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ACTES
^ 0^
SOCIETE HELYETIQUE
SCIENCES NATURELLES.
28'
SESSION.
1843.
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ACTES
DE LA SOGIETG HELVETIOIIE
DES SCIENCES NATURELLES.
I J izorXS"
ACTES
SOCIETE HELVETIQUE
• REUNIE
LEs 24, 25 & 26 juiLLET 1843.
«S^ Sesitioii.
\ '^>^^rV>:
LAUSANNE.
IMPRIMERIE PACHE, CITE-DEVANT, G.
1S43.
PJ2CI.A.
PRONONCE A L'OUVERTURfi DBS SiSaIICES
DB LA
SOCIETE HELVETIQUE DES SCIENCES NATURELLES,
A LAUSANNE, LE 24 JUILLET 1843,
Par C Carbgi President.
Trh-hoiio;^s Messieurs , tr^s-chers Collegues & ConfM^res ,
C'est assurement un beau jour pour vos collegues du
canton de Vaud que celui ou ils ont, pour la troisieme
fois , la satisfaction de voir la Societe Suisse des Sciences
naturelles reunie a Lausanne, apres un intervalle de
quatorze ans. Je me trouve heureux de pouvoir yous
exprimer tout le plaisir que leur cause votre presence.
Soyez les bienvenus au milieu de nous, tres-chers et
honores collegues et amis ; soyez convaincus que nos
concitoyens partagent le sentiment de bonheur que nous
eprouvons en voyant arriver des diverses parties de la
Suisse tant d'hommes eminents dont les travaux hono-
rent la patrie.
6
Bien des evenements se sont accomplis depuis voire
derniere reunion a Lausanne ; plusieurs de nos collegues ,
hommes distingues par leur savoir et leurs vertus, et
qui eurent alors le plaisir de vous accueillir , nous ont
ete enleves successivement ; leur memoire vous restera
chere ainsi qu'a nous.
Malgre les perturbations qui ont eu lieu en Suisse
depuis cette epoque , notre Societe s'est soutenue , elle
a' continue ses travaux paisibles, et on pent dire avee
certitude qu'elle a pris plus de consistance et de deve-
loppement , car elle compte huit cents membres ordi-
naires et plus de cent quarante membres honoraires ;
aussi est-ce avec un certain orgueil que nous pouvons
aujourd'hui commencer sa 28™® session.
Notre Societe peut se rendre le temoignage d'avoir
puissamment contribue a repandre dans notre patrie le
gout de I'histoire naturelle ^ en excitant , jusques dans les
contrees les plus reculees de nos Alpes , une noble emu-
lation pour I'etude des diverses branches de cette science.
Des travaux importants ont ete le resultat de ces no-
bles efforts ; de nombreuses publications individuelles et
les memoires interessants renfermes dans les acles de la
Societe , viennent a I'appui de cette assertion. Une inves-
tigation generale et eclairee de toutes les richesses na-
turelles de la Suisse a eu lieu sur tons les points du
pays; des collections publiques et particulieres ont ete
formees ; en un mot , un grand mouvement scientifique
s'est manifeste chez nous , et notre Societe n'y est pas
restee elrangere.
Un coup-d'oeil rapide jete sur les divers travaux qui
ont ete entrepris , pendant ces derni^res ann^s , par un
assez grand nombre de nos collegues , justifiera , je I'es-
pere , ce que je viens d'avancer.
En commen^nt par les sciences physiques et mathe-
matiques , nous trouverons que I'astronomie et les ob-
servations meteorologiques et magnetiques se poursuivent
a Geneve avec une activite et une regularite remarqua-
bles , graces aux profondes connaissances des professeurs
qui se consacrent a ces etudes. *
De nombreuses observations faites avec la lunette
meridienne ont ete publiees dans les memoires de phy-
sique.
C'est a Geneve ou Ton a fait les premieres observa-
tions et de bons calculs sur la curieuse orbite de la
premiere comete de 1843.
Des travauK interessants ont ete faits par un astro-
nome genevois sur Ips etoiles filantes et leur comparaison
en differents pays, ainsi que sur la theorie de ce phe-
nomene.^ Des recherches sur I'electricite athmospherique
et des observations trimestrielles sur les variations de la
declinaison magnetique , faites par des savants genevois,
sont publiees dans les resultats du magnetisches Verein
de Gottingen, Des travaux de meme nature se font a
Berne , a Zurich , et sur d'autres points de la Suisse.
Des observations sur la declinaison de I'aiguille ai-
mentee ont ete faites a Lausanne avec beaucoup de
soin sous^^la direction de M. le professeur de physique. 3
* M. le professeur Gauthier et M. Em. Plantamour.
2 M. Wartmann , pere.
3 M. Elie Wartmann.
8
Un autre professeur lausannois,i auquel on doit aussi
de savants calculs sur la com^te de 1843, s'occupe avec
ardeur d'observations astronomiques au moyen d'un ma-
gnifique telescope qu'il a etabli chez lui , et en atten-
dant qu'un observatoire cantonal ait ete constmit et
qu' on puisse y placer les instruments qui ont ete con-
fectionnes par les premiers artistes de Munich.
On sait que, depuis longtemps, des travaux impor-
tants se font a Geneve sur lelectricite et le galvanisme.
On connait la belle decouverte faite par M. le professeur
de La Rive , d'un procede pour le dorage des metaux
au moyen d'un courant galvanique. Les resultats de cette
decouverte auront des consequences immenses pour les
arts, en meme temps qu'ils mettront les ouvriers qui
s'occupent de ce genre d'industrie a I'abri des inconve-
nients tr^s- graves qu'entrainait le dorage au mercure.
On doit au meme savant des recherches.sur les courants
ma^neto-Mectriqiies ; sur la chaleur degagee par les cou-
rants voltaiques ; sur une nouvelle pile dont un seul ele-
ment suffit a decomposer I'eau ; sur un condensateur
voltaique. ^
Une nouvelle division de la Bibliotheque universelle
de Geneve est sepecialement destin^e a rendre eomple
de ces travaux int^ressants.
La chimie est cultivee a Geneve avec un succes tou-
^ M. Secretan.
- Voir pour les travaux de M. le professeur de La Rive , de
MM. Marcet etMarignac, la Bibliotheque universelle, les me-
moircs de la Sociele de physique de Geneve , ainsi que les ar-
chives de rEleclridtc.
9
jours croissant; on connait les beaux travaux sur la
naphtaline , sur le nombre equivalent du chlore ! ^
II en est de meme a Berne ou , depuis longtemps ,
un de nos coUegues ^ s'est acquis une juste reputation
par des travaux d'un merite superieur sur la chimie or-
ganique. D'autres cbimistes bernois se sont egaleraent
fait connaitre par de savantes recherches sur cette
science. 3
A Bale, les sciences chimiques," et en particulier
1 electro-chimie , sont trainees avec une grande superiorite
par un de nos collegues, dontles savants travaux occupent
une place distinguee dans les actes de I'Academie des
sciences de Munich , dans les annales de Poggendorf ,
dans le journal d'Erdmann , et dans la Bibliotheque uni-
verselle de Geneve. La distinction flatteuse qui vient de
lui etre conferee par la ville de Bale annonce assez a
quel point on apprecie son merite. 4
A Zurich , le professeur habile charge de I'enseigne-
ment de la chimie s'est fait connailre avec avantage par
des travaux sur la chimie organique. ^
Dans le canton de Vaud , les sciences physiques et
mathematiques sont cultivees avec ardeur par des jeunes
professeurs remplis de connaissances et de talents , qui
se sont deja fait connaitre avantageusement au dehors
par divers travaux. Le professeur de chimie a donne des
1 Par M. Marignac.
- M. le professeur Brunner.
^ MM. Pagenstecher et Fellenberg.
4 M. le professeur Schonbein.
^ M. Loebig.
10
preuves de I'etendue de ses connaissances , et depuis
longtemps un de nos collegues , qui a fait de la chimie
I'objet special de ses etudes , a enrichi la science de plu-
sieurs travaux importants. Tout recemment, il a insere
dans la Bibliotheque universelle un memoire sur la fixa-
tion du chiffre des equivalents chimiques , resultat de
ses savantes recherches , lu en juin 1841 , a la Societe
vaudoise des Sciences naturelles. ^
Bien que les travaux qui ont ete poursuivis depuis
quelques annees sur la tlieorie des glaciers, par notre
savant concitoyen , aient ete entrepris dans un but essen-
tiellement geologique, cependant, comme les belles ob-
servations qui en ont ete le resultat se rattachent aussi
a la meteorologie et a la physique generale , c'est le cas
d'en parler ici.
On eprouve une veritable admiration en voyant avec
quel zele et quelle perseverance ces travaux si penibles,
et presque toujours accompagnes de dangers reels, ont
ete accomplis. Non contents d'observer pendant le jour ,
et sous tous leurs rapports , les phenomenes si varies
que presente les glaciers , les habitants de I'hdtel des Neu-
chdtelois ont prolonge leurs observations pendant les
^ M. S. Baup , directeur des salines. Le changement du poids
^atomique du calcium^ propose dans ce memoire , a ete confirme
plus tard paries experiences de M. Dumas et par celles de MM.
Erdmann et Marcliand. Des occupations officielles n ont pas
encore permis a I'auteur d'achever les series d'experiences qui
doivent former la seconde partie de son travail, destine a appuyer,
par de nouvellcs preuves, I'liypothese de Prout sur la simplicite
des nombres expriuiant le poids des equivalents chimiques.
11
nuits quelquefois tres-froides de ces hautes regions. Apres
•avoir etudie le glacier a sa surface , ils ont voulu pene-
Irer dans son interieur, et sans se laisser arreter par les
dangers dune pareille entreprise , le chef intrepide de
I'expedition s'est fait devaler dans un puits naturel de
glace vive, jusqu'a la profondeur de 125 pieds. Peu
s'en est fallu qu'il n'ait paye de la vie cette tentative au-
dacieuse, et que notre jeune compatriote n'ait termine
d'une maniere deplorable une carriere deja si riche en
resultats scientifiques.
Des faits importants ont ete les fruits de ce devoue-
ment a la science. La structure de la glace a ete obser-
vee dans toutes ses parties ; I'infiltration de I'eau dans
I'interieur du glacier , jusqu'a une gjande profondeur, a
ete mise hors de doute par des experiences aussi inge-
nieuses que bien conduites. La stratificaUon de la glace
a ete reconnue ainsi que la nature des bandes de glace
bleue qui traversent le glacier. On s'est egalement assure
qu'il s'en fallait de beaucoup que la glace fut constam-
ment dans un etat de purete parfaite , et qu'elle renfer-
mait assez frequemment des corps etrangers.
La nature meme de la glace a ete etudiee par un des
habiles collaborateurs du professeur neucliatelois. * La
formation des crevasses a , pour ainsi dire , ete prise sur
le fait.
Des forages poursuivis , pendant deux annees conse-
cutives , avec des difficultes infinies , dans le but de
s'assurer de I'epaisseur du glacier , n'ont pu etre pousses
' M. A. rSicolet.
12
au-dela d'une profondeur de 200 pieds; neanmoins ces
Iravaux ont servi a reconnaitre que I'epaisseur des gla-
ciers etait , dans la plupart des cas , beaucoup plus consi-
derable qu'on ne Tavait suppose. D'ailleurs , ces trous
de sonde ont servi a des observations importantes sur
la temperature de la glace ; on s'est assure qua une cer-
taine profondeur cette temperature est a peu pres uni-
forme et ne s'abaisse guere au-dela de Vio de degre au-
dessous de zero. Ces memes trous ont servi a determiner,
jusques a un certain point , la quantite d'eau qui penetre
journellement dans I'interieur du glacier.
Des observations tres-exactes ont ete faites sur le
mouvement progressif du glacier ou sur sa progression ,
non-seulement dans un espace de temps donne, mais
encore jour par jour ; et , a cette occasion , on s'est as-
sure que la marche du glacier est beaucoup plus acce-
leree au centre que sur les bords , pendant la nuit que
pendant le jour. La progression annuelle du glacier de
I'Aar a ete evaluee a environ 200 pieds.
Eniin, on a cherclie a reconnaitre aussi avec exacti-
tude quelle etait la diminution que le glacier eprouvait
a sa surface par la fonte journaliere de la glace , ou son
ablation, et on a trouve quelle etait d'environ dix pieds
par an.
II n'est pas necessaire d'insister sur I'utilite de ces
observations pour la science; elles seront consignees en
detail dans un grand ouvrage que le savant dont nous
parlons prepare en ce moment , et qui sera accompagne
d'une superbe carte topographique du glacier et de vues
executees avec soin.
13
Ce n'est pas tout; voiilant aussi etudier les pheno-
menes que le glacier et les neves presentent a de grandes
elevations, les infatigables habitants du glacier de I'Aar
n'ont pas craint de s'aventurer sur les cimes les plus
el^vees qui I'entourent. On sait qu'en 1841 la Jungfrau
a ete escaladee par cinq de ces eourageux observateurs.
En 1842, la cime du Schreckhorn, qu'on avait tou-
jours crue inaccessible , a ete gra\ ie par le spirituel et
fidele coUaborateur du professeur neuchatelois. ' de con-
cert avec le geologue zuricois , ^ conduits par Jacob
Leuthold , ce modele des guides de I'Oberland.
Telle est la puissance de I'exemple , qu'un explorateuf
des Alpes, bien connu par de superbes panoramas, a
egalement fait I'ascension de la Jungfrau en 1842. ^
Des observations analogues a celles qui se faisaient
au glacier de I'Aar ont aussi ete entreprises en 1842,
au glacier des Bois, par un celebre professeur ecossais. ^
On sait que ses travaux Font conduit a des resultats un
peu differents de ceux obtenus par les habitants du gla-
cier de I'Aar.
La juste admiration que doit exciter une entreprise
scientiiique aussi largement congue et poursuivie avec
une Constance aussi admirable, ne doit pas nous faire
oublier les travaux plus anciens d'un de nos savants colle-
gues, qui a le merite d'avoir, le premier, presente une
theorie aussi lumineuse que satisfaisante sur la formation
1 M. Desor.
2 M. Arnold Escher de la Linth.
3 M. G. Studer.
* M. le professeur Forbes d'Ediaibourg.
14
(Jes glaciers ; iheorie basee sur les fails recueillis par lui
pendant un grand nombre d'annees consacrees a nne
observation exacte de leurs divers pbenomenes.
Quelque soil le resultat des travaux executes au gla-
cier de r Aar , VEssai sur les glaciers et le terrain erratique
n'en restera pas moins un ouvrage remarquable par la
profondeur des pensees, par la clarte de Texposition et
par la masse de fails qu'il renferme.
Le vif interet qui se rattache a la question de I'exten-
sion des glaciers el a la dispersion des blocs erraliques,
a engage un autre savant professeur neuchatelois * a
conslater par des nivellemenls baromelriques , executes
avec le plus grand soin , la hauteur el la distance a la-
quelle ces blocs ont ete deposes dans les bassins de la
Linth , de la Reuss , de I'Aar el du Rhone. Un travail
aussi elendu , execute avec aulant de precision , el qui
a deja coute plusieurs annees d'observations et de courses
penibles , fournira les moyens les plus posilifs de deter-
miner la veritable position des blocs erraliques dans tout
le bassin de la Suisse.
Malgre que I'elude de la geologic n'ait pas ete suivie
en Suisse avec le meme zele que celle de la botanique ,
on doit cependant reconnaitre que non-seulement elle
n'y a pas ete negligee, mais que, depuis quelques an-
nees, elle y fail de grands progres.
Les travaux d'un de nos savants collegues sur le Jura
balois, sont les premiers qui nous aienl fail connaitre
la structure et les veritables rapports des divers etages
' M. le professeur Guyot. Voir la notice imprimee dans les
Actes de la reunion de 4842.
15
dont se compose celte formation. Les divers memoires
qu'il a public a ce sujet ont jete une vive lumiere sur
toute cette chaine importante. ^
Un de nos collegues,^ dont nous deploronsla perte,
avait consacre les dernieres annees de sa vie laborieuse
a etudier avec un soin tout particulier , non-seulement
le Jura argovien , au pied duquel il vivait , mais en outre
ses explorations s'etaient etendues a toute la portion de
la chaine comprise entre Grenoble et la Foret-Noire. Le
memoire qu'il a fait inserer dans le premier volume des
actes de notre Societe fait regretter qu'il ne lui ait pas
ete donne d'achever un travail qui aurait certainement
€ontribue a etendre nos connaissances sur cet ordre de
montagnes.
II avait aussi recueilli des observations interessantes
sur le Schwarzwald et sur le Gothard ; elles ont paru
dans un recueil geologique dont il avait entrepris la pu-
blication , mais dont sa mort a empeche la continuation.
A Berne , un savant geologue , dont la renommee est
deja repandue au loin , a consacre ses premieres etudes
^ M le professeur Peter Merian , de Bale , a public 2 volumes
de Beitrdge zur Geocjnosie , renfermant des travaux importants
sur le Jura balois et sur le Schwarzwald , plusieurs memoires
sur des sujets meteorologiques , et en dernier lieu, 4843, un
memoire important sur la theorie des glaciers.
2 M. le docteur R. Rengger, d'Aarau, ancien ministre de
rinteri^ur de la Republique helvetique. Voir le memoire sur
fetendue du terrain jurassique, insere dans le 1"' volume des
Denkschriften de la Societe suisse des sciences. Zurich i825,
et le 1" volume de ses Beitrdge znr Gcogiwaie , imprime a
Stuttgard en 182i.
16
geologiques a I'exploration des formations tertiaires qui
occupent la partie basse de la Suisse ; la Monographie de
la molasse^ qui a paru deja en 1825, est un ouvrage
que nous pouvons citer en Suisse avec autant d'orgueil
qu'on a droit d'en mettre en France a citer I'ouvrage
classique de Guvier et Brongniart sur les terrains des
environs de Paris. *
UEssai sur les Alpes occidentales , qui a paru onze ans
plus tard , nous a fait connaitre dans le plus grand de-
tail la composition et la structure de la portion de cette
chaine , comprise entre le lac Leman et celui de Thun ,
et depuis Villeneuve a la Gemmi. On pent esperer que
ce travail sera continue sur les autres parties des Alpes
de la Suisse , et alors nous pourrons nous applaudir de
posseder une geologic complete de notre patrie.
Des lors , reunissant ses efforts a ceux de son ami ,
le savant geologue zuricois , ^ il a consacre plusieurs
annees de travaux et de fatigues infmies a etudier les
parties les plus interessantes des Alpes des Grisons. Les
resultats de ces belles observations sont consignes dans
deux excellents memoires accompagnes de cartes et de
proiils qui ont ete imprimes dans les actes de la Societe.
II a employe les dernieres annees, de 1839 a 1842,
a I'exploration de la partie de la chaine des Alpes qui
separe au midi le Valais du Piemont et de la Savoie. ^
* M. le professeiir bernois Stiuier.
2 M. A. Escher de la Linth.
3 Cette annee meme,'M. le professeur Studer vicnt de publlei
le 1^'' volume d'un ouvrage important, intitule : Lehrbuch dea
Physikalh^chen Geogrnphie mi Geolocfie.
17
Un autre geologue de la partie fran^aise du canton
de Berne , dont le nom est devenu egalement classique, ^
a etudie avec un soin remarquable celte portion de la
chainedu Jura qui formaitanciennement 1 eveche de Bale.
Ses observations Font conduit a une theorie aussi
belle qu'ingenieuse sur les causes et le mode du redres-
sement des couches qui ont donne a cette partie du Jura
son relief actuel. Le memoire sur les soulevemmts juras-
siques est un travail aussi remarquable par I'elevation des
idees que par une ingenieuse et judicieuse application de
la theorie aux fails observes ; il doit servir de modele a
lous ceux qui voudront desormais s'occuper de I'etude
de cette chaine de montagnes.
On sait qu'un geologue bernois , actuellement pro-
fesseur a Zurich , ^ s'est occupe avec succes de I'etude
de la portion du Jura qui environne Baden en Argovie ,
et on pent esperer qu'il continuera d'enrichir la science
de ses travaux interessants.
A Zurich, un savant geologue, ^ marchant dignement
sur les traces de son illustre pere , explore avec une ar-
deur sans pareille les Alpes orientales de la Suisse. Nous
avons deja parle des travaux considerables qu'il a exe-
cutes dans les Grisons de concert avec son ami et son
emule ; depuis , nous croyons savoir qu'il a etudie avec
* M. Thurmann , directeur de Tecole de Port'entruy. Essai
sur les soulevements jurassiques. Paris, chez Levrault, 1832
et 1856.
2 M. le prof. Alb. Mousson. Essai sur la formation jurassiquc
des environs de Baden.
3 M. Arnold Escher de la Linth.
2
18
non moins de succes les Alpes de Claris , de FAppenzell ,
et line partie de celles du Valais.
En 1 842 , il a partage les perils de I'ascension du
Schreckhorn. Leslresorspaleontologiques qu'il a deposes
ail miisee de Zurich , dont il dirige la partie geologique ,
et les memoires contenus dans les actes de notre Societe
attestent de son zele et de I'etendue de ses connaissances.
Lestravaux duprofesseur soleurois ^ qui a explore avec
tant de succes la portion du Jura qui avoisine Soleure,
et qui ensuite a dirige ses courses vers les Hautes-Alpes
du canton de Berne, d'Uri et du Valais, sont consignes
dans le recueil de ses voyages , ouvrage rempli de faits
nouveaux et interessants.
Un de ses eleves , ^ qui s'est ensuite forme a I'ecole
du savant professeur de Neuchatel , nous a fait connaitre
le Jura soleurois par deux memoires du plus grand in-
teret, qui ont ete imprimes dans les actes de la Societe.
II faut esperer que la fin de ce travail important ne tar-
dera pas a paraitre.
A Neuchatel , la geologic a fait des progres immenses,
graces aux hommes distingues qui se trouvent reunis
dans cette ville , et a la puissante impulsion qui leur a
ete donnee par notre savant concitoyen.
On connait le beau travail sur le Jura neuchatelois ,
par un geologue de ce canton , ^ qui s'est d'abord atta-
che a etudier la formation du calcaire jaune qui recouvre
«
1 M. le professeur Hagi.
2 M. A. Gressly.
3 M. A. de Montmollin. Voir le memoire sur le terrain cre-
tace du Jura ou terrain neocomien , et celui sur la constitution
19
sur plusieurs points le calcake jurassique proprement diL
On s'est assure que celte formation appartenait aux cou-
ches inferieures du terrain cretace ou Greensand, et on
lui a donne le nom de calcaire neocomien , qui a ete ge-
neralement adopte. Le memoire en question est accom-
pagne d'une belle carte geologique du pays de Neuchate!
et de plusieurs coupes instructives.
Un autre geologue etabli a La Chaux-de-Fonds,
que j'ai deja eu occasion de citer, ^ a fait un travail de-
taille et fort interessant sur le terrain cretace et super-
cretace qui occupe le fond du bassin ou est situee la ville
qu'il habite.
Enfm, un de nos savants collegnes,- aussi distingue
par 1 etendue de ses connaissances geologiques et paleon-
tologiques que par ses profondes connaissances archeo-
logiques, apres avoir parcouru la Podolie et la Wolhynie,
pays sur lesquels il a fourni des renseignements entiere-
ment neufs et dont il ^ public un apercu geologique
accompagne d'une carte et de planches representant avec
une grande verite les fossiles qu'il a recueilli dans ce
voyage , a visite ensuite I'Ukraine et la Crimee , dont il
a examine la constitution geologique avec le plus grand
soin. On sait qu'il a consacre plusieurs annees a explorer
la Georgie , toute la chaine du Gaucase et une partie de
I'ancienne Armenie. Puis , apres avoir etudie d'une ma-
niere toute particuliere les phenomenes geologiques si
geologique du canton de Neuchatel , dans les memoires de Is
Societe des sciences naturelks de Neuchatel.
1 M. Nicolet. Voir les memoires de Neuchatel.
2 M. le chevalier Dubois de Montpe^ux-
20
interessants que presentent ces conlrees encore si p^u
connues des modernes , et ou il est si difficile de pene-
trer , il a porte son esprit investigateur sur les monu-
ments de I'antiquite et sur I'histoire des divers peuples
qui ont habite successivement ces pays.
Depuis son retour en Suisse il a travaille, avec un
zele qu'aucun obstacle n'a pu arreter , a la publication
de ses belles observations , et deja cinq volumes riches
en faits de tout espece et accompagnes d'un bel atlas ,
ont vu le jour. ^
Son entreprise , qui paraissait depasser les moyens
tl'un particulier, a re^u sa recompense de la part de
I'empereur Nicolas qui , en accordant a notre collegue
une distinction honorifique , Fa accompagnee d'un pre-
sent digne de ce grand monarque.
A Geneve , un savant geologue ^ soutient dignement
1 Voyages autour du Caucase , en Colchide , ^ Georgie , en
Armenie et en Crimee , par M. Dubois de Montpereux, avec un
atlas geographique, archeologique, geologique, etc. Paris, chez
Gide, 1843.
2 Le regne mineral ramene aux melhodes de I'histoire natu-
relle, par L. A. Necker, 2 vol. in-8. Paris 1835, chez Le-
vrault. Etudes geologiques dans les Alpes, 1 vol. Les me-
moires de la Societe de physique de Geneve renferment en outre
plusieurs notices de M. Necker sur des sujets geologiques. Ce
meme recueil contient aussi plusieurs memoires mineralogiques
du plus grand interet , par M. Soret. On doit regretter que ce
savant ait ete appele a donner une autre direction a ses etudes.
On doit faire mention ici des travaux moins connus d'un minera-
logiste zuricois , aussi savant que modeste , M. Wiser , qui
depuis plusieurs annees»consacre tous ses loisirs a I'etude des
21
la reputation meritee qu'il s'est acquise par ses prece-
dents ouvrages. II Yient de faire paraitre un volume
d' Etudes geologiques , qui renferrae un grand nombre de
faits importants sur les terrains tertiaires qui occupent
le bassin du Leman.
Un autre geologue genevois , * apres avoir debute par
un travail interessant sur les anthracites , s'est occupe
d'une etude detaillee de la montagne de Saleve et des
parties du Jura avoisinantes. ^
A Lucerne , un de nos collegues^ s'occupe , avec beau-
coup de suite et de zele , de I'etude des formations ter-
tiaires de ce canton ; il a deja rassemble un grand nombre
de faits , et il a eu le bonheur de decouvrir de superbes
empreintes de palmier analogues h celles des environs
de Lausanne.
Une riche recolte des fossiles de la molasse du canton
de St. Gall a ete faite par un de nos collegues qui s'oc-
cupe aussi , d'une maniere speciale , de I'etude de ce
terrain. ^
mineraux de la Suisse , et qui a deja fourni des memoires in-
teressanls au Recueil des Annates mineralogiques de M. C. de
Leonhard. On lui doit la dccouverte du Zircon du St. Gotiiard.
1 M. Alplionse Favre.
2 Voir le memoire sur le mont Saleve et sur les terrains des
environs de Geneve , ainsi que les observations sur les Diceras ,
inserees dans le lO'"^ volume des memoires de la Soeiete de
physique , et qui n'avait pas encore paru a Tepoque oil ce dis-
cours a ete prononce.
3 M. le docteur de Libeneau.
"* M. le professeur Deike.
22
Le savant geologue (I'lJri , i que la Societe s'honore
d'avoir eu pour president I'annee derniere, poursuit avec
perseverance ses belles recherches sur les montagnes du
Gothard et sur les chaines qui avoisinent le lac de Lu-
cerne. Malgre les grandes difficultes que presentait un
pareil travail , il est parvenu a demeler le calios apparent
de la composition de ces chaines gigantesques ; il s'est
surtout attache a classer les divers ordres de formations
auxquelles on peut les rattacher. Sous le titre modeste
d' Observations supplementaires a son premier memoire sur
le Gothard , il a presente de nouveaux faits du plus haul
interet sur la nature ct les rapports des couches qui les
composent. Plusieurs coupes et deux superbes profds de
montagnes , depuis le Bristenstok jusqu'au Rigi , accom-
pagnent ce memoire. "
A la geologic se rattachent necessairement les travaux
sur les diverses parties de la paleontologie de notre sa-
vant concitoyen ; ^ ils lui ont acquis des droits a la re-
connaissance de tous les geologues.
Le magnifique ouvrage sur les poissons fossiles est
parvenu a sa dix-septieme livraison, on en annonceune
dix-huitieme qui sera la derniere , et qui renfermera les
complements necessaires de cet immense travail. ^
La monographic des echinodermes fossiles est par-
1 M. le docleur Lusser.
2 Voir dans le 6'"'' volume des Ncac Dcnkschriften les ob-
servations supplementaires sur les profds des Alpes depuis le
St. Gothard a Arlh.
" M. le prof'esseur Agassis.
'' La dO^ ct la 20"^ ct derniere livraison viennent de paraitre.
23
venue a la Iroisieme livraison ; les etudes critiques sur les
mollusques fossiles se continiient et seront d'lin grand
secours a ceux qui ont a coeur une determination exacte
des especes.
La traduction de la conchyologie de Sowerby est
arrivee a la huitieme livraison, et quand on songe que
les ouvrages que nous venons de citer ne forment qu'une
partie des travaux du professeur neuchatelois, on a peine
a se faire une idee d'une pareille activite.
On pent avancer, sans crainte d'etre contredit , que
la botanique est de toutes les brandies de I'histoire na-
turelle , celle qui a ete cultivee le plus geheralement en
Suisse. Depuis les Gessner , les Bauhin , les Lachenal ,
les Haller, jusqu'a nos jours, de savants botanistes ont
explore la Suisse et fait connaitre sa flore.
Des pertes recentes et douloureuses ont bien diminue
le nombre des hommes d'elite qui cultivaient la bota-
nique : Gaudin, Vaucher, Chaillet, Hegetschweiler ,
ne sont plus; mais surtout, FillustreDeCandolle, celui
dont les immenses travaux avaient donne une si grande
impulsion a la science qu'il cultivait avec tant de pro-
fondeur et de genie , vient de nous etre enleve.
La mort de De Candolle est une veritable calamite
pour le monde savant , et particulierement pour notre
Societe , qu'il avait si puissamment contribue a etendre
et a vivifier. On se souviendra longtemps de I'amenite
et de la grace qu'il mettait dans toutes ses communica-
tions et qu'il savait repandre autour de lui.
Heureusement pour la science, notre illustre collegue
24
revit dans un fils qui continue avec ardeur les Iravaux
kisses inacheves par son pere.
Le Prodromus, ce monument glorieux eleve a la
botanique par un de ses plus habiles promoteurs , sera
acheve; le huitieme volume est sous presse, et le neu-
vieme nest , a ce qu'on assure , pas loin d'etre termine.
Un savant professeur genevois, qui s'est fait connaitre
depuis longtemps par des travaux botaniques importants,
vient de publier une belle monographic de convolvulaceeSj
renfermant de nombreuses descriptions d'especes nou-
velles , surtout de I'lnde. '
Un autre botaniste genevois ^ a public un travail sur
des plantes rares recueillies dans la Nouvelle Castille ,
et il vient de faire imprimer un supplement a son excel-
lent catalogue des plantes des environs de Geneve, et
une flore de I'ile de Zante de concert avec M. H. Margot.
Une magnifique (lore du midi de I'Espagne, fruit des
laborieux voyages d'un jeune et savant botaniste ^ dans
diverses parties de la Peninsule , se public en ce mo-
ment; il en a deja paru plusieurs livraisons. On doit
esperer qu'il en sera de meme relativement a la flore de
la Grece et de la Syrie , pays qu'il a visites I'annee der-
niere.
A Bale, un jeune professeur, qui s'est deja acquis
une grande reputation par les nombreux et importants
1 M. le professeur Choisy.
2 M. Reuter. Voir les memoires de la Societe de physique de
(ieneve.
■^ M. Boissier.
25
Iravaux botaniques qu'il a publics, i travaille dans ce
moment a la description des plantes rapportees de la
Nouvelle-Hollande par Preiss.
Un autre professeur balois a public recemmcnt un
supplement a son excellente flore du canton de Bale. ^
Un savant professeur de Zurich, qui s'est fait une
reputation distinguee dans une autre branche dc I'his-
toire naturelle , travaille , dc concert avec un autre mem-
bre de notre Societe , a une nouvelle flore de la Suisse. ^
Dans le canton dc Berne, la botanique est cultivee
par plusieurs savants d'un grand merite ; Fun d'eux , ^ qui
s'est voue presque exclusivement a 1 etude des plantes
cryptogames , s'est acquis une reputation meritec. Plu-
sieurs botanistes bernois ont entrepris des voyages loin-
tains dans I'interet de la science , et leurs travaux ont
eu des resultats utiles.
* M. le professeur Ch. Meissner. Nous ne pouvons indiquer
ici qu'une partie de ses nombreux ouvrages. Entrautres, Mono-
graphia generis Polygoni prodromus Geneva 1826. Synopsis
Polygonearum Indise orientalis. La traduction allemande de
I'organographie vegetale de De Candolle. Plantanim vascula-
rium genera eorumque caracteres et affinitates. Lipsise 1836 a
1843, 2 vol. in-folio. Outre plusieurs notices de botanique qui
ontparu, soitdans la Bibliotheque universelle de Geneve, soit
dans le Linnae , le Journal of Botany de Hooke , soit dans les
annales des sciences naturelles et dans les autres ouvrages pe-
riodiques consacres a la botanique, qui se publient en Angleterre,
en Allemagne et en France.
2 M. F. Hagenbach, M. D. Tentamen FlorjE Basliensis, 2 vol.
8"., 1821 et 1834, avec un supplement de 1843.
^ MM. Heer et le D^ Nageli.
^* MM. Scherer, pasteur; le D"^. Brunner et Guttnick.
On doit a un botaniste neuchatelois, ^ digne successeui*
de Ghaillet, une enumeration interessante des vegetaux
vasculaires qui croissent dans le canton de Neuchatel.
La section vaudoise de notre Societe peut aussi re-
clamer quelques parts aux travaux botaniques. Une ex-
cellente flore du canton a ete publiee recemment ; 2 d'au-
tres travaux se preparent , mais il est a regretter que
plusieurs habiles botanistes qui lui appartiennent se con-
tentent de cultiver la science avec ardeur et d'augmenter
les superbes herbiers qu'ils possedent , sans faire part au
public du resultat de leurs rechercbes.
On doit cependant esperer qu'un des eleves favoris de
notre De Candolle ,3 connu par sa belle monographic des
anthirineesj et plus recemment par celle du genre nemesia,
pourra bientot se consacrer entierement a I'etude et a
I'enseignement de la science a laquelle il appartient tout
specialement.
Si maintenant, Messieurs, nous portons notre inves-
tigation sur la zoologie, nous aurions a citer bien des
travaux importants , s'ils ne vous etaient pas deja suffi-
samment connus. Permettez-moi cependant de men-
tionner , en premiere ligne, ceux du savant et infatigable
zoologiste zuricois, notre respectable president de la
session de 1841 ; 4 la science qu'il cultive avec tant de
^ M. Ch. H. Godet. Voir les 2 volumes des memoires de la
Sociele de Neuchatel.
2 Par M. Rapin , pharmacien a Rolle.
3 M. Ed. Chavannes.
^ M. le professeur Rud. Schinz, outre ses autres ouvrages,
public dans ce moment un sijnopsis mamalium dans lequel on
trouve la description de 1607 esjieces de mam.mi.fercs.
27
zele lui a de nombreiises obligations; lesactes de notre
Societe sont la pour attester une partie de ce qu'on lui
doit en ce genre.
A Bale , plusieurs de nos coUegues ont public des
travaux inleressants sur I'anatomie et la pathologie. *
Les memoires de la societe de physique de Geneve
renferment plusieurs notices interessantes du jeune et
savant professeur charge dans cette ville de I'enseigne-
ment de la zoologie , sur des animaux peu connus ou
nouveaux du musee de Geneve. ^
On connait les superbes travaux d'anatomie , et ceux
d'anatomie comparee , que Ton doit aux habiles anato-
mistes de Berne , de Zurich et de Neuchatel. Ici encore ,
ceux de notre savant compatriote doivent etre cites avec
les eloges qu'ils meritent.
Deux livraisons de son histoire des poissons d'eau
douce ont ete publiees ; la seconde est I'ouvrage d'un
anatomiste celebre etabli a Berne. 3
Dans notre canton , on pent aussi citer avec eloge les
1 M. Ed. Hagenbach, M. D., mort en 1843. Outre une dis-
sertation inaugurale sur les organes de Vouie. Die Paukenhohle
derSaugethiere. Leipzig 1830. G. G. Jung, M. D. et professeur,
diss, de ossibiis raphogeminantibus et plusieurs notices anatomi-
ques inserees dans les archives d'anatomie et de physiologie de
Miiller.
M. T. Miescher, M. D. P., aussi plusieurs notices anatomiques
et physiologiques inserees dans les memes archives.
MM. Aug. Burkardt, M. D.,L. De Vette, M. D., plusieurs
notices anatomiques et pathologiques.
2 M. Jules Pictet.
'^ MM. le professeur Valentin et le D'. G. Vogl.
28
iravaux de plusieurs de nos collegues. II y a longtemps
que Tun d'eux s'est acquis une reputation etendue par
des operations chirurgicales de laplusgrande difficulte,
accomplies avec autant d'habilete que de bonheur , ainsi
que par Finvention de precedes et d'appareils ingenieux ,
remarquables par leur simplicite et leur application facile.
Ses methodes , repandues dans de nombreux ecrits re-
marquables par leur clarte et leur esprit, ont ete accueillis
avec empressement en France et en Italic, i
Un autre de nos collegues, possedant de profondes
connaissances dans I'art de guerir , s'est egalement fait
connaitre tres-avantageusement par des travaux d'un
grand merite , et tout recemment par un travail important
sur les proprietes physiques du sang. ^
Nous Savons que, depuis longtemps, un jeune me-
decin distingue par son savoir et ses connaissances ,
s'est beaucoup occupe d'observations micrographiques
sur la formation des secretions , et travaille dans ce
moment a la theorie generale des formations patholo-
giques. ^
Un autre de nos collegues, qui s'est fait connaitre a
Paris avec distinction par plusieurs ouvrages sur la me-
decine de I'histoire naturelle , vient d'enrichir la science
d'un ouvrage en quatre volumes , intitule : Etudes de la
nature, destine surtout aux etablissements d'education ,
* M. le docteur Mathias Mayor.
2 M. le docteur Jean De la Harpe
^ M. le docteur Lebert.
29
et remarquable par la variete des fails, I'elegance du
style et les sentiments eleves de I'auteur. *
L'entomologie a ete depuis longtemps cultivee en Suisse
avec predilection et succes. Bale , Berne , Geneve , ^ Zu-
rich et Vaud possedent des entomologistes distingues.
On doit a un entomologiste balois ^ un ouvrage impor-
tant sur les insectes de la Suisse , sans compter plusieurs
memoires isoles inseres dans des journaux ; mais notre
savant collegue de Zurich est celui qui a le plus contri-
bue a avancer cette science chez nous. 4
Une autre branche de I'histoire naturelle , qui est
d'un grand secours aux etudes paleontologiques , la con-
chyologie , a trouve en Suisse de zeles disciples. Des
collections remarquables de coquilles fluviatiles et ter-
restres ont ete formees a Berne , a Geneve , k St. Gall et
dans notre canton. Gelle de notre savant collegue de
Bex est une des plus completes qui existent. ^
1 M. H. HoUard, docteur.
2 M. le professeur J. Pictet , de Geneve , travaille a une his-
toire naturelle generate et particuliere des insectes nevropteres.
11 a deja public la famille des Perlides en 11 livraisons in-8,
renfermant 53 planches , et il a fait hommage a la societe des
deux premieres livraisons des Ephemerides.
3 M. L. ImhofF, M. D., le texle explicatif der Insekten der
Schweiz, en 3 vol., 1836 a 1842. Genera Curcidionidum ,
avec figures, 10 cahiers, de 1838 a 1842. Catalogus Hijme-
nopterorum circa Bas'deam 1838, outre plusieurs memoires
d'entomologie dans les Verhandlungen der Busier natiir forschcr
Gesellschaft et dans VIsis d'Oken.
^ M. le professeur Heer de Zurich.
5 MM. de Charpenlier, Moricand a Geneve, Schuttleworlh a
Berne.
30
J'ai encore a parler des publications scientifiques qui
paraissent en Suisse.
Un premier volume des Denkschriften , divise en
deux sections, avait paru de 1829 a 1833. Des lors la
nouvelle serie des memoires compte six volumes renfer-
mant des ouvrages importanls sur les diverses branches
de I'histoire naturelle , et qui sont deja avantageusement
connus dans le monde savant. On doit les plus grands
eloges au comite charge de cette publication, pour tons les
soins qu'il a pris pour la rendre digne de son but.
Les memoires de la societe de physique de Geneve ^ ;
ceux de la societe de Neuchatel ; ceux de la societe de
physique et d'histoire naturelle de Zurich ; les actes qui
se publient a Bale et a Berne, sont des recueils precieux
pour I'etude de I'histoire naturelle , et qui attestent le
merite de ceux qui s'en occupent.
Apres avoir esquisse d'une maniere bien imparfaite
les travaux les plus essentiels d'une partie des membres
de notre Societe , on me permettra de jeter un coup-
d'oeil sur les etablissements publics qui ont ete formes
en Suisse dans I'interet des sciences naturelles.
Bale , Zurich et Berne etaient a peu pres les seules
villes ou il existat, avant 1815 , des collections publiques
d'histoire naturelle.
1 Les memoires de la Societe de physique et d'histoire natu-
relle de Geneve renferment des memoires du plus grand interet
sur la plupart des branches de Thistoire naturelle. Les deux vo-
lumes des memoires de Neuchatel sont deja fort riches en notices
interessantes.
31
Des lors , non-seulement ces collections ont ete con-
siderablement augmentees , mais d'autres collections
semblables ont ete creees a Geneve , a Lausanne , a So-
leure, a Aran, a Lucerne, a Neuchatel, a Fribourg et
a Sion.
Le musee de Neuchatel , par la beaute du local , par
la richesse et le nombre des collections qu'il renferme
et qui s'accroissent avec une rapidite qui paraitrait eton-
nante si Ton ne songeait pas aux savants qui le diri-
gent , ^ pent etre cite avec distinction a cote des premiers
musees de I'Europe. — C'est ici le cas de parler d'une
expedition entreprise aux frais de cet etablissement et
des protecteurs genereux qui contribuent a I'agrandir.
Le voyage de notre jeune et savant collegue , ^ malgre
les contrarietes de toute espece auxquelles il a ete expose
des son debut, les maladies graves et les dangers reels
qu'il a supportes avec un courage heroique, a eu des
resultats infiniment satisfaisants pour la science : de
nombreuses collections d'histoire naturelle en ont ete le
fruit et contribueront a enrichir et a completer les autres
musees de la Suisse. Nous devons attendre avec impa-
tience la publication de ce voyage interessant qui pourra
sans doute etre mis a cote de I'expedition si remarquable
du savant et courageux Poeppig.
Les musees de Bale , de Berne , de Geneve et de Zu-
rich ne cedent guere a celui de Neuchatel pour le nombre
des objets precieux.
* MM. Agassis et Coulon fils.
2 M. le docteur Tschudi. •
32
On sail qu'a Bale des sommes considerables ont ete
consacrees par la ville et par de genereux citoyens a
I'erection dun nouveau musee ; on parle d'une entreprise
semblable a SchafFouse et a St. Gall.
C'est a peine si , a cote de ces beaux etablissements ,
nous osons mentionner notre musee vaudois : cree dans
le principe par les dons de quelques citoyens amis des
etudes , il s'est accru des-lors par des subventions accor-
dees chaque annee par notre legislature.
C'est ainsi que la collection mineralogique a ete formee,
d'abord au moyen d'une partie de la collection Struve,
acquise par souscription ; ensuite , par une collection
considerable de mineraux de Siberie , donnee par I'em-
pereur Alexandre a son instituteur cheri , et placee par
celui-ci dans notre musee avec bien d'autres dons pre-
cieux ; enfin , par une collection de mineraux d'AUe-
magne , donnee par M. Roguin-de Bons.
La collection ornitbologique , fruit de bien des annees
de travaux et de grands sacrifices pecuniaires de notre
respectable ancien president, ^ a ete acquise par sous-
cription.
On doit a deux de nos collegues ^ une nombreuse et
riche collection d'insectes, dont une partie a deja ete
classee et arrangee par un savant entomologiste de ce
canton. ^
D'autres personnes , parmi lesquelles on compte plu-
sieurs etrangers , ont donne des herbiers , des fossiles ,
^ M. le professeur Dan. -Alex. Chavannes.
2 MM. Cli. Bugnion et Aug. Chavannes.
3 M. le doyen Mellet.
33
ou des objets de curiosite. Notre gouvernement, de son
cote , a contribue largement a I'augmentation des diverses
collections et a leur arrangement. On pent dire qu'il a
toujours saisi avee empressement toutes les occasions
qui se sont presentees de les augmenter par des acqui-
sitions plus ou moins considerables : ainsi un jeune
orang-outang femelle a ete acbete avec son squelette.
line collection precieuse d'oiseaux et de quadrupedes ,
provenant de Java , a ete acquise , ainsi qu'un lama et un
condor rapportes par M. Tschudi. Tout dernierement ,
le gouvernement a consacre une somme assez forte a
I'acquisition de la peau d'une girafe male qui a peri a
Nice ; nous avions espere de pouvoir la presenter a la
Societe, mais un accident survenu au preparateur nous
a prives de ce plaisir. Nous aurions desire aussi pouvoir
vous presenter nos diverses collections dans un etat plus
satisfaisant ; le manque de temps et d'espace ne nous I'ont
pas permis.
Je n'abuserai pas plus longtemps de votre patience ,
tres-bonores collegues , en prolongeant cet expose ; mon
intention a ete essentiellement de prouver que les tra-
vaux des membres de notre Societe n'ont pas ete sans
resultat et ont exerce quelque influence sur I'avancement
des etudes en Suisse.
II ne m'appartient pas, Messieurs, de vous retracer
lout ce qui a ete accompli dans notre patrie dans le but
du perfectionnement de I'instruction publique.
Zurich , Berne , Neuchatel ont ete dotes d'universites
qui prosperent, graces aux bommes distingues qui y ont
ete appeles de la Suisse et de I'etranger. Le canton de
34
Vaud n'est point reste etranger a ce mouvement ; une
revision complete de nos institutions pedagogiques a eu
lieu depuis 1834.
Les ecoles primaires ont regu une organisation plus
developpee et plus satisfaisante.
L'instruction des regents, perfectionnee dans une
ecole normale dirigee par des hommes d'un merite emi-
nent, * a ete mise en rapport avee les besoins de 1 epo-
que , en meme temps que le sort des instituteurs a ete
considerablement ameliore.
Les colleges qui existaient deja dans plusieurs villes
du canton ont ete reorganises par la loi de 1837, et com-
bines , dans quelques endroits, avec des ecoles moyennes,
institution dont le besoin se faisait sentir, et qui a offert
des resultats satisfaisants. Les ecoles moyennes de Lau-
sanne , Nyon , Vevey, Yverdon sont citees avec eloge.
Le college cantonal etabli a Lausanne a ete divise en
college inferieur et college superieur ou gymnase. Dans
Tune et dans I'aulre de ces divisions, I'enseignement, place
sous la surveillance d'un directeur habile, ^ a regu des
augmentations importantes, et, dans toutes deux, celui
de I'enseignement de la langue allemande est devenu
obligatoire. Vous applaudirez sans doute a cette institu-
tion , qui tend si fortement a rapprocher les divers mem-
bres de la Confederation.
Une loi de 1837 a egalement reforme et etabli sur des
bases plus larges I'enseignement superieur. Le nombre
* MM. le pasteur Gauthey, Vinet, Hollard, Gaillard.
2 M. Solomiac.
35
des professeurs de I'Academie a non-seulement ete aug-
mente, mais une disposition particuliere permet d'appeler
des professeurs extraordinaires a donner des cours sur
diverses parties des lettres ou des sciences. C'est ainsi
qu'un de nos collegues , bien connu par ses travaux bota-
niques , a ete appele a donner un cours de cette science * ,
et qu'un professeur distingue par son savoir a ete appele
a en donner un de geologie. ^
Le corps enseignant se compose de dix-sept profes-
seurs ordinaires , hommes distingues par leur savoir et
leurs talents*
La Bibliotheque cantonale a rcQu depuis quelques
annees des accroissements considerables , entr'autres par
le legs de la precieuse bibliotheque d'un des membres
de noire Societe, qui a joue un role important dans
nos affaires publiques, et auquel ce canton a de si grandes
obligations. ^
Avec de tels secours , il est permis d'esperer que la
jeunesse vaudoise se distinguera par son application aux
etudes et par ses progres , et que la generation qui s'eleve
et qui donne de si flatteuses esperances , deviendra un
jour I'honneur et la gloire du canton qui a fait , avec
empressement , de grands sacrifices pour lui procurer
tons les moyens d'education qu'elle pouvait desirer.
Nous devons regretter que des circonstances particu-
lieres aient empeche , jusqu'a present , la creation d'un
jardin de botanique, pour lequelunmagnifique local avait
^ M. Ed. Chavannes.
- M. le professeur Wartinann.
•^ M. le general Cesar de la Han>e.
36
ete acquis (1829) par souscription et offert a I'Etat. A
cette occasion , nous devons nous rappeler avec recon-
naissance I'interet genereux qu'un assez grand nombre
de nos bons voisins de Geneve , et en particulier le digne
De Gandolle , avaient pris k cette souscription. Esperons
que le moment n'est pas eloigne oii un etablissement
aussi necessaire a I'instruction de notre jeunesse pourra
se realiser , et permettra a notre jeune et savant college
de se vouer entierement a cet enseignement.
Un autre etablissement dont le besoin se fait sentir
est celui d'un observatoire , ou Ton puisse placer les
instruments que nous possedons deja.
Apres vous avoir indiqu^, d'une maniere bien im-
parfaite, ce qui a ete fait chez nous depuis un certain
nombre d'annees, pour mettre I'instruction de la jeunesse
vaudoise au niveau de ce qui se fait dans les autres par-
ties de la Confederation, me permettrez - vous encore
d'arreter quelques instants vos regards sur le pays meme
ou vous vous trouvez aujourd'hui reunis.
Le canton de Vaud a le singulier avantage de reunir
dans ses limites des contrees de nature et d'aspects fort
diiTerents ; ainsi la partie orientale , circonscrite par les
Alpes du Valais , de Berne et de Fribourg , parlicipe
entierement a cette nature alpestre. De profondes vallees
encaissees par de hautes montagnes dont les pentes iti-
ferieures sont couvertes d'une riche vegetation , tandis
que leurs sommets atteignent quelquefois la region des
neiges eternelles et sont surmontees de glaciers assez
37
etendus , recelent des sites comparables a tout ce que la
Suisse offre de plus pittoresque.
Le cirque magnifique de Creux-de-Champ , domine
par la haute sommite de rOldenhorn et les glaciers des
Diablerets , d'ou se precipitent de nombreuses cascades ,
rivalise avec celui de Gavarnie, dans les Pyrenees. Les
vallees de I'AvenQon, Fregnieres, les Plans, les Or-
monts et le Pays-d'Enhaut , offent des beautes remar-
quables.
A I'ouest , la chaine du Jura , depuis la Rippe a
Concize , entoure le canton comme d'une ceinture. —
Ici, la nature est severe et peu variee; de sombres
forets de sapin, source d'un commerce lucratif, sont en-
trecoupees de beaux paturages dont les produits rival i-
sent avec ceux des Alpes.
Une population vigoureuse et intelligente , qui cultive
les arts avec succes , habite les hautes vallees de cette
contree. Les vallees de Joux et Ste. Croix sont renom-
rnees par leurs fabriques d'horlogerie , de boites a mu-
sique et de dentelles. Vallorbes Test par ses forges.
Le Jura, bien que moins varie que les Alpes, offre
cependant chez nous des sites d'une grande beaute ;
la belle vallee de I'Orbe , la magnifique source de cette
riviere , la cascade appelee le Saut du Day, et la Tine de
Conflans , meritent d'etre visitees par les amateurs de la
belle nature.
Situee entre ces deux chaines de montagnes, la partie
basse du canton , connue generalement sous le nom de
Jorat et de Pays-de-Vaud proprement dit, se distingue
aussi par des traits particuliers. Les rives de notre beau
38
Jac sont couverles de vigiiobles dont les produits jouissent
d'une certaine reputation , et dont on cherche sans cesse
a perfectionner la qualite par les soins eclaires et minu-
tieux qu'on donne a la culture de la vigne.
Au-dessus des vignes , le pays est convert de champs
fertiles , de vergers et de prairies. Les hauteurs du Jorat
offrent egalement de vastes forets qui font la richesse
des communes auxquelles elles appartiennent , et dont
on s'efForce depuis longtemps d'ameliorer Teconomie.
II est facile de se faire une idee de ce qu'une pareille
distribution de terrain doit ofFrir de ressources a This-
loire naturelle.
En effet , Messieurs et chers collegues , sous le rap-
port geologique, le canton de Vaud presente des pheno-
menes interessants et un champ assez vaste a ce genre
d'etudes.
Les Alpes du district d'Aigle nous oifrent , dans leur
partie meridionale, des formations feldspathiques et des
Gonglomerats silicieux analogues a celles qui occupent
le fond de la vallee du Rhone , depuis Lavey jusqu'a
Martigny, et qu'on rangeait autrefois parmi les roches
primitives et de transition.
La formation salifere des environs de Bex, si bien
connue par les beaux travaux geologiques de celui qui en
dirige I'exploitation avec tant de succes , est accompagnee
de calcaire du Lias et de grandes masses de gypse. Des
calcaires , qui ont ete assimiles en partie a la craie et au
gres vert, en partie aux etages superieurs du Jura, oc-
cupent toute la partie orientale de ce district, depuis la
vallee du Rhone et les bords du lac jusqu'aux Alpes
39
de Berne et de Fribourg. On sait qu'ils ont ete etudies
avec soin par notre celebre geologue bernois.
La portion de la chaine du Jura, comprise dans les
limites de notre canton , s'etend en longueur sur au
moins 1 5 lieues , et en largeur sur 3 a 4 lieues.
Les recherches qui ont ete faites jusqu'a present sur
la nature et la composition de cette chaine nous auto-
risent a conclure qu'elle se rapporte presque en entier
aux etages superieurs de la formation jurassique , et
qu'elle descend a peine a la grande oolithe, et tout au
plus aux argiles oxfordimnes. Une etude plus particuliere
des fossiles , qu'on y rencontre en assez grande quantite ,
pourra seule decider cette question interessante.
Le terrain neocomien est largement developpe depuis
Concize et Yverdon jusqu'a La Sarraz , Gimel et Saint
Cergues.
Si les resultats des etudes qui ont ete faites depuis
plusieurs annees sur notre Jura n'ont pas encore ete
publics , c'est uniquement par le defaut d'une carte exacte
et detaillee, ou les limites des diverses formations aient
pu etre trac^es avec precision.
Toute la partie basse du canton de Vaud , que j'ai
designee sous le nom de Jorat , appartient presque en
totality a la formation de la molasse et du nagel-flue ou
gomphoUte ; les parties basses sont recouvertes par les
terrains diluviens et alluviens.
Cette partie a ete etudiee et decrite deja anciennement
par le celebre de Saussure et le comte Gregoire de
Razoumowsky, et plus recemment elle a ete etudiee avec
soin par I'auteur de la monographic de la molasse , et un
40
celebre geologue genevois liii a consacre bien des pages
de ses etudes geologiques.
Un savant etranger, que notre Societe compte au
nombre de ses membres honoraires, n'a pas dedaigne
de s'en occuper dans I'Essai sur les terrains de Paris.
Sous le rapport de la botanique , le canton de Vaud
offre aussi beaucoup d'interet. On sait que les Alpes du
district d'Aigle ont ete , dans le siecle dernier, le theatre
des explorations du grand Haller, qui a ete seconde
dans ses excursions par un botaniste praticien dont le
nom , devenu classique , a ete dignement soutenu par
ses ills. ^
Les travau-x de notre savant collegue Gaudin , et ceux
plus recents de MM. Monnard et Rapin , ont assez fait
connaitre la flore vaudoise, pour qu'ilnesoit pasneces-
saire d'entrer a ce sujet dans de grands details.
' Plusieurs botanistes vaudois explorent avec ardeur
cette partie de nos richesses natureiles , et on doit beau-
coup attendre de leurs travaux.
La Faune vaudoise est riche et merite d'ailleurs, sous
plus d'un rapport , I'attention des zoologistes. On sait
qu'un de nos coliegues a fait connaitre les mollusques
de ce canton dans un memoire qui a ete insere dans les
actes de notre Societe.
En voila assez sur ce sujet , Messieurs et chers colie-
gues, pour altirer I'attention de ceux d'entre vous qui,
n'ayant pas encore visite ce canton, desireraient d'en
fairc I'objet de leurs explorations scientifiques.
* Le justicior Thomas dc Fonalet, sos fils Louis et Emanuel.
41
II me resle encore a vous faire connaitre que le gou-
vernement du canton de Yaud a accueilli avec empres-
sement la communication que nous lui avons donnee de
la reunion de la Societe Suisse a Lausanne , et qu'il a
depose, a cette occasion , une somme de 400 francs dans
la caisse de la Societe , outre 400 francs accordes a la
Society vaudoise comme subside extraordinaire pour
aider a la reception de nos chers confederes.
La municipalite de Lausanne nous a egalement fait
connaitre la satisfaction que lui cause la presence , dans
cette Tille, de tant d'hommes distingues par leurs con-
naissances et leur caractere.
Vous le Yoyez, Messieurs et tres- chers collegues ,
chacun dans le canton de Vaud se rejouit de votre pre-
sence et I'envisage comme un evenement heureux et
honorable.
Soyez done , encore une fois , les bienvenus au milieu
de nous , et puissiez-vous eprouver une partie de la joie
que nous ressentons a vous recevoir !
Je finis , Messieurs et chers collegues , par ou j'aurais
peut-etre du commencer, par reclamer votre indulgence,
dont j'ai le plus grand besoin pour accomplir la tache
honorable que vous avez bien voulu me confier ; si je
n'avais pas compte sur votre bienveillance , et , j'ose le
dire, sur I'amitie dont plusieurs d'entre vous daignent
m'honor^r , je n'aurais jamais ose assumer sur moi une
aussi grande responsabilite.
Je declare ouverte la vingt-huitieme session de la
Societe des Sciences naturelles.
I.
SEANCE DU COMITE CENTRAL
daus
LA SALLE DE LA BIBLIOTH±QUE CANTONALE ,
le U jiiillel, a 8 lieures du matin.
Membres presents : M. C. Lardy , president.
Pour le canton de Bale , M. Peter Merian, professeur.
D Berne, M. Bernard Studer, prof.
» Geneve y M. de La Rive , prof.
» Neuchdtel ^ MM. Agassiz, prof, et L. Coulon.
» Vaud, M. H. HoLLARD , prof, et presid.
de la Societe vaudoise.
» Zurich, M. R. ScHiNz, prof.
MM. de Fellenberg , prof, et D"^ Fayod , secretaires.
M. le baron de L. Buch, de Berlin, membre honoraire.
Le president communique une lettre de M. Otto
Werlmuller, caissier de la Societe, qui transmet les
comptes du secretariat general de la Societe pour 1842 ,
ainsi que le compte de M. Wolf, archiviste , et celui du
comite de publication des memoires.
44
Ges comptes seront renvoyes a Texamen d'une com-
mission. M. Wertmuller aimonce que la perception des
contributions annuelles des membres est a peu pres a
jour, mais il se plaint de ce que, malgre ses instances
reiterees , il n a pu obtenir jusqu'a present de M. le D*"
T. B., de St. Gingolph, elu a Berne en 1839, le paie-
ment de sa finance d'entree, non plus que sa contribu-
tion pour les trois dernieres annees; il conclut a ce que
M. B. soit raye de la liste des membres de la Societe.
Le president rappelle qu'un article du reglement de la
Societe porte : que les membres qui se seront refuses pen-
dant deux annees a payer leurs contributions devront
cesser d'en faire partie.
II fait observer, en outre, que M. B. n'est point Suisse,
mais Savoyard, et que, par consequent, il ne pouvait faire
partie de la Societe que comme membre honoraire ; que
d'ailleurs des renseignements positifs obtenus sur sa con-
duite pendant son sejour a Lausanne ont determine le
comite a lui refuser une carte d'admission ; il conclut
en consequence a sa radiation de la liste des membres
de la Societe. Apres deliberation, celte radiation est pro-
noncee ; elle sera communiquee a M. B. par une lettre.
Le president communique les demandes qui lui ont
ete adressees par plusieurs personnes pour la lecture de
travaux scientifiques.
On renvoie aux sections a prononcer sur la lecture
des travaux qui les concernent.
M. le prof, de La Rive emet I'opinion qu'on reserve
pour les seances generales le plus de travaux interessants
45
qu'il sera possible , afm que tous les membres puissent
profiler de ces lectures.
Sur sa demande, M. le D'" M. Mayor est admis a faire
lecture, dans la l""^ seance generale, d'un memoire sur
I'experience.
Le president propose d'etablir cinq sections :
line de physique et de chimie ;
Une de geologic et de mineralogie ;
Une de botanique et d'agriculture ;
Une de zoologie et d'anatomie ;
Une de medecine et de chirurgie..
M. le prof, de La Rive n'en voudrait que quatre; a
cet effet , il propose : 1« de reunir la geologic avec la
physique et la chimie; 2« la medecine; 3« histoire na-
turelle organique et 4^ agriculture.
M. Hollard n'en voudrait que deux; une pour les
sciences exactes, une autre pour les sciences d'application ;
apres la discussion , les cinq sections proposees par le
president sont admises avec cette explication , qu'autant
que possible elles n'auront pas lieu aux memes heures.
Le president annonce qu'il a ete informe de la mort de
MM. Hagenbach, de Bale ; Meuron , de Neuchatel ; Maze-
let, de Morges; Gay, de Sion, et qu'il a regu une no-
tice necrologique sur M. de -Hagenbach.
On decide que les notices necrologiques ne seront pas
lues dans I'assemblee generale, puisqu'elles doivent etre
imprimees.
On ne lira pas non plus, par la meme raison, les rap-
ports des Societes cantonales.
46
M. L. Coulon , caissier du comite de publication ^
annonce qu'il a en caisse 1900 fr., et par consequent
qu'il pourra terminer I'impression du 7® volume des
memoires , et commencer celle du 8® sans demander de
nouveaux subsides. II attend encore quelques ren trees outre
cela. L'impression de ce volume avait ete suspendue par
defaut de materiaux.
M. Wertmuller annonce, dans sa lettre , qu'il a verse
700 fr. dans la caisse des memoires pour le tome YII,
et qu'il espere pouvoir en verser encore autant dans le
courant de cet ete.
Le 1 5"^^ compte du secretariat general , pour 1 842 ,
sera imprime dans les actes.
On fait lecture d'une lettre de M. Wolf, bibliolbecaire
de la Societe a Berne , qui , en adressant a la Societe un
rapport sur I'etat de la bibliotheque , lequel est satisfai-
sant a bien des egards, et transmettant une assez longue
liste des dons regus depuis I'assemblee d'Altorf , fait deux
propositions qu'il desire qu'on soumette a la decision
de I'assemblee:
1" II demande une allocation pour I'augmentation de
la bibliotheque , et , a cet effet , il voudrait qu'on lui
attribuat les finances d'entree et les contributions des
membres du canton de Berne. Gette demande est ecar-
tee ; on prefererait d'allouer une somme quelconque , que
M. Wolf appliquerait selon sa prudence.
2^ Faisant observer que le systeme d'echanges qui a
ete introduit avec succ^s pour la bibliotheque est singu-
lierement entrave par I'irregularite et la lenteur qu'on
apporte a l'impression des actes; il voudrait que Ton ac-
47
tivat cette impression autant que possible et que la So-
ciele se pronon^at pour fixer le mois de novembre comme
le terme extreme de cette impression.
Comme malgre toute la diligence qu'on peut mettre
a I'impression de ces actes , il est impossible de fixer un
terme obligatoire ; on se bornera k recommander cet objet
a la sollicitude de la Societe.
Sur une observation qui est faite quant k la conve-
nance d'adopter un format uniforme pour ces actes , on
rappelle qu'on a resolu deja anterieurement de s'en tenir
au format des actes de Bale en 1838.
M. le prof, de La Rive fait observer que I'epoque qui
a ete adoptee depuis quelques annees pour la reunion de
la Societe empeche beaucoup de ses membres de s'y ren-
contrer.
Apres la discussion , on se range a I'opinion que la
fixation de I'epoque soit laissee aux Societes cantonales.
On decide que le reglement de la Societe sera reim-
prime d'apres I'edition faite a Geneve en 1832, qui pa-
rait la plus exacte.
M. Wertmuller ayant annonce , dans sa lettre , qu'un
nouveau catalogue des membres serait necessaire, cet
objet sera laisse au comite central.
Sur la question de savoir quel lieu de reunion on indi-
quera pour I'annee procbaine, le president dit qu'il a
regu de St. Gall et de Glaris un refus positif de recevoir
la Societe en 1844; Schaffouse, dont se serait le tour,
n'est point represente. Geneve s'inscrit pour 1845, on
proposera cet objet a la deliberation de I'assemblee.
48
M. Bartsch , directeur du musee imperial de Vienne
et geologue distingue, est presente par M. de Gharpentier
et par le president, comme membre honoraire. M. le
prof. Agassiz fait observer que le reglement exige que,
pour etre admis, il faut avoir ete presente trois mois a Ta-
vance, par ecrit, au president. Gette presentation sera re-
commandee au comite de I'annee prochaine.
II.
PROCtS-VERBAUX
DES
SEANCES PIBLIQUES.
y^^ Siance du lundi 2i juilkt ^ a "10 h. du matin ^
dans la salle des Ceremonies academiques.
M. C. Lardy, president , ouvre la seance par un dis-
cours dont le contenu precede ; il le terraine en annon-
Qant que le Conseil d'Etat de Vaud , pour temoigner
I'interet qu'il prend k la reunion de la Societe, lui a
accorde une somme de 400 fr. de Suisse pour I'avan-
cement de ses travaux.
La Municipalite de Lausanne, par I'organe de son
syndic, offre a la Societe cent bouteilles des crus les plus
distingues du pays , comme vin d'honneur.
Apres la lecture de la lettre du Conseil d'Etat et de
celle de la Municipalite , M. le professeur Peter Merian
fait la motion qu'une deputation soit nommee pour ex-
primer au president du Conseil d'Etat et au syndic de
Lausanne la reconnaissance de la Sociele.
4
50
Le president designe MM. les professeurs Marian ,
de Bale , et A. De la Rive , de Geneve , pour remplir cette
mission.
M. le D*" Mathias Mayor , fait lecture d'un memoire
destine a combattre la valeur scientifique de I'experience.
II regarde celle-ci comme une maniere de voir ou de
juger tout-a-fait individuelle, ce qui prouve le conflit des
diverses doctrines , qui toutes citent leur experience k
I'appui ; il rappelle les progres recents des sciences , arts
et metiers , et nient qu'ils eussent eu lieu si Ton en eut
cru I'experience; on n'est, selon lui , pas plus fonde a
contester I'experience d'autrui qu'a disputer des gouts
et des couleurs, ou done est la garantie? II pretend,
que toute definition de Texperience est fausse ; que ,
de plus, comme moyen propre a nous eclairer si on
voulait admettre I'experience parmi ceux-ci , on est force
de reconnaitre qu'elle a un caractere purement res-
pectif , et ne juge ni du present ni de I'avenir. II pense
que I'experience et I'observation sont sur la meme ligne.
II veut , en outre , qu'on laisse au genie tout essor , aux
efforts du travail toute liberie, et qu'on cesse de s'attacher
a la lisiere des devanciers. L'experience , soutient-il , a
toojours proscrit les decouvertes utiles, stigmatise les
inventions proclamees belles et vraies plus tard , et en-
trave la science.
M. le professeur Ghoisy prend la parole pour faire
une demi-protestation aux principes enonces par M. Mayor;
il objecte qu'il faut distinguer soigneusement dans I'expe-
rience I'observation de la nature et la routine, et que celle-ci
51
seule devient facheuse lorsqu'elle ferme les yeux aux
progres.
M. le professeur de Fellenberg fait lecture d'une lettre
de M. le D"^ Locher Balber , de Zurich , et d'un rapport
du comite qui avait ete charge de faire des recherches au
sujet du cretinisme. Ce comite rappelle que dans la
session d'Altorf, en 1842, il avait demande de pour-
suivre les recherches statistiques qui avaient ete faites
en Suisse sur le cretinisme , mais que la Societe avait
decide de ne pas faire de nouvelles demarches sous le
rapport scientifique , et d'abandonner cette affaire , sous
le rapport philanthropique , aux soins de la Societe d'uti-
lite publique. Le comite devrait ainsi considerer sa mis-
sion comme terminee ; cependant , commedansle courant
de I'annee , il a regu de quelques cantons des travaux
dont quelques-uns son! d'une assez grande importance ,
il croit necessaire d'en donner connaissance a la So-
ciete. Elle verra si ces marques de la continuation de
I'interet qu'on accorde a cette question interessante doi-
vent I'engager a revenir sur sa derniere decision. Dans
tons les cas , le comite declare qu'il est dispose a rece-
voir, comme il I'a fait jusqu'a present, les rapports qui
pourraient leur etre adresses, et a en rendre compte. II
croit qu'il serait toujours utile au but qu'on se propose
de maintenir un centre pour ces communications; mais
il serait necessaire qu'on lui accordat un credit de quel-
ques louis d'or pour faire face aux depenses d'ccritures
et d'enregistrement. II croit aussi qu'il serait d'un de-
voir rigoureux d'exprimer la reconnaissance de la So-
ciete aux auloritcs, societes ou individus qui sc sont
52
empresses de repondre a ses voeux par une cooperation
active.
Apres discussion , on decide que le comite ne sera
point renouvele, et on renvoie la question d'un subside
a lui accorder a la commission d'examen des comptes.
M. le president fait connaitre la decision qui a ete
prise par le comite central au sujet des sections ; il y en
aura cinq : une de physique et chimie; une de minera-
logie et geologic ; une de botanique et d'agriculture ; une
de zoologie et d'anatomie ; une de medecine , et indique
les localites qui ont ete assignees a chaque section et
les heures de leur reunion.
La seance est levee et ajournee au lendemain 25
juillet, a midi.
53
2^^ SSance puhlique , le 23 juillet.
PRESIDENCE DE M. LARDY.
Le proces- verbal de la seance du 24 juillet est lu et
adopte.
M. le professeur Wartmann fait lecture du proces-
verbal de la section de physique et de chimie.
M. le professeur Guyot fait celle du proc^s-verbal de
la section de geologic et de min^ralogie.
M. Ed. Ghavannes fait lecture du proces-verbal de la
section de botanique et d'agriculture.
M. Farvagnie, de Fribourg, secretaire de la section
de medecine, rend un compte verbal des travaux qui
ont occupe la section , et il s'excuse de n'avoir pu en
rediger le protocole , a raison de ce que la seance de la
section s'est prolongee jusqu'a I'ouverture de la seance
generale. .
M. le D"" Tschudi fait lecture du proces-verbal de la
section de zoologie.
Ges proces-verbaux sont adoptes.
On renvoie a Texamen d'une commission composee
de MM. le professeur H. Schinz , de Zurich ; P. Isensch-
midt, de Berne ; Moricand , de Geneve , et Gh. Bugnion ,
de Lausanne , I'examen des comptes du secretariat ge-
neral de la Societe, de ceux du comite de publication
et de ceux des archives pour I'annee 1842, qui ont ete
54
Iransmis par M. le caissier Otto Wertmuller. Gette meme
commission est chargee d'examiner la proposition faite
par le comite de Zurich pour le cretinisme, d'accorder
un subside pour les depenses de ce comite, ainsi qu'un
secours a Fetablissement de I'Abenberg.
M. Venetz, pere, ingenieur des ponts et chaussees, lit
une notice historique sur les travaux qu'il a entrepris et
excuses depuis plusieurs annees au glacier de Getroz,
dans la A^allee de Bagne , en Yalais , et dont il assure a
la Societe I'heureuse et complete reussite.
M. le chanoine Rion , de Sion , captive au plus haut
degre Tattention de I'assemblee par la communication
d'un memoire sur les fleaux des sauterelles qui a desole
le Valais , et surtout les environs de Viege , pendant les
annees 1837, 1838 et 1839; au recit interessant et
anime des faits , il joint quelques apergus sur I'histoire
naturelle et les causes de I'apparition et de la disparition
de ces insectes.
M. le professeur Schinz propose I'impression du me-
moire de M. Rion. Gette motion est appuyee par I'as-
semblee , qui prevoit avec plaisir I'insertion de ce travail
dans les acles de la Societe.
L'heure etant avancee , le president leve la seance et
I'ajourne a demain , a dix heures et demie du matin.
55
3"^^ Siance puhlique , le 26 juillet, a midi.
PRESIDENCE DE M. LARDY.
On fait lecture du proces-verbal de la seance prece-
dente ; il est adopte.
M. Ed. Ghavannes fait lecture du proces-verbal de la
section de botanique.
M. Nicati, fils, fait lecture du proces-verbal de la
section de medecine.
M. le professeur Wartmann fait lecture du proces-
verbal de la section de physique et de chimie.
M. le D'' Tschudi fait lecture du proces-verbal de la
section de zoologie.
M. Desor fait lecture du proces-verbal de la section
de geologic.
Ces proces-verbaux sont adoptes sans discussion.
M. le professeur Schinz, president de la commission
nommeepour I'examen des comptes du secretariat general
de la Societe et de ceux du comite de publication , ainsi
que des archives , annonce , au nom de cette commission ,
que ces comptes , qui se solderorit au 31 decembre 1842
par un actif do 712 fr. de Suisse, ont ete trouves par-
faitement en regie , et il propose en consequence de les
approuver et de voter des remerciments a M. le caissier
Otto Wertmuller pour sa gestion , ce qui est adopte par
56
I'assemblee. On approuve egalemeiit le comple du co-
mite de publication des memoires , rendu par M. L.
Coulon , fils.
Sur la proposition du president , I'assemblee vote des
remerciments a ce comile.
On approuve aussi le compte de I'archiviste et biblio-
ihecaire , M. Wolf, a Berne , et il lui sera adresse des
remerciments.
La meme commission ayant examine la proposition
faite par la section de medecine de continuer a accorder
an subside a Tetablissement de I'Abenberg, ne pense
pas , vu le minime solde que forme I'actif de la Societe ,
qu'il soit possible d'accorder cette annee le subside de-
mande.
La discussion ayant ete ouverte , M. le D^ Nicati sou-
tient la proposition de la section de medecine, et vou-
drait que la Societe exprime a M. Guggenbiihl tout
I'interet qu'elle continue a prendre a son entreprise phi-
lantbropique et ses regrets de ne pouvoir pas lui accorder
de secours cette annee.
II voudrait aussi que la Society recommandat cet objet
a la sollicitude de la Societe d'utilite publique.
M. le professeur Agassiz et M. Lardy parlent dans le
meme sens.
Ges propositions sont adoptees.
Le president propose, au nom du caissier de la So-
ciete, la reimpression du catalogue des membres de la
Societe , qui est incomplet et defectueux ; on estime a
200 francs les frais de cette reimpression.
57
M. le professeur de Fellenberg demande qu on reim-
prime egalement le reglement de la Societe , dont la
derniere edition, faite en 1832, est epuisee.
Ces deux propositions sont adoptees.
M. le president propose a I'assemblee de s'occuper du
choix du canton ou elle devra se reunir I'annee pro-
chaine; il annonce que St. Gall et Glaris ont decline
cethonneur; que Schaffouse, dont ce serait le tour,
n'est pas represente , et il indique Coire.
Get objet ayant ete mis en discussion , I'assemblee se
prononce, a une forte majorite, pour que la reunion ait
lieu a Goire en 1844.
Passant a I'election du president de la Societe pour
1844, I'assemblee, composee de 102 membres , vote
au scrutin. M. le colonel Ulysse de Planta Reicheneau
ayant reuni une forte majorite, est proclame president
de la Societe pour 1844.
L'assemblee passe ensuite , au scrutin de liste , a I'elec-
tion des 17 candidats proposes par les divers cantons;
ils sont proclames.
M. le professeur de Fellenberg lit une lettre de M. le
professeur Valentin, de Berne, au sujet de propositions
qui lui ont ete adressees par I'academie de Bruxelles
pour etablir entre les deux corps une correspondance.
Sur la proposition de M. le prof. Wartmann, on ar-
rete qu'une personne sera dans chaque canton specia-
lement chargee de faire parvenir a M. Quetelet les obser-
vations relatives a I'etude des pbenomenes generaux de
58
la vegetation etdela faune, ainsi qu'aux donnees meteo-
rologiques.
Le president remercie I'assemblee de s'etre rendue en
aussi grand nombre a cette reunion , ainsi que des com-
munications interessantes qui ont eu lieu; en son parti-
culier, il exprime sa reconnaissance pour la confiance
qu'on a bien voulu lui accorder et les preuves d'interet
qui lui ont ete donnees; apres quoi il declare la session
de 1 843 terminee.
M. Fueter, de Berne, exprime au president et a la
section vaudoise la satisfaction des membres presents.
C. LARDY , President.
D.-A. Chavannes, prof., presid. honor.
El. Wartmann et Hollard, vice-presidents.
R. DE Fellenberg , prof.,
. secretaires.
H. Fayod, D%
Ch. Bugnion, caissier.
III.
PROCfiS-VERBAUX
A.
SECTION DE PHYSIQUE ET DE CHIMIE.
Seance du mardi 25 juillet 1843.
President: M. le prof. De la Rive.
Secretaire : M. le prof. Wartmamv.
M. De la Rive presente une pile a gaz de M. Grove ;
elle est formee d'une succession de tubes alternativement
pleins d'oxygene et d'hydrogene, et dans lesquels on a
fixe des lames de platine platinise. II en donne la theorie
fondee sur la force catalytique a laquelle on rapporte
I'experience faite par M. Dobereiner avec I'eponge de
platine , et sur la propriete deja anciennement reconnue
qu'ont les gaz de polariser les melaux volta'iques au
contact desquels ils se trouvent. M. De la Rive montre
la puissance chimique de cet appareil en operant la de-
composition de I'eau.
M. le professeur Schonbein indique que des idees
semblables a celles de M. Grove I'avaient , il y a quatre
ans , conduit a construire une pile analogue. — Un tube ,
I
60
termine par une vessie , plonge dans un bocal plein d'eau
distillee. Si on verse dans le tiibe de I'eau qui tienne de
I'hydrogene en dissolution et qu'on fasse communiquer
par des lames de platine non polarisees les deux liquides
avec le galvanometre, I'aiguille de celui-ci met en evidence
un courant assez fort. En faisant Texperience avec de
I'eau qui a dissout de I'oxygene , on trouve qu'il n'y a
pas de courant inverse produit. M. Schonbein croit que
sous I'influence du platine il se forme un sous-oxyde
d'hydrogene precisement oppose au peroxyde de plomb ;
ce qui produirait le courant , ce serait la decomposition
electrolytique de ce compose hypothetique.
M. De la Rive ne partage pas I'opinion du professeur
de Bale , qu'un nouveau compose chimique prenne nais-
sance. II croit qu'une petite action chimique desoxydante ,
soit sur le platine , soit ailleurs ( surtout sur du platine
pulverulent), ayant commence, une plus forte s'ensuit
par la decomposition de I'eau que cette premiere action
a determinee , decomposition qui produit un nouveau
courant , etc. ; de la la Constance et I'energie remarqua-
bles du courant dans I'appareil ; la limite de cet effet est
une fonclion directe de la resistance du circuit au pas-
sage du courant.
M. Schonbein fait remarquer que non-seulement le
platine , mais I'or et I'argent devraient produire de sem-
blables courants , si cette opinion de M. De la Rive etait
parfaitement vraie. Cost un phenomene specifique qui
depend de la nature du platine.
M. De la Rive persiste en disant que les phenomenes
61
de Dobereiner , etc. , montrent que le platine ne se dif-
ferencie des autres metaux cites qu'en ce que son action
catalytique a lieu non a une temperature elevee, mais a
la temperature ordinaire.
M. Marcet ajoute que cette idee est d'autant plus pro-
bable qu'a — 1 5*^ ou — 20° Taction de I'hydrogene sur
le platine cesse completement ; aussi , en Siberie , la pile
de Grove n'aurait plus aucun effet.
M. Bonijol expose un beau modele de sa machine
electro-electrique.
M. De la Rive en decrit la construction et la theorie.
j Des series de demi-cylindres de fer doux sont aimantees
I par un courant produit par une pile d'un couple : un
mecanisme d'horlogerie rompt ou retablit le circuit, et
les courants d'induction qui resultent de la production
et de la cessation d'aimantation du fer doux sont utilises
concurremment a ceux que produit ce meme mecanisme
dans un fil isole enroule sur une bobine en meme temps
que le fd principal qui joint les poles. Ce sont ces courants
qui , traversant un fd tres-long (mille metres) et ayant
ainsi vaincu une grande resistance , ont une grande ten-
sion et produisent un effet physiologique considerable.
Les autres produisent les effets magnetiques et calori-
fiques. Trois moyens sont employes pour rompre ou
retablir le circuit: 1*^ une roue dentee; 2*^ un mouve-
ment d'horlogerie qui agit sur un commutateur a mer-
cure ; 3** un commutateur fonde sur I'aimantation elle-
meme.
A cette occasion, M. De la Rive annonce avoir reconnu
62
que le courant d'un couple ne decompose pas Teau , que
le courant d'induction dont il est capable decompose un
peu d'eau , mais que ce liquide est abondamment de-
compose quand , par une disposition tres-simple , on fait
passer le courant d'induction dans la pile elle-meme.
Ce courant augmente en effet Taction chimique qui a
lieu dans le couple en desoxydant I'acide nilrique et oxi-
dant le zinc , et cet effet est une nouvelle preuve qui
milite en faveur de la theorie chimique.
Le meme membre presente aussi un appareil destine
a montrer la desagregation et a faire entendre le bruit
produits par la puissance mecanique de I'electricite qui
passe entre deux pointes de charbon.
II montre encore une pile de son invention a peroxyde
de plomb.
M. Bonijol en a arrange une d'une construction tres-
simple et qui a une action chimique tres- considerable;
le peroxyde y est tas&e dans un sac de toile.
M. le professeur de Marignac indique les resultats aux-
quels il est parvenu en examinant quelques conse-
quences de la loi de Prout , que les equivalents des di-
vers corps simples sont des multiples exacts du poids
atomique de Ihydrogene. Ses experiences ont ete faites
sur le potassium , I'argent et le chlore d'abord , puis sur
le brome, pour lequel il trouve de 999 a 1000 , c'est-
a-dire un poids plus fort que celui qui a ete admis jus-
qu'a present. Quatre methodes ont ete employees, savoir :
la reaction de I'argent sur le bromure de potassium ,
Fanalyse directe du bromure d'argent , la reaction de la
I 63
chaleur sur le bromate de potasse , enfin Tanalyse du
bromate d'argent. Les resultats trouves sont tres-concor-
dants entre eux.
L'iode a ete examine par des methodes semblables ;
on a trouve 1585 au lieu de 1579, nombre admis par
M. Berzelius.
L'azote a ete soumis a des recherches directes ; le
poids atomique avait ete deduit de la densite , valeur qui
a regu dernierement quelques modifications. M. Marignac
a analyse I'azotate d'argent ; il a decompose le nitrate
d'argent par le chlorure de potassium ; il a analyse le
chlorhydrate d'ammoniaque par le nitrate d'argent, et
il a trouve 175,25; le premier procede donnerait 175,
comme I'avait prophetise M. Dumas.
Le calcium a aussi ete examine a I'etat de chlorure et
par des procedes analogues: le poids se rapproche d'autant
plus de 250 que la substance employee est plus voisine de
I'etat neutre. Ge nombre a ete obtenu par MM. Dumas
et Marchand en analysant le cbarbonate de cbaux; M.
Berzelius a trouve 256 , parce que son chlorure de cal-
cium etait alcalin ; les experiences que M. Marignac a
varices de diverses manieres ne lui ont pas permis d'ob-
tenir du chlorure parfaitement neutre. II ne sait a quoi
attribuer la difference marquee qu'il a trouvee pour le
brome. Les autres nombres s eloigoenl bien peu de ceux
que M. Berzelius a determines, et tout autre chimiste
obtiendra des differences du meme ordre.— M. Pelouze
a fait remarquer que les poids atomiques des corps com-
poses devraient, d'apres la loi de Prout, etre aussi des
multiples exacts du poids de I'hydrogene. Ses belles et
64
exactes determinations faites sur le chlorure de potassium
ne s'accordent pas avec cette observation. En outre , une
experience pourrait etre entachee d'one cause d'erreur
constante ; mais diverses methodes (dont trois pour ob-
tenir deux rapports , ceux du cblore a I'argent et au po-
tassium) se verifient Tune I'aulre ; 450 pour le chlore ,
1375 pour I'argent et 500 pour le potassium , voila les
nombres admis par les partisans de la loi de Prout.
Partez de la et determinez I'equivalent de I'azote, vous
le trouverez beaucoup trop fort , nullement d'accord avec
sa densite et tel qu'aucune analyse organique ne I'in-
dique. Le calcium presenterait une pareille anomalie.
M. Marignac repousse done la loi de Prout ; peut-etre
faudrait-il admettre que le chlore et d'autres corps ont un
equivalent qui serait un multiple de I'atome d'hydrogene
avec I'equivalent V2; alors cette loi perdrait sa simplicity
et son importance. On devrait peut-etre recourir a des
fractions encore plus complexes. Toutes ces experiences
ont ete faites sur de grandes quantites de matieres. ^
M. S. Baup rappelle le memoire qu'il a public en
Janvier 1 842 , dans la Bibliotheque universelle , et qu'il
avait lu , en juin 1841, a la Societe vaudoise des sciences
naturelles. II croit qu'aucune des methodes proposees ne
peut donner un resultat exact, le sel precipite renfer-
mant une certaine quantite d'un des precipitants , plus
une quantite d'eau indeterminee. II pense que les sels
carboniferes , c'est-a-dire a acide organique , bien purs et
1 Voyez Bibliotheque universelle de Geneve , N**® de juin et
d'aout 1843.
65
ayant une proportion d'eau bien determinee, sont les plus
propres a cette recherche. II faudrait n'y employer que
des sels qui peuvent etre rougis, ou des hydrates dont
I'eau soit determinee en les prenant a I'etat d'efflores-
cence (hydrates retablis) , qui renferment quelquefois des
Vq d'eau, a cause de 8 oxygene, plus 1 hydrogene en
poids, conformement a la loi de Prout. Le citribate ou
citraconate de chaux est specialement recommandable
pour ces sortes d'analyses. On peut aussi employer
I'argent pulverulent obtenu par la reduction d'un sel or-
ganique au sein d'une atmosphere de chlore. On peut
encore faire usage de sels ammoniacaux pour I'azote. Les
bromures et les iodures d'argent s'obtiennent par des
methodes identiques.
M. Ph. Plantamour ne croit pas qu'on puisse rejeter ,
meme pour des poids atomiques, les methodes de M.
Marignac , qui , se controlant I'une I'aulre et se verifiant ,
doivent etre exactes.
M. Marignac regrette de n'avoir pas de suite cite le
travail de M. Baup. Au surplus, les poids du calcium et
de I'argent , determines par le chimiste vaudois , s'accor-
dent avec ceux qu'il a lui-meme trouves. La methode qui
consiste a employer des sels au meme degre d'hydrata-
tion est d'un emploi difficile ; le role de I'eau hygrome-
lique y est trop grand et on ne la separe pas par le vide
meme a une haute temperature. M. Marignac ne croit
pas qu'on obtienne un resultat plus constant avec des
hydrates retablis qu'avec des sels desseches.
M. Pyrame Morin fait remarquer que I'admission de
5
66
la loi de Prout presupposerait un letat desormais inva-
riable dans nos connaissances sur le nombre et la nature
des corps simples.
Seance du mercredi 26 juillet 1843.
President : M. le prof. De la Rive.
Secretaire: M. le prof. E. Wartmann.
M. Wartmann met sous les yeux de la section un
modele d'une balance qu'il nomme optique et qui atteint
a une tres-grande sensibilite. Dans tout instrument me-
sureur on se propose de determiner une petite diffe-
rence en plus ou en moins dans Taction d'une force
energique , ou bien d'apprecier une action isolee extre-
mement faible; de la deux classes d'instruments ayant
leurs principes de construction et d'experimentation dis-
tincts. C'est a la seconde de ces classes que se rapporte
celui qui est presente. Un ressort delicat de forme heli-
^oide cylindrique, conique ou parabolique, dore electro-
cbimiquement et retenu sur une piece convenable , sup-
porte par trois fds de cocon une plaque tres-mince dont
la surface inferieure , plane et polie , doit jouer le role de
miroir. Gette plaque est la coupe sur laquelle on place le
corps dont il s'agit d'evaluer le minime poids. La coupe
reflechit une division d'une echelle fixee a la cage dans
une lunette fixe. Ghargee, elle se deplace verticalement
en restant parallele a elle-meme et renvoie une autre di-
vision; la course reelle est amplifiee d'une quantite qu'on
67
peut rendre tres-considerable , et la sensibilite est telle
qu'on apprecie sans peine Vso de milligramme. II est
meme probable que la limite de delicatesse est de beau-
coup au-dela de cette evaluation. L'auteur termine en
montmnt quelles dispositions ont ete prises pour ne pas
fatiguer le ressort , et pour que la coupe ne soit sujette
a aucune vibration. II fait remarquer que cette balance
est sans frottement , qu'elle est independante des varia-
tions de temperature et qu'elle ne necessite pas 1' usage
de poids echantillonnes.
M. Wartmann entretient ensuite la Societe des ex-
periences qu'il a faites sur le refroidissement des corps
electrises. II a examine le cas des corps non poreux et
celui des corps poreux, et, a I'aide de dispositions et
d'appareils qu'il decrit , il a etudie la marche descendante "
du thermometre plonge dans ces corps qui se refroidis-
saient , soit sous I'influence d'une tension electrique con-
siderable , soit sans cette influence. La duree de refroi-
dissement parait etre la meme dans les deux cas. II est
done probable que I'etat electrique de I'atmosphere n'in-
flue pas sur la perte de chaleur animale , dans les corps
animaux, et qu'elle n'influe pas, au moins dans le sens
examine, sur les fonctions circulatoires et digestives aux-
quelles on rapporte la production de cette chaleur. *
M. De la Rive remarque qu'un resultat inverse n'au-
rait pas ete aussi concluant , puisqu'on n'aurait pas pu
affirmer immediatement que la difference observee ne
provint pas de causes differentes de celles qui etaient
^ Voyez Archives de rEleetricite^ , Tome III, p. 420.
68
I'objet de rinvestigation. II ajoute que I'electricite de ten-
sion parait pen active dans ses relations avec d'autres
fluides et que I'electricite dynamique aura peut-etre plus
d'influence.
M. Wartmann annonce qu'il a deja fait des recher-
ches dans le sens que vient d'indiquer le preopinant ,
mais qu'elles ne peuvent etre decrites maintenant.
M. Schonbein lit un memoire allemand ayant pour
titre : Notices diverses , et I'accompagne d'un grand nom-
bre d'experiences interessantes. II indique d'abord que du
platine a I'etat spongieux perd sa propriete de combiner
I'oxygene et I'hydrogene gazeux lorsqu'il a ete plonge
dans une atmosphere gazeuse formee d'une combinaison
de I'hydrogene avec le soufre , le phosphore , I'antimoine,
le selenium , le tellure ou I'arsenic. Cette alteration est
d'autant plus remarquable que I'affinite de ces gaz pour
I'oxygene est plus forte que celle de I'hydrogene pour
I'oxygene. II est probable que le platine agit sur eux
comme sur I'hydrogene pur et tend a oxyder leur hydro-
gene , mais que sa surface ne tarde pas a s'encrouter de
phosphore , de soufre , etc.
M. Schonbein communique ensuite ses experiences
electrolyliques sur les cyanures , et notamment sur le
cyanure double de potassium et de peroxyde de fer. Si
on plonge dans une dissolution de ce sel un fil de fer
bien decape , il se recouvre d'une couche de bleu de
Prusse et un precipite se depose peu a peu , qui , a I'air,
prend une couleur bleue caracteristique. Cette action
est acceleree par le passage dans la liqueur d'un courant
69
d'air ou d'oxygene ; elle n'a du reste lieu , semble-t-il ,
que lorsqu'il y a de I'oxygene like dans la dissolution.
En substituant du zinc aufer, Taction est beaucoup plus
rapide , et outre le cyanure double metallique , il y a
production d'un sel ammoniacal qui est neutre , et d'uree
ou de cyanhydrate d'ammoniaque. En plougeant dans
une dissolution de ce cyanure double de potassium et
de peroxyde de fer, del'argent, du palladium , du cuivre
ou d'autres metaux, un precipite de bleu de Prusse a
lieu des qu'on ajoute une solution de peroxyde de fer.
Uhydrogene n'agit sur lui que lorsqu'il est a I'etat nais-
sant, et on se procure facilement ce sel a I'aide d'une
pile. Les acides nitreux et sulfureux , le sucre, les acides
acetique et formique , la morpliine et surtout la creosote
et I'acide urique, jouissent des memcs proprietes, qui
peuvent servir a reconnaitre les melanges d'acide nitreux
et d'acide nitrique , par exemple. A I'inverse , le cyanure
jaune est cbange en cyanure rouge par I'hydrogene nais-
sant, et I'appareil voltaique pourra remplacer le clilore
dans cette preparation : les peroxides de plomb et de
manganese se rangent a cote de ce gaz sous ce point de
vue ; le minium n'a pas cette action oxydante que posse-
dent encore le cblorate de potasse , I'acide bromique et
probablement d'autres substances semblables.
Enfm , M. Schonbein annonce qu'il a reconnu que
riiydrogene sulfure a une action decomposante remar-
quable sur les carbonates a base de metaux alcalins. Un
courant de ce gaz qui traverse de lean distillce , renfer-
mant en suspension du carbonate de magnesie ou de
70
chaux , deplace I'acide carbonique et il y a formation d'un
sulfhydrate. ^
M. le professeiir de Marignac remarque que plusieurs
des fails indiques pouvaient , jusqu'a un certain point ,
elre prevus par la theorie , mais qu'il n'en est pas moins
interessanl qu'ils aient ete demontres par Texperimen-
tation. On sait qu'en plongeant de I'argent dans de I'acide
muriatique du commerce renfermant du perchlorure de
fer , la couleur jaune foncee du liquide disparait et ce-
lui-ci prend une teinle verdatre due a la formation d'un
sel de protoxide de fer. Ainsi , des corps arranges par
ordre de leur aftinite pour Toxygene offriraient une serie
differente de celle qu'aurait engendree leur affmite pour
le cyanogene. Les acides les plus forts ne reussissent
pas a detruire la combinaison du cyanogene avec I'ar-
gent ou le mercure.
M. le professeur E. Wartmann met sous les yeux de
la section la projection graphique des observations du
barometre , a midi et a trois beures du soir , pour Lau-
sanne , Geneve , St. Bernard , Zurich et Paris , a partir
de fevrier 1839. 11 sollicite la communication des moyen-
nes mensuelles observees dans les divers cantons et qui
ne sont pas encore publiees.
M. le president depose , sans en donner lecture , un
memoire sur les colorations animates , par M. F. Sacc ,
fils, de Neucbatel. Ce memoire est transmis par M.
Agassiz.
1 Voyez Bibliotheque universeUe de Geneve , N° de juillet
1845 , page 115.
71
M. Bonijol expose une belle suite de medailles repro-
duites par galvanoplastique , ainsi que des empreintes
electrotypees de portraits daguerriens.
M. De la Rive met enjeulecondensateur galvanique
et I'appareil qui prouve Taction mecanique du courant
entre deux pointes de charbon.
72
B.
SECTION DE GEOLOGIE ET DE MIIVERALOGIE.
Seance du mardi 2b juillet 1843.
President: M. le prof. P. Merian.
Secretaire: M. E. Desor.
M. Agassiz a la parole sur les glaciers. Apres avoir
signale en peu de mots la direction nouvelle et toute
pratique que 1 etude des glaciers et des phenomenes qui
s'y rattachent a prise dans ces derniers temps , M.
Agassiz presente une courte analyse de ses observations
les plus recentes sur le glacier de I'Aar. La carte du
glacier , levee par M. Wild et mise sous les yeux de la
Societe, en est en quelque sorte le resume. Ge quires-
sort le mieux de cette carte , c'est :
1° La formation et la disposition des moraines, qui
se dilatent de haut en bas, tandis que le glacier lui-
meme se retreeit.
2^ Les crevasses, qui sont toutes dirigees oblique-
ment vers le milieu du glacier et surtout frequentes la
ou le glacier rencontre quelque promontoire qui I'entrave
dans sa marclie.
Quant au mouvement , M. Agassiz s'est assure que le
milieu marche plus vite que les bords, contrairement a
ce qu'il croyait auparavant. Ce resultat a ete obtenu par
des observations reiterees. En 1841 , une serie depieux
73
avail ete alignee a travel s le glacier; I'annee suivante,
ces memes pieux decrivaient une courbe tres-prononcee ,
dont la convexite elait tournee en bas , et la difference
entre le mouvement dii centre et celui des bords etait
comme 2 a 1. M. Agassiz a egalement reconnu que le
glacier marche plus vite dans les regions superieures que
vers son extremile. En 1841 , il avait fixe, de concert
avec M. Escher de la Linth , la position de cinq blocs
de la moraine mediane. Ces blocs ont ete mesures de
nouveau en 1841 par M. Wild, qui a trouve une diffe-
rence de pres du double dans I'avancement des blocs
superieurs , compare a celui de la region inferieure.
D'autres points plus nombreux ont ete fixes par M.
Wild lors de la levee de la carte , et leur avancement ,
depuis le 5 septembre 1842 jusqu'au 18 juin 1843 , a
confirme pleinement les resultats des premieres mesures;
I'avancement des blocs de la cabane Hugi a ete triple
de celui des blocs inferieurs. Enfin , M. Agassiz a fait
mesurer par M. Wild une bande transversale de 500
pieds de large a travers tout le glacier , dans I'endroit
oil celui- ci est le plus dechire. Cette bande levee au
Viooo et dessinee au Vsooo et exactement nivelee sur
deux lignes , permettra de constater a I'avenir les moin-
dres cbangements qui surviendront a la surface du gla-
cier.
M. AgTissiz passe en suite au pbenomene de la strati-
fication du glacier qui avait ete conteste jusqu'ici par la
plupart des observateurs , et qu'il a reconnue non-seu-
lement dans les regions superieures des glaciers , mais
dans toute leur ^tendue. Les couches sont d'aboi-d trans-
74
versales et horizontales , mais comme le centre se meut
plus vite que les bords , elles prennent peu a peu une
forme ceintree; en meme temps elles s'inclinent vers le
centre , sans doute par I'effet de la depression du milieu.
Lorsque plusieurs glaciers se rencontrent dans un lit
commun, leurs couches presentent des contours tres-
varies resultant de leur grandeur et de leur position re-
lative. L'inclinaison des couches pent toujours se me-
surer lorsque Ton fait une coupe a travers le glacier.
Un phenomene qu'il ne faut pas confondre avec celui
des couches , ce sont les bandes bleues , que M. Agassiz
a appelees ainsi parce qu'elles sont d'une glace plus
bleue que le reste de la masse. Elles ne sont autre chose
que'de I'eau congelee dans des fissures longitudinales;
on ne les rencontre guere que dans les regions moyennes
du glacier. II n'y en a pas dans le neve proprement dit.
On les distingue aisement des couches a leur direction ,
qui est ordinairement a angle droit avec ces dernieres.
M. Agassiz les a fait relever en detail a travers tout le
glacier et inscrire sur la carte de la bande transversale.
Quant aux crevasses , il arrive quelquefois que Teau
qu'elles contiennent se congele , et alors la glace qui en
resulte est de la glace bleue.
M. De Luc rappelle que M. de Saussure avait vu des
crevasses se fermer sous ses yeux a I'un des glaciers de
Chamouny.
M. R. Blanchet fait voir une carte du canton de Vaud
sur laquelle il a represente les depots erratiques. II a
reconnu aux environs de Vevey et dans la partie du Va-
lais qui est en face, a une hauteur de 3000 a 3500
75
pieds au-dessus de la mer , la limite de ces depots qui
ne sont pas des moraines, mais des blocs erratiques
epars. A 1000 pieds au-dessus du lac, il a rencontre
une autre serie de depots tout-a-fait semblables a des
moraines ; ces depots , dont il existe des exemples tres-
remarquables sur la route de Ghatel-St.-Denis et pres du
lac de Bret , ne presentent aucune stratification ; ils sont
situes sur des tertres , rarement dans les bas-fonds ou au
bord des torrents. Au-dessus sont des roches polies tres-
distinctes. Enfin , on observe une troisieme serie de de-
pots a 5 ou 600 pieds au-dessus du lac; ils sont ordi-
nairement stratifies et inclines dans differents sens. Le
plus remarquable est celui de la Sesille, pres Nyon,
dont M. Blanchet esquisse la forme et la disposition. La
couche superieure contient des fossiles remarquables ,
entre autre des helices et des empreintes de feuilles.
M. Blanchet conclut de ces faits que le glacier auquel
il rattache tous ces depots a du atteindre, en tres-peu
de temps , son maximum de developpement ; qu'il s'est
ensuite retire, puisqu'il a depose une seconde suite de
moraines par I'efFet d'un faible mouvement progressif.
Enfin , arrive dans le bas-pays et n'ayant plus que quel-
ques cents pieds au-dessus du niveau actuel du lac , il a
forme un barrage contre lequel sont venus se deposer
les debris que charriaient les torrents. Plus tard,il aquitte
entierement les rives du Leman et s'est retire jusque
dans ses limites actuelles , en deposant le long des Alpes
une serie de veritables moraines. — M. Blanchet n'a pas
pu observer la limite superieure des roches polies dans
76
le Bas-Valais, ou les polls sont presque toujours dete-
riores par suite de la nature friable de la roche.
M. Venetz pense que s'il est difficile de poursuivre
toujours les limites superieures des roches polies; on
peut en revanche s'attendre a trouver toujours le fond
des vallees du Valais poli.
M. Desor remarque que Ton possede deja quelques
donnees assez precises sur la limite superieure des roches
polies. Au glacier de I'Aar , cette limite forme avec la
surface du glacier un angle tres-aigu. A la hauteur de
pres de 9000 pieds , elle se perd sous le neve ; et a I'ex-
tremite du glacier de I'Aar , elle est a pres de 1000 pieds
au-dessus de la surface du glacier; plus loin, cette ligne
se continue sur les parois de la vallee , en suivant a peu
pres la meme inclinaison. On la rencontre entre autre a
la hauteur voulue au sommet du Siedelhorn , qui est dans
le prolongement de I'axe du glacier.
M. Lardy a vu de fort belles roches polies dans le
Jura vaudois , entre autres entre St. Cergues et Arzier.
II y a aussi reconnu un depot erratique des plus remar-
quables. Une coupe qu'on a faite dans la foret de Bon-
mont , au-dessus de Gingins , a mis a decouvert un depot
morainique compose d'un limon jaunatre durci entre-
mele de blocs jurassiques arrondis , parmi lesquels il en
remarque un d'un volume tres-considerable.
M. Guyot a vu des accumulations toutes semblables
sur une foule de points du Jura. II connait des amas
entierement jurassiques qui occupent parfois une fort
grande etcndue sans aucun melange alpin. II confirme
77
Texistence de ce depot doiit parle M. le col. Lardy, de-
pot qu'il a eu I'occasion de siiivre depuis son point de
depart qu'il croit pouvoir fixer au cirque de la Dole. M.
Agassiz avait deja observe des roclies polies sur le neo-
comien de St. Gergues. Guide par ces indications, M.
Guyot en vit de nouvelles tres-evidentes sur les rochers
lateraux de la Gluse , par ou sort la grande route ; quel-
ques pas plus loin , il vit un depot de fragments et de
blocs exclusivemenl jurassiques, sans triage , avec li-
mon; il le retrouva au-dessus de Gingins, descendant
vers Vandonie et partout ou les routes I'avaient mis a
decouvert. Ge depot contient des blocs considerables ,
egalement de portland, parfaitement polls et stries , et est
accompague de blocs superficiels en tout semblables aux
blocs erratiques. M. Guyot indique sur un relief de la
Suisse les contours et les courbes divers que decrit ,
sur le Jura , la limite superieure du terrain erratique
alpin. Les mesures prouvent quelle s'abaisse rapidement
depuis Arzier, sous la Dole, jiisque pres de Vendome ,
ou elle semble atteindre la plaine ; c'est-a-dire dans toute
I'etendue ou le depot jurassique mentionne plus haut a
quelque developpement. Elle se releve ensuite legere-
ment et garde ce niveau peu eleve jusqu'au fort de
I'Ecluse , au-dela duquel elle remonte subitement d'au-
moins 500 pieds jusqu'a une hauteur absolue d'environ
2800 pieds, 1800 pieds sur le Rhone. La vallee de la
Valserine renferme un terrain erratique jurassique qui
lui est propre, et qui rencontre I'erratique alpin pres de
Bellegarde. Du cote de Test, la limite des blocs alpins,
qui atteint la plaine un peu au-dessous de Soleure ,
78
semble egalement deprimee par des depots de roches
jurassiques. Au-dela de la Cluse de Ballstall, on ne
trouve plus aucuii des blocs alpins sur le Jura jusqu'au-
dela d'Arau.
M. Venetz pense que le phenomene, tel que vient de
I'exposer M. Guyot , s'explique d'une maniere tres-satis-
faisante par la theorie des glaciers. Lorsque le grand
glacier du Rhone est venu s'appiiyer contre le Jura, il
y avait simultanement dans le Jura des glaciers indepen-
dants qui furent refoules avec leurs moraines. Plus tard ,
lorsque le grand glacier commenga a diminuer , ceux-ci
acquirent de nouveau un plus grand developpement et
envahirent meme le domaine occupe jadis par le grand
glacier , et c'est en ces endroits que leurs moraines ont
du se rencontrer.
Seance du merer edi 26 juillet 1843.
President: M. le prof. P. Merian.
Secretaire: M. E. Desor.
M. Blanchet cherche a fixer la limite orientale de la
molasse. II montre que le chateau du Chatelard repose
sur une marne rougeatre , superposee au poudingue. Le
meme poudingue se voit sous la marne au pont de Tavel.
Cette superposition caracterise la tranche du terrain des
deux cotes de la Veveyse. Au levant , toute la masse s'est
abaissee , et n'est par consequent plus au niveau du pla-
teau d'Oron.
79
M. Blanchet montre la collection qui lui a servi a faire
le travail qu'il offre a la Societe. II Taccompagne d'un
apergu sur I'histoire geologique des terrains tertiaires
du canton de Vaud.
M. de Buch pense que les empreintes de feuilles que
M. Blanchet a recueillies sont du plus grand interet , a
cause de leur ressemblance frappante avec celles qu'on
trouve a TAlbis pres de Zurich , a Oeningen , en Boheme ,
et sur plusieurs points du centre de I'Allemagne ; il y
a aussi beaucoup de rapport entre les palmiers de cette
epoque et ceux qui croissent actuellement en Amerique.
A cette occasion , M. de Buch exprime ses regrets de ce
que les botanistes en general tirent si peu de parti des
ressources qu'offrent les nervures des feuilles pour la
determination des especes. II demontre , sur plusieurs
plantes , la fixite et la regularite qui regnent dans la dis-
position de ces nervures. C'est ainsi que dans les feuilles
du cratcegus oxyacantha, buisson tres-commun aux en-
virons de Lausanne , les nervures secondaires atteignent
toujours le sommet des lobes lateraux; dans les saules,
au contraire , elles ne s'etendent jamais jusqu'au bord ;
dans les galeopsis, elles vont jusqu'au sommet des lobes
denteles, etc.
M. Escher de la Linth dit que les feuilles recueiUies
par M. Blanchet , aux environs de Ghatel-St.-Denis , se
trouvent pres de Zurich dans toute I'epaisseur de la mo-
lasse. II dessine une coupe de la molasse aux environs
de Zurich , qu'il divise en trois etages , qui sont de haut
en has : I*' un etage de terrain d'eau douce avec feuilles
de rhamnus ; 2<* un etage marin avec dents de squales et
80
de raies , et des coquilles analogues a celles des coUines
subapennines ; 3" un second etage d'eau douce. Ges trois
etages sont en stratification concordante. La coiiche su-
perieure d'eau douce contient les memes feuilles de rham-
nus que Ton trouve dans la couche inferieure , et il
paiait aussi que les fossiles animaux que Ton a pu de-
terminer sont identiques ; seulement le nagelflue de la
couche inferieure contient des cailloux avec des impres-
sions particulieres , qui ne se retrouvent pas dans le na-
gelflue qui couronne la molasse de la Suisse orientale.
On n'est pas encore parvenu a bien determiner le pro-
longement de toutes ces couches; M. Escher pense
toutefois que la molasse de Belp , dans le canton de
Berne, est le meme horizon que la couche marine moyenne
de Zurich. II lui semble aussi que cette meme division
en trois etages se retrouve, d'apres les observations de
M. Blanchet, au canton de Vaud, et que les molasses
rouges du midi de la France pourraient a leur tour coin-
cider avec la couche inferieure d'eau douce de la Suisse.
M. Ewald dit avoir reconnu aux environs de Mar-
seille deux etages d'eau douce ; mais I'etage inferieur y
est toujours plus ou moins redresse, tandis que la vraie
molasse est horizontale et en stratification concordante
avec la couche d'eau douce superieure. M. Ewald en
conclut que la couche inferieure d'eau douce a du subir
un soulevement avant la deposition de la molasse marine.
M. Blanchet signale un exemple de discordance entre
les diflerentes couches de la molasse aux environs de
Lausanne.
81
M. Lardy dessine une coupe de la disposition' de la
molasse pres de Lausanne, qui confirme la non-concor-
dance de stratification signalee par M. Ewald aux envi-
rons de Marseille.
M. Dubois de Montpereux dit qu'aux environs de Neu-
chatel le terrain d'eau^ douce inferieur est fortement re-
dresse.
M. Gressly a vu la meme disposition des molasses
au canton de Soleure.
M. le president Merian pense que si les fossiles sont
reellement identiques dans les deux couches d'eau douce ,
cette consideration doit servir de guide principal dans la
determination geologique , et Feraporter sur de simples
considerations de superposition qui peut-etre ne sont
que locales.
M. Studer a retrouve le terrain d'eau douce aux en-
virons d'Arberg , dans le canton de Berne ; ce sont des
marnes rouges avec helices et autres fossiles, qui pa-
raissent etre les memes que dans le reste de la Suisse;
mais il a toujours trouve cet etage en stratification con-
cordante avec la molasse. M. Studer ne pense pas , des
lors , que Ton puisse assimiler avec certitude ce terrain
a celui du midi de la France.
M. Ewald objecle qu'en France I'etage d'eau douce
superieur conlient des fossiles tout-a-fait differents de
ceux de Tetage inferieur. Or , comme la molasse marine
qui est intermediaire est evidemment la meme qu'en
Suisse , M. Ewald en conclut que la couche superieure
est aussi probablement identique. La couche inferieure,
82
au conlraire, pourrait fort bien etre differente de celle
de Suisse; dans ce cas, il faudrait admettre que 1 etage
de Suisse manque en France.
M. le president Merian appuie celte opinion de M.
Ewald.
M. Lardy met sous les yeux de la Societe une col-
lection des fossiles du Jura vaudois. lis proviennent pour
la plupart des environs de Ste. Croix , des etages supe-
rieurs et moyen de la fornaation jurassique. Le terrain
neocomien est aussi tres-developpe dans ce canton; on
le retrouve non-seulement sur le versant du Jura , mais
encore dans I'interieur des chaines, ou il atteint une lar-
geur considerable dans plusieurs localites.
M. Agassiz reconnait que parmi les myes , les especes
sont identiques avec celles du Jura bernois, d'ou il con-
clut que le meme bassin s'etendait sur les deux pays.
M. de Buch pense que les fossiles du terrain de Bex ,
que M. Lardy a recueillis et qui font partie de la collec-
tion du musee de Lausanne, proviennent du Lias.
M. De Luc a rencontre une espece tout-a-fait semblable
a une ammonite de Bex , aux environs de Monnetier ,
pres de Geneve.
Quant a la roche de St. Triphon, MM. Sluder et Lardy
seraient portes a Tetivisager comme synchrone du terrain
du chateau d'Aigle , parce que les couches , d'abord
horizontales , se relevent insensiblement jusque-la.
M. Escher de la Linth fait voir quelques coquilles
fluviatiles du calcaire de Diirnten , a une lieue de Bap-
perschwyl. Avec ces coquilles, se trouvent des bois bitu-
83
mineux avec debris de bouleaux et cones de sapin , qui
jusqu'a present n'ont pas pu etre distingues des especes
vivantes , et cependant la couche qui les renferme est
inferieure aux Blocs erratiques.
M. Desor expose a la Societe un resume de la theorie
de M. Darwin sur la formation des bancs a coraux et sur
les discussions qu'elle a soulevee en Angleterre. II com-
pare les resultats auxquels M. Darwin est arrive en etu-
diant les coraux vivants , avec ceux que M. Gressly a
obtenus par I'etude des coraux fossiles , et demontre que
la theorie de M. Darwin sur la destruction des coraux
par les vagues, a mesure qu'ils s'elevent au-dessus du
niveau de I'Ocean , n'est nullement applicable aux epo-
ques anterieures , puisque les coraux fossiles du Jura sont
en place, et pour la plupart si bien conserves, qu'on
reconnait jusqu'a leurs lames les plus delicates. M. Desor
suppose que I'Ocean jurassique dans lequel vivaient les
coraux fossiles decrits par M. Gressly, a du etre en ge-
neral plus calme et moins agite que I'Ocean de nos jours ;
il attribue cette difference a la plus grande uniformite
des continents a cette epoque , et a leur relief moins con-
siderable. Un fait qui lui semble pouvoir etre cite a
I'appui de cette opinion , c'est que dans les terrains ter-
tiaires , qui se sont deposes dans une epoque tres-sem-
blable a la notre , les coraux ne sont d'ordinaire pas en
place et rarement aussi bien conserves que ceux du Jura.
M. Agassiz entretient la Societe de la valeur geologique
des poissons pour la determination des terrains, el en
particulier des dents de squales. II signale deux types :
84
I'un a dents tranchantes , les requins proprement dits ;
I'aiitre a dents plates, les cestraciantes. Ce dernier type ,
qui aujourd'hui n'a qu'un seul representant , le Cestracian
Philippi, etait tres-frequent dans les anciennes epoques.
II comprend un grand nombre de genres, dont plusieurs
ont predomine tour-a-tour aux dilFerentes epoques : tel
le genre Ptycholepis , dans la craie; le genre Stro-
phodus, dans le Jura ; le genre Acrodus, dans le Lias;
le genre Psamnodus, dans la houille. Les dents hautes,
comprimees, a bords tranchants , napparaissent qua
partir de la craie. II y a bien dans les terrains triasiques ,
le Lias et le Jura , un type de dents hautes , les Hybo-
dontes , mais elles n'ont jamais les bords tranchants.
85
C.
SECTION DE BOTANIOUE.
Seance du mardi 2b juillet 1843.
President: M. le prof. De Candolle.
Secretaire : M. le prof. Ed. Ghavannes.
Aucun memoire n'ayant ete annonce pour cetteseaiice,
M. le president prie les personnes qui auraient quelque
communication a faire , de prendre la parole.
M. Rapin , pharmacien a Rolle , presente quelques
observations sur les orchidees. II a remarque souvent sur
les Orchis hi folia et virescens, et ordinairement a la base
d'un des lobes du perigone , une troisieme et quelquefois
une quatrieme etamine , sous la forme d'une bourse pe-
dicellee adherente au tissu du perigone et renfermant du
pollen. Le meme fait a ete observe sur des Ophrys. —
MM. Trog et Rion ont fait des observations analogues
a celles de M. Rapin; mais le peu d'adberence des corps
en question et la place variee qu'ils occupent les portent
a les considerer comme des masses polliniques detachees
de I'anthere et soudees a quelques parties florales : on les
voit meme se souder aux feuilles. — M. Rapin a remarque
aussi des Orchis dont toutes les divisions du perigone
ctaient prolongees en eperon.
M. le prof. Choisy , de Geneve , fait mention d'une
espece nouvelle de cuscute , le Cuscuta corymhosa du
86
Chili. Gette parasite a malheureusement penetre en Europe
il y a peu de temps: elle a ete apportee a Lyon avec des
graines deMedicago sativa envoyees du Piemont, mais ve-
nues precedemment du Chili. Pavon avait deja decrit
cette espece comme parasite, au Perou, sur le medicago.
M. L. Leresche a trouve le Cuscuta corymhosa dans un
champ humide entre Bellinzone et le lac Majeur: elle
etait adherente a un polygonum. MM. Renter et Muret
Font cueillie aussi dans le canton de Geneve pres du bois
de la Batie. — Bertero avait designe cette espece sous le
nom de C. chilensis , mais ce nom ne pent etre conserve ,
parce qu'il a ete donne anterieurement a une espece dif-
ferente du menie genre. — Le 'Cuscuta corymhosa ressem-
ble au C. major, mais elle s'en distingue par ses stigmates
en tete et par la couleur jaune-pale de ses fleurs.
MM. Muret et Renter ont cueilh , il y a deux ans, dans
le meme champ ou croit cette cuscute, pres de Geneve, le
Melilotus parviflora, plante nouvelle en Suisse; ils Tout
retrouvee a Vetroz , dans le Bas-Valais.
M. Leresche met sous les yeux de Fassemblee plu-
sieurs especes fraiches qu'il a obtenues de graines semees
dans son jardin et apportees d'Espagne par M. Reuter.
Ce sont: Taraxacum pyropappum Boiss. et Rent.; —
Brassica loevigata Lagasc; — Cleonia lusitanica L.; —
Sisymbrium corniculatum Cav.; — Sisymbrium contortum
Cav.; — Sisymbrium crassi folium Cav.; — Diplotaxis
virgata D. C; — Matthiola tristis D. C; — Plantago
Lmfflingiih.; — Malva trip da Cav.; — Silene Cono'idea
h.; — Sinapis heterophylla Lag.; — Scrophidaria Her-
87
minn Brot.; — Stipa gigantea Lag.; — Alopecurus cas-
tellanus Boiss. et Reut.; — Festuca delicatula Bqiss.
M. le prof. De Candolle presente quelques observations
generales sur la famille des apocynees qu'il vient de re-
viser pour le Prodromm. II maintient la separation etablie
par R.Brown, entre cette famille et celle des asclepiadees,
soit par I'absence des masses polliniques , soit par
d'autres caracteres importants. Les apocynees de I'lnde
ont ete jusqu'ici fort mal decrites. Beaucoup d'especes
nouvelles, envoyees d'Amerique par M. Blanchet, du
Senegal et de I'lnde par d'autres botanistes , sont venues
enricbir les herbiers europeens. Ges especes , qui sont
au nombre de cinquante k soixante, constituent plusieurs
genres nouveaux. La famille des apocynees, revisee par
M. De Candolle, contiendra environ six cents especes.
Le savant auteur du travail dont nous donnons ici
une courte analyse n'a pas adopte les divisions etablies
par Endlicher dans les apocynees : ces divisions ne luiont
pas parues aussi fondees que celles de de Jussieu et de
R. Brown , auxquelles il est revenu.
Au nombre des organes importants a etudier dans
cette faihille sont les glandes ou ces petits corps places
ordinairement a I'aisselle des feuilles , mais aussi quel-
quefois repandiis autour du point d'attache de la feuille
et meme jusque sur la fleur. On a souvent considere ces
corps comme des stipules ordinaires ou intrapetiolaires,
selon leur position , mais a un etat rudimentaire. M. De
Candolle les regarde comme de vraies glandes , a cause
de leur mulliplicite dans certaines especes, des differentes
places qu'elles occupent , comme on le voit dans les
' 88
genres Rauwolfia, Echites, etc., et de leur persistance
apres la chute des feuilles. On n'en a d'ailleurs jamais
observe la metamorphose en organes foliaces.
Les nombres des pieces des verticilles flomux sont
d'une Constance remarquable dans les apocynees. Pour
le pistil , c'est le nombre 2 ; pour les autres verticilles ,
le nombre 5, a Texception d'un seul genre (Leuconotis
Jacq.), qui en a 4.
La corolle varie assez peu : I'estivation en est con-
tournee et le sens de I'enroulement des petales est par-
faitement constant pour toutes les especes d'un genre ou
quelquefois seulement d'une section de genre. Les fleurs
des apocynees doublent par le moyen des appendices de
la partie interieure des petales , qui se developpent et se
multiplient. Ge mode de duplicature precede celui de la
metamorphose des etamines, qui ne se voit que dans
les fleurs tres-doubles. Les filets des etamines ne sont
jamais sondes entre eux. Les nectaires existent dans la
majorite des genres : ils se presenlent ordinairement sous
la forme de cinq glandes hypogynes alternes avec les
etamines. Dans le genre Dipladenia, il n'y en a que quatre
soudees deux a deux , la cinquieme manque ; dans le
Vinca, il n'} a que deux glandes alternes avec les ovaires.
L'ovaire des apocynees est tantot libre et tantot adherent.
Les graines fournissent de bons caracteres pour la clas-
sification , par les diflerences qu'elles offrent. La cheve-
liire dont elles sont parees se developpe a une epoque
subsequente au developpement de I'ovule : elle commence
par paraitre sous forme d'un petit bord dentele; elle
occupe des places differentes sur la graine. Dans un genre
89
nouveau [Chavannesia A. D. G.) de la tribu des echitees,
on trouve deux chevelures emboitees Tune dans I'autre
au sommet de la graine. Les caracleres qu'ofifrent les
chevelures sont importants parce qu'ils se lient a d'autres
qui ont une grande valeur.
M. Barraud , horticulteur a Lausanne , met sous les
yeux de Tassemblee un certain nombre de monstruosiles
vegetales qu'il a recueillies et dessechees ; plusieurs sont
fort curieuses et ont de I'interet pour les botanistes.
La seance est levee.
Seame du mercredi 26 juillet 1843.
President: M. le prof. Choisy.
Secretaire: M. le prof. Ed. Chavannes.
M. le prof. De Candolle ayant ete rappele a Geneve
par ses affaires, la section de botanique nomme a sa place
a la presidence M. le prof. Choisy.
M. Trog pere , ancien pharmacien a Thoune , lit une
notice sur le mycelium des champignons. Get organe,
cache a I'oeil de I'observateur , se presente le plus souvent
sous la forme de fils tres-delies ressemblant a des fds
d'araignee, quelquefois sous celle d'une tache plus ou
moins coloree. G'est le vrai organe de nutrition ou de
vegetation du champignon. M. Trog s'etend particu-
lierement sur I'histoire du Polyporus tuberaster, champi-
gnon comestible du royaume de Naples, dont le myce-
lium, connu sous le nom de pietra fungaia, lui a ete
90
envoye par le D"^ Brunner, de Berne. Au moyen d'ar-
rosements frequents , M. Trog a obtenu une riche ve-
getation de ce champignon , et a pu etudier avec soin
les diverses phases de developpement de ses organes de
fructification. Un dessin au crayon, representant les divers
etats du Polyporus tuheraster, accompagne la note de
M. Trog.
M. Leresche soumet a la section plusieurs plantes
suisses dessechees qu'il considere comme des hybrides.
Ge sont:
PotentiUa ambigua Gaud et P. geranidides Gaud ,
hybride des P. multifida L. et frigida Vill.
P. inclinata Vill , hybride , selon M. Thomas , des P.
recta et argentea. (M. Thomas observe que la graine de
cette hybride est susceptible de germer).
Pedicularis atrorubens Gaud, hybride des Ped. recutita
L. et incarnata Jacq.
Achillea Thomasiana, hybride en Ire Ach. macrophylla
L. et atrata. M. Leresche cultive une autre hybride
entre Ach. macrophylla et A. moschata: il n'a jamais ob-
serve de graines fertiles sur ces deux dernieres hybrides.
Gentiana Charpentieri Thorn ; hybride de G. punctata
L. et lutea L. — Gent, hyhrida Gaud , hybride de G.
purpurea et lutea.
M. Leresche presente encore une plante qu'il croit
hybride entre V Orchis militaris Lin. ( galeata Lin. ) et
YOphrys anthropophora.
Une discussion s'engage sur Thybridite. D'apres plu-
sieurs observations , il resulterait que les hybrides pro-
venant de deux varietes de la meme espece donnent des
91
graines fertiles , tandis que celles provenant de deux
especes differentes sont ordinairement steriles. La grande
difficulte est de bien conslater I'hybridite. MM. Muret et
Leresche pensent que les hybrides naturelles sont plus
frequentes que Ton ne le croit generalement. Dans tousles
cas cites ci-dessus, les plantes considerees comme hybrides
croissaient en tres-petit nomhre au milieu d'une masse
d'individus des deux especes dont elles paraissent pro-
venir. Les hybrides presentent frequemment deux formes,
I'une qui se rapproche de celle du pere , I'autre de celle
de la mere. II conviendrait de conserver la maniere de
nommer les hybrides par les deux noms reunis du pere
et de la mere. On pourrait , dans le cas des deux formes,
placer le premier le nom de la plante dont I'hybride se
rapproche le plus.
Le secretaire fait lecture de deux notes remises a la
section par M. le prof. Agassiz , de la part d'un jeune
naturaliste Suisse , M. F. Sacc , de Neuchatel.
La premiere est relative a une deviation du type normal
de I'inflorescence du Trifolium repens. Ges deviations sont
frequentes sur cette plante.
La seconde est relative au mo.uvement des fluides dans
la cellule vegetale.
M. Sacc a ete conduit par quelques experiences chi-
miques a regarder ce mouvement comme un phenomene
d'adhesion des fluides pour les solides rentrant dans le
domaine de la physique pure. Selon cet observateur , le
courant circulaire et local des cellules vegetales serait
TefTet mecanique d'un courant principal ascendant et
92
descendant ; et la vie n'aurait probablement d'autre action
que celle de fournir ce courant seveux principal qui de-
termine tons les autres.
M. Ed. Ghavannes expose une serie de planches colo-
riees representant divers details de I'organisation des
plantes. Ges dessins originaux, dus a I'habile pinceau
de M. Heyland , sont d'une belle execution et ofFrent de
grands avantages pour I'enseignement de la botanique.
M. Ghavannes presente encore h I'assemblee un travail
qu'il vient d'achever et qui a pour titre : Du regne vegetal
dam le canton de Vaud. Ce travail , pour lequel I'auteur
a re^u plusieurs materiaux de quelques-uns de ses col-
legues vaudois , est essentiellement une statistique de la
botanique , des forets et de I'agriculture du canton de
Vaud : il doit faire partie d'un ouvrage important sur ce
canton que prepare actuellement M. le prof. L. Vulliemin.
La section emet le vceu que des travaux analogues
soient entrepris dans tous les cantons de la Suisse oil il
n'en existe pas encore, et qu'en particulier de bons ca-
talogues de plantes soient publics dans chaque canton.
G'est le seul moyen de parvenir a bien connaitre la re-
partition des richesses vegetales dans notre beau pays.
La seance est levee.
93
D.
SECTION DE ZOOLOGIE.
Seance du mardi 25 juillet 1843.
President: M. le prof. Hollard.
Secretaire : M. le D"" Tschudi.
M. le prof. Schinz , de Zurich , montre a la Societe
un bel echantillon d'un saurien iguanoidien de la Nou-
velle-HoUande , qui est caracterise par de grandes et
fortes epines coniques , qui sortent en direction presque
verticale des pholides moyennes qui couvrent tout le
corps. Sur la tete et le dos, elles sont plus fortes quau
ventre et a la queue. Get animal a ete decouvert il y a
trois ans , et decrit pour la premiere fois dans les An-
nales d'histoire naturelle de Londres, en avril 1841.
M. Schinz met ensuite sous les yeux de la section
plusieurs petits rongeurs des Alpes suisses , dont trois
sont identiques avec le hypudaeus nivicola de M. Martins ,
public dans les Annales des sciences natuf elles ; le qua-
trieme en differe considerablement. M. Pictet , de Ge-
neve , croit que cet animal formera une nouvelle espece
dans la Faune Suisse ; mais il ne pent pas encore se
prononcer defmitivement a cet egard.
M. Schinz montre ensuite un petit oiseau prepare selon
la maniere de M. Gannal, il y a huit mois, avec du
sulfate d'alumine, par injection; I'animal s'est tres-bien
94
conserve. M. Schinz fait cependant I'observation que
cetle methode n'a pas bien reussi chez les quadrupedes.
Enfm, le meme membre presente a la Societe quelques
exemplaires d'un petit poisson de la Mediterranee , le
Branchiostoma lubricum ou Amphioxus lancehris. Yarrell.
M. le D*" Vogt fait une communication sur la compo-
sition de la tete des vertebres. II admet trois elements
de formation primitive, savoir:
Une hdse embryonale , formee par I'extremite ante-
rieure de la corde , qui se termine entre les vessies des
oreilles par deux cylindres cartilagineux courbes, les-
quels, apres avoir contourne Thypophyse du cerveau,
se rejoignent et forment en avant de celle-ci une plaque
cartilagineuse. Sur la partie posterieure de cette base
embryonale , sur la^/agwe nuquale^ repose le pencephale ;
sur les anses laterales et le trou qu'elles entourent , le
mesencephale ; sur la plaque anterieure, la plaque fa-
dale, le protencephale.
Un second element est une boite membraneuse ou
cartilagineuse contenant la hoUe primitive qui enveloppe
immediatement le cerveau et qui ne s'ossifie jamais^.
L'ossification se fait au moyen d'un troisieme element,,
de plaques protectrices qui se developpent sur tous les
cotes de la boite primitive, laquelle disparait petit a petit "
sous I'influence de cette ossification.
Appuye sur ces faits , M. le D'^ Vogt combat I'idee de
la composition de la tete par des vertebres. En effet , les
vertebres se forment toujours isolement, sous forme
d'anneaux, autour de la corde dorsale: or, on ne voit
95 -
dans le crane ni de separations primitives , ni de corde,
sauf dans la partie occipitale. M. Vogt n'admet done
quune seule vertebre de la tete, la vertehre occipitale,
M. Vogt conceit la face comme un accessoire d'anneaux
consecutifs , embrassant le canal intestinal ; il en admet
neuf , c'est-a-dire , Tare maxillaire superieur , Tare pala-
tinal, Tare maxillaire inferieur, Tare lingual, quatre
arcs branchiaux et un arc pbaryngeal.
Les arcs anterieurs sont d'autant plus developpes que
I'animal occupe un rang plus eleve dans la serie animale ,
tandis que les arcs posterieurs ont un developpement
inverse.
Les opercules ne sont que des rayons branchiosteges
developpes , et le systeme branchiostege entier n'est
qu'une appendice tegumentaire de Tare lingual.
Apres cet expose de M. Vogt, M. le prof. Pictet, de
Geneve , fait deux observations , tout en convenant qu'il
est difficile de repondre aux propositions precedentes sans
y avoir beaucoup reflechi. l** il croit que la base embryo-
nale n'est qu'une continuation de la corde dorsale; et
2" que les vertebres peuvent se former meme la ou il
n'y a pas de corde , comme a la fin de la queue.
M. Vogt lui repond que la corde dorsale offre des
elements microscopiques tout-a-fait difFerents de ceux de
la base embryonale , que la premiere existe bien avant
la derniere et qu'elle est parfaitement limitee ; or les an-
neaux des vertebres ne se ferment qu'autour de la corde.
M. Hollard pense que la doctrine de la composition
vertebrale de la tete doit etre etudiee et jugee du point
96
de vue physiologique ; que le rapprochement des arcs
osseux dii crane et des vertebres repose sur une com-
munaute de fonction , la protection des centres nerveux ;
il con^oit, du reste, et admet que la corde ne se con-
tinue pas dans le crane.
M. Pictet fait encore remarquer que quoiqu'on ne
voie pas la boite craniene divisee dans I'embryon , elle
pourrait bien se diviser plus tard.
M. le prof. Agassiz fait quelques observations gene-
rales sur les differentes manieres dont les naluralistes et
les anatomistes comptent les vertebres du crane , se ser-
vant toujours des memes elements pour arriver a des
resultats divers; il pense qu'il faut considerer le crane
comme quelque chose de nouveau, qui se rattache ce-
pendant au plan primitif de formation.
Le secretaire lit un memoire sur la distribution geo-
graphique des mammiferes au Perou ; il fait I'observation
que la famille des insectivores, de I'ordre des carnassiers,
n'a aucun representant dans ce pays.
Le meme membre met sous les yeux de la Societe des
dessins originaux de quelques nouvelles especes d'ani-
maux qu'il a rapportes du Perou.
M. le president montre a la Societe des dessins re-
presentant la velelle de la Mediterranee , qu'il aobserveejt
vivante et etudiee anatomiquement. II a trouve, entreflf
autres details, une masse brune accollee a I'estomac el
logee dans la concavite de la plaque cartilagineuse hori-
zontale. Cette masse , etudiee au microscope , a la struc
ture d'un foie granuleux. Les tentacules qui entourentj
97
la bouche sont traverses par un canal qui se rend dans
line cavite qii'on pent regarder comme respiratoire. A la
base de ces tentacules sontdes grappes de coecums, ve-
ritables ovaires remplis d'ovules ou de germes , sur plu-
sieurs desquels on distingue deja par une ligne I'indice
de la voile.
La seance est levee a dix lieures du matin.
Seame du mercredi 26 juillet 1 843.
President ; M. le prof. Hollard.
Secretaire: M. le D*^ Tschudi.
M. Agassiz expose ses idees sur la succession des
etres organises et sur les principes d'une classification
du regne animal , appuyee tant sur la paleontologie que
sur la physiologic et I'anatomie; il rappelle que les quatre
types du r^gne animal sont representes dans les cou-
ches les plus anciennes , et que les trois inferieurs ne
montrent depuis leur premiere apparition dans I'epoque
de transition jusque a la creation actuelle , aucun progres
dans leur developpement , mais seulement de nouvelles
families et de nouveaux genres , el que I'embranchement
des vertebres s'est seul developpe, en passant des pois-
sons, par les reptiles et les oiseaux jusqu'aux mammi-
feres. M. Agassiz voit dans ces fails paleontologiques
une Forte objection contre Techelonnement des trois
7
98
types inferieurs; il y aurait plutot, selon lui , parallelisme
entre eux.
M. Agassiz trouve que les principes qu'on invoque pour
determiner la superiorite ou Finferiorite des classes ne
sont pas assez examines, et il en cite, pour preuve, que les
plus grands naturalistes ont place les mollusques tantot
avant, tantot apres les articules. Bien des exemples four-
nis par I'etude comparative des rayonnes et des mollus-
ques, prouvent, dit-il, que les derniers n'ont nullement
une organisation plus compliquee que les premiers, et
que les rayonnes sont meme plus symetriquement et plus
regulierement organises que les mollusques ; si certains
organes sont tres-developpes dans un des embranchements,
les memes parties le sont souvent moins dans un autre ,
qui possede de son cote d'autres organes a un etat plus
avanc^ , de maniere qu'il est impossible de les echelonner
comme la plupart des naturalistes I'ont fait jusqu'a
present.
M. Hollard ne saurait voir dans I'apparition des quatre
types dans les couches les plus anciennes , que le fait de
leur simultaneite , et celle-ci ne contredit en rien , selon
lui , leur echelonnement ; il demontre ensuite par les faits
que la vie animale accomplit un veritable progres d'un
type a I'autre , que chacun de ces types represente un
plan d'organisation dont le developpement conduit I'ani^
malite plus haut que ne I'avait amenee le type precedent.
M. le prof. Pictet admet I'echelonnement, mais sous
la reserve qu'on en induise pas une serie lineaire de de^
veloppement.
M. le D"^ Vogt appuie les memes idees, basees sur
le developpement du systeme nerveux.
M. Depierre montre cinq oiseaux rares tues dans le
canton de Vaud , et lit un memoire etendu sur les oiseaux
qui habitent ou visitent accidentell^ment le bassin du
Leman.
M. le prof. Schinz annonce a la section qu'il s'occupe
actuellement de la publication des monographies des
mammiferes.
M. Nicolet, de Neucbatel, montre de tres-beaux des-
sins d'araignees de la Suisse , qui lui servent a la publi-
cation d'une apterographie Suisse.
La seance est levee a dix heures du matin.
100
E.
SECTION DE MEDEGINE.
Seance du lundi ^2^^ juillet 1843.
La section , reunie d'abord sous la presidence provi-
soire de M. Mayor , pere , comme doyen d'age , choisit
ensuite pour president M. le D"" Prevost , de Geneve , et
pour secretaire M. le D'^ Favargnie, de Fribourg.
Cette premiere seance est employee a echanger quel-
ques reflexions sur les proprietes therapeutiques de I'huile
de foie de morue. L'assemblee, apres avoir entendu
quelques communications verbales sur ce sujet , decide
de renvoyer la discussion a la reunion de 1 845 , a
Geneve. Elle invite les medecins qui s'interessent a ses
travaux , a diriger leurs observations sur cette matiere.
On a beaucoup employe I'huile de foie de morue dans (in
grand nombre de maladies chroniques depuis quelques
annees ; mais on est loin d'etre d'accord sur ses effets :
tandis que quelques medecins ont obtenu des g'uerisons,
d'autres n'en ont obtenu que peu ou point de resultats ;
faut-il en accuser le medicament lui-meme qui n'est pas
toujours de bonne qualite, ou bien y a-t-il quelque enthou-
siasme en faveur de la nouveaute, ou bien encore, ce
qui est plus probable, les medecins ont-ils traite des
maladies tres-differentes sous les memes denominations.
101
Seance du mardi 25 juillet 1 843.
President: M. le D'' Prevost.
Secretaire: M. le D*' Farvagnie.
Dans cette reunion , on s'occupe plus particulierement
de quelques maladies epidemiques. Le D'" Gastella , de
Neuchatel , lit une portion du rapport annuel sur le ser-
vice de Fhopital Pourtales, a la tete duquel il est place;
portion qui traite des lievres typhoides. L'auteur , apres
avoir expose les principaux caracteres des cas qu'il ob-
serva en 1840^ s'attache surtout, en parlant du traite-
ment, a demontrer I'utilite du calomel , k doses moderees.
Le D'' Lombard, medecin de Fhopital de Geneve,
presente a la section un extrait d'un travail tr^s-bien fait
qu'il a entrepris avec M. le D"" Fauconnet , sur certains
points de la pathologie et de la therapeutique des fievres
typhoides, Ce travail est destine a paraitre dans les jour-
naux de medecine ^ Les auteurs ont particulierement
dirige leur attention , quant a la pathologic , sur la fre-
quence, dans ces fievres, des symptomes d'irritation
rachidienne. Dans la partie therapeutique , ils exposent
les recherches tres-suivies et tres-exactes qu'ils ont
faites pour etudier les effets du calomel, suivant les ages,
les constitutions , les sexes et les symptomes. Ils cher-
chent a expliquer le mode d'agir de ce medicament , de
premiere importance selon eux. La dose a laquelle ils
* II a paru des lors dans la Gazette medicale de Paris.
102
Temployerent fut de 3 a 4 gr., une a deux fois par jour;
ils le continuerent souvent pendant plusieurs jours de
suite.
Le D*" De la Harpe , medecin de I'hopital de Lausanne,
lit encore sur le meme sujet un extrait des passages les
plus remarquables d'un memoire qu'il se propose de
publier dans le Journal de medecine de Berne *. Sa
lecture n'etant elle-meme qu'un court resume de ses
observations, se prete difficilement h un extrait.
Apres ces lectures , une discussion s'engage sur les
difficultes de diagnostic que presente les fievrestyphoides.
Le professeur Fueter , de Berne , dans un expose concis,
resume la plupart des difficultes de la question , selon
qu'il les a publiees dans le Journal de medecine de
Berne (juin 1843). A cette occasion, le professeur de
Berne invite les m^decins presents a se reunir h ses col-
legues du canton de Berne , pour etudier les fievres ty-
phoides , qui paraissent presque endemiques dans cer-
taines contrees de la Suisse.
Seance du mercredi 26 juillet 1 843.
President: M. le D' D'EsPI^E, de Geneve.
Secretaire: M. le D' C. Nicati, fils.
M. le D*^ D'Espine entretient la Societe du resultat de
ses recherches statistiques stir les causes geimales de la
mort.
^ Voir Ic N° dc fevrier 1844.
103
II fait connailre les mesures prises en Anglelerre et
a Geneve pour la constatation et I'inscription des deces.
II classe les causes de mort comme suit:
V^ division. Morts nes;
2*^® » Morts par accidents exterieurs ;
3*"® » Morts par accidents morbides ;
4°*® » Morts par maladies aigues;
5*"® » Morts par maladies chroniques ;
6™® » Morts par vice de conformation ;
7"*® » Morts de vieillesse.
La communication est terminee par quelques propo-
sitions resultant de la comparaison des chifFres de la
mortalite dans le canton de Geneve , soit sur 1 age , le
sexe , la vie moyenne , les morts par accidents , par sui-
cides, etc. Ces details fort interessants se resument par
chiffres et echappent ainsi a I'analyse.
M. D'Espine insisle sur I'int^ret statistique des fails
qu'il mentionne dans son memoire, et exprime le voeu
que dans les divers cantons de la Suisse, il soit pris des
mesures pour que les visites des morts, faites d'une
maniere plus reguliere et plus complete, donnent des
resultats que la statistique puisse utiliser pour parvenir
a la connaissance des grandes lois generales qui dirigent
la mortalite.
Dans la discussion qui suit la lecture de ce memoire,
M. le D"^ Fueter fait ressortir combien la publication de
tableaux necrologiques , pareils a ceux de M. D'Espine,
ferait faire de progres a la pathologic generale , et emet
le voeu que des travaux de ce genre soient entrepris dans
d*autres villes de la Suisse.
104
Le professeur Demme donne des details siir Telablisse-
ment pour les cretins sur I'Abendberg , dirige par le D*"
Guggenbiihl ; il pense que la Societe ayant dans le prin-
cipe encourage cet etablissement, elle ne doit pas I'aban-
donner sans savoir si les resultats de cette experience
sont de nature a justifier cet abandon. M. Demme a fait
chaque annee des visites a I'Abendberg ; il trouve que le
D"* Guggenbiihl a continue sa noble tacbe avec zele et
courage; il a augmente le produit du (iomaine, et grace
aux secours qu'il a rcQus de letranger, il peut songer a
la construction d'un batiment convenable. Un eleve de
I'institut des sourds-muets de Zurich s'est associe main-
tenant au D'^ Guggenbiihl pour I'education morale des
cretins ; il espere aussi avoir bientot une diaconesse de
I'institut de Kaiserstuhl. Les medicaments internes qui
ont ete essayes ont eu jusqu'ici pen de resultats. L'elec-
tricite, sous forme de bains electriques, les lotions froides,
ont eu un meilleur effet. Grace a ces soins materiels,
moraux et medicaux, ainsi qu'k I'air salutaire de la mon-
lagne , les enfants affliges de cretinisme , voient leur etat
s'amehorerau bout de 5 ou 6 mois de sejour, en sorte
que les parents, satisfaits de ces premiers resultats, les
retirent quelquefois sans attendre ceux d'un sejour
plus prolonge. Le developpement intellectuel et moral
de ces enfants est sensible; ils apprennent a manger,
a marcher, a elre propres ; ils admirent le sublime spec-
tacle de la nature, et surtout ils s'attachent a leur ins-
lituteur, et lui temoignent cet atlachement par toute leur
maniere d'etre. Le professeur Demme cstime qu'il y a
encore des progres a attendre. Les premieres difficultes
105
lui paraissent vaincues, il souhaite que les Societes
suisses des Sciences naturelles et d'Utilite publique con-
tinuent leur interet et leur appui au D"" Guggenbiihl , et
que loin de sortir cet objet du champ d'activite de la So-
ciete generale, elle persiste a s'en occuper et temoigne
au D"" Guggenbiihl ses remerciements pour tout le bien
qu'il a deja fait. M. le prof. Demme , en terminant , emet
encore levoeu que le D"" Guggenbiihl communique chaque
annee un rapport a la section de medecine sur les re-
sultats obtenus.
Dans la discussion, le D'^ Isenschmidt eleve des doutes
sur la couvenance de reunir les cretins en nombre un peu
considerable dans un meme etablissement pour obtenir
leur guerison ; il estime que tant que nous ne connaitrons
pas mieux la vraie nature du cretinisme , il est a craindre
que les resultats ne repondent pas a I'attente. Apres la
lecture du proces-verbal , la section conclut a I'adoption
des propositions de M. Demme, qui seront soumises a
I'assemblee generale dans la forme suivante:
1^ La Societe des Sciences naturelles sera invitee a
continuer et a prouver son interet a I'etablissement de
I'Abendberg , en I'encourageant par son secours et son
appui ;
2^* Elle s'entendra avec la Societe d'utilite publique
pour cet objet ;
3** Le D"" Guggenbiihl sera invite a adresser un rap-
port annuel sur les resultats de son etablissement.
M. le D*" Nicati , fils , communique a la section de
medecine le prospectus d'un atlas d'Anatomie patholo-
gique, public a Amsterdam par M. W. Vrolik , professeur
106
d'anatomie et de chirurgie. Ce prospectus est accompagne
d'un specimen des planches de I'ouvrage , qui parait par
livraisons , au prix de la livraison de planches.
On peut souscrire chez J. Kessmann , librairie alle-
mande , a Geneve. Get atlas , destine a illustrer le Manuel
d'anatomie pathologique , publie en hollandais , par M.
Vrolik, constitue toutefois un ouvrage a part, avectexte
latin et hollandais. II renferme deux parties , la premiere
destin^e a illustrer Vemhryogenie, et la seconde consacree
a I'etude des monstruosites ou k la teratologie. Les plan-
ches sont dessinees d'apres nature et gravees sur pierre ,
les originaux de la plupart d'entr'elles se trouvent dans
la superbe collection du pere de I'auteur, aussi professeur
k Amsterdam. Get ouvrage se recommande par son exe-
cution et par I'interet du sujet qu'il embrasse. II devien-
dra le complement necessaire des travaux nombreux ex^-
cut^s en divers pays sur I'organisation du foetus et sur
les vices organiques auxquels il est sujet. Son prix pen
6leve parait devoir lui meriter un accueil favorable de la
part des anatomistes et physiologistes de tons pays. G'est
ce qui a encourage M. Nicati a signaler a la Societe
Suisse des Sciences naturelles ce nouveau produit , sans
doute encore inconnu , de la litterature medicale hollan-
daise.
IV-
' ' Le bureau de la Societe Suisse, pour 1843 , ayant prie
M. le D"" M. Mayor de lui remettre, pour le faire imprimer
dans les Actes , le memoire donl il avait fait lecture dans
la seance du 24 juillet, il en a regu la note suivante que ,
sur sa demande , il fait inserer ici :
a J'ai deja publie mon memoire , et je Iravaille a une seconde
edition, ou j'espere que je me feral mieux comprendre. En at-
tendant, je crois qu'il ne sera pas inutile et sans interet d'inse-
rer les lignes suivantes dans le compte-rendu de la Societe des
Sciences naturelles :
» Depuis que je suis , pour ainsi dire , offusque et etourdi
par la repetition incessante de Texpression experience ^ j'ai
cherche a noter ce qui peut done exister de si extraordinaire,
dans ce singulier mot , pour etre si souvent employe ? Or , je
suis arrive a cette conclusion remarquable et tres-significative :
« Que tout ce qui concerne I'experience et son nom propre ,
bien loin qu on doive I'envisager , ainsi qu on le croit genera-
Fement , comme un sujet qui releve de la metaphysique ou de
la philosophic transcendantale, et qui, par consequent , ne peut
se preter qu a des discussions reservees k quelques hommes
privilegies ; que toute cette matiere , dis-je , peut et doit, au
contraire , se reduire a des groupes de questions, qu il est donne
au simple gros bon sens de resoudre exacteraent ; les voici :
» 1° L' experience , envisagee comme mot et chose j, a-t-elle
ete une source d'erreurs ? Ne Ta-t-on pas tres-souvent assimilee
a la routine ? N'en a-t-on pas fait et n en fait-on pas encore un
mauvais usage? N'est-ellc pas un manteau , aussi commode
que perfidc , pour couvrir I'ignorance ou la mauvaise foi , quand
il sagit de discuter le poiirqiwi et le comment des choses?
N'a-t-elle pas empeche d'heureuses innovations ? N'est-elle pas
108
elevee a la hauteur d'un pouvoir immense et presque despo-
tique ? Je dis Oui !
» 2° Esl-il difficile de rendre avee plus do clarte , de preci-
sion, de simplicite, de bonheur, de logique et, surtout, avec
plus de respect pour les convenances et les exigences scienti-
FiQUEs; peut-on, dis-je , traduire mieux les idees, les pensees,
en faisant usage du mot experience , qu en le supprimant tout-
a-fait ? Existe-t-il une phrase , sentence , locution , periode ,
proposition quelconques , oii semble briller , avec eclat , cette
expression , qu'on ne puisse envisager comme entach^e par cette
derniere , et qui sans elle ne soit pas susceptible d'une meil-
leure tournure , d'un developpement plus avantageux ? Je dirai
NoN ! »
» J'ajouterai que j'ai defie en vain, jusquici, et quejedefie
encore qu'on me fournisse un seul specimen de phrase , locu-
tion , etc., ou Ton ait cru devoir placer le mot experience, que
je ne rende , aussitot , en faisant abstraction de ce dernier , et
sans le plus mince prejudice pour les exigences du style et de
la logique ; — Au contraire !
» II est, toutefois, bien entendu , ainsi que je n'ai pas man-
que de le dire , que je reserve et respecte I'application du mot
experience, aux epreuves , recherches ^ explorations^ et aux
essais, qui sont de rigueur pour constater et expliquer certains
faits. Cependant , chose fort singuliere ! on s' attache , partout
aujourd'hui , a substituer a cette expression celle ^experimen-
tation J quoiqu'on la cherche en vain dans les dictionnaires !
N'aurais-je done, dans mon memoire contre 1' experience, qu'in-
terprete, tout simplement, un besoin , un degout fortement senti
de I'epoque actuelle ?
» Je terminerai , enfm, cette notice, en repetant avec I'im-
mortel Bacon et en disant , avec tous les esprits eclaires et judi-
cieux : que les mots sont les enseignes ; les Etiquettes des idees ,
et qu'en les precisant mieux on rend , aux sciences , un service
eminent. »
V.
PfOTE
communiqaee a la
SOCIETE HELVETIQUE DES SCIENCES NATURELLES
DANS SA STANCE DU 26 JUILLET 1843,
X(xx< Veitctz, peve.
Dans les deux precedentes reunions de la Sociele
Suisse des Sciences naturelles , a Lausanne , I'assem-
blee parut entendre avec interet les renseignements qui
lui furent communiques sur la rupture du glacier infe-
rieur du Gietroz , arrivee le 16 juin 1818, sur I'inon-
dation qui en resulta et sur les moyens a prendre pour
prevenir a I'avenir un aussi grand desastre. J'ai tout lieu
de croire que cet interet ne s'est point diminue , et que
Tassemblee entendra avec quelque plaisir encore aujour-
d'hui , un expose succinct du resultat obtenu par les tra-
vaux qui ont continue depuis 1828, dans le but d'em-
pecher la formation d'un nouveau lac, et par consequent
le retour d'une aussi affligeante catastrophe.
Messieurs les membres de la Societe qui ont assiste
a la reunion de 1818 , se rappelleront probablement tous
encore la relation aussi interessante qu'exacte que feu
M. Escher de la Linth lit de cet evenement , qui venait
no
d'avoir lieu depuis seulement quelques semaines. II
fit egalement connaitre les travaux que Ton avait entre-
pris a I'instant ou Ton se fut apergu de la formation du
lac , et par lequel on esperait , non pas prevenir Imon-
dation , car cela paraissait impossible , mais du moins
Taffaiblir en diminuant la masse d'eau , et par consequent
son effet deslructeur. Malheureusement la debacle ne
put etre empechee , mais on parvint cependant , au
moyen de ces travaux , a reduire de plus des deux
tiers la quantite d'eau retenue par la barriere de glace.
En effet, sans ces travaux, c'est-a-dire sans la galerie
de 900 pieds de longueur, percee a travers le glacier,
le lac aurait pu s'elever a 104 pieds plus baut que
n'etait le niveau de sa surface a I'instant de la rupture;
de plus , I'approche de la saison chaude augmenta Tin-
quietude , car il etait a craindre que les eaux , en se re-
chauffant , ne parvinssent a s'insinuer entre le glacier et
sa base , et a soulever la barriere a pen pres en entier , ce
qui aurait occasionne un ecoulement presque instantane
de toute cette enorme masse d'eau *. La galerie que je
^ Cette crainte n'etait rien moins que chimerique ; ear a me-
sure que le retour de la chaleur augmenta la temperature du
lac , les eaux penetrant dessous le glacier en detacherent et
souleverent a deux reprises des masses de glace si conside-
rables que la barriere en fut notablement aflfaiblie sur toute la
largeur de la vallee. Les monceaux de glace arrives a la sur- 1
face y flotterent et le couvrirenl sur une vaste etendue. Parm
ces blocs de glace il y en avait quelques-uns d'un volume vrai-
ment etonnant , car apres Tecoulement des eaux on trouva do,^
blocs de 180,000 pieds sur le sol du bassin qui avait ete occupt
par le lac.
Ill
I viens de mentionner empecha heureusement cet ecoule-
ment soudain, car le lac, se degorgeant pendant 60
heures par ce passage , eprouva nne baisse de 44 pieds.
En outre , la rupture , qui se fit au bout de ce temps ,
ne presenta qu une large fente , une sorte de couloir au
travers du glacier, par lequel les eaux ne purent s'e-
chapper aussi subitement qu'elles I'auraient fait, si la
barriere de glace avait ete soulevee en son entier. Ces
considerations m'engagent a croire que feu M. Escher
de la Linth est reste encore au - dessous de la realite ,
lorsqu'il supposa que I'ecoulement des eaux par la galerie
n'avait reduit que de deux tiers I'effet de la rupture de
la glace , c'est-a-dire que , sans cette galerie , I'inondation
aurait ete trois fois plus considerable.
En 1 828 , lors de la seconde reunion de la Societe ,
a Lausanne , je communiquai a I'assemblee quelques
details relatifs aux travaux que Ton avait entrepris pour
empecher la formation d'un nouveau lac. Ces travaux
tendaient tons k diminuer le volume de la barriere de
glace qui, en effet, setait assez promptement retablieet
avait presque atteint les dimensions qu'elle avait au mo-
ment de la debacle.
De tons les moyens imagines et essayes pour arriver
a ce but, il n'y en eut qu'un seul qui offrit de bonnes
cbances de succes. Ce moyen etait tres-simple , et voici
en quoi il consistait: on amenait de I'eau de source
depuis les rochers escarpes de I'Allia; ayant un trajet
assez long a parcourir, elle se rechauffait de quelques
degres par la reverberation solaire produite par les parois
du roc le long desquels elle coulait ; arrivee pres du gla-
112
cier, on la conduisait au-dessus par le moyen de che-
neaux, supportes convenablement par des che valets, et on
la divisait en quatre filets, dont on en faisait passer deux a
I'extremite superieure de la barriere , precisement a I'en-
droit oil la Dranse disparait sous le glacier , et les deux
autres a I'extremite inferieure , \k oii se trouve I'ouverture
par laquelle ce torrent reparait au jour ^ Chaque paire de
cheneaux etait disposee de maniere qu' il restait entre
chaque cheneau un espace proportionne a la largeur du
canal par lequel la Dranse passe dessous le glacier. Les
cheneaux etant supportes par les chevalets a une cer-
taine hauteur au-dessus de la surface de la glace , les
filets d'eau y tombaient done en forme de cascade , et
en la fondant promptement, ils y produisaient des trous
verticaux , sortes de tubes qui , en s'approfondissant ,
atteignaient ainsi la surface de la Dranse coulant comme
il vient d'etre dit sous cette barriere de glace. Des qu'un
filet d'eau parvenait a la surface inferieure du glacier,
c'est-a-dire k mesure qu'il avait perce la profondeur
entiere du canal , on retirait un pen en arriere la petite
cascade , en reculant convenablement le cheneau du-
quel I'eau tombait. De cette maniere, les quatre filets
produisaient chacun une erosion verticale , une veritable
^ On voudra bien se rappeler que le glacier inferieur du Gie-
iroz , dont il est ici question , coupe a angle droit la vallee en y
constituant ainsi une veritable barriere , que la Dranse traverse
par dessous dans un canal dont le plafond ou la voute est for-
mee par le glacier. L'entree de ce canal s' etait formee pendant
riiiver de 1817 a 1818, Teau arrivee par la fonte des neiges
n'ayant point trouve d'issue , a reflue et a donne lieu au lac ,
qui, par son prompt ecoulement, a occasionne la debacle.
il3
<;oupure, traversant la barriere de glace dans toute soft
epaisseur. La tranche de glace, restant entre les deux
coupures et formant la profondeur du canal , n'etait pas
appuyee par-dessous; elle n'etait attachee au reste du
glacier que par I'une de ses faces, et encore par Tune
des plus petites. A mesure que les deux coupures s'a-
grandissaient en longueur , la tranche de glace , separee
du massif, augmentait egalement en poids. II arrivait
done un moment oii le poids de la tranche , depassant la
force d'adherence par laquelle elle tenait encore au gla-
cier , Ten faisait detacher et tomber en se brisant dans la
Dranse qui , en peu de temps , la detruisait entierement.
Les parois de cette vaste breche ne tardaient pas non
plus a se fendre jusqu'a une certaine distance de la cou-
pure , a se disloquer , et a s'ebouler dans la Dranse , qui
emportait egalement ces debris de glace, quoiqu'il y en
ait eu quelquefois en quantite si considerable , quele cours
du torrent en ait ete arrete pendant plus de demi-heure.
Le procede que je viens d'indiquer ayant offert les
meilleures chances de succes , fut definitivement adopte ,
et on en obtint effectivement toutes les annees une
grande diminution du glacier. II est meme arrive quel-
quefois que les deux coupures (Fune a I'entree et 1 'autre
a la sortie du canal ) , se sont rencontrees de maniere
que le lit de la Dranse a ete mis a decouvert sur toute
sa longueur. Quoique les enormes avalanches de neige
et de glance , qui depuis le glacier superieur tom-
bent a peu pres toute Tannee sur le glacier inferieur,
obstruent pendant I'hiver la coupure queJ'on a faite
pendant I'ete , elle suffit neanmoins pour empecher
8
114
au printemps prochain la formation d'un lac, et preserve
ainsi pour I'annee suivante la conlree inferieure d'une
inondation.
Cependant, en automne de 1837, un vaste eboule-
ment de roches , delachees des parois verticales du mont
du Gi^troz , vint couvrir une partie du glacier. Beaucoup
de ces debris roulerent dans la grande coupure et tom-
berent ainsi dans la Dranse.
Les plus gros blocs , n'etant pas entierement submer-
ges , depasserent la surface des eaux du torrent. Les ava-
lanches survenues apres la chute du roc , ensevelirent
sous une couche epaisse de neige et de glace ces debris
de roches, qui , les annees suivantes , rendirent le travail
plus difficile. En effet, ces pierres genaient considera-
blement le jeu des filets d'eau ; et quand on etait parvenu
avec bien de la peine a former une tranche de glace , on
n'avait plus la meme facilite a la faire tomber , parce que
les blocs de roche qui s'elevaient au-dessus de la surface
de la Dranse , lui servaient d'appui. Ces difficultes furent
encore augmentees par la circonstance que les evene-
ments politiques , survenus a cette epoque dans le Yalais ,
amenerent le changement du conducteur des travaux ,
et que son remplagant ne pouvait pas etre, en arrivant,
bien au fait de ce genre de travail.
Ayant ele appele en 1840 a faire le trace d'une route
a char pour le grand Saint-Bernard, j'ai continue ce
travail en 1841, et faisant alors un sejour assez pro-
longe dans la vallee d'Entremont, j'ai profite de cettei
circonstance pour faire une excursion au glacier du Gie-
troz, principalement pour donner au conducteur des
115
travaux quelques directions utiles relativement a la ma-
niere d'employer les filets d'eau pour mettre a decouvert
et rendre accessibles les blocs qui supporlaient la glace ,
afin de pouvoir les arranger de fa^on , qu'au lieu d'en-
traver le travail , ils devraient au contraire servir a le
favoriser.
Mes conseils ayant ete bien saisis et mis en pratique
par I'intelligent conducteur, j'ai aujourd'hui la satisfac-
tion de pouvoir vous annoncer , Messieurs , que le 9 aout
de I'annee derniere , la Dranse a ete de rechef mise a
decouvert sur toute la longueur de son canal. Une copie
du rapport officiel de I'inspecteur des ponts et chaussees
du Bas-Valais , M. Robatel, quel'onm'a communiquee,
m'a appris que la coupure du glacier eflPectuee par le jeu
des filets d'eau et commencee le ISjuillet, avaitatteint,
le 29 septembre 1842, 300 pieds de longueur, 200
pieds de largeur et 100 pieds de profondeur moyenne.
La Dranse ayant ete ainsi mise a decouvert deja avant
le milieu d'aout , les gros blocs qui , en s'elevant au-
dessus de la surface des eaux , servaient d'appui au gla-
cier , sont devenus accessibles ; on les a done tronques
a coups de mines jusqu'au niveau des eaux moyennes.
Les eclats ont ete employes a construire, de distance en
distance, des digues au travers du torrent, dont on cher-
chait en meme temps a elargir le lit autant que possible.
Ces digues transversales, combinees avec I'elargissement
du lit du torrent, I'empechent de s'approfondir et le for-
cent de s'etendre en largeur. Elles ont pour but d'aug-
menter la surface de la Dranse pour multiplier les points
116
de contact de I'eau avec la glace , afin d'en favoriser la
fonte.
La glace des glaciers , a cause de sa structure grenue
et fissuree, presente un degre de flexibilile qui ne lui
permet pas de s'etendre tant soit peu au loin sans etre
convenablement supportee. Elle ne pent done pas porter
a faux sans se plier» sans s'affaisser et meme sans se
rompre, si elle ne trouve pas quelqu'appui* Par conse-
quent, en elargissant le torrent, on elargit en meme temps
le plafond de glace qui le recouvre ; celui-ci ayant une
trop longue portee a faux, s'affaisse jusqu'a la surface
de Teau , qui , dans la belle saison , fait fondre la glace a
mesure quelle en est atteinte.
Get elargissement du cours de la Dranse , une fois
termine sous le glacier , contribuera puissamment a la
diminution de la barriere de glace. Bien plus, j'ai tout
lieu d'esperer que Ton parviendra , sans le secours meme
des filets d'eau , a mettre au jour le torrent sur toute la
largeur du glacier, et que probablement cet elargisse-
ment seul empechera dorenavant les avalanches de re-
couvrir d'une maniere permanente le cours de I'eau.
II resulte des faits que je viens de vous exposer que
Ton est parvenu a empecher la formation d'un nouveau
lac et a preserver la contree inferieure du renouvellement
dune inondation pareille a celle qui I'a desolee en 1818,
On a done atteint le but que Ton avait en vue, lorsque,
dans cette meme annee , au lieu de distribuer tout le
monlant des dons genereusement envoyes pour le soula-
gement de la contree devastee , on en preleva sagement
une cerlaine somme (45,000 francs) pour en former un
117
capital dont les int^rets ne seraient employes qu a des
travaux devant prevenir le relour d'un pareil sinistre.
Pour commencer ces travaux , on a du necessairement
toucher au capital , mais a I'heure qu'il est , il doit etre
i retabli a son taux primitif par les economies que Ton a
1 faites sur les interets qui , pendant les quinze derni^res
annees , n'ont pas ete tons absorbes.
J'espere que le gouvernement du Valais voudra donner
au public un rapport et un compte detaille de cette affaire,
afin que les hommes genereux qui ont secouru le Valais
en 1818, aient la satisfaction d'apprendre que le but
dans lequel on avait mis de cote une portion des dons,
a ete pleinement atteint.
VI.
DES
RAVAGES CAUSES EN VALAIS PAR LESSAUTERELLES
EN 1837, 1838 ET 1839'.
« Hinc plurima mortalium mala , et rerum
naturae pugna secum. »
Pun.
L'interet que la Societe Suisse des Sciences naturelles
a pris aux devastations causees en Valais par les inon-
dations de 1834 et 1839, m'engage a communiquer le
resultat de quelques observations faites sur un pheno-
mene qui, a la verite, est du domaine special de Ten-
tomologie , mais qui se rallie a ces desastres comme
I'effet a sa cause.
Je me propose d'entretenir I'assemblee de I'apparition
d'une multitude innombrable de sauterelles et des ra-
vages qu'elles ont faits dans le Haut- Valais en 1837,
1838 et 1839. Le recil simple , mais exact , de cette de-
sastreuse invasion presente des circonstances propres a
piquer la euriosite et a fixer I'attention ; il fera ressortir
' Dans ceUc relation on a conserve leur noni vulgaire a des
insectes qui tons appartiennent au genre Criquet.
119
une des affligeantes singularites qui caracterisent le Va-
lais, ce vaste theatre ou une lutte eternelle entre les
elements les plus ennemis ofFre a chaque instant des
scenes si grandes , si terribles et souvent si diificiles a ex-
pliquer.
C'est en 1836, a Lalden, petit hameau du dixain
de Viege , situe sur la rive droite du Rhone , au pied des
rochers calcaires de Mund , od les toufFes de Dictamnus
albus L. etalent leurs magnifiques epis, qu'on remarqua
pour la premiere fois une prodigieuse quantite de fort
grandes sauterelles. Elles paraissaient avoir pris nais-
sance dans les plages brulantes formees par I'inondation
de 1834. Les bons villageois ne soupgonnaient pas en-
core la calamite dont ces nouveaux hotes les managaient.
Quelle fut leur surprise , quelles inquietudes ne congu-
rent-ils pas lorsque , au printemps de 1 837, ils virent
ces insectes reparaitre en nombre infmiment plus grand ,
couvrir le littoral du Rhone , se repandre dans les terres
cultivees , y detruire les belles esperances de I'agriculteur,
traverser le Rhone , et s'abattre sur la fertile plaine que
le genie de M. Venetz a rendu a la culture et aux habi-
tants de Viege ! Gette colonisation eut lieu au mois d'aout.
Les sauterelles deposerent leurs oeufs et disparurent ,
laissant aux cultivateurs I'apprehension de voir ce fleau
reparaitre et le mal empirer au retour du printemps.
Cette crainte , malheureusement , ne fut que trop fon-
dee, car le tableau , faible et succinct, que je vais essayer
de tracer, pour donner une idee juste du nombre de ces
orthopteres et des affreux degats causes par eux en Va-
lais dans les annees suivantes , ressemble a une descrip-
120
tion empiuntee de quelque relation de voyage en Orient,
cette terre de prodiges qui, dit-on, est si frequemment
expose'e aux ravages des insectes.
Vers la fin de mai 1838, les jardins et les champs
de Lalden, et la partie de la campagne de Viege la plus
rapprochee du Rhone, presenterent un singulier aspect.
Le sol parut y subir une sorte de fermentation insolite ,
il se couvrit de grandes taches brun-noiratres de plu-
sieurs pieds de diametre, qui s'elargirent , se toucherent
et, se confondant enfin , I'envelopperent comme d'un
drap funebre. Approchez-vous de ces lieux lugubres:
d'abord vous diriez que la terre y est en etat d'ebullition;
mais en regardant de plus pres, vous auriez reconnu
avec etonnement que cet efFet etait produit par une vaste
fourmiliere de petites sauterelles qui venaient d'eclore,
et recouvraient le sol au point de n'en rien laisser a nu.
Toute la verdure y disparait , et ces insectes , dont la
voracite augmente a proportion de leur rapide develop-
pement, quittent ces lieux et portent, en accelerant
chaque jour leur marche, toujours plus loin la desola-
tion et la misere.
Le 20 juillet , toute la plaine situee entre Viege , la
montagne au-dessus de Lalden , les bains de Brigue et
les environs du pont de Viege , c'est-a-dire un espace
d'une lieue carree, fut envahie et ravagee par cette nuee
de sauterelles. Les cereales , les foins, le lin, le chanvre ,
les plantes potageres , tout fut ronge jusqu'a la racine :
meme les feuilles coriaces du mais , les tiges fortes et
ligneuses des roseaux, Arundo Epigeios et Phragmites L.,
ne purent resisler au tranchant de leurs fortes mandi-
121
bules. Je ne depeindrai point le sentiment de douleur et
de consternation cause dans Lalden et Viege par ces
grandes pertes , ni I'effet produit sur la partie ignorante
et supei^titieuse de ce peuple par la vue de la campagne
couverte la veille d'une riche vegetation et convertie le
lendemain en sterile desert. Je ne rapporterai point tons
les conseils ridicules et dangereux qui furent suggeres,
ni les efforts insignifiants des individus pour se mettre a
I'abri de ces devastations; je me bornerai a relater les
moyens de destruction qui furent mis en oeuvre en grand
par toute la population , et qui seuls peuvent nous ap-
prendre le nombre infini de ces insectes ravageurs. *
Des que ce peuple ^ reveille par tant de maux , sortit
de I'etat d'indolence habituelle et put ecouter la voix de
la raison , on le vit s'assembler , entourer avec confiance
ses magistrats eclaires, et , guide par leurs sages con-
seils , commencer la journee par un service solennel ,
comme dans les circonstances les plus graves ; puis , arme
de tons les instruments qui peuvent servir dans une ex-
pedition de ce genre , quitter le bourg de Viege et fondre
avec fureur sur les legions ennemies. Quel etrange spec-
tacle! Des centaines de personnes s'agitent en insenses
dans la campagne : les unes occupees a ecraser des mil-
^ Le reverend professeur Etienne Elaers , dont les conseils
ont si puissamment oontribue a la bonne direction de ces tra-
vaux, a presente au Conseil d'Etat, en 1838, un rapport sur
les moyens de detruire ces sauterelles. G'est dans cette source que
nous avons puise de precieux renseignements afin de completer
ceux que nous avions recueillis a Tepoque meme 3e ces scenes
et sur les lieux ou*eUes se passerent.
122
liers de sauterelles en frappant continuellement , avec des
branches d'arbres , le sol qui en etait tout convert ; d'au-
tres mettant le feu aux buissons et incendiant les chaumes
de leurs propres champs, charges, helas! de vermine
au Ueu d'epis; ceux-ci poussant ces bandes sauteuses ,
a force de balayer, dans des fosses creuses a cet effet,
et les y foulant a coeur joie; ceux-la, a la faveur de la
nuit dont la fraicheur engourdit cesinsectes, s'efforgant
de saisir surtout ceux qui , parvenus a I'etat parfait , ont
leurs longues ailes completement developpees , et en em-
plissant des sacs que d'autres , groupes autour d'une
enorme chaudiere , plongent sur-le- champ dans I'eau
bouillante et jettent ensuite dans le fleuve. Quel est le
nombre des victimes de ce massacre qui fut poursuivi
avec le meme acharnement durant plusieurs semaines ?
Je n'ose hasarder un calcul ; je dirai seulement que le
nombre des mesures de sauterelles amassees et tuees dans
Feau bouillante a ete evalue a plus de huit cents,
Ne croyez pas , cependant , comme on pourrait etre
tente de le faire , qu'une extermination complete de ces
animaux nuisibles ait couronne les efforts des braves ha-
bitants de Viege. Au mois d'aout, il y en eut encore un
tas si prodigieux qu'on les vit , reunis en grands essaims ,
quitter les lieux devastes et se precipiter sur les champs
et les prairies ou un reste de vegetation offrait quelque
pature a leur insatiable voracite. L'incroyable multitude
d'individus dont un decesessainssecomposait, pourra,
en quelque sorte , etre evaluee par les details que je vais
donner sur celui qui traversa la grande route entre le
bourg de Yiege et la chapelle de Rilti. II formait una
123
colonne assez serree pour projeter aulant d'ombre qu'uu
leger nuage ; son diametre etait a peu pres dun quart de
lieue, et sa longueur telle que, malgre I'impetuosite du
vol, il lui fallut une demi-heure pour achever de traverser
la largeur de la route. Une berline a trois chevaux fut
retenue au milieu de sa course par cette grele de grosses
sauterelles qui, une foislancees, paraissaient ne pouvoir
arreter a volonte leur vol , ni en changer la direction ,
et allaient heurter lourdement la voiture et les chevaux
engourdis par la stupeur.
Ces bandes d'orthopteres reparurent au printemps de
1 839 , annongant de nouveaux malheurs. Des que les
Viegeois s'enaper^urent, ils se haterent , instruits qu'ils
etaient par leurs pertes anterieures , de fouiller a un pied
de profondeur les places ou paraissaient etre les principaux
depots d'oeufs , ils s'empresserent de les detruire : la cam-
pagne fut ensuite submergee et resta quelque temps sous
Teau. Nonobstant cette sage mesure, bien des endroits
fourmillaient de jeunes sauterelles. Alors s'organiserent
de fortes patrouilles qui, armes de pelles, circulaient
sans relache , formaient un cordon autour des places
infestees , et , en jetant de la terre sur cette nichee , la
refoulait vers un centre et la recouvrait d'une couche
assez forte pour I'empecher de revenir a la lumiere. Ge-
pendant cette detestable engeance pullulait encore extre-
mement et ne cessait d'etre redoutable aux agriculteurs.
On reprit tons les moyens de destruction dont on s'etait
servi avec succes I'annee precedente , et on ramassa de
nouveau trois cents mesures de ces insectes. Si par I'effet
des derniers efforts de I'infatigable population de Viege,
124
le mal a perdu de son intensite dans cette contree , il a
d'autant plus gagne en etendue. Gar , poursuivis a ou-
trance , nos ravageurs fuient la terre inhospitaliere qui les
a vu naitre , et vont chercher ailleurs une existence moins
combattue. * lis emigrent en detruisant sur leur passage
tout vestige de vegetation. Des phalanges penetrent du
cote du levant jusqu'au pont de Naters , depassent vers
le couchant la Viege et ne s'arretent qua la distance
d'une demi-lieue de Tourtemagne. Un essaim conside-
rable va fonder une colonic dans les jardins pres de
Geronde , et y devore la moisson sans aucun obstacle de
la part des proprietaires ; tandis qu'un second , plus
faible , pousse son incursion jusqu'aux portes de Sion.
Mais quittons un instant cette race hideuse et passons
a revaluation des degats qu'elle a causes. Sierre n'a pas
retire, en 1839, une mesure de recolte sur cinquante
seterees ^ de jardins situes pres de Geronde ; Viege a deja
fait , en 1838 , la perte de plus de trois mille mesures de
cereales , et les autres produits agricoles y ont subi une
telle diminution, qu'on y fut contraint de reduire les
betes de somme au tiers de leur nombre ordinaire. Quel-
* Ces emigrations etaient surtout determinees par un etour-
dissant charivari que des campagnards firent aux sauterelles
ailees pour les effrayer et , par ce moyen , les detourner des
proprietes qu elles menagaient d'envahir. En usant de cet ex-
pedient perfide , on etendit le cercle des devastations ; souvent
meme les insectes en revenant sur leurs pas , se chargeaient-ils
de punir ceux qui s'occupaient de conserver leurs r^coltes aux
depens des voisins.
2 La seteree a 300 toises de six pieds.
125
que partielles et incompletes que soient ces donnees ,
les seules positives que nous ayons pu nous procurer a
cet egard , elles suffiront neanmoins pour etablir un
apercju approximatif de la somme totale des dommages
occasionn^s par ce.fleau, et de I'affreuse position de ce
pays qui, afflige en outre par I'inondation de 1839,
epuisait , pour ainsi dire , toutes les calamites attachees
aux differentes contrees du globe. Heureusement , les
sauterelles ne reparurent point en masse en 1840, et
Ton n'en trouva plus que d'isolees et inoffensives.
On pourrait done en demeurer la dans cette relation ,
mais il importe encore de designer par leurs noms spe-
cifiques les artisans de tant de malheurs, et de relever
tout ce que leurs moeurs nous offrent de plus remarquable ;
j'ai de plus a satisfaire a un devoir, bien doux pour moi,
celui de soumettre a votre examen , Messieurs et tres-
honores collegues , mes conjectures sur les causes pro-
bables soitde la prodigieuse multiplication de ces insectes,
soit de leur subite disparition. Yeuillez done m'accorder
de nouveau un instant d'indulgence.
Yoici les noms que les naturalistes donnent aux sau-
terelles en question , et que je tiens de la part de M.
le D^ Imhoff , de Bale , dont I'obligeance extreme a droit
a toute la reconnaissance que je m'empresse de lui te-
moigner a cette occasion : I'espece dont la grandeur
frappait de prime abord I'ceil de I'observateur , est le
Gryllus migratorius L.; celle qui surpassait les autres en
nombre et causait le plus de devastations , est le Gryllus
tergestinm de Cliarp.; enfm Gryllus higuttulus et higutta-
126
tus L., et meme Gryllus germanicus Latr. etaient, quoique
moins nombreux, comme associes aux precedents.
Ajoutons a cette nomenclature les traits les plus re-
marquables de leur histoire naturelle. Notons avant tout
leur etonnante fecondite. Ghaque femelle loge , selon
I'espece a laquelle elle appartient, soixante a cent oeufs
dans un tube cylindrique de terre agglutinee, qu'elle
forme en enfon^ant dans le sol son abdomen allonge,
et recouvre d'un opercule, desque la ponte est achevee.
Leur mode de nutrition merite pareillement de fixer
notre attention. Des qu'un champ envahi par ces destruc-
teurs s'est revetu de leurs lugubres couleurs , et que
quinze a vingt de ces insectes en chargent chaque tige
de ble , un bruit sinistre , semblable au bruissement du
vent soufflant sur des roseaux , se fait entendre au loin ;
c'est le bruit que produit I'infatigable activite de leurs
mandibules , qui ont entame le chaume immediatement
au-dessous de I'epi , la ou celui-ci reste le plus longtemps
vert et tendre ; I'epi tombe a terre , le chaume est rapi-
dement devore de haut en has jusqu'a la racine , ensuite
I'epi est recherche et detruit a son tour. Sur un champ
ainsi rase a fleur de terre , il ne reste qu'une couche
d'excrements dont la forme et la couleur ont toutes les
apparences de grains de seigle, au point de tromper
I'observateur peu attentif et de le persuader que les sau-
terelles avalent les grains en entier, et que ceux-ci,
apres avoir traverse sans alteration I'appareil digestif,
en ressortent intacts par I'anus. Ce qui m'a cependant
le plus etonne , c'etait de trouver a ces insectes, ordinai-
rement vagabonds et isoles, I'instinct de sociabilite, un
127
ensemble el une admirable regularite de mouvements ^
lorsqu'ils se mettaient en marche ou qu'ils s'arretaient.
J'ai aussi cru observer que leur coloris ordinaire avail
subi des changements sans alteration des dessins, el
qu'il s'etait singulierement rembruni , comme s'il eul ete
noirci au feu d'un soleil plus meridional , donl ces in-
sectes paraissaient soupgonner I'existence el en senlir
meme le voisinage , puisque des essaims considerables
essayerent de passer les montagnes qui separent le Valais
de ritalie : mais ils perirent tous , victimes du froid qui
regne dans les regions elevees ou ils fui^ent surpris par
la nuit.
Terminons eel liistorique , el abordons maintenant
I'exposition des conjectures sur lesquelles je fonde Fex-
plication de la calamiteuse invasion de ces insectes. Les
premieres lignes de cette relation ont deja fait entendre
que j'envisage ce phenomene comme une des funestes
suites de I'inondation de 1834. En effet, cette inondation
a laisse de grands depots de sable el de limon sur les
campagnes riveraines ; celle de Viege en fut entierement
couverte. Or les terrains sablonneux qui , dans des lieux
decouverts el bien exposes aux rayons du soleil , devien-
nent brulants , sont ceux que les sauterelles , surloul
Gryllus migratorius el tergestinus recherchenl pour y en-
fouir leurs oeufs. Ces oeufs ecloront , au retour de la belle
saison , pourvu que les terres ou ils ont ete deposes ne
soient pas bouleversees par I'homme ni par la nature ; el
les larves qui en proviendront prospereront certainement
si une temperature douce, non interrompue par de longues
pluies , ni par des gelees tardives , les favorise. Ces con-
128
ditions de vie et de developpement , la nature les leur
offrit , car, dans cette contree , des districts entiers sont
restes incultes durant plusieurs annees et durant les prin-
t€mps qui s'ecoulerent de 1834 a 1839, la temperature
a ete si convenable a la propagation des insectes en ge-
neral, des reptiles et meme de certains petits quadrupedes,
que dans toutes les parties du pays on eut a se plaindre
de I'abondance plus ou moins grande de toutes sortes
d'etres nuisibles. Ainsi , par exemple , a Vercorin , pa-
roisse du dixain de Sierre , situee a I'entree de la vallee
d'Annivier , les sauterelles qui habitent les prairies mon-
tagneuses : Gryllus cothurnatus et Uneatus Kreutz., Gryl-
lus dm'satus letter et autres, ravagerent les prairies
jusqu'a ce que le retablissement d'un ancien aqueducet
les irrigations frequentes les eurent reduites aux propor-
tions ordinaires. Ainsi, dans quelques localites tres-elevees
du dixain de Viege , et a Zinnal , hameau le plus recule
d'Annivier, les prairies fourmillaient de petites souris
dont la voracite est aussi dangereuse aux racines qu'aux
tiges des plantes ; elles avaient creuse un si grand nombre
de galeries souterraines , que, sur un espace d'un pied
carre, on put compter plus de vingt trous d'entree. Ainsi
les vignobles de Sion et de Sierre furent infestes par
les guepes, les lezards et les serpents.
En reflecbissant a ces circonstances atmospberiques,
a I'etendue des terrains qui, apres I'inondation de 1834,
resterent arides et incultes; en considerant que ces in-
sectes sont indigenes , que dans ces parages ils s'y Irou-
vent ordinairement par milliers , quoique leur nombre ne
se fasse point remarquer tandis qu'ils vivent isoles,
1-29
caches dans les roseaux et disperses sur uii espace dune
si grande etendue ; en rapprochant enfin ces fails et la
fecondite des sauterelles dont la troisieme generation issue
d'un seul couple se compose au moins de 54,000 indivi-
dus, on aura devoile le mystere de leur prodigieuse multi-
plication en 1837, 1838 et 1839,etl'on reconnaitrasans
doute, avec moi, que ce phenomene doitelre mis aunom-
bre des suites desastreuses de i'inondation mentionnee.
Le probleme de la disparition presque soudaine de ces
hordes d'orthopteresmeparait tout aussi facile a resoudre.
Les grands depots de leurs oeufs furent converts d'une
forte couche de limon et de sable par les inondations qui
affligerent le Haut-Valais vers la fm de septembre et au
commencement d'octobre de 1839. Soit que Taction
putrefiante de I'humidite trop longtemps entretenue ait
corrompu les oeufs, soit que lepaisseur de la couche de
limon ait empeche la chaleur du soleil de les vivifier a
une telle profondeur , ils ne purent eclore I'annee sui-
vante. Les larves qui se montrerent dans les localites que
I'inondation n'avaient pu atteindre, succomberent aux
longues pluies et au froid rigoureux survenus a deux
reprises au printemps de 1840. — Le Valais fut alors
delivre d'un ennemi formidable et put se livrer tout entier
aux commotions politiques
Si I'opinion que je viens d'emettre sur les causes de
TapparitioH et de la disparition de ces masses d'insectes
est fondee , on doit, en trouver la confirmation dans I'his-
loire; car le Valais, qui est si souvent victime des inon-
dations , aura assurement deja ete visite par ce fleau a
des epoques anterieures; aussi ni-je fait des recherches
9
130
pour en decouvrir quelques traces , et mon attente n'a-t-
elle pas ele trompee. II en existe un monument incontes-
table a Lalden meme, c'est la fondation perpetuelle d'une
messe que les habitants appellent Straffelmesse , et dont
I'origine parait remonter a I'annee 1747, annee oii les
sauterelles avaient ravage cette contree qui etait encore
affligee par les suites de I'inondation de 1744. Les chro-
niques du Valais font souvent mention de ce fleau , mais
ne pouvantsavoirk quelles sources leurs auteurs ont puise
les renseignements qu'ils nous ont transmis, et comme
lis ont rarement assigne aux evenements une epoque
precise, je m'abstiendrai de les citer. Nous pouvons
accorder plus de confiance aux rituels dont on se servait
anciennement aux processions. On y voit des longues
oraisons contra vermium, hruchorum, scliaraboeorum lo-
custarumque persecutionem , oraisons qui se chantaient
annuellement aux portes de la ville de Sion , le 3 mai ,
fete de I'invention de la Ste. Croix , et qui nous font
entendre que dans le bon vieux temps le Valais etait
assez frequemment incommode par les malencontreuses
visites de ces insectes. Cette supposition s'appuie sur une
tradition populaire qui nous a conserve le souvenir de ces
ravages, et qui nous apprend que leur duree ne pent
d'ordinaire depasser la troisieme annee , a cause de I'ex-
treme variation de temperature dans les pays de mon-
tagnes.
Mais j'abuse de votre patience et il est temps de mettre
fm a ce recit. II vous a fait connaitre , Messieurs , un des
nombreux elements de calamites qui tour a tour ravagent
le Valais ; qui y rendent la vie si vacillante et I'existence
131
si incertaine au milieu meme des hautes monlagnes , de
ces emblenies imposants de I'eternelle stabilite ; qui , des
le jour ou des lemeraires , pousses par quelque grande
infortune, viurent s'etablir entre ces rochers et y fonder
la premiere societe, ii'ont point cesse dedonneralhomme
les terribles lemons du malheur, pour lui faire comprendre
que , dans une telle contree , de bonnes digues, une sage
administration des forets et une agriculture soignee sont
des conditions indispensables de prosperite ^ Puisse
I'experience du passe se graver profondement dans la me-
moire du bon peuple valaisan , et bientot I'instruire de
ses vrais interets !
Jos.-Alphonse Riox , chanoine.
' La destruction des forets et les mauvais systemes de digue-
nients sont generalement envisages comme les causes princi-
pales des degats occasionnes dans ce canton par les inondations.
J'engage mes cliers compatriotes a relire avec attention le
mejnoire public sur ce sujetparM. le colonel Lardy , directeur-
general des forets du canton de Vaud.
VII.
QUE PRESENTE
LE TERRAIN DE TRANSPORT DU RASSIN DE GENEVE
QUI TEUVENT s'eXPLIQUER
par Ihypolhese des ejaculations k M. d'Omalius d'Halloy,
Par Jean-Amdre DE LUC.
M. d'Omalius d'Halloy, s'occupantdu vasle depot de
limoii qui s'elend , d'un cote , jusqu'au-dela de la Senne ,
(qui passe a Bruxelles ) , et de I'autre , jusqu'au-dela du
Rhin , voudrait I'expliquer par de puissantes ejaculations
de limon sorties de Tinterieur de la terre. II cite d'autres
phenomenes qui pourraieiit s'expliquer de la meme ma-
niere par des ejaculations argileuses et sableuses.
M. Ami Boue, entrant dans les idees de M. d'Omalius,
observe que ces ejaculations ont du et pu avoir lieu lors
des di verses epoques de dislocations et de soulevement
de la croute du globe.
Faisons I'application de ces idees au bassin de Ge-
neve, et comrtien^ons par la colline sur laquelle la ville
est batie. De nombreuses excavations faites dans ses dif-
ferentes rues, pour y placer des tuyaux de fontaine.
133
pour creuser les fondements de plusieurs maisons , nous
out fait connaitre que cette colline n'est composee que
de lits de sable et de gravier , sans gros cailloux ; ces
lits ne sont point horrzontaux , ils sont plus ou moins
inclines.
Les profondes excavations de la maison De la Rive ,
a I'ancienne arcade du Bourg-de-Four, ont mis a de-
couvert des lits de gravier dont I'inclinaison approchait
de la verticale.
Lorsqu'on construisit la nouvelle ligne de maisons de
la Corraterie , on mit a decouvert une longue suite de
lits mclines de gravier qui descendaient vers le sud-
ouest.
A la rue Verdaine , au tiers de la hauteur de la colline,
les excavations pour les nouvelles maisons avaient laisse
une grande masse de lits de sable et de gravier, dont
Tepaisseur etait d'environ 14 pieds; les lits de petits
graviers alternaient avec les lits de sable ; leur inclinaison
etait d'environ 35 degres. Ces graviers etaient composes
en grande partie d'un calcaire gris-brun ou bleuatre;
plusieurs de quartz, quelques-uns de roches primitives
micacees. Je mentionnerai en particulier un gmvier, d'un
pouce, de calcaire gris- bleuatre traverse de trois veines
de silex noir, dont on trouve des cailloux en divers en-
droits de notre bassin; c'est le calcaire de la base du
Mole, pres de St. Joire et des rochers de Mimise, au-
dessus de Meillerie. Je mentionnerai encore deux gra-
viers d'un melange de quartz blanc et de fer carbonate
jaune, dont on trouve aussi des cailloux. Ge qui prouve
134
que les graviers sont composes des memes roches que
les cailloux roules , ce qu'il etait facile de supposer.
Je possede un manuscrit defeu M. Jean ToUot, inti-
tule: Statique du bassindu departement du Leman, com-
pose vers I'an 1800, pour le prefet d'alors; je vais en
extraire ce qu'il dit sur la colline de Geneve:
<( Le terrain sur lequel la ville de Geneve est fondee,
» etait recouvert dans son origine d'un sol de transport ,
)) qui reposait sur un autre entierement sablonneux, le-
» quel a servi de base a tons les edifices qui ont ete
w construits depuis. Ce sol sablonneux ne varie point
» dans la partie elevee de la ville , mais dans la partie
» basse, il s'y montre tres-inegalement, car, par exemple,
» \e proprietaire de la maison des bains , derriere le
)) Rhone, ayant fait creuser un puits dans sa cour a
» quelques pas des rives actuelles de ce fleuve , on a
:» trouve , au-dessous du niveau de la rue , une couche de
» terre de transport, sans aucun melange de cailloutage,
» dun metre et deux tiers d'epaisseur ; cette couche re-
» pose immediatement sur un lit de terre glaise, que Ton
» a creuse jusqu'a sept metres de profondeur. Ce lit de
» terre glaise , ajoute M. Tollot , semble annoncer que
» le sol sablonneux de notre ville repose sur un lit sem-
» blable, et que c'est la raison de la quantite d'eau qui
» se trouve dans toute I'etendue de la partie basse , pour
)) peu que Ton y creuse. »
La coUine de Geneve est elevee de 90 pieds au-dessus
du lac Leman. Maintenant, si nousfaisons venir du Va-
lais les materiaux qui composent cette colline , comment
auront-ils forme une colline sans s'etendre horizontale-
135
ment? Je ne vols que I'hypothese des ejaculations qui
puisse expliquer cette accumulation ou ces mouvements
de bas en haut : tout en admettant que les materiaux qui
la composent sont venus en definitive de la chaine des
Alpes, non-seulement des rangs primitifs, mais aussi
des rangs calcaires , qui bordent le bassin du lac.
La coUine de Geneve n'est pas la seule qui presente
des lits inclines de sable et de gravier ; j'en ai cite sept
exemples dans mon second memoire sur le terrain de
transport du bassin de Geneve, public en 1830 (page
1 00) , et j'en ai conclu que ces lits inclines nous prou-
vent que les courants qui ont transporte ces materiaux »
n'ont pas toujours eu des mouvements horizontaux ,
mais qu'il y a eu des engoulFrements et des jaillissements,
des agitations locales.
Maintenant je vais citer un fait qui prouve que des
eaux sont sorties de I'interieur de la terre. Ce fait est
deja decrit dans mon second memoire que je viens de
mentionner, mais il parait qu'il n'a pas ete pris en con-
sideration lorsqu'on a traite du meme sol de transport;
le voici:
Au Plan-des-Ouates , commune inculte situee a une
petite lieue au S. S. 0. de Geneve , et a cent pas de la
grande route de Ghambery , on avait, en mai 1817,
fait des excavations pour en tirer du gravier et des
grosses pierres. En m'approchant de ces creux, je vis
des monceaux de gros fragments calcaires blancbatres ;
je crus au premier moment que ces fragments avaient
ete apportes ou du mont Salevc ou du Jura , (ant leur
ressemblance elait parfaite avec le calcaire de ces mon-
136
tagnes; mais je fus bieiUot detrompe en voyant d'autres
fragments semblables dans les creux d'ou ils avaient ete
tires , et en voyant aupres de grosses pierres roulees de
la meme nature. Plusieurs avaient deja ete emportees
pour des constructions; mais il en restait encore plus de
60 , toutes arrondies , dont la grosseur variait entre 1 et
4 pieds de diametre; il y en avait deux de 5 a 6 pieds
qui etaient a la profondeur de 15 pieds au-dessous de
la surface.
Quelques jours apres , les ouvriers en degagerent une
encore plus grosse a la meme profondeur; elle avait 8
pieds de largeur sur 6 pieds de hauteur , etant parfaite-
ment arrondie. En continuant a creuser, les ouvriers en
tirerent 40 aulres de la meme roche , de 1 a 3 pieds de
diametre, en sorte que le nombre total de celles que
j'avais vues entieres etait de cent. Cette localite est situee
a trois lieues de la base du Jura , et a une lieue de celle
du mont Saleve. Tout le sol est compose de cailloux
roules , de gravier , de sable et de terre glaise ; les cail-
loux sont des roches primitives alpines, beaucoup de
calcaire different de celui du Jura, etc.
Nous allons voir qu'environ 20 ans auparavant la
meme localite avait fourni un nombre encore plus con-
siderable de debris jurassiques; j'en trouvele recitdans
le meme manuscrit de Jean Tollot, cite plus baut.
L'auteur decrivant le sol de transport du Plan-des-
Ouates,fait mention dune immense quantite de blocs
calcaires qu'on avait tire des creux faits dans cette com-
mune; il ajoute que ces blocs avaient servi et servent
encore a la construction des edifices de la commune de
137
Carouge et de tous ses environs. II pense que ces blocs
ont fait indubitablement partie de la montagne de Sa-
leve, par les rapports qu'ils ont avec les couches de cette
montagne. II croit aussi que la base du bassin de Ge-
neve est formee par les pentes des montagnes calcaires
qui le bordent et qui se reunissent a une certaine pro-
fondeur.
Certainement les nombreux blocs calcaires du Plan-
des-Ouates ne sont pas descendus par la vallee du
Rhone , ils n'ont pas traverse le bassin du lac , ils sont
done sortis de Tinterieur; ce sont des debris des cou-
ches jurassiques qui sont sous le sol a une profondeur
plus ou moins grande. II faut que ces couches aient
eprouve de terribles bouleversements pour avoir ete
brisees en un si grand nombre de fragments. Quelle est
la cause qui en a aniene un grand nombre a la surface
du sol? II n'y a que des mouvements ascendants d'une
grande masse d'eau , ou plutot des agitations longtemps
continuees , par lesquelles les blocs etaient ballottes dans
tous les sens. La longue duree de ces agitations sur
place est prouvee par la forme arrondie des blocs cal-
caires ; ainsi le gros bloc de 8 pieds de largeur sur 6 de
hauteur etait parfaitement arrondi ; j'en ai I'esquisse.
Apres toutes ces agitations , survinrent des mouve-
ments lents pendant lesquels les lits de sable et de terre
glaise se depaserent les uns apres les autres suivant la
direction de ces mouvements.
Partie conjecturale.
N'est-il pas possible qu'il y ait eu des eaux sorties
de I'interieur de la terre, dans le moment des grands
138
bouleversements , comme par exemple ceiix qui redres-
serent les dents d'Oche , au-dessus d'Evian , et les mon-
tagnes voisines.
Les geologues admettent le soulevement des Alpes
et en particulier celui de la chaine du Mont-Blanc;
maintenant, au lieu de supposer, comme le fait M. Mel-
leville , un lac d'eau douce occupant I'espace de cette
chaine avant son soulevement ; il suffit que ce souleve-
ment soit accompagne d'une immense eruption d'eau de
rinterieur de la terre; ce fut cette eau, s'ecoulant avec
violence , qui transporla les blocs erratiques detaches des
pics souleves; car il n'a pu exister aucune autre cause
assez puissante pour produire des effets aussi gigantes-
ques.
J'ai donne, dans mon memoire de 1830, despreuves
de la violence des courants par letonnante dispersion ,
dans le bassin du lac , de diverses roches alpines , tant
primitives que de transition et secondaires, entr'autres
les cailloux qui presentent des empreintes ou des monies
de corps marins , qui nous montrent que la grande re-
volution a embrasse toutes les montagnes des Alpes voi-
sines, jusques aux couches qui sont devenues leurs
sommets.
Jean-Andre De Lcc.
Geneve, l^*- juillet 1843.
P. S. Un phenomene souvent r^pete, soit sur le mont
Saleve , soit sur les pentes du Jura , prouve la violence
de la cause qui transporta les blocs erratiques ; je veux
parler de ces blocs de roches primitives, qui se sont
139
brises en frappaut contre I'obstacle qui les a arretes; il
faut que le choc ait ete tres-violent pour produire cet
effet. On reconnait que ce sont les fragments du meme
bloc , par la correspondance de leurs surfaces mises a
decouvert par la rupture.
M. le professeur Adolphe Guyot a objecte a I'admis-
sion d'un agent liquide comme moyen de transport des
blocs erratiques , I'absence de ces blocs au fond de la
vallee de Sarnen et sur les flancs de la chaine du Pilate.
Un fait qui parait general, dit encore M. Guyot, c'est
que les blocs, comme les amas erratiques, sont deposes
de preference sur les hauteurs , sur le sommet et sur les
flancs des collines; le fond des vallees, et souvent leurs
flancs jusqu'a une certaine hauteur, en sont d'ordinaire
exempts.
Nous venous de voir que M. Guyot considere ces
faits comme une objection a I'admission d'un agent li-
quide pour le transport des blocs. Je crois qu'on pent
affaiblir la force de cette objection en supposant que
Tabondance des eaux sortant de I'inlerieur de la terre
par le soulevement des Alpes, et produisant des cou-
rants d'une extreme violence, ne permettait pas qu'au-
cun des materiaux qu'ils chariaient pussent rester au
fond des vallees , en sorte qu'ils ne pouvaient etre depo-
ses qu'a une hauteur plus ou moins grande sur le flanc
des montagnes.
Une observation de feu M. Escher de la Linlh viendrait
appuyer cette supposition. II avait remarque que dans
les vallees ou les eaux pouvaient s'etendre et enlrer dans
quelque enfoncement, c'esl la qu'elles avaient depose
140
une partie de leurs materiaux : elles ne pouvaient done
en deposer au fond des vallees, ou rien ne genait leur
mouvement.
La sortie d'une grande masse, lors du soulevemenl
des Alpes , ne serait pas un phenomene sans analogie.
On sait que les eruptions de volcans sont souvent ac-
compagnees d'erruptions d'eau qui produisent de grands
ravages.
VIII.
QUELQUES MOTS
SUK
LA MATIERE ORGANIQUE DES EAUX THERMALES,
Par le D- LEBERT.
Remis par I'auteur.
Les recherches micrographiques , en general peu culti-
vees dans le canton de Vaud , ont fait le sujet special des
etudes du D"" Lebert , qui depuis six ans s'en est occupe
avec beaucoup de suite. Reconnaissant, des le debut de
ces travaux , qu'il fallait une grande habitude et des con-
naissances tres-variees en histoire naturelle pour ariiver
a des resultats surs et positifs an moyen du microscope ,
il s'est occupe en premier lieu d'observations sur I'orga-
nisation des etres les plus bas places dans le regne ve-
getal et le regne animal. II a examine avec suite les
infusoires et les algues en general , et specialement leur
existence dans les eaux minerales. Ces recherches ont ete
faites sur place dans les principals eaux thermales de la
Suisse , et ont surtout demontre que la matiere dite
organique (Baregim^ Glairine, etc.,) de ces eaux est
composee d'algues et d'infusoires , et que ce n'est nulle-
ment par I'analyse chimique , qu'on pent decider de leur
nature , mais que c'est plutot au moyen du microscope
qu'il faut de plus en plus completer la iaune et la flore
des eaux minerales.
142 -
Apres avoir etudie les dernieres limites du regne
animal et du regne vegetal , et les rapports qui existent
entre les etres inferieurs des deux regnes, le D*" Lebert
s'est livre depuis quatre ans a des travaux de physiologic
normale et pathologique. Gette derniere , et surtout son
application a la medecine pratique, a ete le principal but
de ses travaux. Mais de bonne heure il a reconnu , que
pour apprecier les alterations morbides de nos organes
et des tissus qui les composent, il fallait connaitre a
fond leur composition a letat normal; et pour compren-
dre cette derniere, pour y voir quelque chose de plus
qu'une simple diversite de forme, il fallait en suivre
le developpement et les etudier dans les differentes for-
mes des quatre classes des animaux vertebres. Ainsi , le
D*" Lebert a fait marcher de front dans ses etudes I'ele-
ment genetique comparatif , et Tetat de developpement
parfait de chaque tissu.
II a fait une partie de ces recherches en commun avec
M. le D"" Prevost, de Geneve, qui, a juste titre, est place
en premiere ligne parmi les physiologistes qui se sont
occupes de ce sujet ; et ces Messieurs publieront bientot
ensemble un travail a pen pres termine sur le developpe-
ment de I'himatose et I'histogenesie primitive en general.
Ges eludes d'histoire naturelle et d'anatomie generale
ont bien facilite les travaux du D*^ Lebert sur la physio-
logic pathologique, dans laquelle il a suivi la double
marche de I'experimentation sur les animaux , et de Texa-
men de toute espece de produits morbides , soit de secre-
tion anormale , soit de pieces enlevees par des operations,
soit d'organes trouves malades par I'autopsie cadaveri-
143
que. Pour etendre ces travaux , il a passe I'hiver dernier
a Paris, ou il a eu une grande facilite pour les completer ,
tant par Tabondance des materiaux, que par I'accueil
bienveillant et liberal des hommes places a la tete de
I'instruction medicale en France. Le D*" Lebert est par-
venu a trouver pour tout ce qui est reelleraent different
en pathologic , des elements moleculaires particuliers, et
il a pu classer ces produits d'apres leur composition
elementaire. Entre autres , il a trouve un element par-
ticulier qui n'avait pas ete decrit avant lui, pour les tu-
bercules , sujet qui a ete vivement discute par la Societe
anatomique de Paris , qui a en grande partie adopte les
conclusions du medecin vaudois. M. Louis en a insere
un resume dans la nouvelle edition de son ouvrage clas-
sique sur la phthisic pulmonaire. Le D"" Lebert a au-
jourd'lmi les materiaux tout prets pour la redaction
touchant I'histoire physiologique , experimentale et mi-
croscopique de I'inflammation , de I'exsudation, de la
suppuration, de la gangrene, de la regeneration des
divers tissus leses, des tubercules, des tumeurs en ge-
neral, et surtout des tumeurs cancereuses. Ces divers
chapitres en ameneront un dernier sur la theorie generate
des formations pathologiques. Comme ces travaux ne
peuvent avoir de la valeur que lorsqu'ils seront bases
sur un grand nombre de faits bien observes , et sur I'e-
tude physiologique combinee avec I'etude au lit des
malades, le D"^ Lebert n'a pas voulu livrer ses travaux
prematurement a I'impression , et ce ne sera que dans un
an ou deux qu'il les soumettra au jugement du public.
NOTE
PRESENTEE A LA SECTION- DE BOTANIQUE
A LAUSANNE, 1843,
Par M. TROG, p6re, de Thoune.
Tout le monde sail que les champignons ne sont pas
doues des memes organes que les plantes phaneroga-
mes , que surtout ce que Ton appelle racine leur manque
toufc-a-fait. Au lieu de cet organe Ton observe , dans ces
etres capricieux, un autre corps, quelquefois sous la
forme d'un reseau, d'une tache plus ou moins coloree,
le plus souvent d'un assemblage de fils tres-delies, res-
semblant fortement aux fils d'une toile d'araignee , et que
les mycologues appellent mycelium. Ce mycelium se
trouve dans la terre, le bois pourri, ou tel autre corps
duquel le champignon se developpe , et par consequent
est cache a I'ceil de I'observateur. C'est cependant cet
organe qui constitue le systeme de vegetation du cham-
pignon, et ce que nous appelons communement de ce nom,
en est le systeme de fructification. Le myceHum est tres-
souvent vivace ; mais comme ces vegetaux sont fortement
dependants de I'etat plus ou moins humide de I'air et de
145
la temperature, ils „e fruetifient pas toujours ; dans les
annees seches et froides le mycelium rests sterile , quoi-
qu d continue de vegeter, et son systeme de fructification
nesedeveloppe que lorsque les conditions necessaires^
ce developpement se trouvent remplies. Cest ce qui nous
exphque pourqnoi nn champignon , d'une espece donnee
peut se trouver en grande quantite pendant une ou plu-
s.eur8 annees , et y disparaitre tout-a-coup , pour y rena-
^itre quelques annees apres. Cest ains. que j'ai trouve.
en 1818, 1 Oro,ige (Ag. c<^sarem) dans un petit bois de
men voismage, et pendant les douze annees suivantes
elle ny fruct.fiait plus, ce nest qu'en 1830 et 1831
qu elle y reparut a la meme place , pour y disparaitre de
noiiveau.
Apres vous avoir donne une idee, il est vrai tres-
jmparfa te, de la fonction du mycelium, je prendn.i la
Itberte de vous entretenir un instant du developpement
dun champignon aussi curieux qu'utile, c'esridire,
du Polyp^^ tnbera^ter. - On trouve depuis des temps
assez ancens dans le royaume de Naples, surtout dans
les pays montueux des Abruzzes, un corps compacte.
presque hgneux, de couleur brune, ayant un exterieu;
ressemblant a I ecorce de nos arbres fruiliers, d'une forme
arrondie, variant de grosseur depuis celle d'un oeuf de
paon, jusqu'a celle d'une tele d'homme et au-dela et
dune pesanteur d'une jusqu'a cent livres. Dans sou'in-
teneur ,i estun peu plus tendre el se laisse couperavec
seau de fds blancs et renfermant quelquefois des piorres.
du bois, du sable et dautres corps semblables Cette
10
146
masse , que Ton appelle en Italic « pietra fungaya » , se
trouve dans la terre et n'est autre chose que le mycelium
du Polyporus tuheraster, qui s'en developpe par touffes
apres d'abondantes pluies. Comme ce champignon est
comestible , on a eu I'idee de transporter cette soi-disant
pierre dans les villes , afin de la faire produire des cham-
pignons a volonte, en I'arrosant d'eau. — Je dois a la
complaisance de M. le D*" Brunner , de Berne , qui a
rapporte de Naples une de ces curieuses masses, d'avoir
pu I'examiner a loisir et d'avoir pu suivre et observer
le developpement du Polyporus tuberaster. Apres avoir
place la pietra fungaya dans ma chambre dans un large
vase de terre , elle fut arrosee d'eau 3 a 4 fois par jour.
Au bout de 5 a 6 jours , on aper^ut plusieurs points
blancs de la grosseur d'une lentille , converts de poils
rayonnanls tres-blancs, et qui , le jour suivant , s'etaient
deja allonges de 2 a 4 lignes, sans augmentation de
grosseur. Le troisieme jour apres I'apparition des points
blancs , les jeunes plantes avaient augmente en longueur
de maniere a mesurer pres d'un pouce , et en grosseur
de 3 a 4 lignes; leur forme etait celle d'un cone un pen
allonge; et toute leur surface etait couverte d'un duvet
cotonneux abondant et d'un blanc eclatant, excepte le
sommet qui etait un pen jaunatre et glabre. — On con-
tinua tons les jours les arrosements d'eau , comme il a
ete dit ci-dessus. — Le quatrieme jour , les petits cham-
pignons avaient acquis une longueur de 2 pouces, leur
pointe s'etait elargie sensiblement , et avait pris une cou-
leur decidement jaune d'ocre; toute la plante se trouvait
recouverte d'un duvet , qui commen^ait dans le haut du
147
pedoncule a se separer en forme decaille. — Aa cin-
quieme jour , le chapeau commen^ait a paraitre et avait
seul garde la couleur jaiine, tandis que toutes les autres
parties du champignon etaient tres - blanches ; le duvet
jaune du chapeau devint fibreux et radieux , tandis que
celui de la tige se separait toujours plus en ecailles. — Le
sixieme jour me fit voir le champignon pres d'avoir at-
teint 6 pouces de long, son chapeau en avait au moins
3 de diametre et se trouvait fortement evase en forme
d'entonnoir , gardant sa couleur jaunatre ; les pores de
I'hymenium commen^aient a paraitre et se distinguaient
aussi par leur blancheur , tandis que le pedoncule avait
pris dans sa partie inferieure une teinte jaunatre ; celui-ci
etait convert d'une grande quantite de petites ecailles
fibreuses. — C'est dans cet etat que le champignon sert
a la nourriture en le coupant pour I'appreter. En effet ,
il n'augmenta de volume que lejoursuivant, et, aulmi-
tieme jour, des taches brunes, qui se montrerent sur ses
differentes parties , indiquerent bien que ses beaux jours
avaient passes ^
^ Nous saisissons cette occasion pour rappeler que M. Trog,
pere , public en ce moment un ouvrage sur les champignons
comestibles et veneneux d'Europe , accompagne de planches
coloriees d'une rare perfection ; il est a regretter qu il n'en pa-
raisse pas une edition frangaise. C. L.
X.
CONSIDERATIONS
SUR
Par F. SACC, fils, de Neuchatel.
Les recherches de Vauquelin nous ont signale I'exis-
tence dune matiere colorante rouge dans les cheveux
rouges, et d'une autre noire' dans les cheveux noirs;
ces deux substances n'ont point ete etudiees; on ne les
a pas meme separees de I'huile animale qui les accom-
pagne. Le sang a fourni une couleur rouge, dont la pu-
rete peut au moins etre mise en doute ; on en a extrait
encore deux autres, Tune jaune, I'autre bleue; mais
I'existence de cette derniere est vivement contestee.
L'urine nous offre des sediments rouges ou bleus , at-
tribues: les premiers, a I'acide rosacique; les seconds,
a la cyanourine , qui n'est autre , peut-etre , que Tacide
rosacique modific , puisque , comme lui , elle est solu-
ble dans I'alcool , et que , traitee par les acides , elle se
colore en rouge. Un des principes de l'urine, I'acide
urique , qu'on trouve en abondance dans les dejections
des oiseaux de proie et des serpents, vientdeproduire,
entre les mains du savant M. Liebig, plusieurs derives.
149
dont la couleur rappelle les teintes des insectes les plus
brillants.
La bile produit une matii^rc colorantejaune, qui, sous
rinfluencc de I'acide nitrique, passe au vert, puis au
bleu, au violet, au rouge, et reprend enlin sa teinte
primitive.
La sucur des aisselles et des pieds ofFre chez rhomme,
dans certaines maladies du bas ventre , une coloration
bleue tres-intense , et assez abondante pour leindre les
linges avec lesquels elle se trouve en contact. Elle n'a
pas 6i6 ctudiec.
La coclienille renferme une belle couleur rouge qu'on
a obtcnue cristallisee , mais qui est si fugace, queje ne
puis la croire propre a cet animal; elle doit provenirau
moins en partie de la plante sur laquelle vit cet insecte,
et qui produit des fruits pourpres.
La s^cbe contient une encre aromatique noire, pen
audiee, et presque indestructible, parcequ'elle est for-
tement cbargee de carbone.
Voilh quelles sontles matieres coloranles retirees jus-
qu'ici des animaux ; aucune d'entre elles n'a ete fournie
par le plumage des oiseaux , dont personne, a notre con-
naissance, n'a etudie les riches colorations, dans la
persuasion qu'elles sont dues h un jeu de lumiere produit
par la conformation meme des plumes, et analogues a
celui que nous oft'rent les bulles de savon , et en general
les lames transparentes lorsqu'elles enveloppenl une cou-
che d'air. Cette opinion ne pent etre que fausse , puisque
les plumes prennent par la teinture toutes les couleurs
150
possibles avec la meme facilite que les tissus vegetaux ;
qui d'ailleurs n'a pas vu I'epiderme transparent des caron-
cules du coq d'inde colore en rouge vif sous I'influence
d'un alHux de sang , passer par le froid au bleu le plus
pur , puis au blanc ; qui ne sait que les plumes arrachees
au corbeau , au merle , repoussent blanches ; celles des
perroquets , rouges ou jaunes , et que les indigenes du
Bresil ont le talent de barioler le plumage de ces beaux
oiseaux , de maniere a ce que les nouvelles colorations
qu'ils lui ont communiquees se renouvellent a chaque
mue. II est impossible d'attribuer les changements de
coloration oflferts par ces trois exemples , a une alteration
du tissu des plumes qui reste absolument le meme;
tandis que rien ne s'oppose a ce qu'il soit du uniquement,
comme dans le premier cas , a la presence ou a I'absence
de la substance coloree qui est le sang ou un de ses
principes. Si le plumage du coq de rocbe ne devait ses
teintes enflammees qu'aux minces pellicules formant le
tissu de ses plumes, il ne se ternirait pas, comme au
reste, celui de tons les autres oiseaux, sous I'influence des
rayons solai res. Les plumes cbatoyantes ne doivent, il
est vrai , la vivacite de leurs nuances qu'a Taction exercee
sur la lumiere par les minces pellicules de mucus qui
les composent; mais si entre elles ne reposait aucune
matiere coloree, leur jeu de coloration ne serait pas plus
stable que celui de la nacre et de la buUe de savon , qui
change a tout instant. L'art qui nous a appris a imiter
Tun deces beaux jeux de couleurs, nous en a probable-
ment donne la clef; nous reproduisons sur la soie seu-
lement , parce qu'elle seule possede un brillant ana-
151
logue a celui de certaines plumes , la charmante teinte
gorge de pigeon , en entrelagant dans un sens des fils
bleus , et dans I'autre des fils violets ; cette coloration
serait done le produit de I'existence simultanee et dis-
tincte de deux malieres colorantes dans le meme tissu
organique. Mais ce phenomene ne pent pas toujours etre
explique de cette maniere ; car on ne peut attribuer les
vives colorations metalliques des plumes de la pie , qu'a
Taction exeifcee sur lalumiere par leur tissu, puisque,
regardees sous un certain jour, elles ne paraissent plus
que noir mat , sans aucun reflet. Puisqu'ici une des colo-
rations n'est que passagere , il est clair qu'elle ne peut
etre produite que par une action analogue a celle des
bulles de savon sur la lumiere.
Toutes les plumes contiennent done une matiere co-
loree , sauf celles qui sont blanches ; ces dernieres de-
vraient etre incolores ; elles ne doivent leur teinte qu'a
la disposition particuliere de leurs lamelles qui , par elles-
memes, sont incolores et translucides , ainsi qu'on peut
s'en assurer en les observant isolement.
Les mammiferes ne presentent des colorations bril-
lantes que sur les parties nues de la peau qui se teignent
par Taction directe du sang ; c'est a cette cause que nous
rapportons la belle teinte bleue du museau des mandrills
adultes , ainsi que plusieurs autres qu'on ne trouve guere
que chez les singes. II est curieux d'observer que ce n'est
que dans le cas dont nous venous de parler qu'on rencontre
chez les mammiferes les teintes brillantes des oiseaux , et
que ce n'est que sous deux formes , le rouge et le bleu,
modifications qui toutes deux appartiennent au sang et ne
152
peuvenl venir que de tui , puisqu'elles disparaissent avec
la vie. Les polls des mammiferes, dont les couleurs sont
plus ou moins temes , ne presentent jamais le bleu , le
jaune vif, le rouge, le violet, le vert, non plus que des
reflets metalliques , a I'exception du chrysochlore du Cap,
qui doit en offrir d'assez remarquables. Les teintes que
presente le pelage des mammiferes sont dans I'ordre ou
on les rencontre le plus frequemment: le fauve , le brun,
le noir , le fauve orange , le jaune verdatre ,*le gris et le
blanc. ,
La peau des mammiferes, assez translucide en gene- |
ral , peut , comnie celle de I'bomme , prendre differentes
teintes sous I'influence de circonstances encore mal de-
terminees; mais cerlainement par Taction du sang. La
peau se colore presque toujours en noir ou brun fonce,
quand elle est nue et , par consequent, exposee a Taction
direcle des rayons solaires , lorsqu'elle reste transpa-
rente, et par consequent rose, a cause des vaisseaux
sanguins qui circulent au-dessous, elle devient epaisse
et rude, comme nous la voyons cbez une variete de chiens
lures. Dans bien des cas, mais pas dans tons, la peau
est de la meme couleur que les poils qui la couvrent.
En general, lorsque la peau est transparente elle change
de couleur cbaque fois que Telat de Tanimal eprouve
quelque variation , ainsi que nous le remarquons chez
Thomme surtout , ou la colere la rougit , la violace ou la
decolore ; landis que le froid ou un obstacle quelconque
dans la respiration ou la circulation , la rendent bleue ,
et qu'un epanchement de bile la colore en jaune. Nous
pouvons aussi en changer la teinte artificiellement ; c'est
153
ainsi que nous la teignons en noir, en avalant du ni-
trate d'argent.
II est probable que la peau des oiseaux presente les
memes caracteres que celle des mammiferes, pulsque
dans les endroits ou elle reste a decouvert elle parait co-
loree comme elle en rose, rouge, bleu ou blanc mat.
Nous I'avons trouvee rosee sur toutes les especes ou nous
I'avons examinee dans les endroits ou elle est couverte
de plumes.
Les reptiles a peau nue Font generalement coloree,
en vert plus ou moins noiratre, quelques-uns cependant
brillent des plus riches couleurs, telles sont la plupart
des rainettes. Parmi eux, le cameleon presente de curieux
phenomenes de coloration volontaire , et le protee habi-
tant les profondeurs des lacs sou terrains de la Carniole,
a la peau si transparente , qu'on aper^oit , serpentant au-
dessous d'elle , les vaisseaux qui la nourrissent.
Les reptiles a ecailles nous ofFrent une infinite de
teintes dues en majeure partie, comme celles despoissons,
a la nuance de leur peau que nous apercevons a travers
leurs teguments; voila pourquoi presque tons changent
de couleur au moment ou ils perdent la vie , et ou , par
consequent , les fluides vitaux , cessant de circuler , ils
n'ajoutent plus rien a I'intensite de sa coloration.
Les mollusques, de meme que les insectes, sont doues
de la plus admirable variete de colorations, depuis la
translucidite la plus parfaite jusqu'au noir de jais. Ces
deux classes d'animaux communiquent a leurs teguments
des teintes aussi brillantes qu'inalterables, et malheureu-
sement fort peu etudiees. Toutes les deux nous fournissent
154
des matieres colorantes: la cochenille, le kermes, la
sepia , la pourpre.
Quelques-uns des crustaces generalement colores en
vert noiratre presentent la remarquable propriete de
changer de couleur dans certains cas; c'est ainsi que
I'enveloppe calcaire du homard et de I'ecrevisse passent
au rouge par la cuisson. Gette action, due a I'alteration
de la matiere coloranle par une chaleur elevee , peut aussi
provenir d'une autre cause , puisqu'on trouve assez fre-
quemment parmi les ecrevisses communes des individus
bien portants, d'un rouge aussi vif que s'ils venaient
d'etre cuits.
Afm de pouvoir nous expliquer les colorations si va-
rices du regne animal, nous devons chercher d'abord
comment elles se forment.
La coloration normale ne peut etre produite que par
les aliments , puisqu'elle se renouvelle. Tons les animaux
se nourrissent de matieres composees en plus ou moins
grande proportion de carbone, hydrogene, oxygene et
azote, mais les uns les prennent pen azotees, d'autres
Ires-azotees , d'autres enfin , et c'est le plus petit nombre,
mangent indifFeremment des unes et des autres. Dans la
premiere classe , comprenant les gazelles , les chevaux ,
les rats, les oies, les dindons, nous trouvons pen de
brillantes colorations. Dans la seconde , les mammiferes
feroces et les oiseaux de proie , ne nous offrent aussi ,
a peu d'exceptions pres , que des couleurs ternes. C'est
dans la troisieme que nous trouvons le plus grand nombre
de teintes eclatantes ; a cette classe appartiennent tons
les animaux frugivores , singes , gallinacees , perroquets
155
et autres, parmi lesquels nous reraarquons cependant
quelques exceptions , puisqu'il y a des singes , des galli-
nacees et des perroquets dont les couleurs sont ternes et
uniformes.
Consideres sous ce point de vue , nous laisserons de
cote les poissons, les insectes et les mollusques, que nous
n'avons pas etudies. Pour ne pas nous etendre au-dela
de nos connaissances , nous ne poursuivrons letude du
developpement des matieres colorantes animales que sur
les animaux ou elles se presentent avec le plus de variete
et d eclat ; ce sont , pour les mammiferes , les singes , et
pour les oiseaux , les perroquets. Les poils des premiers ,
formes par une agglomeration de cellules , se developpent
sous I'epiderme qu'ils traversent et a la surface duquel
ils s'elevent plus ou moins. lis consistent en longs tubes
creux, presque toujours pleins d'une huile coloree; ils
tombent et se renouvellent comme les plumes des oiseaux.
Les singes, quoiqu'essentiellement frugivores, aiment
passionnement les aliments tres-azotes , el ceux qui parmi
eux mangent le plus d'insectes, sont en general aussi
ceux qui presentent les couleurs les plus varices et les
plus vives.
Les plumes naissent , comme les poils , d'une agglo-
meration de cellules epidermiques ; mais elles subissent ,
de plus qu'eux , une sorte d'incubation avant de paraitre
au jour. Enveloppees dans un large tube flexible et ouvert
seulement a sa base , elles s'y forment dans un milieu
de sang qui parait se renouveler , puisqu'il est toujours
d'un beau rouge. Au bout d'un certain temps , le sang
disparait , la plume adulte rompt son enveloppe et ne fait
156
plus que s'allonger par sa parlie mediane; lorsqu'elle a
acquis tout son developpement , elle est formee de trois
parties distinctes: la tige, les barbes et la moelle.
La tige , vide a sa base qui est cylindrique et un peu
comprimee sur ses deux faces laterales, ne tarde pas a se
remplir d'une moelle poreuse analogue a celle du sureau,
elle se manifeste d'abord sous forme d'une coucbe legere
a sa partie inferieure , c'est-a-dire a celle qui est appli-
quee contre I'animal; elle monte alors assez rapidement
pour atteindre bientot la partie superieure du tube qu'elle
remplitdes lors en totalite. A la face inferieure de la plume
et en dedans du tube corne , nait en meme temps que la
moelle qu'elle repousse a droite et a gauche, une gout-
tiere qui, per^ant le tube corne, d'abord tr^s- forte va
en diminuant jusqu'a I'extremite de la plume ou elle
disparait. Dans I'endroit ou la gouttiere perce le tube
corne , ce dernier , au moment ou elle le coupe , se par-
tage en une multitude de petites lanieres absolument
identiques au duvet. L'ouverture elle-meme est tapissee
par une petite lame de mucus desseclie et transparent;
a droite et a gauche , le tube corne s'ouvre et s'etend ,
la moelle blanche et opaque garnit et separe du cote de
I'oiseau les deux sections qui s'etendent plus ou moins
horizontalement sur les deux cotes en une barbe com-
posee de barbules garnies ou non d'une multitude de
petits poils qui s'entrecroisant entre eux, les soudent
I'une a I'autre de maniere a donner a la plume assez de
solidite pour resister au choc de I'air. La plume ne doit
pas toute sa force uniquement a cette cause-la , mais
aussi a ce que les barbules developpees transversalement
157
sur les cotes de la tige s'appuient toutes les unes sur les
autres ; comme , de plus , elles sont unies par les poils
crochus qui garnissent leurs bords , elles ne font plus
qu'une seule et meme masse tant qu'elles conservent cet
arrangement; mais bientot la page de la barbule se de-
tourne et vient s'etaler dans le sens oppose, parallele-
ment a la surface de la tige. Les poils plus ou moins
ramifies qui garnissent la tigelle, se developpant beau-
coup a ses depens , donnent a la plume infmiment de
grace , mais lui otent toute sa force.
La decomposition du tube corne en lanieres duve-
teuses , prouve que les barbes de la plume sont formees
par la division et I'extension de ses fibres ; or , comme
ce sont les vives couleurs de ces memes barbes qui nous
frappent, c'est done a I'etude de la formation du tube
corne que nous devons nous attacher. Ce tube creux
nous rappelle la conformation des poils avec lesquels il
possede la plus grande analogic , puisqu'il conserve assez
de vitalite pour pouvoir , dans certains cas , se remplir
de sang qui ne penetre jamais au-dela de sa capacite dans
les differentes parties de la plume. On ne connait que
deux exemples de ce pbenomene qui toujours est du a
une maladie , puisqu'on ne le remarque chez I'homme
que dans la plica, et chez le dindon que dans une maladie
plethorique peu connue. Les plumes conservent une vita-
lite aussi grande que celle des poils , puisque certaiues
d'entre elles possedent un mouvement special, et que
toutes sont assez sensibles au toucher. Nous ne voulons
point dire par la que les plumes et les poils ont une vitalite
particuliere , mais seulement que tous deux communi-
158
quent promptement I'impression qu'ils regoivent aux
filels neiveux repandus autour de lear base qui est leur
unique point sensible , absolument comme le fait I'epi-
derme , dont ils ne sont que la prolongation.
Dans la plume adulte , le tube corne est rempli par un
tuyau a parois minces et transparentes , il est divise en
grosses cellules par des cloisons transversales commen-
gant a I'extremite inferieure de la plume , il se prolonge
dans son interieurjusqu'a la moelle, ou s'allongeant en
cone, il se termine, puis disparait. Toutes ces cellules,
lorsqu'elles sont seches , paraissent formees de cones for-
tement emboites les uns sur les autres , dont la concavite
tournee vers I'orifice de la plume , et la convexite vers
sa moelle annoncent une forte pression exercee dans leur
interieur de bas en haut, par un liquide probablement ,
puisqu'on trouve dans leur interieur des ecailles jaunes
et grasses , venant sans doute du fluide nutritif qui les
gorgeait dans leur jeune age. Nous appellerons membrane
ce tissu a grosses cellules qui sert a former la moelle
dans laquelle il se termine. Les cellules de la membrane
deviennent d'autant plus petites qu'elles s'approchent
davantage de la moelle ; enfm la derniere , assez exigue ,
s'applatit et vient se terminer presque au jour dans la
gouttiere de la plume qui, a partir de ce point-la, n'existe
plus qu'a la surface de la tige , et cesse de s'enfoncer
dans son tissu meme, comme on I'aper^oit facilement
en fendant une plume dans le sens de la gouttiere.
Le tube corne et les parois de la membrane vus au
microscope presentent absolument le meme aspect amor-
phe qu'une lamelle d'epiderme , tandis que la moelle for-
159
mee d'une masse de cellules agregees nous rappelle ces
vastes amas de fecule que nous offrent bien des plantes ,
a ceci pres , que les premieres ne sont remplies que d'air,
comme on peut s'en convaincre en les ecrasant dansl'eau,
sur le porte-objet. Gette moelle ne peut etre qu'une mo-
dification isomerique de la substance formant le tube
corne, puisque nous la retrouvons dans les piquantsdu
pore-epic evidemment formes par une agglomeration de
poils , puisque certains d'entre eux , ceux de la queue ,
pleins a la base, sont vides a leur extremite ou ils s elar-
gissent en tube , absolument a Finverse des plumes. Nous
pouvons suivre aussi chez les differentes especes de casoars
la transition insensible des plumes aux poils. Deplus, quand
on coupe le tube corne d'une plume dans I'endroit oii il
se joint a la moelle, on voit les bords de la section se
detacher surelle en filets allonges absolument identiques
a ceux que nous presentent les ongles , dont la formation
par agglomeration de poils n est plus contestee. Nous
concluons de ces faits que les plumes sont formees par
la reunion de plusieurs poils qui, soudes ensemble a leur
origine, se separent bientot les uns des autres comme
les soies des sangliers, et finissent par se subdiviser a
I'mfini. Les proprietes physiques et chimiques des plumes
doivent done elre analogues a celles des poils , et I'expe-
nence vient ici prouver la verite de cette hypothese. Tous
deux sont solides, flexibles, pen susceptibles de corrup-
tion, conduisent mal la chaleur, lelectricite , sont peu
atlaquables par les agents chimiques, sauf les alcalis,
qui les dissolvent avec facilite; tous deux brulent saos
fusion prealable et laissent un charbon leger et volumi-
160
neux ; tons deux se teignent sans mordant dans les dis-
solutions colorees, et sont d'autant plus brillants qu'ils
sont plus delies. Ce dernier fait semble fournir a la tbeorie
de la non coloration des plumes une preuve d'autant plus
forte que leur tube corne etant toujours incolore a sa
base, la maliere qui les teint n'a laisse nulle part des
traces de son passage; deux exemples tires du regne
vegetal nous suffiront pour demontrer son invraisem-
blance : le bois de sapin , apres teinture , n'offre jamais
des nuances tres-vives , mais il suffit de I'emousser trans-
versalement a ses fibres pour lui communiquer , en les
separant , tout I'eclat du velours le plus beau ; on ne pent
nier ici I'existence de la matiere colorante , car on aurait
beau faire subir la meme preparation a un morceau de
bois brut, qu'on u'enchangeraitassurement pas la nuance.
Le pedoncule de presque toutes les fleurs est tres-pale ,
ou meme , comme le tube corne des plumes , tout-a-fait
incolore, malgre la vivacite des couleurs de I'inflorescence
qu'il porte.
Les colorations varices que produisent les animaux
sont dues a la faculte qu'ils possedent d'imprimer a leur
fluide nutritif une ou plusieurs modifications ; examine
sous le point de vue des couleurs qu'il pent ainsi pro-
duire, le sang nous ofFre un sujet d'etudes de la plus
haute importance.
II y a plusieurs causes qui peuvent influer sur la co-
loration des teguments animaux, abstraction faite des
causes morbides accidentelles qui peuvent les modifier.
La nutrition n'exerce pas, avons-nous vu plus baut,
sur les colorations une influence plus absolue que sur
161
les formes ; neanmoins elle peut , sans aucun doute , les
modifier aussi bien que ces dernieres ; c'est elle qui fait
que, nourris exclusivemeiit de cbanvre, les becs-croises,
les linottes, les bouvreuils perdent la couleur rouge de
leurs plumes pour ne plus la retrouver aussi brillante,
ou meme pour la perdre tolalement. On peut altribuer
au changement de regime alimentaire celui que chaque
hiver amene dans le pelage des animaux des regions
froides ; ils perdent leurs teguments colores qui repous-
sent blancs. Est-ce peut-etre sous I'influence du froid
que ce changement se passe? nous ne le croyons pas,
puisque d'autres animaux, tels que les rennes, les cha-
mois, les aigTes, et tant d'autres ne I'eprouvent pas,
probablement parce que , plus agiles ou plus forts , ils
peuvent aller chercher au loin la nourriture qui leur
manque. On pourrait nous objecter que si la nourriture
avait une aussi grande influence sur le pelage , les ani-
maux hibernants , qui ne mangent rien durant les grands
froids* devraient changer de couleur ; mais ces animaux,
ne vivant pour ainsi dire plus pendant le temps de leur
sommeil , ne peuvent infirmer notre hypothese , qui est
confirmee d'un autre cote par I'influence de la domestica-
tion siir tons les animaux , influence qu'il est impossible
d'attribuer k une autre cause qu'a celle du changement
de nourriture, puisqu'elle agit avec autant d'intensite
sur ceux que nous laissons hbres que sur ceux que nous
tenons enfermes , et que d'ailleurs tons reprennent leur
teinte primitive et uniforms du moment qu'ils echappent
a notre domination.
La coloration arlificielle agit d'habitude pour peu de
It
162
temps ; la vitalite des teguments la detruisant bientot en
la repoussant a leur surface, a leur extr^mite, ou bien
meme en accelerant leur chute. Voila pourquoi la teinture
des polls par les sels d'argent ou de plomb n'est jamais
de longue duree. II en existe une autre bien remarquable,
puisque son action se continue durant toute la vie de
I'animal, malgre la chute de ses teguments; c'est celle
que produit le tapirage des perroquets et dont nous avons
parle ailleurs ; il faut que le sang des rainettes employees
agisse absolument comme un ferment capable d'impri-
mer au sang une modification dans la couleur qu'il pro-
duit naturellement.N'ayant jamais eu en main des sujets
prepares de cette maniere , nous ne pouvons malheureu-
sement pas approfondir I'interessante question des suites
du tapirage.
L'age augmente , jusqu'a une certaine limite, I'inten-
sile de coloration des teguments; c'est ainsi qu'avec lui
nous voyons les cheyeux de I'homme se foncer presque
toujours; ce phenomene se voit aussi chez la plupart
des mammiferes, mais surtoutchez les oiseaux; ce n'est
qu'a trois ans que le flammant, d'abord rose, prend la
belle teinte a laquelle il doit son nom. Les oiseaux de
proie changent tellement de couleur avec I'age , qu'on a
fait plusieurs especes du meme oiseau , pris a des ages
differents. Cette regie presente des exceptions; ainsi, le
plumage du cygne , d'abord d'un gris-verdatre , ne blan-
chit qu'avec le temps; I'aigle des Alpes, et plusieurs
autres, blanchissent fortement aussi par I'effet des annees.
Nous avons dit que I'age n'augmente I'intensite des co-
lorations que jusqu'a une certaine Hmite, a laquelle une
163
fois parvenu , il fait disparaitre la couleur de presque tous
Ips mammiferes , dont le pelage passe alors insensible-
ment an blanc, plus ou moins parfait ; c'est chez I'liomme
que ce plienomene se presente de la maniere la plus sensi-
ble, parce qu'il possede presque seul des cheveux, c'est-
a-dire des poils, dont la vitalite elant continue, participe
par consequent a I'affaiblissement de I'individu qui les
porte; landis que chez tous les autres animaux , dont les
teguments se renouvellent a epoque fixe , cette crue se
faisant par une espece de paroxysme vital, manifesle
par une congestion sanguine a la peau , si violente , que
beaucoup d'entre eux ne pen vent y resister et perissent
dans ce travail extraordinaire , il ne faut pas etre surpris
de les voir blanchir plus rarement que ceux de I'homme,
et jamais sur toute I'etendue du corps. II en est d'eux
comme des arbres qui, dans nos climats, quelque vieux
qu'ils soient, recouvrent chaque automne assez de vie
pour pousser des feuilles toujours de la meme couleur,
jusqu'a ce qu'ils meurent enfm depuisement. Si les che-
veux peuvent perdre leur couleur et blanchir par I'effet
dune grande frayeur , c'est uniquement encore par suite
de leur forte vitalite; ils sont alors affectes comme tout
Ic reste de I'organisme du reflux du sang vers le coeur.
Le sexe agit aussi sur la coloration; son influence
|)eu sensible chez les mammiferes, se manifeste avec
intensite chez presque tous les oiseaux, dont les males ,
chez les gallinaces surtout , out des couleurs d'autant plus
vives, que leurs femelles les out plus ternes, et sont
plus petites et |)lus faiblcs qu'eux ; ce qui fait que nous
hesilerions a allribuer la difl'erence de leur plumage au
164
sexe plutot qua la vigueiir, si nous nc voyions pas les
males cic certains oiseaux , lels que les combattants, ne
prendre leur hrillante livree qu'au temps tie leurs amours,
etsi, quelquefaiblesqu'ilsfussent, les males des oiseaux
en question pouvaient perdre leurs couleursdistinctives;
ce qui n'arrive jamais.
II parait cependant que la vigueur est pour quelque
chose dans la coloration des oiseaux males; ainsi, on
assure que les femelles de certains gallinaces prennent
quelquefois le plumage du male; c'est ce qu'on dit arri-
ver a la poule du faisan dore, lorsqu'elle devient infe-
conde par I'age , et que, par consequent, ses sues
nutritifs peuvent etre employes en entier a son develop-
pement; ce qui nous porte a croire cette assertion, c'est
que la meme cause permel souvent aux vieilles ponies
d'imitcr le chant du coq et de porter des ergots comme
les siens , sans qu'elles en prennent cependant jamais le
plumage. Nous trouvons encore une preuve bien plus
forte dans ce fait, que presque tous les jeunes oiseaux
males ont la plus grande ressemblance avec leur mere
avant leur entier developpement , c'est-a-dire, tant que
leurs sues nutritifs, absorbes par leur developpement
interieur, ne peuvent etre Iransmis a leurs teguments
avant que la formation de toutes les autres parties de
leur corps ne soit parfaite.
La livree propre aux males des oiseaux qui se distin-
guent de leurs femelles par leur plumage est en general
d'autant plus eclatante , qu.ils sont plus grands qu'elles;
comme le coq ordinaire , le paon , etc. II n'y a pas grande
difference entre la conleur du male et de la femelle
165
parmi les oiseaux, donl le restc de I'organisation neles
differencie pas forlemenl lun de I'autre , comme nous
I'observons chez les perroquets, les corbeaux, les moi-
iieaux et beaucoup d'aiitres oiseaux monogames. Quel-
que soil la couleur des femelles de nos animaux domesti-
ques, si le male en possede une autre , il la communique
habituellement k ses descendants; ce fait , bien connu des
agriculteurs, pour les mammiferes, est mis a profit dans
leducation des bestiaux. G'est h la meme influence du male
que les metis du cbardonneret et de la serine doivent les
belles taches rouges et vertes qui em belli ssent sou vent
leur plumage. La majorite des faits cites prouve que les
colorations des oiseaux sont presque toujours plus bril-
lantes , plus varices, chez les males que cbez les femelles,
et puis aussi que les males des oiseaux , ainsi que des
mammiferes , exercent plus d'influence que leurs femelles
sur la couleur de leurs descendants.
Nous avons cherche ailleurs a prouver I'analogie de
construction des poils et des plumes ; essayons mainte-
nant de faire voir que leurs principes colorants ont la
meme source et ne different entre eux que par les mo-
difications qu'ils subissent plus tard , lorsqu'ils ont deja
passe dans les teguments. La coloration vient probable-
ment du sang, puisque ce liquide peut a lui seul donner
k la peau plusieurs teintes distinctes , surtout la bleue ,
ainsi que nous I'avons vu ailleurs. On a extrait du sans
deux matieres colorantes : I'une rouge, a reflets verts;
Tautre jaune ; or , puisqu'il possede les trois couleurs pri-
mitives bleu, rouge et jaune, il pent done produirc
aussi toutes celles qui parent les auimaux et qui en de-
166
rivent. La matiere colorante du sang est coniposce ; on
y Irouve du fer qui y existe dans un etat particulier. Le
sang qui est rouge chez tous les mammiferes et tous les
oiseaux, conserve sa couleur , quelle que soit leur nourri-
ture ; il s'en suit done qu'elle provient d'une modification
toujours identique des aliments ingeres, dont les princi-
pes varient peu, sauf un seul, I'azote; or, ce gaz ne se
trouvant en grande quantite que dans les chairs , si c'etait
lui qui formait essentiellement la matiere colorante , il est
clair que les betes feroces devraient avoir la parure la
plus brillante; comma il n'en est rien, on est tente de
croire que ce n'est pas a lui qu'il faut attribuer leur co-
loration; nous croyons cependant, pour des raisons que
nous allons exposer, qu'il en est autrement, et que, de
concert avectous les autres principes des corps organises,
c'est lui qui produit les couleurs. Nous avons remarque
que les mammiferes et surtout les oiseaux a couleurs vives,
sont ceux qui se nourrissent de fruits; est-ce peut-etre a
ce mode d'alimentation qu'ils doivent la variety de leurs
couleurs? nous serions tentes de le croire, si tous les
animaux frugivores ne montraient pas I'avidite la plus
grande pour la chair; on sait que les aliments azotes
sont necessaires aux singes et aux perroquets. Getle
avidite des animaux a couleurs riches , pour les aliments
fortement azotes , doit modifier la composition de leur
sang, en le rendant plus azote; or, comme c'est lui qui
colore les teguments, il est clair qu'il doit leur cedar,
avec ses autres principes , une large portion de son azote,
que I'analyse chimique nous y fait retrouver. On trouve
une derniere preuve a I'appui de la coloration des tegu-|
167
inents par le sang , dans I'existence des animaux a pe-
lage blanc , qui , a Texceplion de Tours polaire, du cygne
commun et du kakatoes , ne prennenl cette leiiite que
par suite d'accidenl ou de maladie. Cette derniere variete
se propage par la generation et reste endemique chez
quelques-uns de nos animaux domesliques remarquables
par leur faiblesse. Repetons encore que Tage, en entra-
vant la circulation du sang, blanchit plus ou moins les
teguments des mammiferes, surtout de I'homme, ainsi
que de qiielques oiseaux, et on demeurera convaincu
que c'est au sang qu'ils doivent leur coloration ; reste a
savoir auquel des principes de ce fluide si complique ,
ils I'empruntent. II semble que si les teguments sont
elFectivement colores par le sang, comme il a la meme
couleur chez les mammiferes que chez les oiseaux, il de-
vrait produire toujours, chez les uns et les autres, des teintes
analogues; cependant jamais les poils des singes, tout
colores qu'ils soient, n'auront la vivacite de teintes des
plumes des amazones, et cela pour plusieurs raisons;
d'abord, parce que les poils sont infmiment moins delies
que les plumes, et ensuite parce qu'etant sans cesse hu-
mectes par une huile gi*asse , le plus souvent opaque ,
qui remplit leur canal interieur ; ils offrent ainsi' des
causes bien capables de ternir leur eclat et de modifier
leurs couleurs. L'huile grasse, qui lubrefie sans cesse la
peau et les teguments des mammiferes , agit encore sur
la couleur des poils, en les fongant et attirant a leur
surface une couche plus ou moins forte de poussiere,
qui les salit. L'huile doit agir aussi chimiquement , en
empechant le contact de Toxygene de I'air avec la matiere
168
colorante des polls, el s'opposanl par-la a son oxydalioii ,
ainsi qu'a sa dessication. Gette dernlere condition est
indispensable pour la consei^alion des couleiirs, ainsi
que nous en trouvons la preuve parmi les plantes, dans
les fleurs scarieuses. Nous avons beau dessecher les
fleurs charnues aussi rapidement que possible , nous ne
reussissons jamais a en conserver les teintes aussi frai-
ches que Ic fait la nature , par sa seule action , dans la
riche famille des imnDortelles, dont la couleur envelop-
pee d'une membrane seche, brillante et impenetrable a
I'eau , nous rappelle la position ou elle se trouve dans
les plumes. Yoiia une analogic frappante, dont nous
allons tirer parti : nous avons dit que I'huile qui lubrefie
les poils peut agir sur leurs couleurs, en en empechant
i'ox'ydation ou la dessication. L'influence de cette der-
niere , sur la conservation des couleurs , des fleurs , est
si bien connue qu'elle n'est plus a etablir; aussi la lais-
serons-nous de cote pour ne nous occupcr que de celle
de I'oxydation.
L elude de plusieurs couleurs v^getales nous a appris
que quelques-unes d'entre elles, incolores a I'etat de pu-
rete, ne se manifestaient avec toutes leurs proprietes,
que par I'absorplion d'une certaine quantile d'oxygene ,
ainsi que le hasard nous en a offert une preuve bien
curieuse, tout recemment. On avait prepare, a chaud ,
deux solutions aqueuses, Tune de colle blanche de Co-
logne, lautre de lournesol en pierres; quatre mois apres,
trouvant la premiere putrefiee et ammoniacale, on la
jela dans une longue eprouvelte a pied , et par dessus
la solution de lournesol qjji etail devenne jaune paille»
169
celle derniere surnageait la solution visqueuse de colle.
Pendant la journee, le melange ne changea pas de cou-
leur; le lendemain , an point de contact des deux liqui-
des s'etait manifestee une admirable couleur pourpre,
tellement intense, qu'elle en semblait noire; elle gagna
de proche en proclie, et finit par s'etendre a la totalite
du melange. II est probable que toutes les couleurs orga-
niques peuvent presenter le meme phenomene queleprin-
cipe colorant du tournesol. Cette experience nous expli-
que pourquoi , incolore a I'etat rudimentaire , la fleur
prend des teintes d'autant plus vives , qu'elle est plus
pres de se faner; puis , lorsqu'elle a fait son temps,
I'oxidation ne cessant pas d'agir, de concert avec la fer-
mentation , delruit bientot les couleurs auxquelles elle
avail donne naissance, parce que la plante cesse de lui
envoyer des materiaux propres a la faire renaitre; du
moment que les tissus de la fleur ne sont plus aptes, a
les metamorphoser. Nous ne voyons pas qu'il y ait une
difference entre ces plienomenes et ceux que nous pre-
sentent les poils; incolores ou peu colores, ils naissent
d'un tissu incolore, se fongent d'autant plus quel'individu
qui les porte est plus age; puis, lorsque I'age diminue
la masse du fluide nutritif ou qu'un accident vient en-
Iraver son afflux dans les teguments, le pigment colore
disparait ; non point par oxydation , mais plutot par re-
sorption , puisque la presence de I'buile grasse rend la
premiere peu probable. Les diverses phases parcourues
par la maticre colorante des poils ressemblent done a
celles que nous offre la matiere colorante des fleurs a
lissu charnu et aqueux, tout autnnt que celles <le la ma-
170
liere colorante des plumes resserablent a celles de la
matiere colorante des fleurs scarieuses. Nous ne pou-
vons conserve!' qu'arlificiellement les premieres, tandis
que les secondes ne demandent pour cela aucune prepa-
ration. II suit de ces analogies multipliees , que la ma-
tiere colorante des poils et des plumes presente la plupart
des proprietes de celles des fleurs ; que , comme la leur,
elle doit pouvoir etre incolore ; qu'elle ne se conserve
qu'a I'etat de siccite parfaite, et qu'elle a probablement
besoin d'une oxydation pour se manifester.
Dans les plumes , du moment qu'elles sortent du tube
oil elles ont pris naissance , la couleur interposee entre
les lamelles de leur barbe y est parfaitement seche , el
ne pouvant plus etre humectee, grace a la coucbe de
mucus qui la recouvre et I'enveloppe de toutes parts, ne
subit plus d'alteralion que par Tinfluence longtemps pro-
longee des rayons lumineux. Les plumes ne presentent
jamais de matiere grasse, toutes celles du moins que
nous avons examinees , et ce qui pi ouve que , par elles-
memes , elles n'en possedent pas , c'est la necessite ou se
trouvent les oiseaux de les oindre avec celle de leur
glande adipeuse, afin de les rendre moins permeables a
I'eau ; mais cette huile animale ne pent alterer en aucune
fa^on les couleurs des plumes, puisqu'elle ne penetre
pas jusqu'a elles, comme on peut s'en convaincre, en
examinant I'eau d'un bassin dans lequel des oiseaux
aquatiques viennent de se baigner et la voyant couverle
d'une legere couche d'liuile, tandis que leurs plumes
n'en presentent pas la moiudre tache et restent seches ;
rien n'cmpecbe done I'oxydation de la matiere colorante
171
des plumes. Si les ^teguments, quels qu'ils soient, ne
presentent pas les memes couleurs chez lous les aui-
maux se nourrissant d'aliments identiques , cela lient a la
meme cause vitale, qui fait que tous ne presentent pas des
formes analogues, bienque leurnourrituresoitsemblable;
nous regardons, en consequence, les phenomenes de
coloration comme beaucoup plus importants a etudier
qu'on ne I'a cru jusqu'ici , parce que nous sommes per-
suades qu'ils se lient de la fagon la plus inlime avec la
composition du sang.
F. Sacc, Ills.
Neuchatel, 26 fevrier 1843.
A.
DEVIATION
DU TYPE NORMAL DE l'iNFLORESCENCE DU TRIFOUUM REPENS.
C'esl sur le revers meridional du Jura , dans un ter-
rain calcaire et ferrugineux du canton de Neuchatel , au
mois de juin de I'annee derniere, que le hasard m'a
fait rencontrer les plantes qui vonl nous occuper.
Ces Trifolium repens croissaient dans deux terrains
dilferents, dont I'exposition etant opposee , nous expli-
que les differences remarquables existant dans les ano-
malies qu'elles presentent, suivant qu'elles out cru dans
Tune ou Tautre de ces expositions. Avant de passer
outre, observons que le Trifolium repens est, de tous
ceux de sa famille , celui qui a le plus de tendance a
172
produire des monstres; ainsi, par exemple, il arrive
frequemment de Irouver quatre on cinq folioles a ses
feuilles.
Plantes provenant d'un terrain sitiie au haul d'une col-
line, en plein midi, exposee a tousles vents et au grand
soleil , ce qui la rend d'une extreme aridite.
Ici, le trefle blanc est chetif et tres-petit; les cinq di-
visions du calice sont metamorphosees en petites folioles
peliolees. Parnii les fleurs , les unes ont perdu leurs pe-
(ales; landis que d'autres les conservent a I'etat normal,
a ceci pres, que I'etendard se colore en rouge vif; dans
Fun et I'aulre cas, le pistil se developpe en une foliole
unique petiolee et articulee sur I'ovaire; sa page infe-
rieurc est tournee vers la terre comme celle des feuilles.
Nous n'avons trouve qu'une seule tete fleurie, dont le
somniet de I'ovaire portat, au lieu de pistil, une feuille
a une, deux et meme trois folioles parfaites.
Plantes provenant d'un terrain situe au midi, dans la
foret, sur un plateau humide et tres- fertile.
Plantes toufFues et de la vegetation la plus luxurianle.
Sepales plus ou moins avortes , presque loujours desse-
clies, reduits souvent au tube calicinal accompagne d'un
ou deux sepales rudimentaires. G'est dans le sens de
division du calice que nous eniployons le mot sepale,
parce que nous les avons trouvees si profondement cou-
pees dans quelques tetcs flcuries, qu'on pouvait les en-
visager comme de veritables sepales. Fleurs tout-a-fait
blanches , plus ou moins comj)letes , mais pourvues tou-
jours de I'elendard et de la carene. Feuille pistillaire, a
une, deux ou trois folioles; Tune d'elles renferme toujours
173
accole a la nervure de sa page superieure , c'est-a-diro
en dedans dn tube forme par la soudure de son limbe,
le pistil reduil a une sole epaissie en bourrelet a son
extremite. Les ovules ont disparu de I'ovaire, dont les
parois , exlraordinairement aniincies , forment un utricule
allonge, qui se rempllt dans fes feuilles plus devcloppees ;
alors disparait I'artieulation de I'ovaire sur le pedoncule ,
ainsi que celles de toutes les autres parties de la fleur ; en
sorte que chaque tete de fleurs est changee en une riche
houppe de feuilles qui , entrainee par son poids vers la
terre, s'y enracine par son collet et forme une plante
nouvelle , achevant ainsi en quelques jours le but de
reproduction que la nature lui avail donne a remplir dans
un temps beaucoup plus long.
Dans d'autres fleurs , I'ovaire s'allonge tout entier en
forme de come verte portant le pistil a son sommet;
I'extremite de I'ovaire est dirigee vers le ciel ou vers la
lerre. Le long de la suture de son limbe se trouvent trois
ou quatre ovules transparents et imparfaits. La base d'un
de ces monstrueux ovaires nous a presente au lieu d'ovu-
les, deux petites folioles pliees I'une a cote de I'autre, de
maniere a presenter leur face dorsale a I'ouverture de la
foliole pistillaire, dansl'interieur de laquelle elles s'etaient
developpees; en sorte qu'elles formaient avec elle une
feuille a trois folioles. Leur position est la meme que
celle des ovules, a ceci pres, qu'ils ne naissent qu'a la
base de l^vaire, et non point comme eux dans toute
son etendue.
Ces faits nous paraissent fournir une preuve tres-con-
cluante en fliveur de la theoric, qui regarde toutes les
174
parties de la fleiir comme des modifications de la feuille,
et los graincs comme des bourgeons tr^s-rudimentaires
capables de former des plantes nouvelles, lorsqu'elles
se trouvent dans des circonstances convenables.
Dans I'exemple que nous venons d'etudier , nous
avons vu que , par suite d'un exces de vie , I'ovaire , au
lieu de former la graine et de produire la matiere nutri-
tive, au milieu de laquelle se developpe I'embryon,
s'est ouverte en une foliole qui , attirant tons les sues de
la graine qu'elle devait nourrir , la absorbee , en passant
lui-meme a 1 etat de bourgeon ou plante nouvelle , pou-
vant vivre isolement.
Nous pouvons conclure de ce fait que , places dans
des circonstances capables de favoriser excessivejnent
leur developpement, les plantes qui se multiplient de
graines peuvent se reproduire par bourgeons; qu'ainsi,
les bourgeons sont des graines d'un developpement tres-
avance; ils sont comparables aux petits des animaux
vivipares; nous voyons dans tous les deux le nouveau
ne, au sortir de I'ovaire, vivre aux depens de ce qui
I'entoure , et s'accroitre sans rien perdre d'aucune de ses
parties ; tandis que la vie se manifeste dans les graines
des plantes , et les oeufs des ovipares , d'abord par une
destruction de la matiere meme qui entoure I'embryon;
le premier effet de la vie est done chez eux une destruc-
tion de leur substance propre, du a I'impossibilite ou
ils se trouvent, a cause de leur etat d'imperfection, de
tirer leur nourriture des corps qui les entourent ; ils sont
done moins developpes que les bourgeons des plantes et
les petits des vivipares. F. Sacc , fds.
175
B. .
]\OTE
SUR LE MOUVEMENT DES FLUIDES DANS LA CELLULE VEGETALE.
La cellule vegetale nous presente une circulation bien
remarquable , car la liqueur qui la remplii s'y meut en
cercle , au lieu de la traverser d'un bout a I'autre , comnic
cela devrait etre, puisqu'il est incontestablement prouve
que les plantes presentent un double courant seveux; I'un
ascendant desracinesauxfeuilles, I'autre descendant des
feuilles aiix racines. On a remarque encore que deux
cellules voisines et dont les parois se toucbent ont tou-
jours leur courant rotatoire en sens contraire , c'est-a-
dire que , si dans I'une il se meut de gauche a droite, il
marche de droite a gauche dans la cellule voisine.
Le courant seveux utriculaire entraine dans sa marche
des molecules organiques ou inorganiques presque tou-
jours indispensables pour en rendre le mouvement bien
sensible; ces molecules sont animees dune espece de
Iremblement qui n'a echappe a aucun observaleur.
Le hasard vient de nous offrir une expHcation toule
physique de la marche de la circulation intra-utriculaire;
pendant que nous suivions une operation chimique , que
nous detaillerons, alin que chacun puisse la repeler et
se convaincre de i'identite du mouvement des liquides
soumis aux seules forces de I'altraction avec celui des
fluides soumis dans les plantes a I'impulsion de la vie.
Nous lavions avec de I'eau le precipite, forme par de
176
riiydrosulfale,tle sulfure d'ammonium, dans une solution
elenducde sels, de fer et de manganese, rccueillic sur
un filtre, dans un petit entonnoir de verre, dontletube
avait a son extremite inferieure le diametre d'une plume
de corbeau. Au bout de peu d'instants et au contact de
I'air , la liqueur filtree deposa sur les parois de Tentonnoir
quelques pelits grains d'oxyde brun ; les uns s'y attache-
rent , les autres furent entraines par le courant descen-
dant du filtre a la partie inferieure de I'entonnoir ; d'au-
tres, enfm, reslant en suspension dans la liqueur, nous
presenterent les phenomenes suivants :
Au moment ou la liqueur filtree tombe dans I'entonnoir,
quelques gouttes s'arrelent a I'extremite de son tube et y
delerminent la formation d'une petite colonne d'eau con-
cave a I'interieur, convfexe a I'exterieur. Les particules
d'oxyde, en suspension dans le fluide, descendaient rapi-
dement en suivant une legere courbe jusqu'a la colonne
d'eau , d'oii elles remontaient en decrivant une courbe
absolument semblable a celle qu'elles venaient de parcou-
rir ; descendaient encore et ainsi de suite, restant toujours
en mouvement. Quelquefois elles s'arretaient tout-a-coup ;
c'etaient lorsqu' elles rencontraient sur leur cherain des
particules d'oxyde attacbees au verre , ou bien que le cou-
rant descendant du liquide changeait de direction. Les
grands courants sont tons plus ou moins ellipsoidaux ; ce
qui vient sans doute de la forme cireulaire de I'entonnoir ;
ceux qui le sont moins decrivent des cercles d'autant plus
parfaits, qu'ils sont plus petits; deux de ces petits cou-
rants, places I'un a cote de I'autre , marchent toujours en
sens contraire, et les molecules inorganiques emportees
177
par eux presentent le meme tremblement qu'on a observe
dans celles de la seve des vegetaux.
Lorsqu'ils rencontrentun obstacle, les couranls s'arre-
tent ou bien le tournent , ensorle que leur direction est
tres-sensiblement alteree dans le point ou se trouve la
molecule genant leur marche ; mais des qu'ils Font de-
passee, ils reprennenl la route qu'ils ont quittee , absolu-
ment comme s'ils suivaient les parois dune utricule.
On ne pent done plus douter que le courant circu-
laire des cellules vegelales ne soit I'effet mecanique d'un
courant principal, ascendant ou descendant, et que ce
courant intra-cellulaire ne soit dii uniquementaladhesion
des lluides avec les parois de la cellule, phenomene
comparable a celui de la montee de I'eaii, en sens in-
verse du courant principal le long des bords des rivieres
rapides.
Nous croyons pouvoir conclure de ce que nous ve-
nons d'exposer, qu'il est probable que la circulation in-
tra-utriculaire des plantes est due tout simplement a un
pbenomene d'adhesion des fluides pour les solides ren-
trant dans le domaine de la physique pure , et sur lequel
il est possible que la vie n'ait d'autre action que celle
de fournir le courant seveux principal, qui determine sa
formation.
F. Sacc , fds.
12
XI.
VonC. f. schoenbein,
Professor der Chenaie an der Universitat zu Basel.
1. Ueber das Kaliumeisencyanid.
Kiirzlich beschafligte ich mich mil der eleclralysti-
schen Untersuchung einiger GyanYerbindungen und er-
mittelte bei dieser Gelegenheit eine Reihe von That-
sacben , die meines Wissens bis jetzl noch nicht bekannt
sind , und von welchen ich desshalb bier eine Bescbrei-
bung geben will.
Wird in eine wassiige Losung des Kaliumeisenc^^a-
nides ein Eisendrabt von reiner Oberflacbe gelegt, so
iiberziebt sicb derselbe scbnell mit einer Scbicbte Ber-
linerblaues, und bringl man eine Anzabl solcher Drahte
in die gedacbte Losung, so bildet sicb bald in merk-
licher Menge ein bellblauer Niederscblag , der an die
Luft gebracbt , eine liefblaue Farbe annimmt.
Lasst man in die Cyanidlosung, wabrend dieselbe
mit melalliscbem Eisen in Beriibrung stebt, Luft oder
reines Sauerstoffgas einstromen, so lindet die Bildung
besagter blauer Materie viel rascber statt, als diess ge-
scbiebt, falls man die Einfiibrung von SauerstofFin die
Fliissigkeit unterlasst.
179
Wird anstatt des Eisendrahtes fein zei thelites Eisen
in die erwahnte Losung gebracht , und in diese durch
eine Glasrohre Luft geblasen , so geht die Bildung von
Berlinerblau noch rascher vor sicli.
Hat Eisen audi noch so kurze Zeit mit der Cyanid-
losung in Beriihrung gestanden , das heisst , hat das Me-
tall mit dem KaHumeisencyanid eine auch noch so kleine
Menge von Berhnerblau erzeugt, so wird die Cyanid-
losung, mit salpetersaurem Eisenoxid zusammengebracht,
sich blau farben.
Je langer die Einwirkung des Eisens auf die Gyanid-
losung stattgefunden , das heisst, je mehr sich unter den
angefuhrten Umstanden Berhnerblau gebildet hat, um
so reichlicher wird auch der blaue Niederschlag ausfal-
len, den die riickstandige Gyanidlosung mit einem Eisen*
oxidsalz liefert.
Ich darf nicht unterlassen , hier zu bemerken , dass
die oben beschriebene Einwirkung des Eisens auf das
geloste Gyanid nur statt zu fmden scheint, falls das letz-
tere entweder freien Sauerstoff gelost enthalt , oder mit
der Luft in unmittelbarer Beriihrung steht. Kocht man
namlich besagte Losung so lange auf, bis alle Luft aus
ihr vertrieben ist , und bringt man nun in dieselbe einen
Eisendraht, von dem man ebenfalls die an ihm haftende
Luft (durch Erhitzung in kochendem Wasser) entfernt
hat , so tritt die Bildung von Berlinerblau am Drahte
nicht ein , wenigstens nicht in einem merklichen Grade ,
und zwar so lange nicht, als man die Fliissigkeit im
Sieden erhalt. Lasst man die Gyanidlosung abkiihlen,
so bildet sich sofort ein blauer Ueberzug iiber das Me-
180
tall, voraiisgesetzl man liabe die Beriihrung zwisclieii
der Luft und der Fliissigkeit nicht aufgehoben.
Dm zu sehen , ob zur erwahnten Bildungsweise von
Berlinerblau die Anwesenheit der Luft durchaus erfor-
derlich sei , Hess ich zehn Minuten lang Cyanidlosung
in einem Glaskolbchen sieden und eben so lange eine An-
zahl von blanken Eisendrabten in kocbendem Wasser
liegen. Diese Drabte brachte ich mogbcbst scbnell in
die siedende Cyanidlosung, Iress, nacbdem diess ge-
scbeben, die Fliissigkeit nocheinige Minuten lang kocben,
und verscbloss nun das Kolbcben mit einem Koikstopsel,
denselben nocb mit gescbmolzenem Siegellack bedeckend.
Am ersten Tage blieben die Metalldrahle vollkommen
gliinzend , des folgenden Tages jedocb bemerkte icb an
denselben mehrere blaue Stellen , deren Zabl und Um-
fang immer grosser wurde , und von denen spater feine
blaue Faden auswuebsen. Diese Faden wurden so lang,
dass die meislen bis an die Oberflaebe der Fliissigkeit
reicbten und einige derselben debnten sicb so sehr aus,
dass sie in mannigfaltigen Windungen nocb den Spie-
gel der Cyanidlosung bedeckten.
Ein gleicbes Kolbcben wurde mit unausgekochter
Cyanidlosung gefiillt , in dieselbe eine Anzabl blanker
Eisendrabte gestellt, und das Gefass offen bingestellt.
Nacb Verfluss weniger Stunden waren die Drabte nicht
nur mit einer Hiille Berlinerblau umzogen , sondern
man sab auch schon eine grosse Zabl feiner blauer Fa-
den von den Drabtsliickcben in die Fliissigkeit sicb er-
heben.
Aus dem Ergebniss der beiden letzten Versuche er-
181
hellt jedenfalls, dass die Anwesenheit der Lull die Bil-
dung des Berlinerblaues beschleuniget ; nicht eiilschie-
den wird aber dadurch , ob Saiierstoft' zur Eizeugiing
des blaueii Korpers unerlasslicb nolbwendig ist oder
nicht. Es ware namlich wohl moglich , dass beim ersten
Versuche das Kolbchen doch nicht vollstandig herme-
tisch verschlossen gewesen ware und die Luft noch einen
Zutritt zu der Fliissigkeit gefunden hatte. Um die vor-
liegende Frage mit voUiger Sicherheit zu beantworten ,
ist die Aastellung weiterer Versuche nolhwendig , bei
welchen der Zutritt von Luft oder Sauerstoff ganz un-
raoghch'gemacht werden muss.
Das Auftreten der erwahnten blauen Faden ist eine
Thatsache , welche besondere Aufmerksamkeit verdient,
dahin zu beweisen scheint, dass sich Berlinerblau an
Stellen der Cyanidlosung zu bilden verrnag, wo sich
kein metalHsches Eisen befindet.
Es haben in der That besagte fadenartige Gebilde
eine linverkennbare Aehnhchkeit mit den sogenannlen
Metallbaumen , welcher Umstand auf die Yermuthuna-
fuhren konnte , dass wie diese Metallbaurae, so auch jene
blauen Faden ihre Entstehung entAveder direct oder in-
direct einer galvanischen Thatigkeit^'erdanken. Ich ge-
denke spater diesem Gegenstande meine Aufmerksam-
keit zuzuwenden , und die etwa an ihn sich kniipfenden
volta'schen Erscheinungen genauer zu untersuchen.
Lasst man lange genug metalhsches Eisen in Beriih-
rung mit der Kaliumeisencyanidauflosung stehen, so
verlfert diese beinahe ganzhch ihre liefgelbe Farbe, wie
auch das Vermogen, auf blankem Eisen Berhnerblau
182
niederzuschlagen. Eine so bescliallene Losung lietert
mit salpetersaurem Eisenoxid starke und tiefblaue Nie-
derschlage, mit schwefelsaurem Eisenoxidul dagegen
weisse.
Hieraus scheint zu erhellen, dass eine wassrige Losung
des rothenCyaneisenkaliums diirch Beriihrung mit Eisen
schon bei gevvohnlicher Teraperatur in das gewohnliche
Blutlaugensalz umgewandelt werden kann. Es ist jedoch
moglich, dass in der unter diesen Umstanden veran-
derten Cyanidlosung noch andere Yerbindungen als das
Kaliumeisencyanid sich befinden.
Kaiim weniger rascher als das Eisen wirkt auch rae-
tallisches Zink zersetzend auf die Kaliumeisencyanidlo-
sung ein. Stellt man in ein offenes Gefass , das mit die-
ser Losung gefiillt ist , blanke Streifen von Zinkblech ,
die zum Theil noch iiber den Spiegel der Fliissigkeit her-
vorragen, so erscheinen bald an denselben gelblichweisse
Ansatze, und setzt sich nach einiger Zeit aufdenBoden
des Gefasses ein pulverformiger etwas schmutzig weisser
Korper an.
Nach vorlaufigen Untersuchungen , die ich mit dieser
Matei'ie angestellt babe , besteht dieselbe aus Kalium-
zinkcyanid ; es ist aber nicht unwahrscheinlich , dass ihr
noch etwas Zinkoxid beigefiigt ist.
Hat sich einmal nur eine Spur dieses weissen Korpers
gebildet, so wird die riickstiindige Cyanidlosung durch
salpetersaures Eisenoxid geblaut, und fallt der Nieder-
schlag von Berlinerblau sehr reichlich aus, wenn die
Einwirkung des Zinkes auf das Cyanid langere Zeit ge-
dauert hat. Die so veranderte Losung vermag ebenfalls
183
nicht mehr durch ihre Beruhning mit blankem Eisen
Berlinerblau zu erzeugen , aus welchem Umstande her-
horgeht, dass sie nun kein Kaliumeisencyanid mehr
enthalt.
Die stattgefundene Umanderung der letztgenannten
Verbindung in das gelbe Blutlaugensalz wird iibrigens
auch daran erkannt, dass die urspriinglich stark -gelbe
Losung beinahe wasserhell erscheint. Es ist kaum nothig
zu erwahnen , dass die enlfarbte Gyanidlosung mit wei-
terem Zink zusammengestellt , den vorhin erwahnten
weissen Korper nicht mehr zu erzeugen vermag.
Ein sehr beach tenswerther Umstand ist die That-
sache, dass die durch Zink veranderte Gyanidlosung in
merklicher Menge Ammoniak entwickelt, wenn dieselbe
mit elwas Kali versetzt und erwarmt wird. Woher die-
ses Ammoniak stammt, babe ich auszumitteln noch nicht
die Zeit gehabt. Sollte sich etwa unter den beschriebe-
nen Umstanden cyansaures Ammoniak oder HarnstofF
bilden?
Damit durch Zink in der Losung des Kaliumeisen-
cyanides die erwahnten Veranderungen bewerkstelligt
werden , scheint ebenfalls die Anwesenheit freien Sauer-
stoffes nothwendig zu sein.
Wurden inausgekochte, dasheisst, luftfreie Gyanid-
losung , Stiickchen von Zinkblech mit reiner Oberflache
gebracht, und das Glasgefass, welches beideMaterien ent-
halt , moglichst sorgfaltig verschlossen , so bemerkte ich
nach Verfluss von einigen Wochen noch keine Spur des
erwahnten weissen Korpers nnd erschien das Metall voll-
kommen glanzend. Ebenso war die stark-gelbe Gyanid-
1 8i
losung niclit blasser geworden. Dieselbe bliiuete sichje-
floch eiwas, wenn ihr salpetersaures Eisenoxid zugesetzt
wurde. Welche Rolle der Sauerstoff bei diesen Reactio-
nen spiele , weiss ich iiichl zii sagen , und urn dieselbe
kennen zu lernen, miissen jedenfalls weitere Versuche
angestellt werden.
Wild Kaliumeisencyanidiosung mit Arsen, Aiilimon,
Wisranth , Blei und Zinn zusammengebracht , so veran-
dert sich dieselbe schnell und zwar in der Weise, dass
sie mit Eisenoxidsalzen sich blaut. Hat selbst bei ge-
wohnlicber Temperatur die Beriilirung zwischen Metall
und Cyanidlosung auch nur eine halbe Minute gedauert,
so tritt in letzterer bei Zusatz von salpetersaurem Eisen-
oxid schon eine merkliche Blauung ein , lasst man die er-
wahnten Metalle mehrere Tage mit dem gelosten Cyanid
zusanimenslehen, so liefert dieses mit Eisenoxidsalzen
merklich starke Niederschlage von Berlinerblau.
MerkAviirdiger Weise wirkt Kadmium ausserst lang-
sam auf das Cyanid ein , und muss dieses Metall Tage
laug mit der fraglichen Losung in Beriihrung stehen ,
damit sich letztere mit salpetersaurem Eisenoxid etwas
blaue,
Selbst Kupfer , Quecksilber und Silber vermogen die
Cyanidlosung zu veriindern und einen Theil derselben in
Cyaniir umzuwandeln. Es gelit aber diese Reaction sehr
langsam von statten , und ist tagelanges Zusammen-
steben der letztgenannten Metalle mit der Cyanidlosung
notbwendig, damit letztere bei Zusatz von salpetersaurem
Eisenoxid auch nur schwach sich blau farbe.
Eine Anzabl der erwabnten Metalle verliert in der
185
Cyanidlosung ihren Glanz uiid iiberzieht sich mit einer
Iliille, deren chemische Naliir ich iioch niclit naher iiii-
iersuclit habe. Wahrscheinllcli bildon sicli miter diesen
Umstanden neiie Cyan verbin dun gen.
Eine leichte und einfache Art , die chemische Veran-
derung nachziiweisen , welche die Cyanidlosung wahrend
ihrer Benihnmg mit den voihin erwahnten Melallen er-
leidel, besteht darin, dass man einen Tropfen besagter
Fhissigkeit auf die blanke Flache eines der Metalle fal-
len lasst, und ihn dann mit einem Tropfen einer Eisen-
oxidsalzlosung vermischt. Unmittelbar naeh der Ver-
raischung beider Tropfen wird die von ihnen benetzte
Metallflache mit einer Schichte Berlinerblaues sich iiber-
ziehen und es tritt diese Reaction beinahe augenblicklich
selbst dann ein , wenn die angewendeten Metalle Kupfer,
Quecksilber oder Silber sind.
Wie aus spatern Angaben erhellen wird , verankssen
die letztern Metalle die Bildung von Berlinerblau vor-
zugsweise dadurch , dass sie das Eisenoxidsalz in das
Oxidulsalz umwandeln.
Die mehr oxidirbaren Metalle, wie zuniBeispiel Eisen,
Zink , Zinn u. s. w. verursachen die unter den erwahn-
ten Umstanden erfolgende Erzeugung von Berlinerblau
auf eine doppelte Weise. Diese Metalle iindern rasch
einen Theil des Cyanides in Cyaniir und einen Theil des
Eisenoxidsalzes in das Oxidulsalz um. Wie aber leicht
einzusehen, muss jede dieser Reactionen die Bildung von
Berlinerblau zur Folge haben.
Hochst auffallend und iiberraschend erscheint mir die
Thatsache, dass selbst auf Blechen von Palladium, Pla-
12*
186
tin iind Gold sich Berlinerblau erzeiigt, wenn man auf
dieselben ein Gemlscli der wiissrigen Losungen von Ka-
liumeisencyanid und salpetersaiirem Eisenoxid bringl.
Um sicher zu sein , dass an den bei meinen Versuchen
beniitzten Blechen der drei letztgenannten Metalle aucb
kelne Spur einer fremdartigen Subslanz hafte, warden
sie sorgfaltig mil Sandpapier gescheuert, dann etwa 15
Minuten in kocbende Kablosung gebracht; bierauf mit
destillirtem WasSer abgewaschen. Die Plalin- und Gold-
blecbe bebandelte icb iiberdiess noch eine Viertelstunde
lang mit chemisch-reiner siedender Salpetersaure , stellte
dieselben nach dieser Operation so lange unter das Brun-
nenrobr, legle sie dann noch einige Zeit in kochendes
destillirtes Wasser, und gliibte sie endlicb noch ziem-
lich stark aus. Die Oberflachen dieser Metalle diirften
daher als moglichst rein angesehen werden.
Wie sich wohl zum voraus erwarten lasst , fmdet die
Einwirkung des Palladiums , Platins und Goldes auf ein
Gemische von Cyanid und Eisenoxidsalzlosungen nicht
auf eine sehr rasche Weise statt.
Auf meinen Blechen lag der gemischte Tropfen wohl
eine halbe Stunde, bevor ich die geringste Veranderung
in der Beschaffenheit der besagten Metalloberflache be-
merken konnte. Nach Verfluss dieser Zeit nahm ich am
Palladium einen blaulichen Schein wahr, wahrendam
Gold oder Platin noch keine Veranderung bemerkt wer-
den konnte. Einige Stunden spater zeigten alle drei Me-
talle ganz deutliche Ueberziige, das Palladium hatte den
starksten , und nach zwolf Stunden hatte sich ein satter
Ueberzug von Berlinerblau gebildet. Ich habe noch nicht
187
unlersucht, obPlatin, Gold und Palladium langere Zeit
in Beriihrung mit hlosser Gyanidlosung gesetzt, diese
letztere so zu andern vermogen , dass dieselbe mit einem
Eisenoxidsalz versetzt, sich blaut.
Aus Griinden der Analogie bin ich geneigt zu glau-
ben , dass dies der Fall sei.
Wenn nun schwer oxidirbare Metalle, wieGold und
Platin , wie auch die leichter oxidirbaren , wie Zink und
Eisen , im Stande sind , die chemische Konslitution des
fraglichen Cyanides unter den angefiihrten Umstanden
zu verandern , so diirfte wohl aus einer solchen Thal-
sache der Schluss gezogen werden, dass alle metalliscben
Korper ohne irgend eine Ausnahme die gleiche Wirkung
auf das Haloidsalz hervorzubringen vermogen.
Ich muss hier noch des Umstandes erwahnen , dass
mehrere Oxide auf das Gyanid in ahnlicher Weise ver-
andernd einwirken, wie die metalliscben Grundlagen die-
ser Oxide selbst.
Giesst man Gyanidlosung auf fein zertheiltes Rupfer-
oxidul oder Zinnoxidul und lasst man beide Materien bei
gevvohnlicher Temperatur anch nur kurze Zeit zusam-
men stehen, so wird die abfdterirte Fliissigkeit mit sal-
petersaurem Eisenoxid schon merklich slark sich blauen.
— Wahrscheinlich verhalten sich andcre Oxidule, die
begierig sind , noch weitern Sauerstoff aufzunehmen , auf
eine ahnliche Weise.
Aber nicht nur melallische Korper oder metallische
Verbindungen vermogen auf das Gyanid einen chemi-
schen Einfluss der erwahnten Art auszuiiben ; auch eine
Reihe nicht metallischer Materien zeigen ein analoges
188
Verhalten , wie zur Geniige aiis tblgenden Angaben er-
hellen wild.
Briiigt man Phosphor langere Zeit in Beriihruiig mit
unserer Cyanidlosung , so eihalt diese die Eigenschaft,
bei Zusalz von salpetersaupem Eisenoxid , freihch nur in
einem sehr schwachen Grade sich zu blauen. Taucht man
aber ein Sliickchen Phosphor in ein Gemisch von Cya-
nid und Eisenoxidullosungen, und lasst es einige Zeit in
der Luft oder auch in der genannten Fhissigkeil Hegen ,
so umgibt sich dassell)e mit einer Hiille von Berhner-
blau. Diese Erscheinung scheint indessen ihreu Grund
hauptsachhch darin zu haben, dass das Eisenoxidsalz
iheilweise durch den Phosphor in ein Oxididsalz umge-
wendet wird.
Da sich der WasserstoiF in mehr als einem Fall, wie
einleicht oxidirbares Metall verhalt, so interessirte esmich
sehr zu vermkteln, ob dieses Element ein derarliges Ver-
halten gegen das fragliche Cyanid zeige. Zu diesem Be-
hufe liess ich langere Zeit reines WasserstofFgas in die
besagte Losung stromen , es schien aber letztere unter
diesen Umstanden durchaus keine Veranderung in ihrer
chemischen Konstilution zu erleiden.
Anders wirkt indessen der Wasserstoff, wenn derselbe
im nascirenden Zustande oder ni gereiften chemischen
Verbindungen mit dem gelosten Cyanide in Beriihrung
kommt.
Das einfachste Mitlel, nascirenden Wasserstoff mit
der Cyanidlosung in Contact zu setzen , gewahrt uns die
volta'sche Siiule. Fiillt man mil dem gelosten Cyanid zwei
Gefiisse, die vermittelsl einer porosen Wandung z. B.
189
einer ihierischen Membran unter einander communizi-
ren , uiid fiihrt man in die Fliissigkeit dieser Zellen die
Zuleilungsdrahte einer massig kraftigen Saule ein , so
wird der Theil einer Gyanidlosung, in welclier die
negative Electrode taucht, d. h. in welcher sich Wasser-
stoff ausscheidet , schnell so verandert, dass er mit sal-
petersaurem Eisenoxid einen blauen Niederschlag liefert.
Da ich an einem andern Orte das electrolytische Ver-
lialten des Kaliumeisencyanides zu beschreiben gedenke,
so will ich mich hier nur auf die Bemerkung beschran-
ken , dass meiner Ansicht nach der nascirende Wasser-
stoff es ist , dem die unter den erwahnten Umstanden
stattfindende Umwandelung des Cyanides in Cyaniir zu-
geschrieben werden muss.
In einer unlangst von mir geschriebenen Abhandlung
(Ueber die Haufigkeit der Beriihrungswirkungen auf dem
Gebiete der Chemie) babe ich auf den Umstand aufmerk-
sam gemacht, dass der chemisch gebundene Wasser-
stoff haulig gerade so gegen gewisse Korper sich ver-
halt, als Wasserstoff, welcher im nascirenden Zustande
sich befmdet ; mit andern Worten , dass die chemische
Affmilat des chemisch gebundenen Wasserstoffes zu
gereiflen Materien grosser ist als die Affmitat, welchc
freier Wasserstoff zu den gleichen Subslanzen zeigt.
Der mit Sell wefel , Selen, Phosphor, Arscn, Anti-
mon und Tcllur vereinigte Wasserstoff, obgleich in die-
ser Vergesellschaftung gasformig , wirkt dennoch schr
rasch auf die in Rede stehende Gyanidlosung ein, und
zwar in ahnlicher Weise, wie diess der nascirende Was-
serstoff ihut.
190
Lasst man namlich das eiiie oder das andere der letzl-
getiannten Gase nur kurze Zelt in die Gyanidlosung tre-
ten , so wird diese hiedurch so verandert , dass sie mit
Eisenoxidsalzen blaue Niederschlage liefert. Vermischt
man die Gyanidlosung, ehe sie der EinAvirkung dieser
Gase unterworfen wird , mit salpetersaurer Eisenoxid-
losung , so findet beim Eintritt der gasformigen Wasser-
stoffverbindungen in das fragliche Gemisch eine merk-
lich Starke Fallung von Berlinerblau slatt.
Es muss jedoch bemerkt werden , dass die drei erst-
genannten Gasarten viel rascher die erwahnte Fallung
bewerkstelligen , als dies die drei metalliscben Wasser-
stoffverbindungen zu tbun vermogen.
Die hiebei erhaltenen blauen Niederschlage sind von
mir bis jetzt nicht naher untersucht worden , ich babe
aber Grund zu vermutben , dass sie ausser dem Berliner-
blau noch Selen , Phosphor u. s. w. enthalten , und dass
mithin nur der WasserstofF der erwahnten Gase es isl ,
welcher verandernd auf die Gyanidlosung einwirkt.
Spielt nun der Wasserstoff in den erwahnten Gasar-
ten eine so merkwiirdige Rolle, so steht zu erwarten,
dass dieses Element audi in anderartigen Verbindungen
in gleicher Weise reagiren wefde.
Lasst man die Gyanidlosung mit Aether oder Wein-
geist auch noch so lange zusammenstehen , so scheint
es nicht, als ob unter diesen Umstanden die vermisch-
ten Materien aufeinander einwirkten, denn eine so be-
handelteLosung blaut sich beim Zusatz von einem Eisen-
oxidsalz nicht in merklicher Weise. Setzt man aber dem
191
gelosten Cyanid, ausser Aether oder Weingeist audi
nocli etwas salpetersanres Eisenoxid zii, so fangt das
Gemeng bald an, sich blaii zu farben , und nach einigen
Tageii hat sich ein merklich starker Niederschlag vom
schonsten Berhnerblau gebildet.
Hieraus erhellt , dass der Weingeist oder Aether ent-
weder das Cyanid in Cyaniir oder das Eisenoxidsalz in
Oxidulsalz umandere. Auch ist es moghch , dass theil-
weise beide Salze eine Zersetzung durch den Weingeist
oder Aether erleiden. Dass die lelztgenannten Materien
fiir sich allein das Eisenoxidsalz nicht zu verandern ver-
mogen, wird weiter unten angegeben werden. Aus Griin-
den der Analogic bin ich geneigt zu schliessen , dass nur
der Wasserstoff des Aethers oder des Weingeistes es ist,
durch welchen die eben erwahnten Veranderungen in
der Zusammensetzung beider Salze zu Stande gebraclit
werden.
Versetzt man die Cyanidlosung mit gewohnlichem
Zucker und lassl man diese Fliissigkeit nur wenige Mi-
nuten lang sieden , so blaut sich dieselbe bei ihrer Ver-
mischung mit salpetersaurem Eisenoxid. Vermischt man
die zuckerhaltige Cyanidlosung mit letztgenanntem Eisen-
salze , so wird ein solches Gemeng schon ohne stattfm-
dende Erwarmung nach einigen Stunden blau erschei-
nen, und nach einigen Tagen einen merklich starken
Absatz von Berlinerblau zeigen. W^ird die Cyanidlosung
mit Ameisensaure vermischt und erwarmt, sofarbtsich
die Fliissigkeit blau , ohne hiezu eines Eisenoxidsalzes
zu bediirfen ; dampft man das Gemeng ab , bis alle Saure
verjagt ist , und zieht man den Riickstand mit Wasser
192
aus, so liefert dieser Auszug mit salpetersaurem Eisen-
oxid einen Niederschlag von Berlinerblau.
Einc gleichc Veranderung veranlasst die Ameisen-
saure in der Gyanidlosung audi schon bei gewohnlicher
Temperalur; nur findet in diesem Falle die Reaction
langsamer statt, als es bei der Erwarmung geschieht. Nach
mehrslundigem Ziisammenslehen der Saiire mit dem
C}?anid erscheint jedoch die Fliissigkeit bereits deutlich
geblauet, und im Laufe einiger Tage bildet sich eine
merkliche Menge Berlinerblaues. Hat einmal eine Aus-
scheidung des letztgenannten Korpers statt gefunden,
und trennt man denselben durch Seihen von der Fliis-
sigkeit ab, so wird diese bei Zusatz von salpetersaurem
Eisenoxid blau.
In ahnlicher Weise Avirken Essigsam'e, Weinsaure
und Zitronensiiure auf die Gyanidlosung und ohne
Zweifel gibt es noch manclie andere organische Saure,
die ein gleiches Verlialten zeigt.
Wa^ die Oxalsaure betrifft , so scheint sie weder bei
gewohnlicher noch erhochter Tempera tur auf die Gyanid-
losung zu wirken ; denn weder wird die letztere fiir sich
selbst noch beim Zusatz eines Eisenoxid salzes merklich
geblauet.
Unter alien organischen Verbindungen , deren Ver-
halten zur Gyanidlosung ich bis jetzt gepriift babe ,
zeichnet sich die Harnsaure durch ihre rasche Einwir-
kung auf besagtes Haloid salz am meisten aus. Hat
erwahnte Saure auch nur eine Minute lang mit der
Gyanidlosung zusammen gestanden , so wird diese bei
Zusatz von salpetersaurem Eisenoxid schon merklich
193
stark blau gefarbt. Dass Erwarmungen die erwahnte
Reaction beschleunigen , wird wohl nichtder ausdriick-
licben Bemerkiing bediirfen i.
Cinchonin und Morphium verhallen sich ahnlich der
Harnsaure, dagegen scheiiien Chinin und Strychnin
keine Wirkung auf das Cyanid hervorzubringen. Da
ich von der chemischen Reinheit des in Anwendung
gebrachten Ginchonins nicht vollig liberzeugt bin , so ist
es moglich , dass von einer demselben beigemengten
Materie die besagte Reaction herriihrt. Hat aber wirklich
das reine Cinchonin das Vermogen, das Cyanid in Cyaniir
umzuwandeln , so kann ein derartiges Verhahen dazu
beniitzt werden , auf eine sehr leichte Weise die Anwe-
senheil jener Base in Chinin zu entdecken.
Wird Harnstoff in unsere Cyanidlosung gebracht, so
scheint derselbe keine Veranderung in dem Haloidsalze
zu veranlassen; dampft man aber das Gemisch bis zur
Trockeneab,und erwarmt man dann den Riickstand so
stark als eben nothig ist, um aus demselben Ammoniak
zuentwickein, so blaut sich die Masse. Vor derEntbin-
dung des Ammoniaks fmdet keine Farbenveranderun^
statl.
Bemerkenswerth ist auch das Verhahen, welches
das Cyanid gegen salpetersaures Ammoniak zeigt.
* Kaum schwacher, ja vielleicht starker iioch als die Harn-
siiurc wirkl Krcosot auf die Cyanidlosung ein ; denn schiitlelt
man letzlere mit einer wiissrigen Losung des Kreosotes nur
einige Augenblicke , und fiigt man dann dem Gemisch einige
Tropfen einer Eisenoxidsahlosnng zu, so wird das Ganzc schon
merklich stark blau gefarhi.
13
194
Erhitztman namlich letzleres Salz bis ziirSchmelzung,
und tragt man nun Krystalle des rothen Blutlaugensalzes
in die fliissige Masse ein, so farbt sich diese sofort tief blau
und entwickelt sich ein starker Geruch nach Blausaure.
Wird das Gemenge noch weiter erhitzt, so nimmt das-
selbe eine rothgelbe Farbung an und gibl nun weder
mit einem Eisenoxidul noch Eisenoxidsalz einen blauen
Niederschlag. Wird aber die Masse , so lange sie noch
blau erscheint, mit Wasser behandelt, so hefert das
Fikrat mit salpetersaurem Eisenoxid einen Niederschlag
von Berlinerblau. Wird eine Losung von neutralem
schwefelsauren Ammoniak mit Kristallen von Kalium-
eisencyanid versetzt, und zu einer breiartigen Masse
abgedampft, so erscheint diese griin. Erhitzt man dieselbe
in einem Platingefass nicht ganz bis zum Schmelzen ,
so nimmt sie eine hellblaue Farbe an , und giesst man
nun auf die so behandelte Masse Wasser, so farbt sich
das Ganze tiefblau und fmdet eine Ausscheidung von
Berlinerblau statt. Die abfdtrirte Fliissigkeit wird durch
salpetersaures Eisenoxid nicht geblaut. Ausser den Me-
tallen , den Oxidulen, dem nascirenden Wasserstoff und
gewissen organischen und unorganischen Wasserstoff-
verbindungen gibt es aber auch einige andere Materien
zusammengesetzter Art , welche einen zersetzenden Ein-
fluss auf das Cyanid ausiiben , d. h. letzteres in Gyaniir
umwandeln, und es haben diese Materien auch das
miteinander gemein, dass sieunter gewissen Umstanden
einer weiteren Aufnahme von Sauerstoff fahig sind.
Vermischt man Kaliumeisencyanid mit salpetersaurer
Eisenoxidlosung , und fugt man diesem Gemische einige
195
Tropfen salpetriger Saure oder salpetriger Salpetersaure
zu, so findet ein Niederschlag von Berlinerblau statt.
Da die relne Salpetersaure in dem erwahnten Salzge-
mische eine derartige Veranderung nichl veranlasst , so
kann das angefiihrle Verhalten dazu dienen , selbst kleine
Mengen von salpetrichter Saure in der Salpetersaure zu
entdecken.
Sehr energisch wirkt das Stickoxid auf ein in Wasser
gelostes Gemisch von unserm Gyanid und salpetersaurem
Eisenoxid ein. Jede Blase dieses Gases , welche in die
besagle Losung tritt, umgibt sich sofort mit eiuer
blauen Hiille, und sehr rasch wird aus der Fliissigkeit
Berlinerblau gefallt.
Es kann daher eine gemischte Losung von Kalium-
eisencyanid und salpetersaurem Eisenoxid eben so gut
als eine Eisenoxidullosung dazu beniitzt werden, die
Anwesenheit von Stickoxid in gewissen Gasgemengen
nachzuweisen.
Das Stickoxidul verhalt sich nach meinen Versuchen
gegen die eben erwahnte gemischte Salzlosung voll-
kommen indifferent.
Die schweflichte Saure zeichnet sich ebenfalls durch
ihr Vermogen aus , die Cyanidlosung so zu verandern ,
dass sie mit einem Eisenoxidsalz blaue Niederschlage
liefert.
Bedeckt man den Boden einer Flasche mit einer ge-
mischten Losung unseres Cyanides und salpetersauren
Eisenoxides und brennt man in der Flasche den Schwefel
eines Ziindholzchens ab, so zeigt sich beim Schiittelu
196
der Fliissigkeit sofort eiii starker blaugefarbter Nieder-
schlag. Es versteht sich von selbst , dass beim Einfiibren
eines Stromes von gasformiger scbweflicbter Siiure in
das fragliche Gemisch die gleiche Erscheinung statt
findet. •
Esbedarf aucb wohl kaum der ausdriickUchen Erwah-
nung , dass dieses eigenthumbche Verbalten der scbwef-
bchten Saure ebenfalls dazu dienen kann , selbst kleine
Mengen derselben in gewissen Korpern , z. B. in Schwefel-
saure zu enldecken. Bemerkenswertb ist ferner noch die
Thatsache, dass fein zertbeiltes Kalomel, zusammenge-
bracht mit einer Losung von Cyanid und einem Eisen-
oxidsalz, nacb und nach sich blaut.
Ohne Zweifel gibt es noch eine grosse Anzahl von
Materien organischer und auch unorganischer Art ,
welche fahig sind, das Kaliumeisencyanid in Cyaniir
iiberzufiibren , und in Beriibrung mitjenem Salze selbst
zersetzt zu werden. Vergleichen wir die Substanzen , an
denen dieses Vermogen bis jetzt beobachtet worden ist,
in Bezug auf ihren chemischen Character unter einander,
so finden wir, dass dieselben durchschnittlich grosse
Geneigtheit zeigen mit Sauerstoff sich zu verbinden.
' Da die Fiillung von Berlinerblau , welche die salpelrichte
Siiiire , das Stickoxidgas und die schweflichte Saure in der Lo-
sung des erwahntcn Salz-Gemisches veranlassen, moglicher
Weise einzig und allein davon herriihren konnte , dassjene drei
Verbindungen das Eisenoxidsalz in Oxidulsak umwandelten, so
habe ich mich durch geeignete Versuche iiberzeugt, dass die
Cyanidlosung zerselzend einwirke.
197
II. Ueber die Eisenoxidsalze.
Bei der Analogic , welche in einer Beziehung wenig-
stens zwischen dem Kaliumeisencyanid und einem Eisen-
oxidsalz besteht , lasst sich envarten , dass diejenigen
Substanzen, welche im Stande sind, die Losiing dcs
crstcrcn Salzcs in Gyaniir zu verwandcln , auch vermogen
werden , cin Eisenoxidsalz entweder ganz odcr theilvveise
in ein Oxidulsalz iiberzufuhrcn.
Meinc , iibcr dicscn Gegenstand angestellten Versuche
haben in der That diese Vermuthung bestatiget, wie
aus den folgenden Angaben erhellen wird.
Lasst man z. B. eine Losung von salpetersaurem
Eisenoxid auch nur einige Minuten lang odcr selbst noch
eine kiirzere Zeit mit Arsen , Antimon, Wismuth, Kad-
mium, Blei, Eisen, Zink und Zinn zusammenstehen ,
so werden dieselben unsere Cyanidlosung schon merklicli
blauen. Selbst Kupfer, Quecksilber und Silber bewirken
nur etwas langsamer als die vorhin erwahnten Melalle
eine solche Veranderung in der besagten Eisensalz-
losung.
Ob mit der Zeit dies auch Palladium, Platin und
Gold zu thun vermogen , habe ich bis jetzt noch nicht
ausgemittelt. Die weiter oben angefiihrte Thatsache,
gemass welcher aus einem Gemisch von Cyanid und
Eisenoxidsalzlosung auf Bleche der drei letztgenannten
Melalle gebracht sich Berlinerblau nach mehrstiindiger
Beriihrung ausscheidet, lasst vermuthen, dass die drei
fraglichen Korper eben so gut auf das Eisenoxidsalz als
auf das Gyanid einwirken.
198
Jedenfalls ist es ein ziemlich aufFallendes Factum,
(lass z. B. Kupfer, Silber und Quecksilber dem Eisen-
oxid Sauerstoff zu entziehen vermogen ; ein chemisches
Verhalten, das die Oxidationsverhaltnisse dieser Me-
talle kaum voraussetzen lasst.
Wenn aber das Silber z. B. auf eine so unerwartete
Weise auf das Eisenoxid einwirkt , so konnte wohl von
Seite der noch minder oxidirbaren Metalle , eine ahnliche
Reaction statt fmden.
Einige Oxidule wie z. B. dasjenige des Kupfers mit
der Losung des salpetersauren Eisenoxides bei gewohn-
licher Temperatur nur kurze Zeit in Beriihrung gesetzt,
verandern das geloste Eisensalz so, dass es die Cyanid-
losung blaut.
So weit meine Versuche gehen , wirkt Phosphor auf
die Losung des salpetersauren Eisenoxides rascher als
auf diejenige des Cyanides ein.
Nach mehrstiindigem Zusammenstehen jenes Korpers
mit der genannten Eisenlosung hat diese die Eigenschaft
erlangt , in der Cyanidlosung eine merkHche Blauung
zu veranlassen.
Wie sclion oben bemerkt, wird die Berlinerblaubildung
wesentlich durch den Umstand beschleuniget, dass beide
Losungen vermischt mit Phosphor in Beriihrung gesetzt
werden.
Zucker» nur kurze Zeit mit derEisensalzlosung erhitzt,
verandert die letztere ebenfalls so, dass sie eine merkliche
Fallung von Berlinerblau in der Cyanidlosung verursacht.
Ameisensaure , nur wenige Sekunden mit dem ge^
losten Eisenoxidsalz erwarmt , veranlasst schon die Bil-
199
(lung von so viel Oxidulsalz, dass beim Vermischen
dieser Fliissigkeit mit der Gyanidlosung eine tiefblaue
Farbung enlsteht.
Zitronensaure , Essigsaure mid Weinsaure wirken
in ahnlicher Weise. Ausgezeichnet diirch ihre oxidi-
rende Wirkungen auf das salpetersaure Eisenoxid ist die
Harnsaure. Lasst man die Losung jenes Salzes auch nur
eine Minute lang mitletztgenannter Saure in Beriibrung
sleben , ohne dass man das Ganze erwarmt , so bat die
abfiltrirte FUissigkeit scbon das Vermogen erhalten, aus
der Gyanidlosung Berlinerblau zu fallen. Wie sicb dies
von selbst verstebt, bescbleuniget die Erwarmung der
Salzlosung die Reaction der Harnsaure *.
Nur nicbt so rascb , aber in ahnlicher Weise wie die
Harnsaure wirken auch Gincbonin und Morpbium auf
das salpetersaure Eisenoxid.
Nascirender WasserstofF mit der Eisensalzlosung in
Beriibrung gesetzt , ertbeilt letzterer ebenfalls die Eigen-
schaft , die Gyanidlosung zu blauen.
Ebenso verbalten sicb die salpetricbte Saure, das
Stickoxidgas , die schweflicbte Saure und die Verbin-
dungen des Wasserstoffes mit Scbwefel , Selen , Phos-
phor , Arson , Antimon und Tellur. Sie alle andern , in
eine Losung des salpetersauren Eisenoxides eingefiihrt,
dieses so um, dass es mit Gyanidlosung vermischt die
Bildung von Berlinerblau veranlasst.
Aus voranstebenden Angaben ersiebt man , dass viele
^ Kreosot iibertrifft noch die Harnsaure durch seine oxidi-
rende Wirkung auf die Losungen der Eisenoxidsalze.
I
1
200
Materien , von denen man bisher angenommen zu haben
scheint, sie verliielten sich ganz indifferent gegen Eisen-
oxidsalze, diese letzlern zu Oxidulsalzen oder Oxidul-
oxidsalzen zu reduciren vermogen ; gerade so , wie die
gleichen Substanzen im Stande sind , Kaliumeisencyanid
in Cyaniir umzuAvandeln. Ein solches Verhalten scheint
mir weitere Untersuchungen zu verdienen und geeignet
zu sein , die Ghemiker zur genauern Ermittelung , na-
mentlich derjenigen Veranderungen zu veranlassen,
welche gewisse organische Materien bei ihrer Beriihrung
mit Losungen der Eisenoxidsalze und des Kaliumeisen-
cyanides erfahren. Denn es ist offenbar,dass z.B. Zuoker,
Harnsaure , Kreosot u. s. w., indem sie diese Salze mo-
dificiren , selbst eine Veranderung in ihrer chemischen
Zusammensetzung erleiden , dass aus ihnen neue Mate-
rien gebildet werden miissen.
Eben so ist es nicht unwahrscheinlich , dass bei der
Einwirkung mehrerer der genannten unorganischen Sub-
stanzen auf Eisenoxidsalze und das Cyanid Verbindun-
gen entstehen , die bis jetzt noch unbekannt sind , oder
deren Bildung der Wahrnehmung der Ghemiker ent-
gangen ist.
Ich schHesse diese Notizen mit der Mittheilung einiger
Beobachtungen , die mit dem in voranstehendem Auf-
satze behandehen Gegenstande im Zusammenhange
stehen, und ihrer Eigenthiimhchkeit wegen der Be-
obachtung der Ghemiker nicht ganz unwerth zu sein
scheinen.
Bei meinen Untersuchungen iiber das Verliahen der
organischen Saure zu dem Kahumeisencyanid und den
201
Eisenoxidsalzen vergass ich naliirlicli nicht, auch die
Kleesaure in Wechselwirkung mit den erwahnten Sal-
zen zu selzen. Zu einiger Verwunderung fand ich, dass
genannte Saure , mit Cyanidlosung selbst gekocht, dieser
nicht das Yermogen ertheille , mit Eisenoxidsalzen sich
zu blaiien. Eben so wenig wurden letztere durch die
Kleesaure so verandert, dass sie aus der Cyanidlosung
Berlinerblau fallten.
Dieser Umstand schien mir so beachtenswerth , dass
er mich veranlasste, einige weitere Versuche mit der
Kleesaure anzustellen.
Ich vermischte verdiinnte Losungen von Kleesaure,
sal peter saurem Eisenoxid und Kaliumeisencyanid, fiillte
mit diesem Gemische Flaschen , und liess in dieselben
Stickoxidgas , Schwefel , Phosphor und Wasserstoffgas
ireten. Wahrend nun , obigen Angaben zufolge , die er-
wahnten Gasarten aus einer Fliissigkeit, die bios salpe-
tersaures Eisenoxid und Kaliumeisencyanid gelost ent-
lialt, Berlinerblau niederschlagen , bewirken dieselben
in derKleesaurehaltigen Losung keine derartige Reaction
und lassen das fragliche geloste Salzgemisch so gut als
ungefarbt. Damit jedoch dieses negative Resultat erhal-
ten werde , ist erforderlich , dass die Kleesaure nicht in
zu geringer Menge in der Losung vorhanden sei.
Was das Selenwasserstoflgas betrifft , so vermag die
Kleesaure dessen Einwirkung auf ein Gemisch von ge-
lostem Cyanid und salpetersaurem Eisenoxid nicht ganz-
lich zu verhindern ; denn beim Eintritt des fraglichen
Gases farbt sich die Losung sofort blau. Es muss aber
bemerkt werden , dass die Anwesenheit von Kleesaure
14
202
die Wirkung des Selenwasserstoffes merklich schwacht.
Wird gelostes Kaliumeisencyanid mit Harnsaure und
Kleesaiire zusammengeslellt , so vermag ein Eisenoxid-
salz keine blaue Farbung zu verursachen, wie lange auch
die erwahnten Substanzen mit einander in Beriihrung
gestanden haben mogen. Auch diirch Erwarmung kann
eine solche Reaction nicht bewerkstelliget werden.
In gleicher Weise verhindert die Kleesaure auch den
Zucker und andere ordinische Materien, das Gyanid
und die Eisenoxidsalze in der weiter oben angegebenen
Art zu verandern.
Auch wird kein BerHnerblau gefalh, wenn einem Klee-
saurehahigen Gemische von gelostem Gyanid und sal-
petersaurem Eisenoxid einige Tropfen salpetriger Saure
oder salpetrigter Salpetersaure zugefiigt werden.
III. Ueber das Kaliumeisencyanid.
Da dem im Wasser gelosten KaHumeisencyaniir so
leicht ein Theil seines Kahums durch Ghlor sich ent-
ziehen lasst in der Weise , dass das Gyaniir in Gyanid
sich verwandelt , so ist zu vermuthen , dass unter gege-
benen Umstanden auch der Sauerstoff eine solche Um-
anderung des fragUchen Gyaniires zu bewerkstelhgen
vermoge. Es gibt die Zusammensetzung des gelben
Bhitlaugensalzes iiberhaupt der Vermuthung Raum, dass
wie das Gyanid durch gewisse oxidirende Matereien in
Gyaniir sichverwandeln lasst, so werde das letztere durch
gewisse Sauerstoffhaltige Korper in Gyanid umgeandert
werden konnen.
203
Was nun zunachst den freien gasformigen Sauersloff
betrifft, so istwohl bekannt, dass derselbe, in eine L6-
sung des gelben Blutlaugensalzes eingefiibrt, auf dieses
keinerlei Art von chemiscber Wirkung ausiibt.
Ganz anders aber verhalt sicb der nascirende Sauer-
stofF gegen die gleiche Losung.
Fiillt man eine oben offene und unten mit Blase zu-
gebundene Glasrohre mit einer Losung unseres Cyanii-
res, stelltman diese Robre in ein Gefass, das ebenfalls
die genannte Fliissigkeit entbalt , und fiihrt man nun um
die Leitunsjsdrabte eine Saule in die Gefasse ein, so
wird die Losung derjenigen Zelle , in welche die positive
Electrode taucbt, rascb gelb gefarbt, das beisst, das
dort befmdbcbe Gyaniir in Gyanid umgewandelt.
Wie also der nascirende Wasserstoff das Gyanid in
Gyaniir iiberfiihrt , so wird das Gyaniir durcb nasciren-
den Sauerstoff in Gyanid verwandelt.
Wir haben weiter oben geseben , dass cbemiscb ge-
gebundener Wasserstoff in gegebenen Fallen auf das
Gyanid grade so einwirkt, wie dies nascirender Wasser-
stoff tbut.
Gebundener Sauerstoff kann unter gevvissen Umstiin-
den ebenfalls in einer Losung des Kaliumeisencyaniires
die gleiche Veranderung veranlassen , welcbe der nasci-
rende Sauerstoff bewerkstelliget.
Da die Halfte dfes Sauerstoffes, welcben das Bleihyper-
oxid entbalt, in einem gewissen Zustand chemiscber
Spannung sicb befmdet , das heisst , grossere Geneigt-
beit zeigt , unter gegebenen Umstiinden mit leicbt oxidir-
baren Materien sicb zu vereinigen , als sie der freie Sauer-
204
stoff aussert; da fernerdas besagte Bleihyperoxid volla'-
sche Erscheinungen veranlassl^ welche nacli der An-
siclit, die ich fiber den Zusammenhang des Galvanis-
mus mit dem Gheraismus hege , in dem eigenthiimlichen
Zustand des zvveitenMischungsgewichtes unseres Hyper-
oxides ihren nachsten Griind haben, so vermuthete ich
auch , dass letzteres eine wiissrige Losung des Kalium-
eisencyaniires schon bei gewohnHcher Temperatur zer-
setzen und in Gyanid umwandeln vverde.
Meine Vermuthung erhielt durch Versuche die voll-
kommenste Bestatigung, wie aus folgenden Angaben
erhellen wird.
Wird eine wassrige Losung des gewohnlichen Bkit-
laugensalzesmit geschlemmtem Bleihyperoxid angeriihrt,
so zeigt schon nach sehr kurzer Zeit die geklarte oder
fiUrirte Fhissigkeit eine Farbung, die tiefergelb ist,als
diejenige, welche die Losung desGyaniires besitzt. Giesst
man zu der in erwahnter Weise mit Hyperoxid behan-
delten Fhissigkeit gelostes und oxidfreies schwefelsaures
Eisenoxidul, so ist der hiedurch entstehende Nieder-
schlag nicht mehr weiss, sondern merklich blau gefarbt.
Bei langerem Zusammenstehen des Hyperoxides mit
der Gyanurlosung wird diese immer gelber, so dass die-
selbe, nach einigen Tagen mit reinem Eisenvitriol ver-
mischt , einen tiefblanen Niederschlag liefert. Durch Er-
warmung wird nalurlich die besagte Reaction beschleu-
niget, so dass die Gyanurlosung, wenn sieeinige Stunden
lang mit dem Hyperoxid gekocht , mit reinem schwefel-
saurem Eisenoxidul einen tiefblauen Niederschlag gibt,
wahrend ein reines Eisenoxidsalz dieselbe nicht mehr
205
biaut. Bei gewohnlicher Temperatiir wie hei der Sied-
hitze der Losiing entfarbt sich nach imd nacb das braune
Oxid , iind zwar gescbiebt dies In eben dem Grade rascb,
in welcbem die Fliisslgkeit eine liefer gelbe Farbung
annimmt.
Befreit man das entfarble Oxid von der anbiingenden
Cyanldlosung durcb Auswascben mit Wasser, so er-
scbelnt es ganz weiss und verbalt sicb nacb meinen vor-
laiifigen Versucben als ein Genienge von Bleloxidbydrat
und koblensaurem Bleloxid , welcbes letztere bocbst
wabrscbeinb'cb nur auf eine secundare Weise aus erste-
rem entslebt.
Hat man die Gyaniirlosung so lange mit Bleibyper-
oxid digerirt, bis dieselbe mit salpetersaurem Eisenoxid
keinen Niederscblag mebr befert, und dampft man die
so veranderte und fibrlrte FUissIgkelt binreicbend stark
ab , so krystaOisirt aus derselben das rotbe Gyaniir ber-.
aus. Die dabei erbaltene Mutterlauge scbmeckt stark al-
kallscb , blaut gerotbetes Lakmuspapler , griint den
Veilcbensyrup und braust mit Sauren auf.
Aus den angeftibrten Tbatsacben scbelnt zu erbellen ,
dass ein Miscbungsgewicbt Bleiby peroxides auf zwei
M. G. des Kaliumelsencyaniires so einwirke , dass aus
diesen beiden Materien ein M. G. Kabumeisencyanides,
ein M. G. Kab und ein M. Bleioxidbydrates entstebt.
Die Koblensaure, die In beiden Salzmassen sicb vorfin-
det , wird widirend des Zerselzungsactes aus der Lufl
eingesogen.
Das erwabnte Verbaken des Hyperoxides zu dem Ka-
liumeisencvaniir konnte leicbt dazu beniitzt werden , auf
206
einem andern uiid bequemern als dem bisherigen Wege
das rolhe Gyanid zu bereiten.
Mennige in Beriihrung mit der Gyaniirlosung gesetzt ,
scheint auf letztere weder bei gewohnlicher noch bei er-
hohter Temperatur chemisch einziiwirken. Ich liess acht
Tage lang beide Materien zusammenstehen und dennoch
gab die von der Mennige abfiltrirte Fhissigkeit mit einem
reinen Eisenoxidulsalz keinen merklich geblaueten Nie-
derschlag. Ein gleiches Resultat erbiilt man mit der Cya-
nidlosung, die mil Mennige gekocht worden.
Das Hyperoxid des Mangans zeigt gegen die Gyaniir-
losung ein Verhalten ahnlich demjenigen des Bleihyper-
oxides.
Wird fein gepulverter Braunstein zusammengeriihrt
mit einer Losung des fraglichen Gyaniires , so farbt sich
letztere nach und nach scbon bei gewohnlicher Tem-
peratur tiefer gelb, und filtrirt man von der Flussigkeit,
nachdem auf dieselbe das Hyperoxid einige Zeit gewirkt
hat, eine Portion ab, so wird letztere mit der Losung
eines Eisenoxidulsalzes einen hellblauen Niederschlag
liefern. Versteht sich von selbst, dass dieser Nieder-
schlag um so dunkler ausfiillt, je langer die Beriihrung
zwischen der Gyaniirlosung und dem Braunstein gedauert
hat.
Es muss jedoch hier bemerkt werden , dass das Man-
ganhyperoxid viel langsamer das Gyaniir in Gyanid um-
wandelt, als dies das BIcihyperoxid thut. In welchen
Oxidations-Zusland der Braunstein durch seine Einwir-
kung auf das Gyaniir versetzt wird , habe ich noch nicht
untersucht. Ohne Zweifel wird bei der fraglichen Beac-
207
lion auch Kali entstehen. Setzt man Chromsaure in hin-
reichender Menge einer Losung des Cyaniires zu, so
fallt aus dieser das salpetersaure Eisenoxid kein Ber-
linerblau mehr, wohl-aber lieferl eine so behandelle
Gyauiirlosung einen tiefblauen Niederschlag mil einem
Eisenoxidulsalz.
Bei der Erwarmiing der besagten Losung scheidet
sich eine griinliche Materie aus, welche Chromoxid sein
diirfte.
Ervvarmt man doppelt chromsaures Kali mit der Cya-
niirlosung , so scheidet sich ebenfalls ein griiner Korper
aus, und erzeugt die riickstandige Fliissigkeit kein Ber-
linerblau mit Eisenoxidulsalz , \Yohl aber mit Eisen-
Vitriol.
Werden Losungen von Gyaniir und doppelt- oder
einfach-chromsaurem Kali auch nur kalt zusammenge-
bracht, so fallen aus solchen Gemischen die Eisenoxidul-
salze Berhnerblau.
Selbst das chlorsaure Kali, wenn es mit der Cyaniirlo-
sung langere Zeit zusammen gekocht, erzeugt mit dieser
etwas Gyanid, was daraus abgenommen werden kann,
dass das geloste Salzgemisch immer gelber wird und
mit einem Eisenoxidulsalz einen blaulich gefarblen Nie-
derschlag gibt. Die Umwandlung des Gyaniires in Gya-
nid geht jedoch unter den erwahntenllmstanden ausserst
langsam von statten.
IV. Ueber die Eisenoxidiilsalze.
Fiihrt man die Zuleitungsdriihte einer volta'schen Saule
in eine Losung vollkommen oxidfreien Eisenvilrioles ein,
208
welclie Losung (lurch eine porose Scheidewand in zvvei
Portionen getlieilt ist , so wird naliirllch derjenige Thell
dieser Fliissigkeit , welcher mit der positiven Electrode
in Beriihrung stelit, so verandert, dass er die Cyaniir-
iosung blau fallt.
Wird Bleihyperoxid mil der Losung von schwefel-
saurem Eisenoxidul zusammengebracht , so vervvandelt
sich letzteres beinahe augenblicklich und ohne Mithiilfe
der Warme in ein basisches und saures Eisenoxidsalz.
Es findet jedoch diese Reaction nur dann statt, wenn die
Eisenvitriollosung nicht vollkommen neutral ist, das
heisst, einen Ueberschuss von Schwefelsaure hat.
Vollkommen reines, einfach - schwefelsaures Eisen-
oxidul scheint sich gegen das braune Bleioxid vollkom-
men indifferent zu verhalten.
Unler den gleichen Umstanden wirkt der Braunstein
eben so auf die Losungen der Eisenoxidulsalze ein , wie
das Bleihyperoxid.
Ghlorsaures Kali mit der Losung von schwefelsaurem
Eisenoxidul ervvarmt , verwandelt letzteres schnell in ein
Oxidsalz.
Aus diesen Thatsachen erhellt, dass Umstande, ahn-
lich denjenigen , unter welchen das Kahumeisencyaniir
inCyanid umgewandeit wird, es auch sind, welche die
Umanderung der Eisenoxidulsalze in Oxidsalze be-
stimmen,
V. Ueher das weisse Oyaneisen.
Wenn der weisse , mit Wasser versetzte Niederschlag,
den man mit Kahumeisencyaniir und einer Eisenoxidul-
209
salzlosung erhalt, an der posiliven Electrode sich blau
i'arbt, so begreift sich ein solches ResuUat sehr leicht,
da schon gasformiger SauerstofF eliie gleiche Wirkung
auf das weisse Cyaneisen ausiibt
Bemerkenswerth dagegeii und meines Wissens iin-
bekannt ist die Thatsache, dass unter gegebenen Um-
sliinden der in mehreren Verbindungen vorhandene
Sauerstoff sich sofort aus derselben abtrennt, und das
fraghche weisse Cyaneisen plotzhch blau farbt,
Wird weisses , in Wasser zertheiltes Cyaneisen mit
geschlemmtem Bleihyperoxid vermengt , so scheinen
beide Korper weder bei gewohnlicher noch bei erhohler
Temperatur aufeinander zu wirken. Sauert man aber das
besagte Gemenge nur mit einigen Tropfen Schwefel-
saure an, so wird dasselbe sehr rasch in das tiefste Blau
umgewandelt.
Aus dieser Thatsache wird die folgende begreiflich:
Wendet man zur Erzeugung des weissen Cyaneisens
schwefelsaures Eisenoxidul an, das nicht vollkommen
neutral ist, und fiigt man dem fraglichen Niederschlag
geschlemmtes Bleihyperoxid zu , so wird jener plotzlich
blau gefarbt.
Manganbyperoxid wirkt unter gleichen Umstanden
gerade so auf das weisse Cyaneisen ein, wie das braune
Bleioxid. Fiigt man dem in Wasser zertheilten weissen
Cyaneisen eine Losung von Ghromsaure zu , so wird es
plotzlich in Blau verwandelt; das geloste doppelt clirom-
saure Kali aber nur dann, wenn das Wasser, in wel-
<ihem das Cyaneisen suspendirt ist , mit einigen Tropfen
Schwefelsaure versetzt worden.
tr
210
Der Erwahnung werth sind auch noch folgende zwei
Thatsaclien. Giesst man die Losung eines Eisenoxidsal-
zes iiber weisses Cyaneisen , so wird dieses plotzlich tief-
blau gefarbt, und filtrirt man die Fliissigkeit ab, so
fallt aus ihr die Kaliumeisencyanidlosung Berlinerblau ,
welcher Umstand beweist , dass unter den angegebenen
Umstanden das im Eisensalz enthallene Oxid in Oxidul
zuriickgefuhrt wird. Vermischt man mit einem gegebe-
nen Quantum , z. B. von gelostem salpetersaurem Eisen-
oxid weisses Cyaneisen in hinreichender Menge , so wird
das Eisenoxidsalz ganzlich und augenblicklich in Oxidul-
salz verwandelt.
Auf eine ganz abnliche Weise verhalt sich auch die
Losung des Kaliumeisencyanides gegen das weisse Cyan-
eisen; denn mengt man beide Materien im gehorigen
Verhaltniss zusammen , so wird der lelztgenannte Kor-
per sofort in das schonste Berlinerblau verwandelt.
Filtrirt man nach stattgefundener Reaction die Fliis-
sigkeit ab , so erscheint diese anstatt tiefgelb beinahe
farbelos, und versetzt man sie mit der Losung eines
Eisenoxidsalzes, so erzeugt sich ein tiefblauer Nieder-
schlag , wahrend die Losung eines Oxidulsalzes die Fal-
lung des weissen Cyaneisens veranlasst.
Hieraus ergibt sich , dass unter den angegebenen Um-
standen das Kaliumeisen in das Cyaniir umgewandelt
wird.
ueber das verhalten des schwefelwasserstoffgases zu
kohlensauren salzen mit alkalischer basis.
Von Professor C. F. SCHOENBEIN.
So viel ich weiss, wird von den Ghemikern angenom-
men, dass die Kohlensaure wassrige Losungen der al-
kalischen Schwefelmetalle zersetze, unter Bildungen von
kohlensauren Salzen, Schwefelwasserstoffgas und nach
Umstanden auch unter Ausscheidung von Schwefel.
Aus diesem Verhallen sollte man schliessen , dass das
Schwefelwasserstoffgas eingefiihrt, en tweder in wassrige
Losungen von kohlensaurem Kali , Natron und Ammo-
niak oder in Wasser , in welchem kohlensaure Bitter-
erde, kohlensaurer Kalk, Baryt und Strontian suspendirt
sind, keinen zersetzenden Einfluss aiif die genannten
Salze ausiiben konne. Nichts desto weniger findet aber
doch ein solcher Einfluss statt , und da mir nicht be-
kannt ist, dass uber diesen Gegenstand Beobachtungen
vorliegen , so will ich hier das Ergebniss einiger hieriiber
von mir angestellten Versuche mittheilen.
Suspendirt man kohlensaure Bittererde in destillirtem
Wasser und leitet man in dieses Gemenge einige Zeit
hindurch Schwefelw^asserstoffgas , so schmeckt es scharf
und blaut sehr merklich gerothetes Lakmuspapier.
212
Die abiillrirle Fliissigkeit hat einen Stich ins Gelb-
liclie uiid enlwickelt bei Zusalz von Salzsaure Schwe-
felwassorsloffgas , dabei etvvas milchig werdend. Erhitzt
man besagte Fliissigkeit bis zum Sieden , so triibt sie
sich , und beim Abdampfen derselben scheidet sich Bit-
tererde aus, unter Entbindung von Schwefelwassei stoff-
gas. Die gleiche Fliissigkeit fallt aus Losungen von Ei-
sensalzen Schwefeleisen.
Aus diesen Thatsacben ergibt sich , dass bei der Re-
action des SchwefelwasserstofFes auf kohlensaure Bitter-
erdeSchwefelmagnesium sich bildet, und da dieses wahr-
scheinlich, wie das Schwefelkalium oder Schwefelna-
trum mit SchwefelwasserstofF zu einem Schwefelsalze
sich vereinigen kann , so durfte wohl die vorhin erwahnte
Fliissigkeit schwefelwasserstoffsaures Schwefelmagne-
sium euthalten. Dass unter den angefiihrten Umstiinden
durch den Schwefelwassersloff Kohlensaure aus der
Magnesia entbunden wird, versteht sich von selbst.
Wird geschlemmte Kreide eben so wie die kohlen-
saure Bittererde behandelt , so erhalt man eine Fliissig-
keit, welche das Lakmuspapier stark rothet, und mit
Kohlensaure geschwiingert ist, dass sie ausser einem
hepatischen auch noch einen auffallend sauerlichen Ge-
schmack besitzt. Salzsaure entwickelt aus der fraglichen
Fliissigkeit SchwefelwasserstofFgas, wobei ebenfalls eine
schwache Farbung eintritt , und Losungen von Eisen-
salzen liefern mit ihr starke schwarze Niederschlage.
Aus diesen Thatsacben ergibt sich , dass Schwefel-
wasserstoff den kohlensauren Kalk zersetzt, aus letzte-
rem die Saure abscheidet , mit der Basis Schwefelcal-
213
cium und mit diesem schvvefelwasserslofFsaures Schwe-
i'elcalcium bildet. Aus dem erwahnten Verhalten des
Schwefelwasserstoffgases zum kolilensaiiren Kalk erklart
sich eine ThatsaclieT von der analistische Ghemiker,
falls sie noch nicht bekannt sein sollle , Kenntniss neh-
men diirften.
Siiltiget man kalkhaltiges Brunnenwasser mit Schwe-
lelwasserstoff , und giesst man einige Tropfen einer sol-
chen Fliissigkeit in Losungen von Eisensalzen , so wird
bekanntlich unter diesen Umstanden kein Scliwefeleisen
niedergeschlagen. Yermischt man aber vorher, z. B. sal-
petersaure Eisenoxidlosung mit einer verlialtnissmassig
sebr grossen Menge des genannten Brunnenwassers , so
wird unsere Scbwefelwasserstofflosung das geloste Eisen-
salz stark schwarzen , das heisst , aus letzterem Scbwe-
feleisen fallen.
Werden umgekehrt einige Tropfen einer unverdiinn-
ten Eisensalzlosung in eine grosse Menge des sebvve-
felvvasserstoffbaltigen Brunnenwassers gebracbt , so enl-
steht ebenfalls ein schwarzer Niederschlag , wahrend bei
Anwendimg von destillirtem Wasser alle die angefiibrlen
Reactionen nicht eintreten.
SchwefelwasserstofF wandelt den im Brunnenwasser
gelosten kohlensauren Kalk in schwefelwasserstoffsaures
Schwefelcalcium , und diese Verbindung ist es eben ,
welche mit den Eisensalzlosungen Schwefeleisen bildet,
falls namlich in denselben sich kein Ueberschuss von
Saure vorfmdet.
Da nun die Eisensalzlosungen gewohnlich etwas freie
Saure enthalten , so kann in ihnen natiirlich durch einige
214
Tropfen unseres schwefelsalzhalligen Wassers kein Schwe-
feleisen gebildet werden. Wird aber eine sauerliche
Eisensalzlosung mit einer hinreichenden Menge kalkhal-
tigen Brunnenwassers versetzt, so muss unter solchen
Umstanden der Saureiiberschuss verschwinden , und ,
ist dies geschehen , so werden in einer so beschaffenen
Eisenlosung schon einige Tropfen des mit Schwefel-
wasserstofF behandelten Brunnenwassers eine merkliche
Fallung von Schwefeleisen veranlassen. Giesst man
einige Tropfen einer gewohnlichen Eisensalzlosung in
verhaltnissmassig viel unseres schwefelwasserstofTsauren
schwefelcalciumhaltigen Wassers, so sieht man leicht
ein, dass unter diesen Umstanden ein Theil des ge-
nannten Schwefelsalzes zur Wegschaffung der freien
Saure dient, wahrend ein anderer Theil mit dem ne«-
tralisirten Salze Schwefeleisen erzeugt.
Kohlensaurer Baryt und kohlensaurer Strontian- ver-
halten sich ganz so , wie kohlensaurer Kalk. Es wird
durch den SchwefelwasserstofF aus jenen Salzen Koh-
lensaure entbunden und Schwefelsalze gebildet.
Dass auf Losungen von kohlensaurem Kali , Natron
und Ammoniak SchwefelwasserstofF in ^hnlicher Weise,
wie auf die obengenannten kohlensauren Salze einwirkt,
wird wohl der ausdriicklichen Erwahnung nicht be-
diirfen, und zwar ist dies nicht nur der Fall mit dem
einfachen kohlensauren Kali , Natron und Ammoniak ,
sondern auch mit den doppelt kohlensauren Verbindun-
gen dieser Salzbasen , obw ohl bei letzteren die Reaction
elwas langsamer von Statten zu gehen scheint.
Ob die genannten kohlensauren Salze , Avenn sie lange
215
genug mit Schwefelwasserstoffgas behandelt, ganzlich
zerlegt werden in der Weise, dass z. B. das kohleii-
saure Kali vollstandig in schwefelwasserstoffsaiires
Schwefelkalium verwandelt wird, babe ich noch nicbt
ausgemittelt.
Es ist nicht umnogHch , dass das besprocbene Ver-
halten des Scbwefelwasserstoffes zu den koblensauren
Salzen mit alkaHscber Basis in manchen Fallen eine
nicht unbedeutende Rolle bei der Bildung von Mineral-
wassern spielt, und dass einige mineralische Producte
ihren Ursprung der Einwirkung jener Scbwefelverbin-
dungen, namenllicb auf Kalk und Dolomit, verdanken.
I
XI.
BERICHT
des fiir
DIE CRETiS-AlELEGENHElTEN MEDERGESETZTEN COMITES.
In der Versammlung zu Altorf im Jalire 1842 hatte
das fiir die Angelegenheiten des Gretinismus aufgestellte
Comite angetragen , die wahrend zwei Jahren begonne-
nen statistischen Forscbungen iiber das Vorkommen des
Gretinismus in der Sebweiz fortzuselzen ; allein die Ge-
sellscbaft bescbloss, von ibrem, namHcb dem wissen-
scbafdicben Standpunkte aus , keine weitern Scbrilte in
dieser Angelegenbeit zu tbun , sondern den Gegenstand
nacb seiner philanthropiscben Seile bin der gemein-
niitzigen Gesellsebaft zu iiberlassen. Es ware somit die
Mission des Gomites fiir vollendet anzuseben. Im Laufe des
Jabres sind nun doch demselben nocb verscbiedene Ar-
beiten aus einigen Kantonen , zum Tbeil niebt geringer
Bedeutung, zugekommen, und es siebt sieb dadurcb
veranlasst , der Gesellsebaft davon Kenntniss zu geben ,
nambcb :
Eine sebr sorgfaltige , genaue Tabelle uber Gretin6n ,
Halbcretinen und Taubstumme in Uri, aus Auftrag
des Sanitatsratbes nacb den pfarramtbeben Bericli-
ten entworfen von D"" Lusser.
Von der Sanitats-Kommission des Kantons Unter-
walden ob dem Wald ein kiirzer gefasster, ein
negatives Besultat befernder Bericbl.
217
AusdemKantonGraubiindleneinetabellarischeUeber-
sicht der Cretins in demselben, von Herrn D"" Wal-
ther , nebst einem Nachlrage von Herrn D"" Kaiser.
Aus dem Kanton Glarus specielle Berichte iiber die
einzelnenGemeinden von denD'"^" Zweifel,Schind-
ler,Galati, Elmer, J. Triimpi, Jenni, Jakob Trumpi,
Streiff, Hagmann.
Eine kurze negative Anzeige aus dem Kanton Solo-
thurn.
Ob mm die Gesellscbaft durch diese Beweise fort-
dauernder Aufmerksamkeit auf den interessanten Gegen-
stand, welche indess in kiirzester Zeit ganz aufhoren wer-
den, wenn nicht neue Anregung stattfindet, sich veran-
lasst finden werde, irgend welche Veranderung in dem
vorjahrigen Beschlussc eintreten zu lassen , will das Co-
mite ervvarten. Von sich aus darauf anzutragen, fiihlt es
sich bei dem allzulangsamen Eingehen der Beitra^e
nicht sehr geneigt, und ob die okonomischen Krafte der
Gesellscbaft gestalten, eine erkleckliche Summe zur Aus-
setzung von Preisen zu liefern, muss es in Zweifel ziehen,
wenn es schon diesen Weg fur den geeignetsten halten
wiirde. Auf jeden Fall erklart das Comite sich bereit,
spater eingehende Berichte wie bisher in Empfang zu
nehmen, mit den friihern zusammen zu stellen und
dariiber Bericht zu erstatten, und glaubt, dass die Fort-
dauer eines Centralpunkles fiir solche Forschungen in
der Vereinigung des Vereinzelten zu gemeinsamem
Zwecke einigen Vortheil gewahre. Es bedauert, durch
bereits langer dauernde Abwesenheit der Herren Sekre-
lare daran verhindert zu sein, fiir die diessjahrige Ver-
15
218
sammlung einen Bericht zii erstalten , liofft aber eine
Uebersicht aller eingegangenen Beitrage rait den daraus
sicb ergebenden Schlussfolgerungen auf spater verbeis-
sen zu diirfen, eino Arbeit, diirch welcbe die gewiss in
vielen Beziehungen sehr veidienstlicben Bemiibungen
zablreicher Forscber in den verscbiedenen Kantonen der
sonst drobenden Yergessenheit entrissen , weitere For-
scbungen angeregt und geleitet werden , und welcber
eine Stelle in den Denkwiirdigkeiten einer scbweizeri-
scben Gesellscbaft fur NaUirwissenscbaften wobl unzwei-
felbaft zukommt. Docb miisslen wir Sie bitten , fiir die
zu solcbem Zwecke erforderbebe Beibiilfe in Copiaturen
und dergleicben nocb einen kleinen Kredil von einigen
Louisd'ors fortdauern zu lassen , so wie wir es als eine
scbuldige Pfliebt ansehen mtissen , dass alien denjenigen
Beborden, Yereinen oder Individuen, welcbe den Wiin-
schen der Gesellscbaft durcb ibre ibalige MitAvirkung
in dieser Angelegenbeil entsprocben baben, der Dank
der Gesellscbaft ausgedriickt, und dieselben mil dem
endlicben Besullate und zwar, was aus ibren einge-
sandten Arbeiten geworden sei , bekannt gemacbt wer-
den, was auch nocb einige Auslagen verursacben wird,
und somit einen kleinen Kredit fiir uns nolbig macbt.
Genebmigen Sie, Herr Prasident, Hocbgeacbtete Her-
ren, bei diesem Anlasse, die Yersicberung unserer voU-
kommenen Hocbachtung.
Ziiricb, den 27. Juni 1843.
Im Namen des Comite,
der Prdmlent,
H. 0. Lociier-Balber , Prof.
BERICHT
des
ARCHIVARS DER SCHWEIZERISCHEN NATURFORSCHENDEN
GESELLSCHAFT.
Die Bibliothek der schweizerischen natiirforschenden
Gesellschaft hat seit der Yersammlung in Altorf wieder
sehr erfreuliche Fortscbrilte gemacht, wie dies einer-
seits der alien Gesellschafts-Mitgliedern eiiigehiindigte
neue Catalog , anderseits die unten folgende Liste der
seit dieser Zeit eingegangenen Geschenke hinlanglich
darthun.
Wenn aber aiich diese Sachlage sehr befriedigend
ist, so erfordert doch das fernere Gedeihen noch Man-
ches , was nicht nur durch den guten Willen des Archi-
vars erreicht werden kann. Es ist schon der Yersamm-
lung in Altorf vorgeschlagen worden, dem Archivar
hinlangliche Geldmitlel anzuvveisen , am nacii und nach
die Liicken in der Bibliothek ausfiillen zu konnen. Da-
mals wurde verlangt, dass dariiber bestimmte Antrage
gestellt werden. Der x\rchivar tragt nun nach reiflicher
Ueberlegung darauf an , dass die Gesellschaft folgenden
Beschluss fasse:
« Die schweizerische naturforschende Gesellschaft
» weist ihrem Archivar zur Deckung seiner Ausgaben
220
» fur das Archiv die Eiiilriltsgelder und jahrlichen Bei-
» Irage der Bernerischen Mitglieder zu. »
« Einen allfalligen Ueberschuss dieser Gelder iiber
» die Auslagen fiir Porti, Einbiinde, Cataloge etc. darf
» der Archivar auf Erganzung der Bibliothek verwen-
» den. »
« Je am Jahresschlusse hat der Archivar iiber die Ver-
» wendung dieser Gelder dem Quastor Rechnung abzu-
T> legen. »
Dieser Beschluss wird dem dringenden Bediirfniss
abhelfen und dennoch fiir anderweitige Unternehmun-
gen , wie namenthch fiir die Herausgabe der Schriften
der Gesellschaft , die Gesellschaftskasse nicht zu sehr
schwachen.
Endlich wiinscht noch der Archivar behufs des
Tauschhandels der Gesellschaft, welcher durch Unre-
gelmiissigkeiten ungemein leidet, dass dem in den letz-
ten Jahren so sehr eingetretenen Verzogern im Drucke
der jahrlichen Acten ein fester Damm entgegengestellt
werde , und zwar durch folgenden Beschluss :
c< Die schweizerische naturforschende Gesellschaft
» beschliesst, es soil der Druck ihrer Jahres-Yerhand-
» lungen nie spater als im November beendigt werden,
» so dass die Versendung spatestens im November statt-
» haben kann. »
Der Archivar,
R. Wolf.
XIII.
VERZEICHNISS
der
SEIT DER VERSAMMLUNG IN AITORF EINGEGANGEIN GESCHENKE.
A. Von fremden GesellscJiaften ah Gegengeschenke gegen
die Verhandlungen mid Denkschrtften.
1. Abhandlungen der k. Academic in Berlin aus dem Jahre
1840.
2. Berichte, aus dem Jahrc : Juli 1841 — Juni 1842.
3. Verhandlungen der Acad.Natur.Curios.Vol.XVIlI. sup. 2.
4. » » B » » )> Vol. XIX. p. 2.
5. Memoires de I'Academie de Bruxelles, Vol. XI — XIV.
6. Memoires couronnes p. I'Acad. de Brux . Vol. XIV, 1 .XV, 1 .
7. Wctenskaps-Academiens Handlingar forar 1840.
8. Arsberatlelse om framstaegen i Tysikoch Kemiafg. 1840.
9. » om nyare zoologiska arbeten. 1837 — 40.
10. » om Technologiens. Afg. 1840.
11. Hctinstituut van het k. Nederl. Instituut van Wetcn-
sckappen. 1841.
12. Annalen der Wiener Sternwarte. Vol. XXI.
13. Memoires dc la socieled'histoire naturelle de Strasbourg.
111,2.
14. Verhandlungen des Niederosterreichischcn Gewerbsver-
eines. Heft 1 — 7.
15. National- Institution for the promotion of science of
Washington. Bullet. 1—2.
16. Transactions of the roy. Society of Edimburgh. Vol. I-XV.
222
B. Van schweizerischen Gesellschaften.
1 . Bulletins des seances de la Societe vaudoise des sciences
naturelles. N** 1—3.
2. Memoires de la Societe de physique de Geneve. IX, 2.*
3. Bulletins de la classe d'agriculture. Annees 1835etl836.
4. Catalogus biblioth. Soc. pbys. Turicensis et suppl. 1 — 4.
5. Mittheilungen der naturforschenden Gesellschaft in Bern.
N" 1—5.
G. Von Verfassern und Vedegem.
1. Schweizerische Zeitschrift fiir Medizin , Chirurgie und
Gcburtshulfe. I, 1—12, II, 1—6.
2. Schinz , der Kanton Ziiricb.
3. Gaudin, Flora helvetica. VII.
4. Emmert, Endigungsweise der Nerven in den Muskeln.
5. Emmert , Beitrage zur Pathologic und Therapie. I-
6. Thurmann , principes de pedagogie.
7. Ouetelct , nouveau catalogue des principales apparitions
d'etoilesfilantes.
8. Schorer, Licherum Helvet. spicil. XI — XII.
9. FrObel und Heer, Mittheilungen aus dem Ge!)ietc der
theorctischen Erdkunde. Hefte 3 — 4.
10. Bolley und Mollinger , schweizerisches Gewerbsblalt.
Jahrgang 1 — 3.
11. Haller, Badarztliche Beobachtungen im Gurnigel.
12. » Die Heilquellen des Gurnigels.
13. Studer, structure geologique des Alpes.
14. Valentin, wiedererzeugte KrystalUinsen des Kaninchens.
15. Valentin, Repertorium fur Anatomic und Physiologic.
Band II— VII.
16. Feuille du Canton de Vaud. Tom. XVII— XVIII.
17. Buhlmann, kranke Schlcimhaut der Respirationsorgane
undihre Produkte.
18. Agassiz, rapport sur les poissons fossiles.
19. » sur les vertebres de Squalcs vivans et fossiles.
223
20. Brown , plantes des environs de Thoune.
2i . Tavel , iiber das Wesen der Walder.
22. Frobel, Krystallologie.
23. Desor, ascension du Schreckhorn.
24^ » recherches de M. Agassiz sur ie glacier inferieur
de I'Aar en 1841 et 1842.
D. Von der BernerscJien Section.
1 . Sulzer , iiber die Schonheiten der Natur.
2. Fellenberg, landwirthschaftliche Blatter. II.
3. Schiapfer, der Kanton Appenzell.
4. nottingcr, warmc Bader in Baden, 1702.
5. Aitmann , Beschreibung der Helvetischen Eisgebirge.
6. Sulzer, die Kennzeichen der Insecten.
7. )) Geschichle der Insecten.
8. Leonhard, C. von , Geognosie und Geologic.
9. Blum, Oryctognosie.
10. » Lythurgik.
11. Abhandlungen der naturforschenden Gesellschaft in Zii-
rich, 3 Bde.
12. Usteri, Annalen der Botanik. I— XXIV.
13. Lavater, gelbes Fieber.
14. Scbobinger, der schlimme Alchymist.
15. Paracelsus, Arcbidoxon.
16. Scbeuchzer, Jobi pbysica sacra.
17. Sauter , Bad zu Ueberlingen,
18. Linne , predestiones in ordines naturales plantarum.
19. Tissot, lettres.
20. » Tinoculation juslifiee.
21. » inutilite de I'amputation des membres.
22. Haller, crsterllmriss der Gescbicbte korperlichenLcbens.
23. Linne, Systema plantarum Europae. 3 torn.
24. Valentin, Entwicklungsgescbicbtc des Menscben.
25. Usteri, medizinisch-anthropologiscbe Vorlesungen.
26. Schinz, Beilriige zur Kenntniss des Scbweizerlandos.
27. Wirz, Hirzels Leben.
224
28. Priestley , history of vision , etc. 2 vol.
29. Salis und Steinmiiller , Alpina , 4 Bde.
30. Romer und Schinz , die in der Schv^^eiz einheimischen
Siiugethiere.
31. Usteri, kleine gesammelte Schriften.
32. Hirzel , Denkrede auf .Joh. Gessner.
33. Pommer, schweizerische Zeitschrift fiir Natur- und Heil-
kunde. Neue Folge.
34. Fasi, Erdbeschreibung dcrSchweiz, 4 Bde.
35. Thurmann , souleveniens jurassiqucs. 2cl cahier.
36. Lambert, kosmologische Briefe.
37. Bescbreibung der astronomiscben Ubr auf dem Frobn-
waag-Tburm in Scbaffhausen.
38. Bernoulli , tbeorie de la manoeuvre des vaisseaux. Bale
1714.
39. Girtanner, Cardans und Bombellis Regeln. St. Gallen,
1796.
40. Senebier , Histoire litteraire de Geneve. 3 torn.
41. Fiisslin, Staats-und Erdbeschreibung der Scbweiz, 4 Bde.
42. Bourrit, description des Alpes. 3 torn.
43. Wild, la montagne saliffere du Gouvernement d'Aigle.
44. Hegetscbv^eiler , Reise in den Gebirgsstock zwischen
Glarus und Graubiindten.
45. Ebel, Anleitung die Scbweiz zubereisen. 3te Aufl. 4 Bde.
46. Verhandlungen der mediz.-cbirurg. Gesellschaft des Kan-
tons Ziirich.
47. Haller, formation du coeur dans le poulet.
48. » Opuscula anatomica.
49. » gelehrter Freunde deutsche Briefe.
50. Ploucquet, Schweizerreise. 1786.
51. Gruner, diemerkwiirdigstenGcgendenHelveticns. 2Th.
52. Konig, Reise in die Alpen.
53. Kastbofcr , Colonisation der Alpenweiden.
54. Fasi, Bibliotbek. 3 Bde.
55. Andrea, Briefe aus der Scbweiz. 1763.
56. Storr, Alpenreise. 2 Tb.
225
57. Deluc, lettres physiques et morales.
58. Lamberts Briefwechsel. 5 Bde.
59. Hirzels philosophischer Bauer.
60. Kasthofer, Raise auf den Susten, etc.
61. Steinmiiller, neue Alpina.
62. Sulzer, Bad bei Waldstatt.
63. Langbans, Simmenthal.
64. Tscbarner, Wanderungen durch die rhatiscben Aipen.
65. Munster, Cosmoprapbie.
66. Gessner, C, Tbierbucb.
67. » Vogelbucb.
68. » Fiscbbatb.
69. » Scblangenbucb.
70. » de scorpione.
71. BernoulUs Reisen, 1777 und 1778. 6 Bde.
72. Baltbasar , Merkwiirdigkeiten des Cantons Luzefn, 3 Bde.
73. Wissenscbaftlicbe Zeitscbrift der Basler Hocbscbule.
5 Bde.
74. Coxe , travels in Switzerland. 3 vol.
75. Bildniss von R. Scbultbess.
E. Von Herrn Beck, Lehrer der Mathematik m Bern.
1. Franscini, Statistik der Sebweiz.
2. Heurboldt , gereizte Muskel- und Nerveufaser.
F. Von Herrn Escher von der Linth in Zurich.
1 .' Bericbte , Steuerverzeicbnisse , etc. , iiber die Ueber-
scbwemmungen 1840. lOStiicke.
2. Bericbt iiber die bisherigen Verrichtungen der pyrotech-
niscben Gesellscbaft in Ziiricb.
G. Von R. Pater Girard in Freiburg.
Seguin, de I'education des enfants arrieres et idiots,
1^*^ trim.
H. Von Herrn Krieger, Lehrer in Bern,
i . Mittbeilungen aus dem Tagebucb eines deutschen Natur-
forscbers,
16
226
2. Ruess , Naturgeschichte.
I. Von Herrn Doctor Luthy in Bern,
1. Neuhaus, die Brasdorsche Methode.
2. Tscharner , iiber den Tetanos.
3. Schumacher, Nerven der Kiefer und des Zahnfleisches.
4. Vogt, zur Anatomie der Amphibien.
5. Percy, sur le croup.
6. » sur les fievres nerveuses.
7.,Lehmann, Missbrauch geistiger Getranke.
8. Mayor, sur le catheterisme simple et force.
9. Eroffnungen der mediz.-chirurgischen Gesellschaft des
Kantons Bern. 1810, 1811 und 1835.
K. Von Herrn Schuttleworth in Bern,
Reports 1 — 5 of the Botanical Society of Edinburgh.
L. Von Herrn Professor Studer in Bern.
1. D'Aubuisson de Voisins, geognosie. 2 vol.
2. Spallanzani , voyages dans les deux Siciles. 3 torn.
3. Poisson^ mecanique. 2 vol. Paris. 1811.
M. Von Herrn Professor Valentin in Bern.
Weber , de pulsu , etc.
N. Von Herrn Ingenieur Wild in Zurich.
1 . Schrdhl , allgemeine ForStordnung.
2. Dietrich, Pflanzenkenntniss.
3. Simmler, Regiment der 1. Eidsgenossenschaft.
0. Von Herrn Wolf, Archivar.
1. Parrat, tableau circulaire phyllographique.
2. Littrow, Karte der Sonnenfinsterniss. 1842.
3. Ziirch, meteorol. Beobachtungen. 1841 und 1842.
4. Schinz, Naturgeschichte.
5. Breitinger , Plan de la ville et des environs de Ziirich.
6. » Plan der Stadt Zurich.
22?
7. Denzler, Plan von Eglisati.
8. Poirson, carte du royaume de France. 181 '
9. Triangulation primordiale de la Suisse.
10. Rcngger, Saugethiere von Paraguay.
11. Fellenberg, landwirthschaftliche Blatter. II
12. Argelander , defide Uranometriae Bageri.
13. Bernoulli, lettres astronomiques.
14. Tissot, maladies produites par la masturbation . 7* edit.
15. Galls Lehre iiber die Verricbtungen des Gebirns.
16. Haller, Salzwerke im Amte Aelen.
17. Stark, Bescbreibung det meteorologiscben Instrumente.
18. Sozins, Anfangsgriinde der ElectrizitHt.
19. .losepb, Gedacbtnissfeier Lamberts.
20. Scbroder van der Kolk, Unterschiedzwischen todtenNa-
turkraften , Lebenskraften utid Scele.
21. Studer, iiber das vorgeblicbe Insektenrc^'gen.
22. Ziircberiscbe Maasse und Gewichte.
23. Liggenstorfer , J. C. Horner.
24. Statuten undGescbaftsordnung des niederostf . GeWerbs-
vereines.
25. Bescbreibung der neuerfundenen Fernscbreibemaschine
in Paris. 1794.
26. Burje , von der Telegraphic.
27. Lambert, Photometria.
28. Littrow, iiber den Zusland der praktischen Astrono-
mie in Italien.
29. Littrow, Aggiunte all' Astronomia nautica.
30. Jabrsbericbte 1 — 3 der poliklinischen Anstalt in Bern.
31. De la Rive, Archives de I'electricite, 1841. 1842.
32. Neujahrsgeschenk der naturforschenden Gesellschaft in
Ziirich , auf 1843.
33. Kant, metaphysische Anfangsgriinde der NaturwJssen-
schaFt.
34. Scheuchzer, Bibliotheca scriptorum hist, natur.
35. )) Enchiridion mathematicum.
36. Peslalozzi, Anschauungslebre der Zahlenvcrbaltnisse.
228
37. Schmid, die Elemente der Zahl.
38. Tralles , uber Maasse undGewichte. 2 Stiick.
39. Striibi, Arithmetica. Bern 1685.
40. Bernoulli , Leuchten der Meeres.
41. Deluc, ReisedurchSavoyen.
42. Berthoud, I'art de conduire et de regler les pendules et
les montres.
43. Kepler , Epitome astronomiae copernicae.
44. Bernoulli, lettres sur differens sujets. 3 Tom.
45. Micheli du Crest , lettre a la Rochelle et appendix.
46. Glareanus, de VI arithmeticae speciebus. 1538.
47. Pestalozzi , meine Lebenschicksale in Burgdorf und
Iferten.
48. Baldus, Mechanica Aristotelis.
49. Cbristianus, de cometis.
50. Erbauung einer neuen Krankenhauses in Ziirich, mit
Planen.
51. Gensler, EinleitungindieNewtonscheNaturgeschichte.l.
52. Drei Reden iiber tecbnische Bildung.
53. Holland , sur le systeme de la nature.
54. Loscher, eine neue Feuerspritze.
55. Siebold , de psediometro.
56. Scheurer, der Wissenschaften Missbrauch.
57. Drobisch, Qusestionum matb. psycbolog. specium 1 — 2.
58. Heinen, iiber Systeme von Kraften.
59. Bericht der Schwellencommission iiber die Correction der
Aar von Thun bis Bern.
60. Bericht der Schwellencommission uber die Aar, Zihl etc.
61. Levade, devariolis.
62. Industrie- und Kunstausstellungen zu Bern, 1810, 1824,
1836.
63. Instruction pour conserver la vie aux personnes tombees
dansl'eau. Berne, 1766.
64. Naturforschende Gesellschaft in Ziirich , liber Aus-
stocken und Pflanzung der Walder.
65. Escher, derZiirichsee.
229
66. Messmer , das Siechenhaus von Bern.
67. Die Entsumpfung des Linththales.
68. Scheuchzer , Kern der Naturwissenschaft.
69. Struve, Theorie derSalzquellen.
70. Crousaz, divers ouvrages.
71. Favre , Fontenelle et la marquise de G. dans les mondes.
72. Tissotj vie de Zimmermann.
73. Lionville, journal de mathematiques. 1841 — 1842.
74. Observations physiques et mathematiques envoyees de
Siam.
75. Erste Anfangsgriinde der Rechenkunst und Geometrie.
Zurich. 1782.
76. Sulzer, Begriff aller Wissenschaften.
77. Fischer, Psychologie.
78. Bildnisse vonEuler, Horner, Littrow , Olbers , Steiner.
P. Von Herrn Professor Wydler in Bern.
1 . Zimmermann , das Leben des Herrn von Haller.
2. Linne , Fauna suecica.
3. Hecker, Einleitung in die Botanik.
4. Vicomercatus , de princip. rerum natural. 1598.
5. Ernstingius, Krauterwissenschaft.
6. Metternich , ReibungundStraffheit derSeele.
7. Schott, Physica curiosa.
Q. Von Herrn Staatsschreiber Wyss in Zurich.
1 . Mousson , Rede bei der Einweihung der Kantonsschule.
2. Bildnisse von Escher und Wyss.
CATALOGUE
DONS ADRESSES A LA SOCIETE SUISSE DES SCIENCES NATURELLES
PENDANT SA SESSION A LAUSANNE EN JUILLET 1843.
1. Baup , Samuel , sur la fixation du chiffre des equivalents
chimiques, 8° ; extrait de la bibliotheque universelle de
Geneve. Juin 1842.
2. Blanchet, R . , sur 1 ' histoire naturelle des environs de Vevey .
Vevey 1843. S\
3. » histoire geologique des terrains tertiaires du
canton de Vaud. Vevey 1843. 8°.
4. » le mecanisme des sensations. 2® edit. Lausanne
1843. 8^
5. » influence de Tammoniaque et des sels ammo-
niacaux sur la vegetation. Lausanne 1843. 8^.
6. Bulletin of the proceedings of the national institution for
the promotion of science. Washington 1842, 8".
7. Choisy, de convolvulaceis dissertatio tertia. 4°.
8. Crud, economic theorique et pratique de I'agriculture,
2 Tom. Paris 1839. 8°.
9. Crud, sur Tassainissement de Villeneuve et de la plaine
du Rh6ne dans le district d'Aigle. Lausanne 1840. 8".
10. De la Rive, de Taction chimique d'un seul couple vol-
taique. 8**.
11. Gosse, analyse raisonnee de I'ouvrage du D"^ Verdeil, in-
titule : De la reclusion dans le canton de Vaud , etc. Ge-
neve 1843. 8^
12. Gosse , de la reforme des quarantaines. Geneve 1841. 8°.
ta. Hagenbach, Flora Basil. Suppl. 1843. 8^
231
14. Herkenrath, het gesticht voor behoeftige Cretinen-Kin-
deren , opgerigt door D'^ Guggenbuhl. Amsterdamm
1842. 8^
15. Heer, uber Vertreibung und Vertilgung der Laubkafer
und Inger. Zurich 1843. 8**.
16. Kaiser, die Heilquelle zu Pfaffers. 3^ Aufl. St. Galien
1843. 8".
17. Kochlin, von den Wirkungen der gebrauchlichen Me-
talle aufdenmenschlichenOrganismus. Zurich
1837. 8«.
18. » Necrologvonl. C. StedKn.
19. » Necrolog von A. Baumgartner.
20. Pictet, Perlides. Texte et planch. Geneve 1842. 8*».
21. » Ephemerines. Liv. I.
22. » Notices sur les animaux nouveaux du musee de
Geneve. 2^ liv. Geneve 1843. 4*'.
23. Riess, P., sur les figures roriques. 8°.
24. Selys-Longchamps, Faune Beige. I'^^part. Liege 1842. 8°.
25. Secretan-Mercier , sur la comete de mars 1843. 8°.
26. Trog, dieessbaren, verdachtigen u. giftigen Schwamme
derSchweiz, gezeichnet von Berguer , beschrieben von
Trog. I.
27. Twining, Some account of Cretinism. London 1843. 8*'.
28. Wartmann, E., relation qui lient la lumi^re a I'electri-
cite. 8**.
29. » sur la non-caloricite propre de Telec-
tricite. 8«.
^^- » sur quelques observations en meteoro-
logie. 8**.
XIV.
Tit.
Indem ich es von Herzen bedaure, dass mich meine
Vorlesungen hier zuriickhalten und mir den Besuch der
allgemeinen Naturforscher-Versammlung in Lausanne
unmoglich machen, erlaube ich mir, mich schrifllich
eines Auftrages zu enlledigen , dessen geneigte Besor-
gung ich Ihnen bestens empfehle.
Die Briisseler Academic bestrebt sich seit einiger
Zeit, die periodischen Phanomene zu studieren, und
hierbei nichl bios die bekannteren meteorologischen und
streng physikahschen Gegenslande, sondern auch die
beiden organischen Reiche zu umfassen. In letzterer
Beziehung sollen Tabellen gewonnen werden , um zu
wissen , zu welchen ^iciten des Jahres die wicbtigsten
Pflanzen zur Bhithe kommen, und wann die verschie-
denen Thiere welche Wanderungen unternehmen, in
bestimmten Gegenden auftreten, oder wann gewisse
Entwickelungszustande derselben zum Vorschein kom-
men. Diese Forschungen sollen iiber moglichst viele
Lander ausgedehnt werden , und die Schweiz diirfte in
dieser Beziehung bei der Eigenthiimlichkeit ihrer Lage
und der Manigfaltigkeil der in ihr vorkommenden orga-
nischen Naturproducte ein sehr wichtiges Gebiet fiir
solche Bemiihungen bilden. Herr Quetelet , immerwah-
233
render Secretar der Briisseler Academie, vvelcher die
Hauptleitung des ganzenUnlernehmensbesorgt, wiinscht
daher sehr, in den verschiedenen Schvveizercantonen
Forscher zu finden , welche sich diesen, ftir die Wissen-
schaften fruchtbringenden Arbeiten unterziehen mochten.
Er hatte sich schon zu diesem Zwecke an mehrere Ge-
lehrte, vorziiglich der franzosischen Schweiz und des
Cantons Bern gewandt, und bei mehreren derselben
sehr wilhge Aufnahme seiner Yorschlage gefunden. Herr
EHe Wartmann hat sogar schon eine, die Vogel betref-
fende Arbeit der Art eingesandt.
Dem Wunsche des Herrn Quelelet entsprechend,
erlaube ich mir nun , sie ergebenst zu bitten , den Ge-
genstand vor der allgemeinen Versammlung in Lau-
sanne wo inogheh zur Sprache zu bringen. Zu diesem
Zwecke wird Ihnen Herr Prof. Studer von hier, welcher
sich auch der Uebergabe dieses Briefes gefalhgst unter-
zogen , das Specialproject der Briisseler Academie iiber-
geben. Diese letztere wiirde auch sehr gern Mittheilun-
gen und Bemerkungen fiber die Methode der einzuschla-
genden Unlersuchungen vornehmen.
Bei der grossen Zahl von Botanikern, Entomologen,
Ornithologen und Zoologen uberhaupt, deren sich die
Schweiz erfreut, diirfte die Anregung der Briisseler
Academie gewiss reichlichen Anklang finden , und leicht
auf erwiinschte Weise in Erfiillung gebracht werden
konnen.
Sie wiirden mich sehr verbinden , Avenn sie gefalligst
unmittelbar Herrn Quetelet oder mir anzeigen wollten ,
welches Schicksal der Yorschlag bei der allgemeinen
234
Versammlung gefunden , welche Beschliisse in dieser
Hinsicht gefasst worden und welche Herren sich etwa
bereits erklart haben, ihre Tabellen Herrn Quetelet mit-
theilen zu wollen.
Die das Archiv der naturforschenden Gesellschaft
betreffenden Nachrichten empfangen sie gleichzeitig
durch die von dem zeitigen Secretar, Herrn Wolf, ver-
fassten Berichte.
Genehmigen Sie die Versicherung meiner ausge-
zeichnesten Hochachtung.
Bern, den 19ten Julius 1843.
G. Valentin,
z. Z. Prasident der Berner uaturforschenden Gesellschaft.
3EV.
EDUARD HAGENBACH.
Eduard Hagenhach wurde geboren in Basel, den
16. Juli 1807. Er war das jiingste der Kinder von
D*" und Prof. Carl Friedrich Hagenhach. Yon Eltern
und Geschwistern zartlich geliebt , wuchs der Knabe in
dem zahlreichen und gliicklicheii Familienkreise in jenem
stillen bescbeidenen Wesen heran , das der Grundzug
seines Characters gebbeben ist. Er macbte in der Schule
weniger schnelle, als gute und sichere Fortschritte ,
und zeichnete sich bei immer schoner sieb entwickeln-
den Anlagen durch einen beharrUchen Fleiss aus. Noch
in seinen mannlichen Jabren gedacbte er mit besonderer
Liebe einzelner Lebrer , unter deren Leitung er , sowobl
in dem Gymnasium und Padagogium seiner Yalerstadt
als auch in Privatstunden den Grund zu seiner wissen-
scbaftlichen Bildung gelegt batte. Hingezogen zu stiller
und sinniger Beobacbtung der Natur und ibren man^
nigfaltigen Formen , zeigte er einen regen Sinn fiir das,
was auf deren Erforscbung und auf ihre Darstellung in
der Kunst Bezug bat , so dass , batte er seiner natiirlichen
Neigung folgen wollen, er in einem zuriickgezogenen
wissenscbaftlicben oder kiinstlerischen Leben mancbe
Befriedigung wiirde gefunden haben. Seine unmittelba^
ren Umgebungen waren ganz geeignet, diese Neigung
236
anziit'achen iind rege zu erhalten. Der Vater ist nichl
luir in unserii Kreisen sondern dem grossern wissen-
schaftlichen Publikum als griindlicher botanischer Schrift-
steller bekannt. Ein alterer Bruder, Jacob Hagenbach,
welcher sich bereits als gediegener Entomolog einen
Namen erworben hatte, starb in jugendlichem Alter,
als er sich in Leiden zu einer naturhistorischen Berei-
sung von Java anscbickte. Allein der Wunsch in einer
bestimmten Weise der Menscbheit niitzlich , und beson-
ders seinem auf die hohere Altersstufe tretenden Vater
in seinem Berufe behiilflich zu werden, bestimmten
Eduard Hagenbach zum Studium der Heilkunde. Nach-
dem er sich in Basel vorbereitet hatte , besuchte er die
Universitaten Strassburg , Heidelberg, Berlin und Paris,
und erwarb sich , in seine Vaterstadt zuriickgekehrt, im
Jahre 1831, den Grad eines Doctors der Medicin und
Chirurgie. Er trat sofort in die medicinische Praxis ein,
und die Ausiibung seines Berufes wurde ihm , im voUe-
sten Sinne des Wortes, Gewissenssache.
Von der Ueberzeugung ausgehend, dass der Arzt
nicht nur durch einseitige Anwendung ausserlicher
Mitlel, sondern vorziiglich auch durch den Eindruck
seiner ganzen Personlichkeit, namentlich durch Theil-
nahme und mitleidvoUes Eingehen in den Gemiithszu-
stand des Kranken, heilsam auf diesen einwirke, suchte
er sich ganz an die Stelle des Leidenden zu versetzen ,
und litt bei vielfacher korperlicher Anstrengung, oft
auch geistig und gemiithlich mit ihnen und den Um-
stehenden. Dies erschwerte zwar vielfach die Ausiibung
seines Berufes und bereitete ihm manche triibe Stunde,
237
indem er sich Vorwiirfe machte , nicht hinlanglich seine
Pflicht erfiillt zu haben , aber es brachte ihm auch man-
chen Gewinn fiir sein hoheres geistiges Leben. Nach
ausserer Belohnimg und Auszeichnung war er nicht
begierig ; ofter pflegte er zu sagen : « die nach solchem
trachten, haben ihren Lohn dahin »; aber wo ein Hebe-
volles Zutrauen, eine einfache dankbare Gesinnung,
oder auch nur die Anerkennung seines redhchen Stre-
bens , und mehr verlangte er nicht , ihm begegnete , da
fand er sich wieder beruhigt und ermuntert , und wie
erselbst in dem Arzte den Menschen und dentheihieh-
menden Freund bewahrte, so that es ihm wohl, wenn
dieser ihm auch aus dem Kranken entgegentrat.
Ip seiner Gattin war ihm das Loos auf das Liebhchste
gefallen, und der trauliche Umgang mit seinen Kindern
war ihm die schonste Erhohmg nach vollbrachlem
Tagewerke. Auch in dem weilern Kreise der Seinigen
erwies er sich fortwahrend als einen treuen , hiilfreichen
Sohn , und als einen theilnehmenden Bruder und Freund.
Wenn er auch nie durch jenes hohe Maass von Ge-
sundheit und Riistigkeit sich auszeichnete , wie man es
vor allem bei einem Arzte wiinschen mochte, so war
er doch im Ganzen mehr leidend, als dass oftereKrank-
heitsanfalle ihn an der Ausiibung seines Berufes gehin-
dert batten; aber allmahlig, und besonders in den letz-
ten Jahren seines Lebens entwickelte sich der Keim zu
einer Krankheit, die besonders in gestorten Organen
des Unterleibes und der Brust ihren Sitz hatte. In ver-
wichenem Sommer fiihlte er die schnelle Abnahme seiner
Krafte. Dennoch erlaubte ihm seine Berufstreue nicht.
238
seine arlzlichen Besuche einzustellen ; das ganze Spat-
jahr und nocli einen Theil des Winters trug ihn sein
kranker und leidender Korper zu den Kranken und Lei-
denden, bis er endlich nach Anfang dieses Jahres das
Belt zu huten anfing. Es war sein Slerbebett. Bei der
immer mehr hervortretenden Gewissheit iiber das Ge-
fahrliche seines Zustandes sah er den letzten entschei-
denden Augenblick mit vollem Bewusslsein , aber im
Gefolge unsaglicher Leiden und Bangigkeiten berankom-
men. Aber aucb bier noch gab sich seine friihere Ge-
sinnung zu erkennen. Als er einmal eine sebr schwere
Stunde batte , sagte er : « acb , icb glaubte mit meinen
Kranken viel Mitleiden zu baben, aber nun sebe ich
erst, dass icb es lange niebt genug gebabt. » Am,ver-
wicbenen Palmsonntag ward die Gewalt der Leiden ge-
brochen , ein sanfter Todesscblummer Irat an die Stelle
des beissen Kampfes; er entscbbef in einem Alter von 35
Jabren , 8 Monaten und 24 Tagen.
In unsere Gesellscbaft wurde er im Jabre 1835 auf-
genommen, docb erlaubten ihm seine Berufsgescbafte
niebt, die Jabresversammlungen zu besucben. Er bat
bloss der Versammbmg in Basel im Jabre 1838 beige-
wohnt. Hingegen bat er fortdauernd tbatigen Antbeil
an den Arbeiten der Basler Cantonalgesellscbaft ge-
nommen , welcber er seit 1832 angeborte. Der Verkebr
mit der Wissenscbaft blieb ihm fortdauernd siisse Er-
holung. Obgleicb die Art und Weise, wie er seinen
arztlichen Berufsgeschaften oblag, ibm nureinekargzu-
gemessene Zeit iibrig liess, so wusste er aucb diese
fleissig und tr^u zu benutzen , urn niebt nur mit den
239
schnellen Fortschritten der Wissenschaft bekannt zu
bleiben, sondern auch zur Ausfiihrung selbslstandiger
Forschungen. Es waren namentlich einzelne Zweige der
Anatomic, die er mit Eifer und Vorliebe bearbeitete. Die
Ergebnisse legte er der Gesellschaft vor. Alle seine
wissensehaftlichen Arbeiten Iragen das Geprage gewis-
senhafter Beobachtung, und sorgfal tiger Beachtung aller
Einzelnheiten. Ein ausgezeichneteskiiusderisches Talent
gestattete ihm eine naturgetreue bildliche Darstellung
des durch Beobachtung Ermittelten. Von seinen Arbei-
ten sind nachstehende dem Drucke ubergeben worden :
Disquisitiones anatomicse circa musculos auris inter-
nse hominis et mammalium. c. tab. 4. aen. Basil.
1833. 4«
Die Paukenhohle der Saugethiere , mit 1 Kupfertafel.
Leipz. 1835. 4«.
Ferner in Midlers Archiv fiir Anatomic , Physiologic
u. s. w., Jahrgang 1839: Untersuchungcn iiber den
Hirn- u. Schadelbau der sogenanntenHollenhiihner.
Jahrg. 1841: iiber ein besondercs, mit dem Ham-
mer der Saugethiere in Verbindung stehendcs Kno-
chelchcn.
Auszuge aus einigen andern Aufsatzen sind in den
Jahrcsbcrichten der Basler naturforschenden Gesellschaft
enthalten. Seine letzte , noch ungedruckte Arbeit : iiber
eigenthiimliche Verhaltnisse im Yerlaufe mehrerer Aeste
des dritten Astes vom fiinften Hirnnervenpaar bei den
Wiederkauern , trug er in der Gesellschaft am 4. Jan.
1843 vor, wenige Tage ehe die zunehmende Entwick-
240
lung der Krankheit, die er in sich trug, ihn an sein lelz-
tes Krankenlager bannte.
Er hinterliess eine Sammlung anatomischer Prapa-
rate , die das Geprage der Sorgfalt an sich tragen , was
seine wissenschaftlichen Arbeiten auszeichnet.
Sie sind, seinem Wunsche zufolge, von den Hinter-
lassenen der offenllichen anatomischen Anstaltiibergeben
worden, von deren Direction er, in den letzlen Jahren
seines Lebens , Mitglied war.
XVI.
DE L.\
SECTION DE MEDECINE ET CHIRURGIE \
Seance du lundi 24 juillet 1 843.
Apres la seance generale, la section medico -chirur-
gicale s'est constituee sous k presidence de M. le D*"
Prevost, de Geneve.
Plusieurs societaires ayant annonce vouloir faire des
communications relativementaux fievres typhoides, la sec-
tion convient de traiter cette matiere demain , indepen-
damment des autres objets <jui pourraient €tre presentes.
M. le D"" Nicati fils, de Vevey , presente le prospectus
d'une iconographie ayant pour titre : Tabulm ad illustran-
dam embriogenesim hominis et mammalium, tarn natu-
ralem quam abnormem, par W. Vrolik, avec texte latin
et hollandais, ouvrage destine a completer le manuel
d'anatomie pathologique du meme auteur, mais formant
* Les presents proces-verbaux des deux premieres seances
de la section de medecine, redigespar M. le D'^ Favargnie, qui
en etait le secretaire , n ayant ete remis au soussigne que le 27
d'avril , il croit de son devoir de Les faire inserer ici , d'autant
qu on avait du y suppleer de memoire pour completer le compte
rendu. C. Lardy.
Lausanne , le 30 avril 1844.
17
242
cependanl un livre a part et complet dans son genre ^
M. Nicati invite la section a prendre connaissance de cette
publication qui concerne specialement les monstruosites.
M. le D"" Lombard , de Geneve, ayant exprime le desir
que Ton mit a I'ordre du jour pour apres demain quel-
ques observations dont il se proposait d'entretenir la So-
ciete relativement a I'emploi etaux effets therapeutiques de
rhuile de foie do morue, et que Ton se communiquat les
differentes experiences que les praticiens presents a la
reunion ont pu etre dans le cas de faire au sujet de ce
medicament encore insuffisammentetudie, une discussion
s'engage immediatement sur cet objet, de laquelle il
resulte que I'huile de foie de morue s'est trouvee surtout
efficace dans les affections des glandes abdominales,
dans les opblhalmies scrofuleuses, comme favorisant la
menstruation des sujets scrofuleux debiles. La difference
d'action de cette substance, observee selon les diverses
qualites livrees par le commerce, donnelieu, apres quel-
ques explications de la part de MM. Mayor et Morin, de
Geneve, sur la maniere d'obtenir cette substance et sur
les elements qui la composent, a la proposition de faire
de cet objet le sujet d'observations et d'etudes approfon-
dies , dont le resultat devrait etre communique a la So-
ciete dans sa reunion prochaine ou dans deux ans ; cette
idee est accueillie et on decide de se partager le travail
sur cette interessante matiere. M. leD"" Lombard se charge
d'etudier et d'observer specialement Taction de I'huile de
foie de morue dans la phthisic tuberculeuse et les engor-
1 On souscrit a la lihrairie Kessmann, a Geneve.
243
gements mesenteriques ; M. le D^ Gastella, d'apprecier
son effet sur le systeme osseux ; M. Morin, de trailer la
question chimique et pharmacologique , et de rechercher
dans quelles parties elementaires de cette substance git
son action specifique, etil est recommande aux praticiens
presents de recueillir en general avec soin tons les resul-
tats qu'ils seront dans le cas de constater relativement a
I'emploi de ce medicament.
Seance du mardi 25 juillet 1 843.
President: M. le D"^ Prevost, de Geneve.
Secretaire: M. le D-- Favargnie.
M. le D"" Castella , de Neuchatel , lit un extrait du
mouvement de I'hopital Pourtales , pour 1840. Get
extrait a rapport a la fievre typhoide , dont il a vu 50
cas au dit hopital. II decrit cette maladie comme il I'a
observee a Thopital et dans sa pratique particuliere pen-
dant lepidemie qui a regne a Neuchatel en 1840. Apres
avoir rapporte la marche de I'epidemie, donne un etat
statistique de I'age et des professions de ses malades , il
fait observer que I'age de 20 a 30 ans est celui ou Ton
observe le plus grand nombre d'individus affectes, et que
les professions n'ont aucune influence sur la production de
la maladie. II envisage cette affection comme miasmatique
et contagieuse. II rapporte les alterations organiques trou-
vees a I'autopsie des individus qui ont succombe , et il
244
pense que les ulcerations observees sur la face Interne de
I'inlestin sont le resultat de la destruction des fongosites
qui caracterisent les premiers developpeinents de la ma-
ladie , et non des vesicules. II etablit les rapports qu'il a
trouves entre les lesions organiques de la fievre typhoide
et celles de la dyssenterie, et pense que ces deux maladies
ont la plus grande analogic. II attribue a la faiblesse de
Faction du coeur , et non k 1' inflammation , I'hepatisation
pulmonaire qui s'observe si souvent dans la fievre typhoide.
Enfm, il indique le Iraitement qu'il suit, avec succes, de-
puis bien des annees contre cette rnaladie, trailement qui
consisteessentiellementdans I'emploi du calomel a petites
doses et des lotions froides reiterees plusieurs fois par
jour.
M. le D^ Lombard, de Geneve, communique un tra-
vail qu'il a fait, avec M. le D"" Fauconnet, sur la fievre
lyphoide. Ge travail est le resume de 235 cas , dont un
tiers environ ont ete traites par le calomel , a la dose de
quatre grains par jour. II resulte des nombreuses observa-
tions comparatives tres-interessantes faites sous tous les
rapports possibles relativement aux eflets des differentes
methodes de traitement concurremment suivies , que la
mortalite a ete moindre avec la medication par le calomel
qu'avec le traitement employe precedemment. Les eflets J
principauxdu calomel ont ete de diminuer les symptomes
cerebraux , thoraciques , et de rendre les hemorrhagies
intestinales moins frequentes. — Gememe travail contient
aussi quelques details sur la nature contagieusede la fievre
typhoide, sur des symptomes pen connus jusqu'a present,
qui paraissent avoir pour siege la moelle epiniere. Enfin,
245
M. le D"^ Lombard lermine par quelques remarques pra-
tiques sur le Irailement symptomatique et hygienique.
M. le D"" De la Harpe , de Lausanne , donne communi-
cation du resume dun memoire sur I'epidemie de lievre
typhoide qui a regne a Lausanne pendant I'hiver 1841 a
1842, extrait de la clinique de I'hospice de Lausanne.
L'auteur presente d'abord quelques observations gene«
rales sur la nature des fievres dites gastriques , qu'il envi-
sage (sans les confondre avec les embarras et irritations
gastriques) comme des fievres typboides a I'etat simple.
Partant de Ih , il pense que les diverses formes de fievres
typboides doivent etre envisagees comme des maladies
complexes ou composees , qui sans doute appartiennent
loules a« typhus gastricus, mais nesont plus a fetal simple.
Passant aux fievres typboides proprement dites, M.
le D'" De la Harpe decrit d'abord la marche et les particu-
larites topograpbiques de I'epidemie , puis il entre dans
quelques considerations relativement aux formes qui pre-
dominerent. Parmi ces formes, il est une complication
qui attire surtout son attention: finflammation depoitrine
qu'il nomme typhoide pour la dislinguer des pneumonies
ataxiques et nerveuses des auteurs. II rattache cette pneu-
monie a une espece particuliere d'inflammation du pou-
mon propre aux parties montueuses de la Suisse , et qu'il
se propose de decrire plus tard sous le nom de pneumonic
sub-aigue. II pose le diagnostic de cette pneumonic sub-
aigue typboide en enumerant les symplomes pbysiolo-
giqucs et anatomiques les plus saillants. — Quelques
observations generales sur les fievres typboides, leur
marcbe et Icurs caracteres se trouvent cntremelees au
246
resume des fails. Le traitement qui fut suivi dans Tepide-
mie decrite est louche brievemenl. Les rechules et les
maladies subsequentes occupentaussiM. leD^'DelaHarpe.
Ge memoire se lermine par 21 observations choisies de
fievres lyphoides , qui sont deslinees a reproduire la va-
yiabilite de caractere de ces maladies. Plusieurs d'entre
elles se font remarquer par le traitement suivi , d'autres
par les resultals des autopsies ou par la marche particu-
liere de la maladie.
A la suite de la lecture de ces memoires, une discussion,
qui absorbe toule la seance , a lieu sur la matiere qui en
est Tobjet.
M.le D'^Gosse, de Geneve, rend en particulier la sec-
tion attentive sur le caractere de la contagion des fievres
typhoides. Selon lui, le principe de la contagion ne s'y de-
veloppe , de meme que dans la peste , que par une action
inflammatoire dont il est en quelque sorte un produit se-
crete, si ce travail de contagion est empeche par une
medication perturbatrice (comme par exemple par le vo-
mitif dans la peste ) la contagion n'a pas lieu , d'ou il
resulte sou vent que la meme affection est tan tot conta-
gieuse , et tantot non contagieuse. G'est en agissant sur
le systeme medullo-spinal que ce principe produirait les
symptomes connus des affections typhoides , tandis qu'il
est autrement des virus ou Taction est purement locale.
M. le D"" Mayor, de Lausanne, fait remarquer^ quant a
la medication au moyen du calomel , Taction specifique
toute locale de cette substance sur les membranes mu-
queuses , et les bons effets qu'il en a obtenus dans les
ophthalmies scrofuleuses , les ulcerations de Turetre , du
247
col uterin , el c'est a celle action specifique qu'il attribue
les resiiltats de I'emploi de ce medicament dans les fievres
typhoides.
M. le D*" d'Espine communique, relativement a I'objet
de la discussion , quelques documents statistiques tires d'un
travail sur les causes generales de la mort et des maladies
mortelles, desquels il resulteque, sur la mortalite annuelle
dans le canton de Geneve, les morts par affection ty-
pho'ide entrent pour le ^/iqqq au 30/^ooo- E" Angleterre
pour le 55/j^^ au ss/^oqq. Les sexes ont ete pour Taffec-
tion lyphoide dans le canton de Geneve , en 1838, dans
le rapport de 12 hommes all femmes; en 1838, dans
celui de 16 hommes a 12 femmes. En Angleterre, le rap-
port est inverse. Quant a I'habitation , dans le canton de
Geneve le nombre des deces par affection typhoide a ete
pendant les deux memes annees 1838 et 1839, et
pendant les deux suivantes , toujours plus considerables
parmi les citadins que parmi les campagnards. La sai-
son la plus meurtriere pour I'affection typhoide dans le
canton de Geneve a ete une annee I'hiver, une autre
I'automne. Enfin I'age d'election a ete dans ce meme can-
ton la periode de 20 a 30 ans.
M. le D"^ Fueter, de Berne, voit dans les rapports com-
muniques des elements remarquables pour I'observation
empirique des fievres typhoides; mais il trouve qu'il
serait peut-etre preferable, pour le cas ou la section
voudrait continuer a s'en occuper, que Ton traitat quel-
ques points plus generaux et propres a etre elucides par
une discussion orale. A cette occasion, il dirige Tattenlion
de la Societe sur une circulaire de la section cantonaie
248
de Berne aux medecins de ce canton , dans laquelle ceux-
ci sont invites a observer en commun ces fievres epide-
miques pendant quelques annees consecutives, afin depar-
venir a faire une bonne statistique de ces maladies. II fait
observer que les obstacles d'un pareil travail se trouvent
surtout dans les circonstances suivantes:
1 ** Dans les differentes denominations.de la meme affec-
tion , dans la separation de la maladie prise en general ,
etdansses differents degres, periodes et formes. II croit
que tous les cas de fievres gastrique , bilieuse , muqueuse,
nerveuse, typboide, etc., doivent etre compris dans le
cas projete.
2« Dans la difficulte de distinguer , d'apres des carac-
teres certains et inalterables , le premier degre de la ma-
ladie epidemique, des etats de saburres et d'ingestion
accidentelle, comme de toutes les autres affections gastri-
ques, aigues, primitives ou sympathiques. II trouve ces,
caracieres distinctifs surtout dans les symptomes pronon-
ces de I'irritation cerebrale ou spinale; dans le cours pro-
longe de la maladie; dans les cas de maladie typhoide
prononcee qui se presenteraient siraultanement ; dans la
serie des cas de la maladie epidemique qui se trouverait
entre ses premiers degres et son expression la plus formi-
dable; dans le pouls rebondissant et redouble et dans les
taches typhoides.
3<* Un troisieme obstacle surgit de la difficulte de
distinguer, dans cbaque cas particulier, letat veritable-
ment typhoide d'une simple adguamie survenue dans le
courant de quelque autre maladie, aigue ou chronique,
que ce soit.
249
M. le D*^ De la Harpe complete ces indications en si-
gnalant une autre difficulte dans les complications tres-
diverses de la maladie , qui causent tres-souvent des diffe-
rences dans le diagnostic.
M. le D"^ Lombard annonce que des formules ont ete
posees a Geneve pour regulariser les observations en vue
d'une statistique des fievres typhoides, et qu'il en sera
fait mention dans la Bibliotbeque universelle.
Cette discussion est terminee par quelques remarques
de M. le D^ Prevost sur une espece particuliere de typbus,
qu'il a observee en Ecosse, ou il a assiste h un grand
nombre d'autopsies cadaveriques sans trouver aucune trace
de ces alterations de la muqueuse intestinale , que Ton croit
inseparable de I'essence des maladies typhoides.
XVII.
A.
LISTE DES MEMBRES PRESENTS
A LA
REUNION DE LA SOOETE SUISSE DES SCIENCES NATURELLES,
A LAUSANNE, LE*25 JUILLET 1843.
Argovie.
MM. Hausler, Carl.
Pfleger.
Bale.
Bolger.
Merian , Peter , professeur.
Merian, Rudolfs id.
Schonbein, id.
Steinmann , naturaliste.
Berne.
Dietrich, docleur.
Denime, professeur^ docleur.
Flugel , id.
Fueter , docteur.
Gibollet, Victor.
Isenschmidl , professeur.
Haller , docteur.
Simon, A., landammann.
Studer, pharmacien.
Studer, Bernard, professeur.
Studer, pasteur.
Trog, J.-G., pere, pharmacien,
251
Fribourg.
MM. Challamel, cure a Broc.
Favargnie, docteur.
Lagger, id.
Von der Weid, Ph., tresorier.
Geneve.
Bonijol, physicien.
Choisy , professeur.
Chaix, geographe.
De CandoUe, Alphonse, professeur.
Decrue , id.
De la Rive, Aucjuste, professeur.
De Luc, Jean-Andre , geologue.
Deleiderier, Jules, architecte.
D'Espine , docteur.
Gosse, id.
Lasserre.
Lombard, docteur.
Marcet , F., conseiller d'etat , professeur
Margot, Henri,
Marignac, Ch., professeur.
Mayor, docteur.
Moricand, Stephano.
Morin, P. S., docteur.
Morin , Pyrame , chimiste.
Pictet, F. J., professeur.
Plantamour , Emtle, professeur.
Plantamour, Philippe, chimiste.
Prevost , docteur.
Prevost, consul.
Ritter, Elie , mathematicien.
Vaucher, pasteur.
Walner, Jean.
Wartmann , astronome.
252
St. Gall.
MM. Sinz, docteur.
Neucuatel.
Agassiz, professeur.
Bovet, docteur.
Coulon, Louis J, fils.
Desor, E., docteur.
Dinkel.
De Castella, N., docteur.
Dubois, de la Chaux-de-Fonds.
Dubois, Frederic, de Montpereux.
Gressly , A.
Guyot, Ad., professeur.
Jiirgensen, Jules.
Nicolet, de la Chaux-de-Fonds.
Nicolet, de Neuchatel.
Schouffelberger , Amjuste.
Tschudi, naturaliste, docteur.
Touchon , pharmacieii.
Vogt, docteur.
Valais.
De Riedmatten, Janvier, bourgueme&ire.
Rion , AL, chanoine.
Chervaz, id.
Vaud.
Bugnion, Charles.
Beranger, Marc, pharmacien.
Baup , id.
Baup ,. S., directeur des salines.
Barraud, pepinierisle.
Bauty.
Bischoff, pharmacien.
Blanchet, chimiste.
253
MM. Boisot, Georges.
Brialte, membre de la commission des forets.
Centurier, pasteur.
Chavannes, D. A., professeur, president honoraire.
Cha^annes , Ed.^ professeur.
Creux.
Crud, E. V.B.
De Charpentier, Jean, prof., directeur des mines.
De la Harpe , docteur.
Descombes , id.
Davall, colonel.
Esperandieu , pastern'.
De Fellenberg , R.j professeur.
Fayod, Henri , docteur.
Fivaz, M.J, pasteur.
Fraisse , William , ingenieur.
Gillieron , L., professeur.
Hollard, H., professeur, docteur-medecin.
Kinkelin, Ch.^, ingenieur.
Leresche, pasteur.
Levrat, medecin-veterinaire.
Lardy, Charles ,, president de la Societe.
Mellet , pasteur.
Mellet, Henri.
Mayor , pere , professeur.
Mayor, fils, docteur.
Muret, Jean, juge d'appel.
Margot, H.
Mestral, pasteur a Moudon.
Nicati, G., docteur.
Nicati, C, fils, docteur-medecin.
Olloz, id.
Ruffy, candidatus juris.
Rapin , pharmacien.
Recordon, docteur.
254
MM. Ricou, Emanuel.
Saloz , medecin-veterinaire.
Thomas , E.^ naluraliste.
Venetz, pere, ingenieur.
Vuitel, Ch.„ pasteur.
Wartmann , Elie , professeur.
Yundzill, fils.
Zurich.
Escher de la Linth , Arnold , professeur.
Lavater , 3., pharmacien.
Schinz, professeur.
Trumpler, iean.
MEMBRE HONOR AIRE.
Baron Leopold de Buch.
ETRANGERS PRIESENTS A LA SESSION.
De Partsch , de Vienne.
Ewald, professeur, de Berlin.
Basswitz , de Belgique.
Calliaud, de Nantes, conservateur du Musee d'histoire
naturelle.
B.
PRESENTES
PAR LES SOCIETES CANTONALES
el elus membres de la Society Suisse des ScieDces Naliirelles
DANS LA STANCE DU 26 JUILLET 1843.
Bale.
MM. Haemerlin, Michael, horticulteur. — Botanique.
Berne.
Fischer, docteur, de Berne. — Medecine.
De Besenval, de Soleure. — Mineralogie.
Fribourg.
Perrier, Ferdinand, com. -inspect'., d'Estavayer. —
Mathematiques.
Geneve.
Deleiderier, Jules, 4807, architecte. — Geologic.
Chaix, Paul. — Physique.
Prevost, J. Ls., 1796. — Geologic.
Decrue, David, 1797. — Physique, Mathematiques.
De la Riye, Eugene, 1804. — Agriculture.
Neuchatel.
Schouffclbcrger, Henri- Auguste, 1804. — Sciences for.
Bo vet, F. L., docteur-medecin.
256
St. Gall.
MM. Sinz, C, docteur-medecin. — Medecine.
Valais.
Joris, Gaspardj d'Orsieres , docteur-medecin.
Dalleves , Antoinej, chanoine du Grand St. Bernard.
Vaud.
Cordey , Emile , d'Yverdon , doct. -med. — Medecine.
Joel, Frangois , etudiant en medecine. — Medecine.
Secrelan, Marc, professeur de mathematiques a F Aca-
demic de Lausanne.
c.
LTSTE DES MEMBRES
MORTS DEPUIS LA DERNIERE REUNION.
Bale.
MM. Hagenbach , Carl Friedrich.
Lucerne.
Feierabend , docteur-medecin.
Neuchatel.
De Meuron, Loim^Augusle ^ membre depuisl835.
Thurgovie.
Freienmuth, Regierungsrath.
Valais.
Gay , de Sion , docteur.
Vaud.
Mazelet , docteur.
Zurich.
Hirzel , bourgmestre.
Meyer, Caspar^ en Amerique.
Klaude, Salomon, Rittmeister.
HiUtcnschmidt , docteur en philosophie,
Daniker, docteur.
18
XVIII.
SOMMAIRE DES COMPTES
DE LA
SOCIETfi SUISSE DES SCIENCES NATURELLES,
POUR LE SERVICE DE 1842.
Solde du compte de 1841 , 718 f. 75
Arriere des finances d' entree , 20
» des contributions annuelles, 334
Finances d'entree pour 1842 , 96
Contributions pour 1842, 1143
Total des recettes , 2311 f. 75
Depenses.
Remises au fonds capital de la Societe , »
Paye a diverses commissions , 860 f . 65
Ports de lettres et affranchissements , 24 75
Perte sur T argent regu , 16 68
Debourses du comite central de Zurich, 779 24
Commission du cretinisme , 92 26
Depenses diverses , 54 39
1827 fr. 97
Solde du caissier pour 1842 , 483 f. 78
Aux archives de Berne , 3 50
Total du solde , 487 f. 48
En 1841 , le solde au 31 dec. etaitde 712 f. 15
Solde de 1842, 487 48
II y a done une difference en moins en
1842 de 224 f. 87
XIX.
EXTRAITS DES PROCES-VERBAUX
DES SECTIONS CANTONALES
DE LA
SOCIETE SUISSE DES SCIENCES NATURELLES,
POUR l'ann^e 1842-1843.
BERICHT
der
NATURFORSCHENDEN GESELLSCHAFT IN BASEL.
Vom September 1842, bis Juli 1843, fanden 16
Sitzungen statt, in welchen folgende Gegenstande be-
handelt wurden.
PHYSIK , CHEMIE UND GEOLOGIE.
Vortrdge.
HerrRalbsherrP. Merian : Ueber Gletscher nach den
neusten Beobachtungen von Agassiz (19. October 1842).
Herr Professor Schonhein : Ueber den Einfluss der
Zusammensetziing der Electroden auf die Starke der
Voltaischen Strome (16. Nov. 1842).
Derselbe : Ueber die luftformige Voltaische Batterie
von Grove, und iiber die Construction einer, von Herr
260
Schbnbein selber entdeckten Ghlor. WasserstofFsaule
(l.Februar 1843).
Herr Ralhsherr P. Merian: Meteorologische Beobach-
tungen aus letzterer Zeit (1. Februar 1843).
Derselbe: Bemerkungen uber den tiefern Barometer-
stand im Januar und Februar 1843, iind meteorolo-
gische Uebersichten vom Jahr 1842 (1. Marz 1843).
Derselhe: Ueber die Regenverhaltnisse in Miihlhausen
mid Basel (1. Marz 1843).
Herr Professor Schonhein : Ueber die Entwicklung
von Electricitat durch gespannte Wasserdampfe , und
iiber das eleclrische Verbalten der verschiedenen Wasser-
sloffverbindungen (1. Marz 1843).
Derselbe : Ueber den Einfluss gewisser Gasarten auf
die chemische Wirksamkeit des Platins (29. Marz 1843).
Derselbe : Ueber das rothe Blutlaugensalz und das
salpetersaure Eisenoxid (31. Mai 1843).
Derselbe : Ueber das merkwiirdige Verbalten des
rothen Bludaugensalzes bei der Beriihrung mit oxidir-
baren Substanzen (21. Juni 1843).
Kurzere Mittheilungen.
Herr Professor F. Fischer theilt mit, dass er auf
dem Basler Jura , in bedeutender Hohe , namlich am
Fussweg vom Thai des Stockes gegen der Hagenau,
bei Eptingen , einen Fiindling getroffen habe , der aus
Glimmerschiefer zu bestehen ihm geschienen, dessen
Grosseetwa zu 3' Lange, 2' Hohe, und 1 ' Breite an-
gegeben werden konne. Es bemerkt hiebei Herr Raths-
herr P. Merian, dass ihm noch aufkeinemso ostlichen
261
Punkte des Kant. Basel, grosse alpinisclie Blocke vor-
gekommen , wohl aber zwischen Langenbruck und Miim-
liswyl, und zwar daselbst ein quarziger Talkschiefer-
block(7. Septb. 1842).
Herr Prof. Schonbein weist den von Bunsen kon-
stituirten Voltaischen Apparat vor, in welchem das
Platin der Grove'scben Saule durcb einen Koblencylin-
der ersetzt wird (2. Nov. 1842).
Herr Rathsberr P. Merian tbeilt iiber das in der
Nabe von Augst entdeckte Salzlager, und die mit dem
dortigen Bobrlocb durcbsunkenen Gebirgsscbicbten ,
einige nabere Angaben mit (15. Februar 1843).
Derselbe gibt einige Notizen iiber das Erdbeben,
welcbes am 25. Marz, Morgens, 5 Minuten nacb 7
Ubr, bei Basel und einigen umliegenden Oertern ver-
spiirt worden (29. Marz 1843).
Herr Prof. Schonbein tbeilt die Bemerkung mit , dass
sicb den 20. Juni Hohenraucb, mit merklicbem Ge-
rucbe, eingestellt babe (21. Juni 1843).
PETREF ACTEN-KUNDE .
Herr Rathsberr P. Merian macbt eine Mittbeilung
iiber Fossils-Deckel der Gattung Turbo, deren unser
Museum aus dem terrain a cbailles des Jura der Um-
gebungen von Basel besitzt : die Scbaale, der sie ange-
horen, lasst sicb nocb niebt mit Sicherbeit bestimmen
(14. Dec. 1842).
Herr D"" Christoph BurkJmrdt weist einige interes-
sante, in unsern Umgebungen von ibm gefundene Petre-
facten vor (31. Mai 1843), darunter einen Ryncbo-
litben von eigentbumlicber Gestalt aus der obern Birs.
262
BOTANIK.
Vortrdge.
Herr Gartner Hdmerlin , iiber Reproduction der Ge-
waclise, insbesondere der^Holzer (18. Januar 1843).
Herr Professor Meissner: Ueber die Vegetation s-Ver-
haltnisse der Insel Hanglong , und der Siidwestspitze von
Neu-Holland, besonders vom Schwanenfluss (26. April
1843),
Kurzere Mittheilungen^
Es wird vorgezeigt, eine von Herrn Pfarrer Munch
iiberreichte Weintraube von hier, an welcher sowohl
rothe als weisse Beeren , auch eine getheilt rothe und
weisse Beere zu sehen. Hiebei bemerkt Herr Deputat
La Roche, dass vor Jahren, im Markgraflichen Garten
allhier, mehrere Gelander sich befunden, welche regel-
massig Trauben mil rothen und weissen Beeren trugen
(19. October 1842).
?OOLOGIE UND ZOOTOMIE.
Vortrdge.
Herr Professor Miescher : Ueber das electrische Organ
des Zitterrocheiis (7. Sept. 1 842).
Herr D"" August Burkhardt: Beschreibung und Vor-
weisung eines deformen dreimonatlichen menschlichen
F6tus(16. Nov. 1842).
Herr Prof. Miescher: Anatomic des Ancylus (luviati-
lis [H, Dec. 1842).
Herr Eduard Hagenbach : AnalomischeBeobachtungen
263
iiber eigenthumliche Verhaltnisse im Verlaiif mehrerer
Aeste des dritten Astes vom funften Hirnnervenpaar bei
den Wiederkauern (4. Januar 1843).
Herr D*" Nusser : Ueber den Mechanismus der Kinn-
laden in den Wirbelthieren (15. Marz 1843).
Herr D-- Imfwff: Bericht uber eine , unserm Museum
vonHerrn Carl Respinger, in Cuba, geschenkte Samm-
lung mexikanischer Insecten, aus alien Ordnun^en (31
Mai 1843).
Kurzere Mittheilungm.
Herr Professor Miescher berichtet, dass Petromyzon
marinus, und Silurus glanis kurzlich bei uns im Rhein
gefangen worden seien (7. Septbr. 1842).
Herr D^ Imhoff theilt einige Bemerkungen mit iiber
mexicanische Kafer, welche als Tauschgegenslande an
unser naturhistorisches Museum gelangt sind (7 Sept
1842). \ i^'
Herr P. Merian gibt folgende Nolizen iiber das Vor-
kommen einiger sellenerThierarteninderBaslerGegend.
Im September 1842 wurde Aquila brachydactyla , bei
Neudorf, von Herrn Ho fstetter geschossen; auch Herr
Ddublin in Efringen besitzt einen solchen Adler, der bei
Badenweiler geschossen worden ist. Die Tichodrome
phmitcoptera wurde in einem Paarein Istrien gefunden,
nach Herrn Daublins Mittheilung; aber auch im alteii
Salzthurme unserer Stadt wurde, nach Herrn Benedict
Christ, vor manchen Jahren ein Paar getroffen; ebenso
im Schonthal bei Langenbruck , Kanlon Basel; Phasia-
264
nm colchicm wurde einst zwischen Basel und Riechen
geschossen (19. Oct. 1842).
Herr Pfarrer Uebelin zeigte eine hier gefangene,
mit einigen weissen Flecken versehene Hausmaus vor
(2. Nov. 1842).
Herr Rathsherr P. Merim berichtet , dass ein Paar
des Talco alUcilla kiirzlich bei Rheinfelden geschossen
worden sei (16. Nov. 1842).
Herr D*" Iselin theilt mit , dass der hier gefangene
Lachs, welcher als merkwiirdig durch seine Grosse dem
Pubhkum gezeigt worden sei , an Gewicht 40 Pfund be-
tragen habe (16. Nov. 1842).
Herr Franz Seul legt eine Tabelle iiber moghche Ya-
rielaten der Helix nemoralis vor (26. April 1843), nebst
verschiedenen , in hiesiger Gegend gefundenen seltenen
Abanderungen dieser Schnecke.
VERSCHIEDENES.
Vortrdge,
Herr Rudolf Sulzer : Beschreibung seiner am 5. Sept.
1842 unternommenen Besteigung des Finsteraarhorns
(2. Novbr. 1842.)
Herr Georg Hoffmann: Schilderung seiner Bestei-
gung des Schreckhorns, im Canton Uri, am 9. August
1842 (30. Novbr. 1842).
Herr Prof. Miescher liest das Tagebuch von Herrn D"^
Emanuel Meyer von hier, iiber dessen Reise nach Bata-
via und zuriick nach Amsterdam, vor (1. und 15. Febr.
1843).
265
Mittheilungen.
Herr D*" Emanuel Meyer, von hier, erklart schriftlich
seinen Entschluss nach Mexico zu gehen , und ersucht
um Unterstiitzung durch eine Actiengesellschaft gegen
das Versprechen naturhistorischer Zusendungen.
Unsere Gesellschaft beschliesst sich mit 6 Actien zu
belheiligen.
Der genauere Inhalt deF hier angefiihrten Vortrage
wird in dem nach Jahresfrist erscheinenden YI. Hefte
der Verhandlungen der naturforschenden Gesellschaft in
Basel mitgetheilt werden.
Basel, 17. JuH 1843.
D*^ LuDwiG Imhoff ,
Secretdr.
B.
BERICHT
der
NATURFORSCHENDEN GESELLSCHAFT IN BERN.
Vom 5. November bis zum 15. Juli 1843 versam-
mehe sich die Gesellschaft neunmal.
In ihrer Sitzung vom 8. April entschloss sie sich,
die ilir gehaltenen wVortrage iiber eigene Studien , Beo-
» bachtungen und Versuche, welche die mathemati-
» schen oder Naturwissenschaften fordern, oder iiber
» ihre Geschichte neue Aufschlusse geben , in zwanglo-
» sen Nummern unter dem Titel Mittheilungen der na-
» turforschsnden Gesellschaft in Bern, in Druck zu ge-
» ben. » In dem folgenden Berichte iiber die von der
Gesellschaft behandelten Gegenstande wird auf diese
Mittheilungen hingewiesen.
MINER ALOGIE UND PHYSIKALISCHE GEOGRAPHIE.
1. Den 5. November 1842 theilt Herr Professor
Studer einige nachtragliche Notizen iiber die diesjah-
rigen Gletscherarbeiten mit, besonders iiber diejenigen
des Herrn Forbes , den er wahrend seines Aufenthalts
auf dem Montanvert besucht hat. Das Vorschreiten des
Gletschers erscheint daselbst sehr regelmiissig, unge-
fahr 16 Zoll taglich, — im mittlern Gletscher starker,
267
als am Rande, — im obern Gletscher nur wenige Zollc
schwacher, — ungefahr me es bei einer zahfliissigen
Substanz erwartet werden konnte. Die Stratification des
Gletschers hat Herr Forbes an alien, diesen Sommer
vonihm besuchten Gletschern beobachtet. Im allgemei-
nen scheint nach den diesjahrigen Resultaten die Glet-
scheraufgabe noch keineswegs gelost werden zu konnen.
2. Den 15. Juli 1843 sprach Herr Professor Stu^
der von den verschiedenen Ansichten iiber die Ent-
stehung der Thaler und einige fur und gegen die Er-
klarung der Thaler durch Erosion sprechende Erschei-
nungen im Berner Oberlande (vide N« 7 der Mittbei-
lungen).
BOTANIK UND ZOOLOGIE.
1. Den 7. Jenner und 4. Februar 1843 sprach Herr
Schuttleworth iiber die Land- und Siisswasser-Mollusken
von Corsica (vide N« 2 und 3 der Mittheilungen).
2. Am 4. Februar 1843 legte Herr Professor SMer
zwei Sammlungen von Chinesen gemalter Pflanzen
Friichte uud Insekten vor, die in alien Hinsichten sehr
merkwurdig sind und von Herrn Baggesen, Vater, er-
halten wurden.
3. In derselben Sitzung legt Herr Schuttleworth eine
Monstruositat der Pupa variabilis Drap. mit doppelter
Mundung vor, bei Bex im vorigen Herbst gefunden.
4. Am 15. Juli 1843 machte Herr Meier, von Burg-
dorf, eine schriftliche Mittheilung iiber eine neue Berei-
cherung der schweitzerischen Fauna durch die Ent-
deckung der seltenen Microphysapsela phoides in der
Nahe von Burgdorf (vide N« 6 der Mittheilungen).
268
5. In derselben Sitzung sprach Herr Schuttleworth
iiber die Struktiir der Schaalen der Muscheln (vide N** 7
der Mitlheilungen).
ANATOMIE, PHYSIOLOGIE UND MEDICIN.
1. Den 5. November 1842 theilt Herr Professor Va-
lentin einige Bemerkungen iiber Glaucom und die Wie-
derherstellung der Gristalllinse mil.
2. Am 4. Februar 1843 zeigt Herr Professor Valentin
eine Reihe von Hyrtl'schen Injection s-Praparaten unter
dem Mikroscope.
3. Am 8. April 1843 sprach Herr Professor Valen-
tin iiber das Pneumatomeler und einige mittelst dessel-
ben angestellte physiologische Versuche (vide N'* 3 und
4 der Mitlheilungen).
4. Den 6. Mai 1843 sprach Herr Professor Gerber
iiber hydraulische , die Thatigkeit der Herzklappen be-
treffende Yersuche, w^elche erin Verbindung mit Herrn
Gautschi anstellte (vide N^ 6 der Mitlheilungen).
MATHEMATIK , PHYSIK UND CHEMIE.
1 . Den 5. November sprach Herr Professor Rau iiber
galvanische Vergoldung und Versilberung (vide N** 1
der Mitlheilungen).
2. Den 4. Februar 1 843 hielt Herr Wolf einen po-
pularen Vortrag iiber das Aufsteigen durch Dreiecke
von einer Basis auf der Erde bis zur Bestimmung der
Fixslern-Distanzen. Im Allgemeinen folgt er hiebei einer
betreffenden Darstellung des Herrn Enke in Berlin.
3. In derselben Sitzung theilt Herr Landamman Si-
269
mon mit, dass es llim gelungen sei, Slahl zu vergolden ,
ohiie ihn vorher mil einer Kupferhaut zu iiberziehen.
4. Den 7. Jenner 1843 spricht Herr Professor ^fMw-
ner iiber galvanoplastische Niederschlage (vide N^ 1
der Mittheilungen).
5. In derselben Sitziing sprach Herr Wolf iiber gra-
phische Darstellung der Zahlen (vide N'' 1 der Mit-
theilungen).
6. Am 4. Marz 1843 sprach Herr Fiscjier, von Ober-
hofen , iiber eine einfache , ohne Hiilfstafeln brauchbare
Formel zur Hohenberechnung aus Barometerbeobach-
tungen, welche mit derjenigen von Leshe iibereinstimmt.
7. Den 3. Juni 1843 sprach Herr Professor Gerber
iiber die Resultate einer neuen und sehr einfachen Me-
thode, die verschiedenartigsten Niederschlage einfacher
und legirter Metalle auf galvanischem Wege zu erhal-
ten. Eine detaillirte Auseinandersetzung seines Verfah-
rens und des praktischen Nutzens desselben behalt er
sich fur spater vor.
8. In derselben Sitzung zeigte Herr Wolf eine neue
graphische Darstellung der Primzahleneigenschaften vor,
welche ziemlich befriedigende Resultate gab (vide N** 4
der Mittheilungen).
9. Den 15. Juli berichtete Herr Professor Brunner
iiber eine neue Methode fiir die Analyse von Schwefel-
verbindungen (vide N** 7 der Mittheilungen).
VERSCHIEDENES.
1. Den 3. Juni 1843 sprach Herr All-Oberforster
I von Greyerz iiber das Leben der Walder (vide N" 5
I der Mittheilungen).
270
2. Den 15. Juli 1843 wies Herr Doctor Haller aus
Pappe verfertigte Modelle von Crislallisationsformen vor,
Dieselben wurden von einem hiesigen Buchbinder , Ed.
Beck, nach Zeiclmungen von Beudant, Mohs und an-
dern ausgefiihrt. Sie sind sehr sauber und genau gear-
beitet , zum Theil mit Oeblfarbe angestrichen , zum Theil
ganz von weissen Karten gemacht. Da diese Modelle ge-
wohnlich in Heidelberg, und zwar auch aus Cartons,
aber auch in Niete und Holz fabricirt werden, und der
Transport und die Auslagen iiberhaupt dafiir ziemlich
bedeutend sind , so glaubte Herr Haller , dass es Leh-
rern und Liebhabern der Mineralogie in der Schweiz er-
wiinscht sein werde , zu wissen , dass alle nur wiinsch-
baren Modelle auch bier in Bern eben so nett und weit
billiger konnen verfertigt werden , als im Auslande , in-
dem das Stiick nur 3 a 4 bz, koste. — Allfallige Lieb-
haber konnen sich fiir Bestellungen an ihn wenden.
(Eine auf diese Vorweisung bin beschlossene Anzeige
findet sich in N** 6 der Mittheilungen.)
Als neue Mitglieder hat die naturforschende Gesell-
schaft in Bern die Herren D*" Fischer und Alt-Oberfor-
ster von Greyerz aufgenommen. Verloren hat sie durch
Austritt: die Herren D"^ Carl Emmert und Professor
Wydler.
Aus Auftrag der naturforschenden Gesellschaft in
Bern,
B. Wolf, Secreldr.
G.
RfiSUME
DES TRAVAUX DE LA SOClfil^ CANTONALE DE PHYSIQUE ET D HISTOIRE
NATURELLE DE GENHVE.
La Societe a eu 24 seances depuis le 23 juin 1 842 au
l^*" juin 1843. — Les principaux objets dont elle s'est
occupee sont les suivants :
1** ASTRONOMIE. GEODESIE. GEOGRAPHIE.
M. le professeur Plantamour a lu un memoire sur les
observations qui ont ete faites a I'observatoire durant
I'eclipse de soleil du 8 juillet 1842. — Les bords du
soleil etaient ondulants et confus a cause de la faible
hauteur de I'astre. L'eclipse a commence a
Qh 12^ 50",94 temps sideral,
etfinia 2^^ 8^ 2",44.
Les differentes observations faites pendant la duree
de l'eclipse sur la position relative des deux astres ont
mis en evidence une erreur en moins de 20",64 sur
I'ascension droite de la lune donnee dans les ephemerides
de Berlin.
M. le professeur Plantamour a communique les obser-
vations de la comete vue en mars 1843, et les elements
qu'il en a deduits. — Les observations ont ete faites le
272
17, le 18 et le 21 . La distance perihelie de 0,0045 est la
plus petite qu'on ait trouvee; ce qui a rendu le calcul de
cette comete plus difficile , c'est qu'elle n'a ete observee
que dans une partie de son orbite tres eloign^e k son
perihelie et ou cette orbite etait deja presque rectiligne.
M. Wartmann a annonce, d'apres sa correspondance,
que la comete avait ete vue de jour a la fin de fevrier et
dans le commencement de mars en Italic et en Amerique.
M. Plantamour a lu un memoire sur la seconde co-
mete de 1840, qui a ete observee a Geneve un assez
grand nombre de fois. Les elements paraboliques ont
ete corriges par la methode des moindres carres et pre-
senlent une erreur probable de 19^^ sur I'inclinaison, et
de 1,01 sur I'instant du passage au perihelie. M. Plan-
tamour a essaye de calculer les elements elliptiques de
cette comete; il a trouve des erreurs probables plus
considerables que pour I'orbite parabolique. La duree
de la revolution serait, d'apres ce calcul, de 1 3800 ans.
M. Plantamour a encore presente le resume des obser-
vations faites a la lunette meridienne dans I'annee 1842.
— La marche de la pendule siderale a ete constamment
reguliere, et les extremes de ses variations ne se sont pas
elevees a 0",4 par jour. La latitude qui se deduit des
observations de I'annee est de 46" 11^ 59"4. — On a
fait cette annee a la lunette meridienne 2092 determi-
nations d'ascensions droites et 2276 de declinaisons.
M. le col. Dufour a lu un memoire sur les methodes
employees dans la construction de la carte de la Suisse ,
soit pour determiner graphiquement la position des difFe-
273
rents points en adoptant la projection conique modifiee
de Flamsteedt, soit pour representer par le dessin le relief
du pays. La carte se composera de 25 feuilles; les levers
de detail se font au V25000 ou au Vsoooo, suivant les loca-
lites. La carte se public au Mooooo. — Les meridienset les
paralleles ont dans cette projection une courbure tres-
petite; le parallele de Berne, par exemple, est une cir-
conference de 60- de rayon. — L'auteur indiquedans
son memoire les procedes par lesquels il a trace ces cour-
bes par points. Les ingenieurs charges des leves de detail
indiquent sur leurs plans-minutes les lignes de niveau
qu'ils determinentpar un nivellement geodesique. Quant
au dessin de la carte , les courbes de niveau y sont rem- -
placees par des hachures qui suivent les lignes de plus
grande pente; et pour I'eclairement on a suivi unemethode
pai:ticuliere qui nest ni la methode fran^aise dans laquelle
la lumiere est supposee tomber obliquement, ni la me-
thode allemande dans laquelle sa direction est verticale,
mais un melange des deux methodes, variable suivant
les localites a representer. L'auteur a mis sous les yeux
de la Societe des plans-minutes et quelques parties de
la 17« feuille.
M. Wild a presente la carte qu'il a levee, 1 ete dernier
du glacier de I'Aar. Cette carte est au Moooo; elle re-'
presente les differents accidents du glacier, les blocs
prmcipaux des moraines, les grandes crevasses, les
cours d'eau de quelque importance, etc. Les operations
geodesiques s'appuient sur une base de 2001 pieds
mesuree sur la glace et sur une base de verification de
2241 pieds 4 pouces, dont la longueur a ete trouvee
19
274
par le calcul avec iine difference de 2 pouces sur la
mesure directe.
M. Chaix a 111 un memoire sur la geographic du Sou-
dan et du Sahara au moyen-age, d'apresles connaissances
empruntees aux auteurs arabes. (Biblioth. univ.)
Le meme a presente une carte manuscrite de la vallee
de Sixl, relevee pour quelques points au theodolite,
pour d'autres a la boussole.
PHYSIQUE.
M. CelUrier a lu le resume d'un memoire sur le mou-
vement de I'ether dans Tinterieur des corps. L'auteur
pense que, outre les mouvements de vitration relatifs
a la lumiere et au son , il peut s'en propager deux autres.
L'un d'eux est accompagne de dilatations et de conden-
sations et peut se presenter sous deux formes bien dis-
tinctes. Dans de certains cas , il produit la dilatation des
corps, dans d'autres leur changement d'etat; le calcul
indique ce changement sans en donner la loi.
M. Hitter a lu une note sur une relation qui existe
entre le volume atomique , le coefficient d'elasticite et le
coefficient de dilatation dans les corps chimiquement
simples. II a cherche a etablir, par des considerations
theoriques, que le coefficient d'elasticite est inversement
proportionnel au produit du volume atomique multiplie
par le coefficient de dilatation, et que la vitesse du son est
inversement proportionnelle a la racine carree du pro-
duit du poids atomique par le coefficient de dilatation.
La note se termine par une comparaison avec les don-
275
nees de I'experience qui s'accordent en general avec les
enonces precedents.
M. Forbes a expose ses vues sur la question physique
du mouvement des glaciers. L'idee principale de son
hypothese est que le glacier n'est pas essentiellement
solide et rigide, mais qu'il est done d'une demi-fluidite
analogue a celle de quelques solides pres de leur point
de fusion.
M. George Picot a lu un memoire sur la tempera-
ture de Geneve , deduite des observations faites depuis
1796. Les observations se partagent en deux series, d'a-
pres les heures ou elles ont ete faites. La temperature
moyenne deduite de la premiere serie, de I'JOG a 1825,
est de 9^,75 ; celle que Ton deduit de la seconde serie,
del826al841,estde9«,56.
M. le professeur Gautier a lu une notice historique
sur les observations meteorologiques faites a Geneve. II
passe successivement en revue les observations meteoro-
logiques regulieres faites parGuill.-Ant. DeLiic, de 1768
a 1800 ; celles de Sennehier, de 1782 a 1789; celles qui
sont publiees dans les memoires de la Societe des arts et
dans I'ancien journal de Geneve; enfm celles qui ont paru
depuis 1796 jusqu'a present dans la Bibliotheque britan-
nique et dans la Bibliotheque universelle. II a pu ainsi
construire un tableau des temperatures moyennes annuelles
de Geneve, de 1768 a 1841. La moyenne generale que
I'auteur regarde pour le moment comme la plus probable
est de 7«,65 R. ou 9«,56 C. (Bihlioth. univ.)
276
ELECTRICITE. ELECTRO-CHIMIE.
M. Wartmann fils, professeur, a lu un memoire qiu
contient la suite de ses recherches siir les courants d'in-
ductian.
M.le professeur DeJa/?tve a lu parextraits un memoire
en reponse a un travail critique de M. Poggendorf. Ge
memoire etendu presente de nouveaux fails a I'appui de
la theorie cliimique de la pile. II a paru dans le dernier
volume des Archives de I'electricite.
Le meme a presente une horloge qu'il a fait construire
a I'occasion du cours d'electricile appliquee a Tindustrie
qu'il a professe cet liiver. Le pendule de cette horloge fait
partie d'un circuit voltaique, dont il change la direction a
chaque oscillation. Ce circuit aimante alternativement
deux cylindres de fer doux^ entre lesquels oscille un nou-
veau pendule qui communique a une seconde horloge
le mouvement de la premiere. Cette disposition , diffe-
rente de celle qui a ete mise en pratique en AUemagne,
lui est preferable a plusieurs egards.
Le meme membre a lu un memoire sur une modifica-
tion qu'il a fait subir a la pile de Grove. II remplace I'a-
cide nitrique par de la poudre de peroxyde de plomb.
La lame de platine placee dans I'auge poreuse est entou-
ree de cette poudre tassee ; un conducteur en cuivre est
fixeau bord superieurdclalame de platine, et dans cetetat
Tauge estplongee dans le vase qui renferme I'acidesulfu-
rique etendu ouse trouve aussi une lame de zinc avec son
conducteur. Ge couple pent decomposer I'eau meme avec
deux electrodes de platine avec beaucoup plus d en^rgie
277
que la pile de Grove ordinaire. (Archives de relectricite,
T. III.)
M. Dela Rived, lu aussi un memoire sur Faction chi-
inique d'un seul couple voltaique et sur les moyens d'en
augmenler la puissance. II est parvenu a employer le cou-
rant dun couple a force constante , a produire un courant
d'induction qu'il dirige h travers le couple iui-meme, de
maniere a en augmenter considerablement Tenergie. II a
pu ainsi decomposer I'eau avec force , soit avec un couple
de Grove qui ne la decompose que faiblement, soit avec
un couple de Daniel qui ne la decompose presque pas.
(Archives de I'electricite, T. III).
CHIMIE.
M. le professeur de Marignac a lu un second travail
sur le poids atomique du chlore ; il a determine ce poids
par la methode de Berzelius, c'est-a-dire en formant du
chlorure de potassium par la calcination du chlorate de
potasse et en.transformant ce chlorure en chlorure d'ar-
gent qu'on analyse. Les resultats auxquels il est arrive
sont a pen pres les memes que ceux de M. Berzelius.
Le chiffre qu'il trouve pour le poids atomique du chlore
est 442,13. — M. de Marignac a aussi repele ce tra-
vail en partant du perchlorale de potasse, et il est arrive
au meme resultat.
M. le professeur De la Rive a lu un memoire sur les
effels chimi(pies des caux minerales d'Aix en Savoie ; il
a eludie Taction de ces eaux sur les difterents metaux ,
soilisoles, soit reunis sous forme de couples. Co memoire
est imprime dans la Bihliolheque universelle.
278
M. le professeur de Marignac a lu un memoire sur
la decomposition par la chaleur du chlorate, du per-
chlorate, du bromate et de I'iodate de potasse. L'on sait
que la calcination du chlorate de potasse decompose ce
sel , que I'oxygene se degage et qu'il y a formation de
perchlorate de potasse et de chlorure de potassium. —
iiorsque tout le chlorate a disparu , si Ton continue la
calcination I'oxygene se degage constamment, et a la fin
de I'operation le perchlorate se trouve converti en chlo-
rure de potassium.
M. de Marignac a cherche si les memes faits se pre-
senteraient dans la calcination du bromate ou de I'iodate ;
mais il a reconnu que ces deux sels se decomposaient a
toute epoque en oxig^ne et bromure ou iodure de po-
tassium , sans jamais presenter He periodate ou de per-
bromate de potasse.
M. Ant. Morin a rendu compte des travaux qu'il a
entrepris sur I'urine. II s'est assure que I'acide lac-
lique n'existe pas toujours dans I'urine , I'acide phos-
phorique au contraire s'y trouve tres-frequemment , te-
nant en dissolution des phosphates de chaux et d'autres.
dependant M. Morin a trouve dans I'urine des diabetes
de I'acide lactique libre, et il a reconnu que sa quantite
etait proportionnelle h celle du sucre , tandis que I'uree
dim\nue h mesure que le sucre augmenle. M. Morin a
aussi reconnu dans I'urine de diabete un liquide ana-
logue a celui qu'il a signale dans les cotyledons de la
vache , dans le travail qu'il a presente avec M. le
\y Prevost, I'apnee derniere. (Journ. de Pharmacie,)
279
ZOOI^OGIE. PHYSrOLOGIE ANIMALE. MEDECINE.
M. le professeur J. Pictet a lu par extraits la suite
de ses travaux sur I'ordre des insectes nevropleres ; le
memoire qu'il a communique contient ses observations
sur la famille des Ephemerines.
Le meme a presente a la Societe trois exemplaires de
Marsupiaux , dont notre musee s'est enrichi cette annee,
et qui constituent des types interessants. Ge sont le
Myrmecohius, le Paramele a museau pointu et le Pha-
langer renard.
M. Alex. Prevost a lu un memoire sur la vision bi-
noculaire; il s'attache k etablir la theorie des points
correspondants et a repondre aux objections que cette
theorie a soulevees.
M. Isaac Mayor, en injectant la membrane rachienne
sur laquelle la retine vient s'epanouir, a vu que le fait
de I'injection relevait cette membrane et ne pouvait
rapprocher la retine du cristallin d'environ un^ ligne.
M. Mayor pense que les vaisseaux de cette membrane
peuvent determiner le phenomene de I'ajustement de
I'oeil, en se remplissant plus ou moins de sang.
M. Ant. Morin a lu un memoire de medecine legale,
concernant un cas douteux d'empoisonnement par I'a-
cide hydrocyanique. Ce memoire est un contre-rapport
qu'il a fait en commun avec M. le D'" Mayor, pour com-
battre les conclusions des premiers experts nommes. —
Les experiences, faites en commun avec MM. Prevost ,
Gosse et Le Royer, sur les lapins, ont montre que
280
I'acide hydrocyanique introduit dans iin cadavre peut
en p^netrer tons les organes sans le concours de la vie.
M. le D*" Lombard a lu quelques fragments d'un me-
moire qu'il a redige conjointement avec M. le D'" Faucon-
net , sur la fievre typhoide. II etablit par des recherches
statistiques que la mortalite de la fievre typhoide est en
raison directe de I'age , et qu'elle est moins meurtri^re
chez les femmes que chez les hommes. L'auteur signale
plusieurs faits relatifs a la transmission de cette maladie
par contagion.
BOTANIQUE PHYSIOLOGIE VEGETALE.
M. le professeur De Saussure a lu un memoire sur la
germination des plantes oleagineuses. Ses experiences ont
porte sur la graine de chanvre , de choux colza et de
Madia saliva. Les graines impregn^es d'eau ont et^ ex-
posees dans une cuve amercure contenant250cm.3 d'air.
Lorsque les graines ont commence a germer , l'auteur a
determine la quantite d'oxygene absorbee et d'acide car-
bonique produit; il a aussi analyse les graines apres un
commencement de germination, et il communique les
resultats de ces differentes analyses qui lui ont montre
que Facte de la germination produit du sucre et detruit
de I'huile dans la graine.
M. Edmond Boissier a lu une note sur son voyage
dans I'Anatolie. Ge pays est peu connu sous le rapport
botanique, il n'a jamais ete etudie en detail et il a offert
a l'auteur un tres-grand nombre d'especes nouvelles sur-
tout de legumineuses.
281
MINERALOGIE. — GEOLOGIE.
M. Alp. Favre a lu un memoire siir la geologie des
iles des Cyclopes qu'il a recemment visitees , et a pre-
sente une collection des mineraux de ces iles qu'il a re-
cueillis dans son voyage.
Le meme a lu un travail tres-elendu, intitule: Comi-
derations geologiques sur le Mont Saleve et sur les terrains
des environs de Geneve. Ge travail fait partie du Tom. X
des Memoires de la Societe.
Le meme a lu un memoire sur des especes fossiles
nouvelles du genre Diceras qu'il a trouvees a Saleve
(Memoires de la Societe, Tom. X.).
M. De Luc a lu une note sur les groupes ou amas de
blocs de granite places autour de la pointe d'Ornex qui
termine la chaine des aiguilles de Chamouni au nord-
est. II croit que ces aiguilles ont ete le centre de depart
des granites qu'on observe entre Orsieres et le col Ferret,
ceux du Plan-y-beu au sud-est, ceux de Levron au nord-
est, ceux de la Vallee de St-Branchier et ceux de la
Vallee de Ghampeix au-dessus de Martigny. La compo-
sition uniforme de ces amas prouve qu'ils ont une ori-
gine uniforme qu'il faut placer aux aiguilles d'Ornex
composees du meme granite. L'auteur assigne comme
cause au dispersement de ces immenses debris le souleve-
ment de toutes les aiguilles accompagne de la sortie d'une
immense quantite d'eau.
Ce resume a ete approuve par la Societe cantonale de
physique et d'histoirenaturelle, dans sa seance du 6 juillet
1843.
Elie RiTTER, secretaire.
D.
EXTRAIT
l>liS SEANCES DE LA SOCIETE CANTONALE DES SCIENCES NATURELLES
DE NEUCHATEL.
PHYSIQUE DU GLOBE.
16 novembre 1842. — M. Agassiz commence I'ex-
pose de ses observations sur les glaciers, pendant un
sejour sur le glacier inferieur de I'Aar , aiix mois de juil-
let, d'aout et de septembre 1842. Apres avoir donne
un resume des progres generaux de cetle science nou-
velle, il aborde la question de la stratification , et de-
montre que tons les glaciers sont stratifies , non-seule-
ment dans les regions superieures du neve , mais encore
dans celles du glacier proprement dit , la oii la glace est
la plus compacte. II decrit les differentes modifications
que ces couches , d'abord horizontals , subissent dans
le cours du glacier , et attribue leur forme arquee a ce
que le milieu du glacier marche plus vite que les bords.
II decrit ensuite les modifications qui resultent pour la
stratification , de la rencontre de deux ou plusieurs gla-
ciers dans un lit commun , comme cela a par exemple
lieu au glacier inferieur de I'Aar.
30 novembre 1842. — M. Agassiz continue I'expose
de ses recherches sur les glaciers. II Iraite des pheno-
menes des handes bleues qui , selon lui , ne sont autre
2SB
chose que de la glace d'eau congelee dans les fissures
et les crevasses. Si cette glace contraste dune maniere
iranchee avec la glace ordinaire du glacier, c'est parce
que cette derniere contient beaucoup plus d'air , ce qui la
rend opaque. II fait remarquer que le plienomene des
bandes bleues est limite a un espace determine ; que ja-
mais il ne s'etend au neve proprement dit, parce qu'ici la
masse est encore trop peu compacte pour retenir I'eau
dans ses fissures. Les bandes bleues s'efFacent egalement
dans les regions inferieures du glacier ou , par suite de
rinfihration continuelle, la masse entiere estenquelque
sorte transformee en glace bleue ou glace d'eau. II fait
voir que I'opinion qui attribue les bandes bleues a une
inegalite de vitesse des differentes parties du glacier,
est denuee de tout fondement.
M. Agassiz a reconnu, par des mesures exactes faites
de concert avec M. Tingenieur Wild , que la marche
du glacier est inegale dans les differentes regions, et
qu'au glacier inferieur de I'Aar, le mouvement a ete beau-
coup plus lent pres de I'extremite qu'a I'hotel des Neu-
chatelois , qui est a deux lieues en amont. M. Agassiz a
egalement reconnu que, contrairement a son opinion,
le centre du glacier se meut plus rapidement que les
bords. II mentionne les experiences qu'il a faites pour
connaitre le mouvement relatif de la glace dans les diffe-
rentes directions, et a trouve, au moyen d'un grand
triangle , mesure pres de I'hotel des Neuchatelois , que
tandis que la glace se dilatait dans le sens longitudinal
du glacier, elle se contractait dans le sens transversal.
II passe ensuitc a la description du plienomene des trom
284
meridiens, dont M. F. Keller, de Zurich, a le premier
reconnu la regularile et qu'il explique d'une maniere tres-
satisfaisante , en les attribuant a raclion du soleil siir les
parcelles de gravier qui recouvrent la surface de la glace.
M. Desor donne un resume du memoire de M. Bra-
vais, sur les lignes d'anciens niveaux de la mer dans le
Fimmark, d'apres le rapport de M. Elie de Beaumont.
21 decemhre 1842. — M. Agassiz discute quelques
fails observes dans le Jupa , relatifs a la distribution des
blocs erratiques ; d'ou il resulte pour lui la preuve que
le Jura a eu ses glaciers propres, et il pense que ces gla-
ciers ont du persister encore quelque temps apres que
la grande nappe de glace, qui recouvrait la plaine Suisse,
avail deja disparu. II altribue en particulier a des gla-
ciers ces espaces degarnis de blocs et de galets qu'on
Irouve ca et la sur les flancs du Jura, et qui ont I'air
d'avoir ete balayes de haul en bas, comme on en voit un
exemple frappant a la Dole.
M. Guyot ne pense pas que les glaciers jurassiques
aient persiste apres la disparition de la nappe de glace
qui recouvrait la Basse-Suisse , car dans ce cas Texlre-
mite de ces espaces balayes devrait elre indiquee par une
moraine frontale alpine. Or de pareilles moraines fron-
tales n'existent pas , du moins pas a la Dole. En revan-
che, on y reconnait une moraine longitudinale, composec
de roches jurassiques qui ont jusqii'a cinq et six picds
de dianietre. Gelte moraine nest point cinlrce, mais
elle s'etend sur une longueur de plusieurs lieucs vers
Divonne au S.-O., ou commencent de nouveau les galets
alpins.
285
M. Agassiz affirme, de son cote, avoir vu ime moraine
cinlroe a la dent de Vaulion.
M. Desor rend compte des essais de draguages que
M. E. Forbes a fait dans I'archipel des Cyclades, jusqu a
uneprofondeur dedeux cents a deux cent vingt brasses,
et d ou il resulte qua ces profondeurs le fond de la mer
est tres-homogene, et que les animaux qu'on y trouve
sont tres-semblables sur de grands espaces.
21 decembre 1842. — II est donne lecture d'une
letlre de M. Nicolet, de la Ghaux-de-Fonds , sur une
Ineur particuliere qui a ete observee a la Gliaux-de-
Fonds, le 24 novembre. « J'ai observe, ecrit M. Nicolet,
a 4 heures du soir, un phenomene bien curieux. Par
une temperature de -f 3« C. et un vent du S. 0., la neige
lombait abondamment ; le ciel etait par consequent invisi-
ble, les lampes et les cbeminees etaientdejaallumees dans
lous nos ateliers. Tout-a-coup une lumiere jaunatre appa-
rut; elleavaitdel'analogieavec la lumiere de I'incendie
reflechie pendant la nujt ou avec la lueur jaunatre, trem-
blotlante et ondulee d'un corps plus phosphorescent. Elle
fatiguait la vue, non par son eclat, mais par le mouvement
que lui impnmaient les flocons de neige. Ce phenomene
duraplus d'une demi-heure; cette lumiere jaune etait assez
Vive pour fa.re palir celle des lampes, qu on a du eteindre.
J attribuece phenomene a la phosphorescence de la neige .
28 decembre 1842. - Discussion sur les anciens
g^ac^ers jurassiques, a propos de la communication de
M. Guyot, faite dans la precedente seance.
^Janvier 1843. - M. Agassiz rend compte des ob-
servations qu'il a faites a I'hotel des Neuchatelois sur
286
I'elat de la iieige dans ies differentes conditions atmos-
pheriques et sur la forme qu'elle affecle au moment de
sa chute. Ordinairement elle y tombe sous la forme de
petits grains agglomeres en flocons , absolument comme
dans la plaine. Quelquefois , il est vrai , il a vu , par
de fortes bourrasques , la neige tomber en petits grains ;
mais il pense que ces grains resultent uniquement du
frottement que Ies flocons eprouvenl , lorsque le vent Ies
roule sur Ies rochers ; car quand on Ies examine a la
loupe on Ies trouve composes des memes petits cristaux
que Ies flocons ordinaires , et ils n'ont pas le moindre
rapport avec Ies grelons. II a observe la neige, pour voir
comment elle se transforme en neve et il s'est assure que
toute espece de neige est propre a devenir du neve , fut-
elle meme excessivement poudreuse ; car il suffit de quel-
ques jours de soleil pour donner a une couclie de neige
I'apparence grenue du neve. II en conclut par conse-
quent que Ies grains de neve ne tombent pas sous cette
forme dans Ies Alpes. II pense, d'apres Ies observations
de M. Desor, que I'eau resultant de la fonte superficielle
nest pas etrangere a la formation des grains de neve.
M. Desor ajoute qu'en examinanl la tranche d'une
couche de neige sur laquelle le soleil a agi quelques
jours , on trouve la couche entiere traversee par des ca-
naux dans lesquels circule lean provenant de la surface ,
et que Ies espaces intermediaires sont deja enlierement
transparents comme Ies grains de neve. II se demande,
des lors, si Ies grains de neve ne sont pas occasionnes,
en partie du moins , par Ies debris de cette couche ainsi
creusee et rendue transparente par I'eau. Ce qui est cer-
287
tain , c'est que les grains de neve sont d'abord tres-pe-
tits et qu'ilsvont en grossissant a mesure qu'ilsvieillissent
et que de nouvelles parcelles d'eau viennent se congeler
autour du noyau primitif. II fait observer a ce sujet que
le neve dune annee a de plus gros grains que celui qui
n'a que quelques mois et que les grains sont aussi ordi-
nairement plus volumineux dans les grands cirques qui
sont le veritable berceau des glaciers que sur les soni-
mites et les flancs des aretes plus elevees.
M. Agassiz ajoute encore quelques observations sur
la transformation du neve en glace et sur les modifications
que les bulles d'air subissent dans le cours du glacier.
Souvent les bulles sont entourees d'une areole distincte,
a bords franges. Si Ton expose im morceau de glace con-
tenant de pareilles bulles pendant quelques instants a
Taction du soleil , on voit bientot les bulles se mouvoir
dans I'eau et remonter au sommet des areoles. M. Agassiz
attribue Ces effets k une action diathermane.
4 Janvier 1843. — M. Guyot rapporle que les brouil-
lards qui ont regne dans la plaine k la fin de novembre
et au commencement de decembre lui ont fourni I'occa-
sion de faire quelques verifications sur I'influence qu'exerce
sur les nivellements barometriques un etat de tempera-
ture almospherique aussi anormal qu'il I'etait alors. M.
Guyot trouva la temperature de lair a Neucbatel +1,0;
elle etait de 0,0 ii la limite du brouillard, a 850^ au-
dessus du lac. — Une centaine de pieds au-dessus du
brouillard, la temperature de I'air marquait deja + 7,0.
Elle etait de + 10,2 au signal de Ghaumont , au coucher
du soleil. En admettant , comme d'ordinaire , que la
288
(lemi-somme des temperatures des deux stations , supe-
rieure et inferieure (signal et Neuchatel ) , represente la
vraie temperature moyenne de toute la couche interme-
diaire , on commettrait ici une erreur grave en moins qui
devrait sensiblement abaisser lechifFre de la hauteur. Cest
ce que montre en efFet I'observation direcle faite sur le
signal de Chaumont. Comparee a la hauteur trigonome-
trique d'Osterwald , qu'on pent considerer comme tout-a-
fait rigoureuse, elle presente une difference de hauteur
d'environ 3 metres, tandis qu'en coupant par une sta-
tion intermediaire les deux couches d'air de temperature
si differente au-dessous et au-dessus de la limite des
brouillards et calculant la hauteur de chacune d'elles a
part , leur somme coincidait a moins dun decimetre pres
avec lamesure trigonometrique. Gette observation donnait
ainsi la limite d'erreur a laquelle on s'expose en operant
dans des circonstances pareilles, qui ne sont pas rares dans
nos contrees.
M. Desor rapporte qu'etant a Chaumont au commen-
cement de decembre, alors que toute la plaine etait re-
couverte de brouillard, il fut frappe d'un phenomene
tres-curieux que presentait la neige sur tout le sommet
de la montagne. La surface de la neige etait entamee par
une quantite considerable d'enlailles a peu pres horizon-
tales de quatre ou cinq pouces de large et de plusieurs
pouces de profondeur, comme seraient des cavites que
Ton aurait faites en introduisant des tuiles dans la neige.
II y en avait jusqu'a cinq et six sur Tespace d'un pied
carre. Mais ce qui etait surtout frappant , c'est que toules
ces cavites etaient lournees au S. ou au S.O., tandis qu'il
289
uy en avail aiicune toiirnee a lest et au nord. Leiir direc-
tion coirespondail par consequent a la plus grande cha-
leur du jour. Peut-etre aussi sont-elles occasionnees par
une influence particuliere du vent. — M. Coidon ajoute
qu'il a rencontre le meine plienomene avec les memes
caracteres au sommet et sur la cote de Ghaumont.
iH Janvier 1843. — M. d'Osterwald offre a la Societe,
pour etre public dans le procbain volume de ses memoi-
res , un travail sur Ihypsometrie du pays de Neucbatel,
comprenant la bauteur des points les plus importants de
son relief, determines trigonometriquement.
M. Ladame fait un rapport verbal sur ce travail.
Apres avoir indique les deux formules employees dans
les calculs, Vaplatissement lerrestre, le coefficient de refrac-
tion et les raijons de courbure admis par M. d'Osterwald,
il apprecie et discute la valeur de tons ces elements, il en
reconnait I'exactitude rigoureuse et conclut en demandant
que tons les elements de ce beau travail soient livres a
I'impression avec les hauteurs elles-memes, afin que la
confiance parfaite qu'il merite soit mise dans tout son
jour.
M. d'Osterimld donne lecture de quelques-uns des
resultats obtenus par lui, qui peuvent fairejugerde I'exac-
titude des operations qui leur servent de base.
Ainsi, le signal de Cliauniont a. ete mesure 19 fois
dans les circonstances les plus diverses et partant de
points differents ; chaque observation a ete repetee quatre
a six fois. Les discordances cependant n'ont jamais de-
passe les decimetres. — Signal de Concise. Les douze
observations, dont six de bas en haut et autantdehaut
20
290
en bas, ne dilfeieiU enlre elles que de fractions de piecf.
— II en est de meme du Creux du Vent et de tons \es
autres points fondamentaux.
Les hauteurs verifiees les unes par les aulres, par une
multitude de repetitions et parlant de points differents, et
ne presentant cependant que des differences minimes
entre elles, forment un vaste reseau de points bypsome-
Iriques, dont la fixation peutelre regardee comme aussi
rigoureuse que peut la fournir I'etat acluel de la science.
Get ensemble est parfaitement independanl des poinis
sur lesquels il s'appuie , et d'ou resulte le chiffre de la
hauteur absolue de chacun d'eux. La hauteur de ces
points , tels que Ghasseral et Chaumont, a ete empruntee
aux travaux des Frangais, et c'est par ce moyen qua ete
fixee la hauteur du Mole auquel se i-apportent toules les
mesures de M. d'Osterwald.
La variation qu'a subie dernierement la hauteur de ce
point de repere general , ainsi que celle de notre lac ,
variation qui a ete indiquee par M. d'Osterwald dans le
second volume des memoires de la Societe de Neuchalel,
provient d'une correction faite par les ingenieurs fran^ais
a la hauteur du Ghasseral, et n'infirme en aucun point les
resultats de M. d'Osterwald , qui forment un tout in-
dependant, et dont les rapports avec ce point restent les
memes.
A celte occasion, M.Ladamepresenle quelques consi-
derations nouvelles sur I'etal barometrique de I'atmos-
phere, aux diverses latitudes et sur la mesure des hau-
teurs par le barometre , qu'il se reserve de developper
plus tard.
291
M. Ladame appuie par quelques observations nouvelles
les idees qii'il a presentees precedemment sur le givre.
Les brouillards de decembre dernier lui ont fourni Focca-
sion de constater de nouveau que le givre se depose sur
les corps , toujoiirs du cote d'oii vient le courant d'air. —
Ainsi en decembre une legere bise ayant regne , le givre
s'etait accumule sur le cote est des branches sans qu'il y
en eut presque la trace a I'ouest. — Le vent ayant repris
legerement, le givre se deposa egalement dece cote; la
oil se fit sentir le joran , le givre se montra au nord.
M. Ladame , enfin , considere ces brouillards glaces et
le givre, etc., comme un phenomene de precipitation ana-
logue a celle qui a lieu dans une dissolution saline. G'est
ainsi qu'il I'a explique Tan dernier. Seulement il est diffi-
cile a dire pourquoi le givre ne se depose pas en longs
appendices sur les corps gros , mais seulement sur les ex-
tremites effilees et les corps greles. L'opinion de Pelletier
(memoire sur les brouillards), qui voitla un faitelectrique,
lui semblerait peut-etre la plus probable, et place les
observateurs dans la bonne voie pour arriver a une so-
lution.
M. Agassiz observe que le brouillard n'est pas loujours
humide; mais dans les hautes regions il se compose de
petites aiguilles de glace. II serait important a constater
le niveau ou le phenomene commence a avoir lieu d'une
maniere habituelle. M. Agassiz chercherait a attribuer
a une cause de cette nature la forme poudreuse que pre-
sente souvent la neige des hautes montagnes. II rappelle
le brouillard glace qu'il vit du haut de la Jungfrau monter
de Lauterbrunnen.
292
M. Desor considere le broiiillard glace comme tin fait
tres-frequent dans les montagnes. II croit poiivoir placer
dans cette classe de phenomenes ces broiiillards qui en-
veloppent parfois les haiites cimes (par exemple le Mont-
Blanc), lorsque les montagnards disent qu'il fume sa pipe,
et que Saussure, qui rapporte ce fait, croyait etre de la
neige poudreuse. M. Desor ne croit pas a cette explica-
-tion de Saussure , car ces sommites , loin de presenter
line neige poudreuse a la surface, sont couvertes dune
croiite dure provenant de la fonte superlicielle.
1 mars 1843. — M. le president annonce le relour
de M. Tschudi, naturaliste du niusee, et fait lecture d'une
courte relation de son voyage, qui lui a ete reraise par
le voyageur lui-meme.
M. Wild^ ingenieur, presente un dessin topographique
d'une bande transversale prise sur le glacier de I'Aar,
destinee a montrer , sur une grande echelle , les details
de la structure superficielle de ce glacier , des fenles qui
toutes ont ete rigoureusement mesurees, des bandes bleues,
des coucbes el de leur direction , en un mot a en repro-
duire une image d'une parfaite exactitude. Ce beau tra-
vail , qui est le complement de la carle du glacier de
I'Aar, levee par le meme auteur avec lant de perfection,
est accompagne de plusieurs profds qui mettent en relief
toutes les dimensions principales du glacier.
15 mars 1843. — M. Guyot presente une carte du
lac de Neucbatel , sur laquelle il a trace plusieurs coupes
transversales , resultat de quelques centaines de sondages
qu'il a fait I'ete dernier dans la partie orientale du lac ,
et d'un grand nombre d'aulres qui ont ete executes, a sa
293
priere, dans la parlie occidentale du lac, par M. le comle
Henri de Pourtales-Gorgier. Ces mesures font connaitre
avec precision la structure de cette vallee sous-lacustre,
sur laquelle M. Guyot annonce un memoire detaille.
5 avril 1843. — M. //. Nicolet lit la premiere partie
d'un essai sur la possibilite de changements successifs
dans I'inclinaison de I'axe terreslre , comme cause secon-
daire des revolutions geologiques du globe et des divers
changements de temperature que ce globe parait avoir
I'prouve a differentes epoques.
En comparant I'iaclinaison de I'axe dans chaque pla-
Mcte, avec le peu que nous connaissons sur leur consti-
tution physique, dit M. Nicolet, on trouve ce fait remar-
quable, que-l'inclinaison de I'axe de chacune d'elles est
a peu pres en raison directe de sa densite et en raison
inverse de son volume. Les planetes les plus petites sont
celles qui ont la densite la plus grande et ces planetes
sont aussi celles dont la surface parait avoir eprouve le
plus de changements par suite de commotions interieures.
D'un autre cote, les planetes qui offrent les plus grandes
asperites, sont aussi celles dont I'inclinaison est le plus
considerable; ainsi Mercure et Venus, dont lesmontagnes
les plus elevees sont egales, pour la premiere, a la I26"»«
de son rayon, el pour la seconde, a la 144™% ont une
inclinaison telle, que leur equateur est presque perpen-
diculaire au plan de leur orbite. Mais ce qui est surtout
remarquable, c'est que ces hautes montagnes, dans ces
deux planetes, se trouvent dans I'hemisphere austral, c'est-
a-dire dans la partie de chaque globe inclinee vers le
soleil.
294
M. Nicolet pense que la difference d'inclinaison des
axes planelaires n'est due qu'a une inegalile dans le poids
relatif des hemispheres austral et boreal de chaque globe,
et que pour les planetes citees plus haul , cette difference
provient des hautes monlagnes siluees preclsement sur
la parlie la plus pesante de chacune d'elles. II en conclut,
pour ces deux planeles du moins , que leur axe devait
avoir une direction differente relativement au soleil, a
I'epoque oii ces monlagnes n'etaient pas encore formees.
Remontant par analogic aux planetes superieures, il
pense que la prcsque perpendicularile de I'axe de Ju-
piter tient a une distribution plus egale de la matiere
de chaque cote de son equateur, egalite due a un refroi-
dissement peu avance compare a celui des aukes planetes.
Si nous supposons, dit-il , que toutes les planetes ont ete
formees en meme temps , et que depuis I'epoque ou la
terre a commence a se refroidir, jusqu'a ce jour, sa croute
solide ait pu acquerir une epaisseur de 20 lieues , dan^
Jupiter, dont le volume est 1333 fois plus grand que
celui de notre globe, cette croute n'aurait pas encore
atteint une lieue , tandis que dans Mercure , dont le dia-
metre est a peu pres le tiers de celui de la terre , cette
croute pourrait avoir une epaisseur a peu pres double de
celle de notre globe. Or si I'elevation des monlagnes est
en proportion de la resistance que la croute solide op-
pose aux forces interieures , il est evident que les mon-
lagnes de Jupiler ne peuvenl etre considerables et que
la distribution primitive de la matiere de chaque cote de
son equateur, n'a pu etre changee d'une maniere notable.
Quant a notre globe, si meme on n'admetlait pas que
295
ia masse de ses montagnes soil assez considerable pour
que leur inegale repartition ait pu, a elle seule, exercer
une notable influence sur I'inclinaison de son axe, en
troublant I'equilibre des deux hemispheres , cependant on
doit accorder que chaque soulevement un peu conside-
rable a du changer la distribution des eaux marines a sa
surfece. Ges parties mobiles jetees tantot sur un hemis-
phere , tantot sur Tautre , ajoutant leur propre poids a
celui de 1 hemisphere surlequel elles s'arretaient, durenl
chaque fois changer Ja direction de I'axe terreslre par
rap[X)rt au soleil. Or ce poids pent ^tre approximative-
ment evalue. En supposant aux mers de Themisphere sud
une profondeur moyenne de 3000 metres, M. Nicolet
trouve que le poids de ces mers serait environ la 525 5-56™"
partie du poids total du globe. Maintenant, si nous con-
siderons qu'une bonne balance Fortin , construite pour
peser jusqu'a un kilogramme, trebucheaun milligramme,
c'est-a-dire a la millionieme partie de ce }X)ids , il n'est
pas hors de vraisemblance d'admettre que I'inclinaison
actuelle de Taxe est due a cet exces de poids qui porte
precisementsursonextremite la plus rapprochee du centre
desmouvementsde notre planete. Mais comme cesmemes
eaux qui couvrent aujourd'hui I'hemisphere sud, ont
convert jadis I'hemisphere nord, M. Nicolet pense que
leur action sur I'inclinaison de I'axe du globe devait
etre alors en sens inverse de Taction actuelle.
M. de Rougemont fait une communication verbale
sur les progres de la geographic de I'Afrique meridio-
nale, depuis la publication de la carte de Berghaus
(1826), et de I'ouvrage de Gh. Kilter. II en resulte que
296
lidee dun immense plateau compacle, emise par ce der-
nier geographe, doit etre modifiee par les d^couvertes
recentes des voyageurs, et que dans cette masse, que Ton
croyait indivise, il semble necessaire de distinguer plu-
sieurs massifs de terrains eleves , separes entr'eux par
de profondes depressions qui ont servi de routes ordi-
naires aux migrations des peuples de ce continent. C'est
ainsi que le plateau de I'Orange , le massif de Lupala ,
la presqu'ile de Quardafui, le plateau Abyssinien, celui
de Mandara et des Ambos, et celui des Mandingues,
semblent elre tous plus ou moins isoles les uns des au-
ires par des lignes de depression indiquees par les
tleuves du Niger, du Nil et d'autres fleuves jnoins
connus.
19 avril 1843. — M. Guyot rend compte du memoire
de Dave, sur la comparaison du climat d'Europe avec
celui de I'Amerique septentrionale , et les causes de leur
difference.
3 mai 1843. — A I'occasion du rapport de M. Elie
de Beaumont, sur les recherches geologiques de M. de
Castelnau dans I'Amerique septentrionale , et parliculie-
rement sur le terrain erratique, M. Gmjot elablit une
comparaison enlre I'extension du phenomene erratique
de I'Amerique du nord et celui du nord de I'Europe. II
remarque :
I*' Que dans TAmerique du nord, le terrain errati-
que s'etend jusques au 35*^ L. N. , tandis qu'en Europe
les blocs scandinaves ne depassent pas le 50^ L. N.
2** Que ce fait coincide d'une maniere remarquable
avec celui de la temperature, relativement plus basse.
297
ties coiitrees de rAmerique clu nord, coraparee a cclle
des pays d'Eiirope, situes sous une meme latitude;
rapport qui est si hautement exprime par la forte in-
flexion que subissent les isothermes en passant de I'Eu-
rope dans TAmerique septentrionale.
3** Que malgre cette diff'erence dans Texteiision me-
ridionale , la distance des blocs extremes relativement a
leur point de depart est la meme dans les deux pays.
En Europe, partant de 60^, ils s'avancent jusqii'au
50« L N.
En Amerique, c'est du 45*^ au 35^ L. N. Dans I'un
et I'autre cas, c'est un rayon de 10° de latitude ou 250
lieues.
M. Agassiz rappelle les observations plus completes
du geologue americain Hitschkock sur ce sujet, entre
autres sur les roches polies et striees , que ce savant
altribue sans hesitation a Taction des anciens glaciers.
17 mat 1843. — M. Ladame lit une note sur les
conditions des transformations de la neige fine et pou-
dreuse en neige grenue , et de celle-ci en glace compacte.
II expose d'abord avec detail les trois faits suivants :
I*' La formation et la constitution des stalactites gla-
ces, resultant de la fonte de la neige par le beau temps,
et des nuits froides qui suivent.
2° La formation et la constitution des taches neigeu-
ses que Ton observe dans les. campagnes au printemps,
lorsque la fonte a lieu, comme cela vient d'etre dil, par
des journees chaudes suivies de nuits froides.
3° Les diverses transformations qu'eprouve le givre ,
(jui se depose sur les arbres lorsque la temperature so
298
maintienl dans le voisinage de zero el qu'il y a uiie Ibnle
partielle, mais non complete.
On pent conclure de ces fails :
1*^ Que la transformation de la neige farineuse en
neige grenue , et de cette derniere en glace compacte ,
est due a une propriete crystallographique que la glace
possede a un plus haut degre que les aulres corps, sa-
voir, de subir des changements de forme tres-nombreux
par des variations de temperature dans le voisinage de
la glace fondante, de maniere qu'il y ait successivement
liquefaction partielle et congelation.
2" Que partout oii Von observe de la neige grenue,
passant pen a pen a Vetat de glace compacte , il faut en
conclure qua une certaine epoque la masse entiere a ete a
la temperature de zero.
M. Ladame applique ensuite ce pVincipe a la theorie
des glaciers.
Les glaciers se formenlcomme cela a ete demontre par
les observations de divers savants, par les transformations
de la neige qui la font passer pen a peu a I'etat grenu ou
de neve, et de celui-ci a I'etat de glace compacte. Des lors,
en leur appliquant le principe precedent, nous serons
conduits a penser que dans ces circonstances la tempera-
ture a du s'elever a zero a une certaine epoque.
On comprend, des lors, que I'existence et la formation
des glaciers sont subordonnes a certaines conditions
climateriques, de maniere qu'il est possible d'expliquer
leur etendue et la nature variable de la glace qui les
compose, lorsque Ton connait ces conditions climateri-
ques. Mais pour le faire avec plus de certitude, il est
299
necessaire de tenir comple dun aulre principe qui re-
sulte d'une proposition que M. Ladame demontre et qu'il
enonce en ces lermes :
Lorsquune grande masse de glace on de neige estplacee
sous des conditions climateriques telles, que la temperature
superficielle s'eleve par intervalle au point de fusion , les
causes de rechauffements sont plus actives que les causes de
refroidissement , quant a Vinterieur du glacier.
II discule a cet effet ce qui esl relatif a la chaleur la-
tente de la glace a sa diathermaneite et a sa conducibilite
pour la chaleur.
La temperature a laquelle tombe la neige et sa quan-
tite , aussi bien que la duree et I'intensite des froids au-
dessous de zero , ont une puissante influence sur le
developpement des glaciers et sur la nature des masses
solides qui les composent. Ainsi, on pent expliquer
pourquoi la limite des glaces eternelles s'abaisse d'une
maniere si rapide a mesure que Ton marche de I'equa-
teur vers les p6les , comme I'a observe M. Leopold de
Buch. Gar dans les hautes latitudes, la neige tombe a
une temperature plus basse que dans le voisinage de I'e-
quateur, et les causes rechauffanles agissent d'une ma-
niere moins puissante et avec moins de continuile. Les
masses glacees polaires doivent etre des lors plus com-
pactes, et s'etendre plus bas dans les vallees.
II resulte encore, de la, que le phenomene des bandes
bleucs est tres-probablement un fait superciel el ne s'e-
lendant pas a la masse enliere du glacier, au moins
dans les regions oii elles se forment.
Le mouvemenl des glaciers pourra dependre, suivant
300
les cas, ou dela congelation de I'eauqui s'introduit dans
leur masse , ou bien de la raobilile a laquelle donne lieu
I'eau qui les penetre , lorsqu'elle est restee a I'etat liquide.
CHIMIE.
jer ^g'|;ney. 1843. — M. Ladame fait lecture d'une note
de M. F. Sacc fils, sur quelques-unes des causes chimiques
qui, dans la fabrication des toiles peintes, peuventem-
pecher la fixation des mordants d'alumine et d'etain.
M. Sacc les reduit a trois principales , qu'il developpe
successivement ; ce sont :
1** Lalrop forte proportion du chlorure stanneux, rela-
tivement a celle du mordant d'alumine.
2^ L'excessive secheresse des etendages.
3*^ Le pen de temps qu'on laisse s'ecouler entre le
moment de I'impression et celui du degommage.
Ad. GuYOT, prof. , secret.
GEOLOGIE.
16 novembre 1842. — M. Desor met sous les yeux de
la Societe une petite carte geologique des montagnes qui
entourent le glacier de I'Aar et le Grimsel. M. Desor s'est
surtout applique a poursuivre la limite qui separe le gneiss
du granit. II demontre que cette limite, qui est tres-tran-
chee, s'etend du N.-E. au S.-O., en passant pres du
Ritzlihorn et par I'Abschwung, de maniere que toutes les
grandes cimes, le Schreckhorn , le Finsteraarborn , le
Berglistock , les Wetterhorner , rEwigscbneeborn, etc.,
sont situes dans la region du gneiss. II rencontra dans
plusieurslocalitesvoisines des points de contact, des fdons
301
de graiiit an milieu du gneiss, et il remarqna que ce
graiiit des lilons elait loiijours d'une pate plus fine que
celui de la masse principale. II existe aussi, en plusieurs
endroits, par exemple au pied du Finsteraarhorn, des
lilons de gneiss au milieu du granit.
19 avril 1843. — M. Desor expose la theorie de M.
Danvin, sur la formation des atollons et les consequences
qu'il en deduit relativement au niveau des terres dans les
niers australes.
3 mai 1843. — M. Desor expose a la Sociele les
objections qui ont ete faites par M. Maclarel a la theorie
des atollons de M. Darwin, et la reponse qui a etefaite
a ces objections par I'auteur.
E. Desor.
BOTANIQUE.
l^*" fevrier 1843. — M. Vogt ayant examine au mi-
croscope les taches noires qui s'etaient formees depuis
quelques semaines sur les murs de la maison des orphe-
lins de Neuchatel, a reconnu qu'elles etaient formees par
une espece d'algue cloisonnee. On reconnait d'une ma^
niere tres distincte au microscope les sporules qui occu-
pent I'interieur des chambres.
ZOOLOGIE. PHYSIOLOGIE. ANATOMIE.
jer ^^|Tn>r 1843. — M. Vogt entretient la Societe des
differences que presente la structure microscopique des
dents des vertebres, dont I'etude est aujourd'hui de la
plus grande importance pour la determination des espe-
ces , et surtout des especes fossiles.
302
On pent (.llslinguer dans la structure des dents des
animaux, plusieurs types tres-distincls. Les dents des
mammiferes sont loutes construites sur le meme plan,
nialgrc les differences qu'elles presentent dans leur forme
exterieure. Elles ont toutes au centre nne cavite qui re-
pele plus ou moins le contour de la forme exterieure.
Celte cavite est entouree d'une substance tres-dure et
cassante, la dentine. Cette dentine est elle-meme tra-
versee par de nombreux petits tubes qui sont a angle
droit avec I'axe vertical de la cavite centrale el qui se
multlplient en se ramifiant vers la surface. Lorsqu'on
traite la dentine a I'acide, on voit s'en degager une quan-
tite de buUes d'acide carbonique qui partent surtout de
ces tubes , d'ou Ion a conclu qu'ils servaient a distru-
buer la substance calcaire dans toutes les parties de la
dent; c'est pourquoi on leur a donne le nom de tubes
calciferes. Par dessus la dentine est etendue la coucbe
d email qui manque a la racine et qui est formee , dans
les mammiferes, de petits prismes encbass^s les uns
dans les autres comme des coins. II y a cependant quel-
ques mammiferes, les Rongeurs par exemple, cbez les-
quels la cavite des dents molaires n'est pas simple , mais
presente des sinuosites diverses. Lorsque ces sinuosites
sont si serrees qu'elles se touchent , les espaces qu'elles
circonscrivent se remplissent dune substance particu-
liere tres-dure qu'on appelle le ciment.
La meme structure exisle dans les reptiles a I'excep-
tion des Icbtliyosaures et des grands Batraciens fossiles.
Dans ces animaux , la dentine est pbssee comme cbez
les rongeurs, et I'email suit les memes contours autour
303
Je la dentine. Un fail digne de remarque, e'est qne les
saunchthys, qui sonl des poissons des plus anciennes
lormahons, presentent la meme struclure
Un second type est celni oi, il y a plusienrs eavites
dans une senle dent. Dans ce cas, chaque cavite a son
• systen.e parliculierde dentine et se presente sous la forme
d un trou rond sur une coupe horizonlale. Ce type est
celu, de tons las poissons broyeurs; par une exception
tort rare , d se retrouve aussi dans un mammifere , rorvc-
terope. -^
Un autre type est celui of. la dentine est Ires-homo-
gcne et ou les eavites medullaires ont disparu pour faire
place a des canaux tres-iins qui forment des anastomoses
tres-nombreuses et Ires-variees. Cette structure est par-
t.eul,ere aux requins et a certains poissons ossenx.
M. Vogt fa.t remarquer que les distinctions necessitees
par les differences de la structure microscopique com-
cident d une maniere frappante avec les divisions etablies
par M. Agassiz dans les poissons fossiies, dapres les
lormes exlerieures de dents isolees
!".««« 1843. - M. Couion p^re appelle laltentton
dela Socetesurun fossile decrit et figure par M. Gop-
pert, dans le dernier volume des Actes de I'Academie des
Cnneux de la nature, sous le nom de petrification enigma-
>me (rathse hafte Versteinerung), et qui ne lui parait
etre autre chose que le nmaiks requienimm d'Orb de
notre neocomien.
II est donne lecture dun memoire de M. Pietruski,
.lans lequel lauteur rend compte des procedes qn'il a
employes pour elever de jeunes coqs de brnyere.
304
M. Agamz expose !es caracteres particiiliers d'une
coqiiille bivalve assez frequente dans le lias el qui a ele
decrite jusqu'a present par les auteurs sous le nom d'as-
tarte ou de cytherea trigonellaris. Depuis longtemps, M.
Agassiz doutait que ce type fut le meme que celui des
aslartes de nos mers; mais il n'avait pu reussir a degager
la charniere , ces deux valves ayant toujours ele trouvees
adherenles. M. Gressly est enfin parvenu a detacher les
deux valves en calcinant la coquille. M. Agassiz a alors
reconnu dans Tin terieur les caracteres suivanls: enapreinte
du muscle aiilerieur Ires-allongee ; celle du muscle poste-
rieur, au contraire, arrondie. L'empreinte palleale a un
sinus pen profond, landis que ce sinus manque complete-
ment dans les vraies aslartes. Mais le caractere le plus
saillant reside dans la structure de la charniere; tandis
que, dans les vraies aslartes , la valve droile porle la dent
cardinale el la valve gauche la fossette , I'inverse a lieu
dans I'espece fossile du lias; c'est la valve gauche qui
porle la dent el la valve droile la fossette. M. Agassiz
appuie des-lors la proposition de M. Roemer, de separer
generiquemenl celle espece du lias , et il propose de lui
donner le nom de Pronoe. Celle distinction lui parait
d'autanl plus necessaire , que celle espece n'est pas la
seule qui montre celle particularite , car on Irouve dans
le corallien blanc une autre espece du meme type.
M. Agtssiz expose quelques considerations sur les par-
ticulariles de la structure des verlebres de plagiostomes.
Jusqu'ici on n'avait aucun moyen de determiner les ver-
tehres detachees de ces poissons , parce qu'on ne posse-
dait pas de squelette entier d'aucune espece et qu'on ne
305
savail par consequent pas a quel ()pe .le deuls il fallai,
les rapporler. Cesl a M. M filler, de Berlin, que M. Agassiz
doit les renseignements qu'ilpossedeaujourd'hui, etqui
montrent que les differenls genres ont des vertebras tres-
differentes, qui permettent de les reconnaitre sans peine
M. Agassiz fait passer sous les jeux de la Societe des
vert^bres detachees de plusieurs types, qui presentent
tous des caracteres bien tranches. C'est ainsi que les ver-
tebres de Lamna offrenl sur toute leur peripherie des
fissures remplies de cartilages. Les corps de vert^bres
sonttres-courts; leur longueur n'a que la moitie de leur
hauteur. Dans le genre Alopias, les corps de vertebres
ont k leur bord anterieur et posterieur une lisiere lissc
cntrelaquelleles surfaces des corps de vertebres montrent'
de nombreuses rainures paralleles et tres-flnes. Dans le
genre Carclmrim. les corps de vertebres sont presque
cylindriques, un pen compiimes lateralement et plu.
courts que hauls. Les genres Edmorimm, Notidanm
Cmtnm et Acantlms nont jamais les vertebres ossiliees'
en sorte qu'on ne doit pass'attendre a en trouver de fos-
SI les.
15 .mrs 1843. _ II est fait lecture d'un memoire
de M. Fritz Sacc, sur les colorations animales. L'auteur
fait remarquer que parmi les differentes matieres colo-
rantes qu'on emprunte aux animau.v, il n'en est aucune
qui ait ete fournie par le plumage des oiseaux, qui ce-
pendant presente des colorations si varices. 11 est evi-
dent pour lu, que ces colorations sont dues uniquement
a I absence ou a la presence de la substance colorante qui
fist le sang ou lun de ses principes, et qnelles ne sont pas
21
306
un jeu de lumiere, ni le resuUat d'une alteration des tissus
eux-memes. Chez les mammiferes, les colorations bril-
lantes n'apparaissent que sur les parties nues de la peau,
qui se teignent par Taction directe du sang, et elles
n'affectent que deux formes , le rouge et le bleu. De ce
que les plumes sont formees de la reunion de plusieurs
poils , I'auteur en conclut que leurs proprietes physiques
el chimiques doivent etre analogues. Or, les couleurs
varices qu'affectent les animaux sont dues k la faculte
qu'ils possedent d'imprimer k leur fluide nutritif, une ou
plusieurs modifications. Cest ainsi que les bees -croises,
les linottes et les bouvreuils perdent la couleur rouge
de leurs plumes , lorsqu'on les nourrit exclusivement de
chanvre. L'age influe aussi de diverses manieres sur la
nature des teguments , et il en est de meme du sexe ,
dont I'influence est surtout marquee chez les oiseaux;
chez les gallinaces , par exemple , les males ont les cou-
leurs d'autant plus vives que les femelles les ont plus
ternes. Le sang, que M. Sacc envisage commeleprincipe
de la coloration animale , possede les trois couleurs pri-
mitives, le bleu, le rouge et le jaune, des lors il doit pou-
voir produire toutes les couleurs qui parent les animaux.
Or, de ce que le sang est rouge chez tous les mammiferes
et les oiseaux , et qu'il conserve sa couleur , quelle que
soit leur nourriture , il s'ensuit que cetle couleur pro-
vient d'une modification toujours identique des aliments
ingeres. M. Sacc pense que Tazote joue un grand role
dans la coloration. Enfin, il trouve une derniere preuve
de la coloration des teguments par le sang dans le fait,
qu'a I'exception de Fours polaire , du cygne commun et
307
du cacadou , les animaux a pelage blanc ne prennent cette
teintequ'a la suite d'accidents ou de maladies. Si les poils
n'ont pas la vivacite des teinles des plumes, c'est parce
qu'ils sont infiniment moins delies et toujours humectes
par une huile grasse, le plus souvent opaque, qui remplit
leur canal interieur et ternit leur eclat. Cette huile agit
aussi chimiquemenl en empechant le contact del'oxygene
de I'air avec la matiere colorante des poils, et en s'oppo-
sant par la a son oxidation ainsi qua sa dessication.
19 avril 1843. — M. Vogt rend compte des recher-
ches de M. BischofF, sur I'embryologie du lapin, qui con-
firment a plusieurs egards les resultats auxquels il est
arrive lui-meme par I'etude de I'embryologie du crapaud
accoucheur (Ahjtes ohstetricans), et de la pal^e (Gorregomis
Palwa).
MEDECINE.
21 decembre 1842. — M. de Castella lit une notice
sur un cas de sphacele par congelation , qui a necessite
I'amputation des deux jambes. Le malade a parfaitement
soutenu ces deux operations graves , pratiquees immedia-
tement I'une apres I'autre; aucun accident n'est venu en-
traver le traitement cpnsecutif, les ligatures sont toni-
bees du 9® au 12® jour, la jambe gauche etait complete-
ment cicatrisee. Au bout d'un mois, la droite offrait en-
core une petite plaie au centre du moignon; mais elle
elait a la veille de se cicatriser. Ge cas offre, d'apres M.
de Castella, trois observations pratiques importantes:
1* La gangrene est survenue aux deux jambes sous
I'influence d'un temperature au-dessus de zero , puisque
308
autour du rnalade il n'y avail ni pluie ni neige, et que ses
Y^temenls n'etaient point roides. Le malade assure que
la pluie est tombee sur lui t(«ite la nuit; ses jambes, a
demi nues, avaient ete ainsi exposees a une irrigation con-
tinue dont I'efFet a ete de susprendre la circulation dans^
les vaisseaux capillaires et d'amener la gangrene. Deja
on a signale des cas de gangrene survenus a la suite
d'irrigations trop froides ou trop longtemps soutenues.
Les chirurgiens doivent etre sur leurs gardes a cet egard,
M. de Castella en a eu deux exemples qu'il a attribues , il
est vrai , plutot a la gravite des accidents qu'aux irriga-
tions : c etaient deux cas de fractures compliquees.
1° Apres la section des muscles pendant I'amputation
la retraction musculaire a ete nulle parce que les muscles
etaient enflammes , il ne faut done pas compter sur cette
retraction quand on opere sur des membres enflammes,
en s'eloignant autant que possible du siege de I'inflam-
mation.
3° Le malade a tres-bien supporte ces deux amputa-
tions successives. On a done eu raison de ne pas les faire
a distance , c'est-a-dire en renvoyant la seconde a un
temps plus ou moins long apres la premiere , sous pre-
texte de menager les forces et la sensibilite du malade.
La fievre traumatique a ete peu considerable , la suppu-
ration n'a point epuise les forces , ce qui aurait eu lieu
si on avait agi difieremment.
l®*" fwrier 1843. — M. le D*^ Pury fait un rapport sur
les effets produits par la chair des animaux malades,
lorsqu'elle est employee comme nourriture.
309
17 ma,- 1843. -II est donne lecture d'une lettre de
M. le D' de Pury qui annonce avoir traite avec un plein
succes, sans vomitif et par un simple pansement, une
blessure grave qu'un enfant s etait faite a la tete en tom-
bant du premier etage sur le pave.
M. le D' de Castella decrit un cas de luxation de I'hu-
merus dans lequel il s'est forme une fansse articulation.
Lapophjsecoraco.de etait developpd outre mesure; la
surfece glenoide cassee et partagee en deux. La piece
pathologique est raise sous Jes yeux de la Societe.
E. Desor.
COMPTE RENDU
DES TRAVAL'X DE LA SOCIETE CANTONALE MS SCIENCES NATURELLES
DU CANTON DE VAUD.
rUYSlQUE ET METEOROLOGIE.
Dans la seance du 29 juin, M. le prof. Wartmmm
depose le tableau des observations n^eteorologiques faites
au solstice dete, le 21 juin 1842, dans le cabinet de
pliysique de Lausanne *.
M. Wartmann montre de nouveaux dessins photo-
grapbiques colores , qui lui ont ete adresses par sir
J. Herschell. Ces dessins» tons sur papier, sont des copies
de grayures , diversement coloriees selon les sues vege-
taux employes ; parmi les couleurs qu'ils presentent, les
unes sont negatives et les autres positives ^.
Le meme membre a communique , le 1 3 juillet , le
tableau des observations barometriques, thermometri-
ques, bygromelriques et pbotomelriques, ainsi que des
vents et de I'etat du ciel pendant leclipse de soleil du
8 juillet 1842. Ces observations faites de 5 en 5 minu-
tes , de 4 a 9 beures du matin, en trois endroils differents
(a Lausanne, au cabinet de pliysique; pres de cette ville,
chez M. Cbarles Biignion ; et a Charpigny, entre Aigle et
^ Bulletin , page 92.
2 Id. page 95.
311
Bex , par M. Taylor) , out prouve que le phenomene de
Teclipse n'a eu aucune influence sur la marche des ins-
truments et sur I'etat de I'atmosphere. Les resultats des
observations photometriques ont laisse a desirer sous le
rapport de la precision , en raison d'un voile de vapeurs
qui de Test s'est peu a peu etendu sur tout I'horizon. En
echange, des recherches sur les variations de la declinaison
au moyen du magnetometre transportable ont indique
des perturbations i.
Dans la seance du 26 octobre, M. Wartmann entretient
la Societe de la suite de ses recherches sur I'induction.
II examine dans ce nouveau travail deux circonstances
dans lesquelles les courants electriques et les aimants
ne produisent pas d'induction. La premiere de ces cir-
constances est h position du fd induit, par rapport a la
direction du courant dans le fd inducteur ; il ne faut pas
que cette position soit rectangulaire pour qu'il y ait un
courant induit appreciable. La seconde est le temps pen-
dant lequel le courant d'induction se produit. L'intensite
de ce courant varie dans un certain rapport inverse de sa
duree 2.
. Le 26 octobre, M. Wartmann depose le tableau des
variations de la declinaison magnetique observees a I'e-
quinoxe d'automne, de 5 en 5 minutes, pendant 24
heures. — II depose aussi le tableau des observations
meteorologiques faites pendant 40 heures consecutives
au cabinet de physique ^.
1 Bulletin, page 92.
- Id. page ii2.
^ rd. page 111.
3J2
Le meme membre lit, le 9 septembre, une note eten-
due sur la non-caloricit4 propre de Nlectricite. La question
qui fait I'objet de ce travail est celle-ci : L'electricit^ de
tension renferme-t-elle de la chaleur , ou les effets ther-
miques qu'elle opere ne doivent-ils etre attribues qu'a
la resistance des conducleurs par lesquels elle passe?
Apres les belles recherches du D"^ P. Riess, sur les
proprieties calorifiques de la decliarge de la batterie, il
restait encore a chercher une solution directe de cette
question; M. Wartmann I'a trouvee en faisant passer
avec des precautions convenables, des decharges plus ou
moins intenses a travers une pile thermo-^lectrique ,
formee de barreaux de bismuth et d'antimoine , metaux
dont M. Riess ne s'est pas occupe. M. Wartmann a
constate « que I'electricite n'est pas chaude par elle-
meme, et que ses effets thermiques proviennent unique-
ment de I'arret que les conducleurs opposent a sa
traversee '. »
La Societe a re^u, le 7 decembre^ un memoire de M.
le prof. GiUieron, sur Tarc-en-ciel et les globules colo-
res. L'auteur raconte les recherches qu'il a faites sur
Tangle efficace des rayons de I'arc-en-ciel compare a
Tangle efficace des rayons reflechis par les gouttelettes
de rosee , et qui Tont convaincu que cet angle n'est pas
le meme dans les deux cas 2.
Le 11 Janvier, M. Wart maun depose un releve gra-
phique de la marche des variations horaires du baromelre
' BuUelin , page 112,
- Id. page 158.
313
an solstice d'hiver 1841, et aux equinoxes et solstices de
1 842 , ainsi que le tableau des observations meteorolo-
giques faites pendant 36 heures dans le cabinet de phy-
sique, au solstice d'hiver 1842 i.
M. Wartmann^ dans la seance du 22 mars 1843,
lit quelques fragments d'un memoire sur deux balances
de nouvelle construction et d'une tres-grande sensibilite.
II decrit plus specialement I'une d'elles, dont il presente
un modele. Elle se compose : 1® d'un ressort d'acier
trempe, tres-fin, dore ou argente par le procede electro-
chimique, de forme conique ou parabolique; 2<* d'une
petite coupe , supportee par trois fils de cocon , dont la
face inferieure est un miroir plan. Une lunette sert a lire
par reflexion dans le miroir les divisions d'une ^chelle
fixee a la cage. Get instrument accuse deja Vso de milli-
gramme et est susceptible d'une plus grande sensibilite.
II est exempt de I'influence des variations de tempera-
ture, et permet, moyennant les diverses pieces dont il
est pourvu , de faire des pesees plus rapides que celles
qu'on effectue dans les balances d'essai delicates 2.
Le meme membre depose , le 26 avril , le tableau des
observations meteorologiques faites a I'equinoxe de prin-
temps 1843, dansle cabinet de physique de 1' Academies
M. Wartmann, dans la seance du 10 mai, a entre-
lenu la Societe d'observations qu'il a faites depuis trois
ans sur les transformations que les formes cristallines
de certains sels et de quelques corps neutres subissent
1 Bulletin, page 182.
^ Id. page 184.
■^ Id. page 187.
314
avec le temps ou sous Tinfluence de milieux qui agissent
mecaniquement sur Tarrangement moleculaire K
CHIMIE.
M. de Fellenberg fait part dun proced^ qu'il emploie
pour I'analyse des mineraux siliceux, analyse que la dif-
ficulte de les pulveriser completement rend assez difficile.
II combine ces matieres avec les acides fluorique et sulfu-
rique, sous I'influence de la chaleur. M. de Fellenberg
a opere sur le dysthene, le plus refractaire des mineraux
de ce genre , en le traitant par :
Fluorure de sodium 3 part.
Bisulf. de potasse .9 »
Dysthene pulverise 1 »
Cette methode n'est pas applicable aux mineraux qui
renferment des alcalis, tels que le feldspalh. Ces derniers
sont analyses par des procedes bien connus 2.
ZOOLOGIE ET ANATOMIE COMPAREE.
M. Hollard lit quelques considerations sur la gene-
ration, les organes males et leurs produits dans les ani-
maux rayonnes en general, et dans les actinies en parti-
culier. II resulte des etudes de I'auteur , que les animaux
rayonnes ont a la fois, comme plusieurs observateurs Font
avance, des ovaires et des cordons tesliculaires ; que ceux-
ci sont remplis de corpuscules analogues par leurs for-
mes aux pretendus spermatozoaires , qui se gonflent et
* Bulletin, page 189.
2 Id. page 185.
315
eclatent dans Teau tiede en laissant echapper un fluide
granuleux , comme font les vesicules du pollen ; en sorte
qu'on pent etablir un rapprochement entre les capsules
zoospermiques ou spermatophoriques el la poussiere des
etamines.
M. le D"" Depierre continue la lecture de son memoire
sur les migrations des oiseaux de proie diurnes du bassin
du Leman. II donne sur un grand nombre d'especes de
cette famille des details tres-interessants. Un long extrait
de ce travail , riche de faits, et qui ne saurait etre resume,
se lit dans le N** IV des Bulletins de la Societe K
M, Beranger ayant cherche a surprendre ce que pou-
vaient eprouver les animaux en liberte a I'approche des
eclipses de soleil, s'est assure qu'ils pressentent celles-ci
comme ils pressentent les orages. Les observations de
I'auteur ont porte sur des lapins , des cochons d'Inde, des
herissons, des poules, des canards, des pies, des geais,
des serins, des hirondelles, des moineaux, des pinsons,
des grenouilles et des poissons.
M. le D'' Depierre donne lecture d'une statistiqne du
passage des oiseaux Emigrants en 1842, dans le canton
de Vaud ^.
M. Hollar d presente quelques considerations de zoo-
logie generale, dans lesquelles il cherche a mettre en
saillie les principes qui doivent presider aux classifica-
tions zoologiques , et demontre que ces principes large-
ment compris et employes conduisent a une coordination
seriale , mais non point nuancee des animaux.
^ Bulletin, page 85»
2 M. page 445.
316
M. le professeur D.-A, Chavannes communique un
resume general de la Faune vaudoise, destine a faire
partie d'une statistique du canton de Vaud.
M. Hollard presente quelques considerations sur Tor-
ganisation de I'epiderme ou epithelium des Batraciens , et
en prend occasion de presenter dans sa generalite et sa
portee , les nouvelles etudes des anatomistes allemands
sur la composition cellulaire des tissus animaux.
PHYSIOLOGIE.
M. Blamhet lit un memoire sur le mecanisme des
sensations, dans lequel il cherche a rattacher les impres-
sions revues par les appareils des sens speciaux a des
causes chimiques. L*auteur se resume lui-meme en ces
mots :
« Le gout, I'odorat, la vue, paraissent destines a ne
nous donner que des sensations resultant d'un travail
chimique. Les ramifications extremes de leurs nerfs sont
insensibles a Faction physique. Le toucher est un sens
physico-chimique suivant Toccasion ; quant a Touie , on
ne connait pas assez ce sens pour emettre une opinion
positive. »
BOTANIQUE.
M. Ed. Chavannes presente une courte monographic
du genre Nemesia. L'auteur, apres avoir decrit et analyse
comparativement les caracteres des plantes de ce genre,
dit qu'il ne saurait le faire entrer , comme on I'a propose ,
dans la tribu des Antirrhinees. Apres avoir resume la
caracteristique du genre , M. Chavannes en indique les
especes autenthiques alui connues, et qui sont au nombre
317
de qQatre : !•* La iV. chamcBdrifoUa ; 2° La N. fcetem;
S** La N, linearis; 4** La N, bicornis. Ce travail est
accompagne de deux planches, representant la premiere
et la derniere de ces especes, celle-ci avec son fruit,
celle-la avec I'analyse des organes et comme type du
genre.
MEDECINE ET CHIRURGIE.
1 3 juillet. — M. le D*" Matthias Mayor lit quelques
fragments d'un grand travail ayant pour but de deter-
miner les differences qui existent entre la medecine et la
chirurgie.
13 juillet. — Le meme membre entretient la Societe
de I'heureux emploi qu'il continue a faire de I'acide sul-
furique concentre comme caustique. Ce moyen peut dans
beaucoup de cas remplacer avec avantage, et en epar-
gnant de vives douleurs , les moxas , le fer rouge , les
vesicatoires et les synapismes.
Dans la seance du 26 octobre , M. le D*" Ch. Mayor a
lu une notice intitulee : Quelques mots sur un appareil
pour la refrigeration de la tete , et en general, pour V ap-
plication du froid et du chaud a la surface du corps. II
met cet appareil sous les yeux de la Societe ; c'est une
sorte de chapeau en fer-blanc , dont Finterieur est garni
d'une coiffe impermeable, mince et flexible, formant
double fond. A la face superieure est une ouverture par
laquelle on introduit les matieres refrigerantes qui agis-
sent sur la tete, a travers le tissu impermeable.
26 octobre. — Observation de M. De la Harpe sur deux
cas de phthysie. M. le D"^ Dela Harpe lit un memoire inti-
318
tule : Recherches sur les propriety physiques du sang , et
enparticulier sur sa densite dans les maladies, L'auteur s'est
surtout applique a eludier les propriet^s du sang les plus
faciles a reconnaitre au lit du malade , comme fournis-
sant des signes pathologiques. II s'est servi de deux
instruments , le thermometre et I'areometre. Le minimum
de densite du sang est, selon les experiences de M.
De la Harpe, 1,0359; le maximum s'eleve a 1,0614.
Ces deux termes extremes furent obtenus chez des ma-
lades; la densite normale n'en est pas la moyenne,
mais se rapproche du maximum ; car les cas ou le mini-
mum a ete rencontrd se rapportent tous a des maladies
graves. En comparant la densite du serum a celle du
sang en prenant la premiere pour unite, l'auteur a trouve
que le sang variait a cet egard entre 1,623 et 2,725. II
s'est convaincu que les modifications du sang dans les
maladies portent sur tous les elements de ce liquide qui
est un et ne doit pas etre etudie comme un compose de
serum servant de vehicule, et de maleriaux charies par
celui-ci ; il a toujours trouve que la densite du serum
augmente ou diminue avec la densite du sang lui-meme K
Dans un memoire intitule : Des fails en medecine, M.
le D"^ M. MaxjoT s'eleve avec force contre la valeur cxa-
geree qu'on attribue aux faits ou a ce qu'on appelle de
ce nom , dans le domaine de la medecine ^.
Dans la seance du 8 mars , M. Math. Mayor , a propos
de Tablation d'une tumeur cancereuse, presenle quel-
ques considerations sur les avantages des amputations
1 Bulletin, page 116.
2 Id. page 148.
i
ai9
rapides au moyen d'un seul coup d'un instrument tran-
chant. M. Mayor s'est convaincu par des experiences
sur des os tant spongieux que compacts , qu'en operant
avec les precautions convenables, on tranche les os net-
tement au moyen d'une hache ou d'un couperet appuyes
sur I'os et sur lesquels on frappe avec un maillet. Dans
la seance du 31 mai, M. Mayor, revenant sur le meme
sujet , lit un memoire dans lequel il decrit , sous le nom
de tachjtomie, son nouveau procede d'amputation , dont
il a eu I'occasion de faire usage , et avec un plein succes ;
c'est, dit-il, le mode d'amputation le moins douloureux
et le plus promptement suivi de guerison. M. Mayor a
substitue au couperet un instrument a deux branches,
qu'il nomme tachytomey et qui ressemble en grand au
secateur des jardiniers.
Dans la seance du 31 mai , M. le D"" Fayod lit un me-
moire destine a combaltre les doctrines de M. Math. Mayor,
sur la separation de la chirurgie et de la medecine.
M. Joel, attache au service de sante de I'hospice de
Bicetre, rend compte du trailement employe par M.
Leuret , medecin des alienes dans cet etabhssement. Ce
traitement est un regime moral et physique, destine a
agir sur les facultes des malades; travail manuel, musi-
que , danse , promenades , promesses encourageantes ,
chatiments, tels que la reclusion, la privation des ali-
ments, la douche froide, sont tour-a-tour mis en usage.
GEOLOGIE.
M. Blanchet presente une carte geologique du canton
de Vaud , dans laquelle il a indique les resultats de plu-
320
sieurstravaux inedits. L auteur ajoiite a celte presentation
de nombreux details sur nos terrains tertiaires et sur leurs
fossiles.
Le meme membre donne quelques details sur la mine
de charbon fossile d'Oron-le-Chateau , exploitee par M.
Roberty. Gette formation est horizontale , tandis que
les bancs qui composent le sol sont inclines; il en resulte
que le cbarbon traverse ces diverses couches, et qu'il est
facile de les etudier.
ART AGRICOLE.
M. Buttin communique a la Societe la suite de ses re-
cherches sur I'emploi de la tourbe comme engrais, en
commen^ant par donner I'historique des travaux faits
precedemment sur le meme objet K
M. Blanchet annonce qu'il a porte remede a la maladie
de la \igne nommee jaunisse, en repandant sur le terrain
soit du sel commun, soit du verre pile, destines, dit-il, a
fournir aux vegetaux Velement terreux qui, selon lui, leur
manque plus ou moins dans les vignes atteintes de jaunisse.
Le meme membre lit un memoire sur I'influence favo-
rable de I'ammoniaque et des sels ammoniacaux sur la
vegetation. II cite plusieurs experiences faites par lui sur
des graines de Datura grandiflora, de Stramonium et de
Physalis alkehngi
Pour le Secretaire ,
H. HOLLARD.
* Bulletin, page 40J.
(ler
^JATURFORSCHENDEN GESELLSCHAFT IN ZURICH.
Diese Gesellschaft , als die alteste in der Schweiz , hat
im Jahr 1845 das erste Jahrhundert ihres Daseiiis er-
1 eicht. Vielfache Yeranderungen , welclie die Zeit und
das Fortschreiten der Naturwissenschaften mitbringen
mussten , machten eiiie Revision der Statuten nothwen-
dig. Dieses organische Geschaft erforderle mehrere ausser-
ordentliche Sitzungen. Die Stellung der Gesellschaft zum
Slande der Wissenschaft ist nicht mehr ganz dieselbe
und forderte gebieterisch andere Bestimmungen. Durch
die neuen Statuten wurde festgesetzt , dass die Sitzungen
in jedem Monat >venigstens einmal statt haben sollten.
Ein Zweig, welcher in den ersten Decennien ihrer Wirk-
samkeit sie vielfach beschaftigte, die Landwirthschaft,
fallt durch die Entslehung der Gesellschaft fiir Land-
und Gartenkultur fast ganz weg, und so bleiben nur noch
die eigentlichen Facher der Naturwissenschaften in ihreni
Bereich. Die Sorge fiir die Sammlungen ftir Mineralogie,
Botanik, Zoologie, physikalische und astronomische Ins-
(rumente, wodurch ihre Kriifte zersplittert wurden , fallt
22
322
ganz weg , da diese Institute der Universilat ubergeben
und von dieser besorgt und genahrt werden. Die einzige
Sammlung, welche dieGesellschaft noch besitzt, ist ihre,
zwar nicbt sehr grosse , aber sehr kostbare und wohl-
besetzte Bibliotliek. Das Grundkapitai der Gesellscbaft
wurde auf 40000 Schweizerfranken festgestellt. Aus die-
sem Capital und den Jahrgeldern von circa 1 00 Mitglie-
dern , von 12 Fr. 8 Btz., werden die AnschafFungen be-
stritten , so dass jahrlich etwa 2600 Fr. auf die Biblio-
thek verwendet werden konnen , womit , da die Medicin ,
welche eine eigene Bibliothek hat , ganz ausgeschlossen
ist, so ziemlich mit der Zeit Schritt gehalten , und die
vorziiglichsten Werke angeschafft werden konnen.
Die Vortrage betrafen folgende Facher :
ZOOLOGIE.
Herr D*" Kolliker : Anatomische Bemerkungen iiber
die SepieB und Vorweisung der Arten, welche erin den
Meeren von Neapel und Sicilien gesammelt und theils
in der anatomischen , theils in der zoologischen Sflmm-
lung niedergelegt hat. Besonders behandelte er die Frage,
ob das Thier der Argonauta wirklich eine Sepie , oder
aber ob die Sepie , welche in der Schale der Argonauta
sich aufhalt, ein Schmarotzer sei. Er setzte den Bau und
die ubrigenLebensveshaltnisse dieser merkwiirdigen Gat-
tung auseinander , und zeigt , dass sie am hochsten unter
den Mollusken stehe. Er glaubt in ihnen die Geruchs-
organe in Gestalt zweier Griibchen am Kopfe, in der
Nahe der Augen , entdeckt zu haben , und zeigte sie , so
wie einen von den Sehnerven abgehenden oder mit den-
323
selben verlaufenden Riechnerven vor. Man findet auf den
Seplen eine Art von Hectacotyle , besonders auf dem sel-
tenen, bei Messina gefundenen, Trematocopus violaceus,
ein merkwiirdiges Thier, welches, obschon es der Ge-
stalt nach wurmarlig ist , doch , seiner innern Organisa-
tion wegen, zu den Mollusken gezahlt werden muss, in-
dem es arterielle und venose Gefasse , Kiemen und wahr-
scheinlich aucb ein Herz besitzt. Die bisjetztbekannten
drei verschiedenen Arten von Hectacotyle sind auf vier
verschiedenen Arten von Sepien gefunden worden, an
Argonauta argo , octopus et granulosa und Trematocopus
\yiolaceus. Von diesen Arten kennt man nur Weibchen
und keine Mannchen , obschon sie fast immer mit Eiern
versehen sind. Dagegen findet man nur Mannchen von
Hectacotyle , und diese nur auf den Sepien. Herr KolH-
ker glaubt daher , es ware moglich , dass sie die Mann-
chen der Sepien seien. Er entdeckte bei ihnen Sperma-
tozoen , welche mit denen der Sepien" ganz ubereinstim-
men , von denen aber , welche man bei Wiirmern findet ,
ganz abweichen. Die Hectacotylen besitzen auch contrac-
tile Pigmentzellen und Saugenapfchen , wie die Tinten-
fische. Er stellt dann die Griinde fiir und gegen die Mei-
nung auf, dass die Sepien, welche man in den Argonau-
ten findet , wirklich ihre Bewohner seien, und glaubt die-
ses schon deswegen bejahen zu miissen , da man nie an-
dere Thiere in den Schalen der Argonauta finde, und alle,
welche man darin findet, derselben Art Sepien ange-
horen.
Derselbe zeigte in einer andern Abhandlung den klein-
slen bekannten Fisch vor, den Amphioxus lanceolatus.
324
den man bei seiner ersten Eutdeckung fiir einen Mol-
lusk hielt. Pallas beschrieb ihn zuerst, dann wurde er
vergessen , bis man ihn wieder an den Kiisten von Eng-
land , Norwegen und Schweden fand. Herr Kolliker fand
ihn sehr haufig im Golf von Neapel , wo er auf Sand-
grund, in einer Tiefe von 20 bis 30 Ellen, sich auf-
halt. Er konnte ihn in Seewasser mehrere Wochen lang
am Leben erhalten und beobachten. Es fehlen ihm das
ganze Knochensystem , Zahne , Leber , Nieren , Gehor-
werkzeuge, Brust und Bauchflossen. Genauere Unter-
suchungen aber zeigten in ihm Herz , Gefasse , Gehirn ,
Augen, und doppelte Ceschlechtsorgane , welche alle
Herr Kolliker vorwies. Es erreicht etwa VA" in der
Lange.
Herr Professor Schinz zeigte eine Cwcilia tentaculata
von i^ 4" vor, welche er ganz und unverdaut ausge-
streckt in einer 1'' 7" langen Tortrix scytale vorfand , was
um so merkwiirdiger ist , da Tortrix zu den Schlangen
ohne ausrenkbare Kinnladen gehort.
Derselhe zeigte die neu entdeckte, wenigstens erst jetzt
bestimmle Maus vor , welche Herr Nager auf dem Gott-
hard , nachher Herr D"" Martins auf dem Faulhorn ent-
deckte und Hypodcea nivicola nannte , Aveil sie das ganze
Jahr an der Schneegranze lebt. Die Entdeckung ist nicht
neu : es ist dieselbe Maus, welche Saussure auf dem
Montblanc , Hugi auf den Gletschern des Oberlandes und
andere Reisende auf den hochsten Gipfeln der Alpen an
der Schneegranze entdeckten, aber sie fand sich bisher
in keiner Sammlung und war nicht systematisch be-
stimmt. Da an der Schneegranze noch viele phanerogami-
325
sche Pflanzen wachsen, von deren Wurzeln die Maus
sich nahrt, so kann sie, da sie Magazine anlegt, das
ganze Jahr genug Nahrung finden , wie die gronlandi-
sche Wiihlmaus , Hypodwus grcenlandicus, die Chinchilla
und andere Nagethiere der amerikanischen Anden.
Derselbe tbeilte der Gesellschaft Notizen mit liber die
zoologischen Sammlungen in Mainz , Wiesbaden, Frank-
furt, Mannheim und Strassbnrg, welche er aufeinerReise
dabin aufgenommen batte, sowie iiber das Fortscbrei-
ten der ziircberiscben zoologiscben Sammlung.
Herr Professor Heer tbeilt seine Beobacbtungen iiber
die verscbiedenen Flugjabre der Maikafer in der Scbweiz
mit, und legt eineKarte vor, inwelcber bemerktwird,
welcbe Gegenden jedes Jabr ibren Verwiistungen aus-
gesetzt sind. Diese Arbeit ist seitdem auf Kosten unserer
Regierung gedruckt worden ; aucb wurden nacb dieser
Angabe in den Kantonen Ziiricb , Aargau , Bern , Solo-
tburn und S*. Gallen Einsammlungen angeordnet.
Derselbe gab eine Uebersicbt iiber Lage und Slellung
der Fliigel , und der Art wie sie bei den verscbiedenen
Gattungen der Kafer sicb falten und in der Rube zusam-
menbegen. Er zeigt, dass sicb diese FaUung nacb der
Grosse und Harte der Fliigeldecken ricbte , unter wel-
cben sie sicb verberge.
Herr D"" Kdlliker macbt der Gesellscbaft die Anzeige,
dass er im Sinne babe, die Fauna der scbweizeriscben
Crustaceen, Anneliden, Zoopbyten und Infusorien zu
bearbeiten.
326
BOTANIK.
HeiT Pf ol'essor //eer ; Ueber die Holzzuclit in unsern
Gebirgswaldem , besonders iiber die Verbreitung und die
Hohen, auf welche die Nadelholzarten Pinus picea, Abies
campestriSy Zemhre und Larix steigen. Diese Abhand-
lungist seitdera in dieschweizerischeZeitscbriftfiirLand-
und Gartenbau aufgenommen worden.
Herr D"^ Ndgeli : Ueber die Bewegung der Elementar-
stoffeund ibre Ausbildung zuElementarorganenimPflan-
zenreicb. Er sucbt zu beweisen, dass die Bebauptung
und Annahme der selbststandigen Bewegungen vieler Spo-
ren auf unricbtigen und mangelbaften Beobacbtungen
beruhe , und dass es unricbtig sei , dass es niedere Pflan-
zen gebe, welcbe in einer Periode ibrer Entwicklung ein
infusionelles Leben annebmen. Die Bewegungen, welcbe
viele niedere Pflanzen im Wasser zeigen , konnen durcb
Aufnabnie und Abgabe von Nabrungssloffen erklart wer-
den. Der Inbalt der Pflanzenzellen aber babe durcb-
gebends ein Vermogen, sicb zu bewegen, und diese
Eigenscbaft biingc von einem besondern Stoffe ab , der
aus SauerstofF, Wassersloff, Slicksloff und Kohlenstoff
bestehe, wabrend alle iibrigen Stoffe der Pflanze des
Stickstoffs ermangeln. Alio automatiscben Bewegungen
werden in den organiscben Beicben von Stickstoffbalti-
gen Subslanzen bedingt und der Hauptunterschied zwi-
scben Pflanzen und Tbieren bestebe in der chemiscben
Zusammensetzung der Zellenmembran.
Herr Obeigarlner Regel bielt einen Vorlrag iiber die
nalurlicbe Familie der Farrenkrauler und erlauterte die
327
Siruktur aller Theile derselben , namentlich der feinen
FortpflanzuDgsorgane , deren verschiedene Slellung er
bei den vielen Gattungen nachweist , und an getrockne-
ten Exemplaren vorzeigt. Er beliandelt auch die Verlhei-
lung der Blaltnerven und macht auf ihre Bedeutung auf-
merksam. Anjungen,im botanischen Garten aufgezoge-
nen, auslandischenFarrenkrautern,\on welchen derselbe
uber 100 Arten erhalten hat, werden die verschiedenen^
bei der Keimung eintretenden Erscheinungen vorgewie-
sen und gezeigl , wie durch Kreuzung verschiedener Ar-
ten neue Bastardbildungen entstehen konnen.
In einer andern Sitzung theilt derselbe seine Unter-
suchungen und Erfahrungen iiber die Stipeln und ihre
verschiedene Bildung mit.
Herr Bremi zeigte verschiedene Arten des so verderb-
lichen Hausschwammes vor(Merulius destructor), und
gibt Beitrage zu dessen Entstehung und Fortpflanzung.
In einem hiesigen Biichermagazin hatte sich eine ver-
schieden scheinende Arterzeugt und Schaden angerichtet.
MINERALOGIE.
Herr David Wieser wies die Ausbeute seiner niinera-
logischen Forschungen in den Alpen vor. Unter den auf-
gefundenen Minerahen ist eins, dessen tauschende Aehn-
hchkeit mit Zirkon , die Harte ausgenommen , so gross
ist, dass es mit demselben verwechselt wurde, eine
genaue Untersuchung zeigte aber in demselben ein neues
Mineral , welches kleine 2 ^^^ lange und i ^^^ dicke Kri-
stallen bildet, welche auf Eisenroschen sitzen. Neben
328
diesem werden 14 verschiedene Mineralien vom Golt-
hard imd aiis Wallis vorgewiesen. (Die Abhandlung ist
seitdem in Leonhard's Zeitsclirift gedrnckt.
PHYSIK.
Herr Professor Mousson zeigt eine neue Maschine zur
Anvvendung der magnetiscli-elektrischen Kraft fiir me-
dicinischen Gebrauch , nach der Construction des Herrn
von Eltingsliausen. Sie besteht aus einem sehr kraftigen
Hufeisenmagneten , unter dessen Polen ein mit Drath
umwundener Eisenstab, Inductor genannt^, schnell ge-
dreht werden kann. Die Enden des Drathes konnendann
durch eine angemessene Vorrichtung mit einander in
Verbindung gesetzt werden , wobei sich die Wirkungen
eines Stromes zeigen, der allemal, wenn der Inductor
unter dem Pole durcbgeht und den gewonnenen Magne-
tismus verliert, seine Richtung andert und bei fortge-
setzten Drehungen slossweise wechselt. Es wurden dann
folgende Wirkungen des Stromes vorgewiesen. 1. Der
galvaniscbe Funke im Augenblicke der Unterbrechung.
2. Das Gliihen und Verbrennen diinuer Metalldrathe.
3. Die Bewegung eines Metalldratbes um einen Magne-
ten, durch die vom Strome ausgeiibte Anziebung und
Abstossung. 4. Die Ablenkung einer freistehenden Mag-
netnadel. 5. Die Magnetisirung einer Stahlnadel. 6. Die
chemische Zersetzung des Wassers und Jodkalium in
ihre Bestandtheile. 7. Die Hervorbringung yon Erschiit-
terungen in den Handen und Armen , wenn der Strom
unterbrochen wird. Diese Erschiitlerung wird als Heil-
329
mittel bei Lahmungen und bei Nervenschwache ange-
wendet.
In einem andern Vortrag behandelt Herr Mousson die
Geschichle des Galvanismus und der dazu erfundenen
Apparate von der galvanischen Saule an, bis zur An-
wendung des Becherapparates und ibre VervoUkomm-
nung bis zum grovescben Apparat, den er fiir denjenigen
angibt, der, obgleicb compendios, docb die electriscb-
magnetiscbenErscheinungen am kraftigsten und scbnell-
sten zeigt, wie dies durcb die scbnelle Zersetzung des
Wassers, die Verbrennung von mebrere Linien dicken
Dralben und magnetiscben Wirkungen , bis zum Tragen
von mebreren Cenlnern, vorgewiesen wurde. Die Platin-
bliitter, welcbe gebraucbt werden, macben aber diese
Einricbtung sebr kostbar; man kami aber die Plalina
durcb Koble ersetzen.
VORTRiEGE VERSCHIEDENEN INHALTS*
Herr Professor Schinz: Ueber die Witterung des Som-
mers von 1842 und die Wirkung der ausserordentbcben
und anbaltenden Hitze auf Pflanzen und Insekten.
Herr Seminarlebrer Kohler tbeilt Reisebemerkungen
iiber das Hauptlbal des WalHs in etbnograpbiscber und
naturbistoriscber Beziebung rait. In letzterer Beziebung
werden besonders die Pflanzen beriicksicbtigt und die
merkwiirdigsten aufgezablt und in scbonen Exemplaren
vorgewiesen.
Herr Siegfried, Lehrer an der Tocblerscbule : Ueber die
sammtHcben, in der Scbweiz bekannten, intermiltiren-
den und periodischen Quellwasser in den Alpen.
330
Herr Professor Schinz: UeberdiegannalscheMethode,
durch Einspritzung von aufgeloster einfach schwefelsau-
rer Alaunerde mit etwas Arseniksaure vermischt, Kor-
per zu balsamiren und zu erhalten. Diese Methode findet
sich zur Erhaltimg kleiner Vogel, bei welchen die Ein-
spritzung bios durch die Luftrohre geschieht , sehr giin-
stig, Saugethiere dagegen, bei welchen die Einspritzung
in die Vena cara gescbah, erhielten sich in die Lange
nicht, schrumpften zusammen und rochen iibel. Fiir
reisende Sammler mag aber diese Methode in warmen
Khmaten sehr zu empfehlen sein , weil sie vor schneller
Faulniss schiitzt und dem Praparator alle Zeit zum Aus-
balgen gibt , nachher auch das Trocknen der Haute be-
fordert. Kleine Vogel konnen aber sehr gut erhalten wer-
den. Versuche , nach welchen so praparirte Vogel ein
Jahr lang aufbewahrt , dem Insektenfrass mit Fleiss aus-
gesetzt , aber nicht angegriffen wurden , zeigen ihre
Zweckmassigkeit voUkommen.
Herr Escher von der Linth erzahlte die von ihm un-
ternommene und gliicklich ausgefiihrte Besteigung des
Schreckhorns und theilt die auf dieser Reise gemachten
Beobachtungen iiber Gletscherbildung mit. Der Weg
ging vom Hotel des Neuchatelois etwa 2*72 Stunden iiber
den breiten Finsteraargletscher und iiber kleine Seiten-
gletscher aufwiirts. Er traf auf der Kuppe des Schreck-
horns , bei 1 1 ,000 Fuss Hohe , noch wahre Biiche an ,
wodurch blasiges firnartiges Eis entsteht. Die Kuppe
selbst musste iiber einen kaum 2 Fuss breiten Grath
mit auf beiden Seiten sehr schroffen Abhangen erstiegen
werden. Die Gebirgsart ist Gneis , Granit oder schieferi-
331
ger Gianit, Giieis und Glimmerschiefer. ( Ausfuhrliche
Beschreibuiig enthalt die allgemeine Augsburger Zei-
tiing).
Herr Ingenieur Wild von Richtersweil , welcher ge-
genwartlg an der.geographisclien Karte des Kantons Zu-
rich arbeitel, legte der Gesellschaft die von ihm bear-
beitete Karte des Unteraargletschers vor , welche in Be-
ziehung auf Genauigkeit der Messung , Zierlichkeit imd
Klarheit der Behandlung alles weit zuriicklasst, was in
Darstellung der so merkwiirdigen Gletscherwelt gethan
Avorden ist. Diese Karte , eine Frucht sechs Wochen lan-
ger Anstrengungen , kann sehr viel zur Erklarung der
jetzt ziim Theil noch widersprechenden Theorien des
Baues und des Fortschreitens der Gletscher beitragen,
da durch Fixirung mehrerer Punkte Jahre lang fortge-
setzteBeobachtung des beweglichen Gletscherstroms sich
die Geselze bestimmen lassen, nach welchen diese Be-
wegungen geschehen.
Zur Geschichte der Arbeiten in naturwissenschafdi-
cher Beziehung in Zurich gehort wohl auch die Erwah-
nung mehrerer Yortrage in der sogenannten technischen
Gesellschaft und der Entstehung der Gesellschaft fiir
Beforderung der Land- und Gartenkultur. Um so mehr
als sehr viele Mitglieder beider Gesellschaften auch Mil-
glieder der iiltern naturforschenden sind.
Unter den 39 verschiedenen Gegenstanden , welche
die technische Gesellschaft vom October 1841 bis Miirz
1842 verhandelt, gehoren folgende ausschliesslich den
Naturwissenschaften an :
Geschichte der Entstehung und Verwiistung desHaus-
332
schwammes in practischer Beziehung von Herm Bremi,
und eines andern noch unbestimmten Schwammes von
Herrn Locher , Architekt.
Versuch , auf welche Weise innerhalb der Grenzen
der Stadt Zurich ein Bild des Planetensystems gezeich-
net werden konnte, mit Vorweisung von Planen, von
Herrn Jakob Horner.
Ueber Sammeln, Aufbewahren und Todten von
Schmetterhngen von D"^ Hess , mit Vorweisung von Ap-
paraten.
Vorweisung von Karten un^ Specialplanen der Sim-
plons-, Bernhardiner- und Mont-Genisstrassen , von
Oberst Pestalozzi.
Geschichte der verschiedenen Methoden zum Fixiren
der Lichtbilder und der neusten Verbesserungen der
dazu dienenden Apparate mit Vorweisung doppelfarbi-
ger Bilder, braune Zeichnung auf blauem Grunde, von
Herrn Mechanikus Goldschmid.
Ueber Karsten's electrische Abbildungen mit Vorwei-
sung von Herrn Oberst Weiss.
Ueber die verschiedenen Heizungsarten und ihren
Einfluss auf die Gesundheit , nach den bei uns im Spi-
tal, Zuchthaus und andern offenthchen Gebauden ge-
machten Erfahrungen von Herrn Prof. Locher-Balber.
Ueber Wallfisch- und Potfischfang , Gewinnung und
Verbrauch des Thranes , W^allraths und des Ambra nebst
Vorweisung eines grossen Stiicks rohen Wallfischbarten,
von Herrn Prof. Schinz.
Ueber Pohturfahigkeit des in unsern Schieferkohlen
enthaltenen bituminosen Holzes , von Herrn Bremi.
333
Ueber Verfalschung derOehle und ihrePriifung durcli
verschiedene Reagentien und den Diagometer von Herrn
Apotheker Lavater.
Vorweisuug und Gebrauchserklarung mehrerer Son-
nenuhren mit Compass, eines Sonnenrings und eines
Sonnenquadranten^ von Herrn Oberst Pestalozzi
Ueber die ausgebreitete Verwendung der Ghlorverbin-
dungen als Bleichmittel, luftreinigender und desinficiren-
der Mittel , von Herrn Jakob Zeller.
Ueber den Galvanismus und Electromagnetismus und
deren bisherige Anwendung fiir technische Zw^ecke , mit
besonderer Beriicksicbtigung der schon im Jahr 1833
vom sel. D^ Rudolf Schulthess , in Zurich , in Vorschlag
gebrachten und nun durch Jakobi und Wagner, durch
Versuche im Grossen , weiter ausgefiihrten Idee , diese
Krafte zur Bewegung von Maschinen anzuwenden , mit
Vorvveisung eines Modelles einer durch diese Kraft be-
wegten Maschine , von Herrn Zeller-Tobler.
Versuch einer graphischen Vorstellung des Luft-
druckesund der Witterungsverhahnisse vom Jahr 1833
bis 1841 , nach Mittagsbeobachtungen von Herrn Oberst
Weiss.
Verfertigung der Barometer nach den Anforderimgen
der Genauigkeit, um dieselben zu Messungen zu ge-
brauchen, von Herrn Mechanikus von Orell.
Ueber die Versuche, Erdapfel erst gegen Ende Au-
gust's zu pflanzen , im November das Kraut abzuschnei-
den , und im Marz vollstandig reife Erdapfel zu erhalten,
von Herrn Graberg , mit Bericht des Gelingens.
Eine, neue Gesellschaft fiir Garten- und Landwirth-
334
schaft bildete sich unter Leitung des Herrn Professor
Heer und Herrn Obergartner Kegel; sie besteht bereits
aus 94 Mitgliederii , bait jahrlich zwei Sitzungen, ver-
anstaltet im Sommer eine Blumen-, im Herbst eine
Friicbteausstellung und gibl, unter dem Titel « Zeitschrift
fur Land- und Gartenhau » , eine Zeitschrift beraus.
Die naturforschende Gesellschaft gab ein neues Sup-
plement des Catalogs ihrer Bibliothek beraus. Es entbalt
976 Nummern und begreift eine Yermebrung von un-
gefabr 1000 Banden, von 1836—1842. Kein Facbder
Naturwissenscbaften ist ganz zuriickgeblieben , und un-
ter den verzeicbneten sind viele kostbare Werke, wie die
Infusorien von Ebrenberg, dieMollusken von Poli, die
Verbandlungen der niederliindiscben Gesellscbaft iiber
ibre iiberseeiscben Besitzungen , die Beisen der Bonite,
des Beagle , Jaquemonl's , Bussegger's , Dumont d'Ur-
ville's , Smitb's afrikaniscbe Zoologie und andere.
Die zoologiscben Sammlungen baben in alien Abtbei-
lungen bedeutenden Zuwaebs erbalten , und ebenso die
geologischen. Yorziiglicb aber bob sieb die zootomiscb-
anatomiscbe Sammlung unter der Leitung des Herrn
Professor Henle. Eine Beibe von seltenen Skeleten sind
angescbafft und aufgestellt Avorden von Felis Leo, Leo-
pardus^ Ursus niger americanus, Phoca groenlandica ,
Trichechus rosmarus , Simia satyrus , Hylohates albi-
manus , Thascolomys Wombat , Dasijpus , Bradypus ,
Myrmecophaga , ein Paar von Capra ibex , Antilope
rupricapra , etc. , Python tigrinus , Crocodijliis biporeatus
und viele grosse Fiscbe. Eine Sammlung von Mollusken
335
iind Praparaten davon , von Eingeweidewiirmern, zieren
sie und geben ihr einen bedeutenden Werth.
Der botanische Garten wird immer reicher und scho-
ner, so wie nach und nach die rohe Erde mehr ange-
baut und gediingt wird. Er steht unter der Leitung der
Herren Heer und Regel.
Die Sammlung physikalischer Instruraente hat grossen
Zuwachs erhalten und wird unter der Leitung von Herrn
Professor Mousson mit der Zeit fortschreiten.
CIRCULAIRE
ADRESSEE PAR LA SOCI^T^ MEDICALE DU CANTON DE GENEVE AUX
SOCIETES MEDICALES DES DIVERS CANTONS DE LA SUISSE.
Messieurs et tres-honores confreres ,
La Societe medicale du canton de Geneve a decide,
dans sa seance du 1*^"^ novembre 1843,qu'il seraitadresse
a tons les praticiens du canton une circulaire pour attirer
leur attention sur les proprietes therapeutiques de V\m\h
de foie de morue. Cette decision a ete prise en conse-
quence de I'arrete de la section medicale de la Societe
Suisse des Sciences naturelles, siegeant a Lausanne. C'est
en juillet dernier qu'il y fut arrete que Ton mettrait a I'or-
dre du jour, pour 1845, la question de I'huile de foie
de morue ; et comme , suivant toutes les probabilites ,
c'est Geneve qui aura I'honneur de recevoir la Societe
Suisse des Sciences naturelles, la Societe medicale du
canton a nomme une commission cbarg^e de recueillir
tons les documents qui pourraient lui etre adresses sur
cet objet.
Vous comprendrez , Monsieur et tr^s-honore confrere,
combien il nous serait utile et agreable de connaitre le
resultat de votre experience sur cette interessante ques-
tion de therapeutique. Yous comprendrez aussi, nous
I'esperons, combien nous serious heureux de presenter
a la Societe Suisse un resume fonde sur I'experience
reunie de tons les praticiens du canton de Geneve.
337
C'est dans I'esperance que voiis voudrez bien nous ac-
corder voire concours , que nous venons vous soumettre
quelques-unes des questions qui nous paraissent devoir
surtout meriter I'attention des praticiens:
1^ Gomme il existe beaucoup de varietes dans la qua-
lite des huiles connues sous le nom dliuile de foie de
morue , vous aurez la bonte de specifier la couleur et les
autres caracteres exterieurs de I'huile que vous aurez
employee.
2** Comme il y a diverses opinions sur les doses qu'il
est utile ou necessaire d'administrer, nous serious heu-
reux de connaitre le resultat de voire experience sur cet
objet special.
3** Le goiit tres-desagreable de ce medicament le ren-
dant d'un emploi difficile, veuillez nous faire savoir si
vous avez trouve quelque moyen d'en masquer la saveur,
et de le faire supporter aux eslomacs delicais.
4*^ Avez-vous retire quelque avantage de I'usage ex-
terieur de ce medicament?
5** Veuillez nous faire connaitre le resultat de voire
experience sur les effets physiologiques de I'huile de foie
de morue , et nous dire ce que vous avez observe quant
a ses effets immediats : sur I'appetit , sur la digestion ,
sur la frequence ou la rarete des selles , sur les urines ,
sur les functions de la peau , sur le pouls et , en un mot ,
sur les diverses fonctions de 1 economie animale.
6** Veuillez nous faire connaitre egalement les modi-
fications qui vous ont paru dependre de ce medicament
chez les personnes atteintes de fievre hectique , lorsqu'il
23
338
existait de vastes suppurations , des ulcerations ou des
plaies etendues.
7" Dans quelles maladies avez-vous surtout obtenu de
bons effets par I'emploi de ce medicament?
Avez-vous reussi a guerir, par ce moyen, des engorge-
ments , des glandes lymphatiques , les diverses formes de
la maladie scrofuleuse , le carreau , I'ascite , les maladies
des OS, les ophthalmies, la faiblesse musculaire, la
phthisic pulmonaire , le goitre , le rhumatisme chronique,
ou toute autre maladie que vous auriez juge convenable
de combattre par ce medicament?
8" Si vous voulez bien nous faire connailre le resul-
lat de votre experience sur ces diverses questions, veuillez
ajouter quelques renseignements qui augmenteraient en-
core Timportance de vos communications therapeutiques.
a) L'huile de foie de morue a-t-elle ete le seul me-
dicament employe?
h) Si vous nous adressez les observations particulieres,
veuillez specifier , autant que possible , I'age , le sexe et
la constitution du malade, ainsi que le resultat definitif
du traitement.
9'^ Avez-vous observe quelques effets facheux de ce
medicament? Quelques praliciens assurent avoir reconnu
des deformations osseuses apres I'emploi de l'huile de
foie de morue; avez-vous rencontre des cas de ramol-
lissement des os que vous puissiez attribuer au medica-
ment employe? Avez-vous rencontre les symptomes qui
caracterisent la saturation de I'economie par les prepa-
rations d'iode, c'est-a-dire, des vomissemenls, desdou-
leurs d'estomac, des palpitations, du Iremblement ner-
339
veux , de ramaigrissement ; en un mot , un etat hectique
paraissant dependre d'une action pernicieuse de I'iode?
10^ En dernier lieu, veuillez nous faire part de voire
opinion generale sur la valeur therapeutique de I'huile de
foie de morue.
Outre ces questions medicales qui s'adressent aux pra-
ticiens, nous prendrons encore laliberted'enajouterquel-
ques-unes qui concernent plus specialement Messieurs
les chimistes et les pharmaciens , et sur lesquelles nous
appelons leur bienveillante attention.
1" Existe-t-il quelque travail inedit sur la composi-
tion chimique de I'huile de foie de morue? et s'il en est
ainsi , nous nous estimerions heureux den obtenir com-
munication.
2^ Si vous etiez dispose a entreprendre quelque tra-
vail analytique sur ce sujet, nous serions fort recon-
naissants que vous voulussiez bien fixer votre attention
sur les questions suivantes :
a) Sait-on exaclement ou se fait la vraie huile de foie
de morue? Les memes foies sont-ils traites dans diffe-
rentes localites?
b) A quoi tiennent les differences physiques des huiles
de foie de morue? Proviennent-elles de methodes dif-
ferentes dans la preparation des foies , ou bien pendant
le meme tr aitement des foies obtient-on des huiles diver-
sement colorees? D'ou proviennent les differentes sa-
veurs? La purification de I'huile influe-t-elle sur la
saveur? Y a-t-il dans la preparation quelque chose qui
puisse faire distinguer I'huile blonde ou blanche de la
340
rouge ou brune et de la noire? ou bien ces designations
du commerce sont-ellesarbitraires?
c) Quelle est la composition de I'huile de foie de
morue?
Contient-elle un ou plusieurs principes qui lui soient
essentiels?
L*iode est-il un de ces principes essentiels ?
A quel etat de combinaison existe I'iode?
Y a-t-il quelque chose , a« point de vue chimique , qui
justifie la preference de quelques medecins pour une cer-
taine huile plutot que pour une autre ?
Pourrait-on plus ou moins facilement estimer la pro-
portion d'iode?
d) Avec quelles huiles felsifie-t-on I'huile de foie de
morue?
A quels caracteres peut-on reconnaitre la vraie ? Y au-
rait-il un procede facile pour reconnaitre la presence de
I'iode?
Ces diverses questions, soit principales, soit surtout
secondaires, sont justifiees par la difference des ren-
seignements qu'on obtient de ceux qui font le commerce
en grand et en detail de I'huile de foie de morue , de
ceux qui Font etudiee a I'aide des reactifs , et enfm des
medecins qui en observent les effets.
Si vous vouliez nous adresser quelques reponses aux
questions contenues dans cette lettre et si vous aviez
quelques faits pratiques a nous communiquer sur cet
objet , nous serions fort reconnaissants que vous voulus-
siez bien le faire avant le l*"" avril 1845 , afm qu'il nous
fut possible de faire entrer vos recherches dans le resume
341
qui sera presente a Ja session ordinaire de la Societe
Suisse des Sciences naturelles, qui se reunit au mois
d'aout de la meme annee.
Veuillez, Monsieur et tres-honore confrere, recevoir
Texpression de toute notre consideration.
Le president de la Societe medicate ,
D^ W, D'EspiNE.
U secretaire de la Societe medicate ,
D^ J. P. Ghanal.
i\. B. Le bureau de la Societe Suisse a cru qu'il pourrait y avoir quel-
qu'utihte a donner de la publicite a cette circulaire.
TABLE DES MATIERES.
Pages.
DiscouRS d'ouverture du president .... 5
I. Seance du comite central ....... 43
II. Proces-verbaux des seances publiques. Seance du
24juilletl843 49
Seance du 25 juillet 53
Seance du 26 juillet 55
III. Proces-verbaux des seances des sections.
Section de physique et de chimie. Seance du
25 juillet 59
Seance du 26 juillet 66
Section de geologic et de mineralogie. Seance
du 25 juillet 72
Seance du 26 juillet 78
Section de botanique. Seance du 25 juillet . 85
Seance du 26 juillet . • 89
Section de zoologie. Seance du 25 juillcit . 93
Seance du 26 juillet 97
Section de medecine. Seance du 24juinet. 100 et 241
Seance du 25 juillet 10det245
Seance du 26 juillet 102
IV. Note de M. Math. Mayor , pere 107
V. Note sur le glacier du Gietroz, par M. Venetz, pere. 109
VI. Relation des ravages causes en Valaisparles^au-
terelles en 1837, J858 et 1839 . . . . 118
VII. Phenomenes que presente le terrain de transport
du bassin de Geneve, parM. J. -And. de Luc. 132
VIII. Quelques mots sur la matiere organique des eaux
thermales , par le D'" Lebert 141
IX. Not€ sur le M?/ce/mm, par M. Trog, pere, . . 144
X. Considerations sur les colorations animales , par
M. Sacc, fils 148
A. Deviation du type normal de Tinflorescence
du Tri folium repens ^ par le meme . . 171
B. Sur lemouvement des fluides dans la cellule
vegetale , par le meme 1 75
9
343
Pages.
XL Chemische Notizen von Professor Schonbein :
1 . Ueber das Kaliumeisencyanid . . . . 1 78
2. Ueber die Eisenoxidsalze . . . . i97 ,
5. Ueber das Kaliumeisencyanid .... 202
4. Ueber die Eisenoxidulsalze .... 207
5. Ueber das weisse Cyaneisen .... 208
6. Ueber das Verhalten des Schwefelwasser-
stoffgases zu Kohlensauren mit alkalischer
Basis 211
XI. H. D"" Locher-Balber, Bericht des Comites fur die
Cretins -Angelegenheiten 216
XII. H. Wolf, Archivar, Bericht uber die Bibliothek. 219
XIII. Catalogue des dons regusdepuis la reunion d'Altorf. 221
Catalogue des dons adresses a la Societe pendant
sa session a Lausanne 250
XIV. Lettre de M. le prof. Valentin surune proposition
de M. Quetelet 232
XV. Notice necrologique sur feu Edouard Hagenbach,
deBale 255
XVI. Proces-verbaux des deux premieres seances de la
section de medecine , par M. le D' Favargnie.
Seance du 24 juillet 241
Seance du 25 juillet 245
XV II. A. Liste des membres presents a la reunion de la
Societe Suisse , a Lausanne 250
B. Candidats presentes paries Societes cantonales
et elus membres de la Societe 255
C. Liste des membres morts depuis la derniere
reunion 257
XVIII. Besume des comptes de la Societe pour 1842 . 258
XIX. Extraits des proces-verbaux des sections canto-
nales de la Societe Suisse.
Bale 259
Berne 266
Geneve 271
Neuchatel 282
Vaud . 510
Zurich 321
Circulaire de la Societe medicale de Geneve . . 556
Fautes esseiitielles a corrigep.
Page 16, note I , an lieu de M. le prof, bernois Studer, lisez .■ M. le prof.
Bernard Studer.
» 18 , note 1 , au lieu de M. le prof. Hagi, lisez .- M. le prof. Hugi
» 22 , note 4 , a supprimer, la dix-huitifeme livraison etant la derni^re de
I'ouvrage.
» 25 , note 1 , le Linns , lisez .■ Linnsa.
» 2 , Florae Basliensis, lisez .- Florae Basiliensis.
» 4 , apres M. Scherer, pasteur, ajoutez .- M. Trog, p^re.
" 29 , » 2, Ephe'me'rides , fisez .■ Epheme'rines.
>' 50 , ligne 10 , et nieut , lisez .- et nie.
» 52, ., 10,aulieudemedecine,etindique,/«er;,T,edecine;ilin-
dique.
* 54 , ). 13 , sur les fle'aux , lisez .■ sur le fle'au.
» 82 , » 25 , au lieu de chateau d'Aigle , lisez .- Chalex , pres d'Aigle.
"102, » 11, „ diagnostic , //iez : diagnostique.
" **^' " ^' " par lequel, /we^.. parlesquels.
» 112, ligne 5 de la note , au lieu de forme'e , lisez .- ferme'e.
>' 134 , ligne 4 , au lieu de Statique , lisez : Statistique.
[ 257 ' " ^^ ' " '^""^'^ q^'il «st > t'^c^ ■■ tandis qu'il en est.
Mazelet, docteur, /«e2r, Mazelet, pere.
" ^^^ » » 26 , ,, et a trouve, lisez .- il a trouve.
" ^^^ ' » 10 , « conducibilite , lisez .- conductibilite.
° ^''^' * ^' " ^- linearis ,\\sti: N. linearis.
lliSiUllll
a®i
SCHWEIZERISCHEIX
MTllFORSCHE^DEN GESELLSCHAFT
UEI IHRER
VERSAMMLU]\G ZU CHUR
18 45,
fsm
\erhandlun(;en
SCHWEIZERISCHEN NATURFORSCHENDEN
GESELLSCHAFT.
Sl/lohA
DER
SCHWEIZERISCHEIV
MTllRFORSCHE^W GESELLSCHAFT
BEI IHRER
VERSAMMLUrVG ZU CHUR,
den 29., 30. und 31. JIall
^y. Uerda^zm/m
CHUB,
GEDRUKT BEI OTTo's ERBEN.
i
^iaSi?i?;^wi^(i^s « iSL&mi^
29ftfn Srtljr^swerfammlim^
DER
SGHWEIZERISGHEN GESELbSCHAFT
GESAMMTEN NATURWISSENSCHAFTEN
tJli*ich von Planla-Reicheniiii,
d. Z. rrasideuten dcr Gcsellscliatl.
Hochgeaclitete ,
Hochzuverehrende Uerren !
Uurch die von* Hirer jiingsten Versaminlung in
Lausanne gelroffene fur inich eben so unervvar-
lete als ehrenvolle Walil bin ich berufen, Sie bier
zu bewillkommnen und Ibren diesjahrigen Vcr-
bandlungen vorzustehen. Indem icb Sie biemit
in meinem beimatblicben Kanton berzlicb be-
griisse, gebe icb mir die Ehre, Ibre Sitzungen
mit einigen Nacbweisungen iiber das Land zu
eroflPnen, das Sie beute zum zweiteninal als Ver-
sammlungsort unserer Gesellscbaft mit Ibrer Ge-
genwart erfreuen, einem Lande, Avelcbes das Bild
ist unseres gemeinsamen Vaterlandcs in verklei-
nertein Maassstabe , wie di(?ses von der Natur.
und von den menscbliclicn Einricblungcn in
Brucbstucke zerscbellt und wie dieses verurtbeill,
in anbaltendein Kampfe gegen Vereinzelung im
geistigen wie im slaallicben Leben baubg fVucbt-
los zu ringcn.
— 8 —
Verschlungeuer sind aber in Graubiinden die
Alpenkctten , zusammenbangender und ausge-
dehnter die Eiswusten, die Tbiiler sind tiefer
eingeschnitten und abgeschlossener, die jungen
Stronie nnbandiger, interessanter die Wunder
einer in ihren geheimnissvollen Werkstatten kaum
nocb belauschten Natur. Die Menschen verschie-
denarliger in Herkunft, Sprache, Glauben und
Sitten als in irgend einem der andern Kantone
unseres Vaterlandes.
Von den i 1000 Fuss hohen Gipfeln unserer
Berge, um deren Krone Steinadler ihre kalten
Fliigel schwingen, stufen die verwitternden Fels-
wande sich ab in die einsamen Hochlhtiler, wo
die Arve und Lerche nur kiimmerliches Wachs-
thum finden, Baren, Wolfe, Murmelthiere und
die fliichtige Gemse ein Asyl suchen, und zahl-
reiclie Viehheerden das junge Griin sich streitig
niachen. Weiter herab auf sonnigen Halden oder
aus finslern Scliluchlen verkiinden Ueberreste alter
Ritterburgen den Untei'gang zahlreicher Dynasten-
Gescblechter , die unter Kaiser und Reich friiher
Rhiitien beherrschten , bis die unerti iigL'ch gewor-
dene Herrschaft durch Vertrag, seltener durch
Gewalt, in die Hiinde der Bauern ijbergieng. —
Obslgiirten, Rcbgeliinde und Kornfelder verscho-
nein die niedein Thalebcnen, und da wo die
— 9 —
Moesa ihre verderblichen Fluthen Aviilzt , gibt das
weisse Maulbeerblatt eine schonere Seldenerndle,
als in Italiens benachbarten Ebenen.
Wie aber die Gebilde ihrer Natur sich nirgends
gleichformig wiederholen , so erscheinen auch die
Bewohner Biindens in eigenthiimlichen Umrissen
dcs Korpers und des Geistes, und leicbt wird
jeder Kenner unseres Volkes die Heimatb des
ihm Begegnenden seiner leiblicben und geistigen
Natur nacb ohne Scbwierigkeit angeben konnen.
Die Abgescblossenheit unserer Tbaler wird nocb
lange die Verwiscbung dieser Eigenthiinilicbkei-
ten hindern, und wohl eben so lange werden
aucb die Bewohner derselben die Wohlthaten
und Genusse einer bobern Civilisation missen,
deren Werlb sie nicbt zu scbiizen wissen und
uni welche die Meisten im Besitze einer beinabe
unbescbriinkten personlicben Freiheit, die ibnen
iiber Alles gebt, sich auch wenig kiimmern.
Dcr besttindige Kainpf gegen jede Bescbriinkung
dieser Freiheit und gegen die Unbilde einer oft
lauhen Natur haben den Biindner im Allgemeinen
niulhig und tapfer erhalten. Gefahren schrecken
ibn nicht. Er ist ebrlich, und wcnn er es auch
mit deni Ueberlisten seiner Nachbarn nicht eben
genau nimnit, so kann man ibm dagegen Hun-
derle auf scin blosscs Wort anverlraucn, wie
— 10 —
dieses tagiich geschiebt. Dieser Grundzug seines
Cbarakters ist um so ehrenwerther, als derselbe
sicb durcb Jabrbiuidei te forterbalten bat, obwobl
von Seiten dcs Staates fiir die geistige and mora-
liscbe Erz;iehiing des Volkes bis zu Anfang dieses
Jabrbunderts nicbts gescbab. Die Landscbule,
welcbe von Vazerol im Jabr JS28 auf den
biscboflicben Hof nacb Cbur verlegt wurde, die
Scbule zu St. Nicolaus, welcbe von 1528 bis
1622 dauerte, sowie das Collegium pbilosopbi-
cum, welcbes 1695 zu Cbur erricbtet wurde,
waren alle nur auf gelebrte Bildung und keines-
wegs auf Volks - Erziebung berecbnet. Ebenso
wenig war das offentlicbe Leben geeignet, das
Volk zu eineni edlern Leben zu erzieben.
Seit deni Licbtpunkte des Scbwabenkrieges ist
die Gescbicbte Biindens nur eine Kette von Par-
tbeikiiuipfen , in denen das Volk nur als Mittel
niissbraucbt, in Unordnung erzogen, jeder selbst-
stiindigen Ricbtung zu einem edlern Ziele ent-
fremdet erscbeint. Neben dem Murb und der
Gewandtbeit entwickelten sicb daber in selnem
Cbarakter Keimc des Misstrauens und der Miss-
gunst, der Auflebnung und der Streitsucbt, deren
Nacbkliinge bis auf unsere Zeit berabtonen. —
Es feblte zwar aucb jener Zeit nicbt an cdlen
Mannern, die fern vom Getriebe der Parlbeien
— 11 ~
nur dem Vaterlande lebten, oder neben ihren
politischen Geschaften auch fiir die Wissenschaf-
ten noch Zeit iibrig behielten, \vie die Guler,
Sprecher, Jiivalta; allein die Mehrzahl wandte
doch ihre Bestrebungen wesentlich nur* den
Kriegswissenschaften zu und widmete ihre Tage
dem Dienste fremder Fiirsten. Viele der edelsten
Krafte giengen so liir das Vaterland unwieder-
bringlich verloren.
Hier im Kreise einer naturforschenden Gesell-
schaft darf ich aber einen Mann nicht unerwahnt
lassen , der zu den Seltenen gezahlt werden muss ,
welche den reichen Schatz ihres Wissens im
vorigen Jahrhundert ausschliesslich dem Vater-
land und den Wissenschaften weihten., der in
Rhiitien der erste und tbatigste die Bahn wan-
delte, die Sie, Hochgeachtete, Hochzuverehrende
Herren! hier vereint und dessen Leistungen in
den Naturwissenschaften die engen Grenzen seines
Vaterlandes iiberschritten und vveithin Anerken-
nung fanden. — Es ist das der edie Professor
Mariin Planta^ der Grunder der ersten oko-
nomischen Gesellschaft in Bunden. Seinen tiefen
Kenntnissen in der Physik und Chemie verdankt
die gelehrte Welt die Erfindung der Scheiben-
Electrisirmaschine und selbst die grossen Vor-
iheile der Verwcndung des Dampfes als bene-
- 12 -
gende Kraft und namentlich die Dampfschiffahrt
wiirden der inenscblichen Gesellschaft schon in
der Mitte des vorigen Jahrhunderts zu Gute
geworden sciii , wenn seine an den Minister
Choiseul dariiber gemachten ErofFnungen, stall
blosser Anerkennung des genialen Gedankens
durcb Ludwig den XV, praktiscben Eingang ge-
funden batten. — Durcb die Bildungsanstalten in
Zizers und Haldenstein, deren Griinder er war,
und in welcben so mancbe ausgezeicbnete Manner
unseres Vaterlandes, wie Reinbard, Labarpe, ibre
erste Bildung erbalten baben, wurde der Grund
zu umfassenden Bildungsanstalten fur Biinden ge-
legl , die in den Privatanstalteu zu Marscblins und
Reicbenau und im Anfange dieses Jabrbunderts
in der Erricbtung der evangeliscben und spater
der katboh'scben Kantonsscbulen eine weitere
Ausfiibrung und Entwicklung fanden.
Diese Kantonalanstalten mit alien ibren wobl-
tbatigen Folgen auf die Gesittung unseres Volkes
waren eine der vielen (bier guten) Friicbte der
franzoslscben Revolutions- Stiirme, die Rbatien
von der verderblichen Herrscbaft uber das Veltlin
befreiten und als Kanton mit der Eidgenosscn-
schaft vereinigten, wodurcb einerseits die alien
Partbeikampre, aus Mangel an Nabrung, ibr Ziel
fanden, andererseits den vorbandenen Kraften
— 15 —
edlere Bahnen geoffnet wurden. Wenn in fruhern
Jahrhunderten fremde Kriegsdieiiste das beinalie
ausschliessliche Ziel jedes Ehrgeizes waren, so
bewegen sich unsere Bundner seit dem Anfange
dieses Jahrhunderts in weit vielseitigern Kreisen
mensclilicher Bestrebungen. Viele bekleideten
auswarts mit Auszeichnung hohe Staats- und
Mililarstellen , andere erwarben sich als kircbliche
Wiirdetrager oder Pfleger der WIssenscbaften
bleibende Verdienste um Mit- und Nacbwelt,
nocb andere, welcbe auf beimatblicbem Boden
dem Diensle der Musen sicb widmeten, sind
auch im Aiislande gefeierte Dicbter und beh'ebte
Nouvellisten. Nocb grosser ist die Zabl derjeni-
gen, welcbe sicb scbon seit der Mitte des vori-
gen Jabrbunderts in die Feme begaben, um
dort in vieljwtigen industriellen Unternebmungen
den Unterbalt zu sucben, den die karge Erde
im eigenen Vaterlande ibnen versagt. Dermalen
gestattet eine bessere Scbulbildung unsern Aus-
wanderera eine freiere Ricbtung ibrer Bestre-
bungen. An der Stelle des kiimmerlicben Scbub-
macberbandwerkes und der darauf g^efolfften g-e-
winnreicben zwar, aber aucb nicbt unbedingt
empfeblenswertben bidustrie der CafFetiers, Con-
ditoren und Pastetenbiicker, welcbe bis in die
neueste Zeit das beinabe ausscbliesslicbe Ziel
_ 14 _-.
kiihiier Wiinsche war, erheben sich diese durch
bessere Erziehung veredelt nunmehr zu gross-
artigen Unternehmungen. Grossbandlungen und
Gasthofe ersten Ranges griindeten das Gluck
ihrer biindneriscben Besitzer, und selbst die kleine
scbwarze Hand des Scbornsteinfegers lernte spater
Hunderttausende vcrwalten nnd die Holzschuhe
mit der reicben Equipage vertauscben, obne dem
Gewerbe, das so vielen Reicblbum begriindete,
zu enfsagen. Viele kleine biduslrien scbliessen
sicb an diese an, von denen Mancbe weniger
durcb die freie Wabl als durcb den Geburtsort
vorber bestimmt zu sein scbeinen. So liefern
einzelne Tbaler nur Glaser und Scbornsteinfeger,
andere nur Pastetenbacker und CafFetiers, wie-
der. andere nur Holzarbeiter , nocb andere Lan-
destbeile Wit'die, Kammerdiener, Courriere,
Kutscber nacb Italien, und die Zabl der so im
Ausland Bescbafdgten belief sicb im Jabr 1841
allein a us dem evangeh'scben Tbeil des Kantons
auf 565^, von dencn ijber Tausend den beiden
Engadinen und dem Bergell angeborten. In
Frankreicb waren damals 1069, in den deut-
scben Staaten 1122, in Itab'en 572, in Amerika
64 niedergelassen. Ein Zauber aber fiibrt sic
beinabe alle wieder in ibre beimadih'cben Berge
zuriick, urn bier die Friicbte ibrer Miiben und
- 13 —
Sorgen zu geniessen, und dieser Zauber ist —
die Freiheit! Die goldne Freiheit der heimath-
lichen Berge, die Gleichheit aller Stande, das
Recht , ihre Localangelegenlieiten selbst besorgen
und in der Leitung der allgemeinen Angelegen-
beiten ein freies Wort mitsprecben zu konnen;
diese Freibeit und die Erinnerung an Jugend-
traume und Jugenderlebnisse sind die Zauber-
formeln , welcbe Tausende aus dem heitern Leben
glanzvoller Hauptstadte beimdrangt in das stille
Tbal an den kalten Fuss einer Eiswuste und an
die Ufer des freundlicben Bergsees oder des
beimalblicben Fbisses , um in einem selbstge-
bauten oder in dem verscbonerten Hause des
Vaters den Abend iniibevolier Tage sorgenfrei
zu verieben.
Die Aufgabe der Regierung, die an die Spifze
dieses aus mebrern souverainen Hocbgerichten
zusammengesezten Landes gestellt ist, ist notb-
wendig bocbst scbwierig und ibre Wirksamkeit
wesentlicb durcb die Zustimmung der Mebrbeit
des Volkes bedingt und eben dessbalb vielfacb
gebemmt. Durcb Anlegung neuer Strassen bis
in die entferntesten Tbaler der Industrie und
acbten Bildung die Babn zu ebnen, — fiir die
rationellere Beniitzung und Erbaltung der Scbiitze
unseres Bodens durcb Unterricbt und Aufniunte-
— 16 -
rung moglichst zu sorgeii, und nur die unent-
behrlichsten Gcsetze dem Volke zur Sanction
vorzuschlagen , dieses ist ihre Aufgabe.
Vicl Verdankenswerthes ist in diesen Richtun-
gen schon gescheben, und mebr nocb stebt bei
den gijnstigen Finanz-Verbaltnissen des Kantons
in Aussicbt, wenn die Regierung und die Bessern
in ibrem edeln Streben zum Wobl eines Volkes
nicbt ermatten , das nacb Art der Gebirgsvolker
nur langsam und mit Misstrauen in neue von
den Vfitern nicbt gekannte Babnen eingebt, aber
diese docb aucb nicbt unbedingt verscbmabt,
wie die mit seiner Einwilligung und mit einem
Aufvyande von ein paar Millionen erbauten kiib-
nen Strassen, die Gymnasien und Volksscbulen
und so mancbe andere Scbopfungen der neuern
Zeit beweisen , einer Zeit , welcber die scbwierige
Aufgabe geworden, Versiiumnisse von Jabrbun-
derten nacbzubolen.
Mocbte eben dieser feste Glauben an eine
scbonere Zukunft meines beimatblicben Kantons
aucb Sie , Hocbgeacbtete , Hocbzuverebrende
Herren! durcbdringen und Sie bewegen, neben
der Erforscbung unserer Berge und Tbiiler aucb
einen freundlicben BHck auf die Menscben zu
werfen, welcbe dieselben bewobnen, um sicb
zu iiberzeugen , dass wir zwar nicbt vollkommen
— 17 -
docli auch nicbt so unenipninglich fiir die
Wolilfhaten der Civilisation sind, wie man bin
und wieder in unserm V'alerlande zu glauben
scbeinl.
Daran knvipfe icb ferner den Wunscb, dass
Ibr Aufentbalt in diesem von der Natur und den
Menscben so seltsam begabten Lande, wenn er
aucb nur wenige Tage andauert, desto langer
und freundlicher in Ibrer Erinnerung forlleben
moge.
PROTOCOLL DEU SITZUNGEN
DER ALLGEMEINEN
SCHWESiEEEISCHEN GESELISCHAFT
FUB DIE
GESAMMTEN NATURWISSENSCHAFTEN
I?l IIIREK
298teii JAHRESVERSAMMLUNG
1 N
C H IJ R
den 29. und 50. Jult 18414.
— 21 ^
SITZDNG DES CENTRAL -COMIXES.
Ben 29. Juli Morgens 8 Vhr im Saal des
Grossen Rothes anwesend:
Herr JJlrich v, Planta^ Prasident.
)> Doctor v» Rascher^ Vice-Prasident.
» Professor Schinz \ von Zurich
,. Professor Zo.A«-5«M.r i^^t.lZu
)) Otto Wertlimuller^ Quastor ) secretariats.
» Professor Peter Merian , von Basd.
» Pfarrer Rehsteinei\ von Teufen.
)> Doctor Mullei\ von Altdorf.
)) Doctor Mayor ^ von Lausanne.
)) Apotheker Meyer ^ von St. Gallen.
)> Secretar J^ C, v. Tcharner,
1. Es wird ein Schreiben des Herrn Quastors
Werthmuller verlesen , mit welchem derselbe
die Rechnungen fiir das Jahr 1843 iibersendel;
diese leztern sollen der Generalversammlung zur
Priifung durch eine Commission vorgelegt werden.
-~ 22 —
2. Auf Antrag des Herrii Doctor Schinz wird
bescblossen, dies Jahr nur drei Sectionen zu
bilden :
1. Physlk, Chemie, Geologic u. Mineralogie.
2. Zoologie, Botanik, Anatomic u. Ackerbau.
3. Medizin und Chirurgie.
5. Das Prasidium giebt Kenntniss von den an-
genieldeten Arbeiten; von denselben werden fiir
die General versa mmlung' bestimmt ;
1. Vortrag des Herrn Doctor Mayor iiber
eineu von seinem Sohne Herrn Charles
Mayor erfundenen Scbwimmapparat.
2. Abhandlung von Herrn Pfarrer Eisen-
ring iiber Nachtfalter und deren Fang.
3. Vortrag von Herrn Hau|3tmann Aesch-
mann iiber Fortgang und jezigen Stand
der Hohenmessungen in der Schweiz.
Die iibrigen Arbeiten wurden den Sectionen zu-
gewiesen.
4. Der Bericbt des Herrn Doctor Gu^genbllhler
iiber die Kretineu-Heilanstalt auf dem Abendberg
und das mit demselben verbundene Gesuch um
Untersliitzung fiir jene Anstalt wird der medizini-
schen Section zur Behandluug iiberwiesen.
— 25 —
5. Herr Apotheker Meyer von St. Gallen ver-
spricht einen Nekrolog des im Laufe des Jahres
verstorbenen Herrn Doctor Zollikofer von St. Gal-
len. (Das Verzeichniss sammtlichcr in diesem Jahr
verstorbener Gesellschaftsmitglieder siehe unter Beilage
Litt. E.)
6. Der bereits in der lezten Versammlung
zum Ehrenmitglied vorgeschlagene Herr Doctor
Partsch, Museumsdirector in Wien, soil auf die
diesjahrige Candidatenlisle gesezt werden.
7. Ein Scbreiben der Kantonal ~ Gesellschaft
von Genf, den Wunsch ausdriickend , dass die
nachstjahrige Versammlung der Gesellschaft in
Genf stattfinden moge, soil der General -Yer-
sammlung vorgelegt werden.
8. Der Vorschlag des Prasidiums, die laut
leztjahrigem Beschluss neuzudruckenden Gesell-
schafts - Statuten durch das General - Secretariat
revidiren und vor dem Druck den Kantonal -
Gesellschaften zur Priifung vorlegen zu lassen,
wird genehmigt.
9. Der Herr Quastor referirt, obwohl bereits
in der lezten Versammlung ein Credit von L. 200
iiir den Druck eines neuen Verzeichnisses der
Gesellschafts-Mitglieder bewillfgt worden sei,
— 24 -
80 habe er diese Arbeit wegen verspateter MIl-
theilung des Jahresberichtes , doch uoch niclit
liefern konnen , werde sie aber bis Anfafig des
Dachsten Jahres beeudigen.
U). Herr Professor Selling bring t mit grossem
Bedauern vor, dass der Quastor der GeseJIschaft,
Herr Otto Werthmiiller, nacli fiinfjahriger ver-
dienstvoller Amtsfiibrung seine Stella niederzu-
legen entschlossen sei; der Herr Quiislor selbst
fiigt bei, dass er sich urn eineii Nachfolger um-
sehen, und bis ein solcher gefunden sei, die
Geschafte ferners besorgen vverde.
11. Eiu durcli Herrn Frey-Ilerose ubermit-
lelter Antrag , der Kantonalgesellschaft im Aargau
die Verhandliing der Kantonal-Gesellschaft in
extenso im Jahresbericht oder in den Druck-
schriften der allgemeinen Gesellschaft milzuthei-
len, soil der General -Versammlung vorgelegt
werden , dessgleichen
12. Ein Scbreiben des Herrn Coulon von
Ncuchatel, enlhaltend die Anzeige, dass das
Comite fiir Veroffentlicbung der Druckscbriften
dies Jalir keine Unterstiitzung ab Seiten der
Gesellschaft verlange.
— 25 —
ALLGEMEINE SITZUNGEIV.
Erste Sitzung Montags den 29 Juli 1844
im Regierungsgehiiude,
' i. Der Piasldent, Hen* Vlrich v.Planta, er-
ofFnete die Sitzung mit einer Rede, in welcher
mit wenifi^en characteristischen Zijo^en der Kanton
Graubiinden und seine Bewohner, der Blldungs-
gang dieses Landes und die Stufe der Civilisation,
welche derselbe gegenwartig einnimmt, geschil-
dert und angedeutet werden.
Der Kanton Graubiinden giebt in der Verschie-
denheit seiner Naturerscheinungen , so wie seiner
staadichen Einrichtungen in kleinerm Maassstabe,
ein getreues Bild des schweizerischen Gesammt-
vaterlandes. Seine Bewobner eben so verscbieden
in Spracbe, Reh'gion und Sitten, korperlicber und
geistiger Geslaltung, baben alle ^iw^w Grundzug
des Cbarakters gemein, die Liehe znm Vater-
land und dessen Freiheit,
— 26 —
Flir die gelstige Erzlehung des Volkes geschah
bis zu Anfang dieses Jahrhunders von Seiten des
Staates Avenig-, und nur wenige Manner waren es,
die fern vom Getriebe der Partheien , oder neben
ihren politiscben Bestrebungen sich den Wissen-
scbaflen mit Eifer und Erfolg widmeten, wie die
Guler, Juvalta^ Sprecher und der edle Pro-
fessor Martin Planta^ der Griinder der ersten
okonomischen Gesellschaft in Biinden und Er-
finder der Scheiben-Electrisirmaschine, vielleicbt
auch der erste, welcher die Idee, den Dampf
als bewegende Kraft zu VervoUkommnung der
SchifFfahrt anzuwenden, ausgesprochen hat.
^enn in friihern Jahrhunderten fremde Kriegs-
dieuste das beinahe ausschliessliche Ziel jedes
Ehrgeizes waren, so bewegen sich die biindne-
rischen Ausvvanderer seit dem Anfange dieses
Jahrhunderts durch bessere Schulbildung begiin-
stigt im Auslande in weit vielseitigern Kreisen
menschlicher Bestrebungen ; beinahe Alle aber
fiihrt der Zauber der Freiheit fruher oder spater
wieder ins Vaterland zuriick, um dort den Abend
oft miihevoller Tage sorgcnfrei zu verleben. Die
schwierige Aufgabe der Regierung dieses Landes
ist, die individuelle Freiheit moglichst gewiihren
zu lassen, durch Anlegung neuer Strassen der
Industrie und achten Bildung Bahn zu brechen,
— 27 —
fiir die rationelle Beiiulzuiig' und Erbaltung' dcr,
Scbatze des Bodens, durch Unterricht und Auf-
munterung- moglichst zu sorgen und nur die un-
entbehrlichsten Gesetze dem Volke zur Sanction
vorzulegen.
Verdankenswerthes ist in neuester Zeit in die-
sen Richtungen von der Regierung und gemein-
niitzigen Vereinen gescheben und Vieles darf
mit Grund von der Zukunft gebofFt werden.
Der Redner scbliesst mit dem Wunscbe, dass
der Glaube an eine scbonere Zukunft Biindens
aucb die versammelten Mitglieder der scbweiz-
eriscben naturforscbenden Gesellscbaft durcb-
dringen moge, und dass der kurze Aufentbalt in
BiJnden desto langer und freundlicber in ibrer
Erinnerung fortleben moge.
2. Es wurden ein Scbreiben der Kanzlei des
Hoben Standes Graubiinden und ein z>yeites des
Biirgermeisteramtes der Stadt Cbur verlesen,
entbaltend die Anzeige, dass die bobe Regierung-
von Graubiinden einen Beitrag von L. 400, der
Loblicbe Stadtratb von Cbur einen solcben von
L. 240 zur Verfiigung der Gesellscbaft gestellt
haben. Auf den Antrag des Herrn Professor
Sebinz von Ziiricb und auf Vorscblag des Pra-
sidiums wurden die Herren Professor Sebinz,
— 28 ^
Professor Merian von Basel und Doctor Mayor
von Lausanne beauftragt, der Hohen Landes-
regierung so wie dem Lobl. Biirgermeisteramt
der Stadt Cluir fiir jene Geschenke den Dank
der Gesellschaft zu hinterbringen.
5. Das Prasidlum macht die Anzeige, dass laut
Beschluss des Central -Comites dies Jahr nur drei
Sectionen gebildet werden sollen, namlich:
Eine fiir Physlk, Cliemie, Geologic und
Mineralogie ;
Eine fiir Zoologie, Botanik, Ackerbau und
Anatomie;
Eine fiir Medicin und Chirurgie ;
diese Sectionen wiirden sicb, gleich nach der
General -Versammlung , konstituiren und ihre
Sitzungen halten.
4. Zur Priifung der vom Herrn Quiistor vor-
gelegten Rechnungen wird eine Kommission er-
nannt, bestehend aus
dem Herrn Herose von Aarau,
» Professor Locher-Balber v. Ziirich
und » Ziegler von Wintertliur.
6. Der Herr President zeigt mit grossein Be-
dauern an , dass Herr Quastor Werlhmiiller, nach
— 29 —
Tunfjahriger Amtsdauer, seine Stelle ablegen zu
wollen, erklart habe, und druckt demselben,
Namens der Gesellschaft , den Dank fur seine
geleisteten Dienste aus.
6. Dem Prasidium werden folgende VortraVe
fiir die heutige Sitzung angekiindigt:
aj Von Herrn Doctor Mayor uber einen von
seinera Herrn Sobne erfundenen