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Full text of "Vocabulaires comparatifs de plus de 60 langues ou dialectes parlés à la Côte d'Ivoire et dans les régions limitrophes, avec des notes linguistiques et ethnologiques, une bibliographie et une carte"

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AMems, iMP. oniniTAUc a. BoiiMif KT d", mat «AMiini, 4. 



VOCABULAIRES COMPARATIFS^ 



DE PLUS 



DE 60 LANGUES OU DIALECTES 

PARLÉS A LA COTE D'IVOIRE 



ET DANS LES RÉGIONS LIMITROPHES 



AVEC DES NOTES LINOUISTiaUBS ET ETHMOLOOIQUES 

UNE BIBLIOOBAPHIB 
ET UNE OABTB 



PAR 



MAURICE ^ELAFOSSE 

ADMIXISTlUTtUR-ADJOIlCT ORS COLOVin 
AKCIClf CHAROi DB COURS A l'ÉCOLE OCS LAKACBS ORIRHTALU VITAXTIS 



PARIS 

ERNEST LEROUX. ÉDITEUR 

28, RUE BONAPART8, 28 

1904 



V0C4BUUIRES COMPA.RA.TIFS 



DE PLUS 



DE 60 umm^ ou dialectes 



PARLfiS A U COTE D'ITOIRE 



2 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

(ère pour la représentalîoa du même son et à conserver toujours 
à chaque caraclère sa valeur alphabélique, quelle que soil sa place 
dans le mot. L*alpliabet adoplé permet de représenter tous les 
sons de (ouïes les langues nègres que je connais, sauf les sons 
musicaux (en usage par exemple dans les dialectes des Kroomen), 
et qu'il est impossible de représenter exactement, à moins d'em- 
ployer une notation musicale. Le cas est d'ailleurs assez rare dans 
les langues qui nous occupent, et il suffît, lorsqu'il se présente, 
d'attirer par une note spéciale Tattention du lecteur, sans autre- 
ment compliquer le système alphabétique. 

VOYEUJES : 

a se prononcera toujours comme a dans <i chat ». 

è — — — è — «mère». 

e — — — é — « été ». 

t — — — i — « midi ». 

— — — — « mot »• 

à se prononcera toujours comme o dans « motte » ou mieux 

comme aw dans le mot anglais « law ». 
6 se prononcera comme un o très fermé (presque « ou »). 
u — toujours comme ou dans « chou » . 

ii — — — u — «but, lui»*. 

œ — — — eu — « heureux», et comme 

œ — « Goethe » . 
à — — • — an — « sang » - 

ë — — — em — le mot portugais « bem» 

{é nasalisé), 
i — • — — un i fortement nasalisé, presque 

comme igné dans « digne » . 
ï — — — in dans «vin». 

— — — on — «bon». 

ù — — — um dans les mots portugais 

« um, algum » (ou nasalisé^ son intermédiaire entre on et oune). 

1. Le son û (u) peut en effet être une véritable voyelle, comme en français dans 
« but >», en agni dans alvau (a-lu-sou), ou jouer le rôle de consonne comme dans 
les mots français « lui, nuit, suer, etc., >» le mot agni sût, qui se prononcent d'une 
seule émission de voix. 



l»AUrJ>S A LA COTE D'IVOIIŒ 3 

Lorsqu'il est imporlanl, pour l'inlelligcnce du mot, que la 
voyelle soil allongée ou au conlraire prononcée 1res brièvement, 
il esl Tait usage des signes ordinairement usilés en pareil cas, 
â, é, ê, î, 5, tif pour les voyelles longues, a « ï ô û, pour les 
voyelles brèves. 

Quant à Taccent tonique ou plutôt l'intonation, dont l'impor- 
tance est souvent considérable dans les langues nègres, aussi bien 
que pour les sons à prononcer sur une note élevée ou sur une 
note basse, il est impossible de donner ces indications au moyen 
de signes alphabétiques. Des notes spéciales indiqueront les cas 
principaux ; seul l'usage, doublé d'une oreille exercée, peul en- 
seigner les autres. 

Consonnes. — ' indique un simple arrêt de la voix, sans aspi- 
ration appréciable, comme le àamza arabe ou l'esprit doux en 
grec'. 

* est le ^ arabe ou l'esprit rude en grec ; le son qu'il représente 
s'obtient à l'aide d'une constriction du gosier. 
i se prononcera toujours comme b dans « bébé ». 
ch — — — ch — « cheval ». 

rf — — — d — « dedans ». 

f — — — f — «feu». 

9 — — ~ S — ^ garçon » et jamais 

comme g dans « gémir » ; ainsi ge^ gi, se prononceront comme 
«gué, gui ». 

gh représente un son intermédiaire entre g et rA, c'est-à-dire 
^ntre le g dur et l'r gras ; souvent d'ailleurs, on lui substitue le 
son rh (Taghadi ou Tarhadi) . 

A représente une expiration; prononcer comme h dans le mot 
anglais « house ». 
;se prononcera toujours comme j dans « jardin ». 
jh est un h chuinté : faire une expiration en appuyant en même 
temps le bout de la langue contre les dents inférieures. 

f . Ce signe, qui, dans le cas présent, ne représente en réalité aucun son et n'a 
<)u*une taleur scientiflque (par exemple pour expliquer la formation des mots en 
M 00 foulan), sera employé aussi comme apostrophe, pour représenter une 
Icttrt élidée. 



PAIUJ'iS A LA COTE D'IVOIIΠ:i 

Lorsqu'il est imporlanl, pour l'intelligence du mot, que la 
voyelle soîl allongée ou au contraire prononcée très brièvement, 
il est Tait usage des signes ordinairement usilés en pareil cas, 
fi, é, ê, î, ô, ûf pour les voyelles longues, a « i o ù, pour les 
voyelles brèves. 

Quant à Taccent tonique ou plutôt l'intonation, dont l'impor- 
tance est souvent considérable dans les langues nègres, aussi bien 
que pour les sons à prononcer sur une note élevée ou sur une 
note basse, il est impossible de donner ces indications au moyen 
de signes alphabétiques. Des notes spéciales indiqueront les cas 
principaux ; seul l'usage, doublé d'une oreille exercée, peut en- 
seigner les autres. 

Consonnes. — ' indique un simple arrêt de la voix, sans aspi- 
ration appréciable^ comme le Aamza arabe ou l'esprit doux en 
grec'. 

* est le 9 arabe ou l'esprit rude en grec ; le son qu'il représente 
s'obtient à l'aide d'une constriction du gosier. 
b se prononcera toujours comme b dans « bébé ». 
cà — — — ch — « cheval ». 

rf — — — d — « dedans ». 

f — — — f — «feu». 

ff — — "S — « garçon » et jamais 

comme g dans « gémir » ; ainsi ge^ gi, se prononceront comme 

« gué, gui ». 

gh représente un son intermédiaire entre g et rA, c'est-à-dire 
entre le g dur et l'r gras ; souvent d'ailleurs, on lui substitue le 
son rh (Taghadi ou Tarhadi). 

h représente une expiration ; prononcer comme h dans le mot 
anglais « house ». 

j se prononcera toujours comme j dans « jardin ». 

jh est un h chuinté : faire une expiration en appuyant en même 
temps le bout de la langue contre les dents inférieures. 

• 

i. Ce signe, qui, dans le cas présent, ne représente en réalité aucun son et n'a 
qu'une valeur scientiflque (par exemple pour expliquer la formation des mots en 
peal ou foulan), sera employé aussi comme apostrophe, pour représenter une 
lettre éiidée. 



4 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

k se prononcera toujours comaie k dans « képi ». 

kh est le f arabe ou la Jota espagnole ou encore le ch dur alle- 
mand ; il représente exactement le son que Ton émet lorsqu'on se 
prépare à cracher ; on confond souvent à tort ce son avec rh ou r 
gras, écrivant par exemple « Pakhalla » ce qui doit s'écrire 
<c Parhalla » ou mieux Kparhala, « mokho » ce qui doit s'écrire 
morliOy etc. 

/se prononcera toujours comme dans « alité », jamais mouillé. 

m se prononcera toujours comme dans « amour », jamais 
comme dans « temps ». 

n se prononcera toujours comme dans « animal », jamais 
comme dans « enfant ». 

nh est un h nasalisé : faire une expiration d'air à la fois par la 
gorge et les narines ; c'est le son qu'on émet souvent dans le rire 

ou dans le doute. 

» 

nhw est simplement un w (w anglais) accompagné d'expiration 
et de nasalisation : amncer les lèvres et expirer de l'air à la fois 
par la gorge et les narines. 

fi se prononcera toujours comme gn dans « dignité » ou comme 
l'û espagnol dans « seûor ». 

p se prononcera toujours comme p dans « papa ». 

q est un k légèrement chuinté (son intermédiaire entre tch et 
kch). 

r se prononcera de la langue et des lèvres, sans rouler ni gras- 
seyer; la différence entre le son r et le son / est en général peu 
sensible dans la plupart des langues nègres, et on peut presque 
toujours les remplacer l'un par l'autre, à condition de ne pas agi- 
ter la langue en prononçant 1'/. 

$ se prononcera toujours comme dans « savoir » et jamais comme 
dans « maison » : Bammaso, prononcer « Bamma-so » et non 
« Bamma-zo ». 

sh est un s légèrement chuinté, moins fortement que ch\ pour 
le prononcer, émettre le son s en projetant les lèvres en avant, le 
bout de la langue appuyé contre les dents inférieures. 

/ se prononcera toujours comme t dans « tenir, tien » et jamais 
comme dans « patience ». 



PARLÉS A LA COTE DIVOïRE .«î 



;> 



ù se prononcera comme u dans « puits » (voir la noie plus haut). 

V se prononcera toujours comme v dans « vivant ». 

w se prononcera comme ou dans « oui, ouate » ou comme w 
dans le mot anglais « water ». 

y se prononcera comme y dans <( Bayonnc », jamais comme 
dans « payer » ou comme dans « saynète ». 

z se prononcera comme z dans « zéro ». 

zA est la douce de sh^ soit un z légèrement chuinté, moins for- 
tement que y; prononcer comme pour^A, en émettant le son z au 
lieu du son s. 

iVoto. — Si une consonne est doublée, il faut la prononcer dou- 
blement : on n'a pas fait usage de lettres inutiles. 

// importe absolument de se bien pénétrer de la valeur de chacune 
des lettres de l'alphabet adopté avant d étudier les vocabulaires. Il 
m'est arrivé d'entendre dire que dans les ouvrages où, comme 
dans celui-ci, il est fait usage d'un alphabet spécial, le lecteur ne 
sait jamais comment prononcer les mots : il le saurait toujours, 
au contraire, s'il s'était donné la peine de lire les quelques pages 
que l'auteur, lui, s'est donné la peine de consacrer à l'explicaiion 
de l'alphabet qu'il a adopté. 

Tous les mots appartenant à des langues indigènes qui sont 
imprimés en caractères italiques doivent être prononcés d'après 
les observations qui précèdent. Les mots imprimés en caractères 
romains seront prononcés d'après les règles ordinaires de la pro- 
nonciation française. 



Remarque. — Je tiens à faire observer que la similitude des 
noms d'animaux, de plantes, de parties du visage, à plus forte 
raison de vêtements, d'outils, de termes techniques, entre plu- 
sieurs langues, ne prouve rien ou presque rien à elle seule pour 
ce qui est de la parenté de ces langues. En eiïel ces noms pro- 
viennent le plus souvent soit d'une onomatopée identique (noms 
d'animaux, noms du nez, des dents, etc.), soil d'un emprunt fait à 



VOCABULAIRES COMPARATIFS 



la laogue du peuple par lequel on a connu Tobjel (animal, plante, 
vêlement, outil, science). Seuls les radicaux désignant les idées 
et les êtres communs à toute Thumanité et les particularités de 
la grammaire et de la syntaxe méritent d'être pris comme termes 
de comparaison. 



CHAPITRE I 



Langues des lagunes. 



Dans un précédent ouvrage \ je disais : « Le groupe /cwaAwa 
des lagunes de la Côle d*Ivoire, qui semble comprendre des tri- 
bus d'origines diverses et mal définies sur lesquelles Tinfluence 
d'un élément n/a * s'est fait plus ou moins directement sentir,... 
peut servir de transition pour passer de la famille agni-achanli à la 
famille krou. » 

Il est en effet indiscutable que le vocabulaire de ces différentes 
langues renferme de nombreux points de ressemblance avec le 
vocabulaire des langues agni-achanti. Mais d'autre part beau- 
coup de mots usuels, le plus grand nombre souvent, présentent 
des différences essentielles avec les mots correspondants agni ou 
achanli. De plus, si l'on rencontre des analogies entre quelques- 
unes des langues parlées dans la région des lagunes, on trouve 
entre la plupart d'entre elles encore plus de dissemblances, tant 
au point de vue morphologique qu'au point de vue grammatical. 

La conclusion qui s'impose naturellement à l'esprit est que ces 
langues proviennent de deux ou trois langues primitives de fa- 
milles différentes, qui devaient être, dans un temps fort reculé, 
parlées par les autochtones de la Côte d'Ivoire orientale. Les in- 
vasions des peuples du Nord, en refoulant vers la mer les popula- 
tions du Sud, les comprimèrent dans une région restreinte oui 
faute de place, elles se pénétrèrent les unes les autres, s'unissant 
parle mariage, se déchirant par des guerres intestines, se délrui- 

1. Bssai de manuel de la langue agni, Paris, 1901, ia-8, page 192. 

2. Le nom de nta est donné, peut-être à tort d*ailleurs, à réiémcnt primitird*oà 
sont sortis Vasanti ou achanti et les dialectes de même Tamille. Quant au nom de 
kwaktpa, je l'avais adopte, à défaut d'appellation commune plus eiacte, pour dési- 
gner ce groupe, parce que les anciens navigateurs appelaient ainsi plusieurs des 
tribus qui le composent, notamment les Avikatn de LaHou et les Alagyû do 
iacquevilte. 



8 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

saiil OU s'assimilanl entre elles. De ce conlacl iiilimede TraclioDs 
â*origines divei*ses devait naturellemenl résulter une influence 
réciproque des langues primitives les unes sur les autres. C'est 
ainsi qu'à ces langues primitives de familles netlemcnt diffé- 
rentes se sont substituées des langues secondaires qui présentent 
à la fois enire elles des analogies résultant du conlacl et des diver- 
gences rappelant la diversité des origines. 

Plus récemment, le grand courant de conquête achanti (ou plus 
exactement At/i) venant de Test en absorbant sur son passage tout 
ou partie des coutumes et des parlers autochtones, finit par 
s'abattre sur la région des lagunes, où vivaient, comprimés pftle- 
mèle, les restes des populations primitives. Sauf aux environs de 
la laguae Abi et dans les forêts des Abè et des Abigui, il n'y eut 
guère d'absorption politique des peuples des lagunes par les en- 
vahisseurs agni-achanti, à cause de la résistance acharnée des 
premiers. Mais il y eût, tant par la guerre d'abord que par les re- 
lations commerciales ensuite, des contacts fréquents et durables, 
et il est tout naturel de penser que les dialectes des envahisseurs, 
soit Agni, soit Zéma (Apoiloniens), qui tendent de plus en plus à 
se fondre en une langue unique qui deviendra la langue commer- 
ciale le long de la côte est et des lagunes, — il est tout naturel 
de penser que ces dialectes agni et zéma ont laissé des traces 
profondes dans le vocabulaire des autochtones, notamment en ce 
qui regarde la numération, les pronoms et les mots servant à dé- 
signer les articles de traite. 

Jusqu'à ce qu'une étude plus approfondie des langues de la la- 
gune permette une classification plus scientifique, je crois donc 
qu'on peut faire de ces langues un groupe, d'ailleurs fort peu ho- 
mogène, provenant d'origines primitives diverses, et où un sem- 
blant d'unité a été apporté par des emprunts plus ou moins im- 
portants faits aux langues agni-achanti, notamment à l'agni dans 
l'ouest et au zéma dans Test. 

Dans cette région pourtant restreinte, on rencontre à l'heure 
actuelle onze tribus parlant onze langues nettement distinctes les 
unes des autres. Je dis « onze langues » et non pas « onze dia- 
lectes », car bien qu'on puisse ranger dans un même groupe plu- 
sieurs de CCS idiomes, il serait bien téméraire d'avancer que les 
divers parlers d'un groupe fussent simplement des dialectes d*une 



PAIU.KS A LA COTE D'IVOIUE 9 

même langue. Pour plus de précision, disons qu*un indigène par- 
lant l'une quelconque de ces onze langues ne peul pas èlre com- 
pris d*un autre indigène parlant Tune quelconque des dix autres'. 
Plusieurs de ces langues, notamment YAkyè (ou Attié) et le 
Kyama [ow Kbrié), renferment on outre chacune plusieurs dia- 
lectes qui présentent parfois entre eux des difl'érences assez sen- 
sibles. 

Les tribus parlant ces onze langues sont les suivantes : 
1* Les Mekyibo (appelés Ewulre ou EwuUle par les Agni, 
Vi/eire ou Dyetri ou Velere par les Abouré, généralement dési- 
gnés par les voyageurs sous le nom de Vétëré), semblent être les 
plus anciens habitants des lagunes d'Assinie et de Grand-Ba?sam. 
Ils ont dû, à une certaine époque, former une véritable popula- 
tion lacustre. Actuellement encore, on ne les rencontre que dans 
les lies et sur les bords immédiats des lacs et canaux dont l'en- 
semble forme les lagunes; dès qu*on s'éloigne vers les hautes 
terres, les Mékyibo font place à d'autres tribus. Tous sont pê- 
cheurs et navigateurs; ils font très peu de cultures et n'ont pas de 
bétail. Les points principaux où se parle encore la langue meXryt^o 
sont, de Test à l'ouest : Eboko et Ebouindo sur la rive nord de 
la lagune Tano ou Tendo; Mborakyi (ou Mborati), Ekounougbé, 
Nzoupoulo, Ekuaboué, Elima (en partie), Eklegbé, Eliapé, Abièti 
(ou Abigui), sur la rive est de la lagune d'Abi, Eya-ndo (ou Bya- 
nouan), à l'embouchure de la rivière Bya; Epièfé, Ëplémnon (ou 
Eplémlan), Adiéké, Ataguié, Assomonon (ou Assomlan), Garoua, 
Aklaguié, et*en général tous les villages situés sur la rive ouest de 
la lagune d'Abi; Assoko (en partie) et Ebouendo, dans les lies si- 
tuées entre Assinie et la lagune d'Abi; puis le groupe des villages 
de Byétri ou Bra (île Morin), les villages de l'tle de Petit-Bassam 
et quelques hameaux de pêcheurs, dans la lagune Ebrié ou lagune 
de Grand-Bassam, ou Ton appelle parfois les Mékyibo Papaïri. 
En résumé leur vrai domaine consiste dans les rives et les tles de 
la lagune d'Abi, à l'exception des villages de la rive sud (Kelna, 

t. Je n'ai pas fail entrer dans le groupe des langues des lagunes les idiomes 
pariés dans les lagunes de Vokoboué et de Fref co efr qui appartiennent au groupe 
oriental de la Tamille krou. D*autre part j*y ai fait entrer des langues, comme 
Vukyê, Vabigui et Vabè^ dont le territoire ne fait pas partie à proprement parler de 
U régton des lagunes. 



10 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

Marna, etc.) qui sont peuplés de Zéma, et de Mo-oua, Elima (en 
partie), Abi, Ëiboué ou Boue, Alé-ngré et Guiemvyessou, qui sont 
peuplés d'Agni. Mais^ comme on le voit, les populations insulaires 
de la lagune Ebrié sont aussi en grande partie de langue mékyibo. 
Je dois ajouter qu'un grand nombre de Mékyibo parlent, outre 
leur langue propre, le zéma, Tagni, l'abouré ou le kyama (ébrié), 
suivant la région qu'ils habitent. 

2* Les Abure (souvent appelés Akapless par les Européens) ont 
un lien de parenté assez sensible avec les Mékyibo. Ils sont sans 
doute les plus anciens habitants de la région qu'ils occupent au- 
jourd'hui, et formaient probablement, sous le nom de Kompa, la 
population autochtone d'une partie au moins du Samvi (ou Sanwi) 
avant les Agni. Actuellement ils habitent le pays compris lentre 
Assuendi ou la barre d'Assinie à l'est, la barre de Grand-Bassam et 
la Gomoé à l'ouest, la mer au sud, et le parallèle passant par 
Krinjabo au nord ; à l'est, ils atteignent la lagune d'Abi près de 
l'embouchure du Gandaganda; à l'ouest, on les rencontre de 
l'autre côté de la Gomoé à Mouossou et dans le groupe des villages 
d'Abra. Leurs villes principales sont Mouossou {qu'ils appellent 
eux-mêmes Ejhyeow J?%e) et Bonoua (qu'ils appellent A&ont£^); 
les Abouré s'y trouvent mélangés à un grand nombre de Zéma ou 
ApoUoniens. Aussi beaucoup d'entre eux, outre leur langue, com- 
prennent le zéma. Autrefois régnait à Bonoua un roi puissant et 
fameux nommé Nda-Aka ; on appelait Aka-pokà (pays d'Aka en 
abouré) toute la région soumise à son autorité; les gens de la côte 
sachant un peu d'anglais traduisirent cette expression en AA:a- 
place aux Européens qui leur demandaient le nom de la contrée, 
et c'est de là que vient l'appellation d'Akapless encore usitée 
aujourd'hui pour désigner le pays de Bonoua et ses habitants. 

3* Les Akyè (appelés Akye par les Agni de l'est, Kurobu par les 
Baoulé, Allié par les Européens), habitent un territoire limité à 
l'est par la Gomoé depuis Alépé inclus jusqu'à Abradine exclus 
(en excluant aussi l'enclave agni de Bettié), au nord par le Moro- 
nou, à l'ouest par le pays des Abè, et au sud par une ligne qui 
irait d'Anyama à la lagune Potou et le long de laquelle les Akyè 
se rencontrent avec les Kyama (Ebrié) et ensuite les Goua(Mbftto). 
Les Akyè se divisent en plusieurs familles, dont les deux princi- 
pales sont celle des Budé ou Bodë (ou Bodé) ou encore Akyh-Ko^ 



PARLÉS A LA COTE DIVOIUE 11 



:^e». 



tolco et celle des Nedl ou Memmi on Elèpè, et les aufrescelles^des 
Alobti^ des Nfjadye et des Kete. Le dialecte Budè, parlé à Touesl 
de la rivière M6, diffère légèrement du dialecte Nedï, lequel est 
parlé à Elèpè (ou Alépé), à Mcmni, à Agbin, ù Métézua, etc. Les 
Nédin ne se donnent pas à eux-mêmes le nom d*Akyè, le réser- 
vant pour les familles de l'ouest et du nord. La langue akyè, bien 
que très différente du mékyibo et de Tabouré, a cependant plus de 
rapports avec ces deux idiomes qu'avec les aulres langues du 
groupe des lagunes. Il est probable qu'à une époque éloignée les 
Mékyibo, les Abouré et les Akyè ont dû former un groupement 
autochtone homogène, qui a été bouleversé depuis par les inva- 
sions agni-achanti et les mélanges avec les tribus de l'ouest. 

4* Les Giva (appelés Mbalo par les Akyè, les Kyama (Ebrié) et 
les Agni) habitent les bords de la lagune Potou; comme les Mé- 
kyibo, ils forment une population exclusivement riveraine, sinon 
lacustre, et n'ont pas de villages dans les hautes terres; cependant 
ils ont des cultures à une certaine distance de la lagune. Ils for- 
ment deux tribus, les DaJfre et les Ndomà, qui parlent la même 
langue. La langue des Goua se rapproche beaucoup de celle de 
leurs voisins de l'ouest, les Kyama ou Ebrié. Les Goua appellent 
leur langue figora. 

5* Les Kyama (appelés Ebrie par les Abouré et les Zéma) ha- 
bitent une région limitée au sud par la lagune Ebrié, à l'est par la 
lagune Potou, au nord par le pays des Akyè qu'ils rencontrent à 
Anyama, et à l'ouest parla rivière Agnéby. De plus ils ont sur la 
mer un village à l'est d'Eyouré ou Petit-Bassam, et une partie 
de Petit-Bassam et du village situé à l'ouest de ce dernier, l'autre 
partie étant habitée par des Alaguian. Au point de vue linguis- 
tique, les Kyama forment un même groupe avec les Goua. 

6* Les A/a^yâ ou Ara^yâ (appelés Jack-Jack parles anciens navi- 
gateurs) occupent toute la bande de terrain sablonneux comprise 
entre la mer au sud^ la lagune Ebrié au nord, le village d'Eyouré 
ou Petit-Bassam à l'est, et le village de KraPi (exclus) à Touest. La 
population de Petit-Bassam est moitié alaguian et moitié kyama ; 
celle de Krafi est avikam. On rencontre encore des colonies ala- 
guian à Grand-Bassaln, à Dabou et à Lahou> Beaucoup d'Alaguian 
comprennent, outre leur langue, le kyama; un certain nombre 
comprennent Tadyoukrou: un|grand nombre parlent le Pigeon- 



12 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

English ou anglais de la côte. La langue alaguian, proche parente 
deTavikain, semble avoir eu à Torigine des relations avec lemé- 
kyibo, Tabouré et le kyama; elle paraît avoir subi Tinfluence de 
Tadyoukrou et, plus récemment, celle de Tagni, lorsque Tinvasion 
agoi a refoulé vers le sud les Ari et les Adyoukrou. 

7* Les AvikamoM Gbànda (appelés Brifià parles Agni, les Zéma, 
les Alaguian et les Kyama) habitent le long de la côte la région de 
Lahou, depuis Krafi inclus jusqu'à Dibou inclus; leur tribu pro- 
viendrait d'une ancienne migration d'une partie des Alaguian vers 
Touest ; ils ne s'étendent pas au nord des lagunes de Lahou, où 
ils font place, ainsi qu'à l'ouest de Dibou, à des tribus de famille 
krou, mais on les rencontre, môles à des Agni, des Adyoukrou et 
des Ari, sur les deux rives du bas Bandama jusqu'à Aouèmou ou 
Ahouem. Leur langue, qui fait partie du même groupe que l'ala- 
guian, a subi, plus encore que ce dernier idiome, l'influence de 
Tagni. Beaucoup d'Avikam d'ailleurs comprennent l'agni ; un 
grand nombre parlent le Pigeon-English. 

V Les Art (appelés Abigi par les Agni, Abidji par les Adyou- 
krou) occupent actuellement un territoire assez étroit allant du 
Bandama à l'Agnéby et renfermant entre autres les villages de 
Sikanzi et de Bessédi (sur la route de Dabou à Tiassalé). Ils ont 
comme voisins au sud les Adyoukrou, à l'est les Kyama (Ebrié), au 
nordlesAgni-Agbègnyaonelles Abè.àl'oueslles Agni d'Ahua, Brou- 
brou, Ahuakré et Aongnyafoutou, village^ qui ont été fondés aux 
dépens des Ari et ot la langue ari est parlée concurremment avec 
l'agni. Beaucoup d'Ari d'ailleurs comprennent l'agni. Leur tribu, 
déjà singulièrement diminuée par les invasions agni qui se sont 
glissées entre elle et celle des Abè, tend de plus en plus à être ab- 
sorbée dans le sein de la famille agni. La langue ari, bien que dif- 
férant beaucoup de l'adyoukrou sous le rapport phonétique, ren- 
ferme un grand nombre de radicaux adyoukrou; mais elle a subi 
une influence agni assez considérable : peut-être pourrait-on la 
considérer comme un dialecte d'anciens autochtones modifié suc- 
cessivement par des influences adyoukrou et agni. 

9* Les Abè sontles habitants de la région comprise entrel'Agnéby 
à l'est, le Bandama puis le Nzi à l'ouest, les Agni-Agbégnyaon et 
les Ari au sud, elles Agni-Moronou au nord. Ils ont été fortement 
pénétrés à l'ouest (région de Nûàmvwe ou NianvoAé) par les Baoulé 



PAKLÉS A LA COTE DIVOIHK 13 

(tribus des Aloumoua et des Ahua) el sont plus ou moins sous la 
dépendance politique des Agni. Aussi leur langue a-t-elle été 
influencée parTagni, qui est compris par beaucoup d*Abè de l'ouest 
et du nord-ouest. Originairement, il semble que l'abè devait être 
un dialecte voisin de Tari primitif; comme Tari, l'abè a reçu un 
grand nombre de radicaux adyoukrou, tout en conservant une 
phonétique difTérente. 

10* Les Adyukru ou Agyukru ou Adjyukru ou encore Ogyukru^ 
(souvent appelés Boubouri par les Européens du nom de l'une de 
leurs tribus) habitent la région comprise entre la lagune Ebrié au 
sud, TAgnéby à Test, les Ari au nord, le Bandama et les Avikam 
à Touest. Leurs centres principaux sont Dabou, Débrimou, Lo- 
pou, BoubouriyToupa, etc. Ils ne semblent pas être originaires 
dupaysqu'ilshabitent. Certaines traditions les font venir de l'ouest; 
cependant leur langue n'a aucune analogie avec les langues de 
l'ouest ou langues krou. Je dois dire d'ailleurs que la principale 
particularité de l'adyoukrou, qui réside dans le caractère phoné- 
tique de cette langue et consiste dans le fait que beaucoup de 
mots très usuels sont terminés par une consonne, souvent une 
consonne double, ne se rencontre dans aucune autre langue de la 
région et, d'une manière plus générale, n'existe que dans un 
nombre très restreint de langues nègres. Tout le monde connaît 
la difficulté qu'ont les nègres en général à prononoer correctement 
les mots européens terminés par des consonnes; ils évitent la dif- 
ficulté en ajoutant une voyelle à la fin du mot, disant asyeli pour 
« assiette », flaga pour « flag », kèsu pour « caisse », etc. On ren- 
contre bien en fanti, en assanti, en avikam et dans quelques autres 
parlers indigènes de l'Afrique occidentale, des mots terminés par un 
mou un /t, mais c'est à peu près la seule désinence consonrïantique 
que Ton entende dans ces langues. Au lieu qu'en adyoukrou, on a 
des mots comme ègn (prononcez « èg-ne »), lis^ gbel^ okiishy ligbi^ 
leb, lêtembar^ nuk^ lâkr^ likr, âkpoly etc., qui détonnent singuliè- 
rement au milieu des désinences uniquement vocaliques des langues 
voisines et qui rappellent à l'oreille des sons entendus chez les 
Ouolofs, les Sérères ou les Foulbé, et aussi chez certaines popu- 
lations côtières répandues depuis la Casamance jusqu'à Sierra- 
Leone. D'autre part, si la grammaire adyoukrou renferme quelques 
règles assez particulières, elle n'a rien qui la différencie profon- 



U VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

dément de la grammaire des parlers voisins, el quant aux radicaux, 
sous une forme distincte, ils sont en grand nombre identiques aux 
radicaux correspondants de Tari et de l'abè, en plus petit nombre 
identiques à des radicaux avikam ou alaguian. C'est ce qui me 
conduit à penser que les Adyoukrou, tribu éminemment guerrière 
el d'une constitution physique très robuste, ont dû, à une époque 
inconnue, et venant d'une contrée non encore déterminée, à la 
suite de circonstances qu'il est dirficile de conjecturer, s'empa- 
rer par la force de la région qu'ils habitent, traversant le pays des 
Abè et celui des Ari el y laissant de fortes traces, et repoussant de 
l'autre côté de la lagune les Avikam et les Alaguian, en leur em- 
pruntant un certain nombre de mots et d'expressions. Voilà aussi 
pourquoi je suis amené à ranger, dans le même groupe que Ta- 
dyoukrou, Tari et l'abè, bien que d'après leur génie phonétique, 
ces deux langues semblent plutôl se rattacher, originellement, à 
l'avikam et à l'alaguian. Il est à souhaiter qu*une étude plus ap- 
profondie deThisloire el des migrations des peuplades de la lagune 
Ebrié permette d'apporter une solution au problème de la langue 
adyoukrou qui, dans une sphère plus restreinte, est aussi intéres- 
sant et aussi peu résolu que le problème de Torigine et de la langue 
desFoulbé'. 

il* Les Ahizi ou Alzi forment, d'après mon collègue et ami 
M. l'administrateur Lamblin, une tribu de langue spéciale, qui 
habite une quinzaine de villages sur les bords nord et sud de la 
lagune entre Dabou el KraB, le groupe Lélé habitant sur la rive 
nord (à Tiakba notamment) et le groupe Gobo sur la rive sud. 
Les Ahizi seraient originaires de la région de Lozoua, située au 
nord-ouest de Grand-Lahou et dont les habitants actuels parlent 
un dialecte appartenant au groupe oriental des lai^gues krou. 

N'ayant pu me procurer aucun vocabulaire du langage parlé par 
les Ahizi, je ne les mentionne ici que pour mémoire, sans préten- 
dre les rattacher à tel ou tel groupe. Il serait fort intéressant de 
connaître leur langue. 



1. Au point de vue physique, les Adyoukrou ne se disUnguenl pas sensiblement 
des peuplades qui les entourent, des Kyama el des Ari principaïemenl. Pourtant 
ils sont en général plus muscifs et plus barbus, et surtout de couleur plus foncée 
que les Ari, qui sont en général d'un rouge assez clair. Leurs femmes sont mieux, 
faites que les femmes kyama. 



PAULES A LA COTE IVIVOIUE 15 

Pour la commodilô de l'impression, j'ai partagé en deux séries 
les vocabulairesdes langnes des lagunes qui vont suivre ; la première 
renferme le groupe formé par le mékyibo, Tabouré et Takyè, el 
celui Formé par le goua et le kyama; la deuxième série renferme 
le groupe formé par l'alaguian et l'avikam, et celui formé par Tari, 
labè et Tadyoukrou. 

Le vocabulaire mehjibo a élé recueilli en 1903 à Assinie auprès 
de deux femmes mékyibo habitant Eya-ndo (nord de la lagune 
d'Abi)et d'une femme de l'Ile Moria (lagune de Grand-Bassam); 
mes informatrices remplissaient toutes les qualités qu'on peut at- 
iendre d'informateurs noirs. 

Le vocabulaire dbure a été recueilli en 1903 à Assinie auprès 
d'une femme abouré habitant Mouossou, et revu avec deux indi- 
gènes de Bonoua; même observation que précédemment pour les 
qualités des informateurs, sauf que Tinformatrice de Mouossou 
était peu intelligente et fort âgée. 

Le vocabulaire akyk^ été recueilli en 1902 à Bondoukou auprès 
d'une femme de la tribu des Nédin donnant toutes les garanties 
désirables. 

Le vocabulaire gwa a été recueilli en 1 903 à Bingerville auprès 
de deux indigènes goua donnant également toutes Les garanties. 
Le vocabulaire ^yama a été recueilli en 1903 à Bingerville, c'est- 
à-dire en pays kyama, auprès de deux indigènes dont l'un, très 
intelligent, était un informateur de toute sécurité. 

Le vocabulaire alagyà^ recueilli en 1900 à Dabou auprès d'un 
Agni, a été complètement revu en 1903 à Bingerville auprès d'un 
Alaguiand'Adadanslesinformationsduquelonpeutavoirconfiance. 
Le vocabulaire avikam a été recueilli en 1903 à Assinie auprès 
d'un indigène de Grand-Lahôu donnant toutes les garanties dé- 
sirables. 

Le vocabulaire ari^ recueilli en 1894 à Bessédi, c'ést-à-dire en 
pays ari, auprès d'une vingtaine d'indigènes, mais dans des con- 
ditions d'interprétation assez défectueuses, a été revu en 1900 à 
Agbégnyaon, auprès de trois Ari de Sikanzi. 

Le vocabulaire abè a été cecueilli en 1900 à Uabou auprès d'un 
Agni de Tiassalé qui habitait une partie de l'année en pays abè et 
qui était un bon informateur; cependant je ne garantirais pas 
Texaclitude absolue de certains mots fournis par lui. 



1G VOCAHULAIIŒS COMPARATIFS DK LANCUJKS OU DIALECÏISS 

Le vocabulaire adyukru, recueilli en partie en 1894 à Lopou et 
Akakrou, c'esl-à-dire en pays adyoukrou, auprès de dix ou douze 
indigènes, mais dans des conditions d'interprétation défectueuses, 
a été revu et complété en 1903 à Bingervilie auprès d'un jeune 
adyoukrou de Uébrimou offrant toutes les garanties désirables*. 

Nota. — Je recommande instamment au lecteur, avant de pas- 
ser à Texamen des vocabulaires, de revoir attentivement l'expli- 
cation de la valeur des caractères alphabétiques adoptés. 

Remarques. — I. Les mots suivis de la lettre (A) sont des mots 
empruntés à la langue agni ou, plus généralement, des mots pro- 
venant d'un radical identique à celui dont dérivent les mots agni 
correspondants. 

IL Lorsque deux mots sont employés dans la même langue pour 
désigner le même objet ou la même idée, ils ont été placés l'un à 
la suite de l'autre, séparés par une virgule. 

I. Quelques notes concernant Talaguian, Tavikain et Tadjoukrou, recueillie 
à Grand-Lahou par M. le capitaine Le Magncn, ont été très obligeamment mises 
par lui à ma disposkion. 



PARLES A LA COTE mVOIHE 



17 



VOCABIIUIRRS HÊKYIBO, ABODRt. AKYfi, 60D4 BT mU 



1. — NimÉRÂTlON 

Mékyiko Abouré Akyè Goaa 

1 ^ko^ oku (Al) oku (A) ekd dogbo^ logbo 

2 nfiijô (A) afiyÔ (A) emwT nwd 

3 âhd nhûga^ enhT* nwdtlgye 

4 agne end (A) ^Çgi* nwdni 

5 atmu (A) enu (A) ebd * nwdnd 

6 oAyé enfye emd oAwa 

7 ô/a eiifyd enio (A) obise 

8 énamâ mokwe (A) moque (A) o6tc;t 

9 ^uTttittt pwârajhô ôtigord (A) o/ûni 
10 é({t o6und (A) A:éu ou;a 

11 

12 

ï) efe efT aburu^mwî^ opT 

30 fe^re^di* ahunuM abura^nhl* opT-ri-wa* 

40 efabo obô abura-ggi mpibô * 

S) o^urenu (A) aiuranu (A) aittra-6} a6ur«nu (A) 

60 abura-mô mpibô'ripT 

70 abura-nso mpibô-ri pT-ri-wa 

80 abura-moqûe mpi'€mwd 

90 a6ttra-Mj7ar<I mpi-^ntcd-ni-wà' 

100 fya (A) éya (A) abura-hT éya (A) 



Kyama 

be 

mô 

gbfïdya 

bodi 

mwand 

akwa 

akwasi 

abija 

abro 

awo 

awO'bre 

awO'tnô 

npê 

apé^na-wo^ 

agrebe 

agrebe-na-wo 

m(hgbâdya * • 

mo-ghndya'na'WO 

mO'bodi 

mo-bodi-na-wo 

mO'mwand 



Noies. — 1. Fé-re-dif opï-ri-wa^ apë-na-wo, veulent dire 
« TÎDgt et dix ». De même mpiôà-ri-pï^ mpità-ri-pï-ri-way en goua, 
veulent dire « quarante et vingt, quarante et vingt et dix » ; 
agrebe-na-^wo^ en kyama, veut dire « quarante et dix », etc. — 

2. nh dans nkfiga^ enhï^ abura-nhïj représente un son unique, un 
h expiré du nez et de la gorge (vair Texplication de Talphabet. — 

3. L.e jr suivi de y, en akyè, est mouillé : effyi se prononce presque 



18 VOCABULAinES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

« egji ». — 4. Le mot ebb « cinq » signifie à proprement parler 
« une main ». — 5. De 20 à 100 la numération akyè fait usage du 
motagni buru^ pluriel abitra^ qui veut dire « dix ». A noter que 
pour 100 on dit abura-hï^ hï remplaçant kèu pour exprimer la di- 
zaine. — 6. Il est probable qu'à Torigine, et avant TimportatioD 
des termes dérivés de Tagni, « deux » se disait bo ou bo en mé- 
kyibo et en goua ; de là efâJbo (pour efe-bo) et mpibà (pour opï-bo), 
« deux fois vingt, quarante ». A rapprocher du mot abouréoM> 
« quarante ». — 7. En composition « quatre » en goua se dit 
anwà et non nwàni ; après la voyelle nasale à^ la particule d'union 
rt se change en ni : d*où mpi-antoà-ni-wa^ pour opï-nwàni-ri-owa 
« quatre vingts et dix ». .— 8. Le kyama a un mot spécial, 
agrebe^ pour « quarante » ; ensuite on reprend la numération par 
vingtaines, mais le mot apë se transforme en mo. 

Remarquei. — L LV ou è initial des noms de nombre, dans 
toutes ces langues, tombe lorsque le nom de nombre est précédé 
d'un substantif; ainsi en akyè on dira Ua mwî et non tsa emwî 
« deux hommes » ; il en est de même de Vo initial en goua, et de 
Va initial en kyama. Mais Va ou Vo initial subsistent toujours en 
mékyibo, en abouré et en akyè. 

II. Dans les langues où les substantifs forment leur pluriel par 
l'addition d'un suffixe, on n'exprime pas ce sufRxe devant un nom 
de nombre ; si au contraire le pluriel est indiqué par une modifica- 
tion de la forme du singulier, on emploie la forme plurielle devant 
les noms de nombre. Exemples : en abouré : Aya « un homme », 
Aya-me « des hommes », Aya nu « cinq hommes » ; en mékyibo : 
ebra « une femme », mbra « des femmes », mbra annu « cinq 
femmes ». 

III. Dans toutes ces langues^ le* nom de nombre se place tou- 
jours après le nom de Tobjet nombre. 



rAKLES A LA COTlf: li IVOUU-: 



lu 



II. — LA natukk: 

Mêkyibo. Abouré. Akyô. Goua. Kyaiiia. 

terre «^^i/*, ^"f/.'/<? ftelije Uzapr odô alla 

eau e>i:M (A) nshùe (A) su (A) ndu ndu 

mer ^ti/y« .... ogwe gwe • 

lagune asu (A) asûe (A) .... odu andnko 

rÎTÎére asu^baha komwe stt-ftrjt: mpio^odu^bê nduhe 

fen e%i (A) %è (A) syr (A) odde ali, ait} 

lois (matière) eduo eli dzakwè oijoku aya 

arbre id. elibe id. ot/o^'u îd. 

.i>ois (morceau de) id. id. id. id. id. 

hoîs à brûler eemô ele isô nnd nki 

feuille bali mbî 

herbe .... ogu ndku* 

forêt abord ..... pla obuli abili 

chemin alemye bosô oseréku asilOjOsi 

ciel wjnnt/ame(k) .... yeke nyaka 

soleil ^^^j/< ^y^^ ^^ egindmi akyime 

lune èfé ailyûô po bî pè* 

jour (lumière) aie (A) nya ke ogye akye 

nuit ûqyûbo .... umunli meiekyi 

pierre kâqyene .... obu abu 

sable belye nlu 

montagne .... ogba abobo 

or esigè (A) ..... s'ka (A) ûgi ûkyi 

fer bulare (A) loki odde nlune 

cuivre ayabaiA) asûprt 

argent . . • gûete {A) gûete (A) dora {A) 

zinc kpôkpô 



Notes. — 1. « Plage » se dit en kyama gtoe-gt/e. — 2. « Sa- 
vane » se dit en kyama nàkute. — 3. « Éloiles » se dit en kyama 
pé-mice^ de pè « lune » ; comparez en agni : sara « lune », sara-ma 
ou nzrama « enfants de la lune, étoiles ». 



V 



20 VOCABULAIRES COMPAUATIKS DK LANGUES OU DIALECTES 



in. -. LES uommES 

Mékyibo Abouré Akyè Goût Ryama 

homme (être kniii) énia kya Isa gwé iepâ 

homme (lik, ■tri) emye veni, henytl sî, sa se se 

femme ebra (k) varé si bwe bye 

homme mûr se bêrTiku 

jeune homme emyealîgbave se taku 

jeune fille ebra alTgba ..... bye taku 

enfant (jeune) rebe .... ya/a ipo 

père ye yi, aho ye nti nli 

papa, mon père me ye aho mè ye me nti me nti 

mère ni (A) H ne md ma 

maman,mamère me ni me li mè ne m md me mma 

fils, fille aba (A) va iye, byt mi mi 

Européen ènza-boronu kdga tsa^nâ kdAgd kdgd* 

frère ..«. muse • . . . . 

Note. — 1. Le mol Aàga^ Âàgâ, {âga chez les Alaguian) serl 
à désigner les Européens dans presque toule la région des la- 
gunes ; je ne connais pas l'origine de celle appellation. On y 
ajoute souvent le mol « rouge », comme en goua kàngà-nwï^ en 
kyama ^â^ânona ; Texpression kàgà-bvxo (les Kangan noirs, en 
kyama) serl à désigner les Noirs vêtus à Teuropéenne et venus en 
Afrique par mer. Quant aux expressions ènza-boronu (en mékyibo), 
/^a-nâ(en akyè), elles signifienl lilléralement « hommes rouges ». 
C'est en effet la couleur rouge, bien plus généralement que la 
couleur blanche, qui, aux yeux des Noirs, caractérise les Euro- 
péens. 



IV. - LES ANIMAUX 





Mékyibo 


Abouré 


Akyé 


Goua 


Kyama 


animal 


nûme 


ènâme 


nand, nanl 


ennâ 


(A) 


ennd (A) 


mMe 


emye 


vcni 


«r, sa 


se 




mi 


femelle 


ebra (A) 


varè 


si 


bwe 




bye 


petit 


alTgba 


va 


bye 


bi 




mil 


bœuf 


ène 


ênahà 


nhuwu 


otô 




ntua 



PARLÉS A LA COTI-: IVIVOIKI-: 



21 



Mckyibo 



Abouré 



Akyê 



(joua 



Kyatua 



taureau 


cne-mt/e 


i'nahn-vcni 


nliuwa-sd 


otO'sn 


ntua-mi 


Tache 


ène-bra 


énahtl'varè 


n/inwu'si 


oiO'bwc 


nlua-bye 


reau 


ène-attgùa 


ènahd'Va 


nliuwu'bije 


olO'bi 


ntua^mlt 


mouton 


ebwnne 


owône 


gba 


bwiga 


ngbdgs'd 


chèvre 


esire 


swaviri 


akoli 


agôli 


kye 


chieu 


amorô 




adûa (A) 


osùogbo 


gba 


éiéphant 




oswa (A) 


Uû (A) 


oyô 


9y^ 


hippopotame 






sé'lsu 


ndu-gijô 


ndu-gyn 


oiseau 


èse 




be 


kologije 


kokyT 


poule 


éiko 


akf) (A) 


kwà 


kosô 


.' koso 


œur((le poule) 


ekire-inkyè kurufwe(k) 


kwd-lsé 


ozo-rnive 


kosô-mtce 


caîroaa 


eiéngye (A) 


aneûge (A) 


sogbô 


bu 


dubu 


serpent 




owo (A) 




kodyo 


du 


poisson 


éta 


ta 


kd 


ogyô 


akyo 


lamantin 








olere (A) 





V. — LES ALIMENTS 

Mékyibo Aboaré Akyè Goua Kyama 

igname èfè .... sye inné enne 

banane {gnm) koko kùko demô ilgogo koko 

•manioc bédé (A) bedè (A) vedè (A) vedè (A) bédé (A) 

taro ebreqûe .... yald morogbè mônôkpé 

piment eizamô .... byeko nnijhè ûgesye 

P&lmier (t kiik) odde ade 

amande de palme abe ave shyà osi agyi 

huile de palme unwâ ngbo gbd nnô unô 

vin de palme nzè endc ûgosi:*^ nde 

alcool d'Europe id. kdngdnde kdgdude 

viande nâme èndme nanâ ennd {K) ennd{\)* 

S€l mye me dihyT uflgy^ (A) nnye 

P&iu indigène* ésa clud vè oyi nne 

**uce fkifye,èsa'ifye , . . . vè^sû ndu-pûre nie ndu 

Noies. — 1. Par « pain indigène > il faut entendre la p&le 

• d'iguame, banane ou manioc bouilli qui fait le fond de la nourri- 

^^re; la sauce est le mels dans lequel on trempe les boulettes de 

paie avant de les porter à la bouche. — 2. Le mot fiffosè désigne 

^^ vin tiré du palmier à huile; le vin de raphia se dit en kyaiha 



22 VOCABULAiniiS COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

nkyo. — 3. Les Kyama ont un mol spécial pour désigner le gi- 
bier : brà. 



VI. — L'HABITATION, LE MOBILIER, ETC. 

Mèkyibo Abouré Akyè Goua Kyama 

village mànà pokô koa okobè akubt 

maison eiu $a $Ô okô ûku^ 

plantations éûœ^ro * .... gbd ogi ait 

mortier (i pflar) ogbose agbosô 

pilon odetére adora 

corbeille oki^e akôre 

cruche âlà okàruwo k* agbru akpru 

assiette âkia fefèn lô oprege diprd 

houe diut asô si nne adrô 

coupe-coupe oddéra dugba 

couteau kuio kâkra shô kakra kakra 

manille ka{K) mbodu mburu 

pirogue enyene .... uhônô ahànà 

pagaie pa * .... opô apè * 

porte ' po , 

tissu (ii4igiM) èla .... mhûmT oddeké betema-ndagô 

tissu (MNféei) id. .... id. id. kâgâ-ndagô 

pagne id. .... id. id. tutagô 

vêtement lrarye(K) tradye (A) 

perles mâmvrè nanye* taba Hyofu abwâbe 

calebasse awa (A) * .... awa (A) 

gourde à injections bengerye (A) . . . • bwè 



< 

Notes. — 1. Le mot èiiœ veut dire « champ » ; le suffixe ro in- 
dique le lieu : èûœ-ro « dans les^ champs, lieu des champs ». — 
2. La perche de raphia qui sert à manœuvrer les pirogues se 
nomme orô en abouré. — 3. Le <« papier » se dit ayiie en abouré 
(de aywe « peau »). — 4. La perche qui sert à manœuvrer les pi- 
rogues se dit 6offè en kyama. — 5. Pour désigner l'ensemble 
d'une habitation, le « chez soi », on se sert en kyama du mol 
tvdaiu. 



rAlU.ÉS A LA COTl!: ÏVIVOIUK 



23 



VII. — i.¥sH rxuTiî'sH i»ir 4:oiiPM 



léle 

cheveux 

visage 

yeux 

Dez 

oreille 

bouche 

dents 

langue 

menton 

cou 

nuque 

poitrine 

seins 

ventre 

nombril 

dos 

épaule 

reins 

derrière 

main 

— droite 

— gauche 
doigt 

pénis 

testicules 

vagin 

cuisse 

jambe 

pied 

sang 

graisse 

poil ' 

peau 



Mékyiho 

kifi 
cnqùo 

• • • • 

ni (A) 



Ahouri^ 
te-ntwT 



Akyè 



Goun 



flûô 



en 

èndo 
anne 
annè 



ewji 
ungyc utvî 
owè te 

onw(ï(\) me 
ûye nhî 

nane nô 



n/iwî u 

nhwt'pn u ùyt* 
hi (A) he 
himbl' (A) liemi 



fà 

mn 

nôûgô 

eddè 



kwomene (A) hwè 



etnmo 



da 



kimô 



epu 



P* 



f/wa 

hwa-amle 

ngt^re 

iûye 

me 



agyàlo 



• • • • • • • 



amesi 



• • • • 



koko 



Kyama 
c/ii, hi 

eme 

emebi 

efô 

ngye 

ème 

nnù 

ène 

agu 

èhwa 

cbiva^gi 

ànlT 

èfiye 

èlabe 

mpafiya 

maflgij magyi 



botn 
kiyé 



eyamô mpé 

eyama-ûgè niva 
eyama-Ûgyo ebéni 



• • • 



bô 

bô'ûgba 

me-mbô 

fi 
le 

le-bè 

kpe 



Md 

sô 

eûga 

donô 

eûqûo 

eue 



nampè 
ûgara 

enlw* 
aywr 



wê 
wè 

va 

ni! 
pn 
kporo (A) 



di 

obula (A) 
mu 

eddlri-mu 
umU'HùgbT 

byà 

oke 

oke-mwo 

obi 

udapâ 

nda 

ndadi 

uflgiind 



adi 

ntapiJnî 

mû 

adye-mfi • 

mu-ruku 

kwè 

akê 

nke^ma 

alà 

nlabo 

nta 

ntati 

ûka 



nye 
uhv 



ûlru 
ahoro 



Noie. — 1. En goua eddiri-mu et en kyama adye-mû signifient 
N la main qui sert à manger ». On sait que les Noirs, réservant la 



24 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

main gauche pour les soins de toilette qui nécessitent des attou- 
chements impurs, ne portent jamais que la main droite au plat et 
à la bouche. 



VIII. - IVOMS DIVERS 



Mékyibo Abouré Akyè 



chose etùj neff rike (A) 

fois mmâla 

jour(iiiiiiiirJiii24k.)mtfnntla lekyT ' 
matin 



soir 

aiiyourd'hui 

hier 

demain 

après-demain^ akimati(k). 



eûgye 
âsôhd 



ni 
ahimê 



ka 
ka 
laké 

ke^gba 4 
ke^uwo * 
ne(K) 



âsôhâ^ ahimê (Ay fa^ 



Goua 

nâ 
bo 

figyihi 
ûgusû 

figyô 

figye 
mbye 
fnbye* 



Ryama 

ayi 
lo 

akyibi 
eûkyûnô 

nkyi 

mpi 
mpi* 



dide 



nhesi 



mbye-muninô fnpi»magyi 

ko 

warè 



qûè 



sût 
mî 



bi 

ba gye 

ahi (A) oui o (A) . . . 

mvre o (A) akwâbo{k) . . 

nase o (A) nase (A) . . . 



bwe 



nom 

langage 

palabre, affaire 

parole 

prix, valeur 

salut 

bienvenue ! 

merci 

quoi de nouveau? amanye{k) 

Ilotes. — 1 . Lia semaine kyama ne se composerait que de cinq 
jours, qui seraient : abi^ abikyo^ asà^ agu eiapù. Le lundi 11 mai 
1903 était un ait. Je n'ai pas de renseignements sur les noms des 
jours de la semaine dans les autres langues. — 2. Il est à remar- 
quer que A hier » et « demain » s'expriment par le même mot 
dans toutes ces langues. — 3. Peut-être faut-il voir dans lekyï\^% 
deux radicaux agni le et kyï qui, tous deux, signifient «jour » ; 
peut-être aussi la racine du mot abouré lekyï est-elle la même que 
celle du mot akyè lakè. — 4. Mot à mot : « le jour se lève ». — 
5. Mot à mot : « le jour baisse ». 

Remarques sur les noms. — 1** Composition. — Dans les cinq 
langues qui nous occupent présentement, les substantifs compo- 
sés se forment par juxtaposition, le nom du possesseur précédant 



PAULKS A LA COTH DIVOIKK 25 

toujours le nom de l'objet possédé. Ex. : le « lôle » el ntiol '< poil » 
en abouré donnenl le-niwï « poils de la lèle, cheveux »; mpi 
«demain » elmafft/i « dos » en kyama donnenl mpi'magyi « le 
dos de demain, après demain », etc. 

Beaucoup de substantifs commencent par une voyelle qui ne 
fait pas partie du radical, el qui est principalement : e ou è, plus 
rarement a, en mekyibo ; — 6 ou è, plus raremenl a et o, en abure; 
— e (dans les noms de nombre) el a (dans des mots élrangers) en 
akyè où les substantifs indigènes commencent presque tous par 
une consonne ; — o, plus rarement e et a, en ffwa; — a, plus rare- 
mente ou ê, en kyama. Si ces voyelles sont longues, ou suivies 
d'une consonne redoublée, comme dans îUo a assiette »> (mékyibo), 
tmà « animal, viande » (goua et kyama ), emmo « poitrine » 
(mékyibo), elles subsistent toujours. Si elles sont brèves et sui- 
vies, soit d'une consonne simple, soit de deux consonnes diffé- 
rentes, comme c'est le cas le plus fréquent^ elles peuvent dispa- 
rallre : d'abord au pluriel dans certaines langues, ensuite lorsque 
le mot qu'elles commencent se trouve placé en composition après 
un autre substantif, ou est précédé d'un régime, d'un adjectif pos- 
Mssif ou déterminatif, ou même quelquefois lorsque ce mot suit un 
verbe dont il est le régime. \Je et l'è disparaissent en général 
dans les cas qui précèdent, quelle que soil la langue; l'o et l'ci 
disparaissent le plus souvent en goua et en kyama, mais sub- 
sistent généralement dans les autres langues. Exemples : en 
mékyibo : emyB <i homme, mâle », ène-mye u taureau »; 
^ye gètl « tous les hommes » ; wo mye « ton mari » ; au 
contraire âda « fils », wo aba <« ton fils »; — en abouré : èluà 
1^^, nourriture », tè ri iuà « viens manger »; au contraire 
onwà « bouche », r' onwd (pour ve onwà) « leur bouche » ; — en 
gouaroA:^ « maison », ogikô « campement de cultures »; — en 
kyama : agu « menton », lepà gu « le menton d'un homme » ; 
^k]iihi « jour », kyibi mwanà « cinq jours ». 

Souvent aussi un nom commence par un /i, un /> ou un m qui 
^sl purement euphonique et peut disparaître, sans que sa pré- 
sence ou son absence soit déterminée par des causes faciles à 
préciser. Ainsi on a en kyama nnc « pain » et ba di ne « viens 
manger »; />^t/ « maison », nie ku « ma maison » et ehku^^ la 
maison ». 



26 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

2* Rapport de possession ou de dépendance. — Comme on YÎenl 
de le voir, ce rapport s'exprime par une simple juxlaposilion, le 
nom de Tobjet possédé ou dépendant se plaçant le second, avec 
retranchement de sa voyelle initiale 8*il y a lieu : « la maison de 
mon père » se dira, en mékyibo me ye su {esu a maison »), en 
abouré mèyi sa^ en akyè mè ye sô, en goua me nti kH {okO « mai- 
son »), en kyama menti fkku. 

y Pluriel. — L'emploi d'une forme spéciale pour le pluriel des 
noms ne semble pas être indispensable dans les langues qui nous 
occupent. Cependant on peut dire que, en général : 

En mekyibo les noms commençant par ^ ou éf forment leur plu- 
riel en supprimant cette voyelle et, parfois, en la remplaçant par 
un n, n ou m euphonique; la forme plurielle s'emploie même 
lorsque le substantif est déterminé par un nom de nombre; les 
noms commençant par une autre voyelle, une voyelle longue, un 
e suivi d'une consonne redoublée, ou par une consonne, ont le 
pluriel identique au singulier : emye « homme », mye gètl « toas 
les hommes »; ebra « femme », mbra annu « cinq femmes »; 
mmâla oku « une fois », mmâla âfiyO « deux fois » ; mennûa « jour » , 
mennûa âJià a trois jours » ; 

En abure le pluriel des noms se forme en ajoutant le suffixe me 
au singulier (désinence empruntée àl'agni), mais le nom reste au 
singulier devant un nom de nombre ou un adjectif indiquant la 
pluralité : kya « homme », ne kya-me « ces hommes T^xkya koti 
« tous les hommes »; lekyï oku « un jour », lekyï nà « quatre 
jours » ; 

En akyèy j'ignore s'il existe une forme du pluriel pour les noms 
isolés, mais en tout cas le pluriel est semblable au singulier 
devant un nom de nombre : tsa a homme », Isa mwï « deux 
hommes » ; 

En gwa^ mêmes remarques que pour le mékyibo, sauf que 
c'est la voyelle initiale o qui disparaît au pluriel : opï « vingt, une 
vingtaine », mpi anwà m quatre vingts »; otô <c bœuf », ntS 
nwànà « cinq bœufs » ; mbodu logbo « une manille » , mbodu pï 
a vingt manilles » ; 

En kyama^ mêmes règles, sauf que c'est la voyelle initiale a 
qui disparaît au pluriel : akyibi be « un jour », kyibi bodi « quatre 
jours » , lepd « homme », lepà wo « dix hommes ». 



PAKIJ.S A LA COTK iriVOlKI' 27 

V Comparaison (tes radicaux^ en goua et en kt/ama. — On «i 
pu voir que La plupart des radicaux sonl identiques en goua et en 
kyama; les diiTôrences morphologigues les plus frappantes entre 
ces deux langues consistent en ce que Vo initial des noms goua se 
transforme généralement en a en kyama, et que, là où le goua 
emploie une consonne faible, le kyama emploie très souvent une 
consonne forte, ou inversement. Ex. : « feu » se dModde en goua 
ela/^en kyama ; « lune » se dit bien goua et/>è en kyama; «jour» 
(opposé à « nuit ») se dit ogye en goua et aki/e en kyama; 

c cuisse » se dit ndapù en goua et ntabo en kyama, etc. 



IX. - AUJI-:CTIFi« QUALII-ICATIFK 

Note. — Ce tableau ne renferme que des adjectifs proprement 
dits, très rares dans les langues qui nous occupent. Les adjectifs 
à forme verbale figurent au tableau des verbes. 

Mékyibo Abouré Akyè Goua Kyama 

blanc ufu (A) fufue (A) fi mpupu(\) popo 

rouge boronu^ bronu pempere nd nnwT nana 

Doir bii'enu (A) bebte(\) bi umbùrn binv 

grand bilrûku^ ûko * 

petit attgbajatTgbave tekeba ... fa laku^vili* 

proche kokwe (A) nkuku (A) 

long, lointain ko 

tout, tous gètî koti . . . kora (A) kukuku 

boa kpa (A) indè gyd nyô 

mauvais wulue bwau* 

t 

Noies. — 1 . Lie mot bèrûku s'applique aux personnes, pour in- 
diquer Tâge plutôt que la taille; ftko a un sens plus général. — 2. 
Le mot taku veut dire « petit »par Tâge ou parla taille; mil a un 
tens plus général. — 3. Le mot bwau ne s'applique qu'aux per- 
sonnes. — 4. L'adjectif se place après le nom et reste invariable : 
ènza boronti (mékyibo) « un bomme rouge, un Européen » ; kt/a- 
me 6e^/^ (abouré) u les bommes noirs »; ka-fi (akyè) « une chose 
blanche »; okobè fa (goua) « le petit village »> ; bge taku (kyama) 
« une jeune fille ». 



28 VOCABULAIRES COMPAHATIKS DE LANGUES OU DIALECTES 



X. —PRONOMS ET ADJECTIFS DÉTERMUNATIFS 



Mékyibo 



Abouré 



Akyè 



Goua 



Kyama 



moi (sujet) 
moi (régime) 
loi (sujet) 
toi (régime) 
lui, elle (sujet) 
lui, elle (régime) 
nous (sujet) 
nous (régime) 
vous (sujet) 
vous (régime) 
eux, elles (sujet) 
eux, elles (régime) 
mon, ma, mes 
ton, ta, tes 
son, sa, ses 
notre, nos 
votre, vos 
leur, leurs 
le mien, à moi 
le tien, à toi 
le sien, à lui 
le nôtre, à nous 
le vôtre, à vous 
le leur, à eux 
ce, cette, ces 
celui-ci, ceci, cela 
quel? 
qui? 
quoi? 

qui, celui qui 
aucun 
rien 

moi-même 
un peu 



it. H, m, tn€ 
mi 

c, a* 
too (A), e 



ytf, ame (A) • 

id. 
ama 
id. 
wa 

/« 

me y m\ mi • 

wo 

a 

y«, ame (A)* 

ama 



me me 

mi mè 

wo (A) bOf bô^ 6tt 

wo bô 



0, a, e *• 0, e 



•t 



e^ame an^ a 

id. a 
amay ve* mune^ mun 

id. une 

ve ba 

vwe ba 

me, m* • mé 

wOyW'* bô 

t, u e 

e, ame* a, an 
ama^ve* mune 

©e, V • ba 
m*ôwà 

w'ôwà 



t ôwà 
e ôwd 
ama ôiùô 
v'Ôwd*' 
ne' 



ma^ uû 
mô 
a 
a 
Cl, e" 

do 
id. 

u 

bo 

mi^me 

a 

e 

do 

bo'* 

bo 

miyè 

ayè 

eyè 

doyé 

bo yè 

bo yè 



14 



!• 



me^n 
mif me 
e 

e 
a,e- 

o 
lo 



lo 



lo*' 

me 

e, é 

mi 

lo 

lo^ 

lo, o 

met-Aé- 

ei-ké 

meû i'kê 

lùi-ké 

o i'ké 

oi-ké 



nne, yôô*^ lekô^ne' 
ntie,eaiie, one' 



sô 



ki 



wo 
o 

nere fè 
mi-e 



de 



0, e 



mt'C 
ngra 



kdne, kânu 



kiy ke 
ka ki 



dugwa abt** 
nene^ ni kâtô* 
0, e • a 



gbè 



Noies. — Mékyibo. — i.Ve s'élide devant les voyelles initiales 
des noms, lorsque celles-ci ne disparaissent pas (voir plus haat) : 



PARLKS A LA COTIi: DIVOIUI-: 2»# 

maba « mon fils », U'aulres fois ïc se change en / : miaf/t/iUo 
« mon dos ». — 2. Le pronom «se change en m de vani mjf^py f, v 
et CD fi devant,^, /'; la consonne qui suil ce pronom s'adoucit gé- 
néralement : su ce venir de », n zu « je viens de » ; /m « arriver », 
91 ^ r^ ou mieux m ma re « je suis arrivé » ; on emploie aussi la 
forme me : me ho « je vais ». — 3. Il semble que la forme e s'em- 
ploie dans les phrases affirmatives et la forme a dans les phrases 
interrogatives ou négatives; mais celte règle n'a rien d'absolu. — 
4. Même remarque pour les formes o et a que pour les formes e 
et a; d'ailleurs a ne s'emploie à la 3* personne que lorsque le sujet 
est indéterminé : a àgba « ce n'est pas loin ». — 5. Le mot ;/e in- 
dique qu'une partie au moins des personnes à qui l'on parle ne 
prend pas part à Taclion ; ame désigne l'ensemble des personnes 
qui parlent et à qui l'on parle : <c nous partirons, vous resterez 
ici », ye ko, ama ifïyere ftt/omû; « nous partirons », ame gèiï ame 
'ko. 

Abouré. — 6. Même remarque que pour Ve de me et fe en mé- 
kjilK) (note 1) : m' onwà « ma bouche », w' ungyë « Ion nez ». — 
7. Contrairement aux autres déterminatifs, ne se place, comme 
lesadjectifs possessifs, avant le nom : ne nke « cette chose »; sou- 
vent 1> disparaît et \n peut se changer en fi devant une guttu- 
rale :/iA'ya« cet homme »; mais on dit aussi ne hya^-me^z^^ 
hommes ». — 8. Même difîérence entre les pronoms e et ame 
qu'entre les pronoms mékyibo correspondants ye et ame (note 5). 
— 9. En abouré, comme d'ailleurs dans beaucoup de langues 
nègres, on substitue souvent, au pluriel, le pronom de la 3* pers. 
iceluidela 2*. On emploie aussi les deux concurremment: « vous, 
allez-vous en », ama ve ho. — 10. Les pronoms o et e semblent 
s'employer indifîéremment; la forme a parait ne s'employer que 
dansles phrases interrogatives ou quand le sujet est indéterminé. 
--- 11. Le moiôtoo signifie « propriété » : m' Owà « ma propriété, 
le mien, c'est à moi ». 

Akyè. -^12. Le pronom e ne s'emploie que lorsque le sujet est 
indéterminé : e la gyà « c'est bon ». — 13. Le pronom régime de 
Ia3'per8. du sing. s'exprime très rarement en akyè, ainsi d'ail- 
leurs qu'en abouré : nèdze pu «< va le chercher », ba kti « ils l'ont 
tué ». 

Goua. — 14. Il semble assez difficile de déterminer les cas où 



30 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

Ton emploie la forme ma el ceux où l'on emploie uh ; quelquefois 
aussi on emploie la forme n ou /> ; nde nxa hgyà « je veux du vin 
de palme » ; uh wuo u je le connais » ; un yo « je ne comprends 
pas » ; /ï yo ce je comprends yi\nnà ndu o « je ne bois pas d'eau ». 

— 15. Les formes o et ^ semblent s'employer indifféremment; 
pourtant est plus fréquent. — 16. La même forme s'emploie 
indifféremment au pluriel, en goua, pour la V el la 3* pers. — 17. 
Le mot nne se place devant le nom qu'il détermine et le mot gbo 
se place après : nne nà « cette chose », warègbb « cette langue ». 

Kyama. — 18. La forme n semble ne s'employer que devant un 
verbe commençant lui-même par un n : n nà «je bois ». — 19. 
La forme e est plus rare que la forme a. — 20. On emploie la forme 
nasale â ou r lorsque la voyelle finale du verbe est elle-même une 
nasale i biam demande-le », gyï ï « coupe-le ». — 21. Il semble 
qu'on fasse peu de différence au pluriel entre les Irois personnes. 

— 22. Le mol i-kè est un dérivé de ayi ou yi « chose » : me i-kè 
« ma propre chose, ma propriété, c'est à moi ». — 23. Les mots 
UkO et ne se placent après le mot qu'ils déterminent : hpà lekô 
« cet homme t» ] ipo ne ^ cet enfant ». — 24. « A qui? » se dit 
abîi-kèt 

RfiiiAROOES GÉNÉRALES. — 25. Voici commcnt se place le mot 
qui veut dire « quoi ? » dans les différentes langues. En mékyibo : 
e ge re wol 9L qu'as-tu dit? » (tu as dit quoi?); en abouré : u mï 
det ^ que dit-il? » (sa parole quoi?); en akyè : kûne 6ô nhesit 
« quel est ton nom ? » (quoi ton nom ?), kànu bo djo ? « que dis- 
tu ? » (quoi tu dis?), kakèbékoltL que veux- tu ? » (chose quelle tu 
veux?) ; en goua : nene a flyyàf « que veux tu? » (quoi tu veux?), 
a ho di m? « quel est ton nom ? » (ton nom est quoi ?) ; en kyama : 
i tige kâtOf « que dis-tu ?» (tu dis quoi ?). 

26. — Dans toutes les langues qui nous occupent, l'adjectif 
possessif se place avant le substantif; cela est conforme à la règle 
qui veut que le nom du possesseur précède celui de l'objet pos- 
sédé : « mon père », me ye (mékyibo), c'est-à-dire « le père de 
moi ». De même ne rike « cette chose » (abouré) peut se traduire 
par « la chose d'ici ». Les adjectifs proprement dits au contraire se 
placent après le nom : nere fi « aucune chose » (chose aucune) 
(mékyibo), ka ki (même sens) (akyè). 



PAULKS A LA COTE IVIVOIUE 



.:i 



XI. - 

Noie. — Dans plusieurs des langues qui nous occupent, cerlains 
verbes revclenl des formes diiïôrenles selon qu'ils sont ou non à 
un mode personnel, ou suivant qu'ils se trouvent dans une phrase 
affirmative ou dans une phrase négative. Dans les vocabulaires 
qui suivent, les verbes sont donnés k leur Torme la plus simple, 
qui est celle de rinfinilirou de Timpéralif aflirmatif. Pour les mo- 
difications, voir les tableaux de la conjugaison el les phrases et 
exemples. 



Mékyibo Abourê 



Akyè 



Goua 



aller (qq. part) ko (A) 

s*en aller id. 

venir (de qq. part.) su 
venir, arriver ba (A) 

s'arrêter iûyere 

rester (debout) id. 

s'asseoir pape * 

rester(is9s),demcurer id. 
se couclier su 

dormir 

se réveiller 

se lever 

lomber 

tomber (par terre) 

courir 

être (en un lieu) 

être (frt) attrili&O 



ko (A) nédze, dzc nô^ na, no 

hôj wà (A) dze, zi nôt no 

tsho 

vê, va (A) wô 
ûinr(\y iskofè 

id. id. 

wâhe poô 

id. id. 

lao 



Kyaina 



no, nu 
do, du ; DU 



mo^ bo 
yira 
id. 

7 



SU 



id. 
sade 



so 
1ère 



we 
9^ 



a (A) 



. tapi (A) denne 

. tiivawje{\) 

sa ^"^y^fà sofi 

tsa .... 

tere-figye tsa-bulo .... 

fere vèli nafo 

WO (A) hà, WO (A) ba^ nhn • 

ti (A) la 

oe pas être (ci il liei) dini mo ma 

nepa8êlre(Tirb«ittf.) lia 

nwinger (ine régim) di (A) ri, di (A) si 
Qtaoger (sus r^M) di èsa ri tuâ si vé 
boire (avec régime) nô (A) nô (A) md 
boire (sans régime) nô nzu nônshùe md su 

ouvrir • 

fermer 

^'iper (lïic il Mien) 

^uper(aTeciNkieks,un 
<^upe-coupe,etc.) g^f^o 



ba 

yay leme 

id. 

• • • 

id. 
darya 
dana 



han 



wa 
ma 
di 
ni ma 



di (A) 
dini 
nd 

nd ndu 
pwTso 
bnru^ sf 



di (A) 
dine 
nd 
nd ndu 



kt 



:i2 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 



Mékyibo Abouré 



Akyè 



GOUA 



Ryama 



frapper 

tuer 

mourir 

voir 

connatlre 

comprendre 

entendre 

parler 

dire 

attendre (lerbt leilre) 

attendre (lerke letiO 

chercher 

prendre 

attraper, saisir 

laisser 

attacher 

donner 

apporter 

appeler 

nommer 

demander 

montrer 

aimer 

vouloir 

acheter 

être à (appartenir) 

être bon 

être grand 

être petit 

être loin, long 

être proche, court 

être cher 

se lever (le jour) 

baisser (td.) 

être fini 

être blanc 

être rouge 

être noir 

commencer 



ku (A) 

u(A) 

mu 

eyine 

te{\) 

id. 
kè 

.7« 



id. 
mî 



iil;/ere AinT (A) 



ne 

MU 

y* 

kiri 



pa(k) 



kn (A) 
uwo 
hr 
la 
tr (A) 

id. 
djô 

gyû, djô^ gwT 
Ishofè yira 
pwa 

bo 



hwe^ gbwe 
ku 
wuo 
tvuo 

yo. yô 

id. 
ndê 



sra^ ha 

hu 

ku 



WU^ Wi 



nye 

y*» y«, nye 

id. 
kyû 

y« 

gbo 



pô 

ne 
pà 
fâhù 



dogya 



Mo 
ko 

y« 



puo 

ma (A) ni 
bré (A) vrê (A) 



dzé 



$0 



se 



de 



id. 



pré (A) 
de 



iô 



shi 



kuru (A) 
id. 



ka 



gy^ 



ko 



ôwà 



kpa (A) la gyâ 



bre 



agba 



du 



kye{K) .. 
wu (A) . . 
kya yZi 



kasho 
gba 
uwo 

gbî 

fi 

nâ 

bi 

gba 



Agyà 

pi 

yi' 

fé./i 
gba 

fa, li fa 
twa 

li kokwe 
ba 

gi 
g** 

pu 



bi 
die 
pà 
figa 



ko 



kumd 
kyi 
gu 
pu 



i 



PAULÉS A LA COTI-: lilVOlUE ;î:j 

Mékyibo Abouré Akyè Goua Kyama 

finir fff^f^ 

rester (èlrc de reste) ka [\) 

(léfriclier ittt 

un^ U, im kstii 4i ne 

être cassé ^m (K) 

fendre nitruy fv'trtl 

Notes. — 1. « S'asseoir par ferre » se dit en mékyibo pape 
nifïgye; « se coucher par terre » se dit sii niHgt/e. — 2. De là 
Texpression fif/a-nini « le jour s'arrèle » pour désigner midi en 
abouré. — 3. Voirie tableau des pronoms possessifs et les noies 
qui raccompagnent. — 4. Le verbe (ft/ù s'emploie pour signifier 
«dire à quelqu'un de faire quelque chose » ; d/o signifie « dire 
un mol, dire que ». — 5. Avec le verbe /a, il faul faire suivre le 
régime indirecl de yi : « monfre-le moi », Aa mè iji ; « je ne le le 
monlrerai pas », me kka bô yi. — G. Le verbe 7ilw s'emploie dans 
le sens de « y en avoir » : « il y en a ici », c nlut bè. — 7. « S'as- 
seoir par lerre » se dit en goua ye do. — 8. Le verbe bûru s'em- 
ploie en parlant d'une caisse, le verbe se en parlant d'une porte. 

— 9. « S'asseoir par lerre » se dit en kyama siri te. — 10. Le 
verbe sra veut dire « frapper avec une arme, le poing, donner un 
coup » ; le verbe ha veut dire « frapper par punition, fouetter ». 

— 11. Le mol abouré mï et le mot kyama hgè sont en réalité des 
noms : umï del mi hgé /cûtôf signifient littéralement « sa parole 
quoi? », c'est-à-dire « que dit-il? ». On fera donc précéder ces 
mots de l'adjectif possessif et non du pronom sujet. 

XII. — CONJIJGAMOIV 

Note. — Les tableaux qui suivent s'appliquent à la totalité des 
verbes actifs ou neutres ; îl suffira, pour avoir les temps et les 
personnes de n'importe quel verbe, de remplacer par l'infinitif de 
ce verbe celui du verbe « partir », choisi comme exemple, et par le 
pronom convenable celui de la ^^ pers. du singulier. On se rappel- 
lera cependant qu'en mékyibo la consonne initiale du verbe, si c'est 
une forte, s'adoucit, b se changeant en m, /"en v, k en g, p en b ou 
en m, ^ en r, / en </ ou nd^ lorsque le radical du verbe suit immé- 

3 



:ri VOCABULAIHES COMPAIIATIKS DE LANGUES OU DIALECTES 

dialemenl la forme élidée du pronom de la 1*^ pei*s.du singulier 
ou la négation n ou an; ce pronom el celle négalion deviennent 
m (ou àm) devant 6, m et v, fi (ou àJ\) devant g, n (ou an) dans les 
autres cas. 

Certains verbes, en goua par exemple, subissent des modifica- 
tions que seul l'usage semble régler ; le verbe « être » et les verbes 
analogues revêtent souvent des Tormes particulières à la voix né- 
gative : on (rouvera ces exceptions dans les phrases et exemples. 



Mékyibo Abouré 



Akjè 



Goua 





partir 


ko 


hà 


dze 


no* 


nu 




je pars 


me ko 
ou a go 


me hô 


me dze 


mano 
ou uûno 


me nu 




je suis parti 


me ko »« 
ou A go re 


me hô re 
ou me hô le 


me dze 


ma no 
ou n no 


tne nu 




je partirai 


me ko 


me hà 
ou m*a hô 


me dze 


ma no 


me manis 




que je parte 


me ko 


me hô 

ou m*a hô * 


me dze 


manno 


n nu 




pars 


ko* 


hô 


dze 


ano 
ou no 


nu 
ou e nu 




ne pas partir 


na ko 


na hô 


ma die 


sa no 


le nu 




je ne pars pas 


me figo* 


me n hô 


me ddze* 
ou memadze 


ufi nô^ 


me le nu 
ou me nef 




je ne suis pas parti 


m*a ko 
ou m*dû go 


me n hô vé 


me ddze 
ou me ma dze 


uû nô 


me le nu 




je ne suis pas 


me ni ko re 


kalyem*mahà 


re me pa dze 


ma ge nô 


'^A kanu 




encore parti 




onkalyen havre 








que je ne parle pas 


me û go 


m'àfl hô 


me ddze 


ma nnô 


n le nu 


• 

• 


ou je ne paKirai pas 










• 




ne pars pas 


na ko 


na hô 


ma dze 


sa no 


e le nu 



Noies. — 1 . La forme la plus ordinaire du verbe « partir » en 
goua est nô : j*ai choisi la forme plus rare no simplement à cause 
de la facilité qu'elle offre d'indiquer typographiquement rallonge- 
ment de la voyelle, caractéristique de la voix négative. — 2. Le 
verbe va ou vé « venir » prend au subjonctif la forme vra ; compa- 
rez en agni me ba « je viens », m bra <« que je vienne ». — 3. On 
dit souvent ka au lieu de ko à l'impératif, mais c'est là une irrégu- 



l'AlîLKS A LA C:OTIi: l)*IVOIKK ^ 



.».• 



airilé spéciale au vcrhc //>. — 4. Il existe quelques cas en inékyibo 
lii la négation s'exprime par hè ; ainsi on a : o kpa « c'est bon », 



laril 

oïl ^. . . 

k>o hpa <« ce n'est pas bon ». — 5. Le redoublement de la consonne 

initiale du verbe est, on akyè, le mode de négation le plus souvent 
employé; lorsque le verbe commence par une voyelle ou une con- 
sonne difficile à doubler, on a recours à une modification spéciale ; 
ainsi hh^ ce mourir m donne o tviuvo « il n*esl pas mort », ou sim- 
plement ûwo (prononcé très rapidement) ; e ybl « c'est fini », 
ee^&r«ce n'est pas fini ». Pour être sûr d'être compris, il est 
toujours bon, en akyé et en goua^ d'accompagner d'un hochement 
de Itle horizontal l'énoncé d'un verbe à la voix négative. — 
6. L'allongement de la voyelle, seule marque de la négation en 
goua au présent, au passé ordinaire et au futur, doit être très sen- 
siblement marqué; quelquefois il est accompagné d'une légère 
modification du radical : ainsi fibivc « tuer » devient parfois mbtCc 
à la voix négative. 

XIII. — PLAGE DU RÉGiniE 

t*Dans les cinq langues qui nous occupent, le régime indirect 
se place toujours après le verbe, ainsi que l'atlribut. 

2* Le régime direct se place : après le verbe en mékyibo, en 
Abouré, en akyè et en kyama ; avant le verbe et son sujet prono- 
minal en goua, si le régime est un nom et si le verbe est à un 
mode personnel ; après le verbe en général, dans la même langue, 
si le régime est un pronom ou, quel que soit le régime, si le verbe 
esta l'infinitif : nde ma figyà «je veux du vin de palme » (vin je 
veux), apwamOuL attends-moi », a nô gwo nnà « va couper du 
bois ». 

3* Lorsqu'on a un régime direct et un régime indirect, si l'un 
des deux est un pronom, on place celui-ci le premier ; si les deux 
régimes sont des noms, on place lé premier celui qui est le plus 
court, en général. 

XIV. — PHRASEi« ET EVElMPLEfi DI%ERM 

I • Mikffiho. 

C'est l>on, kpa ; ce n'est pas bon, k^ o kpa. 



:m; VOCAUULAIUKS COMPAUATIFS de r.ANGUliS ou lilALKCTES 

C*esl loin, atemye oaffba{le chemin il esl long); ce n'esl pas 
loin, a àgba {fouv a n agba). 

Lo jour se lève, cUe kf/e re\ le jour baisse, aie tvure. 

Viens ici, ba nyomû\ je suis venu deux fois, m ma remmfda 
iVnjô\ je viendrai dans trois jours, ef\gye mennila nhà me ba (au- 
jourd'hui jours trois je viendrai); d'où viens-tu? a supunui>ffu*f je 
viens du village, n zu mono ro (je viens-de village dans); où vas- 
tu? e ko punufigul je vais aux plantations, me ko éûœ ro (je vais 
champs dans). 

Va me chercher une chaise, ko mu biya brè mi (va prendre 
chaise apporte moi); donne-la moi, mu ma mi (prends donne 
moi) ; ne la prends pas, na mu. 

11 a tué un homme, o ku re ènza; il ne Ta pas tué, o âft gu o; il 
est mort, ou re^W n'est pas mort, uia u (pour o a u). 

Viens manger, ba </fè^a (viens manger nourriture); viens boire 
du vin de palme, ba nô nzè. 

Va l'attraper, ko yi o ou ka yi o; ne Tattrape pas, na yi o; va 
me chercher quelque chose, ka ne nere brè mi (va chercher chose 
apporte-moi); je ne Tai pas vu (ou je ne Tai pas trouvé), m'a mu o; 
je n'ai rien vu, m'a mu nere fè. 

Je ne Taime pas, me n guru\ moi, je Taime bien, mi-ekur^o kpa 
(pour mi-e me kuru o kpa). 

J*ai compris, ndere; je n'ai pas compris, m'ân de ou m'an de : as- 
tu compris? e iere^ 

Je ne sais pas m'a eyine; je le connais, mi eyin'o. 

Que dis-tu? qu'as-tu dit? ^ ge re tvoJ je dis que... meg'ayo... 
raconte ton affaire, kè wo que. 

Montre-moi le chemin, e y a mi aiemye ou y a mi alemye\ va ap- 
peler ton père, ka de wo ye. 

Comment t'appelle -t-on? wa de le wo? (ils ont appelé quoi? 
ou wa de Pe wo? (ils ont appelé toi quoi? ) ; on m'appelle Kofi, toa 
de mi Kofi; comment appeUe-t-on cela? wadeo lot (ils appellent 
lui comment?) ou tca de fo wot (ils ont appelé lui quoi?) 

Où est-il? wo punutigul il esl ici, o wo fiyomii; il n*y est pas, 
dini; c'est fini, o kya re; ce n'est pas encore fini, o nikya re. 

V Abure. 

Viens manger, vèri luà (viens manger nourriture); donne-moi 



PAUM-:S A LA COTIi: DIVOIIU-: 37 

UD peu d'eau à boire, ni nshiie ùgra me nn (donne eau un peu je 
lK)irai); apporte-moi quelque chose, pa rikc vré mi (prends chose 
apporle-moi) ; cmporle-le, />a ht) (prends va). 

Que dis-lu?rwm/ rfe? je dis que... me ml... quedil-il??/ ml 
fte?que disent-ils? ve mï del que disent ces gens? ne Icya-me vemT 
(fc? raconte ton airairc, //// iro siiï ; je comprends, nli\\Q n'ai 
pas compris, me n iè vé. 

Quel jour pars-tu? /eAyï ao wo hol (jour quel tu pars?) je parti- 
rai demain, ahimë kè m'a hn (demain que je partirai); je ne parti- 
rai pas, m\)fi ton ou m'oft ho. 

Où est-il? a ho be't il est ici, o wo keme\ il n'est pas ici (ou) il nY 
en a pas, o md keme. 

Il est venu, evare\ il n'est pas encore venu, kad/e e ma va rc 
ou katye e ma v're. 

A qui sont ces perles? ne nanye hja sd (iwo? (ces perles homme 
quel propriété?) c'est à moi, m'Ôwo. 

Comment appelle-t-on cela? ve de za rik'asùl (ils appellent cette 
chose comment?) mon nom est Kofi, me dide li Kofi o\x me dide 
Kofi. 

Va appeler cet homme pour qu*il vienne, ko prè fi kya e ira (va 
appeler cet homme qu'il vienne). 

C'est fini, yô le; je n'ai pas encore fini, kaiye /> yô vre. 

C'est bon, e li indè; c'est mauvais, e li wulue; il est gros, e bre ; 
il est petit, e lilekeba. 

Les gens de Mouossou et de Bonoua sont tous des Abouré, 
Ejhye kya-^me one Abonwà kya-me Abure kol'i (Mouossou hommes 
avec Bonoua hommes Abouré tous). 

3* Akyè. 

C'est bon, e la gyà ; ce n'est pas bon, e lia gyà ; c'est loin, e du ; 
ce D*e8t pas loin, e ddu. 

Viens, wd; va-t-en, nèdze; arrête-toi, lshofè\je suis tombé par 
terre, me Isa bulo ; ne tombe pas, ma Isa ou ma wa Isa. 

Viens manger, wd di an si vè ou wd di a si vè (viens ici nous 

mangerons nourriture) ; je n'en mange pas, me ssie; donne-moi 

de 'l'eau pour boire, dzè mè sCi me mit (donne-moi eau je boi- 

ni). 

Va le chercher, tièdzepd; prends-le, ne ; je veux quelque chose, 



38 VOCABULAIRES COMI»AUATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

me ko ka ; je ne veux rien, me ko ka ki ; que veux-lu ? ka kè bu ko1 
(chose quelle lu veux?). 

Je comprends, me iï;je ne comprends pas^ me Uï ou me ma iï. 

Quel est est ton nom? kàne bo nhesi'f comment appelle-t-on 
cela? kàne ka nhesil (quoi chose nom?) mon nom est Sel, me 
nhesi Sèt/i. 

Va dire à cet homme de venir, nèdze gyû jsX o wô (va dire homme 
il vienne). 

Que dis-tu ? kànu bô djàt]^ ne dis rien, me djà bi ke. 

Où vas-tu? bobo bô zt ? je vais à mon village, me dze mè koa ; 
d'où viens-tu? bobo bô isAo^ je viens des plantations, me tsho gbd. 

Où est-il? lH)bo bal il est ici (ou) il y en a, ^ nhti bé ; il n'est pas 
ici (ou) il n'y en a pas, e ma bè. 

Je l'ai vu, me hî; je ne l'ai pas vu, me hhï ou me nkï ; me con- 
nais-tu? bô io mè? je ne te connais pas, me llo bô; je te connais, 
me lo bô. 

Le jour se lève, ke gba ; le jour baisse, ke uwo. 

Ils ont tué un homme, ba kû Isa ; ils ne l'ont pas tué, ba kkû ; 
ils ne l'ont pas encore tué, bapa Arfi ; ne le tue pas, ma kù\ il est 
mort, uwo ; il n'est pas mort^ o wuwo (prononcer rapidement). 

C'est 6ni, e gbî\ ce n'est pas Hni, e e gbï (prononcer rapide- 
ment). 

Montre-moi ta maison, kamèyi bôsô; je ne te la montrerai pas, 
me kka bô yi. 

J'achète quelque chose, me fe ka ; c'est cher, e ba kasho (son 
prix est cher) ; ce n'est pas cher, e ba kkasho. 

Allons, an dze ou a dze\ allez, mune dze ou mun dze. 

i^ Gwa. 

C'est bon, o fë oixofi't ce n'est pas bon, ô fë (^long) ou o f\\ 
c'est loin, o twa\ c'est tout près, o likokwe : c'est grand, o gba ou 
oneogba ; c'est petit, o ti fa ou o fa. 

Le jour se lève, ogye gi, le jour tombe, ogye gu. 

Viens, a mo; viens ici, a mo mekuge\ va-t-en, a nô; assieds-toi, 
a ye-dô; lève-toi, sofi; couche-toi, a sade. 

Viens manger, bo di-ni\ donne-moi de l'eau pour boire, ka ndu 
son nâ (puise eau donne je boive); je ne bois pas d'eau, n nâ {à 
long) ndu o {o est explétif et euphonique); que veux-lu? nene a 



PAKLÉS A LA COTI-: DIVOIKK :;«» 

iff/f/f/'f jc veux du vin de palme, nde ma t^gyft\ prends-le, ho\ ne le 
prends pas, sa bo ; laisse-le, dogt/a. 

Va appeler cel homme, a no ii()trè su (loi va el homme appelle); 
dis-lui de venir, agwl i e bo (loi dis lui il vienne); il esl parti, il ne 
viendra pas, a nô, luDcya i e bo (il esl parti, jamais lui il viendra) ; 
vas-y encore, a nô wi. 
Atlends, yira\ allends-moi, apwa mô. 

Je vais à la chasse, ma no gbicc nnn (je vais tuer gibier); ne le 
lue pas, sa bwe t ; on Ta lue, u gbwc i\ on ne l'a pas encore tué, 
lige I mivc ; il esl mort, e ku\ il n'esl pas encore morl, e ge ku. 

Où est-il? mu mpï sel (j'ignore la traduction lillérale de cette 
expression); où es-tu? mii a gel il esl ici, ma ge dâ\ il n'est pas 
ici (ou) il n'y en a pas, o bo ge\ il s'est enfui, o wé no (il a couru 
parti). 

Quel est ton nom? a hô di nit (pour a hO ii nil ton nom est 
<luoi?) Mon nom est Ayémon^ me hô di Ayemtix comment appelle- 
t -CD cela 1 e hô di ni ? 

C'est fini, e pu\ ce n'est pas encore fmi, ga pu ; il s'en faut de 
P^u que ce soit fini, o ka gbè m pu o (il reste un peu je finisse). 

Comprends-tu ?rt //o? je ne compre4ids pas, un yo \ j'ai compris, 
/> /yo. 

Montre-moi cela, gye nà mônne (montre chose moi celle-là); je 
rie le vois pas, uh wuô ; je le vois, ufl wuo. 

Parles-tu goua?an^^ /^^ora? jene comprends pas cette langue, 
w/^ yo tvarè gbo ; je la connais entièrement, uh yo kora ou un wuo 
^ora. 

Prends cette caisse et ouvre-la, kèsu gbo bo u pwïso u (caisse 
Cfclte prends et ouvre-la) ; ferme celte porte, pogbd se ; ferme cette 
caisse, kèsu gbd hûru; va couper du bois, a na gwo nnà ou a nô 
fjm nà ; va acheter des bananes, a nô pè ffgogo. 

Combien coâtentelles ? bo gye bobi'î (leur prix combien ?) ; elles 
coûtent une manille, bo gye li mbodu logbo (leur prix est manille 
uni;) ; elles sont chères, bo gye ha ; elles ne sont pas chères, elles 
sont bon marché, ho gye bn^ o /V? (leur prix n'est pas cher, il est 
bon). 

A qui est cela? nne nô o dugwa yèf (cette chose elle qui pro- 
priété ?) c'est à moi, mi yè ou mi aprè ; ce n'est pas à moi, o ii me 
yr (r long) ; c'est h toi, a yê; c'est à lui, e yè. 



'fO VOCABULAIRES COMPAKATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

5* Kyama. 

C'est bon, a fti/fi ; ce n'esl pas bon, a le fii/O ; c*est loin, akS\\«i 
chemin est long, asi kô, il n*esl pas long, a le ko. 

Viens ici, ba ha ; tu viendras dans cinq jours, ukiji kyibi mivann 
e ma ma (aujourd'hui jours cinq tu viendras ; le verbe ba devient 
ma quand il est précédé immédiatement d'un pronom sujet ou de 
la particule du futur) ; je suis venu cinq fois, me mato'mwanâ; 
pourquoi ne viens-tu pas quand je t'appelle? ibe inie mesAi e^ele 
bat (quoi pour j'appelle toi, tu ne viens pas?) je t^appelle et lu ne 
veux pas venir, va-t-en, me shi e^ e ilga le ba^ do. 

Je m'en vais, me nu\ je vais en forôt, me né biti; je vais dé- 
brousser, me nô lîlî; reste le, attends-moi, ya, e gbomiije viens, 
nous allons partir, me ma^ o du; il est parti, a nu. 

Où est-il? ka met (pour ka amae? e étant explétiQ ou abyïemaJ 
il est ici^ ma ni ; il n'est pas ici, ni ma ni (pour a ne ma ni). 

11 est tombé, e hari\ laisse-le, yo a. 

Ils tuent un homme, o hu lepài on ne l'a pas encore tué, oka 
Auï;ne le tuez pas, o le hu 7; il est morlf eflku; il n'est pas mort, 
ne ku (pour a ne ku ou e ne ku). 

Viens manger, ba dine ; viens, mangeons, ba o dine;}e ne mange 
pas, me le dine; donne-moi de l'eau pour boire, se me ndu n nà 
(donne moi eau je boive). 

Donne-le moi, bo ^^m^ (prends donne-moi); donne-moi cette 
chose, bo yi lekôse me ; prends-la, bo a; ne la prends pas, e lebo; 
attrape cet homme, hO lepà lekô. 

Je t'aime, me pà e\ je ne t'aime pas, me ne pô; je n'en ai pas 
besoin, me le ne. 

As-tu compris? e'yif j'ai compris, me fîye; ne comprends-tu 
pas? e le yef je ne comprends pas, me le fiye; parle encore, e kyu 
tômpô; que dis-tu? è figé kcUôt\e dis que... me figé... il dit que... 
mi figé. . . 

Il n'est pas encore parti, il ka nu (pour a ka nu)\ il partira 
demain, mpi a ma nu\ il dit qu'il viendra demain, mi figé mpia 
ma ma. 

L^as-tu vu? ^ wilje ne l'ai pas yu^mele wi; je ne le connais pas, 
me le fiye ; je le connais bien, me fiye mimi. 

C'est fîni, a pu\ ce n'est pas encore fini, a kapu. 

As-tu vu mon père? e wu me nlit il n'est pas ici, le ni ; il vient. 



PARLi:S A LA COTE U'IVOIUE ',1 

nma; il ne vient pas, n le ma (on voit que souvent le pronom sujet 
delà 3" personne du sing. se supprime ou se remplace par un n : 
ne l,u^ il n*est pas mort ; /e ni, il n'est pas ici ; /> /»a nu^ il n*est pas 
encore parti; ;i le ma, il ne vient pas, etc.; quant au pronom ré- 
gime de la même personne, il se supprime le plus souvent, comme 
on a pu le voir : me le wi, je ne l'ai pas vu; me rtt/e mimi, je le 
connais bien, etc.). 

Montre-moi le chemin, die me silo. 

Va acheter des bananes, a dopé koko ; combien les as-lu payées? 
^i)>/>è? (combien toi acheter?); je les ai payées deux manilles, 
mpèmburu mô; elles sont chères, lo gyè kuma (leur prix est cher) ; 
elles ne sont pas chères, lo gyè a le kuma ; elles sont bon marché, 
lo f/t/è Dyô (leur prix est bon). 

Où est la maison? e fiku ftka loil à qui cela? abï i-kèl c'est à 
moi, me i-kè; ce n'est pas à moi, e le di me i-kè; demande-le lui, 
bi a. 

Ne le frappe pas, e le sra; tu frappes cet enfant, ce n'est pas 
bien, e ha ipo ne, a le tlyô ; frappe-le, ha y a (pour ha a). 



•2 VOCABULAIKES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALEC1*BS 



VOGABULURRS ALAGDiAN, AVIKAM, ARI. ABK RT ADYODUOO 



I. — NUMÉRATION 



AlaguinQ 

1 etôy œiô 

2 airty œire 

3 aô, œô 

4 anzo^ œià 

5 ènini 

6 œure 

7 obwé 

8 cûri 

9 omorô 

10 èva 

11 <*y' c/o 

12 éu'atrc 
20 éua' 
30 êûa-êva 
40 akuvya-ire 

50 akuvy a-ire èva 
60 akuvya-ô 
70 akuvya-ô èva 
80 akuvya-nzo 
90 akuvya-nzo èva 
100 akuvya-énîni 
200 akuvya-éva 



Avikam 



Ari 



è/o onno 

aydy arlyd (A) /Tndf 

ansâ (A) tfn/t 

an/f (A) a//a 

a%u (A) tfftnt 

eie^a nahwâ 

èbyô nombo 

èhje nowo 

èinônô nombre* 

èyyu dyo 

ègyu'tô 

ègy^^-yô 

èvT 

ève-gyu 

akpâilyô 

akpâûyonegyu 

akpânzd 

akpânzànegyu 

akpânà 

akpând ne gyu 

akpâûyu 

tnburu 



Ab6 Adyoukrou 

iikpd ûyaam 

afkyo (A) yoi 

are Ayaha 

âlè yaârâ 

ene yen 

lohô nôkô 

nri lohobù* 

epye ntiin, nlwun 

iiyâko bàarh 

nhne ièû 

iéû^ûyaam 

tèû-yoi 

likin 

tikin-lèû 

êkin yoi * 

êkin yoi tè& 

êkin fiyaha 

êkin iiyaKa Ièû 

êkin yaârA 

.:.... êkin yaârA Ièû 

êkin yen 

êkin ièil 



Noies. — 1. Les nombres 21, 22, 23, 2i, etc., se disent en 
alaguian èûa (tetô, èila d'aire, èûa (Taô^ èûa (Tanzo^ etc. I-a numé- 
ration est décimale d*abord, puis vigésimale comme dans les 
autres langues du groupe. Le mol èûa « vingt » revêt au pluriel 
la forme akuoya qu*on retrouve dans la forme correspondante 



PAULKS A I.A COTE iriVOIlJK Ml 

aJkjHi (le Tavikam. — i. Il semble que les nombres 6, 7, 8 et 9 
en ari sont des restes d'une ancienne numération quinaire où 
M cinq » se disait no ou nUy et où le mol « deux » se disait proba- 
blement do. Terme que Ton retrouve en goua dans m/;;/V/ (quarante, 
deux vingts), en môkyibo dans e/'f'fbo (même sens) et en adyoukrou 
dans lo/iobo (de lo/io ou nôAo « six », d'où lolioho « six numéro 
deux, sept » ; comparez en kyama akwa « six » et akwasi a sept »). 
— 3. Voir la note précédente. — 4. La forme e/dn est le pluriel 
de tikin^ où T / ne fait pas partie du radical. 

ReiiABQUBS. — I. La voyelle initiale des noms de nombre, dans 
totiles ces langues, disparait généralement lorsque le nom de 
nombre est précédé d*un mot qu'il multiplie, sauf si cette voyelle 
ostlongue. — Ex. : bama fi « trois villages » (en alaguian), eut nà 
^ quatre fois » (en avikam), bese nni « cinq femmes » (en ari), 
tdiâri « sept maisons » (en abè). 

II. — Dans les cas où les substantifs forment leur pluriel par 

Taddition d*un suf6xe, on supprime généralement ce suffixe 

devant un nom de nombre ; si le pluriel est indiqué par une 

modification de la forme du singulier, on emploie généralement la 

forme plurielle devant les noms de nombre. — Ex. : eqiinà « un 

homme », eqûnàonô « des hommes », eqiïnà gyu « dix hommes » 

(en avikam); 'ul « un bœuf », seîd « des bœufs », seid yen « cinq 

bœufs » (en adyoukrou). 

III. — Dans toutes ces langues, le nom de nombre se place 
toujours après le nom de Tobjel nombre. 

II. — LA NATURE 

Alaguian ÀTikaiu Ari Abè Adyoukrou 

•^ ^^m «^ ^^ ^^m 

lerre iyi èsa (A) eti (A) us (A) 

• 

^u 151, ishi (A) esô (A) mindi megyi mitsh^ midji • 

Dïer* ûgiU, eqûe eqyu okilsh 

'agune nebavri tagbwa èishitsh 

"viêre gede esô-wa id. 

^^^ hja^ eya eya If la îîl 

l>ois (raalîère) ète eziba ruwa '"Arin 

«^*>rc id. id. id id. 

bois (morceau de) id. id. bokpo id. 



'•'• VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 



Alaguian Avikatn 



eda 



Ari 



bois il brûler 


ntifa 


feuille 


éûi 


herbe 


è/i 


forêt 


wo 


chemin 


nevri 


ciel 


awobe 


soleil 


mhli 


lune 


oku 


jour (lumière) 


èflinâ (?) 


nuit 


oûe 


sable 


iyi'bya 


or 


aseke (A) 


fer 


prutu 



a 



Abè 



1% 



ladà 
ebwo 
est 

bisi 
efé 

eka{t) 
edomne 



foogyo 



sigbe 

nyati œfo 



asike (A) sika (A) 
prulu 



Adyoukrou 

melel 
tsaor 

okpwefH 
egyâgbO 

Rgbin 

âol 

légn 

likyuk 

melikyi 

s%ka{k) 

lôûi 



Noies. — 1 . 11 semble que le radical qui signifie « eau » en 
adyoukrou soit simplement iish (souvent prononcé idji); de là 
viennent : okAtsh ou oAu-dji « la mer », èlsA-iish « grande étendue 
d'eau, lagune ou fleuve », et mnlsh « de Teau à boire » ou m-^idji 
(comparez en abèm^^yt, en ari mindi). Dansiish on peut retrouver 
la forme nsûe^ ns/nie des langues agni-assanti . — 2. La barre ou 
le « surf » se dit eçûeô en alaguian ; la « plage » se dit erinityap en 
adyoukrou. 



111. - LES HOMlilEfl 



« 


Alagaita 




Avlkam 


Ari 


Abè Adyoukrou 


homme (Hn Imii) 


aônô^ Ônô 




eqûnd 


• . • • 


• 
ghe égh 


homme (ùli, ■tri) 


brèbè-ÔnÔj 


ekyônô 


eqûnâ^ basâmba* 


kpd 


ikpe igin 


femme 


eyônô^ eùôno ^ 


basa 


bese 


yiwo y ou, yoi 


jeune homme 


aôneûi 






• • • • 


•••• ••.••• 


jeune fîlle 


eyôneûi 






• a • • 




enfant (jeune) 


eûikye 




ebapi 


omet 


gfie-gye ititri 


père 


«(A) 




dade^ 


bwo 


dé es 


mère 


marna 




fna 


•/« 


nô /i5, nîs 


fils, fille 


eûi 




ba (A) 


met (?) 


.... gyim^ dji\ 


Européen 


dgay dga-usu* 


eqûnd gbeh*e^ 


. • • ■ 


.... Gdga 








eqûnd mvugyu* 







I'AI{IJ-:S A LA COTI-: DIVOIUK 



'i5 



Notes. — 1. Le radical alaguian pour désigner un cire humain en 
général csl onô^ qu*on retrouve dans brèbè-Sno et ekyônii (un 6lre 
humain mftie), dans eynwl (une femme) et dans aônem (un homme 
enfant). — 2. Le mot nga-usu veut dire « les Européens blancs » 
par opposition à àga-au <« les Européens noirs » (les Nègres euro- 
péanisés). — 3. Le mol ei/ilnà veut dire proprement un « être 
humain » el est à rapprocher de Talaguian nnd et de Tagni sônfi\ 
quant à basûmbay ce mol veut dire proprement « non femme ». 
— i. Le mol dadc s*cmploic seul pour signifier « mon père » et 
esl à rapprocher, comme emploi, de notre terme <« papa» ; en ala- 
guian on dit dède dans le même cas et marna s'emploie seul pour 
signifier « ma mère, maman ». — 5. L'expression equnà gbekre 
veut dire « homme rouge » ; quant a equnà mvugyu^ j'en ignore 
la signification exacte. — 6. Le mot « frère » se dit en adyoukrou 
nu'i-gyim (fils de la mère) ; compareic en agni nyama « frère de 
mère » par opposition à sima « frère de père » (en adyoukrou es- 
i'9fjim). 

IV. — LES ANIMAUX 

Alaguiau ATîkam Ari Abè Adyoukrou 



animal 


anô, onô 


cfVjd 


mâle 


H'ûi 


sd 


remelic 


si 


• 

SI 


pelil 




Oa{X) 


Ixuuf , 


nama 


lakpa 


taureau 


nama-kùl 


lakpa-sd 


vache 


nama- $i 


lakpa-si 


veau 


fiama^ûi 


lakpQ'ba 


mouton 


kokosè 


kokose 


chèvre 


ohnri 


èmune 


chien 


tiaiu 


êlye 


%bant • 






oiseau 


ètu^ne 


nnflgyoba 


poule 


akosô 


esô 


«uf (de poule) 


akoso^re ' 


esô'Oloha 


caïman 


èva 


ekli 


poisson 


ètjyî 


èsr- 


singe 


ékire 




canard 


dâbo (A) 




papillon 


V 





»•%»»% 



enye 

boM 

adwe (A) 
yanofwe 

karo 



SI 



nôpyé 


nde 


• . • • 


ign 


• • . a 


yoi] 


• • • • 


kêkii 


lu* 


îd 


. • « * 


id-ign 


. a . • 


id-yoi 


a . • * 


xd-kUH 


tiayô 


Rkyéb 


kyô 


kyân 


. • • . 


or 


m • • » 


éyi}\ èr 


• . • • 


lor 


WOSÔ 


ûgos 


awoso 


ûgoS''èembwe 


• * m • 


9àk 


ke 


éqyîH, ùqyûn 



• • m • » » 



. . • • 



apapo 



^6 VOCABULAIRES COMPAKATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

Notes. — 1. Le mol « œuf » seul se dil eure en alaguian. • 
2. A remarquer que le nom propre du Bœuf» dans les contes d 
Agni du Baoulé, esl Lu, généralement suivi du nom prop 
d*homme Kofi: Ndya Lti-ATo/? (litléralement : Monsieur K< 
BœuQ. 



V. — LES ALIMENTS 



Alagaiaa ATikam 



Ari 



Abè 



Adyoukrov 



Igname 

banane (grosse) 

manioc 

taro 

piment 

palmier (à huile) 

amande de palme 

huile de palme 

vin de palme 

viande 

sel 

pain indigène ' 

sauce 

maïs 

riz 

cocotier ' 

noix de coco 

arachides . 

tabac 



%nz% 

nèvri^navri 

bédé (A) 

koko(A) 

aûgira 

inagbd 

a7lr,aAt(A) 

• • • ■ • 
m, tzAt 

mbatd 

anô, onô 

efigûe (A) 

akye^ akyi 

akyt'ii 

dudu 

saka 

anzyd 

azhya 

ûgatè (A) 



asT 

be$i, beshi 

bédé (A) 

avifld 

asuHgra 



dupu mbu ligbiteà 

okoko banda (A) lokleb 
fèdè(k) vede{A) bon 



agbi 

efUfu 

eta 

èflyd 

ésd 

azu 

kyosô 

dudu 

saka 

ebulobu 



alaoto 



tnoro 
nôpyè 



mbo 



mpo 



mdndyena 

arikin 

âgbel 

mun 

mâr 

nde 

môk 

mpa, agbolx 

agboU'fnilsi 

kokol 

saka 



akpalshi bobo 



asra (A) 



1. Par «pain indigène» il faul entendre la pâte dMgname, tMinane ou manl 
bouilli qu*on mange en la trempant dans la sauce et qui forme la base do ralimci 
tation. 



l»AKI.i:S A LA COTK DIVOIUK 



\1 



M. - I/IIAKITITIOIV. Li: JIIOUIMIOli, ^Wi\ 



: î 



r 



vil lui;!! 
mnison 
planlalions 
cruche 



Alaguiau 

hnmn 
utrù 

ovèmii 
isi 



assielle 

houe 

(*oulcau 

pirogue 

pagaie 

lissu, pa$^iie 

perles 

calebasse 

gourde à iijeelJMS . . . . 

siège kpalè 



komki 
gogore 
eûyr 
èe 

èvva 
ekycLsn * 
ableki * 
imye 



Avikam 

/>iô, adù* 

èsoy asô 

t'Jrnnda 

ehyr. 

eghifia 

gugorè 

Iflûyî 

edye (A) 

.fi 

kyata * 

alaha 

egha 



Ali 



kà 



Ahù 



AiJyoïiki'oii 



akrawu 



lycke 



lidzhi 
dzhofu 

hokota 



lumho 



ha g h fin *, rffli 

ri 

ngnm, iaktrn 

kpokpo 

ttaiigfn 

lompo (A) 

IfJb 

lèh'H 

Ictem-har 
ylut '/;> 
dnrr 



natte 

anneau 

objet sacré 

talisman . . . 

statuette 

filel 

bois cure-dents . . 

chapeau . . . 

fusil lana 

poudre 



ûko 
kpalrowa 



balrua^ wona 

otuo 

rokpa 

tikpd 

m ha 

heli 

kere (A) 



• . . • 



tana 



• . ' • 



•••••• 

lui (A) 
kpe 



ho 



Noies. — 1. Comparez le mol ffj/ese qui signifie « colon, iii de 
colon » en agni et en mandé. — 2. D'après les indigènes le mol 
a^/eAi vient de A^ûr</^7, par lequel les peuples de lacôledésignenl le 
pays dies Blancs, d'où proviennenl les pei*les en verroterie. Ahùruki 
ou Ahûj'uishi ào\i être lui-même une corruplion de la forme Amu- 
rukioix Amurukyi^ qu'on retrouve en agni, el qui vient sans doute 
à'Ameincaon « Amérique .», pays où se i^endaienl les négriers 
européens qui^ de tous les Blancs, sonl ceux qui onl eu aux siècles 
passés le plus de relations avec les Noirs de la côle occidenlale; il 
est <i noter que, si Ton demande <i un indigène on se trouve le 
pays des Blancs, il monlre invariablement Touesl ou le sud-ouest, 
c'esl-fi-dire la direction de rAmériquc. Au Libéria le mot Amerika 



48 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

est usité jusque très loin dans Tintérieur pour désigner le pays 
des Blancs. — 3. Ce mol devient dô après un nomd*homme : Ngesà- 
do, « le village de Nguessan i>. — 4. On entend aussi prononcer 
bârhàn^ bâflSn^ bâÂàn et même brin. 



VII. 



LES PARTIES DU €ORPS 





Alaguiao 


ATikam 


Ari 


Abè 


Adyoukrou 


tète 


fikuru 


eunu-ba* 


ine 


œto 


flic 


cheveux 


fUcurU'ûe 


eu-ba 


ine^ruo 


œto-mfû 


$in 


visage 






nono 


ani (A) 





yeux 


ève 


ewT'ba 


nonO'We 


aûùmô 


wj/âm&H 


nez 


inyr 


eune 


wo 


figo 


lôghûn 


oreille 


nœku 


ezie-ba 


reie 


loké 


tôrkû 


bouche 


omwd 


ènô 


numuii 


eûibu 


ne 


dents 


efiyi 


ènyînt 


afie 


eyi 


âm 


langue 


aôwi 


azra^ba 






• ânôm 


menton 






tubu 






rnii 


oswTnebrti 

ntmiûi 


\ ao-ba 






éinéH 


nuque 

poitrine 

fifiins 






abcL 


iozôgba 






. ér 


afiya 
ametè 


mÔ 


omêmê 




ventre 


ebutu 




ame 


nûk 


dos 


— • 
eut 


eunam 




egi 


gyaam 


reins 


oko 


euzu 






• ••••••••••• 


main 


êma 


ébô 


bo 


ba 


âbu 


— droite 


èzi'kôre 


èdiabô* 






• fiêmén 


— gauche 


èbli'kre 


éfômbô 






. tiUr 


doigt 
ongle 






bih-wc 






• • • é • • * 




bo'ûkwa 






pénis 
testicules 


me 




lubulu^wê 




likr 


éva 


• •••«•*• 


esebi 


• •••«••• 


. lukôk 


vagin 
pied 


éli 
èna 




lopo 
leka 




' ûgûn 
lâkr 


ène^ba 


/•« 


sang 
poil 
peau 
excréments 


kre 


èvi 


nibuo 




tnëbil 


6Û€ 


êu 


riio 


mfû 




oùro 


èfûru 


kpekpe 
eribi 


iêt 








poignet 




SOS 



PARLÉS A l-ACOTË DIVOIRE 



'•9 



'es. — 1 . La syllabe ha, dans plusieurs mots avikam désignant 
irlies du corps, esl un suffixe, une sorte d'article, qui ne fait 
rlie du radical. — 2. En alaguian et en avikam, le mot qui 
désigner la main droite veut dire « la main pour manger ». 



VIII. - NOMS DIVERS 



Alaguiau Avikam 

èkyi eia 

kyt eu 

k m kik) bi éûa 

osoi-o 

oûem * 

rhai aflkyira èmni 

amaûane èsinomti 

[ « ane èsT 

•••••••• •••••••• 

^, affaire yûro 

t ncaveau ? 

ment aûi 



Ari 


Abè 


Adyoukrou 




bu 


ab 

akpi 

sègn 










lefeï 

efinkeble 

efi 


9ii/i 


• • * • a 
ëll ù 




VuVf 








biya 


borné t 




%Êéi 


••••••• • 


y» 
mû 





es. — 1. D'après M. le cap. Le Magnen, la semaine avikam 
U)mposerait que de six jours qui seraient : è^, esAitô^ o/h, 
omunum^ èdebi. — 2. L'expression alaguian oâem signifie 
ornent « dans la nuit ». — 3. Dans toutes ces langues, comme 
urs chez tous les Nègres que je connais, l'affirmation et la 
on s'expriment le plus généralement, la première par une 
Lion de la gorge ou une expiration du nez accompagnée d'un 
ment de tète de bas en haut, la seconde par une expiration 
répétée deux fois et rapidement et accompagnée d'une lé- 
. rapide oscillation horizontale de la tète. 

àRQUES SUR LES NOMS. — l"" Compostlion. — Dans les cinq 
8 qui nous occupent présentement, les substantifs compo- 

4 



50 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

ses se forment par juxtaposition, le nom du possesseur préc6danl 
toujours le nom de l'objet possédé. — Ex. : fiJcuru « tète » et eue 
« poir» en alaguian donnent fiAuru-ûe « poils de la tète, che- 
veux » ; agboli « pain, aliment » et milsà « eau » en adyoukrou 
donnent agboli-mitsh « eau du pain, sauce », etc. 

Beaucoup de substantifs commencent par une voyelle qui ne 
fait pas partie du radical, — e, è, i, a, o, et œ en alaguian ; è, e, a 
en avikam; o, e, i, a en ari; e, œ^ a en abè. Sauf le cas où ces 
voyelles initiales sont longues, ce qui est très rare et semble ne se 
présenter qu'en ari et en abè dans quelques mots, elles dispa- 
raissent lorsque le mot qu'elles commencent se trouve placé en 
composition après un autre substantif ou est précédé d'un régime; 
quelquefois aussi elles disparaissent après un verbe dont le mot 
qu'elles commencent est le régime. Si la voyelle fînale du mot dé- 
terminant est une nasale, il arrive souvent qu'on remplace la 
voyelle initiale supprimée du mot déterminé par un n (m devant 
une labiale^ fi devant une gutturale). Ex. : nama^ûi « veau » en 
alaguian pour nama-eùi; hfômbô « main gauche » en avikam pour 
èfO'èbô, etc. 

En adyoukrou au contraire, il semble que la voyelle initiale — 
qui d'ailleurs est le plus souvent longue — fasse partie du radical. 
Mais la consonne initiale, elle, n'en fait pas toujours partie; c'est 
le cas pour les consonnes initiales : /,dans la plupart des noms an 
singulier et dans les verbes adjectifs; n, lorsque cette consonne 
remplace un /; m, dans les noms au pluriel, lorsque cette con- 
sonne remplace un / qui se trouvait au singulier ou qu'elle a été 
ajoutée à la forme du singulier; s^ dans les noms au pluriel, lors- 
que cette consonne a été ajoutée à la forme du singulier. Quoique 
ne faisant pas partie du radical, ces consonnes subsistent la plu- 
part du temps en composition; il en est de même des voyelles ini- 
tiales ajoutées à la forme du singulier pour former le pluriel. 

En adyoukrou encore, il arrive souvent qu'on intercale une 
voyelle entre le mot déterminant et le mot déterminé lorsque le 
second commence par une consonne et que le premier se termine 
de même ; cependant celte règle n'est pas absolue ; ainsi on a : 
nis'i'gyim « fils de la mère, frère », ègn-i-na « cet homme », mais 
on a aussi : ègn na « cet homme », sos lèl « la peau du poignet ». 

i"" Rapport de possession ou de dépendance. — Gomme on vient 



PAIU.KS A LA COTl!: DMVOIRK r.l 

lie voir, ce rapport s'exprime par une simple juxtaposition, le 
Mn de Tobjel possédé ou dépendant se plaçant le second, avec 
itranclicmenl de sa voyelle initiale s*il y a lieu : « la maison de 
ion père » se dira en alaguian 7ne zi ivd {owo « maison »), en avi- 
im dade sa (èsd « maison »), en ari me bwo /v7, en abè ;??i de leli, 
n adyoukrou èm es el\ « un anneau d'or » asekc /ipatrofca {ala- 
uian), etc. 

T Pluriel. — L'emploi d'une forme spéciale pour le pluriel des 
0ID8 ne semble pas être indispensable dans les langues qui nous 
tccupenl. Cependant on peut dire que, en général : 

Eu alagyà les noms forment leur pluriel, soit on ajoutant le suf- 
ixe Ônô au singulier, soit en supprimant la voyelle initiale du 
ingulier si elle existe, soit en modifiant la forme du singulier d'une 
Qanière qu'il m'est impossible de formuler en règles; devant un 
loonde nombre ou un déterminatif indiquant la pluralité, on peut 
conserver le nom au singulier ou employer le pluriel formé par sup- 
pression de la voyelle initiale ou modification de la forme du singu- 
ier, mais le suffixe ônO ne s'emploie pas : aOnô « homme », 
\!M-(inO « des hommes », ônO hebrebe a beaucoup d'hommes »; 
/Aiff « femme », yÔnO-ÔnO ou wiyô « des femmes », yônOniniow 
dj/Snïni « cinq femmes »; 

BaomAram, les noms forment leur pluriel en ajoutant onôeux 
ûngulier mais restent au singulier devant un nom de nombre ou un 
iéterminatif indiquant la pluralité : eçùnâ « homme », equnàonô 
I des hommes », eqûnà gyu « dix hommes » ; cependant le mot eu 
« fois » fait au pluriel euï et conserve cette forme devant un nom 
dénombre : euï yô « deux fois », eut zà « trois fois », eut nà 
« quatre fois » ; 

En an et en abè^ j'ignore comment se forme le pluriel des noms; 

^nadyukru^ les noms commençant par / non radical forment 
le nombre collectif en supprimant 1'/ et le pluriel en changeant / 
^nmou parfois en supprimant 1'/ : lêtën « pirogue », plur. mciên; 
'fb «couteau >>, plur. mâb\ li/cyèb « mouton », plur. mlkyèb\ li- 
in « vingt », plur. ekin\ ligbileb « igname » , plur. et coll. igbileb; 
^lejf « banane i», plur. et coll. okleb\ 

Les noms commençants par une voyelle forment leur pluriel, 
i(en modifiant cette voyelle : ègn « homme », plur. agn\ soit en 
}alanl au commencementdu mot un m ou un ^ suivi d'une voyelle 



52 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

analogue à la voyelle initiale du singulier :ôr « chien », plur. mm\ 
îdm bœuf », plur. stid\ soit sans modification : el « maison », 
plur. el\ 

Les noms commençants par une consonne autre que / ou par 
un / radical forment leur pluriel, soit en ajoutant au commence- 
cément du mot une voyelle analogue à la première voyelle du sia- 
gulier : you ou yoi « femme », plur. oyou\ soit par un redouble- 
ment plus ou moins complet du singulier; kyân « chèvre », plur. 
kyikyân\^Q\i sans modification : gbâd& « pagne », plur. ^A&ft; 
figàs « poule » , plur. tigos ; 

En adyoukrou toujours la forme du pluriel, si elle existe, s'em- 
ploie devant les noms de nombre et les déterminatifs indiquant It 
pluralité : ^^û/ /è^S « dix bœufs », igbileb yen « cinq ignames i, 
métën nSnS « beaucoup de pirogues ». 



IX. — AIIJE€TirS $VAUn€ATirS 

Ce tableau ne renferme que des adjectifs proprement dits. Les 
adjectifs à forme verbale figurent au tableau des verbes. 

AUguian ATlkam Ari Abè Adjoukrou 

blanc usu fûru (A) ufu (A) 

rouge ôte gbekre êbél 

noir au byokri tbr 

grand uri gbel, gbà * 

petit gye keklif tttlli* 

tout^ tous buburu pd 

nombreux bebrebe nônô 

seul, unique' ziri iekri 

Notes. — 1. Le mot gbel signifie <c étendu », gbi « grand parla 
(aille ». — 2. Le mot Aekli correspond h gbel et iîiîli correspond à 
gbi. — 3. L'adjectif, dans toutes ces langues, se place après le 
nom et reste invariable. 



PAIILKS A LA COTE DIVOIIΠ



sa 



X. — PRONOMii ET ADJECTIFS DETERIIIIIVATIFS 



Alaguian 



A^lkam Ari Abè Adyoukrou 



*) 


me, m ' 




ma, me, m' . 


iae) 


me, ni* 




mt, me * 


1 


wOy u\ e, 


a* 


a 


le) 


e 




a 


;«yel) 


ne, nOf o, 


koyke' 


' e,è 


[régime) 


e, ne • 




éy e 


et) 


fjo 




wa 


pime) 


ho 




wa 


el) 


ûye 




un 


lime) 


ûye 




unô 


B (sujet) 


y« 




ad, a 


1 (régime) 


y« 




aô 


9 mes 


me 




m 


es 


e 




a 


les 


ne 




è 


s 


bo 




wa 


B 


fiye 




un 


PS' 


ye' 




iT" 


ï moi 




• • • • 


••#••#•* « 


toi 




m ^ m m 




lui 








1 DOUS 








i TOUS 








eux 








ces 


ndardj ra 


\ 


nt 




ndarô 




nwâ(t) 


i qui 


ne* 
zin-ma * 




e 




èkyi ziri-ma 





• • • 



• • • 



me, m ma^me^m 



II 



mt 



• • • • 



• • • • • • • 



o, a 



• • 



• • • • 



• • • • 



• • • 



• • • * • • 



• • • • 



. • • • 



• • • • ■ • • 



• • • * • • • 



• • • • • • 



• . • 



• • • 



• • . • 



• • • 



• • 



• • • • 



• • • • 



• • • • • • • 



m 



• • • • 



• • • • • • • 



• • • • • 



meSf me 



it 



u 



ya, i, e 

t 

o, n«, lu •• 

nâ, lis, en 



t» 



we, se 



If 



/t, bêf wé 
en 

èm^ am 
fiyi 



fit 



0, nân •• 
èpum 



•• 



en 

êm eqyi 
fiy 'eqyi 
nân eqyi 
èpum eqyi 



na 
na 
nâ 



. — 1. Les adjectifs possessifs précèdent toujours le nom 
lermineiU, en vertu du principe qui veut que le nom du 
ur précède le nom de Tobjel possédé. 
ian. — 2. La forme me ne s^emploie que devant une con- 
n s'emploie indifféremment devant une consonne ou de- 
e voyelle. — 3. La forme ni ne parait pas très usitée ; je 



b\ YOCABULAIRl^S COMPAKATIFS DIf: LANGUES OU DIALECTES 

ne Tai entendue qu'une fois. — 4. Il semble qu'on emploie de pré- 
férence la forme wo [w devant une voyelle) dans les phrases ani^ 
malives, les formes eel a dans les phrases négatives ou interroga- 
lives. — 5. Il semble qu'on emploie de préférence la forme ne 
ou no (qqf. na ou n) lorsque le sujet est une personne, et la forme o 
lorsque le sujet est une chose ou est indéterminé ; ko et ke ne s'em- 
ploient que lorsque le sujet est indéterminé, ko dans les phrases 
affirmatives, Ae dans les phrases négatives. — 6. La forme régu- 
lière du pronom régime de la 3* pers. du sing. est fie, mais on em- 
ploie souvent e et très souvent aussi on supprime comiplètement 
le pronom régime. — 7. Les adjectifs possessifs me, ne, fiye etye 
élident leur voyelle devant un nom commençant par une voyelle; 
après les adjectifs e et bo^ c'est la voyelle initiale du nom qui 
disparaît. — 8. En réalité le pronom ou adjectif relatif n'existe 
dans aucune des langues qui nous occupent; on le remplace par 
le pronom personnel sujet. 

Avikam. — 8. La forme ma s'emploie dans les phrases affirma- 
tives; la forme me ou m s'emploie dans les phrases affirmatives et 
aussi dans les phrases négatives, suivie alors de la particule de 
négation sa ou â. — 9. Il semble qu'on emploie indifféremment 
les formes mi et me. — 10. Après les adjectifs possessifs a, ^, wa 
et â, la voyelle initiale du nom disparaît. 

Adyoukrou. — i i. La forme ma s'emploie au présent, la forme 
me au passé; la forme m s'emploie à la place de ma ou de me de- 
vant certaines voyelles. — 12. Mes est une forme de régime indi- 
rect qui s'emploie après certains verbes tels que « laisser »; me 
est la forme du régime direct. — 13. La forme ya semble s'em- 
ployer de préférence au présent et la forme i ou e au passé. — 14. 
La forme o semble s'employer de préférence quand le sujet est 
indéterminé, la forme nà (quelquefois n devant une voyelle) avec 
les verbes actifs,^ la forme lu (la devant un a) avec un verbe 
indiquant un état ou une qualité. — 15. Les formes nà et 
en (cette dernière seulement après une consonne) indiquent le 
régime direct; /i> s'emploie comme régime indirect après certains 
verbes tels que « laisser ». — 16. Il semble que we indique une 
partie des personnes présentes à l'exclusion des autres et se 
toutes les personnes présentes. — 17. Je ne puis préciser rem- 
ploi des formes H, bè, wè^ dont d'ailleurs je ne suis pas absolu- 



PAUL Es A LA COTH D*JYOIliE T»:, 

ment sûr. — 18. La forme o paraît se rapporter aux choses et la 
forme nân aux personnes, sans que j^ose me prononcer à ce su- 
jet. — 19. L'expression èm eqyi signifie proprement a ma chose, 
ma propriété ». — 20 En adyoukrou, comme en alaguian et en 
avikam, l'adjectif démonstratif se place après le nom auquel il se 
rapporte. 

XI. — venses 

Dans plusieurs des langues qui nous occupent, certains verbes 
revêtent des formes différentes selon qu'ils sont accompagnés de 
tel ou tel pronom, qu'ils se trouvent dans une phrase affirmative 
ou dans une phrase négative, etc. Dans les vocabulaires qui sui- 
vent, les verbes sont donnés à leur forme la plus simple, qui est 
celle de l'infinitif ou de l'impératif affîrmatif. Pour les modifica- 
lioQs, voir les tableaux de la conjugaison et les phrases et 
exemples. 

Alaguian ATikam Ari Abè Adyoukrou 

iller (qq. part) oô^ ô le a t/î, le am 

s*eQ aller . naô le yi im 

venir (de qq. part) duma iba^iûa mô 

venir, arriver va (A) ba (A) ye wa owo 

s'arrêter flyowe ndrè ulye 

rester (debout) ûyô ndrè ulye 

s'asseoir vliije sa pyete sosi sike 

rester (issis), demeurer ye snmô 

se coucher de (A) sire rèsi èru 

dormir deda lela kyamla êfumâmên 

se réveiller toô 

*« lever <<m zà nyete loru gbo 

tomber bure zia èy 

tomber (par terre) zia ta ' èy us 

worir sêrènà yûrôru ndctye uru 

^tre (ea UD Heu) de, due yi nya 

^tre (verbe attributif) ûe ut, â 

Qepasëlre(enunlieu) èda yila èm 

nepa8étre(vir»eitlr.) se ûe uyo 

«ûioger (avec rég.) za zi di (A) di (A) dzhi 

manger (sans rég.) za-kyi zi-azu di-mbo di-mpo dzhyôb • 



5G VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECl'ES 



boire 

couper 

fendre 

frapper 

tuer 

mourir 

voir 

connaître 

comprendre 

parler 

dire 

attendre (verbe neutre) 

chercher 

prendre 

attraper, saisir 

laisser 

attacher 

donner 

apporter 

Jeter 

appeler 

nommer 

montrer 

aimer 

vouloir 

acheter 

être à (appartenir) 

être bon 

être mauvais 

être grand 

être gros 

être court 

être petit 

être loin 

être proche 

être blanc 

être rouge 

être noir 

se lever (le jour) 

baisser (id.) 



Alagaiao 

mi 

vô 

gro 

bura^ wura 

ura 

we{X) 

ka 

ûye 

dd, daka 
le 

vlake 
dzhi 
bœ^ bi 



ATîkAin 

ûyô 
bli 



An 



Abè Adyoakroi 



teze 

kurai 

ta 

SI 

blize 

bye 

àye 

ye 

kûT 

kyi 

VOy 00 

zro 

gbo î 
uri 

se gbo 
kye 
tugbo 
se gbo 



no (A) nd 



gbi 

Il (A) 

ko 

fU 

se 

lo 

te 

HOfèfVn 

nhT 

do 

gye 
pure 
na 
dede 

fà 

fà 
kura 
f û, gûî 
flga 
ti 

div 



•••••• 



•••••• 



tye (A) 



• • • • 



bo 



• • • • 



Se 



• • • 



•••••• 



vi 



ègn 
lubor 
édlfUs 
àrOf wà 

*yi, byu 

u(A) 

ken 

û 

U 

dâdo 

dâ 

ulo 

nze 

oqyif oL 

oiskubo 

diligelu^ 

âwùn 



dja'-mû 
dja 



zuru 



• • • • • 



gwâ 



•••••• 

gbata 
là 



• ■ • * • 



• • • • 



wàl 

os 

es 

yegi, eg 
lur^ rw 
seum (J 
ool 
eçyi* 
âkpot 

a-gbà 

â-^res 

ixtlli 

ûibel 

anupei'i 

ufu 

êbêl 

ibr 

ur 

amûk 



èlre fini 

délier, détacher 

changer 

èlre fort 

èlre malade 

avoir mal à 

pouvoir 

marcher 

crier 

IraYailler 

avoir 

De pas avoir 

avoir Taim 

— soif 
porter (à la main) 

— (en général) 
entrer 
faire 

gagner, obtenir 
tirer (fusil) 
tendre 
aider 
sortir 



PARLÉS A LA COTE D'IVOIRE 

Alaguian Avikani Ari 

trô Id wukpa 

bro 

qire 

utkui 

ûe-gedan 

ne be 

suray su nyeshi 

drè 

kô zozô 

ûT ula{l) 

ne-ùi 

omo kèbi 

st-md kèbi ' 

viû do 

vi dyuzu (?) 

zhi 

nkt du 

qûa gyd 

gwa (tana) ku {tana) 

Ar yi 

tene shene 



r»7 

Abi Adyoukrou 

ûro 

eqyulel 

mpas 

ôl amwin 

ôl* 

...... nkok 

tûm 

•••• • ••■•••••••• 

kûkobo 

nâmen amivin* 

milsh -âmen amwin 

.••••• ••••■•••••* 

otihu 

déni wô 

kûko 

figèn 

kwa (bo) 

owa 

pyade 



Koles. — 1. Les expressions omô kèbi et si-mô kèbi signifient 

proprement « la faim fait mal » et « la soif (la faim de Teau) fait 

mal»; on remplacera donc le sujet français par un régime : j'ai 

faim, omô kèbi m (pour omô kèbi mi)i l'homme a soif, si-mô kèbi 

aSnô. — 2. Le mot dzhyob ou djyob est pour dzhx ab a manger 

quelque chose ». — 3. Voir les pronoms possessifs. — 4. Le mot 

ô/eslà proprement parler un substantif signifiant «maladie » ; «je 

suis malade » se diraèm olamwin {ma maladie fait mal) ; «j'ai mal 

au ventre », èm il lUk ûm (pour èm ôl ntik um^ « ma maladie 

venire dans). — 5. Littéralement « la faim fait mal »; mitsk-^ 

âmen amwin signifie « le manque d'eau fait mal ». 



58 VOCABULAIRKS COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 



XU. — CONJUGAISON 

Les tableaux qui suivent s'appliquent h la totalité des verbes 
actifs ou neutres; il suffira^ pour avoir les temps et les per 
sonnes de n'importe quel verbe, de remplacer par rinfinitirde ce 
verbe celui du verbe choisi comme exemple et de mettre à sa place 
le pronom convenable. Pour l'emploi des pronoms, voir les notei 
qui suivent le tableau des pronoms et adjectifs déterminatifs. 

Certains verbes, surtout en adyoukrou, subissent desmodifica 
tions que seul l'usage semble régler; le verbe « être » et les 
verbes analogues revêtent souvent des formes particulières à li 
voix négative : on trouvera ces exceptions dans les phrases el 
exemples. 

Mes renseignements sur Vari et Vabè sont trop insuffisants poui 
me permettre de donner un tableau de la conjugaison dans cei 
langues ; tout ce que je puis dire est que la négation semble s'ex- 
primer en ari en mettant mû après le verbe : o a a il va », o a mi; 
«c il ne va pas », et en abi en mettant woe avant le verbe : me y 
(c je pars », m woe yi « je ne pars pas ». 

Je donne un tableau avec le verbe « partir » comme modèle poui 
l'alaguianet l'avikam; un autre tableau, spécial à l'adyoukrou, 
renferme quatre modèles, afin de faire saisir les différences qui se 
produisent suivant que le verbe commence ou finit par une voyelle 
ou une consonne. 



Alagulan Ayikam 

partir naô le ou le^re 



je pars 


me naô 


ou 


m 


naô 


me le 


ou ma /e 


tu pars 


wo naô 








a le 


• 


il part 


ne naô 


ou 


no 


> naô 


e le 


ou èle 


ça part 


naô 










id. 


je suis parti 


me naô 








me le ta 


o\x me le re 


tu es parti 


wonaô 








aie Id 


» a le re 


il est parti 


ne naô 








eletà 


» ele re* 


c'est parti 


ko naô 










id. 



PARLÉS A LA COTIi UIVOIllE VJ 

Alaguiau Avikaui 

je ptirlirai tue naô ma le 

lu partiras wo naô a le 

il partira ne naô e le 

ça par lira o naô id. 

pars naô le 

parlons bo naô wa le 

parlez iiye naô un le 

ne pas partir le naô ou ne naô mit le ou mû le^re 

je ae pars pas me te naô ou me ne naô m*â le » me sa le 

lu ne pars pas e te naô » e ne naô a â le » a sa le 

il ne pari pas ne se naô » ne ne naÔ è a le » e sa le 

ça ne part pas ke se naô » kaâ naô id. 

je ne suis pas parti me se naô » me le naô t me sa le ou m*â le re 

lu D*es pas parti e se naô » e le naô \ ou 

il n^est pas parti ne se naô » ne le naô \me sa le re ou me sa le le 



] 



ce D*esl pas parti ke se naô » ka â naô \ etc. 

je ne partirai pas \ me se naô^ etc. mVT le nâdro 

lu ne partiras pas f comme au a a le âdro 

il ne partira pas f présent è â le âdro * 
Ç^tne partira pas / id. 

ne pars pas e he naô ou a bo naô mû le âdro 

ne partons pas bo se naô wa â le âdro 

ne parlez pas ilye se naô um ma le âdro 

Notes. — 1. Le mot ta n'est autre que le verbe « finir », d*où 
^ele ta « j*ai fini de partir, je suis parti »>; quant à la particule re 
ou le du passé, on Ta vue déjà en mékyibo et en abouré, et elle est 
^rapprocher de la particule correspondante ri ou H de Tagni. — 
2. L'expression nâdro ou âdro n'est autre chose que la forme né- 
gative du verbe dro « être bon, être bien » et elle ne sert qu'à 
reororcer l'idée de négation : « je ne mangerai pas cette chose », 
^'à zi la ni nâdro (je ne mangerai pas celte chose, ce n'est pas bon) ; 
''nele prends pas », ma do âdro (ne prends pas, ce n'est pas bon). 



GO VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 



Adyoukroa 





li « mfmbî 


» ken <c voir » 


u « mourir m 


im « parti 


Présent • 








m 


!'• pers. sÎDg. 


via H 


maken 


mu u 


m im 


2« — — 


yali 


y a ken 


i u 


% m 


3* — — (pcmutt) 


nâ li 


nn ken 


lu u, nu u 


n tnty / im 


3* — — (Mitw) 


oli 


ken 


Uf luu 


im* 


Passé 










l'* pers. sing. 


me ti 


me ken 


semblable 


mim un* 


2* — — 


eli 


e ken 


au 


im un 


3* — — (partmis) 


nâ li 


nâken 


présent 


n im un 


3» — -(Mita) 


oli 


oken 




im 


Impératif 










2* pers. sing. 


li 


ken 


i u 


im, m 


1~ — plur. 


se li-n 


se ken' en 


suu-n 


s% m^èn 


Présent négatif* 










l^^ pers. sing. 


me li-m 


me keném 


mu u-m 


m im èm 


2« — — 

1 


e li^m 


e ken èm 


i ti-m 


imèm 


» — — 


na li-m 


nia ken èm 


lu u^m 


n tm èm 


3. _ — (Hlta) 


li-m 


ken èm 


u^m 


imèm* 


Passé négatif * 










1" pers. sing. 


me ki li 


me ke ken 


me ku u 


me kim 


2« -. — 


e ki li 


e ke ken 


e ku u 


e kim 


3* — — 


nâki li 


nâ ke ken 


ht kuu 


nâ kim 


3. _ —(Mitri) 


ki li 


ke ken 


kuu 


In m* 


Impératif négatif. 










2* pers. sing. 


kili 


ke ken 


ka 


kim 


l» pers. plur. 


se ki li^n 


se ke ken-èn 


se kû-n 


se kim^^ 



Noies. — 1 . Le futur ne se distingue pas du présent. — 2. On 
voit que, devënt une voyelle, les pronoms sujets peuvent soit adop- 
ter la voyelle initiale du verbe, soit supprimer leur propre voyelle 
finale, soit la contracter avec la voyelle initiale du verbe. — 3. Là 
particule un semble pouvoir se supprimer sans modifier profon- 
dément le sens. — 4. Le sufRxe en marque le pluriel; il ne semble 
pas qu'on remploie ailleurs qu'à l'impératif; ainsi on dit : liby' 
^9^ fiyodm^ « ils ont tué un homme ». On voit que ce suffixe de- 
vient un simple n après une voyelle. — 5. Le futur négatif ne se 
distingue pas du présent. — 6. Même remarque pour la négation 
è/n, au sujet de sa modification après une voyelle, que pour le suf- 



PAHLKS A !.A COTK U'IVOIIΠGl 

fixe du pluriel en. — 7. Il semble que le passé négatif formé à 
Taide de la particule Âe ait une signification plus précise que 
notre passé ordinaire : me ki li veul dire « je n*ai pas encore com- 
pris»; lorsqu'on ne veul pas insister sur celte idée spéciale, on 
peut employer le présent. — 8. On voit que la particule négative 
ke prend la voyelle du verbe ou même, dans le cas où celle voyelle 
est brève et suit immédiatement la particule, on a contraction ; on 
aura ainsi mekoishi « je n'ai pas encore pris », de otshi « prendre ». 
On conjuguera sur le modèle de u « mourir » (pour ce qui est des 
voyelles en contact avec la voyelle initiale du verbe) les verbes 
commençant par une voyelle longue ou en tout cas une voyelle 
radicale, et sur le modèle de im «c partir », les verbes commen- 
çant par une voyelle brève ou non radicale. 

XIH. — PLACE DU RÉGIME 

1* Le régime, soit direct, soit indirect, se place toujours après 
le verbe, en alaguian, en avikam, en ari, enabè et en adyoukrou, 
àmoios qu'on veuille insister sur un régime, qu'on place alors au 
commencement de la phrase et avant le sujet du verbe. 

V Mais si le radical du verbe est suivi d'une particule de temps, 
il peut arriver que le régime se place entre le verbe proprement 
dit et cette particule. Ainsi en avikam^ le régime direct se place 
entre le verbe et la particule ta ou la particule nâdro, mais après 
I& particule re ou le \mkoe là « je Tai vu »» nCà zi la ni nndro « je 
ne mangerai pas cela »^ è sa gbi le qiinà « il n'a tué personne ». 

3* S'il y a deux régimes, on place généralement le régime le 
plus court en premier lieu. 



XIV. — PHRASES ET EXEMPLES DIVERS 

1* Alagyà. 

C'est bon, o zro. Ce n'est pas bon, ke se zro. C'est loin, o sugbo. 
Ce n'est pas loin, ke se gbo. 

Viens ici, va nu\ va, oS\ va-t-en, naô\ ou vas-tu? ieretvôfje 
^&is au village, m'od bam;je vais aux plantations, m'oô vèm. {La, 



62 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

préposilion « à » ou « dans » ne s'exprime pas, mais on indique 
ridée de lieu en supprimant la dernière voyelle du nom de lieu, 
lorsque la consonne qui la précède est un m; dans les autres cas, 
on ajoute un m au nom de lieu : je vais en mer, m^oO ûkmm\ com- 
parez en assanli : je vais au village, me ho kurum.) 

D'où viens-tu? ter*e dumal Je viens de Jacqueville^ Alagyà 
Widuma (c'est d'Alaguian que je viens). 

Prends-le, hœ; je ne le prends pas, me se bœ; pourquoi ne le 
prends-tu pM? kyekye-kru wo le £â??(quoi pour tu prends pas?) 
pour rien, klodo-kyi zirima. 

On a tué un homme, ye uraOnO iO\ on ne Ta pas bxé^yese ur^e\ 
ne le tue pas, e be ur'e. Il est mort, no we; il n*est pas mort, ne 
se we. 

Viens manger, va za-kyi; je ne mange pas, me se za-kyi; donne- 
moi de Teau pour boire, ta me si^ m mi. 

L'aimes-tu? a Xrâr? je ne Taime pas, mesektiï; mon frère ne 
l'aime pas, mama-ui se kûï. 

As-tu compris? 6 ya? j'ai compris, meya; tu n'as pas compris, 
e se yaoueneya. 

Quoi? comment? kyekyel je dis que je n'ai pas compris, me le 
de me se ya; parle, dô;îe ne parlerai pas, me se dà. 

As-tu vu cet homme? e ka SnO ndarô^je l'ai vu, me ka; je ne le 
connais pas, me se fiye ne. 

C'est fini^ ko trô; ce n'est pas fini, ka à trô. 

Montrennoi cette chose, ye me kyi ndarô; comment l'appelle-t- 
on? àônta ye bye net on l'appelle Kofi, ye bye ne Kofi. 

Va acheter des bananes, S vo navri o^Ovo lavri. 

Où est-il? iere ne dûetil est ici (ou) il y en a, n*dè nu; il n'est 
pas ici (ou) il n'y en a pas, h^èda ; il est parti, ne naô. 

Partons, bo naô; partez, moi je reste, ftye naS^ me ye. 

Beaucoup d'hommes sont venus, Onô bebrebe va; les femmes 
sont venues, myO va ; une seule femme est venue^ yônô ziri va. 

Ne me frappe pas, a bo bura m ; je ne te frapperai pas, me se wur^e. 

Il est grand, mais il n'est pas gros, no gbo, ne se uri; il est petit, 
mais il est fort, ne kye^ na iie kûi; il n'est pas fort, il ne peut pas 
marcher, ne se iie kûi, ne se ne sura; il est malade, o iie gedan; va 
lui chercher un médicament, o dzlii aiii bi 5t (va chercher médica- 
ment prends apporte). 



I^AIÎLÉS A LA COTK D^IVOIUIî: tVA 

J'ai faim, omo /Mi m (la faim csl dans moi); j'ai soif, si-tw) 
kèbim; donne-moi à manger, ta mi /n/i\ donne-moi cela, la mi 
ndnrt); as-lu des bananes, e ûlnavrif je n'en ai pas, me tic ûl. 

Va vile, o5 prapra ; va lentement, on blehie. 

V Avikam. 

C'est bon, e dro; ce n'est pas bon, e sa dro rc. C'est loin, e zvru\ 
ce n'est pas loin, e sa zûru. 

Le jour se lève, ekagbaia\ le jour baisse, iirvo ta. 

Viens ici, ba zl\ va-l-en, le. Où vas-tu ? heka le? (pour keka a lef) 
je vais chez moi, ma le va; d'où viens-tu ? keka bàleka ibaf^e viens 
de la forêt, ebwom iiia (de la forêt je (sous-entendu) viens). — 
(Comme en alaguian, la relation de lieu s'indique par un m placé à 
la fin du nom de lieu.) 

Il est venu trois fois, cuï zàebare\ il n'est venu qu'une fois, 
tu tekri e ba re. 

Il a tué un homme, è gbieçûnà; il ne l'a pas tué, èsa gbi ; il n'a 
(q6 personne, è sd gbi le qiinà. II est mort, eutà\ il n'est pas mort^ 
iiaure. 

Viens manger, bazi'azu\]e ne mangerai pas cela, m\l zila ni 
nâdro; donne-moi de Teau pour boire, na me sô ma fiyô (donne 
moi eau je boirai). Prends-le, do; ne le prends pas, m/7 do âdro; 
n'aimes-tu pas cela? a sa qû na-mcâf je l'aime, me qii è, me qi'iï. 

As-tu compris? a se tàf j'ai compris, me se ta; je n'ai pas com- 
pris, me sa se re ; que dis-tu? a(/t/ a lof je dis que je n*ai pas com- 
pris, m le m'a se rc ; raconte ton alTaire, lo a yilro. 

As-tu vu cet homme? a ko qiinà n7? je Tai vu, me ko e ta ; je ne 
l'ai pas vu, me sa ko re ; je ne le connais pas, m\l M m; je le con- 
nais, me fii. 

C'est fini, è /a, è ta ntà ; ce n'est pas fini, è â ta re. 

Montre-moi cette chose pour que je la connaisse, kurame elare 
'"(montre-moi chose et connaître); montre-moi le chemin, Xi/ra 

Va acheter des bananes, le ti besi. 

Où est-il? keka-bu yil il est ici (ou) il y en a, è i/i azi^ è y'azi; il 
D*est pas ici (ou) il n'y en a pas, è yi4a zi. 

Comment t'appelles-tu? a du ftwo â />7?(ton nom comment ils 
appellent?) je m'appelle Gra, â fa mi Gra (on appelle moi Gra): 



6'i VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

comment appelle-t-on cela? ela du fiwoâ /a? (chose nom comment 
ils appellent?) cela s'appelle un fusil, à fî tana {/ï pour fà é). 

Les hommes sont-ils venus? equrià-onô ba rel \\s partent tous, 
aô buburu â le. 

Je veux aller à Lozoua, ma figa le Lozwa ou Lozwani ma tlga le; 
je ne veux pas, ma sa figa ; pourquoi ? datuzul parce que le che- 
min n'est pas bon, esi sa dro re; marche vite, nyeshi tshumtshum ; 
marche lentement, nyeshi brebre. 

VAri. 

Viens manger, ye di-mbo; viens boire du vin de palme, ye no 
alaolo; ce n'est pas bon, a dja\ il n'y a pas de mal à cela, adja 
mû ; c'est fini, o wukpa. 

4* Abè. 

Viens ici, wa gbe; va te coucher, yirèsi; viens manger, uni di- 
mpo ; viens boire du vin de palme, wanO moro ; donne-moi cela, bo 
bu ni se mi (prends chose cette donne-moi); je vais acheter 
quelque chose, me levé bu; je comprends, metye; je ne comprends 
pas, m*woe tye o (o est explétif). 

5* Adyukru. 

Le jour se lève, lègn o ur ; le jour baisse, lègn amûk. 

C'est bon, o àkpol; ce n'est pas bon, o àkpolèm ; c*est loin, o ui- 
bel ; ce n'est pas loin, o anupet èm. 

Il est blanc, Fufu ; cet homme est rouge, ègn-i na rêbél; il est 
noir, nbr. 

Viens ici, owo hà\ va-t-en, am go (va dehors). 

Où vas-tu? bèi ya ami je vais au village, ma am bâghan ; où va 
cet homme ? ègn am^ bèten nà ami (un homme va, où il va?) il va 
Aux plantations, nâ am ogôm. 

D'où viens-tu? bèi ya mô? je viens de la plage, ma môerinityap. 

Assieds-toi, sike; assieds-loi par terre, ^tXr'u^; lève- toi, t gbo; 
arrftte-toi, i ulye ; couche-toi, èt*u e ; cours, uru e ; laisse cela, difl- 
gelu e\ laisse-moi, diflgelu mes ; laisse-le, diftgelu lis. 

Prends-le, oqy'o^ otshy'o^ oqyi nâ, otshi nâ; ne le prends pas, 
Aidlsh ; je ne le prends pas, m'olshi-m itsh. (Cette sorte de répétition 
de la consonne du verbe apparaît quelquefois dans les phrases né- 
gatives.) 



PARLÉS A LA COTE IVIVOIUE r>5 

On a lue un homme, li hyf'f/n hyaam\ il csl morl, In u\ il n'est 
mori, lu w-m; cet homme, on ne Ta pas lu6, ègn i bi/i-mèn 
(pouré^n li hi/i-m èn)\ ne le lue pas, // biju ou là byi. 

Viens manger, owi dzhyob\ donne-moi de l'eau, o ni'niitsk^ je 
bois de leau, ni ègn miisk; raimes-lu?e lur"! je ne l'aime pas, me 
mr um. 

As-lu compris? i7/? je n'ai rien compris du tout, me li-m sëf/hi ; 
j'ai compris, me li. 

Oui est cet homme? bètigy'ègn-i nal c'est mon frère, èm nis-i- 
;///m;à qui est cette chose? bèligye qijt ab naf (qui propriété chose 
celle?) ; c'est à moi, èm eqyi ; c'est à nous tous, èpum pà cqyi. 

Que dis-tu taya dû drat parle dâdo. 

As-tu vu cet homme? e ken ègn na? je ne l'ai pas vu, me ken èm 
te; je ne le connais pas, m'w um un (pour m'û èm èn)\ je le con- 
nais, m'û e. 

C'est fini, o ûro ; ce n*est pas fini, o /eu ûro. 

Montre-moi cela, yegème na; comment appelle-t-on cet homme? 
(i^ab'ès ègén na? on l'appelle Katakré, ayabe b'ès ègën KaidAre. 

Va acheter des bananes, m oolokl6b\]e vais acheter des ba- 
nanes, m'am oolokléb. 

Où est-il? bètinân'am fil est ici (ou) il y en a, nàny'ahà ; il n'est 
pas ici (ou) il n'y en a pas, nâ n'èm ahà ; il est parti, n'im-xùx. 

Partons, il mèn\ laisse-les partir, ègbel en im\ beaucoup 
d'hommes sont partis, agn nônô tim-ùn ; j*ai vu beaucoup de piro- 
gues, me A:en méiën nônô; je n'ai vu qu'un seul poulet, me ken figos 
^yaam qyuçyu; on lui a coupé la tète, wèlubor nu fige ; on l'a jetée 
à ierre, /i w()/ Mj. * 

H est grand, la ngbi; il est gros, la âbres ; il es{ÎOT{^h*uimpas\ 
il n'est pas fort, nu uyo mpas ; il est petit, // titili\ il est malade, 
^0/ amwin\ il a mal au ventre, o ol lûkùni (pour nûk-ûm, dans le 
^eolre) ; je suis malade, èmdl amwin ; j'ai faim, nâmèn amwin ; j'ai 

•oif, mitsk-âmèn amwin, 

Marche vile, sum fa/a ; marche lentement, sum brebre. 



t. 



I 



CHAPITRE II 



Les langues krou. 



La famille généralement désignée sous le nom de kru o< 
une bonne partie delà Côte d'Ivoire et du Libéria. Elle s'étec 
la côte depuis l'extrémité occidentale de la lagune de Lahou i 
jusqu'à l'embouchure de la Lofa* ou rivière de Half-Gape-Mo 
l'ouest, poussant un coin vers l'est au nord de la lagune de L 
jusqu'à la rive occidentale du bas Bandama. Dans rintôrieui 
s'étend jusqu'à une ligne qui, partant du 6* de latitude nord 
ron sur le méridien de Grand-Lahou, rejoindrait le V 3(f en 
sur le méridien de Sassandra et suivrait ce parallèle jus 
bassin du haut Saint-Paul. 

Le nom donné à cette famille a une origine discutable : cet 
auteurs (Koelleet Payne entre autres) le font venir de CrraOj 
ou Kra, qui serait le nom indigène de la tribu habitant la régi 
Sino et Settra-Krou au Libéria; les Grao auraient été les pre 
à s'engager à bord des vaisseaux européens pour les travai 
bord et le pilotage ; dans la suite, les navigateurs auraient él 
leur nom {déformé par eux en Kroo ou Kru) à toutes les trib 
même famille, de langage analogue et de tatouage identique 
raie noire coupant verticalement le front en deux) qui, plus 
vinrent faire sur les navires le même métier que les Grao ou 
proprement dits; et on aurait appelé « côte de Krou » toi; 
partie de la côte habitée par ces indigènes de même famille 



i. Les caries donnent en général la Lofa comme un affluent du Saint-Pa 
d'après les indigènes, la Lofa serait un fleuve plus important que le Saini-1 
ne serait autre chose que le cours supérieur du fleuve dont la partie inféi 
seule connue des Européens, est appelée Half-Cape-Mount River. Quant au 
Paul, il conviendrait sans doute de reporter plus à l'est la parUe moyenne 
cours. 



VOCAlilJLAlHKS PAULKS A LA COTK DMVOlItli «i? 

mêmes dispositions nauliqucscl — en anglais — Krooman.Crooinen, 
Akrumen, Kruùoys {hommes ou garçons de Krou) ces indigènes eux- 
mèines. D'autres auteurs avancent que le mol Croomen doit être 
tout simplement une faute d'orthographe, et qu'il faut chercher 
l^élymoiogie du nom donné aux Krou dans le mol anglais crewnxen 
(prononcez « crou-mène ») » hommes d'équipe »>, appellation 
donnée par les premiers navigateurs anglais à tous les indigènes 
de celte région et notamment à ceux de Sinoe et Settra-Krou à 
cause du métier qu'ils exercent depuis que les premiers navires 
venus d'Europe ont visité la côle de Guinée. J'ai moi-même soutenu 
celle seconde hypothèse, mais depuis une objection s'est présentée 
à mon esprit : les premiers navigateurs qui ont eu aiïaire aux Krou 
étant des Français ou tout au moins des Portugais (xiv* et xv* siè- 
cles) et les mots portugais importés par ces derniers h la cote 
d'Afrique ayant survécu partout jusqu'à maintenant malgré que 
lesPortugais ne se montrent plus depuis longtemps dans ces régions 
et qu'ils y aient été remplacés par des peuples divers, comment se 
ferait-il que Tappellation universellement employée pour désigner 
les Krou fût un mot d'origine anglaise? Je préfère supposer que les 
Portugais ont fait de krao le son « krou » — ce qui est assez natu- 
relau g%nie de leur langue — et que les Anglais, trouvant ce nom 
tout fait, l'ont adopté avec d'autant plus de facilité que, suivi du 
molma/i, il prenait à leurs oreilles le sens d'un mot anglais par- 
railemenl applicable en la circonstance*. 

Quoi qu'il en soit, les indigènes n'ayant pas dans leur langue de 
mot pour désigner leur race ou leur famille, j'ai conservé le terme 
de « Krou », qui a l'avantage d'être connu de tous les Européens. 
La famille Krou se divise en deux groupes distincts, dont chacun 
parle une langue spéciale possédant elle-même de nombreux dia- 
lectes. Hais, au contraire des langues des lagunes, les langues et 
dialectes krou ont une parenté très étroite les uns avec les autres : 
un indigène parlant la langue orientale ne se comprendrait pas. 
aîec un indigène parlant la langue occidentale, mais il saisirait 
beaucoup de mots et de tournures et arriverait très vile à enten- 
dre la langue de son interlocuteur; dans chacun des deux groupes, 

i. 11 est à remarquer que, dans divers dialectes krou, le mot kra-po (où la syilai)0 
Poe»tun suffixe indiquant les nomsde métier et de nationalil**), yra-boou tjra-lcyo 
<l^s les dialectes de l'est, si^ifie « homme d'équipe, pagayeur i*. 



68 VOCABULAIHES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

les idiomes pariés par les difTércnles tribus ne sont plus que de 
simples dialectes, ne présentant souvent entre eux que des diffé- 
rences de prononciation. 

Je donne au groupe krou oriental le nom de « Bêté » et au groupe 
krou occidental le nom de « Bakoué », ces noms étant ceux des 
deux tribus principales, qu'on peut considérer comme le type et la 
souche de toutes les autres; ces deux groupes sont séparés à peu 
près par le fleuve Sassandra. 

A. Bété. 

D'après nos informations actuelles, on peut diviser le groupe 
Bêté en sept tribus à peu près définies, ayant chacune son dialecte 
spécial, et qui sont, en allant de Test à l'ouest et du sud au nord : 

1* Les Dyida ou Dida, comprenant les Lozoua, les Yokoboué, 
les Goboua, les Maké, les Djivo (dont le nom pourrait ne faire 
qu'un avec celui des Dyida), et peut-être les gens du Ménahiri et 
ceux de Garo ou Galo. Ce peuple habite au nord de la lagune de 
Lahou, depuis la rive septentrionale de cette lagune au sud jusqu'à 
la tribu kouéni ou gouro des Memnéau nord (hauteur de Tiasaalé); 
ils s'étendent de la rive droite du bas Bandama à l'est jusqu'au 
méridien passant par Temboucbure du Daguiré à l'ouest. On rat- 
tache généralement aux Dyida les habitants des villages de Nandibo 
et Téviessou, situés sur la rive gauche du bas Bandama, et qui 
seraient des colonies des gens de Tiakba; dans ces conditions, il 
semblerait que les Ahizi de la lagune Ebrié, dont Tiakba est l'un 
des villages, dussent aussi se rattacher aux Dyida. 

S"" Les Kwaya ou Zegbe habitent, à l'ouest des Dyida, le bassin 
du Daguiré ou Rio Fresco et le Yobéhiri. 

3* Les Godye viennent ensuite et comprennent : sur la côte les 
Légré (centre principal : Kotrou), qui s'étendent depuis l'extré- 
mité occidentale de la lagune de Fresco à l'est jusqu'à la rivière 
Ouaoua, à l'ouest; puis, au nord des Légré, les Nogbo; ensuite les 
Godyé proprement dits, qui habitent au nord-ouest des Nogbo 
et au nord des Néyo, touchant au Sassandra à Griguiblé, puis en 
étant séparés en amont par les Kouadia; enfin les Baléko, qui ha- 
bitent au nord-ouest des Godyé et à l'est des Kouadia, s'arrëtant 
au nord un peu au-dessus du 5* 30'. 

4'' Les Neyo ou Nxyo (dont le pays s'appelle Nxhiri et la langue 



TARLKS A LA COTE DIVOIHE C/j 

niivoleou newole) onl pour centres principaux Trépoint, Sassandra 
elDrewin. Ils s'élendenl sur la côio de la rivière Ouaoua à Test 
jusqu'à Fanoko inclus à Touesl, et peuplent les deux rives du bas 
Sassandra jusqu'au rapide Zéléga, où ils touchent aux Oboua 
((ribu bakoué). Ils se composent de deux familles : les Bokré ou 
Bokra (Sassandra), d'origine bèté, et les Kèbè (Drewin), qui se- 
raient venus d* un pays bakoué situé dans l'ouest; mais ces deux 
familles parlent aujourd'hui le même dialecte. 

5* Les Kwadya ou Ktvadre (nom de leur pays) habitent les deux 
rives du Sassandra de Griguiblé exclus à Kouali inclus (région de 
Bouloubré); ils seraient issus d'un mélange de Bêlé et de Bakoué. 

C"" Les Bêlé proprement dits comprennent, du sud au nord et de 
Tes! à l'ouest : les Boréguibo(au nord des Godyé), les Guidêko (au 
nord des Kouadia), les Boboué et les Loboué(au nord-ouest des 
précédents), les BogQé et les Bêblé (au nord des précédents), les 
BalOy les Frèboua elles Zëblé (au nord des précédents). D'une fa- 
çon générale^ les Bèté s'étendent au nord des Godyé et des Koua- 
dia depuis Kouati exclus au sud jusqu'un peu au dessus du 7* au 
nord, et des pays Gouro à l'est jusqu'au Sassandra à l'ouest ; ils 
n'ont que deux villages (Zoukobiéel Noukpoudou) sur la rive occi- 
dentale de ce fleuve^ qu'ils quittent à la chute Baalay pour rejoin- 
dre son affluent oriental la Lobo vers le 7^ Leurs voisins du nord 
s«^ntles Boboua^ ceux de l'ouest les Bakoué. 

7* Les Bobwa ou Dahiia (appelés aussi Ouaya, Vaya et Ouaga) 
forment une peuplade mélangée de Bèté et de Kouéni (Lo ou 
Gouro); ils passent pour être* anthropophages. Leur pays forme 
une longue bande, très étroite dans le sens vertical, et suivant à 
peu près la lisière de la forêt dense, laquelle s'étend de plus en plus 
vers le nord à mesure qu'on marche à l'ouest. Cette bande de terri- 
toire, resserrée entre le 7** 15' et le 7" 30' environ, atteint presque 
le Bandama Rouge à l'est et le bassin du Saint-Paul à l'ouest; les 
^'oisioB des Boboua sont : au sud les Bêlé et les Bakoué, à l'est, au 
nord et à l'ouest les diverses tribus de race mandé-fou connues sous 
les noms divers de Kouéni (Lo ou Gouro), Manon (Man ou Ouobé), 
(juioet Gbélé (Dioula anthropophages et Nguéré ou Gon), Kpèlé 
(^ibéressé). Il semble bien que les tribus où la mission Hostains- 
d'Ollone a rencontré les premières hostilités (Boo, Booniao et 
Vaya) doivent être raltachées aux Boboua; ainsi s'expliquerait que 



70 VOCABULAIRliS COMPARATIFS l)l£ LANGUKS OU DIAÎ.ECTKS 

rinlerprèle de celle mission, qui parlait plusieurs dialectes ba- 
koué, ne pouvait pas se faire comprendre des Booniao, ces der- 
niers à leur tour (parlant un dialecte bêté) ne pouvant se faire 
comprendre des Gon ou Gbèlé leurs voisins et refusant de con- 
duire les explorateurs chez ces derniers. 

B. Bakwe. 

Autant que le peu de renseignements que nous possédons sur 
rintérieur des pays bakoué permet de décrire ce groupe, le plus 
considérable, de la famille Krou, on peut le diviser en 1 1 tribus, 
dont chacune a son dialecte propre, bien que plusieurs de ces dia- 
lectes diffèrent très peu les uns des autres. 

r Les Dakwe proprement dits (appelés Gbe par Koelle dans ses 
Polyglotta Africana) s*étendent au nord des Oboua et des Houané 
ou Viotory, des Pia du San-Pedro, des Abri-gnyon ou Béréby el 
des Tépo; à Test ils sont limités à peu près par le Sassandra, quMh 
traversent seulement en amont de la chute Baalay ; au nord ils 
vont jusqu'au territoire des Boboua; à Touest, leur limite esl 
encore peu définie, mais on peut la placer entre le Gavally et le 
Saint-Paul. Il convient de rattacher à cette tribu les Obli, les Pré- 
bouo, les Niaboua et les Dougrou signalés par M. Thomann dans le 
bassin du Sassandra, ainsi que les Oubi^ les Kié, les Flépo ou Pé- 
rabo (à rapprocher des Prébouo) et les Niépo, rencontrés ou si- 
gnalés par M. d'Ollone dans le bassin du Gavally ^ 
» 2^ Les Hwïne ou ^et^ân^ (Houané), appelés aussi Bodo, sont les 
habitants de la région de Victory; ils font suite aux Néyo sur la 
côleetyontàrouestjusqu'àrembouchuredelaNonoua; il faut leur 
rattacher les Oboua, qui habitent au nord des Houané proprement 
dits, atteignent le Sassandra à Inahiri et en sont séparés ensuite 
par les Kouadia. 

y Les Pia (ou Pié ou Omélokoué) occupent tout le bassin du 
San-Pedro, k l'ouest des Houané et au sud des Bakoué. 

1. Les syllabes ;)o, ho, pwe, bwe^ bioa, qu^on rencontre comme déâtnences à U fin 
d*un grand nombre de tribus de la famille Krou constituent le safflxe de nationa- 
lité cl peuvent se traduire par « gens de • ; c*cst Tanaiogue du fw% fo ou fûdei 
Agni-Assanti» et du ka, nga ou ke des Mande. On rencontre aussi ûyo ou yv 
« liomnic ** ci yo u enfant >». Les désinences de noms de pays et de lieu les plus 
fréquentes sont hiri ou re et ble ou 6^t ; dans beaucoup de pays Krou, la désinence 
wi {wole en bété) indique le langage. 



PAlU.ftS A I.A COTIi: iriVOlKK 71 

4" Les Ahri-nt/ô (gens d'Abri, donl la langue se nomme ahri-iri 
Oiiabri-bi, d*où noire appellalion deBéréby) comprenncnl les indi- 
gènes de Taliou, les Bokoué (Grand-Béréby), les Irapoué (Rock- 
lown-Béréby), lesOrépoué (Déhononlin), les Aoulopo (Moycn-B6- 
rtby) el les Touyo (Ouappou). 

5* Les Plapo ou Blapo occupent le bassin de la rivière Tabou 
dans son cours inférieur (leur langue se nomme plawï) ; il convient 
de leur rattacher les Bapo ou Babo. qui occupent Bliôron et la 
riie gauche du bas Cavally jusqu'à Idié el possèdent une colonie a 
Half-Cavalla, entre Kablaké et Garroway. 

6* Les Tepo ou Tilapo comprennent les Ouampo (au nord des 
Abri-gnyon, les Dabo (région d'Olodio, au nord des Plapo), les 
Ropo (région de Talé), les FCrapo ou Grabo (région de Grabo), les 
Kapo (région de Ségré), puis sans doute les Krépo, les Graouro, 
les Paloubo et les Sapo, lesquels sont séparés des Bakoué par une 
zone inhabitée. 

7* Les Grebo commencent sur la côte à la rive droite de Tem- 
bouchure du Gavally et s^étendent jusqu'à Grand-Seslers, àTex- 
clusion de l'enclave Babo de Half-Cavalla; c'est en somme la région 
du cap des Palmes, où les Grébo seraient venus s'installer il y a 
fort longtemps^ venant d'un paysan nord de Béréby. Leur dialecte 
est parlé aussi par les Ouidabo, qui occupent la côte de Grand- 
Sesters à Nifou. Au nord, les Grébo sont limités par les tribus oc- 
cidentales des Tépo. 

8* Les Krao ou Grao (ou Krou proprement dits, encore appelés 
Nagua ou Nanna) occupent la côte de Nifou à Bafou (région de 
Sinoe ou Greenville> de Sellra-Krou, Krouba el iNanna-Krou) ; ils 
semblent. s'avancer fort peu dans l'intérieur. 

9* Les Gbasa ou Bassa s'étendent sur la cô(e de Bafou à Marshall 
ou Junk-River (région de Grand-Bassa et Edina) el à l'intérieur 
jusqu'à ce qu'ils rencontrent les premières familles boboua, gbftlé 
el gbéressé. 

10* Les Givt ou Gibi (Gibby des cartes libériennes, Quéah des 
anciennes caries) s'étendent sur la côte entre la rivière Duqueah 
elle Mesurado; ils ont presque complètement disparu. 

1 1^ Les De ou Do (appelés aussi Dewoï) habitent entre Monrovia 
et le fleuve Lofa ou Half-Cape-Mounl-River, avec quelques villages 



72 VOCABULAIUES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

sur le bas Sainl-Paul et le Mesurado. Leurs voisins sont les Val à 
l'ouest et les Gola au nord. 

Les langues bêlé et bakoué sont parlées en beaucoup de points 
de la côle occidentale d'Afrique qui se trouvent en dehors et parfois 
assez loin de Thabilat des Krou; ces derniers en effet ont fondé, 
notamment à Sierra-Leone et à Monrovia, de véritables colonies 
où iis passent souvent plusieurs années de suite, faisant entre 
temps des saisons à bord des navires ; d'autres, notamment des 
Grao, des Grébo et des Néyo, sont répandus un peu sur toute la 
côte comme travailleurs ou passeurs de barre, en sorte que les 
langues krou sont parmi les plus répandues. Cependant je dois 
ajouter qu'il est presque toujours possible de converser avec les 
Krou de la côte, surtout ceux qui voyagent ou émigrent, en se 
servant du Pigeon Englishj que presque tous comprennent et par- 
lent plus ou moins. 

Je donne ci-après la numération dans tous les dialectes bété et 
bakoué énumérés plus haut, sauf en Kwadya^ en Pia et en Gim^ 
n'ayant encore pu recueillir aucun document sur ces trois dia- 
lectes. 

La numération dyida provient dé noies mises à ma disposition 
par M. le Cap. Le Magnen, les numérations kwaya^ godye^ béti^ 
bobwa^ bakwe et hwïne m'ont été communiquées par M. Tadminis- 
trateur Thomann, la numération /?/a£^;t est empruntée à un mé- 
moire manuscrit de M. l'administrateur Thoiré qui m'a été com- 
muniqué par M. Binger, la numération grebo est empruntée à 
Payne, la numération de à Koelle, les numérations n^uy?/^, abriwi^ 
teuÀy krao et gbasa à mes vocabulaires. 

Je donnerai ensuite des vocabulaires comparatifs des dialectes 
dyida et newole (groupe bëté), abritui, plawi^ tewi et krao (groupe 
bakoué). 

Le vocabulaire dyida provient de notes recueillies à Grand-La- 
hou par M. le Cap. Le Magnen. 

Le vocabulaire newole a été recueilli en 1903 à Bondoukou au- 
pcès d'un Néyo originaire de Sassandra dont les informations 
n'étaient pas toujours très sûres à cause de son bégaiement et a 
été revu depuis par M. Thomann. 

Le vocabulaire a^'t/;i a été recueilli en 1903 à Bingerville au- 



l'AlU.ÉS A LA COTK DIVOIHK 



73 



près de deux Abrignyon qui auraient été d'excellents informateurs 
si j'avais pu m'enlrclenir avec eux au moyen d*une langue nègre; 
maisj'aidù me servir comme langue intermédiaire, tantôt du fran- 
çais, tantôt de l'anglais; les formes pronominales recueillies sont 
douleuses et données sous toutes réserves. 

Le vocabulaire plawi est emprunté à un mémoire manuscrit 
remis par M. Tkoiré (ancien administrateur du Cavally) à M. Bin- 
ger, qui a bien voulu me le communiquer. 

Le vocabulaire tewi a été recueilli en 1903 à Bingerville auprès 
de deux Tépo de Grabo, bons informateurs, quoique un peu 
jeunes. 

Le vocabulaire Arrao a été recueilli en 1900 à KouadickoPi-kro 
(Baoulé) auprès d'un Krao de Ouaté ou Settra-Krou ; mais les in- 
formations de cet indigène étant sujettes à caution à cause de la 
longue période écoulée depuis qu'il avait quitté son pays, j'ai revu 
mes notes, les complétant et les corrigeant au besoin, à l'aide de 
divers vocabulaires publiés sur ce dialecte, notamment celui de 
Koelle. 



LA NUMÉRATIOIV DAIW LES LANGUES KROU 









A. Group< 


t Bf^té. 








Djrida 


Rouaya 


Godyé 


Nèouolé 


Bété 


Roboua 


1 


mbolo 


bofo 


bolo 


bolo 


blo 


blo 


2 


mosà ' 


sô 


SÔ 


iô 


SÔ 


SÔ 


3 


mola 


ta 


ta 


ta 


ta 


ta 


4 


môna 


môna 


môna 


môna 


monwa 


mna 


5 


mbi 


ûgbe 


efigbe 


be, gbe 


gbi 


bu 


6 


mbofio 


ûgepro 


eiïgepro 


befro 


ûgepro 


gberxbro 


7 


mbosô 


gbosô 


ûgbâso 


bâsô 


ûgbisô 


beso 


8 


ûgwâta 


gbnta 


ûgbâta 


bâta 


ûgbôta 


beta 


9 


mvôna* 


vôna 


fèna 


fèna 


ûgbumona 


t burna 


10 


kogba 


koba 


koba 


koba 


koba 


bua* 



Noies. — 1. Chez les Djivo sa. — 2. Chez les Djivo fèna. — Le 
ii^ol bua, qui pourrait être un pluriel de au (bi ou be) c< cinq » est h 
rapprocher du bu des Bakoué et des Gbélé ou Nguéré. — La nu- 
inéralion kouadia diffère peu de la numération bëté, mais le 



74 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

nombre « cinq » y prend la prononciation gbœ. (Observation com- 
muniquée par M. Thomann.) 









B. Groupe Bakoué. 








Bakou6* 


llouané Abrioui 1 


Plaoui 


rùoiii 


Grcbo 


Krao Gbafsa 


Oé 


1 do 


io 


do 


do 


do 


do 


do 


do 


bo 


2 io 


sd 


hwt 


wî 


ha 


sô 


SÔ 


sô 


sô 


3 ta 


ta 


ta 


(a 


ta 


ta 


ta 


ta 


ta 


4 nyt 


hyt 


ht 


ht 


hr 


hô. 


nyr 


*y' 


nkyî 


5 hû 


ha 


hû 


hû 


hun 


hô 


mû 


nh& 


hAjii 


6 mèlo 


hnkrolo 


hû'df) 


hunodo 


huna 


hmledo 


muiiédo hmledo 


hmU^â^ 


7 mèsd 


hû'êô 


hû'hwT 


hunowï 


nepaha 


hmlesô 


muûënô 


hmlesô 


hmlesO 


8 meta 


hiî'ta 


brèmvyt 


t tnenehi* 


hapata 


behêbehê muflétâ 


hmleia 


hmUlg 


9 mènyî 


kûhyt 


ihândo 


iUdo 


sèrido 


tiedo 


tépâdo 


hmlehyT 


kwdenf^ 


40* bue 


ebu 


pu 


po 


po 


pu 


pwè 


blabtae 


vu 



Notes. — 1. Cette numération bakoué est celle des indigènes 
voisins du moyen Sassandra. Voici une autre numération que 
Koelle donne comme étant celle des Gbê^ une tribu qui habiterait 
au sud des Man ou Manon el au nord-est des Gbassa (peut-6lre les 
Pérabo de la mission Hoslains-d'OIIone) : do, sO, tô, hyl^ hm^ me- 
ledo^ melesôj melelà^ melehyXy belabtie; il semble que ce soit plutôt 
un dialecte gbassa. — 2. M. Thoiré répète le mot : meneht-menehî . 
— 3. Ces tableaux suffisent pour montrer l'étroite parenté des 
différents dialectes krou. En réalité deux nombres seulement 
(quatre et cinq) ont une racine différente en bèté et en bakoué, 
« quatre » ayant pour racine na ou nwa en bèté (comparez avec 
le nà des langues agni-assanli^ le nani des langues mandingues) et 
hî^ hyï ou fiyï en bakoué, « cinq » ayant pour racine be^ bi ou bu 
en bèté et Afi, mù ou simplement une sorte d'expiration nasale 
(hm) en bakoué. Quant au nombre « un n,le bo ou mbo du bèté 
n'est qu'un préfixe qu'on retrouve dans les nombre suivants en 
dyida {moso^ moia) et dans le nombre quatre de tous les dialectes 
bèté, en sorte qu'il reste le radical Io qui n'est autre que le do des 
Bakoué^ /et d permutant constamment dans les langues africaines. 
On peut voir aussi un préfixe dans le ko du nombre « dix » bèté 
{koba)j ba étant en réalité un pluriel de be ou bi^ « cinq »» qui, par 



PARLÉS A LA COTK DIVOlKK 



7:1 



la forme btta qu'il revôl en hoboua, se rallache au hu^ pu ou pwb 
des dialectes bakoué (comparez avec ie bv, pu^ vu ou />/ des lan- 
gues mandé-fou). Dans tous ces dialecles, la numération est qui- 
naire; la seule exceplion se trouve dans les formes abrioui, plaoui 
elgrébo pour « huit » {brbmvye, mcnehJ-mcnehî^ hehl^behè)^ où l'on 
pourrait voir un redoublement du nombre hï ou hë « quatre », et 
dans les formes abrioui, plaoui, téoui, grébo et krao pour 
« neuf » {ihfîndOj iledo^ sèridOj siedo^ sepâdo)^ où l'on retrouve une 
formation très commune dans les langues nègres et qui consiste à 
rendre le nombre « neuf » par un mot qui veut dire <c encore un » 
ou« dix moins un >». 



V0GABDUIRB8 DYIDil, NfiODOLG, ABRIODI, PLAOIII. TfiOUI ET KRAO * 



I. — NOUÊH 



Dyida 



Néouolé 



Ahrioiii 



Plnoiii 



Téoui 



Krao 



le 



kogba^ùoio' 


koba-boio 


pU'tuO'df) 


po iuO'do 


po^ro'do 


pwè'le-ndo 


kogha-moiù 


koba^sô 


pU'iUO-kwî 


po- luO'WT 


po-ro'ha 


pwè le-so 


goro 


gro 


ôro 


liworo 


ôro 


wuro 


goro-a-kogba 


gro-a-koba 


ôrO'luO'pu 


hworO'tuO'po 


i ôro-ro-po 


WHro-le-ptvi 


gorC'Ttiosô 


gre-sà 


ûrC'hw* 


hwore-wT 


are- ha 


wure-sô 


gore-mota 


gre-ta 


nrc ta 


hworc'ta 


ôfe-ta 


wure- là 


gore^mOna 


gre^môna 


nvC'h ' 


hwore-hi 


ôre^fr 


wure-ûyT 


gore-mbi 


gre»gbe 


Tire lut 


htoore-hft 


ôre-/iN 


wure'tnft 


gore-kogba 


gre koba 


are 'pu 


hwore^po 


ôre-po 


wure^pwè 


fV/u 


fiyu 


ûi 


ûye 


nye 


ni 


9^ 


9U^ 


fie 


hidft 


hiro 


ggctro 


gbdndafia* 













t* h n'ai pas cru devoir insister beaucoup sur les dialectes bèté, mon ami cl 
collègue i'adminislralenr Thomann meUant en ce moment la dernière main à un 
Innil très complet et très remarquable sur la langue néouolé. Mon court vocabu- 
laire de cette langue n'est destiné qu'à servir de terme de comparaison avec les 
mires dialectes. 



76 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 



Dyida 



Néouolè 



Abriooi 



Plaoui 



Téoui 



Ino 



rivière 



herbe 

forêt 

soleil 

lune 

village 

homme (etri kmii) 

homme (lile iiri) 

femme 

enfant (Ois) 

chemin 

igname 

banane (grosse) 

mais 

noix de coco 

viande 

poisson 

plantation 

maison 

pirogue 



gelé nohoro-ûyi neba 

gûgûre(A) 

ingo kla wtrt wdbo 

yûro yilo yiro hei*o 

tihyà Isho hôbo hôpo 

du du shô deo 

nyanô fiyô ûyô nye^ flyô 

nUhyoro yule igwe* nyebeo 

hwonô nhwônô nogba nyeno 

yo yo yu yè 

gugwe fiyezà hùnu hidu 

le ki ki 

bethi kubè kupo 

todo yube* 

iabo hakwo 

mené mlé dèwé moma 

ziri zïri hini hini 

Ulokura lagba kye ki 

para ûro kôû ... . • 

goro golo là tô 



do 


niba 




senî, èm 


kOra 


kora 


yîro 


gym 


hobà 


Uho 


dyô 


kuro 


nShô"^ 


fUje 


ionai 


fUftyu 


ûyonô* 


iU/wÔ 


y« 


y« 


kero 


• • • • 


kyi 


• 

n 


bânana 


kuwl 




tu 


dèhwé 


• • • < 
$oaU 


kenyî 


knî 


ki 


kri 


kaya 


sera 


(à 


tô 



Notes. — 1 • Dans tous ces dialectes, la numération est vigési- 
maie : les expressions gore, gre^ ôre^ hworej tvure sont les pluriels 
du motqui veut dire» vingt ». — 2. En réalité Gbândama {dont nous 
avons fait Bandama) est le nom donné par tous les riverains, jusque 
dans le Baoulé, au fleuve de Lahou ou de fir^d^ndia: par extension on 
donne le même nom à la lagune formée à Touest de son embou- 
chure. — 3. Le mot « homme, être humain » se dit aussi nj/e en 
abrioui ; de là viennent les expressions : ngevè^ nivè^ nigbe ou igwe 
« homme, être m&le » et nyeno ( ou encore nogba) « femme, être 
femelle ». — 4. On dAVdMyube pour désigner « un épi de mais » ou 
« du maïs » et hibo pour désigner <c plusieurs épis de mais ». — 
S. Le radical du mot est na ou nai, qu'on retrouve dans Ionai et 
dans nae (pluriel de nâbo). — 6. « Femme » se dit aussi lopobwe en 
téoui. 



l»AI<LÈS A LA COTE inVOIUK 



11 



Néottolé Abrioui 



IMaoui 



Tèoui 



Krao 





dodo 


fodn 


loto 


loto 


bro 




koshu 


nu 


na 


na 


ne, ne 


laiièrc) 




iugbè 


lu 


tube 


tu 




za 


tu 


lu 


te 


tu 


>rûler 


gbale 


ntî-gfda 


na-kra 
kawif afwi 


na-gàra 


na-gbûro 

kwagi 

tshâku 




layo 


ûyeswa 


ynko 


mière) 




flind 


nyenT 


ûyene 


tembati 






lô 


to 


tomû 
peti 


wulo 
senT 










piesô 




kyoko 


hio 


heyo 


hyô 


sâwo 


rD6 






doba 


togba 
gine 




>"^ 


thika (A) 


segé (A) 


sekè (A) 


kôri l?) 






wuri 


wuli 


ure 






lete 


predé 


orodé 


m 


bâgcla 


surf) 


gyilâkwe 












io 


bu 


ba 


bo 


mi^ bi 




ne 


de 


dû 


di 


ni 




aio 












ma 










e 


yo 


y" 


y^ 


y" 


yu 




nè-a-yo 


de-a-yu 


de-a-yè 


di-a-yu 


ni-e-yu 








nyeka 
de-konyô 


kwoyô 
dyd'kwoyô 


bûleo 


t village 






^r Vifl*W^^ *^ 


ar 




m • • • • 


koyu 


9^ 


Aï 


en 




kubu * 


nye-plo * 


iiye pnro* 


%tf-pû/tt* 




mlé 


dèwé 


moma 


dèhwé 


ioale 




wa, yule 


bye 


beo 


bye 


buro 




0^ 


gba 


gba 


gba 


gba 




y^ 


y^ 


yè 


kyi 


y^ 




mble 


bre 


bile 


bre 


ble 


1 


bii' toa 


bri'bye 


bili'beo 


bri'bye 


bli'buro 


• 


bli-ga 


bri-gba 


bili-gba 


bri-gba 


bli-gba 




bli-yo 


bri-yu 


bili-yè 


bri'kyi 


bii-yu 


i 


blâblè 


bâble 


blablè 


blûble 


brabre 




wûre 


ûre 


ure 


ûre 


bokro 








bwe 


bwe 


gbwe 
due 


it 






due 
nuhure 


doa 
nohure 


Dlame 




• • • • • 





78 V0CAUULAIKI2S COMPAUATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 



Néouolé Abrioui 



Maoui 



Téoui 



Oiseau 

poule 

œuf (de poule) 

caïman 

serpent 

poisson 

singe 

igname 

banane (grosse) 

manioc 

taro 

riz 

piment 

palmier (à huile) 

amande de palme 

huile de palme 

vin de palme 

viande 

sel 

pain indigène' 

sauce 

raphia 

alcool d'Europe 

tabac 

cruche 

assiette 

houe 

coupe-coupe 

couteau 

calebasse 

• 

pirogue 

pagaie 

tissu, pagne 

vêtement 

perles 

caisse 

siège 

natte 

anneau 

talisman 



nebiè nobra 

kôkwè hâpe hapè hapè 
koko-ge hâpi-ûyenê t/iu-wonoÇ) hapé^ûyô 
horohè hodopè herOpè 



zln 



hini 



ki 

kubè 

sôgôro 



hini 

hide 

ki 

kupo 

solo 



hère 
htnyl 



kobo 



tnlé 
9^ 



%yo 

nwî 

fiyenî 

nô 

dèwè 

ta 



kobo 

pia 

hiyo 

té 

hyena 

nô 

monta 

ta 



ûyûkonde paru 
flide frède 



tanid 
nyede 



baka 



golo 

ble 

lokwe 



paga 
to 



towanô 
paka 



kyi 

bûnana 

tôkôlo 

bla 
pèa 

yo 

wi, ni 

ûyana 

yo-no 

dèhwè 

ta 

hatyekè 

hano 

kra 

gini (angl.) 

priya 
haa 
prie 
faka 



wânô 
dânô 
kwède 



ta 

wâno 
dânô 
urauro 



ta 

woro 

dânô 



frowa 
kpo 



duble 



dukre 
bâta 



kyîx 

doble 

gbata 



Krmo 

nume 
tô 

9é 
huropè 

tebè 

hnî 

gire 

m 

n 

kmoT 
togro 

ko 
ba 

tthoyd 

wT 

kind 

nû 

soaie 

tô 

frà 

kunu 



waê 



yttf nwd 

popa^pleya 

kra 

pdnô 

faga 

tapé 

tô 

tdni 

kendic 

kyîe 

broko 

wuRsye 

fuiu 

mbole 

wè 



I'ai5ij:s a Iw\ coTi!: dmvoiki-: 



:i* 



Nt'diioir Abrioui 



IHaoïii 



TC'oui 



Krau 



le 




■ 9 • • • • 


m • • • • • t 


* ••••••• 


kurubwe 


u 


tvurubU 


ut/re 






biîyeld 
pu 




hu 


/m 


pu 


pu 




hu'iiilu 


pli' mit 


pu- nu 


pu nô 


pu-mnô 




trttru 


lie 


lu 


lo 


dœbo 


K 


iii 


U'Hi/auè 


*e luùo-nyapii lo-pokwe 


nui 




y^ 


yiro 


yie 


ie 


î^yyc 




mené 


meî 


mca 


mea 


mna 




iiijâkitlu 


nwil 


noa 


noa 


ndukûlo 




ne 


unlo 




wôlo 


wô 




Qta 


ne 


nyè 


nye 


ûye 






me 




mè 


mé 




blè 


pro 


poio 


pOro 


pur à 




duoko 


ht 




kiSre 


porù 






ne 




ne 


nyldi 




kpoia 


kûri 
pro-âke 


kudi 


kori 


kuli 




911^ 


ke 


ke 


ke 
gbaio 


miifna 






gùalo 










muyo 


mô 


homa 






sa 


davo 


dabo 


dabo 


iÔ 


te 


didye-sô 


didiliu 


dide-dabo 


dide-dabo^ 




:he 


komiu'SÔ 


kôména 


kamêni'dabo kamele-dâbà 






9y^ 


9y^ 


9'^y^ 


9y^ 








kwene 


konô 


korô 






kire 




kcre 




i 




mûrd 




nyanini 




• 




liyânCi 




flini 


• 






pô 


pa 


pô 


boUhû 




kpùle 


ùo 


bo 


bo 


bo 






Mo, hro 




dabro 
poliwe 


nyîmo 




ni 


fiyaure 


pupwe 


nue 




kpokpa 


kôgo 




ko 


ku 




In 


de 
déwô 


dé 


dé 
nyenawo 




M km) 


• •••*• 


ninùwo 
ninô 


iïyeni 


ilyanawo 
fiyeneiïyèn 





80 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 



Néouolé 



Abrioui 



Plaoul 



Téoul 



Rrao 



soir 




mme 


use 




aujourd'hui 
hier 




kckè'bo 


kaka 

• 

ûyana 


sarato 






sorama 


demain 




nyana 




salut 


ayô 


nâône 






bieuveoue ! 


ayôka 


nâone-wè* 






merci 


ayôka 


nâuyo 







Notes. — 1 . Le mot Kubu fait au pluriel Kubo. (Ciomparez en 
néouolé Kubri a pays des Blancs »). Le mot par lequel les gens des 
Béréby se désignent eux-mêmes est Abri-flyô ou Avri-flf/ôj pluriel 
Abri-flyU; ils appellent les gens de Victory Hwïle-fiyù ou Hwïne- 
nyù, et les Plapo ou gens de Tabou Horo-nyù (singulier Ewlle- 
flyôj Horo-fiyK). — 2. Les expressions nye-plo^ fiye-pûro^ Aye- 
pûlu signifient toutes « homme blanc »• — 3. Par « pain indigène » 
il faut entendre la pâte faite de manioc, banane, igname ou riz, 
cuit à Teau et pilé dans le mortier en bois. — 4. Ces diverses 
expressions signifient « la main pour manger ». 



Remarques sur les noms. — 1° Composition. — Dans tous les 
dialectes krou, les substantifs composés se forment en mettant le 
nom de Tobjet possédé après le nom du possesseur; mais il est à 
remarquer que ce dernier se met au pluriel, quelque soit le nombre 
du substantif composé, ou bien, s'il reste au singulier, il est presque 
toujours suivi d'une voyelle (a le plus souvent), qui s'intercale 
entre les deux éléments du mot composé. — Exemples : en neyo : 
mble « bœuf », plur. d/t, donne bli-wa « taureau », bli-ga « vache », 
bli-yo « veau » ; ne « mère » et yo « fils » donnent nè-a-yo « fils de 
mère, frère »; — en abritai : hdpe « poule », plur. hâpi^ donne 
hâpi'-flyenë « œuf de poule » ; pro « cou » et A:« « dos » donnent 
pro-â-ke « le dos du cou, la nuque » ; — enplawi : bwe « chien », 
plur. bwif donne bwi-yè « un petit chien » ; dû « mère » donne 
de-a-yè « fils de la mère, frère » ; — en téwi : blâble « mouton », 
plur. blàbli^ donne blâbli-gba « une brebis »; di v mère » donne 
di-or-yu « fils de mère, frère » ; — en krao : ble « bœuf », plur. M, 
bli-yu <c un veau » ; ni « mère », ni-e-yu « frère » ; mt « père », 



TAHLKS A LA COTIi: DMVOlUli 81 

mi-e-t/u a frère par le père seulement ». (Kn krao seulemcnl on 
emploie la voyelle e au lieu de la voyelle a.) 

V Bapport de possession ou de dépendance. — Il s'indique comme 
nous venons de le voir pour les noms composés, en mettant le 
premier le nom du possesseur et en le faisant suivre — quoique la 
règle ne semble pas être absolue — de la voyelle a (voyelle e en 
krao). lilxemples : en nei/o : le chapeau de mon père, aio-a wUrùble; 
m abritai : le pied de Tarbre, tu-a bo (on dira ti-bo^ en mettant au 
plur. le moi tu « arbre », pour signifier « un pied d'arbre, une ra- 
cine »y mot composé) ; en plawi : la tête de réléphant, due-a lu ou 
par conlraclion duâ lu ; en tewi : les hommes du village, dyà-a nae 
ou par contraction dyâ nae; en krao : l'eau de la rivière, niba-e ni. 
y Pluriel. — Le pluriel des noms se forme, dans les langues 
krou, en modifiant la voyelle finale; ces modifications ne sont pas 
constantes, cependant on peut dire qu'en général e final devient t 
au pluriel, o final devient e ou we. Les substantifs qui ne peuvent 
passe nombrer n'ont naturellement pas de pluriel; certains noms 
semblent rester toujours invariables. Enfin les noms employés 
dans un sens collectif gardent généralement la forme du singulier 
(comme Ayîi « des perles» en téoui, hini « des poissons » ou « du 
poisson » en plaoui); on forme le nom d'unité en ajoutant à ces 
mois le terme qui veut dire « enfant, fils » : kyïi-yu do « une 
perle», hini-yèdo « un poisson »; et, si l'on veut exprimer plusieurs 
unités, on mettra au pluriel ce terme qui caractérise l'unité : 
f^yh-ya Au « cinq perles », hini-yapo <c dix poissons ». Je note à 
ce propos que les substantifs prennent la marque du pluriel, au 
moins le plus souvent, même lorsqu'ils sont suivis d'un nom de 
nombre ou d'un adjectif indiquant la pluralité, contrairement à ce 
qui se passe dans beaucoup de langues nègres, notamment celles 
où le pluriel s'indique par l'addition d'un suffixe. 

Voici maintenant quelques exemples de pluriels dans les diffé- 
i^Dls dialectes krou étudiés ici. 

Neyo. — Mble ou ble « bœuf », plur. bli\ wûre « chèvre », 
wuri\ kôAwè « poule », ko/cù: gro « vingtaine », gre\ uro « mai- 
son », hlex fiyO « homme », fiyùa\ Bafiyô « un Uoboua », plur. 
Bafiyûa^ ou Dobo^ plur. Dobwa ou Dqbwe; grabo « pagayeur », 
plor. « grabœa » ; Kwadyo « un Kouadia », pi. Kwadya. 
Abriwi. — Igwe « homme », plur. igwi; bre a bœuf », bri; 

6 



82 VOCABULAIRKS COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECI*ES 

nogha « femme », nogbe\ iiyfi ou wje « homme », fiyû ou hyu\ 

kmi « maison », M; f{ubxi « Européen », Kubo\ lu « arbre »,/!. 
Plaivi. — Bile « bœuf », plur, bili el bilo\ bwe « chien », plur. 

A«£;î el bo\ gba « femelle », plur. gbwe\ beo « mâle », bê\ 6ili-àeo 

« taureau », bili-be; bubwe « citron », bubo ; 6ft/^ « éléphant », ^ ; 
/>o/>o « papillon », popwe; bo « pied », bwe ; urauro « vêtement », 

uraure; yh « (ils », ya. 

7>w;f. — Nâbo ou %J « homme », plur. nae\ dyà « tillage », 

dya\ bre « bœuf », bri\ blâble <c mouton », blâbH; bwe « chien », 

bwi; te « arbre »), ti; hyb « pierre », hea. 

Quelquefois, on forme les noms d'unité à Taide da suffixe wb 
(en abrioui), bo (en plaoui), wo (en téoui); dans ce cas, le nom ainsi 
formé reste invariable au pluriel : hinà-wb dà « un jour », nhiàr 
wà hwï <( deux jours » ; dè-wo do « une fois », dè-wôpu ou di pu 
« dix fois » (abrioui); — fiyana-tvo do n un jour », fiyanorwo hun 
<x cinq jours » (téoui). C'est ce suffixe bo qu'on retrouve dans le 
mot téoui nc^ « homme », mais là il se supprime au pluriel et le 
radical prend la forme ncie. 



II. — ADJECTIFS ET PRONOiM 



Néouolé Abrioui 



Plaoui 



Téoai 



Kno 



blanc 

rouge 

noir 

tout, tous 

nombreux, beaucoup 

moi (sujet)' 
moi (régime) 
toi (sujet) ' 
toi (régime) 
lui, elle (personne)' 
lui (neutre) 
nous, vous' 
eux, elles 

mon, mv, mes* 
ton, la, tes 
son, sa, ses (possesseur * 
personnel) à 



polo- me pdvro 
za-^e gyô 
iri-me irowo 
lesè 



• • 



kàkàmle hôdo^hwàwè 



poapOf plo pûro 

dyohô huruni 

irobo géro 

pèpi . . • • 



mô 

c, md 

md 

à 

è 

aa 

aa 

nâ 
nâ 



mô 

mô 

« 
o 

è 

aa 

aa 

nà 
nâ 

ô 



fié, é 
.md 

flë, MÔ 

mô 



à 

a 

ô, wâ 

nà 
nâ 



pulu 



• • • • 



giregh 



ni, nâ, é né, hA 



mô 

ê 

mô 



è, & 
â 
ô, â 

nâ 
nâ 



mô 

ê 

mô 

à 

é 



• • • • 



nâ 
nâ 



PAHLKS A LA COTE UlVOmiî: H3 

Néouolé Altrioui IMaoui Téoui Krao 



son, sa, SCS ^possesseur 

nculre) è c u û è 

noire, votre aa aa â îi 

leur, leurs aa aa wn îî 

lemiea, à moi* mO kè mô kwe mu ko e . 

le lieo, à loi* mô kè mô kwe mô ko e . 

lesieo,à lui (possesseur** 

persoonel) ô lè-a-kè o-kè kwe o koe 

lesieayà lui (possesseur 

neutre) e lè-a-kè é-kè kwe à ko e 

le n^lre, le vôtre aa kè aa kwe n ko e 

le leur id. id. id. 

ce, eelleiCes kuro ho; o bo u 

celui-ci A<F, flyô bo fiye bo nâbo u . 

ceci, cela kâ dé bo dèu 

qui" ô;é o;è o;à o; è 

qoiT ûyô^ba sô nâ 

quoi? â, î dé dé 

quel? gba 



Notes. — 1 . Les adjectifs se placent après le subslantif^ sauTles 
adjeclirs possessifs qui se placent avant; ils restent invariables au 
pluriel, excepté le démonstratif do (abrioui et plaoui), qui fait bwe 
&u pluriel et veut le nom qui le précède au singulier. Les adjectifs 
qualificatifs proprement dits sont peu nombreux et en général sont 
remplacés par des verbes : a être bon, être grand », etc. — 2. Le 
pronom de la 1'* personne du singulier a très souvent la même 
voyelle que celui de la S"" personne; on les distingue Tun de Taulre 
P^rlmlonalion : dans les pronoms de la i'* personne (nâ, md, e, 
^ né, ni) la voyelle est toujours brève et prononcée sur une note 
haule; au contraire dans les pronoms de la 2' personne (mî, 
^^ê) la voyelle est toujours longue et prononcée sur une note 
b^e. — En général on emploie de préférence au présent ou au 
futur les formes nâ, nê^ ni et au passé les formes ë^ {, mais, si c'est 
une règle, elle souffre de nombreuses exceptions; md ne s'emploie 
comme sujet (en néouolé) que dans quelques cas particuliers. — 
Très souvent enfîn, surtout à la voix négative ou interrogative, on 



84 VOCABULAIRES COMPARATIFS DK LANGUES OU DIALECTES 

supprime le pronom sujet de la 1" personne. — 3. Le pronom 
sujet de la 2* personne du sing. se supprime aussi très souvent, 
surtout dans les phrases inlerrogatives et affirmatives. — 4. Les 
langues krou font une distinction entre les personnes et les choses 
pour le pronom, sujet ou régime, de la 3* personne du singulier; 
ce pronom, s*il se rapporte à une personne, est ù ou o, et, 8*il se 
rapporte à une chose, è ou â. La mftme forme sert de sujet et de 
régime. — 5. Il semble qu'on ne fasse pas de distinction appréciable, 
au pluriel, entre les trois personnes, sauf peut-être en plaoui et 
en téoui. — 6. Voir la note 2. — 7. Voir la note 4 ; il est bien en- 
tendu que l'adjectif possessif s'accorde en genre, non pas avec le 
nom qu'il précède, mais avec le nom (exprimé ou non) du pos- 
sesseur : « sa tète » se dim (en néouolé) à wuru ou è wliru^ suivant 
qu'il s'agit de la tète d'un homme ou de celle d*un mouton. — 8. 
Voir la note 2. — 9. Voir la note 2. — 10. L'expression à U-a^kk 
signifie « c'est sa chose »; voir aussi les notes 4 et 7. — 11. Le 
pronom conjonctif se remplace par un simple pronom personnel. 



III. — LES TEHBES 



Note. — Dans le tableau qui suit, les verbes sont donnés à leur 
forme la plus simple» qui est en général celle de l'impératif. Pour 
les modifications qu'ils peuvent subir, voir le tableau de la conju- 
gaison, et les phrases et exemples. 



Néoaolé Abrioai Plaoui Téoui Knio 

• 

aller (qq. pari) mU^mlé;mo md, mbi; minu mo mô ; mie mu 

s'en aller, partir mo; mie minu, mini mo mu 

venir, arriver yi di-le di-de di-re gi 

venir de wuro ho^re 

s'arrêter nuvo ginâho fiyendbo ûyinâwo yirddï 

rester debout id. id. id. id. îd. 

s'asseoir basa prawo gbo kodT 

se lever sogru duye duye de 

se coucher poia pèwo pè pègo pendi 

dormir nhwô mwT^ne mwe hanomô mô 



PARLKS A LA COTE OIVOIUE 



85 



Néouolc 



Alirioui 



Plaou! 



Téoui 



Krao 



marcher 

courir 

élre (verbe lUribilir) 

èlrefen un lieu) 

manger 

boire 

frapper 

luer 

mourir 

ouvrir 

fermer 

prendre 

saisir 

laisser 

attacher 

apporter 

chercher 

appeler 

nommer 

Toir 

enleodre 

comprendre 

connaître 

avoir 

^ire à (ipfirtiiif ) 

faire 

être fini 

manquer 
donner 
dire 
parler 
être bon 
être grand 
ê/re petit 
être loin 
être cher 

*ll«ndre (lerW adlQ 
— (wke leitn) 
couper 
casser 



nd 

breso 

ko 

ko 

li^ dij dxdi 

mia 

ùele 

hla 

ku 

ka 

kla 



uie 



nu 
id. 



ka 
ké 



mlô 



na 



ghakyibwe 

nô 

nô'ie 

di^ dadi 

nâ, nâ've 

be 

la 

wà 

h*a 

ka 

u 



y« 



dâ 
mi'deda 

y« 

wt-nî 

wî-nt 

yi-ni 

ko 

kwe 

wa 

niy ai 
ya; pô 
ya 
ne 



kôro^io 
po-dye 



[Voir « rester deboul »] 



na mana 

bakidè bakyire kuidye 



didye 

nâ 

bye 

la 

koko 

ka 
du 
kaye 

mwa-ne 
hya 

da 

y^ 



mô 

dida 

na 

biyo 

la 

ko -nu 

kara 

ka 

gbA 

yebo 



di 

na 

bila 

diwa 

me 



gbe 
deye^ gbô 



ndiwo 
da 
don 
ye-ne 
wUne 
id. 
yène.'yè 



nda 



yy^ 

id. 



ko 



wé-ne wè-ô^ wo 



nu 



ilye ûye 



iïyé 



pO'toto 

nyeplo na 

bwân 

kyemèn 



WU9^ 

worô-re 
bwa 



pile 



bè byètè 

hyeda . . . . 



kè 
gira 



86 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 



Néoulé 



Abrioui 



PUoui 



Téoui 



Rrao 



vouloir 

aimer 

acheter 

fendre 

tomber 

tirer (fusil) 

jeter 



hwe 



td-me 



po 



haro-nwd girè 
to-me ii-ye 

kiyônô 

bewo berèdi 

po {pu) 

po 



UL CONJUGAISON 

La conjugaison semble être sujette à bien des irrégularités dans 
les langues krou. Je donne ci -après un tableau des formes les plus 
fréquemment employées en néouolé, abrioui, plaoui el téoui, sans 
aucunement prétendre que ce tableau soit complet ni que ces 
formes s'appliquent à tous les verbes indistinctement. On remar- 
quera en tout cas qu'il existe une conjugaison spéciale pour les 
verbes séparables (ces derniers sont indiqués dans le vocabulaire 
qui précède par un trait d'union placé entre les deux éléments 
qui composent chacun d'eux). 

i* Verbes simples. 



Néouolé 



Abrioui 



Plaoui 



Téoul 



partir 



mie 



mxnu 



mo 



mo 



je pars 


nâ mUf é mie 


ê minu 


né mo 


n& mo^ é mo 


tu pars 


mo mUj ê mie 


\ ê minu 


mo^ nêmo 


ê mo 


il part 


mie 


ôminu 


mo 


mo 


il part (Nitn) 


è mie 


ê minu' 


àmo 


è mOf A mo 


nous parlons' 


aa mie 


aa minu 


â mo 


âmo 


je suis parti 


é a mky élaa mie é minu ne * 


ê mo la 


é Aye mOf ê mo ne* 


tu es parti 


ë a mle^ êlaa mit 


! ë minu ne 


mo la 


ê ûye mo, ê mo ne 


etc. 


etc. ' etc. 


etc. 


etc. 


etc. 


je partirai 


é i le mie 


mu î minu 


é me mo 


é ne mo 


tu partiras 


êilè mie 


mu i minu 


mi mo 


ê ne mo 



PAiîUcs A LA COTE irivoii;!-: 



87 



Ncoui»lc 



Abriulli 



IMaoui 



Icuui 



il partira 


ô 1 iè mi*'. 


etc. 


etc. 


pars 


mie 


partons 


aa ka mie 



mu o minu o mi mo o ne mo 
etc. etc.* etc. 



minu 
aa mhiH 



mo 
il mo 



mo 
tl mo 



Notes. — 1. La forme du présent peut aussi s'employer pour le 
passé et le futur. — 2. La particule ne se rencontre aussi sous les 
formes le^ re^ de et ni ; en général on préfère la forme ne ou ni 
après une voyelle nasale ou une syllabe commençant par n. — 3. 
M. Thoiré donne aussi la forme : à dida mOy dida mo^ a dida mo, 
etc., qui semble signifier «je viens pour partir ». 



Néouolé 



Abrioui 



Plaoai 



Téoui 



le pars pas 


' ne mie, mô ne 


mie é minu be 


ne pars pas 


ne mie^ mô ne 


mie € minu be 


e part pas 


ô ne mie 


o vu nu be 


>e part pas (intrf) 


è ne mie 


è minu be 


18 ne partons pae' 


' aa ne mie 


aa mînu be 


le suis pas parti 


ne a mie 


e a minu 


i*es pas parti 


ê ne a mie 


7: a minu 


etc. 


etc. 


etc.* 


le partirai pas 


mô ne ka mie 


» e m minu be 


se partiras pas 


mû ne ka mie 


c m minu be 


e partira pas 


à ne ka mie 


ô m minu be 


etc. 


etc. 


etc.* 


pars pas 


na mie , 


a minu^neminu 

» 


parions pas 


aa na mie 


aa ne minu 



na mOf né na mo #T de mo, ndémo 

na mOj ne namoê de mo 

na mo o de mo 

à na mo é dé mo^ù, dé mo 

tl na mo a de mo 



m 
■ 

? 

? 

? 
9 



ii ûye de mo 

ë ûye dé mo 

etc.* 

ê mo a le • 
ë mo a lé 
o mo a le 
etc. 

ne mo dé (?) 
/T dé mo 



Noies, — 1 . La forme du présent peut aussi s'employer pour le 
passé et le futur. — 2. La forme du passé négatif, en abrioui,. 
peut aussi s'employer pour le présent. — 3. La négation de peut 
aussi revêtir les formes rè ou le. — 4. La particule m devient gé- 
néralement // devant un ff ou un /r et n devant toute consonne 
autre qu'une labiale ou un m (devant laquelle elle reste m) ou une 
gutturale. — 5. Celte forme représente, en néouolé, plutôt un 



88 VOCABULAIKES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

subjonctif qu'un Tulur proprement dit. Il existe encore beaucoup 
d'autres temps moins fréquemment employés; on trouvera, dans 
l'ouvrage de M. Thomann, tous les temps de la langue néouolé. 



2* Verlies sëparables. 

La particule qui termine les verbes séparables à l'infinitif est en 
général /&, de ou re (ne après une nasale), plus rarement ni^ nu^ 
no^ n7, 0, wô, nwài etc. Je prends comme modèle le verbe di4e^ 
di-de ou di-re « venir », dans lequel la particule séparable est/^, 
de ou re ; on verra que cette particule peut se séparer du radical 
du verbe, se mettre devant lui et même disparaître. 



Abrioui 



PUoui 



T«ooi 



venir 



di-U 



di'de 



di^rtf di'le 



je viens 


é di-lcy n di^U 


né di-de 


n& le di. éUdi 


tu viens 


ê di'le 


di-de 


êle di 


it vient 


à dùle 


di-de 


le di 


il vient (neutre) 


è di'le 


à di'de 


& le di, é le di 


nous venons^ 


aa di'le 


â di'de 


â le di 


je suis venu 


(comme au présent) 


é di la de 


é di-re. é liyt di-re 


je viendrai 


mu l di'le 


émi dedi* 


é le né di 


viens 


di ou di'le 


di ou di'de 


di ou di've 


je ne viens pas 


é n di be /e, endiale 


? 


« 
é dire e 


je ne suis pas venu 


éa di^é di be^é aledi* 


? 


é di'Ve a di. ni di ii. 
éfU/edèdionnldèUa 



je ne viendrai pas (comme au présent) 



ne viens pas 



a di 



é n di-re a lé 



ne di-re dé 



Noies. — 1. La forme du présent peut aussi s'employer pour le 
passé et le futur. — i. On rencontre aussi la forme é mi di-de. — 



PAHLKS A r.A COTE DIVOIKE 89 

3. La forme du passé négaliT en abrioui peul aussi s*employer 
pour le présent. — 4. Pour avoir les autres personnes de chaque 
temps, il suffira de remplacer le pronom sujet de la l'"* pers. du 
singulier par les pronoms convenables. — A la troisième per- 
sonne, si le sujet est un nom, on n'exprime pas en général le 
pronom sujet. — Pour la place des régimes par rapport au radi- 
cal du verbe et aux particules de conjugaison et de négation, voir 
le paragraphe suivant. — En krao on dira : « je pars », nâmu, a je 
se pars pas »> nèxe mu; « j'achète » nâ ti-ye, «je n'achète pas » 
lé se ii-ye^ u je n'ai pas acheté », ne se ti re ye. 



PL4GE DES nEGIMES 

Il semble qu'on puisse poser en règle générale que, dans les 
Langues krou, le régime se place avant le verbe; cependant cette 
règle a besoin d*èlre précisée dans de nombreux cas particuliers 
et elle souffre des exceptions. 

En newole^ le substantif régime direct se place en général entre 

le sujet et le verbe : aa fiyO bla « ils tuent un homme », fiyu mla 

t boire de l'eau »; cependant on dit ka pru « ouvre la porte »« 

kla pru « ferme la porte »>, mo ule Bokre, « va appeler Bokré ». 

— Le pronom régime de la l'"" et de la 2'' personnes du singulier 

se place après le verbe, les autres pronoms régimes se placent 

aranl : na betemô <« ne me frappe pas », n'èye « je ne le vois 

pas ». — Lorsque le verbe est précédé de la particule a du passé 

elqa'il est accompagné d'un régime qui doit se placer avant lui, 

00 met la particule a entre le régime et le verbe; au contraire, la 

particule ka et la négation ne veulent le régime après elles ;èanu 

fOfirêè a nu) « je l'ai compris », aa ka zriU « nous mangerons 

du poisson », nà yc (pour ë ne à ye) « je ne le vois pas », n*d a ye 

«je ne l'ai pas vu ». — Les régimes indirects de forme simple se 

placent également avant le verbe, au moins très souvent : aa ka 

dumo a allons au village », du mô mlc « je vais au village » (mais 

m dit mieux ni mie du), da-gba louro'l d'où viens-tu? gbo mô wuro 

I je viens de chez moi ». — Le régime infinitif se trouve souvent 

précédé de la particule ka ou a-ka : yi ka le li ou yi a-kalé H 



90 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

« viens manger quelque chose », yi a-ka zri U « viens maoger du 
poisson ». 

En abriwi, il semble que le régime direct se place indifférem- 
menl avant ou après le verbe : fit u /if (eau prends donne) « donoe- 
moi de Teau », di man dadi « viens manger de la nourriture », o 
la fiyO a il a tué un homme », () be o « il Ta frappé », a dî o « ne le 
frappe pas » , mO bo dà fiyô bo di-re (va pour appeler homme ce 
venir) « va dire à cet homme qu'il vienne » ; ë mbè fù Uj « je vais 
chercher de Teau » (je vais eau prendre). — Lorsque le verbe est 
suivi d'une particule, soit séparable, soit de conjugaison ou de né- 
gation, on place en général le régime direct entre le verbe et cette 
particule leyei lel « Tas-tu vu? », Ô ye è /le « je Taî vu ». — U 
semble que le régime indirect se place toujours après le verbe : 
à n04e sho-m <i il est au village ». — Le régime infinitif peut se 
placer directement après le verbe ; on peut aussi le faire précéder 
de la particule bo^ qui, dans certains cas, correspond au ka du 
néouolé : di man dadi « viens manger n^mô bodâ fiyO te « va ap- 
peler cet homme » ; nabo nemôî « ne va pas là » (ne fais pas ne 
va pas là). 

En plawi^ il semble que le régime se place plutôt après le verbe : 
« je veux dix pagayeurs », è hwe blabtoe krapo /m> » (je veux balei- 
nière pagayeurs dix); « je te donnerai cinq francs », é fkye mô 
urie Au; « apporte-moi du riz », hya môkobo; « va aux planta- 
tions », mo Ai; (c prends ma chaise », du nà bâta. — Quant au 
régime infinitif, il peut ou non être précédé de la particule bo : mo 
bo pè (i ydi te coucher », o hwe mo mwe (pour o hwe bo mwe) « il 
veut dormir » ; mais o hwe de didye « il veut manger quelque 
chose », hwe iiye nd « il veut boire de Teau » : on voit que dans 
ce dernier cas, l,e régime direct se place avant son verbe. 

En tewi il semble que le régime direct, comme en plaoui, se place 
après le verbe si ce dernier est seul et avant le verbe si ce dernier 
est lui-même complément d'un autre verbe : « donne-moi cela » 
flyendè u (donne chose cette)^ <c donne-moi un pagne » ftyendanô; 
« viens boire de Teau » di nye na. — De même, à la voix néga- 
tive, le régime se place en général entre la négation et le verbe, 
si la négation précède ce dernier : « on n'a tué personne n odènâ 
la (il ne pas homme tuer). — A la voix interrogative, le régime se 
place au commencement de la phrase ou après la particule inter- 



1*ARLÎ:S A LK COTE D'IVOIUE 91 

rogalivc : « que cherches-tu? » de niiiwol (chose cherches?); 
« comment appeilo-t-on cela? » be de u n dnni (comment chose 
celte ils appellent?). — Lorsqu'on a aiïaire à un verbe séparable, 
il arrive que le pronom régime se place entre le verbe et la parti- 
cule à la voix négative : « je t*aime », ni hcLTo-nion md; « je ne 
Taime pas n^ n dé haro md nwâ. 

En Arao aussi, le régime direct se place après un verbe seul et 
avant un verbe complément d'un autre verbe : ne îiyè à rnà « je 
le le donne », né dx ko « je mange du riz », ne na ni « je bois de 
Teau », ne girè nid « je t*aime » ; ffi nu na a viens boire du vin de 
palme. » 

Il est à remarquer que, dans tous ces dialectes, le pronom 
régime disparaît souvent, surtout à la 3* personne, de même 
d'ailleurs que le pronom sujet à la T* et à la V personnes du 
singulier* 



IV. — PHRASES ET EXEMPLES DIVERS 

Dyida. — Viens manger, ma kyi afxka lèli (loi viens pour chose 

manger); donne*moi de Teau pour boire, nya mô fiyu ka mô na 

(donne moi eau pour moi boire); dépêchons-nous, â ka kpùra- 

kpùra mô (nous pour vite-vile aller) ; allons, â ka mô; va Tappeler, 

mô lai attends-moi, kople mô. 

Cestà moi, n& le (ma chose); j'ai du poisson, zîri nà le (poisson 
ma chose). 

Il est mort, ôaku; il est parti, a a mô\ on Ta tué, â mbla. 

Parles-tu dyida? nid kyi Dyida worel (toi parler Dyida lan- 
gage?); je le parle, mô kyi. 

Je puis faire cela nkalèa nô;je ne puis pas le fuire, n ta ka nô\ 
\e ne dis rien, n ta wore /ry; (moi pas parole dire). 

Va allumer le feu, mô bura kosu\ va travailler, mô nô lobwe (va 
faire travail) ; veux-tu? é tyol \q ne veux pas, wâ tyo ta. 

Newole. — Viens manger, yi ka le li ou yia-ka le H ; viens man- 
ger du poisson, yiaka zri li; viens boire de Teau, yia-ka fiyu 
mla. 

Ne me frappe pas, na bete mÔ; on a tué un homme, aa hyô bla; 



96 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

il est mort, à a kuoxxù a mlô. (Celle dernière phrase esl une for- 
mule polie pour dire que quelqu'un est mort sans se servir du 
mot qui veut dire « mourir »; elle signifie littéralement : « il a fait 
défaut. ») 

Ouvre la porte, kapru ou ka uro ko (ouvre maison dans); ferme 
la porte, kla pru ou mble "uro ko. 

Quel est ton nom? nà fiie â? (ton nom quoi? — Le mot â ou 7 
est une particule interrogative). Mon nom est Kragbi, ni nie 
Kragbi. 

Va appeler Bokré, mo ule Bokre; où y^s-lal da-gba mie 7? ou 
da mie r? (Le mot gba signifie « quel n; da (^ où? », da-gba « en 
quel lieu?) je vais au village, nâ mie du ou du mô m/e; je vais dans 
l'intérieur du village, ni mie du amie; d'où viens-tu ?(/a-^&a wurot 
je viens de chez moi, gbo mô wuro. (Le mot gbo signifie Thabita- 
tion, le home). 

Où est-il? da-gba à kol oa da kwa? (pour dakoa^a interroga- 
tif); il est ici, à ko dé; il est au village, à ko duonà ko du Jko;i\ 
est chez lui, à ko gbo ko ; il n'est pas ici, âne di ko;\l n'y en a pas, 
de fCà ko. 

C'est bon, èna\i\x parles bien, tu as raison, nà wole na (ta pa- 
role est bonne); ce n'est pas bon, ènena\ tu as tort, nà wole fiyu 
(ta parole est mauvaise); c'est rouge, è za\ c'est un village^ voici 
le village, du ko. * 

A qui est cela? fiyO gba kèl ou fiyô gba ka? (pour kèa^ a interro- 
galif); c'est à moi, mô kè o; c'est à toi, mô kè\ ce n'est pas à moi, 
je n'en ai pas, mô ne ka\ c'est à cet homme, fiyô à-lè^kè. 

As-tu compris? è a nul ou è a bla nii? (è, le, cela ; a, particule du 
passé; bla^ particule interrogative; nti, comprendre); je ne com- 
prends pas, ne nu\ je n'ai pas compris, ne a nu; j'ai compris, è a 
nu{Vai compris). 

Je l'ai vu {en parlant d'une chose), è a y^ ; je ne l'ai pas vu, ne 
a ye, n'è a ye; }e ne l'ai pas vu (en parlant d'un homme), n'd ye. 

Il y a beaucoup d'hommes, fiyûa kôkômle aa ko ; les hommes 
sont nombreux, fiyûa zu. 

Allons au village, aa ka du mo ou a-ka du mo. 

Abriwi. — Parles-tu abrioui? iya Avri-wi ou t ya Abri-wil je le 
parle, é ya. 



PARLÉS A LA COTK iriVOIlUC 93 

Viens^ di-lex je viens loul de suilo, kclc n di4€\ je ne viendrai 
pus, ë n (H he te; ne va pas là, ?îa ho ne mo z ; reste ici, attends, 
ghuiho. 

Viens nnanger, di man dadi; je ne mange pîis cela, df n di be de ; 
donne-moi de Tean, f>i u ni (eau prends donne); je veux boire, 
nkwoivo nn ; je ne boirai pas, ë n nà rè. 

Il a tué un homme, () ia hyd\ il Ta frappé, n be o\ ne le frappe 
pas, abe o\\\ est mort, o wo'no\ il n'est pas mort, o a wù. 

Ouvre les caisses, kra dubli e\ ferme les caisses, ka dubli e 
(f explétif). 

Va appeler cet homme, mô bo dû hyo bo dire (va pour appeler 
homme ce venir) ; qui est-ce? sô nô-n na o? où est-il? tù o nôl il 
est au village, o no-le shih-m ; il va venir, mu o di-re. 

Où vas-tu? In minu ^? ou iê mînti et [le pour to e)\ je vais cher- 
cher de Feau, e mbèni u\ d'où viens-tu? ta horet 

C'est bon, è ne; ce n^est pas bon, è a e-ne ou è a ne; c'est loin, 
èkorô-io\ ce n'est pas loin, èalo kôro. 

C'est à moi, mo kwc (pour mô ko e) ; ce n'est pas à moi, fié a ko; 
c'est à toi, md kive; c'est à lui, kê kwe (pour kâ è ko e^ à celui-ci il 
esl); ce n'est pas à lui, è a ko (il n'est pas); c'est à cet homme, 
fiyô kè kwe (pour tiyô u kâ è ko c). 

Comprends-tu? wï-nlt je comprends, ë wî-nî; je n'ai pas com- 
pris, ëwî be; l'as-tu vu? ye è lef je l'ai vu, l yê ne (pour î ye ène); 
regarde, ye. 

Les hommes sont nombreux, fiyfi le-hO hodo; les bœufs sont 
nombreux, bri à hô le de; il y a beaucoup de maisons, kè i hôdo. 

C'est fini, è wa; ce n'est pas fini, aèveôwè; tous les hommes 
sont partis, fïyii lesè mïni. 

Que dis-tu? wô kâpdije ne dis rien, l yâ iele kra; je ne le con- 
nais pas, ëf a yt ; je le connais, ê yi-ni. 

Comment appelle- t-on cela? kâ o mi de è deda? (cela il appelle 

comment son nom?) on l'appelle banane, kâ n mi kubè deda (cela 

il appelle banane nom) ; va acheter des bananes, mô kubè tù-me le- 

ya (va bananes acheter apporter) ; combien les vend-on ?/y7 uriohô 

mwî'iof (cela, argent combien vendre?) cinquante cenlimes, 

T/re X:«^a« (demi-shilling); un franc, sire do ; c'est trop cher, èpo- 

dyè do; ce n'est pas cher, è a dye po ; je t'en fais cadeau, /)« de 

$yô u-ie. 



9'! VOCABULAIRES COMPARATIFS 

Tewi. — C'est blanc, &plî\ c'est rouge, a huruni; c'est noir, a 
gère; c'est bon, è na-re; c'est mauvais, è fïyene-re; c'est loin, 
à flyene dô-wï; ce n'est pas loin, i. mâye ; c'est grand, à bwà-M ; 
c'est petit, è kyemè-ne ou è kyemèn. 

Va l'appeler, mO da; ouvre la caisse, kara doble ye ; ferme-la, 
ka e {ye^ e explétirs) ; viens manger, di e dida ; viens boire de l'eau, 
di nye na. 

Donne-moi cela, flye ndé u\ donne-moi un pagne, ùyendand; 
je ne te le donnerai pas, nî fiyë de mb\ pourquoi? (ft? (exacte- 
ment : chose?) parce que je ne t'aime pas, n de haro mô nwà 
(« parce que » n'est pas exprimé} ; je l'aime, ni haro nuoà mô. 

Que cfaerches-tu ? di ndiwo ? je cherche des bananes, ë ndiwo 
bânana ; j'achèterai du poisson, nâ me-to henyï. 

Ils tirent des coups de fusil, ô po pu; ils jettent des pierres, 5 
po hea ; on a tué cinq hommes, ô la nae hù ; on n'a tué personne, 
odè nâ la. 

Il est mort, ô kà-nu ; tl n'est pas mort, à de kd; c'est fini, 2 wè^; 
ce n'est pas fini, de wô wè^ 

As-tu compris? i wt-ne^ j'ai compris, ê flyi wï-neije n'ai pas 
compris, ê fiyi ne wt. 

Regarde, tarera ; l'as-tu vu ? i ye-ne ? je n'ai pas vu, tlye ri ye. 

Ciomment appeUe4-on cela 1 bedè u à dàn't on be à dônl je ne 
sais pas, ê flye di yi; je le connais, ô yi-ne. 

Oh est-il ? nàn i mOt il est ici, ké 2 nu mO ; il n'est pas ici, i di 
mO ne; il est parti au village, dyà-mle dyam (fanalyse de celte 
phrase m'échappe). 

A qui cette chose? nà ko di u? c'est à moi, mô koe. 

Il va venir, à le nèdi; il vient maintenant, il est en train de ve- 
nir, kaÂa di ka le di (maintenant veçir pour venir); il viendra 
demain, à fia di fia le di (lui demain venir demain venir); il ne viea* 
dra pas demain, ô fia n di rè fia le; il est enfin venu, ô di-re i ujo 
(il est venu c'est fini); il n'est pas encore venu, à di-re a di. 



CilAPITKE III 



I 



Les langues agni-assanti. 



Us langues agni-assanli sont parlées dans une très vaste éten- 
due de territoire comprise, d'une façon générale, entre la Volta 
•1 l'est et le Bandama à Touesl, et entre la côte au sud et le 8* degré 
de latilude au nord ; elles débordent légèrement sur la rive orien- 
tale de la basse Volta dans les régions d'Ahouamou et d*Anoum et 
dans celle de Krakyi ou Kralyé et sur la rive occidentale du Ban- 
dama-Blanc dans la région des Yohouré et des Kodé. D'autre 
part, la région d*Adan ou Addah et de Gan ou Accra, située à 
l'ouest de l'embouchure de la Volta, est habitée par deux tribus 
dont le langage ne se rattache que d'assez loin à la famille des 
langues agni-assanti ; à la Côte d'Ivoire, entre Assinie et le Ban- 
dama, cette famille ne s'étend pas jusqu'à la mer et en est séparée 
par les peuplades des lagunes, que nous avons étudiées dans le 
premier chapitre. Quant à la limite nord, si elle dépasse un peu 
le 8* degré aux entrons de Kintampo, elle le suit à peu près cons- 
tamment de Bondoukou jusqu'au Bandama. 

A défaut de nom de famille connu des indigènes, j'ai conservé 
àce groupement le nom d'agni-assanti, qui rappelle celui de Tune 
des langues principales (la langue a/)!) et celui de l'une des tribus 
les plus connues (les Asànli ou Asànle^ nom que nous prononçons 
^tort Achanti). Je dois dire pour mémoire que tous les peuples de 
celle (jEunille sont appelés par les Mandingues du nom générique 
<lc T^ ou Tô-nga (gens de Ton). 

Dans un ouvrage paru précédemment *, j'ai cherché à expliquer 
les origines et la répartition des diverses tribus qui composent la 

^' ^m de manuel de Is langue ognL Paris, 1001, in-8. 



96 VOCABULAfRES COMPAKATIFS DE LANGUES OU DIALECIES 

ramille agni-assan(i ; j'ai laissé échapper dans ce travail plusieurs 
erreurs que je liens à relever aujourd'hui, les informations nou- 
velles recueillies au cours démon dernier voyage m'ayant permis 
de reconnaître ces erreurs et de les corriger. 

C'est ainsi que (page 183), après avoir dit que tout me portait à 
croire que le pays d'origine des Agni-Assanti était le Dagomba, le 
Gondja et le sud du Gourounsi et du Lobi, j'ajoutais qu'actuelle- 
ment encore « le sud du Dagomba est peuplé d'indigènes de fa- 
mille el de langue agni-achanti « et qu' « il en est de même du 
Gondja, dont le nom indigène est précisément Nta ou Nda », 
nom que je donne à la tribu souche de la famille. Or ces deux der- 
nières assertions sont erronées. 

Je continue à penser que le pays d'origine de la famille agni- 
assanti devait se trouver sur les rives de la Yolta, dans le sud du 
Dagomba et du Gondja, et que la tribu mère de cette famille por- 
tait effectivement le nom de Nta ou Nda. Mais il convient de 
remarquer que les pays actuellement appelés Nta par les Assanti 
et les Koranza et qui comprennent une partie du Gondja et la 
région de Bôlé ou Boualé, sont habités par des gens {Gbanyà selon 
qu'ils se nomment eux-mêmes, Nta-fo comme les appellent les 
Assanti) qui appartiennent à une famille ethnique et lingaistiqoe 
tout à fait différente de la famille agni-assanti et apparentée de 
fort près à la famille dont font partie les Mossi ; à cette dernière 
famille aussi se rattachent les habitants du Dagomba. Si les dia- 
lectes des Assanti, des Koranza et des Abron sont parlés assez 
couramment chez les Gbanyan ou Ntafo du sud, ils ne le sont qu^en 
tant que langues étrangères, et par suite de la domination tempo- 
raire exercée par des tribus agni-assanti sur cette région, ainsi 
que par suite des relations commerciales existant entre les Gba- 
nyan et les Koranza. Mais la langue indigène des Gbanyan ou 
Nlafo, aussi bien à Bôlé qu*àSalaga, est complètement différente 
des langues agni-assanti. C'est ainsi que les rudiments de vocabu- 
laires que j'ai donnés (page 214) sous les noms de nta et de gbanyê 
sont à rattacher à la famille mossi -gourounsi. 

Si donc il est possible que, primitivement, les autochtones des 
pays Gbatiyan ou Gondja aient constitué une tribu dont le vrai 
nom aurait élé Nta ou Nda, et qu'ils aient émigré vers le sud, 
par suite des invasions de la famille mossi-gourounsi, pour consli- 



PAHLÉS A LA COTE DlVOlKli: 97 

luer, parleur union avec diverses peuplades de la lorôl, la famille 
agni-assanli, il reste établi que ce que j'appelais « le groupe nia 
delà famille agni-assanli » doit être supprimé. 

Il eu est de même de ce que j'appelais (page 1 9 1 ) « le groupe du 
nord-ouesl », dans lequel je rangeais (page I9i) les Dian-ué du 
nord du Lobi, lesGan-né du sud du Lobi, les Komouo de la haute 
Comoé, les Dorhossyè qui sont au nord des Komono, les Tyéfo 
delà région de Bobo-Dioulasso et les Myorou de Kong : je suis 
maiotenanl absolument certain que les Uian-né ou mieux Dj/à ou 
Dj/àn de Diébougou et les Gan-né ou mieux Gà de Lorhosso, doul 
je publie plus loin des vocabulaires, appartiennent h la famille 
mossi-gourounsi; quant aux Komono, Dorhossyè, Tyéfo et Myorou, 
les informations que je possède à leur sujet sont encore bien peu 
précises, mais, quoique les Mandingues leur donnent souvent le 
même nom de Tô qu'aux Agni-Assanti, je crois être en droit de 
supposer qu'il convient de rattacher les Komono à la famille sé- 
Doufo, et les Dorhossyè, Tyéfo, Myorou et Karaboro à la famille 
mossi-gourounsi. 

Les groupes que j'appelais « gouan » et « akan » n'en forment 
eo réalité qu'un seul, auquel l'appellation de Ayi ou o/ct/i ou otshi, 
connue de la plupart des tribus, convient mieux que les dénomi- 
nations trop particulières de « gouan '> et d'à akan ». Mais je dois 
faire observer que j'avais tort (page 187) d'identifier le nom de Gwà 
donné parfois aux habitants du Gondja avec le nom des Gwâ de 
la basse Voila : la première de ces appellations n'esl qu'une al- 
tération du nom indigène Gbanyà. De plus j'avais tort de ranger 
dans mon groupe « gouan » les Guioma ou Diammou et de les 
identifier avec les Pan tara (page 193) ; il y a là une double confu- 
sion : les Guioma ou Diammou^ dont le vrai nom est Degha^ sont 
en effet d'origine gourounga, mais, quoique un certain nombre 
d'entre eux comprennent le dialecte abron^ ils ont conservé leur 
l^gue, qui appartient franchement à la famille mossi-gourounsi; 
quant aux Pantara, dont le vrai nom est Nafâna, ce sont des Sé- 
lioufo, et leur langue est un dialecte sénoufo, bien que les dia- 
lectes abron et assanti soient assez répandus chez eux à cause de 
ia conquête ancienne de leur pays par les Abron et les Assanti. 
Enfin il est de mon devoir de dire que j'avais fait une confusion 
regrettable entre les Kulàyo^ autochtones ou tout au moins très 



98 VOCABULAIRbS COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

anciens habilanls de la région sud, ouesl el nord de Bondoukou, 
el les kbrQ ou Gyamà^ qui en onl Tail leurs vassaux el qui sont des 
Kyi loul à fait purs, très voisins des Assanii : les langues koulan- 
go el abron existent concurremment^ très différentes, et s'il est 
vrai que beaucoup de Koulango parlent abron et que beaucoup 
d'Abron parlent koulango, on ne peut pas dire que la langue 
abron ait été fortement modifiée par le koulango, comme je Tai 
avancé à tort (page 193). G*est ainsi que le rudiment de vocabu- 
laire que j'ai donné page 214 sous le nom de « gaman » est en 
réalité du mauvais koulango et, comme tel^ trouverait sa place, 
non dans la famille agni-achanti, mais plutôt dans un rameau 
éloigné de la famille mossi-gourounsi. 

Les langues gà (Accra) et adà-gbe (parlée dans YAdà-me ou 
pays à'Adà ou Addah) ont bien quelques liens de parenté avec les 
langues agni-assanli, mais, en réalité, elles constituent un groupe 
à part, intermédiaire entre la famille agni-assanti et la famille 
éhoué (cette dernière comprenant, entre autres dialectes, le 
fO-gbe ou dahoméen). 

Quant à ce que j'appelais le groupe « kouakoua » ou des 
lagunes, on a vu dans le 1*' chapitre du présent ouvrage que les 
tribus qui parlent les langues de ce groupe, si elles onl subi une 
influence agni-assanti plus ou moins caractérisée, peuvent difG- 
cilement être rattachées à la famille agni assanii el procèdent peut- 
être elles-mêmes de plusieurs familles distinctes. 

Ceci étant posé, il se trouve que la famille des langues agni- 
assanti, au lieu de comprendre huit groupes comme je le disais 
dans mon Manuel Agni^ ne renferme en réalité que trois groupes 
bien caractérisés parlant chacun une langue spéciale qui se sub- 
divise elle-même en plusieurs dialecles d'ailleurs très voisins les 
uns des autres. Ces trois langues sont : le Ai/i ou oAgi^ le zema el 
Vani. 

A. Kgi ou OAyi. 

La langue Ayi ou oAyi est parlée par 23 tribus principales, dont 
plusieurs comprennent elles-mêmes chacune un certain nombre 
de sous-tribus; on pourrait dire que chaque tribu a son dialecte, 
mais, en ne tenant pas compte de certains idiotismes locaux ni de 
nuances insignifiantes de prononciation, on peut réduire à six le 



PAULKS A LA COTK D'IVOlKli 99 

nombre des diaiccies de la langue kyi; en voici l'éniiméralioii, 
afec rindicalion des Iribus qui parlent chacun d'eux, en allant de 
Tesl à Fouesl et du sud au nord : 

I* Le premier dialecte est parle par les Awutu (ou Oôutn], qui 
habitent sur la côte h l'ouest des Gan dWccra, entre la rivière 
Densou ou Oumo et la rivière de l'^eltali, et, avec quelques dilFé- 
reoces, par les Gomwa (ou Dwoma), qui leur font suite de Feltuli 
exclus jusqu'à Douoma inclus (région de Winnebah). Ce dialecte 
renferme un certain nombre d'impuretés dues à l'influence des 
aociens parlers autochtones et de la langue gan. 

2* Le deuxième dialecte, auquel on peut donner le nom de dia- 
\n\e/anti, est parlé par les Fanii (ou Fàndï) proprement dits, qui 
habitent le long de la côte entre le cap de Touam ou Tantam et 
l'embouchure du Pra (région d*Anamabou, Cape-Coast ou Ogoua, 
Glmina, Commendah), et ont des colonies à l'ouest du Pra à Tcha- 
ma et Sekondi; les Asini(o\i Asin ou Asini-Fufu), qui habitent 
aaoord des Fanti, entre la rivière Ayensou à l'est et les Kyéfo à 
Touest; les Kyefo (ou Kj/ifu^oM Tiefo, dits aussi Toufel), qui sont 
à cheval sur le Pra, au nord des Fanti, et que j'avais rangés à tort, 
jecrois (page 195 du Manuel agnï)^ dans le groupe zéma ; les Wasa 
ou Waso (Wassaw ou Warsah), qui habitent au nord des Ahanta, 
entre les Kyéfo à l'est et la rivière Ankobra à l'ouest et que j'avais 
également rangés à tort parmi les Zéma. Le dialecte fanti est très 
répandu sur toute la côte d'Accra à Grand-Lahou et dans les 
exploitations caoutchoutifères de la forêt, à cause de l'esprit d'en- 
treprise et d*émigration des Fanti. 

3* Le troisième dialecte est parlé : par les Akwamu (ou 
Akouambou), qui habitent la région de Kpong, sur les deux rives 
delà Volta, au nord du coude que fait ce fleuve vers lest avant 
d'aller se jeter à la mer; les AÂwapim, qui habitent au nord des 
Gan, entre le coude de la Volta dont il vient d'être question, à l'est, 
elia rivière Oumo, à l'ouest; les A/dm (ou Akyi)^ qui habitent au 
nord des Oboutou et au nord-est des Assini entre les Akouapim et 
le Pra. 

4* Lre quatrième dialecte est parlé par les Anoum, qui habitent 
une petite région à l'est de la Volta et au nord des Akouamou, et 
parles Latè^ qui sont dispersés au milieu des Akouapim, notam- 
ment dans la région de Kyérépong. Comme le premier, ce dia- 



100 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

lecte renferme un certain nombre d*impurelés dues à Tinnuence 
des anciens parlers autochtones. 

5"* Le cinquième dialecte, qu'on pourrait appeler le dialecte 
asantij est parlé : par les Adansi^ qui habitent entre le Pra et la 
rivière Da, à Touest des Akim, au nord des Assini et des Kyéfo, et 
au sud des Assanti et des Aafo; lesZ>e%ira(Dankiraou Denkcra), 
qui habitent au nord des Ouassa, entre TOQm (afnuent du Pra) et 
la Tano, et que j'avais rangés à tort dans le groupe zéma; les 
Amansiy qui habitent au sud-est des Aafo et des Assanti le long de 
la rivière Ouéré (affluent du Pra); les Asanti proprement dits 
(Assanti, vulgairement Achanli, appelés Asàndrè ou Zùndere^r 
les Agni de Test, Aa par les Baoulé, Kambosi par les gens du Da- 
gomba), qui n'habitent à proprement parler que la ville de Ku-- 
màsi ' (vulgairement Goumassie) et ses faubourgs directs, mais ont 
rayonné, par leurs conquêtes et leur influence politique, sur la 
plupart des tribus comprises entre la Volta et la Comoé, de la mer 
à la Volta Noire; les Aafo (ou Ahafo ou Aa), qui habitent la région 
dite <K Achanti » dont Kouman-si est le centre, entre le Pra à Test 
et la Tano à Touest, ainsi que quelques villages à l'ouest de la 
Tano (notamment Adabokrou et Diabakrou sur la route de Débis- 
sou à Ouàmé ou Pftmou), ayant pour voisins à l'est les Okouaou et 
les Amansi, au sud les Adansi, les Denguira et les Assayé, à Touesl 
la grande forêt de l'Akonan-nzan et les Agni-Bonna, au nord les 
Abron de Test, le3 Ntakima et les Doma, et au milieu d'eux les 
Assanti. Ce dialecte est très répandu, notamment dans les exploi- 
tations caoutchoutifères qui avoisinentla frontière franco-anglaise, 
à cause de Tesprit d'entreprise des Assanti et des Aafo, et des émi- 
grations occasionnées par les .guerres faites aux Assanti par les 
Anglais. 

ô"" Le sixième dialecte, qu'on pourrait appeler le dialecte abrô^ 
est parlé, avec quelques môdiflcations spéciales à chaque tribu, 
par : les Krakye ou Krakyi, qui habitent la région de Krakyé ou 



1. Gq a donné comme étymologie du nom de Kumà-si la traduction « derrière le 
trou » (Kumâ-si), à cause d'une mare voisine de la ville ; les Assanti eui*mèmes 
disent que ce nom vient de celui d*une idole à flgure humaine, appelée Kumà^ 
qu'on conservait dans la ville et qui la protégeait : d*où Kumà'%i (en agni on dirait 
KuniOrsu)^ « le lieu de Kouman ». Cette idole a été détruite par Tarmée anglaise. 



PARLÉS A LA COTE DIVOIHE 101 

Rralyé, dans le Togo allemand, à Tcsl de la Voila, entre ce fleuve 
cl son confluenl l*Oli; les O/cfvau ou Kwau (dits aussi Amina)^ qui 
habitent la vaste région cooriprise entre la Voila \\ l'est, les Assanti 
cl Aafô à Touest, les AUim nu sud et les Abron de Test au nord; 
les khro ou lir^ de Tcsl (lirong sur les caries), qui habitent la 
région d'Ataboubou, entre la Voila à Test, les Ntakima a Touest, 
les Okouaou au sud et la rivière Prou au nord; les Koranza^ qui 
habitent entre le Prou et la Voila Noire, autour de Kintampo, 
dont la population citadine est surtout haoussa: les Ntakima, qui 
habitent au sud des Koranza, dans la région de Wonki, séparant 
les Abron de Test des Abron de Touest; les Domna ou Doma, qui 
habitent la région de Ouâmé ou Pâmou, près et à Test de la fron- 
tière franco-anglaise, entre les Aafo et les Agni-Bonna au sud, les 
Abron de Touest à Touest et au nord, les Ntakima et les Aafo à Test ; 
enfin les Abrô ou Brô de Touest, ou Gj/amà, qui habitent dans la 
région comprise entre les Doma et les Ntakima à Test, la Comoé à 
l'ouest, les Agni-Bonna, les Agni-Sikâssouroué et les Agni*Binié au 
sud, et le parallèle passant par Bondoukou (ou à peu près) au nord, 
région dans laquelle ils ne forment guère d'ailleurs que la mino- 
rilé, au milieu de leurs vassaux Koulango, Agni, Nafftna, Gbin, 
byoula, etc., mais où leur dialecte est généralement compris et 
parlé, en outre du koulango et des autres langues. 

Peut-être aussi conviendrait-il de ranger dans le groupe kyi les 
O&m Okyiy qui habitent à Test du Dako, affluent oriental de la 
Voila, entre cette rivière et le poste allemand de Bismarckburg, 
mais je n'ai pas assez de renseignements sur eux pour me pro- 
noncer à ce sujet. 

^ote historique. — Je ne m'étendrai pas sur les migrations et 

Thistoire des Kyi, renvoyant le lecteur à ce que j*en ai dit dans 

mon Etmi de manuel delà langue a^ni (septième partie), en tenant 

compte des corrections faites plus haut. Je dirai seulement que, 

d'après des informations recueillies en 1903 à Bondoukou auprès 

d'un parent de Prempe^ dernier roi des Assanti, il résulterait que 

le sixième souverain de cette tribu était bien un homme, comme 

Jedisent Keindorf et Bowdich, et non une femme, comme je l'avais 

supposé : il s'appelait Kwasi-D wadnmu et était le neveu ou le 

frère A'Apoku-Ware, son prédécesseur. Quant au 13* roi, son 

vrai nom serait Agyumani-Kankari et non KoH-Karikari. Enfin 



102 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

le 15% prédécesseur de Prempé, s*iippelail Ahima-Kofi^ plutôt 
que Kouakou-Doua-Kouman. 

Voici maintenanl, diaprés des traditions recueillies à Bondou- 
kou et des documents écrits en arabe fournis par rimftm de celte 
ville, quelques notes sur Tbisloirc des Doma et des Abron; ces 
noies reclinent en partie et complètent ce qui est dit des Abron et 
de Bondoukou aux pages 193, 204 et 205 du Manuel A gni. 

Peu après Tinslallation des Dyoula à Bondoukou, c*e8t-à-dire 
vraisemblablement au xv* siècle de noire ère et environ 200 ans 
avant la fondation de Kouman-si» une guerre éclata entre les 
Assanli et les Abron ou Bron de l'est. Une partie de ces derniers 
se réfugièrent dans le pays des Okouaou ou Kouaou. Mais, repous- 
sés par les Okouaou, ils reprirent vers Touest leur mouvement 
d*émigralion et se fixèrent quelque temps kNsûta^ au nord-ouest 
de Kouman-si, sur les bords de la haute Tano. Inquiétés encore 
par les Assanti, ils s'avancèrent jusque sur les bords de la rivière 
Kpan-mou ou Pàmou, au lieu connu aujourd'hui sous le nom de 
Wâme, Wam ou Pâmu. Là ils se séparèrent en deux fraclioos, 
dont l'une, demeurant à Ouftmé, y devint la tribu des Doma ou 
Domna-fo^ qui y habite encore. 

L'autre fraction quitta les Doma^ sous la conduite d*uo chef 
nommé Adou-Bini, et se rendit d'abord à Yakassé, village situé 
près et à Test de Dadiassi, au sud de Bondoukou. Bientôt Adou- 
Bini plaça sous sa suzeraineté les Nafànaet les Gbin, autochtones 
du pays, puis les Dyoula de Bondoukou ; il acheva de détruire 
Bégho, vieille ville musulmane située près du coude de la Volta 
Noire, non loin de remplacement actuel de Foughoula, et d'où les 
Dyoula étaient venus; puis^ aidé des Nafàna, il réduisit à l'étal de 
vassaux les Koulango établis au sud et à l'ouest de Bondoukou, et 
se fit reconnaître roi de toute la région s'étendant d^Assikasso ou 
Agni-Blé-krou au sud jusqu'à Tambi au nord, et de la Çomoé à 
l'ouest jusqu'aux Doma et Ntakima à l'est, avec Bondoukou 
comme capitale. Cette région, connue jusque-là sous le nom 
à^Awasu o^ Awôsti (pays désert, ou pays des calebasses), fut dès 
lors désignée par .le nom de ses conquérants, Borô^ BrO^ AàrO 



1. JVi dit (p. 103 du Manuel ngni) que les Nta avaient séjourné chez les Guioma 
avant d'arriver à RonHoukou : c'est « chez les Doma » qu'il faut lire. 



PAHI.KS A LA COTK OIYOIUK lo:j 

OU A//om7, maislcs Assailli lui donnërcnl le nom de Gyamà (Gaman 
ou Jaman des cartes anglaises) pour la distinguer du Bron ou 
Abron de Test. Les vrais Abron sont en minorité dans cette région, 
qui comprend encore le Barabo et leSiangui ; les vassaux Koulango 
y sont bien plus nombreux que leurs matires. Mais Taulorité des 
Ahron est réelle et leur langue, qui est très voisine du dialecte 
assanlî, est comprise par quelques Koulango et Dyoula, et par ta 
majorité des Nafâna. Les Abron sont appelés Doghâbo par les 
Koulango. 

Adou-Bini dut mourir vers 1450. Ses successeurs furent choisis 
dans sa famille, qu*on appelle la famille Yakase^ en souvenir du 
village où Adou-Bini s'élait d*abord établi'. Sous le règne d*A6o, 
dixième roi de TAbron, ce pays fut envahi parles Assanti, conduits 
"^T Apokii'Ware^ deuxième roi de Kouman-si (1745). Abo, avec 
ses guerriers et les Dyoula, se réfugia à Kong, où le roi assanti le 
poursuivit, se le (it se livrer par la mère du roi de Kong, alors 
absent, et le mit à mort (1746). Ensuite Apokou-Ouaré retourna à 
Kouman-si, après avoir installé comme roi de l'Abron un Assanti 
nommé ^o/f-5o/îo. A la mort de ce dernier (1760 ou 1770), les 
notables du pays^ craignant d*indisposer le roi de Kouman-si en 
élevant au trône un héritier d*Abo et ne voulant pas d'autre part 
obéir à un Assanti, choisirentcomme roi un notable nommé A^yu- 
^m, qui appartenait à une fraction de la tribu agni des Bonna, 
fraclion établie dans les monts Zàzà^ au sud de Bondoukou, où se 
trouvent les sépultures des rois. A partir de cette date, les rois de 
TAbron furent choisis alternativement, quoique sans régularité 
absolue dans rallernance,tantôtdans la famille Yakassé, d'origine 
abron, tantôt dans la famille dite Zanzan, d'origine agni mais 
abron d'élection. 

Adifigra-K'adf/o^ quatorzième roi de l'abron, ayant refusé de 
payer tribut à Toio-Kwamna-Bomii^ roi des Assanti, sur les con- 
seils d'une femme mandé nommée Niankoura qu'il avait épousée, 
Tolo-Kouamna-Bonsou envahit l'Abron; le roi Adingra fut tué 
(1820); les Dyoula de Bondoukou se réfugièrent à Mango ou Grou- 



1. Il est à remarquer que, bien que Bondoukou soit la vraie capitale de TAbron, 
où sltccomplissent les cérémonies funéraires et l'élection des rois, ces derniers 
choisirent toujours pour résidence un petit village k quelque distance de la ville. 



104 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

mania, sur la Comoé, el se mirent sous la protection de Ndya-Ane, 
roi de Mango et des Binié. Les Assanti se retirèrent de TAbron 
sans autre résultai que quelques fructueuses razzias, et la cap- 
ture du tabouret en partie couvert de feuilles d*or qui ser\'ait à 
rinvestiture des rois deTAbron et qui servit depuis à celle des rois 
de Kouman-si. C'est le désir du gouverneur anglais Hodgson de 
s'emparer de ce tabouret qui occasionna la dernière guerre des 
Assanti avec les Anglais. Depuis, les Abron construisirent un ta- 
bouret semblable à celui que leur avaient pris les Assanti et ils s'en 
servent encore aujourd'hui. Quant au roi de Mango, une fois la 
guerre finie, il refusa de laisser les Dyoula retournera Bondoukou. 
Fofie^ successeur d'Adingra, s'en fut les réclamer les armes à la 
main et trouva la mort dans une bataille près de la Comoé (1830). 
Mais, malgré la mort de leur roi, il semble que les Abron eurent 
le dessus, car les Dyoula purent revenir chez eux. 

En 1882, sous les règnes à'Agyumani dans TAbron et de Mmga 
Bonsu dans TAssanti, des commerçants abron ayant été dépouil- 
lés à Banda (au nord-est de Bondoukou), à l'instigation de chefs 
ntakima et assanti, les Abron attaquèrent Ouonki dans le Nta- 
kima et y firent 50 prisonniers; le roi de Kouman-si envoya des 
troupes à la frontière de l'Abron et implora l'assistance du gou- 
vernement anglais; mais les hostilités n'allèrent pas plus loin, et 
le capitaine anglais Lonsdale, envoyé par son gouvernement, se 
contenta de promettre que les autorités britanniques s'occupe- 
raient de régler l'affaire dont il ne fut plus question. 

Les événements qui suivirent peuvent se résumer ainsi : vi- 
site de Treich-Laplène à Bondoukou en 1888 et traité passé par 
lui avec.le roi Aguioumani \ 1^ visite de M. Binger en 1889, sa 2* 
visite en 1892; arrivée de Burama-Walara^ roi du Guimini, qui, 
voyant Samori envahir son pays, se réfugie auprès d'Aguioumani 
(1895); attaque des Abron par Samori qui venait de prendre 
Mango el résistance victorieuse organisée par le chef abron Kwa-- 
dyO'Agyumani\ entrée à Bondoukou de Sarankyè-Mori, venant de 
de Bouna (juillet 1895); arrivée du colonel anglais Northcott 
devant Bondoukou, fuite des Sofa conduits par Bakari et départ 
des Anglais (1896) ; mort du roi Aguioumani (1897) ; fondation du 
poste de Bondoukou par M. Clozel et M. Lamblin (1897); apaise- 
ment d'un commencement de révolte de quelques chefs abron par 



PARLKS A LA COTE D'IVOIRE 105 

lecapilaine Beiiquey cl avènemeiil du roi Kouadio-Eboua (Î808) ; 
mori do co dernier, à la snile d'une chiile de cheval, el éleclîon 
(l'Amciigiiliui(1002). 

Voici maintenant, d'après les traditions écrites des musulmans 
dcBondoukou, la liste des rois de TAbron : 

V Adu-Bini ou Adu-Biri ou Adu-Biriye (1450?) ^ ^\ 



^ • 



V Biri'Eôwa 

y Yebwa^Fari ou Ebwa-Fari 

4* Sakuriye 

y Bwadu'Affi/umani * 

^'BofU'Bini 

7* Tarudaii 

§• A dififfra-Banini 



1 ' 

• 


^ • «M 




• -f • ^ • 

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tH v-^ V 


^^ — • • 


• ^ • 




• • ^ • 


VC^-r'^' 



-^^ -l' 



^' Diri-Kofi'Banini ^^^ ^^jJ j^ 

•O* 4*0 (1720-46) ^] 



^ * y j 



« I • Kofi-Sono ( i 746-60) ^^ ^ 

«2* A^ytt»iant (1760-90) .J^î 






<3*fi/n.^o/f-^arfyo (1790-1810) ^jj^^j-Tj-, 






« 4* A diiigra-Kadtjo ( 1 8 1 0-20) j^j^^ ' 

1 5* Fo/fe (1820-30) 






t ^ • t J» 






••Ce nom i4(^ytimaitt ou Àgyumane^ que les Anglais écrivent « Arjumani » 
^'^«mciis écrivent Warsaw pour Wasù el Tarkua pour Taàwa, ne vient pas, comme 
^ ' * <i>l, de Tarabe al^djwn^a « Vendredi » ; c'est le nom d*un génie dont le culte 
r ^^nda chez la plupart des tribus Agni-Assanti. 



106 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 



• ^x 



1 7" Agyumani (1 850-97) ^J.*^\ 



% J ^ P% 9 



1 8^ Kwadyo-Ebwa (1 898-1 902) y-rr^^y-^ 

19* Awew^ma (1902-...) 



B. Zema. 

Réduit ainsi que je Tai expliqué plus haut, le groupe zéma ou 
« apollonicn » ne comprend que deux dialectes : 

r Le Zema proprement dit, parlé par lesZe/izaou Amtmaya (ap- 
pelés Zimba par les Mandé, Aua parles gens d*Assinie^ Gura par 
les Fanti, A$oko par les Baoulé, « Apolloniens » par les Européens), 
qui occupent la région cdtière comprise entre la rivière Ankobra 
et Assinie (centre principal Béyini ou Beyin), limités au nord par 
les Agni-Bouressya, les Agni-Arissyin et la lagune d'Abi, habitent 
aussi la rive nord de la lagune Tano (Prambo, Zobénou, Nguiémé, 
Adima, etc.) et ont des colonies assez nombreuses le long de la 
côte depuis Assinie jusqu*à Lahou (notamment à Assinie, à Moha- 
mé, à Grand-Bassam, à Jacqueville, à Lahou), dans la région des 
lagunes (à Abi, Krinjabo, Bonoua, Abra, Mouossou), chez les Agni 
de Test (à Betlié, à Atakrou), et chez les Baoulé (à Tiassalé, Tou- 
modi, Kokoumbo, etc.); c'est le zéma qui est la langue usuelle à 
Grand-Bassam et à Mouossou; 

2* VAanta^ parlé dans la région d*Axim et de Dixcove, entre 
Tembouchure de l'Ankobra et Sckondi, au sud des Ouassa. 

G. Afii. 

Les Agni (appelés Aivôhûi par les Assanti, Aowim par les Fanti, 
Donnai ou Monnèi-fo par les Abron), occupent à peu près la moi- 
tié du territoire des peuples Agni-Assanti, depuis la Tano à Test 
jusqu'au Bandama à l'ouest, écornés au nord-est parles Aafo, les 
Doma et les Abron, et au sud-ouest par les peuples des lagunes. 
On peut les diviser en dix-huit tribus; j'ai donné l'histoire et la 
répartition de quinze d'entre elles dans VEssai de Manuel Agni 
(pages 197 à 206). Voici à nouveau, avec quelques corrections, 
cette répartition, en allant de l'est à l'ouest et du sud au nord, et 



PARM':S A LA COTE IVIVOIUK 107 

en groupant ensemble les tribus qui parlent sensiblemcal le même 
dialecle : 

i* Les Bwest/a (Broussa sur les cartes) habitent, au nord des 
Apolloniens, les deux rives de laTano en amonl du confluenl de la 
rivière Bouégne (région de Dyemma et de Nguiô ou Enchy), 
s'éleadant à Test jusqu*à l'Ankobra, à Touest jusqu'à la fronlière 
aDgIo -française y et au nord jusqu'au Dadiessou anglais exclus. Les 
Arisht/Iou Aryssyinrornieni unepeiite tribu qui comprend quelques 
rillages sur la rive gauche de la basse Tano, notamment Elubo, et 
quelques villages sur la rive droite, notamment Nougoua, Adyé- 
gouàssou et Sikabilé. Ces deux tribus parlent à peu près le m6me 
dialecle, qui a subi Tinduence du zéma. 

2* Les Asini ou Aso/co habitent, mêlés à des ApoUoniens, les 
divers villages (Mârya, Komando et France) qui constituent la 
population indigène d'Assinie ; mêlés à des Mékyibo, le village 
d'Assoko dans la grande tle située au nord des poudrières d'Assi- 
oie, et les villages de Mo-oua, à Tentrée de la lagune Tano (rive 
nord), et d'Élima, à Teulrée de la lagune d'Abi (rive est); puis, à 
peu près purs, les villages d*Abi, Aguan et quelques autres. Leur 
dialecte, surtout ci Assinie, a fortement subi Tiniluence du zéma. 

3* Les Sàmvi (Sanwi sur les cartes) comprennent à proprement 
parler les villages ou régions de Eiboué ou Boue, Até-ngré, Ngra- 
inan-krou,Guiemvyessou (sur la rive nord-est delà lagune d'Abi); 
Aouèssèbo, Krinjabo (ou mieux Krindf/âbo), Aboisso (ou mieux 
Mwaso); Ayamé, Akressi, Yaou, Kotâsso, Kouénzâbo, Byanouan, 
Akyékrou (sur ou près de la route d* Aboisso à Zarânou) ; ces divers 
villages se répartissent en deux groupes principaux, celui du sud 
dépendant du chef de Krinjabo, et celui du nord du chef d'Ayamé. 
AuxSan-mvi,il convient de rattacher les A/i^ma, qui comprennent 
^ux-mêmes : les Aàttgamàou Angaman(Dissou, Nkossa, Nyamyes- 
^y^ Mouassué, Ngakin, Alakàbo; ces deux derniers villages, à 
peu près désertés, sont situés le premier sur la Bouégne et te 
^ond sur la Tano, au sud de Dyemma); les Brafe (nord de la 
^une Ehy; Ehanyan, APiénou, Kouakrou, Gban-sou ouMbassou, 
(dadiessou; Toliessou, Aboulie, Kotoka; Bafya, Kofikrou, Dibi, 
formant quatre groupements); les Mûfere-ama ou gens de Mâféré. 
^s San-mvi et les Aféma parlent le même dialecte et forment un 
n^èine groupement politique^ sous l'autorité plus ou moins nomi- 



108 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

nale du chef ou roi de Krinjabo. Les trois derniers rois de Krin- 
jabo sont Am<vNdourou (vulgairement Amatifou), Aka-Simadou, 
el Mbra-Kouassi, qui règne aciuellement. 

4"" Les Belienufwe ou Bellié, établis au milieu des Akyèdu nord, 
sur la rive 'droite de la Comoé, h Bctiié ou Koguinan, el sur 
quelques villages de la rive gauche. — LesiVe/^;iy«nt//t^^habilenl 
le Ndéuyé(fau8sement écrit Indénié diaprés Torlhographe anglaise), 
qui s'étend entre la Gomoé à Touest, la frontière franco-anglaise 
à Test, le parallèle de Krindyâbo-ba (un peu au sud de Koua*ua- 
krou ou Dyamrakrou ou Diambarakrou) au sud, et le parallèle 
d*Akobouassué (un peu au sud du poste d'Assikasso) au nord; les 
centres principaux sont Zarftnou, Abongourou, Niable elMaoza- 
Douan, ce dernier village ne faisant pas partie, à proprement par- 
ler, du Ndényé. — Les Asaye (appelés SefAûi par les Assanti, 
Sefwi par les Anglais, Sahué sur nos cartes) habitent à Test du 
Ndényé, entre la frontière franco-anglaise et l'Ankobra; ils 
s'étendent au sud jusqu'à Amouaya inclus et au nord jusqu^à Débis- 
sou et Ëssénou inclus ; leurs centres principaux sont Assafo et 
Ouiya-Ouossou ; au sud, ils sont séparés des Bouressya parles 
Dadiessoufoué ; à Test, ils louchent aux Denguira; ils sont séparés 
des Aafo au nord et des Ndényénoufoué à Touest par une grande 
forêt inhabitée, appelée Akonà-nzà^ où l'on ne rencontre que des 
établissements temporaires appartenant à des Fanti, des Ouassa 
et des Assanti qui se livrent à la récolte du caoutchouc et qu'on 
appelle Poyofwe ou KOgofwe. C'est à tort que j'avais rangé les 
Assayé dans le groupe zéma : leur dialecte ne se distingue pas de 
celui du Ndényé*. 



1. Voici, d'après Adomû^ ctief de Zarânou, quelques renseignements hiiloriqm 
sur le BeUié, le Ndényé el TAjsayé, renseignements qui concordent ea génén.1 
avec ceux publiés dans le Manuel Agni,> — Il y a très longtemps, toutes les tribu^^ 
Kyi, Zéma et Agni, depuis Accra jusqu'à la Gomoé et depuis la mer Jusqu'à 
Volta, obéissaient à un seul roi nommé Ano-Aiema; les dates de sa naissance 
de sa mort, ainsi que le lieu de sa résidence, sont inconnus. Chaque triba reveD^- 
dique ce monarque comme lui ayant appartenu, notamment les Boaressya et 1»^ 
Zéma; en réalité on ignore quelle était sa tribu. Plus tard, un autre chefréunv^ 
encore sous son autorité tous les peuples agni-assanti ; on rappelait iTtoriàu- A As; H 
résidait en Apollonie et est généralement considéré comme un Zéma. Son autoriC^ 
fut Tortemenl battue en brèche par les Fanti. A sa mort, l'hégémonie disparut ^^ 
les diverses tribus se rendirent indépendantes. 

Beaucoup plus tard, après la fondation de Kutnùsi par Tutu vers 1700, les roi^ 



PAIMJCS A LA COTIS D IVOIUIÎ 109 

5* Les Dadiesu/œe occiipcnl une petite région dont Dadiessou 
est le centre et qui est située en territoire anglais sur la rive gauche 
de la Bya el près de la froiilière, enlre les Bouressya au sud et 
les Assayé au nord; ils ont Tait partie du même mouvement de 
migralion que les Sikassoufoué et parlent le même dialecte. — 
L.es Sikâsufwe (appelés Guabenefo par les Abron) n'occupent 
que quelques villages situés près d'Agni-Ulé-krou ou Agui- 
Mbri-krou (résidence du chef actuel Eyiia) et à Test du poste 
d'Assikasso; le dernier de leurs villages à Test est Kotokosso; ils 
odI aussi quelques villages à Touest d'Assikasso dans le Tengoué- 
lan.— Les/?o/i/iaoui?om/a habitent— non pas dans le Bondoukou, 
le Barabo, le Siangui et le Kourounsa, comme je Tai dit par erreur 
dans le Manuel Agni — mais entre les Sikassoufoué et les Abron, 
dans une étroite bande de terrain assez peuplée, qui va de la fron- 
tière anglaise à Test jusqu'à la Gomoé à Touest (villages de Kogui- 

<les AsmqU essayèrent de reconquérir celte hégémonie el, conlinuelIeinent,ll8 for- 
Çtîeat i leur payer tribut, les armes à la main, les diverses fractions kyi el agni 
(NUklmt, Akim, Abron, Fanti, Bouressya, Assayé, Ndényénoufoué, etc.). Mais quand 
i'vmée achantl était partie, les tribus vaincues reprenaient leur indépendance. 

C'est sous le règne d^Apoiu-Warcf (1720-1741) qu'Adom place la fondation de Bettié 
<Ni Koguinan et celle du Ndényénou. Le Beltié fut fondé par Abiri-Moro, qui Tenait 
dePAssayé, chassé par Apokou-Ouaré. 

UNdényéou Ndényénou fut fondé par un Ntakima dont Adom ignore le nom (Ano 

<UQsmon Manuel), chassé de son pays par Apokou-Ouaré au retour de Texpédilion de 

ce dernier dans TAbron. Adom ignore le nom d*Efûi-Ba cl la tradition qui le donne 

coonme successeur, d*Ano. Le premier roi du Ndényé dont il se rappelle le nom 

^t Kwakyûmasi (Kouatouman-Si du Manuel) ; ensuite régna Kyatnoro (Tyambo du 

^oaitd), puis {So^Kabna) (So-Kouamna), puis Nàndakyi ou Nùndeke (Nan-Ndaki), 

puis Bomwa (Benouan) qui ne régna que deux ans, puis Kyemle, puis A6iiru-Kye, 

puis Gàwa-Kwasi, qui cul trois neveux : Mia-KwadiOf Amwako et Kofi-Amairû, 

Nia-Kouadio, avant sa mort, désigna comme son successeur son frère Amouakon. 

^ais la famille d'un certain Kwasi-nihye mil un « fétiche » sur la chaise royale de 

^açoaàce que, si un descendant de la famille de Gboua-Kouassi occupait celte 

^f^aise sans avoir offert au « fétiche «» une calebasse pleine de poux, un chien cornu 

^^ cent bœufs, il mourût. Malgré ce sort jeté, Amouakon voulut s*asseolr sur le 

^^^ne, mais il mourut Tannée suivante (1892). Son frère Kofi-Amatran eut peur et 

'^'usa la succession ; Kouassi-Dikyc alors s*empara du pouvoir, mais les partisans 

^^ KoG-Amalran refusaient de lui obéir. G*est alors que Kouassi-Dikyé, ayant 

Perché à soulever le pays contre Tautorilé française, fut déposé et expulsé (18^). 

^ ce moment, Kofi-Amatran était mort, et la succession revenait à son neveu, 

'^"Mioa^ô le jeune, chef d'Abongourou. Le parti de Kouassi-Dikyé, dirigé par mhui^ 

'^^(ica et par Adom lui-même, conseillait à Amouakon de ne pas accepter la 

^^€ces«ion ; néanmoins, sur les instances de Taulorité française, Amouakon consentit 

^ s'asseoir sur le trône et U règne encore actuellement. 



i 



ItO VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALBCTBS 

nan, où réside le chef Adou-Yao, de Koumankpalyé, Agaima- 
krou Nan-ngo, Takikrou-sud, Ala-krou, Ndrama-Krou, Vifossi, 
Nziiékpri) etc., et villages du chef Kouamé-Sumbra entre la route 
iôlégraphique el la Gomoé); on rencontre anssi des Bonnadans 
le sud-ouest de Bondoukou, notamment dans les monts Zanzan : 
c'esl de h\ d'ailleurs qu'ils se sont portés vers les pays qu'ils 
occupent aujourd'hui au sud des Abron ; enfin on trouve encore 
des Bonna dans le Baoulé, à l'ouest el près du poste de Guiguié* 
hui [Gigyeûi ou Gigyevt), où on les rattache à la tribu baoulé des 
Atoutou. Les Abron les appellent Bonnài ou Monniij et appliquent 
ce nom à tous les Agni ; c'est ce nom, orthographié « Booal » par 
le Dr. Maclaud et « Bouanda-Agni » par M. Binger, qui m^avait 
amené à les confondre avec les Sénoufo-Nafftna de Bondoukou, 
appelés « Banda » et « Ouandara » par les étrangers. C'est k tort 
que j'ai dit dans le Manuel que quelques-uns s'étaient converlis k 
l'islam : cette remarque s'applique aux Nafftna et non aux Bonna. 
Leur dialecte est à peu près identique à celui des Sikftssoufoué. 
— Les Kumwënufwe d'Atakrou sur la rive gauche de la Gomoé ne 
se différencient pas beaucoup des Bonna, sauf qu'ils sont mélan- 
gés de Zéma. — Les Binye (appelés Binik par les Koulango) habitent 
Aouabou et quelques villages voisins de Mango, sur la rive droite 
de la Gomoé, Mango elle-même étant surtout peuplée de Mandé, 
de Haoussa et de Ngan autochtones; de plus ils ont un certain 
nombre de villages à l'est de la Gomoé, ainsi que dans le sud de 
l'Abron, où on les rencontre souvent mélangés aux Bonna. 

6* Les Bomofwt habitent à Touest de la Gomoé, au nord du 
parallèle d'Atakrou, au sud des Ngan-noufoué et à Test des Ouré 
(région de Kouadio-Nguessan-krou). — Les Ndamèfwe habitent 
au nord-ouest des fiomofoué et à l'est des Baoulé-Agba (région 
d'Amakro). — Los Ngànufwe ou gens du Ngan-nou ou pays des 
Ngan {Gâ-ra des Mandé, Anno des Apolloniens), habitent à Test et 
au sud-est du Dyammala, entre le méridien de Salama à Touest el 
la Gomoé à l'est, limités au sud-ouest par les Ndamèfoué et par les 
Bomofoué au sud-est où ils s'étendent jusqu'à Kamélinsou, non 
loin d'Atakrou. Les Ngànufwe sont des Agni, mais, de même que 
les Abron ont au milieu d'eux des vassaux koulango, de même les 
Ngan-noufoué ont parmi eux des vassaux autochtones, qui sont les 
Nya proprement dite qu'on rencontre dans le Dyammala, à 



PAïu.És A LA cuti: i)*ivoiin: in 

Ouassadougou, à Kaméliiisou, à Alango, cl qui oui une langue spé- 
ciale apparlenanlii la famillo mandé-fou; mais presque tous les 
Ngancomprennenl le dialecte agni des Ngan-noufoué, lequel est 
le même que celui desBomofoué cl des Ndamèfoué. 

7' Les Moromtfwo ou Moro/ite liabilenl le Moronou (vulgaire- 
meiil Morénou), compris à peu près entre le iNzi à louesl, la Comoô 
il Test, les Abc et les Akyc au sud, les Uaoulé-Aglia et les Ouré au 
nord. — Les Wurc (Ouré, appelés à lorl Ouorié) habitenl au nord 
(luiMorouou la zone de partage des eaux entre la Bayasso (aniuenl 
du Nzi) et la Comoé. — Les DaiCle/tvc ou Daule occupent le 
Irianglc déterminé d*une façon générale par le Nzi à Test, le Ban- 
dama à Touest et le parallèle de Satama au nord, débordant 
d'ailleurs en plusieursendroits sur la rive gauche du Nzi et aussi 
sur la rive droite du Bandama Blanc en amont de son confluent 
avec le Bandama Rouge. Les Baoulé comprennent les sous-tribus 
ou familles des WarèbOy des Faafwe^ des Nzipuri, des Sa^ des 
Atutu^ desNanûfwe, des Nffbà et des Affba^ avec leurs diverses 
ramifications, comprenant notamment les Mànde/cc^ les Aiumwèf 
les Tour^ (Yohouré), les Kode, les Salikra, les Gon (tous rattachés 
auxOuarèbo); les Akive (rattachés aux Faafoué); les Aaii (ratta- 
chés aux Sa); les J/À<?//2ra ou Mamra, les Uonna ou Gbona (voir 
plus haut) et les Kpogyu (rattachés aux Atoutou); les Aûafwc 
(rallachés aux Nanâfoué); les Sondo, les Sandoro et les Nzoko 
(rallachés aux Ngban); les A^a^i/ (rattachés aux Agba). — Les 
Agbènt/an (Agbégnyaon, Binao des cartes) habitent, entreles Abè et 
les Ari, les villages de Balra, Agbégnyaon, Bijué, Soukoukro et 
quelques autres. Ils parlent, avec les .Moronoufué, les Ouré et les 
Baoulé, un même dialecte^ ce qui porte à sept le nombre des dia- 
lectes de la langue agni. 

Je Yais donner maintenant des vocabulaires comparatifs de deux 
<iialecte8 kyi (assanti et abron), d'un dialecte zéma (amanaya) et 
de deux dialectes agni (aféma ou san-mvi et baoulé). Je donnerai 
ensuite quelques expressions spéciales aux dialectes agni de l'est 
el qui ne figurent pas dans mon Manuel, ainsi que quelques 
expressions baoulé apprises depuis Tapparitioii de cet ouvrage. 

Le vocabulaire asanii a été recueilli en 1903 h Bondoukou 
auprès de plusieurs Assanti deKouman-si, àoi\{ Kivahrâ'Gj/umfOy 
pelit-fds de Kouakou-Doua^ douzième roi des Assanti; les 



112 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECIES 

informateurs remplissaient toutes les conditions désirables . 

Le vocabulaire abrô a été recueilli en 1902 et 1903 dans FAbron 
même, auprès d*uu grand nombre d'indigènes, dans les meilleures 
conditions. 

Le vocabulaire zema, recueilli en 1899 dans le Baoulé auprès 
de deux interprètes zéma, a été revu en 1902 et 1903 auprès d'un 
certain nombre de Zéma. 

Le vocabulaire afema^ et tout ce qui concerne les dialectes agni 
de Test, a été recueilli de 1901 à 1903 dans les pays mêmes où se 
parlent ces dialectes. 

Quant au vocabulaire baule^ il est emprunté à mon Manuel Agni 
et à des informations nouvelles recueillies en 1902 et 1903. 



VOGiBOLiIRBS iSSiNTI, ABRON. Zfili, irfili IT BlODLl 



I. — L4 NdHÉRÂTlON 



Attaoti 



Abron 



Zéma 



Aféma 



Baoulé 



1 


ekô 


ekô 


ko 




ekô 


2 


enô 


efiyô 


ûyûd 




eHyûd 


3 


esd 


etâ 


nsd 




ensd 


4 

• 


enâe 


eiid, enï 


nd 




end 


5 


enu 


enû 


nu 




enu 


6 


insyï 


ensyï 


nsyî 




ensyî 


7 


mô 


ensô 


mû 




enso 


8 


motshûi 


môqûe 


moque 




moque 


g 


eflkorô 


eàkunô 


figord 




Ôgord 


10 


edu 


edu 


buru 




buru 


20 


adûenu 


adù-enu 


abura- 


nyûâ 


abura 

m 


30 


adûesâ 


adû'Osà 


abura- 


sd 


abura- sd 


40 


adû'dndii 


adà-ant 


abura- 


nà 


abura-nd 


50 


adu-enum 


adû-anum 


abura- 


nu 


abura-nu 


60 


adù-esyT 


adû'Zyt 


aburè- 


'y' 


abure^syî 



kô.ka 

fiyô 

nsd 

nd 

nu 

wtyh nsyd 

MO 

môkûe 

ôgord 

buru 

abura-fiyô 

abura^sd 

abura-nâ 

abura-nu 

abure^syî 



PAHLKS A LA COTK DlVOmii 



1 l:i 



Assuanti 



A brou 



Zciiia 



Aféraa 



Itaoulé 



adà-esô 


adu'Sô 


ahuri* 'SU 


ndu^qite 


adk't^qnc 


ahum-moqite 


adii'Ch'orà 


ndû'Hkonn 


ahura-fiord 


nha 


eha 


àja 



ahurC'SO abure-so 

abura^oque abura-môkite 

abura-figoi-fl abura-ûgorà 

nija^ é/ta y a 



Djelle initiale qui se trouve au commenceincnl de certains noms de nombre dans ces 
lactés peut tomber après un nom, mais elle peut aussi subsister. Le nom de nombre 
oujours après le nom de Tobjct nombre, qui' reste au singulier. 



IL — i.VM NOMS 





asasi 


ahasi 


azt}re 


asase, asye 


asye 




nshùo 


enziio 


nziïre 


nzhiie 


nzûe 




^9!/'^ 


0}l<^ • 


zinè 


m 

*1 


m 

'1 


• 


efhùo 


oiùe 


azûre 


(uiïe 


nzue* 








ûyevre 


gyemvye 


gyemvye 




man^ kuru 


man, kuru 


amane 


ama, kurô 


mè, kuro 




Arum, km 


kuru, kru 


snazo 


kurôf kru 


kuroy kro* 




afuo 


VIVO 




fye, namwe 


///«, namwe 




okwani 


ekwanjkwame adiine 


alini 


ali 




bt^po 


bopo 


boka 


boka 


boka 




ktvae 


kwae 


ehonu 


bOy bro 


bo, bo-nu 




edùa 


dùa 


baka 


baka 


waka 


1er 


egya 


911^ 


99^ 


yy« 


*y« 




eserè 


sera 


fiyèni 


gûgûrey aure 


gugûre, aure 




ngdkupô 


nyâkupô 


nyamne 


nyamye 


nyamye 


ère) 


ade 


aie 


arye 


arie 


ane 








nôzu 


kôgwe 


kôgwe . 




ogûa 


eyita 


èûa 


iînze, eùa 


ûa 




osra 


esra 


siane 


tara 


awôro, tara 




osra-ma 


esrd'fna 




nzara-ma 


nzara-ma 




obwa 


ebwa 


aybiva 


yaebwe 


yabwe 




aw'vjtl 


awhlyd 


aûyitd 


aôfiya 


aôilyd 


tkimit) 


enipé 


nipc 


sena 


menyd, tond 


tond, menyd 


l(. Biri) 


obenima 


berima 


genyil 


brinziiay byd 


byd, byatwa 




oba 


eba 


lare 


hlèsua^ bia 


bia, brrsfva 




y* 


y» 


y* 


y» 


y 




gya, si 


agya, si 


gya, ze 




«y<?. yy« 


fi, ndya 




abreiva, ml 


NO, ni 


mo, fit 


lit, mo 


ni, mo 

8 



m VOCABULAIIŒS COMPAKATIFS DK LANGUES OU DIAI.ECTES 

Atsauti AbroD Zéiiia Arém«i Baoulé 

fils ba ba gha^ yarè wa^ ma^ ba wa^ ba^ ma 

jeune enfant ba-kuma afura bûlema bâlwakd 

jeune homme gbfloere gbafrT 

jeune fille lèlwa tança 

chef kpTni kpîni^ aura èura kpThi kpTi 

roi» grand chef liinij osae hini aura aura * 

esclave donko doflko kâgarc kdgane kdgani^ 

porteur adu-swa-fo adu-swa-fo adû-twa^lwe trô'-sua^fwe 

ami wèfiko dâmvo ddvo ddmvo aêgwe^ dyâm 

gens (h cupisitiM) fo^ni fo fùrè fwe fwe^ 



maison 


edan 


eda 


iitia^ $ûê 


sua^ sua 


sua 


chez soi 


obun 


awum 




auro 


auro 


Tilag» <i eiltires 


pata, asisye 


sisye 


sisyî 


namwe'fiu 


namtct^nu 


chaise 


okufiûa 


ebiya 




biya 


bia 


natte 


empa 


empa 


bê 


bé 


bé 


mortier 


popo 


popo 


• • > • • • 


kpokpo 


kpokpo 


pilon 


popo-ba 


popo-ba 




kpokpo-ba 


kpokpo-tm 


houe 


aso 


atopè 


tokpo 


tokpo 


tokpo 


coupe-coupe 


garante 


garante 


bese 


bese, baka 


kaka, bese 


couteau 


tikan 


sikâ 


ladye 


latye^ dadye 


tarye 


fusil 


otshûo 


ntshûo 


tthûi 


tshûi 


tût 


cruche 


esèni 


• 


m 

n 


se 


se 


assiette 


ayoa 


ayoa,sonko 




tarye 


tarye 


mâle 


nini 


nini 


ûiniki 


lit, brinziia 


byasway ni 


femelle 


bile 


belc 


taré 


blèsûa 


bla, blé 


petit 


ba 


ba 


yarè 


ba 


ba 


bœuf 


naû^ûâ 


naûgûe 


èndke 


ndne 


nane 


taureau 


nanqûe-nini 


naûgûc-nini 


êndke ûiniki 


ndne-tula 


nane-iura 


vache 


naûqûebilé 


nafigûe-belè 


ênâke-larê 


ndne- blèsûa 


nane^la 


veau 


naûqûe-ba 


naûgùe-ba 


ènâke-yarè 


ndne-ba 


nane^ba 


mouton 


ogûari 


eguani 


bwane 


bwa 


bwa 


chèvre 


abrekye 


abirikyi 


abofiki 


abôki, bori 


kuma^ bori 


chien 


otshûa 


giïa 


qûa 


adûa, qûa 


m*ua^ kûa 


éléphant 


eshunô 


eshûnà 


azon* 


aswTy asûi 


•• • 
sut 


hippopotame 


nshu'thunô 


nzu-shûnd 


nzûre'Zont 


nzliûe-stot 


nzûe-stîi 


lamantin 






tere 
afio-yaré 


tere 
anoma 




oiseau 


anoma 


anoma 


anomà 


poule 


akokà 


okàko 


kôkô 


akày ngàkà 


akd 



1 



rAlîLKS A LA COTH U'IVOIIll-: 



115 



I 
l 
I 



Assailli 

kisfia 
odenke 
owo 
agiunii 



\ (grosse) 



rà huile 
ede palme 
e palme 
palme 
e maïs 
le 

!iouc(^'^') 
• |tiéil) 

digène ' 



A brou 

kùisua 
adefike 
eivo 
affftene 



Zéina 

krinivïia 
ehjnge 
cwo 
egûéiii 



ti 


li 


firi-tlûi 


eûi 


ni 


ani 


sô 


aso 


jkul 


ejhûni 


anô 


anô 


kelere-md 


iekeremd 


si 


si 


kOH 


ekn 


koii'ûki 


eku'iiki 


mu 


koko 


nnfu 


nofu 


yafum 


nofuru 



Aféina 

krumvya 
elentje 
eivo 
egun 



odije edtje duc elûe^ edùe 

horadye borodye ftana bana, bdnda 

etenda 

koko koko 

haiiki agbn hedè vtfdê, agba 

adua adua aiua aluba 

mâku nifîku mîîku mâku 

aburo abro able 

iikini Ûkini ûgini figi 

emô aure ahure aure 

be be me me 

aijeni at/eni ayî aye 

eûgo eûgo Ûgo iïgo 

:/?, nzfl nzà 

pinio pinto pindo 

iïkâiye iïkâlye f'ig^^fyc fi gale 

kùgo kôgo polombo poyûe 

bosro bosro diki bosro, diki 

ndm nd nd n<i, nde 

adàani arye adye^ alye 

tro hH) 



Baoulù 

krinzùa 
aleûge 
wo 
gw* 

duo 

mdnda 

aienda 

koko 

agba 

aloa 

mâkô 

able 

figi 

ayûe 

me 

ae 

flgo 

nzd 

able-nzd 

f^gtîtè 

apo tomba 

asra, bosro 

né^nî^ 

arye 

tro 



ti ti ti 

li-mwi^ ti mwf' 

iiyè fi'Jf^t fiimajhima ûima^ ima 
zô su 
bwi bwe 
nwdy Itvd nwâ 
tafelema 

komi 

komi'Si 

we 

fiy affiné iiofure 

ko ku 



su 
bwe 
nwd 
tafremd 

yy^ 

komi 

komi'Si 

we 

fiofrt' 

ku 



il6 VOCABUf^AIUES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 



dos 

reins 
derrière . 
pénis 
testicules 
vagin 
main 
bras 
doigt 
ongle 

main droite 
— gauche 
cuisse 
genou 
pied 
jambe 
peau 
chair 
sang 
graisse 



AManti 



ki 



koti 

s/ioha 

que 

sa 

sa-dûa 

sa^nioa 



sa-nifd 

sa-betlkum 

serè 

kotogûe 

nâ 

nâ' ntû 

umâ 

ndm 

mogya 



A brou 



Art 



Zciiia 



kotye 
jhûerewa 
qàé 
sa 

sa-dûa 
sa-ma 



sa 

sa^baka 
sa- y are 



sa-nifâ 

sa'beûkumi 

serè 

kotogûe 

na 

na-ntu 

ohunâm 

ndm 

mogya 



sa'/ema 
sa-bène 



gyake 
gya-baka 

nd 

mogya 

edûi 



Aféoia 

fil 

butumd 

iwa 

ndoma 

ko 

sa 

sa^baka 

sa-ma 

sa-bwi 

sa-fama 

sa^bè 

sowa 

ndgroma 

gya^baka 
umd^ kpro 
nd 

mogya 
dût 



Baoulé 

*i 

ûi 

mulwd 

tœa 

ndoma 

ko 

sa 

sa-kominu * 

sa^'ma 

sa^bwi 

sa-fama 

sa^bé 

sowa 

ndgromd 

gya 

gya-ionUm 

ûmà^ kpro 

ité, ni 

mogya 

lui 



tissu 

pagne 

vêtement 

perles 

corail 

anneau 

or 

argent 

poudre d*or 



nlama 
ntama 
tradye 



nka 
shika 



ntdre 
nldre 
tradye 



nka 

shika 

dzhûete 



ddre 
dâre 
tradye 
a/eré 



ezûka 



etrd tdne 

trdni^ kondro kondro^ ta» 



tradye 

afre 

nefigre^ba 

figa 

sika 



shika-ndûtûre 



gûete 

ezûka-huture sika^mbutre 



trare 

afre 

oneAgre-nu 



gyete^ dan 
sika^'moutr 



chose 

nom 

parole 

palabre 

langage 

prix (valeur) 

talisman 



de, dya 
di 



kasa 

ogwa 

busum 



de^ dye 
di 



de, dye 



kasa 

egwa 

busum 



gàekè 

gûekè 

gûekè 

gwa 

amône 



dikey dye 

duma 

guère 

gûere^ ndè 

guère 

gwa 

amwi 



riktj rye 

duma 

guère , 

ndè 

gûef^ 

g^a 

amwi 



jour (date) 



da 



da 



de 



de, kyTni (e, kyT 



1»AUIJ':S A LA COTli DIVOIKi: 



117 



Assauti 



Ahron 



Zéuia 



Afûuia 



Uaoulc 



durée) 


da 


dn 


(/*» 


flp 


le 




osrani 


rsi'ani 


sarn 


sara 


awnro 


k 




ofu 


afwo 




. . afwe 


afwe 


1 






itvomo 
. nôsitrè 


ngromo 

nosuha 

me-de 


iigremu 
noiwa 








lehe 




meme-da 


mone 






kioasi-da 




, . kesi'de 


kesyt* 


i 




gyO'da 


• • • • • • 


. gue-de 


guère 


■edi 




bend-da 




. mndde 


mand 






ku-da 




. U'de 


we 


edi 




ijao'da 




. ya-rfe 


y« 


u- 




fije-da 




. fwe-de 


fwe 


rd'hui 


ène 


nne 


ène 


ènne 


ne, neke 




ènora 


nnera 


anomd 


anuma 


anutna 


in 


okinî 


akinT 


èjhima 


ajhima 


aima 


demaÎQ 


orikyT 


arikijT 


èdikyi 


arikuT 


aima-si 


le 


okuruy ode 


adere 


èlèni 


ele, elie 


aiie 


» 








dabwa 
^sereki 


ièbwa 


îère 






sàrùku 
séréki 




(surf) 








Eûkra 


Liïkra 


Nha 


Ngra 




>>asl 


Ogwa 


Agiva 


Egwa 


Egioa 






Brafo 




Brafo 


Drafo 




e 




Mnfija 


Asoko 


Mafga 


Mdmvya 


issie 


Kumd'Si 


Kumd'si 


Kumd'Si 


Kumd'Si 


Kumd'Si 


okou 


Dunlulai 


Butuku 


Bonduku 


Bonduku 


Bonduku 




Kpô 


Kpô 


Kpô 


Kpô 


Kpô 


^olU 


Akoroho 


Akoroho 








foire 


Adei^ 


Aderè 




Kumwe •* 






Kumw^ 


Kumwe 


Komwe 


Kumwe 


Kumwi^ 


• 


tànti 


hànti 


Fdnd'i 


Fdndi 


Fdndi 




Asdii^Asdnti 


\ Asdnti 


Azdnde 


Azdndrv 


Aa 




Ahro'mfo 


Borù'invo 


Urô'fdri 


Abonô'fwe 


Abonu'fwe 


• ou 


Gyamâfo 


Abrô-mvo 


Ggamd 


Gyamd'fwe 


Gamd'fwr 


1 


Nlakima 


Wonki'fo 










Pomna-fo 


Domd^mvo 




Doma-fwe 


■ ••••••• 



118 VOCABULAIUES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 



Zéma 

Agni 

Donna 

Sikassourouô 

Assayé 

Bouressya 

Baoulé 

Dyoula 

Koulango 

Nafàoa 

Dégha 

Gbanyan 

musulman 

Européen 

soldat 

cktrckeir U emickiie 



AssaoU 

A won ni 
Ihittafo 

Scjhûi fo 

Duresya 

Bahule 

Wâkamfo** 

Nkord' mfo 

Dànda-fo 

Gyoma 

Nla-fo 



A brou 

Zema-fo 

tionnai'fo 

Bonnai'fo 

Gûabnnc-fo 

Asèi/C'/o 

/Juresija 

DahiiU 

Ngyura-fo 

Nkolâ-mvo 

Pànlara-fo 

Mo 



Zcina 

Zema 
Aoui 



Asèijùe 
AOurevjT 
Bahule 
Kûga 



Aféina 

Zema 

Aûi 

Honda 

S^ktJsO'ftve 

Axéûe 

Aburetya 

Dahuk 

Gt/ûla-fwe 



Uaoulé 

Asoko^fwe 

Aûi 

Bonda^ Bonna 

StkâsU'fwe 



Baute 
Kdga-fwe 



Nkaramo-fo Nkaramo-fo Karamo Karamo-fwe 

Bure-ni Bure-ni Brô-fûrè Brô-fwe 

toûgyâ'fo ioflgyâ-fo zara-fûrè nzarS'fwe 

kôgo-ni kôgo-fo potombo-fûrè poyO'fwe 



KaramO'fwe *" 
Brà'fwe 
soAgyS-fwe ** 
poiombiHfwe 



Notes. — i. Il est à remarquer qu*OQ emploie le même mot, en 
assanii el en abron, pour désigner le a bois à brûler » el le « feu n ; 
le radical de ce mol subsiste en zéma et en agni pour désigner le 
a bois à brûler »>, mais on a un radical différent pour désigner le 
« feu ». — 2. 11 existe d'autres mots pour désigner les rivières : 
asûeba ou astie-o-ba en abron et en aféma, nzûe^a en baoulé 
(Feau qui vient), servent à désigner les ruisseaux qui n'ont pas de 
nom ; bo-nzaen aféma, bro-nziie en baoulé, servent à désigner les 
torrents qui descendent des montagnes ou leur lit quand ils sont 
à sec; agyoma en agni désigne un bief, souvent à sec, qui sert de 
déversoir à une rivière en temps de crue. En composition et placé 
après un mol, le mot abron (7^âe devient ^/ïe (f»t/^ après une voyelle 
nasale) et le mot agni asiie devient nziie : ebwa'Sue(Qbron)f yaebwe- 
fi:;i/^(aféma), « la rivière des pierres ». — 3. Les formes abrégées 
km et krô s'emploient en composition, après un nom d'homme : 
Kofi'kru ou Kofi'krô « le village de Kofi ». On voit souvent sur les 
caries anglaises les orthographes kuriim el krum ; elles sont 
inexactes : kurum veut dire « au village, dans le village », et corres- 
pond au kurô-ro des Agni ; ex. : be fre kxiru ni sef be /re Kofi-kru 
(abron), « comment appelle-t-on ce village? on l'appelle Kofikrou » ; 



PAKU-S A Ï.A COTH iriVOIIU-: 11'» 

7ne ko liurum^ me ko Kofi-hnim (abron), meknkitrô ro, me ko Kofi- 
/.vv;/Y)(baoul6), «je vais au village, je vais à Kofikroii ». — Après un 
nom aulrc qu'un nom d'homme, on se scrl, pour former des noms 
de lieux, d'expressions telles que nu « dans », an « sur, lieu de » 
(vo en aféma et en zéma), ho « sous »,;i//y/ ou anirA « bord, au bord 
de », <w « à lerre, la terre de » (.v/ ou tlsi en assanli et en abron) ; 
souvent, en assanti et en abron, nu se remplace par un n ou un m 
placé après le mot; ex. : Ese-nu (assayé), Escn (assanti) « dans les 
cruches, pays des cruches »; S//Y7-.çM(baoul6), Sikâ-so (aféma) « le 
lieu de Tor » ; Aivhè-bo « sous les arbres à cola »; Dya-nwà « au 
bord de la Bya >>; Lalye-nsc (agni), Dadi-Hsi (abron) « du minerai 
de fer à terre, la lerre du minerai de fer », etc. 

4. Le mol yUgurc désigne l'herbe qui serl à faire les toitures, 
une sorte de chiendent géant; avre veut dire « l'herbe » par oppo- 
sition aux arbres : anre-nu « savane ». — 5. Le mot kpîni^ kpïhi, 
kpïi vent dire à proprement parler « un homme parvenu à la ma- 
turité »; le mot aura ou èura veut dire *i un homme riche, un 
liomme généreux » ; le mot osae {asae en agni) veut dire « un con- 
quérant^ un chef d'armée ». — 6. Les mois kàgarè^ kàganCy kàgani^ 
ne signifient pas à proprement parler « esclave », mais « enfant 
d'homme du nord, d'homme tatoué, de Kàga », les populations ta- 
touées du nord (Sénoufo, Bobo, elc.) fournissant la majorité des 
esclaves des Agni. — 7. Les mots /b, /ù/è, /ive^ s'ajoutent en gé- 
néral aux noms de pays et aux noms d'instruments ou aux verbes 
de métier pour former les noms de nationalité et de profession; ils 
servent aussi à former des noms d'état qui remplacent nos adjectifs. 
Pour les noms de nationalité, on peut ne pas ajouter /o, /ûrè 
ou ftredLW nom du pays ou de la tribu, mais on l'ajoute toujours au 
nom du village. Après une voyelle nasale, fo devient souvent mfo 
ou mro, et /*/6*^ devient parfois mvwe\ ex. (en abron) : Asùnti ou 
Asfinii'fo « les Assanti », Abrô-mvo « les Abron », adu-swa-fo 
u porteur » (de adu '< charge » et swa « porter »), ya-pa-fo « cou- 
rageux » (de f/a « colère », pa « bonne »), Kumà^i-fo (les gens de 
Kouman-si). 

8. Par « pain indigène » il faut entendre une p&le, préparée au 
pilon, d'ignames, de bananes, de manioc ou detaro, préalablement 
bouillis. — 9. Les expressions sa-dtia et sa-baka veulent dire 
« l'arbre de la main » ; sa-kominn veut dire « le cou de la main ». 



120 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

— 10. Les noms des jours de la semaine sont au fond les mêmes 
dans toutes les langues agni-àssanti, mais, en baoulé (et très sou- 
vent aussi dans les autres dialectes agni), on n*y ajoute pas le mot 
qui signifie a jour » {da ou de ou le). 

1 1 . Les Agni qui connaissent la Voila lui donnent le même nom 
qu'à la Gomoé. — 12. Le mot Wàkara-fo vient de Wfigara ou 
Wàkorej nom donné aux Mandingues par lesHaoussa. — 13. Tous 
ces mots viennent du mot mandingue kara-morho ou kara^mo (de 
l'arabe kara « lire »etdu mandingue mor^o oumo « homme »)pftr 
lequel on désigne les lettrés. — 14. Le mot sofigya vient de l'an- 
glais ('. soldier » ; le mot zara ou nzara désigne en agni une troupe 
de gens armés (d'où nzarâ-nu^ sarâ-nu^ en assanti nsèrem ou 
nsèrim « un camp, l'endroit où se réunit une armée »). 

Remarques sur les noms. — l"" Composition. — Dans toutes les 
langues agni-assanti, les noms composés se forment par juxtaposi- 
tion, en mettant le premier le nom du possesseur et le second le 
nom de l'objet possédé ou dépendant ; si le nom composé est formé 
du nom d'un agent, d'un verbe et d'un nom régime du verbe, on 
met le régime d'abord, puis le verbe, puis le nom de l'agent. La 
voyelle initiale des noms disparaît le plus souvent en composition 
dans le motqui se trouve placé le dernier; souvent aussi la consonne 
initiale du dernier mot se modifie lorsqu'elle suit une voyelle na* 
sale (b^ Pf /*, V devenant mb^ mp ou mb^ mf ou mo^ mo\ d^ /, $^ z 
devenant nd^ nt ou ne/, n$ ou nz, nz\ g^k devenant ng ou lig^ nk^ 
fik ou f\g)\ en général les consonnes restent fortes après une nasale 
en abron et en assanti, et s'adoucissent en agni. Ex. : Abrô-fo ou 
AbrO-mfo ou Abrô-mvo (assanti ou abron) « unhommedel'Abron » ; 
troqua- fwe (baoulé) « un porteur, charge- porte-homme ». 

2"" Rapport de possession. — Le rapport de possession ou de dé- 
pendance s'exprime de la même manière : Kofi ti « la tète de Kofi » , 
sika fïga « un anneau d'or ». Parfois, lorsque le possesseur est un 
être animé, on intercale un adjectif possessif entre son nom et 
celui de l'objet possédé : Kofi i ti (Kofi sa tête), Abr(hfo be kuru 
(les Abron leur pays). 

3"" Pluriel. — Les noms forment leur pluriel en ajoutant au sin- 
gulier le suffixe r?ie^ mu^ mû ou mô, à l'exception du mot ba ou wa 
(( enfant » qui fait au pluriel ma^ mais seulement dans l'acception 



\ 



^ 

^ 



PAHLÉS A I.A COTK IVIVOIUE 



121 



^/ d'enfanis d*un mftme père, cl encore on peul faire suivre ma du 
^L saflixe qui indique le pluriel. Mais il convient de se rappeler que 
/ Je suffixe du pluriel disparaît toujours en composition ainsi que 
y devant un nom de nombre ou un mot qui renferme en lui-même 
l'idée de pluralité (comme le mot « beaucoup de » ); de plus le 
suffixe du pluriel disparaît le plus souvent lorsque le nom est suivi 
du pronom de la 3"* pers. du pluriel {be), ainsi qu'après les noms 
de tribus terminés ou non en /b, furè^ /e^;^; enfin les noms collec- 
tifs restent toujours à la forme du singulier {edye^ cliXe^ duo « des 
ignames ») : si on veut les nombrer, ou en forme un nom d'unité 
en y ajoutant le mot ba ou ma « grain, fruit », lequel peul prendre 
la marque du pluriel : edye ha kO (abron) « une igname », edye ha 
nû « cinq ignames », edye ba mîi << quelques ignames ». 



m. - 4DJECTIFS ET PRONOMS 

Note. — La plupart de nos adjectifs qualificatifs se traduisent, 
dans les langues agni-assanti, soit par des verbes d'état (être 
grand, être long, etc.), soit par des noms terminés en /b, fûrè ou 
ftce (voir plus haut). Je ne donne ici que des adjectifs proprement 
dits : ils se placent après le nom qu'ils qualifient et restent toujours 
invariables; il en est de même des adjectifs déterminatifs, excep- 
tion faite pour les adjectifs possessifs, qui se placent avant le nom. 
— Les pronoms sujets ou adjectifs possessifs terminés par e élident 
généralement cet e devant une voyelle; cependant cette élision est 
rare en agni. 



AtMoU 

liane fufu 

ooge 

loir hirï 

Km pa 

itavais là 

iraod 

W» 

elil kuma 

upide kwasya 

ut, tous 



A brou 



Zéuia 



fufu fufdre 

kokore 

biri ble 

pa kpare 

te lane 

lendene 

kasi kpore 
kakra ki 
kwojsya kasya 
koli 



.Aféma 

fu/ive 

kokore 

bile 

kpa 

té 

tendeni 

kpuri 

kakra, kd 

kwasya 

kora^ kokoti 



Baoulé 

ufwe, fufwe 

kokre 

ble 

kpa 

té 

tende 

kpri 

kd 

si'nzi, kwast/a 

krwakriva 



122 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECIES 



• 


Assanti 


moi (sujet) ' 


mCf mi 


tmoi (régime) 


mi 


loi (sujet) 


wo, u 


loi (régime) 


wo 


lui, elle (sujet) 





luiy elle (régime)^ 


^ nuy ni 


nous (exclusif)* 


y« 


nous (incIusiQ* 


antf 


vous' 


amené 


eux, elles 


be 



Abron 

me^ mi, m 
mi 

WOf u* 

wo 

o 

ni^ n, nu 

ame 

amené 

be 



Zéma 

me 
mi 
ho 
wé 



éi, a 



Aféma 

me, IN, mi 
mi 
ê 
wo 

0, a 

• » • 



ye ye 

yame ame 

f/ame-e, be be 

be be 



BaoQlé 

me. M, m 
mi 

wo, è 
wo 

if ii 

ye 

ame 

omft 

be 



mon, ma, mes' 
ton, la, les 
son, sa, ses 
noire* 
votre *• 
leur 

le mien, à moi 
le lien, à loi 
le sien, à lui 
e nôtre, à nous 
le vôtre, à vous 
le leur, à eux'* 

ce, celle, ces " 

celui-ci 

ceci 



mij me 
wo 
oe 

ye, ame 
amené 
be, ba 
me dya 
wo dya 
oe dya 



mt, me 
wo 
we 

ye, ame 
amené 
be 

mi dye 
wo dye 



me 
è 

0, i 

ye, yame 

yame-e^ be 

be 

me dye 

è dye 

dye 



we dye 

ye dya/ime dya ye dye,ame dye ye dye 
amené dya amené dye be dye 
be dya be dye be dye 



m, yi 
nt, yini 
ni 



en, du, de la, des bya 
quelque chose de bya 
quelqu'un enipè kô 

rien •• de fi 

personne enipè fi 



14 



qui 

que»* 

quel? 

qui? 

quoi?** 



mo, 
bo 
hohi 
wd 
vtzti, nsu 



nt, yt 
ni, yini 
ni 

bye 

de bye 
nipè kô 
défi 
nipè fi 



mo. 
bo 

yahi 
wâ 



nzu, nsu 



nyd 
nyâ 
nyd 

bye 
de bye 
Mena kô 
de fire 
sena fire 



wonye 

wd 

nzukê 



mt, me 
wo^ é 

• 

t 

ye, ame 
be 
be 

me dye 
é dye 
idye 



mt, me 
wo 

m 

t 

ye, ame 
omft 
be 

mi rye 
wo rye 
irye 



ye dye/ime dye ye^rye^ en 
be dye amU rye 

be dye be rye 



ni, ne, ka 

yeka 

eka 

bye . 
dike 

menyâ kô 
dike fi 
menyâ fi 

me), 

bà 

honi 

wd 

nzu 



Aga^ yem' 
ûga,ye 

ûe, bye 
rike 
sonâ kô 
rike fi 
sànd fi 

ma, 
bà 

woni, bo 
wd 
nzu 



Ifoies. — t. La forme la plus généralement employée est me, 
dont Ve s'élide devant une voyelle et souvent aussi devant une 
consonne; mi ne s'emploie guère qu'au futur, — 2. La forme w, 
enassanliet en abron, ne s'emploie guère que dans les phrases 
négatives ou interrogalives; Vo de fco s'élide devant une voyelle. 

— 3. La forme a s'emploie assez rarement^ el seulement devant 
un verbe d'élat el lorsque le sujet est indéterminé. — 4. La forme 
do pronom régime de la 3"" pers. du singulier varie beaucoup selon 
la terminaison du verbe ou de la particule de conjugaison ou de 
négation qui le précède; on peut d'ailleurs, presque toujours, le 
supprimer sans inconvénient. La négation ma^ suivie du pronom 
régime de la V ou de celui de la W pers. du sing., se contracte 
avec eux pour donner les formes mo (2® pers. dans toutes les 
langues agni-assanti), me {S"" pers. dans les langues zéma et agni). 
Le pronom sujet de la 3"" pers. peut se supprimer lorsque le verbe 
a un substantif comme sujet. — 5. Le pronom ye implique la 
personne qui parle el celles à qui Ton parle, h Texclusion de celles 
devant lesquelles on parle. — tJ. Le pronom ame ou yame implique 
la personne qui parle et toutes les personnes présentes. — 7. Même 
dans les dialectes qui ont une forme spéciale pour la T pers. du 
pluriel, on remplace souvent cette forme parcelle de la S*' pers. du 
pluriel, ou bien on les emploie ensemble : « Vous allez » amené ho 
ouieAo ou amené be ho (assanli). — 8. La forme habituelle est mi\ 
on n'emploie en général me? que devant des noms monosyllabiques 
terminés par le son i ou le son ye. Il y a pour les expressions 
« mon père » et « ma mère » des formules spéciales qu'on trouvera 
auxphrases et exemples. — 9. Voiries notes 5 et 6. — 10. Voir 
la note 7. — 11. Les pronoms possessifs sont des expressions qui 
signifient « ma chose, ta chose, etc. ». — 12. La forme m joue 
quelquefois le rôle d'une sorte d'article défini, à peine démonstra- 
tif. —13. Les expressions usitées pour dire « rien «et «personne», 
et qui signifient « aucune chose, aucun homme », demandent à 
être accompagnées de la négation, comme en français. — 14. On 
peut remplacer la forme mo ou mù par le simple pronom sujet o, 

— 15. Le pronom conjonclif régime peut se supprimer, mais alors 
I faut toujours exprimer le pronom personnel régime à la suite du 
erbe^ chose qui n'est que facultative si on fait usage du mot bo ou 
'! : « la chose qu'ils veulent », rikc bù be hno ou vike be hure on 



124 YOCABULAIRI^S COMPARATIFS DE I.ANGUBS OU DIALECIES 

rike bô be /cure (baoulé). — 16. Le mol nzu est souvent suivi 
verbe « être » ou du verbe « aller » : nzu-ho (assanti)i nzu-ya 
nzu-ko [^hvQïï) ^ nzu-ho^ nzu-wo^ nzu-ko (agni). 



iV. — LES YEaSES 



AtsanU Abroo 



Zéma 



Aféma 



Baoulé 



aller ko ho ko kà^ hô ko, wo 

partir ko ko ko kd^ hd ko, wo 

venir, arriver* bà ba ba ba ba 

venir de fi fi fl fi fi 

rester debout gind gind girT ginà ginà 

s'asseoir* Irdse trdse trdze Irâse trd$e 

se lever sori ton gûazu gyaso gyotu 

se coucher da da da da la 

dormir ada da dafi dafe lafi 

courir ndndi ahôndi awônii 

tomber wi ià ta là 

mourir wu hu hu ahu au 

être (verbe attrib.) ti ii le ii^ te ti 

être (dans un lieu) ho ya, da wo wo^ ho wo 

ne pas être (attrib.) ne 

ne pas être (m ii IIm) numa numâ 

prendre fa fa fa fa fa 

apporter fa-bra fa-bra fa-bala fa-bla, blé fa^bra, br 

emporter* fa ko fa^ko fa-ko fa-ko fa-ko 

aimer kuro kuro kuro kuro kuro 

chercher kendè kundè 

appeler î fre fre fre /rc, fco-rt* fre 

comprendre ti ti de ti, te ti 

voir hû hû hû ahû awû 

connaître nt, nim nyumû si si 

dire se se se se se 

m 

parler kasa^kâ kasa^kà ka kâ, gyûgyo kd^gyûgy 

manger (verbe uitre) di arye di alye di arye 

manger (verbe ictif) di - di di di di 

boire num^nô nô nô nô nô 

frapper bo bo bo bo bo 

battre fi fi fi fi fi 



l'AKLKS A LA COTE D'IVOIKE 



125 



AsMiili AI) l'on 



Zôiun 



Aféma 



Haoulë 



/m bu h H Im 

kw*: liwe kpè 

paki paki kpaki 

ma, kffc ma, kijfi ma. <yi/c wa, qye 

(ù lo lo to 

nua fô 

(wk iclif) seré serè zerà sert 

(vHie Mitre) fnsa bisa biza hisn 

pu pu kpu,unzi 

gijare bija bija, unzi 

kum kft kn ku 

s II s fi su su 

sere s^re ziri sin 

ie-hume le-hume de^humije 

reux sô sô sô sa 

awo awu ahu 

e afo afo adua 

5 dùyarè di-yarc U-^ûyakê di-yarê 
dâse dflse dâze dàse 
le le dtf, le rfc, le 
yo, di yo^ di yè, U yo^ di 
jour) akl akî balû aqyt 
id.) azfî osa azâ asd 
ki ki ki ki 
sdûgi 

9U^^ 7.'/û, tyû 

lua-kaké tûa^kare 

tiiie line luiïwe litige 

li-gûekè di-gûet^e 

nanti nanti lia nandi, tu 

' la télé) swa swa 

SO tra, sô 

tuke-zu tike-so 

tûa-zure kala^so 

fo fu 

gyu-aze qyu-ase 

wuru wuru wuro wuru 

fite fite /inde fite 

sùsu sihu sùnzit sûsu 

porteur) su su zu su 



bu 

kpè 

kpaki 

ma, kye 

tù 

lô 

srè 

bisa 

kpu, unzi * 

unzi 

ku, kû 

su, su 

sri 

U'umye 

sô 

au 

alua, afafa 

di'yarè 

dâse 

le 

yo, di 

akyr 

asd 

ki 

ydfigi 

9H^ 
lûa-karé 

tiiige 

kdndê 

nati 

siui 

tra, sô* 

tike^su 

kata-su •• 

fu.fù 

gyûla 

wuru 

fite 

stinzu 

sua 



12<i VOCABULAIHKS COMI'AIUTIKS DK f.ANGUES OU DIAI.ËCTES 

Asânaali Aliroii Zciua Aféma Baoulé 

relourner (sir ses jus) • sya sijay sa sa 

déchirer li li ..... 0' tUi 

avancer jhnnu di-ninu 

envoyer somn snmn zoma sumd sumâ 

poser, mettre nûra wura hura ura 

garder sifc sye zye jri/e sye 

m 

obtenir nijâ nytl nyï fiytl aûytl 

oublier wiriîfi wurtlfi hurtlfi nrâfi 



Noies. — 1 . Le verbe 6a fait à l'impératif et au subjoQCtIf 6r^> 
ou bla[bala en zéoia). — 2. Le verbe tràse ou tràze veut dire exacT- 
tement « demeurer par terre » (/m fisc ou trà nze)\ le radical tr^^ 
tout seul signifie <c demeurer, rester assis, rester». — 3. Lesverb^ 
fa-bra eifa-Zw sont composés chacun de deux verbes (prends-vien^ 
prends-va); aussi doit-on mettre le régime entre les deux : faary^ 
bra « apporte la nourriture », fèi ko « emporte-le « (baoulé): le 
verbe blè ou brè esl un verbe simple. — 4. Le verbe fre s'emploie 
dans le sens d* « appeler »> el dans le sens de « nommer n ; quant 
à Texpression ho-ri ou wo-ri (qui est pour bo ri^ prétérit de io), 
elle ne s'emploie que dans le sens de « nommer » : be ho-ri sel 
M comment l'appelle-t-on? » (pour be bo ri i duma set on a frappé son 
nom comment?). — 5. Le verbe ma veut dire simplement « donner, 
mettre en mains »; kyc veut dire <« faire cadeau de ». — 6. Le 
verbe kpu ne s*emploie enagni qu'en parlant du linge; unzi s'em- 
ploie dans tous les cas. ^— 7. L'expression dose ou dâze est une 
contraction de da use ou de âse^ « se coucher par terra » ou 
« prendre de la (erre », allusion à la coutume qui consiste^ pour 
exprimer sa gratitude, soit à se prosterner contre terre, soit à 
prendre une motte de terre et à la déposer aux pieds de son bien- 
faiteur. — 8. Le verbe yo signifie « faire » dans un sens général; 
di ou li s emploie dans des expressions particulières, telles que 
« faire du travail, faire (l'extraction de) l'or, faire (le métier de) 
soldat, etc. » — 9. Le verbe Ira signifie « s'emparer de, saisir » ; 
so veut dire «attraper au vol, recevoir dans ses mains ». — 10. Les 
verbes qui signifient « ouvrir » et « fermer » veulent leur régime 
entre le verbe proprement dit et la particule {zu^ zure^ so^ su) : 
tuke alaka zu « ouvre la caisse » (zéma). 



l'Aiîi.i'.s A i.A cfni-: invoiui-: vi 



V. — 1.1 COIVJUGAMOIV 

Je donne ci-après les types des temps les plus employés en as- 
sailli el en haoulé. Comme je le dirai après, les conjugaisons des 
autres dialectes peuvent toutes se rapporter h Tun de ces deux 
lypcs. — Je ne donne que la première personne de chaque temps ; 
pour avoir les autres, il suffira de remplacer le pronom de la 
f'pers. par le pronom sujet convenable (voir le tableau des pro- 
noms et les notes qui suivent). 

I' Verbe actif ou neutre commençant par une lettre autre que 



«a w : 



Asâaott Baoulé 



je mange ou j'ai mangé me di ou m di me di ou m di 

ou je mangerai 

je sois en train de manger me le di me su di 

j'ai mangé m'a di me di ri et mVT di* 

que je mange m*ùn di ^ m'àn di ou mi n di * 

mange di di ou di e * 

manger di di 

action de manger di-re di-re ' 

i* Verbe actif ou neutre commençant par « a » : 

La conjugaison est la même, sauf que Va initial du verbe s'élide 
&près toute voyelle autre que e; Ve final de certains pronoms sujets 
et de la particule le s*6lide au contraire en général devant Va initial 
du verbe qui subsiste, quoique le contraire aitlieu aussi quelquefois ; 
enfin le pronom sujet o de la 3^ personne se retranche souvent : 
« il meurt », o'u ou au (baoulé); « il baisse », o*zà ou azn (assanti). 

3* Verbe passif : 

AssaoU Baoalé 



je SUIS mangé, ou j*ai été mangé 


m'adi^ 


m'ùdi^ 


^«je serai mangé 
je suis en train d'être mangé 


me le àdi 


me su fidi 


i'*' clé mangé 
êlre mangé* 


m'a ndi 
ùdi 


m\^di ri 
àdi^ 



128 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

4° Verbe négatif: 

AftMDti Baoulé 



je ne mange pas, ou je n*ai me n di* me di ma ou tnediâ** 

pas mangé 

je ne mangerai pas mi n di** m'a di mû 

je n'ai pas mangé mVTndtoumen cfii/i** me nia di ri ma " 

ne mange pas nâ di nâ di ou nô <fi e** 

n'être pas mangé nei di nâ di ** 

Les verbes commençant par « a », à la voix négative, se conjii* 
guent comme les autres, sauf en ce qui concerne les élisions, les- 
quelles se pratiquent comme il a été dit précédemment. — Les 
verbes passifs ne s*emploient guère à la voix négaitive qu'au temp 
indéfîni {me n &di^ nCàdi mâ)^ au prétérit {nCân àdi^ me nia &di 
mû) et, en baoulé, au temps de volition {me su &di ma, je ne veux 
pas ôtre mangé). 

Notes. — 1. Vn se change en m devant m, d, /i, /, t^ et en /l 
devant ff et X:, généralement; les pronoms wOy ye^ ame^ aniene^be^ 
élident leur voyelle devant les particules ^7 et an; à la 3* personne, 
on a â 6b' « il a mangé », n*ân di « qu'il mange »; on peut aussi, 
pour le subjonctif, employer le temps indéfini précédé de A*^ « que ». 

— 2. Le vrai prétérit en baoulé est me di ri ; la forme mVî di signifie 
proprement que Faction est proche, soit dans le passé, soit dans le 
futur, et peut se traduire par « je viens de manger » mais aussi 
par « je vais manger » ; la voyelle finale du pronom wo de la 2* per- 
sonne s'élide devant la particule â] les autres pronoms en général 
demeurent intacts ; la particule ri du prétérit devient le plus souvent 
ni après une nasale ou un u; lorsque deux verbes se suivent im* 
médiatement^ n se place après le second : beko se ri « ils sont allés 
dire». — 3. L*n devient m devant m, b^p^ /.velfl devant^ et A:; la 
forme m' an di ou mi n di ne s*emploie qu'à la l'* personne; aux 
autres, on se sert du temps indéfini me (/i précédé de^^cc que »; à 
la 3'' pcrs., on a aussi mô di. — 4. La particule e (généralement o 
au pluriel) est explélive et se place après le régime s*il y en a un. 

— 5. Le suffixe re du nom d'action, souvent prononcé/^, r^ou /^, 
devient en général ne après une nasale ou un t/; plusieurs verbes ont 
un nom d'action irrégulier, comme gyiigyo a parler », qui donne 
guère « parole, langue », et giigûere « prononciation, façon de 



PAHLKS A LA COTK D'IVOIUK 129 

parler » ; la/i « dormir »>, qui donne Infre « sornineil »», etc. — On 
a en baoulé un leinps supplémentaire : vie su a di « je commence 
à manger ». 

6. Les verbes commentant par rt, qui d*aiileurs sont presque 
loiis des verbiîs neutres, n'ont pas de passif. — 7. La voyelle ;i qui 
caraclérise le passif ne s'élide jamais, mais la voyelle finale des 
pronoms sujets peut s'élider devant elle el le pronom o peut dis- 
paratlre. — 8. Le verbe passif a, en baoulé, un temps supplémen- 
laire : me su û udi « je vais être mangé ». 

9. La négation assanti n devient généralement m devant m, h, 
lujy t' et n devant g et k\ la consonne qui suit peut s'adoucir {b en 
m.f^w r, le en^, /? en 6, ^ en :; et / en «Q. — 10. Les autres per- 
sonnes sont semblables à celles du temps précédent, sauf qu'on 
dit le plus souvent u n di à la V pers. — 11. La voyelle finale des 
pronoms sujets disparaît le plus souvent devant ân\ le pronom wo 
devient souvent u ; le pronom o ne varie pas. — Vn de un subit 
les mêmes modifications, s'il y a lieu, que la négalion simple n 
(noie 9), de plus elle est peu sensible devant un h et alors le ton 
de la voix ou le geste indiquent seuls que la phrase est négative : 
ïïiàhunu (pour m un hn nu) « je ne l'ai pas vu ». — La forme 
^nen di yi ou encore ni! un di iji se reconnaît dans les expressions 
m wa yi (pour o m ha yi) et o ûm ma-y (pour o ûm ma yi) a il n'est 
pas venu ». — 12. La forme me di tnô peut s'employer dans tous 
les cas; la forme me di n ne peut s'employer que lorsque le verbe 
esl suivi d'un régime ou d'un attribut. — 13. La forme me nia diri 
«i^'ou me nindi signifie « je n'ai pas encore mangé »; la forme du 
passé simple me di ri mû est peu usitée et on la remplace par le 
Icmps indéfini {me di mû), — 14.. Aux autres personnes de l'impé- 
ralir, le pronom se place avant n/7, sauf le pronom ^^ : « ne mangez 
pas », amti nû di o ou nû he di o (voir aussi la note 4). — 15. On a 
eQ baoulé, à la voix négative, un temps supplémentaire : menu di 
""S « je ne veux pas manger ». 

Ite/nart/ues ^aur les autres dialectes. — La conjugaison affrô est 
exaclement la même que la conjugaison asûuti; la conjugaison 
^Wf/est également la môme sauf que le nom verbal est di-Âè (au 
liou (le di-re) et que la conjonction du subjonctif est mo (au lieu de 



130 VOCAIîUr.AIIŒS COMrAKATM'S \)E LANfUîES OU DIALECTES 

La conjugaison a/ema est la nicme que la conjugaison haule^ 
sauf que : 1* « je suis en Irain de mangor » se dil à la fois me le di 
comme en assanli el me sucli comme en baoulé ; i^ niû dis, presque 
toujours le sens passé, comme en assanli, bien que la forme me 
di ri existe aussi, comme en baoulc; 3** la négalion s'exprime à la 
fois comme en assanti {me n di) et comme en baoulé (me di ma). 



VI. — PLACE DES RÉaiHIES 

Le régime se place toujours après le verbe, sauf à l'infinitif (voir 
plus loin). Si le verbe est suivi d*une particule, comme yi ou n\ 
ou d'une négalion, comme pnû ou â^ le régime se place après la 
particule ou la négalion. (Exception est faite pour e et o, particules 
exclamatives de l'impératif, qui doivent suivre le régime.) 

Lorsqu'il y a plusieurs régimes, on place le premier le régime le 
plus court, quelle que soit sa nature. Si les deux régimes sont des 
pronoms, on place le régime direct le premier, ou mieux, si le 
sens n'a pas à en souffrir, on le supprime. 

Dans les verbes composés de deux verbes (comme /in-dra, /a-ko) 
ou d*un verbe et d'une particule {tilke-zu^ iike-su), on place en 
général le régime direct entre les deux verbes ou entre le verbe et 
la particule, el le régime indirect, s'il y a lieu, après le second 
verbe ou la particule. 

Lorsque le régime est un pronom de la 2* ou de la 3* personne 
du singulier, il sô contracte souvent avec la voyelle finale du verbe 
ou avec la négation qui le précède ; ces modifications sont apprises 
par l'usage. Le pronom régime de la 3*pers. du sing. se retranche 
toujours après la particule yi ou n, et souvent dans les autres cas. 

Le régime direct de Tinfinitif se place en général avant ce dernier: 
â ivirafi odye io (assanti), « il a oublié d'acheter des ignames ». 
Cependant : 

1^ L'inversion n'a pas lieu dans les expressions composées du 
verbe (/i ou H et d'un nom, comme di ri/ce (baoulé) « manger quel- 
que chose », di bâta (aféma) « faire du commerce », di gj/umà 
(assanti et agni) « travailler », etc. ; 

V Avec les verbes de mouvement, tels que ko^ ba, /?, et avec les 
verbes kuro « aimer yy^kora « pouvoir », on place le régime direct 



l'AULKS A LA COTi: Il IVOIIM-: |;{î 

iiuliirériMninciïl avaul ou après rinlinilif qui suil ces veibes : me 
kotifi nzHe (baoïilé), « je vais boire de Teaii » : o // Lora edtia paki 
vassanli), « il ne peul pas fendre le bois ». 

Kn général, il esl plus élégant de remplacer par le nom verbal 
l'inlinilif accompagné d'un régime direct, et alors ce dernier, de- 
cnaiil régime d'un nom, le précède nalurellemenl : o a ivirafi odt/e 
lo-re^ /) /i'ora édita paln-re. 

Le verbe passif ne peul pas avoir de régime dans les langues 
agni-assanli ; la phrase « ce bœuf a été acheté par Kofi » devra se 
tourner « ce bœuf, Kofi Ta acheté », mi/>^/V(?n/, ^f)//o // io m(assanli). 

VII. — ruiiAUEH ET EXEiNrLES 

Outre quelques exemples des dialectes assanti et abron et de la 
langue zéma, je donne ici des mots et expressions de divers dia- 
lecles agniqui m'ont paru difiTérer des mots et expressions corres- 
pondants en baoulé (exception faite pour les mots afémaqui figu- 
rent déjà dans les vocabulaires qui précèdent) et enfin des mots et 
expressions baoulé qui ne se trouvent pas dans V Essai Je manuel 
de la langue agni. 

Asdnii. — Mon père, me gt/a; ma mère, m'abreœa ou me nà\ 
mon fils, me ba. Viens, bra ; va-t-en, ko. II esl venu, oba ono n ba ; 
il n'est pas venu, omma yi. 

Où esl-il? ho hif il est au village, o ho /cunon; va lui dire de 
venir, ko fre nu n'&m bra (va appeler lui qu'il vienne). 

Quel est ton nom? ivo disèhl (ton nom comment); je m'appelle 
Kofi, ou Kouabran, ouKouakou, mcdi Kofi^ se Kwabrà,, sèKwaku. 

; A qui est ce pagne? wà dija ntama nil il esl h moi, me dya ; c'est 
àluijOerfyû. 

Comprends-tu Tassanli? wo ii Asànti kasa? je ne le comprends 
pds, me n ii. Connais*tu cet homme? (/ nifn enij)èf je ne le connais 
pas, me n ni nâ; l'as-tu vu? u hu ;i;*? je ne l'ai pas vu, m'/7 hu nu. 

Que dit-il? o se nsu-ho^f ]edh que je n'irai pas, me se kèmi'f> ko. 

Abrô. — Mon père, m'agga; ma mère, mi no\ mon fils, mi ba\ 
^on village, mi kuru\ leurs yeux, AV/m; leurs oreilles, b'âso\ leur 
'touche, Inlnô: leurs dénis, besi: leur cou, b'ekr/. 



U'I VOCABUr.AIRES COMPAUATIKS I)H LANGUES OU DIAfJSCrES 

Viens, ôra; venez, amené ôra;ya, ko\ allez, amené ko\ je vais a 
village, me ho /curum\ il est venu, o âba\ il n'est pas venu, o ni 
ma-ji (souvent prononcé o tlm 'aj/). 

Où est le roi de TAbron? Hord Inni o t/a /ti'i il osl ou village, o// 
kumni ou o y a latrum nulià\ il esl ici, o ija lui ou o (la ha; il n^es 
pas ici, il n*y en a pas, o n da lta\ il esl là, o ya dafà. 

Va le chercher, ho kè /re-n (pour ko kè loo fre ni, va que lu ap 
pelles lui). Comment Tappelle-t-on? be /re wo set on m'appelli 
Kofi, be fre mi Kofi\ mon nom esl Kouabran, me dx Kwahrà. 

A qui est cela? wà dye m? c'est à moi, mx dye. 

Comprends-tu Tabron? wo ii Aborô be kasa? (lu comprends 
Abron leur langue?) je ne le comprends pas, me n ti. 

Connais-tu cet homme? ii nyum enipè yi? ne connais-lu pas cei 
homme? u n nyum enipè yi? je le connais, me fiyumù nu; je ne U 
connais pas, me n nyumû nu. L'as-tu vu? wo hu nit je ne l'ai pas 
vu, m'a hu nu (pour m\in hû nu). 

Que dit-il? o se nsu? il dit qu'il partira jeudi, osekèo ko ku-da 
je n'irai pas aujourd'hui, mi n ko nne. 

Merci, m (/ôf^ ou m da âse\ merci beaucoup, m dàsejn oumdâsi 
papa. 

Zema. — Mon père> tf^ya ou m^ 2^; ma mère, omà ou me ni 
mon pagne, me dàre. 

Je vais au village, mekosûazo ro\ je pars, m'oko; viens^ bala; je 
viens, m ba; viens boire du tafia, bala mo ye nO Brôfûrè zà (vieni 
que nous buvions Européens alcool); je veux boire de l'eau, mk 
karo m' an nô ziire mbye. 

C'est bon, c'est bien, le krama\ c'est bon à manger, le kpan 
mo be di a (c'est bon que ils mangent lui); ce n'est pas bon, m 
kpare\ c'est mauvais, le iane. 

As-tu compris? w'à del n'as-tu pas compris? w'àn det je com« 
prends, me de\]^ n'ai pas compris, m\lnde\ je ne comprends pas. 
mende. 

U vient raconter son affaire ba U giiekè ; que dis-lu? wo se nzu- 
kèf Comment t'appelle-t-on?/*^ be /re wi'! comment Tappelle-t-onl 
kè be /re èi et on l'appelle Kofi, be /re Kofi. 

Apporte-moi de Teau, /a zûre bala; emporte-le, /a ko (prends 
va) ; attrape-le^ so èi e; demande-lui quelque chose, biz 'èi e de bye. 



i»ai{|j:s a la cotk invoiUK uva 

Où est-il? wo niiP.Til il csl îi la maison^ o tro i sftè ntt/ià (il csl 
a maison dans). Ouvre la poric, iu/^e anohir, ouvre celle caisse, 
Nkû nlaLa nt/H zh; ferme-ia, (li 'èi zure. 

Ils moulent sur la montagne, ôr jo hoka nijà zttro (ils monlenl 
nonlagne celle sur) ; ils descendent h terre, be f/yu rize\ entre ici, 
euro kc\ je viens du Baoulé, me fi Jiahulc lo yè m hn (je viens 
îaoulé dans el j'arrive) ; demain j'irai jusque-là, èjliima me gyfilo 
demain j'atteindrai là) ; je suis malade, me hii yè me hyane (mon 
:orps fail moi mal). 

11 esl grand (de laille), o le (endene; le chemin esl long, c'esl 
oin, adone le lendene; il esl gros, o le kpore; il esl très gros, o le 
ialane:\l esl pelit (de laille), o le zina. 

Bonjour (le matin), yà, alii o ou ya, ajhi o (quand on s'adresse à 
un homme); omo, aln o (quand on s'adresse à une Temme). — Ré- 
ponse à la salutation précédente : èyaô, egya, aère o (quand on 
s'adresse h un homme); èyaô, omo^ aère o (quand on s*adresse à 
une femme). 

Bonjour (dans le milieu de la journée), ndya, fia o (à un homme), 
omù, Cm (à une femme). — Réponse : èyaO^ ndya^ nati o (à un 
homme), èyaô, omn, nati o (à une femme). 

Bonsoir : ndya, anu o (à un homme), omà^ anu o (à une femme). 
— Réponse : èyaô^ îidya, aosi o (à un homme), èyaO^ omoy aosi o 
(aune femme). 

Formule de commisération (à un malade , à quelqu'un en 
deuil, etc.) : yiî/io. 

Buresya. (Ce dialecle esl 1res voisin du dialecle aféma; comme 
dans ce dernier, on parle du nez, on remplace souvent u par o, 
on emploie le // el ley/i, el la conjugaison a des formes emprun- 
léesà l'assanli et au zéma ). — Porteur, adii-swa-ftoe; soleil, sïnze: 
à droite, fama ou fama-so; h gauche, bè ou bè-so; pirogue, elie\ 
l^aril^Àa/w; emprunt, bost/a; se laver, bya; riz, at/re; lamantin, 
f^c\ caïman, alei>ge; rivière, a^iie; cilron, domu. 

Arishyï, (Mômes remarques que pour le bouressya; de plus les 
Arissyin se servent beaucoup de mois propres au zéma; le zéma 
^sl d'ailleurs compris par tous les Arissyin ). — Pirogue, e/iç ou 
^'^; igname, eliie ou ///o; papier, karla (caria) ou wnii (peau): 



i:i^ VOCAUUr.AlKES COMPAUATIKS DE LANC.UliS OU DIALECTES 

montre, /m/i (anglais « walch »); heure, do\ table, tabele (français 
« table »); chapeau; kele^ /cere; livre sterling, kpondu (anglais 
« pound ») Français, Frûze; Anglais^ Aglezi ou Aglesya; merci, 
mdow ntffic\ je comprends, me ti\ je ne comprends pas, menée 
ou meii m/7; je n'aime pas, me à guro nu me kuro mâ\ tout, k- 
koti. 

Asini. (Mêmes remarques que pour l*Arissyin). 

Sflmviide Krinjabo). — (Même dialecte que raféma). — Papier, 
um/i {peau); casse occidentale (faux quinquéliba), akendé-^luba; 
pérodictique (animal noclurne et hurleur), aila; pangolin, akplare\ 
avancez, be jhnnii ou be tu o\ marchez, be nandi on de nànde; 
écrire quelque chose, ura dike umà nu (mettre chose papier 
dans) ; orange, kuiu; orange douce, bro/we kulu; se laver, bya 
d'où le nom de la rivière de Krinjabo ); soleil, sïnze ou ûa\ 
soldat, nzara-fwe\ doucement; koso-koso et bleble; vérité, nahurè; 
c'est vrai, nahur'oi tribu, ama; ici, ama; ici, fà; là, brè\ là, parla, 
lohàjosa ; pagayer, tamga ; singe voxige^atûeye ; plateau, étendue de 
terrain entre deux vallées, eti (les Agni de Test comptent les dis- 
tances par le nombre des ett)\ torrent, creux d'une vallée, bonza; 
pirogue, ele et elie; pigeon vert, poroi gros escargot, kereiete; 
mangue, amâgo; carrefour, figwànda {fikwànta enabronet en 
assanti, Uganda en bonna et en baoulé); petite antilope grise, 
kelebo\ navire, mhri\ sur la montagne, boka sa. 

Afema. — Singe jappeur, kott\ taon noir, tûi; tout, kora ou 
krwa ou krwakrwa ou kokoli; un franc, sile kô (anglais « shilling m ); 
1 fr. 50, sile ne fà ; fr. 60, taku fà ; fr. 50, taku ou Frdze taku 
fà\ fr. 30, simpipa\ se laver, bya\ visage, jhinu\ bougie, krâne 
(anglais « candie »); école, sukuru (anglais « school » ); allu- 
mettes, makyizi (anglais ce matches » ); verre, /lf^ran:;df (anglais 
« glass » ); pétrole, ngrezi (anglais «kérosène » ); factorerie, 
fyàdi (anglais « factory » ): pluie, nyamye ou nzûe\ esclave des- 
tiné au sacrifice, adumu-ficex porc-épic, koioko; assiette en métal, 
preli (anglais « plate »); derrière, bulumà et buiwà; noix de coco, 
agùe\ vêtement intime des femmes, sare; coussinet (queles femmes 
placent à la chute des reins), keywa; ce, cette, ces, ni ou ne; il 



rAïu.Ks A LA coTii: hiYoïrj-: 1^5 

ne comprend pas, o n li ou n ti nw: comment appcllo-l-on cela? 
hc /to-ri se'! ou i tlunui ti se? — Salulalîon (on arrivant dans un 
village) : a/ti o on f//7ii o: réponse : at/o^ ahtrâbo ou ayo^mvre 0. — 
Salulalion (à un ami qu'on iTa pas vu depuis longtemps) : y^/ //a 
l/n ya.,. ahi o\ réponse : ai/o^ akirtlho. — Salulalion (du dernier 
arrive au premier arrivé) : dutufca ou (honwa mn\ réponse : ayo^ 
arisyJ 0, — Salutation (à quelqu'un qui revient d'un voyage) : 
ahwtlhn. — On dit ndya en parlant à un homme, nana ou aura en 
parlant à un vieillard ou à un chef, mo en parlant fi une femme; 
les hommes répondent ayo ou hya aux sahilalions; les femmes 
répondent ae ou ayo. — Merci : mô ou nf/se. 

Beiie. — Je m'en vais, m'a hù\ beaucoup, mbo/to ; cet homme, 
snnf7/ca; homme (opposé à femme), brinziia\ femme, brèsiia; mon 
père, me si; ma mère, vie ni; mon fils, mo wa\ va, /v) ; lève-loi, 
(lyaso ; viens ici, bra jà\ merci, nfni ou mô\ je remercie, m da 
âse ou m mise. — (Le dialecte des Beltiénoufoué est presque 
identique àl'aféma, mais il emploie plutôt les d là ou les Aféma 
emploient les /; les formes de conjugaison d'origine fanti ou zéma 
(négation n par exemple) sont moins fréquentes que dans Taféma). 

Ndenye. (Même dialecte que le Bettié). — Caméléon, rf(?rfo/r<?; 
iine, a fuma; école, sulcuru (anglais « school »); porc-épic, akro/co 
ou koloA'o: hyène, hoLokœaku et bogrohofi\ amande de noix de 
coco, brùfioe-agûe; quoi de nouveau? amituye"! demande les nou- 
velles, bisa amônye'i ruisseau, asiic-o-ba ou astie-ba; rivière, astie\ 
plaleau entre deux vallées, eii; bière de maïs, pindo; caoutchouc 
(^u\Aé)famane ou amale; caoutchouc (coagulé), />o////e; chercheur 
de caoutchouc, poyo-fwc ou payiie-fae; sur la montagne, boka sd 
Oiibokasu; singe rouge, ici; singe jappeur, kori; petite antilope 
îçrise, keiebo; éléphant, asili et aswï; gibier, viande, nu et nàe; 
"mesurer, siisil; avancer, di nimi; marche devant moi, di mi ninu; 
loul, /;rwa ou koraou knvaknva ; commenirappelle-l-on?() ho-ri se? 
ou wo-ri .vè? ou i duma fco-ri se? eau de senteur, anatre ; vêtement 
'nlime des femmes, snre\ coussinet (que les femmes portent à la 
^huledes reins), kèywa ou /'unibo; se laver, bya\ se coucher, da: 
^0"leau, dadye: le mien, me dye\ être, aller, se trouver, lio\ ici, 
(''y ha\ là, brCj lokn: ce, celte, ces /// ou ne et ka\ poisson. egiic\ 



136 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

igname, ediïc\ banane, htlnda; manioc, vedè; deux^ fiyûfl; slupide, 
kwasya\ salul, nid o el afii o\ réponse : aJavâbo. 

Asaye. (Même dialecte que le Bel lié et le Ndényé, mais avec 
quelques traces d'inlluence assanli). — 1 /d, 2 />yJ, 3 nsày 4 nâ, 
5 nu y 6 nayly 7 w.vo, 8 mokfte^ 9 ohgorà^ \ buru ; mon père, fi gya 
ou me sye\ ma mère, mo ou me ni\ mon fils, mi mxi\ village, kuTÔ\ 
maison, ma ; feu, ^i ; lerre, asye ; viens ici, hra fl ; va-t-en, ko ; c'est 
bien, o tipa\ à droite, fama\ à gauche, bè. 

Dadiesu. (Même dialecte que les Sikassoufoué, c'est-à-dire on 
dialecte intermédiaire entre Taféma et le baoulé; cependant la si- 
tuation des Dadiessoufoué, entre les Bouressya et les Assayé, a in- 
troduit dans leur idiome des tournures al'éma qu'on ne rencontre 
pas chez les Sikassoufoué). — Minerai de (er^dadie; couteau, dadye 
ou lalye ; pirogue, aie; nouvelles, amâni\ quoi de nouveau? amânieJ 
un shilling, sile kô; 1 shilling. 6 pence, sile ne fâ; 6 pence, takufà. 

Sikâsu. (Dialecte très voisin du Baoulé; la négation n, qu'on 
rencontre encore dans le Ndényé, n'existe plus et est remplacée 
par la négation mû ; la particule su remplace définitivement le au 
présent absolu et le prétérit se forme toujours avec le suffixe ri. 
Cependant on trouve encore la lettre A, et d au lieu de / ou r). — Le 
mien, mi dye\ couches-tu ici? èdaha; il est \c\^ o wo ha; piment, 
mnku; banane, bana ou banda; igname, elûe^ lue et duo; je t'ai 
payé, me tuo kare; viens ici, bra fâ; je ne puis pas y atteindre, 
me kora mû me kytl nu ; ceci, cela, eka ; se laver, unzi; aujourd'hui, 
ènne; nouvelles, amani; quoi de nouveau? amani e? porc-épic, 
kotoko; 1 franc, sile ko; fr. 50, takufà; fr. 30, simpwa; sur la 
montagne, boka su. 

Donna. (Dialecte encore plus voisin du Baoulé que celui des 
Sikassoufoué; les Bonna établis dans le Baoulé parlent naturelle- 
ment le dialecte du Baoulé; les Hinye et les Kumwënufwe parlent 
le même dialecte que les Bonna du sud de l'Abron). — Ruines, 
bOmvà; savane, awa o\x awa-nu ; affluent (d'une rivière), mo; bras, 
(de rivière), sama; corail, neginà; quoi de nouveau? lo-kà se? (là- 
parler comment?) ou dodi? ou /on? c'est bon, ça va bien, otimâtè 
(ce n'est pas mauvais). 

D'après les informations que j'ai recueillies, les Bomofwe^ les 



I»AIUJ':S A r.A COTE D'IVOIUE ^M 

Maméfwc cl les Ngitnufœe parlcnl le même dialecte que les 
Baoulé, à Irès peu de choses près. 

Il en est de même des Moronuftre et des Wure^ qui pourtant 
ont larticulation li : me ho, je vais; me ho r/, je suis allé. 

Les Aghèhi/aù parlent exactement comme les Baoulé du sud 
(région de Tiassalé). 

Boule. — Lion, kàga-ne (la bète du pays des Kanga, la bôle du 
Soudan) et tfA-ff/7i^()m (mot sônoufo); chat-volant ou écureuil volanl 
(polalouche ou ptéromys), fif/ani} ichneumie ou mangouste à 
queue blanche, kalcramati\ écureuil des palmiers, dit parfois rat 
palmiste, a/,rem//a\ rat palmiste a queue de rat, ziFizifigà\ tamia 
ou écureuil de terre, lcwasrc\ buceros blanc et noir à bec large, 
ioka\ buceros à bec long, tuetûe\ aigle brun, vulgairement charo- 
gnard, koiokrOy kimOgro^ akinâgro; aigle blanc et noir, asH-mbrim* 
W(el non asri); épervier gris, asri; faucon, ghotogbwe (et non 
mkogbwé); grand louraco bleu, kogyo-baru (et non : louraconoir, 
kogyo-alu); chenille (que mangent les Soudanais), ndro\ papillon, 
UHitcè, kôgo et abèbe. 

Graines de concombre qui se mangent en sauce, mvt/ele-ma; le 

concombre lui-même, mt^gele; sorte de noix de cola à saveur 

poivrée, kanâgbri; karité, arbre à beurre, Pgwï-ioaka (et non 

kûim, kaa); finsan, arbre donnant des noix h goiU de noisette, 

kyaoïx kaa; frangipanier, nda-tvaka; oignons, aPitie; arbre dont 

l'écorce pilée sert à paralyser les poissons, kyengye\ arbre dont le 

bois sert à teindre en noir ou bleu foncé, koya\ cendres de bois 

de fromager servantà la fabrication du savon et utilisée aussi pour 

empêcher la mauvaise odeur dans la préparation de Tindigo, bro. 

Talisman fait avec le bois d*un certain arbre, agyiimane (est 

employé comme nom propre d'homme); navire, mêri\ bateau à 

rapeur, «t^it^r^-â^/fV; image, portrait, photographie, mt^o/iy^; perles 

de cornaline anciennes, iûè ou te (assez communes au Soudan, 

plus rares dans le sud); perles anciennes à stries rouges, blanches 

e( bleues, mbuka ou mvuka\ voile de gaze, lamlaka\ marmite en 

fonte, lanzè\ toule espèce d'art manuel, agui^ d'où : di agiil^ faire 

des meubles, faire des bijoux, cic. ; agnindifwc, arlisan; menui- 

Ner, bijoutier, forgeron; galons ou broderies sur les manches, 

4isu {sa-su, sur le bras). 



138 VOCABUI.AIKËS COMIMRATîFS OK LANGUES OU DIALECTES 

Esclave y kàgani ou kdgane (de Kàga^ gens du Soudan) 
Fêle publique, nyà\ Tôle européenne, //n)-nyâ (14 juillet, I*' jan 
vier); harmallan, vent sec, koirokOy keseblakesi^ kplakaswa^ fufu 
aboyirikwasi'Sàsànzue ; cadeaux de fiançailles, douaire, mariage 
aiômvre; fiancée, alômvreMa; se fiancer, se marier après fîan 
cailles, /a aiômvre; donner sa fille en mariage, /a atômvre bla ma.. 
Petite vérole volante, figbàue\ urticaire, bourbouille, figbàue 
coqueluche, kesèkesè; avoir la coqueluche, bo kesèkesè] hernie 
figbre^ lalo} syphilis, kona (et non poiô : ce dernier mol désigm 
une enflure de la verge produite, soit par la syphilis, soit pai 
d*aulres causes ; quant à la syphilis, les Baoulé croient à sa conta 
gion par les rapports sexuels et connaissent plusieurs de ses symp- 
tômes : chancres, bubons, plaques muqueuses, maux de gorge, 
chute des dents, ulcérations cancéreuses de la face, amaigrisse- 
ment, etc.) ; lèpre, kokoùe (les Baoulé ne la croient pas conta- 
gieuse ni héréditaire, mais la regardent comme incarable, ainsi que 
la syphilis; elle produit souvent une sorte d*ulcération cancéreuse 
des lèvres et du nez, mais les Baoulé savent distinguer entre le 
cancer de la lèpre et le cancer syphilitique); blennorragie, écoa- 
lement, lorge (nom du latex des arbres à caoutchouc et des ficus; 
les Baoulé appellent du même nom Fécoulement blennorragique 
des deux sexes; les uns nient que cette maladie se propage par 
contact sexuel et prétendent qu*on peut Tattrapper en marchant à 
Tendroit où a uriné un blennorragique; les autres nient ce der- 
nier mode de propagation et en tiennent pour la contagion par rap- 
ports sexuels); — on appelle tukpakye^ non seulement Tépilepsie, 
mais encore toute maladie organique grave, telle que la syphilis, 
la lèpre, et aussi parfois la folie furieuse : o di lukpakye ou o k 
tukpakye^ il est très malade ; tukpakye-fwe^ malade. 

Caresses, ndarye\ caresser, fleureter, ira ndarye; qui aime les 
caresses, ndarye-kuro-ftoe. — Signification, sens (d*un mot, d*une 
fable, etc.), bo ; je ne sais pas ce que cela veut dire, me si ma i bo. — 
Ennui, aurabwe; je m'ennuie, aurabwe ku mi (fennui me tue). — 
Réflexion, akunda : je réfléchis, me bo akunda mi kunu la (je frappe 
la réflexion dans mon ventre). 

Beau, joli, bien fait, kopè; joli garçon, gba/rï kopè ; joMe Slle^ 
tarwa kopè. — Vert d'eau ou bleu (en parlant des yeux), tïgoro- 
flgoro; très noir, kisi-kisi; très blanc, fita-fila; bleu clair, /m; 



pai;ij:s a la coti-: invoiuK i.t.i 

le couleur incerlaînc,///o; moitié bleu moitié blanc, ble'pro\ vert 
jaunâlre, pro-pro. — Le mol tlgumi, oulre le sens de « diirércnl », 
aaussi celui de k uniquement, rien que » : kurôilga ii brohgumi^ 
ce pays n'esl que de la brousse; nû wo Figumi, pas rien que loi, 
pas seulement loi. 

Délester, kpo\ je le déleste, il ne me revient pas, il me dégoûte 
(en parlant d'une personne ou d'une chose), w^/y/è; je le dégoûte, 
il me déleste, o hpo mi. — Se coucher en Z, mw7gf/e; se coucher 
iQrlecôté, la tète sur la main, losa; glisser sur le bord ou en 
dehors du lit, îniâ. — Baiser (un enfant) sur la bouche, ia/i (ba) 
mm; baiser (une femme) sur la bouche, /o (bla) nwn. — Se rap- 
peler une chose (après Tavoir oubliée) ou se rappeler loulàcoup, 
(rike) /t/w... /cnnu; je me le rappelle, o kpè mi kunu (il coupe mon 
tentre): il me revient que, o kpè mi kunu kh... — Se moquer (de 
quelqu'un), fila {$6nu) awtmè su; ne le moque pas de moi, nâ fila 
mawrtnè su (ne souffle pas sur mon cœur). — Avoir très peurde, 
trembler de peur devant, ^è... flga; il a très peur de lui, o sèifiya. 
— Effrayer, surprendre, faire peur bru^quemenl à, kpiii; il m'a 
fait sursauter de peur, o kpiii ri mi; ne me fais pas peur ainsi, nâ 
kpitimiso. — Porter (quelqu*un sur ses épaules), hlo. 

L'expression arie akt/ï « le jour se lève » s'emploie aussi, au 
cours d'un récit, pour signifier « le lendemain » : o gyii ri boka i 
ji/a, la ri /o; arie akf/ï o fft/asu n, o wo ri kurô ro (il atteignit le 
pied de la montagne, il y coucha; le lendemain — ou : le jour 
s'élant levé — il partit et alla au village). 

Ia moi kàzu s'emploie assez souvent pour signifier « alors» ; 
le mol sfiligè ou sâgè s'emploie assez souvent pour signifier 
«mais, cependant ». 

A ajouter h la page 134 du Manuel agni (noms propres de per- 
sonnes) : lorsqu'une femme a, de suite, plusieurs enfants du 
Blême sexe, garçons ou filles, le 3** reçoit le nom de Ngesà; le 4* 
elle 5* le nom de Ndri; le 8* le nom de Nyamke; le 9* le nom de 
Ngorà; le 10* le nom de Buru ou Dru^ le IT le nom de Duku; 
le 12* et les suivants le nom A'Amane. (Dans les mois JSgesu, 
Nyamke^ Ngorù ou A/igorà ou Ngâgord^ Buru, on retrouve les 
nombres nsà, trois, moktie, huit, ôgOrà, neuf, et buru^ dix; le 
noi Dtiku vient de l'assanti du-ku ou du-kô^ « dix-un, onze ».) 



CHAPITRE IV 



Langues xnandé*taxnou et xnandé-fou 



De la lisière méridionale du Sahara à la lisière septentrionale de 
la grande forêt et de TOcéan Atlantique au cours inférieur du Niger, 
c'est-à-dire dans tout le Soudan Occidental, est répandue une fa- 
mille ethnique très importante, qui ne se connatt pas à elle-même 
d'appellation générique, et qui est généralement désignée parles 
Européens sous le nom de « Mandingue » ou Mande*. Ce nom vient 
de celui de Tune des principales tribus de cette famille, les Mande- 
figa ou Màne-fika ou plus vulgairement Mali-nke. Le nom des Ma- 
linké (gens de Mali, Mané ou Mandé), à son tour, vient de celui de 
la ville ou du pays qui, sous les appellations de Melliy Mali, Mani^ 
Mane^ Mande, fut florissant du xui'' au xv* siècles de noire èredans 
la région nigérienne comprise entre Bammako et Oualala. Enfln, 
d'après M. Binger et d'autres auteurs, le nom de Mali ou Mani 
viendrait de ma « lamantin », cet animal étant à l'origine l'animal 
sacré de la famille mandé, celui dont il était défendu de manger la 
chair, ou encore de mali ou mani « hippopotame «> , pour une raison 
analogue. 

D'après le Tarikh es-Sudân^ les 44 premiers empereurs du Mali, 
dont 22 auraient régné avant l'hégire et 22 après, résidaient à 
Gh&na, qu'on identifie généralement avec Oualala, et étaient de 
race blanche; leurs sujets étaient des Nègres que l'auleur du 7^a- 
n/'A appelle << Ouankoré », c'est-à-dire des Mandingues (ces der- 
niers sont en effet appelés Wàgara par les Haoussa et Wàkorej^hx 
les Songhaï). 

1. Et aussi sous le nom de « Bambara », qu'il convient cependant de rejeter i 
cause des équivoques qu'il peut produire. Tappellation et Bambara ou Babwra étant 
donnée par les musulmans du Soudan Occidental à des populations païennes très 
différentes les unes des autres, telles que les Bamana, les Sénoufo et les Gbanyan, 
dontMa.'première seule est de famille mandingue. 



VOCAlULAIin-S COMl'AKATIIS l)K I.ANCil.'KS OU DIAUCCTIvS \\\ 

Le 45'' oniporcur du Mali fui un nègre ol fonda une dynasiie in- 
digène à laquelle on donna le nom de son pays, Mali. Sous celle 
dynasiie, l'empire pril plus crimporlance cl s'élendil vers le sud- 
esl jusqu'ù San, cl vers le sud-ouesl jusqu'à TOcéan. C'est au 
M>"sièclequ'unempereur du Mali nommé Kankan-Moussa, qui fil 
le [Kîlerinage de La Mecque en iMi d'après Ibn Kiialdoun, soumit 
la ville de Gao ou Gogo, siluée sur le Niger entre Tombouctou et 
Say, et plaça sous Taulorilé du Mali tout le pays des Songhaï. Ce 
fuUui aussi qui s'empara de Tombouctou; prise et détruite par les 
Mossi sous Tun des successeurs de Kankan-Moussa, celte ville fui 
i réoccupée par les Mandé qui la conservèrent jusqu'au xv* siècle, 
I époque à laquelle ils en furent chassés par les Touareg qui, à leur 
( lour, en furent dépossédés tO ans après par Sonni-Ali, roi des 
\ Songhaï, en 1 468. 

; C'est en 1355 qu'un prince songhaï ou peut-être mandé, nommé 
I Aii-KoIoD,afrranchitle pays songhaï de ladominationdes empereurs 
du Mali et fonda la dynasiie des Sonni, qui régna sur les Songhaï 
: de 1355 à 1493. 

Sonnî-Ali (1 464-1 492), seizième successeur d'Alî-Kolon et avant- 
dernier roi de la dynastie des Sonni, démembra Tempire de Mali, 
dont la destruction fut complétée par El-Hadj Mohammed, fonda- 
teur de la dynastie songhaï des Askia, qui succéda en 1493 à celle 
des Sonni. 

Après les guerres que leur firent Sonni-Ali et EI-Hadj Moham- 
med, les Mandé se divisèrent en trois groupes : l'un, qui prit le 
nom de Sonùfkke parce qu'il avait à sa tète, dit-on, les partisans 
vaincus du dernier roi sonni, Abou-Bakari-Dao, demeura dans 
la partie sjsptentrionale de l'ancien empire de Mali; le second 
groupe, dont la tribu principale était celle des Soso, s'enfonça dans 
le sud-ouest; le troisième, qui conserva le nom de l'empire (Mali 
ou Alande)^ alla s'établir dans le sud-est. 

Dans la suite, celte répartition des Mandé primitifs subit bien 
des changements; il y eut des migrations, des retours vers le 
point de départ, des guerres pour la suprématie, des unions entre 
tribus de groupes ditFérenls et entre tribus mandé et tribus étran- 
gères; certaines populations mandé, s'altachant au sol conquis, 
devenant des cultivateurs, finirent par absorber les éléments au- 
tochtones et par devenir la famille dominante, sinon la seulei dans 



ri2 VOCABULAIRKS COMPAKATIKS l)K LANr.lJIÎS OU DIALKCTES 

le pays où elles s'élaicnlélablics; d*aulrcs,demciiranl guerrières, 
conlinuërent h aller de razzia en razzia el de pays en pays, per- 
dant leur homogénéité el leurs caraclères originaux au contacl 
des races vaincues et par suite du changomenl continuel de leurs 
habitais successifs; d'autres enfin, s*adonnant soit au commerce, 
soit h Tindustrie, soit h la science et h la prédication, se répandi- 
rent par groupements peu nombreux au milieu de populations 
étrangères qu'ils arrivèrent souvent h dominer et à civiliser parla 
seule influence de leur autorité morale ou de leur supériorité en 
affaires, Tondant ça et là des villes musulmanes florissantes au sein 
de tribus païennes primitives et sauvages, ou bien, colporteurs et 
traitants, n'ayant d'autre patrie que les grandes artères commer- 
ciales où ils nomadisent sans cesse. 

Mais, quelle que soit la dispersion actuelle des Mandé, quelle 
que soit la diversité de leur état politique, religieux et social, on 
peut reconnaître chez toutes les fractions des attaches plus ou 
moins étroites avec l'un des trois groupements qui se sont formés 
au moment de la destruction de l'empire de Mali. 

A défaut de nom indigène, j'ai songé à désigner chaque groupe 
de langues mandé par le mot le plus généralement employé dans 
ce groupe pour exprimer le nombre « dix » : c'est ainsi que Ton 
aura les langues mànde-tamu parlées par les descendants do 
groupe des Soninké, les langues mande- fu parlées par les descen- 
dants du groupe des Sosso, et les langues mànde-tâ parlées par les 
descendants du groupe des Mali ou Mandé proprement dits^ 

Une étude approfondie et attentive de ces trois groupes de 
langues montre qu'elles appartiennent indubitablement à la même 
famille, quoiqu'il y ait actuellement des différences assez profon- 
des entre chacun des trois groupes et entre les diverses langqesda 
groupe de fou. Mais on peut se rendre compte combien il est fa- 
cile de passer d'un groupe à l'autre et combien il y a de rapports 
entre certaines langues de l'un quelconque des groupes et certaines 



1. Dtns mon Essai de manuel pratique de la langue mandé (Pans, 190! , gr. in-8), 
je nVi indiqué que deux groupes, rattachant le soninké au groupe de « tan i» ; mais 
une étude plus approfondie des langues mandé ni*a conduit à faire un groupe à 
part du soninké et des langues analogues, qui se rapprochent autant du groupe de 
« fou 9 que du groupe de « tan » et peuvent servir de trait d'union entre ccsHleux 
groupes. 



i»ai;ij:s a la cotk I)I\oii;k r,:{ 

lugues tJt's deux autres. I>usoiiink6ou sanikolù on passe inseusi- 
lemeiit au bozo, dont la parenlé avec le sya ou bobo-dyoula est 
uflisainmcnl netle; du sya ou passe égalcmeul lacilemcul, soit au 
osso d*ufie part, soit au dialecte des Nouinou d*aulre part, et le 
4>sso nous couduil à travers toutes les langues mandé-fou, tandis 
|ue le noumou nous fait arriver plus aisément encore au dyoula 
il au malinké. Et durant tout ce voyage à travers les nombreuses 
angues mandé, on ne peut pas manquer d'être frappé à chaque ins- 
laol des ressemblances de tel ou tel mol, de telle ou telle forme 
grammaticale, avec un mot ou une forme appartenant à une langue 
qui peut paraître, au premier abord, fort éloignée de celle que 
Ton étudie. 

Laissant les langues mandé-tan pour le chapitre suivant, je ne 
m occuperai en celui-ci que des langues mandé-tamou et mandé- 
fou. 

L'état actuel de nos connaissances ne nous permet d'assigner 
au groupe Mande^tamu que trois langues distinctes, mais il est 
probable que des recherches ultérieures nous en feront connaître 
d'autres. Ces trois langues sont : 

1* La langue des Soni-ii/ce ou Marka-hke (appelés Sara/culle par 
les Foulbé, Sarakolé par les Européens), qui est parlée, avec 
quekiues différences dialectales, sur les deux rives du Sénégal de 
Matam à Kayes et surtout sur la rive gauche (région de Bakel) ; 
daosle nord du Kaarta-Bine, dans le Kingui (région de Nioro) et 
leBakhounou; dans la majeure partie du Ouagadou et dans une 
partie des cercles de Gombou et de Sokolo; dans le grand Marka- 
dougou (à Test de Sansanding, et entre San et Dienné et dans le 
nord du Dafina); dans un certain nombre de villages de la région 
Je Ségou où la famille soninké des Diaouara forme la majorité de 
a population; chez les Nyare^ métis de Maures et de Soninké, 
|u'on trouve dans la région di! Bammako; entre Lamordé et Say, 
«irle Niger, où les Soninké sont appelés Sillabe par les Foulbé; 
lafio sur toutes les routes commerciales et dans la plupart des 
entres de la Boucle du Niger et de la haute Côte d'Ivoire, où les 
raitaots et artisans soninké sont nombreux et où ils sont appelés 
Markaon Malarlia-Gt/ale par les Dyoula; 

T* La langue des^l:;^;*, parlée, d'après Barth, à Tichit, àOuaddn 
1 h Oualata ou Ghanata, concurremment avec les dialectes ber- 
bères et arabes des nomades de qui dépendent ces oasis; 



l'i'i VOCABULAIRES COMPAKATIKS DE LANGUES OU DIALECTES 

S"" La langue des liozo ou Bo-^o^ qui habitent les deux rives d 
Niger et du Bani, de Dienné à Tombouclou, et détiennent dan 
celte région le monopole de la navigation. (Les Somono, qi 
exercent en amont de Dienné le même métier que les Bozo en aval 
seraient de langue et de race bamana, c'est-à-dire inaodé-tan.) 

Je dois ajouter que les Saniorho, qu*on rencontre eatreSikass 
et le Bagoé, sont apparentés aux Soninké par M. Binger*. 

Quant aux langues mande- fu, elles sont parlées tout le loO; 
d'une bande de territoire, d'ailleurs assez étroite, qui s'étend de 
puis Gonakry à Toucst jusqu'à Bondoukou à Test, et qui est limité 
au sud par des tribus de familles diverses (timéné, famille kroa 
famille agni-assanti), et au nord par des tribus mandé-tan, se 
noufo et mossi-gourounsi. A la Côte d*I voire, Thabitat des Mandé 
fou correspond à peu près avec la lisière de la forêt dense. No 
connaissances actuelles permettent de porter à quatorze le nombr 
des langues ou dialectes mandé-fou et des tribus de cette famille 
Ces tribus sont, en allant de Touest à Test : 

1* Les Soso ou Stuu^ qui habitent la majeure partie de la régioi 
côlière dans la Guinée Française, depuis le Rio-NuAez au nord, e 
qui vont au sud jusqu'à la Grande-Scarcie, où ils débordent sur V 
territoire anglais, s*élendant à Test et au nord jusqu*aa Poata 
Dyalun: leur dialecte est parlé en outre par presque tous les Lan 
douman, les Nalou et les Baga qui vivent au milieu d*eux; 

2* Les Làfigà et les Sako (appelés DyalO-nka par les Malinké 
Dyalonké par les Européens), qui semblent être les plus ancien 
habitants du Fouta-Dyalon et Thabitenl à côté des Foulbé et de: 

Sidianka; 

3* Les Loko ou Landorho, qui habitent entre la Grande-Scarci< 
et la rive droite de la Roquelle ou rivière de Sierra-Leone, limitéi 



1. Peut-être conviendrait-il de rattacher aux Mandé-lamou les Kourtef, popula 
tion de marins analogues aux Bozo qui liabile sur les deux rives du Niger et daai 
les Iles depuis les rapides d*Ayorou jusqu'à Karma, au sud de Sansan-Haoossa, e 
qu'on rencontre, m^lée à des Soninivé. à des Soiigliaî et à des Haoussa^ à Zinder 
sur-Niger, à Sansan-Haoussa et dans la région de Say. D'après M. Hourst» ils pac 
leraient en général le songhaî, mais auraient une langue à eux; ils seraient isioi 
d'un mélange de Bozo et de Foulbé et auraient émigré du Massina vers le sud-es 
à la fin du xvi« siècle, allant jusquVi Boussa pour remonter ensuite vers Sansaa 
llaoussa. Ce passage à Boussa justifierait peut-être la localisation près de cet < 
ville d*un dialecte mandé-rou donné par Kocllc sous le nom de Boko. 



l'AlUjtS A LA COTK iriVOlUK l'.ô 

au nord par les Limba et au sud pai" les Timéné qui ne sonl ni 
les uns ni les autres de famille mandé ; 

V Les Mende ou Mendi (appelés Koso par les Timéné), qui 
habitent le long de la mer entre la rivière de Slierbro et la rivière 
Soulima, el s*é(endenl à Tinlérieur presque jusqu'aux sources du 
Niger, limités à Touest par les BouUom ou Mampoua, au nord par 
les Timéné et les Limba, au nord-est parles Kissi (toutes tribus 
étrangères à la famille mandé), et à Test par les Manianka et les 
Yai, qui sont des Mandé-tan ; 

5* Les Loma (appelés Toma par les Konianka, TOalè par les 
Kpèléy Buzi ou Bousîe par les Libériens), qui habitent au sud des 
Kissi et à l'ouest du Konian une région dont les centres principaux 
sont Zolou et Bokessa et où Ton rencontre aussi beaucoup de 
Mandé-tan (Manianka et Kouianka); 

6* Les Wèima^ qui habitent au sud du Konian, entre Beyla et 
Nzô (région de Zigaporassou el de Koïma) ; 

7* Les R]}{de (appelés Gôerese par les Manianka^ Gbèize par 
les Loma, Kpese par les Val, Pessy par les Libériens, Gouersé 
ou Guerzé sur les cartes), qui habitent au sud des Loma sur les 
deux rives du Saint- Paul (région de Bakoma) et au sud des 
Oueima dans la région de Nzô, limités au sud par les tribus de fa- 
mille krou ; 

8"^ Les Gbélé ou Manô (Nguéré ou Gon sur les cartes), qui habitent 
au sud elàTest des Kpèlé, depuis le Saint-Paul jusqu'au Ko, affluent 
du Sassandra (régions de Mana (à l'ouest du Cavally), de Houné 
(sur le haut Cavally), de Blou ou Blolo,de Man), limités au sud par 
les tribus de famille krou ; 

9"^ Les Gf/o ou 6riiroe^;r (Dioula anthropophages et Ouobé sur les 
caries, appelés Koro ou Guro-Dyula par les Mandé-Dyoula), qui 
habitent au nord et à l'est des Gbélé ou Manon, les régions du Oua 
et du Gouro (est de Nzô), de Guélémou, et le sud du Mahou ou 
Cjuiola et du Gouaran, où ils sont mélangés à des Sénoufo et à des 
Glandé-tan ; 

10* L^^Kweni (appelés Lu par les Mandé-tan, Gwropar les Agni) , 
^ui s'étendent à Test des Guio depuis le Sassandra jusqu'au Ban- 
^ama Rouge, ont des villages sur les deux rives de ce dernier à 
partir de Dyorolé jusqu'à Gouropan, puis occupent encore une 
bande de terrain sur la rive occidentale du Bandama allant au sud 

10 



14(1 VOCABULAIRES COMPARATIl'S DE LANGUES OU DIALECTES 

jusqu'à hauteur de Singrobo etlimilée à Touest par les tribus krou 
du groupe bèté; 

1 r Les Mwï ou Mwà (appelés Mona par les Dyoula, Moni par 
les Agni) habitent entre le Bandama Rouge et le Bandama Blanc, 
au sud du Kourodougou, au nord-est des Kouéni, et au nord des 
BaouléKodé; 

12^ Les Ngà (Gan-né ou Ganrasur les cartes)^ qui habitent, mé- 
langés à des Agni qu'on appelle à cause de cela Ngan-nou-foué 
(gens du pays desNgan), le sud-est du Dyammala (région de Ouas- 
sadougou) et se rencontrent sur la rive occidentale de la Gomoé 
depuisMangoouGrouDiàniajusqu'àAtakrou,mèlésauxAgni-Binyé; 
beaucoupd'entre eux parlent, outre leurlangue,ragni ou le dyoula; 
ils sont séparés des Kouéni et des Mouin par des populations 
(Yohouré, Kodé, Gori, Satikra, Nzoko^ Sondo, Sandoro) qui, en- 
globées aujourd'hui dans la famille agni, ont dû, à une époque 
relativement récente, parler des dialectes mandé-fou, et où le dia- 
lecte des Kouéni ou Gouro est, aujourd'hui encore, assez répanda, 
surtout chez les Yohouré, les Kodé et les Gori; 

13^ Les Gbï ou ^r (appelés Dînfo par les Abron, Gurungo ou 
Gurombo parles Koulango et les Nafàna), qui occupaient la région 
s'étendant de Mango ou Groumània à Bondoukou, bien avant les 
Koulango et les Abron, et qui se considèrent comme les ?érilables 
autochtones du Barabo et de Bondoukou, où ils furent rejoints* 
par les Nafàna d*abord, puis par la famille koulango des Lorho^ 
actuellement, ils sont presque entièrement absorbés par les Nafftnm- 
dans Test et par les Koulango dansTouest; néanmoins lenr langue 
est encore parlée à Bondoukou même par quelques femmes âgées 
de la famille des Gerefigbe ou Gurombo (qui tire son nom d'un 
arbre appelé gerefigbe à l'ombre duquel était Thabitation de son 
fondateur), à Kangaré par un vieillard , àSoko parquelques familles, 
à Yanango (près Assorokrou) par une famille, et dans les monta- 
gnes situées à Touest de Bondoukou ainsi que dans le Barabo par 
quelques familles qui se livrent à la chasse et à l'extraction de Tor; 
14® Enfin les5ya\ qui habitent la région de Bobo-Dioulasso et 
principalement le sud et le sud ouest de cette ville, entre les Boua 



1. Ne pas confondre les Sya de Bobo-Dîoulasso tvec la famille mandé-Un des 
Siya qui est répandue suKoul dans le Kourodougou. 



PAinj'lS A LA COTK DIVOIUK r.7 

OU Uobo-Fingau nord cl au nord-csl, les Dyan, los Dagilri cl les 
Lol)i k Tes!, les Ky6ro, les Dorhossiè, les Karaboro au sud, les 
îlboiiin au sud-ouesl cl les Sénoufo du Kéncdougou ou Sendéré h 
roucsl;ceuxd'cnlreeuxqui haliilenlla ville môme de Bol)0-Diou- 
iassosc sonlen partie converlis h Tislam, ont adopté les vôlemcnls 
e( les noms de famille des Dyoula inslallés chez eux, el ont reçu 
le surnom de Bobo-Gf/Ula ou Boho-Dt/ula^ appellalîon 1res im- 
propre, puisqu'ils ne sonl ni Boho ni Dyoula; peul-èlre lesTousia, 
qui habitent au sud-ouest de Bobo-Dioulasso, sont-ils de la même 
Iribu: /t<-^ya veut dire en dyoula « Syade la brousse, de la forêt ». 
La tribu des Sya semble être assez isolée parmi les autres tribus 
mandé-fou, qui forment une chaîne sans véritable solution de con- 
tinuité; mais il est fort possible que certaines tribus qui habitent 
entre Bobo-Dioulasso et la grande forêt, et que Ton connaît fort 
peu, par exemple les Mbwï de la région de Léra^ fassent partie du 
niAme groupe ; il y aurait intérêt aussi à savoir ce que sont exac- 
tement les idiomes des anciens autochtones de Kong, les Mt/oru 
ou Nyoru^ et de leurs voisinsde Test et du nord-est, les Karaboro^ 
les Dor/iosyè et les Kf/efo^ afin de connaître s'il faut les rattacher 
au même groupe que le dyan et le lobi ou les ranger dans les 
langues mandé-fou. Pour ce qui est des Sya, leur langue a certai- 
nement des liens de parenté assez étroits avec Tensemble des dia- 
lectes mandé-fou, d'une part, et avec les dialectes mandé-tamou 
d'autre pari, en même temps qu'avec les dialectes mandé-tan des 
Moumou, des Huélael des Ligbi; mais il semble aussi qu'elle ait 
él6 influencée par le sénoufo et par les langues voisines de la 
famille mossi-gourounsi, le dyan notamment; chose curieuse^ la 
plupart des radicaux communs au sya et au dyan se retrouvent 
é^lement dans le koulango et dans les langues agni-assanti^ ce 
qui pourrait venir à Tappui de l'hypothèse plaçant dans le Dagomba 
^lle Gondja l'habitat primitif de la famille agni-assanti et de la 
Irjbudes Koulango. 

Je note ici pour mémoire que le vocabulaire donné par Koelle 
dans ses Polyglotta Africana sous le nom de linko semble cmi par- 
tie appartenir à une langue mandé-fou : or Koelle place rhabital 
^cs/W/oàKayoma, près du bas iNigcr, et dans un pays vassal des 
^riba qui s'étendrait au nord-est jusqu'à Boussa inclus. Il est 
Wn invraisemblable qu'on puisse trouver une tribu mandé-fou 



VtS VOCABULAIKES COMPARATIFS DE r.ANGUES OU DIAI-ECTKS 

aussi loin vers Test; peut-être rinformatcur de Koelle, avant c 
venir s'échouer à Sierra-Leono, avait-il passé un certain nombi 
d'années en captivité dans un pays de langues mandé-fou, ou avai 
il simplement désappris en partie sa langue maternelle au conta 
des Landorho de famille mandé-fou auprès desquels il vivait. 

Je vais donner ci-après de courts vocabulaires des langues s( 
ninké, hozo, sya, mouin et gbin, avec des notes plus étendui 
concernant le mouin. Je n'insisterai pas sur le soninké, qui est r 
lativement connu et qui n'a qu'une importance secondaire poi 
la région qui nous occupe, bien que les Soninké soient nombreu 
dans la police de la Côte d'Ivoire et dans les centres commerciau: 
si j'en publie ici un court vocabulairei c'est surtout pour pei 
mettre les comparaisons avec les autres langues. Quant au bo» 
ayant pu recueillir quelques informations sur ce dialecte jusqu'i 
totalement inconnu, j'ai cru qu'il y avait intérêt à les publier; d( 
Bozo sont d'ailleurs employés comme laptots au service de la flo 
tille de la Volta. 

Le vocabulaire sonifkke a été recueilli en 1900 à Kouadio-Kof 
kro (Baoulé) auprès de trois Soninké originaires, l'un de Bakel, h 
deux autres de Nioro, aussi bons informateurs et aussi sûrs qi 
possible. 

Le vocabulaire bozo a été recueilli en 1902 à Kyessorhola (pa^ 
Dagàri) auprès d'un Bozo originaire des environs de Dienné et c 
service à la flottille de la Volta; je crois pouvoir répondre de 
sûreté de ses informations. 

Le vocabulaire sya a été recueilli en 1903 à Bondoukou aupri 
de trois Sya de Bobo-Dioulasso qui paraissaient conscienciei 
mais étaient malheureusement peu intelligents. 

Le vocabulaire mwï a été recueilli en 1900 à Bouaké(Baou 
Nord) auprès d'une femme Mouin de la région de Maokono^ rei 
plie de bonne volonté, mais trop âgée pour que je puisse dono 
toutes ses informations comme absolument sûres. 

Le vocabulaire gbï a été recueilli en 190!! à Boudoukou aupr 
de deux femmes de la famille des Gourombo et revu avec un vie 
lard gbin de Kangaré, tous bons informateurs. 

Quant aux nombres et aux quelques mots gbéle et kweni, 
proviennent (pour le gbêlé, le guio et le kouéni du sud de Ségu^ 



PAHLKS A LA COTK D'IVOIIM-: 



I'i9 



de noies communiquées par M. Tiiomann, el (pour le kouéni du 
Bandama Rouge), de ce qui me resle des notes recueillies par moi 
en IS99 dans le Yohouré. Enfin la numération en figà de Kamé- 
linsou (nord d*Atakrou) m*a élé 1res obligeamment communiquée 
par M. le Dr. Maclaud, oui Ta recueillie sur place durant son 
toyagcde 1893-94. 



I. — L4 NIIMÉRATION 



Souioké 



Itozo 



Sya 



Ghôlé 



Guio 



1 \mm 

2 /Î//0 

3 txkko 

4 narhalo 

5 kargo 

6 tumîi 

7 nypru 
^ iegu 

9 kabu 



sanna 

tenne 

sike 

natd 

kuwô 

tummi 

yeni 

seki 

kapi 



W tamû, tamu • tèmi 



tala 


dOf dobo 


do 


pila 


pile 


pile 


saa 


yaka 


yaka 


nd 


izye 


izye 


ko 


solu 


solu 


ko-nara 


sora-do 


sora»do 


ko'pla 


sora-pire 


sora-ple 


koro-saa 


sora-aka 


sora-ka 


koro-nô* 


so.a-izye 


sora-izye 


/■fi 


bu 


kwando* 



Kouéoi 


Kouéû! 


MOUÎQ 


Ngan 


GbiD 


(Md de Ségaéia) (Bandama Roage) 


— 


— 


— 


1 du 


du 


du 


do 


do 


2 fie 


fy^ 


pie 


pla 


paa 


3 ya 


y« 


yaka 


y« 


ilga^ ûa 


4 zyT 


zyT 


izye 


syî 


sye 


5 solu 


sulu 


suo 


sô 


sôo 


6 tûe-du 


siïenu 


sura-du 


so-do 


sôrû'do 


7 siia^vie 


Irafye 


sui'a-pt*re 


so'pla 


sosowa 


8 sora^a 


ira-ya 


sura-a 


so-ya 


kyenze 


9 sora'ZyT 


tra-zyî 


sura-izyc 


sisi 


sisi 


10 bcvu 


befft, fù 


/i<, mcnfu 


ebu 


bu 



ir.O VOCABULAIRES COMPAliATIHS Dlî LANGUES OU DIALECTES 



Soniiiké 



Sya 



11 


lamii-no-hôni 


12 


laniû-iio-fillo 


20 


Id-pUle 


30 


Ifi-ùtjijilike 


40 


UlnarluUe 


50 


lâ-karge 


60 


tâ-ndume 


70 


UJ-ilyei-e 


80 


lâ-sege 


90 


Ul-kabe 


100 


kame 


1.000 


wugyune * 



nima^pila* 
nimasaa 
ûima-nd 
flima-ko •• 

ktjùrO'Saa *• 

kyûrond 

kyenâ • 



Mouin 
ia-a-du ' 

miil'dH * 

ia-yaka 

mià'ple 

miâ'yagx 

mid-izye 

mid suo 



Noies. — I . Le mot soninké tamù ou tamu « dix » prend a 
pluriel la même forme que dans les langues mandé-tan. — 2. Coo 
parez le mol sya Ao-ro-nd « cinjq el quatre » avec le motdyoQl 
korondo ou konondo « neuf ». — 3. Koelle donne pour « dix » e 
guio la forme go. — 4. Les nombres qui multiplient mille, en s( 
ninké, prennent la fmale t, comme ceux qui multiplient IQ 
prennent la finale e : 2.000 wugyune'filli^ 3,000 wugyune-sikk 
4.000 wuggune-narhaiij 5.000 wugyune-kargi^ 6.0U0 wugywh 
inni, 7.000 tcugyune-ftyeri, 8.000 wugyune^egi^ 9.000 urngywu 
kaài, 10.000 wagyntie-tâmi. — 5. On trouve aussi pour 20 1 
forme kyihv qui réapparaît dans kyùro-scui « soixante • et kyun 
nà fc quatre-vingts ». — 6. Je ne suis pas sûr de la forme kyené 
qui n'est peut-être qu'une contraction de kyûro-nà. — 7. L 
réapparaît la forme du nombre « dix » dans les langues mandi 
tan. — 8. On compte en mouin tantôt par vingtaines (ma ), tanli 
par dizaines (/a). 



11. - LES KOHS 



Soiûukt^ 



Boio 



Sya 



MoaÎD 



Gbio 



lorro 


iih\ye 


duba 


io, /o-mci 


1ère 


ieme 


fou • 


yimbe 


tou 


iogho 


tè 


lad 


OftU* 


yy^ 


duo 


nzhùo 


y« 


y» 



PAIILÉS A LA COTE D'IVOIUH 



151 



SoDÎuké 



Oozo 



Sya 



Mouiii 



Gbiu 



e khwôle 

he 
yite 

m 

. brûler swa 
e ^eùe 

n rkilie 

ition teni 

I ciNins iïgene.-dtbe 

se ilgent 

D kôpc 

e tije 

sape 
al farineux fulo 



pagu 
son 



df/ugu 

sufm 

ungo 



4Ka 



lôho 
sor/to 



swo 



flf/ama * 



, Ubsu * 



la 




yirhame 

labu 

loiïge 

daba 

giiiè 

lalle 

kholla 

mpure 

sumbade 

larhade 

gide 



e (Mri kiiaii) soro 
e (Mil, iiri) yugo 
f yarhare 

faha 

ma 
le iettime 

yimt* 



doyè 
somô 



korn 



so, so 

kiri 

sogho 

larlia 

kiûè'SO 

kiûè 

ko 

kika 

m 

ûyumu 

ûyd 

zorho 

tawala 

kora 

Silmbare 

skûo 



kflnu 

H 

kumnie 



koko 



numi 
kaegu 

ka 
na 
dyd 

ùyôu 



IX 



yintc 

ûydkhc 

toro 

norhone 

laklie 



nyô'li 

nyô'Tnpi 

twà 

mû 

do 



numi 
sTshu 

lô 

sye 

uu 

mu 

mu-ntwu 

mu-nsoro 

nind 

lœla 

minna 

do 



kyen 
ytri 



uyc 
bô 

m • 

V'I 

yo 

play plè 

zi 

gbaia 

gbala-plè . . 

mene^nlere . . 

fè ku 

wi sô 

WC W' 



wa 

zà 

sô 



so 

wula 

kpo 



gbô 

pa 
kû 



kpe 
knvere 

mé 

gulr 

le 
te 
ni 
ne 

boto 



mwinde 

iïyirebè 

lonù 

ni 

dé 



bile 



perê 



lùra 



lô 
le 



gba 
so 

goô 
lé 

dé 
na 
le 



ut 



iit'Sta 

yo 

tora 

ûi 

li 



152 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 



dénis 

langue 

cou 

poitrine 

ventre 

dos 

main'* 

— droite 

— gauche 
pied 
peau 
sang 

poil 

épaule 

sein 

màle 

femelle 

petit 

bœuf 

taureau 

vache 

veau 

mouton 

chèvre 

chien'* 

poule 

œuf 

igname 

mil 

farine 

arachide 

tabac" 

huile 

beurre de ce 

nom 

chose '* 



Sooioké 

kamhe 

nene 

khanne 

gidime 

norho 

faite 

kile 

kile»lee 

kiie-noge 

la 

gudya 

fore 

yinle 

kufike 



Bozo 



kine 



koto 

syfi 

sumu'syû 

knnne-syû 

taba 



nli 



Sya 

fiini 

nèn 

morho 

dû 

tulu 

ku 

sira 

ndige'soro 

ninnàrhd 

kd 

kû 

daro 

ntoro 



Mouiu 

sôtnùe 
na 



GbÎQ 



kpe 



gbé 

gbè'ko 
gbè-ye 
gà 
fie 



y^go 

ni 

lemme 

nâ 

gumbo 

nâ-ni 

na" lemme 

gyerhè 

sugo 

toute 

selifie 

setiû'kha 

ku 

gedyaba 

dyura 

tiga 

sira 

le 

khari'le 

lorho 

fo 



y^g^ 
yô 

ndyd 



shi 

y» 

nu 

ûyd 

ûyd'Shi 

ûyâ-ya 

fiyâ-nu 

gba 

sege 



nd 
nd-mwete 

méfie 
dugho 
dughO'fo 
ligite 



yinde 

gbé'pato 

flyô 

gutr 

nd 

ne 

dln 

tura 

dlri-nd 

dlri-ne 

bla 

bo 

go 

md 

md'^ene 

nyd 



sa 



nana 

kd 

zu 

• • • • • • 

Itca 
wo 

wo4igye\ 
loo-moet 



gd 



ble 



fo 



logho 
fita 



fiyonô 
flyonô'pu' 

pè, pê-ra 



sta 

wo^mpa 

flyôT 

iya 

na 

lé 

zo 

zO'Sya 

zo^na 

zoU 

barka 

borho 

m€ne 
meme-fo 

zugbé 

koko 

ûisi 

kare 

asara 

H 

se-ti 

toé 

po 



PARLÉS A LA COTK IVIVOIKK 15:J 

Notes, — I . En guio ia^ en kouéni tf/è et le. — 2. En guîo gi, 
en kouéni gyi, — 3. Les Uozo appellent dugu un gr.ind cours 
d'eau : Syendugu, le Niger. — 4. En kouoni ?>/. — 5. En guio ko. 

— 6. En guio OapOy en kouéni so : sopunuy un pagne blanc; so ii^ 
un pagne noir; so le, un pagne rouge. — 7. En guio lawa et muni. 

— 8. En gu\o sapa. — 9. En guio nu/al. — 10. En guio 7nd « main » 

^Imô-ùè « bras v. — 11. En kouéni ôa « mouton », blî « chien ». 

— 12. En guio zai. — 13. C'est-à-dire « beurre blanc ». — 14. 

Ouelques substantifs guio : zo « perles », ma « riz n^basô « maïs », 
so « banane », gèfè « piment », vu « fusil »; quelques substantifs 
feouéni : 6e « ami », irile « soleil », 1ère « jour, lumière », guro 
" noix de cola », vafie « papaye », sa « riz ». 

Remarques son les noms. — 1* Composilion el rapporl de pos- 
cession ou de dépendance. — Dans toutes les langues qui nous oc- 
cupent, les noms composés se forment par juxtaposition, en met- 
tant le premier le nom du possesseur et le second le nom de l'objet 
possédé ou dépendant ; le second mot peut être une particule qui 
'^dique le lieu, Tinslrument, Tagent; le rapport de possession on 
^G dépendance s'exprime de môme. Exemples : seliiïe a poule», 
^^tif\'kha « œuf» (soninké); be « herbe », ra « dans, lieu de », be- 
'*^ u savane » (soninké); Mwà ou Mwï « Mouin », la « pays, lieu 
^^ », Mwà'la a pays des Mouin ». 

2* Pluriel. — En soninké, les substantifs forment leur pluriel 

^^ général en changeant en t/ leur dernière voyelle : kôpe « maison », 

^^fiu « des maisons »; debe « village », debu « des villages »; en 

^^aéral le nom reste au singulier devant un nom de nombre : kôpe 



^^^n « dix maisons ». En mouin on ajoute nâ au singulier. — Je 

^ ^i pas d'indications sur la façon dont s'exprime le pluriel des 

^^rns en bozo, en sya ni en gbin, mais je sais que, dans ces diffé- 

^ t^tcs langues, le nom resle au singulier devant un nom de nombre 

^ un adjectif indiquant la pluralité. — Le nom d'unité se forme 

5^ soninké en ajoutant ne ou ni au nom collectif et en sya en 

^J coulant nu : goro « noix de cola », goro-ni « une noix de cola » 

^^^^ninké) ; nâ-mwele « des œufs n^nà'mwele-nu lala « un œuf» (sya). 



15'i VOCABULAIRKS COMPARATIFS DK LANGUES OU DIALECTES 



II. • ADJECTIFS E'W PROIVOIIIS 



Noie. — La plupart des adjectifs qualificalifs se rendent par des 
verbes. Les adjectifs qualificatifs proprement dits, comme les 
noms de nombre et les adjectifs détorminatifs, se placent après le 
nom auquel ils se rapportent. Exception est faite pour les adjec^ 
tifs possessifs et pour certains adjeclifs démonstratifs, qui 
placent avant le nom. 



Soiiiuké 3oz) 



Sya 



Mouiu 



Gbio 



blanc 


khulle, khwji 


ku 


foro 


pu, kwa 


• • • • « 


rouge 


dumbe 


tomô 


dughufii 


le 




noir 


binne 


pi 


perèfii 


a 




moi (sujet) 


ûey n * 


ni, n* 


mi, ni,n* 


fiuo^ nf 


Ht, m 


moi (régime) 


fie, iïa* 


na 


mi 


mi^ ni 


mif m 


toi (sujet) 


an* 


a 


biy he 


1, bi 


e,i 


loi (régime) 


an afle* 




be 


• 

t 


• 

t 


lui, elle (sujet) 


a, ao 


a 


a 


o.yo,a;e,ye' 


'a 


lui, elle (régime) 


a 


a 


a 


a; e 


a 


nous 




akha 






min^ miô 
0, tca 


• • • • ^ 


vous 


• • • • • 






eux, elles 


m 

t 




ki 


ka, 


• > f • ^ 


mon, ma, mes 


m* 


m, n 


mi 


n" 


n" 


ton, ta, les 


an*"" 


am^ an 


be 


• 

t 


<?, * 


son, sa, SCS 


a 


a 


a 


a 


a 


notre 




akha 

i 






anuj min " 







votre 








leur 




ki 


• • • • ^ 


ce, cette 


bfl, ke*' 


ke^* 


bè 


be,za'' 


ta 


ces 


ku 




bè 


be, za 


sa 


celui-ci 


ke sere 


ke ûûmi 


\ numî bè 


mè be 


so sa 


ceci, cela 


ko foy kfi 


ku 


fila bè 


pè za 


pO Sf€ 


un, une, quelque 
qui 


de 






de 


• • ^ ^p ^^ 


a 


n 


a 


o; e 


a 


quel? 


kà 








• • • • • 


qui? 


ko 




• • • . , • 




• • • • • 


quoi? 


ww2,mane*' 




munu 




ma 



rAULi:S A LA COTK DIVOIIIK I.V» 

Noies. — i . La forme abrégùc n se change en îu devant une la- 
ie cl en n devant une gutturale; après ce pronom f se change 
Py s en Ay ou fff/J en d. — 2. La forme ffa est pour /fc yi « à moi » 
sert pour le régime indirect. — 3. L'/i final de an donne lieu 
c m{;mes observalions que le pronom n (noie 1). — 4. La forme 
f ou aM sert pour le régime indirect; avec les aulrcs pro- 
nSy ou ajoute simplement yi après le pronom ordinaire pour 
îr le régime indirect : a yi (ou a ya), o yi^ akha yi, i yi. — 5. 
forme abrégée n se change aussi en bo/o en m devant une la- 
ïc et en /> devant une gutturale, et la consonne qui suit s'adou- 
généralement. — 0. La forme mi ou m en sya est réservée aux 
bcs neutres; la forme ne ou n peut s'employer avec tous les 
bes. — 7. La forme mouin îliïo est en réalité une contraction 
n et de la particule de conjugaison go\ la forme n devient m 
^ant une labiale et h devant une gutturale, sans qu'il semble y 
Mr de modification dans la consonne qui suit. — 8. Les formes 
r/o, et a semblent s'employer de préférence quand le sujet est 
3 personne, et les formes e et ye quand le suj<;t est une chose ou 
il est indéterminé. 

). — Après le pronom m, f se change en p\ ce prbnom se 
iDge généralement en f) devant une gutturale et en n devant 
u /, sans que cette règle pourtant soit absolue. — 10. Voir la 
e 3. — 11. Voir la note 7. — 12. Mêmes changements de Yn 
mou /> que pour le pronom de la V pers. du sing. (voir la 
e7). — 13. Voir la note 7. 

14. — Le démonstratif /iï? se place avant le nom et fait kunix 
riel : he fo « celle chose », kii fu « ces choses »; bâ se place 
*ès le nom et reste invariable. — 15. En bozo aussi ke se place 
nt le nom ; j'ignore s'il se modifie au pluriel. — 16. En mouin 
parait réserver le démonstratif ^e aux personnes et le démons- 
\\^za aux choses; comme en sya et en gbin, le démonstratif suit 
lom et reste invariable : me be « cet homme », me-nà be « ces 
nmes >.». 

7. — La forme ma se place avant le verbe dont elle est le ré- 
ic; la forme mane sert pour le régime indirect et se place après 
'erbe. Le mol sya munu se place avant le verbe qu'il régit, le 
t gbin 7nà se place après. 



Ifif, VOCABULAIRES COMPARATIFS DK LANGUES OU DIALECTES 



III. — ËsEH VERBES 



Soninké 



Bozo 



Sya 



Mouia 



GInn 



aller 

partir 

marcher 

venir 

venir de 

élre(TerkiaUrikiUr) 

ne pas être (id.) 

èlre (dais il liei) 

ne pas être (îd.) 

s'asseoir 

se lever 

s'arrêter 

se coucher 

dormir 

être bon * 

être mauvais 

mourir 

être fini 

manger 

boire 

prendre * 

attraper 

laisser 

donner 

attacher 

ouvrir 

fermer 

couper 

désirer 

dire 

comprendre' 

voir 

regarder 

connaître 

appeler 

tuer 



te le swo ùuge 

daga so ya^ bugt* 

teie ya 

rif li be na 

ho-gu ba-ga sa-i^a 

fè la 

wéy bè li 

tèf ntè 

takho duba tilûga 

giri kiri tumâ 

sigi ta 

sô . . .s . . sa 

khe-ûki ûyi 

siri mmêi forô 

kara * sd-ûga * siri 

ûyeme dud'ilga* itè 

yige dye zô 

mini mené mené 

fa, nda yo 

tinda fughd 

tvara sô 

kini do père 

yete perè 

muûi kwa 

terhe gboro 

kutu kyâ 

khanu kya 

ti ti 

mugu mô, mo 

wori ....:. za 

fayi segè 

tu tyo 

khiri wi 

kart waa yarè 



gi, gi'lé 
nu, li 



ta 
ta 
gà 
nu 





m, yi 




nô 


ya-/à* 


ya^ra " 


uni 


y^ 


du'la' 




ûyia-rè^^ 


yi-ro •• 


y« 




dere, zeri 




yôie 


• 


ka 


9a 


ûya-nè^^ 


iiya-na •• 


/ty lirhe 


bi 


mine 


mi 


sa 


sa 


kuni 




na^ ba 


ûgba 


yire 




plo 




ta 




ka 




nyèri 


ni 


pe, bi 


pà 


ma 




y« 




we 




9 

SI 




9y^ 


dé 



PAIll.KS A LA COTK DMVOMîK ir.7 

Noies, — 1. Kii koiiéni : a zima « c'est l)on ». — 2. Kn koiiéni : 
(la « prendre ». — '^ Kn kouéni : ma « comprendre »; i mn ma'l 
« n'as-lu pas compris? » m'a ma « je l'ai compris, je comprends ». 

— \. Le verbe kara « mourir » esl le passif de kari « lucr »; on 
dit aussi fad, qui est un lermc plus respectueux que kara. — 5. 
Le verbe bozo sà-riga h pour radical sa, la particule figa indiquant le 
passif ou le verbe d'clat ; comparez en malinké Aïi-/a « ôlrc mort ». 

— 6. Le verbe duà-t^ga est le passif de duà « finir ». — 7. On peut, 
en mouin, ne pas exprimer le verbe attributif; lorsqu'on emploie 
le verbe />e, on met en général Tallribul avant lui : e(fep'e pe nc'esl 
bon M, e nana pe « c'est bon à manger », go kima-ni pe « il esl 
brave » (comparez en dyoula a kele-ni bè « il esl seul »); mais on 
dit ^/;^ le « il esl rouge », epe ra a dere « il n'est pas bon » (il esl 
pour ne-pas èlre-bon). Dans les autres langues, le verbe « être » 
attributif ne s'exprime pas en général. — 8. Le verbe « être » si- 
gnifiant a se trouver » ne s'exprime pas en mouin : yo fora (pour 
I/o fè ara)y « il est à la maison » (lui maison dans). — 9. Im est 
une particule indiquant le verbe neutre. — 10. La particule rè in- 
dique aussi le verbe neutre. — 11. Le verbe fiyanà esl le passif 
de f)yà « finir ». — 12. Ra esl une particule indiquant le verbe 
neutre. — 13. Le verbe hga-na est le passif de hgù « finir ». 



IV. — LA CONJUGAISON 

Les verbes neutres ne se conjuguent pas toujours exactement 
comme les verbes transitifs; de plus ces derniers ne peuvent pas 
s'employer sans régime direct; si aucun régime n'est indiqué spé- 
cialement, on place toujours le pronom a (le) devant le verbe : 
« je comprends » se traduira comme s*il y avait « je le com- 
prends ». Enfin il existe des verbes passifs et des verbes neutres à 
forme passive qui se conjuguenl comme ces derniers. Je donne- 
rai donc un modèle de verbe neutre ordinaire, un modèle de verbe 
transitif et un modèle de verbe passif; chacun de ces modèles est 
donné à la première personne du singulier : il suffira, pour avoir 
les autres personnes, de remplacer le pronom de la 1" pers. du 
sing. par le pronom sujet convenable. 



158 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

Soninké Boio Sya Mouin Gbin 

1* Vcrlie neutre : — — "" " "" 

je parSfOu je partirai, 

ou je suis parti ûc daga ni so tni buge fVgi ni ta 

je suis en train de 

partir fie darja ne iVga so ne Uni miùuge* ûûo gi » ni ma In 

ou m*padagani* ^"^'go gi 

je partirai fie daga ni so mi buge nii e gi ni in 

je suis parti ûe daga nisoga* mi buge fi'gi gfvt ni la 

pars daga so buge gi la 

partir daga so buge^ ke buge gi^ e gi * ra Ut ' 

.je ne pars pas, ou 

je ne partirai pas, ou n*(e daga nUi so nâ buge e * ne â gi m^â ta ta 
je ne suis pas parti 

jl le pin ps ■liileiut nUe daga ne neperaâgi m"â na ta h 

je ne partirai pas n*lc daga nUi so nâ buge e ne â gi nia ta la 

je ne suis pas parti m'ma daga nUi so nâ buge e ne â gi le niâ ta la 

je ne suis pas encore 
parti m'ma daga ne nUi so goe n^âbuge defiga lalè nCâ ta i 

ne pars pas marha daga kn buge ka ii ta la 

ne pas partir ma daga ra â gi ra â ta ta 

2« Verbe transitif : 
je le tue, ou je le 

tuerai,M jeriitié ûe a kari ni a waa n'a yarè na gye m'a dé 

je suis en train 

de le tuer fie et kari ne fi ga a waa ne lini n'a yarè fi*go a gye ni na a d 

ou m'pa a kari ni* ou ûûo a gye ' 

je le tuerai ûe a kari ni a waa n'a yarè n*ta gye '* m*a dé 

je l'ai tué n'd'a kari* ni a waa ga* n\i yaré n*a gye gwî m*a dé 

tue- le a kari a waa a yaré a gye a dé 

le tuer a kari a waa a yaré a gye^e a gye* raa dé^ 

je ne le tue pas ou 
jenele tuerai pas, 

ou je N l'ai pas taé n*fa kari '* n'ii a waa n'a yarè rha n*âa gye m*â a dé 
je ne le tue pas 

maintenant n*i'a kari ne m'a na a 

je ne Vin pas tué m'ma a kari n'ii a waa n'a yaré rha n'a a gye m*âa dé . 
je 11 l'ai pas fiore dé m'ma n kari ne n'tia waa goe n'a ydré deûga n'a a gyegwT zaié m'a ù 

ne le tue pas marha a kari kaa yarè ka lia dé la 

3* Vcrlie passif : 
je suis tué ûe kara ni waa ga* ne yarè-ra " û'gyeAé '• ni dè^ra ' 

jenesuispastué** m'ma kara n'd waa n'a yarè é * ûe â gye^lè ni â dé le 



PAKLKS A LA COTK DIVOIIU': ir.9 

Notes. — 1. La particule pu dcvicnl fa à loulcs les personnes, 

sauf à la t" el à la î*" du singulier. — 2. La particule ga devient 

f^fja apr?;s une voyelle nasale : a sfiftga « il esl niorl ». — 3. On 

dira à la 2* pers. : bi tini In hurjc^ à la .T : a iini a hur/e, elc. — 4. 

La négation s'indique par un n long placé devant le verbe et par 

la répétition de la voyelle finale du verbe : c'est bon, a fort); ce 

ti 'est pas bon, a â /orù o. — o. Aux autres personnes on emploie 

toujours la particule go précédée du pronom convenable. — 6. 

Très souvent on fait procéder l'infinitif de la particule e, qui cor- 

'"'îspond au Ica des langues mandé-tan : ka gi e fè Idè « ils viennent 

Cpour) maison faire, ils viennent faire une maison ». — 7. La par- 

t-iculera joueen gbin le même rôle que (? en mouin ct/raendyoula: 

^^ sa ra nu « apporte-le » (le prends pour venir). — 8. La particule 

^^ devient na après une voyelle nasale, et cette dernière perd sa 

^nasalisation : i a fit/à? « Tas-tu fini? », zalc m'a a tiija na « je ne 

l'ai pas fini encore ». 

9. — La particule du passé esl da\ l'a final s'élide devant le 
pronom a mais reparaît devant tout autre régime. — 10. L'e de la 
négation te s'élide généralement devant a. — 11. L'{ de la particule 
il s'élide en général devant a. — 12. La particule ra devient na 

m 

après une voyelle nasale. — 13. La particule /è prend aussi les 
formes rè ou /a, et wè après une voyelle nasale; cette dernière perd 
alors sa nasalisation. 

14. — Les verbes neutres à forme passive, comme ba-ga « venir 
de », sà'figa « mourir » (bozo), sa-ra « venir de » (sya), ya-/« 
« s'asseoir », du-la « s'arrêter », fiyia-rh « se coucher » (mouin), 
ya-ra « s'asseoir », yx-ra « se coucher » (gbin), se conjuguent 
comme les verbes passifs. 

Forme interrogatice, — Il n'y a pas de forme spéciale pour l'in- 
terrogation; seule l'intonation indique que la phrase estinterro- 
gative. Cependant en sya, dans les phrases inlerrogatives, on met 
souvent un e avant le sujet. 

Place des régimes. — Le régime direct, dans toutes ces langues, 
se place toujours immédiatement avant le verbe : sa place est 
d'ailleurs indiquée dans le modèle de conjugaison du verbe tran- 
sitif par le pronom a (qu'il ne faut pas confondre avec Vfi long qui 
exprime la négation en sya avec les verbes neutres, en mouin el 



160 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

en gbin avec tous les verbes). — Quant au régime indirect, ih 
place après le verbe. 



V. - PHRASES ET EXEMPLES 

1"^ Sonifike. — Od est ton père? am paba bè minna^ il est par 
au village, a daga debe na. Je viens, fie ri n^; je ne viens pas, n i 
ri ne\ je ne suis pas venu, m inari. Ne vas-lu pas au village? an ( 
tele debe nal ne viens-tu pas avec moi? an te tellel (tu ne vas pas' 
où vas-lu? an tele minnal ils viennent, t fa ri ni. 

C'est très bon, asinfiyë\ ce n'est pas bon, a masûro. 

Que dis-tu? an ti manet (lu dis dans quoi?) ouvre cette caisse 
ke kèsi mufii; je mange, fie yige ne ; je ne mange pas en ce me 
ment, n te yige ne sasa. 

Il est ici, a bè ire; il n*y est pas, a tè ire\ ne le vois-lu pas? a 
t'a wori nef viens le regarder, li a fai\ as-tu compris? am a mugu 
j'ai compris, n da mugu; je n'ai pas compris, m ma a mugu. 

2« Bozo. — Mon père, m A:a, ma mère n na^ c'est rouge, ki 
tonUf; une chose rouge, fo tomo-na (une chose elle est rouge). 

D'oii viens-tu? àm ba-ga mitiôl où vas-tu? à swo mitiO. Je vai 
aux plantations, fi ga swo swo. 

Donne-moi cela, ku do na; donne-moi un couteau, doyi do na 

Un homme est mort, fiimi sd^figa ; il n'est pas mort, a tisd; il i 
tué un homme, a fiimi waa ga; il n'est pas encore mort, a ti st 
figoe. 

C'est bon, ku mmèi; ce n'est pas bon, ku ta mmèi; c'est fini, i 
duà'figa; ce n'est pas fini, a ti duà. 

Viens boire de Teau, be duà mené. 

y Sya. — Mon père, mitO; ma mère, misye; ton fils, be nu 
— Ici, ba ; où? odof wodol hier, dugu; demain, shin ; comment' 
m? 

Viens ici, na ba; va-t-en, ya, biya;oii vas-lu?^iya odol je vais 
à la maison, mi buge ko no nà ; d*où viens-tu? bi sa-ra ocfo? je viens 
de la brousse, mi sa-ra kiûè so ou mi sa-ra kiûè. 



rAUMîS A LA COTK DIVOIKK Hil 

On est-il? c a ii wo(/o1 il osl ici, a ii iicdè ; il n'y csl pas, a à li 
yega ; il est parti, a Inif/e : il vient, a uni a va ou a fini ?ia ; il csl 
venu hier, </ nn iluf/u ; il viendra demain, a na s/tin ; il n'est pas en- 
core venu, n ô na de/tf/a. 

Viens manger, na hv :o (viens pour manger) ; viens boire de 
l'eau, na zîio mené ou na nzhiio mené ; assieds-loi par terre, liihga 
lo-mà ; prends celte chose, /ita bc ijo ou jila hè, bi yo ; atlrape-le, 
a (ughà ; donne-le moi, a pcre nin ; laisse-le, a sd. 

Ouvre la porte, ko-ndo hnm\ ferme la porle, hl-ndo gboro\ va 
couper du bois, //a su kyè. 

C'est fini, a nè\ ce n'est pas fini, a n ita dchffa\ c'est bon, a 
fort); ce n'est pas bon, a ô forù o. 

Ils l'ont tué, là a yarè\ ils ne l'ont pas tué, // a yarè defiga; il 
esl mort, a siri. 

Que veux-tu? bi mimu kyal quel est ton nom? bi togho iinil 
comment l'appelle-t-on? e là a uri ni? ne comprends-tu pas? bi a 
mrhafje ne comprends pas, ne a mo r/ia]je comprends, n'a mô. 

Je l'ai vu, n'a za\ je ne l'ai pas vu, n'a za rha; le connais-tu? 
*' fl /yo? regarde-le bien, a segè forô\ ne le regarde pas, ka a se- 
(jè ka. 

4* Gbï. — Ici, nô : où? mari? mon père, n de ; ma mère, n na ; 
mon fils, n le. 

Viens ici, nu nO\ où vas-tu? man c nata? je vais aux planta- 
tions, ni na ta sO\ il marche vile pour y aller, a gà nzara nu o ta. 

Ilmange, a na bile bi; il boit de Teau, a na yi mi. 

Donne-moi mon pagne, m perè sa va hgba (mon pagne prends 
pour donner); je ne te le donne pas, m'/7 na a figba la\ apporte-le, 
" *^' ra nu (lui prends pour venir). 

Il est mort, // gft : il a tué un homme, a sa dè\ ne le lue pas, /{ a 

Dis, qu'est-ce que tu veux? a pn^ e na ni ma? je dis que je veux 
^^^\\,mp(i nikoko ni\ as-tu fini? z^tlè i f>yfi? (déjà tu finis?) ce 
^ ^sl pas encore fini, zalè a n hya na, 

^Jwc dit-il? aa pn? (il le dit?) où es-tu? mari e yi? il esl ici, a ni 
"" il n'est pas ici, n nd nn. 

Ouel est son nom? a toèpo? (son nom dit?). 

n 



1 



iri2 VOCAHULAIKES COMPAKATIKS DK LANGUKS OU DÎALKCTES 



5" MwU 
singe 

singe gris 

singe rouge 

singe noir 

abeille 

cire 

antilope 

caïman 

éléphant 

crapaud 

fourmi 

coq 

crête 

arbre- 

écorce 

forêt 

brousse 

fromager 

palmier à huile S6 

fil de fitaier i kiib mwë 

raphia hlakà 

vin de raphia bla-mwé 

dattier gô 

ronier senze 

arbre à beurreflyonô-iri 



wo 

wo pu 
wo le 
wo ti 
zoro 

niorO'kanijn 
winne 
gûlè 
bye 
pori 
kyîkyi 
mâ-gulî 
goô 

in, iâni 

iri'klo 

bô 

mene^ntere 

vè 



patate 

manioc 

citron 

citrouille 

rii 



nyâna^kuni 

sukuru 

lomuru 

gugi 

mono 



banane (gnssi) baUmdn 

— (petite) koatya 

papaye vane 

coton kunê 

branche iri-gbè 

chef du pays lere-syd 

— de village pin-syd 

— de case wn-syâ 
serviteur du 



roi 
ami 

ennemi 
guerre 
étranger 
famille 
forgeron 
frère 

marché 

montagne 

neuve 

pluie 

ciel 

soleil 

lune 

jour 

mois 

année 

colline 

fer 

cuivre 

or 

plomb 

argile 

cendre 

charbon 

fumée 

barre de sel 

charge 

balai 

hamac 

flèche 

fusil 

balle 

poudre 



mttsa 

me g h 

sarasoni 

gule 

iregwtl 

bnln 

tùmu 

nu(ï 

gesipré 

9à 

ûye 

la 

la 'fie 

irnlé 

mùne 

irite 

mène 

leto 

gwfilê 

goli 
kyd 
nwd 
pè 

lèMni 

iè-guni 

wè'iri 

kwe 

md 

iro 

di 

wtirfri 

mtivfnbé 



pagne indigène ddgo 
tissu (ei pmû) so 



bonnet 

chaussures 

chapeau 

cuir, peau 

tambour 

clochette 

eiletestt-crMIe 

clou en cuivre aapô 

corbeille tyé 

corde, liane aie 

(«ne, elipkait tnèle 



sawala 

lèfè 

fit 

peni 

kôgô 



conte, fable 
commerce 
fm di Mnerei 
commerçant 

talisman 

forge 

fourneau 



Ud 
plé 
pu go 
plè^o-ni 

yo 

kwa 

po 



pays iere; la 

notre pays anu la 
le pays Mouin MwA-ln 



baril de poudre pi-we 
(il gcse 

anneau px-bè 

ceinture dynla 



dimanche 


iVil^ (le s( 


lundi 


lenewye (a 


mardi 


lytiu 


mercredi 


mura-plè 


jeudi 


zema-plè 


vendredi 


klago 


samedi 


sibiri (ara 


est 


irilê^pwê'i 


(l'endroit où se lève le sol 


ouest 


iriU'bara-i 


(l'endroit où 


tombe le sol 


aujourd'hui 


nsô 


hier 


eyn 


demain 


la 


avant-hier 


eya4amii 



paiîm:s a r.A cotk divomik 



ir,:{ 



prêsHlcmaiii to-(ama 
lendcmniii d'après-ilcmain 

fO'inmti'Sârtli» 
tl)onl aitra 

ilrefois ilwelnle 

uldcsuilc snii-mmh*' 
>o(ùl sanue 

hciè 



i)e 


néQfi 


s 


ghc-ii'i 


lel 


gn-kporigi: 


ir 


zulu 


ts 


/le 


ic 


ghè-kpàfftto 


;t 


ghé-nimbà 


ce 


ghù-nimU'kpft 


\x 


Mèbè 


l doigt 


dnmahf^ 


5« 


HUlé 




ûijire-kye 


D 


chld 


Irice 


he 


ifrc 


fjha 



pclil c II fa II l 


ne f/ni 


l)a laver 


goli- 


grand 


ghâni 


se battre 


guiegule 


ho II 


derc, zrrl 


se bien porter hem 


l)oii au i;oril 


nanti 


cire malade 


gtnnn 


inùclianl 


kulo 


montrer 


h 


mauvais 


ifôle 


changer 


hibolè 


bien 


nia 


chercher 


tVii 


fou 


kwani 


être en colère 


pri'lii 


hravc 


kunnni 


coudre 


stira^ic 


fort 


fwnln 


couler 


lo 


froid 


nini 


cr.icher 


di 


chaud 


/■« 


être sale 


lin go 






être creux 


guiu 


courir, fuir 


bltisd 


faire cuire 


dokge 


acheter 


lorc 


cultiver 


gcwo 


vendre 


kosi 


déposer 


zi 


ôtre nombreux 


peperi 


descendre 


zi-nti 


abattre 


bti 


charger 


do 


tomber 


bttrti 


dérober 


fdna 


porter 


sire 


se disputer 


gule dn 


enfanter 


ère 


querelleur 


gule-dn-ni 


faire 


klè 


entrer 


Il in 


travailler 


ghdo 


stirlir 


pwc 


s*amuser 


ztibltt'^ê 


ôtre fatigué 


lerebwti 


allendre 


mtigbî 


danser 


fini klè 



fini 



Mon père, n te\ mon frère, n nuàgulî\ ma sœur, n nwl le: ma 
mère, /i ni\ ma lëlc, m bolo; ma main, fï gbè. 

Je bois de Teau, fi go xji mine : je vais à la maison, fiûo gi la lb\ 
va manger quelque chose, gi-lè pê lirhe: viens ici, nupe ; resie ici, 
du-ra pe. 

J'achète des perles, />/Vo iit/ene iore: combien les vend-on? /a Aosi 
mena? combien y en a-Uil ? t/c owèl il y en a beaucoup, ye peperi. 

Ce n'est pas bon, e â dere\ c'est mauvais, ye ifùle ; c'est grand, 
ye ghàni ; il est petit, yo fini. 

Ils vont à Kanyôné, ha gi Kanyene yi : le soleil se lève, irilè bo 
ptce-rè: le soleil se couche, iriiè ba-ra\ je tombe par terre; fn'to 
ba-ra tcrc-ma : elle a accouché, n ne ère. 

Allez faire une case, o gi e fè klè : ils vont faire une case, kagi e 
fé klè : ils Tonl faite, o n Idè gtrl : viens la faire, bi Pa Idè (pour bi 



i6'i LANGUES OU DIALECTES PARLÉS A LA COTE D'IVOIRE 

H a klè) ; moi, je la ferai, mi n'a klè ; faire quelque chose, de-za-ra 
Aie; balayer la maison, fara golè (pour fè^ra ou /è-ra, dans la 
maison, Tintérieur de la maison). 

J'ai faim, fïgbo u ma (la faim esl dans moi) ; j'ai soif, yi mi ndoro 
u ma (le besoin de boire de Teau esl dans moi) ; apporte-moi de 
Teau, nu gba yi ba (viens, apporte, eau donne) ; va en chercher, 
gi a vue. 

Donne-moi quelque chose, pé-ra na ni ; donne-moi un pagne 
blanc, dàgo pu na ni ; montre-moi le chemin, zi le; montre-moi 
quelque chose, pè de le. 

Je suis en colère, n zulupri-la (mon cœur s'échauffe). 

Ces gens vont faire du commerce, mè-nà be gi-lèplé go. 

Il dit, ape, a pi; je dis que, m bi a; comprends-tu? t a ma?dans 
la maison, fara^ fè kwe; hors de la maison, fè H. 

Où est-il? yo nat il est ici, yo nu; il n'y est pas, yoonu; il est 
à la maison, yo fara. 

Je suis fatigué, n terebwa ; viens danser, nu e fini klè; ce n*esl 
pas fini, e à flya ne; il est malade, a gama; il se porte bien, a be- 
ra ; pour moi, je vais au village de Soti, mi gbu fi gi-lè Soti-pla. 



CHAPITRE V 



Langues xnandé-tan. 



Les langues mandé-lan sont tellement voisines les unes des 
^uircs qu'on peut ne les considérer que comme des dialectes 
^'une langue unique. On pourrait répartir ces dialectes, d'après 
*^urs affinités, en quatre groupes, dont le premier se rapproche 
(^lus que les autres du groupe mandé-iamou et du groupe mandé- 
^ou, ce qui permet de supposer qu'il est le plus ancien. 

Ce premier groupe comprend le Numu-kpera^ le Lighi-^kpira^ le 
Jlnela-kà et le Vèu (parlés par les Noumou, les Ligbi, les Huéla 
«llesVaï). 

Le second groupe'comprend le GyUla-kà ou langue des Dyoula 
et ses divers sous-dialectes. 

Le troisième groupe comprend le Bàmana-akè-koma ou langue 
des Bamana du Haut-Sénégal et de Ségou (vulgairement Bambara) 
et le TorO'fikè koma ou dialecte du Toron. 

Le quatrième groupe comprend le KAaso-fikè koma, le Mane- 
f^ka-kd ou Mnnde-tkga'kà^ le Wasulu-ilka-kà^ le Miniâ^ka-kn^ le 
Sidià'ka-kà, le Manià-ka-kà, le Konià-ka-kà et le Mau-ka-kà (par- 
lés par les Khassonkè, les Manenka ou vulgairement Malinké, les 
Ouassoulounka, les Miniahka, les Sidianka, les xManianka, les 
Konianka et les Maouka ou Mahou). Le dialecte des Manenka ou 
Malinké, eu égard à la vaste étendue des régions où il se parle, 
s est subdivisé lui-même en un certain nombre de sous-dialectes 
d^ailleurs très voisins les uns des autres. 

On peut dire d'une façon générale qu'un indigène parlant un 
dialecte ou sous-dialecte quelconque de l'un de ces quatre 
groupes comprendra sans difficulté un autre indigène parlant un 
autre dialecte ou sous-dialecte du même groupe, et qu'il compren- 
dra aussi, mais moins facilement et seulement après une accoutu- 



IGfj VOCABULAIRES COMPAHATIPS DE LANGUES OU DIALECTES 

mance d'ailleurs vile acquise, un indigène parlant un dialecte de 
Tun des trois autres groupes. La preuve de ce que je viens d*avan- 
cer se manifesle dans la facilité avec laquelle nos tirailleurs de 
famille mandé-lan, de quelque région qu'ils soient originaires, se 
font comprendre de (ous les gens de famille mandé-lan avec les- 
quels ils se trouvent en contact. 

r' groupe. — Les Numu^ d'après leurs propres traditions ha- 
bitaient autrefois avec les Ligbi et les Huéla à Bégho, près du 
Foughaula actuel, au sud et près du coude de la Volta Noire, et 
formaient avec ces deuxtribus un seul peuple parlant le même dia- 
lecte. Des Dyoula (familles Ouatara et Kari-Dyoula) avaient une 
ville à côté de la leur, mais les deux populations n'étaient pas 
mêlées. La ville de Béghoful pillée et abandoi\née à la suite d*une 
guerre civile qui éclata pour un motif des plus futiles : une 
femme dyoula et une femme ligbi s'étant disputées au marché à 
propos d'une calebasse cassée par l'une d'elles, les Dyoula présents 
prirent parti pour la première, les Ligbi pour la secc^ide, la que- 
relle s'envenima, on en vint aux coups, et le résultat fut une guerre 
suivie de la dispersion des habitants de Bégho, qui avait été jus- 
qu'alors la ville la plus florissante de toute cette partie du Soudan 
(xiv* siècle). Les Huela se rendirent en majorité à Sorhobango et 
se convertirent en partie à l'islamisme; les Ligbi, qui étaient 
déjà presque tous musulmans, émigrèrent en partie vers Touest, 
laissant une colonie à Guénéné et une autre près de Bondoukou, 
laquelle retourna dans la suite près de l'ancien emplacement de 
Bégho où elle fonda le quartier musulman de Foughoula ou 
Banda. Quant aux Noumou, les uns restèrent dans leur pays, où 
on les rencontre encore, formant des quartiers distincts parmi les 
Nafâna, à Lôrha (Louha ou Boue) et à Foughoula; les autres émi- 
grèrent un peu partout vers l'ouest et le nord-ouest : on en trouve 
à Guioboué ou Bouroumba (Assafoumo), à Soko (où ils peuplent 
tout le quartier où se trouve le poste de douane), àBondoukou, à 
Sorhobango, à Golé (nord-ouest de Bondoukou), à Kan-nlon, à 
Kouassi-Ndaoua, à Sapya. Tous exercent les métiers de forgerons, 
cordonniers, menuisiers, et leurs femmes fabriquent des poteries. 
Ils se sont répandus dans toute la partie occidentale du bassin du 
Niger, transportant partout leurs industries^ ce qui fait que, dans 
tous les pays de langue mandée numu est devenu svnAw^ie de 



PAKr.KS A LA COTK U'IVOIKE jr.7 

« forgeron » ou plusgi'^ncralomciil d' « artisan » (comme gi/fUa ou 
dfjula est devenu synonyme de « commerçant » et maraba 
fllaoussa) synonyme de « teinturier »). L'émigration dcsNoumou 
ne s'est pas faite en masse, mais individuellement : de temps en 
t^mps, quelque ouvrier noumou habile, apprenant que tel centre 
ouveau est dépourvu d'artisans, va s*y établir, bientôt suivi par 
uelques autres ; le jour où les pratiques font défaut, ils se trans- 
ortent ailleurs. Un certain nombre de Noumou suivent habituel- 
ement les bandes de conquérants tels que El-Iladj-Omar, Samori; 
'Bâbalo, etc., réparant les armes, fabriquant des selles, etc. Partout 
ils ont conservé leur dialecte, qu'ils parlent entre eux. 

Dans les pays du Haut-Niger, tous les Noumou sont païens et 
Jamais ils n'épousent une femme en dehors de leur tribu. De Kong 
à la Voila où les Noumou sont moins dispersés, où ils ont quelques 
villages ou quartiers de villages qu'ils habitent de façon perma- 
nente^ ils se mélangent davantage au reste de la population et 
contractent assez souvent mariage avec des femmes d'autres tri- 
bus, notamment des femmes dyoula. Les garçons nés d'un Nou- 
mou et d'une femme dyoula sont généralement confiés à un mara- 
bout et élevés dans la religion musulmane; ils oublient le dia- 
lecte noumou et rien ne les distingue plus des Dyoula de race 
pure. Quant aux Noumou de race pure, ils demeurent païens et se 
vêtent en général d'un pagne et non d*un boubou, et habitent. 
Soit des huttes rondes à toit conique, soit de préférence des cases 
rectangulaires au toit de paille à double pente ou plus rarement 
clés cases à terrasse. 

Les Ligbi ou JSigbi (Ligouy et Nigoui des cartes) se rencontrent 
actuellement à Lorha (Louha ou Boue) sur la Vplta Noire, à Fou- 
^houla ou Banda (notamment dans les quartiers ou villages de 
Tyoulou et de Kamayana), à Guénéné (près et à Touest de la fron 
tière franco-anglaise) : dans tous ces lieux, ils vivent côte à côte 
avec des Nafûna ou Pantara, qui forment la majorité de la popula- 
tion environnante, avec des Noumou, et (à Guénéné) avec des 
Iluéla. De plus, ils ont une colonie assez importante à l'ouest du 
Kourodougou^ au nord de Séguéla ". 

• 

1. C'est à tort que, dans mon Essai de manuel tnandé (page 261), j'avais idcnUflé 
le dialecte des Lij:hi avec celui des VaT : il y a assun^ment des liens de parenté 
assez étroits entre ces deux dialectes, mais il y a aussi entre eux d*assez grandes 



iri8 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

Les Hiiela (appelés Vuela par les Uyoula) habitent actuelle- 
ment presque toute la ville de Sorhobango, presque tout Guénéné 
(ou mieux Gyenene), Ndâmessaou Adâmissa (près de Foughoula), 
Soghobo ou Boundou (àTouest-nord-ouest de Bondoukou); ils ont 
quelques familles à Bondoukou et à Assafoumo. Us sont en partie 
musulmans et en partie païens; les Huela musulmans portent le 
boubou, ont des cases à terrasse, et, outre leur dialecte, parlent 
tous le dyoula; les Hûela païens s'habillent de pagnes, ont des 
cases à toiture de paille comme leurs voisins Koulango ou Nafàna, 
et parlent presque tous, outre leur dialecte, le koulango dans 
l'ouest ou le nafâna dans l'est. On prétend que Tislamisme avait 
été introduit à Bégho, vers le xi^ siècle de notre ère, par un Huéla 
qui avait fait le pèlerinage de La Mecque; les Huéla musulmans 
sont beaucoup plus fervents que les Dyoula, bien que l'islamisme 
soit bien moins répandu chez eux que chez ces derniers. 

Les Vài ou Vèi seraient issus d'une fraction des Huéla qai, 
antérieurement à la destruction de Bégho et à l'introduction de 
l'islamisme en cette région, auraient émigré vers l'oaest avec des 
Ligbi ; ces derniers seraient demeurés au nord du Ouorodougou, 
les Huéla se seraient avancés à travers la région forestière jusque 
vers la mer, seraient devenus les Vaï, auraient inventé l'alphabet 
syllabique qui les a rendus célèbres et se seraient convertis à Fis- 
lam au contact des Manianka. Actuellement on les rencontre au 
Libéria et dans le sud-ouest de Sierra-Leone, depuis le fleuve 
Lofa (Half-Gape-Mount-River) à l'est jusqu'à la rivière Soulima sur 
la côte et la rivière Gallinas plus au nord à l'ouest, et depuis la 
mer jusqu'à une ligne à peu près parallèle à la côte et distante de 
celle-ci de 100 à 120 kilomètres; ils ont aussi des villages sur le 
Saint-Paul et le Mesurado. 

2* groupe. — Les Gyiila au Dyoula semblent ne former nulle 
part, dans la vaste région où ils sont répandus, le fond de la po- 
pulation ; mais ils se rencontrent dans les grands centres oii ils 
constituent, souvent la presque totalité de la population, d'autres 

différeaces. Cesl à torl aussi que j*avais attribué aux Ligbi le surnom de « Kari- 
Dyoula» ou « Kalo-Djoula » ; ce surnom leur est bien donné parfois par des Dyoula 
de Kong et du Guimini, mais par erreur : c*est en réalité le nom d'une famille dyoula 
pure» originaire de Bégho, et qui a des représentants à Bondoukou, à Mango, à 
Bouna et en plusieurs autres villes. 



PAIU.KS A LA COTK DIVOlKK ir,«» 

fois un simple quartier, el dans un certain nombre de villages 
moins importants sous forme de familles plus ou moins nom- 
hreuscs. Tous les Dyoula de race pure sont musulmans et presque 
tous s'occupent de commerce et organisent des caravanes ; aussi 
leur langue est-elle lr^s répandue et parlée par un nombre consi- 
dérable d*indigènes non dyoula. Les Dyoula de race pure ne sont p<as 
laloués, mais beaucoup d^enfants nés de Dyoula et d'autochtones 
portent le latouage de ces derniers (Sénoufo, Bobo, Mossî, Gba- 
nyan, etc.) el beaucoup d'aulochtones tatoués, convertis par les 
Dyoula c^ l'islamisme^ ont adopté les noms de famille des Dyoula 
el se donnent comme Dyoula, ce qui a fait croire souvent que les 
Dyoula étaient tatoués. En réalité le nombre des Dyoula de race 
pure est assez restreint: ils s'appellent eux-mêmes Gffitla-œoro 
(les Dyoula libres ou nobles): ils donnent le nom de Sorohgi aux 
métis de Dyoula et d'autochtones, et le nom de liâbara aux au- 
tochtones païens, principalement à ceux qui sont marqués do 
trois cicatrices horizontales ou en éventail (Sénoufo) ou de trois 
cicatrices verticales (Gbanyan). 

Le gyiila^hl est parlé, avec de légères diiïérences locales de 
prononciation et quelques expressions spéciales à telle ou telle 
région, mais sans modifications réelles, dans les pays suivants : 

Le Ouataradougou (famille Ouatara), entre le Kaladiandougou 
et le Ouorodougou (autochtones Sénoufo) ; 

Le Ouorodougou (familles Ouatara, Ivouroubari, Siya, etc.« au- 
lochtones Sénoufo el mandé-fou); 

La région de Tiémou (familles Ouatara, Kouroubari, etc.; mé- 
•is Sorongui, autochtones Sénoufo); 

Le Kourodougou (familles Siya ou Siyaka, Kounaté, Kourou- 
'^ari, etc. ; autochtones Sénoufo et mandé-fou); 

Le Guimini ou Djimini (familles Ouatara, Kouroubari^ Guiara, 
Sarhandorbo, etc. ; autochtones Sénoufo); 

Le Guiambala ou Dyammala (mêmes familles; autochtones 
Agniel Mandé-fou); 

La région de Sikasso (mêmes familles; autochtones Sénoufo): 

U région de Bobo-Dioulasso (familles diverses; autochtones 
*land6-fou, Mossi-Gourounsi et Sénoufo); 

U région de Kong {Kpfi ou Kn: familles Ouatara, Kouroubari, 
"^0, etc. : autochtones Sénoufo el Mossi-Gourounsi): 



PARLKS A Ï.A COTI-: D'IVOIKE K.O 

fois un simple quartier, cl dans un certain nombre de villages 
moins importants sous forme de familles plus ou moins nom- 
breuses. Tous les Dyoula de race pure sont musulmans et presque 
tous s'occupent de commerce et organisent des caravanes; aussi 
leur langue est-elle tr^s répandue et parlée par un nombre consi- 
dérable d*indigènes non dyoula. Les Dyoula de race pure ne sont pas 
tatoués, mais beaucoup d'enfants nés de Dyoula et d'autochtones 
portent le tatouage de ces derniers (Sénoufo, Bobo, Mossi, Gba- 
nyan^ etc.) et beaucoup d'autochtones tatoués, convertis par les 
Dyoula à Tislamisme^ ont adopté les noms de famille des Dyoula 
et se donnent comme Dyoula, ce qui a fait croire souvent que les 
Dyoula étaient tatoués. En réalité ie nombre des Dyoula de race 
pure est assez restreint; ils s'appellent eux-mêmes GyiUa^woro 
(les Dyoula libres ou nobles); ils donnent le nom de Sorofïgi aux 
métis de Dyoula et d'autochtones, et le nom de Bàbara aux au- 
tochtones païens, principalement à ceux qui sont marqués de 
trois cicatrices horizontales ou en éventaiHSénoufo) ou de trois 
cicatrices verticales (Gbanyan). 

Le gyiila^kà est parlé, avec de légères différences locales de 
prononciation et quelques expressions spéciales à telle ou telle 
région, mais sans modifications réelles, dans les pays suivants : 

Le Ouataradougou (famille Ouatara), entre le Kaladiandougou 
et le Ouorodougou (autochtones Sénoufo) ; 

Le Ouorodougou (familles Ouatara, Kouroubari, Siya, etc.« au- 
tochtones Sénoufo et mandé-fou); 

La région de Tiémou (familles Ouatara, Kouroubari, etc.; mé- 
tis Sorongui, autochtones Sénoufo); 

Le Kourodougou (familles Siya ou Siyaka, Kounaté, Kourou- 
bari, etc. ; autochtones Sénoufo et mandé-fou); 

Le Guimini ou Djimini (familles Ouatara, Kouroubari^ Guiara, 
Sarhandorbo, etc. ; autochtones Sénoufo); 

Le Guiambala ou Dyammala (mêmes familles; autochtones 
Agni et Mandé-fou) ; 

La région de Sikasso (mêmes familles; autochtones Sénoufo); 

La région de Bobo-Dioulasso (familles diverses; autochtones 
Mandé-fou, Mossi-Gourounsi et Sénoufo) ; 

La région de Kong (Kpô ou Kû; familles Ouatara, Kouroubari, 
Dao, etc. ; autochtones Sénoufo et Mossi-Gourounsi); 



l»AI5Li:S A LA COTK I) IVOlKK 171 

3' groupe. — Les llittnana-tihv (vulgairenionl appelés Bain- 
hara) sont sans doiilc les seuls maiidéslan, avec les Noumoii, les 
lluéla cl les Vai, qui soienl restés païens en j^i-anclc partie : de là 
vient leur surnom de IJanihara. Ce sont les seuls Mandé-tan de race 
pnre qui soient tatoués (trois cicatrices verticales sur chaque joue). 
Ils habitent le Kaarta, le Itélédougou, leKalari, le Mourdi.idougou. 
le Kouroumadougou; sur la rive nord du Haut-Sénégal depuis 
Médine jusqu*à Uadoumbé environ, et le longdu haut ^Niger depuis 
Hammako jusqu'à Sansanding, pour contourner ensuite le Mas- 
siiia à Touesl et réapparaître sur la rive droite du iNiger à hau- 
teur du lac Débo. Ils forment en général dans ces pays la majorité 
de la population mais ont au milieu d'eux des colonies soninké et 
foulbé assez importantes. Kux-mémes ont aussi des colonies sou- 
vent populeuses en pays manenka, dans le Fouladougou et le Gan- 
gciran, notamment; en pays songhaï et foui, dans le Massina par 
exemple et la région des lacs; et surtout en pays soninké, dans le 
Ivaarta-Bine, le Guémou, le Diagounlé, le Kingui (région de 
Nioro), le Kolon (région de Gombou), etc. 

Les TorO'hhi ou Toro-Hf/a habitent le Toron, région située au 
ati nord-est de Itissandougou et que Ton rattache souvent au Ouas- 
soulou. Ils appartient à la même tribu que les Bamana de Ségou 
^l parlent le même dialecte, mais ne sont pas tatoués; la famille la 
plus répandue au Toron est celle des Korouma ou Korouman. On 
pi*ôtend que les Bamana de Ségou auraient le Toron comme pays 
d*origine. A cause de leur situation géographique au milieu des 
^uassoulounka. beaucoup de Toronkè parlent indifféremment 
ï^ur propre dialecte et celui du Ouassoulou. 

V* (H'oupe. — Les A7/fl5o-///è habitent une région de peu d éten- 
due située sur la rive gauche du Sénégal de Kayes à Bafoulabéel 
^ur la rive gauche du bas Baling en amont de Bafoulabé, et qui 
comprend le Khasso, le Logo et le Naliaga. On rencontre en 
outre des Khassonkè, formant la majorité de la population, dans 
un certain nombre de villages du cercle de Nioro, notamment 
dans Je Sanga ou Lakamané, qui semble être leur pays d'origine. 
^ pnncipale particularité de leur dialecte est qu'ils remplacent 
na/ii(uellement le / par un hli (f des Arabes), articulation qui 
«exisli» pas (imis les autres dialectes mandé-tan, quoiqu'on l'y ait 



172 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

signalée par erreur, la confondant avec le rh (r gras ou ^), qui est 

bien difîérenle; mais cette articulation existe en soninké et dans 
plusieurs dialectes mandé-fou (le sosso notamment). 

Les Mane-nka ou Mande-tlga (appelés Mali-nlie par les Soninké, 
d'où la prononciation vulgaire Malinké) sont répandus dans une 
région très vaste où ils forment, tantôt le fond de la population, 
tantôt de simples colonies. Leur dialecte offre quelques diver- 
gences parfois assez sensibles suivant les pays où il est parlé et 
on peut pour celte raison le diviser en trois sous-dialectes : celui 
de Touest, parlé par les Manenka répandus dans le bassin de la 
Basse-Gambie, la Gasamance et la Guinée portugaise, au milieu 
d'autochtones de familles diverses; celui du nord, parlé par les 
Manenka qui voisinent avec des Foulbé dans le Ferlo, le Kalonka- 
dougou, le Bondou^ le Bambouk, le Gangaran et le Fouladougou, 
c'est-à-dire dans les bassins de la Haute-Gambie, de la Falémé, 
du Bafing et du Bakhoy ; celui du sud, parlé par la grande majo- 
rité de la population dans le Kouranko» le Sankaran ou Sanganuii 
le Dinguiray, le Bouré, le Banian, les régions de Siguiri et Bou- 
gouni, c'est-à-dire le long du Haut-Niger en amont de Bammako, 
et dans la bande de terrain qui s'étend à Test du Niger et au nord 
du Toron et du Ouassoulou jusqu'au Bagoé. 

Les Wasulu-nka sont répandus dans les diverses provinces 
qu'on réunit généralement sous le nom de Ouassoulou, dont le 
centre est formé par la région de Kaukan et de Bissandougou, et 
qui s'étend au nord jusqu'à Kéniéra inclus; ils ont aussi des fa- 
milles ou des villages dans le Sankaran» le Kouranko, le nord do 
Konian, et sur les deux rives du Niger près de Siguiri. Dans tous 
ces paysj ils forment le fond de la population, les autres indi- 
gènes étant d'ailleurs comme eux de famille mandé-tan (Manenka, 
Konianka et Toronkè). Cependant les Ouassoulounka ne sont pas 
des Mandé de race pure; ils sont sans doute le résultat d'une fu- 
sion des Foulbé avec les Manenka; leurs noms de famille (Sidibé, 
Diakilé, Sankaré ou Sangoré, Diallo) sont portés aussi par des fa- 
milles foulbé. Néanmoins la langue foui n'est comprise que tout à 
fait occasionnellement par les Ouassoulounké, dont le dialecte est 
presque identique au sous-dialecte méridional des Manenka et au 
dialecte des Konianka. 
Lés Minià-ka, qui ont la même origine et les mêmes noms de 



l»AIU,ftS A LA COTI*: D'IVOIKK r;:{ 

ramillc que les Oiiassoulouiika cl parlent à peu près le même 
dialecte, se donnent souvent h eux-mômes le nom de Folo (ne pas 
confondre avec les Koro ou Folo, aulochlones sônouTodu Kolona). 
Ils habitent le Hendougou ot Touest de la région de Koutiala, entre 
IcUani ou Mayel-Balèvel au nord et son aniuentle Banifing au sud^ 
kTouest desHobo-Oulé ou Kyan qui sont répandus au sud de San. 
Auprès d'eux vivent des Sénoufo autochtones. 

Les Sidià'ka sonl des Mandé-tan analogues aux Ouassoulounka 
elaux Minianka, c'est-à-dire assez fortement mélangés d'éléments 
foiilbé, mais parlant un dialecle très voisin des vrais Manenka; 
beaucoup d'entre eux parlent en outre la langue des Foulbé. Ils 
habitent dans le Foula-Dyalon à côlé d'autochtones .Mandé-fou et 
de Foulbé, et aussi dans le Pakessi et le Hio-Grande où ils sont de 
race plus pure. 

Les Manui-ka (appelés Mani-mO par les Vaï) sont venus du Ko- 
nianet se sont établis au nord des Vaï, dans la région de Boporo; 
ils ont des colonies chez les Vaï, les (lola, les Dé, les Loma et les 
Kpèlé en Gbéressé. Leur dialecte diffère peu de celui des Konianka. 

Les Konid'Aa sont établis dans le Konian, région située au sud 
du Ouassoulou, avec Beyla comme centre^ et s'étendant jusqu'à 
Kérouané et Sanankoro, avec des colonies dans les pays mandé- 
fou du sud (Loma et Oueïma notamment). 

Les Mau-ka ou gens du Mahou parlent, comme les Konianka, 
un dialecle très voisin du sous-dialecte manenka du sud. Ils com- 
prennent : les Maninyft'ka (région de Maninian, au nord-ouest 
d'Odienné); les Wogyenc-ka (région d'Odienné ou mieux Ouo- 
guiéné); les Mau-ka proprement dits ou Oyo-mane-Dka (région de 
Touba); les Kaladyâ-ka {région de Koro et du Kaladiandougou). 
Ils se composent de Mandé-Tan de race pure et de métis issus 
désunions des iMandé-tan envahisseurs avec les Sénoufo et les 
Mandé-fou autochtones; ces derniers se nomment eux-mêmes Gyo 
ou Guro ou Gurotvî\ les Maouka appellent leur pays Gyola ou 
^^yitla (d'où l'appellation de Dioula qui leur a été donnée par 
quelques voyageurs) et les Dyoula l'appellent Guro-Gyula. C'est 
^ lorl que, dans mon Essai de Manuel Mandée j'ai donne h ces au- 
^oclilones Mandé-fou le nom de « Guio ou Mahou », ce dernier 
^lanl réservé plutôt au pays de Touba et aux populations de langue 
inandé-tan qui y habitent. Le nom des Guio se retrouve dans celui 



\:\ VOCAIUJLAIRKS CcjMrAUATirs IHÎ I,AN(;i;ES ou niAIJXTES 

(le Gt/0'Mane ou Gf/o-A/rnute {Mandft de Guio), qu'on donne sou- 
vent aux gens de langue mandé-lan d'Odienné el de Touba, en sou- 
venir de leur double origine. Le dialecte des Maouka {mau-ka-kn 
ou gyonianc'ttka-hl) est presque identiquement semblable à ceux 
des Ouassoulounka, des Konianka et des Manenka du sud (Ouas- 
soulou, Beyla, Kouranko, Siguiri); il offre d'ailleurs de légères 
différences de prononciation et de conjugaison suivant les diverses 
provinces où il est parlé. Mais le vocabulaire peut être considéré 
comme semblable à celui des Manenka du sud. L'articulation rh 
est en général, soit supprimée (avec ou sans sa voyelle), soit rem- 
placée par^A. 

Sauf les trois dialectes Noumou, Ligbi el Huéla et les cinq der- 
niers dialectes du quatrième groupe^ tous les dialectes mandé-tan 
ont été étudiés. Je n'insisterai donc pas sur les caractères généraux 
de la langue, renvoyant pour les études comparatives aux ouvrages 
de Steinthal et du capitaine Rambaud^ ainsi qu'à mon Euai de 
manuel mandée dans lequel on trouvera aussi une étude détaillée 
du dialecte dyoula. Je me contenterai de publier ici des vocabu- 
laires inédits des dialectes Noumou, Ligbi, Huéla cl Maou, avec 
un vocabulaire dyoula pour faciliter les comparaisons. 

Le vocabulaire Numu a été recueilli en 1903 à Bondoukou au- 
près d'une famille noumou habitant cette ville et offre toutes les 
garanties. Le vocabulaire Ligbi a été recueilli en 1902 à Pinntouri 
(cercle du Lobi) auprès d*un Ligbi de Foughoula et revu en !903 
à Bondoukou auprès de deux Ligbi de Guénéné, tous bons infor- 
mateurs. Le vocabulaire Hiiela a été recueilli en 1903 à Bondou- 
kou auprès de deux Huéla habitant cette ville et d*un autre habi- 
tant Sorhobango, tous trois excellents informateurs. Le vocabulaire 
Mail a été recueilli en 1903 à Bondoukou auprès de trois gardes 
de police originaires Tun d*Odienné, le second de Koro et le troi- 
sième de Touba, tous bons informateurs. Enfin le vocabulaire 
dyoula provient de notes recueillies en 1899-1900 dans le Baoulé, 
auprès de Dyoula du Guimini, du Guiambala et de Kong, et revues 
à Bondoukou 6n 1902-1903 pour ce qui concerne les particularités» 
d'ailleurs très rares, du dialecte parlé en cette ville. 



rAlil.KS A I.A COTK inVOMîK 



vocabi;l4ikb noiimou. ligbi, \\m, dyouu et naou 



I. - LA NUMÉRATION 



100 



Ughi 



Iliiéla 



Dyoula 



Maou 



« 


die' 


diey dge * 


kelr 


kele, kile 


1 


fnla 


[alla 


/ila 


fila, fnla 


'éa 


segba 


segba 


siîiia 


saba 


• 

1 


ntlni 


niîni 


niîni 


niTni 


À 


sôro 


s (do 


Ifiri 


litlu 


11 


mtvnro * 


miTro 


ivôr6 


wàro 


'a 


mftfala 


mawalla 


wôrnmvla 


tcfWommla 


tegba 


miîsegba 


masegba 


sg^gi 


sêgi 


1/inf * 


twlniîni 


manâni 


konondo 


konontf) 




ta 


/rifi, Ifl 


là 


Ifl 


ndo 


là ni do 


là ni do 


là ni kele 


Ul ni kele 


ùfala 


là ni falfi 


là ni falla 


Ifl ni /ila 


Ifl ni fila 


ù iegha 


là ni S'fgba 


là ni segim 


là ni sîîiïa 


là ni saba 


Il mîni 


là m nâni 


là ni niïni 


Ifl ni nâni 


tfl ni nîîni 


1* 


liga 


liga 


Ifl ni Uni 


là ni Iftlu 


t fil do 


liga ni do 


liga ni do 


là ni wôrà 


la ni tt*ôro 


: n'faia 


tign it*fala 


liga nfala 


Ifl ni wûi'fhnvla 


Ifl ni icôromvla 


n^tegba 


liga n* segba 


liga n' segba 


Ifl ni sgfgi 


tfl ni sî'gi 


n^nfnû 


liga n*nàni 


liga n* niîni 


là ni konondo 


tfl ni konondf) 


mô* 


/•<?/<?- wô" 


ligele-nw * 


mvgbfl 


mughà^ niuhfl 


'fala • 


liga- fala • 


liga- f fila • 


mughn ni là 


bi'Suba ' 


'fala 


Me 'fala 


hyelr-faVa 


moi'hô fila * 


bi-nOni 


-fala ni Ul 


kcle-fala ni In 


kg ele- falla ni 


Ifl kgeme tara 


bi-'hflu 


'segba 


he le -segba 


kgt'le-srgba 


morliô siîiia 


bi-woro 


•segba ni iâ kelc-segha ni là 


kgclesegbanilà morliù S'iùa ni là 


bi-woromvla 


-nimi 


Le le- ti a ni 


kgcle niîni 


moi'hfj niîni 


bi^s^gi 


•ji/mi ni In 


h'le-ntii}ini là 


kg ele- wî ni ni 


Ifl moi'ht) nîini ni là 


bi'konondo 


'S II In 


kt'nv' 


kgenie 


kgeme 


kt'me 


m 


ba 


ba 


wfiru^ ba* 


ba 



176 VOCAUULAIKKS COMPARATIFS DE I.ANGUKS OU DIALECTES 

Notes. — 1. Dans la forme die ou dt/e^ qui devient do dans le 
nombre onze, on retrouve le doA\x Gbèlé, du Guio, du iNgan, du 
Gbin, le du du Kouéni et du Mouin, le dondo du Vaï et le do qui en 
dyoula signifie « un, quelque ». — 2. Dans la forme lîgbi mwdro^ 
on retrouvé le woro des dialectes dyoula, maou, etc. ; celte forme 
elle-même rappelle le màro des Huéla qui est mis pour ma do {sïilo 
ma do^ cinq plus un). — 3. Les nombres 6, 7, 8 el 9 en noumou, 
ligbi et huéla sont à rapprocher des formes solo-masaJchà ou ma" 
sakhà^solo-ma-nanion ma-nani (8 et 9 en sosso), mai-ta^ mauvere^ 
mai-gyaba, mai-nà (6, 7, 8, 9, en kpèlé). — 4. On remarquera 
que les Noumou, les Ligbi et les Iluéla ont un mot spécial (iiga) 
pour exprimer le nombre « quinze » et qu'ensuite ils comptent 
« quinze et un, quinze et deux, elc. ». — 5. Les formes kele-môûa 
kyele-mO rappellent la forme dyoula et maou mughà (pluriel 
morhô)^ la forme vaï mugbàndi {pluriel md), la forme sosso morho^ 
nyë et la forme mouin muinlu : toutes ces expressions signifient 
étymologiquement « un homme, un homme complet », c'est-à- 
dire « deux pieds et deux mains, vingt doigts, les doigts d'un 
homme ». — 6. L'expression tiga fala veut dire « deux fois 
quinze » ; on trouve aussi tiga segba 45, tiga nani 60, tiga sulu 75, 
bien que ces formes soient peu employées. De 20 à 30, on compte 
en huéla de la façon suivante : 21 kyelem' todi die^ 22 kyelenC todx 
falla^ 23 hyeleni todi segba, 24 kyelem' tôdi nâni^ 25 ta ni tiga 
(dix et quinze), 26 kyelem' tôdi màro, 27 kyelem' tôdi mawalla^ 28 
kyelenC tôdi masegba^ 29 kyeleni tôdi mandni. — 7. On compte 
par dizaines en maou au lieu de compter par vingtaines comme 
dans les autres dialectes; le mot bi, qui devient ainsi le pluriel de 
« dix », rappelle la forme bu des Gbèlé, des Ngan, des Gbin, le pu 
des Mendé, des Loma, des Kpélé, le fu des Sossaet des Mouin, le 
fù des Sya et des Kouéni. — 8. On trouve aussi debe pour dire 
« quarante » et debe fila pour dire « quatre-vingts ». L'expression 
kyeme tara (cinquante) signifié « moitiéde cent ». — 9. On emploie 
de préférence wuru dans le Guimini et ba à Bondoubou. 



PAKLliS A LA Cuti: U'IVOlKli: 



177 



II. - LEft^ NOil 



Noumou 



Ligbî 



lluéla 



Dyoula 



Maou 



Uutjhu 
la 

y 

kowa 
ht 

gwa 
e lM>is 

1er sorliorha 

ka 
kiii 
konô 



gba 

gôa-tuta 
sie 

koi'ho 
rineux to 



\n 



[k$ùà) derege 



nhfuii) morho 
V, MT ) kini 

ne 
de 

IV u 



wu-tigi 

î}yarha-de 

loto 

nu 

nda 

ai 



doglio dogito 

lu ht 

wugi/o lit/0 

koa 9!/^0^^ 

bi fn 

g ha gwa 

ghâ'dere 

sorhorha snritorha 

k'I ka 

kiii kini 

Inrha 

ghd gba 

gbd-nda gba-nda 

sie sie^ sge 

korlio koô^ korlin 

io luo 

gâ ga 

derege derege 

gborhofyl 

morho 

kiii 

ûgî 

ne 

de y di 
uwu 



morho 

kini 

iVjî 

9!f^ 
ne 

de 

wu 



uwu'ligi wu'ligi 
iïgarha-di iïgarhade 



ioro 

nu 

nda 

ni 

foli 



tuio 
nu 
nda 
ni 



dugxi 
la 

kivô 
ba 

bi 

giri 

koiomà 

lôrhô 

so 

iira 

kôgo^ sene* 

lorhdy iôrha* 

bô 

bo-nda 

sorho 

korho 

tlOOf tïiO 

này barha 

fàni 

derege 

muru 

morho 

kyè 

muso 

/•« 

na 

déy de 

kfi 

ku-niigi 

i\ga dé • 

Ioro 

nu 

da 

m 

kd 

12 



dughu, du 
ta 

99 h 0^ 
ko 

ba 

bin 

» • 

iri 

belt' 

lôgho 

so 

sila 

sene 

iorhô 

bô 

bô^nda 

subo 

kogho, korho 

là 

nd^ bagha 

fdni 

derege 
muru 

morho 

kgè^ kè» 

muso 

fa 

ba 

de 

kîi 

ku-nsigi 

TÏyd'di 

tolo 

nn • 

da 

ûi 

kd 



178 



VOCABULAIRES COMPARATIFS DK LANGUES OU DIALECTES 



Noumou 



Ligbi 



Iluéla 



Dyoula 



poitriae 

dos 

main 

— droite 

— gauche 
pied 
peau 

ciel 

soleil 

lune 

nom 

chose 

lieu 

charge 

porleur 

voleur 

langage 

fois 

jour (dtU, dirée) 

aujourd*hui 

hier 

demain 



yeli 



holo 

holo'iokô * 
nohoro 
kpô 
gulo 



sisi sisi itsi 

kdna kwo 

(fbolo ghulu buru 
gbolo'iokô gbulu'luokô kini-mburu 
gale gbulu^norhok nwna-buru 
poo kpô se, te 
gbulo 



sut 

ko 

bul 

kin 

nw 

se 

gbo 



sd sa 

iali leli leli (ère iUt 

kei kari kare kari kal 

lorlio torko kyiri torho tog 

su iti, si si fè fé 

dirha dugka dui 

solo surUf sulu doni doi 

iolo-iô-morhô sulu^sô^morho doni'ta-barha do\ 

gbonyâ-morkô safiya-li'kè'barha suA 

kpera kpira kà kâ kâ 

kûT kOf sifU/a sifi 

ûi . la fà 

bi bi bi bi bi 

ulo ulu ulu kunu kw 

sumâ sini sm 



Notes. — 1 . Le mol Aôgo signifie non seulement la campag 
cultivée mais aussi la campagne non cultivée, la brousse {kôi 
sorhoy bête sauvage); sene veut dire un champ cultivé. — 2. 
prononce plutôt lorhô dans le Guimini et lôrha à Bondoukoir. 
3. Le sufBxe de nationalité est Aa ou figa en dyoula, Aa ou ftka 
maou. — 4. C'esl-à-dire « la main pour manger le pain ». 

FIemarques sur les noms. — i*" Composition. — Les noms co 
posés se forment, soit par juxtaposition (en mettant le second 
nom de Tobjet possédé, dépendant ou déterminé), soit par Tad 
lion de suffixes qui ne s'emploient pas isolément. Exemples 
fïyarha-de « œil » (enfant du visage), solo-sô-morho « porteui 
(chargeporter-homme, homme qui porte une charge), en n 



PAIÎIJ':S A LA COTK DMVOIlîK I7λ 

mou : — Hyarha-di « œil », en lif^bi ; — f^ha-nda « poric » (bouche de 
la maison), sulu-sn morho « porteur », en huéla: — ht/ii-dr « œil », 
ho'tuin « porte », Lnijoso « villap;e de cultures », doni-la-hurha 
« porteur », Môndc-hr/a « Manonka, Mandinj^ue », en dyoula: — 
hn-ndn « porte », doni-ta-la « porteur », Mau-ht « honune du 
Maou », en maou. (Les suffixes barlia ou la, pour les noms de mé- 
tiers ou d'agents, hfja ou /r/, pour les noms de nationalité, horo 
ou kolo^ na^ va ou la, pour les noms de lieux, ne s'emploient pas 
isolément, sauf le dernier qui s'emploie après les noms avec le 
sens de « dans ».) 

2** Ilapport de possesiton on de dépendance. — Il s'exprime par 
simple juxtaposition, le nom de Tobjel possédé ou dépendant se 
plaçant le second : la maison de Mamadou, il/am^(/e/^^r/(noumou), 
Mamadu (jbà (ligbr), Mamadu gba (huéla), Mamadti bô (dyoula el 
maou). 

3* Pluriel. — Le pluriel des noms se forme en ajoutant au sin- 
gulier le suffixe ?iu (en noumou, ligbi el huéla), ru (en dyoula, u 
après une voyelle nasale), lu (en maou) : des hommes, mor/ionu^ 
mor/w-ru, niorho4u. Devant un nombre qui les multiplie ou de- 
vant un adjectif indiquant la pluralité, les noms restent au singu- 
lier : morho ta « dix hommes », mor/in syamà[à^o\x\d) « beaucoup 
d'hommes » ; cependant on trouve quelquefois le suffixe du plu- 
riel employé devant le mot « tous » : tous les.hommes, mor/io-nu 
kpè (noumou), morho byè ou morhà-ru byh (dyoula). — Les noms 
qui ont un sens collectif restent au singulier; on en fait des noms 
d'unité en y ajoutant le mot qui veut dire « enfant^ fruit, graine » 
(^//, t/e, de). 



m. — ADJECTIFH ET PHONOMU 



Noumou Ligbi Huëla Dyoula Maou 



I»Liiic 


kpè. 


nkfnjf^ 


kpè 


ghc 


ffhé 


roujje 


lanamn 


ulanama 


lanamn 


ulc 


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noir 


gfni • 


mhughu 


IjhuQU 


fi* fnna 


fu /"'"»« 



180 VOCABULAIRES COMPAKATIKS 1)K LANliUl^S OU DIALECTES 



NOUDIOU 

moi (sujet)' n^na 

moi (régime) n, ni 

loi (sujet) i 

toi (régime) i 

lui, elle e, a 

nous 

vous 

eux 

moD,ma,mes' n, na, mi 

ton, ta, les 

son, sa, ses 

notre, nos 

votre, vos 

leur, leurs 



Ligbi 



Iluéla Dyoula 



Maoa 



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ty a 



n 


niy n 


nif n 


m^n 


Hy ni 


niy n 


niy n, ni 


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e, a 


a, è 


a 






a/li, an 


ne-lu 






ar, ara 


t./tt, i/ 




rnd, e 


ar, are 


a/y a-/tf 


n 


n 


n, nt 


ne, n 


y^ 


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t 


e, t, ye 


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1, e 


a, e 


e, a 


a 


a 



md^y e 



anuru^arii nelu 

aluru ilu 

ar, are alu^ ale^ al 



le mien, à moi 

le tien, à toi 

le sien, à lui 

len6tre,ànous 

le vôtre 

le leur ..... 

ce, cette, ces* mdttnarha/ndha marha, ma mâ,marha mi, le 



ni'ta^n-da 


ne^a 


e-ta 


e-ta 


a-îa 


a-to 


anuru'4a 


nelu-ia 


aluru'ta 


ilu'ta 


ar-la 


a/if-la 


mi, le 


mt, fit 



Notes. — 1. La forme abrégée n du pronom de la l^^ pers. du 
sing. se transforme en m devant nijbjPj f^v et eu tl devant^ et k; 
de plus, en dyoula, on adoucit presque toujours la consonne qui 
suit ce pronom {s se change en z, t en d, fenVypetibfkenff: 
m va (pour n /a) « mon père », fi gU (pour n kù) a ma lôté », etc.) 
— 2. Les adjectifs possessifs précèdent le substantif qu'ils déter* 
minent. — 3. Les adjectifs démonstratifs, comme tous les adjec- 
tifs (possessifs exceptés) et les noms de nombre, se placent après 
le substantif qu'ils déterminent. En dyoula, on emploie le plus 
souvent la forme du pronom possessif en guise d'adjectif posses- 
sif avec les noms de choses autres que les noms de parties du 
corps et noms abstraits. 



V 



i»aiuj:s a la cotk irivoinK 



181 



IV. - LE» VEnBR9 



Noiimou 



Liffhi 



Huôla 



Dvoala 



Maoïi 



ùlrc (qq. pari) 
ne pas cire (id.) 

^lre(altribulir)' 
ne pas êlre(id )■ 

être (ijqii M ^qekose) * 

ne pas étre(id )* 

aller 

partir 

venir 

venir de • 

s'asseoir 

se lever 

s'arrêler 

se coucher 

dormir 

courir 

être gros 

être bon 

être long 

être noir 

^tre fini 

être nombreux 

manger (eigéoéral) 

manger (de II fiiide) 

manger (uns réginif) 

boire 

prendre 

attraper 

donner " 

apporter* 

appeler 

dire 

parler 

comprendre 

voir 

finir (aclif) 



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r^y ne 

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ta 
ta r lia 

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ho-re 

ijarka 

yele 

sa 



nije 

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gôu-re 

na-ne 

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ya-ra 

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mhao 

fève 

kunit 

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forho 

mùughu-ne 

gùa-ne 

ko 
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wo-nê ' 

oè-rè 

ue 

ïiè-ri* 

ta 

tarha 

bo-re^ bo'va 

yarlta 

yele 

yô 

sa 



nyt 

furhu 

gbugu-ne 

na ne 

fini 

ko 

dunu 



un 
yele 



ko 

ya-ko 

kele 



me 



nu 



me 

yele 

sorho 

ko 

ya-ko 

kele 

kya 

lot' ho 

me 

gba 



menu' 
yele 

ko 

yn-ko 

kyele 



me 



na 



bè 

lé 

bè 

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le 

lorhn 

larhn 

na 

bô-ra 

sigi 

uri 

lo 

la 

sïtndorho 

bori 

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ba-na 

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domn 

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domu-ni-kè 

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tn-di 

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ko-mayfn 

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sûnorho 

bori 

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ba-na 

sya 

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nyimi 

domO'ni'ke 

mi 

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mina 

sa, di 

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kilt 

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1H2 VOCAUULAIKES COMPAUATirS DK LANGUKS OU DIALECTES 



Noumoii 



Ligbi 



Hucla 



Dyoïila 



Maoïi 



tuer kpâ kpà kpd 

mourir" kpchre kpiï-ne kp/î-re 

voler (dérober) gôom/fl 

porter sô sô sô 

ouvrir '^.9.7' ^^9}/^ ^^Oy^ 

fermer ta togho lorko 

couper bi 

frapper bèlo bure 

6ter bo bo bo 

puiser liri 



farha 


far/ia 


furha-i-a 


barba- la 


snhtjfi 


sufitja 


ta 


ta 


yirè 


laka 


tugu 


iugu 


tige 


tege 


bugo^gbasi 


'• gtM^si 


bô 


bo 


bi 





Noies. — 1 . Le verbe wo-né est simplement le verbe wo à la 
voix négative. — i. Ces formes s'emploient quand Tattribul est un 
adjectif; en noumou, en ligbi et en huéla Tadjectif se place avant 
le verbe « être » ou « ne pas être » ; en dyoula et en maou il se 
place après, à moins qu'il ne soit terminé en ni. — 3. Les formes 
yè-rèj t/a-ra^ vè-rè, ne sont pas autre chose que les verbes ya^yè^ vè 
à la voix négative. — 4. Ces formes s'emploient quand Tattribut 
est un nom ou un pronom possessif; dans tous les dialectes, cet 
attribut se place avant le verbe ce être » ou « ne pas ôtre ». — 5. 
Voir la note 3. — 6. Les mois employés pour signifier « venir de, 
sortir » sont les passifs du verbe bo « ôter ». — 7. Le verbe fit 
l'emploie généralement précédé de la particule kyak la voix affir- 
mative. — 8. Les verbes ko et sO veulent le nom de la personne à 
laquelle on donne au régime direct et le nom de l'objet donné au 
régime indirect avec la particule ra ou la\ le verbe (/t, qui signi- 
fie « donner momentanément, remettre entre les mains », se cons- 
truit avec le nom de l'objet donné au régime direct et le nom de la 
personne au régime indirect avec la particule ma. — 9. L'expres- 
sion ya-ko signifie « venir-donner » ainsi que l'expression na-ti\ 
Texpression la-di signifie « prendre-donner »; pour la place des 
régimes, voir les phrases el mois divers. — 10. Le verbe ko est 
neutre et le verbe fo actif. — H. Le verbe ko-ma est neutre et le 
verbe fb est actif; ce dernier s'emploie pour traduire « parler » 
dans l'expression « parler une langue » {kà mvù en dyoula, kâ fo 
en maou). — 12. Les mots employés pour dire « mourir » sont 
des passifs du verbe « tuer ». — 13. En dyoula, on emploie plu- 



l'AHLKS A LA COTK U'IVOlKK iH'A 

loi /tuf/o quand le régime est une personne, el (//msi quand le ré- 
gime esl une chose. 



V. ~ LU CONJUGAISON. 

Je donne ci-après un modèle de la conjugaison d*un verbe 
neutre, d*un verbe transiliTel d*un verbe passif, lous à la .T per- 
sonne du singulier; il suffira de remplacer le pronom de la3<* pers. 
par le pronom sujet convenable pour avoir les autres personnes. 
(Voir le tableau des pronoms ei la noie 1.) — Le verbe Iransilif 
doit toujours êlre accompagné d'un régime dircci, môme dans les 
cas où il n en a pas en français : dans ce cas on lui donne comme 
régime le pronom de la 3' pers. du singulier ; c*est ce pronom 
que j'ai fait figurer comme régime dans le modèle qui va suivre ; 
on verra par la place qu*il occupe que le régime direct se place 
toujours avant le verbe. — Les verbes neutres à forme passive, 
c'est-à-dire terminés par la particule du passif, se conjuguent 
comme les verbes passifs. 



iH\ VOCABULAIRES COMPARATIFS DK LANCUJIÎS OU DIALECTES 



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180 VOCAHUI.AIKES COMPAIIATII'S DK LANGUES OU UIAI.ËCTRS 



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PARLKS A LA CMW-, DIVOlKK l«: 

Noies, — I. Les verbes terminés enr/ia suppriinenl celle syl- 

àbe devant la particule Av. — 2. Les particules re et ra deviennent 

généralement nr et na après une voyelle nasale ou une syllabe 

fommençant parn; la voyelle nasale elle-même se transforme sou- 

lenten voyelle simple. Avec les verbes terminés en ta, re, r/, m, 

fu, on supprime souvent la dernière voyelle du verbe devant les 

pirficules re et ra. — 3. La particule négative rè ou ra donne lieu 

loi mfimes observations que les particules re et ra du passé (voir 

ioie 2). En ligbi, on entend parfois prononcer r/ia la particule 

légative et rè ou rhè la particule du passé. — 4. On voit que la né- 

pUionrèou ra peut se placeraprès un complément circonstanciel: 

^yû re ttlu ne ou e ya re ulu re, il n'est pas venu hier. — 5. La 

égalion 7na prend quelquefois la voyelle du verbe ou une voyelle 

nalogue : mO yo ne, ne t'arrête pas; mu In rè (pour ma a bi rè), ne 

i coupe pas. — 6. La première forme du passé, en dyoula et en 

imou,s*em ploie avec tous les verbes neutres; la deuxième ne s'em- 

toie qu'avec ceux qui expriment un mouvement. — 7. Générale- 

lent, quand un infinitif suit un autre verbe, on le fait précéder en 

foula et en maou de la particule ka, qui joue le même rôle que le to 

t la langue anglaise ; pourtant on supprime souvent cette particule 

mque le verbe qui précède Tinfinitif exprime un mouvement; 

ifin, lorsque Tinfinitif est accompagné d'un régime direct et sert 

ti-mëme de régime direct à un verbe transitif, on peut le placer 

tant ce verbe et alors on supprime toujours la particule ka : je 

ftux venir, ni hyini ka na\ tâche de le voir, korosi ka a ferè\ viens 

useoir, na sigi; je veux acheter du papier, ni hyini ka kardasi 

t ou ni kardasi sa fiyini (dyoula). — 8. Cette forme n'est pas 

itlée pour tous les verbes. 

9. Le pronom sujet est le premier et le pronom régime le so- 
md, à tous les temps. — 10. B'a est ici pour /w a ; bè reparaîtra 
îvant un régime commençant par une consonne. — 1 1 . La par- 
lote // (ou ri) du nom verbal se change généralement en ni après 
le voyelle nasale, et celle-ci peut devenir une voyelle simple. — 
!. 7^a est ici pour // a (voir la note 10). — i;{. Ta est ici pour 
I (voir la note 10). — 14. Ta est ici pour ie a (voir la note 10). 
1.5. Souvent la voyelle finale dès particules bè, tè, li, te, ka, m/7, 
v/i, na, s'élide, en dyoula et en mahou, devant les pronoms t ou 
r pers. sing.), ahi (T pers. plur.), ilu ou î7 (2* pers. plur.), de- 



188 VOCAlUn.AIUES COMPARATIFS DE f.AiNfîUES OU lUAI.ECTIflS 

vaut les pronoms de la 3" pers. du sing. (a) cl du plur. {ara, are^ 
af\ a/a, a/e^ al)^ les voyelles r, ;, e s*élidenl également, mais b 
voyelle a subsiste ou se conlracle avec Va initial du pronom pour 
former un // long. 

IG. La particule du passif donne lieu aux mêmes observatioos 
que la particule du passé (voir noie 2). 



VI. ^ PHRASES ET MOTS DITEHS 

r Numu. — Mon père^ /ï fff/e\ ma mère, n ne. 

Je mange de la viande, na sie du ; je mange, na io XV3> (je aliment 
mange); boire de Teau, t/imi. 

Viens ici, heli ya\ comment t'appelles-tu? t iùrho Me mene1[l(m 
nom appelle comment?) comment rappelle-l-on? e tarko hk 
menef 

C'est bon, a Hyè\ ce n'est pas bon, a fiyè rè; c'est fini, e na-m; 
ce n*est pas fini, e na-n'nè (pour e na-ne nè)\ ce chemin est long, 
Idli ma e fh ya (chemin ce lui long est); il n'est pas long, ce n'est 
pas loin, e fh yè rè. 

Tu porteras une charge, iso/o sô\ les porteurs sont venus, solo- 
sô-morho nu ya r^; il y a beaucoup de voleurs, gboflyâ^morkù Sj/Ï 
(voleur être nombreux). 

11 a tué un homme, a morho kpa re\ il ne l'a pas tué, a a kpàrt 
rè; il est mort, a kpù-re ; ne le tue pas, ma a kpâ né. 

Prends cette chose et donne la-moi, su màhayele h ko (chose 
cette prends moi donne). 

11 est parti, é tarha re; il n'est pas parti, e iarha rerè; où est-il? 
e mi ghrâ (il où est?) il est ici (ou) il y en a, e ni ghà ; il n*est pai 
ici (ou) il n'y en a pas, e ni ne. 

Oii vas-tu? ; la mil ou i ta ko mi? je vais sur le chemin, na tê 
Idli ma (expression usitée pour dire qu'on va à la selle). D'où viens- 
tu ?/Ao-r^ mil je viens de mes plantations, m bo-re mi konô\}t 
viens du village, m bo-rc ka inarha ma (je viens village ce dans; le 
démonstratif, en noumou, en li^bi et en luiéla, est souvent em- 
ployé comme simple article délini : kei ma bo^re, la lune est 
levée). 



1»AKI.KS A LA COTK l> IVOIIU*: \H\i 

VacoupiM- (lu bois cl a[>porle-Ie moi, fa sorhorha ht, yn h h) (vu 
tt couper, viens moi donne); ne le coupe pas, ma hirè. 
Arrètc-loi, / //o; ne larrêle pas, wo t/nnè. 
Tous les hommes sont venus, mor/w na Icpè ya va. 
Je pars maintenant, na la ^mv/; je partirai tout à riieure, n la ko 
irt\ je partirai demain, n ta Lo samn\ il est parti hier, a Inrhn re 
fc; va-t-en, i tarha\ ne t'en va pas, ma iarhare\\^ ne pars pas 
ainlenant, na ta smî ne ; je ne partirai pas demain , n ta ko sumn ne. 
Un jour, tti ndie\ deux jours, fti fala\ une fois, kal ndie\ deux 
is, kdî fala. 

î* Ughi. — Manger du pain, lo ko\ manger de la viande^ sic du\ 

îre de Teau, yi me. 

11 a (ué un homme, a morho kpà ne; cet homme est bien mort, 

irAo marha kpà-ne fi. 

Ya me chercher cette chose, ta su ma yele h ko (va chose cette 

«iidre moi donne) ; va me chercher cet homme, morho marha i 

k fi ko (homme ce toi appelle, moi donne); donne-moi cela, 

ko su marha ra (moi donne chose cette dans : le verbe ko veut 

nom de la personne au régime direct et celui de la chose au 

gime indirect). 

Je dis que... n kya a... 

Gamprends-tu le ligbi? i Ligbikpera me net (tu Ligbi langage as 

«npris?) je ne le comprends pas, n a me ne ra\ comment t'ap- 

lUes-tu? ye torho kele menel (Ion nom appelle quoi?) 

C'est bon, a ftyè; ce n'est pas bon, anyè ra ; c'est Rniyagba'ne; 

n*est pas fini, a gba-ne ra\ c'est loin, e dirha forho mvè (son 

a loin est); ce n'esl pas loin, e forho ya-ra\ c'est grand, il est 

os, e kunû yè; ce n'esl pas grand, e ktinii ya-ra. 

Salul, kenepyà\ merci, kene (comparez en vaï : kunè). 

T Hùela. — Mon père, » gye; ma mère, n ne: cet homme (ou) 

omme, morho marha. 

le mange, n liio /y): je mange de la viande, ni sie danu; je bois 

Teau, ni yi mena. 

^îens ici, ya ni\ lu porteras une charge, i sura sô; Terme bien 

porte, yha-nda torho i)yi. 

î'est bon, eiiyi ; ce n'est pas boc, e f^yirè: c'est fini, e na-ne; 



190 VOCABIJLAIHKS COMPARATIFS I)l£ lANGUES OU DIALECTES 

ce n'csl pas fini, e na-ne va ou e nn-ne rè\ le chemin est long,iiïu 
mne furhu vè\ ce n'est pas loin, e furhu vè-rè. 

Comment l'appelles-lu? / ///wi minif (Ion nom quoi?) je m'ip- ^ 
pelle Kassé Dokonon, ma f> kyele Rose DokonÔ{}\% moi appellcnlf 

etc.). 

Il a lu6 un homme, a mor/io kpa re\ un homme est mort, mwhn 
kpit-rc, il n'est pas morl, a kpii-re rè; ne le tue pas, ma a kpff rr ou 
mi kpà rè {pour ma i a kpa rè). 

Où est-il? e tvo mil il est ici (ou) il y en a, e tvoni\ il n'est pas 
ici, e wo ni ne. 

D'où viens4u? i bo-re mil je viens du village, m bo-reka ma\ les ;: 
Huéla viennent de Bégho; Huela-nu bo-re Gbéffho; ils ne sont pis « 
nombreux, e pni lie rè; beaucoup do choses, si mflni. 

Va me chercher de l'eau, ta yi tiri^ ya h ko (va eau puiser, 
viens moi donne) ; apporte-moi cela, si marha ya fi ko (chose celle ' 
viens moi donne). 

JMrai, n ta ko; je n'irai pas, n ta ko rè; il est parti hier, e tarka 
re ulu ; il n'est pas parti hier, e tarha re ulu né ; il n'est pas encore 
parti, e tarha re tu ne ou e tarha ra tu ne: ne l'en va pas, tna 
tarha rè. 

Bonjour, salut, nekpyï; bon malin, ne kwa^ enukwa: bon midi, 
tela : bonsoir, enula; merci, era ffyasû. 

4"" Gyiila (Expressions spéciales à Bondoukou). — Ils vont, u 
tarha et ar tarha ; où vas-lu ? e tarha mi-na ? et e tarha mi ? 

Avant-hier, kuna-sini et kunu-kico: oui, c'est bon, io (mot 
haoussa) ; mille, ba et wuru. 

Chimpanzé, ffboô; gros mil ou sorgho, fiyô; petit mil blanc, 
safiyo; mil à épis de maïs, fohyô; manioc, banagu; marché, place 
publique, lôrha et lôrho; brousse, kôgo\ animaux sauvages, kôgo- 
sorho; balance, dy(t\ cuiller à or, kato ; sébille à or, fàfà\ savon, 
safuna. 

Être content, dya-ra; passer la nuit, si. 

Pourquoi? muhkatol et munkiral (pour quoi? (et) dans faire 
quoi?). 

Salutation aux fêtes religieuses. Alla bi di a. . 

fr. 50, tàga et takufà; \ fr., tàmbukele et siri ke/e{de l'anglais 
« shilling»); 1 fr. 50, tâmba kele ni tàga et siri kele ni iakufà ; 



l'AULKS A LA COTK IVIVOIHK 191 

2fr., xiri fila: 2 fr. 50, w/v fila ni tahufô, elc. ; 5 fr., doronie kelc 
et kcariba kele (doroine vicnl de Tarabc « dirhem» dar&him » qui a 
lamême racine que « drachme ».) 

5* Man, — Un homme du Maou, MaU'h'a\ ia langue du Maou, 
Mati-ka /•// ou Gt/omanc-h/ka kn. 

J*ai faim, kî) hi na\ lu as faim, ko h'i /a ; il a faim, ko b'a la. 

A qui est ce pagne? ^y5 niafànx bè ni1 c*esl à moi, ne ta do ; ce 
n esl pas à moi, ne ta té. 

Je viens du village, m bo-la $o la ou m bo-la dugliu la\ je ne 
m*en vais pas, n te tagha. 

Va dire à Moussa de venir, tùgha a fo Musa ;/e ko a na{sîi le 
dire Moussa à que il vienne) ou ta a /ô, elc. 

Parles-lu le maou? i Mau-ka kà /i'>? je le parle, ni a fo ou /) ga a 
fù (je Fai parlé) ; j'ai bien compris, /> ga a me hali ou // kâ me liali\ 
Tas-lu vu ? / ka a yc? je ne Tai pas vu, m ma a ge. 

Le pays du Maou, Mau-ka dughu ou }fauka gyamana ou Mau- 
ka-la; la Terre, le globe, dugàu-kolo; de la lerre, delà boue, 
bàiïgu ; l'ensemble du ciel, sà-figolo ; rocher, kuru\ peliles pierres, 
bêle; grosses pierres, kaba ; montagne, tindi ou kôkè. 

Viens manger, natô domô\ manger de la viande, siibo ngimi. 

C'est fini, a ba-na; ce n'est pas fini, a mû Aà, a nui bà folo ; ar- 
rèle-toi, i /o; assieds-loi, i sigi\ lève-toi, e idi ; couche-loi, / la ; ne 
dors-lu pas encore? e mû sùnorho bal Ne le frappe pas du tout, 
e kana a gbesi fyo. 

Quel jour parliras-tu? e bè tagha (à l>ggono /è?je partirai de- 
main, m bè tagha sini ; où est-il? a bè mi'i il esl ici, a bè yà. 



CIlAPITRli VI 



La langue Sënoufo. 

Dans rimmense région comprise entre les confins du Massina, 
au nord et le parallèle de Bondoukou au sud, entre la frontière 
orientale du Ouassoulou à Touest et la Volta Noire à Test, formant 
une sorte de T renversé, habite une famille encore relativement 
peu connue, souvent confondue avec les populations environ- 
nantes, que personne, à ma connaissance, n'a encore étudiée en 
dehors de M. Binger, sur la langue de laquelle rien absolument, je 
crois, n'a été publié encore, et qui, cependant, est une des familles 
nègres les plus importantes du Soudan occidenlal, d'abord parce 
qu'elle forme le fond de la population de contrées étendues et 
peuplées, ensuite parce que, de nature douce et soumise, elle a 
été de tout temps le point de mire des conquérants noirs qui Font 
répandue par l'esclavage dans presque toutes les provinces du 
nord-ouest de l'Afrique et jusqu'à la côte, qu'elle fournit de por- 
teurs les caravanes qui sillonnent la Côte d'Ivoire et son arrière- 
paysy et qu'elle constitue pour nous une mine de travailleurs pré- 
cieux : cette famille si intéressante est celle que nous désignons 
généralement sous le nom étranger de Senufo (Sénoufo) \ nom 
que je lui conserve à défaut d'appellation indigène. 



\ . Le nom de Senufo^ Senefo ou Senofo, donné à la famille en question par li 
plupart des Mandingues, vient probablement du nom de Tune de ses tribus, 
Senere, Syenerc ou Scndere du Kénédougou ; les Mandingues appellent leur laogo^ 
Sene-kà et disent, en parlant des gens qui parlent cette langue ou on dialacl^^ 
analogue, u Sene-kà fù, ou bien u Sene fô, u Senu f(» (ils parlent la langue Séné^ 
le Séné, IcSénou). On pourrait peut-être aussi Irourcr une étymologte acceptable 
dans Texpression samoforho (de sœnô, soleil), qui est usilée chez plusieurs lribo0 
Scnoufo pour la salutation du milieu de la journée. 



i 



LANC;UKS Oi: îiîALKCTES PARLÉS A LA COTE D'IVOIRE 193 

Dans la grande majorité des pays qu'ils habilcnl et dont ils 
raissent être les autochtones, les Sénoufo sont placés sous la 
pendance politique plus ou moins complète d'étrangers de fa- 
ite mandingue qui se sont infiltrés parmi eux et les ont dominés, 
it par la force des armes, soit par la supériorité de leur intelli- 
fice et de leur état politique, religieux et social. 
Un certain nombre de Sénoufo, surtout parmi les membres de 
Dcienne aristocratie, ont adopté le costume, la religion, les noms 

famille des Mandé musulmans, afin de conserver ainsi la pre- 
ère place dans la société nouvelle ; la langue mandé s'est re- 
ndue parmi eux, des alliances nombreuses ont eu lieu, et les 
fants issus de ces alliances ont été marqués souvent du tatouage 
^pre à certaines tribus sénoufo (trois cicatrices horizontales ou 
éventail sur chaque joue). C'est là l'origine de la confusion que 
n a faite souvent entre Mandé et Sénoufo, entre étrangers domi- 
lears et vassaux autochtones, alors que, au triple point de vue 
inographique, anthropologique et linguistique, la différence est 
)fonde entre ces deux familles. 

L'6tat actuel de mes recherches concernant la famille Sénoufo 
\ permet d'avancer qu'elle parle une langue unique, qu'on peut 
riser en neuf dialectes, ces dialectes ne présentant les uns avec 

autres que des diiTérences assez secondaires, mais cependant 
s nettes. 

]ies dialectes, en allant du nord au sud et de l'ouest à l'est, sont 
suivants : 

I* Le dialecte Bamâna, parlé, dans la région de Nénesso, Rou- 
la, Kouoro, etc., entre le Minian proprement dit et les pays 
bo, par une tribu sénoufo, plus ou moins vassale des Mandé- 
nianka, qui se donne h elle-même le nom de Bamâna et que les 
ndingues appellent Bamâna-Senufo ou Bàbara-Senufo pour la 
tinguer des Bàmana-Màndefo ou Bàbara-Màndefo (Bamana ou 
mbara de langue mandé) de la région de Ségou et du Kaarta; 
est possible que ce soit le nom de cette tribu qui, prononcé 
tambara », ail été attribué parles Mandingues musulmans d'a- 
rd à tous les gens de langue sénoufo et ensuite à plusieurs 
bus païennes de langues diverses. — Le dialecte des BamAna 
parlé encore, sauf quelques modifications peu importantes, 

13 



VJ\ VOCAIiULAiUKS COMPAHATIKS DE r.ANGUES OU UIALECTES 

par les Senere (appelés aussi Syenere ou Sendere^ et connus îles 
Mandiiigues sous les noms de Senefo ou Senu/o el de Bàbara), 
qui habitent le Kénédougou (région de Sikasso), entourés d'un 
grand nombre de Dyoula qui souvent exercent sur eux la supré- 
matie , et par les Tagba (Tagoua el Tagoura des cartes) , qui 
habitent entre Sikasso et Bobo-Dioulasso. Les Sénoufo de ces 
trois tribus sont en général tatoués. 

2"" Le dialecte NoholOy parlé par les autochtones de la région et 
de la ville d'Odienné (Ogt/ene^ Wogyene ou Wogyende)^ qui ont 
comme voisins à Test et au sud des Nafàna, Sénoufo comme eux 
et de dialecte très voisin, au nord des Foulbé et des Mandé- 
Ouassoulounka, à l'ouest des Mandé-Konianka. Parmi les Noholo 
habite la tribu mandé-tan des Ouoguiéné-nka, apparentée aux 
Guiomané ou Guiomandé ou Maou, qui exerce la suprématie. Les 
Noholo ne sont pas tatoués. 

3"* Le dialecte Na-ndaga, parlé par une partie des aatochtones 
du Kourodougou, dans la région qui s'étend entre Sakala on 
Sarhaia et Marabadyassa, au nord des Mouin (Mandé-foa) et sons 
la tutelle des Dyoula de la famille Siya ; ce dialecte est très Toisin 
du dialecte Takponin. 

4'' Le dialecte Foro, parlé par les Foro ou Polo, qai habitent, 
des deux côtés du haut Bandama, les régions de Kouton et de 
Niélé, entre les Tagba au nord, les Nafàna et les Kpalaiiia au sud, 
les Toronké à Touesl et les Mbouin et Karaboro à Test (pays 
appelés Folona ou Forona par les Mandé). 



5"" Le dialecte Kpalarha ou Kpalagha (Pallakha des cartes), 
parlé du haut Bandamaà la haute Gomoé entre les Foro an nord et 
les Tafiié au sud et atteignant la ville de Kong ; ce dialecte diffère 
légèrement du nord au sud, se rapprochant davantage du dialecte 
Tafiré à mesure qu'on s'avance vers le sud. (Ne pas confondre 
avec la langue des Koulango, appelés Kparhala — vulgairement 
Pakhalla — par les Dyoula). 

6* Le dialecte Tafile (ou Tafiri), parlé depuis 'Jle Bandama à 
l'ouest (à hauteur du poste de Bandama) jusqu'à Kong à l'est 



l^AKLKS A LA COTI-: inVOIIlK lli', 

(région de Kali), entre les Kpaiarlia au nord el les Takponin au 
sud. La plupart des Tafiré sont tatoués, comme aussi un grand 
nombre de Foro el de Kpalarha. 

7* Le dialecte Tahponï (Tagbona en dyoula, Tagbana sur les 
cartes), parlé entre les Tafilé au nord et les Oaoulé au sud, entre 
le Bandama àTouest et lesGuimini ou Djimini ù Test; on rencontre 
aussi des Takponin à Touest du Bandama, au sud et près de 
Tiémou. Les Takponin, qui ont fourni un nombre d*esclaves consi- 
dérable, notamment dans le Baoulé, sont presque tous tatoués ; 
les Baoulé les appellent Kanga-Blé (Kanga Noirs). 

8* Le dialecte Gimini est parlé dans la province du même nom 
(Djimini des cartes, région de Sokola, Dabakala, Darhara el 
Ouandarama), au sud de Kong et au nord du Baoulé, à Test des 
Takponin. Les Guimini de race pure, appelés Bambara par les 
Dyoula comme leurs voisins les Takponin, les Tafilé et les Kpa- 
larha, sont presque lous tatoués, ainsi que les Sorongt^ ou métis 
de Sénoufo el de Dyoula ; ils vivent plus ou moins sous la tutelle 
des Dyoula et ont parfois emprunté les noms de famille de ces 
derniers. Leur famille principale est celle des Kyépéré ouKyépilé, 
qui a aussi des représentants parmi les Takponin. Gomme ces 
derniers, les Guimini ont fourni un nombre considérable d'esclaves 
el ont émigré en partie au moment de Tinvasion de leur pays par 
Samori ; ils sont retournés chez eux pour la plupart, mais ont 
laissé encore quelques colonies dans le Baoulé, et dans TAbron 
près de Bondoukou et du poste anglais de Sangba ou Sikassiko. 

9* Le dialecte Nafàna est parlé par une tribu très dispersée, 
généralement non latouée, appelée par les Dyoula Dàbara ou 
Bàm6ara ou encore Dàndara ou Wàndara^ par les Koulango 
Gà'tno ou Gtf, par les Abron Pàntara^ Gbàndara, Gbûndara-fo ou 
Dmda-fo ; cette dernière appellation (gens de Banda) vient du 
nom de Banda (ou Foughoula), ville principale desNaf&nade Test ; 
les appellations Pantara, Gbandara, Bandara, Wandaraou encore 
Vandra proviennent, soit de la même origine, soit de l'expression 
pà ndar/ia employée par les Nafàna pour dire « viens ici ». Cette 
Iribu se donne à elle-même le nom de Nafàna^ Nafàna ou JSafara. 



196 VOCAnULAIRKS COMPAUATIKS r)E F.ANGUKS OU DIALECTES 

Elle habile depuis forl longtemps la région de Banda ou Fouglioula 
et existait dans la région de liondoukou avant l'arrivée des Kou- 
lango, des Dyoulael des Abron ; elle y était sans doute contempo- 
raine des Gbin. Le chef nafâna de Bondoukou, que les Abron 
appellent le PUnlara-liini , est encore reconnu comme le maître du 
sol de la ville; c'est un de ses ancêtres qui a donné droit de cité 
aux Abron en leur accordant un morceau de bois à brûler comme 
symbole du droit qu'il leur conférait d'occuper sa terre. Les 
Nar&na se sont répandus vers l'ouest jusqu'au Konian, par petites 
fractions isolées. 

Actuellement on les rencontre : dans la région comprise entre 
la Voila Noire à Test, Kassa inclus au nord, Bondoukou inclus à 
l'ouest et Sangba ou Sikassiko inclus au sud, débordant même sar 
la rive gauche de la VoKa Noire à Diamma et Tassalimo (actuel- 
lement en ruines), ayant au milieu d eux des Ligbi^des Huéla^des 
Noumou, des Dyoula, des Abron, des Dégha et quelques familles 
Gbin et Koulango, et dépendant politiquement du roi des Abron, 
quoique l'autorité de ce dernier ne se fasse plus sentir dans la 
partie anglaise de la région ; autour de Ouandarama, sar les 
confins du Guimini (le nom de la ville Wàtidara-ma vient de ce 
qu'elle a été fondée ou occupée par des Nafftna ou Ouandara) ; sur 
la rive droite du haut Bandama, au nord de Tiémou, entre les 
Takponin au sud et les Foro au nord ; dans le Ouorodougou, au 
nord-est de Séguéla ; enfm à lest et au sud d'Odienné. Les uns sont 
tatoués, les autres ne le sont pas. 

D'après les indigènes, il conviendrait de rattacher au dialecte 
nafâna celui des BorO^ autochtones sénoufo de la région de Sakala 
ou Sarhala (Kourodougou), et celui desGbâlo^ autochtones sénoufo 
de Koro et du Kaladiandougou. 

D'après des informations qui m'ont été fournies par des indigènes 
mais que je n^ai pu encore contrôler à l'aide de documents lin- 
guistiques, il y aurait lieu de rattacher encore à la famille sénoufo : 
les Humbere ou Sénou-Houmbéré et les iSe/it/-jSâ^âfO, qui habitent 
à l'est et au sud-est du Massina; les Mbwï (Mboing) de la région 
de Léra, près des sources de la Comoé; et les Komono^ qui habi- 
tent le long de la haute Comoé au nord de Kong. Cependant je 
n'ose encore me prononcer sur la place à assigner à ces tribus : il 
serait possible que les deux dernières appartinssent, soit au 



PARLÉS A LA COTE inVOiKE 197 

groupe mandé-rou, soilà la Famille inossi-gourounsi. Eu loul cas, 
je crois pouvoir dire que c*esl à torl que j'avais f'ail entrer les Ko- 
mono dans la famille agni-assanli (voir le chapitre 111). 

Je donne ci-après des vocabulaires bamAna, foro, lafiré, lakpo- 
nin, guimini et nafâna^ quelques mois noholo el un court voca- 
bulaire kpalarha; je ne possède rien concernant le na-ndaga. 

Le vocabulaire bamûnaa été recueilli en 1003 à Bondoukou 
auprès d'un Bamâna de Nénesso, bon informateur; le vocabulaire 
foro a été recueilli en 1900 à Bouaké (Baoulé nord), auprès de 
deux Foro très bons informateurs ; le vocabulaire iafile a été re- 
cueilli en 1903 auprès d*un Tafilé de la région de Kati, très intel- 
ligent et excellent informateur; le vocabulaire takponï a été re- 
cueilli en 1900 à Kouadio-Kofi-kro (Baoulé) auprès d'une dizaine 
de Takponin, dont deux au moins étaient d'excellents informa- 
teurs; le vocabulaire gimini a été recueilli à Toumodi en 1895-96- 
97 elà Kouadio-Kofi-kro en 1900 auprès de nombreux Guimini 
réfugiés dans le Baoulé après l'invasion deSamori, par conséquent 
dans d'excellentes conditions; le vocabulaire nafnna a été recueilli 
en 1902 à Lôrha (Louha ou Boue), village nafâna sur la Volta, et 
en 1903 à Bondoukou auprès du chef nafdna de Bondoukou et de 
sa famille, c'est-à-dire dans les meilleures i^onditions possibles. 
Les quelques mots noholo m'ont été fournis en 1U03 à Bondou- 
kou par un Noholo des environs d'Odienné, capturé très jeune par 
des sofa et ayant passé toute sa jeunesse dans le Maou, où il avait 
oublié en partie sa langue maternelle pour le mandé; je ne pou- 
vais donc faire état de ses informations, mais les quelques mots 
qu'il se rappelait avec certitude suffisent pour montrer que le 
noholo est un dialecte sénoufo. Les notes concernant le hpalarlia 
m'ont été fournies en 1903 à Bondoukou par un Tafilé qui com- 
prenait le dialecte kpalarha, mais dont la qualité d'étranger me 
force à ne donner ses informations que sous réserves. 



198 VOCABUI.AÏKIÎS COMPAUATIKS DE LANGUES OU DIALECTES 



VOCARDLAIRiK RIHÎNA, FORO. TAFILt, TAKPONIN. 6IIIIIIINI RT NAPANA 



l. — LA NVniÉRATION 



BtmàDa 



Foro 



Tafllé 



TtkponiD Gulmini 



Narâoa 



1 nênefûki^niûke 

2 shyoni 

3 tare 

4 tityëre 
5* kâguru 

6 gbâni 

7 gharashyô 

8 ihyôlâkè' 

9 untulnkè* 

10 kdntokè' 

11 kêniûki 
V2 kè ni shyô 
20 gbâ'fiyege 

90 gbdrfiyege ni kè 

40 ghr^hyô 

SO gbr-shyô ni kè 

60 ghî-iâre 

70 gbï'tàre ni kè 

80 gT-iyëre 

90 gHyëre ni kè 
100 gî^nâkuru 
120 gî-gbûni 
140 gî-^ghara 
200 



nono 

*i 

tara 

tikyëre 

kôgunô 

nfilu 

noii 

nalâre 

nakyëre 

kè 



funnère 



ky/lga 

shi 

tare 

txkyere 

kogunô 

koolnô 

kol'ihi 

kôUlàre 

kôli'kyere 

kè 

kè nipa kydgâ 

kè nipa thi 

murhâ* 

napakè* 

sira-murhâ'' 

kèle-kogunô 

kèle-koolnô* 

kèle-kôl-shi 

kèle-kôl-tàre 

kèle-kôlikyere 

kèle-kè 



nono nughà 

shi thyî 

tard tare 

tikyere tigyere 

kôgunô kâgurugo 

nûiu korholo'nu 

nashi korho'shyï 

natàre korho^tdre 

nakyere korho-gyere 

kè kè 

kè tnakari nugbd 

kè tnakari shyt 

funnère nafd 

nafd mairi kè 

nafd^shyt 

nafd'shyT mairi kê 

nafd'tdre 



namu 

9kyî 

tare 

kigyi 

kanugo 

ndnu 

notkyî 

notdre 

ndgyere 

kyè mo nunu 
kyé mo thyî 
forûgyo 

forûgyo shyî 

forûgyo^târe 



nafd'tigyere fùrûgyihiàgytn 



nafd'kdgurugo lafârha 



• • 



nafd^kè 



Noies. — 1 . Le radical du nombre « cinq » semble être tantôt 
ifî ou A'o (qu*on retrouve sous les formes gba^ koali^ korho ou 



rAHLKS A T.A COTl!: D'IVOIUK 



199 



korholo pour les nombres suivants), (anlôl na, nù ou no\ il esl 
facile de se rendre compte que lanuméraiion sénoufo est quinaire. 
— 2. Le mol shyobikh veut dire « dix moins deux ». — 3. Le mol 
untulâkè veut dire probablement « dix moins un ». — 4. Le radical 
du nombre « dix » est kè ou k;/è [kèle au pluriel) dans tous les 
dialectes sénouTo; en bamâna on retrouve ce radical dans les 
nombres 11, 12, etc., 30 (20+ 10), etc. — 5. Le mol minhn esl 
d'importation mandingue. — 6. Comparez napakè avec le mol 
guimini na/V7 « vingt » \napakè signifie « vingt et dix ». — 7. 
L'expression sira-murhà doit signifier, « deux fois vingt », sans 
que je puisse me prononcer sur Tétymologie de sira. — 8. On 
remarquera qu'à partir de 50 les Tafilé comptent par 10, et non 
par 20 comme les autres Sénoufo. — 9. Les Nafâna des bords de 
la Volta ont aussi la numération suivante : 1 nunu^ 2 shyiy 3 kare^ 
4 kigyere^ 5 konO, 6 konô-nu^ 7 kono-s/tt/i, 8 kono-kare^ 9 kono- 
làgycre, 10 kyh. — Voici maintenant la numération kpalarha : 
1 wunigbà, 2 wushyïy 3 wutàre^ 4 wurikyere^ 5 wnpay 6 wokoronu^ 
7 wokoroshyï, 8 wokorotàre^ 9 wokorokyere, 10 okerè\ si on re- 
tranche le préfixe wu, wo ou o et le nombre « cinq », celte numé- 
ration présente peu de dilTërence avec la numération des Guimini 
et des autres Sénoufo. 



II. - LES NOMS 



Les noms marqués de la lettre (M) sont d'origine mandingue ou au moins ont un 
correspondant dans les langues mandingues. 



Bamâna 



Foro 



TaGié 



Takpooio Guimioi 



Nafina 



La nature. 





yo- a ûyû-mu 


to-mô 


niju-mu 


to-mô 


iiyu'fnô^ 


• 










tlyô^mu 




nd, na-rhe kô-gi 


kO'Shd 


kivo 


ka-ihyô 


ka-s/tô 




ni' tic ifT-re 


dit -la 


tra 


ta-ra 


ia-ra 




kulo 






ka-*n^ ka-ha 


ka-rha 


5e 


k(l'he,kulo kn-giykn'a 


ka-ha 


ka-ha 


kn-'a, ka-ha 


ka-rha^ kn 


lin 


koro'le 


kotu-gho 


klO'ho 







200 VOCABUtAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 



BamAna 



Koro 



Ta616 



Takpouiu 



Goimiul 



Naf&ua 



forêt 

brousse 

champ 

herbe 

arbre, bois 

boisa brûler 

feuille 

rivière 

fleuve 

moatagae 

rocher 

pierre 

sable 

argile 

or 

fer 

cuivre 

plomb 

ciel 

soleil 

lune 

jour (lumière) 

nuit 

matin 

soir 

vent 



fwa-'a 



li-ge 
siilgyc'ge 

du-go 

gba 

tinti'fie 

funte-ûe 

tumbe^ûe 

kyekye-ûe 



/i-n 



we-re 
là-go 



âiig(htu 



•••••• 



tani (M) 
tô-ghô 
tÔ'WO 
iô-ûyi-ge 

kyd-ga 
losô'le 
kyârga 



tê 
tûmàro 



ûyege-le 
yâ-^i 



koro-go 

ke-le 
nyd 
ti-ge 
kesà-ra 

lù-rho 

lokpo-rkà 

Hyàgu-rugo 



•••••• 



tyè 
tumoro 



ûye, ûya 
yi-re 



sind'lT siddani-gè nhglè 



timorà 



ke-rè 

fiyà. 

kdgârd 

kene 

wt'ligt 

Lô-rhà 

gba 



kâfô 

kê-re 

fiyà 

U'iiighe 



war-ga 
te-ra 
gyû-ro 
té 

lûtnorô 
bala 
tasa 
niiiye-ne 

yt'lige 

yeme^ne 
pûlÂmè-^o-rko 

iefèU^ge 



lô-rhà 

gbn,kpâ 

Hyama-rkÊ 

dine^ghc 



skita 
tûmûTo 



ilye-ûgt 



29 Lliabitation, les instraments, etc. 



maison 

chez soi 

couteau 

épée 

houe 

fusil 

poudre 

balle 

arc 

flèche 



pu-ghè kpâ-gi sa-ta 



ilwô 



pe-nt 



to-go 

marfaiioUJA) marfa (M) 
marfa-mi mîmi 



viwd'ld 

tya 

barfa (M) 
mime 



andâ-gi siddè-te 
fdm-pià nd-gha 



9yo 



kpe-le 



yu-go 

gbe-ne 
gbert'horhù 



marfa (M) 
mume 

marfa-mbio 
sdmbo 

gyere-ûge 



fU/u-go 
darkofyt 



powa 
powa^tiûe 



PAKLÉS A LA COTE iriVOIUE 



201 



Bamàoa 



Koro 



TatJlû 



»_ f 



fà-ghà • para- a 



kpivèsija-ra * 
Itu-rugo 
h'ursi (M) 
lurhu'lo 



Takpooiu 

gbesC'ha * 



Guiuiioi 



Naféoa 



par-ga* yumbu 

sœrœ'tnugo iuku-iugo 



je 
se 








■ • « • 






ngya-la 






• • • • 






nyi-ne 






■ • • • 






ka-ûyi-ne 




ko 


fikyt-ri 






shyo-mi 


sktVa-ra 




akyO'*ô 


kyO'vhô 


akyô 


gyo^rhô 


gyo-rkugo 




furû-gi 


yasyt^re 


fru ko 


furu-^o 


ndûga 


kyo 


hjô'ii 


wodwo'ld 


gyO'lô 


kyo -r ko 


lùo 








• • m • 9 

kye-ne 


heré 


bubu''*u 


kye-re 


kye-ne 


tigya-la 




kurufnô 












bu-gha 









L'bamanitéy la famille^ etc. 

) (Hri klllil) tupya.shyt syT 

i (lili, ■iri) nâ-gka nn-ku 

kyè kyè'lu 

to to 

nu nu 

le pya piû 



r 



fà 
lundu 

fa-tvle 

lugotugO'to 

gine-fè 



fo4d 



shyT, skyt'lî 


jkyê 


le-re^ sytyST 


lo^rko 


nà-gtoô 


nd 


nâ-gkà 


gbuAo 


kyè'le 


kye-lè 


gyo.gy^rûè 


kyœ-lo 


(u 


lo 


to 


lo 


nu 


no 


no 


vta 


ptvô 


pyo 


pyo 


po 






kôrô- 


goro 




fO'lo 


fà 


lopuô 



locnme 

Gille 

père 



/é-'M 



• • • • • 

• 

kyo-nô 

hi-miyu 

mo-biyu 



ndo(!) 



mama 



Sorko-ro 



Les parties du corps. 

ilû-ghô y'f'9^ y^'Q^^^ 
X ûû'St-re Hyû-zi-re 



yu-go 



yu-go 
yi'Zi-re 



ndara^gha 
tlyû-ro 



mol mandîngue fûni, — 2. De para « colon *. — 3. Du mol mandîngue et agni gyese ou gtse 
coton M. — 4. Le bila (mol mandingue) est le vêlement intime des hommes. 



202 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 



BamàDa 

iiyc 

munna 

ni-ge 

ûyu 

ûkd 

nre 

katyi^ge 

fusi-ge 

yakye-re 



Foro 



nyè'le 

• • • • 
nâ-gurit 
nô 
ga-'e 



• m • • 

di 
lâ-le 



kantu-gu kado 



• • • • 



• • • • 



yeux 
nez 
oreille 
bouche 
dénis 
langue 
cou 

poitrine 
ventre 
dos 
reins 
derrière 
pénis 
testicules 
vagin 
main 

main droite * 
— gauche 
doigt 
ongle 
cuisse 
pied 
peau 
poil 
sang 
os 

queue 
corne 



tt« Les ealtarfs et les aliments. 



fût 

gyo 

kyr 

ke-iiCy ka kè 

ka-di-ge 

ka^me^ne 



lô-rhà 
iè-ge 
iure 
no-rho 



klô 



TaSlé 

uye^le 

menàntï 

It-ge 

iïyù 

gâ'hdld 

nene 

yeti-ge 

kukpd 

lâ^ra 

kodo-rho 

senê 

fr-Ugé 

dô'b 

iapo-ro 

ko-lo^ ka 

ke-ltige-kolo 

ka-mMcolo 



ki'le 
iele-gè 



coton 

liane à indigo 

liane à tm\àm 

tabac 

igname 

manioc 



gyese (M) gyetye (M) 



• • • • 



• • • • 



fû'o 



• • • • 



folo yafolo 

nandê-go du^ho 
.... gbedi 



Takpouin 

Tiye^ne 

nâ gupôlo 
ayô 
ga-hT 
ne-le 



de-ge 
la-Us 
kado-go 



kye 



kyi'le 



klè 



Guimini 

nyi-gerui 

na 

nu-mMo 

ftyô 

ûgd-na 

fiine 

yoru^gô 

kotihrho 

ta-t'a 

pu'fkgo 

naû^ge 

fe-ûge 

gyà'lo 

topo-rkù 

ke 



kMyi 

hhrugo 

ffye^baro 

iond 

tgeri-ge 

H-re 



Nafiaa 

ûye-ne 
tnâmbuï 

ftyô 
nànd 

yolo-rko 
gbu 
siri-gke 
bu^nugo 



ka^lli^ki j 
kâmi-gkék 

! 

toto-rko 



kaffj/ùi-ge 

narha 

ûyemMyene 



para 


gy^^ l«) 




gaU{U) 




llll»Ml(lf) 


bosro (A) 


tara (M) 


nando'ko 


ndo^ho 




gbende 



fefUMki 
doo 



1. Dans tous ces dialectes, Texpression employée pour désigner la main droite sigidfie < It ■■ 
pour manger »». —2. Mots supplémentaires en tafllé : front, gbo-lo; crâne, iSrfca-go; épanletfril 
rugo; talon, yë'-tltjbele; plante du pied, ye-dâla. 1 




k'L 



PARI.KS A LA COTE UIVOIHK 



203 



BamAna 



Foro 



Taâlé 



Takponiii 



GuimiDi 



Nafioa 



grosse) 




• • • • 
mani 




akpa 


baranda{K) 
mori 






sumâ 


syo'lo 


sliuO'la^koshi 


r) siho'la 


shyO'lo 


worha 




hye-re 


nandô.-ge 


made-ge 


nande-ge 


mhôghô 
marhangye{M) 

horobya (A) 


burhuzogo 




hu-'o 




gheda 








à haile 










se 




le palme 










sé-ghë 




aime 










sê-sime 




piJme 










sêghê-mî 














sfi.-ndyughu 




beurre 


lo-gho 












huile 


si'tnT 


si-mu 


sû-mâ 


hmu 


shi-me 
fleni-ge 


kulu 


miliitib 










yoflgo 
gbesi 




mil 


sime 








sime 






sômu 


sôlomu 


shœlœmd 


kwo 


kd 


ùiiige 




kmn 


knri 


kara 


knre 


kara 


kfJra 




gyaa 




dyara 




• 






mx 


mtmi 


mime 




mume 


tiûe 


ligène 


Sûro 


suro 


suro 


hro 


sûra 


sûru 




tige 




syâ 






tiye 


Les animaux. 














knra 


kâri 


kara 


kâre 


kara 


kâra 




polo 


• 


polo 


nn 


poro 






kyo 


• • é • • 




kyelé 


9yà 


kyœlo 




mpya.pûro 




mpyà 


mpyo 


po 




nu 


nô 


nu 


nu 


nô 


nô 




nu'polo 




nu-polo 


nu-nd 


na-poro 


na-meleghe 




nu'kyo 




naure 


nu'kyelè 


nanô 


nô^kyœlo 




nu'pùro 




nâd 


nu'mpyô 


nô^mpyo 


nô-po 




dugu 


sumbyd 


sûgbà 


mhyd 


shimyo 


mwo 




sigba 


sika 


sukpô 


mpo 


shigbô 


sugbo 


( 


pu 


sôlu 






sûro 
seûgini 


sulu 
sdiiyô 



204 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 



Bamàoa 



Foro 



TaGlé 



poulet 

œuf 

caïman 

serpent 

poisson 

hippopotame 

cheval 



iïgO'lo go-lo go-lo 

ngo-kifc-re go-hje-ne go^lye^ne 

kakijô 

wÔ-go 

kundrfi-gi 

swô{}i) 



Takpouiu 



go4o 



Guimioi 



go-lo 



fyo 



wô'ûgo 

fyà 

gundro * 



Nifâiu 

HgU'lo 
ûgu-lx-U 



tnurugu 



Note. — 1 . Mots supplémentaires en guimini : coq. gthporo ; panthère, itamonj; 
lion, sombO\ singe, kolo\ antilope, lifa\ canard, /a/^rd; perdrix, n/ty^; pintade, 
fiyeghe\ insecte, fyenï. 



7* Noms divers. 












chose 




gyf^ghi 






yèrhi 




nom 




yi-re 








wu-^ 


langage 






nere 






kaywiu 


propriété 


ut 




wO'ho 




wo-go, wô 


we 


jour (date, durée) kyd-ga 






pono 


fiij ûi'biri 




aujourd'hui 


ûyT 


alâ-ghi 




ala-ha 


nana 




hier 


la-iiyï 


ySgà 




pundukadoho mbanuUm 




demain 


ni-ge 


yâga-na 




pondo 


fiioto^ ioto 




avant-hier 










plia-horugo 




après-demain 










plia-na 




charge 




• • • • • 






tugu'ro 





Noms noholo : village, kpa-rha; rivière, lo-rAo; igname, f(hlo\ 
viande, Aara; bœuf, nÔ\ poulet, go-ri; œuf, go-tye'-ri. 

Noms kpalarha : eau, yo-rho^ feu, kà-sO\ terre, dd'la\ village 
(ou) maison, ^yâ; chemin, X:i/;2d^; arbre, /î-^e; herbe, /)yd; rivière, 
lchfulu\ — couteau, kpe-rige\ houe, tya\ pagne, lugbu*go\ cale- 
basse, tigyâ'la; natte, yasyî; — homme (être humain), woUmnle; 
homme (mâle, mari), uyo-rho; femme, gyô; ami, horO; jeone 
homme, dye-re; — tète, yu-gliu ; bouche hyO\ — igname, /5-/o; 
mil, shuO'la ; arachides, iugbo-go; pain indigène*, wâsûro; sauce, 
tèrhiyè; viande (ou) animal, kara; sel, sAûrûmà; — bœuf, nu; 
mouton, sûbgô; chèvre, sûkpô; poulet, go-lo. 

1. Par « pain indigène » il faut entendre soit une pâte bouillie et pilée dlgname, 
manioc, rail, etc., soit du cousscouss, c*esl-à-dire en général un aliment fariDeax 
qui fait la base de la nourriture. 



ï 



l*AI5l,KS A LA COTE D'IVOIUI-: 205 

Rkmaroues sur lks noms. — 1* Composition. — La grande majo- 
rilédes subslaiilifs, dans les divers dialectes sénouTo, se composent 
d'un radical fixe et d*un suffixe (que, dans les vocabulaires, j*ai, 
autant que possible, séparé du radical par un trait d'union). Ce 
suffixe varie suivant les dialectes, suivanl la catégorie à laquelle 
appartient le substantif, suivanl le nombre de ce dernier et aussi 
suivant le rôle qu'il joue dans la phrase. II ne m*esl pas possible 
de cataloguer ces suffixes par catégories, non plus que de préciser 
les règles concernant leurs modifications ou leur disparition ; 
on peut constater seulement qu'ils disparaissent souvent au pluriel 
i (ou se modifient) et qu'ils tombent généralement lorsque le nom au- 
f quel ils appartiennent forme le premier élément d'un mot com- 
posé; exemple : tlgo-lo, go-lo^ tlgu-lo « poule », ftgo-kye-re^ go- 
kye-ne^ gO'tye-ne^ ngu-ke-lc « œuf ». A part ce rôle des suffixes, 
les noms composés se forment en sénoufo, comme dans les autres 
langues étudiées jusqu'ici, par juxtaposition, le nom de l'objet 
possédé ou dépendant se plaçant le second. 

2* Rapport de possession ou dépendance. — Il se forme de même 
par juxtaposition, le nom du possesseur se plaçant le premier, le 
nom de l'objet possédé ou dépendant se plaçant le second. 

3® Pluriel. — Je n'ai pas réussi à me rendre un compte exact 
de la façon dont les substantifs forment leur pluriel ensénoufo ; 
il se peut même que certaines particules données comme des suf- 
fixes nominaux soient des marques de pluralité ou de collectivité. 
Cependant on peut dire que les noms restent en général inva- 
'''fibles (à moins que le suffixe ne soit suppriq^é, ce qui est rare, 
^^Qable-t-il) lorsqu'ils sont accompagnés d'un nom de nombre ou 
^'un déterminatif indiquant la pluralité; pourtant, quelques sub- 
^^^niifs, quiont un pluriel difTérent du singulier, prennent la forme 
du pluriel devant un nom de nombre, comme le mot fli^ fii-biri ou 
*'W « jour » qui fait au pluriel plie en guimini. On peut dire 
^'^core qu'en général les substantifs monosyllabiques ou non for- 
cés à l'aide d'un suffixe restent toujours invariables au pluriel. 
^oîci maintenant des remarques concernant quelques dialectes : 
^'^ iafile, beaucoup de noms forment leur pluriel en ajoutant la 
F^^i^licule rè, ra ou re soit au radical seul soit au radical suivi du 
^^(Tixe; en gimini^ on a souvent une modification complète, soit du 



206 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 



suffixe, soit du radical : gye-riiè ou gye-riiiè #f femme », plur. gye- 
ndelè; syï « homme », plur. unye\ biri « jour », plur. plie. 

III. — AOJEcnriFS ET paoNom. 



blanc 

rouge 

noir 

gros, grand 

petit 

moi (sujet)* 

moi (régime)' 

toi 

lui, elle 

nous 

vous 

eux 

mon, ma, mes 
ton, ta, tes 
son, sa, ses 
notre, vos 
votre, vos 
leur, leurs 

le mien, à moi 
le tien, à toi 
le sien, à lui 
le nôtre, à nous 
le vôtre, à vous 
le leur, à eux 

à qui? 

qui? 

quoi? 

quel? 

ce, cette, ces 

celui-ci, ceci 



BamAua 

iiyàga 
wo 



Foro lamé 



• • • 



• • • 



me^ fUi, fi 
nOf ni 
ma, md 
u, 
su 
mu 
pe 

na^ me 

ma^ md 

u 

su 

mu 

pe 



mt, m 

ruij ni 

ma 

u 

su 

mo 

pe 

mi 

ma 

u 

su 

mo 

pe 



me iii^me mughu . . . 
mdiiifmamughu . • • 
u ûi, u mughu . . . 
su ùi ... 

muùi ... 

pe ûi 

gyofO'yè ûi 

gyofo 

9in 



• • • 



• • • 



ke, ki 



9^ 
kij ku 



TakpoDÎD Guimiai 



iiyarha 
worha 
kpohô ' 

mif mu 
na^ ni 
ma^ md 
u, 
we 

mu{?) 
pè.pe 

na^ mi 
mOf md 
ti, i 
we 

mu (?) 
pe 

mi woho 
md woho 
uru woho 
we woho 
mu woho {7) 
pe woho 

figha woho 

figha 

gaa 



mi, m 
né, na^ ni 
ma 
u 
su 



pe 

na 
ma 
u 
su 



pe 



ga, ûge 
ke, ko 



kadu 



ke^ kij ku 



iïofwe 

yene 

worhd 

gborho 

pige 

me^ mu, m 
fia, ni 
ma 



u, o 
itt, e 



ye 
pe 

na 



#tt, e 

ye 

pe 

mu wogo 

mo w5 

wô 

su wô 

ye w5 

pe w5 

« 
d§o wogo 

dgo 



ge 

figa 

kikêp 



ttMH 

bile 

110,1 
110,1 

mo, 

«.« 
e 

jet" 

iit,i 

u 
e 

Mtl 

MOI 

uwt 

• • • 

• • • 

peu 



*gi 



• • • 



• • • 



fe,i 



i. C'est de ce mot que vient le nom indigène de la ville de Kong : kpohd^ kpoîi ou Ipf (Ugfl 
dont les Dyoula ont fait kû et les Européens « Kong ». ~ 3. La forme abrégée m ou n se ck 
parfois en n devant geik; parfois aussi elle amène un adoucissement de la consonne toivail 
3. En général na sert pour le régime indirect et ni pour le régime direct. 



rAufj:s A i.A coTK invoinK 



?o: 



Noies. — Kn général les voyelles finales c, è, / des pronoms 
s'élideiil devant les voyelles ; le démonslratif Aï? ou /iv prend souvent 
la forme Ao ou Au lorsqu'il est suivi d'un mol où se trouve la 
voyelle ou u. — Tous les adjectifs et les noms de nombre se 
placent après le nom quMIs déterminent, àTexception des adjectifs 
possessifs, qui se placent avant. 



IV. - LE!» VERBES. 



lUiiiAoa 

ire (a II lici) ' />//'> 

epasétre (id.) . . . . 

ire (lUribiUr) ' ke 

îpasêtrc (id.) . . . . 

re(appart.)' iti 

pas être (id.) . . . . 
cr 

er(iiin^se.)* 
rtir 

UT.her 

inir 

îoir de 

arréler 

isseoîr 

I lever 

I coucher 

Dnnîr 

mrîr 

iourir 

imber 

- par terre 

:re bon . . . 

Ire mauvais 

tre grand 

tre pelil 

^ loin . . . 

^tre près 

ftlrc fiai kwo 



Foro Tafllë 



TakpoDÎQ Guimioi Nafàoa 



#Aye, sytf, se 

ta-vje 

la kd 

ka^ kart; se y kari 

la-se^shyé 

lashye^ la . . . 

pa 



Ijire 
1ère 
yiri 
shine 



tafe 
ku 
na 
nhle na 



iiye 
uru 
o.fje 
a, 00 
woho ge 
woho ba 
shye^ kare 



ûye %é, yè 
.... rho 
. . . . /'•, wît 



wogO'Ut 



se^ sye shye 



e 
u 



we 
ma 
le^she^shye 



ta ka^karama . . . 

lishyej karc tasye kari^ tashye sye 



pa 

yiri 

yire 

icne 

yin 

sene 

ûgono 

ku 

lo 

lo lara na 



• * • 



.... tashye se 

pa pd pd 

gyi yiri yiri 

yire ire ire 

kl*} kyï tentl 

gyè iri iri 

si shi shini 

gbono hunô 

• . . , fe fi 

ku ku ku 

wa to lo 

ûye ddia na wa Ira 

ûyô .... ilyô^asIiyT perema,Hyô 

legyarha{U) 

kpohô .... nughô tunu 

.... gy^là 

lige 



... ... 

pd 

gyere 

yire 

kpè 

gyere 

skyîni 

tufe 

ku 

ûye 



ko 



kwô 



kwo 



208 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTeS 





RamàDA 


Foro 


Tafllé TakpoDin 


Guimiai 


Nafâiu 


enlrer 




gy^ 




• • • 


• . • • 




sortir 


• • • • • 


ûyini 




• • • 


. • • • 




dire 


yyu, du 
gyino, ne 


• • • • • 

» 




• • • 


oyo 


yw, yô, yao 


parler 








• • ■ 


te-gyo 


kurige 


mentir 






II» 


• • • 


• • • • 




dire la vérité 






kp-gagi 


• • • 


• • • • 




prendre 


lo 


là 


le 


li 


U 


skyd 


porter 


lo 






• • • 


le 




attraper 
apporter 


tu 








yigi y^ 
kona-kâ 




konu-kd 


• • • 


emporter 








• • • 


li-ratyé 


• 

• • • • 


donner* 


ka 


ka 


ka 


ka 


ka 


Uga 


frapper 


gàô 






pua 


• • • . 




couper 






kû 


ka 


kô 




tuer 


gbo 




kpo 


• • • 


gbo 


gbo 


fermer 


flyuto 
yxrige 
lorhu 






tÔ .... 
krehé 




ouvrir 








comprendre 




lorho 




• • • « 


lurkUftugkA 


connaître 


kyè 




tyî.iyî'to 




. • • . 


gyî 


voir 


ilyà 




fiyà 




• a « . 




acheter 




syô 


• • , • • 




«Ayo 




vendre 




perè 






père 




manger 


dige^ di 


li 


liy gheka * 


le 


li 


H 


boire 


gba 


gbà 


gbà 


gyà 


go 


gbà 


attacher 


pwo 






• • « 


• • • . 




laisser 


yawa 






• • • 


• • . • 




appeler 




yire 


yiri 


ye 


ytn 




vouloir 


za 




kya 


... 


. . • • 


pa 


demander 


• 




iolô 


• « • 


. • • • 




faire mal 








.V« 


• a « • 




travailler 








• • • 


marhd 





Noies. — Verbes kpalarha : aller, kari\ venir, pà\ s'asseoir, 
kph\ s'arrêter, yiri\ se lever, gyere ; se coucher, shil1\ manger, «A; 
boire, gyà ; prendre, so; luer, kpo\ mourir, ku. — 1. Le verbe 
(c être » signifiant « se trouver », affirmatif ou négatif, se place 
immédiatement après son sujet. — 2. Le verbe « être » allributif 
ke (bamftna), ^(>(tafilé), wU (guimini), se place après ratlribul; le 



rAiîLKs A LA con: invoiHK JOU 

verbe allribulif le (guimini) se place entre le sujet et rallribul; 

quant aux formes o, a, no (latilé), la première n'est autre que le 

pronom de la.T personne, la seconde est la négation, la (roisièmc 

csl la négation de la première : elles se placent entre le sujet et 

rallribul. — .*!. Le verbe « être » signifiant u appartenir » n'est 

autre que le pronom possessif accompagné ou non d'un verbe at- 

tribulif; il doit être précédé de l'adjectif possessif; déplus, en na- 

fàna, on intercale généralement le mot // entre l'adjectif et les 

formes we el ma, — 4. En guimini, on place en général la particule 

sa devant un infînitirqui suit un verbe de mouvement : val'appeler, 

karama sa o t/iri: je vais acheter des bananes, m na sliye sa ba- 

randashyo, — T). On répète le pronom sujetdevant la seconde partie 

du verbe composé lè-rasi/e : emporte-le, u le ma rasye (le prends tu 

vas-avec). — G. Le verbe « donner » se construit : en bamana, foro 

lafilé et takponin avec le nom de l'objet donné au régime direct et 

le nom de la personne à qui l'on donne au régime indirect; en 

guiraini et en nafàna de la manière inverse. — 7. Le verbe gheka 

veut dire proprement « mâcher » et s'emploie lorsque le régime 

est de la viande ou un aliment analogue. 



V. - LA CONJUGAISON. 

Je donne ci-après, à la 1'^ personne du singulier, les temps les 
plus usuels d'un verbe neutre et d'un verbe transitif dans lesdivei^ 
^lialectes sénoufo. On aura les autres personnes en remplaçant le 
P'^onom de la 1" pers. du sing. par le pronom convenable. Si le 
^^jetestun nom, on peut ou non exprimer après lui le pronom 
^^jet. Les verbes transitifs peuvent s'employer sans être accom- 
pagnés d'un régime direct. — On se rappellera que les verbes 
^*6lal ou verbes adjectifs prennent en général au présent né- 
S^lîf la forme du prétérit. 



JIO VOCAIUJLAIUKS COMrAlîATIIS I>K LANCJUES OU DIAI.KCTKS 

BiiiiAiia Koro Talilé Takpouiu Guimiui Nifâua 

venir pn pn pn pn pd ffi 

je viens • m ;)/#, mr pn un pà mi p»\mu pà mi pa m pîl napn/ujuC 

je suis en Inii de venir me na pa mi un pà mo pà* m nu pa m nu pîl mi mw/k/ 

je viendrai me pu mi ipi pà mu pà m pa nu mhe pà ni ]ul 

je suis venu me pu ri* mi ma pà mu ge pà mimàp't^ m pâ ûi^ nnfxV 

viens pu mu pà.pà pà pajnapapil pn 

je ne viens pas • me e pu e* mi gtjû pà mu a pd wiu rho pâ^ ni ma pà 

je ne viens ps ■siiteiiil me nu pa e m*oo pd* murkonapîi 

je ue viendrai pas menapuwac mi gijû pd mu a pd fnu rho pd 

ou me md pa 

je ne suis pas venu me zd pa mi ruga pà* mu aija pd mi/opa mu i pd niifi 

ou me wu pd 

jenesuispaseicoriTeii me zdpayè mirugapdi mewapùgbè 

ne viens pas md pa è *• ma figyâpa me digepd ma rha pd amô pi 

prendre lo W iè le lé thyo 

je prends' me lo^nu lo mi là mi le, mu le mi lé m lé m$kf^^^ 

jesuisen trainlepreidn fne na lo mi nu In m'o le • mn^lè me na lé ni na iV 

je prendrai me lo mi y a là mi le m lé m lé - m «^' 

j*aî pris me lo m ma là mu ge lè*^ mi md lé me ma le it*o Ay» 

prends lo ma là, là lé lé lé skyô 

je ne prends pas ' me e loge** mi gyâ là mi $agepd** mu rho lè^ ni t ih^à 

je ne prarisfis iiiiteiut mena loge murhonalè 

je ne prendrai pas me md lo mi gyâ là me na lé mu rko té • 

je n'tii pas pris me e lo è** mi ruga là* m'awa lé** mu i léyè im » «*îf® 

ou me wa lé 

je n*ai pas encore fris me zd lo yé mi ruga là i me walégbé • * 

ne prends pas md lo ma ngyû là medige lè^ nm rhn le amôs^y 

Notes. — 1 . La forme du présent simple s'emploie aossi pour le 
passé et le fulur; la forme du présent d'actualité (je suis en train 
de...) s'emploie aussi pour le présent d'habitude. — 2. L'a, « ou t du 
pronom sujet s'élidcnt généralement devant la particule o. — 3. 
En lafilé on élide i, è, e devant la particule o, mais a ne s'élide pas 
en général. — 4. Je ne suis pas très sûr des formes me pa ri 
(bamâna) et m pà f>i (guimini). — 5. On trouve aussi la forme m 
pa ra^ mais il semble qu'elle s'emploie iDdifféremment pour Itf» 



PAUI.KS A I.A COTK I) IVOIUI-: JII 

pussr iMi pour lo fuliir. — 6. Le premier e a'esl aiilrc chose (pic la 
dernière voyelle <Iu pronom sujet, donl la n'^pélilion exprime 
ridée n^îgalive ; on dira donc h la i° pers. ma pu c, h la '5' // ti pu 
e^ elc. I-V de la {\\\ esl là pour renforcer la négalion ; il peut se 
inodilier en <>, ijc ou yr el peiil aussi amener une modiliciition de 
la dernière voyelle du verbe. — 7. La particule négalive rho se 
lifononcc aussi 'o. — 8. Après la particule ruga on change sou- 
vent en f/ le/: inilial du mol qui suit, s'il y a lieu : urufja fjui (pour 
u YU(jii hn i) « il n'est pas encore morl ». — 9. Vi de /// //>// n'est 
pas une particule spéciale, comme Vi de muipà (guimini), mais 
simplement la dernière voyelle du pronom sujet, répétée pour 
exprimer la négation ; on dira donc à la 2° pers. maa pO, h h\ S*' // 
n pii, elc. — 10. On peut supprimer la particule finale è et dire 
simplement mfi pa ; le mot ma ici esl une négation et non pas le 
pronom de la 2"^ pers. — 11. LV de la particule ge s'élide devant le 
pronom régime de la 3* pers. du slng. — 12. Voir la note ; on 
évite la répétition de la dernière voyelle du sujet lorsque celui-ci 
est suivi d'un régime direct, et alors, ou bien on répète la der- 
nière voyelle du régime, ou bien on se contente du ge ou è final 
pourexprimer l'idée négative. — 13. Le pronom sujet se retranche 
souvent devant sage : Ve de sage s'élide devant le pronom régime 
^e la :r pers. du sing. — 14. Voir la note 9 ; lorsque le verbe esl 
P'^écédé d'un régime direct, c'est souvenlla dernière voyelle de ce 
''égime qu'on répète pour exprimer la négation. — 15. Les voyelles 
'' ^ et^ s'élident en général devant awa. 

y^/are des régimes, — Le régime direct se place toujours avant 
'^ verbe, entre la particule el le verbe dans les temps composés 
^^ négatifs ; le pronom régime de la 3* pers. du sing. peut se sup- 
pf^iraersi le sens n'a pas à en souffrir. — Le régime indirect se 
P*^ce après le verbe et, si ce dernier esl suivi d'une particule, 
^P»"ès celle-ci. 

Prononciation, — Les voyelles longues se font en général très 
'^ï^lement sentir, en faisant traîner le son assez longtemps. — L'/i 
^^vert esl généralement long, surtout en foro. — Dans la plupart 
^^s dialectes, surtout en foro, en takponin et en guimini, on rem- 
P*^cc souvent el indifféremment l'une par Taulrc les articulations 



212 VOCAHUI.AIRliS COMPAIUTIFS DIS LANGUES OU DIALKCTES 

rhy A Cl' (^ arabe) ; parfois aussi on les supprime : karlia^ kalia, 
ka'a^ l'OLi^ kây « village ». 



VI. - l*UR4f»Ef» ET EXEMPLES. 

1<> Bamdna. 

Mon père, na to ; ma mère, na nu \ mon fils, na pya. 

Je vais aux planlations^ me sye fwaa ma; lu vas dans la brousse.. 
ma st/e sige ni. 

C'esl blanc, kc fihye ou ke hgo\ un homme blanc, %hyl hye\ ul» 
homme noir, shyl œo. 

Assieds-toi là, tere nà\ viens ici, pa na ; viens boire de Tcau. 
pa yo^a gba. Où vas-lu ? ma na se mit vas-tu au village ? ma se kuk) 
nil d*où viens-tu? mi ma yirit je viens des plantations, me yiri 
fwa^a ma. 

Donne-moi cela, ki ka na ou ke ka na ; prends cela, A:^ io ; laisse- 
le, ke yawa\ allrape-le, u tu ou ke tu\ lue-le^ u ybo; ne le lue 
pas, ma u gba è ou ma bu gbô è ; frappe-le^ u gbO\ ne le frappe 
pas, ma u gbô; allache-le, u pwo: ferme-le, ke ftyuto] oovre-le, 
ke yirige. 

Va lui dire de venir, shye no ti pa (va dire il vient) ; il dit qu'il 
ne viendra pas, u gyino u ma pa; je n'irai pas, me na shye loae; 
que dis- lu? gyi ma du e1 (pour gyi ma gyu et quoi lu dis? e est 
explétif) ; je dis que je m'en vais, me gyu na se ou me gyu me na 
se; il s'en va, u na se ou {/ na flka (pour u na ka) ; ils sont partis, 
pe kari ; ils ne sont pas partis, pe zn shyè. 

Je veux manger, na za n di; (je veux je mange). C'est fini, ke 
kwo\ ce n'est pas encore fini, ke zâ kwo yè ; il est mort, u ^i ; il 
n'est pas encore morl, u zà ku yè. 

Je ne comprends pas,m^ c lorhu ye\ je comprends, me/oMti; je 
l'ai vu, me o i\yà ; je ne l'ai pas vu, me o î\ye è ; je le connais, me 
o kyè ; je ne le connais pas, me o kyè è. 

A qui est-ce? gyofo-yè ///? c'est à moi, me ui ou me mughu ke: 
c'est à lui, u mughu ke. 

Un jour, kyffga nihke\ tous les jours, toujours, kyùya bèri. 



PAKLKS A LA COTK D'IVOIKI-: 21.; 

2- Foro. 

Mon père, mi lo ; ma mère, mi nu ; mon fils, mi jiiii : son fils, // 
ftiii, 

Va-l-en, ma hari\ parlons, su hari ; viens, ma pà ; lève-loi, mo 
t/iri ; arrole-loi, /?m f/ire\ donne-moi cela, /»i/ia nu ; je le le donne, 
mi /./ ha ma : apporle-moi de Teau, ma nyamu konu-Là. 

Je vais à ce village, mi na se kalia ge nà ; d'où venez-vous ? mo 
yiri se? nous venons de ce village, su t/iri kaha r/e nà : où allez- 
vous? mo na se se? ou mo na si ay7? ne l'en va pas, tua TiQyâ kari ; 
je ne m'en irai pas, mi gyâ kari ou mi gtjâ gari; je suis venu hier, 
9/âgà m ma pà ; je partirai demain, yâgana mi ga kari. 

II est morl, u ma ku: il n'csl pas morl, ?/ ruga gu i ou u ruga 
Au i; c'esl fini, ki ma ko\ ce n'esl pas fini, ku ruga go i. 

Comment l'appelles- lu ?y>^nûr mayire mene^îc m'appelle Lalé, 
/)€ na ni yire Laie (ils m'appellenl Lalé). 

As-tu achelé quelque chose? mama gyâghi sgo? j'ai acheté de 
rhuile, m ma simusyo. 

3* Kpalarluu 

Mon ami, na horô; mon amie, na haro gyo. 
Va-l-en, kari\ donne-moi de l'eau pour boire, yorho su me gyn 
(eau prends je boirai); ne le tue pas, medig'okjw; viens ici, pà ftga. 

4^ Tafi/e. 

Mon père, na iu\ ma mère, mi nu; mon fils, na pwù. 

Viens ici, pd na\ va-t-en, iishye; viens manger, pà na w'o fi 
(viens ici nous mangeons); ils mangent, p*o H; donne-moi de l'eau 
pour boire, tomokana mu ghù (eau donne-moi je boirai). 

Us ont tué un homme, pèshyï kpo\ ils ne l'ont pas \\xk^p'awa 
^po\ ne le tue pas, me dig'o kpo\ j'ai compris, je ne le tuerai pas, 
^^u (fu lorlio^ me na o kpo('ic l'ai compris); il est mort, u ku\ il 
■^'cst pas morl, u aya ku; on lui a coupé la tète,/)è i yu ktf (pour 
f^è u yu-ghu kû, ils sa tfele ont coupé). 

Tu mens, ma /// ; je dis la vérité, kyl /) gagi (vérité je parle). 

Ouc veux-lu? gaa ma kya? je veux des pagnes, mu kpu^hya-rè 

Où est-il? u kc? il est ici, // fiye we; il n'est pas ici, u uru uo 



21'. VOCABULAIUKS COMPAUATITS DK I.ANCîl'KS Oi: mALECTKS 

(il n'y en a pas) ; il esl parli, // /»arc\ ii vicnl ici, u pii ire\ il ne vieni 
pas, H 00 })fi ou u II iyt\ ou esl-il parli? tt Icare .ve? il esl allé au vil- 
lage, // hue la h a Lana\ d'où viens-lu? ma j/yere sel je viens du 
village, mi ////<vr halui Ivni, 

C'esl loin, le //t/c\ c'est 1res loin, liclif/e kpa\ ce n'est pas loin, 
l'on II (je. C'est bon, leht/Cry ce n'est pas bon, keaht/ô\ c'est grand, 
l'^o ki)nlin\ c'est ainsi, /i'o sa; ce n'est pas ainsi, k^oo sa\ c'est fini, 
ko kwn ou lc*o kœo\ ce n'est pas fini, ke wakwo\ ce n'est pas encore 
fini, ke wa kwn (jbe\ c'est (ombé par terre, là hye dnla na. 

Comment t appelles-tu? />e ma ///;*{ «^a? je m'appelle Fabyé, />« 
ni yiri Fabye (ils m'appellent Fabyé). 

A qui est-ce? hyha woho yel c'est à moi, mx woho ge; est-ce à 
toi? mif woho gel c'est à cet homme, sliyï-lî fige uru fvoho ge; ce 
n'est pas à lui, urn wolio ha\ c'est à ces personnes, nifiye-re fige 
pe ivolio ge [whye-rc semble être un pluriel irrégulier de shyï ou 
shyl'll). 

Demande-lui s'il parle lafilé, u so/ô u Tafile shyhre nere kyl-lOy 
(lui demande il Tafilé hommes langage connaît); je le parle^ iit</ 
g'u lorho (j'ai lui compris) ; je ne le parle pas, mge tyï (pas con- 
naître). Je ne comprends pus, sag*H lorho. Connais-tu ce village? 
kaha ga^ ma ge tyl'lol]^ ne le connais pas, sage tyt. Ne l'as-tu pas 
vu? sage /V//^/? je l'ai vu, mu ge figâ; je ne l'ai pas vu, sage fiyfl. 

5" TakponJ. 

Mon pire, na to\ ma mère, na no\ mon fils, napyo; mon frère, 
na kyonô; le chef du village, ka*a folo. 

Vd-t-en, tasye ou tase\ je m'en vais, m na sye; viens ici, pa 
naha; arrète-toi, yire ou mayire; va manger, ta le; viens boire de 
Tcau, pa hyumn gyn. Je vais au village, m na sye ka*a /o; viens-tu 
du village? ma gyh ka\i kanol 

Comment rappelles-lu? pe na ma ye menef 

J'ai faim, fnhkene ne ya (la faim me fait mal). 

Où est-il? //* fujc he'l il est aux champs, ki ftye làre\ donne-le 
moi, kc ka na. 

C'est fini, lu mn ktrn ; ce nVst pas fini, ku fo gwn. 

Oiiel jour es-lu venu? pono kadu ma pa ra'î je suis venu hier,, 
pufuhikadolio mi m pa ra ; je \ iendrai demain, pondo m pa ra. 



PAIUJ'.S A I.A CDTK DIYOIKK 2t5 

(>•" (Ihnini. 

Mon père, na lo\ ma mère, nu no \ mon (ils, na pf/o ; mon 
mi, na ltnrù\ mon amie, na hnrn-fii/n\ le clief du village, Larha 
)\ 

(>)mnuMil ap|)(;Ilc-l-on cela? ffcle f///omrnc! ou /*epe r///n nwne? 
Is cela disent commcnl? ou cela, ils disent comment?) Comment 
appelles-tu ?/;e ma yiri mené'! (ils rappellent commeni?) 

Viens ici, pà mlarlia oupè ndarha ou /» ndarha ; je viens m pu ; 
i-l-en, tasliye ; je ne m*en vais pas, mu rho na shye ; parlons, su 
ni ; viens manger, pn ma Ix (viens lu manges) ; je vais me coucher, 
( kasa sin ; arrêle-loi, ire ; marche vile, t as hye fana fana ; allons, 
larchons, su kari ou u /cari. 

Ils ont tué un homme, pe sy7 gbo\ cet homme est mort, s7 hga 

i'U, 

Apporle-moi de Teau pour hoire, na ka tomo n go (moi donne 
lu je boive) ou tomo ko na iri ka f> go (eau cherche moi et donne 
\ boirai). 

Où vas-tu ? ma na shye se'! d'où viens-lu? ma yiri se'! je vais au 
illage, m na shye kar/ia ; je viens du Guimini, m yiri Gimini. 

11 est grand, u nugliô\ il est pelit, ti gyelh\ une chose rouge, 
h'hi yene\ une chose noire, yèrhi worhn\ un gros village, karha 
borho ; un pelit village, kâ p}ge\ c'est bon, ki nyo\ lu es bon, ma 
dtyl \ c'est mauvais, o le gyarha. 

Qui vient ici? àgo pn nal c'est mo\\mu, A qui est-ce? ùgo u:ogo 
77? c'est à moi, mu wogo iii\ c'est à toi, mo tco ui ; c'est à lui, o 
ô ui ; c'est à cu\^ pe tco ai. 

Quel jour es-tu venu? ma pà i)i biri ge"! je suis venu hier, 
bamako mp(i;'}e suis venu il y a longtemps, mpnfa\ je suis venu 
y.a dix jours, plie kè m pù\ est-il venu?</ /y/? il n'est pas venu, 
i pu ; il viendra demain, ioto u mbe pà. 

Il y a beaucoup de monde \c.\Jere gborho-syï w/)//è/ia(gensnom- 
•eux il est ici). Où est ïèchyon? Tèshyô u hyh se"! il est au vil- 
ge, u hye knrha ; il est chez lui, u îiyh u yugo (il est sa maison). 



I. Kii >'.nlrfs>aiil à (puMqn un, on «Jil ik/u ^i>oi*r na-io^ niuii pore) h un lionniic 
»• ou icSjxNlablo, li" (nionM à une feunnc àgi'O. »m Aù/ù (mon ami) ou lui /lô/ô- 
•• (uiou anii<î) aux jounrs pens. 



2lii VOCAIJUf.AlUlîS COMPAKATIKS l)K LANGUES OU DIALECTES 

Je vais achplcr des banaties, m na s/tt/e sa banmda s/n/o; va dire 
à ïoulouchyon de venir, Icarama sa Tuius/u/d yiri o pà (va pour 
Toulouchyon appeler il vienne) ; va lui dire de partir, karama sa u 
gyo u ka[\di pourluidirc il parle); il dit que... u gyoo... 

AUrape-le, u yigi\ prends-le, u lè\ emporte-le, u le ma rasye : 
travaillez, y^ marhu\jG vais travailler, me na shye sa mar/iâ ; je vais 
vendre de la viande, me na shye sa kara pe^'e\\\ va couper du l>ois, 
kan sa kcne ko; il porte une charge, o tuguro lè\ parle, te-gyo 
(pour kcgyOy dis cela); ne parle pas^ ne le dis pas, ma rha u gyo. 

11 y a des ignames, ndorhoyh na\ il n'y a pas daignâmes, ndorho 
or ho na. 

Salutations : 

1*" D'homme à homme ; le malin : ndo e fnèow ndfiè i7t^ (réponse 
ndo ande) ; à midi : ndo e sœnoforho ou ndiiè sœtio/orAo (réponse 
ndo andcy e sœnoforho); le soir : ndo e smoko ou ndiiè sœnokù 
(réponse ndo ande, e sœnokù) ; 

2* D'homme à femme ; le matin : no e mè ou niiè mè (réponse 
maè ndo) ; à midi : no e sœnoforho ou nûè sumoforho (réponse maè^ 
ndo, e sœnoforho ; le soir : no e sœnokù (réponse maè ndo^ e sœnokù) ; 

S*" De femme à femme; le matin : no e mè (réponse maè no)\ à 
midi : no e sœnoforho (réponse maè no^ e sœnoforho); le soir : no e 
sœnokù (réponse maè no, e sœnokù); 

4*" De femme à homme ; le matin : ndo e mè (réponse no ande) : 
à midi : ndo e sœnoforho (réponse no andcy e sœnoforho) ; le soir : 
ndo e sœnokù (réponse no ande, e sœnokù). 

V Nafâna. 

Mon père, ni to oixndo; ma mère, ni ma ; mon fils, nipo ou ne 
pù\ mon ami, ni goro ; mon amie, ni goro-flgyœlo; chef de village, 
karha lopuO. 

Viens ici, pà ndarha; viens manger, pà tûo U (le mot tùo^ d'ori- 
gine mandingue^a le même sens que le mot indigène suru ; «pain, 
aliment farineux, nourriture »). Je mange des ignames, na fefiyi- 
ghe II ; il boit de l'eau, u f^yômu ghù. Donne-moi de Teau, ni figa 
fif/ômu; donne-moi cela, ni hga ki. 

Marche vite, se holahola. Où vas-tu ?5wai^2 ma shef je vais à mon 
village, na shye ni karha \ je vais chez moi, na shye n lûlio; d'où 
viens-tu?. y^/i'î m'o ytrll \ù viens de la brousse, ni yirisigi. 



PAKLi:S A LA COTK DM V< HKK 217 

Il csl mort, ?/ ///; il n'osl pas moii, ti u /ai\ on Ta lue, //'o // 
l^€^ ; on ne Ta pas lue, ]ut zu xi qho\ ne le lue pas, amn u f/ho. 

€ l'esl bon, Le porrina; re n'esl pas bon, /ce e hijn\ il esl {çrand, v 
^^ëu ; il esl 1res p;ran(I, n Innu pepe\ il n'esl pas grand,// // ///////. 

^\ qui esl-ce? mbi h we? c'esl à moi, miwe\ ce n'est pas à moi, 
li u ma ; c'esl à mon père, n do u loe. 

<lii esl le chef? lopud e sunàl il esl ici, n c ndarha\ il u'esl pas 
*î, u u ndarha. 

Comprends-lu? dis-le moi, mu lurhul ma ni fjh\\(t comprends, 
i /ur/iu; je ne comprends pas, m itur/m ou ;/i ielur/m. Les con- 
ais-lu? mu pe ^y/ ? je ne les connais pas, ni i pe gyl. 

Comprends-tu le nafàna? mu Nafûna lughût comprends-lu le 
youla? mu Sor/wro luffhu? je ne parle pas celle langue, ni 
fzyuru u lanige. 

Quel esl Ion nom? mu meghè ûgil mon nom esl Kourou, ni 

'/jhè Kuru ; commenl appelle-l-on cela? Ici meghè iigi? 

Que disenl-ils? minipe yul il disent qu'ils veulenl partir, pe yu 

/m sye : il m*a dit que, u ni yao...\ il dit que, u yaoou oyô o... 



CIIAPITHR VII 



Les langues mossi-gourounsi. 



La famille qui fait Tobjet du présent chapitre est sans doule la 
plus importante de (outes celles étudiées dans cet ouvrage, au 
point de vue du nombre de ses membres. Ceux-ci sont répandus 
dans presque toute la Boucle du Niger proprement dit : on les 
rencontre depuis le parallèle de Dienné au nord jusqu'à celui de 
Bondoukou au sud, et depuis la partie orientale du cours du Ni- 
ger jusqu'à sa partie occidentale puisqu'ils touchent presque au 
Niger près de Say et au Bani près de San. Leur véritable domaine 
est l'immense région de plateaux et de collines d'où partent les 
différents cours d'eau qui se réunissent pour former la basse Volia, 
ainsi que les affluents du Niger oriental. Ils semblent être les au- 
tochtones de cette région, dont ils ne sont guère sortis d^ailleurs, 
sauf pour essaimer un peu vers l'ouest et le sud-ouest^ dans la di- 
rection de la haute Comoé. 

Très nombreux, formant des groupes très denses séparés par 
des régions à peu près désertes, ils sont en général demeurés 
dans un état de civilisation fort primitif, vont pour la plupart en- 
tièrement nus ou presque, ont conservé l'usage de l'arc et des 
flèches, se mutilent fréquemment les lèvres et les oreilles pour y 
introduire des objets divers, sans parler des marques ethniques 
qui distinguent la plupart de leurs tribus. Mais d'autre part, ils 
sont le plus souvent des agriculteurs remarquables, possèdent de 
nombreux troupeaux de bœufs, sont cavaliers (au moins dans le 
nord), savent en général extraire le fer du minerai, sont robustes, 
flers et amoureux de l'indépendance. 

Quelques-unes de leurs tribus cependant, comme les Koulango, 
les Dagâri el les Gbanyaii, moins intelligentes et plus craintives, 
n*ont pas su résister aux conquérants de la Boucle et ont fourni 
des quantités d'esclaves, notamment dans la Côte d'Or anglaise. 



I,ANGUi:S Ol- l)IALi:CTi:S PAKLKS A LA CAïn: inVOlKI-: 219 

I>*autrcs tribus, comme les Afossi,se sonl depuis longtemps livrées 
à de Truclueuses expéditions guerrières aux dépens de leurs voi- 
sins, ainsi que nous l'apprend le Tan/ck c^-Sudan. Certains grou- 
pements ont accepté la suzeraineté plus ou moins eiïeclive d'é- 
trangers musulmans (Mandé ou llaoussa) ou païens (Abrou, 
Vî^santi); d'autres, surtout dans les centres commerciaux et sur les 
roules des caravanes (comme à Ouagbadouhou Diébougou, Oua, 
S^lagat elc.)i se sonl convertis en partie à Tlslam, s'habillent a la 
niusulmane, ont des mosquées et des écoles, et arrivent presque 
^ éclipser en civilisation les musulmans étrangers établis auprès 
d'eux. 

Mais le plus grand nombre, même dans le voisinage immédiat 
des grandes villes, sont restés fidèles à leurs coutumes et à leurs 
traditions religieuses et sociales. 

Au point de vue linguistique, celte famille se divise en un cer- 
tain nombre de groupes souvent fort différents les uns des autres, 
assez différents même pour que les idiomes parlés par ces divers 
groupes soient considérés comme des lungues distinctes, ayant 
-Chacune ses dialectes, mais ayant toutes ensemble pourtant des 
liens de parenté facilement reconnaissables. Chose digne de re- 
marque : certaines tribus qui, au point de vue linguistique, appar- 
tiennent à des groupes différents, ont des mœurs et des car<ictères 
ethnographiques presque identiques (par exemple les Lobi elles 
Birifo). 

Autant que me le permet Tétat actuel de nos connaissances, je 
propose de diviser en cinq groupes cette famille, à laquelle je 
donne le nom de « famille mossi-gourounsi » parce que ces deux 
vtiots sont les appellations vulgaires et répandues partout des deux 
tribus les plus connues delà famille, tribusqui d'ailleurs semblent 
ftlre la souche des deux groupes les plus importants. En ce qui 
concerne les dialectes dont je n'ai pu encore me procurer les vo- 
cabulaires, je ne donne la répartition suivante que sous toutes ré- 
^^''ves, prêt à la rectifier et à la compléter lorsque l'occasion s'en 
P'^ésentera. 

*'^* /^ groupe. — On pourrait l'appeler ^/-o///^^ uiossi im encore 
'f^^^f4pe gani (à cause de la salutation la plus généralement usitée). 
Comprend les tribus suivantes : 



•220 VOCAliULAIIŒS COMPAUATIKS DM LANGUES OU IIIALECTKS 

rLcs Gunna^ qui habilcnl entre les iMossi et le Niger orien- 
lal, el ont auprès d*cux quelques Koulbé pasleurs cl quelques 
llaoussa; 

2" Les Morho ou Moo ou Mossi {.Moshi ou Mushi sur les caries 
anglaises) habilenl les régions de Koupéla, de Béri el de Ouagha* 
dougou, enlre les Foulbé du Liptako el les Samo du Yalengaau 
nord, les Bobo-Niénigu6 \\ l'ouesi, les Gourounsi, les Mampoursi 
el les Boussangsi au sud, elles Gourma à Tesl. Ils seraienl veous 
du sud el auraient conquis leur pays sur des Houmbé (de famille 
sénoufo probablemenl). Ils sonlen général laloués. Us ont auprès 
d'eux desMandé-(au,desHaoussaeldes Foulbé; un certain nombre 
se sonl convertis à l'islamisme; 

3* Les Wffleicule ou Dagâri-Oulè (Dagàri Rouges) habilenl sur 
la rive droite de la VoHa Noire au nord du 1 1 ** parallèle, à Tesl et 
au sud des Pougouli eldes Bobo-Fing (région de Ba); ils onl aussi 
une petite colonie à chevalsur la Voila Noire, à peu prèsàhaulear 
de Gaoua (région de Gohoumparé ou Goumparé, Yftroou Kyaréel 
Kyessorhola). Leur dialecte est presque complèlement identique 
à celui des Dagâri propremenl dits; 

4* Les Dagâri propremenl dits (Dagarli sur les caries anglaises) 
occupent lou le la région située enlre le IT parallèle environ au 
nord, les Gourounsi au nord-est el à Tesl, les Gbanyan au sud el 
la Voila Noire à Touest (régions de Ouassa, Hamalu, Lorha, Oua, 
etc.). A l'ouest de la Voila Noire, ils occupent de plus deux bandes 
assez étroites allant, Tune de Guioumbalé au sud jusqu'à Simouan 
au nord (9*47' à 10* 30' environ), l'autre de Goziri (10* 46' environ) 
jusqu'au parallèle de Diébougou, où ils se continuent par les 
Woulékwoulé. Leurs voisins de l'ouest sont les Birifo, qui se sonl 
plus ou moins mélangés avec les Dagâri habitant à l'ouest de la 
Voila; les dialectes des deux tribus sonl d'ailleurs presque iden- 
tiques. A Oua cl aux environs sonl établis des Haoussa et quelques 
Foulbé; les Dagâri de Oua se sonl en grande partie convertis & 
l'islamisme. 

Les Dagâri se subdivisent en un certain nombre de sous-lribus 
dont les dialectes présentent parfois quelques légères différences : 
Ndrouman, Kpfilé, Oua, Gban-né, Zéghè, Kyérépouo ou Kyéréba, 
Dafyélé, Daouâri, Birifo-Dagâri (mélangés de Birifo), Lobi-Dagâri 
(mélangés de Lohi), Gbolé el Sorhola ou Dagâri-Ft(Dagftri noirs), 



l'AKLKS A LA COTK IVIVOIIU-: J2I 

cesclcriiiors (oucharilaux (.iourouiisiclélaiil cri partie islamisés. Les 
UasçAri ne soiil pas laloués en général; quelciues-uns cependaiil. 
surtout dans le nord, portent sur les tempes des lignes simples 
ou doubles, verticales ou obliques, formées de petites cicatrices 
pr^sjque imperceptibles; 

ri' Les Itirifo (appelés souvent à tort « Birifon ») habitent à Test 

des Dagâri, depuis les monts Ivpéréqui les sépareni des Koulango 

de fiouna (9* 27' environ), jusqu'aux environs du H* parallèle au 

nord, touchant à la Volta au sud de Guioumbalé et des deux côtés 

d^ Tembouchure du Bougouriba; leur pays renferme quelques 

enclaves habitées par des Lobi (nord-ouest de Dokita, région de 

iiuoua et des monts Dyoulou, route de Diébougou à Lorhosso). A 

Voucst, ils poussent des pointes entre ces enclaves lobi jusqu'aux 

^^rritoires des Komono, des Dorhossyè, des Gan et Lorho de la 

région de Lorhosso, des Dyan de Diébougou et des Pougouli du 

haut Bougouriba. Les Birifo ne sont pas tatoués et sont tous 

demeurés païens; 

6« Les Gbanyà ou Gbanye (appelés Nia ou Nla-fo ou Gwdn par 
les Assanti, Gwanya ou Gwanclja par les Maoussa, Bùbara par les 
Dyoula, Gouan, Gondja et Banjaue par les Européens) sont en gé- 
néral tatouésde trois raies verticales sur chaque joue; ilsoccupent 
les régions de Bôlé ou Boualé, de Daboya et de Salaga, entre la 
Volta Noire à l'ouest et au sud, le Dako à l'est, les Dagboma ou 
Dagomba et les Dagâri au nord; ils ont un village (Tantama) sur 
la rive droite de la Volta Noire dans la circonscription de Bouna 
(au nord-est de celte ville). Au milieu d'eux, dans les villes im- 
portantes, sont étabUs des llaoussa et des Mandé; dans les dis- 
tricts du sud on rencontre des Assanti., des Koranza et des Abron 
qui exercent parfois une sorte de suzeraineté sur le pays. Je les 
avait à tort apparentés à la famille agni-assanli : mon excuse est 
dans le fait que lesAssanti appellent du même nom de 7V/a/b(gens 
du Nia) les Gbanyan autochtones et les Assanli, Koranza et Abron 
qu'on rencontre en petit nombre parmi eux* ; 

7® Les Dagboma (Dagomba sur les cartes) habilenl entre les 



1. Ce sont les musulmans de la région de Salaga (|ue les Assanli appellent Kia- 
fufu (Ma Blancs), àcausepcul-<^lrc de la couleur liabiluelle de leurs vêlements. 



222 VOCAlUir.AIKKS f !( iMl'AlîATIKS DK LAMifKS Oi: DIALECTES 

Alampoiirsi cl les fibanyan, h l'csl de la Voila Blanche (régions de 
Karagu ou Kargacl de Yendi). 

C'esl prolmblcmcnl au même groupe qu'il convienl de rallachor 
les tribus suivantes : 

S" Les Samn ou Tombo ou Somno (ne pas confondre avec les 
Somouo, Mandé'lan de Iribu Hau-mana, qui fiabilcnl les bords 
du Niger en uval de Ségou babilenl le Valenga (région de Ouabi- 
gouyu) el la rive gauche de la haute Volta Noire depuis ses sources 
jusqu'à hauteur de Boromo environ. On rencontre parmi eux des 
Foulbé pasleurs; 

9"" Les Kipirsi ou Kipirga habitent à Touest des Mossi et au sud 
des Samo du Yatenga ; M. Binger les rattache aux Mossi ; ils ne 
sont sans doute qu'une sous-tribu des Samo; 

iO" Les Nomnna habitent à l'ouest el au nord-ouest du Gou- 
rounsi, entre Sali el Boromo, sur la rive orientale de la Voila 
Noire, au nord des Dagftri; peut-être se confondent-ils avec ces 
derniers^ peut-être aussi leur dialecte est-il difTérent. Le capitaine 
Chanoine en faisait une tribu gourounsi, mais il faisait de même 
des Dagdri qui, certainement, diffèrent sensiblement des Gou- 
rounsi proprement dits. Des familles de Foulbé pasleurs vivent à 
côté des Nonouma. 

B. i"" groupe ou groupe gourounsi^ du nom de la principale de 
ses tribus. Ce groupe est entouré d'une sorte de ceinture, sauf à 
Test, par le groupe précédent. 11 comprend les tribus suivantes : 

r Les Guresi ou Gourounsi habitent entre la Volta Blanche au 
sud-est et les Nonouma au nord- ouest (régions de Boura, Léo et 
Sati), au nord des Gbanyan et des Uagâri et au sud des Mossi; 
ils sont en général tatoués de trois cicatrices en éventail sur 
chaque joue. Quelques llaoussa habitent dans leur pays et ont 
fait parmi eux des conversions à l'Islam ; 

S"" Les Sitiy venus autrefois du Gourounsi dans la région située 
entre la Voila Noire et Bouna, n'ont plus actuellement que deux 
villages, tous deux situés sur la partie française de la route de 
Bôlé à Bouna : Vonkoro, sur la Voila, et Himbyé, plus à l'ouest. 
Ils racontent que leur migration se composait surtout d'hommes, 
qu'établis dans un pays à peu près inhabité, ils n'ont pu contracter 
d'unions, ont eu peu de descendants et ont vu leurs villages dis- 



parailrc les uns a|H'ès lus autres par exliiiclion. Ils ne sont pas 
laloués. Oulre leur langue, ils comprennent et parlent le koulan};o; 

o* Les Dcf/Z/it (app(»lés (li/amit parles Dyonla, Mo par les Abron, 
Itunt par les Koulango et les iXafàna, Diainmou on liioinnia par 
M. Ilinger), sont v(»nns, à une» épo(|ne fort lointaine, d'un pays 
situe (li; Tautre côlé de la Volta Noire et clans le nord, prohable- 
menl le (jourounsi, en môme temps sans doute que la Irilui dos 
Siti ; sous la poussf»e d'une invasion dagari, ils furent refoulés 
jusqu'au sud de Bolé, passèrent la Voila, et fondèrent dans le 
nord-est el Test de liondoukou quatre agglomérations donl trois 
subsistent encore. L'un des chefs de la migration, nommé Sâfou, 
fonda h Test de Bondoukou un groupe de cinq villages qu'il 
appela Cft/olnre village des Crt/o, du nom de la famille dégha à 
laquelle il appartenait, el qui est appelé Gyamii-dugu ou Cnjo-ma 
par les Dyoulei, Sa ftf-naru (les Bourou de Sâfou) ou Buru-m/fa 
(village des Bourou) par les Ivoulango, Stl/u-Mô ou Assafoumo 
(les Mo de Sâfou) par les Abron. Les autres colonies dégha sont 
Gyarhala ou Znghnln (au nord-esl de Tambi) el ^W/*^ (appelé 
Ituru ou liuro ou lin par les iNafâna et Môtija ou Molya-Mh par 
les Abron, entre Assafoumo et Onrigné-Soumbala). Quant à la 
quatrième colonie, elle se trouvait à Pcdago (appelé liurukpôko 
par les Nafàna el Mo par les Abron), entre Tambi et Sorhobango ; 
mais les Nafâna de Yakassé étant venus s'établir u Pédago à la 
suite de la destruction de leur village par les bandes de Sa'mori, 
les Dégha leur cédèrent la place el se replièrent sur Guiarhala. 

Les Dégha ne sont pas tatoués. Ils ont en partie, sauf à Assa- 
foumo, abandonné les cases à terrasses pour des cases à toiture 
de pailles. Ils ont auprès d'eux, à Assafoumo, quelques Noumouet 
quelques lluéla. (luire leur langue, beaucoup d'entre eux com- 
prennent le koulango*. 

Cest à la suite d'une double erreur que, sous le nom de Gijoma 
ou Diammou, je les avais, dans mon E$$m de manuel agniy appa- 



1. Les Dégha avaient autrefois une colonie sur la rive gauche de la Voila Noire, 
âhiamnia el Ta!>?alimo. où ils ôlai«inl m/'los an\ Nafàna ou Panlara el à des mu- 
sulmans llaoussa, cl on M. niiij;;cr les a rencontres. Mais, après la deslruilîon de 
ces villages par les bandes de Samori; ils se sont dispersés, les uns se réfugianl à 
Guiarhala, les aulres se laissant absorber par les Nafàna de Lôrha ou Boue el de 
HaDda. 



2i'i VOCABULAIUKS COMPAHATIKS DE LANGUES OU DIALECTES 

reniés linguisliquemcnl aux Panlara ou Nuf&na et aux peuples 
Agni-Assanli. 

11 coiiviendrail peut-être de rattacher au même groupe les tri- 
bus suivantes : 

4* Les liariba habitent le Borgou (région de Nikki), au sud des 
Gourma, à i*ouesl du pays de Boussa, au nord du Yorouba el du 
Uahomé, à Tes! du Kouandé; ils ont au milieu d'eux des Foulbéei 
des Haoussa. Les Adyakatye ou Tchabé du nord-ouest de Carnol- 
ville parleraient à peu près la même langue. 

5* Les Kauri occupent les massifs montagneux de TAtakora 
(région de Nagon-Kaouri ou Konkobiri); 

6° Les Màpursi ou Mampourga et les Kyàsi ou Kiamba ha- 
bitent la région de Gambagba, à l'est du Gourounsi et au nord du 
Dagomba. 11 convient peul-êlre de leur rattacher les populations 
dont Koelle a donné des vocabulaires sous les noms de Legba et de 
Tchelafta el qui semblent être celles du Boussangsi (régions de Sa- 
péliga, Djébiga et Pâma au nord et au nord-est du Mampoursi) et 
du Mangou (région de Sansanné-Mango et des peuplades appelées 
Kafiri par les musulmans); 

7* Les RyCdo ou Akyulo habitent près de la ville de Léo et sont 
enclavés dans les Gouressi. 

C. 3"* groupe ou groupe lobi, du nom de sa tribu la plus connue. 
Il est situé à Touest du premier groupe et comprend les tribus 
suivantes : 

1® Les Lobi occupent la région montagneuse de Dyoulou et de 
Ganhoura ou Gaoua, enclavés au milieu des Birifo; ils ont aussi 
des colonies au sud-est de Lorhosso et entre cette ville el Diébou- 
gou. Ils ne sont pas tatoués. C*est à tort que Ton confond vulgai- 
rement sous le nom de Lobi les diverses populations nues que l'on 
rencontre au nord de Bouna : les Lobi n'en forment que la petite 
minorité el la langue lobi n'est pas comprise des autres tribus. 

2° Les Puguli ou Bougouri habitent au N. N. 0. de Diébougou 
sur les deux rives du Bougouriba (Rivière des Bougouri ou Pou- 
gouli) et au nord-ouest des Dagâri-Gbolé et des Wouléwoulé. Ils 
semblent former une population intermédiaire entre les Lobi et 
les Dyan. 

3^ Les Dyan ou Dyiin ou Dyà ou encore Dydnu (Dian-nédela 



TARLKS A LA COTK DIVOIRK iJâ 

carie Uinger) occupent la région de biébougou (Diéljougou,Mol6, 
Dolo); un certain nombre d'enlre eux se sont convertis à l'isla- 
inisme sous l'influence des Dyoula inslallés à Diébougou avec des 
fla^oussa. 

4" Les Gfi (Gan-n6 du nord sur les cartes) occupent la région et 
la. \ille de Lorhosso. Près d'eux, au sud-est, habitent les Lorlio, 
su r lesquels on n'a que de vagues renseignements et qui font sans 
doute partie de la famille koulango du même nom (voir plus loin). 
L* influence de la langue sénoufo sur le dialecte gan est assez sen- 
sîble. [i\e pas confondre les Gà de Lorhosso (peuple mossi-gou- 
rownsi) avec les Gà d'Accra (peuple agni-assanli), ni avec les Ngà 
dc^ l'Anno et du Dyammala (peuple mandé-fou), ni enfin avec les 
Sônoufo-Nafàna appelés Gà par les Koulango]. 

Peut-être faudra-l-il rattacher au même groupe : 

5" Les Myoru ou Nyoru de la région de Kong ; 

0* Les Kyefo^ qui habitent au sud des Sya ou Bobo-Uioula; 

V Les Dorhosyè^ qui habitent entre les Mbouin de Léra et les 
Caan de Lorhosso et sur la route de Lorhosso à Bobo-Dioulasso; 

8* les KaraborOj qui habitent sur la rive gauche de la haute 
Comoé entre les Mbouin et les Komono (région de Lorhognilé). 

J'espère pouvoir étudier prochainement les dialectes de ces tri- 
I> us et leur attribuer défmitivement la place qui leur convient. 

D. 4"" groupe ou groupe bobo^ du surnom donné à plusieurs de 
ses tribus par les Mandé, qui les appellent Bobo, c'est-à-dire 
<«^ bègues », par dérision pour la langue qu'ils parlent et que les 
Mandé comparent, à tort d'ailleurs, à un simple bégaiement. Les 
D^embres de ce groupe se donnent parfois à eux-mêmes le nom 
générique de Bwa. Ils sont en général tatoués. Ce groupe, le plus 
occidental de la famille mossi-gourounsi, comprend les tribus 
^wivantes : 

1* Les Nyenige ou Bobo-iNiéniégué, autochtones du Dafina, 
^^biient la rive droite de la haute Yolta Noire depuis la latitude 
^^ Dienné environ jusqu'à Boromo et Ouahabou, à l'ouest des 
Samo, au nord des Wouléwoulé et des Pougouli, à Test des Boua 
^^ Bobo-Fing, des Tara ou Bobo-Oulé et des Marka ou Soninké 
^^ ^larkadougou. Ils ont au milieu d'eux des Foulbé pasteurs, des 
"yotila et des Marka; 

«5 



226 VOCABUr.ArRDS COMPARATIFS DR r.ANGUES OU DIALECTES 

2" Les y? /^'rt proprement dils [Dobo-Fl ou Bol)0 Noirs des Dyoula) 
habilent au sud-ouest du Dafina, entre lesNyenigué el Bobo-Diou- 

lasso ; 

3* Les Tara [lioho Ule ou Bobo Rouges des Dyoula) habîlenlà 
l'ouesldcs Nyénigué, depuis le sud du Markadougou au nord jus- 
qu'aux Sya ou Bobo-Dyoula el aux Sénoufo-Tagba ou Tagoua au 
sud; 

4* Les Ki/à {liobO'Gbè ou Bobo Blancs des Dyoula) habitent à 
Touesl le pays des Tara, depuis San au nord jusqu'aux Tagbaau 
sud^ pénétrant à Touest le pays des Sénoufo-Bamftna. 

Ë. 5"^ groupe ou groupe koulango, du nom de la seule de ses 
tribus qui nous soit connue actuellement. 

Les Kulàgo appellent leur pays Kôlà ou Kulà ou KuUl-âhgo^ 
leur tribu Kulà-hgo^ Kulà-mbio Ou Kolà-mbio (enfants du Koulan) 
et leur langue kulà-gho, kulà-go ou fikulà-ngo; les Dyoula les 
appellent Kparhala ou Kpaghala (Pakhalla sur les cartes), les 
Assanti Nkora-mfOy les Abron Ngorà-fo ou Ngurà-^mvo ou Kulà- 
mvo. Ils se disent originaires du Mampoursi el seraient venus, il 
y a six ou sept siècles, par le Dagboma ou Dagomba el le 
Gbanyan ou Gondja, dans la région de Bouna; de là ils ont es» 
saimé vers Lorhosso, puis vers Kong, puis vers Groumftnia el 
Bondoukou. 

C'est une de leurs familles, celle des Lorho^ qui vint la première 
s'installer dans la région de Bondoukou, alors peuplée de Gbin ei 
de Nafftna. Cette famille habitait auparavant la région de Lorhosso, 
qui a conservé son nom (Lorho-so^ village des Lorho). A la suite 
d'une invasion des Gan et de difficultés avec les Lobi, les Lorho 
se replièrent sur Bouna, laissant probablement près de Lorhosso 
quelques membres de leur famille qui ne seraient autres que les 
Lorho que Ton rencontre aujourd'hui aux environs de Lorhopéni 
(près et au sud-est de Lorhosso), où ils habitent des cases en terre 
bâties sur des assises de pierre. De Bouna, les Lorho descendirent 
avec d'autres familles koulango dans le Nasian, le Barabo, et jus- 
qu'aux confîns de la forêt. Un chasseur lorho établit un campe- 
ment de chasse à l'endroit où se trouve actuellement la salle à 
manger du poste de Bondoukou : la région était déserte et le gi- 
bier y pullulait. Des Gbin et des Nafàna du voisinage, ayant appris 



i'AUij:s A i.A corr. nivoiiii: u-27 

is succès cynégéliqiics du chasseur lorho, viurciil lui ilcmander 
e les laisser s'élablir auprès de lui ; il leur désigna un emplacc- 
lenl siUié dans Tesl, où se Irouve aujourd'hui le quartier haoussa, 
n leur disanl dans sa langue, c'est-à-dire en koulango : « liia 
untuffo ! M (allez en arrière !) Les Ghin cl les Nafàna, ignorant le 
oulango, crurent que le mol^i/>2/^/^o élail lenoni de cet endroil: 
s y balirenl des huttes de chasse dont le nombre s'accrut peu à 
eu, jusqu'à faire un village auquel on conserva ce nom de G///î- 
'/^o, qui, déformé dans la bouche des tribus diverses qui le pro- 
onçaient sans le comprendre, devint G^z/îz/yo, Guiugti ou GoiOf/o. 
ette dernière prononciah'on est la plus répandue, mais on en- 
ind aussi, surtout chez les Agni-Assanti, les prononciations Gbo- 
)gOy liolugu, niUukUy Tiuntulai et enfin Donduku, que nous 
vons îidoplée \ 

Les descendants de ce chasseur lorho, qui fut ainsi le premier 
mdaleur de Bondoukou, habitent encore aujourd'hui dans le 
uartier où se Irouve le posle. Ces! longtemps après qu'eut lieu 
arrivée des Dyoula venus de Bégho, suivie elle-même de la con- 
tiête du pays par les Abron (voir les chapitres III et V). Enire 
^mps, les Koulango s'étaient répandus dans l'ouest de Bondou- 
3u, absorbant peu à peu les Gbin. Plus lard, ils suivirent des 
milles Abron et Bonna dans la forêt, où on les rencontre jusque 
ut près d'Assikasso (Deimba, Toundoumou, Kouakou-Gbrira- 
*ou sont leurs villages les plus méridionaux). 

Actuellement, on trouve les Koulango répandus dans la majeure 
irtie de la région comprise enIre la Voila Noire continuée par la 
Dniière franco-anglaise à l'est et la Gomoé à l'ouest, le parallèle 

2"/ au nord elle parallèle 7* 12' environ au sud. Ils se retrouvent 
âme à l'ouest de la Comoé, sur la route de Bouna à Kong, jus- 
t'en cette dernière ville, où ils sont connus sous les noms de 
^mbai ou Nahe et de Zazere. Dans le pays de Bouna (ou mieux 
^ôna) et dans le Nasian, ils forment la presque totalité de la popu- 
ion et sont restés indépendants. Dans le Barabo, le Siangui et 
^bron proprement dit, ils forment la majorité de la population, 
Us sont vassaux des Abron. A Bondoukou et h Test et au nord- 



^' A remarquer qu'en gbanyan on dit butugu poursigniflcr '< à droilc '*. 



228 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

est de celle ville, ils sonl peu nombreux, les Mandé dans les villes 
el les Nafâna dans les villages formani la majorilé de la population. 
Leur langue esl la plus répandue de toutes celles qui se parlent 
dans la région de Bondoukou el est comprise de la grande majo- 
rilé des Gbin, des Dégba, des Naf&na, des Noumou,de8 Huéla, des 
Dyoula el des Abron; ces derniers môme la parlent parfois enlre 
eux de préférence à leur propre langue. Par contre, les Kouiaogo 
parlant l'abron ou le dyoula sont assez rares. 

Les Koulango sont demeurés païens même dans les villes où, 
comme à Bouna, ils ont parmi eux des musulmans assez nombreux 
(Dyoula et Haoussa). Ils ne sont pas tatoués en général; quelques- 
uns pourtant ont trois ou quatre petites incisions parallèles près 
des commissures des lèvres. D*aulres ont des points eu relief sur 
diverses parties de la face et du corps, comme les Agni-Assanti. 
Ce sont, je crois, les seuls membres de la famille mossi-gouroansi, 
avec les Dégha de Guiarhala et Ouriké et les Siti, qui aient aban- 
donné les vastes chftleaux-forls en terre à terrasses, dits saiata^ 
pour adopter les cases à toit de paille ; ils ont dans le nord des 
huttes à toit conique et dans le sud des cases rectangulaires avec 
toit à double pente, analogues à celles des Abron, et qu'ont adop- 
tées aussi les Naf&na. 

La langue koulango est une ; cependant il existe quelques dif- 
férences dialectales suivant les régions : les quatre dialectes prin- 
cipaux sont ceux de Kong, de Bouna, du Nasian et de Bondoukou, 
ce dernier parlé dans TAbron, le Binié, le Siangui, le Barabo el 
dans la direction de Bouna jusqu'à Bandoli, où se voient les àet- 
nières cases rectangulaires. 

Le dialecte mossi a été étudié par le lieutenant Bluzet {Bulletin 
du Comité de rA/riqiie Française) e t iM. Félix Dubois a publié dans U 
môme Bulletin des vocabulaires mossi et gourma. Rien^ je crois, n'8 
été publié encore sur les autres langues ou dialectes de la famille 
mossi-gourounsî, en dehors de quelques vocabulaires de Koelle, 
sujets à caution el difficile à identifier, et de quelques mots 
donnés par Bowdich, Clarke, Christaller et von François. C'esl 
pourquoi j'ai cru utile de publier ici de courts vocabulaires de 
quatorze langues ou dialectes de celte famille : dagâri^ biri/o 
!/banyii ol daf/homa (groupe mossi ou yani), gttresi^ siti et degAi 



PARLÉS A LA COTE IVrVOIHE 221» 

(groupe gourounsi), loin, dyà et fia (groupe lobi), lava et kyà 
(groupe bobo),/i7///7^o de Bouna et /ciildgo de IJondoukou (groupe 
kouiango), plus quelques mots puguli qui m*onl été fournis en 
1902 à Gaoua (cercle du Lobi) par M. le lieutenant Schwarlz. 

Les vocabulaires dagân, biri/o, gbant/à^ siii, deg/idy lobi el 
kulàgo onl été recueillis en 1902-1903 dans les pays mêmes où se 
parlent ces langues, auprès d'indigènes nombreux appartenant à 
différents villages ; ils présentent donc des garanties sur lesquelles 
je n'insiste pas. Le dialecte gbanyan étudié est celui de la région 
de Bôlé. 

Le vocabulaire dagboma a été recueilli en 1903 à Bondoukou 
auprès de quatre Dagboma de Zan-mvorougo (Savélougou de la 
carte Binger, au sud-ouest de Karaga ou Ivarga), qui avaient quitté 
leur pays depuis vingt ans pour vivre au milieu de llaoussa; leurs 
informations ne sont donc pas absolument sûres, bien qu*.elles 
niaient cependant paru dignes de foi, étant donné que ces gens 
parlent encore entre eux, dans leur famille, leur langue ma- 
ternelle. 

Le vocabulaire ^t/rm a été recueilli en 1902 à Oua auprès d'un 
Gouressi voyageant depuis plusieurs années en pays koulango et 
l>iriro, mais très intelligent el spécialement doué pour Télude des 
langues puisqu'il en parle six en outre de sa langue maternelle, et 
revu avec trois Gouressi amenés à Oua, vers 1897 par les bandes 
do Babato. 

Le vocabulaire ^yâ a été recueilli en 1902 à Gaoua (Lobi) auprès 
d'unDyan très intelligent, informateur sur et réfléchi. 

Le vocabulaire gà a été recueilli en 1902 à Gaoua auprès d'un 
L^bi ayant séjourné longtemps à Lorhosso : je fais mes réserves 
surTexactitudede plusieurs expressions et sur la prononciation. 

Les vocabulaires tara et kyà ont été recueillis en 1900 àBouaké 
(haut Baoulé) auprès d'un Tara et d'un Kyan de la région de San 
qui avaient quitté récemment leur pays pour s'engager dans une 
compagnie de gardes-frontières, mais qui, malheureusement, 
^l^ientpeu intelligents etcomprenaient assez mal ledyoula, langue 
ÇïJÎ rne servait pour converser avec eux. 



HIO VOCAUULAIUES COMl*AUATIK.S DE LANGUES OU UIAI.ECIES 



1. — LA KUnÉBATIOlV 



Dâ^dri Bîrifo Gbanyao Dapltoma Goaressi 



Siti 



IKgbi 



1 yeni 


yeni 


!/« 


r' 


nido 


hilikpô 


kpe 


2 ayi 


akyi 


hyi 


ayi 


baie 


ârè 


ni 


3 aia 


nia 


tita 


aia 


biiloro 


skyôi'O 


lolo 


4 amli'e 


antlri 


annû 


annke 


bnnd 


nûto 


ntlre 


5 ami 


anu 


anu 


anu 


banu 


nûê 


nûme 


6 ayôûe 


ayobi 


aliôbe 


nyôbu 


bazidù 


nûê^mbele 


mbele 


7 ayôpwe 


autiptce 


ayupui 


apwè 


baiepè 


nyi-dré 


nnT 


8 anî 


ani 


annl 


ani 


neùé 


nyê^shyôro 


nloio 


9 aivae 


awèy 


aicn 


ftivéi 


nivi 


nûë^ndso 


nndre 


10 pie 


piê 


pie 


piya 


n 


mânkyé 


fi 



Lobi 



Djmn 



Gan 



Ttn Kjan KouL-oord Xoal.*Sttd 



1 byéli 


byel 


okpo 


do 


do 


taa 




taa 


2 vueiïyô 


yenyô 


eAyd 


ilyù 


ûyô 


bila 




bila 


3 vûenlire 


yeteiïi 


aia 


li 


li 


td 




tdd 


4 vùend 


yend 


eiiyè 


nd 


nd 


nd 




nd 


5 yemhaii 


dyima 


mwT 


onô 


onu 


là 




io 


6 mtlrido 


molodû 


mwi'fikpi 


» ode 


ozi 


torofifi^ toro'ta 


7 mokoûyô 


moloûyô 


manyô 


oûyô 


ofiyô 


— 


-ûyô torofiri-ûyÔ 


8 mokonléri 


mololeûi 


mansd 


oli 


oie 


— 


'td 


— ^ 


9 tluôrôbirtt 


)(fru nenkpotyibr 


t manuè 


déni 


endwe 


^_ 


-nd 


— -nd' 



10 ùyôrôpi 



netlkpo kpogho pirule ebwe fittnnii nùnu* 



Notes. — 1 . On a aussi en dagboma la forme larhafo^ qui signi- 
fie « un seul ». — 2. A remarquer que les formes fiyO^ sà^ nâ^ nu 
qui se retrouvent pour exprimer les nombres 2,3, 4, 5 dans la plu- 
part des langues mossi-gourounsi se rencontrent dans toutes les 
langues agni-assanli. — 3. Les Koulango (nord et sud) comptent 
comme suit de iO à 100 : 20 ipilo^ 30 ipilo sinunnu, 40 ipio-hyô^ 
50 ipiO'hyôsi ntmnu^ 60 ipio-so^ 80 ipio-wl, 100 igo-Âyeme. 



rAKI.KS A LA COTK hlVOIUK 



T.i\ 



II. — isEH rvomsi 

1<* La nature : 

D«igÂri Uirifo (tbanyan Da;^l»oiii« Gourcflfti Sili 



Déglia 



eau 


ko-n 


/•O-ô 


kO'ô 


kO'Om 


ie 


nyn 


ne 


rivière • 


kola 


kola 


kola 


kulu 


fun 


kola 


kpolo 


(louve* 


tntlne 


mâne 


aderc 


m tire 


mnrke 


mughe 


adert» 


feu 


vujnigu 


bugliu 


hugu 


burliu 


mini 


nini 


ni ni 


terre, pays* 


letle 


tciïge 


leàge 


lugbam 


linkge 


hèle 


liare 


village* 


IciIk 


tengt: 


timge 


tiiia 


leûga 


dne 


bwr 


— 


yi-ri 


gi'Vi 


i/i-rc 


ui-ra 


boy 


dehî 


bwe 


maison* 


dyo, dije 


dyo 


di 


do 


ou'' 


dnno 


dya^tla* 


chemin* 


sn-re 


sn-ri 


so-re 


so-re 


• • • • 




trînT 


champ ' 


pwo 


itno 


mwo 


/"■' 


tabi 


taho 


wo^ koo 


montagne* 


lafia 


lafign 


tàûga 


• • • • 


• • • • 




bwe 


pierre 


kûti 


kurc 


kuùin 


kurulc 


daboy 


l bwe 


bwe 


arbre 


gomô 


dû 


dâ 


dn 


dao 


dâhd 


da 


bois à brûler da 


dâri 


dâro 


dnrt 


da 


dTi 


doi^e 


herbe* 


tnwô 


mô 


a ■ • • 


• • • • 


■ • • • 


ngahô 


hdre 


or 


• • • ■ 


• • • • 


sa Uni 


• • • • 


• • • • 




suga 


argent 


• • • • 


• • • • 


biti 


• • • • 


• * • • 




gbwt'vè 


fer 


• • • • 


• • • • 


kutu 


kurugo 


kuru 




gbnni 


soleil 


mutin 


• • • • 


• • ■ • 


• • • • 


. • . . 






lune 


kgu 


• • • • 


• • • • 


• 
• • • 


• • • • 







Lolii 



Dyau Can 



Tara Kyau Koul.-nord Koul.-sud 



eau 


ûyôni 


ûumu 


ilyo 


flyomô 


fiyà 


yo-ko 


yo'kô 


rivière* 


poni 


bolo 


dnghn 


vtihô 


Vl'l 


kolo-gho 


kolu^gho 


neuve" 


mhv 


pormu 


• • • • 


• • • 


• • • « 


burU'ûgo 


buiM-Ugo 


feu 


dô 


dyî 


Htign 


• • • • 


• • • • 


da-rhn 


dfi'i'ha 


•-efi-e, pays* 


lin à 


gyarô 


• • • • 


tini 


ht 


sfî^kn 


sii'ko 


•^•llaige* 


di 


yyo 


stri 


lO't'llO 


do-t'ho 


thlgo 


dilgo 





9U^ 


dini 


• • • • 


U, 


dn 


badngo 


bdgOy ba 


'^a.tson • 


kyoro 


go 10 


toglio 


:i 


zô 


yo-gkô 


yo'-'ê'/éô 


^h«tnin* 


w6 


vye 


• • • • 


• • • • 


• ■ • • 


btrd'ûgo 


bô'ilyht) 


^^ti^mp 


leo 


• • • • 


• • • • 


• • * • 


• • • • 


kloi^nyo 


khfl-iii 


*^oiiiagne« 


y^^o^'* 


sorigo 


• • • • 


nhOi'O 


o/to 


bo'ki) 


bO'kn 


pierre 


bukari 


dukpéi 


' • • • • 


koe 


bibyo 


nt'kô 


lé-kn 


arbre 


firi 


syô 


Inkugho 


vi*i 


iuhre 


dè^kù 


di'kn 



232 VOCABUI.AIRËS COMPAHATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 



Lobi 



Dyaa 



Gao 



Tara Kyaii Koal.-nord Koul.-tod 



bois (\ brûler dyc 

lioni 

dyé 
leri 



• • • • 



herbe • 

or 

argon l' 

fer 

soieil" 

lune** 



dafjô nakpési 
li'/iô tvôgo fiini 
mara .... stlnxt 



titn 



pûrt 



o/tu 
puru 



halo 



.... 



• • • • 



• • • • 
Hije 
sdnu 

• . . • 
hânu 



dè'kô 

isi'ko 

iowa 

wari 

ddgye 



• . • 



• • • • • • 



dè'kô 

misi'ko 

soha 

ioha 

dTyo 

àeriku 

fefkyô 



Noies. — 1 . On trouve aussi pour « rivière » les expressions 
Aulu et ba (dag&ri), /*:oli, ktUti^ ha et poli (birifo), Tpono et bu (lobi), 
gf/ol(dywn) : ces expressions ne sont usitées qu*ea composition, 
kulu et koli s'employanl suivis d un adjectif, ba et bû s*employant 
après un nom de village, de pays, d'accident de terrain, etc., 
comme Aola. — 2. Les mêmes mots, qui servent à désigner toat 
cours d'eau important, sont employés pour désigner la Volta, le 
Bougouriba, la Comoé, etc. — 3. On trouve aussi en dagàri et en 
birifo les prononciations (eghe^ teûghe et tifte : en koulango tSrkà 
désigne plutôt la matière e^iàfigo un pays. — 4. Les mots donnés 
en première ligne sont employés pour désigner Tensemble d'un 
village ou en composition après un nom d'accident géognqphique, 
d'arbre, etc. ; les mots donnés en seconde ligne s'emploient en 
composition après un nom d'homme et désignent l'habitation de 
cet homme et de sa famille plutôt que le village entier; on les em- 
ploie aussi pour désigner la sokala ou l'ensemble des constructions 
où habite une même famille. — 5. Voir la remarque précédente; 
en lobi, on entend aussi prononcer kyore. — 6. Un « carrefour » 
se à\l so'kyerè en dag&ri et gbùholah, en Icoulango-sud. — 7. Un 
(c village de cultures » se dit ;;o-ytr^ en gbanyan et dnmûni en dé 
gha; on trouve aussi pour a plantations » les expressions /M^jpo et 
pwo en birifo, po en gbanyan et kwo ou ko en dégha. — 8. En da- 
g&ri, birifo et gbanyan le mot tafia^ tahga ou tàfiga devient en gé- 
rai ta en composition : Kpere-tà « les monts Kpéré » ; en dyan, 
sorigq devient ^^rt/ dans le même cas. — 9. Les mots donnés pour 
(( herbe » servent aussi à désigner la savane ; « forêt » se dit karO 
en birifo, lu en lobi, basi en tara et banu en kyan; un terrain sa- 
blonneux se dit tera en dégha. — 10. Les Lobi et les Koulango 
n*onl pas de mot spécial pour désignerl'argent; ils disent dyè-^ndà 



PAIUJ-S A LA COTE D'IVOIRE 



233 



, soha-vwlgo (koulango), ce qui signifie «< or blanc », ou bien 
loicnl le mol mandé frari. — 11. Les Lobi appellent le « ciel» 
aij/Hf la « pluie » tnmba, le « jour » w/n, la « nui( « duiiinâ ; 
oulango appellent le «jour » berè et la « nuit » dire. — 12. 
3nt quelques mots « pougouli » ; eau fn/èma^ riy'ihvc poli^ fleuve 
l^ village dâzî/a^ maison brî^ montagne pala^ soleil ure^ lune 



* Le moliîlier, les instruments, etc. 



DagAri 



Birifo Ghanyan Dagboma Dégha 



kiiûgija 

kuri 
lu nela 

ia*mo 

pi 
poisson loùi 

dorlio 

isse manx 



kweûgtjene wngya 

kwi 
nela 
ta 

lobi 

dogliô 

gbannc 



kuri 
nela 
la-mô 

loin 

dorho 

mbane 



sua 
ta 



dur/to 
gbdne 



yalo 

pale 

borofyi 

ta 



VI 

lu 



Lobi 



Dyaa 



Gaa 



Koul.-Dord Koul.-ftud 



lU 



sse 
e 



kinkyeni 

swo 

ta 

siy syi 

bûia 

nyàkpôni 



y allé 



bâburhu 


.... 


gàntarha 


gyalarlia 


bûuu 


porno 


jhyo-ghô 


Idmba 


kpêru 


kperi 


uzzu'kô 


berefyâ 


ngbdi 


sosige 


sakpa-kd 


sôkpa-hô 




• • . • 


sawô 


iawô 


gbonu 


. • • • 


dembye 


dèmigyu 




. • • . 


jhyeghi 


heyu 




• . . . 




kyeligyu 


kpclô 


• • • • 

• • • a 








• • • • 




gbokubo 




• . • • 


bwà 


bô'ThOf bo'gho 


gbfîn 


• 


fui 


lui 


gbilmunumu 


• • . . 


lûi'tige 


tûi'sigyu 



fe. — En dagboma « assiette » se dit Id ; en dégha « vèle- 
» se dit iviliuy « natle d Xrefei « chaise » kala^ « porte » da^ 



2'M VOCABULAIUËS COMPAKATIPS DE LANGUES OV DIALECTES 

manwà ; en lobi « carquois » se dit tù; on dyan « vètemeDt » se dit 
lôna^ a coupe-coupe » kphrïlojo ; en tara « tissu » se dit bâforo^ 
c( nalte » icesù^ «jarre npè/iô, « calebasse » ^/, « chaise » arAôni; 
en kyan « tissu » se dit bâsoro^ « ualte » wesèj a jarre » ^ont/, 
« calebasse » yiyo ou ^?co, u chaise i» oAônti ; en koulango-nord 
« coupe-coupe » se dit garaniyh^ « perles » byu^ a savon » toinna ; 
en koulango-sud « coupe-coupe » se dit kàga^bese^ « perles » (&'- 
n^o, « savon » samna^ « pipe » terhèmyo. 

3* L'haoïanilé, la famille. 

Dagàri Birifo Gbonyao Dagboma Goiiresti SîU Dégha 



ôtre humain' 


' nt-re 


mjè 


ni' ri 


ni-ri 


nuhobinlnO'lo 


ne 


homme 


dawa 


dâba 


dâba 


dô 


bara 


bû'to 


bo^nô 


femme 


porho 


porho 


porho 


parha 


halà 


kSnô 


hânô 


enfant 


be-bile 


bi-bile 


bi-bile 


• • • • 






bi^kald 


père 


sa 


sa 


sa 


ba 


ko 




yà 


mère 


ma 


ma 


ma 


ma 


ma 




nd 


fils, fille 


bi, bye 


bi^ bye 


bi,be 


bia 


ambye 


bi 


bye,bi 


chef 


dâna 


dâna 




• • • • 


nâba 






esclave 




ûijorhô 


àyorhô 


• • • • 


ûyômô 







Lobi Dyaa Gao Tara Rjao Koiil.-nord Koul.-sud 

être humain tibeli imbi nepe mvé ne fiyô fiyô'kô 

homme kôni wo ko ba-no ba-nu jkyénô kénô 

femme kyere karo ara hâno dnu yerhê yeré 

enfant bi-sani dagbèbo hugu huku 

père gya gya md myd dida da 

mère na ni nd nd nd nd 

fils, fille bi bi bi bi-ya bi^o bi-o bi 

chef puntarl'ko bè bè panatyé ûe$i 

esclave' zarha zarka 



Noies. — 1. On trouve aussi pour « homme, ôtre humain » en 
birifo ni'Sala^ en gbanyan ni-sâlo, en dégha nè-lo et ne^e. — 2. 
« Frère » se dit kyinu en dyan, biiyo en koulango-nord et tMo en 
koulango-sud. — En « pougouli » on a : femme^ Aa/o ovihado\ 
enfant, be-sala. 



PAULKS A LA COTK U'IVOIKE 



2:1:. 



* ijes parties <lu corps. 

Dagàri Itirifo (ibauyaii Da^^lioiiia Goure^itfi 



Sili 



ux 



le 



ne 
5 



zu 

zu koha 
ni ni* 
niiV>za 

nyi 

tobri 
nwdni 
ûina 
zelene 
g ho ri 



pivo 
pôri 
nu 



roîle 
luche 



ZH'ihu zu zo^rlio 

zU'koha zU'kobn zo-hre 

ni g lie ni âge ni ni 

nigke-za ninge-za 



tobri 
71 w (Ire 
nine 
zelene 
gbori 



niji 

tobri 

nwdre 

ûina 

zelene 



pwo 
puri 
nu'vhu 



nùbo nàba 



pwo 

puri 

nU'Si 

butugu 

gwâ 

nâba 

ganne 



niji: 

toble 

ndgbani 

tlini 

zelene 

gbori 



puri 

ilijâga 

nu-hu 

nu'dv*ugu 

nu'Zâ 

napô 



ZU 



sina 



nyu 

towi 

nohd 

nina 

gingele 

bon go 

bigya 

loga 

nô'ûge 



nane 
iïgine 



fign-hô 
ngù'puno 



stui 



ni ht 
nyelc 

bouge 
gbeili 

alabahoto 

nô-iii 

nô'ûgdde 

nô-ndibu 

mile 



Lobi 

gû'tini 

yiri 

ynink'tre 

nu 

nùô 

nfiomd 

debnneri 

fnro 

kùkô 

bine 

peiùi 



Dyaa 

nyo-rlio 

TiyO'fyrn 

n ibère 

liâre 

âbre 

nobè 

ûyindae 



Gau 



Tara 



Kyaa Koul.-nord Koul.-tud 



tflgha ûyô'hô ûimo-ho hu-o ngu 
hu'funughn hu-figûiô 



ibye giya 
daghana molinsi 
ndnne nihdsd 



yeghè 



dghû 



iïia 

nimiya 

lelébihire 

fuele 



gytra 
moliï 
nuvddo 
ûyûmu 

nid 
tclêbihire 

fne 



pyeye 

sdna 

leiigo 

nô^rho 

karam 



p^gyu 

sdfVl 

ttîigu 

nô-gho 

karhdgbè 



liumbyele doghè porlio 
bwd kprna mani 



delcUgbo delefigbo 
k u lagy e le m tgy u 
gô go-rhô 



stya 
manô 



kû 



tin 



pyero 
kiru 



pu ha 
Jarho 
da-biya 
piro 



k,ji 

dua 

dua*bio 

bido 



zeka 

gfcotngo 

koko 

gbngyé 

dorhn 

sira-kô 



zeka 

guntugo 

huflko 

gbnyô 

dorho-gà 

sira-kô 



2.16 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 



Lobi 



Dyaa 



Gaa 



Tara Kyan KouL-oord &ouL-tud. 



main nyô nid dekt nu-ghd nu-ghu 

— droite ûyô-ùivo ni-hot/ nû-dyoghô nû-dtjogk 



pied 


nd 


doigt 




nuque 




épaule 




sein 




peau 


lo 


sang 


iômene 


ongle 





nekere 



— gauche nyô-molo nimyanu nùeko 

déghe na-rha 

dytge 

lefigbo 

fèwo 

ûyo-rho 



nu'gokô 

na-pilnjo 

dyige 

lefigbo 

nu-gô 

AyÔ-gko 



dyi'SâM iyisd 



5* Animaux, plantes, aliments. 

Dagàri BiriISo Gbaoyan Dagboma Goorttal 



animal 

m&le 

femelle 

petit 

cheval 

bœuf 

mouton 

chèvre 

chien 

hyène 

singe 

éléphant 

oiseau 

poulet 

œuf 

pintade 

poisson 

serpent 

mil (sargke) 

maïs 

igname 

arachides 

manioc 

riz 



nêni 



nenni 



bye bi 

ufiri ... 
na-^, nd ni 
père père 
bwa bwa 



ninnô nûmdi Utm 

bara 

ne 

bi bia bi 

wegô . . . , 

n&fô na-hô na-Ô 

pesorho pyorhô ... 

bwâ bâ buà 



SiU 



Défha 



bore 

ne 

bi 



bore 

ne 

bi 



• • . 



• a . * 



nd^hd norôf nâ 
awalako peru 
bolà bSnô 
pwetè 



• . • • 



bumbori bumburi 
tnâhô koko 
wd 



gbala 

* jw*îf« , 

nwd nûd nwd nû gbâla xakâle dgaU 

nwùrgyalenùa-gyale nwà-gyela nûgala gbâleala xahS-ale dya^^ 

pini pini 

kiU 

wàfu wôfu 

ki ki bângya kyi .... yira • • • . 

kamani kamani sorhore gbusiêgù 

ûyûri fiyûri fiyûri fiyûri .... pi pe 

iimbye simbye sûmbe sumd gàiyè 

bende gbtMi 

malo 



PARLHS A LA COTE IVIVOIRE 
Itejjâri Birifo Gbauxao Da^çbouia Goaresci Sili lléglia 

S kyeku 

y'iran . . . . 

ipH S/7-0 Sfî'O siî tftm kôri .... kwt' 

zyeri zyeri nahô dori 

ïmil dn dd 

yârô ytlrô yârô .... yeta 

nûni nenni ninnô nimdi lam .... nâma 



2:n 



Lobi 



Dyau 



Gau 



Tara 



Kyan 



Koul.-Dord Kobl.-fliiJ 





nnni 


nnuo 


kn 


ta 


lua 


nad'ûgbô 


nn^gbo 




.... 


wo 


• • • • 


.... 


• • . . 


sa 


sd 




...» 


ni 


• • • • 


.... 


.... 


nhina 


nhire 




bi 


bi 


• • • • 


bi-ya 


bi-o 


byo 


hi 




gdgo 


gae 


• • • • 


kyoro 


kyo 


swo 


s6 




nâ 


nd 


• • • • 


ndro 


nd 


na 


nd, nâ 




bana 


pio 


• • • • 


piro 


piro 


anamd 


anamd 




ba 


gboio 


• • • • 


boro 


vio 


ieghe 


Ieghe 




.... 


• • • • 


• • • • 


boni 


bonu 


mand 


pesé 




sedumo 


moù 


• • • • 


.... 


• • • • 


bedi 


kukuzîlyu 




.... 


gyûlu 


• • • • 


kyaliud 


yira 


gyira 


bâgbdrd 


t 


.... 

. . • . 
.... 
.... 
• • • • 


.... 
.... 
. . • • 

.... 
.... 


• • • • 

• • • • 

• • • • 

• • • • 

• • • • 


samd 

«... 
... « 
• • . . 
. • . • 


samd 

.... 

.... 
.... 
«... 


tnla 

kundûro 

buro 

loa 

ûimyeyo 


tuln 

yô'tulô 

boromso 

lua 

numyeyo 




yolô 


nwd 


• • • • 


kwe 


ktoo 


zimi 


zùmyo 




yolù-paia 


nO'kpd 


• • • • 


kwt'btya kwO'bio 


zimi'fôghô 


zûmfoyo 




.... 


a . . • 


• • • • 


kio-ro 


kio 


puro 


pûro 





gyo, di 


dyôfduô 


sya-yé 


da 


duo 


gf>de 


zu-gô 


[ 


. . • • 


debwe 


syO'firiya 


' . • • • 


• . . • 


koko^rho 


brezuvd 




tvologyô 


kombo 


. * . • 


daba 


baduo 


sorhO'Zud 


brezugo 




puri 


pwa 


. • • • 


. . . • 


• • • • 


dô'ûgd 


dô'ilgbd 


!S 


koia^ yo gayô 


syebege 


. • • . 


• . • • 


marhalyT 


ka-kô 




. . • • 
• . • . 


• • • • 
. • . . 


.... 
.... 


mi 

.... 


mi 

.... 


ka-mô 


kâa-kpo 




.... 


munumu mûmi 


. • • • 


• • . . 


viurhumô 


murhum 


fK 


yyïtru 


dûru 


sosa 


• • • • 


. . a • 


zu^ghà 


dyi^gù 




• • • . 


dama 


ndgr 


• • • • 


...» 


damô 


dam 


■il 


• • • • 


iamô 


.... 


• • • • 


.... 


...••• 





238 VOCAnULAfRES COMPAKATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 



Lohi 



Dyan 



Gau 



Tara 



Kyan 



Roul.-Dord Roal.-sLa«l 



karité 


• • • • 


■ • • • 


• • • . 


• • • • 


• • • • 


vn-kô 


• • • • « a 


huile 


• • • • 


• • • • 


nome 


ûi-ro 


ûi 


neigye 


nye 


labac 


tamùa 


• • • • 


• • • • 


• • • • 


• • • • 


cura 


asra 


sel 


Iflni 


• • • • 


ti/orôgê 


gijamô 


z**nô 


Inii ûghù 


laâ'îigiuj 


viande 


nùti'i 


V/IHU 


ka 


ta 


tua 


nnii'figho 


nn-ghn 


colon 


• • • • 


htlmiri 


• • • • 


gese 


gâte 


gisge 


ggetègiju 


miel 


• • • • 


• « • • 


• • • • 


soro 


soi 






hydromel 


• • « • 


• • • • 


• • • • 


soro- 


soi-ûyô 







ngomÔ 



Note. — Eu « pougouli » : bœuf, n/7; moulon^ pero \ mil, myh 

Remarques sur les noms. — 1** Composition. — Les noms com- 
posés se forment par juxtaposilion, le nom de l'objet possédé ou 
dépendant se plaçant le second, ainsi que dans le rapport de pos- 
session ou de dépendance. Beaucoup de noms sont terminés par 
des suffixes (n, re^ ru^ ro^ à^ fi, hà^ kS^ hu^ rha^ rho^ rhuy go^ gà^ 
ghàj gbo, /en, ge, gye^ gyu^ etc.) dont il m'est impossible de pré- 
ciser l'emploi et la valeur exacte; ces suffixes disparaissent le plus 
souvent en composition. Exemples : yi-ri ci village », yi-dâna 
« chef de case » (dag&ri); zurhti « tète », zu-koba « cheveux » 
birifo); nii-hu « main », ;i{i-z<7 « main gauche » (dagboma) ; lo^ko 
« village »^ lo-rho-bèou lo-bè « chef de village » (tara); yo-^o « eau », 
yô'tu/o a éléphant d'eau, hippopotame» (koulango-sud), etc. 

2* Pluriel. — Je ne suis pas en mesure de donner les règles do 
la formation du pluriel. J*ai pu constater seulement que, tantôt le 
pluriel se forme par modification du singulier ou de son suffixe : 
nela « couteau »y plur. ndèra (gbanyan); fiyôouflyô-hô « homme », 
plur. yigtvo ou hyugo (koulango); yerhh ou yerh « femme », plur. 
ye (id.) ; — tantôt il se forme par addition au radical d'un suffixe 
spécial ou par changement de la dernière voyelle du singulier en 
Xi : niri « homme », plur. niri-bh ou niru (gbanyan); na on n& 
« bœuf », pi. na-u (koulango); bye « jour », plur. be-u (id). — H 
semble que Ton puisse employer indifféremment le pluriel ou le 
singulier devant un nom de nombre ou un déterminatif indiquant 
la pluralité, bien qu'en koulango on paraisse employer le pluriel 
de préférence dans certains cas. 



PARLÉS A LA COTK inVOIHK 2:59 



in. — ADJECTIFS CT PRONOMS 

IjectiTs, comme les noms de nombre, suivent toujours le 
qu'ils délerminenl, excepté les adjectifs possessifs et le 
islratir/o (dagâri et birifo), qui le précèdent. 

Dagàri Birifo Ghaiiyau Dagboma Gourefsi Siti Dcgha 

/#o ho, but* kpf'ln .... dapele .... puiu-mn 

gije difo sfjrla .... dasolc .... a*/to 

bie hiri hiln .... dabile .... ghito 

vyele vyele vi/ein .... wure vélo wele 

m m ?i<?, Il .... n me me, n 

//e, e ye. e i, n ye, e i^ fe e e, a 

' o^a Oj a o,a, è Oy a o^ a ii« o 0,0 

>tre linu, ti ya 

lire hènu 

r (i, a bu, bo . . . , ba ba 

il n n , . . . n . . . . >i 

tf e *' o \ . . . . c 

o. /• 0, '* 0. '*• o, *• 0, #} ... 

^08 ko ko niS 

18 iza,bebye 

Lobi Dyau Gau Tara Kyau Koul.-uorJ Kuul.-.4iitl 

buld dabo .... puno kpuro vu-Ô fu-ùyo 
dasye dasye .... zôno zyô vwd-gye vâ-yo 
dabf'ri ddbiri .... pini plni mbUko bl-ko 

ybf gbô gbô 

dnvotira A/V'^* AA 



• 



• • 



.... bwo . ... se se kyere kyeré 

mef7tn,7ii jtiCy n iw ma, me md^me mi mi^ me 

//, i //, fc e i, fo I, fo u, e, t m 

• 0, n î/, wo u M, a ti, f), e^ a o^ a 

tire si, sa .... nn a a bi bi 

»lre wi bi 

ir wi, u yè .... bè bv be biî, tl 

mt, 71 n .... mt, n mi^ n mi^ n fite, n 



210 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 



Lobi Dyao 

ton /î, t fi 

son * 0, è u 

ce,cctlc,ces Aè, kyè u 

tout, tous* fyc dj/f) 



Gaa Tara Kyaa Koul.-nord RouL-tud 



.... Wft 



ton 



ke 



miyn tniyd 



I, yi t, yi 
é^ e è 
hwôfkwô ihffo 
pyé . . . 



Notes. — 1. Les adjectifs qualificatifs semblent pouvoir s'en 
ployer, soit seuls, soit. précédés de la particule da^ qu'on retroui 
dans des noms de tribus : Dagàri^Dagboma^ Dafyele^ Daiuàri^el 

— 2. La forme abrégée du pronom de la r* pers. peut être soit 
devant toutes les consonnes, soit m devant les labiales et devai 
m, n devant les gutturales, n devant les autres lettres; je Tai inc 
que par m dans le premier cas, par n dans le second. — 3. L 
formes o et a ne s'emploient pas indifféremment : endagàri, birif 
gbanyan^ gouressi et lobi, o représente une personne ou un an 
mal| a une chose ou un sujet indéterminé; en koulango, la fora 
a est celle qu'on emploie généralement dans les phrases négatif ei 
en dégha, la forme o sert pour le sujet et la forme pour le régim 

— 4. La forme è de l'adjectif possessif de la 3* pers. correspond 
la forme a du pronom en dagàri, birifo, gbanyan, gouressi et lofa 

— S. (I Bon à manger » se dit dà en dyan. — 6. L'adjectif démooi 
tratif s'emploie aussi comme pronom ; en koulango cependant^ 1 
pronom démonstratif a utie forme spéciale : àfigwo ou àtkkwo o 
encore ge ou tige. 



IV. — LES VERBES 



Dagàri 



Birifo Gbaayan Dagboma 



GourcMi SiU Déska 



étre(MiiIiei) .... , . . bè bé lo^fo 

nepasùtre .... yi to 

étre(ittribit.)' .... , , . na .... lo^ro 

aller gère gère ua, ûera yila mô ndndè la 

partir gere^kyeni kyeni yeme^ wèra kyema^ kyd kyale kùte vttli 

venir wa wa wa zo, la la ba bâ 

venir de iri iri iri yere . . . . kyX le 

s'arrêter zini zia asya zia kind . . . kye 



I^AHLÉS A LA COIIi: inVOIKK 2 'il 





Da^'àri 


Birifo 


fihauyau 


Da^^boiiia < 


Gourcssi 


Siti 


Dêglia 


ver 


ts, iri 


isilii 


csiyi 


yeswHfï 


si 


ybolo 


• • 

iri 


îoir 


zini 


zinc 


zrnya 


zlnimd 


honô 


nyaie 


so 


uciier 


ffà 


rr^ 


• • • • 


• • • • 


• • • • 


p.} 


kyô 


iir 


ffùiri 


yOh'i 


• • • • 


• • • • 


• • • • 


• • • • 


kyotlom 


•ir 


kiji 


kyi 


kyi 


• • • • 


sunli 


sewe 


sewo 


rini 


base 


basa 


sa 


• • • • 


vyele 


kyohù 


• • • • 


bon 


vyele 


vyele 


vycin 


• • • • 


wure 


vélo 


toele 


r 


• • • • 


• • • 


zèln 


zomna 


• • • • 


• • • • 


kya 


bi 


Wfl 


wà 


• • • • 


• • • • 


nye 


• • • • 


nô 


Ire 


• • • • 


• • m 


fiyorhô 


• • • • 


• • • • 


• • • • 


kpo 


îr 


• • • • 


• • • 


vend 


• • • • 


• • • • 


• • • • 


gela 




ku 


Au 


ku 


ko 


tVM 


kpo 


kpu 


^v 


di 


di 


didi 


didi 


di 


di 


di\ 


t 


WJU 


iïyu 


fiyu 


nyô 


Ayô 


ûyô 


ûyô 


1er 


yulè 


yûle 


yûrhi 


yùli 


• • • • 


• • • • 


• • • • 



lires verbes : passer, X/^è; dire, &a; parler, wti (dagàri et 
a); — êlre nombreux, bondô\ ôlre rare, koAe; frapper, /o; 
à la chasse, ôarala; rire, lara; pleurer, ionà (gbanyan); 
'être pas fini, st/èle (gouressi); — ôlre grand, kanei ôlre pelit, 
ye; voir, ni; donner, /è; atlraper, laivè ou latte; lomber, 
û; demander, dèbori\ connatlre, gye (dégha). 

Lobi Dyau Gan Tara Kyau Koal.-nord Koul.-éud 



iiiliei) âli 


0, dyo 


• • • 


mi 


mi 


kho 


• • • 


sélre âla 


n dye wa . . . 


ô 


ô 


kha 


• • • 


ttrikiuO*. . . 




• • • 


• • • 


• • • 


lo 


lè 


sélre . . . 


wa 


• • • 


• • • 


* 

' • • • 


• • • 


• • • 


gala 


li 


,yo 


/è,vi 


fè,vi 


yuy bia 


ya, biya 


gyaln 


ti 


yo 


f' 


fi 


bia,ya 


biya, ya 


• mi, nd 


• 

mt 


ùa 


bwe 


bwe 


y* 


yi.da 


de le 


• ■ • 


• • • 


lo 


lo 


ûgu 


9^ 


1er gile 


9^ 


nene 


• • • 


• • • 


• • • 


• • • 


er ire 


sye 


y« 


ni 


uo 


yorho 


yorho 


oir toyiio 


iyh 


ta 


a si 


n%i 


enise 


nese 


ichcr pi 


dijf' 


• • • 


• • • 


• • • 


dyô 


dyo 


r ihirr 


diff*ii'f* 


• • • 


• • • 


• • • 


• • • 


• • « 


ir ki 


ki 


• • • 


huvu 


wuru 


p' 





242 VOCAliULAlHKS COMrAU ATlKb DK LAN(;t'ES OU UlALbCTLb 



élre fini 

élre bon 

élre grand 

èlrc pelit 

courir 

être loin 

dire 

parler 

voir 

(Mffeidrc 

faire 

vouloir 

pouvoir 

prendre 

laisser 

donner 

apporter 

manger 

boire 

appeler 

fiire II giem 

tuer 

attraper 

demander 



Lobi 



pe 



• • • 



« • • 



• • • 



• • • 



• • • 



y» 

nye, ni 

mi 

ijnte 



• • • 



a 

• • • 

di 

fiyô 

vye, ùe 

nki 

ku 



• • • 



Dyaii 

ma 

hwo 

ghè'Ô 

• • • 



nt 
so 
kiU 



kale 

P» 
gbo 



so 



• • • 
tlyÔ 

• • • 



U 



• • • 



(!au 

syogi 
ger 



di 
ngô 



• • • 



Tara 

mvTi 
se 



Kyan Koul.-Dord Koul.-iu<i 



vo 

se 



dùûi 



d'ùi 



• • • 



• • • 



la la 

kyere kyeré 
gbo-ndj/a gkO 

kudi fifi 



syo 
Osa 
ka 

ka 



syo 

• • • 

ka,kâ 

kd 



a 

gbara 
di 
flyô 



a 

gbara 
di 
flyô 

• • • 



ment 

• • • 

ii 

n 

• • • 

di 
ne 
vàgha 



mem 

• • • 
ûgbe, tl 

fU/a 

• • • 
di 



vôgka 



• • • 



• • • 



ko ko 

tukye iukye 
Wttf wè wa 



Notes. — 1. Les verbes allribulifs io ou ro(dégba)9 d et wa 

dyan) et lo ou /è(koulango) se placent après leur attribut. — 2. 

Les Koulango eoiploient le verbe j/i pour signifier « venir en on 

lieu, arriver » et le verbe da ou dà pour dire « venir faire quelque 

chose ». 



V. — LA CONJUGAISON 



Dagàri et Birifo 



venir 

je viens, je viendrai 
je suis en train de venir 
je suis venu 



wa 
m wa 
m wa na 
m wa yn 



Gbanyan 

wn 

n nawa, m wa 
m mô wa 
m wa y a, m wa ma 



Dagboma 



zo 
Il zo 



n zo yatha 



l'AKLKS A LA (.OTK DIVOIKK 



It'A 



Dagùri il IJirifo iîlianyaii 





nui 


Wil 


15118 pas 


m ha wa 


m ha fVti 


îs pas venu 


m ha iVfi 


m ba wa 


; pas 


fia wn 


da wa 



l)a>;lioiiiu 

m h H ZO 
m hi ZO 
du ZO 



GourcBsi 



Siti 



Dégha 







la 


ha 


ha 


je viendrai 




n la 


me ha 


me hû 


train de venir 




me ne ha 


me le h'd 


nu 




n la re 


me ha 


me hfi la, mo hn / 






in 


ha 


hr, 


IS pas 




m ho la 


me hc * 


m mit htl 


idrai pas 




m ho la 


me hè 


V4 ma le htl 


pas venu 




m he la 


me hé 


uieaha\mmahû ht 


pas encore 


venu 






me ta hâ le 


pas 




do la 


aha ha 


aha hâ 



e viendrai 
train de venir 

lU 

ispas 

pas venu 

pas encore venu 

>as 

Tara 



Lobi 

na 

mi na 
mi ne na, 
mi narc 
mi na ri 
i na, na 
m'rt na riga 
mi na a 
mi na pa 
f(l na a 

Kyao 



Dyaii 



un 
m ini 



Gau 

ha 
ni ha 



m im u, m mu 
a ini 

m'fJ ini wa • 
m*d ina wa^ 



m ha ri 

ha 

me m ha wa * 

me m ha a wa * 



nd ini wa 



nam ba wa ^ 



Koul.-Qord 



Koul.-sud 



hw(* hwe 

3 viendrai na hwe ma hwe 

rain de venir mû hwe a mû hwe a 

lU 



( pas 
pas venu 
as 



mi yi 
lo mi yi • 
m hwe ré m hwe rè m< yi 
i bwe,do bwc* bwe, doho bwe* yi 
na a hwe tnn na hwr mi a yi^y* 
ma fl hwe am ma d hwe mi Uia yi e 
nm va hwe am oo bwe ma yi^y 



me yi 
lé me yi * 
me yi 
yi, le yi 
me a yi^y • 
me d yi fi 
ma yi-y 



ou aklidyi ne ou akhà yi ne 



24'i VOCABULAIKES COMPAKATIPS DE LANGUES OU DIALECTES 

Notes. — 1 . La négation s'exprime en sili en changeant eu é la 
dernière voyelle du verbe. — 2. A la 3* personne (verbe négaiif en 
dégha), le pronom o se contracte souvent avec la négation a pour 
donner le son wa : wa bâ^ il n*est pas venu; souvent aussi, comme 
en sili, la dernière voyelle du verbe se change en e ou en ^ à la voix 
négative, tout en maintenant la négation ma, a, /a, ou aba. — 
3. La particule négative â de la t'*" personne devient aux autres 
personnes un simple n (qui peut se changer en m devant une la- 
biale et en fï devant une gutturale) : fi n iniwa, tu ne viens pat; u 
n ini t/Hi, il ne vient pas ; yè n ini wa, ils ne viennent pas (dyan). 
— 4. On voit qu*au passé négatif, en dyan, la dernière voyelle da 
verbe se change en a, de même qu'au passé affirmatifelle peut, 
soit se faire suivre d*un t/, soit se changer en u. — 5. Vm qui pré- 
cède le verbe est négaiif; il se change en n devant une gutturale 
et en n devant toute consonne autre qu'une labiale ou une guttu- 
rale (gan). — 6. La dernière voyelle du verbe peut s^élider devant 
la double négation a u;a(gan). — 7. On emploie luim devant m, b, 
p, f, V, et nà devant toute autre lettre. — 8. Les particules à) 
(tara), doho (kyan), lo ou iè (koulango) sont en réalité des parti- 
cules affirmatives qu'on pourrait traduire par « certes ». — 9. On 
a aussi en koulango-nord la forme ma mi yi-y [ma étant la néga- 
tion de lo) et en koulango-sud la forme me m yi ay. Le y négatif 
final peut devenir ye ou e en se changer en ne après une nasale ; 
ce y {ye, e ou ne) se place après le régime du verbe, s'il y en a un; 
mais, dans ce cas, il peut aussi disparaître ou bien se contracter 
avec la dernière voyelle du régime pour changer celle-ci en e. 

Remarques générales. — Pour conjuguer n'importe quelveilM, 
actif ou neutre, il suffira de remplacer le verbe « venir » parle 
verbe choisi et le pronom de la 1 '* personne du singulier par le pro- 
nom sujet convenable, en tenant compte des notes qui précèdent. 
On se rappellera que la forme du présent ordinaire peat aussi 
s'employer pour le passé. 



VI. — PLACE DES RÉGIMES. 

Tout régime, direct ou indirect, sur lequel on veut insister, se 
place au commencement de la phrase, avant le sujet du verbe. 



PARrj>S A r,A COTE DIVOIKE 2'iô 

Sauf ce cas, le régime direct se place après le verbe ou après 
les particules de conjugaison ou de négation qui peuvent suivre le 
le verbe' et le régime indirect se place après le régime direct. 
Cependant, endegha, dans les phrases négativesou interrogatives, 
le régime direct se place avant le verbe (entre les particules, s'il 
y en a, et le verbe); il semble qu'en tara et en kt/ây le régime di- 
rect se place généralement avant le verbe. 

En lobi et en koulango^ on fait souvent précéder d'une parti- 
cule de liaison TinHuitif complément d'un verbe ; cette particule est 
Mou baen lobi, le en koulango. 

En koulango, le pronom sujet se supprime souvent dans les ex- 
pressions usuelles ; il en est de même pour le pronom régime de la 
3* personne, dans toutes les langues mossi-gourounsi. 



VII. -PHRASES ET EXEMPLES. 

1* Dagàri et Birifo. 

Viens ici, wakyè ou waka\ assieds-toi par terre, zin lefie; lève- 
toi, »; passe, A/>è. 

Ouedis-tu?y^ wulal il dit... o ka... Parles-tu dagàri? e wu na 
Dagâri'! je le parle, m tau na le; je ne le parle pas, m ba uu. 

J'ai compris, m ivà ya\\Q ne comprends pas, m bè wà ou m ba 

uxl 

C'est fmi, a bas' ya\ ce n'est pas fini, a ba ba^e\ c'est bon, a 
^!/cle\ ce n'est pas bon, a ba vyele. 
Il remercie, o ka mpurifo\ merci, m ka mpurifo. 
Quel est ton nom? e yiilè o la^ ou è yiilè bô? Comment appelle- 
^"On cette rivière? ko kola ê ytilè o lai (cette rivière son nom est 
comment?) 

Bonjour, yani (on répète ce mot plusieurs fois en frappant dou- 
cement des mains paume contre paume). 

2* Gbanyà. 

Mon père, n sa\ ma mère, m ma; eh! l'ami, eh! l'homme, n 
dàba. 

I , Voir 1^5 phras4>s et cxomples pour quelques ca^ particuliers. 



•2'i(i VOCAHULAIRES COMPARATIFS 1)15 LANGUES OU DIALECTES 

Viens ici, wa za\ va-Ucn, tara ou ûera allons; manger, uati 
didi; je bois de l'eau, n na fh/u Aoo; d'où viens-lu? y 'iri boriùt/il 
où vas-iu? fti/i-ne ucra^. 

Comment l'appelles-(u? e yiirlii na munat (ton nom est com- 
ment?) comment s'appelic-l-ii? o yurhi na munaf je m'appelle 
Donko, nyûrhi na DOko. 

Je vais à la chasse, n na mbarala; il a tué un bœuf, o kuma 
nâfO. Il s*arr6le, o a$ya\ il se lève, o esigi e\ il Ta frapp6« o to 
ma; il frappe une femme, o lo porho. 

Il prend son couteau, o hyorhO nela: ils prennent leurs cou- 
teaux, a fiyorhô ndèra. 

il y a beaucoup de gens, niri-bè a bebye bondO (hommes eux 
tous sont nombreux); il n'y a pas beaucoup de monde ici, nirvbè 
a kake za (hommes eux sont rares ici). 

Je pars aujourd'hui, ne yeme dini^ je partirai demain, ne yem 
byè; je suis parti hier, ne yeme ya zaani. 

C'est fini, a sa ya\ ce n'est pas fmi, a ha m; c'est bon, aoy^ 
ou è vyela\ ce n'est pas bon, hba vyela. 

Je m'en vais, m môwèra; où yasAu? fiyi-ne uera ou Ayirfd ùeral 
c'est au village qu'il va, yire ni o mô wèra ; il va au village^ o mi 
toèra yire ni\ ils s'en vont tous, // zza wèra. 

3* Dag borna. 

Viens ici, zo ka\ viens vile, zo ka mna\ va-t-en, kyema; où vas- 
tu? a yila yennat où est-il? o bè yene? il est ici, o bè ni; il n'y est 
pas ; yia\ il est parti, o kyà yarha ; il n'est pas parti, o Uk^à. 

Comment l'appelle-t-on? o yiili bo nubot 

Ils ont tué un bœur, bu ko nahô ; ils ne l'ont pas tué> bubu ko ou 
bu bi ko ; ne le tue pas, du ko. 

Merci, nàtûma; bonjour, ya;ii. 

4* Guresi. 

Viens ici, la a\ assieds-toi, hon(l\ assieds-loi là, hon ^daa\ ar- 
rête-loi, si kinà (lève-toi, arrête-loi). 

Viens manger quelque chose, la di A'ôn (viens manger aliment); 
viens boire de l'eau, la fn/O le. 



l'AKLIiS A r,A COTK D'IVOIIΠ2'i7 

11 est morl, o suai/ re; c'esl fini, a vyhlc\ ce n'est pas fini, 
a st/èie\ c'est bon, a wure\ ce n'est pas bon, a ho umre. 
J'ai compris, n nue r^; je n'ai pas compris, m bc nyc. 

5" Sili, 

Ils ont tué un homme, ba kpo nolo ou ba kpo note; un homme 
est mort, nolo sewe; il n'est pas mort, u sewè. 

Doù viens-tu? deriki/2f je viens de mes plantations, me kylme 
tnho m ba (je viens de mes plantations j'arrive); où vas-tu? e ne 
nândèf (tu vas?) ou deri nùndè'i (où aller?) je vais au village, me 
nàndèâne; va-t-en, ekâle. 

C'est bon, u velo\ ce n'est pas bon, u vetè; c'est Rni, okyokô ; ce 
n'est pas fini, okijohc. 

6* Degha. 

Mon père, m y à ; ma mère, n nà ; mon fils, m bye. 

Va, vàlh\ viens, Aa; arrète-toi, kye\ lève-loi, iri. 

Donne-le moi, iè me\ je ne le le donnerai pas, m ma e le le (je 
ne pas toi donnerai : le pronom régime se place entre la négation 
ma et la particule le). 

Il est tombé par terre, o kyi'dû hare ; il n'est pas tombé, o a kyule 
ou wa kyiile. 

C'est bon, o wele\ ce n'est pas bon, wa wele; il est grand, o kane; 
il n'est pas grand, o a kane. 

Ils ont tué un homme, ba kpu nèlo\ ils n'ont tué personne, ba a 
ne mpivè (eux ne pas homme tuer); ne le tue pas, aba mpu. 

11 est mort, o setvo; il n'est pas mort, o a sewè. 

Ils sont venus, ba bâ la; ils ne sont pas encore arrivés, ba ta 
bâ le. 

Comment appelle-t-on cette chose t konO o sond aie rot (chose 
cette son nom comment est?) comment appelle-t-on cet homme? 
ne nô sonà aie ro'î on l'appelle S&fou, o sonà Sàfu. 

As-tu vu cet homme ? a bono nÔ nr? je ne l'ai pas vu, m ma ô nî; 
je Tai vu, n nï d\ j'ai vu une femme, n nï hanOdi. 

Je te demande si tu as compris^ n dèbori : a nô hïtije demande : 
lu as compris?) je n'ai pas compris, m ma nO hl ; je comprends, 
n nô. 



2 48 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

■ 

Je ne le connais ,pas, mma ô hgye ; je le connais, fl gye Son il 
gyem ô. 

Comprends-lu le dégha?e /^ftd^(/e^/ia? comprends-tu ledyoula? 
e le nôdegenel comprends-tu le nafâha? e le nfi nafànel corn- 
prends-lu Tabron le le nô buhït 

Où est-il ? lo do roi (pour le o le ro ou le o la lo^ où il où est); 
il est ici, o lo bîla; il n'est pas ici, o to blla\ il est au village, o lo 
hwebi\oh vas-tu? le e lai c'est aux plantations que je Tais,ibo 
171^ la ; je vais au village, me la bwe bi\ d*où viens-tu 1 le eh ra? 
(pour le e le la, d'où es-tu venu); c'est de Bondoukou que je viens, 
Butugu n le. 

Salutation : it/âni ou gynni ou gynnu (réponse : yS). 

V Lobi. 

Aujourd'hui, m ; demain, kyô\ après-demain, gye^; hier, 
gye-àlè. 

Chose, iô; cette chose, tô fiAyè; cet homme, tiàeh ièon tibiie 
kyè. 

Gomment appelle-t-on cet homme ? tibeli kè mO u vyè ? son oom 
est Guié, o yiri Gye. 

Marche vite, gala korokore ou gyala korokore; viens, tnd ou 
t na ; viens manger, i na sidi gyiiru (toi viens nous mangerons ali- 
ment); viens manger des ignames, ina bèdipuri (toi viens pour 
manger ignames). Donne-moi de l'eau pour boire, a mi fiyOni^ n hyù 
(donne moi eau, je boirai). 

Comprends-lu le lobi ?/? ni re Lobi ril je comprends, menye 
re ou me ni re ; je ne comprends pas, m*a nye flga. 

Je l'ai vu, mi yi ri; je ne l'ai pas vu, m'a yi ga. 

11 est en train de dormir, a pi ne dare (il est couché en train de 
dormir) ; il est mort, a ki ri\ il n'est pas mort, aki aona kipa. 

Il a tué tous les hommes, o ht ri tibiie fyè o (o explétif); ne tue 
pas cet homme, fà fiku a tibeli kè. 

Que veux-tu ? efiyè fi fiydlil je veux acheter un pa^ne, me yale 
n ti kifikyeni (ti « acheter ») ; il n'y a pas de pagnes, kifikyen'aàla: 
il y a des pagnes dans notre village, kifikyeni âJi sa di; où est-il ? 
ka a ? (pour ka a àli ?) il est à la maison, a âli kyoro. 

Va l'appeler, gala ha ûe o (va pour appeler) ; il vient tout de 
suite, a na hene\ où vas-tu? ka fifigala ? d'où viens-tu ? ka fi tel 



PARLÉS A LA COTK D'IVOIllIi: 2'.9 

je viens de Bouna, ni te rc Gbhna\ je vais à Diébougou, mi hc/ala 
Dychuf/ii, 

C'est Jini, a pe re; ce iTesl pas fini, apepa. 

Ils font la guerre, wi f)ki re; ils font une maison, u mè rc hyoro 
ou œi mv re kyoro. 

J'ai bien faim, Icomere funerh nenè kpè (je ne puis donner l'ana- 
lyse de celle phrase). 

8" Dyn. 

Va, a //; viens, a ini\ assieds-loi, a tyè; lève-toi, a sye\ couche- 
loi, a dye\ arrête-loi, a ge\ parle, a kili. 

Il est grand, gbè 0\ c'est bon à manger, dà (bon être : on 
n'exprime pas en général le pronom sujet indéterminé) ; c'est bon, 
bwi)\ ce n'est pas bon, u m ho wa ou u n dà wa (ce n*esl pas bon 
à manger : le pronom s'exprime dans les phrases négatives). 

Que veux-tu? mana^* kule'i c'est du mil que je veux, dvQ fi kale; 
prends-le, a gbo\ laisse, ne le prends pas, a sô, nâ gbo wa. 

Viens manger, a ini gye dûru (viens manger aliment) ; boire de 
l'eau, fiyO ftiimu. 

Tue cette hyène, a u moô m; ne la tue pas, fe nâ u wa\]Q ne la 
tuerai pas, ma u wa. 

Il est mort, ki u\ il n'est pas mort, u ft ki wa. 

Cet homme qui est là, imbi u wo o md^md (homme ce il est là). 

Il y a de Tor, mara dyo ; il n'y a pas d'or, mara n dye wa. 

Il vient, ini\ il est venu, inu\ ils sont tous venus, yè dyô inu; 
personne n'est venu, imbi nu ina wa (homme aucun est pas venu). 

C'est fini, ma o [o explétif); ce n'est pas fini u m ma wa. 

C'est loin, âli ni t/' (être être loin); ce n'est pas loin, un ni wa. 

Que dis-lu?mana fi sof je dis que... me so do... ou m'aso do 
(souvent on fait précéder le verbe d'un a, au présent comme à 

l'impératiQ. 

Parles-tu dyan?/f ki/i Dyânl je ne sais pas parler dyan, m'am 
pi kili Dyànu wa (je ne peux pas parler dyan : on voit que le 
régime se place entre le verbe et la négation wa). 



1. La particule u qui indique le pt9$é sort aussi à affirmer raclion ou riHat k 
n'importe quel temp^ : ^i u, il est certainement mort, il a flni de mourir. La 
négation wa (m à) n*est autre chose que la négation de «. 



250 VOCAnULAIRËS COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALECTES 
r Gà. 

Viens ici, ba fa\ assieds-loi, e (a; lève-loi, ya\ va-l-en« yo; 
viens manger, ba an di (viens nous mangerons). 
C*esl fini, syofji ri\ ce n'esl pas fîni, ke bo (cela reste). 
C*est bon, ke f/eri\ ce n^esl pas bon, ke fi géra tva. 

10" Tara. 

Mon père, mi mà\ Ion père, ton ma; ma mère, n nà. 

Apporle un moulon, piro gbara. 

C'esl 1res bon, u se hanlya\ c'esl bon, u #^; ce n'est pas bon, 
u a se (u a mimu, ce n'esl pas bon à manger); Us ne sont pas 
bons, bè a se. 

Viens ici, bwe e\ va-l-en, do fè\ assieds-toi, i asi\ lève-toi, i m; 
où vas-tu? /b vê m;^? (tu vas où?); d'où viens-lu?/b lo t<^^?où va 
cet homme ? miyà mvè tve ; je vais au village, màvèa lorho. 

Il est mort, a huru. 

J*ai faim, inû mi; j*ai 1res faim, inO mi hâna; as-lu faim?mS 
vol donne moi de l'eau, a me a /lyrT (donne-moi pour boire). 

11 y a de la viande, ta mi hè (viande est ici) ; il n'y a pas de 
viande, ia d miomio (viande n'est pas du tout); où es-tu ?/b mi 
na-wel il est par terre, mi tifii ; il est chez lui, mi zi ou mi azo (être 
maison : le pronom sujet de la 3* personne se supprime très 
souvent). 

Commenl appelle-t-on cela? gyenue byeol (nom comment?) 
quel est son nom? a gyenuel 

Aujourd'hui, ziya; hier, hîhû ; demain, giro. 

C'est fini, mvô rè ; tu manges, fo a di ; il court,.o a dûûi (on place 
souvent un a devant le verbe au présent, à l'impératif et à l'infi- 
nitif, comme en dyan). 

11" Kyà. 

Mon père, mi myà; ton père, wâ myà; ma mère, n nà. 

Apporle un moulon, piro gbara. 

C'est très bon, u se hàre; c'est bon, u se; c% n'est pas bon, ma 
n se ou am u àse. 

Viens, doho bwe; va, doho fè ou do fè; assieds-toi, doho asi; 
lève-loi, doh'uo; où vas-tu?(/oAo vè wel (certes aller où?) d'où vient- 



l'AULliS A LA COTE D'IVOIRK 25! 

il? lo we'! je vais au village, mn mvè a là ou ma mbo a lô\ où va 1- 
il? fè we^. 

Il est mort, doho ^uru (certes être mori); il couri, doho diii. 

J'ai Taim, m/1 mi fia (faim est dans-moi) ou infi ghèna\ tu as 
faim, inu'fo', donne-moi à boire, a me m'a ////o(voîr pour a placé 
avant le verbe le dernier exemple tara)\ viens manger, bwe a di. 

Il y a de la viande, iua mi hè; il n'y a pas de viande, tua o 
monaye. 

Où est-il? mi wel (être où?) il est par terre, mi lu; il est chez 
lui, mizô. 

Comment rappelle-t-on?a gt/enuel ou gyenuc'i 

Aujourd'hui, zère\ hier, tnu\ demain, giro. 

C'est fini, ro. 

M'' Kulàgoi^Qun^). 

Les Dyoula, Sorho ou SorAorho; les Assanli, Sàndisorho; les 
Abron, Doghâbo ; les Européens, Yevwà ou Yevwï (les Rouges). 

Parles-tu koulango? w /y7 r>kul(Wgo? es-lu Kouhngol Kulà-mùgo 
e/o? 

Tu es bon, u /cyere; tu n'es pas bon,t/a kyere-y ; lu es méchant, 
u gya\ c'est bon, o kyere\ ce n'est pas bon, a a kyere-y\ il est 
méchant, e gya ou o gya. 

Tu es gros, u gbO-ndya; tu n'es pas gros, uagb<hne; c'est loin, 
ùsô; ce n'est pas loin, àsô-ye ou e kudi (c'est court). 

Cet homme, fiyO hwO\ un homme rouge, fiyO vivà ou hyô 
vuiryye; cette chose, zuhghd hwô ou zufighà kwô. 

Comment appelle-t-on cela? zuhghokolè mi wa (chose nom je 
demande) ou zufigko kolèbèf (chose nom comment?) 

Où va ce chemin? bwà/lgo kwo a/ 'a kka ya? (chemin ce où il est 
allant?) il va aux plantations, bia khaflyô. 

D'où viens-tu ? a/o u hgu ? je viens du village, mi figu àhgthko 
rei où vas-tu? rt/o yaf je vais à la montagne, miya bo-kùle. Viens 
ici, yi fay\ va-t-en, ya fl\ assieds-toi, énise; lève-toi, yorho\ 
marche vite, bia kpokpô. 

Donne-le moi, f\yà fay (donne ici); je ne te le donnerai pas. ma 
mi hyd nfigwe {ma est négatif; âhgfve est ^omv àtïgtvo ye^ y^ étant 
la particule de négation). 



252 VOCABULAIRES COMPARATIFS DE LANGUES OU DIALBCTBS 

Prends-le, ti ê ou li e. Je tue un homme, mi ko nyS\ ne le lue 
pas, akhà ko e ne; un homme est mort, fit/ô epi 

Que demandcs-lu ? bêla u wa ? rien, ffovè elè ; je demande du 
sel,m{ wélaiifigbo, 

C*est fini, /a ou o lia ; ce n'est pas nni, kha la e ; que dis-lu ? 
ukabè"! où est-il ? kho ael (être oix"! e est explétif, a « on » devient 
alo ou ala quand il y a mouvement, de môme que bè « comment? » 
devient l^la « quoi ? »); il est ici, kho lofi (être certes ici); il n'est 
pas ici, khafay e. 

Quel est ton nom ? ut/ikola bè ? (loi Ion nom comment ?) 

Ils s'en vont tous, be yapyè. 

\ S*" Kulàgo (Bondoukou). 

Les Dyoula, et en général tous les Musulmans, Sar/ià (d*où le 
nom de la ville de Sorhàbàgo, le village des Musulmans) ; les As- 
santi, Sânisorhô; les Abron, BogAâbo; les Européens, Bureni 
(mot abron). 

Mon père, n da ; ma mère, nnâ\ mon fils, m bi. 

Es-tu Koulango? Kulàfigo lèul parles-tu dyoula? u kà Sorhà* 
gho ? parles-tu houlango lu kà Kulà-gho ? je ne parle pas, nd a kà 
fige-y (je ne parle pas cela) ; je le parle, le me kà tïge. 

C'est bon, o kyerè ; ce n'est pas bon, a a kyerè-y\ il est gros,o 
gbô ; il n'est pas gros, a agbo-ne; c'est fini, ola;ce n*est pas fini, 
cl a la- y. 

Une chose blanche, zu fu-flgo; une chose noire, zu-ngo bt-4co. 

Comment appelle-t-on cela? zufigo bà kara zi? (choses leur 
nom comment ?) c'est un pagne, gyatarha le. Comment fappelles- 
{\i1 lèà kàu a ? (certes on dit toi comment?) on m'appelle Koua- 
dio, ou bà vôgha m Kwadyo. 

Où vas-tu? le u ya Aâ^y? (certes tu vas où?) je vais au village, le 
mi ya ângo-n ; d*où viens-tu ? le n gu hayl je viens des plantations, 
mi gu k/iâfti di\ je viens au village, le mi yi àftgo-n. 

Viens ici, yt fay\ viens voir, dà le yt (viens pour venir); viens 
manger, da ledi\ va-t-en, le ya. 

Donne-moi de l'eau pour boire, fiya m yoko lemi\ viens le cher- 
cher, y/ figbege\ que veux-tu? le bêla u menit je veux'mes affaires , 
mi ment me zufigo; je veux du sel, mi ment laàflgbA. 



hAKLKS A LA COTlC U'IVOlKli -i.VJ 

J*ai tué un hoinme, me ko fiyô/iô; je ne I*ai pas tué, me m /o 
7'i/\ il es! morl, o pi; il n'est pas morl, ùpî e. 

Marchez, hiya ou bia. 

Aujourd'hui, (ln\ demain, kmo\ après-demain, (lèri\ hier, 
bf/ekya\ avanl-hicr, honigerefiflyô. — Matin, dekyiffè; midi, berè- 
kerè;soiv, yckyinihfjo. — Un jour, bye laa\ deux jours, beu bila\ 
Irois jours, beu sa. 

Beaucoup d'hommes, fiyugo berepo\ beaucoup de femmes, ye 
bolop(hko\ beaucoup de bœufs, nCiu nipo. 

Salul (en arrivant dans un village ou dans une case), lugbâda 
(répété). — Réponse : olièda. 

Bonjour (le malin), dagwa (répété); réponse : gwnda, — Bon- 
jour (à midi), berèkerèd(i\ réponse : lirâda. — Bonsoir : daman 
(répété); réponse : tnâleda. 

Adieu, mi t/a ben li\ réponse : u béni heda. 

Merci, mi gyase leda\ réponse : bère. 



CHAPITRK VIII 



Les langues étrangères. 



Sous cette dénomination, je range les langues qui, bien que 
parlées à la Côte d*Ivoire et dans les pays voisins par un certain 
nombre d'habitants, appartiennent à des familles dont Thabitat 
propre se trouve situé en dehors de la région qui nous occupe. 
Ces langues sont le hausa, lepular^ l'arabe, le « pigeon-englisb » 
et le « petit nègre ». Je ne m'étendrai pas à leur sujet, les trois 
premières ayant été maintes fois étudiées et les deux autres 
n'étant que des patois de langues européennes. 

1^ Hausa. — Le haoussa est Tune des langues nègres les plus 
développées, en même temps que les plus harmonieuses et les 
plus faciles à apprendre. Nombreux sont les ouvrages qui en 
traitent. Ses principales particularités sont : l'emploi de formes 
spéciales pour le féminin des noms, adjectifs et pronoms ; la 
diversité des pluriels de ses substantifs ; la richesse de ses formes 
verbales et de ses termes abstraits. L'habitat propre des Haoussa 
se trouve entre le Niger Oriental et le Bornou, du Sahara au 
confluent de la Bénoué et du Niger; mais, aussi doués pour le 
commerce que les Soninké et les Dyoula, les Haoussa se sont 
répandus fort loin dans toutes les directions et possèdent dans 
toute l'Afrique centrale des colonies prospères, où leur langue est 
parlée par eux et souvent par une partie des autochtones. 

A la Côte dlvoire, on trouve des Haoussa à Bondoukou, à Bouna, 
à Groumânia, à Marabadyassa; à la Côte d'Or, on les rencontre à 
Coumassie, à Ouonki, à Kinlampo, à Salaga, à Oua, àGambagha; 
dans le 1* territoire militaire, ils ont des colonies à Diébougou, 
H Bobo-Dioulasso, etc. La langue parlée dans ces difTérentes villes 
ne diffère pas sensiblement de celle parlée dans le Haoussa propre, 
à part quelques expressions locales assez rares d'ailleurs. En 



LAiNGUKS Oi: DlAl.liCTliS l»Ai:|j:S A I.A CUTli DMVOIIŒ 'lûît 

éral les articulations ch et Icà se prononcenl plutôt s/t et is/i ou 
ne /y : shi na la/i^ « il vient » ; maUhe^ malye ou makye, « une 
une ». 

lur les marchés de Kinlampo, Salaga et Oua, le haoussa est la 
;ue usuelle ; h Bondoukou, il est parlé par tout le monde dans 
{uartier des teinturiers, qui sont, soit des Haoussa, soit des 
louri du Bornou. C'est aussi la langue oiTicielle des tirailleurs 
[lais, bien qu'il y ait très peu de vrais Haoussa parmi eux. — 
I Dyoula appellent les Haoussa Maraba ou Malarha. 

l* Pular. — La langue parlée par les gens que nous appelons 
i noms divers de Toucouleurs, Peuhls, Foulah, Foulani, Fella- 
i, etc., est désignée par eux-mêmes sous le nom de pular (pou- 
) ; ils donnent le nom de Al-pular Ç al pular ou hal pular ^ parler 
ilar) à Tensemble des peuples qui parlent cette langue, quelle 
s soit leur couleur ou leur origine, réservant les appellations 
iciales de Pullo (pluriel Fulbé) à ceux d*eutre eux qui sont 
neurés pasteurs (comme ils Tétaient tous sans doute à Tori- 
le), de Laobe à ceux qui exercent des métiers manuels et enfin 
Fula-nke (mot soninké employé seulement en Afrique Occi- 
itale) aux gens d'origine poular qui ont oublié leur langue pour 
)pter un dialecte mandé et qu'on rencontre principalement 
18 le Bondou,le Bambouk, le Dinguiray, le Fouta-Diallon, le 
assoulou, le Minian. 

ils semblent ne faire entre eux aucune distinction de couleur : 
iaios sont presque blancs, d'autres sont rouges, d'autres sont 
irs ; les uns ont les cheveux lisses, d'autres les cheveux crépus; 
uns ont les yeux bleus, d'autres les yeux bruns ou noirs. Mais 
considèrent tous les hommes parlant le poular comme formant 
i seule tribu. 

suivant les pays où ils habitent, les Poular ont ou n'ont pas de 
is de famille; ceux qui habitent parmi les Mandé ont des noms 
famille spéciaux, bien que plusieurs de ces noms (Diallo, 
ibé, Sissé, Diakité, etc.) se rencontrent aussi chez les Manenka 
îs Soninké et surtout chez les Foulanké. 
s ne font pas la distinction que nous faisons entre Peuhls et 
(couleurs; ainsi nous avons coutume de dire que lesToucou* 
"s ont fait la guerre aux Peuhls dans le Massina; pour eox. 



2:>G VOCABULAUŒS COMI'AIUTIFS DE LANGUES OU DIALECTES 

il s'agissait siraplemenl d'une guerre entre deux tribus poularde 
même race. Le nom de « Toucouleur », vient du mot ToAoior ou 
Tukulœr, employé par les Ouolof pour désigner tous ceux qui 
parlent poular, qu*ils soient rouges ou noirs, mot qui peut-être 
doit être identifié avec Tekruri « Soudanais »; quant an mol 
« Penhl » ou « Pcul », c'est simplement le mot PuUo mal prononcé. 

La racine de leur nom est fui (singulier pvd)\ de là viennent les 
mots pnVax (pur al ou pul-hal^ langue de Poul), PuVoo^ Pullo (un 
Poul), Ful-be (des hommes Foui). Les peuples de langue poular 
sont appelés Fila ou Fula ou Fulani par les Mandé, Ba-FUalshe 
(pluriel Fulawa ou Fulani) parles Haoussa, FïkUa par leaKanouri 
du Bornou. 

La langue poular est une. Mais à cause de l'immensité de son 
domaine (on trouve des gens parlant poular depuis le Ouadal à 
l'est jusqu'au bas Sénégal à l'ouest, et depuis la limite sud dn 
Sahara jusque près de l'équateur), à cause aussi du fait que, à 
Texception de quelques groupements, les gens de langue poular 
ne forment en général qu'une faible minorité dispersée au miiiea 
de tribus de langues diverses, les idiotismes sont nombreux dam 
chaque groupe, certains mots étant spéciaux à un groupe et peu 
usités ou inconnus dans les autres. Cependant un Poular du Séné- 
gal peut converser sans grande difficulté avecun Poular du Sokoto, 
comme j'en ai eu la preuve plus d'une fois. 

Quelle que soit l'origine des Foulbé de race pure, il est bien 
certain que la langue poular n'a rien de commun avec les langaei 
des autres peuples de race blanche qu'on rencontre en Afriqne, 
Sémites ou Hamites ; au point de vue des radicaux, on peut loi 
trouver quelques analogies, peut-être purement accidentelles, 
avec certaines langues nègres (en mettant de côté, bien entendu, 
les emprunts faits par le poular aux langues nègres voisines et par 
celles-ci au poular); mais celle langue a des caractères bien spé- 
ciaux, qui la mettent à part parmi tous les idiomes parlés en 
Afrique. Les principaux de ces caractères sont : raltéraUon de la 
consonne initiale de la racine pour former des pluriels ou des déri- 
vés; la distinction nette, au point de vue morphologique et dési- 
nenciel, des noms se rapportant à Thomme et de tous les autres 
mots (genre hominin et genre brute de Paidherbe); Timportance 
considérable des suffixes et le rôle joué par les suffixes d'individua- 



PARLKS A LA COTK D'IVOIRK 257 

lisation, el donl le résultai se manifeste en phénomènes que Ton 
a attribués à tort à des fantaisies euphoniques, par exemple dans 
raccord des prétendus adjectifs avec les noms, enfin le rapport de 
possession ou de dépendance marqué par simple juxtaposition, le 
nom du possesseur se plaçant le second (ce dernier caractère seul 
est commun au poular et aux langues sémitiques et hamitiques, 
ainsi d'ailleurs qu'au Imoussa). Ces caractéristiques de la langue 
poular ont été très nettement indiquées par M. le D'' Taulain, 
actuellement Secrétaire général de la Guinée française, donl le 
travail est certainement le meilleur qui ait été publié sur celte 
langue. 

Les pays où Ton rencontre des gens de langue poular sont prin- 
cipalement : le Ouadaï et les pays voisins à Test du Tchad, où ils 
sont surtout pasteurs et n'occupent aucune situation politique; — 
le sud du Baguirmi, le Logone, TAdamaoua, où ils sont pasteurs 
également, mais où certains d'entre eux occupent des situations 
politiques et religieuses importantes; — le Bornou,où ils sont 
simplement pasteurs; — le Kano, le Sokoto, le Gando, où ils sont 
à la fois pasteurs et guerriers et où ils ont acquis la suprématie 
politique et religieuse ; — les pays du nord de la Boucle du Niger 
(Torodi, Liplako, Hombori, Djilgodi, Mossi, Yatenga, etc.)f où on 
les rencontre, tantôt en groupes indépendants, pasteurs, guerriers 
et marabouts, tantôt en groupes plus ou moins vassaux des tribus 
au milieu desquelles ils se livrent à l'élevage, tantôt par familles 
isolées de pasteurs, tantôt enfin à l'état nomade, pasteurs et cara- 
vaniers; — les pays de la haute Voila, où ils sont en général pas- 
teurs, tantôt sédentaires, tantôt nomades, gardant des troupeaux 
pour le compte de propriétaires indigènes ou étrangers; les pays 
entre le haut Bandama et le haut Niger, où ils sont pasteurs, cara- 
vaniers et quelquefois cultivateurs; — le Massina, où ils sonlguer- 
riers, cultivateurs et pasteurs; — le Ségou et les pays Bamana et 
Soninké, où ils sont pasteurs el cultivateurs et ontété guerriers et 
conquérants; — le Fouta-Diallon el les pays voisins, où ils sont 
surtout pasteurs et cultivateurs; — le Fouta-Toro elle Bip, où ils 
sont pasteurs et cultivateurs, et en général indépendants. 

La majorilé des gens de langue poular est musulmane, bien que 
certains groupes isolés soient demeurés païens, surtout les groupes 
où les Foulbé blancs sont en nombre supérieur aux Foulbé noirs. 

n 



258 VOCAUULAIUilS COMi*AI(ATiFS liK LAN(;UES OU UIALECIËS 

Parmi les musulmans, les uns, surtout les noirs, sont dévots et 
font du prosélytisme ; les autres, surtout ceux qui sont unique- 
ment pasteurs el les nomades, ont un islamisme au contraire très 
tolérant et très superficiel. 

A la Cote d'Ivoire, on rencontre des gens de langue poularà 
Bondoukou (commerçants et convoyeurs de troupeaux), àBouna 
(convoyeurs de troupeaux), dans le cercle de Kong (pasteurs) el à 
la côte (commerçants). Les caravanes composées de Pouiar 
viennent principalement de Ségou, du Massina, de San, deOua- 
habou, de Boromo. 



3"" Arabe. — Dans la région qui nous occupe, l'arabe n'est parlé 
réellement que par les quelques Maures du Sahel sénégalais qui 
viennent échanger du sel et des bœufs contre des colas. Un grand 
nombre de Noirs musulmans connaissent l'arabe et le connaissent 
même bien mieux qu'on ne le croit généralement, mais, en dehors 
de quelques formules et compliments de politesse, ils ne s'en 
servent presque jamais en conversation. Ceux mêmes qui sont les 
plus versés dans cette langue éprouvent une grande difficulté à la 
parler, faute d'habitude : on peut exactement comparer leur casa 
celui de nos latinistes qui voudraient parler latin. 

En tout cas, l'arabe parlé dans le Soudan occidental, qu*il soit 
parlé couramment par des iMaures ou ânonné par des Noirs, est 
V arabe écrit ou arabe littéral. Les dialectes parlés du Maghreb et 
de l'Orient sont inconnus et ne seraient pas compris. On parle 
en prononçant toutes les voyelles et en employant les cas» les 
temps et les formes de la langue écrite, quoique en les employant 
de façon très irrégulière et souvent fantaisiste. 

Mais si Tarabe, en tant que langue parlée, n'a qu'une impor- 
tance négligeable, il en a une considérable en tant que langae 
écrite. Si l'on met de côté les Noirs européanisés élevés dans nos 
écoles el la petite tribu des Va!, on est forcé de constater que les 
Nègres de TAfrique Occidentale n'ont qu'une seule langue écrite 
à leur disposition : l'arabe. Cette langue est répandue parmi toas 
les mulsumans des villes, Mandé el Haoussa; les écoles où on l'en- 
seigne sont nombreuses ; et je pourrais citer plusieurs imAms 
(vulgairement alamï) et marabouts de la Côte d'Ivoire qui con- 



i»aiuj:s a i.a <:<)tk invoiisi!: i»v.» 

naissent mieux Tarabe et l^écrivent plus corrcclemenl que beau- 
coup de marabouts algériens de second ordre. 

Les arabisants noirs sonl de plus, en général, des calligraphes 
remarquables. Le lype d'écriture le plus en usage parmi eux se 
rapproche du coufique cl est fort difTérenl de récriture maghré- 
bine et de celle des calligraphes Sénégalais. 

Quoi qu'on en ait dit, les musulmans de TAfrique Occidentale 
le se servent pas des caractères arabes pour écrire les langues 
ndigènes : les marabouts mandé, haoussa ou foulbé parlent le 
nandé, le haoussa ou le poular, mais n'écrivent que Tarabe. 
'out à fait exceptionnellement, ils écriront dans leur langue, en 
' adaptant de leurmieux récriture arabe, quelques essais poétiques 
e courtes traductions de poèmes arabes, ou surtout des noies 
eslinées à aider le professeur lorsqu'il explique à ses élèves, dans 
i langue locale, un passage du Coran ou un texte juridique ou 
léologique. Ce ne sonl là que des traductions littérales qui ne 
euvent en aucune façon être données comme spécimens de la 
mgue locale, attendu qu'on y a conservé les tournures arabes; 
est de cette nature que sont la plupart des prétendus spécimens 
3 littérature haoussa publiés par le chanoine Robinson et qu'au- 
jn Haoussa n'est capable de comprendre. L'alphabet arabe se 
rète d'ailleurs Tort mal à la transcription des langues souda- 
lises, qui possèdent un grand nombre de consonnes et d'articu- 
lions tout (i fait étrangères à l'arabe, et où les voyelles sont 
>mbreuses et ont une importance considérable alors que l'écri- 
re arabe, n'en peut représenter que trois. Parmi les centaines 
t manuscrits qui me sont passés sous les yeux au Libéria, à la 
Me divoire et à la Côte d'Or, je n'ai trouvé qu'une page eu 
ngue poular, deux feuillets de traductions juxtalinéaires en 
Qgue mandé et deux lignes en haoussa : tout le reste était eu 
abe. J'ai vu de nombreuses correspondances, soit adressées à 
ts Européens, soit échangées entre indigènes : toutes absolu- 
ent étaient en langue arabe. 

Aussi la connaissance de l'arabe écrit est-elle éminemment 
ile dans les pays de l'Afrique occidentale où se trouvent des mu- 
Imans, car elle permet de correspondre directement avec les 
lefs et les personnages influents. 
Comme les Maghrébins, les arabisants deTAfrique occidenlale 



260 VOCABULAIRES COMPAKATlI'S 0I£ LANGUES OU DIALECTES 



IjeKrcs. 


Nom local. 


Valeur. 


I^Knrit. 


Nom local. 


Valcw. 


1 


a/i/u, Ufu 


a 


• 


*a/ti, (jfl/ii) 


*.(y) 


• 


ba 


h 


^r 


iirt/ti 


* 


o 


la 


l 


J 


/amti 


/ 


A^ 


say {lya, h/a) 


*. ('y. *y) 


c 


immti 


m 


E 


gyimu 


m 


cJ 


ItflItU 


«• 


c 


ha 


/«• 


» 


Ae 


«[rnuel] 


• 


ha, {ka) 


A*, (A) 


J 


UHifi, (uau, tMitt) 


to, («. •) 


^k»- 

^ 


dalu 


d 


s? 


tf« 


y 


• 


dyalu 


dy, (jy) 


V 


kpà 


*ï».(p) 


J 


ra 


r 


A 


gba 


y* 


• 

J 


zinu 


z 


i 


ta tnarbutaiu 


1* 


LT 


sinu 


s 


p 


'amza 


[iMHlte]' 


A 


sinUy {shinu) 


',(»*)• 


- 


wasila 


a. W 


W 


soin 


«* 


c 


gyezimu 


(a, i. «)- 


lp 


loin, {ddlu) 


lAd) 


«M 


tcuedîdu 


[«Mil 


L 


(ô 


t 




ou sadda 


IbMr] 


^ 


zha, {gya) 


îa;*. (jy) 


- 




id. 


t 


ainu 


tHiN Ttleir] 


X 


faiiha 


id. 


• 

t 


ghainu 


yA. y. (»•*) 


• 


kesira 


id. 




/■« 


Z' 


^ 


lamma 


id. 



1. Eipiralion beaucoup moias forte que celle du ^ prononcé régulièrement. — 
2. Même son que le ^ : rarliculttion kh existe dans quelques langues nègres» mail 
pas chez les Dyoula. — 3. Son de Vs ordinaire ou plus rarement dé Vi légèrement 
chuinté. — 5. Son du z légèrement chuinté. — 6. On omet toujours le point snr 
le noun Onal. — 7. On omet souvent les points sur cette lettre. — 8. La hanm 
s*omet la plupart du temps sur Talir, mais s*écrit toujours sur le onaoa et le ya, 
ce dernier perdant alors ses points ; le ya final perd aussi souvent ses points; le ya 
jouant le rôle d*alir d'union les perd toujours. — 9. On remplace songent le ouesit 
par un fatha; môme si on écrit régulièrement un ouesia, il est rare qu'on ne lui 
donne pas un son vocalique; le plus souvent, on Tomet et on prononce Tallf 
comme un a. — 10. En général on prononce régulièrement sans Toyelle la con- 
sonne qui porte le djezm, mais quelquerois on donne à cette consonne i'nn des 
sons a, i ou u. Comme les voyeltes, le djezm s'omet généralement dans TécriUire. 



rAHI.KS A LA COTK D'IVOÏRK iMil 



et centrale emploient le ,^^ avec le point sous la lettre et le v^ avec 
un seul point, ils Tont quelquefois usage d'un j surmonté de trois 
points pour représenter Tarticulalion gb^ lorsqu'ils transcrivent 
des noms propres indigènes, et d'un v' * trois points pour repré- 
senter Tarticulation /y;. En général ils ne vocalisent pas leurs 
textes ou ne le font qu'en partie ; lorsqu'ils le font, d'ailleurs, ils 
emploient très souvent les voyelles sans discernement, même 
lorsque le texte est très correct au point de vue des consonnes. 
S'ils introduisent des mots étrangers à l'arabe, des noms propres 
par exemple, ils les vocalisent presque toujours. 

Je donne ci-dessus un tableau des noms que les musulmans de 
Bondoukou donnent aux lettres et signes de l'alphabet arabe, en 
indiquant la valeur phonétique accordée le plus couramment par 
eux à ces lettres et signes. Les noms ou valeurs entre parenthèses 
sont moins fréquenter que les autres. 

La voyelle nasale ^ ou ~ se prononce en général comme la 
voyelle simple correspondante. — Les consonnes ne portant au- 
cun signe, comme le J de l'article précédant une lettre solaire, se 
prononcent en général comme si elles portaient un djezm; ce- 
pendant on entend aussi la prononciation régulière, consistant 
à omettre ces consonnes et à redoubler la lettre solaire, s'il y a 
lieu. 

Voici maintenant quelques exemples de prononciation de mots 
arabes et de noms indigènes transcrits en arabes : 

^j jj 1 alladijina; q9j\ ariu; ^^-JLjbJ 1 tUlâllina; J-a.^ I alra^- 
gyulu ou arragyulu; 'Lj)Lj salâsatu; y^ uwa\ ^^^^^jJL tarifa ou sharifu; 
L^^! axjlan ou ayia\ ^JLc aiiyu; l » k\ i kadtma; A Z -r^ Mohammadu; 



Mohammadi; i.x »--f-^ Mohammada; 




-^ -f -^ 



^J Gbona (Bouna); L Gho (Kong); é In r> Ghoiogho ou Gotogo (Bon- 
doukou); À^ ^u/u^u (Bondoukou) ; J-a^ Kparhala ou Kpaghala (Pa* 
klialla, Koulango); iJj Kpalarha ou Kpalagha; ^ * y ou ^j^^ Gifimini 



Jl t ^ -r fc ^ s 

(Djimini); ^^ Koux (nom abron); j.^ Kwadgo (nom abron); ^ ■ ■ ■».> «* 

^ ^ • 

ou j » ■ ■' Syatnoru (Samorî). 



'H\'l VOCAnUI.AIRKS COMPAUATirS DR I.ANCUKS OU DIALECTES 

V Piycon'English. — On a coutume de dire qu'un grand 
nombre de Nègres de la côte parlent anglais : il importe de préci- 
ser. Un grand nombre de Nègres de lacôte parlent en effet une sorte 
de patois dérivé de l'Anglais, mais un Anglais arrivant d'Angle- 
terre pour la première fois est <i peu près incapable de les com- 
prendre et de s'en faire comprendre. Je ne parle pas, bien en- 
tendu, des Noirs européanisés qui ont été élevés dans les écoles 
de Sierra-Leone ou de la Côte d*Or et qui parlent un anglais pas- 
sable, souvent même fort correct. 

Mais pour ce qui est des Krou de la côte, des Avikam de Lahou, 
des Alaguian de Jacqueville, des Zéma et des Fanti du bord de la 
mer non élevés à Técole, ceux d'entre eux qui sont sensés parler 
anglais, ne parlent en réalité que cette langue encore plus simpli- 
fiée que l'anglais lui-même, que les hommes les plus primitifs ap- 
prennent avec une promptitude étonnante, qui est répandue sur 
presque toutes les côtes du globe, en Chine comme en Afrique, 
et qu'on a coutume d'appeler le Pigeon-Englishj nom bizarre qui 
lui a été donné en Extrême-Orient. J'ai dit que ce dialecte ou pa- 
tois est fort simple : un Européen sachant l'anglais l'apprendra 
donc très vite, mais encore faut-il se donner la peine d'en saisir 
le mécanisme et les expressions spéciales si l'on veut comprendre 
et être compris. 

Je n'entreprendrai pas de donner ici la grammaire ni le voca- 
bulaire du Pigeon-Engluhy mais j*en noterai quelques particu- 
larités : d'abord les verbes sont toujours invariables et s'emploient 
généralement à l'infinitif : I besicA^ je suis malade; he be tici, il 
est malade ; he leave to-morrow^ il partira demain ; — on emploie 
pourtant assez fréquemment unci forme spéciale pour le passé, en 
se servant pour cela du mot donc « fait, fini » : he done go^ il a fini 
d'aller, il est parti; — la négation s'exprime soit à l'aide de no, 
soit à Taide de do (pour do not^ dorCt) : he no corne ^ il ne vient pas; / 
do know (prononcé c< aï do no »), je ne sais pas ; — on n^emploie ni 
genres, ni nombres : he veut dire à la fois « il, elle, ils, elles », au 
masculin, au féminin et au neutre ; quelquefois on en tend lA^ ayant 
le sens masculin aussi bien que féminin ; you veut dire a toi » et 
« vous », comme en anglais du reste; on emploie cependant toe 
pour « nous » et quelquefois they pour « ils, elles d ; — on fait un 
grand usage du mot get ou got : 1 got sic/c^ je suis tombé malade; / 



l'AHLKS A LA COTI-: DIVOIKI-: iOa 

no gel huf/ f/ams^ je n'ai pas Irouvéà acheter d'ignames; — plu- 
sieurs mois s'emploient très couramment avec un sens fort éloigné 
de celui qu'ils ont en anglais : lohkh veut dire « qui ? » ou 
« quel? » ou « quoi ? » ; them veut dire « ce, celte, ces » : them 
ihing, cette chose, them man, cet homme ; leave veut dire « partir » 
et lire (prononcé de même « liv ») veut dire « rester, demeurer, 
habiter » ; find veut dire « chercher » et loo/: veut dire à la fois 
« regarder », « voir » et « trouver », en sorte qu'on entendra des 
phrases comme celles-ci : he no live, he done go ou 1 find liim but 
1 no look àim, qui doivent se traduire a il n'est plus là, il est 
parti », « je l'ai cherché mais ne lai pas trouvé »; — la particule 
io devant les infuiitifs se supprime toujours ; en tant que préposi- 
tion, elle est remplacée souvent par la préposition for ou se sup- 
prime : he go town^ il va au village; he live for come^ il est sur le 
point de venir. — On emploie souvent des mots qui ne sont pas 
anglais, comme save (prononcé «savé]»), « savoir connaître »|; chop 
(prononcé « ichop ») « manger » ; dash « cadeau », etc. 

Quant à la prononciation, elle varie suivant les tribus, mais en 
général la lettre h ne se fait pas sentir, le th doux se prononce d 
et le th dur se prononce /; on nasalise souvent les voyelles et on 
supprime des consonnes : mt/ friend se prononce fréquemment 
« ma frein ». 

5* Petit-nègre. 

Le petit-nègre est au français ce que le Pigeon-Engluk est à 
l'anglais. Il est parlé par nos tirailleurs et nos employés et domes- 
tiques indigènes, et à peu près de la m6me façon au Tonkin et en 
Afrique occidentale, ce qui tendrait à prouver qu'il est la simpli- 
fication naturelle et rationnelle de notre langue si compliquée. Il 
faut un certain temps au Français arrivant de France pour com- 
prendre les Noirs qui soi-disant parlent français, notamment les 
interprètes, et surtout pour s'en faire comprendre. Que de domes- 
tiques ont été punis pour négligence ou insubordination qui étaient 
étaient seulement coupables de ne pas comprendre le français de 
France I 

On dit souvent que c'est nous qui avons inventé le petit-nègre 
et que, si nous parlions aux Noirs un français correct, ils parle- 
raient de môme. Ce raisonnement est puéril : si nous ne voulons 



2r/. VOCAIUJKAIHKS Cf »MI»AI;ATIKS 1)K f.ANririiS or niAMXTKS 

parler h un noir qu'un Trançais correct, il sera plus d*un an avant 
de pouvoir nous comprendre^ et quand il nous comprendra enfin, 
il nous r^^pondra en petit-nègre : voilà la vérité. (Je ne parle pas 
bien entendu d'un Noir auquel on apprendrait le français de façon 
régulière). Notre langue est sans conlredilTune des plus compli- 
quées qui soient au monde : Torlhographe y est, autant qu'en an- 
glais, en désaccord perpétuel avec la prononciation, et nous avons 
en outre une syntaxe hérissée de difficultés et d'anomalies et une 
morphologie où les exceptions sont plus souvent appliquées que 
les règles. Comment voudrait-on qu'un Noir, dont la langue est 
d'une simphcité rudimentaire et d'une logique presque toujours 
absolue, s'assimile rapidement un idiome aussi raffiné et illogique 
que le nôtre? C'est bel et bien le Noir — ou, d*une manière plus 
générale, le primitif — qui a forgé le petit-nègre, en adaptant le 
français à son état d'esprit. Et si nous voulons nous faire com- 
prendre vile et bien, il nous faut parler aux Noirs en nous mellant 
à leur portée, c'est-à-dire leur parler petit-nègre. 

Cela ne consiste pas d'ailleurs à abîmer le bon français en met- 
tant simplement le verbe à l'infinitif et en disant « moi » au lieu 
de «je », comme il est d'usage de le faire dans les phrases que 
les journaux humoristiques mettent dans la bouche des « sau- 
vages » ; il faut évidemment n'employer que les formes les plus 
simples des mots, mais surtout il faut n'employer que les mots 
exprimant des idées que les Noirs peuvent comprendre. J'ai en- 
tendu un officier, nouveau-venu dans l'armée coloniale, qui tenait 
à ses tirailleurs le discours suivant : « Moi exiger de tirailleurs 
obéissance passive ! vous bien comprendre moi ?» Et le sergent 
indigène, qui d'ailleurs avait des lettres et savait que l'une des 
formes de l'obéissance passive consiste à toujours comprendre 
ses supérieurs, répondit au nom de la troupe : « Ils ont tous bien 
compris. » En réalité ils n'avaient rien compris du tout, et si l'of- 
ficier avait parlé en bon français, ils n'auraient pas compris plus 
mal. Mais ils auraient compris si l'officier leur avait dit par 
exemple : « Quand je commander quelque chose, je veux vous 
faire ce quelque chose tout de suite; quand on commander un 
tirailleur faire quelque chose et tirailleur là il dit : Moi y a pas 
moyen faire ça, ou : Moi y a pas connaît, ou : Moi y en a malade, 
tirailleur là il est pas bon,gje melter lui salle police. » 



PAHI.KS A LA COTE U'IVOlKK 265 

Les principales caractérisliques du petit-nègre sont : Temploi 
des verbes h leur tonne la plus simple (infinilifpour les verbes de 
la 1*^ conjugaison, participe passé ou impératif ou encore inrinitif 
ramené à la 1 '* conjugaison pour les verbes des 2% 3*" et V conjugai- 
sons) : je parler, je fini, je vois ou je vu, je voulcr, je permisse dé- 
fendu ou je défendcr ; — négation exprimée simplement par le mot 
« pas »placé après le verbe : il parti pas, pour a il n'est pas parti » ; 

— suppression des distinctions de genres et de nombres; — sup- 
pression de Tarticle ou son maintien perpétuel, en faisant une sorte 
de préfixe du nom : son maison ou son la-maison; — usage con- 
sidérable du verbe '< gagner » et de l'expression « y a » ou « y en 
a » (pour c( il y a, il y en a ») comme particule verbale : moi y a 
gagné perdu (j*ai perdu), lui y a gagné crevé (il est mort), il a ga- 
gné gros (il est devenu gros), femme là il a gagné ventre (cette 
femme est enceinte), il a gagné petit (elle a eu un enfant); — em- 
ploi fréquent de mots empruntés au français populaire ou à la ter- 
minologie maritime : mirer (regarder), amarrer (attacher), etc.; 

— emploi du mot « là » comme démonstratif; — suppression fré- 
quente des (( à » et « de » ou leur remplacement par la préposi- 
tion c( pour » : moi parti village (je vais au village)^ le fusil mon 
camarade ou mon camarade son fusil ou le fusil pour mon cama- 
rade (le fusil de mon camarade). 

La prononciation varie suivant les tribus. En général les Noirs 
ont au début une grande difficulté à terminer un mot par une con- 
sonne et ajoutent une voyelle (é, i, ou le plus souvent) ou changent 
Te muet final en Tune de ces voyelles : tablé (table), assietti (as- 
siette), caisson (caisse); pour le même motif, ils prononceront t 
pour « il », parti pour « partir », piii pour « petit i>, etc. Us rem- 
placent souvent Tu par un i, eu par é, un par in : vi (pour vu), in 
pé (pour un peu). Beaucoup remplacent le ch par un s et le j par 
un z. 



BIBLIOGRAPFIIE 



Cette bibliographie n'a trait qu'aux ouvrages de linguistique ou renfermant 
une partie linguistique et ne concerne que les langues ou dialectes dont il est 
question dans cet ouvrage. Je n'ai pas la prétention qu'elle soit complète, 
cependant je ne crois pas avoir commis beaucoup d'oublis. 

Par principe je n*ai fait figurer aucune traduction de la Bible ni aucun 
abécédaire, primer ou livre de prières, à moins que ces sortes d'ouvrages ne 
fussent accompagnées d'un vocabulaire ou de notes grammaticales. Ces tra- 
ductions, en effet, n'ont absolument aucune valeur au point de vue de l'étude 
des langues nègres et sont régulièrement incompréhensibles pour les indigènes. 

Je cite en commençant quelques ouvrages ayant trait à un grand nombre 
de langues, afin de n'avoir qu'à les indiquer par le nom de l'auteur suivi d'une 
partie du titre chaque fois que j'aurai Toccasion de les mentionner. 

Abréviations : 

J. A. 0. S. = Journal of the American Oriental Sociely, 
J. R. G. S. z= Journal of the /loyal Geographical Society. 
Z. A. S. = Zeiischrift fur Afrikaniche Sprachen. 
Z. A. 0. S. = Zeitsclirift fur Afrikanische und Ozeanische Spracheti. 
Z. A. 0. 0. S. = Zeitschrift fur Afnkanische^ Ozeanische und Ostasia^ 

tische Sprachen, 

Ouvrages ayant trait à un grand nombre de langues : 

T. E. BowDicn. — Mission from Cape~Co(ut Castle lo Ashantee. — London, 
1819, in-4. (Renferme des numérations souvent fort incorrectes en un certain 
nombre de langues ou dialectes de la Côte d'Or et des pays voisins.) 

Mrs. H. KiLiiAM. — Elementary tounds or gênerai spelling lettons. — 
London, 1827, in- 12. (Courts vocabulaires souvent incorrects.) 

La même. — Spécimens of dialects of African languages spoken in the 
Colonyof Sierra- !.eone.'^honàoii,\9f2&, in-1-2. (Mêmes vocabulaires que dans 
l'ouvra^^e précédent, avec quelques additions.) 

J. Clarkc. — Spécimens of dialects. Short vocabularies of languaget and 
notes of countries and customs io Africa. — London, 1848, in-8. (Nombres et 
quelques mots en une quantité considérable de dialectes, mais le plus souvent 
incorrects.) 

S. W. KoELLE. — /Wf////o//a a/i7caita or a comparative vocabularyofnetriy 
three hundred words and phrases in more thaa one huadred distinct African 
languages. — London, 1854, gr. in-fol. (La valeur des vocabulaires est très 
inégale; en général ils sont plus ou moins sujets à caution.) 



268 BIBIJOGUAPIIIK 

J. G. CiiRiSTALLER. — Sprachproben aus dmn Sudan. (Z. A. S., III). — 
fierlin, 1889^ gr. in-8. (Nombreset mots en un certain nombre de langues du 
bassin de la Volta, avec des notes d'ensemble; le travail est bon en général, 
mais Tauteur a commis une erreur, que j'ai rééditée d'après lui dans mon 
Manuel agni, en confondant en un même groupe et sous le même nom de 
ffuan ou gwâ certains dialectes kyi de la basse Volta et de la haute Cote d'Or 
avec les dialectes mossi-gourounsi du Nta ou Gondja). 

I. — LANGUES DES LAGUNES 

Mëkyilio (Vétéré). — Néant. 

Aliourë (Akapless). — Père Bailleul. — Petit dictionnaire de la tangue 

abouré. — Dabou, 1902. (J*ignore si cet ouvrage a été mis en circulation.) 
Akyè (Attié). — G. Dreyfus. — Six mois dans fAttié. — Paris 1900, in-13. 

(Renferme un vocabulaire du dialecte bodé.) 
Père Méraud. — Essai sur la langue attié. — Dabou, 1902, in^lS. 

(Dialecte neddin.) 
Gooa (Mbâto) et Kyama (Ebrié). — Néant. 
Alaguian. — M. Delafosse. — Manuel agni (voir III, groupe agni ; renferme 

un court vocabulaire alaguian). 
Avikam (Brignan). — A. W. Hanson. — On a vocabutary ofAvekoom^ Ivory 

Coast. {Philological Society Proceedings, IV). — London, 1848-50, in*8. 
J. L. WiLSON. — Comparative vocabularies of some of the pnncipal 

Negro dialects of Afnca, (J. A. 0. S., vol. 1, n* IV). — New-Haven, 1849, 

in-8. (Vocabulaire avikam sous le nom de kwakwa.) 
Clarke : voir avikum (n* 119, page 20), pandan (n* 158, page 12), 

Cape-Lokou (n* 219, page 24) et banda (n* 220, page 24). 
Ari (Abidji), Abè et Adyoukrou. — M. Delafosse. — Manuel agni (voir III, 

groupe agni; renferme de courts vocabulaires ari et abè et quelques mots 

en adyoukrou). 
Ahizi. — Néant. 

IL — LANGUES KROU 

Étude d'ensemble. — G* Thomann. — Manuel néouolé (voir au néouolé; 
cet ouvrage renferme de courts vocabulaires de la plupart des dialectes 
de la famille krou). 

1* Groupe bêté. 

Dyida. — Clarke : voir wawi (n* 328, page 28). 

Kouaya. — Glarke : \o\r f ries ko (n* 77, page 18) et friesco (n* 204, page 14). 

Godyé. — Clarke : voir Kotrahu (n* 75, page 18). 

Néouolé. — Clarke : voir grabtva (n<»73, page 18 ; n"159, page 12 et page 37), 

bukra (n^" 74, page 18; n* 160, page 12 et n« 202, page 14), andone 

(n* 76, page 18) et grand-drewin (n** 203, page 14). 



lUinJOC-KAIMllK 209 

G. TiiOMANN. — /!!ssai tU' manuel de la langue néouoié parlée dans la 
région du Sassandra (Côte d'Ivoire). — Paris, 1904, gr. in-8. (Renferme 
une grammaire, des vocabulaires, une chrestomalbie et une notice ethno- 
logique et ethnographique.) 

ouadia, Hété et Bohoua. — G. Thomann. — Manuel néouoié (voir plus 
haut ; renferme de courts vocabulaires de ces dialectes). 

' Groupe bakoué. 

tude d'ensemble. — Fr. Muller. — Die Sprachen fJasa^ Grebo und km im 
Westlichen Afrika. - Wien, 1877, in-8. 

G. Thomann. — Manuel néouoié (voir au néouoié ; renferme de courts 
vocabulaires comparatifs des dialectes bakoué). 

■kouë. — KoELLE : vocabulaire bakoué sous le nom de ghê. G. Thomann 
(voir plus haut). 

ouaiië (Victory) et Pia (San-Pédro). — G. Thomann (voir plus haut). 

.hrioui (Béréby). — Clarke : voir Grand-Bereby (n® 71, page 18). 

P. du CnAiLLU.,— Voyages el découvertes dans t Afrique Éguaioriale. 

— Paris, 1863, gr. in-8. (Renferme une numération abrioui sous le nom 
de baolobo,) 

G. Thomann (voir plus haut). 
laoui (Plapo et Babo). Kiluam : voir le vocabulaire afpa. 

Clarke : voir barboe (n<»* 65 et 68, page 18) et labu (n* 69, page 18), 

G. Thoiré. — Recueil de quelques mots^ phrases en usage^ nombres el 

verbes empirantes au dialecte plaoui, — San-Pédro (Côte dlvoire), 1901, 

in-4. (Inédit ) 

éouî (Tépo). — - KfLHAM : voir le vocabulaire tapua. 

rélw. — J. L. VViLSON and Mrs. Wilson. A small elementarg school book, 

— Monrovia, 1835. 

The missionaries of the American Board of commissioners for foreign 
missions. — A vocabulanj ofGregbo words, — Fair-Hope(CapePalma8), 
1837, in-8. 

Les mêmes. — First reading book of the Greybo language, — Fair- 
Hope, 1837. in-12. 

Les mêmes. — A brief grammatical analysis of the Grebo language. 

— Fair-Hope, 1838, in-8. 

Les mêmes. — A revised édition of the first reading book. — Fair- 
Hope, 1838, in-12. 

Les mêmes. — Third reading book. — Fair-Hope, 1840, in-16. 

Les mêmes. — The first part of the Grebo reader^ with notes and a 
dict'onary for the use of beginners. — Cape Palmas, 1843. 

J. L. WiLSON. — Comparison bctween the Mandingo^ Grebo and 
Mpongwe diaiects. [Dibliotheca Sacra and Theological /levicw^ vol. IV, 
nu XVI). — New- York, 1847, in-8. 

[jB même. — Comparative vocabularies of aome of the principal Negro 
dialecls of Africa. (J. A. (). S., vol. I, n* IV). — New-Haven, 1849, 
in-8. (Ilenferme un vocabulaire grébo.) 



>•' 



270 lillMJOGKAPIIIK 

Clahre : voir grnho (n* 07, page 18 el pages 35 et 59), barboe (n* 70, 
page 18) et sigii (page 35). 

KoELLE : vocabulaire krebo. 

J. Payne. — Diclionary of the Grebo language. — New- York, 18Q0, 
in.l2. 

Le même. — Grebo grammar. — New- York, 1864, in-12. 

Le même. — Diclionary of Ihe Grebo language (2^ édition). — Phila- 
delphia, 1867, in-12. 

J. G. AuER. ^ Eléments of Ihe Gedebo language. — Stuttgart, 1870, 
in-8. 

Fr. Muller. — Die Sprachen Btua, Grebo und Kru. — Wien, 1877, 
in-8. 
Knio (Krou). — Kilham : vocabulaire kru. 

Geronimo Usera y Alarcon. — Entayo gramatical del idioma de la 
raza africana de /fano, por otro nombre Cruman, — Madrid, 1845, iQ*8. 

Clarke : voir kanga-kra (n* 62, page 18), nabwa-kru (n* 64, page 18), 
kru (n* 66, page 18 et page 36) et sigli (n* 72, page 18 et page 50). 

KoELLE : vocabulaire kra. 

R. F. BuRTON (F. R. G. S.). — Wanderings in West-A/rica. — Loo- 
don, 1863, 2 vol, in-12. (Court vocabulaire kraodans le 2* vol.) 

Fr. Muller. — DieSprachen Basa^ Grebo und Kru. — Wien, 1877, 
in-8. 

G. von der Gabelentz. — Kru-Sprache. {Allg, EncycL o. Ersck. v. 
Gi^ber, Sect. Il, Bd. 40.) 
Gbassa (Bassa). — Kilham : vocabulaire bassa^ notamment dans les ^fiecùneiu. 

La même. — tessons in Bossa and English. — London, 18^. 

W. G. Grogker. — Grammatical observations on the Bassa language. 
Edina, 1844, in-16. 

Clarke : voir bassa (n^ 63, page 18 et page 35). 

KoELLB : vocabulaire bcua, 

Fr. Muller. — Die Sprachen Basa, Grebo und Kf^. — Wien, 1877, 
in-8. 
Givi (Gibby, Quéah). — Néant. 
Bé. — KoELLE : vocabulaire dewoi. 

III. LANGUES AGNI-ASSANTl 

Étude d'ensemble. — J. G. Christaller, Ch. W. Locker and J. Zimmermann. 
— A diclionary of English, Tshi and Akra. — Basel, 1874, in-8. (Voca- 
bulaires fanti, assanti, akim, akouapim, gan et adangbé.) 

J. G. Christaller. — Die Volta-Sprachen Gruppe. (Z. A. S., I). — 
Berlin, 1887, gr. in-8. (Vocabulaires gan, adangbé, gouan et assanti, avec 
notes.) 

A. B. Ellis. — The Yoruba-speaking peopler of the Slave^oast of 
West'Africa. — London, 1894, in-8. (L'appendice renferme une oompa* 
raison des langues kyi, gan, éhoué et yorouba.) 



i;ii;iJO(;i;Ai'iiii-: 271 

M. Delafossk. — Mmiwil tifjm (voir au jçroupe ajçni ; VI h* parlie : Con- 
sidéralions ethnologiques et philologiques). 

!• Groupk gan-aiungbk^ (intermédiaire entre la famille aj^ni-assanti propre- 
ment dite et la famille éhoué). 

iaii (Accra). — Bowdich : numération akra. 

R. Rask. — Vcjledniug lil Akra-Spi'oget pd ktfslcn Giuea med et Till- 
seg om Akwamhuisk. — Kiuhenhavn, 1828, in-12. 

Clarke ; voir ghah (n«* 86, 92 et 93, page 18 et page 37) et Gold-Coast 
(n« 149, page 10). 

J. ZiMMERMANN. — A grammatical skelc h of Ihe Ah'a or Gn languagc. 
— Stuttgard, 1858, 2 vol. in-8. 

R. BuRTON. — Wit and wisdom from West-Africa. — London, 1865, 
in-12. (Renferme des proverbes gan avec traduction.) 

C11RISTALLER, LocKER and Zimmermann (voir à : étude d'ensemble). 

H. Johnson and J. G. ChristaLler. — Vocabularies of ih* Niger and 
(told'Coast, — London, 1886, in-12. (Renferme un vocabulaire gan.) 

J. G. Christaller. — Volta-Sprachen (voir à : étude d'ensemble). 

Le même. — Sprachproben (yoir au début de la bibliographie; numé- 
ration gan). 

J. G. Cbristaller und H. Boiiner. — Ueôungen in der Ah'a oder Gd- 
Sprache. — Berlin, 1890, in-8. 

A. B. Ellis. — The Yoruba-speaking peuples (voir à : étude d'en- 
semble). 
Ldanglié (adan-mé). — Koelle : vocabulaire ndampe. 

J. Zimmermann. — A grammatical sketch (voir au gan; renferme un 
appendice sur le dialecte adangbé). 

Christaller, Locker and Zimmermann (voir à : étude d'ensemble). 

J. G. Christaller. — Volta-Sprachen (voir à : étude d'ensemble). 

Le même. — Sprachproben (numération addmé). 

2® Groupe kyi. 

omoua et Alioutou. — BowDiCH : numération afutu, 

H. JoiiNsoN and J. G. Christaller. — Vocabularies ofihe Niger and 
Gold'Coast. — London, 1886, in-12. (Vocabulaire obutu.) 

J. G. Christaller. — VoUa-Spmclien (voira: étude d'ensemble; vo- 
cabulaire gwn\ et notes sur les dialectes gomoua et aboutou). 
*«iti. — W. J. MuLLER. — />i> Afrikanischey auf def* Guineischen Gold- 
Cust gelegene, Landtchaffl Fétu. — Nûrnberg, 1675, in-8. (Vocabulaire 
fanti d'Afoutou.) 

J. CoRRY. — Observations upon the windward coati of Africa^ wilk 
vocabularij. — London, 1807, in-4. 

BowDiCH : numération fanti. 

W. Hutton. — Nouveau voyage dans V intérieur de CAfrique^ traduit 
de langlais, par le chevalier Thorel de U Trouplinière. — Paris, 1883, 
in-8. (Vocabulaire fanti.) 



272 BIHLIOGUAIMIΠ

KiuiAM : vocabulaire fanti. 

J. Beecham. — Ashantee and fhe Gold-Coàst and the inhahitanU. — 
London, 1841, in<12. (Vocabulaire fanti.) 

E. NoRRis. — Outline of a few of the principal languages of Western 
and Central Africa. — London, 1841, in-8 obi. (Vocabulaire fanti.) 

Clarke : voir koromanti (n«* 84 et 96, page 18; 128, 133, 138, 139 et 
140, page 10; 298, page 26 et page 36), agun (n** 78, page 18, et 154 
page 12), egua (n"" 82, page 18), fanti (n®* 80 et 91, page 18; 156, page 12; 
376, page 30 et page 34) ; agouna (n? 89, page 18), elmina (n* 90, page 18) 
et amina (n® 81, page 18). 

J. L. WiLSON. — Comparative vocabularies of tome ofthe principal 
Negro dialects of Africa. (J. A. 0. S., vol. 1, n* IV). — New-Haven, 
1849, in-8. (Vocabulaire fanti.) 

Christaller, Locker and Zimmermann (voir à : étude d'ensemble). 

J. G. Christaller. — Grammar of the Asanle and Fonte languagc 
called Tshi. — Basel, 1882, in-8. 

Le même. — Dictionary ofthe Asante and Ponte language called T$ki^ 

— Basel, 1882, in-8. 

Le même. — Sprachproben (numération âmti). 
A. B. Ellis. — The Fshi-speaking peoptes of the Gold^CooMi of 
West-Africa, — London, 1887, in-8. (Quelques notes sur la langue fanti.) 
Le même. — The Voruba-speaking peoples (voira : étude d'ensemble). 
R. M. GONNOLLY. — Social life in Fanti land. (Journal of the anêhro- 
pological Institute of Great Britain^ XXVI). — (Renferme des remarques 
linguistiques.) 
Akouamou. — R. Uask. — Vejledning til Akra-Sproget pd ky$ien Ginea 
med et Tillseg om Akwambuisk, — KiObenhavn, 1828, in-lS. 
Glarke : voir aquimbo (n* 94, page 18). 
Akouapim. — Glarrb : voir ahipon (n* 87, page 18). 

H. N. Riis. — Elemente des Akwapim- Dialects der Odschi^Sprache. 

— Basel, 1853, in-8. 

Le même. — Grammatical outline of the Oji language^ wiik spécial 
référence to the Akwapin diaUct. — Basel, 1854, in-8. 
Ghristaller, Locker and Zimicericann (voir à : étude d'ensemble). 
J. G. Christaller. — Negersagen von der Goldkûste. (Z. A. S., I). 

— Berlin, 1887, gr. in-8. (Deux contes en akouapim, avec tradaclion et 
notes.) 

Ouassa. — Clarke : voir warsah (n® 132, page 10) et warsaw (n** 95, pagelS; 

169, page 12 ; 253, page 32; 318, page 28 et 374, page 30). 
Anoum et Latè. — J. Q. Christaller. — Volta-Sprachen (voir à : étade 

d'ensemble; vocabulaire des dialectes anoum et laté sous le nom de guaH 

ou gwâ). 
Akim. — Clarke : voir akkim (n^ 88, page 18). 

Christaller, Locker and Zimmermann (voir à : étude d'ensemble). 
Assanti. — Bowoicu : numération ashantee et quelques notes. 



iuniJO(;itAriiii-: J7:< 

KiLiiAM : vocabulaire ashanti. 

Glarkk : voir ashanti (n*»» 79, page 18; 157, page 12 et page 34). 
KoELLC : vocabulaire osante. 

R. BuRTON. — Wit andwisdom fvom Wesl-Africa, — London, 1865, 
in-12. (Renferme des proverbes assanti avec traduction.) 
CiiRiSTALLER. LocKER and ZiMMERMANN (voir à : étude d'ensemble). 
J. G. CiiRiSTALLER. — Gvammai' of the Asante and fiante languagn 
(voir au fanti). 

Le même. — Dictionanj of the Asanla and Fnnte language (voir au 
fanti). 

Le même. — Voita-Sprachen (voir à : étude d'ensemble; vocabulaire 
assanti). 

Le même. — Sprachproben (numération assanti). 
Okouaou. — Clarke : yoir quako (n" 144, page 10). 

Koranz.!. — BowDicii : numération koranza mélangée de gbanyan sous le nom 
de in ta, 
Clarke : voir dagamha (n"* 289, page 32). 

Ciiristaller. — Sprachproben (numération koraoza mélangée de 
gbanyan sous le nom de guaiï). 
Abronde l'est. — BowDicii : numération ùurum, 

Clarke : voir trubi fn»» 83, page 18; 167, page 12; 234, page 14 et 
page 49). 
CiiRisTALLER. — Sprachproben (numération broû). 
Assini (Âssine), Kycfo (Tufel), Amansi, Adansi, J>en|^aira, Aa, Takima, 
Doma, Abron de l'ouest et Ot! : néant*. 
3* Groupe zéma. 
Zêma (Amanaya ou Appollonien). — Bowdicii : numération amanaya, 
Christaller. — «S/7rac/rpro6en (numération amanahia). 
M. Delafosse. — Manuel agni (voir au groupe agni; renferme un 
court vocabulaire zéma). 
Aaata. — Bov^'DiCH : numération ahanla, 

Clarke : voir ahanta (no 85, page 18). 

4'' Groupe agni. 

Baoulc et étude d'ensemble. — M. Delafosse. — Kssni de manuel de la 
langue agni. — Paris, 1901, gr. in-8. (Renferme une grammaire, des vo- 
cabulaires, une cbrestomathie et une notice ethnologique et philologique.) 

1. Logba. — D. Westkrmamn. — Die Logbaspraehi in Togo. (Karzer AHrtss dcr 
Gramrnatik und Texte). — (/. A. 0. 0. S , VII, 1).— Berlin, 1903, in-8. — Le dia- 
lecte lo^ba, qui semble faire la transition entre le groupe gan-adangbé, les langues 
kyi el los langues mossi-gourounsi, est parit* dans le Togo, au nord et au nord- 
esl d'Avalimé. Je n*ai pu faire flgurer ce dialecte dans ma classiBcation des langues 
agni-assanti, réludc de M. Westermann ayant paru après l'achèvement du présent 
ouvrasTo. 

IS 



n\ 1{|imj<k;i;ai'Iiik 

As8oko(Assinie). — F. jRAND'iieun. — Vncafmlfiire fmnçais-agni. — Paris, 

1893, pel. in.32. 
Afcnia (San-mvi). — Bowhicii : numération aowin. 

Père RoNiiOMMi:: (J. M. J.). — Peliix crercices préparatoires pour 

C élude de Vdfim, — Lyon, 1901, pel. in-18. 
Autres dialectes. — Néant. 

IV. LANGUES MANDÉ. 

Ëtude d'ensemble. — Dr. A. Steinthal. — Die Mande-Neger Spra- 
chen, — Berlin, 1867, in-8. (Étude comparée du malinké, du val et du 

80880.) 

J.-B. Ramraud. — La langue mandé. — Paris, 1896, in-8. 

M. Delafosse. — Essai de manuel pratique de la langue mandé ou 
mandingue. — Paris, 1901, gr. in-8. (Les trois premières parties sont 
consacrées au dialecte dyoula, la quatrième est un essai d'étude comparée 
des principaux dialectes mandé.) 

1* Groupe manoé-tamou. 

Soninké (Marka, Sarakolé). — Th. Dwight. — iiemarks on the Sereeuleks. 
{American Annals of cducationy oct. 1835.) 

X. — Vocabulaires guiolof^ mandingue^ foule^ saracole^ sérairty 
bagnon et floupe, recueillis à la Côte d'Afrique pour le senrice de Tan- 
cienne Cie Royale du Sénégal et publiés pour la première fois d'après un 
manuscrit de la Bibliothèque Royale (Mémoires de la Société Ethnobh 
giquCy IL) — Paris, 1845, in-8. 

Clarke : voir serawuli (n" 28, page 16). 

KoELLE : vocabulaire gadjaga. 

Dr. H. Bartii. — Der verlorene Sohn in der Sprache von Sheiw% ku 
Sefe oder der Azarareye Sprache. {Zeitschnft der Deutsehen Morgtth 
Idndischen Gesellschafty IX.) — 1855. (Texte traduit dans le dialecte so- 
ninké deTichit, avec des notes.) 

G«l Faioherbe. — Vocabulaire d'environ 1,500 mots français avec 
leurs correspondants en onolofde Saint-Louis, en poulardu Pouia et eu 
soninké (sarakhollr) de Hakel, — Saint-Louis, 1860, in-8, obi. (et dam 
Annuaire du Sénégal pour 1860, Saint- Louis, in-18). 

Le même. — Vocabulaire sarakolé ou soninké. {Annuaire du Sénégal^ 
1864.) 

Le même. — Notes grammaticales sur la langue sarakolé ou soninké, 
(Annuaire du Sfhiégal, 1881.) 

Le même. — Langues sént^galnises , — Paris, 1887, in-18. (Notiee 
grammaticale et vocabulaire soninké.) 

Cap. Pietri. — Les Français au Niger. — Paris, 1885, in-8. (Quel- 
ques notes sur le dialecte soninké.) 

D' Tautain. — Note sur les trois langues soninké^ hemmana et mal" 



i:iKM()<;i{AnMi-: 2 



* • •» 



litikc on mandinfjlié. (/{évite de linguistique et de p/tiloloyie compui'ées^ 
Paris, 1887.) 

G. Bastaiu). — /tissai de lexique pour les idiomes soudanais, {/tevue 
Coloniale, mai 190().). — Paris, in-8. (Vocabulaire soninké.) 

M. Delafossk. — Manuel mandé (voir à : élude d'ensemble ; IV' par- 
lie, chap. vin). 
©ïo. — Néant. 

2* Groupe mandk-fou. 

I^a (Bobo-Dioula), Gbin et Xo^nn. — Néant. 

ouin (Mona). — M. Delà fosse. — Manuel mandé (voir à : élude d'ensem- 
ble; IV' partie, chap. ix : court vocabulaire mouin). 
oaénî (Lo, Gouro). — J. Eysséric. — Rapport sur une mission scientifique 
à la Côte d'/voire. {youvelles ardùves des missions scientifiques^ 
tome IX.) — Paris, 1899, in-8. (Quelques mots kouéni.) 

M. Delafosse. — Manuel mandé (voir à : étude d'ensemble; IV« par- 
tie, chap* IX : quelques mots kouéni). 
nio (Ouobé). — Koelle : vocabulaire //70. 
bèlé(Nguéré, Manon). — Koelle : vocabulaire mano ou mana, 
pelé (Gbéressé). — Kiliiam : vocabulaire pessa, 

Clarke : voir pessa (n"" 22, page 1 et page 36)et ùaru (n* 286, page 32). 
Koelle : vocabulaires ghandi el gbese. 

P. du CiiAiLLU. — Voyages et aventures dans l'Afrique Kquatoriale, 
— Paris, I8G3, gr. in-8 (numération bouzé). 

J.-B. Ramhauo. — /m langue mandé (voira : élude d*ensemble ; nu- 
mération berese). 
»aia (Toma). — Koelle : vocabulaire loma, 

J.-B. Rambaud. — La langue mandé {voiv k : élude d'ensemble; nu- 
mération et quelques mois toma), 
Beïma. — Néant. 
endé (Kosso). — Kilham : vocabulaire kossa, 

Clarke : voir mendi (n** 16, page 4; 90 el 32, page 16), dicama 
(n*»' 18, page 4; 27, page 16), kossa (n^ 19 el20, p. 4; 31 e^ 34, page 16 ; 
4^>, page 16), barn (n« 293, page éd), pessa (n* 33, page 16), iawifulu 
(n'» 301 , page 28 et 278, page 32), kangga (n* 317, page 28), kis$i (n* 279, 
page 32), karu {n^ 280, pge 32) et kossa (page 36). 

A. W. Hanson. — On tlie Vei and Mnidi dialects. {l^/iilological So- 
cietij /h'oceedings, IV). — London, 1848-50, in-8. 
Koelle : vocabulaire mende. 

P. du CiiAiLLU. — Voijages (voir au kpélé; numération kos). 
J. F. Sciioe.n. — (irammar of the Mende language. — l/Ondon, 1882, 
in18. 

I^ même. — Vnrnbulaiii of the Mende language, — London, 1884, 
in.l2. 
indorlio (Loko). — KoKLLE : vocabulaire landor'o. 



27G lUIU.lOfiKAnill!: 

DyaloQkc. — Clarke : voir manua (n* 24, pag^e 16), tihamùa {n? 25, 
page 16), jallunkan (a* 29, page 16), Ishamùo (n* 44, page 16). 
KoELLE : vocabulaires soso-solima et tene. 

E. Mage. — Voyage dans le Soudan Occidental. — Paris, 1868, 
in-8. (Numération et quelques mots.) 

Sosso (Soussou). — E. Brunton. — A grammar and vocabulary oftke Susoc 
language, — Edinburg, 1802, in-8. 

KiLiiAM : vocabulaire sussu. 

Clarke : voir susu (n"^ 15 ; 28 et 30, p. 3 ; n** 21 et 22^ page 16 ; n* 60, 
page 18 et page 34), bangullan (n* 23, page 16) et rio-nunes (n* 98^ 
page 16). 

KoELLE : vocabulaire soso-kisekise. 

Dr. H. Steinthal. — Die Mandt-Neger Spraclien (voir à : étude d*en- 

semble). 
H. M. Stanley. — Through the Dark Continent. — London, 1878, 

2 vol. in-8. (Le tableau qui termine le 2« vol. renferme un court vocabu- 
laire tusi). 

J. H. Dupont. — Outlines of a grammar of tht Susu ianguage. — 
London, 1882, in-12. 

J.-B. Raimbault. — Dictionnaire françait-soso et soso» français. — 
RioPongo, 1885, in-18. 

J.-B. Ramdaud. — La langue mandé (voir à : étude d'ensemble; nu- 
mération et quelques mots sosso). 

Fameciion. — Notice sur la Guinée Française rédigée pour rExpou- 
tion Universelle de 1900. (Courte mais excellente note sur la langue 
sosso.)*. 

3® Groupe mandé-tan. 

Noamou, Liglii et Hnéla. — Néant. 

Vaï (Veî, Vèou). — Clarke : voir vy et vey(n**2l, page 6;38et4D, page 16; 
3S1, page 30), sandu (n* 297, page 26) et kanga couniry (page 57). 

F. E. FoRBES and E. Norris. — Despatch communieatit^ the diseo- 
very of a native written character at Bohmar^ accompanied by a m- 
cabulanj of the Vahie or Veilanguage and alphabet. — London, 1849, 
in-8. 

S. W. KoELLË. — Narrative of an expédition inio the Vy couniry of 
West'Africay and tbe discovery of a System of syllabic writing. — 
London, 1849, iii-8. 

A. W. Hanson. — On the Vei and Mendi dialects. {Philological Sih 
ciety ProceedingSf IV). — London, 1848-50, in-8. 



i. Je mentionne ici le vocabulaire bnko de Koellb dans ie PoiyglMa AfriceMê, 
qu'il donne comme parlé dans la région de Kayoma et Uoussa et qui semble ap- 
parloilir au groupe mandé-fou. 



BIHI.I()(;ilAIMIII-: 277 

E. NoRRis. — On Koelle's ttiscovenj of a wrxHo.n African languagr 
[Ihid,). 

F. E. FoRDES. — Fac-similé d'un manuscrit en langue vaï. — Lon- 
don, 1851, in-18. 

Le même. — Discovery and vocahularies of thn Vnhio and Duhoman 
iangunges. — London. 1851, in-8. 

S. W. KoELLE. — Outlines of a grnmmar of Ihe Vei langunge, — 
I.ondon, 1853, in-8. 

Le même. — Outlines ofa grammar of thc Vei ianguage^ togcther 
witli a Vei'Engiish vocabulary and an account of the discovery and 
nature of the Vei mode of syllabic writing. — London, 1854, in-8. 
Le même. — Polyglotta : vocabulaire vei. 
P. du Chaillu. — Voyages (voir au kpélé; numération vesey). 
Dr. H. Steintiial. — fJie Mande-Neger Sprachen (voir à : élude 
d'ensemble). 

J. BûTTiKOFER. — Das Xtililensyslem der Vey, [Internationales Archiv 
fur /il/tnographie, I, 1888.) 

J.-B. Ramdaud. Aa langue mandé (voir à : étude d'ensemble; numé- 
ration et quelques molsvaî, avec des notes grammaticales). 

M. Delafosse. — Les Vaijcur langue et leur système d* écriture. [L'An' 
thropologie, tome X.) — Paris, 1899, in-8. (Renferme quelques notes 
grammaticales, une étude sur l'alphabet va! et le tableau des carac- 
tères.) 

Le même. — Manuel mandé (voir à : élude d'ensemble, IV* partie, 
chapitre vi). 

MoMOLU Massaquoi. — Phonetic chart of the Vn cliaracters. — Ghen- 
dimah (Gallinas), 1900 (1 feuille). 
lyoula. — BowoiCH : numération dyoula de Kong, 

M. Delafosse. — Manuel mandé (voir à : étude d'ensemble ; renferme 
une grammaire, des vocabulaires et un texte dyoula et un essai d'étude 
comparée du dyoula avec les autres dialectes mandé), 
amana (Bambara). — BowDicii : numération bambarra. 

J. Dard. — Dictionnaire français-wolof et français- bambayxi. — 
Paris, 1825, in-8. (Même ouvrage, 2* édition. Dakar. 1855, in-8.) 

E. NoRRis. — Ou t Une ofa vocabulanj o( à few of the principal lan- 
guages of Western and Central Âfrica. — London, 1841, in-8 obi. (Voca- 
bulaire hambaiira.) 

Clarke : voir n 19 et 20, page 16. 
KoELLE : vocabulaire bambara. 

Dr. H. Steinthal. — Die Mande-JS'cger Sprachen (\oïr à : élude 
d'ensemble; quelques notes sur le dialecte bamana et des exemples). 

(^p. PiKTRi. — Les Français au Miger. — Paris, 1885, in-8. (Notes 
grammaticales sur le bamana.) 

G. BiNGER. — Fssai sur la langue bambara parlée dans le Kaarta et le 
Bélédougou, suivi d'un vocabulaire. — Paris, 1886, in-18. 



278 HIIUJO(;UAnilK 

Père K. Montel. — /dictionnaire hamhara-franrnis, — Saiol-Joteph- 
de-N{ça/.obil, 188G, in-18. 

Le même. — Kiémcnls de la grammaire bambara. — SaÎDt-Joaeph-de- 
Nljazobil, 1887, in.18. 

D' Tautain. — Noie sur les trois langues soninktK banmana et mal- 
linké (voir au soninké). 

Missionnaires de Ségou (Pères Blancs). — Catéchisme bambara suivi 
d*un vocabulaire. — Paris, 1897, in-18. 

Un missionnaire (A. Toulotte). — Essai de grammaire bambara 
(idiome de Ségou). — Paris, 1897, in-18. 

6. Bastard. — Essai de lexique pour les idiomes souAaiiait (voir aa 
soninké; vocabulaire bamana). 

M. Delafosse. — Manuel mandé (voir à : étude d*ensemble; IV* par- 
tie, chap. iv). 
Turonkè. — KoELLE : vocabulaire toronkn. 

Kliassonkè. — J.-B. Ramoaud. — Aa langue mandé (voira : étude d*eDsemble; 
mots et expression khassonhè indiqués par la lettre k). 

G. Bastakd. — lissai de lexique (voir au soninké; vocabulaire kbas- 
sonkè). 

M. Delafosse. — Manuel mandé (voir à : étude d^ensemble; IV* partie, 
chap. V). 
Manenka (Malinké, Mandingue). — BowoiCH : numération mandingo. 

J. Dard. — Grammaire wolofe. — Paris, 1826, in-8. (L'appendice eon- 
tient des remarques sur le manding:ue.) 

X. — African tessons, Mandingo and English. — London, 1827, in-S 
(dialecte de la Gambie). 

M. Macorair. — A grammar of the Mandingo language^ wilh Tocabu- 
laries. — London, 1837, in-8 (dialecte de la Gambie). 

E. Norris. — Outline, etc. (voir au bamana; vocabulaire masulingo). 

X. — Vocabulaires guiolof, mandingue^ foule^ saraeole^ etc. (voir an 
soninké). 

J. L. WiLSôN. — Comparison between the Mandingo ^ Grtbo and 
Mpongwe dialects (voir au grébo). 

Le même. — Comparative vocabulaires of someof the principal Negro 
dialects of Africa. (J. A. 0. S., vol. I, n* IV). — New-Iiaven, 1849, in-8. 
(Vocabulaire mandingo,) 

JoMARD. — - Remarques et recher^:hes géographiques sur le voyage die 
Caillir dans l'Afrique centrale, suivies des vocabulaires recueillis par 
Rt'nê Caillié. — Paris, s. d., in-8. (Dialecte malinké du nord.) 

Clarkh: : voir mandingo (n"^10à14, pa^eG;12à 17, pagelGet page 34). 
mnnin'ja (ii® 18, pajre K») e1 sokkn (n* 59, pagre 18). 

Koklle: Voi:abiilaires Knhuf\,fn ^oialecte de Touesl) et mandetlga (dia- 
lecte du sud). 

P. liu CiiAiLLU. — Voyages (voir au kpélé ; numération en malinké du 
Saloun et du Baol). 



iuinjo(;KAniiK jrti 

Dr. II. Steintiial. — Iha Mund'^-\etfer Spnir/nni (voir à : élude d'en- 
semble). 

H. M. Stanley (voir au sosso; vocabulaire mandinffo), 

D' Tautain. - /Vote sur les trois langues soninkf^y banmana et mal- 
linkê ou tnandhnjhr (voir au soniriké). 

K. Basset. — /:^ssai sur Vhistoire et la langue de Tombouctou et des 
royaumes de Songhaï et Melli. — Louvain, 1888, in-8. 

Le même. — Vocabulaire sangaran recueilli à Victoria (Rio-Nunez). 
(Inédit; dialecte malinké du Sangaran ou Sankarao). 

J.-B. Rambauo. — La langue mandé (voira : élude d'ensemble; gram- 
maire et dictionnaire des dialectes du nord et du sud). 

Un père de la congrégation du Saint-Esprit. — lissai de dictionnaire 
pratique français-malinké, — Saint-Michel-en-Priziac, 1896, in 1*2. 

Le mémo. — â'ssai de grammaire malinkée. — Sainl-Michel-en-Pri- 
ziac, 1897, in 8. 

J.-B. Ramuauo. — Des rapports de la langue ijoruba avec les langues 
de la famille mand*'. {/Julie tin de la Société di* linguistique de Paris, 
n'44, 1897.) 

Père AoivEN. — Grammaire malinké, — Paris, 1900. 

Le même. — Dictionnaire malinké- français, — Paris, 1900. 

Le même. — Pictionnaire français -malinké, — Paris, 1900. 

M. Delafosse. — Manuel mandé (voira : étude d'ensemble; IV* par- 
tie, chap. Il ; dialecte du Dinguiray). 
Sidîanka. — Clarke : voir timbu {n^ 34, page 6 et n* 32, page 28). 

KoELLE : vocabulaire djaluiïka. 
Ouassouloiiiika. — KoELLE : vocabulaire kankailka, 

E. Péroz. — Dictionnaire français mandinguc, — Paris, 1891, in-i6 
carré. (Dialecte de Bissandougou.) 

J.-B. Ramdauo. — La langue mandé (voir à: étude d'ensemble ; quel- 
ques mois et expressions spéciaux au Ouassoulou.) 

M. Delafosse. — Manuel mandé (voir à : étude d'ensemble; IV* partie, 
cbap. m). 
Mînianka. — Koelle: vocabulaire /rono (manianka mélangé de val). 

M. Delafosse. — Manuel mandé (voir à; étude d'ensemble ; IV* par- 
tie, chap. vu). 
Minianka, Koiiianka et Maou. — Néant. 

V. - LANGUES SÉNOUFO. 
Néant. 

VI. — LANGUES MOSSÏGOUROUNSI. 

Étu<ie d'ensemble. — Ciuustalleh. — Sprachproben (voir au début de 

le bibliographie). 



iHii iniujoGiiAPiiii*: 

!• Groupe mossi. 

Gourma. — Koelle: vocabulaire gwma . 

F. Dubois. — Vocabulaire gourma. {Bulletin du Comité de tAfriqvt 
française, juillet, 1898.) Paris, in-4. 
MorLo (Mossi). — Bowdich : numération moisi. 

Clarke : voir mosi^ (n** 292, page 26) et wirimose (n*» 285, page 32). 
Koelle : vocabulaire mose. 

F. Dubois. — Vocabulaire mossi, {Bulletin du Comité de FAfriqut 
Française^ juin 1898.) — Paris, în-4. 

R. Bluzbt. — Vocabulaire de la langue du Mossi précédé de nota 
grammaticales, {/^enseignements coloniaux et documents publiés par le 
Comité de r Afrique Française, supplément au n* de mars 1901 da Bul- 
letin du Comité.) — Paris, in-4. 
Ilirîfo. — Clarke : voir yana (n* 42, page 16). 

Glianyan (Nta, Gondja). — BowoiCH : mauvaise numération gbanyan soosie 
nom de ingwa. 

Von François. — Sprachproben aus dem Togoland (Z. A. S., II). — 
Berlin, 1888, gr. in-8. (Court vocabulaire banjaue^ gbanyan mélangé de 
korania et de haoussa.) 

Christaller. — Sprachproben (mauvaises numérations nta et tas- 
jaue). 
Da(r|ioma (Dagomba). — Bowdich : mauvaise numération dagwumba. 
Clarke : voir dagombo (n"" 217, page 24). 
Koelle : vocabulaire Aoama (?). 
Samo. — Bowdich : numération kumsallahoo, 

X. — Vocabulaire mossi. [Bulletin du Comité de CAfrique Françase, 
avril 1899.) — Paris, in-4. (Court vocabulaire samo du Yatenga loui ie 
nom de mossi.) 
Autres dialectes : (Ouléoulé, dagari, kipirsi, nonouma) : néant 

2* Groupe gourounsi. 

Gouressi. — Clarke : voir nibulu (n* 383, page 30 et page 53). 

Koelle : vocabulaire guresa, 
Barilia. — KoELLE : vocabulaire barba, 
Kaouri. — KoELLE : vocabulaire kaure. 
Manpoursi. — Clarke : voir tsliamba (n*« 43, page 16 et 224, page 14). 

Koelle : vocabulaires djclana^ kiamba et legba (?). 

Autres dialectes (siti, d^ha, kyâlo) : néant. 

3« Groupe lobi. 

Lolii. — Koelle : vocabulaire bagbalail. 

Autres dialectes (pougouli, dyan, gan, myorou, kyéfo, dorhossyè, kara- 
boro) : néant. 



BrBIJOGHA1*llIE 281 

4* Groupe bobo. 

Mia (Bobo Fing). — Koelle : vocabulaire yuia. 
jran (Bobo-Gbè). — Koelle : vocabulaire kasm. 

Autres dialectes (nyénigué, tara ou Bobo-Oulé) : néant. 

5^ Groupe koulango. 

oulango (Pakhalla) de Bondoukou. — Bowoicii : mauvaise numération kou- 
lango sous le nom de gaman. 
Clarke : voir bouluku (n* 171, page 12). 

Chrcstaller. — Sprachproben (mauvaise numération koulango sous 
le nom de gaman, 

VIL — LANGUE HAOUSSA. 

BowDicii : numérations haussa, kailaghee et quoUaMffa. 

J. Grey Jackson. — An account of Timbuctoo and Houssahy EIHage Abd 

ilam Sbabeeny (1787), with I et ters descriptive of travels througb West and 

•uth Bai bary and across the Atlas by J. Grey Jackson (1792-95), aUo frag- 

snls and anecdotes, chapterson the languages of Africa, supplementing the 

eceding work. — London, 1820, in-8 (2 maps). 

Kilham. — Vocabulaire housa. 

E. NoRRis. — Outline, etc. (voir au bamana; mauvais vocabulaire hatasa). 

H.-D. Trotter, W. Allen and Dr. Thomson. — Narrative ofthe Govem- 

ml expédition to the Niger, 1 SU . — London, 1848, 2 vol. in-8. (Vocabu- 

res par le Dr. Latham.) 

J. F ScHOEN. — Vocabulary of the Haussa language. — London, 1843, 

.8. 

Le môme. — Grammar of the Haussa language. — London, 1862, in-8. 

Le même. — Dictionarg of the Haussa language with appendices of Haussa 

erature. — London^ 1876, in-8. 

Le même. — Haussa reading-book with grammar and vocabutaries. — 

•ndon, 1877^ in-8. 

Le même. — Magana Hausa, native literature, or Proverbs, talet, fableSi 

storical fragments in the Hausa language, with a translation in English. — 

ndon, 1885-86, in-18. 

Le môme. — Appendix to the Dlctionary of the Hausa language published 

]76, — London, 1888, in-8. 

Le même. — Grammatical sketch of the Hausa language, (Journal of the 

}yal Asiatic Society^ XIV, ii). 

Clarke : voir les n»* 35 à 39, page 6; 47 à 50, page 16; 51, 52, 53 et 

, pa-e 18 ; 269, 270, 271 et 299, p. 26 ; 352, page 30, et pages 35 et 59. 

J. Uichardson. — Narrative of a mission to Central A frica with Dr. Barth 

d Dr. Overweg (1850-51). — London, 1851, in*8. (Renfermeain vocabulaire 

oussa.) 



2K2 lUIir.IOr.KAIMIIK 

X. — Progrexs of l/ie African mission, — London, nov. 1851. (Vocabulftifc 
haoussa avec textes.) 

Dr. H. Bartii. — Vocabularies of the Haussa and Enighedesia languages, 
(J. R. G. S., XXI.) - London,1851. 

Le même. — Sammlung und Bearbeilung Cenh^ai-Afrikanischer Vokabula» 
rien, — Gotha, 1866, 2 vol. in-4. (En .illemand et eu ani^laia; renferme un 
assez long vocabulaire haoussa, avec des notes grammaticales et philologiques.) 

KoELLE : vocabulaires housa-kano et kadjina. 

W. B. Baikie. — IVan'ative of an exploring voyage up the Kwora and 
Binue (Niger and Tsadda), in 1854^ with ethnological, philological, etc., 
appendices. — London, 1856, in-8. 

Le même. — Observations on the Hausa and Fulfulde languages, — Lon- 
don, 1861 y in-8. 

H. M. Stanley (voir au sosso; vocabulaire soudan or hawusa). 

G. A. Krause. — Proben der Sprache von Ghât. {Mittheilungen der Rie- 
beckschen Niger Expédition, IL) — Leipzig, 1884, in-8. (Renferme des textes 
en lamacheq et haoussa, avec traduction et notes grammaticales et philolo- 
giques). 

J. M. Le Roux. — Essai de dictionnaire français-haoussa et haousêa^fraH- 
çais. — Alger, 1886, in-4 (autographié). 

J. NuMA Rat. ~ Introductory grammar of the Haussa language. — Lon- 
don, 1889, in-12. 

A. DiRR. — Manuel pratique de langue haoussa. — Paris, 1895, in-18. 

Ch. H. RofiiNSON. — Spécimens of Hausa lilerature. — Cambridge, 1806, 
gr. in-8. 

Le même. — Hausa grammar, with exercises, readings and vœabulary. 

— London, 1897, inl2. 

Ch. h. RoBi.Nso.N and W. H. Brooks. — Dictionary of the Hausa lan* 
guage. Vol. /. Hausa English. — Cambridge, 1899, in 8. 

Les mêmes. — Dictionary ofthe Hausa language. Vol. II. English-HoMêa. 

— Cambridge, 1900, in-8. 

R. Basset. - Rapport sur les études berbères et haoussa {iSn^Ol). {Actes 
du XI^ Congrès des Orientalistes, Section V.) 

Galtier. — Le pronom af/ixe de la /'* personne du singulier en kaauua, 
(Actes du Xh Congrès des Orientalistes^ Section V). 

J. LiPPERT. — Rabah. (Mittheilungen des Seminars fur Orienialiscke Sprth 
chen, II). (Biographie de Rabah en haoussa par Mohammed Bacbir El-Rhâti.) 

Le même. — Bibliographische Anzeigen : Dictionary of the Hausa tan* 
guage by C, H, Robinson and W, H. Brooks. {Mittheilungen des Seminar» 
fur Orientalische Sprachen, IV, 3.) — Berlin, 1901, in-8. (Critique sévère 
mais juste du dictionnaire de Robinson.) 

Preil. — Kurzes Haussa' W" ôrterverzeichniss aus dem Hinterland unsere^ 
Togocolonie. (Cité par Lippert dans l'article précédent.) 

R. Prietze. — Zwei Haussa Texte. (Z. A. 0. S., III;. 

M. Delaposse. — Manuel de langue haoussa ou Chrestomaihie haouts^sk 



UIBIJOGRAIMIIR IH'A 

précédée d^un abrégé de grammaire et suivie d'un vocabulaire. — Paris, 
-1901, in-12. 

H. W. Miller. — fiausa notes. — London, 1901. 

E. C. Marré. — Die Sprache (/er//auisa. Grammalik, Uebungen und Clires- 
lomathie sowie hausanisch-deutsches und deutsch-hausanisches WArler- 
verzeichniss. — Wien, 1901. 

R. Prietze. — Sprkiiwôrler der Haussa. (Z. A, 0. 0. S., VI, 4, et VII, 
-1.) — Berlin, 190203, gr. in-8. (Texte et Iraduction allemande.) 

W. H. Brooks and L. H. Nott. — Batu na abubuan Hauta^ translated by. 
— London, 1903. 



VIII. — LANGUE I>OULAR. 

KiLHAM : vocabulaire fula. 

G. d'Eichtal. — Histoire et origine des Foulahs ou Fellans. {Mémoires 
die la Société d*Ethnologiey tome I.) — Paris, 1841, in-8. (Comparaison du 
poular av^ les langues de l'archipel malais et de l'Océanie.) 

E. NoRRis. — Outline, etc. (voir au bamana; vocabulaire poular). 

X. — Vocabulaires guiolof^ mandîngue^ fouie, saracole, etc. (voir au so. 
ninké). 

Clarke : voir n^ 1 à 5, page 6 ; 1 à 6, page 16 et pages 35 et 58. 

M. Macbrair. — A grammar of the Fulah language with vocabularies. 
— London, 1854, in-16. 

KoELLE : vocabulaires pulotimbo^ salum, gobuf^ et kano, 

C. J. ReiCHARDT. — 7 hree original Fulah pièces in Arabie letters, in Latin 
transcription and in English translation. — Berlin, 1859, in-8. 

G*^ Faidherbe. — Vocabulaire d'environ 1500 mots français avec leurs 
Correspondants en ouolof de Saint-Louis^ en poular du Fouta et en soninké. 
(yoir au soninké.) 

W. B. Baikie. — Observations on the Hausaand Fulfulde languages. — 
London, 1861, in-8. 

P. DU Chaillu. — Voyages^ etc. (voir au kpélé; numération poular). 

Dr. H. Barth. — Sammlung und Bearbeitung, etc. (voir au haoussa; 
grammaire et vocabulaire fulfulde). 

C. A. L. Reichardt. — Grammaa of the Fulde language. — London, 1876, 
iQ-8. 

Le même. — Dictionary ofthe Fulde language. — London, 1876, in-8 

D' A. GoRRE. — idiomes du Hio-Nuiïez. — Paris, 1877, in-8. (Court voca- 
l)ulaire foulah.) 

H. M. Stanley (vuirau sosso; vocabulaire sakatu). 

G"*' Faidherbe. — Langues du Sénégal. {Revue de linguistique et de phi- 
^ologi^ comparées, XIV.) 

Le même. — Grammaire et vocabulaire de la langue poul. — Paris, 188*2, 
in-18. 



284 BIRLIOGRAPHIE 

0. de Sanderval. — De C Atlantique au Niger par le Foutah-Djallan. — 
Paris, 1882, gr. in-8. (Vocabulaire poular.) 

Le même. — Soudan Français^ Kahel^ avec recueil de moi$ foulahs. — 
Paris, 1893, in-8. 

G. A. Krause. — Ein lieitrag zur Kenntniss der Fuliichen Spraehe in 
Afrika. — Leipzig, 1884, in-8. 

Cap. PiETRi. — Let Français au Niger. — Paris, 1885, in 8. (Renferme des 
remarques linguistiques sur le poular.) 

E. VoasBN. — Proben der FulahSprache. (Z. A. S., I, 3). ^Berlin, 1887, 
gr. in-8. 

T. G. de GuiRAUDON. — Notes de linguistique africaine : les Puis. — 
Vienne, 1888, in-8. 

Le même. — Balle Fulbe. Manuel de la langue foule. — Leipzig, 1894, 
in-18. 

D^ Tautain. — Contribution à l'étude de la langue foule {poular). {Revue 
de linguistique et de philologie comparées.) — Paris, 1889-90, in-8. 

E. GiBERT. — Etude de la langue des Pouls. {Revue de linguistique^ XXXII, 
XXXIII et XXXIV.) 

R. Arnaud. — Contribution à t étude de la langue peukle ou foullaniyya. 
{Bulletin de la Société de Géographie d^ Alger, 5 et 6.) — Alger, 1901. 

. • 

XI. — LANGUE ARABE. 

Parmi la quantité d ouvrages publiés sur la langue arabe, je me coatenle» 
rai de citer les deux suivants^ le premier parce qu'il est remarquablement 
clair et précis, le second parce qu'il traite spécialement de l'arabe des Maures 
du Sahel Sénégalais. 

0. HouDAS. — Précis de grammaire arabe. — Paris, 1897, în-8. 

L. Galland. — Grammaire d'arabe régulier à Cusage des officier» des 
troupes de la marine (autographiée). — Cherbourg, 1898, S vol. in-8 carré* 

X. — PIGEONENGLISH et PETIT-NÉGRE. 

Néantl 



TABLE DES MATIÈRES 



Page». 

PKÉPACe • ^ . 

Alphabet adopté i 

Ghap. I. — Langues des lagunes "7 

Vocabulaires mékjîbo, abouré, akyè, goua et kyama i7 

Vocabulaires alaguian, avikam, ari, abè et adyoakrou 4^ 

Ghap. II. — Les langues krou JL 66 

Vocabulaires dyida, néouolé. abrioui, plaoui, ^': ai et krao 75 

Ghap. III. — Les langues agni-assanli ^ 

Vocabulaires assanti, abron, zéma, aféaia et baoulé i 12 

Ghap. IV. — Les langues mandé-tamou et mandé*fou 140 

Ghap. V. — Les langues mandé-tan ■ . • 165 

Vocabulaires noumou, ligbi, huéla, dyoula et maou 175 

CuAP. VI. — Les langues sénoufo 102 

Vocabulaires bamâna» foro, tafilé, takponin, guimini et naflna .... 1^ 

Ghap. Vif. — Les langues mossi-gourounsi 218 

Ghap. VIII. — Les langues étrangères 254 

BiBLIOGRAPUIB. • • 267 



AMOMS. ^ IMP. A. tl'MIIM R &* 4, RVI «AlUlUni. 






■ •... ■17 



ACME 

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APR5 1984 

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