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Full text of "Verhandlungen der Schweizerischen Naturforschenden Gesellschaft = Actes de la Société Helvétique des Sciences Naturelles = Atti della Società Elevetica di Scienze Naturali"




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ACTES 



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SOCIETE HELYETIQUE 



SCIENCES NATURELLES. 



28' 



SESSION. 



1843. 



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\ 



ACTES 
DE LA SOGIETG HELVETIOIIE 

DES SCIENCES NATURELLES. 



I J izorXS" 



ACTES 



SOCIETE HELVETIQUE 

• REUNIE 

LEs 24, 25 & 26 juiLLET 1843. 



«S^ Sesitioii. 






\ '^>^^rV>: 



LAUSANNE. 

IMPRIMERIE PACHE, CITE-DEVANT, G. 

1S43. 



PJ2CI.A. 



PRONONCE A L'OUVERTURfi DBS SiSaIICES 

DB LA 

SOCIETE HELVETIQUE DES SCIENCES NATURELLES, 

A LAUSANNE, LE 24 JUILLET 1843, 
Par C Carbgi President. 



Trh-hoiio;^s Messieurs , tr^s-chers Collegues & ConfM^res , 

C'est assurement un beau jour pour vos collegues du 
canton de Vaud que celui ou ils ont, pour la troisieme 
fois , la satisfaction de voir la Societe Suisse des Sciences 
naturelles reunie a Lausanne, apres un intervalle de 
quatorze ans. Je me trouve heureux de pouvoir yous 
exprimer tout le plaisir que leur cause votre presence. 
Soyez les bienvenus au milieu de nous, tres-chers et 
honores collegues et amis ; soyez convaincus que nos 
concitoyens partagent le sentiment de bonheur que nous 
eprouvons en voyant arriver des diverses parties de la 
Suisse tant d'hommes eminents dont les travaux hono- 
rent la patrie. 



6 

Bien des evenements se sont accomplis depuis voire 
derniere reunion a Lausanne ; plusieurs de nos collegues , 
hommes distingues par leur savoir et leurs vertus, et 
qui eurent alors le plaisir de vous accueillir , nous ont 
ete enleves successivement ; leur memoire vous restera 
chere ainsi qu'a nous. 

Malgre les perturbations qui ont eu lieu en Suisse 
depuis cette epoque , notre Societe s'est soutenue , elle 
a' continue ses travaux paisibles, et on pent dire avee 
certitude qu'elle a pris plus de consistance et de deve- 
loppement , car elle compte huit cents membres ordi- 
naires et plus de cent quarante membres honoraires ; 
aussi est-ce avec un certain orgueil que nous pouvons 
aujourd'hui commencer sa 28™® session. 

Notre Societe peut se rendre le temoignage d'avoir 
puissamment contribue a repandre dans notre patrie le 
gout de I'histoire naturelle ^ en excitant , jusques dans les 
contrees les plus reculees de nos Alpes , une noble emu- 
lation pour I'etude des diverses branches de cette science. 

Des travaux importants ont ete le resultat de ces no- 
bles efforts ; de nombreuses publications individuelles et 
les memoires interessants renfermes dans les acles de la 
Societe , viennent a I'appui de cette assertion. Une inves- 
tigation generale et eclairee de toutes les richesses na- 
turelles de la Suisse a eu lieu sur tons les points du 
pays; des collections publiques et particulieres ont ete 
formees ; en un mot , un grand mouvement scientifique 
s'est manifeste chez nous , et notre Societe n'y est pas 
restee elrangere. 

Un coup-d'oeil rapide jete sur les divers travaux qui 



ont ete entrepris , pendant ces derni^res ann^s , par un 
assez grand nombre de nos collegues , justifiera , je I'es- 
pere , ce que je viens d'avancer. 

En commen^nt par les sciences physiques et mathe- 
matiques , nous trouverons que I'astronomie et les ob- 
servations meteorologiques et magnetiques se poursuivent 
a Geneve avec une activite et une regularite remarqua- 
bles , graces aux profondes connaissances des professeurs 
qui se consacrent a ces etudes. * 

De nombreuses observations faites avec la lunette 
meridienne ont ete publiees dans les memoires de phy- 
sique. 

C'est a Geneve ou Ton a fait les premieres observa- 
tions et de bons calculs sur la curieuse orbite de la 
premiere comete de 1843. 

Des travauK interessants ont ete faits par un astro- 
nome genevois sur Ips etoiles filantes et leur comparaison 
en differents pays, ainsi que sur la theorie de ce phe- 
nomene.^ Des recherches sur I'electricite athmospherique 
et des observations trimestrielles sur les variations de la 
declinaison magnetique , faites par des savants genevois, 
sont publiees dans les resultats du magnetisches Verein 
de Gottingen, Des travaux de meme nature se font a 
Berne , a Zurich , et sur d'autres points de la Suisse. 

Des observations sur la declinaison de I'aiguille ai- 
mentee ont ete faites a Lausanne avec beaucoup de 
soin sous^^la direction de M. le professeur de physique. 3 

* M. le professeur Gauthier et M. Em. Plantamour. 

2 M. Wartmann , pere. 

3 M. Elie Wartmann. 



8 

Un autre professeur lausannois,i auquel on doit aussi 
de savants calculs sur la com^te de 1843, s'occupe avec 
ardeur d'observations astronomiques au moyen d'un ma- 
gnifique telescope qu'il a etabli chez lui , et en atten- 
dant qu'un observatoire cantonal ait ete constmit et 
qu' on puisse y placer les instruments qui ont ete con- 
fectionnes par les premiers artistes de Munich. 

On sait que, depuis longtemps, des travaux impor- 
tants se font a Geneve sur lelectricite et le galvanisme. 
On connait la belle decouverte faite par M. le professeur 
de La Rive , d'un procede pour le dorage des metaux 
au moyen d'un courant galvanique. Les resultats de cette 
decouverte auront des consequences immenses pour les 
arts, en meme temps qu'ils mettront les ouvriers qui 
s'occupent de ce genre d'industrie a I'abri des inconve- 
nients tr^s- graves qu'entrainait le dorage au mercure. 
On doit au meme savant des recherches.sur les courants 
ma^neto-Mectriqiies ; sur la chaleur degagee par les cou- 
rants voltaiques ; sur une nouvelle pile dont un seul ele- 
ment suffit a decomposer I'eau ; sur un condensateur 
voltaique. ^ 

Une nouvelle division de la Bibliotheque universelle 
de Geneve est sepecialement destin^e a rendre eomple 
de ces travaux int^ressants. 

La chimie est cultivee a Geneve avec un succes tou- 

^ M. Secretan. 

- Voir pour les travaux de M. le professeur de La Rive , de 
MM. Marcet etMarignac, la Bibliotheque universelle, les me- 
moircs de la Sociele de physique de Geneve , ainsi que les ar- 
chives de rEleclridtc. 



9 

jours croissant; on connait les beaux travaux sur la 
naphtaline , sur le nombre equivalent du chlore ! ^ 

II en est de meme a Berne ou , depuis longtemps , 
un de nos coUegues ^ s'est acquis une juste reputation 
par des travaux d'un merite superieur sur la chimie or- 
ganique. D'autres cbimistes bernois se sont egaleraent 
fait connaitre par de savantes recherches sur cette 
science. 3 

A Bale, les sciences chimiques," et en particulier 
1 electro-chimie , sont trainees avec une grande superiorite 
par un de nos collegues, dontles savants travaux occupent 
une place distinguee dans les actes de I'Academie des 
sciences de Munich , dans les annales de Poggendorf , 
dans le journal d'Erdmann , et dans la Bibliotheque uni- 
verselle de Geneve. La distinction flatteuse qui vient de 
lui etre conferee par la ville de Bale annonce assez a 
quel point on apprecie son merite. 4 

A Zurich , le professeur habile charge de I'enseigne- 
ment de la chimie s'est fait connailre avec avantage par 
des travaux sur la chimie organique. ^ 

Dans le canton de Vaud , les sciences physiques et 
mathematiques sont cultivees avec ardeur par des jeunes 
professeurs remplis de connaissances et de talents , qui 
se sont deja fait connaitre avantageusement au dehors 
par divers travaux. Le professeur de chimie a donne des 

1 Par M. Marignac. 

- M. le professeur Brunner. 

^ MM. Pagenstecher et Fellenberg. 

4 M. le professeur Schonbein. 

^ M. Loebig. 



10 

preuves de I'etendue de ses connaissances , et depuis 
longtemps un de nos collegues , qui a fait de la chimie 
I'objet special de ses etudes , a enrichi la science de plu- 
sieurs travaux importants. Tout recemment, il a insere 
dans la Bibliotheque universelle un memoire sur la fixa- 
tion du chiffre des equivalents chimiques , resultat de 
ses savantes recherches , lu en juin 1841 , a la Societe 
vaudoise des Sciences naturelles. ^ 

Bien que les travaux qui ont ete poursuivis depuis 
quelques annees sur la tlieorie des glaciers, par notre 
savant concitoyen , aient ete entrepris dans un but essen- 
tiellement geologique, cependant, comme les belles ob- 
servations qui en ont ete le resultat se rattachent aussi 
a la meteorologie et a la physique generale , c'est le cas 
d'en parler ici. 

On eprouve une veritable admiration en voyant avec 
quel zele et quelle perseverance ces travaux si penibles, 
et presque toujours accompagnes de dangers reels, ont 
ete accomplis. Non contents d'observer pendant le jour , 
et sous tous leurs rapports , les phenomenes si varies 
que presente les glaciers , les habitants de I'hdtel des Neu- 
chdtelois ont prolonge leurs observations pendant les 

^ M. S. Baup , directeur des salines. Le changement du poids 
^atomique du calcium^ propose dans ce memoire , a ete confirme 
plus tard paries experiences de M. Dumas et par celles de MM. 
Erdmann et Marcliand. Des occupations officielles n ont pas 
encore permis a I'auteur d'achever les series d'experiences qui 
doivent former la seconde partie de son travail, destine a appuyer, 
par de nouvellcs preuves, I'liypothese de Prout sur la simplicite 
des nombres expriuiant le poids des equivalents chimiques. 



11 

nuits quelquefois tres-froides de ces hautes regions. Apres 
•avoir etudie le glacier a sa surface , ils ont voulu pene- 
Irer dans son interieur, et sans se laisser arreter par les 
dangers dune pareille entreprise , le chef intrepide de 
I'expedition s'est fait devaler dans un puits naturel de 
glace vive, jusqu'a la profondeur de 125 pieds. Peu 
s'en est fallu qu'il n'ait paye de la vie cette tentative au- 
dacieuse, et que notre jeune compatriote n'ait termine 
d'une maniere deplorable une carriere deja si riche en 
resultats scientifiques. 

Des faits importants ont ete les fruits de ce devoue- 
ment a la science. La structure de la glace a ete obser- 
vee dans toutes ses parties ; I'infiltration de I'eau dans 
I'interieur du glacier , jusqu'a une gjande profondeur, a 
ete mise hors de doute par des experiences aussi inge- 
nieuses que bien conduites. La stratificaUon de la glace 
a ete reconnue ainsi que la nature des bandes de glace 
bleue qui traversent le glacier. On s'est egalement assure 
qu'il s'en fallait de beaucoup que la glace fut constam- 
ment dans un etat de purete parfaite , et qu'elle renfer- 
mait assez frequemment des corps etrangers. 

La nature meme de la glace a ete etudiee par un des 
habiles collaborateurs du professeur neucliatelois. * La 
formation des crevasses a , pour ainsi dire , ete prise sur 
le fait. 

Des forages poursuivis , pendant deux annees conse- 
cutives , avec des difficultes infinies , dans le but de 
s'assurer de I'epaisseur du glacier , n'ont pu etre pousses 

' M. A. rSicolet. 



12 

au-dela d'une profondeur de 200 pieds; neanmoins ces 
Iravaux ont servi a reconnaitre que I'epaisseur des gla- 
ciers etait , dans la plupart des cas , beaucoup plus consi- 
derable qu'on ne Tavait suppose. D'ailleurs , ces trous 
de sonde ont servi a des observations importantes sur 
la temperature de la glace ; on s'est assure qua une cer- 
taine profondeur cette temperature est a peu pres uni- 
forme et ne s'abaisse guere au-dela de Vio de degre au- 
dessous de zero. Ces memes trous ont servi a determiner, 
jusques a un certain point , la quantite d'eau qui penetre 
journellement dans I'interieur du glacier. 

Des observations tres-exactes ont ete faites sur le 
mouvement progressif du glacier ou sur sa progression , 
non-seulement dans un espace de temps donne, mais 
encore jour par jour ; et , a cette occasion , on s'est as- 
sure que la marche du glacier est beaucoup plus acce- 
leree au centre que sur les bords , pendant la nuit que 
pendant le jour. La progression annuelle du glacier de 
I'Aar a ete evaluee a environ 200 pieds. 

Eniin, on a cherclie a reconnaitre aussi avec exacti- 
tude quelle etait la diminution que le glacier eprouvait 
a sa surface par la fonte journaliere de la glace , ou son 
ablation, et on a trouve quelle etait d'environ dix pieds 
par an. 

II n'est pas necessaire d'insister sur I'utilite de ces 
observations pour la science; elles seront consignees en 
detail dans un grand ouvrage que le savant dont nous 
parlons prepare en ce moment , et qui sera accompagne 
d'une superbe carte topographique du glacier et de vues 
executees avec soin. 



13 
Ce n'est pas tout; voiilant aussi etudier les pheno- 
menes que le glacier et les neves presentent a de grandes 
elevations, les infatigables habitants du glacier de I'Aar 
n'ont pas craint de s'aventurer sur les cimes les plus 
el^vees qui I'entourent. On sait qu'en 1841 la Jungfrau 
a ete escaladee par cinq de ces eourageux observateurs. 
En 1842, la cime du Schreckhorn, qu'on avait tou- 
jours crue inaccessible , a ete gra\ ie par le spirituel et 
fidele coUaborateur du professeur neuchatelois. ' de con- 
cert avec le geologue zuricois , ^ conduits par Jacob 
Leuthold , ce modele des guides de I'Oberland. 

Telle est la puissance de I'exemple , qu'un explorateuf 
des Alpes, bien connu par de superbes panoramas, a 
egalement fait I'ascension de la Jungfrau en 1842. ^ 

Des observations analogues a celles qui se faisaient 
au glacier de I'Aar ont aussi ete entreprises en 1842, 
au glacier des Bois, par un celebre professeur ecossais. ^ 
On sait que ses travaux Font conduit a des resultats un 
peu differents de ceux obtenus par les habitants du gla- 
cier de I'Aar. 

La juste admiration que doit exciter une entreprise 
scientiiique aussi largement congue et poursuivie avec 
une Constance aussi admirable, ne doit pas nous faire 
oublier les travaux plus anciens d'un de nos savants colle- 
gues, qui a le merite d'avoir, le premier, presente une 
theorie aussi lumineuse que satisfaisante sur la formation 

1 M. Desor. 

2 M. Arnold Escher de la Linth. 

3 M. G. Studer. 

* M. le professeur Forbes d'Ediaibourg. 



14 

(Jes glaciers ; iheorie basee sur les fails recueillis par lui 
pendant un grand nombre d'annees consacrees a nne 
observation exacte de leurs divers pbenomenes. 

Quelque soil le resultat des travaux executes au gla- 
cier de r Aar , VEssai sur les glaciers et le terrain erratique 
n'en restera pas moins un ouvrage remarquable par la 
profondeur des pensees, par la clarte de Texposition et 
par la masse de fails qu'il renferme. 

Le vif interet qui se rattache a la question de I'exten- 
sion des glaciers el a la dispersion des blocs erraliques, 
a engage un autre savant professeur neuchatelois * a 
conslater par des nivellemenls baromelriques , executes 
avec le plus grand soin , la hauteur el la distance a la- 
quelle ces blocs ont ete deposes dans les bassins de la 
Linth , de la Reuss , de I'Aar el du Rhone. Un travail 
aussi elendu , execute avec aulant de precision , el qui 
a deja coute plusieurs annees d'observations et de courses 
penibles , fournira les moyens les plus posilifs de deter- 
miner la veritable position des blocs erraliques dans tout 
le bassin de la Suisse. 

Malgre que I'elude de la geologic n'ait pas ete suivie 
en Suisse avec le meme zele que celle de la botanique , 
on doit cependant reconnaitre que non-seulement elle 
n'y a pas ete negligee, mais que, depuis quelques an- 
nees, elle y fail de grands progres. 

Les travaux d'un de nos savants collegues sur le Jura 
balois, sont les premiers qui nous aienl fail connaitre 
la structure et les veritables rapports des divers etages 

' M. le professeur Guyot. Voir la notice imprimee dans les 
Actes de la reunion de 4842. 



15 

dont se compose celte formation. Les divers memoires 
qu'il a public a ce sujet ont jete une vive lumiere sur 
toute cette chaine importante. ^ 

Un de nos collegues,^ dont nous deploronsla perte, 
avait consacre les dernieres annees de sa vie laborieuse 
a etudier avec un soin tout particulier , non-seulement 
le Jura argovien , au pied duquel il vivait , mais en outre 
ses explorations s'etaient etendues a toute la portion de 
la chaine comprise entre Grenoble et la Foret-Noire. Le 
memoire qu'il a fait inserer dans le premier volume des 
actes de notre Societe fait regretter qu'il ne lui ait pas 
ete donne d'achever un travail qui aurait certainement 
€ontribue a etendre nos connaissances sur cet ordre de 
montagnes. 

II avait aussi recueilli des observations interessantes 
sur le Schwarzwald et sur le Gothard ; elles ont paru 
dans un recueil geologique dont il avait entrepris la pu- 
blication , mais dont sa mort a empeche la continuation. 

A Berne , un savant geologue , dont la renommee est 
deja repandue au loin , a consacre ses premieres etudes 

^ M le professeur Peter Merian , de Bale , a public 2 volumes 
de Beitrdge zur Geocjnosie , renfermant des travaux importants 
sur le Jura balois et sur le Schwarzwald , plusieurs memoires 
sur des sujets meteorologiques , et en dernier lieu, 4843, un 
memoire important sur la theorie des glaciers. 

2 M. le docteur R. Rengger, d'Aarau, ancien ministre de 
rinteri^ur de la Republique helvetique. Voir le memoire sur 
fetendue du terrain jurassique, insere dans le 1"' volume des 
Denkschriften de la Societe suisse des sciences. Zurich i825, 
et le 1" volume de ses Beitrdge znr Gcogiwaie , imprime a 
Stuttgard en 182i. 



16 

geologiques a I'exploration des formations tertiaires qui 
occupent la partie basse de la Suisse ; la Monographie de 
la molasse^ qui a paru deja en 1825, est un ouvrage 
que nous pouvons citer en Suisse avec autant d'orgueil 
qu'on a droit d'en mettre en France a citer I'ouvrage 
classique de Guvier et Brongniart sur les terrains des 
environs de Paris. * 

UEssai sur les Alpes occidentales , qui a paru onze ans 
plus tard , nous a fait connaitre dans le plus grand de- 
tail la composition et la structure de la portion de cette 
chaine , comprise entre le lac Leman et celui de Thun , 
et depuis Villeneuve a la Gemmi. On pent esperer que 
ce travail sera continue sur les autres parties des Alpes 
de la Suisse , et alors nous pourrons nous applaudir de 
posseder une geologic complete de notre patrie. 

Des lors , reunissant ses efforts a ceux de son ami , 
le savant geologue zuricois , ^ il a consacre plusieurs 
annees de travaux et de fatigues infmies a etudier les 
parties les plus interessantes des Alpes des Grisons. Les 
resultats de ces belles observations sont consignes dans 
deux excellents memoires accompagnes de cartes et de 
proiils qui ont ete imprimes dans les actes de la Societe. 

II a employe les dernieres annees, de 1839 a 1842, 
a I'exploration de la partie de la chaine des Alpes qui 
separe au midi le Valais du Piemont et de la Savoie. ^ 

* M. le professeiir bernois Stiuier. 

2 M. A. Escher de la Linth. 

3 Cette annee meme,'M. le professeur Studer vicnt de publlei 
le 1^'' volume d'un ouvrage important, intitule : Lehrbuch dea 
Physikalh^chen Geogrnphie mi Geolocfie. 



17 

Un autre geologue de la partie fran^aise du canton 
de Berne , dont le nom est devenu egalement classique, ^ 
a etudie avec un soin remarquable celte portion de la 
chainedu Jura qui formaitanciennement 1 eveche de Bale. 

Ses observations Font conduit a une theorie aussi 
belle qu'ingenieuse sur les causes et le mode du redres- 
sement des couches qui ont donne a cette partie du Jura 
son relief actuel. Le memoire sur les soulevemmts juras- 
siques est un travail aussi remarquable par I'elevation des 
idees que par une ingenieuse et judicieuse application de 
la theorie aux fails observes ; il doit servir de modele a 
lous ceux qui voudront desormais s'occuper de I'etude 
de cette chaine de montagnes. 

On sait qu'un geologue bernois , actuellement pro- 
fesseur a Zurich , ^ s'est occupe avec succes de I'etude 
de la portion du Jura qui environne Baden en Argovie , 
et on pent esperer qu'il continuera d'enrichir la science 
de ses travaux interessants. 

A Zurich, un savant geologue, ^ marchant dignement 
sur les traces de son illustre pere , explore avec une ar- 
deur sans pareille les Alpes orientales de la Suisse. Nous 
avons deja parle des travaux considerables qu'il a exe- 
cutes dans les Grisons de concert avec son ami et son 
emule ; depuis , nous croyons savoir qu'il a etudie avec 

* M. Thurmann , directeur de Tecole de Port'entruy. Essai 
sur les soulevements jurassiques. Paris, chez Levrault, 1832 
et 1856. 

2 M. le prof. Alb. Mousson. Essai sur la formation jurassiquc 
des environs de Baden. 

3 M. Arnold Escher de la Linth. 

2 



18 

non moins de succes les Alpes de Claris , de FAppenzell , 
et line partie de celles du Valais. 

En 1 842 , il a partage les perils de I'ascension du 
Schreckhorn. Leslresorspaleontologiques qu'il a deposes 
ail miisee de Zurich , dont il dirige la partie geologique , 
et les memoires contenus dans les actes de notre Societe 
attestent de son zele et de I'etendue de ses connaissances. 

Lestravaux duprofesseur soleurois ^ qui a explore avec 
tant de succes la portion du Jura qui avoisine Soleure, 
et qui ensuite a dirige ses courses vers les Hautes-Alpes 
du canton de Berne, d'Uri et du Valais, sont consignes 
dans le recueil de ses voyages , ouvrage rempli de faits 
nouveaux et interessants. 

Un de ses eleves , ^ qui s'est ensuite forme a I'ecole 
du savant professeur de Neuchatel , nous a fait connaitre 
le Jura soleurois par deux memoires du plus grand in- 
teret, qui ont ete imprimes dans les actes de la Societe. 
II faut esperer que la fin de ce travail important ne tar- 
dera pas a paraitre. 

A Neuchatel , la geologic a fait des progres immenses, 
graces aux hommes distingues qui se trouvent reunis 
dans cette ville , et a la puissante impulsion qui leur a 
ete donnee par notre savant concitoyen. 

On connait le beau travail sur le Jura neuchatelois , 
par un geologue de ce canton , ^ qui s'est d'abord atta- 
che a etudier la formation du calcaire jaune qui recouvre 

« 

1 M. le professeur Hagi. 

2 M. A. Gressly. 

3 M. A. de Montmollin. Voir le memoire sur le terrain cre- 
tace du Jura ou terrain neocomien , et celui sur la constitution 



19 

sur plusieurs points le calcake jurassique proprement diL 
On s'est assure que celte formation appartenait aux cou- 
ches inferieures du terrain cretace ou Greensand, et on 
lui a donne le nom de calcaire neocomien , qui a ete ge- 
neralement adopte. Le memoire en question est accom- 
pagne d'une belle carte geologique du pays de Neuchate! 
et de plusieurs coupes instructives. 

Un autre geologue etabli a La Chaux-de-Fonds, 
que j'ai deja eu occasion de citer, ^ a fait un travail de- 
taille et fort interessant sur le terrain cretace et super- 
cretace qui occupe le fond du bassin ou est situee la ville 
qu'il habite. 

Enfm, un de nos savants collegnes,- aussi distingue 
par 1 etendue de ses connaissances geologiques et paleon- 
tologiques que par ses profondes connaissances archeo- 
logiques, apres avoir parcouru la Podolie et la Wolhynie, 
pays sur lesquels il a fourni des renseignements entiere- 
ment neufs et dont il ^ public un apercu geologique 
accompagne d'une carte et de planches representant avec 
une grande verite les fossiles qu'il a recueilli dans ce 
voyage , a visite ensuite I'Ukraine et la Crimee , dont il 
a examine la constitution geologique avec le plus grand 
soin. On sait qu'il a consacre plusieurs annees a explorer 
la Georgie , toute la chaine du Gaucase et une partie de 
I'ancienne Armenie. Puis , apres avoir etudie d'une ma- 
niere toute particuliere les phenomenes geologiques si 

geologique du canton de Neuchatel , dans les memoires de Is 
Societe des sciences naturelks de Neuchatel. 

1 M. Nicolet. Voir les memoires de Neuchatel. 

2 M. le chevalier Dubois de Montpe^ux- 



20 

interessants que presentent ces conlrees encore si p^u 
connues des modernes , et ou il est si difficile de pene- 
trer , il a porte son esprit investigateur sur les monu- 
ments de I'antiquite et sur I'histoire des divers peuples 
qui ont habite successivement ces pays. 

Depuis son retour en Suisse il a travaille, avec un 
zele qu'aucun obstacle n'a pu arreter , a la publication 
de ses belles observations , et deja cinq volumes riches 
en faits de tout espece et accompagnes d'un bel atlas , 
ont vu le jour. ^ 

Son entreprise , qui paraissait depasser les moyens 
tl'un particulier, a re^u sa recompense de la part de 
I'empereur Nicolas qui , en accordant a notre collegue 
une distinction honorifique , Fa accompagnee d'un pre- 
sent digne de ce grand monarque. 

A Geneve , un savant geologue ^ soutient dignement 

1 Voyages autour du Caucase , en Colchide , ^ Georgie , en 
Armenie et en Crimee , par M. Dubois de Montpereux, avec un 
atlas geographique, archeologique, geologique, etc. Paris, chez 
Gide, 1843. 

2 Le regne mineral ramene aux melhodes de I'histoire natu- 
relle, par L. A. Necker, 2 vol. in-8. Paris 1835, chez Le- 
vrault. Etudes geologiques dans les Alpes, 1 vol. Les me- 
moires de la Societe de physique de Geneve renferment en outre 
plusieurs notices de M. Necker sur des sujets geologiques. Ce 
meme recueil contient aussi plusieurs memoires mineralogiques 
du plus grand interet , par M. Soret. On doit regretter que ce 
savant ait ete appele a donner une autre direction a ses etudes. 
On doit faire mention ici des travaux moins connus d'un minera- 
logiste zuricois , aussi savant que modeste , M. Wiser , qui 
depuis plusieurs annees»consacre tous ses loisirs a I'etude des 



21 

la reputation meritee qu'il s'est acquise par ses prece- 
dents ouvrages. II Yient de faire paraitre un volume 
d' Etudes geologiques , qui renferrae un grand nombre de 
faits importants sur les terrains tertiaires qui occupent 
le bassin du Leman. 

Un autre geologue genevois , * apres avoir debute par 
un travail interessant sur les anthracites , s'est occupe 
d'une etude detaillee de la montagne de Saleve et des 
parties du Jura avoisinantes. ^ 

A Lucerne , un de nos collegues^ s'occupe , avec beau- 
coup de suite et de zele , de I'etude des formations ter- 
tiaires de ce canton ; il a deja rassemble un grand nombre 
de faits , et il a eu le bonheur de decouvrir de superbes 
empreintes de palmier analogues h celles des environs 
de Lausanne. 

Une riche recolte des fossiles de la molasse du canton 
de St. Gall a ete faite par un de nos collegues qui s'oc- 
cupe aussi , d'une maniere speciale , de I'etude de ce 
terrain. ^ 

mineraux de la Suisse , et qui a deja fourni des memoires in- 
teressanls au Recueil des Annates mineralogiques de M. C. de 
Leonhard. On lui doit la dccouverte du Zircon du St. Gotiiard. 

1 M. Alplionse Favre. 

2 Voir le memoire sur le mont Saleve et sur les terrains des 
environs de Geneve , ainsi que les observations sur les Diceras , 
inserees dans le lO'"^ volume des memoires de la Soeiete de 
physique , et qui n'avait pas encore paru a Tepoque oil ce dis- 
cours a ete prononce. 

3 M. le docteur de Libeneau. 
"* M. le professeur Deike. 



22 

Le savant geologue (I'lJri , i que la Societe s'honore 
d'avoir eu pour president I'annee derniere, poursuit avec 
perseverance ses belles recherches sur les montagnes du 
Gothard et sur les chaines qui avoisinent le lac de Lu- 
cerne. Malgre les grandes difficultes que presentait un 
pareil travail , il est parvenu a demeler le calios apparent 
de la composition de ces chaines gigantesques ; il s'est 
surtout attache a classer les divers ordres de formations 
auxquelles on peut les rattacher. Sous le titre modeste 
d' Observations supplementaires a son premier memoire sur 
le Gothard , il a presente de nouveaux faits du plus haul 
interet sur la nature ct les rapports des couches qui les 
composent. Plusieurs coupes et deux superbes profds de 
montagnes , depuis le Bristenstok jusqu'au Rigi , accom- 
pagnent ce memoire. " 

A la geologic se rattachent necessairement les travaux 
sur les diverses parties de la paleontologie de notre sa- 
vant concitoyen ; ^ ils lui ont acquis des droits a la re- 
connaissance de tous les geologues. 

Le magnifique ouvrage sur les poissons fossiles est 
parvenu a sa dix-septieme livraison, on en annonceune 
dix-huitieme qui sera la derniere , et qui renfermera les 
complements necessaires de cet immense travail. ^ 

La monographic des echinodermes fossiles est par- 

1 M. le docleur Lusser. 

2 Voir dans le 6'"'' volume des Ncac Dcnkschriften les ob- 
servations supplementaires sur les profds des Alpes depuis le 
St. Gothard a Arlh. 

" M. le prof'esseur Agassis. 

'' La dO^ ct la 20"^ ct derniere livraison viennent de paraitre. 



23 

venue a la Iroisieme livraison ; les etudes critiques sur les 
mollusques fossiles se continiient et seront d'lin grand 
secours a ceux qui ont a coeur une determination exacte 
des especes. 

La traduction de la conchyologie de Sowerby est 
arrivee a la huitieme livraison, et quand on songe que 
les ouvrages que nous venons de citer ne forment qu'une 
partie des travaux du professeur neuchatelois, on a peine 
a se faire une idee d'une pareille activite. 

On pent avancer, sans crainte d'etre contredit , que 
la botanique est de toutes les brandies de I'histoire na- 
turelle , celle qui a ete cultivee le plus geheralement en 
Suisse. Depuis les Gessner , les Bauhin , les Lachenal , 
les Haller, jusqu'a nos jours, de savants botanistes ont 
explore la Suisse et fait connaitre sa flore. 

Des pertes recentes et douloureuses ont bien diminue 
le nombre des hommes d'elite qui cultivaient la bota- 
nique : Gaudin, Vaucher, Chaillet, Hegetschweiler , 
ne sont plus; mais surtout, FillustreDeCandolle, celui 
dont les immenses travaux avaient donne une si grande 
impulsion a la science qu'il cultivait avec tant de pro- 
fondeur et de genie , vient de nous etre enleve. 

La mort de De Candolle est une veritable calamite 
pour le monde savant , et particulierement pour notre 
Societe , qu'il avait si puissamment contribue a etendre 
et a vivifier. On se souviendra longtemps de I'amenite 
et de la grace qu'il mettait dans toutes ses communica- 
tions et qu'il savait repandre autour de lui. 

Heureusement pour la science, notre illustre collegue 



24 

revit dans un fils qui continue avec ardeur les Iravaux 
kisses inacheves par son pere. 

Le Prodromus, ce monument glorieux eleve a la 
botanique par un de ses plus habiles promoteurs , sera 
acheve; le huitieme volume est sous presse, et le neu- 
vieme nest , a ce qu'on assure , pas loin d'etre termine. 

Un savant professeur genevois, qui s'est fait connaitre 
depuis longtemps par des travaux botaniques importants, 
vient de publier une belle monographic de convolvulaceeSj 
renfermant de nombreuses descriptions d'especes nou- 
velles , surtout de I'lnde. ' 

Un autre botaniste genevois ^ a public un travail sur 
des plantes rares recueillies dans la Nouvelle Castille , 
et il vient de faire imprimer un supplement a son excel- 
lent catalogue des plantes des environs de Geneve, et 
une flore de I'ile de Zante de concert avec M. H. Margot. 

Une magnifique (lore du midi de I'Espagne, fruit des 
laborieux voyages d'un jeune et savant botaniste ^ dans 
diverses parties de la Peninsule , se public en ce mo- 
ment; il en a deja paru plusieurs livraisons. On doit 
esperer qu'il en sera de meme relativement a la flore de 
la Grece et de la Syrie , pays qu'il a visites I'annee der- 
niere. 

A Bale, un jeune professeur, qui s'est deja acquis 
une grande reputation par les nombreux et importants 

1 M. le professeur Choisy. 

2 M. Reuter. Voir les memoires de la Societe de physique de 
(ieneve. 

■^ M. Boissier. 



25 

Iravaux botaniques qu'il a publics, i travaille dans ce 
moment a la description des plantes rapportees de la 
Nouvelle-Hollande par Preiss. 

Un autre professeur balois a public recemmcnt un 
supplement a son excellente flore du canton de Bale. ^ 

Un savant professeur de Zurich, qui s'est fait une 
reputation distinguee dans une autre branche dc I'his- 
toire naturelle , travaille , dc concert avec un autre mem- 
bre de notre Societe , a une nouvelle flore de la Suisse. ^ 

Dans le canton dc Berne, la botanique est cultivee 
par plusieurs savants d'un grand merite ; Fun d'eux , ^ qui 
s'est voue presque exclusivement a 1 etude des plantes 
cryptogames , s'est acquis une reputation meritec. Plu- 
sieurs botanistes bernois ont entrepris des voyages loin- 
tains dans I'interet de la science , et leurs travaux ont 
eu des resultats utiles. 

* M. le professeur Ch. Meissner. Nous ne pouvons indiquer 
ici qu'une partie de ses nombreux ouvrages. Entrautres, Mono- 
graphia generis Polygoni prodromus Geneva 1826. Synopsis 
Polygonearum Indise orientalis. La traduction allemande de 
I'organographie vegetale de De Candolle. Plantanim vascula- 
rium genera eorumque caracteres et affinitates. Lipsise 1836 a 
1843, 2 vol. in-folio. Outre plusieurs notices de botanique qui 
ontparu, soitdans la Bibliotheque universelle de Geneve, soit 
dans le Linnae , le Journal of Botany de Hooke , soit dans les 
annales des sciences naturelles et dans les autres ouvrages pe- 
riodiques consacres a la botanique, qui se publient en Angleterre, 
en Allemagne et en France. 

2 M. F. Hagenbach, M. D. Tentamen FlorjE Basliensis, 2 vol. 
8"., 1821 et 1834, avec un supplement de 1843. 

^ MM. Heer et le D^ Nageli. 

^* MM. Scherer, pasteur; le D"^. Brunner et Guttnick. 



On doit a un botaniste neuchatelois, ^ digne successeui* 
de Ghaillet, une enumeration interessante des vegetaux 
vasculaires qui croissent dans le canton de Neuchatel. 

La section vaudoise de notre Societe peut aussi re- 
clamer quelques parts aux travaux botaniques. Une ex- 
cellente flore du canton a ete publiee recemment ; 2 d'au- 
tres travaux se preparent , mais il est a regretter que 
plusieurs habiles botanistes qui lui appartiennent se con- 
tentent de cultiver la science avec ardeur et d'augmenter 
les superbes herbiers qu'ils possedent , sans faire part au 
public du resultat de leurs rechercbes. 

On doit cependant esperer qu'un des eleves favoris de 
notre De Candolle ,3 connu par sa belle monographic des 
anthirineesj et plus recemment par celle du genre nemesia, 
pourra bientot se consacrer entierement a I'etude et a 
I'enseignement de la science a laquelle il appartient tout 
specialement. 

Si maintenant, Messieurs, nous portons notre inves- 
tigation sur la zoologie, nous aurions a citer bien des 
travaux importants , s'ils ne vous etaient pas deja suffi- 
samment connus. Permettez-moi cependant de men- 
tionner , en premiere ligne, ceux du savant et infatigable 
zoologiste zuricois, notre respectable president de la 
session de 1841 ; 4 la science qu'il cultive avec tant de 

^ M. Ch. H. Godet. Voir les 2 volumes des memoires de la 
Sociele de Neuchatel. 

2 Par M. Rapin , pharmacien a Rolle. 

3 M. Ed. Chavannes. 

^ M. le professeur Rud. Schinz, outre ses autres ouvrages, 
public dans ce moment un sijnopsis mamalium dans lequel on 
trouve la description de 1607 esjieces de mam.mi.fercs. 



27 

zele lui a de nombreiises obligations; lesactes de notre 
Societe sont la pour attester une partie de ce qu'on lui 
doit en ce genre. 

A Bale , plusieurs de nos coUegues ont public des 
travaux inleressants sur I'anatomie et la pathologie. * 

Les memoires de la societe de physique de Geneve 
renferment plusieurs notices interessantes du jeune et 
savant professeur charge dans cette ville de I'enseigne- 
ment de la zoologie , sur des animaux peu connus ou 
nouveaux du musee de Geneve. ^ 

On connait les superbes travaux d'anatomie , et ceux 
d'anatomie comparee , que Ton doit aux habiles anato- 
mistes de Berne , de Zurich et de Neuchatel. Ici encore , 
ceux de notre savant compatriote doivent etre cites avec 
les eloges qu'ils meritent. 

Deux livraisons de son histoire des poissons d'eau 
douce ont ete publiees ; la seconde est I'ouvrage d'un 
anatomiste celebre etabli a Berne. 3 

Dans notre canton , on pent aussi citer avec eloge les 

1 M. Ed. Hagenbach, M. D., mort en 1843. Outre une dis- 
sertation inaugurale sur les organes de Vouie. Die Paukenhohle 
derSaugethiere. Leipzig 1830. G. G. Jung, M. D. et professeur, 
diss, de ossibiis raphogeminantibus et plusieurs notices anatomi- 
ques inserees dans les archives d'anatomie et de physiologie de 
Miiller. 

M. T. Miescher, M. D. P., aussi plusieurs notices anatomiques 
et physiologiques inserees dans les memes archives. 

MM. Aug. Burkardt, M. D.,L. De Vette, M. D., plusieurs 
notices anatomiques et pathologiques. 

2 M. Jules Pictet. 

'^ MM. le professeur Valentin et le D'. G. Vogl. 



28 
iravaux de plusieurs de nos collegues. II y a longtemps 
que Tun d'eux s'est acquis une reputation etendue par 
des operations chirurgicales de laplusgrande difficulte, 
accomplies avec autant d'habilete que de bonheur , ainsi 
que par Finvention de precedes et d'appareils ingenieux , 
remarquables par leur simplicite et leur application facile. 
Ses methodes , repandues dans de nombreux ecrits re- 
marquables par leur clarte et leur esprit, ont ete accueillis 
avec empressement en France et en Italic, i 

Un autre de nos collegues, possedant de profondes 
connaissances dans I'art de guerir , s'est egalement fait 
connaitre tres-avantageusement par des travaux d'un 
grand merite , et tout recemment par un travail important 
sur les proprietes physiques du sang. ^ 

Nous Savons que, depuis longtemps, un jeune me- 
decin distingue par son savoir et ses connaissances , 
s'est beaucoup occupe d'observations micrographiques 
sur la formation des secretions , et travaille dans ce 
moment a la theorie generale des formations patholo- 



giques. ^ 



Un autre de nos collegues, qui s'est fait connaitre a 
Paris avec distinction par plusieurs ouvrages sur la me- 
decine de I'histoire naturelle , vient d'enrichir la science 
d'un ouvrage en quatre volumes , intitule : Etudes de la 
nature, destine surtout aux etablissements d'education , 



* M. le docteur Mathias Mayor. 
2 M. le docteur Jean De la Harpe 
^ M. le docteur Lebert. 



29 

et remarquable par la variete des fails, I'elegance du 
style et les sentiments eleves de I'auteur. * 

L'entomologie a ete depuis longtemps cultivee en Suisse 
avec predilection et succes. Bale , Berne , Geneve , ^ Zu- 
rich et Vaud possedent des entomologistes distingues. 
On doit a un entomologiste balois ^ un ouvrage impor- 
tant sur les insectes de la Suisse , sans compter plusieurs 
memoires isoles inseres dans des journaux ; mais notre 
savant collegue de Zurich est celui qui a le plus contri- 
bue a avancer cette science chez nous. 4 

Une autre branche de I'histoire naturelle , qui est 
d'un grand secours aux etudes paleontologiques , la con- 
chyologie , a trouve en Suisse de zeles disciples. Des 
collections remarquables de coquilles fluviatiles et ter- 
restres ont ete formees a Berne , a Geneve , k St. Gall et 
dans notre canton. Gelle de notre savant collegue de 
Bex est une des plus completes qui existent. ^ 

1 M. H. HoUard, docteur. 

2 M. le professeur J. Pictet , de Geneve , travaille a une his- 
toire naturelle generate et particuliere des insectes nevropteres. 
11 a deja public la famille des Perlides en 11 livraisons in-8, 
renfermant 53 planches , et il a fait hommage a la societe des 
deux premieres livraisons des Ephemerides. 

3 M. L. ImhofF, M. D., le texle explicatif der Insekten der 
Schweiz, en 3 vol., 1836 a 1842. Genera Curcidionidum , 
avec figures, 10 cahiers, de 1838 a 1842. Catalogus Hijme- 
nopterorum circa Bas'deam 1838, outre plusieurs memoires 
d'entomologie dans les Verhandlungen der Busier natiir forschcr 
Gesellschaft et dans VIsis d'Oken. 

^ M. le professeur Heer de Zurich. 

5 MM. de Charpenlier, Moricand a Geneve, Schuttleworlh a 
Berne. 



30 

J'ai encore a parler des publications scientifiques qui 
paraissent en Suisse. 

Un premier volume des Denkschriften , divise en 
deux sections, avait paru de 1829 a 1833. Des lors la 
nouvelle serie des memoires compte six volumes renfer- 
mant des ouvrages importanls sur les diverses branches 
de I'histoire naturelle , et qui sont deja avantageusement 
connus dans le monde savant. On doit les plus grands 
eloges au comite charge de cette publication, pour tons les 
soins qu'il a pris pour la rendre digne de son but. 

Les memoires de la societe de physique de Geneve ^ ; 
ceux de la societe de Neuchatel ; ceux de la societe de 
physique et d'histoire naturelle de Zurich ; les actes qui 
se publient a Bale et a Berne, sont des recueils precieux 
pour I'etude de I'histoire naturelle , et qui attestent le 
merite de ceux qui s'en occupent. 



Apres avoir esquisse d'une maniere bien imparfaite 
les travaux les plus essentiels d'une partie des membres 
de notre Societe , on me permettra de jeter un coup- 
d'oeil sur les etablissements publics qui ont ete formes 
en Suisse dans I'interet des sciences naturelles. 

Bale , Zurich et Berne etaient a peu pres les seules 
villes ou il existat, avant 1815 , des collections publiques 
d'histoire naturelle. 

1 Les memoires de la Societe de physique et d'histoire natu- 
relle de Geneve renferment des memoires du plus grand interet 
sur la plupart des branches de Thistoire naturelle. Les deux vo- 
lumes des memoires de Neuchatel sont deja fort riches en notices 
interessantes. 



31 

Des lors , non-seulement ces collections ont ete con- 
siderablement augmentees , mais d'autres collections 
semblables ont ete creees a Geneve , a Lausanne , a So- 
leure, a Aran, a Lucerne, a Neuchatel, a Fribourg et 
a Sion. 

Le musee de Neuchatel , par la beaute du local , par 
la richesse et le nombre des collections qu'il renferme 
et qui s'accroissent avec une rapidite qui paraitrait eton- 
nante si Ton ne songeait pas aux savants qui le diri- 
gent , ^ pent etre cite avec distinction a cote des premiers 
musees de I'Europe. — C'est ici le cas de parler d'une 
expedition entreprise aux frais de cet etablissement et 
des protecteurs genereux qui contribuent a I'agrandir. 

Le voyage de notre jeune et savant collegue , ^ malgre 
les contrarietes de toute espece auxquelles il a ete expose 
des son debut, les maladies graves et les dangers reels 
qu'il a supportes avec un courage heroique, a eu des 
resultats infiniment satisfaisants pour la science : de 
nombreuses collections d'histoire naturelle en ont ete le 
fruit et contribueront a enrichir et a completer les autres 
musees de la Suisse. Nous devons attendre avec impa- 
tience la publication de ce voyage interessant qui pourra 
sans doute etre mis a cote de I'expedition si remarquable 
du savant et courageux Poeppig. 

Les musees de Bale , de Berne , de Geneve et de Zu- 
rich ne cedent guere a celui de Neuchatel pour le nombre 
des objets precieux. 

* MM. Agassis et Coulon fils. 

2 M. le docteur Tschudi. • 



32 

On sail qu'a Bale des sommes considerables ont ete 
consacrees par la ville et par de genereux citoyens a 
I'erection dun nouveau musee ; on parle d'une entreprise 
semblable a SchafFouse et a St. Gall. 

C'est a peine si , a cote de ces beaux etablissements , 
nous osons mentionner notre musee vaudois : cree dans 
le principe par les dons de quelques citoyens amis des 
etudes , il s'est accru des-lors par des subventions accor- 
dees chaque annee par notre legislature. 

C'est ainsi que la collection mineralogique a ete formee, 
d'abord au moyen d'une partie de la collection Struve, 
acquise par souscription ; ensuite , par une collection 
considerable de mineraux de Siberie , donnee par I'em- 
pereur Alexandre a son instituteur cheri , et placee par 
celui-ci dans notre musee avec bien d'autres dons pre- 
cieux ; enfin , par une collection de mineraux d'AUe- 
magne , donnee par M. Roguin-de Bons. 

La collection ornitbologique , fruit de bien des annees 
de travaux et de grands sacrifices pecuniaires de notre 
respectable ancien president, ^ a ete acquise par sous- 
cription. 

On doit a deux de nos collegues ^ une nombreuse et 
riche collection d'insectes, dont une partie a deja ete 
classee et arrangee par un savant entomologiste de ce 
canton. ^ 

D'autres personnes , parmi lesquelles on compte plu- 
sieurs etrangers , ont donne des herbiers , des fossiles , 

^ M. le professeur Dan. -Alex. Chavannes. 

2 MM. Cli. Bugnion et Aug. Chavannes. 

3 M. le doyen Mellet. 



33 

ou des objets de curiosite. Notre gouvernement, de son 
cote , a contribue largement a I'augmentation des diverses 
collections et a leur arrangement. On pent dire qu'il a 
toujours saisi avee empressement toutes les occasions 
qui se sont presentees de les augmenter par des acqui- 
sitions plus ou moins considerables : ainsi un jeune 
orang-outang femelle a ete acbete avec son squelette. 
line collection precieuse d'oiseaux et de quadrupedes , 
provenant de Java , a ete acquise , ainsi qu'un lama et un 
condor rapportes par M. Tschudi. Tout dernierement , 
le gouvernement a consacre une somme assez forte a 
I'acquisition de la peau d'une girafe male qui a peri a 
Nice ; nous avions espere de pouvoir la presenter a la 
Societe, mais un accident survenu au preparateur nous 
a prives de ce plaisir. Nous aurions desire aussi pouvoir 
vous presenter nos diverses collections dans un etat plus 
satisfaisant ; le manque de temps et d'espace ne nous I'ont 
pas permis. 

Je n'abuserai pas plus longtemps de votre patience , 
tres-bonores collegues , en prolongeant cet expose ; mon 
intention a ete essentiellement de prouver que les tra- 
vaux des membres de notre Societe n'ont pas ete sans 
resultat et ont exerce quelque influence sur I'avancement 
des etudes en Suisse. 

II ne m'appartient pas, Messieurs, de vous retracer 
lout ce qui a ete accompli dans notre patrie dans le but 
du perfectionnement de I'instruction publique. 

Zurich , Berne , Neuchatel ont ete dotes d'universites 
qui prosperent, graces aux bommes distingues qui y ont 
ete appeles de la Suisse et de I'etranger. Le canton de 



34 

Vaud n'est point reste etranger a ce mouvement ; une 
revision complete de nos institutions pedagogiques a eu 
lieu depuis 1834. 

Les ecoles primaires ont regu une organisation plus 
developpee et plus satisfaisante. 

L'instruction des regents, perfectionnee dans une 
ecole normale dirigee par des hommes d'un merite emi- 
nent, * a ete mise en rapport avee les besoins de 1 epo- 
que , en meme temps que le sort des instituteurs a ete 
considerablement ameliore. 

Les colleges qui existaient deja dans plusieurs villes 
du canton ont ete reorganises par la loi de 1837, et com- 
bines , dans quelques endroits, avec des ecoles moyennes, 
institution dont le besoin se faisait sentir, et qui a offert 
des resultats satisfaisants. Les ecoles moyennes de Lau- 
sanne , Nyon , Vevey, Yverdon sont citees avec eloge. 

Le college cantonal etabli a Lausanne a ete divise en 
college inferieur et college superieur ou gymnase. Dans 
Tune et dans I'aulre de ces divisions, I'enseignement, place 
sous la surveillance d'un directeur habile, ^ a regu des 
augmentations importantes, et, dans toutes deux, celui 
de I'enseignement de la langue allemande est devenu 
obligatoire. Vous applaudirez sans doute a cette institu- 
tion , qui tend si fortement a rapprocher les divers mem- 
bres de la Confederation. 

Une loi de 1837 a egalement reforme et etabli sur des 
bases plus larges I'enseignement superieur. Le nombre 

* MM. le pasteur Gauthey, Vinet, Hollard, Gaillard. 
2 M. Solomiac. 



35 

des professeurs de I'Academie a non-seulement ete aug- 
mente, mais une disposition particuliere permet d'appeler 
des professeurs extraordinaires a donner des cours sur 
diverses parties des lettres ou des sciences. C'est ainsi 
qu'un de nos collegues , bien connu par ses travaux bota- 
niques , a ete appele a donner un cours de cette science * , 
et qu'un professeur distingue par son savoir a ete appele 
a en donner un de geologie. ^ 

Le corps enseignant se compose de dix-sept profes- 
seurs ordinaires , hommes distingues par leur savoir et 
leurs talents* 

La Bibliotheque cantonale a rcQu depuis quelques 
annees des accroissements considerables , entr'autres par 
le legs de la precieuse bibliotheque d'un des membres 
de noire Societe, qui a joue un role important dans 
nos affaires publiques, et auquel ce canton a de si grandes 
obligations. ^ 

Avec de tels secours , il est permis d'esperer que la 
jeunesse vaudoise se distinguera par son application aux 
etudes et par ses progres , et que la generation qui s'eleve 
et qui donne de si flatteuses esperances , deviendra un 
jour I'honneur et la gloire du canton qui a fait , avec 
empressement , de grands sacrifices pour lui procurer 
tons les moyens d'education qu'elle pouvait desirer. 

Nous devons regretter que des circonstances particu- 
lieres aient empeche , jusqu'a present , la creation d'un 
jardin de botanique, pour lequelunmagnifique local avait 

^ M. Ed. Chavannes. 

- M. le professeur Wartinann. 

•^ M. le general Cesar de la Han>e. 



36 

ete acquis (1829) par souscription et offert a I'Etat. A 
cette occasion , nous devons nous rappeler avec recon- 
naissance I'interet genereux qu'un assez grand nombre 
de nos bons voisins de Geneve , et en particulier le digne 
De Gandolle , avaient pris k cette souscription. Esperons 
que le moment n'est pas eloigne oii un etablissement 
aussi necessaire a I'instruction de notre jeunesse pourra 
se realiser , et permettra a notre jeune et savant college 
de se vouer entierement a cet enseignement. 

Un autre etablissement dont le besoin se fait sentir 
est celui d'un observatoire , ou Ton puisse placer les 
instruments que nous possedons deja. 



Apres vous avoir indiqu^, d'une maniere bien im- 
parfaite, ce qui a ete fait chez nous depuis un certain 
nombre d'annees, pour mettre I'instruction de la jeunesse 
vaudoise au niveau de ce qui se fait dans les autres par- 
ties de la Confederation, me permettrez - vous encore 
d'arreter quelques instants vos regards sur le pays meme 
ou vous vous trouvez aujourd'hui reunis. 

Le canton de Vaud a le singulier avantage de reunir 
dans ses limites des contrees de nature et d'aspects fort 
diiTerents ; ainsi la partie orientale , circonscrite par les 
Alpes du Valais , de Berne et de Fribourg , parlicipe 
entierement a cette nature alpestre. De profondes vallees 
encaissees par de hautes montagnes dont les pentes iti- 
ferieures sont couvertes d'une riche vegetation , tandis 
que leurs sommets atteignent quelquefois la region des 
neiges eternelles et sont surmontees de glaciers assez 



37 

etendus , recelent des sites comparables a tout ce que la 
Suisse offre de plus pittoresque. 

Le cirque magnifique de Creux-de-Champ , domine 
par la haute sommite de rOldenhorn et les glaciers des 
Diablerets , d'ou se precipitent de nombreuses cascades , 
rivalise avec celui de Gavarnie, dans les Pyrenees. Les 
vallees de I'AvenQon, Fregnieres, les Plans, les Or- 
monts et le Pays-d'Enhaut , offent des beautes remar- 
quables. 

A I'ouest , la chaine du Jura , depuis la Rippe a 
Concize , entoure le canton comme d'une ceinture. — 
Ici, la nature est severe et peu variee; de sombres 
forets de sapin, source d'un commerce lucratif, sont en- 
trecoupees de beaux paturages dont les produits rival i- 
sent avec ceux des Alpes. 

Une population vigoureuse et intelligente , qui cultive 
les arts avec succes , habite les hautes vallees de cette 
contree. Les vallees de Joux et Ste. Croix sont renom- 
rnees par leurs fabriques d'horlogerie , de boites a mu- 
sique et de dentelles. Vallorbes Test par ses forges. 

Le Jura, bien que moins varie que les Alpes, offre 
cependant chez nous des sites d'une grande beaute ; 
la belle vallee de I'Orbe , la magnifique source de cette 
riviere , la cascade appelee le Saut du Day, et la Tine de 
Conflans , meritent d'etre visitees par les amateurs de la 
belle nature. 

Situee entre ces deux chaines de montagnes, la partie 
basse du canton , connue generalement sous le nom de 
Jorat et de Pays-de-Vaud proprement dit, se distingue 
aussi par des traits particuliers. Les rives de notre beau 



38 
Jac sont couverles de vigiiobles dont les produits jouissent 
d'une certaine reputation , et dont on cherche sans cesse 
a perfectionner la qualite par les soins eclaires et minu- 
tieux qu'on donne a la culture de la vigne. 

Au-dessus des vignes , le pays est convert de champs 
fertiles , de vergers et de prairies. Les hauteurs du Jorat 
offrent egalement de vastes forets qui font la richesse 
des communes auxquelles elles appartiennent , et dont 
on s'efForce depuis longtemps d'ameliorer Teconomie. 

II est facile de se faire une idee de ce qu'une pareille 
distribution de terrain doit ofFrir de ressources a This- 
loire naturelle. 

En effet , Messieurs et chers collegues , sous le rap- 
port geologique, le canton de Vaud presente des pheno- 
menes interessants et un champ assez vaste a ce genre 
d'etudes. 

Les Alpes du district d'Aigle nous oifrent , dans leur 
partie meridionale, des formations feldspathiques et des 
Gonglomerats silicieux analogues a celles qui occupent 
le fond de la vallee du Rhone , depuis Lavey jusqu'a 
Martigny, et qu'on rangeait autrefois parmi les roches 
primitives et de transition. 

La formation salifere des environs de Bex, si bien 
connue par les beaux travaux geologiques de celui qui en 
dirige I'exploitation avec tant de succes , est accompagnee 
de calcaire du Lias et de grandes masses de gypse. Des 
calcaires , qui ont ete assimiles en partie a la craie et au 
gres vert, en partie aux etages superieurs du Jura, oc- 
cupent toute la partie orientale de ce district, depuis la 
vallee du Rhone et les bords du lac jusqu'aux Alpes 



39 
de Berne et de Fribourg. On sait qu'ils ont ete etudies 
avec soin par notre celebre geologue bernois. 

La portion de la chaine du Jura, comprise dans les 
limites de notre canton , s'etend en longueur sur au 
moins 1 5 lieues , et en largeur sur 3 a 4 lieues. 

Les recherches qui ont ete faites jusqu'a present sur 
la nature et la composition de cette chaine nous auto- 
risent a conclure qu'elle se rapporte presque en entier 
aux etages superieurs de la formation jurassique , et 
qu'elle descend a peine a la grande oolithe, et tout au 
plus aux argiles oxfordimnes. Une etude plus particuliere 
des fossiles , qu'on y rencontre en assez grande quantite , 
pourra seule decider cette question interessante. 

Le terrain neocomien est largement developpe depuis 
Concize et Yverdon jusqu'a La Sarraz , Gimel et Saint 
Cergues. 

Si les resultats des etudes qui ont ete faites depuis 
plusieurs annees sur notre Jura n'ont pas encore ete 
publics , c'est uniquement par le defaut d'une carte exacte 
et detaillee, ou les limites des diverses formations aient 
pu etre trac^es avec precision. 

Toute la partie basse du canton de Vaud , que j'ai 
designee sous le nom de Jorat , appartient presque en 
totality a la formation de la molasse et du nagel-flue ou 
gomphoUte ; les parties basses sont recouvertes par les 
terrains diluviens et alluviens. 

Cette partie a ete etudiee et decrite deja anciennement 
par le celebre de Saussure et le comte Gregoire de 
Razoumowsky, et plus recemment elle a ete etudiee avec 
soin par I'auteur de la monographic de la molasse , et un 



40 

celebre geologue genevois liii a consacre bien des pages 
de ses etudes geologiques. 

Un savant etranger, que notre Societe compte au 
nombre de ses membres honoraires, n'a pas dedaigne 
de s'en occuper dans I'Essai sur les terrains de Paris. 

Sous le rapport de la botanique , le canton de Vaud 
offre aussi beaucoup d'interet. On sait que les Alpes du 
district d'Aigle ont ete , dans le siecle dernier, le theatre 
des explorations du grand Haller, qui a ete seconde 
dans ses excursions par un botaniste praticien dont le 
nom , devenu classique , a ete dignement soutenu par 
ses ills. ^ 

Les travau-x de notre savant collegue Gaudin , et ceux 
plus recents de MM. Monnard et Rapin , ont assez fait 
connaitre la flore vaudoise, pour qu'ilnesoit pasneces- 
saire d'entrer a ce sujet dans de grands details. 
' Plusieurs botanistes vaudois explorent avec ardeur 
cette partie de nos richesses natureiles , et on doit beau- 
coup attendre de leurs travaux. 

La Faune vaudoise est riche et merite d'ailleurs, sous 
plus d'un rapport , I'attention des zoologistes. On sait 
qu'un de nos coliegues a fait connaitre les mollusques 
de ce canton dans un memoire qui a ete insere dans les 
actes de notre Societe. 

En voila assez sur ce sujet , Messieurs et chers colie- 
gues, pour altirer I'attention de ceux d'entre vous qui, 
n'ayant pas encore visite ce canton, desireraient d'en 
fairc I'objet de leurs explorations scientifiques. 

* Le justicior Thomas dc Fonalet, sos fils Louis et Emanuel. 



41 

II me resle encore a vous faire connaitre que le gou- 
vernement du canton de Yaud a accueilli avec empres- 
sement la communication que nous lui avons donnee de 
la reunion de la Societe Suisse a Lausanne , et qu'il a 
depose, a cette occasion , une somme de 400 francs dans 
la caisse de la Societe , outre 400 francs accordes a la 
Society vaudoise comme subside extraordinaire pour 
aider a la reception de nos chers confederes. 

La municipalite de Lausanne nous a egalement fait 
connaitre la satisfaction que lui cause la presence , dans 
cette Tille, de tant d'hommes distingues par leurs con- 
naissances et leur caractere. 

Vous le Yoyez, Messieurs et tres- chers collegues , 
chacun dans le canton de Vaud se rejouit de votre pre- 
sence et I'envisage comme un evenement heureux et 
honorable. 

Soyez done , encore une fois , les bienvenus au milieu 
de nous , et puissiez-vous eprouver une partie de la joie 
que nous ressentons a vous recevoir ! 

Je finis , Messieurs et chers collegues , par ou j'aurais 
peut-etre du commencer, par reclamer votre indulgence, 
dont j'ai le plus grand besoin pour accomplir la tache 
honorable que vous avez bien voulu me confier ; si je 
n'avais pas compte sur votre bienveillance , et , j'ose le 
dire, sur I'amitie dont plusieurs d'entre vous daignent 
m'honor^r , je n'aurais jamais ose assumer sur moi une 
aussi grande responsabilite. 

Je declare ouverte la vingt-huitieme session de la 
Societe des Sciences naturelles. 



I. 

SEANCE DU COMITE CENTRAL 

daus 
LA SALLE DE LA BIBLIOTH±QUE CANTONALE , 

le U jiiillel, a 8 lieures du matin. 



Membres presents : M. C. Lardy , president. 
Pour le canton de Bale , M. Peter Merian, professeur. 

D Berne, M. Bernard Studer, prof. 

» Geneve y M. de La Rive , prof. 

» Neuchdtel ^ MM. Agassiz, prof, et L. Coulon. 

» Vaud, M. H. HoLLARD , prof, et presid. 

de la Societe vaudoise. 

» Zurich, M. R. ScHiNz, prof. 

MM. de Fellenberg , prof, et D"^ Fayod , secretaires. 
M. le baron de L. Buch, de Berlin, membre honoraire. 

Le president communique une lettre de M. Otto 
Werlmuller, caissier de la Societe, qui transmet les 
comptes du secretariat general de la Societe pour 1842 , 
ainsi que le compte de M. Wolf, archiviste , et celui du 
comite de publication des memoires. 



44 

Ges comptes seront renvoyes a Texamen d'une com- 
mission. M. Wertmuller aimonce que la perception des 
contributions annuelles des membres est a peu pres a 
jour, mais il se plaint de ce que, malgre ses instances 
reiterees , il n a pu obtenir jusqu'a present de M. le D*" 
T. B., de St. Gingolph, elu a Berne en 1839, le paie- 
ment de sa finance d'entree, non plus que sa contribu- 
tion pour les trois dernieres annees; il conclut a ce que 
M. B. soit raye de la liste des membres de la Societe. 

Le president rappelle qu'un article du reglement de la 
Societe porte : que les membres qui se seront refuses pen- 
dant deux annees a payer leurs contributions devront 
cesser d'en faire partie. 

II fait observer, en outre, que M. B. n'est point Suisse, 
mais Savoyard, et que, par consequent, il ne pouvait faire 
partie de la Societe que comme membre honoraire ; que 
d'ailleurs des renseignements positifs obtenus sur sa con- 
duite pendant son sejour a Lausanne ont determine le 
comite a lui refuser une carte d'admission ; il conclut 
en consequence a sa radiation de la liste des membres 
de la Societe. Apres deliberation, celte radiation est pro- 
noncee ; elle sera communiquee a M. B. par une lettre. 

Le president communique les demandes qui lui ont 
ete adressees par plusieurs personnes pour la lecture de 
travaux scientifiques. 

On renvoie aux sections a prononcer sur la lecture 
des travaux qui les concernent. 

M. le prof, de La Rive emet I'opinion qu'on reserve 
pour les seances generales le plus de travaux interessants 



45 

qu'il sera possible , afm que tous les membres puissent 
profiler de ces lectures. 

Sur sa demande, M. le D'" M. Mayor est admis a faire 
lecture, dans la l""^ seance generale, d'un memoire sur 
I'experience. 

Le president propose d'etablir cinq sections : 

line de physique et de chimie ; 

Une de geologic et de mineralogie ; 

Une de botanique et d'agriculture ; 

Une de zoologie et d'anatomie ; 

Une de medecine et de chirurgie.. 

M. le prof, de La Rive n'en voudrait que quatre; a 
cet effet , il propose : 1« de reunir la geologic avec la 
physique et la chimie; 2« la medecine; 3« histoire na- 
turelle organique et 4^ agriculture. 

M. Hollard n'en voudrait que deux; une pour les 
sciences exactes, une autre pour les sciences d'application ; 
apres la discussion , les cinq sections proposees par le 
president sont admises avec cette explication , qu'autant 
que possible elles n'auront pas lieu aux memes heures. 

Le president annonce qu'il a ete informe de la mort de 
MM. Hagenbach, de Bale ; Meuron , de Neuchatel ; Maze- 
let, de Morges; Gay, de Sion, et qu'il a regu une no- 
tice necrologique sur M. de -Hagenbach. 

On decide que les notices necrologiques ne seront pas 
lues dans I'assemblee generale, puisqu'elles doivent etre 
imprimees. 

On ne lira pas non plus, par la meme raison, les rap- 
ports des Societes cantonales. 



46 

M. L. Coulon , caissier du comite de publication ^ 
annonce qu'il a en caisse 1900 fr., et par consequent 
qu'il pourra terminer I'impression du 7® volume des 
memoires , et commencer celle du 8® sans demander de 
nouveaux subsides. II attend encore quelques ren trees outre 
cela. L'impression de ce volume avait ete suspendue par 
defaut de materiaux. 

M. Wertmuller annonce, dans sa lettre , qu'il a verse 
700 fr. dans la caisse des memoires pour le tome YII, 
et qu'il espere pouvoir en verser encore autant dans le 
courant de cet ete. 

Le 1 5"^^ compte du secretariat general , pour 1 842 , 
sera imprime dans les actes. 

On fait lecture d'une lettre de M. Wolf, bibliolbecaire 
de la Societe a Berne , qui , en adressant a la Societe un 
rapport sur I'etat de la bibliotheque , lequel est satisfai- 
sant a bien des egards, et transmettant une assez longue 
liste des dons regus depuis I'assemblee d'Altorf , fait deux 
propositions qu'il desire qu'on soumette a la decision 
de I'assemblee: 

1" II demande une allocation pour I'augmentation de 
la bibliotheque , et , a cet effet , il voudrait qu'on lui 
attribuat les finances d'entree et les contributions des 
membres du canton de Berne. Gette demande est ecar- 
tee ; on prefererait d'allouer une somme quelconque , que 
M. Wolf appliquerait selon sa prudence. 

2^ Faisant observer que le systeme d'echanges qui a 
ete introduit avec succ^s pour la bibliotheque est singu- 
lierement entrave par I'irregularite et la lenteur qu'on 
apporte a l'impression des actes; il voudrait que Ton ac- 



47 

tivat cette impression autant que possible et que la So- 
ciele se pronon^at pour fixer le mois de novembre comme 
le terme extreme de cette impression. 

Comme malgre toute la diligence qu'on peut mettre 
a I'impression de ces actes , il est impossible de fixer un 
terme obligatoire ; on se bornera k recommander cet objet 
a la sollicitude de la Societe. 

Sur une observation qui est faite quant k la conve- 
nance d'adopter un format uniforme pour ces actes , on 
rappelle qu'on a resolu deja anterieurement de s'en tenir 
au format des actes de Bale en 1838. 

M. le prof, de La Rive fait observer que I'epoque qui 
a ete adoptee depuis quelques annees pour la reunion de 
la Societe empeche beaucoup de ses membres de s'y ren- 
contrer. 

Apres la discussion , on se range a I'opinion que la 
fixation de I'epoque soit laissee aux Societes cantonales. 

On decide que le reglement de la Societe sera reim- 
prime d'apres I'edition faite a Geneve en 1832, qui pa- 
rait la plus exacte. 

M. Wertmuller ayant annonce , dans sa lettre , qu'un 
nouveau catalogue des membres serait necessaire, cet 
objet sera laisse au comite central. 

Sur la question de savoir quel lieu de reunion on indi- 
quera pour I'annee procbaine, le president dit qu'il a 
regu de St. Gall et de Glaris un refus positif de recevoir 
la Societe en 1844; Schaffouse, dont se serait le tour, 
n'est point represente. Geneve s'inscrit pour 1845, on 
proposera cet objet a la deliberation de I'assemblee. 



48 

M. Bartsch , directeur du musee imperial de Vienne 
et geologue distingue, est presente par M. de Gharpentier 
et par le president, comme membre honoraire. M. le 
prof. Agassiz fait observer que le reglement exige que, 
pour etre admis, il faut avoir ete presente trois mois a Ta- 
vance, par ecrit, au president. Gette presentation sera re- 
commandee au comite de I'annee prochaine. 



II. 

PROCtS-VERBAUX 

DES 

SEANCES PIBLIQUES. 

y^^ Siance du lundi 2i juilkt ^ a "10 h. du matin ^ 

dans la salle des Ceremonies academiques. 



M. C. Lardy, president , ouvre la seance par un dis- 
cours dont le contenu precede ; il le terraine en annon- 
Qant que le Conseil d'Etat de Vaud , pour temoigner 
I'interet qu'il prend k la reunion de la Societe, lui a 
accorde une somme de 400 fr. de Suisse pour I'avan- 
cement de ses travaux. 

La Municipalite de Lausanne, par I'organe de son 
syndic, offre a la Societe cent bouteilles des crus les plus 
distingues du pays , comme vin d'honneur. 

Apres la lecture de la lettre du Conseil d'Etat et de 
celle de la Municipalite , M. le professeur Peter Merian 
fait la motion qu'une deputation soit nommee pour ex- 
primer au president du Conseil d'Etat et au syndic de 
Lausanne la reconnaissance de la Sociele. 

4 



50 

Le president designe MM. les professeurs Marian , 
de Bale , et A. De la Rive , de Geneve , pour remplir cette 
mission. 

M. le D*" Mathias Mayor , fait lecture d'un memoire 
destine a combattre la valeur scientifique de I'experience. 
II regarde celle-ci comme une maniere de voir ou de 
juger tout-a-fait individuelle, ce qui prouve le conflit des 
diverses doctrines , qui toutes citent leur experience k 
I'appui ; il rappelle les progres recents des sciences , arts 
et metiers , et nient qu'ils eussent eu lieu si Ton en eut 
cru I'experience; on n'est, selon lui , pas plus fonde a 
contester I'experience d'autrui qu'a disputer des gouts 
et des couleurs, ou done est la garantie? II pretend, 
que toute definition de Texperience est fausse ; que , 
de plus, comme moyen propre a nous eclairer si on 
voulait admettre I'experience parmi ceux-ci , on est force 
de reconnaitre qu'elle a un caractere purement res- 
pectif , et ne juge ni du present ni de I'avenir. II pense 
que I'experience et I'observation sont sur la meme ligne. 
II veut , en outre , qu'on laisse au genie tout essor , aux 
efforts du travail toute liberie, et qu'on cesse de s'attacher 
a la lisiere des devanciers. L'experience , soutient-il , a 
toojours proscrit les decouvertes utiles, stigmatise les 
inventions proclamees belles et vraies plus tard , et en- 
trave la science. 

M. le professeur Ghoisy prend la parole pour faire 
une demi-protestation aux principes enonces par M. Mayor; 
il objecte qu'il faut distinguer soigneusement dans I'expe- 
rience I'observation de la nature et la routine, et que celle-ci 



51 

seule devient facheuse lorsqu'elle ferme les yeux aux 
progres. 

M. le professeur de Fellenberg fait lecture d'une lettre 
de M. le D"^ Locher Balber , de Zurich , et d'un rapport 
du comite qui avait ete charge de faire des recherches au 
sujet du cretinisme. Ce comite rappelle que dans la 
session d'Altorf, en 1842, il avait demande de pour- 
suivre les recherches statistiques qui avaient ete faites 
en Suisse sur le cretinisme , mais que la Societe avait 
decide de ne pas faire de nouvelles demarches sous le 
rapport scientifique , et d'abandonner cette affaire , sous 
le rapport philanthropique , aux soins de la Societe d'uti- 
lite publique. Le comite devrait ainsi considerer sa mis- 
sion comme terminee ; cependant , commedansle courant 
de I'annee , il a regu de quelques cantons des travaux 
dont quelques-uns son! d'une assez grande importance , 
il croit necessaire d'en donner connaissance a la So- 
ciete. Elle verra si ces marques de la continuation de 
I'interet qu'on accorde a cette question interessante doi- 
vent I'engager a revenir sur sa derniere decision. Dans 
tons les cas , le comite declare qu'il est dispose a rece- 
voir, comme il I'a fait jusqu'a present, les rapports qui 
pourraient leur etre adresses, et a en rendre compte. II 
croit qu'il serait toujours utile au but qu'on se propose 
de maintenir un centre pour ces communications; mais 
il serait necessaire qu'on lui accordat un credit de quel- 
ques louis d'or pour faire face aux depenses d'ccritures 
et d'enregistrement. II croit aussi qu'il serait d'un de- 
voir rigoureux d'exprimer la reconnaissance de la So- 
ciete aux auloritcs, societes ou individus qui sc sont 



52 

empresses de repondre a ses voeux par une cooperation 
active. 

Apres discussion , on decide que le comite ne sera 
point renouvele, et on renvoie la question d'un subside 
a lui accorder a la commission d'examen des comptes. 

M. le president fait connaitre la decision qui a ete 
prise par le comite central au sujet des sections ; il y en 
aura cinq : une de physique et chimie; une de minera- 
logie et geologic ; une de botanique et d'agriculture ; une 
de zoologie et d'anatomie ; une de medecine , et indique 
les localites qui ont ete assignees a chaque section et 
les heures de leur reunion. 

La seance est levee et ajournee au lendemain 25 
juillet, a midi. 



53 



2^^ SSance puhlique , le 23 juillet. 



PRESIDENCE DE M. LARDY. 



Le proces- verbal de la seance du 24 juillet est lu et 
adopte. 

M. le professeur Wartmann fait lecture du proces- 
verbal de la section de physique et de chimie. 

M. le professeur Guyot fait celle du proc^s-verbal de 
la section de geologic et de min^ralogie. 

M. Ed. Ghavannes fait lecture du proces-verbal de la 
section de botanique et d'agriculture. 

M. Farvagnie, de Fribourg, secretaire de la section 
de medecine, rend un compte verbal des travaux qui 
ont occupe la section , et il s'excuse de n'avoir pu en 
rediger le protocole , a raison de ce que la seance de la 
section s'est prolongee jusqu'a I'ouverture de la seance 
generale. . 

M. le D"" Tschudi fait lecture du proces-verbal de la 
section de zoologie. 

Ges proces-verbaux sont adoptes. 

On renvoie a Texamen d'une commission composee 
de MM. le professeur H. Schinz , de Zurich ; P. Isensch- 
midt, de Berne ; Moricand , de Geneve , et Gh. Bugnion , 
de Lausanne , I'examen des comptes du secretariat ge- 
neral de la Societe, de ceux du comite de publication 
et de ceux des archives pour I'annee 1842, qui ont ete 



54 

Iransmis par M. le caissier Otto Wertmuller. Gette meme 
commission est chargee d'examiner la proposition faite 
par le comite de Zurich pour le cretinisme, d'accorder 
un subside pour les depenses de ce comite, ainsi qu'un 
secours a Fetablissement de I'Abenberg. 

M. Venetz, pere, ingenieur des ponts et chaussees, lit 
une notice historique sur les travaux qu'il a entrepris et 
excuses depuis plusieurs annees au glacier de Getroz, 
dans la A^allee de Bagne , en Yalais , et dont il assure a 
la Societe I'heureuse et complete reussite. 

M. le chanoine Rion , de Sion , captive au plus haut 
degre Tattention de I'assemblee par la communication 
d'un memoire sur les fleaux des sauterelles qui a desole 
le Valais , et surtout les environs de Viege , pendant les 
annees 1837, 1838 et 1839; au recit interessant et 
anime des faits , il joint quelques apergus sur I'histoire 
naturelle et les causes de I'apparition et de la disparition 
de ces insectes. 

M. le professeur Schinz propose I'impression du me- 
moire de M. Rion. Gette motion est appuyee par I'as- 
semblee , qui prevoit avec plaisir I'insertion de ce travail 
dans les acles de la Societe. 

L'heure etant avancee , le president leve la seance et 
I'ajourne a demain , a dix heures et demie du matin. 



55 



3"^^ Siance puhlique , le 26 juillet, a midi. 



PRESIDENCE DE M. LARDY. 

On fait lecture du proces-verbal de la seance prece- 
dente ; il est adopte. 

M. Ed. Ghavannes fait lecture du proces-verbal de la 
section de botanique. 

M. Nicati, fils, fait lecture du proces-verbal de la 
section de medecine. 

M. le professeur Wartmann fait lecture du proces- 
verbal de la section de physique et de chimie. 

M. le D'' Tschudi fait lecture du proces-verbal de la 
section de zoologie. 

M. Desor fait lecture du proces-verbal de la section 
de geologic. 

Ces proces-verbaux sont adoptes sans discussion. 

M. le professeur Schinz, president de la commission 
nommeepour I'examen des comptes du secretariat general 
de la Societe et de ceux du comite de publication , ainsi 
que des archives , annonce , au nom de cette commission , 
que ces comptes , qui se solderorit au 31 decembre 1842 
par un actif do 712 fr. de Suisse, ont ete trouves par- 
faitement en regie , et il propose en consequence de les 
approuver et de voter des remerciments a M. le caissier 
Otto Wertmuller pour sa gestion , ce qui est adopte par 



56 

I'assemblee. On approuve egalemeiit le comple du co- 
mite de publication des memoires , rendu par M. L. 
Coulon , fils. 

Sur la proposition du president , I'assemblee vote des 
remerciments a ce comile. 

On approuve aussi le compte de I'archiviste et biblio- 
ihecaire , M. Wolf, a Berne , et il lui sera adresse des 
remerciments. 

La meme commission ayant examine la proposition 
faite par la section de medecine de continuer a accorder 
an subside a Tetablissement de I'Abenberg, ne pense 
pas , vu le minime solde que forme I'actif de la Societe , 
qu'il soit possible d'accorder cette annee le subside de- 
mande. 

La discussion ayant ete ouverte , M. le D^ Nicati sou- 
tient la proposition de la section de medecine, et vou- 
drait que la Societe exprime a M. Guggenbiihl tout 
I'interet qu'elle continue a prendre a son entreprise phi- 
lantbropique et ses regrets de ne pouvoir pas lui accorder 
de secours cette annee. 

II voudrait aussi que la Society recommandat cet objet 
a la sollicitude de la Societe d'utilite publique. 

M. le professeur Agassiz et M. Lardy parlent dans le 
meme sens. 

Ges propositions sont adoptees. 

Le president propose, au nom du caissier de la So- 
ciete, la reimpression du catalogue des membres de la 
Societe , qui est incomplet et defectueux ; on estime a 
200 francs les frais de cette reimpression. 



57 

M. le professeur de Fellenberg demande qu on reim- 
prime egalement le reglement de la Societe , dont la 
derniere edition, faite en 1832, est epuisee. 
Ces deux propositions sont adoptees. 
M. le president propose a I'assemblee de s'occuper du 
choix du canton ou elle devra se reunir I'annee pro- 
chaine; il annonce que St. Gall et Glaris ont decline 
cethonneur; que Schaffouse, dont ce serait le tour, 
n'est pas represente , et il indique Coire. 

Get objet ayant ete mis en discussion , I'assemblee se 
prononce, a une forte majorite, pour que la reunion ait 
lieu a Goire en 1844. 

Passant a I'election du president de la Societe pour 
1844, I'assemblee, composee de 102 membres , vote 
au scrutin. M. le colonel Ulysse de Planta Reicheneau 
ayant reuni une forte majorite, est proclame president 
de la Societe pour 1844. 

L'assemblee passe ensuite , au scrutin de liste , a I'elec- 
tion des 17 candidats proposes par les divers cantons; 
ils sont proclames. 

M. le professeur de Fellenberg lit une lettre de M. le 
professeur Valentin, de Berne, au sujet de propositions 
qui lui ont ete adressees par I'academie de Bruxelles 
pour etablir entre les deux corps une correspondance. 
Sur la proposition de M. le prof. Wartmann, on ar- 
rete qu'une personne sera dans chaque canton specia- 
lement chargee de faire parvenir a M. Quetelet les obser- 
vations relatives a I'etude des pbenomenes generaux de 



58 

la vegetation etdela faune, ainsi qu'aux donnees meteo- 
rologiques. 

Le president remercie I'assemblee de s'etre rendue en 
aussi grand nombre a cette reunion , ainsi que des com- 
munications interessantes qui ont eu lieu; en son parti- 
culier, il exprime sa reconnaissance pour la confiance 
qu'on a bien voulu lui accorder et les preuves d'interet 
qui lui ont ete donnees; apres quoi il declare la session 
de 1 843 terminee. 

M. Fueter, de Berne, exprime au president et a la 
section vaudoise la satisfaction des membres presents. 

C. LARDY , President. 
D.-A. Chavannes, prof., presid. honor. 
El. Wartmann et Hollard, vice-presidents. 
R. DE Fellenberg , prof., 



. secretaires. 
H. Fayod, D% 

Ch. Bugnion, caissier. 



III. 

PROCfiS-VERBAUX 



A. 
SECTION DE PHYSIQUE ET DE CHIMIE. 

Seance du mardi 25 juillet 1843. 

President: M. le prof. De la Rive. 
Secretaire : M. le prof. Wartmamv. 

M. De la Rive presente une pile a gaz de M. Grove ; 
elle est formee d'une succession de tubes alternativement 
pleins d'oxygene et d'hydrogene, et dans lesquels on a 
fixe des lames de platine platinise. II en donne la theorie 
fondee sur la force catalytique a laquelle on rapporte 
I'experience faite par M. Dobereiner avec I'eponge de 
platine , et sur la propriete deja anciennement reconnue 
qu'ont les gaz de polariser les melaux volta'iques au 
contact desquels ils se trouvent. M. De la Rive montre 
la puissance chimique de cet appareil en operant la de- 
composition de I'eau. 

M. le professeur Schonbein indique que des idees 
semblables a celles de M. Grove I'avaient , il y a quatre 
ans , conduit a construire une pile analogue. — Un tube , 

I 



60 

termine par une vessie , plonge dans un bocal plein d'eau 
distillee. Si on verse dans le tiibe de I'eau qui tienne de 
I'hydrogene en dissolution et qu'on fasse communiquer 
par des lames de platine non polarisees les deux liquides 
avec le galvanometre, I'aiguille de celui-ci met en evidence 
un courant assez fort. En faisant Texperience avec de 
I'eau qui a dissout de I'oxygene , on trouve qu'il n'y a 
pas de courant inverse produit. M. Schonbein croit que 
sous I'influence du platine il se forme un sous-oxyde 
d'hydrogene precisement oppose au peroxyde de plomb ; 
ce qui produirait le courant , ce serait la decomposition 
electrolytique de ce compose hypothetique. 

M. De la Rive ne partage pas I'opinion du professeur 
de Bale , qu'un nouveau compose chimique prenne nais- 
sance. II croit qu'une petite action chimique desoxydante , 
soit sur le platine , soit ailleurs ( surtout sur du platine 
pulverulent), ayant commence, une plus forte s'ensuit 
par la decomposition de I'eau que cette premiere action 
a determinee , decomposition qui produit un nouveau 
courant , etc. ; de la la Constance et I'energie remarqua- 
bles du courant dans I'appareil ; la limite de cet effet est 
une fonclion directe de la resistance du circuit au pas- 
sage du courant. 

M. Schonbein fait remarquer que non-seulement le 
platine , mais I'or et I'argent devraient produire de sem- 
blables courants , si cette opinion de M. De la Rive etait 
parfaitement vraie. Cost un phenomene specifique qui 
depend de la nature du platine. 

M. De la Rive persiste en disant que les phenomenes 



61 

de Dobereiner , etc. , montrent que le platine ne se dif- 
ferencie des autres metaux cites qu'en ce que son action 
catalytique a lieu non a une temperature elevee, mais a 
la temperature ordinaire. 

M. Marcet ajoute que cette idee est d'autant plus pro- 
bable qu'a — 1 5*^ ou — 20° Taction de I'hydrogene sur 
le platine cesse completement ; aussi , en Siberie , la pile 
de Grove n'aurait plus aucun effet. 

M. Bonijol expose un beau modele de sa machine 
electro-electrique. 

M. De la Rive en decrit la construction et la theorie. 
j Des series de demi-cylindres de fer doux sont aimantees 
I par un courant produit par une pile d'un couple : un 
mecanisme d'horlogerie rompt ou retablit le circuit, et 
les courants d'induction qui resultent de la production 
et de la cessation d'aimantation du fer doux sont utilises 
concurremment a ceux que produit ce meme mecanisme 
dans un fil isole enroule sur une bobine en meme temps 
que le fd principal qui joint les poles. Ce sont ces courants 
qui , traversant un fd tres-long (mille metres) et ayant 
ainsi vaincu une grande resistance , ont une grande ten- 
sion et produisent un effet physiologique considerable. 
Les autres produisent les effets magnetiques et calori- 
fiques. Trois moyens sont employes pour rompre ou 
retablir le circuit: 1*^ une roue dentee; 2*^ un mouve- 
ment d'horlogerie qui agit sur un commutateur a mer- 
cure ; 3** un commutateur fonde sur I'aimantation elle- 
meme. 

A cette occasion, M. De la Rive annonce avoir reconnu 



62 

que le courant d'un couple ne decompose pas Teau , que 
le courant d'induction dont il est capable decompose un 
peu d'eau , mais que ce liquide est abondamment de- 
compose quand , par une disposition tres-simple , on fait 
passer le courant d'induction dans la pile elle-meme. 
Ce courant augmente en effet Taction chimique qui a 
lieu dans le couple en desoxydant I'acide nilrique et oxi- 
dant le zinc , et cet effet est une nouvelle preuve qui 
milite en faveur de la theorie chimique. 

Le meme membre presente aussi un appareil destine 
a montrer la desagregation et a faire entendre le bruit 
produits par la puissance mecanique de I'electricite qui 
passe entre deux pointes de charbon. 

II montre encore une pile de son invention a peroxyde 
de plomb. 

M. Bonijol en a arrange une d'une construction tres- 
simple et qui a une action chimique tres- considerable; 
le peroxyde y est tas&e dans un sac de toile. 

M. le professeur de Marignac indique les resultats aux- 
quels il est parvenu en examinant quelques conse- 
quences de la loi de Prout , que les equivalents des di- 
vers corps simples sont des multiples exacts du poids 
atomique de Ihydrogene. Ses experiences ont ete faites 
sur le potassium , I'argent et le chlore d'abord , puis sur 
le brome, pour lequel il trouve de 999 a 1000 , c'est- 
a-dire un poids plus fort que celui qui a ete admis jus- 
qu'a present. Quatre methodes ont ete employees, savoir : 
la reaction de I'argent sur le bromure de potassium , 
Fanalyse directe du bromure d'argent , la reaction de la 



I 63 

chaleur sur le bromate de potasse , enfin Tanalyse du 
bromate d'argent. Les resultats trouves sont tres-concor- 
dants entre eux. 

L'iode a ete examine par des methodes semblables ; 
on a trouve 1585 au lieu de 1579, nombre admis par 
M. Berzelius. 

L'azote a ete soumis a des recherches directes ; le 
poids atomique avait ete deduit de la densite , valeur qui 
a regu dernierement quelques modifications. M. Marignac 
a analyse I'azotate d'argent ; il a decompose le nitrate 
d'argent par le chlorure de potassium ; il a analyse le 
chlorhydrate d'ammoniaque par le nitrate d'argent, et 
il a trouve 175,25; le premier procede donnerait 175, 
comme I'avait prophetise M. Dumas. 

Le calcium a aussi ete examine a I'etat de chlorure et 
par des procedes analogues: le poids se rapproche d'autant 
plus de 250 que la substance employee est plus voisine de 
I'etat neutre. Ge nombre a ete obtenu par MM. Dumas 
et Marchand en analysant le cbarbonate de cbaux; M. 
Berzelius a trouve 256 , parce que son chlorure de cal- 
cium etait alcalin ; les experiences que M. Marignac a 
varices de diverses manieres ne lui ont pas permis d'ob- 
tenir du chlorure parfaitement neutre. II ne sait a quoi 
attribuer la difference marquee qu'il a trouvee pour le 
brome. Les autres nombres s eloigoenl bien peu de ceux 
que M. Berzelius a determines, et tout autre chimiste 
obtiendra des differences du meme ordre.— M. Pelouze 
a fait remarquer que les poids atomiques des corps com- 
poses devraient, d'apres la loi de Prout, etre aussi des 
multiples exacts du poids de I'hydrogene. Ses belles et 



64 

exactes determinations faites sur le chlorure de potassium 
ne s'accordent pas avec cette observation. En outre , une 
experience pourrait etre entachee d'one cause d'erreur 
constante ; mais diverses methodes (dont trois pour ob- 
tenir deux rapports , ceux du cblore a I'argent et au po- 
tassium) se verifient Tune I'aulre ; 450 pour le chlore , 
1375 pour I'argent et 500 pour le potassium , voila les 
nombres admis par les partisans de la loi de Prout. 
Partez de la et determinez I'equivalent de I'azote, vous 
le trouverez beaucoup trop fort , nullement d'accord avec 
sa densite et tel qu'aucune analyse organique ne I'in- 
dique. Le calcium presenterait une pareille anomalie. 
M. Marignac repousse done la loi de Prout ; peut-etre 
faudrait-il admettre que le chlore et d'autres corps ont un 
equivalent qui serait un multiple de I'atome d'hydrogene 
avec I'equivalent V2; alors cette loi perdrait sa simplicity 
et son importance. On devrait peut-etre recourir a des 
fractions encore plus complexes. Toutes ces experiences 
ont ete faites sur de grandes quantites de matieres. ^ 

M. S. Baup rappelle le memoire qu'il a public en 
Janvier 1 842 , dans la Bibliotheque universelle , et qu'il 
avait lu , en juin 1841, a la Societe vaudoise des sciences 
naturelles. II croit qu'aucune des methodes proposees ne 
peut donner un resultat exact, le sel precipite renfer- 
mant une certaine quantite d'un des precipitants , plus 
une quantite d'eau indeterminee. II pense que les sels 
carboniferes , c'est-a-dire a acide organique , bien purs et 

1 Voyez Bibliotheque universelle de Geneve , N**® de juin et 
d'aout 1843. 



65 

ayant une proportion d'eau bien determinee, sont les plus 
propres a cette recherche. II faudrait n'y employer que 
des sels qui peuvent etre rougis, ou des hydrates dont 
I'eau soit determinee en les prenant a I'etat d'efflores- 
cence (hydrates retablis) , qui renferment quelquefois des 
Vq d'eau, a cause de 8 oxygene, plus 1 hydrogene en 
poids, conformement a la loi de Prout. Le citribate ou 
citraconate de chaux est specialement recommandable 
pour ces sortes d'analyses. On peut aussi employer 
I'argent pulverulent obtenu par la reduction d'un sel or- 
ganique au sein d'une atmosphere de chlore. On peut 
encore faire usage de sels ammoniacaux pour I'azote. Les 
bromures et les iodures d'argent s'obtiennent par des 
methodes identiques. 

M. Ph. Plantamour ne croit pas qu'on puisse rejeter , 
meme pour des poids atomiques, les methodes de M. 
Marignac , qui , se controlant I'une I'aulre et se verifiant , 
doivent etre exactes. 

M. Marignac regrette de n'avoir pas de suite cite le 
travail de M. Baup. Au surplus, les poids du calcium et 
de I'argent , determines par le chimiste vaudois , s'accor- 
dent avec ceux qu'il a lui-meme trouves. La methode qui 
consiste a employer des sels au meme degre d'hydrata- 
tion est d'un emploi difficile ; le role de I'eau hygrome- 
lique y est trop grand et on ne la separe pas par le vide 
meme a une haute temperature. M. Marignac ne croit 
pas qu'on obtienne un resultat plus constant avec des 
hydrates retablis qu'avec des sels desseches. 

M. Pyrame Morin fait remarquer que I'admission de 

5 



66 

la loi de Prout presupposerait un letat desormais inva- 
riable dans nos connaissances sur le nombre et la nature 
des corps simples. 



Seance du mercredi 26 juillet 1843. 

President : M. le prof. De la Rive. 
Secretaire: M. le prof. E. Wartmann. 

M. Wartmann met sous les yeux de la section un 
modele d'une balance qu'il nomme optique et qui atteint 
a une tres-grande sensibilite. Dans tout instrument me- 
sureur on se propose de determiner une petite diffe- 
rence en plus ou en moins dans Taction d'une force 
energique , ou bien d'apprecier une action isolee extre- 
mement faible; de la deux classes d'instruments ayant 
leurs principes de construction et d'experimentation dis- 
tincts. C'est a la seconde de ces classes que se rapporte 
celui qui est presente. Un ressort delicat de forme heli- 
^oide cylindrique, conique ou parabolique, dore electro- 
cbimiquement et retenu sur une piece convenable , sup- 
porte par trois fds de cocon une plaque tres-mince dont 
la surface inferieure , plane et polie , doit jouer le role de 
miroir. Gette plaque est la coupe sur laquelle on place le 
corps dont il s'agit d'evaluer le minime poids. La coupe 
reflechit une division d'une echelle fixee a la cage dans 
une lunette fixe. Ghargee, elle se deplace verticalement 
en restant parallele a elle-meme et renvoie une autre di- 
vision; la course reelle est amplifiee d'une quantite qu'on 



67 

peut rendre tres-considerable , et la sensibilite est telle 
qu'on apprecie sans peine Vso de milligramme. II est 
meme probable que la limite de delicatesse est de beau- 
coup au-dela de cette evaluation. L'auteur termine en 
montmnt quelles dispositions ont ete prises pour ne pas 
fatiguer le ressort , et pour que la coupe ne soit sujette 
a aucune vibration. II fait remarquer que cette balance 
est sans frottement , qu'elle est independante des varia- 
tions de temperature et qu'elle ne necessite pas 1' usage 
de poids echantillonnes. 

M. Wartmann entretient ensuite la Societe des ex- 
periences qu'il a faites sur le refroidissement des corps 
electrises. II a examine le cas des corps non poreux et 
celui des corps poreux, et, a I'aide de dispositions et 
d'appareils qu'il decrit , il a etudie la marche descendante " 
du thermometre plonge dans ces corps qui se refroidis- 
saient , soit sous I'influence d'une tension electrique con- 
siderable , soit sans cette influence. La duree de refroi- 
dissement parait etre la meme dans les deux cas. II est 
done probable que I'etat electrique de I'atmosphere n'in- 
flue pas sur la perte de chaleur animale , dans les corps 
animaux, et qu'elle n'influe pas, au moins dans le sens 
examine, sur les fonctions circulatoires et digestives aux- 
quelles on rapporte la production de cette chaleur. * 

M. De la Rive remarque qu'un resultat inverse n'au- 
rait pas ete aussi concluant , puisqu'on n'aurait pas pu 
affirmer immediatement que la difference observee ne 
provint pas de causes differentes de celles qui etaient 

^ Voyez Archives de rEleetricite^ , Tome III, p. 420. 



68 

I'objet de rinvestigation. II ajoute que I'electricite de ten- 
sion parait pen active dans ses relations avec d'autres 
fluides et que I'electricite dynamique aura peut-etre plus 
d'influence. 

M. Wartmann annonce qu'il a deja fait des recher- 
ches dans le sens que vient d'indiquer le preopinant , 
mais qu'elles ne peuvent etre decrites maintenant. 

M. Schonbein lit un memoire allemand ayant pour 
titre : Notices diverses , et I'accompagne d'un grand nom- 
bre d'experiences interessantes. II indique d'abord que du 
platine a I'etat spongieux perd sa propriete de combiner 
I'oxygene et I'hydrogene gazeux lorsqu'il a ete plonge 
dans une atmosphere gazeuse formee d'une combinaison 
de I'hydrogene avec le soufre , le phosphore , I'antimoine, 
le selenium , le tellure ou I'arsenic. Cette alteration est 
d'autant plus remarquable que I'affinite de ces gaz pour 
I'oxygene est plus forte que celle de I'hydrogene pour 
I'oxygene. II est probable que le platine agit sur eux 
comme sur I'hydrogene pur et tend a oxyder leur hydro- 
gene , mais que sa surface ne tarde pas a s'encrouter de 
phosphore , de soufre , etc. 

M. Schonbein communique ensuite ses experiences 
electrolyliques sur les cyanures , et notamment sur le 
cyanure double de potassium et de peroxyde de fer. Si 
on plonge dans une dissolution de ce sel un fil de fer 
bien decape , il se recouvre d'une couche de bleu de 
Prusse et un precipite se depose peu a peu , qui , a I'air, 
prend une couleur bleue caracteristique. Cette action 
est acceleree par le passage dans la liqueur d'un courant 



69 
d'air ou d'oxygene ; elle n'a du reste lieu , semble-t-il , 
que lorsqu'il y a de I'oxygene like dans la dissolution. 
En substituant du zinc aufer, Taction est beaucoup plus 
rapide , et outre le cyanure double metallique , il y a 
production d'un sel ammoniacal qui est neutre , et d'uree 
ou de cyanhydrate d'ammoniaque. En plougeant dans 
une dissolution de ce cyanure double de potassium et 
de peroxyde de fer, del'argent, du palladium , du cuivre 
ou d'autres metaux, un precipite de bleu de Prusse a 
lieu des qu'on ajoute une solution de peroxyde de fer. 
Uhydrogene n'agit sur lui que lorsqu'il est a I'etat nais- 
sant, et on se procure facilement ce sel a I'aide d'une 
pile. Les acides nitreux et sulfureux , le sucre, les acides 
acetique et formique , la morpliine et surtout la creosote 
et I'acide urique, jouissent des memcs proprietes, qui 
peuvent servir a reconnaitre les melanges d'acide nitreux 
et d'acide nitrique , par exemple. A I'inverse , le cyanure 
jaune est cbange en cyanure rouge par I'hydrogene nais- 
sant, et I'appareil voltaique pourra remplacer le clilore 
dans cette preparation : les peroxides de plomb et de 
manganese se rangent a cote de ce gaz sous ce point de 
vue ; le minium n'a pas cette action oxydante que posse- 
dent encore le cblorate de potasse , I'acide bromique et 
probablement d'autres substances semblables. 

Enfm , M. Schonbein annonce qu'il a reconnu que 
riiydrogene sulfure a une action decomposante remar- 
quable sur les carbonates a base de metaux alcalins. Un 
courant de ce gaz qui traverse de lean distillce , renfer- 
mant en suspension du carbonate de magnesie ou de 



70 

chaux , deplace I'acide carbonique et il y a formation d'un 
sulfhydrate. ^ 

M. le professeiir de Marignac remarque que plusieurs 
des fails indiques pouvaient , jusqu'a un certain point , 
elre prevus par la theorie , mais qu'il n'en est pas moins 
interessanl qu'ils aient ete demontres par Texperimen- 
tation. On sait qu'en plongeant de I'argent dans de I'acide 
muriatique du commerce renfermant du perchlorure de 
fer , la couleur jaune foncee du liquide disparait et ce- 
lui-ci prend une teinle verdatre due a la formation d'un 
sel de protoxide de fer. Ainsi , des corps arranges par 
ordre de leur aftinite pour Toxygene offriraient une serie 
differente de celle qu'aurait engendree leur affmite pour 
le cyanogene. Les acides les plus forts ne reussissent 
pas a detruire la combinaison du cyanogene avec I'ar- 
gent ou le mercure. 

M. le professeur E. Wartmann met sous les yeux de 
la section la projection graphique des observations du 
barometre , a midi et a trois beures du soir , pour Lau- 
sanne , Geneve , St. Bernard , Zurich et Paris , a partir 
de fevrier 1839. 11 sollicite la communication des moyen- 
nes mensuelles observees dans les divers cantons et qui 
ne sont pas encore publiees. 

M. le president depose , sans en donner lecture , un 
memoire sur les colorations animates , par M. F. Sacc , 
fils, de Neucbatel. Ce memoire est transmis par M. 
Agassiz. 

1 Voyez Bibliotheque universeUe de Geneve , N° de juillet 
1845 , page 115. 



71 

M. Bonijol expose une belle suite de medailles repro- 
duites par galvanoplastique , ainsi que des empreintes 
electrotypees de portraits daguerriens. 

M. De la Rive met enjeulecondensateur galvanique 
et I'appareil qui prouve Taction mecanique du courant 
entre deux pointes de charbon. 



72 



B. 



SECTION DE GEOLOGIE ET DE MIIVERALOGIE. 

Seance du mardi 2b juillet 1843. 

President: M. le prof. P. Merian. 
Secretaire: M. E. Desor. 

M. Agassiz a la parole sur les glaciers. Apres avoir 
signale en peu de mots la direction nouvelle et toute 
pratique que 1 etude des glaciers et des phenomenes qui 
s'y rattachent a prise dans ces derniers temps , M. 
Agassiz presente une courte analyse de ses observations 
les plus recentes sur le glacier de I'Aar. La carte du 
glacier , levee par M. Wild et mise sous les yeux de la 
Societe, en est en quelque sorte le resume. Ge quires- 
sort le mieux de cette carte , c'est : 

1° La formation et la disposition des moraines, qui 
se dilatent de haut en bas, tandis que le glacier lui- 
meme se retreeit. 

2^ Les crevasses, qui sont toutes dirigees oblique- 
ment vers le milieu du glacier et surtout frequentes la 
ou le glacier rencontre quelque promontoire qui I'entrave 
dans sa marclie. 

Quant au mouvement , M. Agassiz s'est assure que le 
milieu marche plus vite que les bords, contrairement a 
ce qu'il croyait auparavant. Ce resultat a ete obtenu par 
des observations reiterees. En 1841 , une serie depieux 



73 

avail ete alignee a travel s le glacier; I'annee suivante, 
ces memes pieux decrivaient une courbe tres-prononcee , 
dont la convexite elait tournee en bas , et la difference 
entre le mouvement dii centre et celui des bords etait 
comme 2 a 1. M. Agassiz a egalement reconnu que le 
glacier marche plus vite dans les regions superieures que 
vers son extremile. En 1841 , il avait fixe, de concert 
avec M. Escher de la Linth , la position de cinq blocs 
de la moraine mediane. Ces blocs ont ete mesures de 
nouveau en 1841 par M. Wild, qui a trouve une diffe- 
rence de pres du double dans I'avancement des blocs 
superieurs , compare a celui de la region inferieure. 

D'autres points plus nombreux ont ete fixes par M. 
Wild lors de la levee de la carte , et leur avancement , 
depuis le 5 septembre 1842 jusqu'au 18 juin 1843 , a 
confirme pleinement les resultats des premieres mesures; 
I'avancement des blocs de la cabane Hugi a ete triple 
de celui des blocs inferieurs. Enfin , M. Agassiz a fait 
mesurer par M. Wild une bande transversale de 500 
pieds de large a travers tout le glacier , dans I'endroit 
oil celui- ci est le plus dechire. Cette bande levee au 



Viooo et dessinee au Vsooo et exactement nivelee sur 
deux lignes , permettra de constater a I'avenir les moin- 
dres cbangements qui surviendront a la surface du gla- 
cier. 

M. AgTissiz passe en suite au pbenomene de la strati- 
fication du glacier qui avait ete conteste jusqu'ici par la 
plupart des observateurs , et qu'il a reconnue non-seu- 
lement dans les regions superieures des glaciers , mais 
dans toute leur ^tendue. Les couches sont d'aboi-d trans- 



74 

versales et horizontales , mais comme le centre se meut 
plus vite que les bords , elles prennent peu a peu une 
forme ceintree; en meme temps elles s'inclinent vers le 
centre , sans doute par I'effet de la depression du milieu. 
Lorsque plusieurs glaciers se rencontrent dans un lit 
commun, leurs couches presentent des contours tres- 
varies resultant de leur grandeur et de leur position re- 
lative. L'inclinaison des couches pent toujours se me- 
surer lorsque Ton fait une coupe a travers le glacier. 

Un phenomene qu'il ne faut pas confondre avec celui 
des couches , ce sont les bandes bleues , que M. Agassiz 
a appelees ainsi parce qu'elles sont d'une glace plus 
bleue que le reste de la masse. Elles ne sont autre chose 
que'de I'eau congelee dans des fissures longitudinales; 
on ne les rencontre guere que dans les regions moyennes 
du glacier. II n'y en a pas dans le neve proprement dit. 
On les distingue aisement des couches a leur direction , 
qui est ordinairement a angle droit avec ces dernieres. 
M. Agassiz les a fait relever en detail a travers tout le 
glacier et inscrire sur la carte de la bande transversale. 
Quant aux crevasses , il arrive quelquefois que Teau 
qu'elles contiennent se congele , et alors la glace qui en 
resulte est de la glace bleue. 

M. De Luc rappelle que M. de Saussure avait vu des 
crevasses se fermer sous ses yeux a I'un des glaciers de 
Chamouny. 

M. R. Blanchet fait voir une carte du canton de Vaud 
sur laquelle il a represente les depots erratiques. II a 
reconnu aux environs de Vevey et dans la partie du Va- 
lais qui est en face, a une hauteur de 3000 a 3500 



75 

pieds au-dessus de la mer , la limite de ces depots qui 
ne sont pas des moraines, mais des blocs erratiques 
epars. A 1000 pieds au-dessus du lac, il a rencontre 
une autre serie de depots tout-a-fait semblables a des 
moraines ; ces depots , dont il existe des exemples tres- 
remarquables sur la route de Ghatel-St.-Denis et pres du 
lac de Bret , ne presentent aucune stratification ; ils sont 
situes sur des tertres , rarement dans les bas-fonds ou au 
bord des torrents. Au-dessus sont des roches polies tres- 
distinctes. Enfin , on observe une troisieme serie de de- 
pots a 5 ou 600 pieds au-dessus du lac; ils sont ordi- 
nairement stratifies et inclines dans differents sens. Le 
plus remarquable est celui de la Sesille, pres Nyon, 
dont M. Blanchet esquisse la forme et la disposition. La 
couche superieure contient des fossiles remarquables , 
entre autre des helices et des empreintes de feuilles. 

M. Blanchet conclut de ces faits que le glacier auquel 
il rattache tous ces depots a du atteindre, en tres-peu 
de temps , son maximum de developpement ; qu'il s'est 
ensuite retire, puisqu'il a depose une seconde suite de 
moraines par I'efFet d'un faible mouvement progressif. 
Enfin , arrive dans le bas-pays et n'ayant plus que quel- 
ques cents pieds au-dessus du niveau actuel du lac , il a 
forme un barrage contre lequel sont venus se deposer 
les debris que charriaient les torrents. Plus tard,il aquitte 
entierement les rives du Leman et s'est retire jusque 
dans ses limites actuelles , en deposant le long des Alpes 
une serie de veritables moraines. — M. Blanchet n'a pas 
pu observer la limite superieure des roches polies dans 



76 

le Bas-Valais, ou les polls sont presque toujours dete- 
riores par suite de la nature friable de la roche. 

M. Venetz pense que s'il est difficile de poursuivre 
toujours les limites superieures des roches polies; on 
peut en revanche s'attendre a trouver toujours le fond 
des vallees du Valais poli. 

M. Desor remarque que Ton possede deja quelques 
donnees assez precises sur la limite superieure des roches 
polies. Au glacier de I'Aar , cette limite forme avec la 
surface du glacier un angle tres-aigu. A la hauteur de 
pres de 9000 pieds , elle se perd sous le neve ; et a I'ex- 
tremite du glacier de I'Aar , elle est a pres de 1000 pieds 
au-dessus de la surface du glacier; plus loin, cette ligne 
se continue sur les parois de la vallee , en suivant a peu 
pres la meme inclinaison. On la rencontre entre autre a 
la hauteur voulue au sommet du Siedelhorn , qui est dans 
le prolongement de I'axe du glacier. 

M. Lardy a vu de fort belles roches polies dans le 
Jura vaudois , entre autres entre St. Cergues et Arzier. 
II y a aussi reconnu un depot erratique des plus remar- 
quables. Une coupe qu'on a faite dans la foret de Bon- 
mont , au-dessus de Gingins , a mis a decouvert un depot 
morainique compose d'un limon jaunatre durci entre- 
mele de blocs jurassiques arrondis , parmi lesquels il en 
remarque un d'un volume tres-considerable. 

M. Guyot a vu des accumulations toutes semblables 
sur une foule de points du Jura. II connait des amas 
entierement jurassiques qui occupent parfois une fort 
grande etcndue sans aucun melange alpin. II confirme 



77 

Texistence de ce depot doiit parle M. le col. Lardy, de- 
pot qu'il a eu I'occasion de siiivre depuis son point de 
depart qu'il croit pouvoir fixer au cirque de la Dole. M. 
Agassiz avait deja observe des roclies polies sur le neo- 
comien de St. Gergues. Guide par ces indications, M. 
Guyot en vit de nouvelles tres-evidentes sur les rochers 
lateraux de la Gluse , par ou sort la grande route ; quel- 
ques pas plus loin , il vit un depot de fragments et de 
blocs exclusivemenl jurassiques, sans triage , avec li- 
mon; il le retrouva au-dessus de Gingins, descendant 
vers Vandonie et partout ou les routes I'avaient mis a 
decouvert. Ge depot contient des blocs considerables , 
egalement de portland, parfaitement polls et stries , et est 
accompague de blocs superficiels en tout semblables aux 
blocs erratiques. M. Guyot indique sur un relief de la 
Suisse les contours et les courbes divers que decrit , 
sur le Jura , la limite superieure du terrain erratique 
alpin. Les mesures prouvent quelle s'abaisse rapidement 
depuis Arzier, sous la Dole, jiisque pres de Vendome , 
ou elle semble atteindre la plaine ; c'est-a-dire dans toute 
I'etendue ou le depot jurassique mentionne plus haut a 
quelque developpement. Elle se releve ensuite legere- 
ment et garde ce niveau peu eleve jusqu'au fort de 
I'Ecluse , au-dela duquel elle remonte subitement d'au- 
moins 500 pieds jusqu'a une hauteur absolue d'environ 
2800 pieds, 1800 pieds sur le Rhone. La vallee de la 
Valserine renferme un terrain erratique jurassique qui 
lui est propre, et qui rencontre I'erratique alpin pres de 
Bellegarde. Du cote de Test, la limite des blocs alpins, 
qui atteint la plaine un peu au-dessous de Soleure , 



78 

semble egalement deprimee par des depots de roches 
jurassiques. Au-dela de la Cluse de Ballstall, on ne 
trouve plus aucuii des blocs alpins sur le Jura jusqu'au- 
dela d'Arau. 

M. Venetz pense que le phenomene, tel que vient de 
I'exposer M. Guyot , s'explique d'une maniere tres-satis- 
faisante par la theorie des glaciers. Lorsque le grand 
glacier du Rhone est venu s'appiiyer contre le Jura, il 
y avait simultanement dans le Jura des glaciers indepen- 
dants qui furent refoules avec leurs moraines. Plus tard , 
lorsque le grand glacier commenga a diminuer , ceux-ci 
acquirent de nouveau un plus grand developpement et 
envahirent meme le domaine occupe jadis par le grand 
glacier , et c'est en ces endroits que leurs moraines ont 
du se rencontrer. 



Seance du merer edi 26 juillet 1843. 

President: M. le prof. P. Merian. 
Secretaire: M. E. Desor. 

M. Blanchet cherche a fixer la limite orientale de la 
molasse. II montre que le chateau du Chatelard repose 
sur une marne rougeatre , superposee au poudingue. Le 
meme poudingue se voit sous la marne au pont de Tavel. 
Cette superposition caracterise la tranche du terrain des 
deux cotes de la Veveyse. Au levant , toute la masse s'est 
abaissee , et n'est par consequent plus au niveau du pla- 
teau d'Oron. 



79 

M. Blanchet montre la collection qui lui a servi a faire 
le travail qu'il offre a la Societe. II Taccompagne d'un 
apergu sur I'histoire geologique des terrains tertiaires 
du canton de Vaud. 

M. de Buch pense que les empreintes de feuilles que 
M. Blanchet a recueillies sont du plus grand interet , a 
cause de leur ressemblance frappante avec celles qu'on 
trouve a TAlbis pres de Zurich , a Oeningen , en Boheme , 
et sur plusieurs points du centre de I'Allemagne ; il y 
a aussi beaucoup de rapport entre les palmiers de cette 
epoque et ceux qui croissent actuellement en Amerique. 
A cette occasion , M. de Buch exprime ses regrets de ce 
que les botanistes en general tirent si peu de parti des 
ressources qu'offrent les nervures des feuilles pour la 
determination des especes. II demontre , sur plusieurs 
plantes , la fixite et la regularite qui regnent dans la dis- 
position de ces nervures. C'est ainsi que dans les feuilles 
du cratcegus oxyacantha, buisson tres-commun aux en- 
virons de Lausanne , les nervures secondaires atteignent 
toujours le sommet des lobes lateraux; dans les saules, 
au contraire , elles ne s'etendent jamais jusqu'au bord ; 
dans les galeopsis, elles vont jusqu'au sommet des lobes 
denteles, etc. 

M. Escher de la Linth dit que les feuilles recueiUies 
par M. Blanchet , aux environs de Ghatel-St.-Denis , se 
trouvent pres de Zurich dans toute I'epaisseur de la mo- 
lasse. II dessine une coupe de la molasse aux environs 
de Zurich , qu'il divise en trois etages , qui sont de haut 
en has : I*' un etage de terrain d'eau douce avec feuilles 
de rhamnus ; 2<* un etage marin avec dents de squales et 



80 

de raies , et des coquilles analogues a celles des coUines 
subapennines ; 3" un second etage d'eau douce. Ges trois 
etages sont en stratification concordante. La coiiche su- 
perieure d'eau douce contient les memes feuilles de rham- 
nus que Ton trouve dans la couche inferieure , et il 
paiait aussi que les fossiles animaux que Ton a pu de- 
terminer sont identiques ; seulement le nagelflue de la 
couche inferieure contient des cailloux avec des impres- 
sions particulieres , qui ne se retrouvent pas dans le na- 
gelflue qui couronne la molasse de la Suisse orientale. 
On n'est pas encore parvenu a bien determiner le pro- 
longement de toutes ces couches; M. Escher pense 
toutefois que la molasse de Belp , dans le canton de 
Berne, est le meme horizon que la couche marine moyenne 
de Zurich. II lui semble aussi que cette meme division 
en trois etages se retrouve, d'apres les observations de 
M. Blanchet, au canton de Vaud, et que les molasses 
rouges du midi de la France pourraient a leur tour coin- 
cider avec la couche inferieure d'eau douce de la Suisse. 

M. Ewald dit avoir reconnu aux environs de Mar- 
seille deux etages d'eau douce ; mais I'etage inferieur y 
est toujours plus ou moins redresse, tandis que la vraie 
molasse est horizontale et en stratification concordante 
avec la couche d'eau douce superieure. M. Ewald en 
conclut que la couche inferieure d'eau douce a du subir 
un soulevement avant la deposition de la molasse marine. 

M. Blanchet signale un exemple de discordance entre 
les diflerentes couches de la molasse aux environs de 
Lausanne. 



81 

M. Lardy dessine une coupe de la disposition' de la 
molasse pres de Lausanne, qui confirme la non-concor- 
dance de stratification signalee par M. Ewald aux envi- 
rons de Marseille. 

M. Dubois de Montpereux dit qu'aux environs de Neu- 
chatel le terrain d'eau^ douce inferieur est fortement re- 
dresse. 

M. Gressly a vu la meme disposition des molasses 
au canton de Soleure. 

M. le president Merian pense que si les fossiles sont 
reellement identiques dans les deux couches d'eau douce , 
cette consideration doit servir de guide principal dans la 
determination geologique , et Feraporter sur de simples 
considerations de superposition qui peut-etre ne sont 
que locales. 

M. Studer a retrouve le terrain d'eau douce aux en- 
virons d'Arberg , dans le canton de Berne ; ce sont des 
marnes rouges avec helices et autres fossiles, qui pa- 
raissent etre les memes que dans le reste de la Suisse; 
mais il a toujours trouve cet etage en stratification con- 
cordante avec la molasse. M. Studer ne pense pas , des 
lors , que Ton puisse assimiler avec certitude ce terrain 
a celui du midi de la France. 

M. Ewald objecle qu'en France I'etage d'eau douce 
superieur conlient des fossiles tout-a-fait differents de 
ceux de Tetage inferieur. Or , comme la molasse marine 
qui est intermediaire est evidemment la meme qu'en 
Suisse , M. Ewald en conclut que la couche superieure 
est aussi probablement identique. La couche inferieure, 



82 

au conlraire, pourrait fort bien etre differente de celle 
de Suisse; dans ce cas, il faudrait admettre que 1 etage 
de Suisse manque en France. 

M. le president Merian appuie celte opinion de M. 
Ewald. 

M. Lardy met sous les yeux de la Societe une col- 
lection des fossiles du Jura vaudois. lis proviennent pour 
la plupart des environs de Ste. Croix , des etages supe- 
rieurs et moyen de la fornaation jurassique. Le terrain 
neocomien est aussi tres-developpe dans ce canton; on 
le retrouve non-seulement sur le versant du Jura , mais 
encore dans I'interieur des chaines, ou il atteint une lar- 
geur considerable dans plusieurs localites. 

M. Agassiz reconnait que parmi les myes , les especes 
sont identiques avec celles du Jura bernois, d'ou il con- 
clut que le meme bassin s'etendait sur les deux pays. 

M. de Buch pense que les fossiles du terrain de Bex , 
que M. Lardy a recueillis et qui font partie de la collec- 
tion du musee de Lausanne, proviennent du Lias. 

M. De Luc a rencontre une espece tout-a-fait semblable 
a une ammonite de Bex , aux environs de Monnetier , 
pres de Geneve. 

Quant a la roche de St. Triphon, MM. Sluder et Lardy 
seraient portes a Tetivisager comme synchrone du terrain 
du chateau d'Aigle , parce que les couches , d'abord 
horizontales , se relevent insensiblement jusque-la. 

M. Escher de la Linth fait voir quelques coquilles 
fluviatiles du calcaire de Diirnten , a une lieue de Bap- 
perschwyl. Avec ces coquilles, se trouvent des bois bitu- 



83 

mineux avec debris de bouleaux et cones de sapin , qui 
jusqu'a present n'ont pas pu etre distingues des especes 
vivantes , et cependant la couche qui les renferme est 
inferieure aux Blocs erratiques. 

M. Desor expose a la Societe un resume de la theorie 
de M. Darwin sur la formation des bancs a coraux et sur 
les discussions qu'elle a soulevee en Angleterre. II com- 
pare les resultats auxquels M. Darwin est arrive en etu- 
diant les coraux vivants , avec ceux que M. Gressly a 
obtenus par I'etude des coraux fossiles , et demontre que 
la theorie de M. Darwin sur la destruction des coraux 
par les vagues, a mesure qu'ils s'elevent au-dessus du 
niveau de I'Ocean , n'est nullement applicable aux epo- 
ques anterieures , puisque les coraux fossiles du Jura sont 
en place, et pour la plupart si bien conserves, qu'on 
reconnait jusqu'a leurs lames les plus delicates. M. Desor 
suppose que I'Ocean jurassique dans lequel vivaient les 
coraux fossiles decrits par M. Gressly, a du etre en ge- 
neral plus calme et moins agite que I'Ocean de nos jours ; 
il attribue cette difference a la plus grande uniformite 
des continents a cette epoque , et a leur relief moins con- 
siderable. Un fait qui lui semble pouvoir etre cite a 
I'appui de cette opinion , c'est que dans les terrains ter- 
tiaires , qui se sont deposes dans une epoque tres-sem- 
blable a la notre , les coraux ne sont d'ordinaire pas en 
place et rarement aussi bien conserves que ceux du Jura. 

M. Agassiz entretient la Societe de la valeur geologique 
des poissons pour la determination des terrains, el en 
particulier des dents de squales. II signale deux types : 



84 

I'un a dents tranchantes , les requins proprement dits ; 
I'aiitre a dents plates, les cestraciantes. Ce dernier type , 
qui aujourd'hui n'a qu'un seul representant , le Cestracian 
Philippi, etait tres-frequent dans les anciennes epoques. 
II comprend un grand nombre de genres, dont plusieurs 
ont predomine tour-a-tour aux dilFerentes epoques : tel 
le genre Ptycholepis , dans la craie; le genre Stro- 
phodus, dans le Jura ; le genre Acrodus, dans le Lias; 
le genre Psamnodus, dans la houille. Les dents hautes, 
comprimees, a bords tranchants , napparaissent qua 
partir de la craie. II y a bien dans les terrains triasiques , 
le Lias et le Jura , un type de dents hautes , les Hybo- 
dontes , mais elles n'ont jamais les bords tranchants. 



85 



C. 



SECTION DE BOTANIOUE. 

Seance du mardi 2b juillet 1843. 

President: M. le prof. De Candolle. 
Secretaire : M. le prof. Ed. Ghavannes. 

Aucun memoire n'ayant ete annonce pour cetteseaiice, 
M. le president prie les personnes qui auraient quelque 
communication a faire , de prendre la parole. 

M. Rapin , pharmacien a Rolle , presente quelques 
observations sur les orchidees. II a remarque souvent sur 
les Orchis hi folia et virescens, et ordinairement a la base 
d'un des lobes du perigone , une troisieme et quelquefois 
une quatrieme etamine , sous la forme d'une bourse pe- 
dicellee adherente au tissu du perigone et renfermant du 
pollen. Le meme fait a ete observe sur des Ophrys. — 
MM. Trog et Rion ont fait des observations analogues 
a celles de M. Rapin; mais le peu d'adberence des corps 
en question et la place variee qu'ils occupent les portent 
a les considerer comme des masses polliniques detachees 
de I'anthere et soudees a quelques parties florales : on les 
voit meme se souder aux feuilles. — M. Rapin a remarque 
aussi des Orchis dont toutes les divisions du perigone 
ctaient prolongees en eperon. 

M. le prof. Choisy , de Geneve , fait mention d'une 
espece nouvelle de cuscute , le Cuscuta corymhosa du 



86 

Chili. Gette parasite a malheureusement penetre en Europe 
il y a peu de temps: elle a ete apportee a Lyon avec des 
graines deMedicago sativa envoyees du Piemont, mais ve- 
nues precedemment du Chili. Pavon avait deja decrit 
cette espece comme parasite, au Perou, sur le medicago. 
M. L. Leresche a trouve le Cuscuta corymhosa dans un 
champ humide entre Bellinzone et le lac Majeur: elle 
etait adherente a un polygonum. MM. Renter et Muret 
Font cueillie aussi dans le canton de Geneve pres du bois 
de la Batie. — Bertero avait designe cette espece sous le 
nom de C. chilensis , mais ce nom ne pent etre conserve , 
parce qu'il a ete donne anterieurement a une espece dif- 
ferente du menie genre. — Le 'Cuscuta corymhosa ressem- 
ble au C. major, mais elle s'en distingue par ses stigmates 
en tete et par la couleur jaune-pale de ses fleurs. 

MM. Muret et Renter ont cueilh , il y a deux ans, dans 
le meme champ ou croit cette cuscute, pres de Geneve, le 
Melilotus parviflora, plante nouvelle en Suisse; ils Tout 
retrouvee a Vetroz , dans le Bas-Valais. 

M. Leresche met sous les yeux de Fassemblee plu- 
sieurs especes fraiches qu'il a obtenues de graines semees 
dans son jardin et apportees d'Espagne par M. Reuter. 
Ce sont: Taraxacum pyropappum Boiss. et Rent.; — 
Brassica loevigata Lagasc; — Cleonia lusitanica L.; — 
Sisymbrium corniculatum Cav.; — Sisymbrium contortum 
Cav.; — Sisymbrium crassi folium Cav.; — Diplotaxis 
virgata D. C; — Matthiola tristis D. C; — Plantago 
Lmfflingiih.; — Malva trip da Cav.; — Silene Cono'idea 
h.; — Sinapis heterophylla Lag.; — Scrophidaria Her- 



87 

minn Brot.; — Stipa gigantea Lag.; — Alopecurus cas- 
tellanus Boiss. et Reut.; — Festuca delicatula Bqiss. 

M. le prof. De Candolle presente quelques observations 
generales sur la famille des apocynees qu'il vient de re- 
viser pour le Prodromm. II maintient la separation etablie 
par R.Brown, entre cette famille et celle des asclepiadees, 
soit par I'absence des masses polliniques , soit par 
d'autres caracteres importants. Les apocynees de I'lnde 
ont ete jusqu'ici fort mal decrites. Beaucoup d'especes 
nouvelles, envoyees d'Amerique par M. Blanchet, du 
Senegal et de I'lnde par d'autres botanistes , sont venues 
enricbir les herbiers europeens. Ges especes , qui sont 
au nombre de cinquante k soixante, constituent plusieurs 
genres nouveaux. La famille des apocynees, revisee par 
M. De Candolle, contiendra environ six cents especes. 

Le savant auteur du travail dont nous donnons ici 
une courte analyse n'a pas adopte les divisions etablies 
par Endlicher dans les apocynees : ces divisions ne luiont 
pas parues aussi fondees que celles de de Jussieu et de 
R. Brown , auxquelles il est revenu. 

Au nombre des organes importants a etudier dans 
cette faihille sont les glandes ou ces petits corps places 
ordinairement a I'aisselle des feuilles , mais aussi quel- 
quefois repandiis autour du point d'attache de la feuille 
et meme jusque sur la fleur. On a souvent considere ces 
corps comme des stipules ordinaires ou intrapetiolaires, 
selon leur position , mais a un etat rudimentaire. M. De 
Candolle les regarde comme de vraies glandes , a cause 
de leur mulliplicite dans certaines especes, des differentes 
places qu'elles occupent , comme on le voit dans les 



' 88 

genres Rauwolfia, Echites, etc., et de leur persistance 
apres la chute des feuilles. On n'en a d'ailleurs jamais 
observe la metamorphose en organes foliaces. 

Les nombres des pieces des verticilles flomux sont 
d'une Constance remarquable dans les apocynees. Pour 
le pistil , c'est le nombre 2 ; pour les autres verticilles , 
le nombre 5, a Texception d'un seul genre (Leuconotis 
Jacq.), qui en a 4. 

La corolle varie assez peu : I'estivation en est con- 
tournee et le sens de I'enroulement des petales est par- 
faitement constant pour toutes les especes d'un genre ou 
quelquefois seulement d'une section de genre. Les fleurs 
des apocynees doublent par le moyen des appendices de 
la partie interieure des petales , qui se developpent et se 
multiplient. Ge mode de duplicature precede celui de la 
metamorphose des etamines, qui ne se voit que dans 
les fleurs tres-doubles. Les filets des etamines ne sont 
jamais sondes entre eux. Les nectaires existent dans la 
majorite des genres : ils se presenlent ordinairement sous 
la forme de cinq glandes hypogynes alternes avec les 
etamines. Dans le genre Dipladenia, il n'y en a que quatre 
soudees deux a deux , la cinquieme manque ; dans le 
Vinca, il n'} a que deux glandes alternes avec les ovaires. 
L'ovaire des apocynees est tantot libre et tantot adherent. 
Les graines fournissent de bons caracteres pour la clas- 
sification , par les diflerences qu'elles offrent. La cheve- 
liire dont elles sont parees se developpe a une epoque 
subsequente au developpement de I'ovule : elle commence 
par paraitre sous forme d'un petit bord dentele; elle 
occupe des places differentes sur la graine. Dans un genre 



89 

nouveau [Chavannesia A. D. G.) de la tribu des echitees, 
on trouve deux chevelures emboitees Tune dans I'autre 
au sommet de la graine. Les caracleres qu'ofifrent les 
chevelures sont importants parce qu'ils se lient a d'autres 
qui ont une grande valeur. 

M. Barraud , horticulteur a Lausanne , met sous les 
yeux de Tassemblee un certain nombre de monstruosiles 
vegetales qu'il a recueillies et dessechees ; plusieurs sont 
fort curieuses et ont de I'interet pour les botanistes. 

La seance est levee. 



Seame du mercredi 26 juillet 1843. 

President: M. le prof. Choisy. 
Secretaire: M. le prof. Ed. Chavannes. 

M. le prof. De Candolle ayant ete rappele a Geneve 
par ses affaires, la section de botanique nomme a sa place 
a la presidence M. le prof. Choisy. 

M. Trog pere , ancien pharmacien a Thoune , lit une 
notice sur le mycelium des champignons. Get organe, 
cache a I'oeil de I'observateur , se presente le plus souvent 
sous la forme de fils tres-delies ressemblant a des fds 
d'araignee, quelquefois sous celle d'une tache plus ou 
moins coloree. G'est le vrai organe de nutrition ou de 
vegetation du champignon. M. Trog s'etend particu- 
lierement sur I'histoire du Polyporus tuberaster, champi- 
gnon comestible du royaume de Naples, dont le myce- 
lium, connu sous le nom de pietra fungaia, lui a ete 



90 

envoye par le D"^ Brunner, de Berne. Au moyen d'ar- 
rosements frequents , M. Trog a obtenu une riche ve- 
getation de ce champignon , et a pu etudier avec soin 
les diverses phases de developpement de ses organes de 
fructification. Un dessin au crayon, representant les divers 
etats du Polyporus tuheraster, accompagne la note de 
M. Trog. 

M. Leresche soumet a la section plusieurs plantes 
suisses dessechees qu'il considere comme des hybrides. 
Ge sont: 

PotentiUa ambigua Gaud et P. geranidides Gaud , 
hybride des P. multifida L. et frigida Vill. 

P. inclinata Vill , hybride , selon M. Thomas , des P. 
recta et argentea. (M. Thomas observe que la graine de 
cette hybride est susceptible de germer). 

Pedicularis atrorubens Gaud, hybride des Ped. recutita 
L. et incarnata Jacq. 

Achillea Thomasiana, hybride en Ire Ach. macrophylla 
L. et atrata. M. Leresche cultive une autre hybride 
entre Ach. macrophylla et A. moschata: il n'a jamais ob- 
serve de graines fertiles sur ces deux dernieres hybrides. 

Gentiana Charpentieri Thorn ; hybride de G. punctata 
L. et lutea L. — Gent, hyhrida Gaud , hybride de G. 
purpurea et lutea. 

M. Leresche presente encore une plante qu'il croit 
hybride entre V Orchis militaris Lin. ( galeata Lin. ) et 
YOphrys anthropophora. 

Une discussion s'engage sur Thybridite. D'apres plu- 
sieurs observations , il resulterait que les hybrides pro- 
venant de deux varietes de la meme espece donnent des 



91 

graines fertiles , tandis que celles provenant de deux 
especes differentes sont ordinairement steriles. La grande 
difficulte est de bien conslater I'hybridite. MM. Muret et 
Leresche pensent que les hybrides naturelles sont plus 
frequentes que Ton ne le croit generalement. Dans tousles 
cas cites ci-dessus, les plantes considerees comme hybrides 
croissaient en tres-petit nomhre au milieu d'une masse 
d'individus des deux especes dont elles paraissent pro- 
venir. Les hybrides presentent frequemment deux formes, 
I'une qui se rapproche de celle du pere , I'autre de celle 
de la mere. II conviendrait de conserver la maniere de 
nommer les hybrides par les deux noms reunis du pere 
et de la mere. On pourrait , dans le cas des deux formes, 
placer le premier le nom de la plante dont I'hybride se 
rapproche le plus. 

Le secretaire fait lecture de deux notes remises a la 
section par M. le prof. Agassiz , de la part d'un jeune 
naturaliste Suisse , M. F. Sacc , de Neuchatel. 

La premiere est relative a une deviation du type normal 
de I'inflorescence du Trifolium repens. Ges deviations sont 
frequentes sur cette plante. 

La seconde est relative au mo.uvement des fluides dans 
la cellule vegetale. 

M. Sacc a ete conduit par quelques experiences chi- 
miques a regarder ce mouvement comme un phenomene 
d'adhesion des fluides pour les solides rentrant dans le 
domaine de la physique pure. Selon cet observateur , le 
courant circulaire et local des cellules vegetales serait 
TefTet mecanique d'un courant principal ascendant et 



92 

descendant ; et la vie n'aurait probablement d'autre action 
que celle de fournir ce courant seveux principal qui de- 
termine tons les autres. 

M. Ed. Ghavannes expose une serie de planches colo- 
riees representant divers details de I'organisation des 
plantes. Ges dessins originaux, dus a I'habile pinceau 
de M. Heyland , sont d'une belle execution et ofFrent de 
grands avantages pour I'enseignement de la botanique. 

M. Ghavannes presente encore h I'assemblee un travail 
qu'il vient d'achever et qui a pour titre : Du regne vegetal 
dam le canton de Vaud. Ce travail , pour lequel I'auteur 
a re^u plusieurs materiaux de quelques-uns de ses col- 
legues vaudois , est essentiellement une statistique de la 
botanique , des forets et de I'agriculture du canton de 
Vaud : il doit faire partie d'un ouvrage important sur ce 
canton que prepare actuellement M. le prof. L. Vulliemin. 

La section emet le vceu que des travaux analogues 
soient entrepris dans tous les cantons de la Suisse oil il 
n'en existe pas encore, et qu'en particulier de bons ca- 
talogues de plantes soient publics dans chaque canton. 
G'est le seul moyen de parvenir a bien connaitre la re- 
partition des richesses vegetales dans notre beau pays. 

La seance est levee. 



93 

D. 

SECTION DE ZOOLOGIE. 

Seance du mardi 25 juillet 1843. 

President: M. le prof. Hollard. 
Secretaire : M. le D"" Tschudi. 

M. le prof. Schinz , de Zurich , montre a la Societe 
un bel echantillon d'un saurien iguanoidien de la Nou- 
velle-HoUande , qui est caracterise par de grandes et 
fortes epines coniques , qui sortent en direction presque 
verticale des pholides moyennes qui couvrent tout le 
corps. Sur la tete et le dos, elles sont plus fortes quau 
ventre et a la queue. Get animal a ete decouvert il y a 
trois ans , et decrit pour la premiere fois dans les An- 
nales d'histoire naturelle de Londres, en avril 1841. 

M. Schinz met ensuite sous les yeux de la section 
plusieurs petits rongeurs des Alpes suisses , dont trois 
sont identiques avec le hypudaeus nivicola de M. Martins , 
public dans les Annales des sciences natuf elles ; le qua- 
trieme en differe considerablement. M. Pictet , de Ge- 
neve , croit que cet animal formera une nouvelle espece 
dans la Faune Suisse ; mais il ne pent pas encore se 
prononcer defmitivement a cet egard. 

M. Schinz montre ensuite un petit oiseau prepare selon 
la maniere de M. Gannal, il y a huit mois, avec du 
sulfate d'alumine, par injection; I'animal s'est tres-bien 



94 

conserve. M. Schinz fait cependant I'observation que 
cetle methode n'a pas bien reussi chez les quadrupedes. 
Enfm, le meme membre presente a la Societe quelques 
exemplaires d'un petit poisson de la Mediterranee , le 
Branchiostoma lubricum ou Amphioxus lancehris. Yarrell. 

M. le D*" Vogt fait une communication sur la compo- 
sition de la tete des vertebres. II admet trois elements 
de formation primitive, savoir: 

Une hdse embryonale , formee par I'extremite ante- 
rieure de la corde , qui se termine entre les vessies des 
oreilles par deux cylindres cartilagineux courbes, les- 
quels, apres avoir contourne Thypophyse du cerveau, 
se rejoignent et forment en avant de celle-ci une plaque 
cartilagineuse. Sur la partie posterieure de cette base 
embryonale , sur la^/agwe nuquale^ repose le pencephale ; 
sur les anses laterales et le trou qu'elles entourent , le 
mesencephale ; sur la plaque anterieure, la plaque fa- 
dale, le protencephale. 

Un second element est une boite membraneuse ou 
cartilagineuse contenant la hoUe primitive qui enveloppe 
immediatement le cerveau et qui ne s'ossifie jamais^. 
L'ossification se fait au moyen d'un troisieme element,, 
de plaques protectrices qui se developpent sur tous les 
cotes de la boite primitive, laquelle disparait petit a petit " 
sous I'influence de cette ossification. 

Appuye sur ces faits , M. le D'^ Vogt combat I'idee de 
la composition de la tete par des vertebres. En effet , les 
vertebres se forment toujours isolement, sous forme 
d'anneaux, autour de la corde dorsale: or, on ne voit 



95 - 

dans le crane ni de separations primitives , ni de corde, 
sauf dans la partie occipitale. M. Vogt n'admet done 
quune seule vertebre de la tete, la vertehre occipitale, 
M. Vogt conceit la face comme un accessoire d'anneaux 
consecutifs , embrassant le canal intestinal ; il en admet 
neuf , c'est-a-dire , Tare maxillaire superieur , Tare pala- 
tinal, Tare maxillaire inferieur, Tare lingual, quatre 
arcs branchiaux et un arc pbaryngeal. 

Les arcs anterieurs sont d'autant plus developpes que 
I'animal occupe un rang plus eleve dans la serie animale , 
tandis que les arcs posterieurs ont un developpement 
inverse. 

Les opercules ne sont que des rayons branchiosteges 
developpes , et le systeme branchiostege entier n'est 
qu'une appendice tegumentaire de Tare lingual. 

Apres cet expose de M. Vogt, M. le prof. Pictet, de 
Geneve , fait deux observations , tout en convenant qu'il 
est difficile de repondre aux propositions precedentes sans 
y avoir beaucoup reflechi. l** il croit que la base embryo- 
nale n'est qu'une continuation de la corde dorsale; et 
2" que les vertebres peuvent se former meme la ou il 
n'y a pas de corde , comme a la fin de la queue. 

M. Vogt lui repond que la corde dorsale offre des 
elements microscopiques tout-a-fait difFerents de ceux de 
la base embryonale , que la premiere existe bien avant 
la derniere et qu'elle est parfaitement limitee ; or les an- 
neaux des vertebres ne se ferment qu'autour de la corde. 

M. Hollard pense que la doctrine de la composition 
vertebrale de la tete doit etre etudiee et jugee du point 



96 

de vue physiologique ; que le rapprochement des arcs 
osseux dii crane et des vertebres repose sur une com- 
munaute de fonction , la protection des centres nerveux ; 
il con^oit, du reste, et admet que la corde ne se con- 
tinue pas dans le crane. 

M. Pictet fait encore remarquer que quoiqu'on ne 
voie pas la boite craniene divisee dans I'embryon , elle 
pourrait bien se diviser plus tard. 

M. le prof. Agassiz fait quelques observations gene- 
rales sur les differentes manieres dont les naluralistes et 
les anatomistes comptent les vertebres du crane , se ser- 
vant toujours des memes elements pour arriver a des 
resultats divers; il pense qu'il faut considerer le crane 
comme quelque chose de nouveau, qui se rattache ce- 
pendant au plan primitif de formation. 

Le secretaire lit un memoire sur la distribution geo- 
graphique des mammiferes au Perou ; il fait I'observation 
que la famille des insectivores, de I'ordre des carnassiers, 
n'a aucun representant dans ce pays. 

Le meme membre met sous les yeux de la Societe des 
dessins originaux de quelques nouvelles especes d'ani- 
maux qu'il a rapportes du Perou. 

M. le president montre a la Societe des dessins re- 
presentant la velelle de la Mediterranee , qu'il aobserveejt 
vivante et etudiee anatomiquement. II a trouve, entreflf 
autres details, une masse brune accollee a I'estomac el 
logee dans la concavite de la plaque cartilagineuse hori- 
zontale. Cette masse , etudiee au microscope , a la struc 
ture d'un foie granuleux. Les tentacules qui entourentj 



97 
la bouche sont traverses par un canal qui se rend dans 
line cavite qii'on pent regarder comme respiratoire. A la 
base de ces tentacules sontdes grappes de coecums, ve- 
ritables ovaires remplis d'ovules ou de germes , sur plu- 
sieurs desquels on distingue deja par une ligne I'indice 
de la voile. 

La seance est levee a dix lieures du matin. 



Seame du mercredi 26 juillet 1 843. 



President ; M. le prof. Hollard. 
Secretaire: M. le D*^ Tschudi. 

M. Agassiz expose ses idees sur la succession des 
etres organises et sur les principes d'une classification 
du regne animal , appuyee tant sur la paleontologie que 
sur la physiologic et I'anatomie; il rappelle que les quatre 
types du r^gne animal sont representes dans les cou- 
ches les plus anciennes , et que les trois inferieurs ne 
montrent depuis leur premiere apparition dans I'epoque 
de transition jusque a la creation actuelle , aucun progres 
dans leur developpement , mais seulement de nouvelles 
families et de nouveaux genres , el que I'embranchement 
des vertebres s'est seul developpe, en passant des pois- 
sons, par les reptiles et les oiseaux jusqu'aux mammi- 
feres. M. Agassiz voit dans ces fails paleontologiques 
une Forte objection contre Techelonnement des trois 

7 



98 

types inferieurs; il y aurait plutot, selon lui , parallelisme 
entre eux. 

M. Agassiz trouve que les principes qu'on invoque pour 
determiner la superiorite ou Finferiorite des classes ne 
sont pas assez examines, et il en cite, pour preuve, que les 
plus grands naturalistes ont place les mollusques tantot 
avant, tantot apres les articules. Bien des exemples four- 
nis par I'etude comparative des rayonnes et des mollus- 
ques, prouvent, dit-il, que les derniers n'ont nullement 
une organisation plus compliquee que les premiers, et 
que les rayonnes sont meme plus symetriquement et plus 
regulierement organises que les mollusques ; si certains 
organes sont tres-developpes dans un des embranchements, 
les memes parties le sont souvent moins dans un autre , 
qui possede de son cote d'autres organes a un etat plus 
avanc^ , de maniere qu'il est impossible de les echelonner 
comme la plupart des naturalistes I'ont fait jusqu'a 
present. 

M. Hollard ne saurait voir dans I'apparition des quatre 
types dans les couches les plus anciennes , que le fait de 
leur simultaneite , et celle-ci ne contredit en rien , selon 
lui , leur echelonnement ; il demontre ensuite par les faits 
que la vie animale accomplit un veritable progres d'un 
type a I'autre , que chacun de ces types represente un 
plan d'organisation dont le developpement conduit I'ani^ 
malite plus haut que ne I'avait amenee le type precedent. 

M. le prof. Pictet admet I'echelonnement, mais sous 
la reserve qu'on en induise pas une serie lineaire de de^ 
veloppement. 



M. le D"^ Vogt appuie les memes idees, basees sur 
le developpement du systeme nerveux. 

M. Depierre montre cinq oiseaux rares tues dans le 
canton de Vaud , et lit un memoire etendu sur les oiseaux 
qui habitent ou visitent accidentell^ment le bassin du 
Leman. 

M. le prof. Schinz annonce a la section qu'il s'occupe 
actuellement de la publication des monographies des 
mammiferes. 

M. Nicolet, de Neucbatel, montre de tres-beaux des- 
sins d'araignees de la Suisse , qui lui servent a la publi- 
cation d'une apterographie Suisse. 

La seance est levee a dix heures du matin. 



100 

E. 
SECTION DE MEDEGINE. 

Seance du lundi ^2^^ juillet 1843. 

La section , reunie d'abord sous la presidence provi- 
soire de M. Mayor , pere , comme doyen d'age , choisit 
ensuite pour president M. le D"" Prevost , de Geneve , et 
pour secretaire M. le D'^ Favargnie, de Fribourg. 

Cette premiere seance est employee a echanger quel- 
ques reflexions sur les proprietes therapeutiques de I'huile 
de foie de morue. L'assemblee, apres avoir entendu 
quelques communications verbales sur ce sujet , decide 
de renvoyer la discussion a la reunion de 1 845 , a 
Geneve. Elle invite les medecins qui s'interessent a ses 
travaux , a diriger leurs observations sur cette matiere. 
On a beaucoup employe I'huile de foie de morue dans (in 
grand nombre de maladies chroniques depuis quelques 
annees ; mais on est loin d'etre d'accord sur ses effets : 
tandis que quelques medecins ont obtenu des g'uerisons, 
d'autres n'en ont obtenu que peu ou point de resultats ; 
faut-il en accuser le medicament lui-meme qui n'est pas 
toujours de bonne qualite, ou bien y a-t-il quelque enthou- 
siasme en faveur de la nouveaute, ou bien encore, ce 
qui est plus probable, les medecins ont-ils traite des 
maladies tres-differentes sous les memes denominations. 



101 

Seance du mardi 25 juillet 1 843. 

President: M. le D'' Prevost. 
Secretaire: M. le D*' Farvagnie. 

Dans cette reunion , on s'occupe plus particulierement 
de quelques maladies epidemiques. Le D'" Gastella , de 
Neuchatel , lit une portion du rapport annuel sur le ser- 
vice de Fhopital Pourtales, a la tete duquel il est place; 
portion qui traite des lievres typhoides. L'auteur , apres 
avoir expose les principaux caracteres des cas qu'il ob- 
serva en 1840^ s'attache surtout, en parlant du traite- 
ment, a demontrer I'utilite du calomel , k doses moderees. 

Le D'' Lombard, medecin de Fhopital de Geneve, 
presente a la section un extrait d'un travail tr^s-bien fait 
qu'il a entrepris avec M. le D"" Fauconnet , sur certains 
points de la pathologie et de la therapeutique des fievres 
typhoides, Ce travail est destine a paraitre dans les jour- 
naux de medecine ^ Les auteurs ont particulierement 
dirige leur attention , quant a la pathologic , sur la fre- 
quence, dans ces fievres, des symptomes d'irritation 
rachidienne. Dans la partie therapeutique , ils exposent 
les recherches tres-suivies et tres-exactes qu'ils ont 
faites pour etudier les effets du calomel, suivant les ages, 
les constitutions , les sexes et les symptomes. Ils cher- 
chent a expliquer le mode d'agir de ce medicament , de 
premiere importance selon eux. La dose a laquelle ils 

* II a paru des lors dans la Gazette medicale de Paris. 



102 

Temployerent fut de 3 a 4 gr., une a deux fois par jour; 
ils le continuerent souvent pendant plusieurs jours de 
suite. 

Le D*" De la Harpe , medecin de I'hopital de Lausanne, 
lit encore sur le meme sujet un extrait des passages les 
plus remarquables d'un memoire qu'il se propose de 
publier dans le Journal de medecine de Berne *. Sa 
lecture n'etant elle-meme qu'un court resume de ses 
observations, se prete difficilement h un extrait. 

Apres ces lectures , une discussion s'engage sur les 
difficultes de diagnostic que presente les fievrestyphoides. 
Le professeur Fueter , de Berne , dans un expose concis, 
resume la plupart des difficultes de la question , selon 
qu'il les a publiees dans le Journal de medecine de 
Berne (juin 1843). A cette occasion, le professeur de 
Berne invite les m^decins presents a se reunir h ses col- 
legues du canton de Berne , pour etudier les fievres ty- 
phoides , qui paraissent presque endemiques dans cer- 
taines contrees de la Suisse. 



Seance du mercredi 26 juillet 1 843. 

President: M. le D' D'EsPI^E, de Geneve. 
Secretaire: M. le D' C. Nicati, fils. 

M. le D*^ D'Espine entretient la Societe du resultat de 
ses recherches statistiques stir les causes geimales de la 
mort. 

^ Voir Ic N° dc fevrier 1844. 



103 

II fait connailre les mesures prises en Anglelerre et 
a Geneve pour la constatation et I'inscription des deces. 
II classe les causes de mort comme suit: 

V^ division. Morts nes; 

2*^® » Morts par accidents exterieurs ; 

3*"® » Morts par accidents morbides ; 

4°*® » Morts par maladies aigues; 

5*"® » Morts par maladies chroniques ; 

6™® » Morts par vice de conformation ; 

7"*® » Morts de vieillesse. 

La communication est terminee par quelques propo- 
sitions resultant de la comparaison des chifFres de la 
mortalite dans le canton de Geneve , soit sur 1 age , le 
sexe , la vie moyenne , les morts par accidents , par sui- 
cides, etc. Ces details fort interessants se resument par 
chiffres et echappent ainsi a I'analyse. 

M. D'Espine insisle sur I'int^ret statistique des fails 
qu'il mentionne dans son memoire, et exprime le voeu 
que dans les divers cantons de la Suisse, il soit pris des 
mesures pour que les visites des morts, faites d'une 
maniere plus reguliere et plus complete, donnent des 
resultats que la statistique puisse utiliser pour parvenir 
a la connaissance des grandes lois generales qui dirigent 
la mortalite. 

Dans la discussion qui suit la lecture de ce memoire, 
M. le D"^ Fueter fait ressortir combien la publication de 
tableaux necrologiques , pareils a ceux de M. D'Espine, 
ferait faire de progres a la pathologic generale , et emet 
le voeu que des travaux de ce genre soient entrepris dans 
d*autres villes de la Suisse. 



104 

Le professeur Demme donne des details siir Telablisse- 
ment pour les cretins sur I'Abendberg , dirige par le D*" 
Guggenbiihl ; il pense que la Societe ayant dans le prin- 
cipe encourage cet etablissement, elle ne doit pas I'aban- 
donner sans savoir si les resultats de cette experience 
sont de nature a justifier cet abandon. M. Demme a fait 
chaque annee des visites a I'Abendberg ; il trouve que le 
D"* Guggenbiihl a continue sa noble tacbe avec zele et 
courage; il a augmente le produit du (iomaine, et grace 
aux secours qu'il a rcQus de letranger, il peut songer a 
la construction d'un batiment convenable. Un eleve de 
I'institut des sourds-muets de Zurich s'est associe main- 
tenant au D'^ Guggenbiihl pour I'education morale des 
cretins ; il espere aussi avoir bientot une diaconesse de 
I'institut de Kaiserstuhl. Les medicaments internes qui 
ont ete essayes ont eu jusqu'ici pen de resultats. L'elec- 
tricite, sous forme de bains electriques, les lotions froides, 
ont eu un meilleur effet. Grace a ces soins materiels, 
moraux et medicaux, ainsi qu'k I'air salutaire de la mon- 
lagne , les enfants affliges de cretinisme , voient leur etat 
s'amehorerau bout de 5 ou 6 mois de sejour, en sorte 
que les parents, satisfaits de ces premiers resultats, les 
retirent quelquefois sans attendre ceux d'un sejour 
plus prolonge. Le developpement intellectuel et moral 
de ces enfants est sensible; ils apprennent a manger, 
a marcher, a elre propres ; ils admirent le sublime spec- 
tacle de la nature, et surtout ils s'attachent a leur ins- 
lituteur, et lui temoignent cet atlachement par toute leur 
maniere d'etre. Le professeur Demme cstime qu'il y a 
encore des progres a attendre. Les premieres difficultes 



105 

lui paraissent vaincues, il souhaite que les Societes 
suisses des Sciences naturelles et d'Utilite publique con- 
tinuent leur interet et leur appui au D"" Guggenbiihl , et 
que loin de sortir cet objet du champ d'activite de la So- 
ciete generale, elle persiste a s'en occuper et temoigne 
au D"" Guggenbiihl ses remerciements pour tout le bien 
qu'il a deja fait. M. le prof. Demme , en terminant , emet 
encore levoeu que le D"" Guggenbiihl communique chaque 
annee un rapport a la section de medecine sur les re- 
sultats obtenus. 

Dans la discussion, le D'^ Isenschmidt eleve des doutes 
sur la couvenance de reunir les cretins en nombre un peu 
considerable dans un meme etablissement pour obtenir 
leur guerison ; il estime que tant que nous ne connaitrons 
pas mieux la vraie nature du cretinisme , il est a craindre 
que les resultats ne repondent pas a I'attente. Apres la 
lecture du proces-verbal , la section conclut a I'adoption 
des propositions de M. Demme, qui seront soumises a 
I'assemblee generale dans la forme suivante: 

1^ La Societe des Sciences naturelles sera invitee a 
continuer et a prouver son interet a I'etablissement de 
I'Abendberg , en I'encourageant par son secours et son 
appui ; 

2^* Elle s'entendra avec la Societe d'utilite publique 
pour cet objet ; 

3** Le D"" Guggenbiihl sera invite a adresser un rap- 
port annuel sur les resultats de son etablissement. 

M. le D*" Nicati , fils , communique a la section de 
medecine le prospectus d'un atlas d'Anatomie patholo- 
gique, public a Amsterdam par M. W. Vrolik , professeur 



106 

d'anatomie et de chirurgie. Ce prospectus est accompagne 
d'un specimen des planches de I'ouvrage , qui parait par 
livraisons , au prix de la livraison de planches. 

On peut souscrire chez J. Kessmann , librairie alle- 
mande , a Geneve. Get atlas , destine a illustrer le Manuel 
d'anatomie pathologique , publie en hollandais , par M. 
Vrolik, constitue toutefois un ouvrage a part, avectexte 
latin et hollandais. II renferme deux parties , la premiere 
destin^e a illustrer Vemhryogenie, et la seconde consacree 
a I'etude des monstruosites ou k la teratologie. Les plan- 
ches sont dessinees d'apres nature et gravees sur pierre , 
les originaux de la plupart d'entr'elles se trouvent dans 
la superbe collection du pere de I'auteur, aussi professeur 
k Amsterdam. Get ouvrage se recommande par son exe- 
cution et par I'interet du sujet qu'il embrasse. II devien- 
dra le complement necessaire des travaux nombreux ex^- 
cut^s en divers pays sur I'organisation du foetus et sur 
les vices organiques auxquels il est sujet. Son prix pen 
6leve parait devoir lui meriter un accueil favorable de la 
part des anatomistes et physiologistes de tons pays. G'est 
ce qui a encourage M. Nicati a signaler a la Societe 
Suisse des Sciences naturelles ce nouveau produit , sans 
doute encore inconnu , de la litterature medicale hollan- 
daise. 



IV- 

' ' Le bureau de la Societe Suisse, pour 1843 , ayant prie 
M. le D"" M. Mayor de lui remettre, pour le faire imprimer 
dans les Actes , le memoire donl il avait fait lecture dans 
la seance du 24 juillet, il en a regu la note suivante que , 
sur sa demande , il fait inserer ici : 

a J'ai deja publie mon memoire , et je Iravaille a une seconde 
edition, ou j'espere que je me feral mieux comprendre. En at- 
tendant, je crois qu'il ne sera pas inutile et sans interet d'inse- 
rer les lignes suivantes dans le compte-rendu de la Societe des 
Sciences naturelles : 

» Depuis que je suis , pour ainsi dire , offusque et etourdi 
par la repetition incessante de Texpression experience ^ j'ai 
cherche a noter ce qui peut done exister de si extraordinaire, 
dans ce singulier mot , pour etre si souvent employe ? Or , je 
suis arrive a cette conclusion remarquable et tres-significative : 
« Que tout ce qui concerne I'experience et son nom propre , 
bien loin qu on doive I'envisager , ainsi qu on le croit genera- 
Fement , comme un sujet qui releve de la metaphysique ou de 
la philosophic transcendantale, et qui, par consequent , ne peut 
se preter qu a des discussions reservees k quelques hommes 
privilegies ; que toute cette matiere , dis-je , peut et doit, au 
contraire , se reduire a des groupes de questions, qu il est donne 
au simple gros bon sens de resoudre exacteraent ; les voici : 

» 1° L' experience , envisagee comme mot et chose j, a-t-elle 
ete une source d'erreurs ? Ne Ta-t-on pas tres-souvent assimilee 
a la routine ? N'en a-t-on pas fait et n en fait-on pas encore un 
mauvais usage? N'est-ellc pas un manteau , aussi commode 
que perfidc , pour couvrir I'ignorance ou la mauvaise foi , quand 
il sagit de discuter le poiirqiwi et le comment des choses? 
N'a-t-elle pas empeche d'heureuses innovations ? N'est-elle pas 



108 

elevee a la hauteur d'un pouvoir immense et presque despo- 
tique ? Je dis Oui ! 

» 2° Esl-il difficile de rendre avee plus do clarte , de preci- 
sion, de simplicite, de bonheur, de logique et, surtout, avec 
plus de respect pour les convenances et les exigences scienti- 
FiQUEs; peut-on, dis-je , traduire mieux les idees, les pensees, 
en faisant usage du mot experience , qu en le supprimant tout- 
a-fait ? Existe-t-il une phrase , sentence , locution , periode , 
proposition quelconques , oii semble briller , avec eclat , cette 
expression , qu'on ne puisse envisager comme entach^e par cette 
derniere , et qui sans elle ne soit pas susceptible d'une meil- 
leure tournure , d'un developpement plus avantageux ? Je dirai 
NoN ! » 

» J'ajouterai que j'ai defie en vain, jusquici, et quejedefie 
encore qu'on me fournisse un seul specimen de phrase , locu- 
tion , etc., ou Ton ait cru devoir placer le mot experience, que 
je ne rende , aussitot , en faisant abstraction de ce dernier , et 
sans le plus mince prejudice pour les exigences du style et de 
la logique ; — Au contraire ! 

» II est, toutefois, bien entendu , ainsi que je n'ai pas man- 
que de le dire , que je reserve et respecte I'application du mot 
experience, aux epreuves , recherches ^ explorations^ et aux 
essais, qui sont de rigueur pour constater et expliquer certains 
faits. Cependant , chose fort singuliere ! on s' attache , partout 
aujourd'hui , a substituer a cette expression celle ^experimen- 
tation J quoiqu'on la cherche en vain dans les dictionnaires ! 
N'aurais-je done, dans mon memoire contre 1' experience, qu'in- 
terprete, tout simplement, un besoin , un degout fortement senti 
de I'epoque actuelle ? 

» Je terminerai , enfm, cette notice, en repetant avec I'im- 
mortel Bacon et en disant , avec tous les esprits eclaires et judi- 
cieux : que les mots sont les enseignes ; les Etiquettes des idees , 
et qu'en les precisant mieux on rend , aux sciences , un service 
eminent. » 



V. 
PfOTE 

communiqaee a la 
SOCIETE HELVETIQUE DES SCIENCES NATURELLES 

DANS SA STANCE DU 26 JUILLET 1843, 

X(xx< Veitctz, peve. 



Dans les deux precedentes reunions de la Sociele 
Suisse des Sciences naturelles , a Lausanne , I'assem- 
blee parut entendre avec interet les renseignements qui 
lui furent communiques sur la rupture du glacier infe- 
rieur du Gietroz , arrivee le 16 juin 1818, sur I'inon- 
dation qui en resulta et sur les moyens a prendre pour 
prevenir a I'avenir un aussi grand desastre. J'ai tout lieu 
de croire que cet interet ne s'est point diminue , et que 
Tassemblee entendra avec quelque plaisir encore aujour- 
d'hui , un expose succinct du resultat obtenu par les tra- 
vaux qui ont continue depuis 1828, dans le but d'em- 
pecher la formation d'un nouveau lac, et par consequent 
le retour d'une aussi affligeante catastrophe. 

Messieurs les membres de la Societe qui ont assiste 
a la reunion de 1818 , se rappelleront probablement tous 
encore la relation aussi interessante qu'exacte que feu 
M. Escher de la Linth lit de cet evenement , qui venait 



no 

d'avoir lieu depuis seulement quelques semaines. II 
fit egalement connaitre les travaux que Ton avait entre- 
pris a I'instant ou Ton se fut apergu de la formation du 
lac , et par lequel on esperait , non pas prevenir Imon- 
dation , car cela paraissait impossible , mais du moins 
Taffaiblir en diminuant la masse d'eau , et par consequent 
son effet deslructeur. Malheureusement la debacle ne 
put etre empechee , mais on parvint cependant , au 
moyen de ces travaux , a reduire de plus des deux 
tiers la quantite d'eau retenue par la barriere de glace. 
En effet, sans ces travaux, c'est-a-dire sans la galerie 
de 900 pieds de longueur, percee a travers le glacier, 
le lac aurait pu s'elever a 104 pieds plus baut que 
n'etait le niveau de sa surface a I'instant de la rupture; 
de plus , I'approche de la saison chaude augmenta Tin- 
quietude , car il etait a craindre que les eaux , en se re- 
chauffant , ne parvinssent a s'insinuer entre le glacier et 
sa base , et a soulever la barriere a pen pres en entier , ce 
qui aurait occasionne un ecoulement presque instantane 
de toute cette enorme masse d'eau *. La galerie que je 

^ Cette crainte n'etait rien moins que chimerique ; ear a me- 
sure que le retour de la chaleur augmenta la temperature du 
lac , les eaux penetrant dessous le glacier en detacherent et 
souleverent a deux reprises des masses de glace si conside- 
rables que la barriere en fut notablement aflfaiblie sur toute la 
largeur de la vallee. Les monceaux de glace arrives a la sur- 1 
face y flotterent et le couvrirenl sur une vaste etendue. Parm 
ces blocs de glace il y en avait quelques-uns d'un volume vrai- 
ment etonnant , car apres Tecoulement des eaux on trouva do,^ 
blocs de 180,000 pieds sur le sol du bassin qui avait ete occupt 
par le lac. 



Ill 

I viens de mentionner empecha heureusement cet ecoule- 
ment soudain, car le lac, se degorgeant pendant 60 
heures par ce passage , eprouva nne baisse de 44 pieds. 
En outre , la rupture , qui se fit au bout de ce temps , 
ne presenta qu une large fente , une sorte de couloir au 
travers du glacier, par lequel les eaux ne purent s'e- 
chapper aussi subitement qu'elles I'auraient fait, si la 
barriere de glace avait ete soulevee en son entier. Ces 
considerations m'engagent a croire que feu M. Escher 
de la Linth est reste encore au - dessous de la realite , 
lorsqu'il supposa que I'ecoulement des eaux par la galerie 
n'avait reduit que de deux tiers I'effet de la rupture de 
la glace , c'est-a-dire que , sans cette galerie , I'inondation 
aurait ete trois fois plus considerable. 

En 1 828 , lors de la seconde reunion de la Societe , 
a Lausanne , je communiquai a I'assemblee quelques 
details relatifs aux travaux que Ton avait entrepris pour 
empecher la formation d'un nouveau lac. Ces travaux 
tendaient tons k diminuer le volume de la barriere de 
glace qui, en effet, setait assez promptement retablieet 
avait presque atteint les dimensions qu'elle avait au mo- 
ment de la debacle. 

De tons les moyens imagines et essayes pour arriver 
a ce but, il n'y en eut qu'un seul qui offrit de bonnes 
cbances de succes. Ce moyen etait tres-simple , et voici 
en quoi il consistait: on amenait de I'eau de source 
depuis les rochers escarpes de I'Allia; ayant un trajet 
assez long a parcourir, elle se rechauffait de quelques 
degres par la reverberation solaire produite par les parois 
du roc le long desquels elle coulait ; arrivee pres du gla- 



112 

cier, on la conduisait au-dessus par le moyen de che- 
neaux, supportes convenablement par des che valets, et on 
la divisait en quatre filets, dont on en faisait passer deux a 
I'extremite superieure de la barriere , precisement a I'en- 
droit oil la Dranse disparait sous le glacier , et les deux 
autres a I'extremite inferieure , \k oii se trouve I'ouverture 
par laquelle ce torrent reparait au jour ^ Chaque paire de 
cheneaux etait disposee de maniere qu' il restait entre 
chaque cheneau un espace proportionne a la largeur du 
canal par lequel la Dranse passe dessous le glacier. Les 
cheneaux etant supportes par les chevalets a une cer- 
taine hauteur au-dessus de la surface de la glace , les 
filets d'eau y tombaient done en forme de cascade , et 
en la fondant promptement, ils y produisaient des trous 
verticaux , sortes de tubes qui , en s'approfondissant , 
atteignaient ainsi la surface de la Dranse coulant comme 
il vient d'etre dit sous cette barriere de glace. Des qu'un 
filet d'eau parvenait a la surface inferieure du glacier, 
c'est-a-dire k mesure qu'il avait perce la profondeur 
entiere du canal , on retirait un pen en arriere la petite 
cascade , en reculant convenablement le cheneau du- 
quel I'eau tombait. De cette maniere, les quatre filets 
produisaient chacun une erosion verticale , une veritable 

^ On voudra bien se rappeler que le glacier inferieur du Gie- 
iroz , dont il est ici question , coupe a angle droit la vallee en y 
constituant ainsi une veritable barriere , que la Dranse traverse 
par dessous dans un canal dont le plafond ou la voute est for- 
mee par le glacier. L'entree de ce canal s' etait formee pendant 
riiiver de 1817 a 1818, Teau arrivee par la fonte des neiges 
n'ayant point trouve d'issue , a reflue et a donne lieu au lac , 
qui, par son prompt ecoulement, a occasionne la debacle. 



il3 

<;oupure, traversant la barriere de glace dans toute soft 
epaisseur. La tranche de glace, restant entre les deux 
coupures et formant la profondeur du canal , n'etait pas 
appuyee par-dessous; elle n'etait attachee au reste du 
glacier que par I'une de ses faces, et encore par Tune 
des plus petites. A mesure que les deux coupures s'a- 
grandissaient en longueur , la tranche de glace , separee 
du massif, augmentait egalement en poids. II arrivait 
done un moment oii le poids de la tranche , depassant la 
force d'adherence par laquelle elle tenait encore au gla- 
cier , Ten faisait detacher et tomber en se brisant dans la 
Dranse qui , en peu de temps , la detruisait entierement. 
Les parois de cette vaste breche ne tardaient pas non 
plus a se fendre jusqu'a une certaine distance de la cou- 
pure , a se disloquer , et a s'ebouler dans la Dranse , qui 
emportait egalement ces debris de glace, quoiqu'il y en 
ait eu quelquefois en quantite si considerable , quele cours 
du torrent en ait ete arrete pendant plus de demi-heure. 
Le procede que je viens d'indiquer ayant offert les 
meilleures chances de succes , fut definitivement adopte , 
et on en obtint effectivement toutes les annees une 
grande diminution du glacier. II est meme arrive quel- 
quefois que les deux coupures (Fune a I'entree et 1 'autre 
a la sortie du canal ) , se sont rencontrees de maniere 
que le lit de la Dranse a ete mis a decouvert sur toute 
sa longueur. Quoique les enormes avalanches de neige 
et de glance , qui depuis le glacier superieur tom- 
bent a peu pres toute Tannee sur le glacier inferieur, 
obstruent pendant I'hiver la coupure queJ'on a faite 
pendant I'ete , elle suffit neanmoins pour empecher 

8 



114 

au printemps prochain la formation d'un lac, et preserve 
ainsi pour I'annee suivante la conlree inferieure d'une 
inondation. 

Cependant, en automne de 1837, un vaste eboule- 
ment de roches , delachees des parois verticales du mont 
du Gi^troz , vint couvrir une partie du glacier. Beaucoup 
de ces debris roulerent dans la grande coupure et tom- 
berent ainsi dans la Dranse. 

Les plus gros blocs , n'etant pas entierement submer- 
ges , depasserent la surface des eaux du torrent. Les ava- 
lanches survenues apres la chute du roc , ensevelirent 
sous une couche epaisse de neige et de glace ces debris 
de roches, qui , les annees suivantes , rendirent le travail 
plus difficile. En effet, ces pierres genaient considera- 
blement le jeu des filets d'eau ; et quand on etait parvenu 
avec bien de la peine a former une tranche de glace , on 
n'avait plus la meme facilite a la faire tomber , parce que 
les blocs de roche qui s'elevaient au-dessus de la surface 
de la Dranse , lui servaient d'appui. Ces difficultes furent 
encore augmentees par la circonstance que les evene- 
ments politiques , survenus a cette epoque dans le Yalais , 
amenerent le changement du conducteur des travaux , 
et que son remplagant ne pouvait pas etre, en arrivant, 
bien au fait de ce genre de travail. 

Ayant ele appele en 1840 a faire le trace d'une route 
a char pour le grand Saint-Bernard, j'ai continue ce 
travail en 1841, et faisant alors un sejour assez pro- 
longe dans la vallee d'Entremont, j'ai profite de cettei 
circonstance pour faire une excursion au glacier du Gie- 
troz, principalement pour donner au conducteur des 



115 
travaux quelques directions utiles relativement a la ma- 
niere d'employer les filets d'eau pour mettre a decouvert 
et rendre accessibles les blocs qui supporlaient la glace , 
afin de pouvoir les arranger de fa^on , qu'au lieu d'en- 
traver le travail , ils devraient au contraire servir a le 
favoriser. 

Mes conseils ayant ete bien saisis et mis en pratique 
par I'intelligent conducteur, j'ai aujourd'hui la satisfac- 
tion de pouvoir vous annoncer , Messieurs , que le 9 aout 
de I'annee derniere , la Dranse a ete de rechef mise a 
decouvert sur toute la longueur de son canal. Une copie 
du rapport officiel de I'inspecteur des ponts et chaussees 
du Bas-Valais , M. Robatel, quel'onm'a communiquee, 
m'a appris que la coupure du glacier eflPectuee par le jeu 
des filets d'eau et commencee le ISjuillet, avaitatteint, 
le 29 septembre 1842, 300 pieds de longueur, 200 
pieds de largeur et 100 pieds de profondeur moyenne. 

La Dranse ayant ete ainsi mise a decouvert deja avant 
le milieu d'aout , les gros blocs qui , en s'elevant au- 
dessus de la surface des eaux , servaient d'appui au gla- 
cier , sont devenus accessibles ; on les a done tronques 
a coups de mines jusqu'au niveau des eaux moyennes. 
Les eclats ont ete employes a construire, de distance en 
distance, des digues au travers du torrent, dont on cher- 
chait en meme temps a elargir le lit autant que possible. 
Ces digues transversales, combinees avec I'elargissement 
du lit du torrent, I'empechent de s'approfondir et le for- 
cent de s'etendre en largeur. Elles ont pour but d'aug- 
menter la surface de la Dranse pour multiplier les points 



116 

de contact de I'eau avec la glace , afin d'en favoriser la 
fonte. 

La glace des glaciers , a cause de sa structure grenue 
et fissuree, presente un degre de flexibilile qui ne lui 
permet pas de s'etendre tant soit peu au loin sans etre 
convenablement supportee. Elle ne pent done pas porter 
a faux sans se plier» sans s'affaisser et meme sans se 
rompre, si elle ne trouve pas quelqu'appui* Par conse- 
quent, en elargissant le torrent, on elargit en meme temps 
le plafond de glace qui le recouvre ; celui-ci ayant une 
trop longue portee a faux, s'affaisse jusqu'a la surface 
de Teau , qui , dans la belle saison , fait fondre la glace a 
mesure quelle en est atteinte. 

Get elargissement du cours de la Dranse , une fois 
termine sous le glacier , contribuera puissamment a la 
diminution de la barriere de glace. Bien plus, j'ai tout 
lieu d'esperer que Ton parviendra , sans le secours meme 
des filets d'eau , a mettre au jour le torrent sur toute la 
largeur du glacier, et que probablement cet elargisse- 
ment seul empechera dorenavant les avalanches de re- 
couvrir d'une maniere permanente le cours de I'eau. 

II resulte des faits que je viens de vous exposer que 
Ton est parvenu a empecher la formation d'un nouveau 
lac et a preserver la contree inferieure du renouvellement 
dune inondation pareille a celle qui I'a desolee en 1818, 

On a done atteint le but que Ton avait en vue, lorsque, 
dans cette meme annee , au lieu de distribuer tout le 
monlant des dons genereusement envoyes pour le soula- 
gement de la contree devastee , on en preleva sagement 
une cerlaine somme (45,000 francs) pour en former un 



117 

capital dont les int^rets ne seraient employes qu a des 
travaux devant prevenir le relour d'un pareil sinistre. 
Pour commencer ces travaux , on a du necessairement 
toucher au capital , mais a I'heure qu'il est , il doit etre 
i retabli a son taux primitif par les economies que Ton a 
1 faites sur les interets qui , pendant les quinze derni^res 
annees , n'ont pas ete tons absorbes. 

J'espere que le gouvernement du Valais voudra donner 
au public un rapport et un compte detaille de cette affaire, 
afin que les hommes genereux qui ont secouru le Valais 
en 1818, aient la satisfaction d'apprendre que le but 
dans lequel on avait mis de cote une portion des dons, 
a ete pleinement atteint. 



VI. 

DES 

RAVAGES CAUSES EN VALAIS PAR LESSAUTERELLES 
EN 1837, 1838 ET 1839'. 



« Hinc plurima mortalium mala , et rerum 
naturae pugna secum. » 

Pun. 

L'interet que la Societe Suisse des Sciences naturelles 
a pris aux devastations causees en Valais par les inon- 
dations de 1834 et 1839, m'engage a communiquer le 
resultat de quelques observations faites sur un pheno- 
mene qui, a la verite, est du domaine special de Ten- 
tomologie , mais qui se rallie a ces desastres comme 
I'effet a sa cause. 

Je me propose d'entretenir I'assemblee de I'apparition 
d'une multitude innombrable de sauterelles et des ra- 
vages qu'elles ont faits dans le Haut- Valais en 1837, 
1838 et 1839. Le recil simple , mais exact , de cette de- 
sastreuse invasion presente des circonstances propres a 
piquer la euriosite et a fixer I'attention ; il fera ressortir 

' Dans ceUc relation on a conserve leur noni vulgaire a des 
insectes qui tons appartiennent au genre Criquet. 



119 

une des affligeantes singularites qui caracterisent le Va- 
lais, ce vaste theatre ou une lutte eternelle entre les 
elements les plus ennemis ofFre a chaque instant des 
scenes si grandes , si terribles et souvent si diificiles a ex- 
pliquer. 

C'est en 1836, a Lalden, petit hameau du dixain 
de Viege , situe sur la rive droite du Rhone , au pied des 
rochers calcaires de Mund , od les toufFes de Dictamnus 
albus L. etalent leurs magnifiques epis, qu'on remarqua 
pour la premiere fois une prodigieuse quantite de fort 
grandes sauterelles. Elles paraissaient avoir pris nais- 
sance dans les plages brulantes formees par I'inondation 
de 1834. Les bons villageois ne soupgonnaient pas en- 
core la calamite dont ces nouveaux hotes les managaient. 
Quelle fut leur surprise , quelles inquietudes ne congu- 
rent-ils pas lorsque , au printemps de 1 837, ils virent 
ces insectes reparaitre en nombre infmiment plus grand , 
couvrir le littoral du Rhone , se repandre dans les terres 
cultivees , y detruire les belles esperances de I'agriculteur, 
traverser le Rhone , et s'abattre sur la fertile plaine que 
le genie de M. Venetz a rendu a la culture et aux habi- 
tants de Viege ! Gette colonisation eut lieu au mois d'aout. 
Les sauterelles deposerent leurs oeufs et disparurent , 
laissant aux cultivateurs I'apprehension de voir ce fleau 
reparaitre et le mal empirer au retour du printemps. 

Cette crainte , malheureusement , ne fut que trop fon- 
dee, car le tableau , faible et succinct, que je vais essayer 
de tracer, pour donner une idee juste du nombre de ces 
orthopteres et des affreux degats causes par eux en Va- 
lais dans les annees suivantes , ressemble a une descrip- 



120 

tion empiuntee de quelque relation de voyage en Orient, 
cette terre de prodiges qui, dit-on, est si frequemment 
expose'e aux ravages des insectes. 

Vers la fin de mai 1838, les jardins et les champs 
de Lalden, et la partie de la campagne de Viege la plus 
rapprochee du Rhone, presenterent un singulier aspect. 
Le sol parut y subir une sorte de fermentation insolite , 
il se couvrit de grandes taches brun-noiratres de plu- 
sieurs pieds de diametre, qui s'elargirent , se toucherent 
et, se confondant enfin , I'envelopperent comme d'un 
drap funebre. Approchez-vous de ces lieux lugubres: 
d'abord vous diriez que la terre y est en etat d'ebullition; 
mais en regardant de plus pres, vous auriez reconnu 
avec etonnement que cet efFet etait produit par une vaste 
fourmiliere de petites sauterelles qui venaient d'eclore, 
et recouvraient le sol au point de n'en rien laisser a nu. 
Toute la verdure y disparait , et ces insectes , dont la 
voracite augmente a proportion de leur rapide develop- 
pement, quittent ces lieux et portent, en accelerant 
chaque jour leur marche, toujours plus loin la desola- 
tion et la misere. 

Le 20 juillet , toute la plaine situee entre Viege , la 
montagne au-dessus de Lalden , les bains de Brigue et 
les environs du pont de Viege , c'est-a-dire un espace 
d'une lieue carree, fut envahie et ravagee par cette nuee 
de sauterelles. Les cereales , les foins, le lin, le chanvre , 
les plantes potageres , tout fut ronge jusqu'a la racine : 
meme les feuilles coriaces du mais , les tiges fortes et 
ligneuses des roseaux, Arundo Epigeios et Phragmites L., 
ne purent resisler au tranchant de leurs fortes mandi- 



121 

bules. Je ne depeindrai point le sentiment de douleur et 
de consternation cause dans Lalden et Viege par ces 
grandes pertes , ni I'effet produit sur la partie ignorante 
et supei^titieuse de ce peuple par la vue de la campagne 
couverte la veille d'une riche vegetation et convertie le 
lendemain en sterile desert. Je ne rapporterai point tons 
les conseils ridicules et dangereux qui furent suggeres, 
ni les efforts insignifiants des individus pour se mettre a 
I'abri de ces devastations; je me bornerai a relater les 
moyens de destruction qui furent mis en oeuvre en grand 
par toute la population , et qui seuls peuvent nous ap- 
prendre le nombre infini de ces insectes ravageurs. * 

Des que ce peuple ^ reveille par tant de maux , sortit 
de I'etat d'indolence habituelle et put ecouter la voix de 
la raison , on le vit s'assembler , entourer avec confiance 
ses magistrats eclaires, et , guide par leurs sages con- 
seils , commencer la journee par un service solennel , 
comme dans les circonstances les plus graves ; puis , arme 
de tons les instruments qui peuvent servir dans une ex- 
pedition de ce genre , quitter le bourg de Viege et fondre 
avec fureur sur les legions ennemies. Quel etrange spec- 
tacle! Des centaines de personnes s'agitent en insenses 
dans la campagne : les unes occupees a ecraser des mil- 

^ Le reverend professeur Etienne Elaers , dont les conseils 
ont si puissamment oontribue a la bonne direction de ces tra- 
vaux, a presente au Conseil d'Etat, en 1838, un rapport sur 
les moyens de detruire ces sauterelles. G'est dans cette source que 
nous avons puise de precieux renseignements afin de completer 
ceux que nous avions recueillis a Tepoque meme 3e ces scenes 
et sur les lieux ou*eUes se passerent. 



122 

liers de sauterelles en frappant continuellement , avec des 
branches d'arbres , le sol qui en etait tout convert ; d'au- 
tres mettant le feu aux buissons et incendiant les chaumes 
de leurs propres champs, charges, helas! de vermine 
au Ueu d'epis; ceux-ci poussant ces bandes sauteuses , 
a force de balayer, dans des fosses creuses a cet effet, 
et les y foulant a coeur joie; ceux-la, a la faveur de la 
nuit dont la fraicheur engourdit cesinsectes, s'efforgant 
de saisir surtout ceux qui , parvenus a I'etat parfait , ont 
leurs longues ailes completement developpees , et en em- 
plissant des sacs que d'autres , groupes autour d'une 
enorme chaudiere , plongent sur-le- champ dans I'eau 
bouillante et jettent ensuite dans le fleuve. Quel est le 
nombre des victimes de ce massacre qui fut poursuivi 
avec le meme acharnement durant plusieurs semaines ? 
Je n'ose hasarder un calcul ; je dirai seulement que le 
nombre des mesures de sauterelles amassees et tuees dans 
Feau bouillante a ete evalue a plus de huit cents, 

Ne croyez pas , cependant , comme on pourrait etre 
tente de le faire , qu'une extermination complete de ces 
animaux nuisibles ait couronne les efforts des braves ha- 
bitants de Viege. Au mois d'aout, il y en eut encore un 
tas si prodigieux qu'on les vit , reunis en grands essaims , 
quitter les lieux devastes et se precipiter sur les champs 
et les prairies ou un reste de vegetation offrait quelque 
pature a leur insatiable voracite. L'incroyable multitude 
d'individus dont un decesessainssecomposait, pourra, 
en quelque sorte , etre evaluee par les details que je vais 
donner sur celui qui traversa la grande route entre le 
bourg de Yiege et la chapelle de Rilti. II formait una 



123 

colonne assez serree pour projeter aulant d'ombre qu'uu 
leger nuage ; son diametre etait a peu pres dun quart de 
lieue, et sa longueur telle que, malgre I'impetuosite du 
vol, il lui fallut une demi-heure pour achever de traverser 
la largeur de la route. Une berline a trois chevaux fut 
retenue au milieu de sa course par cette grele de grosses 
sauterelles qui, une foislancees, paraissaient ne pouvoir 
arreter a volonte leur vol , ni en changer la direction , 
et allaient heurter lourdement la voiture et les chevaux 
engourdis par la stupeur. 

Ces bandes d'orthopteres reparurent au printemps de 
1 839 , annongant de nouveaux malheurs. Des que les 
Viegeois s'enaper^urent, ils se haterent , instruits qu'ils 
etaient par leurs pertes anterieures , de fouiller a un pied 
de profondeur les places ou paraissaient etre les principaux 
depots d'oeufs , ils s'empresserent de les detruire : la cam- 
pagne fut ensuite submergee et resta quelque temps sous 
Teau. Nonobstant cette sage mesure, bien des endroits 
fourmillaient de jeunes sauterelles. Alors s'organiserent 
de fortes patrouilles qui, armes de pelles, circulaient 
sans relache , formaient un cordon autour des places 
infestees , et , en jetant de la terre sur cette nichee , la 
refoulait vers un centre et la recouvrait d'une couche 
assez forte pour I'empecher de revenir a la lumiere. Ge- 
pendant cette detestable engeance pullulait encore extre- 
mement et ne cessait d'etre redoutable aux agriculteurs. 
On reprit tons les moyens de destruction dont on s'etait 
servi avec succes I'annee precedente , et on ramassa de 
nouveau trois cents mesures de ces insectes. Si par I'effet 
des derniers efforts de I'infatigable population de Viege, 



124 

le mal a perdu de son intensite dans cette contree , il a 
d'autant plus gagne en etendue. Gar , poursuivis a ou- 
trance , nos ravageurs fuient la terre inhospitaliere qui les 
a vu naitre , et vont chercher ailleurs une existence moins 
combattue. * lis emigrent en detruisant sur leur passage 
tout vestige de vegetation. Des phalanges penetrent du 
cote du levant jusqu'au pont de Naters , depassent vers 
le couchant la Viege et ne s'arretent qua la distance 
d'une demi-lieue de Tourtemagne. Un essaim conside- 
rable va fonder une colonic dans les jardins pres de 
Geronde , et y devore la moisson sans aucun obstacle de 
la part des proprietaires ; tandis qu'un second , plus 
faible , pousse son incursion jusqu'aux portes de Sion. 

Mais quittons un instant cette race hideuse et passons 
a revaluation des degats qu'elle a causes. Sierre n'a pas 
retire, en 1839, une mesure de recolte sur cinquante 
seterees ^ de jardins situes pres de Geronde ; Viege a deja 
fait , en 1838 , la perte de plus de trois mille mesures de 
cereales , et les autres produits agricoles y ont subi une 
telle diminution, qu'on y fut contraint de reduire les 
betes de somme au tiers de leur nombre ordinaire. Quel- 

* Ces emigrations etaient surtout determinees par un etour- 
dissant charivari que des campagnards firent aux sauterelles 
ailees pour les effrayer et , par ce moyen , les detourner des 
proprietes qu elles menagaient d'envahir. En usant de cet ex- 
pedient perfide , on etendit le cercle des devastations ; souvent 
meme les insectes en revenant sur leurs pas , se chargeaient-ils 
de punir ceux qui s'occupaient de conserver leurs r^coltes aux 
depens des voisins. 

2 La seteree a 300 toises de six pieds. 



125 

que partielles et incompletes que soient ces donnees , 
les seules positives que nous ayons pu nous procurer a 
cet egard , elles suffiront neanmoins pour etablir un 
apercju approximatif de la somme totale des dommages 
occasionn^s par ce.fleau, et de I'affreuse position de ce 
pays qui, afflige en outre par I'inondation de 1839, 
epuisait , pour ainsi dire , toutes les calamites attachees 
aux differentes contrees du globe. Heureusement , les 
sauterelles ne reparurent point en masse en 1840, et 
Ton n'en trouva plus que d'isolees et inoffensives. 

On pourrait done en demeurer la dans cette relation , 
mais il importe encore de designer par leurs noms spe- 
cifiques les artisans de tant de malheurs, et de relever 
tout ce que leurs moeurs nous offrent de plus remarquable ; 
j'ai de plus a satisfaire a un devoir, bien doux pour moi, 
celui de soumettre a votre examen , Messieurs et tres- 
honores collegues , mes conjectures sur les causes pro- 
bables soitde la prodigieuse multiplication de ces insectes, 
soit de leur subite disparition. Yeuillez done m'accorder 
de nouveau un instant d'indulgence. 

Yoici les noms que les naturalistes donnent aux sau- 
terelles en question , et que je tiens de la part de M. 
le D^ Imhoff , de Bale , dont I'obligeance extreme a droit 
a toute la reconnaissance que je m'empresse de lui te- 
moigner a cette occasion : I'espece dont la grandeur 
frappait de prime abord I'ceil de I'observateur , est le 
Gryllus migratorius L.; celle qui surpassait les autres en 
nombre et causait le plus de devastations , est le Gryllus 
tergestinm de Cliarp.; enfm Gryllus higuttulus et higutta- 



126 

tus L., et meme Gryllus germanicus Latr. etaient, quoique 
moins nombreux, comme associes aux precedents. 

Ajoutons a cette nomenclature les traits les plus re- 
marquables de leur histoire naturelle. Notons avant tout 
leur etonnante fecondite. Ghaque femelle loge , selon 
I'espece a laquelle elle appartient, soixante a cent oeufs 
dans un tube cylindrique de terre agglutinee, qu'elle 
forme en enfon^ant dans le sol son abdomen allonge, 
et recouvre d'un opercule, desque la ponte est achevee. 
Leur mode de nutrition merite pareillement de fixer 
notre attention. Des qu'un champ envahi par ces destruc- 
teurs s'est revetu de leurs lugubres couleurs , et que 
quinze a vingt de ces insectes en chargent chaque tige 
de ble , un bruit sinistre , semblable au bruissement du 
vent soufflant sur des roseaux , se fait entendre au loin ; 
c'est le bruit que produit I'infatigable activite de leurs 
mandibules , qui ont entame le chaume immediatement 
au-dessous de I'epi , la ou celui-ci reste le plus longtemps 
vert et tendre ; I'epi tombe a terre , le chaume est rapi- 
dement devore de haut en has jusqu'a la racine , ensuite 
I'epi est recherche et detruit a son tour. Sur un champ 
ainsi rase a fleur de terre , il ne reste qu'une couche 
d'excrements dont la forme et la couleur ont toutes les 
apparences de grains de seigle, au point de tromper 
I'observateur peu attentif et de le persuader que les sau- 
terelles avalent les grains en entier, et que ceux-ci, 
apres avoir traverse sans alteration I'appareil digestif, 
en ressortent intacts par I'anus. Ce qui m'a cependant 
le plus etonne , c'etait de trouver a ces insectes, ordinai- 
rement vagabonds et isoles, I'instinct de sociabilite, un 



127 

ensemble el une admirable regularite de mouvements ^ 
lorsqu'ils se mettaient en marche ou qu'ils s'arretaient. 
J'ai aussi cru observer que leur coloris ordinaire avail 
subi des changements sans alteration des dessins, el 
qu'il s'etait singulierement rembruni , comme s'il eul ete 
noirci au feu d'un soleil plus meridional , donl ces in- 
sectes paraissaient soupgonner I'existence el en senlir 
meme le voisinage , puisque des essaims considerables 
essayerent de passer les montagnes qui separent le Valais 
de ritalie : mais ils perirent tous , victimes du froid qui 
regne dans les regions elevees ou ils fui^ent surpris par 
la nuit. 

Terminons eel liistorique , el abordons maintenant 
I'exposition des conjectures sur lesquelles je fonde Fex- 
plication de la calamiteuse invasion de ces insectes. Les 
premieres lignes de cette relation ont deja fait entendre 
que j'envisage ce phenomene comme une des funestes 
suites de I'inondation de 1834. En effet, cette inondation 
a laisse de grands depots de sable el de limon sur les 
campagnes riveraines ; celle de Viege en fut entierement 
couverte. Or les terrains sablonneux qui , dans des lieux 
decouverts el bien exposes aux rayons du soleil , devien- 
nent brulants , sont ceux que les sauterelles , surloul 
Gryllus migratorius el tergestinus recherchenl pour y en- 
fouir leurs oeufs. Ces oeufs ecloront , au retour de la belle 
saison , pourvu que les terres ou ils ont ete deposes ne 
soient pas bouleversees par I'homme ni par la nature ; el 
les larves qui en proviendront prospereront certainement 
si une temperature douce, non interrompue par de longues 
pluies , ni par des gelees tardives , les favorise. Ces con- 



128 

ditions de vie et de developpement , la nature les leur 
offrit , car, dans cette contree , des districts entiers sont 
restes incultes durant plusieurs annees et durant les prin- 
t€mps qui s'ecoulerent de 1834 a 1839, la temperature 
a ete si convenable a la propagation des insectes en ge- 
neral, des reptiles et meme de certains petits quadrupedes, 
que dans toutes les parties du pays on eut a se plaindre 
de I'abondance plus ou moins grande de toutes sortes 
d'etres nuisibles. Ainsi , par exemple , a Vercorin , pa- 
roisse du dixain de Sierre , situee a I'entree de la vallee 
d'Annivier , les sauterelles qui habitent les prairies mon- 
tagneuses : Gryllus cothurnatus et Uneatus Kreutz., Gryl- 
lus dm'satus letter et autres, ravagerent les prairies 
jusqu'a ce que le retablissement d'un ancien aqueducet 
les irrigations frequentes les eurent reduites aux propor- 
tions ordinaires. Ainsi, dans quelques localites tres-elevees 
du dixain de Viege , et a Zinnal , hameau le plus recule 
d'Annivier, les prairies fourmillaient de petites souris 
dont la voracite est aussi dangereuse aux racines qu'aux 
tiges des plantes ; elles avaient creuse un si grand nombre 
de galeries souterraines , que, sur un espace d'un pied 
carre, on put compter plus de vingt trous d'entree. Ainsi 
les vignobles de Sion et de Sierre furent infestes par 
les guepes, les lezards et les serpents. 

En reflecbissant a ces circonstances atmospberiques, 
a I'etendue des terrains qui, apres I'inondation de 1834, 
resterent arides et incultes; en considerant que ces in- 
sectes sont indigenes , que dans ces parages ils s'y Irou- 
vent ordinairement par milliers , quoique leur nombre ne 
se fasse point remarquer tandis qu'ils vivent isoles, 



1-29 
caches dans les roseaux et disperses sur uii espace dune 
si grande etendue ; en rapprochant enfin ces fails et la 
fecondite des sauterelles dont la troisieme generation issue 
d'un seul couple se compose au moins de 54,000 indivi- 
dus, on aura devoile le mystere de leur prodigieuse multi- 
plication en 1837, 1838 et 1839,etl'on reconnaitrasans 
doute, avec moi, que ce phenomene doitelre mis aunom- 
bre des suites desastreuses de i'inondation mentionnee. 
Le probleme de la disparition presque soudaine de ces 
hordes d'orthopteresmeparait tout aussi facile a resoudre. 
Les grands depots de leurs oeufs furent converts d'une 
forte couche de limon et de sable par les inondations qui 
affligerent le Haut-Valais vers la fm de septembre et au 
commencement d'octobre de 1839. Soit que Taction 
putrefiante de I'humidite trop longtemps entretenue ait 
corrompu les oeufs, soit que lepaisseur de la couche de 
limon ait empeche la chaleur du soleil de les vivifier a 
une telle profondeur , ils ne purent eclore I'annee sui- 
vante. Les larves qui se montrerent dans les localites que 
I'inondation n'avaient pu atteindre, succomberent aux 
longues pluies et au froid rigoureux survenus a deux 
reprises au printemps de 1840. — Le Valais fut alors 
delivre d'un ennemi formidable et put se livrer tout entier 

aux commotions politiques 

Si I'opinion que je viens d'emettre sur les causes de 
TapparitioH et de la disparition de ces masses d'insectes 
est fondee , on doit, en trouver la confirmation dans I'his- 
loire; car le Valais, qui est si souvent victime des inon- 
dations , aura assurement deja ete visite par ce fleau a 
des epoques anterieures; aussi ni-je fait des recherches 

9 



130 

pour en decouvrir quelques traces , et mon attente n'a-t- 
elle pas ele trompee. II en existe un monument incontes- 
table a Lalden meme, c'est la fondation perpetuelle d'une 
messe que les habitants appellent Straffelmesse , et dont 
I'origine parait remonter a I'annee 1747, annee oii les 
sauterelles avaient ravage cette contree qui etait encore 
affligee par les suites de I'inondation de 1744. Les chro- 
niques du Valais font souvent mention de ce fleau , mais 
ne pouvantsavoirk quelles sources leurs auteurs ont puise 
les renseignements qu'ils nous ont transmis, et comme 
lis ont rarement assigne aux evenements une epoque 
precise, je m'abstiendrai de les citer. Nous pouvons 
accorder plus de confiance aux rituels dont on se servait 
anciennement aux processions. On y voit des longues 
oraisons contra vermium, hruchorum, scliaraboeorum lo- 
custarumque persecutionem , oraisons qui se chantaient 
annuellement aux portes de la ville de Sion , le 3 mai , 
fete de I'invention de la Ste. Croix , et qui nous font 
entendre que dans le bon vieux temps le Valais etait 
assez frequemment incommode par les malencontreuses 
visites de ces insectes. Cette supposition s'appuie sur une 
tradition populaire qui nous a conserve le souvenir de ces 
ravages, et qui nous apprend que leur duree ne pent 
d'ordinaire depasser la troisieme annee , a cause de I'ex- 
treme variation de temperature dans les pays de mon- 
tagnes. 

Mais j'abuse de votre patience et il est temps de mettre 
fm a ce recit. II vous a fait connaitre , Messieurs , un des 
nombreux elements de calamites qui tour a tour ravagent 
le Valais ; qui y rendent la vie si vacillante et I'existence 



131 

si incertaine au milieu meme des hautes monlagnes , de 
ces emblenies imposants de I'eternelle stabilite ; qui , des 
le jour ou des lemeraires , pousses par quelque grande 
infortune, viurent s'etablir entre ces rochers et y fonder 
la premiere societe, ii'ont point cesse dedonneralhomme 
les terribles lemons du malheur, pour lui faire comprendre 
que , dans une telle contree , de bonnes digues, une sage 
administration des forets et une agriculture soignee sont 
des conditions indispensables de prosperite ^ Puisse 
I'experience du passe se graver profondement dans la me- 
moire du bon peuple valaisan , et bientot I'instruire de 
ses vrais interets ! 

Jos.-Alphonse Riox , chanoine. 

' La destruction des forets et les mauvais systemes de digue- 
nients sont generalement envisages comme les causes princi- 
pales des degats occasionnes dans ce canton par les inondations. 
J'engage mes cliers compatriotes a relire avec attention le 
mejnoire public sur ce sujetparM. le colonel Lardy , directeur- 
general des forets du canton de Vaud. 



VII. 

QUE PRESENTE 

LE TERRAIN DE TRANSPORT DU RASSIN DE GENEVE 

QUI TEUVENT s'eXPLIQUER 

par Ihypolhese des ejaculations k M. d'Omalius d'Halloy, 

Par Jean-Amdre DE LUC. 



M. d'Omalius d'Halloy, s'occupantdu vasle depot de 
limoii qui s'elend , d'un cote , jusqu'au-dela de la Senne , 
(qui passe a Bruxelles ) , et de I'autre , jusqu'au-dela du 
Rhin , voudrait I'expliquer par de puissantes ejaculations 
de limon sorties de Tinterieur de la terre. II cite d'autres 
phenomenes qui pourraieiit s'expliquer de la meme ma- 
niere par des ejaculations argileuses et sableuses. 

M. Ami Boue, entrant dans les idees de M. d'Omalius, 
observe que ces ejaculations ont du et pu avoir lieu lors 
des di verses epoques de dislocations et de soulevement 
de la croute du globe. 

Faisons I'application de ces idees au bassin de Ge- 
neve, et comrtien^ons par la colline sur laquelle la ville 
est batie. De nombreuses excavations faites dans ses dif- 
ferentes rues, pour y placer des tuyaux de fontaine. 



133 
pour creuser les fondements de plusieurs maisons , nous 
out fait connaitre que cette colline n'est composee que 
de lits de sable et de gravier , sans gros cailloux ; ces 
lits ne sont point horrzontaux , ils sont plus ou moins 
inclines. 

Les profondes excavations de la maison De la Rive , 
a I'ancienne arcade du Bourg-de-Four, ont mis a de- 
couvert des lits de gravier dont I'inclinaison approchait 
de la verticale. 

Lorsqu'on construisit la nouvelle ligne de maisons de 
la Corraterie , on mit a decouvert une longue suite de 
lits mclines de gravier qui descendaient vers le sud- 
ouest. 

A la rue Verdaine , au tiers de la hauteur de la colline, 
les excavations pour les nouvelles maisons avaient laisse 
une grande masse de lits de sable et de gravier, dont 
Tepaisseur etait d'environ 14 pieds; les lits de petits 
graviers alternaient avec les lits de sable ; leur inclinaison 
etait d'environ 35 degres. Ces graviers etaient composes 
en grande partie d'un calcaire gris-brun ou bleuatre; 
plusieurs de quartz, quelques-uns de roches primitives 
micacees. Je mentionnerai en particulier un gmvier, d'un 
pouce, de calcaire gris- bleuatre traverse de trois veines 
de silex noir, dont on trouve des cailloux en divers en- 
droits de notre bassin; c'est le calcaire de la base du 
Mole, pres de St. Joire et des rochers de Mimise, au- 
dessus de Meillerie. Je mentionnerai encore deux gra- 
viers d'un melange de quartz blanc et de fer carbonate 
jaune, dont on trouve aussi des cailloux. Ge qui prouve 



134 

que les graviers sont composes des memes roches que 
les cailloux roules , ce qu'il etait facile de supposer. 

Je possede un manuscrit defeu M. Jean ToUot, inti- 
tule: Statique du bassindu departement du Leman, com- 
pose vers I'an 1800, pour le prefet d'alors; je vais en 
extraire ce qu'il dit sur la colline de Geneve: 

<( Le terrain sur lequel la ville de Geneve est fondee, 
» etait recouvert dans son origine d'un sol de transport , 
)) qui reposait sur un autre entierement sablonneux, le- 
» quel a servi de base a tons les edifices qui ont ete 
w construits depuis. Ce sol sablonneux ne varie point 
» dans la partie elevee de la ville , mais dans la partie 
» basse, il s'y montre tres-inegalement, car, par exemple, 
» \e proprietaire de la maison des bains , derriere le 
)) Rhone, ayant fait creuser un puits dans sa cour a 
» quelques pas des rives actuelles de ce fleuve , on a 
:» trouve , au-dessous du niveau de la rue , une couche de 
» terre de transport, sans aucun melange de cailloutage, 
» dun metre et deux tiers d'epaisseur ; cette couche re- 
» pose immediatement sur un lit de terre glaise, que Ton 
» a creuse jusqu'a sept metres de profondeur. Ce lit de 
» terre glaise , ajoute M. Tollot , semble annoncer que 
» le sol sablonneux de notre ville repose sur un lit sem- 
» blable, et que c'est la raison de la quantite d'eau qui 
» se trouve dans toute I'etendue de la partie basse , pour 
)) peu que Ton y creuse. » 

La coUine de Geneve est elevee de 90 pieds au-dessus 
du lac Leman. Maintenant, si nousfaisons venir du Va- 
lais les materiaux qui composent cette colline , comment 
auront-ils forme une colline sans s'etendre horizontale- 



135 

ment? Je ne vols que I'hypothese des ejaculations qui 
puisse expliquer cette accumulation ou ces mouvements 
de bas en haut : tout en admettant que les materiaux qui 
la composent sont venus en definitive de la chaine des 
Alpes, non-seulement des rangs primitifs, mais aussi 
des rangs calcaires , qui bordent le bassin du lac. 

La coUine de Geneve n'est pas la seule qui presente 
des lits inclines de sable et de gravier ; j'en ai cite sept 
exemples dans mon second memoire sur le terrain de 
transport du bassin de Geneve, public en 1830 (page 
1 00) , et j'en ai conclu que ces lits inclines nous prou- 
vent que les courants qui ont transporte ces materiaux » 
n'ont pas toujours eu des mouvements horizontaux , 
mais qu'il y a eu des engoulFrements et des jaillissements, 
des agitations locales. 

Maintenant je vais citer un fait qui prouve que des 
eaux sont sorties de I'interieur de la terre. Ce fait est 
deja decrit dans mon second memoire que je viens de 
mentionner, mais il parait qu'il n'a pas ete pris en con- 
sideration lorsqu'on a traite du meme sol de transport; 
le voici: 

Au Plan-des-Ouates , commune inculte situee a une 
petite lieue au S. S. 0. de Geneve , et a cent pas de la 
grande route de Ghambery , on avait, en mai 1817, 
fait des excavations pour en tirer du gravier et des 
grosses pierres. En m'approchant de ces creux, je vis 
des monceaux de gros fragments calcaires blancbatres ; 
je crus au premier moment que ces fragments avaient 
ete apportes ou du mont Salevc ou du Jura , (ant leur 
ressemblance elait parfaite avec le calcaire de ces mon- 



136 

tagnes; mais je fus bieiUot detrompe en voyant d'autres 
fragments semblables dans les creux d'ou ils avaient ete 
tires , et en voyant aupres de grosses pierres roulees de 
la meme nature. Plusieurs avaient deja ete emportees 
pour des constructions; mais il en restait encore plus de 
60 , toutes arrondies , dont la grosseur variait entre 1 et 
4 pieds de diametre; il y en avait deux de 5 a 6 pieds 
qui etaient a la profondeur de 15 pieds au-dessous de 
la surface. 

Quelques jours apres , les ouvriers en degagerent une 
encore plus grosse a la meme profondeur; elle avait 8 
pieds de largeur sur 6 pieds de hauteur , etant parfaite- 
ment arrondie. En continuant a creuser, les ouvriers en 
tirerent 40 aulres de la meme roche , de 1 a 3 pieds de 
diametre, en sorte que le nombre total de celles que 
j'avais vues entieres etait de cent. Cette localite est situee 
a trois lieues de la base du Jura , et a une lieue de celle 
du mont Saleve. Tout le sol est compose de cailloux 
roules , de gravier , de sable et de terre glaise ; les cail- 
loux sont des roches primitives alpines, beaucoup de 
calcaire different de celui du Jura, etc. 

Nous allons voir qu'environ 20 ans auparavant la 
meme localite avait fourni un nombre encore plus con- 
siderable de debris jurassiques; j'en trouvele recitdans 
le meme manuscrit de Jean Tollot, cite plus baut. 

L'auteur decrivant le sol de transport du Plan-des- 
Ouates,fait mention dune immense quantite de blocs 
calcaires qu'on avait tire des creux faits dans cette com- 
mune; il ajoute que ces blocs avaient servi et servent 
encore a la construction des edifices de la commune de 



137 

Carouge et de tous ses environs. II pense que ces blocs 
ont fait indubitablement partie de la montagne de Sa- 
leve, par les rapports qu'ils ont avec les couches de cette 
montagne. II croit aussi que la base du bassin de Ge- 
neve est formee par les pentes des montagnes calcaires 
qui le bordent et qui se reunissent a une certaine pro- 
fondeur. 

Certainement les nombreux blocs calcaires du Plan- 
des-Ouates ne sont pas descendus par la vallee du 
Rhone , ils n'ont pas traverse le bassin du lac , ils sont 
done sortis de Tinterieur; ce sont des debris des cou- 
ches jurassiques qui sont sous le sol a une profondeur 
plus ou moins grande. II faut que ces couches aient 
eprouve de terribles bouleversements pour avoir ete 
brisees en un si grand nombre de fragments. Quelle est 
la cause qui en a aniene un grand nombre a la surface 
du sol? II n'y a que des mouvements ascendants d'une 
grande masse d'eau , ou plutot des agitations longtemps 
continuees , par lesquelles les blocs etaient ballottes dans 
tous les sens. La longue duree de ces agitations sur 
place est prouvee par la forme arrondie des blocs cal- 
caires ; ainsi le gros bloc de 8 pieds de largeur sur 6 de 
hauteur etait parfaitement arrondi ; j'en ai I'esquisse. 

Apres toutes ces agitations , survinrent des mouve- 
ments lents pendant lesquels les lits de sable et de terre 
glaise se depaserent les uns apres les autres suivant la 
direction de ces mouvements. 
Partie conjecturale. 

N'est-il pas possible qu'il y ait eu des eaux sorties 
de I'interieur de la terre, dans le moment des grands 



138 

bouleversements , comme par exemple ceiix qui redres- 
serent les dents d'Oche , au-dessus d'Evian , et les mon- 
tagnes voisines. 

Les geologues admettent le soulevement des Alpes 
et en particulier celui de la chaine du Mont-Blanc; 
maintenant, au lieu de supposer, comme le fait M. Mel- 
leville , un lac d'eau douce occupant I'espace de cette 
chaine avant son soulevement ; il suffit que ce souleve- 
ment soit accompagne d'une immense eruption d'eau de 
rinterieur de la terre; ce fut cette eau, s'ecoulant avec 
violence , qui transporla les blocs erratiques detaches des 
pics souleves; car il n'a pu exister aucune autre cause 
assez puissante pour produire des effets aussi gigantes- 
ques. 

J'ai donne, dans mon memoire de 1830, despreuves 
de la violence des courants par letonnante dispersion , 
dans le bassin du lac , de diverses roches alpines , tant 
primitives que de transition et secondaires, entr'autres 
les cailloux qui presentent des empreintes ou des monies 
de corps marins , qui nous montrent que la grande re- 
volution a embrasse toutes les montagnes des Alpes voi- 
sines, jusques aux couches qui sont devenues leurs 
sommets. 

Jean-Andre De Lcc. 

Geneve, l^*- juillet 1843. 

P. S. Un phenomene souvent r^pete, soit sur le mont 
Saleve , soit sur les pentes du Jura , prouve la violence 
de la cause qui transporta les blocs erratiques ; je veux 
parler de ces blocs de roches primitives, qui se sont 



139 

brises en frappaut contre I'obstacle qui les a arretes; il 
faut que le choc ait ete tres-violent pour produire cet 
effet. On reconnait que ce sont les fragments du meme 
bloc , par la correspondance de leurs surfaces mises a 
decouvert par la rupture. 

M. le professeur Adolphe Guyot a objecte a I'admis- 
sion d'un agent liquide comme moyen de transport des 
blocs erratiques , I'absence de ces blocs au fond de la 
vallee de Sarnen et sur les flancs de la chaine du Pilate. 
Un fait qui parait general, dit encore M. Guyot, c'est 
que les blocs, comme les amas erratiques, sont deposes 
de preference sur les hauteurs , sur le sommet et sur les 
flancs des collines; le fond des vallees, et souvent leurs 
flancs jusqu'a une certaine hauteur, en sont d'ordinaire 
exempts. 

Nous venous de voir que M. Guyot considere ces 
faits comme une objection a I'admission d'un agent li- 
quide pour le transport des blocs. Je crois qu'on pent 
affaiblir la force de cette objection en supposant que 
Tabondance des eaux sortant de I'inlerieur de la terre 
par le soulevement des Alpes, et produisant des cou- 
rants d'une extreme violence, ne permettait pas qu'au- 
cun des materiaux qu'ils chariaient pussent rester au 
fond des vallees , en sorte qu'ils ne pouvaient etre depo- 
ses qu'a une hauteur plus ou moins grande sur le flanc 
des montagnes. 

Une observation de feu M. Escher de la Linlh viendrait 
appuyer cette supposition. II avait remarque que dans 
les vallees ou les eaux pouvaient s'etendre et enlrer dans 
quelque enfoncement, c'esl la qu'elles avaient depose 



140 

une partie de leurs materiaux : elles ne pouvaient done 
en deposer au fond des vallees, ou rien ne genait leur 
mouvement. 

La sortie d'une grande masse, lors du soulevemenl 
des Alpes , ne serait pas un phenomene sans analogie. 
On sait que les eruptions de volcans sont souvent ac- 
compagnees d'erruptions d'eau qui produisent de grands 
ravages. 



VIII. 
QUELQUES MOTS 

SUK 

LA MATIERE ORGANIQUE DES EAUX THERMALES, 

Par le D- LEBERT. 

Remis par I'auteur. 

Les recherches micrographiques , en general peu culti- 
vees dans le canton de Vaud , ont fait le sujet special des 
etudes du D"" Lebert , qui depuis six ans s'en est occupe 
avec beaucoup de suite. Reconnaissant, des le debut de 
ces travaux , qu'il fallait une grande habitude et des con- 
naissances tres-variees en histoire naturelle pour ariiver 
a des resultats surs et positifs an moyen du microscope , 
il s'est occupe en premier lieu d'observations sur I'orga- 
nisation des etres les plus bas places dans le regne ve- 
getal et le regne animal. II a examine avec suite les 
infusoires et les algues en general , et specialement leur 
existence dans les eaux minerales. Ces recherches ont ete 
faites sur place dans les principals eaux thermales de la 
Suisse , et ont surtout demontre que la matiere dite 
organique (Baregim^ Glairine, etc.,) de ces eaux est 
composee d'algues et d'infusoires , et que ce n'est nulle- 
ment par I'analyse chimique , qu'on pent decider de leur 
nature , mais que c'est plutot au moyen du microscope 
qu'il faut de plus en plus completer la iaune et la flore 
des eaux minerales. 



142 - 

Apres avoir etudie les dernieres limites du regne 
animal et du regne vegetal , et les rapports qui existent 
entre les etres inferieurs des deux regnes, le D*" Lebert 
s'est livre depuis quatre ans a des travaux de physiologic 
normale et pathologique. Gette derniere , et surtout son 
application a la medecine pratique, a ete le principal but 
de ses travaux. Mais de bonne heure il a reconnu , que 
pour apprecier les alterations morbides de nos organes 
et des tissus qui les composent, il fallait connaitre a 
fond leur composition a letat normal; et pour compren- 
dre cette derniere, pour y voir quelque chose de plus 
qu'une simple diversite de forme, il fallait en suivre 
le developpement et les etudier dans les differentes for- 
mes des quatre classes des animaux vertebres. Ainsi , le 
D*" Lebert a fait marcher de front dans ses etudes I'ele- 
ment genetique comparatif , et Tetat de developpement 
parfait de chaque tissu. 

II a fait une partie de ces recherches en commun avec 
M. le D"" Prevost, de Geneve, qui, a juste titre, est place 
en premiere ligne parmi les physiologistes qui se sont 
occupes de ce sujet ; et ces Messieurs publieront bientot 
ensemble un travail a pen pres termine sur le developpe- 
ment de I'himatose et I'histogenesie primitive en general. 

Ges eludes d'histoire naturelle et d'anatomie generale 
ont bien facilite les travaux du D*^ Lebert sur la physio- 
logic pathologique, dans laquelle il a suivi la double 
marche de I'experimentation sur les animaux , et de Texa- 
men de toute espece de produits morbides , soit de secre- 
tion anormale , soit de pieces enlevees par des operations, 
soit d'organes trouves malades par I'autopsie cadaveri- 



143 

que. Pour etendre ces travaux , il a passe I'hiver dernier 
a Paris, ou il a eu une grande facilite pour les completer , 
tant par Tabondance des materiaux, que par I'accueil 
bienveillant et liberal des hommes places a la tete de 
I'instruction medicale en France. Le D*" Lebert est par- 
venu a trouver pour tout ce qui est reelleraent different 
en pathologic , des elements moleculaires particuliers, et 
il a pu classer ces produits d'apres leur composition 
elementaire. Entre autres , il a trouve un element par- 
ticulier qui n'avait pas ete decrit avant lui, pour les tu- 
bercules , sujet qui a ete vivement discute par la Societe 
anatomique de Paris , qui a en grande partie adopte les 
conclusions du medecin vaudois. M. Louis en a insere 
un resume dans la nouvelle edition de son ouvrage clas- 
sique sur la phthisic pulmonaire. Le D"" Lebert a au- 
jourd'lmi les materiaux tout prets pour la redaction 
touchant I'histoire physiologique , experimentale et mi- 
croscopique de I'inflammation , de I'exsudation, de la 
suppuration, de la gangrene, de la regeneration des 
divers tissus leses, des tubercules, des tumeurs en ge- 
neral, et surtout des tumeurs cancereuses. Ces divers 
chapitres en ameneront un dernier sur la theorie generate 
des formations pathologiques. Comme ces travaux ne 
peuvent avoir de la valeur que lorsqu'ils seront bases 
sur un grand nombre de faits bien observes , et sur I'e- 
tude physiologique combinee avec I'etude au lit des 
malades, le D"^ Lebert n'a pas voulu livrer ses travaux 
prematurement a I'impression , et ce ne sera que dans un 
an ou deux qu'il les soumettra au jugement du public. 



NOTE 

PRESENTEE A LA SECTION- DE BOTANIQUE 

A LAUSANNE, 1843, 
Par M. TROG, p6re, de Thoune. 



Tout le monde sail que les champignons ne sont pas 
doues des memes organes que les plantes phaneroga- 
mes , que surtout ce que Ton appelle racine leur manque 
toufc-a-fait. Au lieu de cet organe Ton observe , dans ces 
etres capricieux, un autre corps, quelquefois sous la 
forme d'un reseau, d'une tache plus ou moins coloree, 
le plus souvent d'un assemblage de fils tres-delies, res- 
semblant fortement aux fils d'une toile d'araignee , et que 
les mycologues appellent mycelium. Ce mycelium se 
trouve dans la terre, le bois pourri, ou tel autre corps 
duquel le champignon se developpe , et par consequent 
est cache a I'ceil de I'observateur. C'est cependant cet 
organe qui constitue le systeme de vegetation du cham- 
pignon, et ce que nous appelons communement de ce nom, 
en est le systeme de fructification. Le myceHum est tres- 
souvent vivace ; mais comme ces vegetaux sont fortement 
dependants de I'etat plus ou moins humide de I'air et de 



145 

la temperature, ils „e fruetifient pas toujours ; dans les 
annees seches et froides le mycelium rests sterile , quoi- 
qu d continue de vegeter, et son systeme de fructification 
nesedeveloppe que lorsque les conditions necessaires^ 
ce developpement se trouvent remplies. Cest ce qui nous 
exphque pourqnoi nn champignon , d'une espece donnee 
peut se trouver en grande quantite pendant une ou plu- 
s.eur8 annees , et y disparaitre tout-a-coup , pour y rena- 
^itre quelques annees apres. Cest ains. que j'ai trouve. 
en 1818, 1 Oro,ige (Ag. c<^sarem) dans un petit bois de 
men voismage, et pendant les douze annees suivantes 
elle ny fruct.fiait plus, ce nest qu'en 1830 et 1831 
qu elle y reparut a la meme place , pour y disparaitre de 
noiiveau. 

Apres vous avoir donne une idee, il est vrai tres- 
jmparfa te, de la fonction du mycelium, je prendn.i la 
Itberte de vous entretenir un instant du developpement 
dun champignon aussi curieux qu'utile, c'esridire, 
du Polyp^^ tnbera^ter. - On trouve depuis des temps 
assez ancens dans le royaume de Naples, surtout dans 
les pays montueux des Abruzzes, un corps compacte. 
presque hgneux, de couleur brune, ayant un exterieu; 
ressemblant a I ecorce de nos arbres fruiliers, d'une forme 
arrondie, variant de grosseur depuis celle d'un oeuf de 
paon, jusqu'a celle d'une tele d'homme et au-dela et 
dune pesanteur d'une jusqu'a cent livres. Dans sou'in- 
teneur ,i estun peu plus tendre el se laisse couperavec 

seau de fds blancs et renfermant quelquefois des piorres. 
du bois, du sable et dautres corps semblables Cette 



10 



146 

masse , que Ton appelle en Italic « pietra fungaya » , se 
trouve dans la terre et n'est autre chose que le mycelium 
du Polyporus tuheraster, qui s'en developpe par touffes 
apres d'abondantes pluies. Comme ce champignon est 
comestible , on a eu I'idee de transporter cette soi-disant 
pierre dans les villes , afin de la faire produire des cham- 
pignons a volonte, en I'arrosant d'eau. — Je dois a la 
complaisance de M. le D*" Brunner , de Berne , qui a 
rapporte de Naples une de ces curieuses masses, d'avoir 
pu I'examiner a loisir et d'avoir pu suivre et observer 
le developpement du Polyporus tuberaster. Apres avoir 
place la pietra fungaya dans ma chambre dans un large 
vase de terre , elle fut arrosee d'eau 3 a 4 fois par jour. 
Au bout de 5 a 6 jours , on aper^ut plusieurs points 
blancs de la grosseur d'une lentille , converts de poils 
rayonnanls tres-blancs, et qui , le jour suivant , s'etaient 
deja allonges de 2 a 4 lignes, sans augmentation de 
grosseur. Le troisieme jour apres I'apparition des points 
blancs , les jeunes plantes avaient augmente en longueur 
de maniere a mesurer pres d'un pouce , et en grosseur 
de 3 a 4 lignes; leur forme etait celle d'un cone un pen 
allonge; et toute leur surface etait couverte d'un duvet 
cotonneux abondant et d'un blanc eclatant, excepte le 
sommet qui etait un pen jaunatre et glabre. — On con- 
tinua tons les jours les arrosements d'eau , comme il a 
ete dit ci-dessus. — Le quatrieme jour , les petits cham- 
pignons avaient acquis une longueur de 2 pouces, leur 
pointe s'etait elargie sensiblement , et avait pris une cou- 
leur decidement jaune d'ocre; toute la plante se trouvait 
recouverte d'un duvet , qui commen^ait dans le haut du 



147 

pedoncule a se separer en forme decaille. — Aa cin- 
quieme jour , le chapeau commen^ait a paraitre et avait 
seul garde la couleur jaiine, tandis que toutes les autres 
parties du champignon etaient tres - blanches ; le duvet 
jaune du chapeau devint fibreux et radieux , tandis que 
celui de la tige se separait toujours plus en ecailles. — Le 
sixieme jour me fit voir le champignon pres d'avoir at- 
teint 6 pouces de long, son chapeau en avait au moins 
3 de diametre et se trouvait fortement evase en forme 
d'entonnoir , gardant sa couleur jaunatre ; les pores de 
I'hymenium commen^aient a paraitre et se distinguaient 
aussi par leur blancheur , tandis que le pedoncule avait 
pris dans sa partie inferieure une teinte jaunatre ; celui-ci 
etait convert d'une grande quantite de petites ecailles 
fibreuses. — C'est dans cet etat que le champignon sert 
a la nourriture en le coupant pour I'appreter. En effet , 
il n'augmenta de volume que lejoursuivant, et, aulmi- 
tieme jour, des taches brunes, qui se montrerent sur ses 
differentes parties , indiquerent bien que ses beaux jours 
avaient passes ^ 

^ Nous saisissons cette occasion pour rappeler que M. Trog, 
pere , public en ce moment un ouvrage sur les champignons 
comestibles et veneneux d'Europe , accompagne de planches 
coloriees d'une rare perfection ; il est a regretter qu il n'en pa- 
raisse pas une edition frangaise. C. L. 



X. 

CONSIDERATIONS 

SUR 

Par F. SACC, fils, de Neuchatel. 



Les recherches de Vauquelin nous ont signale I'exis- 
tence dune matiere colorante rouge dans les cheveux 
rouges, et d'une autre noire' dans les cheveux noirs; 
ces deux substances n'ont point ete etudiees; on ne les 
a pas meme separees de I'huile animale qui les accom- 
pagne. Le sang a fourni une couleur rouge, dont la pu- 
rete peut au moins etre mise en doute ; on en a extrait 
encore deux autres, Tune jaune, I'autre bleue; mais 
I'existence de cette derniere est vivement contestee. 

L'urine nous offre des sediments rouges ou bleus , at- 
tribues: les premiers, a I'acide rosacique; les seconds, 
a la cyanourine , qui n'est autre , peut-etre , que Tacide 
rosacique modific , puisque , comme lui , elle est solu- 
ble dans I'alcool , et que , traitee par les acides , elle se 
colore en rouge. Un des principes de l'urine, I'acide 
urique , qu'on trouve en abondance dans les dejections 
des oiseaux de proie et des serpents, vientdeproduire, 
entre les mains du savant M. Liebig, plusieurs derives. 



149 

dont la couleur rappelle les teintes des insectes les plus 
brillants. 

La bile produit une matii^rc colorantejaune, qui, sous 
rinfluencc de I'acide nitrique, passe au vert, puis au 
bleu, au violet, au rouge, et reprend enlin sa teinte 
primitive. 

La sucur des aisselles et des pieds ofFre chez rhomme, 
dans certaines maladies du bas ventre , une coloration 
bleue tres-intense , et assez abondante pour leindre les 
linges avec lesquels elle se trouve en contact. Elle n'a 
pas 6i6 ctudiec. 

La coclienille renferme une belle couleur rouge qu'on 
a obtcnue cristallisee , mais qui est si fugace, queje ne 
puis la croire propre a cet animal; elle doit provenirau 
moins en partie de la plante sur laquelle vit cet insecte, 
et qui produit des fruits pourpres. 

La s^cbe contient une encre aromatique noire, pen 
audiee, et presque indestructible, parcequ'elle est for- 
tement cbargee de carbone. 

Voilh quelles sontles matieres coloranles retirees jus- 
qu'ici des animaux ; aucune d'entre elles n'a ete fournie 
par le plumage des oiseaux , dont personne, a notre con- 
naissance, n'a etudie les riches colorations, dans la 
persuasion qu'elles sont dues h un jeu de lumiere produit 
par la conformation meme des plumes, et analogues a 
celui que nous oft'rent les bulles de savon , et en general 
les lames transparentes lorsqu'elles enveloppenl une cou- 
che d'air. Cette opinion ne pent etre que fausse , puisque 
les plumes prennent par la teinture toutes les couleurs 



150 

possibles avec la meme facilite que les tissus vegetaux ; 
qui d'ailleurs n'a pas vu I'epiderme transparent des caron- 
cules du coq d'inde colore en rouge vif sous I'influence 
d'un alHux de sang , passer par le froid au bleu le plus 
pur , puis au blanc ; qui ne sait que les plumes arrachees 
au corbeau , au merle , repoussent blanches ; celles des 
perroquets , rouges ou jaunes , et que les indigenes du 
Bresil ont le talent de barioler le plumage de ces beaux 
oiseaux , de maniere a ce que les nouvelles colorations 
qu'ils lui ont communiquees se renouvellent a chaque 
mue. II est impossible d'attribuer les changements de 
coloration oflferts par ces trois exemples , a une alteration 
du tissu des plumes qui reste absolument le meme; 
tandis que rien ne s'oppose a ce qu'il soit du uniquement, 
comme dans le premier cas , a la presence ou a I'absence 
de la substance coloree qui est le sang ou un de ses 
principes. Si le plumage du coq de rocbe ne devait ses 
teintes enflammees qu'aux minces pellicules formant le 
tissu de ses plumes, il ne se ternirait pas, comme au 
reste, celui de tons les autres oiseaux, sous I'influence des 
rayons solai res. Les plumes cbatoyantes ne doivent, il 
est vrai , la vivacite de leurs nuances qu'a Taction exercee 
sur la lumiere par les minces pellicules de mucus qui 
les composent; mais si entre elles ne reposait aucune 
matiere coloree, leur jeu de coloration ne serait pas plus 
stable que celui de la nacre et de la buUe de savon , qui 
change a tout instant. L'art qui nous a appris a imiter 
Tun deces beaux jeux de couleurs, nous en a probable- 
ment donne la clef; nous reproduisons sur la soie seu- 
lement , parce qu'elle seule possede un brillant ana- 



151 

logue a celui de certaines plumes , la charmante teinte 
gorge de pigeon , en entrelagant dans un sens des fils 
bleus , et dans I'autre des fils violets ; cette coloration 
serait done le produit de I'existence simultanee et dis- 
tincte de deux malieres colorantes dans le meme tissu 
organique. Mais ce phenomene ne pent pas toujours etre 
explique de cette maniere ; car on ne peut attribuer les 
vives colorations metalliques des plumes de la pie , qu'a 
Taction exeifcee sur lalumiere par leur tissu, puisque, 
regardees sous un certain jour, elles ne paraissent plus 
que noir mat , sans aucun reflet. Puisqu'ici une des colo- 
rations n'est que passagere , il est clair qu'elle ne peut 
etre produite que par une action analogue a celle des 
bulles de savon sur la lumiere. 

Toutes les plumes contiennent done une matiere co- 
loree , sauf celles qui sont blanches ; ces dernieres de- 
vraient etre incolores ; elles ne doivent leur teinte qu'a 
la disposition particuliere de leurs lamelles qui , par elles- 
memes, sont incolores et translucides , ainsi qu'on peut 
s'en assurer en les observant isolement. 

Les mammiferes ne presentent des colorations bril- 
lantes que sur les parties nues de la peau qui se teignent 
par Taction directe du sang ; c'est a cette cause que nous 
rapportons la belle teinte bleue du museau des mandrills 
adultes , ainsi que plusieurs autres qu'on ne trouve guere 
que chez les singes. II est curieux d'observer que ce n'est 
que dans le cas dont nous venous de parler qu'on rencontre 
chez les mammiferes les teintes brillantes des oiseaux , et 
que ce n'est que sous deux formes , le rouge et le bleu, 
modifications qui toutes deux appartiennent au sang et ne 



152 

peuvenl venir que de tui , puisqu'elles disparaissent avec 
la vie. Les polls des mammiferes, dont les couleurs sont 
plus ou moins temes , ne presentent jamais le bleu , le 
jaune vif, le rouge, le violet, le vert, non plus que des 
reflets metalliques , a I'exception du chrysochlore du Cap, 
qui doit en offrir d'assez remarquables. Les teintes que 
presente le pelage des mammiferes sont dans I'ordre ou 
on les rencontre le plus frequemment: le fauve , le brun, 
le noir , le fauve orange , le jaune verdatre ,*le gris et le 
blanc. , 

La peau des mammiferes, assez translucide en gene- | 
ral , peut , comnie celle de I'bomme , prendre differentes 
teintes sous I'influence de circonstances encore mal de- 
terminees; mais cerlainement par Taction du sang. La 
peau se colore presque toujours en noir ou brun fonce, 
quand elle est nue et , par consequent, exposee a Taction 
direcle des rayons solaires , lorsqu'elle reste transpa- 
rente, et par consequent rose, a cause des vaisseaux 
sanguins qui circulent au-dessous, elle devient epaisse 
et rude, comme nous la voyons cbez une variete de chiens 
lures. Dans bien des cas, mais pas dans tons, la peau 
est de la meme couleur que les poils qui la couvrent. 
En general, lorsque la peau est transparente elle change 
de couleur cbaque fois que Telat de Tanimal eprouve 
quelque variation , ainsi que nous le remarquons chez 
Thomme surtout , ou la colere la rougit , la violace ou la 
decolore ; landis que le froid ou un obstacle quelconque 
dans la respiration ou la circulation , la rendent bleue , 
et qu'un epanchement de bile la colore en jaune. Nous 
pouvons aussi en changer la teinte artificiellement ; c'est 



153 

ainsi que nous la teignons en noir, en avalant du ni- 
trate d'argent. 

II est probable que la peau des oiseaux presente les 
memes caracteres que celle des mammiferes, pulsque 
dans les endroits ou elle reste a decouvert elle parait co- 
loree comme elle en rose, rouge, bleu ou blanc mat. 
Nous I'avons trouvee rosee sur toutes les especes ou nous 
I'avons examinee dans les endroits ou elle est couverte 
de plumes. 

Les reptiles a peau nue Font generalement coloree, 
en vert plus ou moins noiratre, quelques-uns cependant 
brillent des plus riches couleurs, telles sont la plupart 
des rainettes. Parmi eux, le cameleon presente de curieux 
phenomenes de coloration volontaire , et le protee habi- 
tant les profondeurs des lacs sou terrains de la Carniole, 
a la peau si transparente , qu'on aper^oit , serpentant au- 
dessous d'elle , les vaisseaux qui la nourrissent. 

Les reptiles a ecailles nous ofFrent une infinite de 
teintes dues en majeure partie, comme celles despoissons, 
a la nuance de leur peau que nous apercevons a travers 
leurs teguments; voila pourquoi presque tons changent 
de couleur au moment ou ils perdent la vie , et ou , par 
consequent , les fluides vitaux , cessant de circuler , ils 
n'ajoutent plus rien a I'intensite de sa coloration. 

Les mollusques, de meme que les insectes, sont doues 
de la plus admirable variete de colorations, depuis la 
translucidite la plus parfaite jusqu'au noir de jais. Ces 
deux classes d'animaux communiquent a leurs teguments 
des teintes aussi brillantes qu'inalterables, et malheureu- 
sement fort peu etudiees. Toutes les deux nous fournissent 



154 

des matieres colorantes: la cochenille, le kermes, la 
sepia , la pourpre. 

Quelques-uns des crustaces generalement colores en 
vert noiratre presentent la remarquable propriete de 
changer de couleur dans certains cas; c'est ainsi que 
I'enveloppe calcaire du homard et de I'ecrevisse passent 
au rouge par la cuisson. Gette action, due a I'alteration 
de la matiere coloranle par une chaleur elevee , peut aussi 
provenir d'une autre cause , puisqu'on trouve assez fre- 
quemment parmi les ecrevisses communes des individus 
bien portants, d'un rouge aussi vif que s'ils venaient 
d'etre cuits. 

Afm de pouvoir nous expliquer les colorations si va- 
rices du regne animal, nous devons chercher d'abord 
comment elles se forment. 

La coloration normale ne peut etre produite que par 
les aliments , puisqu'elle se renouvelle. Tons les animaux 
se nourrissent de matieres composees en plus ou moins 
grande proportion de carbone, hydrogene, oxygene et 
azote, mais les uns les prennent pen azotees, d'autres 
Ires-azotees , d'autres enfin , et c'est le plus petit nombre, 
mangent indifFeremment des unes et des autres. Dans la 
premiere classe , comprenant les gazelles , les chevaux , 
les rats, les oies, les dindons, nous trouvons pen de 
brillantes colorations. Dans la seconde , les mammiferes 
feroces et les oiseaux de proie , ne nous offrent aussi , 
a peu d'exceptions pres , que des couleurs ternes. C'est 
dans la troisieme que nous trouvons le plus grand nombre 
de teintes eclatantes ; a cette classe appartiennent tons 
les animaux frugivores , singes , gallinacees , perroquets 



155 

et autres, parmi lesquels nous reraarquons cependant 
quelques exceptions , puisqu'il y a des singes , des galli- 
nacees et des perroquets dont les couleurs sont ternes et 
uniformes. 

Consideres sous ce point de vue , nous laisserons de 
cote les poissons, les insectes et les mollusques, que nous 
n'avons pas etudies. Pour ne pas nous etendre au-dela 
de nos connaissances , nous ne poursuivrons letude du 
developpement des matieres colorantes animales que sur 
les animaux ou elles se presentent avec le plus de variete 
et d eclat ; ce sont , pour les mammiferes , les singes , et 
pour les oiseaux , les perroquets. Les poils des premiers , 
formes par une agglomeration de cellules , se developpent 
sous I'epiderme qu'ils traversent et a la surface duquel 
ils s'elevent plus ou moins. lis consistent en longs tubes 
creux, presque toujours pleins d'une huile coloree; ils 
tombent et se renouvellent comme les plumes des oiseaux. 
Les singes, quoiqu'essentiellement frugivores, aiment 
passionnement les aliments tres-azotes , el ceux qui parmi 
eux mangent le plus d'insectes, sont en general aussi 
ceux qui presentent les couleurs les plus varices et les 
plus vives. 

Les plumes naissent , comme les poils , d'une agglo- 
meration de cellules epidermiques ; mais elles subissent , 
de plus qu'eux , une sorte d'incubation avant de paraitre 
au jour. Enveloppees dans un large tube flexible et ouvert 
seulement a sa base , elles s'y forment dans un milieu 
de sang qui parait se renouveler , puisqu'il est toujours 
d'un beau rouge. Au bout d'un certain temps , le sang 
disparait , la plume adulte rompt son enveloppe et ne fait 



156 

plus que s'allonger par sa parlie mediane; lorsqu'elle a 
acquis tout son developpement , elle est formee de trois 
parties distinctes: la tige, les barbes et la moelle. 

La tige , vide a sa base qui est cylindrique et un peu 
comprimee sur ses deux faces laterales, ne tarde pas a se 
remplir d'une moelle poreuse analogue a celle du sureau, 
elle se manifeste d'abord sous forme d'une coucbe legere 
a sa partie inferieure , c'est-a-dire a celle qui est appli- 
quee contre I'animal; elle monte alors assez rapidement 
pour atteindre bientot la partie superieure du tube qu'elle 
remplitdes lors en totalite. A la face inferieure de la plume 
et en dedans du tube corne , nait en meme temps que la 
moelle qu'elle repousse a droite et a gauche, une gout- 
tiere qui, per^ant le tube corne, d'abord tr^s- forte va 
en diminuant jusqu'a I'extremite de la plume ou elle 
disparait. Dans I'endroit ou la gouttiere perce le tube 
corne , ce dernier , au moment ou elle le coupe , se par- 
tage en une multitude de petites lanieres absolument 
identiques au duvet. L'ouverture elle-meme est tapissee 
par une petite lame de mucus desseclie et transparent; 
a droite et a gauche , le tube corne s'ouvre et s'etend , 
la moelle blanche et opaque garnit et separe du cote de 
I'oiseau les deux sections qui s'etendent plus ou moins 
horizontalement sur les deux cotes en une barbe com- 
posee de barbules garnies ou non d'une multitude de 
petits poils qui s'entrecroisant entre eux, les soudent 
I'une a I'autre de maniere a donner a la plume assez de 
solidite pour resister au choc de I'air. La plume ne doit 
pas toute sa force uniquement a cette cause-la , mais 
aussi a ce que les barbules developpees transversalement 



157 

sur les cotes de la tige s'appuient toutes les unes sur les 
autres ; comme , de plus , elles sont unies par les poils 
crochus qui garnissent leurs bords , elles ne font plus 
qu'une seule et meme masse tant qu'elles conservent cet 
arrangement; mais bientot la page de la barbule se de- 
tourne et vient s'etaler dans le sens oppose, parallele- 
ment a la surface de la tige. Les poils plus ou moins 
ramifies qui garnissent la tigelle, se developpant beau- 
coup a ses depens , donnent a la plume infmiment de 
grace , mais lui otent toute sa force. 

La decomposition du tube corne en lanieres duve- 
teuses , prouve que les barbes de la plume sont formees 
par la division et I'extension de ses fibres ; or , comme 
ce sont les vives couleurs de ces memes barbes qui nous 
frappent, c'est done a I'etude de la formation du tube 
corne que nous devons nous attacher. Ce tube creux 
nous rappelle la conformation des poils avec lesquels il 
possede la plus grande analogic , puisqu'il conserve assez 
de vitalite pour pouvoir , dans certains cas , se remplir 
de sang qui ne penetre jamais au-dela de sa capacite dans 
les differentes parties de la plume. On ne connait que 
deux exemples de ce pbenomene qui toujours est du a 
une maladie , puisqu'on ne le remarque chez I'homme 
que dans la plica, et chez le dindon que dans une maladie 
plethorique peu connue. Les plumes conservent une vita- 
lite aussi grande que celle des poils , puisque certaiues 
d'entre elles possedent un mouvement special, et que 
toutes sont assez sensibles au toucher. Nous ne voulons 
point dire par la que les plumes et les poils ont une vitalite 
particuliere , mais seulement que tous deux communi- 



158 

quent promptement I'impression qu'ils regoivent aux 
filels neiveux repandus autour de lear base qui est leur 
unique point sensible , absolument comme le fait I'epi- 
derme , dont ils ne sont que la prolongation. 

Dans la plume adulte , le tube corne est rempli par un 
tuyau a parois minces et transparentes , il est divise en 
grosses cellules par des cloisons transversales commen- 
gant a I'extremite inferieure de la plume , il se prolonge 
dans son interieurjusqu'a la moelle, ou s'allongeant en 
cone, il se termine, puis disparait. Toutes ces cellules, 
lorsqu'elles sont seches , paraissent formees de cones for- 
tement emboites les uns sur les autres , dont la concavite 
tournee vers I'orifice de la plume , et la convexite vers 
sa moelle annoncent une forte pression exercee dans leur 
interieur de bas en haut, par un liquide probablement , 
puisqu'on trouve dans leur interieur des ecailles jaunes 
et grasses , venant sans doute du fluide nutritif qui les 
gorgeait dans leur jeune age. Nous appellerons membrane 
ce tissu a grosses cellules qui sert a former la moelle 
dans laquelle il se termine. Les cellules de la membrane 
deviennent d'autant plus petites qu'elles s'approchent 
davantage de la moelle ; enfm la derniere , assez exigue , 
s'applatit et vient se terminer presque au jour dans la 
gouttiere de la plume qui, a partir de ce point-la, n'existe 
plus qu'a la surface de la tige , et cesse de s'enfoncer 
dans son tissu meme, comme on I'aper^oit facilement 
en fendant une plume dans le sens de la gouttiere. 

Le tube corne et les parois de la membrane vus au 
microscope presentent absolument le meme aspect amor- 
phe qu'une lamelle d'epiderme , tandis que la moelle for- 



159 

mee d'une masse de cellules agregees nous rappelle ces 
vastes amas de fecule que nous offrent bien des plantes , 
a ceci pres , que les premieres ne sont remplies que d'air, 
comme on peut s'en convaincre en les ecrasant dansl'eau, 
sur le porte-objet. Gette moelle ne peut etre qu'une mo- 
dification isomerique de la substance formant le tube 
corne, puisque nous la retrouvons dans les piquantsdu 
pore-epic evidemment formes par une agglomeration de 
poils , puisque certains d'entre eux , ceux de la queue , 
pleins a la base, sont vides a leur extremite ou ils s elar- 
gissent en tube , absolument a Finverse des plumes. Nous 
pouvons suivre aussi chez les differentes especes de casoars 
la transition insensible des plumes aux poils. Deplus, quand 
on coupe le tube corne d'une plume dans I'endroit oii il 
se joint a la moelle, on voit les bords de la section se 
detacher surelle en filets allonges absolument identiques 
a ceux que nous presentent les ongles , dont la formation 
par agglomeration de poils n est plus contestee. Nous 
concluons de ces faits que les plumes sont formees par 
la reunion de plusieurs poils qui, soudes ensemble a leur 
origine, se separent bientot les uns des autres comme 
les soies des sangliers, et finissent par se subdiviser a 
I'mfini. Les proprietes physiques et chimiques des plumes 
doivent done elre analogues a celles des poils , et I'expe- 
nence vient ici prouver la verite de cette hypothese. Tous 
deux sont solides, flexibles, pen susceptibles de corrup- 
tion, conduisent mal la chaleur, lelectricite , sont peu 
atlaquables par les agents chimiques, sauf les alcalis, 
qui les dissolvent avec facilite; tous deux brulent saos 
fusion prealable et laissent un charbon leger et volumi- 



160 

neux ; tons deux se teignent sans mordant dans les dis- 
solutions colorees, et sont d'autant plus brillants qu'ils 
sont plus delies. Ce dernier fait semble fournir a la tbeorie 
de la non coloration des plumes une preuve d'autant plus 
forte que leur tube corne etant toujours incolore a sa 
base, la maliere qui les teint n'a laisse nulle part des 
traces de son passage; deux exemples tires du regne 
vegetal nous suffiront pour demontrer son invraisem- 
blance : le bois de sapin , apres teinture , n'offre jamais 
des nuances tres-vives , mais il suffit de I'emousser trans- 
versalement a ses fibres pour lui communiquer , en les 
separant , tout I'eclat du velours le plus beau ; on ne pent 
nier ici I'existence de la matiere colorante , car on aurait 
beau faire subir la meme preparation a un morceau de 
bois brut, qu'on u'enchangeraitassurement pas la nuance. 
Le pedoncule de presque toutes les fleurs est tres-pale , 
ou meme , comme le tube corne des plumes , tout-a-fait 
incolore, malgre la vivacite des couleurs de I'inflorescence 
qu'il porte. 

Les colorations varices que produisent les animaux 
sont dues a la faculte qu'ils possedent d'imprimer a leur 
fluide nutritif une ou plusieurs modifications ; examine 
sous le point de vue des couleurs qu'il pent ainsi pro- 
duire, le sang nous ofFre un sujet d'etudes de la plus 
haute importance. 

II y a plusieurs causes qui peuvent influer sur la co- 
loration des teguments animaux, abstraction faite des 
causes morbides accidentelles qui peuvent les modifier. 

La nutrition n'exerce pas, avons-nous vu plus baut, 
sur les colorations une influence plus absolue que sur 



161 

les formes ; neanmoins elle peut , sans aucun doute , les 
modifier aussi bien que ces dernieres ; c'est elle qui fait 
que, nourris exclusivemeiit de cbanvre, les becs-croises, 
les linottes, les bouvreuils perdent la couleur rouge de 
leurs plumes pour ne plus la retrouver aussi brillante, 
ou meme pour la perdre tolalement. On peut altribuer 
au changement de regime alimentaire celui que chaque 
hiver amene dans le pelage des animaux des regions 
froides ; ils perdent leurs teguments colores qui repous- 
sent blancs. Est-ce peut-etre sous I'influence du froid 
que ce changement se passe? nous ne le croyons pas, 
puisque d'autres animaux, tels que les rennes, les cha- 
mois, les aigTes, et tant d'autres ne I'eprouvent pas, 
probablement parce que , plus agiles ou plus forts , ils 
peuvent aller chercher au loin la nourriture qui leur 
manque. On pourrait nous objecter que si la nourriture 
avait une aussi grande influence sur le pelage , les ani- 
maux hibernants , qui ne mangent rien durant les grands 
froids* devraient changer de couleur ; mais ces animaux, 
ne vivant pour ainsi dire plus pendant le temps de leur 
sommeil , ne peuvent infirmer notre hypothese , qui est 
confirmee d'un autre cote par I'influence de la domestica- 
tion siir tons les animaux , influence qu'il est impossible 
d'attribuer k une autre cause qu'a celle du changement 
de nourriture, puisqu'elle agit avec autant d'intensite 
sur ceux que nous laissons hbres que sur ceux que nous 
tenons enfermes , et que d'ailleurs tons reprennent leur 
teinte primitive et uniforms du moment qu'ils echappent 
a notre domination. 

La coloration arlificielle agit d'habitude pour peu de 

It 



162 

temps ; la vitalite des teguments la detruisant bientot en 
la repoussant a leur surface, a leur extr^mite, ou bien 
meme en accelerant leur chute. Voila pourquoi la teinture 
des polls par les sels d'argent ou de plomb n'est jamais 
de longue duree. II en existe une autre bien remarquable, 
puisque son action se continue durant toute la vie de 
I'animal, malgre la chute de ses teguments; c'est celle 
que produit le tapirage des perroquets et dont nous avons 
parle ailleurs ; il faut que le sang des rainettes employees 
agisse absolument comme un ferment capable d'impri- 
mer au sang une modification dans la couleur qu'il pro- 
duit naturellement.N'ayant jamais eu en main des sujets 
prepares de cette maniere , nous ne pouvons malheureu- 
sement pas approfondir I'interessante question des suites 
du tapirage. 

L'age augmente , jusqu'a une certaine limite, I'inten- 
sile de coloration des teguments; c'est ainsi qu'avec lui 
nous voyons les cheyeux de I'homme se foncer presque 
toujours; ce phenomene se voit aussi chez la plupart 
des mammiferes, mais surtoutchez les oiseaux; ce n'est 
qu'a trois ans que le flammant, d'abord rose, prend la 
belle teinte a laquelle il doit son nom. Les oiseaux de 
proie changent tellement de couleur avec I'age , qu'on a 
fait plusieurs especes du meme oiseau , pris a des ages 
differents. Cette regie presente des exceptions; ainsi, le 
plumage du cygne , d'abord d'un gris-verdatre , ne blan- 
chit qu'avec le temps; I'aigle des Alpes, et plusieurs 
autres, blanchissent fortement aussi par I'effet des annees. 
Nous avons dit que I'age n'augmente I'intensite des co- 
lorations que jusqu'a une certaine Hmite, a laquelle une 



163 

fois parvenu , il fait disparaitre la couleur de presque tous 
Ips mammiferes , dont le pelage passe alors insensible- 
ment an blanc, plus ou moins parfait ; c'est chez I'liomme 
que ce plienomene se presente de la maniere la plus sensi- 
ble, parce qu'il possede presque seul des cheveux, c'est- 
a-dire des poils, dont la vitalite elant continue, participe 
par consequent a I'affaiblissement de I'individu qui les 
porte; landis que chez tous les autres animaux , dont les 
teguments se renouvellent a epoque fixe , cette crue se 
faisant par une espece de paroxysme vital, manifesle 
par une congestion sanguine a la peau , si violente , que 
beaucoup d'entre eux ne pen vent y resister et perissent 
dans ce travail extraordinaire , il ne faut pas etre surpris 
de les voir blanchir plus rarement que ceux de I'homme, 
et jamais sur toute I'etendue du corps. II en est d'eux 
comme des arbres qui, dans nos climats, quelque vieux 
qu'ils soient, recouvrent chaque automne assez de vie 
pour pousser des feuilles toujours de la meme couleur, 
jusqu'a ce qu'ils meurent enfm depuisement. Si les che- 
veux peuvent perdre leur couleur et blanchir par I'effet 
dune grande frayeur , c'est uniquement encore par suite 
de leur forte vitalite; ils sont alors affectes comme tout 
Ic reste de I'organisme du reflux du sang vers le coeur. 
Le sexe agit aussi sur la coloration; son influence 
|)eu sensible chez les mammiferes, se manifeste avec 
intensite chez presque tous les oiseaux, dont les males , 
chez les gallinaces surtout , out des couleurs d'autant plus 
vives, que leurs femelles les out plus ternes, et sont 
plus petites et |)lus faiblcs qu'eux ; ce qui fait que nous 
hesilerions a allribuer la difl'erence de leur plumage au 



164 

sexe plutot qua la vigueiir, si nous nc voyions pas les 
males cic certains oiseaux , lels que les combattants, ne 
prendre leur hrillante livree qu'au temps tie leurs amours, 
etsi, quelquefaiblesqu'ilsfussent, les males des oiseaux 
en question pouvaient perdre leurs couleursdistinctives; 
ce qui n'arrive jamais. 

II parait cependant que la vigueur est pour quelque 
chose dans la coloration des oiseaux males; ainsi, on 
assure que les femelles de certains gallinaces prennent 
quelquefois le plumage du male; c'est ce qu'on dit arri- 
ver a la poule du faisan dore, lorsqu'elle devient infe- 
conde par I'age , et que, par consequent, ses sues 
nutritifs peuvent etre employes en entier a son develop- 
pement; ce qui nous porte a croire cette assertion, c'est 
que la meme cause permel souvent aux vieilles ponies 
d'imitcr le chant du coq et de porter des ergots comme 
les siens , sans qu'elles en prennent cependant jamais le 
plumage. Nous trouvons encore une preuve bien plus 
forte dans ce fait, que presque tous les jeunes oiseaux 
males ont la plus grande ressemblance avec leur mere 
avant leur entier developpement , c'est-a-dire, tant que 
leurs sues nutritifs, absorbes par leur developpement 
interieur, ne peuvent etre Iransmis a leurs teguments 
avant que la formation de toutes les autres parties de 
leur corps ne soit parfaite. 

La livree propre aux males des oiseaux qui se distin- 
guent de leurs femelles par leur plumage est en general 
d'autant plus eclatante , qu.ils sont plus grands qu'elles; 
comme le coq ordinaire , le paon , etc. II n'y a pas grande 
difference entre la conleur du male et de la femelle 



165 

parmi les oiseaux, donl le restc de I'organisation neles 
differencie pas forlemenl lun de I'autre , comme nous 
I'observons chez les perroquets, les corbeaux, les moi- 
iieaux et beaucoup d'aiitres oiseaux monogames. Quel- 
que soil la couleur des femelles de nos animaux domesti- 
ques, si le male en possede une autre , il la communique 
habituellement k ses descendants; ce fait , bien connu des 
agriculteurs, pour les mammiferes, est mis a profit dans 
leducation des bestiaux. G'est h la meme influence du male 
que les metis du cbardonneret et de la serine doivent les 
belles taches rouges et vertes qui em belli ssent sou vent 
leur plumage. La majorite des faits cites prouve que les 
colorations des oiseaux sont presque toujours plus bril- 
lantes , plus varices, chez les males que cbez les femelles, 
et puis aussi que les males des oiseaux , ainsi que des 
mammiferes , exercent plus d'influence que leurs femelles 
sur la couleur de leurs descendants. 

Nous avons cherche ailleurs a prouver I'analogie de 
construction des poils et des plumes ; essayons mainte- 
nant de faire voir que leurs principes colorants ont la 
meme source et ne different entre eux que par les mo- 
difications qu'ils subissent plus tard , lorsqu'ils ont deja 
passe dans les teguments. La coloration vient probable- 
ment du sang, puisque ce liquide peut a lui seul donner 
k la peau plusieurs teintes distinctes , surtout la bleue , 
ainsi que nous I'avons vu ailleurs. On a extrait du sans 
deux matieres colorantes : I'une rouge, a reflets verts; 
Tautre jaune ; or , puisqu'il possede les trois couleurs pri- 
mitives bleu, rouge et jaune, il pent done produirc 
aussi toutes celles qui parent les auimaux et qui en de- 



166 

rivent. La matiere colorante du sang est coniposce ; on 
y Irouve du fer qui y existe dans un etat particulier. Le 
sang qui est rouge chez tous les mammiferes et tous les 
oiseaux, conserve sa couleur , quelle que soit leur nourri- 
ture ; il s'en suit done qu'elle provient d'une modification 
toujours identique des aliments ingeres, dont les princi- 
pes varient peu, sauf un seul, I'azote; or, ce gaz ne se 
trouvant en grande quantite que dans les chairs , si c'etait 
lui qui formait essentiellement la matiere colorante , il est 
clair que les betes feroces devraient avoir la parure la 
plus brillante; comma il n'en est rien, on est tente de 
croire que ce n'est pas a lui qu'il faut attribuer leur co- 
loration; nous croyons cependant, pour des raisons que 
nous allons exposer, qu'il en est autrement, et que, de 
concert avectous les autres principes des corps organises, 
c'est lui qui produit les couleurs. Nous avons remarque 
que les mammiferes et surtout les oiseaux a couleurs vives, 
sont ceux qui se nourrissent de fruits; est-ce peut-etre a 
ce mode d'alimentation qu'ils doivent la variety de leurs 
couleurs? nous serions tentes de le croire, si tous les 
animaux frugivores ne montraient pas I'avidite la plus 
grande pour la chair; on sait que les aliments azotes 
sont necessaires aux singes et aux perroquets. Getle 
avidite des animaux a couleurs riches , pour les aliments 
fortement azotes , doit modifier la composition de leur 
sang, en le rendant plus azote; or, comme c'est lui qui 
colore les teguments, il est clair qu'il doit leur cedar, 
avec ses autres principes , une large portion de son azote, 
que I'analyse chimique nous y fait retrouver. On trouve 
une derniere preuve a I'appui de la coloration des tegu-| 



167 

inents par le sang , dans I'existence des animaux a pe- 
lage blanc , qui , a Texceplion de Tours polaire, du cygne 
commun et du kakatoes , ne prennenl cette leiiite que 
par suite d'accidenl ou de maladie. Cette derniere variete 
se propage par la generation et reste endemique chez 
quelques-uns de nos animaux domesliques remarquables 
par leur faiblesse. Repetons encore que Tage, en entra- 
vant la circulation du sang, blanchit plus ou moins les 
teguments des mammiferes, surtout de I'homme, ainsi 
que de qiielques oiseaux, et on demeurera convaincu 
que c'est au sang qu'ils doivent leur coloration ; reste a 
savoir auquel des principes de ce fluide si complique , 
ils I'empruntent. II semble que si les teguments sont 
elFectivement colores par le sang, comme il a la meme 
couleur chez les mammiferes que chez les oiseaux, il de- 
vrait produire toujours, chez les uns et les autres, des teintes 
analogues; cependant jamais les poils des singes, tout 
colores qu'ils soient, n'auront la vivacite de teintes des 
plumes des amazones, et cela pour plusieurs raisons; 
d'abord, parce que les poils sont infmiment moins delies 
que les plumes, et ensuite parce qu'etant sans cesse hu- 
mectes par une huile gi*asse , le plus souvent opaque , 
qui remplit leur canal interieur ; ils offrent ainsi' des 
causes bien capables de ternir leur eclat et de modifier 
leurs couleurs. L'huile grasse, qui lubrefie sans cesse la 
peau et les teguments des mammiferes , agit encore sur 
la couleur des poils, en les fongant et attirant a leur 
surface une couche plus ou moins forte de poussiere, 
qui les salit. L'huile doit agir aussi chimiquement , en 
empechant le contact de Toxygene de I'air avec la matiere 



168 

colorante des polls, el s'opposanl par-la a son oxydalioii , 
ainsi qu'a sa dessication. Gette dernlere condition est 
indispensable pour la consei^alion des couleiirs, ainsi 
que nous en trouvons la preuve parmi les plantes, dans 
les fleurs scarieuses. Nous avons beau dessecher les 
fleurs charnues aussi rapidement que possible , nous ne 
reussissons jamais a en conserver les teintes aussi frai- 
ches que Ic fait la nature , par sa seule action , dans la 
riche famille des imnDortelles, dont la couleur envelop- 
pee d'une membrane seche, brillante et impenetrable a 
I'eau , nous rappelle la position ou elle se trouve dans 
les plumes. Yoiia une analogic frappante, dont nous 
allons tirer parti : nous avons dit que I'huile qui lubrefie 
les poils peut agir sur leurs couleurs, en en empechant 
i'ox'ydation ou la dessication. L'influence de cette der- 
niere , sur la conservation des couleurs , des fleurs , est 
si bien connue qu'elle n'est plus a etablir; aussi la lais- 
serons-nous de cote pour ne nous occupcr que de celle 
de I'oxydation. 

L elude de plusieurs couleurs v^getales nous a appris 
que quelques-unes d'entre elles, incolores a I'etat de pu- 
rete, ne se manifestaient avec toutes leurs proprietes, 
que par I'absorplion d'une certaine quantile d'oxygene , 
ainsi que le hasard nous en a offert une preuve bien 
curieuse, tout recemment. On avait prepare, a chaud , 
deux solutions aqueuses, Tune de colle blanche de Co- 
logne, lautre de lournesol en pierres; quatre mois apres, 
trouvant la premiere putrefiee et ammoniacale, on la 
jela dans une longue eprouvelte a pied , et par dessus 
la solution de lournesol qjji etail devenne jaune paille» 



169 

celle derniere surnageait la solution visqueuse de colle. 
Pendant la journee, le melange ne changea pas de cou- 
leur; le lendemain , an point de contact des deux liqui- 
des s'etait manifestee une admirable couleur pourpre, 
tellement intense, qu'elle en semblait noire; elle gagna 
de proche en proclie, et finit par s'etendre a la totalite 
du melange. II est probable que toutes les couleurs orga- 
niques peuvent presenter le meme phenomene queleprin- 
cipe colorant du tournesol. Cette experience nous expli- 
que pourquoi , incolore a I'etat rudimentaire , la fleur 
prend des teintes d'autant plus vives , qu'elle est plus 
pres de se faner; puis , lorsqu'elle a fait son temps, 
I'oxidation ne cessant pas d'agir, de concert avec la fer- 
mentation , delruit bientot les couleurs auxquelles elle 
avail donne naissance, parce que la plante cesse de lui 
envoyer des materiaux propres a la faire renaitre; du 
moment que les tissus de la fleur ne sont plus aptes, a 
les metamorphoser. Nous ne voyons pas qu'il y ait une 
difference entre ces plienomenes et ceux que nous pre- 
sentent les poils; incolores ou peu colores, ils naissent 
d'un tissu incolore, se fongent d'autant plus quel'individu 
qui les porte est plus age; puis, lorsque I'age diminue 
la masse du fluide nutritif ou qu'un accident vient en- 
Iraver son afflux dans les teguments, le pigment colore 
disparait ; non point par oxydation , mais plutot par re- 
sorption , puisque la presence de I'buile grasse rend la 
premiere peu probable. Les diverses phases parcourues 
par la maticre colorante des poils ressemblent done a 
celles que nous offre la matiere colorante des fleurs a 
lissu charnu et aqueux, tout autnnt que celles <le la ma- 



170 

liere colorante des plumes resserablent a celles de la 
matiere colorante des fleurs scarieuses. Nous ne pou- 
vons conserve!' qu'arlificiellement les premieres, tandis 
que les secondes ne demandent pour cela aucune prepa- 
ration. II suit de ces analogies multipliees , que la ma- 
tiere colorante des poils et des plumes presente la plupart 
des proprietes de celles des fleurs ; que , comme la leur, 
elle doit pouvoir etre incolore ; qu'elle ne se conserve 
qu'a I'etat de siccite parfaite, et qu'elle a probablement 
besoin d'une oxydation pour se manifester. 

Dans les plumes , du moment qu'elles sortent du tube 
oil elles ont pris naissance , la couleur interposee entre 
les lamelles de leur barbe y est parfaitement seche , el 
ne pouvant plus etre humectee, grace a la coucbe de 
mucus qui la recouvre et I'enveloppe de toutes parts, ne 
subit plus d'alteralion que par Tinfluence longtemps pro- 
longee des rayons lumineux. Les plumes ne presentent 
jamais de matiere grasse, toutes celles du moins que 
nous avons examinees , et ce qui pi ouve que , par elles- 
memes , elles n'en possedent pas , c'est la necessite ou se 
trouvent les oiseaux de les oindre avec celle de leur 
glande adipeuse, afin de les rendre moins permeables a 
I'eau ; mais cette huile animale ne pent alterer en aucune 
fa^on les couleurs des plumes, puisqu'elle ne penetre 
pas jusqu'a elles, comme on peut s'en convaincre, en 
examinant I'eau d'un bassin dans lequel des oiseaux 
aquatiques viennent de se baigner et la voyant couverle 
d'une legere couche d'liuile, tandis que leurs plumes 
n'en presentent pas la moiudre tache et restent seches ; 
rien n'cmpecbe done I'oxydation de la matiere colorante 



171 

des plumes. Si les ^teguments, quels qu'ils soient, ne 
presentent pas les memes couleurs chez lous les aui- 
maux se nourrissant d'aliments identiques , cela lient a la 
meme cause vitale, qui fait que tous ne presentent pas des 
formes analogues, bienque leurnourrituresoitsemblable; 
nous regardons, en consequence, les phenomenes de 
coloration comme beaucoup plus importants a etudier 
qu'on ne I'a cru jusqu'ici , parce que nous sommes per- 
suades qu'ils se lient de la fagon la plus inlime avec la 
composition du sang. 

F. Sacc, Ills. 
Neuchatel, 26 fevrier 1843. 



A. 
DEVIATION 

DU TYPE NORMAL DE l'iNFLORESCENCE DU TRIFOUUM REPENS. 



C'esl sur le revers meridional du Jura , dans un ter- 
rain calcaire et ferrugineux du canton de Neuchatel , au 
mois de juin de I'annee derniere, que le hasard m'a 
fait rencontrer les plantes qui vonl nous occuper. 

Ces Trifolium repens croissaient dans deux terrains 
dilferents, dont I'exposition etant opposee , nous expli- 
que les differences remarquables existant dans les ano- 
malies qu'elles presentent, suivant qu'elles out cru dans 
Tune ou Tautre de ces expositions. Avant de passer 
outre, observons que le Trifolium repens est, de tous 
ceux de sa famille , celui qui a le plus de tendance a 



172 

produire des monstres; ainsi, par exemple, il arrive 
frequemment de Irouver quatre on cinq folioles a ses 
feuilles. 

Plantes provenant d'un terrain sitiie au haul d'une col- 
line, en plein midi, exposee a tousles vents et au grand 
soleil , ce qui la rend d'une extreme aridite. 

Ici, le trefle blanc est chetif et tres-petit; les cinq di- 
visions du calice sont metamorphosees en petites folioles 
peliolees. Parnii les fleurs , les unes ont perdu leurs pe- 
(ales; landis que d'autres les conservent a I'etat normal, 
a ceci pres, que I'etendard se colore en rouge vif; dans 
Fun et I'aulre cas, le pistil se developpe en une foliole 
unique petiolee et articulee sur I'ovaire; sa page infe- 
rieurc est tournee vers la terre comme celle des feuilles. 
Nous n'avons trouve qu'une seule tete fleurie, dont le 
somniet de I'ovaire portat, au lieu de pistil, une feuille 
a une, deux et meme trois folioles parfaites. 

Plantes provenant d'un terrain situe au midi, dans la 
foret, sur un plateau humide et tres- fertile. 

Plantes toufFues et de la vegetation la plus luxurianle. 
Sepales plus ou moins avortes , presque loujours desse- 
clies, reduits souvent au tube calicinal accompagne d'un 
ou deux sepales rudimentaires. G'est dans le sens de 
division du calice que nous eniployons le mot sepale, 
parce que nous les avons trouvees si profondement cou- 
pees dans quelques tetcs flcuries, qu'on pouvait les en- 
visager comme de veritables sepales. Fleurs tout-a-fait 
blanches , plus ou moins comj)letes , mais pourvues tou- 
jours de I'elendard et de la carene. Feuille pistillaire, a 
une, deux ou trois folioles; Tune d'elles renferme toujours 



173 

accole a la nervure de sa page superieure , c'est-a-diro 
en dedans dn tube forme par la soudure de son limbe, 
le pistil reduil a une sole epaissie en bourrelet a son 
extremite. Les ovules ont disparu de I'ovaire, dont les 
parois , exlraordinairement aniincies , forment un utricule 
allonge, qui se rempllt dans fes feuilles plus devcloppees ; 
alors disparait I'artieulation de I'ovaire sur le pedoncule , 
ainsi que celles de toutes les autres parties de la fleur ; en 
sorte que chaque tete de fleurs est changee en une riche 
houppe de feuilles qui , entrainee par son poids vers la 
terre, s'y enracine par son collet et forme une plante 
nouvelle , achevant ainsi en quelques jours le but de 
reproduction que la nature lui avail donne a remplir dans 
un temps beaucoup plus long. 

Dans d'autres fleurs , I'ovaire s'allonge tout entier en 
forme de come verte portant le pistil a son sommet; 
I'extremite de I'ovaire est dirigee vers le ciel ou vers la 
lerre. Le long de la suture de son limbe se trouvent trois 
ou quatre ovules transparents et imparfaits. La base d'un 
de ces monstrueux ovaires nous a presente au lieu d'ovu- 
les, deux petites folioles pliees I'une a cote de I'autre, de 
maniere a presenter leur face dorsale a I'ouverture de la 
foliole pistillaire, dansl'interieur de laquelle elles s'etaient 
developpees; en sorte qu'elles formaient avec elle une 
feuille a trois folioles. Leur position est la meme que 
celle des ovules, a ceci pres, qu'ils ne naissent qu'a la 
base de l^vaire, et non point comme eux dans toute 
son etendue. 

Ces faits nous paraissent fournir une preuve tres-con- 
cluante en fliveur de la theoric, qui regarde toutes les 



174 

parties de la fleiir comme des modifications de la feuille, 
et los graincs comme des bourgeons tr^s-rudimentaires 
capables de former des plantes nouvelles, lorsqu'elles 
se trouvent dans des circonstances convenables. 

Dans I'exemple que nous venons d'etudier , nous 
avons vu que , par suite d'un exces de vie , I'ovaire , au 
lieu de former la graine et de produire la matiere nutri- 
tive, au milieu de laquelle se developpe I'embryon, 
s'est ouverte en une foliole qui , attirant tons les sues de 
la graine qu'elle devait nourrir , la absorbee , en passant 
lui-meme a 1 etat de bourgeon ou plante nouvelle , pou- 
vant vivre isolement. 

Nous pouvons conclure de ce fait que , places dans 
des circonstances capables de favoriser excessivejnent 
leur developpement, les plantes qui se multiplient de 
graines peuvent se reproduire par bourgeons; qu'ainsi, 
les bourgeons sont des graines d'un developpement tres- 
avance; ils sont comparables aux petits des animaux 
vivipares; nous voyons dans tous les deux le nouveau 
ne, au sortir de I'ovaire, vivre aux depens de ce qui 
I'entoure , et s'accroitre sans rien perdre d'aucune de ses 
parties ; tandis que la vie se manifeste dans les graines 
des plantes , et les oeufs des ovipares , d'abord par une 
destruction de la matiere meme qui entoure I'embryon; 
le premier effet de la vie est done chez eux une destruc- 
tion de leur substance propre, du a I'impossibilite ou 
ils se trouvent, a cause de leur etat d'imperfection, de 
tirer leur nourriture des corps qui les entourent ; ils sont 
done moins developpes que les bourgeons des plantes et 
les petits des vivipares. F. Sacc , fds. 



175 
B. . 
]\OTE 

SUR LE MOUVEMENT DES FLUIDES DANS LA CELLULE VEGETALE. 

La cellule vegetale nous presente une circulation bien 
remarquable , car la liqueur qui la remplii s'y meut en 
cercle , au lieu de la traverser d'un bout a I'autre , comnic 
cela devrait etre, puisqu'il est incontestablement prouve 
que les plantes presentent un double courant seveux; I'un 
ascendant desracinesauxfeuilles, I'autre descendant des 
feuilles aiix racines. On a remarque encore que deux 
cellules voisines et dont les parois se toucbent ont tou- 
jours leur courant rotatoire en sens contraire , c'est-a- 
dire que , si dans I'une il se meut de gauche a droite, il 
marche de droite a gauche dans la cellule voisine. 

Le courant seveux utriculaire entraine dans sa marche 
des molecules organiques ou inorganiques presque tou- 
jours indispensables pour en rendre le mouvement bien 
sensible; ces molecules sont animees dune espece de 
Iremblement qui n'a echappe a aucun observaleur. 

Le hasard vient de nous offrir une expHcation toule 
physique de la marche de la circulation intra-utriculaire; 
pendant que nous suivions une operation chimique , que 
nous detaillerons, alin que chacun puisse la repeler et 
se convaincre de i'identite du mouvement des liquides 
soumis aux seules forces de I'altraction avec celui des 
fluides soumis dans les plantes a I'impulsion de la vie. 
Nous lavions avec de I'eau le precipite, forme par de 



176 

riiydrosulfale,tle sulfure d'ammonium, dans une solution 
elenducde sels, de fer et de manganese, rccueillic sur 
un filtre, dans un petit entonnoir de verre, dontletube 
avait a son extremite inferieure le diametre d'une plume 
de corbeau. Au bout de peu d'instants et au contact de 
I'air , la liqueur filtree deposa sur les parois de Tentonnoir 
quelques pelits grains d'oxyde brun ; les uns s'y attache- 
rent , les autres furent entraines par le courant descen- 
dant du filtre a la partie inferieure de I'entonnoir ; d'au- 
tres, enfm, reslant en suspension dans la liqueur, nous 
presenterent les phenomenes suivants : 

Au moment ou la liqueur filtree tombe dans I'entonnoir, 
quelques gouttes s'arrelent a I'extremite de son tube et y 
delerminent la formation d'une petite colonne d'eau con- 
cave a I'interieur, convfexe a I'exterieur. Les particules 
d'oxyde, en suspension dans le fluide, descendaient rapi- 
dement en suivant une legere courbe jusqu'a la colonne 
d'eau , d'oii elles remontaient en decrivant une courbe 
absolument semblable a celle qu'elles venaient de parcou- 
rir ; descendaient encore et ainsi de suite, restant toujours 
en mouvement. Quelquefois elles s'arretaient tout-a-coup ; 
c'etaient lorsqu' elles rencontraient sur leur cherain des 
particules d'oxyde attacbees au verre , ou bien que le cou- 
rant descendant du liquide changeait de direction. Les 
grands courants sont tons plus ou moins ellipsoidaux ; ce 
qui vient sans doute de la forme cireulaire de I'entonnoir ; 
ceux qui le sont moins decrivent des cercles d'autant plus 
parfaits, qu'ils sont plus petits; deux de ces petits cou- 
rants, places I'un a cote de I'autre , marchent toujours en 
sens contraire, et les molecules inorganiques emportees 



177 

par eux presentent le meme tremblement qu'on a observe 
dans celles de la seve des vegetaux. 

Lorsqu'ils rencontrentun obstacle, les couranls s'arre- 
tent ou bien le tournent , ensorle que leur direction est 
tres-sensiblement alteree dans le point ou se trouve la 
molecule genant leur marche ; mais des qu'ils Font de- 
passee, ils reprennenl la route qu'ils ont quittee , absolu- 
ment comme s'ils suivaient les parois dune utricule. 

On ne pent done plus douter que le courant circu- 
laire des cellules vegelales ne soit I'effet mecanique d'un 
courant principal, ascendant ou descendant, et que ce 
courant intra-cellulaire ne soit dii uniquementaladhesion 
des lluides avec les parois de la cellule, phenomene 
comparable a celui de la montee de I'eaii, en sens in- 
verse du courant principal le long des bords des rivieres 
rapides. 

Nous croyons pouvoir conclure de ce que nous ve- 
nons d'exposer, qu'il est probable que la circulation in- 
tra-utriculaire des plantes est due tout simplement a un 
pbenomene d'adhesion des fluides pour les solides ren- 
trant dans le domaine de la physique pure , et sur lequel 
il est possible que la vie n'ait d'autre action que celle 
de fournir le courant seveux principal, qui determine sa 
formation. 

F. Sacc , fds. 



12 



XI. 

VonC. f. schoenbein, 

Professor der Chenaie an der Universitat zu Basel. 



1. Ueber das Kaliumeisencyanid. 

Kiirzlich beschafligte ich mich mil der eleclralysti- 
schen Untersuchung einiger GyanYerbindungen und er- 
mittelte bei dieser Gelegenheit eine Reihe von That- 
sacben , die meines Wissens bis jetzl noch nicht bekannt 
sind , und von welchen ich desshalb bier eine Bescbrei- 
bung geben will. 

Wird in eine wassiige Losung des Kaliumeisenc^^a- 
nides ein Eisendrabt von reiner Oberflacbe gelegt, so 
iiberziebt sicb derselbe scbnell mit einer Scbicbte Ber- 
linerblaues, und bringl man eine Anzabl solcher Drahte 
in die gedacbte Losung, so bildet sicb bald in merk- 
licher Menge ein bellblauer Niederscblag , der an die 
Luft gebracbt , eine liefblaue Farbe annimmt. 

Lasst man in die Cyanidlosung, wabrend dieselbe 
mit melalliscbem Eisen in Beriibrung stebt, Luft oder 
reines Sauerstoffgas einstromen, so lindet die Bildung 
besagter blauer Materie viel rascber statt, als diess ge- 
scbiebt, falls man die Einfiibrung von SauerstofFin die 
Fliissigkeit unterlasst. 



179 

Wird anstatt des Eisendrahtes fein zei thelites Eisen 
in die erwahnte Losung gebracht , und in diese durch 
eine Glasrohre Luft geblasen , so geht die Bildung von 
Berlinerblau noch rascher vor sicli. 

Hat Eisen audi noch so kurze Zeit mit der Cyanid- 
losung in Beriihrung gestanden , das heisst , hat das Me- 
tall mit dem KaHumeisencyanid eine auch noch so kleine 
Menge von Berhnerblau erzeugt, so wird die Cyanid- 
losung, mit salpetersaurem Eisenoxid zusammengebracht, 
sich blau farben. 

Je langer die Einwirkung des Eisens auf die Gyanid- 
losung stattgefunden , das heisst, je mehr sich unter den 
angefuhrten Umstanden Berhnerblau gebildet hat, um 
so reichlicher wird auch der blaue Niederschlag ausfal- 
len, den die riickstandige Gyanidlosung mit einem Eisen* 
oxidsalz liefert. 

Ich darf nicht unterlassen , hier zu bemerken , dass 
die oben beschriebene Einwirkung des Eisens auf das 
geloste Gyanid nur statt zu fmden scheint, falls das letz- 
tere entweder freien Sauerstoff gelost enthalt , oder mit 
der Luft in unmittelbarer Beriihrung steht. Kocht man 
namlich besagte Losung so lange auf, bis alle Luft aus 
ihr vertrieben ist , und bringt man nun in dieselbe einen 
Eisendraht, von dem man ebenfalls die an ihm haftende 
Luft (durch Erhitzung in kochendem Wasser) entfernt 
hat , so tritt die Bildung von Berlinerblau am Drahte 
nicht ein , wenigstens nicht in einem merklichen Grade , 
und zwar so lange nicht, als man die Fliissigkeit im 
Sieden erhalt. Lasst man die Gyanidlosung abkiihlen, 
so bildet sich sofort ein blauer Ueberzug iiber das Me- 



180 

tall, voraiisgesetzl man liabe die Beriihrung zwisclieii 
der Luft und der Fliissigkeit nicht aufgehoben. 

Dm zu sehen , ob zur erwahnten Bildungsweise von 
Berlinerblau die Anwesenheit der Luft durchaus erfor- 
derlich sei , Hess ich zehn Minuten lang Cyanidlosung 
in einem Glaskolbchen sieden und eben so lange eine An- 
zahl von blanken Eisendrabten in kocbendem Wasser 
liegen. Diese Drabte brachte ich mogbcbst scbnell in 
die siedende Cyanidlosung, Iress, nacbdem diess ge- 
scbeben, die Fliissigkeit nocheinige Minuten lang kocben, 
und verscbloss nun das Kolbcben mit einem Koikstopsel, 
denselben nocb mit gescbmolzenem Siegellack bedeckend. 

Am ersten Tage blieben die Metalldrahle vollkommen 
gliinzend , des folgenden Tages jedocb bemerkte icb an 
denselben mehrere blaue Stellen , deren Zabl und Um- 
fang immer grosser wurde , und von denen spater feine 
blaue Faden auswuebsen. Diese Faden wurden so lang, 
dass die meislen bis an die Oberflaebe der Fliissigkeit 
reicbten und einige derselben debnten sicb so sehr aus, 
dass sie in mannigfaltigen Windungen nocb den Spie- 
gel der Cyanidlosung bedeckten. 

Ein gleicbes Kolbcben wurde mit unausgekochter 
Cyanidlosung gefiillt , in dieselbe eine Anzabl blanker 
Eisendrabte gestellt, und das Gefass offen bingestellt. 
Nacb Verfluss weniger Stunden waren die Drabte nicht 
nur mit einer Hiille Berlinerblau umzogen , sondern 
man sab auch schon eine grosse Zabl feiner blauer Fa- 
den von den Drabtsliickcben in die Fliissigkeit sicb er- 
heben. 

Aus dem Ergebniss der beiden letzten Versuche er- 



181 

hellt jedenfalls, dass die Anwesenheit der Lull die Bil- 
dung des Berlinerblaues beschleuniget ; nicht eiilschie- 
den wird aber dadurch , ob Saiierstoft' zur Eizeugiing 
des blaueii Korpers unerlasslicb nolbwendig ist oder 
nicht. Es ware namlich wohl moglich , dass beim ersten 
Versuche das Kolbchen doch nicht vollstandig herme- 
tisch verschlossen gewesen ware und die Luft noch einen 
Zutritt zu der Fliissigkeit gefunden hatte. Um die vor- 
liegende Frage mit voUiger Sicherheit zu beantworten , 
ist die Aastellung weiterer Versuche nolhwendig , bei 
welchen der Zutritt von Luft oder Sauerstoff ganz un- 
raoghch'gemacht werden muss. 

Das Auftreten der erwahnten blauen Faden ist eine 
Thatsache , welche besondere Aufmerksamkeit verdient, 
dahin zu beweisen scheint, dass sich Berlinerblau an 
Stellen der Cyanidlosung zu bilden verrnag, wo sich 
kein metalHsches Eisen befindet. 

Es haben in der That besagte fadenartige Gebilde 
eine linverkennbare Aehnhchkeit mit den sogenannlen 
Metallbaumen , welcher Umstand auf die Yermuthuna- 
fuhren konnte , dass wie diese Metallbaurae, so auch jene 
blauen Faden ihre Entstehung entAveder direct oder in- 
direct einer galvanischen Thatigkeit^'erdanken. Ich ge- 
denke spater diesem Gegenstande meine Aufmerksam- 
keit zuzuwenden , und die etwa an ihn sich kniipfenden 
volta'schen Erscheinungen genauer zu untersuchen. 

Lasst man lange genug metalhsches Eisen in Beriih- 
rung mit der Kaliumeisencyanidauflosung stehen, so 
verlfert diese beinahe ganzhch ihre liefgelbe Farbe, wie 
auch das Vermogen, auf blankem Eisen Berhnerblau 



182 

niederzuschlagen. Eine so bescliallene Losung lietert 
mit salpetersaurem Eisenoxid starke und tiefblaue Nie- 
derschlage, mit schwefelsaurem Eisenoxidul dagegen 
weisse. 

Hieraus scheint zu erhellen, dass eine wassrige Losung 
des rothenCyaneisenkaliums diirch Beriihrung mit Eisen 
schon bei gevvohnlicher Teraperatur in das gewohnliche 
Blutlaugensalz umgewandelt werden kann. Es ist jedoch 
moglich, dass in der unter diesen Umstanden veran- 
derten Cyanidlosung noch andere Yerbindungen als das 
Kaliumeisencyanid sich befinden. 

Kaiim weniger rascher als das Eisen wirkt auch rae- 
tallisches Zink zersetzend auf die Kaliumeisencyanidlo- 
sung ein. Stellt man in ein offenes Gefass , das mit die- 
ser Losung gefiillt ist , blanke Streifen von Zinkblech , 
die zum Theil noch iiber den Spiegel der Fliissigkeit her- 
vorragen, so erscheinen bald an denselben gelblichweisse 
Ansatze, und setzt sich nach einiger Zeit aufdenBoden 
des Gefasses ein pulverformiger etwas schmutzig weisser 
Korper an. 

Nach vorlaufigen Untersuchungen , die ich mit dieser 
Matei'ie angestellt babe , besteht dieselbe aus Kalium- 
zinkcyanid ; es ist aber nicht unwahrscheinlich , dass ihr 
noch etwas Zinkoxid beigefiigt ist. 

Hat sich einmal nur eine Spur dieses weissen Korpers 
gebildet, so wird die riickstiindige Cyanidlosung durch 
salpetersaures Eisenoxid geblaut, und fallt der Nieder- 
schlag von Berlinerblau sehr reichlich aus, wenn die 
Einwirkung des Zinkes auf das Cyanid langere Zeit ge- 
dauert hat. Die so veranderte Losung vermag ebenfalls 



183 

nicht mehr durch ihre Beruhning mit blankem Eisen 
Berlinerblau zu erzeugen , aus welchem Umstande her- 
horgeht, dass sie nun kein Kaliumeisencyanid mehr 
enthalt. 

Die stattgefundene Umanderung der letztgenannten 
Verbindung in das gelbe Blutlaugensalz wird iibrigens 
auch daran erkannt, dass die urspriinglich stark -gelbe 
Losung beinahe wasserhell erscheint. Es ist kaum nothig 
zu erwahnen , dass die enlfarbte Gyanidlosung mit wei- 
terem Zink zusammengestellt , den vorhin erwahnten 
weissen Korper nicht mehr zu erzeugen vermag. 

Ein sehr beach tenswerther Umstand ist die That- 
sache, dass die durch Zink veranderte Gyanidlosung in 
merklicher Menge Ammoniak entwickelt, wenn dieselbe 
mit elwas Kali versetzt und erwarmt wird. Woher die- 
ses Ammoniak stammt, babe ich auszumitteln noch nicht 
die Zeit gehabt. Sollte sich etwa unter den beschriebe- 
nen Umstanden cyansaures Ammoniak oder HarnstofF 
bilden? 

Damit durch Zink in der Losung des Kaliumeisen- 
cyanides die erwahnten Veranderungen bewerkstelligt 
werden , scheint ebenfalls die Anwesenheit freien Sauer- 
stoffes nothwendig zu sein. 

Wurden inausgekochte, dasheisst, luftfreie Gyanid- 
losung , Stiickchen von Zinkblech mit reiner Oberflache 
gebracht, und das Glasgefass, welches beideMaterien ent- 
halt , moglichst sorgfaltig verschlossen , so bemerkte ich 
nach Verfluss von einigen Wochen noch keine Spur des 
erwahnten weissen Korpers nnd erschien das Metall voll- 
kommen glanzend. Ebenso war die stark-gelbe Gyanid- 



1 8i 

losung niclit blasser geworden. Dieselbe bliiuete sichje- 
floch eiwas, wenn ihr salpetersaures Eisenoxid zugesetzt 
wurde. Welche Rolle der Sauerstoff bei diesen Reactio- 
nen spiele , weiss ich iiichl zii sagen , und urn dieselbe 
kennen zu lernen, miissen jedenfalls weitere Versuche 
angestellt werden. 

Wild Kaliumeisencyanidiosung mit Arsen, Aiilimon, 
Wisranth , Blei und Zinn zusammengebracht , so veran- 
dert sich dieselbe schnell und zwar in der Weise, dass 
sie mit Eisenoxidsalzen sich blaut. Hat selbst bei ge- 
wohnlicber Temperatur die Beriilirung zwischen Metall 
und Cyanidlosung auch nur eine halbe Minute gedauert, 
so tritt in letzterer bei Zusatz von salpetersaurem Eisen- 
oxid schon eine merkliche Blauung ein , lasst man die er- 
wahnten Metalle mehrere Tage mit dem gelosten Cyanid 
zusanimenslehen, so liefert dieses mit Eisenoxidsalzen 
merklich starke Niederschlage von Berlinerblau. 

MerkAviirdiger Weise wirkt Kadmium ausserst lang- 
sam auf das Cyanid ein , und muss dieses Metall Tage 
laug mit der fraglichen Losung in Beriihrung stehen , 
damit sich letztere mit salpetersaurem Eisenoxid etwas 
blaue, 

Selbst Kupfer , Quecksilber und Silber vermogen die 
Cyanidlosung zu veriindern und einen Theil derselben in 
Cyaniir umzuwandeln. Es gelit aber diese Reaction sehr 
langsam von statten , und ist tagelanges Zusammen- 
steben der letztgenannten Metalle mit der Cyanidlosung 
notbwendig, damit letztere bei Zusatz von salpetersaurem 
Eisenoxid auch nur schwach sich blau farbe. 

Eine Anzabl der erwabnten Metalle verliert in der 



185 

Cyanidlosung ihren Glanz uiid iiberzieht sich mit einer 
Iliille, deren chemische Naliir ich iioch niclit naher iiii- 
iersuclit habe. Wahrscheinllcli bildon sicli miter diesen 
Umstanden neiie Cyan verbin dun gen. 

Eine leichte und einfache Art , die chemische Veran- 
derung nachziiweisen , welche die Cyanidlosung wahrend 
ihrer Benihnmg mit den voihin erwahnten Melallen er- 
leidel, besteht darin, dass man einen Tropfen besagter 
Fhissigkeit auf die blanke Flache eines der Metalle fal- 
len lasst, und ihn dann mit einem Tropfen einer Eisen- 
oxidsalzlosung vermischt. Unmittelbar naeh der Ver- 
raischung beider Tropfen wird die von ihnen benetzte 
Metallflache mit einer Schichte Berlinerblaues sich iiber- 
ziehen und es tritt diese Reaction beinahe augenblicklich 
selbst dann ein , wenn die angewendeten Metalle Kupfer, 
Quecksilber oder Silber sind. 

Wie aus spatern Angaben erhellen wird , verankssen 
die letztern Metalle die Bildung von Berlinerblau vor- 
zugsweise dadurch , dass sie das Eisenoxidsalz in das 
Oxidulsalz umwandeln. 

Die mehr oxidirbaren Metalle, wie zuniBeispiel Eisen, 
Zink , Zinn u. s. w. verursachen die unter den erwahn- 
ten Umstanden erfolgende Erzeugung von Berlinerblau 
auf eine doppelte Weise. Diese Metalle iindern rasch 
einen Theil des Cyanides in Cyaniir und einen Theil des 
Eisenoxidsalzes in das Oxidulsalz um. Wie aber leicht 
einzusehen, muss jede dieser Reactionen die Bildung von 
Berlinerblau zur Folge haben. 

Hochst auffallend und iiberraschend erscheint mir die 
Thatsache, dass selbst auf Blechen von Palladium, Pla- 

12* 



186 

tin iind Gold sich Berlinerblau erzeiigt, wenn man auf 
dieselben ein Gemlscli der wiissrigen Losungen von Ka- 
liumeisencyanid und salpetersaiirem Eisenoxid bringl. 

Um sicher zu sein , dass an den bei meinen Versuchen 
beniitzten Blechen der drei letztgenannten Metalle aucb 
kelne Spur einer fremdartigen Subslanz hafte, warden 
sie sorgfaltig mil Sandpapier gescheuert, dann etwa 15 
Minuten in kocbende Kablosung gebracht; bierauf mit 
destillirtem WasSer abgewaschen. Die Plalin- und Gold- 
blecbe bebandelte icb iiberdiess noch eine Viertelstunde 
lang mit chemisch-reiner siedender Salpetersaure , stellte 
dieselben nach dieser Operation so lange unter das Brun- 
nenrobr, legle sie dann noch einige Zeit in kochendes 
destillirtes Wasser, und gliibte sie endlicb noch ziem- 
lich stark aus. Die Oberflachen dieser Metalle diirften 
daher als moglichst rein angesehen werden. 

Wie sich wohl zum voraus erwarten lasst , fmdet die 
Einwirkung des Palladiums , Platins und Goldes auf ein 
Gemische von Cyanid und Eisenoxidsalzlosungen nicht 
auf eine sehr rasche Weise statt. 

Auf meinen Blechen lag der gemischte Tropfen wohl 
eine halbe Stunde, bevor ich die geringste Veranderung 
in der Beschaffenheit der besagten Metalloberflache be- 
merken konnte. Nach Verfluss dieser Zeit nahm ich am 
Palladium einen blaulichen Schein wahr, wahrendam 
Gold oder Platin noch keine Veranderung bemerkt wer- 
den konnte. Einige Stunden spater zeigten alle drei Me- 
talle ganz deutliche Ueberziige, das Palladium hatte den 
starksten , und nach zwolf Stunden hatte sich ein satter 
Ueberzug von Berlinerblau gebildet. Ich habe noch nicht 



187 

unlersucht, obPlatin, Gold und Palladium langere Zeit 
in Beriihrung mit hlosser Gyanidlosung gesetzt, diese 
letztere so zu andern vermogen , dass dieselbe mit einem 
Eisenoxidsalz versetzt, sich blaut. 

Aus Griinden der Analogie bin ich geneigt zu glau- 
ben , dass dies der Fall sei. 

Wenn nun schwer oxidirbare Metalle, wieGold und 
Platin , wie auch die leichter oxidirbaren , wie Zink und 
Eisen , im Stande sind , die chemische Konslitution des 
fraglichen Cyanides unter den angefiihrten Umstanden 
zu verandern , so diirfte wohl aus einer solchen Thal- 
sache der Schluss gezogen werden, dass alle metalliscben 
Korper ohne irgend eine Ausnahme die gleiche Wirkung 
auf das Haloidsalz hervorzubringen vermogen. 

Ich muss hier noch des Umstandes erwahnen , dass 
mehrere Oxide auf das Gyanid in ahnlicher Weise ver- 
andernd einwirken, wie die metalliscben Grundlagen die- 
ser Oxide selbst. 

Giesst man Gyanidlosung auf fein zertheiltes Rupfer- 
oxidul oder Zinnoxidul und lasst man beide Materien bei 
gevvohnlicher Temperatur anch nur kurze Zeit zusam- 
men stehen, so wird die abfdterirte Fliissigkeit mit sal- 
petersaurem Eisenoxid schon merklich slark sich blauen. 
— Wahrscheinlich verhalten sich andcre Oxidule, die 
begierig sind , noch weitern Sauerstoff aufzunehmen , auf 
eine ahnliche Weise. 

Aber nicht nur melallische Korper oder metallische 
Verbindungen vermogen auf das Gyanid einen chemi- 
schen Einfluss der erwahnten Art auszuiiben ; auch eine 
Reihe nicht metallischer Materien zeigen ein analoges 



188 

Verhalten , wie zur Geniige aiis tblgenden Angaben er- 
hellen wild. 

Briiigt man Phosphor langere Zeit in Beriihruiig mit 
unserer Cyanidlosung , so eihalt diese die Eigenschaft, 
bei Zusalz von salpetersaupem Eisenoxid , freihch nur in 
einem sehr schwachen Grade sich zu blauen. Taucht man 
aber ein Sliickchen Phosphor in ein Gemisch von Cya- 
nid und Eisenoxidullosungen, und lasst es einige Zeit in 
der Luft oder auch in der genannten Fhissigkeil Hegen , 
so umgibt sich dassell)e mit einer Hiille von Berhner- 
blau. Diese Erscheinung scheint indessen ihreu Grund 
hauptsachhch darin zu haben, dass das Eisenoxidsalz 
iheilweise durch den Phosphor in ein Oxididsalz umge- 
wendet wird. 

Da sich der WasserstoiF in mehr als einem Fall, wie 
einleicht oxidirbares Metall verhalt, so interessirte esmich 
sehr zu vermkteln, ob dieses Element ein derarliges Ver- 
halten gegen das fragliche Cyanid zeige. Zu diesem Be- 
hufe liess ich langere Zeit reines WasserstofFgas in die 
besagte Losung stromen , es schien aber letztere unter 
diesen Umstanden durchaus keine Veranderung in ihrer 
chemischen Konstilution zu erleiden. 

Anders wirkt indessen der Wasserstoff, wenn derselbe 
im nascirenden Zustande oder ni gereiften chemischen 
Verbindungen mit dem gelosten Cyanide in Beriihrung 
kommt. 

Das einfachste Mitlel, nascirenden Wasserstoff mit 
der Cyanidlosung in Contact zu setzen , gewahrt uns die 
volta'sche Siiule. Fiillt man mil dem gelosten Cyanid zwei 
Gefiisse, die vermittelsl einer porosen Wandung z. B. 



189 

einer ihierischen Membran unter einander communizi- 
ren , uiid fiihrt man in die Fliissigkeit dieser Zellen die 
Zuleilungsdrahte einer massig kraftigen Saule ein , so 
wird der Theil einer Gyanidlosung, in welclier die 
negative Electrode taucht, d. h. in welcher sich Wasser- 
stoff ausscheidet , schnell so verandert, dass er mit sal- 
petersaurem Eisenoxid einen blauen Niederschlag liefert. 

Da ich an einem andern Orte das electrolytische Ver- 
lialten des Kaliumeisencyanides zu beschreiben gedenke, 
so will ich mich hier nur auf die Bemerkung beschran- 
ken , dass meiner Ansicht nach der nascirende Wasser- 
stoff es ist , dem die unter den erwahnten Umstanden 
stattfindende Umwandelung des Cyanides in Cyaniir zu- 
geschrieben werden muss. 

In einer unlangst von mir geschriebenen Abhandlung 
(Ueber die Haufigkeit der Beriihrungswirkungen auf dem 
Gebiete der Chemie) babe ich auf den Umstand aufmerk- 
sam gemacht, dass der chemisch gebundene Wasser- 
stoff haulig gerade so gegen gewisse Korper sich ver- 
halt, als Wasserstoff, welcher im nascirenden Zustande 
sich befmdet ; mit andern Worten , dass die chemische 
Affmilat des chemisch gebundenen Wasserstoffes zu 
gereiflen Materien grosser ist als die Affmitat, welchc 
freier Wasserstoff zu den gleichen Subslanzen zeigt. 

Der mit Sell wefel , Selen, Phosphor, Arscn, Anti- 
mon und Tcllur vereinigte Wasserstoff, obgleich in die- 
ser Vergesellschaftung gasformig , wirkt dennoch schr 
rasch auf die in Rede stehende Gyanidlosung ein, und 
zwar in ahnlicher Weise, wie diess der nascirende Was- 
serstoff ihut. 



190 

Lasst man namlich das eiiie oder das andere der letzl- 
getiannten Gase nur kurze Zelt in die Gyanidlosung tre- 
ten , so wird diese hiedurch so verandert , dass sie mit 
Eisenoxidsalzen blaue Niederschlage liefert. Vermischt 
man die Gyanidlosung, ehe sie der EinAvirkung dieser 
Gase unterworfen wird , mit salpetersaurer Eisenoxid- 
losung , so findet beim Eintritt der gasformigen Wasser- 
stoffverbindungen in das fragliche Gemisch eine merk- 
lich Starke Fallung von Berlinerblau slatt. 

Es muss jedoch bemerkt werden , dass die drei erst- 
genannten Gasarten viel rascher die erwahnte Fallung 
bewerkstelligen , als dies die drei metalliscben Wasser- 
stoffverbindungen zu tbun vermogen. 

Die hiebei erhaltenen blauen Niederschlage sind von 
mir bis jetzt nicht naher untersucht worden , ich babe 
aber Grund zu vermutben , dass sie ausser dem Berliner- 
blau noch Selen , Phosphor u. s. w. enthalten , und dass 
mithin nur der WasserstofF der erwahnten Gase es isl , 
welcher verandernd auf die Gyanidlosung einwirkt. 

Spielt nun der Wasserstoff in den erwahnten Gasar- 
ten eine so merkwiirdige Rolle, so steht zu erwarten, 
dass dieses Element audi in anderartigen Verbindungen 
in gleicher Weise reagiren wefde. 

Lasst man die Gyanidlosung mit Aether oder Wein- 
geist auch noch so lange zusammenstehen , so scheint 
es nicht, als ob unter diesen Umstanden die vermisch- 
ten Materien aufeinander einwirkten, denn eine so be- 
handelteLosung blaut sich beim Zusatz von einem Eisen- 
oxidsalz nicht in merklicher Weise. Setzt man aber dem 



191 

gelosten Cyanid, ausser Aether oder Weingeist audi 
nocli etwas salpetersanres Eisenoxid zii, so fangt das 
Gemeng bald an, sich blaii zu farben , und nach einigen 
Tageii hat sich ein merklich starker Niederschlag vom 
schonsten Berhnerblau gebildet. 

Hieraus erhellt , dass der Weingeist oder Aether ent- 
weder das Cyanid in Cyaniir oder das Eisenoxidsalz in 
Oxidulsalz umandere. Auch ist es moghch , dass theil- 
weise beide Salze eine Zersetzung durch den Weingeist 
oder Aether erleiden. Dass die lelztgenannten Materien 
fiir sich allein das Eisenoxidsalz nicht zu verandern ver- 
mogen, wird weiter unten angegeben werden. Aus Griin- 
den der Analogic bin ich geneigt zu schliessen , dass nur 
der Wasserstoff des Aethers oder des Weingeistes es ist, 
durch welchen die eben erwahnten Veranderungen in 
der Zusammensetzung beider Salze zu Stande gebraclit 
werden. 

Versetzt man die Cyanidlosung mit gewohnlichem 
Zucker und lassl man diese Fliissigkeit nur wenige Mi- 
nuten lang sieden , so blaut sich dieselbe bei ihrer Ver- 
mischung mit salpetersaurem Eisenoxid. Vermischt man 
die zuckerhaltige Cyanidlosung mit letztgenanntem Eisen- 
salze , so wird ein solches Gemeng schon ohne stattfm- 
dende Erwarmung nach einigen Stunden blau erschei- 
nen, und nach einigen Tagen einen merklich starken 
Absatz von Berlinerblau zeigen. W^ird die Cyanidlosung 
mit Ameisensaure vermischt und erwarmt, sofarbtsich 
die Fliissigkeit blau , ohne hiezu eines Eisenoxidsalzes 
zu bediirfen ; dampft man das Gemeng ab , bis alle Saure 
verjagt ist , und zieht man den Riickstand mit Wasser 



192 

aus, so liefert dieser Auszug mit salpetersaurem Eisen- 
oxid einen Niederschlag von Berlinerblau. 

Einc gleichc Veranderung veranlasst die Ameisen- 
saure in der Gyanidlosung audi schon bei gewohnlicher 
Temperalur; nur findet in diesem Falle die Reaction 
langsamer statt, als es bei der Erwarmung geschieht. Nach 
mehrslundigem Ziisammenslehen der Saiire mit dem 
C}?anid erscheint jedoch die Fliissigkeit bereits deutlich 
geblauet, und im Laufe einiger Tage bildet sich eine 
merkliche Menge Berlinerblaues. Hat einmal eine Aus- 
scheidung des letztgenannten Korpers statt gefunden, 
und trennt man denselben durch Seihen von der Fliis- 
sigkeit ab, so wird diese bei Zusatz von salpetersaurem 
Eisenoxid blau. 

In ahnlicher Weise Avirken Essigsam'e, Weinsaure 
und Zitronensiiure auf die Gyanidlosung und ohne 
Zweifel gibt es noch manclie andere organische Saure, 
die ein gleiches Verlialten zeigt. 

Wa^ die Oxalsaure betrifft , so scheint sie weder bei 
gewohnlicher noch erhochter Tempera tur auf die Gyanid- 
losung zu wirken ; denn weder wird die letztere fiir sich 
selbst noch beim Zusatz eines Eisenoxid salzes merklich 
geblauet. 

Unter alien organischen Verbindungen , deren Ver- 
halten zur Gyanidlosung ich bis jetzt gepriift babe , 
zeichnet sich die Harnsaure durch ihre rasche Einwir- 
kung auf besagtes Haloid salz am meisten aus. Hat 
erwahnte Saure auch nur eine Minute lang mit der 
Gyanidlosung zusammen gestanden , so wird diese bei 
Zusatz von salpetersaurem Eisenoxid schon merklich 



193 

stark blau gefarbt. Dass Erwarmungen die erwahnte 
Reaction beschleunigen , wird wohl nichtder ausdriick- 
licben Bemerkiing bediirfen i. 

Cinchonin und Morphium verhallen sich ahnlich der 
Harnsaure, dagegen scheiiien Chinin und Strychnin 
keine Wirkung auf das Cyanid hervorzubringen. Da 
ich von der chemischen Reinheit des in Anwendung 
gebrachten Ginchonins nicht vollig liberzeugt bin , so ist 
es moglich , dass von einer demselben beigemengten 
Materie die besagte Reaction herriihrt. Hat aber wirklich 
das reine Cinchonin das Vermogen, das Cyanid in Cyaniir 
umzuwandeln , so kann ein derartiges Verhahen dazu 
beniitzt werden , auf eine sehr leichte Weise die Anwe- 
senheil jener Base in Chinin zu entdecken. 

Wird Harnstoff in unsere Cyanidlosung gebracht, so 
scheint derselbe keine Veranderung in dem Haloidsalze 
zu veranlassen; dampft man aber das Gemisch bis zur 
Trockeneab,und erwarmt man dann den Riickstand so 
stark als eben nothig ist, um aus demselben Ammoniak 
zuentwickein, so blaut sich die Masse. Vor derEntbin- 
dung des Ammoniaks fmdet keine Farbenveranderun^ 
statl. 

Bemerkenswerth ist auch das Verhahen, welches 
das Cyanid gegen salpetersaures Ammoniak zeigt. 

* Kaum schwacher, ja vielleicht starker iioch als die Harn- 
siiurc wirkl Krcosot auf die Cyanidlosung ein ; denn schiitlelt 
man letzlere mit einer wiissrigen Losung des Kreosotes nur 
einige Augenblicke , und fiigt man dann dem Gemisch einige 
Tropfen einer Eisenoxidsahlosnng zu, so wird das Ganzc schon 
merklich stark blau gefarhi. 

13 



194 

Erhitztman namlich letzleres Salz bis ziirSchmelzung, 
und tragt man nun Krystalle des rothen Blutlaugensalzes 
in die fliissige Masse ein, so farbt sich diese sofort tief blau 
und entwickelt sich ein starker Geruch nach Blausaure. 
Wird das Gemenge noch weiter erhitzt, so nimmt das- 
selbe eine rothgelbe Farbung an und gibl nun weder 
mit einem Eisenoxidul noch Eisenoxidsalz einen blauen 
Niederschlag. Wird aber die Masse , so lange sie noch 
blau erscheint, mit Wasser behandelt, so hefert das 
Fikrat mit salpetersaurem Eisenoxid einen Niederschlag 
von Berlinerblau. Wird eine Losung von neutralem 
schwefelsauren Ammoniak mit Kristallen von Kalium- 
eisencyanid versetzt, und zu einer breiartigen Masse 
abgedampft, so erscheint diese griin. Erhitzt man dieselbe 
in einem Platingefass nicht ganz bis zum Schmelzen , 
so nimmt sie eine hellblaue Farbe an , und giesst man 
nun auf die so behandelte Masse Wasser, so farbt sich 
das Ganze tiefblau und fmdet eine Ausscheidung von 
Berlinerblau statt. Die abfdtrirte Fliissigkeit wird durch 
salpetersaures Eisenoxid nicht geblaut. Ausser den Me- 
tallen , den Oxidulen, dem nascirenden Wasserstoff und 
gewissen organischen und unorganischen Wasserstoff- 
verbindungen gibt es aber auch einige andere Materien 
zusammengesetzter Art , welche einen zersetzenden Ein- 
fluss auf das Cyanid ausiiben , d. h. letzteres in Gyaniir 
umwandeln, und es haben diese Materien auch das 
miteinander gemein, dass sieunter gewissen Umstanden 
einer weiteren Aufnahme von Sauerstoff fahig sind. 

Vermischt man Kaliumeisencyanid mit salpetersaurer 
Eisenoxidlosung , und fugt man diesem Gemische einige 



195 

Tropfen salpetriger Saure oder salpetriger Salpetersaure 
zu, so findet ein Niederschlag von Berlinerblau statt. 

Da die relne Salpetersaure in dem erwahnten Salzge- 
mische eine derartige Veranderung nichl veranlasst , so 
kann das angefiihrle Verhalten dazu dienen , selbst kleine 
Mengen von salpetrichter Saure in der Salpetersaure zu 
entdecken. 

Sehr energisch wirkt das Stickoxid auf ein in Wasser 
gelostes Gemisch von unserm Gyanid und salpetersaurem 
Eisenoxid ein. Jede Blase dieses Gases , welche in die 
besagle Losung tritt, umgibt sich sofort mit eiuer 
blauen Hiille, und sehr rasch wird aus der Fliissigkeit 
Berlinerblau gefallt. 

Es kann daher eine gemischte Losung von Kalium- 
eisencyanid und salpetersaurem Eisenoxid eben so gut 
als eine Eisenoxidullosung dazu beniitzt werden, die 
Anwesenheit von Stickoxid in gewissen Gasgemengen 
nachzuweisen. 

Das Stickoxidul verhalt sich nach meinen Versuchen 
gegen die eben erwahnte gemischte Salzlosung voll- 
kommen indifferent. 

Die schweflichte Saure zeichnet sich ebenfalls durch 
ihr Vermogen aus , die Cyanidlosung so zu verandern , 
dass sie mit einem Eisenoxidsalz blaue Niederschlage 
liefert. 

Bedeckt man den Boden einer Flasche mit einer ge- 
mischten Losung unseres Cyanides und salpetersauren 
Eisenoxides und brennt man in der Flasche den Schwefel 
eines Ziindholzchens ab, so zeigt sich beim Schiittelu 



196 

der Fliissigkeit sofort eiii starker blaugefarbter Nieder- 
schlag. Es versteht sich von selbst , dass beim Einfiibren 
eines Stromes von gasformiger scbweflicbter Siiure in 
das fragliche Gemisch die gleiche Erscheinung statt 
findet. • 

Esbedarf aucb wohl kaum der ausdriickUchen Erwah- 
nung , dass dieses eigenthumbche Verbalten der scbwef- 
bchten Saure ebenfalls dazu dienen kann , selbst kleine 
Mengen derselben in gewissen Korpern , z. B. in Schwefel- 
saure zu enldecken. Bemerkenswertb ist ferner noch die 
Thatsache, dass fein zertbeiltes Kalomel, zusammenge- 
bracht mit einer Losung von Cyanid und einem Eisen- 
oxidsalz, nacb und nach sich blaut. 

Ohne Zweifel gibt es noch eine grosse Anzahl von 
Materien organischer und auch unorganischer Art , 
welche fahig sind, das Kaliumeisencyanid in Cyaniir 
iiberzufiibren , und in Beriibrung mitjenem Salze selbst 
zersetzt zu werden. Vergleichen wir die Substanzen , an 
denen dieses Vermogen bis jetzt beobachtet worden ist, 
in Bezug auf ihren chemischen Character unter einander, 
so finden wir, dass dieselben durchschnittlich grosse 
Geneigtheit zeigen mit Sauerstoff sich zu verbinden. 



' Da die Fiillung von Berlinerblau , welche die salpelrichte 
Siiiire , das Stickoxidgas und die schweflichte Saure in der Lo- 
sung des erwahntcn Salz-Gemisches veranlassen, moglicher 
Weise einzig und allein davon herriihren konnte , dassjene drei 
Verbindungen das Eisenoxidsalz in Oxidulsak umwandelten, so 
habe ich mich durch geeignete Versuche iiberzeugt, dass die 
Cyanidlosung zerselzend einwirke. 



197 

II. Ueber die Eisenoxidsalze. 

Bei der Analogic , welche in einer Beziehung wenig- 
stens zwischen dem Kaliumeisencyanid und einem Eisen- 
oxidsalz besteht , lasst sich envarten , dass diejenigen 
Substanzen, welche im Stande sind, die Losiing dcs 
crstcrcn Salzcs in Gyaniir zu verwandcln , auch vermogen 
werden , cin Eisenoxidsalz entweder ganz odcr theilvveise 
in ein Oxidulsalz iiberzufuhrcn. 

Meinc , iibcr dicscn Gegenstand angestellten Versuche 
haben in der That diese Vermuthung bestatiget, wie 
aus den folgenden Angaben erhellen wird. 

Lasst man z. B. eine Losung von salpetersaurem 
Eisenoxid auch nur einige Minuten lang odcr selbst noch 
eine kiirzere Zeit mit Arsen , Antimon, Wismuth, Kad- 
mium, Blei, Eisen, Zink und Zinn zusammenstehen , 
so werden dieselben unsere Cyanidlosung schon merklicli 
blauen. Selbst Kupfer, Quecksilber und Silber bewirken 
nur etwas langsamer als die vorhin erwahnten Melalle 
eine solche Veranderung in der besagten Eisensalz- 
losung. 

Ob mit der Zeit dies auch Palladium, Platin und 
Gold zu thun vermogen , habe ich bis jetzt noch nicht 
ausgemittelt. Die weiter oben angefiihrte Thatsache, 
gemass welcher aus einem Gemisch von Cyanid und 
Eisenoxidsalzlosung auf Bleche der drei letztgenannten 
Melalle gebracht sich Berlinerblau nach mehrstiindiger 
Beriihrung ausscheidet, lasst vermuthen, dass die drei 
fraglichen Korper eben so gut auf das Eisenoxidsalz als 
auf das Gyanid einwirken. 



198 

Jedenfalls ist es ein ziemlich aufFallendes Factum, 
(lass z. B. Kupfer, Silber und Quecksilber dem Eisen- 
oxid Sauerstoff zu entziehen vermogen ; ein chemisches 
Verhalten, das die Oxidationsverhaltnisse dieser Me- 
talle kaum voraussetzen lasst. 

Wenn aber das Silber z. B. auf eine so unerwartete 
Weise auf das Eisenoxid einwirkt , so konnte wohl von 
Seite der noch minder oxidirbaren Metalle , eine ahnliche 
Reaction statt fmden. 

Einige Oxidule wie z. B. dasjenige des Kupfers mit 
der Losung des salpetersauren Eisenoxides bei gewohn- 
licher Temperatur nur kurze Zeit in Beriihrung gesetzt, 
verandern das geloste Eisensalz so, dass es die Cyanid- 
losung blaut. 

So weit meine Versuche gehen , wirkt Phosphor auf 
die Losung des salpetersauren Eisenoxides rascher als 
auf diejenige des Cyanides ein. 

Nach mehrstiindigem Zusammenstehen jenes Korpers 
mit der genannten Eisenlosung hat diese die Eigenschaft 
erlangt , in der Cyanidlosung eine merkHche Blauung 
zu veranlassen. 

Wie sclion oben bemerkt, wird die Berlinerblaubildung 
wesentlich durch den Umstand beschleuniget, dass beide 
Losungen vermischt mit Phosphor in Beriihrung gesetzt 
werden. 

Zucker» nur kurze Zeit mit derEisensalzlosung erhitzt, 
verandert die letztere ebenfalls so, dass sie eine merkliche 
Fallung von Berlinerblau in der Cyanidlosung verursacht. 

Ameisensaure , nur wenige Sekunden mit dem ge^ 
losten Eisenoxidsalz erwarmt , veranlasst schon die Bil- 



199 

(lung von so viel Oxidulsalz, dass beim Vermischen 
dieser Fliissigkeit mit der Gyanidlosung eine tiefblaue 
Farbung enlsteht. 

Zitronensaure , Essigsaure mid Weinsaure wirken 
in ahnlicher Weise. Ausgezeichnet diirch ihre oxidi- 
rende Wirkungen auf das salpetersaure Eisenoxid ist die 
Harnsaure. Lasst man die Losung jenes Salzes auch nur 
eine Minute lang mitletztgenannter Saure in Beriibrung 
sleben , ohne dass man das Ganze erwarmt , so bat die 
abfiltrirte FUissigkeit scbon das Vermogen erhalten, aus 
der Gyanidlosung Berlinerblau zu fallen. Wie sicb dies 
von selbst verstebt, bescbleuniget die Erwarmung der 
Salzlosung die Reaction der Harnsaure *. 

Nur nicbt so rascb , aber in ahnlicher Weise wie die 
Harnsaure wirken auch Gincbonin und Morpbium auf 
das salpetersaure Eisenoxid. 

Nascirender WasserstofF mit der Eisensalzlosung in 
Beriibrung gesetzt , ertbeilt letzterer ebenfalls die Eigen- 
schaft , die Gyanidlosung zu blauen. 

Ebenso verbalten sicb die salpetricbte Saure, das 
Stickoxidgas , die schweflicbte Saure und die Verbin- 
dungen des Wasserstoffes mit Scbwefel , Selen , Phos- 
phor , Arson , Antimon und Tellur. Sie alle andern , in 
eine Losung des salpetersauren Eisenoxides eingefiihrt, 
dieses so um, dass es mit Gyanidlosung vermischt die 
Bildung von Berlinerblau veranlasst. 

Aus voranstebenden Angaben ersiebt man , dass viele 

^ Kreosot iibertrifft noch die Harnsaure durch seine oxidi- 
rende Wirkung auf die Losungen der Eisenoxidsalze. 

I 
1 



200 

Materien , von denen man bisher angenommen zu haben 
scheint, sie verliielten sich ganz indifferent gegen Eisen- 
oxidsalze, diese letzlern zu Oxidulsalzen oder Oxidul- 
oxidsalzen zu reduciren vermogen ; gerade so , wie die 
gleichen Substanzen im Stande sind , Kaliumeisencyanid 
in Cyaniir umzuAvandeln. Ein solches Verhalten scheint 
mir weitere Untersuchungen zu verdienen und geeignet 
zu sein , die Ghemiker zur genauern Ermittelung , na- 
mentlich derjenigen Veranderungen zu veranlassen, 
welche gewisse organische Materien bei ihrer Beriihrung 
mit Losungen der Eisenoxidsalze und des Kaliumeisen- 
cyanides erfahren. Denn es ist offenbar,dass z.B. Zuoker, 
Harnsaure , Kreosot u. s. w., indem sie diese Salze mo- 
dificiren , selbst eine Veranderung in ihrer chemischen 
Zusammensetzung erleiden , dass aus ihnen neue Mate- 
rien gebildet werden miissen. 

Eben so ist es nicht unwahrscheinlich , dass bei der 
Einwirkung mehrerer der genannten unorganischen Sub- 
stanzen auf Eisenoxidsalze und das Cyanid Verbindun- 
gen entstehen , die bis jetzt noch unbekannt sind , oder 
deren Bildung der Wahrnehmung der Ghemiker ent- 
gangen ist. 

Ich schHesse diese Notizen mit der Mittheilung einiger 
Beobachtungen , die mit dem in voranstehendem Auf- 
satze behandehen Gegenstande im Zusammenhange 
stehen, und ihrer Eigenthiimhchkeit wegen der Be- 
obachtung der Ghemiker nicht ganz unwerth zu sein 
scheinen. 

Bei meinen Untersuchungen iiber das Verliahen der 
organischen Saure zu dem Kahumeisencyanid und den 



201 

Eisenoxidsalzen vergass ich naliirlicli nicht, auch die 
Kleesaure in Wechselwirkung mit den erwahnten Sal- 
zen zu selzen. Zu einiger Verwunderung fand ich, dass 
genannte Saure , mit Cyanidlosung selbst gekocht, dieser 
nicht das Yermogen ertheille , mit Eisenoxidsalzen sich 
zu blaiien. Eben so wenig wurden letztere durch die 
Kleesaure so verandert, dass sie aus der Cyanidlosung 
Berlinerblau fallten. 

Dieser Umstand schien mir so beachtenswerth , dass 
er mich veranlasste, einige weitere Versuche mit der 
Kleesaure anzustellen. 

Ich vermischte verdiinnte Losungen von Kleesaure, 
sal peter saurem Eisenoxid und Kaliumeisencyanid, fiillte 
mit diesem Gemische Flaschen , und liess in dieselben 
Stickoxidgas , Schwefel , Phosphor und Wasserstoffgas 
ireten. Wahrend nun , obigen Angaben zufolge , die er- 
wahnten Gasarten aus einer Fliissigkeit, die bios salpe- 
tersaures Eisenoxid und Kaliumeisencyanid gelost ent- 
lialt, Berlinerblau niederschlagen , bewirken dieselben 
in derKleesaurehaltigen Losung keine derartige Reaction 
und lassen das fragliche geloste Salzgemisch so gut als 
ungefarbt. Damit jedoch dieses negative Resultat erhal- 
ten werde , ist erforderlich , dass die Kleesaure nicht in 
zu geringer Menge in der Losung vorhanden sei. 

Was das Selenwasserstoflgas betrifft , so vermag die 
Kleesaure dessen Einwirkung auf ein Gemisch von ge- 
lostem Cyanid und salpetersaurem Eisenoxid nicht ganz- 
lich zu verhindern ; denn beim Eintritt des fraglichen 
Gases farbt sich die Losung sofort blau. Es muss aber 
bemerkt werden , dass die Anwesenheit von Kleesaure 

14 



202 

die Wirkung des Selenwasserstoffes merklich schwacht. 
Wird gelostes Kaliumeisencyanid mit Harnsaure und 
Kleesaiire zusammengeslellt , so vermag ein Eisenoxid- 
salz keine blaue Farbung zu verursachen, wie lange auch 
die erwahnten Substanzen mit einander in Beriihrung 
gestanden haben mogen. Auch diirch Erwarmung kann 
eine solche Reaction nicht bewerkstelliget werden. 

In gleicher Weise verhindert die Kleesaure auch den 
Zucker und andere ordinische Materien, das Gyanid 
und die Eisenoxidsalze in der weiter oben angegebenen 
Art zu verandern. 

Auch wird kein BerHnerblau gefalh, wenn einem Klee- 
saurehahigen Gemische von gelostem Gyanid und sal- 
petersaurem Eisenoxid einige Tropfen salpetriger Saure 
oder salpetrigter Salpetersaure zugefiigt werden. 

III. Ueber das Kaliumeisencyanid. 

Da dem im Wasser gelosten KaHumeisencyaniir so 
leicht ein Theil seines Kahums durch Ghlor sich ent- 
ziehen lasst in der Weise , dass das Gyaniir in Gyanid 
sich verwandelt , so ist zu vermuthen , dass unter gege- 
benen Umstanden auch der Sauerstoff eine solche Um- 
anderung des fragUchen Gyaniires zu bewerkstelhgen 
vermoge. Es gibt die Zusammensetzung des gelben 
Bhitlaugensalzes iiberhaupt der Vermuthung Raum, dass 
wie das Gyanid durch gewisse oxidirende Matereien in 
Gyaniir sichverwandeln lasst, so werde das letztere durch 
gewisse Sauerstoffhaltige Korper in Gyanid umgeandert 
werden konnen. 



203 

Was nun zunachst den freien gasformigen Sauersloff 
betrifft, so istwohl bekannt, dass derselbe, in eine L6- 
sung des gelben Blutlaugensalzes eingefiibrt, auf dieses 
keinerlei Art von chemiscber Wirkung ausiibt. 

Ganz anders aber verhalt sicb der nascirende Sauer- 
stofF gegen die gleiche Losung. 

Fiillt man eine oben offene und unten mit Blase zu- 
gebundene Glasrohre mit einer Losung unseres Cyanii- 
res, stelltman diese Robre in ein Gefass, das ebenfalls 
die genannte Fliissigkeit entbalt , und fiihrt man nun um 
die Leitunsjsdrabte eine Saule in die Gefasse ein, so 
wird die Losung derjenigen Zelle , in welche die positive 
Electrode taucbt, rascb gelb gefarbt, das beisst, das 
dort befmdbcbe Gyaniir in Gyanid umgewandelt. 

Wie also der nascirende Wasserstoff das Gyanid in 
Gyaniir iiberfiihrt , so wird das Gyaniir durcb nasciren- 
den Sauerstoff in Gyanid verwandelt. 

Wir haben weiter oben geseben , dass cbemiscb ge- 
gebundener Wasserstoff in gegebenen Fallen auf das 
Gyanid grade so einwirkt, wie dies nascirender Wasser- 
stoff tbut. 

Gebundener Sauerstoff kann unter gevvissen Umstiin- 
den ebenfalls in einer Losung des Kaliumeisencyaniires 
die gleiche Veranderung veranlassen , welcbe der nasci- 
rende Sauerstoff bewerkstelliget. 

Da die Halfte dfes Sauerstoffes, welcben das Bleihyper- 
oxid entbalt, in einem gewissen Zustand chemiscber 
Spannung sicb befmdet , das heisst , grossere Geneigt- 
beit zeigt , unter gegebenen Umstiinden mit leicbt oxidir- 
baren Materien sicb zu vereinigen , als sie der freie Sauer- 



204 

stoff aussert; da fernerdas besagte Bleihyperoxid volla'- 
sche Erscheinungen veranlassl^ welche nacli der An- 
siclit, die ich fiber den Zusammenhang des Galvanis- 
mus mit dem Gheraismus hege , in dem eigenthiimlichen 
Zustand des zvveitenMischungsgewichtes unseres Hyper- 
oxides ihren nachsten Griind haben, so vermuthete ich 
auch , dass letzteres eine wiissrige Losung des Kalium- 
eisencyaniires schon bei gewohnHcher Temperatur zer- 
setzen und in Gyanid umwandeln vverde. 

Meine Vermuthung erhielt durch Versuche die voll- 
kommenste Bestatigung, wie aus folgenden Angaben 
erhellen wird. 

Wird eine wassrige Losung des gewohnlichen Bkit- 
laugensalzesmit geschlemmtem Bleihyperoxid angeriihrt, 
so zeigt schon nach sehr kurzer Zeit die geklarte oder 
fiUrirte Fhissigkeit eine Farbung, die tiefergelb ist,als 
diejenige, welche die Losung desGyaniires besitzt. Giesst 
man zu der in erwahnter Weise mit Hyperoxid behan- 
delten Fhissigkeit gelostes und oxidfreies schwefelsaures 
Eisenoxidul, so ist der hiedurch entstehende Nieder- 
schlag nicht mehr weiss, sondern merklich blau gefarbt. 

Bei langerem Zusammenstehen des Hyperoxides mit 
der Gyanurlosung wird diese immer gelber, so dass die- 
selbe, nach einigen Tagen mit reinem Eisenvitriol ver- 
mischt , einen tiefblanen Niederschlag liefert. Durch Er- 
warmung wird nalurlich die besagte Reaction beschleu- 
niget, so dass die Gyanurlosung, wenn sieeinige Stunden 
lang mit dem Hyperoxid gekocht , mit reinem schwefel- 
saurem Eisenoxidul einen tiefblauen Niederschlag gibt, 
wahrend ein reines Eisenoxidsalz dieselbe nicht mehr 



205 

biaut. Bei gewohnlicher Temperatiir wie hei der Sied- 
hitze der Losiing entfarbt sich nach imd nacb das braune 
Oxid , iind zwar gescbiebt dies In eben dem Grade rascb, 
in welcbem die Fliisslgkeit eine liefer gelbe Farbung 
annimmt. 

Befreit man das entfarble Oxid von der anbiingenden 
Cyanldlosung durcb Auswascben mit Wasser, so er- 
scbelnt es ganz weiss und verbalt sicb nacb meinen vor- 
laiifigen Versucben als ein Genienge von Bleloxidbydrat 
und koblensaurem Bleloxid , welcbes letztere bocbst 
wabrscbeinb'cb nur auf eine secundare Weise aus erste- 
rem entslebt. 

Hat man die Gyaniirlosung so lange mit Bleibyper- 
oxid digerirt, bis dieselbe mit salpetersaurem Eisenoxid 
keinen Niederscblag mebr befert, und dampft man die 
so veranderte und fibrlrte FUissIgkelt binreicbend stark 
ab , so krystaOisirt aus derselben das rotbe Gyaniir ber-. 
aus. Die dabei erbaltene Mutterlauge scbmeckt stark al- 
kallscb , blaut gerotbetes Lakmuspapler , griint den 
Veilcbensyrup und braust mit Sauren auf. 

Aus den angeftibrten Tbatsacben scbelnt zu erbellen , 
dass ein Miscbungsgewicbt Bleiby peroxides auf zwei 
M. G. des Kaliumelsencyaniires so einwirke , dass aus 
diesen beiden Materien ein M. G. Kabumeisencyanides, 
ein M. G. Kab und ein M. Bleioxidbydrates entstebt. 
Die Koblensaure, die In beiden Salzmassen sicb vorfin- 
det , wird widirend des Zerselzungsactes aus der Lufl 
eingesogen. 

Das erwabnte Verbaken des Hyperoxides zu dem Ka- 
liumeisencvaniir konnte leicbt dazu beniitzt werden , auf 



206 

einem andern uiid bequemern als dem bisherigen Wege 
das rolhe Gyanid zu bereiten. 

Mennige in Beriihrung mit der Gyaniirlosung gesetzt , 
scheint auf letztere weder bei gewohnlicher noch bei er- 
hohter Temperatur chemisch einziiwirken. Ich liess acht 
Tage lang beide Materien zusammenstehen und dennoch 
gab die von der Mennige abfiltrirte Fhissigkeit mit einem 
reinen Eisenoxidulsalz keinen merklich geblaueten Nie- 
derschlag. Ein gleiches Resultat erbiilt man mit der Cya- 
nidlosung, die mil Mennige gekocht worden. 

Das Hyperoxid des Mangans zeigt gegen die Gyaniir- 
losung ein Verhalten ahnlich demjenigen des Bleihyper- 
oxides. 

Wird fein gepulverter Braunstein zusammengeriihrt 
mit einer Losung des fraglichen Gyaniires , so farbt sich 
letztere nach und nach scbon bei gewohnlicher Tem- 
peratur tiefer gelb, und filtrirt man von der Flussigkeit, 
nachdem auf dieselbe das Hyperoxid einige Zeit gewirkt 
hat, eine Portion ab, so wird letztere mit der Losung 
eines Eisenoxidulsalzes einen hellblauen Niederschlag 
liefern. Versteht sich von selbst, dass dieser Nieder- 
schlag um so dunkler ausfiillt, je langer die Beriihrung 
zwischen der Gyaniirlosung und dem Braunstein gedauert 
hat. 

Es muss jedoch hier bemerkt werden , dass das Man- 
ganhyperoxid viel langsamer das Gyaniir in Gyanid um- 
wandelt, als dies das BIcihyperoxid thut. In welchen 
Oxidations-Zusland der Braunstein durch seine Einwir- 
kung auf das Gyaniir versetzt wird , habe ich noch nicht 
untersucht. Ohne Zweifel wird bei der fraglichen Beac- 



207 

lion auch Kali entstehen. Setzt man Chromsaure in hin- 
reichender Menge einer Losung des Cyaniires zu, so 
fallt aus dieser das salpetersaure Eisenoxid kein Ber- 
linerblau mehr, wohl-aber lieferl eine so behandelle 
Gyauiirlosung einen tiefblauen Niederschlag mil einem 
Eisenoxidulsalz. 

Bei der Erwarmiing der besagten Losung scheidet 
sich eine griinliche Materie aus, welche Chromoxid sein 
diirfte. 

Ervvarmt man doppelt chromsaures Kali mit der Cya- 
niirlosung , so scheidet sich ebenfalls ein griiner Korper 
aus, und erzeugt die riickstandige Fliissigkeit kein Ber- 
linerblau mit Eisenoxidulsalz , \Yohl aber mit Eisen- 
Vitriol. 

Werden Losungen von Gyaniir und doppelt- oder 
einfach-chromsaurem Kali auch nur kalt zusammenge- 
bracht, so fallen aus solchen Gemischen die Eisenoxidul- 
salze Berhnerblau. 

Selbst das chlorsaure Kali, wenn es mit der Cyaniirlo- 
sung langere Zeit zusammen gekocht, erzeugt mit dieser 
etwas Gyanid, was daraus abgenommen werden kann, 
dass das geloste Salzgemisch immer gelber wird und 
mit einem Eisenoxidulsalz einen blaulich gefarblen Nie- 
derschlag gibt. Die Umwandlung des Gyaniires in Gya- 
nid geht jedoch unter den erwahntenllmstanden ausserst 
langsam von statten. 

IV. Ueber die Eisenoxidiilsalze. 

Fiihrt man die Zuleitungsdriihte einer volta'schen Saule 
in eine Losung vollkommen oxidfreien Eisenvilrioles ein, 



208 

welclie Losung (lurch eine porose Scheidewand in zvvei 
Portionen getlieilt ist , so wird naliirllch derjenige Thell 
dieser Fliissigkeit , welcher mit der positiven Electrode 
in Beriihrung stelit, so verandert, dass er die Cyaniir- 
iosung blau fallt. 

Wird Bleihyperoxid mil der Losung von schwefel- 
saurem Eisenoxidul zusammengebracht , so vervvandelt 
sich letzteres beinahe augenblicklich und ohne Mithiilfe 
der Warme in ein basisches und saures Eisenoxidsalz. 
Es findet jedoch diese Reaction nur dann statt, wenn die 
Eisenvitriollosung nicht vollkommen neutral ist, das 
heisst, einen Ueberschuss von Schwefelsaure hat. 

Vollkommen reines, einfach - schwefelsaures Eisen- 
oxidul scheint sich gegen das braune Bleioxid vollkom- 
men indifferent zu verhalten. 

Unler den gleichen Umstanden wirkt der Braunstein 
eben so auf die Losungen der Eisenoxidulsalze ein , wie 
das Bleihyperoxid. 

Ghlorsaures Kali mit der Losung von schwefelsaurem 
Eisenoxidul ervvarmt , verwandelt letzteres schnell in ein 
Oxidsalz. 

Aus diesen Thatsachen erhellt, dass Umstande, ahn- 
lich denjenigen , unter welchen das Kahumeisencyaniir 
inCyanid umgewandeit wird, es auch sind, welche die 
Umanderung der Eisenoxidulsalze in Oxidsalze be- 
stimmen, 

V. Ueher das weisse Oyaneisen. 

Wenn der weisse , mit Wasser versetzte Niederschlag, 
den man mit Kahumeisencyaniir und einer Eisenoxidul- 



209 

salzlosung erhalt, an der posiliven Electrode sich blau 
i'arbt, so begreift sich ein solches ResuUat sehr leicht, 
da schon gasformiger SauerstofF eliie gleiche Wirkung 
auf das weisse Cyaneisen ausiibt 

Bemerkenswerth dagegeii und meines Wissens iin- 
bekannt ist die Thatsache, dass unter gegebenen Um- 
sliinden der in mehreren Verbindungen vorhandene 
Sauerstoff sich sofort aus derselben abtrennt, und das 
fraghche weisse Cyaneisen plotzhch blau farbt, 

Wird weisses , in Wasser zertheiltes Cyaneisen mit 
geschlemmtem Bleihyperoxid vermengt , so scheinen 
beide Korper weder bei gewohnlicher noch bei erhohler 
Temperatur aufeinander zu wirken. Sauert man aber das 
besagte Gemenge nur mit einigen Tropfen Schwefel- 
saure an, so wird dasselbe sehr rasch in das tiefste Blau 
umgewandelt. 

Aus dieser Thatsache wird die folgende begreiflich: 
Wendet man zur Erzeugung des weissen Cyaneisens 
schwefelsaures Eisenoxidul an, das nicht vollkommen 
neutral ist, und fiigt man dem fraglichen Niederschlag 
geschlemmtes Bleihyperoxid zu , so wird jener plotzlich 
blau gefarbt. 

Manganbyperoxid wirkt unter gleichen Umstanden 
gerade so auf das weisse Cyaneisen ein, wie das braune 
Bleioxid. Fiigt man dem in Wasser zertheilten weissen 
Cyaneisen eine Losung von Ghromsaure zu , so wird es 
plotzlich in Blau verwandelt; das geloste doppelt clirom- 
saure Kali aber nur dann, wenn das Wasser, in wel- 
<ihem das Cyaneisen suspendirt ist , mit einigen Tropfen 
Schwefelsaure versetzt worden. 

tr 



210 

Der Erwahnung werth sind auch noch folgende zwei 
Thatsaclien. Giesst man die Losung eines Eisenoxidsal- 
zes iiber weisses Cyaneisen , so wird dieses plotzlich tief- 
blau gefarbt, und filtrirt man die Fliissigkeit ab, so 
fallt aus ihr die Kaliumeisencyanidlosung Berlinerblau , 
welcher Umstand beweist , dass unter den angegebenen 
Umstanden das im Eisensalz enthallene Oxid in Oxidul 
zuriickgefuhrt wird. Vermischt man mit einem gegebe- 
nen Quantum , z. B. von gelostem salpetersaurem Eisen- 
oxid weisses Cyaneisen in hinreichender Menge , so wird 
das Eisenoxidsalz ganzlich und augenblicklich in Oxidul- 
salz verwandelt. 

Auf eine ganz abnliche Weise verhalt sich auch die 
Losung des Kaliumeisencyanides gegen das weisse Cyan- 
eisen; denn mengt man beide Materien im gehorigen 
Verhaltniss zusammen , so wird der lelztgenannte Kor- 
per sofort in das schonste Berlinerblau verwandelt. 

Filtrirt man nach stattgefundener Reaction die Fliis- 
sigkeit ab , so erscheint diese anstatt tiefgelb beinahe 
farbelos, und versetzt man sie mit der Losung eines 
Eisenoxidsalzes, so erzeugt sich ein tiefblauer Nieder- 
schlag , wahrend die Losung eines Oxidulsalzes die Fal- 
lung des weissen Cyaneisens veranlasst. 

Hieraus ergibt sich , dass unter den angegebenen Um- 
standen das Kaliumeisen in das Cyaniir umgewandelt 
wird. 



ueber das verhalten des schwefelwasserstoffgases zu 
kohlensauren salzen mit alkalischer basis. 

Von Professor C. F. SCHOENBEIN. 



So viel ich weiss, wird von den Ghemikern angenom- 
men, dass die Kohlensaure wassrige Losungen der al- 
kalischen Schwefelmetalle zersetze, unter Bildungen von 
kohlensauren Salzen, Schwefelwasserstoffgas und nach 
Umstanden auch unter Ausscheidung von Schwefel. 

Aus diesem Verhallen sollte man schliessen , dass das 
Schwefelwasserstoffgas eingefiihrt, en tweder in wassrige 
Losungen von kohlensaurem Kali , Natron und Ammo- 
niak oder in Wasser , in welchem kohlensaure Bitter- 
erde, kohlensaurer Kalk, Baryt und Strontian suspendirt 
sind, keinen zersetzenden Einfluss aiif die genannten 
Salze ausiiben konne. Nichts desto weniger findet aber 
doch ein solcher Einfluss statt , und da mir nicht be- 
kannt ist, dass uber diesen Gegenstand Beobachtungen 
vorliegen , so will ich hier das Ergebniss einiger hieriiber 
von mir angestellten Versuche mittheilen. 

Suspendirt man kohlensaure Bittererde in destillirtem 
Wasser und leitet man in dieses Gemenge einige Zeit 
hindurch Schwefelw^asserstoffgas , so schmeckt es scharf 
und blaut sehr merklich gerothetes Lakmuspapier. 



212 

Die abiillrirle Fliissigkeit hat einen Stich ins Gelb- 
liclie uiid enlwickelt bei Zusalz von Salzsaure Schwe- 
felwassorsloffgas , dabei etvvas milchig werdend. Erhitzt 
man besagte Fliissigkeit bis zum Sieden , so triibt sie 
sich , und beim Abdampfen derselben scheidet sich Bit- 
tererde aus, unter Entbindung von Schwefelwassei stoff- 
gas. Die gleiche Fliissigkeit fallt aus Losungen von Ei- 
sensalzen Schwefeleisen. 

Aus diesen Thatsacben ergibt sich , dass bei der Re- 
action des SchwefelwasserstofFes auf kohlensaure Bitter- 
erdeSchwefelmagnesium sich bildet, und da dieses wahr- 
scheinlich, wie das Schwefelkalium oder Schwefelna- 
trum mit SchwefelwasserstofF zu einem Schwefelsalze 
sich vereinigen kann , so durfte wohl die vorhin erwahnte 
Fliissigkeit schwefelwasserstoffsaures Schwefelmagne- 
sium euthalten. Dass unter den angefiihrten Umstiinden 
durch den Schwefelwassersloff Kohlensaure aus der 
Magnesia entbunden wird, versteht sich von selbst. 

Wird geschlemmte Kreide eben so wie die kohlen- 
saure Bittererde behandelt , so erhalt man eine Fliissig- 
keit, welche das Lakmuspapier stark rothet, und mit 
Kohlensaure geschwiingert ist, dass sie ausser einem 
hepatischen auch noch einen auffallend sauerlichen Ge- 
schmack besitzt. Salzsaure entwickelt aus der fraglichen 
Fliissigkeit SchwefelwasserstofFgas, wobei ebenfalls eine 
schwache Farbung eintritt , und Losungen von Eisen- 
salzen liefern mit ihr starke schwarze Niederschlage. 

Aus diesen Thatsacben ergibt sich , dass Schwefel- 
wasserstoff den kohlensauren Kalk zersetzt, aus letzte- 
rem die Saure abscheidet , mit der Basis Schwefelcal- 



213 

cium und mit diesem schvvefelwasserslofFsaures Schwe- 
i'elcalcium bildet. Aus dem erwahnten Verhalten des 
Schwefelwasserstoffgases zum kolilensaiiren Kalk erklart 
sich eine ThatsaclieT von der analistische Ghemiker, 
falls sie noch nicht bekannt sein sollle , Kenntniss neh- 
men diirften. 

Siiltiget man kalkhaltiges Brunnenwasser mit Schwe- 
lelwasserstoff , und giesst man einige Tropfen einer sol- 
chen Fliissigkeit in Losungen von Eisensalzen , so wird 
bekanntlich unter diesen Umstanden kein Scliwefeleisen 
niedergeschlagen. Yermischt man aber vorher, z. B. sal- 
petersaure Eisenoxidlosung mit einer verlialtnissmassig 
sebr grossen Menge des genannten Brunnenwassers , so 
wird unsere Scbwefelwasserstofflosung das geloste Eisen- 
salz stark schwarzen , das heisst , aus letzterem Scbwe- 
feleisen fallen. 

Werden umgekehrt einige Tropfen einer unverdiinn- 
ten Eisensalzlosung in eine grosse Menge des sebvve- 
felvvasserstoffbaltigen Brunnenwassers gebracbt , so enl- 
steht ebenfalls ein schwarzer Niederschlag , wahrend bei 
Anwendimg von destillirtem Wasser alle die angefiibrlen 
Reactionen nicht eintreten. 

SchwefelwasserstofF wandelt den im Brunnenwasser 
gelosten kohlensauren Kalk in schwefelwasserstoffsaures 
Schwefelcalcium , und diese Verbindung ist es eben , 
welche mit den Eisensalzlosungen Schwefeleisen bildet, 
falls namlich in denselben sich kein Ueberschuss von 
Saure vorfmdet. 

Da nun die Eisensalzlosungen gewohnlich etwas freie 
Saure enthalten , so kann in ihnen natiirlich durch einige 



214 

Tropfen unseres schwefelsalzhalligen Wassers kein Schwe- 
feleisen gebildet werden. Wird aber eine sauerliche 
Eisensalzlosung mit einer hinreichenden Menge kalkhal- 
tigen Brunnenwassers versetzt, so muss unter solchen 
Umstanden der Saureiiberschuss verschwinden , und , 
ist dies geschehen , so werden in einer so beschaffenen 
Eisenlosung schon einige Tropfen des mit Schwefel- 
wasserstofF behandelten Brunnenwassers eine merkliche 
Fallung von Schwefeleisen veranlassen. Giesst man 
einige Tropfen einer gewohnlichen Eisensalzlosung in 
verhaltnissmassig viel unseres schwefelwasserstofTsauren 
schwefelcalciumhaltigen Wassers, so sieht man leicht 
ein, dass unter diesen Umstanden ein Theil des ge- 
nannten Schwefelsalzes zur Wegschaffung der freien 
Saure dient, wahrend ein anderer Theil mit dem ne«- 
tralisirten Salze Schwefeleisen erzeugt. 

Kohlensaurer Baryt und kohlensaurer Strontian- ver- 
halten sich ganz so , wie kohlensaurer Kalk. Es wird 
durch den SchwefelwasserstofF aus jenen Salzen Koh- 
lensaure entbunden und Schwefelsalze gebildet. 

Dass auf Losungen von kohlensaurem Kali , Natron 
und Ammoniak SchwefelwasserstofF in ^hnlicher Weise, 
wie auf die obengenannten kohlensauren Salze einwirkt, 
wird wohl der ausdriicklichen Erwahnung nicht be- 
diirfen, und zwar ist dies nicht nur der Fall mit dem 
einfachen kohlensauren Kali , Natron und Ammoniak , 
sondern auch mit den doppelt kohlensauren Verbindun- 
gen dieser Salzbasen , obw ohl bei letzteren die Reaction 
elwas langsamer von Statten zu gehen scheint. 

Ob die genannten kohlensauren Salze , Avenn sie lange 



215 

genug mit Schwefelwasserstoffgas behandelt, ganzlich 
zerlegt werden in der Weise, dass z. B. das kohleii- 
saure Kali vollstandig in schwefelwasserstoffsaiires 
Schwefelkalium verwandelt wird, babe ich noch nicbt 
ausgemittelt. 

Es ist nicht umnogHch , dass das besprocbene Ver- 
halten des Scbwefelwasserstoffes zu den koblensauren 
Salzen mit alkaHscber Basis in manchen Fallen eine 
nicht unbedeutende Rolle bei der Bildung von Mineral- 
wassern spielt, und dass einige mineralische Producte 
ihren Ursprung der Einwirkung jener Scbwefelverbin- 
dungen, namenllicb auf Kalk und Dolomit, verdanken. 



I 



XI. 

BERICHT 

des fiir 

DIE CRETiS-AlELEGENHElTEN MEDERGESETZTEN COMITES. 



In der Versammlung zu Altorf im Jalire 1842 hatte 
das fiir die Angelegenheiten des Gretinismus aufgestellte 
Comite angetragen , die wahrend zwei Jahren begonne- 
nen statistischen Forscbungen iiber das Vorkommen des 
Gretinismus in der Sebweiz fortzuselzen ; allein die Ge- 
sellscbaft bescbloss, von ibrem, namHcb dem wissen- 
scbafdicben Standpunkte aus , keine weitern Scbrilte in 
dieser Angelegenbeit zu tbun , sondern den Gegenstand 
nacb seiner philanthropiscben Seile bin der gemein- 
niitzigen Gesellsebaft zu iiberlassen. Es ware somit die 
Mission des Gomites fiir vollendet anzuseben. Im Laufe des 
Jabres sind nun doch demselben nocb verscbiedene Ar- 
beiten aus einigen Kantonen , zum Tbeil niebt geringer 
Bedeutung, zugekommen, und es siebt sieb dadurcb 
veranlasst , der Gesellsebaft davon Kenntniss zu geben , 
nambcb : 

Eine sebr sorgfaltige , genaue Tabelle uber Gretin6n , 
Halbcretinen und Taubstumme in Uri, aus Auftrag 
des Sanitatsratbes nacb den pfarramtbeben Bericli- 
ten entworfen von D"" Lusser. 
Von der Sanitats-Kommission des Kantons Unter- 
walden ob dem Wald ein kiirzer gefasster, ein 
negatives Besultat befernder Bericbl. 



217 

AusdemKantonGraubiindleneinetabellarischeUeber- 
sicht der Cretins in demselben, von Herrn D"" Wal- 
ther , nebst einem Nachlrage von Herrn D"" Kaiser. 
Aus dem Kanton Glarus specielle Berichte iiber die 
einzelnenGemeinden von denD'"^" Zweifel,Schind- 
ler,Galati, Elmer, J. Triimpi, Jenni, Jakob Trumpi, 
Streiff, Hagmann. 
Eine kurze negative Anzeige aus dem Kanton Solo- 

thurn. 
Ob mm die Gesellscbaft durch diese Beweise fort- 
dauernder Aufmerksamkeit auf den interessanten Gegen- 
stand, welche indess in kiirzester Zeit ganz aufhoren wer- 
den, wenn nicht neue Anregung stattfindet, sich veran- 
lasst finden werde, irgend welche Veranderung in dem 
vorjahrigen Beschlussc eintreten zu lassen , will das Co- 
mite ervvarten. Von sich aus darauf anzutragen, fiihlt es 
sich bei dem allzulangsamen Eingehen der Beitra^e 
nicht sehr geneigt, und ob die okonomischen Krafte der 
Gesellscbaft gestalten, eine erkleckliche Summe zur Aus- 
setzung von Preisen zu liefern, muss es in Zweifel ziehen, 
wenn es schon diesen Weg fur den geeignetsten halten 
wiirde. Auf jeden Fall erklart das Comite sich bereit, 
spater eingehende Berichte wie bisher in Empfang zu 
nehmen, mit den friihern zusammen zu stellen und 
dariiber Bericht zu erstatten, und glaubt, dass die Fort- 
dauer eines Centralpunkles fiir solche Forschungen in 
der Vereinigung des Vereinzelten zu gemeinsamem 
Zwecke einigen Vortheil gewahre. Es bedauert, durch 
bereits langer dauernde Abwesenheit der Herren Sekre- 
lare daran verhindert zu sein, fiir die diessjahrige Ver- 

15 



218 

sammlung einen Bericht zii erstalten , liofft aber eine 
Uebersicht aller eingegangenen Beitrage rait den daraus 
sicb ergebenden Schlussfolgerungen auf spater verbeis- 
sen zu diirfen, eino Arbeit, diirch welcbe die gewiss in 
vielen Beziehungen sehr veidienstlicben Bemiibungen 
zablreicher Forscber in den verscbiedenen Kantonen der 
sonst drobenden Yergessenheit entrissen , weitere For- 
scbungen angeregt und geleitet werden , und welcber 
eine Stelle in den Denkwiirdigkeiten einer scbweizeri- 
scben Gesellscbaft fur NaUirwissenscbaften wobl unzwei- 
felbaft zukommt. Docb miisslen wir Sie bitten , fiir die 
zu solcbem Zwecke erforderbebe Beibiilfe in Copiaturen 
und dergleicben nocb einen kleinen Kredil von einigen 
Louisd'ors fortdauern zu lassen , so wie wir es als eine 
scbuldige Pfliebt ansehen mtissen , dass alien denjenigen 
Beborden, Yereinen oder Individuen, welcbe den Wiin- 
schen der Gesellscbaft durcb ibre ibalige MitAvirkung 
in dieser Angelegenbeil entsprocben baben, der Dank 
der Gesellscbaft ausgedriickt, und dieselben mil dem 
endlicben Besullate und zwar, was aus ibren einge- 
sandten Arbeiten geworden sei , bekannt gemacbt wer- 
den, was auch nocb einige Auslagen verursacben wird, 
und somit einen kleinen Kredit fiir uns nolbig macbt. 
Genebmigen Sie, Herr Prasident, Hocbgeacbtete Her- 
ren, bei diesem Anlasse, die Yersicberung unserer voU- 
kommenen Hocbachtung. 

Ziiricb, den 27. Juni 1843. 

Im Namen des Comite, 

der Prdmlent, 

H. 0. Lociier-Balber , Prof. 



BERICHT 

des 

ARCHIVARS DER SCHWEIZERISCHEN NATURFORSCHENDEN 

GESELLSCHAFT. 



Die Bibliothek der schweizerischen natiirforschenden 
Gesellschaft hat seit der Yersammlung in Altorf wieder 
sehr erfreuliche Fortscbrilte gemacht, wie dies einer- 
seits der alien Gesellschafts-Mitgliedern eiiigehiindigte 
neue Catalog , anderseits die unten folgende Liste der 
seit dieser Zeit eingegangenen Geschenke hinlanglich 
darthun. 

Wenn aber aiich diese Sachlage sehr befriedigend 
ist, so erfordert doch das fernere Gedeihen noch Man- 
ches , was nicht nur durch den guten Willen des Archi- 
vars erreicht werden kann. Es ist schon der Yersamm- 
lung in Altorf vorgeschlagen worden, dem Archivar 
hinlangliche Geldmitlel anzuvveisen , am nacii und nach 
die Liicken in der Bibliothek ausfiillen zu konnen. Da- 
mals wurde verlangt, dass dariiber bestimmte Antrage 
gestellt werden. Der x\rchivar tragt nun nach reiflicher 
Ueberlegung darauf an , dass die Gesellschaft folgenden 
Beschluss fasse: 

« Die schweizerische naturforschende Gesellschaft 
» weist ihrem Archivar zur Deckung seiner Ausgaben 



220 

» fur das Archiv die Eiiilriltsgelder und jahrlichen Bei- 
» Irage der Bernerischen Mitglieder zu. » 

« Einen allfalligen Ueberschuss dieser Gelder iiber 
» die Auslagen fiir Porti, Einbiinde, Cataloge etc. darf 
» der Archivar auf Erganzung der Bibliothek verwen- 
» den. » 

« Je am Jahresschlusse hat der Archivar iiber die Ver- 
» wendung dieser Gelder dem Quastor Rechnung abzu- 
T> legen. » 

Dieser Beschluss wird dem dringenden Bediirfniss 
abhelfen und dennoch fiir anderweitige Unternehmun- 
gen , wie namenthch fiir die Herausgabe der Schriften 
der Gesellschaft , die Gesellschaftskasse nicht zu sehr 
schwachen. 

Endlich wiinscht noch der Archivar behufs des 
Tauschhandels der Gesellschaft, welcher durch Unre- 
gelmiissigkeiten ungemein leidet, dass dem in den letz- 
ten Jahren so sehr eingetretenen Verzogern im Drucke 
der jahrlichen Acten ein fester Damm entgegengestellt 
werde , und zwar durch folgenden Beschluss : 

c< Die schweizerische naturforschende Gesellschaft 
» beschliesst, es soil der Druck ihrer Jahres-Yerhand- 
» lungen nie spater als im November beendigt werden, 
» so dass die Versendung spatestens im November statt- 
» haben kann. » 

Der Archivar, 
R. Wolf. 



XIII. 
VERZEICHNISS 

der 

SEIT DER VERSAMMLUNG IN AITORF EINGEGANGEIN GESCHENKE. 



A. Von fremden GesellscJiaften ah Gegengeschenke gegen 
die Verhandlungen mid Denkschrtften. 

1. Abhandlungen der k. Academic in Berlin aus dem Jahre 
1840. 

2. Berichte, aus dem Jahrc : Juli 1841 — Juni 1842. 

3. Verhandlungen der Acad.Natur.Curios.Vol.XVIlI. sup. 2. 

4. » » B » » )> Vol. XIX. p. 2. 

5. Memoires de I'Academie de Bruxelles, Vol. XI — XIV. 

6. Memoires couronnes p. I'Acad. de Brux . Vol. XIV, 1 .XV, 1 . 

7. Wctenskaps-Academiens Handlingar forar 1840. 

8. Arsberatlelse om framstaegen i Tysikoch Kemiafg. 1840. 

9. » om nyare zoologiska arbeten. 1837 — 40. 

10. » om Technologiens. Afg. 1840. 

11. Hctinstituut van het k. Nederl. Instituut van Wetcn- 
sckappen. 1841. 

12. Annalen der Wiener Sternwarte. Vol. XXI. 

13. Memoires dc la socieled'histoire naturelle de Strasbourg. 
111,2. 

14. Verhandlungen des Niederosterreichischcn Gewerbsver- 
eines. Heft 1 — 7. 

15. National- Institution for the promotion of science of 
Washington. Bullet. 1—2. 

16. Transactions of the roy. Society of Edimburgh. Vol. I-XV. 



222 

B. Van schweizerischen Gesellschaften. 

1 . Bulletins des seances de la Societe vaudoise des sciences 
naturelles. N** 1—3. 

2. Memoires de la Societe de physique de Geneve. IX, 2.* 

3. Bulletins de la classe d'agriculture. Annees 1835etl836. 

4. Catalogus biblioth. Soc. pbys. Turicensis et suppl. 1 — 4. 

5. Mittheilungen der naturforschenden Gesellschaft in Bern. 
N" 1—5. 

G. Von Verfassern und Vedegem. 

1. Schweizerische Zeitschrift fiir Medizin , Chirurgie und 
Gcburtshulfe. I, 1—12, II, 1—6. 

2. Schinz , der Kanton Ziiricb. 

3. Gaudin, Flora helvetica. VII. 

4. Emmert, Endigungsweise der Nerven in den Muskeln. 

5. Emmert , Beitrage zur Pathologic und Therapie. I- 

6. Thurmann , principes de pedagogie. 

7. Ouetelct , nouveau catalogue des principales apparitions 
d'etoilesfilantes. 

8. Schorer, Licherum Helvet. spicil. XI — XII. 

9. FrObel und Heer, Mittheilungen aus dem Ge!)ietc der 
theorctischen Erdkunde. Hefte 3 — 4. 

10. Bolley und Mollinger , schweizerisches Gewerbsblalt. 
Jahrgang 1 — 3. 

11. Haller, Badarztliche Beobachtungen im Gurnigel. 

12. » Die Heilquellen des Gurnigels. 

13. Studer, structure geologique des Alpes. 

14. Valentin, wiedererzeugte KrystalUinsen des Kaninchens. 

15. Valentin, Repertorium fur Anatomic und Physiologic. 
Band II— VII. 

16. Feuille du Canton de Vaud. Tom. XVII— XVIII. 

17. Buhlmann, kranke Schlcimhaut der Respirationsorgane 
undihre Produkte. 

18. Agassiz, rapport sur les poissons fossiles. 

19. » sur les vertebres de Squalcs vivans et fossiles. 



223 

20. Brown , plantes des environs de Thoune. 
2i . Tavel , iiber das Wesen der Walder. 

22. Frobel, Krystallologie. 

23. Desor, ascension du Schreckhorn. 

24^ » recherches de M. Agassiz sur ie glacier inferieur 
de I'Aar en 1841 et 1842. 

D. Von der BernerscJien Section. 

1 . Sulzer , iiber die Schonheiten der Natur. 

2. Fellenberg, landwirthschaftliche Blatter. II. 

3. Schiapfer, der Kanton Appenzell. 

4. nottingcr, warmc Bader in Baden, 1702. 

5. Aitmann , Beschreibung der Helvetischen Eisgebirge. 

6. Sulzer, die Kennzeichen der Insecten. 

7. )) Geschichle der Insecten. 

8. Leonhard, C. von , Geognosie und Geologic. 

9. Blum, Oryctognosie. 

10. » Lythurgik. 

11. Abhandlungen der naturforschenden Gesellschaft in Zii- 
rich, 3 Bde. 

12. Usteri, Annalen der Botanik. I— XXIV. 

13. Lavater, gelbes Fieber. 

14. Scbobinger, der schlimme Alchymist. 

15. Paracelsus, Arcbidoxon. 

16. Scbeuchzer, Jobi pbysica sacra. 

17. Sauter , Bad zu Ueberlingen, 

18. Linne , predestiones in ordines naturales plantarum. 

19. Tissot, lettres. 

20. » Tinoculation juslifiee. 

21. » inutilite de I'amputation des membres. 

22. Haller, crsterllmriss der Gescbicbte korperlichenLcbens. 

23. Linne, Systema plantarum Europae. 3 torn. 

24. Valentin, Entwicklungsgescbicbtc des Menscben. 

25. Usteri, medizinisch-anthropologiscbe Vorlesungen. 

26. Schinz, Beilriige zur Kenntniss des Scbweizerlandos. 

27. Wirz, Hirzels Leben. 



224 

28. Priestley , history of vision , etc. 2 vol. 

29. Salis und Steinmiiller , Alpina , 4 Bde. 

30. Romer und Schinz , die in der Schv^^eiz einheimischen 
Siiugethiere. 

31. Usteri, kleine gesammelte Schriften. 

32. Hirzel , Denkrede auf .Joh. Gessner. 

33. Pommer, schweizerische Zeitschrift fiir Natur- und Heil- 
kunde. Neue Folge. 

34. Fasi, Erdbeschreibung dcrSchweiz, 4 Bde. 

35. Thurmann , souleveniens jurassiqucs. 2cl cahier. 

36. Lambert, kosmologische Briefe. 

37. Bescbreibung der astronomiscben Ubr auf dem Frobn- 
waag-Tburm in Scbaffhausen. 

38. Bernoulli , tbeorie de la manoeuvre des vaisseaux. Bale 
1714. 

39. Girtanner, Cardans und Bombellis Regeln. St. Gallen, 
1796. 

40. Senebier , Histoire litteraire de Geneve. 3 torn. 

41. Fiisslin, Staats-und Erdbeschreibung der Scbweiz, 4 Bde. 

42. Bourrit, description des Alpes. 3 torn. 

43. Wild, la montagne saliffere du Gouvernement d'Aigle. 

44. Hegetscbv^eiler , Reise in den Gebirgsstock zwischen 
Glarus und Graubiindten. 

45. Ebel, Anleitung die Scbweiz zubereisen. 3te Aufl. 4 Bde. 

46. Verhandlungen der mediz.-cbirurg. Gesellschaft des Kan- 
tons Ziirich. 

47. Haller, formation du coeur dans le poulet. 

48. » Opuscula anatomica. 

49. » gelehrter Freunde deutsche Briefe. 

50. Ploucquet, Schweizerreise. 1786. 

51. Gruner, diemerkwiirdigstenGcgendenHelveticns. 2Th. 

52. Konig, Reise in die Alpen. 

53. Kastbofcr , Colonisation der Alpenweiden. 

54. Fasi, Bibliotbek. 3 Bde. 

55. Andrea, Briefe aus der Scbweiz. 1763. 

56. Storr, Alpenreise. 2 Tb. 



225 

57. Deluc, lettres physiques et morales. 

58. Lamberts Briefwechsel. 5 Bde. 

59. Hirzels philosophischer Bauer. 

60. Kasthofer, Raise auf den Susten, etc. 

61. Steinmiiller, neue Alpina. 

62. Sulzer, Bad bei Waldstatt. 

63. Langbans, Simmenthal. 

64. Tscbarner, Wanderungen durch die rhatiscben Aipen. 

65. Munster, Cosmoprapbie. 

66. Gessner, C, Tbierbucb. 

67. » Vogelbucb. 

68. » Fiscbbatb. 

69. » Scblangenbucb. 

70. » de scorpione. 

71. BernoulUs Reisen, 1777 und 1778. 6 Bde. 

72. Baltbasar , Merkwiirdigkeiten des Cantons Luzefn, 3 Bde. 

73. Wissenscbaftlicbe Zeitscbrift der Basler Hocbscbule. 
5 Bde. 

74. Coxe , travels in Switzerland. 3 vol. 

75. Bildniss von R. Scbultbess. 

E. Von Herrn Beck, Lehrer der Mathematik m Bern. 

1. Franscini, Statistik der Sebweiz. 

2. Heurboldt , gereizte Muskel- und Nerveufaser. 

F. Von Herrn Escher von der Linth in Zurich. 

1 .' Bericbte , Steuerverzeicbnisse , etc. , iiber die Ueber- 

scbwemmungen 1840. lOStiicke. 
2. Bericbt iiber die bisherigen Verrichtungen der pyrotech- 

niscben Gesellscbaft in Ziiricb. 

G. Von R. Pater Girard in Freiburg. 
Seguin, de I'education des enfants arrieres et idiots, 
1^*^ trim. 

H. Von Herrn Krieger, Lehrer in Bern, 
i . Mittbeilungen aus dem Tagebucb eines deutschen Natur- 
forscbers, 

16 



226 

2. Ruess , Naturgeschichte. 

I. Von Herrn Doctor Luthy in Bern, 

1. Neuhaus, die Brasdorsche Methode. 

2. Tscharner , iiber den Tetanos. 

3. Schumacher, Nerven der Kiefer und des Zahnfleisches. 

4. Vogt, zur Anatomie der Amphibien. 

5. Percy, sur le croup. 

6. » sur les fievres nerveuses. 
7.,Lehmann, Missbrauch geistiger Getranke. 

8. Mayor, sur le catheterisme simple et force. 

9. Eroffnungen der mediz.-chirurgischen Gesellschaft des 
Kantons Bern. 1810, 1811 und 1835. 

K. Von Herrn Schuttleworth in Bern, 

Reports 1 — 5 of the Botanical Society of Edinburgh. 

L. Von Herrn Professor Studer in Bern. 

1. D'Aubuisson de Voisins, geognosie. 2 vol. 

2. Spallanzani , voyages dans les deux Siciles. 3 torn. 

3. Poisson^ mecanique. 2 vol. Paris. 1811. 

M. Von Herrn Professor Valentin in Bern. 
Weber , de pulsu , etc. 

N. Von Herrn Ingenieur Wild in Zurich. 

1 . Schrdhl , allgemeine ForStordnung. 

2. Dietrich, Pflanzenkenntniss. 

3. Simmler, Regiment der 1. Eidsgenossenschaft. 

0. Von Herrn Wolf, Archivar. 

1. Parrat, tableau circulaire phyllographique. 

2. Littrow, Karte der Sonnenfinsterniss. 1842. 

3. Ziirch, meteorol. Beobachtungen. 1841 und 1842. 

4. Schinz, Naturgeschichte. 

5. Breitinger , Plan de la ville et des environs de Ziirich. 

6. » Plan der Stadt Zurich. 



22? 

7. Denzler, Plan von Eglisati. 

8. Poirson, carte du royaume de France. 181 ' 

9. Triangulation primordiale de la Suisse. 

10. Rcngger, Saugethiere von Paraguay. 

11. Fellenberg, landwirthschaftliche Blatter. II 

12. Argelander , defide Uranometriae Bageri. 

13. Bernoulli, lettres astronomiques. 

14. Tissot, maladies produites par la masturbation . 7* edit. 

15. Galls Lehre iiber die Verricbtungen des Gebirns. 

16. Haller, Salzwerke im Amte Aelen. 

17. Stark, Bescbreibung det meteorologiscben Instrumente. 

18. Sozins, Anfangsgriinde der ElectrizitHt. 

19. .losepb, Gedacbtnissfeier Lamberts. 

20. Scbroder van der Kolk, Unterschiedzwischen todtenNa- 
turkraften , Lebenskraften utid Scele. 

21. Studer, iiber das vorgeblicbe Insektenrc^'gen. 

22. Ziircberiscbe Maasse und Gewichte. 

23. Liggenstorfer , J. C. Horner. 

24. Statuten undGescbaftsordnung des niederostf . GeWerbs- 
vereines. 

25. Bescbreibung der neuerfundenen Fernscbreibemaschine 
in Paris. 1794. 

26. Burje , von der Telegraphic. 

27. Lambert, Photometria. 

28. Littrow, iiber den Zusland der praktischen Astrono- 
mie in Italien. 

29. Littrow, Aggiunte all' Astronomia nautica. 

30. Jabrsbericbte 1 — 3 der poliklinischen Anstalt in Bern. 

31. De la Rive, Archives de I'electricite, 1841. 1842. 

32. Neujahrsgeschenk der naturforschenden Gesellschaft in 
Ziirich , auf 1843. 

33. Kant, metaphysische Anfangsgriinde der NaturwJssen- 
schaFt. 

34. Scheuchzer, Bibliotheca scriptorum hist, natur. 

35. )) Enchiridion mathematicum. 

36. Peslalozzi, Anschauungslebre der Zahlenvcrbaltnisse. 



228 

37. Schmid, die Elemente der Zahl. 

38. Tralles , uber Maasse undGewichte. 2 Stiick. 

39. Striibi, Arithmetica. Bern 1685. 

40. Bernoulli , Leuchten der Meeres. 

41. Deluc, ReisedurchSavoyen. 

42. Berthoud, I'art de conduire et de regler les pendules et 
les montres. 

43. Kepler , Epitome astronomiae copernicae. 

44. Bernoulli, lettres sur differens sujets. 3 Tom. 

45. Micheli du Crest , lettre a la Rochelle et appendix. 

46. Glareanus, de VI arithmeticae speciebus. 1538. 

47. Pestalozzi , meine Lebenschicksale in Burgdorf und 
Iferten. 

48. Baldus, Mechanica Aristotelis. 

49. Cbristianus, de cometis. 

50. Erbauung einer neuen Krankenhauses in Ziirich, mit 
Planen. 

51. Gensler, EinleitungindieNewtonscheNaturgeschichte.l. 

52. Drei Reden iiber tecbnische Bildung. 

53. Holland , sur le systeme de la nature. 

54. Loscher, eine neue Feuerspritze. 

55. Siebold , de psediometro. 

56. Scheurer, der Wissenschaften Missbrauch. 

57. Drobisch, Qusestionum matb. psycbolog. specium 1 — 2. 

58. Heinen, iiber Systeme von Kraften. 

59. Bericht der Schwellencommission iiber die Correction der 
Aar von Thun bis Bern. 

60. Bericht der Schwellencommission uber die Aar, Zihl etc. 

61. Levade, devariolis. 

62. Industrie- und Kunstausstellungen zu Bern, 1810, 1824, 
1836. 

63. Instruction pour conserver la vie aux personnes tombees 
dansl'eau. Berne, 1766. 

64. Naturforschende Gesellschaft in Ziirich , liber Aus- 
stocken und Pflanzung der Walder. 

65. Escher, derZiirichsee. 



229 

66. Messmer , das Siechenhaus von Bern. 

67. Die Entsumpfung des Linththales. 

68. Scheuchzer , Kern der Naturwissenschaft. 

69. Struve, Theorie derSalzquellen. 

70. Crousaz, divers ouvrages. 

71. Favre , Fontenelle et la marquise de G. dans les mondes. 

72. Tissotj vie de Zimmermann. 

73. Lionville, journal de mathematiques. 1841 — 1842. 

74. Observations physiques et mathematiques envoyees de 
Siam. 

75. Erste Anfangsgriinde der Rechenkunst und Geometrie. 
Zurich. 1782. 

76. Sulzer, Begriff aller Wissenschaften. 

77. Fischer, Psychologie. 

78. Bildnisse vonEuler, Horner, Littrow , Olbers , Steiner. 

P. Von Herrn Professor Wydler in Bern. 

1 . Zimmermann , das Leben des Herrn von Haller. 

2. Linne , Fauna suecica. 

3. Hecker, Einleitung in die Botanik. 

4. Vicomercatus , de princip. rerum natural. 1598. 

5. Ernstingius, Krauterwissenschaft. 

6. Metternich , ReibungundStraffheit derSeele. 

7. Schott, Physica curiosa. 

Q. Von Herrn Staatsschreiber Wyss in Zurich. 

1 . Mousson , Rede bei der Einweihung der Kantonsschule. 

2. Bildnisse von Escher und Wyss. 



CATALOGUE 



DONS ADRESSES A LA SOCIETE SUISSE DES SCIENCES NATURELLES 
PENDANT SA SESSION A LAUSANNE EN JUILLET 1843. 



1. Baup , Samuel , sur la fixation du chiffre des equivalents 
chimiques, 8° ; extrait de la bibliotheque universelle de 
Geneve. Juin 1842. 

2. Blanchet, R . , sur 1 ' histoire naturelle des environs de Vevey . 

Vevey 1843. S\ 

3. » histoire geologique des terrains tertiaires du 

canton de Vaud. Vevey 1843. 8°. 

4. » le mecanisme des sensations. 2® edit. Lausanne 

1843. 8^ 

5. » influence de Tammoniaque et des sels ammo- 

niacaux sur la vegetation. Lausanne 1843. 8^. 

6. Bulletin of the proceedings of the national institution for 
the promotion of science. Washington 1842, 8". 

7. Choisy, de convolvulaceis dissertatio tertia. 4°. 

8. Crud, economic theorique et pratique de I'agriculture, 
2 Tom. Paris 1839. 8°. 

9. Crud, sur Tassainissement de Villeneuve et de la plaine 
du Rh6ne dans le district d'Aigle. Lausanne 1840. 8". 

10. De la Rive, de Taction chimique d'un seul couple vol- 
taique. 8**. 

11. Gosse, analyse raisonnee de I'ouvrage du D"^ Verdeil, in- 
titule : De la reclusion dans le canton de Vaud , etc. Ge- 
neve 1843. 8^ 

12. Gosse , de la reforme des quarantaines. Geneve 1841. 8°. 
ta. Hagenbach, Flora Basil. Suppl. 1843. 8^ 



231 

14. Herkenrath, het gesticht voor behoeftige Cretinen-Kin- 
deren , opgerigt door D'^ Guggenbuhl. Amsterdamm 

1842. 8^ 

15. Heer, uber Vertreibung und Vertilgung der Laubkafer 
und Inger. Zurich 1843. 8**. 

16. Kaiser, die Heilquelle zu Pfaffers. 3^ Aufl. St. Galien 

1843. 8". 

17. Kochlin, von den Wirkungen der gebrauchlichen Me- 

talle aufdenmenschlichenOrganismus. Zurich 
1837. 8«. 

18. » Necrologvonl. C. StedKn. 

19. » Necrolog von A. Baumgartner. 

20. Pictet, Perlides. Texte et planch. Geneve 1842. 8*». 

21. » Ephemerines. Liv. I. 

22. » Notices sur les animaux nouveaux du musee de 

Geneve. 2^ liv. Geneve 1843. 4*'. 

23. Riess, P., sur les figures roriques. 8°. 

24. Selys-Longchamps, Faune Beige. I'^^part. Liege 1842. 8°. 

25. Secretan-Mercier , sur la comete de mars 1843. 8°. 

26. Trog, dieessbaren, verdachtigen u. giftigen Schwamme 
derSchweiz, gezeichnet von Berguer , beschrieben von 
Trog. I. 

27. Twining, Some account of Cretinism. London 1843. 8*'. 

28. Wartmann, E., relation qui lient la lumi^re a I'electri- 

cite. 8**. 

29. » sur la non-caloricite propre de Telec- 

tricite. 8«. 
^^- » sur quelques observations en meteoro- 

logie. 8**. 



XIV. 



Tit. 



Indem ich es von Herzen bedaure, dass mich meine 
Vorlesungen hier zuriickhalten und mir den Besuch der 
allgemeinen Naturforscher-Versammlung in Lausanne 
unmoglich machen, erlaube ich mir, mich schrifllich 
eines Auftrages zu enlledigen , dessen geneigte Besor- 
gung ich Ihnen bestens empfehle. 

Die Briisseler Academic bestrebt sich seit einiger 
Zeit, die periodischen Phanomene zu studieren, und 
hierbei nichl bios die bekannteren meteorologischen und 
streng physikahschen Gegenslande, sondern auch die 
beiden organischen Reiche zu umfassen. In letzterer 
Beziehung sollen Tabellen gewonnen werden , um zu 
wissen , zu welchen ^iciten des Jahres die wicbtigsten 
Pflanzen zur Bhithe kommen, und wann die verschie- 
denen Thiere welche Wanderungen unternehmen, in 
bestimmten Gegenden auftreten, oder wann gewisse 
Entwickelungszustande derselben zum Vorschein kom- 
men. Diese Forschungen sollen iiber moglichst viele 
Lander ausgedehnt werden , und die Schweiz diirfte in 
dieser Beziehung bei der Eigenthiimlichkeit ihrer Lage 
und der Manigfaltigkeil der in ihr vorkommenden orga- 
nischen Naturproducte ein sehr wichtiges Gebiet fiir 
solche Bemiihungen bilden. Herr Quetelet , immerwah- 



233 

render Secretar der Briisseler Academie, vvelcher die 
Hauptleitung des ganzenUnlernehmensbesorgt, wiinscht 
daher sehr, in den verschiedenen Schvveizercantonen 
Forscher zu finden , welche sich diesen, ftir die Wissen- 
schaften fruchtbringenden Arbeiten unterziehen mochten. 
Er hatte sich schon zu diesem Zwecke an mehrere Ge- 
lehrte, vorziiglich der franzosischen Schweiz und des 
Cantons Bern gewandt, und bei mehreren derselben 
sehr wilhge Aufnahme seiner Yorschlage gefunden. Herr 
EHe Wartmann hat sogar schon eine, die Vogel betref- 
fende Arbeit der Art eingesandt. 

Dem Wunsche des Herrn Quelelet entsprechend, 
erlaube ich mir nun , sie ergebenst zu bitten , den Ge- 
genstand vor der allgemeinen Versammlung in Lau- 
sanne wo inogheh zur Sprache zu bringen. Zu diesem 
Zwecke wird Ihnen Herr Prof. Studer von hier, welcher 
sich auch der Uebergabe dieses Briefes gefalhgst unter- 
zogen , das Specialproject der Briisseler Academie iiber- 
geben. Diese letztere wiirde auch sehr gern Mittheilun- 
gen und Bemerkungen fiber die Methode der einzuschla- 
genden Unlersuchungen vornehmen. 

Bei der grossen Zahl von Botanikern, Entomologen, 
Ornithologen und Zoologen uberhaupt, deren sich die 
Schweiz erfreut, diirfte die Anregung der Briisseler 
Academie gewiss reichlichen Anklang finden , und leicht 
auf erwiinschte Weise in Erfiillung gebracht werden 
konnen. 

Sie wiirden mich sehr verbinden , Avenn sie gefalligst 
unmittelbar Herrn Quetelet oder mir anzeigen wollten , 
welches Schicksal der Yorschlag bei der allgemeinen 



234 

Versammlung gefunden , welche Beschliisse in dieser 
Hinsicht gefasst worden und welche Herren sich etwa 
bereits erklart haben, ihre Tabellen Herrn Quetelet mit- 
theilen zu wollen. 

Die das Archiv der naturforschenden Gesellschaft 
betreffenden Nachrichten empfangen sie gleichzeitig 
durch die von dem zeitigen Secretar, Herrn Wolf, ver- 
fassten Berichte. 

Genehmigen Sie die Versicherung meiner ausge- 
zeichnesten Hochachtung. 

Bern, den 19ten Julius 1843. 

G. Valentin, 

z. Z. Prasident der Berner uaturforschenden Gesellschaft. 



3EV. 

EDUARD HAGENBACH. 



Eduard Hagenhach wurde geboren in Basel, den 
16. Juli 1807. Er war das jiingste der Kinder von 
D*" und Prof. Carl Friedrich Hagenhach. Yon Eltern 
und Geschwistern zartlich geliebt , wuchs der Knabe in 
dem zahlreichen und gliicklicheii Familienkreise in jenem 
stillen bescbeidenen Wesen heran , das der Grundzug 
seines Characters gebbeben ist. Er macbte in der Schule 
weniger schnelle, als gute und sichere Fortschritte , 
und zeichnete sich bei immer schoner sieb entwickeln- 
den Anlagen durch einen beharrUchen Fleiss aus. Noch 
in seinen mannlichen Jabren gedacbte er mit besonderer 
Liebe einzelner Lebrer , unter deren Leitung er , sowobl 
in dem Gymnasium und Padagogium seiner Yalerstadt 
als auch in Privatstunden den Grund zu seiner wissen- 
scbaftlichen Bildung gelegt batte. Hingezogen zu stiller 
und sinniger Beobacbtung der Natur und ibren man^ 
nigfaltigen Formen , zeigte er einen regen Sinn fiir das, 
was auf deren Erforscbung und auf ihre Darstellung in 
der Kunst Bezug bat , so dass , batte er seiner natiirlichen 
Neigung folgen wollen, er in einem zuriickgezogenen 
wissenscbaftlicben oder kiinstlerischen Leben mancbe 
Befriedigung wiirde gefunden haben. Seine unmittelba^ 
ren Umgebungen waren ganz geeignet, diese Neigung 



236 

anziit'achen iind rege zu erhalten. Der Vater ist nichl 
luir in unserii Kreisen sondern dem grossern wissen- 
schaftlichen Publikum als griindlicher botanischer Schrift- 
steller bekannt. Ein alterer Bruder, Jacob Hagenbach, 
welcher sich bereits als gediegener Entomolog einen 
Namen erworben hatte, starb in jugendlichem Alter, 
als er sich in Leiden zu einer naturhistorischen Berei- 
sung von Java anscbickte. Allein der Wunsch in einer 
bestimmten Weise der Menscbheit niitzlich , und beson- 
ders seinem auf die hohere Altersstufe tretenden Vater 
in seinem Berufe behiilflich zu werden, bestimmten 
Eduard Hagenbach zum Studium der Heilkunde. Nach- 
dem er sich in Basel vorbereitet hatte , besuchte er die 
Universitaten Strassburg , Heidelberg, Berlin und Paris, 
und erwarb sich , in seine Vaterstadt zuriickgekehrt, im 
Jahre 1831, den Grad eines Doctors der Medicin und 
Chirurgie. Er trat sofort in die medicinische Praxis ein, 
und die Ausiibung seines Berufes wurde ihm , im voUe- 
sten Sinne des Wortes, Gewissenssache. 

Von der Ueberzeugung ausgehend, dass der Arzt 
nicht nur durch einseitige Anwendung ausserlicher 
Mitlel, sondern vorziiglich auch durch den Eindruck 
seiner ganzen Personlichkeit, namentlich durch Theil- 
nahme und mitleidvoUes Eingehen in den Gemiithszu- 
stand des Kranken, heilsam auf diesen einwirke, suchte 
er sich ganz an die Stelle des Leidenden zu versetzen , 
und litt bei vielfacher korperlicher Anstrengung, oft 
auch geistig und gemiithlich mit ihnen und den Um- 
stehenden. Dies erschwerte zwar vielfach die Ausiibung 
seines Berufes und bereitete ihm manche triibe Stunde, 



237 

indem er sich Vorwiirfe machte , nicht hinlanglich seine 
Pflicht erfiillt zu haben , aber es brachte ihm auch man- 
chen Gewinn fiir sein hoheres geistiges Leben. Nach 
ausserer Belohnimg und Auszeichnung war er nicht 
begierig ; ofter pflegte er zu sagen : « die nach solchem 
trachten, haben ihren Lohn dahin »; aber wo ein Hebe- 
volles Zutrauen, eine einfache dankbare Gesinnung, 
oder auch nur die Anerkennung seines redhchen Stre- 
bens , und mehr verlangte er nicht , ihm begegnete , da 
fand er sich wieder beruhigt und ermuntert , und wie 
erselbst in dem Arzte den Menschen und dentheihieh- 
menden Freund bewahrte, so that es ihm wohl, wenn 
dieser ihm auch aus dem Kranken entgegentrat. 

Ip seiner Gattin war ihm das Loos auf das Liebhchste 
gefallen, und der trauliche Umgang mit seinen Kindern 
war ihm die schonste Erhohmg nach vollbrachlem 
Tagewerke. Auch in dem weilern Kreise der Seinigen 
erwies er sich fortwahrend als einen treuen , hiilfreichen 
Sohn , und als einen theilnehmenden Bruder und Freund. 

Wenn er auch nie durch jenes hohe Maass von Ge- 
sundheit und Riistigkeit sich auszeichnete , wie man es 
vor allem bei einem Arzte wiinschen mochte, so war 
er doch im Ganzen mehr leidend, als dass oftereKrank- 
heitsanfalle ihn an der Ausiibung seines Berufes gehin- 
dert batten; aber allmahlig, und besonders in den letz- 
ten Jahren seines Lebens entwickelte sich der Keim zu 
einer Krankheit, die besonders in gestorten Organen 
des Unterleibes und der Brust ihren Sitz hatte. In ver- 
wichenem Sommer fiihlte er die schnelle Abnahme seiner 
Krafte. Dennoch erlaubte ihm seine Berufstreue nicht. 



238 

seine arlzlichen Besuche einzustellen ; das ganze Spat- 
jahr und nocli einen Theil des Winters trug ihn sein 
kranker und leidender Korper zu den Kranken und Lei- 
denden, bis er endlich nach Anfang dieses Jahres das 
Belt zu huten anfing. Es war sein Slerbebett. Bei der 
immer mehr hervortretenden Gewissheit iiber das Ge- 
fahrliche seines Zustandes sah er den letzten entschei- 
denden Augenblick mit vollem Bewusslsein , aber im 
Gefolge unsaglicher Leiden und Bangigkeiten berankom- 
men. Aber aucb bier noch gab sich seine friihere Ge- 
sinnung zu erkennen. Als er einmal eine sebr schwere 
Stunde batte , sagte er : « acb , icb glaubte mit meinen 
Kranken viel Mitleiden zu baben, aber nun sebe ich 
erst, dass icb es lange niebt genug gebabt. » Am,ver- 
wicbenen Palmsonntag ward die Gewalt der Leiden ge- 
brochen , ein sanfter Todesscblummer Irat an die Stelle 
des beissen Kampfes; er entscbbef in einem Alter von 35 
Jabren , 8 Monaten und 24 Tagen. 

In unsere Gesellscbaft wurde er im Jabre 1835 auf- 
genommen, docb erlaubten ihm seine Berufsgescbafte 
niebt, die Jabresversammlungen zu besucben. Er bat 
bloss der Versammbmg in Basel im Jabre 1838 beige- 
wohnt. Hingegen bat er fortdauernd tbatigen Antbeil 
an den Arbeiten der Basler Cantonalgesellscbaft ge- 
nommen , welcber er seit 1832 angeborte. Der Verkebr 
mit der Wissenscbaft blieb ihm fortdauernd siisse Er- 
holung. Obgleicb die Art und Weise, wie er seinen 
arztlichen Berufsgeschaften oblag, ibm nureinekargzu- 
gemessene Zeit iibrig liess, so wusste er aucb diese 
fleissig und tr^u zu benutzen , urn niebt nur mit den 



239 

schnellen Fortschritten der Wissenschaft bekannt zu 
bleiben, sondern auch zur Ausfiihrung selbslstandiger 
Forschungen. Es waren namentlich einzelne Zweige der 
Anatomic, die er mit Eifer und Vorliebe bearbeitete. Die 
Ergebnisse legte er der Gesellschaft vor. Alle seine 
wissensehaftlichen Arbeiten Iragen das Geprage gewis- 
senhafter Beobachtung, und sorgfal tiger Beachtung aller 
Einzelnheiten. Ein ausgezeichneteskiiusderisches Talent 
gestattete ihm eine naturgetreue bildliche Darstellung 
des durch Beobachtung Ermittelten. Von seinen Arbei- 
ten sind nachstehende dem Drucke ubergeben worden : 
Disquisitiones anatomicse circa musculos auris inter- 
nse hominis et mammalium. c. tab. 4. aen. Basil. 
1833. 4« 

Die Paukenhohle der Saugethiere , mit 1 Kupfertafel. 
Leipz. 1835. 4«. 

Ferner in Midlers Archiv fiir Anatomic , Physiologic 
u. s. w., Jahrgang 1839: Untersuchungcn iiber den 
Hirn- u. Schadelbau der sogenanntenHollenhiihner. 

Jahrg. 1841: iiber ein besondercs, mit dem Ham- 
mer der Saugethiere in Verbindung stehendcs Kno- 
chelchcn. 

Auszuge aus einigen andern Aufsatzen sind in den 
Jahrcsbcrichten der Basler naturforschenden Gesellschaft 
enthalten. Seine letzte , noch ungedruckte Arbeit : iiber 
eigenthiimliche Verhaltnisse im Yerlaufe mehrerer Aeste 
des dritten Astes vom fiinften Hirnnervenpaar bei den 
Wiederkauern , trug er in der Gesellschaft am 4. Jan. 
1843 vor, wenige Tage ehe die zunehmende Entwick- 



240 

lung der Krankheit, die er in sich trug, ihn an sein lelz- 
tes Krankenlager bannte. 

Er hinterliess eine Sammlung anatomischer Prapa- 
rate , die das Geprage der Sorgfalt an sich tragen , was 
seine wissenschaftlichen Arbeiten auszeichnet. 

Sie sind, seinem Wunsche zufolge, von den Hinter- 
lassenen der offenllichen anatomischen Anstaltiibergeben 
worden, von deren Direction er, in den letzlen Jahren 
seines Lebens , Mitglied war. 



XVI. 

DE L.\ 

SECTION DE MEDECINE ET CHIRURGIE \ 

Seance du lundi 24 juillet 1 843. 

Apres la seance generale, la section medico -chirur- 
gicale s'est constituee sous k presidence de M. le D*" 
Prevost, de Geneve. 

Plusieurs societaires ayant annonce vouloir faire des 
communications relativementaux fievres typhoides, la sec- 
tion convient de traiter cette matiere demain , indepen- 
damment des autres objets <jui pourraient €tre presentes. 

M. le D"" Nicati fils, de Vevey , presente le prospectus 
d'une iconographie ayant pour titre : Tabulm ad illustran- 
dam embriogenesim hominis et mammalium, tarn natu- 
ralem quam abnormem, par W. Vrolik, avec texte latin 
et hollandais, ouvrage destine a completer le manuel 
d'anatomie pathologique du meme auteur, mais formant 

* Les presents proces-verbaux des deux premieres seances 
de la section de medecine, redigespar M. le D'^ Favargnie, qui 
en etait le secretaire , n ayant ete remis au soussigne que le 27 
d'avril , il croit de son devoir de Les faire inserer ici , d'autant 
qu on avait du y suppleer de memoire pour completer le compte 
rendu. C. Lardy. 

Lausanne , le 30 avril 1844. 

17 



242 

cependanl un livre a part et complet dans son genre ^ 
M. Nicati invite la section a prendre connaissance de cette 
publication qui concerne specialement les monstruosites. 

M. le D"" Lombard , de Geneve, ayant exprime le desir 
que Ton mit a I'ordre du jour pour apres demain quel- 
ques observations dont il se proposait d'entretenir la So- 
ciete relativement a I'emploi etaux effets therapeutiques de 
rhuile de foie do morue, et que Ton se communiquat les 
differentes experiences que les praticiens presents a la 
reunion ont pu etre dans le cas de faire au sujet de ce 
medicament encore insuffisammentetudie, une discussion 
s'engage immediatement sur cet objet, de laquelle il 
resulte que I'huile de foie de morue s'est trouvee surtout 
efficace dans les affections des glandes abdominales, 
dans les opblhalmies scrofuleuses, comme favorisant la 
menstruation des sujets scrofuleux debiles. La difference 
d'action de cette substance, observee selon les diverses 
qualites livrees par le commerce, donnelieu, apres quel- 
ques explications de la part de MM. Mayor et Morin, de 
Geneve, sur la maniere d'obtenir cette substance et sur 
les elements qui la composent, a la proposition de faire 
de cet objet le sujet d'observations et d'etudes approfon- 
dies , dont le resultat devrait etre communique a la So- 
ciete dans sa reunion prochaine ou dans deux ans ; cette 
idee est accueillie et on decide de se partager le travail 
sur cette interessante matiere. M. leD"" Lombard se charge 
d'etudier et d'observer specialement Taction de I'huile de 
foie de morue dans la phthisic tuberculeuse et les engor- 

1 On souscrit a la lihrairie Kessmann, a Geneve. 



243 

gements mesenteriques ; M. le D^ Gastella, d'apprecier 
son effet sur le systeme osseux ; M. Morin, de trailer la 
question chimique et pharmacologique , et de rechercher 
dans quelles parties elementaires de cette substance git 
son action specifique, etil est recommande aux praticiens 
presents de recueillir en general avec soin tons les resul- 
tats qu'ils seront dans le cas de constater relativement a 
I'emploi de ce medicament. 



Seance du mardi 25 juillet 1 843. 



President: M. le D"^ Prevost, de Geneve. 
Secretaire: M. le D-- Favargnie. 

M. le D"" Castella , de Neuchatel , lit un extrait du 
mouvement de I'hopital Pourtales , pour 1840. Get 
extrait a rapport a la fievre typhoide , dont il a vu 50 
cas au dit hopital. II decrit cette maladie comme il I'a 
observee a Thopital et dans sa pratique particuliere pen- 
dant lepidemie qui a regne a Neuchatel en 1840. Apres 
avoir rapporte la marche de I'epidemie, donne un etat 
statistique de I'age et des professions de ses malades , il 
fait observer que I'age de 20 a 30 ans est celui ou Ton 
observe le plus grand nombre d'individus affectes, et que 
les professions n'ont aucune influence sur la production de 
la maladie. II envisage cette affection comme miasmatique 
et contagieuse. II rapporte les alterations organiques trou- 
vees a I'autopsie des individus qui ont succombe , et il 



244 

pense que les ulcerations observees sur la face Interne de 
I'inlestin sont le resultat de la destruction des fongosites 
qui caracterisent les premiers developpeinents de la ma- 
ladie , et non des vesicules. II etablit les rapports qu'il a 
trouves entre les lesions organiques de la fievre typhoide 
et celles de la dyssenterie, et pense que ces deux maladies 
ont la plus grande analogic. II attribue a la faiblesse de 
Faction du coeur , et non k 1' inflammation , I'hepatisation 
pulmonaire qui s'observe si souvent dans la fievre typhoide. 
Enfm, il indique le Iraitement qu'il suit, avec succes, de- 
puis bien des annees contre cette rnaladie, trailement qui 
consisteessentiellementdans I'emploi du calomel a petites 
doses et des lotions froides reiterees plusieurs fois par 
jour. 

M. le D^ Lombard, de Geneve, communique un tra- 
vail qu'il a fait, avec M. le D"" Fauconnet, sur la fievre 
lyphoide. Ge travail est le resume de 235 cas , dont un 
tiers environ ont ete traites par le calomel , a la dose de 
quatre grains par jour. II resulte des nombreuses observa- 
tions comparatives tres-interessantes faites sous tous les 
rapports possibles relativement aux eflets des differentes 
methodes de traitement concurremment suivies , que la 
mortalite a ete moindre avec la medication par le calomel 
qu'avec le traitement employe precedemment. Les eflets J 
principauxdu calomel ont ete de diminuer les symptomes 
cerebraux , thoraciques , et de rendre les hemorrhagies 
intestinales moins frequentes. — Gememe travail contient 
aussi quelques details sur la nature contagieusede la fievre 
typhoide, sur des symptomes pen connus jusqu'a present, 
qui paraissent avoir pour siege la moelle epiniere. Enfin, 



245 

M. le D"^ Lombard lermine par quelques remarques pra- 
tiques sur le Irailement symptomatique et hygienique. 

M. le D"" De la Harpe , de Lausanne , donne communi- 
cation du resume dun memoire sur I'epidemie de lievre 
typhoide qui a regne a Lausanne pendant I'hiver 1841 a 
1842, extrait de la clinique de I'hospice de Lausanne. 
L'auteur presente d'abord quelques observations gene« 
rales sur la nature des fievres dites gastriques , qu'il envi- 
sage (sans les confondre avec les embarras et irritations 
gastriques) comme des fievres typboides a I'etat simple. 
Partant de Ih , il pense que les diverses formes de fievres 
typboides doivent etre envisagees comme des maladies 
complexes ou composees , qui sans doute appartiennent 
loules a« typhus gastricus, mais nesont plus a fetal simple. 

Passant aux fievres typboides proprement dites, M. 
le D'" De la Harpe decrit d'abord la marche et les particu- 
larites topograpbiques de I'epidemie , puis il entre dans 
quelques considerations relativement aux formes qui pre- 
dominerent. Parmi ces formes, il est une complication 
qui attire surtout son attention: finflammation depoitrine 
qu'il nomme typhoide pour la dislinguer des pneumonies 
ataxiques et nerveuses des auteurs. II rattache cette pneu- 
monie a une espece particuliere d'inflammation du pou- 
mon propre aux parties montueuses de la Suisse , et qu'il 
se propose de decrire plus tard sous le nom de pneumonic 
sub-aigue. II pose le diagnostic de cette pneumonic sub- 
aigue typboide en enumerant les symplomes pbysiolo- 
giqucs et anatomiques les plus saillants. — Quelques 
observations generales sur les fievres typboides, leur 
marcbe et Icurs caracteres se trouvent cntremelees au 



246 

resume des fails. Le traitement qui fut suivi dans Tepide- 
mie decrite est louche brievemenl. Les rechules et les 
maladies subsequentes occupentaussiM. leD^'DelaHarpe. 
Ge memoire se lermine par 21 observations choisies de 
fievres lyphoides , qui sont deslinees a reproduire la va- 
yiabilite de caractere de ces maladies. Plusieurs d'entre 
elles se font remarquer par le traitement suivi , d'autres 
par les resultals des autopsies ou par la marche particu- 
liere de la maladie. 

A la suite de la lecture de ces memoires, une discussion, 
qui absorbe toule la seance , a lieu sur la matiere qui en 
est Tobjet. 

M.le D'^Gosse, de Geneve, rend en particulier la sec- 
tion attentive sur le caractere de la contagion des fievres 
typhoides. Selon lui, le principe de la contagion ne s'y de- 
veloppe , de meme que dans la peste , que par une action 
inflammatoire dont il est en quelque sorte un produit se- 
crete, si ce travail de contagion est empeche par une 
medication perturbatrice (comme par exemple par le vo- 
mitif dans la peste ) la contagion n'a pas lieu , d'ou il 
resulte sou vent que la meme affection est tan tot conta- 
gieuse , et tantot non contagieuse. G'est en agissant sur 
le systeme medullo-spinal que ce principe produirait les 
symptomes connus des affections typhoides , tandis qu'il 
est autrement des virus ou Taction est purement locale. 

M. le D"" Mayor, de Lausanne, fait remarquer^ quant a 
la medication au moyen du calomel , Taction specifique 
toute locale de cette substance sur les membranes mu- 
queuses , et les bons effets qu'il en a obtenus dans les 
ophthalmies scrofuleuses , les ulcerations de Turetre , du 



247 

col uterin , el c'est a celle action specifique qu'il attribue 
les resiiltats de I'emploi de ce medicament dans les fievres 
typhoides. 

M. le D*" d'Espine communique, relativement a I'objet 
de la discussion , quelques documents statistiques tires d'un 
travail sur les causes generales de la mort et des maladies 
mortelles, desquels il resulteque, sur la mortalite annuelle 
dans le canton de Geneve, les morts par affection ty- 
pho'ide entrent pour le ^/iqqq au 30/^ooo- E" Angleterre 
pour le 55/j^^ au ss/^oqq. Les sexes ont ete pour Taffec- 
tion lyphoide dans le canton de Geneve , en 1838, dans 
le rapport de 12 hommes all femmes; en 1838, dans 
celui de 16 hommes a 12 femmes. En Angleterre, le rap- 
port est inverse. Quant a I'habitation , dans le canton de 
Geneve le nombre des deces par affection typhoide a ete 
pendant les deux memes annees 1838 et 1839, et 
pendant les deux suivantes , toujours plus considerables 
parmi les citadins que parmi les campagnards. La sai- 
son la plus meurtriere pour I'affection typhoide dans le 
canton de Geneve a ete une annee I'hiver, une autre 
I'automne. Enfin I'age d'election a ete dans ce meme can- 
ton la periode de 20 a 30 ans. 

M. le D"^ Fueter, de Berne, voit dans les rapports com- 
muniques des elements remarquables pour I'observation 
empirique des fievres typhoides; mais il trouve qu'il 
serait peut-etre preferable, pour le cas ou la section 
voudrait continuer a s'en occuper, que Ton traitat quel- 
ques points plus generaux et propres a etre elucides par 
une discussion orale. A cette occasion, il dirige Tattenlion 
de la Societe sur une circulaire de la section cantonaie 



248 

de Berne aux medecins de ce canton , dans laquelle ceux- 
ci sont invites a observer en commun ces fievres epide- 
miques pendant quelques annees consecutives, afin depar- 
venir a faire une bonne statistique de ces maladies. II fait 
observer que les obstacles d'un pareil travail se trouvent 
surtout dans les circonstances suivantes: 

1 ** Dans les differentes denominations.de la meme affec- 
tion , dans la separation de la maladie prise en general , 
etdansses differents degres, periodes et formes. II croit 
que tous les cas de fievres gastrique , bilieuse , muqueuse, 
nerveuse, typboide, etc., doivent etre compris dans le 
cas projete. 

2« Dans la difficulte de distinguer , d'apres des carac- 
teres certains et inalterables , le premier degre de la ma- 
ladie epidemique, des etats de saburres et d'ingestion 
accidentelle, comme de toutes les autres affections gastri- 
ques, aigues, primitives ou sympathiques. II trouve ces, 
caracieres distinctifs surtout dans les symptomes pronon- 
ces de I'irritation cerebrale ou spinale; dans le cours pro- 
longe de la maladie; dans les cas de maladie typhoide 
prononcee qui se presenteraient siraultanement ; dans la 
serie des cas de la maladie epidemique qui se trouverait 
entre ses premiers degres et son expression la plus formi- 
dable; dans le pouls rebondissant et redouble et dans les 
taches typhoides. 

3<* Un troisieme obstacle surgit de la difficulte de 
distinguer, dans cbaque cas particulier, letat veritable- 
ment typhoide d'une simple adguamie survenue dans le 
courant de quelque autre maladie, aigue ou chronique, 
que ce soit. 



249 

M. le D*^ De la Harpe complete ces indications en si- 
gnalant une autre difficulte dans les complications tres- 
diverses de la maladie , qui causent tres-souvent des diffe- 
rences dans le diagnostic. 

M. le D"^ Lombard annonce que des formules ont ete 
posees a Geneve pour regulariser les observations en vue 
d'une statistique des fievres typhoides, et qu'il en sera 
fait mention dans la Bibliotbeque universelle. 

Cette discussion est terminee par quelques remarques 
de M. le D^ Prevost sur une espece particuliere de typbus, 
qu'il a observee en Ecosse, ou il a assiste h un grand 
nombre d'autopsies cadaveriques sans trouver aucune trace 
de ces alterations de la muqueuse intestinale , que Ton croit 
inseparable de I'essence des maladies typhoides. 



XVII. 

A. 
LISTE DES MEMBRES PRESENTS 

A LA 

REUNION DE LA SOOETE SUISSE DES SCIENCES NATURELLES, 

A LAUSANNE, LE*25 JUILLET 1843. 



Argovie. 
MM. Hausler, Carl. 
Pfleger. 

Bale. 
Bolger. 

Merian , Peter , professeur. 
Merian, Rudolfs id. 
Schonbein, id. 

Steinmann , naturaliste. 

Berne. 
Dietrich, docleur. 
Denime, professeur^ docleur. 
Flugel , id. 

Fueter , docteur. 
Gibollet, Victor. 
Isenschmidl , professeur. 
Haller , docteur. 
Simon, A., landammann. 
Studer, pharmacien. 
Studer, Bernard, professeur. 
Studer, pasteur. 
Trog, J.-G., pere, pharmacien, 



251 

Fribourg. 
MM. Challamel, cure a Broc. 
Favargnie, docteur. 
Lagger, id. 

Von der Weid, Ph., tresorier. 

Geneve. 
Bonijol, physicien. 
Choisy , professeur. 
Chaix, geographe. 

De CandoUe, Alphonse, professeur. 
Decrue , id. 

De la Rive, Aucjuste, professeur. 
De Luc, Jean-Andre , geologue. 
Deleiderier, Jules, architecte. 
D'Espine , docteur. 
Gosse, id. 
Lasserre. 

Lombard, docteur. 

Marcet , F., conseiller d'etat , professeur 
Margot, Henri, 
Marignac, Ch., professeur. 
Mayor, docteur. 
Moricand, Stephano. 
Morin, P. S., docteur. 
Morin , Pyrame , chimiste. 
Pictet, F. J., professeur. 
Plantamour , Emtle, professeur. 
Plantamour, Philippe, chimiste. 
Prevost , docteur. 
Prevost, consul. 
Ritter, Elie , mathematicien. 
Vaucher, pasteur. 
Walner, Jean. 
Wartmann , astronome. 



252 

St. Gall. 
MM. Sinz, docteur. 

Neucuatel. 
Agassiz, professeur. 
Bovet, docteur. 
Coulon, Louis J, fils. 
Desor, E., docteur. 
Dinkel. 

De Castella, N., docteur. 
Dubois, de la Chaux-de-Fonds. 
Dubois, Frederic, de Montpereux. 
Gressly , A. 

Guyot, Ad., professeur. 
Jiirgensen, Jules. 
Nicolet, de la Chaux-de-Fonds. 
Nicolet, de Neuchatel. 
Schouffelberger , Amjuste. 
Tschudi, naturaliste, docteur. 
Touchon , pharmacieii. 
Vogt, docteur. 

Valais. 
De Riedmatten, Janvier, bourgueme&ire. 
Rion , AL, chanoine. 
Chervaz, id. 

Vaud. 

Bugnion, Charles. 

Beranger, Marc, pharmacien. 

Baup , id. 

Baup ,. S., directeur des salines. 

Barraud, pepinierisle. 

Bauty. 

Bischoff, pharmacien. 

Blanchet, chimiste. 



253 

MM. Boisot, Georges. 

Brialte, membre de la commission des forets. 

Centurier, pasteur. 

Chavannes, D. A., professeur, president honoraire. 

Cha^annes , Ed.^ professeur. 

Creux. 

Crud, E. V.B. 

De Charpentier, Jean, prof., directeur des mines. 

De la Harpe , docteur. 

Descombes , id. 

Davall, colonel. 

Esperandieu , pastern'. 

De Fellenberg , R.j professeur. 

Fayod, Henri , docteur. 

Fivaz, M.J, pasteur. 

Fraisse , William , ingenieur. 

Gillieron , L., professeur. 

Hollard, H., professeur, docteur-medecin. 

Kinkelin, Ch.^, ingenieur. 

Leresche, pasteur. 

Levrat, medecin-veterinaire. 

Lardy, Charles ,, president de la Societe. 

Mellet , pasteur. 

Mellet, Henri. 

Mayor , pere , professeur. 

Mayor, fils, docteur. 

Muret, Jean, juge d'appel. 

Margot, H. 

Mestral, pasteur a Moudon. 

Nicati, G., docteur. 

Nicati, C, fils, docteur-medecin. 

Olloz, id. 

Ruffy, candidatus juris. 

Rapin , pharmacien. 

Recordon, docteur. 



254 

MM. Ricou, Emanuel. 

Saloz , medecin-veterinaire. 
Thomas , E.^ naluraliste. 
Venetz, pere, ingenieur. 
Vuitel, Ch.„ pasteur. 
Wartmann , Elie , professeur. 
Yundzill, fils. 

Zurich. 

Escher de la Linth , Arnold , professeur. 
Lavater , 3., pharmacien. 
Schinz, professeur. 
Trumpler, iean. 

MEMBRE HONOR AIRE. 

Baron Leopold de Buch. 

ETRANGERS PRIESENTS A LA SESSION. 

De Partsch , de Vienne. 
Ewald, professeur, de Berlin. 
Basswitz , de Belgique. 

Calliaud, de Nantes, conservateur du Musee d'histoire 
naturelle. 



B. 

PRESENTES 

PAR LES SOCIETES CANTONALES 

el elus membres de la Society Suisse des ScieDces Naliirelles 

DANS LA STANCE DU 26 JUILLET 1843. 



Bale. 
MM. Haemerlin, Michael, horticulteur. — Botanique. 
Berne. 
Fischer, docteur, de Berne. — Medecine. 
De Besenval, de Soleure. — Mineralogie. 

Fribourg. 
Perrier, Ferdinand, com. -inspect'., d'Estavayer. — 
Mathematiques. 

Geneve. 
Deleiderier, Jules, 4807, architecte. — Geologic. 
Chaix, Paul. — Physique. 
Prevost, J. Ls., 1796. — Geologic. 
Decrue, David, 1797. — Physique, Mathematiques. 
De la Riye, Eugene, 1804. — Agriculture. 

Neuchatel. 
Schouffclbcrger, Henri- Auguste, 1804. — Sciences for. 
Bo vet, F. L., docteur-medecin. 



256 

St. Gall. 
MM. Sinz, C, docteur-medecin. — Medecine. 
Valais. 
Joris, Gaspardj d'Orsieres , docteur-medecin. 
Dalleves , Antoinej, chanoine du Grand St. Bernard. 

Vaud. 
Cordey , Emile , d'Yverdon , doct. -med. — Medecine. 
Joel, Frangois , etudiant en medecine. — Medecine. 
Secrelan, Marc, professeur de mathematiques a F Aca- 
demic de Lausanne. 



c. 
LTSTE DES MEMBRES 

MORTS DEPUIS LA DERNIERE REUNION. 



Bale. 
MM. Hagenbach , Carl Friedrich. 
Lucerne. 
Feierabend , docteur-medecin. 
Neuchatel. 
De Meuron, Loim^Augusle ^ membre depuisl835. 

Thurgovie. 
Freienmuth, Regierungsrath. 

Valais. 
Gay , de Sion , docteur. 

Vaud. 
Mazelet , docteur. 

Zurich. 
Hirzel , bourgmestre. 
Meyer, Caspar^ en Amerique. 
Klaude, Salomon, Rittmeister. 
HiUtcnschmidt , docteur en philosophie, 
Daniker, docteur. 



18 



XVIII. 

SOMMAIRE DES COMPTES 

DE LA 

SOCIETfi SUISSE DES SCIENCES NATURELLES, 

POUR LE SERVICE DE 1842. 



Solde du compte de 1841 , 718 f. 75 

Arriere des finances d' entree , 20 

» des contributions annuelles, 334 

Finances d'entree pour 1842 , 96 

Contributions pour 1842, 1143 

Total des recettes , 2311 f. 75 
Depenses. 

Remises au fonds capital de la Societe , » 
Paye a diverses commissions , 860 f . 65 

Ports de lettres et affranchissements , 24 75 
Perte sur T argent regu , 16 68 

Debourses du comite central de Zurich, 779 24 
Commission du cretinisme , 92 26 

Depenses diverses , 54 39 

1827 fr. 97 

Solde du caissier pour 1842 , 483 f. 78 
Aux archives de Berne , 3 50 

Total du solde , 487 f. 48 
En 1841 , le solde au 31 dec. etaitde 712 f. 15 
Solde de 1842, 487 48 

II y a done une difference en moins en 
1842 de 224 f. 87 



XIX. 

EXTRAITS DES PROCES-VERBAUX 

DES SECTIONS CANTONALES 

DE LA 

SOCIETE SUISSE DES SCIENCES NATURELLES, 
POUR l'ann^e 1842-1843. 



BERICHT 

der 
NATURFORSCHENDEN GESELLSCHAFT IN BASEL. 



Vom September 1842, bis Juli 1843, fanden 16 
Sitzungen statt, in welchen folgende Gegenstande be- 
handelt wurden. 

PHYSIK , CHEMIE UND GEOLOGIE. 

Vortrdge. 

HerrRalbsherrP. Merian : Ueber Gletscher nach den 
neusten Beobachtungen von Agassiz (19. October 1842). 

Herr Professor Schonhein : Ueber den Einfluss der 
Zusammensetziing der Electroden auf die Starke der 
Voltaischen Strome (16. Nov. 1842). 

Derselbe : Ueber die luftformige Voltaische Batterie 
von Grove, und iiber die Construction einer, von Herr 



260 

Schbnbein selber entdeckten Ghlor. WasserstofFsaule 
(l.Februar 1843). 

Herr Ralhsherr P. Merian: Meteorologische Beobach- 
tungen aus letzterer Zeit (1. Februar 1843). 

Derselbe: Bemerkungen uber den tiefern Barometer- 
stand im Januar und Februar 1843, iind meteorolo- 
gische Uebersichten vom Jahr 1842 (1. Marz 1843). 

Derselhe: Ueber die Regenverhaltnisse in Miihlhausen 
mid Basel (1. Marz 1843). 

Herr Professor Schonhein : Ueber die Entwicklung 
von Electricitat durch gespannte Wasserdampfe , und 
iiber das eleclrische Verbalten der verschiedenen Wasser- 
sloffverbindungen (1. Marz 1843). 

Derselbe : Ueber den Einfluss gewisser Gasarten auf 
die chemische Wirksamkeit des Platins (29. Marz 1843). 

Derselbe : Ueber das rothe Blutlaugensalz und das 
salpetersaure Eisenoxid (31. Mai 1843). 

Derselbe : Ueber das merkwiirdige Verbalten des 
rothen Bludaugensalzes bei der Beriihrung mit oxidir- 
baren Substanzen (21. Juni 1843). 

Kurzere Mittheilungen. 

Herr Professor F. Fischer theilt mit, dass er auf 
dem Basler Jura , in bedeutender Hohe , namlich am 
Fussweg vom Thai des Stockes gegen der Hagenau, 
bei Eptingen , einen Fiindling getroffen habe , der aus 
Glimmerschiefer zu bestehen ihm geschienen, dessen 
Grosseetwa zu 3' Lange, 2' Hohe, und 1 ' Breite an- 
gegeben werden konne. Es bemerkt hiebei Herr Raths- 
herr P. Merian, dass ihm noch aufkeinemso ostlichen 



261 

Punkte des Kant. Basel, grosse alpinisclie Blocke vor- 
gekommen , wohl aber zwischen Langenbruck und Miim- 
liswyl, und zwar daselbst ein quarziger Talkschiefer- 
block(7. Septb. 1842). 

Herr Prof. Schonbein weist den von Bunsen kon- 
stituirten Voltaischen Apparat vor, in welchem das 
Platin der Grove'scben Saule durcb einen Koblencylin- 
der ersetzt wird (2. Nov. 1842). 

Herr Rathsberr P. Merian tbeilt iiber das in der 
Nabe von Augst entdeckte Salzlager, und die mit dem 
dortigen Bobrlocb durcbsunkenen Gebirgsscbicbten , 
einige nabere Angaben mit (15. Februar 1843). 

Derselbe gibt einige Notizen iiber das Erdbeben, 
welcbes am 25. Marz, Morgens, 5 Minuten nacb 7 
Ubr, bei Basel und einigen umliegenden Oertern ver- 
spiirt worden (29. Marz 1843). 

Herr Prof. Schonbein tbeilt die Bemerkung mit , dass 
sicb den 20. Juni Hohenraucb, mit merklicbem Ge- 
rucbe, eingestellt babe (21. Juni 1843). 

PETREF ACTEN-KUNDE . 

Herr Rathsberr P. Merian macbt eine Mittbeilung 
iiber Fossils-Deckel der Gattung Turbo, deren unser 
Museum aus dem terrain a cbailles des Jura der Um- 
gebungen von Basel besitzt : die Scbaale, der sie ange- 
horen, lasst sicb nocb niebt mit Sicherbeit bestimmen 
(14. Dec. 1842). 

Herr D"" Christoph BurkJmrdt weist einige interes- 
sante, in unsern Umgebungen von ibm gefundene Petre- 
facten vor (31. Mai 1843), darunter einen Ryncbo- 
litben von eigentbumlicber Gestalt aus der obern Birs. 



262 



BOTANIK. 

Vortrdge. 

Herr Gartner Hdmerlin , iiber Reproduction der Ge- 
waclise, insbesondere der^Holzer (18. Januar 1843). 

Herr Professor Meissner: Ueber die Vegetation s-Ver- 
haltnisse der Insel Hanglong , und der Siidwestspitze von 
Neu-Holland, besonders vom Schwanenfluss (26. April 
1843), 

Kurzere Mittheilungen^ 

Es wird vorgezeigt, eine von Herrn Pfarrer Munch 
iiberreichte Weintraube von hier, an welcher sowohl 
rothe als weisse Beeren , auch eine getheilt rothe und 
weisse Beere zu sehen. Hiebei bemerkt Herr Deputat 
La Roche, dass vor Jahren, im Markgraflichen Garten 
allhier, mehrere Gelander sich befunden, welche regel- 
massig Trauben mil rothen und weissen Beeren trugen 
(19. October 1842). 

?OOLOGIE UND ZOOTOMIE. 

Vortrdge. 

Herr Professor Miescher : Ueber das electrische Organ 
des Zitterrocheiis (7. Sept. 1 842). 

Herr D"" August Burkhardt: Beschreibung und Vor- 
weisung eines deformen dreimonatlichen menschlichen 
F6tus(16. Nov. 1842). 

Herr Prof. Miescher: Anatomic des Ancylus (luviati- 
lis [H, Dec. 1842). 

Herr Eduard Hagenbach : AnalomischeBeobachtungen 



263 

iiber eigenthumliche Verhaltnisse im Verlaiif mehrerer 
Aeste des dritten Astes vom funften Hirnnervenpaar bei 
den Wiederkauern (4. Januar 1843). 

Herr D*" Nusser : Ueber den Mechanismus der Kinn- 
laden in den Wirbelthieren (15. Marz 1843). 

Herr D-- Imfwff: Bericht uber eine , unserm Museum 
vonHerrn Carl Respinger, in Cuba, geschenkte Samm- 
lung mexikanischer Insecten, aus alien Ordnun^en (31 
Mai 1843). 

Kurzere Mittheilungm. 

Herr Professor Miescher berichtet, dass Petromyzon 
marinus, und Silurus glanis kurzlich bei uns im Rhein 
gefangen worden seien (7. Septbr. 1842). 

Herr D^ Imhoff theilt einige Bemerkungen mit iiber 
mexicanische Kafer, welche als Tauschgegenslande an 
unser naturhistorisches Museum gelangt sind (7 Sept 
1842). \ i^' 

Herr P. Merian gibt folgende Nolizen iiber das Vor- 
kommen einiger sellenerThierarteninderBaslerGegend. 
Im September 1842 wurde Aquila brachydactyla , bei 
Neudorf, von Herrn Ho fstetter geschossen; auch Herr 
Ddublin in Efringen besitzt einen solchen Adler, der bei 
Badenweiler geschossen worden ist. Die Tichodrome 
phmitcoptera wurde in einem Paarein Istrien gefunden, 
nach Herrn Daublins Mittheilung; aber auch im alteii 
Salzthurme unserer Stadt wurde, nach Herrn Benedict 
Christ, vor manchen Jahren ein Paar getroffen; ebenso 
im Schonthal bei Langenbruck , Kanlon Basel; Phasia- 



264 

nm colchicm wurde einst zwischen Basel und Riechen 
geschossen (19. Oct. 1842). 

Herr Pfarrer Uebelin zeigte eine hier gefangene, 
mit einigen weissen Flecken versehene Hausmaus vor 
(2. Nov. 1842). 

Herr Rathsherr P. Merim berichtet , dass ein Paar 
des Talco alUcilla kiirzlich bei Rheinfelden geschossen 
worden sei (16. Nov. 1842). 

Herr D*" Iselin theilt mit , dass der hier gefangene 
Lachs, welcher als merkwiirdig durch seine Grosse dem 
Pubhkum gezeigt worden sei , an Gewicht 40 Pfund be- 
tragen habe (16. Nov. 1842). 

Herr Franz Seul legt eine Tabelle iiber moghche Ya- 
rielaten der Helix nemoralis vor (26. April 1843), nebst 
verschiedenen , in hiesiger Gegend gefundenen seltenen 
Abanderungen dieser Schnecke. 

VERSCHIEDENES. 

Vortrdge, 

Herr Rudolf Sulzer : Beschreibung seiner am 5. Sept. 
1842 unternommenen Besteigung des Finsteraarhorns 
(2. Novbr. 1842.) 

Herr Georg Hoffmann: Schilderung seiner Bestei- 
gung des Schreckhorns, im Canton Uri, am 9. August 
1842 (30. Novbr. 1842). 

Herr Prof. Miescher liest das Tagebuch von Herrn D"^ 
Emanuel Meyer von hier, iiber dessen Reise nach Bata- 
via und zuriick nach Amsterdam, vor (1. und 15. Febr. 
1843). 



265 

Mittheilungen. 

Herr D*" Emanuel Meyer, von hier, erklart schriftlich 
seinen Entschluss nach Mexico zu gehen , und ersucht 
um Unterstiitzung durch eine Actiengesellschaft gegen 
das Versprechen naturhistorischer Zusendungen. 

Unsere Gesellschaft beschliesst sich mit 6 Actien zu 
belheiligen. 

Der genauere Inhalt deF hier angefiihrten Vortrage 
wird in dem nach Jahresfrist erscheinenden YI. Hefte 
der Verhandlungen der naturforschenden Gesellschaft in 
Basel mitgetheilt werden. 
Basel, 17. JuH 1843. 

D*^ LuDwiG Imhoff , 

Secretdr. 



B. 

BERICHT 

der 

NATURFORSCHENDEN GESELLSCHAFT IN BERN. 



Vom 5. November bis zum 15. Juli 1843 versam- 
mehe sich die Gesellschaft neunmal. 

In ihrer Sitzung vom 8. April entschloss sie sich, 
die ilir gehaltenen wVortrage iiber eigene Studien , Beo- 
» bachtungen und Versuche, welche die mathemati- 
» schen oder Naturwissenschaften fordern, oder iiber 
» ihre Geschichte neue Aufschlusse geben , in zwanglo- 
» sen Nummern unter dem Titel Mittheilungen der na- 
» turforschsnden Gesellschaft in Bern, in Druck zu ge- 
» ben. » In dem folgenden Berichte iiber die von der 
Gesellschaft behandelten Gegenstande wird auf diese 
Mittheilungen hingewiesen. 

MINER ALOGIE UND PHYSIKALISCHE GEOGRAPHIE. 

1. Den 5. November 1842 theilt Herr Professor 
Studer einige nachtragliche Notizen iiber die diesjah- 
rigen Gletscherarbeiten mit, besonders iiber diejenigen 
des Herrn Forbes , den er wahrend seines Aufenthalts 
auf dem Montanvert besucht hat. Das Vorschreiten des 
Gletschers erscheint daselbst sehr regelmiissig, unge- 
fahr 16 Zoll taglich, — im mittlern Gletscher starker, 



267 

als am Rande, — im obern Gletscher nur wenige Zollc 
schwacher, — ungefahr me es bei einer zahfliissigen 
Substanz erwartet werden konnte. Die Stratification des 
Gletschers hat Herr Forbes an alien, diesen Sommer 
vonihm besuchten Gletschern beobachtet. Im allgemei- 
nen scheint nach den diesjahrigen Resultaten die Glet- 
scheraufgabe noch keineswegs gelost werden zu konnen. 
2. Den 15. Juli 1843 sprach Herr Professor Stu^ 
der von den verschiedenen Ansichten iiber die Ent- 
stehung der Thaler und einige fur und gegen die Er- 
klarung der Thaler durch Erosion sprechende Erschei- 
nungen im Berner Oberlande (vide N« 7 der Mittbei- 
lungen). 

BOTANIK UND ZOOLOGIE. 

1. Den 7. Jenner und 4. Februar 1843 sprach Herr 
Schuttleworth iiber die Land- und Siisswasser-Mollusken 
von Corsica (vide N« 2 und 3 der Mittheilungen). 

2. Am 4. Februar 1843 legte Herr Professor SMer 
zwei Sammlungen von Chinesen gemalter Pflanzen 
Friichte uud Insekten vor, die in alien Hinsichten sehr 
merkwurdig sind und von Herrn Baggesen, Vater, er- 
halten wurden. 

3. In derselben Sitzung legt Herr Schuttleworth eine 
Monstruositat der Pupa variabilis Drap. mit doppelter 
Mundung vor, bei Bex im vorigen Herbst gefunden. 

4. Am 15. Juli 1843 machte Herr Meier, von Burg- 
dorf, eine schriftliche Mittheilung iiber eine neue Berei- 
cherung der schweitzerischen Fauna durch die Ent- 
deckung der seltenen Microphysapsela phoides in der 
Nahe von Burgdorf (vide N« 6 der Mittheilungen). 



268 

5. In derselben Sitzung sprach Herr Schuttleworth 
iiber die Struktiir der Schaalen der Muscheln (vide N** 7 
der Mitlheilungen). 

ANATOMIE, PHYSIOLOGIE UND MEDICIN. 

1. Den 5. November 1842 theilt Herr Professor Va- 
lentin einige Bemerkungen iiber Glaucom und die Wie- 
derherstellung der Gristalllinse mil. 

2. Am 4. Februar 1843 zeigt Herr Professor Valentin 
eine Reihe von Hyrtl'schen Injection s-Praparaten unter 
dem Mikroscope. 

3. Am 8. April 1843 sprach Herr Professor Valen- 
tin iiber das Pneumatomeler und einige mittelst dessel- 
ben angestellte physiologische Versuche (vide N'* 3 und 
4 der Mitlheilungen). 

4. Den 6. Mai 1843 sprach Herr Professor Gerber 
iiber hydraulische , die Thatigkeit der Herzklappen be- 
treffende Yersuche, w^elche erin Verbindung mit Herrn 
Gautschi anstellte (vide N^ 6 der Mitlheilungen). 

MATHEMATIK , PHYSIK UND CHEMIE. 

1 . Den 5. November sprach Herr Professor Rau iiber 
galvanische Vergoldung und Versilberung (vide N** 1 
der Mitlheilungen). 

2. Den 4. Februar 1 843 hielt Herr Wolf einen po- 
pularen Vortrag iiber das Aufsteigen durch Dreiecke 
von einer Basis auf der Erde bis zur Bestimmung der 
Fixslern-Distanzen. Im Allgemeinen folgt er hiebei einer 
betreffenden Darstellung des Herrn Enke in Berlin. 

3. In derselben Sitzung theilt Herr Landamman Si- 



269 

mon mit, dass es llim gelungen sei, Slahl zu vergolden , 
ohiie ihn vorher mil einer Kupferhaut zu iiberziehen. 

4. Den 7. Jenner 1843 spricht Herr Professor ^fMw- 
ner iiber galvanoplastische Niederschlage (vide N^ 1 
der Mittheilungen). 

5. In derselben Sitziing sprach Herr Wolf iiber gra- 
phische Darstellung der Zahlen (vide N'' 1 der Mit- 
theilungen). 

6. Am 4. Marz 1843 sprach Herr Fiscjier, von Ober- 
hofen , iiber eine einfache , ohne Hiilfstafeln brauchbare 
Formel zur Hohenberechnung aus Barometerbeobach- 
tungen, welche mit derjenigen von Leshe iibereinstimmt. 

7. Den 3. Juni 1843 sprach Herr Professor Gerber 
iiber die Resultate einer neuen und sehr einfachen Me- 
thode, die verschiedenartigsten Niederschlage einfacher 
und legirter Metalle auf galvanischem Wege zu erhal- 
ten. Eine detaillirte Auseinandersetzung seines Verfah- 
rens und des praktischen Nutzens desselben behalt er 
sich fur spater vor. 

8. In derselben Sitzung zeigte Herr Wolf eine neue 
graphische Darstellung der Primzahleneigenschaften vor, 
welche ziemlich befriedigende Resultate gab (vide N** 4 
der Mittheilungen). 

9. Den 15. Juli berichtete Herr Professor Brunner 
iiber eine neue Methode fiir die Analyse von Schwefel- 
verbindungen (vide N** 7 der Mittheilungen). 

VERSCHIEDENES. 

1. Den 3. Juni 1843 sprach Herr All-Oberforster 
I von Greyerz iiber das Leben der Walder (vide N" 5 
I der Mittheilungen). 



270 

2. Den 15. Juli 1843 wies Herr Doctor Haller aus 
Pappe verfertigte Modelle von Crislallisationsformen vor, 
Dieselben wurden von einem hiesigen Buchbinder , Ed. 
Beck, nach Zeiclmungen von Beudant, Mohs und an- 
dern ausgefiihrt. Sie sind sehr sauber und genau gear- 
beitet , zum Theil mit Oeblfarbe angestrichen , zum Theil 
ganz von weissen Karten gemacht. Da diese Modelle ge- 
wohnlich in Heidelberg, und zwar auch aus Cartons, 
aber auch in Niete und Holz fabricirt werden, und der 
Transport und die Auslagen iiberhaupt dafiir ziemlich 
bedeutend sind , so glaubte Herr Haller , dass es Leh- 
rern und Liebhabern der Mineralogie in der Schweiz er- 
wiinscht sein werde , zu wissen , dass alle nur wiinsch- 
baren Modelle auch bier in Bern eben so nett und weit 
billiger konnen verfertigt werden , als im Auslande , in- 
dem das Stiick nur 3 a 4 bz, koste. — Allfallige Lieb- 
haber konnen sich fiir Bestellungen an ihn wenden. 
(Eine auf diese Vorweisung bin beschlossene Anzeige 
findet sich in N** 6 der Mittheilungen.) 



Als neue Mitglieder hat die naturforschende Gesell- 
schaft in Bern die Herren D*" Fischer und Alt-Oberfor- 
ster von Greyerz aufgenommen. Verloren hat sie durch 
Austritt: die Herren D"^ Carl Emmert und Professor 
Wydler. 

Aus Auftrag der naturforschenden Gesellschaft in 
Bern, 

B. Wolf, Secreldr. 



G. 

RfiSUME 



DES TRAVAUX DE LA SOClfil^ CANTONALE DE PHYSIQUE ET D HISTOIRE 
NATURELLE DE GENHVE. 



La Societe a eu 24 seances depuis le 23 juin 1 842 au 
l^*" juin 1843. — Les principaux objets dont elle s'est 
occupee sont les suivants : 

1** ASTRONOMIE. GEODESIE. GEOGRAPHIE. 

M. le professeur Plantamour a lu un memoire sur les 
observations qui ont ete faites a I'observatoire durant 
I'eclipse de soleil du 8 juillet 1842. — Les bords du 
soleil etaient ondulants et confus a cause de la faible 
hauteur de I'astre. L'eclipse a commence a 
Qh 12^ 50",94 temps sideral, 

etfinia 2^^ 8^ 2",44. 

Les differentes observations faites pendant la duree 
de l'eclipse sur la position relative des deux astres ont 
mis en evidence une erreur en moins de 20",64 sur 
I'ascension droite de la lune donnee dans les ephemerides 
de Berlin. 

M. le professeur Plantamour a communique les obser- 
vations de la comete vue en mars 1843, et les elements 
qu'il en a deduits. — Les observations ont ete faites le 



272 

17, le 18 et le 21 . La distance perihelie de 0,0045 est la 
plus petite qu'on ait trouvee; ce qui a rendu le calcul de 
cette comete plus difficile , c'est qu'elle n'a ete observee 
que dans une partie de son orbite tres eloign^e k son 
perihelie et ou cette orbite etait deja presque rectiligne. 
M. Wartmann a annonce, d'apres sa correspondance, 
que la comete avait ete vue de jour a la fin de fevrier et 
dans le commencement de mars en Italic et en Amerique. 

M. Plantamour a lu un memoire sur la seconde co- 
mete de 1840, qui a ete observee a Geneve un assez 
grand nombre de fois. Les elements paraboliques ont 
ete corriges par la methode des moindres carres et pre- 
senlent une erreur probable de 19^^ sur I'inclinaison, et 
de 1,01 sur I'instant du passage au perihelie. M. Plan- 
tamour a essaye de calculer les elements elliptiques de 
cette comete; il a trouve des erreurs probables plus 
considerables que pour I'orbite parabolique. La duree 
de la revolution serait, d'apres ce calcul, de 1 3800 ans. 

M. Plantamour a encore presente le resume des obser- 
vations faites a la lunette meridienne dans I'annee 1842. 
— La marche de la pendule siderale a ete constamment 
reguliere, et les extremes de ses variations ne se sont pas 
elevees a 0",4 par jour. La latitude qui se deduit des 
observations de I'annee est de 46" 11^ 59"4. — On a 
fait cette annee a la lunette meridienne 2092 determi- 
nations d'ascensions droites et 2276 de declinaisons. 

M. le col. Dufour a lu un memoire sur les methodes 
employees dans la construction de la carte de la Suisse , 
soit pour determiner graphiquement la position des difFe- 



273 



rents points en adoptant la projection conique modifiee 
de Flamsteedt, soit pour representer par le dessin le relief 
du pays. La carte se composera de 25 feuilles; les levers 
de detail se font au V25000 ou au Vsoooo, suivant les loca- 
lites. La carte se public au Mooooo. — Les meridienset les 
paralleles ont dans cette projection une courbure tres- 
petite; le parallele de Berne, par exemple, est une cir- 
conference de 60- de rayon. — L'auteur indiquedans 
son memoire les procedes par lesquels il a trace ces cour- 
bes par points. Les ingenieurs charges des leves de detail 
indiquent sur leurs plans-minutes les lignes de niveau 
qu'ils determinentpar un nivellement geodesique. Quant 
au dessin de la carte , les courbes de niveau y sont rem- - 
placees par des hachures qui suivent les lignes de plus 
grande pente; et pour I'eclairement on a suivi unemethode 
pai:ticuliere qui nest ni la methode fran^aise dans laquelle 
la lumiere est supposee tomber obliquement, ni la me- 
thode allemande dans laquelle sa direction est verticale, 
mais un melange des deux methodes, variable suivant 
les localites a representer. L'auteur a mis sous les yeux 
de la Societe des plans-minutes et quelques parties de 
la 17« feuille. 

M. Wild a presente la carte qu'il a levee, 1 ete dernier 
du glacier de I'Aar. Cette carte est au Moooo; elle re-' 
presente les differents accidents du glacier, les blocs 
prmcipaux des moraines, les grandes crevasses, les 
cours d'eau de quelque importance, etc. Les operations 
geodesiques s'appuient sur une base de 2001 pieds 
mesuree sur la glace et sur une base de verification de 
2241 pieds 4 pouces, dont la longueur a ete trouvee 

19 



274 

par le calcul avec iine difference de 2 pouces sur la 
mesure directe. 

M. Chaix a 111 un memoire sur la geographic du Sou- 
dan et du Sahara au moyen-age, d'apresles connaissances 
empruntees aux auteurs arabes. (Biblioth. univ.) 

Le meme a presente une carte manuscrite de la vallee 
de Sixl, relevee pour quelques points au theodolite, 
pour d'autres a la boussole. 

PHYSIQUE. 

M. CelUrier a lu le resume d'un memoire sur le mou- 
vement de I'ether dans Tinterieur des corps. L'auteur 
pense que, outre les mouvements de vitration relatifs 
a la lumiere et au son , il peut s'en propager deux autres. 
L'un d'eux est accompagne de dilatations et de conden- 
sations et peut se presenter sous deux formes bien dis- 
tinctes. Dans de certains cas , il produit la dilatation des 
corps, dans d'autres leur changement d'etat; le calcul 
indique ce changement sans en donner la loi. 

M. Hitter a lu une note sur une relation qui existe 
entre le volume atomique , le coefficient d'elasticite et le 
coefficient de dilatation dans les corps chimiquement 
simples. II a cherche a etablir, par des considerations 
theoriques, que le coefficient d'elasticite est inversement 
proportionnel au produit du volume atomique multiplie 
par le coefficient de dilatation, et que la vitesse du son est 
inversement proportionnelle a la racine carree du pro- 
duit du poids atomique par le coefficient de dilatation. 
La note se termine par une comparaison avec les don- 



275 

nees de I'experience qui s'accordent en general avec les 
enonces precedents. 

M. Forbes a expose ses vues sur la question physique 
du mouvement des glaciers. L'idee principale de son 
hypothese est que le glacier n'est pas essentiellement 
solide et rigide, mais qu'il est done d'une demi-fluidite 
analogue a celle de quelques solides pres de leur point 
de fusion. 

M. George Picot a lu un memoire sur la tempera- 
ture de Geneve , deduite des observations faites depuis 
1796. Les observations se partagent en deux series, d'a- 
pres les heures ou elles ont ete faites. La temperature 
moyenne deduite de la premiere serie, de I'JOG a 1825, 
est de 9^,75 ; celle que Ton deduit de la seconde serie, 
del826al841,estde9«,56. 

M. le professeur Gautier a lu une notice historique 
sur les observations meteorologiques faites a Geneve. II 
passe successivement en revue les observations meteoro- 
logiques regulieres faites parGuill.-Ant. DeLiic, de 1768 
a 1800 ; celles de Sennehier, de 1782 a 1789; celles qui 
sont publiees dans les memoires de la Societe des arts et 
dans I'ancien journal de Geneve; enfm celles qui ont paru 
depuis 1796 jusqu'a present dans la Bibliotheque britan- 
nique et dans la Bibliotheque universelle. II a pu ainsi 
construire un tableau des temperatures moyennes annuelles 
de Geneve, de 1768 a 1841. La moyenne generale que 
I'auteur regarde pour le moment comme la plus probable 
est de 7«,65 R. ou 9«,56 C. (Bihlioth. univ.) 



276 



ELECTRICITE. ELECTRO-CHIMIE. 

M. Wartmann fils, professeur, a lu un memoire qiu 
contient la suite de ses recherches siir les courants d'in- 
ductian. 

M.le professeur DeJa/?tve a lu parextraits un memoire 
en reponse a un travail critique de M. Poggendorf. Ge 
memoire etendu presente de nouveaux fails a I'appui de 
la theorie cliimique de la pile. II a paru dans le dernier 
volume des Archives de I'electricite. 

Le meme a presente une horloge qu'il a fait construire 
a I'occasion du cours d'electricile appliquee a Tindustrie 
qu'il a professe cet liiver. Le pendule de cette horloge fait 
partie d'un circuit voltaique, dont il change la direction a 
chaque oscillation. Ce circuit aimante alternativement 
deux cylindres de fer doux^ entre lesquels oscille un nou- 
veau pendule qui communique a une seconde horloge 
le mouvement de la premiere. Cette disposition , diffe- 
rente de celle qui a ete mise en pratique en AUemagne, 
lui est preferable a plusieurs egards. 

Le meme membre a lu un memoire sur une modifica- 
tion qu'il a fait subir a la pile de Grove. II remplace I'a- 
cide nitrique par de la poudre de peroxyde de plomb. 
La lame de platine placee dans I'auge poreuse est entou- 
ree de cette poudre tassee ; un conducteur en cuivre est 
fixeau bord superieurdclalame de platine, et dans cetetat 
Tauge estplongee dans le vase qui renferme I'acidesulfu- 
rique etendu ouse trouve aussi une lame de zinc avec son 
conducteur. Ge couple pent decomposer I'eau meme avec 
deux electrodes de platine avec beaucoup plus d en^rgie 



277 

que la pile de Grove ordinaire. (Archives de relectricite, 
T. III.) 

M. Dela Rived, lu aussi un memoire sur Faction chi- 
inique d'un seul couple voltaique et sur les moyens d'en 
augmenler la puissance. II est parvenu a employer le cou- 
rant dun couple a force constante , a produire un courant 
d'induction qu'il dirige h travers le couple iui-meme, de 
maniere a en augmenter considerablement Tenergie. II a 
pu ainsi decomposer I'eau avec force , soit avec un couple 
de Grove qui ne la decompose que faiblement, soit avec 
un couple de Daniel qui ne la decompose presque pas. 
(Archives de I'electricite, T. III). 



CHIMIE. 



M. le professeur de Marignac a lu un second travail 
sur le poids atomique du chlore ; il a determine ce poids 
par la methode de Berzelius, c'est-a-dire en formant du 
chlorure de potassium par la calcination du chlorate de 
potasse et en.transformant ce chlorure en chlorure d'ar- 
gent qu'on analyse. Les resultats auxquels il est arrive 
sont a pen pres les memes que ceux de M. Berzelius. 
Le chiffre qu'il trouve pour le poids atomique du chlore 
est 442,13. — M. de Marignac a aussi repele ce tra- 
vail en partant du perchlorale de potasse, et il est arrive 
au meme resultat. 

M. le professeur De la Rive a lu un memoire sur les 
effels chimi(pies des caux minerales d'Aix en Savoie ; il 
a eludie Taction de ces eaux sur les difterents metaux , 
soilisoles, soit reunis sous forme de couples. Co memoire 
est imprime dans la Bihliolheque universelle. 



278 

M. le professeur de Marignac a lu un memoire sur 
la decomposition par la chaleur du chlorate, du per- 
chlorate, du bromate et de I'iodate de potasse. L'on sait 
que la calcination du chlorate de potasse decompose ce 
sel , que I'oxygene se degage et qu'il y a formation de 
perchlorate de potasse et de chlorure de potassium. — 
iiorsque tout le chlorate a disparu , si Ton continue la 
calcination I'oxygene se degage constamment, et a la fin 
de I'operation le perchlorate se trouve converti en chlo- 
rure de potassium. 

M. de Marignac a cherche si les memes faits se pre- 
senteraient dans la calcination du bromate ou de I'iodate ; 
mais il a reconnu que ces deux sels se decomposaient a 
toute epoque en oxig^ne et bromure ou iodure de po- 
tassium , sans jamais presenter He periodate ou de per- 
bromate de potasse. 

M. Ant. Morin a rendu compte des travaux qu'il a 
entrepris sur I'urine. II s'est assure que I'acide lac- 
lique n'existe pas toujours dans I'urine , I'acide phos- 
phorique au contraire s'y trouve tres-frequemment , te- 
nant en dissolution des phosphates de chaux et d'autres. 
dependant M. Morin a trouve dans I'urine des diabetes 
de I'acide lactique libre, et il a reconnu que sa quantite 
etait proportionnelle h celle du sucre , tandis que I'uree 
dim\nue h mesure que le sucre augmenle. M. Morin a 
aussi reconnu dans I'urine de diabete un liquide ana- 
logue a celui qu'il a signale dans les cotyledons de la 
vache , dans le travail qu'il a presente avec M. le 
\y Prevost, I'apnee derniere. (Journ. de Pharmacie,) 



279 



ZOOI^OGIE. PHYSrOLOGIE ANIMALE. MEDECINE. 

M. le professeur J. Pictet a lu par extraits la suite 
de ses travaux sur I'ordre des insectes nevropleres ; le 
memoire qu'il a communique contient ses observations 
sur la famille des Ephemerines. 

Le meme a presente a la Societe trois exemplaires de 
Marsupiaux , dont notre musee s'est enrichi cette annee, 
et qui constituent des types interessants. Ge sont le 
Myrmecohius, le Paramele a museau pointu et le Pha- 
langer renard. 

M. Alex. Prevost a lu un memoire sur la vision bi- 
noculaire; il s'attache k etablir la theorie des points 
correspondants et a repondre aux objections que cette 
theorie a soulevees. 

M. Isaac Mayor, en injectant la membrane rachienne 
sur laquelle la retine vient s'epanouir, a vu que le fait 
de I'injection relevait cette membrane et ne pouvait 
rapprocher la retine du cristallin d'environ un^ ligne. 
M. Mayor pense que les vaisseaux de cette membrane 
peuvent determiner le phenomene de I'ajustement de 
I'oeil, en se remplissant plus ou moins de sang. 

M. Ant. Morin a lu un memoire de medecine legale, 
concernant un cas douteux d'empoisonnement par I'a- 
cide hydrocyanique. Ce memoire est un contre-rapport 
qu'il a fait en commun avec M. le D'" Mayor, pour com- 
battre les conclusions des premiers experts nommes. — 
Les experiences, faites en commun avec MM. Prevost , 
Gosse et Le Royer, sur les lapins, ont montre que 



280 

I'acide hydrocyanique introduit dans iin cadavre peut 
en p^netrer tons les organes sans le concours de la vie. 
M. le D*" Lombard a lu quelques fragments d'un me- 
moire qu'il a redige conjointement avec M. le D'" Faucon- 
net , sur la fievre typhoide. II etablit par des recherches 
statistiques que la mortalite de la fievre typhoide est en 
raison directe de I'age , et qu'elle est moins meurtri^re 
chez les femmes que chez les hommes. L'auteur signale 
plusieurs faits relatifs a la transmission de cette maladie 
par contagion. 

BOTANIQUE PHYSIOLOGIE VEGETALE. 

M. le professeur De Saussure a lu un memoire sur la 
germination des plantes oleagineuses. Ses experiences ont 
porte sur la graine de chanvre , de choux colza et de 
Madia saliva. Les graines impregn^es d'eau ont et^ ex- 
posees dans une cuve amercure contenant250cm.3 d'air. 
Lorsque les graines ont commence a germer , l'auteur a 
determine la quantite d'oxygene absorbee et d'acide car- 
bonique produit; il a aussi analyse les graines apres un 
commencement de germination, et il communique les 
resultats de ces differentes analyses qui lui ont montre 
que Facte de la germination produit du sucre et detruit 
de I'huile dans la graine. 

M. Edmond Boissier a lu une note sur son voyage 
dans I'Anatolie. Ge pays est peu connu sous le rapport 
botanique, il n'a jamais ete etudie en detail et il a offert 
a l'auteur un tres-grand nombre d'especes nouvelles sur- 
tout de legumineuses. 



281 

MINERALOGIE. — GEOLOGIE. 

M. Alp. Favre a lu un memoire siir la geologie des 
iles des Cyclopes qu'il a recemment visitees , et a pre- 
sente une collection des mineraux de ces iles qu'il a re- 
cueillis dans son voyage. 

Le meme a lu un travail tres-elendu, intitule: Comi- 
derations geologiques sur le Mont Saleve et sur les terrains 
des environs de Geneve. Ge travail fait partie du Tom. X 
des Memoires de la Societe. 

Le meme a lu un memoire sur des especes fossiles 
nouvelles du genre Diceras qu'il a trouvees a Saleve 
(Memoires de la Societe, Tom. X.). 

M. De Luc a lu une note sur les groupes ou amas de 
blocs de granite places autour de la pointe d'Ornex qui 
termine la chaine des aiguilles de Chamouni au nord- 
est. II croit que ces aiguilles ont ete le centre de depart 
des granites qu'on observe entre Orsieres et le col Ferret, 
ceux du Plan-y-beu au sud-est, ceux de Levron au nord- 
est, ceux de la Vallee de St-Branchier et ceux de la 
Vallee de Ghampeix au-dessus de Martigny. La compo- 
sition uniforme de ces amas prouve qu'ils ont une ori- 
gine uniforme qu'il faut placer aux aiguilles d'Ornex 
composees du meme granite. L'auteur assigne comme 
cause au dispersement de ces immenses debris le souleve- 
ment de toutes les aiguilles accompagne de la sortie d'une 
immense quantite d'eau. 

Ce resume a ete approuve par la Societe cantonale de 
physique et d'histoirenaturelle, dans sa seance du 6 juillet 
1843. 

Elie RiTTER, secretaire. 



D. 
EXTRAIT 

l>liS SEANCES DE LA SOCIETE CANTONALE DES SCIENCES NATURELLES 
DE NEUCHATEL. 



PHYSIQUE DU GLOBE. 

16 novembre 1842. — M. Agassiz commence I'ex- 
pose de ses observations sur les glaciers, pendant un 
sejour sur le glacier inferieur de I'Aar , aiix mois de juil- 
let, d'aout et de septembre 1842. Apres avoir donne 
un resume des progres generaux de cetle science nou- 
velle, il aborde la question de la stratification , et de- 
montre que tons les glaciers sont stratifies , non-seule- 
ment dans les regions superieures du neve , mais encore 
dans celles du glacier proprement dit , la oii la glace est 
la plus compacte. II decrit les differentes modifications 
que ces couches , d'abord horizontals , subissent dans 
le cours du glacier , et attribue leur forme arquee a ce 
que le milieu du glacier marche plus vite que les bords. 
II decrit ensuite les modifications qui resultent pour la 
stratification , de la rencontre de deux ou plusieurs gla- 
ciers dans un lit commun , comme cela a par exemple 
lieu au glacier inferieur de I'Aar. 

30 novembre 1842. — M. Agassiz continue I'expose 
de ses recherches sur les glaciers. II Iraite des pheno- 
menes des handes bleues qui , selon lui , ne sont autre 



2SB 

chose que de la glace d'eau congelee dans les fissures 
et les crevasses. Si cette glace contraste dune maniere 
iranchee avec la glace ordinaire du glacier, c'est parce 
que cette derniere contient beaucoup plus d'air , ce qui la 
rend opaque. II fait remarquer que le plienomene des 
bandes bleues est limite a un espace determine ; que ja- 
mais il ne s'etend au neve proprement dit, parce qu'ici la 
masse est encore trop peu compacte pour retenir I'eau 
dans ses fissures. Les bandes bleues s'efFacent egalement 
dans les regions inferieures du glacier ou , par suite de 
rinfihration continuelle, la masse entiere estenquelque 
sorte transformee en glace bleue ou glace d'eau. II fait 
voir que I'opinion qui attribue les bandes bleues a une 
inegalite de vitesse des differentes parties du glacier, 
est denuee de tout fondement. 

M. Agassiz a reconnu, par des mesures exactes faites 
de concert avec M. Tingenieur Wild , que la marche 
du glacier est inegale dans les differentes regions, et 
qu'au glacier inferieur de I'Aar, le mouvement a ete beau- 
coup plus lent pres de I'extremite qu'a I'hotel des Neu- 
chatelois , qui est a deux lieues en amont. M. Agassiz a 
egalement reconnu que, contrairement a son opinion, 
le centre du glacier se meut plus rapidement que les 
bords. II mentionne les experiences qu'il a faites pour 
connaitre le mouvement relatif de la glace dans les diffe- 
rentes directions, et a trouve, au moyen d'un grand 
triangle , mesure pres de I'hotel des Neuchatelois , que 
tandis que la glace se dilatait dans le sens longitudinal 
du glacier, elle se contractait dans le sens transversal. 
II passe ensuitc a la description du plienomene des trom 



284 

meridiens, dont M. F. Keller, de Zurich, a le premier 
reconnu la regularile et qu'il explique d'une maniere tres- 
satisfaisante , en les attribuant a raclion du soleil siir les 
parcelles de gravier qui recouvrent la surface de la glace. 

M. Desor donne un resume du memoire de M. Bra- 
vais, sur les lignes d'anciens niveaux de la mer dans le 
Fimmark, d'apres le rapport de M. Elie de Beaumont. 

21 decemhre 1842. — M. Agassiz discute quelques 
fails observes dans le Jupa , relatifs a la distribution des 
blocs erratiques ; d'ou il resulte pour lui la preuve que 
le Jura a eu ses glaciers propres, et il pense que ces gla- 
ciers ont du persister encore quelque temps apres que 
la grande nappe de glace, qui recouvrait la plaine Suisse, 
avail deja disparu. II altribue en particulier a des gla- 
ciers ces espaces degarnis de blocs et de galets qu'on 
Irouve ca et la sur les flancs du Jura, et qui ont I'air 
d'avoir ete balayes de haul en bas, comme on en voit un 
exemple frappant a la Dole. 

M. Guyot ne pense pas que les glaciers jurassiques 
aient persiste apres la disparition de la nappe de glace 
qui recouvrait la Basse-Suisse , car dans ce cas Texlre- 
mite de ces espaces balayes devrait elre indiquee par une 
moraine frontale alpine. Or de pareilles moraines fron- 
tales n'existent pas , du moins pas a la Dole. En revan- 
che, on y reconnait une moraine longitudinale, composec 
de roches jurassiques qui ont jusqii'a cinq et six picds 
de dianietre. Gelte moraine nest point cinlrce, mais 
elle s'etend sur une longueur de plusieurs lieucs vers 
Divonne au S.-O., ou commencent de nouveau les galets 
alpins. 



285 

M. Agassiz affirme, de son cote, avoir vu ime moraine 
cinlroe a la dent de Vaulion. 

M. Desor rend compte des essais de draguages que 
M. E. Forbes a fait dans I'archipel des Cyclades, jusqu a 
uneprofondeur dedeux cents a deux cent vingt brasses, 
et d ou il resulte qua ces profondeurs le fond de la mer 
est tres-homogene, et que les animaux qu'on y trouve 
sont tres-semblables sur de grands espaces. 

21 decembre 1842. — II est donne lecture d'une 
letlre de M. Nicolet, de la Ghaux-de-Fonds , sur une 
Ineur particuliere qui a ete observee a la Gliaux-de- 
Fonds, le 24 novembre. « J'ai observe, ecrit M. Nicolet, 
a 4 heures du soir, un phenomene bien curieux. Par 
une temperature de -f 3« C. et un vent du S. 0., la neige 
lombait abondamment ; le ciel etait par consequent invisi- 
ble, les lampes et les cbeminees etaientdejaallumees dans 
lous nos ateliers. Tout-a-coup une lumiere jaunatre appa- 
rut; elleavaitdel'analogieavec la lumiere de I'incendie 
reflechie pendant la nujt ou avec la lueur jaunatre, trem- 
blotlante et ondulee d'un corps plus phosphorescent. Elle 
fatiguait la vue, non par son eclat, mais par le mouvement 
que lui impnmaient les flocons de neige. Ce phenomene 
duraplus d'une demi-heure; cette lumiere jaune etait assez 
Vive pour fa.re palir celle des lampes, qu on a du eteindre. 
J attribuece phenomene a la phosphorescence de la neige . 
28 decembre 1842. - Discussion sur les anciens 
g^ac^ers jurassiques, a propos de la communication de 
M. Guyot, faite dans la precedente seance. 

^Janvier 1843. - M. Agassiz rend compte des ob- 
servations qu'il a faites a I'hotel des Neuchatelois sur 



286 

I'elat de la iieige dans ies differentes conditions atmos- 
pheriques et sur la forme qu'elle affecle au moment de 
sa chute. Ordinairement elle y tombe sous la forme de 
petits grains agglomeres en flocons , absolument comme 
dans la plaine. Quelquefois , il est vrai , il a vu , par 
de fortes bourrasques , la neige tomber en petits grains ; 
mais il pense que ces grains resultent uniquement du 
frottement que Ies flocons eprouvenl , lorsque le vent Ies 
roule sur Ies rochers ; car quand on Ies examine a la 
loupe on Ies trouve composes des memes petits cristaux 
que Ies flocons ordinaires , et ils n'ont pas le moindre 
rapport avec Ies grelons. II a observe la neige, pour voir 
comment elle se transforme en neve et il s'est assure que 
toute espece de neige est propre a devenir du neve , fut- 
elle meme excessivement poudreuse ; car il suffit de quel- 
ques jours de soleil pour donner a une couclie de neige 
I'apparence grenue du neve. II en conclut par conse- 
quent que Ies grains de neve ne tombent pas sous cette 
forme dans Ies Alpes. II pense, d'apres Ies observations 
de M. Desor, que I'eau resultant de la fonte superficielle 
nest pas etrangere a la formation des grains de neve. 

M. Desor ajoute qu'en examinanl la tranche d'une 
couche de neige sur laquelle le soleil a agi quelques 
jours , on trouve la couche entiere traversee par des ca- 
naux dans lesquels circule lean provenant de la surface , 
et que Ies espaces intermediaires sont deja enlierement 
transparents comme Ies grains de neve. II se demande, 
des lors, si Ies grains de neve ne sont pas occasionnes, 
en partie du moins , par Ies debris de cette couche ainsi 
creusee et rendue transparente par I'eau. Ce qui est cer- 



287 

tain , c'est que les grains de neve sont d'abord tres-pe- 
tits et qu'ilsvont en grossissant a mesure qu'ilsvieillissent 
et que de nouvelles parcelles d'eau viennent se congeler 
autour du noyau primitif. II fait observer a ce sujet que 
le neve dune annee a de plus gros grains que celui qui 
n'a que quelques mois et que les grains sont aussi ordi- 
nairement plus volumineux dans les grands cirques qui 
sont le veritable berceau des glaciers que sur les soni- 
mites et les flancs des aretes plus elevees. 

M. Agassiz ajoute encore quelques observations sur 
la transformation du neve en glace et sur les modifications 
que les bulles d'air subissent dans le cours du glacier. 
Souvent les bulles sont entourees d'une areole distincte, 
a bords franges. Si Ton expose im morceau de glace con- 
tenant de pareilles bulles pendant quelques instants a 
Taction du soleil , on voit bientot les bulles se mouvoir 
dans I'eau et remonter au sommet des areoles. M. Agassiz 
attribue Ces effets k une action diathermane. 

4 Janvier 1843. — M. Guyot rapporle que les brouil- 
lards qui ont regne dans la plaine k la fin de novembre 
et au commencement de decembre lui ont fourni I'occa- 
sion de faire quelques verifications sur I'influence qu'exerce 
sur les nivellements barometriques un etat de tempera- 
ture almospherique aussi anormal qu'il I'etait alors. M. 
Guyot trouva la temperature de lair a Neucbatel +1,0; 
elle etait de 0,0 ii la limite du brouillard, a 850^ au- 
dessus du lac. — Une centaine de pieds au-dessus du 
brouillard, la temperature de I'air marquait deja + 7,0. 
Elle etait de + 10,2 au signal de Ghaumont , au coucher 
du soleil. En admettant , comme d'ordinaire , que la 



288 

(lemi-somme des temperatures des deux stations , supe- 
rieure et inferieure (signal et Neuchatel ) , represente la 
vraie temperature moyenne de toute la couche interme- 
diaire , on commettrait ici une erreur grave en moins qui 
devrait sensiblement abaisser lechifFre de la hauteur. Cest 
ce que montre en efFet I'observation direcle faite sur le 
signal de Chaumont. Comparee a la hauteur trigonome- 
trique d'Osterwald , qu'on pent considerer comme tout-a- 
fait rigoureuse, elle presente une difference de hauteur 
d'environ 3 metres, tandis qu'en coupant par une sta- 
tion intermediaire les deux couches d'air de temperature 
si differente au-dessous et au-dessus de la limite des 
brouillards et calculant la hauteur de chacune d'elles a 
part , leur somme coincidait a moins dun decimetre pres 
avec lamesure trigonometrique. Gette observation donnait 
ainsi la limite d'erreur a laquelle on s'expose en operant 
dans des circonstances pareilles, qui ne sont pas rares dans 
nos contrees. 

M. Desor rapporte qu'etant a Chaumont au commen- 
cement de decembre, alors que toute la plaine etait re- 
couverte de brouillard, il fut frappe d'un phenomene 
tres-curieux que presentait la neige sur tout le sommet 
de la montagne. La surface de la neige etait entamee par 
une quantite considerable d'enlailles a peu pres horizon- 
tales de quatre ou cinq pouces de large et de plusieurs 
pouces de profondeur, comme seraient des cavites que 
Ton aurait faites en introduisant des tuiles dans la neige. 
II y en avait jusqu'a cinq et six sur Tespace d'un pied 
carre. Mais ce qui etait surtout frappant , c'est que toules 
ces cavites etaient lournees au S. ou au S.O., tandis qu'il 



289 

uy en avail aiicune toiirnee a lest et au nord. Leiir direc- 
tion coirespondail par consequent a la plus grande cha- 
leur du jour. Peut-etre aussi sont-elles occasionnees par 
une influence particuliere du vent. — M. Coidon ajoute 
qu'il a rencontre le meine plienomene avec les memes 
caracteres au sommet et sur la cote de Ghaumont. 

iH Janvier 1843. — M. d'Osterwald offre a la Societe, 
pour etre public dans le procbain volume de ses memoi- 
res , un travail sur Ihypsometrie du pays de Neucbatel, 
comprenant la bauteur des points les plus importants de 
son relief, determines trigonometriquement. 

M. Ladame fait un rapport verbal sur ce travail. 

Apres avoir indique les deux formules employees dans 
les calculs, Vaplatissement lerrestre, le coefficient de refrac- 
tion et les raijons de courbure admis par M. d'Osterwald, 
il apprecie et discute la valeur de tons ces elements, il en 
reconnait I'exactitude rigoureuse et conclut en demandant 
que tons les elements de ce beau travail soient livres a 
I'impression avec les hauteurs elles-memes, afin que la 
confiance parfaite qu'il merite soit mise dans tout son 
jour. 

M. d'Osterimld donne lecture de quelques-uns des 
resultats obtenus par lui, qui peuvent fairejugerde I'exac- 
titude des operations qui leur servent de base. 

Ainsi, le signal de Cliauniont a. ete mesure 19 fois 
dans les circonstances les plus diverses et partant de 
points differents ; chaque observation a ete repetee quatre 
a six fois. Les discordances cependant n'ont jamais de- 
passe les decimetres. — Signal de Concise. Les douze 
observations, dont six de bas en haut et autantdehaut 

20 



290 

en bas, ne dilfeieiU enlre elles que de fractions de piecf. 
— II en est de meme du Creux du Vent et de tons \es 
autres points fondamentaux. 

Les hauteurs verifiees les unes par les aulres, par une 
multitude de repetitions et parlant de points differents, et 
ne presentant cependant que des differences minimes 
entre elles, forment un vaste reseau de points bypsome- 
Iriques, dont la fixation peutelre regardee comme aussi 
rigoureuse que peut la fournir I'etat acluel de la science. 

Get ensemble est parfaitement independanl des poinis 
sur lesquels il s'appuie , et d'ou resulte le chiffre de la 
hauteur absolue de chacun d'eux. La hauteur de ces 
points , tels que Ghasseral et Chaumont, a ete empruntee 
aux travaux des Frangais, et c'est par ce moyen qua ete 
fixee la hauteur du Mole auquel se i-apportent toules les 
mesures de M. d'Osterwald. 

La variation qu'a subie dernierement la hauteur de ce 
point de repere general , ainsi que celle de notre lac , 
variation qui a ete indiquee par M. d'Osterwald dans le 
second volume des memoires de la Societe de Neuchalel, 
provient d'une correction faite par les ingenieurs fran^ais 
a la hauteur du Ghasseral, et n'infirme en aucun point les 
resultats de M. d'Osterwald , qui forment un tout in- 
dependant, et dont les rapports avec ce point restent les 
memes. 

A celte occasion, M.Ladamepresenle quelques consi- 
derations nouvelles sur I'etal barometrique de I'atmos- 
phere, aux diverses latitudes et sur la mesure des hau- 
teurs par le barometre , qu'il se reserve de developper 
plus tard. 



291 

M. Ladame appuie par quelques observations nouvelles 
les idees qii'il a presentees precedemment sur le givre. 
Les brouillards de decembre dernier lui ont fourni Focca- 
sion de constater de nouveau que le givre se depose sur 
les corps , toujoiirs du cote d'oii vient le courant d'air. — 
Ainsi en decembre une legere bise ayant regne , le givre 
s'etait accumule sur le cote est des branches sans qu'il y 
en eut presque la trace a I'ouest. — Le vent ayant repris 
legerement, le givre se deposa egalement dece cote; la 
oil se fit sentir le joran , le givre se montra au nord. 

M. Ladame , enfin , considere ces brouillards glaces et 
le givre, etc., comme un phenomene de precipitation ana- 
logue a celle qui a lieu dans une dissolution saline. G'est 
ainsi qu'il I'a explique Tan dernier. Seulement il est diffi- 
cile a dire pourquoi le givre ne se depose pas en longs 
appendices sur les corps gros , mais seulement sur les ex- 
tremites effilees et les corps greles. L'opinion de Pelletier 
(memoire sur les brouillards), qui voitla un faitelectrique, 
lui semblerait peut-etre la plus probable, et place les 
observateurs dans la bonne voie pour arriver a une so- 
lution. 

M. Agassiz observe que le brouillard n'est pas loujours 
humide; mais dans les hautes regions il se compose de 
petites aiguilles de glace. II serait important a constater 
le niveau ou le phenomene commence a avoir lieu d'une 
maniere habituelle. M. Agassiz chercherait a attribuer 
a une cause de cette nature la forme poudreuse que pre- 
sente souvent la neige des hautes montagnes. II rappelle 
le brouillard glace qu'il vit du haut de la Jungfrau monter 
de Lauterbrunnen. 



292 

M. Desor considere le broiiillard glace comme tin fait 
tres-frequent dans les montagnes. II croit poiivoir placer 
dans cette classe de phenomenes ces broiiillards qui en- 
veloppent parfois les haiites cimes (par exemple le Mont- 
Blanc), lorsque les montagnards disent qu'il fume sa pipe, 
et que Saussure, qui rapporte ce fait, croyait etre de la 
neige poudreuse. M. Desor ne croit pas a cette explica- 
-tion de Saussure , car ces sommites , loin de presenter 
line neige poudreuse a la surface, sont couvertes dune 
croiite dure provenant de la fonte superlicielle. 

1 mars 1843. — M. le president annonce le relour 
de M. Tschudi, naturaliste du niusee, et fait lecture d'une 
courte relation de son voyage, qui lui a ete reraise par 
le voyageur lui-meme. 

M. Wild^ ingenieur, presente un dessin topographique 
d'une bande transversale prise sur le glacier de I'Aar, 
destinee a montrer , sur une grande echelle , les details 
de la structure superficielle de ce glacier , des fenles qui 
toutes ont ete rigoureusement mesurees, des bandes bleues, 
des coucbes el de leur direction , en un mot a en repro- 
duire une image d'une parfaite exactitude. Ce beau tra- 
vail , qui est le complement de la carle du glacier de 
I'Aar, levee par le meme auteur avec lant de perfection, 
est accompagne de plusieurs profds qui mettent en relief 
toutes les dimensions principales du glacier. 

15 mars 1843. — M. Guyot presente une carte du 
lac de Neucbatel , sur laquelle il a trace plusieurs coupes 
transversales , resultat de quelques centaines de sondages 
qu'il a fait I'ete dernier dans la partie orientale du lac , 
et d'un grand nombre d'aulres qui ont ete executes, a sa 



293 

priere, dans la parlie occidentale du lac, par M. le comle 
Henri de Pourtales-Gorgier. Ces mesures font connaitre 
avec precision la structure de cette vallee sous-lacustre, 
sur laquelle M. Guyot annonce un memoire detaille. 

5 avril 1843. — M. //. Nicolet lit la premiere partie 
d'un essai sur la possibilite de changements successifs 
dans I'inclinaison de I'axe terreslre , comme cause secon- 
daire des revolutions geologiques du globe et des divers 
changements de temperature que ce globe parait avoir 
I'prouve a differentes epoques. 

En comparant I'iaclinaison de I'axe dans chaque pla- 
Mcte, avec le peu que nous connaissons sur leur consti- 
tution physique, dit M. Nicolet, on trouve ce fait remar- 
quable, que-l'inclinaison de I'axe de chacune d'elles est 
a peu pres en raison directe de sa densite et en raison 
inverse de son volume. Les planetes les plus petites sont 
celles qui ont la densite la plus grande et ces planetes 
sont aussi celles dont la surface parait avoir eprouve le 
plus de changements par suite de commotions interieures. 
D'un autre cote, les planetes qui offrent les plus grandes 
asperites, sont aussi celles dont I'inclinaison est le plus 
considerable; ainsi Mercure et Venus, dont lesmontagnes 
les plus elevees sont egales, pour la premiere, a la I26"»« 
de son rayon, el pour la seconde, a la 144™% ont une 
inclinaison telle, que leur equateur est presque perpen- 
diculaire au plan de leur orbite. Mais ce qui est surtout 
remarquable, c'est que ces hautes montagnes, dans ces 
deux planetes, se trouvent dans I'hemisphere austral, c'est- 
a-dire dans la partie de chaque globe inclinee vers le 
soleil. 



294 

M. Nicolet pense que la difference d'inclinaison des 
axes planelaires n'est due qu'a une inegalile dans le poids 
relatif des hemispheres austral et boreal de chaque globe, 
et que pour les planetes citees plus haul , cette difference 
provient des hautes monlagnes siluees preclsement sur 
la parlie la plus pesante de chacune d'elles. II en conclut, 
pour ces deux planeles du moins , que leur axe devait 
avoir une direction differente relativement au soleil, a 
I'epoque oii ces monlagnes n'etaient pas encore formees. 

Remontant par analogic aux planetes superieures, il 
pense que la prcsque perpendicularile de I'axe de Ju- 
piter tient a une distribution plus egale de la matiere 
de chaque cote de son equateur, egalite due a un refroi- 
dissement peu avance compare a celui des aukes planetes. 
Si nous supposons, dit-il , que toutes les planetes ont ete 
formees en meme temps , et que depuis I'epoque ou la 
terre a commence a se refroidir, jusqu'a ce jour, sa croute 
solide ait pu acquerir une epaisseur de 20 lieues , dan^ 
Jupiter, dont le volume est 1333 fois plus grand que 
celui de notre globe, cette croute n'aurait pas encore 
atteint une lieue , tandis que dans Mercure , dont le dia- 
metre est a peu pres le tiers de celui de la terre , cette 
croute pourrait avoir une epaisseur a peu pres double de 
celle de notre globe. Or si I'elevation des monlagnes est 
en proportion de la resistance que la croute solide op- 
pose aux forces interieures , il est evident que les mon- 
lagnes de Jupiler ne peuvenl etre considerables et que 
la distribution primitive de la matiere de chaque cote de 
son equateur, n'a pu etre changee d'une maniere notable. 
Quant a notre globe, si meme on n'admetlait pas que 



295 

ia masse de ses montagnes soil assez considerable pour 
que leur inegale repartition ait pu, a elle seule, exercer 
une notable influence sur I'inclinaison de son axe, en 
troublant I'equilibre des deux hemispheres , cependant on 
doit accorder que chaque soulevement un peu conside- 
rable a du changer la distribution des eaux marines a sa 
surfece. Ges parties mobiles jetees tantot sur un hemis- 
phere , tantot sur Tautre , ajoutant leur propre poids a 
celui de 1 hemisphere surlequel elles s'arretaient, durenl 
chaque fois changer Ja direction de I'axe terreslre par 
rap[X)rt au soleil. Or ce poids pent ^tre approximative- 
ment evalue. En supposant aux mers de Themisphere sud 
une profondeur moyenne de 3000 metres, M. Nicolet 
trouve que le poids de ces mers serait environ la 525 5-56™" 
partie du poids total du globe. Maintenant, si nous con- 
siderons qu'une bonne balance Fortin , construite pour 
peser jusqu'a un kilogramme, trebucheaun milligramme, 
c'est-a-dire a la millionieme partie de ce }X)ids , il n'est 
pas hors de vraisemblance d'admettre que I'inclinaison 
actuelle de Taxe est due a cet exces de poids qui porte 
precisementsursonextremite la plus rapprochee du centre 
desmouvementsde notre planete. Mais comme cesmemes 
eaux qui couvrent aujourd'hui I'hemisphere sud, ont 
convert jadis I'hemisphere nord, M. Nicolet pense que 
leur action sur I'inclinaison de I'axe du globe devait 
etre alors en sens inverse de Taction actuelle. 

M. de Rougemont fait une communication verbale 
sur les progres de la geographic de I'Afrique meridio- 
nale, depuis la publication de la carte de Berghaus 
(1826), et de I'ouvrage de Gh. Kilter. II en resulte que 



296 

lidee dun immense plateau compacle, emise par ce der- 
nier geographe, doit etre modifiee par les d^couvertes 
recentes des voyageurs, et que dans cette masse, que Ton 
croyait indivise, il semble necessaire de distinguer plu- 
sieurs massifs de terrains eleves , separes entr'eux par 
de profondes depressions qui ont servi de routes ordi- 
naires aux migrations des peuples de ce continent. C'est 
ainsi que le plateau de I'Orange , le massif de Lupala , 
la presqu'ile de Quardafui, le plateau Abyssinien, celui 
de Mandara et des Ambos, et celui des Mandingues, 
semblent elre tous plus ou moins isoles les uns des au- 
ires par des lignes de depression indiquees par les 
tleuves du Niger, du Nil et d'autres fleuves jnoins 
connus. 

19 avril 1843. — M. Guyot rend compte du memoire 
de Dave, sur la comparaison du climat d'Europe avec 
celui de I'Amerique septentrionale , et les causes de leur 
difference. 

3 mai 1843. — A I'occasion du rapport de M. Elie 
de Beaumont, sur les recherches geologiques de M. de 
Castelnau dans I'Amerique septentrionale , et parliculie- 
rement sur le terrain erratique, M. Gmjot elablit une 
comparaison enlre I'extension du phenomene erratique 
de I'Amerique du nord et celui du nord de I'Europe. II 
remarque : 

I*' Que dans TAmerique du nord, le terrain errati- 
que s'etend jusques au 35*^ L. N. , tandis qu'en Europe 
les blocs scandinaves ne depassent pas le 50^ L. N. 

2** Que ce fait coincide d'une maniere remarquable 
avec celui de la temperature, relativement plus basse. 



297 

ties coiitrees de rAmerique clu nord, coraparee a cclle 
des pays d'Eiirope, situes sous une meme latitude; 
rapport qui est si hautement exprime par la forte in- 
flexion que subissent les isothermes en passant de I'Eu- 
rope dans TAmerique septentrionale. 

3** Que malgre cette diff'erence dans Texteiision me- 
ridionale , la distance des blocs extremes relativement a 
leur point de depart est la meme dans les deux pays. 
En Europe, partant de 60^, ils s'avancent jusqii'au 
50« L N. 

En Amerique, c'est du 45*^ au 35^ L. N. Dans I'un 
et I'autre cas, c'est un rayon de 10° de latitude ou 250 
lieues. 

M. Agassiz rappelle les observations plus completes 
du geologue americain Hitschkock sur ce sujet, entre 
autres sur les roches polies et striees , que ce savant 
altribue sans hesitation a Taction des anciens glaciers. 

17 mat 1843. — M. Ladame lit une note sur les 
conditions des transformations de la neige fine et pou- 
dreuse en neige grenue , et de celle-ci en glace compacte. 

II expose d'abord avec detail les trois faits suivants : 

I*' La formation et la constitution des stalactites gla- 
ces, resultant de la fonte de la neige par le beau temps, 
et des nuits froides qui suivent. 

2° La formation et la constitution des taches neigeu- 
ses que Ton observe dans les. campagnes au printemps, 
lorsque la fonte a lieu, comme cela vient d'etre dil, par 
des journees chaudes suivies de nuits froides. 

3° Les diverses transformations qu'eprouve le givre , 
(jui se depose sur les arbres lorsque la temperature so 



298 

maintienl dans le voisinage de zero el qu'il y a uiie Ibnle 
partielle, mais non complete. 

On pent conclure de ces fails : 

1*^ Que la transformation de la neige farineuse en 
neige grenue , et de cette derniere en glace compacte , 
est due a une propriete crystallographique que la glace 
possede a un plus haut degre que les aulres corps, sa- 
voir, de subir des changements de forme tres-nombreux 
par des variations de temperature dans le voisinage de 
la glace fondante, de maniere qu'il y ait successivement 
liquefaction partielle et congelation. 

2" Que partout oii Von observe de la neige grenue, 
passant pen a pen a Vetat de glace compacte , il faut en 
conclure qua une certaine epoque la masse entiere a ete a 
la temperature de zero. 

M. Ladame applique ensuite ce pVincipe a la theorie 
des glaciers. 

Les glaciers se formenlcomme cela a ete demontre par 
les observations de divers savants, par les transformations 
de la neige qui la font passer pen a peu a I'etat grenu ou 
de neve, et de celui-ci a I'etat de glace compacte. Des lors, 
en leur appliquant le principe precedent, nous serons 
conduits a penser que dans ces circonstances la tempera- 
ture a du s'elever a zero a une certaine epoque. 

On comprend, des lors, que I'existence et la formation 
des glaciers sont subordonnes a certaines conditions 
climateriques, de maniere qu'il est possible d'expliquer 
leur etendue et la nature variable de la glace qui les 
compose, lorsque Ton connait ces conditions climateri- 
ques. Mais pour le faire avec plus de certitude, il est 



299 

necessaire de tenir comple dun aulre principe qui re- 
sulte d'une proposition que M. Ladame demontre et qu'il 
enonce en ces lermes : 

Lorsquune grande masse de glace on de neige estplacee 
sous des conditions climateriques telles, que la temperature 
superficielle s'eleve par intervalle au point de fusion , les 
causes de rechauffements sont plus actives que les causes de 
refroidissement , quant a Vinterieur du glacier. 

II discule a cet effet ce qui esl relatif a la chaleur la- 
tente de la glace a sa diathermaneite et a sa conducibilite 
pour la chaleur. 

La temperature a laquelle tombe la neige et sa quan- 
tite , aussi bien que la duree et I'intensite des froids au- 
dessous de zero , ont une puissante influence sur le 
developpement des glaciers et sur la nature des masses 
solides qui les composent. Ainsi, on pent expliquer 
pourquoi la limite des glaces eternelles s'abaisse d'une 
maniere si rapide a mesure que Ton marche de I'equa- 
teur vers les p6les , comme I'a observe M. Leopold de 
Buch. Gar dans les hautes latitudes, la neige tombe a 
une temperature plus basse que dans le voisinage de I'e- 
quateur, et les causes rechauffanles agissent d'une ma- 
niere moins puissante et avec moins de continuile. Les 
masses glacees polaires doivent etre des lors plus com- 
pactes, et s'etendre plus bas dans les vallees. 

II resulte encore, de la, que le phenomene des bandes 
bleucs est tres-probablement un fait superciel el ne s'e- 
lendant pas a la masse enliere du glacier, au moins 



dans les regions oii elles se forment. 



Le mouvemenl des glaciers pourra dependre, suivant 



300 

les cas, ou dela congelation de I'eauqui s'introduit dans 
leur masse , ou bien de la raobilile a laquelle donne lieu 
I'eau qui les penetre , lorsqu'elle est restee a I'etat liquide. 

CHIMIE. 

jer ^g'|;ney. 1843. — M. Ladame fait lecture d'une note 
de M. F. Sacc fils, sur quelques-unes des causes chimiques 
qui, dans la fabrication des toiles peintes, peuventem- 
pecher la fixation des mordants d'alumine et d'etain. 

M. Sacc les reduit a trois principales , qu'il developpe 
successivement ; ce sont : 

1** Lalrop forte proportion du chlorure stanneux, rela- 
tivement a celle du mordant d'alumine. 

2^ L'excessive secheresse des etendages. 

3*^ Le pen de temps qu'on laisse s'ecouler entre le 
moment de I'impression et celui du degommage. 

Ad. GuYOT, prof. , secret. 

GEOLOGIE. 

16 novembre 1842. — M. Desor met sous les yeux de 
la Societe une petite carte geologique des montagnes qui 
entourent le glacier de I'Aar et le Grimsel. M. Desor s'est 
surtout applique a poursuivre la limite qui separe le gneiss 
du granit. II demontre que cette limite, qui est tres-tran- 
chee, s'etend du N.-E. au S.-O., en passant pres du 
Ritzlihorn et par I'Abschwung, de maniere que toutes les 
grandes cimes, le Schreckhorn , le Finsteraarborn , le 
Berglistock , les Wetterhorner , rEwigscbneeborn, etc., 
sont situes dans la region du gneiss. II rencontra dans 
plusieurslocalitesvoisines des points de contact, des fdons 



301 

de graiiit an milieu du gneiss, et il remarqna que ce 
graiiit des lilons elait loiijours d'une pate plus fine que 
celui de la masse principale. II existe aussi, en plusieurs 
endroits, par exemple au pied du Finsteraarhorn, des 
lilons de gneiss au milieu du granit. 

19 avril 1843. — M. Desor expose la theorie de M. 
Danvin, sur la formation des atollons et les consequences 
qu'il en deduit relativement au niveau des terres dans les 
niers australes. 

3 mai 1843. — M. Desor expose a la Sociele les 
objections qui ont ete faites par M. Maclarel a la theorie 
des atollons de M. Darwin, et la reponse qui a etefaite 
a ces objections par I'auteur. 

E. Desor. 

BOTANIQUE. 

l^*" fevrier 1843. — M. Vogt ayant examine au mi- 
croscope les taches noires qui s'etaient formees depuis 
quelques semaines sur les murs de la maison des orphe- 
lins de Neuchatel, a reconnu qu'elles etaient formees par 
une espece d'algue cloisonnee. On reconnait d'une ma^ 
niere tres distincte au microscope les sporules qui occu- 
pent I'interieur des chambres. 

ZOOLOGIE. PHYSIOLOGIE. ANATOMIE. 

jer ^^|Tn>r 1843. — M. Vogt entretient la Societe des 
differences que presente la structure microscopique des 
dents des vertebres, dont I'etude est aujourd'hui de la 
plus grande importance pour la determination des espe- 
ces , et surtout des especes fossiles. 



302 

On pent (.llslinguer dans la structure des dents des 
animaux, plusieurs types tres-distincls. Les dents des 
mammiferes sont loutes construites sur le meme plan, 
nialgrc les differences qu'elles presentent dans leur forme 
exterieure. Elles ont toutes au centre nne cavite qui re- 
pele plus ou moins le contour de la forme exterieure. 
Celte cavite est entouree d'une substance tres-dure et 
cassante, la dentine. Cette dentine est elle-meme tra- 
versee par de nombreux petits tubes qui sont a angle 
droit avec I'axe vertical de la cavite centrale el qui se 
multlplient en se ramifiant vers la surface. Lorsqu'on 
traite la dentine a I'acide, on voit s'en degager une quan- 
tite de buUes d'acide carbonique qui partent surtout de 
ces tubes , d'ou Ion a conclu qu'ils servaient a distru- 
buer la substance calcaire dans toutes les parties de la 
dent; c'est pourquoi on leur a donne le nom de tubes 
calciferes. Par dessus la dentine est etendue la coucbe 
d email qui manque a la racine et qui est formee , dans 
les mammiferes, de petits prismes encbass^s les uns 
dans les autres comme des coins. II y a cependant quel- 
ques mammiferes, les Rongeurs par exemple, cbez les- 
quels la cavite des dents molaires n'est pas simple , mais 
presente des sinuosites diverses. Lorsque ces sinuosites 
sont si serrees qu'elles se touchent , les espaces qu'elles 
circonscrivent se remplissent dune substance particu- 
liere tres-dure qu'on appelle le ciment. 

La meme structure exisle dans les reptiles a I'excep- 
tion des Icbtliyosaures et des grands Batraciens fossiles. 
Dans ces animaux , la dentine est pbssee comme cbez 
les rongeurs, et I'email suit les memes contours autour 



303 



Je la dentine. Un fail digne de remarque, e'est qne les 
saunchthys, qui sonl des poissons des plus anciennes 
lormahons, presentent la meme struclure 

Un second type est celni oi, il y a plusienrs eavites 
dans une senle dent. Dans ce cas, chaque cavite a son 
• systen.e parliculierde dentine et se presente sous la forme 
d un trou rond sur une coupe horizonlale. Ce type est 
celu, de tons las poissons broyeurs; par une exception 
tort rare , d se retrouve aussi dans un mammifere , rorvc- 
terope. -^ 

Un autre type est celui of. la dentine est Ires-homo- 
gcne et ou les eavites medullaires ont disparu pour faire 
place a des canaux tres-iins qui forment des anastomoses 
tres-nombreuses et Ires-variees. Cette structure est par- 
t.eul,ere aux requins et a certains poissons ossenx. 

M. Vogt fa.t remarquer que les distinctions necessitees 
par les differences de la structure microscopique com- 
cident d une maniere frappante avec les divisions etablies 
par M. Agassiz dans les poissons fossiies, dapres les 
lormes exlerieures de dents isolees 

!".««« 1843. - M. Couion p^re appelle laltentton 
dela Socetesurun fossile decrit et figure par M. Gop- 
pert, dans le dernier volume des Actes de I'Academie des 
Cnneux de la nature, sous le nom de petrification enigma- 
>me (rathse hafte Versteinerung), et qui ne lui parait 
etre autre chose que le nmaiks requienimm d'Orb de 
notre neocomien. 

II est donne lecture dun memoire de M. Pietruski, 
.lans lequel lauteur rend compte des procedes qn'il a 
employes pour elever de jeunes coqs de brnyere. 



304 

M. Agamz expose !es caracteres particiiliers d'une 
coqiiille bivalve assez frequente dans le lias el qui a ele 
decrite jusqu'a present par les auteurs sous le nom d'as- 
tarte ou de cytherea trigonellaris. Depuis longtemps, M. 
Agassiz doutait que ce type fut le meme que celui des 
aslartes de nos mers; mais il n'avait pu reussir a degager 
la charniere , ces deux valves ayant toujours ele trouvees 
adherenles. M. Gressly est enfin parvenu a detacher les 
deux valves en calcinant la coquille. M. Agassiz a alors 
reconnu dans Tin terieur les caracteres suivanls: enapreinte 
du muscle aiilerieur Ires-allongee ; celle du muscle poste- 
rieur, au contraire, arrondie. L'empreinte palleale a un 
sinus pen profond, landis que ce sinus manque complete- 
ment dans les vraies aslartes. Mais le caractere le plus 
saillant reside dans la structure de la charniere; tandis 
que, dans les vraies aslartes , la valve droile porle la dent 
cardinale el la valve gauche la fossette , I'inverse a lieu 
dans I'espece fossile du lias; c'est la valve gauche qui 
porle la dent el la valve droile la fossette. M. Agassiz 
appuie des-lors la proposition de M. Roemer, de separer 
generiquemenl celle espece du lias , et il propose de lui 
donner le nom de Pronoe. Celle distinction lui parait 
d'autanl plus necessaire , que celle espece n'est pas la 
seule qui montre celle particularite , car on Irouve dans 
le corallien blanc une autre espece du meme type. 

M. Agtssiz expose quelques considerations sur les par- 
ticulariles de la structure des verlebres de plagiostomes. 
Jusqu'ici on n'avait aucun moyen de determiner les ver- 
tehres detachees de ces poissons , parce qu'on ne posse- 
dait pas de squelette entier d'aucune espece et qu'on ne 



305 
savail par consequent pas a quel ()pe .le deuls il fallai, 
les rapporler. Cesl a M. M filler, de Berlin, que M. Agassiz 
doit les renseignements qu'ilpossedeaujourd'hui, etqui 
montrent que les differenls genres ont des vertebras tres- 
differentes, qui permettent de les reconnaitre sans peine 
M. Agassiz fait passer sous les jeux de la Societe des 
vert^bres detachees de plusieurs types, qui presentent 
tous des caracteres bien tranches. C'est ainsi que les ver- 
tebres de Lamna offrenl sur toute leur peripherie des 
fissures remplies de cartilages. Les corps de vert^bres 
sonttres-courts; leur longueur n'a que la moitie de leur 
hauteur. Dans le genre Alopias, les corps de vertebres 
ont k leur bord anterieur et posterieur une lisiere lissc 
cntrelaquelleles surfaces des corps de vertebres montrent' 
de nombreuses rainures paralleles et tres-flnes. Dans le 
genre Carclmrim. les corps de vertebres sont presque 
cylindriques, un pen compiimes lateralement et plu. 
courts que hauls. Les genres Edmorimm, Notidanm 
Cmtnm et Acantlms nont jamais les vertebres ossiliees' 
en sorte qu'on ne doit pass'attendre a en trouver de fos- 
SI les. 

15 .mrs 1843. _ II est fait lecture d'un memoire 
de M. Fritz Sacc, sur les colorations animales. L'auteur 
fait remarquer que parmi les differentes matieres colo- 
rantes qu'on emprunte aux animau.v, il n'en est aucune 
qui ait ete fournie par le plumage des oiseaux, qui ce- 
pendant presente des colorations si varices. 11 est evi- 
dent pour lu, que ces colorations sont dues uniquement 
a I absence ou a la presence de la substance colorante qui 
fist le sang ou lun de ses principes, et qnelles ne sont pas 

21 



306 

un jeu de lumiere, ni le resuUat d'une alteration des tissus 
eux-memes. Chez les mammiferes, les colorations bril- 
lantes n'apparaissent que sur les parties nues de la peau, 
qui se teignent par Taction directe du sang, et elles 
n'affectent que deux formes , le rouge et le bleu. De ce 
que les plumes sont formees de la reunion de plusieurs 
poils , I'auteur en conclut que leurs proprietes physiques 
el chimiques doivent etre analogues. Or, les couleurs 
varices qu'affectent les animaux sont dues k la faculte 
qu'ils possedent d'imprimer k leur fluide nutritif, une ou 
plusieurs modifications. Cest ainsi que les bees -croises, 
les linottes et les bouvreuils perdent la couleur rouge 
de leurs plumes , lorsqu'on les nourrit exclusivement de 
chanvre. L'age influe aussi de diverses manieres sur la 
nature des teguments , et il en est de meme du sexe , 
dont I'influence est surtout marquee chez les oiseaux; 
chez les gallinaces , par exemple , les males ont les cou- 
leurs d'autant plus vives que les femelles les ont plus 
ternes. Le sang, que M. Sacc envisage commeleprincipe 
de la coloration animale , possede les trois couleurs pri- 
mitives, le bleu, le rouge et le jaune, des lors il doit pou- 
voir produire toutes les couleurs qui parent les animaux. 
Or, de ce que le sang est rouge chez tous les mammiferes 
et les oiseaux , et qu'il conserve sa couleur , quelle que 
soit leur nourriture , il s'ensuit que cetle couleur pro- 
vient d'une modification toujours identique des aliments 
ingeres. M. Sacc pense que Tazote joue un grand role 
dans la coloration. Enfin, il trouve une derniere preuve 
de la coloration des teguments par le sang dans le fait, 
qu'a I'exception de Fours polaire , du cygne commun et 



307 
du cacadou , les animaux a pelage blanc ne prennent cette 
teintequ'a la suite d'accidents ou de maladies. Si les poils 
n'ont pas la vivacite des teinles des plumes, c'est parce 
qu'ils sont infiniment moins delies et toujours humectes 
par une huile grasse, le plus souvent opaque, qui remplit 
leur canal interieur et ternit leur eclat. Cette huile agit 
aussi chimiquemenl en empechant le contact del'oxygene 
de I'air avec la matiere colorante des poils, et en s'oppo- 
sant par la a son oxidation ainsi qua sa dessication. 

19 avril 1843. — M. Vogt rend compte des recher- 
ches de M. BischofF, sur I'embryologie du lapin, qui con- 
firment a plusieurs egards les resultats auxquels il est 
arrive lui-meme par I'etude de I'embryologie du crapaud 
accoucheur (Ahjtes ohstetricans), et de la pal^e (Gorregomis 
Palwa). 

MEDECINE. 

21 decembre 1842. — M. de Castella lit une notice 
sur un cas de sphacele par congelation , qui a necessite 
I'amputation des deux jambes. Le malade a parfaitement 
soutenu ces deux operations graves , pratiquees immedia- 
tement I'une apres I'autre; aucun accident n'est venu en- 
traver le traitement cpnsecutif, les ligatures sont toni- 
bees du 9® au 12® jour, la jambe gauche etait complete- 
ment cicatrisee. Au bout d'un mois, la droite offrait en- 
core une petite plaie au centre du moignon; mais elle 
elait a la veille de se cicatriser. Ge cas offre, d'apres M. 
de Castella, trois observations pratiques importantes: 

1* La gangrene est survenue aux deux jambes sous 
I'influence d'un temperature au-dessus de zero , puisque 



308 

autour du rnalade il n'y avail ni pluie ni neige, et que ses 
Y^temenls n'etaient point roides. Le malade assure que 
la pluie est tombee sur lui t(«ite la nuit; ses jambes, a 
demi nues, avaient ete ainsi exposees a une irrigation con- 
tinue dont I'efFet a ete de susprendre la circulation dans^ 
les vaisseaux capillaires et d'amener la gangrene. Deja 
on a signale des cas de gangrene survenus a la suite 
d'irrigations trop froides ou trop longtemps soutenues. 
Les chirurgiens doivent etre sur leurs gardes a cet egard, 
M. de Castella en a eu deux exemples qu'il a attribues , il 
est vrai , plutot a la gravite des accidents qu'aux irriga- 
tions : c etaient deux cas de fractures compliquees. 

1° Apres la section des muscles pendant I'amputation 
la retraction musculaire a ete nulle parce que les muscles 
etaient enflammes , il ne faut done pas compter sur cette 
retraction quand on opere sur des membres enflammes, 
en s'eloignant autant que possible du siege de I'inflam- 
mation. 

3° Le malade a tres-bien supporte ces deux amputa- 
tions successives. On a done eu raison de ne pas les faire 
a distance , c'est-a-dire en renvoyant la seconde a un 
temps plus ou moins long apres la premiere , sous pre- 
texte de menager les forces et la sensibilite du malade. 
La fievre traumatique a ete peu considerable , la suppu- 
ration n'a point epuise les forces , ce qui aurait eu lieu 
si on avait agi difieremment. 

l®*" fwrier 1843. — M. le D*^ Pury fait un rapport sur 
les effets produits par la chair des animaux malades, 
lorsqu'elle est employee comme nourriture. 



309 
17 ma,- 1843. -II est donne lecture d'une lettre de 
M. le D' de Pury qui annonce avoir traite avec un plein 
succes, sans vomitif et par un simple pansement, une 
blessure grave qu'un enfant s etait faite a la tete en tom- 
bant du premier etage sur le pave. 

M. le D' de Castella decrit un cas de luxation de I'hu- 
merus dans lequel il s'est forme une fansse articulation. 
Lapophjsecoraco.de etait developpd outre mesure; la 
surfece glenoide cassee et partagee en deux. La piece 
pathologique est raise sous Jes yeux de la Societe. 

E. Desor. 



COMPTE RENDU 



DES TRAVAL'X DE LA SOCIETE CANTONALE MS SCIENCES NATURELLES 
DU CANTON DE VAUD. 



rUYSlQUE ET METEOROLOGIE. 

Dans la seance du 29 juin, M. le prof. Wartmmm 
depose le tableau des observations n^eteorologiques faites 
au solstice dete, le 21 juin 1842, dans le cabinet de 
pliysique de Lausanne *. 

M. Wartmann montre de nouveaux dessins photo- 
grapbiques colores , qui lui ont ete adresses par sir 
J. Herschell. Ces dessins» tons sur papier, sont des copies 
de grayures , diversement coloriees selon les sues vege- 
taux employes ; parmi les couleurs qu'ils presentent, les 
unes sont negatives et les autres positives ^. 

Le meme membre a communique , le 1 3 juillet , le 
tableau des observations barometriques, thermometri- 
ques, bygromelriques et pbotomelriques, ainsi que des 
vents et de I'etat du ciel pendant leclipse de soleil du 
8 juillet 1842. Ces observations faites de 5 en 5 minu- 
tes , de 4 a 9 beures du matin, en trois endroils differents 
(a Lausanne, au cabinet de pliysique; pres de cette ville, 
chez M. Cbarles Biignion ; et a Charpigny, entre Aigle et 

^ Bulletin , page 92. 
2 Id. page 95. 



311 

Bex , par M. Taylor) , out prouve que le phenomene de 
Teclipse n'a eu aucune influence sur la marche des ins- 
truments et sur I'etat de I'atmosphere. Les resultats des 
observations photometriques ont laisse a desirer sous le 
rapport de la precision , en raison d'un voile de vapeurs 
qui de Test s'est peu a peu etendu sur tout I'horizon. En 
echange, des recherches sur les variations de la declinaison 
au moyen du magnetometre transportable ont indique 
des perturbations i. 

Dans la seance du 26 octobre, M. Wartmann entretient 
la Societe de la suite de ses recherches sur I'induction. 
II examine dans ce nouveau travail deux circonstances 
dans lesquelles les courants electriques et les aimants 
ne produisent pas d'induction. La premiere de ces cir- 
constances est h position du fd induit, par rapport a la 
direction du courant dans le fd inducteur ; il ne faut pas 
que cette position soit rectangulaire pour qu'il y ait un 
courant induit appreciable. La seconde est le temps pen- 
dant lequel le courant d'induction se produit. L'intensite 
de ce courant varie dans un certain rapport inverse de sa 
duree 2. 

. Le 26 octobre, M. Wartmann depose le tableau des 
variations de la declinaison magnetique observees a I'e- 
quinoxe d'automne, de 5 en 5 minutes, pendant 24 
heures. — II depose aussi le tableau des observations 
meteorologiques faites pendant 40 heures consecutives 
au cabinet de physique ^. 

1 Bulletin, page 92. 
- Id. page ii2. 
^ rd. page 111. 



3J2 

Le meme membre lit, le 9 septembre, une note eten- 
due sur la non-caloricit4 propre de Nlectricite. La question 
qui fait I'objet de ce travail est celle-ci : L'electricit^ de 
tension renferme-t-elle de la chaleur , ou les effets ther- 
miques qu'elle opere ne doivent-ils etre attribues qu'a 
la resistance des conducleurs par lesquels elle passe? 
Apres les belles recherches du D"^ P. Riess, sur les 
proprieties calorifiques de la decliarge de la batterie, il 
restait encore a chercher une solution directe de cette 
question; M. Wartmann I'a trouvee en faisant passer 
avec des precautions convenables, des decharges plus ou 
moins intenses a travers une pile thermo-^lectrique , 
formee de barreaux de bismuth et d'antimoine , metaux 
dont M. Riess ne s'est pas occupe. M. Wartmann a 
constate « que I'electricite n'est pas chaude par elle- 
meme, et que ses effets thermiques proviennent unique- 
ment de I'arret que les conducleurs opposent a sa 
traversee '. » 

La Societe a re^u, le 7 decembre^ un memoire de M. 
le prof. GiUieron, sur Tarc-en-ciel et les globules colo- 
res. L'auteur raconte les recherches qu'il a faites sur 
Tangle efficace des rayons de I'arc-en-ciel compare a 
Tangle efficace des rayons reflechis par les gouttelettes 
de rosee , et qui Tont convaincu que cet angle n'est pas 
le meme dans les deux cas 2. 

Le 11 Janvier, M. Wart maun depose un releve gra- 
phique de la marche des variations horaires du baromelre 

' BuUelin , page 112, 
- Id. page 158. 



313 

an solstice d'hiver 1841, et aux equinoxes et solstices de 
1 842 , ainsi que le tableau des observations meteorolo- 
giques faites pendant 36 heures dans le cabinet de phy- 
sique, au solstice d'hiver 1842 i. 

M. Wartmann^ dans la seance du 22 mars 1843, 
lit quelques fragments d'un memoire sur deux balances 
de nouvelle construction et d'une tres-grande sensibilite. 
II decrit plus specialement I'une d'elles, dont il presente 
un modele. Elle se compose : 1® d'un ressort d'acier 
trempe, tres-fin, dore ou argente par le procede electro- 
chimique, de forme conique ou parabolique; 2<* d'une 
petite coupe , supportee par trois fils de cocon , dont la 
face inferieure est un miroir plan. Une lunette sert a lire 
par reflexion dans le miroir les divisions d'une ^chelle 
fixee a la cage. Get instrument accuse deja Vso de milli- 
gramme et est susceptible d'une plus grande sensibilite. 
II est exempt de I'influence des variations de tempera- 
ture, et permet, moyennant les diverses pieces dont il 
est pourvu , de faire des pesees plus rapides que celles 
qu'on effectue dans les balances d'essai delicates 2. 

Le meme membre depose , le 26 avril , le tableau des 
observations meteorologiques faites a I'equinoxe de prin- 
temps 1843, dansle cabinet de physique de 1' Academies 

M. Wartmann, dans la seance du 10 mai, a entre- 
lenu la Societe d'observations qu'il a faites depuis trois 
ans sur les transformations que les formes cristallines 
de certains sels et de quelques corps neutres subissent 

1 Bulletin, page 182. 
^ Id. page 184. 
■^ Id. page 187. 



314 



avec le temps ou sous Tinfluence de milieux qui agissent 
mecaniquement sur Tarrangement moleculaire K 



CHIMIE. 



M. de Fellenberg fait part dun proced^ qu'il emploie 
pour I'analyse des mineraux siliceux, analyse que la dif- 
ficulte de les pulveriser completement rend assez difficile. 
II combine ces matieres avec les acides fluorique et sulfu- 
rique, sous I'influence de la chaleur. M. de Fellenberg 
a opere sur le dysthene, le plus refractaire des mineraux 
de ce genre , en le traitant par : 

Fluorure de sodium 3 part. 

Bisulf. de potasse .9 » 

Dysthene pulverise 1 » 

Cette methode n'est pas applicable aux mineraux qui 
renferment des alcalis, tels que le feldspalh. Ces derniers 
sont analyses par des procedes bien connus 2. 

ZOOLOGIE ET ANATOMIE COMPAREE. 

M. Hollard lit quelques considerations sur la gene- 
ration, les organes males et leurs produits dans les ani- 
maux rayonnes en general, et dans les actinies en parti- 
culier. II resulte des etudes de I'auteur , que les animaux 
rayonnes ont a la fois, comme plusieurs observateurs Font 
avance, des ovaires et des cordons tesliculaires ; que ceux- 
ci sont remplis de corpuscules analogues par leurs for- 
mes aux pretendus spermatozoaires , qui se gonflent et 

* Bulletin, page 189. 
2 Id. page 185. 



315 

eclatent dans Teau tiede en laissant echapper un fluide 
granuleux , comme font les vesicules du pollen ; en sorte 
qu'on pent etablir un rapprochement entre les capsules 
zoospermiques ou spermatophoriques el la poussiere des 
etamines. 

M. le D"" Depierre continue la lecture de son memoire 
sur les migrations des oiseaux de proie diurnes du bassin 
du Leman. II donne sur un grand nombre d'especes de 
cette famille des details tres-interessants. Un long extrait 
de ce travail , riche de faits, et qui ne saurait etre resume, 
se lit dans le N** IV des Bulletins de la Societe K 

M, Beranger ayant cherche a surprendre ce que pou- 
vaient eprouver les animaux en liberte a I'approche des 
eclipses de soleil, s'est assure qu'ils pressentent celles-ci 
comme ils pressentent les orages. Les observations de 
I'auteur ont porte sur des lapins , des cochons d'Inde, des 
herissons, des poules, des canards, des pies, des geais, 
des serins, des hirondelles, des moineaux, des pinsons, 
des grenouilles et des poissons. 

M. le D'' Depierre donne lecture d'une statistiqne du 
passage des oiseaux Emigrants en 1842, dans le canton 
de Vaud ^. 

M. Hollar d presente quelques considerations de zoo- 
logie generale, dans lesquelles il cherche a mettre en 
saillie les principes qui doivent presider aux classifica- 
tions zoologiques , et demontre que ces principes large- 
ment compris et employes conduisent a une coordination 
seriale , mais non point nuancee des animaux. 

^ Bulletin, page 85» 
2 M. page 445. 



316 

M. le professeur D.-A, Chavannes communique un 
resume general de la Faune vaudoise, destine a faire 
partie d'une statistique du canton de Vaud. 

M. Hollard presente quelques considerations sur Tor- 
ganisation de I'epiderme ou epithelium des Batraciens , et 
en prend occasion de presenter dans sa generalite et sa 
portee , les nouvelles etudes des anatomistes allemands 
sur la composition cellulaire des tissus animaux. 

PHYSIOLOGIE. 

M. Blamhet lit un memoire sur le mecanisme des 
sensations, dans lequel il cherche a rattacher les impres- 
sions revues par les appareils des sens speciaux a des 
causes chimiques. L*auteur se resume lui-meme en ces 
mots : 

« Le gout, I'odorat, la vue, paraissent destines a ne 
nous donner que des sensations resultant d'un travail 
chimique. Les ramifications extremes de leurs nerfs sont 
insensibles a Faction physique. Le toucher est un sens 
physico-chimique suivant Toccasion ; quant a Touie , on 
ne connait pas assez ce sens pour emettre une opinion 
positive. » 

BOTANIQUE. 

M. Ed. Chavannes presente une courte monographic 
du genre Nemesia. L'auteur, apres avoir decrit et analyse 
comparativement les caracteres des plantes de ce genre, 
dit qu'il ne saurait le faire entrer , comme on I'a propose , 
dans la tribu des Antirrhinees. Apres avoir resume la 
caracteristique du genre , M. Chavannes en indique les 
especes autenthiques alui connues, et qui sont au nombre 



317 

de qQatre : !•* La iV. chamcBdrifoUa ; 2° La N. fcetem; 
S** La N, linearis; 4** La N, bicornis. Ce travail est 
accompagne de deux planches, representant la premiere 
et la derniere de ces especes, celle-ci avec son fruit, 
celle-la avec I'analyse des organes et comme type du 
genre. 

MEDECINE ET CHIRURGIE. 

1 3 juillet. — M. le D*" Matthias Mayor lit quelques 
fragments d'un grand travail ayant pour but de deter- 
miner les differences qui existent entre la medecine et la 
chirurgie. 

13 juillet. — Le meme membre entretient la Societe 
de I'heureux emploi qu'il continue a faire de I'acide sul- 
furique concentre comme caustique. Ce moyen peut dans 
beaucoup de cas remplacer avec avantage, et en epar- 
gnant de vives douleurs , les moxas , le fer rouge , les 
vesicatoires et les synapismes. 

Dans la seance du 26 octobre , M. le D*" Ch. Mayor a 
lu une notice intitulee : Quelques mots sur un appareil 
pour la refrigeration de la tete , et en general, pour V ap- 
plication du froid et du chaud a la surface du corps. II 
met cet appareil sous les yeux de la Societe ; c'est une 
sorte de chapeau en fer-blanc , dont Finterieur est garni 
d'une coiffe impermeable, mince et flexible, formant 
double fond. A la face superieure est une ouverture par 
laquelle on introduit les matieres refrigerantes qui agis- 
sent sur la tete, a travers le tissu impermeable. 

26 octobre. — Observation de M. De la Harpe sur deux 
cas de phthysie. M. le D"^ Dela Harpe lit un memoire inti- 



318 

tule : Recherches sur les propriety physiques du sang , et 
enparticulier sur sa densite dans les maladies, L'auteur s'est 
surtout applique a eludier les propriet^s du sang les plus 
faciles a reconnaitre au lit du malade , comme fournis- 
sant des signes pathologiques. II s'est servi de deux 
instruments , le thermometre et I'areometre. Le minimum 
de densite du sang est, selon les experiences de M. 
De la Harpe, 1,0359; le maximum s'eleve a 1,0614. 
Ces deux termes extremes furent obtenus chez des ma- 
lades; la densite normale n'en est pas la moyenne, 
mais se rapproche du maximum ; car les cas ou le mini- 
mum a ete rencontrd se rapportent tous a des maladies 
graves. En comparant la densite du serum a celle du 
sang en prenant la premiere pour unite, l'auteur a trouve 
que le sang variait a cet egard entre 1,623 et 2,725. II 
s'est convaincu que les modifications du sang dans les 
maladies portent sur tous les elements de ce liquide qui 
est un et ne doit pas etre etudie comme un compose de 
serum servant de vehicule, et de maleriaux charies par 
celui-ci ; il a toujours trouve que la densite du serum 
augmente ou diminue avec la densite du sang lui-meme K 

Dans un memoire intitule : Des fails en medecine, M. 
le D"^ M. MaxjoT s'eleve avec force contre la valeur cxa- 
geree qu'on attribue aux faits ou a ce qu'on appelle de 
ce nom , dans le domaine de la medecine ^. 

Dans la seance du 8 mars , M. Math. Mayor , a propos 
de Tablation d'une tumeur cancereuse, presenle quel- 
ques considerations sur les avantages des amputations 

1 Bulletin, page 116. 

2 Id. page 148. 



i 



ai9 

rapides au moyen d'un seul coup d'un instrument tran- 
chant. M. Mayor s'est convaincu par des experiences 
sur des os tant spongieux que compacts , qu'en operant 
avec les precautions convenables, on tranche les os net- 
tement au moyen d'une hache ou d'un couperet appuyes 
sur I'os et sur lesquels on frappe avec un maillet. Dans 
la seance du 31 mai, M. Mayor, revenant sur le meme 
sujet , lit un memoire dans lequel il decrit , sous le nom 
de tachjtomie, son nouveau procede d'amputation , dont 
il a eu I'occasion de faire usage , et avec un plein succes ; 
c'est, dit-il, le mode d'amputation le moins douloureux 
et le plus promptement suivi de guerison. M. Mayor a 
substitue au couperet un instrument a deux branches, 
qu'il nomme tachytomey et qui ressemble en grand au 
secateur des jardiniers. 

Dans la seance du 31 mai , M. le D"" Fayod lit un me- 
moire destine a combaltre les doctrines de M. Math. Mayor, 
sur la separation de la chirurgie et de la medecine. 

M. Joel, attache au service de sante de I'hospice de 
Bicetre, rend compte du trailement employe par M. 
Leuret , medecin des alienes dans cet etabhssement. Ce 
traitement est un regime moral et physique, destine a 
agir sur les facultes des malades; travail manuel, musi- 
que , danse , promenades , promesses encourageantes , 
chatiments, tels que la reclusion, la privation des ali- 
ments, la douche froide, sont tour-a-tour mis en usage. 



GEOLOGIE. 



M. Blanchet presente une carte geologique du canton 
de Vaud , dans laquelle il a indique les resultats de plu- 



320 

sieurstravaux inedits. L auteur ajoiite a celte presentation 
de nombreux details sur nos terrains tertiaires et sur leurs 
fossiles. 

Le meme membre donne quelques details sur la mine 
de charbon fossile d'Oron-le-Chateau , exploitee par M. 
Roberty. Gette formation est horizontale , tandis que 
les bancs qui composent le sol sont inclines; il en resulte 
que le cbarbon traverse ces diverses couches, et qu'il est 
facile de les etudier. 

ART AGRICOLE. 

M. Buttin communique a la Societe la suite de ses re- 
cherches sur I'emploi de la tourbe comme engrais, en 
commen^ant par donner I'historique des travaux faits 
precedemment sur le meme objet K 

M. Blanchet annonce qu'il a porte remede a la maladie 
de la \igne nommee jaunisse, en repandant sur le terrain 
soit du sel commun, soit du verre pile, destines, dit-il, a 
fournir aux vegetaux Velement terreux qui, selon lui, leur 
manque plus ou moins dans les vignes atteintes de jaunisse. 

Le meme membre lit un memoire sur I'influence favo- 
rable de I'ammoniaque et des sels ammoniacaux sur la 
vegetation. II cite plusieurs experiences faites par lui sur 
des graines de Datura grandiflora, de Stramonium et de 
Physalis alkehngi 

Pour le Secretaire , 

H. HOLLARD. 

* Bulletin, page 40J. 



(ler 

^JATURFORSCHENDEN GESELLSCHAFT IN ZURICH. 



Diese Gesellschaft , als die alteste in der Schweiz , hat 
im Jahr 1845 das erste Jahrhundert ihres Daseiiis er- 
1 eicht. Vielfache Yeranderungen , welclie die Zeit und 
das Fortschreiten der Naturwissenschaften mitbringen 
mussten , machten eiiie Revision der Statuten nothwen- 
dig. Dieses organische Geschaft erforderle mehrere ausser- 
ordentliche Sitzungen. Die Stellung der Gesellschaft zum 
Slande der Wissenschaft ist nicht mehr ganz dieselbe 
und forderte gebieterisch andere Bestimmungen. Durch 
die neuen Statuten wurde festgesetzt , dass die Sitzungen 
in jedem Monat >venigstens einmal statt haben sollten. 
Ein Zweig, welcher in den ersten Decennien ihrer Wirk- 
samkeit sie vielfach beschaftigte, die Landwirthschaft, 
fallt durch die Entslehung der Gesellschaft fiir Land- 
und Gartenkultur fast ganz weg, und so bleiben nur noch 
die eigentlichen Facher der Naturwissenschaften in ihreni 
Bereich. Die Sorge fiir die Sammlungen ftir Mineralogie, 
Botanik, Zoologie, physikalische und astronomische Ins- 
(rumente, wodurch ihre Kriifte zersplittert wurden , fallt 

22 



322 

ganz weg , da diese Institute der Universilat ubergeben 
und von dieser besorgt und genahrt werden. Die einzige 
Sammlung, welche dieGesellschaft noch besitzt, ist ihre, 
zwar nicbt sehr grosse , aber sehr kostbare und wohl- 
besetzte Bibliotliek. Das Grundkapitai der Gesellscbaft 
wurde auf 40000 Schweizerfranken festgestellt. Aus die- 
sem Capital und den Jahrgeldern von circa 1 00 Mitglie- 
dern , von 12 Fr. 8 Btz., werden die AnschafFungen be- 
stritten , so dass jahrlich etwa 2600 Fr. auf die Biblio- 
thek verwendet werden konnen , womit , da die Medicin , 
welche eine eigene Bibliothek hat , ganz ausgeschlossen 
ist, so ziemlich mit der Zeit Schritt gehalten , und die 
vorziiglichsten Werke angeschafft werden konnen. 
Die Vortrage betrafen folgende Facher : 

ZOOLOGIE. 

Herr D*" Kolliker : Anatomische Bemerkungen iiber 
die SepieB und Vorweisung der Arten, welche erin den 
Meeren von Neapel und Sicilien gesammelt und theils 
in der anatomischen , theils in der zoologischen Sflmm- 
lung niedergelegt hat. Besonders behandelte er die Frage, 
ob das Thier der Argonauta wirklich eine Sepie , oder 
aber ob die Sepie , welche in der Schale der Argonauta 
sich aufhalt, ein Schmarotzer sei. Er setzte den Bau und 
die ubrigenLebensveshaltnisse dieser merkwiirdigen Gat- 
tung auseinander , und zeigt , dass sie am hochsten unter 
den Mollusken stehe. Er glaubt in ihnen die Geruchs- 
organe in Gestalt zweier Griibchen am Kopfe, in der 
Nahe der Augen , entdeckt zu haben , und zeigte sie , so 
wie einen von den Sehnerven abgehenden oder mit den- 



323 

selben verlaufenden Riechnerven vor. Man findet auf den 
Seplen eine Art von Hectacotyle , besonders auf dem sel- 
tenen, bei Messina gefundenen, Trematocopus violaceus, 
ein merkwiirdiges Thier, welches, obschon es der Ge- 
stalt nach wurmarlig ist , doch , seiner innern Organisa- 
tion wegen, zu den Mollusken gezahlt werden muss, in- 
dem es arterielle und venose Gefasse , Kiemen und wahr- 
scheinlich aucb ein Herz besitzt. Die bisjetztbekannten 
drei verschiedenen Arten von Hectacotyle sind auf vier 
verschiedenen Arten von Sepien gefunden worden, an 
Argonauta argo , octopus et granulosa und Trematocopus 
\yiolaceus. Von diesen Arten kennt man nur Weibchen 
und keine Mannchen , obschon sie fast immer mit Eiern 
versehen sind. Dagegen findet man nur Mannchen von 
Hectacotyle , und diese nur auf den Sepien. Herr KolH- 
ker glaubt daher , es ware moglich , dass sie die Mann- 
chen der Sepien seien. Er entdeckte bei ihnen Sperma- 
tozoen , welche mit denen der Sepien" ganz ubereinstim- 
men , von denen aber , welche man bei Wiirmern findet , 
ganz abweichen. Die Hectacotylen besitzen auch contrac- 
tile Pigmentzellen und Saugenapfchen , wie die Tinten- 
fische. Er stellt dann die Griinde fiir und gegen die Mei- 
nung auf, dass die Sepien, welche man in den Argonau- 
ten findet , wirklich ihre Bewohner seien, und glaubt die- 
ses schon deswegen bejahen zu miissen , da man nie an- 
dere Thiere in den Schalen der Argonauta finde, und alle, 
welche man darin findet, derselben Art Sepien ange- 
horen. 

Derselbe zeigte in einer andern Abhandlung den klein- 
slen bekannten Fisch vor, den Amphioxus lanceolatus. 



324 

den man bei seiner ersten Eutdeckung fiir einen Mol- 
lusk hielt. Pallas beschrieb ihn zuerst, dann wurde er 
vergessen , bis man ihn wieder an den Kiisten von Eng- 
land , Norwegen und Schweden fand. Herr Kolliker fand 
ihn sehr haufig im Golf von Neapel , wo er auf Sand- 
grund, in einer Tiefe von 20 bis 30 Ellen, sich auf- 
halt. Er konnte ihn in Seewasser mehrere Wochen lang 
am Leben erhalten und beobachten. Es fehlen ihm das 
ganze Knochensystem , Zahne , Leber , Nieren , Gehor- 
werkzeuge, Brust und Bauchflossen. Genauere Unter- 
suchungen aber zeigten in ihm Herz , Gefasse , Gehirn , 
Augen, und doppelte Ceschlechtsorgane , welche alle 
Herr Kolliker vorwies. Es erreicht etwa VA" in der 
Lange. 

Herr Professor Schinz zeigte eine Cwcilia tentaculata 
von i^ 4" vor, welche er ganz und unverdaut ausge- 
streckt in einer 1'' 7" langen Tortrix scytale vorfand , was 
um so merkwiirdiger ist , da Tortrix zu den Schlangen 
ohne ausrenkbare Kinnladen gehort. 

Derselhe zeigte die neu entdeckte, wenigstens erst jetzt 
bestimmle Maus vor , welche Herr Nager auf dem Gott- 
hard , nachher Herr D"" Martins auf dem Faulhorn ent- 
deckte und Hypodcea nivicola nannte , Aveil sie das ganze 
Jahr an der Schneegranze lebt. Die Entdeckung ist nicht 
neu : es ist dieselbe Maus, welche Saussure auf dem 
Montblanc , Hugi auf den Gletschern des Oberlandes und 
andere Reisende auf den hochsten Gipfeln der Alpen an 
der Schneegranze entdeckten, aber sie fand sich bisher 
in keiner Sammlung und war nicht systematisch be- 
stimmt. Da an der Schneegranze noch viele phanerogami- 



325 

sche Pflanzen wachsen, von deren Wurzeln die Maus 
sich nahrt, so kann sie, da sie Magazine anlegt, das 
ganze Jahr genug Nahrung finden , wie die gronlandi- 
sche Wiihlmaus , Hypodwus grcenlandicus, die Chinchilla 
und andere Nagethiere der amerikanischen Anden. 

Derselbe tbeilte der Gesellschaft Notizen mit liber die 
zoologischen Sammlungen in Mainz , Wiesbaden, Frank- 
furt, Mannheim und Strassbnrg, welche er aufeinerReise 
dabin aufgenommen batte, sowie iiber das Fortscbrei- 
ten der ziircberiscben zoologiscben Sammlung. 

Herr Professor Heer tbeilt seine Beobacbtungen iiber 
die verscbiedenen Flugjabre der Maikafer in der Scbweiz 
mit, und legt eineKarte vor, inwelcber bemerktwird, 
welcbe Gegenden jedes Jabr ibren Verwiistungen aus- 
gesetzt sind. Diese Arbeit ist seitdem auf Kosten unserer 
Regierung gedruckt worden ; aucb wurden nacb dieser 
Angabe in den Kantonen Ziiricb , Aargau , Bern , Solo- 
tburn und S*. Gallen Einsammlungen angeordnet. 

Derselbe gab eine Uebersicbt iiber Lage und Slellung 
der Fliigel , und der Art wie sie bei den verscbiedenen 
Gattungen der Kafer sicb falten und in der Rube zusam- 
menbegen. Er zeigt, dass sicb diese FaUung nacb der 
Grosse und Harte der Fliigeldecken ricbte , unter wel- 
cben sie sicb verberge. 

Herr D"" Kdlliker macbt der Gesellscbaft die Anzeige, 
dass er im Sinne babe, die Fauna der scbweizeriscben 
Crustaceen, Anneliden, Zoopbyten und Infusorien zu 
bearbeiten. 



326 



BOTANIK. 



HeiT Pf ol'essor //eer ; Ueber die Holzzuclit in unsern 
Gebirgswaldem , besonders iiber die Verbreitung und die 
Hohen, auf welche die Nadelholzarten Pinus picea, Abies 
campestriSy Zemhre und Larix steigen. Diese Abhand- 
lungist seitdera in dieschweizerischeZeitscbriftfiirLand- 
und Gartenbau aufgenommen worden. 

Herr D"^ Ndgeli : Ueber die Bewegung der Elementar- 
stoffeund ibre Ausbildung zuElementarorganenimPflan- 
zenreicb. Er sucbt zu beweisen, dass die Bebauptung 
und Annahme der selbststandigen Bewegungen vieler Spo- 
ren auf unricbtigen und mangelbaften Beobacbtungen 
beruhe , und dass es unricbtig sei , dass es niedere Pflan- 
zen gebe, welcbe in einer Periode ibrer Entwicklung ein 
infusionelles Leben annebmen. Die Bewegungen, welcbe 
viele niedere Pflanzen im Wasser zeigen , konnen durcb 
Aufnabnie und Abgabe von Nabrungssloffen erklart wer- 
den. Der Inbalt der Pflanzenzellen aber babe durcb- 
gebends ein Vermogen, sicb zu bewegen, und diese 
Eigenscbaft biingc von einem besondern Stoffe ab , der 
aus SauerstofF, Wassersloff, Slicksloff und Kohlenstoff 
bestehe, wabrend alle iibrigen Stoffe der Pflanze des 
Stickstoffs ermangeln. Alio automatiscben Bewegungen 
werden in den organiscben Beicben von Stickstoffbalti- 
gen Subslanzen bedingt und der Hauptunterschied zwi- 
scben Pflanzen und Tbieren bestebe in der chemiscben 
Zusammensetzung der Zellenmembran. 

Herr Obeigarlner Regel bielt einen Vorlrag iiber die 
nalurlicbe Familie der Farrenkrauler und erlauterte die 



327 

Siruktur aller Theile derselben , namentlich der feinen 
FortpflanzuDgsorgane , deren verschiedene Slellung er 
bei den vielen Gattungen nachweist , und an getrockne- 
ten Exemplaren vorzeigt. Er beliandelt auch die Verlhei- 
lung der Blaltnerven und macht auf ihre Bedeutung auf- 
merksam. Anjungen,im botanischen Garten aufgezoge- 
nen, auslandischenFarrenkrautern,\on welchen derselbe 
uber 100 Arten erhalten hat, werden die verschiedenen^ 
bei der Keimung eintretenden Erscheinungen vorgewie- 
sen und gezeigl , wie durch Kreuzung verschiedener Ar- 
ten neue Bastardbildungen entstehen konnen. 

In einer andern Sitzung theilt derselbe seine Unter- 
suchungen und Erfahrungen iiber die Stipeln und ihre 
verschiedene Bildung mit. 

Herr Bremi zeigte verschiedene Arten des so verderb- 
lichen Hausschwammes vor(Merulius destructor), und 
gibt Beitrage zu dessen Entstehung und Fortpflanzung. 
In einem hiesigen Biichermagazin hatte sich eine ver- 
schieden scheinende Arterzeugt und Schaden angerichtet. 

MINERALOGIE. 

Herr David Wieser wies die Ausbeute seiner niinera- 
logischen Forschungen in den Alpen vor. Unter den auf- 
gefundenen Minerahen ist eins, dessen tauschende Aehn- 
hchkeit mit Zirkon , die Harte ausgenommen , so gross 
ist, dass es mit demselben verwechselt wurde, eine 
genaue Untersuchung zeigte aber in demselben ein neues 
Mineral , welches kleine 2 ^^^ lange und i ^^^ dicke Kri- 
stallen bildet, welche auf Eisenroschen sitzen. Neben 



328 

diesem werden 14 verschiedene Mineralien vom Golt- 
hard imd aiis Wallis vorgewiesen. (Die Abhandlung ist 
seitdem in Leonhard's Zeitsclirift gedrnckt. 

PHYSIK. 

Herr Professor Mousson zeigt eine neue Maschine zur 
Anvvendung der magnetiscli-elektrischen Kraft fiir me- 
dicinischen Gebrauch , nach der Construction des Herrn 
von Eltingsliausen. Sie besteht aus einem sehr kraftigen 
Hufeisenmagneten , unter dessen Polen ein mit Drath 
umwundener Eisenstab, Inductor genannt^, schnell ge- 
dreht werden kann. Die Enden des Drathes konnendann 
durch eine angemessene Vorrichtung mit einander in 
Verbindung gesetzt werden , wobei sich die Wirkungen 
eines Stromes zeigen, der allemal, wenn der Inductor 
unter dem Pole durcbgeht und den gewonnenen Magne- 
tismus verliert, seine Richtung andert und bei fortge- 
setzten Drehungen slossweise wechselt. Es wurden dann 
folgende Wirkungen des Stromes vorgewiesen. 1. Der 
galvaniscbe Funke im Augenblicke der Unterbrechung. 

2. Das Gliihen und Verbrennen diinuer Metalldrathe. 

3. Die Bewegung eines Metalldratbes um einen Magne- 
ten, durch die vom Strome ausgeiibte Anziebung und 
Abstossung. 4. Die Ablenkung einer freistehenden Mag- 
netnadel. 5. Die Magnetisirung einer Stahlnadel. 6. Die 
chemische Zersetzung des Wassers und Jodkalium in 
ihre Bestandtheile. 7. Die Hervorbringung yon Erschiit- 
terungen in den Handen und Armen , wenn der Strom 
unterbrochen wird. Diese Erschiitlerung wird als Heil- 



329 

mittel bei Lahmungen und bei Nervenschwache ange- 
wendet. 

In einem andern Vortrag behandelt Herr Mousson die 
Geschichle des Galvanismus und der dazu erfundenen 
Apparate von der galvanischen Saule an, bis zur An- 
wendung des Becherapparates und ibre VervoUkomm- 
nung bis zum grovescben Apparat, den er fiir denjenigen 
angibt, der, obgleicb compendios, docb die electriscb- 
magnetiscbenErscheinungen am kraftigsten und scbnell- 
sten zeigt, wie dies durcb die scbnelle Zersetzung des 
Wassers, die Verbrennung von mebrere Linien dicken 
Dralben und magnetiscben Wirkungen , bis zum Tragen 
von mebreren Cenlnern, vorgewiesen wurde. Die Platin- 
bliitter, welcbe gebraucbt werden, macben aber diese 
Einricbtung sebr kostbar; man kami aber die Plalina 
durcb Koble ersetzen. 

VORTRiEGE VERSCHIEDENEN INHALTS* 

Herr Professor Schinz: Ueber die Witterung des Som- 
mers von 1842 und die Wirkung der ausserordentbcben 
und anbaltenden Hitze auf Pflanzen und Insekten. 

Herr Seminarlebrer Kohler tbeilt Reisebemerkungen 
iiber das Hauptlbal des WalHs in etbnograpbiscber und 
naturbistoriscber Beziebung rait. In letzterer Beziebung 
werden besonders die Pflanzen beriicksicbtigt und die 
merkwiirdigsten aufgezablt und in scbonen Exemplaren 
vorgewiesen. 

Herr Siegfried, Lehrer an der Tocblerscbule : Ueber die 
sammtHcben, in der Scbweiz bekannten, intermiltiren- 
den und periodischen Quellwasser in den Alpen. 



330 

Herr Professor Schinz: UeberdiegannalscheMethode, 
durch Einspritzung von aufgeloster einfach schwefelsau- 
rer Alaunerde mit etwas Arseniksaure vermischt, Kor- 
per zu balsamiren und zu erhalten. Diese Methode findet 
sich zur Erhaltimg kleiner Vogel, bei welchen die Ein- 
spritzung bios durch die Luftrohre geschieht , sehr giin- 
stig, Saugethiere dagegen, bei welchen die Einspritzung 
in die Vena cara gescbah, erhielten sich in die Lange 
nicht, schrumpften zusammen und rochen iibel. Fiir 
reisende Sammler mag aber diese Methode in warmen 
Khmaten sehr zu empfehlen sein , weil sie vor schneller 
Faulniss schiitzt und dem Praparator alle Zeit zum Aus- 
balgen gibt , nachher auch das Trocknen der Haute be- 
fordert. Kleine Vogel konnen aber sehr gut erhalten wer- 
den. Versuche , nach welchen so praparirte Vogel ein 
Jahr lang aufbewahrt , dem Insektenfrass mit Fleiss aus- 
gesetzt , aber nicht angegriffen wurden , zeigen ihre 
Zweckmassigkeit voUkommen. 

Herr Escher von der Linth erzahlte die von ihm un- 
ternommene und gliicklich ausgefiihrte Besteigung des 
Schreckhorns und theilt die auf dieser Reise gemachten 
Beobachtungen iiber Gletscherbildung mit. Der Weg 
ging vom Hotel des Neuchatelois etwa 2*72 Stunden iiber 
den breiten Finsteraargletscher und iiber kleine Seiten- 
gletscher aufwiirts. Er traf auf der Kuppe des Schreck- 
horns , bei 1 1 ,000 Fuss Hohe , noch wahre Biiche an , 
wodurch blasiges firnartiges Eis entsteht. Die Kuppe 
selbst musste iiber einen kaum 2 Fuss breiten Grath 
mit auf beiden Seiten sehr schroffen Abhangen erstiegen 
werden. Die Gebirgsart ist Gneis , Granit oder schieferi- 



331 

ger Gianit, Giieis und Glimmerschiefer. ( Ausfuhrliche 
Beschreibuiig enthalt die allgemeine Augsburger Zei- 
tiing). 

Herr Ingenieur Wild von Richtersweil , welcher ge- 
genwartlg an der.geographisclien Karte des Kantons Zu- 
rich arbeitel, legte der Gesellschaft die von ihm bear- 
beitete Karte des Unteraargletschers vor , welche in Be- 
ziehung auf Genauigkeit der Messung , Zierlichkeit imd 
Klarheit der Behandlung alles weit zuriicklasst, was in 
Darstellung der so merkwiirdigen Gletscherwelt gethan 
Avorden ist. Diese Karte , eine Frucht sechs Wochen lan- 
ger Anstrengungen , kann sehr viel zur Erklarung der 
jetzt ziim Theil noch widersprechenden Theorien des 
Baues und des Fortschreitens der Gletscher beitragen, 
da durch Fixirung mehrerer Punkte Jahre lang fortge- 
setzteBeobachtung des beweglichen Gletscherstroms sich 
die Geselze bestimmen lassen, nach welchen diese Be- 
wegungen geschehen. 

Zur Geschichte der Arbeiten in naturwissenschafdi- 
cher Beziehung in Zurich gehort wohl auch die Erwah- 
nung mehrerer Yortrage in der sogenannten technischen 
Gesellschaft und der Entstehung der Gesellschaft fiir 
Beforderung der Land- und Gartenkultur. Um so mehr 
als sehr viele Mitglieder beider Gesellschaften auch Mil- 
glieder der iiltern naturforschenden sind. 

Unter den 39 verschiedenen Gegenstanden , welche 
die technische Gesellschaft vom October 1841 bis Miirz 
1842 verhandelt, gehoren folgende ausschliesslich den 
Naturwissenschaften an : 

Geschichte der Entstehung und Verwiistung desHaus- 



332 

schwammes in practischer Beziehung von Herm Bremi, 
und eines andern noch unbestimmten Schwammes von 
Herrn Locher , Architekt. 

Versuch , auf welche Weise innerhalb der Grenzen 
der Stadt Zurich ein Bild des Planetensystems gezeich- 
net werden konnte, mit Vorweisung von Planen, von 
Herrn Jakob Horner. 

Ueber Sammeln, Aufbewahren und Todten von 
Schmetterhngen von D"^ Hess , mit Vorweisung von Ap- 
paraten. 

Vorweisung von Karten un^ Specialplanen der Sim- 
plons-, Bernhardiner- und Mont-Genisstrassen , von 
Oberst Pestalozzi. 

Geschichte der verschiedenen Methoden zum Fixiren 
der Lichtbilder und der neusten Verbesserungen der 
dazu dienenden Apparate mit Vorweisung doppelfarbi- 
ger Bilder, braune Zeichnung auf blauem Grunde, von 
Herrn Mechanikus Goldschmid. 

Ueber Karsten's electrische Abbildungen mit Vorwei- 
sung von Herrn Oberst Weiss. 

Ueber die verschiedenen Heizungsarten und ihren 
Einfluss auf die Gesundheit , nach den bei uns im Spi- 
tal, Zuchthaus und andern offenthchen Gebauden ge- 
machten Erfahrungen von Herrn Prof. Locher-Balber. 

Ueber Wallfisch- und Potfischfang , Gewinnung und 
Verbrauch des Thranes , W^allraths und des Ambra nebst 
Vorweisung eines grossen Stiicks rohen Wallfischbarten, 
von Herrn Prof. Schinz. 

Ueber Pohturfahigkeit des in unsern Schieferkohlen 
enthaltenen bituminosen Holzes , von Herrn Bremi. 



333 

Ueber Verfalschung derOehle und ihrePriifung durcli 
verschiedene Reagentien und den Diagometer von Herrn 
Apotheker Lavater. 

Vorweisuug und Gebrauchserklarung mehrerer Son- 
nenuhren mit Compass, eines Sonnenrings und eines 
Sonnenquadranten^ von Herrn Oberst Pestalozzi 

Ueber die ausgebreitete Verwendung der Ghlorverbin- 
dungen als Bleichmittel, luftreinigender und desinficiren- 
der Mittel , von Herrn Jakob Zeller. 

Ueber den Galvanismus und Electromagnetismus und 
deren bisherige Anwendung fiir technische Zw^ecke , mit 
besonderer Beriicksicbtigung der schon im Jahr 1833 
vom sel. D^ Rudolf Schulthess , in Zurich , in Vorschlag 
gebrachten und nun durch Jakobi und Wagner, durch 
Versuche im Grossen , weiter ausgefiihrten Idee , diese 
Krafte zur Bewegung von Maschinen anzuwenden , mit 
Vorvveisung eines Modelles einer durch diese Kraft be- 
wegten Maschine , von Herrn Zeller-Tobler. 

Versuch einer graphischen Vorstellung des Luft- 
druckesund der Witterungsverhahnisse vom Jahr 1833 
bis 1841 , nach Mittagsbeobachtungen von Herrn Oberst 
Weiss. 

Verfertigung der Barometer nach den Anforderimgen 
der Genauigkeit, um dieselben zu Messungen zu ge- 
brauchen, von Herrn Mechanikus von Orell. 

Ueber die Versuche, Erdapfel erst gegen Ende Au- 
gust's zu pflanzen , im November das Kraut abzuschnei- 
den , und im Marz vollstandig reife Erdapfel zu erhalten, 
von Herrn Graberg , mit Bericht des Gelingens. 

Eine, neue Gesellschaft fiir Garten- und Landwirth- 



334 

schaft bildete sich unter Leitung des Herrn Professor 
Heer und Herrn Obergartner Kegel; sie besteht bereits 
aus 94 Mitgliederii , bait jahrlich zwei Sitzungen, ver- 
anstaltet im Sommer eine Blumen-, im Herbst eine 
Friicbteausstellung und gibl, unter dem Titel « Zeitschrift 
fur Land- und Gartenhau » , eine Zeitschrift beraus. 

Die naturforschende Gesellschaft gab ein neues Sup- 
plement des Catalogs ihrer Bibliothek beraus. Es entbalt 
976 Nummern und begreift eine Yermebrung von un- 
gefabr 1000 Banden, von 1836—1842. Kein Facbder 
Naturwissenscbaften ist ganz zuriickgeblieben , und un- 
ter den verzeicbneten sind viele kostbare Werke, wie die 
Infusorien von Ebrenberg, dieMollusken von Poli, die 
Verbandlungen der niederliindiscben Gesellscbaft iiber 
ibre iiberseeiscben Besitzungen , die Beisen der Bonite, 
des Beagle , Jaquemonl's , Bussegger's , Dumont d'Ur- 
ville's , Smitb's afrikaniscbe Zoologie und andere. 

Die zoologiscben Sammlungen baben in alien Abtbei- 
lungen bedeutenden Zuwaebs erbalten , und ebenso die 
geologischen. Yorziiglicb aber bob sieb die zootomiscb- 
anatomiscbe Sammlung unter der Leitung des Herrn 
Professor Henle. Eine Beibe von seltenen Skeleten sind 
angescbafft und aufgestellt Avorden von Felis Leo, Leo- 
pardus^ Ursus niger americanus, Phoca groenlandica , 
Trichechus rosmarus , Simia satyrus , Hylohates albi- 
manus , Thascolomys Wombat , Dasijpus , Bradypus , 
Myrmecophaga , ein Paar von Capra ibex , Antilope 
rupricapra , etc. , Python tigrinus , Crocodijliis biporeatus 
und viele grosse Fiscbe. Eine Sammlung von Mollusken 



335 

iind Praparaten davon , von Eingeweidewiirmern, zieren 
sie und geben ihr einen bedeutenden Werth. 

Der botanische Garten wird immer reicher und scho- 
ner, so wie nach und nach die rohe Erde mehr ange- 
baut und gediingt wird. Er steht unter der Leitung der 
Herren Heer und Regel. 

Die Sammlung physikalischer Instruraente hat grossen 
Zuwachs erhalten und wird unter der Leitung von Herrn 
Professor Mousson mit der Zeit fortschreiten. 



CIRCULAIRE 

ADRESSEE PAR LA SOCI^T^ MEDICALE DU CANTON DE GENEVE AUX 
SOCIETES MEDICALES DES DIVERS CANTONS DE LA SUISSE. 



Messieurs et tres-honores confreres , 

La Societe medicale du canton de Geneve a decide, 
dans sa seance du 1*^"^ novembre 1843,qu'il seraitadresse 
a tons les praticiens du canton une circulaire pour attirer 
leur attention sur les proprietes therapeutiques de V\m\h 
de foie de morue. Cette decision a ete prise en conse- 
quence de I'arrete de la section medicale de la Societe 
Suisse des Sciences naturelles, siegeant a Lausanne. C'est 
en juillet dernier qu'il y fut arrete que Ton mettrait a I'or- 
dre du jour, pour 1845, la question de I'huile de foie 
de morue ; et comme , suivant toutes les probabilites , 
c'est Geneve qui aura I'honneur de recevoir la Societe 
Suisse des Sciences naturelles, la Societe medicale du 
canton a nomme une commission cbarg^e de recueillir 
tons les documents qui pourraient lui etre adresses sur 
cet objet. 

Vous comprendrez , Monsieur et tr^s-honore confrere, 
combien il nous serait utile et agreable de connaitre le 
resultat de votre experience sur cette interessante ques- 
tion de therapeutique. Yous comprendrez aussi, nous 
I'esperons, combien nous serious heureux de presenter 
a la Societe Suisse un resume fonde sur I'experience 
reunie de tons les praticiens du canton de Geneve. 



337 

C'est dans I'esperance que voiis voudrez bien nous ac- 
corder voire concours , que nous venons vous soumettre 
quelques-unes des questions qui nous paraissent devoir 
surtout meriter I'attention des praticiens: 

1^ Gomme il existe beaucoup de varietes dans la qua- 
lite des huiles connues sous le nom dliuile de foie de 
morue , vous aurez la bonte de specifier la couleur et les 
autres caracteres exterieurs de I'huile que vous aurez 
employee. 

2** Comme il y a diverses opinions sur les doses qu'il 
est utile ou necessaire d'administrer, nous serious heu- 
reux de connaitre le resultat de voire experience sur cet 
objet special. 

3** Le goiit tres-desagreable de ce medicament le ren- 
dant d'un emploi difficile, veuillez nous faire savoir si 
vous avez trouve quelque moyen d'en masquer la saveur, 
et de le faire supporter aux eslomacs delicais. 

4*^ Avez-vous retire quelque avantage de I'usage ex- 
terieur de ce medicament? 

5** Veuillez nous faire connaitre le resultat de voire 
experience sur les effets physiologiques de I'huile de foie 
de morue , et nous dire ce que vous avez observe quant 
a ses effets immediats : sur I'appetit , sur la digestion , 
sur la frequence ou la rarete des selles , sur les urines , 
sur les functions de la peau , sur le pouls et , en un mot , 
sur les diverses fonctions de 1 economie animale. 

6** Veuillez nous faire connaitre egalement les modi- 
fications qui vous ont paru dependre de ce medicament 
chez les personnes atteintes de fievre hectique , lorsqu'il 

23 



338 

existait de vastes suppurations , des ulcerations ou des 
plaies etendues. 

7" Dans quelles maladies avez-vous surtout obtenu de 
bons effets par I'emploi de ce medicament? 

Avez-vous reussi a guerir, par ce moyen, des engorge- 
ments , des glandes lymphatiques , les diverses formes de 
la maladie scrofuleuse , le carreau , I'ascite , les maladies 
des OS, les ophthalmies, la faiblesse musculaire, la 
phthisic pulmonaire , le goitre , le rhumatisme chronique, 
ou toute autre maladie que vous auriez juge convenable 
de combattre par ce medicament? 

8" Si vous voulez bien nous faire connailre le resul- 
lat de votre experience sur ces diverses questions, veuillez 
ajouter quelques renseignements qui augmenteraient en- 
core Timportance de vos communications therapeutiques. 

a) L'huile de foie de morue a-t-elle ete le seul me- 
dicament employe? 

h) Si vous nous adressez les observations particulieres, 
veuillez specifier , autant que possible , I'age , le sexe et 
la constitution du malade, ainsi que le resultat definitif 
du traitement. 

9'^ Avez-vous observe quelques effets facheux de ce 
medicament? Quelques praliciens assurent avoir reconnu 
des deformations osseuses apres I'emploi de l'huile de 
foie de morue; avez-vous rencontre des cas de ramol- 
lissement des os que vous puissiez attribuer au medica- 
ment employe? Avez-vous rencontre les symptomes qui 
caracterisent la saturation de I'economie par les prepa- 
rations d'iode, c'est-a-dire, des vomissemenls, desdou- 
leurs d'estomac, des palpitations, du Iremblement ner- 



339 

veux , de ramaigrissement ; en un mot , un etat hectique 
paraissant dependre d'une action pernicieuse de I'iode? 

10^ En dernier lieu, veuillez nous faire part de voire 
opinion generale sur la valeur therapeutique de I'huile de 
foie de morue. 

Outre ces questions medicales qui s'adressent aux pra- 
ticiens, nous prendrons encore laliberted'enajouterquel- 
ques-unes qui concernent plus specialement Messieurs 
les chimistes et les pharmaciens , et sur lesquelles nous 
appelons leur bienveillante attention. 

1" Existe-t-il quelque travail inedit sur la composi- 
tion chimique de I'huile de foie de morue? et s'il en est 
ainsi , nous nous estimerions heureux den obtenir com- 
munication. 

2^ Si vous etiez dispose a entreprendre quelque tra- 
vail analytique sur ce sujet, nous serions fort recon- 
naissants que vous voulussiez bien fixer votre attention 
sur les questions suivantes : 

a) Sait-on exaclement ou se fait la vraie huile de foie 
de morue? Les memes foies sont-ils traites dans diffe- 
rentes localites? 

b) A quoi tiennent les differences physiques des huiles 
de foie de morue? Proviennent-elles de methodes dif- 
ferentes dans la preparation des foies , ou bien pendant 
le meme tr aitement des foies obtient-on des huiles diver- 
sement colorees? D'ou proviennent les differentes sa- 
veurs? La purification de I'huile influe-t-elle sur la 
saveur? Y a-t-il dans la preparation quelque chose qui 
puisse faire distinguer I'huile blonde ou blanche de la 



340 

rouge ou brune et de la noire? ou bien ces designations 
du commerce sont-ellesarbitraires? 

c) Quelle est la composition de I'huile de foie de 
morue? 

Contient-elle un ou plusieurs principes qui lui soient 
essentiels? 

L*iode est-il un de ces principes essentiels ? 

A quel etat de combinaison existe I'iode? 

Y a-t-il quelque chose , a« point de vue chimique , qui 
justifie la preference de quelques medecins pour une cer- 
taine huile plutot que pour une autre ? 

Pourrait-on plus ou moins facilement estimer la pro- 
portion d'iode? 

d) Avec quelles huiles felsifie-t-on I'huile de foie de 
morue? 

A quels caracteres peut-on reconnaitre la vraie ? Y au- 
rait-il un procede facile pour reconnaitre la presence de 
I'iode? 

Ces diverses questions, soit principales, soit surtout 
secondaires, sont justifiees par la difference des ren- 
seignements qu'on obtient de ceux qui font le commerce 
en grand et en detail de I'huile de foie de morue , de 
ceux qui Font etudiee a I'aide des reactifs , et enfm des 
medecins qui en observent les effets. 

Si vous vouliez nous adresser quelques reponses aux 
questions contenues dans cette lettre et si vous aviez 
quelques faits pratiques a nous communiquer sur cet 
objet , nous serions fort reconnaissants que vous voulus- 
siez bien le faire avant le l*"" avril 1845 , afm qu'il nous 
fut possible de faire entrer vos recherches dans le resume 



341 

qui sera presente a Ja session ordinaire de la Societe 
Suisse des Sciences naturelles, qui se reunit au mois 
d'aout de la meme annee. 

Veuillez, Monsieur et tres-honore confrere, recevoir 
Texpression de toute notre consideration. 

Le president de la Societe medicate , 
D^ W, D'EspiNE. 

U secretaire de la Societe medicate , 
D^ J. P. Ghanal. 



i\. B. Le bureau de la Societe Suisse a cru qu'il pourrait y avoir quel- 
qu'utihte a donner de la publicite a cette circulaire. 



TABLE DES MATIERES. 



Pages. 

DiscouRS d'ouverture du president .... 5 

I. Seance du comite central ....... 43 

II. Proces-verbaux des seances publiques. Seance du 

24juilletl843 49 

Seance du 25 juillet 53 

Seance du 26 juillet 55 

III. Proces-verbaux des seances des sections. 

Section de physique et de chimie. Seance du 

25 juillet 59 

Seance du 26 juillet 66 

Section de geologic et de mineralogie. Seance 

du 25 juillet 72 

Seance du 26 juillet 78 

Section de botanique. Seance du 25 juillet . 85 

Seance du 26 juillet . • 89 

Section de zoologie. Seance du 25 juillcit . 93 

Seance du 26 juillet 97 

Section de medecine. Seance du 24juinet. 100 et 241 

Seance du 25 juillet 10det245 

Seance du 26 juillet 102 

IV. Note de M. Math. Mayor , pere 107 

V. Note sur le glacier du Gietroz, par M. Venetz, pere. 109 

VI. Relation des ravages causes en Valaisparles^au- 

terelles en 1837, J858 et 1839 . . . . 118 

VII. Phenomenes que presente le terrain de transport 

du bassin de Geneve, parM. J. -And. de Luc. 132 

VIII. Quelques mots sur la matiere organique des eaux 

thermales , par le D'" Lebert 141 

IX. Not€ sur le M?/ce/mm, par M. Trog, pere, . . 144 

X. Considerations sur les colorations animales , par 

M. Sacc, fils 148 

A. Deviation du type normal de Tinflorescence 

du Tri folium repens ^ par le meme . . 171 

B. Sur lemouvement des fluides dans la cellule 

vegetale , par le meme 1 75 



9 



343 

Pages. 
XL Chemische Notizen von Professor Schonbein : 

1 . Ueber das Kaliumeisencyanid . . . . 1 78 

2. Ueber die Eisenoxidsalze . . . . i97 , 
5. Ueber das Kaliumeisencyanid .... 202 

4. Ueber die Eisenoxidulsalze .... 207 

5. Ueber das weisse Cyaneisen .... 208 

6. Ueber das Verhalten des Schwefelwasser- 

stoffgases zu Kohlensauren mit alkalischer 
Basis 211 

XI. H. D"" Locher-Balber, Bericht des Comites fur die 

Cretins -Angelegenheiten 216 

XII. H. Wolf, Archivar, Bericht uber die Bibliothek. 219 

XIII. Catalogue des dons regusdepuis la reunion d'Altorf. 221 
Catalogue des dons adresses a la Societe pendant 

sa session a Lausanne 250 

XIV. Lettre de M. le prof. Valentin surune proposition 

de M. Quetelet 232 

XV. Notice necrologique sur feu Edouard Hagenbach, 

deBale 255 

XVI. Proces-verbaux des deux premieres seances de la 

section de medecine , par M. le D' Favargnie. 

Seance du 24 juillet 241 

Seance du 25 juillet 245 

XV II. A. Liste des membres presents a la reunion de la 

Societe Suisse , a Lausanne 250 

B. Candidats presentes paries Societes cantonales 

et elus membres de la Societe 255 

C. Liste des membres morts depuis la derniere 

reunion 257 

XVIII. Besume des comptes de la Societe pour 1842 . 258 

XIX. Extraits des proces-verbaux des sections canto- 

nales de la Societe Suisse. 

Bale 259 

Berne 266 

Geneve 271 

Neuchatel 282 

Vaud . 510 

Zurich 321 

Circulaire de la Societe medicale de Geneve . . 556 



Fautes esseiitielles a corrigep. 



Page 16, note I , an lieu de M. le prof, bernois Studer, lisez .■ M. le prof. 
Bernard Studer. 
» 18 , note 1 , au lieu de M. le prof. Hagi, lisez .- M. le prof. Hugi 
» 22 , note 4 , a supprimer, la dix-huitifeme livraison etant la derni^re de 

I'ouvrage. 
» 25 , note 1 , le Linns , lisez .■ Linnsa. 

» 2 , Florae Basliensis, lisez .- Florae Basiliensis. 
» 4 , apres M. Scherer, pasteur, ajoutez .- M. Trog, p^re. 
" 29 , » 2, Ephe'me'rides , fisez .■ Epheme'rines. 
>' 50 , ligne 10 , et nieut , lisez .- et nie. 

» 52, ., 10,aulieudemedecine,etindique,/«er;,T,edecine;ilin- 
dique. 

* 54 , ). 13 , sur les fle'aux , lisez .■ sur le fle'au. 

» 82 , » 25 , au lieu de chateau d'Aigle , lisez .- Chalex , pres d'Aigle. 

"102, » 11, „ diagnostic , //iez : diagnostique. 

" **^' " ^' " par lequel, /we^.. parlesquels. 

» 112, ligne 5 de la note , au lieu de forme'e , lisez .- ferme'e. 

>' 134 , ligne 4 , au lieu de Statique , lisez : Statistique. 

[ 257 ' " ^^ ' " '^""^'^ q^'il «st > t'^c^ ■■ tandis qu'il en est. 

Mazelet, docteur, /«e2r, Mazelet, pere. 
" ^^^ » » 26 , ,, et a trouve, lisez .- il a trouve. 
" ^^^ ' » 10 , « conducibilite , lisez .- conductibilite. 
° ^''^' * ^' " ^- linearis ,\\sti: N. linearis. 






lliSiUllll 



a®i 



SCHWEIZERISCHEIX 

MTllFORSCHE^DEN GESELLSCHAFT 



UEI IHRER 



VERSAMMLU]\G ZU CHUR 



18 45, 



fsm 



\erhandlun(;en 



SCHWEIZERISCHEN NATURFORSCHENDEN 
GESELLSCHAFT. 



Sl/lohA 



DER 



SCHWEIZERISCHEIV 

MTllRFORSCHE^W GESELLSCHAFT 



BEI IHRER 



VERSAMMLUrVG ZU CHUR, 

den 29., 30. und 31. JIall 



^y. Uerda^zm/m 






CHUB, 

GEDRUKT BEI OTTo's ERBEN. 



i 



^iaSi?i?;^wi^(i^s « iSL&mi^ 



29ftfn Srtljr^swerfammlim^ 



DER 



SGHWEIZERISGHEN GESELbSCHAFT 



GESAMMTEN NATURWISSENSCHAFTEN 



tJli*ich von Planla-Reicheniiii, 

d. Z. rrasideuten dcr Gcsellscliatl. 



Hochgeaclitete , 

Hochzuverehrende Uerren ! 

Uurch die von* Hirer jiingsten Versaminlung in 
Lausanne gelroffene fur inich eben so unervvar- 
lete als ehrenvolle Walil bin ich berufen, Sie bier 
zu bewillkommnen und Ibren diesjahrigen Vcr- 
bandlungen vorzustehen. Indem icb Sie biemit 
in meinem beimatblicben Kanton berzlicb be- 
griisse, gebe icb mir die Ehre, Ibre Sitzungen 
mit einigen Nacbweisungen iiber das Land zu 
eroflPnen, das Sie beute zum zweiteninal als Ver- 
sammlungsort unserer Gesellscbaft mit Ibrer Ge- 
genwart erfreuen, einem Lande, Avelcbes das Bild 
ist unseres gemeinsamen Vaterlandcs in verklei- 
nertein Maassstabe , wie di(?ses von der Natur. 
und von den menscbliclicn Einricblungcn in 
Brucbstucke zerscbellt und wie dieses verurtbeill, 
in anbaltendein Kampfe gegen Vereinzelung im 
geistigen wie im slaallicben Leben baubg fVucbt- 
los zu ringcn. 



— 8 — 

Verschlungeuer sind aber in Graubiinden die 
Alpenkctten , zusammenbangender und ausge- 
dehnter die Eiswusten, die Tbiiler sind tiefer 
eingeschnitten und abgeschlossener, die jungen 
Stronie nnbandiger, interessanter die Wunder 
einer in ihren geheimnissvollen Werkstatten kaum 
nocb belauschten Natur. Die Menschen verschie- 
denarliger in Herkunft, Sprache, Glauben und 
Sitten als in irgend einem der andern Kantone 
unseres Vaterlandes. 

Von den i 1000 Fuss hohen Gipfeln unserer 
Berge, um deren Krone Steinadler ihre kalten 
Fliigel schwingen, stufen die verwitternden Fels- 
wande sich ab in die einsamen Hochlhtiler, wo 
die Arve und Lerche nur kiimmerliches Wachs- 
thum finden, Baren, Wolfe, Murmelthiere und 
die fliichtige Gemse ein Asyl suchen, und zahl- 
reiclie Viehheerden das junge Griin sich streitig 
niachen. Weiter herab auf sonnigen Halden oder 
aus finslern Scliluchlen verkiinden Ueberreste alter 
Ritterburgen den Untei'gang zahlreicher Dynasten- 
Gescblechter , die unter Kaiser und Reich friiher 
Rhiitien beherrschten , bis die unerti iigL'ch gewor- 
dene Herrschaft durch Vertrag, seltener durch 
Gewalt, in die Hiinde der Bauern ijbergieng. — 
Obslgiirten, Rcbgeliinde und Kornfelder verscho- 
nein die niedein Thalebcnen, und da wo die 



— 9 — 

Moesa ihre verderblichen Fluthen Aviilzt , gibt das 
weisse Maulbeerblatt eine schonere Seldenerndle, 
als in Italiens benachbarten Ebenen. 

Wie aber die Gebilde ihrer Natur sich nirgends 
gleichformig wiederholen , so erscheinen auch die 
Bewohner Biindens in eigenthiimlichen Umrissen 
dcs Korpers und des Geistes, und leicbt wird 
jeder Kenner unseres Volkes die Heimatb des 
ihm Begegnenden seiner leiblicben und geistigen 
Natur nacb ohne Scbwierigkeit angeben konnen. 
Die Abgescblossenheit unserer Tbaler wird nocb 
lange die Verwiscbung dieser Eigenthiinilicbkei- 
ten hindern, und wohl eben so lange werden 
aucb die Bewohner derselben die Wohlthaten 
und Genusse einer bobern Civilisation missen, 
deren Werlb sie nicbt zu scbiizen wissen und 
uni welche die Meisten im Besitze einer beinabe 
unbescbriinkten personlicben Freiheit, die ibnen 
iiber Alles gebt, sich auch wenig kiimmern. 
Dcr besttindige Kainpf gegen jede Bescbriinkung 
dieser Freiheit und gegen die Unbilde einer oft 
lauhen Natur haben den Biindner im Allgemeinen 
niulhig und tapfer erhalten. Gefahren schrecken 
ibn nicht. Er ist ebrlich, und wcnn er es auch 
mit deni Ueberlisten seiner Nachbarn nicht eben 
genau nimnit, so kann man ibm dagegen Hun- 
derle auf scin blosscs Wort anverlraucn, wie 



— 10 — 

dieses tagiich geschiebt. Dieser Grundzug seines 
Cbarakters ist um so ehrenwerther, als derselbe 
sicb durcb Jabrbiuidei te forterbalten bat, obwobl 
von Seiten dcs Staates fiir die geistige and mora- 
liscbe Erz;iehiing des Volkes bis zu Anfang dieses 
Jabrbunderts nicbts gescbab. Die Landscbule, 
welcbe von Vazerol im Jabr JS28 auf den 
biscboflicben Hof nacb Cbur verlegt wurde, die 
Scbule zu St. Nicolaus, welcbe von 1528 bis 
1622 dauerte, sowie das Collegium pbilosopbi- 
cum, welcbes 1695 zu Cbur erricbtet wurde, 
waren alle nur auf gelebrte Bildung und keines- 
wegs auf Volks - Erziebung berecbnet. Ebenso 
wenig war das offentlicbe Leben geeignet, das 
Volk zu eineni edlern Leben zu erzieben. 

Seit deni Licbtpunkte des Scbwabenkrieges ist 
die Gescbicbte Biindens nur eine Kette von Par- 
tbeikiiuipfen , in denen das Volk nur als Mittel 
niissbraucbt, in Unordnung erzogen, jeder selbst- 
stiindigen Ricbtung zu einem edlern Ziele ent- 
fremdet erscbeint. Neben dem Murb und der 
Gewandtbeit entwickelten sicb daber in selnem 
Cbarakter Keimc des Misstrauens und der Miss- 
gunst, der Auflebnung und der Streitsucbt, deren 
Nacbkliinge bis auf unsere Zeit berabtonen. — 
Es feblte zwar aucb jener Zeit nicbt an cdlen 
Mannern, die fern vom Getriebe der Parlbeien 



— 11 ~ 

nur dem Vaterlande lebten, oder neben ihren 
politischen Geschaften auch fiir die Wissenschaf- 
ten noch Zeit iibrig behielten, \vie die Guler, 
Sprecher, Jiivalta; allein die Mehrzahl wandte 
doch ihre Bestrebungen wesentlich nur* den 
Kriegswissenschaften zu und widmete ihre Tage 
dem Dienste fremder Fiirsten. Viele der edelsten 
Krafte giengen so liir das Vaterland unwieder- 
bringlich verloren. 

Hier im Kreise einer naturforschenden Gesell- 
schaft darf ich aber einen Mann nicht unerwahnt 
lassen , der zu den Seltenen gezahlt werden muss , 
welche den reichen Schatz ihres Wissens im 
vorigen Jahrhundert ausschliesslich dem Vater- 
land und den Wissenschaften weihten., der in 
Rhiitien der erste und tbatigste die Bahn wan- 
delte, die Sie, Hochgeachtete, Hochzuverehrende 
Herren! hier vereint und dessen Leistungen in 
den Naturwissenschaften die engen Grenzen seines 
Vaterlandes iiberschritten und vveithin Anerken- 
nung fanden. — Es ist das der edie Professor 
Mariin Planta^ der Grunder der ersten oko- 
nomischen Gesellschaft in Bunden. Seinen tiefen 
Kenntnissen in der Physik und Chemie verdankt 
die gelehrte Welt die Erfindung der Scheiben- 
Electrisirmaschine und selbst die grossen Vor- 
iheile der Verwcndung des Dampfes als bene- 



- 12 - 

gende Kraft und namentlich die Dampfschiffahrt 
wiirden der inenscblichen Gesellschaft schon in 
der Mitte des vorigen Jahrhunderts zu Gute 
geworden sciii , wenn seine an den Minister 
Choiseul dariiber gemachten ErofFnungen, stall 
blosser Anerkennung des genialen Gedankens 
durcb Ludwig den XV, praktiscben Eingang ge- 
funden batten. — Durcb die Bildungsanstalten in 
Zizers und Haldenstein, deren Griinder er war, 
und in welcben so mancbe ausgezeicbnete Manner 
unseres Vaterlandes, wie Reinbard, Labarpe, ibre 
erste Bildung erbalten baben, wurde der Grund 
zu umfassenden Bildungsanstalten fur Biinden ge- 
legl , die in den Privatanstalteu zu Marscblins und 
Reicbenau und im Anfange dieses Jabrbunderts 
in der Erricbtung der evangeliscben und spater 
der katboh'scben Kantonsscbulen eine weitere 
Ausfiibrung und Entwicklung fanden. 

Diese Kantonalanstalten mit alien ibren wobl- 
tbatigen Folgen auf die Gesittung unseres Volkes 
waren eine der vielen (bier guten) Friicbte der 
franzoslscben Revolutions- Stiirme, die Rbatien 
von der verderblichen Herrscbaft uber das Veltlin 
befreiten und als Kanton mit der Eidgenosscn- 
schaft vereinigten, wodurcb einerseits die alien 
Partbeikampre, aus Mangel an Nabrung, ibr Ziel 
fanden, andererseits den vorbandenen Kraften 



— 15 — 

edlere Bahnen geoffnet wurden. Wenn in fruhern 
Jahrhunderten fremde Kriegsdieiiste das beinalie 
ausschliessliche Ziel jedes Ehrgeizes waren, so 
bewegen sich unsere Bundner seit dem Anfange 
dieses Jahrhunderts in weit vielseitigern Kreisen 
mensclilicher Bestrebungen. Viele bekleideten 
auswarts mit Auszeichnung hohe Staats- und 
Mililarstellen , andere erwarben sich als kircbliche 
Wiirdetrager oder Pfleger der WIssenscbaften 
bleibende Verdienste um Mit- und Nacbwelt, 
nocb andere, welcbe auf beimatblicbem Boden 
dem Diensle der Musen sicb widmeten, sind 
auch im Aiislande gefeierte Dicbter und beh'ebte 
Nouvellisten. Nocb grosser ist die Zabl derjeni- 
gen, welcbe sicb scbon seit der Mitte des vori- 
gen Jabrbunderts in die Feme begaben, um 
dort in vieljwtigen industriellen Unternebmungen 
den Unterbalt zu sucben, den die karge Erde 
im eigenen Vaterlande ibnen versagt. Dermalen 
gestattet eine bessere Scbulbildung unsern Aus- 
wanderera eine freiere Ricbtung ibrer Bestre- 
bungen. An der Stelle des kiimmerlicben Scbub- 
macberbandwerkes und der darauf g^efolfften g-e- 
winnreicben zwar, aber aucb nicbt unbedingt 
empfeblenswertben bidustrie der CafFetiers, Con- 
ditoren und Pastetenbiicker, welcbe bis in die 
neueste Zeit das beinabe ausscbliesslicbe Ziel 



_ 14 _-. 

kiihiier Wiinsche war, erheben sich diese durch 
bessere Erziehung veredelt nunmehr zu gross- 
artigen Unternehmungen. Grossbandlungen und 
Gasthofe ersten Ranges griindeten das Gluck 
ihrer biindneriscben Besitzer, und selbst die kleine 
scbwarze Hand des Scbornsteinfegers lernte spater 
Hunderttausende vcrwalten nnd die Holzschuhe 
mit der reicben Equipage vertauscben, obne dem 
Gewerbe, das so vielen Reicblbum begriindete, 
zu enfsagen. Viele kleine biduslrien scbliessen 
sicb an diese an, von denen Mancbe weniger 
durcb die freie Wabl als durcb den Geburtsort 
vorber bestimmt zu sein scbeinen. So liefern 
einzelne Tbaler nur Glaser und Scbornsteinfeger, 
andere nur Pastetenbacker und CafFetiers, wie- 
der. andere nur Holzarbeiter , nocb andere Lan- 
destbeile Wit'die, Kammerdiener, Courriere, 
Kutscber nacb Italien, und die Zabl der so im 
Ausland Bescbafdgten belief sicb im Jabr 1841 
allein a us dem evangeh'scben Tbeil des Kantons 
auf 565^, von dencn ijber Tausend den beiden 
Engadinen und dem Bergell angeborten. In 
Frankreicb waren damals 1069, in den deut- 
scben Staaten 1122, in Itab'en 572, in Amerika 
64 niedergelassen. Ein Zauber aber fiibrt sic 
beinabe alle wieder in ibre beimadih'cben Berge 
zuriick, urn bier die Friicbte ibrer Miiben und 



- 13 — 

Sorgen zu geniessen, und dieser Zauber ist — 
die Freiheit! Die goldne Freiheit der heimath- 
lichen Berge, die Gleichheit aller Stande, das 
Recht , ihre Localangelegenlieiten selbst besorgen 
und in der Leitung der allgemeinen Angelegen- 
beiten ein freies Wort mitsprecben zu konnen; 
diese Freibeit und die Erinnerung an Jugend- 
traume und Jugenderlebnisse sind die Zauber- 
formeln , welcbe Tausende aus dem heitern Leben 
glanzvoller Hauptstadte beimdrangt in das stille 
Tbal an den kalten Fuss einer Eiswuste und an 
die Ufer des freundlicben Bergsees oder des 
beimalblicben Fbisses , um in einem selbstge- 
bauten oder in dem verscbonerten Hause des 
Vaters den Abend iniibevolier Tage sorgenfrei 
zu verieben. 

Die Aufgabe der Regierung, die an die Spifze 
dieses aus mebrern souverainen Hocbgerichten 
zusammengesezten Landes gestellt ist, ist notb- 
wendig bocbst scbwierig und ibre Wirksamkeit 
wesentlicb durcb die Zustimmung der Mebrbeit 
des Volkes bedingt und eben dessbalb vielfacb 
gebemmt. Durcb Anlegung neuer Strassen bis 
in die entferntesten Tbaler der Industrie und 
acbten Bildung die Babn zu ebnen, — fiir die 
rationellere Beniitzung und Erbaltung der Scbiitze 
unseres Bodens durcb Unterricbt und Aufniunte- 



— 16 - 

rung moglichst zu sorgeii, und nur die unent- 
behrlichsten Gcsetze dem Volke zur Sanction 
vorzuschlagen , dieses ist ihre Aufgabe. 

Vicl Verdankenswerthes ist in diesen Richtun- 
gen schon gescheben, und mebr nocb stebt bei 
den gijnstigen Finanz-Verbaltnissen des Kantons 
in Aussicbt, wenn die Regierung und die Bessern 
in ibrem edeln Streben zum Wobl eines Volkes 
nicbt ermatten , das nacb Art der Gebirgsvolker 
nur langsam und mit Misstrauen in neue von 
den Vfitern nicbt gekannte Babnen eingebt, aber 
diese docb aucb nicbt unbedingt verscbmabt, 
wie die mit seiner Einwilligung und mit einem 
Aufvyande von ein paar Millionen erbauten kiib- 
nen Strassen, die Gymnasien und Volksscbulen 
und so mancbe andere Scbopfungen der neuern 
Zeit beweisen , einer Zeit , welcber die scbwierige 
Aufgabe geworden, Versiiumnisse von Jabrbun- 
derten nacbzubolen. 

Mocbte eben dieser feste Glauben an eine 
scbonere Zukunft meines beimatblicben Kantons 
aucb Sie , Hocbgeacbtete , Hocbzuverebrende 
Herren! durcbdringen und Sie bewegen, neben 
der Erforscbung unserer Berge und Tbiiler aucb 
einen freundlicben BHck auf die Menscben zu 
werfen, welcbe dieselben bewobnen, um sicb 
zu iiberzeugen , dass wir zwar nicbt vollkommen 



— 17 - 

docli auch nicbt so unenipninglich fiir die 
Wolilfhaten der Civilisation sind, wie man bin 
und wieder in unserm V'alerlande zu glauben 
scbeinl. 

Daran knvipfe icb ferner den Wunscb, dass 
Ibr Aufentbalt in diesem von der Natur und den 
Menscben so seltsam begabten Lande, wenn er 
aucb nur wenige Tage andauert, desto langer 
und freundlicher in Ibrer Erinnerung forlleben 
moge. 



PROTOCOLL DEU SITZUNGEN 

DER ALLGEMEINEN 

SCHWESiEEEISCHEN GESELISCHAFT 

FUB DIE 

GESAMMTEN NATURWISSENSCHAFTEN 

I?l IIIREK 

298teii JAHRESVERSAMMLUNG 

1 N 

C H IJ R 

den 29. und 50. Jult 18414. 



— 21 ^ 



SITZDNG DES CENTRAL -COMIXES. 



Ben 29. Juli Morgens 8 Vhr im Saal des 
Grossen Rothes anwesend: 

Herr JJlrich v, Planta^ Prasident. 

)> Doctor v» Rascher^ Vice-Prasident. 

» Professor Schinz \ von Zurich 

,. Professor Zo.A«-5«M.r i^^t.lZu 

)) Otto Wertlimuller^ Quastor ) secretariats. 

» Professor Peter Merian , von Basd. 

» Pfarrer Rehsteinei\ von Teufen. 

)> Doctor Mullei\ von Altdorf. 

)) Doctor Mayor ^ von Lausanne. 

)) Apotheker Meyer ^ von St. Gallen. 

)> Secretar J^ C, v. Tcharner, 

1. Es wird ein Schreiben des Herrn Quastors 
Werthmuller verlesen , mit welchem derselbe 
die Rechnungen fiir das Jahr 1843 iibersendel; 
diese leztern sollen der Generalversammlung zur 
Priifung durch eine Commission vorgelegt werden. 



-~ 22 — 

2. Auf Antrag des Herrii Doctor Schinz wird 
bescblossen, dies Jahr nur drei Sectionen zu 
bilden : 

1. Physlk, Chemie, Geologic u. Mineralogie. 

2. Zoologie, Botanik, Anatomic u. Ackerbau. 

3. Medizin und Chirurgie. 

5. Das Prasidium giebt Kenntniss von den an- 
genieldeten Arbeiten; von denselben werden fiir 
die General versa mmlung' bestimmt ; 

1. Vortrag des Herrn Doctor Mayor iiber 
eineu von seinem Sohne Herrn Charles 
Mayor erfundenen Scbwimmapparat. 

2. Abhandlung von Herrn Pfarrer Eisen- 
ring iiber Nachtfalter und deren Fang. 

3. Vortrag von Herrn Hau|3tmann Aesch- 
mann iiber Fortgang und jezigen Stand 
der Hohenmessungen in der Schweiz. 

Die iibrigen Arbeiten wurden den Sectionen zu- 
gewiesen. 

4. Der Bericbt des Herrn Doctor Gu^genbllhler 
iiber die Kretineu-Heilanstalt auf dem Abendberg 
und das mit demselben verbundene Gesuch um 
Untersliitzung fiir jene Anstalt wird der medizini- 
schen Section zur Behandluug iiberwiesen. 



— 25 — 

5. Herr Apotheker Meyer von St. Gallen ver- 
spricht einen Nekrolog des im Laufe des Jahres 
verstorbenen Herrn Doctor Zollikofer von St. Gal- 
len. (Das Verzeichniss sammtlichcr in diesem Jahr 
verstorbener Gesellschaftsmitglieder siehe unter Beilage 
Litt. E.) 

6. Der bereits in der lezten Versammlung 
zum Ehrenmitglied vorgeschlagene Herr Doctor 
Partsch, Museumsdirector in Wien, soil auf die 
diesjahrige Candidatenlisle gesezt werden. 

7. Ein Scbreiben der Kantonal ~ Gesellschaft 
von Genf, den Wunsch ausdriickend , dass die 
nachstjahrige Versammlung der Gesellschaft in 
Genf stattfinden moge, soil der General -Yer- 
sammlung vorgelegt werden. 

8. Der Vorschlag des Prasidiums, die laut 
leztjahrigem Beschluss neuzudruckenden Gesell- 
schafts - Statuten durch das General - Secretariat 
revidiren und vor dem Druck den Kantonal - 
Gesellschaften zur Priifung vorlegen zu lassen, 
wird genehmigt. 

9. Der Herr Quastor referirt, obwohl bereits 
in der lezten Versammlung ein Credit von L. 200 
iiir den Druck eines neuen Verzeichnisses der 
Gesellschafts-Mitglieder bewillfgt worden sei, 



— 24 - 

80 habe er diese Arbeit wegen verspateter MIl- 
theilung des Jahresberichtes , doch uoch niclit 
liefern konnen , werde sie aber bis Anfafig des 
Dachsten Jahres beeudigen. 

U). Herr Professor Selling bring t mit grossem 
Bedauern vor, dass der Quastor der GeseJIschaft, 
Herr Otto Werthmiiller, nacli fiinfjahriger ver- 
dienstvoller Amtsfiibrung seine Stella niederzu- 
legen entschlossen sei; der Herr Quiislor selbst 
fiigt bei, dass er sich urn eineii Nachfolger um- 
sehen, und bis ein solcher gefunden sei, die 
Geschafte ferners besorgen vverde. 

11. Eiu durcli Herrn Frey-Ilerose ubermit- 
lelter Antrag , der Kantonalgesellschaft im Aargau 
die Verhandliing der Kantonal-Gesellschaft in 
extenso im Jahresbericht oder in den Druck- 
schriften der allgemeinen Gesellschaft milzuthei- 
len, soil der General -Versammlung vorgelegt 
werden , dessgleichen 

12. Ein Scbreiben des Herrn Coulon von 
Ncuchatel, enlhaltend die Anzeige, dass das 
Comite fiir Veroffentlicbung der Druckscbriften 
dies Jalir keine Unterstiitzung ab Seiten der 
Gesellschaft verlange. 



— 25 — 



ALLGEMEINE SITZUNGEIV. 



Erste Sitzung Montags den 29 Juli 1844 
im Regierungsgehiiude, 

' i. Der Piasldent, Hen* Vlrich v.Planta, er- 
ofFnete die Sitzung mit einer Rede, in welcher 
mit wenifi^en characteristischen Zijo^en der Kanton 
Graubiinden und seine Bewohner, der Blldungs- 
gang dieses Landes und die Stufe der Civilisation, 
welche derselbe gegenwartig einnimmt, geschil- 
dert und angedeutet werden. 

Der Kanton Graubiinden giebt in der Verschie- 
denheit seiner Naturerscheinungen , so wie seiner 
staadichen Einrichtungen in kleinerm Maassstabe, 
ein getreues Bild des schweizerischen Gesammt- 
vaterlandes. Seine Bewobner eben so verscbieden 
in Spracbe, Reh'gion und Sitten, korperlicber und 
geistiger Geslaltung, baben alle ^iw^w Grundzug 
des Cbarakters gemein, die Liehe znm Vater- 
land und dessen Freiheit, 



— 26 — 



Flir die gelstige Erzlehung des Volkes geschah 
bis zu Anfang dieses Jahrhunders von Seiten des 
Staates Avenig-, und nur wenige Manner waren es, 
die fern vom Getriebe der Partheien , oder neben 
ihren politiscben Bestrebungen sich den Wissen- 
scbaflen mit Eifer und Erfolg widmeten, wie die 
Guler, Juvalta^ Sprecher und der edle Pro- 
fessor Martin Planta^ der Griinder der ersten 
okonomischen Gesellschaft in Biinden und Er- 
finder der Scheiben-Electrisirmaschine, vielleicbt 
auch der erste, welcher die Idee, den Dampf 
als bewegende Kraft zu VervoUkommnung der 
SchifFfahrt anzuwenden, ausgesprochen hat. 

^enn in friihern Jahrhunderten fremde Kriegs- 
dieuste das beinahe ausschliessliche Ziel jedes 
Ehrgeizes waren, so bewegen sich die biindne- 
rischen Ausvvanderer seit dem Anfange dieses 
Jahrhunderts durch bessere Schulbildung begiin- 
stigt im Auslande in weit vielseitigern Kreisen 
menschlicher Bestrebungen ; beinahe Alle aber 
fiihrt der Zauber der Freiheit fruher oder spater 
wieder ins Vaterland zuriick, um dort den Abend 
oft miihevoller Tage sorgcnfrei zu verleben. Die 
schwierige Aufgabe der Regierung dieses Landes 
ist, die individuelle Freiheit moglichst gewiihren 
zu lassen, durch Anlegung neuer Strassen der 
Industrie und achten Bildung Bahn zu brechen, 



— 27 — 

fiir die rationelle Beiiulzuiig' und Erbaltung' dcr, 
Scbatze des Bodens, durch Unterricht und Auf- 
munterung- moglichst zu sorgen und nur die un- 
entbehrlichsten Gesetze dem Volke zur Sanction 
vorzulegen. 

Verdankenswerthes ist in neuester Zeit in die- 
sen Richtungen von der Regierung und gemein- 
niitzigen Vereinen gescheben und Vieles darf 
mit Grund von der Zukunft gebofFt werden. 
Der Redner scbliesst mit dem Wunscbe, dass 
der Glaube an eine scbonere Zukunft Biindens 
aucb die versammelten Mitglieder der scbweiz- 
eriscben naturforscbenden Gesellscbaft durcb- 
dringen moge, und dass der kurze Aufentbalt in 
BiJnden desto langer und freundlicber in ibrer 
Erinnerung fortleben moge. 



2. Es wurden ein Scbreiben der Kanzlei des 
Hoben Standes Graubiinden und ein z>yeites des 
Biirgermeisteramtes der Stadt Cbur verlesen, 
entbaltend die Anzeige, dass die bobe Regierung- 
von Graubiinden einen Beitrag von L. 400, der 
Loblicbe Stadtratb von Cbur einen solcben von 
L. 240 zur Verfiigung der Gesellscbaft gestellt 
haben. Auf den Antrag des Herrn Professor 
Sebinz von Ziiricb und auf Vorscblag des Pra- 
sidiums wurden die Herren Professor Sebinz, 



— 28 ^ 

Professor Merian von Basel und Doctor Mayor 
von Lausanne beauftragt, der Hohen Landes- 
regierung so wie dem Lobl. Biirgermeisteramt 
der Stadt Cluir fiir jene Geschenke den Dank 
der Gesellschaft zu hinterbringen. 

5. Das Prasidlum macht die Anzeige, dass laut 
Beschluss des Central -Comites dies Jahr nur drei 
Sectionen gebildet werden sollen, namlich: 

Eine fiir Physlk, Cliemie, Geologic und 

Mineralogie ; 
Eine fiir Zoologie, Botanik, Ackerbau und 

Anatomie; 
Eine fiir Medicin und Chirurgie ; 

diese Sectionen wiirden sicb, gleich nach der 
General -Versammlung , konstituiren und ihre 
Sitzungen halten. 

4. Zur Priifung der vom Herrn Quiistor vor- 
gelegten Rechnungen wird eine Kommission er- 
nannt, bestehend aus 
dem Herrn Herose von Aarau, 

» Professor Locher-Balber v. Ziirich 
und » Ziegler von Wintertliur. 

6. Der Herr President zeigt mit grossein Be- 
dauern an , dass Herr Quastor Werlhmiiller, nach 



— 29 — 

Tunfjahriger Amtsdauer, seine Stelle ablegen zu 
wollen, erklart habe, und druckt demselben, 
Namens der Gesellschaft , den Dank fur seine 
geleisteten Dienste aus. 

6. Dem Prasidium werden folgende VortraVe 
fiir die heutige Sitzung angekiindigt: 

aj Von Herrn Doctor Mayor uber einen von 
seinera Herrn Sobne erfundenen