito LE MALADE IHAOtNAIRE. 

votre bonnet jusque sur vo» oreilles : il n'y ■ rien qui 
enrhume unt que de prendre l'air par les oretUes*. 

A KG AN. 

Ab! mamîe, que je vons sais obligé de tons les soins 
que TOUS prenez de moi ! 

■iLIHBt MeowBodaat la orcflUn qn'clb mM antou d'Aip* *. 

Levez-vous, que je mette ceci sous vous. Mettons 
celui-ci pour vous appuyer, et celui-U de l'autre côté. 
Mettons celui-ci derrière votre dos, et cet aatre-lA pour 
soutenir votre tête. 

TOIIfBTTK, loi mrtllDt ndanot un oicIlUr m l> té<«, 

M pob fnyut. 
Et celui-ci* pour vous garder du serein. 
laCAH M lire «D oniitt, M Jetts Um 1m ortOlen k Toiii«tu\ 
Ah! coquine, lu veux m'étouffer. 

Eh la, eh la ! Qu'est-ce que c'est donc 7 

IRGAIf , tont tMoaKé, w jctu dani «■ dtin. 
Ah', ah, ah! je n'en puis plus. 

I. Aîmi-MftrtÏB TflBirqtiB qnv Holîïi* •cnbla îd nwttnf cB «etMa «■ 
da pMiti coueili qui la Tiriii» d'Honea donna i Uljna dana le pawa|a 
oi il lui dccrit et reeoaBaadc toat la miBcga dai c^titoar* da li ilaiali 
(wtira t du lim U, im g3 «t M) ' 

OlHywa wrnimrti mon*, li bieràhiU mura, 
CaWafsIi nbl «anin eapal..., 
Cagi* da Mmin 11 iore* d* comphinMMj li la Tant «'ilèn M tniUU, 
aTcrCu loa pjln» da bitn coafrii osa Mib ai cher*. ■ {n-méuetiam J'Amg. 

1. Baet n mmeimitt t— anUlvé f» tout aatmr iPj&fan. (1675.) 

3. iMimttfM n trtilUr lar la iti,. El Mld^d. (167S.)— LêU mal a» 
Wtilltr lar U tiu. Et edai-ci. (iM}, 94O ~ ^^ mtlUal rmit m t mt m 
armlltr nu- U itu. Et «Idi-ei. {i73«.) 

4. AUàa, n iHWit as aoUn, et jtUal (aw Ui araaian i Taialla fai 
eaafiU,. (.,Î4.( 

5. SCÈKE VDI. 



Bill, rld. 

Jikow, njttaM iaiu ta tlaiia, 
Ab. (OUm.) 



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AGTl .1, SCiNE VI. 3it 

Pourquoi tous emporter ainri? Elle a cru Gdre bien. 

Vons ne connoîssez pas, mamoar, la malice de la 
pendanle. Ah! elle m'a mis tout hors de moi; et il 
faodra plus de huit médecines, et de douze lavements *, 
pour réparer tout ceci. 

La, la, mon petit ami, apaisez-vous tin peu. 

IRGUf. 

Mamie, vous êtes tonte ma consolation. 

BÉLIHB. 

PaoTTe petit fils. 

AHGAM. 

Pour tâcher de reocmnoître l'amoar que vons me por- 
tez, je veux, mon cœur, comme je tous ai dit, &ire mon 



BftLinx. 

Ah! mon ami, ne parlons point de cela, je vous prie : 

je ne saurois sonfirir cette pensée ; et le seul mot* de 

testament me fait tressaillir de douleur. 

lacAN. 

Je voos avens dit de parler pour cela à votre notaire. 

BÂLtKl. 

Le vmli 1& dedans, que j'ai amené avec moi. 

AKCAH. 

Faites-le donc entrer, maraour, 

aiLina. 
Hélas! mon ami, quand on aime bien un mari, on 
n'est gnére en état de songer à tout cela*. 

. It pht d* 6tmu LwiM». (l«o.)— «■» i» Ul ttUiim, t i, 
-•('«M.) 

■«; la h1 sot. [i6k>] 
UkiMidaift74C 54P. j6, fa, l3,«,l»ieiii«Ti,Ml!m 



D.nt.zedbïGoOglc 



3ia LE MALADE IHAGinAIHE. 

SCÈNE vir. 

Li NoTAUB. BËLINE. AAGAN*. 

IKCÀIf. 

Approchez, Monsieur de Boanefoy, approchez. Pre- 
oez an siège, s'il vous plaft. Ma femme m'a dit, Mon- 
sienr, que' vous étiez fort honnête homme, et tont i 
fait de ses amis; et je l'ai chargée de voiu parler pour 
an testament que je veux faire. 

BÉLIKB. 

Hélas! je ne sois point capable de parier de ces 

choses-li. 

LB ROTÂiaX *. 

Elle m'a, Monsïenr, expliqué vos intentions, et le 
dessein où voas êtes pour elle; et j'ai à vous dire li- 
dewus que vous ne sanriez rien donner à votre femme 
par votre testament. 

LiKi. La told dmi tdI» ■nlieliiimlin, et ja l'ai dit nair toatexpièi.— 

I. Ipièa la lit» : Sein ta. TMidon da t68i porta eet atii : Ctltt ttitt 
HlUrt m'ttt point, Jmmt Ui éJilioiu fricJdtmIéx, dt la frm* da Mamàtmr 
McUirti U toici, riitttU lar Ca-iginal it ramttmr. C'ctt |iif !■?■■■! 
etOa acèna qui a iti ehoûîfl pHr mjel do la grOTora loiaa bo-iIctui d« )■ 
piiea daoi l'Mition de i6Sa. A la dioila d'Argon, H. da Bonnefay, «i 

gauche, Béliu auai jeûna d« ligare et de miie porte »■ Duoeboir i Tao 
da Ml jeux. — Qd Cra[t;, le crcalaur du rAle de Tartoda, créa tréf^pro- 
bablencnt aiuai celui da ce Nature, qa'iljnDalt en i6SS {mjn 1 U page atg 
de la Ifoliet). — Lea Midoni éBomcréei an eommenelniaBl da la oote prMC- 
dtnu ont, panr cette accoa Tu et poor la Hnia vui, on texte liii ilifBual 
danAtre, e'ew-t-din de «lui da i6Si [et de 1734). Kon dooHw aaUe 
lofoD k VÀfpmii— (p. 454<4S;), d'apni l'MkiM d« Pari* 1S75, «l mÊtumt 
•■ ba* deapafaa \m nriaate) An aatTM. 

1. SC&NE K. 

MoiniMui Di mamapoi, BÉLin, «aaiir. [17JJ.) 

3. M'a dit que. [AiJMi.} — f. H. dm Bonraroi. (HUw,' id M pla* bai.) 



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ACTS I, SCtNE TIL 



Haïs pourquoi ? 

La CoutoBie y rénste. Si voua étiez en pays de droit 
joit, cela se pooiroit faire'; maia, à Paris, et dans les 
pays contnmiers, au moins dans la plu[»Tt*, c'est ce qui 
ne se peut, et la disposition seroît nulle. Tout l'avantage 
qn'bomme et femme conjoints par mariage se peuvent 
hire Tun i l'autre, c'est un don mutuel entre-vifs; en- 
core faut-il qu'il n'y ait enfants, soit des deux conjoints, 
ou de l'un d'eux, lors du décès da premier mourant*. 

1. ■ DintUi piyi d* VnaKe qui u rcgltni fax le droit «rit.... MtiTiHt 
I* droïr rtuBiÏD qui j nt obierré, te mit-i *t U lémoie u pauTcm i^arai»' 
ta^er Tas Tiatra pir domtïoii ntrv^Tifi,,.; miïi îli peaTvat eiercvr leur 
Kbinliii Tiib ntan Tastn pu drinilina pour cauie de Bort. — Lm ia- 
BatioB* néna mitr»-Ti/> iiaa l'un dei ronjouiti paut iToîr fiit« k l'iaCn 
dcriesacBt nlible* ù 1« donateor décida la premier, %n» iToIr ehiagé d« 
aa^Dcl caa la doBation aM i iiiJiim'ia par la mort, t [Dïciiawlrm 
Jt Ami *t it frtiiqmt da Feirièrs, édition de 1771, tome I, p. 5 18.) 




a dea rafaB' 

iBT«. . (Ch. Girmad, Priât de Pau 
iB. i8,5.p. 8g.) 

3. • CcOa cipuitioB de paUelpe*..., dit U. Piriagialt [p. 3S), e 
reptvdactioa t rài a m ta dei artielei ccLisx at txxxxxii da la Contai 

jaf[ir de b idéliié de ta reprodaetiDn 1 Amcu ccuii ; ■ Bomma 

• feBme cnajointi par mariage, ilant* en lanti, pesTanl at l*ur lait [tl 
. Umr €tt ItitiUt) birs doutioB matoella l'un 1 l'antre tfhaeat de lo 

• laai* biea* meablea at eoaqafli immaaUei, taiti daranl et «mtu 

• lair aaariafe, et qoi aoat trosT^i k eni appartenir al fire eommoiu es 

• a«i i l'haiira da trépai da pranuer mourant desiHtt eonjointi, poar 

• îaor par la anrrinnt d'icaai eonjoinii ia rie danat Hulamenl. an bi 

• tant par lai eaatian mtBaiBta de reititnrr leadita bieni aprèa aoo tréjii 

• ftmrrn qa'il a'j ait antanti, uit dai deai eonjointi, oa de l'un d'ai 

• lai* da iléaèa dn premier aonmat. • — Anna, 



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3U LE MALADE IMAGINAIRE. 

ToQà «De CoQtnme Inea impertinent^*, ^'ud mari ne 
paisse rien laisser k une femme dont il est aimé tendre- 
ment, et qui prend de Itu tant de soin. J'aurais envie de 
eonsnller mon avocat, pour voir comment je pourroïa 
iaira. 

X.S KOTADKB. 
Ce n'est point à des avocats qu'il faut aller, car ils 
sont d'tmiinaire sévères là-dessus, et s'imaginent que 
c'est un grand crime que de disposer en &aude de la 
loi. Ce sont gens de difficultés, et qui sont ignorants 
des détours de la conscience*. Il y a d'autres personnes 
à consulter, qoi sont bien plus accommodantes, qui ont 
des expédients pour passer doucement par-dessus la 
loi, et rendre juste ce qui n'est pas permis; qui savent 
aplanir tes difficultés d'une afTaîre, et trouver des mojens 
d'éluder la Coutume par quelque avantage indirect. 
Sans cela, ob en serions-nous tous les jours? Il faut de 
la facilité dans les choses ; autrement nous ne ferûms 
rien, et je ne donnerois pas nn sou* de notre métier. 

Ma femme m'avoit bien dit, Monsieilr, que vous étiex 



■jouis H. Pirùgmll, applique li dilata dsi doutiou anutaat U ■•- 
riaf», «t ea qu'il dit n dînetcntat 1 l'idnua d* Bcliac* : • S'il lea ait 

• iti psHibla de ■'■Btr«-di)aB«r, l'iu *flt pi, par bbadim, fèiau* !<■■■■ 

• et migurdiiM, et lutra* fardéei careiwi d'iaunr ittinr TiiUTC 1 ial 
■ donner tau *M biani. • .... Teli •ont bin la pneidn à» c^tnlioB d* 
Il Mcoada rcmaw d'Argin. • 

I. Bien Kitte, bîan ebuinla : eompim ei-*prèt, p. Mj, ■■ t" i^noi, tt 
>or« p. 341, BDteJ. 

a, De> iitoan où pcnt *'<Bjngcr U coucHBBti det aojtmt dJtnmMJt, 
dw bïiii qa'OB peut pmulr« «a «ArvEè de coMcJ e n ee . 

3. Un wl. (1734.} 

• V«jm lu ■ CHtan» Jt U nlU, frMii t* ri-mti dm Pbù oa Ikml 
<Hilfwiri«,aTwkieDiDMiaauiiMdaL. CliwiMdw le CMna, jariiiiMwh» 
rwHtea, • âdaMB à-feli» de i63;, p. sm. 



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r 



ACTE I, 8C*HI TIL 3i5 

fort habile, et fort boimêl« bomnae. Comment puis-je 
&in, s'il VODS plalt, pour lui donner mon bien, et en 
feouicr vat» enbnts ? 

LE NOTXtSI. 

CtHument voos pouvez faire? Vous pouvez chi»«r 
doucement on ami intime de votre Femme, auquel vous 
donnerez en bonne forme par votre testament tout ce 
que TOUS pouvez'; et cet ami ensuite lui rendra tout. 
Vont poavez encore contracter un grand nombre d'obli- 
gitions, non suspectes, au {M:o&t de divers créanciers, 
qni prêteront leur nom à votre femme, et entre les 
nains de laquelle ils mettront leur déclaration que ce 
qu'ils en ont bit n'a été que pour lui faire plaisir. Vous 
pouvez aussi, pendant que vous êtes eu vie, mettre 
entre ses mains de l'aient compUnt, on des billets que 
TOUS pourrez avoir, payables an porteur'. 

I, Cnt-Uîr* M«M U part d« *M bint doM !■ ComtaB* tcm pamat 
ia jMpin, toBt c* qn* nmt pavjti doancr hbi antiBcr I* KHrra, U lagi- 
laa laiafia par cana Coalanta 1 fo* cnfinli. ■> Citait un princips ^niral 
im Jrak «MUaiar, dit H. Ciraud (oitaM Priât, p. pg et IM), al lortoat 
et b jariafradoea, qaa lai doDaiiou cairc-rih oa tmaaiaBEaiin, bitoi 
par Ica pin H ■àra m pnjadia do leur* nfaati, haisat laicllM, aoît i 
k pWMc d'iMOriMiti. aait i, la rUuetioa pour I«t VgHim.... — Eb sa 
i/à MaJa la ywrili d* la ligiliiv*. ella itaii iaéfaleiBaBi Ciéa. Paria (ar- 
lidc oocmi*), Oriéaoï.... U £»ieD[ 1 U moilié da ca qn'iDriit m at 
fcfctftf r>Bfut qw b riahoail. • Argaa, par le détoar qva hî isdiqaa la 
BMiin, ti» daac pa taater da fain p«Mr 1 h liniiiM la noilii da «on bian. 
*. • k «na épa^M, dit M. Pariogaalt (p. 3] at 3S), oï lei Taltan i>- 
dattricltea m'vuataicmt paa at oh Ton ne priiiquait paa dau la banrgeoiiia 
b fitt t iBikA, la tindci \ h loi, en maliëra de libéralité laterditea, 
Mnt plaa dilBetlei qa'aajoard'hiii i om toit eeiKodasI par IVxpati de 
IL da iaBBcfof, qa'avac qaclqae laBuaree daat fîatalligFDee il y iTait ea- 
«we pna«îbilili da le tiiar d'alTaira. — Le moTen de di^iaeinent alon la 
* ael, «t <!■« sa Bcgliie paa noa plai M. da BonaefDj. était le Gdéi- 
- - ■ ' - - ■■ - la Sdiieoranii aimpla « ordi- 

ooiiié d« lalla part et portion 

^ wmmrmm nmi «i imm n m •iKoni.ia undiU pér< Cl OMira,... li ICldila 

fin at mtrm a'a—aat diqwaj par doaaiitiDi entre-tib, db daniiéra «■• 

* ■ 0« appaO* JUiitoMmU tatUê b ditpoMtios d'à* bi<« «ai «at fMt* 



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}i6 LE HALABE IHAGIRAIRE. 

»iutn. 
Mon Dien ! il ne Tant point ▼oai tourmenter de tout 
cela. S'il vient faute de vous*, mon fila, je ne veux phu 
rester an monde. 

XWH.V, 

Mamie! 

B^LITtB. 

Oui, mon ami, si je suis assez malheoreose pour vous 
perdre.... 

ARGÂir. 

Ma chère femme ! 

siLlIfE. 

Ia vie ne me sera plus de rien. 

AKCAIf. 

Mamonr! 

KéUKE. 

Et je suivrai vos pas, pour vous faire connoître la 
tendresse cpie j'ai pour vous, 

ARGÂH. 

Mamie, vous me fendez le coaur. Consoles-vons, je 
vous en prie. 

LE NOTAtRB*. 

Ces larmes sont hors de saison, et les cboses n'en 
sont point encore là. 



DÙre. L'irticle c<xiiTn da li CoDEwiia d« ParU, q«* Dana «Toai âd, 6i- 
dmit nul le fidéieammi) fkit p*r l'iui dai «mjointi an profit d« L'aultc 
par penoone iaterpouc ; mtu gHand <>■ parrenaït 1 tenir iccrei c* Cdîâ- 

•(Est, car Jt igaolii aanjadicat prmur. > 

p. 348) ; < On eralgnait <,ne le due d'OrUiu na aa nodU aaltra de U 
pertomna da Ifomiaar, ill TSnoit fauta do Soi. ■ 
a. H. Da Bonirai, d Bilm*. (rjSj.) 

en faieur de qoelqn'ua a*(c lotaniioa Ob'!! le rend* à an aatrt, m* ne 



Z.Xd 



D.nt.zedbïGoOglc 



ACTB f. SCftNB riL Sty 

Ah! Bilonûeiir, voos ae Mr«E pas oe qae«'eBt.qa>ia 
mut qa'oD «îme tendremeDt. 

Tout le regret que j'aurai, si je meurs, mamie, c'est 
de n'avoir poiot un enfant de vous. Monsieur Purgon 
m'avmt dit qu'il m'en feroît faire un, 

LE TfOTàiaS, 

Cela pouira venir encore. 

ABGIK. 

n faut faire mon testameat, mamonr, de la façon que 
HoDsiear dit; mais, par précaution, je veux tous mettre 
entre les mains vingt mille francs en or, que j'ai dans 
le lambris' de mon alcAve, et deux billets payables an 
porteur, qui me sont dus, l'un par Monsieur Damon, et 
l'autre par Monsieur Gérante. 

SiLIKB. 

Non, non, je ne veux point de tout cela. A.h ! oom- 
bicD dites-vous qu'il y a dans votre alcàve? 

ASGAN. 

Vingt mille francs, mamonr. 
bAlinb. 
Ne me parlez point de bien, je voua prie. Ah! çl^ 
combien* sont les deux billets? 

Hs sont, mamie, l'un de quatre mille francs, et l'autre 
de six. 

BftLRtC. 

Tous les biens du monde, mon ami, ne me sont rien 
an piix de vous. 

LX NOTLIBE*. 

Voulex-vous que nous prucéilions au testament? 



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$it LK MALADE IHAGINAIRB. 

ARGAIf. 

Om, Momiear; mais noss mtom mMOX* dans mo 
petit cabinet. Mamonr, coDctnisn-moi, je vous prie. 

Allou, mon pmvre petit fils. 



SCÈNE VIII'. 

ANGÉLIQUE, TOINETTE. 



Lefl yciik avec on notaire, et j'ai ool parier de tetta- 
meot. Votre belle-mère ne s'endort point, et c'est sans 
doute quelque consjMratioa contre vos intérêts où elle 
pousse votre père. 

Qu'il dispose de son bien A sa &ntaiaie, pourvu qu'il 
ne dispose ptHDt de mon cœur. Tu vois, Toinette, les 
dessetus violents que l'on fait sur lui*. Ne m'abandonne 
point, je te prie, dans l'extrémité ob je suis. 

TOINSTTE. 

Moi, vous abandonner? j'aimerois mieux mourir. 

I. HiliDooi Mriou ui«ai. {17I4-] 

1. SCÈNB X. (/Ufan.) — Aprl> 1< titn: Sobn m. fUlàom d* iSti 
pgrU e* aoBid trit, MmbUJa i acU doBt alla ■ Ciit piieMar b aalMTO 
(*oj« p. 3i9, nota i] ': Citit itiiu iCat paiiU, JsMt Ut iJilïaiu frwtidimli, 
d» la proH dt Mouieur Mplan ; la ma, rilaitU tv Parigiaml Ja raau». 

3. La TialaBca qa'oD projau* d'aiencr ta lai, da lai fain. noua araaa 
4éji (toma VI. p. 56i, uoU 3) nanjé aa Lu^ da Carm tUU (Ihm I, 
p. i8j al 98S] poar l'aipraaiioB da • (aire dea iliiiai iai • â^alnlamt kfa*- 
jtttr (it) ; U coutractioB intma qa'cmpkiu Angiliijae aa irOBTa as <«» |3S4 
da U PUat rojtU* (Utaw II, p. >gl) at aa m* ^03 JCaér^elùu (toaM T> 
p. lB«)i 

Biaa qa^l (4t fak detaein lur ana autra pcraoBBa.... 
Qaal daaaain CaUiai<nHU lar cM arangla lacaaM? 
■aùUaauaal II : Bitn fa'tl »4i «a nw..., Qtl iléttin Jim£êt-mmi...? 
D'autiaa «a[daii ramarqwUaa da /wv <wt M rapproaUa dva Mba 
toM Vin, p. 41S, BMa 1. 



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- ' AG-n I, SCÊNB Vni. 3i9 

Votre b«lle-mère a beau me fiure sa confideate, et me 
vouloir jeter dus ms intérêts, je n'ai junaù pu avoir 
d'înclÎDfttioD pour elle, et j'ai toujours été de votre 
parti. Laissez-moi faire : j'emploierai toute chose pour 
voas servir; mais pour vous servir avec plus d'effet, je 
venx diaDger de batterie, couvrir le zèle que j'ai pour 
TOUS} et feindre d'entrer dans les aentiments de voire 
pèn et de votre belle-mère. 

AtrcftLlQDB. 

Tâche, je t'en conjure, de faire donner avis k Qéante 
dn mariage qu'on a conclu, 

. TOIHKTTl. 

J« n'ai personne à empk^n: à cet office, que le vieux 
nsorier Polichinelle', mon amant, et U m'en coûtera pour 
celii quelques paroles de douceur, que je veux bien 
dépensa pour vous. Pour aujourd'hui il est trop tard ; 
mais demain, dugnad matin*, je l'envoieiai quérir, et 
a sera nvî de.... 

léLlHI. 

Toinette. 

Tomrrra. 
VoîIà*qn'on m'appelle. Bonsoir. Reposez-vous sur moi. 
HR DO PI mm icn. 
Le tbë£tra chaDg«, et reprfienie une rîlle. 

I. ■ D ■'•■( qoMiI^ iei im titMx Mtmrùr PaltekintlU, ramirqna Aogar, 
fM puor ■■■«■■r riatermad* HÙniit, dont e* ■B4ina PoHfhimilla e»t I* pri>- 
■pal paKiaDB|c. • PcilirliîiHlIi luî-oitoc pirlen da laii wifovt (p. 3ai) : 
il panlt <|aela csaditiaDdc ecpcnonug* iuit plu nrUble qac Kin an»- 
tin. ■ U npriMmM, dit Gilûiii(p. i3S«t i36iiH tolomaetU ■ la lute i da 
b fag* •livaMa). *■ haMMa lidioileBCBl groMiar, poni pou la boucha at 
pOBT iaa ffaa, al qn, loni|a*il paria, dit doa baloardiao», naia d'oncvu- 
■iia ploMota ■! ■jiiiiin U «at toor I tour, at idoB U eapiica ds la inàoa, 
•aifHor, Takt, philîiaopha, ate. • 

3. Da grmmi outia. [1734.) Ob a tn d.u la ran 1789 dq Turtafft «t 1* 
MU qni a'j nppoi** (iiin« IV, p. 5i6] qaa i» matin àtait utiti dam la 

I. SCCDB h. — aiUMB duu U aaoùaa, UOHLIQtlB, IQintTB. — 



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LE HA1.ADA 1M40INAUL1. 



PRKHIKR INTERUJÈDJE. 

Polîcliiiielle', danf U nuit, TÏeDtpour donner une lér^uide 1 u 

I. La piroln iIsUnuM que., coama tu » U t^t, «a fil (Uai nenaBc* 
t«pTiHnUtiani chunler 1 et [xnoDDiga piineipil de l'Iataincda indiqa^ 
biîa qna c'nt le FoIiehiBiBs imagcr, non le iStn, que Holière ■■muit 
{«> MI U teint, m L* PmleiiulU ds K*plu, dit OiuIm JI*^iB«, gnaal 
guf (ID ■■« droit qq'OB (uln, brnjint, ilota, ■■nual, ■■ kng Ba cr pufc i i, 
■■ dsnii-iiuiqH aoir, aa boBSet grii et pjnaiidal, k la eaBÙiolc bliartc, 
•ta* fniu, aa Itrf* pimulon Ubbc, plini at anà I la uitulaiii par aaa 
eordaliàn ii hqaclla pead qucli]Beroii usa slochatM, PukùcUa, di»^^ 
paat bien, i la rigoear, rappalcr le Himui Àlboi et d« trct-loia U UaeEoi 

pM«î^â ai rwiwiblwn» aras aetra Paliebioalla, Paar bb ^nt da r ei aaM 
blaaee, oa •isnileriil dix eoalriiic). PuUcbiiwIla, m) qsa mm l'iTosa bit 
oa refait, préieate au pliu haut degré Hioniaiii et b pbjriîoBOBiic gaa-- 
labca. J* dard ntma, paar aa rias oaeba da mt pi wi ti, qaa, aoiaa i'sa- 
g^lioa obligée d'una.... ea(icitiire, Polichiaella laiiaa parar le Ijpe po- 
pul«in> je n'oie dire d'[leari IT, mail tout an noiai de l'otEcier gaacoa 
imitaat la* allnai dn Blaltr*.... QaaBt k la faoaia, PiiiHaaMi 1Iiibi*ii 
TÎCDt da Booa appreadn qa'ella a été da tampi ÎBiBiéiBoaïal rapaaa^a da 
badio é< farcei de FraDce. > — • Ca n'eat qa'io MÙiéine tièeir, dit de an* 
oAlé M. Iliflriee Sand>,... qa'us eomédieB [du/ it mntpe).... dn ea per- 
■onnaga da l'aubli at iatradalùt PaleiBclli daai tea piradca Bapalita»aa_., 
Ab BÙlien dfl dii-teptièma liâele, PolciDalla eh»gc tout k oonp de « 
Eb 169^1 Micbel-Ange da FraoHano exagéra ka dcaa baaaea da 
•a coiffe d'an feutre gri* orné de deiui pluiae* de «>q, ce qai 
à fait MDiblable aa PoliebiBeUe da la bire. Cml aiui qae 1' 
Wittaïu. > Vojei, daai lei BnUi di S/tnaiùa de Callot la Pu 
■oa tdnipt, *t diDi r0Eu>re de Cbarlct le Bnu (tome II de U 
Batioaale], ace graTura, d'aprè* ce siattn, de CUlea Kouuelet, 
•enté, ceuuut aiee an griod PiBtaioB, ud petit Polichinelle italien, tel à paa 

■ Tof« HD BUloire dtt itarinnnelUi m Europe, tUimit faMliçmHi jmt- 
ju'à mu jeun, ,85l, p. iq6 et .,7. 

* . Le BOm de Naeeiu (aa dei aeumt, Ja farett mt^lmtu) païah vnla 
ngBifiédau la UBgna étnaqaa bb eoehat, an jeaaaeoq; «t lai MapoUtaiw, 
ea coBiarraBt ce aymbala de U fataité bnijaBle, B'aaraî^t fait e/Ê» tn- 
duire le nom de Nacciu pir wa équiiilest Atcina, PmldiuUM. - (£« On- 
gintt du ihiàlFê aalifut el du ihcdlrt moderne, par Cbarlei Mania, p. 4.7 
Cl 4S.] — Le miique oapolilaio a uaa tout autre ongine, et 1 elrmolagb 

ment (ait l pliiiir, que H. Holand, p. tu et Tm de Maliin 11 la eamjéie 
îtotiraM, > emprunte à l'abbé Caliiai (roTeip. t. et p. l35-t39da nlua 

da Caïuei, ItUTet etfoaiit de l'abU pablia fw U . Pad Si-*-"—' 

• Dau H» Mat^Mtt et bv//oiu, ton» I, p. i3i-i33. 



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PBIIIIBR INTBHMADK. Ui 

e. Il «M ÙMcronpii d'«bcir4 par dM violooa, eoiUn 4e»qMlft 
Bm Bot m oolèra, rt flMuiie pu 1« Guet*, i)wifM< d« miuiain* 



O amour*, amour, amour^ amour! Paiare PolUkt- 
mtlle, queiie diabl» de faniaitle* Cea-tu allé mettre tUaù 
la cervelle? A quoi t'amu^ej-ia, misérable intenté que 
tm ea? Ta quittes le tebi de ton mégoee, et tu laitte» 
aller tes affaires à rabandon. Tu ne manges plus, tu ne 
hota fH-etque plut, tu. perds le repos de la jutit; et tout 
eela pour qui? Pour une dragonne, franche dragoime*, 
mta diailesse qui le rembarre, et te moque de tout ce que 
ta peux lui dire. Mais II n'/ a point à raisonner là- 
dessus. Tu le veux, amour : Il faut lire fou comme 
ieatteoup ttautret. Cela n'est pas le mieux du monde à 
m homme de mon âge; mais qu'y faire? On n'est pas. 
sage quand tm veut, et les vieilles cervelles se démontent* 
comme les jeunes. 

Je viens voir si Je ne pourrai point adoucir, ma tl- 
gresse par une sérénade. Il ny a rien parfois qui soit 
si to uc ha nt qu'un amant qui vient châtier te* doléances 

pk ^"D ■ itâ éiail par Gb, UifntB ci qns niu dut* 3 parut for la 
*MM ém Patii»«*r*l- — ToMn la nrlttii de PnUeUasIlM pamt u 
mmeai^ i la bùm daai Vsma d«t dsrulra «itrcM da dirritiia«B*iil (nat 
4» r^ytU (Mw Tin, p. 300). 
I, Ua iaai Caat daeanuvnl, nM troapade ma«qn«i t ai t— fa «■ w nknn. 
S. mémmtmri. (i«S3, 94.) 

3. PREMIER INTERAÂDE. — U Aiiir* nfrittue an» gUet fa- 
MUfH. — SCEME PREUItllE.— Poucuhillx. tmoia. ((^SiO 
(. PattaM. [iB;3 S.) 

5. Os dngoa de nito, OM fcnn* d« Tertn droéclw, platAt inu dont* 
y * — fasBe iapcricoH «t (eiriiLrc. Ca tininîa borie*^ n'a pu itk n- 
ndE, pOD ta «a, daa* le Diedauain dm Liliri. lillion, dau Holiirt, 
Ai^p«(trdwM«K om dimtltrie w treamc laiai rapproclùa : rajai la T*i« 
ngt éa etroU du fimmu, M lai lan 674 at «}J daa Ftmmti imtmttM. 
- - ■■ < Il «^ ne borribla iipcnr 1 I* «ta : la auelkiM ■• 

liea a «ois d*i «errenea dtmoatfaa. > {Mmi et SMfné, 
, tt r, p. 53S.) — S« didMBUU. ((Sj4 P.) 
IX >i 



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Ht LE MÂLADB CHAOlNAlilE. 

muR guii* ét^HUe'ferrotu dt ia port» tb mi. maùratm'. 
f^otcl* dé ^mti' aeeûmpagtur ma ^ott. O nuit! ô ehàn 
nuUl porU met plainiet amoureiues Jusque dans le lU 
de mon inflexible. * (n dwit* «^ pualw'} : 

I. Anotwo IccrtiÎBi* plilam ■iruxmmH, («an* l'ode i dm Km* tn 
4'Hona*,«t M mota, itapaMlouvCtufiM, qna ht OntmXnt iommiiaaà. 

3, J/rinneir frii •on UA. ToEci.. (l^Jf .) 

S. L'IndIudoB • Il chinte, > sec. <t lu eoiplati itaBm qui ■■i*«rtnc 

fiu qualqiua Uatut, daoi tonict l«i Mitiapi de la conàdie M dau 1* InRt 
de lt^^.'l^t^a^r^1\t^•^uot précidfa.dii» es dernier lirret, d< riadicatioa pv- 
tiBla ; Il PannaK nrTCiiKiDa. Uir irigiiBi- PnUloB, HHaipigal d'os DyWi» 
•t d'un T^yelin*, lient dooier nna «iiiiiide 1 h nutnane, ecebsBie eee pa- 
roles; ■ et ili fi>rmcat à «lu Muh, aroe cm deux lif>e* de prognaieCi 
Met le pra*iitr bterméde. Ceh do^ 1 penier qse ea* mrs iuliaw «Bt M 
isterealii dau rûlerraèda poit«ri<arei>uiit ■■< praïuirc* repr^BeaUtiiBa. 
et mime, pour ceruinei repTJMBlaliooa, ont pu 1 «■■ aevU tnir lin de 
reite M Tenplir toat l'itUermida. — Si soue ea laieiosi lea panla M 
Bilien 4t ce tkite de ift;! que oani repfodeûoM et daal Holifae ba enit 
finalnneat rctnaehéei, e'ett que le* aempaleu èdiicun de i6Si le* oai 

quMi aaraàaat qa'elki ITaiaot éti pi<tp*rtet par IWïlee, m tsat ■■■MH 
«feeptiei par lai, k db cwRaia moaunt, de la maia da aioaieia*. et qaVi 
itait la place qa'il leur aTail proTitoweaieal anigeëa. — H. ïdowd 
Thienf'eil d'à*!) qn< a«M« partie iufieama da l'ialai'kWa a^eMpsiaLde 
Uulièt*, et troon qu'elle a île miladroiteBMat ÙUmduite ici. aa déliai; 
la place t peu prêi ■atorclie eu edt jté, leloa loi, plai loia, aa HaBeat 
> dà Foliehinélle, TlllViTaaipB']B«qa».Hi par le« viatoaa; a lioaW l a j f 
d'aroiT da «il*n«« et tire cafia bob lath de l'ttui : • TOjrai la Bat* l3 1 Taa 
de* DaemmtV* far UJtaUda imfiitiùrt, p. lij-aSa^ 
. 4. Cc|M iàdicitiuB ■ éti onita dut l'éditioa de IJI4. — L'air da flWtt a 
A aTea, i^ ^ràluda, at as air |»ur lei Tioloai d«iat «aeeWcr ■« nasad 
air chaaii («lui de ZarUteiti) (ont toat ce qni retie, daaa laa iiliian •»• 
fiaaoa da (liarpMtiigr, de U mDÙqaa qa'il aiait Icrita poar le 1" latar- 

in puni lea iadicationi qa'U doaae toi le troiiièMa ammianal de aa 
partitioB dg MalaJc imofimire. L'air ja^me, aiBi prêtaJe, ait paiai \» 
iodicatioBa doBniai wr la lecond amB)|eiiieal; et 11 euisi Charpwtlcr 
eembla rappeler deaa marceaua compoi^ poar rîBtermède priaiitif, aaa 
riBlaide et iw air dci Arehen, l'un et l'iatre deitiaét a<u tIoIobi) ■*•• 

• Sar le TrimliB, rajea nom toeie T, p. 33S, Bole I . Sbt lei penCn- 
nif^ea bien coanne da Dnctenr et dn Tiena marehaad Paataloa, Ta7«i 
"'« da LoaU Eiaeabani liïSi), k VExfti a i ti mim 



a II, p. fH; àlolién tt 



BKltJilaaifwaaaeet te^aai de H. llMiiea Saad, 



lleaifwaaaeet te^aai de H 
\t l» nmitii itaftwe par M. 



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PEIHIBIL mtniifcDE. - M 

flotte a di*^ c* aino « c' adon, 
Cerco un MÏ* per tnlo rUtoro s > 
Ma M€ vol dite dl no, 
BelC Ingrata, to morirb'. 

Fra * la tperanxa 
S' afflige II cuorey 
InlmUanama 
Cmmtma C kore; ■ 
Si dolce ingÊÊUno 
Che mt figura 
Brepe V affata» 
ÂHi troppo durai 
Cotl per tropp* amar languUco e muoro, 

Nott» » dl c* amo é «•' adora, 
Cereo un si per mio rlttora; 
Ma te vol dite di no, a\. \ 

Bb/T tngrata, lo morlrh. 

Se non doratite, . , < . i' 

jilmen pentate 

n ■■ h» iT— i-piht f i w wt i . —-fi— g— U HifagM akaM» 4m 

1. fJl l i M i JitMpUt», ^n 4»ww (kupMiw HT l> bf»: 
tpUMt toiliiMMtoéii «yrti i« ■*!« *i Ifamwf fat rigl* — ; 
l"iMMM^,MpluAinaHraUiqitNw'MbMitutasluditU*r<c4« ■•7S, 
- -' M k JmidM, t 11 da» <!■ Tien jf^iMH :- ' 
Il (p, aiSi MM S), OB 1^ wuit *Man,'< 



1. JMCc^divrUUMd* 17341 piMbM, Cti^ •m.d, «t tfalmm, 

•. I7<i«lMiiptadiMlaalMUd*Mrrfkvte. 

S. LaAmdMMn wi4a«iu«ai«coB|>l>t, d>>*Mfr^ MdiMBt 
M toaii ^i>. am itpùlilia» da tort dnaûr. Qund h mbab n*4Mt, «■ 
màmm -mt am lou plu ikatii qa'wM fois iprtt le waoad B«pUt, dau 
faii ifiii k trakièna aaafkl, mû UqBan arae npiiu da MT iMfrmlm, 

4, (7art in, la-daraBt da coi^Ut qù tait mIu da ninla, qM Cktr* 



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ft4 LB llALADIIMA.eiltl.IRB. 

Jllê f«rUe . 
Ch' al cuor mi fate; 
Deki almen fingtU, 
Ptr mio confi^io, 
$0 m' uccldete, 
D' haver il torto : 
fostrapietà mi tcemerà tl martoro *, 

Ifotte e di v' amo e c' adoro, 
Cerco un tl per mto rMoro, 
Ma te iioi dite di no, 
Beir ijtgrataf io morir»*. 

uns VUILU w préHDta i !■ trnttn, «t répond >a t 
FoUchindl» «a w BoqDtat àt toi . 
Zerbinetti', ch' ogt^ hor con fiati eguardi^ 
MentiU Jesiri, 
FalltKi totpirl, 
Accatll hagiardl, 
Dl fede vî pregitUe, 
Ah ! cha non m" ingannate. 



pjrir, ih! pour ma caawlitioB, fgtgna la ■>«■■ da roua 
TOtra pïtïâ dlDiïnuara mon maityra, -.— flak at jour» ■ ata. 

3. ^m lùgWÊr. (1674 P. i]3o.'33.) — A» iifntt. (|W3, M.) — ^ 
itigiur Pmiuala». (Lirrat da 1874.] 

i. scAnk b. 

FoucHniLU, un vhilu k XafaJtn, 

Lt VaiLU Mhiuto. (1734.) 

'S. Cat air «M maatidoBé <laat le tranUma imngHiMat da rt>ai|ii«li« | 

U M l*Mt poÎBt diu la Mco^ mr«i •■ >* V de l'.^tpMHfiM, p. Sa6 M p. Si«. 



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PREHISK IffTBRU&DB. i%i 

Che ^à so per prova 

Ch' in vol non ti trova 

Coiutanza ne fede : 

0ht quanto i paxxa colel che vi credet 

Qaeitguardl laaguidi 

Non m' innamorano. 

Quel tosplr fervidi 

Put non m* infiammano, 

Vel giuro a' fi. 

ZerbUio misero, 

Del voëp-o piangere 

Il mlo cor libero 

Vuol tempre rldert, 

Credet^ a me : 
Ch» jià to per prova 
CK tn vol non ti trova 
Coiutanxa a» fede : 
Oh ! f uonfo è pazza colel che c/ erede * / 

FIOLONS. 
POLICHmSLLB, 

Quelle ia^iertlnenl» harmonie vient interrompre Ici 
ma voix f 

rioLoss, 

POUCHIMBLLE. 

Patxlà, taitez-votu, violons. Laittez-mol me plaindre 
à mon aise det cruautés de mon inexorable, 

I. ■ Rxit* (iUkU, qmiï chiqaaiaMtal, ith dst regirdi trompeur*, de* 
iimn HaBiaagvn, d«t (napin fiIlKisnl et da leacnu pcrfid», todi **d- 
ta i'èut idèlei, ab 1 nu* bc hm tniinpn pigi. Ji «lû pu cipirieiiH qa'oB 

«oii! — Ce* tt farta ItngniaHBl* ne m'iitcadriHal plu) ee* *Dapîn bi4- 
l^M mm ■'eaiiBBCBi pliu, j* rhu le jnra *ar ■>■ (6i. Pidttb giltnl, moB 
r, nailB k la liberté, *eiit teajoan rire it toi pliiate* : eraj«-iai>i. Je 
- Ici fiait, Bou* ['•<n>u diL plai haal (p. 391. 
dau la llTrcI de 1674, intirmids qai j ■*! [!• 
■t )• liTrel da 1673. 



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M l'K M ALADI lUAOlirAIRB. 

rtoLons. 

POLICKIIfSLLI. 

TaUes-votu^ vom dia~je. Ceit mol qui voue elumUr. 

POUCXllISLLB. 

Pake àoKc. 

rioLons. 

POUCBIXBLLK. 

OuaU! 

rioLoits. 

POLKHinXLU. 

riOLONS. 
TOLICBIIfELLK. 

EH-ea pour rire? 

noLows. 

POLICHIMILLB. 

^h ! que de bruit l 

FI0U3NS. 
POLICHINBLLB. 

lét diable vont emporte I 

rioLorrs. 

POUCHINKLU. 

noLorrs. 

MLICHINELLB. 

P^ous ne vous taire» pat? Ah, Dieu aoU lotU! 

i. SCËriE m, 

MMOBDnLLB, Tioum Jtmtr* U Miirw, 
Ltt Flelan* rrnimtatanl ■■ tir. 

Qiidl*,iiU. 

JJU TioMm OTMIûuaat iitmtr. 



'■ (17Î4.) 

>. Lu VioLom. (i;34;id*tIauTii'lUaadtli(i 
). ait [niden.) 



D.nt.zedbïGoOglc 



PRBHIKa rifTSaUlÈDB. . Sk7 



Encore? 

Pette des violon*! 

Fiotoas. 

POLICBIMBLLB. 

£d soUe mutlque que voilà ! 

riOLONS. 



La, la, la, la, la, la. 

POUCBIMBUJ *. 

Xd, la, la, la, la, la. 

FIOLOirS. 
POUCnNBLLK. 

La, la, la, la, la, la, la, la*. 
FIOLONS. 

La, la, la, la, la*. 

rioLoxs. 

POUCBIMBLLB, . 

Za, la, la, la, la, la. 

FIOLONS. 
POLICHIIfBI.LK'. 

Par ma fait cela me divertit. Poursuives, Messieurs 

les Violons, vous jne ferez plaisir.* Allons donc, can- 
tinuez. Je vous en prie, yoilà^ le moyen de les faire 

t. PoucmiKLU, tlkamlmiit pour H majmtr in «■fnw. {v)H.) 
1. FnucaiiKLU, ^ niimt, (i;34; id «t lu trou nprûoi Hlnatai.] 
3- Om Bc Ul ici que lù cf« eci la fradonaétt *u U*ii da haïF, iUa* le* «dï* 
lî«t il* 167* C 74 P, 7S, «o, 8a, 13, W, IJÎ4. 

4. 7 ■ ici u Ja di plai dau la Mitiou da i63o, 8a, 83, M. IJ^i- 

5. pQUcantSLUt, ■*•« ■■ Ulk, demt U h /«« fM ^cf ttrrM M dt U 
tmgtu, (■ ^ùaa( />(û taa f£aa, «f«. (1681.) 

S. ITmtmdmmt fliÊM rita. (17I4.) 

7- SCtRE IT. 



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3«8 LE UALASl lUàAUiUAE. 

taire. La mtuîqu» eit eceoutMmée à tu point faire ce 
qu'on veiU^, Ho mus, à nom*t Avant que da chanta, U 
faut que Je prélude un peu, et joue quelque pièce, afin 
de mieux prendre mon ton. Plan*, plan, plan. Ptin, 
plin, plin, yollà un temps fâcheux pour mettre un luth 
Raccord. Plin,plln, plin. Ptin tan plan. Plin, plin. Les 
cordes ne tiennent point par ce tempsUà. Pltn, plan. 
J^entends du hvit, mettons mon luth contre la porte, 
ÀKc: 
Quimtà^quivalài' 



Qut dUMe est cela*? Eet-<e que e'eH la mode'' de 
parler en musique*? 

1. ■ Tnt, dit Jfftr, qoa PolieUMU* •'*•( plant dt la nattiiM, «Ot ■ 
W MB tnim; qBaBil il ■ dit mat Tiulow:i PaanÛTH, nn ma irm flù- 
> Dr, > ib Muml ta*.... Horiee ■ dit, ««al PnlithiMlh. qH ti ■—'nt 

Ommitmâ itt rùimm *mi nalBriliw, wMr — i a » 
Ct aHfBHi iadmemiil numam «afn rtgati, 

(DébBl da la «Hn m in liwn l) 

Ob iait da toat chantear le oaprica ordÏBaîrc 
ProMi-U d« «bamtcr, il l'ebaciat t M taii ~ 
Ct«m da la frisr, il ne tarin ploi. 

(TViuùiciM 
>. Ilotn origiiul : > Ba, »• i noiu! ■ Haia la w 
vita, I BOBI, ï aoUB taar, t Boi et 1 bob lathl ■ - 
nimt idiMor, taaaBt piaa eompte d* râtjHolugi* qai 
it proBODciitioB tduIb pir l'aiage da liècla pricMcu, ■ amai eh>B|é «a v 
IV ds il locstiBB s es (aompam ei-dguBi, p. sg3. aoie S). 

3. Il innd KM Uii, Ami il Jmit HmbUiU d, jtmtr, *■ fMiMiM *«r im 
Urm tl U laugmê f« m rfi M ùummtM. VUv. (I73t.) 

«u, i68ij ^a« fa iw. McaanM «B IraiffB-A 
Jnlà. I.67S, ga.) 
U tmi. (1675, 81.) 
S. Qui diibU ett-M M (i^S. 8s, 13. 9i, nH.) Caspana fa'ai 
qaa Daui aroai le ploi «ounat troBTé anapè da la aorta, laaîi qael _ 
iorit ;■'«!( ctti (rufaa tomei I, p. ^65, boH S) IV, p. i3(, boIb ii VI. 
p. 41, acte a VII, p. 166. Boi. a). 
■}. EM-» la Btode. <i;3o, 34.) 

8. • Il «M « accfialaBH k ebaater, qu'il ae laareit parler d'iatra tm^rm, • 
dit Mon» da Smtjn, k la »ciB( u ilu UI- lalermède d* U Priaoêm tÈIHt 




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PKEUIEB INTSRHÂDB. 



Qml va là*, qut va là, qui va là? 

rOUCBlRILLs'. 

Jfoi, MO/, mot. 



Qui va là, qui va là? voué dU^je. 

POUi 

Moiy mot, vouê Jii-j'e. 



Et qui tôt, et qui toi? 

rOLlCSINBLU. 

Moi, mot, moi, moi, moi, moi. 

iBCHlU. 

Dt» tan nom, dli ton nom, tans davantage atumlre. 



Mon nom est : • Fa tê faire pendre, i 



Jet, camarades ', toi. 
S^tissons rinsoleat qui nous répond atnst. 

{*umt IT, p. IJ7). Oa pnt bî« ovin itm CutU-BIna (Tayn ■» M»- 

IMB ' de wm HoqiHr 4e PAudèBiic rojile da Bnuiqne, oà ■■ liaga^e, 
ifiofti pour Topin, a'n p«niM*it p*i ■iijm atnag* k !■ najorill dm 
pafalic. 'Ob * Ta tu f/aUa (p. ali «■ ■uiTinim] qa'iu ttmpt d« pramUr» 
HuiMmlBtiuM da Mmlmdt imagiaairt VAadtmw de manqua tuit tria- 
litammtmttthlia; Lalli «a anit Eut ro«Tartan, >T«e tttFiUtJi PAiiKmr 
m im M aaàMt, U l5 HpUKbra 1679. 
I. SCÈNE V. 



Mrf. I1675. Si, iï34.) 



Qw*aUrqain U? 
Q^diabli^ace. 



). L'Amcua. (ijH; ûiatïuqu'àl'EUrce da Ballat.) 
^. KMKanmu, fiigmm a'ttrr tUa kurji. (167S. Si, ijJt-) 
J. Tmi Boa uus, aaf e«ii da 1681 ac da 1734, oot ici la ûfolUr 
— »Wi /e'awéri*^»— t osa fauta : Tojaila praniar irart da la pi^ 33a. 



D.nt.zedbïGoOglc 



LB MALAI>& IHAOINAIRE. 



EHTHÉE DE BALLET. 
ToDt ]« Gn«t Tient, qni olwrohB Foliehiiielle (bm* U mûl 

noLONs ET DAttsevns. 

FOLICHINBLLB. 

Qui va là*? 

nOLO!tS ET DASSEDKS, 
FOLICHIMBLLK. 

Qui tont Im coquim quefetOendt? 

riOtairS ET DAttSEORS. 

POLICHIITBLLS. 

Euh? 

riOLoirs ET DAifsevtis. 

POLICHINSLLB, 

Holà, met laquais, me* gmê ! 

ytOLONS ET DAirSEORS. 

POUCRINBLLB. 

Par la mort! 

nOLOirS ET DAirSBDKS. 
POLICHINELLB. 

Par la saag*l 

FIOLOSS ET DAVSEURS. 
POLICBimLIA. 

/"cti jetterai par tort. 



La Araitri dautanlê ehârektiu PeUMiulU dtiu Vatttmriti ftmr b tmàr. 

Qtilralt?(i;,34.] 

t. Pvhungl (i6S3.94')— 1'"'^'"™plo><l'l'''t>c'* fi»<>i***** 
(ni dm « jaroB 1 ■■ tàaa n ds l'icM II dn A«rt*rM> A Anyu M k !• 
Kiu mt d< la Camicm J'Eunrbagnai (tane TIII. p. itQ wt S91) t ■! * 
M aptiqai ■■ mém« tone VIII, p. 468, aota 5 (aot* k l« 6a d* U^mU* 
nncnff an npproclumant qui ètiil à fun mna !■ pay* |38 da tvn* IT» 
>■ S* naToi), 



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I4KMIBR INTSUMjiBB. »t 

rioLons ST DJifssvBs. 

POUCHINULS. 

Clmi^agtu, Poitevin, Picard, Batquê, Breton' t 

FlOLOm ET DASSEUttS. 
POUCHntBLLK. 

Daimêz-moi mon motuqtieton. 
rioLOirs ET OAirssnKs. 

POLICHINELLB *. 

Potte. 

(Il* tmb«nt ton M ^nltSmtK) . 

FOLICHinlLLB *. 

Àk, ah, ah, ah, comme je leur ai doitné rjpomfonte! 
FoUà Je e<ates gens Savoir peur de mot, qui al peur 
det tuOrei. Ma foif U n'eit que de joua- £ adresse* en 
te monde. Si je tiavoi» tranché du grand seigneur, et 
m'ovoIs fait le brape. Ils n'aarolent pae manqué de me 
it^er. Ah, ah, ah.' 

t. Aaf r«Burq«* qm Don Pïdn, Il la (oto* ir da SicUùm (lom Tl, 
^ lU), tût la B<Ba HBblart d'apptl. 

1. PoucunEtLc tirt a» «aiy /< pUlalH, (iffjS.) — PouCDmLU/aiV 
«■UaM déiinrw oMy ^ fûiolel. (leSi.) 

3. lU tmÊtttmi («u far unw. (i6S3. 94.) 

— QawUr 

^^ {SiUtaJaiU taeen A Inil «tov it bâ.) 

(W aatf In eo^iai qs* j'alaadi?.., 

Kr... leU, HMlMIuil, ■«!«».... 

fahBMtl... Pvh ■ngl...i'«iJMtOT>lpwt«rM.... 

rWi ia g a», pDit«>ni, Pitwd, BaïqH, Biatoa.... 

Vtmtiaai Ut ÏMterrmlUt fui «U mar^uJt atte êét peiiiU, U* JrAtrt Jsmitiit 
am j» Ji U tjrmfhoÊÙe, m chereiaiit PoliehiiulU.) 

' r (ùw M csa^ di fùleUl. 

'. (167S, la.) — SCÏNB VI. POKicat- 
-«■.«/.(15Î4.) 
S. fl ■*•« riaa d< Id qaa d* josar à'téwimt. 
n B'ot qM d'<tn libn, 

[Hitharùi Ragoiar, ^Itra a, van 9j.) 
^»jm d'aatra oampla du* la DleHoamair* J* Lillri à ta», I )*. 

& La JndHrr h r^fnicAMf, *t »jmi «aMiuAi H f>'*J i&Ml, iU It imU 
iHMH M aalUt. (1A75, II.) 



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LR MALADE rHAGl'NAinB. 



Abu* /< ienoru*. A nàus, camarades, à notu: 
Dépêchez, de la lumière. 



BALLET. 
Tout le Gnet vient aree daa hnteniM. 

AICBBRS. 

Ah, traître * ! ah, fripon I c'est donc voue *? 
Faquin, maraud, pendard, impudatt, téméraire, 
Iniotent, effronté, coquin, filou, voleur^ 
FouMotez noue faire peur? 

FOLtCBIiriIXI. 

Meteieurt, c'est que fétoit tpre. 

Non, non, non, point de raison* : 
Il faut vous apprendre à vivre. 
En prison, vite, en prison. 

POUCBIKXLLI. 

Messieurs, je ne suis point voleur. 

- ARCHERS. 

En prison. 

I. Ab, ib, ih. (Purfnt fw PtlidiiiHU* trtil êirt mmt, dm t n à m » 
nenmait imKi/mn i» imit, peur tMtfJn et fm'il iii.) 
SC&MB vn. 



[ooiUMnon.. (.,34.) 
. DipMwi. da la lamièn. 

sc£ke vm. 



cAanfaMi tl damanU, veiaitl mhc Jti lanUrma. 
QoàTmc Asca»! eiaiUniU tmtmtit. 
Ah, tnltnl [ItiJam.) 

3. Kaoi ijoalow ici on puint (l'iiiteiTDf[iIioD, qmi Mmil pent-Jm tt 
■ nui bicB placé 1 raïaui-dcrucr ytn da couplet. 
i. L» ^DiTiB Arche la. (i73(; ici «I jaiqu't la Gb d* llatanaciU.) 
5. N(W, aoa, poiat de nÎM^. {i&jS, Sa, 1734.) 



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PRIUIBR UlTGRHiDE, p3 

POLICinillLl,E. 

]» tuit lut bowgeoU Je la ville. 

Bupriton. 

Quai-je faUf 

AtCBKU. 

£ii prison, vite en prUon. 

POUCUMBLLB, 

Uettieure, laletez-mol aller. 

ARCRKRS. 

Non. 

POtICHIHXLLI. 

Je voue prie. 



Son. 

MHiCmiIBlXI. 

Ski 



Non. 

rOUCRDIILLI. 
De grâce. 



Non, non. 

POLtCHinBLLK. 

Mesiieure. 



Non, non, iu)n. 

rOLlCBtHSLLB. 

S'il foue platl. 

IRCBBB». 

Non, non. 

POLicmmLLi. 
Par charité. 

IICHKM. 

Non, non. 



An nom du Ciel! 



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3^4 LB HALàDB IMAâlNÂIRB. 



Non, non, non, point de raiton* î 
Il faut vouâ apprendra à vivre. 
En prison vite, en prison. 

rdUCEITTBLLB. 

Eh! rC est-il rien. Messieurs, qal tott capable 
drir vos dînes? 

AECHERS, 

// est aisé de nous toucher. 
Et nous sommes humains plus quon ne saurait croire 
Donnez-nous doucement six pistoles pour boire. 
Nous allons vous I4cl\tir.i 

POUCHINKLLI. 



Hélas ! Messieurs, 



je VOUS atture que je n ai pat m 



ARCBlihB. ' 

jIu défaut de six plstoles*. 
Choisissez donc sans façon 
D'avoir trente crpfp^igi^les, 
Ou douze coups de bâton. 



Si c'est une nécessUé, et qu'il faille eH passer par là, 
je choisis les croquignolès. 

ÀRCBBBS. 

Mlons, préparez-vous. 
Et comptez bien tes coupft 

I. Nom, MB, point deraboB. (ij3o, 3t.) 

9. Un lol. (167S, Si.) 

3. A,L difamt tUtxà difial é..... mU dctloMliM. i|al«MM ..kiWN 
M Miirï leiqulla ■ucoui diitinetioa a'Ml k blra : raja, doi Ir "=— — 
—ir* ,U LiitH, la mot IMf&ijT, 1 li fin da i* «t h k â 



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PREMIER IHTBRHÊDE. 



BALLET. 
Afthen duu«iin' lui donnent dei croquignolw ea ««dMce. 



Uk et iieux\ U-oUM quatre, cinq et /ir, jept et huit, 
Deuf et dis, tmze et douze, et treize, et quatorze, et 
fàiae*. 

IKCBKmS. 

^h, ah! vota en voulez paxier : 
Allonty e'ett à recommencer. 

POLICRINKLtB. 

Jk! Hâeesiewt, ma pauvre tête n'en peut' plat, et voiu 
vaiet de me la rendre comme Une pomme cuite. J'etime 
mieux encmv let coup» de bâtant^ que de recommencer. 

Sidtipuigque te bâton ett pour fûut pliU charmant, 
Kouâ aurez cor^ntement.' 



9A.tLET. 
IwtiiAwi iIbbiiiiih lui dowwnt ds» oonp* <k Utoi>a<Mt<ÉldMle«. 

POLICHIN SLlh *. '" ■ ' '" 

Un, deuXf troit, quatre, cinqt 'f^i f^,\ ^t ^^' J?. "'y 



1. Et doo*, quMTM M ttooM. {li^m.] MaU, MM UiBUr iW MU 

4- Ot biua. [tfiU, M. tu», tl, ^. 31. 34} — H*m nriiM <b 
*t»Mitw«^ oîaq HfÊm |iUi IvU (Maf i73o). 
-i. IIL uTkia M Bum. 



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3M LE HâX,4DK IHAGINAIRB. 

tauroUplui rètUter. Tmtz, Mnsteurt, voOà êis pU* 
toUi que je vout doFm». 

IKCHXM. 

Ah, Fhormélê homme! Ah, rame noble et bellel 
Adieu, Seigneur, adieu, Seignetu-Polichlaelle. 

rOLICBINBLLU. 

Meuieurt, je voue donne le bonsoir. 

Jdieu, Seigneur, adieu, Seigneur PoUckinette. 
POUcminLUK. 
f^otre serviteur. 



Jdteut Seignmir, adieu, Seigneur Polichinelle. 

POLICHtlUU.1. 

Très-humble palet. 



Jdieu, Seigneur, adfeu. Seigneur PoltchtneUe. 

POUCHIIULLK, 

/usqm'ûu revoir. 



BALLET. 
Dt immai tow, n v^obûmm êt> VufWt qn'ib ont n^o. 

Le thMtn dunge «trepràecte U mime ebambnt. 
I. nn^iinita mcu, ha, A.«br.. (,675, »..) — IT. ■» mbbIu 

«Ur^. - ft» A,«™, /,rt-*«,. („34.)_ . Viià. dt riT«I, i, 

BA»^ 1-7. d««t£«««.t ,„ «pi^ &^ ^.^irpT-ppoir «. 
q* .a b.<U i. Map. de Ut» «t I,. er<,q»ig«|», ««(, Ui,, ^ ^ ' 
« rfijolm»». I, ménw q« .rile d. «„„ d» I. n«i,ta. (fc *,. «X! 

ET~ ''"^'!l~ÏÏ^ * fT" — « *«» o» » »i^« t™,Tî.lx ». 
b*B, Oi ■*••<» tnta «p. degaiiU, m p«M <nair 1 b«rt n <rnal*r 
.1 .! ■ " • •"PP*'«- »" 1" ««T»i ot, .ptit, WOIM «t h Pm. 

UbM. ■ «t» wmti «Itmnin- 1, ^i.r .t iH>.ek«r Im ip..l«t, U «t «m- 
tniBi d» >.dv «Hw* u bMrM. > UoUè» lorift bia pa n_«atar ■■ 
«m» d< U FoWiiM, fehai n ,6aS, a. t rorlgi.d «v-s-iri ^.i «. ..im 



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PREMIER INTERMÂDE. 33? 

pMt-étre*, l'idéi prisciptli ds ion iatermcdc. Là pourtant s'en ait piala 
p iw i ii B origias, at B Ad|«t pnuait, «rang il wiable, ï^ (toIt trooTR, 
c'a! que di Kia Uaip* on » conuimit plu, nulgn !■ eélébriti do mil- 
ir et Vmcuaae aottvîvtô <t« U pièce, li coneuia comédiA da 
■o Holanii intitalia Camdélaic, publi«« par lui k Paria même 
en i5Si. et, ea 1033, iaiil^ «ooi la titre da Boni/an et U Pédtul*. Comaa 
reat i^i^âi Walckanaer et Aimi-Hirtia, la Kiae de Polichiaolle et dei 
baa Aithando Caet «t trèi-directemtat Imitce da l'iTlat-darnién Mèas 
da CMitJalMio ou de Boràfatt et U PéJanl : on troUTert cet original italiaa, 
mtBomf gai de raaeieaae copie, qui ait fort aueta, la ITI' Apptailice, i i- 
■pna, p. 491-499. — M. Sdaaard Thiairj ■ eontlaté (an i8Sa) que • d*nt 
cas TÎBgt danùnM aaniei, le TliÉltrc-Friofaii d'abord, l'Odéaa enMite, ont 
(ait dtax rcprÎMa du MaiaiU intgmaire aTce lei inurmèdei'. • Tooa ce* 
ia m aa i Jei oat été cgalemaat donnai aiae 11 piéca lar la théitre de la 
Gaieté 1 U fin de jinriar 1875; et réummeat, la mardi ag itHI 1S84, 
HM. Col, Gamud, BiiUet, TinfEer, Leloir, ont joué au Troudéro Fealiie 
de ballet da PoliehiaaUe et dea Archara. 

■ Walekcaaer noua apprend (tome III de aon Mition de la Fontaine, 
lBa6, p. 59, nota l). que parmi lu capiea maailliea par Conrart il en 
eiHta d* la pièce de la Foutnine une portant cet intttaié : Conte d'un gcn- 
tilliammt tffmgmai et iTmii paria» (on nmal, • ce qui indiqua que le aujct 
t*t ptia daaa quelque nauTclle eipagnule. • 

» ff-r— ""1 camedia del Bruno Solane, achaïUinim (aie) di aalln acAmde~ 
BH, étllB U Patlidiie. Il j a de plut, anr le titre, eeite èpigraplia latine : In 
BvHlim UUrit, in tilarilale Ir'ulii. — • Bmi/ace et Ce Pédant, comédie 
•a proae, imitée de l'italin da Bruno Habno. • Cette îmiutîon oa traduc- 
tion a dé)l été citn dana la tonte I, p. 143, note i, et p. 444, note 6. — 
KaUère aTBit pmi-<tre remarqué là (ren la fin de la tcéne XTi de l'aele IV) 
U Te» da Deapaatir* qa^J lail réciter au petit comte de la Comtttet £Ei- 
tmimmÊ (fiitmt td, tome Tm, p. 58^). 

• niiamiafi nr l» Melad* iiMiginairt^ p. aSo, Ga de U nota t3. 



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LE MALADE IHAOINAIRB. 



ACTE IL' 



SCÈNE PREMIÈRE. 

TOINETTE, CLÉÀNTE. 

TOIItnTB*. 

Que demandezrvoos, Monsieur ? 

GLÉARTK. 

Ce que je demande ? 

TOIHBTTB. 

Ah, ah, c'est vous ? Quelle surprise ! Que veuez-TOos 
faire céans ? 

Savoir ma destinée, parler à l'aimable Angélique, 
consulter les sentiments de son cœur, et lui demander 
ses résolutions sur ce mariage fktal dont on m'a averti. 



Oui, mais on ne parle pas comme cela de bot en 
blanc à Angélique : il faut des mystères, et Ton vous 
a dit l'étroite garde oii elle est retenue, qu'on ne la 
laisse ni sortir, ni parler à personne, et que ce ne fut 
que la curiosité d'une vieiUe tante qui nous Gt accorder 
la liberté d'aller à cette comédie qui donna lieu « la 
naissaace de votre passion ; et nous nous sommes bien 
gardées* de parler de cette aventure. 

t. £• iJMtn rtffitiH» U eiamin JfArgt». (i73f .) 

9, eiàtrn, TolWtrT». — Tonmrr», h r t eemaa in tiM fa* CUmMt 

3. •Bi«gwdh>, MUMMnlJ«gMm,au*ridtiond*ia89. 



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ACTE II, SCàNB I. 33g 

CLâLHTB. 

Aussi ne vïens-je pas ici comme Qéante et bous 
l'apparence de son smaot, mais comme ami de son 
DU^tre de mnsiqne*, dont j'ai obtenu le pouvoir de dire 
i|u'il m'envoie i sa place. 

Toimm. 

Voici son père. Retirez-vous an peu, et me laissez 
lui dire que vous êtes là. 



SCÈNE II. 

ARGAN, TOINETTE, CLÉANTE. 

ABGAM*. 

Mmsieor Pnrgon m'a dit de me promener le matîa 
dans ma chambre, douze allées, et douze venues* ; 
mais j'ai oublié à lui demander* si c'est en long, ou 
en large*. 



1. D* 


■oa 


■uMr* 


— -iV-(««M-) 








tM 


Tom 


vn. — Aaoui, n 




«■;, 


('JH.» 













I. (1674 c, 74 P. J5, go, 83, «.) 
f. OMitr A irail taux k bit h oKnog Mnt qa'oatlUr Jt..., M cane 
m— iwliu» ctail (art uit^ ; nja lu Ltxi^ueM da CoriteUU, dit Raéiu, 
itSirigai, M la Dtetiammairt Jt Lillré i 3*. 

S. C* pawaga «M u d* cMix daal ■'■mnu la plni Uma de Sirigni, 
fHa4 la lui cfiala ta pHe», dljl naillc d* plua de tnii a» al qu'alla n'atait 
Maara si «h bî In*. • Âh I dit-«1la dini la lattra dati* da il-nj la 18 Mp- 
Inkaa 16^ (ton« T, p. 48), qoa j'an nat tai raideeiBi! gaclla forfam- 
toit qa* leur artl Ob me coatoil bwr la eoaiMia da ea Malade '—g'*'''*. 
qM je K'aï point Tsa : il itoit dmc dau l'obéiiaaiioe auda à en !!«*• 
■îem; il esHptoit tosl : e'hoit aaiie gaattea de tIb daai traiaa «oillaiâaa 
feaaaj l'it j en ait «a qulone, to«l eftl M perd a. 11 prend an* pîlala 1 

, e'eat la mit det gnîu da *al, qai H 
acte n. EM.«a uw anoanna laçoa qaa Im 
«• ua plntôt nae ciuiioa Ineucte, iVit 
1 loi aruBat iàit MBaaltn la plkeT 



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34o LE HALi.DE IMAGINAIRE. 

TOUIIITI. 

Moiuîenr, voUà un.... 

Parle bas, pendarde : ta Tiens m'ëbranler tout le cer- 
veau, et tu ne songes pas qu'il ne &at point parier ai 
haut à des malades. 

TOimTTB. 

Je Toulois* TOUS dire, Monsieur.... 

ÀKGAH. 

Parle bas, te dis-je. 

TOINBTTK. 

Monsieur..,. 

(Elle Ut wbhrt da pnlv*.) 
xaCAK. 

. Eb? 

TOIKBTTB. 

Je TOUS dis que.... 

[BU« fût MmUut ds polci*.) 
AKGAH. 

Qu'est-ce que tu dis ? 

TOIITKTTK, haut. 

Je dis que voilà un homme qui vent parler à tous'. 

iitGAir. 
Qu'il vienne. 

(Tolnatte &it dgne k CUrate d^nmea.) 
CLÂAIfTB. 

Monsieur.... 

OB hû ■ dit dfl Be promaiar dmoâ ■« chambr* i uU û ««t ti pùe* M d*- 
Bvnre tant cDBJt, parco qa^îl a oabliv u c*«it «n loo^ OQ «B br^ f g«U ■* 
Il fort rira, M l'on (pplîqu cette folie i tOBI momeat. * 

I. laroodrali, (1734.] 

•. CMta iodlcatiaB et ]m qaiM «inatai ne »M pu daaa ka fcBtiai da 
■S74C, ]4P, ;S, >0, 83, 94. 

I. EtU/mt mcan ttmilaiit d* parUr, (17Ï4.] 

t- Cstte eoMtncti^ a M ralaria ei daiiui, p. tfo, aa nn 917 daa 



D.nt.zedbïGoOglc 



ACTE II, SCÂNE II. 3^1 

TOnTBTTB, nHUnl'. 

Ne parlez pu si haat*, de peur d'ëbranler le cerveau 
de Monsieur. 

Honsiear, je sois ravi de vous trouver debout et de 
voir que vous vous portez mieux. 

TOINXTTE, feigniut d'ètn aneoUra*. 

Comment ■ qu'il se porte mieux ■ ? Cela est faux : 
Monsieur se porte toujours mol. 
ciJâiits. 

J'ai oui dire que Monsieur étoit mieux, et je lui 
trouve bon visage. 



Que voulez-vous dire avec votre bon visage ? Hon- 
siear l'a fort mauvais, et ce sont des impertinents* qui 
vous ont dit qu'il ëtoit mieux. Il ne s'est jamais si mal 
pOTté. 

AKfiAIT. 

EUe a raison. 

TOIHRTB. 

n marche, dort, mange, et boit tout comme les au- 
tres; mais cela n'empêche pas qu'il ne soit fort malade. 

AaCAH. 

Cela est vrai. 

CLiÂim. 

Monsieur, j'en suis an désespoir. Je viens de la part 

dn mahre à dianter de MademcMSelle votre fille. Il s'est 




•• (f7Ï4.) 

à CUmm). Ha pwlH pM « hiot. (lOft C, 74 P. 3S> >o. 83, fi.) 

S. Cmm UiJMrtu B'«t pu du* ki Mitiou da iS7tC, 74P, So, SI. H- . 
4. Dm ■«lirfafa, dM goi uw jii|«mbI b1 bct : njn Mat TOI, 

fw4S),MM«;wi>HMici-<UMu,p.3U.p.3!iSiit<>i-*prKp-3<7tP-«»K 



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34* LE UâLADE IUAGINAIAE. 

TU obli^ d'aller à U campagne pour quelques jours ; et 
comme son ami intime, il m'envoie k sa [4ace*, pour 
lui continuer ses leçons, de peur qu'en les inteirompant 
elle ne vînt à oublier ce qu'elle sait déjà. 

Fort bien.* A[^lez An^lîqne. 



Je crois, Nonsienr, qu'il sera mieux de 
•ieur à sa chambre. 

*a«AM. 
Non ; feites-la venir. 

TOIHBTTB. 

n ne pourra lui donner le^n comme il fout, s'ils ne 
•ont en particulier, 

IkGÀK. 

Si fait, si fait. 

TOIHETTE. 

Monsieur, cela ne fera que vous étourdir, et il ne 
fout rien pour vous émouvoir en l'état où vous êtes, et 
TOUS ébranler le cerveau. 

ARC1.R. 

Point, point* : j'aime la musique, et je serai bien aise 
de.... Abl la voici.* Allei-vous-en voir, vous, si ma 
femme est habillée*. 

I. EBnpUc*. (i6<3.»{0 
a. A TciMoÉU,. inH.) 

3. Sa l'ctM ai Tow Aet. — iBOiii. Paint, potat. (t67( C, j4P< jS. *«, 
«J. M) 

4. ATÊÏaalu. {ijH) 

5. ■ Pinr TCMTair U vitiU d« Ibuinn DUImrat pin «t iU, • >*- 



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IGTB II. SCâNE III. 343 

SCÈNE iir. 

ARGAN, ANGÉLIQUE, CLÉANTE. 

AB6AK. 

Venez, ma fille ; votre mattre de mosique est allé aux 
cbampfl, et voità une personue qu'il envoie à sa place 
pour voaa montrer. 

AICCiuQUE *. 

Ah, Gel! 

ABCIH. 

Qu'est-ce ? d'où vient cette surprise ? 

AHGÉLiqUB. 
CcBt.... 

AK«Âtf. 

Quoi? qui voas ^meut de la sorte? 

Cest, mon pire, une aventure surprenante qni se 
rencontre ici. 

ARGAir. 
Comment? 

JMGiuqVZ. 
J'ai songé cette nuit que j'étois dans le plus grand 
embarras du monde, et qu'une personne faite tout 
comme Monsieur s'est présentée à moi, à qui j'ai de- 
mandé aeconrs*, et qui m'est venue* tirer de la peine 

1. SCtHE IV. {17340 — a- AMiuQi», ncauaiaaat CUtalt. {IhiUm.) 

3. DmwU ifa ■»■!■. {i73o, 13, I4-) 

4. !>■■* l'cditio* d* 16S1, WH, bien qo'il ;iit, na pn nuM, frimtlii. 
€)■ **m (p. 379, a*ta 3. M p. (if, aala 1] qna Ion OM Witci, pou U 
f*c*î«r noBpli, qae U plapart. pour le Heoul, danaesC àgiIauBiit (aiu 
aeoinl l« pvtfeipM, do mu ineoBidct, ds cetu plmu de Lobudb : • Ja 

« ■■ t » mb. • C'élaim Ik d« mi pirtkipn qaa I* P. Bonhoan troBTiit 
a wMw«MM«M •oBteBoi par ■• ^ mit > «t qae poar ccttB nwn ob labnit 
(■nriablc* : tojM I* LciiqmÊ de îm Itugf i* Canuillt, tenu I, p. tix, et 
«■apara le* paitieipn mi^ mb* aceaid au Ten 1 1 U et IiSG ittFtmmtt 



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344 LE MALADE IMAGINAIRE. 

oh j'étois; et ma sorprise a été f^nde de Tolr înopi- 
némeat, en arrivant ici, ce que j'ai eu dans Tidëe toute 
la nuit. 

CLRÂfm. 

Ce n'est pas être malheureux que d'occuper votre 
pensée, soit en dormant, soit en veillant', et mon bon- 
heur seroit grand sans doute si vous étiez dans quel- 
que peine dont vous me jugeassiez digne* de vous 
tirer; et il n'y a rien que je ne fisse pour.... 



SCÈNE IV. 

TOINETTE, CLÉANTE, ANGÉLIQUE, ARGAN. 

TOINHTTE, ptr dMiloB*, 

Ma foi, Monsieur, je suis pour voua maintenant, et je 
me dédis de tout ce que je dtaois hier. Voici Monâenr 
DiafoiruB le père, et Monsieur Diafoinu le fils*, qoi 
viennent vous rendre visite. Que vous serez bien en- 
gendré*! Vous allez voir le garçon le mieux &it du 
monde, et le plus spirituel. Il n'a dît que deux mots, 
qui m'ont ravie, et votre fille va être charmée de loi. 

1. Soit qniBd *au donm, nlt qund tooi TCiDtt. 

9. UoDt «nu B* jggnMJn uk digna. [i6;5.) 

3. CMU indiuiioD «t la nlnBla temX onlMi dui la idltliMs ^ 1C74 C, 
7<P, 80,83,94.) 
— SCtiTBT. 

Tomrm, è Jrgam. {tjH.) 
t. La ptn.HMilmr Dûfoiru le CIi. (167S.} 
5. Qna Tou aura al bon pndn I Aa ne* 056 d* rtumnR, 

Ha fol, ja m'mcawln>li d'uM bdla maMn, 



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ACTE II, SCÈNE IV. 345 

AKCAK, à Cliiiite, qui taiiit da vouloir l'en allM. 

Ne T0D8 en allez point, Monsieur. C'est que je marie 
DU fille; et voilà <ju'od lui amène son prétendu mari ', 
qu'elle n'a point encore va. 

cli£aiite. 

Cest m'bonorer beaucoup, Monsieur, de vouloir que 
je sus témoin d'une entrevue si agréable. 

AaGAR. 

Cest le fils d'an halûle médecin, et le mariage se fera 
dana qoatre jours. 

Fwtlnen. 

AKGAR. 

Mandez-le nnpeu à son maître de musique, afin qa'Q 
se trouve à la noce. 

CLàADTB. 

Je n'y manquerai pas. 

AHCAIf. 

Je vous j prie ansn. 

oAktm. 
ToBs me fiûtes beaucoup d'bonaeor. 

Toiitirra. 
Allons, qa*<m ae range, les voici. 



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LE MALADE IHAGIHAIRE. 



SCÈNE \: 

MONSIEUR DIAFOIRUS, THOMAS DIAFOIRDS", 
ARGAN, ANGÉLIQUE, CLÉANTE, TOINETTE". 

ABGAK, mMUnt la nuùa i «od bonnet WDt l'Ater . 
Monsieur Pui^on, Monsieur, m'a défenda de décoa- 

I. SdUE VI. (it3(.) 

s. Sax MM eomt^e iadt^ie U Grmitd Btuilit/Htmmai m fm ttmfbv, 
o& l'on • ern qk« Molivrc JTfeit troBTé ane ébiveba 4m cet d«Dx Diifbïivs, 
Taja cl-dsmu la JTsIÛ, p. iM. — Sur urUiiu lu>i> qat BiptiiU tulM 

p. i5o. — M. AobertiB, tu tome I, p. 53i et 533, àt rSiUairt k iMptells 
mon* Itou* dâjt pli) haol (p. 3o6, note r) naprnati na p m ig», nguk, 
dui 1« TMille Fartt jograue de Matin Mimi»*, oa poneuuga • qd ■ 
qaalqiia tniu de Tluim» Diiroirnt : cV*t HlllH lUaÏB.jeaiw nnat, 
Uxâ dn litia ih l'Éeok, ■ fort eomme on Tun • nr Dont et li Iv 
giqme, • ar|aBamt«Bt k oatmace • ^v *t contre, d»h i&ui M eMti pir 
oa ■■Toir baroqae. • H Mt «neni et pr^Mnti 1 n fitaeit par le ■»lii> 
doBt U Mt te dûclplc ; l'iatention de U (cène qai l'eDftgc «Ion n'eit d'il!- 
Unn pu Belle de le •eèae de< Diaf&îriu; or ce «oat lee ■ parent demlii 
qui sHl imagiad de mettra fear jïit as prkinare de ■ fiisete, ps«r Ui 
dOroaUllr la eerrelle et lai guttit l'aaprit. Celle-ci, d'an aii aîaplc et 
doai,.,. raaèiiE an bon mu le jenne homme. • Cet mita da nuiiaihliaiw 
CBtra lu deuEforet de Maître Ifimin «t de Thomat anint frappe SaiiM- 
Baave, t^moîn cet quelqBCa lî^et éoltei par lu an crajoa, ca awrfc dn 
page* 34J, 347 et 3So de aos eumplairs da Toliime cité ct-doaoaa (h la 
>ot< a] de fAitcieii TUdIri /nuçoû : ■ Oa mil* que toat M iMia ■aca w - 
BÏqBe doBi ae «ernt Kolicre était diai I* mdilioB. — Ceit an petit Tbswa 
Diaisinii. — £t c'eat ici le lisa (car eai rapproeliaraenta Baat ici aatia ti^c* 
mime) de tdu rippelar la totae diTine ds Malïèr* diai U Mmlmit ia*- 
gûuËin, ThoBiai Dîafoinu préieati par aan para : cela njoint h aciae dr 
FÉealitr Umamiin, et toatai dam rejoigneat la leiae da Mmtltw Mimiai f 
•OBI le* aiéBiM ridieal** i aa ou dame liéelat da dûlaaea. ■ 

3. Tomm, uquui. (1734.) 

4. Aboam. IlntU la mai«kn» bmwi mu Pâîtr. (iS?! C, ^^V, S», aJ,».) 
— AB«ur, coijfi fuM boiuul dt wàt, jr met ta mai» *nu Céur. (1G7I.) 

> EDe a t\i ioprimée daaa U «oUaction Jaaaal, an ton* 11, p. 13S M 
•aitaBUa, de l'^iwieM TUitrt /raiifaU, publié par H. Tùdiet h Dac Ella 
aH à ail ptraonauei, qoi tant : la Haltn d'école, Bfihra MiiaiB étadiiat, 
Kaalgt MB pire, Lublne aa mire, Eaonl Blacbae, et la Bib, c'ert i dira la 
iaaeée, da Bfaltn Hinia. 

* Maltra Hlmia ae a'aipiima d'abord qa*» lalia 4a aoB va, at SmbI*- 
BaaTa aDaïuit id 1 b Cmmoila. 



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ACTE II, SCÈNE V. 347 

vrir ma tète, Voas êtes du mëder, vous savez les con- 
s^aeDces. 

HOMSIBVB DIAPOIIOS. 

NooB Bommes dans toutes nos visites pour porter se- 
coors anx malades, et noo pour leur porter de l'iacom- 
raoditë.* 

ÀKGAH. 

Je reçois, Monsieur.... 

pi* parkM Mu iImi am orinc tcnpt, ('inHrramptnl M rtmfrmilMl* ) 
JfOHSIBUR SIÀFOIRUS. 

Noos venons ici, Monsieur..,. 

ARGAM. 

Avec beaucoup de joie 

MONSIBDR DUPOtaVS. 

Mon fils Thomas, et moi.... 
lacAtt. 
L'honneur que vous me faites.... 

MONBlKtlH DUPOIRSS. 

Voas témoigner, Monsieur.... 

AR6AN. 

Et j'aurais souhaité. . . . 

HONSIIUR DUFOIRUS. 

Le ravissement où nous sommes,... 

ARGIN. 

De pouvoir aller chez vous.... 

HOtlSlBUR DUFOIRUS. 

De U gtuce que VOUS nous faites.... 

ARGAK. 

Pour vous en assurer. . . . 



■ «I M. DiM/aitMê partmi <■ mime Umpi. (i;3t.) 
mfmiâailf c'eM-k-dirc cmaiélnil, embrauiÙant lean dUconn. — 
■liaa rt le* MUnotM, JDWjo'à b pip IS4, nuaqnent d<u In 
|67( C, •}!, P, 83, 9(, et, ud[ celle di Ii pa(* 3So, d>u l'édi- 



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348 LB MALADE lUAGINAIRE. 

MOKSIBOK DUPOIRDS. 

De vouloir bien nous recevoir.... 

ARGAK. 

Mais voua savez, Monsieur.... 

MOMSIBUR DUV0U03. 

Dana l'hoDueur, Monsieur.... 

ARGAN. 

Ce que c'est qu'un pauvre malade*.... 

MORBIBVIl DUMIRDS. 

De votre alliance.... 

ÂaGAiT. 
Qui ne peut faire autre chose .... 

MOnSIBCR SLIVOIRDB. 

Et VOUS assurer.... 

ARGAN. 

Que devons dire ici*.... 

MOMSUIta SIAPOUttlS. 

Que dans les choses qui dépendront de notre métier. .. . 

ARGAir. 

Qu'il cbeichera toutes les occasions.. . . 

HOnSUtUR DUFODIQS. 

De même qu'en toute autre.... 

ARGAK. 

De vous faire connoître, Monsieur.... 

HOmiKUK DUrOIRSS. 

Nous serons toujours prêts, Monsieur..., 

ARGAK. 

Qu'il est tout i votre service.... 

MOnSIECI DIÂFOIRDS. 

A vons témoigner notre zèle. OlmMuctmt*VÊt»tmSk,ti 
loi dit^ :) Allons, TÎiomas, avancez. Faites rosoomplimeatt. 

I. Ca qu a'wl d'an pmam milada. [ifl7(?.) 

«. Qm toiu dire lai. (lUiêm.] 

3. //..(«r«.(i6îS.)~<. ^ ««//». 0j3«.) 



D.nt.zedbïGoOglc 



ACTE II, 8CÂNE Y. 34g 

IKMiS DUP0IBD9 «M* an pud beott, nooTsUement loni da 

tnÀm^ qaî &h UMtM ehoH» da BUTaiM grkoa M 1 o(nitr*-temp«'. 

TTeBt-ce pas par le père qu'il convient commencer ? 

■OHUBtlR DIÀFOIRDS. 

Oai. 

TBONAS DIÀFOIlUfl*. 

Monsieur, je viens saluer, reconnottre, chérir, et ré- 
vérer en vous au second père ; mais un second père 
auquel j'ose dire que je me trouve plus redevable qu'au 
premier. Le premier m'a engendré; mais vous m'avez 
choisi. Il m'a reçu par nécessité ; mais vous m'avez ac- 
cepté par grâce. Ce qoe je tiens de lui est on ouvrage 
de son corps ; mais ce que je tiens de vous est un ou- 
vrage de votre volonté'; et d'autant plus que les facultés 
^îrituelles sont au-dessus des corporelles, d'autant plus 
je vous dois, et d'autant plus je tiens précieuse cette fu- 
ture filiation, dont je viens aujourd'hui vous rendre par 
avance les très-humbles et très-respectueox hommages *. 

TOmETTK . 

Vivent les collèges^, d'oîi l'on sort si habile homme ! 

I- T^mui Dumava. Cat. {1675.) — a. Tamtti Ut dteiu. {lUdtm.) 
X Taimt» DiuoOT*, à M. Dia/ninu. (17I4.) 

4. Taoau Duraan, i JrgoH. [IbUén.) 

5. • Thoaai DùEoinn coiuull m ■ulaun, dil Angar, «t 11 Im «et 1 
Titrai Btina. C« Hàmx d« Ma eanplimsnl i Arg«B (ciabl* imili d'un p»- 
aig« da J in aaii i» Citima md Quiriitt fott rtJiimni (g n) : > ^ panadhat, 
id fB*^ M c a nw mvt^ panmt jhm proertatut _- a ntu nanu non toiutslant. 
nu miàijimlrtm imaigailam fumlii /alunit tml dadtrani i rat tfteuiiun ■( 
fagaétliK fitfH tmfnàtam rtddiMtliM. • ia naa doii phi qn'ami laMar* da 
aas {oan : ik ■>'•>! bk aattra aiidnt, [ili n'oal rafd pir aie—ll i ,] et pu 
*«■• ja «Mai* castolain. J'd r*fa d'«u ob frira (*ut qna jt puH uroir 
<• qaa f«« émnia ittaBdra : tobi ma l'nai tanda iprti qa'il m'a doBoi 
im fnm*n adaùnbla* da ■■ tndnaie. > {l^adiittiam i* Cutraali.) 

6. Argaa, TOfaM Thoua M toaiur tort da mdM w* Ma pin, oa qatl- 
qaa paa hoardi par la débit da fçrtunr, na T^poad pal au eoa^limaat; 
voBi il a'aB a paa toat parda, aC il «m lirara parti paar tom rcnaTdeBaat 



7. ■ Vm Iw eolUgn, ■ diH tntai nn (dhioai, uaf 167S «t 1734. 1m 



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35o LB HA.LADB IHâGINàIHB. 

TBOaiB SUFOllDS*. 

Cela a-t-ÎI bien été, mon père ? 

■ONBIKUR DUPOUDS. 

Opttme'. 

AIGAH, i AiiglU^Da. 

Allons, saluez Monsieur. 

TROUAS BIUOIKUS*. 

fiaiserai-je * ? 

I. TmMii Diœa.Vt,àM. Dia/ainu. [l^H.) 

t. m Trèt-bica. ■ — Oa eoDUit da CallitM et da (oa U>, latrodoil pai 
lai dan* h mamAt, dn tniu iBilagHi. • Pdot mm fiU, dk Tallanamt im 
Utm (loBH Vil, p. loS. da BùtarUllu), il l'a tn^or* prit po«r ^mI- 
qa« cbo*a da mcncillwi.... Ce fil* poarUBi ■'««( qa'aa daddi. Da jaar. 
dia* \t a* uii qudle compagnie, il lai dit : > laaa CoDrtM, utan ce» 

■ duDCt. • Il IhhIu toatol, at paii ildit : lUonp^ij'ulEiit. ■ 

3. Taowi DuFOiaui, A M. Diafiinu. [t^3l^.) 

4. LUiItiliMi d* Tbam» nppalait paat-élia anx •pacutian aa joa dt 
•okM bMBCoap ploa proloagà qu'on arait Ta, deax au aapannat, Ht !■ 
tbiâtra da Haraii. Noai en dtcroai qodqiw an»», pirea qn'il Mmbb M»- 
*talar l'iuag* qui obligeait encore, conMBa an leaipt d» Montaigne», Ici iamnn 

la petite comédie qna da Vi*i a inlitnii* U Gtmilkommt gmtifU* (1670). 

■ le grand banM da fiU di " ' ■ - ■ - - - 

la piîta appelle -l-ïlle ce [ 

woa de eaaipagae, oà il a'oae même i'bt*bci 

•oa eanctire diflëre dooc da «lui da Thomaa, qui, loin d' 

croit &ire merreilla au conEraïra, ac, onieal ninnieat embaj 

laoaiil, art tonC prit a l'axicatar Intripidanaot. 

mut tigite M timJSIi [apiitlaiiTOb'' 
. ■ . . Ste I Approche!, Toaa di*-ja, 
Blaaluei Madame. Approcha donc... 
La, aalust-la donc, faite*-liii eempliBcnt. 

CLAlicc, rnytiu raetiea da Jllt. 
Eit>i] oa pto* greed iot î 



r, U panuam far JtrrUn. 
an bontam. La, baiaa dane MailaMa : 
C'aat to^onn an baiaaat qa'on aalaa oae Iimmi 

a Ceat b auaîita d* Franae, ■ dit aniu Adraate, an dilial da la tdaa a in 

■ Tinan la tlTie m d« Eiiaù, ebapitta t taaae m, p. 3S5. 

* Ca^pia, k gaépaa, qal él«*a da* Boocbaf k làlét ca^pafaaH, d'aria 



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ACTB II, SCàNB T. 35i 

■onsnim dupoibus. 
Oui, oui. 

THOMAS OIÂPOIKDS, 1 Angfilqn*. 

HMlame, c'est avec jastice qae le Ciel vous a concéda 
Unom de belle-mère, puisque l'on..,, 
laetn'. 
Ce n'est pas ma femme, c'est ma fille à qui voos pariez. 

THOMAS DUPOIROB. 

Où donc est-elle ? 

ÀKGÂII, 

Elle va venir. 

THOMAS DUPOIRDS. 

Attendrai-jef mon père, qu'elle sott venue ' ? 

HOHSIIDR OUPOmUS, 

Faites toujours le compliment de Mademoiselle. 

THOMAS OIAFOiaUB. 

Mademoiselle, ne plus ne moins* que la statue de 
Memnon rendoît un son harmonieux, lorsqu'elle venoit 
à être éclairée des rayons du soleil : tout de même me 
sens-je animé d'nn doux transport à l'apparition du soleil 
de vos beautés'. Et comme les naturalistes remarquent 
qae la fleor nommée héliotrope tourne sans cesse vers 

iMiIùa {Mb* TI, p. 160] 1 nali •on limaigna|e ■■ ofEnît p4i: oa poumit 
iitm dMtn i* m hooM foi. 
I. Âa*u<, i noma» Ditfiinu. [173^ 

1. Cttia qw«tiM d* Thomu (Hifalnu ■ M omùa <l«u l'éditiaD da Mo. 
1. S« cstta TMillg foma ik H ■■ lits de m, ginptoTic iiimI pir HaTtiDe, 
Mjci à~itÊtmM, f. 197, aota ^. 

^. Id aBMparÙMiB dioUii par Thomu pon 1« dtbat de wn eompUnaat 
lU,aaBavoBTalanir,amliMeoamBBd<i plot ub. Ella la tronra 1 dan* 
ftfùrt limiamir» delCatbarnRagBkr aultai (iBoB): ■ Oa lit qu'ao bUopi* 
il J mk mm» Matma qù nadoll ■> un barmoBieai toatai lai (bii qaa le 
■Û lanM la ragndoll. Ca bIh* mlnda, Sira, a*<i-n>u fait an bm, qoi, 
toMki 4* runa da ToM M^Mlé, ai n^n b *(^ ai U pirola; > — duu le 
I da MarilUa oanaBi l'aMamUéa daa nota- 
a appnBd la Ccrrâifaii d aM C * de Crimma, 
a iiMflrifH lU FneUm Umfg* finçait par la Came de 
' iû Jmrkr 17*7 ((•■• DV, p. SaS da rUitiM de ■. Toaneu), k pro- 



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3Si LE HALàDB IHAaiHAIRB. 

cet aatre dn jour, aossï mon oœur dores-en-aTant' tour- 
nera-t-îl toujours vers les astres resplendissanta de vos 
yeuxa^dorables, aiosi que vers son pôle unique *. Soufirez 



lE permii d'enriohïr depaii ta lapcA* 
hinngM da H. IIoibu Diifoinii ; • — dau PAnti-romm s> rBituin At 
bêrgtr Lfiii, pu Jon da U Lude {Chirla Sonl), tame I (i633), p. $94 

nadôlt un iini harmonuiu quand le «aleil 1* regardob...; ainil, lom^ 
Tau, ou quoique autre de pareil màriLajalura de* nymi dei m moi, j* dirai 
dM ehixa qui conlcDleroat TOI oreille» ; ■ — diu imelcttn da etnite d'ATan 
à TûiEare, êerlte au Eem|ii d« né^ociadoiu de HauCer* : ■ Quand ïnaa 
ICria dcTfloii toDt phïlaaophe et quand Toot aniiei pcrda le icndBanE et la 
Tla< tout lu maiiu, ma cUn pieire, todi deniei paHer lonqne Unie de 
LangacTille vont regaràe, eosuiM GiUoit la «tatoe de Hemoim lonqa'eUa 
itait Plaine dei rafoni du nleili • — dau la Diittrtalia» da l'aU* 
d'Aobignac lor VŒdlpe da CorueUla (l663, p. 14)* : * i l'ivaple de cette 
■tatoe de Uamnon qui rvndoit lei oraelea litAt qae le Soleil la tmchoit de •■■ 
rajoa*, M. CorsaiÛe a reprli u* npiiti et ■* Toix 1 l'Mat de l'or qa'aa 
grand miniitre dn tempa * bit briller dini l'obicDiiti de aa rauaila; la c«- 
lauT al la eon da ea beau aiétil l'ont ré>«Ut et tnnti «r le tbéllre. ■ — 
Ajmtoiu u» demiire citation, recueillie dam la note «ùraM* da M. Dce- 
poi* : • On eroînit Tniment qn'Ici Holière a touIu iaiiier la début da 
di«eonn prononcf par d'Aligre, direeteor det finança, i raiaonblée ds 
clergé da i665 : • Uttâsan,... j'ai reawaiti dan* as BoDKat, par le 

■ luatn de Toe peraonnei et de toi poorprea, l'eFTet dei rajroa* de rAurura 
• BliMUta taz la itatiia égjptieniM de aon £Jt, qu'elle animoit chaqna matin, 

■ et lui doDSoit laïai da mouTemaat pour former aa *oa huaKnieai aiae U 

■ liatre et l'archet qu'il tenoit an lei maini. • (Qti par P. Lanfrcy daaa 
rÉgtit* et Ih pkilanipitt an dix-iiiiiiime tiielt, p. i5da h i** éditÏBB, i8>7 : 
TOfca I* Ca/feeiiaa ^ preeit-rtriaMx du lUitmNiei giiùraUt du eUrgi i» 
Fraim, loma IV, 1750, p. SJj.) > 

I. Il ad bridant, pir catta éeritore même de l'éditioa oiigiaab, qa* 
l'exacte et peun^e prononciitiaB étymologique qu'illa indique ël 
tùt loraDuie : eompirei le Tan iiSS du Cût .- < Cioia que dcai' 



réaùnbcatKa da I» Frai* kiilùrt a 



e t ità imprimée par T. Coubu, p, 3i8 et 3l9 da Im 

' LoafiurilU. 

■uga rapporté par Aim£-Hartîn, 




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ACTB II, SCÈSB V. 333 

donc, Msdemoiselle, que j'appende aujourd'bni à l'antel 
de vos charmes l'offrande de ce cœur, qui ne respire 
et n'ambitionne autre gloire*, que d'être toute sa vie, 
Mademoiselle, votre très-humble, très-obéissant, et très- 
fidèle serviteur, et mari. 

TOINKTTE, SB la nOlut*, 

V<Hlà ce que c'est que d'étudier, on a[^rend & dire 
de belles choses. 

AKGIM*. 

Eh ! que dites-vous de cela ? 

Que Monsieur fait merveilles*, et que s'il est anssi 
boa' médecin qu'il est bon orateur, il y aura plaisir à 
être* de ses malades. 

TOINSTTS. 

Assurément. Ce sera quelque chose d'admirable s'il 
fait d'aussi belles cores qu'il fait de beaux discours. 

ÀHGAN. 

Allons vite ma chaise, et des sièges à tout le monde. 

Mettex-vous là, ma fille. Vous voyez', Monsieur, que 

tout le monde admire Monsieur votre fils, et je vous 

trouve bien heureux de vous voir un gar^n comme cela. 

■ORsisna DiAFoiRCa. 

Monsieur, ce n'est pas parce que je suis son père, 

lifamà TruciH k N^ (Kne IZ, p. 303 tt 36^ da l'iditioB de H. CoIob. 
Wj), éa m'aquifîr qvd cheBÙa je Tiendrai qiH da t^nqaini de qoel cAté 
•r loanHn b ttal da MMci : l'on «■ bien que e'eet u aaloTC de h laBr- 
■er tanja w i ran la niml ; Toi me doit pa* douUr luà bob plu* qat je tm 
■aiTe TM bevKB jaax, lai •slala da bob Ibm, aa qnelqu part qa'ili Teail- 
IcaidMMr b)av. > DaaaaB da i« première rtciU (p. «;), FraBooB anir 
dk ;• Cmm bowfaoiw iloil aan pAla nn leqaalja ne tourmoii mm e m i. ■ 
I. Et a'iHliitiaua fl'iBtia |laire. (1734, mai* »■>■ 1773.] 
a. Cawt iBditabBB a'tet pai deai 173^ . — 3. .lirgmm, àCHtiut.{ijH.) 

4. I S «T en aaiplai da plariel, emapam l'esempl* rcUré k la acëaB xi da 
JWb«, Maa VI, p. 163, aaW i, «t lai Ta» 1 et 3 da Smr*litr ti U Fiaaa- 
abr de la Taatuae [bUa n da lirre VIU). 

5. Si boa. (1013, M-) — B. Il ^ aara plaiar d'étn. (AU*«.) 

7. (Dh tafÊÊMÙ dmani Jtt ji*|««.) Mtna-Tou U, m CIU. {4 II. DU.- 
fi^mM.) Tm* Titra. (i,J(.> 

S3 



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HA LE UÂL4DE IHi.6IIfÀlfiB. 

iMÙ j* pnû din ^mt j*u s^^ d'être eoBitent de lai, et 
qoe tous ceux qsi le WHcnt en puieat eomme d'un 
garçon qui n'a point de ntéchaDceté. Il n'a jamais èa 
l'imaginatioa bien vive, m ec £ra d'etpiil qu'oB t^ 
marque daos qaelqaes-nns ; msu c'est par lï que j'ai 
toujours bien au^ur^ de m judiciave', qualité requise 
pour l'exercice de notre art. Lorsqu'il étok petit, il n'a 
jamais été ce qu'on appelle mièvre* et éveillé. On le 
voyoit toujours doux, paisible, et taciturne, ne dinnt 
jamais mot, et ne jouant jamais à tous ces petits jenx 
que l'on nomme enfantins. Ou eut tontes les peines dn 
monde k lui apprendre i lire, et avoit neuf ans, qa*il* 
ne connoissoit pas encore ses lettres. « Bon, disoia-je 
en moi-même, les arbres tardifs sont ceux qui portent 
les meilleurs fruits ; on grave sur le mari>re bien plus 
malaisément que sur le sable; mais les choses y sont 
conservées bien plus longtemps, et cette lenteur à com- 
prendre, cette pesanteur d'imagination, est U maïqae 
d'an bon jugement a venir. * Lorsque je l'envoyai an 
collège, il trouva de la peine; mais il se roidissoit contre 
les difficultés, et ses régents* se louoient toujours à moi 
de son assiduité, et de son travail. Enfin, à force de 
battre le fer*, il en est venu glorieusement à avoir aes li- 
cences*; et je puis dire sans vanité que depuis deux ans 
qa'îl est sur les bancs ^, il n'y a point de candidat qui ah 

I. Jmdiamirt tMttatâlt mot é» H. AtPoiatvtgMatiUmm Vit. p. 3m) : 
■ ViHU tai-TBo* mil dau U téu <|ii* lÀamiaA d* PnimnnpMn m'iêêl 
p« là d*duu qualqui numain de judiciiin pauraa HDBdan..,? ■ 

s. MUm ■ «a dit pmpranoiit d'na •nfiotTif, Ti»n»l Maa p«a maii- 
dtn. ■ [Ditiioiumr»J*r^ttJtiiBr, (Og4-) 

3, Sbbi qn'îl «Mnftt, waa cODuItr* «boub, ot poBrtaat ■• «SMAliMI 
pM acon.... ■ Oa ot «WTut bh hrt hi m i n kavHa, qa^M a'Mt fm •■ 
tnk-bok duétia. • (U« d< 3Mg>i, i«;3, la« V, p. Ut.) 

4. Et iM i^nu. {M3, M.) 

5, CMta locBlioB ■ M ofMfiit *■ (mm VU, p. ]5, ute ■, 

6. 3« iMMi dt liane* : njn tM» VI, p. J4, 1 
1. Ai momtM dt Im 



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ACTE II. SCltNI T. 355 

bit pin* de bnût que lui dans tootes les dûptttes de 
notre École. Il s'y eM rendu redoauble, et il ne s'y passe 
potnt d'acte oh il n'aille ar^menter à oatraace pour la 
pcopoeition contraire. Il est ferme dans la dispate', fort 
comme an Tnrc sur ses principes*, ne démord jamais de 
ton opinion, et poursuit un raisonnement jusque dans 
les derniers recoins de la logique. Mais sur toute chose 
«e qui me plaît en lui, et eu quû il suit mon exemple, 
•*ett qu'il s'attache avengt^ment aux opinions de nos 
anciens, et que jamais il n'a voulu comprendre ni écou- 
ler les raisons et les eipériencea des prétendues décou- 
▼ertes de notre siècle, touchant la circulation du sang, et 
antres opinions de même Carine*. 

t0)maldwmimlUii«Mrmm mmrmJt IMUf{i»&».v. to tHt),te 
Smi lt mtmtm fia ii t ir muM «■■■lïuii ih Hmmàima et taa argimi 
^'l-ÉMik pndMI éemt ma,... K<a qn'n y i an dit Ai kor grwit. 




mmbM aw MU t imt aa ttmft d, IMUn. 

t. D«>Mdii»M.(i68).9t.) 

a. Sa- IM pnBp«. {itKi.) — fft «hh m TW« k dit, d'iprn 
U»à^ par iMariaa k • la liina qa'aa aKifbaa lai p»rw-raii i» CeoMaatl- 
mifla ■■ Calla pknia d* H. Diafsiraa, Kiaarqai kagti, ■ sA le prepr* M le 
Ija t J Mal «aataBdiM ri rij i n i !■■■(. e«t w » ^ — ptojie ■■ plainaEerie. • 

L De mimm faOÊ». (|«7( C 7tP> 7^. *0, 8>. 9t.) — ■ Ih mtof/enw, 
<ii laf. ait — e «api—iu» teaJaitr Jn letig..., qai M dît ds bannei qai 
■M ka ■éaai i4aM, ^ eaat de le aitne «abele, eoanu dam ca Ten de 
■Mae (fc llS* A il (irtvw r) ; 5m M, faïua yunr m-irm fmU* mM 
tMcK... ■ L'Éhedhni», aa i4j|{, c^rfiiiue de ntme h loeatiea, eaa ijou- 
tm, miama tagar, fi'aNi a* ea dît pe* imliaiiietiMiiil dee i)»«n. — Sur lei 
fc» fnÊmim dieaa»e»t it p h je îal n giqnni de le smletÎDB donog par Hirrey 
■ lAïf, des Teiaa e leetite par AeelK ae |S*1. et da i^aH^oir da ehjle pir 
Ne^— « ^ ifity, «ar ■ la gra*iil da eaap porté pn eUx lai doelriBci 
■■di^M trfnaataa >, lar lae ardeatei aaatn>T*isi aaïqaeUei elhe daa- 
tmmt lÎB •■ wia de li fnaM da Pim, *«fai tu Itidtciiu aa toByw rfp 
ITaUH ^ Ma mii l*Taa«I (p. ifio et eaiveaee^. • Poar ftre ja«e, dit-il 
-t73>, a laat naBBMkra qM b latla de b raealU da Paria aoarre 



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56 LE HALADB lUAGINAIKB. 

THOMIB SUFOIKUB. H tira OM gnadi tUM tonUa 
ds •■ poclu, qc'U piiMota 1 AD^éliqua . 
J'ai contre les circuUteurs >oatena une thèse, qa'aT«e 



■I airs chirUUia. Cala lui Mf>t : 
■n. Il M ton pai da U.... Kïalu laartV" )» dûcDHiau qu'il inli 
icitéo, M qui lai HTrÎTsat, am Mat qiw l'Mio «ffiibli de «Qn luqacBa 
■Tiit prit part.... L*t ad(en«ii«i d* tu ctnmIattH d>Teaaî*ai <k plu ca 



. JID 



da Gai Pitim.... L'aDtast trtita l« Mtau-mtt d'Ham; dt 
iH du moiM d'iBgtaMox pandou. > Car, ajoata-t-il, qal ■ 



ai? • n B 



h îflTOqiMr k Tappai da aon opinion qna HiOTmr du TÏd« et IHb«sb« 
vénicBl qu'il j aurait i rafain aiui la Bci«aB* poar la «apriea d'an néda- 
«n itrangar. La aMoad* tliàaa(i673) t» aneorc plai loin.... L'aataar.... 
1« pnnd •ncora aor l« tsa badin at inniqoa : Joaut fàkmimtmt —t Bu laiat, 
lolo MrÛMt artt Britanmu ; at Toià ha eboM* •itioatai qa*!! oppoaa ni 
]d«iBanIari« de ee paurra HarreJ : la nDanaiwlt circalair* itant patfidt 
as eonTJeat qa'aax carp* •Inplw, «aaiau Ua aitrai. Or la aaa^ n'ait pal 
ua eorpa lînpla.... On iaToqaa daa expArïaneaal L'aataar v fait boa m^ 
chi et laa condamaa en bl«i an potant le prinâpa ; Icn axpéiieaaai un* 
t initia, aile afit aatlamial qaa In w qa'o» 

fiât pa* hir* d'txpènaacM — Tifa aoat 

ati da eetta lonfna ooatraTcraa.... La cfatn- 
latian arait aa came gagnée.. .. En 187 J, Lonia XIV eonaacralt eitta liiiliiha 
CB inititiUBt, an Jardi> da* planta*, oaa ehain qiéeial* d'anif ia ^aar ta 
prnfagaiimt Jm Jdamuriti momiIIu. Elle fut doaÎB^ 1 Dionii. Ca (at Vna- 
néa même de eatta reeonnaiaaanaa en qnalqaa aorta oEEaalla d* U «faaa- 
Ulion dn aaag qna Halièn tradaiait aa trilmaal da lidicala Iw dcnian 
rhampiou d'tua eanaa Mnnaia.... Cette plmie ollèbre {Jt Mamâtar DU- 
fairiu) a an. digne paadant : a'aill'.<rrf( Inr^aifaa de Boàleu (1671]. • Noaa 

cuoTt pauage d'aae lettre de Gui Palia) nona en aHpmalaat la 1 il nia» \ 
Flourent, qui, dau let cbapitna n et tu de «aa Hittain 4t la drfii—ia ri 
Je la àrtalaiiaa Ja laag {a** éditioa, iB57),a aaniraeeatt • la lidicnla M- 
tëlament qaa la Faaalti mit 1 rapoBiaar la einalitioa >. — • Si, dit Oai 
Padn dana un langage qui eat tout 1 bit à l'aniwnt de ednl da H. DiaCuîna 
(g janTiai 16S0, low I, p. 5l3 da l'éditinn K«TeillU>nriaaK il M. Dai^w 
ne laniit qaa mentir at la tifcslaiian da atng, il aa aareit qaa d a «i «haaaa 
doat je haia fort la prwnièc* et ne m* *i>aai* goka de la iian«da.„ ffS 
retient, jn le uéBerai par d'iutrea ftunnaa phw iaportuta adi la ba^M 
médHJB* qna la prétandaa drenlatÏDn. • 

I. It lin ■» (Mar da » fatiâ, fn'il /rWkaatt. (16740, 74P, to, I), 
• a BûluetBBmTBoamaBt lawdinit MlM«>uè«(i6S7).a^(M 



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ACTE II, SCÈNE V. 3S7 

la permisnoa de Moasieur', j'ose présenter & Mademoi- 
•eÛe, comme un hommage que je lui dois des prémices 
de mon esprit. 

AHOAUQII*. 

Monsiem-, c'est ponr moi an meuble inutile*, et je ne 
me connois p«i k ces choses-là. 

TOIiraTTK*. 

Donnez, donnez, elle est toujours bonne à preudro 
ponr riniage ; cela servira à parer notre chambre'. 

mOHÀS MAFOIBUS*. 

Avec la permissioa aussi de Monsieur, je vous invite 
à venir vtHr l'un de ces jours, pour vous divertir, la dis- 
section d'une feomie, sur quoi je dois raisonner*. 

9(.) — A in BH liàie dÊ ta pmdu, q^il friiaUt i AnféU^U. (167J.) — 
T&af ittHtfdKtitt grand* liât raulit, sis. (t^^.) 

t. Satmut Jrft». (ijlt.) 

a. MtaU* iaatilm iiMihli noir iti «>■ •orM d'nqvaHios pni*«rbiil>; 
Ckr7»b, ■■ ••» SOI il« r«nw imoaiUa, )'■ emplof h inc b m«aie «■tî> 
■Ht ^ wpni («t n diMHattiiMBib ub m* calkclif ■) ; Boikaa, fianot 
fUi l( valfara, Ti ippliqKh à um <baM IddIs morila (du* le irm 8S 
<k U *• àptlTC, 1674) : 

L« **rtii uni l'irgint l'at qa'im molli* inatiU. 

3. Toiinm,^njuM U tkiie. (1734.) 

t. • L«* ibcta* d* 1* Fkcaltà, dit Jbarlea Hiruod (p. (1],... loBgtcmpi 
iwil»« t 4* UMpl** piapoMticn*,... mioat iai pir prtBd».... d« dcrc- 
loppcanU plu eoBiidériblai. Parfoù m^Bw cilu «taicat CBrichw* d'cDln- 

fimtg*. Aiaà om j Emuit gnnr la poctnit d'a> '-'—'-■• — d** (naDixin 
^^àiiamàin oa qia^aa ambUm* Katiinnital. Ella* portaient poar rpi- 
|iayha ca* miott : F'îrgiai Bàptrm tl mcio Lacm, • 

5. TmomAt Vuroam, MUmmt mctH Argan. (i;34.) 

6. D*M Ut rlmUnn, Daadis dit k lubelle («ou /ff, ttin* ir) 1 



El rOBOM bArtle ripii|na i «tta almibla propiMitiiui, il ajouts 1 

Boat csli bit toajaort paotr on» boim va dtiui. 
MaliâT* ■ proUbl*MHt iBiti It tnil dta PUkUart, iaai, ax] au («» x- 
Fatâ ■* Boant qa'oB aa mal U MmUhU imtgiitain {k la £a da mail da 
• S«M oà le BM «at IgalcaMDt pfi* dama ntta pbn** ds .tInnUigne 



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LE MA.LXDB UUainAIRB. 



Le dweitintiwMDt sert agiôUe. Il y en a qui doa- 
Dent la comédie & leurs maitressefl ; mais «bnaer om 
disMctirai est quelque oboae de plas galand. 



Au reste, pour ce qui e« des qualité i t q rôcs poir 
le mariage et la propagatisn, je vous assure que, selon 
ies règles de nos doctenn, U est tel qu'on le peut soa- 
haiter, qu'il posiMe eo m degré louable la veita pit^ 
lifique, et qu'il est du tempërament qu'il tant pour ea- 
gendrer et proerier des eafiutts bien fXMiditioniiëfl. 

N'est-ce pas -votre îmemion, Monsieiir, de le po M — 
à la cour, et d'y ménager pour lui une charge de mé- 
decin? 



A TOUS en parler franchement, notre métier auprès 
des grands ne m'a jamais paru agréable, et j'ai toa- 
jonrs tnnré qu'il valoit mieux, poiv nous autres, d»* 
meurer au public. Le public est commode. Vous n'avez 
& répondre de vos actions k personne ; et pourra que 
l'on suive le courant des règks de l'art, ob ne se met 
point en peine de tont ce qui peut arriTer. Hais ce 
qu'il y a de iàcheux auprès des grands, s'est que, quand 
ils Tiennent A être malades, ils venlent absoloment que 
leurs médecins' les guérisseni. 

wnir* ite») KOmX U M^ad» imagiuain. {ffmt J'Jtf»:) K m y — il t»i 
IUcia« M Idt InUsitow uaraBu d'an pwi^* da Bmmwm ImrfmU é» FW*> 
lUr« (iMG), qni ■ iti dtà mtoma 11. p. sif du €KmiÊrm 4a Kaôa^ — 
M. Oullimal, p. 6i du Eomi VIU d« wi Mimoint lU f^t/ruÊftii, et 
qu'iB mail da fÎTrlcr 1667 lu lilla iTiil beiueonp pari* da rutop^ tm0 
jmmB f«Bin«, faite «b plci» •t>Dc* ds l'Aadcmle da ici«nn»i 

MMtn k M teamt Sa ta npNwtri 1S70, ton* IT, p. 90) : <• ■. It b 
BoMc.... ma daau, moonnt, taa papwn at tn lin**, qal a'iM M t^f^* 
liphibTociBMMtdM adfH.> 



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ACTB II. aciin t. ssg 

Cela est plaisant, et ils tont Immi inpartiiMMs ' de 
vonltùr que vous autres Messeurs tous les guérissiez : 
vous n'êtes pcHDt aaprés d'eux poMT mIk ; TOBs n'jrêtes* 
qne pour recevoir tos pcnsicos, et leur ordonner des 
lemAdes ; c'est i eux à gnérir s'ils pvaTSBt. 
Momsim ouioiMM. 

Ceh en vrai. On n'est obtigtf ^'à tnÛMr les gens 
dans les fisrmes *. 

IBOAN, 1 Oêmm*. 

Monaiear, ^tes on peu «hanter ma fille devant la 
compagnie, 

CttiiWTK. 

J'aHeadois mis «nrdres. Monsieur, et il m'est venu 
en pensée, pour divertir la compagnie, de dianter avec 
Hademoiaelle one scène d'un petit opéra qu'on a fait 
depuis peu.* Tenez, voilà votre partie. 

Moi? 

CLÉAim*. 

Ut vous défendez point, s'il vous pl^t, et me laissez 
vous &îre conprendre ce qne c'est que la scène qoe 
nous devons chanter.' Je n'ai pas une voix à chanter; 
mais ici il suffit* que je me fasse entendre, et l'oa Mwa 




^ t»T*C,74P, 8o,M, «, 
S. OiuTB, ht, à jlféliim: {thi^m.} -~ f. garni. {tUâtm.) 

t. Mii. il mat. (itM C 7(P. 1S, S^ 13, *(.) 



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36o LE MALADE IHAGIHAIBB. 

la bonté de m'excoser par U néce§aîté ofa je me trouve 
de &ire ohaster MademoUeile*. 

ARGAJr. 

Les vers en lont-^ls beaux P 

CL&ÂHTI. 

C'est pn^irement ici un petit <^>éra iin{noinpte, et 
TOUS n'allez entendre chanter qne de la prose cadencée, 
aa des manières de vers libres*, tels que la passion et 
la nécessité peuvent faire trouver à deux personnes qui 
disent les chosesd' eux-mêmes*, et parlent* sui^le-cbamp. 

ÂHGÀN. 

Fort bien. Écoutons. 

CLiAHTB, WMU la DOm d'na hnftr, «x^iqoa 1 u BdtiMW Mb mmamr 
dupai» l«nr nDoontra , et ouiiîta iU «'appliquât laon praicca 
l'on i l'aatn m ohantuit^. 
Voici le sujet de la scène. Un Berger étoït attentif 

i. L* public eoiapreiiiit bisa qac l'indulgaaea lî nitucUeuMat rceb- 
mi* ici pir le p«»oiu»g« l'iMJt fui p*r l'acMor. Oa ■ t* louufau 
(p. a4i de 1( JtciScé) B>« i[BaI n«à I« prasian intarprâM, U Ctwiga 
•I Hlk Holiira, •'■c^aîllcrcnc de cotte partie ebintta de lean rttet. On 
troDTen loat la loag l'inlfre M aat piiufe Jet Eittréiiau gmtsmii qaî «n- 
aerae le eoaidien et la coaiidieane daai l'éditiaB de M. Holaod et 
dau li Ifeiiei dool H. tilasard Tbienj a fait prMder le Kigùln de la 
Grange (p. xm, note 4). 

a. DiBi d'aatrea piieei de Holière, pattîeBliéreBieat daaa la Sitilit; 
BOB* BTOnt Iiit remirqatr de* «emplai de cetta pnit* eaAwda, de es 
maniirei dt iitri lUrir. Ici l'emploi ea eit an pen diftirent, pires qa'ïl j a 
qDelqoai l pan pria de rlaiei. Il ne t'agiaeaii qoe de doBBer plaa de irai* 
Hsiblaïue i l'iaipcomptB. C'eM bien I tsrt qae lei idilîoBl de l683 et lÔgi 
[TOjrei d-aprèi) ont eorrigt la lùa iacoireela da «ecood **n, at partant 
aat raBplacé par dea tera régalien ceux dvntrirr^galaritia iti Tolosiaîre. 

3. ■ Jamaia je a'ai tu dcaa penonaei «tre •! eoateata Paa da Paaln. . 
{Dcm Jam», acte I, leine n, toau T, p. 93.] Poar cet emploi da aaKalia 
ane la motférttmai, nom aroni deni astrei fait eoeor* {toain m, p.3gi, 
nota I, at 711, p. 357, note i) raBTOjt aux Ltxiqua da U CoUaatiaa. 

(. Qai diiant lat ehoaei, sE pirlenl. (l6B3. gt-) 

S. Il a «ti dit l la ffoitra (p. a3l] qu e'eal pfobiUeswBt dn* k D-, 
B*rùva it Cigmrral da Thomei Comeill*, ou dtoe rongiaal i p faol de 
'"), queHoUère a pria l'idii de U nut da CUwN*. 



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ACTE 11, SCÈNE T. ]6i 

aux beautés d'un spectacle, qui aé &Î8oit que de coni- 
mcneer*, lonqu'il fut tiré de sou attention par on bruit 
qu'il entendit à ses côtés. Il se retoome, et voit un 
Ivutal, qui de paroles ' insolentes maltraitoit une Ber- 
gère. D'abord* il prend les intérêta d'un sexe' à qui 
tous les hommes doivent hommage ; et après avoir 
donné au brutal le châtiment* de son insolence, il vient 
à 11 Bergère, et voit une jeune personne qui, des deux 
^ui beaux yeux* qu'il eût jamais vos, versoit des larmes, 
qull trouva' les plus belles du monde. ■ Hélas 1 dit-il 
en hu-même, est-on capable d'outrager une personne 
H aimable? Et quel inhumain, quel barbare ne seroit 
louché par de telles larmes ? ■ Il prend soin de les ar- 
rêter, ces larmes, qu'il trouve si belles; et l'aimable 
Bo^re prend soin en même temps de le remercier de 
■M léger tervice, mais d'une manière si charmante, st 
tendre, et si passionnée, que le Beif;er n'y peut résister ; 
et chaque mot, chaque regard*, est un U^it plein de 
flamme, dont son cœur se sent pénétré. ■ Est-d, disoit- 
3, quelque chose qui puisse mériter les aimables paroles 
d'mi tel remen^ent ? Et que ne voudroit-on pas bîre , 
à qocls services*, à quels dangers, ne seroît-on pas ravi 
de courir, pour s'attirer un seul moment des touchantes 
doscenn'* d'une âme si reconnotssaate? » Tout le spec- 

I. <tm R>.»»r. (1734.) - .. Qui pu '<!<(.] pu,^. (.69*) 

3. TMt d'thotd, «MÎtAl, MMptltn bien •anircat rclcri* déjk. 

4. LlxMl do NU. (1683. M-) 

5. A^«udnial en >■ dirait ftdomiur, uii platit ûjligtr U chtiimtiU..., 
IMi^Bi Ton diaa mmiir U tkitinuM, On dit tr»-biiB • donim 1 qael- 
^^ ■•■ kfoa ■ dia* ■■ mm bim Toitim. 

•- Qm, de* plu boai 7<«i. ^l^'ii■) — 7- Qn'il tnwToit. (iet3, 94.) 
i, Wj [lâl ihlitiii {1674 P.] — N*; p«Dl rniiter : ehaiiiu mot ot ebiquc 

"1^. (i«75.) 
t- J«nûiH a biea plu A fana ici qu'an qnalqiui vitns ■■drniti [njc* 

«i iiMii. p. Ifli , »!■ 5), il ■ loU U Hu d'icta d'uiiitiBea, «ctw de dé- 

1. (16M. «.) 



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36a LE HALADS IHAfiinAIRE. 

ude puse ums qu'il y donne aoeiBie atUi 
il K plaint qn'il ett tst^ court, puoe ^'m £ 
le aspare de kid «donbk Berger*' ; et Aa* «atte pn- 
mière ne, de ce preiaier nomeM, il «mporu cbci loi 
tout ce qu'un amour de plnsiewa années peat avoir de 
plus noient. Le Toâà auisit^ i sentir li»u les maoK 
de l'absence, et il cfC to or nwnri de ne pins tcw ee 
qu'il a li pen vu. Il Ait toiU œ qu'il peut pour se t» 
donner «ette vue, dmt il ootwervc, nuit et jaor, on* lî 
chère idée ; mats la grande oontminte oii l'on timt n 
Bergère lui en Aie toBs les moyeus. La violence de ea 
pasnoB le fait résem^ à demander «d mariage l'adc»- 
raUe beauté sanslaquelle il ne peut pl«s vivre, «t il 
en obtient d'elle la pertnisnon, par nn Inllet qn'il a 
l'adresse de loi faire tenir. Mais dans le mêioe temp 
on l'avertit que le père de cette belle a ooneln bo« ■■- 
riage avec nn autre, et que font te diipoee pourra 
célébrer la céntmetue. Jugez qndle attciD%e croelle an 
cœur de ce triste Berger. Le voiUi aceablé d'nne nor- 
tellc douleur. Il ne peut soufirîr l'e&ojdile idée de vov 
tont ee qu'il aime entre lès bras d'un autre; et son 
•ntoar an désespoir lui fait troaver m^en de ^imtto- 
dnire dans la maison de sa Bei^ère, pour apprendre aes 
sentiments et mvmt d'elle ta destîoée à laqneUa il doit 
se résoudre. Il y rencontre les apprêts de tout ce qu'il 
craint ; il y voit venir l'indigne rival que le caprice d*an 
père «ppose aux tendresses de son amoar. Il le voit 
triomphant, ce rival ridicule, auprès de l'aimable Ber- 
gère, ainsi qu'auprès d'iuw conquête qui lui est a aau rt a; 
et eene vue le remplit d'une colère, dont il a peine à 
se rendre le mattre. Il jette de douloureux regarda sar 
celle qu'il adore ; et son respect, et la présence de son 



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ACTB 11, SCÂNE r. 363 

père l'empêchent de lui ries dire que des yeux. Miit 
nnfin il fbrae' icMte oontiminte, et le transport de ton 
amour l'obl^ à lu parler ainsi : 

B^U PJulis, cett trop, c'est trop tomffrir*; 
Rompons ce dur silence, et m'ouvrez vos pensées^, 
apprenez-moi ma destinée : 
Faut-il vivre j" Faut-il mourir P 

ÂITGÉUQaa rJpiHMl «1 ohMIMt' : 

fous me vejrez, Ttrcis, triste et mélancolique, 
Jux apprêts * Jk V hymen dont vous votu alarmex : 
Je lève au ciel les yeux, je vous ragarde, je soupire^ , 
Cest vous en dire assez *. 

I. D MnMM*. Oa > ra, M «a* 898 d* rÉMmnH, aa firi Boa moiM 
rt— ryble 4a aitae icrbc ; 

, , . . Oh I aulheiu qui ■< M {Mot faïaa '. 

1. CatM iadiotiaB «t la •oinaHMm^iwaKiudbwBduiréditbadi 1675 
qw Jmm nlUf ga'tMiwtra b ■<»• 4 d« U pag* 3Sg, 
3. BiBaPkilii,c'aM traptoaFBrir. (idjfP, 11,^.) 

~ ' ' 'eMBdel6S3,9t,qul 




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36( LE MALADE IMAGINAIRE. 

OuuB ! je ne croyoîs pas que nu fille fftt si babîle que 
de chanter ûnsi à livre ouvert, sans hésiter. 

dm ^ dau MidoM. Yoicl iua teMa, ot (!«• tùbm oat ili ooBiac* ) itt 
•en ngnlien da don» ou de hait ijlUbet j 

Ali I iBoû idonlkle matoe m , 
Hiilii, dau la mal qui m'oppraMC, 

D'aroir pbn ibiu f om <nit 

Je oe m'cb déindi point dis* eatia pose oiii^iua : 
Ool, mon abar Tinu, ja raoi aiaa. 

O pamla plâna d'ippa». 

Et qoi ma ndomiBi (nJMJM, i6(rt) ** «■ 

T'iHA tjÙB eatndna? Hàbil 
RaditatJ*, PUlii. que* ja n'aa doate pal. 

Oai, moB ehet Tir«ii, je todb aiiBe. 

D« gi*M, anr, Phllia. 



Cher Tirtii, je nu ai 

i-.pp«.! 



Diane eninti et redoutte lur ia terra et aar l'oadr. 
Et TOol nna, qai uni mut regardai toat It mamàe, 
Depnii qu j'ai l'honneur d'un n don entredea. 

Votre pouvoir eal grand, infiai, rattoutabla ; 
Hiia toDt «la q'cH riea qni ma Mt comparable*. 

Si la •oDTanir d'an rinl 

A mon repoa n'iloit bul. 
Ah, Mrili)! 

Aht rinù, douto-TODi dan flnmske? 
Qu'un rÏTiI que ja hlii ne troubla point Totn Ime 

Mail an para i m tcbux tou tmI iwajatdr. 

AnoiuQn. 
Ahl je mowTil, Tlnii, iTint d'y eoaMttir. 

* Qui Ht coupanhlc k mon bonhenr, on platM : iret qaoi ji 
ibtu na* companiiOB, qoi panr mol pAt étia Ffit^ a'ana 



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ACTE II, SCAN! V. 36S 

cLià.wn. 
Héltu! belle Phatt, 
Se pourroU-U que Camoareus TircU 
Eût OMsez de bonheur. 
Pour avoir quelque place dans ifotre cœur^ ? 

AHGéuQtlI. 

Je tte m'en défend» point dont cette peine extrême : 
Oui, Tircls, je vaut aime. 

CLJARTE. 

O parole pleine d'appât! 
Al-Je bien entendu, hélat * .' 
Reditet-la, Phltlt, que je iCen doute pat. 
argAliqos. 
Oui, Tircit, je vout aime. 

De grâce, encor, Pkille, 

AHGiuQDS. 

Je voue aime. 

cl£aktk. 
Recommencez cent fols, ne nous en laasez pat. 

ÀlieïuqDB, 

Je vont aime, je vout aime. 
Oui, Tircls, je vout aime. 



a d« joi«, Mtrqsi 



• d'iToir ■■! mtaada. — Da 
UEw/ ■'«■ pM ast ncUoutiaa iteiiHir— »«al pltiaUfa. Eit-oa tne aa toa 
AaHililt M dtrMgBilioii hfpoerita qa* doit étn proMiaei VUlail ^i 
«MHpafa* ■ tr)*->olciBtim • diu ■■ npOBM d« TiMab à Donaa (lu 
*■» l;S>, •« iTH ^ ton da pltU »tî»ttia qaa doit tO» dit sdut qai Meon< 
pi^me ■ ja U Tan biea • dui la npoMa do aitawln da fAmaar mUtia k 
LMJmda (acta Ul, acaM n, toae T, p. 3(9) 7 BUiuI a'««t-il paa platAt, 1 eei 
Itn dnajan nrdnlt*, l'aspraaauD d'aaa joia coatana? Il a'aal Bdaia pai 
•baalasaalaattaiaqa'ilMpuMaaTeir la ■<«• (eu id at dan la phnaa daa 

t r- mtagmififmi ralgrâ» tnaa TIl, p. (17, aoU 3. — Djm aatrapoae- 

ÉMIi« Ml «Mi poaaibla : < ài-Ja biaa Mtaadaf — HUail ndita»4a , 

«t alaia kitmtl l'axpUqanait aa paa difHwiat : fr fiiU, lU griet. 



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LB UAL1.DB mAGiHAlRE. 



DUux, roU, qui tout vosjdéds rtgtwdex tout le monde, 
Powex-voiu etmtptirw voire boithear au JvtMic .'* 
Malt, PhilU, ttttepeiuéè 
f^UiU troiAier ee doux trtouport : 
Un rival, un rival.... 

Âh ! je le hait plus que U morf; 
Et ta prétenee, ainsi qu'à vaut, 
M'est un cruel supplice. 

CLÉIRTB. 

Mais un père à ses vœux vous veut assuf'eltir. 

ÀNGKLIQUB. 

Plutôt, plutôt mourir. 
Que de jamais X consentir; 
Plutôt, plutât mourir, plutôt mourir. 

Et que dit le père k tout cela ? 

CLilNTK. 

Il ne dit rien. 

IKGAH*. 

Voilà UQ sot père que ee père-U, de soufinr toutes 
ces sottises-là sans tien dire. 

CLEANTE*. 

.Ahl mon amour,,,. 

AHGAN. 

Non, non, ea voilà assez. Cette comédie-là est de fbit 
nmoTus exein[de. Le berger Tîrcis est on impertinent, 
et la I>ergère Plîilis une impudente, de parler de la sorte 
devant son père.* MontreK-moi ce papier. Ha, ha. Ob 
sont donc les paroles que vous avez dites ? Il n'y a U 
qae de la musique écrite ' 7 

I. A>»ur, «» «sUn. (1S75.] 

■■ CxÂttm, naa t m U emUnaeràeènltr. {fjH.) — ). JAm gH ifm. {IHd.] 

4. Jl l'y ■ rira «fafk q« d* h MMlfM. 



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ACTB II, SCiN£ r. 367 

CL^Aim. 

Est'-ee qae toos ne am-m. pM, Mamîeiir, ^'on a 
xi m ni d^mii peu riDvmlioD d'écrire les panlat sTec 
Im iMtes mcmea? 

ARGAK. 

Port tneo. Je suis TOtre serviten*, Monsiear; jusqu'au 
rcToir. Nous noos ■•nons bien panés de mtne imperti- 
nent d'opéra', i 

ciiiifim. 
J'ai cru tous divertir. 

ÀB6A11. 
Les aoUisesDe divertissent point. Ah! voicima femme. 

SCÈNE VL 

BÉLINE, ARGA.N, TOINETTE, ANGÉLTQDE, 
MONSIEUR DIAFOmUS , THOMAS DIAFOIRUSV 

ABGlIt. 

Mamoor, voïli le fils de Monsieur IKsfoinu. 
THOMAS DIàPOIHUS oanmoice vn etmjiimmt qa'il *vo{t JtndU, 
M la mtmo in * loi Bmqnant, H n* pmt U e«atiiin«r. 
Madame, c'est avec justice que le Gel vous a con- 
cédé te nmn de belle-mére, puisque l'on T<Ht sur votf« 
visage.... 

Monueur, je suis ravie d'tov venue ici à propos pour 
avoir Ilwaneur de vous voir, 

I. Dm TBta Mt spirm ! eoBpirct ci.J«iM>, p. 3i4> au 1' mrai, M 
*>!<», p. 3tt, >!»•(. 

*. sciNB vn. 

liun, imcuv, AMoiLiQurn, ■. Diiroiao*, 
noB*! MiMiMO», Toinm. (i;3(.) 

L IkOBâi DuiwBvi a— twi» U Ftcit iTm» mmplimt»! fm'll am't ila- 
JU, ^Êii U mimmn, «ta. (1S7S.I — CMti iadÎMtMa b'm pM iliM Ua 
MirfM«^i«34C,74P,Sn,t3.M, 1334. 



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368 LE MALA.DB IMAGINAIRE. 

THOMAS DIAIOIBDS. 

Puisque Ton voit snr votre visa^.... puisque ]*oo 
voit sur votre visage*.... Madame, vous m'avez inter- 
rompu dauB te miliea de ma période, et cela m'a bon- 
blé la mémoire*. 

MOirSIBCR MÀF01RU9. 

Thomas, réservez cela pour une autre fois. 

AECAN,. 

Je voudrois, mamie, que vous eussiez été ici tautM. 

TOINBTTB. 

Ah ! Madame, vous avez bien perdu de n'avoir pranl 
été au second père, & la statue de Memnon, et à la fleur 
nommée héliotrope. 

Allons, ma fille, touchez dans la main de Monsienr*, 
et lui donnez votre foi, comme i votre mari. 
ARciuQtrc. 
Mon père. 

AR6À1I. 

Hé bien ! ■ Mon père » ? Qu'est-ce que cela vent dire ? 

AHCiuQUB. 

De grâce, ne précipitez pas les choses. Donnez-nous 
au moins le temps de nous connoître, et de voir nattre 
en nous l'on pour l'autre cette inclination si nécessaire 
à composer une union* parfaite. 

I, La nou : > poiiqu fan voit *ar *oti« *!(*(• *, ma «m* pM tl| [lr 
dtsi lu Mitiaot da 10^4 C, 7t Pi 75, 8o, 81, jH- 

*. TbwBM DiiCninu Mt eiwHe Pctit-Jcan, in PUUêmn, qu, nHA h 
nlLen di m période, dit [wi SSC «r 687) : 

Oh! pODniBoI Bclai-II m'i-l-i] iBUTTOMpar 
le H dini plu riea. (ffsta J^Jm/m:) 

1. ■ ToOl lamiri qBaJïTooidoBnc...; iUmu, tiMShai-ludiBi la ■«!■, • 
dit M. Jondun k ai filla (dau l'aTani-danik* aciaa do Mm 
lilhommi). Et CbrjMla laSBa da nrfn» Haariatt* I Uiod* (•■ 
MCDB n da l'aala HI dai Ftmmai larmnltt] 1 

Olai M |>at \ loBchaa k HoBaiaar daat U sai 
, (. Ob dntt aaioatd^al i < .... pouryinMp ^a ai 



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ACTE II, SCâNB VI. 3<9 

THOHU SMFOIRUS. 

Quant i moi, MademoiseUe, elle est déjà toute née 
en moi, et je n'ai pas besoin d'attendre davantage. 

AUGÉLIQUS. 

Si VOUS êtea si prompt, Monsieur, il n'en est pas de 
même de moi, et je vous avoue que votre mérite n'a pas 
encore fait assez d'impression dans mon âme. 

ARGAK. 

Ho' bien, bien! eela aura tout le loisir de se faire, 
quand vous serez mariés ensemble. 

AHGÉU9UB. 

Eh ! mon père, donnez-moi dn temps, je vous prie. 
Le mariage est une chaîne oii l'on ne doit jamais sou- 
mettre un cœur par force ; et si Monsieur est honnête 
homme, il ne doit point vouloir accepter une personne 
qni seroit à toi par contrainte *. 

TBOH43 DUPOIKDS. 

W^go comequentiam*, Mademoiselle, et je puis être 
bonnête homme et vouloir bien vous accepter des mains 
de Monsieur votre père. 

ANG^LIQDB. 

Cest nn méchant moyen de se faire aimer de quel- 
qu'un que de lui faire violence. 

THOHÂS DIAFOIRUS. 

Noos lisons des anciens*, Mademoiselle, que leur 
eoatume étoit d'enlever par force de la maison des pères 



lomcVIU.p.iSi). 
I. H.. {1683.94-1 
1. Ob peat eoapinr dini le rAls d'Hcnrictt* (k II ttitu I de I'mM V in 

]. > Ja ni* la couétiBBOce. > 

4. Aa Kjcc dn iBciciii. Vojn l'mtidt De dani l« UxifUi ds 11 Col- 
ImiiiP : du* cehi dt la Imgat lit Mmihirbe, à i3*i diai celui de Cv 
■n'Ht. lirai I. r iTi. H'irinl ilnmirr leneité; dm oloi de A«ciM,à4*i 
de U Mnyift, i S'; di Jtmi Ja Siripti, \ i*. 



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ijo Ll MALADE IMAGINAIRE. 

1m filles qu'on m«iuMt marier*, afin qu'il ne semblài 
paa qn« ce fiU de leur conaenlement qu'elles convo- 
loient dans les bras d'un hooune. 

AnGBLIQm. 

Les aBoiens, Monsieur, sont les antàens, et nous 
sommes les ^ns de maintenant. Les grimacea ne smit 
point nécessaires dans notre siècle ; et quand un mariage 
nous plaît, nous savons fort bien y aller, sans qu'on 
nous y traîne. Donnez-vous patience : si vous m'aimez, 
Monsieur, vous devez vouloir tout ce que je veux. 

TBOMAS, DUVOUVB. 

Oui, Mademoiselle, jusqu'aux* intérêts de mon amonr 
exclusivement. 

llfCBLiqtJB. 

Mais la grande marque d'amour, c'est d'être soumis 
aux voloutés de celle qu'on aime. 

TBOHAS SUFOiaUS. 

DUttttgm', Mademoiselle : dans ce qui ne regarde 
p«nt sa possession, concéda'; mais dans ce qui la re- 
garde, nego*. 

TOIMKTTE *. 

Vous avez beau raisonner : Monsieur est frais émoulu 
du collège, et il vous donnera toujours votre reste. 
Pourquoi tant r^ister, et retnser la gloire d'être atta- 
chée au corps de la Faculté ? 
bAlink. 

Elle a peut-être quelque inclination en tête. 

Si j'en avois, Madame, elle seroit telle que la raisou 
et l'honnêteté pourroient me la permettre. 

1. Toja IB chapitra n du Uttc a it la dli aitijKt, pir M. PMttl it 
CodiBfM, p. 44-4S ■* p- 4S- 
•. iiuquiiu. ((6740, 74 P, jS, 80, «3, 94.) 
), ■ !• dUtiagae, > — t. • Ja U csneUa. > — 5. * J« 1* aie. ■ 
e, Tam*n, à jKgilijia, (ijH.) 



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ACTE II, SCéNB Vh S71 

Ouais! je jone ici un plaisant personnage*. 

SRLIHI. 

S> j'étois que de tous*, mou fils, je ne la forcerois 
point i se marier, et je sais bien ce que je ferois. 

ANGÂLIQUk. 

Je sais, Madame, ce que voua voulez dire, et les 

bontés que vous avez pour moi ; mais peut-être que vos 

conseils ne seront pas assez heureux pour être exécutés. 

B&uin. 

Cest que les filles lùen sages et bien honnêtes, comme 
vous, se moquent d'être' obéissantes, et soumises aux 
volontés de leurs pères. Cela étoit bon autrefois. 

AMGiUQVK. 

Le devoir d'une fille a des bornes. Madame, et la 
raison et les lois ne l'étendent point à toutes sortes de 



BBLIHS. 

Cest-à-dire que vos pensées ne sont que pour le ma- 
riage ; mais voua voulez choisir on époux à votre fan- 
taisie. 

Si mou père ne veut pas me donner un mari qui me 
plaise, je le conjurerai au moins de ne me point fm-cer 
à en épouser un que je ne puisse pas aimer. 

AaGAN. 

Messieurs, je vous demande pardon de tont ceci. 
Chacun a son but en se mariant. Pour moi, qui ne 

I. Vm fkJMiBti»! p*noBMgt. (16S1 ; hâta iridm*, qiw b* îditlMM ni- 
nMM b'oM pM itprodBiis.) 

•. Fd^ f toar, qai rrrim ncan plu loia (p. 4o3 «t ta3), boo> itou 
41^ («nojrt d^4u*m (p. iSg, ut* 4) tn ton VIII, p. 467, note a. 

Md'«M «hoM ridjiol* d'Are, . . : To^n toBM tV, p. 437 



D.nt^zedbïG00g[c 



3i\ LE MALADE IMAGINAIRE. 

veux UD mari qne pour l'aimer vériuUement, et qui 
[«étends en faire tout l'attachement de ma vie^ je voos 
avoue que j'y cherche quelque précaution*. Il y en n 
d'aucunes qui prennent des maris seulement poor se tirer 
de la contrainte de leurs parents, et se mettre en eut 
de (aire tout ce qu'elles voudront. 11 y en a d'autres. 
Madame, qui font du mariage un commerce de pur ia- 
térêt, qui ne se marient que pour ^gner des douaires, 
que pour s'enrichir par la mort de ceux qu'elles épou- 
sent, et courent sans scrupule de mari en mari, pour 
s'approprier leurs dépouilles. Ces personnes-U, à la vé- 
rité, n'y cherchent pas tant de façons, et regardent peu 
la personne. 

b£lihb. 
Je vooB trouve aujourd'hui Ihcu raisonnante*, et je 
vondrois bien savoir ce que vous voulez dire par là. 

ÂNG^UQUK. 

Moi, Madame, quevoudroiB-jedireque'cequejedis? 

bAlihe. 
Vous êtes si sotte, mamie, qu'on ne saaroitpltu vous 
souBrir. 

Vous voudriez bien, Madame, m'obliger à vous ré- 
pondre quelque impertinence; mais je vous avertis que 
vous n'aurez pas cet avantage. 

BBLINE. 

Il n'est rien d'égal i votre insolence, 

1. Qatj'j cherche pncaottoii. (|CS3. g4.) 

a. Biam cd hamcur it riiwaaer : le mot dilTèn 
raùauHmii, qù miTqMriiit plu l'hibiia 
Mns toujsun rutODaule. Kl crojei pu qw je 
•aOBcr laUBt que tou Toodrici itcc la aidceiK.... QanBd ja r 
bien Dbâiuaals et pca niuMsaBEa, ja Tm* rccomuiltrai pow •■■ SUt. m 
(If • cxua dei Littrti à Ftbltue tt amx nligùutit Jt r»Umy Jt riiaarn ) 

3. Qua *ODdnia-ja dire d'antre que...) TOjei Idbm Vt.p. (o3, aoM t,at 
p. Si9, nota 5. 



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XGTE II. SCÂN8 TI. 3?^ 

AHCILIqni. 

Non, Madame, voua avez beau dire. 

BÉLIHB. 

Et VOUS avez un ridicule oi^aei), une impertiDeate 
piésomplioD qui fait haasser les épaules à tout le moade. 

AHGÊLIQUB. 

Tout cela, Madame, ae servira de rien. Je serai sage 
en dépit de vous; et pour vousftter l'espérance de pou- 
voir réussir dans ce que vous voulez, je vais m oter de 
votre vue. 

laciN. 

Écoule*, il n'y a point de milieu à eela : choisis* 
d'épouser dans quatre jours, on Monsieur, ou un con- 
veat * . Ne * vous mettez pas en peine, je la rangerai bien*. 

BÉLINB. 

Je suis fâchée de vous quiuer, mon fils, mais j'ai une 
affaire en ville, dont je ne puis me dispenser. Je re- 
viendrai bientôt. 

Allez, mamour, et passez chez votre notaire, afin 
qu'il expédie ce que vous savez. 

Adieu, mon petit ami. 



I, SC£llE via. — IBCIH, BMUSK, m. MAtOIBU», THMiM M»nM>V*, 
- AiMII, it ÂagUifat fui terl, 
'■ (173* ) 

'■{«65* P.) 

I. Sw ràaitm d* c* mol, Toyw ei- J em. p. 3«i. note 1. 
(. AMélim.. N.. (17H.) 
5. i« la raagvrmi bian à lom dvToîr I 

Q faut ine TJgacar nnpr Ici jcoBU g«ti>. 

(Van lUl d< rÉeele iei/tmma, tama III. p. 17a.) 
Linri, aa mM Eiiioim, I*, tila égilamsat nn ncmpl* Ae DaBCoan : 
Vaal bilaa •> tria-brara pèra 
De nB|ar an Gli Ebarlis. 

{Lu XmfmaU dt Pmii*, 1704, •ett T. nèae t.) 



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374 LE MALADE lUAGINAlRE. 

AXGAM. 

Adieu, mamie. Voilà* ane femme qui m'aime.... cela 
n'est pas croyable. 

MONSIEUR DIIFOUUS. 

Nous allons, Monsiea^, prendre cong^ de vous. 

ÀBCÀIf. 

Je vous prie, Monsieur, de me dire un pen comment 
je suis. 

■ONSIBUR DUFOIRUS loi Uta h pooli*. 
AHons, Hionias, prenez l'autre bras die Monsieur, 
pour voir ai vous saurez porter on bon jugement de son 
pouls*. QttlddicU*? 

THOHIS DIAFOIIItlS. 

Dico que le ponts de Monsieur est le pouls d'un 
homme qui ne se porte point bien. 

MONSIBDR DIIFOIBUS. 

Bon. 

THOMAS DIAPOIKUS, 

Qu'il est duriuscule, pour ne pas dire dur. 

I. SCtNE IX. 

«BOAS, M. oiiroiMDi, thomai Ditronv*, Torrans. 
Voili. {1734.) 

1. C« jw da letM B'cit pu dnu 1m Mitloni At 1674 C 74P, So. 83. 
94.) — M. Duronua, lélait U ptmlt iF Arga». (1734-)— ■ Ouic nuBol 
idcTOjablc, dit Hinriea Rajniad (p. 3S «t M), la plopirt d« èlêrn n- 
rinianl an baacalaaréal ubi.... avoir jamaU m ua HnJ mmUJt. Aton «n- 
lameat ili étalant loppoïc* eapablei da le bire avec profit, n* a'altaclwMBl 
\ an doctaur, qa'iU HtÏTaîvnt daai aei nitle^i at qui lea întrodiûaaît d^ai 
(a elianlile, i pan pria eomina cala la pratiquait disi raBeinBC Ron. 
Oi «Dit d'ici rineommodité, l'ipparail p4daM«qne et pritfadcm d« » 
(JMcoie, qui traniEonBait •anrant la cbaabn d'u> paaira paliant en aaa 
•aile de eoitr*. Sappelo-Tooi let deu Oiabinu p^ et fiU, ■'iuullani 
(Aacun k un bt» da nalada at diauruat 1 lui faire perdra la tte^... Toal 
mIi «t eopii d'aprn Batare. • 

3. L'onhagrapbg da ce mot ait, dani noi aaeianasa édidoBa {■S7(-9(, BÛe 

4' ■ Qn'eB dû-Ia? ■ — A U riponar de Tbonai, Mw, > ja dia. > 



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ACTE II, SGANB T1. 375 

HOfSIBOB DIÂFOnnS. 

Fort bien. 

THOMAS Duroisra. 
RepODssaDt. 

HONSniFR DIAFOIRTP6. 

Bote'. 

THOMAS DIAPOIRUS. 

Et même un pea caprîsant*. 

HONSIBCB PIAFOIBCS, 
THOMAS DIAFOIfttn. 

Ce qui marque une intempérie * dans le parmckfiru 
apUnique*, c'est-À-dire la rate. 

MOX8I£UR DUFOIKVB. 

Fwt bien. 

ABCAH. 

Non : Monsieur Pai^n dit que c'est mon fbïe qui est 



MOlfSIBtIB DUPOIBOS. 

Eh ! oui*: qui Aa parenchyme^ dit l'un et l'autre, i 



JÊt Hmiimtin «a citaU ce puiage, capricantf dani la Uita de ij3t, egfrim 
fuf, oiniga tmtofritaitt ina cdal dg 1773. • Puait cM/riêMml, dit liuii, 
pooli qaî, iatemapa ■■■ BÎliaa d« M dlaMols, I'icImtc CBMdta trte prM- 
pititiaa. — Étymologic : ba*-latln cafrïmt, de eapr; (bim, ■ mu doots 
■jnt 6a» mo»T*maa» de ckÎTn. LiUri lionU qu'om dit laHi nfrûmiU, 
BÛ wr la tBolm toi, « Hmblt, d'èdidou pa iiitontin da HoUàh. 

4. > T « T » « d'utÙBoa raédceioa, dit Litiri : manTiiaa emulitalioD du 
WaMndxocpi. >PIiuloiB, tlaicàuT deTictein (p. 410}, M. Pargoa 

a paat Jagar 1 leoi laipga at k Icari raiioiueiiiciili, àtiiint imba* too* 
am nÉdcciaj de Molicrc, nont rcnrofou de nontcHi lu p*g« da Haariu 
tayuad isdtqaia* tona V, p. 3a6, nota 1 , et d'oi aoiu aTom, toma VII, 
p. 174* Bota 3, tin oiM dâfiaition da la caeothjmù, 

5. Pmtmilijmi, t liiiB ]a«pr( anx Tiicèra*, et, parlkslièremnit, loi 
argiaw (Undsleai. • {i>ùii«jutr< it LUtrJ.) — SfUm^aa, ■ qoi appar* 
ticM, qtù a nppon à la rïte. > (/Aûbni.) 

S. Et obL (1730,341 id at Mplligaai plu bu.] 



D.nt.zedbïGoOglc 



S76 LE MALADE IMAGINAIRE. 

cause de rëtroite sympathie qn'îla oDt ensemble, par le 
moyea du vas brève du pylore, et souvent des méait 
cholidoques^ , Il vous ordonne sans doute de manger 
force rôti ? 

ARGAH. 

Non, rieo qae du bouilli. 

HOHSUUa niAFOlRUS. 

Eh! oui ; rôti, bouilli, même chose. Il vous ordonne 
fort prudemment, et vous ne pouvez être en de meil- 
leures mains. 

Asour. 

Moasieur, combien est-ce qu'il faut mettre de grains 
de sel dans ou œuf? 

I . • fml irêH, MOU piminnit Utini, qai iàigatex dd Tiiuaaa ntsé au 
fond d> l'ntoiBK, M >îui ippctt i iiiue 4e h briireié, de Ma p« de 
loBgunir, • (WeM lAMgtr.) — Pjlori, • oiifica droit ou Infùienr d« l'c*- 
tonua, par où Ici alimvnu paaint daoi le duodcDiiiD. > (Otefiinaair» dr 
LiUrd.) — La niât* (oa MBddU) ebolédoqoat Tenant la bile dama la dno- 
denain. Viu do mot grée doat tiolidoqua aat li tranicription ilait pro- 
noncé i par une partie dei hellénlitei (Tojtei ci-dcuoi la Hconde partie 4a 
la mate 3 de la paga 144), et da 11 eelU fama de eJtoliJcqmei qa'anploir 
H. Dlatoiriii, attachi en tout anx plu incicBiui traditiau. — Aoger Hp- 
poaa qna H. Diafoinii na donne cette prétendue explication an malade, 
qui B'a pu trOBTi la dia([nMliB da Tlioitaa* d'accord a*ee tdai de H. Par- 
fOB, tpu par ifard pour celaFci, 1 
mariage da acin fila, oa parce qu'a 
■ parmi la moïkda >, 1« méoegenenta poiitïquet «j 
H.Pilarin (kl* aeina i de l'acte m de r^tfauv mAbeU '}. 11 Mt pl« mi- 
a^blaUeqDela neu doetaor Teat eonnir sn iogcBst an p«a priâpîti «la 
jeune lieeneit et mettra en pratique un dai comili qn'oaait doaawr ^pi«*- 
aérneat i lai diieiplet l'aoeieB maître de l'art, < eet iapadeal Aiaaad Ai 
TiUenmTa • dont parla Tietor le Clerc dani Isa Oinoan «r CitmlitUurti 
»K Fraitttau quaicrtiimë liidt*:* La Mptiéaia préeauion «M d'aa ange 
pteiqae uaiTcnel. Ta ne Mur» peut-être pai ce que diaou TariBa qaa la 
Tiana d'euminer 1 dit tonjoara : Uy a thtlrmtiwK aujti: Si le aut^a ti- 
pond : ffiH, Matirt, t'ai à U ttit gt j'ai mal, bltc-toi da ripliqaer : CtU 



< ZXrr (it6ij de PBùttir, Uaifin 



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ACTE II, SCÈNE TI. 377 

MOnSnUR DUFOIXOS. 

Six, huit, dix, par les nombres pairs; comme dans 
le» médicaments, parles nombres impairs*. 

ARGÀIf. 

Josqu'aD revoir*, Monsieur. 



SCÈNE VII'. 
BËLINE. ARGAN. 

BBLira. 

Je viens, mon fils, avant que de sortir, vous donner 
avis d'nne chose à laquelle il faut que vous preniez 
garde. En passant par-devant la chambre d'Angélique, 
j'ai vu un jeune homme avec elle, qui s'est sauvé d'a- 
bord qu'il m'a vue. 

AaeÀN. 

Un jeune homme avec ma fille ? 

BEUHE. 

Oui. Votre petite fille Louison étoit avec eux, qui 
poona vous en dire des nouvelles. 

Envoyez-la ici, mamour, envoyez-la ici.* Ali, l'ef- 
frontée ! je ne m'étonoe plus de sa résistance. 

t. HfBii EttUasa, dnu M» Dûamn memilltmx d* la rit, actiamt et M- 
ftr umtn l i J* Cadunué dm fUJicit. ninê min (15:5. p. 5), Bou ippraiil 
lecDDUni • d'ordeonET Iti pildl** «o aombte <■- 
mène ebote émoM la ehabïtrc uini. âèik Boirramt 



•kÉ. du IJR* □ (lOB* m, p. i5B| : • Je UiH* h piR lu aomb» impair de 
bvi pilaiH, h dotiiutioD da MiUlu joiin «t (tut de l'inmàc, la diitiae- 
!■■■ du himm i otaillir Im ImHmi di leur* ingndtaali.... • La Mcoad Hé- 
étâm àa Mtmmmr Jt Ptmmaagiut pmlt pràfèm <■ Boabn iaptud'am* 
bfM pl« ■bMhw ocsn {tamt YU, p. 976-177}. 

3. KtBB X. <t;34.) 

4. Stml. (/WiM.) 



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376 LE HALA^DE IMAGINAIRE. 

SCÈNE vni. 

LOUISON, ARGAN*. 

LODISOIf. 

Qa'est-ctt que vous voulez*, mon papu? Ma belle- 
inaman m'a dit qae vous me demandez. 

ARGAn *. 

Oui, venez cà, avancez là. Tournez-vous, levez les 
)'cux, regardez-moi. Eh '. 

LOUlSON. 

Quoi, mon papa? 

AKGÂH. 

Là'. 

LODIBOir. 

Quoi? 

ARGÂIt. 

N'avez-vous rien à me dire? 

LODISOR. 

Je VOUS dirai, si tous voulez, pour vous déseuDoyer, 
le conte de Peau d'âne*, ou bien la fable du Cor- 

I. SCÈNE XI. — MOAH, toiiiioii, (t;34.) 
1. Qa'«l-ca qot ton ms Taiilei. (m^m.) 
3. Aksi>m, lai montrant fa dnigt. (1675.) 

l'icte I de CAfort, tome VIF, p. 71, id f miol. 

rault, laaia il toit dam la tradition orale, at bien d'auma que Holiërc n 
oui parlé aTant l'innéa i69(, oA l'iulcur falar dai Biiuira as «•■IH lU 
itmpr paaé (impriinMi m 1696 M 1697) publia, 1 part, la Tcnin qai m 

•Utu le chapitra nu de la l" partie du Raman cami'fiH de Scutob (i65i, p. ^^ 
rie rédilion de M. V. Fournel] , et as liTre [[' iu FlrgiU frmrtMlUn aavlw 
/rtqatt (1660, p. 7J); dani la DîaertalU» de Boileaa nr Im Boncfle d* />• 
<»ilJa(l66S, S*aIiMéa];diD>/ePiwwrfM/«t/«(dela Fontaine (litre Vm, 
1G7R, fable IV, Tara 67]; daoa la Ion» & (i6ga, p. ia6> ia. PmmllUt de 
Perrault. Et il cal lott improbable que ce tu la deraiàn dea Noanlleadt 
nou teocare dei Pirien qui adt Uiiaê on li long Honnr. To« U 1* M la ti> 
.■c< /.ellrfr de WalcLenan iv /« eemlti dt fiei (tditii» da isSl, IMda0. 



D.nt.zedbïGoOglc 



AGTB II, SCÉR£ TIII. 379 

^u «f du Renard, qu'on m'a apprise depuis peu'. 

ÂRGAK. 

Ce n'est pas là* ce qne je demande. 

u>aisoir. 
Quoi donc? 

AauK.. 
Ah ! rosée, vous savez bien ce que je renz dso-. 

LOHIMN. 

Pardonnez-moi, mon papa. 

AHCAir. 

Est-ce li comme tous m'obéissez ? 



Qooi? 

1B6AH. 
?îe vous ai-je pas recommandé de me venir dire d'a- 
bord tout ce que voas voyez ? 
Lomsoif. 
Oui, mon papa> 

Akcin. 
L'avez-vous fait? 

LODISOn. 

Oui, mon papa* Je vous sais venue 'dire tout ce que 
j'ii vu. 

AKStK- 

Et n'avez-vous rien \m aujourd'hui ? 

LODISOX. 

Non, mon papa. 

I. On Toii par a piuigc qae l'on »>!( drjl 1* coutume da mctcrs mira 

Oitt ba» doQtc hîcP aiM de rappeler lei oiiTi-igei de iod jimî eu MuTeoïr 
de Ml ipceiaieiin. (iTnu fA*gir.) Le Cible du Certes* it J* Hmard eil, 
«*Bac OB ail, la Hcoode de e« pramiet reenciL 

1. Ce n'eil pel eda. (1734.] 

1. tina Mm* bh ttite*, mm, nu aceord deramt l'infaitlt : toj ei plu* 

fci«.p.îO.»oU4. 



D.nt.zedbïGoOglc 



38o LE MALADE IHAGinAIRS. 

ÀMGÂM. 

Non? 

LOVISOM. 

Non, moD papa. 

IRGAH. 

AssurémeDt 7 

LounoN. 
Assurément. 

Oh çà' ! je m'en vais vous faire voir quelque chose, 
moi. 

(U n praodn ont poignéa di rarga*,] 
LOCUON*. 

Ah! mon papa. 

IRGAK. 

Ah, ah! petite masque*, tous ne me dites pas que 
volis avez vu ud homme dans la chambre de votre sœur? 

L0W180». 

Mon papa . 

IBGAlr. 

Voici* qui vous apprendra k mentir. 

I. Otfl, (1734, DuiDOB 1773,) Vaja ei-dcum, p. sgl, aote 5. 

s. jLb liau da e« mou, la éditiaiu di i6;( C, 74 P. 75, 80. S3, gf amu 
troii lifBH i^iu hiul, ipù Ancuii, cani-d : • Il fmul mut ftigait dt 
rergt,. . 

3. LouisoN, vox"" •"•! peignée ic rtrgei ja'Argaa a iti ftmJrt. (17S4.} 

4. I Maigua eM luui une injnra qu« 1* panpls dît »■! ftiaDei poar Uw 

ftmiBia. > {DtelÛMaairc de FAceiimia-, édition de 1761 : en l6gt, a 171S 
et an 1740, l'Actdimia araic otnii la reprocha da miliK qncpcBt rsalnBCi 
et qae reoferm* ici te mot.) • Eo praraD^al, dît M. Adelplie Eipag»e (p. 11], 
ea mot ligniGc toata ÎDdmduilité cnVn juta, mccbute, déugréihlc, •■ na- 
plemant raiIidicoK..,. On dit d'un hosuBc eDaujeiii : QHHta mmteml... 
D'un* penoBOe (àchaïua et importuna os dit aurore, ta tngocdoàn : 
Quaitia mxicen'lia/ • Pour rétjmologii, Tojai la DKtiomamrt Jt lÀUti ksi 
dcaK «rticlct Hiaiim. Molitra a déjl emplojâ le mol, 1 p«ii prct tamm» 
ici, dini le mu i'tffrmiie, malieieutc, u Ten 336 d« SgmmantU {tami II. 
p. 19c) : 

L* miMjitc edeore «prit lui fût eitilili ! 

5. LoimoH, pinraal. Mou p«pi. taatm, fmvU Jiamùet par U Int. 
Tmei. (ij34.) 



D.nt.zedbïGoOglc 



ACTB II, SCÈNETIII. 3«i 

LOCnOIf M jette i genoos*. 

Ah! mon papa, je vous demande pardon. C'est que 
ma scenr m'avoit dît de ne pas vous le dire ; mais je 
m'en vais vous dire tout. 

ARCAN. 

It faut premièrement que vous ayez le fouet pour 
avoir menti. Pnîs après * nous verrons an reste. 



Pardon, mon papa. 

ABGIR. 

Non, non. 

LOVISON. 

Mon paovre papa, ne me donnez pas le fouet. 

AKGAN. 

Vous l'anrez. 

LOtlISOH. 

An nom de Dieu 1 mon papa, que je ne l'aye pas. 

ABGAIf , U praniDt poor 1> toaatter*. 

Allons, allons. 

L0U190N. 

Ah ! mon papa, vous m'avez blessée. Attendez : je 

sais morte. (E11< ocMitiefiit U morte.) 
AKGàN. 

HoU ! Qu'est-ce là ? Louison, Louison, Ah, mon 
Oien ! Louison. Ah ! ma Slle ! Ah ! malheureux, ma 
pauvre Slle est morte. Qu'ai-je fait, miscrahle? Ah! 

I. Ca j«B ^Mime et la nlTaDt sa Mat pai imnt la* Mitloo* de |67(C, 
7(P, Sa, S3, 94: la prarniv aaBi{Da anui dam l'éditiiin de 1675. — St 

1. Fait fit, <^i HTiaBl noubra de foii daai ealte Méaa, s'cliit pai 
aa [iHiiaaaiaii enbatiB oa papolaira) oa IrouTan calti laewioa dan* Ici 
U^^mtr da Mmtl-rt* at da CimUU, *t LiCtii l'a raeiHiUia daw la tradae- 
■iaa (fiiu pu Oanalkr Et tb* piT l'antear} dn Réfomiet de DaKarti* «u 
âtamdtt ttjacti^at (£a de Paitide 47]. 

J. Amu Im/rtadfomrla/emtiur. {1675.)— Abus, foaJaiil U/cututr. 



D.nt.zedbïGoOglc 



36» LE MALADE IMAGlNAiaE. 

cbiennes de .verges, l^ peste toit des Terges ! Ah ! ma 
piQvre fiUe', nu pauvre petite Looiaon. 

L0UI80II. 

La, la*, mon papa, oe pleurez point tant, je ne suis 
pas morte tout à fait*. 

Voyez-vous la petite rusée? Oh* çà, çà! je* vous 
pardonne pour cette fois-ci, pourvu que vous me disiez 
bien tout. 

LODISOIf. 

Ho ! oui, mon papa. 

ÀBOàR. 

Prenez-y bien garde au moins *, car voili nn petit 
doigt* qui sait tout, qui me dira si vous mentez. 

LODUOH. 

Mais, mon papa, ne dites pas à ma bœut que je tous 
l'ai dit. 

AKCAH. 

Non, non. 

LOCISOM*. 

C'est, mon papa, qu'il est venu un homme dans la 
chambre de ma sœur comme j'y étoîs. 

ÀRGÂH. 

Hé bien ? 

LOTIISOK. 

Je lui ai demandé ce qu'il demandoit, et il m'a dît 
qu'il élmt son maître à chanter. 

I. Ab! mi panrra fiUa, mi pinfn Ella. (1734.) 

a. Voja ei-d«wui, p. ioj, nota 3. 

3. Ja M Hu pai aneon «orta Isat k f*It. (i6}5.) 

(. Or. (1734, mail bob 1773 : eoBO* ci rlaMin.p. Ï80, nota I.) 

5. Ob^lji. (1674P.) 

6. Sur toniM eha*n. Ob IrouTa dai oMOfln d'aa maùutjMal ca M« 
dau la aatna i~ da Dem Jmait (tona V, p. 84), duu b i" Mix de 
l'icM a do Bemrgtit jan'UMim* (toa* VIU, p. 66 : TcfM à II aoU 3 et 

• p>ga). at dau U acia* zn da l'acM UI da la mtma pcc* 



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ACTE II, SCftME 7111. 383 

UHÏAIf. 

Hon, bon. Voilà l'af^ire.* Hé bien ? 

LOVnOK. 

Ma sœur est venue après. 

lRGl,lf. 

Hé bien ? 

LOCFIBOir. 

Elle lui a dit : « Sortez, sortez, sortez, mon Dieu ! 
sortez ; vons me mettez an désespoir. » 

Hé bien? 

I.OOIS01T. 

Et Ini, il ne vooloit pas* sortir. 

ARGAK. 

Qa*est<iCe qu'il lui disoit ? 



n loi disoit je ne sais combien de choses. 

laoàH. 
Et quoi encore ? 

LODiSOK. 

n loi disoit tout ci, tout ça*, qu'il l'aimoit bien, et 
qu'elle étoit la plus belle du monde. 

ABCAN. 

Et pnis après ? 

Louison. 
Et pnis après, il se mettoit à genoux devant elle. 

AR0A5. 

Et puis après ? 

LonisoR. 
Et pois après, il lui baîsoit les mains. 

t. Hm. boa. «te. A Limita». (i7S4.) 

a. Bt M, il M nwtwt pokt. <i«74C, 74 P. ïS. S». 81, »tO — Bl loi 
>i .Mloil pM. (1730. 3*.) 
3. TmI «Mi, toM Mk, M (Mi al mU. 



D.nt.zedbïGoOglc 



384 LE MALADE IHAGlIfAIRE. 

kAGkV, 

Et pais après ? 

Et puis après, ma belle-maman est venue à la pcvte, 
et il s'est enfui. 

Il n'y a peint antre chose ? 

Lonisoif. 

Non, mon papa. 

ÀRGàN. 

Voilà mon petit doigt pourtant qui gronde quelque 
chose. (Il met Km 4<rigt à ion oïdllc*.) Attendez. Eh I ah, ah! 
oui ? Oh , oh ! voilà mon petit doigt qui me dit quel- 
que chose que vous avez va, et que vous ne m'avez 
pas dit. 

i/yvnoK. 

Ah ! mon papa, votre petit doigt est un moiteDr. 

ÀKCAN. 

Prenez garde. 

LOVISON. 

Non, mon papa, ne le croyez pas, il ment, je vous 
assure*. 

I. Ca ]«■ da «cèDa n'ctt pu dtu le* éditiou de 1674 C, 74 P, 7S. So, 
SI, S4' ■">■■ P'"* V '** ^'"X iiii*iiit« de Mt *ete. — MtUaiU nu dcigl è 
^oreUU. [1734.) 

9. • Il f a, dit Goethe diu ealle de lei Caatnatiaiu maeilliei par 
EekermlDB qui est indiquée ï li Calice (p. a35, note 1), BAe KsiH [et 
Malade Imaginaire) qui, toutei lea [oii qn« je lia 11 pièea, ow KBbla !■>■- 
joura le ajmbole de la parfaite eoniuiiuBee dea pinehet Ub aalre 

par la petite Loaiion, tout aimplemenl et tout de auita, ea qui l'eal paaaë, 
et tout était fini, Hiia quelle TÎe, quel effet dau tout se q«e Holîère îa- 
Tanle poor retarder cet iatcrrogitaire!... Enfin loutae raconta penkpem.... 
Liiei cette leéne, pénétrei-Toiu it ta nieur Ibéllrala, et lona anHerei 
qu'elle contient plui de Icfoni pratique! que toutaa Ici tk^rie*. > — Um 
note de H. Ead. Soulis aignalait ici, eonma objal da rappro^emeat, la 
teéne-i de l'acte V de VAagtlica, eamidi* de Fabrilio de Foe«ii, impH- 
aéa k Paria (iSS5} pendant le iéjoar de ti Hoope det Candet eaayMeaii, M 



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ACTE II, SCÂNB VIII. 385 

ÀRSAH; 

Oh bien, bien! ooas verrons cela. Allez-voue-en, et 
[weaez bien garde à toat : allez.* Ah ! il n'j a plas 
d'eofants. Ah! que d'affaires* ! je n'ai pas sealemeat 
le loisir de songer à ma maladie. En Térité, je n'en 
pais plos. 

(U M ttmM dm u «hakt*.} 



SCÈNE IX •. 

BÉRALDE, ARGAN. 
BiaiLSK. 
Hé bien I mon frftre, qu'est-ce ? comment vous por- 
tez-Tons? 

IBCAH. 

Ah ! mon frère, fort mal. 

làRÀLDE. , 

Comment ■ (cm mal > ? 

ARGAN. 

Oui, je suis dans une foiblesse si grando, que cela 
n'est pas croyable. 

1 U^Mlh Halilr* ■ fiîl dm «mproBU d* ittàt dut U leiaa ir d* 
Faoto IV d« FÉiturJi [Inma I, p. ao5 et ao6). On pnt natantoar ■■ allH 
«Hn U MiM de Falnitio da FiHiurû «t «lit d* Moliin, mos pour l'art 
■(•■ li^Bil alla aoat coadaitM, pani I* tititi d* rabHmtiaa, pou la 
■aIBnl (à «t ifard d)« wat trop iaigiUi paor ftrc companu), ■■!> 
paar It Hj«t, b (itewioB, aac ecrtaïa* reneBkbUace. L'tBtear-actaBr ita- 
li«B a ■■»■* riatarrofitoin, bob d'iac enfant, vaii d'oi* jaaakMrtanM 
^m Tint d'An tâaMia d'ona reacoatra «aonnaM ; aprii qualqa* riaii- 
taw», «Ua tait à ta mallTaïaa, toat d'uaa kilciaa, u Mcic aaaai dhaillé, 
■MU Moina niU qa^il >a Tait wa* dMta 4|d daaa aa prscil-Taibal jadi- 
cÎBÏTc. U MHÙt diBfeil* d* psaaaar loin la àtatioB d« et taxta iulÙB, «t 

>! A tMt. Ak! qaa d'aflàim! [iSitC. ji P, ;S, 8o, 13, MO 
3. n t* Imtt -miw Jmmif di*if.ltjH.) 
t. acCHK u. iOidtm.) 



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(M LE HiLLADB IMAGINAIRE. 

Yoilà qoi ett fâcheux. 

AKGUf. 

Je n'ai p«> seulement la force de peavoir parier. 



J'^Is Tcna ici, mon frère, tous proposer un parti 
pour ma nitee Ang^Uqne. 

tSGAH, pariant areo mportaneot, M Mleraat de la A»Sm. 

Non frère, ne me parlez point de cette coquine-là. 
Cen mie friponne, une impertinente', ane efl&ontée, 
que je mettrai dans un eonvent avant qu'il soit deux 
jours*. 

B&KÀU». 

Ah ! ToiU qui est bien : je suis bien aise que la force 
TOUS revienne un peu, et que ma visite vous fasse du 
bien. (A çà' ! nous parierons d'afiaires' tant6t. Je vons 
amène ici un divertissement, que j'ai renccmtré, qui 
dissipera votre chagrin, et vous rendra l'âme mieux 
disposée aux choses que nous avons à dire. Ce sont des 
Égyptiens*, vêtus en Mores, qui font des danses mêlées 
de chansons, où je sois sâr que vous prendrez plaisir ; 
et cela vaudra bien une ordonnance de Monsîeor Pur- 
gon. Allons. 

mr DU SECom Acra*. 

I. Un* ntu : n>jn ei-deuoi, p. 3^1, nota {. 

a. Toajoan cajamli mIm b eoniqna M li mi, qûnMU&ilTBÎr Ai^a. 
oabHaBt qa'il B'ea pant plai, n^atar de* manveagati et pooncr da 
Mail da toû qol nlgiat U plni gnnda ligueur, (ffaw J'Amgtr.) 

3. Or fk. (1734, aubwMi 1773'} ▼oja «-deanu, p. >g3, natc S. 

t. D'i&be. [i67(P.} 

5. Daa bohimlai». Toj« toma Vin, p. ii5, Mta i . — Ceit onc tmopc 
4a ouaqoat qna Mralda ■ miionti^a par Ici nici i i) l'igil d'os diirilim 
MBl da carnani conma t«n U Ctrimonu fiula 1 Tojrea ei-*prn, p. 43(, 



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SECOND INTERHÂDE. 



SECOND INTERMàDE. 

Le htt0 d« Hilade ùnapiuin) Inî amène, pour Id diTerttr, pln- 
•ienn Ég^ieni M Égjptiennet, TCtiu en Horat, qui font de* 
danae* entremélëM de chanioD* *. 

PBIXliRB FBMIIK IIOKI '. 

Profitez* du printemps 

De vos beaux ans, 

Jlmable jeunesse; 

Profitez du printemps 

De vos beaux ans, 

Donnez-vous à la tendresse. 

Les plaisirs les plus charmants, 
Sans Vamoureusv flamme^ 
Pour contenter une âme 
N'ont point d'attraits assez putssanU. 

Profitez da printemps 
De vos beaux ans, 

I. A Ihrwtfmifiiu da joue. (lirret de t6;j.) — • Qui fiitt 4*t Juuei 
mtUéidrtimtmi. (l67iP.) 

9. Saivaat U pirtitiaB prÏMiitiTe de atmrpeatiïr. ona osTertnra iutn- 
•emtib Ml laBgiirile billet ■ceompi^iit rfair^ Ai Morei. Pnù Tsuiaot 
le* dunoB, dsat 1« ritOBrn«Uca itmcDt mm Joate deuém. — Un diMu 
{Mlle Msanat, pnmUn noBBé*] ahanUit, leitroii loii <in<il otk dire, et 
pmdarcovplet •crr'inldeTefniB. Dam autrei daim (Mlle oaHBCHardj 
et MXU Hnina, Meoad« et troiiifaie noBinén) chaatiirat nceeMÎireBaat 
le* oMpIcti 'Lei plaitin tel plu ehtmaaUi M < Ifa perdra paiat >. — 
Sw I« riloamelle* ilietiiiiit (ne le ehmt et ht Ici ealre* lin de ballot, 
le eet inHmèda, royra ta denier 




origZail, 1 la Gi de 



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388 LE MALADE IMAGINAIRE. 

jtltnahle jeunesse; 

Profitez du prUOempt 

De vos beaux ans. 

Dormez-vous à la tendresse. 

Ne perdez point^ ces précieux moments : 
La beauté passe. 
Le temps Ce/face, 
L'âge de glace 
Fient à sa place, 
Çal nous ôte le goût de ces doux patte-temps. 

ProfUex du printemps* 

De vos beaux ans, 

Aimable jeunesse; 

Profitez du printemps 

De vos beaux ans. 

Donnez-vous à la tendresse. 

BKCOHDB FUfHI HORS*. 

Quand* d'aimer on nous presse, 

A quoi songez-vous ? 
Nos cœurs, dans la jeunesse, 

N*orU vers la tendresse 

Qu'un penchant trop doux*; 
V amour a pour nous prendre 

De si doux attraits, 

I. N<tMnlai p<u. (Pirtilîoa d* Chirpaalùi «t Lintlda i5t4.) 
s. Cb MKiBil ntoDr dm nfrùs •« moi* itmi l'Uitlaa it 1614». 
S. La qnitrilBa noniaiM («t alla I'mI, plu lois, d'à m«B J'haMwa) im 
Il parlitii» primitin 1 la ponoanage itait Kpi fa aal* par Pouaia, ajaM u 

i. HBDiKB mmtu B» UUS(. 

Daim lUë Égyfliau <( i— Ég^tUunii. 
Un £snna>. 
Qaind, (ij3«.) 
S, lai finit in» la cbaal oaa prtnUra wvfiAm, qu Mt 1 twUtm ifari f 



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SECOND INTBRHÂDB. 389 

Que de sol, tans attmdre, 
On voadroU se rendre 
A se* premitrs traits : 
Mais tout ce qu'on écoute * 
Des vives dmUeurs 
Et des pleurs 
* Qt^U rtotts coûte* 
Fait qu'on en redoute 
Toutes les doucetirs. 

TKOISlll» FBMHE MOU*. 

// est doux, à notre âge\ 
D'aimer tendremaU 
Un amant 
Qui s'engage : 
' Mais s'il est volage. 
Hélas! quel tourment! 

QUATEI&Ill FEMME HOIB*. 

V amant qui se dégage 
N'est pas le malheur j 

La douleur 

Et la rage, 
Cest que le volage 
Garde notre cœur. 

SECONDE EBMHS HOEE*. 

Quel parti fant-U prendre 

t. TMlMqB'watnd ncuMr. 

1. ■ Et (la* pliBn qa'il Bou coéci ■,«)■> vd nn, diu Im 4dUi*M 
i» ttjS, Ba, gt, 1734. 

3. IVipiii la panitiaii, la aacoad dtau, lalla qai a ebnti U ■aend 
coaplM da loadaaa • L« plaiair*.... • — PanilBa nmn ■«>■. (LiTrat 
é. ,B7*.) 

t. ToUaataadoDcoui. (Â PSgjrpiimM:] n mliomK, i fllU^tga.^l^3^.) 

5. Dama h partitiaB,<a eoapltlaat dosai ■• troûièma d«Niu, k «•)]« qal 
a dît la ttoiiifpia nprÎM da raadaan • N« pardei paiat..., • — TaomkMB 
mon maw. {linat da 1674) — LtoTmuna. (nJt.) 

6. Im i|matri*BM dau la partilim, la baBtt-BontTB qui I ehiBti U ncood 



ibïGoo^lc 



390 LB HàL&DE IMAGIHAIBE. 

Pour no* Jetmet ceewt? * 

QUATIliMB^ Fmm HOU*. 

Devons-nous noat y rendre 
Malgré ses rigueurs? 



Ouij suivons ses ardeurs. 
Ses transporu^ ses caprices, 

Ses douces langueurs*; 
S'il a quelques sappUcet, 

Il a ctml délices 

Qui charment les eeears *. 



ENTRÉE DE BALLET. 

• Uore* daiiKiit ememUB, et tout tant 
qu'il* ont amenëi btcc eux *. 



s. Le Mconii dnHU daai II putitîiia. — Ssconn temxe : 
Unet da iSjt. — L*ea>téta Mt omii duu l'iditlaB de 1674 P. 

3. L'ÉaTrau. Qiul puti, eta. L'£«rninm. Fiat-D uu 
St tuT ■« doBEtBii? Ltarrran. Daroai-aoïu, etc. Tom 
Ool, aalTou n* uprie**, Sot dooeat !■■(■£•», etc. (ijSt.) 

4. Toisi comaiau M dUaiut Iw patiil« d* «t neiinilili 
itaui, • Oui, *aiTDBi • ; Im Bamta-tantn, i H» mhm » ; I* 
■ Oai. HiiTau ■ ; U Trnnims ibuu tl U Hmtttt-taun, ■ M» 
pntl > ] Ui Traii, toBt le rerte «t uu lasaM ripitilioB. 

5, Qai ehwBBU le» eoan. — Emuiu mu Uê Jfawf /omi <lm jt 
L* tUàm tkamft tt r^riMtmu U mtmi ckamin. (Llmt 4e 1674.) 
— D. aimiia db — ■" 

'" ^tXF''*'* >' ^KT/'tM"*' Jaiuau it /tatt Me. 
fie Je ntoiti ùutr mUi . (i^U- 




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ACTB m, SCÂNB I. 



ACTE III. 



SCÈNE PREMIÈRE'. 

BÉRALDE, ARGAN, TOINETTE. 

BÉRÀLDB. 

Hé bien ! mon frère, qu'en dites-vous ? cela ne vaat-4l 
pu bien une prise de casse ? 

TDIMrTTI. 

Hon*, de bonne casse est bonne*. 

Ob ^* ! vonlez-vouB que nous parlions nn peu en- 
semble ? 

ABGAir. 

Un peu de patience, mon frère, je vais revenir*. 

TOIKBTTR. 

Tenez, Mousleor, vous ne songez pas que vous ne- 
sauriez marcher sans bâton. 

AHGUf. 

1^1 as raison. 

I. A la MÎM da> Buti : Sein ruiulai, on lii cMt* lou diM l'Uitùa 
<U i6Sa, dont noai luiTom le tni« : Cn aeu miùr «Wi foliU, Jtiu la 
iiUJmM ftéeàUMM, J4 la jn» dt M. Maliirt, U nid, réutU nr Cari-' 
pmmt lU rrmttmr. — Hou nDTOjsBi k VAffeitiiet (p. (5S-i>l) la trol- 
■ciM KM, tel qu'il > été iaiptîiiiB duc l'éditioa de 1O751 dent 1* t«M 

tlonda 1674 c, 74 P, So, >3. 94. Toja pto* btat, p. 3ii, )« ditMt M I* 
Sa de II sMel.elp. 3i8, li note 1. 
». B«. (.j3*.) 

3. • Cette ^nM, dit km^et, «ft demie pronrbe. • 

4. Oi t», (1734, Mtia BOB 1773.) — TojŒ ei-deuu, p. 193, Mte 5. 

5. lloani Âl dm ordoauMe* de H. Pargoni I* nrtit d< U Niai Ob 
de rwM I ■ M mtiTia de Btae. 



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39» LE HALADK IHAOINAI&E. 



SCENE IL 

BÉRALDE, TOINETTE. 

TOIMEITB. 

N'abandonnez pas, s'il vous plaît, lea int&%U de TOtre 
nîàce. 

J'emptoieni toates choses pour lui obteoir ce qu'elle 

souhaite. . 

TOIRETTI. 

Il faut absolument empêcher ce mariage extrava- 
gant qu'il s'est mis dans la fantaisie, et j'avois songé 
en moi-même que ç'auroit été une bonne affaire de 
pouvoir introduire ici un médecin à notre poste*, pour 
le dégoûter de son Monsieur Purgou, et lui décrier sa 
conduite'. Mais, comme noua n'avons personne en main 
pour cela, j'ai résolu déjouer un tour de ma tête. 

Comment ? 

TOiifrm. 

C'est une imagination burlesque. Cela sera peut-être 
plus heureux que sage. Laissez-mot iaire ; agisses de 
votre c6té. Voîct notre homme. 

I . Un nidscbi qui isit i notre coui 
fiit TOMrqatr Teiprctiioa dini le e 
p. 5*, MM 1). 

a. Pour lui tUeitr.,., ponr dieriar lapril d* loi, 
niltr*.... 5* MHAiJta, Il coadoila da M , Pnrgoa, Il u 
la eoadail, e'mt-k-ilire le tntti et goDTcrae, 



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ACTE III, SCàltB III, 3g3 

SCÈNE III. 

ARGAN. BÉRALDE. 



Toaa Toolez bien, mon frère, que je tous demande, 
mot toote chose, de ae vous point échauffer l'esprit 
dus notre conversation. 

ÀKCAir. 

ToiU qui est Ait. 

De répondre sans nulle aigreur aux choses que je 
poomî vous dire. 

ARGIH. 

Oui. 

■6raldi. 

Et de raisonner ensemble, sur les affaires dont nous 

avons i parier, avec un esprit détaché de toute passion. 

ABGUI. 

Moi Dieo! ooi. Voilà bien do préambule. 

■ftaiLDB. 

D*où vient, mon Irère, qu'ayant le Lien que vous 
avez, et n'ayant d'enfants qu'une fille, car je ne compte 
pas la petite, d'où vient, dis-je, que vous pariez de la 
mettre dans nu couvent ? 

ARCiN. 

D'oà vient, mon frère, que je suis maître dans ma fa- 
mille pour faire ce que bon me semble ? 

BÉHAU». 

Votre fgmme ne manque pas de vous conseiller de 
voas défaire ainsi de vos deux filles, et je ne doute 
point que, par un esprit de charité, elle ne f&t ravie de 
les voir tontes deux bonnes religieuses. 



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394 LE HÂLi-DE IMAGINAIRE. 

imciir. 
Oh çà* ! nous y Toici. Voilà d'abtml la p«une fîenune 
en jeu* : c'est elle qui fait tout le mal, et tout le moade 
loi en veat. 

Non, mon frère ; laissont-la là : c'est une femme qui 
a les meUlem«s intentions dn mond^ pour votre bmiUe, 
et qm est détachée de tonte sorte d'intérêt, qui a ponr 
TOUS une tendresse merveilleuse, et qui montre pour 
vos enfants une afièction et une bonté qui n'est pis 
concevable : cela est certain. N'en parlons pmnt, et 
revenons i votre fille. Sur quelle pensée, mon frère, 
la voulez-vous donner en mariage au fils d'un méde- 
cin? 

Àac&if. 

Sur la pensée, mon frère, de me donner un gendre 
tel qu'il me faut. 

■iaiLDS. 

Ce n'est point là, mon frère, le fait de votre fille, et 
il se présente un parti plus sortable pour elle. 
laciN. 

Oui, mais celui-ci, mon frire, est plus stntable pour 
moi. 

' ' BiaiLDB. 

Mais te mari qu'elle doit prendre, doit-il être, mon 
frère, ou pour elle, ou pour vous ? 

AaSAIf. 

U doit être, mon frère, et pour elle, et pour moi, 
et je veux mettre dans ma famille les gens dont j'ai 
besoin. 

1. Or<l.(i7Î4.] 

3. Mil* ■■ Jia, néU* k calH iBiir*. HaUn qaalqm'Ba •■ JM, ^nt hi 
l*ir« jonar Hii nUe, 1* compraiacUT*, couM*, par aguapl*. lon^a'^ F*^- 
«■la de qodqoa wapliciti. * EUa me dit.... qaa h BruTÎtlian ■MMIl 
Uni d> Boada ni jaa. > f^mt à* Sltîgai, tSjO, taaaa IT, p. ïo(.) 



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ACTE III, SCâHB in. 3^5 

BÏRALDI. 

Par cette nison-là, si votre petite étoit grande, tous 
im donneriez en mariage un apothicaire ? 

Pourquoi non? 



Est-il possible que tous serez toujours ' embëguisé* de 
vos apothicaires et de vos médecins, et que vous vou- 
liez être malade en dépit des gens et de la nature ? 

ABGÂII. 

Comment l'entendez-vous, mou (rin 7 

BiRALBX. 

J'entends, mon frère, que je ne vois point d'homme 
qui soit moins malade que vous, et que je ue demande- 
nMs point une meilleure constitution que la vAtre. Une 
grande marque que vous vous portez bien, et que vous 
avez un corps parfaitement bien composé *, c'est qu'avec 
tous les soins que vous avez pris, vous n'avez pn par- 
venir encore à giter la bonté de votre tempérament, et 
qne vous n'êtes point crevé de * toutes les médecines 
qu'on vous a fait prendre. 

1. F«Bt-îl «Toira que Tool Krei (ai^DHn...7 PhUanto Chidc* ■ raboa 

iiiJiMii. lUt-il, qa* <Ubi le hcobiI maiabre de U iB<m* phnw, Molitrc 
■aploii k wbjsKlif. > Il bai dire e«pead«nt qn* e* fnhir, l'il ait aon- 
mûa k ru«f«, md !■ pauéc itic pliu d'iiiBtitade. La nbioBctif uiEi 
W t « t. îl ut Tni, I Burquir na xtmpi k noir; v«it je! jm nxM ttyii 
MM / tir i Mnil pm poar râqaiialcnt de fw mu lofet mtan al ma iJpoD- 
*nl paÎBt t la paâia da Siralda. Si Mollira l'ait Miri du «alqoDclifdami 
W dasier Baabn d* phniaa, c'«l qne It îl «inTBaait leol aa hu. 

•. Ob a TB, 1 k KàBc m da l'icta III du Btmrftaii gtmtiUummt [iDna Vm, 
f. lO^i^atiiBMi asploféiaTac camtiBa lant d'aaf/f^, eaf^[aBgoBt),daai 
■M ttrma TÉSieliia : > Ca beaa Honiiaur la aomta dont niu tsm haa am- 

3. Caaautaâ. ■ Il a'ait point de eoipati bwa eompaak, qa'naa diaaare 
■al airia a'appoita qaalqae altiralioa 1 kor uali. • (HalliaAe, lomaD, 
f. 3jJ.] — • AToir Toalu dilniin aae ai belle aaatâ et bu BaoUa* n 
Mm wip a i i c (Une de Sàn^aé, tome V, p. 199.) 

4. t* qa* aoli* awiMBX, *otra «arpa ka l'ett paa iMnn crari, r—pu 



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396 LE U1.LADB IUAGIN1.I&B. 

AUUH. 

-Mais MTCz-TOUB, mon frère, qne c'est cela qui me 
eotuerre, et ({ne Monsienr Piii^n dît que je sucooiDl>e- 
roù, a'il étoit seulement trois jours sans prendre soin 
de moi ? 

bArâlde. 
Si Toas n'j preoez garde, il prendra tant de soin de 
TOUS, qu'il vous envoiera en l'antre monde. 

Hais raisonnons un peu, mon frère. Vous ne croyez 
donc point i la médecine ? 



tïon, mon frère, et je ne vois pas qne, pour son saint, 
il soit nécessaire d'y croire. 

ARGAN. 

Quoi ? voua ne tenez pas véritable une chose établie 
par tout le monde, et qne tous les siècles ont révérée ? 
bAraldi. 

Bien loÎQ de la tenir véritable, je la trouve, entre 
nous, une des plus grandes folies qui soit parmi les 
hommes* ; et à regarder les choses en philosophe, je ne 
vois point de'plus plaisante momerie*, je ne vois rien de 
plus ridicule qu'un homme qui se veut mêler d'en gnéiïr 
an autre. 

iRGAK. 

Pourquoi ne voulez-vous pas, mon frère, qu'un 
homme en puisse guérir un autre ? 

par l'iSit à»...,Crner n'* probiblimcat p« îd I* uu où, duu n IkraBr, la 
pmd ArgiB nn b Bu de li Kcna [p. 40}). 

I. • SeinuILu. Coinmnit, Uoniinir, tou fcn anin impû ea mU»- 

riu? DoM Jdah. C'eat une de* fnndet ernnn qui Miit panai Ici ' 

(Am Juan, acte III, aeciu i, tom* V, p. i3&.} 

>. Tninptrig, comidia, bn«. L'ÀcadaBia, «n 1691. aprà avoir aplii|Bt 
le Bot par nuwnvWa, pull par lUgniniHail d* HMlinÊtim, ajout* 1 *I1 acdit 
■uMÎ daa choan coDcartiti pour bira rira, m d'un jet joui pour (roaipra 
qatlqR'oB agriablamaol. Cail sim rlaUmaé innuri*. ■ 



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ACTE III, SCANE III. 397 

Par la raison, mon frère, que les reports de aotre 
macbine sont des mystères, jusques ici, où les hommes 
ne voient goutte, et que la nature nous a mis au-derant 
des jem des voiles trop épais pour y connoître quelque 
chose. 

ÂRCÀN. 

Les médecins ne savent donc rien, k votre compte ? 
bAealdk. 

K fait, mon frère. Ils savent la plupart de fort belles 
homanilés*, savent parler en beau latia*, savent nom- 
mer en grec tontes les maladies, les définir et les divi- 
ser; mats, pour ce qui est de les guérir, c'est ce qu'ils 
ne savent point du tout*. 

Maïs toujours fiint-il demeurer d'accord que, sur 
cette matière, les médecins en savent plus que les 
autres. 

bAuldb. 

Ils savent, mon fi^re, ce que je vous ai dit, qui ne 
guérît pas de grand'chose; et toute l'excellence de 
leur art consiste en nu pompeox galimatias, en un spé- 
âeax babil, qui vous donne des mots pour des nisons, 
et des promesses pour des effets. 




*aBM 4'(kn, qat planan OM m la ■anin ans aa n 
W i^priB«r ■■ Tfaitobla (Mhct pan»— «1. Si i^ pariar de* aaltra*, il 
«M sMl» ^a la* hwWMlH itaiiat aaltÏTiaa mlmx qa'dla* M Paot jtuau 
M Aydi. rai U, pov ma part, >• (iml Himbra de iblMid* Mtt* Jpaqw, 
M jt fn Mrma qa'aUai tam* p t w q i toatn à'nm lalbirf irripnwbablw. • 
3. iJMHIwtia npprfa ici •« aot ila MsataigH (la dia^n xzn du 
Um 1" tm Mnatê, tu^ I, p. 177] : ■ Ik toiaohiwt biaa GtBaa, ■■» 



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39B LE MALADE IMAGINAIRE. 

AKCAI*. 

Mou enfin, mon frère, il y a des gens aassî sages 
et anssî habiles qne tous ; et nous voyons que, dans la 
maladie, tout le monde a recours aux médecins. 
BiaiLoB. 

C'est une marque de la foiblesse humaine, et non 
pas de la vérité de leur art. 

laCAH. 

Mais il faut bien que les médecins croient leur art 
véritable, puisqu'ils s'en servent pour eux-mêmes. 

BÉaiLDK. 

Cest qn'il y eo a parmi eux qui sont eux-mêmes 
dans l'enenr populaire, dont ils jHrofitent, et d'antres 
qui en [mifileat sans y être'. Votre Monsieur Porgon, 
par exemple, n'y sait point de finesse : c'est un homme 
tout médecin, depuis la tête jasqu'anxpieds; un homme 
qui croit à ses règles plus qu'à toutes les démonstra- 
tions des mathématiques, et qui croiroit du crime à les 
vouloir examiner*; qui ne voit rien d'obscur dans la 
médecine, rien de donteiu, rien de difficile, et qni, 
avec une impétuosité de prévention, une roideur de 
confiance, une brutalité de sens commun et de raison*, 
donne au travers des pulsations et des saignées, et ne 
balance aucune chose*. Il ne lui faut point vouloir mal 

t. Cm ncdcciu qui emumtiiia la faminti Jt Uar Jaettiiu rt la rfi. 
daignait pour leur lervire n'oml pu éti oublie* p ~~ ' ' 

pitre zum du lirri II, ob I'od pcnt croire qu'a 
tiEé* l'opnioa qnc Bsnkl* l'etc propoii da ■ 
(TajB tome III d« fudù, p. 175 «t 17e}. 

9. Qai Terrait du crime 1 le* Toaloir eumiaer. La lUma tnar «t ibu la 
D911 Sanche de Coneill* {ta tcfi 141D, loms V, p, ^•fi) : 
Et j'il cm moîni de crime 1 paraîtra iofidàl*. 

3. Dm bnitalili de ce qn'il «ppell* tau eouiniiB et nina, aae brvta- 
lïti dani raffirmation ou J'applieatioii dai principal qu'il croît racottADa par 

4. D ■'aumiM plu ria>, u t'ante k mmsm objactiBa. Moliàn ■ éqk 



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ACTE III, SCÂNK III. ^q 

de tout «e qu'il ponira voob Itùre ; c'est de U meil- 
leure foi do monde qu'il voua expédiera, et il ue fera, 
en voiu tuant, que ce qu'il a fait i sa femme et i ses 
cn&nts, et ce qu'en un besoin il feroit à ini-mÂme'. 

C'est que vous avez, mon frère, une dent de lait 
eontre lui*. Hais enfin Tenons au fait. Que faire donc 
quand on est malade ? 

Rien, mon frère. 

Bien? 

BBRtLDI. 

Rien. Il ne faut que demeurer en repos. La nature, 
d'elle-même, quand nous la laissons faire, se tire don- 
eement du désordre où elle est tombée. Cest notre 
inquiétude, c'est notre impatience qui gâte tout, et 

tmjlitji ■■■(! ttlaitetr KtinmaDt dan Cmrgt DaaMii (tOMa VI, p. S]S). 
— VùnpilmatiU it friremuit, !■ rviJtiir de eanfiaact. Il brmtalilé Jt umt 
tumummu il ië raimi qui cinetiriMDl ici*M. Pargon rappellent i Aogtr 
^Mljaai Iraiu qui pcigaasE TriiiotiD 1 pen prit da la ménanaaUn dasi 
ù portrait qa* Doraata fait da lui {à la fin da la leciia in de l'acte 1 d« 
Ftmma immutei, Tm 3S3-i55) : 

Celta iairipidilÉ de boane opinioa, 

Cet iodolaDl état de eonSuee eitriiM.... 
I. Cm Mml h fait U l'idée qne le» plai forien ■dl'enaim de l'and- 
■MM Biaieat dd donner da aoa piinelpal paitiaas, !• eélèbra Gaénaalt, 1 bb 
|raad Bambre da coatemponiiu. Vniei comment Cal Pitin parlait de Isi 
daM 8M kttn* ; • Je Tien* d'appreadn (éerit-il le g arril iS55, tnoie II, 
f. i63 cl iSf) qM Caénadt brigne la pbcc... Cet faamne n'a Iobi >oa 
«■■r qmli raifeat;... il n'a preaqae plaa petioBne lai de M bsiille : il an 
a tué la plupart arae iob aatimoîne, nerau, femme. Ella et deu gndiea, ■ 
Et asBonfant H nort en 16S7 {tome UI, p. ASi] : • ADJoard'liai.... ce 
10 aai, eat bor h Suat-Cennain U. Gaénaalt d'une apoplexie : Diea n'a 
fMpcnDÏa qne I* tim émétique la «auTÉt, lai qui autrcfoii <■ ■ taat Iné 
■T*e «• poiaon. > 

a. Attir tau Jtmi aaUrm fnutqm'an, e'eit lai en rooloir, être tonjoan dia- 
pnai k la «tordra, h le dcehinri iweir wu lUiti ii lait coatr* qtitqu'm», 
rfeet «vir eoatrc loi ona lialne aneiesoe, nne baina qui remonta au joura 
itranfinnt. {SitiJmfB.) 



D.nt.zedbïG0Oglc 



4oo LE MALADE IMAGINAIRE. 

preique toas les bommea menreiLt de leon remèdes, et 
non pas de leurs maladies*. 

ARGÂK. 

Mais il faat demeurer d'accord, mon frère, qu'oo 
peut aider cette nature par de certaines choses. 

BâiULDX. 

Mon Dieu ! mon frère, ce sont pures idées, duit 
nous aimons i noos repsûtre ; et, de tout temps, il s'est 
glissé parmi les hommes de belles imaginations, qœ 
nous venons à croire, parce qu'eUes nous flattent et 
qu'il aeroit à souhaiter qu'eUes fussent véritables. Lors- 
qu'on médecin vous parle d'aider, de secourir, de sou- 
lager la nature, de lui âter ce qui loi nuit et loi don- 
ner ce qui lui manque, de la rétablir et de la remettre 
dans nue pleine facilité de ses fonctions ; lorsqu'il tous 
parie de rectifier le sang, de tempérer les entnilles et 
le eervean, de dégonfier la rate, de raccommoder la 
poitrine, de réparer le foie, de fratifier le cœor, de ré- 
tablir et conserver la chaleur naturelle, et d'avoir des 
secrets pour étendre la vie à de longues années : il 
TOUS dît justement le roman de la médecine. Mais quand 
vous en venez k la vérité et à l'expérience, voua ne 
trouvez rien de tout cela, et il en est comme de ces 
beanx songes* qui ne vous laissent au réveil qae le dé< 
plaisir de les avoir crus. 

imcAif. 

C'est-à-dire que toute la science du monde est ren- 
fermée dans votre tête, et vons voulez en savoir [4as 
que tous les grands médecins de notre siècle*. 

I. • Tant d« pBUU b umg ei, c 
tSBt d* tonatÊ de fouir qui aoB* ippoctcM h 
TDÎr ■BBliMxr leHT TÎolaDca et importaulé. * 
cbtpiira xm, ton* IT, p. ifS.) Tojn « 
b pft io3, oii* latra eiuiioa dg Hootiifst. 

9. CoBOM ds beau m^m. (17S4-) 

3. Orps dit d* Biw k CUuM («M /, j> 



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AGTB 111, SCÈNB-IIl. 4oi 

Dans les disconrs et dans les choses', ce Bont deux 
sortes de personnes que vos grands médecins. Koteo- 
dei-Ies parler : les plus habiles gens do moqde ; voyez- 
les Sûre : les plus ignoiaDts de tous les Iiommes. 

ÂRCIlV. 

Hoy* ! Vous Ctea un grand docteur, à ce que je vois, 
et je voudrois bien qu'il y eût ici quelqu'un de ces 
Messieurs pour rembarrer vos raisonuemeDls et rabais- 
ser votre caquet. 

BBRILDE. 

Moi, mon frère, je ne prends point à tâche de com- 
battre la médecine ; et chacun, à ses périls et fortune, 
peut croire tout ce qu'il lui plaît. Ce que j'en dis n'est 
qu'entre nous, et j'auroîs souhaité de pouvoir tin peu 
vous tirer de l'erreur où vous êtes, et, pour vous di- 
vertir, vous mener voir sur ce chapitre quelqu'une des 
comédies de Molière. 

l.kClN. 

Cest UQ bon impertinent* que votre Molière avec ses 
comédies, et je le tiouve bien plaisant d'aller jouer 
(rhoanêtes gens comme les médecins. 

BéRALDB. 

Ce ne sont point les niédecius qu'il joue, mais le ri- 
dicule de la médecine*. 

Oai, Tnu) <tci UH claatE un docLenr qu'on ttrkrt ; 

Toal la uvoir dii monda ait chai tout relira. [Hait J'Amgtr.) 

l*Mtn |»r CliuBdr* •■ nn laSI d'i Femnui laninué. 
«. OmI.! (.730. 33. ÎJ.)Voj«ri-.|irn, p. 410. «Ole a. 

3. O» BiliTiù qui ne «il ca qu'il dîi, an grand iol pluiùi aneore qo'an 
iHalnl : t'til u malarUi tara le damjar mot d'Argan, al ea at lo'* qu'ana 
radiu, «spliqiuml biaa la KBt i'impttiiitrni at à'imptninenct qui. dini wu 

4. Âagar rappaU* ià ma piMagi> de Mosiiilgneempranlà t « ebapitn szxvn 



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4M LB MALADE IMAGniÀI&E. 

Cest Um i hri A fairt de se mêlar* de oontiiUer la 
médecine ; ToOi un bon nigaad, on bon împertîne^ 
de se auMpar des conanltatîonB et des ordonnanoes, de 
s'attaquer an oorpa des médecini, et d'aller mMtre «tr 
aon thëatre dei personnes vënérables comme ces Hes- 
stenrs-U. 

BtfULDB. 

Que TOinlevvDiii qu'il j mette qae* les diveneapro- 
feiiions des hommes 7 On y met bien tons les joars les 
pinces et les rois, qni SMit d'aussi bonne maison que 
les médecïna. 

éa Htn II dn Amù ■* fmt part troaiar fat la bmA émt iwtiwwh pa^ 
iMfapar BfaaUa. < As danxnnnl, dit HtntiifH [tomi UI, p. 17S). jlw 
■amlM BManha, «oa pu, Milnat lepricspU*, pUBr la nteaniU (car k aa 
ptMagaomaa oppow on ram d« piqpbiu*....), «aîi poai l'nMmr f aax- 
■iMaa.... Ca n'art pit à au ipa j'as Tcnx, c'aM à lau m. > — Tojaa ô- 
daiM* ta JKMfM, p. MI at na. 

I. C'aNUam t lai qa'il appactîau de laïaAar.... ■ llafct M. ... qaa da 



(Canaille, Paiiiii dinrtti, ifila, taaa X, p. So.] 
Toyai dwi Limi, à Fuu, 6S*. d'aatna axmplaa de eatu locatioB. Dna 
adal qM da>aa rieadinia (k partir de la 4* idltlaa da aoa Oittimm^t, 
ITd} at aà ae treava, comme iei, la praaaa i lai, aa dvalar aat placé 
•pria à fûn, eoiTaot l'vraBgeatttt eoalbra», dit Aa|er, 1 IVm^* actaat : 

eut d/a^ d m. 

■■ 81 aa >'■•( I anplal clliptiqaa da faa d«a plai Mqaattaj njaa, par 
Va^Ktamaa TI, p. toi at Srg; TU, p. iSA; TIO. p. lU at 56b. 



tt da fïnitra IxzTiii d< VEttUàat^fm 
\ Un* X da la Patitiamt tirim,... ilm eÈtr 
altlon). Baaaaet dit U t > Diaa ■'■ paa a> 



doatiiattraMav.... Sii 

Oard*»«oiii Maa da al^riaar U mitU^, \ U muttre da ai 

r'il n'aM pu u Diaa, q>d ait la *ia at la lanti dau * 
tiaTail. ■ H. Deapoia m dcmudait >t lai plilias 
Im mUatlna n'italamt pia noa daa ImpiM* Oae Bnwat EOBdamaA «■ kd. 
* Lapaataga ipd taimba laTaïaat iida cLapîtra zndalinaQdai Aa- 



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ACTE III, SCÉIVB m. 4«3 

ÂIGIH. 

fut la mMt non de diable* ! n 'fétoïs qae des méde- 
cins*, je me vengerois de son imperdaence ; st quand il 
sera malade, je le laisuroia mourir sans secoors. Il an- 
toit beau faire et beau dire, )e ne lai ordonnerois pas 
la moindre petite saignée, le mmndre petit lavement, 
et je lui dirois : < Crére, crève ! cela Vapprendra une 
antre ftiis 1 te jouer à la Faculté*. > 

Vons ToïUi bien en colère contre lai. 

AHGIR. 

Onî, cVst on malavisé, et si les médecins sont aa> 
get, ils feront ce que je dis. 

■iHALDB. 

n sera encore plus sage que vos médecins, car il ne 
leor demandera point de secours. 
AaCA5. 
l^Dt pis pour lui s'il n'a point recours aux remèdes. 

B^KALPK, 

n a ses raisons pour n'en point vouloir, et il sou- 
tient que cela n'est permis qu'aux gens vigoureux et 
robustes, et qui ont des Forces de reste pour porter les 
remèdes avec la maladie ; mais que, pour lui, il n'a 
joctement de la foroe qne ponr porter son mal*. 

I . M. Môluid «plîqa* tait tàea ta juron pu li «rrection on rétnctitlûB 
■ iMili qH Fi d'ubôid Édead : • Pir la Bsrt de Di(«, bob, de diibls 1 ■ 
1. Canpwci p. 371 4a Mtood miToi, (t p. 4a) h ^reaim mmi. 

3. SifMiau pirtiealilranMM lei <Uu It Tcnioa da iS;S 1m qaiCrg dor- 
■ioa cooplati d* la l etm m àa Fieta m qui rÉpondmit aoi cinq eaupku 
prioMcMI, at qu'on troBTcri plu InU k rjfpmJUt, p. (63 : ce n'ot plu 
tk tomtn Hoflârc, aaia eontra lai emUicni qna l'empaiM kign. Le chin- 
gt»»at fat laBi domU lait p» 1m camaradat da grand poStc Ion de* pn> 
■ i h'W rapréanlatiou qn) aolTinal la BOrt. A «a aomaDl, la récilalton da 
vnû mtt, tais d'îgija- la Mine [et uAne, d«ni la bDoeba da HaUàn, dij* 
d ■■■ift, arait-il pa inlr cet affct?), Fanait beancoap trop ■ttriufa, «tll 
j omt tk rn—in dea parolot d* BHlbanr qn'ivcOB aetear n'*dt tiiai k dira. 

4. • Cdti apiaioa da Mehtn tUit «uetnaot «alla da MonUigM, > dtt 



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4o4 LE MALADE IlfAGINAIHE. 

Les sottes raisQns que voilà ! Tenez, mOD frère, ne 
parlons point de cet homme-là davanUge, car cela 
m'écliauQe la bile, et vous me donnenez mon mal. 

BéniLDB. 

Je le veux bien, mon frère ; et, pour changer de dis- 
cours, je vous dirai que, sur une petite répugnance' que 
vous témoigne votre fille, vous ne devez point prendre 
les résolutîoDs violentes de la mettre dans un cod- 
vent; que, pour le choix d'un gendre, il ne vous faut 
pas suivre aveuglément la passion qui vous emporte, 
et qu'on doit, sur cette matière, s'accommoder un peu 
à l'inclination d'une fille, puisque c'est pour toute la 
vie, et que de là dépend tout le bonheur d'un ma- 
riage. 

SCÈNE IV. 

MONSIEUR FLEURANT, <>»« «eriog.. 1 U»i>; 
ARGAN, BÉRALDE. 

AJi! mon frère, avec votre permission. 



p. .58 . 


U ,59) = . J. .roi A (« 


d»M£init(ii 
miittini toi 


Tn t, ebi 
>l le pU 


■pitre xxm. tme I, 
ou 1. »ie.. ,.'- 


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u'on !• reihirgo de m 


.1.di.,q.-on«eoae 
wTeuu .fTW». . 


t. P< 
p. >4o. 


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[" ituti de JfoMMI 


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ACTE III, SCÈNE IT, 4o5 

BÉRttDB. 

Comment ? que vonlez-vous faire ? 

ARCAN. 

Prendre ce petit lavement-là; ce sera bientôt fait, 

Vous vous moquez. Est-ce que vous ne sauriet être 
un moment' sans lavement ou sans médecine? Remet- 
tez cela à une autre fois, et demeurez un peu en repos. 

IRGAH. 

Monsieur Fleurant, k ce soir, ou à demain au matiD*. 
HONStSUa FLEtlRlNT, i BtraUe. 

De quoi vous mêlez-vous de vous opposer aux or- 
donnances de ia médecine, et d'empêcher Monsieur de 
prendre mon clystèrc? Vous êtes bien plaisant d'avoir 
cette iiardiesse-là ! 

SERA LOS. 

Allez, Monsieur, on voit bien que vous n'avez pas 
accoutumé de parler à des visages *. 
HonsiKun flkcraut. 

On ne doit point ainsi se jouer des remèdes, et me 
faire perdre mon temps. Je ne suis venu ici que sur 
une bonne ordonnance, et je vais dire à Monsieur Pur- 
gon comme on m'a empàché d'exécuter ses ordres et 
de filtre ma fonction. Vous verrez, voua verrez.... 



I. Vm imhhU étn. (1734. nUi* bob 1773.} 

3. À «ImUD mitia. (i7li.) Rkid* «oai dUsit • dcBuin is nitia * : 
•ni« le Lixi^mt d* M liagnc. 

i. Ou fmt Toir, panai l« Liltrti memnlltt d< Boarwdt pablicn em i4f7, 
■Bc lettre rcritf, pour la rèrrèvlïoB d*«a ^équa d« Laspin', «*nq'k*rliLn 
•!e IttmKr^ma a iatt malt ! BourMilt j m mucilli (p. l«o] ■■< pnwir* 
(•nuB dcnncit de BènUel M. HeiriBlqui aoa« puni» fort pM ntbM- 
Hqwi. — ■ R^aiid, diBi U Criiifmt dm Ligalairt (l7ot, lin '1], ■■ dit 

• T.W piabable»»»! « fcw Ltngm [Simiina de Cordn. mort an lO^S) 
dont il «c cpcUioB duB) la CorreipoodaDce da Mm* de Sétigaé, et dosi 
U portrait par SaiM-SiiwiB a ité aa parfie ôlé lame V d« Latrei, p. 4;}, 



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406 LE HALAOK IMAGINAIRE. 

ÀXCUI. 

Mon frère*, vous serez canae ici de qaelqne mal- 



Le grand malheur de ne pas prendre an lavement 
que Monsieur Pargon a ordonné. Encore un conp» 
mon frère, est-il possible qu'il n'y ait pas moyen de 
vous guérir de la maladie des médecins*, et que voua 
vouliez être, toute votre vie, enseveli dans leurs re« 
mèdes ? 

Mon Dieu ! mon A^re, vous en pariez comme on 
homme qui se porte bien; mais, si vous étiez i ma 
place, TOUS changeriez bien de lan^ge. Il est aisé 
de parler contre la médecine quand on est en pleine 
HDté. 

BlfU.LDI. 

Mais quel mal aveo-vons ? 

AICAIT. 

Vous me feriez enrager. Je voudrois que vous l'eus. 
siez mon mal, pour voir si vous jaseriez Unt. Ahl voici 
Monsieur Purgon. 

ÀMftr, TtnUttmntt LaM 1t phnH da Mollln. b CobImm £| k CSMord, 
qui M luita d'irair raMaûiad* , daa nugaa : .4 Toaa ai 
■ dM •£>■((• ? Je erojei* qu'on tiufc n'itoit pu d< I* o 



M» Un. (i73i.) 

1. L'iprwiw» r^p«llt k kmgtr I» moIiIj Liiewii d«n> U «ctn» i ia l'tti U 
<■• f .^mw lUdHM (top» V, p. ïiS):<Ui«b<itiuBali din : . U» idl* 
■ p«f»ii»M ■•( nortt d'oaa Csin «t d'un* lauoa lui U poUrina; ■ maU : 
• lUa «Il narta di qaatra mideeiu at da deoi apothicùna. > Haii l» 
maUdit dtt mMKÛu, ce n'ait point ici la taamta aSat qu'ont aar U tulc 
laon ordonnançât i i^eit la mania da Ici to^onn conndtar M taaiaMr. Bi- 
nlda Tant fijra aatandre qna oatta maladïa ait, chei ArgaB, bwscoap pl*a 
ilcUa qna ccUa doat U THt ac (lira gnirir. 



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ACTI ill. 8CKHK T. 



SCÈNE Vt. 

MONSIEim PURGON, A&6ÀN, BÊRALDE, 
TOINETTE. 

MOIfHEVK praCOET. 

Je viem d'apprendre là-bas, à la porte, de jolies nou- 
velles : qa'on se motjue ici de mes ordonnance^, et qu'on 
a bit reftas de prendre le remède que j'avois prescrit. 

ÂKGAH. 

HoDsieur, ce n'est pas.... 

Nonsuua ruict». 
Voilà une hardiesse bien grande, nne étrange rébel- 
lion d'an malade contre son médecin. 



Cela est épouvantable. 

HOifsiaaa puiGOif. 
Un clyslcre que j'avois pris plaisir i oonpaaer moi< 
même. 

Ce n'est pas moi.... 

HOHSIIDK PUaCOH. 

InTenié et fnmé dans tontes les régies de l'art. 

TOWITTS. 

Ha tort. 

MOHSIKDK PUnCOH. 

Et qni deroit (un dans des entrailles on effet mer- 
veilleax. 

aboâr. 
Mon frire ? ' 

I. SCtItB VI. (ijK.) 

a. C«(tc paBctutkm da réditiaa arigia>W iadifo* naâ fciti qa'«a 
■«u, — rffj J'Aiy àmt J— «idiT k Binida (UMdhuprdaUEiatt, 



D.nt.zedbïGoOglc 



io8 LE UALADE IMAGINAIRE. 

■OKSIBUK PUKGOK. 

Le renyoyer avec mépris ! 

ABGill*. 

C'est lui.... 

MONBIECB PUUGON. 

Cest une actioD exorbitanie. 

TOINETTB. 

Cela est vrai. 

■lOnSIEt'R PIRGON. 

' Ud attentat énorme contre lu métJcciue. 
jkRUAN '. 

Il est canse.... 

MONSIEUR PUnCOIi. 

Un crime de lèse-Faculté, qui ne se peut assez panîr. 

TOIBETTE. 

Vous avez raison. 

■ OR SI BU R PDHGOn. 

Je TOUS déclare que je i-omps commerce avec vou.s. 

IRCAN. 

Cettmoo frdrc.... 

UONSIEim PURCOtt. 

Que je ne veux plus d'alliance avec vous. 

TOINETTB. 

Voys ferez bien. 

MONSIEUR PtIRGOn. 

Et que, pour lînîr tonte liaison avec vous, toUb* 
la donation que je faisois à mon neveu, en faveur du 
mariage*. 

ARGAR. 

Ceat mon frère qui a fait tout le mal. 



I. Akoih, ffl«rritj>( BirMt. [i-jH-) 
1. AaotB, iHMmHl Biraldt. {IbUtn,.] 
3. Voilï ■■ pièces, ToiU m Tnt. 

t. It dttliin la deHatiwt el m jtUt It marctmia ane/krttr. (Uat futit 
lia tir>g<d> 1734.) 



D.nt.zedbïGoOglc 



ACTE III, SCèNE V. 40^ 

HONSIKDK PDKGON. 

Mépriaer mon clystère ! 

inctN. 
Failc8-]e''venir, je m'en vais le prendre. 

HONSIEIIR PCBCON. 

Je VOUS aurois tiré d'afTaîre avant qa'il fût peu. 

ToiHRTre. 
Il ne le mérite pas. 

MONSIEUR PURGOIf.. 

J'allois nettoyer votre corps et en évacuer eatière- 
meot les mauvaises humeurs. 

ARGin.' 

Ah, mon Irère \ 

HONSIEUa PcacoK. 
Et je ne voaloîs plus qu'une douzaine de médecines, 
pour vnider le fond du sac. 



n est indigne de vos soins. 

HOnBlBUR I 

Mais puisque vous n'avez pas voulu guérir par mes 
mains, 

ARGAN. 

Ce n'est pas ma faute. 

HOUSIBDtl PURGOH. 

Puisque vous vous êtes soustrait de l'obéissance' que 
l'on doit à son médecin, 

TOlIfETTI. 

Cela crie vengeance. 

MOMBIKDK PURCON. 

Puisque vous vous êtes déclaré rebelle aux remèdes 
que je vous ordonnais, 



I. Le DUdaamairt A Litlri • pluies» «napla {k !■ Cb de (* M ■ 
nôlBrifw] da sMta cDutrnctian di h mutrmirt iti ' 



D.nt.zedbïGoOglc 



4» LE IULADI IHJlGIIIàIHE. 

à*MàM. 

Hé ! point du tout. 

HomiKVB-PtmsoH. 

Tai à voiu dire qae j« vota abindoiue i votie rnan- 
v«ùe conBtitutioa, î Vinteoipérie' de vos eiitrail)«B, i h 
cotrnptkiB de votre sang, à l'âoreti dt votre bil« «t i 
la fécnlence* de vos bumeura. 

TOmXTTX. 

Cest fort bien fait. 
Ho&Dieal 

HOIfiUQR PDKGOir. 

Et je veux qu'avant qu'il soit quatre jours, voaa de- 
veniez dans * un èttit incurable. 

Ah, miséricorde! 

HOUSIBUB PCHGON. 

Que vous tombiez dans la bradypepaie *, 

ASGin. 
Monsieur Purgon. 

HOIfSIBOIt PUftGOK. 

De la bradypepsie dans la dyspepsie', 

Xt.Gi.Tf. 

Monsieur purgon. 

HONsisum puRCon. 
De la dyspepsie dans l'apepsie*, 

I. Voy» ô-dcMMi p. 37S, naW i. 

1. TfoDi uTou di]l (loBie Vit, p. 375, Bota •. à U mmm -rm da TaMi I 
da Mouituf dt Paanmufiuu) opllqni M mot d'aprèa LiUri ; /li f/ i o , 
e'cit l't iUl d« hnmean troBblim csnma pu au lia. • 

3. Tmu «ojn BiUiIui..., ridnt ï:..; U ooMbMliaB mndU imibr t m ir 
i rien an aulogna k ealte-ei. 

4, Êraifyptpiié, < digartioa kato «t diCEctlc. ■ (Pi 'cri — i m' ra ^ £itB^, 
avqaal mm ig^koant «mpniatiM In dUnitlau da tanna* da wH iria f 
tirii da frac qui laiTaBl.) — S. DjrtptftU, • difBcnlti 1 diifaw, di|n- 
tÎM dJoni^a. a — 6. ..^p-^, • — aniM AgMtioaE dUM da dip>- 



D.nt.zedbïGoOglc 



ACZH III, SGtaE r. (Il 

MonaieivPiirgon. 

MtmaiMiit pokOM. 
De l'apepsie dans U Ueoterie*, 

ARQAH. 

Moiuiear Pui^n. 

MOHSiBvm fincoii. 
De U lientcrie dans U dyHeatede, 

ASG&K. 

Hoanear Purgon. 

MORSISrit PUEGOir, 

De U dysseaterie dans rfajdropUie , 

ARO&H. 

Jfonsiear Por^n . 

HOKSiKDR prmcoK. 
Et de l'hydropisie* dans la prÏTation de la vie*, où 
Tou aon conduit Totre folie *. 

I. lieaÊirU, ■ ay i ™ da dUrikie tf mpioBitiqi» dam liqaells oa md 
Ih iIm»»!» k d^l digâni. • 

«. Db rhrdropi». (1534.) 

3. Gmi ftlia, iimt mne lettre da 4 min i659 [tome Itl, p. iiS de l'fdi- 
liM B^T^â-PariH). ■'•« hwi illcr, aan k bh ihbm, hu t aw gnd.. 
liM --" " 1 Cr*M, dii-il d'an BiUds, nn eorpi brlU qu'il bal bb peu 

■■ M ^«U li itàaam. Hamer taim mm diffiaUu fulmeil, iiUtmptrum 
aimmgmt, wattrAmt lattm im/rlmil Hmtio mrlU m m lrm fmtiJi» MéU/tii, 
wmit mav f U M , ranUfin, fckrit lutta, ftyiroft, leirrkia, laxdintqt uliima 
Hnmliium, «m*. — Cobbs «U • hé dit 1 U Ifeliet {p. it,i], J f ■ une 
MMdoB d* MIM nfau daai la Mtec u d* l'Mte H du Ltgtirirt luùrtrir/ 
d,lM.ud. 

tf dini c«tt« docte 



I* pnbqaa qi 
■ iB toijir y*n de l'ÉfÙrt xn du lifn I d'Honee. 



D.nt.zedbyG0O>^lc 



4i3 LE MALADE IMAGINAIRE. 

SCÈNE vr. 

ARGAN, BËRALDE. 

Ah, mon Dieu! je sois mort. Mon frère, vous m'a- 
vez perdu. 

BÂaALDB. 

Quoi ? qu'y a-t-il ? 

A«CAH. 

Je n'en puis plus. Je sens déjà que la médecine »c 
venge. 

BÉSALDS. 

Ma foi! mon &ère, vous ctes fou*, et je ne voudroîs 
pas, pour beaucoup de choses, qu'on vous vît faire ce 
que vous faites. Tàtez-vous un peu, je vous prie, reve- 
nez À vous-même, et ne donnez point tant â votre ima- 
gination. 

AKGIH. 

Vous voyez, mon frère, les étranges maladies dont il 
m'a menacé. 

BËRALDE. 

Le simple homme que vous êtes ! 

ARGAN. 

Il dit que je deviendrai incurable avant qu'il toii 
quatre jours. 

BinAUDB. 

Et ce qu'il dit, que fait-il à la chose ? Est-ce un oracle 
qui a parlé ? 11 semble, i vous entendre, que Monsieur 

I. SCËNE vil. {1734.) 

1. ClÉanu dit de iii«m* i Otgaa (acU I. itliu P-JmTartmOm, m 3ti]: 
Pirbleal tooi «Ici fon, noB frère, que je cnn. 



D.nt.zedbïGoOglc 



ACTE I[I, SCENE VI. 4i3 

Pargon tienne dans ses mains le filet de tob jours ', et 
que, d'autorité suprême, il voua l'allonge et vous le 
raccourcisse comme il lui plaît. Songez que les prin- 
cipes de votre vie sont en vous-même, et que le cour- 
roux de Monsieur Pur^n est aussi peu capable devons 
foire mourir que ses remèdes de vous faire vivre. Voici 
one avenlure, si vous voulez, à vous défaire ' des méde- 
cins, ou, si vous êtes né à* ne pouvoir vous en passer, 
il est aisé d'en avoir un autre, avec lequel, mon frère, 
Tons puissiez courir un peu moins de risque. 

AHGàR. 

Ali ! mon frère, il sait tout mon tempérament et la 
manière dont il faut me gouverner. 

BBRALDI. 

Il faut vous avoaer* que vous êtes un homme d'une 
grande prévention, et que vous voyez les choses avec 
d'étranges yeux. 



I. Diminatif de fil, et ici, ce i«abl>, plat funili*. dpcmUnt Rnaa mit 
dildiDilcitjlc IcplBinokla [itte 11 àet Birgtria, ttiae a; eiti ftrlittti) : 

DoBC iprli ttnl àt mini •oon'erti, 
Il fiudn Dinirir d(B4 1« itn 
Ok Ici jrai d'au iagnte ont mon lnw miHTTie ; 
le n'en piiii ccbappcr ; 

Qn'oB ne eoups aiec su I» filet de d* *ia. 

fr«»«.et fin* TIII. p. ïgi.M i" roBToi, 

3. Si mui «ncti dHiiaé eaaaiiuBtàfnapaBToir.,..]- Voici na eiemple 
de eeiia loeniion prit d'une lettre de Milherbc (i6i3, looie III, p. s6o] : 

hiiih] i tnn im boni ofEe», li ce n*«t nat abli^r de *«■> ofFrir dei 
ujeti d'eureer TMn boaté, en moini ett-ee en qoelijD* cboie iitiifaire 1 

4. To*t ma Ibnn i tom dire traacbamcBt. 



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m LE MALADE mAOnfAI&K. 

SCÈNE VIL 

TOINEITE, ABGAN, BË&ALDE. 
Monsieur, voilà un médecin qui demande à voai Toir. 

ARGAir. 

Et qael médecÎD ? 

TOIKItl'IVi 

Ud médecin de la médecine. 
ÂmCAii. 
Je te demande qni il est ? 



Je ne le connois pat; mais il me ressemble comme deux 

gouttes d'eaa, etsijen'étoisBârequemaméreétoithoa- 

néte femme, je dîroîs qne ce seroit quelque petit frftic 

qu'elle m'auroit donné depuis le trépas de mon père. 

UHUH. 

Pais-le Tenir. 

BNALDB. 

Vous* êtes servi à souhait : un médecin vous qoitte, 
nn autre se présente. 

jUGIM. 

J'ai bien peur que vous ne soyez cause de quelque 
malheur. 

Encore ! vous en revenez toujours là ? 

t. scËiTE vin. 

UQAa, BBBALDI, rOtÊKTa, 

i, i ^«, (ij34.) 



D.nt.zedbïGoOglc 



ACTE III, SCiHB VII. 4i5 

ÀMiOÀM. 

Voyex-TOUB? j'ai sur 1« cdeur tontes ces imUdiei-là 
qae j« ne connois point, ce».... 



SCÈNE VIII. 

TOINETTE, m m^dMdn; AAGAN, BËRALDE'. 

TOinvm. 
Monsieur, agréez qoe je vienne vous rendre visite et 
Tons offiir mes petits services pour toutes ]eB saignées 
et les pnrgations dont vous aurez besoin. 

ARCAH. 

Monsieur, je voas sois fort obligé.* Par ma foi ! voilà 
T<]ûiette elle-même. 

TOU^RTI. 

Monsieur, je vous prie de m' excuser, j'ai oublié de 
donner une commission i mon valet ; je reviens tout i 
l'heure. 

ARCAM. 

Eh* ! ne diriez-vous pas que c'est effectivement Toi. 
nette? 

BZR&LDB. 

D est vrai qae la ressemblance est tout & fait grande. 
Maïs ce n'est pas la première fois qu'on a tu de ces 

I. SCblK X, 

Amoui, BiBAUn, Toonm, n miJeàa. (1734.) 
%. A Ur^dt. {OUtm.) 
i. SCÈNE XI. 

tB04>, BikALI», 



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4i6 LE MALADE IMAGINAIRE. 

sortes de choses, et les histoires ne sont pleines qae de 
oes jeux de-la nature. 

ADOAR. 

Pour moi, j'en suis surpris, et.... 



SCÈNE IX. 
TOINETTE, ARGAN, BÉRALDE. 

TOINETTE quitte •on habit de médecin n prompteaent qu'il est difidlr 
de croire que ce loit clic qui a pim en médeciu . 

Que' voulez-vous, Monsieur? 

ARGlIf. 

Comment ? 

TOIMBTTB. 

Ne m'avez-vons pas appelé ? 
lacuf. 
Moi? non. 

TOINETTE. 

Il faut donc que les oreilles m'ayent corné. 

arcàh. 
Demeure un peu ici pour voir comme ce médecin te 
ressemble . 

TOINETTE, an sortant, dit* : 

Oui, vraiment, j'ai affaire là-bas, et je l'ai assez vu. 

I. Cet npido métamorphoica de Tuiasttc nppeUeal edlea da Hidwia 
la bre« da ea Dum (tome I, p. 88 et luiTuitai]. 



Qoa. (|,Ï4.) Too™.i.. 

3. Cette indicatian n'eu pat dut l'édition de IjH. 



D.nt.zedbïGoOglc 



ACTS III, SCàlfB IX. 417 

ARCAIt. 

Si* je ne les royois tous deux, je oroirns que ce n'est 
«ju'un. 

B&RÀLDg, 

J'ai lu des choses surprenaotes de ces sortes de res- 
semblances, et nous eu avons tu de notre temps oh 
tout le monde s'est trompé. 

ASCII*. 

Pour moi, j'aurois été trompé à celle-là, et j'aurois 
jaré que c'est la même personne. 



SCÈNE X. 

TOINETTE, n BidedD; AKGAN, BÉRALDE*. 

TOIMITTB. 

Monsieur, je vous demande pardon de tout mon cœur. 

&IGAH*. 

Cela est admirable ! 

TOmiTTB. 

Toas ne troarerez pas mauvais, s'il vous plut, la cu- 
rîouté* que j'ai eue de voir un illustre malade comme 



m. SCÈNE xrr. 

AftOAS, BÛAU», mncns, «■ jhJJhm. \,lhidtm.) 

3. Aaau, imi, i BtraUt. \Jbidtm.\ 

(. Vtm JH frisHTM/df nonniû nt k eoDiidértr ici «ma* Ml < 
îiaipanbl* » ÎBTiiiibla, od maanaii, lu lis* d'être dâtieliâ da Ter 
■'•eannlKT ine J<i eanuif*, bit corpi KTte lui et reala Dealn 1 iw 

D^ Teaplei d '«M uUe loeutioii 
•ii^b doBi «lie en l'équiraleiiE, c 

■■(^iv os pluidj. Cepndut li ce cospléBeKt, la lien de ti 

Mouàas. IX a 



D.nt.zedbïGoOglc 



4i8 LE MALADE IHAGmAIHB. 

TOUS êtes; et votre réputation, qui s'étend partout, pent 
excuser la liberté que j'ai prise. 

Monùeor, je sais votre serviteur. 

TOUISTTB. 

Je vois. Monsieur, que voas me regardez Ssemoit. 
Quel âge croyez-voua bien que j'aye ? 

AaGAK. 

Je crois que tout an plus vous pouvez avoir vingt-six, 
ou vingt-aept ans. 



Ab, ab, ab, ab, ab! j'en ai quatre-vingtxliz. 

IKGAH. 

Quatre-vingt-dix ? 

TOINETTE. 

Oui. Vous voyez au effet des secrets de mon art, de 
me conserver ainsi frais et vigoureux. 

AKGAR. 

Par ma foi ! voilà un beau jeune vieQlard* pour qnalre- 
vingt-4lix ans. 

TOlMim. 

Je suis médecin passager*, qui vais de ville en ville, 
de province en province, de royaume en royaume, pour 
chercher d'illustres matières à ma capacité, pour trouver 

plaiwiin moU qal l'iioleat, tttii toat k tùt npprodij, l'ittractioB «Kn k 
Dom «t l'adjadlf ttnii BicMuimaent 1* plot feite, I'*cei>rd ('iMpattnil : 
HNV« tnuptmpai, t'Unmt plaft, mamraiM {mJùtriu) U arUtiii^- 

I. Beaunircbiu ■ nprii l'exprcuian dini la portnit Am Bntbitla, t U 
■càw IV d* l'isU I da Bariitr J» SMlle i • C«l bb ban gna, ooait, 
j«H nolturd..,. ■ — Un boa naillard. (i73(.) 

1. < &■■■ pirlor d« doetean da Montp«lli«r, gm* biwonblM d'ail- 
ttttnim Pmiïa était isondi..., d*iuiB Ibala de diariatau de tmla Mtf«. 
Tcndcon d'orrlitaD. mU«c!D> ittbaliott, ehironaBciaiu, diieu* da ta— a 
■vaatar*.,.; et* gnirônuT* d* n«<ralr« araitat I* prïTilfg* dlxpûfr la 
pltu grande eon&aace, je m dii pai ■■ mena peuple, mai* an h aU w mat- 

fort erajanti ua e* poial. Tout cala, en j ijoBlaBI la droit qa'a la iMaiiiii 
da dipaiaer bb paa la TniMBblaaea, oipliqBa nffiiamB«Bt toaa cm rtlai 



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1.CTE III, SCÈNE X. «19 

des malades dignes de m'occuper, capables d'exercer* 
les grands et beaux secrets que j'ai trouvés dans la 
médecine. le dédaigne de m'amuser à ce mena fa- 
tras* de maladies ordinaires, à ces bagatelles de rhuma- 
tisme* etdë&uxions', à ces fiévrottes, à ces Tapeurs, et 
à ces migraines. Je veux des maladies d'importance : de 
bonnes fièvres continues avec des transports au cer- 
vean, de bonnes Sèvres pourprées, de bonnes pestes, de 
bonnes hydropisîes formées, de bonnes pleurésies avec 
des inflammations de poitrine : c'est là que je me plais, 
c'est U que je triomphe ; et je voudrois, Monsieur, ^e 
TOUS eussiez toutes tes maladies que je viens de d^, 
que vous fussiez abandonné de tous les médecins, dés- 
espéré, i l'agonie, pour vons montrer l'exeellenee de 
mes remèdes, et l'envie que j'aorois de vous rendre 



IROAH. 

Je Toos suis obligé, Monsieur, des bontés que vous 
avea pour moi'. 



4» ■iliiÏM iapiOTM* qu iboadmi dui Im pisM* d* MolUn : Tolarttc 
ilnirii B • BÉdtù pBHi^,.. • ; aitiad» (4* tAim*r miieeU) tru»- 
kÎBi «m durB«i»Q<4»m...i nta eomptar I* tt^aàn S|ia>rells. • (Kioiic* 
lajMad, lu Mid*tiMt a» ttmft dt MoUirt, p. 83 M 84.] 

I. D< Bettra as aant, da doann ocuuioD d'utillHr. d'appliqiwr. 

■. L'apnnoB d« • baocoop da mewu fitrai M ibdJ • M tmar* daai 
■■• pknM lit Calna citce par Liltri (Tojei I* linv I da VlmlUmlitit i» la 
rtlifiem cèritàtuiu, ehapiln xm, wctioB 99, p. 7S da râdîtioB da i5Al). 

3. Da rhwatinak [1710, 18, 3o, 33, 34.] 

4. Lîttri eipliqaa la mor par tatarrlu, «t il aa cita bb n^pla da Baliae 
•t u da Kagniar. CqiaBdaBi Eagaiar Hiabla l'arair prû UMt t bit du* 
■•«M otdiuir* d« BbiIih («lin UT, T*n 147-149) : 

II m'ait poiat «■rhoBi psar doimir lar la Um, 

Soa pu a» PB aalaoni k« tmuu la eaMreh*, 

n Ba cniot ni lai daati si laa di&axioBi. 
L'tiaiJMa, «• 1694, U iitaix : • Bailoa ht q u alfBa pwtM da ntp*. • 
Dtflmntm tmr Ui jtmx ait ■« «napla, «t alla ^oala : ■ Il a'nt gnèra «a 
aiag*. ■ — Bt da laiimu. [1734.) 
i. a ItotawaiiH. )• M» rari, Houaar, om y*tn iUa ait baasiB da 



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4io LE HAL&DB IHAGIHAIRE. 

TOINETTB. 

Donnez-moi votre poals. Alloos donc, que l'on baue 
oomme il faut. Ahy', je vous ferai bien aller conune 
Tow devez, Hoy*, ce pouls-là fait l'impertinent: je vms 
bien que vous ne me connoisaez pas encore. Qui est 
votre médecin? 

1.KCAH. 

Monsieur Purgon. 

TOIWKTTB. 

Cet homme-là n'est point écrit sur mes tablettes entre 
les grands médecins. De quoi dit-il que vous êtes ma- 
lade? 

AKGAN. 

n dit que c'est du foie, et d'autres disent * que c'est 
de la rate. 

TOinSTTK. 

Ce sont tous des ignorants : c'est du poumon que 
vous êtes malade. 

AtGlN. 

Daponmon? 

TOInETTE. 

Oui. Que sentez'vous ? 

ABCIN. 

Je sens de temps en temps des doaleura de tête. 

Bol; et ja ■ouhlÎMroïs de toDI moD cour qac Toui en eauid beioïa ■■■«, 
T04U et toDE« votre finîllc, pour tod* témoigner l'enTÎe qu« ]Vî ie tom 
■CTTir. Giiimn. IsToiu mi* oUig» <le cei leatininti. • {Lt iliJtcùi malfri 

page.] — • DeTenei milide,' Nourriu, je tou) prie ; dtitnn ulade, 
pour l'imoiir dt mol : j'auroii lontci lei joi» du iBOade de Toui guirir. • 
(Wma cumédia, aet* III, aeine m, p. lOS.] 

,. Ah. (.,34.) 

1. Ouii. [Ibidtnt.) Un (emblablc rbangement a déjà été (ait ei-dotu, 
p. toi (au i' reaioi). Vojai ». tan>e Vm, p, 43* (ao 1' «BToi). cette méwK 
ÎBlciJMtiBB layl aùû q« la sote qui ea conMita l'iltiralioa acfaitnîn da» 
U tala d< 1734 «t la auppcettion <laai lei dietioaaairea. 

3. Lai Diaroiraa. comnia db k I* rappetla (1 la Es de la M»e n da 



D.nt.zedbïGoOglc 



XCTB III. SGBNK X. 



Justemeat, le poumon. 

Il me semble parfois qae j'ai un voile devant les 
veux. 

ToinrTTB. 
Le poumon. 

ARGlIf. 

Tai qoelqaefoJB des maux de cœur. 

TOINKTTI. 

Le poumon. 

ARGAir. 

Je sens parfois des lassitudes par tous les membres. 

TOinnrB. 
Le poumon. 

AKGAN. 

Et quelquefois il me prend des dooleurg dans le 
ventre, comme si c'étoîc des coliques. 

TOIITETTE. 

Le poumon. Vous avez appétit à ce que vous mangez ? 

ABGAN. 

Oui, Monsieor. 

TOIKETTI. 

Le poumon. Vous aimez à boire un peu de vin? 

iRGAN. 

Oui, Monsieur. 

TOinSTTK. 

Le poumon. Il vous prend un petit sommeil apr^s le 
repas, et vous êtes bien aise de dormir? 
Anoi.li. 
Oui, Monsieur. 

TOIKETTK. 

Le poumon, le poumon, vous dis-je. Que vous or- 
donne votre médecin pour votre nourriture 7 



D.nt.zedbïGoOglc 



)» LE SALADE IHACmAIRB. 

n m'ordonne <ln potage. 

TOtNBTTX. 

Ignorant. 

AI61R. 
De la volaille. 

Ignorant. 

Du veau. 

Igaonnt. 

Des booîllont. 

. Ignorût. 

Des œufs frais. 

Ignorant. 

AICÂN. 

Et le soir de petits pruneaux pour lâcher le ventre. 

TOINETTB. 

Ignorant. 

ARGlIt. 

Et surtout de boire mon vin fort trempé. 

TOINETTB. 

Ignorantiu, ignorania, ignorantum * . Il faut boire votre 



TOIRITTS. 



TOINITTB. 



AHGAIT, 

T01HK1TB. 



r. Augcrie dcmindt oi Toloctte ■ t appibln dinini 
4e( «dJMtiri lllini iDÎTint 1h difCgrsnti genrci? SgmBualle, qoi Ettnpi* 
■oui le liiin, a du msini < la, dmi un jeima tgs, »■ ndimnt pir 
• «Mr > (letet I du iféJecin maigri /ni, tome TI, p. 36). L« nidiaicBt M 
riciliit de loiu e&iit, et Toinene, qai n'eit nullament, eoBBe lUitAe, 
OBC icmnte d« eimpigiie, qui c*t plutAl, camme Dorins, wt It pied da 
Sll* •DÎTintc, idiniK, lei joim intoe da TÙit*, k lonir Ma coia dau le* 



D.nt.zedbïGoOglc 



ACTE III. SCÈNE X. 44» 

vin par ; et poar épaisair votre aang, qui est trop subtO, 
il fant maoger de boa gros bœuf, de bon gros porc, de 
boa fromage de Hollande, du gruaa et du riz, et des 
maiToas et des oublies, pour colW et conglutiaer. Votre 
médecin est une bête. Je veux vous en envoyer na de 
noa main, et je viendrai vous voir de temps en temps, 
tandis que je serai en cette ville. 
abgàh. 

Vous m'obligez beaaooap. 

TOinnrB. 

Que diantre faites-vous de ce bras-li ? 

ÀKfiUf. 

Comment 7 

TOimTTK. 

Voilà un bras que je me feiois couper tout ii l'heure, 
si j'étoia que de vous'. 

ÀftCUf. 

Et pourquoi ? 

TOINETTB. 

Ne voycz-vouB pas qu'il tire à soi toute la nouiriture, 
et qu'il empêche ce côté-là de profiter ? 

ABCtN. 

Oui ; mais j'ai bescÙD de mon bras. 

TOIIfBTTB. 

Vous avez là aussi an œil droit que je me ferois cre- 
ver, si j'étois en votre place. 

ABCAM. 

Crever un œil ? 



«Unticai, (|ui «M traii boui ixHnéiliBBB* ponr >'aTDlr pu baïaMap n 

lormtr d'ella-nrfaie «tta «p«i puticalicn di Hparlalif p*i rfpitilioB. 

I. Ce tau • (la pliulcnn liiû njâré (mtR niUra» ci-dauu, p. iSg, note 4, 

p- 37t, aoU 1, <t p. 403, boIc a). Hom ithbi dcji nppelï (lai 

f. (Oj, Boto a) qo'u vm J5 do Jartitjft. KolUn « 

Hut lafia, rfj'hoH d* m» fit,.. 



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(i4 LE MALADE lUAGIHAiaE. 

TOIRS1TI. 

Ne voyez-voaa pas qu'il iacommode raatret et lui dé- 
roba sa noarriture ? Croyez-moi, fùtei-Toaa-le crever 
an [dua tôt, tous en verrez plus clair de l'œil gaudie '. 

AMQÂlf. 

Cela n'est pas pressé. 

TOimtm. 

Adieu. Je suis (àché de vous quitter si tdt; mais il 
&ut que je me trouve à une grande consultation qui se 
doit faire pour un homme qui mourut hier. 

ÀRGAIT. 

Pour on homme qui mourut hier ? 

TOIIfETTE. 

Oui, pour aviser, et voir ce qu'il auroit falln lui (aire 
pour le guérir. Jusqu'au revoir. 

ÀRGàH. 

Vous savez que les malades ne reconduisent point. 
Voilà* UD médecin vraiment qui paroît fwt habile. 

ARC AN. 

Oui, mais il va un peu bien vite. 

BÉRALDK. 

Tous les grands médecias sont comme cela. 

ARGÂM. 

Me couper un bras, et me erever un œil, aSn que 

I. Hou uToni (pir U wnsi de l'ieli D. p.lH) que ToiMtts ■ irteaa- 
ftgni Angéliqne i U «iniidia. B«nld« ■ dA lai filra biic eommmmat 
■TH Is Médaein Tolinl at la Mcdccin milfri lui : u l'iupire-t-ella |>*< 
DB piu ds les» fintiiiiii dani Is rAla qu'alla ■ antrepria de jaser? Par 
■nniple, a'eit-e* pu «n (aaraBir du Fagnn'tr qai Ini ladcr* cm datwar- 
«onwili qu'elle donna t Argin? ne aont-ce paa l« alignée* de ptceiaUDii 
(toBaVl, p. go) (ar laïquellei rile inagiii* de renchérir? 

a. SCfiNE XV. 



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ACTE III, SGÂNB X. 4a5 

l'autre se porte mieux ? J'aime bien mieux qa'il ne se 
porte pas si bien. La bcUe opération, de me rendre 
iNirgne et manchot ! 



SCÈNE XI. 

TOINETTE, ARGAN, BÉRALDE. 

TOinETTK ' . 

Allons, allons, je suis votre servante*, je n'ai pas en- 
vie de rire. 

ARGAIf. 

Qa'est-ce que c'est ? 

TOmKTTK. 

Votre médecin, ma foi ! qui me vouloit tàter le 
ponb*. 

Voyez un peu, à l'âge de quatre-vingt-dix ans t 

BÉRALDS. 

Ofa ça*! mon frère, puisque voilà votre Monsieur 
PurgoQ brouillé avec vous, ne voulez-vous pas bien que 
je TOUS parle du parti qui s'offre pour ma nîéce ? 

ÂRGÂN. 

Non, mon frère : je veux la mettre dans un convent, 



Ti>aam,/iifimiu Je fmrler à fut^a'im. (1734.) 
1. Clauduf ripowlut I Lnbin [k U uni* I da Vtett II ds C4prft DamUi, 
MHS VI, p. S44) ■ aploji !■ locBtioB inc la m* on Tolutta nat qu'alla 
MâpnHÛi. 

3. Qui molnil m* Utv I* pooli. (1734.) 

4. Or fk. {Ibidem.) Tofn n-dcMW, p. s^, nsM 5. 



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4!k6 LE MALADE IMAGINAIftE. 

puisqu'elle B'e§t opposée à mes volonté. Je t<hs Ineu 
qu'il j a quelque amourette là-dessous, et j'ai déooa- 
Tert certaiue entrevue secrète, qu'on ne sait pas que 
j'aye découveite*. 

bAkaldb. 

Hé bien ! mou frère, quand il y auroit quelque petite 

inclination, cela seroit-il n'crimiDel, et rien peut-il tous 

offenser, quand tout ne va qu'à des choses honnêtes 

comme le mariage? 

ABGAIT. 

Quoi qu'il en soit, mon frère, elle sera religieuse, 
c'est une chose résolue. 

Vous voulez faire plaisir à quelqu'un. 

ABCAK. 

Je TOUS entends : vous en revenez toujours \à, et ma 
femme vous tient an cœur- 

BiRÀLDK. 

Hé bien ! oui, mon frère, puisqu'il faut parler à cœur 
ouvert, c'est votre femme que je veux dire ; et non 
plus que l'entêtement de la médecine, je ne puis tous 
soufirir l'entêtement oii vous êtes pour elle, et vtHr que 
vous donniez tête baissée dans tous les pièges qn'eDe 
vous tend. 



Ah ! Monsieur, ne partez point de Madame ; c'est une 
femme sur laquelle il n'y a rien A dire, une femme sans 
artifice, et qui aime Monsieur, qui l'aime.... on ne peut 
pas dire cela. 

IBGAK. 

Demandez-lui un peu les caresses qu'elle me fait. 

I. SubjanetiF amcDi pir 1* ncgation «oBtcnaa dani Ii propoutioD pria- 
ciiialc. 11 noBi isinbls qu'Angsr ■ ta (oK de u p» 1« cnire ici jmrtiU, 
bicD ^H 1« wiirfi^MMMit/tWf»/'*! dim uTtr t» wit pla» orJÎMÎr». 



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ACTI III, SCiNB XI. 497 

TOIHBTTBé 

CeU ett Tni. 

AICAH. 

L'inquiëtode qae lui donne ma maladie. 

TOIHBTTl. 

Assurément. 

ÂHGÀN. 

Et les soins et les peines qu'elle prend autour de 
mù. 

TOIMETTB. 

D est certain'. Voulez-vous' que je vous convainque, 
et TOUS fasse voir tout à l'heare comme Madame aime 
Monsieur?' Monsieur, souffrez que je lui montre son 
bec janne*, et le tire d'erreur. . 

Comment? 

TOIKBITB. 

Madame s'en va revenir. Mettez-vous tout étendu 
dans cette chaise, et contrefaites le mort. Vous verrez 
la douleur oii elle sera, quand je lui dirai la nouvelle. 

ÂBCAN. 

Je le veux bien. 



Oui; mais ne la laissez pas longtemps dans le déses- 
poir, car elle en ponrroit bien mourir. 

ARGAN. 

Laisse-moi (aire. 



1. Cela mt ccruia. Voja lone I, p. 416, nou a. 

*. A Sévide. VodI«-tdbi. (t73t.) 

1 A ArgmK. (IHJtm.) 

4. Soa hijtim: ilUJtm.) — Cette npKHÎoD prortrinile ■ dijà < 
dcn ton «Bplajit : t U Misa IT de l'acto II de Dom Jutii, tkU kcm 
4* TmU U d« rjmÊur miJttm (Mme V, p. i>9, oH cll« Mt apUqnia, 
P-lM). 



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4sS LE MALADE IHAdHAIRE. 

TOIKETTB, k ténlia. 

Cachez-vous, voiu, dans ce coio-Ii. 

AR6ÀH. 

N'y a-t-il* poiot qaelqae danger & contrefiûre le 
mort*? 

Tomnrs. 

NoD| non : quel danger y anroit-il ? Étende^Tou* là 
senlement*. (Bu*.) Il y aura plaisir à confondre votre 
frère. Voici Madame. Tenez-vous bien. 



SCÈNE XII. 
BÉUNE, TOINETTE, ARGAN, BÉRALDE. 

TOIKBTTB ■'ion** : 
Ah, mon Dieu 1 Ah, malheur ! Quel étrange accident ! 

BéLlIfl. 

Qu'est-ce, Toinetle ? 

Toutnrc. 
Ah, Madame ! 

BÉLINB. 

Qu'y a-t-il ? 

I, SCËNE XTIl. 



la dju It UgMairt i mjti 



3. • Approchoiu n>tn cbiÏM : mattn-Taua dodJWi tCMt d« n 
Ut^adiu le taite d< 1S75 (ei-ipib, p. ^78] . ToiocUa abùuil 

k crimiilUn (ci-dauai, p. 175, MU 1]. 

4. CctU indieicion D'nt pai dini l'êilitiaB ■)• l^ii. 

5. SCËHE XVllL 

BBuaa, AROU, ium^m Jmu m «kù*. lonmim, 
Tomnta, /tigmamt Jmmtfatrair Mitiat, [ijH.) 



D.nt.zedbïGoOglc 



ÀCTS III, SCÈNE XII. 419 

Votre mari est m(»t. 
HoD mari est mort ? 

TOinETTK. 

Hélas ! oaî. he pauvre défunt est trépassé. 

BéuKK. 

AsmrémeDt ? 

TOIRBTTK. 

Assurément. Personne ne sait encore cet accident- 
U, etje me snia trouvée* ici toute seule. Il vient de 
passer entre mes bras. Tenez, le voilà tout de son lon^ 
dans cette cbaîse. 

bAuitb. 

Le Cel en soit loné ! Me voilà délivrée d'un grand far- 
deau. Que tu es sotte, Toinette, de t'afflïgerde cette mort! 

TOIKBTTI. 

Je pensois, Madame, qu'il fallât pleurer*. 

âàUKK, 

Va, va, cela n'en vaut pas la peine. Quelle perte est- 
ce que la sienne ? et de quoi servut-il snr la terre ? Un 
homme incommode à tout le monde, malpropre *, dé- 
goâunt, sans cesse an lavement ou une médecine dans 
le ventre', mouchant, toussant, crachant toujours, sans 
e^irit, ennujeuXr de mauvaise humeur, fatiguant sans 
cesse les gens, et grondant jour et nuit servantes et 
valets. 

1. TVm>/, nu Mcord. din rMition de 16S1, rt ânê ttKrt qui ti (ai- 
•Ml : t69i'i733< l'»»ril ert ritibli d», le tnla dr i-Jj. Compar» ci- 
d««iw. p. 3)1. nota 4. 

3. L^niploî, lion ordiatirt, iu tnbjaDetîf iprè» le> v«rbe« du ten^ d« 
inibï. ■ ctc dijl nhn tonci VI, p. aSS, toit 3, >t VIR, p. 5Sl. noi.- 1. 

3. ki le wnt dn laot ae difltn pu ■!■ celui qu'il ■ le plui (ouoent aii- 
jiMI ilTiai (il a'ea eM pu de mtiat m ren 737 du tiuaitlhnpe). 

4. AfiBtuuenM..-! «ampam poar cette allipie lea Ten :)A et 17 ite 
la fabU it I* Fostaiu iotilalée U CaeUt, U Ckmt, et /( Semrittau [fsblc r 
4a Un* VI]. 



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LE MALADE IHAOINÀl&K. 



VoiUi une belle otusoq fuaètwe. 

n &at, Toinette, que ta m'aides à exécuter moD 
dessein, et tu penx croire qu'en me servant* ta réoom- 
penseestsûre. Puisque, parunlxHihenr', personne n'est 
«score averti d« la chose, portons-le dans son lit, et 
tenons cette mort cachée, jasqu'à ce que j'sye fiut mon 
affaire. Il y a des papiers, il y a de l'argent dont je me 
veux saisir, et il n'est pas juste que j'aye pwsë sans 
fruit auprès de lui mes plos belles aimées. Viens, Toi- 
nette, prenons auparavant toutes ses clefs. 
AIGAN, M bmM brmqnitwit. 

Dottcement. 

Bilan, auprin, gt tponvmU* . 

Ahy! 

i-ICÂR. 

Oui, Madame ma femme, c'est ainsi que voas m^simex? 

TOIHITTS. 

Ah, ah ! te défunt n'est pas mort*. 
iaCAn, i Bâlna, <pd km. 

Je sois bien aise de voir votre amitié, et dVvw en- 
tendu le beau panégyrique que voas avez fait de moi. 
Voilà un avis au lecteur* qui me rendra sage à faveur, 
et qui m'empêchera de faire bien des choses. 

I. Qm *î m bc wri. 

1. Holisn ■ da mhaa dit par mm mMtm; a*> Y<n *7 da JlîtaiMb^ 
M IllB dM Ftmmri laranU*. 

3. Cette Indieidon n'ett pu diu l'édidoB da ijjf. 

4. C'«t lu mot qa'k la Gd do liicla Auain lleiaKdra DvTal a fgcl kn- 
muaoHBt ampniBlé, dont il a mim» tiii Mat* l'idc* de u petite BBM ti ia 
dafi^n(ùn[i706). — Toiwttaarait dit plainnuattoMillMwa {p-ptf- 
> La piDTra difanC ni tnpaaaà. • 

5. Holîàrea déjl nia oa pronriM daai U boBch* de Liandi^ >■ *an lOll 
AteÈUmnU, 

Ora doit i*ippeUr u aiia an laatew. 



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ACTE m, SCiNB XII. <3i 

BlEftALDfi, «OTUnt de l'androit on il étoh etébi. 
Hé bien'! mon frère, vous le voj'sz. 

TOINPITE. 

Par ma foi ! je u'auroU jamais cru cela. Mais j'en- 
tends votre fille : remettez- vous comme vous étiez, et 
TojoDS de quelle manière elle recevra votre mort. C'est 
une chose qu'il n'est pas mauvais d'éprouver ; et puis- 
que vous êtes en train, vous conooitrez par U les sen- 
tunents que votre famille a pour vous. 



SCÈNE XIII, 

ANGÉUQUE, ARGAN, TOINETTE, BÉRALDE. 

TOINIITB l'kiie * : 
Gel ! ah, fkcheuse aventure ! Malheureuse jour- 
née I 

kSGiUQVt. 

Qa*a«-ta, Toinette, et de quoi pleures-tu? 

TOtRnTB. 

Hâu ! j'ai de tristes nouvelles k vous donner. 

ANC^LIQDI. 

H^qooi? 



Votre père est mort. 

ÂRGiUQUft. 

Mon père est mort, Toinette ? 
I. scEne zn. 

inuSB, aprtoal dg Ftii^tit al il t'iteil eadU, UOUI, 

WU«I[I734.) "**"■■ 

*. MiraU* wmoK^nttd^. 

SCftHE XX. 

*aojL«, taoïuqux, ronsm. 
Toanm,fii$MMi dtHêftreir JitgiUfut, {thU*m.) 



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49z LE MALADE IMAGINAIRE. 

TOIHSTTB. 

Oui; vous le voyez là. 11 vient de mourir tout i 
rheare d'uoe faiblesse qui lui a pris*. 

Ô Gel ! quelle infortune ! quelle atteinte cruelle ! 
Hélas ! fant-il que je perde mon père, la seide chose 
qui me resloit au monde ? et qu'encore, pour un Barcroît 
(le déaespoir, je le perde dans un moment ob il ctoît 
irrite contre moi ? Que de viendrai- je, malheoreose, et 
quelle consolation trouver après une si grande perte? 



SCÈNE XIV ET DERNIÈRE. 

CLÉANTE, ANGÉLIQUE, ABGAN, TOINETTE, 
BÉRALDE". 

CLÉINTE. 

Qu'avez-vous donc, belle Angélique ? et quel mal- 
heur pleurez-vous ? 

AHGÉLIQVB. 

Hélas ! je pleure tout ce que dans la vie je ponvois 
perdre de plus cher et de plus précieux : je pleure la 
mort de mon père. 

CI.61NTB. 

Ô Ciel! quel accident! quel coup inopiné! Hélas! 
après la demande que j'avois conjuré votre oncle de 
lai faire* pour moi, je venois me présenter à lui, et 

I, Prùt, luUeudafTi'f, dam nw tatn da i6Sa-l731. — La taétat [talc 
te lit dana l'cdition, noa auibea tiqua, de 167! at dau ccll« qai cm wmt 
mppnxlûai : vojei cï-apna. p. 47S, nat« 4, 

». SCÈNE ZXl. 

imouf, laaiuiim, clkutx, Tomnrs. (1734.) 

3. De ftir*. llUJtm.) 



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ACTE- III, 3CÀNE DERNIÈRE. «33 

tâcher par mea respecU et par mes prières de disposer 
son cœnr ih vous accorder à mes vœux. 

Ah ! Géante, ne parlons plus de rien. Laissons là 
toutes les pensées dn maria^. Après la perte de mon 
père, je ne veux plos être dn monde, et j'y renonce 
pour jamais. Oni, mon père, si j'ai résisté tantôt & tqs 
volontés, je veux suivre du moins une de vos inten- 
tions, et réparer par là le chagrin que je m'accnse de 
vous avoir donné.* Soufirez, mon père, que je vons 
en donne ici ma parole, et que je vous embrasse, pour 
vons témoigner mon ressentiment '. 

ARGAIT mUv*-'. 

Ah, mafiUe! 

AMCiUQUB, jpoanuiii*'. 
Ahy»! 

âROàIT. 

Viens. N'aye point de peur, je ne suis pas mort. Va, 
m es mon vrai sang, ma véritable fille ; et je suis ravi 
«l'avoir vu ton bon naturel, 

t. 5rj>U.lirwu. (1734.) 

s. Li ncoBBaiiuBce dosLja luiipéikitréepaiirTiHboiltii: to^h tosKtl, 
p. iM, Boli, tone IV, p. 103, id 3* nnrei, M )• Dittiamairt de lÀiiré à 
<■— iiuuHi. 3*. On peut mtea rtafùjtt aax dvmivn i*n dn nmarcia- 
meot ■iIumJi pir le BachetUmâ Jot Doetenn (cî-iprèi, p. 45o]. on la Hii- 

Qmi Jarerom ÎM â^dâlt, 
3. Jlsiuii, «iruf*!^ AKgdliqm. (i;3(.] 
4- CffOe indjeitiom n'ait p» d«u rédition de «734, 

S. Oa • m à l> Hoiic* (p. iSi) que Hlia Ciiaù mit M aaa Att plan 
«kmaM** iaivrpnta da tb\m d'Aiif iliqn*. Smi jau prodaiwil id an (thmI 
«Bit : • Dan b denier Kta, dit CailhiTa (p. 3iS da Ml Étmit nr 
Mttiin, rScn),... ADgrliqna fond an laTon au piadi d< aon pire qn'aila 
on «rrear et «'ieria : aki^.A TOÏlà tout ca q«a 
r Mlla Gaaaain? an lien d'na KnI ni, alUm 
•ainicnt aTac la rapidid d'un «liir; la prs- 
tT portait aaliiEni^t dam Tloiv dn apaata- 




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434 I-E H&LA.DK lUAGINAIRB. 

AVQilMtVM. 

Ah M quelle surprise agréable, mon père! Puisque 
par an bonheur extrême le Gel vous redonne à mes 
TOBOx, soufireu qu'ici je me jette à vos pieds pour tous 
supplier d'une chose. Si yous n'êtes pas (kTOimble au 
penchant de mon cœur, si vous jne refusez Cléaute pom- 
époux, je vous conjure au moins de ne me point forcer 
d'en épouser un autre. C'est toute la grâce que je vous 
demande. 

CLiurrl K jette i fnionx*. 

Eh ! Monsieur, laissei-vous toucher à ses prières ei 
aux miennes, et ne voua montrez point conttwre au\ 
mutuels empressemenu d'une si belle inclination. 

BÉRXLDB. 

Mon frère, pouvez-vous tenir là contre ? 

TOIMKTTB. 

Monsieur, serez-vous insensible & tant d'amour? 

ABGUI. 

Qu'il se fasse médecin, je consens au mariage.» Oui, 
iaites-vons médecin, je vous donne ma fille. 

CL&iKTB 

Très-volontiers, Monsieur: s'il ne lient qu'i ceUp«Mir 
être votre gendre, je me fend médecin, apothioaur 
mêmes *, si vous voulez. Ce n'est pas une affaire que 
cela, et je feroïs bien d'autres choses poor obtenir I-i 
belle Ai^liqae. 

,, sctNE xxn. 

AK«iU, BÉmALI», ÀKOiuQin, CÙtSTB, 



a. CUunI, W JlalU •« r«M" fJrgMM. {Ihéem.} 

3. J CUmiM. {JiirfMi.) . 

t. D«»l«tœwil« ifiia, qiMMa«ini»oii».»tfaw,»dT«be,tmi 
apiii OB no« dB|iil)er, eontgraèncM 1 1* f*jI« de V.mrf»»; ml- 



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ACTE ni, SCÀNI DERNlàHE. «35 

Mais, mon frère, il me vient une pensée : &itfls-vous 
Médecin voos-mème. La commodité sera encore pins 
grande, d'aTcùr en vous tout ce qa'il vous faut. 

TOIMITTB. 

Cela est vrai. Voilà le vroi moyen de von§ g^n^rir 
I)ient6li et il o^ & point de maladie si osée, que de se 
jouer à la personne d'un médecin. 

Je pense, mon frère, que vous vons moquez de moi : 
est-ce que je suis en âge d'étudier ? 
BénàUùK. 

Bon, étudier! Voua êtes assez savant; et il y ea a 
beaucoup pannî eux qui ne sont pas pln« habiles que 
vous. 

JtRGÂK. 

Hais il dut saroir bien parler latin, o<Hiiic4lre l«s ma- 
ladies, et les remides qu'il y faut faire. 

BiBALDB. 

Ea recevant la robe et le bonnet de médeeiii, vous 
apprendrez tout cela, et vous serez après plus babili; 
que vous ne voudrez. 

ABGAN. 

Quoi ? l'on sait discourir sur les maladies quand on 
a cet habit-là ? 

BiaiLDK. 

Oui. L'on n'a qn'i parler avec une robe et un bo»> 
net, tout gaUmatias devient savant, et toute sottise de- 
vient raison. 



Tenez, Monsieur, quand il n'y auroit que votre barbe, 
c'est déji beaucoup, et la barbe fait plus de la moitié 
d'un médecin*. 

I. Pmt m ànmn u air étfonUm laqltvm iiilA iiniiiil IM 



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(36 LE MALADE IMAGINAIRE. 

clAântk. 
En tout cas, je suis {««t à tout. 

Voulez-TOBB que l'aSoire se fasse tout à l'heure ? 

Comment tout « l'henie ? 

aimt.hOK. 
Oai, et dans votre maison. 

AM3AK. 

Dans ma musoa ? 



Oui. Je connois une Faculté de mes amies, qui vien- 
(Ira tout à l'heqre en faire la cérémonie dans votre 
salle*. Cela ne vons coûtera rien. 

méilvcïu d« ca unpi-U portaient ]■ birba longue, de Béa* qn'on lee ■ 
TU de Bof joan continuer à porter II grjuide pernqae, qnel qna fdl levr 
tft, qaud toni e*ia qui »*ient encore Iton chenoi inint roanei au 
dtareni poeticbei. (tlou fAftr, ittS.) Qoelqae poeitif qne aut le texte, 
il Mt fort doulMn qne MoUèie jouant ArgiB partit cette barbe entière qni 
cannent ■ la négligcnea nctanJlc tu m» uaUdn. Let g ta r i e e dn lenapa 
l'»nt loalci, erojou-noai, nwBtrt Kitleaent aree Icf g rc aï ai BaonMacbea M 
la longue et la^ mouche qu'il Kinblc avoir edoptén ponr cai«eteHaer eeaci 

Uit (dani lOB rAlc airieiii et noble d'AIeeate il BTail, d'apria U (tnnn de 
rtdltion d» 1683, tout k fait riduit «> bouqueti de beriie] : Tojn tom TI, 
p. 5i, note 3, V[l. p. a;3. Os ■ tu do reite {toeie V. p. 198, note S) qne 
daa doetenn de FAmnnr miiUcin, la ptoi tîmk aeni iteit tout baitia. — L* 
Ctitandrc de FAmoMt miJéeût, tiaTciti h llmpraTine, n'a pa UiMcr t'étaUr 
an milien de aon TÏiage une barbe plu* large qu'elle ne eonreaait i ta ignrt 
d'élégant amonren, el tant natarellement Liieite, ta eaoplic*, « lifiieat, «I 
'ooe répanie difTsente d* celle de Tojeettc, k l'obtenalion ^ Sgananlk 
(acte m, tcéne t, tome V. p. 343) : . Toilà un médedn qui > la bulie bita 
jeune. Lisïtti. La icienee ne ae meenn pal 1 It barbe, et ce b'cM pai par 
la menton qa'il eel habile. ■ 

I. 8i.Au... «Jrgn». (,534.) . 

I. Cette F.ealté •chimbralanc •, eomne l'appelle Anger, alUat • ùin 
de* réception! en Tille > n'était pu auiai imaginaire, d'nne «xagfcet i Ba 
aomique aoiti forte qn'on eM d'abord tente de le »ire. On pcnt cobcIu* 
étta amniaat tiài dei Mimârti de dutlet Perranlt* qn« 1. im^miidilé 



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ACTE III, SCÂNE DERNIÈRE. (87 

AK6A1I. 

Hais moi, que dire, que répondre ? 
mtKLun, 

On TOUS ioBtruin en deux mots, et l'on vons donnera 
par écnt ce que vous devez dire. Allez^vous-en tous 
mettre en habit décent, je vais les envoyer quérir. 

ABGâK. 

Allons, voyons cela. 

CL&AMTK. 

Qoe* voulez-vous dire, et qu'entendez -vous avec 
cette Faculté de vos amies..,? 

TOIHSTTB. 

Qnel est donc votre dessein? 

■iaiLDE. 

De nous divertir un peu ce soir. Les comédiens ont 
bit nn petit intermède de la réception d'un médecin, 
avec des danses et de la musique ; je veux que nous en 



il • riBiira ■ tull [wrfaii Hm gnnàm, M In ntmliulnn bian pi^ 
ftea taat k fiil mu ordm d« eindidiU. • Il Mt.... ctctaÎB, dit MioilM 
lifaïad (p. 5g, p. 160 M a6i), qu'il onitiit >lan,naB pu li Pini,m«( <a 
inrûca, im FinltM piaTTM, ob l'uniidn anit ilci drnïti «ecuifi, «1 oi 
■■ dipItiM d* diteMor H promit ^èn qna li rortniu d« ealiti qai l'arail 

ibtaB» • Pinni laeenfrérai qn* •'tuit laanti ScuDdal poor «emai 

wiwiioM diiriUblM, • one tnt-pctiu miiuiriti ipparicBaît à Hoatp>lli«r. 
la plapiit nuieat dei pciilei Baiicnitct d« pronnce, ABgen, Rcint, 
Cita, BndMui, TobIddic, V>Iib«, «te,, où la fàcilîti dn rcesptiDiu toh 
•i qMiqa* wrM prorcrhiilc. Hontpcllicr b^oic n'itiit pu cntièreneMi 
Uri ée et nprocb*. La piauria da natta icole 7 aialt introdail oa abat 
(•■aidinbk. Oa j racavail diaE MrtM da doctaon. Ccai qal darilMt 
nMar daaa la nll«..-. «t.... paoTaint ••pirar aai hoancim de i'afTJ^< 
liaa.... ttaiaat wamiaia aTae loota la rigoeiir que comportaiaai In ligla- 
msmt».... Il ta itaït d'aatrM qui ae ftaaiBat i Hoslpelllar qne pear j 
ptudi'a laan |ndai et t'ea aller autaita... j iprw da< ipreana diriaoicM, 
•■ Itor dilinail aa dipUoe, Bojeaaant la promsaaa qa'ila qaItteralMt 

I. SCiNE DEUntHE. 

■*■■"". aiaiuqtn, cuium, Tonnna. 
CUun. 
Q* (iî3*.l 



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4S8 LE HàLADK IHAGIIfAIRE. 

|HrenioQB ensemble le dÎTertÎMeinent, et qne bwd firfare 
y fuse le premier personnage. 

Biais, mon oncle, il me semble qne vous vons jooez 
an peu beauconp de mon père. 



Mail, ma nièce, ce n'est pas tant le jouer, que a'ao 
emnmoder i ses fànuisies. Tout ceci n'est qu'entre 
BOUS. Nous y pouvons aussi prendre chacun un per- 
•onnage, et nous donner ainsi la comédie les on» aux 
antres. Le carnaval autorise cela'. Allons vite préparer 
toutes choses. 

CLJtlITB, k AsgcUfas. 

Y consentez- vous ? 

Oui, puisque mon onde nous conduit. 

t. £■ Malmib imagimain fat Tcpo-tMBti pooT I* pranUra ibu derut 1* 
pobllc la Tcadrcdi dg t'■T■B^dlni«T■ wBriu do annal ; H fat njeai k 
tfmncb* et l< nudi gni ; il anit iti iarit ponr wirlr, «■ c«tt* ninB, 
Un plu tAt «t btta plu tDamit uu dtMte, ani iliiiillmi^iiili it la 
«MT : TDja II IfMitt, p. 110 et p. aiS. 



m su ■— ft™*f icn. 



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TROISiâHB INTBRHAdB. 439 



TROISlàUE INTBKUiDB'. 

Cett une oMnKnîe boiJctqiM d'un hoBune qu'on fyài médecin 
ta tià%, ohaot, et duMe*. 



ENTRÉE DE BALLET. 



Himcnn tipiitien* liennent préparer la ulle* et pUe«T let bine* 
en CMlence* ; «nmiiu de quoi* tonto l'aiMinblée (eompotée de 

I. Paar la Câr*«oua qui fanaa cet latemida, imm« idroni, cobb* 
f*ar Im eatr** JiwrtiiUmaBti <!■ MataJt imagimairë, l« tnt* ia lirret 
^M IlsUân Ini-néai* ■ fair imprùner an i6;3. — Nooi donooiu k l'Jf 
rmJin (p. «l-tgi] la CMmoale ampliUa qui a iti poUi^, k put, i 
■•■as at 1 AsitardiBi, •■ 1673, at •■ grasda partie rcpnidaile dan* l'idl- 
ti» de laM- 



Mdèlai qai as cxiilaiaBt, oa paat Toir l'ff ÙMÛ-i A /a ^ffiiû MaeorwHfaa d 
Ceatha (aa allaaaad, iBig}. Kuttranaat artida oh najanaard a read 
tgeqito de ce lina daai la Jomrmal in uuamU {aoBtini da dieembre iB3i 
p. 731 at ninatai), et la jraeorwHiia da H. OcUtb Dtlipieire (iSSa) 
ea tmarata Ik det reasdfBCiBtati Tort eomplati lar !ai aatean de mica< 
nata*, «t d** extrait* plaa oa niHai nuriaoi da piàeei qai, araat ob aprii 
MiJMia. oat éti Acritei daaa la plupart dei lia^oea aiodames, aîxi beé- 
tiiaaiMiat tnTOtica \ l'aide da sinpiaa tarraiBalioai latiaal. 

3. Btk rieii II df*i. Pbukiiri tm/ittim: (Llnat de 1O74.) 

4. > La* aallai latMaarai ai la efaboaia |d^ riefûpm «a rfiKfanat) deh 
" : oraic* poar U eireoBitaaea et garaiei de 



IX etmUpmma tajomrik^ k la ficalli. > (L'JiteiHiu F— 
'tmlU A ■»d«r<a> A Fiù, par M. le doetewr A. Corliea, p. Sa.] Voja al- 
It— , y. 174, la Tiaaz BÎaioira da dtcoratear. Vojca anid peraù loailaca- 
am« p^îifa par U. Édesard TUany la a* xxit : on trenrera Ik (p. afS) 
■Mtloa de terjtt fnUi d» fian, itftêMa, da fiàtit i* nittiu pour 
a w ik ar Uf JUmn eajr paruti en lecanuie* pareat taai doota dkorer la 
letaa al ta jsoait la Prologaa, l'Églagna da Flore ; maii lai portât oraiea 
é» gairliadei, B'étaiaat.ce pat eillei da la lalle de réceptioa? Dot OeMM 
■aat 1 l'air de lihe qn'oalol doaaait. 

«t pvMde U davi im Tapteim. La aalU prtta, e'a 
qa* ^11 Muai M piiaaaat plaea In asalimii aeti 
«^M i*a^ia r^ff tadi w. p. Sot et So^ 
1 Luimt,amiinU^. (Umt da 1671.) 



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l4o Ll UALADE IMAGINAIRE. 

huit porte^eringuM, *ix *polhic«irei, Tingt-deiix doctenn, od«i< 
qui te Ut receroir midccin, bnit chirar^em duuanta, et deux 
ehânuiiU*) cotre', et prend «etplacei, leloii le* nu^*, 

PUJUtS. 

SçavaatUtimi doctore**, 
Medlcinx profestoret^ 
Qui hic attemhlati ettit, 
Et vos, allri* Mettiores, 
SenUnliarum Factdtatis 
Fidèles exeeutoret, 
Chirarglani et apothicart, 
jilque tota compania autsi. 
Salua, honor, et argenlum, 
Atqae bonum appetitum^. 

Non posium, docti Confreri, 



I. P'mgt-Amx JaeUun, ■( etiiù. (1O75, la.) 
1. VajB d-april, p. {5l, aole 1. 

3. Suit ckiiurgieiu, tHtrt. (Lirrct da 1674.) —Et /««r d 
tatrt. (1S75, Sa.) — El itiue ekjitumu, tntrtiU. (16S0.) 

4. Et prtnnemt Umn ptaeet, miIbh liut mift. (i6>D.) — Bifnai let 
fUttt, ulon loH rang. (1S83.] 

5. lU. INTERIlfeDE. 



jDh d^iWMf* ntwwM, M danimiU, frifmrtr la râttt, tl fUt^ Ut fori 

smziiMa iniUa râ uixbt. 

Muxla it la FacalU it miJrdit, amnn Jt winvMaU. 

Lti Parlt-ieringatt^ r^tiiûalnHI lit tiriiùri, tHIrfHI Iti pmmitri. Jfrii 
tait niKnlHI, itax à inx, lu A/nthicairu irw itt mertùn. Ut CIdrtr' 
gieiu (1 Iti Doeltarti f u hhu « pUcir a*x Jeax <ttii da AtÂIrt. Lt 

rwH ileeUar, tt place daai hu c4air« ptai ptlilt, qai ttt tad tr an dt lallr 
du PrJtidmt, 

ÏM PaiUMMT- 
Sfaraatitmti dotlartt. (1734.) 

6. Alltri. (i«t3.) 

7. l» pMtiliaD auqne Ici b plMa d'Isa pnnUn lîtonncDc d* (î.-l ■•• 



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TROISIÂUE INTGRMÂDB. 441 

En moi tatU admirari ' 
Qualis bona inventio 
Est medici fwofetiiOf 
Quant bella cfwta est, et bene trofiata *, 
Medicina illa benedicta, 
Qum tuo nomtne solo, 
Surprenami miraculOy 
Depuis si longo tempore, 
Faeit à gogo* vivere 
Tant de gens omni gmtere*. 

Per tolam terrant videmua 

Grandam vogam ubi sumus. 

Et quod grandes et petiti 

Sont de nobls infatuti'. 
Totus mundus, currens ad nastros remédias. 

Nos regardât sicut Deos; 

Et nostris ordonnaneiis 
Principes et reges soamissps videtis*, 

DiMqae II est nostrte sapientlte. 
Boni sensus atque prudentlse. 
De fortement Iravaûlare 

I. Kcm pomat ilaai Cen/rtri, 

>. lÏMHM. (iS;3 R.) 

3. Sar eclM nprmioD, rojn U DJefioaiuir* di Uilri .- 1* prcaiicr 
«Maplc, k lliiHoriqM, cu d» qoiauèia* ùtt\*. 

4. L> mèttt prcaiir* Kitonrmclk ■> rcprcod aprti « coopki. 

5. CcH reiprcmioB dont ■'■ p» cniat bob plu d« •■ Hrnr HoMicur 
Fibris, pvbBt i ui amlrirtt dm I) kcih 1 da l'ict* Ul d« rAmatir 
mUttÎM (loa* T, p. 337) : • PotMini la Ciel noix bit li gtUt qae, dcpBÎi 
MM et mMtt, sa da»*ar< imblai da noai. • 

d> S t t m itr ot pt^tit daBi «aa aota da la pmrtitioB, iadi^aat «pi'àeaUc 
rifUqaa doit ■■«eador <ut mnad» Kiloiumalla,ijai parait bbocii* k Volt' 
Mai da rcpraadn kalnaa. — Ca Weirija» «oaplat nnqoa daaa la lind 



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44* LE Hi-LADS lUAGINAIRE. 

A no* bene cotuervare 
In tait cradito, voga, et honore. 
Et prandere gardant à non receifere ^ 

In noatro doeto corpore 

Quam pertonat eapahtle*, 

El totaa dlgnoM ramplire 

Has plaças honoraUlee*. 

Cest pour cela qu» mute coiwocatl estUj 

El credo qaod IrovtAUU 

Dlgnam matieram * medîci 
In eçavanU homine qus voici. 

Lequel, in ckosit ' omnibus, 

Dono ad inXerrogandum, 

Et à fond examinandum 

ybstrU* ag>aeitatibut*. 

puHua doctor'. 
Si mihl licenciam ' dot Dominut Prmsee, 

Et tanti doctl Doctoret, 

El attUtantet illustres. 

Très sçavanti Bacheliero*, 

Quem estima et honore, 
Domaadabo '" causam et rationem quare 

I. Bùnare. (1674P-) — Ad lum rtfvtr*. (iBSu.) 
1. HoiTalto pHM Bt NpriM d* b tttamt» Bitoanuli*. 
3. Maurism. (i6;3 K. SI.) — 4. h cheùi,. C167I P-. bâta IridMU.) 
5. F«trU. (1,34.) 

fi. C« premier dixonn dn PruMt lebaTi, la noIoH (mi mI^Jh ist 
tnnntnH st plu langos Ritonnulla. 

7. Piinan DocrauK. [i;34i «1, pis* bu, SaotMit Doomn, Ti Iw 

Doemni, de.) 

8. UcMiam. (1673 R.) 

g. Toili, dani l'ictioa npidi d« cMtt «Mmoi*, l« riiJfiiaJilr» oU 
iH^lier d'nn wil, on plntAl li nba qu'il a >«(«tM l'i Ctit td ; «t M Wetv 
li«r-Ti, piT di*p«nw hononbl* d«i iprcoTM da Ucsbs* M par HEbaMiM, 
Itra.Utfé iB gnd* •oprlaa. Toja la IKWiaf, p. Mi, 

■O. * DtmnuUbo • : Ici wvlaniaBl. (lin» de 1074-} 



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TROISIÈME IITTBRUËD8, 44» 

Opium facit dormira. 

BÂCKBLinOS'. 

Mihi a docto Doelore 
Domandatur caïuam et rattonem quare 
Opium facit dormlre : 

A quoi retpondeo. 
Quia est in eo 
Virtut dormUiva, 
Cttjus est natura 
Sauut atiouptre*. 

t. Amu>. (1734 : ici *t plu bM, la lira ât Sicnunin.) 
a. ^Hofir*. [Unit de 1673 A.) — N'onbliou p». dit H. Pnl luet 
iam* le triTiil mqncl rnooi iToni dijl isproBti plu d'un* clutiaii*, • l« 
dnmivr mît d« Holirrï. «vtal qu^iJ ■ an qavlque urt« décoché en moll- 
it ima» radninbla bonfibnaarie da Mtlmjt ùiof mn. Poonpoi Topism 
Ut-il duiBitr?... Pmrtm qa'il ■ ase Tartn domitlTe 1 pliÎMalcric iiBBOf 
uBa qu tSBt pbilMophe «t tont utuI dÛTcat ereir lanjoan prtMBie I 
f«]rit, ponr ■« [W« ocoifoadr* I>nr IgooraBce iree leur icieBee al In 
BOH iT** le< ■boict. ■ Il j a'iit loBgtempi, es Miablg, i|bs Soent* oa 
Nm»* ■oit raiU le B^aat da eu »TtH de réponiei ; • MiIbUomI, dit 
Sasale k Cibèi ■■ diipitre ut dn PA^i^*, je Tiiireemneneei ï te £uM 
dei q»MdeM, et toi M Be fait p» dte ripodMi qol »iemt identique! k 
mm ili Miidn Si ta ne demudili ce qui diu le aoipi (ùt quil cM 
rtiiiil, je M te fenl* pu cette rlpooM k U foi* Ii4«-a6ra et trte-lgmoruiM 
qae e'cet le ^ileor..É« SI ta ^ dcBindee ce qui fait que le corpe «t ne- 
bde.Je WÊ te ripoadni pae que c'ait la ■aladle.... ■ — ■ Hoaa iGmiaea 
a pieia eriMolélime, en pleia ligB* de* quilitia oaealtee, > dit Haerica 
Bapaad, ea raiaaat ailaileia k ce puaagi (p. 5g et p. 1i»}.Et tiironrent 
UlB ea rappeler (rfsef C*xpti,/mil an claptirt m, d* l» ^Iriu* *i i* Im 
mMadf Jm FÉtàU) et Tail qal mit perce que 1* eerrean loi envoie dae 
ttfHu afti^mm, et rmtomae qui difîre parce qu'il ait doeé da le faenU 
mtttt^ita, al la tMi qd purfe parce qe'il e la rtnu dnUfOgud, sa tna- 
mat wa pee qaa taat eelt u'eM guère, en pied de U leitia, qn'nBe Tariaata 
Ja h^w» eavplet ? > Oa paal Toir dani l» Rtcktrtk» 4t U rtriU de Mala- 
ke i a ià e* aa pjqatat puaage, e> partie eitj par Kearioe Haraend (p. 38i), 
evlaebaiu 



■ Tafia aa Mviftfireà, tome IT, p. 35 et nlnatcf. 

* Toaa I, p. 904 et agS de la tradaetioa de Coada. 

• OMpitra n de U n^ pMtie de la lUtbade, Une II, p. 71 
dWaaéaM. FraaelifBa BoaiU» j n>j«i aani le duviua n. 



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444 LE MALADB IMAQINAIEE. 

CHOKUI '. 

Bene, beiu, beiu, bene respondere. 
Dignus, digmis e*t erOrare* 
In nostro dacto corpore *. 

SBCCRDUS DOCTom. 

Cum permUiione Domini Praaidù, 
DoctUsimee FacuUatU, 
Et toliiu kis ntutrU actia 
CompanUe assUUuUU, 
Domandabo * tibi, docte Bachelière, 
Qua sunt remédia 
QuK In maladia 



â»mt Ié tbénpntiqaa hl uimu da qoaUtit oeadtM, > la mimaA fri 

Dsu oacops att piM)éiiumt celui d* la gnadc t^adiam coatra aUia, at 

ccCM I^eàan w f*i( ■■ kIb tattat i* U FMnlli {Mtiiin w FigmrmU «r- 
Uimimiif f»iiu). Gui Phîb en «t bb dai pri>dpau i—pir at — n — Ibi» 
catM ilrabitiDB n'ait point cncora diKcadue, li l'oa paal aùai din, Ja la 
diéaria diaa lu Eiiti.... -L« eiium occnlCM ont patda lav aa*i aai* 

I. FartoDt Pmadtat, au liaa di Chenu, diu la linct da 1674. — OBBa*. 
dana l'Midan da 17J4. 

I. fjuror*. (r^H; ie) ctplwhu.) 

3, Ici Ica édilioM da i6>i at da 1734 aiiMiaBt oa qaatrina Tcn : JMa, 
(m* m i mu Urt. — La partiliaa B'imdiqoa pai qae la Cbsir applasdH 1 
la praméra riponu d« fsalctianu, mail c'ait p«r «miir UM doatat il eA 
hiea probibla qn'oa chiatiil ici Im Btiu eamm» alla iadiqaa qn'aa Im 
ahaauit aprti 11 aoecndi tipoiuc : layai ci-«ntn, p. 44S. la maXm 4.— 
Mm tu aiaat U Malmii inugioain, ea jaBrier i657, dan U «• aalria 
da ballet J'Amoir mrlaJt, dame 1 la coor pat le Koii dont laa tkb «Imb- 
fil ilalaat aa iialian* et dont Lnlli iTait oDiapoié la bbhiib*, oa arait Ta 
■ ama doetean rtemnir an docteor «a laaiia, qû pHi Bériiar cet hnaai» 
nmUaail det tbiMi dMiéai k Seiranouchc. • Lallî «■ SaanmiadM Mi 
la principil jwnonaigi, laimiai da- lai lani db* Kcai qaî n'a pai ttà 
ierit* ponr la liTrel. Lerambert était • l'Ana Doctear lai dédiaBi ■ 
Alie. • La Cbonr dei doctawa iotarranait paor cfaastar aa ssnpiet Ap- 
pnriiatiini eamBençant «i Goinaat par d« tll h4i»t Tojti MalUn ai la m- 
midit ilatimu de H. Uolaad, p. 179-1S3. 

~ ~ 1 Id Mnleaaat. (i8;S, la.} 



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TROISltME IRTBRMXDS. 

Ditte' kydropUia 

Convenu facere. 

BACIXLUtm. 

Cfysterlum donar*, 
Pottea teignant*^ 

Ensuitia* partir e. 



Baie, bene, bene, bene ratponJera. 
Dlgmu, dignus «it enfrare 
In nottro docto corpors*. 

I. Oitit. (1674c, 74P,to.} — iKcto. [i6;5.) 

1. DiMl«qiutrcKTrcU«t laidiiiaaidt 167(0, 7( P. lo, S3, a Ttrbt, 
à nafishif, ot iait itgaari; tta utTW tarinei (itigaaiuli, ttignfi\, la 
tit mi k n *;ll>bc n c*t ierita tti; 1m latM A» 1675, Bi, i-j'ii oat pirtoat 
Ht, — - Sar rimcrojiblfl Abm <pie eeruiai médeclni faïuîeûE vlor* d* U 
nifai*, Tvfra Mis* TIl, p. iSS, l> not* S ■apnDtk à Hinrin Bijuiul. 

J. . .SuiHM ., ici «t plu bu. (16SJ, I73f .) La litnt d« i6j% R ■ diu 
fcii Atm'ta ■!, plu b>i, fHuUa. 

4. Il* aiiuieiaB, qui doniu ici la aora dti prioaipani ««qtuta gaplarii 
k TarigiM. ■ fait cbanter da la maBJira aainata le* parolai da es ebmir. 
hftkt qo* TortlMatr* qui >■ lontcnir lai toxi ■ dannÉ le ligul, Towi 
{■pat pcTaa ijtiLiij daai bmti- Jauni, Mliaa UoDrinl et Bardj; anbaa- 
daaaa*, HllaMaiiaB; wu b*aM-caatrfl, Powainiua Mille. Forcatiar; aa« 
Um(, rriana) : d-abard »û . B«c. beat raipoodare ., at noa foi> aaaorc 

■ basa TCapMdcn. Orchaatr*. Poii Tarn .■ • Digani [hù] «t estrare la 
•aam docîo earpor*. Baaa (tii) rafpoadere. DigniH (tu) nt intrara In 
MMO docta corpon >. Paia /* Saut^duiu,. It Bas-Jam tl la HaiU: 
Bufc» Êimlt, »i»t ■acoaipagneaieiil du petit Cbaur dai inilramantiatu : 

■ Ba** ra^aadara ■. Orthutra. Pnii nu eico» le praaiiar tw* conme 
■I a iti dit d'abord. TcnaïuiiOB par l'orcheiln. Le coBpotiMar ra- 
■aiqaa qaa U eoapln mtin dn Bmi ae la eliiole qa'aprâi la praniai et 
la qaatrikBa (le daraîar) aoaplat da CljriUrlam, taadii qo' • apréa le M- 

U Ta Jta as eommeDcamant at à [a fin du cbuar complet [b!i • Base 
beat Tv^wiidaTe • et ue (sit • beae reipoadara ■], at qa' • aprn la tioi- 

nr q«a le graad cbcau da StiH a'ntanaait pour U preaiiira fait aprii il 
pnuian ràpeaia da Baduliinu, «'aat-Uin aprât Is) nati hiuu matmfin 
[tàpliqae qmi, ■• *cUBt qu'uaebiii, aura eduÎu frappé Charpealiar qoceall* 
tBatmittm fmrfara qu'il a matée an-denat da cbaBr). Si la gnad dMaor ae 
ekotait U, apia la prewéra répaaia, iai Mtuellauant aprit la Mcoade 
r ipw w a . wiaiMt aaMÏ aprct la tnuaigau qai tb aaiTre, OB a* repieBait qaa 
W pMit EhasT, la praBÏer *eca wal. 



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(46 Ll HÀLADB IMÂtilRAIBE. 

TIBTIDS IlOC»Ot. 

Si bmutm temhlatar Domina Prmstdl, 

DoctUtimu Facuitait, 

Et companim presenti, 
Domandabo Ubi, docte Bacheliers, 

Qtas remédia etlcts', 
Pulmonicis, atque tumattcls*, 

Trovat à propos facere. 

BACHBLINDS. 

Cfyeterium donare, 
Poatea seignare, 
EntuiUa pwgare. 

CBOKUS. 

Bene, bene, bene, bene respondae*. 
Dignas, digjuu est enWare 
In noatro docto corporé. 

QOARTnl DOCTOK. * 

Super illas maladiat 
Doctui Bachelierua dixit maravUUu : 
Mais si non ennuya Domiman Prmstdem, 

Docliitimam Facultatem, 

Et totam konorahilem 

Companiam ecoutantem, 
Faclam illi totam qumatUmem. 

De Aiero^ maladuj taau 

Tombavit in meas manu» : 
Habetgrandam fievram cam redoablamantit, 

Grandam dolorem capiti*. 



I. Stttimt. (1734-) • A*i kMtiqasi « aiiqan, prît de Sèi 
tomUi an hiii«. • 

■. MllmalUU. (i6a3.) 

S. L* Chanr, oimmm il *i«M (TltM dit, at bUt wl^iln a 
M prwnMr Ten. 

4. DaUtn. (iMi.) —DàtUtn. (1734.} 



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TKQISIÈHE IHTB&hAdK. «47 

Et grandum malatn ait eosié, 
Cum gronda tUf^ultaie 
Etpena Je rttpirare ' : 
Feaias mihi dire. 
Docte Bachelière, 
Quid au facere? 

BACHKLIBBUS. 

Clyalertum donare, 
Postea teignare, 
EmuUta pur gare*. 

QUIlfTOS DOCTOR. 

Mais si maladia 
Opiniairia 
Non vuh se garire, 
Qutd au facere? 

BACHBLinCS. 

Cfy$terium donare, 
Poetea teignare, 
EnsuUta purgare* . 

caoRus*. 
Sene, bene, bene, hetie respondere. 
Digmu, dignus est entrare 
In oûttro docto cor pore. 

Jura» gardare staluta 
Per FaeuUatem j»tetcripta 

i.CtfDHMTJMM. (16740. HP> 7S. 8«, 173*.)— Et fanamfirmrê. 
(iSIb, ITIO. II. Ï3-) — Bt f—m à rtpm*. (1773.) 

1. CaUa bit, mm doala •or an (■•!■ du Cinqaièac docUBT, impalùnt 
<t piapoMT MS abJBrtûn, 1» Osar (irda U ilUnsa. 

3. M k* tiHam ds lUi «t d( i;U ijonUot i * HtHigaer*, rmfmrgart, 
m nifyttri—rw > (f» dnain not Mt, pir b»U, icnt ntUituriiart din. 
"•«.W. >7'o). 

(. Sun«t II Bol* d* Chirpealicr. ■prit «tta raponta qu mtt ia à I la- 
tongMiaa ^ riâplndun. ■ aa r^Mad VM b J«H, «(w • taja ci- 
d«MM, p. US. ■"*• «■ 

I. La Fad»— T, à ttjit. (i?»-) 



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ilfi LE MALADE IHAfilNAIRE. 

Cum tenta etjttgeamento? 

BACaiLOBUB. 

Juro. 

PBSSES'. 

Ettere, in omnibut 
ConsttllatiorUbua , 
Ancieni aviso, 
jiut bono, 
Aut mauvaito* ? 

BÂCHKLUmVB. 

Juro, 

PR£SB§. 

De nonjamait te servire 
De remediis aucitnit 
Quant de ceux seulement doctm* Facultatit, 
Maladus dust-il crevare, 
Et mari de suo malo? 

B&CHBLIUnS. 

Jiiro*. 

Ego, cum itto boneto 
Fenerabili et docto, 
Dono tibl et concéda 
F'irtutem et puUtanciam 
Medicandi, 



I. laiatplaibM.LtPiiiMniiT, HlindaPutwa.dwjl'àafiliBaiIttjlt. 

a. Cta rapptib es qae Holiàra (Tait bil dire k Tamù, le •êriM fbmÂu, 
4n>li couoItiEioB de Cimoar mii*cU{mat il, ic^Etn, toBaV, p. 3*3): 
• C* a'ett pu qaa »■> wm, comn* oaaTa. n'iit tni le Malida, «tqaawlH 
d* TUoplwute ■• Ht bMaeDop meilleur luartaenti bu* eaCn il ■ M(t 

3. Alnm, (iS9t ; TOfa ht cette iditian, ci-4prit, p. ^%%, matm i, et 
p. igo, note i.) 

4- Cnt, d'iprèi GriBireK, a pnDosfni Pan de M jm* qw MoKèn 
rrfut, la loir de II ^itriiB* np ri i— tatioB, la danibv atMiate da «•■ 
«al : Taja la J)bt(M, p. iiy el BOM 9. 



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TROISIÈME IIYTERUÈDE. 

Seigfumdi, 
Perçandi, 
Taillandi, 
Coapandi, 
Et oceidendi 
InyHtne per totam tartun '. 

ENTRÉE DE BALLET. 



BÂCHELISBUS. 

Grandet doctoret doctrinK 
De la rhubarbe et du séné. 
Ce serait sans douta à moi chosa folla, 

I. ■ J« s'it ici qa'aa* toata 
(p. <>). MKÊUmnâi, fatfmUi, i 
iim4i. Miit uifmaMtU, ptretmdi, 
(hmrgic ; •■■ut d'uichromii 
■>•■(>(« pu- ierit i l'm ibH 
B'Ht pu aa nprecb* qn js bit I Holiiic, 
paar U pablic qa.'S ««ai diicnir, médeciai «t cbirorgiciu, ecU fait MiM m. 
D 7 joiat nlmt In ipothiaim, neorUnt la ehir trHmphii âe U FieoUc, 
■n— I da lictcen, In uisel 1 U muin. 11 «d nMllc un «fiel ibillril d« 
fin fiMM^BM, et c*eM toat « qn'il lai bni. — H«ù ccrtei, il ■« kl ■ ]•• 
■■• MiNHkii aiitint qa'ik •■ hâîntimit astn «ni. ■ Vojei la chapitre n 
dn MUniiu « Umfi dt Meliirt, oA Hani» HafDaDd a namtà rhiitoire, 
•■Hwea l60o, dn lultn toaltnun par U Facidci conlre l« dau cor- 
f a«Miii«i dn chinrgieM et d« apothictim. ■ Ad nnoieat, dil-il 1 li Go 
i» et (bapiiic, ai Mtliir* alliit Inî porter la coup dccûil, la Faeuitt iAÛt 
pntoat trioBphaata ; da qulqoc eftti qa'alle ponll an regarda, tllc ■• 
t«jaîi qaa daa eBDOuii toruaia; toaa laa pne^ ^taîanE gagsia^. > 

s. Cnt-è-dire Hr an air da ballet : • Aprta qa'ii a nfo le boiuut d* 

■ • S^ ae troarait ■■ badtaliar qui elt ttiertk li cUmrgie em liml amtrt 
mt mmumtl, il Atnix anwt iTétr* adait I la lieaKe, bob plat MolMint 
fritw ■■ iiiMiBt, naii t'aDgagar par-an acte paaai daiBBt Botain k ro- 
■aaacr pawjanaiii Peiircin de cet an • (b. 46). 

* • Mbo dirBrgieH lont fort éloordi* d* leur arrél, kiit Cal PitiB la 
1 ■•! I06o (loaia DI, p, acn)...; ila nou halnant fort MBOOi eas, eoBom 
dn nMrafclo.... Poar In apotbinim {/raff^i «u« J'mm mrrél alii 1(147 - 
ttmt I, f. iSS, M —mt II, f. Sol), il* toat «aapin eomna aa gaat, at na- 



petite rt*ar<e 


k&i» 


dit Hanrice l>anaad 


rie. de mie» 


— l'a» «leort pour ncd- 


, uilla»di, eo 


pwy/il 


>it preaqne ton 


ala 




»oai Ta In mid 




air eomma d« 


a pwte 


. - Aa Bupla 


. e* 



«■M /, f. 136, tl nau II, f. So3), iU t. 
Axiat •■<■ •Tolt BOT boiMi gitan. ■ 



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450 LE HALADB IHAGIHAIRB. 

Inepta et rUtieula, 
Si falloibam rrCenga^are 
KobU huangeaa donare. 
Et etitreprettoibam adjoutare * 
De* lumieras au soleiilo, 
Et de» etoileu au cieio, 
Dei ondaa à rOceano, 
Et de» rota» au prinianno*, 
Agreate qiiavec u/io molo, 
Pro toto remerctmento, 
Rendam gratiam corpori tam docto. 
F'obU, vobii deheo 
Bien plu* qu'à naturw et qu'à patrl meo * : 
Natura et pater meus 
Homirum me habent factum; 
Mai* vo* me, ce qui e*t bien plat, 
Aveti* factum medlcum^, 
Honor, favor, et graiia 
Qui, in hoc corde que voilà, 
Imprimant res*entimenta ' 
Qui dureront tn tecula*. 

docttor, dit mM noM da «raileien^ oa joii« r»îr lalTiBt fl'tiw dM ftvrv* 
nacaa, CMUu ii ttl «pptU mSlann par Cliarptaôtr), «t le* daamn lai 
toit l* lirimuM. • — Luifiàn larMraiet. (limtde l6;4.) 



Ltt Chirargiau et A/ielkUairet neniuiit /airt la rMrtnce en taJtutf m 
Arg». (>734.) 

I. Aj<*iar,. {1683.) 

a. Ah priumac. (yitn^ it xiji k, i^a .] 

3. Qu'à natiitm, jn'â palri hh». (Liiret ds 1673 A.) 

f. • Ici, dit Augcr, ArgMi ('(ppropric «t «ecoBinod* à la dreoaMaBM 
me phnfe du compILDidBt que Tbomai Diilbiriu loi ■ &it i iKi-néa* i * 
*ajM ci-dam», p. 349- 

5. tmprimaiti mtimtnla. (1674 P.] 

tf. On lit dam le« Mimoirtt imr la rit iti /un Ratiitt par •» Cl* (*« h 
fa d* la I" partie) : • Bolltaa lui foomit iomI le eomplineat latia i|^ t*r- 
mlae U Malade imagioain. • Loaii Itaeiae n'emtendaît-il parler qu da 
r*nwraî«awnt d'Argan, •■ itCeetait-il de ne m aitiiTeBir qi 



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TBOISIÉHB INTERMEDE. 



f^îvtU, vivat, vivat, vivat, centfoiB vivat 
Novat Doctor, qui tam bene parlât! 
Mille, milie atmls et manget et blbat, 
Et seignet et tuât * .' 

ENTRÉE DE BALLET». 

Ton* le« Oiinupen* ■ et les Apolfaioaira dtnient au «oa de* iaitru- 
ncnU ei Aet toîx, et de* Iwtteaieiiu de maiiu, et det mortien* 
d'apotliicairet. 

Il Cn^oMBic, «I I> rMniuiil liiui i on compllmnit Utia? Qnc h bri*a 

t»ir pi» de compta qi» d( l'oD-dil neiiailli dlu )■ Bolmua t Toja m 
pi|« 93o (t i3i de 11 ffoiice, dont t'anteur )nnit àrtiti qne l'onbli du 
pnugt ds Mimoint de Lnait Ricinc a'edt p» ta booin d'écre ri- 
pniid. 

t. yoîd eommeM Mnlt emplojin dni le chint, ici et tont 1 la fia de l( 
CimMiaia, lei pamte* de m couplai rormant It grand F'/'al. Aprèi une 
vifDarcuaa atlicpie de rar«he«tra, quv rcnfareeut dn mortien-timbilaii 
Taai : . Vivat {bi, Bealemenl, non qiuUr). cCDt fo» tIt*! Kotu Doctor, 
qui tan bvua parlatï ■ ce début, temin^ par quelque! meiurei d^orcbeltr«, 
nt M que \r eampotiteor appelle It peCii rival, enteodu une toit pluiloin; 
auiale Chaur, poarieheier la grand ViTat. eonlinae : «TÎTat [quala). eenl 
feit Tifat HoTm Dociot, qui lam b«ne parlai, TÏTat [ttr) a. Orchntre. Puli 
UHmat-ituia, U Bai-daiat, la HaaIe-mHIre tt ta ttuit nab et lecoiiipa- 
(oja par le petit arehotre : • Mille aonli et niDgel et bibit • ; la Deux 
dtaat M la TailU: • et aeiguet >; U Saat-ieiimt, la Eaaxe-eoiilte e\ U 
tatm .■ ■ et taat a ; Ir Bm-deiliu et la Taillt : . Et leignet . ; It PremUr 
Joint, la Bmle-taUre et la Batit .■ a et tuit • ; Itâ Six arec le petit or- 
cheatn : > Et tei^el et luat • ; Toiu, aree le grand arebeitre et le» tnor- 
li«n:> Viaat {^aaur), cent (bia Tiaat Hotdi Doetor, qui tam bene parlât! ■ 

.. ly. .ir.U. n »u«T. (,,î<.) 

3. Un méDoire à'aïutuiler fournil iD Palaij'Rojil pour le* premiim 
rfprtamtatioBa eompte ■ ringt^x palelln 1 laigner argentiei et peinte* : • 
^ttalast U loi attribatt nainrela dea figure* de chirurgien ; mai* le liaret 
fri diaj, p . Ho) n* mentioBBe de ceai-ei qu'on groapa de dîi, chantait* 
•■ daBuitit H. Éd. Iliierrj [p. aSo et aSi} inppoaa que leiu autrca 
ginid**aliini eacor* l'aMenbUe, nui* *a BopUi aifiaianti, oa, ce qai lui 
pumlt Baina probable, que le* palette* de lurplni BTtienl pUee dan* le* 
traphte* de la dlenration. 

i. A dt mtriitn. (1614P.) — Et ia iaîumtau dtt m ' 
An. (i«9i.) Ce. ■ 



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LE MALADE MI AGI N AIRS. 

CBIIUIBOS*. 

PuUte-t-il voir doclai 
Suai ' ordomaneicu 
Omrtiam chirùrgorum 

El apolklquarum * 

Rempltre boutiquat*! 



Vivat, vivat, vimt, vivat, cent fois vivat 

Nova* Doclor, qui tant bene parlât* f 
Millet mille annit et manget et htbat. 
Et teignet et tuai! 



Puiitenf toti annt 

et domîuBt 1* bibl* bruit d« ccu ipi m'àUMEt ^M pMT U moÊttt', 
l'icoiiTiUiat régalièremeiit itcc la iutnmantt de l'«nkc»tR i it'ipr^ h 
pvtitioH, b «npoutMT Im ■ «aplojâi poor «uvdériiw rMBoaptfM- 
mtnt da gnnd M du petit Firal, uuit non Fiir qol règle U à i mmt do CU- 
nrgia» et Apodiiairea iodiqu» mnE le ctMplet da pvaifr CUtmrpu, 

I. PuMm CoBOBai». (1734) Le eoaplat at Aaati : la pârtitloa le 
donw 1 un* Taills. — Ca eoaplet et lei laiTanti BuBqaami Aaat la KtcM de 
i67t, qui u tarmioe iùin : £t imatl — Tau Ut CUrmrgùt *( bi JptJii- 
tairet aj^lantitim par àti baïunieiut dt maùu st ia martitn faftU- 
ctirà. EiumiU ukU Fiuitmklcc art a» cèrèmtMÛ. — Ta. 

a. Pwiut-t-U voir Joetai, Suai {tic, arec dh Tirgale aprc* doeU^. (LinM 
da 1S731, 1694.) —Puim-l-il Kir dl>cllu,SlÊat,[l&}^C7^r,^S, Sa, S3.) 

3. El mfoHqitarianim. (1694.] 

4. L« ebinirgialu, dit Haarîee &Mjiuad (p. 3o3 : vofa anaore p. 3i}}, 
• tSMÛiU boutique et nuptadtUat i Imn ttattntt •■ fUM d'amigaai, 
troii boltei emblioutiqBaa tanuoBtée* d'aae buuuèrc au {■■gaa iim aaiMi 
CAme et Daaùen. ■ 

5. Le Chcaur ne chaata ici que la pttit Firal, e'aat-i-dira la prtailr* par- 
lis du graad fiaiaual a>e« ce laeoBd Ten. 

6. Aroncuim. [i6]^0 — Saooin> cmmaiBi. (1)34.) LelinM, dsa- 
Bant ploa haut (p. 440] la compoaitiaB de l'iaMMblé*, «aMtate «■ «(61 
qa'k rerigiD* il y afail daiui Chimrgicu chutiala. Le penoaa^e qmi 
ebBDla ee couplet m'a pM de titre dau ' ' " '* ' 
ma antn que celui qw a dit le eoaplet ] 

7. Tontea lea Uiliau : Pititit, 

■ Dca ■ ail mortien pcîiiU et ergest^ aiw aïi moitian da beae da- 
da» ■ et d« I ù piloM ergcBtfa ■ doat parlent Ici coMptet p obli fc par 
H. ïdonard TUanj (p, «f*)- 



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TROISIÈME INTERMÈDE. 

Lai estere boni 
Et favorabiles. 
Et nhahere' jamais * 
Quant pettai, ferolas*, 
Fieuras, pluresiaa*, 
Flttxus de sang, et dyssetOeriai! 

CHOSES*. 

Vivat, vivat, vivat, vivat, cent fois vivat 
Novut Doctor, qui tant bene parlai! 
Mille, mille annis et manget et bibat. 
Et setgnet et tuât! 

DERNIÈRE ENTRÉE DE BALLET*. 



a. Yai«i toac T. p. 33(, moM i. 

3. n»r«i». (.ÎÏ4.) 

4. Ici, (prn ifa'i iii rajiHta M uh dooto niUaii l'iii du ChiniTgieBi 
H ApotUcum, OB Boanaa p«it ^ital à dm cM, da Ii manika laiTUtc, 
oMaai pu la d«s Càimrgiu (sa par U Ciinrgmi et V/ifotUerimt 1 
yjn ei-coatrc, lai notai 1 et 6) : U BauU-cemtr» : ■ Vint • ; U fiaate- 
■Mffv at Im TailU 1 > TÎTit [Hi), tant Toii TÏtal Noiiu Ooetor, qui Un ban* 
païUtl ■ La* Chaara da« roii at daa imtrviiMBti râpendenl pu um la 
«■d /'in», at «et amacnbla accoapagaa la aortia iolcBBallc da l'aiMiubUa. 



— T. rr Mtuulai nenà* ni buUt. 

rm/m f fw b dkrswr ciaar m Jiaau, la MUiti/u, lu CUw^fMW >( 



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APPENDICE 

AU 

MALADE IMAGINAIRE. 



DU TBXTB, MOH AUTMUTIQUB, DB 167S. 

Noiu donnoni ici 1«« Mène* m et vm de l'acte I, et l'acte III 
tout entier de l'éditioD de i675,qtù tont (ris-difHrenta detmèmei 
•eioe» et du même acte tell <]u'il* ont M imprijuéi dau rédîtîoD 
de 1681 et par niite dan» celle-ci. 



ACTE I'. 

SCÈNE VIL 
UOI^IEUIl BOmtSFOI, BËUNE, ABGAN. 

Ahl bonjour, Hoiuienr Bonnefei. Je Tenx ùàn mon tetfament*, 
et pour cela ditet-moi, l'il vous p'ait, comment je doîi (un pour 
donner tont mon bien  ma femme, et en (hutrer mes enftnt*. 



Parce que la Coutume j ràiile : cela leroit bon partout ailleun 
M dan* le paji de droit écrit ; maia à Pari* et dan* le* pafi ca«i- 

I. VoTB plu hiai, p. 3li, noM i, et p. 9i8, nota i. 



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TEXTE DE 1675. — ACTE I, SCAhE VII. 45S 

tnmMn, cela ne m peut ; toat aTantap qa'hoimnB et Temme le 
peareni faire i^proqnemeBt l'iin k l'autre cd faTeor de mariage >, 
n'eM iju'un arautage indirect, et cpi'un don mutuel entre-vib ; 
encore faat-îl qn'il n'j ait point d'enfants d'eox ou de l'un d'ioeux 
aTanI le décii du premier monrant, 

VoiU une Coutume bien impertinente, de dire cpi'un mari ne 
pniMe rien donner i une femme qui l'aime, et qui prend tant toin ■ 
de loi. J'ai en*ie de eontulter mon arocat, pour voir ce qu'il 7 a 
i faire pour cela. 

Ce n'eit pai aux iTocatt k qui il'Iaut «'adreuer : ee lont gent 
fort lompuleui iur cette matière, qui ne wrent paa* dicpcner 
en fraude de la loi, et qni sont ignorant* de* tour* de la oon- 
MÎmce', c'ett notre ■fTaire à nom autre*, et je *uii venu k bout de 
bien plu* grande* difficulté*. Il tous faut pour cela, anparaTant 
que de mourir, donner i TOtre femme tout Totre argent comptant, 
et de* billet* payable* au porteur, li roua en aTci ; il tou* faut, outre 
ce, contracter quantité de bonne** obligation* *oni main areo de 
TO« inbme* ami*, qui,apTè* Totre mort, le* remettront entra lc« 
maio* de Toire femme «an» lui rien demander, qui prendra eninitc 
le aoin de «'en lâire payer. 

Vraiment, Honaienr, ma femme m'aroit bien dit que tou* itiet 
■n fort habile et fort hoimite homme. J'ai, mon oceur, vingt mille 
franc* dan* le petit eoffret de mon alcATe, en argent comptant, 
dont je TMW donnerai la clef, et deux billet* payable* au portenr, 
l'un de iix mille livre*, et l'autre de quatre, qni me août due**, le 
premier par Uoniieor Damon, et l'autre par Uon*ieur Gérante, 
que je Too* mettrai entre le* main*. 

I. b hTemr dn nnùge. {1674 P.) — Lm idhion* d* 1674, doM non* 
J«— OM In niiiBln, lOBt cella d* Pirit [^ et d* Cologne (Q. — Quant h 
I* piteadM cdidoD dOBiûe prseMimmeBt, la aUme lanl*. t Aoutodim, 
H a'f mil pat ■ U ciur. DiM»*, pir oeuiian, qu Ii diipMitiu pca 
■att* dci artidn dui U BiUiMiijiie im OiàâtrtfivM^ dn doe da 1* 1A- 
lier* BB« a hit d'abord pesHT qiu ea citalogn* (tooM III, p. Sg) ■ttribuit 
k Pndoa crtta Miiloa Hbnptiea, ot la pUc« «t A iCnagamoat dUfatW. 
Miù n 7 ngirdaot da bodt«*ii boo* iraiu era recouultra qa< l'iliai» 
•A a «I fait mniioB do MÀUuUima^iuàn fkbriqai posr Danlal Eberirna- 
n nltiKlM pm>l 1 la lùu, ijnipràcMa iBaMIalaouat, doi pttaaa da Prsdoa. 

a. Taat d* iMiL (1681,94.) 

5. 0> ■■ anaM polat. (iÛi<n>.) 



S. Qal- 



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456 APPENDICE AU HAtADK IHAGINAIKK. 

tÂLXwm, feigiunt d* picmm '. 
Ne me paria point da cela, je Tom prie, toiu me faitei inoimr 
defnfenr,... (BlU m nwitt, et loi dit :) Combien ditea-Too* qu'A j 
a d'argent comptant d*n« rotre alcAve? 

Vingt Miille fntnca, mon ciBBr. 



L'on de lis, et l'antre de quatre mille lirret. 

Ah! mon fil», U »enle peiu^ de roua qnitter'me met an dàe»- 
pair; loni mort, je ne reux ploi retier aa monde : ah, ab ! 
MoauMiM Bonaroi. 

Pourquoi plearer. Madame ? Le» lannei lont bon de aaiaon, et 
le* cboaet, grâce» h Diea, n'en tont pas encore là. 

Abl Hon»ienr Bonnefoi, tou» ne »aTH pas ce qne c'en qn'toe 
lonjonn liptiit d'un mari igne l'on aime tendrement. 



Ce qui me flcbe le plo», man 



n'aToir point en d'enfant» de vou* ; Hon*ienr Purgon m'aioît pro- 
nî» qu'il m'en feroit faire un. 

HomniB Bonuoi, 
Voulea-ToiM que non» procédion» antettamentî 

Oni, vu» non» «eron»* mienz dan» mon petit cabinet qui eit ici 
prè»; •Uon»-;, Honneur: i 

AUom, pauTie petit mari. 



SCÈNE VIII. 
TOINETTE, ANGÉLIQUE. 



Entres, entrei : El» ne tant plu» ici. J'ai une inqniéudc pndi- 
^enie : j'ai m un notaire avee eux, et ai entendu parier de terta- 

t. O Jm da tetea at k idrant at m troa*«M paa doa im MiliaM if 
i«)4C, j4P, 8o, M, 94. 
s. NouMruB». (iSjtP.) 



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TEXTE DE 1675. — ACTE I, SCÈNE TUT. 457 

Ment ; votre bdle-mire ne t'endort point, et Tent uu* doute profiter 
de la colir» où tou arei lantAt mil Totre père ; elle aura prii ce 
leMp* pour nnire i TOt inl^réli. 

AKaîuQilx. 

Qn'il diipoHi de toat mon bien en farenr de qui il lui plaiia, 

pooivu ijn'il ne difpote pw de mon eaur; qn'il ne me contraigne 

point' d'accepter pour ^poux celui dont il m'a paH^, je me loucic 

fort pCD du reite, qn'il en faue ce qu'il voudra. 



Votre belle-mére t£che par tonte* *ortei de promeuet de m'at- 
tùrerdani «on parti; ma!a elle a beau faire, elle n'y Hoiurajamai*, 
et je me mùi tonjonn Iiout^ de l'inclination i toui rendre ler- 
TÏoe; cependant comme il noui eit n^ceuaire dani la conjonclarc 
prétente de laToir ce qui *e paue, afin de mieux prendre no» me- 
■uea, et de mieux Tenir k bout de notre deuein, j'ai eoTie de lui 
foire croire par de feintet eomplaiuDCe* que je luii entièrement 
dan* te* intA4c*. L'envie qu'elle a que j'y loia ne manquera pa* 
de la faire donner dan* le panneau; c'eit un tilr moyen pour dé- 
ettvvrir te* intrigoei , et cela nom lervira de beaucoup. 
uoiuQDx. 

Haii comment foire pour rompre ce coup terrible dont je mil 
menace? 



Il faut, en premier lîeu, avertir Cléante du deuein de votre 
pire, et le charger de «'acquitter au plut tAt de la parole qu'il 
• a donn^ ; il n'y a point de tempi k perdre, il faut qu'il te 



n e«i ataei difficile, et je ne trouve peivonne plnt propre k «'en 
acquitter que le vieux uinrier Polichinelle, mon amant; il m'en 
coAten pour cela quelque* faveun, et quelque» baiten, que je 
Ttmx bien d^penterpour voui: allez, repotet-vout lur moi, dormez 
•eolcBeat en repot. H eit tard, je cnint qu'on n'ait' affaire de 
Hoi; j'entend* qu'on m'appeQe ; rctîres-voni ; adien, boutoir : je 
vai» tOD^ l vont. 

I. Di BM cmt; il ■■ m cBBtruiU poial. (iSjt C, ?« P.) — D* msa 
(Mv; rïMBaaoalnialpoiM. [i6S3. 94.) 
». Qa-ta ik. (tejfC 74P.«o, S3, 94.) 



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4S8 APPENDICE AU MALADE IMAGINAIRE. 



ACTE III'. 



SCÈNE I. 
BÉRALDE, ARGAN, TOINETTE. 



lU bien ! non frtre, que ilit«*-votu dn plaiiir que i 
d'aTotr? eeU ne Taut>il ptt bien une priie de cuae ? 

TDUlIlft* 

De bonne euse ett bonne. 



Puisque rouf Ctei mienx, mon frire, tous touIcs bien que jf 
rou* entretienme un peu de l'aRkire de tantât, 
IBOÂW conrt un bauiB*. 
Un peu de patience, mon kén, je reneni dan* on moment. 



SCÈNE II. 
BÉRALDE, TOINETTE, 



Eh I Honiieur, n'axes-Tou* point de piti^ pour votre nièce, ei 
la laiHerei-Tou» ucnfier an caprice de «on pire, qui leot afaaolu- 
ineat qu'elle ëpoote ce qu'elle hait le plu* au monde? 



Dani le ttoï, la notiTelle de ce bïtaire mariage m'a fort mr^ù : 
je rvax tout mettre en otage pour rompre ce coup, et* je panerai 
même le* «bote* i la deraiire extrémité, pluiAt que de le loaffiir. 
Je loi ai déjl parl^ eu faTenr de Q^anie^ j'ai M trèa-oaal re^ai 

I. Voja plu haut, p. 3j)i, doU i. 

a. Cmib indiation a'tàtfmtitat 1m iditioBi d* l07{ C, 7(P, lo, 83,9t. 

3. Paar rampre, et. (1674 P.) 



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TEXTE DE 167S. — ACTE III, SCÂNE II. 45g 

■•il «fin At fiûre rArnÏT lenn feux, il faut «omueueer pu le dé- 
gutoer dt l'aatre, «t c'nt'M qui m'embunwe fort. 



n cM TTM que diffiwlmieiit le bit-on cliaii||er de leDdneDt. 
ÉmoIcb poortint, je MDge A qaelqne oho*e qui pourroit bien non» 



Qoe prëtend»-tD faire ? 

Ceit an deNcim utet bnrie*que, et une imaginatîon fort plai- 
nnte qui me Tient dani l'eiprit pow dnper notre homme : je 
tooge qu'il bndroit faire Tenir ici on médecin i notre poste, qui 
eAl nue méthode tonte contraire k celle de Moniienr Furgon, qni 
le dëcritt, et le fit paiaer pour un i^orant, qui loi ofirit te* ter- 
Ticet, et lui promit de prendre toin de lui en ta place, Peut-Ctre 
lemM-non* plna heureux qoe Mfw : éprouTon* ceci ■ tout haurd v 
■ail comme je ne Toif peitonue propre i bien faire le médecin, 
j'ai enTÎe de jouer un tour de ma tête. 



SCÈNE ni. 

ARGAN, BÉRALDE. 

Je Teux, non frire, *oui faire nue priera aTant que von* pi 
d'affaire*. 

Quelle eat-eUe cette prière ? 

Ccal d'écouter faTorablenciit tout ce que j'ai i tou d(i«. 



De ne Toot pcHni emporter k Tone <»dii>aire. 

Om, jeleferw. 

Et de me répondre eu» chaleur précieteent nr «Aaqne cboir. 



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46o APPSNDICE AU H&LADE IHAGINÀIKE. 



Aiiui, mon frère, par qadle ruiOD, ditet-moi, touIo-tm 
rier Totre fiUe i un médaia 7 

Par U nÛMa, moa frire, que je uiïi le maître chez mot, 
je pui* ditpoMr à ma Tolont^ de tout ce qui e«t en 



Hait eneore, poniquoi cboïiir plutAt on m^deein qoUin aatie î 

Parce que, dan* IVtat où je lui», un mMecin m'eat plus nëoea- 
■aire que tout antre; et û ma fille étoit nÎMonaUe, c'en «eioil 
mgfiT pooT le lui faiie «oaepter. 



Par cette même raûon, ai votre petite Lonîton Aoit pin* grande, 
Touf la donneriex en mariage à un apothicaire. 

Eh'l pourquoi non? Vojei un peu le grand mal qu'il y anroit. 



En yirité, mon frire, je n< , 
«Tex de« mÀlecini, et que Toua Tonliei être malade en dépit de 
vau»mtme, 

Qu'entendei-Toni par là, mon frire? 

J'entendi, mon frère, quej'e ne Toiiguire d'homme» qui le portent 
mieux que Toni, et que je ne Toudnrii pat avoir une meiUcore 
conitilntiDn que la vAtre : une grande marque que toui too* por- 
tez bien, c'eti que tontet let mëdecinet et let lavementi qu'on vont 
a (ait prendre n'ajent point encore altéra la bonté de Totrc tem- 
pérament; et nu de met ritonnementi en que vont ne loy ez pomt 
crevé i force de remède*. 

Honùeur Purgon dit que e'ett ce qui me fmîl vivre -, et q*e j* 
monrroii, t'il Aoit leulemeni de«x jouit tant prendre ania de 



Oui, oui, il en prendra tant de aoin, que, derasi qa'U mhI pM, 
rout n'auiei plot beaoin de loi. 

Hait, mon Irère, vont ne croyez doue point i U médetàiw? 
1. t. (i6«.) 



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TEXTE DE 1675 ACTE III, SCÈNE III. 461 



Mot, «on frite? NnUenent, et je ne toù pu que, ponr ton 
•tint, il aoit n^ociMire d'j croire. 

Quoi ? Toni ne orayet pai i une icience qni depoii un lî long 
lenp* en û lolidement établie par tonte la terre, et mpectfe dp 



Non, Ton* di«-je, et je ne tcù* pai mime nne plnt plaitante so- 
Mriie : rien an inonde de pin* impeitinem qu'un homiae qui -«p 
tent mMa d'en fuMr un antre. 

Eh! pourquoi, mon Mre, ne Toulez-Tom pu qu'un homme en 



Parée que le* reHort* de notre machine lont mfMire* jneque* 
iei inconnoi, où le* honunei ne roient goutte, et duit l'antenr de 
tontes ehMM l'eJt réwnd la 1 



Qoe fanl-il donc foire lortqne l'on •« malade ? 

BfalUW. 
Bien que «e tenir de repM, et laiuer faire la nature : puique 
e'ett elle qui e*t tomb^ dani le dàordre, die t'en peuil «nui Uen 
Rtii«r, et le rétablir elle-mCme. 

Mai* encore deTes-nnii m'aToner qu'on peut aider cette natnie. 



Bien éloigné de cela, on ne fait hien aouTent que l'empCcher âe 
foire ton effet ; et j'ai connu hien de* geni qni tont mort* dea 
r^^dei qn'on leur a foit prendre, qui te porteroient hien pi4een- 
te^ent t'iU l'enatent bitiée • foire. 

Voua Tonladtme dire, mon foère, que le« médecin» ne MTCBt ries ? 

Non, je ne dit pat eda; 1* plnpan d'entre ans tant de tiit- 
boM hoaanittca qni piilent ton bien btin, qui tareiV^omnier en 
|i«c tonte* le* n^diee, le* définir; mait pour le* guérir, e'eai ce 
qn'ib ne tarât pat. 

Haï* pourquoi donc, mon fr^re, tout let homme* tontjb dw» 
In Mtac enenr oà too* Tonlei que je toi*' ? 

I. H 7 ■ UÏMii, mm Muord denat l'iataitU, étm tou >a* ttata*. 
m. Cm» qMMMB f Argaa a M oaita dtai l'Uitien d* ttji T. 



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4«i APPENDICE AU MALADE IHAGINAIRB. 



Cett, mon frire, piMe qu'il 7 « de* chowt dent fap 
nom chamie et que Dont crofoiu* Tériublea pw l'enrie «• 
noua sToi» qn'ellct te fauenl'. L* m^deciDc e«t de cellca-là : il 
n'y ■ riea de H bein et de li ohermuit qoe «on objet : par exen- 
pk, lonqu'un mtiecin toq* parle de pnriSer le Mog, de fortifia- 
le cauT, de rafritcfair Ici enlraillei, de rétablir U poitrine, de 
raccommoder la rate, d'apaiier la trop grande cb«l*ur du foïe, de 
régler, mod^r et retirer la cbalenr naturelle, il roa* dit juit»- 
inent le roman de la médecim, et i) en est comme de et» beani 
longe* qui pendant la unit noiu ont bien dÎTcrtii et qtn ne noo* 
luittent au iéteil que le d^plaitir de le« iToir eui. 

Ooai», Ton* ttei dereim fort habile bomnte en peu de (eaip*. 

Dan* lei ditcour* et dan» le* choM», ce tont denx aorte* de per- 
tonne* que ro* grand* médecin* -, entendet^e* parler, ce *onl le* 
plus babilea gen* du monde ; Toyei-le* faire, le* plu* ignorant* de 
tou* le* bomme*; de telle manière que tonte leur tcienee e*t ren- 
rermje en un pompeui gaK matin, et un *pMeux babil. 



Il 7 en a entre eux qui tont dam l'errear aaui bien que le* an- 
tre*, d'autre* qui en profitent lani j ttrt. Votre Honaïenr Pnrgon 
y ett plu* que pertonne. C'e*t un homme tout médecin depat* la 
ii^tc ii]s:[tip« aux piedi, qui croit plui aux règle* de ion art qu'à 
route* le* démonstration* de mathématique*, et qui donne à (■*- 
ver» le* purgation* el le» saignées lani y tien connoltre, et qui, 
lonqu'il Ton* tuera, ne fera dan* cette occa*ion que ce qu'il • bit 
à sa femme et à *es enrdut*, et ce qn'en un besoin il feroil à la^ 

C'e*i que tou* avez une dent de lait contre lui. 

Quelle raieon m'en aoroit-il domi^? 

I. N™ cLirm., qu. oou. erojoo.. (l683, fi.) 

a. Qii'elW la huaa. (167*0, 74 P, So.]— Qa'«Ua l« fi>**nit. (iMl.çt.) 

3. Ce KmtdaïUKbiialc* gm. (i6S3, gt.) —Tenu* le* éditiau qae bms 
ronpiroBi ont, uuf rtlla de 1675, ua sinipU poinl, su liée d'an pai>t d^B- 
urrogilioB, i 1* Gn de aatts pluMa, 

4. D« ouâifaiitiqML (lejtC. J4P. ••■} 



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TEXTE DE 1675 ACTE III, SCÈNE III. «63 



ndroû bien, mon frère, qa'îl j aAl ici quelqu'un A 
'% pour Tou* tenir ttte, poar rembarrer nn peu tout c< 
les de dire, et tous apprendre à le« attaquer, . 



Moi, mon frire? Je ne pr^lendt point le* attaquer; oe que j'en 
dit n*e«t qu'entre noui, et que par manitre de conTentlion ; cha- 
can ■ m périli et fortune* en peut eraire toni ce qu'il Inî plaira. 

Vojei-Tont, mon frère, ne me paries plu* contre ee« geni-U; 
lit me tiennent trop au cour, tou* ne fute* que m'ëcbaaffer et 
augmenter mon mal. 

Soit, je le veoi bien; inaii je loubaiterob ■enlement, ponr toui 
dàennnjer, toui mener Toir un de cei jouri leprteater une de» 
eomjdiet de Molière lur ce sujet. 

Ce *ont de plaiiants impf^ineati que tob comédien), «Tec leun 
eomédiei de Holière; c'eit Men k fkire i eux à le moquer de la 
médecine ; ce «ont de boni nigauds, et je la IrouTe bien ridicules 
de mettre sur leur théâtre de T^nérables Ueuieun comme ces 
He«Bienr»-li. 

Que Toulei-Toui qu'ils j mettent que Ipi diTenes profeuions 
dn hommes? Nous jtojaai bien tous les joun des princes ei de« 
roi*, qui sont dn moins d'aus*i bonne maison que les médecins. 

Par la mort non d'un diable, je les «ttraperaîs bien < quand ils 
•croient malades : ils auroient beau me prier, je prendrais plaisir 
à le* Toir souffrir, je ne Tondroia pas les soulager en rien, je ne 
leor ordonnerois pas la moindre petite saignée, le moindre petit 
Umnent; je me Tengerois bien de leur insolence, et leur diroii : 
t Crcrez, creTci, crevez, me* petits Messieurs ; cela tous appren- 
dra k Toni moquer une antre fais de la Faculté, v 

Us ne a'eiposent point à de pareilles ^preuTes, et ils aarent très- 
bien se guérir eax-m#mes lorsqu'il* font malades. 

I. dl qB« j* la (ttnperou bien. (1O74 P-) 



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«fi4 APPENDICE AU HALADE IMAGINAIRE. 



SCÈNE IV. 

HONSIEUR FLEURANT, ARG\N, BÉRALDE. 

Moanaum ruuKArr, iTee au Mriagn* t U mil, 
Ceit un petit oljitère qae je root apporte : pKDCS *ite, Hob- 
lienr, preite* Tite, il ett comme il font, il ctt eomme il Iknt. 



Que Toulo-voiu faire, mon frère? 
AUendei nn moment, cela tera bienlAt fait. 



I qne tou> roiu n)»quec de 

D autre tcmpt? AUe>, Hontieur, t 



M plAÎt) Uoniînr Fleurant. 



De quoi ToDi m£lei-Tou«, Honûenr? Voua itea bien |daiMWt 
d'empêcher Moatieur de prendre un clfUère; (onl-ee là roa af- 



On Toit bien, Moniieur, que tou» n'avei pai accoutumé de par- 
ler Ji det TÎMgei. 



Que Toolei-Touj dire aiec vo» viMget? Saebea que je ne perd* 
pat «ioti net pai, et qne je rient ici en rertn d'une boDn« ordon- 
nance; et Toat, Hontieur, Tout Ton* repentirei du méprit qwe 
vont en faitei : je rtût le dire' a HoDsrenr Pargon, tous Terre», 



SCÈNE V. 
ARGAN, BÉRALDE. 

Hon frère, >onf allez éUe cante ici de quelque malbeur; et je 
craint fort que Honiieor Pnrgon ne te (Iche quand Q taura qne je 
n'ai pat prit son laTsmeot. 

1. Jt\,r»Ud[n.[tBjiC, 74P, to, 83, 9(.) 

a. L'iditian de iSSa, qa* août iToat tain*, a'a point îeî»npc U •<«■•, 
poar la urquar, camne le fait ce tnte-ei d* iSji, aa* BOarelU tfiit 
la tortie de M. Flcaranl. 



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TBXTE DE 167S. — ACTE III, SCANB T. (65 



Voja on peu 1« grand mal de n'avoir pu prit un larement 
que Honiieiir Porgon ■ ordonna ; too* ne too* mettriei pu pliu 
en pana û toim «Ties eonimii un crime conùdfrable. Encore un 
coup, e«t-il poNÏble qu'on ne Tom puiiM pu gaétir de la maladie 
dei H<deoîiu, et ne toui Temî-ja jamait qu'arec un laTemmt et 
BU* nédeome dan* le corpi ? 

Mon IMeal mon frère, tou* pariei comme un homme qui m 
porte bien; n toq* ëtiei en ma place, toui leries anaiî embarrauj 



Hi bien ! mon frfa«, Eùte* ce que touj roudres ; mail j'en re- 
liou tonjonn là : Totn fille n'cM point dettia^ pour on médecin ; 
et le parti dont je reux vosi parler lui ett bien plut couTeuable. 

Il ne l'eit pa« pour moi, et cela me anffit; en nn mot, die e*t 
promîte, et die n'a qn'i «e détenainer à oela, on k nn eonTont*. 



Votre hmmte n'eu pai dei deiniirea i root donner m coaieil. 

AK«AM. 

&hl fétoia bien étonné ai Ton ne me parloit pai de la pauvre 
ionme; e'eat tonjonn elle qui bit tont, il ftnt que tout le monde 



Ab! j'ai toit, il ett naî ; c'ett une OHiame qui a trop d'amitié 
ponr Toa en&nti, et qui, poni l'amîtië qn'elle lenr porte, *oadroit 
let voir tonlet deux bonnet religîmact. 



SCÈNE VIV 
MONSIEUR PURGON, TOINETTE, ARGAN, BÉRALDE. 



Qn' ttt M ? on vient de m'apprendra de bellet nonvellci. Oim- 
■oBt? refbaer nn ciftiire qne j'avoii prît [daiiir moi-Bitme de 
compoter avoe grand totn ? 



Moniimr Pofjon, oe n'ett p 



D.nt.zedbïGoOglc 



466 ÀPPKHIHICE AU HALA.DB lUACIHAIKE. 



Le renToyer Knc audacs l o'ca une «ctioii eKorliiuate. 



Un attentat ^orme contre U médecine. 

OU e«t certain. 

Ce*t nn crime de lèae-Faculté. 

Tomm. 
Totu aTci raiaon. 

Mowmtn pvaoov. 
le TOna anrcna daoa pea tiré d'affiûre* et je ne rotdoia plu que 
dis nëdMiBat et vingt lavement* pour rnider le fond dn cac. 




Je ne *eax pliu aroir d'alliance avec roni, et Toid le don qne 
je ftùaoi* de tout mon bien à mon neren, en favear dn mariage 
avM Totie fille, qve je déchire m mille pitee». 

Crat fort bien hit. 

awtu. 
Hon frèie, vous Cut oaiiae ds imtt mc>. 

le ne tcox plni prendre *oin d« rons et être davauta^ votre 



I. Tir* d'.ffiim. {i6:4C îiP, 6ù.) 

>. Qaoi Tou »u hM MMInb da PoUboM* v>'>- aaladi JA k m 



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TMXTE DB i«75. — ACTB Ut, SCÈNE TI. ^$^ 




X qm duM pea Ton» »>jtt en ou Aat inon^ble. 
Ah ! jo •nît inmt. 

Et je venu avatii qM toiu tomberec dani rdpîlep«ie*, 
Honiiear Pnrp», 
De rfjMlepne dut la pbihine*, 
Moaiiewr Pognon. 




De l'hf dropûîe duu l'apoplexie, 



1. <H<V«M- (t674C; jtP, fol mJ «I ptw bw4 

1. Fl}iH. [IHJtmi ici et plM bll.) 

3. Pntirtptl.. (i07« C, 74 P, So, SI, »t I Id M pkl bM.) 

di 1O75 pwto : ftatifpUÙ, M •( piM bM. 

(. LjtHoi.. (167* C, 7t», kl U M plw bM.) C«t Mri 
JarUkka^ 1675. 



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468 APPENDICE AU MALADE IHAfHNAIKE. 

HonMcnr Pntfan ! 






De r«popleiîe dan* 1« pri^tio* ' de 1» rie, o& ■roii* »nrm CMtdail 
wtre folie. 

SCÈNE VU». 
ABGAN, BÉRALDE. 

«■OAX. 

Ah ! c'en «M fait de moi, je «aiï perdu, je n'en pni« revenir; ahl 
je «en* déji <iue la mrfdedne le renge. 

SJrieiueiB«Dt, von fr*fe, »ott. n'été. p«* rawonnabk. et je ne 
TondroU pu qu'U J «*t ici penonne qui woi rit &ire et* extr«- 

VoM «'Oï beau dite, tontai c« MaUdiea «n iA* me font iie»- 

bler, et je le» ai tonte» »iir le o< 



Le ùmple homme que ron» été»! ComMe — — a — 

tenoit entre te* mrin» le £1 de Totr* rie, et qu'U pAi raDonget oo 
l'aeconreir comme bon loi «emhleroit*; détromp««-TOM, eaoore 
une foii, et •aohe» qa'il y pent encore mobu qu'à »ow gnfar 
lonqnc TOiu Cte» malade. 

AXOaV. 
n dit que je deriendnù inenrable. 



Dan* le »rai, «m» tte» <u homme d'one grande I~v~i^^,V" 
loi»qoe Ton» tou» êw» mia quelque ehme dana 1 eçirt, diKcile- 
ment penl-on l'en chamer. 



Qoe Serai-je, mon frère, 1 pr<»ent qn'îl w - ^ ■ - - - 

tronrerat-je un médecin qui me pniMc traiter auM hko qat Ini ï 



Mon DienI mon frère, pm«nie c'eat nne nAMMÏU P°^,'^ 
d'avoir nn «rfdeei», l'on too» en tronTent un d& mwM mm ha- 

I. D«iiUriinati.(l6T(P; bM MdgoH.) 

a. B^oBdiai i II MtM Ti dBMMt de iMa. 

1. Ba /<(«). (i6(3.] — TaalMesmtl>£«BebM U f \ »w . (lOU-) 

4. CwaiM bon ki maiMt. (i6lo.} 



D.nt.zedbïGoOglc 



TEXTE DE 1675. -~ ACTE III, SCÂNB TH. 469 

bile, qni D'ira pa* ù TÎte, aTec qoî Ton* aonmz < moîni de risque, 
et qai prendra pin de précaution aux mnèdei qu'il Tout ordon- 



n tempérament, et aaToit n 



SCÈNE VIII». 
TOINETTE, ARGAN, BÉRALDE. 



Moaneor, il f a nu médecin il la porte qtù lonhaite parler 1 

nat. 

Qnel cn-il oe médeoin ? 

Ceat nn médeciu de la médeoioe, qni me nMemble comme denx 
fontu* d'ean; et u je ne mtoI* qucmamère tftoiihonnSte Teiame, 
ja cnwaia que ce aeroit quelque petit hin qu'elle m'anroit donn^ 
dapni* le tiépat de mon père. 

Dia-Ini qu'il prenne la peine d'eotrer; c'ett aani doute nn mé- 
decin qni Tient de la part de Moniieur Purgon, pour non* bien re- 
mettre ememUe; il faut! Toir ce que c'eK, et nepaa laitcer échap- 
pm- mte ai bdle oecaiîon de me raccommoder avec lui. 

SCÈNE IX\ 

, ARGAN, BÉRALDE. 



Uonaieor, quoique je n'aye paa l'hmmenr d'être connu de voua, 
ajant apprit que too* Itc* malade, je vient toui offrir mon urrice 
pour toniei W pargatîme et le* laignéet dont toui aurez bctoin. 

Ha foi I mon Mra, c'eat Toinette dl*-mfa)e. 

a. Upoadaat k li Mte* to àm l'iditioa de iMa. 

3. Da H. Paigis; poar nou biaa nnettre aiiMnUe, bal. [i69(.) — 
L'WidBB Sm itSU a osa TÏrgala «prii Purgom, at um >bmj tptit tiutimbia, 

■ -- ■ ■•■ uiH vm de l'édiban de iSaa. 



D.nt.zedbïGoOglc 



470 APFBHDICE AU MALADE IMAGIHAIKS. 

• pankn, j'ai na* potiM ■&!«« ot 
TiUe, pennrttes-noi i'j tatojn moo nlôt, qoe j'ai laÎHé à ytUtu 
pone, dire qoe l'on m'attende. (Uaaift*.] 

Je eroù (ârenent qiie e'ect elle : qa'en «njeaMu*? 



Pourquoi Toolei-Toni c^ 7 Sont-oe le« premien qui cmt qnd- 
que rcMeniiblance? et ne To/om-oout pa* MHn^t anÎTer de cm 
MrtMde choMt? 

Tonnm* ^tta HiBlubltiUaiUcdnil promptsaoït, poar parallrs iliiwt 
■m BtlB« t (oo ordinaire, qu'A «N iWIlrilB àa ovin ijm «a toit db qd 

Qoe Tonles-Tanf , Hooùear ? 

Ascaji. 

QaoiP 

Na »'■«»■«<»• pM «pptUa? 

«■DU. 

Hoi? Tu to tr<»ipe>. 

n ftot duw que let oreillea m'a^eot ooni<. 

Deraenre, demeure pour u médecin * qui te teweialile n fort. 



Ah! Tnâment om; je l'aiaiaei yu. 

[Ella «ott at n npmdn IliaUt da «Ml» la ) 

Ha fi»! mon frire, oela eat admirable, et je n« la eron 
M je ne lea Tojoit ton* deux enieuible. 



Cela n'en point û tarprentat, notre liède noua eu fi 
tient* exemple*, et vout dem, ee me aembte, toos a 
qnelqae»4iBa qui ont fait tant de bruit dans le WMtdc, 



I. Catu ûdlutlaB «t I«i Jmb aahwtia ana|aM> i 

9. Ici eoBuaoea diM l'MittoB da lOfa la aatea n. 

3. Pour Toli oa nMMln. (i6S3,9t.) 

4. Ici couHenca dini l'idilloB dt iHa la aelaa *. 



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TBXTB DE 1675. — ACTE III, 8GÉNE IX. &71 



h Mk hb Bédcau ptM*^, ooanuit ds tîUm m tîIIm, et At 
»iyt»ii>M aa TOjtnmtt*, pour cherelMr d'illattra* maladM, -er pour 
trooTer d'amplêi matitrea i ma capacité. Je ne nu* pa« de e«« 
ntfdecÏDi d'iH^iDaire, qui ne a'anueat qu'à du bagatellei de Ëé- 
TTottea, de riiumatiiinti, d« migrunta, M antma maladiei da peu 
«Teax de boni 



traiiaparta an cerveau, de bonuea apprcMioiii de poitrine, de boni 
n«»a» de tiié, de bonnet £èTMs poorpréei, de bonnei Térolei, de 
boDoea peMe* ; c'eit U où je me pl^ ', o'eit 11 oik je tripnphe, et 
je Tondroia, Uoniienr, qve fou evaMi tonte* cea nudadiet eu- 
aemble, que too* fnaaiex abandoonri do lova ha médedua, et 1 
Vagonîe ', pour Tona montrer la longue et grande expérience que 
f ai dana notre art, et la pauion que j'ai de rooa rendre lerriee. 

Je vMia anb trop oblige, Uonaienr; eela n'eat point* néceNarre, 

Je Toia que tov* me regarde* fixement : qnel tge croTes-Tont 
bien qne j'a^e? 

Je ne le pniaMvoir' au jtute; pourtant vounn bien Tingt-aept 
on vingt-bnit ant an plui. 

Soa, j'en ai qnatre-nngt'-dix. 

Qnatitt'riagt-diz? Voilà tm beau jeune Tieillard. 
TonrsTn miJttU. 

Onî, qnatie-ringt-diz ans, et j'ai ia*me maintenir toujour* fraia 
M jeune, eomme tooi Tojet, par la Tertn « la bonté de mei te- 
■èoea. Donnes-moi Totre poab. Alloni donc, Toilà un poul* Inen 



core; jeTc 

H ontinr Poison 

Honaienr Pui^nl Ce nom ne m'est point connu, et n'eat point 

I. Et d* rajiBMa «o rojanu*. (iWS.) — De tUU «■ tHU, «t de rajaame 
arojanM. (iCw-) 
1. Oà U IM ^It. (1S74P.) 

3. Da «Mt l« i>M«>ni, 1 l'agoiaa. (i«Tf C, 74 P, to, 13, 94.) 

4. Fat. (i<14'-) 

5. Je M !»>> -Tolr. (1674 C, 54 P.) - J» ■• p»it k M»ob-. (i683, Ji.) 
«. Oal,qaMi»râgi-dU,Mi'tlia.(i674C,74P,*a.S3.94-) 



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47» APPENDICE AU MALADE IMAGINAIRE. 

^crit «or me* Ublettet duii le rang de* gnuili et hauta atédtàa» 
qui y «ont : qnitiet-mot c«t honune, ce n'ett pdint du tant Totre 
liffaire; U Ctnt que ce Mit p«n de chow; je tbox Tant ^ donner 

Ou le tient ponltSBt en grande ripiitatÎM). 

Tonntrn midtelM. • 
De qnoi di^îl que von* êtec malade? 

Il dit qoa e'ett de la mte; d'antrca dùent ifiie c'ett dn foie^ 

L'îgnoiuitl c'ett dn poomon tpe todi Clet malade. 



Oni, dn poumon i n'aTcx-Toni pat giand appétit à oe qne tom 



C'ett JDtlement le poumon. Ne tronveB-Tont pat le vin bon? 
Oui. 



La poomon. Ne rêrei-Toui point la m 
Oui, oui, même atm Kureot. 



Le poumon. Ne faltet-Ton* point un petit lonunnl aprà* le 
Ah ! oni, tout let jour*. 



Le poumon, le poumon, vont difje. 

AROU. 

Ah I mon frère, le poumon. 



Que Toni ordonn»4-îl de manger? 
Dn potage. 
L'ignorant I 



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TBXTJB DB 1675. — ACTE HI, SCèNE IX. 473 



El le MIT, de* petiu pruneaux* poor Uoher ie « 



Igmarantiu, ignoiwita, igneraxiitm. Et moi, je voiii ordonne de 
bon gio* pain bU, de bon groi bouf, de boni groi poU) de bon fro- 
mage d'Hollande; et «fin que todi ne cnchie> plot, dei 11 
CI de* oublia, pom- coUer et conglatiner. 

Hait Tojrei on pea, mon frire, qneDe ordonnanoe. 



Ccoyea-moi, «(tfaDtes-la, tchu too* en tronverea bien. A ^opoa, 
je m'aperçoit ici d'an* ehoae : diteMnoi, Honiieur, <p>e faile»>vo<u 
de«ebrwU7 

Ce que j'en &il7 la belle demande ! 

Si TOn* me croTes, todi le ferea conper toot k l'iuare. 



t pai qu'il attire i lui tonte la nourriture, et qu'ii 
emptcbe l'antre eàti de profiter? 

Eh* ! je ne me toncte pat de cela, j'aime bien mieux le* aroir 



Ven Tecres-Toni pat une fbii plut clair de l'atttre? Paitei4e, 
•mm di*-je, et tout 1 prêtent. 

I. D« ptdta pfaaaaaa. (iMS. 94.) — a. Bel (iUMt.) 



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(7t APPENDICE ÀC MALADE IMAGIMAIBB. 



Je loit TOtre KrTiteor, j'ùme beaucoup mit 
clair de l'un, et n'en «toît point de manque. 



Emnuei-moi, Honnenr, je mil* obligé de tou quitter fl lAti je 
TOUf Teirai qnelqnefoif pendant le tijouT qne je ferai en cette viDe; 
mû* je loii oblige de me trouTer anjonrdlHii k va» wmwittKlioa qui 
te doit faire pour un malade qnt moumt hia. 

Pourquoi une connltatioD pour un malade qui monmt hier? 

luiaicia m^datln. 
Ponr aviier anx remèdes qn'il eflt ftlln lui làire pour le gtiAir, 



Hé Inen ! mon Mt«, qK ditefWMu de e« médeein ? 
Comment dIaUe?II metemUe qu'il n Uea ^l* ca beM^oe. 



CMume font toni cet grand* médecin*, et il ne le tetoit pu •*îl 
ûitoït autrement. 

Couper un bra*, crever an cail : vojei quelle plaûante opération, 
de me faira borgne et manchot. 

ToraKira*, rentnnt ipri* t*alr qaltti l'habit d* mMaein *. 

Doucemoit, doucement, Monùenr le médecin : modfces, •*il tou» 
platt, totre appétit*. 



I. n'a rair pu. (i6;(C, 7iP, iWo.) 

1, MonriMO-.iljenat. (lÂ;4C, 7tP, go, O.M.} 

3. Si l'an ne coaiiiliTe qaa rkoiainc naît, c'ett su tnit pli il— t qaa 
eetta «ualtidoB; m«ii wnt le rUinJe difpenltr* li, ipric ea mutafâtir 
SafrU FUHUm W* i6Sa} i > pinr nitm «t Tek m ^*a amh tttta lai 
Eiiie pour le gairir >, on ajoute, eomm* rMilion A* 1S7S : < et «'an —w 
Tir diBi une tcmbliUe oceaitoB. > Celte «dditiaa eU cndemBeal ana- 
min ma but de Holibe. paiiqD'clle ait bronble k la ~-i1nluT et lai 
prèle BM inleallon dont il findrail la Iobbt.... ■ {ffeit J'Amgtr, Mac IZ, 
p. *.5.) 

t. Ici eommeiiGc diu le texte de l6gl la Kciie u. 

5. Cette iadication Hunqoi dana Im Mitieiu de |67( C, ;4 V, le, S3, 94. 

fl. D0M«MeBt, dOOCOHBt, HoHiinT 

wtre a^Wt. (i6î4C, ji', >', M) 



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TBXTB DS 167S. — A.CT1 III, SCÉHI |X. 475 
Qa'M>«i doM, ToÏBMte? 



Cda «•( Arauunt à 10a tge; qui pourrait croire ceU, qa'i 
qnurs-Tingt-dix ■iu1'<hi t&t encore û ^Ikrd? 

Enfin, mon Mre, poïiqtie Tom «Ta rompn aree Honûear Pnp- 
gon, ipi'il d'j « plni d'eipérenoe d'j ponroir renouer, et qn'il k 
décIÙTë le* articles d'entre *an nereu et Totrc fille, rien ne von* 
peot plus empêcher d'accepter le parti qne je tou propoae ponr 



Je Tooa prie, mon frire, ne pariona point de cela : je ni* bien o 
^m j'ai à fiûre, et je la mettnù, dèa denuûn, duii un conTent, 



Vow vonln hîie plaiair k qaelfn'no. 

O ci I voilà eitoore ta pauvre femme es je«. 



Hé Ht» I md, mon frire, o'eat d'aile dont ja Tau pariar; et non 
phe qm l'ntlWBaat dei midaeiBa, je ne paie* H4^Kiiter celai 
qtw Tooa avei pour elle. 

Von» ne la connoiam pa*, mon frtra; e'cat nae fanme qni a 
trop d'anùdé ponr moi : demand^>lai lei oarcHCt qu'elle me fait ; 
i naoint qne de ka vwr, «n ne la craiKtit paa. 



■biHienr a raÎM», et on ne peut pa* Mneeroir Famitid qu'elle a 
ponr loi, VouleB-Toai qoe je Tona &Me Toîr comme Madame aime 



Eh I MoMtenr, UiiMi-moi &îre, aoufifret que je le détrompe, et 
qae je lai Imaa toît ton beo jaune. 

Q«e faot-il bire pour cela i 



D.nt.zedbïG0Oglc 



476 APPKHDICE AU MALADE lUAGINAIRB. 



j'eMBod* Uadame qui rerient de TÎUe : Totu, HoBiieiir, cubei- 
rovÈ Auà» ea petit «ndniil, «< pcaaa garde nitoot qae l'on ne 
V01U voye. ^iprochoM TOtte cbâiM : mettaa-Tou» deduw tout «le 
votre loue, et «mtrefiitei le mort. Vooi Tetns, pw le rqret 
qn'dte témoignera de totie perte, l'amidj qa'elfe tou porte. Im 

Oui, o«i, mû, oni; bon, bon, bon, boa. 



SCÈNE X'. 
BÉUNE, TOINETTE, AHGAN, 

BÉItAIi>E, eacU du* en eoia du tbciti* ■. 

iDnmm, Ugunt d'étrt fort ittrlMfc, l'écrii ■ : 

Ah, Cîell quelle cmelle «Tenturel quel malhear ûniM-én TÎaw 

de m'arrÏTer'. Que fer«i-je, malhenreBie? et eomment «nnonMr i 

AUduue de ai méchutei nonTcllet 7 Ah [ ahl 

Qu'u-tu, Tomette? 



Ahl Madame, qoelle perte renn-vatii de faire? UooMew Tieot 
de mourir tout à ['heure Mihitemoit ; jMtoii lenlB ici, et il n'y 
avoit perMtme pour le Meouiir, 

Quoi? mon mari ett mort? 

Hâa( I oui, le patirre homme défont en JrtpaMJ. 

Le Ciel en aolt loa^ ! me Toîlà délinfa d'nn gnmd Eaidcau 1 qoc 
ta e* folle, Toînette, de pleurcrl 

Moi, MadameP et je croftHi qn'il fmlldt pleurer. 

Bon, et je Tondroia bien «aroir ponr queDe raiton ai-je frî» «ne 
ai grande perte*. Qaoi? picorer un homme mal biti, mal bi(,mni 
eepril, de mauTaiae humeur, fort igtf, tonjourt lanamnl, mo»- 

I . KipoBdaat i ■■ Mte* xn du Inta d* i6S>. 

a. MawK, Tomm, AbOah, BIbuj». (tG^^C, 7(P, Sa, S3, 94.) 

3. Toutiii In tDdle«tl(« da m gwn et (oM In i«a dt Mhe, i«qat b 
ta da l'icta, muqaeU dm Im UUom da 1674 C, 74^, So, 81, 0(- 

4. Poai iptOit laboa : al-j* Ut saa « grand» perti) (i«U, ftt-) 



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TEXTE DB 1675. — ACTE I, SClftNB X. 477 

chant, entclwnt, reniflant, &eli«u, emmjrenx, înoommode 4 font 
k Bonds, grunduit Mm ecMe M mu* nÏMO, tonjcHin un bre- 
Bent on one médecine dâOf le corpt, de m^hanie odeur : il fkv- 
droît que je n'entw pu le fcni oommnn. 

ViMlk twe bdl« mumhi fanibK. 

Je ne prAend* pu ftToir paw^ k plu grande partie de ma jeu- 
BMae aTcc lui lan* j profiter de qœlqoe cbote ; et il bnt, Toi- 
netle, ^ne tu m'aide* k bien iaire met affairée Mbcment * : ta ré- 

■nqner k mon devoir, 

Poiaque tu m'aMore* qne m mort n'cM me de penonne, «aiù- 
•ona-Bon* de Targent, et de toM oe qn'il j « de meilleur; portom- 
ie dam ion lit, et quand j'aurai tout mi* 1 coBT«rt, noa* feront en 
tofte que qndqae autre Vj tronve mort, et ainti on ne le doutera 
point de oe que uow auront fait. Il Gint d'ab(«d qne jeluî prenne 
•et c)e&*, qui lont dant eette poobe. 

ABOUr N lire Miit k (oap. 

Toat beau, tont beau. Madame la oarogne ; ab, ab, je lui* nvi 
d'avoir entendu le bd ^loge que TomaTet bit de moiioek M'em- 
plcbera de (ain bien de* ehoeet. 

Q«wi? la défont n'oit pu 

m bien I mon (rire 



kb I TraÎHent oui, je le voit, je ue le vot* qne trop. 

h voua joie qtM j'ai bien M trompée, et je n'eotie jamai* cm 
cala. Mail j'aperfoit Totre fille ; retonmea^au^n où vont étîea, et 
Tooe rfttttt dam Totre chute ; il ett bon autti de l'épronrA, et 
■imî Tou* eonnoltrea le* tentimentt de tonte votre fanille. 



[i«3.W.> 



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i-)i APPIKDICE AD UALADB IHAQINAIRl. 

SCÈNE XI'. 
ANGÉUQUB, TCUNETTE, AKGAN, BÉRAUS*. 

Abl quel Annge aoeidtntl hab panne ouître et bkm : que d« 
UnM», qw ds pleim il BwttTKooAia-I i]b«1 déNuml S'il itoix 
eneoM moM d'ww mUm Haùii«, od a'aa aoroit pu Uni de le- 
gMt. Abl q^i'ta «idcdépUbir, ha, ha, tw*. 



Qa'r a-t-41 de nonveau, TaiMiBa, poot te oanaer tant de gteîs- 
•enenU? 

Bda», votn pin oat sort. 

Mon pin «M mut, ToiaMe? 

Ah I il M l'oM qœ trop,c( il vient d'espinr MtK HM bna dTuc 
foibleMe ^ lui a pri**. Tenea, -rojeirU, la ynSk tout Ae«da dasa 
M ohaîae. Ba, ha. 



Mtm pire «M mort, et joitemeat dan* le te^i oi il Acût aa w>- 
Ure oontre moi, par la réiistance qne je loi ai fiuta taaiAt <n ■»- 
fuant le mari qu'il me Tonloit donnar'. Que deriendni-ie, niié- 
rable qaeje •«■? et cammeat caohar OM ohaae (pu a («n darant 
tant de penonnet? 



SCÈNE DERNIÈRE. 
CLÉANTE, ANGÉUQUE, TOINETTE, ARGAK, BËKALDE. 



Jnite Ctdl qu vcw-jeF dite*, qu'ave»-' 

Ahl Cyante, nemeparieiphu derten. Mon pire eM mort; 

I. MpamUat i la ttkafzin Aa taie de i6S>. 



m*i»a. (>674P.) 

3. Ha, ili, ib. {INiUm.) 

4. D*u tDotn 1m Uîtioaj, priiei ta Mtn, dm mUm ik iCït C. Jt '> 
8a, f'il, «■ Hoa dt fai. 

5. Qu'a B>-| Toola doaMT. [■«), (|4>) 



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TEXTE DE t«75. — ACTE III, SC. DBRH. 479 
&Dt *(NM dire adien ponr toi^MUt, «t n<nu lipHer endireBient 



Qnrila infortniie, ([mid Dieu I lUIu ! aprii la demande que 
j'avoU prié 'Totie oncle de lui iaire de fom, je venoU moi-mÂne 
ne j«Mt i M» piadi, povi fain un denier effort afin de Tona ob- 

uoiuqua. 
Le Ciel ne l'a pa* Toohi; toiu derez aosne moî Ton* «onmettre 
k M qu'il Tent, et il fant vou* rriioadre de me qaîner pour toit- 
jovrt. Oni, mon pèt«,piii*que j'ai ^té aueainfoetiutée ponr nepa* 
fiûre ee que Ton* todUcs de noi pendant rotre rie, dn moina ai-je 
devein de le réparer aprti votre mort ; je venx exécuter Totre der- 
nière volonté, et j« Tai* me retirer dan* on couvent, poor 7 plenr«r 
Totre mort pendant tont le reate de ma rie; oui, mon cher pbc, 
tonffrea que je i>on» en donne ici lee dernière* eauiTancei, et que 
je *on* embmie.... 

UOUIMlàTC. 

AhlnafiUe.... 

anciuQin. 
Ha, be, ha, ha. 

'^%Ba, ma ohèN enfant, cpM je te baiae; **< je ne rai* paa mort; 
jeToiiqoetnei mBfi]le,et je niibien aiae de reeowurftre ton bon 



Mon pire, permettes que je md mette à genoni devant voni, 
ptmr Ton* conjurer qae, ri voua no me vonlen pa* &ire' la giice 
de Be donner Cléanle ponr épMix, vooa ne me refuriea pai * celle 
de m» aa'cB pa* doMaot nn awe leqnd j< 




Hé hî<Hl qu'il aa £Ma* »éd«ain, M )• hii donne mn fille. 



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48« APPENDICE AD HALADE IHAGIHAI&E. 



Oni-da, HonMcor, j« le *eux bien; apodiinire ^Aae, n vomi 
tooIm; je teroU encore de* choMt bien phii difikile* ponr avoir 
U belle Aaf^liqne. 



e plalAt que Bf oniienr. 
Moi, mMeein? 



Oni, Tom: c'«rt levMtaUemojen d« ToaiIùtB porter; et il n'j 
■ ■ncDDe maladie, n ndontaUe qii'eUe «oit, qoi ait l'andaoc de 
•'attaquer k an mMecin. 



Tenei, Honiienr, votre barbe j peut boaneonp, et la baifce lait 
pinl de la moitié d'un médecin. 



Voilà une belle raïioo ! Ailes, allei, il f en a panai ens qui en 
Mvent encore moin* que voni, et loisqne To«a aura la robe et le 
bonnet, von* en Mnres plaa qu'il ne voua en &nt. 

Ed tou cal, me voilà prSt à ftdre m que l'on voudra. 

Hait, mon birt, cela ne te peut bin aitAt. 



Tout à prjaent, « vont vonlei ; et j'ai une Faeald de net uni* 
fi>rt pria d'ici, que j'envenai ' qneaîr ponr célébrer la eéréaaoBJe. 
Ailes VDD* préparer aealemcnt : toute* eluweaicTODt bientAtptCMa. 

Allont, vDjoni, vojon*. 

Qnd eat donc votre demtîn ? et que Tonle^TOO* dire avec cette 
Panlté de vo* amïa? 



Cett an inteniide de la réception d'an médeoia qa« de* «•- 
médieoa ont reprétenté ce* jour* pa**éa:J0letaToit fiût veû po«r 
le jouer m loir ici devant noui, afin de nont bien diVotir-, et je 
prétend* que mon frAre j jone le premier per*onnage. 



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TEXTE DE 1675. — ACTE III, SC. DB&N. 481 
II*ù, mon oncl», il m« temble* qm n'eti le railler nu p«a for- 



Co n'nt pu tant M iùIIm' ^e l'aceomiiioder * à ion hnmenr, 
outre que ponr lui Ater lont tnjet de w fSdier quand il «nn re- 
MMnn la pitea que non* loi jononi, non* poaToni ■ j pren dr e cha- 

I eau nn lÂIe, et jouer en mtme tempe qne Ini. iJ]<HU dono noue 

I habiller. 



I. n mbUi. [iB>3, m.) 

1. La imiHv qw de •'•eeoBBodM', (1S74C, ji F, 80,) - 
•l.t-M<»»>d«. (i6t3,»i.] 
3. final poanoBi. (lOK.^i.) 



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(Sa APPIirDICR AU UALADS IMAGINAIRE. 



II 
LA CtKiMOniS DE mtCBPTIOH 



Talla qu'elle a M publiée k pat, k Bonen et k Amterdua, < 
1673, loai ce titre -. HECEPTIO PUBLICA «ww jm^tmU mtJi 
in Âcadimia iurUiea Joaihh Baptuts HOLŒHE, Doetarù « 
mùi, Enino DXOuàMS*, ririia, al d* btaacoap aigWÊtutaia^ m^ 
mamuaiploi iratMot poMt luam morttm*. 



dCTJ KT CSIlXm>NIM KECEPTIOlflS. 



IMiciiim frmft» 




1. L'UitIra it RoDio ports aiiui : Xditio Jtwxiimê; eeHl 
d* I* arfu tant» ■, Eoma Tmomfaa. — L'idittoa da i6mi 
derwrrs cooplata (Indiqua d-apnti p. 4fl°i Aote l), m rvpi 
tcaUtne inlamUe. ■• uxu 4e celle CiiAuowe uapJUit, em j ^ 
]«B de kIm. Hob» y itobi releri d« yariuitei, qai m 
eoHiie OB le vene, qs'iu retnoi t b leçea piinkin, le 
■oliire. 

m. Ser la pen d'intheaticiti de ectta panne aspliicaliin da la Cttv- 
DUiAÎe originale, Tojai ai-deaaua la ïfotUm, p. e3i-&33. Nom Hvntûuuc- 
lou encore ici la eonjactue, nnllmaent dinaia de TiûanBUeec* k notre 
nia, qee M. Bloland, tenaat d'aiHeart un joate eoaaptt de Pnljaetiea na- 
Mn griTC qn'on j peut Taire, a propaase, ans page* li^ t )oa da bob Inre 
(W Mt l i ir * *f û tamUii iiefiniaf. Le* isoli ilaljeu qae «oUieBt la piice 
apoerjpbe. Mtemuent dan* le premier eoaplat de Haitiime Jo et aer («i- 

aprii, p. Ifit et «Sg), le titre ni«ni* qu'elle porte de • MoiptiDB d'an 

JioiM mideem >, poamîenl faire «ouptunar, dit H. Holend, qn* \m ed- 
ditlMaqnlf ont allongi outre mainre, dilayiU vrai tmta delà Cir^Boue 
de Moliire «ont doc* 1 quelque* inTestioBB de la trompe italienae de Paru. 
Hou KToni par au loDg article da VHitUin i* r^Mim AHo^ Mtim [pnr 
la bbea Parbiel : Tojrea p. i90-446) qu'une întitallen o* puedia da 
la ClrtmoBle franfaiie liit donnêa anr lenr thèftln rMe d i T«ri»»aM 
« intemide laal de laar fiiree de THmmfim J* U mUtenâ, t«(Mlk itnit 
ella^nlnia bb aireogeucu borlMqna de MatmJt imtgitmrt, at nà — 
diStroMe BOtable arec U donnie de U eoniMie de lti>liire< et a^aane- 
duee beppaate aree le tim de la pJtee epeeriphe •• FtMrlfM aa*» 



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&EGEPTIO UNIDS JDVEKiS HEDICI. 

Qid Ua aëtmiUati éitit, 
El rw altri Mt4tior*i, 
SmUntianuK Faeullalù 
FUtUi txitulort, 

Atqu» toim eomfmi* miuti. 



!fa» fùunm, JteH Càn/rtrt, 
Su Moi Mfii aJmirari 
Qualû baia ûtnaiio 
£tt mediei prvfittio, 
M MIa tham *ti, ai btiu tnrali 
M*dieiam itlm imadùila. 



Farm 



El fmd grmaJM tt ftûd 
Smmt it Motit i^falad; 
TWu mwitiwi, eantMl aJ aailret i 
Itàt Fagmriat fitmt Dmt, 
El moilri 



uétb rfecptîoa ■■ doMont aiailieil,aoB du neax Mtlide, oui* duj<iui« 
MManvx CiatUo. La dificolti c« que li f«r« iulieniu fat repT>MDlï« le 
l( w»\ 1071 (taUBcnt, et qna li dite da li pnmiin imprcMÛ», bit* k 
EovÉB, d£ Il B0oaftie pmkiiem Htûu jMvtait medici, remonte (eoBune on 
r* TB p. sSl i» Il Ihliet) >■ 94 nun l6;3, jutt 1 doq Kmainei ipni 
b aon de UitUtn. Poor ponnir idnieltni qac le dlTurtiMcmaBI itilian 
■k Cnomi In coBplali oa qMli{ui>(ini dei «aaplMi bUnaUi pir 1» tii- 

< il badnitdiMc ■appoor, eonclat H. Holaid, qn* le* Italleni cnucnt 
joat sM iManaMabitB aTaat lear piàeedn Triei^iié d* la mJiUeiiu, qn'ila 
■*•■ (H*nt «^pub prciqaa aa«4ltAt qa'it pant nr le thiétre it Molière, 
ea qm Mnlt aarprcaant mu deale, piait atiB imponiblc dani tel librci 
■wgn dt rip«iiB<. • 

1. ^If»«(«ùt«<. (,Sgt.) 

*. Btmt Ha», «ifw fmdiniw, (HUm; coatm* dm k lifm oiigioal 
d* 167I : Toja d-eoati* b Mto i.) 



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484 APPENDICE AV MALADE IHAGIHAI&S. 



/■ mK «raA'M, rtgm, « kumf, 

Qnui fttitn a i tapmUUt, 
SI latat iignaë remflin 
Sa» plft hoHtr a t ihi , 

CttI fvar etia yM «nu Mwr f 
£l bWb qmoi IroiaUtit 




flrtu damitiva, 
Of/m utmmtwrm 



f «M, t*M, *•■* rnpondtn i 



Prerito fad ■— iK if ltcê M 
Domii» PmiiJi, Isfutl it'*tlft*/t, 

..Caai ietiii Daeltrihu tj4iraiuiimt. 
Kl ouùteiiiifau Um-rm4ilUMlitutt 

BaUoh a priari'ti ^vtêiu 



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RBCXPTIO UNIUS JDVXNIS HEDICI. 



P*r woë tamf*r ut oràommi 



mulitaUt 



Qmti ItfUm m ÙM aafmt, JMilWMnu, 

~ m rllmm ImAadmi oitirae. 




Si Ittiat Ut mmirii Mib 
I. Da«Mpew4M^MrlM,i«9t)d]rMlMi.(lliM^^>iM«MM«r«»*Ur,] 



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486 APPENDICE AU UALADE IMACINAlftE. 



DeniMmdaie tjh', B mk t Uv, 

TMm M kemiiiâ fHam la inBlMrw, 

BilM ijibefàia, in malt cnlmi 

Cam^altim*, *f paralytia, 

Clyturimm Jaitan, 
Pettta legnan, 
Bataitta * pmrgart. 



îl rtrttir aajoar i la m 



Caïkarnsii, lutiicmltU, 



«IM, plagit, tt mka^ 
A ommS mtaiin iiiau aai fiatOari, 
Caattail/actr»*? 



I. Siuaita. (l69(; Id otplai bu.} 

ï. Clurgi d'irgsBt. (Seu joiaU oa M*W r^mlmii.) — Ot riramlr, • da 
da HVvsb', pou T«T«Blr... >, oa, «a rappount qna qaelqiw not * ètt 
MBti, Il sfia qa< (ta paluci) menlr Aa lin ds i • J 



DcmaïUate nU daelt BaeMim, 
Qam nmêdia aeimru,/amtu, ttiaii, 
Maaiadt, lUfirideit, pànmUât. U^O 



Trerciàfrafm^fium. (1894.) 



D.nt.zedbïGoOglc 



KECKPTIO UHinS JDTKRIS HBDICL 487 

Filùnim Biffatraliê, 

A Miu eanmm itat aJuiinntù, 

Ftlam libi, rtnlult Batktlim, 

Ihm imJigmu almmumt di Mauptlùrt, 

Qh rourfia tmcii, ta/dit, nutù, 
Mau Êi e ti t, elemJii, «ifue oKnùtm tttnfituû, 
Fn eorit feJum, maiam de dtmtibiu, JwtM, miu, 

Cljiltrimm, etc. 




. Dm rUkk» di 1694 : 

i>M(iwliiuni f «cuitetdn, 
£1 tetam kamotMiiUin 



3. n bat MB* dnte lÎM flw-ïi. « d'tfprit, . d* «tJl»» fl*<^ ■ 



X( gnmJmm m/wh •■ aM. ((694.) 
FmUM miU Jittr*. [IbidMi.} 



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ÀPFBNDICE AU MALADE IHACINAIKB. 



Pmitaio mtdiaim à fia, 
Mm rail m gaoFira', 




Pomlo amté «M» dtijiiti, 

Italiwia, jadit b4lU, 

£t, ml fma, titar i» pê» ptÊCtlU, 

Qam Iiah4lal folUdat coi«1, 

Fiarram blnaam JimU mapijùii DaeUr*t, 

QmU ptaifit»ial M J* Htigraâa, 
Dt «f-M kalaa. 



Qam, liaU aHu mmladim itrmv 

Fteit i Galita U lUqiu. 
rUagiam a^aratai io^ffuam, ti 



I. CiOa i^tIm da ChwT Ml (umm dui rédibon i1« 1O94. 
1. Dut l'iditioa da 1694 : 
Opiaittria 
Itat Tutl — garir*. 
J. Du* BM MUM. fraetiM. 



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aBCEPTIO UHIUS JOVENÏS MBDICI. 4S9 

Hm Mitait txêmpta it/ttneaiai 



M Ulm ili* fwp dieilmr dti gnu*i lOBzy 

Sid eenlaimt miU k CirmlU 
Chtti mmtra marDi, «'«Mb gramd mtrrtilla, 

Ptni» U na u^atia 
Kn m paca famarw, ml troffa Ji ecrdaglia, 
Cb'/ taa falaaa mk' «ra aadala in JUamagn» 
Swrira al Signer Brandaioarg km eamfagma. 
Vfa* ad m a m ta ii a a l Hiaid càarlalaai, 
Madiâ, apalUeari, M eUrwrgiaai, 



/■ru matm» lat aarag fripai * iâiiai (tu r 
Smflnamlai, abaaUil caaeri' adaltakut* 
FaaiUat aiiiâ dire yaid n ptr ail, 
Jaxia auladom, iUi/aeeref 



Mirlalila 



Ftr djritariam ihaara, 
Saigmar.; 
Et rmuruade aaat fiié parfara, 

I . Caralia, • cImtiI > { tii tt Mpl Tcn plu loin : BirJaflia, • chigria • ; 
■■Au», t aDi >, MBt la waU boU italiou ipi'il «mu «aabU ■' 

1. Lm pippM, !«• ftMUiiici, lu invantiiuii cl aooTMDtfa chiai 

3. D* Bt rénar, d* i« e(tniTag«Bt 1' ~ 
ham, yaj— to^ IV, p. 441, BoM 1 
'<W. 

4. ■ T«u i'iemiaat m piarrM d'àerrwima, «oacntiomi.... bluckci,... 
^■t Toa traan, ■■ ■onbra <U demi, ■■! aAb&a da Poitomac di râera- 
>faM„,i Ml **•■ Mirait latrafoii covot d'os* pMdra •bioibuM.... ■ 
HHnimaairt d* lÀUr*.) 

5. ■ .Àlaaut tta alaaJmtl,... wbitaBtir ■milii i* Tfm* d'itchiMl*. 
Ii| w ijd iMlt uppoH* propn à gaààr taott HiTta d'angorgaoNatt. 
ypiaiilrit ■rfTtntl, capable da naasar Mu la* cotpa da la aitara k 
kar pti»Kia ti*. — .... C« ■»( a cts iaratti par PaiHalw, M a* paraît 
nair aaewa hjatalogi*. {Dietiaanaîr* da Liilri.) 

A. Dapva sat adroit, U i^llaba imtùla da ca ntim s'at pli» ta «maa 
imrM,maUaai. 



D.nt.zedbïGoOglc 



490 APPENDICE AU MALADE IHAGINAI&S. 




I. VUMea da lO^ nh, l putir il'iel, la traU da Unw erigini a> iC;!, 
iapifaai cJ-4(HU (p. 439 at nlrutn) km* mm tlm di ■ noariba Btn- 
xtei. ■ SU* n'an diSM que ptr qnalipd *uliBtw, q>l nM la bfoai ^ 
Il «MiBioia ■B^Uie, M qo* moa «tdm nUrio diM la mow d« P*|m 



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HEGEPIIO UNItJS lUTENIS HBDICI. 

TntUmJI, 




erwi d i M Oaetent Jodrùim 
Dt la r*»*ar4( tt Jm rhJ, 
wnlàmsiniu AUd tkuffiUa, 
la^ta II HJitnta, 



Fohis fmamgtfin JimMt«, 
Bl mlrtfmaibam ad/mUart 
Du lnmùrmt am mUUb, 
Dti étoilai aa «ib, 
DmJUmmat k t'aîfvao. 
Du a^MM i rOtwa, 
£t it mar am ptiaUiami, 



rMi, reèit, rotû d^ta 



M*û *au ma, ee fniul bita , 
Eaiitù/aettm «nrfiwM, 
ff oKr, /hw, *i grui» 
Qiû,UlKHtiirJijmavciU, 



/hmi Dotlar, fai tea btiu fartait 
Milla, milU omii o aumgtt tt tibal 



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APPBNDICB AD MALADE IHAGinAlRB. 

El/anrtMU; 



Stertiuam Jt MalUadU, rwolat fmrrtt 4l gntmi. 



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CAnDSLAIO. — ATTO V, SCBNA XXV. igS 
III 

EXTRAIT DU CJKDU^IO Dl CtOBDANO BRDITO ROLAND. 



ATTO QUINTO. 

PENULTIHA SCENA. 

fiUUlA, HARCA, CORCOVIZZO, MAMPHURIO. SANGUINÛ*. 

ASCANIO. 

,„.QwTO|lim* fiirdi eonnî, del Domino nugUter? 



Qiwito portft Mia eolpa m la frome ; non T«di ch't •trarMtito ? 
«on ledi cbe qad nuiitallo i lUto rubbuo a Ttbnroto ? non l'haï 
nilo che f'ifgt !■ carte? 

Ètoo, ma apport* witB ecue Teritimîlî'? 

Per cii non dere dnbïtora d'andar priggïone. 



r«na, ma eMeaiT& in deriuone appd miei noUutiei M di «itri 
per i eatî ehe mi lono aTcntati al deno. 
M>onao, 
lattadM» qod cke vool dir eoitd ? 

COBCOTmO. 

Hbn rintandcreUM Sanaone*. 



Hor fà per abhMTÎaria, T«di, Magiatar, a oha soaa d twh rawl* 
i«e : ai voleté tm venir piiggiaM ; over donar la bona mano alla 
compafnia di qne* aeodi eba ti aon rimaatï dentro la giomea, per 
die (oone diei) il mariolo d tdie aol qnelli ch' haveri in mano 
pCT«anbîarU. 

I. L'M U MfMiirtnt;r l i H li(laKTi'd«raM«IT)«Tintlt^—««per- 

ummaf mttnrmtàtM npMM ai qH Mi Irala cooipapwBi la Mat n ibini. 

a. lona laaJaaa l'iariMM pailiwilha d* TangiMl, wyf— . mifla, eu- 



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«94 APPENDICE AIT UALADB IHAGINAIRB. 



JftiuRW, io non ho altrimeole tuuiio : qudli clie hatrro 
mi furon tolti) l'a mtli^-eU, ptr loftm, ptr ttliiloiumtrm, ^u ti 



Intendi quel ehe tî dico. Si doq roi proTar îl *trelto délia tî- 
cuù, et non hai rnoneta, (k eletliona d'uni de le altre duo : o 
prend! diece •palnute oon qunto hrto di correggîa cbe vedi; o 
Ter a briche oiilate hami un csTallo de cinqnanta ataffilate > ; che 
per ogni modo tu non tipanirrai da aoi lenca penitenaa di tni blii. 



Duohni propotitu maiil nunw «1 toleranJiai^ ihal d moim i prufoiUii 
benif mtiiai ut a&gtiuUm, £tU Per^ttlienmm prùuept. 

Uaettro, paible cbe (Ute inteto, par cke q«efK loa génie ao*> 



Vab euere che dica bene coitni allbor che non raol eiecr inteto } 

SU moA Toh'u Imprceor, io non tî împreco maie, 

Pregatene ben qouito Tolete, che da noi non lairte cMaadito. 

COaCOTUEO. 

Elegeteri pretto quel che lî piace, i 



MUfTHUSIO. 

ttûita puJtiîJiim ait palma ftrîri, judn jaed amgtrmni m vttrrtt 
flagtUm nmltt : id «[oapa] putritt ttt. 



Che dite toi, che dite in Tottra malliora? 

KIMFHOSIO. 

Vi offira la palma. 



Toooak*, Coreorino, di fermo. 

Io do Taf. lua. 

(Kmmi lenu oph. 

Apri Imb* l'altn mano. Taf. Et due. 

I. Tan 



Toir daquate eoap* : plm U 
a. Duil'i 



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CANDELAIO. " ATTO V, SCENA XXV. 495 



O^ oph, Imu lUria. 

Steodi ben !■ nuno, ti dico. Tienla dritta oom. Tiff et tre. 



Oi M oinM nph oph oph. oph. per Mn<» délia puiion del nuCTo 
■ifHV lemi, peliMt fatemi aliar a caTillo, per che tanto dolor 
■nfirïr non poMO nclle manî. 



Bonù danqae, Barra, prendilo id le iptUe ■ -, tu Marcha, tîenlo 
ferHO per i piedt che non il poiM morere ; tu Corcorizzo, ipun- 
lagU le bfvehe et tienle calate ben bene « bawa ; et UkûIcIo nri- 
glar a me ; et tn Uaettro, oonta le itaffilate ad nna ad nna ch' îo 
l%lenda, et guarda ben, che li Tarrai errore nel contare, che larrik 
UKigno dî rioominciare : Toi Amuûo, Tcdete et giudicate. 

Tntto lia bene, Comincîatelo a apolrerare et guaidatCTÏ di far 
nale a î diappi che non han colpa. 



Al noms di S, Sooppettella*, conta, tolF. 

Tof. nna, Tof, oh tre. Tof, oh oi, qnadro : Toff, < 
Tof, oi oime, Tef. O per amor de Dio letle. 



Cnuinmamo da piineîpio un' altra Tolta : vodete m dopo Quat- 
tro ton MUe : doteri dir cloque, 

Oiiai eha fairA io ? Erano i» ni *trUatt wlte. 

DoTcri eoBlailc ad wm ad ima. Hor i& TÎa [di] noro, Toff, 

ToC nna. Toffnna. Toff. oine dae; Toff. toff, toff. tre. qoat- 
tro, toff, toff, cinqne, oine toff, toff, ari; o per l'honor di Dio 
toff, iMMi [di toff, toff, non plii, che Toglano toff toff Tedar nella 
gioniea Toff ehe Tt nrran «Iquantî Mnidi. 



r da ctpo, che ne ka laiciale moite, ohe non ha 



Perdonategli di gratia, Kgnor eapîtano, per ch« mol br ^ndl' 
ahn eletûone di pagar la Mrena. 

I. SfMi dMi nBpnaioB pnaûiN. 



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«96 APPENDICE AU MALADE IMAGINAIRE. 



Lui non ba nnlla. 

lia lia che vleMo mi ricordo h&Ter pîù di qnktlro midi. 
Foaeteki abufo dnmque, T«deie che coM t! è dentro la giat 
SuwiM di.... che tî son ]iîù di lette de Kudi. 



AUatdo, ahkt«lo di bel dotd a eaTalla, per la mcotitH ch' ha 
detia et &Iii giaramenti ch* bafattï: tMfogoa contarie, &iyIiecMttr 
MttanU. 

M'uerieerdia .■ preniIeteTÎ gU tcodi, la gîomea, et tntto qoanlo quel 
che Tolete, àiaùllam rôtit. 



Honù piglata quel che ii dona, et qoel mantello anchon, efae 
i pnito ofae ûi reMitaito al portro padrone. Andiamone noi tutti : 
bona notie a toï Aaoanîo tnio. 

Bona Dotta et mille bon' annï a V. S,, Signor eapitano, et boon 
prA bccia al maatro. 



IXTHArr BB KHIIFJCE KT U F. 



ACTE V. 
SCÈNE XXVI. 



LA BAlIt£, LA FOITTAINK, LA EUVIËKE (fiUm, péimttm ntgémU), MAM- 
PHCRIDS, LA COQUE lÂUm m cammutain], ASCAGHB (M^■t Jt A»- 



Ponr lil, 11 poite u eoadiBUtiaa imi toi : aa tojh-vow pa qal M 
tnreni ? na •anC'Tou pu qaa m mastam > M dfeabs h l'am de *d* cm» 
Il pa* tnMTi fnjiBl la Joidae? 



Ooi, mail il alUgiH qnalquE* ouBia TniMmUablM. 

Oa B« doit paipiNi oaU lalra diSenlti de 1* aNMr a« pi 



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BOHIFACt El U ni DANT. — ACTE V, SC. XXVL 497 



AcoM«i n p«a M ifB'U TMt dire. 

U &ml ftra Malm Coain poor la dcTlDcr. 

Or mu, pour coapgr court, liIilM, Toja t quoi vob> «inn bubui tobi 
rnoadrv . li tooi Touln foBÎr «a priion, ou bûa doJIBtr à lâ «umpagiiït 
1h tcu qui »nt ituit daoi Totra f Uwcwn, parcs qu'aiaii qoa roui nmu 
•m dit, ■• roleor Tout ■ Halomcnt etapotlé eaux que *ana «a **ici tîn« 



l/inimi. Il Ton) jure qu'il oa n'aa ait rcità p» na, loat m'a ttâ dcroba, 
ÎM nukt na lt^ ptr JotMMt fv Al^totuaUm, w tiJtni tatvr. 

Oja ea que ja tom di : •! roni aa tquIci pu qo'sa tau miu an pritOB, 
et qu'il loït Trmi qua Toui n'ajos plu* d'argvul, cbaiiÎMai Fuu des daai, 
DO da Korair dix fârulai aiaa eetia couiroj* qua mici, au d'ca (Toir, bri' 
gMt baiMi, ciaquauM eonpa da loat%; car cala ait bien ri»lu qua toui ub 
paitim poiat d'area DOiu Hu faire péuiLcnoa da toi fautaa. 



Maltn, parla da bf on qu'où TOna «standa, car eaa geni-ci août fort aoup- 

S« fil il (ùxa qua edui-à diaa du bias d« BOu Ion qu'il ua tcuI pac 
qu'oa l'aotcnk? 

ffïJ mmti roUi ÛHfnaaar. la i 



Qm diua-TOua7 qna ditai-T^uir 

J< TOOa pTBMUa U ■>!>. 

Frappa, ta Kinàrc, frappa fannc. 

Çï. Uf, UM. 



D.nt.zedbïGoOglc 



498 APPENDICE AU MALADE IHAGINAIRB. 
Oti,oat. 



B draita. Taf, 



ije, ije, ouf, oo^ pour IlwBHDr de Din, Unia-moi plalAt U fawt, 
cAT j< ae uoraU plu ■onflnr <î ^nnd mil aux nuîiu. 

Su doDc, Il Bim, dtt*cha-le ; tou, U Fontaue, ( t n e i fa bnw par fai 
pisdi, iSb qn'il na polMs niiiDir ; tou, Ii AiTicre, tim-Ioi Isa cbiaMC* bu, 
bat, «t na la UiiMi ^illor; et TOa; Mihn, toinptailci «npa oal u, qaa 
je Toa* estenda, et prenea bien gante de naoqacr ■■ eompta, car d tow j 
faUka, je reoomaaBcani toal de nooTtao ; tou, jUugse, *a;ei et jafci. 

Tout Ta bien : coraineaeei t l'époodrer, et prenea garda de frapper tt 
AUou, CMapta, Tnf. 



Cm I toi; deai ; tof, troia ; tof, tnf, aye, tje, ànq, 

BsenniBienfeBi nue antre fsia, et voyea ai aprèi troit il laat dire cinq. 

Hélul qne feni-je î II f en (mit eiaq, M rat ftrilau. 

Tou Ua deriea compter l'oa aprea Tanti*, Or an» toM da navTcaa, lof. 

Un, lof, tof, deni, iroii, to^ lof, ta(, tôt, qaatra, cinq, lot, tof, aîz. O 
pour l'honneur de Dien, e'eat aaaei : ja vam voir daaa aia fphttiin i'il ■'; 
a point ODCura quel quai ku. 



PardoBiwi-liu, de grlee, KoMioar, parce qn^ aime a 
aiia balajraora. 



Si fait, ai lait, pre/teli, je me uaTieu mamtenant d'avoir aBcore plM <l* 

ir h Bëmoin comme au petîta êafeata par 
I D'il a dam u boiuaa. 

. Ce trait a éU ajoati par la tradaeteor. 



D.nt.zedbïGoOglc 



BONIFACE ET LK PEDANT. — ACTB V, SC. XXVI. 499 



|>u da » Ti« ! il j ■ pliu il* lept «oa. 

, npnaoJ* anc ioIt* bii ; il laiit ^'il •oilpBoi poar ^Toir 
mmd at poar 1» fin Mnosnti qu'il > faitt. 



«pagnia, M proo fawa 1 Toaa*> 



t. Car il «tt JDtM : TOjrai an ici* 810 du Mutnthrope. 

1. Omd bim nMubMa; dau rorigiBal : ■ proufaca 1 Tona a. Tojai 
dau la DUtiomnrt Jt Llilrt, ao mot Piou, rcxemplc de la FoDtaine 
iaaMi poor satta laouioD. 




D.nt.zedbïG0Oglc 



Soo APPENDICE AU MALADE IMAGINAIRE. 



IXTKilT D'un BBLITIOIT OFFICOLLK DE F^UBIIK, 

iutîtulje : Us Dlptrllatmtntt dt FirnàUtt JoKHéi par U Kei A timU 
ta eour, au rttour Jt la eonqaélt de U Fruntkt-Comté m Flmét 
mpolxxit'. 



Le dix-neuTÎ^me du même moii*, le Boi «lU te promener 1 U 
HisAornaiB, où il donna U collation aux dame* de la Conr.,., 

&pri« la Golladon, qui fut tH«-m*gnifi^ue, Sx Mwscri étant 
montée Vax le canal dam dei gondole* (nperbement parëei , lut ni' 
TÏe de la mniique*, det «ioloni* et det haulboia*, qui étotent dan* 
un grand Taiueau, EUle demeura enfirou une faenre a pidter la 
Eraicheur du loir et entendre le« agréable* conoerti de* toÎx et 
det initrumenU, qui teuii interrompoient «lor* le «ilemce de la nuit 
qui commençoit à paroîtr*. 

£n mite de cela, le Roi detoendit 1 U tète da canal, et étant en- 
tré dani M calèche, alla an théltre que l'on aroit dretté deraot U 
Gbotts pour la repréfentatioo de la comédie du Malaimi ouoi- 
«UKM, deroier oufrage du tieor Molière. 

Ii'aipcct de la Grotte lerroit de fond&cc Théâtre, élcT^de itmx 
piedi et demi de terre. Le frontîapice étoit une grande oomiehe 
architravée, «outenne aux deux extrémité! par deux mauib aTce 
de* omemenu raatiqnei et temblable* à ceux qui paroi*tait au 

I. A Pui), d« llmprimcrîa rojila, mdclxtti (ia-fblio}. 

1. Iji double imeription, Grufaiw at gneqiie-Utia*, nÏH ao bal dt la 
plnehe iuérta diDi li nlitiim da FélïbÏBa (entr* la* pifca la et i3) oA > 
< TraintaH joimia. La UatlU imagUiiir», comcdis RpnHntée daai U Ju- 
diadeVerMillti, denat la Groot. -~Di*t ttnimt. DdànioMoa, *m jEger 
iuagiDiriot, eiMmfù «M akortù Karnlianm md/tnt CrjfUt, — A gaacfea 
salit: •lapntre, leulp*. lO^e. > 

3. Tojn la SaUtt, cl-deuD), p. 94B et Bat* a. 

4. De la Piiuiqaa de la Qiipelle, da Mqia dai ehaoteora. 
6. De U mniiqae da la Chambre, de la grand bande d«i 

TÏohnu, et da la petite banda det leiM da LoUi. 
6. Da U muiiqo* de la Granda^Acoria. 



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EXTRAIT D'UNE RELATION DE FâLlBIEN. Soi 

delian de U Grone. Dani ehaqoe nuunf il j «Toît deux uiehe*, où 
•or de* pîMettatix on Tof oit déni fignrM repcëMOtanl d'un c&li 
Hcrenla tcDint h mamie M terruMuit VHfdre, et de l'aatre oAté 
Apollon tppaji inr iod are et fooUnt aux pîedt le terpent P/thon. 

Au-deMui de U oomiehe l'éleroit nn froutoa, dont le tf mpao 
étoit rempli dc< irmei du Roi. 

Sept grudi liutrci pendoioit i«r le devant dn ThMtre, qaî 
^toit •Tinctf aa-deT>nt dea tniia portea do la Giolte. Let eàtië 
Soient oniëi d'une agréable feiûllée; Buii an Uaven de* portei 
où le TbMlTc continnolt de l'étendre l'on rojoit que La Grotte 
■#me loi terroit de principale décoralion. Elle étoit éclairée d'nae 
quantité de girandolei de criital, poiéea «nr dei guéridon* d'or et 
d'ator, et d'une infinité d'autre* lumière* qu'on «Toît mitet tor 
le* corsicbe* et aur toute* le* autre* aaillie*. 

La table de marbre qni e«t au milien étoit cnrironnée de quan- 
tité de fetton* de fleur* et cbai^^ d'une grande corbeille de même. 

An fond dea troi* ouyerturei l'on TOf oit le* troi* grande* nicfae* 
oA «ont ce* groupe* de Fignrc* de marbre blanc, dont la beauté du 
Mijel et l'excellence dn traTail font une de* grande* ricbe«*e* de ce 

Dan* la niche dn milieu, Apollon e*t repréienté atiii et envi- 
ronné de* Njmphe* de Thétî* qui le parfument ; et dan* le* denx 
antre*, lont *e* oheranx btco de* Triton* qui le* paoaent. 

Dn haut de la niche du milieu tombe derrière te« Figure* nue 
gnnde nappe d'eau, qni «art de l'urne que tient un Fleuve conehé 
anr une roche; cette eau qui *'e*t répandue an pied de* Figure* 
dane nn grand batiin de nartire, retombe euanîte juMju'en ba* par 
pande* nappe*, partie entière* et partie déchirée* ; et de* niehe* 
eïk *Ant le* cbevanx il tombe pareillement de* nappe* d'eau qni 
font de* chute* admirable*. Mai* tonle* «e* caicade* étant alor* 
fclairéet d'une infinité de bongie* qu'on ne Toyoit pa*, faiaoieot 
de* effet* d'autant plai merreilleux et plu* (urprcnanti, qu'il n'jr 
avoît point de goutte d'eau qui ne brîlUt du feu de tant de In- 
■aièrce et qui ne rcnvofHt autant de clarté* qu'elle en receTOÎt, 

Ce fat à la tus d'une *i agréable décoration que le* oonaédieH 
de la Troupe dn Roi repréaentèreot lh Hu.Ana uuonraïax, dont 
Iadh* Muttràt et toute la Cour ne reçurent pat moin* de plaieir 
qn'elle* en ont toujonr* en anx piècea de *on Antetir. 

JaaiiM eOBÉdia, juiai* opéra ae fat j«t dau aa adi* plai magaifiqua, 
■aîi Jaaaaîi Aécimtïoa a 
•.l«itra.c., k 



a bM*4 e la (raTcar le Paalre, qo'sa ■• peut 



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5oa APPEHDICE AU MALADE lUAGINAIRB. 

d« (BppoMT qa'on nVot 1 l'nlaiiivi qm» fm i tvt la pralogaa «t 1m nUi'Hto*, 
•t qag qaelqiiw ololaoB imbiln db panT«at> n boUiast toM k Ut. la 
actaoTi da Malade imaginaire, CapaBdant i^«iC bias Ârgaa qiM la Paatrc 
dMVtrc dioa h graiida ehiiia, m aiiliaii da ea ttLsâtrt borda d'oc a^ aa» at 
■a tomi daqoal ■ âli Ulonûiié* U grolU daa Jmh fdfoileai auù il m'ait 
pu pouibla da dira, aatn tsntai le* (einn dt la «naMia <>■ de* lataïaiàdai, 
qaal mamciil la dauùuMar ■ TOalo £uf, Aiiwi «r^jani «nw Iria-prabable 
qiia, pour U jour de catta lapriiaBUdDa rajale. « iatrodiÛBt pliw d« 

MiB, afia d« doBBcr k deux de* ciautricai de la gobt (^n luiast loaTcmt 
upcriciiM* h callw qui chaBlaiaat mr lea thcttrai pahlici) roceniaa da le 
prâdaite. Da fait, Àrgia lambla U, muai, moilis éooataBI, iDwtié rénmt k 
ton Bal, aulitar à un diicrtûagaieat préparé pour lai. Dani lèmaïaa an eoa- 
IBiss mi^iflqus at a»iita*u Iralaani uat k aet cAlii; raiia a tDala l'atli- 
tada d'au gianda cbanCaaaa laofant naa da lei plu ballea notai; l'aatn 
Mmbla dite ana ieeoiida partie ; aaa tTaiaàme FaauBa, qa'aae lobe mmt 
qaana, OB b^met. an tablier, at la manière dont elle eroiia aei beat panaet 
Hoadouta de prendre paar Toinetta, ponr ima aarrante de aonTantiaB ricba* 

la doa k Tan daa mansqaetairaa qai ont été pDH en aentiBellea ïnintobtlea ans 
dcBX eitrévilii de l'aTant-eciBe. Une longue rangée de maaieiena en actioB 
mt an bai da Ihéktrei nombre da uolei at de tfaéorbe», deaa fl&Ua, aae 
traapeiM peat-étre, lont Tiiiblcai an batuor de mstan, an eenttCi Ir* 
daai brai leiéa, un ranleau daa» la puin droite, le* dirige oa daana le 
*tgnal d« l'attaqua : rorebe*tre trét-certiiaeaient jone oa Ta jouer, at ce 
B* peat 4tra qu'an* •etna de eoacart, éttaDgère aaa dinrti*wiuMU primilib 
•I arrangée poai la eircoBatanca, qaa Tartiat* a eboÎMi poai laiet, k noil* 
qu* (« tpi'on troarera md* doate peu Tr*i*ainblable), ee toatpoiaM «sa 
de**in da i6;6. il n'ait traTailU ma DOt**, *au cmqa*, de •oora^, oa 
platAt toat 1 fiit d* bataùie. 



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NOTE SUR LES INTERMÈDES. 



HOTB SDH LBS IKTIUlftlIlS DU tUlaHM IMMtrlMKM. 



Uarc-Ajitaine Charpentier, le musicien que Molière, aban- 
donné par Lutli, l'atUcha en 1671 lealement', a laiii^ un grand 
nombre de cahien manuscrit*, qui rauembléi par d'autret en 
vîngt-buit Tolumei, arec un peu moini d'ordre, ce semble, qu'il 
u'j en avait mit, sont dcTenui la propriAi! de la Bibliothèque na- 
lionale. lia contiennent dei compoiitioni de genres fort diflbwnts, 
mesaet, air* d'^Use de toute espace, pastorale* latine* et fianfataes, 
opéra*, ballets'. On voit ea le* parcourant que le* relation* du 
coinpoiîtenr, commencées tard avec la troupe du Palaii-Rojal, se 
•ont eonlinuéei avec celle de l'hAtel Guâiegaud et avec la Comble- 
Frai>çai*e rëunie; car outre la musique du Mariage forcé et de la 
Cemleue ^Etcarbagnat (doot il a été question à la Cn de notre 
tome VIII], outre ta musique du Malade imaglnairij an y remarque 
une au«(Tture pour la Circé (1675), un prologue pour riacannii 
(m#me année iGyi], de Thomas Corneille, une Sérénade ponr 7> 
SUUùn, que Molière n'a pas dd connaître, plusieurs autre* direi^ 
tissements de comédies, et particulièrement de* iniennède* nou- 
Tcaux pour l'JiiJromiJt du grand Corneille (reprise en i68a) *. 

I. Ad court («mpi de lear ïollsbontioii h npporte rriÎHinLljbUmeBl 
rsBMitoM da psuire rcodimi i Malien md lonii àoant pir lirgixe os pir 
BrgirdE. CmI Chsrpcniiar qui, ramani d'Aatenil en earraiM jur la poits. 
fat tcmoia da bit et rMoeilUt la mot cMbr* 1 TOfci I« dcnùtrta ligam 
(p. Il] do MimêinÊ ar Im rit U lot amrrof it MatUn, iaairia p« la 
8an« SB ton* l" do l'âdilioB d« 1734. — U. Adoaard Tbisrt; (p. ig ds 
na lamincla» ■m I>oaumtiUM nr II MalaJt imtgiiiëirt) solgcelan qng 
«• ponmit bioi étn Uigurd qai doaai l'na i P*iiti« U pséta M lo ssaii- 
eiea, Uigurd et Charpentur ijaot dd *■ rencontrer ot h lier i Ronc, où 
lo«a dmi ont formé leur ulfnt. 

S. Charpealicr Tat miluo de cbipcllo ■■ atUiga et 1 li milun prohii* 
das Jiniln; il «al iohI la maltrite de li Siiole-Chipelle. — Un Je s*» 
afhaa, JHÂr, doat las panlei sont da ThoBi* CofseiUe, a toi reprlaentê 
t ri a e d ÏMi royale d* mosiqu an dieambn 169!, dMti in Roi al fmbtlt 
^ partîlîoa raaaia *ni*aM*. 

3. Cilak iTAlMWT qoe lo grawl Gsra«Ula s'itail aatrafoia (Moeti, d'Aa- 
mmj tfai paraît biea s'<tn ■■> eo t^ta ob moDHat de dispBtar à Chirpao- 
dar rhaaaoBi d'éeriro U auaiqaa da MalmJt ima g ia m irt 1 tojoS, a>r aa 
paiM.bl*tM à M. JTolUr», Miié* p. lai-iiS de TeppmdiM |oiM an 
JUnm n à m M it de d'AMOMj [ii^i atatiooné dans aotr* toaM U, p, lot. 



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5o4 APPENDICE AU MALADE lUAGINAIBE. 

Um* nom n'aTon* k teninjrer îd que le* marcetni qui oonpoacnt 
la parlîtioD du Malaie imagiaairti ell« ««t ]à 1 p«ii prêt eotièra et 
telle que Molîire l'iDtpïni et rentendît. 

Elle n'nt p» toute eniemble dans le nttme Tolome, moi «Tair 
d'ailleim iU trop di»pen/e. Un cahier reli^ dam le tone XUI 
renferme le I" prologue, maiiu l'oaTcrture; on cabier du tome XVI, 
l'ouTerture du 1" prologue et toute la luite, noini le I" iotennède, 
de l'anTTc primitive; un autre cahier, plu* récent, du même 
tome XVI contieot le II' prologue et un remaDtement du I" in- 
termède-, enfin danj quelques page* de* lome* VU et XXII «e 
litent troii addition» Taite* lor* d'un dernier arrangement. C3mi- 
pentier nou* apprend qu'il lui ftllut k deux repri*et, «oui la do- 
mination jalou*e de LulU, accommoder te* ornement* du Uàl^e 
imagiaein à de* moyeiu d'eiécution de plu* en plut rédniti; il 
non* reiueigne au**i rar plnileun détail* de la mite en tcine, et 
non* fait connattre, pour le lecond inlermide et pour la Céré- 
monie, le* nom* de* tout premier* interprète» du chant. Non* 
joindront let plu* inléretiaotea de *ei note* au catalogue aniTant. 

Au I' FBOLOODB, intitulé Plan: i* nue OuTerture inatrtimentale 
k quatre partie*; Charpentier, chagrin d'aToir eu à la remplacer 
par tue autre, j a in*cTit ce* mot* : Oartrtun du Pnlogae Ju Mtt- 
lada imagiaeire dont ta ipUnJtar (elle le troure, noua l'aTon* dit, 
BU tome XVI, ancien cahier xti, foiiot 49 et So; — toute la tnîte 
d« ce I* prologue, tel que le donne le liiTet de 1673, e*t k cher- 
cher au commencement du tome XIII, ancien cahier i, p. t-40); 
1* le Récit de Flore « Quiitei, quîttei toi tronpeaax ■, pour 
un hautrdeuu* qu'accompagnait, comme d'ordinaire let partie* 
Toealet, le petit Chaur de* meilleur* inttnimeniiite* eba^éi de 
réaliter la bute cbifirée ; quelque* me*ure* éccitei pour deux de**tu 
et une batte de violon* tant doute terminent ce récit; 3* le IMa- 
logne de Climine (haut-de*iut), de Daphné (baa-demni), de Tiiei* 
(haute-contre) et de Dorîla* [taille), a Berger, lainoni la te* fenx ■ ; 
4* aprèt une RitorntUa de Tiolont, le Dialogue ■ Quelle non- 
Telle.... » ; 5* le Récit de Flore « La Toici > ; 6* le Choeur a Ah 1 
^elle douce nonrelle >, pour le* quatre amanta et d'antre* ber- 
gers (bauei) accompagné* par un paid Chaar et un graut Ciautr 
d'instrument* ; 7* un Bandtaa ïnttnimcntal i quatre parliea, comBu 
le tont en général les air* de dante (cet air a été, pour ntîliaer 
tout le papier, écrit au-desaout du morceau qui précède) ; F le 
Récit de Flore a De tos flAles bocagère*.... Aprfct cent c<Hnhat* >, 

note s); U Jiaïuttt dt MeiUn par !• bJUiophUa Jacob (PhI Imtm), 
p. Ija-ijO; M U Préfaça dt II. Coloabvf au jMmlmrat i arfi i— », 



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NOTE SUH LES IHTBRHÉDES. 5a5 

•oivi lia l'euMniblfl « Formon* entre noiu ■ ^ 9* le Récit de Flore 
■ Mon jeune unant dan* ce boii >, précédant le Dialogue < Si 
Tijci* a l'aTintage s; 10* un air iniituU Ctmial, et qai ttjou* wm 
foù f**it OMimtr lu Jtux Btr-gtri au comiat, et mit autre foi» aprit It 
eamtat peur mimer le» dauuuri k eamhuttri; 1 1* le premier air de 
Tirci» « Quand la neige i ; la' one BUemdle on Bourru qui lerl 
pair, donner le ttmpt aas Janituri du parti do Tîrt'u d'applaudir à 
w> air; i3* le premier air de Dorila* a Le faudt« menaçant >, 
•niri, pour loi dMutart du parti de Dorilat, de la riloumeUe déjà 
entendue; 14* le lecond air de Tirci* < Dei fabuleux exploita i, 
aprèa leqnel vient nue leconde RittrnelU qui iirt i exprimer Fap- 
ptâaJiuomeat dti daiuturi de aon parti; iS* le iccond air de Dori- 
la* t Looit fait k no* tempi » et la lecondc BitcrntlU..., rejouée 
poar accompagner la danae dea aieni; pui* ton danu tur Fair qui 
a lerrt pogr aaimer au combat Ut doux Bergen^ lur la pA duquel U 
ifi«B Pau la trtttve au milieu dei Bergen, itùvi iaiu troap* de Satjrm; 

16* le Récit de Pan (une bawe) « Laiiaes, laiafei, Berger» d, aree 
on accompagnement preaque perpétuel de deux flâtea (une baue 
eit en outre écrite) ■ ; 17' l'Entemble f LaUion*, laÎMona li la 
gloire B ; 1 8* le Récit de Flore « Bien que, pour étaler *ef rertu* > ; 
ig* nn air de danie^w let ZJpAyit (écrit plu* loin, maii dont la 
place, d'iprii le lÎTret de 1S73, eil ici); 10' le Dialogue Dant 
lea chofca grandn et belle* » ; 11* le Chaar du p'ioloai (de tou* le* 
iattrumenti à archet] et Jet toix (Climèoe, Flore, Dapfané, Tircû, 
Dorîla*, Pan et le* autre* Berger*) i Joignon* tout dan* cm bai* >, 
pour la fài (tojcx cî-deuu*, p. 170, note 9); 11* iei Satyrei aprii ce 
eàttur-Û font une daate, lueceuiTement réglée par un premier air 
itt Satjrei et par un aecond, qui eit an Meauet. Un air encore écrit 
povr le* Fatmoi, Btrga-i et Btrgiret, mai* dont la teconde reprise 
e*t inacberée *ar U demi^ page du cabier, a été finalement biffé, 

Ab Isb* Xn (aadta ««hier zni), f* Si-55, imwâiiiitemenl %fm TOa- 
TOlua da PrcJogae piiaîiif (oB l" rmlogat], miii ur bb tont latr* pa- 

I. ■> ata da ce aerecM, oa lit t ■ Ce riàt mt bh* ii%M dant la 
CsaniM* dajifn ■, «'Mt-l-din dis* U piilonln da •• aoai qo* Cbarpaa- 
fàm nil ploi tard tor la* paraUi l^naml laoditJM da caiM églofne de 
Floro) as 7 dUBtail, par auapl* : • PoiiM la fraad Loaii,... Cdbih il 
ctt dB aoada U nuttia, Dernir la maître du »■(», Bt Toir k eut hiren 
m ui im la pfiatawp* ! • EU* M tniaTt la Bdliaa da taïae VII, ^ 3S t* et 
t* ■aÎTaMa, ■ipanat da* baiOM qoi ipputiaaaaat aa tcaiiihn* ima- 
|nai»t da Malade iamgiaàrt, Oiarpaatiar aat ilon poor ibantea*** 1 
Mka InbtU* {Flore), Brioa, Tiloa, Graadaniiaa. et poar ehaatann 1 
Cbap.... C^U, tamm, laaapa; [i>n] . 



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5o6 APPENDICE AU MALADB lUAOIKAIRE. 

têaXiafJtiàon éa MaUJa imm t j m û n arte Ut défaut, e'M>4-diM !•■»■ 
e«Bd unageBoil : lat lin BonTcm loat là iwiUr M ccax da [■— Jii 

iiHBg» t qai âunt eoDMrrfc naiplaaiau npp<M*. Et 4'aboid viat : 

An nou>a<n (poor la II' Prolofo*, «aliii du Unwt de 1A74), ■■■ »»«i 
(ww, k qutre pirtia», [du omuta qaa odladal' pcslofae; prà !■ HÛBU 
d* b Ba'gln'(Chjirp«BtJar * ioit aÎBpl^KBt : Pniafiu. — Climmim)\a^t 
oiêna BitanulU ùpua la pramier oDiqilat (le refraïa, Im frwaA MMnv/iitf] 
• Tetre plu lutnl aaroir > da iecoad • Hélai 1 je n'eaa àiieam.tnr *, M ce 
Kuad da troinima a Ca> lenédai pea wkwt > ; le gnad refraia (le praHcr 
eoeplat) redit, /or ri 

I, Tojn ci-aprfa, p. Sog. 



D«n» aacun de* Tolum«*, croy oiu-notu, ne «e troare plut, pour 
le I* iKTiBMkoH, !■ moindre page de la miuiqDC primitiTC. 

Voici, nir ce qu'en était la mutique remaniée pour la première 
foit et la mite en loène, Ici reuleignementa donna iluu le 
tome XVI, à la luite du II' prologue : 

• l" Innuàiw. L'on joue danicre le th^tre la Fiataiaie nu iatorap- 
tioo. — Polichiofllla eotn, et lonqu'îl Mt pr4t da chaaiar dcnnt la* fe>élTa 
de Toinelte, lai tïdIou, eonduiiipir Spaeainirad'.raeaaaMncealUFaBlaûie 
ivee Kl ietemiptians. — S|imaiaad donaa daf baitoDiiate k Policbiaclle 
at le ehaiie, aprài quoi tei Tioluu jouant l'air dai kiàkm%t eeauïte de 
i|Boi l'on chaïAe l'air italien qui nit. • Cet air eat celui de SmU m Ji/'A 
est It Acrit tout au loDf (poiLr ane biate-coatra), maîa son prcoêdê de 
ton Fritmdty qai n'a peut-être été CDiupoiê que plui tard et «e troave ee 
tomeYK (ineien cahier xuv), f> 3i l'i aprèi le premier eoeplet (lercbaia), 
deux partiel hautei fde TÎalon pn>baUenienL) aonE jaïnta a le beaee poar 
nne coarta ritoamelle, at il en ait de laêeie quand ce refrain CM Taprit poor 
la première foii ; la couplet) Fre la ipenuaa et 5t m daritûu ont inéiiie 
aiéltidïe \ aprèi le dernier de cea coopteti, la refrain ae reprend Encore, mûi 

eaomeaeaat anuitAt l'air dea ArChen. • L'air dea irchen et la Faataime, l 
liqneDa Durpaatier reuTuia pi» luat. appartanaieBl iTidemmeat k la per- 
tilion primitiTe. Onnrra mentionné ei~*prèi, p. 5ia. l'air de Zarfiaetti, et 
■■ dnaier air poar lai liuloai qn'il ajouta plaa tard. 



A la Kéne t du II' icrs, la Gnuge'et Ulle Molière d 
MO* doute i leur §rj la mu«qae qu'iti étaient oenaëi inpravber 
aTeclet paroles de Tircù et Phîlîi;.Clitrpentierne panlt pal a-roir 
rien compote pour ce Dialogue. 

Aux demicn feuillett, p. S7-88, du tome XVI (tuîte de l'ancien 

I. Sfctanmu* ou Spaeeamoatî, ■ Tunahe-Moaltgaa e, BMa da «afïM^ 



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HOTE SUR LES INTERHàDES. $07 

ealiier xn nni doulfl), Mpnad joaqu'à la fin, Hir l'uieicn pa^er, 
U partition primîtÎTe. 

Aa II' OTMaMÈDM : i* un aîr de ballet, à troi* reprîie*, pour 
i'XaIrée Jit Xtorti' ; i' une Pnmiin «t plu* longue RileriulU fré- 
cMant le rerniiT ( Profitez du printempl x : ce refrain tftait dit 
par IIUeMon<r«iit*;ane lecoade et pin* courte Afanx/b terminant 
le refrain;}* le ebaat du couplet <L«* plai*ir*le*pln*cbarnuuitt* 
pour [HUe] Hard^, *uiTi de la repri*e du refrain de Mlle Mourant 
et 'de ta petite ritoumelle; 4* un air pour te couplet c Ne per- 
des pa* ce* prteieux moment* >, cfaantri par Mlle Marion ; ï U 
mite reTient encore 1« refrain de Mlle MouTant, et, cette foii, la 
grande ritournelle ; 5* un air pour le oouplet a Quand d'aimer on 
nou* pre*«e 1 ; le chanteur là n'est pai nommf >, mai* la clef de* 
bamet-contre déaigne *utB*amment PouHin, dont le nom eit in- 
lerit au-derant de la partie notée k la mtme clef, dan* le duo et le 
trio qui Tiennent plu* loin ; 6* Iti rioloiu inlrtat ici pour une Sitor- 
aalU qui, *prèi aroir «lé jouëe une première foi*, m rtprtad a la 
fin de chacun de* deux couplet* qui Murent, le premier pour 
{MlleJHaidf, i II e*tdouxà notre fige a, le (econd pour Mlle Ma- 
rion, a l'Amant qui ae dégage a; 7* on Dialogue et un Tiûo; le 
Dialogue e*t diitribué aiuii : Peaum, * Quel parti.... ■ ; Marûm, 
c Faut-il nou* en défendre Et fuir *et douceur* 7 » (ce* deux Ter* 
qui, on l'a tu, p. 3go, noie i , manquent an livret de t6yi, ont été 
rétabli* dan* celui de 1674] ; Hardj, c Deront-nou*..,? > ; — pour 
le Trio, tdjps eL-dei*u*, p. 3ga, note 4 ; ce trio fut, dan* le *econd 
et le ti«iaième airangementirédoitenduo, et toute la *cène chantée 

I . A la treitièiita repriie de cet *ir, on lit iDeHuiTcinciit le* iadiatlDiu : I 
la i" partM, de < da Tlvier ttmt r;t )■ >'• portia, de • KlTeloa mit ■ j t 
la 9> poitât, d* ■ lia MoBt ml • ; il l'igit MB* iouU àa i'mKttie 6tneUttaà, 
Boad* Il diue, mili de rorehaitni car plot kàa^oatr* «af et qulr* mu 
aoat iniu m qsatr* paitcH i as itJt Umt edt lofB i airqner U reatrie 
ém corpl da btlUt. 

I. Mlle HoaTaot [on HoaTim, d'tpri) la eompts du PdtU-Bojil), «iaii 
qaalDI* Huioa et PminD.qDi Tsat 4ln nommia par Oiarpcntier, aniaot 
tiii lava rAlet ia Intarmàdei : cda eat eaoalali d*ii« lai Doemmtnu w- U 
MtlmiU imafiaain pabliia par H. Cd. Thiarrr : tôt** p. a^^ M aSi ; p. gO, 
9(et>3o; al tsut ptniealiirameni, aT*a k ahamast «oanuataii* doM 
aUe «M •oirie, la cuiaiua leun da maître qai ^wigna t HUe Ibrioa *> 
partie de ckaal, oa paat-itca platAt da danaa (p. 199 at Hii**Btaa). Lm 
a ^i i a iadicatioa* da dobb qu'oa lii* daleat eertaiumaBt da arfoa tenpa. 
 cea TirtBoaca, qui rapirarcnt daaa la Urànuwîa, aTaitat dft itn naû 
diatribsia laa rAlai da l« prak^oa. 

1. La B*at guaf (gai, àlUgn), ktk *■ aarga, eoaiaa aaaaa Ktamt daaa 



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fioS APPENDICE AU MALADE lUAGINAIRB. 

P*r deux •oliiu* teulemeot ; Im nom* ahi4g4» de ceax qnî ehnt- 
lèrcDt le troiiième arrangement (de Villier* et MHe Frerille) ont 
éttf ici rapidement porté* mit U partition; nn troïtième nom, oa 
platAt un mot qu'on peut lire Pkammê^ o'eit-i-diT« la hanit-tanm, 
a M inicrit de leconde main an-derant dn oouplet donn^ primi- 
tivement, on l'a ra plui bant, i HUe Hardj : ■ li e« doax à imnk 
âge B ; 8* un premier air de ballet eommtnet tar la Jm'iirt mutri 
Ju ttiv, et il eM «uiTi d'nn lecond. 

Le ■■cmd ainDgeBept de cal tntenocdc (il cM iadtqai la t" 55 Aa iiilaw 
lOMM XV[ on nclca ethier xra] Oe pardt pu a*oir diHÈri beancoDp da 
premier; iguleneat, hid* le r^pilon*. il n'y ■ pUu qua deux Tirlnom da 
' ekaat ponr l'exéenter '• I4nu le* morceaai tout rappeUt dao* U miaaierit et 
itcribnii Mil eneon à Pouiia, uit \ Mlle Kibet. A la loita de PiaeicB tria, 
r^erit n dao, on lit •, Bitonutla cammt cî-tUuiu (■eu donte la gramdt)pmv 
mmJuin Ut Ment. Aprit U rùaruttU, « Jomvm l'air d- Mort am Ut 
Canariat ftmr /ain imaltr IttiiiigH. — llaenooTelle OsTertare pou feafr^ 
iet iforf (il ImoI mu doaU eaudra povt PUtarmiJ* dtt Mtrtt] eM aa 
tninèaia amageaflOt i *oja> ei-eprie, p. 5l0> 

A la CâazMcnm DU MtDiciM ((oue XVI, toujourt dana tet 
cahier* primitir*, p. 6g-{t8) : i° one OartrtKrt k quatre partie»' ; 
a* nn air de ballet (lëpar^ de l'ouTertnre par un rëptttoire de 
mu*iqQe d'égli*e et deux page* blancfaei) pour Itr TafittUn, od, 
comme il e«t dit dan* le lecond arrangement, Cmir dtt TapUûart 
poar tendra U talle; dan* le troiiième arrangement *îut encore un 
tttond air pour lei Tapitiieri (tofet ci-aprè*, p. Sio] j 3* nu*ant 
imméJiattnttat cette tjmphanlt de* Tapiatioi, la Uarcht, pour la 
grande entrëe de la Faculté; 4* ■>'>b ■ prtmièra Hiioratllt a, k faire 
entendre s aprè* .itiqiit honam afpttiiuim B (mot* teruinant le premier 
oonplet dv Pmtet), et qui *e reprend c aprii Taat dt guu «aai 
grmert » ; S« nne ( *ecoade Ritomelle à dire aprè* nwauMW tojaiU 
(aie) * et aprèi pla^ haanratiltt; 6' Une ( troiuème ■ et pla* 
longue I Ritomelle apri* Faiirii capaeitaiitut b (dernier* mot* dn 
Prmttt) ; •}' le grand Entemble a Bene bene re*pondere a (*o]rea ct- 
de**u*, p. 445, noie 4), que Charpentier (en indiquant pour r^pliqae 
«Mita purgatif place *au* donte par errenr apri* la féconde ré- 
ponae dn Backelimu : il devait niceÀler à la pieiaiitc ; il iw ie 
rediaait en entier qn'à la fin de l'iBierrogaiioa-, apite le* aWrea 
réponae*, le Chour ne chante qae le preoiier <rer* avec tontet (ea 



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NOTE SCR LES INTBKMIiDES. 509 

répMiioM; Bjiria la tipouie fkite an it* Doeteor, 1« t* Docunr «e 
Ulmat de prendra U puole, le ChcMir k tait : pour ce Hiorwan, 
Ckaipentîer non* fait connaître le nom de* tïmuom* qui l'eiJetH 
tèraat k l'origine, et que Mconda aan* donte l'aMenblée entière de 
tant M qnVIle pouvait avoir de 'ms i ehauttr ; Hllei Honrant et 
Eaair (hanU-^eMoa), Mlle Harion (baa-deaiiu], PouMin (hante- 
coMtre), Foreuier (taille), Friion (baMe); 8° nne danae qui, an ae- 
ooBcl Birangement, eit appelée Fitif tUt ririnmcn, et ici, an pro- 
■îer, eat ainti expliquée : Âfrtt ju'U m rtfu U imimtt et Joelmar, «n 
/•M Pair JWM«(, *f Itt daHtmrt lai font U rérirtHet; 9* «prit U 
immirtitmtit, le ehceor du grand Vîwat, à cinq partie* ToaUe* 
comme le Jm* ime, et dirigé an 'BaIai»-Royal, oa n'en lanrait 
donter, par le* mime* lia preniicn chantenn : pour l'acoompa- 
gaevent de oe chant, deux oortien au moioi, bien lonore*, ac- 
cordé* comme le lOnt d'ordinaire la timbalei, doirent reufbroer 
le grand et le petit orehe«lre ; le* dix premiim metnrefj aonlignéce, 
forment un petit fifai qui le chante plu* loin, aprè* la pbrate du 
p' Ckirwgiu (Toyes GÎ-dcMu*, p. 4S1 et note i; p. 45i et note 5); 
10* nne lUivnttU» on air de danae pour Ui Ciirargitiii il Jfollù- 
4Mm : die eu jouée d'abord avant la phraae du P' Chimrgut (nue 
tùUe) a Pai«e-(-il voir ■, pui* répétée aprè* la phnwe du If Chi- 
nrgMt (une haute-contre) a PuitMnt toti aoni a^ 11' nn FSrai k 
dtnx (baute-contra et taille), du premier et du (ceond Chira^gat 
4ridainment, et ramenant le grand Firmi; 11* ce grand Ktrat écla- 
tant de nouTean, en finale de U Cérémonie. 

Ce divertiiiement de* Médecin* rcita tel Ion du leeond arran- 
gCBent (p. 56 du tome XVI}, et, *anf nn lecond air de* Tapitiier* 
ajouté, lor* du troiaième. 

ÂB tOBt VII (■aciM■c(llienxLITMu.*dDeoa■pc■tiUll^),^•3iT•e(35, 
at, xftit la loagH laMreaUtioB de la Comrtmat Jt Jimri, (• Si, w lit uni 
•dfte 4* mtmiiUa on de njMrtoira, qoi bit comaall», *tm 1( aorn ila qnd- 
fMi ■auTcau iaUrpriUi, l'état de U partitioD apri* ion Meond i^ubî*- 
■mt I wiiB ■lloa* «■ repTOdoirc d« iBiu la datail. 

• ut MU^I» nUOIDlI» rtjmiU nunoiémi pear la tnUUmM /Ui. —• 
O u > a« f u — : ea e taliu/a, oahior zm [ai/a Ja Heaid prvltitd), — Pao- 
loamllemamdfnlfut): 1 • ■ Totn pliu haut iiToir • , pDar Hlla nviille, 
[--■-•—] XTU, iTK M* rilaraellM diu le bIb* cahier ; !• Salym CBMiiis de 
< Tofre plu biat Hrair >, eabin- ht. • Ce* Satjm, tir di W«wa fimr la 
fi» ia Frwinfw* Ja ItalaJa imafiaain rajatlé fSmr li mùiiméfau, lOBt 
diiaab plu kù du* la mte* lama VII (^ Si f), aTce cMM remarqu : 
• Apiia ntia anina da* Satjiea, oa \<nm (■» taamJ» fiii) l'Oani 
qa'an l~ mu, et ù die e*t trop loogM, a 



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5io APPENDICE AU MALADE lUAGINAIRE. 

panidoB pcîaitn* M aroai «dbaHat Fair IhtU tdltm prouor immii*> 

«V U Omomim i a* «rrti l'entra A^IbA pan IfàUi t Ai » ea tnâbda, 
1 iTOÛ putin, «t doBD^ ùt (^ 34T^t ^ IifisHtaetU nota : ■ Nttlatdi 
tnaipoii (Ai un ^« m) miie«r iaat Ifutl il «w itrii mu tt n mJ atim»gi 
m*Mi) «s * un la (mh ^» ^irluA), aTao Isi ritouBtU» i* U «wta paar 
mu FrariU* (f^ Mutai/ owi !■ J>/aHto A /a Strg^,... kfim aNM 
«haama, la* Tiakm pnhid^ da capriaa au g ri hI Uimia, pow ila— » 
k* t«a k H. da Tillian qû duntoia Ztrèimtlli', apni qMÏ la riaUM 
joMBOBtjaaqu'aa II* aus Tair aaiTant, ■ M air Jarrtwtra, ierit U. 1 qiiMra 
putin. — ■ II< iNnmnB, OBI Momn : i' OwrarMn : > dette fltawW/c 
iwarfwa A TaUri* (e'oM-t-din de l'iotemMc) i— Mtm «at dimafa plH 
lois (^ 5i T* et Sa r^ ; ■• • Sitonolla da • Profita da priaieBpa •, «■ 
d Imri Ktl, poDT Wla Fïwrilla, peadant laqualla Ici Uona ntrvat ca O- 
deOM et apiAi laqaaila m ehaala < Profitai da priaMnpi >, arae aai riWt- 
bsUm : «Dtaitc da qaoi laa noloaa ajaot prtiadi an ■ au la re («m aiW 
tmufttitiim), U. da Villien ehaatara ■ Qaaad d'ainv on aou pi^M • 
m m mi U ri. Aprfa quoi I« Tialma JoDOit la ritcmulle t^ 4 U ri ml 
(«BUM amtrafiit), ptadasl laquUa In Uorea fignmt. Le raate da ta aelM 
•M •■ W la rw (af , sa ehaa^aat fort pas de eboH. — III* DniBMà»a : 
CdHteoma an mtamcaa -. sonma k l'onliaaire, oieapti qa'il jri na latonl 
■Ir d'aJoBti poor )n TapUnera, eaUer xlvoi. > Ce ■ Sweemd air ^aw Iw 
T^iàiim da Maladt iataginMirt j^tormi poor la troiaiàaa foi*, ■ « I 
JMW* Imnédlatomaal apria laor pranier air >, w retraaTa <■ aflat aa 
t«ie XXII {aaeiaa aakitr xtTin}, ^ Jl t". 

t. • ZtthimâUi, art-U ijoBlè ea marp, att daa* U Ena A, p. aiS I ■ ce 
lin« ai Pair a'auataat probaUeaMat plai. 



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LA GLOIRE 



DOME DU VAL-DE-GRACE 

POËHB 
sua LA KINTUBE DE MONSIEUR HIGNARD 



I. Hou iToBi ûi, lelim aolrt eoataaM, raprodait la litn da l'cditiea 
d« 16I1. maiat Im Boto 1 • m m. di Moi.itei >. Tojrra i U En d* la 
.Vmïm t«»«pii*. p. 531} le titra d« ràdiUoB arigiuti. 



D.nt.zedbïGoOglc 



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NOTICE. 



Lb plu raiDenx oanage de Pierre Mignard est la Gloire* 
dont il > décoré la coupe, ou, comme od dit plutôt aujour- 
d'hui, la coupole de l'égliie du Vat-de-Grâce. L'amitié de 
Molière pour l'illustre peintre lui fit écrire le poënoe oà ce 
grand travail e«t célébré. 

Des jugements divers ont été portés de l'œuvre du poêle, 
si différente, par le genre auquel elle appartient, de cellei qui 
l'ont immortalisé. Les jugements sévères ne sont pas les rooios 
nombreux. On est rarement disposé à permettre au génie de 
sortir du domaine où il s'est une fois établi ; les exemples en 
effet ne manquent pas de lourdes chutes des plus grands 
eqnits, quand, par quelque fantaisie, ou par le hasard d'une 
circonstance ik laquelle ils ont dd se plier, ils ont changé la 
direction qui longtemps avait paru leur Mre naturelle. Si une 
défiance, très-souvent justifiée, nous semblait l'être \à, si nons 
devions, quoi qu'il en cailte i un éditeur, reconnaître que Mo- 
lière edt, cette fois, forcé son talent, nous nous sentirions libre 
de le faire, sans craindre de manquer de respect à sa gloire; 
il fant cepoidant savoir s'il y a lieu d'user de cette liberté. 

On CM nn pen dérouté sans doute par des vers, signés du 
nom de Molière, qn'a dictés une tout autre muse que celle 
de la comédie; mais, bien qu'il soit difficile de se défendre 
d'abord d'une prévention défavorable, il n'est pas sage d'y 
céder sans evamea. 

Nous rencontrons ici nne œuvre plus sérieuse que ces pe- 

I. ■ Oo appelle nne ^Mrs, en terme* de peinture, la repnvcn- 
lalion du ciel ouvert, av^o les persouoet divines, et lei anges et 
le* bienheureux, a {Dittiomimr* lUFjttmMmk, 1694.) 

HoLiku. u 33 



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Si4 l'A GLOIftE DU TAL-DE-GRA.CE. 

Utes pièces de vers dont bdcuii poète ne se refuse U distrac- 
tion, qu'à l'occasion anssi le nôtre a écrites, et que nous don- 
nons ci-après sous le titre de Poésies diverses. 

Disons d'abord ce qui engagea Molière à faire un momoit, 
liors du théâtre, où il rëguait, cette excursion ïnaltendoe. 
Son ëtraite liaison avec Mignard remontait très-haut; elle 
s'était formée au temps ^ù il parcourait tes provinces avec sa 
troupe. Le peintre, après vingt et un ans de séjour et de tra- 
vaux à Rome, qui lui valurent le surnom de Romain, était 
rentré en France à la fin de 1657. S'ctant arrête k Avignon, il 
T reocoatra, ditKNa, Molière, et l'on bit dater de cette |m«- 
mière rencontre leurs relations amicales, qui devinrent très- 
intimes. Ce sont elles sans doute qui ont engagé Higoard à 
faire le porti'ait de Molièi%, et, comme on croit le savoir, plus 
d'une fois. Eudore Soulié pense que sa liaison était plus grande 
encore avec la famille Béjard*. 11 a constaté que « Pierre 
Mignard, peintre, bourgeois de Paris », fut un de ceux qui 
signèrent, eu tCi>4, au contrat de Guieviève Béjard*, et qu'en 
167a Madeleine Béjard le choisit pour un de ses exécuteurs 
testamentaires*. Mais il Importe peu de rechercher si ces 
Uéjard, auxquels Molière tenait de si près, ont été le trait 
d'union entre lui et Mignard, ou si l'on ne doit pas su|^MMer 
le contraire : la sympathie se comprend si aisément entre deux 
arts fraterneb, la poésie et la peinture, et entre deua illus- 
tres de leur siècle, qu'elle n'a hesoin d'aucune particulière 
esplicatLuu, Eu voici une assea étrange que nous propose on 
IKtit livie^ dont nous aurons tout à l'heure à dire ({uelqne 
chose de plus : « La Gloire du fal-de-Grdce.f^nie H. de Mo- 
lière ayuit rait[e] en faveur de M. Mignard, dont il aimoit la 
lillc. » C'est assez clairement ioMnuer qu'un tendre sentiment 
pour la belle Catlierine Mignard avait, plulAt que l'amilie pour 
son père, dicté à Molière la Gloire du Fal-de-Gn£ee : pur 
conte assurément. CutheriDe, doni le jiinceau de Uignard a 
iDiiiiortaiisé b beauté, et qui devint en i6(j6 comtesse de Feu- 

I. Bechcrchei tur Mollir», p. fia. 

>. lUJani', tatmm page, et p. gif. — 3. liUtm, p. «44. 
4. Jiuitymiaaa ou lUelaagtt lit poiiia, ifilaqlteiKt tt ti'ériMbtom 
(1700), 1 volume in-ii i vojez p, s3S et 139. 



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NOTICE. 5t5 

qnière, était n^ à Rome, non, comme on l'a souTeat dit, en 
i65a, mais au mois d'avril 1657'. Elle avait donc onze ans à 
l'époqoe où Molière cmiiposa son poSme, et où l'on voudrait 
nous faire croire qu'il avait ëtô plus touche de ses charmes 
que des mérites de l'œuvre du peintre*. 

Le poëoie, publié au commencement de i66g, était connu 
dès 1668 par les lectures qu'en fit Molière. Mais pourquoi ne 
l'écrivil-il pas beaucoup plus tAl 7 On en sera moins siir|H'is, 
quand nous aurons fait connaître quelle fut l'occasion, inaper- 
çue jusqu'ici, de ce travail. 

La première pierre des constructions du Val-de-Grlce, de 
ce moDoment de la piété d'Anne d'Autriche, avait été posée 
le i" anîl i645 par le jeune roi Louis XIV*. Molière a été 
trèa-ezact lorsque, dans s(mi premier vers, il a nommé l'église 
adievée en i665* 

Digne fruit de vingt an» de travaux somptueux. 

Dès i663, la fresque de Mignard était peinte, les uns disent 
après trebe mois', les autres' après un an ou même huit 
mois de travail. La date de 1 663 n'est indiquée qu' approxi- 
mativement dans ce pasuge de Ui Fie de Migiua-d' : « Ce ne 

I. Jal, Dictionaaire tritiqœ dt blographU el t^hulo'ire, article Ml- 
GHABD. — Vojes auui au tome H Um Metnoiret de Saint-Simon , 
p. iSi, la Dole de M. île Boiilisle *ur Catherine-Marguerite Ui- 
gnard, et au tome III des mSmei lUimoirei, les pages 33 et 34 et 
le* note*. 

s. Plu* tard mène on ne iroit pai quel prétexte il put j a*oir 
à ooe wipponlion très-ineoDsidérée, Uuli^ ëtnat mort lorsque b 
6Ud de Higuard était daus «a teiaièine année, 

3. GiOftUt du 8 BTril, p. 379. 

4. La première messe j fut cddbrée, le 11 mar* iCOj, jour de 
la f£le de saint Benoit, par l'archeTJque de Paris, Hardouiii de 
Péréfixe. L'évCque d'Acqs (de Dai), Guillaume le Boux, prononça 
le panégyrique. Vojq la GattUt du aS mon i665, p. 3o3. 

5. «olUt tur U moaatlir* da fal-dt-Griici, par U. l'ubbé II. de 
Bertrand de BeaTron,P>ri*, 1S6S, p. 17. 

6. Cbarle* Blaae, HUtoir» dti ptùuru.... ÉeoU français*, Piebbe 
Uioaaao, p. 14. 

7. L» fi* dt Pitrrt Ifignard, par M. l'abbé de Utmvilli-, t volume 
■D-is, Paria, 1730, p. 83 et 84. 



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Si6 LA GLOIRE DU TAL-DB-G&iCE. 

tôt qu'après aTOÏr -bcImt^ le Tal-d»^}Wlce qu'il loi fut po»- 
ûble de M rendre dans le ComtaL II y resta jotqaes i la fin 
de septembre 1664 ; > mais les témoignages de la Gaaette et 
de Loret sont pins pr^ds. Dans ses nouvelles datées de Paria, 
le 18 août i663, la Gtaette dit (p. 796) : « L'ome,... la 
Reine mère, Aant sortie pour la première fois depuis sa ma- 
ladie, alla au Val-de-Grdce.... À sera arrivée. Elle fut Tcnr la 
Siq>erbe dglise de ce lien et les magnifiques modèles du prin- 
cipal autel, avec la peinture de la coupe du grand DAme.... » 
La lettre en vers de Loret, datée du même jour, atteste 
pareillement que le samedi 11 aoAt i663 Anne d'Aniriche se 
fit montrer par les architectes la nouvelle église et que là 

. . . . elle TÎt h peinture, 

SnrpatuiDt toute mignature. 

De l'excellenl Honiienr Hignard >, 

Un dei gnndi maltrei de waa art, 

Pour lervir d'oroemeot au dame. 

Ma de* mieux «Mutraits dn rojanme. 
Comme il y a cependant ici quelque intérêt i savoir si la 
date du complet achèvement des pontures de' la coupole est 
bien celle de i663, ou si elle est mtnns éloignée dn tempe 
où Molière les a célébrées, nous ne devons pas négliger de 
tenir compte d'une autre information donnée par un de nos 
gazetiers Hmeurs, la Gravette de Hajolas. Il nous apprend 
que beaucoup plus tard, huit mois après la mort de la fon- 
datrice du Val-de-Grdce, Mignard fut pressé par Harie-llië- 
rèse de mettre la dernière main à sa grande fresque*, fX que 
le public ne fut admis à admirer son travail qne le jendi 
16 septembre 1666. Citons ce passage de la lettre écrite, troîi 
jours après, par Mayolas ' : 

n fiut bien que je tronre place 

Pour la coupe du Val-de-Gnce, 

I . Eu marge : a Le oadet s . — L'aW, Nioolas, longtemps établi 
à ArigDon, était dépoli cinq ou six an» à Paris, où il mourut en 
man 1668. 

s. Il s'agiiMit peut-ttre d'j lâire ces retonchei an pastel, efb- 
cée* aojoard'hui, dont ptuaieim antenn ont parlé. 

3. Ltlln m reri i Soit Altetie Modamt la diuhtu» JU Krmeurt du 
19* septembre 1666. 



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NOTICE. 517 

Qu'm) Toît dan* m pcrfeodon, 

Faita de la miin admirablo 
D'un peintre fort recoroiiundalile. 
De fiit et de nom trèt-mignard, 
Pnitque c'«il le fameux Uignard. 
Notre aimable et ehannante Reine, 
Vonlant ponr la ftte prochaine' 
Que ce dftme, ou coupe, fïtt bit. 
Il DDiu l'a douDé li parftit, 
Que dam lei plu* riche* ^U*e* 

On ne Terra polut de tableau 

Qui *oit BHorëment *! beau 

Que cette pcluCure mîgnarde. 

Que depui* jeudi l'on regarde. ^ 

On n'est donc pal en droit, dira-t-on, de s'ëtoaner beau- 
coup qne Molière n'ait pas songe à soa po£me dès le temps 
où l'on place d'ordinaire l'achèvement de l'oeuvre de soa amî^ 
et avant celui où elle fut exposée à tous les regards. Il faut 
remarquer n^aumoins qu'entre le 16 septembre 1 666 et le mo- 
mrait où l'on doit penser que le poète se mit à l'ouvrage il 
■'ëcoula deu< années. N'est-ce pas encore avoir longtemps 
attendu? Nous croyons avoir trouvé l'explication, que l'an 
n'avait pas encore donnée, de ce manque apparent d'emprea- 
semenl et d'à-propos. Molière ne prit la plume que dans une 
drconiUiice qui rendait très-soubaîtable à Uignard le bon 
office d'une muse amie. 

Lorsque Molière forma le dessein de son poEme, Charles 
Pemult venait d'en faire paraître un dont la peinture était 
■nan le sujet*. La première édition de cet ouvrage porte le nùl- 
lénmede 1668; la /'sm/moM est datée du 10 décembre 1667. 
Ce morceau de poésie, quoique Boileau, dans une lettre écrite 
à Perrault, au temps de leur réconciliation, ait bien voulu le 
mettre au nombre dea « excellenlea pièces de sa façon*, » 

I. San* doute ponr la Sainle-ThMie, fttée le i5 octobre. 

s. Là PuMTOBB, foiwtt, à Paris, ehea Frédéric Uonard, impri- 
■enr ordînaïie dn Roi, mdolxtui (10-4*). 

3. Obww de JoUm* («dition de Batrial-Saint-Prix], tome IV, 
p. M et 89. 



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$i8 LA GLOIRE DD TAL-DE-GRA.CE. 

ne s'^erait pas au-deuus d'une boonto médiocrité, et n'teit 
pas fait pour emp&cher Holière de dormir, pour le provoquer 
à un tournoi d'esprit. Si nous ne nous trompons, voici où se 
trouva l'aiguillon. 

Cetait en l'honneur de le Bma que Perrault avait chante. 
L'invocation i la Poésie, par laqudle s'ouvre le poëme, est 
suivie de cette apostrtqib^ au premier peintre de Sa Hijetté : 
Et loi, hneux te Bnm, ornement de do« joun, 
Farori de !■ Njmphc et hi tendm amours. 
Qui seul 11 mérité par ta hante seieiioe 
D'aToir de les icercu l'cDii^ conlideaee, 
D'une oreille atteotÏTe, écoute, dam ce* tccs, 
Let dont et le* beantéê de celle que to *eT*. 

Le poème est d'an bout à l'antre ctnnine un hymne à la 
louange de ce seul parfait artiste {teid n'était pas flatteur pour 
les rivaux], des tableaux qu'il avait peints pour le Rn!, des 
ouvrages exécutés, sous sa direction, par les peintres et par 
les sculpteurs de l'Académie royale. Uignard, en bosdlitë dé- 
clarée contre le Brun et contre l'Académie, sur laquelle le 
plus dominateur des peintres exerçait une autorité dictato- 
riale, dut être fort mécontent des vers de Perrault. Non-seu- 
lement celui-ci, que Colbert, devenu en 1664 surintoidant 
des bitimentg du Rot, avait pris pour son premier commis*, 
paraissait avoir exécuté, dans son poëme, une commande du 
chef; mais c'était lui qui, précédemment, obéissant ik on as- 
sez brutal Compelle iiarare, avait été chargé par ce in(me 
chef de signiHer à Hignard une menace d'exil, s'il peràstait 
dans le refus qu'il n'avait pas craint d'opposer, en i663, à 
l'invitation d'entrer dans l'Académie *. 

On a peine à croire que Mignard n'eût aucune connais- 
sance du poème de Perrault lorsqae, en cette même année 
j668 ojl il fut publié, il fit imprimer comme oeuvre posthume* 

I. Perrault dit dam tei lUmuArtt^ p. sg, que cet onploi lui for 
donné vera II fin de i663. Colbert n'eut la luriniendance de* btd- 
ments qu'en janTter 1664; mau, dèvla fin de i66a, il MTiil qu'elle 
lui était deilinée, et en organiiaii le serriee. 

n. Jji Vie dt P. STignarJ, par l'abbé de Honrille, p. 64-86. 
Vojei aosti l'article, eité ci-dettui, de Cfaarie* Blaoc, p. 14 et iS. 

3. L'auteur était mort eu i6G5. 



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NOTICE. 5i9 

le irè»-reiiurq(uble poénae Utin de Arte graphica* du peintre 
du Fresnoy, ion collaborateur dans tes fresques du Val-de- 
Grlce, le fidèle ami, qui s'éuit auocië à la lutte qu'il soutint 
coDtre les volontés de Colbert'. 11 est vrai que le Privilège de 
U pablication du peintre-poête est de 1667 et que la Permis- 
sion obtenue pour celle de Perrault est, noua l'avons dit, de 
U fin de la même année; mais souvent, par des lectures, les 
auteurs faisaient connaître leurs ouvrages avant l'impression. 
Au reste, il importe peu que l'on croie pouvoir conclure de 
U date des deux privilèges que le poËme de du Fresnoy n'a 
pu £tre opposé, comme une réponse, au poème de Perrault : 
Mignard, on l'accordera du moins, dut voir avec plaisir que 
l'oarrage de son ami était cependant arrivé à temps pour 
montrer son béjanne au paaégj'riste de le Brun et faire honte 
i ses vides lieux communs. £n tout cas, nous uuriona eu 



I. ( Careli Àlfoaiî du Frtiaay, pielcrit, île Arle graphiea liber, litit 
Jiathtiii, gra/iUJ<u tl ebromalicet, Iriam pielitrm parliiim, aitliquoram 
Idem artSficlua Hors rtttitutie, LutctJK Pariiioram, apud CUU' 
diom Barbin,.,, MDcLxnu. s A la fin de ce petit in-is de 
36 pagM, qoi n'a pai à'Acluti d'imprimer, un Extrait du PrJTil^ge 
da Roi date de 1G67 ce privilège, uni indteadon de jour ni de 
moii. L'ann^ 1668 vit paraître uoe autre édition du pôeme, mais 
avec la traduciiou ta regard, «ou* ce titre : L'An de ptiatura dt 
CkarJt* Mplionu du Frcinoj, Iraduil ta franfoit, artc dn renuirquei 
mfttumra tt Irti-ampUt (i Tolume iii-8*, Paris, chez NicoUi l'An- 
gloil), lil)ci.xTni. Le traducteur <tait le peintre Roger de Piles, 
ani de du Freiaoj'. Il dit dans aa Préface que l'auteur lui confia 
MM poème pour le ncttre en notre langue, cro]>ant qu'il l'eolen' 
dait Mtex bien : < Je {ft) lui communiquai, et y changeai tout ee 
qu'il TOalut, jusqu'à ce qu'il fût enfin à m fanlaitie. » 

9. Eu tCte du di Art* graphica, dans l'édition de 16SS, MDttra- 
ihaetion, et dan* quelques-ans des exemplaires, datés bumi de 1668, 
de ae nrfme poème accompagné de la traduction française, est une 
Ëpllre i Coïbert, signée de* initiale* C. A. D. F. Est-ce bien du 
FVesDoj qui l'avait préparée pour la publieation projetée P Qu'elle 
•oit son oBvnge, oa que se* ami* l'aient fabriquée et mise sous toti 
•om, qnand ils firent imprimer *on poCme, on bommage banal, et 
W«U de préeaation, ne peut démentir oe que l'on *ait d'ailleurs dea 
ni^ort* diOcite* de dn Fretnoj, comme de Mignard, aveo le 



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5>o LA GLOIRE DU TA.L-DE-GRiCE. 

comme on le verra tout à l'beure, d'excelfentes raisons pour 
M point passer sous silence ce poËme latin, quand il ne le 
rattacherait pas au fait curieux de la bataille de Hignard et de 
sou rival à coups de poEmes. Il y en eut trois [car Moli^ 
allait faire paraître le sien) qoî, dans cette guerre de la prân- 
ture, furent publias à de très-courts intervatles. 

Avoir, par hasard, ou avec intention, répondu à Perrault 
par l'ouvrage de du Fresnoy, dont te mérite poétique ne pou- 
vait ttre apprécié que des latinistes, ce n'était pas suffisant. 
En outre il était désirable de ne pas opposer seulement aux 
banalités sonores d'une froide versiGcation les préceptes sa- 
vants d'un peintre versé dons sOn art, mais ausû à tant 
d'éloges prodigués à le Bnm, un jugement équitable des tra- 
vaux de son antagoniste. Nous ne saurions dire ai Mignard 
demanda ce service à Molière, ou si l'offre spontanée Lm en 
fut faite par le poète, mais nous n'bé»tons guère à penser qne 
la Gloire du f^al-dc-Grâce fut provoquée par la Peinture de 
Perrault : combat, non de deux poètes, trop inégaux en force 
pour que nous admettions ches Molière une pensée d'émula- 
tioD, mais de deux seconds amenés sur le terrain du duel par 
leurs peintres favoris. Il suffit de comparer la première im- 
pression du poème de Perrault à celle du poëme de Molière, 
pour trouver dans celle-ci, qui suivit celle-là de Irès-près , les 
marques du dessein de lever bannière contre bannière'. De 
part et d'autre c'est un bel in-quarto, de pareil aspect, éga- 
lement orné d'estami>es et de vignettes. Le Brun avait des^né 

,1. Perrault n'« pu manquer de comprendre que le poCme de Ho- 
iîire était comme une ripoite an lîen. Hait, loujoun sage et b»— 
déré, il n'a marqué nulle part qu'il en ait gardé le moindre reasen- 
tinent. Lorsque plut tard, dam lei Hommex iUailrtt^ il a coniacré 
une notice à le Brun, duc autre notice à Hignard, il leur ■ Tcadn 
juitice i tous deux; il a putienlièrement bné la fresque dn Val- 
d«-Gr4ce (Tojrcx ci-aprtt, p, 5a&). H est vni qne, dcpuii la mon 
de Colbert (i683], il ceisa S'y avoir lieu de prendre parti pour le 
Brnn contre Miguaid, k qui Louvois donna en lait le gouvcrtiement 
de la pointure, jusqu'au jour où, le Brnn étant mort (iSgo], ses 
honneur* lurent tnafTérés au peintre de la eoupole, devMin dès 
Ion, i son tour, premier peintre du Boi et l'on des mesibrc*, pais 
faientftt le directeur, de l'Acadéinie royale. 



ibX^OOglc 



nOTICB. Sai 

celles de la Peinture, qui furent grav^ par François Chau^ 
TOd; Mignard de»»iia loi-mtme auui et fit graver par Je 
lobiie Qiaaveau celles de ia Gloire du Val-àe-Qrdee. Ces res- 
semblances exlérieures, qu'on ne peut ciwe fortuites, sentent 
le défi. Hignard, en le portant, était fort d'une meilleure al- 
lÎBDce contractée avec la poésie. 

Molière suivit une vrae qui ne côb^aît nullement celle de 
Pemtnk et le rapprodiait de ceUe de du Fresaoy. Bien qu'il 
■e iKtX renfermé dans un champ plus limité que celui-ci, c'est 
miaemblablement en le lisant que l'idée lui vint de demander 
i notre langue poétique, i qui les idées modernes sont plus 
acceiaiUes qu'i la langue morte des latins, l'expression, qœl- 
qnefoia technique, des procédés de la peinture. Qu'il ait écrit 
ayant sous les j'eus le de Ane grajAiea, nous n'en saurions 
douter. Outre une semblable division des trois parties de la 
peinture, il a généralement reproduit la doctrine de du Fres- 
aoy, la tenant pour conforme à celle de Mignard, par qui il 
s'était fait peut-être commenter le poème latin. Il est évident 
qu'il était pénétré des principes que les deux peintres avaient 
ra[^x>rtés de leur studieux séjour en Italie. On reconnaît mSme 
qti'en maint passage, et les préceptes qu'il tire des exemples 
de Mignard, et les termes d'art dont il se sert traduisent ceux 
de du Fresnoj*. Noos j reviendrons. 

Il ne s'était pas toutefois proposé, comme du Fresnoy, 
d'écrire un traité didactique. Vanter les fresqnea du ValnJe- 
tirâce était taa véritable sujet. II semblait assex naturel qu'il 
edt la pensée de dérouler poétiquement sous nos yeux les 
religieux tableaux de cette vaste compoûtion. Il se détourna 
et cette grande route, qui aiurait tenté le peuple des Hmeurs. 

I. n eM aMCE donnant qne pai un des éditenrt de Molière ne 
t'en Mil doutf. Nous nous somme* d'abord &n\é d'en avoir 
fait la déconveHe; maij noua avenu été détrompe en lîiant dan* le 
D Utl t m mr* de Horëiî (édition de 1759], tome V, p. 37s, à l'article 
ira PasHMi : c Le poème irançois de Molière, intitnlé U Gloire 
dm Wel-dfCria, n'est presque qu'onc tradaction de quelqoe* en- 
dfoîti de l'ouTnge latin de dn FiciBoi. ■ Charlei Blane aiusi ■ 
été mr la voie, lorsqu'il ■ dit que lea vars' 117-137 de ce potme 
Mtmi lgm i iraJuirt la beau Tcn latins de du Prcsnoj : TQjei ci- 
après, à la note 5 de la page B4S, 



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Saa LA GLOIRE DU VÀL-DE-GRÀCE. 

An lien de chercher là une matièra à vers focilement brillants, 
et de demander à sa plume de rivaliser avec le {Mncean de 
Mignard, il aima mieux montrer dans l'œuvre du peintre nne 
belle application des th^ries de l'art. 

Lorsque nous avons à dire comment a été appréciée cette 
tentative, qui l'entratnait loin des sources familières à son in- 
spiration, l'ordre des dates nous fait d'abord rencontrer un 
juge doQt le suffrage compterait peu, si dans l'enthonsiasme de 
ses éloges on ne croyait moins reconnaître son opinion per^ 
aonnelle que l'effet produit par le poème sur les cmtempo- 
rains, au moment mSme oà les lectures de l'anteur lui don- 
nèrent un coauneocement de pubUcîté, Dans une Leiire en per* 
à Madame du ai décembre 1668, Robinet annonçant le non- 
vel ouvrage de Molière, dit que n ce célèbre esprit s 

A, depiùt peu, fait nu poime 
Si noble, *i brillant, si beau 
Et si digne de son cerveau. 

Sur U Gio!rt Ja ral-dr-Crdce, 
Où le pinceau de Mignard trace 
.Tant ce que son ait a de grand. 
Que j'oM bien Cffe garant 
Qu'en ce bel ouvrage il exodle 
Et qu'il cire «pris lui l'^faelle. 

Ce Hignard sans doDte est bmenx, 
Et panel c h efi-d'ieuvre pompeux, 
Qui d'un Monarqiu tout sublime 
Lui méritent la haute eitime, 
Peut, sur les ailes du renom, 
Paire en tons lieux voler son nom. 
Hais ce renom, à le bien dire, 
Ne ponvoit mieux le faire instratre 
D«i merveillei de son juncean. 
Pour en bire un parlant tableau, 
Qne par les rime* Urotques, 
Toutes grande* et magnifiques, 
De ne bvori des m 



Ce poSme savant tout autant 
Qu'il est fort, pompeux, ^datant, 
Et rempli de doctes merveilles 
Qni couronnent se* noble» veilles. 



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NOTICE. Sa3 

A forptù et ohann^ Ion* ceux 
Qui l'ont oui dan* maîiiti boni lîeiu, 
Où même arecque tant de grice, 
SuiTsnt u mémoire k la trace. 
Son grand auteur l'a ricité, 
Qu'au double on étoit enchanta. 
Par une faveur nni ëgale. 
J'ai prit ma part i ne r^ale * 
Chei one llûulrt de ce lempt, 
Dont Ici méritei éclatanla 
Sont d'un ordre extraordinaire, 
Ainli que toui pourrez le craiie, 
Af ani m ion nom que foici : 
Ce*t MaiTmoutlU Jt Sutij*. 

Hëchants vers à part, n'y a-t-il pas ta de plus mauvais es- 
thuatetirs de l'ouvt^ge de Molière que Robinet ou ceux dont 
il a été l'écho? Noua ne nous étonnons pas des ëpttbètes de 
gnmds et i^ héroïques donn^ aux vers du poëte; ils mëritent 
■auvent d'être ainsi caractérisés, et qni lea aurait, comme 
les aoditenn réunis ch« Mlle de Bussy, entendu rédter avec 
un accent qui en mettait en relief tes traita vigoureux, eAt 
été moins disposé à en méconnaître la grandeur qu'on ne l'a 
par la suite été trop généralement. 

Après cette première louange, on constate une attaque, qui 
doit ttre aussi des premiers temps. Le talent du poëte, toute- 
fcHS, n'y est pas nié, et l'on pourrait même y voir un nouveau 
témmgnage du sentiment des ccmtemporains sur l'excellence 
des vers de Molière. Ils ne sont attaqués que dans l'admira- 

I. Sur c«tle orthographe, royex tome VI, p. 3gi, note 3. 
1. Sur Mlle de Buuy, voyec notre tome VU, p. S, où il est 
dît, d'aprti Tallemaut de* Beaux, que Holiire lui liiaît tontei le* 
pièces. Le même Tallemant (tome II, Bularieiia du marJehal de 
ttiti *l Jt UUt Jt Baujr, p. aos) nous apprend qu'elle ^cail nièce 
de la femme ^ la Hotlie le Vajcr. Il parle d'elle comme d'une 
«Tapotée, chra qui il j mit un gnutd c abord de gen* » (mtma 
page los). C'eit elle auiù que Loret dant sa IMlrt em nn du 8 juil- 
let |6S6 appelle 

. . , , CmM lisabla PaitHio* 

DbBI la grlce pnaqiu diriM 

Daa* Paria à lut de reani. 



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5s4 LA GLOIRE DV VAL-OE-GRiCE. 

tion qa'ili expriment pour lefl fresqnes de Higiurd ; et le poCte 
eat MulemeDt accusé d'avoir été mauvais juge d'une quea- 
tion d'art qui, peosait-oo, échappait à u compétence : r^iro- 
cfae que, plus tard, d'autres encore lui ont fait. Une trè»-jeaiM 
du» écrivit une Réponse à la Claire du^ Fal-de-Grdce de 
Jf.t&Afo'i^rs', réponse en vers, dans laqn^ c'était la CançK 
\fa coupoU) elle-ni6iue qui parlait. Cette Coupe en voulait beûi- 
coup moins à celui qui l'avait louée qu'à celui qui l'avait 
peinte ; et sa réclamatioD ne prétendait rien de plus que flatter, 
oomme l'avait fait le poème de Perrault, U pasatcm de Colbert, 
qui protégeait le Brun, et s'était déclaré contre Hignard. 
Quoique Molière ne fût qu'indirectement en cause et n'ellt k 
recevoir que le (»>ntre-coup de ce dénigrement d'un ouvrage 
dopt il avait exalté les beautés, la dame voulut lui faire sa 
part. Adoucissant par des compliments aimables la reproche 
d'ignorance, elle lui disait eu lui envoyant les vers de U 
Coupe* : 

Toi qui poËttia en tout le parfiût art de plaire, 

Eipril le pliu brillant qui lott en l'iuiiTcn, 

Tu dira* que la Conpe eit mal «n Horétaiie, 

Et qu'il entend fort peu le langage des ven. 

J'en demenre d'aecc^, et ce n'eit pu merreille 

Que l'on toit ignorant dani le métier d'autmi. 

Nous aron* tur U Coupe arentore pareille. 

Et j'en preud* pour témoin ton poCme aajoord'faui : 

Si tu fait bien de* vera, tu mî* pen la petntare. 



.... On trouve en te* ven l'éloquenoe et la rùie. 
Et moi de mon cAté j'ai tonte la raison. 

Eloquent, mau sachant mal ce dont il a parlé, tel a donc 
été Molière, jugé par cette jeune raison ri «Are d'eUe-mfane. 

VanvMiai^ues n'avait pas, comme le secrétaire de la Coupe, 
k laire sa cour à un ministre puissant, et pen loi importait la 
rivalité de le fimn et de Mignard; mais il n'était pas exempt 
d'antres préjugea, de ceux qn'cm a nommés idola trlhms : 
sa tribu était de celles des écrivains morahatei. U troavait 

I. Intét^c aux page* i^i et MiînBtjM de* MUm^n ïntinalié* 
^MMjRUMff, cpie non* avoni déjii eïté* oî-deiMis, p. S14. 
3. ^mpajrmiamm, p. aSa et sl3. 



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NOTICE. SaS 

diet U Brayire a plus d'^oqnence et plili d'^l^atîoD «kns 
ses imcges » que chez Molière '. A propos de notre poènn, 
il â ét^ plos loin que ceux qui se •ont contenta de contester 
à Bon «Dteur la coonaiMance de la peiature : s On trooTe 
duu Hcdiire, dit^*, tant de négligences et d'expressioiu 
bUanes et impropres, qu'il y a peu de portes, ai j'ose le 
dire, moins corrects et moins pars que lui. On peut se con- 
Ttîncre de ce que je dis en lisant le poAme du f^al-da-Grttce, 
où Molière n'est que poëte », c'ett-è-dire où il n'est pas 
soalena par son entente du théitre. 

Cn des éditeurs de Molière qui ont senti le plus TiTemeni et 
a{q»rA:ié avec le goAt le plua fin et le plus sAr les beautés de 
ses comédies, Auger, se montre médiocrement satisfait de sa 
Gloire du Kal-iU-Grdce, FTy trouvant guère à louer que 
l'éloge du caractère de Hignard, par lequel se termine le 
poCme : ■ Molière, dit-il, s'entendait mienx à peindre le moral 
de t'bomme qu'à décrire les parties et les procédés de l'art 
qni a pour objet d'en représenter les formes exlérienrea*. s 
Son opinion semble s'fitre formée d'après celle du célèbre 
pùntre GnérÎD, i qui il avait demandé quelques observations 
sor la partie technique et didactique du pofime, pour les pu- 
Uier dans les notes da son édition. Il faut, après tout, lui 
tavdr gré de nous les avoir fait connaître. Guérïn, sans re- 
Aner toute justice à l'oeuvre de Mignard, en fait néanmoins 
remarqner les imperfections avec quelque sévérité, et l'admî- 
ralk» de Minière lui parah fort exagérée, a Si Molière, dit-il', 
se fût contenté de présenter cette production comme un bel 
ouvrage, et de le louer comme tel, tout le monde en lom< 
bowt d'accord ; mais persmme aujourd'hui ne voudra le re- 
garder comme une merveille.. .. L'idée première de cette 
composition est grande et imposante; la (Ûsposilion générale 

I. Mfifê^mu triiiqat tar fw/fiM^ poilu. HoLitaa, p. 387 de 
rédidoo dei CBamt donnée pu H. D.-L. Gilbert. 

». lUtUm, p. 338 : la dernière pfaraie, oelle qui déprécie le 
poCne dn ra!-4*-GrAct, m lisait dani la 1" édition (174a); elle 
est, dit M. Gilbert, bilTée par Voltaire lur l'exemplaire de cette 
édition qn'il a annoté et qae powtde la bibliothèque Méjane* d'Atx. 

3. OKivrM it Ualiin, tome IX, noie de la page S>3. 

4, MCme tome IX d'Anger, p. 5i6, note a. 



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Si6 LA GLOIRE DC TAL-DE-GRACE. 

habUement conduite et eochataée sTec art par des groopes 
sonreat intéressants, et dans leiqnds beanconp de figures sont 
simides et gracieuses. Hais on peut y reprendre aussi la âJ- 
bleue dn dessin, le défaut d'énergie dans les figures qni en 
demandent, et souvent de la manière dans les formes et de 
l'afiiBCtatioD dans les poses. Le style est plus réprëhenaîble en- 
core, et c'est la partie la plus faible. » Pour se prcHtoncer sur 
la valenr de ces critiques, il faudrait une compétence qui nous 
manque. L'amitié a-t-elle fait quelque îUtision à Holîère? Ce 
serait très-pardonnable; et quand sa partialité serait prouvée, 
on ne pourrait la trouver Etcheuse que s'il avait van^ ce que 
tous les bons juges s'accorderaient i condamner ; mais il n'en 
est rien. Aucun d'eux, pas même Guérin, n'hésite 1 accorder 
à la peinture de la coupole une bonne part de louanges. Ajou- 
tons que Molière n'en a pas seul parlé comme d'une oeuvre de 
premier ordre. Charles Porault Ini-mfrme a dit : a La coupe 
du Val-de-Grice.... est le plus grand morceau de peinture i 
fresque qui soit dans l'Europe*. » Nous pouvons citer dans le 
même sens ces paroles des continuateurs de Horéri* : s Les 
peintures du dôme se font admirer de tous les connoiiseurs. 
Cet ouvrage est le plus grand morceau qui ait été fût en 
France et a acquis une gloire immortelle à Mïgoard dît te 
Homain. a Le premier qui en a ainsi jag^i Perrault, n'avait 
sans doute fait qu'exprimer le sentiment des cootemporaios. 
li ne faudrait pas que Maj'olaa, dans les vers que nous avons 
eu l'occasion de citer', nous th dooter de ce sentiment, 
lorsqu'à la peinture dont il admirait les beaotés il dMuie l'é- 
|Hthète de mignarde; elle avait alors le sens de gracieuiCj et 
il ne s'; m6iait aucune idée d'afféterie. Piganîol de la force 
approuvait le jugement de Perrault, puisqu'il s'en est approprié 
les termes mêmes*. Cest ce qu'a lait aussi ua appréciateur 
d'une plus grande autorité, notre contemporain Charles Blanc*, 

I. Lti Honanet ïUiutrtt, tome II, notice inr Pisibb Hiciian, 
p. gi-ga. 

s. Article VtL--Dx-GBtci. — 3. Voyez ci-dcMui, p. Sij. 

j. Dttaiptioa hltlwijue de la ville Je Paru..., m noc Ltr, 
tome VI, p. 194. 

5. Bitloïredei pelnira,... teole fraafahe, PiKbbb HicsaSD, p. lO. 
— Il a décrit la fresque du Val-de-Grâee aux pngei io-i3. L'abbc 



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NOTICE. 5a7 

qui a rignalé touteroù quelques défauts du grand ouvrage de 
Mîgiurd. 

Après cea témoignages, il serait évideiuraeiit injuate, même 
d l'on croit trauTer chez Molière quelques hyperbfJes d'ad- 
miration, de le mettre pour cela eu nombre de ceux qu'Alceste 
Bomme « looeurs impertinents, s Défendre de la tentation de 
oeOe injustiM ceux qui jugent de la fresque autrement que lui, 
est tout ce que nous demandoQs. 

Mais Guirin âdras» i Molière des reproches plus graves 
que celui de n'avoir pas avoir su « mettre de bornes » à ses 
ëlogea : il juge qu'il s'est trompé sur quelques-uDS des prin- 
cipes de l'arti il va plus loin encore, notant dans ses vers (et 
là c'est à l'écrivain mfime qu'il fait son procès) des expres- 
ûocu ioexactes, d'autres inintelligibles et jet^t au hasard, 
qid lui semblent un gtdinuuias double, au milieu duquel l'au- 
teur ne lui paraît pas s'être Iui-m6me entendu. 

Dans la question de la pureté de la doctrine du poète, 
Gonune dans t^le des mérites ou des défauts de la fresque 
elle-même, des maîtres seuls seraient autorisés à discuter 
l'opinion d'un maître. Il nous est du moins permis de remar- 
quer que, dans les théories ainsi cmtasteea, il a dû sufBre à 
Molière de ne rien avancer qui ne fdt admis par les habiles de 
SOD temps, et qu'il est aussi tnen couvert qu'on le peut sou- 
haiter par la conformité de ses préceptes avec ceux du poCme 
de du Presnoj', longtemps reconnu pour un trcs-s.ivant traité. 
Les notes sur les vers de Molière prouvernnt, comme nous 
l'avons déjà dit, que du FresQoy y est suivi de très-près. Ce 
que Gnéria critique le plus, lex coiUours ampUn, inégaux, 
«ndayaMi^, tiret de loin, sont traduits du de Arte graphica, 

de MoHfiUe l'avait aiiHidéorile «ui pages 77-83 de la fie dtPitrrt 
IGgHmrd, et PJpniol de la Fone, dapt n Dettription hiiieriqut de la 
rliU Je Paru, tome VI, p. 194-197. Chacun, i Paris, peut en juger 
de iM proprei fcux, mai) sans oublier que le temps ne l'a pas en- 
litrement rnpect^e, comœ l'explîqae M. Henri Harduin, dani la 
Riogrepkie giitirale, artidle Micsabd. — Le* peinture! de In cou- 
pole ODt é\i gravéci pM Gérard Andran, d'après un deuin eo gri- 
saille de Michel Cfuneille. 

I . An tOBie XI des AmaiememU da aeur et de Peifrit, ourrage p(' 
riodiqnt (Amsterdam, 1741), 00 a inséré (p. 455-473) un discoon 



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Sa8 LA GLOIRE DU TAL-DE-G&ACE. 

aiaii que let mgmbrei agroupA, babuicA tur leur eattre, et 
le» geates passioimés, imitant en vigueur les gestes des mmets^. 
QoumI Guérin, qui blâme toiii ces passages de notre poËme, 
déclare aiisn que lei concerts, amitiés, rupture* des cooleurs 
ont 1« tort de n'être point des termes techniques, et qnand il 
ne vrat 7 voir qu'un pèle-m&le de mots, dont l'auteor aunit 
eu peine à donner l'explicatitHi, nous ne nous bornerons pat 
à nous plaindre qu'il oubliât trop ce qs'il ne faut pas refn- 
ser à la langae poétique traduisant, suivant son gënie propre, 
la langae des peintres; il y a mieux â dire : on regrette qu'il 
n'ait pas été averti que tout cela, bien loin d'fitre un entas- 
sement de vaines paroles tombées de la plume de Molière 
oonmie an basant, se trouve dans les vers de du Presooy, 
qui, au dix-«eptième siècle, âaient jugés très-inteiligiUes, et 
même étaient fort apprëàës dans Unr doctrine par les con- 
naisseurs en peinture. Nous y renc<»itn]ns, par exemple, la 
rupture des couleurs, expresaion parfaitement technique en 
ce temps-U. Il serait cependant téméraire de nous engager à 
soutenir qu'on ne peut signaler aucun passage un peu obscur 
dans la Gloire du F^al^e~Grtlee, et que de U difficulté d'ex- 
primer poétiquement les choses de l'art Molière s'est tiré par* 
tout avec une égale clarté; mais si quelquefob ïl lui est arrivé 
de n'avoir pas trouvé l'expresûon la plus nette, c'est jAta ra- 

lur U peiDrurc, prononce, dam l'auembUe de l'Académie rojale, 
le I" fin'ier 1670, p«r IfoCl Coypel. Là, de même que Gujiin, le 
célibre peintre «M d'ani que lei précepte* de du Fretooj inr te* 
coiuourt eiuhjraïui ne tont pu « de* règlei précise* et a*niTées » 
(p. J67). Coypet gardait ti tradition pnremoit fr«nç«iie et tenait 
pour de* erreuTB de gailt qiie1qne*-imi de* prinùpe* dca école* 
d'Italie. Dan» cette queition de* contour*, peul-èire avut-il r»i- 
■on. Hai* que Molière, lur la foi de guides, qui n'étaient p«* des 
îguorant*, ait adopté une doelrine qui n'était pas la meilleure, ce 
n'est pa* une tri*-fDrte objection à faire i un po«e. 

I. Non-ieulement l'accord de* doctrines, mai* l'emploi de* 
même* expre**ïoni lerant facilement remarqué*, *i l'oa compare 
a*ea le* Ter* de Molière la traduction du poGme de du Fresnoj 
par Roger de Pile* : joyet ci-aprt* le* note* du poème. MoliJTc ■ 
Gomulté certainement et le teMe latin, qu'il n'était pa* emliarruié 
d'entendre, et la traduction qui ponvait Ini înapirer confiance, du 
FretDoy Intmtne en ayant approuvé rexaetitude. 



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NOTICE. 5s9 

ranent qne Guàïn ne l't cru. N'était qne, dans k lecture do 
poéfm didtctiqne de du Fretooy, 3 but tenir compte d'une 
intelligeDce mmiu ûaia pour nom de U langue dans laquelle 
il a A^ tfcrit, nous demanderkxu û l'avanUge d'une lucidité 
plut grande n'eat pas du c6t6 de Moli^. 

L'impression qoe /a Gioin du Val-de-GnÊBe a faite ii Gn^ 
fin n'est pas celle qn'en a reçie Charles Bbnc, qui n'est 
pas non plus un juge à dédaigner, a- Ce poSme, dit-il, est un 
véritable traité de peinture.... Les règles essentielles de ce 
grand art j sont énoncées avec beaucoup de précision, de 
jnate ss e et de fermeté* »; et il en loue les a beaux v«:s, si 
inUei et si bien Trappes* ». N'est-ce pas seulenwnt ainsi qu'il 
est juste d'en parler? Leur fierté d'expressions, leur vignenr, 
quoiqu'elle puisse, en quelques endroits, paraître un peu ten- 
due, les ferait {dutAt attribuer à la première nxMtié du dix- 
septiène nècle qu'à la seconde, 11 est merveilleux que, venant 
i peine de quitter la plume admirablement facile qui avait 
écrit les aimables vers de ï An^Miiyon, le poète en ait su 
prendre une qui a, comme un ferme burin, si fortement grav^. 
Nous devons donc nous fêticiter qu'il ait rencontré l'occasion 
de faire, un mom«it, infidélité à sa muse préférée. Il a donné 
là one preuve tria-intéressante de la souplesse de son génie 
poétique. 

Boilean faisait grand cas du poème de Molière, comme nous 
l'apprend deron Hiral, qui cite ses paroles telles qu'il les 
tenait de Brosaette. On aimerait mieux qu'elles nous fassent 
parvomes plus directement; car il est à croire qne nous y 
trouverions mieux caractérisée la versification de la Gioire du 
Ftd-d»Uirdce. Hais, quoique, en passant par la boucbe de 
BraaaetU, le jugement de Boileau ait pu perdre quelque chose 
de la justesse des termes dans lesquels vraisemblablement il 
avait été exprimé, il ne saurait guère, pour le fond, être mis 
CB doute, (^seroo Rival ne l'a certes pas inventé, lui qui s'é- 
tonnait ainsi qne Boileau eût po le porter : «. Autant que )e puis 
me cooioltre en poéne, ce n'est pas son meilleur jugement*. » 

I. tt»U frmMfÊif, PiBKaa Hioxian, p, i3. 

s. iKJmm, p. ,o. 

3. MtréÊtioM Uuérmiru, p. tS3. 



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fi3o LA GLOIRE DU VAL-DE-GRÂC8. 

Voici coamMot, d'aprà 1m sounmn de BrouMte, BoîImd 
«TCÎt parlé* : « De tous les oaTnges de HoUère, oelnî dont 
la Tcrsificatioa est la plus rëpilièra et la plus sonteoae, (^est 
le poime qu'il a fait en &Teur du faraetix HigiiBnl,soD uni.... 
Ce poème.... peut tenir lien d'un traité complet de peintare, 
«t l'anlear y a fait entrer toutes les règles de cet art admi- 
nUe. 11 j montre particulièrement la diffêre&ce qu'il j a entre 
a pàntnre à fresque et la peinture k l'huile.... » Après avoir 
cM les vers où soot comparées les deax peislnires, Boïleaa 
cootiiinait ainsi : s Heaurques, Hoauenr,... que Molière a 
(ait, faas y penser, le caractère de ses poésies, e& marquant 
iâ la dlBërraee de la peinture i l'huile et de la peintnre à 
fresque. Dans oe potaw sur la pnntnre, il a traTsillé comme 
les peintres à l'hoile, qnî reprennent plusieurs fms le pinceau 
pour retonch« et corriger leur ouvrage, au lieu qœ, dans 
ses comédies, oà il falk»t beaocoiqi d'action et de moaTement, 
il préféroit les brusques fiertés de la fresque i la paresae de 
l'huile, » Une poésie régulière et toutaitme, ce n'est pas ce 
qu'i« nous reconoattrimi surtout, mais plnlàt un style dont 
te trait, comme il convenait dans un ouirage didactique A sa- 
vant, était plus profondément marqué, mcins légo-, que cdû 
du style des cmnédies; et cela ne suffit p«Hnt poor que U 
lenteur d'un pinceau qui retouche et corrige se fasse sentir 
dans l'cenrre nullement titonnante-de Molière. Lorsqu'il devait 
dcumer aux secrets de l'art da peintre leur difficile expres- 
sion, il ne pouvait s'abandonner \ une Csùlité trop coulante. 
De là quriqne eflbrt, au moins apparent. Hais noua croymis 
qu'il a phitAt rencontré qoe c^erehé le s^le fort, réclamé par 
son sujet ; et ce qui nous frappe dans son poime, ce sont jus- 
tement ces brasquet fierté:» qu'on lui aceofde f^tAt dans iM 
autres ouvrages. Si donc il était moÎM douteux que Boilean 
eAt dit exactement et en pn^res Imnes ce qu'on lai a bit 
dire, noua oserions n« pas souscrire à son jogemmt tout 
entier. Que du moins il en reste ceci que la grande valeur 
des vers inspii-és par l'oeuvra de Hignard y est reconnue, t* 
que TAristarque leur dcmne une belle place, mftme i cAté àt» 
vers immortela écriu par Molière ponr le théitre. 

1. MéeriMiaiu liltéwu, p. tH et i5£. 



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HOTIGB. SSi 

StiDte-Beave, t^qiount B<âleau à TsaTCDargnes, dont aoas 
xnoB ciMkssus fait connattra le sentiment, est d'avis qtM le 
pmnîo' M montre plus rermement jadicieux. « Ncm, ajoute-t-il, 
qoe j'admette que ce poëmeda Kal-de-Grt£ee stntbon etsati»- 
MsBDt d'un bout & l'autre, ou que Uolière ail modiBé, ralenti 
sa manière en le composant. La poésie en est plos chaude que 
nette ; elle tombe dans le tedmique et s'y embarrasse sonvent 
en le roulant animer. Hais Boileau a bien mis le doigt sur le 
oAl^ pr^deux du morceau *. » 

L'excellent critique n'est pai, cm le voit, sans accorder l»en 
•afibamment, si ce o'est mfime plus qa'il ne fallait, i ceux qui 
ont remarqué des imperfections dam le poCme; il leur aurait 
peut-être fait moins de «mcessÏMis, s'il aTsit ta que la com- 
paraiscHi avec les vers de du Fresnoy éctaircit bien des pas- 
sages techniques et ne permet plus d'y trouver tant d'embar- 
ns. U n'en est pas moins un des vifs admirateurs des beautés 
de l'oamge. Citant, dans son Port-JtoytU, les mfimes vers, 
cfim si grand caractère, que Boileau aimait à dter, sor U 
fresqne et sur la peinture à l'faaile, il décrie : a Quelle op»> 
Icncel queUe ampleur! Comme oa sent, à travers cette défini- 
tiofi grandiose, la réminiscence secrète et la propre conscienc« 
de fartistel... Voili Molière et sa tiiéorie, déclarée par lui 
cooune i son insu; il nous a livré là sa poétique, comme l'a 
remarqué excellemment Boileau*. » 

Sainte-Beuve fait encore cette observation que notre poSoM 
a «des touches pareilles,,., à celles de Rotrou parlant peinture 
de décoration dans SaiM-Genett*. » Il avait eu l'occaiioa 
déjà, dans soD examen de la tragédie de Rotrou ', de faire oe 
rapprocbement, très-frappant en effet, et qui ne saurait éton- 
ner, les vers de l'antear de Saiat-Geitett étant de l'école de 
Gimeille, ven laquelle fl est visible que le style de Molière, 
surtout dans son Val-de-Grdce^ inclinait vtJootiers, La com- 
paraison toutefois avec Rotrou n'est posùble que pour la Esc- 
tore des vers, on, ce qui serait mieux dit, poor quelques-unes 

I. PwtrnuSltJrmm (GaiBÎer, lB6a), tome H, HouÉaa, p. 33. 
a. fart-M^rml (trotHème édition, i8^), tome ni, p. «94 et s^S. 

3. itUmm, UMM m, p. «gS. 

4. lUdm, loase I-, p. 1S4. 



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53a LA GLOIKK DtT VAL-DE- GHiCB. 

de leur* louciet, minnt IWprestion de Sainte- Beuve. Dans le 
Saim-Gatat, il y a Mulenwnt quelques ooaseils donna en 
pusant, et en pea de mots, an peînlre de décors, tandis que 
Molière, dent U grande peintare était te sujet même, a en à 
en développer les principes essentiels. 

Il n'était pas inutile de citer les suffrages de grande ante^ 
rite qui n'tmt pas nunqné à cet ouvrage de Molière, dont oo 
■'est tn^ haUtué à pu4er avec un très^jusle dédain. Fanni 
ceux qui Font Inconsidérément déprécié, il faut coo^iter pins 
d'un admiialenr dn pofite comiqne '. 

Les critiques plus modérés et pins dignes d'être entendos, 
qui le «Mit contentés de ûdre des (dyectiiHis soit anx âoges, 
^tUMrfff'*! 1 leur avis, donnés à Hignard, soit à qnelqn enB i e» 
des règles de l'art proposées par Molière, parfois ausû de re- 
procher au st;le de son ouvrage certaines dnretés et obscnri- 
léa, ont été unanimes 1 admirer la fin du poCme, oà la cause 
d'un ami est plaidée, avec une éloquence si fière, auprès de 
Colbert. Hignard avait irrité le puissant ministre, parce qu'il 
était dn parti des Maîtres peintres contre l'Académie rojale* 

I, Twcfaercan lui-uème, nous le regrettcnu, t'est laîasC ential- 
aer aux prérentioni qui STaîoit eonn depai* longtes^ eontic 
U Glo'm dm Fal-Jt-Griet. Il en parle siDn, dans son Bitlcir» dt 
JMUrw, p. igiMigS delà 5'ëdidon : «En général, le «fie eo est 
Uehe («'«M miëaiummt U eomirairt), et l'on tronn pe« de poésie 
dans oe tajet, qui en comportait beaucoiq). ■ Dolanre (Bif/oùv dt 
Parit, 6* édition, iSS;, tome IV, p. 38i) dît que ce poCmc de Mo- 
litro ■ ii'«W pai digne de m plnme >',et l'auteur de l'artïeleHiovAKD, 
daui le dictionnain de Pierre LarouHe, que c nom ne ooapre- 
noni plu les rime* prélentiemei et ftde* de Holîjre, » Ce qni ne 
se comprend pu, ce sont de telles éniwmità, 

a . C'est i la oaîjnnce même de cette académie que (ms Maîtres 
peintres l'étaient mil contre elle en hoatilîté ourefle. IHgBBÎal de 
la Force (Socription Aùlonfu* d» la ritl* d* PtrU, 176S, tolM I, 
p. 334 et ii5) dît que Hîpiard les arait alors soutenu dau lenr 
lutte. Il a cni qu'il t'était rangé de leur cAlé au teanps où ilao*- 
vrirent une éoole publique, pour l'opposer k celle de l'AcedAùe. 
Ce ne peut éire; ear ce fut en 1649 qu'il* se vlreM oUigéi de 
fermer leur école; et Migoard était encore en Italie; asais ptna 
tard, l'antagonisme n'sjsnt pu oessi, il put devenir "~~~ le 
elwf de l'oiqKwidoa des Maîtres peintrsa. 



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nOTICB. 533 

et qi^n avait rinatâ, caaaat noua l'aToni dtfjà dit, à l'ordre, 
»ff»jé d« mouMS, de a'enrMer duu cette acad^ie gouver- 
née par le Bnin, Molière, évitant, conune il était uge de le 
foire, un terraia tn^ bnÛani, n'a excusé, et très-noblement, 
le peintre que d'une sanvagerie, respectable cbes les grands 
traviîllenn, anxqnds le temps nunqoe ponr les complaisants 
devoira det vîntes. Quel art, dmit la délicatesse n'Ate rien à la 
force, lorsqn'U parle des grandi timninM qui ne foat leur 
Goar que par leurs ouvrages I H 7 a là des vers soperiiei, qui 
n1>ODorent pas seidemoit aon talent, mais son caractire. 

Ce poCme a été publié ponr la première fou sont ce titre : 
LA GLOIRE 

VAL-DE-GRACE. 

ehn laui Riaov, an PaUît, 

TÛ-i-vii la porte de l'EgUte de U SûntfrOtapdle, 

i rùnage Saint-Louis. 

Met PririUgw J* Sm Hajttli. 

Cest un in-qnarto, de a4 pages, avec des dessins de Hi- 
gnard gravés par F. OiauveaD, An verso du titre est un Ex- 
trait du Privilège du Ray. Ce privilège est donné à HoUère, le 
5 décembre 1668, ponr cinq années. Holïère en cède le droit 
à Jean Hibou. Néanmoins, du cimsailMBent sans nui doute de 
cdni-ci, le pofime avait été aussi publié en 1669, cbea Kerre 
le Petit, imprimeur et libraire ordinaire du Roi. La compoeî- 
tion est tonte semblable; et si dans l'exemplaire qui est sous 
IM» yeox il 7 a 96 pages an lieu de %4t c'est que le fieaillet du 
titre est suivi d'une estampe de Mignard, que ne dcmne pas 
Tatemplaîre que nom avons vu de Jean Ribon. Elle représente 
Hinerve conduisant la Peinture vers Apollon, qui dent la lyre 
et est entooré des Hnies. 

Dans la réimpression qne donne le tome IT de l'édiâoa 
de 168s, le titre est : 

« Za Gloire du Dâine du Fal-de~ Grdeet pobse sur U 



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fi3( LA GLOIRE »C VAL-DE-GRÂCB. 

paintore de llonnear Higntit, par H. de Htdière en fau^ 
t66g. » L'^tioD de 1674 a le mbne titre, maîi sans les mots 
« de HcHuienr BUgnart », ce qai change le sens, et fait do 
poème de Molière un traite sar la peinture. Sle n'a pal non 
plut « va l'année 1669 ». 



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LA GLOIRE 

DU 

VAL-DE-GRÂCE- 



Digne fmit de vingt ans de travaux somptueux*, 
Augnate bâtiment, temple majestueux, 
DoQt le dôme superbe, élevé dans la nue, 
Pare du grand Paris la magnifique vue, 
Et parmi tant d'objets semés de toutes parts, s 

Da voyageur surpris prend les premiers regards. 
Fais briller à jamais, dans ta noble richesse, 
Ia i^lendenr dn saint vœu d'une grande Princesse *, 

t. Tet «M, id cornait in gnad titn, le nom ioaut pir Hollcre i Hn 
!>«?■« diu l'iditiaB origidiU. L'idltû» da i6ts, daal mamM itoh d-dmtuii 
(p. Sii) nprodnitlg gniDd titra, ■ poor te liut iMirûnr : La OuJIkb nu 

%, EbIt* U dits dci pnBiim eoutraetiau da nonma Tit-de-GrÉie 
(1S4S] et celh d( riehjrrcnnit d« l'fglÎM (lUS), il t'iuit m cflet éaialii 
ySmgt —* '■ n>Tn ei-dcmu U Ifolia, p. 5i5. Sor l'ariglB* de l'ibbrpe 
rsjalc da TiI-d«-Grl« d« Hotrc-Damc d« b CrèdB. M poar ti dmcrip- 
tiDB de rtfHÈt, de ui «Miptasam dieondoat, «»• reaToyoni lai hi>- 
MirMdteilUetdaPiTU. Piam Clioeu (p. Mi da tua Sùloirt dé.... Coi' 
htrtf t%tff\ énlaaït approxàutiTamaat h trcrii aiîlItoDt da livrai la dêpaaie 
&ha 1 l*aUn;a par la laiaa ri|CBta et le Roi, — Ha ktà dit, dani U 
aM« 5 à la paga 5*A de la Iftiie», ea qael hat de eoaterratiaa la &etqae 
^<aa da Mîgaard le peut aaeora Toir, et daai qntli livrai, \ défaut dai 
fnTarat d'Aodna, oa peat preadre aae idie de cette Tute eoaipodûoa. 

3. • La Heine, deTCBae rifeata da reyaoBia, diieat Hortant et Magnj 
daaa lear iMeteoiuaire UiUrijiu Jt la nlU J4 Parti (177e, ton» I, p. tll 
et ia3],,.. TOalat doaner dei marqaei ielalaatei de laa iffeelian poor ee 

de lai ilarer on tenple nifaîfi^c, ea leUm de frteei da lui aToir doaiié 
aa Daapfaia apria viaft-deai aaa de ttériliié.... Daaa la pm m ir» pieire 



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536 Li. GLOIRE DU VAL-DE-6RÂGB. 

£t porte na témoignage à la postérité 

De aa magnificence et de sa piété ; t a 

Conseire A nos neveux une montre ' fidèle 

Des exquises beautés que tu tiens de son zèle ; 

Mais défends bien surtoat de l'injure des ans 

Le chef-d'œuvre fameux de ses riches présents, 

Cet éclatant morceau de savante peinture, t S 

Dont elle a couronné ta noble architecture : 

Cest le plus bel effet des gntnds soins qu'elle a pris, 

Et ion marbre et ton or ne sont point de ce prix. 

Toi qui, dans cette coupe*, à ton vaste génie 
Comme un ample théâtre henreusement Fournie, ta 
Es venn déployer les précieux trésors 
Que le Tibre t'a vu ramasser sur ses bords*, 
Dis nous, &meux Hîgnard, par qui te sont versées 
Les charmantes beautés de tes nobles pensées, 
Et dans quel fonds ta prends cette variété a s 

Dont l'esprit est surpris, et l'œil est enchanté ; 
Dis-nons quel feu divin, dans tes fécondes veilles, 
De tes expressions en&nte les merveilles. 
Quel charme ton piacean répand dans tons ses traits, 

(4M Jkl pttit, U t" trrit l6^S, /w U Bai *!•/«■() fst «■«■■Iré* mat b*. 
iIuUb d'or.... Ab rmn A» c*lta nidaillB ami as bu-nlMf la pwtùl *t 
1* £»t*d* it l'égliM, M iBtoar mt ierit : Ob grmlimm dim dtâdtrmti ngu 
ttttaaiuliparttu • (• En actiou d* plcn poor U uimuc* kHagUsp* dà> 
lii^e du Roi at «lia d'un Heond £li •), — La ubut d'AB>« d'Àattieht, 
morta la aOJaBTUr 166S, tnii au aTaat U pablicatiOB da paâsa d* ■!•- 
liera, arait ità dipoai daai ime dca ekapallaa da l'c|U««. 

1. ifnWri aat ici, BOB iehaatilkiD, portioa moBtiia, Bail ^actadafiSnt 
•Bi jaoï. 

a. CoBfM, eoBpala, aoniDu daat lai tct* cit^ p. SiS et Si? da la ifc- 
lia. % CoD» 00 Coumu, a, l. Don». La mtfe ia titH Jgli** a* rmt et 
Ipia. La tcwfatt J* etlU églÎH il fiai pàal: * — • Dou, a. ■. Ptàaa 
d'architcetur* ilcT^a aa i«Bd ta fenne de coupa rasTanâe, ao-daMw da 
raate da bltiaHBt.». > (DUliamairt it tJcadimU, 1694.) 

J. AllBiiaD au Isag tàjovi q*e Mignard aTaîl tait 1 KoaM [rojai 11 IVt- 
tiet, p. 5 14). 



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LA. GLOIRE DU TlL-DE-GRiCB. S}? 

QiwUe force il y mâle i. ses plus doux aUnûis, s* 

Et quel est ce pouvoir qa'aa bout des doigts ta portes, 
Qai uit faire i dos yeux vivre det dtoses mortes, 
Et d'oD peu de mélaoge et de bnins et de clairs 
Rendre esprit la couleur', et les fHerrea des ehairs. 

Tu te tais, et prétends que ce sont des matières 3 5 
Dont tu dois nous cacher les savantes lumières, 
Et que ces beaux secrets, i tes travaux vendus*. 
Te coûtent on peu trop pour être répandus. 
Mais ton pinceau s'explique, et trahît ton silence* : 
Malgré toi, de ton art il nous fait confidence, «o 

Et dans ses beaux efforts k nos yeux étalés 
Les mystères profonds nous en sont révélés; 
Uoe pleine lumière ici noas est offerte; 
Et ce dôme pompeux est une école ouverte, 
Oà l'ouvrage, faisant l'office de la voix, 4 S 

Dicte de toa grand an les souveraines lois*. 
H nous dit fortement les trois nobles parties* 



U êtairm Wa Fat-Jm-Gr^t ■, et mon rclinrau lii ttt—mbUmem qoi boiu 
•>! pan U* pl« Inppantu. H'j i-t-il pu k BOUr wi ■■• ffmim riw< 
miaecaeiT Oau M* tus i)i-a33 la pciatn poïla init dit : 

PaaeitfU ttlerihat ipitm 

PimftTMfff amtitMm atfaa teaiù frmtm rUéiiJamj 
m Hoe ajmt, kic Imior tél.... > 
■ D« fain ane Dm paa di cosltan qac Vtma aoaa «ait TJifUi, tfcat oi 
OBaaiate II plai fniti* (Ullcaltt. > 

a. kàu\it par Mi aa prix tram ai fraad labcar. 

3. K* garda pH,riTila,tnkil la KcMqaoeadTaii caefcar toa libBet. 

t. £mr, pour riaar aai jcut, d*Bl ritri{iaal. 

5. L'lanmtiom,l»OammiatthCohintK{XèltJ*M»liirt.) 

Catta ^ttt, at Im MiTaata d* Halîlia, ^a I'ob posmit appâter lilru 

a Haaa jaindrau d'ordinain aa btia d« da Franaj la tradactioB, on 
platAt la parapkraaa proailqM, Bai* aaUriiia, qo* da Pilai pablia, daai 
Iti pcasian wû* <U iGOS, ana l'mmn» poatkana da hw ami. 

* L'IaTaalioa, la DaHaia, It ColarU (167^, Si, tjM)' — Fartoat aoa 
(axUa «M r*aciasM anbafiaplM JttÊm. 



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538 LÀ GLOIRE DU yAL-DI-6RlCE. 

Qui rendent d'un tableau les beautés Hsortïes, 

Et dont, en s'unissant, les talenta relevés* 

Donnent à l'aniTers les peintres aeheTés, s* 

Maïs des trois, ctHume reine, il nons expose celle* 
Que ne peut nous donner le travail ni le zèle, 
Et qui, comme un présent de la faveur des Cienx, 
Est du nom de divine appelée en tons lieux*. 
Elle dont l'essor monte au-dessus du tonnerre, 55 

Et sans qui l'on demeure i ramper contre terre, 
Qui meut toat, règle tout, en ordonne à son choix, 
Et des deux autres mène et régit les emplois. 

Il nous ense^ne ii prendre une digne mati^. 
Qui donne au feu du peintre une vaste cairière, 60 
Et puisse recevoir tons les grands omemenu 
Qu'en&nte un beau génie en ses accouchements*, 

platAt qx wtM, le liUBt an nuage duu l'iuptcwiom premièn. — Molière 
Toprodoit ona diTlùon ilibUc diiu le pocna <lc da Fnaoj : loja la 

t. Dont lai mbiui, raleria en ■'«olaaaat, rekauaéf. mia «■ piM gnmi 

ralief par laor nniOD.... 

a. I. L'IaventioD, premiâra partie de la peîiihira. [Note de tieliinS) 
Usa aMa marginale, ^aeta «d reprd dn Tan ;4 de FArt de fmalmit, 

doBBe. dau la* mtmai termaa, riniÛealieB de la partie da aaiet i|b1 va 

ttrg traJtia. 

3. Itia tahor* grari, ilmiio, «aaftiVfiM magtiari 
Arduapart iwf«f adJùti rariaime; Mamqm* 

Iti fritu, lellm» rmpmil qmad aï on Pnmelhêmt, 
Siljuèar ta/anun nuiuf eumJlamUt rilm, 
Haûd jwùewiifiM rirù ■ JMm AaK nuuura ^aalar. 
• Catte partie li nr« et ai diBuila (ft iiK a ii —) as ■' 
par la tranil, ni pir lei Teillea, si par lei eonaaila al 
maltrei j car il n'jr a qoe caia qai aat nça an naîaaant qaaliiBa pattw ( 
ce fan eâlaita ipie déroba PranèlMa qui loiant eapablaa de reevroir e 
dJTiu priaenta. • {De PJri de ptinian. Ter» t-j-iji.} 

4. .... Etit eptandiuit duma mUU, jmlermut, 
Qaaiqu*, TeaiaUUum eireaftrmam alque eelerem 

■ Telle aal la lefoa da i<t Aru ^^afkjem, Je la preaiiw iapaiwioa »a 



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LA GLOIRE DU VAL-DE-GRiCE. 53^ 

Et dont U Poésie et sa sœur la Peinture 
Parent rinatruction de leur docte imposture*, 
Composent avec ait ces attraits, ces doucemv s S 

Qui font à leors leçons un passage en nos cwurs. 
Et par qui, de tout temps, ces deux sœurs si pareilles 
Charment, l'une les yeux, et l'antre les oreilles*. 

Mais il nous dît de fuir un discord' apparent* 
Du lieu que l'on noua donne et du sujet qu*on prend, 
Et de ne point placer, dans on tombeao, des f£tes, 
Le (ûel contre nos pieds, et l'enfer sur nos têtes'. 

Spaai4 ctfttx, airiflam imtriim max prmttai ttti 

MaUrism, rtlegtni ali^uU talit tl docmmtiUi. 
t n findn ifaoiiir on iDJsl buu at aobla, qui iunt da Mii^ifaia upabl* 
im toatet Ici gitce* et d« lou Ict ebirmei que p«uTeai teecTOÎT 1m toa. 
leui >t rcIi|>D» da dénia, doaa* gniDita 1 l'ut parfait at «oiibbubI 
■m baaa champ at lua maticn anpla d« ountrar tout ca qu'il paal cl da 
bir« Tsir qncIqBB choH da fin at da jodieiani, qui «kit plaia da ici at qoi 
•oit pnpra t iEttrair* at 1 édainr Ici «iprit». • {Da PJri dt pamtur», 
rtn V-1>0 

I. P*ra>t riaitraetiOB da laor diMM impoatBra. {l6ji, Ss. t73(.) 
». ni Pieur» Pauiâ ttU, timUU^iu Potti 

Siî Fulmra.-nfTt pmriÊÊÊudmfiuiqumttnrtiit.,,. 

QaeJJmil aiâJum fratui cteimrt pteli, 

La Fciatara at la Poiiia aont deux tmm qni w raMaihlaaL... au 
tD«tai aboaaa,... Laa poitaa n'ont jamaiii rian dit qua aa qn'ïli ont cm qal 
poatvit Sattai la* oraijt**, et Ici paîntTM oal toujonn charabi ea qoi pou. 
Tait doanv du pliiiir an jaoï. > [DtCAri dtpeùuurt, lara ma, 5 et 6.) 

3> Un diacoan. {i6ïï; fauta cTidanta, reprodnitc dau laa tartea de 

(. Jfp^rtU, lauible, éridcBt. 

S. Wm rUina ftdmm laMalmmtUa leimtii 

Atirm doauu Jmpîtia gatmt, natetqa» /foicjqt f 
ll*c mu-* dturtHiuit faqiuarit nnund, rtt erean..,, 
Comfraa ni frofri» timptr ttalitim lactainr. 
• Toaa rou garderai biaa da peindre lea nDéat, lat Tenu et Ici loanarrai 

latîae da i66l; dau la pranùàra impraxion laee traduatian frin^aiia, 
pabliâc b m<ma ann^ »ui le titre de FJrl dt aeintim. le dcbut du 
m* aat •. MatuU ImaJ oMt. 

■ Aa lias da fiiigtrt merUt q«e donne la premitra imprctiion da dli 
Aw grm/Utm ponr eatte fia de Tcra, la première impreuion da PArt i* 



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54« LÀ GLOIRE DU TÀL>DE-G&iCK. 

Il noua apprend à fure, areo d^Uchemsat*, 
De groupes ctmtrut^B un noble agencement, 
Qui du champ du tableaa &sie un juste partage, ; 5 
En conaervant les bmda un peu légers d'ouvrage*, 
N^ayant nul embanas, nul fracas vicieux 
Qui nunpe ce repos* si fort ami des yeux. 
Mais où, sans se presser, le groupe se rassemble, 

diu In Umbrit qoi toat pm de* pia di , at l'aniar am la nai iam» k* 
pUfowb;... Mimt qna loata ekoia uit diu !■ plie* qai loi «t ««Ta- 
■iU«. ■ (D* r.<R A ^w(w«, tnt aiS^tg.) 

I. En détaahiat bica In group** In aai dn intm. CirrmmfÊt girtm 
laemi ufa< rae*hii, lit-on lo ven iS3 d* CAri J» ftiulmni • ^m ba 
gmapn HÙat lipirtl d'ua raidc. > Et m Tcn aBa : Sùtl^mr iim Jim i tti 
mur M..., t Et pnsn garde ^'lU Mient détacha lea ou daa aabva. > 

3. Btoliàra liwat la poSma da da Fmanj ■ toal utnrcllraaat jcii la 
jesi lOT la sDamsataÏR, parfbu tout k fait toebniqn*, dont da Piln ■ fait 
•oina n paraphnH -, e*«t i ona Btmsrfmt na la ren ago qa'il a amprioià 
da eonfiiafla eatta «praaaioa de îigtn ^tmwmgt^ lacïla fe «iipivndrat ca 
Nuble, qui «t paartaat «ne de wllei qna Uaérin, pu- l'aaiqga tùob 
qa'alla a'itaiaat plu d'auge wacant ea )la5, afbcta de trôner ia- 

propnt al obiaara* \ < Lea borda [dm toilaeB) itaat ebargâ d*aaTrBg« 

fort at pMUnt, ik attireat In i»ta,... aa liaa que «M borda étant léfan 
d'oana^, l'iail daBenra aa aaatra da tableau et raiabnua plaa agréa» 



S*, maU iùptTMÎM dam riimt mUfufymrit 
Duidilmr, €UMelitfe opirii /mtmt lammitm 
Partitmt implùltii^ crtpiiaiu (a»/iuia largml.,,. 

Qmppt toUt Hrmai ajai/d diiptrâm tmmiUla 
Ma/tâiau tam grari rafiuffM liêtara, 

• Poar éTÎtar nn papiltaiage eontat, qaî Taannl da partîti diiperaéaa ni 
k prt^oa, fonnaillantai et ejnbarrauceg In nne* d^u lei Butm, dïnM la 
Toa ta ploiieun njoat et loi eaate aae coaTiuioB déaagréabie^.... Parea 
qae tant de eham diipenin apporteat ane «Barnaioa, et Aleat aae bb- 
i*tti graTe et na tilcno* doin, qui loat la beaati da tabUan at la •atkfac< 



■ llae eonfnaioa < pitlllanta >, dit le taita latia. at da PiJaa ■ «a^Uji 
ponr HB eon^ l'eapreaiioa duaj u remaniaa an Tara »o4 ■ i .... CalU 
quantité da plu péiilloit trop mit letmeadiret at AloUca npva eta* rilaaea 
qni ea paiatuia loat li lorl amii dai jeu. • 



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LA GLOIRK DU TAL-DE-GHÂGB. 5(t 

Et forme un doux concert', faiee an beia tont«niembIe *, 

OA rien ne loit & l'œi) mendié*, ni redit, 

Tout »'j voyant tiré d'un vaste fonds d'esprit *, 

Assaisonné du se)* de nos ^ces antiques, 

Et non du fade goût des ornements gothiques, 

Ces monstres odieux des siècles ignorants, 85 

I. ■ 7e «a unrai* nm bUdx eoaparcr «s grospa d* Ifam qa'ji ta 
!»■■■« da «DD, Ui^Mlla* toata oBaoBble h •aaMBinU (ac) par Inrt lUÏ- 
fireatM puttei font aa lecord qui nnplit at qai Silta agriliblaiiKBt l'o- 
raîUs. ■ (Da Pila^ tUmirqaa m Tcn i]i dt FAtt d» ptiaimre.) llDUira 

• Tii dit.... i|a'aB gisapa da tf ani doit itwe tùmtiditi aaBma u chmT 
à* MiMiqiie, da» lequel lat baiMi •oaiieuwBt la dtWM et la* fodt en- 
Wsdra pïat a(riablaaaM, • 



a n hadn co>ea*aiT b TiMl-anMiabla, • 

Cm— rfi'wfat sfifit aamf*g*m amftttUtur tmium. 
m Oa eBbriEH le Taat-enMmbla plot eommod^ent. > {Dt FArl dt pàit- 
nrt, Tan iSg et i60; 174 et 17S ; 4S3.] 

J. G* Tiea ne panÛM i l'ail hoBUaiemeni eupraalé, sopU, ai îtUi- 
liiawanat npélé. Ici eaean Guérîa, bb pea trap ibaBdnaai à lai-mjae 
pat Aager. qai ae u wDdait uai daota pu de diieatar ane l'illaMTc 
■ultra «• petite! qantioDi de msM, trasTe celai de nuitJU iaeaBpriban- 
dble : il l'eipliquc paat-étre iiM* par la Tin qai neat iBnèdialamcaE 
apria, *t pu l'eiaBiple uÎTaat de HiUitrbe, pria de la tndatboa da 
ri^^ uxn de Séaèqaa (tOB* U, p. $91) : . Tooln-TDai blea juger la 
prix d'aa hoauia?... fiiMi-loi.... dipaaillôr l« «np* et lai ragardei 1'»- 
prît; n>r« ceaiBe il «t fait, eoBBa il «M gTaad, et il eatls grandMT ait 

tmtfUt âl, tlimi «• ma m^faaa. 

4. L«« dU *en pc4eêdeata r^uneat Im pr^eptai douai* daaa lai vna 
*y»-t6o il l'Art dtfmmtwftmlmCnmftJtJlgvtâ, U Dirtniii £aiH- 
Imdm dm* Im frti ^i , Vé^liin dm (aU«M, le Nrxdrt dêë/gurt. 

5. OaaTBcawitdajaJ evploji ci.daaM (aoti aa Ter* 6a) dan le 
twn ;* de PArt dt féiiumn; da Pilea eaploie taata aaa lUmarfw* k le 
Ml«**r I • Alifmid imlit, qMlqaa abeaa aiagiaiewt, de £b, da pîqaaM, 
d'vtnmdiaain, d'aa fott rateri M qai aoit pnpn i iaMnira M I Mai. 



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U* l'A GLOIKI DU TAL-DB-GalCE. 

Que de la barbarie ont produiti les torrents. 

Quand leur cours, inondant presque toute la terre, 

Rt ji la politesse* une mortelle gueire, 

Et de la grande Rome abattant les remparu, 

Vint, avec son empire, élonBer les beaux-arts *. 90 

I. La MOt foUltm mit ilon um hbi pi» llawla qma edoi qac ma» 
hi doniMBt «ujanrd'hui : Hureat il ■•■ît I pm pr« !■ Bén* •«■ ^a* le 
béM anlùaiiM, qui B« M Uvan pH diai U itetknmtin da FaRtive*. 
(Âm J» m, Dtfcù an /* DiaUgiu 4* FiaaIoB nr Fi l t fn mm , p. iSa.) 

1. IUl tapmt GctAonutt iarbarm trito 

QmtU, aSi \tlU,famtm tt pttltm JùnrJia, taxât 

Mi Awnaamin ru gramUar utalil oril, 

lagmmm fritrt mrUt, ftrirt n ^trim 

ArtljiammaUl. 
■ ITaja aiiBiui godt poor lat araaaau gothiqui, i|iii lont aatast de 
Boumi 4fBa ]'■ miBTiif nèelea oDt prodnitip pendant lasqueli, aprâa ^a 
U Ditconla c( rAsibilioa, e mu tc» par la trop gnada «teadaa da ravira 
roBUB, aareat uaii li gaem, la paits et la famine par Ivat la mfiaA; sa 
rit périr lai plut taparbei adificai at U noblaua dei baaav-arta a^èlBiadre 
«t noBrir, > \Bt fArt itpaiMmrt, Tan S4044S.) Ca dâdaû, eatte boTrear da 
fautif ar, daalanae laiDblaitplBaToir que t« «agiratioa at lai erlifie^H. 
«tait ginirala lion. • r^alon, «obib« Imm m* contaBpanua, dit H. Dai- 
paia, montra pan d'anima pour l'inhiCactura gothiqaa, beaBSoap aiiaai ap- 
pr^i^ da DOt joan : c*était la préjugé du tampi. Loraqua Perraoft parir 
d'arcfaitactnia, «a na tout paa noa adminbln calfaédnlaa qu'il oppoaa aa 
Parthéaon, mai* Taruillei et Ita autraa réudcacai rsjalM, oa, c« qui oit 
plai niaonnabla, la fafade da Lonn*.... • (Meta an t* ilinèa naat la fia 
de la Lttirt de Véneloa tmr Ut ocempaliaiit dt eAetJimit/riifaitt, où îl 
e*t (■ onlra nnTOfé k d'anlrai pauagai non minni ngniicatib : an la, 
l5 et If alinéa ariat la fin du TP Diatogmi w réhqmtitt, aa 0* alii^ 
da KtBttn dt riafiitn i FAcaJinùt, de Fénalon ; an n* iS da ehapiua 
Jtt Omrragtt it Fnprit, de la Brnjcra.] Haia e'«l i l'ceola da rilalia, 
éenle oA Vétaint lartoat formel HIgnard le Koauia et TaDtew dn peéae 
dont l'intplnit ici Koliéra*, qae le perdait le pla* iiiiiiipKlaïaaiil le aeali- 

■ < Cinlitttian, dit Liilri, n'eit dau la DîetisBiiaira da l'Acadàiûa ^a'é 
partir da l'édition da iS35, • 

* La A Jrit grapUta fat achei'i i Ptrit, dau lai daraien bm» da la 
ria de l'aataur, déi Ion paraljià par la naladjt (To^aa M dédie aea i Cal- 
ban] i il atait été médila at ebaaehé 1 Koma (rar* Sfa et lairaUi) : 



Pmata ttflùtmMta Aut fnwlied ùu 

Crtdtrt PUrut, Ramm HHtiiimtiu. 

■ J'ai «rn qna Je daraii prawira la hardieHa da i 



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LA GLOIHE DU VAL-DB-GBIGB. 543 

Il noQS montre i poser avec aoblesse et gfâce 
La première figure à Is ptos belle place, 
Riche d'an agrément, d'un brillant de grandear 
Qai l'emparé d'abord des ^enx du spectateur ; 
Prenant un soin exact que, dans tout un ouvrage, 95 
Elle joue aux regards le plus beau peraoDnage, 
Et que par aucun rôle au spectacle placé 
Le héros du tableau ne se TOje effacé '. 

n nous enseigne à fuir les ornements débiles 
Des épisodes froids et qui sont inutiles, 1 o o 

A donner ao sujet tonte sa vérité, 
A lui garder partout pleine fidélité ', 

■■Bt et rintelIigniM d* l'art da nuijai Jig*i c'ait dltiBa qms nsiu iuil 
*•■■ is tom, n loagiBBpi iajariam, qoi Mrt •■cot* i !• Mâgmar i <raf M 
(partMaEnvBaol p. aog M iiO] l'irtid* d« H. Raun iatilolt F^l Jm 
mafm éft *l Im auuu Jt ta déeaiUmt*, «I qni ■ éla iatM duu U Ma* 
mttn da 1" julln iMi i* U lUrm* <Ut Dtmx MtiuU: 
tt Prima ^gnraritm HUprvuept dramatû altro 

frotUiat muiia in t^uia^ tui tiaimms primù 
FiUirittanlt aliat, rtli^nù HÊBeptrtaJigwit. 
m Q>t b primsipile figon da aajct piniiiB m milica du Ublain Mo* li 
prtadpal* lomitr*; qs'alk ■;« qiulqiu cboia qui la faiM rcnar^ar par- 
doaaaln aatrc*, <t i]a« 1m ^urM qui FaccompagiMat ■« h déTobal poist 
I U Toa. (A FArl it ftiiUmr; Tan li^lil .) 

%. Lai T*et Yi* prictpta ie FJrt it ptUlart {-ren S1-S6) irnl poar 
timt Birgimaiii ; rûUÛii Jit imjti, — Qu'il /aul njitf tt jmi affadit It 
mjtl, f wi Tart Mr« ripproebi* dit c«a qaatr* dgraisa to* i 
^1 AtauxÈis gtMMÎMa ae tita exprettio Juxta 
Ttatam aiiti^iicrmm,pnfriit eam Itmprt Jwniùê. 
Sm f md ûww wJaiftât ad rt 



lii/aâ 
amfrtfrtmtK a t ii nni jfaj HTf a», wttitr 
Ormammtta ^trïi t iragu» fd Itgt n 



MM..- ■«■ ]au»arl*lk>..., 1< p«a da prisapCea qi 
■ eeaapi à tnTaillar aat oanaga dau Rom*. > i 
ra cilla, daaa I* pnmiir* uprcttisB Utiai, aum 



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544 LA. GLOIRE DU VÀL-DR-GHA.CB. 

Et ne se poÎDt porter à prendre de licence, 

A moins qu'à des béantes elle donne naissance'. 

Il nous dicte amplement les le^ns dn deaseia* io5 
Dana la maoiAre grecque et dans le go&t romain, 
Le grand choix du beau vrai, de la belle nature. 
Sur les restes exquis de l'antique sculpture*, 
Qui prenant d'un sujet la brillante beauté. 
En savoit séparer U foible vérité, no 

Et formant* de plusieurs nne beauté parfaite. 
Nous corrige par l'art U nature qu'on traite*. 

n nous explique à fond, dans ses instractions, 
L'union de la grâce et des proportions; 
Les figures partout doctement dégradées, i ■ S 

•aatUHi M *MT tcBpi. nown-nHu Ja garde qa« ea qai ■> bit rira ■■ 
fojct «t qu a'f Ht qaa fem eoBnBabl* entn iUm tod* tifclw M €■ •*- 
emf la priBcIptUi plae* ; mil iaiitM *a etâ la tcagUic, aaar da la paia* 
tutti T*' diplaje toata In fnrae* de H» ut oi U &rl de raetioa m |iawi ■ 
I. > Traita donc W ujat» de rot tableiEX a*« toata la Sdtiitt po*- 
ribU, M vou ttma kardiaiCBt d> toi licanec*, pourra qu'ail** aOMBt ■•- 
(iaimuii*. > (il«marfiH ■■ mi Si, cita t la asta précidaata.J 

9. n. La Deueia*, HCooda partie da la paiatare. (Jhte Ji KiiViin ) 
TTue laaiblablc Indication aa lit en ragard da Tcn loi da CArl ia ^M- 

3. Vojei la n* prieapta de edri dé ptianr* (ten it(-igi), IntiinU 
PAatiqté riglê Ut naiart, et qai djbote ainai : 

Stdjaxla atUiqvit umturam imiuitr» pmlirtai, 
< Ce qa'il y a ià k faire aat d'initer le beaa nataral, eoana aat fait laa 
aaeieiu. • — Sur, dant ea -nn da Holiére, a le Bèm* a^i qoa fmfi il . 

4. En fomaat. (i6ta;(aata d'inpreiaîaB uat doata, carrif4e par TMi- 
tear de iSgi, Buii raprodaite daai lei teUe* de 16)^1733.) 



Egngiit Uaulam ilUulrata ti adalta ncfùfnr 

Iftmram riim ut mira nptrmn laiatm. 
• La peintora,... ajaot paiai aai Creei, qui par laan Miîaa et la tant de 
laar eaprit la ealtii>èraat, elle arriva i tal poiat de perfcetieB, qa'Q Mablc 
qa^lle ail nrpaMi U aatar* mtee. t {Dt FAri d» pti»lart,Ta» Vl-96-) 
■ Ici, ilêê^ daai rédition de ijfZ. 



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LA GLOIRE DU TAL-DE-GRÀCB. 5 

Et leurs extrëmités soigneusement gardées*; 
Les contrastes savants des membres agroupés', 
Grands, nobles, étendus, et bien développés, 
Balancés sur leur centre en beauté d'attitude. 
Tous formés l'un pour l'autre avec exactitude, n 

Et n'offrant point aux yeux ces galimatias 
0£i la tête n'est point de la jambe, ou du bras*; 
Lear juste attachement aux lieux qui les font naître, 
Et les mnscles touchés autant qu'ils doivent t'étre*; 
La beaaté des contours observés avec soin, i 

Point durement traités, amples, tirés de loin. 
Inégaux, ondoyants, et tenants de la flamme. 
Afin de conserver plus d'action et d'âme* ; 



iiMÎ*. > (A> FArl il péinturt, T«n i6i et lOi.) > Cet eilriBit^ dm 
j>ia t«K i, dit U RgKwrque, aant \t% flDmtacbemeatj dei rnsBibreiï par 
•wapl* tti ^bIm, In cDDdn.... El l'il m niacoatrc uns dnp«ii ht «M 
JHataTM, il «*t d« la iciesca al da ragnnenl ds lei nuTqaai par !•■ 

^ 

*■ Atglam t rat» n^'l tint mtatira, iftm^iÊt JSgarm 



• Qd« Im HCBilim HiaDt agroapû* de même qoe Im figarali e'srt-t- 
din aecoapli* at nmaiiii euemble. > [Lt FArl de fiKtmrt, Ten i3i at 
iIJ.) Poor le* eoatnalai dea meaibn* at d«i fignni, TOfat la» vara 

in-n3. 

3. Xat uat eoBrausa* aree U janb« oa U braa de b Sfnn, eaatrnr*- 
■CBt mm af prieepto de PArl Jt paiiuart (ven i>6] ; 

Siufulm Kumtr» taa ttpili tvn/onxUJîaiH, 

■ Qb« ahaiiaa ncBbn aait bit pour u iél>, M )'aeearda a*(e alla. ■ 

4. Ceat-k-dire non mp aeentii, proBoneai : rojn la van ii3 da do 
rranar, eîli I U noEe >iii*iBte, et lei lan 304 et joS. 

5. > L'ilauadiia da Melîàra, dit Chailai Blanc (p. i3 «t 14 de Partide 

< Ce awt, q«t da Pilei t> aipllqur dani u paraplirau, ait aMaa fri- 
q»fi»rïit cBplajâ par laî, par aiaaipla dam U traduetloB da vara 434 ' 
C i f rm Jinrim matmrm Jmait^ f l a et ima l , 

■ Lat cerp* de dÎTana utar* tfroapi* aaaaeible uat igriablaa at pU- 
riaan igw** aciwipiaa 



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546 LA GLOIRE DU VAL-DB-GRA.CB. 
Les noble* airs de tête amplemeat variée, 

àtt k II IfetUi, p. SiS, nota 6], MOible truluirs ici 1m basas TCn Am 

palni* Utja At du Fmooj Tt'ett-ee p» là que le peintre Boprtb > 

pajti lu idéei qa'ii dénlnppe iboi Ma A*»tjrn dm Im inmtà mt b ligM 
Mrp«Blim« qu'il déclare belle p*r exceUenee...? • — Toici 1b paHa|e dr 
A» FrMBOT (T*n io3-ii5] imité, diai le couplet qui précède, par Ilolién: 



, (Kl liiraluqmt etrtln, 
Jfejhiraniiftçiftf êimMt igiùtJtammMMtit ad ùul^r 
Strftiui tuidviUi Jlex» ; rid Imfia, plama 
Mmgatjiu lifMa, gatii tiiu laior* nWila MeM, 

IHÈwtlitqmi larit ii'nl nota ligamiat jaxia 
Campmgëm amaiomei, tt mtmbrifitalie Cneca 
Dâjormala modo, paMcuqiu esfntta laetnit^ 
Qiaîu apmd rtUrati lelo^ aÙÂylkmia f»rm 

• Ceit dano dam leur gndt (dm Grta) qu'on eboiaira uue arnnra* dnM 
le* uMBbrei •aiaut frtaAi, iaiplei>, iaégtni diai leur poiitioa, «■ Mite 

tan égalsmanl balaucéi lur leur ceatre *. L« paniei doircuL iToir Icun 
canloart en ondai, et reMembter «a eda à la flamne, ou aa Mrpeu lon- 
qull |liue et qu'il rampe lar la terra*. Ile teroat coulaati, frauda ef 

' • Ponr Ériter, dit de Pilaa daa» H Rtmargme, la maaière ««Ae « 

•t Albert t (Lueai de Lajd* et Alb«tt Durer : njea h Htmarym ■■ 

* • Satamttr, en p«ÎBhu«, e'eil Bettn oae forte d'équilibre dan* le* 
noopea, de Tifon qu'il a'j ail pai un cAté du tableaa plein de figare*, 
tandii qae l'iulre cat ride. Une fif ure eat balancée, lonqnc In membre* 
Boal diapa>éi itcg équilibre relalivcment an centre de gravité. • [DidàM- 
■lure di r Académie, i;&i.} — • Lei mauTeraeatt ne août jamaii nalarria 
ai 1m nambrca ae août rgalameat bilinoéa aur leur centre; et eM H*«- 
braa ne peuTCnt être baiaacéa aur leur centre daaa une égalité de poUa 
qa*ï1e ne le coatrajiterit lei uaa Ici autrei.... Le corpa eit ua poida balaner 
aar aea piedi,,.. et a'il a'j en a qa'ua qai porte»... toiu Tojea que tant le 
poida eit retiri de«ut eenlralenienl, eu anrle qat ai, par «ueaple, le bram 
aTaaee, il faut de néceaaité ou que l'autre bru ou qae la jambe aille ^ 
arrière, ou que le corpa aoit tint auit peu courbé du eMs contraire pour 
ttn daai aoa éijuîlibre et dana une aitnation ban de contrainte. • (Jl*- 
marjae de de Pilea au Tera lo5.] Cet tout demten moti npliqucat aana 
doute bien l'eipretiioa • aa beauté d'attitude > du *era iig de Holiéi l : 
de minière que toutei Ici Sgurea aient une attitude Traie, natnrcllc, nu 
«outrainte, |ut li aurioat belle. 

• • Le niaon de cela Tient de l'actioa dM ninaelM, qai aoat eomma lea 
•eaux du pnit* : quand il ; ca a na ^ai agit et qui tire, il &at qne l'aulr* 
«biiuc, de aorte qae leimuaclea quiaguient ae retinnki [lià louionnTera lanr 
laÏBcipe, eteeoi qui obéiai«nt^aUanfe*al*(ne) da eOUile 



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LÀ GLOIRB DU VAL-DE-G&ACE. 847 

Et tous «a caractère' avec cIhnz mariés; i3o 

Et c'est li qa'an grand peintre, avee pleine largesse, 

D'one féconde idée étale la richesse, 

Faisant briller partoat de la diversité', 

Et ne tombant jamais dans un air répété. 

Mais an peintre commun trouve une peine ^trême ■ 15 

A sortir, dans ses airs, de l'amour de soi-même ; 

De redites sans nombre il fatigue les yeux, 

Et plein de son image, il se peiat en tous lieux*. 

n nous enseigne aussi les belles draperies, 
De grands plis bien jetés suffisamment nourries, 1 40 




riMo, M qai npèunl jaiqn'l cuq on ui foi* dJPi un uén* ublMn Ui 
wHiitT lin da tétt. • 

3. • On le p«iat diiu m ouTrigci, dit-eni m*û e«lt* luartioa n» p«nt 
MreTni* qm dau le hmi intellactuel. Hnliii* l'éicnd an prapn, quai- 
qm'îl j ait pan d'examplai du dâfinE qu'il attaqua. Bcaoconp da paiotra 
npndaiwal trop HiiTaiiL ]a« ntiKM lin d* l'te | du» ce tÏcc tiisI pln- 

A Pitrre Gaerin.) Il parait iBiduiuibla qaa Holirn ait Toula parler an 
pnjrt. U a'a dll MPger qa'l l'artiite qui, h eomplaiunt dlni eertaiu 
tjf** on Mruinai aititiidei, eertaîoi gala*, MrtaiaM aprCMioni aaa foii 
tnaTÏta par lui, aa le laata pai da let repnxlain et ae bit recoBoattrc 

('«■auTra BéeCMaii«aM>t q«a lai ptrtiei Hnat de«i*i^^ as oadaa — 
Oatre qoe lei figurra et Icart Bembrci dDÎvcDt praaqoe toajouri aTOÏr Ba- 
Mrclleiaciii nue tam* S)inlMT*at* et MrpaBtin* {l'arigiaâl a, ptr /hmU 
tMi ^Mtt(,*erpeBliTe), eeiaarteid* eaBtonn aat un j* ne laii (piai da vif 
.. J . , iiip jj l'aetÎTil* do (an et da larpeal. > 

M aallqam fai, paw la plaput, TMasaM 



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548 LA GLOIRE DU VAL-DE-GRÀCB. 

Dont l'oniemeDt anx yenx doit conserver le nu, 
Mais qui, pour )e marquer, soit un peu retenu. 
Qui ne s'y colle point, mais en suive la grâce. 
Et, sans la serrer trop, ta caresse et l'embrasse'. 

n nous montre à que) air, dans quelles actions, 145 
Se distinguent à ïm\ toutes tes passions; 
Les mouvements du coeur peints d'une adresse extrême 
Par des gestes* puisés daos la passion même. 
Bien marqués pour parler, appuyés, forts, et nets, 
Imitant en vigueur les gestes des muets, iSo 

Qui veulent réparer * la voix que la nature 

par oti r^atitioDi. C«( liiu! qn* du Frcuoy, doaunt an aiUt* priopu 
qu* «lui qu'oa pDiitTiit linr dâ e« piuage, ■ dit diu un «u toat I fait 
monl qa* < la pcioln a eautuma da te peindre dii» *ei aa*nge* > : 
QiuuafiH optr* in froprio laltat it fiiigart fitltr..., 
(ïm <SS.l 

que eaa qoatqaai rarii qui l'applîqdflBt aï bien k use dea facca da talevt 
dt Mipiird. • {Ciiaila* Blanc, p. 14.] 

Lalï ampliqiu tiaiu ptuaunuty al meèiiit ardc^ 



Exprinul, UU liai Iraiurtrnu im/t /tratar ,■ 
£1 circmm/iirar fmiuiorttm pvrigat exirm 
Membra âinnj, non condgûoty ipaûqMa J!gmrm 
Parlibmx impmiBt, qaaiï panimt adÀmnal Util, 
Std mcdlee tspnuot cmm lamina tamt tt amtrù^ 

• Qua lai draperiet laient jetaaa nablement, que lai plia ca aaicM 
ample», al qu'il* luinut l'ordre dit partiel, lei Tiiual voir dcMoai pai 
la moyen dci lumiêrei et dea ombrei, nonobitant que cei partiel «oieBI 

tue trop adbéreati et collai; maii qu'ila let luaiqiMat en Ici lanaatper la 
diiaritian dai ombret cL dci clain. • [Dt Fjil Ji peùitun, yen loS-MI.) 



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LA GLOIRE DU TAL-DE-GRA^CE. 549 

Lear a voalu oier* ainsi qu'à la peiotare '. 

n nous étale enfin les mystères exquis 
De la beHe partie oh triompha Zeuxis', 
Et qui, le revêtant d'une gloire immortelle, i S S 

Le fit aller du pair* avec le grand Apelle" : 
L'union, les concerts, et les tons des couleurs, 



{Dont Gatàt di Savnm, tmtt g]i M S33, ton» II. p. 181.) 
Toja tatati l( Tsn Sit dn MiioAthrc/it, tome T, p. (gj, d«M >. 

■ Qas !■• figarai, i qui eu n'i pa doBDer !■ Tsii, iBiUni !■• mueti dan* 
knn ictiooi, • [D* CArt da ftÎMart, Tcn iiS.) Pi«m Gsiria eandaniBe 
e* prscflpta. ■ Si, dît-il, ob doiuiiit iiu pervoDuge* d'oa tableiu la ¥ÏTa- 

dlé on plutAt II fore* dctigiitïi dsi muati >,.,. I< •ptctucnr croiriii 

qa'ta aCTct on n'a roulu rqiràitaler que dit muet), • Tojn w note, el 
lu rslUiiou lOT l'cicH du goiii qa'ont toggérût ■ Cbirlei Blani: ccr- 
Mîan aaTTci de Cucrin lui-m4nw {HUuin dapeiiUrtt.... École fraiteaii; 
Prnu Cd<um, p. i,]. 

3. in. Le Colorie, troiiiéme partie de la peiotare. {lole Je Mtliire) 
On lit également en regard du ren ïS6 de V Art de peiiUart 1 .Oiureur 
\ • Colorie >, dMiu Feditim Je i6;3) ou Chromatique. Troieième partie de 
la peinture. > 

t. Le Brujère, et l'Acadénie de i6gl diuieni indilTéremnenl allir tU 
pair ou dm fuir : rojci le Ltiq— di û langiu de la Bmjirt, p. zi, et. 
p. «4. à D«, 7*. 

5. La gloire det deux Creea eil de mjme mite en parallèle dau FArl 
d* fiiiUmrt (tct* 1S6-1G0] ; 

Het oHi Ciromaliat aaiû kpc ttmpate parut 
Rtttitmat, gaalee Zeaxit tractareral olim, 
Bn/iu fWHuAi "laga vttat arlt m^matit ApelUm, 
Pieloiujn arthigrapftvn, nermitqme eotari^ae allam 

■ inuinoToit-on perunoa qui ràtabliiae la ChnwialiqBe, et qui la remetia 
«■ lifiMar an point qu la porta ZoDiia, loraque par eetla partie, qni 
••I plaine de ebarae* et de magia, *( qa> uit ai admirablement tremper 
la TM, il M readit fgat an {aman Àpalla, la prine* de* peintre*, et qn'il 
whitt pMi tw^Mi* ta lépvtatiMi qnHl a'eit ilablw par loot 1* monda. > 



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55» LA GLOIRE DU VÀL-DE-GRA.CE. 

Contrastes, amitié*, roptures*, etTaleurs*, 
Qui font les grands effets, les fortes impostures*, 
L'achèvement de l'art, et l'âme des figures. iS» 

U noas dit clairement dans quel choix le ploa beaa 
On peut prendre le jour et le champ du tableau, 
Les distributions et d'ombre et de lumière 
Sur chacua des objets, et sar la masse entière* ; 

1. CarperiÊm tril fonu clqut colar rvûnu nttjiH .- 

« Lci coip* ur^Dt pirtDut difTvrc&ti it ton» et dû cddIchti : q«* cbbk 
qat lOBt dirricrc » lisnt «t bocnt luitii EBtcaible, et qaa son ià 
dtnBl uiciit fort* M pàtlUuU. • (Dt CArt it ftinUra, «en 363 at 36t.) 
Tojn encora ]■ van S3a da du Freiaaf, elle et-deuoiu, dan* b nota {. 
s. Plmntui l'a niblu liqwida (ut tue* pn^ûiçtlr 

Parlieipa mûelotfut limul daett ait ttiom : 

Bane Hoimam ftiuli piclara rili nguati, 

QHmJktl antiymit e^ritplia iUlM talatum..,. 
• Il bal.... que lu plnpirt dn carpi qui «onL kh» une luaiièn jtndae et 
diitribaia rgilemeni partout tienoeat de U eonlear l'un de t'iatra. La* 
Ténitieu ijaal en grinde neommandition cette matiaie, i[ne lei ■Beicui 
■ppelèreat rupture de eonleun..,. • (De PAn dt ptiiUim, ren 337-3(0.) 
Toj» encore le Ten ig3 de du Freina^, àtt plu loin, p. 5Si, aot* J. Dn 
Frnnaj (lu dernier feuillet préliminaire] définit l'etinHion de amUar 
mKpu p(r • eelle qui e(t dimiBuée et corrompue par e mélaa^ d*aBa 
mntie.. .. Leicauliun nmpmit, >jaute-t-II, lerrent à l'unbn et 1 reecoiri 
dea couleun, soit dini lei toumauti dei oorpt et daiu lenrt aaibrca, aatt 



■ pa eut inggéré par le Tan eaJTut (le SI>*) ^ 

Amicitiamqae gradmtque Joiorqiu co/arvavi 
CampMgtmjKt ita ditpotuit Titiamu,,,. 
m ht Titien a il bien entendu Punion, lei mitseï et lei cot^ de* eoa- 
laan, l'harmoaie dei loiu et U diipoiilion du Tuut-enteiuhle.... • : ainii 
tndnit de Pile), maîa ca n'eit que per inadiertiDce qu'il a, aprèt Itr 
HUHU, icril lu cerpt, ta lieu de '« mm, Itt doU oh la imfitilmm de* 

dit. en (armet qui Mnblent «tra realéa diaa le waTeair de MoliRC, 
qaa la eouI*Dr eit < l'iaw et le deraier lehèiament de la peiataic.... ne 
beauté trompeuia, maia flitleoia et agréable.... • 
5. Tojaalai priaepiM lun, (or le «!•£■ ^ (wiMMf xlv (eiriapania 



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LÀ GLOIRE DU TAL-DE-GRlCE. 5Si 

Leur dégradation dans l'espace de l'air [«s 

Par les tons différenta de l'obscur et du clair; 

Et quelle force il faut aux objets mis en place, 

Que l'approcbe dtstin^e et le lointain efface; 

Les gracieux repos que, par des soins communs, 

Les brunsdonnent aux clairs, comme lesclairs aux brutu'; 

Avec quel agrément d'insensible passage 

Doivent ces opposés entrer en assemblage ; 

Par quelle donoe chute ils doivent y tomber, 

Et dans un milieu tendre aux yeux se dérober* j 

Ces fonds ofiScieux* qa'avee art on se donne, tjS 

Qui reçoivent si bien ce qu'on leur abandonue ; 

Par quels coups de pinceau, formant de la rondeur, 

Le peintre donne au plat le relief du soulpteor; 

Quel adoucissement des teintes de lumière 

Fait perdre ce qui tourne et le chasse derrière, i <d 

ci-*prtiii *■ rtn ijS), larlt eiamf rfn tabUau; ixxi, lur !■ conJattt iai 
tMW, Jtt laaiiim tt itt emtra {«n pirtii cité plu loin, la rtn |B6]. 

I. 1 Apt« de gnnd> eUirt il fniiE ds gnadtt ombreii qa'on ippille 
de* npoi... : Lei cliin piarant lerfir di np« lui bruni, eonna In 
bram «n Hrftnt au cliin. • [tUmar^*4 da d« PJI» au ren igi de du 
FrcHKij ciii plai loin, p. SSi. soi* ]■) 

9. M Les ouvrira peint) dîna Lea petit! lieu daÎTCnt ittv fart teadrea > 
(Huai» fittfaKtur). — ■ peifuei le plna tcadrcmint qu'il Toua a«r* pua- 
liMa..,. • (Oa PiIm, traduetion du Tera 39g tl du Tan 403 da PArl it 

3. Ctnparei l'emploi qui a M fait d'officùan, ci-deuBi, la Tara alO daa 
ftmmii HKWfrf. Il l'agil ici de toadi faroTiblca, ■Tanligeui, préparée 
aaiTaM la préeept* xlt de Pjtri da ptiiuun (Ter* 37B-3S1), préeapM que 
■alièra lai-urfma rappelle daia aeii tcm iSi, et que roiei 1 
^la ni campmi latutm ragmi «(0 ItrUque, 
AbtetJal laïai, tijaidtqiu btat uartm amitit 
Tala €1 molt colorittu, ma itn falilla ; 

* Qb* la ehiBp da tableau i«it rague, Fayaut, léger cl biao ami anaamble, 
é* aMleaia amiei, al bit iTuBe niitioa da ' " 
•••lavri qai compoaeBl l'oansge, «uam 
at qaa rccipioqBameal 1m eorpa partiei 



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SSi LA GLOIRE DU VÀL-DE-GRÂ.CE. 

Et comme avec un champ fuyant, vague et I^er ', 

La fierté de l'obscor sar la douceur du clair*, 

Triomphant de la toile, en tire avec puissance 

Les figures que veut garder sa résistance, 

Et malgré tout l'efTort qu'elle oppose à ses coups, i ts 

Les détache du fond, et les amène à nous^. 

r. Vofa le Tan 37S de da FremOf, cite li-JsHat, p. S5l, nota 3. 

1. La fiaité da l'obmrqai trancbc anr la dcnecur dD clair.... — QdaM 
k cattc dcnùtn rime, alla cM plna liaguliére qa'aucaH da eallaa ^i oM 
M icinàea ■■» tamei I, p. 333, note 1, et p. t3g, nota 1 1 VI, 1^ 35?, 
mot* 3 i oa aai L*xiqw*r it Malkitht, p. lxxtt ; d4 CmtilU, f. xoi ; 
M t'j peut comparer qaa ealla dal **R |53S al t53G da Ttimff». 

3. U BOu Taul citer ieî de F An da /nMun deni aaaai longoai •«ita de 
*ert (i;o-3g5 et agi-agg], d'oâ parait Are biendirecteHentaorti prcaq» 
tout « aonpUt de la Cioin du fal-Jt-Grdtt 1 

Qma moglt tsl eorput dirattmm eemlUqma tnwÛMUt, 



jtmmrimm dulinelu n/ert hIui aipirm ritm. 
a Hd) aa eorpa eai proche dei jeni et leur ctt dirceUmaBI appoai, d*»- 
Hnt nieui la roil-il ) car la *ue l'aFToibGt en l'éioigniBI. Il hut da>c ^M 
l« eorpa rondi, qui aoDt toi via-k-TÎ) ep angle droit, loitat da ooalana 
*nn et lorlea et qna lee aitrémitla loaiseat aa ae perdant iaa«aiibliM»at 
M caorulmeat, aina qna le clair ae précipite tout d'aa coap dau l'iibaiiai . 

■aa et Inpaneptible dei clair* dui i«a ombrct et daa aabraa ilaaa taa 
elain. Bt e'eat enafoméainit 1 cei priacipe* ((ail bat traiter toat aa 



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LA GLOIRE DU VAL-DB-GBACE. 5S3 

Il noua dit tout cela ton admirable ouvrage. 
Mail, îUuitr« Mignard, n'en prends aucun ombrage, 
Ne crains pas que ton art, par ta main découvert, 
A marcher sur tes pas tienne un chemin ouvert, t ga 
Et que de ses leçons les grands et beaux oncles 
Élèvent d'antres mains i tes doctes miracles : 
Il j faut tes talents* que ton mérite joint, 
Et ce sont des secrets qui ne s'apprennent point. 
On n'acquiert point, Mîgnard, par les soins qu'on sedonne 
Trois choses dont les dons brillent dans ta personne : 
Les pâmons, ta grâce, et les tons de couleur, 
Qui des riches tableaux font l'exquise valeur. 
Ce sont présents du Gel qu'on voit peu qu'il assemble, 
Et les siècles ont peine A les trouver ensemble. loo 
Cest par là qu'à nos jeux nuls travaux enfantés 
De ton noble travail n'atteindront les beautés : 
Malgré tous les [ànceaux que ta gloire réveille, 
Il sera de nos jours la famense merveille, 
Et des bouta de la terre en ces' superbes lieux soS 
Attirera les pas des savants curieux, 

fTciap* i* figam, qnoiqD* MBp»a de pliuwan partiel, ds méat qiM 
rmmt foria aBO «cal* t^u, Miit qa'il j nil deux groapw on mima tnia.... 
Eafia vtMa B^Bi^erti ai bî«n laa «Mleiini laa elaira et lea ombrei, qoe 
«a«a baain paialtn lea eorpa idairéa par daa onbraa qai iir^tnl tMr* 
*•(> qai B* Ibî peiBcIteM paa ai Ut d'aller plsi )«!■, et qoi la font ra- 
f» m poar qa«lqa« tespa, et ^t» léeipraqneBnt taua readim lea oaibre* 
la Mib lw p«r BB bad Miité.... La paôitre et ia acalpteoi tnnilleHiat 
iama de b<b* iMenioB M anala BéBaa eoBdaite : ear ce qae la teslp- 
MBt abatat amBdil ■*•* l< ter, le pmalrala fait de am pianan, ehaaaaat 
■Imitii ce qa'il fait ■iiiwi paraîtra par b di aiinntiaB et la raplare da att 
«a^aan, «t timt «a debon, par lea Uiaiea le* plaa mea et lea anbraa 
!•• plaa tartea, «• qn «t dinww— t oppoaà i la Taa, eoBBa Itaat plaa 
laaaibli *l plaa dialÎBjaé. > 

t. Daa tainti. {i6fa, ijH.) 

1. La texte deaiditioaa da iSS^ 7ti ■>> '7'"' 1 8 •*>'«;■«• éditeaia 
da 1699, 07, 173a, 33, 34 oM eoirigi ttt as eri. U eaC êrideat qaa iw 
■'•at ^'aae bslei «lia ett trâa-wdiaÙN daaa le* luprataioat da tespa. 



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5S4 LÀ GLOIRE DU TAL-DK-aRA.GB. 

Ô vous, dtgaei objeti de la noble tendrene 
Qu'a &it tniller pour vous cette angoite Princesse', 
Dont an grand Ûeu naissant, aa véritable Diea, 
Le zèle magnifique a consacré ce lieu *, « ■ o 

Purs esprits, où dn Qel sont les grâces infuses. 
Beaux temples des vertus, admirables recluses. 
Qui, dans votre retraite, avec Unt de ferveur, 
Mêlez parfaitement ta retraite du cœur. 
Et par un choix pieux bon du monde placées, ail 

Ne détachm vers lui nulle de vos pensée*, 
Qu'il vous est cher d'avoir sans cesse devant vous 
Ce tableau de l'objet de vos VOBOX les plus doux, 
D'y nourrir par vos yeux les précieuses flammes 
Dont si fidèlement brûlent vos belles âmes, aae 

D'y sentir redoubler l'ardeur de vos derirs, 
D'y donner à toute heure un encens de soaiàn, 
Et d'embrasser du cœur une image si belle 
Des célestes beautés de la gloire étenielle, 
Beautés qui dans leura fers tiennent vos libertés, aaS 
Et vous font mépriser toutes antres beautés! 

Et toi, qui fus jadis la maîtresse du monde, 
Docte et fameuse école, en raretés féconde. 
Oh les aru déterrés ont, par un digne effort, 
Réparé les dégâu des Barbares du Nord*, >3o 

Source des beaux débris des siècles mémorables, 

I, Ceit i l'ordre ds Saiot-BanottqD'ippuUiuicnl kt wHyJTi «^Mk», 
dt) 161T, p*r U reiaa Aan* dimi U mouMira 4a Vil-d»«riM. L'ifche i ir 
da callei h qui •'■dreiia ici Moli«r« tuit, depnîi ftrnar iSGa «t paw 
dni] ■Buiei sneen, MuguttriM da Fou d( Miat Bndard (GbUw (Mf- 
liamm, tome VII, eolonaa 584). 

a. L'iBuiiptioa miit, en IcEtm d* relief dorici, mu U hlmém pMtuI Àt 
lVgli« «t : y» m«c«.'i ^re«iî« «(rï. 



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LA GLOIEB DU TÀL-DB-GRACE. 555 

O Rome, qu'à tei soioB nons sommes redeYablea 

De noui avoir rendu, Imçoimé de ta main, 

Ce gnnd homme, chez toi devena tout Romain , 

Dont le piDceaa célèbre, avec magnificence, 1 3 s- 

D« sea riches travaux vient parer notre France, 

Et dans an noble lustre j produire à nos yeux 

Cette belle peinture inconnue en ces lieux, 

Ia freaqoe*, dont la grâce, & l'autre préférée, 

Se conserve un éclat d'étemelle durée, «4» 

Mais dont la pnmiptîtude et les brusques fiertés 

Veulent un gnnd génie à toucher ses beautés ! 

De l'autre, qu'on conntdt, la traitable méthode 
Aux foiblesses d'un peintre aisément s'accommode; 
Ea paresse de l'huile, allant avec lenteur, aii 

Du plus tardif génie attend la pesantenr : 
Elle sait secourir, par le temps qu'elle donne, 
Les faux pas que peut faire un pinceau qui tâtonne ; 
Et sur cette peinture on peut, pour faire mieux, 
Revenir, quand on veut, avec de nouveaux yeux. iSo 
Cette commodité de retoucher l'ouvrage 

Ftrmieihbs^ terttm et nliqumm mtJiJtrt errpttt, 

JfanunèWfiM éia SaJfturm jattrt upmliu, 
• Cl fat pour km [on Umpt da imraiiaiu) qua la Pcinlnre rit coiuiiBar 
•n Marvaillaa par la fan, et qoa pour aa poîat pcrir (t«c ellat, on la nt 
m «BTcr daM de* lt«i MtnUmiu, amqaeli cite aonfia h pea de rote 
qoa b aort lai aïoii laiaii, paadnt «ga'en eaa BJoiei aiéelei la Scalpwr* 

•t aaa M*lm« d adâinblaa. • (ih PjM it jitiiuut; yen >45-i{g.} 

I. < La eMpvIt da Vll-da-Grlaa ait la plu graad tnnîl à tmqaa 
qa'il j ait CB Koiope.... Ea ani di>oat at eiiirraiiiBl par eel* mim*, 
Mslièra a lût renottir ae à quoi BTigaud tenait le ploi, la ntriia da la 
bMqae.laBOBTaiBti, aaFnaee.de e« fear* de pei'atan, dirEeita, aailàra, 
paBdisae cl aenl eOBraBable k l'art moBanaaial. HigBird a'aTaîi pai Biaa- 
qai da dira i en aniit, et aartant de Icar laiawr dire, qa'oa lai darait 
rh eai ea ai inportatioa da la beaqaa, de «• proeMè qaa Hiebel-Ange tron- 
nit talItaMM tapiriaar k toat latre, qa'il allaetail da regarder la peia- 
tai« t l'haila wi ■■ ut digaa d'nereer II maù de* {aoaiee. • (Cbarln 
Uau, uticl* lia, p. ift; p. 14.) 



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556 LA GLOIRE DU TAL-DE-GRIGE. 

Aux peintres chancelants eit un gnod avanta^; 
Et ce qu'on ne fait pas en vingt fois qu'on reprend, 
On le peut faire en trente, on le peut fiiire en cent. 

Mais la Iresqne est pressante, et veut, sans complai- 
Qn'un peintre s'accommode à soo impatience, [nnce, 
La traite i sa manière, et d'un travail soudain 
Saisisse le moment qu'elle donne à sa main : 
La sévère rigueur de ce moment qui passe 
Aux erreurs d'un pinceau ne fait aucune grftce; aGo 
Avec elle il n'est point de retour  tenter, 
Et tout au premier coup se doit exécuter ; 
Elle veut un esprit ob se rencontre unie 
La pleine connoissance' avec le grand génie, 
Secomm* d'une main propre à le 8ec<mder 36S 

Et maîtresse de l'art jusqu'à le gourmander'. 
Une main prompte à suivre un beau feu qui la guide, 
Et dont, comme un éclair, la justesse rapide 
Répande dans ses fonds, i grands traits non tàtés, 
De ses expressions les touchantes beautés. ■ ;o 

C'est par là que la fresque, éclatante de ^oire. 
Sur les honneurs de l'autre emporte ta victoire, 
Et que tous les savants, en juges délicats. 
Donnent la préférence à ses màlea appas. 

3. Jntqa'i l'aToir compléttoirat «a u paûmu, lai poafoir toaC ib- 
Biadar, «i ponToir tout obtoair. CoMipam l'mploî qiM Haliàn ■ Ciit da 
■M In Ten 479 de SgemartUm (lama II, p. idi). • L'ann aat aax lie hM a n , 
■OB «Um k loi, et il «tt dit atoir de* bieaa comma la BâTra, laquelle Itea* 
M (oanaandi l'bomBa.BOB lui elle. ■ (Pierre Chama, Jt U Sagttm, Mi- 
lioa de Bordeaai, 1601, lin« I', ckipili* xzni.] CevaMB^v parait >'<D« 
dit lanlAt dn canlier BattHual ioa ckaTal, aa a<Ba la ■aiaeaaat, lai 
biuat Tioleace, tauBt da eheni (aanraaat oa CMportoat loa eanliar 1 
eajaa la Bhiwutain Jt Ultré t 3*, «t k Ltxiqi* im Im Umgm Wa Mm» é» 
Sirigai (dtatiaa da DUtnmmin di Fnrtti^]. 



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LA GLÛIRB DU TAL-DE-GRÀCB. $$7 

Cent doctes maini chez elle ont cherché la louange ; * 7 s 
Et Joies', Annibal*, Raphaël, Michel-Ange, 
Les Mîgnards de leur siïcle, eu illustres rivaux 
Ont Tonlu* par la fresqne anoblir* leurs travaux. 

Noas la voyons ici doctement revêtue 
De tons les grands attraits qui surprennent la vue. >>d 
Jamais rien de pareil n'a paru dans ces lieux, 
Et la belle inconnue a frappé tous les yeux. 
Elle a non-seulement, par ses grâces fertiles*, 
Charmé du grand Paris les connoisseurs habiles. 
Et touché de la cour le beau monde savant : 9I5 

Ses miracles encor ont passé plus avant. 
Et de nos courtisans les plus légers d'étude 
Elle a pour quelque temps fixé l'inquiétude. 
Arrêté leur esprit, atuché leurs regards. 
Et lait descendre en eux quelque goût des beaux-arts. 

Mais ce qui, plus que tout, élève son mérite, 
Cest de l'auguste Roi l'éclatante visite. 
Ce monarque, dont l'Ame anx grandes qualités 
Joint nu goût délicat des savantes beautés, 
Qui séparant le bon d'avec son apparence, ««s 

1. jDlMXoaaU : 

Jauoi a pmm Miutrmm tttmetiu i» aatrit,... 

• Jal« KoBÛa, U«t4 ilii MB tatnte diu la ptji de* Hdmi.... • {Dt 
Cibt i* ftiatm, mt Su.) 

a. Aaubal Cimckc : 

.... Qmn itJmtmt AnTIltJL amuui 

/j» pf^rÎMM méM I am Mifâm mj A uh hùv mfU cvtfii, 

* La MHgaau AsbiImI 1 pril d* ttoi c« gnadi homm» (eu graaJt 
ftimlm) tm qa'il n a troBTi dt bon, dnt il ■ &il coaia* au pi4eU <[a'il 
■ ■•nTarti ea h propre tabitaBcc. • {IhiJtm, nn 535 «t SX.) 

3. Oat Toola à l'ori, daai osa ilIaMrc Tiraliti. 
i. Bwoblir. (1674. Si. iTSf.) Vor« toa» YIII, p. t-jl, aou i. 
5. Hoa atiriln, irnUaat la pcuia, la goUt L'idfa da mot «M din- 
lappi* daaa lia T*n aSS-aQO. 



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558 LA GLOIRE DD TÀL-D1-GR1CB. 

Décide sans erreur, et loue avec pmAtnae*, 
LoDU, le gnnd Lodis, dont l'eaprit souveram 
Ne dit rien au hasard et voit toat d'an cail sain, 
A versé de sa boaehe i ses gréces brillantes 
De deuxprécienx mots les doaceurs chatouillantes* : 
£t l'on sait qu'en deux mots ce roi judicienz 
Fait des plus beaux travaux l'tfloge glorieux. 

Colbert, dont te bon goût soit celui de son maître, 
A senti même charme, et nous le fait paraître. 
Ce vigoureux génie, au travail si constant, 3a 

Dont la vaste prudence à tons emplois s'étend. 
Qui du choix souverain tient, par son haut mérite» 
Du commerce et des arts la suprême conduite*, 
A d'one noble idée enfooté le dessein, 
Qu'il confie anx talents de cette docte main, 3i 

Et dont il veut par elle attacher la ricbesse 
Aux sacrés murs du temple oii son cœur s'intéresse *. 

I. kne leieace, tree usa parfiitc «luuuHBea dei cboi:»: pini loîm, i 
Ttn 306, • Tiita prudence > ' ' ' 



1. Hou iToai dijt (tam* VllI, p. 48], poor e* sot, tmploj 
)tjl« le plai sabla, rtaroji aa Dieilnutaire Jt Liiui. 

3. Colbart, dont 1> miniilére compnnait 1» tlTiirn d« 1 
flMLiuifa«tar«t et da eOMiinvrce, Atait depuis j664 ■arimmdaml 
du Bai : *a]r« eî-deuui U Solia, p. 5iS. Da Freiuf, ei Ut* d« ai 
pelle arlimm, mJifiàonm, miaimarumqiit rtgai lufotimm 



i. Saist-Siiitache. {»■(« di Meliir*.) 

L'bAtei Colbert (lilué entra U ma dn Petiu-t3umpt et la ne TtTiaaB* 
^ui le «ipirait du piUii Maiarin) était lor la piroiite Saiot-Eotucba. Le 
mlniitre fit de MV fl'ant de nombreoi dou i ràxliae, Dà,»r ledéiir qn^Q 
«B **ail «pTimà laiu danta, il (at iobnB* n |683. cl no iob tomba** *r 
roit encore. Il Tenait d> Taire eoiutrnira deux ebapelki et arait deiuad* 
i Higurd la déuraitua dt l'une d'allt*. «Ile de* Fonti. L'aaieur de U 
Cleiri du Vil-de-Crlca peignit U aoui Itoii tratqae*, ri c* lont le* • tra» 
tableanx ■ dont la parler Mallére. Perrault le* a iiin|>leineai inntionaiem 
(k la •aiUduponigïcili ei-danai 1 la irelife,p. SiS]. naLi voici la des- 

da i685 (tome I, p. 5i4 et 5aS) : < La chipaMe des Fon» «t.... peinte i 
ErMigiM par U. H^nanlisar ladioiM, «tt rapriaaoli leBapllmede Kotre- 



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LA GLOlftB DU VAL-DE-GRiCE. SSg 

Im voflA, cette main, qui se met en chaleur : 

Elle prend les plnceRUx, trace, éteod la cooleor, 

Empftte, adoucit, touche, et oe fait nulle pose : 3 ■ s 

VoilA qu'elle a fini, l'ouvrage aux yeux s'expose ; 

Et nous y découvrons, aux yeux des grands experts, 

IVois mincies de l'art en trois tableaux divers. 

Mais parmi cent objets d'une beauté touchante. 

Le Dieu porte au respect, et n'a rien qui n'enchante, Jio 

Rien, en grâce, en douceur, en vive majesté, 

Qui ne présente à l'œil one divinité ; 

Elle est toute en ses* traits si brillants de noblesse : 

La grandeur y paroît, l'équité, la sagesse, 

La bonté, la puissance; enfin ces tonits font voir tiS 

Ce que l'esprit de l'homme a peine à concevoir. 

Poursuis, 6 grand Colbert, k vouloir dans la France 
Des arts que tu régis établir l'excelleDce ; 
Et donne à ce projet, et si grand et si beau, 
Tons les riches moments d'un si docte pinceau; 33» 
Attache à des travaux dont l'éclat te renomme 
Le KSte précieux des jours de ce grand homme. 
Tels hommes rarement se peuvent présenter, 
Et qoand le Gel les donne, il en faut profiter. 
De ces mains, dont les tempe ne sont guère prodigues, 
Tu dois à l'univers les savantes fatigues ; 
Cest i ton ministère à les aller saisir. 
Pour les mettre aux emplois que tu peux leur choisir; 



duo* lapUfund, dq DiiB le Pire, me on giand groapa d'iDgei, 
•au II GIsin onTcrta, tounia du cAli da biptlm* : CM SgorM 
MM ■■ Htnnl. > Cei p«i«t«ci dupinnat iiee le chipdla lu» da la 
naa—huniia da |iaad portail, «Ireprûe en 17S]. m le trûte deada d* 
Mfnid da Joui (patit-fib da Jalaa Hardoaio Haniaid], et poor laqoell* 

I. Ici caeoia >• bat-fl pai lira eti? 



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56a LA GLOIRE DU VAL-DE-GRACE. 

Et, pour u propre gloire, il ne faat point attendre 
Qu'elles viennent t'offrir ce que ton choix doit prendre. 
Les grands hommes, Colhert, sont mauvais coortisaiis. 
Peu faiu à s'acquitter des devoirs complaisans : 
A leurs réflexions tont entiers ils se donnent, 
Et ce n'est qae par là qu'ils se perfectionnent. 
L'étude et la visite ont leurs talents à part : us 

Qui se donne à sa cour se dérobe à son art; 
Un esprit partagé rarement s'y consomme', - 
Et les emplois de feu demandent tout un homme. 
Ils ne sBuroient quitter les soins de lenr métier, 
Pour aller chaque jour fatiguer ton portier, iSo 

Ni partout près de toi, par d'assidus hommages, 
Mendier des pr6neafs les éclatants an&rages. 
Cet amour de travail, qui toujoura règne en eox, 
Rend k tous autres soins leur esprit paresseux; 
Et tu dois consentir i cette négligence 35S 

Qui de leurs beaux talents te nourrit l'excellence*. 
SonOre que dans lenr art «'avançant chaque jour. 
Par leura ouvrages seuls ils te fassent lenr cour. 
Leur mérite à tes jeux j peut assez paraître ; 
Consultes-en ton goût : il s'y connoit en maître, iCo 
Et te dira toujours, pour l'honneur de ton choix, 
Sur qui ta d<H8 verser l'éclat dea grands emplois. 

C'est ainsi que des arts la renaissante gloire 
De tes illustres soins ornera la mém<Hre, 
Et que ton nom, porté dans cent travaux pompeux, 3S5 
Passera triomphant à nos derniers neveux. 

I . lUnBcBl j irrin i la ftttttdam, arri** k U pi Atiu a d* cN ttt, 
L* miiat «aplin d« M eaummmer ■ M bit d*M le T«n Ul ^ CÉttli dm 
mmrU {Umm II, p. 3ga}, dtM U h» tS4S i» timoU dêt/nmm»* (UMM ID, 
p. aSt). M dui b T«n tSl7 Am Tntmff' (■*» I^i P> S'S)- 

1. Noonil poar toi l'iinjlfii 

PIN Dl LA OLOISB DB VAL-D8>eilct. 



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I POESIES DIVERSES 

i 



D.nt.zedbïGoOglc 



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NOTICE. 



A l'exemple des précAlents éditears, naos avoiu réuni, sons 
le titre de Poésies divises, quelques petites pièces de notre 
auteur. 

Si le tràs-spirituel et très-charmaDt Remerciettunt au Roi, 
qui est de l'amKÏe i663, n'avait dû être mis dans notre édition 
à la place que lui marque sa date, c'est-à-dire à la suite de 
l'École des femmes^j il eût uatiirellenient été donné iâ comme 
une de ces Poésies diverses, et non certes comme la moins 
agréable. 

Avec le poëme de la Gloire du F'al-de-GrOce, qui s'en dis- 
tingue par son étendue, comme par sa valeur, et que, par cette 
raison, il n'a pas fallu ; mêler, ces petites pièces sont, en de- 
hors du théâtre de Molière, tout ce qui nous reste de lui : nous 
ne dis(»is pas tout ce qu'il a écrit. 

Non-seulement il est probable que nous avons perdu beau- 
coup de petits vers qui coûtaient peu ii la plume facile, mais 
BOUS savons avec certitude que nous avons fait une perte Inen 
plus regrettable, dont on nous permettra de parler ici, quoi- 
qu'il s'agisse de bien autre chose que de bagatelles à insérer 
dans les Poésies diverses. 

Personne n'ignore que Molière avait traduit, partie en 
vers, partie en prose, presque tout le poème de Lucrèce de 
la Nature des (Âoses, mais que de cette traduction on n'a pas 
même retrouvé de fragments, le couplet d'Eliante dans le 
Misanthrope * pouvant à peine passer pour nous en avoir con- 

t. Tome III, p. i9$-3oa. Vojee aux page* i83-sga du même 
tome la Hotie* de H, Deapoù aur ce JUmereUmeat. 
a. Acte II, Mine iv, vers 711-730. 



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564 POÉSIES DIVERSES. 

serr^ va. Il n'a jamais été rien dît de certûo pour expliqner 
U dîipuition, la deatnjcticMi de cet oarrage dei annëei de 
jennesie, continue plus tard, dit-<Mi; nuis qu'il ait exista, c'est 
un fait que mettent hors de doute les tÀnoignages de Qiape- 
lain, de l'abbé de Hu-olles, deBrotsette^ 

Puisque avant de parler des petites productions de HfJière, 
nous n'aroos pas cru hors de propos de rappeler que, panai 
ceux de ses ëcriti qui sont étrangers au théâtre, il y en eut 
deux de grande valeur, dont l'un, inspire par la fresque de 
Mîgnard, a été donné ci-dessus, dont l'autre l'est perdu, nous 
■ommei «mené à mmtîoDner ici l'attribution, qui lui a été faite 
récemment, d'un ouvrage qu'assurément on n'aurait iu»i pfais 
songé, si l'on avait pa j reconnaître quelque vraisembUocc 
d'authenticité, à classer parmi ses Poésies diverses. 

Ce n'est rien de moins qu'une oeuvre poétique de plus de 
SIX mille vers. L'avoir reôdue à la lumière serait une con- 
quête d'un grand prix, û elle pouvait soutenir l'eumen. 

Le manuscrit, qui a été publié sous le titre, qu'on a trouvé 
hon de lui donner, mais qu'il ne porte pas si nalvemeot, de 
Livre abomirtahle'j conUeut cinq dialogues, où les ennemis de 
Foucquet sont mis au pilori comme les plus infimes scélérats. 
De quelles preuves l'éditeur de ces haineuses satires a-t-il ap- 
puyé sa préteation d'en faire endosser la paternité', très-peu 
honorable, k un de nos plus grands poètes, qui, en même temps, 
a laissé le renom d'un très-honnSte homme ? Voici le moins 
frivole prétexte que jusqu'à cette heure on ait mis en avant. 
Dans /e Misanthrope^ Alceste se plaint que de lâches ennemis 
lui aient attribué « un livre abominable* d. Nous tenons poor 
très-vraisemblâble que, par U bouche d' Alceste, c'est Molière 
qui nous apprend de quel crime ihi le chargeait lui-même. 

I. Tout ce que l'on Mit sur l'exiitence de celte tniductioD a éti 
dit, avec indication dei taurcet, par notre collaborateur M. De»- 
fenillti, daai lei Addiiioni aux nota éa Mitaittliropc. Voyea aux 
page* 559-S61 de notre tome V. 

t. £• li»rt aèomiAatlt Je t665, fà courut «t mamuseril fmm 
U monde, tout U nom de Molière (fomédie politique ta vert wr /> 
prœii de FouefHtt), déeoanrt et pmilU iur tm* t»pie du Mtmpi par 
H. Loais-Auguite lUnard : 1 voliunea i*-S>, Oidot, iB83. 

3. Le Miëoittkrope^ acte V, loine 1, tws i5o(-i5o4. 



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ffOTICI. 565 

Ceci accordé, il l'ttgissaît de découvrir un livre qtd satisfit 
à b doi^le omiditioa d'fitre abominable et d'avoir pa coarir 
par le monde vers le temps où Molière écmiit son Misan- 
ihn>pa. Or, notu dit-co, le mannscrit qu'on a tronrë ta rem- 
plit parfaitement. 

On oablie que, pour juger suffisant l'indice auquel on ooos 
imâte à nous fier, il faudrait .supposer qu'à la mtme date nous 
ne saori<»s trouver aucun autre livre « de qui la lecture fdt 
ntoe condannable* s. Nous ne doutons pas, au contraire, 
qn'il ne puisse se prësenterplns d'un concurrent. RetBarqaons, 
d'ùUenrs, qu'on n'a pas eu simplement l'ambition d'aTOtr Mi 
la main sttr l'écrit ntëchamment imputé à Molière, ee qui att- 
rait do moins un întértt anecdotique, mais d'avoir reconnu, 
ea dépit de la protestation indignée d'Alceste, qu'il est réel- 
leOMUt de l'aoteur àaMiaarahfope. 

Un autre gmre de preuves devient dès lors nécessaire. Les 
témoignages manquant, ces preuves, qui d'aiUcura rettenîent 
conjecturales, ne sauraient être tirées que duityle du pampUet 
rimé, où l'on est tenu de nooa maiilra> la marque particnlière 
de notre grand )>oète. Elle est sans doute de celles qui, dans 
■■ si long ouvrage, seraient difficiles à méconnaître. Hais c'est 
justement l'absrâce de cette marque, c'est, nous le disons 
même, une marque tonte ctmtrmre, qni démontre la Taosseté 
de l'attribution. Dans ce fatras, oà çà et U te versificateur 
étincelle, que de négligences, que d'incorrections, dont jeann 
In plume de Molière n'a pu se rendre coupable t Et ooame 
tout y est éàSm, traînant, d'une ironie moBstone, plein de 
fastidieuses redites, d'insupjMr tables langueursl Dons du 
•cènes dialoguées, qui auraient dll fctre une vraie comédie, 
pas on trait qui dessine les caractères, qui nous les montre 
diSSrents les nus des autres, et, par conséqneot, réponde au 
don propre et singulier de Molière; pas une raillerie fine, pas 
une piquante saillie. On j renomtre continuellemeot de tels 
débuts de style, qoe, daâa llmpossibilitë de les mettre sur le 
compte d'un grand écrivain, o& a trooTé commode de suppo- 
wr qne tout n'est pas de la même main. Cest oe qoe ooos ne 
■awions admettre; noua coastatona des inégalités, sait» pou- 

iV,tci>>i, Tenifioi. 



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566 POliSIES DIVERSES. 

voir dîitingner 11 phiuran manières. Ceax. qui se sont flatta 
de les dîstingner anraieDt dd signaler oà iU ont cm trouver 
Holière, Nom ne refusons pas de looer, dans cette longue et 
lourde déclamation, quelques beauté de style, plus d'an trait 
vigoureux. Le morceau qui nous paraît en contenir le plus est 
la lettre de Foccquet écrite ou Roi. Oui, voilà bon DomtK« de 
vers bien frappés et d'une remarquable énergie; mais ceox-là 
m6mes, ce n'est jamais Molière qu'ils noua rappellent. 

Les objections de la critique littéraire paraltrcHit pent-ttre 
à quelques personnes d'une évidrace plos difficile à ««tester 
que les objectioiis morales. A nos yeux iMitefois cellea-ci ne 
valent pas moiui, Molière n'était pas bomme à verser ainsi 
l'outrage sur le Roi, sur son protecteur. Et quelle raison lui 
C(Hiiutt-on d'avoir pris avec cette partialité violente la défense 
de Foncquet 7 Est-ce parce qu'il avait en l'honneur de tort 
représœter ses Fdcieux dans la grande fSte de Vaux, proba- 
blement bien moins sur l'invitatian dn surintendant qne sur 
ceUe de Louis XIV? 

Ce qui peut, non pas excoser l'ëditeur du prétendu Linv 
abominable de la légèreté de ses conjectures, mais le amsoler 
de l'iDcrëdalité qu'il a rencontrée, c'est que sa publication, 
outre qu'elle a fait connaître une œuvre à laquelle on est loin 
de refuser tonte valeur littéraire, n'est pas sans intérêt pour 
l'hisloire des pam[AIets du temps; mais, de ce côté, elle ne 
noBS regarde en rien ici. Si nous n'avons pas dd feindre de 
l'ignorer, c'est qu'elle a fait quelque bruit et a fort émn, 
comme une injure, involontairement sans doute faite à Molière, 
ses nombreux admirateurs. 

Noos avons saisi la seule occasion, qui se soit oflerle à nous, 
de ne rien passer sous silence de ce qui se rattache à l'histoire 
des excarsiMis faites ou supposées faites par Molière hors de 
son domaine comique ; il est temps d'en venir anx Poétiet di- 
verSMf véritable objet de cette Notice, 

Ce n'est pas li que les attributsmu fausses, ou seulement 
douteuses, pourraient faire une très-f^ve injure ï la gloire 
de Molière; la circonspection toutefois reste un devoir. Nous 
n'avons donc rien admis qui ne fdt d'une authenticité démo»- 
trée, nous tenant en garde «mtre l'ambition de trouver dn 
nouveau et de grossir le recoeil de cet petites pièces, n'héâ- 



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noTics. 567 

tant mfime pu à le diminner an bescno. Les moindres traees 
des Poéiies diveriet de HoKère avaient M, avant nous, patiem- 
ment cherchées; et ]'i»i n'avait pas toujours assez craint d'en 
suiTre de trompeuses. Nous ne vondritHis poortant pas d^ 
courager les pù^vérantes inveitigatirau, comme celles, par 
exemple, auxquelles s'était livré feu H, Paul Lacroix, et qu'il 
avait soumises à l'examen des critiques', Noos n'avcns refusé 
d'en bire notre profit qu'âpre y avoir donné notre attention. 
Qui pourra dire qu'en les rec<»nntentant avec plus de cir- 
coii^>ection, on n'arrivera pas ik quelque découverte dont les 
preuves seront plus solidement établies? 

Nous ne sommes pas les premiers à dire qu'il y avait sur- 
tout danger de omfondre notre poète avec Louis de MoUler 
ou de Molière (les contemporain! donnaient à son nom tantfit 
l'one, tanUtt l'autre orthographe*}, 

Lequel, ODtre le bein talent 
Qa'îl ■ de daaieur excellent. 
Met henrenieinent en pratique 
La po^e et la musique. 

Dans le passage de la Musa Mstorique où Loret parle ùnsi 
de lui*, il le »»nme le iteur de Molière. 

Les homonymes quelquef<ns sont gens à causer des ennuis. 
Nous ne croyons pas cependant que notre poète ait jamais 
senti, de sra rivant, le besoin de dire aa sien ; 

Qui de t'appeler de ce nom 
A pu te donner la licence* P 

C'est devant la postérité seulement, et lorsqu'on s'est mis en 
quCte de ses moindres binettes poétiques, que s'est trouvé in- 
commode pour lui ce sectmd moi, célèbre en son temps par sa 

I. Poiùtt Artrta mttrUmJtt à Maiiin, ou poumnl lai tir* attri- 
htiu, rteatiUist tt puiliét pmr P. L. Jocat, bibliophU». Paris, Al- 
pfaoïwe Lemerre, 1869, un Tohune ia-i8. 

1. Voyex notre tome IV, p. 5, note i, et p. ss5, note >; M 
h* Comttmpormu da MTotUrt, de M. Victor Fonniel, tome U, p. ig3 
et 194. 

3. Lettre en vers du 9 septembre t656. 

4. Ja^irjom, acte 10, seine n, ven 17S4 e< >7S5, 



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56» POÉSIES DIVXRSES. 

duiH, par M wuiqae, pu- k poéw M&m* d(»it il onuit 1m 
WleU de cour, arant la grasda r^utaiigo da Bcnuarade, On 
trouvait de l'agrém«ut k aea vcn^ à ■«« ohamona] at il est 
naturel qu'on en ait aouTaat iiM^rë dans la» Recueib inpriaaéa 
ou maaiucriu. Quand on rolcoBtre là de petilea pièces tignim 
du noai de MUièrt, ttait non préccdiea de* initiales J. B. P. 
(Jean-Baptiste Poquelin), on doit éaaa y regarder da prà «t ne 
pai ae hAter de le» donoM- à notre auteur*. Le discwiMaatt 
n'est lani doute paa anasi facile dans ces bagatellea que ^il 
s'agissait d'oavrages pins sérieux; il nous paraît néanmoioa 
qu'une erreur d'attributioD eat touTont impoasibls. Cait ce que 
Doos derrons appuyer do quelques ezanplea; mais il serait 
long et vraiment luperflu d'evniiner une à m» las nombrenaea 
poésies que l'on a, sans indices sérieuxi prêtées à Uolière; et 
il suffira de citer celles dont bien de* personnes pourraient 
s'étonner qu'il ne fût tenu aucun compte, celles qu'au prenùer 
abord quelque chose semble recommander A l'attendcHi. 

Dans un manuscrit de la Bibliothèque nationale, M. P. La- 
croix a trouvé sigoées du nom de MoUier des Stancet irr^gu- 
liéres sur les conquêtes du Roi, en 1667*. Ce sujet convenait 
bien au vrai Molière, l'auteur de ces antres vers au Sot tur 
ta conquête de la Franehe-Comtê*, ceux-là trèa-autbentiqnes, 
et d'une noble simpEcIté, Mais pour célébrer les victoires du 

t. Ce n'ett pia tenlement U ilgnamre de MolUrt, oomunne â 
deux coiitemponiiiii, >dmia avec empreMementrim et l'autre dam 
les Recueili, c'eit niêma U simple initiale M, qui ■ paiu saflire 
pour attribuer à notre poète de petites pièces, entre aalre*, les 

C'eit un amant, ourrez la porte..,, 

qui sont dans /« OEuera da liaatUur Jt UoMireaU [poit io'tr, iSU : 
voyez p. S91), de ce Matliieu de Moutreuil dont BoiJeau ■ dit 
[Satire tu, vers S3 et 84) que l'on voyait les ver* 
Grossir impunément les feuillets d'un recueil. 

D serait plut fâcheux de le* laisser grouir les édition* d« Ho- 
lièie. 

*. Voyez k Btrua dti Prortnta du i5 mai 1864 (p> 34a-34S}| 
et les Poi^ici direnei aUriiaiei i MolUre, p. 65-88. 

3. Voyei ci-Bpr*«, g. 584 «t 585. 



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NOTIGK. $69 

Roi, poncHine n'avait de prinUge; «t comneiit croire de la 
mSiiM main Ici d«az conqiliments ? L'antenr da premier pbi- 
nttte tris-lonrdemeat, et Fan n'a jamais fait plui méchijitef 
poistei. I^iasoDS ce« aianoM on baladin. X« Moliériste, cf ail» 
leon, notu a appris' que, dans une vente faite cette anoëa de 
Lettrti autopaphei tt péiett AitOtriqaa ajant appaitaon à 
H. Hoomerquë, ae tronvùt nafoliOM mamucrlt de Taltenant 
des RÀox*, qui ooatieiit dea vers de Holîire ■ de la Hoaique 
du Roy mr les conquîtes eo Flandres (1O67 et 1668). Ce 
sont sans donte les m&nes que U. P. I.acroix a tires d'un 
manuscrit de la Bibliotbèqne oatioDak; et dès lors pins la 
moindre încertitucle. 

Une ^Mgramme, que, dan* le Songe du Hmmut*, imprimé 
ai 1660, on noDs dit 6tre de UoUère, ne peut Atre rej'etée par 
la crainte d'an de ce« qulproqoo auxquels a donn^ lieu le 
■naleOGontreux homonyme : c'est sous le nom de Molière, le 
grand comique, que, sans équivoque possible, eUe est donnée. 
Il n'ea est cependant pas l'auteur, et ceux qui en ont autre- 
ment jugé, parce que la date de l'opuscule leur a semblé écar- 
ter l'idée d'une lausse attribution^ n'ont pas fait attention que 
toutes les épigrammes prêtées par ce Songe à différents aur 
leori s'annoncent très-clairement comme imaginaires. « Ce 
Songe, est-il dit dans l'ans au Lecteur, est fait sur un autre 
Stmge*. s On a voulu en effet répondre par un jeu d'esprit 
du même genre à la Pompe funèbre de Scarron*^ qui venait de 
paraître, et ne se dtxmait auasi que pour une fiction, pour un 
rive. Dana les pages qui servent d'introduction à la Pompe 
funèbre^ « le Député des Comédiens disoit à M. Scarron : 
« Puisque vous desires, Monsieur, de faire un testament, veuil- 

I. Mai iS«4>p>(îi- 

s. Non* n'avoni pn taTcûr en quelles mains est aujourd'hui ce 
Tolume, dgat nom n'iurioiii touIu parler qu'apris Tavoir tu. 

3. A Paris, chez Guillaume de Lnjne, ■ ne u, Pedi iil~t> de 
38 page». 

4. Pages 3 et 4. 

5. La Pompa funibrt tU M. Searron. A Paria, chee Jean Ribou..., 
HDOLz. Petit in-ii de 55 pages, sans compter U lUreir* au 
Intear et le PriviUgt du Koi, non paginéi. L'achefé d'u 
est de 4 novernlve 1660. 



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Sto poésies diverses. 

a In, de^flce,élireim>ncoeS6etu-,aTBntqnedeiiioimr*..,. » 
Mdïer fiit enmite mil «nr le Upia, parce que les libfaim 
avoient gagne à ses Préoieuiet; maû H. Scarraa le refiua 
tont net, disant que c'éloit un boofibn trop sërieax*. » Ce 
trait qui mettait Molière bon des domaines du buriesqne, mr 
lesquels il n'arait aucune prâention, et ne lui fit sans doute 
aucune peine, fut ainsi TvpooÊaé par le Rénw* : 

jiptgramrrK de M. Moliire, dont le même auteur a dit ; 
c'eti an bouffon trop térleux. 

Ce digue anteDr n'ëtoît pal ivre 
Quand il dit de mot dan* ion lÏTre : 
CTttt UM iouffon trop tdriiux, 
Certe il ■ rûson de le dire. 
Car s'il le pr&ente i mes jeax. 
Je l'empiobeiai bien de rire. 

Outre cette ëpigramme, il y eu a d'attribuées ausn. dans le 
m£me Songe, k tous les auteurs que la Pompe funèbre de Scar- 
ron avait mis en scène : à Quinault, à Boyer, & Bois-Robert, à 
Cotin, à l'abbd de Pure, à de ViUîera, à Magnon, i Bensae- 
rade, aux deux Corneille, etc. Qui voudra s'imaginer de mettre 
ces ëpîgrammes dans leurs œuvres ? Cest dans un rfeve, on ne 
cherdie pas à nous laisser nous 7 méprendre, que l'auteur 
les a entendues de la boucbe des Hnses, qui les pràentûent 
il Apollon, Il est, d'ailleurs, aisé de reconnaître qu'elles <»t 
toutes la marque de la mfime fabrique. Ce sont d'inoocents 
mensonges sortis de la porte d'ivoire, l'auteur ni &it suffi- 
samment l'aveu, lorsque, à la fin de son opuscule, nne « risée 
imprévue » le tire de son rêve ; 



Nous ne regrettons paa qu'en se flattant d'avoir recariUi 
dana le Songe du Rêveur des vers inédits de Molière, on ait 
tiré de l'obscurité cette petite satire écrite par un de ses amu : 
elle n'est pas sans int&^t pour qui cherche partout les traces 

I. Page 7. 

>. Page 10. 

3. Pi^ i5 et i«. 



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NOTICB. 57t 

dM tàaoignagei c(Hitemp««infl digne* d'être recueillis par le* 
bistorieos de sa vie et de ses ouvrages'. 

Le Riveur nous apprend que Ut Pompe funèbre de Scarron 
est de StHiuise*, c« « maître faquin m, coupable aussi, comme 
il le bit dire i iÉralo, d'avoir dérohékUodèni^ Pr^cieusetK 
On le garrotte et on l'oblige i la «wfession de ses fautes. Apol- 
lon ordCHtne de le berner. 

« Ce hqulu a choqua Holitra. 
Qu'il loi btse amende honorable. 



■>- Je lieDi oe paun« mU^rable, 
Reprit Uolière d'un ton daaj. 
Port indigne de ncin ci 



Cette mansuétude de Molière montre bien que l'on a en> 
tendu ne faire qu'une plaisanterie en mettant sur son cmnpte 
l'dpigramme avec ses menaces. 

TiMci on trait d'un plus grand prix pour les biographes 
de Holi^, et tout à fait remarquable sous la [diune d'un con- 
IMnporain, qui pouvait bien connaître sim caractère. Lorsque 
Somaize, après avoir demandé pardon it Apollon, aux Muses, à 
HtJière, est, an milieu des éclats de rire, berné dans une con- 
Tcrtore : 

Moliire, f fi n'nt pat ritv. 

En rit aoMi de tout ion ccenr*. 

Ceini qui a tant fait rire ne riait donc pas volontiers hors de 
■es comédies. 

I. Notons, en puiant, qn'on j trouve confiimë, ce qne déji 
ne taisMit gatrr doutenx la date eonnne dn prÏTilége de la Coâu 
imegmàirt (TOjea notre tome II, p. i38, note i), qne la pjtce pn- 
blUe sont le nom de Doneaa, qu'il ne faut pas confondre avec 
Donnean de VM, parut dès i66a. Dan* U So»g; imprima L la fin 
de cette ann^, Terpfichore se plaint (p. il) de cette îi 
comme d'an impndent larcin. 

s. Boucher.lamtoeanntfe i66o,chezSerc7, ena, 
litre, publié une qu'il ne faat pas confondre avec oelle de S< 
elle a nn Achevé du g novembre, et le fonnat en est in-qnarto. 

3. Page a3 (vofea aiuû p. «7). 

4. Pages 3i «t 3a. — 5. Page 35. 



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S^ï POÉSIES DIVERSES. 

Dm longue pUce ca T«n irr^nlùn «t deoz «dr^anx, 
que douM une ancienDe copie déeoaverte par le niin|ins de 
là Garde chez un bonqtiiiiiste d'ATÎgnoD, ont été, ca 1859, 
attribués i Molière*. On croyait y reconnaître boo écriture. Il 
est Majeurs diffidle aux cqierts de se prononcer avec cei^ 
titnde, mais surtout, comme c'est le cas pour cette écritive, 
lorsqu'ils n'ont à leur disposition qœ des éléments de compa- 
raisMi à insuffisants, fournis par quelques signatures. 11 est 
sage alors d'avoir plus de confiance dans l'appréâatîon iilt^ 
raire. Celle-ci ne saurait être favorable à l'attiibudoD. Après 
avoir lu sans prévention ces poésies, nous n'admettons pas que 
liolière amoureux sent resté si ao-desioas de Bcnleau, chan- 
tant sa Sylvie, et ait jamais exprimé sa passioa dans cette Ermde 
langue de la plus lourde galanterie, dans un st^le qui ne le 
distinguerait en rien des adorateurs d'IrU en l'air. Le» lettres 
P. A. B., au bas de la pièce principale, paraissent bien être 
une signature par les initiales du nom de l'auteur iooofuui. 
L'fi^ilication : Pour Armande Béjart, est ingémeuse, trop in- 
génieuse; ces mots, qui indiqueraient à quelle belle l'envoi était 
lait, ne seraient à leur place qu'en tète de la i»èce de ven. 

I4 Bulletin du BihliophiU, juillet et août iSâS', a publié 
une cbanson tirée d'un manuscrit où elle porta ce titre : Cha^ 
son faite par feu MoHére. Ce manuscrit avait été acheté par 
le baron de Stassart de Bruxelles, à la veste des livres du roi 
' Louis-Philippe en mars iSSa*. La duoson s'; trouve au mi- 
lieu de poésies autographes de Mlle Caumont de la Force. 
Comme les plaisanteries, lestement tournées, y sont an fond 
très-grossières, nous devions souhaiter que le peu attrayant 
devoir nous fdt épargné de ne pas refuser une jjace dans une 
édition complète à cette production d'une muse trop libre. Ce 
n'est point cependant notre scrupule) quelque naturel qu'il fAt, 
qui nous a suggéré la conviction que ai les licencieux couplets 
aoni en effet d'un Molière, ce feu Molièrv drat &tre, cette fois 



1. V07M dam le Journal Jet Dikatt dtt 4 «t du 6 nai 1889 deox 
•ttialM d« H. d'Oriîgue. 

•. P>eM 366-368. 

3. Il Cgiire au Catalogne de h prenuire paitie de U btbiiothiqiie 
du feu roi, «oiu le nnm^o ii33. 



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ITOTICK. 573 

encore, le dansenr chuuooDier. H 7 a là une recherdte du 
bd «éprit qui m fut jamaîa le difant de notre Holière, 

Nosi nnartfooas, entre autres couplets, le dixième, dcmt 
me reeseodiUnGe assez marquée avec le sonnet d'Orunis n'ao- 
rait pas permis k l'antenr du Mhanthrvpe de se moquer si fort 
do ndehant (|oât de son poêle de cour. 

A notre sentiment, on peut faire des objections 1 peu près 
envi fortes, et de mSme nature contre l'attribution à HoHère 
des Stances galantes, qu'Aim^Martîn a le premier insérées 
dans son édition de i845'. 11 les avait tir^ des Ddliees de 
la poésie gaianU, publiées chez Je^ Ribou en 1666 (première 
partis, p. aoi). Ces Stances y sont signées MoLisaa. Nous 
avons surabondamment averti de l'équivoque de cette signa- 
ture. Ces stances, qui flattent l'oralle, peuvent d'abord faire 
quelque ilhtnoa ; et laor galanterie précieuse a un certain air 
agréable ; mais notre poète était ennemi de la préciosité et des 
Eusses gentillesses dont le sens net échappe lorsque l'on prmd 
la peine de le chercher. Nous ne pouvons croire qu'il eAt 
jamais écrit : 

Et lori qa'oD ahnt et que le cour loupire, 

Sou propre mal (onTeot le laliirait. 

Le mal d'aïner, e'e*t de le vouloir taire. 

Qu'étant dei mbqt* l'unique louTeraine, 
Dewu le rAtre Amour agiiae m roi. 

n'est-ce point prétentieux, alambîqué, peu intelligiUe? 
Dans les comédies qui lui étaient demandées pour les fêtes 
galantes de Versailles on de Saint-Germain, dans des inter- 
mèdes pastoraux ou mythologiques, Molière a quelquefois 
écrit des vers où quelque fadeur était inévitable ; mais qu'on 
les compare i ceux de ces Stances; qu'on relise le Bécit de 
VAmvre, qui est la scène première du premier intermède de 
la Princesse d'Êlide*; le second air de la scène xv et dernière 
de la Pastoral» comique*, dans lequel est développé ce même 
diènw rebattu du conseil donné à û jeunesse de mettre à profit 

t. âbwM 4» Ifo/Um, tome VI, p. 441. 
>. Vofet au tome IV, p. t3i et i3s. 
3. Vojw au lame VI, p. los et so3. 



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574 POESIES DIVERSES. 

mie saiflon si prompte à fuir hob itfour; et encore le chnor 
de> bergers et des bergères dans k dernière scène des Amant* 
niagnifiifues^. Il ne s'agit pas de chercher là des beauté de 
premier ordre ; c'est dit moins d'une langue claire et franche, 
fans faux briiliuits, sans entordllement ; et l'on reconnaît ïéai- 
Tain de bon goât jusque dans ces lieux communs de morale 
galante, nous ne dirions pas aujourd'hui comme Boilean > de 
morale lubrique s, dont il fallait pa^er le tribut à la muaiqoe 
des DivertitsemeiUt, 

Notre aris est donc de rejeter dëcid^ment les Staneet. Qnd- 
ques personnes cependant, habituées ^ les lire dans les ÀlîtkQS 
de grande autorité, pourraient regretter de ne pas les trouver 
id. Par cette seule raison et par une d^fârence peut-être exces- 
sive 1 des précédents qui risqueraient de nous être objecta, 
nous les donnons d-aprèg, maïs seulement parmi les Poéttes 
diverse! attribuées. 

Nous y avons mis également le couplet qna d'Assoncj* dit 
avoir été composé à Bëiiers par Molière, pour être ie pramier 
de là chanson destinée à Ôiristine de France, duchesse de 
Savoie. 11 n'y a pas de raison de croire qu'en se recommandam 
dans ses chansons du nom d'un collaborateur illustre, d'As- 
Boucy ait voulu faire une des facéties dont il avait l'habitude. 11 
est plus vraisemblable que Molière s'est réellement amusé i 
prêter au musicien le secours du pauvre coaplet. Mais com- 
ment savoir si celui-<:i l'a exactement écrit sons la dict^ de 
Holière, et, citant de mémoire une si insignifiante bagatelle, 
a'y a pas mis un peu du sien P Ce n'est d'ailleurs pas la peine 
de s'en beaucoup inquiéter. 

On trouvera encore parmi les Poésies diverses attribuées des 
vers dont l'authenticité cependant est pour nous à peine dou- 
teuse. Nous parlons de ceux que, sans en nommer l'auteur, nous 
a conservés le cahier manuscrit de la musique de Charpenti^ 
ponr laConUesse ^ Escarbagiias* .'iiL^'ljaaisilLo\»aA,\^ preoûer, 

t. Voyez au tome VII, p. 43s et 433. 

a, Lei Âvenlurts iTItalit de Uonstiir ^Asiouey; à Paris, de l'iia- 
primerie d'Antoine de Raillj ; i voloiue in-ii : vojex cliapitre va, 

p. 99-I"'- 
3. C'est te cahier, appartenant à la BibiiothiqiM nationale, dans 



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MOTIGB. 575 

les â tigaaltfs dans la Correspondance littéraire du a5 toAt 1864 
[p. 394-396] '. Oa s expliqua, L la page 60a de notre tome TIII, 
qne, suivuit toute apparence, ce aont des chants composes 
pour la reprise àa Mariage forcé ^ lorsque cette pièce fhtjonëe 
en 1671 avec la Comteste d'Eicarbagmu, M. Holand a craint 
d'affinner que les paroles de ces dûnts fussent de Holière; 
car il n'y a pas i en donner de preuves pontires. Ia prë- 
tomptimi du moins est très-forte. Û est difficile de ne pas r»- 
CMinattre, dans des paroles qui conviennent si bien au Mariage 
foreé^ les intermèdes nouveaux de cette pièce ; et HoU^ 
aurait-il confie A un autre le soin de les ëcrire pour le collabo- 
rateor chai^^ par lui de substituer sa musique i celle de Lulli ? 
Ktt même temps il noos semble qne ces vers, d'un tour facile, 
rappellent ceux da mfane genre que Holière a écrits, et sont 



Il n'est pas besoin que doqs nous étendions ici sur celles 
des Poétiet di^rses que nous avons admises comme înconte^ 
tablemwit authentiques. Les notes dont cbacnne d'dles est 
l'objet suffisent pour établir cette autben^té, comme pour 
dooner les expUcatioas utiles . 

leqael se tronve «nin la manque da KeiatU imagiiair; Voj es ei- 
dMfos, k la note de la page sio. 

I. Vojei anNi U lune VU de son édition des aturr** Ja Jfo- 
Btr», .376-378. 



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POÉSIES DIVERSES. 



REMERCIMENT AU ROI. 

(Vo/a Miw piice de i663 an ton* m, p. >9f^3oo, et la Notice 
dont l'a &il pr^oéder U . Detpoii.) 



MONSIEUR DE LA MOTHE LE VAYER 

•na lA Moar oa MoïKiatta loa >il*. 



Aux larmes, le Vayer, laisse tes yeux onverts : 
Ton denil est raisonnable, encor qu'il soit extrême ; 

I. C* Mwwt, qa'oa pcat d»ttr, oi t* I* voir, da 1664, • ité imprime, 
jT«e !«■ lîgB«i d« pnM« qai l« laÎTvatt dam la KteiuH de pièce$ galantei, 
M pmt M « H», ^ Madmim U eomtme lit U Siae, iTuiu mairt Damt, 
tt de MoÊUitar Ptlûtom, amgmtiui it plmtitm-i ilégia (Pirii, 1O7R; An- 
itttitta, iSySa]. ÂDfar • !■ premisr, an lB>5, réanï h KinaEt Et la lettre 
4**0101 an OBaTTC* da Holièra; il Ici cn>;*il iiiidiu at laa dansa d'âpre! 
■oa ■seif&aa «opîa que Ibî anil ïadiqnée H. Monmerqni^ et qui le trodve 
*■ tome Xni ÎB-tolio (p, 317] da* papicn d* Cosnrt coBMrrta à I* biblio- 
thàqaa de PArMaal. Cm àn*d k ee ticdi taie, qna H. Hanmorqai dàcli- 
rait arair iti traïuerlt d« la propre main de Conrart, qna nom «nformiuu 
la mtum. Laa aanla diffcreneaa d'eillann qiio pritastant a?aa là laa Lia- 
prauiona d* 1S7S at d* lÙgS aoat laa •airantm ; — aa 1' isra, an Uea de 

a Ce r aem îl e aa ploaiaoïa iditioai; tontaa ne donnant paa le (onnet; 
«iaai il na *e ImaTS pai encore dani l'édition d* iGSS, et na ta troota plui 
daaacalla da lOgi. 



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578 POESIES BirEKSES. 

Et Ion que poor toujours oa perd ce que ta perds, 
La Sagesse, crois-moi, peut pleurer elle-même. 

On se propose à tort of nt préceptes divers, 

■ IM T«Bi ■> 1678 et 169S oat • !«■ jrcu >; — ■ni-' Tcn ia ««aiut 
taie4l> IB Ii*ii da ■ da ehaenu >, 16^ ■ < d'un chicau.» ; — à U 1^ ligH 
ds II proH, r < et • qui *ienc iprii • m pareille Teneanm > et inat 
• qoa le lonaet ■ ne ae lil si dani i6j8 ni dama 1G9S. — Doe lettre de Csi 
Patin da 16 leptembre 1664 Gie le tcmpi on ee wBiut « éli eaapoaé et 
nom reDieipw lat lei eircoutaBcea qai rHapiFcrevt 1 « llami a¥aBi Ici, 
maDde^-îl â Faloonet, on honajte hoaDM bien affligé : «"nt K. d* la 
Hoihe le Tajet, célèbre écriTain, et a-datant pricaptenr di H. le doc 
d'OrfJaiu, Igé de irptuM-boit au (li Vajv iudt m rU}iti ftrmm à 
ta qtulrt-ringt il ita ij m* mMiti»'). Il arait n fib ii»ift d'eniina treate- 
ciaq •■!■, qui «I tambi malade d'une fièrre cantinoe, k qui HH. bpiit. 
Brader it Badineaa ont danni troi* fait le tin Émétiqne, et l'ont cnaTé 
au payi d'oA peraonne ne retient, ■ Françoii de la Mothe le Tajert aaqacl 
la lonBat e*t (di«Mg, ti*it ce ttcond ieriiun duat la natm, eacor* réim' 
prinéei au lièele dernier, n'ont pa* rempli moiu de q^ime TohnM. 
Sainte-BeuTB, 1* reneanlnnt parmi lea adTcnairea de Tasgela*, ■ tait de 
lui nn portrut* doot nom citeraw qodqiia) Iïcbm. La Holhe l> Tajer ht 
dé) 1639 de l'Académie franfaiie,dit-Û,<aiaii de ceux qa'anappeliilrvUaiû 
nt l'anlile da la langne... Né en iSgS à Piria, U anit été d'abord nb> 
•dlut da procarear général : on t'en aperetrait peat-étre k icm itjla.... 
Mail Km MToir était dei plai étendue et ne le confinait k anenne pioiin* 
•ion. Il «mit bsanconp Tofagé et aiiitobierTé toutaa lea owInBa et !«• 
■won dei direr* pa^i; il aTtit tout la, et J procédait par dtationi, par 

d'aillevn, il arait laot In de ehaaaa, qa'3 inTait qo* tant a été dit et p^ué, 
et il en concluait qtt toale opinion a u probaUlité t certain moDCnt, qsc 
la dirertilé dei goilti et dei jngement* elt infinie. II ét*i( «jitémanqaenMat 
«eptiqne, unF daoïlci maliérei da foi qull léaertait par prudence et pool 

nienne; grand penannige an demeurant, trài en crédit pami lea gêna de 
lettre), olimé en cour, précepteur du lecand file du &oi [KoniicBr, &êre 
de Looia XtT] et (art appnjé en tout trmpi da eardiaal de Bichelieu, qai 
aurait lant doute fait de Lui U précepteut du futur Bû.,.. La Motbe le 
Tijer n'eat guère qu'un Montaigne nn pen Urdif et aloordi. > Tallemant 
dei Béiui a parlé da l'bomme aiec aa malignité ordinaire an to« Il det 
SUiarUitu, p. ïo3, note, cl Gui Pilin (tome II, p. Sa3) a* Ta pu toal 

e la) nom apprend qn'il était né le t' eoit i5l3. et non* 
pld* toia cette aamée k celle qse don» Sainte-Beate. Il nwan 
■Tant MoUèn, le g mai 1671. 

* Dana aa Causerie du lundi iS dc«<mbce i863 tNomtaMX InJ 

p. 38ï-38:). 



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POESIES DIVERSES. $79 

Poor TOnlor d'an vil aee voir moarir ce qo'oD aime t 
L'eflbrt «d «t btii>are an jenx de rtmiren, 
Et c'est brutalité plu qne Tertc inprême*. 

On sait Ixen qse les pleurs ae ramèneront paa 
Ce eber fils que t'enlève un imprévu trépas; 
Hais la perte par U n'en est pas moins craelle : 

Sm vertus de chacun le faisoient révérer, 

It avwt le cœur grand, l'esprit beau, l'âme belle *, 

Et ce sont des sujets à toujours le pleurer. 

Vous voyez bien, Monsieur, que je m'écarte fort du 
chemin qu'on soit d'ordinaire en pareille rencontre, et 

k {lit ipugat'. — Dn fili, de l'ibbi le V*^, DOai uTou par Brouette, 
l'écho de Boilean, qu' • Il mit bb ittiehemcM ùagulier poor Holitre, 
dou il étilt le putiiu et PidaiinteBr > [i" aota k U laiir* IF); M par 
BoUaBB Ini-Bti» qu'il hait »b ■mi, car e'eit Ini k qa! fut idmafc, pea 
de tMipa araat aa nort, la quctriàina aadra M qal an début ; eat Bommè 
■ cher le Vajer ■. L'ibM le Vayer aiilt poblié aa i656 Baa tndoetioB de 
rlonia deBt il Toatat faire hoBBBBr aa priaee Uève de ton p^re et as pea 
1* BBB I il j a jelBl de* AnwrfuM qa'Angar dit bit eiti » é M *. 

I. Ce* deoi qaatraiu M liaral, bien pe« diOareati, daaa la ieiaa ide 
l'aete II de PtjcU, joale en janTlcr, imprimée ea «tabra 1671, aept au 

(aaa VIII, p. 3oa*t 3oi.HaUèn a aùi U h» «eatiawt» eiprïmé* ■> eei 
nn, on peut dira eea nrt mimea daaa la boaabe da ftoi, père da Pajehé. 
■a BDBcat DB, eoatnlat d'abaadoaMr ai SUa, il npoaiaa la* nhartatioai 
^'elle kai ajrawi et ea jaeliia à loi-iBéaia ta doalear. 

■. Ce Ten ea rappella aa, iroaiqne il eat Tni, da JHaaaaéifa da Carsaille 
(l65l, eeUlI, wèaa m. rer* Sfli) : 

AlMie i le fr srand, l'eeprit graad, l'iaw graade. 

• Ceat Gai Patin aowi qai aBDonea. au 3o décembre 16&4 {ttwM 111, 

tSoS), faa tua dlroaia aMi* aatuel, qw U neillud, t poor ae eoaaoler 
la Bifft da ana fila • (arrif^e inate troii ■« eapararant), Teaah da m 



(b (wU <B u( JamJ], bit ea qutre 
■Trea par lineiae Aaaaia* riorai : et mil ea fruafai* lur lai traduetiou de 
Maaaiaar, frèra aaiqac da Rei ■ (Parie, Aafoiiia CoarMi X thn ^ du 
a3 aun). 9<ia dpltr« aa nriaee (alaci Igé de qaicie in) ai demi et eiware 
4m Ciî^aa) a'aat pae tTosa lilteria trop dnerite. • la deeuada tri«< 



D.nt.zedbïGoOglc 



58o POÉSIES DIVB&SES. 

qae le sonnet que je vous envoyé n'est rien ouHni 
qu'une consolation; mais j'ai cm qu'il bllott en oser de 
la sorte avec tous, et que c'est consoler un philosophe 
que de lui justifier ses larmes, et de mettre sa douleur 
en liberté. Si je n'ai pas trouvé d'assez fortes raismis 
pour affranchir votre tendresse des sévères leçons de 
la philosophie, et pour vous obliger à pleurer sans con- 
trainte, il en &nt accuser le peu d'éloquence d'un 
homme qui ne sauroît persuader ce qu'il sait si bien 
faire*. MoLiàu. 

QUATRAINS 

qiû M Usent, «TM rintoriptioB MÛnmte, an bM d'une laB^e 
dewÎHfe p«r F. CbanTean et gtKréa par le Dojen*. 

iTAIUI IH J.toLOm DU MBUOIIVX OB Ll cauan 
ru, HOTIB (. ». !.■ VAn AUXUIDU TB, l'im i6G5. 

la f nnicali* Adam trahu mm, ïh liDcalit «barilatU. 
[Oum. II, *.) 
Brisez les tristes fers du honteux esclavage 
Oii vous tient du péché le commerce odieux, 

I. La pnmiar Sli lii HuKôv Bearnt «■ b** 1^ qoriqMi (nuian eprà 
Vthbi 1* Vi7tr(la lo »nnbrej , et il h poiunic qu'il j cAt ici an* sUa* 
•ioD 1 d« enulln inqaï^dM qa'mit la poîti. 

1. Cmi* Mtinpa u IroaTg au tome I, ^ a3, de l'OBoTre lU F. Cb«»- 
TCIB ruKmbli lo C*biaat d» aatimpa de Im BtbliotbàqfH nitioule. EU* 
■ iti ngnilsB posr U premiir* foi* d*a< lu Jea