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Full text of "Voyage d'exploration en Indo-Chine : effectué pendant les années 1866, 1867 et 1868 par une commission française présidée par M. le Capitaine de frégate, Doudart de Lagrée et publié par les ordres du Ministre de la marine sous la direction de M. le Lieutenant de vaisseau, Francis Garnier, avec le concours de M. Delaporte, Lieutenant de vaisseau et de MM. Joubert et Thorel, médecins de la marine, membres de la commission"

WHITNEY LIBRARY, 
HARVAED UNIVERSITY 




THE GIFT OF 
J. D. WHITNEY, 

Sturgis Hooper Prof essor 



MUSEUM OF COMPAEATIVE ZOÔLOGT 



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VOYAGE D'EXPLORATION 



INDO-CHINE 



(OHliElE. — TVI'OGHAI'UIE ET STElil-.OTVI'IK DECRETE FIES. 



VOYAGE D'EXPLORATION 



[INDOCHINE 

EFFECTUÉ 

PENDANT LES ANNÉES 1866, 1867 ET 1868 

PAR UNE COMMISSION FRANÇAISE 



li'.l SllJLJE PAR 51. I.E CAP1TAINF. HF, EUH, Vl'l- 



DOUDART DE LAGREE 



ET PUBLIE PAR LES ORDRES DU MINISTRE DE LA MARINE 



SOUS LA DIRECTION' DIS 51. LE LIEUTENANT DE VAISSEAU 



FRANCIS GARNIER 



AVEC LE CONCOURS DE M. DELAPORTE, LIEUTENANT DE VAISSEAU 
Et de MM. JOUBERT et THOREL, médecins de la Marine 

MEMBRES DE LA COMMISSION 

OUVRAGE ILLUSTRÉ 

DE 230 GRAVURES SUR BOIS D'APRÈS LES CROQUIS DE M. DELAPORTE 

ET ACCOMPAGNÉ D'UN ATLAS 



TOME SECOND 



' PARIS 
LIBRAIRIE HACHETTE ET C 

79, BOULEVARD S AIN T -GERMAI N , 79 

1873 

Droits de propriété et de traduction réservés. 



Il)(° 



M 



MCI L1BRARY 
HARVARD UNIVERSITY 
3R1DGE. MA USA 



OBSERVATIONS 

ASTRONOMIQUES ET MÉTÉOROLOGIQUES 



PAR M. FRANCIS GARNIER 



OBSERVATIONS 

ASTRONOMIQUES ET MÉTÉOROLOGIQUES 



PAR M. FRANCIS GARNIER 



ÉLÉMENTS DU TRAVAIL GÉOGRAPHIQUE. 



1° Positions déterminées astronomiquement. 



Les instruments dont disposait la Commission consistaient en un théodolite boussole, 
un cercle répétiteur, un horizon artificiel, un chronomètre et deux compteurs. Le 
dernier état absolu des montres a été calculé le 11 juillet 1866, à Cratieh (Sala du roi), 
dont la position prise sur la carte de Cochinchine 1867 (Manen, Vidalin, Héraud), 

t j 12" 28'00"Lat N. | j p ; 
ebl ! 103 41 30 Long. E. I Ue rarls - 

1. Sombor. Cour de la maison du gouverneur à la pointe même du fleuve. Position 
adoptée J ^3° H 3g" ^ j . La latitude de ce point n'a pu être obtenue que par une observation 
d'étoile très-incertaine. 5 La longitude varierait en temps de — l s ,3 pour -f 1' de variation 
sur cette latitude. 

De Sombor, le relèvement astronomique de la petite colline dite Pnom Chi, le seul 
point saillant qu'offre l'horizon, a été trouvé au théodolite de N. 65° 52' 0". 

2. Stung Tre?ig j ^f lf\è" ^- j . Les observations ont été faites à l'embouchure d'un petit 
arroyo situé à deux milles de la pointe rive gauche du confluent du grand fleuve et de 
la rivière d'Attopeu. L'étude de la marche des montres en ce point a révélé les varia- 
tions considérables causées par les trépidations et les chocs brusques d'une pénible 
navigation en barque, et par les orages et l'élévation de température ressentis pendant 
le trajet. Une seconde excursion faite de Bassac au mois de novembre a permis de 
recalculer avec plus de précision la longitude de Stung Treng et de rapporter ce point 
au méridien de Bassac. L'intervalle très-faible écoulé entre le départ de Bassac et l'ar- 
rivée à Stung Treng, l'égalité de la température, le courant favorable qui emportait la 

barque sans la soumettre à aucun choc, l'identité des marches calculées aux deux 
n. 1 



2 ELEMENTS DU TRAVAIL GEOGRAPHIQUE. 

extrémités du parcours permettent de considérer cette seconde détermination comme 
très-exacte. 

La latitude de Stung Treng est la moyenne des résultats obtenus par une hauteur 
méridienne de lune prise le 22 juillet, et par deux séries de circumméridiennes de 
soleil 1 , observées le 9 et le 10 novembre. Je la crois approchée à 10". 

3. Khon \ lia il oo e' ! • Le point d'observation est situé sur la côtei\ord-Ouest de l'île, 
au Sala construit près du village. La longitude a été déterminée comme la précé- 
dente en partant de Rassac pour redescendre le fleuve. La latitude a été obtenue 
par une série de circumméridiennes du soleil prise le 6 novembre. 

4. Khong j 1 o3°2s 37 "se! I • ^ a sur ^ e Dor< ^ du fleuve, à 100 mètres au Sud du 
logement du gouverneur. Position déterminée comme la précédente. 

Il a de plus été fait sur le sommet d'une petite colline (Phou Hin Khong). 
située à deux milles au N. 62° 19' 0. du campement, une station au théodolite. 
Voici les données qui n'ont pu être encore utilisées, faute d'un second relèvement : 

Groupe des montagnes dites de Fer (province de 

Tonly Repou), arête Ouest S. 20° 15' 00" 0. 

Coupure au milieu du groupe S. 18 19 40 0. 

Même groupe, arête Est S. 15 42 40 0. 

Piton en second plan et à l'Est des montagnes 

de Fer. S. 14 18 00 0. 

Sommet le plus élevé d'un autre groupe mon- 
tagneux dans le N.-O. du précédent. ... S. 71 30 20 0. 

Mamelon isolé entre les deux chaînes. . . . S. 35 05 00 0. 

5. Bussac { d0 3° gi 3q" ^; j . Sala du roi sur les bords du fleuve, vis-à-vis le lo- 
gement du roi. 

A partir de Stung Treng, une longue maladie m'a empêché de suivre la marche des 
montres, et j'ai dû, en arrivant à Rassac, profiter du très-long séjour que la Commission 
a fait en ce point pour essayer de le déterminer directement à l'aide des distances 
lunaires. 

La moyenne de vingt-cinq distances 2 orientales du soleil à la lune a donné pour 
longitude sur Paris 6 h 53™ 44 s ; 

La moyenne de dix-neuf distances occidentales, 6 h 53 m 59 s ; 

La moyenne de dix séries d'étoiles en nombre égal à l'Est et à l'Ouest, 6 h 53 m 47 s . 

Le chiffre définitivement adopté après discussion de ces différents résultats a été 
de 6" 53 m 50\ 

J'estime cette longitude approchée à 6 S en temps, c'est-à-dire à un mille et demi 
environ. Toute correction qui lui serait apportée devrait être faite également dans le 

1 Les séries de circumméridiennes que j'ai employées sont toutes de six hauteurs, chacune d'elles croisée 
Irois fois au cercle, prises en nombre égal avant et après le passage au méridien. 

2 Chaque distance a été croisée cinq fois au cercle. 



ÉLÉMENTS DU TRAVAIL GÉOGRAPHIQUE. 3 

même sens aux longitudes de Stung Treng, Khon et Khong, et aux positions qui vont 
suivre jusqu'à Luang Prabang exclusivement. 

La latitude de Rassac a été déterminée par quinze jours d'observations circumméri- 
diennes solaires. Je l'estime approchée à moins de 5" de degré. 

Il a été fait à Rassac plusieurs stations azimutales et des calculs de hauteur des prin- 
cipaux sommets qui se trouvent à l'Ouest. 

6. Chutes du Se Don j ^ 1® gjj %'. j . Le point d'observation est situé au milieu des 
rizières de la partie Sud-Ouest de l'île des Chutes, assez près du bras Ouest de la 
rivière. Les éléments du calcul sont deux hauteurs horaires et l'intervalle. Le compteur 
apporté pour cette courte excursion a été comparé avec soin au départ et à l'arrivée au 
chronomètre laissé à Rassac, et dont la marche était rigoureusement connue. 

Le dernier état absolu des montres sur le temps moyen de Rassac a été pris le 

25 décembre 1866, jour du départ de l'Expédition de ce point. 

7. Étranglement du fleuve au Nord de Bassac 15° 01' 05" N. 11 a été observé le 

26 décembre des circumméridiennes du soleil sur la rive droite du fleuve, au point où le 
pic dit Phou Phlong vient resserrer et réduire à 5 ou 600 mètres la largeur du fleuve. 

8. Phou Salao J .^ H 37" e' !• P° m t culminant de la montagne. La latitude de ce 
sommet a été conclue par l'estime de la précédente. Pour + 1' de variation, il faudrait 
corriger la longitude de — 2 S , 9 en temps. Celle-ci a été conclue des hauteurs horaires 
qui ont servi à calculer les azimuts des points culminants relevés au théodolite sur 
le sommet de la montagne le 27 décembre. Voici les relèvements astronomiques qui 
pourraient servir à des déterminations ultérieures : 

Phou Toun cai S. 26° 00' 19" 0. 

Phou Padang S. 43 16 34 0. 

Phou Lôn S. 59 18 44 0. 

Phou Phay (sommet le plus Sud). S. 19 09 49 0- en arrière-plan des mon- 
tagnes précédentes. 
Phou Lao S. 34 10 44 0. id. 

Toutes ces montagnes paraissent être le prolongement dans l'Ouest du massif de 
Rassac. 

La hauteur de Phou Salao a été donnée par le baromètre; elle est de 251 mètres 
au-dessus du niveau du fleuve. 

9. Ban Heuong Sai \ 103° îs 07 's e! ]■ Cour de la Pagode située sur les bords 
du fleuve. La détermination par hauteurs horaires est du 29 décembre, quatre jours 
après le départ de Rassac, et l'accord des montres reste parfait. La latitude a été donnée 
par une série de circumméridiennes solaires prise le même jour. 

10. Premier rapide du Se Moun \ ,11° H 02" g e" !• Même détermination que la pré- 
cédente, faite le 31 décembre. Le point d'observation est situé près de la rive gauche 
de la rivière, vis-à-vis la pointe Est de l'île qui forme le rapide, et Nord et Sud avec la 
borne qui indique la limite des provinces de Rassac et d'Oubôn. 



4 ÉLÉMENTS DU TRAVAIL GÉOGRAPHIQUE. 

11. Oubôn \ )(,f 28*13 e! I- ^ a marcrie des montres calculée à l'arrivée a indiqué 
une légère accélération survenue depuis le départ de Rassac dont il a été tenu compte. 
La latitude a été donnée par des circumméridiennes solaires observées le 7 et le 8 janvier. 

Le point d'observation est le logement de l'Expédition, situé dans la plaine qui 
entoure la ville au Nord, à trois-quarts de mille environ de la rive droite du Se Moun. 

12. Excursion rV Oubôn à Angcor. Dans cette excursion faite à pied, je n'ai disposé 
que d'une montre et d'une boussole. Les distances parcourues, estimées au pas et 
décomposées suivant la méridienne et la perpendiculaire, ont donné les coordonnées 
estimées de chacun de ces points par rapport à l'autre. D'un autre côté, ces coordonnées 
peuvent s'obtenir directement par le calcul, les deux positions d'Angcor et d'Oubôn 
étant déterminées par l'observation. Si j'appelle x et y ces coordonnées, L, L', /, l', les 
latitudes et les longitudes des deux points extrêmes du parcours, p, p' les rayons de cour- 
bure de la méridienne et de la perpendiculaire à Angcor pris comme origine des 
coordonnées, j'aurai : 

x = (/' — l) cos L' p' sin 1", ( I ) 

silll "/r a.-„„„. t ',../, , _ y 

p 



y = (L' - L) p sin 1" — (/ - /) 2 cos i L' tg ( L + -^-„ ) . (2) 



ou, sans erreur appréciable : 

sin 1" 
y = (L' — L) p sin 1" ■ — <J — If cos 2 L tg L . 

La position d'Angcor (citadelle) (carte de Cochinchine, 1867) est j ioi° il 30 e. )• 
En effectuant le calcul indiqué ci-dessus, on trouve pour les coordonnées vraies 
d'Oubôn sur Angcor j ^^ifoY' \- 

Les coordonnées estimées ont été trouvées de { 2oo's92 m I • Les différences en 
moins qu'elles présentent sur les coordonnées vraies sont très-sensiblement propor- 
tionnelles, et on peut admettre qu'elles ne proviennent que d'une estimation trop 
faible de la vitesse de marche. En faisant subir une correction proportionnelle aux 
coordonnées estimées des points intermédiaires du parcours, on pourra donc en 
conclure assez exactement la latitude et la longitude de ces derniers. Les formules (1) 
et (2) donnent en effet : 

1 



L' = L± 



^p sin \ j cos L 
y sin 1" 



tg(L 



p sin d" 2 \p sin 1"/ V p sin 1" 

Le calcul du dernier terme de la latitude est toujours négligeable. 

C'est ainsi qu'il a été trouvé pour les chefs-lieux des cinq provinces traversées dans le 
cours de cette excursion, les positions suivantes, que j'estime approchées à 1' environ en 
latitude et en longitude. 



ELEMENTS DE TRAVAIL GÉOGRAPHIQUE. 5 

^ Saket («-«f g;) 

Cocan I lit g £ ! 

Sankea [ ,J{ Jj £ J 

Sourén I io* .S S: J 

Tchoncan ' i3 32 N> • 

lUlUULdll I 101 13 E. i 

Ce mode de calcul a été employé dans la suite pour toutes les excursions dont les 
points extrêmes pouvaient être déterminés par l'observation. L'habitude d'un pas uni- 
forme et le choix de bons points de repère pour les directions lui ont donné quelquefois 
une précision remarquable. Ce calcul n'est plus applicable quand on revient au point 
même d'où l'on est parti, comme dans les excursions d'Attopeu et de M. Phong faites par 
le commandant de Lagrée. L'un des termes du rapport s'évanouit, et il n'est plus possible 
de connaître la vitesse réelle de la marche. 

13. Pagode d'Angcor J ioi° 33 \l e'» -Tour centrale. Cette position déterminée au mois 
de juin pendant le premier séjour de la Commission repose sur les positions des sommets 
du mont Bok f ™ *«' J } , du mont Crôm [,Jf **' g' J; j et de Pn. Coulén | ™ *f g* £ | , 
données par la carte de Cochinchine 1867, et relevées au théodolite de ce point. 

14. Eemarat î 102° 21 07 "s e i- ^ e P om t a été déterminé par M. Delaporte. La latitude 
résulte de trois séries circumméridiennes solaires, la longitude a été donnée par les 
montres sur Bassac. Le lieu d'observation était situé sur les bords du fleuve, près de l'extré- 
mité Est du village. 

15. Ban Mouk } 102° il 3o'l- ^ e P om ^ a été déterminé comme le précédent par M. De- 
laporte. Le campement de l'Expédition était à l'extrémité Nord du village, près de l'em- 
bouchure du Huei Mouk. La longitude a été déterminée par les montres, la latitude par 
deux séries de circumméridiennes du soleil. 

16. Lakon j ,^'.° l 3 ^" ^ ).(M. Delaporte.) Le lieu d'observation était le campement, 
placé à l'extrémité Sud du village. La latitude a été obtenue par plusieurs séries de cir- 
cumméridiennes solaires. Longitude par les montres. 

17. Peunorn 16° 56' 01" N. (M. Delaporte.) Une hauteur méridienne du soleil. Lieu 
d'observation situé près de la rive, sur la chaussée qui sert d'avenue au monument de 
Peunom. 

18. Houten j { qI° \% $ g' j. (M. Delaporte.) Sala sur les bords du fleuve, vis-à-vis 
l'embouchure du Hin Boun. Latitude par deux séries de circumméridiennes solaires. 
Longitude par les montres. 

19. Saniaboury { ^ ^ ^" £; '.Sala situé dans l'intérieur de l'angle du Soumkam 
et du grand fleuve. A partir de ce point (14 mars), l'élévation du soleil ne permet plus 
d'observer sa hauteur méridienne à l'horizon artificiel, et les latitudes n'ont plus en 
général la même précision. Celle de Saniaboury a été calculée par deux hauteurs 
horaires et l'intervalle. 

20. Ponpissay j 10 o° 39 oo e' !• Sala, sur les bords du fleuve, à 800 mètres en 
aval de l'embouchure du H. Leuong. La latitude a été obtenue par une bonne série de 



6 ÉLÉMENTS DU TRAVAIL GÉOGRAPHIQUE. 

circumméridiennes lunaires prise le 24 mars. La marche des montres est restée régulière 
et permet de compter sur la longitude. 

21. Nong Kay \ ^ fj H £; I-Sala sur les bords du fleuve, à un kilomètre en aval 
de la demeure du gouverneur. La latitude a été calculée par deux hauteurs et l'intervalle. 
La marche des montres commence à accuser quelques perturbations. 

22. Xieng Cang 17° 54' 00" N. Obtenue par une hauteur méridienne de Saturne. C'est 
la seule observation que le temps ait permis de taire en ce point. 

23. Pak Lay j 99° / 2 H ^' J . La latitude repose sur une hauteur méridienne de lune, 
prise le 18 avril. Les difficultés de navigation rencontrées depuis Nong Kay ont amené des 
perturbations graves dans la marche des montres, et la longitude de Pak Lay doit être 
considérée comme l'une des plus incertaines de la carte. 

24. Luang Prabang j 9 g° \~ j^" g - j . La latitude résulte de trois hauteurs méridiennes 
de lune, la longitude de six séries de distances occidentales du soleil à la lune. Cette 
longitude est probablement trop faible. La durée du séjour de la Commission n'a pas 
permis d'observer des distances orientales et d'achever la triangulation commencée 
autour de la ville. La multiplicité des sommets qui l'entourent et la difficulté d'une 
désignation exacte enlèvent tout intérêt à la liste des nombreux relèvements astronomiques 
calculés en ce point. Le campement de la Commission était établi sur le versant 
Sud-Ouest du petit mamelon qui s'élève au centre de la ville. A Luang Prabang, les montres 
reprennent une assiette normale qu'elles conservent quelque temps, et les deux points 
suivants peuvent être considérés comme bien placés par rapport au méridien de cette 
ville. 

25. Pak Ben \ 9 g° ^ ^" g_" j . Point d'observation situé sur la berge du fleuve, à 
très-peu de distance en aval du confluent du Nain Rén. La latitude a été donnée par 
une hauteur méridienne de Saturne, la longitude par les montres sur Luang Prabang. 

26. Xieng Khong \ gg° ^ °q e " j. Sala sur les bords du fleuve, un peu en amont de 
l'embouchure de l'arroyo qui traverse le village. La latitude a été calculée par deux hau- 
teurs horaires et l'intervalle, la longitude par les montres sur Luang Prabang. 

27. Rapide Tang Din 20° 34' 20" N. Rive droite du fleuve. Hauteur méridienne 
de lune prise le 17 juin. 

28. Muong Lirn { ^° 'j$ j^' ^ j . Extrémité Sud du village. La latitude a été calculée 
par deux hauteurs horaires. La longitude a été donnée par une seule distance orientale 
du soleil à la lune, et est par suite très-incertaine. Le transport par terre des montres, par 
des chemins affreux, et le long temps écoulé depuis le départ de Xieng Khong ne 
permettent d'avoir aucune confiance dans leurs indications. 

29. Paléo \ g f -j° Il <$" E ; j . Pagode du village. Deux hauteurs et l'intervalle. Les 
difficultés de transport et de marche rendent toujours assez incertains les résultats accusés 
par les montres, malgré le faible intervalle de temps écoulé depuis M. Lim. 

30. Siemlap j gg" 'f { Jjg £ ) . Pagode du village. Deux hauteurs et l'intervalle. Même 
observation que ci-dessus. 

31. B. Passang !g 8 °os3o e". I ■ Pagode du village. Deux hauteurs et l'intervalle. 



ELEMENTS DU TRAVAIL GÉOGRAPHIQUE. 7 

Ce pointa été déterminé en longitude sur M. Yong, dont il n'est séparé que par une très- 
faible distance. 

32. Muong Yong j gg°^ g{j ^; {. Sala à l'entrée du village. Le séjour fait en ce point 
a permis de prendre huit séries de distances occidentales du soleil à la lune et de régler 
les montres avec le plus grand soin. La latitude a été obtenue par une hauteur 
méridienne de lune. 

33. Muong You \ H'^. [Jo" E. )■ ^ a ' a sur ^ a r ' ve droite du Nam Leui. Détermination 
par des hauteurs horaires. 

34. Muong Long j Hg" ^ oo" e' î- Sala sur ^ a lave g auc he du Nam Nga, près du 
pont en pierre jeté sur ce cours d'eau. La latitude provient d'une hauteur méridienne 
du soleil prise le 27 septembre, premier jour où son observation à l'horizon artificiel est 
redevenue possible. Quatre séries de distances orientales ont été également calculées en 
ce point. La marche régulière constatée pour les montres depuis Muong Yong a permis de 
combiner ces distances orientales avec les distances occidentales observées dans ce 
dernier point. Ces dernières rapportées au méridien de Muong Long, à l'aide du change- 
ment en longitude fourni par les montres, ont pour moyenne 6 h 33 m 13 s ; la moyenne 
des distances de Muong Long est de h 33 m 43 s . La longitude définitive de ce dernier 
point sera donc de 6" 33 m 28% et c'est d'elle que l'on a conclu les longitudes de Muong 
Yong, Muong You et de R. Passang. 

Il a été fait une station azimutale au pied du Tdt qui domine Muong Long. Pour les 
mêmes raisons qu'à Luang Prabang, il est inutile d'en donner les résultats. 

35. Xieng Hong j gg° ,g {$" \ J . Pagode dite Wat Tchien Lan, au Sud de la nouvelle 
ville. La latitude est le résultat de deux séries de circumméridiennes solaires prises le 2 et 
le 3 octobre. La longitude a été donnée par les montres dont les résultats restent très- 
concordants et dont la marche n'a pas varié. Mac Leod adonné pour le même point la posi- 
tion de j joo'jjg e' } Greenwich ou 98° 19' E. Paris. Cette dernière longitude me paraît trop 
faible, mais la latitude reste très-exacte, car le point d'observation de Mac Leod était situé 
deux milles plus au Sud, sur l'emplacement aujourd'hui abandonné de l'ancienne ville. 

36. Xieng Neua 22° 28' 15" N. Pagode du village. Observation de la hauteur 
méridienne du soleil le 12 octobre. 

37. Muong Pang 22° 30' 25" N. Centre du village. Hauteur méridienne solaire 
du 13 octobre. 

38. Nang Sang Ko 22° 33' 40" N. Centre du village. Hauteur méridienne solaire 
du 14 octobre. 

39. Se-mao tong tche * j H° f 3 l f ^ ! • Hauteur méridienne solaire ; longitude par les 
montres, dont la marche reste satisfaisante. Le lieu d'observation est la pagode dite Kouan 
in kong, située hors des murs, à 800 mètres dans le S.-S.-O. de la porte Sud de la ville. 

40. Pou-eul fou \ 9g° 47 oo" \ j. Hauteur méridienne solaire et montres. Le lieu 
d'observation est la pagode dite Kouan chen kong, située dans la partie Nord de la 

1 Les mots écrits en romain à la suite des noms des villes chinoises indiquent le rang ou le titre des 
mandarins qui les administrent. 



8 ÉLÉMENTS DU TRAVAIL GÉOGRAPHIQUE. 

ville. Riot, dans son Dictionnaire des noms géographiques de l'empire chinois, donne 
pour la position de ce point calculée d'après les cartes des jésuites j If H g' } . 

41. Tong-kouan i gJT jo'oo" e| j • Pagode du village. Hauteur méridienne du soleil, 
montres et distances lunaires. 

42. Yuen-kiang tcheou } 2 9 g° ^' 3°" g_ j . Pagode dite Titchang che ou Temple de l'esprit 
de la terre. Trois hauteurs méridiennes du soleil, montres et distances lunaires. Ce point a 
été déterminé par les pères Fridelli et Ronjour, et serait placé d'après eux par j H° H ~{J e'. i ■ 
La faible différence en longitude que présentent ces deux déterminations ne tarde 
malheureusement pas à s'accuser bien davantage dans les positions suivantes. Je ne puis 
donner qu'avec réserve des positions déterminées rapidement, dans des circonstances de 
marche et de séjour extrêmement défavorables, et qui ne sont presque toutes que des 
moyennes assez incertaines entre les résultats combinés de l'estime, des montres et des 
distances lunaires. Cependant les positions relatives des points rapprochés du parcours de 
la Commission présentent une certitude suffisante pour permettre de reconnaître d'assez 
graves erreurs dans les déterminations des jésuites. La méthode des triangles dont ils 
se sont servis demande des précautions infinies et des instruments plus parfaits que 
ceux dont ils disposaient, et elle ne pouvait leur donner des résultats bien précis. Ils ont, il 
est vrai, rectifié parfois leur triangulation par l'observation directe des latitudes, et l'on 
distingue bien vite les points qui ont été ainsi déterminés de ceux dont la latitude n'a été 
calculée que par la méthode générale ; mais les longitudes semblent ne reposer que sui- 
de très-rares et très-incertaines observations d'éclipsés, faites en des points très-éloignés 
les uns des autres. En résumé, dans les régions frontières comme le Yun-nan, où ces 
géographes consciencieux n'avaient pas, comme dans l'intérieur de la Chine, l'occasion de 
redéterminer plusieurs fois le même point par différents itinéraires, les résultats de leur 
triangulation ont dû être souvent très-médiocres. 

On comprendra par suite qu'il soit à peu près impossible d'appliquer aux déter- 
minations des jésuites une règle générale analogue à celle formulée déjà depuis 
longtemps par quelques cartographes, à savoir, que les longitudes orientales par rapport 
au méridien de Pékin sont trop fortes, et les longitudes occidentales trop faibles. Ce 
qui est vrai dans une région n'est plus vrai dans l'autre, et les cartes des différentes 
provinces de la Chine n'ont pas été dressées par les mêmes observateurs. Pour le 
Yun-nan, j'ai cru reconnaître qu'à l'Est du 99 e méridien, les longitudes des jésuites 
sont trop fortes, et que la différence peut même aller jusqu'à un demi-degré ; qu'à 
l'Ouest de ce même méridien, elles deviennent trop faibles. Mais cette règle ne saurait 
avoir rien d'absolu, et il est tel point singulier qui pourra lui donner un flagrant 
démenti. Aussi, en dehors des points que j'ai pu déterminer moi-même, je n'ai apporté 
de correction aux positions des jésuites dont j'ai eu à faire usage dans la rédaction des 
cartes que lorsque des renseignements précis sont venus m'indiquer le sens et la portée 
probable de l'erreur. 

43. Pa-kang 23° 23' 20" N. Hauteur méridienne solaire prise sur la berge même du 
fleuve du Tong-king à peu de distance du point où j'ai dû m'arrêter en le redescendant. 



ÉLÉMENTS DU TRAVAIL GÉOGRAPHIQUE. 9 

44. Long-y en-tcho 23° 28' 10" N. Hauteur méridienne solaire prise sur la route à 
une demi-lieue dans le S. 55° 0. de ce village, le 30 novembre. 

45. Lin-ngan fou j JjT Isoo" e! \ • P a 8* ocle nors murs nommée Ou fou tse che ou Temple 
des cinq sages. Deux hauteurs méridiennes du soleil, montres et distances lunaires. La 
même ville est placée par les jésuites par { jJJ'JJ 1 ^ 5; j • L'estime du chemin parcouru 
entre Yuen-kiang et Lin-ngan forcée dans les plus extrêmes limites ne peut faire 
admettre la différence de 55' en longitude qui résulterait de cette détermination et de 
celle de Yuen-kiang. 

46. Che-pin tcheou | ,oo°h oo" e.' !■ Pa g' ocle Tou lli kom J che ou Temple de l'esprit 
de la terre. Hauteur méridienne du soleil, et montres réglées sur Lin-ngan. 

47. Tong-hay hien i joo°24 3o'e.' I- Pagode Kouan chen Kiwi che ou Temple du saint 
roi Kiun. Hauteur méridienne du soleil, montres et distances lunaires. 

48. Long-tien-ouang 24° 20' 56" N. Hauteur méridienne solaire prise le 17 décembre 
1867. 

49. Kiang-tchouen hien { ^"bj'Io'e! '' Tl '' Dulial tle la vil h\ Haufeur méridienne 
du soleil, montres et distances lunaires. 

50. Tou-é 24° 46' 45" N. Hauteur méridienne solaire du 22 décembre. 

51. Yun-nan fou ( /oTio'oo'e' '■ ^^^ des examinateurs pour le baccalauréat. Deux 
hauteurs méridiennes solaires, montres et huit séries de distances lunaires. Cette ville 

■ i i • - •* ( 25° 06' 00" E. i 

est placée par les jésuites par ; 100 3i 40 N ; . 

52. Yang-kay 25° 26' 57" N. Hauteur méridienne solaire prise le 11 janvier 1868. 

53. Kon-tchang 25° 45' 00" N. Hauteur méridienne solaire du 14 janvier. 

54. Tong-tchouen fou { ,oo° « oo" e! I- Pagode située dans l'angle N.-E. de l'enceinte. 
Hauteur méridienne solaire et montres. Redéterminé ensuite par les distances lunaires 
prises dans le point suivant à mon retour de Ta-ly. La même ville est placée par les 
jésuites par j joi" 05' 39 " e" | • L'erreur commise sur la latitude est assez sensible, et ne 
saurait s'expliquer par le choix d'un autre point d'observation, s'il est resté pris clans l'in- 
térieur de la ville. 

55. Mong-kou \ joTtooo'e' !• Hauteurs méridiennes du soleil et distances lunaires 
occidentales. Le lieu d'observation était la cour de la principale auberge du village. 

56. Houey-ly tcheou j 99°^ Iq\\ j- Auberge près du logement du Mandarin. Hau- 
teur méridienne solaire et montres sur Mong-kou. Le même point est placé par les jésuites 
P ar \ 100° 36 os e I • La différence des deux déterminations est si considérable qu'elle ne 
semble devoir s'expliquer que par un déplacement du Tcheou dont cette ville est le siège. 

57. Hong-pou-so j 09° 36 00" e' '• École du village. Hauteur méridienne solaire et 
montres sur Ma-chang. 

58. Ma-chang | 99° 15 00 " e'- i ■ ^ en t re du village. Hauteur méridienne solaire, el 
quatre distances orientales de la lune au soleil. 

59. Tou-touy-tse 26° 07' 36" N. Mission catholique. Hauteur méridienne solaire. 

60. Ta-ly fou j 9 f os'oo" x i- Yamen à l'extrémité du faubourg Sud de la ville. Hau- 
teurs horaires. Les jésuites donnent j ys°ol lo e!)- 

il. -2 



10 ÉLÉMENTS DU TRAVAIL GÉOGRAPHIQUE. 

61. Kay-tcha-ti 26° 01' 00" N. Centre du village. Hauteur méridienne solaire assez 
médiocre. Temps voilé. 

62. Nga-da-ti 26° 09' 00" N. Même observation que ci- dessus. 

63. Can-tchou-tse \ H° fl ^ '£; j. Hauteur méridiennesolaire, et distances orientales 
de la lune au soleil. 

64. Soui-tcheou fou ou Soui fou \ .^f U 30 E.'l Centre de la ville. Hauteurs horaires 
et l'intervalle pour la latitude, trois séries de distances occidentales du soleil à la lune 
par la longitude. La position donnée par les jésuites est j d g®° ^ '~g '*• j. On voit quelle 
erreur en latitude la méthode de triangulation adoptée par eux a pu entraîner quel- 
quefois. Le capitaine Rlakiston et M. Arrowsmith ont donné pour le même point 
! 102° 34 36 e.' I ■ Leur point d'observation était situé sur la rive Sud du fleuve, vis-à-vis la 
ville, et rend un compte très-exact de la différence en latitude que présentent leur 
détermination et la mienne. Ce point était également situé un peu plus dans l'Est, mais 
la différence des deux longitudes n'en reste pas moins très-considérable, et prouve 
l'incertitude du procédé des distances lunaires, surtout avec des observateurs différents. 

2" Rédaction des cartes. 

La projection employée est celle de Mercator. 

Carte générale de t Indo-Chine et de la Chine centrale. — Cette carte a pour but de ré- 
sumer l'état des connaissances géographiques sur cette partie de l'Asie avant le voyage de 
la Commission française. Les côtes ont été tracées d'après les documents hydrographiques 
les plus récents publiés par les marines anglaise et française , notamment la carte 
du golfe de Siam, par le capitaine Richards, les travaux de M. Ploix dans le golfe du 
Tong-king, et ceux du commodore Rrooker sur la côte Ouest de la presqu'île deMalacca. 

Les documents qui ont servi à reproduire l'intérieur du continent sont : 

1° Pour la Chine, les travaux des jésuites, collationnés avec soin sur les cartes 
originales de l'édition de 1735, et tenus au courant des changements politiques ou 
administratifs survenus depuis cette époque, le levé du fleuve RIeu fait en 1861 jusqu'à 
Ping-chan hien par le capitaine Rlakiston, celui du Si Kiang ou fleuve de Canton fait 
en 1859 jusqu'à Ou-tcheou par le lieutenant Rullok : 

2° Pour la Cochinchine, la carte de Taberd et les travaux des ingénieurs hydrographes 
français Manen, Vidalin, Héraud dans le delta du Cambodge ; 

3° Pour la Birmanie, la carte du capitaine H. Yule (1858); 

4° Pour le Siam et le Laos , les cartes de Mac Leod ( 1 837) , Richardson 
(1839), Parkes(1855); 

5° Pour le Tibet, les cartes des jésuites compilées par d'Anville, et les travaux du 
Pundit, envoyé, en 1865, par le capitaine Montgomerie dans l'Himalaya et à Lassa. J'ai 
laissé inachevé le raccordement du système fluvial du Tibet avec celui du versant Sud de 
l'Himalaya. 

L'orthographe adoptée a été, pour la Chine, celle des jésuites; pour l'empire d'Annam, 



ÉLÉMENTS DU TRAVAIL GÉOGRAPHIQUE. Il 

celle des missionnaires, quoiqu'elle ne repose pas sur les mêmes principes que la 
précédente ; et d'une manière générale, pour le reste de la carte, l'orthographe latine, à 
l'exception pourtant des noms consacrés déjà par l'usage, comme Shanghaï, Swatow, etc., 
et de ceux des lieux qui n'ont été visités que par un seul voyageur et que j'ai donnés tels 
qu'il les a écrits lui-même. 

Carie générale de ï Indo-Chine. — Cette carte qui esta une échelle double de la précé- 
dente, donne l'itinéraire d'ensemble de la Commission française, et réemploie tous les 
documents précédemment cités, mais discutés et rectifiés avec soin à l'aide des 
renseignements recueillis directement sur les lieux. Les modifications les plus notables 
portent surtout sur l'itinéraire de Mouhot, dont les notes ont été souvent mal comprises ou 
mal interprétées, malgré les plus consciencieux efforts. Il n'y a qu'à lire attentivement dans 
l'édition anglaise de son voyage l , le chapitre intitulé Directions and distances, pour aperce- 
voir les contradictions et les impossibilités qu'il contient à chaque page et qui proviennent 
sans doute d'erreurs de lecture, faciles à commettre dans la mise au net de notes de 
voyage. Celles-ci ne sont guère intelligibles, on le sait, que pour celui qui les a prises. 
L'interprète français de la Commission pour la langue siamoise, le nommé Séguin, a fait 
entre Nong Kay et Ban Kok un trajet dont les deux tiers coïncident avec l'itinéraire de 
Mouhot entre cette dernière ville et le fleuve le Cambodge. Ses indications intelligentes 
m'ont permis de retrouver une partie des erreurs commises dans la traduction des notes 
du malheureux voyageur; mais mon attention avait été éveillée surtout par la méprise 
capitale relative au cours du Nain Leui, que la carte de Mouhot fait couler vers le Sud, alors 
que nous avions rencontré son embouchure entre Xieng Cang et Pak Lay, c'est-à-dire 
dans une direction diamétralement opposée. 

Pour l'intérieur du Cambodge, j'ai utilisé dans cette seconde carte les itinéraires de 
Kennedy, King et Bastian, publiés successivement clans le Journal de la Société Géo- 
graphique de Londres en les rectifiant en certains points d'après les renseignements 
recueillis pendant mon excursion au Nord du Grand Lac. 

La région située au Nord de nos possessions de Cochinchine entre le fleuve le 
Cambodge à l'Ouest et la grande chaîne de Cochinchine à l'Est, reste l'une des plus 
incertaines de la carte. J'ai porté dans cette zone, en dehors des renseignements recueillis 
par la Commission, les indications qui résultent d'une petite carte levée par le P. Arnoux, 
missionnaire français qui a longtemps résidé à Brelam, carte qui m'a été communiquée 
parle Dépôt de la marine; mais ce croquis contient de trop graves erreurs dans la partie 
qui lui est commune avec le trajet de la Commission pour inspirer une bien grande 
confiance dans le reste. Une récente exploration faite par M. Mourin d'Arfeuille, lieutenant 
de vaisseau, dans cette contrée permettra peut-être de combler cette lacune. 

Dans cette carte comme dans les suivantes, l'orthographe définitivement adoptée poul- 
ies noms cambodgiens, laotiens, siamois et birmans, a été l'orthographe latine légèrement 
modifiée. L'm français a été conservé avec sa prononciation, parce qu'il se retrouve dans 

1 Travelsin the Central parts nf Indo-China. London. I8(ii. 



12 ÉLÉMENTS DU TRAVAIL GÉOGRAPHIQUE. 

loutes ces langues. Les seules diphthongues employées ont élé ou pour le son latin de u, et eu 
pour le son dur de œu dans le mot français œuf ou Vu barbu de l'orthographe annamite. 
Toutes les autres voyelles doivent être prononcées séparément: ainsi, ei, oi, ai on ay doivent 
être lues comme s'il y avait un trémasur Yi; le g après Yn indique le son nasal; quand il 
n'existe pas, Yn ou Y m doivent toujours sonner l . Pour les noms chinois et annamites, 
j'ai conservé, à peu d'exceptions près, l'orthographe des missionnaires. 

Carie itinéraire n° I . — La partie du fleuve comprise entre Sombor et Stung Treng est 
loin de présenter toute la rigueur qui serait nécessaire pour lui donner une valeur réelle. 
Dressée dans les plus mauvaises circonstances, en pleine inondation, alors que beaucoup 
d'îles étaient submergées, que beaucoup de points de repère avaient disparu, elle ne doit 
être considérée que comme un dessin approximatif qui appelle de nombreuses rectifica- 
tions. La rive gauche a été levée en remontant le fleuve, alors que la berge avait presque 
disparu sous la crue des eaux et que les barques naviguaient pour ainsi dire en pleine 
forêt. On n'a pu par suite recueillir de ce côté aucune indication de profondeur, ni démêler 
nettement la constitution de l'inextricable réseau d'îles qui obstrue dans cette région le lit 
du fleuve. La rive droite le long de laquelle j'ai redescendu en pirogue avec une vitesse 
qui m'a fait parcourir en douze heures la distance totale de Stung Treng à Sombor, m'est 
apparue peut-être plus nettement. Mais les inégalités énormes dans la force du courant, 
l'impossibilité de faire des stations ou des observations à terre, la difficulté de prendre 
de bons relèvements pendant une locomotion aussi rapide, laissent encore subsister sans 
doute dans son tracé de très-nombreuses erreurs. Ce ne sera que pendant la saison 
sèche, aux eaux basses et en disposant de moyens considérables, qu'il sera possible d'ob- 
tenir, en y consacrant plusieurs mois de travail, la représentation exacte de cette partie 
du fleuve. 

La carte des rapides du Khong, faite dans de meilleures conditions, est loin encore 
d'être parfaite : elle devra être complétée en beaucoup de points, notamment dans la partie 
de la rive gauche qui avoisine la chute de Papheng, où je n'ai pu déterminer les indi- 
gènes à me conduire. 

Carte itinéraire n" 2. — Les positions astronomiques de cette carte le long de la vallée 
du fleuve sont reliées entre elles de la façon la plus satisfaisante, et il n'y aura sans doute 
d'autres changements à leur faire subir que celui qui pourrait résulter du déplacement du 
méridien de Rassac, qui est le pivot de toute la carte. Malheureusement, à partir des chutes 
du Se Don, aucune observation directe ne vient contrôler l'itinéraire accompli par le com- 
mandant de Lagrée autour du massif volcanique qui sépare la vallée du Se Don de celle 
de Se Cong, et les positions importantes de Saravan et d'Attopeu présentent par suite 

1 Je ne me dissimule pas combien ce système d'orthographe est imparfait, mais il faudrait avoir une plus 
grande autorité que je n'en ai en ces matières, et surtout une connaissance plus approfondie des différentes 
langues de l'Indo-Chine pour oser en proposer un autre plus complet et plus général. Il est, dans tous les cas, 
bien vivement à désirer que l'on arrive à adopter un mode uniforme d'écriture pour les noms étrangers. 
N'est-il pas déplorable que la même carte doive aujourd'hui contenir deux ou trois orthographes différentes, 
dès qu'elle embrasse une étendue de pays un peu considérable ? Les recherches, les travaux de toute nature 
en deviennent d'une difficulté extrême, et il en résulte parfois les confusions les plus étranges. 



ÉLÉMENTS DU TRAVAIL GÉOGRAPHIQUE. 13 

une légère incertitude. Tous les noms géographiques indigènes ont été soigneusement 
respectés. Mais là où ils n'existaient pas, j'ai cru pouvoir en proposer : c'est ainsi que j'ai 
donné le nom de Pic de Lagrée à la montagne très-remarquable, en forme de teton, qui 
limite au Sud-Ouest le massif volcanique dont je viens de parler. 

Cette carte et toutes les suivantes sont à une échelle uniforme, quadruple de celle de la 
carte générale de l'Indo-chine. 

Carie itinéraire n° 3. — Les parties de cette carte déterminées astronomiquement sont 
le bassin du Grand Lac au Sud et la vallée de Se Moun au Nord. Ces deux zones ne sont 
reliées entre elles que par l'itinéraire du voyage que j'ai accompli au travers des provinces 
cambodgiennes de Côcan, Souren, Sankea et Tchoncan. J'ai dit plus haut quel avait été le 
procédé employé pour le levé de cet itinéraire et pour le calcul de la position des principaux 
points du parcours. A l'Est d'Angcor, j'ai tracé la route approximative suivie par le com- 
mandant de Lagrée en février et mars 1866, c'est-à-dire antérieurement au voyage d'explo- 
ration lui-même. Mais je dois faire observer que ce tracé ne repose que sur des souvenirs et 
des appréciations de direction assez vagues. M. de Lagrée était dépourvu, pendant cette 
excursion qui avait plutôt un but archéologique que géographique, de tout instrument, 
même d'une boussole de poche. 

Carie itinéraire n° 4. — La vallée du fleuve a été déterminée astronomiquement 
par M. Delaporte, depuis Pak Moun jusqu'à Houten. Les itinéraires de la rive gauche ont 
été tracés d'après l'estime du commandant de Lagrée; celui de la rive droite, d'Oubôn à 
Ran Mouk, d'après ma propre estime. J'ai également déterminé, après discussion des 
divers renseignements recueillis, la position des différents points placés en dehors des 
routes suivies par la Commission. La vue de montagnes annexée à celte carte et dessinée 
par M. Delaporte représente le panorama qui se déroule le long de la rive gauche du Cam- 
bodge, quand on remonte le fleuve de Lakon à Houten. 

Carte itinéraire n° 5. — Cette carte se réduit au tracé de la vallée du fleuve. Les 
quelques positions indiquées au Sud de Nong Kay sont placées sur les renseignements de 
l'interprète Séguin. Les vues de montagnes, dessinées par M. Delaporte, qui sont jointes 
à cette carte, ont été prises la première du campement de Houten, la seconde en route 
dans la matinée du 20 mars. 

Carte itinéraire n° 6. — En dehors du tracé du fleuve, cette carte contient quelques ren- 
seignements qui m'ont été communiqués sur la vallée du haut Menam par M. Duyshart 
dont la rencontre avec la Commission a été racontée dans le premier volume de cet ouvrage 
et un petit itinéraire accompli par le docteur Joubert et donné d'après ses indications. Le 
panorama de montagnes qu'elle contient est du à M. Delaporte, et représente l'aspect 
des rives du fleuve, le 29 avril dans la matinée. 

Carte itinéraire n° 7. — Le travail géographique dans la région du Laos Rirman que 
représente cette carte a été d'une difficulté inouïe et présente quelques incertitudes. La 
saison des pluies, pendant laquelle cette partie du voyage a été effectuée, a rendu les 
observations difficiles, a nui à la bonne conservation des instruments et augmenté de 
beaucoup les chances d'erreurs dans l'estime journalière de la route faite. En dehors des 



14 ÉLÉMENTS DU TRAVAIL GÉOGRAPHIQUE. 

positions que j'ai déterminées directement, cette carte contient encore la position de Xieng 
Tong (Kiang Tung) donnée par Mac Leod et qui a servi à rectifier l'estime du com- 
mandant de Lagrée entre ce point et Muong Yong. Cette position est j ^"ufoo' e'. }*• 
Pour Muong Lem j'ai adopté ! 97° 30 oo' e'. i au lieu de i 97° 26 00 "e' I d° im é par les jé- 
suites pour ce point, qu'ils ont orthographié Mong Lien. J'ai indiqué également la 
position de Suen-ouei-sse donnée par eux { || c || 3 q" E " J; mais je n'ai pu reconnaître si 
le point qu'ils désignent ainsi existe encore et l'identifier avec un nom laotien. Peut-être 
Suen-ouei-sse n'est-il autre que le Tche-li-tchuen-fou-sse de la carte du Yun-nan dressée 
par les mêmes missionnaires et qui se trouve sur les bords mêmes du fleuve. Dans ce cas 
la détermination en longitude de ce point serait très-défectueuse. Cette contrée a du reste 
été bouleversée si souvent et les déplacements des populations ont été si nombreux qu'il ne 
faut point espérer retrouver les lieux de toutes les dénominations anciennes, surtout quand 
ces dénominations sont chinoises et sont restées ignorées dans la contrée elle-même. 

Le panorama de montagnes que contient cette carte et qui est dû à M. Delaporte, 
est le dernier paysage pris sur les bords du Cambodge à Xieng Hong. 

Cartes itinéraires n os 8, 9, 10. — En dehors de la route de la Commission, les 
renseignements géographiques que contiennent ces cartes prennent une plus grande 
autorité des travaux des jésuites qui ont servi à les contrôler. Les renseignements politiques 
et administratifs sont tirés d'une carte chinoise du Yun-nan prise sur les lieux mêmes. Voici 
quelles ont été les modifications apportées aux positions observées, données par les 
jésuites pour tout ce parcours. 

Positions adoptées. Positions des jésuites. 

Mnna-tina \ 23 ° 37 ' ] ~" lV 1 * 23» 37' 12 N. , 

mong-nng \ 97 ()0 00 E , j 96 S3 so F , 

Tnrtn hnn kmian ! 23 41 40 lV > > 23 4I 40 N * > 

Long-nan kouan j 93 43 00 E j j m 36 3n E , 

Yn-yuei tcheou, aujourd'hui Teng-yue tinh ( g 6 3 | 2 ° E " { { 9 g 2 8 -g £ ) 

Tching-Kang tcheou, aujourd'hui, Long-ling tong tche \ g* ,3 00 e". ! ( 97 \\ 30 e. ! 

Yun frhnna fou ( 2a 04 48 N ' ' ( 23 ° 4 48 5' 1 

1 un-tcnang ion , 97 12 00 E , , 97 03 g3 E- , 

1A 7 ,• 1 f 2S 18 00 N. 1 ( 2o 18 00 N T . ) 

Mong-hoa hnli \ 98 17 00 E- \ \ 98 10 03 E . j 

Khi fvinn fnn ( 25 32 24 N - i I 25 3 ' 2 24 N ' ' 

i\iu-isutg lou H01 10 00 E , , 101 30 00 E _ , 

Tn ninn tphp php trhpnn ni i 24 ' 6S 48 N " ! < 24 58 48 N ' ' 

Lo-ping tcnecneicneoupij i01 40 00 E j H01 3 g 19 E , 

Kmmnr, nnn fnn ' 24 09 36 Nl > f " 4 09 36 N - I 

ivouang-nan 1011 Mfl2 30 00 E , H02 4b 35 E j 

r- • 7 <• t 23 24 30 N. | ( 23 24 30 N. , 

nai-noa iou , t01 46 00 E , | 102 oi 45 e. i 

Mnnn /«. himi f 23 24 00 s - ) ( 23 24 00 N " > 

Mong-cse nien Hoi 00 00 E _ , uo , 16 16 Ei , 

Chun-ning fou ( 97 % go e! I ! 97 49 S e'. i 

T r- . t (24 30 40 N. ) (24 30 40 N. i 

King-tong tou J 98 44 00 E . J i os 44 oo e. I 

ri • . • f 24 16 10 N. -i f 24 te 10 N. ) 

tio-si nien (, 00 i5 00 E _ , l]0 o 20 50 e. s 

1 11 y a une faute dans le journal de Mac-Leod, tel qu'il a été donné dans le sixième volume du Journal 
de la Société Asiatique du Bengale (décembre 1837, p. 993). On y lit pour la latitude de Kiang Tung 21" 47' 48". 
La carte qui est jointe à ce document rectifie d'ailleurs cette erreur. 



ELEMENTS DU TRAVAIL GÉOGRAPHIQUE 15 



Kouang-si tcheou 


, 24° 39' 30" N. 
i 101 u; 00 E. 


< 24° 39' 36" N. 
t 101 29 50 E. 


Tchin-kiang fou 


| 24 41 00 N. \ 
{ 100 29 00 E. » 


( 24 43 12 X. 
i 100 44 30 E. 


Tchou-hiong fou 


f 20 00 00 N. i 
i 99 13 00 E. t 


( 20 06 00 N. 
1 99 13 10 E. 


Ta-tching kouan 


t 27 32 00 N. | 
i 97 28 00 E. i 


| 27 32 00 N. 
t 97 28 00 E. 


Li-kiang fou 


i 20 51 36 N. \ 
1 99 07 20 E. i 


( 26 31 36 N. 
1 99 07 20 E. 


Yong-ning tou fou 


, 27 48 28 N. '| 
1 98 27 10 E. ! 


( 27 48 28 N. 
t 98 27 10 E. 


Yun-pe tinh 


( 26 42 00 N. ) 
1 98 40 00 E, S 


( 26 42 00 X. 

t 98 39 10 ' E. 


Yao-ngan tcheou 


( 23 32 20 N. -, 
l 99 00 00 E. ) 


f 25 32 20 X. 
1. 99 09 50 E. 


Ou-ling tcheou 


( 25 32 44 N. ) 

1 100 17 00 E. i 


1 23 32 44 X. 
» 100 33 30 E. 


Tchao-tong fou 


( 27 26 00 N. 
» 101 05 00 E. 


( 27 20 24 X. 
1 181 26 30 E. 


Tchen-hiong tcheou 


, 27 20 00 X. 
i 102 23 00 E. 


i 27 18 00 X. 
1 102 32 15 E. 


Kieou-lan tcheou 


i 26 97 00 N. t 
t 97 30 00 E. ) 


( 26 32 00 X. 
i 97 29 30 E. 



Ou-mong tou fou, aujourd'hui. 



Ma-hou fou, donné par les jésuites, n'existe plus aujourd'hui. 

Dans la carte n° 8, l'itinéraire de la Commission de Pou-pio à Che-pin, est tracé 
d'après l'estime de M. Delaporte, et l'excursion aux mines de cuivre de Sin-long' d'après 
celle du docteur Jouhert. Le panorama de montagnes est dû à M. Delaporte, et repré- 
sente la perspective du lac de Tchin-kiang, prise de l'extrémité Sud de ce lac. 

De Lao-oua-tan à Soui-tcheou fou, dans la carte n° 10, les détails et l'estime de la 
route faite sont très-incertains, un accident m'ayant fait perdre les notes prises pendant 
cette partie du trajet : je n'ai donc pu contrôler rigoureusement par l'estime l'écart 
en longitude que présentent mes déterminations avec celles des jésuites, entre Tchao- 
tong et Soui-tcheou fou. 

Ping-chan hien, dernier point du fleuve Rleu reconnu par le capitaine Rlakiston en 
1861, a été placé, par rapport à Soui-tcheou fou, comme l'indique sa carte. 



II 



OBSErtVATlONS MÉTÉOROLOGIQUES 

La commission ne disposait que d'instruments fort insuffisants pour les observations 
météorologiques. Un seul baromètre marin à cuvette à graduation insuffisante et 
quelques thermomètres à mercure étaient tout ce qu'avait pu lui fournir l'observatoire de 
Saigon. Une série d'instruments mieux appropriés aux exigences d'un voyage 
d'exploration avait été demandée en France, mais ne nous parvinrent jamais. Tout 
ce que je pus rapporter plus tard de mon voyage à Pnompenh fut un baromètre ho- 
lostérique, dont les indications laissèrent beaucoup à désirer à la fin du voyage. Il a été 
comparé avec soin, depuis mon retour en France, avec un baromètre à mercure, et ce sont 
les résultats de cette comparaison que j'ai employés '. 

Je vais présenter sous forme de tableaux mensuels l'ensemble des observations quo- 
tidiennes faites pendant le voyage, en résumant ensuite pour chaque zone climatérique 
les principaux faits météorologiques qui découlent de leur examen. La température est 
donnée dans les tableaux qui suivent en degrés centigrades et la hauteur du mercure 
dans le baromètre en millimètres. Cette hauteur est celle qui correspond à la tempé- 
rature observée au même moment. 



1 C'est à M. A. Thénard que je suis redevable de ce travail, sur lequel je donnerai en temps et lieu quelques 
détails, et je lui en adresse ici tous mes remerciements. 



TABLEAUX 



Ces tableaux embrassent une période de plus de vingt-trois mois, du 6 juillet 1866 
au 9 juin 1868 et une zone terrestre qui comprend 19° en latitude. J'ai partagé cette 



JUILLET 186G 



LAOS 



LIEUX 

d'observation 1 



DATES 



Pnom Penh . 
En route . . . 

Cratieh. . . . 

Idem. 
En route. . . 

Sombor. . . . 
En route. . . 
Idem. 

Idem. 

Idem. 
Idem. 

Idem. 

Stung Treng 

Idem. 
Idem. 

Idem. 

Idem. 
Idem. 
Idem. 

Idem. 
Idem. 
Idem. 



6 
7-9 

10-12 

13 
14 



15 

16 
17 

18 

19 
20 

21 

22 

23 

24 

25 



27 
28 



30 
31 



THERMOMETRE ET BAROMETRE 



Les instruments sont encore emballés pendant ce trajet qui a été 
fait à bord de la canonnière 27. 



27.0 752,0 
24,0 » 



24,0 
26,0 
25,0 

24,0 

24,0 
26,0 

26,0 

24,0' 

25,0 



750,0 
750,0 



2ii (1 


,™u„. 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


23,0 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


y> 


„ 


» 


» 


9h du 

25,5 


matin. 

750,5 


25,0 
25,0 
26,0 


750,0 
749,0 

748,5 


26,0 
26,0 
25,0 


748,5 
748,0 
748,0 



30,0 

27,0 



26,0 
30,5 
27,0 

25,5 

28,0 
29,0 

29,0 

28,0 

28,0 

28,0 



750,0 

750,0 

753,0 



27,0 751,0 



25,5 
29,0 

28,5 

28,5 
28,0 
29,0 



750,0 
749,0 
749,0 

749,0 
748,0 
749,0 



31,0 
29,0 



30,0 
32,0 
30,0 

26,0 

28,5 
29,0 

30,0 

30,0 

29,0 
27,0 



751,0 

751,0 

752,0 



25,0 750,0 



27,0 
30,0 
26,0 

26,0 
29,0 
29,5 



749,0 
749,0 
749,0 

749,0 

749,0 
749,0 



30,0 
30,0 



28,0 

30,0 » 
28,0 « 

23,0 

26,0 » 
28,0 » 

28,0 » 

28,0 731,0 

28,0 750,0 

24,5 750,0 

24,0 750,0 

27,0 749,0 

29,5 749,0 

25,0 749,5 

25,0 749,5 

24,0 748,0 

27,0 748.0 



DIRECTION DU VENT 



s.-o. 

Id. 

Id. 

S.-O. 
Idem. 



Idem. 
Idem. 
Idem. 

O.-S.-O. 

S.-S.-O. 
O.-S.-O. 

0. 

s.-o. 

S.-S.-O. 
Idem. 

Idem. 

Idem. 
Idem. 
Idem. 

Idem. 

S. 

O.-S.-O. 



MÉTÉOROLOGIQUES 



zone en quatre climats, le Laos méridional, le Laos septentrional, le Plateau du Yun-nan, 
la Vallée du Fleuve Bleu. 



MERIDIONAL 



JUILLET 1866 



FORCE DU VENT 



TEMPS 



Petite brise. 

Jolie brise pendant 

les grains. 

Petite brise. 

Jolie brise. 
Inégale, à grains. 



Petite brise. 
Idem. 
Inégale. 

Jolie brise inégale. 

Bonne brise. 
Petite brise. 

Idem. 

Jolie brise inégale. 

Petite brise inégale. 
Idem. 

Idem. 

Idem. 
Idem. 
Idem. 

Idem. 

Jolie brise. 

Inégale. 



Très-beau temps, légers nuages. 

Violents orages. Temps magnifique dans les 

intervalles des grains. 
Assez beau temps. Quelques grenasses. 



Nuageux. 

Couvert jusqu'à 10 h 
l'après-midi. 



du matin. Nuaseux 



Légers nuages. 

Très-beau. Se couvre le soir. 

Couvert et pluvieux jusqu'à midi. Se dégage 
le soir. 

Orage et pluie torrentielle jusqu'à 3 h du ma- 
tin. Couvert et pluvieux le reste du jour. 

Couvert et pluvieux. 

Le temps se remet an beau. Quelques petits 
grains dans la journée. 

Temps couvert qui se dégage au milieu du 
jour. 

Orage et pluie de minuit à 4" du matin. 
Assez beau dans la journée. 

Assez beau, nuageux. Quelques petits grains. 

Pluie continuelle. 

La pluie ne s'interrompt que peu de temps 

vers midi. 
Le temps s'éclaircit un peu l'après-midi. 
Le temps reste couvert, mais la pluie cesse. 
Un peu de pluie au milieu de la journée. 

Temps assez beau le soir. 
Pluie continuelle. 
Le temps s'embellit un peu le soir. 
Temps à grains : la pluie reprend dans la 

soirée d'une façon continue. 



OBSERVATIONS 



La saison des pluies est définitivement 
établie. Depuis les premiers jours de 
juin, la crue du fleuve s'est vivement 
accusée, et dès le 10 juin le courant 
du bras d'Oudong s'est prononcé vers 
le Grand Lac. 

Départ de Cratieh à 10 h . L'observation 
du baromètre cesse d'être possible 
en route, à cause des mouvements 
de la barque. 

Variations à Sombor, 2° 35' N.-E. 



Arrivée à Stung Treng à 2 h de l'après- 
midi. 



La rivière d'Attopeu monte pendant 
ces deux jours de plus de 2'". 



La crue continue. 

Baisse de m ,30 pendant la nuit. 

La baisse continue. 

La rivière remonte de ra ,40. 

La crue continue. 

La crue paraît s'arrêter. 



20 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 























LIEUX 

d'observation 


DATES 






THERMOMÈTRE 


ET RAROMÈTRE 




DIRECTION DU VENT 








9t> d L 


matin. 




lidi. 


3i du 


soir. 


bb du 


soir. 






Stung Treng.. . . 
Idem. 


1 

2 


25\0 
27,0 


7l8,0 
750,0 


degrés. 

28,0 
28,5 


748,0 
750,0 


degrés. 

29,3 
30,0 


749,0 
750,0 


27,5 
28,5 


millim. 

748,0 
750,0 


S.-O. 
0. 




Idem . 


3 


27,0 


750,0 


29,5 


750,0 


30,0 


750,0 


27,5 


750,0 


S.-E. 




Idem, 
[dem. 


4 
5 


25,0 
25,0 


750,0 
751,0 


28,0 

27,5 


751,0 
751,1 


30,0 
28,0 


750,0 
751,0 


27,5 
26,0 


750,0 
751,0 


Idem. 
O. 




Idem. 


6 


26,0 


750,5 


28,0 


750,0 


28,0 


750,0 


•27,0 


750,0 


Idem. 




Idem. 


7 


25,0 


749,0 


30,0 


749,0 


34,0 


749,0 


32,0 


749,0 


Idem. 




Idem. 


8 


26,0 


749,0 


27,0 


750,0 


27,0 


750,0 


25,0 


750,0 


O.-S.-O. 




Idem. 
Idem. 


9 
10 


25,0 

24,5 


748,0 
747,0 


27,5 
24,0 


748,0 

747,0 


25,0 
25,0 


747,0 
747,0 


25,0 
25,0 


747,0 

747,0 


0. 

0., puis passe 




Idem. 
Idem. 


il 
12 


25,0 
25,0 


747,0 
748,0 


26,0 

27,0 


747,0 
748,0 


28,0 
27,0 


747,0 
747,0 


27,0 
26,5 


747,0 
747,0 


au S. le soir. 

Très-variable. 

Idem. 




Idem. 


13 


24,5 


748,0 


26,5 


748,0 


27,0 


748,0 


27,5 


748,0 


0. 




En route 


14 


27,0 


749,0 


29,5 


« 


27,5 


» 


27,0 


» 


Idem. 




Idem. 
Idem. 
Idem. 


13 
16 

17 


26,5 

27,5 
27,5 


749,0 

» 


28,0 
30,0 
30,5 


» 
» 


30,0 
30,5 
31,5 


» 


31,0 
31,5 
30,0 


» 


Calme. 

0. 

O.-S.-O. 




Ile de Khon. . . . 


18 


27,5 


748,0 


30,0 


748,0 


30,0 


748,0 


28,5 


747,0 


0. 




Idem. 
Idem. 


19 

20 


25,0 
24,5 


746,0 

747,0 


27,0 
26,0 


746,0 
746,0 


29,5 
29,0 


745,0 

745,0 


30,0 
25,0 


743,0 

744,0 


Idem. 
Idem. 




Idem. 


21 


25,0 


745,0 


26,5 


745,0 


29,0 


744,0 


27,5 


744,0 


Idem. 




Idem. 


22 


25,5 


745,0 


27,0 


744,0 


28,0 


744,0 


26,0 


744,0 


Idem. 




Idem. 


23 


25,5 


745,0 


27,5 


745,0 


29,0 


745,0 


30,0 


745,0 


Idem. 




Idem. 
En route 


24 
25 


25,0 

25,5 


745,0 
745,0 


27,0 
29,0 


745,0 

745,0 


27,0 
25,0 


745,0 
» 


24,0 
26,0 


744,0 


Idem. 
E. 




Idem. 


26 


27,0 


» 


30,0 


» 


28,5 


» 


29,0 


747,0 


Calme. 




Idem. 


27 
■ 28 


28,5 
27,5 


748,0 
746,0 


30,5 
29,5 


748,0 
745,0 


30,5 
30,0 


748,0 
745,0 


29,5 
28,0 


748,0 

745,0, 


0. 
Idem. 




Idem. 
Idem. 
Idem. 


29 
30 
31 


27,0 
26,0 
25,0 


745,0 

745,0 
745,0 


26,5 

27,5 
27,0 


745,0 
746,0 
745,0 


27,5 
28,5 
28,0 


745,0 
745,0 
745,0 


28,0 
28,5 
27,0 


745,0 
745,0 
745,0 


N.-O. 

0. 
E.-N.-E. 



























OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 21 

ADI'T 1866 





FORCE DU VENT 


TEMPS 


OBSERVATIONS 




Petite brise. 


Couvert et pluvieux. 


Le niveau de la rivière reste station- 




Idem. 


Se dégage au milieu du jour et devient 
tout à fait beau. 


naire. 




Jolie brise. 


Assez beau. — Petits grains dans l'après- 
midi. 






Petite brise. 


Beau. Nuageux. 


La rivière baisse de m ,30. 




Bonne brise. 


Temps orageux et fortes ondées de pluie 
à partir de 3 h de l'après-midi. 






Petite brise. 


Eclaircie à midi. Le temps redevient plu- 


Du 6 au 26 août, les observations mé- 






vieux le soir. 


téorologiques ont été faites par 




Jolie brise. 


Le soleil se montre dans l'après-midi. Pluie 
et orage pendant la nuit. 


M. Delaporte. 




Idem. 


Temps pluvieux. Quelques éclaircies dans 
la journée. 






Petite brise. 


Même temps. 






Idem. 


Pluie torrentielle qui ne cesse que le soir. 
Temps orageux. 


Crue de l m ,80. 




Inégale. 


Temps couvert et à grains. 


Nouvelle crue de m ,40. 




Idem. 


Courte eclaircie le matin. Pluie le reste du 
jour. 


Même crue. 




Très-inégale. 


Temps orageux. La pluie cesse le matin et 
reprend à la nuit. 


Baisse de m ,40. 




Idem. 


Beau temps le matin. Grains à partir de 


Départ de Stung Treng à 10 b du ma- 






midi. 


tin. 




« 


Très-beau temps. 






Presque calme. 


Idem. 






Très-légère. 


Très-beau temps. Un petit grain pendant 
la nuit. 


Arrivée à l'île de Khon à 4 U du soir. 




Inégale. 


Beau temps. Quelques petits grains vers 
2 h de l'après-midi. 






Idem. 


Temps couvert. Pluie par intervalles. 


Le niveau du fleuve diminue. 




Petite brise. 


Brouillard le matin. Temps à grains, beau 
par intervalles, l'après-midi. 






Idem. 


Assez beau temps. Quelques ondées dans 
l'après-midi. 






Jolie brise. 


Temps orageux et à grains. Pluie torrentielle 
pendant la nuit. 






Petite brise. 


Brume le matin. Beau temps le reste du 
jour. 


Le fleuve commence à remonter. 




Presque calme. 


Temps orageux. Pluie presque continuelle. 






Très-inégale. 


Belle matinée. A midi, grain d'Est qui ramène 
la pluie. 


Départ de l'île de Khon à midi. 




» 


Assez beau temps. Un peu de pluie dans 
la soirée. 


Arrivée à 4 b à Khong. 




Très-petite brise. 


Très-beau temps. Légers nuages. 


Le niveau du fleuve reste à peu près 




Inégale. 


Quelques grains dans Faprès-midi. La nuit, 


stationnaire, avec une légère ten- 






orage lointain. 


dance à monter. 




Idem. 


Temps couv. et pluv. Orage à l'horizon. 






Très-variable. 


Même temps. Quelques éclaircies. 






Petite brise. 


Temps couvert et brumeux. Pluie fine par 








intervalles. 





99 



OBSERVATIONS MÉTEOROLOGIOUES. 



SEPTEMBRE 186G 



LIEUX 
























DATES 




THERM0M 


ET BAR0M1 






DIRECTION DU VENT 




d'observation 


























9hdu 


malin. 


midi. 


3>« dl 


soir. 


5Mu 


soir. 










degrés. 


millim. 


degrés. 


millim. 


dejres. 


millim. 


de»rcs. 


millim. 








1 


26,0 


745,0 


27,0 


745,0 


28,5 


745,0 


27,0 


745,0 


E.-N.-E. 




Idem. 


2 


25,0 


745,0 


27,5 


745,0 


27,0 


745,0 


27,0 


745,0 


E. 




Idem. 


3 


25,0 


746,0 


27,0 


746,0 


27,5 


746,0 


27,0 


746,0 


S.-E. 




Idem. 


4 


27,0 


747,0 


29,5 


747,0 


30,5 


747,0 


28,5 


746,0 


S.-O., passe le soir 
au S.-E. 




Idem. 


5 


27,0 


747,0 


28,0 


747,0 


25,5 


747,0 


24,5 


747,0 


S.-E. 




En route 


6 


26,0 


749,0 


28,5 


749,0 


29,0 

61> du 


748,0 

matin. 


27,0 


748,0 


N.-E., puis le soir 
O.-S.-O. 




Idem. 


7 


27,0 


749,0 


28,0 


749,0 


24,0 


748,0 


27,0 


749,0 


0. 




Idem. 


8 


26,0 


746,0 


26,5 


745,0 


31» di 

29,0 


soir. 

745,0 


28,0 


745,0 


Idem. 




Idem. 


9 


24,5 


746,0 


26,5 


746,0 


25,0 


746,0 


25,5 


746,0 


Idem. 




Idem . 


10 


26,0 


745,0 


26,0 


745,0 


27,0 


745,0 


27,0 


744,0 


Est. 






II 


26,0 


744,0 


27,0 


744,0 


28,0 


744,0 


27,0 


744,0 


Calme, 
le soir S.-E. 




Idem. 


12 


26,0 


743,0 


27,0 


743,0 


28,0 


743,0 


27,0 


742,0 


S.-S.-O. lem.,S.- 

S.-E. le s. etlan. 




Idem. 


13 


25,0 


744,0 


26,0 


744,0 


26,0 


744,0 


25,0 


744,0 


S.-S.-E. 




Idem. 


14 


25,0 


744,0 


27,0 


744,0 


25,0 


744,0 


26,0 


744,0 


S.-E. 




Idem. 


15 


25,0 


744,0 


25,5 


744,0 


25,0 


743,0 


25,5 


743,0 


S.-S.-E. 




Idem. 


16 


24,5 


745,0 


24,5 


745,0 


25,5 


743,0 


25,5 


743,0 


S.-S.-E. tournant 
à l'O. le soir. 




Idem. 


17 


24,0 


746,0 


24,5 


745,0 


25,5 


745,0 


26,0 


743,0 


S.-E. 




Idem. 


18 


24,0 


745,0 


25,0 


745,0 


26,0 


745,0 


27,0 


744,5 


E. au N.-E. 




Idem. 


19 


24,0 


746,5 


27,5 


746,0 


26,0 


746,0 


26,0 


746,0 


S.-S.-E. 




Idem. 


20 


25,0 


747,0 


27,0 


746,0 


28,0 


746,0 


27,0 


745,0 


S.-E. 




Idem. 


21 


26,0 


745,0 


27,0 


745,0 


28,0 


745,0 


28,0 


745,0 


N.-E., puis N. 




Idem. 


22 


26,5 


745,0 


27,5 


745,0 


28,5 


745,0 


28,0 


745,0 


N.-E. 




Idem. 


23 


26,0 


744,5 


28,0 


744,5 


27,0 


744,5 


26,0 


744,5 


N.-E., puis S.-E. 
le soir. 




Idem. 


24 


25,0 


744,5 


27,0 


745,0 


28,0 


745,0 


27,0 


745,0 


E.-N.-E., 
puis S.-E. le soir. 




Idem. 


25 


26,0 


745,0 


28,0 


745,0 


27,0 


744,0 


26,0 


744,0 


N.-E. le matin, 
S.-E. le soir. 




Idem. 


26 


26,0 


745,0 


27,0 


744,5 


27,5 


744,5 


26,0 


744,0 


Idem. 




Idem. 


27 


25,5 


744,0 


28,0 


744,0 


27,0 


744,0 


27,5 


744,0 


N.-E. 




Idem. 


28 


26,5 


744,0 


28,5 


743.5 


30,0 


743,5 


29,0 


743,5 


N.-N.-E. 




Idem. 


29 


26,5 


744,0 


28,0 


744,0 


30,0 


744,0 


28,0 


744,0 


Idem. 




Idem. 


30 


27,0 


745,0 


29,0 


745,0 


30,0 


744,0 


30,0 


742,0 


N.-E. 





OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES. 



23 



SEPTEMBRE 18GG 





FORCE DU VENT 


TEMPS 


OBSERVATIONS 




Petite brise. 


Temps couvert et brumeux. Pluie à 4 b du s. 


Variation à Khong 2° 38' N.-E. 




Jolie brise. 


Même temps. Averses plus fréquentes. 






Idem. 


La pluie augmente. 


Le niveau du fleuve monte ; son cou- 




Inégale. 


Assez beau temps le matin. La pluie recom- 
mence le soir. 


rant devient plus rapide. 




Petite brise. 


Temps couvert. Pluie continue de3 h à l h du s. 






Idem. 


Assez beau temps. Quelques grains dans la 
journée. 


Départ de Khong à midi. Halte à 3". 




Idem. 


Temps couvert. Un peu de pluie vers midi. 






Idem. 


Temps couvert et pluvieux. Eclaircie dans 
l'après-midi. 






Très-inégale. 


Temps orageux. Grains nombreux le soir 
et la nuit. Pluie torrentielle. 






Idem. 


Temps couvert très-orageux. Grains de l'Est. 
Une eclaircie vers 2 h de l'après-midi. 








Temps couvert. Pluie fine par intervalles. 


Arrivée à Bassac, à 9 h l /2 du matin. 




Petite brise. 


Pendant la nuit, quelques grains du S.-E. 






Jolie brise 


Temps couvert qui se met à la pluie le soir. 






qui fraîchit le soir. 


A minuit, fort orage. 






Inégale. 


Pluie presque continue. 






Jolie brise. 


Idem. 






Petite brise. 


Idem. 






Bonne brise tombant 


La pluie cesse à 10 h du m. , et le soleil paraît un 






beaucoup le soir. 


instantà2 h . A 10 h du s., la pi. recommence. 






Petite brise. 


La pluie cesse à la même heure que la veille. 
Temps couvert le reste du jour. 






Bonne brise à rafales. 


Temps couvert. La pluie cesse entre 5 h du 
matin et 8 h du soir. 


Variation à Bassac 2° 38' N.-E. 




Idem. 


Pluie presque continue. Le temps s'embellit 
un peu dans la soirée. 






Petite brise. 


Temps assez beau. Voilé. Orages dans le S.-E. 


Le fleuve atteint son niveau maximum. 




Idem. 


Pluie le m. Le temps redevient très-beau par 
une petite brise du Nord. Eclairs dans l'Est. 






Idem. 


Beau temps nuageux. Un petit grain vers 
l h de l'après-midi. 






Idem. 


Temps couvert. Grains orageux donnant peu 


Le fleuve commence à baisser sensi- 






de pluie. 


blement. 




Idem. 


Temps très-nuageux le matin ; couvert et 
pluvieux dans la soirée. 






Idem. 


Beau temps le matin. Le soir, le temps se 
couvre. Pluie pendant la nuit. 






Idem. 


Même temps. 






Jolie brise. 


Beau temps, nuageux. Grain orageux à 2 h du 
soir, qui ne donne, pas de pluie. 






Idem. 


Très-beau temps. Éclairs à l'horizon. Le 
temps se couvre la nuit. 






Presque calme. 


Même temps. 






Idem. 


Pluie de minuit à 2 h . Très-beau temps pen- 
dant le jour. L'horizon se charge à l'Est le 
soir. 


: 



24 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 



OCTOBRE 186G 
























LIEUX 

d'observation 


DATES 


THERMOMÈTRE ET BAROMÈTRE 


DIRECTION DU VENT 








9'> du 
degrés. 


matin. 

millim. 


degrés. 


idi. 

millim. 


3i> di 


soir. 


5l> (lu 


soie, 
millim. 








1 


25,5 


745,0 


27,0 


744,0 


28,0 


744,0 


28,0 


744,0 


N.-E. variable. 




Idem. 

Idem. 
Idem. 

Idem. 


2 

3 

4 

5 


25,5 

26,0 
27,0 

26,0 


746,0 

747,0 
748,0 

748,5 


27,5 

28,0 
31,0 

28,0 


746,0 

747,0 

747,0 

748,0 


29,0 

29,0 
30,0 

29,0 


745,0 

747,5 
747,0 

748,0 


29,0 

27,5 
29,0 

28,0 


744,5 

746,0 

746,0 

747,0 


N.-E. le matin, 

S.-E. le soir. 

N.-E. 

E., revient 

au N.-N.-E. le s. 

S.-S.-.E. 




Idem. 
Idem. 

Idem. 


6 

7 

8 


27,0 

27,0 

26,0 


748,0 
747,0 

747,5 


28,0 
28,5 

27,5 


748,0 
747,0 

747,5 


28,0 
29,0 

28,0 


747,5 
747,0 

747,0 


27,0 
26,0 

26,0 


747,0 
746,0 

747,0 


S.-E., var. à TE. 
E.-N.-E., 

variable au N.-E. 
E. variable. 




Idem. 
Idem. 
Idem. 


9 

10 
11 


27,0 
25,0 
27,0 


747,5 
745,0 
746,0 


28,0 
28,0 
29,0 


747,5 
745,0 
746,0 


27,0 
27,0 
29,5 


747,0 
744,0 
747,0 


26,0 
26,0 

29,8 


747,0 

744,0 
747,0 


E. qui passe 
au N.-E. le soir. 

N.-E. 

variable au N. 

E. 




Idem. 


12 


27,0 


747,0 


29,0 


746,5 


27,0 


746,0 


27,5 


745,5 


N.-E. 




Idem. 


13 


27,0 


747,5 


28,0 


748,0 


27,0 


745,0 


27,0 


745,0 


N.-E., puis S. 
le soir. 




Idem. 
Idem. 


14 

15 


26,5 

27,0 


747,0 
747,0 


28,0 
29,0 


746,0 

746,5 


28,5 
29,5 


746,0 
745,0 


28,0 
24,5 


745,0 
745,0 


E., variable 

au N.-E. 
Idem. 




Idem. 
Idem. 


16 
17 


25,0 
26,0 


748,0 

748,0 


28,0 
28,5 


747,0 
747,0 


30,2 
29,0 


747,0 
747,0 


30,2 

28,0 


746,0 
747,0 


N.-E. 

N.-N.-E. 




Idem. 
Idem. 
Idem. 

Idem. 


18 
19 
20 

21 


26,5 

25,0 
24,5 

19,0 


747,0 
746,0 
745,0 

745,0 


29,0 

27,0 
28,0 

24,0 


747,0 
745,0 
745,0 

745,0 


27,5 
28,0 
28,0 

27,0 


747,0 
744,0 
744,0 

744,0 


26,0 
26,0 
26,0 

26,0 


746,0 

744,0 
744,0 

744,0 


N. 

N.-N.-O. 

E.-N.-E., hâlant 

le N. le soir. 

N. 




Idem. 
Idem 


22 
23 


22,0 
22,5 


744,0 
746,0 


25,0 

25,0 


744,0 
746,0 


26,5 

26,5 


743,0 
745,0 


26,0 
26,0 


743,0 
744,0 


N.-E. 
Calme. 




Idem. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 


24 
25 
26 

27 


23,0 

23,5 
25,0 
24,0 


746,0 

747,0 
748,0 
747,0 


26,0 

27,0 
27,0 
27,0 


746,0 

748,0 
747,5 
747,0 


27,0 
28,0 
28,5 
29,0 


745,0 

747,0 
747,0 
746,0 


26,5 
27,5 
28,0 
28,0 


745,0 
746,0 
746,0 
746,0 


Idem. 

S. 

s.-o. 

E., puis N. le s. 




Idem. 
Idem. 
Idem. 


28 
29 
30 


25,0 

25,0 
26,5 


746,0 
747,0 
747,0 


27,0 
27,5 
27,5 


745,0 
746,5 

747,0 


27,5 
28,0 
29,0 


744,5 
744,5 
747,0 


27,0 
27,5 
28,0 


743,5 
744,5 
747,0 


N.-N.-O. 

E.-S.-E. 

E. 




Idem. 


31 


27,0 


747,0 


30,0 


747,0 


30,0 


746,5 


28,0 


745,0 


Idem. 







OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES. 25 

OCTOBRE 186G 













FORCE DU VENT 


TEMPS 


OBSERVATIONS 






Inégale. 


Temps à grains, couvert et pluvieux dans 
la matinée. Beau, nuageux le soir. 








Jolie brise. 


Matinée pluvieuse. Belle après-midi. 








Jolie brise, presq. c. le s. 


Temps orageux. Pluie le matin. 








Jolie brise inégale. 


Matinée brumeuse. Très-beau temps le reste 
du jour. Orages à l'horizon. 








Idem. 


Temps assez beau le matin. Couvert et ora- 
geux le soir et la nuit. 


A3 h , la même température de 29° était 
observée aux chutes du Se Don, dans 






Idem. 


Même temps. 


l'île de Don Niai. 






Idem. 


Môme temps. Fort grain de N.-E. à 6 h du 








Jolie brise. 


soir. 
Beau temps pendant le jour. Le soir, le 
temps se couvre après un grain du N.-E. 








Petite brise. 


Temps couvert. Brume le matin. Petite pluie 
le soir. 








Jolie brise. 


Beau temps nuageux, qui se couvre vers 3 h 
de l'après-midi. Horizon chargé au N.-E. 








Idem. 


Beau temps nuageux. Le soir, orage à l'ho- 
rizon et fort grain de l'Est à 10 h . 








Petite brise. 


Grain vers 2 h de l'après-midi. Temps voilé, 
mais beau le reste du jour. 








Jolie brise. 


Fort grain de vent du Nord-Est vers 2 b . Le 
vent passe le soir au Sud et le temps de- 
vient orageux et pluvieux. 








Petite brise. 


Très-beau temps. Quelques nuages. 


La baisse des eaux du fleuve a atteint 
5 m ,80 depuis le 20 septembre. 






Inégale. 


Grain violent du Nord-Est vers 4 b . Très- 
beau temps le reste du jour. 








Petite brise. 


Très-beau temps. Légers nuages. 








Jolie brise. 


Beau temps. Quelques nuages. ^Temps ora- 
geux le soir. 








Bonnebrise à rafales. 


Beau temps voilé. '[Un peu de pluie le soir. 








Idem. 


Temps couvert. 








Petite brise qui fraî- 


Beau temps. Quelques nuages. 








chit le soir. 










Jolie brise à rafales. 


Très-beau temps. Nuit et matinée très-fraî- 
ches. 








Presque calme. 


Beau temps légèrement voilé. 


Observé une couronne lunaire pendant 






» 


Très-beau temps. Légères vapeurs au ciel. 
Strati à l'horizon. 


la nuit. Diamètre : 3° 36'. 
Triple couronne lunaire qui persiste 






» 


Même temps. 


pendant la nuit jusqu'à ce que la 






Presque calme. 


Idem. 


lune atteigne le zénith. 






Idem. 


Idem. 








Petite brise. 


Le temps se couvre le soir. [Quelques gouttes 
de pluie. 








Jolie brise à rafales. 


Temps couvert. Un peu de pluie vers i h . 








Jolie brise. 


Temps très-nuageux. 








Petite brise. 


Orage et pluie de 2 h à 4 h du matin. Très- 
beau temps le reste du jour. 








Presque calme. 


Grain de vent du Nord-Est vers 4 h . Très-beau 
temps le reste du jour. 


i — ■ 















2ti 



B S K R Y A T 1 N S M É T K R L G I O U E S. 



NOVEMBRE 186G 



LIEUX 

d'observation 


DATES 






THERMOMÈTRE 


ET BAROMÈTRE 




DIRECTION DU VENT 




Bassac 


1 


dcjrcs. 

» 




9»» du 
degrés. 

26,5 


matin. 

74M 


28?5 


idi. 
millim 

747,0 


3'' d 

28*5 


u soir. 

746,0 


5* d 

28°0 


millim. 

745,0 


E.-N.-E. 




Idem. 
Idem. 
Idem. 

Idem. 


2 
3 

4 

5 


» 


» 


27,0 
27,0 
27,0 

26,0 


748,0 

747,5 
747,5 

747,5 


28,5 
28,0 

27,5 

27,0 


747,0 
747,5 
747,5 

747,0 


28,5 
28,0 
27,5 

27,5 


746,0 

747,0 

747,5 

746,5 


27,5 
26,5 
26,0 

27,5 


745,0 
747,0 
747,0 

746,0 


E. 

N. 

N.-N.-O. ou 

N.-O. 

N.-N.-O. 




Idem. 
Idem. 


6 

7 


» 


)) 


26,0 
26,0 


747,5 
747,5 


27,5 
27,0 


747,0 
747,5 


28,0 
28,5 


747,0 
747,5 


27,5 
29,0 


747,0 
747,5 


N.-O. 
Idem. 




Idem. 


8 


» 


» 


25,5 


747,5 


27,5 


747,0 


28,0 


747,0 


27,5 


747,0 


Idem. 




Idem. 
Idem. 


9 
10 


: 


)> 


25,0 
25,0 


747,0 
748,5 


28,5 

27,5 


747,0 
748,5 


28,5 
26,0 


747,0 
748,5 


26,0 
26,0 


747,0 
748,5 


Calme le matin , 

N.-O. variable 

à partir de midi. 

N.-O. 




Idem. 
Idem. 


11 
12 


bhdu 

17,5 


matin. 

748,5 


22,0 
22,0 


748,5 
748,5 


25,0 
25,0 


748,5 
748,5 


26,5 
25,5 


748,5 
748,0 


26,0 
26,0 


748,5 
748,0 


N.-O. dans l'a- 
près-midi. 

N.-O. 




Idem. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 


13 

14 
15 
16 
17 
18 


6h du matin. 

17,0 749,5 
16,0 749,5 
16,0 749,5 
16,0 749,5 
16,0 749,5 
17,0 » 


21,5 
21,5 
23,0 
20,5 
25,0 
21,0 


749,5 

749,5 
749,5 
749,5 
750,0 
749,5 


25,0 

25,0 
25,0 
26,0 
27,5 
24,0 


749,5 
749,5 
749,5 
750,0 
750,0 
749,5 


26,0 

26,5 
27,5 
28,0 
28,5 
27,0 


749,5 
749,5 
749,5 
750,0 
750,0 
749,5 


25,5 

25,5 
26,5 
26,0 
28,0 
25,0 


749,5 
749,5 
749,5 
749,5 
750,0 
749,5 


Idem. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 
N.-N.-O. 




Idem. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 


19 

20 
21 

22 


5 h du matin. 

16,0 749,5 
16,0 749,5 

» » 


20,5 
21,0 
22,0 
22,0 


749,5 
749,5 
749,5 
749,5 


24,5 
24,0 
25,0 
26,0 


749,5 
749,5 
749,5 
749,0 


26,5 

25,5 
26,0 
26,0 


749,5 

749,5 
749,5 
748,0 


26,5 
26,5 
25,5 
25,5 


749,5 
749,5 
749,5 
749,5 


N.-N.-O. 
N.-O. 

N.-N.-O. 
Idem. 




Idem. 


23 


» 


» 


23,5 


748,5 


26,5 


748,5 


27,5 


748,0 


28,0 


747,0 


N.-O. 




Idem. 


24 


» 


» 


23,0 


747.0 


26,5 


747,0 


27,5 


746,0 


26,8 


746,0 


O.-N.-O. 




Idem. 
Idem. 


25 

20 


6>> du 
18,0 

» 


matin. 

747,0 
» 


22,0 
22,0 


748,0 
746,5 


25,0 
25,0 


748,0 
746,0 


25,5 

26,5 


747,0 
746,0 


24,5 


746,0 


Calme. 

N.-O. 




Idem. 


27 


>. 


» 


22,0 


746,0 


26,0 


745,0 


26,5 


745,0 


25,0 


744,0 


Idem. 




Idem. 


28 


» 


)i 


22,0 


748,0 


25,2 


747,5 


25,5 


747,0 


24,0 


746,5 


Idem. 




Idem. 


29 


)> 


» 


22,0 


749,0 


25,0 


748,0 


27,0 


747,0 


25,5 


747,0 


Idem. 




Idem. 


30 


)) 


" 


22,0 


748,0 


26,0 


747,0 


28,0 


746,5 


26,0 


746,0 


N. 





OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 



27 



NOVEMBRE L866 





FORCE DD VENT 


TEMPS 


1 
OBSERVATIONS 




Petite brise. 


Pluie le matin. Beau temps le reste du 


Du 2 au 23, le journal météorolo- 






jour. 


gique a été tenu à Bassac par M. Dela- 




Idem. 


Très-beau temps. Légers nuages. 


porte. 




Jolie brise à rafales. 


Le temps se couvre avec le vent du Nord. 






Idem. 


Temps couvert assez beau. 






Petite brise qui fraîchit 


Très-beau temps. 


.... 
A midi, à Khong, j'observe le même 




le soir. 




jour une température de 29°. 




Jolie brise. 


Idem. 


A Khon, j'observe à midi 28° ; à 




Petite brise fraîchissant 


Idem. 


3 h 1/2 de l'après-midi, 29°, o. 




vers 4 h du soir. 








Petite brise inégale. 


Le temps se couvre dans l'après-midi. Quel- 


A StungTreng, à 3 h 1/2 du soir, 






ques gouttes de pluie. 


31°. 




Jolie brise inégale. 


Belle nuit. Grain de Nord-Est vers S h du 


A Stung Treng, à midi, 29°, S ; à 






soir. 


3 h 1/2, 31°. 




Vent frais qui tombe à 


Temps presque couvert. Assez beau. 


A Stung Treng, à midi, 27°, 5 ; à 4 h , 




la nuit. 




28°. 




Jolie brise. 


Temps calme et beau le matin ; se couvre 
dans l'après-midi. 






Bonne brise. 


Très-beau temps. Nuit calme. 


Les nuits deviennent très-fraîches. 




Idem. 


Idem. 






Idem. 


Idem. 


Le même jour, à 6° du matin, à Sa- 




Idem. 


Idem. 


ravan, le commandant de Lagrée ob- 




Idem. 


Idem. 


serve 12° de température. 




Idem. 


Idem. 






Petite brise. 


Le temps se couvre légèrement dans l'a- 
près-midi. 






Idem . 


Très-beau temps; ciel très-pur. Nuit calme. 






Légère brise. 


Même temps. 






Idem. 


Le ciel se couvre dans l'après-midi. 






Idem. 


Nuit calme et très-belle. Temps couvert 
dans l'après-midi. 






Idem. 


Très-beau temps. Nuit calme, pendant la- 
quelle le ciel se couvre. 






Idem. 


Beau temps nuageux le matin. Le soir, le 
temps se couvre dans le Sud-Est. Quelques 
gouttes de pluie. 






» 


Très-beau temps. 






Petite brise qui fraîchit 


Beau temps le matin ; se voile dans l'après- 






dans le jour et se met 


midi. 






à violentes rafales. 








Bonne brise à rafales. 


Temps couvert. Quelques gouttes de pluie 
vers 9 h du malin. Ciel assez clair le reste du 
jour. 






Jolie brise qui mollit 


Temps assez beau, nuageux. Un peu de 






pendant la nuit. 


pluie vers 1° du soir. 






Jolie brise qui tombe 


Très-beau temps. Voilé pendant l'après- 






le soir. 


midi. 






Jolie brise. 


Très-beau temps. Légers nuages. 





28 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 



IIIXF.MBUE 18GC 



LIEUX 

d'observation 



DATES 



THERMOMETRE ET BAROMÈTRE 



DIRECTION DU VENT 



Bassac .... 
Idem. 
Idem. 

Idem. 
Idem. 
Idem. 

ïdem. 
Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 
Idem. 

ïdem. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 

Idem. 
Idem. 

Idem. 
Idem. 

Idem. 
En route. . 

En route. . 

Phou Salao 

En route . . 
Huong Sai. 
En route . . 
Idem. 



1 

2 
3 

4 
S 
6 

7 
8 

9 

10 
11 

12 

13 

14 
15 
16 
17 
18 
19 

20 
21 

22 
23 



26 

27 

28 
29 
30 
31 



degrés. 


millim. 


)> 


» 


„ 


)l 


7M/ÎC 

22,0 


u matin. 

748,5 


21,0 


748,0 


» 


» 


» 


» 


61' (Il 

15,2 


malin. 

748,0 


» 


» 


Sii du 

20,5 


matin. 

748,5 


V> 1 /! c 

20,0 


u malin 

750,0 


20,5 


749,5 


6>> du 

15,5 
14,0 


matin. 

750,0 

•749,5 


12,4 


753,0 


Si» du 

17,5 


matin. 

752,0 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


Si" du 

21,0 
20,0 


751,0 

751,0 


61i du 

17,0 


malin. 
» 


5>> 3/4 c 

13,0 


u matin. 

749 5 


6li du 

17,0 


matin. 
)> 


11,2 


748,5 


12,0 


748,0 


15,0 


» 



9*» du matin. 
degrés. niilliin. 

22,5 749,0 
22,5 749,0 
23,5 749,0 



23,0 748,5 
20,0 748,5 
20,0 749,0 

19,5 748,0 

22,2 748,5 

21,5 748,5 

21,0 750,0 

21,5 750,5 

19,5 750,5 
19,0 749,5 

19,5 749,0 

19,0 749,5 

19,0 751,5 

22,0 752,0 

18,5 753,0 

18,5 752,0 

18,5 752,0 
18,5 752,0 

18,5 752,0 
21,0 751,0 

10* du malin. 

22,0 752,0 
» y> 

SU" du matin. 

20,0 » 

1> 1/2 du matin. 

19,5 727,6 

I0i> du malin. 

20.0 751,0 

9ii du matin. 

22,0 751,5 



midi. 


25,0 


749,0 


25,0 


749,0 


27,0 


748,5 


25,0 
24,0 
24,0 


749,0 

748,5 
748,5 


24,0 
24,0 


748,0 

748,5 


24,2 


749,0 


24,8 


749,5 


25,0 


749,5 


23,5 
22,0 


749,5 

749,5 


22,8 
24,5 
23,0 
24,5 
22,5 
22,5 


748,0 
749,0 
750,5 
751,5 
752,0 
751,0 


21,0 
22,0 


752,0 
752,0 


22.0 
24,5 


750,0 
750,0 


26,0 
25,0 


749,5 
» 


24,0 


750,0 


91» du 

20,5 


malin. 
752,0 


midi. 

24,0 750,5 


23,0 


748,5 


25,5 


» 


28,0 


» 



3 h du soir, 
degrés. millim. 

26,0 749,0 
27,0 749,0 
28,5 746,0 



26,0 748,5 

25,0 748,5 

24,5 748,5 

26,5 748,0 

25,0 748,5 

26,5 748,5 

26.0 749,0 

27.1 749,5 

25,0 749,0 

23,0 748,0 

24,0 748,0 

26,5 749,0 

25,0 750,0 

25,0 750,0 

23,5 751,0 

23,0 750,0 

23,0 750,0 

23,5 750,0 

24,5 749,0 

25,0 749,5 

27,0 749,0 
24,5 » 

25,0 » 

- li du soir. 

24,0 749,0 



24,0 



du soir. 



3 h du soir. 

23,0 747,5 

2>i du soir. 

25,0 » 



25,0 748,5 
26,8 749,0 
27,0 746,0 



25,0 748,5 
25,0 748,5 
25,0 748,5 



26,8 
24,5 

25,2 

26,4 

26,0 

24,0 
23,0 

24,0 
25,5 
25,0 
24,0 
22,5 
24,5 

24,0 
25,0 

24,8 
25,2 



748,0 
748,5 

748,5 

749,0 

749,5 

749,0 
748,0 

748,0 
749,0 
750,0 
750,0 
750,0 
750,0 

750,0 

749,0 

749,0 
749,5 



27,0 749,5 



411 du soir. 

23,0 » 

5 h du soir. 

22,0 747,0 
21,5 748,0 



N.-E. 

E.-N.-E. 

N.-E., puisN.-O. 
dans l'après-midi. 

N.-N.-E. 

N. 
N.-N.-E. 

N.-O. 

N.-N.-O. 

S.-E., puis S.-O. 

E. variable, passe 

au N.-O. le soir. 

N.-N.-O. 

Idem. 
Presque calme. 

N.-N.-E. 
N.-E. 
Idem. 
N.-O. 
Idem. 
E. 

N. 
Idem. 

Idem. 

N.-N.-E., variable 

au N.-E. 

N.-O. 

Idem. 

N.-N.-O. 

N. 



E.-N.-E. 

Presque calme. 

O.-N.-O. 
Presque calme. 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 2<j 

DÉCEMBRE 1866 



FORCE DD VENT 



Petite brise. 

Petite brise qui tombe 

le soir. 
Presque calme le ma- 
tin. Bonne brise l'a- 
près-midi. 
Petite brise. 
Idem. 
Idem. 

Légère brise. 
Jolie brise. 

Petite brise. 

Idem. 

Jolie brise au milieu 

du jour. 

Idem. 



Légère brise. 
Petite brise. 

Idem. 
Bonne brise. 

Idem. 
Petite brise. 

Idem. 
Légère brise. 

Idem. 
Petite brise. 

Idem. 
Idem. 

Petite brise qui fraîchit 

le soir. 

Légère brise. 



Petite brise. 



Petite brise. 



TEMPS 



Beau, nuageux. 

Très-beau, légers nuages. 

Très-beau. Ciel pur le matin ; se couvre le 
soir. Quelques gouttes de pluie vers 6". 

Très-beau, ciel sans nuages. 
Très-beau, légers nuages. 
Idem. 

Idem. 

Se couvre dans l'après-midi. Quelques 
gouttes de pluie. 
Beau temps. Voilé. 

Très-beau temps. Légers nuages. 

Très-beau temps. Quelques cirrhi. 

Le temps se couvre le soir. 
Légère brume pendant la matinée. Temps 
légèrement voilé le reste du jour. 
Même temps. 

Très-beau temps. Légers nuages. 
Idem. 

Beau temps, nuageux. 
Même temps, venteux. 
Très-beau temps. Légers nuages. 

Très-beau temps. Quelques strati. 
Très-beau temps. Horizon légèrement em- 
brumé. 
Idem. 
Très-beau temps, nuageux. 

Très-beau temps. Quelques strati. 
Très-beau temps. Légers nuages. 

Temps beau, nuageux. 



tin. 



Très-beau temps. Brume légère le mu- 



Temps couvert, mais beau. 

Très-beau temps. Légers nuages. 

Idem. 

Très-beau temps. Ciel pur. 



OBSERVATIONS 



Baisse des eaux du fleuve depuis le 
20 septembre, 8 m ,80. 



Départ de Bassac à l h de l'après- 
midi. 
Arrivée à Wat Sai à 3 '. 

L'observation de 7 h 1/2 du matin a 
été prise sur le sommet du mont Sa- 
lao, les autres sur les rives du fleuve. 



Séjour a B. Huong Sai où, l'on ar- 
rive à 8 3/4 du matin. 

Départ à 7 h du matin. Arrivée à 
Pakmoun à 4M/2 du soir. 



30 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 



JANVIER 1867 





LIEUX 












| 


| 




DATES 




THERMOMETRE 


ET BAROMÈTRE 


DIRECTION DU VENT 




d'odservation 




















6h il 


malin. 


9>» du matin. 




idi. 


3i' d 


u soir. 


o h du soir. 










degrés. 


nul!, ni 


degrés. raillim. 


degrés. 


millim. 


degrés. 


millim. 


degrés. millim. 






En route {rivière 








1 1l» du matin. 
















d'Oubôn. . . ■ 


1 


15,0 


» 


24,5 752,0 

91» du malin. 


27,5 


750,0 


28,0 


751,0 


)) » 


Presque calme. 




Idem. 


2 


17,0 


751,0 


24,0 752,0 


26,8 


751,0 


27,0 


750,0 


» 


N.-O. 




Pimoun 


3 


16,6 


750,5 


21,5 752,0 


27,5 


» 


24,5 


750,0 


» » 


N.-N.-O. 




Idem. 


4 


16,3 


» 




mitii . 

26,0 » 


24,5 


» 


21,0 >» 


Idem. 












101' du matin. 






21» du soir. 








En route 


5 


17,0 

Sl> 3/4 


753,0 

du matin. 


23,0 753,0 

91» du matin. 


26,0 


752,0 


27,0 

3i> d 


» 


23,0 751,0 


Idem. 




Idem. 


6 


13,0 

6hd 


749,0 

i matin. 


19,0 752,0 


» 


» 


28,0 


" 750,0 


27,0 750,0 


Fresque calme. 




Oubôn 


7 


17,0 


» 


» » 


25,0 


750,0 


24,0 


749,5 


23,0 750,0 


N.-E. 




Idem. 


8 


14,5 


749,0 


16,0 750,0 

S 11 du matin. 


22,0 


749,0 


» 

ion d 


» 

matin. 


24,0 749,0 


Idem. 




Idem. 


9 


11,5 


749,0 


14,5 748,0 


24,0 


749,0 


20,5 


750,0 


25,5 747,0 


Calme le mat. Jolie 
brise de N.-E. 












10 11 du matin. 






'.'■du soir. 




dans l'après-midi. 




Idem. 


10 


12,5 


» 


20,0 750,0 


24,0 


748,5 


26,3 


750,5 


» » 


Calme le matin. 
Petite brise de N. 
dans l'après-midi. 




Idem. 


11 


13,5 


749,5 


23,0 750,5 


24,0 


750,0 


26,0 


748,5 


» » 


Idem. 








7b du matin. 


















Idem. 


12 


13,5 


749,5 


21,0 749,0 


25,0 


748,0 


29,5 


747,0 


» 


Dans l'après-midi, 

rafalesdeS.Calmc 








6 h du matin. 














le reste du temps. 




Idem. 


13 


13,5 


748,0 


21,0 749,0 


27,0 


748,0 


» 


» 


» » 


Calme. 




Idem. 


14 


15,0 


748,0 


22,0 748,5 


26,0 


743,5 


30,5 


748,5 


» 


Idem. 




Idem. 


15 


» 


» 


» » 


» 


» 


31' di 

33,0 


soir. 

746,0 


25,0 746,0 


Idem. 




Idem. 


16 


16,5 


745,5 


26,5 745,0 


28,0 


745,0 


31,0 


745,5 


24,0 745,5 


Le soir et la nuit. 

N.-N.-E. 




Idem. 


17 


16,5 


747,0 


21,0 748,0 


28,0 


748,0 


30,5 


747,0 


26,0 747,0 


N.-N.-E. 




Idem. 


18 


13,0 


748,0 


19,0 750,0 


21,0 


750,0 


26,0 


749,0 


25,0 749,0 


Calme. 




Idem. 


11) 


14,0 


748,0 


19,0 749,0 


20,0 


749,0 


i> 


» 


» » 


Idem. 




En route 


20 


» 


» 


» » 


» 


» 


» 


» 


» » 


Idem. 




Idem. 


21 


» 




» » 


» 


» 


» 


, 


» » 


Idem. 




Idem. 


22 


» 


>, 


» » 


» 


» 


» 


» 


» » 


Idem. 




Idem. 


23 


» 


» 


» )> 


» 


» 


« 


» 


» « 


Idem. 






24 


13,0 


746,0 


28,5 746,0 


30,0 


746,0 


28,0 


746,0 


» » 


Idem. 




Idem. 


25 


17,0 


746,0 


24,0 746,0 


28,0 


746,0 


29,0 


746,0 


» » 


N.-N.-E. 




Idem. 


26 


16,0 


748,0 


24,0 747,0 


28,0 


747,0 


29,0 


748,0 


>. „ 


Idem. 




En route 


27 


» 


» 


» » 


» 


» 


» 


» 


» » 


Idem. 




Idem. 


28 


» 


» 


» » 


» 


» 


» 


» 


» » 


Idem. 




Idem. 


29 


» 


» 


» » 


» 


» 


» 


» 


» » 


Idem. 




Idem. 


30 


» 


» 


» » 


,, 


» 


» 


« 


» » 


Idem. 




Kemarat 


31 


» 


)) 


27,0 748,0 


29,0 


747,0 


30,0 


747,0 


29,0 747,0 


N. 







OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES. 31 

JANVIER 18G7 



DU VENT 



Petite brise. 

Jolie brise. 

Petite brise qui fraîchit 

par rafales le soir. 

Jolie brise. 



Jolie brise à rafales. 
Idem. 



Idem. 



Idem. 

Idem. 

Jolie brise à rafales. 

Bonne brise à fortes 
rafales. 

» 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Jolie brise à rafales. 

Idem. 

Bonne brise. 

Petite brise. 

Idem. 

Très-légère brise. 

Petite brise qui tombe 

à la nuit. 



TEMPS 



OBSERVATIONS 



Très-beau temps. Légère brume au lever 

du soleil. 
Même temps. 

Très-beau temps. Quelques nuages. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 
Très-beau temps. Ciel sans nuages. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 
Idem. 



Idem. 
Idem. 

Légère brume au lever et au coucher du so- 
leil. 
Très-beau temps. Ciel très-clair. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem . 

Idem. 

Idem. 

Idem. 
Très-beau temps. Quelques nuages. 

Idem. 
Temps beau, couvert. 
Temps beau. Quelques nuages. 
Temps beau. Ciel pur. 

Idem. 

Idem. 



Arrivée à Pimoun à l h . 



Départ de Pimoun à 11" 1/2 du matin. 



Arrivée à Oubôn à 7 h du matin. 



Du 10 au 14, les observations météo- 
rologiques ont été faites par M. De- 
laporte ; à partir du 14, par le com- 
mandant de Lagrée. 



Départ d'Oubôn pour Amnat par terre 
à 2 h de l'après-midi. Pas d'observa- 
tions barométriques et thermomé- 
triques, les instruments étant em- 
ballés sur un char. 



Départ d'Ainnat pour Kemaratà7 h 1/2 
du matin. 

Arrivée à Kemarat à 4 h du soir. 



32 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 



FEVRIER 1867 



LIEUX 



li nr,-r.RYATION 



Kemarat. . 
idem 
Idem . 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 
En route. . 

Idem. 
Idem. 

Ban Moue. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 
Idem. 

En route. . 



Idem. 
Peunom. 



En route. 



Lakon. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 



DATES 



9 
10 
II 
12 
13 

14 
15 

16 

17 

18 

19 
20 

21 

22 
23 

24 



25 

26 
27 
28 



THERMOMÈTRE ET BAROMÈTRE 



13,0 746,0 

13,0 746,0 

13,0 747,0 

15,5 746,0 

17,0 746,0 

13,5 746,0 

13,0 745,5 

15,0 » 

15,0 745,5 

15,0 746,0 

15,0 746,0 

18,0 746,0 



22,5 743,0 

23,0 744,0 

17,0 746,0 

16,0 746,0 



23,0 747,0 

23,0 746,0 

24,0 747,5 

25,0 746,0 

24,0 746,0 

23,0 746,0 

24,0 745,5 

« » 

23,0 746,0 

25,0 746,0 

28,0 746,0 

30,0 746,0 



15,5 


746,0 


» 


» 


» 


» 


17,0 


746,0 


16,5 


746,0 


17,0 


746,0 



! >> du matin. 

25,0 743,0 

10 h du malin. 

24,5 745,0 

21,0 746,0 
20,0 746,0 



23,0 746,0 



27,0 
29,0 
31,0 

30,0 

30,0 

29,0 

29,0 

y> 
31,0 
32,0 
31,0 
33,0 



747,0 
746,0 
747,5 

746,0 

746,0 
745,5 

745,5 

» 
746,0 
746,0 
746,0 
746,0 



28,0 743,0 
29,0 743,5 



25,0 746,0 
22,0 746,0 
21,0 746,0 



degrés. millim. 

27,0 747,0 

31,0 746,0 

32,0 747,5 

31,0 746,0 

31,0 746,0 

4 h du soir. 

30,0 745,5 

Si' du soir. 

31,0 745,5 
32,0 » 

33,0 746.0 

35,0 746,5 

36,0 746,0 

35,5 746,0 



22,0 
25,0 


746,0 
746,0 


y> 


» 


26,0 


746,0 


» 


y) 


» 


>■> 


28,0 


746,0 


25,0 


746,0 


23,0 


746,0 



31,5 743,0 

32,5 744,0 

22,5 746,0 

25,5 746,0 



» » 
28,0 746,0 



25,0 747,0 

28,0 746,0 

29,0 747,5 

29,0 746,0 

29,0 746,0 



27,0 745,5 

» » 

28,0 746,0 

29,0 746,5 

30,0 746,0 

30,0 746,0 



31,5 743,0 

29,5 743,0 

28,0 744,0 

22,0 746,0 

21,0 746,0 



30,0 746,0 
29,0 746,0 
22,5 746,0 



DIRECTION DU VENT 



» 


Y) 


)) 


y> 


25,0 


746,0 


n 


» 


4k d 


j soir. 


28,0 


750,0 


b»d 


u soir. 


28,3 


745,0 


28,0 


746,0 


23,0 


746,0 



N. 

Idem. 

N. variable au 

. N.-E. 
N.-E. 

N. 

Idem. 

N.-E. 
Idem. 
Idem. 
Calme. 
Idem. 
Idem. 
N. 

Idem. 
Idem. 

N. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 
Idem. 

N. 

variable au N.-E. 

Id. 

N. au N.-N.-E. 

N. -E. , puis au 
N.-N.-O. dans le 
jour ; revenant le 

soir au N.-E. 
N.-E.àl'E.-N.-E. 

E.-N.-E. 

N.-E. 

Idem. 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 33 

FÉVRIER 1867 



FORCE lll" VENT 



TEMPS 



Petite brise. 

Idem. 
Légère brise. 

Bonne brise 
dans l'après-midi. 

Petite brise 
dans l'après-midi. 

Jolie brise 

dans l'après-midi. 

Idem. 

Légère brise. 

Idem. 

» 
Idem. 
Idem. 
Légère brise 
dans l'après-midi. 
Idem. 
Idem. 

Idem. 

Idem. 

Bonne brise le soir. 

Idem. 
Brise très-inégale à ra- 
fales assez fortes. 
Idem. 

Idem. 
Jolie brise à rafales 

dans l'après-midi. 
Petite brise fraîchissant 
le soir pour tomber 
tout à fait vers i0\ 

Bonne brise 
dans l'après-midi. 

Petite brise 

dans l'après-midi. 

Idem. 

Idem. 



Très-beau temps. Calme la nuit. 

Même temps. 

Nuit et matinée calmes. 

Très-beau temps. 

Nuit et matinée calmes. Très-beau temps. 

Idem. 

Idem. 
Idem. 
Idem. 
Très-beau temps. Ciel sans nuages. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 

Temps très-beau, mais légèrement embrumé. 
Matinée légèrement brumeuse. Très-beau 

temps le reste du jour. 
Légère brume qui persiste tout le jour. La 

nuit, un peu d'orage ; petite pluie. 
Matinée brumeuse. Quelques gouttes de pluie. 

Très-beau le soir. 
Temps brumeux et calme le matin. Très-beau 

le reste du jour. 
Même temps. 
Temps brumeux. Assez beau. 

Idem. 

Beau temps, nuageux. 
Beau temps. Calme la nuit. 

Beau temps. Quelques nuages. 



Nuit et matinée calmes. Très-beau temps 

pendant le jour. 
Très-beau temps. Légers nuages. 

Le temps devient brumeux le soir; quelques 
gouttes de pluie vers 10'' du soir. 

Temps couvert. Petite pluie par intervalles. 
Orage au loin. 



OBSERVATIONS 



Les observations météorologiques du 
mois de février ont été faites par 
M. Delaporte. 



Départ de Kemarat à 8 h du matin. 



Arrivée à Ban Moue à 2 h 1/2 du soir. 



Départ de Bau Moue à 9 h 1/2 du matin. 
A 4 h du soir, arrivée à Peunom. 

Départ de Peunom à 7 h du matin. 
Arrivée à Lakon à l h du soir. 



II. 



34 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 



LIEUX 



n ui;si:i!v.vj io.\ 



DATES 



THERMOMÈTRE ET BAROMETRE 



DIRECTION DU VENT 



Lakon . . . 

Idem . 

Idem. 

Idem. 

En route . 

Idem. 
Houten. . 



Idem. 



Idem, 
idem. 



Idem. 

Idem. 

Sdniabouly 

Idem. 
Idem . 

En route . . 



Idem. 
Idem. 

Idem 
Idem. 

Idem. 
Idem. 
Idem. 
Pou pissa// . 

Idem. 
En route. . 



Nong Kay . 
Idem. 
Idem. 
Idem. 

Idem. 



9 

10 



11 

12 

13 

14 
15 

16 

17 
18 

19 

20 

21 
22 
23 

24 

25 
26 

27 
28 
29 
30 

31 



6h du matin, 
degrés. millim. 

22,0 745,0 

19,0 746,0 

20,0 746,5 

17,5 746,0 



10 h du matin, 
dcgrcs. millim. 

27,0 745,0 

25,0 746,0 

27,0 746,0 

25,0 746,0 



23,0 746,0 i 28,0 746,0 



21,0 745,5 



20,0 746,0 
22,0 745,5 



21,0 744,5 



20,0 743,0 
22,0 743,0 



25,0 745,5 



26,0 746,0 
29,0 745,0 

'Jii du matin. 

23,0 745,0 
25,0 747,0 



lUh du malin. 

25,5 745,0 
29,0 744,0 

8Ii du matin. 



29,0 745,0 

30,0 746,0 

31,0 746,0 

29,0 746,0 

» » 

30,0 746,0 

29,0 745,5 



30,0 746,0 
31,0 744,0 



28,0 746,0 

27,0 746,5 

25,5 745,0 

131,0 745.0 



31> du soir, 

degrés. millim. 

30,5 745,0 

35,5 746,0 

34,5 746,0 

29,5 746,0 

» » 

» » 

31,0 746,0 

32,0 745,5 



31,0 746,0 
26,0 744,0 



29,0 744,5 

28,0 745,0 

28,5 744,0 

32,0 743,0 



S,h du soir. 
dc?rcs. millim. 

28,0 745,0 

33,0 746,0 

32,5 746,0 

28,0 746,0 



29,0 


746,0 


29,0 


745,5 


28,0 
26,0 


746,0 

744,0 


26,0 


745,0 


24,5 


745,5 


28,0 


742,0 


33,0 


742,0 



33,0 743,0 35,5 742,0 32,5 740,5 



» 


» 


„ 


» 


» 


» 


24,0 


739,0 


» 
21,0 
21,0 
24,2 


» 
742,0 
741,5 
743,0 


24,0 


742,0 



24,0 


742,0 


» 


.. 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


1(jh d 

27,5 


matin 

741,0 


» 


« 


25,0 
26,0 
23,8 


» 
744,0 
744,0 
743,5 


25,0 


743,0 



30,0 741,0 
31,0 740,0 



30,0 743,0 

28,5 743,0 

29,5 742,0 

27,0 742,0 

23,5 741,5 



ou,o 


» 


), 


» 


» 


" 


» 


- » 


), 


» 


» 


» 


34,0 


740,0 


33,5 

» 


739,0 


31,5 
30,2 
33,8 
31,0 


742,0 

741,5 
740,0 
740,5 


28 : 


738,5 



33,5 739,0 

33,5 738,5 

» d 

31,5 742,0 

30,5 740,5 

» » 

31,5 738,5 

27,0 738,5 



N.-E. 

E. , variable au 

S.-E. 
Idem . 

S.-E. 

Idem. 

Idem. 
Calme. 

S.-S.-E. 



S.-E. 

S. 



Idem. 

N.-O. 

S.-E. 

0. 
O.-S.-O. 



Idem. 
0., puis N.-N.-O. 

N.-N.-0. 
N.-O. variable au 

N.-N.-E. 

Idem. 

S.-O. 

S. variab.au S.-O. 

Idem . 

Idem. 
N.-O., puis S.-O. 

N.-N.-E. 

N.-O. 
N.-N.-O. 

Idem. 

N.-O. 



OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES. 35 

MARS IS67 





FORCE DU VENT 


TEMPS 


OBSERVATIONS 




Presque calme. 


Temps embrumé. Ciel couvert. 


M. Delaporte continue à faire jusqu'au 
10 mars les observations météorolo- 




Légère brise. 


Matinée brumeuse et calme. Très-beau temps 
le reste du jour. 


giques. 




Légère brise dans l'a- 


Temps très-beau, mais légèrement embrumé 






près-midi. 


pendant tout le jour. 






Petite brise dans l'a- 


La brume se dissipe au milieu du jour. 






près-midi. 








Jolie brise bien établie 


Très-beau temps. 


Départ de Lakon à midi. 




le soir. 








Tombe pendant la nuit. 


Temps très-beau et très-clair. 


Arrivée à Houten à 2 h 1/2 du soir. 




y> 


Brume qui s'épaissit dans la soirée. Le temps 
devient orageux. 






Petite brise qui tombe 


Légère brume pendant toute la journée. Quel- 






à la nuit. 


ques gouttes de pluie pendant la nuit. 
Temps orageux. 






Idem. 


Temps beau, légèrement brumeux. 






Violent orage à 3\ 


Temps brumeux et calme le matin. De 2 h 1 /2 


Au commencement du grain, à 2 h 1/2, 






à 3 U 1/2, pluie, grêle, tonnerres par des ra- 


le thermomètre marquait 32° ; à 






fales du Sud. Soirée etnuitcalmes et belles. 


2 h 3/4, il était descendu à 26°. 




Petite brise inégale. 


Temps couvert. Orage à l'horizon. Après- 
midi pluvieuse. 






Idem. 


Beau temps nuageux le matin. Grain de 
Nord-Ouest et pluie à 4 h du soir. 






Petite brise. 


Temps couvert, brumeux. Eclaircies dans 


Départ de Houten à 6 h 1/2. Arrivée à 






l'après-midi. 


Saniabouly à 10 h 1/2 du matin. 




Légère brise le soir. 


Très-beau temps. Légères vapeurs. 






Idem . 


Très-beau temps. Nuages. 






Petite brise. 


Très-beau temps, nuageux. Le soir, orage 
dans le Sud-Ouest. 






Idem. 


Même temps. 


Température très-élevée. 




Jolie brise inégale. 


Violent orage de l'Ouest à 2 h 1/2 du matin. 
Après-midi très-belle. 






Jolie brise. 


Temps couvert. Pluie do 9 h à midi. 






Idem, très-inégale. 


Matinée pluvieuse. Belle après-midi. 


La température se rafraîchit sensible- 
ment. 




Idem. 


Même temps. 






Jolie brise. 


Beau temps, nuageux. 






Légère brise. 


Très-beau temps. Horizon voilé. 






Idem. 


Idem. 


Arrivée à Ponpissay à midi. 




Idem. 


Idem. 


A 3 h du matin, 24° - 739,0. 




Petite brise. 


. Même temps. Le soir, orage dans le Sud- 
Ouest ; rafales de cette partie. 


Départ de Ponpissay à 7 h 1 /2 du mat. 




Jolie brise. 


Beau temps, nuageux. 


Arrivée à Nong Kayà ll b 1/4 du ma- 




Idem. 


Très-beau temps, nuageux. 


tin. 




Petite brise. 


Idem. 






Vent frais. 


Temps couvert jusqu'à midi. Un peu de pluie 
vers 9 h 1/2. Belle après-midi. 






Idem. 


Temps couvert et orageux ; pluie à midi. 





36 OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES. 

AVlilL 18G7 



LIEUX 

d'observation 



En route de 
Nong Kay à 
Vienchang. 

Vienchang. . . . 

Idem. 

En route 



Idem. 
Idem. 

Idem. 
Idem. 
Idem. 

Idem. 
Idem. 

Idem. 
Xieng Cang . 
En route . . . 

Idem. 

Idem. 



DATES 



1 
2 
3 
4 

5 

6 

7 
8 
9 

10 
11 

12 

13 

14 

15 

16 



THERMOMÈTRE ET BAROMÈTRE 



6li du matin. 
:srés. millim. 



22,0 7'<0,0 



21,5 743,0 



22,0 



21,5 743,0 



26,0 742,0 



24,0 743,0(') 



9h du matiu. 

26,0 » 



degrés. 


idi. 
millim. 


3H cl 
dogrcs. 


i soir, 
millim. 


» 


)! 




» 


„ 


)) 


21. d 

33,5 


i soir. 

740,0 


» 


» 


3i> d 

33,0 


i soir. 

740,0 


r> 


„ 




» 


» 


)> 




)) 


» 

27,5 
» 


» 

740,5 
» 


30,5 


740,0 


n 


» 




» 


» 


» 




» 


28,0 


» 


29,0 


» 


» 


» 




» 


» 


» 




" 




» 




» 



5 h 1/2 du soir. 

30,0 739,0 

h h du soir. 

30,0 739,0 



29,5 



DIRECTION 



VENT 



N.-O. 

s.-o. 

S.-O. variable. 

Idem. 

S. 
N.-O. le matin. 

O.-N.-O. 

N.-E. 
Idem. 

Idem. 
Idem,très-\ariab. 

S.-O. 

Presque calme. 

E.-N.-E. 

Brises très-var. en 
force et en direct. 
N.-E. dans l'inter- 
valle des grains ; 
ceux- ci montent 
du S.-O. 



On peut compléter les observations qui précèdent en ajoutant que dans la partie in- 
férieure de la vallée du fleuve, les saisons présentent le même aspect que dans la Basse- 
Cochinchine ; au début de la saison des pluies, ce sont des grains orageux qui varient de 
l'Ouest-Nord-Ouest au Sud-Sud-Ouest ; les intervalles entre les grains sont très-beaux et 
très-chauds, et le mauvais temps se prolonge rarement au delà de quelques heures ; à la fin 
de cette saison, au contraire , le temps devient brumeux, et les pluies moins torrentielles 
sont plus continues; en même temps les vents passent au Sud-Est et à l'Est. Si l'établisse- 
ment de la saison sèche a été prématuré en 1866, année du passage de la commission dans 
le Laos méridional, et s'il ne faut pas considérer le mois de septembre comme l'époque 
ordinaire de la fin des pluies dans cette zone, on peut admettre cependant que cette 
époque devance toujours l'époque correspondante en Basse-Cochinchine, l'influence de 
la descente du soleil vers le Sud devant se faire sentir beaucoup plus promptement. 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 37 

AVRIL 1867 



FORCE DU VENT 



Jolie brise. 
Jolie brise l'après-midi. 

Idem. 

Petite brise très-inégale 

Petite brise. 
Jolie brise. 

Petite brise. 

Idem. 
Jolie brise. 

Petite brise. 
Idem. 

Idem. 

» 

Petite brise. 

Jolie brise. 



TEMPS 



Violent orage à 4 h du matin. Le temps rede- 
vient très-beau ensuite. 
Très-beau temps, presque calme le matin. 

Orage et pluie du S.-O. à 3 h de l'après-midi. 
Grains l'après-midi, qui sont peu pluvieux, 

mais très-orageux. 
Belle matinée. Après-midi orageuse. Soirée 

chaude et lourde. 
Matinée voilée. Chaude et belle après-midi. 
Orage et pluie du Nord-Ouest de 8 b à 10 h du 

matin. Belle après-midi. 
Temps couv., mais beau. Lecielsedégageles. 
Temps beau, couvert. 
Temps couvert le matin. Temps légèrement 

voilé, mais beau le soir. 
Très-beau temps. Quelques nuages. 
Temps voilé qui se couvre le soir; quelques 

gouttes de pluie. 
Temps couvert et pluvieux par intervalles. 

Le temps se découvre dans l'après-midi et 

devient beau. 
Temps voilé, mais très-beau le matin. Petits 

grains dans l'après-midi. 
Temps beau, nuageux. 

Belle matinée. Temps orageux et à grains le 
soir. Pluie à l h et à S h de l'après-midi. 



OBSERVATIONS 



Départ de Nong Kay à 8 h 1/2 du ma- 
tin. 
Arrivée à Vienchancr à l h du soir. 



(') Ce sont les dernières observations 
laites avec le baromètre à mercure 
qui fut cassé par accident peu de 
jours après. Les observations sui- 
vantes sont faites avec un baro- 
mètre holostérique, qui, à ce mo- 
ment, présentait une différence de 
3 ,nm en moins avec le baromètre à 
mercure. 

Arrivée à Xiensr Cana 1 à 2 h du soir. 



Départ de Xieng Cang à 7 h 1/4 du ma- 
tin. 
Température élevée. 



La direction générale de la vallée du fleuve et des montagnes qui l'encadrent paraît 
influer sur celle de la mousson sèche qui, à Bassac notamment, souffle du Nord et du Nord- 
Nord-Ouest plutôt que du Nord-Est. La proximité des chaînes rend la brise inégale et à 
rafales. Elle atteint son maximum d'intensité vers 2 ou 3 heures de l'après-midi, et 
tombe en général pendant la nuit. Un peu de brume le matin, un temps très-beau et très-sec 
pendant le jour, un horizon toujours brouillé, quelques rares strati au ciel ; tel est l'aspect 
de la saison sèche dans le Laos méridional. Dès le commencement du mois de mars, la 
lutte entre les deux moussons ramène des orages pendant lesquels il tombe parfois de la 
grêle. Ce phénomène, constaté à Houten (voyez l'observation du 10 mars), ne laisse pas de 
surprendre par une latitude de 17° et demi, par une température de 32°, et à une altitude 
très-inférieure à 200 mètres. 

La température , qui varie entre de si faibles limites dans tout le delta du Cambodge, 



38 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 



présente dans le Laos méridional des extrêmes beaucoup plus éloignés. Sur le plateau où 
se trouvent Oubon, Ban Mouk et Vien Chang, le maximum thermométrique doit être très- 
élevé, puisque, dès le 1 1 février, M. Delaporte a observé à Kemarat des températures de 35 
à 36°. Dans le Sud, le maximum est loin d'atteindre ce chiffre : la plus haute température 
observée a été de 34° à Stung Treng, qui me paraît être un point exceptionnellement chaud 
de la vallée du fleuve. Cette différence anormale doit tenir aux grandes plaines sablon- 
neuses qui s'étendent au Nord-Ouest du plateau de Ban Mouk et sur lesquelles la mousson 
se réchauffe. A Bassac et à Stung Treng, au contraire, le voisinage de hautes chaînes dans 
cette direction rafraîchit l'atmosphère. 

Le moment le plus chaud de l'année n'est pas, comme on pourrait le croire, le mois 
de juillet ou le mois d'août, époque où les pluies entretiennent dans l'atmosphère une 
humidité qui tempère les ardeurs du soleil et empêche réchauffement continu du sol; il 
doit arriver un mois ou deux après l'équinoxe du printemps, en avril ou en mai, dans 
les intervalles des grains orageux qui préludent alors à la saison des pluies. Dans toute 
cette zone, il suffit d'un orage pour abaisser brusquement la température de 6 à 7°. 



2° LAOS 



LIEUX 



Il iil;-KU\ATluN 



Paklay. 



Idem. 

En route . 
Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 
Idem. 
Idem. 

Idem. 
Idem. 
Idem. 



Luang Prabang 
Idem. 



DATES 



17 



18 

19 

20 

21 

22 

23 
24 

25 

26 

27 
28 

29 
30 



THERMOMÈTRE ET BAROMÈTRE 



22,0 734,0 



6 h du 

21,0 



matin. 

734,5 



23,0 724,0 



lis du 

31,5 



101>du 

26,0 



matin 

733,5 



736,2 



28,6 726,8 



midi. 

34,5 733,5 


32,0 


735,7 


» 


» 


" 


» 


>i 


» 


» 


» 


„ 


» 


» 


» 


» 


" 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 
32,0 


725,0 



11» 1/2 

35,2 


du soir. 

733,5 


3fc d 

35,0 


j soir. 

733,2 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


41. 1/2 


du soir. 

730,0 


» 


» 


» 


» 


» 


)> 


» 


„ 


» 


» 


» 


» 


3i. d 

34,0 
35,0 


u soir. 

722,0 
724,0 



311 1/-2 du soir. 

22,0 732,0 

41. du soir. 

35,5 732,5 



» 732,5 



33,0 724,5 



DIRECTION DU VENT 



N.-E._ _ 
l'après-midi. 

S.-O. variable. 

.Idem. 

N.-E. 
dans l'après-midi. 

N.-N.-E. 

N., qui passe au S. 

-vers 2 h du soir. 

N. 

N.-N.-O. 

N.pendantlejour, 

S.pendantlanuit. 

S. très-variable. 

_ S.-S.-O. 
Diverses, très- 

faibles. 

Presque calme. 

Idem. 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 



39 



Au Sud des cataractes, le minimum de température est à peu près le même qu'en Co- 
chinchine, c'est-à-dire de 18 à 20°, mais dès le 15 e parallèle, il s'abaisse jusqu'à 11 ou 
10°. Il ne saurait être question ici du sommet des montagnes de celte zone, où la tempé- 
rature doit descendre beaucoup plus bas ; je n'entends parler que de la vallée du Cambodge 
et de celles de ses principaux affluents. 

L'heure du maximum thermométrique diurne varie, par un temps uniformément 
beau, de 3 à G heures de l'après-midi. Cette dernière limite a été observée à Bassac, 
où la fraîcheur produite par l'humidité et les brumes des montagnes environnnantes ne 
se dissipe qu'après une longue journée de soleil. 

Il est assez difficile d'indiquer d'une manière générale l'influence de la direction du vent 
sur le baromètre. Dans le Sud de la zone que nous étudions, il baisse par les vents de 
l'Est et du Sud; il reste très-haut par calme et par les vents contraires. Sur le plateau de Ban 
Mouk, le rôle des vents de Sud et de Nord reste le même, mais celui des vents d'Est et 
d'Ouest est renversé. L'heure du maximum diurne varie de 9 à 10 heures du matin; 
l'heure du minimum, de 4 à 5 heures du soir. 



SEPTENTRIONAL 





FORGE DU VENT 


TEMPS 


OBSERVATIONS 




Jolie brise. 


Pluie et brume le matin. Très-beau temps au 
milieu du jour. De 2 b 1/2 à 4 h , violent 
orage et forte pluie du Nord-Est. 


Arrivée à Paklay à 10 h du matin. 




Petite brise. 


Temps couvert jusqu'à 9' 1 du matin. Très- 
beau le reste du jour. 


A minuit, 24° - 733,0. 




Idem. 


Temps brum. le mat. Très-beau le reste du j. 


Départ de Paklay à 10" du matin. 




Jolie brise à rafales. 


Même temps. 






Petite brise. 


Beau temps, légèrement voilé. 






Petite brise le matin ; 


Beau temps jusqu'à 2 h . Violent orage, avec 


'Grêlons de forme ovoïde et de la gros- 




fortes rafales le soir. 


pluie torrentielle et forte grêle, à 5 h du soir. 


seur d'une cerise. 




Petite brise. 


Temps couv. et pluv. le matin. Beau le soir. 






Idem. 


Même temps. 






Légères brises. 


Brume au lever du soleil; beau nuageux le 
reste du jour. 






Idem. 


Pluie le m . Orage dans le S. Journée assez belle. 






Petite brise. 


Très-beau temps. 






» 


Beau temps voilé. 






„ 


Beau temps nuageux. 


Arrivée à Luang Prabang à midi. 




Idem. 


Beau temps voilé. 


i 



40 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 





LIEUX 




















DATES 


THE 


ET BAROMÈTRE 




DIRECTION DU VENT 




d'observation 






















6h du matin. 


1Û& d 


i malin. 


m 


di 


S» d 


soir. 


bh du soir. 










degrés, millim. 


degrés. 


millim. 


degrés. 


millini. 


degrés. 


millim. 


degrés. millim. 






Luancj Prabany 


1 


23,0 724,5 

7h du matin. 


25,5 


726,0 


29,5 


725,0 


34,0 


724,2 


» » 
di 1/2 du soir. 


O.-N.-O. 




Idem. 


2 


24,0 724,5 


29,0 


726,0 


32,0 


724,5 


36,0 


723,2 


32,0 723,0 


O. 




Idem . 


3 


23,5 724,5 


30,0 


725,6 


32,5 


724,3 


31,0 


723,5 


» » 


Idem. 




Idem. 


4 


» » 


25,0 


724,5 


29,0 


723,2 


33,0 


722,1 


b h du soir. 

32,2 721,5 


E. au N.-E. 




Idem. 


5 


24,0 722,5 


27,5 


723,5 


32,0 


723,0 


31,5 


721,0 


33,0 720,7 


E. lem.,0.-S.-0. 


















4i> du soir. 


6k du soir. 


l'après-midi. 




Idem. 


6 


» « 

6i> 1/2 du malin. 


28,5 


723,5 


31,2 


723,0 


32,5 

3 h d 


720,4 

i soir. 


26,0 720,2 

5* 1/2 du soir. 


O.-S.-O. 




Idem. 


7 


21,2 721,0 

61» du matin. 


24,5 


723,2 


27,6 


722,8 


3.1,0 


721,0 


28,0 720,0 

5ii3/i du soir (1). 


Idem. 




Idem. 


8 


21,2 721,0 


26,0 


722,6 


30,0 


722,0 


33,2 


720,9 


» 719,6 

oii du soir. 


O.-S.-O. l'après- 
midi. 




Idem. 


9 


22,0 721,0 


27,3 


723,6 


32,0 


723,0 


31,5 


721,6 


33,0 721,0 


Idem. 




Idem. 


10 


» 


» 


« 


» 


» 


36,2 


723,5 


34,0 722,2 


S. 




Idem 


M 


» » 


30,0 


723,6 


34,0 


723,5 


36,8 


722,2 


6h du soir. 

35,0 721,2 


O.-S.-O. ap.midi. 




Idem. 


12 


» 


26,0 


723,7 


29,0 


724,0 


32,2 


722,5 


30,5 720,5 


S.-O. l'ap.-midi. 




Idem. 


13 


22,5 722,5 


28,0 


724,2 


32,2 


724,0 


2H 1/2 

35,0 


du soir. 

722,5 


31,0 721,3 


0. l'après-midi. 


















3h du soir. 


;ii i/2 du soir. 






Idem. 


14 


» » 


28,2 


724,5 


32,2 


724,0 


31,5 


721,5 


33,0 720,5 

5& du soir. 


Idem. 




Idem. 


15 


» » 


28,0 


724,5 


31,2 


723,7 


28,0 


721,6 


26,6 721,2 


O.-S.-O. 




Idem. 


16 


£!i 1 /2 du matin. 


25,5 


720,2 


27,5 


722,5 


28,0 


721,0 


» » 


0. 




Idem. 


17 


23,5 722,0 


27,0 

Il ii d 


723,8 

i malin. 


28,5 


723,3 


32,5 


721,2 


32,0 720,8 


Idem. 




Idem. 


18 


» » 


31,0 


723,5 


32,0 


723,1 


33,0 


721,0 


29,0 720,5 


S.-O. 




Idem. 


19 


» » 


10 h d 

28,9 


"722,9 


31,8 


722,5 


34,0 


720,5 


32,5 720,0 

5 h i/â du soir. 


O.-S.-O. 




Idem. 


20 


)> » 

7ii du matin. 


27,0 


723,5 


30,5 


723,3 


31,0 


721,2 


28,5 721,2 

6 h du soir. 


Idem. 




Idem. 


21 


25,0 723,5 


29,0 


724,5 


31,5 


724,5 


34,8 


723,1 


31,0 722,1 


Id., l'après-mid. 




Idem. 


22 


)> » 


28,5 


724,0 


31,0 


722,8 


34,5 


722,0 


33,0 721,0 


O.-S.-O. 




Idem. 


23 


». 


27,0 


723,0 


31,2 


722,5 


33,5 


720,7 


5h du soir. 

26,2 719,8 


Idem. 




Idem. 


24 


S h du matin. 

24,9 722,5 


26,5 


723,0 


27,0 


722,7 


25,0 


721,2 


» » 


N.-O. 




En route 


25 


» i) 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» » 


S.-O. 




Idem. 


26 


» » 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


Idem. 




Idem. 


27 


» » 


„ 


» 


„ 


„ 


» 


„ 


» >. 


Idem. 




Idem. 


28 


» » 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


)j » 


Idem. 




Idem. 


29 


» » 

I0h du matin. 


11 h du 


matin (2). 


» 


" 


» 


'' 


» 


O.-S.-O. 




Pakbén 


30 


31,2 719,8 


» 


720,1 


33,9 


720,0 


35,6 


718,4 


34,0 714,2 


Idem. 




En route 


31 


» » 




» 




» 






» » 


O.-S.-O. 

dans l'après-midi. 







OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 



41 



MAI 1867 





FORCE DU VENT 


TEMPS 


OBSERVATIONS 




Jolie brise. 


Temps à grains. Très-beau dans les intervalles. 


Tous les grains, pendant cette période, 
sont très-orageux. 




Petite brise. 


Brume au lev. du sol. Très-beau le reste du j. 






Idem, inégale. 


Belle matinée. Orage et pluie à 3 h de l'après- 
midi. 
Beau temps, nuageux. 






Petite brise. 






Petite brise qui fraîchit 


Temps beau, nuageux. Orage dans l'après- 






le soir. 


midi. 






Bonne brise. 


Temps nuageux ; le soir, grains assez forts à 
3", à 5 b et à minuit. 






Jolie brise. 


Beau temps, nuageux. A 2 b du soir, de l'o- 
rage et quelques gouttes de pluie. 






Jolie brise. 


Beau nuageux. 


(') Heure exacte du minimum baro- 
métrique ; le maximum thermome- 




Bonne brise. 


Idem. 


trique (34°) avait eu lieu à 4 b . 




Petite brise. 


Très-beau temps. Quelques nuages. 






Idem. 


Idem. 






Idem. 


Temps couvert et menaçant le matin. Se dé- 
gage et devient très-beau le soir. 






Jolie brise. 


Très beau temps, légers nuages. Un peu d'o- 
rage vers 3 b . 






Idem. 


Même journée. 






Idem. 


Belle matinée. Grains pluvieux et orageux le s. 






Légère brise. 


Temps couvert et pluvieux. Ondées intermit- 
tentes. Quelques éclaircies. 






Idem. 


Bancs de bruine qui passent en donnant de 
petites averses. Soirée très-belle. 






Bonne brise. 


Temps très-beau qui se couvre à 5 b du soir. 
Un peu de pluie. 






Jolie brise. 


Temps beau, nuageux. Quelques gouttes de 
pluie dans l'après-midi. 






Petite brise. 


Temps couvert et pluvieux. 






Jolie brise. 


Temps couvert, mais beau. Le ciel se dégage 
tout à fait vers 4 b du soir. 






Idem. 


Très-beau, nuageux. 






Idem. 


Très-beau, nuageux ; grains à 3 h du matin et 
à 3 b du soir. 






Bonne brise. 


Temps couv. et brumeux. Pluie l'après-midi. 






Jolie brise. 


Temps beau, très-nuag. Un grain à l b du s. 


Départ de Luang Prabang à 8 b du ma- 




Idem. 


Temps couv., mais beau. Se découvre complè- 
tement le s. Eclairs dans le S. pendant la n. 


tin. 




Pet. brise fraîchis, le s. 


Très-beau temps. Quelques nuages. 






Id.,rafalesl'après-midi 


Brume légère le mat. Le reste du j. très-beau. 


(-) Heure exacte du maximum baro- 




Idem. 


Même temps. 


métrique ; le minimum (716,6) a 
lieu à 6 h le même jour. 




Petite brise. 


Idem. 


Arrivée à Pakbén à 9 b du matin. 




Idem. 


Très-beau temps. Le soir, orage lointain 


Départ de Pakbén à 7 b 1/2 du matin. 






dans l'Ouest-Sud-Ouest. 





11. 



42 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 



JUIN 1867 



LIEUX 



u nr.sr.RVATlox 



En route de Pa k- 
bén à Xieng 
Khong . . . 



Idem. 



Idem. 
Idem. 



Xieng Khong 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 
Idem. 

Idem. 

Idem. 
En route. . . , 



Idem. 
Idem. 

Idem. 
Sala duTang ho 

Idem. 

Idem. 
En route 



M. Lim 

Idem. 

Idem. 

Idem. 
Idem. 
Idem. 

Idem. 
Idem. 
Idem. 



DATES 



10 
11 

12 

13 
14 

15 
16 

17 

18 

19 

20 
21 

22 

23 



25 
26 
27 

28 
29 
30 



THERMOMÈTRE ET BAROMÈTRE 



5i> 1/2 du malin. 

23.1 715,6 

6i> du matin. 

21,6 716,0 

22.5 715,7 
24,0 716,7 

» « 

23.2 718,9 

22.6 718,0 

6i>l/2 du matin. 

25,0 718,0 



7 h du matin. 

» 710,0 

7ii]/2du matin. 

» 712,5 



Ijii 1/2 

» 
6i>3/4 

24,0 

6>i di 

23,5 
23,5 
24,5 

Tii di 

24,0 
24,0 



du matin. 

712,0 

du matin. 

712,0 

i matin. 

714,0 
714,6 
712,5 

i matin. 

709,5 
710,9 



10k d 

degrés. 


l matin, 
milliin. 


)) 


» 


)> 


» 


» 


» 


» 


)) 


26,5 


717,1 


10113/'» du mat.(l). 

27,8 717,2 

9ii du matin (1). 

25,6 718,0 


29,0 

7b 1/2 

24,8 

9h du 

24,8 
26,5 


717,6 

lu matin. 

717,7 

matin. 

719,4 
720,3 


28,2 719,6 

10 h du matin. 

31,0 720,0 
» » 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


711,0 


» 


713,2 


» 


» 


9H 1/2 du matin. 
» 714,5 
9>i du matin. 

» 713,0 

10 h du matin. 

26,0 713,1 


» 
28,8 
29,2 


715,5 
716,0 
713,5 


28,5 
27,2 

» 


710,6 
711,5 

» 



28,8 716,7 
28,8 717,9 

10M/2dumat. (1). 

30,2 718,0 



midi. 

28.0 719,4 
29,2 720,0 

31,4 719,5 

31.1 719,5 



» 710,5 

» )> 
» « 

» 714,0 

» 713,0 

25,6 713,0 

28,9 715,7 
28,8 715,5 
3], 8 713,3 

32,0^711,0 
29,8] 711,0 



3h d 


1 soir. 


degrés. 


nulliiii. 


» 


)> 


1) 


)) 


» 


» 


30,5 


715,0 


3H 1/2 du soir. 

30,9 715,1 


2k 1/2 du soir (2). 

31,0 716,0 


32,0 


715,7 


» 


» 


„ 


» 


» 


» 


» 


» 


3ii d 

32,5 


i soir. 

717,0 


» 


» 


» 


» 


« 


» 


» 


» 


31,5 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


d 


» 


713,0 


27,0 


711,6 


27,8 


711,9 


30,5 
32,5 
31,6 


714,1 
713,6 
711,2 


24,0 
31,8 


708,0 
710,0 


» 


» 



Sii 1/2 du soir. 

26,0 714,5 

51» du soir, 

23,2 714,5 

5M/2du soir. 

30,0 715,0 

6 h du soir. 

29,0 715,1 



4 h du soir. 

25,8 716,7 
28,6 716,8 

5 h du soir. 

28,8 716,6 
29,2 716,0 



« 708,5 

» 712,1 

» » 

6ii 1/2 du soir. 

» 712,0 

511 1/2 du soir. 

25,0 710,7 

6t 1/4 du soir. 

25,2 711,5 

5 h du soir. 

29,8 713,7 

31.5 713,0 

30.6 709,5 

5h 1/4 du soir. 

26,0 707,2 



DIRECTION DU VENT 



O.-S.-O. 

E. à partir de 8 h 
du matin. 

N.-N.-O. 
N.-N.-E. 



0. 

0. variable à 

ro.-N.-o. 

E.-N.-E. 
E. 

0. 

E.-N.-E. le mat. 
Idem, puis S.-E. 

Idem. 

E. 

E. puisN. à partir 

de 4 h du soir. 

E. 

Presque calme. 

S. 
S. au S.-O. 

N.-O., puis S.-O. 
le soir. 

s.-s.-o. 

Idem. 

Idem. 

S. au S.-O. 

Idem. 

E. 

E.-S.-E.,et0.1es. 

S. qui passe à 

l'O.-S.-O. le soir. 

S.-O. variable. 

Idem. 

S.-S.-O. 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 



43 



JUIN 1867 



FORGE DU VENT 



TEMPS 



OBSERVATIONS 



Petite brise. 
Idem. 



Jolie brise. 
Petite brise. 



Jolie brise très-inégale. 

Petite brise. 

Idem. 

Idem. 

Bonne brise. 

Pet. br.tomb. vers midi 

Petite brise. Calme à 

partir de l u du soir. 

Petite brise. 

Pet. brise fraîchis, le s. 
Petite brise. 

Idem. 

» 

Jolie brise. 
Petite brise. 

Jolie brise. 

Bonne brise. 
Petite brise. 

Idem. 

Légère brise. 

Idem. 

Idem. 

Pet. brise tomb. le soir. 

Petite brise. 

Idem. 
Idem. 
Idem. 



Brume le mat. Très-beau temps le reste du j. 

La nuit, éclairs dans le Sud-Ouest. 
Pluie torrentielle jusqu'à 8 h du mat., heure à 

partir de laquelle le temps devient beau. 

Quelques grains dans l'après-midi. 
Temps à grains. Nuit très-orageuse. 
Temps couv. et pluv. Eclaircie vers t h du s. 

A G h 1/2, violent orage de l'Ouest. La pluie 

continue jusqu'à minuit. 
Temps couvert, pluvieux et orageux ; quel- 
ques éclaircies. 
Temps couvert. Orage et pluie à partir de 4 h 

du soir. 
Temps beau, nuageux. 

Brume au lev. du soleil. Très-beau temps le 

reste du jour. 
Temps couvert et orageux. Pluie fréquente. 

Même temps. 

Matinée brumeuse. Grain du Sud-Est à midi. 

Très-beau le reste du jour. 
Très-beau temps le mat. Le temps se couvre 

à partir de l b après un grain du Sud-Est. 
Très-beau temps, nuageux. 
Très-beau temps, quelques nuages. Un grain 

à 4 h du soir. 
Beau temps nuageux. GrenassesdelO h àmidi. 
Très-beau temps , légers nuages. La nuit, 

éclairs dans le Sud-Sud-Ouest. 
Temps couv. et orag. jusqu'à midi. Beau le s. 
Même temps. 

Temps couvert. Le soir, orage et pluie. 

Temps couvert. Pluie le matin. 

Temps couvert. Pluie continue de 4 b à 1 b du 

matin. 
Temps couvert et pluvieux. 

Même temps ; quelques éclaircies. 

Idem. 

Le temps redevient très-beau. 

Matin, légèrement brum. Très-belle journée. 

Même temps. Un peu d'orage dans la nuit. 

Très-beau temps, nuag. Fort grain d'O. à3 b s. 
Brume et pluie le mat. Beau le reste du jour. 
Même temps. 



Arrivée à Xieng Khong à 8 b du matin. 

(') Heure exacte du maximum baro- 
métrique. Le maximum thermomé- 
trique (31°) a lieu à 4 h le S. 

( 2 ) Heures exactes du maximum ther- 
mométrique le 7 et le 8. 



Variations barométriques et thermo- 
métriques très-irrégulières. 

Le maximum barométrique a lieu à 
10 h : 720,1. 

Départ de Xieng Khong à l h du soir. 



Latitude de la halte du soir : 20° 34'. 

Arrivée à i0 h du matin au Sala cons- 
truit sur les bords du fleuve près du 
Tang ho (rapide). 



Le fleuve monte de 3 m pendant la nuit 
et la journée suivantes. 



A 9 h du matin, 715,2 et 25°. 
Lemin.barom.alieuà6 h :712,7et30°. 
Le maximum thermométrique (33°) a 

lieu à 1\ 
Le maximum barométrique (711,1) a 

lieu à H". 
Emballage des instr. en vue du départ. 



44 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 



JUILLET 1867 



LIEUX 

d'observation 



En route de 
MLimkPaléo. 

Paléo 

Idem. 

Idem. 

Idem. 
Idem. 

En route 

Siemlap 

Idem. 
Idem . 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 



Idem. 
Idem. 



Idem. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 
En route 



Sop Yong. 
Idem. 
Idem. 

Idem. 
Idem. 

Idem. 

Idem. 
En route. . 



DATES 



6 

7 

8 
9 

10 
11 

12 

13 

14 

15 

16 

17 
18 

19 

20 

21 

22 

23 

24 
25 
26 

27 
28 

29 

30 
31 



THERMOMÈTRE ET BAROMÈTRE 



61i du 
degrés. 
1) 


matin, 
militai. 


» 


» 

» 


23,2 

711 du 

24,0 

6li di 

23,0 

» 


713,0 

matin. 

713,9 

matin. 

714,0 


» 


» 


24,0 


710,0 

» 


22,9 

5H 1/2 c 

23,5 

6li 1/2 c 

24,8 


710,2 

u matin. 

709,0 

u matin. 
707,7 


» 


8 


6li du 

23,5 
23,2 


matin. 

709,0 

709,2 


22,9 

-b du 

23,6 


708,2 

matin. 

707,5 


24,4 


707,5 


» 


» 


« 


» 


1>> 1/2 

22,8 
22,8 

6H du 

22,4 


» 

lu matin. 

706,6 

707,5 

707,6 


» 





lOiidi 


matin. 


degrés. 


militai. 


» 


" 


» 


„ 


26,5 


713,6 


24,3 


715,0 


24,6 


715,5 


» 


» 


24,0 


715,0 


» 


» 


» 


711,7 


27,0 


711,0 


25,2 


711,5 


26,8 


711,1 


27,0 


708,4 


» 


« 


» 


» 


25,5 
25,6 


710,2 
710,5 


25,2 


709,3 


26,8 


708,5 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


25,2 


707,0 


» 


y> 


22,9 
24,8 


707,0 
708,0 


26,0 

flli 1/2 

25,4 


709,1 

du matin. 
709,1 


» 


» 



28,0 713,5 
25,5 714,8 



» » 



28,3 710,9 
29,0 » 



28,2 708,1 



30,2 708,0 



» » 

» » 

25,8 706,7 

» » 

24,8 707,0 
» » 



3 h du soir. 



27,5 712,0 

24,5 714,0 

» » 

» 713,0 



21i j/o ,]„ so ;,. é 

29,0 709,5 



3ii du soir. 

30,0 709,3 
30,4 707,9 



4h 1/2 du soir. 

» 705,9 



25,8 708,9 
25,8 709,8 

28,3 " 707,2 
30,2 703,3 

28.0 706,6 

îi du soir. 

30.1 708,0 



411 1/2 du soir. 

26,5 704,4 



25,6 706,0 

24,9 706,5 

27,1 707,9 

23,8 708,0 



25,2 710,5 
26,0 711,5 

27,0 713,3 



25,0 709,0 

5ii du soir. 

» 708,4 
24,2 708,1 

29,0 708,4 



26,6 706,1 



27,2 
25,0 

28,2 
28,6 
28,2 



708,1 
708,1 

706,5 
705,4 
706,2 



24,8 705,1 



24,8 
26,0 

26,5 
25,2 



705,4 
705,9 

706,6 

707,5 



DIRECTION DD VENT 



s.-o. 

Idem. 
S.-S.-O. 

O. 

O.-N.-O. 

O. variable. 
O.-S.-O. 

O. 

E. très- variable. 

O. 

O.-S.-O. 

E.-N.-E. le mat.; 
0. le soir. 
O.-S.-O. 



E. le soir. 

O., puis S. à 5 h 
du soir. 

O. 

S.-O. 

O.-S.-O. 

s.-o. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Presque calme. 

S.-O. 

S.-S.-O. 
Idem. 

S.-O. 

Calme. 
S.-O. 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 



45 





FORCE DU VENT 


TEMPS 


OBSERVATIONS 




Petite brise. 


Temps couvert et pluvieux le matin. Beau, 
nuageux l'après-midi. 


Départ de M Lim à 8'' du matin. 




Idem. 


Temps couvert. Pluie à 4" et à 10 h du soir. 


Arrivée à Paléo à l h du soir. 




Idem. 


Temps couvert. Pluie continue à partir de 4 U 
du soir. 






Idem. 


La pluie ne cesse que vers 5 h du soir. Soirée 
assez belle. 






Idem. 


Pluie presque continuelle. 






Idem. 


Même temps. 






Jolie brise. 


Temps couvert qui s'éclaircit un peu au mi- 
lieu du jour. 






Petite brise. 


Temps assez beau au milieu du jour. Pluie et 
orage le soir et le matin. 


Départ de Paléo à 7 h du matin. 




Très-légère brise. 


Même temps. 


Arrivée à Siemlap à ll h du matin. 
La station météorologique est à 10 mè- 
tres environ au-dessus du niveau du 




Petite brise. 


Pluie le mat. Beau, nuageux le reste du jour. 




Idem. 


Belle matinée. Grain orageux d'O.-S.-O. de 
2^ 1/2 à 4 h 1/2 du s. Le temps reste couv. 


fleuve. 




Idem. 


Temps assez beau au milieu du jour. Mati- 
née pluvieuse. 






Jolie brise. 


Temps beau, très-nuageux. 






Idem. 


Temps couvert. Pluie à partir de 6 h du soir. 






Petite brise. 


La pluie cesse à 4 h 1/2 du soir, et le ciel se 
nettoie un peu. 






Idem. 


Matinée pluvieuse. Eclaircie au milieu du 
jour. La pluie recommence après un grain 
du S. à 5" du soir. 






Idem. 


Temps couvert et pluvieux. 






Idem. 


Pluie presque continuelle. 






Idem. 


Le temps se découvre et devient beau à partir 


Le fleuve a atteint son niveau maxi- 






de lO h du matin. 


mum de l'année précédente. 




Idem. 


Pluie de 3 b à 5" du malin. Temps assez beau 
le reste du jour. 






Idem. 


Journée assez belle. Grain assez fort à 2 h 1/2 
du soir. 






Jolie brise. 


Pluie de l h à 4" du matin. Beau temps, nua- 
geux le reste du jour. 






Petite brise. 


Pluie de 4 h a 6 b du matin. Beau temps pen- 
dant le jour. 


Départ de Siemlap à 10\ 




Idem. 


Temps à grains ; beau par intervalles. 


Arrivée à Sop Yong à l 1 ' du soir. 




Calme. 


Pluie presque continuelle. 






Petite brise. 


Même temps. 






Jolie brise. 


La pluie cesse à midi. Le temps reste couvert. 






Idem. 


Pluie continue jusqu'à 3 h du soir. 






Idem. 


Temps couv. Courtes ondées pendant le jour. 






Idem. 


Temps couvert et pluvieux. 






Petite brise inégale. 


Même temps. Quelq. éclaircies l'après-midi. 


Départ de Sop Yong à midi. 



46 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 



AOUT 1867 



LIEliX 



H (HMCnVATION 



Passang.. 

Idem. 
Idem . 
Idem. 
Idem. 

Idem. 

En route. 

M Yony. . 
Idem. 

Idem. 
Idem. 

Idem. 
Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 
Idem. 

Idem. 

Idem. 
Idem. 

Idem. 
Idem. 

Idem. 

Idem. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 

Idem. 
Idem. 

Idem. 



DATES 



10 
11 

12 
13 

14 

15 

16 
17 

18 

19 
20 

21 

22 

23 

24 
25 
26 

27 
28 

29 

30 

31 



THERMOMETRE ET RAROMETRE 



5>> 1 /2 c 
degrés. 


u matin, 
iinllim. 


» 


» 


22,0 


701,5 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


61' 1/2 l 

22,5 


u matin. 

695,8 


22,5 


694,9 


« 


» 


» 


» 


)i 


» 


» 


» 


» 


» 


„ 


» 


7» du 

23,5 


697,5 


» 


« 


23,0 


697,6 


» 


» 


» 


» 


M 


)) 


6h 1/2 

21,0 


lu matin. 

698,7 


» 


» 


7i> du 

25,5 


697,0 


» 


« 


» 


» 


» 


» 


" 


» 



9ii 1/2 du matin, 
degrés. millim. 

» )) 


25,5 


702,7 


26,5 

lût d 

25,5 


702,6 
701J6 


25,7 


700,7 


» 


» 


» 

91' 1/2 

25,0 


lu matin. 

698,1 


24,0 


696,4 


24,8 


695,6 


23,5 


696,8 


10ii d 


î matin. 

699,3 


26,0 

ai» i/2 
25,0 
23,8 


697,2 

du matin. 

697,6 
697,6 


25,0 


698,1 


24,8 
24,5 


698,4 
698,1 


25,0 
26,0 


698,4 
699,4 


23,5 


699,4 


25,0 

9i> du 

26,5 

91» i/î 
25,5 


700,1 

matin. 

699,5 

lu matin. 

698,7 


26,0 


698,1 


25,5 


698,9 


29,0 


697,5 


25,4 


696,4 



degrés. 
» 


di. 
millim. 


29,2 


703,1 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


24,4 


695,6 


» 


» 


» 


.. 


24,3 


699,8 


» 


» 


» 


« 


26,8 
27,0 


697,4 
696,7 


27,4 


697,6 


27,1 


697,9 


28,0 
28,0 


698,1 

698,6 


» 


» 


» 


» 


V 


» 


29,5 


698,0 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 



4 h du soir, 
degrés. millim. 

27,5 699,5 
30~,2 "702,0 

3 h du soir. 

30.5 700,6 

Si du soir. 

29,0 701,1 

3>» du soir. 

26.6 699,5 



2ii |/2 du soir. 

30,0 696,0 



3h du soir. 

23,0 694,5 

28,0 U 694,4 



3>> du soir. 

27,5 698,5 
28,0 696,2 
29,0 695,0 

3i 1 /2 du soir. 

29,0 695,7 



24,2 697.2 
27,0 696,0 

30,0 696,4 
29,8 696,9 

lii 1/2 du soir. 

25,0 697,0 

3ii du soir. 

23,7 697,6 



30,5 697,5 

311 1/2 du soir. 

31,2 695,5 

3li du soir. 

31.5 696,0 

27.6 695,5 

311 1/2 du soir. 

29,0 694,4 

311 du soir. 

28,8 694,2 



25,2 700,0 

5*» du soir. 

29.5 699,5 

SI I /2 du soir. 

26,8 699,8 

6I1 du soir. 

24.6 699,2 



b h du soir. 

» 695,2 
25,2 695,3 

23.2 693,7 
24,5 693,5 

«n 1/2 du soir 

23,0 696,8 

)) » 

5b du soir. 

27,0 695,3 
24,0 694,5 

5! 1/2 du soir. 

28,0 695,4 
24,5 695,5 

51' du soir. 

25,0 696,1 

23.3 696,1 

)> » 

28,5 696,1 



5 U 1/2 du soir. 

23,8 697,7 



5h du soir. 

30,0 697,0 

b>> 1/2 du soir. 

29,5 695,1 
28,0 695,5 

27,0 695,2 
25,8 694,0 

28,0 693,7 



DIRECTION DU VENT 



s.-o. 

0. 

Idem. 

O.-S.-O. 

Idem variable. 

Idem. 

Idem. 

S. 
O. 

Idem. 
Idem. 

S.-O. àl'O. 
N.-E. l'apr.-midi. 

O. 

N.-O. très-variab. 

Idem. 
S. très-variable. 

S.-E. 

Idem. 
N.-O. le soir. 

N.-O. p. S.-O. le s. 
O.-S.-O. 

Idem. 

Presque calme. 

N.-E. 

Idem. 

S.-S.-E. 

Idem. 

puis N.-E. le soir. 

N.-N.-E. 

Idem. 

N.-E. 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 



47 



AOUT 1867 



FORCE DU VENT 



Jolie brise inégale. 

Jolie brise. 

Presque calme. 

Petite brise. 

Petite brise inégale. 

Idem. 

Idem. 

Bonne brise. 
Jolie brise inégale. 

Idem. 
Idem. 

Petite brise. 
Idem. 

Idem. 

Petite brise très-inégale 

Idem. 
Idem. 

Idem. 

Idem. 
Jolie brise très-inégale. 

Bonne brise. 
Idem . 

Jolie brise. 

» 

Petite brise. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 
Idem. 

ld. qui fraîchit beau- 
coup le soir. 



TEMPS 



Temps assez beau.Quelq. grains au mil. du j. 
Même temps. 

Très-beau temps ; légers nuages. 
Très-beau et très-nuageux. 

Temps couvert assez beau. Petit grain à midi. 

Le soir, orage dans le N.-E. 
Beau temps nuag. Un peu de pluie à 9 h du m. 

Le temps se couvre le s. Orage dans le N.-E. 
Très-beau temps. Grain orageux et pluvieux 

à 3 h du soir. 
Temps à grains. Le s. viol, orage dans le S.-E. 

Temps couvert. Grains orageux et pluvieux 

presque continus. 
Même temps. 

La pluie cesse pendant la matinée, reprend 

sans interruption à partir de 2 h du soir. 
Pluie continue. 

Le temps redevient assez beau pendant l'a- 
près-midi. 

Temps beau nuageux. Petit grain de pluie 
vers l h du soir. 

Même temps. Orage et pluie le soir. 

Matinée pluvieuse. Belle après-midi. 

Orage et pi. pendant la n. Journée ass. belle. 

Pluie presque continuelle. 

Même temps. Une ou deux éclaircies. 
Temps couvert. Deux ou trois averses au mi- 
lieu du jour. 
Temps nuag. assez beau. Une ou deux ondées. 
Pluie le matin. Journée assez belle. 

Temps couvert et bruineux. Ondées qui se 

succèdent à de courts intervalles. 
Pluie continue qui ne cesse qu'à 4 b du soir. 

Le temps redevient très-beau. 

Temps beau nuageux. 

Brume le matin. Très-belle journée. 

Petite pluie le matin. Belle journée. Le temps 

se couvre et devient orageux le soir. 
Matinée et nuit pluvieuses. Belle journée. 

La pluie cesse à 9 h du matin. Très-beau 

temps ensuite. 
Beau temps. Le soir, orage dans le N.-O. 



OBSERVATIONS 



Arrivée à B Passang à l h du soir. 



Départ de B Passang à 8 h du matin. 
Arrivée à l h à M Yong. 



48 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 



SEPTEMBRE 1SG7 



LIEUX 



Ii nBSERVATlON 



M Yong. . . . 
Idem. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 



En route. 
Idem . 



M You 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 
Idem. 

Idem. 
En route. . . . 
Idem. 

M Long. . . . 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 



Idem. 

En route. 

Idem. 

Idem. 



Xieng Hong. 



DATES 



I 

2 

3 

4 

S 

6 

7 

8 
9 

10 

11 

12 
13 

14 

15 

16 

17 
18 
19 

20 

21 

22 

23 

24 

25 

26 
27 
28 
29 

30 



THERMOMÈTRE ET BAROMÈTRE 



23,5 698,0 



9>> du matin. 

24,3 700,9 

7h du matin. 

23,0 699,0 

6h du matin. 

23,2 697,4 



Ci 1/2 du matin. 

23,0 702,6 



6 h du matin. 

23,8 702,1 



S •> du matin. 

26,0 694,2 



91> 1/2 c 
degrés. 

24,2 


il matin. 

iiiilliiu. 

698,7 


26,5 


699,6 


23,9 


700,0 


21,7 


699,8 


23,7 


700,4 


24,4 


701,0 


24,0 


700,4 


» 


» 


10i> d 

24,2 

9h 1/2 

26,0 


704,3 

lu matin 

701,1 


1 1 1> d 

28,0 

91» 1/2 

26,0 


706 JB 

lu matin. 

703,5 


25,8 


703,1 


26,3 

26,5 


703,5 
704,5 


27,0 


705,5 


» 


» 


» 


» 


25,5 


693,9 


27,0 


694,7 


» 


695,2 


» 


695,2 


» 


694,4 


10hd 

28,0 


693,8 


» 


694,6 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


9l> 1/2 


du matin 
703,8 





idi. 


» 


» 


» 


)) 


» 


)> 


« 


)) 


ICI!» d 


1 malin. 


23,8 


700,1 


25,8 


700,0 


4i> d 


u soir. 


29,4 


696,7 


« 


» 


» 


» 


» 


» 


m 


idi. 


28,5 


606,7 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


" 


» 


» 


» 


n 


» 


» 


» 


» 


f 


» 


» 


» 


» 


» 


28,0 


694,0 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


5l> 1/2 


du soir. 


26,5 


700,6 



3* du soir, 
degrés. millim. 

29,5 696,3 

27,5 697,1 

27,1 697,5 

25,0 697,4 

31» 1/2 du soir. 

24,8 697,5 

3& du soir. 

27,8 698,4 
28,3 697,0 



25,5 702,3 

3i> 1/2 du soir. 

27,8 704,0 
30,8 703,3 

3 h du soir. 

28,0 700,3 

28,8 700,8 

24,8 700,6 
y> » 

31,8 702,5 



5 h du soir. 

29,0 692,5 



41» 1/2 du soir. 

25,5 700,5 



5b 1/2 du soir. 

28,0 696,0 
27,0 696,7 

5h du soir. 

27,0 697,0 

5 h 1/2 du soir. 

25,5 697,1 
25,2 697,9 
26,5 697,9 

7 h du soir. 

25,7 697,1 



5t> du soir. 

25,5 702,0 

51» 1/2 du soir. 

26,8 703,5 

5 h du soir. 

28,5 702,5 

5i> 1/2 du soir. 

26.7 700,0 
27,3 700,5 

6 h du soir. 

23.8 701,0 

» » 

4b 1 /2 du soir. 

51,5 701,9 



Si» du snir. 

» 691,5 

5 h 1/2 du soir. 

» 692,0 

4h 1/: (min.). 

.» 692,9 
» 692,4 

bfc (min.). 

« 692,4 



5» 1/2 du soir 
)) 700,4 



DIRECTION DU VENT 



N.-O. àl'O. le m. 
S.-E. à partir 
del0\ 
S.-E. 

N.-E.àl'E.-N.-E. 

E. variable 

à 1E.-S.-E. 

Idem. 

E. variable. 

S. au S.-S.-O. 

s.-s.-o. 
s.-o. 

Calme. 

N. variable 
auN.-E. 

N.-N.-E. 

N.-E. 

Idem. 

Idem. 

Fasse au S.-O. 

le soir. 

N.-E. 
Idem. 

N.-N.-E. 

N.-E. qui passe 

au S. le soir. 
S. -S.-E. très-var. 

Calme. 

N.-E. le matin, 

N.-N.-O. le soir. 

Calme. 

N.-N.-E. 

E.-N.-E. 

Idem. 
Idem. 
Idem. 

Idem. 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 



49 









SEPTEMBRE 1867 




FORCE DU VENT 


TEMPS 


OBSERVATIONS 




Petite brise. 


Grains de pluie le matin. Beau temps le soir 
et la nuit. 






Idem. 


Très-beau temps; nuageux. 






Idem. 


Série d'averses pendant tonte la matinée. Le 
temps s'embellit le soir. 






Idem. 


Même temps. 






Idem. 


Même temps. 






Idem. 


Grain de pluie à 10 b 1/2. Temps beau, nua- 
geux le reste du jour. 






Idem. 


Brume le matin. Beau temps le reste du jour. 






Idem. 


Très-beau temps ; légers nuages. 


Départ de M. Yong à 9' 1 du matin. 




Idem. 


Idem. 


Arrivée à M. You à 8 h du soir. 




» 


Temps couvert et pluvieux. 


La rivière de M. You grossit à vue 
d'œil. 




Petite brise. 


Le temps se remet graduellement au beau. 




Idem. 


Très-beau temps. 


La rivière baisse aussi rapidement 
qu'elle avait monté. 




Idem. 


Ondées de pluie intermittentes pendant tout 
le jour. 






Idem. 


Temps presque couvert ; quelques petits 
grains. 






Jolie brise inégale. 


Temps couvert et à grains. 






Petite brise. 


Le temps s'éclaircit vers 4 b de l'après-midi. 






Idem. 


Très-beau temps ; légers nuages. 






Idem. 


Très-beau temps. Un petit grain vers midi. 


Départ de M. You à 8 h du matin. 




Idem. 


Très-beau temps: légers nuages. 


Arrivée à M. Long à 4 b du soir. 




Idem. 


Matinée pluvieuse. Le temps reste à grains 
pendant le jour. Belle soirée. 






Jolie brise. 


Pluie avant le lever du soleil. Beau temps le 
reste du j. Un petit grain du S.-O. vers 4 h . 






» 


Brouillard qui ne se dissipe qu'à midi. Très- 
beau temps ensuite. Eclairs dans l'E. 






Petite brise. 


Orage et pluie torrentielle du N.-E. jusqu'à 
7 h du matin. Beau le reste du jour. 


Le Nam Kam inonde ses rives. 




» 


Beau temps légèrement voilé. 






Petite brise. 


Brouillard le matin. Très-beau le reste du 
jour. Légers nuages. 






Idem. 


Même temps. 






Idem. 


Idem. 


Départ de M. Long à 7 b du matin. 




Idem. 


Idem. 






Idem. 


Idem. 


Arrivée à Xieng Hong à 4 h 1/2 du 
soir. 




Idem. 


Idem. 







50 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 



OCTOBRE 1867 



LIEUX 



h iiiNKitVATlOX 



Xieng Hong. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 
Idem. 

Idem. 
En route. . . 



Idem. 
Idem. 

Idem. 

Idem. 
Xieng neua.. 
M. Pang. . . 



Nang Sang Ko. 



En route. 
Idem. 

Idem. 
Idem. 



HATES 



10 
11 
12 
13 

14 

13 
16 

17 
18 



THERMOMÈTRE ET BAROMÈTRE 



5h 1/2 


u matiu. 


degrés. 


millim. 


16,8 


701,5 


6h(lu 


matin. 


18,0 


702,0 


51> 1/2(1 


u matin. 


21,0 


703,3 


» 


» 


)> 


» 


7h du 


matin. 


22,0 


703,5 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


)> 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


" 


» 



9" 1/2 


il matin. 


18,5 


702,2 


19,0 


703,8 


22,6 


705,1 


» 


» 


24,5 
» 


704,2 


» 


» 


» 


» 


» 

» 

21,0 


» 

» 

670,5 

» 


» 


» 


10* 1/2 
)) 
» 


du matin. 

640,0 

» 


)) 


» 



21,0 
22,5 

24,8 
24,8 



701,5 
703,0 
704,0 
703,2 



24,5 
25,0 



669,5 
649,0 



24,0 646,0 



25,0 700,8 
26,0 701,0 

3h du soir. 

26.2 702,0 

3 h 1/2 du soir. 

25.3 701,5 

» » 

3h du soir. 

23,0 701,2 

» » 

2 h du soir. 

» 687,0 

3 h du soir. 

»> 647,0 

4 h du soir. 

» 642,0 



4>> 1/2 du soir. 

» 643,8 



bh 1/2 du soir, 
degrés. millim. 

o 699,4 
25,8 700,8 
25,0 701,5 



DIRECTION DU VENT 



E.-N.-E. 

Idem. 

S.-S.-E. 

S.-O. 
Idem. 

S.-E. 
N.-E. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem . 

Idem. 

Très-variablt 

S.-S.-O. 

S. 

s. 

Idem. 
E. 



Les tableaux qui précédent fournissent quelques exemples de variations locales dans la 
direction des moussons. C'est surtout sur les bords du fleuve, qui est profondément 
encaissé sur la presque totalité de son cours dans le Laos septentrional, que se rencontrent 
les plus grandes anomalies. Ainsi les vents de la partie du Nord et de l'Est paraissent 
dominer encore au mois de juin à Xieng Khong, alors que, dès la fin d'avril, la mousson 
souffle très-régulièrement à Luang Prabang de l'O.-S.-O. Malgré ces exceptions, on peut 
dire que sur les plateaux du Laos septentrional, les deux moussons se succèdent avec ré- 
gularité en avril et en octobre et y conservent la direction qu'elles ont sur les côtes de 
l'Indo-Chine. 

Les températures moyennes de la nuit sont de 3 ou 4 degrés inférieures dans cette 
région aux températures correspondantes, observées à la même époque de l'année, dans le 
Laos méridional. Quoique les observations faites dans la partie Sud ne comprennent pas les 
mois de l'année supposés les plus chauds, avril et mai, et que la .comparaison des tempe- 



OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES. 51 

OCTOBRE 1867 













FORGE Dïï VENT 


TEMPS 


OBSERVATIONS 






Petite brise. 


Léger brouillard le matin. Très-beau temps 
le reste du jour ; légers nuages. 








Idem. 


Même temps. Le soir, éclairs dans le Sud. 








Jolie brise. 


Pluie d'orage avant le lever du soleil. Beau 
temps le reste du jour. 








Idem. 


Brume le matin ; beau nuageux le reste du j. 








Idem. 


Même temps. Grain orag. et pi. vers 5 h du s. 








Bonne brise. 


Temps couvert et pluvieux. 








Petite brise. 


Temps couvert et brumeux ; petite pluie par 
intervalles. 


Départ de Xieng Hong à midi. 






Idem. 


Brouillard pluvieux qui se dissipe vers 9 h du 
matin. Beau le reste du jour. 


La hauteur barométrique a été prise à 
M. Yang. 






Idem . 


Légère brume le mat., très-beau le reste du j. 


La hauteur barométrique est celle de 
la halte du soir. 






Idem. 


Même temps. 


Idem, prise au village de Kon-han. 






Idem. 


Idem. 


Arrivée à Xieng neua à 3 h 1/2 du soir. 






Presque calme. 


Idem. 


Départ de Xieng neuaà7 h 1/2 du mat. ; 






Idem. 


Idem. 


arrivée à M. Pang à dO h 1/2. 






Petite brise. 


Brouillard ; pluv. le matin. Beau le reste du j . 


Départ de M. Pangà8 h , arrivée à Nang 
Sang Ko à ll h du matin. 






Jolie brise. 


Temps orageux; quelq. gouttes de pi. le s. 


Départ à 7 h 1/2 du matin ; la hauteur 






Idem. 


Orage et pluie torrentielle de 2 h à 5 h du mat. 
Temps assez beau le reste du jour. 


barométrique est celle du village de 
Voumochou. 






Petite brise. 


Grains de pi. qui se succèdent pend, tout le j. 








Idem. 


Très-beau temps nuageux. 


Arrivée à Se-mao à 4 h du soir. 













ratures maxima des deux zones reste par conséquent incomplète, il semble cependant 
qu'elles doivent atteindre dans le Nord des chiffres beaucoup plus élevés que dans le Sud, 
surtout dans la vallée du fleuve proprement .dite. L'espèce d'entonnoir que forment les 
chaînes qui l'enserrent et les surfaces rocheuses qui y réfléchissent les rayons du soleil 
produisent parfois des chaleurs excessives. A Pak Lay, par 18° de latitude, le thermomètre 
dépasse, dès le mois d'avril, de près de 2° la plus forte température observée au mois d'août 
à Stung Treng par 13° et demi de latitude. A Luang Prabang, parle 29 e parallèle, à une 
certaine distance même des rives du fleuve et en dehors de toute réverbération des rives, 
le thermomètre indique en mai une température de 37", qui, ramenée au niveau de la mer, 
équivaudrait à près de 39°. A la même époque, le lieutenant, aujourd'hui général Mac 
Leod, a observé dans la vallée du Me Ping, la branche la plus occidentale du Me Nam, par 
17° 30' de latitude, une température de 47° 8. 

Les chiffres donnés par Mouhot pour la température de Luang Prabang au mois 



52 OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 

d'août la font osciller entre 33° 3 et 21° 6, chiffres dont le plus fort est supérieur de 1°8, 
et le plus faible inférieur de 2° 9 aux températures correspondantes observées dans 
le Sud au même moment. Ces chiffres confirment pleinement les lois indiquées plus 
haut. Les températures extrêmes observées par Mouhot à Luang Prabang pendant le mois 
d'octobre sont 14° 4 et 32° 2. 

Dès que l'on quitte la vallée du fleuve, on s'élève rapidement à l'Est ou à l'Ouest jusqu'à 
atteindre des altitudes suffisantes pour modifier profondément les conditions climatériques. 
C'est ainsi que sur la rive droite on rencontre le plateau de Xieng Tong sur lequel, 
au mois de février, Mac Leod a trouvé que la température oscillait de 5° 5 à 28°, et dont 
l'altitude, d'après une observation de la température d'ébullilion de l'eau, serait environ de 
» 900 mètres. Sur la rive gauche, à très-peu de distance du fleuve, les crêtes des chaînes se- 
condaires qui forment les vallées de ses affluents s'élèvent de 13 à 1,400 mètres au-dessus 
du niveau de la mer, c'est-à-dire de 7 à 800 mètres au-dessus de la vallée principale. Il 



3° PLATEAU 



OCTOBRE 1867 



LIEUX 

d'observation 



Se-mao.. . . 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

En route. 

Idem. 



DATES 



19 

20 
21 

22 
23 
24 
25 

26 

27 

28 

29 
30 
31 



THERMOMÈTRE ET BAROMÈTRE 



16,5 

16,2 
16,0 
14,5 
15,0 
15,0 



640,8 
640,3 
642,0 
642,6 
642,0 
641,6 



16,0 640,7 



10i> du 


matin 




» 


643 

» 


5 


9i> du 


matin 





17,0 642,5 

10 h du malin. 

18,0 642,9 

9ii 1/2 du matin 

17,5 644,3 
16,5 644,5 

10 h du matin. 

16,5 644,0 

9 h 1/2 du matin. 

17,5 643,0 
16,9 643,1 

9 h du matin. 

16,8 642,8 



18,0 641,7 

18,6 642,4 

18,0 643,4 

» » 

18,0 643,4 

18,2 642,0 



3'» du soir, 

degrés. milliin. 

21,0 642,5 

r> )> 

20.0 639,4 
19,7 6 '.0,1 
19,6 642,2 

18.1 642,2 
18,9 642,7 



31» 1/2 du soir. 

19,00 640,8 



19,8 640,0 
20,0 640,8 

bh 1/ï du soir. 

19,2 641,9 

5 h du sr»ir. 

18,5 642,0 

5 h 1/â du soir 

18,5 642,5 



4i> I /2 du soir. 

19,2 640,1 



6>» du soir. 

14,5 640,3 
» 621,6 



DIRECTION DU VENT 



s.-o. 

N.-O. le matin, 

S.-O. le soir. 

E. 

E. 

E. qui passe au S. 
le soir. 

S. 

E. 

Idem. 

S. 

Idem. 

S. variable. 

Idem. 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 

en résulte que la saison sèche, pendant laquelle les vents soufflent du N.-E., doit amener 
sur ces hauteurs des températures relativement très-froides. Quoique l'on soit encore ici 
sous les tropiques, la neige fait parfois alors une courte apparition sur les sommets et, si la 
végétation des vallées reste presque exclusivement tropicale, celle des plateaux commence 
à fournir des spécimens des fruits de la zone tempérée. 

Les heures des niaxima et des minimabarométriques diurnes paraissent, dans la région 
que nous étudions, se rapprocher très-sensiblement de H heures du matin et de 6 heures 
du soir. Les vents de la partie de l'Est paraissent faire monter le baromètre; il descend 
au contraire par les vents de l'Ouest. L'amplitude des oscillations diurnes atteint fréquem- 
ment 3 millimètres. 

La variation de l'aiguille aimantée a été trouvée à Luang Prabang de 3° 04' N.-E. et 
de 2° 50' N.-E. à Xieng Khong, dernier point où elle ait pu être observée, un accident 
étant survenu depuis au théodolite boussole. 



53 



DU YUN-NAN 



OCTOBRE 18G7 



FORCE DU VENT 



Idem. 

Idem. 

Pet. br. puis jolie br. 

Petite brise. 

Légère brise. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Petite brise. 

Idem. 
Idem. 
Idem. 



TEMPS 



Un grain de pi. vers 1 h du matin. Beau temps 

nuageux le reste du jour. 
Beau temps moyen. 

Matinée pluvieuse. Beau temps le soir. 

Beau temps nuageux. 

Idem. 

Le temps se couvre au milieu du jour. 

Un peu de pluie vers 2 h du soir. Beau temps 

le reste du jour. 
Très-beau temps ;. légers nuages. 

Beau temps ; très-nuageux. 

Temps beau, presque couvert. 

Même temps. Quelq. gouttes de pi. à l h du s. 
Très-beau temps nuageux. 
Idem. 



OBSERVATIONS 



Départ de Se-mao à 9" matin. La hau- 
teur barométrique est celle de la 
halte du soir. 



54 



OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES. 



NOVEMBRE 1867 



LIEUX 



Ii OISI.riVATInN 



DATES 



Pou-eul. . . 

Idem. 

Idem. 

En route. . 
Idem. 

Toiig Kouan 

Idem. 

En route. . 
Idem. 

Ta-lan . . . . 

Idem. 
Idem. 

Idem. 
Idem. 

Idem. 

En route. . 

Kien-so. . . . 

En route. . 

Idem. 

Idem. 

Yuen-kiang. 
Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 
En route. . 

Idem. 

Idem. 

Idem. 
Idem. 



1 

2 
3 

4 

5 

6 

7 

8 
9 

10 

n 

12 

13 
14 

15 

16 

17 

18 

19 

20 

21 
22 

23 

24 

25 
26 

27 

28 

29 
30 







THERMOMÈTRE 


ET BAROMÈTRE 




DIRECTION DU VENT 


bfcik 


matin. 


1 0'i d 


î matin. 


midi 


4b 1/2 du soir. 




degrés. 


millim. 


degrés. 


millim. 


degrés. millim. 


degrés. millim. 




» 


» 


)) 


r> 


» 


22,0 638,2 


S.-E. 


13,5 


638,1 


18,0 


641,5 


20,0 641,1 


22,0 639,2 


S.-S.-E. 


17,5 


640,0 


19,0 


641,9 


19,1 640,8 


21,0 638,9 


S. 


» 


» 


„ 


,, 


2 h du soir. 

» 614,7 


6 h du soir. 

» 647,0 


s.-o. 


" 


» 


» 


» 


» » 


» 677,0 


N.-N.-È. 


» 


.» 


» 


>• 


» » 


'.b t/2 du soir. 

20,0 625,5 


S.-O. 


6i> 1/2 du matin. 


91.1/2 


du matin. 


midi. 


3b 1/2 du soir. 




15,0 


625,8 


15,7 


626,2 


16,0 625,9 


18,0 625,5 


O.-S.-O. 


>, 


» 


» 


„ 


lh du soir. 

» 689,5 


» 672,8 


s.-o. 


» 


» 


» 


» 


» » 


» » 


N.-E. 


61i d 


matin. 












14,0 


642,0 


15,0 

IClii d 


643,5 

i matin . 


» » 


17,6 640,5 

4b du soir. 


S. très-variable. 


14,0 


642,0 


14,1 


643,0 


» » 


13,5 640,3 


S. au S.-S.-E. 


13,0 


642,0 


13,1 


643,4 


midi. 


13,9 640,6 

3b 1/-2 du soir. 


Idem. 


13,0 


642,3 


\ 4,0 


643,6 


15,0 643,1 


15,8 641,9 


S.-O. 


» 


» 


» 


» 


.. » 


» » 


S. variable. 


6h t /« ( 


u matin. 








3b du soir. 




13,6 


640,8 


14,0 


641,5 


» 


14,5 637,1 

& b i/2 du soir. 


Idem. 


» 


» 


9b du 


» 

matin. 


» » 


» 625,2 

3b 1/2 du soir. 


Idem. 


» 


» 


8,5 


625,5 


» » 


7,3 625,2 


S.-S.-E. au N.-E. 


=h 1/2 c 


u matin. 








t 1 » i/2 du soir. 




5,8 


625,3 


» 


" 


» « 


9,0 641,5 

2h du soir. 


N.-E. 


4,2 


» 


» 


» 


» » 


» 624,1 


N. au N.-N.-E. 


61i du 


malin. 








3ii du soir. 




6,0 


» 


91r 1/2 C 


u matin. 


»> » 


16,0 717,5 

3b 1/2 du soir. 


N. 


12,0 


721,5 


13,0 


723,0 


15,0 721,0 


17,0 717,7 


Presque calme. 


12,5 


722,0 


15,0 


724,0 


16,0 721,5 


17,5 718,7 

Sh 1/2 du soir. 


E.-S.-E. 


» 


» 


91i du 


» 


>, 


17,5 720,3 

4h du soir. 


S. au S, -S -E. 


12,5 


725,0 


14,0 


726,0 


» » 


17,6 721,2 


Calme. 


-h du 


matin. 






3h du soir. 






12,0 


723,9 


14,0 


724,5 


17,5 718,7 


17,6 718,5 


S. au S.-S.-E. 


» 


» 


» 


» 


midi. 


» » 


S.-E. 


» 


" 


» 

l|b dl 


» 

matin. 


20,0 731,4 O 


» » 

4b 1/2 du soir. 


0. variable. 


» 


« 


» 


729,5 P) 


» » 


14,0 624,3 


Idem. 


6b 1/2 


u matin. 


1 11» 1/2 i 


u matin. 








11,0 


623,0 < 3 > 


)) 


588,0 


» » 


10,0 598,7 


Idem. 


1,3 


601,0 


» 


» 


14,1 603,5 


15,0 626,5 « 


Calme. 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 



55 



NOVEMBRE 1807 





FORCE DU VENT 


TEMPS 


OBSERVATIONS 




Légère brise. 


Très-beau temps nuageux. 


Arrivée à Pou-eul à 1 l h du matin. 




Petite brise. 


Temps couvert. Un peu de pi. à 10 h du matin. 


i 15° 
A 9 h du matin. . . . l~ r '„ o 




Idem. 


Même temps. 


a ,h a ■ < 20"! 
A 4" du soir | 638?5 




Idem . 


Même temps. 


La l re hauteur barométrique est prise 




Idem. 


Très-beau temps nuageux. 


au point culminant de la route; la 2 e 
est prise à Mo-he, où l'on couche le s. 




Idem. 


Même temps. 


La hauteur barométrique a été prise 
sur les bords du Pa-picn Kiang. 




Idem. 


Idem. 


Arrivée à l h du soir à Tong Kouan. 




Jolie brise. 


Idem. 


Départ de Tong Kouan à 7 h 1/2 du ma- 




Idem. 


Idem. 


tin ; la l re hauteur barométrique a 
été prise sur les bords du Pou-kou 




Légère brise. 


Temps couvert; petite pluie vers 5 h du soir. 


Kiang; la 2 e à Tchang-Iou-pin. 
Arrivée à Ta-lan à 2 b du soir. 




Petite brise. 


Temps couvert, brumeux et pluvieux. 






Idem. 


Même temps. 






Jolie brise. 


Temps couvert assez beau. 






Petite brise. 


Temps couvert et pluvieux. 






Idem. 


Temps couvert ; s'embellit un peu le soir. 






Idem. 


Temps couvert et pluvieux. 


Départ de Ta-lan à 10 h 1 /2 du mat. La 
hauteur barom. est prise à Kien-so. 




Idem. 


Pluie continue. 






Assez jolie brise. 


Le temps s'embellit un peu. 


Départ de Kien-so à 8 U du matin. Halte 
à 1" du soir. 




Idem. 


Temps nuageux assez beau. 


La hauteur barométrique est prise à 
Mong-lang. 




Petite brise. 


Très-beau temps, légers nuages. 


Arrivée à Yuen-kiang, sur les bords du 
Song Coi à 1 l h 1 /2 du matin. 




» 


Temps magnifique, ciel sans nuages. 






Légère brise. 


Temps beau nuageux. 


Départ de Yuen-kiang à H h du matin. 




Jolie brise. 


Idem. 


(') Cette haut 1 barométrique a été prise 
à Pa-kang sur les bords du fleuve que 




" 


Très-beau temps, ciel sans nuages. 


je descends depuis Yuen-kiang. 
( 2 ) Cette haut' barométrique est prise 




Petite brise. 


Très-beau temps, légers nuages. 


au bord du fleuve ; la hauteur sui- 




Jolie brise. 


Idem. 


vante presque au sommet du plateau 
qui le domine de tous côtés. 




Petite brise. 


Brume le matin. Beau temps le reste du jour. 


( 3 ) Cette hauteur barométrique est prise 
à la halte de la veille; la suivante 




Idem. 


Idem. 


au point culminant de la route du 
jour ; la 3 e à la halte du soir. 




Idem. 


Idem. 


(*) Cette haut r barométrique est prise 




r> 


Idem. 


au village de Long-ta. 



56 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 



DECEMBRE 18G7 





LIEUX 


















DATES 




THERMOMÈTRE 


ET BAROMÈTRE 




DIRECTION DU VENT 




d'observation 




















6 h l /2 du matin 


i)ii 1/2 du matin. 


midi. 


3h du soir. 










degrés. millim. 


degrés. millim. 


degrés, millim. 


degrés. millim. 






En route 


1 


7,5 630,2 

6 h du matin . 


» » 


» » 


» )) 


N.-E. 




Lin-ngan 


2 


8,5 642,5 


» 643,5 


» » 


» )) 


S. au S.-S.-E. 




Idem. 


3 


6 h 1/2 du matin. 


» 642,5 

9h du matin. 


10,3 640,8 


13,5 


Idem. 




Idem. 


4 


6,5 640,0 


8,0 641,6 

9h 1/2 du matin. 


10,2 638,9 


11,5 635,6 


Calme. 




Idem. 


5 


9,0 635,6 


10,2 637,1 

9* du matin. 


» » 


13,8 632,6 

3ii i /2 du soir. 


S. 




Idem. 


6 


9,5 634,8 


10,0 636,1 


» » 


14,0 630,6 


S. au S.-O. 




Idem. 


7 


10,8 632,6 


11,2 634,5 

10 h du matin. 


8 h du soir. 


15,0 630,1 

3 h du soir. 


S. 




Idem. 


8 


» » 


11,5 636,3 


12,0 631,8 


14,0 633,0 


Idem. 




En route 


9 


» » 


« » 


» » 


» » 


N.-E. 








7*1 du soir. 


9>» 1/2 du matin. 


midi. 


1» 1/2 du soir. 






Che-pin 


10 


10,0 626,2 


11,5 629,3 


12,0 627,6 


12,5 625,9 


S.-O. 




En route 


11 


» » 


» » 


» )■> 


a" 13,0 626,9 


S. au S.-S.-O. 




Idem. 


12 


» » 

7h du matin . 


.» 602,2 (') 


» » 


10,0 612,7 

31» du soir. 


N.-E. 




Idem. 


13 


6,5 612,7 

6h 1/2 du matin. 


» » 


" " 


14,0 631,8 ® 


Idem. 




Idem. 


14 


4,0 633,4 


» » 


» » 


11,0 612,7 


E.-N.-E. 








-h du matin. 


ilili du matin. 


21' du soir. 


41 du soir. 






Tong-hay 


15 


5,0 612,6 


7,5 615,1 


9,5 613,3 


10,0 613,5 


E. auS.-E. 




En route 


16 


6h 1/2 du matin. 


» » 


» » 

midi. 


+0,9 614,0 


N.-E. 




Idem. 


17 


+4,0 611,2 


» » 

91" du matin. 


7,0 621,6 


5,0 620,9 


N. 




Kiang-tchouen. . 


18 


-1,0 618,1 

6 h du matin. 


+4,0 620,9 

101i du malin. 


6,0 618,8 


9,0 620,9 


S. 




Idem. 


19 


+2,0 618,8 

6>i 1/2 du matin. 


5,0 620,2. 


» » 


4h 1/2 du soir. 


S.-O. 




En route 


20 


2,0 619,5 


» » 


» 581,0 


8,0 594,2 

41» du soir. 


Idem. 




Idem. 


21 


» » 


» » 


» » 


12,0 600,1 


N.-O. 




Idem. 


22 


» » 


» » 


12,0 601,1 


» » 


o.-s.-o. 




Idem. 


23 


)) » 


» » 


» » 


311 1/2 du soir. 


0. 




Yun-nan 


24 


» » 


6,0 603,4 


7,9 602,9 


10,5 602,9 


Idem. 




Idem. 


25 


1,5 600,9 

7 h du matin. 


4,2 601,0 

9H 1/S du matin 


7,8 601,7 


10,8 601,0 

3 h du soir. 


o.-s.-o. 




Idem. 


26 


2,5 599,5 


4,5 600,1 


» » 


11,0 599,5 


Idem. 




Idem. 


27 


3,5 599,5 


4,6 600,1 

9>i du matin. 


» 


12,5 601,1 

411 du soir. 


Idem. 




Idem. 


28 


3,5 601,1 


4,2 601,1 


9,0 601,1 


11,5 601,1 


Idem. 




Idem. 


29 


2,5 601,1 

8h du matin. 


4,0 601,1 

10 h du matin. 


» „ 


3 h 1/2 du soir. 

11,0 601,7 

411 1/2 du soir. 


Idem. 




Idem. 


30 


2,5 601,1 

7 h du matin. 


6,0 601,7 


» 


11,0 601,1 

4 h du soir. 


Idem. 




Idem. 


31 


4,0 600,9 


6,5 601,1 


« » 


11,5 599,5 


Idem. 







OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 



57 



DECEMBRE 1867 





FORCE DU VENT 


TEMPS 


OBSERVATIONS 




Légère brise. 


Temps beau voilé. 


La hauteur barométrique est prise à 
Long-ta. J'arrive à Lin-ngan à 2 h s. 




Idem. 


Très-beau temps. 






Idem. 


Idem. 


Le minimum barométrique a lieu vers 
5" et est de 638,1. 




« 


Très-beau temps. Horizon embrumé, ciel sans 
nuages. 






Jolie brise. 


Très-beau temps. 






Idem . 


Idem. 






Bonne brise. 


Idem. 






Idem. 


Idem. 






Jolie brise. 


Beau temps, nuageux. 


Départ de Lin-ngan à 8 h 1/2 du mat. 








Arrivée à Che-pin à 5 h 1/2 du soir. 




Petite brise. 


Même temps. 






Idem. 


Temps très-nuageux. 


Départ de Che-pin à 9 h du matin. 
L'observation barométrique est prise 




Idem. 


Temps couvert assez beau. 


à la halte du soir. 
(*) Cette haut' barométrique est prise 




Idem. 


Beau temps, nuageux. 


au point culminant de la route ; la 
suivante et celle du lendemain ma- 




Idem . 


Brume épaisse le matin, beau le reste du jour. 


tin à 7 h , à la halte du soir. 
( 2 ) Cette hauteur barométrique a été 




Idem. 


Le temps se couvre vers ll h du matin. 


prise à la halte du soir. 




Idem. 


Il neige d'une façon continue jusqu'à la nuit. 


Le 14, arrivée à Tong-hay à 2 h du s. 
Départ de Tong-hay le 16 à 9 du m. La 




Idem. 


Très-beau temps, quelques nuages. 


hauteur barométrique est prise à la 
halte du soir, ainsi que celle du len- 




Idem. 


Ciel sans nuages. 


demain matin. 
La hauteur barométrique du midi est 




Idem. 


Beau temps, très-nuageux. 


prise sur les bords du lac. Arrivée 
à Kiang-tchouen à 3 h du soir. 




Idem. 


Idem. 


Départ à 8 h 1/2. La hauteur baromé- 
trique de midi est prise au point 




Idem. 


Très-beau temps ; ciel sans nuages. 


' culminant de la route ; celle de 4 h 1/2 




Id. qui fraîchit le soir. 


Idem. 


à la halte du soir. 




Petite brise. 


Très-beau temps, légers nuages. 


La hauteur barométrique est prise dans 
la plaine du lac de Yun-nan. 




Idem. 


Idem. 


Même observation. 




Jolie brise dans l'après- 


Temps magnifique, ciel sans nuages. Horizon 


Arrivée à Yun-nan à l b du soir. 




midi. 
Idem. 


légèrement voilé. 
Même temps. 


ASM/2 du soir.... | 6 JJ^ 




Idem. 


Idem. 






Idem. 


Idem. 






Idem. 


Idem. 






Idem. 


Idem. 






Bonne brise. 


Même temps, quelques nuages. 


• 



JANVIER 18G8 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIOUES. 



LIEUX 



i) onsruvATioN 



Yun-nan 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 
En route de Yun-nan 

à Tong-tcliouen. . . . 

Idem. 

Idem. 
Idem. 

Idem. 

Idem. 

Kon-tchang 

En route 

Idem. 

Idem. 
Idem. 

Tong-tcJtonen 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 
Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 
En route de Tong- 
tchouen à Ta-hj. . . . 

Idem. 



DATES 



C 

7 

8 
9 

10 

M 

12 

13 
14 

■\r> 

16 

17 

18 

19 
20 

21 

22 
23 

24 

23 

2G 

27 
28 
29 

30 
31 



THERMOMÈTRE ET BAROMÈTRE 



4,0 000,8 

S" du malin. 

4,0 601,0 

7»» 1/2 du matin. 

4,0 601,0 
3,3 600,1 
4,8 397,3 

6»» 1/2 du matin. 

3,3 597,5 

71» 1/2 du matin. 

6,5 597,5 



61» 1/2 du matin. 
» 550,7 

3,0 557,3 



71» 1/ i matin. 

5,0 581,0 



6,0 578,5 
5,5 581,0 

81» du matin. 

4.7 578,5 

71» 1/2 du matin. 

3.8 580,4 
61» 1/! du matin. 

2,0 580,4 



7» I /2 du matin. 
4,2 581,0 



5,6 601,1 
3,0 601,1 

91» du matin. 

4,8 600,8 

10» du matin. 

7,2 597,5 
9,2 597,5 

91» du matin. 

7,2 597,5 



toi» au matin. 

7,5 605,6 



101» du matin. 

8,0 581,7 



6,0 582,3 
7,5 579,2 



6,5 581,7 

1 » 1/2 du matin. 

6,0 579,2 
4,0 582,9 

101» du malin. 

4,0 580,4 
5,2 578,5 



21» d 


» soir. 


10,8 


600,1 


» 


» 


» 


» 


« 


» 


» 


» 


» 


d 


lit» du matin. 

2,5 595,5 


» 


» 


» 


» 


11» 1/2 

5,5 

io,o m 


598,'l 
' 599,5 


« 


» 


10,0 


605,6 


11,2 


604,2 


» 


y> 


» 


» 


» 


532,9 


». 


» 


» 


» 


» 


» 


8,0 


581,0 


» 


» 


9,2 


578,5 


» 


■d 


-» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 



12,0 600,1 
12,0 600,1 
10,8 601,0 

10.8 " 599,5 

31» 1/2 du soir. 

12,0 595,5 

b' 1 du soir. 

13.9 596,8 

4 h du soir. 

13,0 594,9 



-i h 1 /2 du soir. 

12,8 594,9 



13,2 598,8 

5li du soir. 

13,0 594,2 



3» 1/2 du soir. 

14,2 601,7 

51» du soir. 

12,0 552,0 

41» 1/2 du soir. 

12,0 558,6 
13,S " 566,8 



10,0 579,8 
9,0 578,5 

10,0 579,2 

3» 1/2 du soir. 

11,5 577,3 

A h du soir. 

12,0 577,9 

5 h du soir 

10,4 579,2 

4» I /î du soir. 

11,0 577,3 

31» 1/2 du soir. 

7,0 579,2 

4 h du soir. 

10,0 577,9 

31» du soir. 

10,0 577,3 



4 h du soir. 

15,0 593,6 

5» du soir. 

20,0 665,9 



DIRECTION DU VENT 



O.-S.-O. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 

s.-o. à ro.-s.-o. 

Idem. 
Idem. 

N.-E. 

S.-O. le matin, N.-E. 

l'après-midi. 

E.-N.-E. 

S. au S. -S.-O. le soir. 

S.-S.-O. 

Idem. 

S. au S.-S.-O. 

S.-O. variable. 

S.-S.-O. 

S.-O. 
Idem. 

Idem. 
S.-O. à l'O.-S.-O. 

S.-S.-O. 

Idem. 

Idem. 

Calme le matin, S.-O. 

le soir. 

S.-O. 

Calme. 

S.-S.-O. à part, de midi. 

S.-S.-O. 

Calmele matin, S.-S.-O. 

à partir de 11' 1 . 

S.-O. 

Idem. 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOG IOUES. 



59 



JANVIER 18C8 



FORCE DU VENT 



TEMPS 



Bonne brise. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 
Très-bonne brise. 
Idem. 
Idem. 

Petite brise. 

Jolie brise le matin. 

Petite brise. 
Jolie brise. 

Jolie brise. 

Jolie brise à rafales. 

Idem. 

Jolie brise mollissant. 

Jolie brise. 

Bonne brise à rafales. 
Idem. 

Idem. 
Vent frais. 

Jolie brise à rafales. 

Bonne brise à rafales. 

Idem. 

Petite brise. 

Jolie brise. 
» 

Jolie brise. 

Idem. 
Petite brise. 

Jolie brise. 
Idem. 



OBSERVATIONS 



Très-beau temps. Quelques images. 
Même temps. 

Idem. 

Idem . 
Ciel un peu plus nuageux. 
Ciel sans nuages. 

Idem. 

Le temps se couvre le soir. 

Le ciel se découvre vers midi, mais se charge 

de nouv. les. sous l'inil. des vents de N.-E. 

Temps froid eteouv. Qques éclaire, l'ap.-m. 

Le temps, très-nuageux le mat., devient très- 
beau le soir. 

Brume lég. le mat. Très-beau temps le reste 
du jour. 

Même temps. 

Même temps. Quelques cirrlii. 

Très-beau temps. Quelques nuages. 

Même temps. 

Ciel sans nuages. 
Idem. 

Idem. 
Temps très-nuageux. 

Ciel sans nuages. 

Idem. 

Idem. 

Brume au lever du soleil. Temps beau, nua- 
geux le reste du jour. 
Très-beau temps. Quelques nuages. 

Temps couvert le matin ; se dégage vers 10\ 

Très-beau le reste du jour. 
Même temps. 

Très-beau temps sans nuages. 

Matin, bruiii. Beau temps le reste du jour. 

Très-beau temps sans nuages. 
Idem. 



Départ de Yun-nan à 1 l h 1 /2 du matin. 

La hauteur barométrique est prise à 

Yang-lin. 
La haut, baromét. est prise à Keou-kay. 

Les hauteurs barométriques sont pri- 
ses à Yang-kay. 



La hauteur barométrique est prise à 
Kon-tchang. 

La haut, baromét. de S b et celle du len- 
demain mat. sont prises à Te-tchang- 
tang: 

La haut, baromét. de midi est prise au 
\ passage d'un col, point culminant 
de la route suivie. 

Arrivée à Tong-tchouen à G h du soir. 



Dép. deTong-tchouen à M b J /2 du mat. 

La hauteur baromét. est prise à Mong- 
kou (vallée du Kin-cha Kiang). 



00 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 



FEVRIER 18G8 



LIEUX 



|i niMaw.vnux 



DATES 



Eu route de Tong 
tchouen à Ta-///. . . 

Idem. 
Idem. 
Idem. 

Idem. 

Houey-ly 

En route 

Idem. 
Hong-pou-so 

Idem . 

Idem. 

En roule 

Idem. 

Idem. 

Ma-chang 

En route 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 
Idem. 
Idem. 

Idem. 
Idem. 
Idem. 

Tou-tsouy-tse .... 

En route 

Idem. 



1 

2 
3 

4 

5 

G 
7 
8 
9 

10 

11 
12 
13 

14 
15 
11] 
17 
18 
19 

20 

21 
22 
23 

24 
25 
26 

27 
28 
29 



THERMOMETRE ET BAROMETRE 



M» 1/2 du matin. 

l£o 682°'2 



il» 1/2 du matin. 

(5,0 604,2 

"i» du matin. 

3,5 601,1 



SU 1/2 du matin. 

14,0 643,2 



7 h du matin. 

12,5 643,6 
11,0 642,1 

8i> 1/2 du matin. 

12,0 642,3 



S» (Lu matiu. 

11,5 657,9 



S' 1 1/2 du matin. 

» 604,9'. 3 > 



Si> 1/2 du matin. 

3,5 338,2 M 



» 


,„„„,„. 

» 


91>35 c 

» 


u matin. 

558,6 


» 


» 


» 


» 


» 


)) 


10M 

5,0 


i matin. 

603,5 


» 


» 


» 


» 


91" 1/2 

15,0 


du matin. 

643,4 


» 


». 


» 


». 


» 


). 


» 665,2(' 2 > 


» 


)» 


S» 1/2 

19,0 


du soir. 

653,0 


» 


» 


» 


»» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


)i 


» 


» 


h ii i 
11,0 


u matin. 

560,7 


» 


» 



degrés. 


» 


)) 


» 


)) 


524,20 


)> 


« 


)) 


» 


» 


»' 


» 


» 


17,5 


641,5 


17,0 


643,6 


» 


»> 


« 


» 


» 


» 


11,5 


655,6 


>; 


» 


» 

1" c 

15,0 




» 


)) 


3'' l/l 

17,0 


du soir. 

604,2 


» 


' 386,4 


» 


» 


» 


« 


6,0 


547,9( 5 ) 


9,2 

3M/i 

9,2 . 


561,4 

îso7o?) 


midi. 

13,7 592,9 


» 


« 


" 


» 



14,0 602,3 
16,0 "604,2 

6 h du soir. 

13,8 612,6 

S»> du soir. 

8,8 604,2 
12,0 601,1 

4» du soir. 

14,7 604,2 

41» 1/2 du soir. 

15,0 590,8 

fah du soir. 

21,5 041,5 
19,0 " 640,4 



6»» du soir. 

18,0 638,7 



5" du soir. 

18,0 659,0 

6>» du soir. 

12,0 650,7 



41» du soir. 

15,2 654,4 

31» 1/2 du soir. 

17,0 652,9 

bi» 1/2 du soir. 

15,0 606,3 

41» 1/2 du soir. 

19,0 627,0 

3»» 1/2 du soir. 

15,5 618,8 

6»» du soir. 

17,0 622,7 

51» du soir. 

15,0 604,9 

4* 1 du soir. 

5,5 557,3 

2* 1/2 du soir. 

10,7 590,8 

41» 1/2 du soir. 

15,0 622,6 
13,0 600,1 

91» du soir. 

15,5 622,8 

Si» 1/2 du soir. 

14,0 592,3 



61» du soir. 

17,5 606,3 

3 h du soir. 

16,5 589,3 



DIRECTION DU VENT 



S.-O. Var. à l'O.-S.-O. 

Idem. 
S.-O. 
S.-O. 

Variables. 

Presque calme. 
S.-O. 
Idem. 
Idem. 

Idem. 

Presque calme. 
Idem. 
N.-E. 

O.-S.-O. au S.-O. 

S.-O. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

S.-S.-O. 

O.-S.-O. 

S.-O. 

S.-O. 

Calme le matin, S.-O. 
l'après-midi. 

S. au S.-S.-O. 

S.-S.-O. 

S.-E. qui passe au S.-O. 

le soir. 

S.-O. 

Presque calme. 

Idem. 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 



01 



FEVRIER 1SG8 



FORCE DU VENT 



Jolie brise. 

Idem. 
Bonne brise. 
Petite brise. 

Très-faible. 



Assez jolie brise. 

Idem. 

Ass. jol. br. qui fraîch. 
le s., puis tombe pend. 

la nuit. 

Brise ass. fraîche l'ap.- 

midi et la nuit. 

» 

Idem. 

Vent frais. 

Légère brise. 

Presque calme. 

Idem. 

Idem. 

Idem . 

Jolie brise. 

Bonne brise à rafales. 

Jolie brise. 

Grande brise à rafales. 

Jolie brise à rafales. 

Jolie brise. 

Grande brise. 

Assez jolie brise. 

Petite brise. 

» 

Idem. 



TEMPS 



OBSERVATIONS 



Temps très-nuageux. Vers 2\ apparence de 

grain à l'horizon du vent. 
Beau temps nuageux. 

Beau temps. Très-nuageux le matin. 

Pluie et neige pendant toute la matinée. A 
partir de l h , le temps s'embellit. 

Temps voilé assez beau. Petit grain de pluie 
à 5' 1 du soir. 

Ciel sans nuages. 

Très-beau temps ; légers nuages. 

Idem. 
Temps très-nuageux l'après-midi. 



Beau temps nuageux. 

Très-beau temps ; quelques nuages le soir. 
Même temps. 

Temps couv. et pluv. pendant le jour. Orage 
et forte pluie à l'entrée de la nuit. Le temps 
redevient beau à 8 h du soir. 

Beau temps nuageux. 

Même temps. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 

Temps très-pur le matin ; ciel légèrement 
voilé l'après-midi. 

Un peu de pluie le matin après une forte ra- 
fale. Le temps reste très-nuageux. 

Pluie continue pendant tout le jour. 

Temps assez beau, nuageux. 
Même temps; quelques grenasses. 

Temps couvert ; pluie par intervalles. 

Temps beau, nuageux. 

Très-beau temps ; quelques nuages. 

Beau temps, très-nuageux. 
Beau temps légèrement voilé. 
Même temps. 



La haut, baromét. du matin est prise 
au niveau même du Fleuve Bleu ; 
celle du soir, au sommet des hau- 
teurs qui encaissent le fleuve. 

La hauteur du 2 au matin est prise au 
point culminant de la route suivie ; 
celle du soir à Ta-tchio. 

(!) Cette hauteur est prise sur la ligne 
de faîte d'une chaîne neigeuse que 
nous traversons. 

La hauteur barométrique du 4 au soir 
est prise au village deTchang-tchou. 

Arrivée à Houey-ly-tcheou Ie5à4 h dus. 

Départd'Houey-ly le7 à 8 h 1 /2 du matin . 

Arrivée à llong-pou-so à 4 b du soir. 



Départ de Hong-pou-so à midi. 

( 2 ) Cette hauteur est prise au confluent 
même du Pe-chouy Kiang et du 
Kin-cha Kiang. 

Arrivée à Ma-chang à l b du soir (vallée 
du Kin-cha kiang). 

La hauteur barométrique du soir est 
prise du sommet des crêtes qui do- 
minent la rive droite du fleuve. 

( 3 ) Ces hauteurs barométriques sont 
prises aux lignes départage des eaux 
des vallées que l'on traverse. 

Les haut, barométr. sont prises à par- 
tir du 21 le long des rives d'un cours 
d'eau que l'on remonte. La haut. ( 4 ) 
aétéobserv. sur le col qui ferme cette 
a ail., aux sources mêmes de la riv. 

( s ) Hauteur de la ligne de partage des 
eaux entre la rivière de Pe-yen-tsin 
et celle de Pin-tchouen, où l'on ar- 
rive le soir à 4". 

On repasse à 1" par une haut. de548 mm ,9 
(ligne de partage entre la vallée de 
Pin-tchouen eteelledePien-kio). 

( 6 ) Cette hauteur est celle de la chaîne 
ouest de la vallée de Pien-lùo. Ar- 
rivée à Tou-tsouy-tse à 5 h du soir. 

Départ de Tou-tsouy-tse à 8 h du matin. 

Arrivée à Hiang Kouan (bords du lac 
de Ta-ly) à l h du soir. 



62 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 



MARS 1868 



LIEUX 



Ii OnSKIiVATION 



Hîang Kouan 

En route 

Ta-ly 

En route de Ta-ly à 

Tong-tchouén 

Idem. 

Tou-tsouy-tse 

Idem. 

En route 

Idem. 
Idem. 

Khay-tcha-ti 

En route 

Idem. 

Nga-da-ti 

Nioung-poun-tse 

En route 

Can-tchou-tse 

Idem. 

En route 

Idem. 

Hong-pou-so 

Idem. 
En route 

Idem. 
Houey-ly 

Idem. 
En route 

Idem. 

Idem. 
Idem. 
Idem. 



DATES 



1 

2 

3 

4 

5 

G 

7 

8 

9 

10 

11 
12 

13 

14 
la 
16 
17 

18 

19 

20 

21 

22 

23 
24 
25 

2G 

27 
28 

29 

30 

31 



THERMOMÈTRE ET BAROMÈTRE 



8ii 1/2 (] u matin. 

13,1 587,8 



Si' du matin. 

14,3 589,3 
» » 



16,0 564,8 

7' 1 du matin. 

9,8 560,0 



2:1,0 639,9 



20,0 643,4 



7ii du malin. 

15,8 604,2 



9 h 1/2 du matin. 

» 684,4 



lii 1/2 du soif. 

10,0 586,4 



18,3 598,1 

10i> du matin. 

15,0 595,5 



14,0 626,1 



midi. 

20,0 601,1 

21.4 621,6 

P> 1/2 du soir. 

16,6 579,8 

16.5 " 562, 8 

91' 1/2 du matin 

12,8 561,4 

gi> du matin. 

» 606,3 

8h 1/2 du matin. 

» 623,3 

91' î /2 du matin. 

22,3 640,8 
22,2 643,5 



101' )/îdu matin. 
» 564,1 
10* du matin. 

20,0 607,7 
19,8 604,9 



1 l'i du matin. 

10,4543,4< 3 ) 



11)1' 1/2 du malin. 

24,0 669,1 



degrés. millim. 

» » 

311 du soir. 

17,2 584,1 

» » 



19,1 596,2 

midi. 

16,0 593,6 

» » 
» » 

15,0 625,9 



2* 1/2 du soir. 

22,0 602,3 

» » 

3" du soir. 

17,2 578,5 

16.4 "561,4 

midi. 

15.5 560,7 

« 634,8 
« U 660,8 

midi. 

24,0 639,3 
» » 

3* 1/2 du soir. 
)) 574,70 

)) » 

midi. 

21,0 605,6 



» » 

2* du soir. 

17,0 613,3 



26,0 666,2 



3* du soir. 

iI°o m,'à 

Sh du soir. 

16,5 583,5 

» » 
23,0 624,5 

18,2 593,6 

5h du soir. 

15,0 592,9 

4 h du soir. 

» 622,5 



3* du soir. 

16,0 624,8 
17,0 587,8 

6* du soir. 

» 584,8 

4 h du soir. 

21,0 602,3 

3* 1/2 du soir. 

23,2 620,9 

G* du soir. 

15,9 579,2 

6* du soir. 

14,8 561,4 

3 h du soir. 

17,0 558,6 

3 h 1/2 du soir. 

28,0 646,0 



3* 1/2 du soir. 

28,0 635,1 

4* 1/2 du soir, 
llax. Min. 

26,0 634,4 

4ht /«du soir. 

21,0 589,3 



3* 1/2 du soir. 

21,5 604,2 
21,5 604,2 

4* l/î du soir. 

25,0 604,9 



4* 1/2 du soir. 

18,6 597,5 

6* du soir. 

17,2 581,0 
28,0 664,9 



DIRECTION DU VENT 



S. au S.-O. 
Idem. 

Presque calme le matin, 

S.-O. le soir. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

S. auS.-S.-E. 

Idem. 

O.-S.-O. à l'O.-N.-O. 

0. à l'O.-N.-O. 

S. au S. -S. -O. l'ap.-mid. 
S. -S.-O. le soir. 

O. Variable le soir. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

N.-O.lemat. àl'O.-S.-O. 

le soir. 

S.-O. 

O. variable. 
Idem 

O.-S.-O. l'après-midi. 

S. -S.-O. l'après-midi. 
S.-O. le soir. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 
Idem. 
N.-E. 

■ S.-O. 

O.-S.-O. 

S.-O. 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOG IQUES. 



03 



MARS 18C8 







FORGE DU VENT 


TEMPS 


OBSERVATIONS 




Jolie brise à rafales. 


Temps beau, couvert. 






Bonne brise à rafales. 


Très-beau temps ; nuages sur la chaîne nei- 
geuse à l'Ouest du Lac. 


Arrivée à Ta-ly à 4 h du soir. 




Vent frais à rafales. 


Môme temps. 






Bonne brise à rafales. 


Idem. 


Départ de Ta-ly à 6 h du matin. 




Idem. 


Idem. 


La haut, barométrique de 5 h est prise 
à Kouan-ti a-pin. 




Idem. 


Idem. 


Arrivée à Tou-tsouy-tse à 10 h du mat. 




Presque calme. 


Temps coliv. Un peu de pluie vers 2 h du soir. 






Petite brise. 


PI. et bruine jusq. mid. Ass. beau temps le s. 


Arrivée à Pien-kio à 3 L du soir. 




Jolie br. à part, de midi. 


Temps beau, nuageux le soir. Nuit fraîche. 


Dans cette route de retour, les hauteurs 




Bonne brise. 


Très-beau temps. Légers nuages. 


barométriques des points culminants 

ont été vérifiées avec soin. 




Jolie brise. 


Temps couvert; un peu de pluie le matin. 


Bepos sur les bords de la rivière de 




Idem. 


Très-beau temps ; calme le matin ; légers 
nuages le soir. 


Pe-yen-tsin. 




Bonne brise. 


Même temps. 






Idem. 


Idem. 


Arrivée à Nga-da-ti à 10 h du matin. 




Idem. 


Idem. 


Arriv. à Nioung-poun-tse à ll h du m. 




Idem. 


Idem. 


Nous quittons la route suivie en allant 




Idem. 


Très-beau temps ; légers nuages. 


ta Ta-ly p r prendre une route plus S. 
Arrivée à Can-tchou-tse à 1 l h 20 du m. 




Idem. 


Môme temps. 






Jolie brise. 


Même temps. 


Nous descendons des hauteurs de Can- 




Idem. 


Môme temps. 


tchou-tse dans la plaine de Jen-o 
Kay, où nous arrivons à 3 b . 




Idem. 


Très-beau temps sans nuages. 


Traversé à l h le Kin-cha Kiang ; arri- 




vée à Hong-pou-so à 5 h du soir. 




Idem. 


Beau temps, voilé. 






Idem. 


Beau temps, nuageux. 


(') Cette hauteur est celle du col for- 




Idem. 


Idem. 


tifié par lequel nous rentrons dans la 
vallée d'Houey-ly tcheou. 




Idem. 


Idem. 


Arrivée à Houey-ly à 4 h 1/2 du soir. 




Idem. 


Idem. 






Idem. 


Idem. 


Départ de Houey-ly à 7 h 1/2 du matin. 
( 2 ) Cette hauteur barométrique est prise 




Bonne brise à rafales 


Temps couvert et froid ; un peu de pluie 


à Li-tse-chou, village situé un peu 




qui tombe le soir. 


vers 3 h du soir. 


au-dessous de la ligne de faîte fran- 




Jolie brise. 


Très-beau temps ; ciel sans nuages. Horizon 


chie au voyage d'aller, le 3 février. 






légèrement embrumé. 


Arrivée le soir au sommet des hauteurs 




Idem. 


Même temps ; ciel légèrem. voilé l'ap. -midi. 


qui bordent le Fleuve Bleu. 
Traversé le Fleuve Bleu à 9 h 1/2 du 




Idem. 


Très-beau temps, nuageux. 


mat. Arrivée à Mong-kou à 10 h 1 /2. 





64 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 



LIEUX 



Il oliSKnVATloN 



IATES 



Mong-kou 

Idem. 
En route 

Tong-tchouen .... 

Idem. 

Idem. 

En route de Tong- 

tchouen à Siu-tcheon 

Idem. 
Idem. 



Idem. 
Idem. 

Tchao-tong 

Idem. 

En route . . 
Idem. 



10 
11 

■12 

13 

14 
15 



THERMOMÈTRE ET BAROMÈTRE 



&k du matin, 
degrés. millim. 

Max. 

22,0 671,6 
21,0 675,0 



6» i/2 du matin. 

7,8 581,7 

7 h du matin. 

9,8 582,9 



12,5 591,5 

» )•> 

6 h (lu malin. 

7,5 598,4 



24,0 068,2 



lui* du matin. 

14,0 582,9 
13,8 584,8 



9 h du malin. 

» 562,0" 



» È 


68,8(' 2 > 


» 


» 


toi' <h 

15,0 

il* du 

11,0 


matin . 

593,6 

matin. 

596,2 


» 


» 


» 


» 



«lin. 

27,2 666,5 
27,0 667,2 



midi. 

17,5 581,7 
14,2 583,5 



24,2 635,1 



14,0 595,5 
14,0 592,9 

11' du soir. 

15,0 593,6 
11,7™ 596,8 



41. 1/2 du soir. 
de s rc?. millim. 

Max. 

28,0 667,2 



5h 1/2 du soir. 

17,5 579,8 

4 h du soir. 

18,0 582,3 

3'» 1/î du soir. 

14,5 581,7 



5 h du soir. 

19,0 605,6 

5 h 1/2 du soir. 
Min. 

22,5 633,7 



18,o' U 592,9 
14,5 594,9 
14,0 596,8 



DIRECTION DU VENT 



O.-S.-O. à l'O. 

N.-O. 

O.-S.-O. 

Idem. 

0. variable. 

N.-N.-E. 

Presque calme. 

Calme le mat., N.-N.-E. 
le soir. 

N.-N.-E. 

Presque calme. 
Idem. 

S.-O. 

N.-N.-E. 

Idem. 
O.-S.-O. 



L'ensemble des hauteurs barométriques contenues dans les tableaux qui précèdent 
montre que l'altitude moyenne de toute la région lacustre qui occupe l'espace angulaire 
compris entre le Cambodge à l'ouest, le Kin-cha Kiang au nord, le fleuve du Tong-king 
au sud et la partie supérieure du fleuve de Canton à l'est est à peu près de 2,000 
mètres. Tous les lacs de cette zone sont à un niveau supérieur de plus de 1,000 mè- 
tres à celui de ces grands fleuves dans lesquels ils se déversent. 

Sur ce plateau, comparable par son élévation et son étendue à celui du Mexique, le 
régime des vents subit une transformation complète : alors que sur la côte de l'Indo-Chine 
règne la mousson du N.-E., des vents réguliers du S.-O. à l'O.-S-O. soufflent avec force et 
régularité sur toute la partie plane et culminante de ce grand massif, qui sert de 
premier et gigantesque échelon aux énormes ondulations du système tibétain. Cette 
direction de vent maintient pendant les trois premiers mois de l'année environ un beau 
temps invariable, et avant comme après cette période, ce sont les vents du nord et de l'est 
qui amènent la neige ou la pluie. 

Grâce aux vallées profondes qui sillonnent le plateau du Yun-nan, on est ici en pré- 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 63 

AVI1U 1SGS 



FORCE DD VENT 



Bonne brise. 
Petite brise. 
Jolie brise. 

Idem. 

Idem. 
Petite brise. 

» 
Petite brise. 

Idem. 



Pet. br. qui fraîch. le s. 

en passant au S.-E. 

Petite brise. 

Idem. 
Assez jolie brise. 



TEMPS 



OBSERVATIONS 



Très-beau temps, nuageux. 
Idem. 
Idem. 

Idem. 

Idem. 

Temps couv. le malin. Un peu de pluie vers 

midi. Eclaircies le soir. 
Très-beau temps, légers nuages. 

Le temps se couvre vers 7'' du soir. Orage et 
pluie de 8 h à minuit. 

Belle journée ; le temps se couvre un peu plus 
tôt que la veille, et il pleut sans interrup- 
tion à partir de 7 h du soir. 

Temps couvert, pluie intermittente. 
Idem. 

Beau temps voilé le mat. Se couvre le soir ; de 

la pluie vers 4 h . 
Temps couvert et pluvieux. 

Temps couvert assez beau. 
Beau temps, très-nuageux. 



Départ de Mong-kou à 6 h 1/2 du mat. 
Arrivée à Tong-tchouen à 10 b du mat. 



Départ de Tong-tchouen à 9 h du mat. 

( 1 ) Point culminant de la route. 

Arrivée à 2M/2 à Kiang-ti, sur les 
bords du Ngieou-nan Kiang. 

( 2 ) Point culminant des hauteurs de 
la rive droite de cette rivière. 

Arrivée à Tchao-tong à 2 h du soir. 



Départ de Tchao-tong à 8 h du matin. 
Arrivée à Ta-kouan à 4 h du soir. 



sence de deux climats bien tranchés, l'un tropical, l'autre absolument tempéré et ne 
différant du climat de l'Europe moyenne qu'en ce que les températures extrêmes de froid 
et de chaud y atteignent peut-être des chiffres moins élevés. 

Dans cette partie du voyage, l'observation de mon baromètre holostérique dont la 
graduation s'arrêtait à 610 millimètres, est devenue fort délicate. Je n'ai pas tardé à m'aper- 
cevoir qu'au delà d'un certain point, situé aux environs de 625 millimètres, il cessait de 
varier proportionnellement à la hauteur et qu'il fallait un changement de niveau de près 
d'une centaine de mètres pour produire un abaissement d'un millimètre. A partir de ce 
moment, j'ai mis le plus grand soin à lire les dixièmes de millimètre sur l'instrument, 
et j'ai observé aux points les plus élevés de la route des températures d'ébullition de l'eau, 
afin de comparer plus tard les résultats fournis par ces deux genres d'observations. Comme 
je l'ai dit au début de ces notes météorologiques, M. A. Thénard a bien voulu, à mon 
retour en France, comparer mon baromètre holostérique avec le baromètre à mercure. 
L'expérience, conduite avec le plus grand soin et faite dans des conditions de tempé- 
rature identiques à celles où l'instrument avait été placé pendant cette partie du voyage, a 



00 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 



donné des résultats confirmant entièrement mes prévisions : de 700 à 025, la différence 
entre l'holostériquc et le baromètre à mercure, lue avec un catliélomètre, est restée 
constante et égale à celle que j'ai déjà signalée page 37 ; à partir de 025 au contraire, voici 
quelles ont été les hauteurs correspondantes des deux instrument» : 



Pression 


DlFFÉKE 


aromôtrique vraie . 




622.40 

GI5.30 " 


7.10 


604.15 " 


11.85 


592.30 


S. 15 


584,15 ' - 




577.90 ' 




56S.10 

557.91) 

547.90 ' 
532.95 ' ' 


10.20 

10.00 

14.95 


5-26.65 
520.40 ' 


6 25 



HiuTEun du ba- 
romètre holostériquc . 
625.25 
624.10 '■• 

622.50 

620.60 ••• ' 

619.50 ••• ' 

6IS.50 

617.00 

615.55 

14.05 

612.00 

611.05 

610.05 



Ces termes de comparaison m'ont permis de construire un tableau donnant tou- 
tes les hauteurs barométriques vraies correspondant à chaque dixième du baromètre 
holostérique compris entre 020 et 010. Ces hauteurs se sont trouvées concorder d'une 
manière satisfaisante avec celles qui résultaient des températures d'ébullition de l'eau. 



4° VALLÉE 



LIEUX 

d'observation 


DATES 


Ta-kouan 


16 


En route 


17 
18 


Idem. 


Idem. 


19 


Idem. 


20 


Lao-oua tan 


21 
22 
23 




En route 


24-26 


Siu-tcheou 


27 


Idem. 


2-8 


Idem. 


29 


Idem. 


30 



THERMOMÈTRE ET BAROMÈTRE 



DIRECTION DU VENT 



6Ml 
degrés. 

13,0 


matin. 

647,0 


» 


» 


« 


» 


20,5 

» 


707,6 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


22,0 


716,0 


0" 1 /2 

25,8 

6H du 

21,5 


lu matin. 

718,7 

matin. 

717,9 



1 Oi' di 
degrés. 

15,5 


matin. 
militai. 

647,9 


» 


» 


« 


» 


» 


)) 


» 


» 


Ut 1/2 

22,3 

» 


du matin. 

708,0 
» 


n 


« 


» 


» 


» 


d 


» 

10 h 1/2 

)) 
1 0>> d 

24,6 


» 

du matin. . 
Mas. 

719,0 

i matin. 

719,0 



midi 

20,0 647,0 


)) 


» 


» 


)) 


» 


» 


» 


» 


25,5 


707,4 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 


» 




)) 


31' 1/2 

25,0 


du soir. 

717,7 



3 1 ' du soir, 
degrés. millim. 

22,5 645,7 
25,0 666,5 

3 h 1/2 du soir. 

26,0 675,9 
20,5 696,0 

4 h du soir. 

27,5 707,4 



26,0 715,0 

31' i/o du soir. 

30,0 713,7 



27,7 716,9 

81' i/2 du soir. 

25,0 719,7 



S.-O. 
Idem. 
N.-E. 
Idem. 
S.-O. 

O.-S.-O. 

Idem. 
» 

N.-N.-E. 

Idem. 

Idem. 

E.-N.-E. 

Idem. 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 



07 



Sans pouvoir espérer d'observations aussi imparfaites une rigueur bien grande, je crois 
cependant que l'on peut admettre que les hauteurs barométriques ainsi obtenues sont 
exactes à 1 ou 2 millimètres près. J'ai calculé les altitudes des différents points du parcours, 
en prenant pour hauteur barométrique inférieure la hauteur barométrique moyenne de 
Macao à l'époque correspondante de l'année, telle que la donne Kaemtz dans son Traité 
de météorologie, c'est-à-dire que j'ai pris 768 pour la hauteur du baromètre au niveau de 
la mer en décembre et janvier, 767 en février, 766 en mars, 762 en avril. 

Les observations thermométriques qui ont été faites par M. l'abbé Desgodins, àYerkalo, 
dans la partie supérieure de la vallée du Cambodge, par le 29 e parallèle environ, et dont j'ai 
donné un résumé dans le Bulletin de la Société de Géographie du mois de novembre 1871, 
confirment l'opinion que j'ai émise plus haut de la modération relative du froid et du 
chaud dans cette zone. A Yerkalo, le thermomètre n'a oscillé en effet, du mois de sep- 
tembre 1870 au mois de janvier 1871, qu'entre -f- 28° et — 4°. Les vents dominants pen- 
dant cette période ont été ceux du Sud au S.-O. La direction pluvieuse a été celle du Nord. 

Sur le plateau du Yun-nan, le baromètre est surtout haut par temps calme. Les vents 
de la partie de l'est semblent le faire baisser plus que les. vents de la partie de l'ouest. 



DU FLEUVE BLEU- 



avril 18G8 



] 


FORCE DU VENT 


TEMPS 


OBSERVATIONS 




Petite brise. 


Belle mat. Orages et grains de pluie presque 
continus à partir de 3 h du soir.- 






Idem. 


Temps beau, nuageux. 


Départ de Ta-kouan à (j h 1/2 du matin- 




Jolie brise. 


Temps couvert, assez beau jusqu'à f>" du soir ; 
pluie et orages pendant toute la nuit. 






Petite brise. 


Temps couvert et pluvieux. 






Légère brise. 


Beau temps, quelques nuages. 


Arrivée à Lao-oua tan à l h du soir. 




Petite brise. 


Temps beau, presque couvert. 






Idem. 


Idem. 


Départ de Lao-oua tan en barque à G h 




» 


Brouillard pluvieux le matin ; assez beau 


du matin. Arrivée à Long-ki vers 






temps le reste du jour. 


S h du soir. 




Petite brise. 


Temps beau, nuageux. Le soir du 2G, orage 


Départ de Long-ki à 9 h du matin. 






et pluie de 6 à 9 h . 


Arrivée à Siu-tcheou le 26 à midi et 




Idem. 


Très-beau temps, légers nuages. 


demi. 




Idem . 


Même temps. 






Idem. 


Temps couv. le mat. ; beau au milieu du jour. 
A 9 h du soir, orage et pluie. 






Idem. 


Même temps que la veille. 





68 



OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 



MAI-JUIN 1868 



LIEUX 



Il (iII.-KRVATH'iX 



Siu-tc/ieoii 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 
En route (descente d 
fleuve Bleu) 



DATES 



En roule . , 

Idem. 
Idem. 
Idem. 

Tchong-kin 

Idem. 

En route . . 



Idem. 
Idem. 
Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 
Idem. 

Idem. 
Idem. 



Idem. 

Idem. 
Han-keou 



1 

2 
3 
4 
5 
6 
7 
8 

9 

10 

11 
12 

13 

14-1 S 

16-17 

18-19 

20-21 
22 
23 

24-25 

26-27 

28-29 

30 
31 

I er Juin 
2-3 



5-6 

7-9 



THERMOMÈTRE ET BAROMÈTRE 



6» du matin. 

S 7I7T2 



!H> 1/2 du malin. 

20,0 728,6 

8'> du matin. 

20,0 723,0 



8>' du matin. 

24,5 722,0 

5 h 1/2 du matin. 

25,5 719,5 



11» du matin. 

» 738,00 



S h 1/2 
degrés. 

22,0 

t0'> dl 

19,2 


du matin. 

7Tt\5 

matin. 

720,3 


19,0 


720,2 


19,5 


731,8 



9 h 1/2 du matin. 

21,0 721,2 
21,2 725,5 

10'' du malin. 

24,0 723,5 



28,0 720,4 

29.2 723,5 

23,0 731,0 

20,8 730,9 

24,0 735,1 



3 h du soir. 

23,2 725,5 



» 725,0 
27,5 721,5 



24,0 9 737,0 

21 MAI. 

3 k du soir. 

31,0 734,5 
31,0 736,0 
30,0 738,8 

3* 1/2 du soir. 

30,0 746,0 



3 h 1/2 du soir. 

27,0 745,6 



27,5 743,5 



2 h 4/2 du soir. 

21°2 720™2 

■i 1 ' 1/2 du soir. 

18,8 719,8 

4 h du soir. 

19.5 718,4 

3 h 1/2 du soir, 

20.6 729,4 

6 h du soir. 

23,0 724,4 

4>> 1/2 du soir. 

23.2 720,2 
24,0 719,9 

4 h du soir. 

25.0 723,0 
27,5 722,2 

3 h du soir. 

30.3 720,2 

4 h du soir. 

31.1 717,5 



6 h du soir. 

21,8 728,6 

17 MAI. 

3 h 1/2 du soir. 

29,0 732,0 



4 h du soir. 

28,0 734,0 



DIRECTION DU VENT 



» 


» 


28,0° 


747,5 


27 

28,0 


749,0 


29 

27,0 


743,6 


S'' 1/2 

27,2 


in soir. 

741 ,5 


» 


» 



N.-E. 

N. 

Calme. 

O. variable. 

S.-O. 

Presque calme. 

o.-s.-o. 

S.-O. 
E.-N.-E. 

Idem. 

Calme. 

Idem. 

0. 

N.-E. à l'E.-N.-E. 

O.-S.-O. 

N.-E. 

Idem. 

E.-N.-E. 

E. 

Idem. 

S.-E. à l'E.-N.-E. 

S.-O. 

S. au S.-O. 
0. 



» 


» » 


» » 


25,5 747,4 


N.-E. cà l'E. 


1 


» 


» Il 


S* 1 1% du soir. 

26,0 745,0 


3 jotiî. 

28,5 744,3 


S.-O. au S. 




» 


» » 


5 JUIN. 

3 h du soir. 

32,0 746,4 


5 h du soir. 

30,0 747,0 


E.-S.-E. le matin, N.-E. 

le soir. 

E. variable. 




» 


» » 


34,0 749,0 


» « 


N.-E. variable. 





OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES. 



G9 



MAI-JUIN 1868 



FORCE DU VENT 



Très-var. d'intensité. 
Petite brise. 

» 

Petite brise. 

Idem. 

» 

Presque calme. 

Petite brise. 

Petite brise qui fraîchit 

le soir. 

Petite brise. 

» 

Petite brise. 

Idem. 

Idem. 

Jolie brise. 

Faible brise. 

Jolie brise. 

Idem. 

Jolie br. h fortes raf. qui 

mollit beaucoup le 25. 

Petite brise. 

Petite brise qui fraîchit 
beaucoup le 29. 

Bonne brise à rafales. 

Petite brise qui fraîchit 
en hàlant le N. 

Petite brise. 

Idem ; fraîchit beau- 
coup au milieu du jour 
le 2 juin pour ne tomber 

que le 3 au soir. 
Faible brise le matin; 

jolie brise le soir. 
Petite brise. 

Jolie brise. 



TEMPS* 



Temps couv. et pluv. Orage et forte pluiele s. 

Même temps. 

Temps couvert. 

Temps beau, presque couvert. 

Très-beau temps; légers nuages. 

Temps beau, presque couvert. 

Même temps. Orage et pluie à 10" du soir. 

Temps voilé, assez beau. 

Très-beau temps. Légers nuages. 

Même temps. 

Très-beau temps sans nuages. 

Temps nuageux; un grain de pluie à midi. 

Temps couv. et pluv. Grains de pluie la nuit. 

Même temps. 

Très-beau temps ; légers nuages. 

Temps qui se couvre le 19 et devient pluvieux. 

Beau temps voilé. Orages dans le S.-O. 

Très-beau temps. Légers nuages. 

Temps couvert, orageux. Quelques gouttes 

de pluie le soir. 
Très-beau temps qui se couvre un peu le 25. 

Beau temps, nuageux. 
Très-beau temps, voilé. 

Même temps. 

Beau temps, nuageux. 



Très-beau temps. Légers nuages. 

Très-beau temps ; ciel sans nuages. Horizon 
embrumé. 



Très-beau temps. Ciel légèrement voilé. 

Même temps. 

Temps lourd et orag. Pluies d'or, par interv. 



OBSERVATIONS 



Dép. en barque de Siu-tcheou à H b 40. 
Arrêt le soir à 6 h 1/2 à Nan-ki hien. 

A 10'' du soir (Lou tcheou), le thermo- 
mètre marque -)-29°,0. 

Arrivée à Tchong-kin fou à ll h du 
matin. 

Le lieu d'observation est à une qua- 
rantaine de mètres au-dessus du 
niveau du fleuve. 

( l ) Prise à Tchong-kin au niveau du 
fleuve. Départ de ce point le 18 à 
l 1 ' 1/2 du soir. 

Arr. àKoui-tcheou fou à 8 h 1/2 du s. 
Départ de Koui-tcheou h 3 h du soir. 

Arrivée a Y-tchang fou le 25 à 10 h du 

soir. 
Départ de Y-tchang le 26 a 4 h 1/2 du 

soir. 



Arr. à Han-keou le 6 juin à 7 b du m. 



70 OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES. 

En descendant la vallée du Fleuve RIeu, nous avons définitivement abandonné la zone 
des vents réguliers et des saisons alternativement sèches et pluvieuses, pour entrer dans 
la région tempérée à vents et à temps variables. L'amplitude des oscillations accidentelles 
du baromètre atteint des proportions inconnues sous les tropiques. A Siu-lcheou, quoi- 
qu'on ne soit encore que par le 28 e parallèle, le tableau qui précède accuse, dans une 
période d'une douzaine de jours, un écart de 18 millimètres (714-732). Les observations 
faites devant la même ville par le capitaine Rlakiston l , fin mai et commencement de 
juin 1861, semblent donner pour le même point une moyenne barométrique plus élevée 
et oscillent pendant une période de 7 jours entre 727 et 738 millimètres. 

En raison même de la situation continentale de la Chine et à l'inverse de ce qui a lieu 
en Europe, les vents du N.-E. ou de l'Est amènent la pluie, et les vents du S.-O. ou de 
l'Ouest amènent le beau temps dans la vallée du Fleuve Rleu. Les vents d'Ouest font 
très-sensiblement monter le baromètre. Il baisse par calme et par les vents d'Est. 

D'après les renseignements recueillis sur les lieux et quelques observations du 
P. David faites à Kieou-kiang, pendant une année exceptionnelle il est vrai, tes vents du 
N.-E. paraissent dominer dans le Kiang-si et le Hou-pe pendant les mois de juillet et 
d'août, c'est-à-dire au moment même où règne sur la côte la mousson de S.-O. 

On connaît les froids extrêmes et les chaleurs excessives auxquels est sujette une certaine 
partie de la Chine et qui tiennent à sa position géographique par rapport aux grandes 
steppes de la Mongolie, et je n'insisterai pas davantage sur une question climatérique à 
laquelle je n'apporte qu'un trop faible contingent d'observations. 

1 Consultez les labloaux météorologiques insérés à la fin de son ouvrage : Fine montas on the Yang-tsze. 
London, 1862. a 



GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE 



M. le Docteur E. JOUBERT 

OFFICIER DE LA LÉGION n'iIONNEDK. 



GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE 



M. Eugène JOUBERT 



INTRODUCTION 



Qu'il nous soit permis, au début de ce travail, d'évoquer le souvenir de celui qui fui 
notre chef et l'âme du voyage et qui était en même temps notre compatriote. 

La direction toute paternelle du commandant Doudart de La Grée rendit notre tâche 
plus facile et plus agréable, et nous fit souvent oublier les souffrances, les fatigues et les 
privations de toutes sortes que nous dûmes subir pendant ce long et périlleux voyage qui 
restera son œuvre. 

Son expérience et ses connaissances étendues en faisaient un conseiller précieux, à qui, 
pour notre part, nous eûmes souvent recours. 

Il était gai, bienveillant et sympathique; partout il sut convaincre, se faire aimer el 
respecter. A un caractère doux et conciliant il ajoutait une rare énergie, et celte persévé- 
rance raisonnée qui use les obstacles. 

Nul mieux que notre regretté chef ne sut à propos employer la douceur, les promesses 
ou les menaces. Il pressentait les difficultés, et longtemps il ne vécut que du besoin d'en 
triompher. 

Lorsque ce feu sacré, qui fait oublier les souffrances physiques, n'eut plus d'aliment, 
lorsque nous touchions au port, à une journée de marche de ce fleuve Bleu tant désiré, la 
mort vint le ravira ses compagnons de voyage. 

Resté seul auprès du malade jusqu'à sa dernière heure, il nous a été donné, mieux 
qu'à personne, d'apprécier les hautes qualités et les sentiments généreux du commandant 
Doudart de La Grée. 

Les quelques lignes qui précèdent ne sont qu'un bien faible témoignage de notre 
sympathique admiration. 

Nous avions été spécialement chargé delà partie géologique du voyage, et nous devions 

étudier surtout les gisements métallifères sur lesquels on n'avait que quelques vagues 

indications. La géologie n'est pas seulement une science purement spéculative, elle a 
il. 10 



74 INTRODUCTION. 

aussi un immense intérêt pratique, et bien des fois en permettant de reconnaître avec 
précision telle ou telle couche de terrain , elle fournit ainsi d'excellents points de repère 
pour la recherche des métaux ou des combustibles. 

Entraîné en avant, perdu au milieu de peuples inconnus , méfiants , bien des choses 
nous ont sans doute échappé, ou n'ont pu être étudiées qu'à la hâte. Nous n'avons guère 
pu, on le conçoit sans peine, tracer qu'à grands traits la géologie de l'immense étendue 
de pays qui s'étend du 10 e au 30 e degré de latitude Nord, depuis l'embouchure du Mé- 
kong jusqu'aux bords du Yang-tse Kiang, et des frontières du Tibet aux mers de Chine 
entre le 96 e et le 119° degré de longitude Est du méridien de Paris. Notre but unique est 
de pouvoir être utile à ceux qui, après nous, parcourront ces riches contrées. 

Nous avons consigné dans ce travail le résultat de nos recherches ; nous parlerons de 
ce qu'il nous a été possible d'observer par nous-même, de ce que nous avons appris par 
les indigènes, des indications éparses dans les auteurs, de manière à présenter en un 
seul tout ce que nous savons sur les richesses métallurgiques et la géologie du pays que 
nous avons parcouru. 

Un premier chapitre en donnera l'orographie et indiquera les principaux reliefs de la 
contrée. Dans un second, nous ferons l'itinéraire du voyage; nous indiquerons les choses 
telles que nous les avons observées, jour par jour, localité par localité. Tous ces faits 
seront ensuite rapprochés , groupés , discutés de manière à faire connaître la géologie 
du pays, et à permettre d'en étudier chaque formation. Un quatrième chapitre sera con- 
sacré à la métallurgie et à la minéralogie ; nous y indiquerons les gisements et leur 
mode d'exploitation. 

Nous sommes heureux de pouvoir ici exprimer nos remercîments et notre reconnais- 
sance à M. le professeur Daubrée, membre de l'Institut, qui pour faciliter notre travail a 
mis à notre disposition toutes les richesses géologiques et minéralogiques du Muséum, 
à MM. L. Uartet, E. Sauvages, et Ch. Friedel, dont les conseils éclairés nous ont été si 
utiles pour la détermination , la classification et l'analyse des divers échantillons géologi- 
ques et minéralogiques que nous avons pu rapporter. 

Nous regrettons de n'avoir pas su rendre ce travail plus intéressant et plus complet. 



Eugène JOUBERT. 



OROGRAPHIE 



Nous allons rappeler qu'au centre du plateau tibétain, dans les massifs montagneux 
qui séparent, au Sud, les chaînes de l'Himalaya, et, au Nord, celles du Kouen-lun, cinq 
grands fleuves prennent naissance : Le Brahmapoutre, l'Iraouady, la Salouen, le Mékong 
et le Yang-tse Kiang. 

Ces divers fleuves, partant de points fort éloignés les uns des autres, convergent vers 
l'Est jusqu'au 36 e degré de longitude du méridien de Paris, par 27° ou 28° de latitude 
Nord; arrivés vers cette ligne, ils coupent une chaîne de montagnes, s'éloignent ensuite 
les uns des autres et se distribuent en éventail, ceux-ci dans le golfe du Bengale, ceux-là 
dans les mers de Chine. 

L'étranglement par où s'échappent ces fleuves est produit , nous le supposons du 
moins, par le rapprochement des extrémités orientales des deux grandes chaînes que 
nous désignons plus haut : l'Himalaya et le Kouen-lun. 

En cet endroit les fleuves sont très-rapprochés les uns des autres (de 40 à 50 lieues, 
selon le témoignage des indigènes), mais séparés par des montagnes très-élevées, infran- 
chissables et taillées à pic par les eaux jusqu'à une profondeur de 1,500 à 1,800 mètres. 
Ces érosions énormes peuvent paraître invraisemblables, cependant la commission a vu 
à Mong-kou, près de Tong-chouen fou, le Yang-tse Kiang couler à une profondeur d'en- 
viron 850 mètres, entre deux murailles de calcaire coupées par le courant. 

Les montagnes de séparation vont en s'élargissant et en se multipliant, à mesure que 
les fleuves se rapprochent de la mer, et forment des groupes au milieu desquels prennent 



7G GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

naissance un grand nombre de cours d'eau considérables , quoique de moindre impor- 
tance que les premiers ; nous citerons la rivière d'Aracan , le Sitang, le Ténassérim 
qui arrosent la Birmanie et quelques districts des Indes anglaises , le Menam, principale 
rivière du Siam, le Don aï ou rivière de Saigon, dans la Cochinchine française; le Song 
Koi qui prend ses sources au centre d'un pays d'une richesse minérale incalculable, pour 
venir verser ses eaux dans le golfe du Tong-king, enfin la rivière de Canton. 

Il existe encore un grand nombre de rivières provenant des mêmes régions que les 
précédentes, mais elles sont d'une importance relativement peu considérable. 

Les grands fleuves dont nous avons parlé en commençant, peuvent être placés au 
nombre de ceux qui sont le plus profondément encaissés, dont l'étendue est la plus grande 
et dont le débit est le plus considérable. 

Ces fleuves arrosent pendant la première partie de leur cours des contrées monta- 
gneuses des plus accidentées et peu propres à la culture, partant presque désertes ; mais 
leurs deltas sont les pays les plus riches et souvent les plus peuplés et les mieux cultivés 
du globe. Nous croyons qu'il est difficile de trouver une surface de terre aussi vaste et 
aussi riche que les plaines alluviales du Yang-tse Kiang. 

La divergence du cours des grands fleuves de l'Indo-Chine , qui, partis à peu près 
d'un même point et sur une même pente , ont leurs embouchures dans des régions tout 
à fait opposées, est un fait assez étrange pour qu'on le fasse remarquer. Le Brahmapoutre 
est celui de ces cours d'eau qui étonne le plus ; il coule- d'abord directement de l'Ouest à 
l'Est et reçoit les affluents de la pente Nord de la crête Himalayenne, puis, contournant 
brusquement l'extrémité de cette chaîne, il prend une direction diamétralement opposée à 
la première, reçoit cette fois les rivières et torrents qui descendent du versant Sud de 
l'Himalaya, et va confondre ses bouches avec celles du Gange. 

Les autres fleuves sont moins irréguliers dans leur cours que le précédent ; ils s'irra- 
dient en éventail, limitent les saillies montagneuses qui forment la patte d'oie, et vont se 
jeter dans la mer au fond des golfes qu'ils fertilisent et comblent petit à petit. Le Yang-tse 
Kiang en sortant du Tibet prend une direction générale vers le Nord-Est , traverse la 
Chine dans son plus grand diamètre, et vient par des arroyos donner la main au Hoang Ho 
ou fleuve Jaune. 

Nous n'avons que peu à dire sur les chaînes de montagnes qui séparent le Brahma- 
poutre de l'Iraouady et ce dernier de la Salouen ; la ligne de partage entre les eaux de la 
Salouen et celles du Menam nous occupera aussi très-peu; nous ne connaissons ces 
contrées que par les descriptions données par les voyageurs. 

La chaîne qui sépare l'empire Birman du Bengale et des plaines de Chittagong 
s'abaisse de plus en plus en traversant la province d'Aracan jusqu'au cap Négrais et 
semble se continuer par les îles Andaman et Nicobar jusqu'aux îles de Sumatra et de Java. 
On connaît peu celle qui court entre la vallée d'Ava et le bassin de la Salouen ; on sait 
seulement que cette chaîne est d'abord formée de collines espacées et basses qui se rappro- 
chent les unes des autres et s'élèvent à mesure que l'on remonte vers le Nord, où elle va 
se perdre dans les hautes montagnes de l'Himalaya. 



OROGRAPHIE. 77 

Une des chaînes principales servant de contre-forl au Tibet est la ligne de partage 
entre les eaux de la Salouen et celles du Mékong, si on peut désigner sous le nom de 
chaîne un massif montagneux formé d'un amas de cônes et de pics irrégulièrement 
disposés. 

Sur un des sommets culminants de la contrée est bâtie la ville de Xieng Tong, capi- 
tale des Shans Rirmans ; de ce point l'œil plonge, dans un espace sans horizon, sur une 
mer de pics et de dômes pressés les uns contre les autres, couvrant le Laos Rirman tout 
entier et la majeure partie du Laos Siamois ; c'est de ce massif que se dégagent les deux 
chaînes qui vont, l'une vers Malaca en séparant l'empire Rirman de la vallée du Menam et 
l'autre vers le cap Lyant en formant les montagnes de Rattambang et de Pursat, limites 
naturelles entre Siam et le Cambodge. 

La distribution des eaux au Nord et au Sud indique assez que l'arête principale du 
prolongement de l'Himalaya se dirige vers l'Est à travers le Yun-nan, le Kouang-si, etc., 
jusqu'à la mer. Les montagnes de cette région s'élèvent rapidement à mesure qu'on se rap- 
proche du Tibet et sont couvertes de neige pendant une partie de l'année ; les indigè- 
nes prétendent même que," sur le pic qui domine Ta-ly Fou à l'Ouest, les neiges dis- 
paraissent à peine pendant deux mois de l'année : elles sont éternelles sur la montagne 
de Li-kiang. 

La physionomie générale du grand triangle formé par le Yang-tse Kiang et le Mé- 
kong est assez semblable à celle du pays de la rive droite du Mékong; cependant les 
montagnes du Yun-nan sont plus élevées et nous avons cru remarquer qu'elles ont une 
direction sensible vers l'Est, orientation que nous n'avons pas constatée aussi marquée 
dans les autres montagnes. On rencontre aussi dans le Yun-nan, surtout dans la région 
Sud-Est, un grand nombre de beaux et vastes lacs qui n'ont pas leurs analogues dans le 
pays habité par les Shans. Les deux promontoires qui terminent ce triangle embrassent le 
golfe du Tong-king tout entier pour former, au Nord, la côte de Canton à Shang-haï, et, 
au Sud, la petite chaîne qui traverse la Cochinchine dans toute sa longueur pour aller 
mourir au cap Saint-Jacques et à l'île de Poulo-Condor. 

Sur la rive gauche du Yang-tse Kiang les montagnes ne se prolongent pas au- 
tant vers la mer que du côté de la rive droite ; elles semblent s'arrêter au bassin de la 
rivière de Souy Fou. 

Quand on jette un coup d'œil sur l'ensemble des contrées Indo-Chinoises, sur 
les traits principaux des reliefs du pays et sur la distribution des fleuves qui s'y 
rattachent, on aperçoit immédiatement deux grands systèmes : l'un, celui du Ti- 
bet et de la Chine, est orienté, d'une manière générale, de l'Ouest à l'Est ; le Yang- 
tse Kiang se dirige suivant cette direction, qui est aussi celle des îles de la Sonde; 
l'autre, allant suivant la méridienne, se prolonge à travers la presqu'île de Ma- 
laca jusqu'à Sumatra, les montagnes de Corée, l'île Formose, l'archipel des Philip- 
pines, et s'étend depuis l'extrémité des Ghattes jusqu'à la mer Glaciale. A cette grande 
faille méridienne « correspondent dans l'Inde extérieure ou transgangétique, les failles mé- 
« ridiennes qui marquent dans le Haut-Assam le croisement des différents systè- 



78 GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

« mes.... Ce croisement donne naissance aux chaînes parallèles de la Cochinchine, 
« de Siam et de Malaca, d'Ava et d'Aracan. Elles aboutissent toutes dans leurs cours 
« d'inégale longueur aux golfes de Siam, de Martaban et du Bengale *. » Pompelly 2 
admet une ligne anticlinale et une ligne synclinale dirigée exactement N.-E. -S. -0., 
traversant la Chine et une partie de l'Indo-Chine, passant par le golfe de Bengale, 
le milieu du cours du Yang-lse Kiang, le golfe de Pe-tche-li, la rivière Amour, la mer 
d'Okhotsk ; les monts khing-ghan, la chaîne qui, au Nord-Ouest, limite la presqu'île 
de Corée, le cours inférieur de l'Amour, les îles de l'empire du Japon, suivent cette 
direction générale. Une partie de cette longue chaîne, celle qui correspond à l'endroit 
où le fleuve Bleu coupe la frontière du Se-tchouen et du Hou-pé, est formée d'un axe gra- 
nitique de 600 à 1,000 pieds anglais au-dessus de la rivière, flanqué de chaque côté par 
une immense épaisseur de calcaire et de roches à charbon, dont les couches sont ici di- 
rigées au N.-E. Une ligne tirée près de Canton et allant à travers l'archipel Chusan repré- 
sentera, comme le fait encore remarquer Pompelly, la principale direction des côtes, et, si 
on la prolonge au N.-E., elle coupera la péninsule de Corée près de son extrémité 
méridionale; dans l'autre direction elle passera par l'île de Hai-nan dont les grandes 
et majestueuses montagnes sont des membres de la même série. 

Le grand relief du pays que nous avons parcouru jusqu'aux bords du Yang-tse Kiang, 
et qui doit nous occuper tout spécialement, a été en grande partie occasionné par le 
soulèvement des montagnes dévoniennes qui a eu lieu à une époque que nous ne pou- 
vons préciser, mais qui est certainement postérieure au dépôt des couches épaisses du 
trias qui viennent s'appuyer contre le calcaire. L'éruption des porphyres a contribué 
aussi à modifier ce relief. Ajoutons les dégradations post-triasiques, le creusement des 
vallées par les grands fleuves, les dépôts alluviaux. D'après les anciens auteurs chinois, 
certains de ces changements apportés dans l'orographie et le régime des eaux dateraient 
de l'époque actuelle. Un historien qui donne quelques détails sur le royaume du Cam- 
bodge, du temps que la ville d'Angcor était dans toute sa splendeur, parle de deux lacs 
que nous ne trouvons plus aujourd'hui, ne mentionne pas le grand lac, et semble placer 
la ville d'Angcor sur les bords d'une grande rivière ; cette grande rivière est sans 
doute l'affluent qui vient rejoindre le Mékong près de Pnom Penh. Dans tous les cas 
on sait que vers 3550 ans avant Jésus-Christ, sous l'empereur Fo-hi, eut lieu un 
soulèvement qui modifia le relief de l'Empire du Milieu, et changea le cours du fleuve 
Jaune. Une secousse analogue à celle-ci arriva mille ans plus tard; ici les historiens 
sont plus précis et indiquent que le mouvement eut lieu suivant une ligne dirigée du S.-O. 
au N.-E., dans la direction de l'axe anticlinal par conséquent, et passant entre la mer 
et la province de Yun-nan. 

En résumé, un immense contre-fort hérissé de montagnes irrégulièrement dis- 
posées , vient s'arc-bouter contre l'extrémité orientale de l'Himalaya ; il s'abaisse 

1 A. de Humboldt, Asie centrale. Rech. sur les chaînes de montagnes et la climatologie comparée, t. I, p. 217. 

2 Geological Researches in China, Mongolia, and Japan, p. 1 et pi. VII, ap. Smithsonian Contributions to knoiv- 
ledge, in-4°. Washington, 1867. 



OROGRAPHIE. 79 

progressivement en s'épanouissant sous une triple pente vers les mers des Indes et 
de la Chine dans lesquelles il s'avance sous forme de chaînes montagneuses parfaitement 
distinctes, embrassant des golfes enrichis par les alluvions des gigantesques fleuves que 
déverse le Tibet. 

Nous ne parlerons que d'un seul de ces golfes, qui aujourd'hui a presque entièrement 
disparu par l'apport des eaux du Mékong et de ses tributaires ; celui-là seul nous inté- 
resse particulièrement ; les autres lui sont assez semblables pour que nous soyons dis- 
pensé de parler des plaines alluvionnaires qu'arrosent l'Iraouady, le Menam, la Salouen. 

Il fut un temps, relativement récent, où la mer s'avançait au loin dans les terres, en- 
tre les montagnes du cap Saint-Jacques et celles de Pursat et de Rattambang, et cou- 
vrait l'espace occupé aujourd'hui par la Rasse-Cochinchine et le Cambodge. 

Cette immense plaine, le grenier de Hué et de Canton, est sillonnée dans tous les 
sens par un grand nombre de canaux naturels, connus sous le nom d'Arroyos, qui 
relient entre eux les cours d'eau de la contrée, et dont la plupart peuvent recevoir des 
bateaux à vapeur qui, en quelques heures, portent d'une extrémité à l'autre de notre co- 
lonie, nos soldats ou nos commerçants. 

Les marées, établissant dans les arroyos et les rivières, des courants alternativement 
contraires, rendent les transports faciles et peu coûteux par ces voies de communication : 
trois hommes peuvent aisément conduire une barque de vingt à trente tonnes. Tant que 
le courant est favorable, ils n'ont qu'à diriger leur bateau, et lorsqu'il devient contraire, 
ils jettent l'ancre et attendent le retour de la marée qui doit les entraîner de nouveau 
vers le but. 

Au Nord du Cambodge existent les plaines non moins vastes et non moins fertiles du 
bas Laos et du Laos moyen. Elevées de quelques mètres seulement au-dessus des pre- 
mières plaines, elles ne sont pas sillonnées d'arroyos, mais de nombreux cours d'eau, 
descendant de l'inextricable massif montagneux qui va de l'Inde à la Chine, les arrosent 
et les fertilisent. Ce pays est moins uniforme que le précédent; des collines, des mon- 
tagnes de grès et de calcaire relient la chaîne de Pursat à celle de la Cocbinchine. Les 
cultures y peuvent être aussi plus variées. 

L'espace dont nous venons de parler a, en moyenne, 75 lieues de largeur sur 200 
de profondeur. Au delà et de chaque côté les montagnes sont pressées les unes contre 
les autres et offrent un grand intérêt au point de vue de leurs richesses minérales. 

A l'époque des pluies, en juillet, août, septembre et octobre, tous les fleuves et 
rivières de la contrée sont sujets à une crue périodique. Les vallées des pays élevés et les 
plaines dans le voisinage de la mer, sont inondées et reçoivent un vaste dépôt allu- 
vionnaire. Ce phénomène est semblable à celui que le Nil nous offre chaque année. 

Dans un avenir qui n'est peut-être pas bien éloigné de nous, la Cochinchine et le 
Cambodge pourront donner une idée de la fertilité extraordinaire de ces plaines 
alluviales. 



II 



ITINERAIRE 



Partis de Saigon le 5 juin 1866, pendant cinq jours nous avons navigué dans le 
grand Delta formé par le Cambodge, et plusieurs autres fleuves ou rivières qui descen- 
dent, les uns, des montagnes de la Cochinchine, les autres, des montagnes de Pursat, 
de Battambang ou de plus loin. 

Les alluvions sont de formation récente, et varient de composition selon la prove- 
nance des eaux qui les .formèrent. Mais il est une roche qui semble s'étendre sur une 
grande partie du Delta : nous voulons parler d'une limonite ou minerai des marais ana- 
logue au bog-ore, connue en Cochinchine sous le nom de Pierre de Bien-hoa. 

Cette roche n'est le plus souvent employée que dans les ouvrages de peu d'importance, 
tels que murs d'enceinte, ou comme pierre de moyen appareil. Son faible rendement en 
métal fait qu'elle n'est pas exploitée comme minerai par les indigènes, surtout depuis 
que les nombreuses communications avec les Européens leur ont permis de se procurer 
le fer si facilement et à bien meilleur marché. 

Pendant notre séjour à Compong Luong sur la rivière du Cambodge, près de la capi- 
tale de ce royaume, au delà de Pnom Penh, nous avons rencontré cette roche en divers 
points. En creusant un puits entre Oudonget les monticules situés tout près de cette ville, 
les indigènes ont trouvé la pierre de Bien-hoa à 3™, 50 au-dessous du niveau du sol; 
nous-même nous avons constaté, en outre, que cette roche forme un collier à la base des 
collines dont nous venons de parler, avec des affleurements nombreux du côté du village 

de Phsar Dei. 

il. il 



82 GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

Ces faits prouvent que le banc ferrugineux s'est formé longtemps après le soulève- 
ment qui a produit les collines de Oudong, et qu'il s'étend autour de ces massifs sur une 
grande surface s'enfonçant à diverses profondeurs selon les ondulations du sol à l'époque 
de son dépôt. 

Ce minerai de fer est d'ailleurs de formation récente et se trouve intercalé dans les 
alluvions. Les ouvrages de maçonnerie qui sont presque exclusivement en pierre de Bien- 
hoa, quel que soit le lieu où ils aient été construits, indiquent assez que cette roche est 
très-répandue et très-abondante. 

En parcourant la province d'Angcor, nous avons trouvé partout la pierre de 
Bien-hoa qui a servi à la construction des nombreux monuments dispersés dans le 
pays. Les carrières que nous n'avons pu visiter sont très-éloignées de l'ancienne ville ; 
elles sont situées au pied des montagnes qui entourent une partie de la province. Ce 
lieu d'extraction a sans doute été choisi à cause des affleurements superficiels de la 
roche qui paraît se trouver beaucoup plus profondément dans les environs de la ville. 
Enfin, nous avons encore rencontré cette limonite sur les bords du grand fleuve (Mékong) 
à 40 milles environ au-dessous des rapides de Sombor. La hauteur des eaux ne nous a 
pas permis d'en suivre la couche. 

Pour nous résumer, nous dirons que tout porte à croire que le banc de roche de 
Bien-hoa couvre une grande partie de la Cochinchine française et du Cambodge, entre 
les montagnes de Bien-hoa et de Baria, à l'Est, et celles de Pursat et de Battambang, 
à l'Ouest. 

Les 16 et 17 juin, nous avons parcouru les collines qui sont situées à 6 kilomètres 
Sud-Ouest de Compong Luong, et que l'on désigne habituellement sous le nom de 
montagnes de Oudong. 

L'altitude de ces montagnes au-dessus de la plaine est d'environ 140 mètres; elles se 
dirigent du Sud-Est au Nord-Ouest vers les montagnes de Battambang, au soulèvement 
desquelles elles semblent appartenir. Les divers points culminants sont couronnés de 
pagodes et de tombeaux d'anciens rois du Cambodge. Ces monticules couverts d'une fort 
petite quantité de terre végétale sont formés de Quartzite dont les blocs superficiels ont 
été détériorés par les influences atmosphériques et les incendies annuels des herbes 
et des arbrisseaux qui croissent sur ces collines. 

Les indigènes du Cambodge nous ont remis de la limonite des marais, du fer car- 
bonate venant de la partie Nord-Est des montagnes de Compong Soai, et diverses 
roches, telles que porphyres, granités, grès, albâtre, calcaire, provenant des montagnes 
de Pursat et du haut de la rivière de Oudong. 

La plaine d'Angcor offre peu d'intérêt au géologue ; c'est une grande plaine d'allu- 
vion, tantôt marécageuse, tantôt couverte de forêts, bornée à l'Ouest et au Nord par des 
montagnes, à l'Est, par la province de Compong Soai, et au Sud par le grand lac. Le 
sable des forêts est fin, fortement mélangé de mica; il paraît contenir aussi quelques 
parcelles d'or, car on le trouve fouillé en plusieurs endroits, surtout dans l'enceinte de 
la vieille ville. Nous ignorons la quantité d'or que peut recueillir en un jour une personne 



ITINÉRAIRE. 83 

habituée à ces lavages; ce métal précieux ne doit toutefois pas être très-considérable, puis- 
qu'on ne le recherche qu'à l'époque où tous les travaux de l'agriculture sont suspendus. 

Nous avons déjà parlé du banc de roche ferrugineuse que nous supposons couvrir 
la province à une certaine profondeur. 

Une rivière courant du Nord au Sud, et allant se jeter dans le grand lac traverse cette 
province; elle roule une grande quantité de galets de poudingue siliceux et un gravier de 
quartz blanc avec nombreuses paillettes de mica. Les indigènes ne lavent pas le sable 
de cette rivière. 

Entre la pagode et l'ancienne ville d'Angcor, il existe un petit monticule en pain de 
sucre, appelé Mont Rakeng, composé de poudingues polygéniques: c'est un grès jaunâtre 
empâtant de gros galets siliceux, des blocs de quartz, de la pegmatite dont les cristaux de 
feldspath sont décomposés, et plusieurs autres roches. Le sommet du Mont Rakeng ayant 
été rasé pour l'établissement d'une pagode autour de l'empreinte sacrée d'un pied de 
Bouddha, il nous a été facile de bien étudier ce poudingue. 

Les nombreux monuments anciens de la province d'Angcor sont bâtis, quelques-uns 
en briques encore fort belles, et ayant admirablement résisté aux intempéries des saisons, 
d'autres, et ils sont les plus nombreux, en grès variant beaucoup quant à leur couleur 
et à la finesse de leurs grains, mais, tous appartenant à la même époque; ils sont géné- 
ralement très-propres aux constructions. On compte quatre sortes de grès, tous micacés, 
le jaune, le bleuâtre, le vert et le rouge. Les trois derniers ont le grain très-fin et très- 
adhérent, et sont susceptibles d'être polis : aussi les sculpteurs les ont-ils choisis de 
préférence au grès jaune pour les statues, les bas-reliefs et les riches et originales 
sculptures qui ornent les pagodes et les palais d'Angcor. Nous n'avons pu visiter les 
carrières d'où ces grès étaient retirés ; nous savons seulement qu'elles sont au Nord et à 
environ 10 lieues de la vieille ville. 

Après avoir visité la province et les monuments d'Angcor, nous revenons sur nos 
pas pour reprendre le Mékong à Pnom Penh. 

En remontant ce fleuve à 35 milles environ au-dessous de Cratieh, l'on voit, sur la 
rive droite, des berges à pic de 12 à 15 mètres d'élévation, blanches le plus souvent, mais 
quelquefois colorées superficiellement en rouge par le lavage des terres ferrugineuses qui 
les recouvrent. Cette matière blanche n'est autre que du kaolin renfermant une certaine 
quantité de quartz en grains de petites dimensions. Le kaolin semble constituer à lui seul 
plusieurs collines en fer à cheval dont les deux extrémités viennent aboutir au fleuve qui 
les coupe et forme les falaises -dont nous venons de parler. Une couche de terre végétale 
de quelques mètres d'épaisseur recouvre ces amas de kaolin, et fournit une riche végé- 
tation de grands arbres, qui pourront être utilisés, si un jour l'industrie vient exploiter 
cette roche si précieuse pour la fabrication de la porcelaine. La quantité de kaolin est 
assez considérable pour qu'on puisse bâtir des villes avec cette matière devenue inalté- 
rable par la cuisson. Des briques provenant de la tour de Nankin que nous avons vues 
et possédées sont dans un état de conservation aussi parfait que le jour où elles sont sorties 
du four. 



84 GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

Au Nord-Est du village de Cratieh, il existe des carrières d'un calcaire compacte très- 
propre à la fabrication delà chaux; c'est de là que le roi du Cambodge tire toute la chaux 
employée à la construction de son palais de Pnom Penh. 

Entre Cratieh et Stung Treng, l'eau du Mékong ayant entraîné les terres alluviales 
a mis à nu des bancs de roches qui embarrassent le lit du fleuve, et déterminent des 
rapides dangereux. L'époque à laquelle nous les avons franchis n'était pas favorable pour 
étudier les roches qui forment barrage et occasionnent ces rapides (du 13 au 20 juilllet 
186G). L'eau couvrait à peu près tous les obstacles, et le courant était si puissant, que les 
indigènes refusaient de nous faire traverser le fleuve dans leurs barques; de sorte que nous 
n'avons pu examiner que quelques roches sur la rive gauche, encore n'a-t-il pas été pos- 
sible, le plus souvent, de savoir si elles avaient été apportées par les eaux. Nous sommes 
persuadé que bien des choses nous ont échappé pendant ce long trajet, que nous n'avons 
pu faire que fermé dans une embarcation à l'abri du soleil et de la pluie. Nous nous bor- 
nerons , en conséquence , à donner la nomenclature simple des roches que nous avons 
vues et recueillies : 

1° Des débris de Syénite à petits grains. Cette roche paraît être en place au niveau de 
Cratieh ; 

2° Des galets roulés de porphyre pyroxënique noir à nombreux cristaux d'augite 

3° De Yophite formant des bancs épais au travers du fleuve ; 

4° Des cailloux roulés siliceux ; 

5° Des débris de plusieurs variétés de grès qui proviennent vraisemblablement de 
bancs assez considérables que nous avons déjà vus un peu au-dessous de Stung Treng. 

En cet endroit la roche est de couleur bleuâtre, très-dure et à grains fins. Les couches 
semblent traverser le fleuve, s'étendent de l'Est à l'Ouest, et sont inclinées de 15 à 
20° environ vers le Nord. 

Il existe encore deux grès moins répandus, un jaune , micacé, de désagrégation facile, 
un autre rougeâtre, grossier, passant au poudingue, très-résistant, formé de quartz et de 
mica réunis par un ciment ferrugineux. 

Près de ces bancs l'on rencontre souvent d'énormes blocs de poudingues polygéni- 
ques, qui semblent se rattacher à la formation précédente dont ils seraient la partie supé- 
rieure. 

Du 22 juillet au 14 août, nous avons séjourné à Stung Treng, village Laotien situé 
au confluent du Mékong et de la rivière d'Attopeu ou Se Cong, sur la rive gauche de 
ce dernier cours d'eau. 

Le pays est plat et alluvionnaire au-dessus comme au-dessous des rapides ; on ne voit 
aucune montagne à l'horizon. Quelques collines à cheval sur le fleuve, de 12 à 15 mètres 
au-dessus du niveau des eaux, entourent le village au Sud et à l'Est, et semblent se pro- 
longer assez loin vers les montagnes de la Cochinchine , parallèlement à la rivière d'At- 
topeu ; sur la rive droite du fleuve , elles vont probablement rejoindre les montagnes de 
Compong Soai dans le Cambodge. Les pentes sont douces, couvertes de forêts ; la couche 
d'humus formée d'argile, de sable noirâtre et de débris végétaux, est assez épaisse pour ne 



ITINÉRAIRE. 85 

laisser apparaître à sa surface ni aspérité de bancs, ni blocs de roche; mais l'on ren- 
contre en grande abondance , sur la crête de toutes ces collines , des cailloux roulés de 
quartz de diverses couleurs, dont les plus gros n'atteignent pas le volume du poing. 

A l'extrémité Est de Stung Treng , dans le lit d'un torrent qui vient se jeter dans la 
rivière d'Attopeu, nous avons observé, à 5 kilomètres environ de son embouchure, des 
ophites renfermant des filons d'eurite, et présentant de nombreux cristaux de pyrite jaune. 
Cette roche parait avoir subi un soulèvement postérieur à sa formation. Les dislocations 
qui en ont résulté ont occasionné dans la masse de nombreuses fissures, s'entre-croisant 
irrégulièrement et dans lesquelles ont été injectés du quartz et autres matières. 

Le gisement a la même direction que les collines, et la crête en est relevée de 45° vers 
le Sud. N'ayant trouvé aucun autre endroit où cette roche fût dénudée, il ne nous a pas 
été permis de contrôler nos premières observations. 

Les collines de la rive gauche et celles de la rive droite sont reliées, au dire des indi- 
gènes, par des rochers qui occupent le lit du fleuve et qui étaient complètement couverts 
par les eaux à l'époque où nous nous trouvions à Stung Treng. 

Au-dessous de ce village, sur la rive droite du fleuve, une colline d'environ 45 mètres 
de hauteur, Pnom Combor, est formée de calcaire avec nombreux points spathiques. 

Entre Sieng Pang et Attopeu , sur la rive droite du Se Gong, il existe une montagne 
nommée Mai-pai Phou (montagne des Bambous), d'où descend une rivière du même 
nom, qui a mis à découvert un gisement de galène; les indigènes qui l'exploitent le 
disent inépuisable. Nous ne savons rien des procédés d'extraction employés, si ce n'est 
que le minerai est mélangé à du fer venant de Compong Soai. La navigabilité de la rivière 
d'Attopeu et la proximité de notre colonie de la Cochinchine rendent cette mine d'une 
exploitation possible et lucrative. 

Sur la rive droite du fleuve, entre Stung Treng et l'île de Khon, mais beaucoup plus 
près de ce dernier point, se trouvent de beaux marbres à nombreux fragments spathiques. 
Ils forment la berge du fleuve pendant un espace assez long, ce qui en rendrait l'extraction 
facile et le transport peu coûteux. Les échantillons rapportés par M. Garnier, bien que de 
petites dimensions, sont suffisants pour en faire apprécier les qualités et les riches 
couleurs. 

A Khon la physionomie du pays change un peu. Un soulèvement allant de l'Est à 
l'Ouest a barré le fleuve, et a formé un grand lac qui a été comblé petit à petit par les ma- 
tières que les eaux ont apportées : il a donné lieu en outre à des rapides infranchissables 
pour les bateaux et les barques de toutes dimensions. Sur l'emplacement du lac le fleuve 
est encore très-large, et entoure une multitude d'îles dont les indigènes ne connaissent 
.pas le nombre. La différence du niveau des eaux entre le plan supérieur et le plan 
inférieur est d'environ 20 à 25 mètres, et la distance qui sépare ces deux niveaux ne 
dépasse pas 2,000 mètres. 

Le fleuve, au moment où il s'engage dans les rapides , est divisé en huit bras princi- 
paux plus ou moins gros , qui viennent, les uns en torrents, les autres en cascades mul- 
tiples et partielles, se réunir comme les rayons d'un éventail au pied de l'île de Khon. 



80 GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

La ligne de soulèvement qui forme barrage au fleuve, à peine sensible dans son pro- 
longement du côté de la Cochinchine , se caractérise subitement au point où le fleuve 
franchit pour s'effacer ensuite petit" à petit en s'avançant vers l'Ouest. L'effet s'est donc 
surtout fait sentira l'endroit des rapides. Cinq mamelons, dont le plus haut peut avoir de 
4 à 500 mètres d'élévation au-dessus du niveau des eaux , forment un cercle à peu près 
complet autour d'une immense cavité dans laquelle passe le principal bras du fleuve. 
Quatre de ces monticules se trouvent en dehors, à l'Ouest du fleuve, le cinquième est 
dans la partie Sud de l'île de Khon; tous sont couverts d'une riche végétation. Les cre- 
vasses de dislocation ayant été en cet endroit nécessairement plus profondes que partout 
ailleurs offrirent à l'écoulement des eaux des lits tout préparés, et le fleuve, qui avait d'a- 
bord de la tendance à se diriger vers le Sud-Ouest, ne trouvant pas d'issue, décrivit une 
courbe en se rapprochant du Sud et vint se perdre au milieu des collines dont nous parlons. 

Les 22, 23 et 24 août, nous avons exploré l'île de Khon et les parties du fleuve qui 
nous étaient accessibles. Le lit et les bords des bras principaux sont formés d'une roche 
métamorphique à texture granitoïde, contenant des débris d'ophite et de quartz. Les cou- 
ches sont relevées verticalement et courent E. et 0. ; par intervalles l'on rencontre, 
ayant la même direction, des filons de quartz, tantôt compacte, tantôt granulaire, tantôt 
cristallin; lorsque le filon est épais, il arrive que les parties en contact avec les murailles, 
sont compactes et que le centre renferme des cristaux perpendiculaires aux murailles, 
et ayant leur sommet tourné vers la partie centrale du filon. L'on voit souvent dans un 
même filon des couches de kaolin alterner avec des couches de quartz compact. Le lit du 
fleuve paraît être complètement formé par cette roche métamorphique et par des 
schistes polygéniques également métamorphiques; nous les avons rencontrés dans tous 
les points des rapides et toujours par couches puissantes; quelques échantillons ont été 
pris dans le lit même du grand bras, sur des blocs que les eaux ne couvraient pas encore. 
Le ciment de ces schistes renferme du carbonate de chaux, car au contact de l'acide 
chlorhydrique, il se fait une légère effervescence sans désagrégation sensible de la 
masse. 

Sur les bords de la rive gauche du grand bras, à la partie inférieure de l'île de 
Khon, nous avons trouvé, mais n'appartenant pas à un gisement régulier, des blocs de 
poudingues ferro-siliceux, des morceaux de carbonate de chaux à l'état fibro-lamellaire, 
et un débris de schiste noir, tabulaire, à grains très-fins. Le sable est gris-brun et forte- 
ment micacé. 

L'exploration du monticule de l'île de Khon a offert peu d'intérêt. Sur le versant Sud 
et au deuxième tiers de la hauteur, nous avons rencontré des blocs de calcaire dolomi- 
tique avec cristaux de carbonate de chaux, couverts en grande partie par la terre végétale, 
ce qui ne nous a pas permis de prendre l'épaisseur des couches ni leur direction. Sur 
le sommet nous avons trouvé une roche argileuse en couches bien stratifiées : cette roche 
se transforme en argile jaune brunâtre par une exposition prolongée à l'air et aux agents 
atmosphériques et se couvre d'une végétation excessive qui rend l'accès de la montagne 
très-difficile. De cette argile, au moment des pluies, sort un nombre incalculable de 



ITINÉRAIRE. 87 

petites sangsues dont on est bientôt couvert et qui parviennent à mordre, quelques pré- 
cautions que l'on prenne. 

Nous n'avons pu explorer les autres monticules à cause de l'inondafion. 

A 10 ou 12 milles au-dessus des rapides de Khon , au milieu d'alluvions, il 
existe une chaîne de collines à cheval sur le fleuve et se prolongeant fort loin de chaque 
côté. Elle est formé d'une série de dômes à peu près de même hauteur, 200 à 300 mètres 
au-dessus du niveau des eaux du fleuve, courant E. et 0. et reliés entre eux par des 
cols ayant généralement à peu près la moitié de l'élévation générale. Le fleuve, en cet 
endroit, se divise en deux bras qui enlacent l'île de Khong dans laquelle se trouve le 
village du même nom, résidence du Mandarin gouverneur de la province. Les obstacles 
que cette chaîne, lors de sa formation, dut opposer au libre écoulement des eaux, ont 
entièrement disparu : le fleuve n'est pas sensiblement plus rapide en cet endroit que 
dans les autres points, du moins pendant la saison des hautes eaux. 

L'île de Khong, au niveau de la chaîne, peut avoir de 6 à 8,000 mètres de largeur; 
elle renferme cinq dômes distincts, dont quatre sur une môme ligne ; le cinquième est 
sur un second plan plus Nord et touche au monticule le plus rapproché du village. 
Nous avons plusieurs fois parcouru les collines de l'île de Khong et celles de la rive 
gauche du fleuve ; elles sont toutes de composition identique ; partout nous avons 
rencontré un porphyre noir rougeàtre, composé d'une pâte feldspathique renfermant 
du feldspath vitreux, des cristaux de feldspath albite souvent détériorés et du quartz. 

Dans l'île et sur le versant Sud du dôme placé au second plan, cette roche forme 
une saillie arrondie considérable qui n'a pas moins de 40 mètres de puissance. Au- 
dessus du porphyre existe un poudingue formé de blocs de porphyre quartzifère, de 
débris de quartz et d'arkose silicifiée; ces matériaux sont reliés entre eux par un grès 
verdâtre qui fait l'office de ciment ; la couche est de plusieurs mètres d'épaisseur par- 
tout où nous l'avons rencontrée. Les galets ramassés dans les torrents qui descendent 
des collines sont absolument de même composition que les roches que nous venons 
de désigner; l'eau et les influences atmosphériques en ont seulement changé l'aspect 
extérieur et modifié la couleur des matières composantes. Au pied des collines et dans le lit 
de ces mêmes torrents, l'on trouve un ciment argilo-ferrugineux formant avec les débris des 
roches supérieures une nouvelle roche très-tendre qui participe à la fois de la composition 
d'une limonite et d'un poudingue. Des filons très-étroits d'une matière terreuse et blan- 
châtre, que nous croyons être du kaolin montent en dykes à peu près verticaux à travers 
la roche porphyrique et sont quelquefois accompagnés de pyrite de fer en très-petite 
quantité. Il existe des filons analogues de quartzite et de quartz compacte; souvent des 
couches de quartz blanc alternant avec des couches de quartz d'un rouge de corail donnent 
à ces filons un aspect „rubané. Les agents atmosphériques ont une action destructive 
très-prononcée sur la roche des montagnes de Khong, lé porphyre prend d'abord une 
couleur gris de cendre, puis se désagrège pour devenir terre végétale. 

De Khong à Rassac le fleuve coule au milieu d'alluvions. 

Le village de Rassac, chef-lieu de la province de ce nom, est situé sur la rive droite du 



88 GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

Mékong, au pied des montagnes qui l'entourent de l'Ouest au Nord. Le fleuve en creu- 
sant son lit a isolé ces montagnes des grands massifs qu'il laisse à gauche et dont elles fai- 
saient partie dans le principe. Les formes générales sont les mêmes et les grès qui en cons- 
tituent la masse apparente sont identiques des deux côtés du fleuve à en juger par les 
échantillons recueillis sur les bords du Se Don. Nous n'avons exploré que les montagnes 
de Bassac, encore ne sommes-nous pas arrivé à leurs sommets qui n'atteignent cepen- 
dant pas 1,500 mètres. Les bambous, les lianes et des arbres épineux de toute sorte en 
interdisent l'accès. 

La composition en est bien simple : à Wal Phou (Pagode de la montagne), au S.-O. du 
village, un schiste argileux brunâtre d'une très-grande puissance, dont on voit plu- 
sieurs centaines de mètres au-dessus du niveau du fleuve, supporte un grès psammite 
fortement micacé à grains de quartz un peu gros mais bien liés. L'épaisseur de cette 
seconde roche est aussi de plusieurs centaines de mètres. Les couches sont stratifiées, 
sensiblement horizontales et d'épaisseurs diverses. Ce grès est fréquemment employé 
dans les constructions et résiste bien aux influences atmosphériques. 

A 600 ou 700 mètres au-dessus de la plaine, dans le contre-fort N.-E. du pic sur- 
monté d'un téton, nous avons trouvé le même schiste qu'à Wat Phou, seulement nous 
n'avons pu constater s'il descendait jusqu'au niveau du premier; le lit du torrent 
que nous avons suivi pour arriver à cette hauteur est tellement encombré de blocs de 
grès qu'on ne peut pas suivre la continuité des roches, mais nous certifions que le 
grès qui surmonte les schistes est semblable dans les deux cas. Telle est la com- 
position des montagnes de Bassac; jusqu'à présent nous n'avons trouvé aucun fossile 
qui caractérise l'époque géologique de leur formation. 

En remontant le torrent dont nous venons de parler nous avons rencontré des 
blocs de grès imprégnés de sel de cuivre et nous avons pu les suivre jusqu'au gise- 
ment. Le minerai se trouve immédiatement au-dessous des grès, auxquels il est sou- 
vent adhérent, mélangé à une couche de calschistes de m ,50 à 1 mètre d'épaisseur qui 
sépare les schistes des grès; au milieu de ces calschistes l'on voit des empreintes végé- 
tales très-frustes et des filons de charbon de m ,001 à m ,01 d'épaisseur. Nous reparle- 
rons de ce gisement au chapitre de la Minéralogie. 

Du 2 novembre au 4 décembre nous avons accompagné le chef de l'expédition 
dans une excursion pour explorer le triangle formé par le Mékong et le Se Don. De 
Bassac nous sommes allés rejoindre le Se Don dont nous avons remonté le bassin jusqu'à 
deux journées de marche au delà de Saravan ; puis franchissant les collines et les cols 
qui séparent ce bassin de celui du Se Gong ou rivière d'Attopeu, nous sommes descendus 
pendant cinq jours, soit par éléphants, soit par embarcations, jusqu'à Tapac, à 30 milles 
au-dessous du village d'Attopeu. Là nous avons quitté le Se Gong pour nous diriger à 
'peu près directement vers l'Ouest à travers les forêts. Le 4 décembre, à 10 heures du 
matin, nous étions à Paktuey sur le petit bras du Mékong en face de Bassac '. 

1 Voir la carte itinéraire n° 2, Atlas, planche VI. 



ITINÉRAIRE. 89 

Cette excursion promettait d'être intéressante au point de vue géologique et mi- 
néralogique et l'aurait été en effet sans le mauvais vouloir que nous avons rencontré 
chez les indigènes. Nous savions d'avance, par des renseignements et par des 
échantillons qui nous avaient été remis à Bassac, qu'il existait en divers endroits, 
dans les massifs de la rive gauche, des gisements de minerais de fer oligiste et carbo- 
nate, de plomb, d'antimoine, d'or et d'argent. Il n'a pas été possible de visiter un 
seul de ces gisements. Les gens de la province de Kamtong noi nous disaient que 
les métaux se trouvaient sur Saravan; ceux de Saravan les mettaient sur Attopeu et 
vice versa. Patience, promesses, menaces, tout fut inutile. Nos observations se sont 
donc bornées à l'étude des terrains que nous avons traversés. Nous indiquerons aussi 
les groupes de montagnes, qui, au dire de quelques indigènes plus confiants, renfer- 
meraient des minerais. A l'extrémité Nord de Bassac nous recueillîmes dans une pagode 
deux échantillons de minerais de cuivre et de fer qu'on nous dit venir du massif mon- 
tagneux de la rive gauche. Nous connaissions déjà la présence du fer en cet endroit, 
mais non celle du cuivre. Cette indication peut avoir une grande importance à cause 
de la présence du cuivre déjà constatée près de Bassac, mais elle a besoin d'être 
vérifiée. 

Un peu avant d'entrer dans le Se Don, sur la rive gauche du fleuve, il existe de 
nombreux débris et des colonnes encore debout de ivacke à retraits bolaires ; les colonnes 
sont pentagonales, mais petit à petit les angles s'émoussent, et il arrive un moment où la 
colonne n'est plus formée que par la superposition d'un certain nombre de blocs sphé- 
roïdaux de 30 à 40 centimètres de diamètre. Les colonnes non encore entamées par le 
courant du fleuve conservent leur forme pentagonale, bien qu'elles soient déjà détériorées 
dans leur composition. 

De l'embouchure du Se Don jusqu'au village de Solo niai nous n'avons rien vu de par- 
ticulier. Les berges hautes de 10 à 12 mètres sont formées d'argile jaunâtre et de terre végé- 
tale au-dessous desquelles on trouve quelquefois une marne rougeàtre très-carbonatée. Le 
lit contient des cailloux roulés de psammites, du sable provenant de la désagrégation de 
ces dernières roches et des débris volcaniques, principalement des laves. Plusieurs bancs 
de grès micacés forment des barrages à travers le lit de la rivière et rendent la navigation 
impossible pendant la saison des basses eaux. 

Le massif montagneux que nous avons déjà indiqué comme contenant divers métaux 
fournit aussi un calcaire employé par les indigènes ; mais ce qu'il renferme de plus pré- 
cieux, ce sont des mines d'argent qu'on a refusé de nous montrer après nous en avoir parlé, 
des gisements de galène, et des minerais de fer oligiste. Tous ces métaux, l'argent excepté, 
avaient déjà été indiqués à H. Mouhot. 

En nous rendant par terre du village de Solo niai à la cataracte du Se Don, qui se trouve 
à quelques milles au-dessus à la tête de l'île Don niai ', nous avons rencontré, sur la rive 
gauche, des scories volcaniques en abondance et des blocs basaltiques surgissant à travers la 

1 Don veut dire île, et Niai grande. 

II. 12 



90 GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

terre végétale. Il existe une multitude de monticules, souvent près les uns des autres, 
exclusivement constitués de débris volcaniques. Ces monticules sont quelquefois disposés 
en cercle de manière à former comme les bords d'un cratère dont le centre aurait été com- 
blé par la terre végétale ; mais le plus souvent ils suivent des lignes diverses, comme si les 
éruptions s'étaient faites par des crevasses. La constitution géologique paraît être analogue 
jusqu'au pied des montagnes. 

La cataracte du Se Don comprend toute la largeur de la rivière et forme un croissant 
ayant sa convexité tournée contre le courant. La chute est perpendiculaire et peut avoir 
de 14 à 15 mètres de hauteur; les eaux tombent d'un seul jet à chaque extrémité du 
croissant, mais au centre un premier jet de 6 à 7 mètres vient se briser sur une plate- 
forme de lave pour rejaillir ensuite dans la niasse du courant. Sur la rive gauche, au-dessous 
de la cataracte, il existe une chaussée basaltique assez analogue à la chaussée basaltique du 
Volant dans l'Ardèche; elle a 200 mètres de longueur et plusieurs mètres de largeur. 
Les colonnes pentagonales, quoique fortement pressées les unes contre les autres, sont 
bien indiquées. Au moment où nous avons visité cette chaussée, les colonnes dépas- 
saient de m ,7o le niveau des eaux (6 novembre 1866). Une couche de lave de 6 mètres 
de puissance est superposée à ce plan basaltique ; cette lave est bien moins dure et moins 
dense que le basalte, elle est finement poreuse et se laisse facilement attaquer par le 
ciseau. La coulée, qui n'appartient point à la même éruption que le plan basaltique, 
a précédé elle-même une troisième éruption dont la lave est descendue dans les joints 
de retrait de la précédente et est venue sur le plan basaltique , en formant des cônes 
aplatis et ondulés, comme le ferait une matière asphaltique à moitié liquide. Cette der- 
nière couche est plus dure et plus dense que la seconde; elle est fendillée irrégulière- 
ment dans toute son épaisseur, de manière à former de petits blocs, s'enchevêtrant les 
uns dans les autres, que l'on peut difficilement détacher de la masse ; elle constitue le 
lit de la rivière au-dessus de la cataracte. La partie en contact avec les eaux courantes 
est noire et luisante comme X obsidienne. L'étendue occupée par ces matières volcaniques 
est considérable ; nous avons suivi la couche plusieurs centaines de mètres au-dessus des 
chutes, et l'avons vue s'enfoncer et disparaître sous les eaux et la terre végétale des rives. 
L'île est formée de scories volcaniques sur lesquelles est un dépôt de terre végétale. 

Au-dessus des chutes jusqu'au petit village de Knoi, le Se Don est analogue à la 
partie que nous avons déjà parcourue; les rapides sont plus fréquents et les bancs de 
marne rougeâtre plus nombreux. On remarque que ces derniers sont surtout apparents 
lorsque le lit de la rivière se rapproche davantage des montagnes. Entre Smia et Knoi, 
mais plus près de ce dernier village, il existe une cascade fort originale. Une série d'as- 
sises de grès psammites disposées en gradins horizontaux occupe toute la largeur de la 
rivière; la différence des deux niveaux extrêmes est d'environ 10 mètres. L'eau coule et 
tombe en larges nappes sur ces gradins comme sur un immense escalier. 

De Knoi à Saravan nous suivons la corde de la portion de cercle que décrit le Se Don 
pour relier ces deux points. Dans le trajet nous rencontrons les mêmes accidents volca- 
niques qu'aux environs de Solo niai : tantôt ce sont des monticules de scories, tantôt des 



ITINERAIRE. 91 

excavations ou bassins naturels, où l'eau des pluies séjourne d'une année à l'autre dans 
d'immenses cuvettes de lave. Ces bassins sont probablement les cratères des anciens 
volcans qui ont vomi toutes ces roches. 

Saravan est un grand village, chef-lieu de la province de ce nom, agréablement situé 
sur les bords du Se Don et environné, excepté à l'Ouest, de hautes montagnes que l'on 
dit très-riches en métaux; l'antimoine est surtout abondant. Les indigènes connaissent 
son emploi en médecine et s'en servent aussi pour falsifier les monnaies de cuivre. 

Pendant deux jours encore, après avoir quitté Saravan, nous marchons au milieu 
de débris volcaniques; ils ne disparaissent que le troisième jour au moment où nous 
franchissons un plateau élevé et des collines de grès qui séparent le bassin du Se Don de 
celui du Se Gong. A peine étions-nous au bas du versant opposé que nous retrouvions de 
nouveau les mêmes roches volcaniques. Dans le lit d'un torrent, qui se jette dans le Se Cong, 
et sur les bords duquel nous campâmes, la lave est brusquement interrompue et détermine 
une chute de 12 à 15 mètres de hauteur. L'épaisseur de ce produit volcanique est de 
8 mètres environ, et paraît appartenir à une seule coulée. Cette lave repose sur un lit 
de m ,50 à 1 mètre d'épaisseur de cailloux roulés , quartzeux et sur un schiste analogue à 
celui que nous trouvons au-dessous des grès de Bassac. Par l'influence de la chaleur la couche 
supérieure de schiste s'est divisée en plaques losangiques très-régulières, ce qui donne aux 
plates-formes découvertes l'aspect d'un parquet. Une couche volcanique analogue à celle-ci 
couvre toute la plaine au Nord des montagnes de Luong jusque sur les bords du Se Cong. 

Cette rivière, de Coumkang à Tapac, roule une grande quantité de cailloux et de sables 
quartzeux qui s'amoncellent en certains endroits et forment de nombreux bancs, découverts 
seulement aux basses eaux, sur lesquels les habitants des montagnes voisines, appelées 
Khas ou sauvages, descendent à l'époque des basses eaux pour laver les sables et en retirer 
la poudre d'or dite d'Attopeu. Les chercheurs d'or reconnaissent la présence de ce précieux 
métal à certains graviers et galets ; puis ils installent des huttes sur le banc qu'ils ont 
choisi et travaillent à l'extraction de l'or pendant toute la saison sèche. Ils lavent de 
préférence les sables qui s'amoncellent autour des touffes de broussailles. La poudre 
recueillie est mise dans des tubes ou tuyaux de plumes d'oiseau et livrée ainsi au com- 
merce. Nous n'avons pas vu pratiquer l'amalgame. Nous ne supposons pas non plus 
qu'ils broient les cailloux volumineux qui pourraient contenir des paillettes; rien dans 
le petit campement que nous avons visité ne le fait supposer ; un vase en bois très- 
évasé et peu profond est le seul ustensile dont ils se servent. Nous sommes porté à croire 
que ce travail est peu lucratif, et serait abandonné, si la cour de Siam n'exigeait des Khas 
que les impôts soient payés avec de la poudre d'or. 

Au dire des indigènes , l'exploitation se bornerait au lavage des sables de la rivière, 
aucun d'eux n'aurait cherché à remonter aux gisements ; il faut ajouter peu de foi sur tout 
ce qu'ils racontent, mais principalement en pareille matière. Ils sont d'autant plus défiants 
que nous avons la réputation de voir dans les entrailles de la terre les trésors qui y sont 
cachés. 

A quelques milles au-dessous de Tapac se trouvent les mines de plomb de Mai-pai , 



92 GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

dont des échantillons de galène nous ont été donnés à Stung Treng, nous aurions pu fa- 
cilement les visiter pendant notre court séjour à Tapac, mais on s'est bien gardé de nous 
en instruire, ce n'est que deux jours après notre départ que nous avons appris que nous 
étions si près des mines. 

De Tapac à Paktuey, sur les bords du Mékong, nous ne rencontrons partout que 
produits volcaniques, scories, laves, basaltes, etc.; les lits des torrents et des rivières sont 
encombrés de ces roches. Dans le lit du Compho quelques cailloux roulés de porphyre 
étaient inclus dans les masses basaltiques. 

Sur les bords d'un ruisseau, le Se Keua (rivière de sel), des indigènes faisaient éva- 
porer de l'eau salée qu'ils retiraient de puits peu profonds, creusés à peu de distance du 
ruisseau. 

Pour résumer nous concluons qu'à une époque que nous ne pouvons déterminer, des 
volcans ont couvert de leurs épanchements une grande portion du triangle formé par le 
fleuve et le Se Gong, jusques et y compris le bassin du Se Don; en outre, nous sommes 
persuadé que les métaux utiles et précieux sont en très-grande abondance dans le massif 
montagneux dont nous avons fait le tour complet; mais il est bien difficile, pour le moment 
du moins, d'en découvrir les gisements. On ne rencontre partout que crainte et mauvais 
vouloir de la part des indigènes. 

La roche dominante de cette montagne , singulièrement isolée au milieu de plaines 
de lave, paraît être le grès psammite, c'est lui que nous avons trouvé à Tapac où nous 
avons pu approcher de la montagne; du côté du Mékong, en face de Bassac, elle 
forme une grande coupe absolument analogue à celle des montagnes de Bassac et présen- 
tant la même physionomie et les mômes stratifications. Nous n'avons pu approcher de cet 
endroit, les indigènes refusent d'y conduire à cause des forêts inextricables et des bêtes 
fauves qu'elles abritent. 

En remontant le fleuve de Bassac à Pak Moun, l'on ne rencontre partout qu'un grès 
gris quartzeuv, à grains un peu gros, mais bien liés, avec nombreuses parcelles de mica 
blanc et jaune (Psammites). Cette roche constitue les montagnes et les monticules de 
cette partie du Laos, et forme le lit du fleuve qu'elle encombre souvent d'ilôts et d'écueils 
recouverts à l'époque des hautes eaux. Le courant est parfois resserré entre deux mu- 
railles de grès, et il est un point, entre Pak Moun et Kemarat, où la largeur du fleuve 
n'est que d'une cinquantaine de mètres. Un débris d'obsidienne a été trouvé sur la rive 
gauche du fleuve, un peu au-dessus de l'embouchure du Se Don, au milieu d'un grand 
nombre de morceaux de pierre ponce roulés. 

A Pak Moun, le Mékong reçoit un affluent considérable, le Se Moun, qui vient de 
l'Ouest et traverse la province d'Oubôn. Près du point de jonction des deux rivières, le 
lit du Se Moun est barré de part en part par des couches de grès qui donnent lieu à des 
rapides et à plusieurs chutes d'eau qui rendent cette rivière impraticable à la naviga- 
tion. Ces barrages se renouvellent douze à quinze fois sur un parcours d'environ 20 milles, 
entre les villages de Pak Moun et Pi Moun ; les grès qui les forment sont de deux sortes : 
l'un sous-jacent, gris, quartzeux et très-dur, est semblable à celui des bords du fleuve ; 



ITINÉRAIRE. 93 

l'autre, placé tout à fait à la surface, et manquant bien souvent, passe au poudingue; il 
est très-grossier, à grains quartzeux de volumes très-variables, à angles à peine émoussés, 
avec de grosses paillettes de mica. On peut dire que c'est un conglomérat psammite lié 
par un ciment argïlo-ferrugïneux. Le contact de l'eau courante laisse à la surface de 
cette dernière roche un vernis brunâtre, ferro-limoneux, qui ferait supposer de prime 
abord dans l'agrégation des parties constituantes une certaine ténacité qui disparaît dès 
que la première enveloppe a été brisée. Nous avons aussi rencontré dans les premiers 
rapides, sur la rive gauche, un beau grès jaune très-fin et facile à travailler, mais il était 
par blocs isolés, ne se reliant à aucun gisement voisin. Les eaux de la rivière creusent 
dans ces divers grès des trous et de petites anses où viennent se déposer des cailloux 
roulés siliceux : les indigènes recueillent comme pierres précieuses ceux de ces cailloux 
qui sont translucides ou colorés, qui descendent sans doute de fort loin, car jusqu'à 
Oubôn nous n'avons vu aucune roche analogue. 

Un vaste plateau, élevé au-dessus du fleuve de la hauteur de tous les rapides qu'il 
nous a fallu franchir pour arriver à Pi Moun (de 25 à 30 mètres), commence à ce dernier 
village, et, au dire des indigènes, s'étend très-loin vers l'Ouest de chaque côté du 
Se Moun. Il est limité à l'Est par les collines de grès qui forment les rapides. De ce point, 
les collines se dirigent, les unes, vers le Sud et les montagnes de la province de Rassac, 
les autres, vers le Nord parallèlement à la rive droite du fleuve. Le soulèvement qui pro- 
duisit ces collines opposa une barrière à l'écoulement des eaux, et retint en même temps 
toutes les matières charriées et autres qui comblèrent ce grand bassin qui forme aujour- 
d'hui une immense plaine sans autres accidents que les ravines qui reçoivent les eaux 
à l'époque des pluies. La rivière s'est creusé sur ce plateau un lit si uniforme et si régu- 
lier qu'on le croirait fait de main d'homme. Une argile jaunâtre veinée de blanc, sur- 
montée d'une couche de sable de 3 mètres d'épaisseur en moyenne, constitue les berges 
d'Oubôn et au-dessous. Des débris de fer limoneux que l'on rencontre souvent dans ces 
couches de dépôts indiquent assez, à défaut de fossiles, que ce terrain est de formation 
relativement récente, et qu'il peut être considéré comme l'analogue des vastes dépôts 
alluviaux de toute la partie basse de la Cochinchine. 

Il se fait à Oubôn un commerce important de sel dont une grande quantité est exportée 
au Cambodge pour saler les poissons, lors de la pêche du lac d'Angcor. Ce produit est 
répandu sur une vaste étendue à la surface du sol, dans la partie du plateau d'Oubôn qui 
se trouve sur la rive gauche de la rivière. En traversant la plaine pour nous rendre de 
Oubôn à Kemarat, par Amnat, nous avons marché environ 80 kilomètres sur des 
terrains salés, et au dire des indigènes, la surface salée serait bien plus considérable de 
l'Est à l'Ouest 1 . 

Dans la grande plaine qui sépare Oubôn de Kemarat, on rencontre encore, dispersé 
irrégulièrement à la surface du sol, un fer limoneux assez riche en métal pour être 
exploité pour les besoins du pays. II abonde surtout dans les environs du village de 

1 Voir la quatrième partie (Minéralogie). 



94 GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

Amnat, où il forme plusieurs amas en exploitation. Une minière que nous avons 
visitée à 4 kilomètres Est-Nord-Est de Amnat, près du petit village de Thuey, renferme- 
deux variétés de limonite également utilisées; l'une scoriacée analogue à celle de 
Bien-hoa, mais bien plus riche en métal : l'autre compacte, plus grise que la précé- 
dente, en morceaux du volume d'une noix ou plus petits, faciles à réduire en poudre. Ce 
dernier minerai ne se trouve pas à la surface du sol. 

Les environs de Kemarat offrent de nombreuses ondulations de terrain exclusive- 
ment formées par un* grès rose-rouge dans ses couches supérieures, fin, de ténacité 
moyenne, et divisé par plaques tabulaires horizontales variant beaucoup dans leur épais- 
seur. Habituellement il est recouvert de terre végétale et n'est apparent que dans les ravins 
creusés par l'écoulement des eaux. Ce grès parait constituer la roche principale de la 
contrée, il existe sur les bords du fleuve et dans les terres ; nous l'avons vu à 45 kilomè- 
tres au Sud-Ouest de Kemarat sur la route de Amnat en contact avec du fer limoneux. 

Quelques échantillons des roches qui bordent le fleuve entre Pak Moun et Kemarat 
ont été recueillis par M. Delaporte pendant que nous suivions la route intérieure; ce sont 
des grès semblables à ceux que l'on trouve plus bas, mais moins micacés, et peut-être de 
texture plus fine; l'un d'eux surtout, gris-vert, est remarquable par la beauté de son 
grain; certaines parties passent au grès feldspathique. 

A 12 kilomètres environ au Sud-Ouest de Kemarat, près du petit village de 
Nâ tan, sur le Se Bang Koï, il existe un gisement de pyrite de fer non exploité qui vient 
affleurer dans le lit du ruisseau que nous venons de nommer, à 70 ou 80 mètres, au Nord 
de la route actuelle de Kemarat à Amnat. 

Le transport de nos bagages étant plus facile par eau que par tout autre moyen, à Ke- 
marat nous reprenons le fleuve pour ne plus le quitter, s'il est possible , jusqu'à Luang 
Prabang. A 10 milles environ au-dessus de Kemarat, un immense barrage que nous avons 
mis deux jours à franchir (15 et 16 février), occupe tout le lit du fleuve sur une longueur 
considérable. L'eau coule tantôt en nappes très-minces sur un fond de roche, tantôt à 
travers des fissures et des sillons étroits qu'elle s'est creusés. Bien que la différence des 
niveaux séparés par le barrage soit grande, l'eau ne tombe nulle part en cascade, mais en 
revanche le courant est d'une violence extraordinaire, surtout dans les endroits resserrés. 
Le barrage est formé par un grès quartzeux à grains bien liés, et par un autre grès rouge- 
brique, qui lui est superposé , analogue à celui si abondamment répandu dans toute la 
contrée. 

Une chaîne de monticules et de collines , se dirigeant vers le Sud-Sud-Ouest, com- 
mence à 4 kilomètres au Sud de Ban Mouk. Les points les plus élevés n'atteignent pas 
350 mètres au-dessus du niveau du fleuve. Cette chaîne est constituée tout entière par le 
grès rouge dont nous avons déjà parlé ; sur la crête on rencontre un poudingue quartzeux 
à grains de quartz blanc de diverses grosseurs, souvent anguleux et liés entre eux par un 
ciment argilo-ferrugineux jaunâtre. Cette roche a beaucoup d'analogie avec une de celles 
que nous avons rencontrées au premier rapide du Se Moun. 

Au pied des collines, dans les endroits bas et humides, l'on trouve le fer limoneux 



ITINÉRAIRE. 95 

si répandu dans tout le bassin du Mékong; mais celui-ci semble si pauvre qu'il n'est 
pas exploité, malgré la cherté excessive de ce métal dans le pays. 

Pendant notre court séjour à Ran Mouk un vieillard est venu mystérieusement nous 
offrir deux coquilles fossiles recueillies dans le lit d'un ruisseau dont nous ignorons le 
nom, à deux petites journées de marche vers l'Est deBan Mouk, sur la route du village 
de Lomnou. Ces fossiles se trouvent par bancs, mélangés à d'autres espèces qui ne leur 
seraient pas semblables. Ces fossiles dont nous avons rapporté deux échantillons n'ont pas 
encore pu être déterminés; ils n'ont pas d'analogues dans les collections du muséum. 
Ce sont là tous les renseignements que nous avons pu obtenir, et le temps ne nous a pas 
permis d'aller vérifier les faits par nous-même; nous le regrettons vivement, et cela d'au- 
tant plus que c'est la première fois depuis notre départ qu'il nous a été donné de voir des 
fossiles. A en juger par la physionomie générale du pays, les terrains de la rive gauche 
du fleuve seraient en cet endroit composés, comme ceux de la rive droite, d'une couche 
argilo-végétale recouvrant des grès rouges et des grès calcarifères. Nous tenons du même 
vieillard des renseignements vagues sur la présence fort douteuse d'un minerai d'argent à 
l'Ouest et loin de Ran Mouk, mais toujours sur le territoire de la province; il a ajouté qu'il 
ne pouvait donner des renseignements précis ne connaissant pas lui-même le gisement, 
que d'ailleurs il était défendu aux indigènes d'approcher des mines. Ce récit nous paraît 
peu vraisemblable : s'il existait en effet des mines d'argent sur la rive droite du fleuve, le 
Gouvernement de Siam en serait instruit et des tentatives d'exploitation auraient été faites. 

Dès que les grès disparaissent, on ne voit plus sur les bords et dans le lit du fleuve que 
de la terre végétale, de l'argile transportée et des sables ; quelquefois en février et mars 
les eaux en se retirant découvrent des bancs de graviers soudés par un ciment argileux. 

Près d'un monument religieux en grande vénération à Peunom nous avons trouvé des 
débris d'une roche fusible au chalumeau en verre verdâtre. Cette roche éruptive, composée 
de feldspath labrador, et que nous croyons être de Y harmophaniie, n'a pas d'analogue dans 
les environs ; elle vient sans doute de plus haut. 

En arrivant à Lakon on voit, sur la rive gauche du fleuve , à 18 ou 20 kilomètres au 
Nord-Est du village, une jolie chaîne de montagnes à pics multiples , bien découpés et 
isolés les uns des autres. Ces montagnes, dont nous n'avons visité qu'une faible partie, 
courent du Nord-Ouest au Sud-Est et se composent de masses séparées de 800 à 2,000 
mètres d'altitude ; leurs flancs à pic et dépourvus de végétation en rendent l'ascension dif- 
ficile, sinon impossible. Un calcaire compacte bleuâtre, avec des veines cristallines, et 
un calcaire gris cristallin, également très-commun, au milieu duquel on voit souvent 
des filons de calcaire à cristaux spathiques, constituent ces montagnes et la plaine qui 
les entoure. Ces calcaires sont légèrement dolomitiques. Plusieurs kilomètres avant d'ar- 
river au pied des montagnes, le plan calcaire est parfaitement horizontal, recouvert d'une 
légère couche de terre végétale et parsemé de blocs noirâtres de quartzites qui font abso- 
lument corps avec lui. 

Près du village de Nan ho, il existe une magnifique grotte, de forme ogivale, ayant 
plus de 300 mètres de longueur et d'une grande hauteur, qu'il faut traverser pour pé- 



96 GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

nétrer au centre des montagnes qui sont au Nord de Houten et qui appartiennent toujours 
à la même chaîne. Cette grotte est creusée dans une montagne formée découches alter- 
nantes de marbre jaunâtre, qui n'est autre chose que le calcaire ordinaire de toute la 
chaîne, de marbre blanc et noir, et enfin d'un beau marbre noir à grains fins veiné de 
minces lignes blanches. Ce marbre, dune exploitation facile, est très-répandu. 

Les eaux ont creusé dans les flancs de ces montagnes, et à toutes les hauteurs, de 
nombreuses grottes de toutes dimensions ; celles que nous avons pu visiter ne nous ont 
rien fourni d'intéressant, aucun fossile, aucun débris animal ; nous avons pris seule- 
ment des échantillons de calcaire cristallin spathique à la lèvre de l'ouverture d'une 
petite grotte, des échantillons de stalactite ordinaire que l'on voit par blocs énormes de 
plusieurs mètres cubes et affectant des formes bizarres pendus aux voûtes des grottes et 
aux flancs des rochers à pic, et des rognons plus blancs de la même roche. Autour du 
calcaire, et soulevé par lui, on trouve un grès rouge, très-dur et très-dense, à grains très- 
fins, avec des paillettes de mica blanc. Il occupe tout le demi-cercle qui comprend 
l'extrémité occidentale de la chaîne calcaire; nous l'avons suivi depuis le village de Na- 
Muong jusque sur les bords des rivières de Hin Boun et le Pak Kan. II est impossible 
d'étudier les rapports des masses de grès rouges que nous avons vus ; ils sont trop forte- 
ment dérangés, et nulle part ils ne présentent une coupe nette. 

Mélangé et généralement superposé à ce premier est un grès moins rouge que les 
précédents, plus friable, contenant des cailloux roulés, blancs, quartzeux et passant au 
poudingue. En dehors de la zone des grès rouges, on rencontre un grès jaune assez fin, 
également très-répandu; il est surtout apparent entre les villages de Lakon et de Houten. 

Dans le lit de la jolie petite rivière Hin Boun, à 4 ou 5 milles de son embouchure, 
les couches de grès ont été violemment redressées dans la direction de la chaîne de 
montagnes. Des murailles parallèles, de 4 à 5 mètres d'épaisseur, traversent la rivière 
en cinq endroits et ne laissent passer l'eau que par des brèches que celle-ci s'est ouvertes. 
Ces murailles forment avec l'horizon un angle de 70° à 80° ouvert au Sud et se dirigent 
au N. 47° 0. 

Le grès en cet endroit est tantôt cristallin, tantôt gris jaunâtre, tantôt coloré en jaune 
brun par la présence d'un sel de fer. Une roche schisto-argïleuse jaunâtre se voit aussi 
dans le voisinage de ces grès. 

Le Hin Boun, au-dessus de l'embouchure du Pak Kan, est souvent encombré de 
blocs calcaires analogues à ceux des montagnes ; dans quelques endroits on rencontre 
encore des calschistes verdâtres, ou noir verdàtre, à feuilles le plus souvent contournées. 
Près de ces calschistes se trouve une roche éruptive verte, qui est de Yeuritine. 

Du village de Houten nous sommes allés visiter une exploitation de plomb qui se fait 
dans les montagnes de Lakon, à leur extrémité Nord-Ouest. La route à suivre pour se 
rendre aux mines est des plus faciles : on remonte le Hin Boun jusqu'à Thà Kho ; là. 
laissant la rivière, on se dirige successivement vers les villages de Nan Ho, Na Muong, 
Na Han, Na Hi, Phon et Nua, en tout 31 kilomètres : c'est dans le dernier de ces 
villages que l'on exploite la roche minérale (voir le chapitre qui traite de la Minéralogie). 



ITINÉRAIRE. 97 

A l'extrémité opposée de la chaîne calcaire de Lakon, c'est-à-dire du côté de la 
Cochinchine, il existe, nous a-t-on dit, de riches mines de cuivre exploitées par des 
Annamites, qui font avec ce métal des marmites très-estimées et très-répandues. Nous 
n'avons sur ces mines aucun autre renseignement. 

Dans le lit du fleuve, à quelques milles au-dessous de Nong Kay, au pied du petit 
village de Ho Kham, le courant découvre tous les ans un grand banc de graviers formé 
de galets de toutes natures, au milieu desquels se trouve un sable aurifère exploité par 
les habitants. Nous supposons l'or moins abondant en cet endroit que dans la rivière 
d'Attopeu; les paillettes sont, dans tous les cas, bien plus petites, presque microscopi- 
ques, et ne peuvent être facilement séparées des matières étrangères par le simple 
lavage. On élimine par des lavages successifs les matières les plus grossières qui accom- 
pagnent le précieux métal, puis on soumet le résidu à l'action du mercure qui absorbe 
petit à petit les paillettes d'or amenées à son contact par un mouvement oscillatoire. Le 
mercure une fois saturé est passé à travers une peau ou un linge très-serré, et la partie 
restée dans le linge est ensuite débarrassée du mercure par la volatilisation. Le résidu 
soumis au mercure est composé d'un sable gris-brun excessivement fin au milieu duquel 
sont disséminées les paillettes d'or. 

Sur la rive droite du fleuve entre Saniaboury et Nong Kay, il existe un certain nom- 
bre de villages, à quelques kilomètres dans l'intérieur du pays, qui se livrent à la fabri- 
cation de la poterie commune. Les habilants tirent d'une colline qui court parallèlement 
au lleuve, une terre argileuse, blanchâtre, très-propre à cette industrie. Cette argile 
n'est autre chose que du kaolin impur veiné de rouge par des sels de fer. Nous avons 
visité les fabriques de poteries du village de Houn Ho, à huit kilomètres Ouest-Nord-Ouest 
de Saniaboury. Des femmes vont prendre aux carrières de la colline la terre argileuse 
pour l'apporter au village ; là elles la concassent et l'exposent dans des aires au soleil 
pour en faire évaporer l'eau qu'elle contient, puis la réduisent en une poudre très-fine 
qu'elles tamisent avec soin pour en séparer les grumeaux échappés au pilon. Cette 
première opération terminée, on ajoute une faible proportion de sable de rivière, et 1 on 
recueille le mélange dans de grands vases en terre où pendant plusieurs jours il est 
soumis à une infiltration d'eau lente et graduelle. Lorsque la terre est bien imbibée d'eau, 
on la pétrit longtemps et avec soin pour la mettre ensuite en grosses meules sous les 
hangars de travail. Si elle ne doit pas être immédiatement employée, on la recouvre d'un 
linge mouillé. 

Les manipulations et les instruments employés pour la fabrication de ces poteries 
sont, à peu de chose près, les mêmes que ceux dont on se sert en Europe pour la 
poterie commune. Les diverses palettes sont en bois au lieu d'être en fer ou en acier, 
et le tour consiste en une forte planchette horizontale qu'un enfant fait tourner sur un 
pivot central, pendant que l'ouvrier façonne son vase et lui donne les formes appropriées. 
Le vase achevé est mis à l'ombre sous un grand hangar pendant quelques jours, puis 
exposé au soleil avant d'être soumis à la cuisson. 

Les fours se composent d'une grande calotte semisphérique recouvrant une surface 

II. 13 



98 



GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 



circulaire dont les deux tiers sont occupés par des gradins plus ou moins nombreux de 
m ,50 de hauteur; sur la plate- forme de ces gradins sont posés les vases que l'on veut 
faire cuire. Le feu se fait le long- de la base du gradin inférieur, et par le courant qui 
s'établit de la gueule du four à la cheminée placée tout à fait au côté opposé, la chaleur 
dégagée est assez intense pour produire la cuisson voulue et faire fondre le vernis vert 
noirâtre dont les vases sont enduits extérieurement. Les dessins qui accompagnent ce 
ce texte représentent la coupe antéro-postérieure de deux de ces fours. 

De Nong Kay à Vien Chang on voit contre les berges du fleuve plusieurs bancs de 
roche limono-ferrugineuse, employée par les indigènes pour la construction des pagodes 
et autres travaux de maçonnerie ; mais il est fort probable que depuis la chute du royaume 
de Vien Chang ces carrières n'ont pas été exploitées. 

Vien Chang, dont il ne reste aujourd'hui que des ruines, était la capitale du royaume 
de ce nom, détruit et absorbé par les Siamois, il y a environ un demi-siècle. La ville pou- 





FOUHS SERVANT AU LAOS A LA CUISSON DES POTERIES COMMUNES. — COUTE A N TÉ B O-TOST ÉR IEUB E. 



vait contenir dans son enceinte de 3o à 40,000 habitants : elle avait eu ses jours de splen- 
deur. La résidence royale était construite en grès, en limonite et en briques, chose rare 
pour la contrée, et couvrait une surface considérable. On peut encore voir assez bien 
conservées des galeries en briques découpées à jour et divers reliefs faits en mortier de 
chaux, qui, outre l'originalité du dessin, ont un réel mérite d'exécution. 

A Vien Chang, comme dans toutes les villes riches, où il est d'usage que chaque 
puissant personnage, devenu vieux, fasse construire une pagode pour le rachat de ses 
fautes, les pagodes sont très-nombreuses et quelques-unes richement ornées. Les statues 
de Bouddha, que partout ailleurs nous avons vues en bois, en grès ou en simple mortier, 
sont ici en cuivre rouge ou en bronze : on les compte par milliers. Les pagodes aban- 
données sont remplies de statues de toutes dimensions, ayant depuis m ,10 jusqu'à 5 et 
6 mètres de hauteur. Le fleuve, chaque année, en engloutit quelques-unes avec une por- 



ITINÉRAIRE. 99 

tion de la berge, et les banians et les brousses en couvrent des centaines, qui disparais- 
sent petit à petit sous des lits de feuilles et autres détritus. Les indigènes ne font rien 
pour conserver toutes ces choses ; il est d'usage chez eux de laisser à Rouddba le soin des 
objets qui lui ont été consacrés. Ce grand nombre de statues en cuivre a naturellement 
attiré notre attention ; nous aurions voulu savoir d'où l'on retirait tout ce métal ; mais nous 
n'avons obtenu aucun renseignement à ce sujet. Quand les indigènes ne vous répondent 
pas que ce sont les anges qui ont fait à la fois et les statues et les pagodes, ils disent qu'ils 
ne savent pas. Nous ne pensons pas qu'il y ait des mines de cuivre près de Vien Chang; 
les plus rapprochées seraient à l'Est des montagnes de Lakon, sur les frontières de la 
Cochinchine, ou bien, sur la rive droite du fleuve près de Pou Kieo, mines encore 
exploitées aujourd'hui. 

Le métal des statues n'est pas toujours pur ; le plus souvent même le cuivre est allié 
à un autre corps, sans doute l'antimoine, qui rend l'alliage très-cassant et donne à la sur- 
face polie extérieure une couleur brunâtre. Les statues se faisaient et se font encore de la 
manière suivante : on construit en terre glaise un modèle que l'on recouvre d'une couche 
de cire de l'épaisseur de la paroi que l'on désire donner à la statue, puis par-dessus la 
couche de cire l'on ajoute une épaisse couche de terre glaise que l'on laisse sécher. Ceci 
fait, le métal fondu est introduit par des ouvertures pratiquées dans les parties supérieures 
du moule et prend la place de la cire qui s'écoule inférieurement. 

Deux collines de grès gris quartzeux à grains grossiers et mal liés encaissent le fleuve 
pendant quelques milles au-dessus de Vien Chang. Ces collines sont peu élevées, mais 
assez rapprochées l'une de l'autre pour se confondre avec la berge en bien des points. 
Les couches de grès qui les forment sont légèrement relevées vers le Nord. Elles sont sui- 
vies par des arkoses à grains de quartz nombreux et à cristaux roulés de feldspath rose. 

Ces arkoses ont éprouvé des décompositions diverses par suite de l'action des agents 
atmosphériques. En certains endroits on observe des bandes de quartzites formant une 
roche dense très-compacte. En quittant ces collines on entre dans une région extrême- 
ment tourmentée ; les couches sont violemment dérangées par place ; les unes relevées 
de 45°, les autres verticales ; celles-ci courant à l'Est, celles-là au Nord, d'autres s'irradiant 
comme les rayons d'une roue. Les talschistes sont surtout fortement plissés en zigzag. 
De Vien Chang à Luang Prabang, pendant plus de 150 milles, nous avons observé les 
mêmes dislocations des couches, qui ont été fortement déplacées, bouleversées et recour- 
bées en divers sens. Dans un carré de 500 mètres de côté nous avons pu compter vingt 
et trente directions et inclinaisons différentes. Il s'est produit de nombreuses surfaces de 
glissement dont les grès surtout ont conservé les traces : nous avons vu des petites failles 
ainsi produites entre deux couches voisines. 

En contact avec des grès phylladifères à très-fins grains, nous avons trouvé des phyl- 
lades lustrées, noirâtres et brillantes. Le capitaine Rlakiston ' a remarqué que « lorsque 
« du charbon se trouve près des grès, certaines parties de la roche, comme si elles 
« avaient été exposées à l'action de l'eau et de l'atmosphère... étaient lustrées à la sur- 
ce face et polies comme avec une substance grasse... Partout où l'on trouve cette appa- 



100 GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

« rence du grès dans le Yang-tse supérieur, on est sûr de rencontrer du charbon. » Cette 
opinion de Blakiston semble recevoir ici une confirmation, car nous avons trouvé un 
morceau d'anthracite dans la pagode du village de Coksay ou Muong Nan. Nous n'avons 
pu savoir d'où provenait ce combustible; les indigènes, comme toujours, n'ont rien voulu 
dire; mais tout nous porte à croire qu'il en existe des gisements dans le pays. 

Ici, comme dans toutes les contrées métamorphiques, les métaux sont très-abondants. 
Dans la province de Muong Leui il existe des gisements de minerais de cuivre, de 
plomb, d'étain, d'antimoine, de cuivre argentifère et de magnétite : le premier et le der- 
nier de ces métaux sont seuls exploités. Le plomb n'est nulle part lobjet d'extractions 
considérables ; le pécheur des bords du fleuve va lui-même à la mine extraire le plomb 
nécessaire pour garnir ses filets. Les deux gisements de cuivre les plus renommés sont 
celui de Pou Kieo, au Sud de Muong Leui, et celui dont nous avons déjà parlé sur les 
confins du Laos et de la Cochinchine. On tire aussi du Tong-king du soufre cristallisé, 
dont nous avons vu des échantillons sur le marché de Luang Prabang. 

Revenons aux roches que nous avons observées sur les bords du fleuve. Les grès dont 
nous avons parlé plus haut sont supportés par des schistes phylladiens calcarifères ver- 
dàtres, jaunâtres, rougeàtres, formant dans le lit du fleuve de grandes surfaces rubanées ; 
ces schistes reposent à leur tour sur des schistes argileux fissiles plus ou moins épais. Du 
porphyre quarlzifère rougeâtre compose une partie des collines qui encadrent le cours 
d'eau que nous suivons. Le lit du Mékong est formé souvent presque exclusivement 
de talscbistes plissés et contournés, au milieu desquels nous avons observé de nombreux 
bancs de phtanite et de lydienne : les couches de cette dernière roche presque verticales 
courent du Sud-Ouest au Nord-Est. En relation avec ces talschistes, sont des couches d'eu- 
ritine plus ou moins feuilletées, dont plusieurs parties renferment de petites parcelles 
roulées d'une substance d'un vert jaunâtre, paraissant se rapprocher beaucoup du jade. 
Une roche verte, translucide sur les bords, rayée très-difficilement par l'acier, à cassure 
esquilleuse, paraît subordonnée à l'euritine. Elle est légèrement fusible au chalumeau. 

De nombreux filons de quartz traversent les talschistes et les euritines. 

Après avoir quitté ces roches métamorphiques, nous retrouvons des grès gris bruns, 
stratifiés par couches tabulaires de m ,10 à m ,15 d'épaisseur, alternant avec des phyl- 
lades ; puis viennent des calschistes violets et verdàtres reposant eux-mêmes sur des 
calcaires. D'autres roches ont encore été observées dans le lit du fleuve, mais roulées et 
ne pouvant se rattacher sûrement à aucune des formations dont nous venons de parler : 
ce sont des cailloux cle jaspe rougeâtre veiné de blanc, de la pegmatite rosée, des quartz 
cariés, des quartzites rougeàtres, des fragments d'un poudingue phylladien à pâte ser- 
pentincuse renfermant des nodules calcaires, du porphyre à pcàte rouge contenant de 
beaux et grands cristaux blancs de feldspath et un porphyre moins beau d'un violet 
foncé. Ces porphyres ont été recueillis dans le lit d'un torrent un peu au-dessus de 
Luang Prabang. 

1 Five months on the Yang-Tse, p. 133, in-8, avec carte et pi. London. 1862. 



ITINERAIRE. 101 

Le calcaire constitue à lui seul toutes les montagnes un peu élevées de la contrée, 
et elles sont nombreuses. Elles forment une multitude de cônes à sommets escarpés don- 
nant au pays une physionomie toute particulière. La texture du calcaire n'est pas partout 
la même : de semi-cristalline elle devient grenue, lamellaire, fibreuse quelquefois, et 
souvent elle est coupée par des veines de cristaux de carbonate de chaux spathique assez 
volumineux. Les couleurs sont aussi très-variées et donnent lieu à des marbres qui 
seraient estimés si le grain de la roche était plus fin et plus uniforme. Il y a des marbres 
noirs, des marbres violets, jaunâtres, verts-limon, blancs-fumés, roses, etc., et un 
grand nombre de bigarrés par le mélange de deux ou de plusieurs des couleurs précé- 
dentes. Soit pendant le cours du voyage, soit pendant notre séjour à Luang Prabang, nous 
avons visité un grand nombre de belles et spacieuses cavernes ou grottes très-abondantes 
dans les rochers calcaires ; mais jamais nous n'y avons trouvé des débris fossiles de quel- 
que nature que ce soit. Il est utile de dire que jamais il ne nous a été possible de fouiller 
le sol de ces cavernes. 

Jusqu'à ce jour, 25 mai 1867, il nous a été permis de recueillir des échantillons 
des roches que nous avons vues ; ces échantillons sont petits, il est vrai, mais cepen- 
dant assez gros pour en faire l'analyse et contrôler notre appréciation qui pourrait être 
erronée. Désormais la chose ne sera plus possible ; les transports deviennent de plus 
en plus difficiles et fort coûteux pour notre petite bourse. Nous abandonnons une partie 
de nos vêtements. 

Dans les collines en face de Luang Prabang, à 10 ou 12 kilomètres de la rive droite 
du fleuve, on rencontre, traversant des schistes, de nombreuses veines de quartz conte- 
nant souvent des cristaux de cette dernière roche d'une grande limpidité à leur extrémité 
libre, que les indigènes ont jadis recherchés comme objet d'ornement et de luxe; au- 
jourd'hui ils n'y attachent aucune valeur. On trouverait aussi dans les environs, mais plus 
au Nord, des rognons de calcédoine. 

Le 25 mai 18(37 nous quittions Luang Prabang pour reprendre le fleuve et remonter 
vers le Nord. Les eaux avaient grossi un peu, mais ne couvraient pas encore les nom- 
breux bancs de roches dans lesquels elles sont complètement encaissées pendant la 
saison sèche. La physionomie du pays reste la même que plus bas ; on ne voit que mon- 
tagnes et collines plus ou moins élevées s'avançant jusque dans le Mékong. La nature 
des roches n'est pas changée non plus ; ce sont toujours des calcaires, des schistes, des 
grès, etc., etc. Les poudingues sont en plus grande abondance et plus grossiers; ils 
renferment souvent des blocs d'un mètre cube. 

Six jours après notre départ de Luang Prabang M. de Carné et moi fûmes détachés 
momentanément de la Commission pour aller visiter, à quelques lieues de la rive droite 
du fleuve des phénomènes volcaniques qui, au dire des iudigènes, semblaient devoir 
être fort curieux. 

Le 31 mars nous partîmes de RanTanoun à 5 heures 1/2 du matin. Nous remon- 
tâmes d'abord vers le Sud-Ouest, en suivant le lit du Nam Noun ; puis, tournant vers le 
Sud et franchissant une petite chaîne de montagnes, nous descendîmes vers le Nam 



102 GEOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

Tap que nous remontâmes au Sud-Ouest, pendant plus de deux heures. En quittant 
cette dernière rivière, nous nous dirigeâmes au Sud-Sud-Ouest, et franchîmes une pre- 
mière série de montagnes qui nous séparait du Nam Tong, puis une seconde chaîne plus 
élevée que la précédente, d'où nous descendîmes dans la jolie vallée de Muong Luoc, 
terme de notre première journée. (Voir la carte itinéraire n° 6.) 

En résumé nous avons marché huit heures dans la direction générale Sud-Sud- 
Ouest, franchi trois petites chaînes de montagnes, et nous nous sommes élevés sur la 
dernière à 1,000 mètres environ au-dessus du niveau du fleuve. 

Pendant ce parcours nous n'avons rien vu de particulier à noter ; la couche exté- 
rieure des montagnes est constituée par de l'argile, de la marne rougeâtre et un grès 
grossier de désagrégation facile, le tout recouvert par une épaisse couche de terre 
végétale où poussent, entr' autres arbres, des pins d'assez grandes dimensions. 

Il est fâcheux que les habitants de ces contrées montagneuses incendient annuel- 
lement une partie de ces forêts pour la culture du riz. Le pin, qui par sa nature rési- 
neuse est facilement inflammable, ne résiste pas à ce mode de destruction; aussi ne le 
voit-on en grande quantité que sur les crêtes des montagnes. 

Les torrents et les rivières roulent les mêmes roches que le fleuve, des schistes plus 
ou moins cristallins, des grès et des débris de quartz. Nous n'avons pas vu le calcaire 
apparaître à la surface du sol, si ce n'est près de l'embouchure du Nam Tap. 

Le 1 er juin nous nous acheminâmes de bonne heure vers les montagnes de feu 
(phou fai), comme les appellent les indigènes. A peine avions-nous marché deux heures 
que nous étions sur le principal emplacement du phénomène, désappointés de ne voir que 
des fumarolles là où nous comptions rencontrer de vastes volcans en pleine activité. Ceci 
nous prouve une fois encore qu'on ne peut nullement se fier aux renseignements fournis 
par les Laotiens; les uns amoindrissent les faits, les autres les exagèrent, et le plus grand 
nombre les nie pour ne pas être invité à les montrer. 

Les fumarolles sont au nombre de deux, distantes l'une de l'autre de quatre à cinq 
kilomètres, toutes deux situées au milieu de collines argileuses jaunâtres. La plus grande 
court Nord et Sud, et occupe actuellement une surface de 700 à 800 mètres de long- 
sur 300 mètres de large. Elle n'est point fixe ; elle chemine lentement vers le Sud 
et a déjà parcouru plusieurs kilomètres. Les feux s'éteignent à mesure que la fumarolle 
avance ; les crevasses se comblent, et la végétation, un moment disparue, reprend son 
activité ordinaire. Sous l'influence du feu souterrain les arbres meurent, la terre argileuse 
de jaune devient blanchâtre, se fendille en une multitude de crevasses très-rapprochées 
les unes des autres, par lesquelles s'échappent des vapeurs et des gaz, puis s'effondre 
d'une dizaine de mètres, comme si un vide se produisait par une combustion intérieure. 
La fumarolle laisse un vallon après elle. Les produits qui se dégagent par les fissures 
se composent en grande partie de vapeur d'eau, d'acides sulfureux, carbonique et peut- 
être sulfhydrique. Un morceau de bois plongé dans l'une de ces crevasses s'enflamme 
rapidement. On ne peut séjourner longtemps sur le lieu du phénomène sans ressentir 
un malaise vague. Diverses substances entraînées ou sublimées viennent se déposer 



ITINERAIRE. 103 

aux lèvres et contre les parois des crevasses et des anfractuosités ; les indigènes y 
recueillent du soufre en assez grande quantité, et une poudre blanche fine que nous 
croyons être un sel de plomb. Le sol est chaud et résonne sous le pied comme si une 
voûte existait au-dessous. En approchant l'oreille du sol et en prêtant une grande 
attention, l'on entend dans l'intérieur de la terre un bruit sourd très-éloigné. Ce bruit 
serait souvent plus sensible qu'au moment où nous l'avons entendu. Les jours où il 
vente un peu, l'odorat perçoit à plusieurs kilomètres, sous le vent de la fumarolle, une 
odeur carbono-sulfureuse absolument analogue à celle qui se dégage des hauts-four- 
neaux alimentés par la houille; deux kilomètres avant d'arriver aux fumarolles, ces 
vapeurs nous en ont annoncé la présence. 

Le seconde fumarolle est plus petite que la première, mais elle présente les 
mêmes phénomènes ; placée sur le versant Sud-Ouest d'une colline, elle court dans la 
direction du Nord-Est. 

Du village de Muong Luoc on relève la grande fumarolle (phou fai niai) ' au S. 80° 0. 
et la petite fumarolle (phou fai noi) au N. 35° 0. La première est à neuf kilomètres du 
village ; quand à la seconde, nous n'en avons pas estimé la distance : pour en déterminer 
la position, nous l'avons relevée au N. 35° E. de la grande fumarolle. 

Revenons au fleuve au point où nous l'avons quitté. De Ran Tanoun à Xieng Khong 
il existe des intervalles considérables où les grès ont entièrement disparu, mais en 
revanche les filons quartzeux se sont multipliés et coupent les schistes en tous sens. 
L'épaisseur de ces filons est généralement- très-mince et ne dépasse pas m ,10. Le 
calcaire aussi devient plus rare à mesure que l'on remonte le fleuve. Il forme à 
lui seul des montagnes et des pics escarpés surgissant au milieu des schistes et 
des grès, aux environs de Luang Prabang jusqu'au Nam Hou ; mais à partir de cette 
rivière, il disparait peu à peu de la surface du sol : les sommets des montagnes, qui 
avec le calcaire étaient nus et anguleux, deviennent arrondis et se couvrent de vé- 
gétation . 

Au pied du village de Xieng Khong nous avons observé, adossé à la berge du fleuve, 
un monticule de lave de 50 à 60 mètres de diamètre à sa base apparente, et dont le 
sommet n'atteint pas la hauteur de la berge qui en cet endroit était de 1 1 mètres au-dessus 
des eaux, au moment de notre passage (10 juin). La lave est noire et très-compacte, 
quoique fendillée à la surface. Elle ne paraît pas avoir coulé. 

Les collines et les montagnes environnant Xieng Khong sont constituées par des grès 
psammites à mica blanc et par des roches schisto-argileuses traversées par des veines de 
quartz. Dans les lits des divers torrents on rencontre une grande quantité de débris d'ar- 
gilophyre, ce qui nous porte à croire que, outre les grès, des roches porphyriques 
forment des collines entières dont nous ne voyons que la couche extérieure de terre 
argilo-végétale provenant de leur décomposition. 

A quelques milles au-dessus de Xieng Khong, encore dans le lit du fleuve, l'on trouve 

1 Phou foi niai veut dire montagne du grand feu ; phou fai noi veui dire montagne du petit feu. 



104 GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

deux monticules de lave, peu éloignés l'un de l'autre, analogues à celui dont nous venons 
de parler. Ces amas semisphériques sont enveloppés de toutes parts par des schistes 
métamorphiques diversement colorés. 

Le fleuve conserve toujours la même physionomie ; son lit est tortueux, encombré de 
blocs de grès ou d'autres roches, resserré entre une multitude de collines qui semblent 
se le renvoyer l'une à l'autre. Cependant, à 20 milles au-dessus de Xieng Khong, il tra- 
verse une belle et riche vallée d'alluvions où fut autrefois Xieng Sèn; mais on ne 
tarde pas à le retrouver encaissé comme précédemment. De la plaine de Xieng Sèn 
jusqu'au moment où nous quittons le fleuve, 25 milles plus haut, les grès, devenus rares 
un moment, sont en grande abondance; ils encombrent le lit du fleuve; ils sont grossiers, 
quartzeux, avec de nombreuses et larges paillettes de mica noirâtre. 

A 100 mètres environ en aval du débarcadère de Muong Lim, sur la rive droite du 
fleuve, nous avons vu un filon de roche verdâtre, finement poreuse, que nous pensons être 
du trapp. Ce filon monte verticalement à travers les grès qu'il dépasse, court E. et 0. et 
mesure m ,38 dépaisseur. Nous n'en avons pas rencontré de semblable dans les environs. 

Les difficultés de navigation devenant de plus en plus grandes, nous abandonnons le 
fleuve au débarcadère de Muong Lim, pour suivre désormais la voie de terre. 

Notre première étape a été de nous rendre à Muong Lim, situé à 16 ou 18 kilomètres 
du débarcadère, dans une vallée séparée du fleuve par une chaîne de collines de 500 
à 600 mètres d'élévation. Ces collines sont constituées par des schistes phylladiens calca- 
rifères, que l'on ne trouve qu'à leur base dans le lit des torrents, et par un grès psammite 
grossier, à mica blanc, très-abondant, et dont les grains sont mal liés par un ciment argi- 
leux. Une épaisse couche de terre argilo-végétale recouvre les roches que nous venons de 
nommer. 

De Muong Lim nous suivons une vallée étroite à peu près parallèle au fleuve, bordée 
de montagnes et de collines semblables, quant à leur forme et quant à leur constitution, 
à celles que nous avons déjà vues. On rencontre sur la route de nombreux villages, dont 
les plus importants sont Paléo et Siemlap. Près de ce dernier, nous rejoignons le fleuve 
que nous ne perdons plus de vue jusqu'à Sop Yong, c'est-à-dire pendant 40 kilomètres. 
Entre Siemlap et Sop Yong, à 10 kilomètres du premier village, on rencontre, traversant 
le chemin pour se jeter dans le fleuve, un courant d'eau chaude fortement sulfureuse. 
La température est de + 86° à la source ; celle-ci sourd à 300 mètres environ de la rive 
droite du fleuve, au milieu de blocs de grès détachés de la montagne voisine. 

Ces sources thermales sont très-nombreuses dans la contrée. Des indigènes prétendent 
qu'il en existe dont l'eau serait jaillissante à la manière des geysers d'Islande; les noms 
qu'ils leur donnent semblent indiquer ce fait. 

A Sop Yong, nous nous éloignons de nouveau du fleuve pour nous rendre à Ban Pas- 
sang et à Muong Yong, deux villages situés aux extrémités opposées d'une vaste et riche 
vallée d'alluvions. Près du second de ces villages nous trouvons encore dans un bourg, 
appelé Ban Bô, des sources thermales analogues aux précédentes. L'eau surgit en très- 
petite quantité par une multitude de points sur une surface de 1,500 à 2,000 mètres car- 



ITINÉRAIRE. 105 

rés. La température varie selon les sources entre + 74" et -f #2°. Les indigènes utilisent 
les propriétés thermales de ces eaux pour combattre les rhumatismes et les affections cu- 
tanées, et en séparent une portion du soufre qu'elles contiennent. 

Le 8 septembre, nous quittons Muong Yong pour continuer notre marche à travers le 
Laos Rirman et rejoindre le Yun-nan à Se-mao. Nous traversons les territoires de Muong 
You, de Muong Long et de Xieng Hong avant d'atteindre le Mékong que nous avions 
laissé à Sop Yong. L'intérêt géologique reste le même; nous voyons de belles et fertiles 
vallées d alluvions séparées par des chaînes montagneuses plus ou moins élevées et en 
général formées, comme les précédentes, de minces couches de grès quartzeux et de 
schistes de couleurs variées facilement décomposés par les influences atmosphériques en 
une terre argileuse jaune ou rougeàtre qui rend les chemins glissants et impraticables 
les jours de pluie. Le quartz en cristaux ou en veines grenues est très-répandu au milieu 
des schistes; on le rencontre parfois en blocs volumineux liés par un ciment siliceux 
et formant des brèches. 

Entre Muong You et Muong Long nous avons revu, sur les bords du Nam Leui, le 
calcaire cristallin ou compacte si abondant dans les environs de Luang Prabang et au- 
dessous; il est là à l'état de marbre noir veiné de blanc, de marbre jaunâtre, et de marbre 
blanc fumé moucheté de noir. 

A Muong Long et dans la plupart des villages que nous avons traversés jusqu'à Xieng 
Hong, on trouve dans les pagodes et chez les particuliers de belles plaques d'ardoise que 
les indigènes utilisent pour les inscriptions et le dallage des pagodes et des tombeaux. Les 
plaques sont assez grandes; nous en avons mesuré plusieurs qui taillées en rectangle 
avaient l m ,40 de hauteur, sur O m ,5o de largeur et O m ,05 à m ,08 d'épaisseur. Nous ne 
connaissons pas les carrières d'où on les retire; seulement, nous avons souvent rencontré 
dans le fleuve et les rivières des gisements qui peuvent facilement être exploités. La cou- 
leur de ces phyllades varie du cendré au noir en passant par toutes les nuances intermé- 
diaires. 

Pendant le court séjour que nous avons fait à Muong You, le roi de cette province 
a mis à notre disposition un certain nombre de roches et de minerais qui se trouvent 
dans le pays qu'il administre. Le fer est surtout abondant. Ce métal se présente sous trois 
formes principales : le fer pyriteux, le fer carbonate et l'oxyde de fer hydraté en roche. 
Les deux derniers minerais renferment le métal en très-forte proportion, et sont très- 
répandus. 

Il existe aussi des minerais de cuivre ordinaire, de cuivre argentifère, d'antimoine, 
de plomb et probablement d'étain. On recueille l'or dans le lit des rivières et des tor- 
rents. La plupart de ces minerais sont extraits pour les besoins du pays, à l'exception de celui 
d'argent que l'on semble devoir tenir secret à cause des exigences de la cour d'Ava pour 
l'exploitation des métaux précieux. On nous a montré, en outre, des grains de grenat, qui 
ne sont pas rares au milieu de ces terrains, et diverses roches siliceuses, quartz, cal- 
cédoines, agates, de nulle valeur. 

La région que nous avons traversée de Muong Lim à Xieng Hong est dominée par un 

II. 14 



100 GEOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

plateau central élevé de 1,200 à 1,300 mètres au-dessus du niveau des mers; c'est le 
plateau de Xieng long sur lequel est bâtie la ville de ce nom, résidence habituelle du 
chef principal des Shans. 

Des points culminants des montagnes de Xieng Tong l'œil découvre une mer de 
sommets mamelonnés, à physionomie uniforme, s'étendant sans limite vers tous les points 
de l'horizon. La constitution géologique est la même que plus bas : grès, schistes et cal- 
caires cristallins composant le sous-sol. A Xieng Tong, comme dans tous les endroits 
où nous avons vu des montagnes élevées, les calcaires soutiennent et traversent les 
grès; ils forment généralement des pics ou des crêtes escarpées d'où l'on tire de la pierre 
à chaux et des marbres divers dont le plus commun est de couleur bleuâtre. On ren- 
contre aussi dans la même région une stéatite verdàlre, très-onctueuse au toucher, em- 
ployée par les indigènes pour écrire sur les ardoises et les planchettes. 

Le pays est très-riche en métaux. Les sources chaudes sulfureuses y sont très-abon- 
dantes et très-nombreuses. Outre leur utilité au point de vue médical, on en retire du 
soufre en faisant passer l'eau par une multitude de tubes en bambou ou à travers des 
branchages : l'eau en se refroidissant abandonne une partie de son soufre sur les 
parois des tubes ou des branchages. Le fer est exploité en plusieurs endroits pour les 
besoins ordinaires de l'agriculture ; mais il existe une peuplade de montagnards qui 
s'est livrée à une industrie particulière que l'on s'étonne de rencontrer en pareils lieux 
et chez des gens à peu près sauvages. Nous voulons parler de la fabrication d'armes à feu. 
Ces sauvages imitent assez fidèlement les longs et grossiers fusils à silex que les Anglais 
vendent en si grande quantité dans l'Afrique centrale et dans l'Indo-Chine. Le calibre 
du canon est d'un petit diamètre, foré au moyen d'une mèche en fer; les diverses pièces 
de la platine sont en fer forgé, les garnitures en cuivre ; le bois est la pièce de l'arme la 
mieux faite; ils la colorent en rouge brique. Tous ces fusils sont à un seul canon et 
valent dans le pays de 10 à 12 francs. 

Le 7 octobre 1867 nous franchissons le Mékong à Xieng Hong pour nous rendre à 
Se-mao, première ville absolument chinoise que nous devons atteindre. 

Le sol de la rive gauche du fleuve est peut-être plus tourmenté, s'il est possible, que 
celui de la rive droite ; les pics, plus nombreux et plus rapprochés que de l'autre côté du 
tleuve, sont séparés par d'étroits et profonds ravins que les eaux ont creusés dans des 
schistes et des grès variés, facilement désagrégés et entraînés par les courants pour former 
les immenses alluvions des embouchures du Mékong. Cette disposition du sol, ces 
ascensions pénibles suivies de descentes non moins fatigantes, par des chemins à peine 
tracés et souvent dangereux, rendent les communications difficiles et la majeure partie 
delà contrée peu habitable. Les vallons et les vallées sont bien rares; sur la route suivie 
nous n'avons rencontré avant Se-mao que les petites vallées de iMuong Yang et de Xieng 
Neua et le bas-fond de Muong Pang. 

De distance en distance, on aperçoit quelques montagnes calcaires nues et escarpées. 
Ces calcaires sont en général bleuâtres, compactes ou cristallins. Entre le fleuve et 
Muong Yang les schistes sont gris de cendre et talqueux, difficilement creusés par les 



ITINERAIRE. 107 

eaux; partout ailleurs ils sont de couleurs très-variées, le plus souvent bruns, ou rubanés, 
jaunes, rouges, violets, facilement désagrégés par les influences atmosphériques, ce 
qui rend les routes non empierrées à peu près impraticables pendant la saison des pluies ; 
le sol devient boueux dans la plaine, et l'argile des pentes glissante comme la glace. 
Nous en avons fait la triste expérience pendant quatre mois. 

Les grès sont de deux sortes : l'un, jaune, grossier, mal lié; l'autre, rougeàtre, dense, 
à grains fins et uniformes, très-propre aux constructions des maisons et des pagodes : 
nous en avons vu des morceaux qui mesuraient jusqu'à 5 et 6 mètres de longueur : il 
sert surtout à faire des colonnes supportant le chien symbolique préposé à la garde des 
tombeaux chinois ; les champs des morts en sont pleins. 

Autour de Se-mao le grès rouge et le calcaire sont les deux roches dominantes. 

Les fossiles sont toujours très-rares; nous n'avons rien trouvé dans les grès, ni les 
schistes; nous n'avons remarqué qu'une portion de coquille dans le socle en calcaire 
compacte d'un monstre sculpté. L'empreinte comparée de ce fossile nous porte à croire 
que c'est le spirigerina reticularis de la couche dévonienne superficielle. 

La chaudronnerie est la seule industrie métallurgique de Se-mao ; le martelage est 
peu uniforme et les divers ustensiles grossièrement faits ; mais ils suffisent aux besoins 
de la population. Le cuivre employé n'est point extrait dans les environs; il vient tantôt 
de Sin-long Tchang, tantôt d'un autre point, selon que l'état de guerre dans lequel se 
trouve aujourd'hui la province laisse libre la route de telle ou telle des nombreuses 
mines de cuivre que possède le Yun-nan. 

Nous avons trouvé dans les pharmacies chinoises des échantillons de cinabre qu'on 
nous a dit venir de Ta-ly fou. Nous n'avons pu savoir si on le recueillait près de Ta-ly, ou 
bien s'il était apporté d'une autre contrée sur le grand marché de cette ville. 

Au delà de Se-mao, en se rapprochant du Song Koi, les montagnes sont plus élevées 
que précédemment et se présentent sous forme de chaînes ayant la direction Est et Ouest 
assez bien indiquée. Les schistes deviennent rares, les grès, le rouge surtout, persistent 
et le calcaire est de plus en plus abondant. Cette portion de notre route, y compris notre 
séjour à Ta-lan, nous a particulièrement intéressés. 

Le lendemain de notre départ de Se-mao nous visitâmes entre Na- cou-ly et Ho-boung un 
gisement carbonifère anthraciteux qui parait être très-abondant. Dans les mouvements du 
sol les couches carbonifères ont été redressées à peu près verticalement, de sorte que'lles 
présentent leurs tranches en affleurement. A 6 kilomètres de là sont les salines de 
Ho-boung et à deux journées de marche plus loin celles de Mo-he. Nous parlerons de ces 
gisements dans le chapitre qui traitera des minéraux utiles. 

Entre les deux salines se trouve la ville fortifiée de Pou-eul fou, bâtie dans une belle 
vallée d'alluvions entourée de hautes montagnes argileuses ou calcaires, sur lesquelles 
on cultive le thé réputé le meilleur de la Chine. 

Avant d'atteindre le Song Koi nous traversons deux de ses principaux affluents très- 
profondément encaissés et séparés par un plateau argileux jaunâtre, percé par de nom- 
breuses pointes calcaires, sur lequel nous trouvons, pour la première fois, à peu près 



108 GEOLOGIE ET MINERALOGIE. 

toutes les productions des pays tempérés. L'altitude moyenne de ce plateau est estimée 
à 1,400 mètres. 

Jusqu'à Yuen-kiang, sur les bords du Song Koi, nous n'avons rien vu de bien 
important, si ce n'est les mines d'or argentifère situées à environ 30 kilomètres au 
nord de Ta-lan. Les précieux métaux se trouvent dans de la serpentine injectée dans 
des failles calcaires, tout à fait sur la crête d'une haute montagne. (Voir le chapitre IV.) 

La constitution géologique de l'espace parcouru entre Pou-eul fou est la même que 
précédemment : les calcaires dominent, puis viennent les grès et les schistes. La route 
a été des plus accidentées et des plus fatigantes ; les montagnes sont élevées et froides, 
les ravins fréquents et d'une profondeur considérable ; les eaux des torrents et des 
rivières coulent étroitement encaissées entre deux murailles de roches taillées à pic et 
d'un accès difficile. On peut en donner une idée par le temps que nous avons mis pour 
descendre du village de Mong-lang à Yuen-kiang : il a fallu six heures de marche pour 
atteindre cette dernière ville que le matin nous voyions à nos pieds. La différence de 
niveau entre ces deux points est d'environ 1,000 mètres seulement ; mais la différence 
de température est immense. En haut, les arbres rabougris de la zone tempérée; sur 
les bords du Song Koi, le bananier, les palmiers et tout ce qui accompagne la luxu- 
riante végétation des tropiques. 

Trois jours de séjour à Yuen-kiang nous ont permis d'aller visiter le vaste gisement 
de cuivre de Sin-long tchang, à 25 kilomètres au Nord de Yuen-kiang, et les mines de 
fer de Kang-houa, près de Kang-tchong-pa. Ces dernières sont très-abondantes et 
riches en métal. Leur proximité du Song Koi qui est la grande voie commerciale entre 
l'intérieur du Yun-nan et les ports du Tong-king donne à ces mines une valeur relative- 
ment importante. .. . . 

La ville de Yuen-kiang est bâtie sur les bords du Song Koi au milieu d'une plaine 
qui fut autrefois le fond d'un lac. Chaque torrent qui se versait dans ce lac avait 
amoncelé à son embouchure un amas d'alluvions considérables, qui aujourd'hui coupées 
par le Song Koi forment des berges taillées à pic de 30 à 40 mètres de hauteur sur le 
flanc desquelles on peut lire le nombre des inondations par les couches périodiques de 
marnes et de galets amoncelées les unes au-dessus des autres. En aval de Yuen-kiang le 
fleuve coule entre deux rochers à pic, ancienne digue du lac usée par les eaux qui 
se sont frayé un passage. 

Le calcaire bleuâtre, qui partout ailleurs était le calcaire dominant, est remplacé, sur les 
bords du Song Koi, par des marbres blancs légèrement fumés, d'un beau grain, par des 
marbres blancs et roses, et surtout par des brèches d'une très-grande beauté : ce sont des 
morceaux de marbres de couleurs, de formes et de grandeurs variées, noyés dans une pâte 
passant du rose tendre au rouge de sang. Cette dernière roche encombre le lit du fleuve 
et forme presque exclusivement la chaîne de la rive gauche deYuen-Kiang au Tong-king. 

Si la descente de Mong-lang sur les bords du Song Koi a été longue et pénible, les 
ascensions qu'il nous a fallu faire sur la rive opposée pour sortir de ce bassin n'ont pas 
été moins fatigantes ; mais nous avons été grandement dédommagés de nos fatigues 



ITINÉRAIRE. 109 

par la vue d'un pays à physionomie nouvelle. La chaîne qui nous a coûté tant de peine 
à gravir présente de ce côté une pente douce ; les montagnes, qui nous paraissaient si 
hautes vues des bords du fleuve, semblent s'être aplanies : nous sommes sur un vaste 
plateau semé de nombreux lacs autour desquels s'est groupée une population douce et la- 
borieuse. La ville principale de cette portion de province est Lin-ngan fou, bâtie comme 
Yuen-kiang sur l'emplacement d'un ancien lac, et adossée à des collines d'alluvions qui 
recouvrent un abondant gisement de lignite. Ici la digue du lac a été coupée par la main 
des hommes. Les seules exploitations importantes dont nous ayons entendu parler dans 
les environs, sont les mines de plomb argentifère de Mong-tse à quatre ou cinq journées 
de marche à l'Est de Lin-ngan fou. Le gisement serait considérable et d'une exploration 
très-facile ; il est cité dans toute la Chine pour la richesse de son minerai. 

En quittant Lin-ngan fou nous traversons le beau lac de Che-pin, de 15 kilomètres 
de diamètre, encadré au Nord par des montagnes calcaires, et au Sud par des collines 
schisteuses d'où l'on retire d'assez grandes plaques d'ardoise violette. Dans la ville même 
de Che-pin plusieurs sources fortement chargées d'acide carbonique viennent sourdre 
dans l'enceinte d'une riche pagode élevée sans cloute aux divinités protectrices de ces 
eaux médicinales. 

De Che-pin nous marchons le plus directement possible vers la capitale du Yun- 
nan où nous arrivons quinze jours après. Cette route a été beaucoup moins fatigante 
qu'aucune de celles que nous avons suivies depuis que nous avons quitté le Mékong ; 
les collines et les montagnes sont relativement beaucoup moins élevées que précédem- 
ment, les pentes sont douces, les chemins meilleurs, et nulle part nous ne rencontrons 
des rivières encaissées comme le Song Koi et ses affluents. Le calcaire compacte 
bleuâtre est la roche dominante : il forme exclusivement les hautes montagnes et retient 
les eaux des lacs de Tong-hay, de Kiang-tchouen, de Tching-kiang fou et de Yun-nan ; 
les grès et les schistes n'apparaissent que sur les flancs des montagnes où ils sont d'ail- 
leurs recouverts d'une épaisse couche de terre végétale. 

Entre Che-pin et Tong-hay nous visitons en passant les fonderies et les forges de 
Lou-nan et de Lang-pong-ly. Les riches minerais de fer que l'on y exploite sont en grande 
abondance et à peu de distance de ces deux points. 

Les lacs que nous venons de nommer , placés à un niveau supérieur à celui 
de Che-pin , sont tous plus grands que ce dernier lac, ceux de Tching-kiang fou et 
de Yun-nan mesurent de 50 à 60 kilomètres dans leur plus grande dimension. Ces lacs 
sont très-rapprochés les uns des autres, deux d'entre eux, celui de Kiang-tchouen et celui 
de Tching-kiang fou, communiquent même par un canal artificiel de 1,700 mètres de 
long à travers une colline de grès quartzeux. Ces deux derniers lacs n'auraient, dit-on, 
pas d'issue, les eaux qu'ils reçoivent ne dépasseraient pas un certain niveau et filtreraient 
à travers les roches calcaires qui les retiennent. 

Des terres alluviales de grande étendue et d'une fertilité remarquable entourent les 
lacs que nous venons de voir et nourriraient une population bien plus considérable 
que celle que nous avons rencontrée. La plaine de Yun-nan peut, à elle seule, recevoir 



110 GEOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

plusieurs millions de Chinois : les eaux du lac la couvraient en partie autrefois, mais un 
canal creusé pour déverser les eaux dans le Yang-tse Kiang a livré aux cultivateurs une 
surface immense de riches terres. 

Nous trouvons à Yun-nan un missionnaire français qui nous a donné des renseigne- 
ments précieux sur les richesses minérales de cette province et de la partie du Se-tchouen 
qui lui est contiguë; nous en parlerons longuement au chapitre qui traitera de ces matières. 
La principale roche minérale est la houille que l'on rencontre à chaque instant et dont 
le bassin connu s'étend depuis les montagnes de Li-kiang, sur les frontières du Tibet, 
jusqu'à Nankin près de l'embouchure de l'immense Yang-tse Kiang, c'est-à-dire sur 
une surface de 800 à 900 lieues de diamètre. 

Entre la capitale du Yun-nan et le Yang-tse Kiang le sol est aussi tourmenté que sur 
les bords du Song Koi. Les chemins sont montueux et horriblement mauvais, les cours 
d'eau profondément encaissés, et pour comble de nos misères nous traversons cette 
contrée au moment le plus rigoureux de la saison d'hiver, luttant contre un vent violent 
du Nord-Est, qui nous jette au visage des flocons de neige ou une pluie glacée. 

La constitution géologique des lieux que nous avons observés à Yun-nan, à Tong- 
tchouen et dans les divers endroits qui séparent ces points de Souy-tcheou fou, est partout 
identique, nous ne trouvons jamais que trois roches : des calcaires compactes ou cris- 
tallins, des schistes bruns qui manquent quelquefois et des grès variant du rouge au jaune. 
Les couches carbonifères se trouvent habituellement entre les schistes et un grès gris 
semblable à celui qui forme le toit de la couche carbono-cuivreuse de Bassac. Sur les 
plateaux élevés il n'existe aucun cours d'eau, l'eau des pluies disparaît dans un nombre 
incalculable d'entonnoirs sans que l'on sache le plus souvent où elle va sortir. 

Les quatre mois que nous avons mis à parcourir la contrée dont nous venons de 
tracer le tableau géologique (janvier, février, mars et avril), ont surtout été consacrés à 
visiter des gisements et des exploitations minérales et à nous renseigner sur les mines 
que nous n'avons pu voir. Les renseignements qui nous ont été communiqués par 
M. Thorel sur l'excursion de Ta-ly nous prouvent que les formations de la partie Ouest 
de la province sont de même nature que celles que nous avons déjà décrites. 

Nos observations personnelles s'arrêtent à Souy-tcheou fou sur les bords du Yang-tse 
Kiang : là nous entrions dans une région déjà connue et explorée. Nous nous embar- 
quâmes sur le fleuve jusqu'à Shang-haï, ne descendant à terre que pour renouveler 
nos provisions de bouche ; nos observations ont donc été très-incomplètes dans cette 
partie de notre voyage, aussi nous contenterons-nous d'analyser le travail du capitaine 
Blakiston et celui de l'Américain Pumpelly. 

Le premier de ces voyageurs a remonté le fleuve jusqu'à Pin-chan hien et a parfai- 
tement étudié le cours supérieur du Yang-tse Kiang ; le géologue américain a en partie 
contrôlé par lui-même les observations de Blakiston, mais, son travail étant incomplet, 
nous apprenons avec plaisir qu'un géologue allemand, M. Bichtofen, est en ce moment 
occupé à faire la géologie de cette partie intéressante de la Chine. 

De Pin-chan hien à Souy-tcheou fou les bords du fleuve sont formés de grès grisâtres 



ITINÉRAIRE. 111 

devenant micacés et pourprés dans cette dernière localité. Rlakiston a observé dans la 
gorge profonde de Lotu de nombreuses extractions de houille ; le combustible, retiré par 
des galeries creusées à une assez grande hauteur sur le flanc des collines, est descendu 
jusqu'à l'eau au moyen de paniers que l'on fait glisser le long des câbles en bambou. 
Le panier plein en descendant fait monter celui qui vient d'être vidé. Tout ce pays est 
montagneux; les escarpements des rapides de Pa-tan-pa atteignent jusqu'à 500 pieds an- 
glais de hauteur. 

Le charbon bitumineux se retrouve à Pa-ka-chou.Si\ milles en aval de Souy-tcheou fou 
on exploite un charbon meilleur que la plupart de ceux des provinces arrosées par le 
Yang-tse supérieur. Ce charbon est retiré par gros blocs d'un grès micacé pourpre ; du 
fer existe dans le voisinage. Les mêmes grès s'observent à Ma-tchi et à Cbing-pa-cha. 

Une rangée de collines, courant dans la direction du Sud, se trouve en face du Yang- 
tse. Les noms des deux villages Lo-wan-tche et Pe-cha-dô (Terre-Noire et Terre-Rlanche) 
indiquent la présence du charbon et de la pierre à chaux dans le voisinage de cette der- 
nière localité. 

De nombreux lavages d'or existent à Lou-tcheou et à Tchong-kin fou. Autour de cette 
ville seraient, d'après Pumpelly, des puits artésiens salifères et des exploitations de cuivre 
et de cinabre ; nous croyons que cet auteur a été mal renseigné, à moins qu'il ne confonde 
le réalgar avec le cinabre. Rlakiston a reconnu que les montagnes qui bornent le district 
dont nous parlons, sont formées de calcaires et de grès dont les couches courant Nord- 
Est et Sud-Ouest plongent de 75° à 80° vers l'Ouest. 

De Fou-tcheou à Ouan le lit du fleuve est encaissé entre des grès calcaires, grossiers, 
micacés ou siliceux à strates dirigées Nord-Est et Sud-Ouest à Tchong-kin, et Ouest-Nord- 
Ouest à Fou ; près de cette dernière localité les couches plongent de 30° environ vers le 
Nord-Nord-Est. Le fond de la rivière, formé de sables siliceux avec parcelles de fer, paillettes 
de mica blanc et jaune, conglomérat à demi solidifié, roule de l'or. Dans toute cette région, 
beaucoup d'habitants, quoique le rendement soit très-faible, sont occupés à laver les sables 
aurifères. Pour séparer le métal précieux on se sert de berceuses ou corbeilles en bambou 
peu profondes reposant sur un pied articulé et pouvant être mises facilement en mouve- 
ment. Cinq personnes sont attachées au service dune berceuse ; deux des hommes 
extraient le gravier, un autre est chargé de fournir l'eau nécessaire, un quatrième lave 
le sable, qu'un dernier individu recueille. Chaque ouvrier dépose sa charge dans la cor- 
beille; on y verse de l'eau, puis le mélange est agité un certain temps jusqu'à ce qu'une 
grande partie des matières étrangères se soient séparées. Le sable aurifère est alors jeté 
sur un plan incliné en bois où le métal plus dense se sépare des autres matières. 

De Ouan à Koui-tcheou fou nous n'avons à noter que la présence de puits salés et 
de quelques couches d'anthracite. 

A la frontière du Se-tchouen et de la partie Ouest du Hou-pé le fleuve traverse, pen- 
dant environ 80 milles, du calcaire, de minces couches de schistes métamorphiques et 
des granités ; des grès grisâtres grossiers, avec veines de carbonate de chaux spathique 
en couches presque horizontales couronnent ces diverses formations. Ces grès renferment 



112 GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

de nombreuses couches de charbon que l'on extrait par galeries ; le combustible n'est pas 
de bonne qualité et on ne prend aucun souci pour l'extraire en gros blocs ; il est pul- 
vérisé, mélangé avec de l'eau et de l'argile et façonné en briquettes. 

Nous sommes étonné que les auteurs que nous analysons, n'aient ni l'un ni l'autre 
signalé l'immense cratère que traverse le fleuve au moment où il pénètre dans les gorges 
que nous venons de décrire. Un pilier de lave de 20 à 27 mètres de hauteur surgit au mi- 
lieu des eaux à peu près vers le centre du cratère. 

Le village de Kouan-du-ko, qui se trouve à quelques milles au-dessus de Koue tcheou 
est bâti sur un calcaire finement grenu dont les couches sont fortement bouleversées. 
A partir de ce point, on entre dans les champs de Koue, si riches en minerais d'argent, de 
plomb, d'or et d'autres métaux. De l'anthracite se trouve en abondance au milieu de grès à 
surfaces brillantes avec des débris végétaux dont nous parlerons plusbas. A Koue même 
les couches courent Nord-Nord-Ouest et Sud-Sud-Est, plongeant de 75° environ vers Est- 
Nord-Est. A deux milles de la ville le grès est siliceux grisâtre ou marneux pourpré ; de 
minces lits de calcaire et d'argilite alternent avec ces grès qui reposent eux-mêmes sur des 
grès calcareux finement grenus, supportés à leur tour par des calcaires ; les couches sont 
fortement plissées en certains points. 

La gorge de Mi-tan est formée de strates qui s'inclinent au Nord-Ouest : les escarpe- 
ments ont environ 900 pieds anglais de haut. Suivant Pumpelly, en descendant vers Chan- 
to-pien les deux côtés du fleuve seraient constitués par des granités à petits grains, et du 
granité syénitiquc composé de feldspath blanc, de quartz, de larges lames de mica blanc, 
de cristaux d'hornblende, avec de petits octaèdres de fer magnétique. Nous n'avons pas pu 
vérifier les observations de Pumpelly, n'étant pas descendu à terre pendant le temps que 
nous avons mis à franchir cette distance, la plus grande partie de ce parcours a d'ailleurs 
été faite pendant la nuit. 

Près d'I-tchang, et à 15 milles environ en amont de cette ville, le fleuve est très-en- 
caissé et présente de nombreux rapides; il roule des cailloux de granité et de gneiss. 
Les bords du Yang-tse sont formés de calcaires à lits dirigés Nord-Est et plongeant Sud- 
Est 8°. Au-dessus viennent des grès grisâtres finement grenus passant à un conglo- 
mérat grossier ; les strates presque verticales et penchant vers le Nord-Ouest s'élèvent 
à la hauteur de 800 à 900 pieds. Aux environs, Pumpelly indique du charbon, du nitre 
et des agates. Le même conglomérat, en relation avec le grès micacé rouge, se retrouve 
à I-tou et vers King-tcheou. 

« Le lit de la rivière est par places rocheux ; le sol de la contrée adjacente est de nature 
« argileuse ou graveleuse ; près du village de Yang-chi on retire de la pierre à chaux : 
« à l'opposé de Chi-kiang, à l'Est du fleuve, dans les couches inférieures se voit un cal- 
ce caire moucheté. De ce point à I-tchang, le Yang-tse longe une montagneuse contrée, 
« et, avant d'atteindre cette dernière ville, on passe entre deux murailles verticales de 
« conglomérat grossier renfermant des cailloux de quartz, de limonite et de jaspe (1). » 

Sur les bords de la rivière en face d'I-tchang un grès légèrement poreux et calcarifère 

» Blakistôii. 



ITINÉRAIRE. 113 

est associé à ce poudingue. A Han-keou et à Ou-tchang nous voyons les mêmes grès plus 
ou moins argileux avec des quartzites compactes. Le calcaire reparaît autour du lac 
Poyang; il est, comme toujours, surmonté par les grès. A l'Est sont les collines gra- 
nitiques de King-tching ou King-te-tching qui fournissent le célèbre kaolin pour la 
fabrication des plus belles porcelaines. Sur les rives et sur les collines qui bordent le lac 
à l'Est, l'Américain Abel a mentionné des granités et des schistes micacés. 

A partir de ce point, on entre dans une vallée d'alluvions jusque près de Nankin. 
Dans les environs immédiats de cette ville, surtout vers l'Est, on extrait du calcaire et du 
charbon. Sur la rive gauche du fleuve le grès rougeàtre reparaît; ses couches courent 
O.-S.-O. et plongent de 40°E.-S.-E. Après Nankin le fleuve coule jusqu'à son embouchure 
dans un vaste delta. 



15 



III 



GEOLOGIE 



Jusqu'à l'arrivée de l'expédition du Mékong- les études géologiques sur le Cambodge 
et la Cochinchine ont été à peu près nulles. Quelques vagues renseignements donnés 
par Crawfurd *, Mouhot 2 , Mac Culloch 3 , sont les seuls documents que nous ayons sur 
cette vaste étendue de pays. E. Cortambert, qui a rédigé la première partie de l'ouvrage 
publié par lui et par Léon de Rosny sur la Cochinchine, se borne à dire : « Les montagnes 
« principales, du cap Saint- Jacques à Hué, paraissent composées de granité et de syénite; 
« le quartz et le calcaire forment les montagnes inférieures. Les alluvions constituent la 
« plus grande partie de la Basse-Cochinchine 4 . » De nombreuses roches ont été 
rapportées par Itier, par Chevalier, par l'expédition de la Bonite, et tout dernièrement 
par M. Le Mesle. Ces séries si précieuses pour nous ont pu être étudiées avec tout le soin 
désirable, grâce à l'extrême bienveillance de monsieur le professeur Daubrée, du Muséum 
d'histoire naturelle. D'après Barbie du Bocage 3 , M. Le Mesle aurait l'intention de faire 
connaître le résultat de ses recherches ; du moins lisons-nous au n° 403 de la Biblio- 
graphie Annamite que « le travail de M. Le Mesle traite en grand détail des produits du 
« Cambodge, flore , faune, géologie, » et qu'il sera prochainement « publié dans le 
« Bulletin de la Société de Géographie de Paris. » 

1 Journ. of an ernbassy to the courts of Siam and Cochin-China. In-4°, London, 1828. 

2 Voyages aux royaumes de Siam, de Cambodge et de Laos, de 1858 à 1861. In : Tour du Monde. 

3 Dictionary geographical, statistical and hislorical, 9 e édit. , 4 vol. in-8°. London, 1864, t. I, p. 115. 

4 Tableau de la Cochinchine. In-8, Paris, 1862. 

5 Rev . maritime et coloniale , t. XVI et XVIII. 



116 GEOLOGIE ET MINERALOGIE. 

L'ordre naturel voudrait que nous commençassions cette troisième partie de notre ou- 
vrage par la géologie du bassin du Mékong depuis son embouchure jusqu'aux frontières de 
la Chine. En présence de la pénurie des renseignements nous devons chercher nos points 
de comparaison dans l'empire du Milieu qui a été beaucoup mieux étudié, dans certaines 
de ses parties du moins. Pour ce travail nous nous aiderons des mémoires de Bonny ', 
de Ritter 2 , d'Hier 3 , dTmbert 4 , de Blakiston 5 , d'Abel 6 , de Davis, de Williams, etc., 
et de nos observations propres ; les deux derniers auteurs que nous venons de citer se 
sont surtout occupés des métaux, aussi parlerons-nous plus loin de leurs ouvrages. Tout 
récemment R. Pumpelly a publié dans le tome XV des Snxithsonian Contributions des 
recherches sur la géologie de la Chine, de la Mongolie et du Japon. 

Nous chercherons quelques-uns de nos points de comparaison dans les autres provinces 
de Chine, en Mongolie, dans le Thibet et surtout dans l'Inde, cette vaste région qui a déjà 
été si bien étudiée par les géologues anglais, et qui, grâce aux nombreuses recherches 
de ces patients et savants investigateurs, a relevé tant de faits intéressants pour la strati- 
graphie, a fait connaître des faunes, depuis celle des terrains anciens jusqu'à l'ossuaire 
des monts Sewalik, si instructives pour le naturaliste philosophe. 

Quand à l'aide de ces divers matériaux nous connaîtrons l'âge des différentes couches 
qui composent le sous-sol du Céleste Empire, nous pourrons plus sûrement paralléliser 
ces formations avec celles que nous avons rencontrées le long du cours du Mékong, et 
arriver ainsi à leur assigner une place dans la série des terrains. Nous verrons, en effet, 
que les formations de Cochinchine, celles du Laos, peuvent, sauf pour quelques 
points de détail, être comparées à celles de Chine. 



1° Chine. 

Si on jette les yeux sur 1' « hypothetical map » donnée par Pumpelly 7 , on voit que 
le sous-sol de la Chine, clans toute la partie située au Sud-Est du Yang-tse Kiang, seule 
région dont nous ayons à nous occuper, se compose de quatre massifs de granité et de 
roches métamorphiques sur lesquelles s'appuient de chaque côté du calcaire dévonien, 
supportant à son tour le terrain désigné par l'auteur sous le nom de « Chinese coal 
measures, » formation du charbon, rapportée au trias. Telle serait d'une manière 
générale aussi la composition de toute la Chine ; ajoutons qu'une grande partie des 
provinces du Nord-Est, Ngan-hoei, Pe-tche-ly, Kiang-sou, est formée de terrains post- 
tertiaires. La section faite le long du fleuve Rleu, depuis les côtes du Pacifique jusqu'à 
Pin-chan hien dans l'Ouest du Se-tchouen, montre la même succession du granité, des 

1 A Trip from Canton to Shanghaï. Shanghaï, 1861. 

2 Asien. T. III. 

3 Journal d'un voyage en Chine en 1843, 44, 45 et 46. 3 vol. in-8°, Paris, 1833. 

4 Annales de la Propagation de la foi. In-8°, Paris, t. III, 1828-1829. 

5 Fiue months on the Yang-tse. In-8°, London, 1862. 

6 Narrative ofajourney in the interior of China. London, 1818. 

7 Op. «V.,pl. VI. 



GÉOLOGIE. 117 

roches métamorphiques, du calcaire dévonien et du trias, ce dernier composé de trois 
parties, qui sont de bas en haut : des conglomérats, des schistes argileux, des grès. 

Kingsmill, qui a vu les principales formations de la côte orientale de la Chine, admet 
un autre ordre de succession des couches qui serait le suivant : 1° Granité, 2° Roches 
gneisiques, 3° Grès rouges à conglomérats, 4° Calcaire, 5° Grès micacé alternant avec 
des minerais de fer, 6° Couches houillères, 7° Calcaire. L'âge assigné par l'auteur à ces 
différentes couches n'est pas celui indiqué par R. Pumpelly. Laissons parler Laugel qui 
a analysé le mémoire de Kingsmill : « C'est le granité qui supporte les roches sédimen- 
« taires probablement siluriennes, qui se montrent dans l'île de Hong-kong \ « J. Itier, 
qui a étudié avec soin une partie de la Chine, n'a guère, à notre avis, fait appel qu'à 
des souvenirs éloignés lorsqu'il a admis le silurien comme constituant une partie du 
sous-sol de la Chine et de la Cochinchine. « Dans le massif des collines situées 
« derrière la baie Tourane, dit-il, sont des grauwackes... au-dessus desquelles sont 
« des calcaires... Le marbre veiné de noir répand, quand on le casse, une odeur 
« d'hydrogène sulfuré due à la grande quantité de débris organiques... Nous y avons 
« trouvé une grosse Térébratule... et un corps rond dont la cristallisation spathique 
« rappelle assez la forme des Orthocères du calcaire de transition de Villefranche 
« (Pyrénées-Orientales)... En rapprochant les caractères généraux des roches que nous 
« venons de décrire, des observations faites non loin de là, sur les côtes de Chine, on 
« serait fondé, jusqu'à un certain point, à rapporter ces roches au système silurien 2 . » 
11 se pourrait donc que les deux formations dévonienne et silurienne existassent en 
Chine et en Cochinchine, d'autant plus que dans cette dernière région sont, comme 
nous le verrons plus loin, des schistes métamorphiques, inférieurs au calcaire dévonien, 
et qui se rattachent très-probablement au silurien. 

Cet aperçu général sur la géologie de la Chine donné, chacune des formations dont 
nous venons de parler va nous occuper plus en détail. Nous étudierons successivement 
les roches cristallines, les roches métamorphiques, la grande formation calcaire, le 
système du Chinise coalmeasures, les dépôts post-tertiaires, les formations actuelles. 

% I er . — Boches cristallines. 

A. Granité et Syénite. — Les collines qui entourent la rade de Macao sont composées 
de granité à grains fins ou à grains moyens, variant du gris bleuâtre au jaunâtre, renfer- 
mant des filons de quartz hyalin souvent chargés de feldspath ; certains de ces granités dé- 
composés forment des sommets d'environ 100 mètres au-dessus du niveau de la mer. La 
grotte de Camoëns renferme des blocs de la même roche. Nous trouvons aussi des syénites 
à grains moyens grisâtres ou gris-verdâtres, passant à la syénite porphyroïde, et contenant 
du quartz enfilons, des cristaux de fluorure de chaux, de sphène, des enduits d'hydrate de 
fer mêlé de manganèse, des veines verticales de basanite amygdalaire passant à la wacke, 

1 Delesse et Laugel, Rev. de Géologie, t. III, p. 368, et The Geologist, 1863. 
-Op. cit., p. Ml et 112. 



118 GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

de basanite celluleuse avec carbonate de chaux lamellaire. Ces mêmes roches, granité por- 
phyroïde avec quartz et syénite, se retrouvent près de Canton. Des pegrnatites rougeàtres, 
à grains fins ou à gros grains, souvent avec enduits talqueux et pyrites, surchargées de 
quartz en certains points, forment au Nord de Macao des filons au milieu de la syénite. L 'île 
de Kee-Ow, à l'entrée du Tcheou Kiang qui mène à Canton, l'île de Lappa, h l'Ouest 
de Macao, file Verte, l'île de Jy-coek-tow, à l'Ouest de Bocca Tigris, rivière Tcheou 
Kiang, sont formées des mêmes roches : granité, syénite ordinaire, granité porphyroïde 
blanc-violàtre, syénite porphyroïde, porphyre pétro-siliceux quartzifère et talcifère '. 
« Dans les îles qui bordent la côte, les rochers consistent seulement en granité à gros 
« grains, traversés par quelques veines de quartz 2 . » Cette première bande de roches 
anciennes s'étend jusqu'aux environs de Fo-hing-Iow, à travers la province de Fo-kien. 
Une seconde bande beaucoup moins longue, parallèle à la précédente, s'étend dans la 
province de Kouang-tong, de Lien-tcheou vers Tchao-tcheou. Sensiblement parallèle à 
ces deux dernières, dans sa partie N.-E. du moins, estime longue bande granitique com- 
mençant aux îles Chusan, passant à Ning-po fou, se trouvant à la séparation des pro- 
vinces de Fo-kien et de Kiang-si, et allant jusqu'à Ping-lo fou. Cette zone, d'abord cou- 
rant sensiblement au N.-E., prend vers Kan-tcheou fou, la direction E.-N.-E. Près du lac 
Poyang, non loin de Nan-tcheou fou, le granité forme quelques sommets. La quatrième 
bande granito-métamorphique occuperait sur la carte VU de l'ouvrage de Pumpelly, une 
grande partie du Yun-nan, du Kouang-si, et remonterait jusque près de la séparation des 
provinces de Se-tchouen et de Hou-pé ; le vaste massif autour de la ville de Yun-nan fou 
se prolongerait dans trois directions : une de ces bandes orientée O.-N.-O. à E. -S. -E., irait 
presque rejoindre la zone du Kouang-tong, à la hauteur du milieu du golfe du Tong- 
king; une seconde, formant surtout le sous-sol du Kouang-si, irait E.-O. dans la direc- 
tion de Koueî-lin fou ; une troisième enfin se dirigerait vers le Hou-pé, suivant une ligne 
S.-S.-O. N.-N.-E. jusque vers les bords du Yang-tse Kiang, près de Kin-tcheou fou. 
« Lorsque le Yang-tse coupe l'axe central anticlinal d'élévation, dans l'Est du Se-tchouen 
« et l'Ouest du Hou-pé... les schistes métamorphiques reposent sur le granité... celui-ci, 
<< immédiatement après les premiers rapides, consiste en feldspath triclinic et orthoclase, 
« en mica noir brillant et en quartz, avec de petits cristaux de sphène dans la masse. Au- 
« tour de Chan-to-pien le granité devient finement grenu ; peu après la rivière, il est suivi 
« d'un granité syénitique, formé de feldspath blanc triclinic, de quartz, de larges lames de 
« mica brun, de cristaux d'hornblende et de petits cristaux de fer magnétique 3 . » Les roches 
granilo-métamorphiques sont loin d'être aussi développées dans cette région de la Chine 
que l'indique Pumpelly, à qui nous venons d'emprunter ces lignes ; nous n'avons pas vu 
de granité dans toute la partie du Yun-nan et du Se-tchouen que nous avons parcourue. 
B. Roches feldspathiques. — « L'absence totale, en apparence du moins, dit Pumpelly, 

1 Cf. au Mus. d'hist. nat. , Géologie, les collections Hier (cat. 9, L). Voyage de la Bonite (cat. 6, G, arm. 3, //). 
Voyage de la Thètis (cat. i, Z, etc). 

' 2 Davis, la Chine, trad. A. Pichard Append., par Bazin, 1 vol. in-8°. Paris, 1837, l. 1, p. 201. 
;1 11. Pumpelly, Op. cit., p. \. 



GEOLOGIE. 110 

de porphyre éruptif , de trachytes et de basaltes, paraît indiquer une absence correspon- 
dante de bouleversement subséquent à travers une large partie de la contrée. » Les por- 
phyres, en effet, n'existent pas, du moins n'en avons-nous pas observé dans le cours de 
notre voyage. Quant aux roches du groupe des basaltes, elles ont fait certainement érup- 
tion sur les bords du Yang-tse Kiang, car à 6 milles environ au-dessous de Koui-tcheou 
fou, le fleuve traverse un vaste cratère au centre et sur le pourtour duquel sont des débris 
basaltiques. De plus, Callery a rapporté de la province de Canton les roches feldspathiques 
suivantes que nous avons pu étudier dans les collections du Muséum d'Histoire naturelle ' : 
des trachytes porphyroïdes altérés rougeàtres avec « cavités nombreuses dues à des cristaux 
de feldspath décomposés, » du trachyte grisâtre, légèrement porphyroïde, de la phonorite 
porphyroïde altérée, de la leucostine brunâtre à grains fins avec cristaux blanchâtres de 
feldspath altéré, un poudingue porphyroïde à grains moyens infiltré de matière siliceuse; 
de la pegmatite talcifère, blanche, avec enduits talqueux vert jaunâtre. Le même voyageur 
a trouvé dans la province de Canton diverses autres roches dont nous ne connaissons pas la 
provenance exacte; ce sont une brèche de quartz compacte, en partie ferrugineuse, à 
grains moyens, cellulaire, des quartzites gris-violàtre à grains fins, très-agrégés, des 
quartz compactes, gris, schisfoïdes, contenant du talc, du quartz jaunâtre. Ces deux roches 
se rattachent très-probablement aux terrains métamorphiques. 

C. Serpentines. — Des serpentines de couleurs variées se trouvent près de Ta-lan. 
dans le Yun-nan. Elles renferment des cristaux de pyrite et, fait bien plus important, des 
parcelles d'or. Elles sont accompagnées de quartzite grenu un peu micacé, ressemblant 
beaucoup à la roche connue sous le nom d'Itacolwnïte, et qui au Brésil accompagne aussi 
l'or. Quelques filons d'amiante traversent ces serpentines. 

D. Ophites. — Nous avons trouvé ces roches en un seul point, dans le lit d'un tor- 
rent qui vient se rendre dans la rivière d'Attopeu, à environ 5 kilomètres de Stung 
Treng. Ces ophites renferment de petits points calcaires et des cristaux de pyrite. Elles 
prennent par places une texture granitoïde. Nous venons de voir que des filons d'eurite 
les traversaient. Ces ophites ont été relevées de 45° environ vers le Sud ; leur soulèvement 
est subordonné vraisemblablement à l'apparition des porphyres de Khong. 

Aux dépens des ophites, ont été formés des schistes polygéniques métamorphiques que 
nous avons observés dans le lit du fleuve au bas de l'île de Khôn. Ces schistes ont été, 
en cet endroit, relevés presque verticalement et courent Est et Ouest; ils sont fréquemment 
coupés par des filons quartzeux. 

§ 11. — Roches métamorphiques. 

Dans la province de Canton ces roches consistent en talcite phylladiforme gris foncé 
avec hydrate de fer et en talcites quartzifères schistoïdes verdàtres et rougeàtres (col. Cal- 
lery). L'expédition de la Thétis (cat. 4, Z, n° 128 à 132) a rapporté des îles d'Anambas. 
archipel de la mer deChine, des talcites feldspathiques, de la phonolite et un trachyte por- 

1 303, arm. 3, d. 



120 GÉOLOGIE ET MINERALOGIE. 

phyroïde amphibilifère d'apparence bréchiforme. « Près de Chan-to-pien , sur les rives 
« du fleuve Bleu, le granité supporte des couches de roches métamorphiques; celles du 
« versant E. paraissent être de gneiss dont les strates se dirigent E.-O. et plongent de 30° 
« du S. àl'O. ; sur le granité, les couches consistent en schistes hornblendics et chloriti- 
« ques ; cette dernière forme contenant souvent des masses lenticulaires et des veines sé- 
« cantes de quartz, de feldspath et de chlorite... Près du contact avec le granité, les cou- 
ce ches tendent N.-N.-E., et plongent d'environ 85° à E.-S.-E., pendant que, peu après 
« la rivière, leur direction se change en celle d'E.-N.-E., et que le pendage se fait vers 
« N.-N.-O... Juste avant d'entrer dans l'ouverture E. de la gorge de Lou-kan... les schis- 
tes courent E.-N.-E. et plongent N.-N.-O. '. » 

Certains de ces schistes cristallins sont antérieurs aux éruptions du granité syénitique, 
dans certaines parties de la Mongolie du moins, car au village de Sirjin'sz, près de Kal- 
gan, cette dernière roche traverserait en dykes des couches métamorphiques 2 . 

g 111. — Terrain dévonien. 

Des couches de quartzites compactes , atteignant 40 à 50 pieds d'épaisseur dans la 
gorge de Lou-kan, ou, au même point, un lit de grès grisâtre, finement grenu, micacé, 
allant N.-N.-O. et* pendant 25° à 30°versO.-S.-O., séparent les roches métamorphiques de 
la grande formation calcaire de la Chine 3 , si abondamment répandue le long et au S.-E. 
du fleuve Bleu, et ayant, d'après Pumpelly, plus de 11,600 pieds anglais d'épaisseur. 

La couleur de ce calcaire varie du blanc au noir, en passant par le gris, le rosé, le 
rougeàtre, le bleuâtre, le brun. 11 est en général un peu dolomitique, et contient de nom- 
breux points spathiques blancs, formés de débris d'encrines. Il fournit près de Canton, à 
la gorge d'1-tchang, à Nankin, sur les bords du Yang-tse Kiang, dans la province deYun- 
nan , des marbres estimés , de teintes très-variées et souvent fort agréables ; les variétés 
grisâtres, mouchetées de rouge, de noir et de blanc, porphyritiques et cristallines, sont 
surtout recherchées. En maints endroits, il donne aussi d'excellente pierre à chaux. 

Indiquer les points où ce calcaire se trouve dans le Yun-nan et sur les bords du Yang- 
tse Kiang, serait répéter ici ce que nous avons dit dans la seconde partie de ce travail, et 
reproduire la plus grande partie de ce que Pumpelly a écrit sur la géologie des bords du 
fleuve Bleu. En effet, sur la carte donnée par le voyageur américain, on voit le calcaire 
flanquer de chaque côté les quatre axes granito-métamorphiques, dont nous venons de 
parler. Deux de ces bandes, celles dulviang-si et celle du Kouang-si et du Yun-nan se con- 
tinuent et ne forment qu'une seule zone qui envoie deux prolongements au travers des 
grès; l'une de ces bandes, des deux la plus étroite, va près de Nan-ngan et se continue de 
l'autre côté jusque vers Ning-koué, en traversant la province de Kiang-si ; l'autre, située 
dans le Hou-nan, passe à Tchang-tcha, traverse le fleuve Bleu à la hauteur de Hoang-tcheou 

1 11. Pumpelly, Op. cit., p. 4 et 6. 

2 M., p. 33. 

3 M., ]>. (i. 



GÉOLOGIE. \i\ 

fou et de Kieou-kiang fou, et va se terminer au lac de Lu-tcheou, dans le Ngan-hoeï. Ce 
même massif du Yun-nan, plus à l'O., donne aussi deux prolongements; l'un, entourant 
les roches granitico-métamorphiques, ayant une orientation générale N.-N.-E., S.-S.-O., 
va jusqu'au Yang-tse; l'autre, dirigé N.-E., N.-O., traverse tout le massif de grès du 
Se-tchouen, encadré d'ailleurs partout par le calcaire, qui, sur la carte de Pumpelly, que 
nous analysons, forme quelques petits massifs surgissant au milieu du Chinese coal mea- 
sures. D'après Wells Williams et Itier, le calcaire est abondant aux environs de Canton et 
de Nankin. Partout sur les bords du Yang-tse Kiang, ce calcaire forme les sommets les 
plus élevés et constitue des pitons qui ont été comparés par Davis à des pyramides naturelles. 
Ce calcaire surgit au milieu des calschistes , des grès, des psammites , couches à 
charbon de la Chine, fortement relevés dans sa direction. Il en est de même dans la pro- 
vince du Yun-nan, et nous avons vu le calcaire constituant les points les plus hauts à Se- 
mao, à Pou-eul, sur les rives du Song Koi, à Lin-ngan-fou, à Tong-hay, à Yun-nan, etc. 

Les directions des strates varient suivant les localités. Ainsi à la gorge de Lou- 
kan elles sont orientées N.-N.-O. et plongent de 25 à 30° vers l'O.-S.-O. Près 
d'I-tchang elles vont vers le N.-E., et leur pendage est d'environ 8° au S.-E. A 30 
milles de Hoang-chan les collines de calcaire, qui en ce point ont de 800 à 900 pieds 
anglais de haut, forment le côté sud de la rivière ; là les lits sont dirigés de l'O. au 
S.-O. et inclinés d'environ 40° du S. au S.-E. Aux bords du Yang-tse Kiang, sur les 
flancs « de l'axe granitique, les couches se dirigent uniformément N.-E., S.-O., plongeant 
«de 8° au S.-E. » Sur le flanc 0., au contact des roches métamorphiques la direction 
est N. E., puis dans la partie supérieure de la formation elle devient N.-E. -S.-O. i . 

Ce calcaire contient quelques débris organiques qui en fixent l'âge et qui ont d'abord 
été signalés par Itier. « On trouve ces débris, dit ce géologue, dans les couches plus argi- 
« leuses qui l'avoisinent ; ce sont des Spirifer, des Térébratules et des Serpules. » Exa- 
minés par de Koninck, ces fossiles ont paru appartenir au dévonien. « Ce sont les Spi- 
« rifer chechiel de Kon. qui se rapprochent tellement du S. speciosus Schloth, que M. de 
« Koninck a hésité longtemps à en faire une espèce distincte ; or ce dernier étant ca- 
« ractéristique du système dévonien de l'Eifel et de la Belgique, il est très-probable 
« que son analogue de la Chine se trouve dans le même cas... Il existe adhérent à la 
« surface du Spirifer une petite espèce de Serpu/e, dont M. de Koninck a constaté l'identité 
« avec les S. omphaloides Goldfuss... L'autre fossile est une Térébratule plissée, la. T. Yue- 
« namensis de Kon. 2 . » M. Davidson est arrivé aux mêmes conclusions en examinant 
une collection de fossiles du calcaire de Chine envoyée au British Muséum par M.Lock- 
hart. « Les exemplaires, écrit le savant brachiopodiste anglais, appartiennent à huit 
« espèces dévoniennes, dont sept sont communes à la plupart des localités européennes , 
« au nombre desquelles nous citerons Ferques et Néhou en France, la Belgique et l'Ei- 
« fel, mais ne se retrouvent pas toutes dans une de ces localités. Elles paraissent ressem- 
« bler plus aux espèces de Ferques , où cependant on n'a encore trouvé ni la Cyrtia 

1 Pumpelly, Op. cit., p. 5, 6, 7. 
- Loc. cit., p. 27. 

II. 10 



122 GEOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

« Murchisoniana , ni la Rhynchonella Hamburii 1 . » Les espèces déterminées par M. Da- 
vidson sont : Spirifer disjunctus, Sow., Cyrtia Murchisoniana de Kon., Rhynchonella 
Hamburii, David., Crania obsolela, Goldf. , Aulopora tubœformis, Goldf., Spirorbis om- 
phaloïdes, Goldf.? Cornulites epithonia, Goldf. ? A Ferques, près de Boulogne-sur-mer, 
le Spirifer disjunctus est caractéristique du dévonien supérieur, zones du calcaire de 
Ferques et des schistes de Beaulieu 2 . « Des brachiopodes venant de Gouchone, à 30 
« lieues O.-S.-O. de Patang, sur le Km-cha Kiang, et près de la frontière du Tibet, ont 
« été, écrit Pumpelly, déterminés par M. Guyerdet comme les suivants : Terebratula cu- 
<( bo'ides, Sow., du carbonifère et du dévonien... Terebratula reiicularis, Lin., du dévo- 
« riien... Terebratula pugnus , Martin. M. Woodward a décrit un Orthoceras de Chine... 
« Sir R. Murchison dit en parlant de quelques fossiles du dévonien supérieur, venant du 
« Se-lchouen, et qui lui avaient été donnés par le docteur W. Lockhart, qu'ils sont iden- 
« tiques comme espèces aux Spirifer Verneuilii, S. Archiaci, Productus subacu/eatus, 
« et à d'autres formes européennes 3 . » 

D'après la faune, la vaste formation calcaire de Chine appartient donc au système 
dévonien, et probablement à la partie supérieure de ce terrain. 



§ IV. — Terrain triasiqw. 

Selon l'expression de Pumpelly, le dévonien sert de plancher, « f/oor » aux couches à 
charbon, qui constituent le sous-sol d'une grande partie de la Chine, en exceptant toute- 
fois les provinces du Nord-Nord-Est occupées par des terrains post-tertiaires. Selon le 
géologue que nous venons de nommer, les trois membres du Chinese coal measures sont 
de bas en haut : 1° Des conglomérats; 2" des schistes argileux; 3° des grès. Des lits de 
composition différente peuvent venir s'intercaler entre ces couches, comme des argilites 
rouges et grises , des brèches quartzeuses , des quartzites , de l'anthracite ou de la 
houille. Nous allons étudier successivement chacune de ces assises. 

A. Conglomérats. — Les conglomérats porphyriques signalés par Pumpelly dans la 
province du Tche-li, ne paraissent pas exister le long du cours du Yang-tse Kiang. Mais à 
I-tchang, s'appuyant vers l'Ouest sur le dévonien, suivis vers l'Est par les grès, sont des con- 
glomérats grossiers ; des conglomérats quartzeux existent à Chi-ehan hien. Ce sont là les 
seuls points où les conglomérats soient indiqués dans les Geological Researches. Nous n'en 
avons pas observé dans la province du Yun-nan. 

B. Schistes etpsammites. — Les schistes, dans le diagramme donné par Pumpelly, 
sont indiqués en quatre endroits, du lac de Tong-ting à Han-keou, où seraient des quartzites 
pouvant se rattacher au coal séries. Les collines qui sont autour de Han-keou sont formées 
de couches argileuses et de grès argileux. A Ma-chang, à la limite des provinces du Yun- 
nan et du Se-tehouen, près de l'angle formé par la rencontre du Kin-cha Kiang et du 

1 Quart. Joint). Geol. Soc, L. IX, p. 353. 

- Rigaux, Notice stratigraphique sur le Bas-Boulonnaù, p. 5, in Bull. Soc. A.cad. de Boulogne-sur-mer, 1863. 

■' Op. cit., p. 55. 



GÉOLOGIE. 123 

Pé-chouy Kiang, la base de la formation carbonifère est formée des mêmes schistes, ou , 
plus exactement, des mêmes grès psammites micacés avec quelques traces de charbon , 
absolument semblables à ceux que nous verrons aux mines de cuivre de Bassac , dans 
le Laos. Ces psammites schistoïdes existent au-dessous des grès de tout le cours du 
Yang-tse Kiang et dans la province du Yun-nan. De couleurs variées, ces psammites 
passent au jaune, au gris, au violet, au rouge, au brun, au noir ; ces schistes sont plus ou 
moins durs, plus ou moins marneux, et se laissent, en général, facilement altérer par les 
agents atmosphériques. Au-dessous de ces psammites sont des calschistes grisâtres, ap- 
partenant aussi au système des couches à charbon. 

Nous donnons (page 143), une coupe 1 prise dans la province du Yun-nan, et passant 
par le Song Koi et le lac de Che-pin. On voit le calcaire dévonien a, former les grands 
massifs, les points élevés ; sur lui s'appuient, en se relevant dans sa direction, d'abord les 
schistes bruns et violets b, au-dessus desquels sont les grès psammites c; ceux-ci, courbés 
en bateau, reposent au Nord sur les schistes et au Sud sur le calcaire ; sur le flanc de la 
colline Sud, sont des brèches calcaires formées de fragments de cette roche englobés dans 
une pâte d'un rose rouge d ; des alluvions e constituent le fond du lac de Che-pin et de la 
rivière. 

C. Grès. — Les grès terminent la formation. Ils sont souvent polygéniques et passent 
à des poudingues quartzeux, phylladiens, calcarifères, etc., à éléments plus ou moins 
gros. Ces grès, à texture plus ou moins grossière, à grains plus ou moins fins, sont de 
couleurs assez variées, le plus souvent grisâtre, jaunâtre, rougeàfre. Si l'on consulte nos 
notes de voyage, l'on verra que ces grès se présentent avec les mêmes caractères, et clans 
la province du Yun-nan et tout le long des bords du fleuve Bleu. Décrire ici en détail 
chaque gisement serait répéter ce que nous avons dit plus haut en parlant de chaque 
localité. 

D. Charbon et anthracite. — Ces combustibles font partie de la vaste formation tria- 
sique, et sont généralement compris entre les couches de psammites et les schistes ou les 
grès. Dans le Yun-nan, près de Pou-eul fou, les couches presque verticales d'anthracite 
sont séparées entre elles par un schiste brun micacé qui s'appuie d'un côté contre du grès 
rouge, et de l'autre contre des schistes analogues à celui des couches de séparation , 
comme le montre la coupe n° 2 de la figure, page 143; les diverses couches sont coupées 
par d étroites fissures remplies de carbonate de chaux cristallisé '. 

Entre Tchao-tong et Souy fou le charbon est tantôt compris dans des schistes, tantôt 
dans du grès rouge. 

Blakiston a rapporté aussi des grès rougeâtres ou pourpres, siliceux ou calcaires, de 
Koui fou, de Tchong-kin, de Po-ko-chan près de Sou-ehong, de Quai-chow près de Ouan, 
au milieu desquels on extrait l'anthracite ou le charbon 2 . D'après Pumpelly, « il parait 
<( que dans le Se-tchouen. qui semble occupé par un immense bassin houiller, les couches 

1 N° I de la figure. 

2 Op. cit., p. 353. 



124 GÉOLOGIE ET MINERALOGIE. 

(c à charbon acquièrent une plus grande épaisseur que dans les champs de Koue, où 
« les membres inférieurs de la série paraissent seuls représentés. » 

E. Puits salés. — Blakiston a considéré les sources qui alimentent ces puits comme 
prenant naissance dans les couches triasiques, et pouvant être rapportées à cette forma- 
tion. « Dans le Se-tchouen et le Hou-nan, dit-il, presque tous ces puits... sont dans le voi- 
« sinage de mines abondantes de charbon. D'épaisses couches de cette roche semblent 
« être traversées pendant la recherche du sel ', » Ce dernier fait avait été antérieurement 
signalé par Imbert 2 , que les divers auteurs négligent trop de citer : « quelquefois, tout 
« n'est pas roche jusqu'à la fin ; mais il se rencontre des lits de charbon de terre. » Et plus 
loin : « En ouvrant des puits de sel, ils trouvent quelquefois, à plusieurs centaines de pieds 
« de profondeur, des couches de charbon fort épaisses. » «Ces puits, » dit Pumpeily, « se 
« voient en divers endroits le long du Yang-tse comme à Washan hien, à Ching-king fou, 
« à Song-tcheou fou ; en tous ces endroits ils sont très-près des rivages du calcaire, mais 
« au-dessus de cette formation. A Tchong-kin fou et à Kia-ting fou, ils sont aussi près de 
« semblables rivages... Ce fait que des lits épais de charbon sont percés par ces puits, et la 
a remarque de Blakiston que toutes les roches du Se-tchouen ressemblent à celles des 
« champs houillers de Koue, fait croire, je le pense, que le charbon et les dépôts salins 
« appartiennent au Chinese coal measures. » Nous sommes tout à fait de l'avis de Pum- 
peily, et lorsque nous parlerons des vastes plaines salées qui entourent Kémarat, près de 
Bassac, dans le Laos, nous verrons que le sel se trouve presque à fleur de terre, au mi- 
lieu d'un grès rouge qui fait partie de la formation à charbon. 

F. — Reste à déterminer maintenant l'âge de ces couches. Pumpeily va nous servir 
encore de guide. Ce géologue a trouvé dans les couches à charbon du bassin de Koue, 
sur les bords du Yang-tse kiang, province du Hou-pé, et dans le bassin de Chaitang, à 
Sanyu, à l'ouest de Pékin, des plantes qui ont été soumises à l'examen de J.-S. New- 
berry. Ce paléontologiste, prenant en considération l'entière absence de plantes propres à 
l'époque carbonifère, et remarquant dans la série rapportée par Pumpeily, la présence 
certaine de Cycadées appartenant aux genres Podozamites et Pterozamites* très-voisines 
d'espèces d'Europe et d'Amérique, si elles ne leur sont pas identiques, ce paléontologiste, 
disons-nous, est arrivé à cette conclusion que la grande formation houillère de la Chine 
est d'âge Mésozoïc. Venant de Koue, sont de nombreuses pinnules d'une espèce de Podo- 
zamites {P. Emmotisii, Newb. 3 ), que l'on peut difficilement séparer d'une espèce trouvée 
par le professeur Emmons, dans le Nord de la Caroline au milieu des couches regardées 
comme triasiques; ces couches contiennent, en effet, en abondance dans leurs lits supé- 
rieurs, plusieurs espèces identiques à certaines des formes du trias (Keuher) d'Europe, 
telles que Pecopteris Stutgardtensis, Laccopteris germinans, etc. ; cependant il n'est pas 
certain qu'il n'y ait avec cette flore quelques plantes du jurassique d'Europe ; une étude 
plus approfondie de la question la résoudra sans doute; quoi qu'il en soit, les couches 

1 Op. cit.. p. 64. 

2 Ann. propagation de la fui, 1. III, p. 371 el 374. 
:i Ap. Pumpeily, Op. cit., p. 121, pi. IX, lïg. 3. 



GEOLOGIE. 125 

caractérisées par le Podozamites découvert par Emmons, représentent le trias d'Europe ; 
les couches du bassin de Hou-pé, renfermant la même espèce, doivent leur être assi- 
milées. 

Un autre Podozamites venant de Koui fou a été provisoirement rapporté parNewberry 
au Podozamites (Zarnici) lanceolatus , Lindl., sp. l ; qui serait une forme jurassique 
d'Europe ; mais il faut complètement réserver son opinion quant à cette espèce qui n'a 
été déterminée qu'avec des matériaux insuffisants. 

Provenant des environs de Pékin, Newberry a examiné un Pterozamites nommé 
P. Sinensis' 2 , qui ressemble au Pi. linearis Erara. du trias de la Caroline. Le Sphe- 
nopteris orientalis Newb. 3 , tout en étant voisin de certaines formes carbonifériennes, 
telles que les S. Schlottheimi, S. tridactylites, etc., ou de certaines espèces jurassiques, 
ressemble davantage à une espèce triasique, le S. dichotoma, Alth., et à une autre espèce, 
non encore décrite, venant de Baltimore. Les deux autres espèces figurées par Newberry 
et qui proviennent, l'une des schistes plombagineux de Piyùnsz, et l'autre des schistes 
sableux jaunâtres de la mine de Futau à Chaitang, sont les Hymenophyllites tenellus 
Newb., et Taxites spathulatus Newb. *. 

Les grès et psammites que nous avons pu observer dans notre voyage en Chine sont 
de même âge que ceux que nous avons rapportés de Cochinchine et du Laos. 11 nous a 
été possible de voir une série de roches venant de l'Inde, et nous avons pu constater la 
parfaite ressemblance de ces roches avec les nôtres. Or, voici ce qu'en 1861 écrivait 
M. J. Marcou : « Les publications faites en 1859, en 1860 et en 1861, tant à Calcutta qu'à 
« Londres, par la commission géologique de l'Inde et la société géologique d'Angleterre, 
« ont confirmé pleinement les déterminations des plantes fossiles recueillies dans 
« la formation des grès rouges de l'Hindou stan par le docteur Mac Clelland et que 
« M. Heer a reconnues comme appartenant à la flore triasique, ce qui a permis, 
« dès février 1859, de placer dans sa vétritable position stratigraphique la grande et 
« vaste formation du nouveau grès rouge du centre de l'Inde, qui, jusqu'alors, était 
« regardée comme de l'époque jurassique 5 ». 

§ V. — Terrain post-tertiaire. 

Toutes les formations charbonneuses ou anthracifères de Chine n'appartiennent cer- 
tainement pas au terrain triasique, et Pumpelly a signalé quelques gisements intercalés 
entre des couches tertiaires, et pouvant être assimilés aux dépôts tertiaires à charbon de 
l'Amérique du Nord. 

Probablement d'âge encore plus récent sont les lignites de Lin-ngan fou, dans la 

1 Op. cit., fi g. 7. 

2 M, p. 120, pi. IX,lig. 3. 

3 /d., p. 122, Og. 1 et 1 a. 

4 Jd , p. 122, 123, pi. IX, fig. 4 et 5. 

3 Lettre sur les roches jurassiques hors d'Europe {Bull. Soc. Géol. de Fr., 2 e sér., t. XIX, p. 98). 



126 GÉOLOGIE ET MINERALOGIE. 

province du Yun-nan. La ville est adosséeà des collines marneuses qui recouvrent un fort 
dépôt de lignites. La couche actuellement exploitée est située à 5 kilomètres à l'Ouest 
de la ville; elle se trouve à une profondeur de 8 à 10 mètres et l'épaisseur varie entre 
l m ,75 et m ,50. On retire le combustible au moyen de treuils manœuvres par deux 
hommes. Les galeries sont plus larges et plus commodes que celles que nous avons vues 
près de Ho-boung et dans les mines d'or de Ta-lan, et de cuivre de Sin-long tchang. 
Les puits sont par paires ; par l'un on retire le lignite, par l'autre les terres et autres 
déblais. Ce lignite est de bonne qualité ; il brûle facilement en plein air et donne une forte 
chaleur dans les fourneaux; les indigènes ne consomment pas d'autre combustible pour 
leurs besoins journaliers. 

Les arbres fossiles à peine altérés existent en quantité dans la couche de lignite. La 
couche charbonneuse, qui s'amincit en allant vers la ville, est comprise entre deux 
épaisses couches d'argile brunâtre où nous avons vainement cherché des fossiles. Ce 
dépôt est postérieur auxalluvions qui recouvrent toute la plaine comme le montre la coupe 
n° 3'; le calcaire forme les deux sommets élevés, sur lesquels s'appuient d'un côté ces 
alluvions, de l'autre le dépôt à lignites. 

Il n'y a plus en Chine de volcans en activité ; mais des éruptions volcaniques paraissent 
avoir eu lieu à l'époque historique d'après les récits des historiens chinois qui nous en ont 
conservé le souvenir. Ainsi, le volcan de « Pé-chan. situé dans la grande chaîne du 
« Thian-chan, ou montagnes Célestes, au Nord de Koutsche, a eu des éruptions de lave 
« successives, durant une période bien connue historiquement, depuis l'an 89 de notre 
« ère jusqu'au commencement du vu c siècle 2 ». Déplus, M. Stanislas Julien, étudiant 
les sources de l'ancienne géographie chinoise, a trouvé « qu'il est dit d'une manière 
ti expresse dans l'histoire de la dynastie des Thang que sur une des pentes du Pé-chan, 
« qui rejette continuellement des flammes et de la fumée, les pierres s'enflamment, 
« fondent et coulent sur une étendue de plusieurs //, comme de la graisse liquide ; cette 
« masse molle se durcit en se refroidissant 3 . » 

D'après J. F. Davis 4 le côté oriental de l'empire, depuis le Yun-nan jusqu'aux 
environs de Pékin, renferme des puits de pétrole, des sources d'eau chaude et salée, des 
émanations gazeuses, « traces de volcans assoupis, dit-il. » De la Bêche 5 avait déjà remar- 
qué la connexité des exhalaisons gazeuses avec les sources salées, fait observé en Europe ei 
en Amérique et qui se voit aussi dans la province du Se-tchouen. Aussi, avec toute l'au- 
torité qui s'attache à son nom, A. de Humboldt a-t-il pu écrire : « Au Nord et au Sud de la 
« longue chaîne du Thian-chan, de même que dans le Caucase, il existe une connexion 
« géologique très-étroite entre l'activité volcanique et les limites des cercles d'ébranle- 



1 Voir la figure page 143. 

2 A. de Humboldt, Cosmos, L. IV, p. 390. 

3 M. p. 394. 

" Op. cit., p. 262. 
3 Géologie, p. 132. 



GÉOLOGIE. 127 

« ment, les sources chaudes, les solfatares, les failles d'où s'échappe de l'ammoniaque 
« et les dépôts de sel gemme '. » 

La merveille du Se-tchouen, on peut dire de toute la Chine, c'est ce que les Chinois 
nomment Yen-tain eïHo-tsin, ou « puits de sel» et « puits de feu » ; ces puits existent à 
Ou-tong-kiao, à 4 lieues de Kia-ting fou et àTsé-lieou-tsin. Signalés d'abord dans les 
Nouvelles Lettres édifiantes par l'évéque de Tabracca, ils ont été décrits en détail par 
M. Imbert dans le tome III des Annales de la propagation de la foi. 

Les puits de sel se trouvent dans la première des localités que nous venons de nommer ; 
selon M. Imbert, ces puits auraient de 15 à 1,800 pieds français de profondeur, 
sur 5 ou 6 pouces seulement de largeur, et sont complètement perpendiculaires, 
creusés dans le rocher. On se sert pour cela d'une tête d'acier, de 3 ou 400 livres . 
pesant, crénelée en couronne, un peu concave par-dessus et ronde par -dessous, 
qui est mise en mouvement au moyen d'une bascule qui soulève l'éperon à 2 pieds de 
haut et le laisse tomber de son poids; « on jette de temps en temps quelques seaux d'eau 
« dans le trou pour pétrir les matières du rocher et les réduire en bouillie... Quand on a 
« creusé 3 pouces, on lire cet éperon avec toutes les matières dont il est surchargé.... 
« on reste au moins trois ans pour creuser un puits. » L'eau retirée de ces puits esttrès- 
saumâtre et contient un cinquième, quelquefois un quart de sel que l'on obtient par l'éva- 
poration dans de grandes marmites en fonte chauffées par la houille qu'on trouve en 
abondance dans les environs. L'air qui sort des puits est très-inflammable. Les puits de feu 
existent à Tsé-lieou-tsin ; le feu est employé pour la fabrication du sel : un seul puits, dit 
Imbert, peut faire cuire plus de trois cents chaudières, et l'eau évaporée en vingt-quatre 
heures forme un pâté de sel pesant environ 300 livres. « La surface du terrain est 

« entièrement chaude et brûle sous les pieds Ce feu ne produit presque pas de fumée, 

« mais une vapeur très-forte de bitume que je sentis à deux lieues loin du pays ; la 
« flamme est rougeâtre comme celle du charbon 2 . » Il est probable que ce gaz est un 
hydrogène carboné, sans doute du grisou, d'autant plus que les mines de charbon des 
environs contiennent, suivant les paroles d'Imbert, « beaucoup d'air inflammable... et 
« qu'on ne peut pas y allumer de lampes. » 

D'après les textes chinois anciens, commentés par KlaprothetM. Stanislas Julien, un 
puits de feu ou Ho-tsin très-célèbre existait autrefois dans le Se-tchouen à 80 li au S.-O. 
de Khioung-tcheou ; de ce puits coulaient aussi deux sources salées donnant jusqu'à 30 
pour 100 de sel. Le feu du puits a brûlé du n e au xm c siècle de notre ère. 

Un autre phénomène est connu dans la province du Se-tchouen sous le nom de 
Ho-chan ou « montagne de feu». Au mont Py-kia on aperçoit pendant la nuit une 
grande lueur peut-être produite par des gaz venant d'une houillère embrasée. De 
semblables Ho-chaix existent dans la province delvouang-si, par 108° 25' long. E. de Paris 
et 23° 27' lat. N. ; dans celle de Chan-si, par 108° 14' long. E. et 39° 14' lat. X., par 

1 Cosmos, t. IV, p. 396. 

* Luc. cit., p. 380. 



128 GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

111° 50' long. E. el 40° 5' 42" lat. N. ; et enfin par 108- 3' long. E. et 38" 12' lat. N. ». 
Dans cette dernière localité la montagne est remplie de couches de charbon qui brûlent 
en partie. Des puits de feu ont été signalés par le P. Martini dans la même province. 

Tout le long des rives du Yang-lse Kiang on rencontre des dépôts alluviaux. Dans la 
partie de notre travail où nous parlons de l'itinéraire du voyage, nous avons, et à plu- 
sieurs reprises, signalé d'anciens lacs qui ont couvert le pays de leurs couches fertiles à 
Lin-ngan fou, à Yen-tcheu et en d'autres endroits. Nous avons dit aussi plus haut que 
le dessèchement de certains de ces lacs pouvait dater de l'époque historique. ' 

Mais des formations plus anciennes existent le long des bords du fleuve Bleu. Elles 
ont été bien étudiées par Pumpelly, et d'après ses propres observations, et d'après celles 
de Blakiston. Ces alluvions sont formées de dépôts de graviers et d'argile, généralement 
sfratitiéesencouches horizontales, garnissant les collines qui forment les flancs des vallées. 
« Différentes 2 en hauteur et en composition, ces alluvions semblent d'âges différents. La 
« plaine étendue, autrefois occupée par le lac Tong-ting est garnie de ces terrasses. . . 
« formant une ceinture qui s'étend sur plusieurs milles au Sud, et occupe presque tout 
« l'espace situé entre les rivières de Siang et de Yuen... A Tung'siz le dépôt est formé 
« de cailloux roulés de quartz, de calcaire cimentés par une argile dure, et il conserve ce 
« caractère à la jonction de la rivière Siang avec le lac et le long de la rive Est. Mais la 
« composition générale est celle d'une argile bleue dure, avec des mouchetures irrégu- 
« lières blanchâtres. Près de Tung'siz les terrasses paraissent avoir de 70 à 90 pieds de 
« haut... Blakiston mentionne des terrasses semblables comme se rencontrant en dif— 
« férents points du Yang-tse clans le Se-tehouen. Le village de Tsing-tan à l'entrée Est de la 
« gorge de Mi-tan, dans l'Ouest du Hou-pé, est bâti sur une terrasse de conglomérat bré- 
« chiforme formé de fragments arrondis ou anguleux de calcaire, de silex, de gneiss et 
« d'autres roches métamorphiques, cimentées par un tuf calcaire. Cette formation emplis- 
« sait primitivement la vallée d'un bout à l'autre, et ses amas s'élèvent de 40 à 50 pieds au- 
« dessus de la ligne des hautes eaux. » Ces terrasses latérales des vallées sont le résul- 
tat d'un déblai produit par « l'abaissement de la barrière liquide ou solide qui soutenait à 
« l'aval le cours d'eau déposant, à l'altitude correspondant aux altitudes du bord des ter- 
« rasses; et aulant il y a d'étages de ces terrasses, autant, à coup sûr, il y a eu de ces 
« abaissements distincts 3 . » Bien différentes sont les terrasses lacustres qui sont au 
contraire le résultat d'un remblai, par l'apport successif de matériaux déposés peu à peu 
par les eaux qui, coulant sur une plus grande surface, ont perdu considérablement de leur 
vitesse, et laissent se précipiter d'abord les parties les plus grossières, puis des matériaux 
déplus en plus ténus. C'est ce que l'on voit, par exemple, pour le lac Tong-ting; cetle 
grande masse d'eau qui occupait toule la plaine du Hou-pé el du Hou-nan, a été remplacée 
par des dépôts alluviaux, dont les débris forment maintenant les berges. Ces terrasses des 
lacs peuvent être, en effet, affouillées poslérieurement à leur formation, et il ne reste 

1 A. de Humboldt. Asie centrale, t. II, p. 531. 

2 Op. cit. p. 8, !l. 

3 Dausse, Nouvelle Note sur les tentasses alluviales, Bull., Soc. géol. de Fr., 2 e série, I. XXV, 1868, p. 754. 



GÉOLOGIE. 129 

alors que des amas ressemblant tout à fait aux terrasses latérales des vallées et flanquant 
des deux côtés les anciennes rives. Le lac Tong-ting nous présente un exemple de ce 
fait: une grande partie de l'alluviona été déblayée par les rivières « Yang-tse, Han, Siang 
a et Yuen. . . Dans le courant rapide qui a balayé les portions étroites de la vallée du 
« Yang-tse, les matériaux les plus gros résistèrent seuls au mouvement en avant; etlors- 
« qu'un accroissement dans la vitesse du courant arriva, seulement ces parties du dépôt 
« furent respectées, qui avaient été formées assez près du calcaire pour pouvoir être cimen- 
« lées en une masse dure par les eaux qui en descendaient. » (Pumpelly.) 

De semblables dépôts alluviaux se forment dans le Yang-tse Kiang et en rétrécissent le 
cours en bien des endroits. L'embouchure du fleuve Bleu, comme d'ailleurs celle de 
tous les grands cours d'eau, est obstruée par des alluvions de toute espèce, qui forment 
un vaste delta compris entre Tong-tcheou et la baie de Hang-tcheou, se continuant vers 
le Nord-Est avec la grande surface alluviale qui occupe une partie des provinces du Pe- 
tche-li, du Ngan-hoei et le côté Sud-Ouest du Chan-tong. 

Pour résumer la géologie de la partie de la Chine située au Sud du cours du Yang-tse 
Kiang, nous dirons que les terrains qui composent le sous-sol de cette vaste contrée sont 
1° les roches granito-porphyriques ; 2° les roches métamorphiques ; 3° le dévonien ; 4° le trias; 
5° les dépôts quaternaires et modernes : le silurien peut exisler dans certaines parties. 

Des formations semblables occupent une grande partie de l'Asie. Dans la tribu des 
Kali, par exemple, au pied de l'Himalaya, Stachey 1 a trouvé des roches anciennes 
devant avoir plus de 14,000 pieds d'épaisseur, formées de couches métamorphiques, de 
schistes cristallins ou conglomérats le plus souvent stratifiés N.-N.-O.; suivant cette 
direction paraissent coïncider toutes les grandes lignes des roches éruptives. Au-dessus 
viennent des couches n'appartenant plus au dévonien, mais au silurien, et qui semblent 
se terminer le long d'une ligne de section d'une grande faille, a laquelle succèdent des 
couches fossilifères ayant tous les caractères du Muschelkalk. 

Nous avons dit plus haut l'assimilation du Trias de Chine avec celui de l'indouslan et 
d'Amérique. 

Les mêmes formations existent en Mongolie d'après M. Armand David 2 . Le granit est 
très-abondamment répandu ; il supporte des micaschistes ou des gneiss, au-dessus desquels 
est un calcaire compacte, bleuâtre, couronné par des schistes gris ou noirâtres, des 
grès jaunes plus ou moins grossiers en couches épaisses plus ou moins contournées ou 
soulevées. De nombreuses mais très-confuses empreintes végétales observées sur ces 
schistes appartiendraient à des frondes de fougères ou à des calamités. 



2° Cochincliine et Laos. 

En Cochinchine, dans le Cambodge, dans le Laos jusqu'aux frontières de la 

1 Quart. Journ.geol. Suc. of London, t. VIII, 1852, p. i et v. 

2 Journ. d'un voyage en Mongolie fait en 1866. Nouv. Arehiv. du Musée d'hist. nat. de Paris, 1868. Bull. , p. 63. 

II. 17 



130 GEOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

Chine, nous retrouverons les mêmes formations que celles que nous venons d'étudier 
dans l'Empire du Milieu. Nous allons voir que les terrains que nous avons observés le 
long du cours du Mékong peuvent complètement être parallélisés avec ceux des bords 
du Yang-tse Kiang. 

§ 1 er . — Boches cristallines. 

A. Granité et Syénite. — Du cap Saint-Jacques part une chaîne de montagnes qui 
se dirige d'abord S.-O., N.-E.,etqui, arrivée à la hauteur du 16°, court S. -E., N.-O., 
sépare la Cochinchine du bassin du Mékong, traverse le royaume de Xieng Mai et la 
province chinoise du Yun-nan, au Nord de la Birmanie. D'un autre côté si, par 
Hué, nous menons une ligne orientée S.-O., N.-E., elle passera par l'île d'Haï-nan, 
par Macao, l'archipel des Chusan, et aura la même direction que la bande granito-méta- 
morphiquè indiquée sur la carte géologique de Pumpelly. Or cette ligne que nous venons 
de tracer passe par les points où le granité et la syénite abondent. « Depuis l'île d'Haï-nan 
« jusqu'à l'archipel des Chusan, dit Kingsmill, une rangée de montagnes granitiques de 
« 1,000 mètres d'altitude court à peu de distance de la mer. » Nous avons parlé plus haut 
des roches granitiques de la partie de la côte chinoise orientée suivant cette direction. 
De Tourane, qui se trouve situé sur la ligne tracée tout à l'heure, Chevalier, Guilbert *, 
l'expédition de la Thétis, ont rapporté du granité et de la syénite. Les granités, qui, du 
cap Saint-Jacques, s'étendent jusqu'à Hué, ont été dès 1828 signalés par J. Crawfurd 2 . 
De Poulo-Condor, Germain et Le Mesle ont envoyé au Muséum de Paris des syénites 
verdàtres renfermant du fer oxydulé et de la pyrite. Dans le lit du Mékong, à Cratieh, nous 
avons trouvé des morceaux de syénite paraissant provenir des roches qui forment le fond 
du fleuve. Les principales chaînes de montagnes du royaume d'Annam sont composées 
de granité et de syénite d'après le dictionnaire de M'Culloch 3 . Le petit massif de mon- 
tagnes de Pursat doit aussi renfermer des roches granitiques dont des échantillons nous 
ont été donnés à Oudong. 

B. Pegmatite. — En relation avec le granité on voit à Tourane des pegmatites rouges à 
grains moyens, avec parties chargées de mica verdàtre , et des pegmatites micacées blan- 
châtres. De la pegmatite rosée a été trouvée entre Vien Chang et Luang Prabang; la roche 
était roulée de sorte que nous ne connaissons pas ses relations avec les roches voisines. 

C. Eurite. — De la montagne de Pnom Krecht, à 40 kilomètres à l'Ouest de 
Oudong, Germain et Le Mesle ont rapporté de l'eurite grisâtre avec cristaux d'amphi- 
bole. Dans le lit d'un torrent situé à l'Est et près du village de Stung Treng, sur les 
bords du Grand Fleuve, nous avons observé des eurites grisâtres formant des filons 
dans l'ophite; l'éruption de ces eurites est par conséquent postérieure aux ophites et 
nous verrons qu'elle se place entre la formation de cette roche et le dépôt des talschistes. 

1 Coll. du Muséum, cat. .1, 0, 66. 

2 Loc. cit., ]i. ïli. 
'■' Loc. cit., p. I Mj. 



GÉOLOGIE. 131 

D. Labradorite. — Nous n'avons vu cette roche qu'en un seul point, près du village 
de Peunom ; elle était roulée dans le fleuve. 

E. Porphyres et Mélaphyres. — Des porphyres quartzifères forment les collines qui 
s'étendent depuis l'île de Khong jusque près d'Atlopeu ; en ce point cette roche est d'un 
noir rougeâtre. Du porphyre non quartzifère se trouve aussi au môme endroit. Le 
même porphyre quartzifère rougeâtre compose une partie des collines qui bordent le 
Mékong entre Vien Chang et Luang Prahang. Dans cette dernière localité la roche a 
paru après le dépôt des grès triasiques qui ont été soulevés dans la direction des mon- 
tagnes porphyriques comme le montre la coupe n° 4. En allant du Sud au Nord, on voit 
successivement les montagnes de calcaire, les schistes métamorphiques supportant les 
grès, les porphyres formant des pitons relevant vers eux les schistes et les grès, puis les 
mêmes couches placées dans l'ordre inverse, grès, schistes, calcaires. 

D'un autre côté, à Khong, le porphyre est recouvert d'un conglomérat polygénique 
renfermant des débris, parfois considérables, de ce même porphyre, de quartz, de 
pegmatite, des fragments d'arkoses silicifiées, le tout lié et réuni par un ciment de grès 
quartzeux verdàtre; cette couche, qui, en ce point, atteint plusieurs mètres d'épaisseur, 
est contemporaine des amas de poudingue quartzeux qui se relient si intimement à la 
partie supérieure du trias. Nous pouvons donc établir que c'est vers la fin de cette période 
que le porphyre a surgi. Cette éruption doit être contemporaine de celle des plus récents 
porphyres quartzifères de Si-chan en Chine, qui, d'après Pumpelly, a eu lieu après le dépôt 
du « Chinese coal measures, » et quia coïncidé avec l'émergence de toute la Chine propre. 

La partie supérieure est, à Khong, plus ou moins décomposée et passe à l'argilophyre, 
la roche est coupée en divers sens de veines de quartz blanc ou rosé, de quartz compacte 
avec cristaux de pyrite de fer, formant au milieu de la masse de minces filons, comme on 
le voit par la coupe n° o. (Voir la figure de la page 143.) 

Le kaolin, qui, par sa composition, se rattache au porphyre, se retrouve en différents 
points du cours de Mékong. Un dépôt considérable de cette précieuse terre se voit entre 
le Mékong et la rivière du Grand Lac, dans une coupe qui, passant au niveau de 
Cratieh, vers 12°, irait du côté de la chaîne de Pursat. Le kaolin existe aussi en abondance 
entre Saniabouli et Nong Kai, sur la rive droite du fleuve, dans une colline qui court 
parallèlement au Mékong; cette terre est plus ou moins veinée en rouge par un sel de 
fer et renferme quelques parties quartzeuses. Le kaolin se retrouve aussi à Moun-hô, un 
peu au-dessous de Vien Chang. 

Les argilophyres se voient encore abondamment dans le lit du Mékong, près de Xieng 
Khong, dans la province de Muong Nan. Ces roches composent une partie des collines de 
Poulo-Condor, où Germain a observé des porphyres quartzifères en partie décomposés 
avec veines de quartz blanc, des porphyres rubannés, des porphyres passant à l'eurife. 
Les indigènes nous ont donné des porphyres venant du haut de la rivière de Oudong. 

A Cratieh le fond du fleuve est formé de porphyres pyroxéniques d'un noir foncé avec 
nombreux cristaux de pyroxène augite et des points blanchâtres de quartz; un peu de 
calcaire remplit les cavités de la roche, aussi en certains endroits se fait-il. une légère 



132 GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

effervescence avec les acides. Ce mélaphyre est près des ophites, avec lesquels il est 
peut-être en relation. 

Quelques cailloux roulés de très-beau porphyre vert antique ont été trouvés dans le lit 
du fleuve au-dessus de Luang Prabang. 



S II. — Roches métamorphiques. 

A. Gneiss. — A Tourane, Itier a observé du gneiss granitoïde, passant à un conglo- 
mérat composé de grains de quartz, de feldspath, de mica vert et de fragments de 
roches granitiques. La stratification de ce gneiss est très-tourmentée ; il est traversé par 
de larges filons de quartz compacte avec fer hydraté blanchâtre ou grisâtre, surtout à la 
montée du fort de Non-nay ; en ce point certains dykes sont orientés Nord-Est. Ce gneiss 
forme les hautes montagnes qui à l'Est bordent la baie de Tourane. Au contact du granité, 
le gneiss est leptynoïde, ainsi qu'on le voit à l'île de l'Observatoire. Au côté oriental 
de la baie sont des gneiss sur-micacés rougeâtres, fortement contournés. A l'île de Mo-koi, 
Itier a signalé des fragments de roches de sédiment empâtés clans le gneiss, et, à la pres- 
qu'île de Thein-tha, Chevalier a vu du granité entourant des fragments de gneiss. Le 
granité a donc fait éruption à deux époques différentes : d'abord avant la formation du 
gneiss qui repose sur ce granité plus ancien et aux dépens des matériaux duquel il a été 
formé, puis à une époque postérieure, après le dépôt du gneiss que ce granité a traversé. 

B. Euritine. — Cette roche, remaniement de l'eurite, a été trouvée par Le Mesle 
clans les montagnes de Pursat. En relation avec les talschistes, et plus récents que ceux- 
ci, puisqu'ils les surmontent, sont dans le lit du Mékong, entre Vien Chang et Luang 
Prabang, de nombreuses couches d'euritine plus ou moins feuilletée, renfermant quel- 
ques nodules calcaires; en certains points le lit du fleuve est encombré de gros blocs 
d'une roche fusible en vert au chalumeau, qui est de Yeuritine à grains très-fins ; ces 
blocs sont subordonnés à l' euritine schistoïde. 

C. Talschistes. — Les talschistes forment dans le lit du fleuve, entre Vien Chang et 
Luang Prabang, de grandes surfaces plissées et contournées parfois en zigzag dans tous 
les sens, coupées par de nombreux bancs de phthanite et de lydienne, souvent verticaux, 
courant surtout au Nord-Est. Ces talschistes sont par places phylladiformes, et renfer- 
ment des veines calcaires. 

§ III. — Schistes anciens et grauwacke. 

A l'île de Khôn on voit au-dessous du calcaire dévonien des schistes brunâtres, plus 
ou moins fissiles dont nous ne pouvons préciser l'âge; il se pourrait pourtant qu'ils ap- 
partinssent au terrain silurien ou à la partie la plus inférieure du dévonien; du moins 
ressemblent-ils singulièrement aux schistes qu'on trouve dans ces deux formations. 

Près de Bien-hoa, clans le lit même de la rivière, ils reposent sur le granité et sont 
recouverts parles alluvions et la limonite; ici ces schistes passent aux phylladestégulaires. 



GÉOLOGIE. 133 

Entre Vien Chang et Luang Prabang on voit le contact de ces schistes, qui en ce point 
sont plus ou moins fissiles, et des phyllades calcarifères verdàtres, jaunâtres, rubanées 
avec le grès du trias; le calcaire manque entre les deux formations. 

Le lit du fleuve et des rivières qui s'y déversent présente, près de Muong Long, de 
nombreux gisements de phyllades tégulaires dont la couleur varie du cendré au noir, en 
passant par le brun, le rose, le vert, etc. 

Dans la baie de Tourane, du côté Est, Itier a signalé, au-dessus du gneiss et au- 
dessous du calcaire dévonien, de la grauwacke rouge: «tantôt à grains fins se rappro- 
« chant du psammite, tantôt à gros grains et analogue, dans ce cas, à un poudingue gros- 
ce sier, composé de morceaux informes de roches siliceuses, dont les arêtes sont à peine 
« arrondies, et que réunit un ciment arénacé très-lin '. » 



S IV. — Terrain dévonien. 

Près de Tourane, au-dessus de la grauwake, comme nous venons de le dire, se 
montre le calcaire qui forme, en cet endroit, les roches de Non-nuoc, roches de marbre 
à nombreuses grottes « où sont les immenses pagodes que le roi Minh-mang éleva au 
dieu Foo 2 . » En ce point de minces lits parallèles de schiste noir traversent la roche. En 
d'autres endroits le calcaire est saccharoïde ou compacte, bleuâtre ou rosé, veiné de 
rouge (Voy. de la Thétis), surtout sur la côte orientale de la baie (Voy. de la Favorite), 
là le calcaire est noirâtre, et forme des couches de 80 pieds environ d'épaisseur dirigées 
vers le Nord; dans certaines parties le calcaire est phylladien, laminaire. D'après le 
Voyage de la Thétis, du calcaire fibreux, aragonile, s'élève au milieu d'une plaine de sable 
située le long de la côte, à 2 lieues de Tourane; ce calcaire est très-célèbre dans tout le 
royaume d'Annam par ses pagodes souterraines. 

Dans toute la région que nous avons parcourue le calcaire est très-abondamment 
répandu ; il supporte presque partout la vaste formation triasique dans la plupart des 
coupes suivantes. Ce calcaire est plus ou moins dolomitique, à Khôn, à Peunom, près de 
Yien Chang principalement. Sa couleur varie du blanc au noir(Bassac, Peunom, montagne 
de Ban Sôm près Luang Prabang, etc.), en passant par le brun (Pakmoun, Peunom, Ban 
Sôm), le rose (ile de Khong, Vien Chang, Luang Prabang), le violet et le verdàtre (entre 
Luang Prabang et Vien Chang, etc.), le gris (mêmes localités). De nombreuses veines de 
carbonate de chaux spathique le traversent. A Peunom. Vien Chang, il renferme quelques 
cristaux de pyrite et des filons de quartz. 

Les principales chaînes calcaires sont orientées N.-O., S.-E., comme on le voit, par 
exemple, à Lakon, sur la rive gauche du fleuve. Le calcaire constitue tous les sommets 
les plus élevés, pouvant atteindre jusqu'à 1,000 et 2,000 mètres d'altitude. Les sommets 
forment souvent, comme à Lakon, des pitons complètement isolés au milieu des psam- 

1 Loc. cit., p. 109. 

2 Ici., p. 110. 



134 GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

mites et des grès triasiques relevés et dérangés ; des pics isolés surgissant au milieu du trias 
se voient aussi à Xieng Tong entre Muong You et Muong Long, et en bien d'autres en- 
droits. A Lakon toute la plaine est composée de calcaires surmontés, par places, de blocs de 
quartz ; cette plaine est parsemée de pitons calcaires. Les quartzites de Oudonget de Pnom 
Penh doivent aussi appartenir à la formation dévonienne et être inférieures au calcaire. 

La coupe n° G va obliquement de l'Est à l'Ouest en passant par Saigon, Oudong, la 
plaine de Cambodge et Pursat. Elle montre de l'Est à l'Ouest l'axe granito-syénitique at- 
teignant environ 400 mètres d'altitude, le contact des phyllades et des granités dans la ri- 
vière de Bien-hoa, la plaine d*alluvion, avec limonite, du Mékong le massif de 
quartzites ayant 150 mètres, la plaine alluviale du Cambodge, et les montagnes calcaires 
de Pursat, élevées de 300 mètres. 

Les eaux et les influences atmosphériques ont formé de nombreuses cavernes dans le 
calcaire. A Nan-hô, on observe une caverne creusée dans un marbre blanc et noir veiné 
de lignes blanchâtres. 

Le calcaire présente partout de nombreuses parties spathiques, qui sont des débris 
d'encrines. Nulle part nous n'y avons vu d'autres débris organiques. En un seul endroit 
nous avons trouvé, dans le lit d'un torrent, des morceaux roulés d'un calcaire grisâtre 
pétri d'avicules, malheureusement en trop mauvais état de conservation pour être déter- 
minées spécifiquement. Nous n'oserions affirmer que ce calcaire appartint à la formation 
que nous éludions en ce moment; il est beaucoup plus argileux et ne renferme aucune 
des parties spathiques ou encrinitiques qui caractérisent, partout, le long du Mékong 
comme dans les provinces de Chine que nous avons parcourues, le calcaire dévonien. Il 
se pourrait que ce calcaire à avicules appartint à une autre formation ; il nous est complè- 
tement impossible de déterminer son âge géologique, ne le connaissant que par quelques 
fragments isolés. 

Nous venons de dire que dans tout le cours de notre voyage nous n'avions trouvé, 
dans le dévonien, aucun débris organique, mais Le Mesle a rapporté de la chaîne de 
Pursat un calcaire rosé avec débris d'encrines et des montagnes de Pnom Krecht, près 
de Battambang, à l'Ouest du Grand Lac, un calcaire avec Encrines, Hémithiris, qui a été 
reconnu comme paléozoïque par d'Archiac. Le calcaire grenu serait, en ce point, direc- 
tement en contact avec les roches plutoniques. Ces calcaires des montagnes de Pursat res- 
semblent tout à fait à ceux que nous avons observés le long du cours du fleuve, dans 
le Laos et en Cochinchine; ceux-ci à leur tour sont complètement identiques au 
calcaire de la province du Yun-nan (Lin-ngan fou, Che-pin, Yun-nan, rives du 
Song Koï, etc.), et de tout le cours du Yang-tse Kiang, qui, comme nous l'avons dit 
plus haut, a été déterminé comme dévonien, d'après les fossiles qui y ont été trouvés. 
Nous paralléliserons complètement le calcaire de Chine avec celui du Laos, et nous de- 
vrons considérer aussi ce dernier comme appartenant à la grande formation dévonienne, 
probablement à la partie supérieure de ce terrain. 



GÉOLOGIE. 135 



Terrain triasique. 



Cette formation, qui est si abondamment représentée dans toute la région que nous 
avons parcourue, en Chine comme dans le Laos, se compose de plusieurs couches 
se reliant les unes aux autres. De bas en haut on a 1° des schistes bruns très-légère- 
ment micacés; 2° des calschistes ; 3° des psammites; 4° des grès; b° des psammites ; 
6° des grès ; 7° des poudingues. Des anthracites et du charbon, du minerai de cuivre 
peuvent venir s'intercaler entre ces diverses assises. A l'étude du trias se rattache aussi 
celle des puits salins et des extractions de sel de la plaine de Oubon et de Kemarat. 

Une coupe 1 faite vers le 15° et allant jusqu'à Bassac, en passant par Attopeu, et la 
plaine volcanique du Se Don, orientée E.-O., nous montre d'abord les montagnes 
de granité pouvant en ce point atteindre environ 800 mètres d'altitude. Contre cette 
roche s'appuient des grès triasiques atteignant 700 mètres de haut et suivis par les pro- 
duits volcaniques de la plaine dont nous venons de parler. Au-dessous de ces grès sont 
des schistes brunâtres s'élevant jusqu'à la hauteur de 500 mètres. A Bassac les grès ont 
environ 200 mètres de haut ; le tout est couronné par 200 mètres de psammites. Les al- 
luvions forment le fond et les bords de la rivière d' Attopeu et du Mékong. 

La coupe plus détaillée du terrain à Bassac, à l'endroit où sont les mines de cuivre, 
donne de bas en haut : 

1° Schistes bruns, avec quelques parcelles très-petites de mica blanc; 

2° Calschistes grisâtres et noirâtres, argileux par places, avec parties siliceuses, pas- 
sant au conglomérat. Quelques empreintes végétales très-frustes et fragments de char- 
bon vers la partie supérieure. 

3° Les couches supérieures sont imprégnées de carbonate de cuivre bleu et vert, elles 
atteignent de ra ,50 à 1 mètre de puissance. Des filons de charbon de m ,005 à0 m ,03 
d'épaisseur s'intercalent entre ces couches. 

4° Grès jaunâtre micacé. 

5° Psammites d'un jaune verdàtre, à paillettes nombreuses de mica, contenant quel- 
ques fragments de charbon. 

6° Psammites rosés à grains plus ou moins fins, à nombreuses et petites paillettes 
de mica. 

7° Psammites rouges avec parties entièrement siliceuses. 

Tous ces psammites sont par couches plus ou moins épaisses, horizontalement stra- 
tifiés. 

Nous allons décrire en détail chacune des couches de la formation, confondant dans 
une même étude les grès supérieurs et inférieurs, les psammites placés au-dessous et 
au-dessus du grès. 

A. Calschistes et Schistes. — Entre Vien Changet Luang Prabang on voit le contact du 
dévonien et du trias. En remontant le fleuve, on a d'abord des schistes phylladiens calca- 

1 Voir la coupe n° 7 de la figure page ' 143. 



136 GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

rifères supportant des grès qui se divisent par couches tabulaires; puis viennent les 
roches métamorphiques dont nous avons parlé plus haut. On rencontre ensuite des grès 
gris-brun alternant avec des phyllades ; ces grès dont les couches sont fortement relevées 
sont supportés par des calschistes violets et verdàtres reposant eux-mêmes sur des calcaires. 

Des schistes phylladiens calcarifères se voient à la base des collines de Muong Lim, dont 
le sommet (500 à 600 mètres au-dessus de la plaine) est couronné par un grès grossier. 

Dans le Se Hinboun, près de Houten, les calschistes sont verdàtres ou noirâtres, 
feuilletées et contiennent quelques traces de carbonate de cuivre; ils sont absolument 
semblables à ceux qui forment la base des montagnes de Bassac. Dans la même rivière, au- 
dessus dePakkan les couches sont contournées; les psammites se voient un peu plus haut. 

Nous ne pouvons préciser l'épaisseur de la couche des schistes et des calschistes. A la 
vieille pagode de Bassac (Wat Phou), ils atteignent 100 mètres au-dessus du niveau du 
fleuve; dans le contre-fort Nord-Est de cette même chaîne de montagnes ils s'élèvent à 
400 à 500 mètres au-dessus de la plaine. 

B. Psammites. — A Lakôn les psammites rouges reposent directement sur le cal- 
caire dévonien et se relèvent fortement vers lui, comme le montre la coupe n° 8. 

A Luang Prabang, les psammites sont aussi supportés par le calcaire ; ils sont recou- 
verts par les grès ; ces deux couches sont relevées vers le calcaire. (Coupe n° 9.) 

La couleur et la consistance des psammites varient beaucoup. La couleur passe par le 
gris, le gris rosé, le gris verdàtre, le jaunâtre, le jaune-rougeàtre, le rouge vif. Certaines 
couches renferment des parties calcaires et font plus ou moins effervescence avec l'acide 
chlorhydrique. Le mica est plus ou moins abondant, et les paillettes, très-petites ici, sont 
plus loin très-grandes. Le grain de la roche diffère aussi ; en certains endroits elle est 
presque friable, en d'autres elle est très-cohérente. Les psammites rouges forment la vaste 
étendue de pays comprise entre le cours du Mékong, celui du Se Moun et des rivières tri- 
butaires au Sud, jusqu'à Houten au Nord, et, suivant les indigènes, s'étendraient dans toute 
la région Ouest. A ces psammites se rattache l'étude des exploitations de sel de la contrée. 
Nous indiquerons, au quatrième chapitre de cet ouvrage, la manière dont on extrayait le sel. 

La plaine basse dont nous venons de tracer les limites est entourée, mais à de grandes 
distances, de montagnes de grès, reposant sur des psammites rouges, qui, avec des argiles 
bleuâtres et blanchâtres, en forment le sous-sol. Chaque année, cette plaine est cultivée et 
couverte de belles rizières; faisons remarquer que le riz vient fort mal dans les endroits 
salés ou à eaux saumàtres, de sorte qu'il est très-probable que les premières pluies, qui 
sont si abondantes dans ces régions, lavent les terres superficielles et les débarrassent du 
sel qu'elles peuvent contenir. Un dépôt de chlorure de sodium ou une nappe salée doit 
exister entre les psammiles et l'argile. Quand viennent les fortes chaleurs, le sol est for- 
tement échauffé et desséché ; l'eau salée monte par capillarité à travers les couches super- 
ficielles qui sont un peu sablonneuses, et, en s'évaporant à la surface, ce qui doit arriver 
promptement, grâce à un soleil de feu, laisse déposer le sel sous forme d'efflorescences 
ou de croûtes légères. Les pluies torrentielles de la mauvaise saison entraînent une partie 
de ces petits amas de sel, et à la saison sèche le même phénomène d'évaporation se re- 



GEOLOGIE. 137 

produisant, on comprend que la surface ne soit salée que pendant une partie de l'année.- 

Nous avons vu précédemment en parlant de la géologie de la Chine, que Pumpelly 
rattachait les nombreux puits salés du Se-tchouen, à la formation du trias, d'après ses 
propres observations et celles d'Imbert ; la présence du sel au milieu despsammites d'Ou- 
bon, de Kémarat, vient corroborer cette opinion. 

Des grès psammites semblables existent aux environs de Singapore(l 7 o?/. de la Bonile); 
ils ressemblent tout à la fois à ceux des couches supérieures d'Amnat, de Kémarat, de Bassac. 

D'après Itier, des psammites rougeàtres se trouvent aux îles Chusan et du Tigre 
dans la baie de Tourane. 

Faisons remarquer en terminant que les psammites que nous avons observés dans 
notre voyage, présentent la plus grande similitude avec ceux qui, en Europe, constituent 
les grès bigarrés. 

C. Grès et poudingues. — Une coupe orientée E.-O. l- , et passant au niveau de Stung 
Treng, donnera le contact des grès et des calcaires du dévonien. Cette coupe montrera 
les collines granitiques, hautes de 500 mètres environ, une vaste plaine d'alluvions avec 
dépôts de fer limoneux ou bog-ore, un mamelon d'ophites élevé de 15 à 20 mètres au- 
dessus de la plaine, une seconde plaine alluviale au milieu de laquelle coule le Mékong, 
puis les calcaires supportant environ 100 mètres de grès. 

Les grès de la formation du trias sont de trois espèces : grès arkose, grès quartzeux, 
grès polygénique, ce dernier passant souvent au poudingue. 

Entre Pakmoun et Kémarat, certaines parties de la roche passent aux grès feldspa- 
thiques. Des grès arkoses se voient aussi entre Vien Chan et Luang Prabang ; ce sont là les 
deux seuls points où nous ayons trouvé des arkoses se rapportant au trias. 

Des conglomérats avec porphyre quartzeux, quarlzites, quartz, le tout relié par une pâte 
de grès micacé, se voient, avons-nous dit plus haut, à Khong, et sont synchroniques de 
ces poudingues qui forment la partie supérieure de la formation triasique du Laos. 

Le sommet du mont Bakheng, près des ruines d'Angcor, au Nord-Est du Grand Lac, est 
formé de conglomérats polygéniques à gros blocs de quartz, à fragments de pegmatite , 
liés par un ciment de grès micacé ; ces poudingues, superposés aux grès, sont du même 
âge que les précédents. 

Entre Samboc et Stung Treng, sur la rive Est du Mékong, les bancs de grès gris 
bleuâtre inclinés de 15° à 20° N. , sont recouverts aussi de poudingues avec parties 
calcaires et quartzeuses. Aux rapides du Se Moun, à Pakmoun et Pimoun, de même 
qu'entre Lakon et Houten, le grès gris verdàtre passe aussi à un poudingue renfermant 
des cailloux de quartz et de calcaire ; à Pakmoun ces divers matériaux sont noyés dans une 
pâte argilo-ferrugineuse rose jaunâtre ; en ce dernier endroit, le poudingue couronne des 
collines de 500 à 600 mètres de hauteur. 

Au-dessus de Luang Prabang, le conglomérat contient des blocs qui ont jusqu'à m ,50 
et0 m ,60 de diamètre, et qui sont à peine roulés. 

Bicketts a rapporté de la Birmanie, et le voyage d'expédition de la Bonite de Singa- 

1 Voir la coupe n" 10 de la figure page 143. 

II. 18 



138 GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

pore, dans l'Indoustan, des grès quartzeux à gros grains ferrugineux avec galets de quartz 
tout à fait semblables à ceux que nous avons pu observer. Chevalier a trouvé aux environs 
de Tourane un poudingue quartzeux, et un grès siliceux noirâtre à gros grains avec nom- 
breux cailloux de quartz. 

Les grès forment deux couches séparées entre elles par une assise de psammites. La 
couche inférieure ne se voit qu'à Bassac et à Muong Lim ; partout ailleurs les psammites 
sont inférieurs aux grès. 

Comme nous l'avons dit dans notre itinéraire, la couleur et la texture des grès varient 
beaucoup. Ici gris, là rougeâtres ou noirâtres, ils sont en certains endroits rosés ou jau- 
nâtres, et en d'autres verdàtres, bleuâtres ou blanchâtres. Renfermant en certains points 
des parties calcaires, ils sont complètement siliceux en d'autres. Tantôt très-fins, et alors 
utilisés pour les ouvrages qui demandent du fini, tantôt grossiers et passant au poudingue, 
comme nous venons de le dire, ils présentent tous les degrés de cohésion. Ainsi ils peu- 
vent être très-compactes, comme entre Lakon et Houten, ou très-friables, comme à Luang 
Prabang. De Vieri Chan à Luang Prabang, au milieu des grès sont intercalées des phyl- 
lades. En un mot les grès présentent presque toutes les variétés, et sont, selon les endroits, 
grès friables ou cohérents, fins ou grossiers, schisteux ou phylladiens, compactes ou fis- 
siles, ferrugineux, calcarifères ou siliceux. 

D. Charbon et anthracite. — Nous avons dit que ces précieux combustibles se trou- 
vent en Chine dans la formation triasique, et sont tantôt intercalés dans des couches de 
grès, tantôt entre ces roches et les schistes. Près de Ma-chang, près du confluent du Pe- 
chouy kiang et du Kin-cha kiang, le charbon est compris entre les grès et des schistes 
brunâtres qui s'appuient sur un massif calcaire (voy. Coupe n° 11). Ce schiste est exacte, 
ment semblable à celui qui, aux mines de Bassac, forme la partie inférieure de la coupe 
et qui, en ce même endroit, renferme de minces couches de charbon 1 . Les mines de 
houille de la tribu des Kouys à l'Est du Grand Lac, signalées par Gelley a , celles qui doivent 
exister aux environs de Luang Prabang, sont sans doute dans les mêmes relations. 

E. — Les grès, psammites, schistes, poudingues que nous avons pu voir dans le Laos 
sont absolument semblables, et situés dans les mêmes relations que les couches que nous 
avons observées, dans le Yun-nan, et celles-ci sont identiques aux roches étudiées par 
Blakiston, Pumpelly et d'autres géologues. Nous pouvons donc rapporter aussi au trias 
les strates comprises entre les schistes inférieurs de Bassac et les poudingues porphyriques 
de l'île de Khong. Vers la fin de la période triasique, ont fait irruption les porphyres quar- 
tzeux du massif compris entre le Mékong, la rivière d'Attopeu et le Se Don, ceux de Luang 
Prabang et de Xieng Khong, qui de leurs débris ont formé des poudingues polygéniques 
comme ceux de l'île de Khong. C'est vers la même époque qu'a eu lieu le soulèvement 
des montagnes calcaires. Ce soulèvement est certainement postérieur au dépôt du trias, 
dont les couches sont relevées dans la direction du calcaire, comme l'ont montré les coupes 
prises à Khong, à Lakon , à Luang Prabang, à Xieng Tong, pour ne citer que ces points. 

1 Cf., le 4 e chapitre. 

2 Loc. cit., p. 11. 



GÉOLOGIE. 139 



§ VI. — Roches volcaniques. 



Les roches volcaniques de la Cochinchine et du Laos appartiennent à six espèces : ce sont 
des Mimosites, des Basaltes eldes Wackes basaltiques, desLaves, deY Obsidienne, des Ponces. 

A. Ponces. — Nous ne connaissons cette roche que par les débris trouvés roulés sur 
le sable de la baie de Tourane (Chevalier). 

B. Obsidienne. — Un seul fragment d'obsidienne a été observé par nous sur la rive 
gauche du Mékong, un peu au-dessus de l'embouchure du Se Don. 

G. Mimosite. — Au débarcadère de Muong Lim, au milieu des couches d'un grès 
altéré monte un filon de mimosite, mesurant 38 centimètres d'épaisseur, et dirigé E.-O. 
Ce dyke dépasse de quelques centimètres les grès qui, plus tendres, n'ont pas autant ré- 
sisté aux influences atmosphériques. Cette Dolérite mimosite est tout à fait semblable au 
trapp en filon, vu par Rickett à Seconderabad l . 

D. Basaltes et wackes. — Nous avons déjà dit que le vaste triangle formé par le Mé- 
kong, le Se Cong ou rivière d'Atlopeu et le Se Don, était occupé, dans sa plus grande éten- 
due, par des produits volcaniques, au milieu desquels se trouve isolé un massif de grès. 

Vis-à-vis de Bassac, à l'embouchure du Se Don, sont des colonnes de wacke à retrait 
bolaire. Les basaltes forment une série de colonnes prismatiques, très-serrées, un peu 
au-dessous de la cataracte du Se Don. 

E. fMves. — Les laves appartiennent à deux époques, comme le montre la coupe n° 13 
que nous avons prise au même endroit. Là le plan basaltique est recouvert d'une première 
couche de lave de 6 mètres d'épaisseur, dans les retraits de laquelle une autre coulée est 
venue s'épancher et s'étaler sur le basalte qu'elle a atteint en plusieurs points, à travers la 
lave la plus ancienne fendillée. Ces laves ont englobé des fragments de granité et des cail- 
loux roulés. Les cratères par où ont été vomies ces laves basaltiques ont eu leurs bords 
peu à peu dégradés par les agents atmosphériques, de sorte qu'ils servent aujourd'hui de 
réservoir à de petits lacs circulaires. Entre le lit du Se Don et les montagnes on voit aussi 
de nombreux monticules exclusivement formés de débris volcaniques ; ces monticules 
disposés en cercle sont les restes d'anciens cratères peu à peu comblés par les tufas et la 
terre végétale. Dans le lit d'un torrent qui se jette dans le Se Cong. 10 mètres de lave 
reposent sur un mince lit de cailloux roulés quartzeux, et sur un calschiste, qui par l'effet 
de la chaleur s'est divisé en morceaux losangiques figurant tout à fait un parquet. 

Un autre point volcanique a été signalé par H.Mouhot 2 , à Petchaboury, aux montagnes 
de Deng, où existe un ancien cratère entouré de basaltes et de laves. 

Après Luang Prabang, on retrouve des produits volcaniques. A Xieng Khong, nous 
avons vu un monticule arrondi de lave de 50 à 60 mètres de diamètre. A une demi- 
journée de marche de là, dans les berges du fleuve, sont deux autres monticules semi- 
sphériques de lave entourés de schistes métamorphiques soulevés. La lave en ces points 

1 Cf. l'échantillon au Muséum d'histoire naturelle et la coupe n° 12 de la ligure page 143. 

2 Loc.cit., p. 135. 



140 GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

n'a pas coulé et n'est pas arrivée au jour ; elle a seulement redressé et dérangé ces schistes, 
et n'a été découverte que par l'érosion des eaux qui ont entamé les roches plus ten- 
dres (voy. la Coupe n° 14 de la figure page 143). 

Nous devons signaler ici la proximité des roches porphyriques ; même chose se voit 
entre Khong et Bassac. Il est intéressant de noter que dans les deux points où se trouvent 
les produits volcaniques , là aussi existent des massifs porphyriques. La roche qui a 
dérangé si violemment les couches entre Vien Chan et Luang Prabang, est aussi du por- 
phyre quartzeux, et près de là, coïncidence encore, nous avons trouvé des schistes dé- 
composés, ressemhlant à des thermantides. 

F. Tufas. — Par suite de l'action des agents atmosphériques, les roches volcaniques 
ont subi des altérations diverses. Nous venons de signaler la présence des wackes. Depuis 
l'embouchure du Se Don jusqu'au village de Soloniaï, les berges de la rivière, hautes de 
10 à 12 mètres, sont composées de marne jaunâtre, produit de la décomposition des laves. 

S VU. — Terrain tertiaire. 

ltier ' a signalé à Tourane, au pied des collines qui au Sud-Ouest bordent la baie, 
des couches horizontales de molasse. Ces observations du géologue français n'ayant pas été 
confirmées par d'autres observateurs, nous n'admettrons qu'avec réserve l'existence du 
tertiaire dans le royaume de Cochincbine. Dans tout le cours de notre voyage nous n'a- 
vons pas observé de formations pouvant rire rapportées à ce terrain. 

S VIII. — Terrain post-tertiaire.. 

Le Mékong et la rivière de Saigon, comme tous les grands cours d'eau, sont encom- 
brés à leur embouchure par les matériaux charriés de plus haut et versés par les affluents 
(jui descendent des montagnes ; les sables aurifères du Se Cong et d'autres points appar- 
tiennent à ces formations récentes, à ces terrains meubles, formés aux dépens des roches 
voisines auxquelles l'eau a arraché le précieux métal. Nous ne trouvons pas le long du Mé- 
kong des terrasses analogues à celles qui ont été signalées sur le cours du Yang-tse Kiang. 
Mais les alluvions constituent la plus grande partie de la basse Cochinchine et du Cam- 
bodge. D'après M'Culloch 2 les plaines du ïong-king sont aussi alluviales et très-fertiles. 

Les alluvions déposées par le Mékong et les autres rivières qui descendent les unes 
des montagnes de Pursat, de Battambang, les autres de la chaîne qui partant du cap 
Saint-Jacques traverse tout le royaume d'An-nam varient de composition sui- 
vant les points. Mais partout, soit presque superficiellement, soit, comme près de 
Oudong, à 3, HO de la surface, on rencontre un fer limoneux, véritable bog-ore, formant 
banc, et exploité par les indigènes comme matériaux de construction, et en certains points 
comme minerai, quoique la roche soit peu riche en métal. 

1 Op. cit., t. 111, p. 142. 

2 loc. cit., p. 110. 



GÉOLOGIE. 141 

Une coupe (n° 13 de la figure, page 143) commençant au massif du cap Saint-Jacques 
et allant vers la rivière du Grand Lac, en passant un peu au-dessous de Cratieh, montre les 
rapports de cette roche avec le calcaire, le kaolin et le granité. La pierre de Bien-hoa se 
trouve comprise entre les alluvions. Nous donnons encore une autre coupe (n° 16 de la 
même figure) allant de 10° 30' B. vers 11° 0. en passant par Vinh-long et Pursat. 
Cette coupe nous fera voir le terrain granito-syénitique, le calcaire dévonien s'appuyant 
sur lui et formant les sommets de Vinh-long et de Pursat, les alluvions couvrant les 
plaines de Cochinchine et du Cambodge et le banc de fer limoneux. 

En terminant cette troisième partie de notre travail consacré à la géologie nous allons 
nous résumer en présentant le tableau suivant de la succession des couches et de l'ordre 
d'apparition des diverses roches. En partant des formations les plus anciennes on a : 

1° Eruptions des granités et des syénites. 

2° Gneiss (Tourane). 

3° Deuxième éruption du granité (Tourane). 

4° Ophites. 

3° Mélaphyres, porphyre pyroxénique (Cratieh). La place de cette roche est incertaine. 

6° Éruption des eurites. 

7° Tal schistes. 

8° Euritines. 

9° Schistes anciens. Pyllades. (Ces roches appartiennent au Silurien ou au Dévonien 
inférieur.) 

10° Dévonien comprenant : 

a. Calcaires; b. Quartzites; c. Brèches calcaires. 

11° Trias composé de : 

a. Schistes bruns légèrement micacés ; fragments de charbon; b. Calschistes avec mi- 
nerais de cuivre et charbon; c. Grès; d. P sommités; e. Grès; Charbons et anthracites 
entre ces couches, ou entre le grès et les schistes ou les psammites; f. Poudingues sili- 
ceux, arkoses polygéniques. 

12° Éruption des porphyres. 

13° Soulèvement des montagnes de calcaire dévonien, relevant les couches du Trias 
dans leur direction. 

14° Éruption des basaltes. 

1 5° Éruption des dolérites mimosites. 

16° Première éruption des laves. 

17° Deuxième éruption des laves. L'instant de ces éruptions est inconnu. 

18° Molasse de Tourane (?). 

19° Terrasses du Yang-tse Kiang. Terrasses fluviales et lacustres. Affouillement des 
vallées, remplissage des lacs; affouillement de ces derniers. — Cavernes à ossements de 
la Chine. 

20° Formation des alluvions et de la pierre de Bien-hoa. 



112 



GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 



21° Éruption de laves en Chine, à l'époque historique. Soulèvements racontés par les 
historiens chinois. 

22° Phénomènes actuels (Fumarolles, sources d'eaux chaudes et sulfureuses, puits de 
sel et de feu du Se-tchouen, sel de la plaine d'Oubon, sables aurifères, atterrisscments des 
fleuves et des rivières, deltas, etc.). 

Pumpelly l a dressé pour la Chine un tableau de l'ordre de succession des diverses 
formations et a mis en regard les soulèvements. Nous donnons ici le tableau qu'a indiqué 
le oéolo"ue américain : 



//. 



C. 



E. 
F. 



Dépôt et métamorphisme des plus anciennes 
couches métamorphiques de Chine. 

Dépôt des strates métamorphiques de Mon- 
golie. 

Dépôt de la grande, formation du calcaire 
dévonien. 

Eruption des plus anciens porphyres de 
Si-chan, à l'Ouest de Pékin. 

Dépôt du Chinese coal measures. 

Eruption des plus jeunes porphyres de 
Si-chan. 



W. Éruption des porphyres trachytiques de Kal- 

gan et du désert de Gohi. 
X. Eruption des roches volcaniques du S. de la 

Mongolie et de la région du Baïkal. 
F. Dépôt des steppes du désert de Gobi. 



Soulève nents de divers âges et de différentes 
directions, dont les effets à la surface sont les plus 
effacés. 



Révolution du Sinian formant le système 
N.-E.-S.-O. de soulèvement. 



Emergence de ta Chine propre. 
Submersion de la Mongolie. 



Dépôt du « lake loam » , loess des lacs, des 
lacs du Nord. Commencement de la for- 
mation du delta du Hoang-ho. 



Commencement de l'émergence du plateau. 
Formation de la grande dislocation le long de la 
rive Sud du plateau. 

Changement supposé dans le cours du Hoang- 
ho, et formation delà chaîne des lacs du Nord. 



Commencement du creusement du lit du Hoang 
ho, entre le Chan-si et le Chen-si, et de la gorge 
Yang-ho, et drainage subséquent des lacs du Nord. 



1 Loc. cit., p. 78. 














11 






1111 



IV 



METALLURGIE ET MINERALOGIE 



Deux choses concourent puissamment à la prospérité d'un peuple, s'ils ne la font, 
l'agriculture et l'industrie. Les exploitations métallurgiques aident aussi à cette richesse. 
Que seraient, en effet, nos industries dont nous sommes, et à bon titre, si fiers, sans les 
métaux, sans le fer surtout, cette commune substance, qui est à elle seule un des leviers 
les plus puissants de notre civilisation, sans la houille ; ce reste plusieurs milliers de fois 
séculaire d'antiques forets, qui a condensé, pour nous le rendre aujourd'hui en force et 
en mouvement, le calorique émis pendant une longue et longue suite de siècles? La pro- 
duction métallurgique d'un pays marque le niveau de son bien-être matériel. Richesses mi- 
nérales, accroissement de l'industrie sont deux facteurs qui varient toujours dans un 
même sens. 

Mais les amas de matières combustibles, si abondants qu'ils soient, doivent finir par 
s'épuiser, et on s'est déjà préoccupé de la disparition de la houille. Les mines de notre 
Europe, d'après plusieurs calculs, doivent être épuisées dans deux cents ans au plus tard. 
On s'est mis à l'œuvre, on a cherché partout de nouvelles houillères. Les puissantes 
couches de l'Amérique-, celles si riches d'Australie, ont été trouvées et sont maintenant 
en plein rapport. L'antique Asie est non moins bien pourvue, et le Céleste Empire regorge 
de trésors minéraux d'une exploitation des plus faciles. Les montagnes des royaumes du 
Cambodge, de Siam et de la Cochinchine sont remplies de métaux qui ajouteraient tant à 
la prospérité de notre jeune colonie de Saigon. 

II. 19 



146 GEOLOGIE ET MINERALOGIE. 

Dans cette quatrième partie de notre travail nous allons indiquer ces richesses rainé- 
raies. Nous parlerons d'abord de la partie méridionale de l'Indo-Chine, puis des provinces 
chinoises du bassin du Yang-tse Kiang. Nous étudierons nécessairement les exploitations 
de sel, de marbre, de gypse, de fer, d'antimoine, de cuivre, de mercure, de plomb, 
d'argent, d'étain, de zinc, d'or; nous nous occuperons enfin de la houille, sans laquelle 
il n'est pas de métallurgie possible. 

1° Cochinchine et Laos. 

Pour tout voyageur qui ne fait qu'y séjourner peu de temps, le royaume d'An-nam 
passe généralement pour très-pauvre en métaux. Si par hasard vous trouvez une mine, les 
indigènes vous en interdisent l'accès; le plus souvent encore, par crainte des autorités, 
ils ne veulent vous donner aucun renseignement ; qu'on joigne à cela la difficulté de con- 
verser au moyen d'un interprète, et l'on comprendra facilement qu'on puisse n'avoir que 
des notions tout à fait inexactes sur les richesses métallurgiques d'un pays. 

C'est ce qui est arrivé à J. Crawfurd et à M'Culloch. Le premier de ces auteurs n'a 
vu que le Cambodge, et il a dit de ce pays ce qu'il eût pu écrire d'ailleurs de toutes 
les plaines alluviales, qu'il « est remarquablement pauvre en produits minéraux, et que 
« le fer est le seul métal qui existe en quantité 1 . » 

M'Culloch, dans son excellent dictionnaire, n'a pu résumer que ce que les autres avaient 
observé : aussi écrit-il que « le Tong-king est la seule partie de l'empire d'An-nam qui soit 
« riche en métaux; il y a beaucoup d'or, d'argent, de cuivre, de fer. La Cochinchine n'a 
« pas de richesses minérales. L'argent seul est dit se trouver au cap Avarella. Le Cam- 
« bodge est pauvre en métaux ; il produit du fer, mais pas assez pour sa consommation et 
« en reçoit des provinces de l'Ouest 2 . » 

A ces deux auteurs opposons Cortambert et Gelley, qui ont eu des renseignements 
beaucoup plus précis. Selon E. Cortambert, « le Tong-king est la partie la plus riche en mè- 
re taux; on y trouve, dans les montagnes occidentales, de l'or, de l'argent et du fer. Les 
« mines d'or et d'argent sont à environ douze journées à l'Ouest de Ké-cho; celles de fer, 
« à six journées seulement. Toutes ces mines sont exploitées par les Chinois. Beaucoup 
«de rivières et de ruisseaux sont aurifères. 11 y a du cuivre, du zinc et de l'étain dans 
« le même pays; c'est du Tong-king que viennent ces tam-tams si renommés dont la 
« fabrication est encore un secret pour les Européens. 

« Dans la Cochinchine propre, il y a aussi quelques richesses minérales; on re- 
« cueille de l'or dans la province de Kouang-ngaï ; celle de Kouang-nam est riche en 
« marbre. Celle de Phu-yen a de l'or, de l'argent et du cuivre. Il y a du zinc et du cuivre 
« dans plusieurs parties de la Haute-Cochinchine. On croit que le charbon de terre se 
« trouve sur plusieurs points. Des pierres précieuses, particulièrement les rubis et les to- 



1 Op. cit., p. 472. 
- Loc. cit., p. 1IG. 



METALLURGIE ET MINERALOGIE. 147 

« pazes, se rencontrent dans le pays des Laos. La Basse-Cochincliine est la moins riche 
« en minéraux *. » 

Laissons parler Gelley. «On trouve au Cambodge, dit-il, de l'antimoine, des carrières 
« d'albâtre, de l'ocre, de l'alumine, du kaolin et delà chaux... Les montagnes de Batfam- 
« bang (frontières de Siam) renferment de l'or en quantité, et celles de la tribu desKouys, 
« situées à l'Est du Grand Lac, abondent en houille et en fer remarquable qui paraît être 
« un acier naturel... En remontant le grand fleuve jusqu'à Samboc, au-dessus des pre- 
« mières cascades, on entre dans le pays des Penongs (Bas-Laos), où l'on trouve des mines 
« d'or, de cuivre, de houille, de fer ; puis un peu plus haut de l'argent, du platine, du 
a plomb, de l'étain et des pierres précieuses, particulièrement les rubis et les topazes 2 . » 

M. Pallegoix qui a, en sa qualité de missionnaire apostolique, longtemps résidé dans 
le royaume de Siam, et qui a été plus que qui que ce soit à même d'avoir des indications 
exactes, a dit de la richesse du royaume Thaï que « l'or se trouve à Ban Taphan, dans la 
province de Xampon, qu'on y trouvait aussi de l'argent combiné au cuivre, de l'anti- 
moine, du plomb, de l'arsenic. Le carbonate de cuivre donne jusqu'à 30 pour 100 de 
métal ; l'étain est très-abondant, ainsi que le zinc et le carbonate de fer. On trouve de 
nombreuses pierres précieuses, comme cristal de roche, œils-de-chat, topazes, hyacinthes, 
grenats, rubis, saphirs bleus 3 . » 

Les indications que nous allons donner à notre tour confirmeront ce qu'ont écrit les 
trois auteurs que nous venons de citer. 

A. Gypse. — De très-beaux échantillons de gypse saccharoïde nous ont été montrés 
comme venant des montagnes de Battambang près du Grand Lac. Nous n'avons que cette 
seule indication de la présence de cette roche. 

B. Marbres. — Presque tous les calcaires de la formation dévonienne, d'une texture 
compacte, pourraient fournir d'excellents matériaux de construction. Nous nous bor- 
nerons ici à signaler d'une manière toute spéciale les marbres situés sur la rive droite du 
fleuve, un peu au-dessous des chutes de Khon. Leur proximité de notre colonie, leur trans- 
port si facile par le Mékong, en rendraient l'exploitation très-avantageuse. Ces marbres 
sont fort beaux ; d'une nuance généralement rosée ou jaunâtre, ils renferment de nom- 
breux fragments d'encrines, qui tranchent très-agréablement sur le fond. 

C. Alun. — Nous avons, pendant tout le cours de notre voyage, vu de l'alun chez les 
indigènes, mais nous n'avons pu savoir comment ils se le procuraient. Près des fumarol- 
les ou des sources sulfureuses existe peut-être de l'alun tout formé qui peut dès lors être 
extrait au moyen d'un simple lavage à l'eau chaude. Peut-être aussi cet alun vient-il de la 
Chine où nous verrons qu'il existe abondamment. 

D. Pétrole. — Des puits de pétrole existeraient, d'après ce qu'on nous a rapporté, entre 
le Laos supérieur et le Tong-king. Ce fait n'a rien d'invraisemblable, car on sait que de 

1 Tableau de la Cochinchine par E. Cortambert et Léon de Rosny ; Iutrod. par P. de Bourgoing. I vol. in-8\ 
carte, plans et grav. Paris, 1862. V e partie par E. Cortambert, p. 25. 

2 Op. cit., p. 11 et 12. 
ription du royaume Thaï ou de Siam. 2 vol. in-12, avec carte et grav. Paris, 1851, t. I, p. 18 et suiv. 



148 GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

nombreuses sources d'huile minérale se trouvent échelonnées le long d'une ligne qui va 
de la Perse au Tong-king. 

E.. Sel. — Dans la partie de cet ouvrage qui traite de l'itinéraire du voyage, nous avons 
dit qu'il existait de vastes surfaces salées dans le triangle compris entre le Mékong et le 
Se Moun, vers Oubon, Amnat, etc. Nous entrerons ici dans quelques détails relativement 
à l'exploitation. 

On choisit de préférence, pour la récolte du sel, les dépressions du terrain, et particuliè- 
rement les rizières. La récolte du riz étant faite et l'eau complètement évaporée , il se forme 
à la surface du sol, dans les endroits les plus riches, une croûte de chlorure de sodium en 
cristaux fibreux, que les indigènes recueillent et lavent pour en séparer les matières terreuses 
et végétales. Ce travail est habituellement abandonné aux femmes. Après avoir réuni en une 
multitude de tas la poussière salée, elles la portent à proximité d'un puits, généralement 
près des villages, à l'ombre d'un gros arbre ; là, sont disposés sur des tréteaux des troncs 
d'arbres creusés en bassins, ou bien, des paniers enduits d'une couche de résine qui les 
rend imperméables. Ces vases sont d'abord remplis de la terre recueillie, puis on ajoute 
une quantité d'eau suffisante pour délayer la masse, et l'on agite la bouillie avec des baguettes 
en bois. Lorsque l'on suppose que l'eau s'est emparée de tout le sel contenu, on débouche 
une petite ouverture pratiquée au fond du vase et on laisse s'écouler lentement et comme 
filtrer l'eau salée. Cette eau est conduite, au moyen d'un bambou, dans des vases en- 
foncés en terre, ou bien dans des bassins cimentés construits près des foyers d'éva- 
poration. 

Les femmes ajoutent de l'eau dans les vases qui contiennent la terre salée tant que 
le liquide qui provient de ce lavage renferme une certaine quantité de sel, ce dont elles 
s'assurent au moyen d'un petit instrument fort simple, qui leur sert de pèse-sel. Cet 
instrument est basé sur la différence de densité de l'eau douce et de l'eau salée; il se 
compose d'une petite boule faite de terre et de résine, retenue à l'extrémité d'un fil, et dont 
le poids spécifique est un peu supérieur à celui de l'eau douce. Tant que l'eau provenant 
des- lavages est suffisamment salée, la boule reste à la surface , et le liquide est versé 
dans des chaudières à évaporation qui sont à proximité ; lorsque la boule descend au 
fond du vase, la personne préposée au travail détourne le bambou conducteur de l'eau, 
rejette la terre sur laquelle on vient d'opérer et la remplace par une nouvelle quantité. 
L'opération recommence et se poursuit de la même manière. 

L'évaporation du liquide des chaudières étant finie, le sel est d'abord ramassé en gre- 
niers sous un abri quelconque, puis mis par quantité de dix livres cambodgiennes (6 kilog.) 
dans des paniers cylindriques tapissés de feuilles, et livré ainsi au commerce. Ce sel est 
de bonne qualité, en poudre fine et d'un blanc grisâtre. L'on nous a dit que les pêcheurs 
le préféraient au sel marin de la Cochinchine ; on le recherche probablement à cause de 
son état pulvérulent. 

Les moyens d'exploitation sont, comme on vient de le voir, d'une grande simplicité et 
peuvent être facilement améliorés, mais la modicité du prix de revient n'en a pas encore 
fait sentir le besoin. Au mois de janvier, à Oubôn, nous avons payé le sel à raison de 



MÉTALLURGIE ET MINÉRALOGIE. 149 

40 centimes le panier de 6 kilogrammes. Ce bon marché tient à trois causes: à la facilité 
d'exploitation, au peu de valeur de la main-d'œuvre et enfin à l'absence de travaux agricoles 
au moment où l'on exploite les salines. 

D'après les renseignements que nous ont donnés les indigènes, du sel gemme se 
trouverait à M. Phong, sur le Nam La, non loin de Xieng Hong, dans le royaume de ce 
nom, près de la limite, par conséquent, du Yun-nan et du Laos Birman. 

F. Antimoine. — Ce métal est très-répandu depuis la Cochinchine jusqu'au Yun-nan ; 
nous n'en avons pas vu dans cette province chinoise. Partout dans le Laos on nous a pré- 
senté des échantillons de sulfure d'antimoine. 

Les deux gisements les plus importants sont, l'un dans le Laos inférieur, près de 
Saravan, l'autre aux environs de Xieng Khong, à la frontière du Laos Siamois et du 
Laos Birman. La navigabilité de la rivière d'Attopeu, la proximité de notre colonie, ren- 
draient le premier gisement très-facilement exploitable. 

Les indigènes se servent, disent-ils du moins, de l'antimoine pour faciliter la fusion 
du fer ; nous donnons ce fait sous toute réserve. Il est surtout utilisé pour falsifier la 
monnaie de cuivre du pays. Par économie ils allient ce métal au bronze, ce qui donne 
au mélange une couleur brunâtre, et le rend cassant. Les nombreuses statues de Bouddha 
que nous avons vues clans la ville ruinée de Vien Chang (voir l'Itinéraire) étaient en grande 
partie faites avec un semblable alliage. 

G. Zinc. — D'après Itier ' les montagnes de Tourane et celles de la province de Hué, 
renferment d'abondantes exploitations de zinc. Ce métal doit être dans le royaume de Siam 
très-abondamment répandu, car sa valeur est à peu près nulle. A Hué, par exemple, 
toute la monnaie de billon est en zinc, et la ligature, qui comprend 600 pièces, ne 
vaut que 1 franc. 

Les indigènes affirment que le zinc existe aussi dans le Tong-king et dans la Haute- 
Cochinchine. 

H. Fer. — Le fer, soit à l'état de limonite, d'oligiste ou de carbonate, est très-abondant 
dans l'Jndo-Chine.Nous avons vu plus haut que les alluvionsde la plaine du Cambodge ren- 
fermaient, à des profondeurs variables, de la limonite des marais ou bog-ore, générale- 
ment exploitée pour servir comme pierre de moyen appareil, mais qui, en certains 
points, est assez riche en métal pour pouvoir être traitée avec avantage. 

Aux environs d'Amnat la limonite abonde; elle forme plusieurs buttes. Une extrac- 
tion que nous avions visitée à 4 kilomètres E.-N.-E. d'Amna, près du petit village de 
Thuey, renferme deux variétés de minerai, l'une analogue à la pierre de Bien-hoa, 
mais plus riche en métal; l'autre compacte, plus grise, en morceaux du volume d'une noix 
ou plus petits, faciles à réduire en poudre. Ce dernier minerai ne se trouve qu'à la surface 
du sol, comme le précédent. Le mode d'exploitation est tout à fait primitif. Le fourneau 
n'a que m ,75 de hauteur sur m ,15 de diamètre; il sert de cheminée au foyer d'un petit 
four en terre glaise. On charge des couches alternatives de charbon de bois et de mi- 

1 Op. cit.. p. 112 et 113 



150 GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

nerai. Au moyen d'un soufflet fait d'un cylindre de bambou dans lequel se meut un pis- 
ton, on active la combustion. Le soufflet est placé à la partie qui est opposée à la gueule 
du four. Lorsque le métal est en fusion, on opère la coulée par une étroite ouverture 
pratiquée du côté où est placé le soufflet, et aboutissant à la partie la plus déclive du foyer. 
Le produit est ensuite chauffé à la forge et martelé; les coups de marteau font sortir la 
scorie, les cavités se resserrent, et le fer est ainsi forgé. 

Ces moyens imparfaits font qu'une grande portion du métal reste dans les scories ; 
aussi ne retire-t-on qu'une livre de fer par opération. 

Les fourneaux sont généralement par paires et disposés de façon qu'un seul homme 
puisse en même teuips faire manœuvrer les deux soufflets. 

Cette méthode est tout à fait l'enfance de la méthode catalane et ne peut s'appliquer 
qu'à des minerais très-riches. Il est probable qu'elle fut jadis la seule employée. Il est 
intéressant de noter que dans l'Inde, àYeragutly, B. Heynne a vu en 1814 des fourneaux 
très-semblables à ceux dont se servent les Laotiens 1 . 

Des mines de fer, déjà indiquées par M. Mouhot, se trouvent sur la rive droite du fleuve, 
entre le Grand Lac et les tribus Kouys soumises à Siam, dans les provinces de Compong 
Soai et de Tonly Repou. Le minerai, carbonate de fer, est très-riche; il est traité par ces 
sauvages, au moyen du charbon de bois, dans de petits fourneaux, à la manière catalane. 
On obtient ainsi un fer assez pur, mais il est évident qu'une grande partie du métal, par 
ce procédé, est perdue et passe dans les laitiers. C'est dans ces montagnes que se fabrique 
la monnaie de fer en usage dans le pays et dans une partie du Laos. 

D'après les indigènes, les montagnes de Battambang et de Pursat seraient riches en 
minerais de fer. 

Itier 2 a signalé de nombreuses mines dans la Cochinchine et le Tong-king, et J. Craw- 
furd 3 en indique d'autres à six journées de marche de Cachaei. 

Les Shans exploitent autour de Muong You un fer hydraté en roche abondant et 
riche. 

De la limonite se trouve aussi en quantité à Nua, village situé à 30 kilomètres de 
Houten , à l'extrémité Nord des montagnes calcaires de Lakon. Le fer est exploité et 
sert à extraire le plomb dont la gangue est probablement très-siliceuse ; on sait que 
cette méthode est fondée sur l'affinité du fer pour le soufre; on obtient ainsi une scorie 
siliceuse, du sulfure de fer et du plomb métallique. Comme les indigènes ont refusé de 
nous montrer les exploitations de ce dernier métal, nous parlerons ici de l'extraction du 
fer, qui se trouve irrégulièrement disséminé en petits morceaux au milieu d'une terre 
argileuse rougeàtre qui forme plusieurs collines de 200 à 300 mètres de hauteur. Le 
minerai ne forme ni couches ni filon; il est en rognons ou petits blocs isolés les uns des 
autres et noyés dans cette terre. Les collines que nous avons parcourues pendant le peu 
de temps que nous sommes restés sur les lieux d'exploitation sont forées d'un grand nora- 

1 Tracts on lndia, in-4°. London, 1814, pi. IV. 

2 Op. cit., t. III, p. 113. 

3 Loc. cit., p. 473. 



METALLURGIE ET MINERALOGIE. 151 

bre de puits de diverses dimensions, mais dont le plus grand peut avoir 25 mètres de 
profondeur sur 4 à 5 de diamètre. Les indigènes ne font pas de galeries. Au fur et à 
mesure qu'ils creusent, ils rejettent au dehors la terre qui est sur-le-champ criblée à 
travers un panier à larges inailles pour en séparer les fragments de minerai qui n'ont pas 
été vus d'abord ; les morceaux un peu volumineux sont directement recueillis dans des 
corbeilles et rassemblés entas autour des puits, jusqu'au jour où, jugeant la quantité suffi- 
sante, les travailleurs les emportent au lieu choisi pour opérer l'extraction du métal. Cette 
opération se fait en général dans le village même. 

Nous avons ramassé aux mines un certain nombre d'échantillons des formes diverses 
qu'affecte le minerai. Le minerai le plus abondant, et, disent les indigènes, un des 
plus riches, est une roche rougeâtre cellulo-fibreuse avec quelques petits cristaux de 
quartz ; vient ensuite une roche de même couleur, mais plus dense et ne contenant pas 
de quartz, enfin un agglomérat de limonite et de petits cristaux de quartz très-irrégulière- 
ment disposés; la quantité du métal contenue dans cette dernière roche serait très-faible, 
aussi n'est-elle pas exploitée. 

Les minerais de fer doivent être très-abondants aux environs de Saravan; on nous 
a donné, à Rassac, des échantillons de limonite, d'oligiste, de sidérose provenant du 
massif montagneux situé près du Se Don. Le mauvais vouloir des habitants ne nous a 
pas permis de visiter un seul de ces gisements. Ce fer est très-abondamment répandu 
dans toute cette région ; il serait exploitable avec le plus grand profit à cause de la faci- 
lité des moyens de transport et de la proximité probable des gisements de combustible. 

Un filon très-riche de fer magnétique a été découvert par M. Garnier dans le lit de 
la petite rivière Camcaboua, qui se jette dans le Ranghi et à 8 kilomètres de la jonction 
des deux cours d'eau. Ce gisement est à 30 kilomètres S.-O. de Ban Mouk. Il est 
probablement inconnu des habitants ; l'exploitation en serait bien plus avantageuse que 
celle de la limonite des environs d'Amnat. 

A Muong You le roi nous a donné un certain nombre de minéraux qui se trouvent 
dans la province qu'il administre; le fer est surtout commun. Ce métal se présente sous 
trois formes : la pyrite, la sidérose et l'oligiste ; les deux derniers renferment le fer en 
très-forte proportion et sont très-répandus. 

Dans les montagnes de Xieng Tong, dans le Laos Birman, ce dernier métal est aussi fort 
commun. 

Dans la même partie du Laos et près de Muong You, une tribu sauvage, celle des 
Doé, a une industrie qu'on s'étonne de trouver entre de telles mains. A Samtao elle 
fabrique des fusils. Le procédé employé est assez primitif pour que nous en parlions 
ici. Une barre de fer, d'un diamètre plus ou moins fort, selon le calibre que l'on 
désire donner à l'arme, est solidement fixée sur un plan horizontal. Une mèche de 
fer, plus résistante, ayant une de ses extrémités placée dans l'axe de la barre et l'autre 
engagée par une douille pratiquée dans une poutre verticale, mobile, susceptible d'être 
avancée ou reculée à volonté, sert à perforer le canon. Une lanière solide en cuir de 
buffle fait deux ou trois tours autour de la mèche. A chaque extrémité de cette lanière 



152 GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

est placée une pédale. Quatre hommes, et plus, pèsent alternativement sur chacune de 
ces pédales, et impriment ainsi au foret des mouvements de va-et-vient plus ou moins ra- 
pides. On creuse, de cette manière, dans une certaine étendue, puis on fait avancer le 
madrier qui porte la mèche, et on recommence jusqu'à ce que tout le canon soit évidé. On 
conçoit que, par un semblable moyen, on ne fasse pas beaucoup de besogne, aussi les ou- 
vriers mettent-ils souvent plus d'un mois pour forer un canon d'un mètre de longueur 1 . 

T. Cuivre. — Les montagnes de Tourane et les trois provinces de Hué, celle de Phu- 
yen surtout, abondent, selon ïtier, en minerais de cuivre. D'après le même voyageur du 
cuivre blanc et rouge existe dans les environs de Saigon, dans la province de Kouang-nam, 
et dans celle de Kouang-duc ou Hué-phu. 

Ces indications générales données, précisons davantage. 

II. Mouhot a marqué dans sa deuxième carte une mine de cuivre près de Nokhien, 
non loin de Chenobote, sur la rivière Leuie. 

Le métal à l'état de carbonate bleu et vert existe abondamment au milieu du terrain 
triasique de Bassac. Les exploitations sont situées non loin du village, à 700 mètres envi- 
ron au-dessus du niveau du fleuve, dans la chaîne de collines qui court presque parallèle- 
ment à lui du Nord au Sud. La surface occupée par le gisement métallifère paraît être 
considérable; on suit le filon pendant plus de 150 mètres, le long de la face E. du contre- 
fort; puis il disparaît derrière des éboulements, mais tout fait présumer qu'il reparaît plus 
loin, car, à peu près à la même hauteur, dans une autre partie de la montagne, on trouve 
des traces de fouilles qui permettent de retrouver la ligne de contact des calschistes et des 
grès qui forme un excellent point de repère. La couche minéralogique est horizontale : elle 
pourrait avoir ra ,50 au minimum et 1 mètre au maximum à l'endroit où nous avons pu 
l'étudier. Nous avons donné plus haut, au chapitre traitant de la géologie, la coupe détaillée 
de ce gisement. 

Si ces mines étaient riches, l'exploitation en serait des plus faciles ; quelques travaux de 
déblais mettraient la couche métallifère à nu sur une grande étendue. Le fleuve coule au 
pied de la montagne; le transport des produits serait dès lors des moins coûteux. 

Le carbonate de cuivre se retrouve, et bien plus abondamment, en face de Bassac, dans 
le massif montagneux que nous avons plusieurs fois indiqué. Ce gisement avait été si- 
gnalé à H. Mouhot. Qu'il nous soit permis d'appeler de nouveau toute l'attention sur les 
montagnes de Saravan. Elles abondent en métaux, cuivre, fer, plomb argentifère, anti- 
moine. La navigabilité de la rivière d'Atlopeu, la facilité des moyens de transport, la proxi- 
mité de la colonie, rendraient l'exploitation de ces mines très-facile et très-avantageuse. 

Avec le cuivre extrait des environs de Bassac, on fabrique, dans cette ville, beaucoup 
de petits lingots appelés tat, qui, avec les lingots de fer dont nous avons parlé plus haut, 
sont la monnaie courante du pays. 

Dans le Laos Birman le cuivre est aussi très-abondamment répandu. Les montagnes 
de Xieng Hong renferment le métal à profusion. Aux environs de Muong You sont des 

1 Ces renseignements sont dus à la visite faite par MM. de Lagrce et Thorel aux lieux de fabrication. F. G. 



MÉTALLURGIE ET MINÉRALOGIE. 153 

minerais de cuivre ordinaire et de cuivre argentifère. Chez les Shans le cuivre est si com- 
mun qu'on s'en sert à la place du fer pour les socs de charrue. 

J. Plomb. — De la galène à petites facettes, probablement très-argentifère, existe à 
gauche du Mékong, en face de Rassac, dans le grand massif. Mouhot a eu connaissance 
de ce gisement. Il serait très-riche, mais il nous a été impossible de vérifier ce fait, les 
indigènes ayant refusé de nous montrer les exploitations. La galène est aussi fort abon- 
dante sur les rives de la petite rivière de Mai pai (rivière des Rambous), à 40 milles au- 
dessus d'Attopeu. 

Le minerai de plomb est aussi exploité, avec le fer, qui sert à le réduire, à Nua, vil- 
lage situé à l'extrémité des montagnes de Lakon. Nous n'avons pu voir les gisements de 
plomb, mais nous pouvons donner quelques renseignements sur la manière dont procè- 
dent les indigènes pour séparer le métal. Ils pilent d'abord le minerai dans des mortiers en 
bois, puis le lavent avec soin pour en séparer les matières terreuses et plus légères ; ce la- 
vage se fait dans des sébiles, comme celui des sables aurifères. Ces deux opérations préli- 
minaires achevées, on creuse en terre un trou de m ,20 de profondeur et de ra ,30 de 
diamètre que l'on remplit de charbon de bois concassé ;par-dessus on ajoute un mélange 
de minerai et de charbon. Le tout est recouvert d'une cheminée en terre glaise assez sem- 
blable à la cheminée dont on se sert clans les laboratoires de chimie pour activer la com- 
bustion. Le feu étant allumé dans cette espèce de fourneau à réverbère, au. moyen d'un 
double soufflet formé de deux troncs d'arbres creux dans lesquels se meuvent des pistons 
garnis de chiffons, on obtient une température assez élevée pour opérer la réduction du 
métal qui vient se déposer en culot au fond du fourneau. Par chaque opération on obtient 
au plus quelques grammes de plomb. 

Au moment où nous étions à Nua, il y avait chômage clans les divers travaux d'exploi- 
tation à cause de la mort d'un des travailleurs. Les coliques de plomb font tous les ans 
de nombreuses victimes parmi les indigènes qui attribuent cette terrible maladie à un 
mauvais génie gardien des mines dont ils tâchent cependant de détourner la colère par 
des prières et des offrandes à Rouddha et à ses prêtres. Ils ne prennent en conséquence 
aucune précaution. 

La galène est aussi très-abondante aux environs de Xieng Tong et de Muong You, dans 
le LaosRirman. 

K. Argent. — Les galènes dont nous avons indiqué les gisements sont argentifères, 
mais les indigènes, ne connaissant pas la coupellalion, laissent perdre l'argent. Dans le 
Tong-king, par exemple, des Chinois achètent les saumons de plomb et les traitent pour 
en extraire le métal précieux, dont la quantité serait, dit-on, suffisante pour couvrir et les 
frais d'achat et ceux des divers traitements, de sorte que le plomb leur resterait comme 
bénéfice net. 

Hué et le Tong-king seraient surtout riches en argent. Itier a signalé d'abondantes 
mines de ce métal à Phu-yen '. D'après J. Crawfurd 2 les Cochinchinois prétendent 

1 Op. cit., t. III, p. 112. 

2 Loc. cit., p. 472 el473. 

II. 20 



154 GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

que l'argent s'extrait dans les montagnes du cap Varela. Selon le même auteur, le mi- 
nerai d'argent est exploité à 12 milles de Crachaei; il donne 216,600 onces par an; ces 
mines, qui ont commencé à être en exploitation vers 1625 ou 1630, rapportaient autrefois 
bien davantage, d'après le P. Marini. Elles sont situées dans les provinces de Boa et de 
Cincanghe. Des mines d'or et d'argent sont à dix ou douze journées de marche de Kécho; 
on estime le produit annuel des mines d'argent à 6,000 kilog.; nous ne savons quel est le 
rendement des mines d'or. Trois mille Chinois travailleraient à ces diverses exploitations 
du Tong-king. 

L. Or. — Le Mékong et ses aflluents sont, en beaucoup de points, aurifères. L'or 
charrié par les cours d'eau doit provenir de filons existant, sans doute , dans les chaînes 
de montagnes qui séparent la Cochinchine du Laos, et qui, nous l'avons vu, sont 
constituées par des terrains primitifs, granité, syénite, etc. A. de Humboldt ' a, dans son 
ouvrage sur l'Asie centrale, rapporté les opinions de deux auteurs du seizième siècle, 
Oviedo et d'Anghiera, sur la présence des pépites et des parcelles d'or au milieu des sables 
de lile d'Haïti et d'Amérique. Les arguments géologiques de ces deux observateurs sont 
tellement remarquables et diffèrent, comme le fait remarquer de Humboldt, si peu de nos 
théories actuelles, que nous ne pouvons résister au plaisir de citer ici quelques lignes de 
leurs ouvrages, de Rébus oceanicis, et Relation sumaria de lahislorianatural delndias : 
« Il ne faut pas croire que l'or ait pris naissance à l'endroit où nous le voyons mêlé à la 
« terre... il appartient originairement aux hautes montagnes, et les eaux des pluies le font 
«descendre... Les alluvions aurifères sont dues à la destruction des filons qui traver- 
« senties roches restées surplace dans les hautes montagnes.... Les atterrissements s'enri- 
« chissent par la décomposition des filons, » et ces gîtes primitifs « sont des arbres vivaces 
« qui ont leurs racines dans les profondeurs de la terre, et qui poussent leurs rameaux 
« pour atteindre la surface du sol, et développer leurs fruits d'or à l'extrémité des bran- 
ce ches. » 

Revenons au Laos. Mouhot 2 a indiqué des mines d'or à Ran Makam, auN.-O. de Rat- 
tambang. Nous avons vu laver les sables clans l'enceinte de l'ancienne ville d'Angcor. 
Ces sables gris, quartzeux, fortement micacés, sont peu riches en métal , et le lavage 
qui se fait au moyen de sébiles en bois, ne paraît pas rapporter plus d'un franc par jour. 
Il est vrai de dire que les indigènes ne recherchent le métal qu'à leurs moments perdus, et 
lorsque les travaux de la moisson sont terminés. D'après les renseignements qui nous ont 
été fournis dans la province, l'or serait aussi extrait du lit des rivières qui descendent de 
Rattambang. Un voyageur anglais a récemment signalé des exploitations aurifères de 
l'autre côté de la chaîne de Pursat. 

Dans la rivière d'Attopeu nous avons vu des sauvages laver les sables aurifères. 
Ils se servent pour tout ustensile d'une sébile peu profonde, qu'ils agitent avec de l'eau 
de manière à ce que celle-ci entraîne une partie des matières étrangères plus légères. 
On traite le résidu par une série de semblables opérations successives, car les Khas ne 

1 T. I, pp. 333 et 537. 
- Op. cit., LU, p. 112. 



MÉTALLURGIE ET MINÉRALOGIE. 155 

paraissent pas pratiquer l'amalgamation. On arrive à ne plus laisser au fond de la 
sébile que la poudre d'or, qui est mise dans des tuyaux de plumes d'oiseaux ou des cornes 
de gazelles, et qui est connue dans le commerce sous le nom de poudre d'Attopeu. Nous 
regrettons vivement qu'on ait égaré environ 10 grammes de cette poudre que nous avions 
expédiés à Saigon. L'or en cet endroit doit être abondant et se trouver en parcelles volu- 
mineuses ou en pépites, pour être ainsi isolé par des procédés aussi imparfaits. 

Plus haut, sur le cours du Mékong, au-dessus de Lakon, existe un banc de gravier 
quartzeux, de 10 mètres d'épaisseur environ, qui découvre chaque année. Au moment fa- 
vorable les habitants du voisinage viennent laver ces sables qui ne semblent pas être très- 
riches. 

Sur tout le parcours du fleuve, de Vien chang à Xieng khong, mais surtout près de ce 
village et de Paklay, on lave les sables qui paraissent très-riches, principalement dans les 
remous que forme la rivière. Le sable recueilli est. lavé plusieurs fois à la sébile par des 
mouvements de va-et-vient ondulatoires. Ce sable, débarrassé ainsi, autant que possible, 
des matières étrangères, est mis dans de grands réservoirs en bambou. A la fin de la 
campagne, on reprend avec de l'eau et du mercure une certaine quantité du sable très- 
enrichi, et on le traite dans la sébile, comme s'il s'agissait de le laver. L'amalgame et le 
mercure, plus lourds, restent au fond du vase; les matières terreuses sont entraînées par 
l'eau. Le tout est placé dans une toile très-forte et à tissu très-serré. Le mercure non utilisé 
passe par expression et est recueilli pour une opération postérieure. L'amalgame resté au 
fond de la toile est chauffé; le mercure se volatilise et l'or reste au fond du vase distilla- 
toire sous forme d'une petite boule grosse à peu près comme un pois chiche. Dans cette opé- 
ration, une grande quantité de mercure est perdue, et cependant ce métal coûte fort cher 
dans le pays; il doit très-probablement venir des provinces chinoises du Sud, peut-être du 
Se-tchouen. La plus grande partie de cet or sert à payer les tributs au chef de la province. 

Sur les bords du Mékong nous signalerons un autre gisement aurifère, un peu au- 
dessus de Nongkay, en face du petit village de Ha kham. 

Au versant Est de la chaîne de montagnes d'où doivent provenir ces sables aurifères, 
le métal précieux existe aussi. Dans la baie de Tourane, et à une lieue au-dessous de 
cette ville, se jette une rivière, réunion de deux petits cours d'eau qui viennent du N.-O.; 
à 4 lieues plus haut que le confluent de ces deux rivières existe, d'après Hier 1 , une exploi- 
tation considérable d'or charrié, sans doute, des mouiagnes voisines. L'or existerait d'ail- 
leurs en abondance dans tout le Tong-king ; nous a.vons vu précédemment que Crawfurd 
indiquait des mines d'or et d'argent à dix ou douze journées de Kécho. 

M. Houille. — Dans la partie de cet ouvrage qui traite plus spécialement de la géo- 
logie, nous avons dit que dans le Yun-nan et sur- les bords du Yaug-tse Kiang, les cou- 
ches de houille se trouvaient intercalées au mili .eu des grès et des calschigtes de la for- 
mation triasique. Nous avons vu aussi que le gis ement si riche de Ma-chang, à la jonction 
du Kin-cha Kiang et du Pe-chouy Kiang, se tror rvajt exactement dans les mêmeg conditions 

1 Op. cit., t. I, p. 112. 



156 GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

stratigraphiques et pétrographiques que l'exploitation cuprifère de Bassac, dans le Bas- 
Laos. Or, dans cette dernière localité, au niveau où l'on devrait trouver le charbon, nous 
avons vu effectivement de minces lits de houille. Nous sommes restés sur les lieux évi- 
demment trop peu de temps pour avoir pu étudier avec tout le soin désirable ce gisement 
de Bassac. Nous nous bornons ici à appeler à nouveau toute l'attention sur ce point. Nous 
sommes persuadés, et toutes les inductions nous permettent d'affirmer le fait , que des 
couches de charbon doivent exister aux environs de Bassac, dans les grès ou les calschistes. 
En suivant avec soin ces points de repère, on trouvera certainement des affleurements. 

Gelley a signalé des mines de houille dans la tribu des Kouys, à l'E. du Grand Lac. 
Des gisements d'anthracite se trouvent près de LuangPrabang. Ces diverses couches doi- 
vent être des prolongements du grand bassin houiller du Yang-tse et du Yun-nan. 

La découverte de charbon aux environs de Bassac donnerait un nouvel essor à la pros- 
périté de notre colonie de Cochinchine en permettant d'exploiter facilement les nombreux 
minerais d'argent, de plomb, de fer, d'antimoine, de cuivre, etc., si abondamment répan- 
dus dans le massif de Saravan. A un autre point de vue encore, le combustible pourrait 
être très-précieux pour la France, si, dans un moment de guerre, sa marine de l'Indo- 
Chine ne pouvait recevoir ses approvisionnements du dehors. 

2 Chine. 

Nous allons étudier successivement, pour mettre plus d'ordre dans notre travail et pour 
éviter surtout toute confusion, les provinces du Yun-nan et du Se-tchouen; nous parle- 
rons ensuite collectivement de celles qui sont situées au S. du Yang-tse Kiang, c'est-à- 
dire du Kouy-tcheou, du Hou-nan, du Kouang-si, du Kouang-tong, du Fo-kien, du 
Kiang-si, du Tche-kiang. Nous devrons surtout porter toute notre attention sur les loca- 
lités voisines du fleuve Bleu. Le Yang-tse est, en effet, navigable jusqu'à plus de 700 lieues 
de son embouchure, de sorte que les moyens de transport sont des plus faciles. L'extrac- 
tion des minerais est d'autant moins dispendieuse qu'à côté des métaux se trouve presque 
partout le combustible, et celui-ci est répandu à profusion tout le long du fleuve. 

L'ouvrage de Pumpelly nous donnera pour plusieurs des provinces du bassin du Yang- 
tse, des renseignements utiles. L'auteur américain les a puisés dans la Géographie offi- 
cielle de la dynastie impériale actuellement régnante, le Ta-tsing-y-tong-che. 

§ I. — Province du Yun-nan. 

Cette province est une des plus riches de l'empire, en métaux, or, argent, cuivre, 
charbon, etc. L'état de guerre dans lequel elle se trouve depuis quelques années a fait 
abandonner la plupart de ces exploitations. Nous avons pu cependant en visiter un grand 
nombre dont nous parlerons en détail après avoir indiqué d'une manière générale, pour 
éviter toute répétition, les points où se trouvent les métaux. 

A. Marbre. — Près des rives du Song Koï sont de beaux marbres blancs légèrement 
fumés et des marbres roses et jaunâtres, fort employés pour les tombeaux. Au-dessus et 



MÉTALLURGIE ET MINÉRALOGIE. 157 

au-dessous de Yuen-kiang existent en abondance des brèches calcaires qui polies seraient 
du plus bel effet dans l'ornementation ; elles sont formées de fragments de marbres de 
couleurs variées noyés dans une pâte rose tendre ou rouge de sang. 

R. Alun. — Pumpelly a signalé de l'alun à Yuen-mong dans le département de Ou- 
ting \ 

C. Sel. — Des puits salés ont été indiqués par le même auteur dans les districts de 
Ngan-ning, Yun-long, Lang-kiong, Teng-yue, Kouang-thong, Yao, Tsauchïlsiruj -, 
Yuen-mong, Ning-cul. Dans le pays on nous a indiqué des exploitations de sel à Ho-boung 
et à Pa-ken près de Pou-eul, et à Hé-tsin, Lang-tsin, Pé-tsin près de la capitale; le prix 
moyen du sel est de r , 1 5 le kilogramme. 

Ho-boung, grand village, non loin de Pou-eul, tire son importance de la présence 
des salines. Autant que nous avons pu en juger par quelques heures de séjour, l'eau salée 
n'est point à l'état de nappe ; elle suinte à travers des calcaires cristallins et des schistes 
jaunâtres pour s'amasser dans le fond de puits creusés ad hoc et d'où on la retire à l'aide 
de pompes en bambous quand cela est possible, ou bien au moyen de treuils manœuvres 
par des hommes. 

Les puits sont de deux sortes, les uns inclinés ayant la forme et la construction de ga- 
leries, les autres verticaux. Les puits inclinés sont, en général, au bas de la montagne, et 
les verticaux sur les flancs et les points les plus élevés : il n'est pas possible de se servir 
de la pompe pour extraire l'eau de ces derniers, la profondeur de quelques-uns atteignant 
jusqu'à 90 brasses. 

Le forage des puits est souvent très -difficile à cause des roches que l'on rencontre et 
des faibles moyens dont disposent les travailleurs pour les creuser; l'outillage est le même 
que celui dont on se sert pour faire les galeries dans le gisement d'anthracite dont nous 
parlerons un peu plus bas. 

A mesure que l'eau est retirée des puits on l'amène par des conduits dans de grands 
bassins en maçonnerie où elle s'évapore en partie sous la double action de la chaleur et du 
vent; puis de ces bassins, partent de nombreux petits conduits qui déversent cette eau 
déjà concentrée dans des bassines en fonte d'un mètre de diamètre ou plus petites, où se 
complète l'évaporation par le feu. Les fourneaux sur lesquels reposent les bassines, plus 
ou moins nombreux selon l'importance de l'exploitation, sont sur une même ligne, les uns 
à côté des autres et dans un plan un peu inférieur aux réservoirs en maçonnerie. Ils sont 
de forme rectangulaire, divisés en deux compartiments superposés, séparés par des barres 
en fonte sur lesquelles est le foyer. Il n'existe aucun tirage ; l'ouverture du foyer sert à la fois 
de cheminée et de bouche à alimentation. Le bois seul (pin et chêne), ou le bois et l'anthra- 
cite mélangés, sont les combustibles employés. La chaleur produite ne doit pas être trop 
forte, mais uniforme, de façon à maintenir le liquide de la bassine en évaporation cons- 
tante, sans ébullition bien marquée. Un conduit d'alimentation venant des réservoirs supé- 
rieurs remplace au fur et à mesure l'eau évaporée, jusqu'à ce que le dépôt salin remplisse 

l Id.,p. S8. 



158 GÉOLOGIE ET MINERALOGIE. 

la bassine. Nous n'avons pu déterminer le degré de salure de l'eau au moment où elle sort 
des puits; son titre d'ailleurs doit varier selon qu'on le prend pendant ou après la saison 
des pluies ; celle que nous avons goûtée ne nous a pas semblé très-salée. La quantité de 
sel extrait de cette façon est plus grande qu'on ne pourrait le croire et suffit aune population 
considérable placée entre ces salines et le Mékong et même au delà ; nous ne pouvons 
malheureusement donner de chiffres exacts à ce sujet. Le prix moyen de la vente sur les 
lieux d'exploitation est de f ,15 àO f ,201e kilogramme de sel. 

D. Jade. — « On rapporte, dit Davis, que c'est dans le Yun-nan que le jade ou yu 
est le plus abondant, et qu'on le trouve dans le lit des torrents '. » Selon le témoignage 
des missionnaires, cette roche se trouverait sur les confins du Yun-nan et de la Birmanie, 
au S.-O. de Ta-ly fou, près de Teng-yue tcheou. En ce point, le jade serait de la 
plus belle qualité et tellement abondant que dans une ville les individus riches feraient 
parqueter leurs maisons avec du jade de qualité inférieure. Chacun sait le prix que les 
Chinois attachent au jade, symbole pour eux d'immortalité, et indice de dignité. 

Pumpelly 2 a indiqué du jade bleu à Tungsan, dans le district de Ou-ting, des jades vert et 
bleu au mont Mo-pe près de Li-kiang, et du jade noir à Maumolosz' , près de Yun-tchang. 

E. Pierres précieuses. — « Les montagnes du Sud du Yun-nan semblent abonder en 
pierres précieuses... topazes, aigues-marines, tourmalines mouchetées, saphirs opaques, 
jadéites, lapis-lazuli, turquoises, cristal de roche, grenats,... corindons bleus ;... les rubis 
sont très-communs,... les saphirs sont fréquents, et souvent de belle eau et de bonne 
taille... De l'ambre existe à Teng-yue, des agates au mont Manau près de Pao-chan, 
des topazes dans le même district 3 . » 

F. Zinc. — Selon W. Williams les mines de zinc doivent être très-riches dans la pro- 
vince dont nous parlons 4 . 

Les mines de zinc et d'étain sont abondantes près de Tong-tchouen fou; les deux 
métaux se vendent sur les lieux à raisonde f ,15 àO f ,20 le kilogramme. Nous signalerons 
encore du zinc à Ping-y hien au S.-E, de Tong-tchouen, à 250 lis de cette même ville; 
ce zinc renfermerait, au dire des indigènes, de l'argent dans la proportion d'une once de 
ce dernier métal pour 100 livres de zinc, ou 1/1600. M. Friedel, de l'École des Mines, 
qui a bien voulu analyser du zinc et de l'étain rapportés de cette localité, n'a pu y cons- 
tater la présence de l'argent. Sur les lieux d'exploitation le zinc ne vaut que f ,15 à 
f ,20 le kilogramme; comme des mines de houille existent dans le voisinage, une exploi- 
tation régulière donnerait de grands bénéfices. 

' Op. cit., t. I, p. 263. 

2 Pumpelly, loc. cit., p. 118. 

3 Pumpelly, loc. cit., p. 118. 

k Sur les richesses métallurgiques du Yun-nan, on trouvera un ensemble de renseignements beaucoup 
plus complets et beaucoup plus précis que tous ceux que l'on peut recueillir dans les divers auteurs, dans 
l'ouvrage de métallurgie chinoise dont la traduction est donnée à la suite de la géologie. Consultez pour l'em- 
placement des gisements cités par M. Joubert clans le Yun-nan, les cartes itinéraires 8, 9 et 10, Atlas l' c partie, 
pi. XI, XII, XIII. Les noms des localités indiquées dans le texte d'après des autorités étrangères et dont la position 
n'a pu être reconnue, sont écrits en italique et leur orthographe a été scrupuleusement respectée. F. G. 



MÉTALLURGIE ET MINÉRALOGIE. 159 

G. Étain. — Dans les mêmes localités, l'élain est très-abondant; signalons les mines de 
Ouien-tchang à 12 ou 14 lieues àl'E.-N.-E. de Tong-tchouen, et à Tchè-kai, à 12 lieues E. 
de la même ville. Le métal en saumons ne vaut que f ,15 le kilogramme. 

H. Fer. — Les exploitations les plus riches sont celles qui existent à Kang-tchong-pa; 
d'autres minéraux également riches et abondants sont traités aux forges de Lang-pong-li. 
Les fourneaux, beaucoup mieux construits que partout ailleurs, ont au moins 10 mètres 
cubes de capacité; on réduit le minerai, carbonate de fer, au moyen du charbon de bois 
et de la dolomie employée comme fondant; chaque opération donne une barre de fer de 
40 cent, de long, en moyenne, sur 10 cent, d'épaisseur ; la coulée est ramassée en boule 
et fortement martelée de suite, de manière à faire sortir les scories, et souder les parti- 
cules les unes aux autres. Le métal est vendu assez bon marché sur les lieux d'exploita- 
tion; on en fait des chaudières, des socs de charrue, des canons de fusil. 

Du minerai de fer se trouve à Siao-tsao-pa, sur les bords de la rivière de Kokui. 

A Ho-boung, l'exploitation des salines a fait naître une petite fonderie pour la fabrica- 
tion des bassines; elle se compose d'un fourneau à réverbère de faible dimension, pouvant 
contenir 25 à 30 kilogrammes de métal, et d'un soufflet hydraulique. Les moules des bas- 
sines sont deux blocs de torchis, ayant une apparence fort grossière, mais dont les sur- 
faces qui doivent être en contact avec les matières fondues sont polies avec soin. 

Quand la fusion est arrivée au point convenable, on rapproche du fourneau les deux 
parties du moule, on les chauffe avec de la braise, puis on opère la coulée et le transva- 
sement qui se fait au moyen de cuillers en fonte longuement emmanchées. 

On n'emploie pas de minerai pour obtenir le fer; on utilise des débris d'anciennes 
bassines, de mauvais socs de charrue, et des morceaux de fer jetés pêle-mêle dans le 
fourneau au milieu d'un feu de charbon de bois. 

Dans ce petit atelier de fonderie, on ne fabrique exclusivement que des bassines et des 
socs de charrue. 

I. Mercure. — On nous a donné à Se-mao un morceau de cinabre qu'on nous a dit 
venir de Ta-ly fou. Nous n'avons pas d'autres renseignements. 

J. Cuivre. — Ce métal est abondamment répandu de chaque côté du Yang-tse Kiang 
dans le Yun-nan et le Se-tchouen occidental. 

D'après Davis l , le cuivre ordinaire avec « lequel on fabrique la basse monnaie du 
pays vient du Yun-nan et du Kouy-tcheou; on donne à ce cuivre le nom de Tsé-lai ou 
naturel, parce qu'on le trouve dans le lit des torrents. » 

Autour de Tchao-tong sont plusieurs gisements peu considérables. Une ligne de mines 
de cuivre s'étend de Houy-litcheou à Soui fou. 

C'est à Houy-li tcheou, sur les frontières du Yun-nan et du Se-tchouen que se fabrique 
en partie le fameux cuivre blanc ou petong, si célèbre en Chine, et dont tous les voyageurs 
ont parlé. Les minerais sont exploités comme pour obtenir le cuivre rouge ; on obtient un 
métal dont la couleur tient le milieu entre celle du laiton et de l'argent. Un des mission- 
naires de Pékin rapporte que le petong du Yun-nan fondu, refondu, réduit en feuilles, 

1 Loc. cit., p. 265. 



160 * GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

coulé en lingots, battu à chaud et à froid plusieurs fois, chauffé et rechauffé, conserve tou- 
jours sa couleur blanc jaunâtre; il raconte avoir lui-même fait ces essais 1 . Les indigènes 
nous ont dit la même chose; ils ont ajouté que le cuivre blanc qui vient du Hou-pé et du 
Kouy-tcheou, deviendrait rouge après plusieurs chauffes, ce qui fait supposer que ce n'est 
qu'un alliage de cuivre et d'étain, et que ce dernier métal, bien plus fusible, finit par se 
séparer. Le petong du Yun-nan, qui ne s'altère pas, est extrêmement estimé. Nous croyons 
que le petong s'obtient par le mélange direct des minerais, et non par celui des métaux. 

Avant la guerre des musulmans, les mines de cuivre de Sin-long étaient l'objet d'une 
sérieuse exploitation. Ces mines se trouvent à 28 ou 30 kilomètres au N.-N.-E. de 
Yuen-kiang. Pour nous y rendre, nous avons d'abord remonté le fleuve de Yuen-kiang 
pendant une heure 30 minutes vers le N. 30° 0., puis, nous rapprochant du N., nous 
avons marché pendant une heure directement au N., 2 heures 15 minutes vers leN. 35° E., 
dans la petite vallée de Kang-tchong-pa, et 2 heures vers le N.-N.-E., en tout un peu plus 
de 6 heures et demie, la moitié du temps en plaine, et l'autre moitié dans les montagnes. 

A Sin-long tchang, comme tous les endroits où nous avons trouvé des minerais, les 
montagnes sont élevées et fortement tourmentées; celles-ci sont presque exclusivement 
constituées par des calcaires cristallins qui se sont fait jour à travers d'épaisses couches de 
schistes argileux violemment redressés, et que les eaux et les influences atmosphériques 
désagrègent et entraînent petit à petit. 

Le minerai de cuivre est certainement très-abondant dans cette contrée, et se trouve 
répandu dans une circonférence qui n'a pas moins de 10 à 12 kilomètres de diamètre dans 
tous les sens. Les moyens d'exploitation sont insuffisants; on ne se sert que d'un poinçon 
en fer et d'un pic; nous n'avons vu nulle part de traces de roches enlevées à la mine. Le 
minerai est injecté dans les fentes et les crevasses du calcaire dolomitique; les filons en 
sont parfois puissants et traversent le calcaire ou des schistes jaunâtres. Le minerai en 
roche est souvent accompagné de plaques de sels de cuivre d'un beau vert noyées dans 
une terre noirâtre ; ce dernier est de beaucoup le plus riche. 

Les nombreuses galeries jadis exploitées autour du village de Sin-long tchang, sont 
aujourd'hui complètement abandonnées ; on n'exploite plus que sur un seul point, situé 
à 10 kilomètres N.-N.-E. du village, et l'exploitation est insignifiante. Des enfants vont 
dans les galeries extraire le minerai qu'ils rapportent à la maison paternelle ; après avoir 
été concassé ce minerai est traité dans de petits fourneaux analogues à ceux dont on se sert 
dans les cabinets de chimie. Le seul fourneau un peu grand qup nous ayons vu, était un 
cylindre de terre glaise, de 2 mètres de hauteur, qui ne pouvait certainement pas contenir 
2 hectolitres de matières, combustible compris. Au-dessus d'un premier lit un peu épais 
de charbon de bois, l'on met une couche de minerai, puis une nouvelle couche de charbon, 
et ainsi de suite jusqu'à ce que le fourneau soit rempli; on allume ensuite et l'on active 
la fusion au moyen d'un soufflet cylindrique dont le piston est mû par six hommes. Le 
cuivre descend au fond du fourneau, où il forme un culot. On conçoit aisément qu'avec 
de pareils moyens, une grande quantité du métal doive rester dans les scories. On nous a dit 

1 Mérn. concernant les Chinois, par les missionnaires de Pékin, t. XI, 1780. 



MÉTALLURGIE ET MINÉRALOGIE. 161 

que pour faciliter la séparation du cuivre des matières qui l'accompagnent on ajoutait une 
certaine quantité de minerai de fer, que l'on fait venir de Kang-tchong-pa, situé à 12 kilo- 
mètres au Sud-Sud-Est de Sin-long tchang. 

K. Plomb. — Des mines de plomb argentifère très-abondantes existent à Sin-kai- 
tse, à 6 lieues de Co-kouy sur les bords de la rivière de ce nom. La quantité d'argent 
serait assez grande pour couvrir et les frais d'exploitation et le transport du plomb sur le 
marché de Tchong-kin, à 100 lieues de là, sur les bords du Yang-tse Kiang. 

Des mines de galène argentifère, très-riches et d'exploitation facile, sont près de Tong- 
tchouen, et de Mong-tse, à 5 journées à l'Ouest deLin-ngan. Les gisements considérables 
qui seraient le plus facilement exploitables sont ceux qui se trouvent autour de la ville de 
Koui fou, sur les bords du Yang-tse Kiang. 

L. Argent. — W. Williams L signale des mines d'argent dans le Yun-nan, aux 
confins de cette province et de la Cochinchine. Selon Hue 2 ce métal serait abondant 
dans toutes les provinces de l'Ouest et du Sud de l'Empire chinois. Les exploitations 
d'argent du Yun-nan sont aussi indiquées par Davis 3 . Nous venons de voir que toutes les 
galènes sont très-argentifères. Dans le paragraphe suivant nous parlerons des mines de 
Ta-lang, en décrivant les exploitations d'or. 

M. Or. ■ — Toutes les rivières du Yun-nan et du Se-tchouen roulent de l'or, et le 
Kiang, dans cette partie de son trajet, est nommé à cause de l'abondance du précieux mé- 
tal, Kin-cha kiang, ou rivière aux sables d'or. W. Williams, Pallegoix, Hue, Pumpelly, 
Rlakiston, et tous les auteurs qui ont écrit sur la Chine, ont parlé des richesses de cette 
vieille Californie. L'état de guerre dans lequel se trouve le Yun-nan depuis quelques années 
a fait abandonner la plus grande partie des exploitations. Au siècle dernier l'or était 
exporté jusqu'en « France et dans les autres pays d'Europe » selon Osbeck 4 . 

Les missionnaires nous ont indiqué des mines d'or et de cuivre à Té-kô-tchang, village 
situé à sept journées de marche à l'Ouest de Ta-ly fou. A 4 lieues à l'Est de cette même 
localité sont des mines que l'expédition n'a pu visiter. 

Il existe d'autres mines d'or et d'argent, dans un petit cours d'eau qui vient se rendre 
dans la rivière de Lao-oua-tan, près de Long-ki. Le gisement serait considérable, et chaque 
année pendant la saison sèche, de décembre à avril, 2,000 à 3,000 hommes se rendraient 
aux mines. Celles-ci se trouvent en contre-bas de la rivière, de sorte que plus de 1 ,200 indivi- 
dus sont obligés de se débarrasser de l'eau, au moyen de pompes de bambous superposées. 
Du fer et du charbon se trouvent en abondance dans le voisinage. On retirerait 25 livres 
d'or et autant d'argent de 300,000 kilogrammes de matières extraites; les indigènes pré- 
tendent que les deux métaux se trouvent dans les mêmes filons. 

Les mines les plus exploitées jadis, avant la révolte des musulmans, sont celles des 
environs de Ta-lang. 

1 Loc. cit., p. 244. 

2 Loc. cit., p. 139. 

3 Loc. cit., p. 26b. 

4 A voyage to China and the East Indies, trad. par J. Reinhold Forster. 2 vol. in-8, London, 1771 , t. I, p. 243. 

IL 21 



166 GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

P. 25*. Ya tcheou. — Mines de cuivre très-abondantes, autrefois exploitées... gypse très-blanc...; 
p. 26. Pierres blanches comme la neige... or. 

P. 27. Kia-ting fou. — Plusieurs montagnes ontdu sel... naines de fer... ; p. 28. Or. 

P. 28. Tong-tcheou fou. — Mines de cuivre, grottes... ; p. 29. Argent, cuivre, fer, sel. 

P. 30. Ouei tcheou. — Or; sel, salpêtre. 

P. 31. King tcheou. — Mines de fer, de cuivre et de sel. 

P. 33. Lou tcheou. — Or, sel, pierre à teindre. 

P. 33. Tse tcheou. — Or, fer. 

P. 37. Kien tcheou. — Or, argent, fer, sel. 

P. 38. Mao tcheou. — Or, cinabre.'' 

P. 39. Ta tcheou. — Or... source qui fournit du sel. 

P. 41. Tchoung tcheou. — Or... sel... ; p. 40. Fontaine volante qui jaillit avec le bruit du tonnerre ; 
autre fontaine volante, la plus extraordinaire de l'univers, s'élève cà une très-grande hauteur, et retombe 
en rosée. 

P. 42. Si-yang tcheou. — Or, cinabre, mercure. 

P. 44. Sang-fou tin. — Pierre qui brille comme le miroir... le salpêtre brille sur une montagne 
comme de l'argent. 

P. 45. Chi-tcheou tin. — Plomb. » 

A. Fer. — Pumpelly (/oc. cit., p. 111), indique les départements suivants comme 
possédant des extractions de minerai de fer : 

Tchen-tou fou, dans le district de Tsing-tsing hien. 

Tse tcheou. 

Ning-yuen fou, dans les districts d'Houy-ly tcheou, Mien-ning hien et Yen-yuen hien. 

Pao-ning fou, dans le district de Kouang-yuen hien. 

Tchong-kin fou. 

Chun-king fou, au mont Tie, à 80 li S. E. de Yun-tsang hien, dans les districts de Ho tcheou et de 

Tong-yang hien. 
Tchoung tcheou dans le district de Fong-tou hien. 

Koui-tcheou fou, dans les districts de Ou-chang hien et de Yung-yang hien. 
Choui-ting tcheou, dans les districts de Ku hien et de Ta-tchou hien. 
Long-ngan fou, dans les districts de Yen-ting hien et de Che-hong hien. 
Kia-ting, à 40 li N. de Oui-yuen hien et à 100 li N. de Yun hien. 
Kong-chan fou, au mont Kousang, à 10 li de la ville, dans le voisinage de minerais de cuivre. 

B. Cuivre. — Depuis Uoui-li tcheou jusqu'à Souy-tcheou, des deux côtés du fleuve, 
sont de nombreuses exploitations de cuivre. Il serait trop long de citer chaque mine en 
particulier; celles de Houi-li tcheou sont surtout importantes ; on y extrait le cuivre blanc 
si renommé dans toute la Chine. 

C. Arsenic. — H y a dans les environs de Tchong-kin, sur les bords du fleuve Bleu, 
un minerai d'arsenic dont les indigènes extraient le réalgar. 

D. Plomb. — Un missionnaire nous a donné à Koui-tcheou fou de la galène à petites 
facettes, très-argentifère, provenant de gisements exploités dans les environs de cette 
ville. 

E. Or. — Les alluvions de la plupart des rivières sont lavées et contiennent de 
l'or. Le procédé employé est absolument le même que dans le Yun-nan. 



MÉTALLURGIE ET MINÉRALOGIE. 167 

Nous relevons sur la carte de Rlakiston les points où ce voyageur a vu laver les sables 
aurifères; ce sont : Lou tcheou et Ouan. 

Pumpelly (loc. cit., p. 60) indique des exploitations dans les districts de Kien, Ouang- 
kiang, Tsong-King, Pung, Ngan, Yen-yuen, Kouang-yuen, Pa, Kien \ Yun-tchang, Ho, 
Fou, Pong-choui, Ouan, Ta-tchou, Ping-hou, et aux rivières de Tsong et de Fi-kia choui, 
dans les départements de Lou cheou et de Ya tcheou. 

F. Charbon. — Des deux côtés du Yang-tse Kiang sont de riches houillères. Le 
bassin s'étend depuis le Tibet jusqu'à Nankin. Parmi les points les plus importants 
nous pouvons citer : Lo tou, Souy-tcheou, Pa-tong, Koui fou. Tout porte à croire que la 
province entière du Se-tchouen n'est qu'un vaste bassin houiller, dont les couches se 
retrouvent à une très-faible profondeur. Ce bassin aurait plusieurs centaines de lieues de 
diamètre, et égalerait en richesse ceux de l'Australie et de l'Amérique. 

G. Pétrole. — Nous avons dit, dans la partie géologique, que souvent en creusant un 
puits de sel, on tombait sur une source de pétrole. « Ayant atteint 1,000 pieds de profon- 
deur, dit Imbert 2 , ils trouvent ordinairement une huile bitumineuse qui brûle dans l'eau. 
On en recueille par jour jusqu'à quatre ou cinq jarres, de 100 livres chacune. Cette huile 
est très-puante... Les mandarins, par ordre du prince, en achètent souvent des milliers de 
jarres pour calciner sous l'eau les rochers qui rendent le cours des fleuves périlleux. » 
Nous citons textuellement Imbert sans nous rendre garants de l'exactitude de ses obser- 
vations. 

§ III . Provinces au Sud du fleuve Bleu. 

A la province du Se-tchouen s'arrêtent nos observations personnelles. Le trajet depuis 
Souy fou a été fait en bateau ; nous ne sommes descendus à terre que pour ravitailler, 
aussi nous n'avons pu faire aucune recherche. Pour les provinces situées au Sud du 
Yang-tse Kiang, nous nous bornerons, afin d'éviter toute répétition, à donner collective- 
ment la liste des principaux gisements signalés par les divers auteurs qui ont étudié cette 
partie de la Chine avec le plus de soin. 

A. Marbres. — Toutes les montagnes appartenant au système dévonien doivent ren- 
fermer des marbres. Nous citerons dans la province de Kouang-si les marbres blancs de 
Hoai-tse hien et de Chang-che tcheou, les marbres blancs, roses, noirs des environs de 
Canton, signalés par Itier, W. Williams, Davis, le marbre blanc du mont Tsang près de 
Tai- tcheou fou, le marbre de Su-tcheou fou, dans le Kiang-sou. 

R. Alun. — Nous nous contenterons d'indiquer l'alun dans les provinces de Hou-nan, 
de Kiang-si, de Hou-pé, de Ngan-hoei. 

C. Gypse. — D'après Williams, le gypse cristallin est commun à Canton. Pumpelly le 
signale à Hang-tcheon fou. 

1 Cette ville n'est pas la même que celle qui commence la liste. L'une est au Nord de Pao-ning fou, l'autre 
est sur le Tsong kiang, à peu de distance deTchen-tou. Voyez la carte, Atlas, Impartie, pi. I. F. G. 

2 Loc. cit.. p. 374. 



164 GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

Les houilles que nous avons rapportées du Yun-nan et du Se-tchouen sont sèches 
et se transforment en un coke très-dense, finement poreux, donnant 72 0/0, d'après l'a- 
nalyse faite à l'Ecole des Mines par M. Friedel. Le charbon est, près des lieux mêmes 
de l'exploitation, converti en coke, au moyen du procédé suivant. Onéreuse un grand trou 
de 18 à 15 mètres cubes de capacité ; on le remplit de charbon en ménageant une che- 
minée au milieu. On couvre la meule de terre et on y met le feu en jetant par l'ouverture 
centrale du bois enflammé. On opère donc, comme pour la carbonisation du bois, par le 
procédé dit des forêts. Le charbon de mauvaise qualité et le poussier sont réduits en poudre, 
mélangés avec un peu d'eau et d'argile, et façonnés en briquettes, que l'on trouve partout 
à très-bon compte. 

Après avoir donné ces renseignements généraux, nous allons indiquer les principaux 
gisements, et les étudier un peu plus en détail. 

Près de Se~mao, entre Na-cou-lyetHo-boung, existe un abondant gisement d'anthracite 
que l'on exploite, quoiqu'il soit de mauvaise qualité et brûle difficilement, pour les salines de 
Ho-boung. Les couches courent N. et S. ; elles sont nombreuses, rapprochées les unes 
des autres, mais peu épaisses; sur un emplacement de 12 mètres, nous avons pu en 
compter jusqu'à cinq. La puissance des bandes du combustible varie entre m ,03 et m ,32. 
Quant à l'étendue du gisement en longueur, nous ne pouvons la connaître, même approxi- 
mativement ; nous savons seulement qu'on extrait le combustible en deux points, distants 
l'un de l'autre de 6 kilomètres, et que l'on n'est pas aux limites du bassin. 

Le mode d'exploitation des couches carbonifères est des plus simples. Les mineurs choi- 
sissent une couche et la poursuivent en construisant des galeries dans la montagne, les 
unes horizontales, les autres un peu en penle, jusqu'à ce que la veine soit épuisée, ou, 
qu'à cause de la profondeur, il devienne préférable de recommencer sur un autre 
point. Les galeries sont bien faites et solides, quoiqu'elles ne soient construites qu'avec 
des branches de pin et de bambous; seulement elles sont trop petites, ne mesurant que 
l m ,10 de haut sur m ,60 de largeur. L'outillage se compose d'un marteau-pique de m ,30 
à m ,40 de long, d'un petit panier en forme de van; les mains du mineur font l'office de 
pelles. Des enfants sortent le charbon à l'ouverture des galeries, d'où il est chargé sur 
des bêtes de somme, ou des hommes, pour être transporté aux salines de Ho-boung dont 
nous avons parlé plus haut. 

Sin-hing tcheou, à deux journées S. de la capitale, possède des couches d'anthracite 
et de houille de mauvaise qualité. 

Sur la route de Yun-nan à Tong-tchouen fou, près de Yang-lin, à 19 lieues de la 
capitale, on exploite un gisement de houille avec lequel on fabrique du coke de belle 
apparence, dont on se sert à Yun-nan et dans les environs pour travailler les métaux. 
Ce gisement de houille serait considérable et s'étendrait jusque dans la plaine de Kiu- 
tsing fou, à quatre journées de là. 

Au dire des missionnaires, la houille serait très-commune dans le bassin du Kin-cha 
kiang, depuis Souy-tchéou fou jusqu'à Li-kiang, principalement un peu au-dessus de la 
réunion du Kin-cha kiang et du Ya-loung kiang. La mine de Tai-ping, à 10 lieues au 



MÉTALLURGIE ET MINÉRALOGIE. 165 

delà de la réunion de ces rivières, est surtout renommée et estimée. La houille qui en 
provient est placée au-dessus de toutes les autres par les forgerons, qui donnent deux me- 
sures de charbon ordinaire contre une seule de charbon de la mine que nous venons de citer. 
L'expédition a trouvé des couches affleurant sur les bords du fleuve, et qui avaient plus 
de 2 m ,20 de puissance ; placé debout et le bras étendu, on ne pouvait atteindre le toit. 

Tcho-ka, à 3 lieues de Tong-tchouen, possède des mines de houille sèche et d'anthracite. 

Entre Tong-tchouen et Souy fou les gisements de houille et d'anthracite sont très- 
abondants; chaque jour nous en rencontrions sur notre route. Les lieux d'exploitation sont 
si nombreux que nous nous contenterons de citer les principaux : Tchao-tong, Tchin-ouan, 
Ma-tsao-cou, Pou-eul tou, Ta-kouan,etc, etc. La mine de Ke-hi, sur les bords de la rivière 
de Lao-oua-tan, à 3 lieues en aval de Teou-hiang kouan, fournit un charbon d'excellente 
qualité. Ces houilles sont généralement sèches. On peut dire que le charbon extrait du 
milieu des grès rouges ou des schistes est de qualité supérieure à celui que l'on trouve 
près des calcaires cristallins du dévonien ; avec le premier on peut fabriquer du coke ; 
le second tombe facilement en poussière, et doit être converti en briquettes, pour pou- 
voir être utilisé. 

En présence d'une telle abondance de gisements houillers, on ne comprend pas que 
R. Pumpelly, dans sa Géologie générale de la Chine, n'ait pas eu connaissance d'une 
seule des exploitations de houille ou d'anthracite du Yun-nan, alors qu'il avait des ren- 
seignements relativement nombreux sur les puits de sel, les lavages d'or, etc. 

§ II. Province du Se-tchouen. 

Cette province est tout aussi riche, si ce n'est plus riche encore, en métaux que le Yun- 
nan; les houilles et les anthracites surtout abondent. Nous avons déjà, dans le troisième 
chapitre de cet ouvrage, parlé des puits de feu et de sel; nous n'y reviendrons pas ici. 

Louis Lamiot a traduit et résumé la description de la province du Se-tchouen, du 
Ta-tsing-y-tong-che. Nous lui emprunterons les indications métallurgiques '. 

« P. 11. Tchong-kin fou. — Puits d'où on tire du sel... un d'où sortent des nappes d'eau jaillis- 
sant à 30 pieds... mines de fer ; une montagne dont les pierres ressemblent au cuivre... rivière d'où on 
tire un fer qui supplée à l'acier. 

P. 13. Pao-ning fou. — Mines de cuivre... beaucoup de grottes souvent précieuses ou curieuses...; 
p. 14. Or, fer. 

P. 13. Chun-king fou. - Mines de fer... 

P. 19. Koui-tcheou fou. — Montagnes... il y en a de très-hautes, dont une ne produit rien, à toutes 
ses pierres rouges, et contient du sel... pierres qui ressemblent au sel blanc... fontaines de sel... ; p. 21 . 
Or, fer, étain. 

P. 21. Long-ngan fou. — Montagnes... une terre rouge, qui au soleil brille comme de l'or... mines 
d'étain...; p. 22. Pierres blanches comme l'agate... or, fer, étain, mercure. 

P. 23. Ning-yuen fou. — Mines d'or, d'argent, de cuivre blanc, de cuivre rouge, avec des particules 
d'argent; sable blanc ; pierres à teindre ; d'autres de diverses couleurs...; p. 2o. Argent, cuivre, fer, sel, 
alun. 

1 Description de la province chinoise de Se-tchouen, in-8. et Bull. Soc. de Géographie. 



162 GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

Au Nord de cette ville, existe une portion de chaîne de montagnes courant E. etO., 
un peu plus élevée que ses voisines, sur la crête de laquelle est assis un village dont la 
population ne se compose que de mineurs exclusivement occupés à l'extraction de l'or 
et de l'argent. Le village esta 1,700 ou 1,800 mètres au-dessus du niveau de la mer, au 
N. 10° E. deTa-lang età 18 kilomètres environ de cette ville, dont il relève. 

Au pied et sur les flancs de la montagne on rencontre un grès rougeâtre fortement 
tourmenté, altéré et disloqué; vers la crête surgit un calcaire compacte, légèrement cris- 
tallin, traversé et soulevé par des dykes de serpentine, qui viennent affleurer au centre. 
Cette dernière roche est très-abondamment répandue, et traversée par des filons de quartz, 
étroits, mais nombreux en certains endroits. La partie fouillée pour la recherche des pré- 
cieux métaux est concentrée autour du village, mais comprend cependant une assez grande 
surface. La montagne est attaquée par sa partie supérieure et par ses deux côtés, mais 
principalement sur son versant sud. Celui-ci ayant une pente plus forte offre plus de facilité 
aux mineurs. On peut estimer à 4 kilomètres la ligne horizontale où l'on voit des galeries 
et des déblais sur ce versant. 

Il n'est pas possible, par ce que nous avons observé, d'avoir une opinion fondée sur 
la richesse plus ou moins grande des mines que nous avons visitées; la population qui y 
travaille est des plus misérables, et rien chez elle ne fait soupçonner une forte rémunéra- 
tion de ses pénibles labeurs; mais, d'autre part, les moyens d'exploitation sont si imparfaits 
que les points métallifères les plus riches peuvent échapper. 

L'opinion des indigènes est que l'or est assez abondant pour donner à ceux qui le 
recherchent de beaux bénéfices, quant à l'argent, il ne mériterait pas d'être recueilli, 
s'il ne se trouvait mélangé à l'or. Ces deux métaux sont à l'état natif et dispersés irrégu- 
lièrement dans la roche serpentineuse sous forme de lamelles ou de grains très-fins; on 
ne le rencontre d'une manière constante que dans les interstices des filons de quartz ou 
autres roches qui traversent ou avoisinent la serpentine, aussi ces points sont-ils par- 
ticulièrement recherchés des mineurs. L'argent n'est pas partout, associé à l'or ; on ne le 
trouve que dans un espace assez restreint à l'Ouest du village. 

Lorsque le mineur a fait choix de l'endroit où doivent porter ses recherches, il creuse, 
selon la direction de la couche, des puits verticaux, ou des galeries soit horizontales, soit 
inclinées. Les déblais sont dispersés autour de l'ouverture de la galerie jusqu'au moment 
où l'on reconnaît la présence du métal cherché ; alors la galerie se poursuit dans la direc- 
tion du filon aurifère ; les terres et les roches retirées sont amoncelées par catégories sur 
une plate-forme construite près de l'entrée de la galerie. Il arrive souvent que les premiers 
travaux de déblai sont faits en pure perte, et qu'on est obligé de les suspendre après 
plusieurs mois de recherches infructueuses. 

Les matières extraites des galeries sont réduites en poudre et lavées dans un panier 
en bambou, mobile, véritable berceuse, que l'on fait osciller au-dessus d'un plan incliné 
en bois, strié transversalement. On élimine par ce premier lavage une partie des matières 
les plus légères; le sable qui s'est rendu dans un bassin situé au bas du plan incliné, et 
les parties restées dans les cannelures, sont lavés une seconde fois dans une sébille peu 



METALLURGIE ET MINERALOGIE. 163 

profonde, très-évasée, de près d'un mètre de diamètre. On imprime à l'appareil une 
série de mouvements de gyration qui permettent aux substances les moins lourdes d'être 
entraînées. Ce deuxième résidu, très-enrichi, est traité au moyen du mercure, qui, vola- 
tilisé, laisse au fond du vase une petite boule d'or. 

L'outillage employé pour creuser les galeries est des plus simples ; il se compose d'un 
marteau pointu à l'une de ses extrémités, et d'un poinçon en fer de m ,25 de long; les 
mains font l'office de pelles pour ramasser les débris dans un panier qu'un enfant porte 
vider à l'extérieur. 

Les galeries les plus spacieuses que nous ayons vues ne mesurent pas plus de I mè- 
tre de hauteur sur m ,50 à m ,70 de largeur; souvent même, lorsque la roche est un peu 
dure, ou qu'il se présente un étranglement, on ne pratique qu'une ouverture suffisante 
pour permettre au mineur de passer. Si l'on ne tient pas compte de leur étroitesse, les 
galeries sont généralement bien faites et sûres ; les cadres en sont solides, rapprochés et 
reliés entre eux par des branches de pin refendues qui arrêtent les éboulements du toit et 
des murailles. 

La recherche de l'or n'est pas bornée au lieu que nous venons d'indiquer. De la mon- 
tagne descendent plusieurs torrents dont on retient les sables au moyen de barrages en 
pierres ; ces sables sont ensuite lavés et traités par le procédé que nous venons d'indiquer. 

Les habitants des villages situés sur les bords des torrents qui descendent des mines, 
se livrent particulièrement à ce genre de travail ; s'il n'est pas aussi lucratif que l'exploi- 
tation des gisements, il a l'avantage immense de se faire à temps perdu, au moment où 
les travaux des champs n'absorbent pas tous les bras. 

Actuellement 400 à 500 hommes sont occupés à ces mines, qui, dit-on, rapportent 
de 50 à 60 taëls d'or par mois, ce qui ferait environ 2 kilogrammes ou 6,000 francs; il est 
vrai de dire que les travaux sont très-irréguliers ; la guerre, qui, depuis 1855, désole cette 
province, a fait disparaître et les mineurs et la nombreuse population groupée autour 
de l'exploitation ; les villages sont abandonnés et les maisons envahies par les broussailles. 
Autrefois le revenu des mines aurait été de 1,000 taëls par mois ou de plus de 1,300,000 
francs par an; on trouvait fréquemment des pépites. 

Aux limites du Yun-nan et du Kouy-tcheou, à dix journées de marche au Sud de 
Soui-tcheou fou, les missionnaires nous ont indiqué des mines d'or extrêmement 
riches. 

N. Combustibles. — La tourbe est très-abondante dans les endroits bas ; elle est uti- 
lisée. 

Depuis la frontière du Yun-nan et du Laos Rirman jusqu'aux bords du Yang-tse 
Kiang, on rencontre des gisements de houille et d'anthracite ; mais c'est à partir de la capi- 
tale de la province, dans tout le bassin du fleuve Rleu, que les exploitations sont très-abon- 
dantes. On rencontre partout de la houille ; certaines couches ont plus de 2 mètres de 
hauteur. Comprises entre les strates du trias, elles affleurent le plus souvent dans les 
berges du fleuve, ou se trouvent à une faible profondeur lorsqu'elles sont exploitées en 
plaine. 



168 GEOLOGIE ET MINÉRALOGIE. 

D. Nitre. — Ce sel est abondamment répandu dans toutes les cavernes du calcaire 
dévonien. Citons les provinces de Hou-nan, de Hou-pé, de Kiang-sou, etc. 

E. Lapis-lazuli. — Celte substance paraît ne pas être rare dans la province de Tche- 
kiang (rivière de Lo-tsing hien ; mont Nienprès de Tchang-chan hien. W. Williams l'a 
indiquée dans le Hou-nan. 

F. Ambre. — Pumpelly donne les gisements suivants : Tong-hoei hien dans le Kouang- 
tong, Liang-chan hien, Ou-chang hien, Tai-ning hien, Ta hien ou Ta-tchou hien, dans le 
Se-tchouen. 

G. Réalgar. — Nous emprunterons encore à Pumpelly la liste des localités suivantes, 
où l'on trouverait le réalgar : 1° Se-tching fou dans le Kouang-si, mont Leangkung au 
Sud-Ouest de Min tcheou, et à Kiai tcheou dans le Kan-sou. 

H. Jade. — Nous avons dit que le jade le plus estimé venait des confins de Yun-nan 
et de la Birmanie ; cette substance a encore été signalée dans la province centrale de 
Chen-si. 

I. Charbon et anthracite. — Le bassin houiller s'étend à travers la Chine depuis le 
Tibet jusqu'à Nankin, des deux côtés des rives du Yang-tse Kiang. Rappelons quelques 
exploitations. A Canton, Davis mentionne un charbon légèrement bitumineux, mais 
n'étant pas de bonne qualité. Pumpelly signale des explorations à Anko et à Hing-hoa fou 
dans leFo-kien, à Tchao-tcheou fou dans le Kouang-tong, à Sin-ngan hien et à Siang- 
chan hien, dans le Tche-kiang, à Fong-sin hien, à Kouang-sin fou et à Pin-yang hien 
dansleKiang-si, à Heng-chan, Lai-yang et Sin-hing dans le Hou-nan, Koueet Pa-tong, 
dans le Hou-pé. 

J. Fer. — Le fer est si abondamment répandu partout que nous ne ferons qu'indiquer 
seulement quelques gisements. Ce sont : les provinces de Kouang-si, de Kouang-tong 
(à Lien-tcheou, Tchao-tcheou fou, Lo-tching tcheou, etc.), de Fo-kien (à Yen-pin fou, 
Fou-ning tcheou, Fou-tcheou fou, etc.), de Tche-kiang (à Tai-tcheou fou, Ouen-tcheou 
fou, etc.), de Hou-nan (partout), de Hou-pé (Ou-tchang fou, Hoang-tcheou fou), etc. 

K. Zinc. — Ce métal a été signalé dans le Hou-pé par Davis. 

L. Cuivre. — Pumpelly a indiqué les localités suivantes : le mont Kù à 35 li Nord- 
Est de Ho (Kouang-si), Kiong-tcheou fou (île d'Hai-nan), Yen-pin fou (Fo-kien); 
abondamment répandu dans le Tche-kiang, et le Ngan-hoei. 

M. Étain. — Dans le Kouang-si (King-yuen fou, Ping-lo fou), le Kouang-tong 
(Kia-ing tcheou, Hoei-tcheou fou, Yang-chan hien), le Tche-kiang (Ning-po fou, Chao- 
hing-fou), le Hou-nan (Thing-tcheou, Yong-tcheou fou, Tchang-tcha fou), le Hou-pé (mont 
Sièh à 5 li Sud de Fong-tchong hien). 

N. Mercure. — Du vif-argent est signalé par Davis dans le Kouy-tcheou, et du cina- 
bre par Williams dans le Chan-si. Dans cette même province les missionnaires de Pékin 
mentionnent de nombreux puits de cinabre. Ces puits étaient « de simples trous creusés 
« en terre dans lesquels on faisait du feu de broussailles ; comme ces puits étaient sans 
« revêtement, la chaleur et la flamme ayant desséché, fait fendre et entr'ouvrir la terre des 
« parois, le cinabre s'y montrait de tous côtés, et pour peu qu'on grattât et qu'on fit ébouler 



MÉTALLURGIE ET MINÉRALOGIE. 169 

« la terre, on trouvait dans le fond une grande quantité de cinabre l . » Dans le même ou- 
vrage nous lisons qu'il y avait aussi en Chine des gisements de vif-argent, mais les locali- 
tés précises ne sont pas indiquées. Nous donnerons ici, d'après l'ouvrage tant de fois cité 
de Pumpelly, quelques-unes de ces localités. Ce sont : Mont Tungshi à 15 li Est de 
Pe-liou bien, Kouei-lin fou, le mont Ili au Nord de I-chan hien et le mont Kusih près 
de Se-ngan hien (Kouang-si); Yang-chan hien (Kouang-tong); le mont Lungkien près 
de Lou-ki hien (Tche-kiang); rivière près de Tching-tcheou fou, Tchang-tcha, Ou-kang 
hien, Hu-yao (Hou-nan); Tai-ho (Ngan-hoei). 

0. Plomb et argent. — Comme ces deux métaux sont le plus souvent réunis, pour 
éviter de trop nombreuses répétitions, nous les comprendrons dans un même chapitre. 
Indiquons comme gisements : Kouei-lin, Lieou-tcheou, mont Mongin à 35 li N.-O. 
de Ho-tchi tcheou, Ping-lo, Ho hien, Kouei hien (Kouang-si) ; Kao-ming, Yai tcheou, 
Lien-tcheou fou (Kouang-tong); Kien-nhing fou, Ta-ting, Ting-tcheou fou (Fo-kién); 
mont Tien-tai et mont Tse-nien près de Tien-tai hien ; mont Yn-kong près de Tchang-chan 
hien (cette mine donne 300 livres à la tonne), mont Yn près de Ouen-tcheou fou, rivière 
Chauchi près de Tai-chun hien (Tche-kiang); Tchang-tcha fou, Heng-tcheou fou, Tchin, 
Koue-yang tcheou, etc. (Hou-nan); mont Yng, près de Jao-tcheou fou, Nan-fong hien, 
Ko-yang hien (Kiang-si); mont Hoang-ko à 2 li Ouest de Hing-koue (Hou-pé); Ouei- 
tcheou fou (Ngan-hoei). 

P. Or. — La plupart des rivières de Chine sont aurifères; toutes les provinces situées 
au Sud du Yang-tse Kiang, à part celles de Ngan-hoei et de Kiang-sou, sont indiquées 
dans le tableau tracé par Pumpelly, à qui nous avons, du reste, emprunté la plupart des 
renseignements que nous venons de donner 3 . 

Arrivés au terme de notre travail, nous appellerons encore à nouveau l'attention sur 
les richesses minérales du pays que nous avons parcouru. Trois fleuves, le Yang-tse, 
le Song Koi, le Mékong, conduisent au milieu de pays où abondent les métaux. La rivière 
du Tong-king donnerait un débouché facile aux productions du Yun-nan ; tout le long du 
fleuve Rleu les berges renferment d'abondantes couches de charbon d'une extraction 
avantageuse; par le Mékong, on pénètre dans le Laos, cette contrée qui nous intéresse 
tout spécialement. 

Qu'on maintienne, par une sage et bienveillante administration, une paix profonde 
parmi les populations du Laos si laborieuses, qu'on donne foutes facilités aux colons, qu'on 
aide puissamment à la création de sociétés françaises d'exploitation, et alors on nous aura 
donné un joyau en plus, car, selon l'expression de Gelley, « si le Laos était connu des 
Européens, il deviendrait nécessairement une nouvelle Californie. » 

1 Mém. concernant les Chinois par les missionnaires de Pékin, t. XI, 1786. 

- Nous avons tenu à donner à titre d'indications, tous les renseignements trouvés épars dans les différents 
auteurs; comme nous n'avons pas vu par nous-mêmes beaucoup de ces mines, nous n'en pouvons affirmer la 
présence. 

II. 22 



TIEN NAN RO'UANG TC1IANG TOU LIO 



TRAITE DETAILLE 

DES MINERAIS ET DES MINES 

DU ROYAUME DE TIEN 

AUJOURD'HUI PROVINCE DE YUN-NAN 

Traduit par M- Thomas KO, lettré chinois 
Annoté par M. Francis GARNIER 



J'ai cru devoir donner ici, à peu près in extenso, la traduction faite par M. Thomas Ko 
d'un ouvrage de métallurgie chinois acheté par la commission dans le Yun-nan. Je me 
suis contenté de mettre en français son texte latin, en supprimant quelques longueurs et en 
éclairant de quelques notes la lecture de cet ouvrage diffus et ennuyeux. Peut-être trouvera- 
t-on que je n'ai pas assez fait de suppressions et qu'il eût mieux valu condenser davantage 
un exposé qui revient sans cesse sur lui-même et ne s'épargne ni les redites ni les con- 
tradictions. Peut-être trouvera-t-on aussi que j'ai eu tort de ne pas faire grâce au lecteur 
des théories niaises, des pratiques superstitieuses et des puériles croyances sur lesquelles 
s'étendent souvent, avec tant de complaisance, les auteurs chinois. Mais j'ai préféré laisser 
aux métallurgistes le soin de démêler au milieu de tant de procédés empiriques ceux qui 
peuvent avoir réellement quelque valeur, aux moralistes le plaisir de retrouver, même 
au milieu d'une nation éclairée et polie, les préjugés et les erreurs qui subsistent encore 
au bas de toutes les échelles sociales. 

Pour donner à cet ouvrage toute la valeur qu'il peut avoir comme traité de métallurgie 
indigène, j'ai conservé dans la traduction toutes les dénominations chinoises qui ne pou- 
vaient se traduire en français d'une manière identique : des expressions simplement 
équivalentes auraient pu souvent induire en erreur et donner au texte un sens et une por- 
tée tout différents. A part les noms de lieux et les noms d'hommes qui ont toujours été 
imprimés en romain, j'ai écrit toutes ces dénominations, la première fois en italique, les 
fois suivantes en romain, afin que le lecteur puisse distinguer facilement les expressions 
nouvelles de celles qui se sont déjà présentées et dont la signification a été donnée. J'ai 
toujours placé entre guillemets les mots que j'ai cru devoir ajouter au texte soit pour le 
rendre intelligible, soit pour indiquer le sens des expressions chinoises les plus importantes 



174 AVANT-PROPOS. 

et diminuer ainsi le nombre des notes. A l'exception des noms géographiques que j'ai 
laissés tels qu'ils avaient été déjà écrits clans le cours de l'ouvrage, j'ai conservé l'ortho- 
graphe adoptée par M. Thomas Ko pour les mots chinois, quoiqu'elle diffère parfois de 
celle généralement adoptée. Il ne m'a pas semblé nécessaire delà compliquer par l'em- 
ploi des accents qui servent à noter les différents tons de la langue chinoise. 

Les dernières parties de ce travail contiennent des renseignements administratifs, 
statistiques et géographiques, très-précis et très-rninutieux sur la situation métallurgique 
du Yun-nan et j'appelle sur eux toute l'attention des lecteurs. Ils permettent de se faire 
une idée exacte des richesses inouïes que renferme cette province et de la prospérité à 
laquelle elle peut prétendre dès qu'elle aura des débouchés suffisants et une administration 
forte et honnête. 

Des cartes et des dessins accompagnent l'ouvrage original ; mais leur reproduction ici 
n'aurait rien ajouté à la clarté du texte. Je me contente de renvoyer aux cartes itinéraires 
n os 8, 9 et 10 et aux deux cartes générales de l'Indo-Chine et de la Chine où l'on retrouvera 
toutes les localités importantes mentionnées dans l'ouvrage. 

Ce traité de métallurgie a été écrit vers 1850, sous Tao-Kouang, le grand père de l'em- 
pereur de Chine actuel, par les lettrés Ou Ki-tche et Hu Kin-sen ; le premier du grade 
de Tse tsin tse ou docteur, a été vice-roi du Yun-nan avec le litre de Pin pou che lanq, 
c'est-à-dire de commandant en chef de toutes les forces militaires; le second, du grade 
de Kin yen ou licencié, a été tche fou ou préfet de la ville de Tong-tchouen fou dans la 
même province. Un exemplaire de l'ouvrage a été déposé par mes soins à la bibliothèque 
impériale où les sinologues pourront le consulter et corriger les erreurs qui ont pu 
échapper à l'inexpérience du traducteur. 

Francis GARN1ER. 



TIEN NAN KOUANG TCHANG TOU LIO 

Traduit par M. Thomas KO, lettré chinois 
Annoté par M. Francis GARNI ER 



NOTIONS GENERALES. 

Le souffle et la respiration même de l'or et de l'argent sont les premiers indices qui 
puissent faire découvrir dans les montagnes la présence de ces métaux. Il importe ensuite 
de faire le choix du lieu où l'on devra creuser la mine et de réunir les outils nécessaires '; 
il faut enfin éprouver à l'aide du feu le minerai extrait pour en reconnaître la nature et 
savoir si c'est de l'or, de l'argent, du cuivre, de l'étain ou du plomb qu'il contient. Pour 
cela, il faut construire des fourneaux et se procurer les ustensiles appropriés à ces essais. 
Les creusets spécialement affectés au diagnostic des minerais se nomment Tsao l . 

Après ces premiers préparatifs, il ne faut négliger aucune dépense pour réunir de 
toutes les parties de l'empire les nombreux ouvriers nécessaires au travail de la mine. 
On les distribuera sous des chefs particuliers et on édictera des règlements indiquant 
les préceptes à suivre et les défenses à observer, afin de prévenir les abus et de garantir 
autant que possible les travailleurs de tout accident ou de toute infortune. Dans ce but 
il conviendra de faire plusieurs sacrifices par an. Comme la plupart des accidents pro- 
viennent de l'intempérance du langage et de la licence des paroles, il faudra s'attacher à 
prescrire des règles à cet égard en tenant compte des temps, des lieux et des circonstances. 
Mais si, en dépit de l'observance rigoureuse de toutes ces règles, le malheur continue 

1 Pour éviter toute confusion, j'ai toujours employé les mêmes mots français pour traduire les mômes 
expressions chinoises. Ainsi le mot « four » répond toujours au mot chinois iao, le mot « foyer » au mot 
chinois loa, le mot « creuset » au mot chinois tsao, sans que je prétende pour cela indiquer la nuance 
métallurgique exacte qui sépare ces trois catégories de fourneaux. Il suffit que le lecteur soit prévenu. 
J'emploie aussi le mot « fourneau » dans un sens tout à fait général et indéfini. 



176 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

à s'attacher aux travailleurs, il faudra en faire remonter la cause aux mauvais esprits et 
chercher à apaiser leur colère par des sacrifices. 



§ i Gr . Des indices révélateurs. 

Quand les montagnes revêtent une couleur bleuâtre, on doit s'attendre à y trouver de 
l'argent; si elles contiennent de l'aimant ou de la porcelaine, leurs couches inférieures 
renferment certainement du cuivre. En effet, quoique les éléments des métaux soient 
d'ordinaire profondément enfouis dans le sol, il se manifeste toujours à la surface un signe 
particulier appelé Miao, quia reçu pour ce motif le nom de Trait indicateur l . Un écri- 
vain, nommé Jen, traitant de cette matière, s'exprime ainsi : Si une montagne contient 
des métaux, on trouvera le signe révélateur en mille endroits de sa surface et de même 
que la citrouille pousse d'abord sa lige, puis ses feuilles, et porte enfin des fruits, ainsi 
partout où se montre le trait indicateur, on doit juger qu'il est la tige, dont les parcelles 
légères du métal, éparpillées çà et là, sont les feuilles et dont les masses plus grosses, 
réunies en un même point, sont les fruits. — C'est pourquoi quand le Trait indicateur est 
d'origine récente, on ne trouvera que rarement des métaux et toujours en très-petite quan- 
tité, tandis que là où il est ancien, le minerai se rencontre abondamment. 

Ce n'est que par la tradition et une longue expérience que l'on peut arriver à faire 
ces distinctions. Voici les observations faites à ce sujet: 

Le trait indicateur dit H an houan 2 est ténu ; quand il ne se trouve que dans des endroits 
arides, au milieu d'un sol léger, il n'indique qu'un gisement nul ou de peu de valeur. 

Le Pou chan :t houan se rencontre disséminé dans toute la montagne et à sa superficie, 
comme s'il n'y avait pas de racine. Il a la même signification que le précédent. 

Le Chou sen houan est droit comme un arbre sans rameaux et on doit en conclure que 
le gisement est très-pauvre. 

Le Mo pan houan quand il est très-répandu et enfoui peu profondément, présage 
une inondation dans un délai de quelques années. 

Le Koua tao !> houan est un signe qui se divise et s'interrompt parfois pour reparaître 
un peu plus loin à la surface de la montagne. Il indique toujours que l'on trouvera le 
métal directement en dessous, soit en petite quantité, soit comme l'expérience en a été 
souvent faite, en masses considérables. 

Il y a enfin le Ta houan ou « grand trait indicateur ». Quand il est répandu avec profu- 
sion, qu'il atteint une grande épaisseur et qu'il s'étend en largeur sur un espace de plu- 
sieurs dizaines de tche s , il faut s'attendre à de grandes difficultés d'extraction provenant 

1 In houan, littéralement «verrou de la direction » in « conduire » , houan « verrou ». Miao signifie « plante » . 

- Ban veut dire littéralement « discontinu ». 

3 Pou chan veut dire « épars dans la montagne ». A l'avenir je ne donnerai le sens de ces expressions que 
quand il ne résultera pas du texte lui-même et qu'il présentera un intérêt suffisant. 

i Littéralement « épée à moitié tirée ». 

5 Le pied chinois ou tcM vaut environ ol centimètres; dix tche font un tchang ; le tche se subdivise 
lui-même en dix tsen. 



NOTIONS GÉNÉRALES. 177 

de la dureté des roches, mais espérer trouver successivement et pendant longtemps de 
grandes masses de métaux accumulées. 



g 2. — Des galérien île mines. 

Quand, après l'examen de tous ces indices, apparaît l'espoir d'une exploitation lucrative, 
il importe de régler les fouilles à faire dans les montagnes, surtout dans les régions infé- 
rieures, de façon que personne n'empiète sur les limites de son voisin et que chacun suive 
bien le filon qui lui est propre. C'est pourquoi nous allons parler maintenant de la con- 
struction des galeries de mine. 

L'ouverture même en est appelée Tsao 1 . Si le métal se rencontre à l'entrée même de 
la galerie, on y établit avec des troncs d'arbres une sorte de porte incomplète qui prend le 
nom de Iang tsao men. Au-dessus, on établit une voûte, nommée Po, à laquelle on donne 
une forme élégante de montagne et dont la ligne de faite s'appelle Lien houa tin. 

La voie au milieu de la galerie se nomme Houangoxx « fénestrale » ; le sol même est dit 
Song houang de ce qu'il est fragile. Si la galerie est pavée en pierre, elle est dite Gen hia, 
ou a vallée de pierre remarquable par sa dureté». Si l'accès de la voie fénestrale est hori- 
zontal, elle est appelée Pin touy ; s'il est un peu incliné, on la nomme Gieou tche chouy ; 
s'il est presque à pic, Teon touy, parce qu'elle épuise les forces des jambes ; s'il est tout à 
fait vertical, Tiao tsin ; si l'on y pénètre par des échelles de bois, Pay y ti ; enfin, si le 
sol va en s'élevant, on l'appelle Tsan pong. 

La partie gauche de la mine est celle du forgeron ; c'est là qu'on manie le marteau. 

La partie droite est celle du mineur ; c'est là que l'on travaille à l'aide du coin. 

La voûte qui maintient les terres supérieures est dite Tien pong ou « toit céleste ». 

Le plancher inférieur s'appelle Ti pan. 

Le lieu même où l'on creuse s'appelle Tsien : le travail de la mine prend le nom de 
H in tsien, ou opération de creuser la terre 2 . On partage les lieux des travaux en parties 
inégales. Ceux qui louent ces différentes parties s'appellent Kee tsien ; celui qui les divise 
et les numérote se nomme Se tsien. 

§3. — Des outils. 

l°Le marteau employé ordinairement est un fer d'une longueur de sept à huit Tsen 2 , et 
son manche est en bois. L'ouvrier tient ce marteau d'une main et le coin de l'autre, et 
travaille sans aide. L'ouvrier employé à la fonte des métaux manie au contraire à deux 
mains une barre de fer demi-carrée du poids de quatre ou cinq Kin 4 , qui est emmanchée 

1 Ce n'est pas le même caractère que celui qui signifie « creuset ». 

2 Littéralement « exercice du coin ». 

3 Voir la note 5 de la page précédente. 

u La livre chinoise ou kin est variable de poids suivant les objets qu'elle doit servir à évaluer. Il y a la livre 

de 16 onces pour l'argent et les objets précieux, la livre de 20 onces pour le riz et les comestibles, la livre de 

24 onces pour les objets encombrants et grossiers, tels que le charbon. C'est la livre de 16 onces qui est 

employée dans tout le cours de cet ouvrage. L'once, qui est le poids du tael, l'unité de compte monétaire 

IL . 23 



178 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

d'un bambou. Près de lui se tiennent pour l'aider deux hommes armés l'un du coin, 
l'autre du marteau. 

2° Le coin est en fer et a quatre ou cinq tsen de longueur ; son tranchant est défendu 
par une sorte de bourrelet circulaire, qui facilite le maniement de l'outil et sert à protéger 
la main. 

3° Il y a un autre coin de dimension moindre, qui a un manche en bois d'un tche 
de long et qui sert de levier. 

4° Les sacs dont on se sert pour le transport des minerais sont en chanvre et d'une 
longueur de quatre ou cinq tche. On les porte sous le bras par une extrémité et sur l'épaule 
par l'autre extrémité. 

5° On installe dans la partie postérieure des galeries une sorte de coffre ventilateur, 
analogue à un vase, destiné à renouveler l'air autour des travailleurs. La voie sou- 
terraine est en effet longue et profonde, le vent ne peut atteindre jusqu'à ses extrémités 
où il serait souvent impossible pour ce motif d'allumer du feu. Le travail des mineurs de- 
viendrait alors trop pénible, ou trop malsain, soit, quand, après la pluie, l'humidité a pénétré 
le fond de la mine, soit, quand, après la sécheresse, la chaleur y est devenue trop grande. 
6° On appelle Men leang, « lumière triste», celle qui sert à guider les ouvriers jusqu'à 
ce qu'on ait ouvert une voie nouvelle par où l'air et le jour puissent pénétrer clans les 
parties intérieures de la mine. 

Les lampes sont en fer et leur réservoir peut contenir une demi-livre d'huile. Elles ont 
une poignée longue d'un demi-tche, terminée par un crochet qui sert à les suspendre à 
une tige en fer d'un tche environ de long. La mèche est faite avec du coton. Il y a une 
lampe par atelier de quatre ou cinq hommes. 

7° Les conduits d'eau sont en bambou ou en bois et la longueur de chaque tronçon 
peut varier de huit à seize tche. Les tronçons sont réunis les uns aux autres à l'aide d'une 
pièce de bois ou de fer qui vient s'engager dans une entaille de deux tsen environ de 
diamètre pratiquée aux extrémités et que l'on garnit de peau, de façon à ne pas empêcher 
l'ascension de l'eau. Il y a un homme par atelier chargé de surveiller le fonctionnement 
de chaque fraction de ce tube, et cet homme est régulièrement relevé à de certains in- 
tervalles. Trois ateliers doivent fournir dans ce but six hommes par jour. A chaque portion 
de tube correspond un récipient qui permet de juger la quantité d'eau retirée et de voir 
s'il est nécessaire d'en augmenter le nombre. On peut superposer en hauteur de cin- 
quante à soixante tubes de ce genre, et ils peuvent occuper horizontalement un espace de 
soixante-dix tche. Mais il serait difficile de leur donner une plus grande étendue. 

chinoise, est invariable et vaut 38 grammes environ. Quoique les mots once et tael soient identiques en chi- 
\\o\s-(liany), je me servirai toujours du premier pour indiquer un poids, toujours du second pour indiquer 
la valeur argent de ce poids. On sait que le tael vaut à peu près 7 fr. 75 de notre monnaie et qu'il a été adopté, 
comme unité de compte fictive, par le commerce européen dans ses transactions avec les Chinois. 



NOTIONS GÉNÉRALES. 179 



§ 4. — lies minerais. 



Le poids de l'argent s'est estimé successivement de plusieurs manières. Dans les monts 
Hy-tin \ selon la balance Tchou ti, il fallait huit onces pour faire un lieou, qui représen- 
tait quinze cent quatre-vingts fen 2 d'aujourd'hui. Maintenant le lieou vaut mille fen. 
Ainsi qu'on le lit dans les livres du royaume Houi 3 , pour le poids de deux tan h du mi- 
nerai d'argent extrait de la montagne Li 5 , on devait payer une redevance de sept taels. On 
pouvait extraire au contraire huit tan de minerai du mont Pee-ten pour le même prix ; 
les qualités des minerais peuvent donc varier dans d'énormes proportions. 

Dans la province de Tien, on pèse le cuivre avec la balance lieou 6 : 100 livres de cuivre 
doivent 10 livres de redevance, perception que l'on appelle aussi lieou du nom de la « ba- 
lance » . Le minerai de cuivre qui n'a pas besoin de manipulations s'appelle Y ho tchen long. 
Celui au contraire qui doit être remis au feu huit ou neuf fois, se nomme Kypin eïKy tsuo 7 . 

On appelle Pey (se le minerai de cuivre, qui, sur une livre brute, contient un centième 
de fen d'argent pur. L'affinage par le feu de ce minerai se nomme Tse kouang 8 . On com- 
mence par lui faire subir une première cuisson qui l'agglomère en une masse appelée 
Kien tiao, puis on le soumet à des feux plus vifs dits Ta ho « grands feux». Après cette 
dernière opération, on peut trouver le métal, soit en menues parcelles nommées Ti mou 9 , 
soit aggloméré en une seule masse, que l'on désigne sous le nom de Tcheou touan. C'est 
à ce résultat que l'on peut juger du succès de l'opération, clés dépenses et des travaux 
qu'il reste encore à faire et de la bonne ou mauvaise qualité du métal. 

Il est nécessaire d'apprendre à reconnaître la qualité des minerais de cuivre, ce 
à quoi l'on parvient surtout par la coloration. Les teintes violette et couleur de feu, la 
couleur appelée Lao ya lin 10 , qui est cette dernière teinte mélangée d'une nuance bleue, 

1 Les monts Hy-tin sont situés près de la ville de Kao hien aux confins du Se-tchouen et du Yun-nan et 
étaient très-abondants autrefois en argent et en étain. La balance Tchou ti est un mode de compte usité sous 
les Han (202 av. J.-C. à 220 après). 

2 Le fen est la centième partie du tael, il se subdivise en 10 li, le li en 10 hao : 10 fen font un tsien. 

3 L'un des trois royaumes en lesquels se partagea la monarchie chinoise à la fin des Han. 11 comprenait la 
province du Ho-nan et la partie méridionale de la province du Chan-si. Il est orthographié d'ordinaire Wei. 

4 Le tan dont il s'agit ici vaut 400 livres chinoises de 20 onces chacune. 11 se subdivise en 10 teou, le 
teou en 10 chen, le chen en 10 ko. Le tan du commerce vaut 100 livres de 16 onces ou environ 61 kilogram- 
mes. C'est l'unité que les Européens connaissent en Chine sous le nom de picul. 

5 Située dans le Chen-si, au N.-O. de Si-ngan fou. 

6 Ce lieou n'est pas le même mot que le précédent. Le premier est le caractère « couler », le second le 
caractère « grenade. » 

7 Ces expressions sont la traduction du fait lui-même, la première signifie littéralement « un feu devenir 
cuivre », les deux autres « plusieurs fois refroidir, plusieurs fois creuset ». 

8 Le sens du mot kouang, que l'on retrouvera très-fréquemment dans la suite, est « minerai, matière mé- 
tallique » ; tse veut dire « affiner par le feu » ; nous allons voir cette expression employée plus loin dans un 
sens figuré pour désigner une espèce particulière de minerai. 

9 Littéralement « base, fondement femelle ». Cette expression va revenir très-souvent dans la suite et avec 
des sens différents. 

10 « Plume de corbeau ». 



180 TIEN NAN KOUANG TCIIANG. 

doivent être préférées avant tout. Ces qualités de minerai donnent quelquefois 50 pour 100 
de cuivre, et dans ce cas on les désigne sous le nom de Ma teou tse. 

On trouve parfois un minerai de cuivre qui contient 70 ou 80 pour 100 de mé- 
tal, mais cela n'arrive que bien rarement; aussi l'appelle-t-on Houang kin pe 1 ; l'eau 
est comme la nourrice de ce métal, et c'est elle qui le transforme sans aucune opé- 
ration en Sen tong, métal lui-même à l'état natif. Sa qualité pour les différents usages de 
l'industrie est très-supérieure, surtout s'il a été trouvé en grande masse et non en menus 
fragments. 

Les minerais d'argent sont également très-divers. Le meilleur est de couleur noire; 
il est préférable à celui qui a la couleur appelée Yen cha 2 . On peut retirer une once d'ar- 
gent de sept ou huit onces du métal appelé Houan tse dont ce dernier minerai est une 
variété. Il faut citer encore le minerai dit Houan ho iuo sou, qui est très-inférieur aux pré- 
cédents; tous ces minerais inférieurs sont compris sous l'appellation générale de Tse 
kouang. 

Le métal dit Kien kouang n'est autre que du plomb noir; il s'appelle aussi Ming kouang, 
« minerai éclatant ». Il y a deux espèces de Ming Kouang, l'une appelée Ta houa, «grande 
fleur», l'autre Si houa,« petite fleur». La nature du bois employé pour la réduction de ces 
minerais fait une différence de quelques fen dans la valeur du métal. 

Il y a 'une autre espèce de minerai appelée Tong kay yn 3 qui est noir, et présente en 
même temps la couleur yen-cha ; il contient du cuivre, mais aussi de l'argent, ce que l'on 
reconnaît à l'apparence brillante qu'il revêt dans ce cas. Grillé à un Ta/ou, «grand foyer», 
il prend l'aspect du fer, mais traité dans un second, puis dans un troisième foyer, ceux que 
l'on nomme Touy lou et Kin lou, puis à un quatrième, le Siao tou,« petit foyer », où le 
cuivre entre en fusion, il est enfin passé à un dernier creuset où l'on recueille l'argent pur. 

Le minerai Yn kay tong, «argent revêtu de la couleur du cuivre », est d'une couleur 
verte et offre à sa surface l'apparence des dents d'un cheval. Fondu à un grand foyer, 
puis successivement grillé dans des fours, il se convertit en cuivre. 

Le minerai Pe yuen, « plomb blanc », fondu dans un vase en terre, se convertit en 
plomb. On pense qu'il contient aussi un peu d'argent. Les habitants du royaume de Kiao- 
tche h connaissent seuls le procédé de séparation qui permet d'obtenir ce dernier métal. 

1 « Jaune, or, blanc » . Les Chinois appellent ainsi trois petits oiseaux qui revêtent chacun une de ces cou- 
leurs ; il est du plus heureux augure de les voir tous trois réunis. Ces oiseaux pondent toujours trois œufs à la 
fois et de chaque nichée sortent des rejetons présentant chacun l'une des trois couleurs. L'expression Houang 
kin pe indique, comme notre mot phénix, une chose excessivement rare. 

2 Littéralement « sel sable ». 

3 « Cuivre revêtu de la couleur de l'argent ». J'écris avec un y le mot yn qui signifie argent, pour le 
distinguer du mot in qui signifie conduire et que l'on rencontrera souvent dans le cours de l'ouvrage. 

4 Les Annamites, ou, d'une manière plus précise, les Tongkinois, très-réputés, comme on le sait, pour leur 
habileté métallurgique. Les mots Kiao tche que les Annamites prononcent giao chi, veulent dire « qui a le gros 
orteil séparé », sorte de particularité spéciale à cette race. 



NOTIONS GÉNÉRALES. 181 



go. — Des foyers. 



L'or est fondu parle feu, purifié par lenitre, et reçoit enfin de l'habileté de l'ouvrier sa 
forme dernière. La terre jaune est comme la mère de l'or; aussi est-ce avec cette terre 
que l'on construit les fourneaux qui servent à reconnaître la présence de l'or et à opérer sa 
difficile préparation. Nous allons les décrire. 

Les foyers sont faits en terre argileuse. Ils présentent à la base la forme d'un pa- 
rallélipipède oblong de deux tche d'épaisseur et d'un tche de largeur, qui va en s'arrondis- 
sant au sommet et dont la hauteur atteint huit tche. Intérieurement est un vide ayant la 
forme d'une cucurbite. Latéralement sont deux portes, l'une pour l'introduction du com- 
bustible, l'autre pour l'introduction du minerai, et on doit luter celle-ci avec soin. Dans la 
partie inférieure du foyer sont disposées des ouvertures que l'on peut ouvrir ou fermer à 
volonté pour laisser échapper les gaz, et l'on ménage en dessous un vide pour établir le 
tirage. Dans les foyers destinés aux minerais de cuivre, il y a dans la partie supérieure 
un autre vide, sorte de fenêtre qui permet de suivre la marche de l'opération. La base des 
foyers employés pour le traitement des minerais d'argent est plane, celle des foyers 
employés pour les minerais de cuivre est en forme de marmite. 

On lute les foyers avec de la terre humectée d'eau salée et l'on doit apporter le 
plus grand soin à garantir toute la périphérie du creuset ; le foyer ainsi préparé s'appelle 
tang lou ; on allume ensuite du charbon pilé assez fin que l'on nomme Chao iuo tse 
et qui doit durer de deux à quatre heures 1 , on ajoute au bout de ce temps du charbon 
de bois plus gros, et l'on commence à faire agir le soufflet pour que les flammes pénètrent 
la masse du minerai. On ajoute successivement de nouveau combustible. Quand le charbon 
et le minerai paraissent ne plus former qu'une seule masse en fusion, on introduit une 
sorte de ringard nommé Tsoui tse. S'il ressort noir, on devra conclure que le foyer 
lui-même est porté au rouge. D'heure en heure, trois hommes se relèveront au soufflet 
et l'on veillera à ce qu'ils ne ralentissent ou n'accélèrent pas trop ce travail. Le ringard 
ne doit jamais prendre la couleur rouge. On enduit de poix ou d'une sorte de colle les 
parois du foyer, opération qui se nomme Sert pang. La conduite des fourneaux de cuivre 
se divise en périodes de six heures ; la seconde période est dite « heure du feu correspon- 
dant»; la troisième est dite Tin kouay ho, « heure du feu dispersé et ne donnant de flammes 
qu'au sommet»; la quatrième s'appelle Liang touy che ho, « feu des deux heures correspon- 
dantes 2 »; la cinquième, Eut sse ho, «second feu quatrième». Ces opérations achevées, 
on ouvre la porte du fourneau dite «porte d'or 3 », et à l'aide d'une sorte de râteau nommé 
Pa, on retire le charbon et les scories, avant d'enlever le cuivre lui-même. A ce moment, 

1 Les heures chinoises sont le double des nôtres. 

2 On appelle heures correspondantes en Chine les heures séparées par un intervalle complet de douze 
heures ou d'un jour. 

3 Kin men, ce qui pourrait se traduire aussi et plus logiquement « porte du métal », le mot Kin en chinois 
ayant les deux sens. 



182 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

celui-ci reçoit le nom de Pin long ou « cuivre froid, » parce qu'il se refroidit aussitôt et 
redevient solide. Avec une seconde barre de fer, on achève d'expurger minutieusement 
le métal de toute matière étrangère, opération qui se nomme Kay mien. Enfin, on re- 
froidit le cuivre soit avec de l'eau pure, soit avec de l'argile détrempée, soit même avec 
de l'eau de riz, afin de pouvoir le retirer. 

Si le feu n'a pas été assez ardent, on peut trouver le minerai agglutiné en une seule 
masse ; ce que l'on appelle vulgairement : « avoir porté la tête des bonzes à une noce, » en 
d'autres termes, avoir fait une chose intempestive. Si la porte d'or se rompt pendant l'o- 
pération, le métal se répand au dehors, et il en résulte souvent des accidents très-graves, 
tels que la mort des ouvriers. Cet accident est heureusement assez rare et provient de 
la manière dont aura été conduit le feu. 

L'opération par laquelle on retire l'argent du plomb ' demande que les travailleurs se 
relèvent soixante-dix ou quatre-vingts fois ; ils se relèvent ensuite une ou deux fois 
pour le traitement des résidus. 

§ G. — Accessoires des foyers. 

Le soufflet est de forme ronde et en bois, le tuyau a un tche et demi de long ; sa lon- 
gueur totale peut atteindre douze tche. Si on ne peut trouver de pièce de bois assez 
grande pour le fabriquer, on peut le composer de morceaux rapportés, tout en lui conser- 
vant sa forme ronde. Trois hommes sont nécessaires pour en tirer tout ce qu'il peut don- 
ner ; mais si l'on n'a besoin que d'une faible ventilation, un seul homme peut suffire. 

On se sert d'une pelle plate en bois pour alimenter le feu de charbon. 

Le Po tiao est une barre de fer de huit à neuf tche de long, ayant une poignée de bois 
d'un tche environ ; elle sert à retirer le cuivre et les scories ; dans les fourneaux destinés 
au minerai d'argent, l'instrument qui sert à retirer les scories s'appelle Kati tsao. On se 
sert aussi de cisailles en fer pour retirer le cuivre des fourneaux. 

Le râteau est de forme carrée, large d'un tche, haut d'un sixième de tche, épais d'un 
tsen, il est fixé à l'extrémité d'un manche en bois de dix tche de long. Pour le cuivre, 
le bois employé doit être récemment coupé, et non trop desséché ou trop vieux. 

Le Po hi est une sorte de crible fait en bambou et de forme ronde qui sert à laver 
le métal. 

§ 7. — Des instruments et des vases en terre. 

L'épuration de l'argent se nomme Tsao 2 . Sa fusion se nomme Y tche, ce qui veut 
dire « vide profond ». — Il faut se servir pour l'épuration de l'argent de cendres amassées 
depuis plusieurs années. 

1 C'est celle de la coupellation connue depuis très-longtemps en Chine et qui est toujours assez longue, 
môme avec les procédés perfectionnés de l'Europe. Par la méthode allemande, par exemple, une charge de 
10 tonneaux de plomb d'oeuvre se coupelle en soixante-dix heures. On va trouver le procédé chinois exposé un 
peu confusément dans la deuxième partie de l'ouvrage. 

2 Du nom du genre de fourneau que l'on emploie. On se rappelle que tsao veut dire creuset. 



NOTIONS GÉNÉRALES. 183 

Il y a deux sortes de creusets pour l'épuration de l'argent : l'une est de petite dimen- 
sion et s'appelle Hiama tsao, de ce que sa forme offre une certaine ressemblance avec celle 
d'une grenouille. L'autel de ce creuset est en terre glaise, d'une longueur de trois à quatre 
tche, et d'une largeur d'un tche ; il est entouré d'un mur en terre glaise d'une hauteur d'un 
tche, dont le sommet est arrondi en dos de poisson. Deux ouvertures y sont pratiquées, 
l'une au dessus, qui sert à l'introduction du combustible; l'autre placée au dessous, qui 
sert à diriger le feu. On place dans ce creuset le minerai entre deux couches de char- 
bon et on recouvre le tout de sable. Ces dispositions une fois prises et le « feu allumé», on 
voit au bout d'une heure l'argent suinter en gouttelettes et tomber au-dessous du foyer dans 
un vase en terre cuite ; alors on couvre ce vase et on jette de l'eau qui solidifie l'argent et 
entraîne les cendres et les résidus que l'on appelle ii mou. Après que l'on a recueilli l'ar- 
gent, on détruit le fourneau, qui doit être reconstruit à neuf chaque fois. 

La seconde espèce de creuset est de plus grande dimension et s'appelle Tsi sin tsao, 
« creuset des sept étoiles » ; comme il ressemble aussi à un tombeau, on l'appelle égale- 
ment Mo men, « porte du tombeau». L'autel de ce creuset, de forme rectangulaire 
comme le précédent, a six tche de long et deux tche de large. La muraille en terre qui 
l'entoure est percée de sept ouvertures ou trous de chauffe, et c'est de là qu'il tire son 
nom. Elle a deux tche de hauteur. Au dessus est l'ouverture par laquelle on introduit d'a- 
bord le combustible que l'on fait reposer sur une couche de sable, puis le minerai. 
Au dessous est l'ouverture appelée «porte d'or», que l'on tient fermée avec une brique. 
Après deux heures de feu, on ouvre la porte d'or pour s'assurer, par l'introduction d'un 
ringard, de la marche de l'opération. On referme de nouveau, et après deux ou quatre 
heures, l'argent vient se ramasser en culot à la partie inférieure du fourneau. 

A mesure que l'extraction de l'argent s'opère , on peut alimenter le creuset de 
combustible et de minerai, et ainsi rendre l'opération indéfinie, jusqu'à ce que le four- 
neau devienne impropre à la cuisson du minerai et que l'on doive. l'abandonner pour en 
construire un nouveau. C'est pour cela qu'on appelle encore ce genre de fourneau Ouan 
gien tsao, « creuset des dix mille ans ». 

§ 8. — Des dépenses. 

Pour l'exploitation d'un gisement métallifère, il est nécessaire d'avoir un grand appro- 
visionnement en riz et en huile. Il faut par conséquent pouvoir disposer de capitaux con- 
sidérables, parce que si l'on ne rencontre pas dès le début un gisement assez riche, il 
sera difficile de retenir les ouvriers que l'on aura rassemblés de toutes parts, leurs dépenses 
étant supérieures aux produits de leurs travaux. Y aurait-il cent mille hommes réunis 
dans le même lieu pour travailler, s'ils n'y trouvent point les choses nécessaires à la 
vie, ils se disperseront bientôt dans toutes les directions. Celui qui veut rassembler des 
travailleurs doit donc pourvoir d'abord le plus largement possible aux premiers frais. 
C'est pour cela que nous allons mentionner ces dépenses, afin qu'on n'entreprenne pas 
trop précipitamment et sans réflexion les travaux de ce genre. 



184 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

Dans un chantier d'exploitation on doit toujours trouver la nourriture de chaque jour ; 
caries ouvriers qui travaillent le jour et la nuit sentent souvent le besoin de manger; il 
faut donc avoir sans cesse des aliments préparés. Si vous avez dix mille ouvriers réunis dans 
une mine, vous devrez avoir une réserve de cent tan de riz pour la dépense quotidienne. 

Les galeries d'exploitation étant en général très-obscures, il faut un grand nombre de 
lampes, parce que sans lumière il est impossible de travailler et même de circuler dans 
la mine. Une lampe dépense huit onces d'huile par jour, et il faut une lampe par série 
de quatre travailleurs. 

Le minerai une fois extrait, il faut se procurer le charbon nécessaire pour l'entretien 
des fourneaux employés au traitement de ce minerai. Or, pour chaque fourneau pouvant 
contenir dix mille livres de minerai, il faut une quantité égale de charbon et souvent même 
davantage. Quelquefois il faut plus de charbon que déminerai, d'autres fois c'est le con- 
traire et, quand les fourneaux sont allumés depuis longtemps et les feux bien entretenus, 
deux ou trois mille livres de charbon suffisent souvent pour traiter dix mille livres de mi- 
nerai. Dans les mines d'argent, chaque foyer dépense six à sept cents livres de charbon en 
six heures ; il arrive même que chacun de ces foyers dépense par heure trois ou quatre cents 
livres de combustible. Le charbon de bois sec se consume rapidement, le charbon humide 
au contraire produit beaucoup de fumée et vaut moins que le premier pour l'extraction 
de l'argent. Pour traiter les minerais d'argent, il faut toujours se servir de charbon de 
bois, en ne se servant du charbon commun, «le charbon de terre », que pour allumer les 
feux. Il est en effet deux sortes de charbon, l'un très-léger, le charbon de bois, l'autre 
très-lourd, le charbon de terre; le premier est employé pour l'extraction de l'argent, le 
second pour l'extraction du cuivre. Afin que ce dernier charbon soit propre au traitement 
des métaux, on le brûle en lieux fermés, pour le débarrasser de la fumée et de l'humi- 
dité ; on le retire ensuite en gros blocs, et au moment de s'en servir, on le casse en 
morceaux plus petits '. En effet, le minerai a horreur de l'humidité et se réjouit de la 
siccité. 

Pour prévenir les éboulements, on doit soutenir les galeries à l'aide de colonnes 
placées à deux ou trois tche des parois. Elles ont une hauteur de cinq tche, un diamètre 
d'un huitième de tche, et sont placées deux à droite et deux à gauche. Il faut ajouter en outre 
des cadres appelés ffouan. Quand ils sont distants les uns des autres d'un tche, laconstruc-. 
tion porte le nom de Tseou majan, «galerie pour pas de cheval» ; si la distance est moin- 
dre, elle prend le nom de Tsen pou jan, « galerie à petits pas ». Il faut approvisionner la mine 
de barres de fer pointues pour les fouilles, et de solides pinces en fer pour les fourneaux. 
Ces instruments s'émoussent par un fréquent usage ; il faut alors les faire réparer afin 
qu'ils soient toujours propres au travail. L'opération qui consiste à réparer les instru- 
ments porte le nom de Hiuen tsien, et elle est faite par les ouvriers de la mine. 

Il faut avoir aussi l'eau nécessaire pour la préparation des mets, pour le lavage 
du minerai, et enfin pour humecter le charbon des fourneaux. 

1 C'est la préparation du coke qui se trouve indiquée ici en quelques mots. 



NOTIONS GÉNÉRALES. 185 

Il faut également une certaine quantité de sel pour la préparation des aliments 
et pour mélanger à la terre qui sert à la confection des fourneaux. 

On désigne par le nom de Aï ta les souches et les racines d'arbres dont on se sert 
dans les mines pour aviver la flamme des fourneaux au moment où le métal entre en 
fusion. Ce n'est point comme combustible qu'on les emploie, mais parce que leur fumée 
est d'un certain avantage pour la coloration du métal. Si ces racines sont trop sèches 
et arrachées depuis trop longtemps, elles deviennent inutiles; aussi faul-il ne s'en 
approvisionner qu'au fur et à mesure des besoins, pour éviter d'en perdre une partie. 

§ 9. — Des ouvriers des mines. 

Ceux qui travaillent à creuser les mines sont appelés Cha lin 1 . C'est de leur nombre 
plus ou moins grand que dépend le succès de l'exploitation. Si leur arrivée peut être 
comparée à l'inondation des eaux, leur départ est aussi rapide que les étoiles filantes. 
Quand l'exploitation est heureuse, ils ne veulent point quitter lamine, les en repousserait- 
on ; si au contraire l'exploitation ne donne pas un bon résultat, ils ne viennent pas, 
quoi qu'on fasse pour les attirer. Aussi n'est-ce pas tant le manque de métaux que la dis- 
persion des ouvriers qu'il faut craindre dans les mines. 

La Société formée pour l'exploitation d'une mine porte le nom de Tan fen ; les ouvriers 
désignent leurs patrons sous le nom de Ko teou 2 , « chefs de la marmite», parce qu'ils en 
reçoivent la nourriture; les patrons appellent à leur tour les ouvriers Tihiongou «frères» ; 
mais la dénomination générale de ceux-ci est Tin, « soldats ». Ceux qui sont préposés aux 
dépenses et aux approvisionnements de toute nature, huile, riz, etc., sontappelés Kouanse 
ou « procureurs » . Dans chaque mine il y a un homme chargé des achats et des ventes des 
métaux. Il doit noter avec soin les quantités extraites et fait la répartition des bénéfices. 
Ceux qui remplissent ces fonctions prennent le nom de Chou Ai, « secrétaire », ou de Koui 
chou, «porte-clefs», ou bien encore de Kienpan, « secrétaire». 

. Jang teou est la désignation cle celui qui, dans une mine, est chargé de l'examen du 
trait indicateur et de la couleur du sol. II fait rechercher à l'aide du coin le filon métal- 
lique, disposer les bois qui doivent soutenir les galeries, préparer les lumières, les venti- 
lateurs, placer les réservoirs pour recevoir les eaux, s'il y en a, et fixer le prix de la vente 
du minerai que l'on rencontre. C'est là l'ingénieur qu'il faut avoir trouvé tout d'abord, si 
l'on veut réussir dans une exploitation. Les ouvriers sont répartis en ateliers dont les chefs 
s'appellent Lin pan. Il y a un homme par atelier destiné à placer, sous les ordres du Jang- 
teou, les cadres des galeries. 

On appelle Tchoui cheou ceux qui doivent choisir et diriger les ouvriers mineurs 
chargés de manier le marteau et le coin. Dans chaque atelier il y a deux hommes pré- 
posés spécialement à chacun de ces instruments. Ils peuvent alterner ensemble et 

1 Littéralement « soldats des pierres sablonneuses » . 

2 Teou signifie « tête », au figuré « celui qui dirige », de môme tcltang veut dire « supérieur » : de là les 
mots lou teou, lou tchang, « chefs des foyers »,etc, que l'on va rencontrer dans la suite. 

II. 24 



186 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

prendre successivement tantôt l'un, tantôt l'autre de ces deux outils. Ce changement 
s'appelle Chouang houun cheou. Pour ce travail, il faut choisir des jeunes gens forts et 
vigoureux. 

Le nombre des hommes destinés à transporter le minerai est indéterminé. En effet, 
il en faudra beaucoup, si l'exploitation est considérable, si les galeries sont profondes 
et les blocs de minerai très-lourds. 

Les ouvriers qui travaillent sans salaire fixe et dont le bénéfice est proportionné aux 
résultats de l'exploitation s'appellent Tsin chen chang che ' ; ceux qui sont payés à raison d'une 
somme fixe par mois, quels que soient ces résultats, s'appellent Yueho, « qui vit au mois ». 

Le Lou teou est celui qui reconnaît la nature des divers minerais, qui distingue leur 
richesse et choisit les meilleurs, qui dirige le feu pendant le traitement du minerai; c'est 
principalement de lui que dépendent l'augmentation ou la diminution des bénéfices de 
l'exploitation, son succès ou son insuccès; il tient dans sa main les bénéfices ou les 
pertes des sociétaires. Dans le creusement de la mine, le Jang-teou joue le rôle le plus 
important. Le Lou-teou esta son tour indispensable pour la conduite des fourneaux. 

Le nom de Tsao pi ho s'applique aux ouvriers qui sont attachés, en dehors du travail de 
la mine, à diverses fonctions; ils sont classés parmi ceux qui travaillent pour une somme 
fixe par mois. 

§ 10. — Des fonctionnaires. 

Selon les règles de la dynastie Tcheou 2 , dès qu'il y a quarante hommes réunis, ils 
doivent avoir pour chef un Kouan j'en ou «mandarin», auquel obéissent des satellites et qui 
a sous ses ordres deux che 3 , quatre (ou k et deux M s . Le nombre des satellites varie d'après 
les besoins du Kouan. Les mandarins ne doivent pas prendre pour satellites les pre- 
miers venus, mais bien des hommes intelligents et droits en qui ils puissent avoir 
confiance-. Si l'agglomération d'hommes est considérable, il faut nommer des Pe tchang, 
« chefs pour 100 personnes », et des Tsien tchang «chefs pour 1,000 personnes »,pour 
empêcher le vol et la débauche. Ces chefs peuvent prendre le titre de Jeoa Mao. Cette 
organisation permet de réprimer les abus que les hommes perdus de mœurs ne manquent 
pas de commettre dans les marchés. 

Les Chou-ki, qu'on appelle aussi Hi h\ sont des écrivains qui tiennent la comptabilité. 
Ceux qui sont employés dans les mines de cuivre s'appellent Kinchou, de ce qu'ils sont 
chargés de veiller à l'argent et au cuivre et d'inscrire les quantités de métal reçues, vendues 
ou emmagasinées. Ceux qui sont préposés aux mines d'argent se nomment Ko chou, 
de ce qu'ils sont chargés de prélever l'impôt pour l'empereur. Us inscrivent les sommes 

1 Traduction littérale : Ipsum corpus semper adest. 
- Troisième dynastie chinoise qui a régné de 1134 à 256 avant J.-C. 

3 Secrétaires qui sont chargés d'apposer le cachet noir, celui sur lequel est gravé le caractère tchen, « ob- 
servetur». 
" Scribes. 
3 Secrétaires qui sont chargés d'apposer le cachet rouge. 



NOTIONS GENERALES. 187 

qui ont été payées et celles qui sont mises en réserve ; ils doivent chaque mois faire 
transcrire sur des registres et promulguer les édits de l'empereur et des mandarins qui ont 
rapport à l'exploitation des mines. Pour remplir foutes ces fonctions, il faut des hommes 
intelligents, ayant des connaissances étendues en géométrie et en arithmétique. Ils seront 
toujours désignés par les mandarins, et jamais choisis ou préposés parles propriétaires des 
mines. 

On appelle Sinn iou les gardiens des mines de cuivre, dont la principale fonction est 
de discerner la qualité du minerai et de pourvoir à l'approvisionnement en charbon. 
Ceux qui sont chargés de prélever la part de minerai qui revient au gouvernement se 
tiennent surtout sur les lieux d'exploitation ; ceux au contraire qui sont chargés de recevoir 
le métal épuré, surveillent les fourneaux où il est élaboré. Ils signalent le zèle ou la 
fraude et provoquent, selon les mérites de chacun, des récompenses ou des châtiments. 

Les Ko tchang sont préposés aux balances, aux trésors, aux coffres et à leurs clefs, à 
la paye des salaires aux ouvriers des mines, à l'administration du capital de la mine, à la 
perception du métal dans les mines d'argent, à toute valeur en un mot payée ou reçue. II 
leur est adjoint des aides auxquels ils peuvent déléguer certaines fonctions. Les Ko-lchang 
sont honorés et respectés dans toute la mine comme les premiers fonctionnaires. 

Les Kee tchang sont des juges de paix, chinois pour les Chinois, mahométans poul- 
ies Mahométans, choisis parmi les gens de même langue et de même nationalité, pour 
maintenir l'ordre dans chacune de ces catégories d'ouvriers et prononcer sur les querelles 
qui s'élèvent. Leur choix est d'une grande importance. 

Le Tan tchang a l'office du charbon ; ce fonctionnaire n'est pas absolument indispen- 
sable dans les mines d'argent, mais il l'est dans celles de cuivre, qui doivent être appro- 
visionnées avec exactitude de ce combustible. Il veille à l'exécution des marchés passés 
dans ce but et ne se préoccupe pas trop des avances à faire aux fournisseurs, s'ils sont 
riches ou ont des cautions suffisantes ; mais il exige avant tout qu'ils aient une grande 
quantité de charbon en réserve et des bêtes de somme pour le transport. 

Le Lou tchang a soin des fourneaux et des feux en l'absence des ouvriers. Il est peu 
nécessaire dans une exploitation de cuivre ; mais sa présence est importante dans une 
exploitation d'argent, pour veiller à l'impôt qui doit être payé à l'État. 

Les Kay tchang sont préposés aux marchés et fixent le prix des diverses denrées et 
les conditions auxquelles elles doivent être livrées par les fournisseurs. 

Le directeur général d'une mine d'argent prend le titre de Tsong jang ou Tsong kong. 
II est presque égal au Tong tchang ou premier directeur des mines. Il faut choisir pour 
ces fonctions des hommes experts dans la science des indices et du trait indicateur. 

Le Tong-tchang a autorité sur toutes les mines. Il décide où l'on peut en ouvrir de 
nouvelles, et quand s'élèvent entre deux mines voisines des différends sur leurs limites, 
il envoie des inspecteurs pour examiner le cas. 

Les satellites chargés d'arrêter les voleurs et les criminels s'appellent Lien y ou '. 

1 Gardes locaux, sortes de sergents de ville. 



188 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

On peut se dispenser d'entretenir dans une mine de cuivre les Tchouang lien ou 
« soldats proprement dits», mais leur présence est indispensable dans les mines d'ar- 
gent, où se trouvent parfois réunis plus de dix mille hommes, pour assurer le payement 
de l'impôt dû au gouvernement et maintenir le bon ordre. 

s, 1 i. — Des règlements. 

C'est la loi elle-même qui règle la conduite des hommes haut placés; mais pour le 
peuple, il est nécessaire de compléter la loi par des règlements. Nous allons donc parler 
maintenant de ceux qu'il convient d'établir pour prévenir les abus, chaque fois que s'or- 
ganise une nouvelle réunion d'hommes. 

Dès que quelqu'un croit avoir découvert dans la montagne un endroit propre à une 
exploitation minière, il doit en prévenir le gouvernement. Le Tong-tchang, après avoir 
fait examiner les lieux, accorde, s'il le juge utile, l'autorisation d'ouvrir lamine, autorisation 
que l'on grave sur une tablette en bois. Puis, à un jour choisi, on commence les fouilles. 

« Comme nous l'avons déjà vu, » Tan-fen est le nom de la société formée par ceux qui 
fournissent le capital nécessaire pour couvrir les frais de l'exploitation. Le gain et la perte 
sont partagés entre eux proportionnellement à la part de ce capital qu'ils auront souscrite. 
Les choses dont il faut tout d'abord pourvoir la mine sont le riz et l'huile; de là le nom 
de tan l , l'argent fourni devant être en rapport avec la quantité de riz et d'huile nécessaire. 
Pour éviter toute discussion dans l'avenir, les sociétaires doivent rédiger à l'avance un 
contrat qui détermine les conditions auxquelles ils pourront se retirer de l'affaire, et aux- 
quelles d'autres pourront les y remplacer. 

Tao (sien, « demander le coin », est la demande de location de la mine. On appelle 
Kee-tsien le propriétaire qui loue la mine en s'en réservant une certaine partie. Mais 
on peut aussi en louer la totalité, en s'assurant par un contrat en règle, signé des chefs 
de l'exploitation, un ou deux dixièmes des métaux extraits. Quelquefois les propriétaires se 
contentent d'un prix de location fixe, sans aucune part clans les résultats de l'exploitation. 

On appelle Hong tchang 2 la perception des recettes. Avant que leur répartition soit 
faite entre les associés du Tan-fen, on doit attendre que l'on connaisse le prix de vente 
des métaux et ce qu'il en reste en magasin. On défalquera ensuite toutes les dépenses 
communes, telles que les frais du culte, des satellites, le payement de la location du ter- 
rain, les indemnités que l'on peut avoir à payer pour les eaux que l'on va prendre dans 
les propriétés environnantes. 11 peut se faire que la montagne où se trouve la mine soit 
territoire commun et qu'il n'y ait rien à débourser pour ces deux dernières causes. 

1 Voir la note 4 de la page 179; fen veut dire ici « division, partage ». 

2 Tchang n'est pas le même mot que le tchang déjà rencontré, qui signifie « supérieur », ou que tchang 
qui signifie « mine ». Il veut dire ici « règlement », et hong, « bénéfice ». Pendant le premier mois de l'an- 
née, tous les marchands chinois s'abordent avec cette locution à la bouche : Ki nien souan hong tchang, « com- 
bien de bénéfices cette année » ? car c'est à cette époque que tous les comptes se règlent. On voit par les détails 
qui suivent que la propriété est investie en Chine des mêmes droits et entourée des mêmes garanties qu'en 
Europe. 



NOTIONS GÉNÉRALES. 189 

On appelle Fey tong l les raines abandonnées et hors feu. On devra les désigner au 
gouvernement, qui après examen fera placer à l'entrée une tablette constatant le fait. Si, 
au bout de deux ou trois mois, personne n'est venu réclamer la propriété de la raine, 
le premier venu aura le droit de reprendre le travail interrompu. Si la cessation des tra- 
vaux a une cause légitime, on pourra accorder un délai d'un mois ou deux au proprié- 
taire pour augmenter son capital. 

Le procureur général de la mine, de qui dépend le Jang-teou lui-même, est désigné 
sous le nom de Tche pin ou de Kouan-se. Après lui vient le Jang-teou, sous les ordres 
duquel sont les Lin-pan, qui dirigent tous les ouvriers. Tel est l'ordre établi pour que 
la confusion ne règne pas au milieu de cette multitude de travailleurs. Le calcul des 
salaires s'appelle Kou kia; leur distribution se nomme Tche. Elle n'a lieu qu'à trois 
époques de l'année, au Touan ou', au Tchong kieou 3 et au Tchong gien \ A ces mo- 
ments, les ouvriers s'en vont et d'autres les remplacent. En dehors de ces époques, il serait 
difficile d'enrôler de nouveaux travailleurs, si le besoin s'en faisait sentir. 

On appelle Ho piao la charte qui autorise à allumer les feux et sans laquelle on ne 
peut procéder à cette opération. Au moment où l'on retire le métal des fourneaux, les man- 
darins doivent noter avec soin les quantités extraites. Dans les mines d'argent, ils doivent 
même, pour plus de sécurité, faire saisir à ce moment l'argent du au gouvernement. On 
appelle la redevance en métal pur Chou ko. La redevance en minerai s'appelle Tcha tchong. 
Dans les mines d'argent, il faut inscrire heure par heure la production en métal, de ma- 
nière à connaître toujours d'une façon certaine, à un moment quelconque, la perception à 
opérer. Dans les mines de cuivre, le métal extrait doit être immédiatement vendu. Si les 
propriétaires de la mine se refusent à opérer cette vente au prix ordinaire, ils doivent au 
gouvernement un impôt supplémentaire appelé Y eul tsien 5 , qui est la dixième ou la 
neuvième partie de l'impôt habituel. 

Quand deux mines voisines convergent l'une vers l'autre, elles sont dites Ta tin tse, et 
il faut les limiter par des poteaux ou par des pierres. La dernière venue doit toujours céder 
la place à l'autre. Si l'une en creusant en ligne droite, l'autre en creusant latéralement 
atteignent le même point de la montagne, on placera un poteau et on établira une servitude 
de passage soit par le pied, soit par le sommet de la montagne. Pour tous ces cas litigieux, il 
conviendra d'envoyer des inspecteurs qui décideront suivant les règles de la justice et pré- 
viendront tout tumulte. Si deux mines se rencontrent en un lieu où se trouve la grande 

1 Fey signifie « hors d'usage » . 

2 Solennité du cinquième jour du cinquième mois, appelée aussi Fête du Dragon, instituée en l'honneur 
de Kiei-tse-toue ou Kiue-yen, ministre célèbre qui, désespéré d'avoir été calomnié auprès de son maître, 
le roi do Tsou, se jeta dans les eaux du fleuve Bleu sous le règne du dernier empereur des Tcheou 
(290 av. J.-C). Le peuple, qui le chérissait pour ses vertus, voulut perpétuer son souvenir en venant chaque 
année faire des offrandes .sur le fleuve. C'est là une des fêtes navales les plus pittoresques et les plus animées 
de la Chine. 

3 Fête du quinzième jour du huitième mois en l'honneur du commerce et de l'agriculture. 

4 Fête nationale du jour de l'an. 

3 Littéralement « un second tsien. » Le tsien est, comme nous l'avons déjà dit, la dixième partie du tael. 



190 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

agglomération de minerai que l'on nomme Tang kouang «grande maison de minerai», 
on la partage également entre elles, en laissant au milieu une ligne de séparation d'un tche 
de large. 



§ 1 2 . — Des défenses. 

Toute richesse dont l'accès est permis à tous suscite toujours de nombreux différends 
au milieu d'une foule de plusieurs milliers d'hommes. Il est donc nécessaire d'établir 
et de faire strictement observer, sous peine de certains châtiments, les prohibitions indis- 
pensables au bon ordre. 

Quand les ouvriers de deux mines se disputent le même bloc de minerai, il y a tsen 
tsien to ti. Il faut dans ce cas veiller à ce qu'aucun ouvrier n'apporte avec lui un fer ou 
un glaive, ou ne se fabrique un instrument ferré avec lequel il puisse blesser. Il faut 
empêcher aussi la formation de ligues défensives, qui s'organisent parfois sous une ap- 
parence de fraternité par la cérémonie des hiang i . Un écrivai nnommé Gien s'est exprimé 
en ces termes sur ces associations : « Il est rare qu'il n'y ait pas dans une mine une con- 
juration de cette nature. Les mines sont souvent ainsi le lieu de refuge de malfaiteurs qui, 
sous prétexte d'amitié, se sont déjà liés ensemble, et sont obligés de se cacher à cause de 
leurs crimes. » C'est là ce qu'il faut défendre dès le début avec le plus grand soin, si l'on 
veut éviter de grands malheurs. 

§ 13. — Des malheurs. 

Les incommodités et les maux se trouvent toujours à côté des avantages et des ri- 
chesses. En recherchant ce que la nature a caché dans les entrailles de la terre, les 
hommes ne vont-ils pas en effet contre une sorte de défense? Aussi en résulte-t-il souvent 
pour eux des déceptions, par exemple, quand les eaux recouvrent l'objet de leurs recher- 
ches ; il faut alors d'énormes dépenses pour arrivera le retirer. Quand on ne peut réussir 
à introduire et à renouveler l'air dans l'intérieur des mines, les ouvriers courent le 
risque d'être suffoqués; et qui peut imaginer une calamité plus effroyable que celle qui 
arrive quand, en raison du long temps écoulé depuis l'ouverture de la mine, les galeries 
s'affaissent et s'écroulent ? 

La nature des métaux est certainement double, ou Y?î iang~. Quand le métal peut 
s'extraire facilement du minerai, il est appelé Chou ti ; quand au contraire, en raison de 
sa nature, on ne peut réussir à réunir en un tout ses diverses parcelles, elles sont dites 
Eut kouang. Une longue expérience des mines peut seule apprendre à distinguer ces deux 
espèces. 

On appelle Men-leang les mines récemment ouvertes qui n'ont qu'une seule entrée 

1 Sortes de baguettes faites avec la poudre de plantes odoriférantes, et que l'on brûle dans les temples. 

2 Yn iang est une locution chinoise très-usitée qui exprime la lutte de deux idées ou de deux principes 
opposés, tels que mâle et femelle, soleil et lune, rond et carré, etc. 



NOTIONS GENERALES. 191 

nommée luo /ou, « route souterraine ». La ventilation intérieure en est difficile et les lampes 
ne peuvent y brûler qu'avec peine. 11 faudra se hâter d'ouvrir de nouvelles galeries qui re- 
joignent la voie Iuo-lou. Le carrefour de jonction se nomme Tong fong, et c'est là qu'on doit 
disposer un ventilateur. Si la voie Iuo-lou est très-profonde, ce qui arrive après une longue 
exploitation, la chaleur et l'humidité y deviendront presque intolérables après quelques 
jours chauds ou pluvieux. Cet inconvénient est à peu près impossible à éviter; aussi faut-il 
se fixer chaque année une période d'exploitation, que l'on ne devra pas dépasser. 

La nature des eaux des mines est également double. On appelle Iang choity celle qui 
provient des ruisseaux voisins et pénètre dans la mine par l'extérieur ; Yn chouy, celle 
qui a au contraire sa source à l'intérieur. On prétend que les minerais du milieu des- 
quels sourd l'eau sont de qualité meilleure. Quand l'eau est en petite quantité, on la 
reçoit dans des outres ; si elle vient trop abondamment, on l'épuisé à l'aide de tubes dis- 
posés comme il a été dit précédemment. L'augmentation du nombre d'ouvriers que rend 
nécessaire ce travail d'épuisement, absorbe parfois tout le bénéfice de l'opération et en- 
tame même le capital de la mine. Aussi faut-il beaucoup d'habileté dans le choix des 
lieux et la disposition des tubes pour diminuer le plus possible la dépense. 

Si des règlements n'étaient établis dès l'origine, on voit combien de malheurs pourraient 
provenir de la précipitation arec laquelle chacun se précipiterait pour enlever le minerai, 
une fois la galerie ouverte, surtout si elle est étroite. Le danger est moindre quand le 
chemin de la mine est dur et pierreux. 

§ 14. — De l'emploi de certaines locutions. 

On croit que l'emploi de certains mots dans les mines peut attirer des malheurs, et 
qu'il convient par suite de les remplacer par d'autres expressions. Nous allons les indi- 
quer. 

Il ne faut pas se servir du mot fong, «fermer», mais bien le remplacer par fong, 
« abondance ». Au lieu de ten, nom vulgaire des lampes, il faut employer l'expression 
liang tse \ et désigner la mèche par les mots liang houa 2 , au lieu de l'expression ordi- 
naire de yeoa gien \ 

Le mot che, « pierre », doit être remplacé par Ma 4 , de peur qu'on n'entende, à cause 
de la ressemblance de son, le mot che, « perdre ». De même tou, «terre », doit être dit 
houang, pour qu'on ne puisse confondre avec tou, « vomir » 5 . 

Mong, « sommeil», doit être dit houen, parce qu'il rappelle l'idée de vision vaine. De 
même ceux dont le nom de famille est Mong 6 doivent être appelés Houen. 

1 •« Fils de la lumière ». Ten est rejeté parce qu'il signifie aussi « monter avec peine ». 

2 « Fleur de la lumière ». 

:1 Parce qu'elle contient le sens de «fil, lien, attache », ce qui est d'un mauvais présage. 

4 « Pierre dure » . 

5 Houang veut dire « herbe, ce qui pousse sur la terre ». 

Caractère différent de mong, « sommeil ». Houen, qui est le mot que l'on substitue à mong, veut dire 
« troublé, obscur ». 



192 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

Hao, « manière, mode » , doit être remplacé par tche, pour que l'on ne puisse com- 
prendre hao, « rat ». 



S 15. — Des transmutations de substance. 

Ce serait un grand avantage si quelqu'un parvenait à trouver la pluie qui se convertit 
en or. On rapporte que parfois l'argent trouvé dans les mines s'est envolé, qu'il s'est 
changé en une autre substance, et beaucoup d'autres faits analogues. Sous le roi Lieou du 
royaume Tan l , tous les fourneaux d'argent de la partie médiane du Sud de la province 
furent convertis en cuivre. ( )n dit aussi que l'on peut prédire, d'après les éléphants, les évé- 
nements heureux ou malheureux de l'empire. L'air du mont Lin aurait la propriété de pou- 
voir être converti à l'aide du feu en or et en argent. Sur cette même montagne, on rapporte 
qu'un cadavre enseveli a ressuscité, et que dans la mine qu'elle contient, les os des 
morts reviennent à la vie. Quelques-uns prétendent qu'il y a une espèce d'air qui, comme 
les perles, a la propriété de conserver ce qu'il entoure, et qui peut préserver les corps 
de la corruption. Les âmes à qui ils ont appartenu ne transmigrent pas et restent 
errantes. 

Nous aurons à citer encore quelques exemples de ces transmutations de substance. 

On dit que les montagnes résonnent parfois. Quand le bruit est entendu à l'intérieur 
de la montagne, il ressemble au bourdonnement du tonnerre; quand on l'entend du 
dehors, au bourdonnement d'un essaim d'abeilles. On ajoute que quand ce bruit parait 
venir de l'intérieur de la montagne, il présage un malheur; si au contraire il vient du 
dehors, il est d'un heureux augure. 

Dans les nuits profondes, à la clarté de la lune, on voit quelquefois les métaux répandre 
de vives clartés et projeter des rayons qui sont tantôt réunis en faisceau, tantôt disséminés, 
tantôt dirigés en sens contraire. Dans ce cas, il est hors de doute que l'on trouvera des 
métaux enfouis dans la montagne qui répond à cette lueur, et, si un fleuve est interposé, 
il faudra le traverser pour les rencontrer. 

L'écrivain Kien Ki-tse rapporte que des ouvriers, morts dans des mines et enterrés 
au milieu des galeries, ont été retrouvés après de longues années desséchés et sans la 
moindre corruption. Quelques-uns même étaient assez vivants pour pouvoir fumer le 
tabac qui leur était offert par les passants, mais aucun ne pouvait parler. 

§ 16. — Des sacrifices. 

Si les peuples veulent obtenir la richesse, ils doivent offrir des sacrifices. Les dieux 
protègent ceux qui vivent du travail des mines et qui les honorent. On a coutume de 
sacrifier au printemps et à l'automne. Mais ce n'est pas tant l'hommage des biens de 
la terre qui plaît aux dieux, que la piété et la vraie religion des hommes. 

1 Ce roi estle fameux Lieou-pang, fondateur de la dynastie des Han, qui établit sa cour à Si-ngan fou, capi- 
tale du Chen-si, et régna sous le nom d'Han Kao-tsou, de 203 à 194 av. J.-C. 



NOTIONS GENERALES. 193 

On honore en général la montagne comme le dieu même des métaux ; on y construit 
un autel, au second et au huitième mois de chaque année, et les chefs et les procureurs 
tant de la mine que des fourneaux viennent y exprimer leur reconnaissance pour les 
biens reçus. 

Sur le mont Si-you ', il y a également un temple affecté au même usage. 

La divinité appelée Kin-ho-giang-giang 2 a un temple consacré à l'or et au feu, et 
l'on y fait des sacrifices aux mêmes époques. 

On fait aussi, le 2 et le 16 de chaque mois 3 , trois sortes de sacrifices à Tsay-chen ; ', le 
génie des richesses, à savoir : des cochons, des bœufs et des moutons. Après l'of- 
frande, le personnel de la mine se réunit pour manger l'holocauste. C'est pourquoi ce 
genre de sacrifice est appelé Ya tsy ou « sacrifice des dents». 

La société chargée des superstitions et des sacrifices s'appelle Tchong iuen houi. 

Il y a enfin une autre catégorie de temples appelés Houi kouan \ où se réunissent 
les hommes de chaque province pour faire leurs dévotions particulières. Autant il y aura 
de provinces différentes représentées dans la mine, autant s'élèveront de temples de 
cette espèce. 

1 Cette montagne, une des plus élevées de la Chine, aurait, d'après la Géographie impériale, plus de A 
lieues de hauteur ; il ne s'agit bien entendu ici que de la dislance non verticale cpie l'on parcourt pour par- 
venir de la base au sommet. Le mont Si-you ou You de l'Ouest est situé dans le Chen-si à une lieue au Sud 
de Houa-in hien et s'appelle aussi Houa Chan. C'était un des quatre You ou montagnes sacrées sur lesquelles 
les empereurs des deux premières dynasties devaient venir sacrifier au commencement de chaque saison. Le 
You du Nord était le mont Tchang dans le Chan-si; celui de l'Est, le mont Tay dans le Chan-tong; celui du 
Sud, le mont Heng dans le Hou nan. La troisième dynastie, celle desTcheou, ajouta un cinquième You, celui 
du milieu. C'était le mont Soung dans le Hou-pe . 

2 « Déesse qui préside au feu de l'or. » Ce culte n'est connu que dans les mines. 

3 C'est-à-dire à -la nouvelle et à la pleine lune. On sait que les Chinois comptent par mois lunaires. 

4 Cette divinité est très-honorée dans tout l'empire, surtout par les commerçants. Les lettrés seuls dédai- 
gnent son culte. 

3 Houi « réunion », Kouan « temple ou collège ». 



25 



II 



DES MINERAIS ET DE LEUR TRAITEMENT. 



Du traitement des minerais d'urgent. 



La production en argent de la province du Yun-nan est la plus considérable de toute 
la Chine. Le Tche-kiang et huit autres provinces possèdent, il est vrai, des mines d'ar- 
gent, mais elles ne fournissent pas, à elles toutes, la moitié de ce que produit le Yun- 
nan. Aussi est-ce toujours vers cette province que se sont portés tous les efforts des 
mineurs, et ils ne sont jamais parvenus à épuiser ses richesses. Les départements de Tsou- 
hiong, de Yun-tchang, de Ta-ly ', abondent en mines d'argent; après eux viennent les 
districts de Yao-ngan, et Tchen-yuen 2 . 

Quand se trouve dans une montagne le minerai Kouang cha, il est hors de doute que 
l'on rencontrera à sa surface l'espèce de pierre que l'on appelle Loui. Ces pierres ont une 
couleur cendrée, désignée sous le nom de ho see, et indiquent la direction et l'étendue du 
gisement, de telle sorte qu'en creusant dix ou vingt tchang 3 on est sûr de le rencontrer. 

Celui qui trouve le signe indicateur de l'argent, in-miao '', trouve aussi le lieu 
du minerai d'argent dit Tsiao cha. Si le minerai est enfoui profondément, les 
mineurs n'auront pour y arriver qu'à suivre les traces de l'in-miao, qui sont de 
forme ronde et indiquent pour ainsi dire les nerfs de la terre. Pour éviter la ruine de la 

1 Fou ou « Préfectures » du Yun-nan. Voir la carte générale de l'Indo-Chine, atlas, Impartie, pi. II. 

2 Ces deux dernières villes sont des tcheou. c'est-à-dire des villes de deuxième ordre. La première ne porte 
plus que le nom de Yao tcheou. 

3 Yoir la note 5 de la page 176. 

4 On se rappelle que miao veut dire «plante » et in « conduire, diriger ». -, 



■190 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

mine, il faut soutenir les terres au fur et à mesure des travaux à l'aide de cadres en 
bois. Quand l'in-miao' est d'une couleur jaune, ou lorsque les fentes des rochers ou des 
cavernes de la montagne affectent la forme que l'on désigne sous le nom de ma oui 
se, c'est-à-dire « linéaments en forme de queue de cheval», il faut en conclure que le 
gisement est proche. 

Le minerai qui devient de l'argent par le traitement du feu s'appelle Tsiao; on ajoute 
le mot cha « sable », par ce qu'il est en très-petits fragments. Il revêt diverses apparences 
qui servent à en reconnaître la qualité. Quand il présente à la surface comme la figure de 
rameaux, il est appelé Kouang ; s'il est enveloppé d'une gangue pierreuse, c'est alors le 
Kouang ' d'où provient la pierre précieuse appelée Yu 2 . C'est une pierre très-dure, 
dont la masse atteint parfois la dimension de la mesure appelée teou 3 ; quand elle n'est 
pas plus grande que la main, son utilité est assez faible. On trouve parfois aussi un 
minerai d'argent qui a la couleur du charbon et que l'on appelle aujourd'hui Ho iuo sou, 
« noir poudre à canon ». Une autre espèce de pierre, dite autrefois Ti tsin et aujourd'hui 
Pong tse h , est d'une couleur presque noire et d'une qualité admirable. Le prix en est va- 
riable. Quand, dans les fouilles d'une mine, on rencontre de ces pierres, on ne doit pas 
continuer sans prévenir le magistrat du lieu, qui, après examen, fixe le droit à payer au 
gouvernement. Ce droit fixé, on mesure les pierres à l'aide d'un teou. Selon leur abon- 
dance et leur qualité, il pourra y avoir par teou de un à sept taels à payer à l'État. Ces 
pierres ont quelquefois un éclat extraordinaire qui les rend très-précieuses, et on les 
appelle dans ce cas Ming kouang. Cependant , quoique plus fines et plus belles que la 
matière appelée Tsiao-cha, elles ont une valeur moindre, parce qu'elles ne contiennent 
qu'une infime quantité d'argent. 

Avant d'introduire le minerai Tsiao-cha dans le foyer, il faut nettoyer celui-ci avec 
soin. Sur tout son pourtour règne un mur d'argile de cinq tche de hauteur; au fond, on 
place du charbon et des cendres. Chaque fourneau doit recevoir, pour deux tan de mi- 
nerai, deux cents livres de charbon de bois de poirier. On aura eu soin de construire un 
mur en briques de dix tche et plus d'élévation, derrière lequel on dispose le soufflet que 
deux ou trois hommes doivent faire mouvoir. Ce mur sert à garantir les ouvriers de la 
chaleur et de la fumée. On alimente le foyer de charbon à l'aide d'un instrument en 
fer, approprié à cet usage. L'argent et le plomb se liquéfient en une seule masse et for- 
ment un poids égal à la moitié du minerai introduit. On porte cette masse refroidie 
au foyer appelé Kin lou, pour achever de la purifier. H y a aussi l'espèce de foyer 
nommé Hia-ma lou, où l'on n'emploie que le charbon de bois de pin, ce qui permet de 

1 Caractère différent du précédent quoique a} r ant lamème signification. « métal, minerai » ; il est employé 
souvent par extension pour désigner toutes les matières ou pierres précieuses. 

2 Jade. C'est une des substances les plus appréciées des Chinois, mais qui est loin d'avoir en Europe la va- 
leur qu'on lui attribue en Chine. Les Chinois lui supposent des propriétés merveilleuses. D'après eux, quand 
un morceau de jade a été porté exclusivement par des hommes pendant un siècle et demi, il devient lu- 
mineux et préserve les corps de la corruption. 

3 Le dixième du tan. Voir la note <i de la page I7!J. 

* Il est inutile de chercher à donner des identifications précises de ces diverses roches sur les indications 
plus que vagues de l'auteur chinois. 



DES MINERAIS ET DE LEUR TRAITEMENT. 197 

mieux régler la chaleur. Dans cette nouvelle opération le plomb se sépare de la masse 
métallique et descend au fond du foyer. On l'en retire pour le purifier de nouveau. 
Pour cette troisième cuisson , il faut employer de préférence du bois de saule, qui a la 
propriété de donner au plomb une nouvelle nature dite pao gi, véritablement ad- 
mirable. 

L'argent extrait ainsi du minerai est appelé argent cru ou « pur » de ce que, fondu en 
petits culots appelés tin, on ne voit à leur surface aucune de ces lignes que l'on appelle Se 
ouen. On soumet ces culots à une nouvelle épuration, et ils se couvrent de petites étoiles 
rondes que les habitants de la province de Tien appellent Tcha kin ti; on ajoute alors du 
cuivre et du plomb en quantités égales '. Cet alliage est fondu une dernière fois et versé 
dans un creuset où se produisent les lignes appelées Se, et, sur quatre points de la masse, 
les signes appelés pao ki, qui permettent d'en déterminer la valeur. 

Le procédé d'affinage employé à Tsou-hiong diffère un peu du précédent, parce que le 
minerai d'argent de cette localité contient une très-grande quantité de plomb; c'est 
pourquoi il est désigné sous le nom de Kien kouang. Il donne également moitié de son 
poids en métaux purs. Voici la méthode employée aujourd'hui. Après une première 
fusion, on remet la masse métallique obtenue dans le foyer Hia-ma, afin que le plomb 
se sépare de l'argent et descende au fond du fourneau. Celte méthode est presque sem- 
blable à celle indiquée précédemment, et plus commune. On trouve encore d'autres mé- 
thodes d'affinage dans le livre Pen tsao 2 , mais ce ne sont que les vaines spéculations 
de cerveaux « malades», et elles ne reposent sur rien de sérieux. 

L'expérience a appris que là où il y avait de l'or, il ne pouvait y avoir de l'argent 
dans un rayon de trois cents li 3 , et réciproquement. Qui saura jamais quel a pu être le 
motif du créateur de l'argent et de l'or, en les séparant ainsi? Il y a cependant des gens 
pauvres qui lavent les sables des rivières et trouvent parfois ainsi de minimes parcelles 
d'or ou d'argent. Cette opération, qui s'appelait autrefois tao li, porte aujourd'hui le nom 
de tao houang. Les gens qui se livrent à cette besogne gagnent par jour trois fen ; avec 
beaucoup de travail, ils peuvent même gagner le double, ce qui leur suffit pour vivre. 
Quelquefois l'argent est mêlé à du cuivre rouge et à du plomb. On le fait fondre alors, 
en y ajoutant du sable, dans un vase en terre ; le cuivre et. le plomb adhèrent au fond 
du vase : on les appelle yn hieou « écume d'argent » ; ce qui tombe dans les cendres, 
quand on forge la masse métallique, est appelé lou ti a fond du feu ». Si ces deux ma- 
tières sont introduites ensuite dans le foyer dit Kin lou, ce qui est plomb se liquéfiera 

1 Les culots dont il est parlé ici sont ceux qui sont employés couramment dans les transactions commer- 
ciales. Les Chinois ont une habileté merveilleuse pour en reconnaître le titre. Les traits ou les lignes qu'ils 
appellent Se-ouen leur indiquent une mauvaise qualité ; les étoiles Teha-kin-ti, qui ne sont autres que de petits 
trous qui criblent la surface du lingot, sont au contraire un signe de pureté. La proportion de cuivre et de 
plomb que l'on ajoute en dernier ressort à l'argent complètement purifié est en général de 2 ou 3 pour 100. 
On obtient ainsi l'argent dit de première qualité qui est le seul en faveur dans le commerce. 

- Pen tsao cang mou, ouvrage célèbre sur les plantes et leurs usages, que l'on fait remonler à la dynastie 
Ghang, c'est-à-dire à plus de douze siècles avant notre ère. 

3 Mesure itinéraire chinoise, assez variable selon les lieux et les temps, mais dont la valeur ici est d'environ 
400 mètres. 



198 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

d'abord, et l'on séparera le cuivre de l'argent à l'aide d'une barre en fer i . C'est ainsi 
que l'on fera la distinction entre l'ouvrage de l'homme et celui de Dieu. 

Nous allons citer « en terminant ce chapitre » ce qu'a dit l'écrivain Fou Lang-kiong 2 
sur la minéralogie, sur les moyens de fondre les métaux et de les convertir en or : 

Tay Che-kong a dit qu'il y avait dans le cœur de tous les hommes comme une aspi- 
ration générale vers la passion de l'or et de l'argent, désir si violent qu'il pousse au vol 
les gens pauvres. Le genre humain entier sue pour gagner de l'or. C'est ce que l'on 
voit surtout dans les mines. Parmi celles-ci, il y en a de considérables et de moindre 
importance. Les premières emploient dix mille hommes et au-dessus, les secondes 
quelques milliers d'hommes seulement. La soif de l'or seule peut produire l'union de 
tant d'hommes de mœurs et d'origines diverses. Quand, après s'être ainsi réunis, ils se 
séparent, c'est pour se disperser aux quatre coins des mers. C'est donc avec justesse que 
lang Tse-iun a fait remarquer que, si la plus grande équité était nécessaire dans les mar- 
chés, à plus forte raison devait-elle régner dans les mines, situées en général dans les 
montagnes et loin des cités. Dans les mines de la province de Tien, il y a de grandes 
quantités d'argent et de cuivre, et je vais exposer les méthodes usitées pour leur extrac- 
tion. Il y a aussi de grandes quantités de la pierre précieuse Yu, et de celle nommée 
Pou tchou 3 . 

Les directeurs principaux d'une exploitation sont les Kouan-se ; les actionnaires 
et ceux qui fournissent les fonds nécessaires se nomment Mo kong ; enfin les ouvriers 
se nomment frères ou Siao ho, c'est-à-dire « petits associés ». Les montagnes choisies 
pour le lieu d'une mine reçoivent le nom de Ta tsao tse ou de Tao tong, et les 
travaux d'extraction sont à peu près les mêmes que ceux d'une exploitation de charbon. 
Les orifices de la mine, que l'on nomme Tsao ou Tong, sont de la dimension strictement 
nécessaire pour livrer passage aux travailleurs. Elles sont consolidées à l'aide de colonnes 
en bois nommées Kiajang, ayant deux tche d'écartement. Bref, toutes les dispositions 
sont prises pour que les ouvriers puissent vaquer avec sécurité à leur besogne, de nuit 
comme de jour, sous la direction du Tao feou, chef qui est chargé de l'éclairage, pour 
qu'ils soient approvisionnés de vivres et de combustibles, pour que la ventilation 
et l'épuisement des eaux â l'intérieur de la mine puissent s'effectuer facilement. 
Quand l'eau est trop abondante, on emploie pour l'épuiser la machine appelée tche 

1 II est intéressant de rapprocher de cette traduction, le passage suivant du Tien kong kay we, traduit par 
E. Biot, et inséré dans le cahier de la Société asiatique d'août 1833 : « Pour retirer l'argent des ustensiles 
'< où il se trouve combiné avec le cuivre rouge et le plomb, on le met dans un vase en terre avec un peu de 
« nitre. On le fond, le cuivre et le plomb se séparent de l'argent et coulent au fond du vase. On reprend l'ar- 
« gent ainsi à demi purifié avec les parties de cuivre et de plomb qui semblent en contenir encore, et on les 
« met clans le milieu d'un creuset en terre dans le fourneau à séparer les métaux. Le plomb paraît le premier ; 
« bientôt il s'écoule et le cuivre reste collé, comme enveloppe du résidu d'argent. On comprime cette masse 
« avec des tiges de fer, et l'argent se répand et se sépare. » 

2 Ce récit n'est qu'une répétition assez fastidieuse de ce qui a déjà été exposé dans la première partie. 
Comme çà et là il y a cependant quelques détails nouveaux, je le conserve en l'abrégeant un peu. 

3 L'ambre. 



DES MINERAIS ET DE LEUR TRAITEMENT. 199 

long ou la long; celui qui en est chargé est dans la boue des pieds jusqu'à la tète 

Deux hommes ne sauraient marcher côte à côte dans les galeries, tellement elles sont 
étroites et pleines de pierres et de boue. Il n'en est pas ainsi dans les mines des royaumes 
de Thsin et de Tsin l , qui sont si grandes et si spacieuses que l'on pourrait y construire 
une maison à l'intérieur, n'étaient les ténèbres qui les font appeler : région infernale. 

La présence du minerai est indiquée par le signe in hien « fil qui conduit » ou 
Kouang miao, ou encore Kouang tse. Ceux qui, par une longue expérience des mines, 
ont appris à le reconnaître, savent, en creusant soit en ligne droite, soit en ligne oblique, 
en allant du haut en bas, ou du bas en haut, parvenir au gisement de ces pierres. Quand 
on procède à ce travail, pour un homme qui enlève la terre, il en faut plusieurs qui 
entament le rocher. Celui qui se sert du marteau s'appelle Tchoui-cheou, et celui qui 
tient le coin Tchan cheou. Ceux qui enlèvent les déblais se nomment Pey houang 
ou plus généralement Cha-tin. On trouve quelquefois dans les entrailles de la terre de 
gros blocs appelés Teou ta kouang tse, qui doivent être mis à part avec soin comme 
contenant les matériaux les plus précieux 

Il est arrivé parfois que des hommes ont succombé faute d'air dans l'intérieur des 
mines, mais que leur corps a été préservé de la corruption. Ils conservent même alors 
une apparence de vie si frappante, qu'ils semblent encore demander à manger à ceux 
qui après eux pénètrent dans la mine. On appelle ceux qui meurent de ce genre de 
mort Kien kin tse, et on ne les retire pas des galeries. Mais on a coutume de continuer 
d'une autre façon l'ouvrage commencé et de choisir une voie plus commode. C'est ce 

que l'on désigne sous le nom de Tsien tse 

Quand le minerai est à la surface même du sol, on le recueille parcelle par parcelle, 
ce qui se nomme Se tsien tse. Ouand deux troupes d'ouvriers partis d'endroits différents 
se rencontrent au même point en suivant les signes indicateurs du minerai, on appelle 
un juge, le Kee-tchang, qui assigne à chacune d'elles la part qui lui revient et empêche 
toute querelle d'avoir lieu. Ce partage se nomme Pin tsien tse. 

On cherche souvent à s'emparer par fraude du minerai, en creusant des routes dé- 
tournées pour aboutir au point de la mine où on sait qu'il abonde; cette fraude se nomme 

Tchao tsien tsay ti tse py 2 

Quand on a obtenu le minerai, il faut l'affiner par le feu. Cette opération s'appelle Tsou 
lou ho, ou autrement Hia tsao tse. On désigne sous le nom de Tseou tchang « marcher aux 
mines », la réunion d'hommes qu'attire l'exploitation dune mine. Quand elle est considéra- 
ble, le gouverneur de la province doit envoyer un mandarin qui aura pour mission spéciale 
de l'administrer et de faire payer l'impôt au gouvernement. Ce chef suprême de la mine 
nomme aux différents emplois Certaines peines, telles que les fers ou le bambou, sont 

1 Le premier de ces royaumes était situé dans le Chen-si, et avait pour capitale Kouan-tchoung au 
N.-E. des monts Ngiao-chou; c'est aujourd'hui la ville de Si-ngan fou; le second était situé dans le Chan-si. 
Us ont existé avec des fortunes politiques diverses du vn e siècle av. J.-G. au m c siècle après et ont fourni cha- 
cun une dynastie à la Chine. 

2 Ce qui signifie : « action de déraciner la base par le sommet ». 



200 TIEN NAJN KO U AN G TCHANG. 

appliquées aux délinquants. Il est aussi certaines expressions qu'il faut s'abstenir d'em- 
ployer dans les mines On appelle pao ho, essayer de vaincre par le feu la dureté des 

roches ; les petites parcelles de minerai se nomment Choua kouang tchang. Quand on ren- 
contre une roche trop dure pour parvenir à la percer, on la tourne par une autre voie, ce 
qui s'appelle houan. Tang ou Ta tang ! « grand étang » se dit d'une grande accumulation 
de métaux et de pierres précieuses. Le mélange d'un amas de terre et de pierres se nomme 
Song-houang, et est d'une exploitation facile ; mais il ne contient que fort peu de ma- 
tières précieuses. Il faut bien prendre garde que les galeries ou les autres parties inté- 
rieures de la mine ne soient tachées avec du sang de cheval , ces taches suffiraient 
pour faire disparaître tout le métal. 11 faut éviter aussi de sceller la charte de la mine 
du signe Fong 2 , cela ferait également disparaître le trait indicateur. Quelquefois le 
métal se transforme en une autre substance, et cela est arrivé pour d'énormes masses 
de minerai déjà entassé et prêt à être jeté dans les fourneaux, qu'une seule goutte de 
sang de cheval a converti en un informe tas de pierres. Il faut empêcher encore qu'aucune 
personne ayant sur elle des ornements en or, ou revêtue d'un grade ou d'une dignité 
quelconque, ne pénètre dans les galeries et qu'on ne frappe du tam-tam devant là mine. Des 
malheurs incalculables pourraient être la suite de cette imprudence, car la divinité terrestre 
kin-tsien-ta-ty, pendant un sacrifice adressé au dieu des métaux, a manifesté combien elle 
craignait les dignités et leurs insignes. Quelle que soit la prospérité des mines, on ne 
devra jamais employer que des lattes en bois pour les toits, et du bambou pour les mu- 
railles des lieux d'habitation. A l'exception des vivres et des combustibles, tous les vêle- 
ments et tous les objets qui servent au travail de la mine doivent être imbibés du sang 
des victimes, pourassurer le succès de l'entreprise. Cette pratique est aujourd'hui passée 
dans les usages. Si la renommée de prospérité de la mine s'est étendue au loin, il n'y 
aura pas à craindre pour son approvisionnement. Les marchands, les artisans, les bêles 
de somme, les ustensiles de toute sorte y afflueront des régions les plus éloignées. Les 
théâtres, les jeux, les récréations de toute nature s'y trouveront comme dans une ville. 
On raconte qu'il arriva une fois que les Kouan-se ou « procureurs » d'une mine, qui 
s'adonnaient trop à la mollesse et aux plaisirs, manquèrent d'argent pour les besoins de l'ex- 
ploitation. Désespérés et ne sachant comment faire pour pourvoir le lendemain aux achats 
indispensables de riz, de sel, d'huile, de bois, etc., ils attendaient la mort au milieu 
de cette urgente nécessité. Mais pendant la nuit les mineurs découvrirent un trésor de 
métaux. On annonce aussitôt cette nouvelle aux procureurs, et la renommée s'en répand 
partout. De toutes parts les cadeaux d'hommages et de félicitations leur arrivent, des 
soieries, des perles, des pierres précieuses. Il est difficile d'imaginer un changement 
plus brusque et de se figurer la joie de ces officiers. L'esprit lui-même, quand il se dégage 
des liens du corps, ne jouit pas d'une félicité plus grande que ne fut la leur à ce moment. 

1 Ce caractère, quoique différent de tang « grande maison », est pris dans un sens figuré à peu près iden- 
tique. Je le distinguerai à l'avenir par un accent. 

- Caractère qui signifie « fermer », comme on l'a déjà vu et que les mandarins appliquent sur les caisses, 
livres, etc., que l'on doit laisser circuler sans les visiter ou les ouvrir. . 



DES MINERAIS ET DE LEUR TRAITEMENT. 201 

Ceux qui gagnent leur fortune dans les mines sont dits Fa tsay l , « heureux en riches- 
ses ». Pour les uns, elle provient du travail même de la mine; pour d'autres, de celui des 
fourneaux; pour d'autres encore, du commerce ou d'autres occupations. Mais on n'a 
jamais ouï dire que la fortune ait pu être amassée par le jeu, l'oisiveté et les plaisirs. Il ad- 
vient parfois que tel qui s'est enrichi dans les mines est bientôt réduit par ce genre 
de vie au plus affreux dénùmenl el va périr misérablement sur les routes ou dans les 
égouts. 

Il faut conclure que la prospérité des mines dépend surtout de la vigilance des chefs 
et du zèle des ouvriers. Les lieux où vivaient heureusement plusieurs milliers de familles, 
sont redevenus déserts et le refuge des animaux sauvages, par la négligence de quel- 
ques-uns. 

§ 2. — De la façon de procéder aux fouilles dans les montagnes et du traitement des minerais de cuivre. 

On appelle Kong tsay l'opération qui consiste à extraire le minerai, et Tsien lien celle 
qui consiste à le traiter par le feu. 

On est guidé dans le choix important du lieu où l'on pratiquera les fouilles par la cou- 
leur des terres de la montagne qui est un indice précieux à consulter. Ainsi les montagnes 
qui revêtent les nuances appelées Pi se ou Leou tay 2 contiennent certainement du 
Kouang-cha, ou minerai de cuivre. La mesure de la profondeur verticale à laquelle on 
creuse à l'aide du coin, soit en haut, soit en bas, s'appelle Hin-tsien, ce qui est aussi le 
nom du coin lui-même. Tous les instruments de mineurs servant à creuser sont désignés 
par l'appellation générale de Pong Isien. Les petites pierres d'une nature fragile sont 
appelées Song kia, les dures, Gen Ma ; les pierres debout formant murailles des deux côtés 
sont dites Kiang py. Les couches rocheuses, vers lesquelles conduit le trait indicateur et 
au milieu desquelles se trouve le minerai, s'appellent Pong, « toit », dans leur partie supé- 
rieure, Ti, « base», dans leur partie inférieure, Chan dans leurs parties latérales. Quand on 
aura bien pu déterminer toutes ces parties, l'exploitation sera sans aucun doute avantageuse. 

Là où sont de grandes masses de métaux, la roche est dure et les cache comme dans ses 
replis. C'est ce que l'on appelle Lanmen /lia 3 . Cette première roche brisée, on en trouve 
une plus dure encore, le Houang /ou tche k , et d'une valeur plus grande; en continuant 
à pénétrer plus avant, et à force d'habileté ingénieuse, on rencontre une roche plus belle, 
dite Yong houa. Ces deux dernières espèces de pierres, que le vulgaire appelle Houang 
mou hiang, annoncent toujours que les métaux sont proches. Si les indices apparais- 
sent alors répandus de tous côtés, le minerai que l'on va trouver prend le nom de 
Tang kouang, de ce qu'il sera très-abondant, et si ces indices sont non-seulement à la 
superficie, mais encore profondément incrustés, le minerai sera appelé Tâng kouang. Ces 

1 Encore un de ces nombreux saluts qui s'échangent en Chine et qui caractérisent bien ce peuple indus- 
trieux et âpre au gain : Kong si fa tsay! « soyez joyeux et riches ». 

2 Gris foncé et jaune-gris. Il est très-difficile de donner des traductions exactes de toutes ces nuances. 

3 Littéralement « pierre gisant devant la porte » . 

k Cette roche fournit une pierre verte qui sert à fabriquer une couleur propre à la peinture. 
II. 26 



202 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

deux dénominations indiquent assez qu'un gisement de cette nature ne pourra être faci- 
lement épuisé. 

Si, au contraire, le minerai se trouve à la superficie de la montagne, le gisement sera 
pauvre, et le minerai dans ce cas s'appelle Tsao pi kouang, de ce qu'il est comme les herbes 
qui disparaissent une fois déracinées 1 . L'espèce de minerai appelée Ki tsao « nid de la 
poule », est également d'une extraction facile, mais d'une pauvre teneur en métal. L'espèce 
nommée Ki est épuisée après que l'on en a retiré quelques dizaines deraey 2 ; aussi 
n'est-ce qu'à contre-cœur que toutes ces espèces sont exploitées. 

On trouve parfois une admirable espèce de minerai, analogue au Ki tchao kouang * e\ 
que l'on est sur de rencontrera un point quelconque du gisement. En creusant même à une 
certaine profondeur, on arrive souvent à des masses métalliques énormes, appelées 
Ta kouang, « grand minerai », et presque impossibles à épuiser. Cette espèce se nomme 
Pay tâng kouang, « étang spacieux de métal ». D'ailleurs, toute espèce de minerai qui 
se trouve isolée et homogène doit être prise en considération et peut être bonne à exploi- 
ter, surtout lorsque l'on n'apercevra rien autre de grande importance dans le voisinage. 
Le minerai prend alors le nom de Ko ko kouang ou Tou kouang, c'est-à-dire « métal 
unique ». Le métal unique que l'on trouve successivement en masses distinctes peut con- 
duire aux plus grands trésors, et les mineurs persévérants sont rarement dans ce cas dé- 
çus dans leurs recherches. 

Il serait trop long d'énumérer ici toutes les variétés et tous les noms des minerais et 
des métaux. 11 y a en effet encore le Kouang pan /ou, le Teou tsin lou \ Il y a un étain 
qui a la couleur extérieure de la cire, mais dont la substance est blanche et qui porte des 
linéaments d'une subtilité telle qu'ils ont l'apparence d'aiguilles. L'étain nommé Yeou a 
la même couleur, mais a un certain éclat. L'étain dit Tse km si est d'une couleur rouge. 
Il y a un élain extrêmement noir, appelé Ho-iuo-sou ; une autre espèce s'appelle Song. 
11 y a enfin les espèces Tchay kouang, Ya tse kouang, Yen-cha kouang. Celle-ci est d'une 
couleur presque noire. Si elle a une nuance jaune ou verte, elle est d'une qualité inférieure : 
si elle est tout à fait verte, elle vaut encore moins. Il est une autre espèce « d'étain » com- 
plètement verte tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, d'une valeur presque nulle et qui ne 
sert qu'à fabriquer des couleurs. 

Nous arrivons maintenant au traitement des minerais : il faudra reconnaître, avant de 
les porter aux fourneaux, à quelle espèce ils appartiennent, car chacune demande une 
température différente. 

Les fours employés « pour le traitement des minerais de cuivre » doivent être rectan- 
gulaires, assez élevés, d'une construction solide, et aller en se rétrécissant vers le sommet. 
L'élévation atteint quinze tche, la largeur neuf, la profondeur deux. Sur la face antérieure 
est une ouverture pour l'introduction du combustible et du minerai. Au-dessous est l'ou- 

1 Littéralement « herbe-peau », pour indiquer que le gisement n'est que superficiel. 
Cj Le iney est une mesure usitée pour les minerais et qui vaut 60 livres de 24 onces. 
'■[ Ki tchao, « pieds de la poule » . 

4 Le premier, « d'une couleur verdâtre, analogue à la couleur des lentilles » ; le second, « d'une couleur 
de graine de moutarde ». 



DES MINERAIS ET DE LEUR TRAITEMENT. 203 

verture appelée Porte d'or, qui sert à faire évacuer les résidus; derrière le four est 
une bouche à laquelle vient s'adapter le soufflet. Il faut toujours une quantité de charbon 
double de la quantité de minerai. Après une nuit entière de cuisson, on enlève les résidus 
par la porte d'or; le cuivre par l'effet de son poids descend au fond du fourneau. On l'en 
retire à l'aide des pinces, on le refroidit avec de l'eau ou de l'eau de riz, et l'on obtient ainsi 
des sortes de galettes d'une couleur rougeâtre, appelées Tse pan. Tant que le cuivre reste 
chaud, il est cassant, et sa cassure est d'une couleur verdâtre. Refroidi, il devient rouge 
à l'intérieur et beaucoup plus difficile à casser. Si le cuivre ainsi retiré contient encore 
trop d'impuretés, on l'appelle Mao tong, « fil de cuivre », et on lui fait subir une seconde 
cuisson, après laquelle on le retire à l'état de Km long ou « cuivre pur » . 

Il arrive parfois que le minerai se prend en une seule masse dans le four, soit en raison 
de sa nature, soit que le feu ait été mal dirigé. 

Les fours, qui ont la forme man cheou ', sont hauts de cinq à six tche ; les plus petits 
n'ont que deux tche; leurs parois extérieures sont faites de cendres et d'argile; au som- 
met est une ouverture pour la fumée. 

Les foyers se divisent en deux classes : l'une est appelée Tsiang kiun /ou, l'autre 
Cha mao lou' 2 ; la première espèce est ronde à la partie inférieure, et pointue en haut; la 
seconde est ronde à la partie inférieure et carrée dans la partie supérieure. Les di- 
mensions de ces deux espèces sont d'ailleurs les mômes que celles des foyers dits 
Ta lou. H y a un autre genre de foyer dit Hieg keou /oit, qui est carré à la base 
et arrondi au sommet ; son élévation est de dix tche, sa largeur est la même que 
celle du Ta lou. C'est dans ces foyers qu'est affiné le cuivre. Après avoir subi une pre- 
mière cuisson dans les fours, une seconde dans les foyers, le minerai s'est bien transformé 
en cuivre, mais il garde une couleur noire. Si alors on l'introduit dans le foyer lliey- 
keou, il devient le cuivre appelé de ce nom. Le traitement par l'ancienne méthode, qui 
consistait en un premier grillage dans un four, puis en une seconde cuisson dans un 
foyer, et enfin une dernière dans un foyer plus petit, était plus difficile. On dépense 
un millier et quelques centaines de livres de charbon pour obtenir cent livres de 
cuivre. 

Quelques métallurgistes affirment qu'on peut retirer de l'argent du cuivre. 11 faut 
pour cela que celui-ci soit d'une couleur noire comme le fer ; il est alors appelé Min kouang. 
Il est soumis dans un four à un premier grillage, et on l'en retire à l'état de Pin-long. Puis 
on lui fait subir sept ou huit grillages successifs dans de plus petits fours. Il est introduit 
ensuite dans le foyer appelé Touy lou dont la forme est semblable à celle du vase Pey 3 , 
et où, à l'aide de plomb fondu, il devient du cuivre pur ; séparé du plomb, on le porte dans 
le foyer appelé Tsao lou, où il est divisé en pains ayant la forme d'une tortue et la di- 
mension d'un tche, et où il est soumis à un feu de flammes. Il passe alors dans le creuset 
dit Tsiang-kiun tsao où il reste un jour. Au bout de ce temps, le cuivre se sépare de l'ar- 

1 On appelle ainsi en Chine un pain de forme semi-ovoïde, fait avec du blé et cuit à la vapeur. 
- Cha mao est le nom d'un chapeau de soie dont la forme rappelle celle du foyer en question. 
3 Vases en terre qui se trouvent dans toutes les habitations chinoises et qui servent à contenir des fleurs. 



20 i TIEN NAN K OU AN G T CM AN G. 

gent, qui coule au dehors par une ouverture appelée hio. Le cuivre est remis ensuite 
dans le foyer Touy jusqu'à ce qu'il devienne noir, et porté enfin au foyer Hiey-keou où 
il se transforme en cuivre pur, et par une nouvelle addition de plomb revêt la nature de 
l'argent l . Pour obtenir par cette méthode de 5 à 600 livres de cuivre et une vingtaine 
d'onces d'argent, il faut employer 10,000 livres de minerai et 8 à 9,000 livres de charbon. 

La qualité de l'eau dont on se sert dans le traitement des métaux n'est pas indiffé- 
rente. Ainsi l'eau de source qui vient des parties les plus élevées des montagnes vaut moins 
pour le lavage des minerais qu'une eau moins froide. On prétend aussi qu'une eau lim- 
pide donne au cuivre une moins belle couleur que l'eau qui a servi à laver le riz, qui lui 
donne la seule bonne teinte rouge. Ce fait était devenu très-célèbre dans la mine appelée 
Tang-tan 2 . 

Le feu des fourneaux doit être allumé avec du bois. On ajoute ensuite du charbon 
pour le rendre durable. Quand l'élaboration du minerai est à moitié faite, il convient 
d'employer des charbons de bois de pin ou d'essences analogues. On emploie quelquefois 
aussi du charbon de bois de poirier, dont la chaleur, quoique suffisante, est plus douce. 
Mais dans le foyer Hiey-keou ;i , le charbon de bois de pin doit être préféré à tous les 
autres. Les hommes chargés de la conduite des feux s'appellent Lou fou; les marchands 
qui se rendent dans les mines, Chang min 4 

§ 3. — Des modes d'extraction et de traitement des minerais usités dans la province. 

La terre est la mère de l'or, mais sans l'air qui l'entoure, elle ne pourrait en contenir. 
La province de Tien recèle abondamment les cinq espèces de métaux; mais comment 
parvint-on à l'origine à trouver les lieux qui les recèlent? Les mineurs apprirent, dit-on, à 
les reconnaître, à la nature et à la position des montagnes et à certains signes particu- 
liers. Est-il pour cela une méthode d'investigation certaine ? 

Un préfet de la ville d'Y-men 5 nommé Ou Ta-ya répond à cette question que si la 
nature ou l'esprit de l'or, de l'argent, du cuivre, du fer et de l'étain est en mouvement, 
ces métaux se dissipent et passent dans un autre lieu; si, au contraire, il est immobile, 
les métaux se réunissent en une seule masse et s'emprisonnent dans une gangue terreuse. 

Si le dragon, esprit des richesses, paraît correspondre aux veines de la mine 6 , il 

1 Quelque obscure que soit cette description, on peut y reconnaître cependant le procédé de la liquation 
qui est pratiqué en Europe pour séparer le cuivre de l'argent. Pour que ce procédé soit avantageux, il faut que 
le cuivre contienne 6 millièmes de son poids en argent. D'après les résultats qu'indique l'auteur, le cuivre argen- 
tifère du Yun-nan n'en contiendrait que 2 millièmes, ou du moins la méthode indigène ne saurait en retirer 
que 2 millièmes. 

2 Située dans le Yun-nan entre Tong-tchoucn et Tchao-tong. On trouvera de plus amples détails sur cette 
mine importante à la page 219. 

3 Celui où le cuivre subit le dernier affinage. 

4 Ici suit une nouvelle énumération des fonctionnaires de la mine. 

5 Hien ou ville de troisième ordre, située dans le département de Yun-nan fou. 

Les Chinois s'imaginent que ce dragon se meut sous la terre, et que, comme la boussole qui indique 
toujours le midi, sa présence indique, aussi toujours un trésor. 



DES MINERAIS ET DE LEUR TRAITEMENT. 205 

faudra se réjouir, car il y aura les plus grandes chances de trouver les métaux. Après la 
reconnaissance des lieux, il faudra apporter le plus grand soin à l'examen des signes in- 
dicateurs, et recueillir auprès des habitants tous les renseignements possibles sur leur 
apparition. Ils sont annoncés d'ordinaire par une sorte d'arc lumineux semblable à 
l'aurore et que l'on nomme aujourd'hui Kouang ho. Un auteur nommé Tou, de l'ordre 
Kong pou l , a dit avec justesse : Celui qui ne se laissera pas trop aller au sommeil 
pourra facilement voir ce phénomène, qui est. comme le souffle de l'or, de l'argent et 
de toutes les choses précieuses, et qui indique leur présence dans le sein de la terre. 

Un mandarin de l'ordre long tche 2 , chargé de la mine Te-chen, dans un rapport 
adressé à ses supérieurs, dit qu'il est de la plus grande importance d'avoir choisi le lieu 
d'extraction de telle sorte que les couches du sol paraissent couper l'intervalle qui sépare 
deux montagnes et dominer le lieu d'écoulement des eaux; il faut également que la mon- 
tagne qui est vis-à-vis de celle de la mine soit de la même hauteur. 

L'étude du signe Miao-in aura dû révéler à l'origine à quelle espèce de minerai on a 
affaire, soit le Tsao-pi kouang, ou le Ki-tchao kouang, ou le Tche kouang, « minerai qui 
brille », ou le Tang kouang ou le Tâng kouang. Les couleurs du minerai aideront à cette 
distinction, selon qu'elles seront vertes, vert foncé, de la nuance de l'étain, de la cire, 
ou noires comme la poudre à canon. Les minerais de cuivre sont parfois argentifères, 
et réciproquement. Le mode de lavage et de fusion des minerais sert à diagnostiquer 
toutes ces particularités. Dans ce but, on les mélangera soit avec du Ti-mou, soit avec 
du Tay che '■'. Cette étude permettra de déterminer quels seront les ustensiles néces- 
saires, les modes de traitement à employer, la valeur et le rendement probables de la 
mine. 

Le mandarin de la mine de Ta-pao ', nommé Ouen, du rang de tchetcheou 5 , s'exprime 
ainsi : Là où se trouvent les éléments des métaux doit se rencontrer le signe Lou se miao 
in 6 , qui apparaîtra entre les pierres de la montagne tantôt comme une traînée, tantôt 
sous la forme d'un fil. Il n'est pas facile de déterminer l'espace que cette traînée doit 
occuper. Quand les habitants ou les marchands rencontrent ce signe vert, que par expé- 
rience ils savent désigner un gisement métallique, ils rassemblent des ouvriers, en leur 
promettant un salaire, pour commencer des fouilles. Il arrive parfois qu'après de longues 
pluies, on aperçoit le « minerai» Kouang-cha à la surface du sol. 

Les métaux sont comme les citrouilles qui ont des racines. Le minerai qui a de pro- 
fondes racines est nommé pour cela Ta kouang. Si, à la superficie de la montagne, on 
trouve le signe appelé Song kong lou 7 , en creusant à deux tche de profondeur, on ren- 

1 Officiers chargés de l'agriculture, des enterrements, de la construction des édifices, etc. 

2 Celui qui administre un tcheou, mais qui ne relève que du tao toi ou sous-gouverneur de la province 
et non du fou ou préfet du département. 

3 Littéralement « pierre singulière ». 

4 Située près de Ou-tin. Voyez la page 219, et la carte itinéraire n° 9, allas, P c partie, pi. XII. 
3 Administrateur d'un tcheou. 

Littéralement « plante qui conduit à la couleur verte ». 

7 Pierre vert clair qui sert à fabriquer une couleur employée en peinture. 



206 TIEN NAN KOUANG TCIIANG. 

contrera le minerai Tsao-pi. Il arrive quelquefois qu'après avoir découvert le signe indica- 
teur, on creuse au milieu des roches à plusieurs dizaines de tche de profondeur, et l'on 
ne trouve que très-peu de minerai. Cette espèce se nomme Ou ken tche kouang \ ou vul- 
gairement Ki yuo, «le nid de la poule ». 

Le métal pur n'est point appelé Kin kouang, mais Tche kouang, l'expression 
kin étant absolument interdite à cause de sa similitude avec kin, «vide » ou « fin ». Quand 
on rencontre une grande quantité de minerai, de la grosseur d'une maison, dans le même 
endroit, on l'appelle Tang kouang ; quand le minerai est situé sous l'eau et qu'il faut épui- 
ser celle-ci pour l'obtenir, il est ditTâng kouang. 

Une autre espèce de minerai est appelée Song /ou, « vert de pin», de ce qu'elle revêt la 
couleur verte intérieurement et extérieurement. Si, plongée dans l'eau, cette couleur se pro- 
nonce encore davantage, elle s'appelle Chentsoui. Cette espèce est de nulle valeur et ne sert 
qu'à fabriquer de la couleur. L'espèce appelée Si la est de la couleur de la cire que l'on 
nomme Pe /a 2 ; concassée en menus morceaux, elle se divise en fragments aigus très-durs et 
Irès-lourds. L'espèce Ho-iuo-sou, qui est entièrement noire, n'est au contraire ni dure ni 
pesante ; elle est fragile et d'une grande valeur. Il y a un minerai qui contient de l'argent et 
du cuivre en quantités égales, et qui s'appelle pour ce motif Tong tche yn ou Yn tche 
to?ig 3 . Ce minerai doit être débarrassé avec soin par le lavage de la terre et du sable 
qu'il contient, afin qu'il ne reste que les parcelles métalliques, que retient leur poids et 
que l'on porte ensuite aux fourneaux. 

La matière Ti-mou n'est autre que du plomb que l'on a coutume d'ajouter pour 
extraire l'argent du cuivre. La matière Tay-che est comme le suc des éléments que 
l'on ajoute à ceux-ci lorsqu'ils sont trop desséchés pour faciliter leur fusion. Aujour- 
d'hui, dans la mine déjà citée de Ta-pao, on trouve un minerai d'une couleur jaune 
rougeàtre % qui contient un métal d'une nature double, et dont le prix, après ce mélange, 
devient inestimable. Quand les minerais demandent un mélange de cette nature, il 
faut se servir de terre, d'argile ou de pierre extraites de la même partie de la mon- 
tagne que celle où se trouve la mine. 

Ou Ta-ya, l'auteur déjà cité, a encore enseigné que lorsqu'on trouve au milieu des 
roches une nuance verte ou violacée, elle indique la présence du «minerai» Ming kouang. 
Si, en creusant à quelque profondeur, on rencontre le minerai en petite quantité, c'est celui 
que nous avons nommé Tsao-pi kouang, et il faudra creuser de nouveau en plusieurs 
autres endroits pour le retrouver. L'espèce désignée sous le nom de Ki-yuo kouang se ren- 
contre à la surface, mais le gisement s'épuise en une demi-journée ou en un jour au plus; 
on le retrouve de nouveau un peu au delà, mais il est toujours aussi vite épuisé. Quelque- 

1 Littéralement « minerai qui n'a pas de consistance ». 

2 Cette cire, connue en Europe depuis longtemps, est produite en grande quantité dans le Se-tchouen, où 
elle exsude d'un arbre particulier par la piqûre d'un insecte. Si je ne me trompe, M. Simon, aujourd'hui consul 
de France en Chine, a rapporté dernièrement en Europe quelques arbres à Pe-Ia. 

:l « Cuivre dont on extrait de l'argent », et réciproquement, « argent dont on extrait du cuivre ». 
4 Les expressions littérales rendant cette nuance sont tse si la, « rouge, étain, cire », et houang clia, « jaune 
sable ». 



DES MINERAIS ET DE LEUR TRAITEMENT. 207 

fois on parvient ainsi aux grandes masses de minerai que l'on désigne sous le nom de 
Pay-tâng kouang. 

Le lieu des fouilles se nomme Hin-tsien. Les trous laissés par les fouilles se nomment 
Laotdng, «étang de limon et d'eau ». 11 est permis à tout le monde de recommencer à creuser 
ces trous abandonnés; c'est ce que l'on appelle Tsin tsien, « repasser le coin ». Si ces 
nouvelles recherches amènent la découverte d'un gisement métallique, il y a des règlements 
qui partagent les bénéfices des fouilles entre les propriétaires et les mineurs. Ces premiers 
ont un ou deux dixièmes, suivant qu'il s'agit d'un minerai de cuivre ou d'un minerai 
d'argent. 

La meilleure qualité de minerai est le Tche kouang. Elle se distingue par diverses 
nuances. 

Quand une mine est ouverte depuis longtemps, il arrive que l'on y rencontre des 
murs ; si les ouvriers poursuivant leur route pénètrent au delà, ils trouvent parfois d'énor- 
mes amas de minerais, dont le sommet est en forme de loit, et dont la base est plane, et 
occupe l'espace de trois ou de cinq maisons : ce que l'on appelle Tang kouang. Lorsque 
dans une galerie ouverte de cette manière, les parois latérales sont très-difficiles à 
attaquer alors que le centre cède facilement , que les veines métalliques convergent 
vers le même point, et que le minerai affecte comme la forme d'un étang, étroit 
au sommet et s'élargissant par le bas, on a trouvé le Tang kouang. Il ne diffère pas 
beaucoup du minerai précédent quant à l'abondance ; il ne s'en distingue que par la 
forme et les couleurs. Il revêt en effet les nuances appelées lie lou et me lou, « noir-vert et 
encre-vert » ; quelquefois il est tout à fait noir, quelquefois aussi il a les teintes désignées 
parles noms de teou-tsin-lou, «vert-lentille», tchouan houa lou, « vert végétal », ta ya 
tse, « sorte de gris ». Les couleurs me-lou et teou-tsin-lou doivent être préférées aux autres. 

Quelquefois dans les gisements de Ya-tse kouang, on trouve des masses de minerai 
qui affectent la structure d'une muraille. Si on les brise, on trouve les nuances Si-la, 
pe si la, « même nuance plus claire », yeou si la, « même nuance avec une transparence 
huileuse », ou tse kin si la, « teinte violacée », qui indiquent d'excellentes qualités. Le mi- 
nerai qui revêt la nuance ho-iuo-sou, est en petits fragments. 

Si les minerais désignés sous le nom de Ta-houa-ming kouang revêtent des couleurs 
vertes, ou vert tirant sur le noir, on devra en conclure qu'ils contiennent de l'argent. 
Comme le Ming kouang contient du plomb, il sera très-facile de vérifier la présence de 
l'argent. Réciproquement, on peut extraire du cuivre des minerais d'argent. Quand 
ceux-ci sont soumis au feu, le cuivre vient à la surface, et par l'adjonction de plomb dans 
le foyer dit tche lou, il se sépare complètement de l'argent. En soumettant à une nouvelle 
cuisson le plomb, on obtient l'argent pur. On voit par là comment, par un travail intelli- 
gent, on parvient à séparer ce que la nature a réuni. 

Voici quelle est la méthode générale pour le traitement des minerais. S'ils sont de 
nature pierreuse, on les concasse en petits fragments; si au contraire leur nature est 
argileuse, on leur fera subir un lavage pour les séparer de toutes les matières étrangères. 
A un minerai d'argent on mélange du ti-mou; à un minerai de cuivre, du tav-che ; à un 



208 TIEN NAN KO LAN G TCHANG. 

minerai d'étain, du tcheou kouang 1 . Quant à l'or, un simple lavage suffit pour l'obtenir pur. 

De tous les minerais « de cuivre », le plus riche est celui qui a la couleur teou-lou, 
ou qui est mélangé au minerai de la teinte jaunâtre appelée houang pang lou. Si ces 
minerais sont mêlés au minerai de la couleur tsa km si la, « gris pailleté de points bril- 
lants de mica », ils n'auront plus grande valeur. Le minerai Houang-pang-lou doit être 
mélangé avec le minerai dit tchouan houa, et on doit y ajouter du tay-che. 

Tchao Hin-tsong, directeur de lamine de Hiang-chou-po, près de Nan-ngan tcheou 2 , 
mandarin de l'ordre tcheou fan 3 , s'exprime ainsi sur les métaux : Les éléments métalli- 
ques prennent naissance dans les entrailles des montagnes comme dans le ventre « d'une 
mère», mais ils ont besoin d'un toit et de murailles pour conserver le même gîte pen- 
dant longtemps 4 ... Si la masse métallique est ainsi enveloppée de murs de tous côtés, 
et qu'elle soit grande et large, elle s'appelle tang, «grande maison » ; si sa dimension laté- 
rale est la plus grande, elle prend le nom de men, « porte »; si au contraire le mi- 
nerai est disséminé un peu partout, on le désigne sous le nom de Ki-tchao. Si, après 
avoir creusé une montagne à une profondeur de vingt ou de trente tche, on rencontre 
les pierres dites lou mo, le sable appelé ht cha, et l'argile appelée ieou hoa gi 5 , on devra 
les considérer comme le trait indicateur miao-in. Si l'on rencontre le minerai avant d'avoir 
percé des roches dures, il prend le nom de tsao-pi, et il ne tarde pas à être épuisé. 
Pour trouver un gisement réellement abondant, il faut creuser pendant des dizaines ou 
même des milliers de tche, au travers des roches les plus dures et à l'aide des coins 
les plus puissants. Ce travail se nomme po Ma. Quand on approche des murailles qui 
enclosent le minerai, il faut redoubler de persévérance. A ce moment, si l'on rencontre 
des pierres, les plus précieuses comme indices seront celles qui revêtent la nuance appe- 
lée houang lou tche /an, «jaune, vert, couleur de terre, couleur de cire» ; si l'on rencontre 
de l'argile, la couleur la plus heureuse est celle que l'on nomme yong si, « couleur de 
terre rougeâtre ». Ces indices s'appellent en général Houang-mou-hiang (voy. page 201). 
Quand leur présence est constatée, si l'on trouve le toit et la base du gisement, le 
minerai n'est plus éloigné. Par l'étude des indices, il ne sera pas difficile de juger de 
la durée de l'exploitation. 

Dans la mine Hiang-chou-po, existent les minerais tse kin hong lou, « violet, or, 
rouge, vert, » et si la chen lou, « étain, cire, masculin vert », qui, concassés, sont fondus 
ensuite par une méthode certaine. Les minerais qui ne contiennent ni sable, ni pierres, 
sont reconnus à ce signe être du Tche kouang. On les soumet à un premier grillage dans 

1 II serait intéressant de reconnaître quelles sont ces substances dont on additionne les divers minerais pour 
faciliter leur fusion. Ce ne serait que par l'apport d'échantillons que l'on pourrait y parvenir. Les fondants 
employés en Europe sont nombreux et variables : ainsi pour le cuivre on emploie selon la nature du mine- 
rai, du quartz, du spath fluor, de la chaux, etc., etc. 

2 Ville du Yun-nan, située dans le département de Yun nan fou. Voyez la page 22't. 

;s Inférieur au tche Men ou mandarin des villes de troisième ordre. Il ne peut condamner qu'à la prison. 

4 Suivent quelques définitions déjà données plusieurs fois. 

5 Lou mo, espèce de petite pierre verte qui sert à fabriquer une couleur; la cha, sable excessivement fin 
ieou hoa gi, argile qui sert à raccommoder la porcelaine. 



DES MINER/VIS ET DE LEUR TRAITEMENT. 209 

un four, puis à une cuisson dans un foyer, pour reconnaître leur qualité, d'après le degré 
de sécheresse dont ils font montre. S'ils fournissent un suc un peu clair appelé tsin hi, on 
les mélange avec de l'argile jaune. Si ce suc est couleur de rouille, il faudra ajouter du 
lay-che. Si les minerais sont d'une faible densité et mêlés avec les pierres appelées 
tchouan houa teou, ils sont d'une valeur moindre. Us devront être grillés plusieurs fois, 
puis mélangés avec du pe che \ et réduits à un foyer. Le lavage de ces minerais sera 
donc de la plus grande importance. 

Il n'est pas facile d'indiquer une méthode générale pour diagnostiquer la valeur e.t la 
qualité des minerais. Pour ce qui est de leur traitement, deux ou trois, ou bien quatre 
ou cinq jours sont nécessaires, selon qu'ils apparaissent suffisamment cuits ou non. Il 
faudra avoir toujours du charbon en réserve dans le cas où on serait obligé de renouveler 
l'opération, ce qui s'appelle fan sen, « rendre cru », c'est-à-dire remettre le minerai dans 
l'état où il était avant d'être mis au feu une première fois. 

Qui pourra enseigner une méthode générale pour traiter les minerais de enivre, 
décrire les foyers Ta, Pi et Tsao tse, indiquer leurs dimensions, les proportions de 
minerai et de charbon, l'ordre et le nombre des cuissons successives, les espèces 
et les valeurs du cuivre retiré, la perte de métal subie dans chaque opération, la quantité 
de charbon consumée pour obtenir cent livres de cuivre, le prix du combustible? A toutes 
ces questions, une réponse nette serait vivement à désirer. 

Voici, sur tous ces points, ce qu'a écrit Fan Hiu-hio, mandarin de l'ordre tche-tcheou, 
administrant la ville de Yun-long 2 , au sujet de la mine de Pe-iang. Il y a trois catégories 
de feux, le Guy iao, « four aux flammes ardentes », le Ta lou et le Hiey-keou lou. On fait 
subir au minerai deux grillages dans le premier four, puis on le porte au Ta lou. Il y a 
deux sortes de Ta lou : l'une qui est aiguë au sommet et ronde à la base, et que l'on appelle 
pour ce motif Tsiang-kiun lou, l'autre dite Cha-mao lou, qui est carrée au sommet et ronde 
à la base, d'une hauteur de quinze àseizetche, d'une largeur de cinq à sept et d'une pro- 
fondeur de trois (Voy. page 203). Chaque foyer peut contenir plus d'une vingtaine de long 3 
de minerai, pour le traitement desquels il faut plus de mille livres de charbon de bois do 
pin. Après une cuisson d'un jour et d'une nuit, le cuivre en fusion se rend à un lieu particu- 
lier appelé 0, où il est coulé en gâteaux qui ont une couleur noire. Ces gâteaux sont affinés 
au foyer Hiey-keou, d'où le cuivre sort tout à fait pur. Ce foyer est rond à la partie supé- 
rieure, carré au bas, d'une hauteur de huit ou neuf tche, d'une largeur de quatre ou cinq, 
d'une profondeur d'un tche. Il contient 40 livres de cuivre noir auxquelles on ajoute 
50 livres de charbon. On fait couler le cuivre dans le bassin de réception appelé 0, où on 
le refroidit avec de l'eau déversée par une machine et où on lui donne la forme y yuen k . 
Dans la conversion du cuivre noir en cuivre Hiey-keou, il y a un déchet d'un dixième 
de la quantité de cuivre noir traitée. 

1 Littéralement « pierre blanche », sorte de silex. 

2 Ville de second ordre située dans le département de Ta-Iy. Voyez la page 223. 

3 Mesure de capacité qui contient 60 livres de minerai. 

4 Forme plate et ronde. 

II. 27 



210 TIEN NAN KOUANG ÏCHANG. 

11 est bon de faire remarquer, au milieu de tant de formes de fourneaux différentes, le 
Ouy iao, le Talou, le Touy lou, le Hiey-keou lou, le Tsao-tse lou, la manière de procéder 
usitée dans la mine Pe-iang « pour les minerais de cuivre argentifère ». Elle les grille 
d'abord au four Ouy, puis les jette au grand foyer de la forme tsiang kiun kouy, au 
fond duquel on ajoute du plomb. Au bout d'un mois de cuisson, s'opère la séparation du 
cuivre et de l'argent ; le premier va se mouler dans le lieu appelé ; le second coule au 
dehors. Le cuivre est introduit ensuite dans le foyer Touy, où il se transforme en cuivre 
noir. Ce foyer a la forme d'une tuile; il a une hauteur de deux tche, une longueur de dix 
et une largeur de deux. De là le cuivre est affiné au foyer Tsao-tse, dont la hauteur est 
de trois tche, la largeur de deux, et la profondeur d'un peu plus d'untsen. Chaque foyer 
de cette espèce contient 50 ou 60 livres d'argent; les résidus de cette dernière opération 
ont en outre une valeur d'un ou deux taels. 

Le Tche-hien de la ville d'Ouen-chan bien, directeur de la mine de Tse-lang-kien-tsie, 
nous apprend que dans cette mine le foyer Pi n'existe pas et que l'on ne s'y sert que du 
Ta lou de l'espèce appelée Tsiang-kiun-kouy. La hauteur de ce foyer a sept tche, la lar- 
geur quatre et demi. La porte d'or a un tche et sept tsen, et la profondeur du bassin de 
réception est de deux tche. Le soufflet est disposé derrière le foyer à une hauteur de trois 
Isen au-dessus de la porte d'or. Les fours usités sont de deux sortes : le grand,- qui a 
cinq tche de largeur, quatre de hauteur et autant de profondeur; le petit, qui a un tche 
et demi de largeur et de hauteur, et quatre de profondeur. C'est dans le grand 
four que devront être tout d'abord grillés les minerais. Pour le grillage de 10,000 
livres de minerai, on doit employer 400 livres de charbon. Cette première opéra- 
tion amène une réduction de 3 à 400 livres sur le poids du minerai introduit. On ajoute 
alors la matière appelée Tsin pe tay che, et l'on opère un second grillage qui élimine 
de 7,800 à 7,900 livrés de minerai. 11 reste 16 à 1700 livres de pin-tong ou « cuivre 
brut ». On fait griller ce cuivre sept ou huit fois de suite dans un petit four, ce qui réduit 
encore son poids de 200 livres environ. Les cuissons dans un foyer réduisent enfin cette 
masse à 6 ou 700 livres de cuivre pur. Les huit grillages et les deux cuissons qui sont en 
général nécessaires consomment 14 à 1500 livres de charbon pour 100 livres de cuivre 
pur obtenu. 

Dans la mine Kien-ta, on emploie le foyer Cha-mao ; sa hauteur est de cinq à 
six tche, sa largeur de sept, la porte d'or a un tche et un tsen ; le bassin de réception O 
est profond d'un pied et demi. Le soufflet est disposé derrière le foyer à deux tsen au-dessus 
de la porte d'or. On introduit le minerai à l'intérieur du foyer et on le recouvre de charbon. 
Pour 4 à 500 livres de minerai, il faudra 300 livres de combustible. Le grand four a cinq 
tche de hauteur et de largeur, quatre de profondeur. Il peut contenir 10,000 livres de 
minerai, auxquelles on doit ajouter 400 livres de charbon. Le petit four, d'un tche et 
demi de hauteur et de largeur et de quatre tche de profondeur, contient 500 livres de pin- 
long, et pour huit grillages successifs consommera 600 livres de charbon. L'espèce de 
foyer appelée Touy est en forme de cercueil; la hauteur à sa partie antérieure est de deux 
tche et demi, à sa partie postérieure de deux tche ; sa longueur est de six tche, sa largeur 



DES MINERAIS ET DE LEUR TRAITEMENT. 211 

de deux tche et deux tsen. La porte d'or a 7 ou 8 tsen de large sur un demi-tche de haut. 
Ce foyer contient environ 50 livres de pin-tong, pour la cuisson desquels il faut mettre 70 
ou 80 livres de bois ou de racines. Un soufflet est disposé à la partie antérieure ; à la 
porte postérieure, sont des canaux en bambou destinés à recevoir le plomb fondu. Enfin 
les creusets ont la forme d'un demi-foyer ; leur hauteur est d'un tche et deux tsen, 
leur largeur d'un tche et six tsen. Leur profondeur est de quatre tche. La porte d'or 
a un tche et un tsen. Ils peuvent recevoir 20 livres de plomb et 40 livres de charbon. 

«Comme dans le procédé précédent,» un premier grillage opéré dans le grand four 
fait perdre 400 livres sur 10,000 de minerai; on ajoute alors du Tsin-pe-tay-che et on 
grille dans le Ta lou jusqu'à ce qu'il ne reste plus environ que 16 ou 1700 livres de pin- 
tong. On grille le pin-tong six ou sept fois dans le petit four, ce qui amène une nouvelle 
déperdition de 200 livres. On ajoute ensuite la matière Ti-mou, « du plomb », et on cuit le 
mélange dans le foyer Touy. A la fin de toutes les opérations il ne reste plus que 5 à 600 
livres de cuivre pur. Le plomb est affiné à part dans les creusets et on en retire environ 
trente onces d'argent 1 . Les huit grillages et les trois cuissons dans le creuset, consom- 
ment 14 ou 1500 livres de charbon et 200 livres de bois pour cent livres de cuivre pur 
obtenu. 

Tchao Hin-tsong « que nous avons déjà cité » enseigne qu'il ne faut pas employer 
partout la même méthode, mais se conformer aux exigences et aux usages de chaque loca- 
lité. Mais il ajoute que quand on aura à extraire l'argent du plomb fondu, ou quand on 
affine le cuivre noir qui provient d'un minerai d'argent, il convient d'employer le procédé 
suivi dans la mine de Hiang-tchou po. 

Dans cette mine, on extrait le cuivre par une seule opération, en employant 
le Ta lou ou « grand foyer ». On le construit directement sur le sol en lui donnant une 
largeur de neuf tche, qui va en diminuant un peu vers le sommet, une hauteur de 
quinze tche, et une profondeur à la base de deux tche. A la partie antérieure est l'ou- 
verture par laquelle on introduit le minerai et le combustible; au-dessous se trouve 
la porte d'or par laquelle on retire les scories. Derrière est le soufflet. Si le minerai est de, 
première qualité, il faudra, pour chaque soufflet, 40 tongs de minerai et 3,000 livres de 
charbon. Si le minerai est de qualité moyenne, il faudra 70 ou 80 tongs, et 3,500 à 3,600 
livres de charbon ; s'il est de qualité très-inférieure, 100 longs et 4,000 livres de combus- 
tible. Après un jour de feu on pourra retirer le cuivre. Si le feu a été ou trop ardent ou 
trop faible, le métal ne sera pas d'un bon usage ; il arrive même que par suite de la pré- 
sence de matières étrangères, le minerai se prend en une seule masse et ne peut 
être réduit, ce que l'on appelle tche. 

Dans d'autres mines, au contraire, après six ou sept grillages, on immerge neuf fois le 
métal dans de l'eau acidulée, et on l'affine ensuite successivement dans des foyers et dans 
des creusets. On appelle ce traitement kieou pin, kieou tsao, «neuf immersions, neuf 
cuissons ». Certaines mines ne font subir que deux cuissons aux minerais « de cuivre » ; 

1 La proportion d'argent contenue dans le cuivre serait ici de 3 à 4 millièmes. Comparez avec le mode de 
traitement indiqué pages 203-204. 



212 TIEN NAN KO U ANG TCIIANG. 

mais aussi elles n'emploient que du charbon de bois de pin, qui donne une chaleur plus 
vive. Pendant que le métal tombe au fond du fourneau, les scories s'échappent par la porte 
d'or. A la fin de l'opération, on retire par celle-ci tous les résidus et tout le combustible, 
de manière à isoler complètement le cuivre. On jette par la même ouverture de l'eau qui 
a servi à laver le riz. Quand on juge le métal un peu refroidi, on le retire avec les 
pinces à l'état de gâteaux ronds de forme y-iuen, que l'on recouvre de rameaux de pin 
ou de paille de riz. On achève de les refroidir par une immersion complète dans 
l'eau, et on obtient ainsi le cuivre de première coulée appelé tse-pan. On retire de cinq à 
sept gâteaux de chaque fourneau. Les deux premiers sont moins purs que les autres et 
contiennent encore beaucoup de matières étrangères que l'on nomme mao-tong. Aussi 
devront-ils être affinés de nouveau. Les autres auront à peine besoin d'un nouvel affinage. 
Cette seconde cuisson produit un déchet de 2 ou 3 livres sur 100 livres affinées, et fait 
consommer 150 à 160 livres de charbon, dont le prix variera de 26 à 30 fen selon que 
le temps sera sec ou humide. 

On se demande pourquoi il est indispensable, pour le traitement du minerai de 
cuivre, de se servir de charbon de bois de pin, alors qu'auparavant on se servait indif- 
féremment de charbon de bois de pin et de charbon de bois de poirier, et pourquoi les char- 
bons qui proviennent d'autres espèces d'arbres sont complètement impropres à cet usage. 
Aussi, dans les endroits où il y a beaucoup de mines, les bois des montagnes avoisinantes 
sont-ils rapidement épuisés, et faut-il faire venir le combustible de distances considé- 
rables. Le prix du charbon qu'il faut ainsi apporter est décuple du poids du minerai 
à traiter, et il faudra à son tour transporter le cuivre à l'endroit d'où vient le charbon. Ne 
vaudrait-il pas mieux, pour diminuer les frais de transport, apporter le minerai dans le 
lieu même où l'on produit le charbon ? Tel est le point que nous livrons aux méditations 
des commerçants jaloux d'augmenter leurs bénéfices. 

A ces questions, voici ce que répond Hiu Hio-san : Les charbons à employer sont tels 
que l'exige la nature des minerais. Le minerai de Ta-kong tchang 1 , par exemple, est naturel- 
lement dur et riche. Réduit avec du charbon de bois de poirier, qui fournit une très-grande 
chaleur, il fondra plus rapidement, mais il ne sera pas aisé de déterminer sa qualité et sa 
teneur. Le charbon de bois de pin a un effet moins brusque, n'opère la fusion que peu à 
peu, mais les résidus se séparent plus facilement du métal. Quant à l'économie à réaliser 
sur les transports, il faudrait d'abord que la route par laquelle on apporte le charbon 
fût la même que celle que doit suivre le cuivre, ce qui n'est pas ; ensuite il est nécessaire 
d'avoir pour le traitement du minerai une eau qui convienne à sa nature. La mine de 
Ta-kong tire ses charbons des montagnes de Li-kiang, qui sont fort éloignées de la route 
que doit suivre le cuivre, et dont les eaux, comme il arrive sur toutes les montagnes 
élevées, sont beaucoup trop froides pour être propres au traitement des minerais. 11 
vaut donc mieux dans ce cas porter le charbon à la mine que le minerai au lieu de 
production du charbon. 11 importe seulement que les habitants de la localité mettent le 

1 Mine située dans le déparlement de Ta-ly. Voyez la page 223. 



DES MINERAIS ET DE LEUR TRAITEMENT. 213 

plus grand soin à reboiser de pins les environs des mines et à assurer ainsi pour l'avenir 
leur approvisionnement de combustible. 

Tchao Hin-tsong, en écrivant sur le môme sujet, dit qu'il y a en effet une grande dif- 
férence entre le charbon de bois de poirier et le charbon de bois de pin, quoique à l'origine 
on les mélangeât ensemble. Le premier donne une flamme plus vive ; le second, plus 
de fumée. Celui-ci est indispensable pour la préparation du cuivre Hiey-keou, qu'il 
revêt d'une belle couleur. La mine Hiang-chou-po a l'habitude de transporter tous ses 
minerais au dépôt général de la capitale de la province. On a vu qu'elle obtient le cuivre 
par une seule cuisson et qu'il est admirablement préparé. On se sert dans cette mine d'un 
mélange de bois de poirier, de pin et d'autres espèces. Ces bois coûtaient d'abord 220 
ou 230 sapèques ' les 100 livres pour être transportés au dépôt; ils en coûtent aujourd'hui 
300, à cause de la longueur de la route. La mine va cesser en conséquence de fabriquer du 
cuivre Hiey-keou, et pendant ce temps de repos, elle fera rechercher des bois de pin pour 
obtenir le combustible à meilleur marché et s'affranchir de la nécessité de transporter 
le minerai vers le bois. 

L'examinateur nommé Lien affirme que si les charbons de bois de pin sont indispen- 
sables pour la fabrication du cuivre Hiey-keou, ils sont inutiles pour les autres prépara- 
tions. Les mines Lang, Kié, Ta et deux autres ont la coutume, depuis plusieurs années, de 
transporter vers le bois le cuivre appelé Tse-pan. La distance n'est que de 90 li. 

Il résulte de là qu'il faut employer le charbon dans les fours, le bois dans les 
foyers, «puisque c'est dans ceux-ci seulement que l'on obtient le cuivre Hiey-keou. » 

On demande si l'or existe ou peut naître dans les eaux? Une mine riche en filons 
métalliques est souvent envahie par les eaux, et il faut payer des ouvriers pour les détour- 
ner. Les uns perforent la montagne pour leur donner une issue ; les autres, ne pouvant 
y réussir, leur creusent un réservoir où elles se retirent. Combien faudra-t-il de canaux 
dans une mine de ce genre pour conduire l'eau et de quelle façon retirera-t-on le minerai? 
Tels sont les problèmes auxquels nous demandons maintenant une solution. 

Tchao Hin-tsong assure que l'or est la mère, la cause première de l'eau. Sans eau, le 
feu consumerait l'or. Plus l'eau abonde dans une mine, plus elle est riche et difficile à 
épuiser. Les canaux d'épuisement doivent être installés suivant la nature des lieux. Si la 
mine est située sur les flancs de la montagne à une hauteur moyenne, il sera facile d'é- 
tablir un écoulementvers le bas ; mais si la mine est dans un bas-fond, il faudra disposer 
des récipients appelés Kien, faits en nœuds de bambous choisis le plus long possible. Le 
nombre de ces récipients peut dépasser une trentaine, avant d'atteindre le sommet, et il 
arrive souvent que le gisement métallique s'étende de telle sorte qu'ils entraînent des frais 
que l'on ne peut couvrir. La mine de Hiang-chou-po n'est plus aujourd'hui gagnée par les 
eaux et elle est délivrée du souci de les épuiser ; elle fait tous les jours de nouveaux progrès 
dans le sol. Il ne paraît pas exister une règle certaine au sujet des dépenses à faire pour 
l'écoulement des eaux. L'eau « stagnante » dont se nourrissent pour ainsi dire les métaux 

1 Monnaie divisionnaire en cuivre allié d'étain et de zinc de la fabrication de laquelle il sera parlé plus loin 
et dont le taux par rapport au tael est assez variable (de 1,800 à 2,200 sapèques pour une once d'argent). 



214 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

peut s'épuiser facilement, mais l'eau jaillissante qui coule comme une fontaine ne peut être 
arrêtée par aucune force humaine. 

On demande sïl existe quelques différences entre les habitants d'une mine. 

Il en est de considérables ; il y a les Ko-teou, les Ti-hiong, les Cha-tin, les Lou min 
ou Lou-fou, « familles ou peuple des foyers », etc '. 

Tchao Hin-tsong dit que chaque profession a son marché particulier et que la fidélité 
la plus stricte aux engagements pris est observée dans chaque catégorie d'individus. Au- 
jourd'hui, dans la mine Iliang, il n'y a que peu de travailleurs, mais ils se prêtent entre 
eux le concours le plus actif et le plus paternel. Les hommes du pays qui achètent 
les métaux pour les revendre et en retirer quelque bénéfice se nomment Lou ke, « hôtes 
des foyers». Les ouvriers qui ne reçoivent de salaire qu'après avoir découvert le minerai 
et qui partagent alors les bénéfices avec les propriétaires de la mine nommés Se lou, en 
leur en abandonnant les six dixièmes et en s'en réservant quatre, se nomment Tsin 
chen ti hiong. Ceux qui travaillent à raison d'un salaire mensuel fixe, et qui sont libres 
de s'en aller ou de rester, se nomment Tchao mo cha tin, c'est-à-dire « ouvriers appelés 
pour un travail pressant, alors que les bras manquent». Cette seconde catégorie d'ou- 
vriers est la seule qui existe dans la mine de Hiang-chou-po. Ils achètent souvent même le 
minerai pour en fabriquer du cuivre et vendent de l'huile et du riz. Ils viennent de Nan- 
ngan, d'Y-men, au nombre de plus d'un millier, et la plupart sont des criminels en 
fuite. Les Kee-tchang, les Tong-tchang sont institués pour veiller sur eux et leur inter- 
dire l'entrée des mines. Il est indispensable d'ailleurs d'observer des règles dans toute 
nouvelle mine pour la réception et la répartition en bon ordre de chaque catégorie 
d'ouvriers, afin que cette mine puisse devenir semblable à une ruche d'abeilles. 

Les mines déjà anciennes ont coutume d'emprunter ce qui leur manque à des mines 
récemment établies. Aussi entend-on dire que celles-ci ne sont guère riches et ne pros- 
pèrent pas. Dès qu'une nouvelle mine est déclarée ouverte, elle doit satisfaire à toutes 
les obligations des lois. Mais il arrive que les métaux extraits de la mine ne suffisent pas 
à en préserver le capital, en d'autres termes, que le gain retiré ne compense pas la perte 
et l'intérêt du capital engagé. Les mineurs se dispersent, et le mandarin du lieu, crai- 
gnant pour ses biens, garde le silence 2 . C'est pourquoi, comme nous l'avons fait obser- 
ver, il faut se garder pendant quelque temps de déclarer publiquement une nouvelle mine, 
et attendre d'être fixé sur son rendement; de la sorte, les mandarins n'ont pas 
à craindre le fardeau auquel ils seraient exposés si on avait annoncé officiellement 
l'ouverture de la mine. Quelques-uns disent qu'il faut donner trois mois à une nouvelle 
mine à titre d'essai, d'autres qu'il faut la tenir secrète pendant le double de ce temps. 
Au bout de ce délai, s'il n'y a aucun résultat, il vaudra mieux fermer la mine que de la 
laisser ouverte. 

Les gens des mines, pour s'éviter des frais inutiles, ne déclarent pas l'ouverture de la 
mine tant qu'ils ne voient pas d'espoir de faire des bénéfices. II y a aujourd'hui des 

1 Je supprime cette énumération déjà donnée page 185. 

2 C'est-à-dire craignant d'être obligé de payer de ses propres deniers la redevance due au gouvernement. 



DES MINERAIS ET DE LEUR TRAITEMENT. 215 

mines nouvelles qui, après deux années de travaux, n'ont pas encore présenté de spéci- 
mens des métaux obtenus, et qui cependant n'ont pas reçu l'ordre de cesser leur exploitation . 
Aussi n'hésite-t-on pas à essayer des fouilles dans les montagnes. On a dit qu'en raison 
de l'affluence des gens, le prix des vivres augmentait souvent près des mines, et que 
pour ce motif, les habitants les empêchaient de s'établir dans leur voisinage. Mais, après 
examen, on reconnaît que cette augmentation de prix ne peut provenir de la présence 
de la mine, la production locale en blé, en riz ou en huile étant insuffisante pour la 
consommation. Les indigènes ne sauraient donc raisonnablement empêcher une exploi- 
tation de ce genre. 

Tchao Hin-tsong dit que les nouvelles mines doivent être organisées de telle sorte 
qu'elles donnent de nouvelles forces à l'ancienne. Si elles se créent des cultures et des 
revenus qui puissent subvenir à tous leurs besoins, non-seulement les habitants ne s'op- 
poseront pas à leur création, mais encore ils s'en réjouiront. Il faudra se conformer à la 
nature et à la situation des lieux. Si les richesses de la montagne sont tellement abon- 
dantes, que le signe In-miao ait par sa splendeur frappé les habitants avant que les 
mandarins en aient connaissance, la renommée s'en répandra au loin, et une foule 
d'hommes de toute condition accourra de toutes parts, sans que les habitants puissent s'y 
opposer. Mais si les travaux ne donnent aucun résultat, en raison de l'excessive dureté 
de la montagne, de grandes pertes en seront la conséquence. C'est que le signe indica- 
teur des métaux aura été fixé de telle sorte au sol, que plus on creusera, plus éloigné pa- 
raîtra le minerai ; de façon qu'il sera bien difficile déjuger s'il faut abandonner ou conti- 
nuer les recherches. La première résolution est douloureuse, la seconde exige souvent 
un temps trop long. D'un autre côté, il est à craindre qu'en changeant le directeur de la 
mine, le nouveau ne veuille emprunter une grande somme d'argent qu'il ne rendra 
jamais. Pour tous ces motifs, il est arrivé, et Tchao Hin-tsong en a été témoin, qu'un an 
ou deux se sont écoulés sans qu'aucun spécimen de métal ait été présenté, et par suite 
qu'aucune règle ait été établie pour le payement de l'impôt au gouvernement, et cela 
non, comme le disent certaines gens, à cause de la résistance des habitants, mais à cause 
de la peur qu'ont les mandarins d'être obligés de payer eux-mêmes l'impôt, si les pro- 
priétaires de la mine ne peuvent le payer 1 . 

1 Ce dernier chapitre, composé, comme la plus grande partie du livre, d'extraits décousus de différents 
auteurs, ne présente quelque intérêt que parce qu'il contient les modes de traitement des minerais de cuivre 
argentifère en usage dans diverses mines de la province. L'ignorance du traducteur sur ces questions spéciales 
a dû augmenter beaucoup pour lui la difficulté d'exprimer en latin le sens de l'ouvrage original. Malgié mon 
inexpérience des caractères chinois, j'ai pu m'apercevoir qu'il ne rendait pas toujours exactementle texte placé 
entre ses mains et j'ai pu corriger, grâce à ma connaissance pratique des lieux, de palpables contre-sens. 
Mais il est encore de nombreux passages qui appellent une révision et d'autres que j'ai dû supprimer entière- 
ment. Je crois cependant que rien d'essentiel au point de vue métallurgique n'a été omis ou insuffisamment 
compris, surtout si l'on tient compte de l'obscurité. et de l'empirisme qui résultent en pareille matière de l'é- 
criture hiéroglyphique et du degré d'avancement scientifique du peuple chinois. 

Dans ce qui va suivre au contraire, on retrouvera la netteté et la précision minutieuses qui lui sont particu- 
lières dans les questions administratives et statistiques. 



ni 



DE LA PRODUCTION 1 EN METAUX DU YUN-NAN. 



Dans la province de Tien, le cuivre est en quantités énormes, et c'est pourquoi nous 
nous occuperons en premier lieu de ce métal, pour l'exploitation et le transport duquel le 
gouvernement perçoit plusieurs millions de taels. L'argent, au contraire, ne rapporte que 
quelques milliers de taels, et nous n'en parlerons qu'après. Ensuite viendront l'or, l'étain, 
le plomb et le fer. Nous traiterons en dernier lieu des règlements et des moyens adoptés 
pour les transports. 

§ 1 . — Des mines de cuivre. 

Comme nous l'avons déjà dit, les mines les plus importantes du Yun-nan sont les mines 
de cuivre, et le dépôt de cuivre le plus célèbre est dans la ville capitale de la province. 
On accourt du Kouang-tong, du Kouang-si, du Hou-pe, du Hou-nan, du Kouy-tcheou 
pour acheter le cuivre de Yun-nan. Le droit de transport dans ces seules provinces rap- 
porte au gouvernement plus de 9 millions de taels. Les marchands de l'Orient et de l'Oc- 
cident viennent à Yun-nan de préférence, quoique dans les autres cités, tant de premier 
que de second ordre, il ne manque point de mines abondantes, surtout dans l'Est. Mais 
en comparant ces dernières mines à celles du Yun-nan, il semble qu'elles ne soient que 
de faibles ruisseaux dont la source commune est dans Yun-nan même. 

La loi exige que sur 100 livres de cuivre produit, les mines en payent 10 à l'Etat. Cet 

II. 28 



218 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

impôt se nomme Tcheou ko ou Ko l . En second lieu, il est prélevé 4 livres et 2 onces 
pour les fonctionnaires qui surveillent la mine; cet impôt est appelé Kiuen hao 2 ; enfin 
les marchands payent pour le droit de transport 10 livres; cet. impôt s'appelle Tong chanq 3 . 
De 100 livres, il ne reste donc que 75 livres 14 onces; mais, si l'on veut conserver in- 
tactes les 100 livres de métal, on peut acquitter les droits en argent. Le premier impôt se 
nomme Kin tong tchang, parce qu'il est entièrement perçu pour l'empereur; le second, 
Kiou tong tchang, parce qu'il est dépensé pour la province; le troisième, Tsay tong tchang '', 
parce qu'il est destiné à subvenir aux achats des autres provinces. 

Le cuivre n'est pas de qualité uniforme : il y a le tse-pan et le hiey-keou qui se partagent 
en huit espèces, subdivisées elles-mêmes en neuf variétés. Quand les anciennes mines, 
après une longue période d'extraction, ne fournissent plus qu'une quantité de métal insuf- 
fisante, on en fait ouvrir de nouvelles qui suppléent à la production des anciennes. 

Les mines sont dirigées par les administrateurs des villes de deuxième et de troisième 
ordre, sous la surveillance des préfets des villes de premier ordre, lestche-fou. En outre 
des tche-fou, tche li tcheou, ou tong pan 5 , elles sont encore inspectées par les tao tay 6 . 

A. Mines du département de Yun-nan 7 . — La mine Ouan-pao est à 50 li au N -0. 
d'Y-men, dans un lieu appelé autrefois Tsao-li-chou et aujourd'hui Ouan-pao-chen. Elle 
est administrée par le tche-hien-d'Y-men. Les veines s-' étendent au loin, et embrassent 
les montagnes avoisinantes à plusieurs dizaines de li. Ouverte la 37 e année du règne de 
l'empereur Kien-long 8 , cette mine, en vertu d'un édit de la 43 e année du même 
empereur, dut payer 300,000 livres de cuivre par an, plus 25,000 livres par chaque mois 
intercalaire 9 . Elle ne paye que les impôts Ko et Tong-chang. Le prix du cuivre qui reste 

1 L'impôL Ko est l'impôt toujours obligatoire qui doit parvenir à Pékin et que les mandarins eux- 
mêmes sont tenus de payer, s'il fait défaut. 

2 L'impôt Kiuen hao est un impôt temporaire levé surtout dans les temps de troubles et appliqué à l'entretien 
des fonctionnaires et des édifices de la province. Les vice-rois peuvent l'établir avec l'autorisation de l'empe- 
reur. Cet impôt, souvent volontaire de la part des marchands, comme l'indiquent les mots Kiuen hao, « donner 
volontairement un peu», leur vaut souvent des marques distinctives honorifiques; aussi le peuple l'appelle - 
t-il quelquefois : acheter des décorations. 

3 « Unité du commerce. » Impôt pour le droit de transport en dehors de la province à un lieu qui doit être 
soigneusement désigné sur le reçu des mandarins. 

4 Kin, « royal », kiou, « municipalilé », tsay, « acheter ». Chaque ville chinoise est administrée par un con- 
seil élu appelé Kiou que le mandarin du lieu doit consulter et qui est en même temps une sorte d'association 
commerciale prenant à ferme certaines des exploitations de la province. Kiou se dit aussi par extension des 
magasins de cette association. 

5 Ces deux derniers grades sont équivalents à celui de tche-fou, mais ils comportent une juridiction 
moindre : le tche li tcheou n'a que trois ou quatre villes sous sa dépendance, le tong pan n'en a qu'une. 

6 Sous- gouverneurs de province qui réunissent plusieurs fou ou départements sous leur juridiction. Il y 
a dans la province du Yun-nan trois tao ou subdivisions de cette nature; le Si-tao ou Tao de l'Ouest, chef-lieu 
Ta-ly ; le Tong-tao ou Tao de l'Est, chef-lieu Tchao-tong, le Nan-tao ou Tao du Sud, chef-lieu Yun-nan. 

i Voir la carte itinéraire n° 9, Atlas l re partie, pi. XII. 

8 1773. 

9 C'est-à-dire un douzième en sus de l'impôt annuel. Ces mois intercalaires, destinés à ramener l'année 
civile en coïncidence avec la période solaire, se représentent à peu près tous les trois ans. Je renvoie le lecteur 
à l'exposition très-claire et très-simple que Biot a donnée des règles suivies par les Chinois pour cette interca- 
lation. (Études sur l' Astronomie Indienne et sur l'Astronomie Chinoise. Paris, 1862, pag. 330 à 310.) 



PRODUCTION EN METAUX. 219 

est fixé à 6'.987 les 100 livres. Cette mine fournit aujourd'hui à la province 271,500 li- 
vres de cuivre (impôt Tsay-tong-tchang). 

La mine Ta-mey est située à 30 li au N. de Lo-tse ; elle étend ses filons sous les 
monts Kouan-yn et Tchao-pi. Près d'elle coule le ruisseau appelé Len-chouy-keou dont 
l'eau fraîche sert au lavage des minerais et aux usages des fourneaux. Ouverte la 
28 e année de Kien-long, sa redevance fut fixée la 44 e année à 24,000 livres de cuivre 
par an, plus 15,000 pour les mois intercalaires. La mine acquitte les trois impôts. 
Les 100 livres de cuivre valent 6'. 9 87. La quantité de ce métal fournie aujourd'hui à la 
province est de 32,400 livres. De cette mine est sortie la suivante. 

B. Mines du département d'Ou-ting. — LamineSe-tse-ouy est plus de 200 li au N. de 
Lo-kiuen, dans la montagne appelée Yuen-pao. Son nom vient de ce que cette monta- 
gne est semblable à un lion et que la mine, assise à ses pieds, paraît être comme sur la 
queue du lion. La montagne elle-même est au delà du Kin-cha kiang ; mais la mine est 
en deçà. Elle est sous la direction du préfet de Tong-tchouen en raison de la proximité 
de cette dernière ville. Ouverte d'abord sous les Ming i , elle fut fermée dans la suite, puis 
rouverte la 37 e année de Kien-long. La 43" année du même empereur, elle fut imposée 
à 2,400 livres de cuivre. Deux ans après, cet impôt fut porté à 3,600 livres. 2,900 livres 
durent être ajoutées en outre dans les années à mois intercalaires. La mine ne paye que 
les impôts Ko et Tong-chang. Le prix de 100 livres est de 6 l . 987. L'impôt actuelle- 
ment envoyé à Pékin est de 5,400 livres. 

La mine de Ta-pao-chan est à 120 li à l'O. de Ou-ting, près des limites 
du Tou se Ke-pin-tien 2 , à l'E. de la rivière Yuen-ma; elle est placée sous la direction 
du Tche-li-tcheou d'Ou-ting 3 , ses veines sont courtes et ne fournissent pas une grande 
quantité de minerai. Elle a été ouverte la 30 e année de Kien-long et s'appelait à cette 
époque, tantôt Ta-pao-chan, tantôt Se-tse-chan, tantôt Se-kien-chan ; elle prit ensuite le 
nom de Houa-tsin-chan. La 43 e année du même empereur, elle fut taxée à 7,200 livres 
de cuivre par an, plus 800 livres pour les mois intercalaires. Le prix d'achat de 100 li- 
vres fut fixé à 6 taels. Aujourd'hui cette mine fournit à la province 8,640 livres de cui- 
vre. A cet impôt contribuent de nouvelles petites mines dont voici les noms : Ti tchang, 
Lou-se-tse tchang, Ma-in-chan tchang. 

C. Mines du département de Tong-tchouen" '. — La mine de Tang-tan est située au N.- 
0. au milieu clés Kiao-kia 5 . La montagne Tang-tan est à 160 li de Tong-tchouen. A sa 
gauche, s'élève le mont In-tien-po ; à sa droite, le mont Se-tse-po qui est riche en charbon. 
Ils occupent un espace de plus de 70 li et sont d'une très-grande hauteur. Il en est fait 

1 Dynastie qui a précédé la dynastie actuelle et qui a régné en Chine de 1368 à 1616. 

2 Les Tou se sont de petits chefs indigènes soumis aux Chinois et administrant les tribus sauvages qui se 
trouvent encore disséminées dans les montagnes du Yun-nan. 

3 Je me dispenserai à l'avenir de cette mention quand la mine relèvera directement du préfet du départe- 
ment dans lequel elle se trouve. 

4 Voir la carte itinéraire, n° 10, Atlas l' e partie, pi. .XIII. 

5 Groupe de tribus Man-tse soumises, nommé aussi Hiang-houa. 



220 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

mention dans les livres tche chou '. Ceux-ci rapportent que la montagne Ta-siue, 
« grande neige », située au milieu des tribus Hiang-houa, produit le minerai appelé 
Kouang-ouang qui est le premier de tous. 

La mine de Tang-tan, quoique ouverte sous les Ming, n'a commencé à produire 
abondamment que sous Kien-long; à ce moment elle donna d'admirables résultats. La 
44 e année du règne de cet empereur, une loi fixa à plus de 3,160,000 livres 2 sa re- 
devance en cuivre; la 7 e année de Kia-kin 3 , cette quantité fut réduite à 2,300,000, 
plus 191,669 livres pour les mois intercalaires. Cette mine paye les trois impôts et la 
valeur des 100 livres de cuivre est fixée à 7'. 452. Aujourd'hui Tang-tan envoie annuelle- 
ment à Pékin 2,081,499 livres 15 onces et 6 tsien. Les nouvelles mines de Kieou-long- 
tsin et de Tsiu-pao-chan, situées sur le versant ouest de la montagne Kouan-in, de Iu- 
yuen, de Tcha-ho près de Heou-tin, dépendent de la précédente et ont été ouvertes, la 
première, la 16 e année, la seconde, la 23° année, la troisième , la 18 e année, la dernière 
la 47 e année de l'empereur Kien-long. Celle-ci a été fermée depuis. 

La mine de Lou-lou est à 1601i à l'Ouest de la ville de Houy-y hien. Elle est auprès 
d'un mont très-élevé où le froid est si rigoureux que, même en été, il faut porter d'épais 
vêtements de coton, et qu'en hiver la neige y recouvre souvent la terre. Cette mine dépend 
du Tche-fou de Tong-tchouen depuis la 4 e année de Yong-tchen 4 , époque où elle fui 
détachée du Se-tcbouen et ajoutée à la province du Yun-nan. Sous la 43 e année de Kien- 
long, son impôt annuel fut fixé à 1,240,040 livres de cuivre. Mais, trois ans après, elle 
obtint une diminution et n'eut plus à payer que 823,992 livres. La 7 e année de Kia-kin, cet 
impôt fut de nouveau réduit à 620,000 livres de cuivre, auxquelles on dut ajouter 51,666 
livres pour les mois intercalaires. La quantité de cuivre envoyée aujourd'hui à Pékin 
s'élève à 561,100 livres. De cette mine sont issues les mines récentes de Long-pao, Hin- 
tong, To-pao et Siao-mi-chan. 

La mine Ta-chang-keou est au milieu des tribus Kiao au S.-O. Elle existait dès la 
4° année de Yong-tchen, mais ne fut imposée d'une manière régulière qu'à la 43 e année 
de Kien-long où elle dut payer 512,222 livres de cuivre, chiffre qui fut réduit sous Kia- 
kin à 480,000 auxquelles il fallait ajouter 33,330 livres pour les mois intercalaires. 
L'impôt actuellement envoyé à Pékin est de 361,999 livres 15 onces. De cette mine sont 
issues deux filles, Lien-hin tchang et Tsiu-yuen tchang. 

La mine de Ta-fong-lin est au milieu des Kiao-kia à l'O. au delà du Kin-cha kiang. 
Là sont des montagnes exposées aux plus violentes tempêtes, au moment de l'équi- 
noxe du printemps. Cette mine a été ouverte la 15 e année de Kien-long, mais ne fut 
imposée d'une façon régulière qu'à la 43 e année de cet empereur; à ce moment elle 

1 Annales officielles qu'édite chaque dynastie. 

2 C'est-à-dire près de deux millions de kilogrammes de cuivre pour l'impôt dû à l'empereur par cette seule 
mine ! J'ai vérifié avec soin sur l'ouvrage oiiginal tous ces chiffres qui semblent presque fabuleux. En adop- 
tant 7 f . 75 pour la valeur du tael, on voit que le prix officiel du cuivre de l'espèce hiey-keou varie dans le Yun- 
nan de f .94 à f .77 le kilogramme. On verra plus loin que le cuivre tse-pan ne vaut que f .6o environ. 

3 1803. 

4 1727. 



PRODUCTION EN MÉTAUX. 221 

dut payer 80,000 livres de cuivre, chiffre qui est réduit aujourd'hui à 72,000 livres en- 
voyées à Pékin. Deux autres mines, Ta-tchay et Tchan-mou-tsin, sont issues de celle-là. 

La mine de Meou-lou est au N.-O. des Kiao-kia près du Kin-cha kiang; l'air y est 
tellement actif que la chaleur y est très-grande 1 . Ouverte la 33 e année de Kien-long, elle fut 
imposée dix ans après à 280,000 livres de cuivre auxquelles on dut ajouter 23,330 livres 
dans les années à mois intercalaires. L'impôt actuellement envoyé à Pékin est de 
253,395 livres 15 onces et 6 tsien. De cette mine est sortie celle de Tsin-eul-chan. 

Dans les quatre mines qui précèdent, les impôts et le prix du cuivre sont les mêmes 
qu'à Tang-tan. 

La mine de Tse-ngieou-po est à l'O. dans le pays des Kiao-kia. Ouverte dès la 
45 e année de Kien-long, sa redevance fut fixée, trois ans après, à 33,000 livres de cuivre, 
plus 2,750 livres pour les mois intercalaires. Les impôts sont les mêmes qu'à Tang-tan. 
Le prix des 100 livres de cuivre est de 6'.987. Aujourd'hui celte mine envoie à Pékin 
29,700 livres de cuivre. 

D. Mines du département de Tchao-tong. — La mine Jen-lao-chan est à 490 li au 
N.-O. de Ta-kouan; elle est séparée de Tchen-hiong par une chaîne excessivement éle- 
vée. Elle est sous la direction du mandarin de Ta-kouan linh qui a le grade de Tong-tche 2 . 
Elle a été ouverte la 17 e année de Kien-long et fut imposée la 43 e année du même règne 
à 4,200 livres de cuivre, plus 350 dans les années à mois intercalaires. Les 100 livres 
valent 6 taels. On envoie aujourd'hui à Pékin 3,780 livres. 

La mine de Tsien-tchou-tang esta 230 li au N.-O. de Ta-kouan, près du lieu nommé 
Tin-mou-chou ou Pa-li-hiang. Ses filons s'étendent si loin qu'ils atteignent les limites de la 
mine de Kin-cha 3 et embrassent un espace de 6 à 7 li. Elle est sous la direction du Tong- 
tche de Ta-kouan. Ouverte la 19 e année de Kien-long, elle fut taxée la 43° année du même 
empereur à 4,200 livres de cuivre, plus 355 livres pour les mois intercalaires. Le prix des 
100 livres est fixé à 6 taels. Aujourd'hui l'impôt envoyé à Pékin est de 3,780 livres. 

La mine de Lo-ma est située près de Lou tien à l'O. de la montagne Long-teou. Le 
cuivre que l'on en extrait contient de l'argent. Elle est sous la direction du Tong-pan de 
Lou tien. La 43 e année de Kien-long, elle fut imposée à 36,000 livres de cuivre. La 12 e an- 
née de Kia-kin, ce chiffre fut réduit à 10,000, plus 833 livres pour les mois intercalaires. 
Le prix des 100 livres est de 6 taels. Aujourd'hui l'impôt envoyé à Pékin est de 9,000 livres. 

La mine de Mey-tse-to est au S.-E. de Yun-chang hien, sous la juridiction du tche-fou 
de Tchao-tong, qui doit veiller à ce que l'on y transforme en cuivre les minerais résidus 
de la mine d'argent de Kin-cha. La 43 e année de Kien-long, cette mine fut imposée à 
40,000 livres de cuivre, mais la 12 e année de Kia-kin, ce chiffre fut réduit de moitié. 
Quand l'année avait un mois intercalaire, il fallait ajouter 1,666 livres de cuivre. Les 
100 livres coûtent 6'. 987. L'impôt actuellement envoyé à Pékin est de 18,000 livres. 

1 Ceci fait allusion au brusque changement de température que l'on éprouve dès que l'on quitte le plateau 
du Yun-nan pour descendre sur les bords du fleuve. 

2 Aujourd'hui Ta-kouan n'est plus régie que par un Tche-hien. 

3 Mine d'argent située sur les bords du Kin-cha Kiang. Voyez page 227. 



222 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

La mine Tchang-fa-po est au N.-O. de Tchen-hiong près de To-kong ; à l'E. sont 
les montagnes Lin-keou, Hong-ngay, Ou-ten-po, Hiang-chouy, Pe-mou-pa, O-ta-lin; au 
S. est le pont Houa, jeté sur le fleuve Fa-lou, les montagnes San-iang, La-pa, Ta- 
yu-kin ; au N., le canal Mou-tchong, les endroits nommés Eul-tao-lin, Tong-tchang- 
keou, Ma-kou-tsin, compris entre les montagnes Pa-mao-po et Tchang-fa-po. Cette 
mine est sous la direction du Tche-tcheou de Tchen-hiong. Ouverte la 10 e année de 
Kien-long, elle fut imposée la 43 e année à 13,000 livres, auxquelles on ajoutait pour 
les mois intercalaires 1,083 livres. Le prix de 100 livres est de 6 taels. L'impôt actuel- 
lement envoyé à Pékin est de 11,700 livres. 

La mine Siao-ngay-fang est au N. de Yun-chang, à plus de 400 li, sur les bords 
d'un ruisseau appelé Si-cha-ki. Elle est sous la direction du tche-hien de Yun-chang. 
Ouverte la 25 e année de Kien-long, elle fut imposée, la 43 e année du même règne, à 
22,000 livres de cuivre, plus 1,833 livres pour les mois intercalaires. Le prix des 100 livres 
est de 6'. 987. L'impôt actuellement envoyé à Pékin est de 19,800 livres 

E. Mines du département de Tchin-kiang. — La mine Fong-houang-po est à 60 li de 
Lou-nan tcheou. Elle a été réouverte la 6 e année de Kien-long et imposée, la 43 e année, 
à 12,000 livres de cuivre; 1,000 livres sont ajoutées pour les mois intercalaires. Elle 
paye les trois impôts. Le prix des 100 livres de cuivre est de 6 taels. Aujourd'hui l'impôt 
envoyé à Pékin est de 10,800 livres. 

La mine Hong-che-ngay est à 60 li à l'E. de Lou-nan au pied du mont Mo-po. 
Son ancien nom était Long-pao tchang. Ouverte la 6 e année de Kien-long, elle fut imposée, 
la 43 e année du même règne, à 12,000 livres de cuivre, avec 1,000 livres de supplément 
pour les mois intercalaires. Le prix de 100 livres est de 6 taels. L'impôt Ko actuel est de 
10,800 livres. 

La mine Hong-po est située à l'E. et à 15 li de Lou-nan tcheou. Elle a été ouverte 
la 25 e année de Kien-long. La mine Ta-sin est également sur le territoire de Lou-nan 
à 30 li de cette ville. Elle a été ouverte la 23 e année de Kien-long; de cette mine est 
issue celle de Ten-tse-tsin. La mine de Fa-kou est située dans la montagne de ce nom, 
que l'on appelle aussi Kouy-kan chan. Elle a été ouverte la 37 e année de Kien-long. Ces 
trois mines furent imposées, la 43 e année du même règne, chacune à 48,000 livres, 
avec addition de 4,000 pour les mois intercalaires. Le prix de 100 livres fut fixé à 6'. 987. 
Elles envoient aujourd'hui au Kiou de Pékin 43,200 livres de cuivre chacune. 

Toutes les mines du département de Tchin-kiang sont sous la juridiction du Tche- 
tcheou de Lou-nan. 

F. Mines du département de Kiu-tsing. — La mine Chouang-long est à 95 li au N. de 
Siun tien, dont le mandarin la régit et à 245 li du chef-lieu. Elle a été ouverte la 
46 e année de l'empereur Kien-long et imposée deux ans après à 13,500 livres de cui- 
vre, plus 1,125 livres pour les mois intercalaires. L'impôt Tong-chang est de 20 livres 
sur 100 l . Il n'y a pas d'impôt Kiuen-hao. Il ne reste donc que 70 livres sur 100. Le prix 

1 C'est-à-dire le double de son taux habituel et de l'impôt dû au gouvernement. 



PRODUCTION EN MÉTAUX. 223 

du cuivre est le même que ci-dessus. La quantité de cuivre actuellement envoyée à Pékin 
est de 10,800 livres. A cette mine est venue s'annexer la mine Tse-in. 

G. Mines du département de Chun-ning. — La mine Ning-tay est à 520 li au N.-E. 
de Chun-ning. A L'origine elle était de peu d'importance, mais la découverte de filons 
de cuivre s'étendan't jusqu'à la montagne Pao-tay vint subitement l'enrichir. A sa gauche, 
on aperçut un lion ; à sa droite, un éléphant, comme si les autres montagnes la reconnais- 
saient comme souveraine. L'eau de petites rivières coulait auprès d'elle. Comme sa pros- 
périté augmentait chaque jour, on préposa un délégué du mandarin pour l'administrer. 
La 46 e année de Kien-long, sa redevance fut fixée à 2,900,000 livres de cuivre; 240,000 
livres doivent être ajoutées pour les mois intercalaires. Sur cette quantité, il doit y 
avoir 900,000 livres de cuivre de l'espèce Tse-pan, qui vaut 5'. 152 les 100 livres, et 
2 millions de livres de cuivre Hiey-keou dont le prix est de 6'. 987. Les trois impôts sont 
en vigueur dans la mine. Elle envoie aujourd'hui à Pékin 2,900,000 livres de cuivre et 
elle fournit à la province 589,537 livres 7 onces. Le long des ruisseaux qui coulent 
près de cette mine, se sont établies les mines de Chouy-hiue-ti-ma, Tsiuen-ma-lin. 
Lo-han et Ti-ma-kou. 

H. Mine du département de Yun-pe. — La mine de Te-pao-pin est au S. de Yunpe, 
au N. du lac Lin-tsao près de la douane de la montagne de l'Ouest. Elle est placée 
sous l'administration du Tche-li tinh ' de l'ordre Tong-tche de Yun-pe. Elle fut ouverte la 
58 e année de Kien-long et, la 3 e année de Kia-kin, elle fut taxée à 1,200,000 livres de 
cuivre. La 14 e année de Tao-kouang 2 , cet impôt fut réduit à 600,000 livres, puis à 
300,000. Pour les mois intercalaires on dut ajouter 25,000 livres. Cette mine ne paye 
que les impôts Ko et Tong-chang. Le prix de 100 livres de cuivre est de 6'. 987. La 
quantité de cuivre actuellement envoyée à Pékin est de 270,000 livres. 

I. Mines du département de Ta-Iy. — La mine de Pe-iang est au N.-O. de Yun-long 
tcheou, au pied des fameuses montagnes de Pe-iang et de Long-teou; à gauche sont les 
monts Houang-song, à droite le mont Siao-chouy-ki qui appartient à la chaîne de Pe- 
tsay-iuen. En un mot, cette mine est admirablement située. C'était d'abord une mine 
d'argent, mais le traitement du pin-tsao ou « résidus », l'a fait qualifier mine de cuivre. 
Elle est sous la direction du Tche-tcheou de Yun-long. Elle fut ouverte la 35 e année de 
Kien-long et, la 43 e année du même règne, elle dut payer annuellement 108,000 livres 
de cuivre plus 9,000 livres pour les mois intercalaires. Les impôts Ko et Kiuen-hao sont 
les seuls en vigueur. On paie 6 taels pour cent livres de métal. Aujourd'hui cette 
mine fournit à la province 97,200 livres de cuivre. 

La mine Ta-kong est dans la montagne de ce nom près de Yun-long. Le versant de 
droite de cette montagne est appelée Hiang clian, « mont de l'Éléphant » ; vis-à-vis se 
trouve le mont Siao-tchou-tchang ou « montagne des Petits Bambous, » qui a la forme 
d'une chaise; les veines de la mine sont nombreuses et étendues. Elle fut ouverte la 38 e 
année de Kien-long et imposée, la 43 e année, à 400,000 livres auxquelles on en ajoutait 

1 Le tinh n'a de juridiction que sur les hommes, mais l'addition des mots tche-li en fait l'égal du fou. 

2 i833. 



224 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

33,333 clans les années à mois intercalaires. Cette mine ne paye pas l'impôt Kiuen-hao. 
Le prix des 100 livres est de 6 1 .987. La quantité de cuivre envoyée aujourd'hui à Pékin 
est de 361,999 livres 15 onces et 7 tsien. De nouvelles mines se sont établies dans le 
voisinage de celle-ci ; ce sont : Tien tchang dans le mont Lo-y, Man-lang tchang dans la 
montagne de ce nom, Hu-tao-pin tchang et Cha-ho tchang. 

J. Mines du département de Tchou-hiong. — La mine Tchay-chouy-tsin est au N.-E. 
de Nan-ngan et à plus de 300 li. La 36 e année de Kien-long, elle fut ouverte près de 
l'étang Yang-kieou, mais elle fut transférée ensuite dans la montagne Ou-tay. Au N. 
est le mont San-tsien, à l'E. le mont Tchao-pi, à l'O. le mont Ma-hay, au S. le 
mont Hiang-chouy. Toutes ces montagnes sont comme les protectrices de la mine. La 
43 e année de Kien-long, elle fut imposée à 1 1,200 livres, plus 933 pour les mois inter- 
calaires. Elle fournit aujourd'hui à la province 10,080 livres de cuivre. 

La mine Ma-long est située au S.-O. de Nan-ngan à 250 li. On extrait le cuivre des 
résidus du minerai d'argent. Elle fut ouverte la 7 e année de Yong-tchen, et, la 43 e année 
de Kien-long, elle fut imposée à 4,400 livres de cuivre, avec addition de 366 pour les 
mois intercalaires. Les 100 livres de cuivre valent 6 taels. Cette mine fournit aujourd'hui 
à la province 3,960 livres de cuivre. 

La mine de Iliang-chou-po est au S.-E. de Nan-ngan à 215 li. Elle s'appelait au- 
trefois la mine du mont Fong-houang qui est en face du lieu d'exploitation actuel. Sous 
l'empereur Khang-hi ', on transportait tout le minerai à l'endroit où l'on creuse mainte- 
nant. Cette mine était la propriété de trois familles, et on l'avait appelée pour cela San- 
kia tchang. Mais cette première exploitation ne fut pas heureuse. La 9 e année de l'empe- 
reur Kien-long, on retrouva de nouveau des minerais. Le directeur de la mine était alors 
le Tche-hien d'Y-men. La 48 e année de Kien-long, la redevance en fut fixée à 7,200 li- 
vres, plus 600 pour les mois intercalaires. Les impôts Ko et Tong-chang furent les seuls 
établis. Le prix de 100 livres était de 6 taels. La 52 e année de Kien-long, on porta la re- 
devance à 100,000 livres et le prix des 100 livres à 6'. 987. Aujourd'hui, l'impôt de 
lempereur est de 100,500 livres et l'impôt de la province 24,240 livres 9 onces 6 tsien. 

La mine Hieou-tchouen, appelée aussi Ngan-fong-tse, est située à 1 30 li au S. de Ting- 
yuen. Là est une montagne au pied de laquelle coule le fleuve Mong-kang. L'adminis- 
trateur de lamine est le Tche-hien de Ting-yuen. Elle fut ouverte la 46 e année de Kien- 
long, et, la 50 e année du même empereur, elle fut taxée à 4, 500 livres, plus 375 pour les 
mois intercalaires. En outre de l'impôt perçu pour l'empereur, on prélève 20 livres sur 100 
pour l'impôt Tong-chang. Le prix de 100 livres est de 6'. 987. L'impôt perçu par la 
province est de 3,600 livres. 

K. Mines du département de Li-kiang . — La mine d'Houy-long est située à l'O. et à 
plus de 300 li de Li-kiang, dans la montagne du même nom. Elle étend ses fibres depuis 
le mont Ta-siue jusqu'à Tchang-fong-ouan-tsong-che. Derrière est Lao-chan-touan ; en 
face est le mont Kouang, et des deux côtés les monts Flouy et He. La mine est donc protégée 

1 L'un des princes les plus célèbres de la dynastie actuelle et celui sous lequel les jésuites avaient pris une 
si grande influence à la cour de Pékin. Il a régné de 1662 à 1723. 



PRODUCTION EN MÉTAUX. 22.1 

dans toutes les directions par la nature des lieux et les roches escarpées qui l'entourent. 
Elle fut ouverte la 38 e année de Kien-long et sa redevance fut fixée sept ans après à 
70.000 livres de cuivre, plus 5,833 livres pour les années à mois intercalaires. Cette mine 
paye les impôts Ko et Tong-chang; mais elle est dispensée de l'impôt Kiuen-hao. Elle 
doit envoyer chaque année 20,000 livres à Pékin, jusqu'à ce qu'il soit statué sur l'impôt 
Ko d'une manière définitive. Le prix de 100 livres de la qualité Tse-pan vaut 6 taels, et 
le même poids de la qualité Hiey-keou, 6'. 987. L'impôt perçu aujourd'hui par la pro- 
vince est de 63,000 livres. Les mines de Tchou, à 150 li dans le S.-O., et Hay-long à 
120 li dans le S.-E., dépendent de la mine précédente. 

L. Mines du département de Lin-ngan '. — La mine Gi-tou est à 150 li à l'O. de 
Lin-ngan et à 100 li au S.-O. d'Y-men. Elle est près d'une grande montagne appelée Tsong- 
long et sous la juridiction du Tche-hien d'Y-men. Ouverte la 23 e année de l'empereur 
Kien-long, elle fut taxée la 43 e année de son règne à 80,000 livres de cuivre; on dut 
ajouter en outre 6,666 livres pour les années à mois intercalaires. Cette mine acquitte 
les trois impôts. Le minerai n'est point d'une qualité excellente et le cuivre qui en pro- 
vient a, par suite, une valeur moins grande. Le prix des 100 livres est de 6'. 987. A 
ses débuts, cette mine a rapporté des quantités de cuivre très-considérables, 1,500 ou 
1,600, 000 livres par an; mais son rendement a beaucoup diminué depuis. L'impôt perçu 
aujourd'hui par la province est de 72,000 livres. 

La mine Kin-tcha est sur le territoire de Mong-tse, à 90 li au S.-O. de cette ville dont 
le Tche-hien la régit. Elle fut ouverte la 44 e année de Kang-hi - et, à partir de la 43 e an- 
née de Kien-long, elle dut fournir 900,000 livres de cuivre, plus 70,000 livres pour les 
mois intercalaires; mais elle fut dispensée de tout impôt. Cette mine produit du cuivre 
qui est mélangé à du plomb noir et s'appelle Ti tong ; il vaut 4'. 6 les 100 livres. Quand 
le plomb est trouvé contenir de l'argent, on doit payer à l'État O'.l par 100 livres: 
cest ce que l'on appelle le petit impôt Ko. Aujourd'hui, cet impôt n'est pas en vigueur 
et l'état achète 450,000 livres de cuivre au prix ci-dessus. De cette mine sont issues 
celles de Lao-long-pin, Kien-chouy-mong, Tse-tchang-tchay. A partir de la 13 e année 
de Tao-kouang, on a commencé à exiger les impôts Ko et Tong-chang dans cette mine. 
La quantité de cuivre envoyée annuellement à Pékin est de 400,000 livres. 

La mine de Lou-kouang-tong est située au nord de Ning tcheou, dont le mandarin 
la régit. Elle a été ouverte la 11 e année de Kia-kin et, deux ans après, elle fut taxée à 
12,000 livres de cuivre, plus 1,000 livres pour les mois intercalaires. L'impôt Ko est le 
même qu'ailleurs, mais l'impôt Tong-chang est de 20 pour 100, de sorte que de 100 li- 
vres il en reste 70. Le prix des 100 livres est 6'. 987. La mine fournit aujourd'hui à la 
province 9,700 livres de cuivre. 

M. Mines du département de Yuen-kiang. — La mine de Sin-long est au N.-E. de 
Yuen-kiang à 70 li. Elle étend ses filons jusqu'aux montagnes de Sin-pin. Elle a été 

1 Voir la carte itinéraire n° 8, Atlas, i re partie, pi. XI. 

2 1706. 

II 29 



226 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

ouverte sous l'empereur Kang-hi et, la 43 e année de Kien-long, elle a été taxée à 
60,000 livres de cuivre , plus 5,000 livres pour les mois intercalaires. Le prix des 
100 livres de cuivre est de 6 taels. Sin-long tchang fournil aujourd'hui à la province 
54,000 livres de cuivre 1 . Près de celte mine est celle de Mong-giang qui en dépend. 

En résumant, laloi exige de toutes les mines réunies plus de 7,645,650 livres de cuivre 
pour Pékin, et 1,700,710 pour l'achat des provinces; en tout, plus de 9,346,370 livres 2 . 
C'est la ville de Ning-yuen fou de la province du Se-tchouen qui est chargée de faire 
parvenir l'impôt destiné à l'empereur. Le magistrat chargé de la mine de Ou-po, après 
avoir pourvu à la quantité de cuivre exigée dans sa province, doit compléter l'impôt du 
Yun-nan, lorsque cette dernière province n'aura pu le fournir en totalité. Celle-ci peut 
déléguer un Ouy iuen 3 avec les fonds nécessaires, et cet officier, assisté du préfet de 
Ning-yuen, achètera le cuivre qui manque. Ce dernier peut se faire remplacer par un 
mandarin inférieur. Tous les achats seront inscrits sur un registre qui sera communiqué 
chaque fois au coadjuteur du mandarin de Yun-chang hien. Les magistrats de Ning-yuen 
et de Yun-chang établiront chaque mois, pour les gouverneurs des provinces du Yun- 
nan et du Se-tchouen le compte du cuivre reçu. Le prix pour 100 livres de cuivre est 
tixé à 9'. 2, à condition que le métal soit apporté de la mine « Ou-po » jusqu'à Houang- 
tsao-pin. La distance est de 415 li et demi. Les porteurs devront recevoir P. 475 par 100 
livres, payement auquel devra veiller le délégué de la province du Yun-nan. D'Houang- 
tsao-pin à Lou tcheou \ la dépense de transport pour 100 livres sera de 0'.973, dépense 
à laquelle pourvoira le préfet de Yun-chang. Dans le premier trajet, 5 livres sur 100 
et dans le second une demi-livre sur 100 seront transportées gratuitement. Le délégué 
du Yun-nan résidant à Houang-tsao-pin recevra 10 taels par mois pour son entretien. 
2 taels pour ses frais de bureau, autant pour son secrétaire. Il lui sera accordé quatre 
satellites qui recevront chacun un tael et demi par mois; cette dépense sera comprise dans 
les frais de transport. 

11 y avait autrefois 21 villes, fou, tinh, tcheou ou hien dans le Yun-nan où l'on trouvait 
une quantité de cuivre plus considérable que celle qu'exigeait la loi. Mais aujourd'hui, au 
contraire, la production a tellement diminué qu'on ne trouve pas le nécessaire et qu'il est 
indispensable d'ouvrir de nouvelles mines. Cet état de choses est certainement regrettable. 

1 D'après l'estime du docteur Joubert, la distance de Yuen-kiang au lieu d'exploitation actuel serait de 
35 kilomètres. Je renvoie pour plus amples détails sur cette mine, que le docteur Joubert a visitée, à la Géo- 
logie, page 163. 

- Le total exact, tel qu'il résulte des chiffres donnés pour chaque mine, est 7,645,659 livres 13 onces 9 tsien 
pour le cuivre à fournir à Pékin, et 1,239,358 livres 6 tsien pour le cuivre à fournir à la province ; mais cette 
dernière redevance n'a pas été indiquée pour toutes les mines. En admettant, ce qui est certainement exa- 
géré, que ces impôts représentent la moitié de la production totale, on voit que la production annuelle 
en cuivre de la seule province du Yun-nan s'élevait en 1850 à plus de onze millions quatre cent mille kilogrammes. 
Quand arrivera-t-on à avoir une idée exacte des richesses de la Chine? 

3 Sorte d'officiers recevant une mission temporaire et n'ayant d'autorité que pendant le cours de cette 
mission. 

1 Ville importante du Se-tchouen située sur le fleuve Bleu à 60 milles de Siu-tcheou fou. Voyez la carte 
générale de l'Indo-Chine, Atlas, l re partie, pi. 11. 



PRODUCTION EN MÉTAUX. 227 



§ 2. — Des mines d'argent. 



L'argent est de sa nature un métal tellement secret qu'on ne parvient à le trouver que 
par de grands travaux. Chacun le recherche avec zèle, mais tous ne parviennent pas à faire 
fructifier leurs efforts, soit qu'ils périssent avant d'avoir atteint la profondeur où gît le 
métal, soit pour tout autre motif. Un petit nombre seulement voient leurs labeurs couron- 
nés de succès. 

A. Mines du département de Lin-ngan. — La mine de Mo-he est près du château de 
Mong-tchay, sur le territoire de Kien-chouy, et dépend du Tche-hien de cette dernière 
ville. Elle a été ouverte la 7 e année de Kien-long. Sur chaque once d'argent, l'État perçoit 
au titre Ko, 0'. 15. Trois fen sont prélevés en outre à divers titres l . L'impôt Ko rapporte 
annuellement 51 taels. 

La mine Ko-kieou est au sud de Mong-tse, près des confins du Yue-nan 1. Elle dépend 
du Tche-hien de Mong-tse. Elle a été ouverte la 46 e année de Kang-hi. Elle paye les 
mêmes impôts que la précédente. L'impôt Ko s'élève par an à plus de 2,306 taels. La 
mine de Long-tchou est issue de celle-là et lui paye pour la location du terrain plus de 
70 taels par an. 

B. Mines du département de Tong-tchouen. — La mine Mien-hoa-ti est sise au N.-O. 
du territoire des Kiao-kia près du Kin-cha Kiang sur les confins du Se-tchouen. Elle a été 
ouverte la 59 e année de Kien-long. Elle paye les mêmes impôts que les précédentes. L'im- 
pôt Ko rapporte par an plus de 5, 106 taels. 

La mine Kin-ngieou est au S.-O. de la ville de Houy-y et sous la dépendance du tche- 
hien de cette ville. Elle a été ouverte la 60 e année de Kien-long, et est soumise aux mêmes 
impôts que les précédentes. L'impôt Ko y rapporte plus de 289 taels. 

C. Mines du département de Tchao-tong. — La mine Lo-ma est à 80 li au S. 
de Lou tien à l'O. du mont Long-teou près du fleuve Ngieou-nan. Le tong-pan de 
Lou tien est chargé de son administration. Ouverte la 7 e année de Kien-long, elle 
est soumise aux mêmes impôls que les précédentes et rapporte au titre Ko plus de 
6,353 taels par an. 

La mine Kin-cha est située au S.-O. de Yun-chang, sur les bords du Kin-cha kiang; 
elle est sous les ordres du tche-hien de Yun-chang. Au S. de cette mine est située celle de 
Lo-ma. Elle a été ouverte la 7 e année de Kien-long et paye les mêmes impôts que les 
autres mines. L'impôt Ko s'élève à plus de 1,199 taels. 

La mine Tong-tchang-po est à l'O. et à plus de 300 li de Tchen-hiong; elle est 
au S.-O. du marché de Ngieou près du mont Tchang-fa-po , entre les anciennes 
mines d'argent, de cuivre et de fer. Elle dépend du Tche-tcheou de Tchen-hiong. 
Ouverte la 59 e année de l'empereur Kien-long, elle rapporte par an au titre Ko plus 
de 1,119 taels. 

1 En d'autres termes, l'État prélève 18 pour 100 de la quantité d'argent produite. 
- Tona-kins. 



228 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

D. Mines du département de Li-kiang. — Lamine Houy-long est à l'Ouest de Li-kiang 
près du Lan-tsang kiang. Au delà est le Lou kiang. Ouverte la 41 e année de Kien-long, 
elle paye au titre Ko plus de 3,894 taels. 

La mine Ngan-nan est très-ancienne et s'appelait autrefois Kou-hio ; elle est sise au 
S.-E. de Tchong tien, et le Tin-tong-tche de cette ville la régit. Réouverte la 16 e année de 
Kien long, elle paye au titre Ko plus de 2,522 taels. 

E. Mine du dé parlement de Yun-tchang. — La mine San-tao-keou est sur le territoire de 
Yun-pin hien dont le Tche-hien la régit. Ouverte la 7 e année de Kien-long, sur 100 livres 
de Tcheou cha\ elle doit en payer 10 livres au litre Tcheou-ko; cet impôt perçu en 
argent rapporte aujourd'hui 40 taels. 

F. Mme du département de Chun-ning. — La mine de Yong-kin, appelée aussi Li-se-ki, 
est située au S.-O. de Chun-ning. Le Tche-hien de cette ville en est l'administrateur. 
Ouverte la 46 e année de Kien long, elle paye les mêmes impôts que la mine de Mo-he. 
L'impôt Ko s'élève par an à 560 taels. 

G. Mines du département de Tchou-liiong. — Lamine de Yun-chen est située au 
Sud de Tchen-hiong, près du mont Kieou-tay. Elle a été ouverte la 46 e année de Kang- 
hi. Le gouvernement perçoit le tiers du minerai pour l'impôt Tcheou-ko. La valeur 
de cet impôt s'élève à plus de 217 taels par an. Le gouvernement perçoit sur la mine 
nouvelle de Sin-long 0M8 par once d'argent au titre Ko pour suppléer à l'impôt de l'an- 
cienne. 

La mine de Tou-ka est sise sur le territoire de Ngo-kia et dépend du mandarin de 
Nan-ngan tcheou ; elle a été ouverte la 44 e année de Kang-hi et paye 0'. 1 8 par once d'argent, 
ce qui donne plus de 20 taels par an pour l'impôt Ko. 

La mine Che-iang est à l'O. de Ngo-kia et est régie par le Tche-tcheou de Nan- 
ngan. Elle a été ouverte la 24 e année de Kang-hi; le gouvernement perçoit 0'.2 par once 
d'argent pour l'impôt Ko, plus 0*. 1 pour les résidus. La perception à ce dernier titre 
s'élève à un peu plus de 5 taels par an. 

La mine Ma-long est au S.-O. de Nan-ngan près de l'étang Tchou-yuen. Elle fut 
ouverte la 46 e année de Kang-hi. Sur un tan de minerai, elle paye à l'État 2 teou et 
2 chen, et sur 10 tsi du minerai appelé Kouang tou, 2 tsi et 2 ho 2 au titre Tcheou-ko. 
La valeur en sera estimée après l'élaboration et payée au gouvernement en argent. Cet 
impôt s'élève à plus de 516 taels par an. 

Ces quinze mines payent annuellement depuis la 16 e année de Kia-kin un total de 
24, 11 4'. 3 au titre Tcheou-ko 3 . 

H. Mine du département de Ta-ly. — La mine de Pe-iang est sise sur le territoire 
de Yun-long et régie par le Tche-tcheou de cette ville. Ouverte la 38 e année de Kien- 

1 Cinabre ; très-employé dans la médecine chinoise contre les maladies du cœur. 

2 Voyez la note A, page 179. 

3 Le total qui résulte des chiffres donnés pour chaque mine est 24,191 taels, représentant les 15 cen- 
tièmes de la production totale en argent. Cette production s'élèverait donc à 161,300 taels, c'est-à-dire à 
1,250,000 francs, et à deux millions environ si l'on tenait compte des mines suivantes. 



PRODUCTION EN MÉTAUX. 229 

long, elle paye sur une once d'argent un tsien et demi pour l'impôt tcheou-ko et trois t'en 
à divers autres titres. 

1. Mine du département de Yuen-kiang . — La mine de Tay-ho est sur le territoire de 
Sin-pin, au S.-O. de cette ville dont le Tche-hien la régit. Elle a été ouverte la 17 e année 
de Kia-kin. Son impôt est réglé comme celui de Pe-iang tchang. 

J. Mine du département de Tong-tchouen. — La mine de Kio-lien est à l'E. de Houy-y, 
près de Ouei-ning tcheou. Elle est régie par le tche-hien de la première ville. Ouverte la 
1 6° année de Kien-long, elle paye les mêmes impôts que les précédentes. 

Ces trois mines rapportent au titre Ko 5 à 600 taels par an au gouvernement. 

K. Mine sur le territoire de Chun-ning 1 . — La mine Hi-ngi est au lieu appelé Ken-ina, 
et dépend du Tou-se. Elle a été ouverte la 48 e année de Kien-long. Elle doit payer par au 
au titre Ko 800 taels d'argent et ajouter à cette somme un peu plus de 66" taels les années 
à mois intercalaires. 

L. Mines récemment ouvertes. — La mine Tong-chen sur le territoire de Yun-pe est sise 
au lieu nommé Lang-kiou-tou et dépend du tong-tche de Yun-pe tinh. Elle a été ouverte la 
11 e année de Tao-kouang. Le gouvernement perçoit au titre Tcheou-ko 1 .135 par once 
d'argent. On retire indistinctement du cuivre et de l'argent de cette mine. Au bout de 
quinze années d'exploitation, elle s'est réunie à la mine de cuivre de Pao-pin. 

La mine Kouang-chan sur le territoire de Tong-tchouen est à l'E. de Houy-y, au N. de 
la mine Hay-iuen et àl'O. de la mine Kio-lien. Elle dépend du tche-fou de Tong-tchouen. 
Elle a été ouverte la 24 e année de Kia-kin et vend son minerai. Sur 1 ,000 sapèques du prix 
de vente, le gouvernement en perçoit 180 au titre Tcheou-ko. Cet impôt se transforme 
ensuite en argent pour que le transport en soit plus facile. La 15 e année de Tao-kouang. 
cette mine a été réunie à celle de Mien-hoa-ti. 

La mine Ta-mou sur le territoire de Yuen-kiang est sise près de Sin-pin dont le Tche- 
hien la régit. Ouverte la 12 e année de Tao-kouang, elle dut payer à l'empereur au titre 
Tcheou-ko un tsien et demi par once d'argent, plus trois fen à divers autres titres. La 
1 5 e année du même règne, elle a été réunie à la mine de Tay-ho. 

La mine Sin-long est sur le territoire de Tchen-yuen dont le tinh-tong-tche la régit. Elle 
a été ouverte la 17 e année de Tao-kouang, et doit payer au titre Tcheou-ko l . 135 par 
once d'argent. 

La mine de Pe-ma est sur le territoire de Ho-kin dont le tche-tcheou la régit. Elle a été 
ouverte la 20 e année de Kia-kin et doit payer, par once d'argent, 0V144 pour l'impôt 
Tcheou-ko. 

La mine Sin-in est sur le territoire de Ouen-chan dont le tche-hien la régit. Elle a été 
ouverte la 21 e année de Tao-kouang et paye au titre Tcheou-ko un dixième de son produit 
en argent. 

La mine Hang-sin est sur le territoire de Nan-ngan et sous la direction du délégué 



1 Voir la carte générale de l'Indo-Chine, Allas, d re partie, pi. II. La partie Sud du territoire de Chun-ning 
est encore complètement habitée par des Shans ou Laotiens du Nord. 



230 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

du préfet d'Ouy-yuen. Elle a été ouverte la 23 e année de Tao-kouang et doit payer au titre 
Tcheou-ko un tsien et demi par once d'argent et trois fen à divers autres titres. 

Le produit de ces sept mines est employé à subvenir au déficit des autres mines 
d'argent de la province. 



g 3. — Des mines d'or, d'étain, de plomb et de fer. 

L'or le plus estimé était celui des trois premières générations '. On ne commença 
que sous les Yuen 3 à prélever un impôt sur ce métal; cet impôt s'élevait à plus de 180 
Pao 3 ; sous les Ming, 1,000 onces d'or valaient 8,000 taels d'argent. C'est ce que 
l'on appelait l'or hoae, c'est-à-dire l'or au titre légal. Dans la suite, l'or prit une valeur 
plus grande et on offrit une augmentation de 1,000 taels d'argent au titre Kong k . Mais 
elle ne fut pas admise et l'on porta cet impôt kong à 3,000 taels 5 . Le gouvernement rece- 
vait plus de 70 onces d'or au titre Ko. Ensuite cet impôt fut diminué jusqu'à un peu plus 
de 28 onces. La justice et la bienveillance des gouvernants pour le peuple étaient grandes 
à l'origine des choses. Mais, aujourd'hui, il est prélevé un tribut sur chaque métal, or, 
étain, fer, plomb ; aussi le gain du peuple est-il peu considérable. 

A. Mines d'or. — Les quatre mines d'or « suivantes» doivent payer, d'après la loi édictée 
la 15 me année de Kia-kin, 28 e . 8653 d'or et, quand il y a un mois intercalaire, elles doivent 
ajouter l'.4629. Cet impôt est perçu par le Fou pou*. 

La mine Ma-kou est située au S.-O. du mont Ouen sur les limites du Yue-nan et du 
territoire de Lin-ngan ; elle est sous la direction du tche-fou de Kay-hoa. Elle a été 
ouverte la8 me année de l'empereur Yong-tchen. L'impôt Ko exigé est de 13 fen d'or par 
atelier de laveurs et par mois. Cet impôt est diminué de moitié le premier et le dernier 
mois de l'année "'. L'impôt annuel total est de 10*. 01 auquel on ajoute 0'.91 quand il y a un 
mois intercalaire. 

La mine Kin-cha-kiang est au S.-O. de Yun-pe sur les bords du fleuve, aux limites 
du territoire de Tsie-pin-tchouen. Elle est sous la direction du linh-tong-tche de la première 
ville. Ouverte la 24 me année de Kang-hi, elle paye par atelier de laveurs et par mois un tsien 
d'or pour l'impôt Ko. L'impôt annuel total est de 7*. 26 d'or. Il n'est rien ajouté pour les 
mois intercalaires. 



1 C'est-à-dire des trois premières dynasties, Hia, Chang,Tcheou. Elles régnèrent en Chine de 2205 à 256 
av. J.-C. 

2 Dynastie mongole qui a occupé le trône de 1260 à 1368 après J.-C. 
:i Boule d'or qui vaut 50 taels d'argent. 

1 Kong se dit des dons offerts volontairement à l'empereur. 

3 Ce qui donne ^ pour le rapport de la valeur de l'or à celle de l'argent, qui en Europe est de ir- Nous 
avons trouvé à notre passage dans le Yun-nan que ce rapport variait aujourd'hui de ^ à ^ • 

6 Ministère des finances. Cet impôt, qui équivaut environ à 1,140 grammes d'or, ne donne pas une bien haute 
idée de la production aurifère de la province. 

7 Sans doute parce que les travaux s'arrêtent à cause des fêtes. 



PRODUCTION EN METAUX. 231 

La mine Ma-kang est située au S. de Tchong tien ; à l'E. est la mine d'ar- 
gent de Ngan-nan. Ma-kang est administrée par le tinh-tong-tche de Tchong tien. Elle 
a été ouverte la 19 me année de Kien-long. Elle doit payer au gouvernement un cinquième 
de sa production en or. L'impôt annuel est de 11 '.2. On ajoute pour les mois inter- 
calaires 0'.5. 

La mine Houang-tsao-pa est à l'O. de Teng-yue; à l'O. de cette mine est le Ta-in 
kiang qui coule sur le territoire d'un Tou-se. Elle est administrée par le tinh-tong-tche 
de Teng-yue et a été ouverte la 5 me année de Kia-kin. Les veines de cette mine ont 
trois valeurs différentes. La première sorte paye 0*. 1 5, la seconde 0\08, la troisième 0'.04 
par once d'or pour l'impôt Tcheou-ko. L'impôt annuel total est de 0\3953 auxquels on 
ajoute 0'.0329 pour les mois intercalaires. 

B. Mines cVétain. — La mine Ko-kieou est sise près du château de Mong-tsiun, sur le 
territoire de Mong-tse dont le tche-hien la régit. Elle a été ouverte la 36 me année de Kang- 
hi. Le gouvernement prélève 10 livres sur 100 livres d'étain dont le prix est fixé 
à 4'. 0361. Il est fourni à l'Etat chaque année pour 4,000 taels d'étain. Il faut une permis- 
sion du Pou tchen se l pour vendre le reste du métal. 99 livres d'étain forment ce que 
l'on appelle un kouay; 24 kouay forment un ho. Il est perçu par ho, au titre Ko, 
4'. 5; plus, pour les soldats de la province, 3'. 578. A ces deux titres, la mine paye à l'État 
3,186 taels par an. 

C. Mines de plomb . — Dans les quatre mines de plomb on distingue le plomb blanc 2 
que l'on appelle ouy yuen. Il est réduit dans un foyer entièrement construit en argile 
et de la forme d'une grande jarre d'où le foyer a pris le nom de Oua kouan lou. Le 
minerai est entouré de charbon de tous côtés, de façon à ce qu'il ne puisse être en 
contact avec l'air. 11 est placé dans des vases en terre et introduit dans le foyer où 
quatre de ces vases, suivant la capacité du foyer, forment un kiao. H y a aussi le plomb 
noir que l'on appelle Ti-mou, pour lequel on se sert des mêmes foyers que dans les mines 
d'argent. Sur 100 livres de ces deux métaux on en prélève 15 pour l'impôt Tcheou- 
ko, 5 pour l'impôt Tchong kong 3 et 10 pour l'impôt Tong-chang. Ces impôts peuvent 
être payés en argent. Ce qui est payé au titre Tchong -kong est consacré à l'entretien des 
travailleurs, ce qui représente une dépense de T. 82 à plus de 2 taels par 100 livres de 
métal produit. Pour le plomb blanc, il faut dépenser de P.28 à 2 taels; pour le plomb 
noir, P. 450 à P. 684. Sur 100 taels du capital de la mine, il est retenu encore pour 
la balance P. 5. Cet argent sera dépensé pour l'usage commun et le compte devra en être 
rendu chaque année. 

1 L'un des trois membres de la direction des finances attachée à la province du Yun-nan. Ces trois mem- 
bres, nommés San ta chen, sont le Fan tay, le Pou tchen et le Gan cha. Ils composent un tribunal dont le 
pouvoir est supérieur même à celui du vice-roi. Ils peuvent différer l'exécution des ordres de l'empereur. 
Tous les mandarins nommés dans la province doivent se présenter à eux et ils peuvent changer leur destina- 
tion. Ils communiquent avec l'empereur comme tribunal, mais jamais isolément. On fait appel devant eux 
des causes successivement jugées par les hien, les fou et les tao. 

2 Ce plomb blanc n'est autre que du zinc. 

3 Impôl laissé à la disposition des mandarins pour les usages publics. 



232 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

La mine Pey-tche est située sur le territoire de Lo-ping; celle de Kouay-y, sur le 
territoire de Ping-tche, et toutes deux sont régies par le tehe-hien de cette dernière ville. 
Elles ont été ouvertes la 7 me année de Yong-tchen et envoient annuellement aux magasins 
«le la province plus de 219,769 livres de plomb blanc qui sont affectées à différents usages. 
L'impôt Ko équivaut environ à 399'. 98 ; l'impôt Kong, à 199'. 902; l'impôt de la balance, à 
67'. 886 ; l'impôt Tong-chang donne 135'. 772 ; on doit affecter 67'. 886 de l'impôt Kong au 
transport. Quand il y a un mois intercalaire, les mines doivent ajouter 19,114 livres, et 
augmenter proportionnellement tous les autres impôts. Elles doivent aussi envoyer 
33,415 livres de plomb noir et payer 64'. 5 pour les impôts Ko et Kong. 

La mine Tse-hay est au S.-E. de Houy-y. Le minerai de plomb se retire du mont 
Kouang, près de la mine d'argent qui s'y trouve, et on le porte au lieu où se trouve le 
charbon. Le tche-hien d' Houy-y est chargé de cette mine qui a élé ouverte la 2 me année 
de kien-long. Son exploitation s'est interrompue plusieurs fois par suite de la fermeture 
des magasins de métaux de Tong-tchouen. Elle a été rouverte la 8 me année de Kia-kin el 
mise sous la dépendance du tche-hien de Kien-chouy avec la mine de Pin-ma. Elle dut 
envoyer alors annuellement aux magasins de Yun-nan 219,769 livres de plomb blanc et 
payer pour les autres impôts comme les deux mines précédentes; mais le prix des 100 li- 
vres de métal ne fut fixé qu'à 2 taels. La 22 me année du même empereur, les magasins de 
Tong-tchouen furent rouverts et durent recevoir de cette mine 156,977 livres de plomb 
blanc, plus 13,080 livres pour les mois intercalaires. Les mêmes redevances continuèrent 
à être payées aux magasins de la province. 

La mine O-la-to est sous la direction du tche-hien de la ville d'Houy-y. Elle envoie 
aux magasins de Tong-tchouen 1 1 ,933 livres de plomb noir. Sur 100 livres, il en est pré- 
levé 10 pour l'impôt Ko. On ajoute pour les mois intercalaires 994 livres. Le plomb est 
acheté par le gouvernement au même prix que le plomb blanc. 

La mine To-to est au N.-O. de Siun tien ; à 10. est la mine de cuivre de Chouang- 
long. Elle est administrée parle tche-tcheou de Siun tien et a été ouverte la 13 mc année 
de Kien-long. Son revenu est dépensé pour la province. Elle donne par an 33,415 
livres de plomb noir; le prix du transport de 100 livres à la capitale de la province 
est fixé à 2'. 1. Pour les mois intercalaires on ajoute 20,000 livres. 

D. Mines de fer. — Le gouvernement perçoit au titre Ko, dans les quatorze mines sui- 
vantes, 296'. 158 dans les années à mois intercalaires, et 281*. 536 dans les années ordi- 
naires. 

La mine de Che-iang est sous la juridiction du tche-tcheou de Nan-ngan; la mine 
de O-kan, sous celle de Tchen-nan; lamine de San-chan dépend de Lou-liang; celle de 
Hong-lou-keou, de Ma-long; celle de Kong-ming-ly, de Che-pin; celle de Siao-chouy, de 
Lou-nan; celle de Ho-ti, de Ho-kin; les trois mines de Ngo-sin, Cha-tse, Chouy-tsin, du 
tinh-tong-tche de Teng-yue; celle deLan-gi-tsin, du Tcheou-pan de Ngo-kia; celle de Kiao- 
tse-pa, du tinh-tong-tche de Ta-kouan; celle de Lao-ou-chan, du tche-hien d'Y-men; enfin 
celle de Mong-lie, du tong-tched'Ouy-yuen. 



PRODUCTION EN MÉTAUX. 233 

E. Droits divers. — Pour le droit de vente de 110 livres de cuivre blanc 1 pris aa 
magasin de la capitale de la province, le gouvernement perçoit une livre de cuivre ou 
trois (sien d'argent. 

Les marchands qui transportent le cuivre blanc de la mine Li-ma-ho à la capitale du 
Se-tchouen doivent faire marquer le métal en acquittant les droits; de même ceux qui 
transportent le cuivre blanc pris à la mine Ta-mong-lin de Ning-yuen à Tchen-tou 2 paye- 
ront l'impôt tel qu'il est exigé dans les mines du Se-tchouen. (Ces deux mines qui s'appe- 
laient autrefois Mo-miet Tsi-ngieou ne produisent aujourd'hui presque plus rien, et l'on a 
dû en informer le gouvernement.) Sous Tao-kouang, 23 e année, cet impôt rapportait 420 
taels. Dans la mine de Ta-mong-lin on paye un petit impôt particulier pour l'extraction du 
métal des fourneaux; cet impôt rapporte 17'. 7 par an. 

Les marchands qui apportent le cuivre blanc de lamine Li-ma-ho au marché nommé 
Ma-kay situé près de Yuen-mong hien payent 0'.7 par chaque caisse appelée ma. 

Les marchands qui apportent le cuivre blanc des mines du Se-tchouen à Houy-y doi- 
vent prouver qu'ils ont acquitté les droits au préfet de Ning-yuen et payent en sus un tael 
par 100 livres. S'ils n'ont pas de reçu, ils payeront au gouvernement 10 livres par 110 li- 
vres. Elles seront évaluées en argent au prix de 0'.3 la livre. 

La 22 e année de Tao-kouang, il a été ainsi transporté 4,899 livres de cuivre blanc qui 
ont rapporté à l'Etat 48'. 99. 

1 Voyez sur la production du cuivre blanc, Géologie, pages 159-160 
'-' Capitale du Se-tchouen. 



30 



IV 



DES DÉPENSES DU TRESOR PUBLIC. 



Les habitants de la province de Tien sont d'une nature telle qu'on ne trouve pas faci- 
lement parmi eux des gens qui s'occupent de commerce. Ils se plaisent à habiter les lieux 
déserts, à la recherche des pierres précieuses, notamment de celles qui ont une belle couleur 
verte. Les bois, le coton, les matières médicales abondent cependant dans cette contrée et 
pourraient être vendus avec de grands bénéfices. 

11 arrive souvent que les mines qui produisent les métaux ruinent leurs propriétaires, 
comme ces oiseaux impies, qui, après avoir grandi, crèvent le ventre de leur mère. Aussi, 
quand les minerais de cuivre viennent à manquer, les ouvriers se dispersent, et chacun 
cherche à gagner sa vie au détriment même du propriétaire auquel ils dérobent tout ce 
qu'ils peuvent. 

La province de Tien fournit chaque année plus de 9 millions de livres de cuivre, qui 
valent environ 6 taels les 100 livres, et 50 à 60 mille livres d'argent; il faut défalquer 
de cette valeur le prix du transport. Il est arrivé souvent que les marchands ne puis- 
sent payer le tribut et l'apporter au trésor. C'est pourquoi, il y a deux ans, le mi- 
nistre de l'agriculture parlait d'aider avec le trésor public, le trésor de la province, pour 
qu'il pût subventionner les mines et pourvoir aux besoins des milliers d'hommes qui y 
travaillent. A ce moment, en effet, neuf préfectures n'avaient eu qu'un subside insuffi- 
sant. On sent de quelle importance il est « pour le gouvernement », de venir eu 



236 TIEN NAN KO.UANG TCflANG. 

aide aux exploitations minières. Nous allons donc parler maintenant des charges. du 
trésor public. 



§ 1. — Avances pour l'achat et le transport du cuivre. 

La province du Yun-nan doit chaque année envoyer-à Pékin une quantité de cuivre 
eu échange de laquelle elle reçoit 1 million de taels. Le ministère des finances et celui 
des travaux publics doivent d'après la loi retenir sur ce crédit 64, 455'. 2 pour la nourriture 
des hommes chargés du transport. Cette somme doit être augmentée de 2, 301'. 844 « dans 
les années à mois intercalaires » où il est envoyé une quantité supplémentaire de métal. 

A Tien-lsin 1 , le trésor doit fournir 2,800 taels; Tso-leang tinh 2 donne 4,970'. 18, 
plus 199'. 984 s'il y a un apport de cuivre supérieur à ce que l'on a coutume d'en- 
voyer. Tous les mandarins des provinces traversées fournissent en outre d'une manière 
générale pour les frais de transport 8,400 taels. Le Se kou ou « trésorier » du Tche-ly 
fait la répartition de cette somme. Pour le transport de Han-keou à Y-tchen, le trésor 
de la province du Hou-pe devra payer 10,434 taels; pour le transport de Y-tchen à 
Tong tcheou 3 , la province du kiang-sou paiera 16,206 taels. Ces deux provinces prêtent 
en outre 13,000 taels pour les frais de transport pendant toute la route depuis le Yun-nan. 
(Il a été décidé la 8 e année de Tao-kouang, que cette dernière somme serait rendue aux 
trésors du Hou-pe et de Kiang-ning* chaque année en quatre payements de 2,500 et deux 
de 1,500 taels.) Les provinces du Tche-ly, du Hou-pe et Kiang-ning suppléent au reste 
des dépenses. Sur le crédit d'un million qui lui est affecté, la province du Yun-nan reçoit 
en définitive 837, 252'. 792 dont elle doit rendre un compte exact. Chaque année le 
trésorier doit établir ce qui a été dépensé de ce capital, ce qui reste, et quel en est le 
bénéfice en tenant compte du cuivre en magasin et de tous les frais. 

Les autres provinces doivent faire livrer par des délégués à la province du Yun-nan 
deux ans à l'avance le capital nécessaire à l'exploitation des mines de cuivre; si l'on n'en- 
voyait cet argent que l'année Kia, par exemple, le Yun-nan ne pourrait dans l'année Y 3 en- 
voyer le cuivre qu'il doit avant l'automne pour éviter les orages et les pluies, sans con- 
tracter des dettes. (Dans la 18 e année de Kia-kin il y a eu un déficit de 4,000 taels dans le 
capital avancé, mais celte somme a été recouvrée la 19 e année de Tao-kouang.) 

1 Ville importante située à la jonction du Grand Canal et du Pe Ho. Elle a été occupée en 1858 par l'amiral 
Rigault de Genouilly, et en 1860 par l'armée expéditionnaire anglo-française. Un consul français y réside 
depuis cette époque. 

2 Située dans lePe-tche-ly aux environs de Pékin. 

3 Y-tchen est située sur le Yang-tse kiang à l'entrée du Grand Canal; Tong tcheou est sur le Pe Ho,àl'E. et 
à très-peu de distance de Pékin. C'est la dernière étape de la route. 

4 Plus connue sous le nom de Nankin : capitale de l'ancienne province de Kiang-nan qui est aujourd'hui 
divisée en deux, le Kiang-sou et le Ngan-hoei. 

5 Les Chinois ont pour désigner les heures du jour douze caractères qu'ils appliquent aussi à la désignation 
des années. Ces douze caractères appelés Ti tchi, combinés avec dix autres appelés Tien kan, servent à dénom- 
mer les soixante années du cycle de Hoang-ti. Ce calendrier se retrouve en Cochinchine. à Siam, au Cam- 
bodge, etc. L'année Kia est la première du cycle de dix ; l'année Y est la seconde. 



DEPENSES DU TRESOR PUBLIC. 237 

Dans la province de Tien après dix ans d'exploitation, alors que lamine est devenue 
plus profonde et d'un plus grand rapport, il est permis de prêter aux Lou-fou, « familles 
chargées des foyers », une somme d'argent qui sera remboursée en cuivre après 40 mois. 
Si ces familles manquent à leurs engagements, les directeurs de la mine devront payer 
pour elles. 

Toutes les mines du Yun-nan ne sont point à une égale distance de la capitale de 
la province, et ne peuvent en recevoir à temps l'argent nécessaire; c'est pourquoi, pour 
éviter des transports inutiles, 80,000 taels sont déposés chez le gouverneur du Tong-tao 
et 4,000 chez celui du Si-tao, afin que cet argent soit plus facilement à la portée des ex- 
plorateurs. Pour quelques-unes des mines du Nan-tao ', le chemin à faire pour venir 
à la capitale serait également trop long, et elles peuvent être autorisées par des lettres don- 
nées par le Fan-se 2 et signées par le Tao-tay à recevoir l'argent à un lieu moins éloi- 
gné. Il en devra être rendu compte mois par mois, et si, par la négligence du Tao-tay, 
l'argent réellement reçu est moindre que l'argent qui aura été donné pour cet emploi, 
ce fonctionnaire devra payer la différence de ses propres deniers. Si la mine est sous la 
direction d'un tche-fou, qui aura agi d'après les ordres du Tao, ces deux fonctionnaires 
seront solidairement responsables. Enfin, si le Fan-se lui-même a donné plus d'argent 
qu'il n'aurait dû, de telle sorte qu'il soit difficile de recouvrer la totalité de la somme 
avancée, il sera dégradé de sa dignité et obligé de réparer le dommage causé au trésor. 
En même temps, les mines qui doivent à l'État sont soigneusement notées et jugées d'a- 
près la même loi que ceux qui doivent l'impôt du sel. 

La valeur du capital avancé aux mines sera recouvrée peu à peu, mensuellement, en 
cuivre. Si au bout de trois mois l'argent avancé n'est pas rendu, le Tao et le Fou veille- 
ront à ce que les directeurs de la mine indemnisent complètement le gouvernement 
avant la fin de l'année, dussent-ils même pour cela vendre leur matériel. Si une année 
entière s'écoule, les directeurs de la mine devront dédommager l'État de leurs propres 
deniers, et les habitants mêmes pourront être condamnés à une réparation. 

Si une fraude ou une erreur n'est découverte qu'après un temps très-long, les auto- 
rités de la province condamneront comme voleurs les directeurs de la mine. Si les ou- 
vriers de la mine sont en fuite et que les directeurs en préviennent aussitôt, le Tao et le 
Fou examinent si le fait est vrai, et peuvent, dans ce cas, réparer le tort commis avec les 
deniers publics (l'argent employé à cet usage provient de la retenue de un pour cent faite 
sur l'argent avancé aux mines); mais il ne sera permis en aucune manière d'attribuer ce 
tort à la négligence des ouvriers. Le fardeau imposé aux directeurs des mines est considé- 
rable, et il convient de ne choisir pour ces fonctions que des hommes probes, actifs, eu un 
mot, cà la hauteur de leur position. Si l'on choisit imprudemment des gens qui n'ont aucun 
bien, ceux qui les auront choisis en auront la responsabilité et devront en rester les cautions. 

1 Voyez la note 6 de la page 218. 

2 Supérieur judiciaire de toute la province, chargé de l'installation des fonctionnaires nommés par Pékin. 
qu'il doit présenter au San-ta. Il prend rang immédiatement après les trois fonctionnaires qui composent 
ce tribunal (Voy. la note I de la page 231). 



238 TIEN NAN KOL'ANG TCHANG. 

Lorsque les mines de cuivre, loin de rapporter un bénéfice, n'occasionnent que des 
dépenses, il faudra en rechercher soigneusement la cause. Si elle réside dans la pauvreté 
du minerai, résultant d'une trop longue exploitation, et qui fait que l'on ne peut trouver 
des Lou-fou, le Tao et le Fou dénonceront le fait et attendront une décision. Si la chose 
n'est pas telle qu'on lavait exposé, tous ceux qui ont mission de veiller sur la mine, 
depuis le Tao et le Fou 1 , devront payer le dommage. (Ces hauts fonctionnaires parta- 
geront la perte avec le Fan-se, et devront indemniser de leurs deniers le trésor public. 
Si la mine est sous la direction d'un Tche-fou ou d'un Tche-li-tcheou, ceux-ci partageront 
la somme à payer avec le Tao qui est chargé de veiller sur eux. Si elle dépend d'un Tcheou 
ou d'un Hien, ceux-ci partageront la somme à payer avec leurs supérieurs, le Tche-fou ou 
le Tche-li-tcheou. Les directeurs particuliers de la mine payeront toujours la sixième partie 
de la perte.) 

§ 2. — Traitements des mandarins et employés des mines. 

Dans chaque mine où les ouvriers font secrètement de grands bénéfices, il faut veiller 
avec soin sur la fraude ou le vol. Les directeurs ou les secrétaires, soit dans les mines, 
soit dans les entrepôts, doivent retirer un bénéfice certain de l'exploitation du cuivre, 
pour qu'ils ne soient pas tentés de prévariquer et de faire des gains illicites avec les mar- 
chands et les ouvriers. S'ils ne s'occupent que de bien remplir leur office, le gouverne- 
ment obtiendra un revenu presque incroyable. C'est pourquoi nous allons parler maintenant 
des salaires. 

Le préfet de Tong-tchouen doit recevoir par mois pour la mine de Tang-tan 21 taels, 
plus 54'. 6 pour ses domestiques; pour la mine de Ta-chang-keou, 7 taels pour lui et 
43'. 4 pour ses domestiques ; pour lamine de Mong-lou, 10 taels pour lui et 41 pour ses 
domestiques; enfin, pour la mine de Ta-fong-lin, 10 taels pour lui et 52 pour ses do- 
mestiques. 

Le mandarin de Ta-kouan ne reçoit que 5 taels par satellite employé dans les mines 
de Jen-lao-chan et Tchou-lang. 

Le mandarin de Ouy-yuen reçoit par mois pour la mine de Ning-tay 1 5 taels, et ses 
satellites 148 taels. 

Le mandarin de Yun-long reçoit par mois pour la mine de Ta-kong 15 taels pour lui 
et 48 pour ses domestiques. 

Le mandarin de Yun-pe reçoit par mois pour la mine de Pao-pin 3'. 75 pour lui et 
13'. 85 pour ses domestiques. 

Le mandarin de Y-men reçoit par mois pour la mine de Hiang-chou-po 15 taels pour 
lui et 55'. 4 pour ses domestiques. 

Le mandarin de Lou-nan ne reçoit pour sa surveillance sur les deux mines de Fong- 

1 Ce n'est pas le même caractère que Fou qui signifie « préfet d'un département». Il désigne ici le premier 
fonctionnaire de la province après le Tsong-tou ou « vice-roi ». 



DÉPENSES DU TRÉSOR PURLIC. 239 

houang-po et Hong- che-ngay que 5 '.7 par mois et par domestique employé ; pour les deux 
mines de Ta-sin et de Hong-po, il n'y a également qu'une somme mensuelle de 13'. 3 al- 
louée à ses satellites-, ce n'est que pour la mine de Fa-kou qu'il reçoit par mois 10 taels 
pour lui et 13 pour ses domestiques. 

Pour les mines de Hong-long, Lo-ma, Chouang-long, Tchang-fa-po, Siao-ngay-fang, 
Kin-cha, Mey-tse-to, Tse-ngieou-po, Se-tse-ouy, Lao-tong-pin, il n'est rien alloué, 
même pour les satellites. 

Il est affecté par an au directeur de l'entrepôt du Si-tao 186 taels pour son entretien 
et 696 taels pour les frais d'emmagasinement du cuivre. 

Le directeur de l'entrepôt du Tong-tao reçoit 480 taels par an pour son usage et 
528 taels pour les autres dépenses. 

Le mandarin de Ouei-ning, a préposé aux transports», reçoit par an 300 taels pour son 
usage et 276 taels pour les autres dépenses. 

Le mandarin de Tchen-hiong, « préposé aux transports », reçoit par an 900 taels pour 
lui et 475'. 6 pour les autres dépenses. 

Le mandarin de Tong-tchouen, « préposé aux transports », reçoit par an 720 taels 
pour lui et 627'. 36 pour les autres dépenses. 

Le mandarin de Tchao-tong reçoit par an 720 taels pour son usage et 180 taels 
comme frais de voyage pour presser la rentrée du cuivre. 

Le mandarin de Ta-kouan reçoit par an pour la mine Tsin 360 taels pour lui et 
187'. 2 pour les autres dépenses de la mine. 

Le mandarin de Yun-chang reçoit par an pour les magasins d'Houang-tsao-pin 300 
taels pour lui et 21 1 pour les secrétaires et autres employés. 

Les directeurs des magasins de Lou tien reçoivent par an pour leur traitement, 200 taels -, 
les scribes et autres employés, 320. 

Le directeur de la mine de Tang-tan reçoit par mois pour son traitement 30 taels ; 
chacun des directeurs des mines Lou-lou, Tsien-chan, Gi-tou, Ning-tay 15 taels; ceux 
des mines de Ta-chouy-keou, Ta-fong-lin, Sin-long, Kin-tcha et Mong-lo, 10 taels; celui 
de la mine de Pe-iang-chan et les délégués des mandarins à Hia-kouan, Tchou-hiong et 
Yun-nan, 8 taels par mois chacun; le directeur de la mine de Tay-tse reçoit 6 taels. Pour 
les employés de tous ces directeurs, l'usage est, à Tong-tchouan et dans le Tong-tao, de 
donner 80 taels; les fous de Lin-ngan,Tchin-kiang, Chun-ning recevront 20 taels ; celui 
de Yun-nan, 19 '.2. 

Le chou-ki ou « secrétaire » attaché à la mine de Ma-long, reçoit par mois l'.5; ce- 
lui de la mine de Je-kien-siun, 2 taels ; ceux des mines de Tsin-long, Kin-tcha, Pe-iang- 
chan, Ta-sin, Hong-po, les trois scribes de la mine de Ning-tay, les deux de celle de Gi- 
tou, celui de la mine Mong-mi, celui deMa-kay reçoivent chacun 2'. 5 par mois. Les deux 
scribes de la mine de Tsien-chan, ceux des mines de Ta-chouy-keou, Sin-long, Long-pao, 
Ta-fong-lin, Jen-lao-chan, Tsien fchou-tang, Len-chouy-keou, Chan-mou-tsin, Mong- 
lou, Tsay-tse-tsin ; ceux des entrepôts de Yun-chang, Siun tien, Tong-tchouen, les deux 
secrétaires affectés à Hia-kouan, Tchou-hiong, Yun-nan, reçoivent chacun par mois 3 taels. 



240 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

Les deux kao-kin, «secrétaires», du vice-roi, les quatre tsong /i, « administrateurs des 
(''(rangers », reçoivent chacun par mois 2'. 7 ; les trois chousouan, «calculateurs», du vice- 
roi, les quatorze autres tsong reçoivent par mois 2'. 2 ; les pan tong chou gi tchàng, 
« secrétaires qui notent les quantités de cuivre produites », ceux qui le pèsent dans les 
entrepôts de la province « au nombre de quatorze » reçoivent par an 800 taels. 

Le secrétaire chargé de noter les quantités de cuivre achetées dans chacune des mines 
de Tsay-tse-chan, Jen-lao-chan, Tsien-tchou-tang, Je-kien-siun; les deux secrétaires 
affectés au même emploi dans chacune des mines de Tsin-long et Pe-iang-chan, les 
quatre de la mine de Kin-tcha, reçoivent chacun par mois un tael ; les quatre secrétaires 
de chacune des mines de Ta-chouy-keou et Tsien-chan, les trois secrétaires de Ta-fong- 
li n et de Mong-mi, les deux secrétaires de Sin-long, Long-pao, San-mou-tsin, le secré- 
taire de Len-chouy-keou, reçoivent chacun par mois 2 taels. 

Le Ko-lchang de Tsay-tse-tsin reçoit 2 taels par mois; les six Ko-tchangde Gi-tou, 
les quatre de Ning-tay, les deux de Hong-po, Ta-sin, etc., celui de Fong-houang-po et 
celui de Hong-che-ngay reçoivent un tael par mois. 

Les gardiens des bureaux de l'administration centrale au nombre de huit, les deux gar- 
diens des bureaux du Tong-tao, les deux des bureaux de Tong-tchouen fou, les huit de 
Tsin-long, les six attachés à chacune des mines de Kin-tcha et de Pe-iang-chan, les quatre 
attachés à chacune des mines Hong-po et Ta-sin reçoivent chacun P. 9 ; les quatorze 
gardiens de la mine deTa-chang-keou, les quinze de Mong-mi, les seize de Tsien-chan. 
les dix affectés à l'entrepôt de Siun-tien, les huit affectés aux magasins de Tong-kouan et 
à la mine de Ta-fong-lin ; les six de Cha-mou-tsin, les quatre attachés à chacune des 
mines de Sin-long et de Long-pao, les deux de la mine de Len-chouy-keou reçoivent 
2 taels par mois. Les vingt-deux satellites de Ning-tay, les vingt-quatre de Gi-tou, le satellite 
affecté à chacune des mines de Hong-che-ngay, Fong-houang-po, Ma-kay. reçoivent pat- 
mois chacun l'.7. Les trois satellites de Mong-mi reçoivent le même salaire. Les vingt-cinq 
satellites affectés à Hia-kouan, Tchou-hiong et Yun-nan, un tael seulement. Les 
deux Siun-iou affectés aux mêmes lieux, P.5. Le Siun-iou affecté à chacune des mines de 
Jen-lao-chan et Tsien-tchou-tang, un tael; celui de la mine de Je-kien-siun, P. 2; celui 
de la mine de Tsay-tse-chan, 0'.7; les deux de Ta-fong-lin, 2 taels; les deux de Kin- 
tcha, P. 9 ; les cinq toulien, « gardes élus par les habitants », de cette mine reçoivent par 
mois O'.O ; les six tou-lien de Gi-tou, les six de Tsin-long reçoivent le même salaire; les 
deux affectés à chacune des mines d'Hong-po et de Ta-sin reçoivent également 0'.6. 

Letsin-iou, garde delà mine de Ma-long, reçoit par mois P. 7 ; le chef des fourneaux 
de cette même mine, 3 taels; les deux tchang kong, « chefs des ouvriers », P. 5. 

Les deux bateliers attachés à lamine de Ta-fong-lin ont 2 taels par mois. 

Les deux chefs de cuisina de la mine de Ta-chouy-keou, celui de la mine de Tsien- 
chan, celui de la mine de Mong-mi reçoivent 2 taels; ceux des mines Tsin-long, Ning- 
tay, Pe-iang-chan, un tael. 

Les dix portefaix attachés aux magasins de Tong-tchouen, celui des magasins de Tchou- 
hiong, les deux de Ta-kouan tien, près de Ta-ly fou, reçoivent chacun 2 taels. 



DEPENSES DU TRESOR PUBLIC. 241 

Le kia-tin ou « chef des mineurs » de chacune des mines de Eong-houang-po, Hong- 
che-ngay, et celui qui est attaché aux magasins de Siun-tien reçoivent chacun 3 taels; 
celui de la mine Tsay-tse-chan n'a qu'un tael. 

Les chefs des satellites des mines, les chou-siun du ministère Tsong-li reçoivent 
par an 446 taels ; pour diverses dépenses, pour l'éclairage, les fournitures de bureau, ils 
reçoivent par mois 10 taels; les mêmes dépenses dans les mines de Ta-chouy-keou et 
Mong-mi, et dans la mine de Tsien-chan, sont mensuellement de 8 taels ; à Sin-long et 
Long-pao, de 5 taels; à Gi-tou, 4 taels; à Kin-tcha, 3 taels; à Tsin-long, Hong-po, Ta- 
sin, 2 1 .5; à Pe-iang-chan, Tsay-tse-tsin, Ning-tay, Tsin-yang-lin, Ta-fong-lin, 1 tael; 
à Tsay-tse-chan, Je-kien-chan, Ma-long, Jen-lao-chan, Tsien-tchou-tang, Len-chouy- 
keou, Mong-mi, Ma-kay, 5 tsien ; à Fong-houang-po, Hong-che-ngay. 0'.3; à Siun- 
tien, 0'.2; à Tong-tchouen par an, 159'. 36. Dans ce salaire sont comprises les dépenses 
des satellites. 

Le tou et le fou, « vice-roi et second vice-roi», reçoivent par mois, pour leurprétoire, 
chacun 15 taels; le tsong-li-ya-men, 30 taels. 

Pour les sacrifices, Ta-chouy-keou donne par an 38 taels ; Tsien-chan, 24 ; Sin-long et 
Long-pao, 16 taels chacun; Ta-fong-lin, 12; Gi-tou, 8; Ma-long, 0'. 4. 

Pour la location des terrains, Yun-tchang fou paye par mois 0'.5 ; chaque mine 
paye pour le transport de l'argent qu'elle reçoit, par journée de marche et par mille 
taels, 0'. 134. 

La mine de Tang-tan entretient à Yun-nan 4 gardiens et 5 préposés à la vente des 
métaux, qui reçoivent par mois 2 taels; le gardien du pont Kan reçoit 0'. 5. Dans le 
second mois, on sacrifie deux fois aux montagnes, et l'on dépose 8 taels pour l'achat des 
porcs et des moutons. Les soldats chargés de protéger les transports de l'argent destiné à 
lamine reçoivent comme gratification 2*. 4. 

Le Ke-ko de Houg-hoa-yuen reçoit 3'.2 par mois; les deux Tong-tchang résidant 
en cette localité reçoivent par mois P. 2; les six Ke-ko de Lou-lou reçoivent 1 tael par 
mois; les deux gardiens de cette mine, P. 4; le tong-tchang de Ta-siue-chan, P. 2. 
Chaque mine, en envoyant les métaux aux entrepôts, peut ajouter 5 livres par 100 livres 
sans augmentation dans le prix du transport. Les deux mines de Tang-tan et de Lou- 
lou payent par an 533*. 703 pour l'entretien des satellites et des soldats. 



§3. — Surveillance et contrôle des opérations des mines. 

Il faudra mensuellement et au besoin journalièrement inspecter les comptes des scribes 
pour éviter tout abus et chercher constamment le meilleur moyen de tenir ces employés 
en éveil et de les exciter à bien faire. Le minerai ne s'obtient qu'à force de travail, et les 
employés ont l'obligation de remplir toujours et consciencieusement leur devoir. S'ils 
montrent de l'habileté et du zèle à remplir leur besogne, ils devront être récompensés, 
punis dans le cas contraire. C'est ainsi que le trésor public s'enrichira et deviendra inépui- 

II. 31 



242 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

sable. Nous ne savons comment, sans récompenses ou sans châtiments, on pourrait rete- 
nir les hommes dans le devoir. Aussi les sages ont-ils de tout temps proposé d'agir ainsi, et 
le Tong tchen l ne manque pas de remplir ce précepte. Nous allons donc traiter mainte- 
nant des inspections. 

Les mines dans la province du Yun-nan ne sont point confiées à des mandarins spé- 
ciaux, mais bien aux préfets des villes, qui, ne pouvant en raison des distances les sur- 
veiller en personne, délèguent cette fonction à des hommes capables. Si de l'action de 
ceux-ci résulte soit une augmentation, soit une diminution notable dans le revenu de la 
mine, le fait devra être aussitôt signalé au gouvernement. 

Les directeurs des mines doivent pourvoir chaque mois à la quantité de cuivre que la 
province est tenue de fournir et suppléer au deuxième mois à ce qui peut avoir manqué 
antérieurement. Si le déficit se renouvelle au mois suivant, on rappellera le délégué du 
mandarin pour en délibérer avec lui et on le remplacera sur les lieux. Si son successeur ob- 
tient une augmentation considérable dans la production de la mine, le fait doit être noté et 
signalé afin que l'on procède à une nouvelle nomination. Si, comme il est souvent arrivé 
clans la province de Tien, l'augmentation dépasse beaucoup la quantité exigée, il faudra le 
signaler exactement afin que l'impôt soit fixé en conséquence. Si la quantité de métal as- 
signée comme production de la mine vient à manquer par suite de la pauvreté du gise- 
ment, la chose sera portée par les directeurs de l'exploitation devant l'autorité supérieure 
qui décidera s'il y a lieu de diminuer l'impôt ou même de faire complètement cesser les tra- 
vaux. Mais si ce manque ne vient que de la négligence des directeurs, ceux-ci seront con- 
damnés à réparer le dommage. 

Quand les métaux exigés manquent complètement, les mandarins qui sont chargés 
de l'exploitation seront condamnés à l'exil sur la frontière, de même que ceux qui, char- 
gés du transport des métaux, y apporteraient quelque retard. Là, ils seront chargés de 
veiller à ce que les barbares ne fassent pas irruption dans l'empire. S'il a manqué seule- 
ment la huitième partie des métaux exigés, le mandarin, chargé du transport, veillera 
aux travaux de la mine pendant un an avec le directeur. Si sa présence ne change en rien 
cet état de choses, le directeur et lui seront envoyés en exil. 

Avant que le cuivre soit transporté hors de la province, il doit être soumis à l'exa- 
men duTao et du Fou, dont la mission spéciale est de veiller à ce qu'il soit suffisamment 
épuré. Ils s'assureront qu'il est de bonne qualité, disposé en la forme ordinaire, et qu'il 
ne contient pas des parties moins pures, mélangées au reste par petits fragments. On 
inscrira avec soin le poids et le nombre des morceaux contenus dans chaque Mou long ou 
« caisse en bois », et le nom de la mine dont elle provient, afin que si une fraude est cons- 
tatée, on puisse en retrouver aussitôt l'auteur. Ces indications seront consignées sur 
un registre et présentées à chaque mandarin inspecteur. 

On notera, en outre, le nombre et le poids des tablettes ou briques de cuivre et le nom 
des Lou-fou qui les auront produites, afin que si la qualité en est inférieure à ce qui 
était stipulé on puisse exiger une réparation. Si, par suite de la négligence des inspec- 

1 Mandarin qui a la direction générale de toutes les mines. 



DÉPENSES DU TRÉSOR PUBLIC. 243 

leurs, on mélange au cuivre des matières plus lourdes, ceux-ci et les auteurs delà fraude 
seront mis en jugement. 

§ 4. — Tarif des transports. 

Le transport des métaux par terre dans l'intérieur de la province n'entraîne que des 
Irais insignifiants à côté de ceux qu'il faut faire pour les transporter ensuite par eau jusqu'à 
Pékin. Dans le premier cas, en effet, les habitants convoqués pour cette corvée ne doivent 
recevoir pour tout salaire que la nourriture. Mais à partir de la province de Kien et de 
celle de Chou 1 , il est d'usage d'employer la voie fluviale, car il y a là des rivières navi- 
gables jusqu'au Lou Iviang '. Aussi un grand nombre de gens de ces deux provinces 
gagnent-ils leur vie comme bateliers, et il est aisé de comprendre par là avec quelle diffi- 
culté les pauvres arrivent à gagner de l'argent. 

Il doit être envoyé, chaque année, à Pékin 6,331,440 livres de cuivre. Cette quantité 
est fournie par les mines récemment ouvertes, surtout celles qui sont plus particulière- 
ment désignées à Pékin. Les directeurs des mines ont l'obligation de faire transporter le 
minerai des grands magasins appelés Tien jusqu'aux foyers où il est traité. Les directeurs 
de ceux-ci doivent ensuite faire transporter le métal jusqu'à Tong tcheou. A partir de 
cette ville, la charge du transport soit vers la métropole de la province, soit vers d'autres 
lieux se répartit entre divers mandarins. 

Nous allons résumer dans le tableau suivant le prix du transport de 100 livres de 
cuivre des diverses mines de la province aux entrepôts qui leur sont assignés. Les mines 
marquées d'un astérisque sont récemment ouvertes et dépendent de celle qui les précède 
immédiatement. Les distances sont indiquées en nombre de stations ou journées de 
marche. 

1 Anciens noms du Kouy-tcheou et du Se-tchouen. Le royaume de Chou est célèbre, comme on sait, dans 
l'histoire chinoise. 

2 L'un des noms que porte le fleuve Bleu depuis Lou tcheou jusque vers Tchong-kin fou. 



Tableau 



244 



TIEN NAN KOUANG TCHANG. 



JURIDICTION 


NOMS DES MINES 


NOMS DES ENTREPOTS 


DISTANCES 


PRIX DU TRANSPORT 


Kiu-tsing fou 


Chouan-long. 


Siun tien. 


2 


0?2000 


Tong-tchouen fou. . 


Tang-tan . 


Tong tien. 


2 


0,2500 


Idem. 


* Kieou-long-tsin. 


Idem . 


» 


0,1870 


Idem. 


* Tsin-pao et Kouan-in chan. 


Idem. 


» 


0,1250 


Idem. 


* Ta-kouan. 


Idem. 


» 


0,6875 


Idem. 


* Tcha-ho. 


Idem. 


» 


0,6250 


Idem. 


Lou-lou. 


Idem . 


3 


0,4000 


Idem. 


* To-pao. 


Idem. 


» 


0,6875 


Idem. 


* Siao-mi chan. 


Idem. 


» 


0,6250 


Idem. 


Ta-chouy-keou. 


Idem. 


3,8 


0,4000 


Idem. 


* Lien-sin. 


Idem. 


» 


0,8125 


Idem. 


* Tsin-iuen. 


Idem. 


» 


1,4375 


Idem. 


Mong-lo. 


Ta-chouy-keou. 


4 


0,4500 


Idem. 


* Pou-eul. 


Idem. 


» 


0,5625 


Idem. 


Ta-fong-lin. 


Tong tien. 


6 


0,7300 


Idem. 


* Ta-tsey. 


Idem. 


» 


0,3750 


Idem. 


Tse-ngieou-po. 


Idem. 


2,5 


0,1250 


Idem. 


Se-tse-ouy. 


Idem . 


10 


1 ,2920 


Ta-kouan tong-tchc. 


Jen-lao-chan. 


Lou tien. 


9, S (P" en) 


0,6180 


Idem. 


Tsien-tchou-tang. 


Idem. 


11 («O 


1,0990 


Lou-tien tong-tche. . 


Lo-ma. 


Tchao tien. 


2 


0,2580 


Tchao-tong fou. . . . 


Kin-cha et Mey-tse-to. 


Lou tien. 


» 


0,1645 


Yun-chang bien. . . 


Siao-ngay-fong. 


Idem. 


» 


0,6390 


Tchen-hiong tcheou. 


Tchang-fa-po. 


Ngieou-kay tien '. 


3 


0,3000 


Lou-nan tcheou. . . . 


Fong-houang-po. 


Siun tien. 





0,6460 


Idem. 


Hong-che-ngay. 


Idem. 


6 


0,7750 


Idem. 


Hong-po et Ta-sin. 


Ouey tien. 


11 


1,1870 


Idem. 


Fa-kou. 


Idem. 


13 . 


1,6790 


Yun-long tcheou. . . 


Ning-tay et Ta-kong. 


Kouan tien. 


12,5 


1,5360 


Idem. 


* Ning-tay et le canal qui con- 
duit à la mine de Kou-yn. 


Idem. 


» 


0,3000 


Idem. 


* Tsiuen-ma-Hn. 


Idem. 


» 


0,9000 


Idem. 


* Lo-han chan. 


Idem. 


» 


0,7000 


Yun-pe tong-tche. . . 


Te-pao-pin. 


Idem. 


10,5 


1,3560 


Li-kiang fou. .... 


Houy-long. 


Idem. 


16,5 


1,6500 


Y-men hien 


Hiang-chou-po. 


Siun tien. 


14,5 


1,8730 


Mong-tse hien. . . 


Lao-tong-pin. 


Idem. 


21,5 


2,7770 


1 De là le minerai est envc 


yé à Lo-sin, éloigné de h stations de Ngif 


ou-kay tien, au prix de 0'. 


>16 les cent 


ivres. 



Le gouverneur du Si-tao transmettra à Siun tien tout le cuivre déposé à Kouan tien 
moyennant 2'. 1318 les 100 livres. La distance à franchir est de seize stations et demie. 
Le gouverneur du Tong-fao recevra tout ce qui lui sera ainsi envoyé par son collègue, 
chargera sur des chars tout le cuivre déposé à Siun tien et à Ouey tien et l'expédiera à 
Ouey-ning tcheou, ville distante de quinze stations, moyennant 0'.933 les 100 livres. 
Le préfet de Ouey-ning enverra ce cuivre à Tchen-hiong tcheou, ville distante de cinq 
stations, au prix de 0'.645 les 100 livres. Le préfet de cette dernière ville devra enfin le 
faire portera Lou tcheou. La distance est de treize stations, et le transport sera fait par eau 
moyennant 0'.936 les 100 livres. 

Le préfet de Tong-tchouen enverra à Tchao-tong, située à cinq stations el demie, le 



DÉPENSES DU TRÉSOR PUBLIC. 245 

cuivre déposé dans le Tong tien, « magasin oriental. » Le prix du transport est de 0'.709. 
Le préfet de Tchao-tong transmet ce cuivre et celui qu'il reçoit de la mine Lo-ma, par 
Takouan à Teou-cha kouan ou aujourd'hui à Yen-tsin tou. La distance est de six stations, 
et le prix du transport de 0'.774 les 100 livres. 

Le mandarin de Yun-chang fait transporter le cuivre qu'il reçoit de Siao-ngay-fang à 
Houang-tsao-pin, située à trois stations et demie, pour 0'.451 les iOO livres. 

Le mandarin de Ta-kouan joint au cuivre qu'il reçoit de Tchao-tong celui des mines de 
Jen-lao-chan et Tsien-tchou-tang. Le tout va s'emmagasiner à Yen-tsin tou. Le prix du 
transport par eau de ce dernier point à Lou-tcheou est de 0'. 858. 

C'est à Teou-cha-kouan que l'on prépare aujourd'hui les barques pour le transport du 
cuivre. On paye O'.Ol 8 pour le transport de 100 livres de métal du magasin à la barque. 
Le transport du même poids entre les rapides Long-kong-to et Tchou-kiuen-keou coûte 
0'.02; il faut ajouter encore O'.Ol pour le transport jusqu'à Yen-tsin-tou. C'est à ce der- 
nier point qu'on pèse et qu'on lie les gueuses de cuivre. Ce travail est fait à raison de O'.Ol 
par 100 livres. L'embarquement coûte 0'.03 pour le même poids. A Tchang-kia-o, on 
paye, en outre, 0'.03 pour le passage du rapide Kieou-long, à l'époque des eaux basses, et 
0'.03 pour le réembarquement du cuivre. La dépense totale pour 100 livres sera donc 
entre Yen-tsin-tou et Tchang-kia-o 0'.046. De Kieou-long tan, où les «nouvelles» barques 
viennent charger, à So-ien-tsin tou, le prix est de 0'.335; on y ajoute une distribution de 
viande pour les bateliers, distribution que l'on appelle Chen fou. 

Si les barques louées pour le transport entre Yen-tsin tou et Kieou-long tan ne sont 
que des barques de passagers ou si elles ne sont destinées qu'au transport du riz et du sel, 
on les payera à raison de 0'.28, en ajoutant toujours le Chen-fou. Si l'on est obligé de 
louer à Siu-tcheou fou , à Nan-ky ou à Kiang-ngan des barques pour le transport du 
cuivre entre Tchiang-kia-o et Lou tcheou, le prix par 100 livres transportées sera de 
0*. 22; on ne payerait que 0'.2 si les barques étaient des barques de riz, de sel ou de pas- 
sagers. 

Comme nous l'avons déjà dit, le mandarin de Yun-chang fait porter le cuivre qu'il 
reçoit à Houang-tsao-pin. De ce point (vulgairement appelé Pin tien) à Lou tien, le prix du 
transport par eau pour 100 livres est de 0'.9242. 

( Ce prix se décompose ainsi qu'il suit : du rapide Ta-ou-ky au rapide O-kiuen-ngay 
où l'on trouve des barques disposées pour le transport du cuivre, deux stations : le porl 
de 100 livres coûte 0M44; on distribue, en outre, 1 chen et 7 ho de riz. Du rapide 
O-kiuen-ngay au rapide Ta-han-tsao, deux stations : le prix est le même, moins la dis- 
tribution de riz. A cette dernière station, on loue des barques qui iront jusqu'à Lou 
tcheou, au prix de 0\6 ; on y ajoutera trois chen de riz. S'il fallait un transbordement au 
rapide Sin-kay, on le payerait à raison de O'.l; mais le riz serait supprimé.) 

Il y a annuellement quatre principaux envois de cuivre, et à chacun d'eux le préfet de 
Lou tcheou doit recevoir 1 ,104,450 livres de cuivre. Le tao-tay de Yun-ning, dans la pro- 
vince du Se-tchouen, payera sur le trésor public pour les frais de transport de Lou tcheou 
à Han-keou, 3, 063'. 6 auquel la coutume veut qu'il ajoute 273'. 6 pour les gratifications 



246 



TIEN NAN KOUANG TCHANG. 



et les vivres entre Tchong-kin et Han-keou. Le préfet de Kouy-tcheou, dans la province du 
I lou-pe, avancera pour le passage du célèbre rapide Sin 182'. 301 . Le Fan-kou, «coadjuteur 
du trésorier », de la province du Hou-pe devra ensuite payer pour le transport de Han-keou 
à Y-tchen 2,688'. 5 ; le Fan-kou de Kiang-ning devra payer 4,051'. 5 pour le transport de 
Y-tchen jusqu'à Tong tcheou; il sera enfin ajouté par le tao de Tien-tsin 500 taels; le 
total de ces sommes est 10,679'. 501 ; il y a encore pour diverses dépenses 1,617 taels; 
pour les vivres, 1,226'. 2485. 

Il y a, en outre, deux envois supplémentaires faits par le Yun-nan, de 940,991 livres de 
cuivre chacun, au préfet de Lou tcheou. Le tao-tay de Yun-ning payera sur le Trésor public 
pour les frais de transport de chacun de ces envois entre Lou tcheou et Han-keou 
261'. 187, auxquels il ajoute pour les gratifications entre Tchong-kin et Han-keou 234'. 4. 
Le mandarin de Kouy-tcheou, dans la province du Hou-pe, versera pour le passage du 
Sin tan 155'. 378 ; il ajoutera pour les frais de transport par terre « aux passages des 
rapides» 500 taels. Le tao-tay de la ville de Tien-tsin, dans la province de Tche-ly, payera 
400 taels. En tout 3,899'. 965. Pour diverses dépenses, il faut ajouter encore 1 ,416'. 25. Il 
est alloué pour les dépenses des mandarins chargés d'accompagner les barques 8 17'. 499. 

Voici maintenant les prix du transport de 100 livres de cuivre au Kiou de la capitale 
de la province pour les mines qui doivent acquitter là leur redevance : 



NOMS DES MINES 


DISTANCES 


PRIX DU TRANSPORT 


NOMS DES MINES 


DISTANCES 


PRIX DU TRANSPORT 


Tsin-long 

Ta-pao 

Ta-mey 

Lou-konang- tong. 
Sieou-tchouan. . . 
Hong-po et Ta-sin. 


6 



3,5 
6 
10 
4 


0*377 
0,500 
0,350 
0,600 
1,000 
0,400 


Fa-kou 

Hiang-chou-po. . . 
Gi-tou et Ouan-pao 

Tsay-tse-tsin . . . . 


6 
10,5 

6 
11 
13 


0/750 
1,050 
0,600 
1,100 
1 ,300 



DES TRANSPORTS DES MÉTAUX A PEKIN. 



Les montagnes de la province de Tien sont habitées par de nombreuses tribus barbares 
qui sont souvent un obstacle à la libre circulation des marchands. Les montagnes qui con- 
tiennent les métaux dans leurs profondeurs ne sauraient livrer passage aux chars et aux 
chevaux, et les hommes doivent transporter eux-mêmes sur leurs épaules et avec les plus 
grandes fatigues les produits de l'exploitation. S'ils se blessent, aucun médecin ne se 
trouve auprès d'eux pour les soigner. Il serait donc vivement à désirer que cet état de 
choses, qui dure depuis plus de cent ans, vînt à changer et que les routes pussent permettre 
aux chars et aux chevaux de faire les transports. Alors, comme l'eau qui descendavec impé- 
tuosité du sommet d'une montagne, le trésor public verrait ses ricl esses et ses revenus 
s'accroître rapidement. 

Nous allons parler maintenant des distances à parcourir et des itinéraires à suivre pour 
le transport des métaux. 

§ I er . — Distances» et itinéraires. 

Toutes les mines du Si-tao transmettent le cuivre destiné à Pékin à Siun tien. 
La mine de JNing-tay est à 730 li de l'entrepôt de Ta-ly, qui se nomme Kouan tien. 
Cette distance se décompose ainsi qu'il suit 1 : de la mine à Lao-ngieou kay, 50 li; de ce 

• ' Pour que ces itinéraires, dans lesquels j'ai puisé d'excellents renseignements géographiques et qui peu- 
vent èlre fort utiles aux voyageurs européens futurs, paraissent moins arides, je rappelle ici le sens des mots 



248 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

dernier point à O-mang kay, 60; delà à Chun-te, 70; de Chun-te à Lao-in po, 55; de 
Lao-in po à Yuen-iang tang, 60 ; de là à la forteresse des Mahométans (territoire de 
Chun-ning hien), 55 ; de cette forteresse au château d'O-mey, 70 ; d'O-mey à Tcha-lou 
(territoire de Yun-pin hien), 60; de Tcha-lou au fort de Ly-mi, 55; de Ly-mi à Kiao- 
teou, 60 li ; de Kiao-teou à Che-pin tsen (territoire de Mong-hoa tinh), 50 ; de Che-pin 
à Ta-ly fou, 55 (territoire de Tay-ho hien); de Ta-ly à Kouan tien « l'entrepôt » (ter- 
ritoire de Tchao tcheou), 30 li. 

La mine de Ta-kong est à 635 li du même entrepôt; de la mine à Pe-iang, il y a 
50 li ; de Pe-iang à Se-tsin, 40 ; de Se-tsin à Ki-tsen, 45 ; de Ki-tsen à Tang-ten (terri- 
ioire de Yun-long tcheou), 40 ; de Tang-ten à Ko-lang (territoire de Yun-pin hien), 45 ; de 
Ko-lang à Yun-long tcheou, 40 ; de Yun-long à Kouan-pin, 60 ; de Kouan-pin à Pey-y, 50 ; 
de Pey-y à Kiang-pang (territoire de Yun-long tcheou), 60 ; de Kiang-pang à Fong-yu 
(territoire de Lang-kiong hien), 50 ; de Fong-yu à Cha-pin (territoire de Teng-tchouen 
tcheou), 55 ; de Cha-pin à Ta-ly fou, 70 ; de cette dernière ville à l'entrepôt, 30 li. 

La mine de Te-pao-pin est à 690 li de l'entrepôt; de la mine à Pin-ho, il y a 55 li : 
de Pin-ho à lie -ou, 60; de He-ou à Man-kouantsen, 65; de Man-kouan à Tchen-hay, 60 ; 
de Tchen-hay à Yun-petinh, 60; de Yun-pe à Tsin-chouy-y, 70; de Tsin-chouy-y à 
Kin-kiang (territoire de Yun-pe), 70; de Kin-kiang à Pin-te tsen, 75; de Pin-te à Cha- 
pin (territoire de Teng-tchouen), 75 ; de Cha-pin à l'entrepôt, comme ci-dessus. 

La mine d'Houy-long est à 985 li de l'entrepôt ; de la mine à Yang-tchang, il y a 
45 li ; de Yang-tchang à Mou-ki-pa, autant; de Mou-ki-pa à Fe-chouy-tan, 55; de Fe- 
chouy-tan à Yang-chan, 50 ; de Yang-chan à Pey-tse-keou, 50 ; de Pey-tse-keou à Tong- 
tien, 50; de Tong-tien àLu-tsin, 70; de Lu-tsin à Hiang-to, 60; de Hiang-to à Cha-tso, 
55 ; de Cha-tso à Mong-kou, 55 ; de Mong-kou à Li-kiang fou, 50; deLi-kiang à Ho-kin 
Icheou, 80; de Ho-kin à San-tchong-pe (territoire de Ho-kin tcheou), 75; de San- 
tchong-pe à San-in (territoire de Lang-kiong hien), 55 ; de San-in à Cha-pin, 90 ; de 
Cha-pin à l'entrepôt, comme ci-dessus. 

Kouan tien est situé à 1,180 li de Siun-tien ; de Kouan tien à Tchao tcheou, il y 
a 30 li ; de Tchao tcheou à Hong-ngay (territoire de Tchao tcheou), 60 ; de là à Yun-nan-y 
(territoire de Yun-nan-hien) , 95 ; de là à Pou-pong (territoire de Yao-tchou) , 70 ; 
de Pou-pong à Cha-kiao (territoire de Tchen-nan tcheou), 90 ; de Cha-kiao à Lu-ho, 60 : 
de Lu-ho à Tchou-hiong fou, 60 ; de Tchou-hiong à Kouang-tong hien, 70 ; de Kouang- 
tong à Che-tse (territoire de Kouang-tong hien), 70 ; de Che-tse à Lo-fong hien, 90 ; 
de Lo-fong à Lào-ia kouan (territoire de Lo-fong hien), 70 ; de La o-ia à Ngan-ning 

qui terminent le plus fréquemment les noms de lieux cités, et qui donnent une idée de leur importance 
ou de la physionomie du pays : kay indique un marché, tang, che ou hay le voisinage d'un étang ou d'un lac ; 
tsin signifie puils ou lieu d'extraction d'eaux salines, tou un port, tien un entrepôt ;po, qui veut dire pente, 
versant, indique que le village est construit à un col ; keou, qu'il se trouve à l'embouchure d'une rivière ; tan, 
sur les bords d'une rivière auprès d'un rapide ; tsen indique un poste fortifié, kouan une forteresse, kiao un 
pont ou lieu de passage sur une rivière, hou le point d'établissement d'un bac, etc., etc. Il faut surtout 
donner le sens ci-dessus à celles de ces expressions qui ne sont pas réunies par un trait d'union au reste du 
nom de la localité. 



TRANSPORT DES METAUX. 249 

tcheou, 95; de Ngan-ning à la capitale de la province, 75; de là à Pan-kiao (territoire 
de Kouen-ming hien *), 40 ; de Pan-kiao à Yang-lin (territoire de Song-ming tcheou), 60 ; 
de Yang-lin à Y-long (territoire de Siun tien), 75 ; de Y-long à l'entrepôt Siun, 70. 

Ce dernier entrepôt est à 15 stations ou 15 journées de marche de l'entrepôt d'Ouei- 
ning. De la porte Est de la ville au fleuve Mien-eul par Ou-long-tan jusqu'à Fa-ta-teou, 
une station ; de ce dernier point par Leang-chouy-tsin, Hay-tong-tsin, et Me-ti jusqu'à Pâ- 
te, une seconde ; de Pa-te par Pe-tou-ke-cho à Te-ouy, une troisième ; de Te-ouy par 
Hoang-long-tong et Siao-fa-tou, jusqu'à Tche-tchang, une quatrième ; de Tche-tchang 
par Ta-po chan, Tsi-tao-ouan-touy chan, Ki-chouy tang, « étang d'eau potable », et Fey- 
song-lin à Kay-y, une cinquième ; de Kay-y par O-ouang po à San-chouy tang, une sixième ; 
de San-chouy tang par Kiou-tsong po et Lieou-chou tsen à Hoang-tou-tchong, une sep- 
tième ; de là par Kan-hay-tse, Siao-ouan ho et Tchang-lin-tse àSiuen-ouei tcheou, une hui- 
tième ; on sort de Siuen-ouei par la porte de l'Est et par Ouang-kia-hay-tse, Mo-tsouy po, 
Tsong-fong-lin, Liang-hoang-tchong, Ta-pin-ty; on arrive à Lay-pin-pou, neuvième sta- 
tion; de là par Ngieou-gi tang, Tchang-po et Tong-chang-pou à Kiaou-pao-tse, dixième 
station ; de Kiaou- pao-tse par Mou-koua-tsin, Tsi-li tien et Lao-ya-lin à Tcheou-fou kiao, 
onzième station ; de Tcheou-fou kiao par Mou-koua-siao, San-tchouan-ouan, Tsiun-kia- 
che, Chouy-tang-pou, Louan-che-ouan à Ko-tou kiao, douzième. (H y a là un pont en bois 
jeté sur le Ko- tou ho.) De là par Yang-kiao-ouan à Tsin-teou-pou, treizième station ; de 
Tsin-teou-pou par Hong-che-ngay à Fey-lay-che, quatorzième; de Fey-lay-che par Kang- 
hia hay, Che-kiao-ti et Po-ky-ouan, on arrive enfin à Ouei-ning tcheou. Il y a là une route 
pavée sur laquelle peuvent circuler les chars à bœufs. Si cette route n'était pas empierrée, 
la circulation y serait presque impossible pour les chars, surtout après les pluies. Aussi 
doit-on la refaire tous les cinq ou six ans. La dix-neuvième année de Tao-kouang, il a 
été dépensé pour réparer cette route, 2,100 taels. 

Du magasin d'Ouei-ning à Tchen-hiong tcheou, il y a cinq stations : la première, à 
partir d'Ouei-ning, est Kao-gien-tsao ; la seconde, O-ki-tche; la troisième, Pou-sa tang ; 
la quatrième, Tao-iuen ; la cinquième, Tchen-hiong tcheou. De ce point à Lo-sin tou, 
lieu d'embarquement, il y a également cinq stations. On arrive à la première, Kou-mong- 
po par Pan-kiao et Choua-pou-lin ; de là, par Lou-tsin-tang, He-gi-kong et Tchou-tong 
au fleuve Yu-gi, seconde station ; de Yu-gi ho par Hoang-tou-po et Gen-ko-tsoui à Hoa- 
che-lin, troisième station; de Hoa-che-lin par Lien-san po et San-tcha-lou à Tchong- 
tsen, quatrième station; de là on arrive à Lo-sin tou par Lo-hay. 

De Lo-sin tou aux magasins de Lou tcheou, la route se fait par eau en huit étapes : 
le rapide Mou est la première, le rapide Tsan la seconde, Nan-kouang 2 la troisième. Les 
cinq autres stations sont entre Nan-kouang et Lou tcheou. Pour que le cuivre soit trans- 
porté avec plus de sécurité, on travaille chaque année à élargir les parties étroites et torren- 

1 Nom de l'arrondissement dont Yun-nan fou est le chef-lieu. 

2 Aujourd'hui Khing-fou hien, ville du Se-tchouen, située sur le Yun-nan ho, affluent du Fleuve Bleu. Le 
nom de Nan-kouang est celui que portait celte ville sous la dynastie des Han, il y a plus de dix-huit siècles. 
Celte antiquité est la principale raison qui le fait préférer par l'auteur au nom moderne. 

II. 32 



250 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

tueuses de la rivière. La dixième année de Kien-long, le passage dans les rapides suivants, 
entre Lo-sin tou et Nan-kouang, fut rendu facile 1 ..., Ces rapides proviennent des pierres 
et des sables qu'entraînent les grandes pluies dans le lit du fleuve; aussi doivent-ils être 
examinés chaque année, et la province consacre à leur amélioration une somme de 
300 taels. 

Des magasins de Tong-tchouen à ceux de Tchao-tong, il y a cinq stations et demie : 
Hong-che-ngay est la première. Tien-chen tang est à une demi-journée de là ; de cet étang 
à Y-tche-siun, il y a une journée entière ; Kiang-ti, Ta-chouy tang et Tchao-tong sont les 
trois dernières étapes. 

La mine de Tang-tan est à deux journées de Tong-tchouen ; l'étape intermédiaire, Siao- 
kiang, est à 85 li de la mine et à 70 de Tong-tchouen. 

De la mine de Lou-lou à cette dernière ville, il y a trois journées et demie ; de la mine à 
lloang-isao-pin, on compte 35 li ; de là à Siao-tien-pa, 55; de Siao-tien-pa à Tsien- 
chan tang, 60; ce dernier point est à 65 li de Tong-tchouen. 

La mine de Ta-choui-keou esta trois journées et demie de cette ville; de la mine à 
lloang-tsao-pin, on compte 35 li; la route se continue ensuite comme ci-dessus. 

De Meou-lou à Tong-tchouen, il y a sept journées et demie ; de cette mine àTao-chou- 
pin, on compte 60 li ; de Tao-chou-pin à Chou-kie, 60 ; de Chou-kie à Miao-tse tsen, 50 ; de 
Miao-tseàTa-chouy-keou, 50 ; on connaît la route de cette dernière ville à Tong-tchouen. 

De Ta-fong-lin à Tong-tchouen, il y a six étapes : de la mine à Chou-kie tou, il y a 
00 li; de ce point, la route se continue parle Kin-cha kiang jusqu'à Leang-chouy-tsin, 
situé à 65 li ; de là à Iao-tien-tse, 60 li ; de Iao-tien-tse à Lao-tsen-tse, 60 ; de là à Tsien- 
chan tang, où l'on retrouve la route déjà indiquée pour la mine Lou-lou, 65 li. 

Tse-ngieou-po est à deux journées et demie de Tong-tchouen ; de cette mine à Tse- 
tou-tsin, il y a 30 li; ce dernier point est à 60 li de Tsien-chan tang. 

Se-tse-ouy est à dix étapes de Tong-tchouen. La première est Ma-lou tang (territoire de 
Lo-kiuen bien) à 60 li de la mine ; la seconde, Sa-sa tchang, à 55 li au delà; la troisième 
Fong-mao-lin, à 55 li; la quatrième, Fa-o à 70; la cinquième, Houey-ly tsen, à 60; la 
sixième, Siao-tong tchang, à 50; la septième, Ki-tchao-ka (territoire du Se-tchouen et de 
la ville d'Houey-ly tcheou), à 60 ; la huitième, Mong-kou (territoire d'Houey-y hien), 
à 65 ; la neuvième, San-tao-keou, à 60 ; ce dernier village est à 60 li de Tong-tchouen. 

De Tchao-tong à Teou-cha kouan, il y a six journées : la première station est Ou- 
tche-pou ; la seconde, Y-ouan-chouy ; la troisième, Hiong-chouy-siun ; la quatrième, 
Kien-hay-tse ; la cinquième et dernière avant Teou-cha Kouan est Tsi-ly-pou. 

De Teou-cha Kouan (l'embarquement se faisant à Yen-tsin-tou, l'entrepôt se nomme 
aujourd'hui Tsin tien) à Lou tcheou, il y a par eau 1,405 li (la route par eau abrège le 
voyage d'un jour). De Teou-cha Kouan à Yen-tsin-tou on franchit les rapides appelés Long- 
hong-to, Pan et Tchou-kiuen-keou. De Yen-tsin-tou à Siu-tcheou fou, on rencontre 
ceux de Hoang-ko, Ta-pa-to, Tsin-tsay, Sin, Hoa-tang, Pe-long, Kieou-long, Tchang- 

1 Suit une liste de î>7 rapides, dont les noms seraient peu intéressants à transcrire. 



TRANSPORT DES MÉTAUX. 251 

kia et Kao. De Siu-tcheou fou on se rend par Mou-teou-hao à Kiang-ngan hien ; de là à Na- 
ky hien, et enfin à Lou tcheou. Au-dessous de Yen-tsin-tou, « port de Lou tcheou », il y a 
encore les rapides de Tin-chan-lsy, Hoang-ko-tsao, Men-lan, Tou-ti, Ming, Mey-tse-siuen 
et Long-men-che. Il faut chaque année dégager ces rapides de l'accumulation de pierres 
et de sable produite par les pluies. 300 taels sont consacrés par la province à ce travail. 

De Hoang-tsao-pin à Lou tcheou il y a huit journées de marche par eau. La première 
étape est Ta-ou-ky distante de 1 37 li : il y a 1 6 rapides à franchir dans l'intervalle ; la seconde 
est Ko-kiuen-ngay, à 139 li : il y a 21 rapides; la troisième est Han-tsao, la quatrième Sin- 
kay tan ; de ce point à Lou tcheou il y a cinq étapes, pendant lesquelles on franchit sur le Kin- 
chakiang 50 rapides. 1,000 taels sont affectés annuellement au déblaiement de ces rapides. 

La mine de Lo-ma est à 60 li de Lou-tien, ville qui est elle-même à 60 li de Tchao-tong. 

La mine de Chouan-long est à 50 li de Hong-ko-in, qui est à 50 li de Siun tien. 

La mine de Mey-tse-to sur le Kin-cha kiang est par le fleuve à 250 li de Ngan-pien ; 
de ce dernier point à Siu-tcheou-fou, il y a 100 li ; de Siu-tcheou à Nan-ki, il y en a 190 ; 
enfin Nan-ki est à 1 50 li de Lou tcheou. 

De la mine de Jen-lao-chan à Lou tcheou, il y a par la route fluviale neuf étapes; de la 
mine à Lo-chouy-tsen il y a 80 li; de là à Ile-tao-pa il y a 90 li ; de He-tao-pa à Miao- 
keou, 40 ; de Miao-keou à Lou tcheou, il y a par eau 1,045 li. 

De Tsien-tchou-Iang à Lou tcheou il y a onze stations ; la première est Choua-pou à 
75 li ; la seconde To-che-tsen, à la même distance ; la troisième est Teou-cha kouan à 85 li. 
De ce dernier point à Lou tcheou il y a 1,462 li. 

De Tchang-fa-po à Lou tcheou il y a quinze stations; la première est Leang-leou- 
keou, à 45 li ; la seconde est Eul-ten-po, à 50 li ; la troisième, Ngieou-kay-tien, à 45 li; la 
quatrième, Iioang-chouy, à 70 li; la cinquième, Hoa-kia-pa, à 80 li; la sixième, Che- 
tsao-kong, à 70 li ; la septième, Lo-sin-tou, à 50 li. On connaît les huit étapes navales de 
ce point à Lou tcheou. 

De Siao-ngay-fang à Lou tcheou il y a huit jours de route. La première étape est Si- 
cha-ki, à 40 li ; la seconde, Kiang-keou, à 70; la troisième, Ta-han-tsao, à 140; de ce 
dernier point à Lou tcheou il y a par eau 979 li. 

De Lao-tong-pin à Siun tien , la route passe d'abord à Kiey-pay, situé à 50 li de la 
mine, puis àTa-pin-tse, à 60 li de là; à Lao-lin-tsin (territoire d'un poste frontière qui re- 
lève de Kien-chouy hien 1 ), à 55 li, à Fong-tchouen-li (territoire de Mong-tse hien), à 60 li ; 
à Kao-ou-ka (territoire du Tou-pa-tsong), à 55 li; à Hoa-kou-pe, à 60 li; à Ye-tou-ti, à 
60 li ; à Ko-kieou-tchang (territoire de Mong-tse hien), à 55 li; à Mong-tse hien, à 60 li ; 
à Ta-ten, à 30 li; à Ki-kay, à 60 li; à Pan-tse-hoa (territoire de Kien-chouy hien), à 70 li ; 
à Sin-fan-y, à 70 li ; à Kouan-y, à 80 li ; à Tong-hay hien, à 60 li ; à Kiang-tchouen hien, 
à 70 li ; àTsin-ning tcheou, à 80 li; à Tchen-kong hien, à 50 li; à Pan-kiao (territoire de 
Kouen-ming hien), à 55 li ; à Yang-lin, à 60 li ; à Y-long, à 70 li ; Siun tien est à 50 li de 
ce dernier point. 

1 Nom de l'arrondissement dont la ville de Lin-ngan fou est le chef lieu. 



252 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

Pour se rendre de Hiang-chou-po à ce même entrepôt, on passe à Fa-piao, situé à 90- 
li de lamine ; à Yu-kien, à 30 li ; à To-tien, à 60 li ; à Nan-ngan tcheou, à 70 li ; à Tchou- 
liiong fou, à la même distance ; on rejoint là la route déjà indiquée entre Kouan-tien et 
Siun tien. 

De Fong-houang-po à Siun tien, on passe par O-iuo-pou, situé à 50 li de la mine, puis 
à Lou-leang tcheou, à la même distance; à Tao-tchang-pou, à 45 li ; à Ma-long tcheou, à 
43 li ; cette dernière ville est à 45 li de Siun tien. 

De Hong-che-ngay à Siun tien, les étapes sont Ta-mc-li, à 60 li; O-iuo-pou, à 50 ; 
les autres comme ci-dessus. 

De Hong-po et Ta-sin à Siun tien, les étapes sont : Lou-nan tcheou, à 50 li; Kou- 
tchen, à 70; Y-che hien, à 65; Y-long, à 60; Siun tien, à 50. 

De Fa-kou à Ouei tien, les étapes sont : Sin-tsen, à 50 li ; Tse-tsin, à 55; Tien-cha, 
à 50; Ouang-kia-tchouang, à 50; Ma-long tcheou, à 47; He-kiao, à 60; Tsen-hoa-pou, 
à 55; Yun-ngan-pou, à 70; Che-ia-keou, à 90; Ko-tou, à 95 ; Tsin-teou-pou , à 40; 
Fey-lay-che, à 45; enfin, Ouei-ning tcheou, à 40. 

Voici enfin l'itinéraire de Lou tcheou à Pékin : de Lou tcheou à Ho-kiang hien , il y a 
630 li par le fleuve. On a à franchir le rapide Che-pi-tse. De Ho-kiang à Kiang-kin hien, on 
compte 360 li ; il y a deux rapides. De Kiang-kin à Pa hien, 240 li; il y a dix rapides. De 
Pa hien à Tchang-tcheou hien, 180 li. De Tchang-tcheou à Fou tcheou, 220 li; deux ra- 
pides. De Fou tcheou à Fong-tou hien par le rapide Tsang-pey-leang, 90 li. De Fong- 
tou à Tchoung tcheou, 120 li ; deux rapides. De Tchoung tcheou, par le rapide Ta-hou- 
tang, à Ouan hien, 120 li. De Ouan hien à Yun-yang hien, 120 li; cinq rapides. De Yun- 
yang à Fong-tsie hien 1 , 13011; cinq rapides. De Fong-tsie à Ou-chan hien, 30 li ; huit 
rapides. De Ou-chan à Pa-tong hien dans la province du Hou-pe, 150 li; sept rapides. 
De Pa-tong à Koue tcheou, 90 li; trente rapides dans l'intervalle., « parmi lesquels le 
fameux rapide Sin. » De Koue tcheou à Tong-fou hien 2 , 90 li; treize rapides. De Tong- 
fou à Y-tchen hien, 90 li. De Y-tchen à Tche-kiang hien, 90; trois rapides. De Tche- 
kiang par le rapide Tsay-li-keou à Song-tche hien, 90 li . De Song-tche à Kiang-lin hien, 
1 20 li ; quatre rapides. De Kiang-lin à Kong-ngan hien, 1 60 li. De Kong-ngan à Che-cheou 
hien, 120 li. De Che-cheou à Kien-ly hien, 120 li. De Kien-ly par le rapide Kieou-long 
et en remontant par Fan-tsouy à Pa-lin hien, 130 li. De Pa-lin par Fan-tsouy 3 à Kia-iu 
hien, 100 li. De Kia-iu par Kou-koua tcheou à Han-iang hien 4 , 250 li. De Han-iang 
à Hoang-kang hien, 240 li. De Hoang-kang jusqu'à Ta-ie hien,- 270 li. De Ta-ie hien 
jusqu'à Te-hoahien dans la province du Kiang-si, 180 li. De Te-hoa, où est la douane, 
on continuera jusqu'à Hou-keou hien, distant de 60 li. De Hou-keou à Pen-y hien, 90 li; 



1 Nom de l'arrondissement dont Koui-tcheou fou est le chef-lieu. 

2 Nom de l'arrondissement d'Y-tchang fou. J'abrège cette énumération très-minutieuse, et je ne conserve 
que les noms de lieux nécessaires pour suivre cet itinéraire sur la carte. 

3 Nom différent du Fan-tsouy précédent ; le premier est écrit avec le caractère fan « retourner, » le se- 
cond avec le caractère fan « étranger. » 

; ' Nom de l'arrondissement de Han-iang fou, ville située vis-à-vis de Han-keou etOu-tchang. 



TRANSPORT DES MÉTAUX. 253 

de Pen-y à Tong-lieou hien de la province du Ngan-hoei, 90 li ; de Tong-lieou à Houay- 
ning hien, 80 li ; d'Houay-ning à Kouei-tche hien, 160 li; de Kouei-tche à Tong-lin 
hien, 100 li ; de Tong-lin à Fan-tchang hien, 90; de Fan-tchang à Ou-fou hien, 90; de 
Ou-fou, on il y a une douane, à Tang-tou hien, 70 li ; de Tang-tou à la douane Long-kiang 
kouan de Kiang-ning fou (Nankin), 120 li ; de Kiang-ning à Y-lchen hien « ou mieux Ngi- 
tchen, » 1 20 li ; de là on remonte le Houay ho pendant 70 li jusqu'à Yang-tcheou fou ; de ce 
point à Kao tcheou, 1 20 li ; de Kao à Pao-in hien, 1 20 li ; de Pao-in à Houay-ngan fou, dont 
le nom d'arrondissement est Chan-iang hien, 80 li ; de la douane decepointàTsin-hohien, 
40 li; de là au Pe-iang ho, 157 li ; de là au pont Ou-hoa de la ville de Kou-tchen, 15 li; 
de ce pont à Siou-kien hien, 40 ; de Siou-kien à Su-tcheou fou, 95 ; de là à Y hien, 121 li ; 
de Y hien à Ten hien, 186; de Ten à Pey hien, 155; de Pey à lu-tay hien, 37; de In- 
lay à Tsi-ning fou, 30; de Tsi-ning à Kiu-ie hien, 70; de Kiu-ie à Kia-hiang hien, près 
de la bouche du Yuen-kia, 45 li ; de Kia-hiang à Ouen-chang hien, 60 li ; à Cheou-tchang 
hien, 78; àLieou-tchenhien, 30; àLin-tsin tcheou, 134; àOu-tching hien, 75 ; delààSe- 
ngiu che, « temple des Quatre-Vierges » , sur la frontière de la province du Pe-tche-ly, 181 li; 
de là à Ou-kiao hien, 1 10 ; à Fan-py hien, 130 ; de ce point par le Tchouan ho à Tsang 
tcheou, 70 li; de Tsang tcheou à Tien-tsin, où il y a une douane, 268 li; de là à Ou-tsin 
hien, 180 li ; de Ou-tsin à Tong tcheou, 140; de là au pont Ta-tong « de Pékin », 40 li. 

Exposé des raisons données par tous les administrateurs de la -province pour obtenir le transport du cuivre 

de Siun tien à Po-ngay. 

Comme, dans le transport du cuivre à Pékin, on est obligé de s'exposera une navigation 
dangereuse sur les fleuves du Se-tchouen, et que ce transport doit se faire en général à partir 
du second et du troisième mois de l'année, moment où les neiges fondent sur les mon- 
tagnes, où la pluie tombe abondamment et où l'inondation se prononce, il arrive que de 
fréquents naufrages engloutissent les barques et leurs chargements : la rapidité exigée sur 
la route ne permet pas que l'on s'arrête pour tenter de sauver le cuivre perdu, et le gou- 
vernement ne reconnaissant pas cette perte, il faut acheter de nouveau du cuivre dans 
le Yun-nan. La province s'épuise ainsi à remplacer chaque année le cuivre englouti 
dans les eaux. Ne serait-il pas plus sage de choisir une époque ou une route plus favorable 
et moins féconde en malheurs ? Si l'on examine ce qui se passe dans les achats de cuivre 
faits par les autres provinces, on trouvera qu'il n'est jamais arrivé d'accident au métal qui 
a été transporté par les rivières et les fleuves du Liao-si. La 37 e année de Kien-long, le 
Tao-tong de Tong-tchouen tint conseil avec tous les hommes sages de la province, et 
il fut décidé que l'on demanderait que le transport du cuivre à Pékin eût lieu par Po- 
ngay, qui donne accès aux fleuves du Liao-si l . Le Ngie se 2 , nommé Su, ayant assemblé le 

1 Ancien nom des provinces de Kouang-si et de Kouang-tong. Po-ngay est une petite ville située sur le 
Hong Kiang ou Pleuve de Canton. Ce fleuve communique par un de ses affluents, canalisé dans sa partie su- 
périeure, avec le Siang Kiang, grande rivière qui traverse le Hou-nan et va se jeter dans le lac Tong-ting, 
qui se déverse lui même dans le Yang-tse Kiang. 

2 Titre de pro-vice-roi. 



254 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

conseil de la province et soigneusement discuté toutes les circonstances de temps, de lieux 
et de distances, arriva à cette conclusion, que le transport du cuivre de Yun-nan à Pékin 
par Po-ngay et Han-keou était de l . 04 par 100 livres plus cher que le transport par Siun 
tien, Lou tcheou et Han keou ; que sur les deux millions de livres de cuivre que Yun-nan 
recevait directement des mines, plus de 1,900,000 pouvaient être envoyées par Tchou- 
yuen tsen à Po-ngay, moyennant un surcroit insignifiant de dépense de 770 et quelques 
taëls; que cet argent pouvait être pris sur le prix du transport de celte même quantité de 
cuivre de Yun-nan à Siun-tien et Tchao-tong, qui s'élevait à sept cent et quelques dizaines 
de taëls; que c'était là d'ailleurs le prix de 8 à 9,000 livres de cuivre perdues dans le 
fleuve, perte qui peut se renouveler jusqu'à deux ou trois fois dans le cours d'un voyage. 
Il en résultait donc que comme dépense, ces deux routes étaient à peu près équivalentes, 
et qu'il valait mieux choisir une route plus sûre, quoique plus longue, pour que le cuivre 
arrivât dans toute son intégrité à destination. 

Le conseil décida donc que tout le cuivre qui venait se réunir dans les magasins de Siun 
tien, serait transporté, par la route de l'Est, de cette ville à Po-ngay, et qu'on se servirait 
des deux routes pour accélérer le transport. Pour la route du Sud, « celle de Yun-nan à 
Po-ngay», on arrêta que le cuivre séjournerait à Kouang-nanfou pendant l'été et l'automne, 
pour éviter les maladies qui déciment pendant les chaleurs les bêtes de somme. L'hiver, 
on lui ferait continuer sa route sur Po-ngay, et là, tout le cuivre de l'impôt réuni serait expé- 
dié en une seule fois à Pékin. 

Quant au cuivre de Ning-tay et des autres mines du Si--tao, qui est d'une qualité in- 
férieure, il faudrait inscrire sur chaque Kouay le nom de la mine, afin qu'on ne puisse 
altérer par des mélanges les différentes espèces. Le cuivre de cette partie de la province 
est transporté directement à la capitale de Ning tay et du magasin de Hia-kouan ; il fau- 
drait que de Yun-nan, par les soins des mandarins de Kouang-si tcheou et de Kouang-nan 
fou, il fut transporté à Pe-see, d'où les Ouy-yuen l'accompagneraient à Pékin. 

Pour ce qui est de la route de terre à l'Est de Siun tien, il faudrait disposer des stations ; 
l'huile, le papier, les pinceaux nécessaires seraient fournis par Siun tien et Ouei-ning, pro- 
portionnellement à la quantité de cuivre. La 47 e année de Kien-long, on a placé sur cette route 
des postes de gardiens : ils pourraient servir à protéger et à hâter le transport du cuivre. 

Cette décision ne fut pas mise en vigueur, quoique l'argent nécessaire eût été versé. 
Seule, la route de Yun-nan à Po-ngay est suivie aujourd'hui pour le cuivre à destination du 
Liao-si, malgré l'accélération qui résulterait de la division par Siun tien. On économise- 
rait en effet le temps que met le cuivre à venir de Tchen-hiong et d'Ouei-ning à Yun-nan. 
On invoque, il est vrai, les difficultés de la route déterre à l'Est de Siun tien. Mais si la 
décision relative à cette route était prise, on pourrait se servir de chars et de bœufs comme 
pour le cuivre qui vient du Sud de la province. Il serait à craindre, il est vrai, que le nom- 
bre de barques dont dispose Po-ngay ne fût insuffisant; mais le préfet de Kouang-nan pour- 
rait s'occuper de les faire rassembler très-longtemps à l'avance. Telle est la décision que 
le Tsong-tou et le Iliun-fou de la province pourraient soumettre à l'approbation de l'em- 
pereur. Dans ce cas, le trésorier du Kiang-si n'aurait plus à s'occuper du transport. Le 



TRANSPORT DES MÉTAUX. 255 

Tche-kiang et les autres provinces au delà du Hou-nan feraient continuer la route flu- 
viale en faisant passer le cuivre par le lac Tong-ting. 

§ 2. — Des barques affectées aux transports. 

Il faut maintenant donner quelques indications relatives aux dimensions et à la capa- 
cité des barques qui, soit dans la province de Tien, soit dans celle de Chou, sont affec- 
tées au transport du cuivre. Ce service demande les gens les plus fidèles et les plus 
minutieux, car la moindre négligence peut entraîner les plus grands malheurs en raison 
des difficultés et des dangers de la navigation. 

Chaque fois qu'il y a lieu de faire un envoi de cuivre des provinces du Yun-nan et du 
Kouy-tcheou à Pékin, le tao de Yun-ning, assisté du tche-hien de la même ville et du 
tche-tcheou de Lou tcheou, doit prendre toutes les mesures nécessaires pour que le trans- 
port se fasse en toute sécurité jusqu'à Tchong-kin. Le tao de cette dernière ville et le tong- 
tche de Kiang-pe disposeront tout pour le transport de Tchong-kin à llan-keou ; enfin le tao 
de Hoang-te, le tong-tche de Han-iang s'occuperont du transport jusqu'à Kiang-ning. A 
partir de ce point, le tao de Yen-siun et le tche-hien de Ngi-tchen feront transporter le 
cuivre jusqu'à Pékin. Si en route un détournement est constaté, le chef du convoi devra 
indemniser l'État sur ses propres deniers, en sus de la peine à laquelle il pourra être 
condamné. 

Le choix le plus attentif devra présider à la désignation des mandarins chargés d'ac- 
compagner les barques. Les barques elles-mêmes doivent être choisies parmi les plus 
grandes. Elles seront inspectées par le préfet de Lou tcheou, assisté du Tcheou mou \ 11 
exige de chacun des patrons un écrit par lequel il accepte la responsabilité et se porte 
caution des objets qui lui seront confiés. Le tao de Tchong-kin, assisté du préfet de Kiang- 
pe, examinera ces contrats et payera à chaque patron un prix de location proportionnel au 
temps écoulé. Ce soin ne devra être confié par eux à aucun de leurs subordonnés. A partir 
de Tchong-kin, ce sont les mêmes barques qui effectuent le transport soit jusqu'à Tong- 
tcheou, soit jusqu'à Han-keou ou Kiang-ning, suivant le temps, les circonstances et la 
décision des autorités que cela concerne. 

Dans le passage des rapides dangereux, les mandarins préposés au transport veillent à 
ce que les barques se prêtent une aide mutuelle et ils président au travail revêtus de leurs 
insignes, pour éviter qu'on ne soit obligé d'appeler à l'aide des ouvriers ou des mariniers 
étrangers : ces mandarins ont le titre de Jeoic ki ou de Tou se 2 . 

Pour le passage de chaque rapide, on engage comme pilotes quatre ou cinq hommes 
habiles de la localité, à qui l'on donne une récompense suffisante, s'ils conduisent sûre- 
ment les barques, mais qui peuvent au contraire être punis s'ils occasionnent quelque 

1 Inspecteur des charpentes, mandarin qui a la juridiction d'un Tcheou, tout en lui étant inférieur comme 
grade. 

2 Mandarins militaires; le premier a une dignité équivalente à celle de Tao-tay; le second, à celle de 
Tche-fou. 



256 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

dommage. Les préfets de chaque ville devront veiller à ce que des gens expérimentés seuls 
acceptent ces fonctions. 

A Tchong-kin, il faudra ajouter toujours quatre barques au convoi, pour le prix de 
location desquelles il est alloué 182 '.2, plus 13 taels pour différents ustensiles dont il faut 
les munir. Si la quantité de cuivre transportée était plus grande que de coutume, il faudra 
ajouter une cinquième barque, ce qui portera le prix de location à 234 '.4, et à 16 \25 le 
prix des dépenses supplémentaires. Tout ce qui est relatif au cuivre de l'impôt devra être 
soigneusement inscrit sur des registres. 

On ne devra jamais mettre sur chaque barque plus des huit dixièmes de ce qu'elle 
peut porter en totalité et les mandarins s'assureront en personne de son contenu et de son 
tonnage. Si l'on doit transborder le cuivre dans de plus petites barques, les mandarins qui 
ont accompli l'itinéraire précédent fixeront la quantité dont on doit diminuer chaque 
chargement et inscriront soigneusement ce chargement sur les registres. S'ils décou- 
vrent une fraude, ils feront décharger de la barque toutes les marchandises autres que le 
cuivre i , et battre de verges le propriétaire. En outre, celui qui aura été assez hardi pour 
vendre en secret le cuivre, sera condamné à une peine. 

De Tchong-kin à Y-tchang, les rapides sont nombreux et dangereux ; aussi devra-t-on 
veiller avec le plus grand soin que, dans l'espèce de barque appelée Kia tseou 2 , il n'y ait 
que 10,000 livres de cuivre, et que les autres barques n'en contiennent que 50,000. S'il y 
a un excédant de poids de vingt et quelques mille livres, on pourra le répartir entre toutes 
les barques; mais si cet excédant atteint 30,000 livres, il faudra louer une barque de plus. 
La même règle, pour l'excédant, s'appliquera proportionnellement au chargement des plus 
petites barques. 

Quand le cuivre est parvenu à Han-keou, il doit être entièrement chargé dans dix 
barques de la province de Hou-nan, contenant chacune 32,000 livres, et dans trente-deux 
jonques du Hou-pe, de l'espèce appelée Tchou tchouan, qui peuvent porter chacune 
40,000 livres de cuivre. A Kiang-ning, on les remplacera par vingt-six grandes barques 
de l'espèce appelée Kieou tchouan, dont le chargement est de 55,000 livres, auxquelles 
on ajoutera treize barques de môme espèce, mais plus petites, qui prendront chacune 
36,000 livres de métal. 

Sur le passage du convoi du cuivre ou du plomb du gouvernement, les mandarins 
disposent à l'avance des gardiens et des soldats pour le protéger. A chacun des envois ré- 
glementaires de cuivre, chacun des mandarins des lieux de passage envoie sept gardiens 
et treize soldats; dans les envois supplémentaires, ce nombre est. élevé à huit gardiens et 
seize soldats.' Dans la province du Se-tchouen particulièrement, où abondent les dangers 
de navigation, ""on devra tenir toujours prêts des soldats et des mariniers adroits. 

1 II est toléré que les Ouy-iuen ou mandarins chargés du transport embarquent avec eux des marchan- 
dises'dont ils commercent et qui passent en franchise aux douanes. Mais ils ne doivent pas, par amour du gain, 
charger les barques au delà des 8/10 réglementaires. C'est contre cette tentation que les prémunit le texte de 
l'ouvrage, en leur indiquant les pénalités qu'ils encourent. 

2 Barques fortifiées latéralement par d'énormes défenses en bois et spécialement appropriées à la naviga- 
tion dans les rapides. 



TRANSPORT DES MÉTAUX. 257 

Le chef du convoi reçoit, avant son départ, du vice-roi ou de son suppléant, le fou pay 
ou « passeport » qui servira à constater sa mission auprès de tous les mandarins de la 
route. 11 devra prévenir ceux-ci de son passage, afin qu'ils puissent être prêts à exa- 
miner si les barques ne contiennent que ce qui est écrit dans le fou-pay. Après avoir 
inspecté les barques, ils noteront la date précise du passage et le temps qu'il fait, 
informeront leurs supérieurs de toutes ces circonstances, préviendront les préfets des 
villes suivantes de l'arrivée des barques, et apposeront leur signature au bas du fou-pay, 
afin que le chef du convoi puisse faire constater quel a été son itinéraire à son arrivée à 
Pékin. 

Le tao-tay de Yun-ning, aidé du tche-tcheou de Lou tcheou et du chef du convoi, pèsera 
avec soin le cuivre envoyé, et préviendra le préfet de Tchong-kin du mode de pesage 
employé. Celui-ci, avec le concours du mandarin de Kiang-pe et du chef du convoi, con- 
trôlera le poids du cuivre, inscrira le résultat de son inspection et enjoindra la même véri- 
fication au mandarin de Koui-tcheou fou. 

Comme après Tchong-kin, le vent s'élève souvent « et sépare les barques», le chef du 
convoi inscrit soigneusement sur un registre le nombre des barques, le nom de leurs 
patrons, la quantité de cuivre qu'elles portent, leur tirant d'eau, de telle sorte que si une 
barque s'arrête au milieu de la route, il puisse rendre compte des motifs de ce retard. 

Quand des mandarins remplissent pour la première fois la mission de conduire un 
convoi de cuivre à Pékin, ils enjoindront à tous les gardiens, à tous les satellites et à tous 
les soldats qui sont préposés sur le passage du convoi, de surveiller les bateliers qui sont 
toujours tentés de tromper de nouveaux chefs. 

A l'arrivée à Han-keou et à Ngï-tchen, où l'on change les barques, les vice-rois du Hou- 
kouang « Hou-pe et Hou-nan » et du Kiang-nan délégueront des mandarins d'un rang plus 
élevé pour constater le poids du cuivre; s'il est trouvé le même, ils signeront le registre 
et préviendront les ministres du palais de l'inspection faite et de l'arrivée des barques. 
Si, en raison de la baisse des eaux, les barques ne pouvaient continuer leur route, les 
chefs du convoi en délibéreront avec le mandarin du lieu, et feront transporter le cuivre 
par terre, mais ils devront prendre garde que la chose ne puisse se renouveler plus de huit 
fois. De Tien-tsin à Tong tcheou, ce transbordement est prévu, et le prix du transport 
de cent livres est fixé à 0\069; pour les autres transports qui pourraient survenir, il est 
accordé un crédit principal de 1 ,800 taëls, plus 240 taëls pour le salaire des ouvriers em- 
ployés à lier les fardeaux; le crédit affecté pour le même motif aux transports supplé- 
mentaires n'est que de 1,600 taëls, et le salaire ci-dessus de 210. Pour le plomb, la dépense 
des transports par terre ne devra pas dépasser 2,000 taëls, et le salaire des ouvriers em- 
ployés à lier les fardeaux 270 ; si les préfets des localités traversées dépensent au delà de 
cette somme, ils payeront le surplus de leurs deniers. 

Si les barques qui portent le cuivre ou le plomb du gouvernement ne peuvent, à Tien- 
tsin, continuer leur route à cause du manque d'eau, elles seront allégées des six dixièmes 
de leur chargement. Si elles ont des avaries et ne peuvent en aucune façon continuer leur 

route, les chefs du convoi iront trouver le préfet de Tien-tsin, qui préviendra le palais de 
][. 33 



258 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

cet élai de choses et fournira les fonds nécessaires pour faire transporter le chargement 
des barques; mais celles-ci devront rendre le prix de leur location en proportion de la 
distance qui reste à parcourir. De Tien-tsin à Tong tcheou il y a 320 li, qui seront 
parcourues en raison de 0'.037 par 100 livres si c'est du cuivre, et de 0'.046 par 
100 livres si c'est du plomb. C'est sur ce prix que sera calculée la restitution que 
devront faire les barques. 

Si le cuivre était apporté par terre à Tien-tsin, le prix total du transport serait de 
2,800 taëls. (Ce prix sera payé en six fois : par chacun des quatre transports réglementaires, 
500 taëls; par chacun des deux transports supplémentaires, 400.) Le trésorier du Tche-ly 
fera payer cette somme par le trésor de Tien-tsin, après vérification du cuivre et des dé- 
penses faites par les mandarins chargés du transport, qui pourront à ce moment recou- 
vrer les avances qu'ils auront faites. 

§ 3. Des pertes subies pendant les transports. 

De même que les habits n'ont plus le même poids que la matière qui a servi à les faire, 
ou qu'une maison pèse moins que les matériaux apportés pour la construire ; de même le 
cuivre, dans tous les transports successifs, doit-il perdre une partie de son poids. Nous 
allons donc parler maintenant des tolérances admises à cet égard, tolérances qui ne sau- 
raient èlre dépassées sans que ceux qui en sont responsables soient condamnés à une 
réparation ou à un châtiment. 

La première cause de perte est le transport du cuivre des mines aux entrepôts; de là à 
Lou tcheou, les chocs inévitables de la route lui font encore perdre une partie de son poids; 
il est permis d'inscrire cette déperdition sur les registres. En outre des pertes occasion- 
nées par le transport, on admet encore qu'il y ait annuellement une diminution de poids de 
24,000 livres. (Les magasins d'Ouey et de Kouan remplacent chacun 4,000 livres; ceux de 
Tchao et de Tchen, 6,000.) 

Ce cuivre sera payé à raison de 11 taels les 100 livres, par les directeurs des maga- 
sins, aux directeurs des mines à qui ils s'adresseront pour obtenir la quantité de cuivre 
nécessaire. En outre, ils ajouteront toujours 3 livres sur 100 pour compenser les pertes 
occasionnées par le transport. Sur ce poids , 8 onces seront affectées aux pertes subies 
dans le transport jusqu'à Lou tcheou; si le déficit dépasse cette quantité, les mandarins 
chargés de présider au transport devront rembourser la différence aux directeurs des 
mines. Les deux livres et demie qui restent serviront à compenser les pertes subies pendant 
la route de Lou tcheou à Pékin. L'excédant, s'il y en a, pourra être affecté par les chefs du 
convoi, lors de l'arrivée à la douane de Tsong-ouen-men i , à acquitter les droits de douane. 
Si les mandarins chargés du transport ont dérobé quelque chose sur ces droits de douane, 
à leur retour à la capitale de la province, le Siun-fou, « pro-vice-roi », leur retiendra sur 
leur propre salaire, ce dont ils auront ainsi fait tort au domaine. 

1 L'une desporles de Pékin. 



TRANSPORT DES MÉTAUX. 259 

Le mandarin de Tso-leang tinh, assisté du Tsien-kiou, « association qui fabrique les 
Sapèques », fait une recette exacte à sa balance du poids de cuivre exigé. Si le déchet du 
cuivre est supérieur à la quantité prévue, il y est suppléé à l'aide d'une réserve de métal 
spécialement destinée à cet usage. Le Tsien-kiou a le droit de retenir pour son usage le 
cuivre en excès, mais dans ce cas, cette association est responsable au lieu et place des 
chefs du convoi des payements auxquels ce cuivre devait être affecté. H arrive que la 
réserve de cuivre, destinée à combler les déficits survenus pendant le transport, manque 
aussi. Dans ce cas, le prix de restitution est fixé à 13 '.137 les 100 livres et ordre est 
donné au mandarin chargé des mines de faire acheter dans le Yun-nan la quantité de cuivre 
qui manque et que l'on joint au convoi suivant. Quand le fait est déclaré à l'empereur, 
celui-ci dispense souvent de cette obligation. 

Quand, à la suite du naufrage d'une barque chargée de cuivre, d'habiles nageurs ont 
pu sauver tout ou partie de son chargement , il leur est payé 0'.4 par 100 livres de cuivre 
ainsi retirées de l'eau, si la profondenr dépasse 40 tche; 0'.3, si la profondeur est moindre 
« que 40 tche et plus grande que 10 » ; OVl, si elle ne dépasse pas 10 tche; il leur sera 
donné en outre par jour de travail 0'.04 pour leur nourriture. S'il y a des difficultés trop 
grandes à opérer ce sauvetage, il faudra y renoncer pour ne pas exposer inutilement des 
hommes à la mort. Les chefs du convoi tiendront conseil avec les autorités locales, et si, 
après dix jours d'attente, rien n'a pu être sauvé du cuivre perdu, ils continueront leur 
route en laissant auprès du mandarin du lieu des satellites dévoués qui pourront surveiller 
les recherches ; mais ils auront eu soin de noter le nom du rapide où a eu lieu le naufrage, 
et de demander à tous les chefs civils et militaires leur témoignage par écrit, pour qu'il soit 
ajouté foi plus tard à leur propre déclaration. Si la perte n'est pas totale , et qu'il ait été 
sau,vé une partie du cuivre perdu, ils devront payer les sept dixièmes de ce qui reste à re- 
couvrer, et les mandarins du lieu les trois autres dixièmes. Si, dans un naufrage, les chefs 
du convoi font procéder au sauvetage du cuivre de leur propre autorité, sans avoir pré- 
venu les autorités locales , tous les frais de ce sauvetage, même s'il a complètement 
réussi, restent à leur charge. 

§ 4. — Des atténuations de dépense. 

Les dépenses qu'occasionne le transport du cuivre, quoique divisées en très-petites 
sommes, finissent par atteindre un chiffre considérable; aussi importe-t-il de ne rien 
épargner pour abréger les distances et atténuer ainsi les dépenses du trésor public. 

De Siun lien à Ouei-ning, avant l'amélioration de la route, il y avait quinze stations 
et le transport de 300 livres de cuivre coûtait 3 taels; aujourd'hui, il y a une station de 
moins, et le prix du transport pour le même poids est réduit à 2 '.8. 300 livres forment 
à peu près le chargement d'une voiture. 11 est résulté de cette réduction une économie 
annuelle de 10,759'. 121. D'Ouei-ning au portdeLo-sin, il a été fait également une dimi- 
nution de 0M87 sur le prix du transport de 100 livres. Autrefois, en effet, d"Ouei- 
ning à Yun-ning il y avait treize stations, elle prix des porteurs était de O'.o 1 68 les 



260 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

100 livres; aujourd'hui il n'y a plus que dix stations, et ce salaire est réduit à 0'.1292, 
d'où une diminution de 1 .3876. Mais il faut en déduire le prix du transport de Lo-sin tou 
à Nan-kouang-tong qui, quoiqu'il se fasse par eau, coûte 0'.2; l'économie n'est donc plus 
que de 0'.187G qui produit par an une somme de 5919'. 94. 

De Tong-tchouen à Lou tcheou par Teou-cha kouan et Yen-tsin tou, il a été fait éga- 
lement une réduction de 0'.33; autrefois, en effet, le chemin se faisait par terre, et au- 
jourd'hui il se fait par eau. L'économie totale qui en résulte est de 5,203 '.85. Si. en outre, 
on profite pour transporterie cuivre de barques portant d'autres marchandises, on obtient 
encore une réduction de 0'.094 par 100 livres. 

De Yun-chang hien à Lou tcheou par Hoang-tsao-pin, on a pu réduire le prix du 
transport de 0'.682 les 100 livres en se servant de bateaux au lieu de prendre la voie de 
terre. L'économie totale qui en est résultée s'est élevée à 10, 759'. 121 ; elle pourra être 
plus grande encore si l'on se sert de barques faisant en même temps un service de voya- 
geurs ou de marchandises. Néanmoins, la somme d'argent fixée par les lois antérieures 
devra être toujours livrée intégralement à ceux qui accompagnent le cuivre, quelles que 
soient les abréviations ou les économies qui peuvent être réalisées dans le cours du trajet. 
A l'arrivée à Pékin, il en sera rendu un compte exact. 

Il sera transporté gratuitement soit des mines aux magasins, soit des magasins à Lou 
tcheou 5 pour 100 en sus du poids de cuivre exigé, et le prix de ce cuivre sera affecté aux 
usages communs. 



VI 



DËjLA FABRICATION DES SAPEQUES 



Comme le cuivre que produit la province de Yun-nan est réputé dans tout l'empire, on 
a concédé à cette province le droit de fabriquer des sapèques dans les mêmes conditions 
qu'à Tong tcheou « près de Pékin. » Des fourneaux particuliers ont été créés en consé- 
quence à Tong-tchouen et à Ning-tay tchang. Le métal dont se composent les sapèques est 
un alliage de cuivre, de zinc 2 et de plomb. 

On avait commencé à fabriquer des sapèques à Yun-nan, la dix-septième année de 
l'empereur Chun-tche 3 ; mais l'association formée dans ce but fut dissoute peu après. La 
vingt et unième année de Khang-hi, on reprit de nouveau ce travail et beaucoup d'autres 
villes se mirent aussi à battre monnaie. Les provinces voisines consentirent à recevoir les 
sapèques ainsi frappés à Ta-ly, Lin-ngan, Kiu-tsing, Kouang-si, Tong-tchouen, Chun- 
ning, et dans quelques autres tcheou ; des hien même en fabriquèrent, Lo-sing et Mong- 
tse, par exemple . Mais au bout, de quelque temps cette fabrication fut restreinte aux 



1 La traduction de ce chapitre et du chapitre suivant a été omise par Thomas Ko, et j'ai dû me conten- 
ter d'extraire du texte chinois les données les plus importantes relatives à cette fabrication intéressante et aux 
quantités de cuivre fournies par le Yun-nan aux autres provinces de l'empire. Je laisse à de plus compétents 
que moi le soin de donner une traduction complète de cette partie de l'ouvrage. 

2 J'emploie pour plus de clarté les mots zinc et plomb au lieu des expressions littérales « plomb blanc » et 
« plomb noir ». 

3 Le premier empereur de la dynastie tartare qui ait été véritablement maître de la Chine. C'est le père du 
célèbre Khang-hi. La 17 e année de son règne répond à 1661. 



262 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

villes de Yun-nan, Lin-ngan, Ta-ly el Tong-tchouen. La 4 e année de Kia-kin, on éta- 
blit de nouveaux fourneaux à Lin-ngan, Kouang-nan, Tong-tchouen, Tchou-hiong et 
Yun-tchang pour refondre les sapèques hors d'usage. 

La 6 e année de Kia-kin il fut réglé que pour 100 livres de sapèques on emploierait 
54 livres de cuivre, 42 livres 12 onces de zinc, et 3 livres 4 onces de plomb, et chaque- 
mine de cuivre dut fournir pour cette fabrication 10 livres 4 onces par 100 livres de 
cuivre produit. La 9 e année du même empereur, lamine de Ning-tay fut imposée d'une 
façon spéciale à ce sujet. Un prélèvement de 9 livres sur 100 fut également fait dans le 
même but dans les mines de plomb et de zinc. Le poids de chaque sapèque fut fixé aux 
12 centièmes d'une once '. 

Une coulée de sapèques demande environ dix jours pour s'effectuer. On met en œuvre 
à la fois 857 livres 2 onces 285 millièmes d'alliage. Il y a un déchet de 77 livres 2 onces 
285 millièmes, et il ne reste en définitive que 780 livres de métal, à l'aide desquelles on 
peut frapper 104,000 sapèques. 

11 y a 28 fourneaux qui, trois fois par mois, opèrent chacun une fonte de sapèques. On 
obtient ainsi par an 1,008 coulées, pour lesquelles on emploie 623,570 livres, 15 onces 
825 millièmes de cuivre, dont 72,657 livres 4 onces 45 sont fournies parla seule mine 
de Ning-tay, et le reste par les mines du Nari-tao et du Si-tao, 439,538 livres 5 onces 
224 de zinc, et 33,415 livres 3 onces 142 de plomb. On produit ainsi annuellement 
101,095,344 sapèques qui représentent, au taux légal de 1,200 pour un tael, une valeur 
totale de 84,246'. 12 2 , dans laquelle le cuivre entre pour 51, 078'. 98 (en le comptant à 
raison de 9'. 2 les 100 livres), le zinc pour 10, 768'. 68, le plomb noir pour 701', 71, et 
la main-d'œuvre pour 21, 696'. 74. 

A Tong-tchouen, on emploie chaque année à la même fabrication 198,287 livres de 
cuivre provenant principalement de la mine de Tang-tan, 156,977 livres de zinc et 
11,933 livres de plomb. On produit ainsi 35,005,070 sapèques qui, au taux de 1,200 
pour un tael, valent 30, 087'. 055, ainsi décomposés : cuivre, 14,825 taels (il est compté à 
raison de 7'.4765 les 100 livres; zinc, 3, 610'. 493 (il est compté à raison de 2'. 3 les 100 
livres); plomb 262'. 257 (il est compté à raison de 2'. 2 les 100 livres); main-d'œuvre 
11, 389'. 51. 

Les ateliers actuels de Tong-tchouen ont été ouverts la 22 e année de Kia-kin et sont 
sous la surveillance du Tche-fou de cette ville 3 . 

1 Un peu plus de 4 grammes et demi. 

2 650,000 francs environ. Le chiffre des sapèques produits est moins considérable que celui qui résulterait 
des quantités de métal employées, même en tenant compte du déchet indiqué plus haut. D'après la valeur 
du cuivre qui entre définitivement dans la composition des 101 millions de sapèques obtenus, les 620,000 li- 
vres de ce métal, fournies par cette fabrication, se réduiraient, après leur mise en œuvre, à 555,000. 

3 La fabrication actuelle des sapèques dans le Yun-nan est loin de présenter l'uniformité qui semblerait 
résulter des détails qui précèdent. Depuis la révolte des Mahométans et le relâchement des liens de la pro- 
vince avec le pouvoir central, chaque ville s'est mise à fabriquer de la monnaie en en altérant le plus possible 
la composition légale. Aussi rencontre-t-on lapins grande diversité en matière de monnaie courante. Les sapè- 
ques de Tong-tchouen conservent encore cependant la faveur publique, el on ne peut souvent les obtenir 
qu'à un taux supérieur au taux légal. 



VII 



DE LA FOURNITURE DU CUIVRE AUX AUTRES PROVINCES. 

Dans toutes les provinces, des ateliers analogues à ceux du Yun-nan ont été créés pour 
la fabrication des sapèques, et le Yun-nan fournit à la plupart d'entre elles le cuivre né- 
cessaire. 

Le tableau suivant donne les quantités en livres chinoises, et le prix des différentes 
qualités de cuivre envoyées par le Yun-nan dans le reste de l'empire. La dernière 
colonne indique, sous le titre de bonification, la quantité de cuivre ajoutée gratuitement 
pour subvenir aux déchets qui peuvent se produire pendant la route. 



NOMS DES PROVINCES. 


QUANTITÉ DE CUIVRE. 


PRIX 

DES 100 LIVRES. 


PÉRIODE D'ENVOI. 


BONIFICATION 

PAR 100 LIVRES. 


Kiang-sou 

Idem. 

Idem. 

Idem. 
Fo-kien 


170,000 livres. 
520,000 — 

53,680 — 
234,320 — 
260,000 — 
140,000 — 
420,000 — 
180,000 — 
224,308 — 
135,000 — 

65,000 — 
245,000 — 

15,000 — 
101,227 — 

50,413 — 
212,550 — 
363,867 u M5 onc 62 


l! lacis. 

9 — 
11 — 

9 — 
11 — 

9 — 
11 — 

9 — 
11 — 
M — 

9 — 
H — 

9 — 
11 — 

9 — 
11 — 

Qtaels 2 


Triennale. 

Idem. 
Tous les 18 mois. 

Idem. 
Annuelle. 

Idem. 
Triennale. 

Idem. 
Annuelle. 

Idem. 

Idem. 
Tous les 18 mois. 

Idem. 
Annuelle. 

Idem. 

Idem. 

Idem. 


jliv. Qonc. 

23 

1 
23 

4 6 
23 

4 6 
23 

3 

3 
23 

1 
23 

5 
23 

5 
Il 


Idem. 
Hou-pe 

Idem. 
Chen-si 


Idem. 

Idem. 

Kouang-si 

Kouy-teheou 



264 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

Des règlements spéciaux fixent les mines qui doivent fournir ces quantités de cuivre 
aux différentes provinces, les itinéraires suivis, le temps employé aies parcourir, les 
moyens de transport adoptés, le détail de toutes les dépenses nécessaires à l'entretien des 
officiers chargés d'accompagner le métal, et à l'achat des sacs et des liens qui serviront à 
l'emballer, les avances de fonds qu'en certaines circonstances la province du Yun-nan 
pourra faire aux autres provinces , le mode de remboursement de ces avances , enfin les 
indemnités qui pourront être dues en cas de retard dans la livraison des métaux. Dans ce 
dernier cas, la province du Yun-nan ne pourra se refuser à payer les suppléments de dé- 
pense qu'entraînerait, pour les officiers envoyés par les provinces voisines, la prolonga- 
tion de leur séjour et que l'allocation affectée à leur voyage et aux frais de transport du 
cuivre serait insuffisante à couvrir. 



VIII 



MÉMOIRE SUR LES AVANTAGES ET LES INCONVÉNIENTS DU SYSTÈME ACTUELLEMENT ADOPTÉ POUR 
L EXPLOITATION DU CUIVRE DANS LE YUN-NAN PAR OUANG TA-IO. 



Au 8 e mois de la 40 e année de l'empereur Kien-long, le trésorier du Yun-nan, 
nommé Ouang Ta-io, écrivit le discours qui suit sur le cuivre : 

« Autant que je puis en juger, la production du cuivre occupe la première place dans 
cette contrée, car partout les terrains y sont stériles, et l'on ne voit pas quel avantage on 
pourrait retirer de l'agriculture 1 . Quand, il y a à peine soixante années, les mandarins 
durent s'occuper des mines 2 , le peuple et eux-mêmes eurent à souffrir de maux tels que 
l'on dut se demander si l'on pouvait en continuer l'exploilalion. Et pour ma pari, je ne 
vois pas comment on pouvait échapper à la faim. 

La difficulté de la production du cuivre réside en quatre points principaux : Le pre- 
mier est que les frais de transport sont tels qu'il est impossible d'ajouter quoi que ce soit 
au prix du cuivre. La 19 e année de Kien-long, le Siun-fou de la province nommé Ngay 
Pi-ta, fit respectueusement observer que le prix du cuivre de la mine de Tang-tan était 
de0'.8 inférieurà celui des autres mines, et obtintde labonté del'empereur une augmenta- 
tion de 0'.423ti, qui était la moitié environ de cette différence. Deux années après, le Siun- 
fou Ko Y-iu demanda et obtint une augmentation nouvelle de 0'.423G pour que la ville 

1 Le labeur opiniâtre des Chinois a triomphé des difficullés que présentait le défrichement de cette région 
montagneuse et l'appréciation de Ouang Ta-io n'est exacte aujourd'hui que pour certaines parties très-res- 
treintes de la province dont le sol se refuse en effet à toute culture. 

2 Cette indication fait remonter à 1716 l'organisation définitive de l'exploitation du cuivre au Yun-nan. 

34 



266 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

de Tong-tchouen pùl recouvrer le capital engagé dans la mine. Six années après, le 
ïsong-tou Ou-ta, voyant se multiplier les associations Kiou pour la fabrication des sa- 
pèqueSj fit décréter une nouvelle augmentation dans le prix du cuivre de 0'.4. Six an- 
nées après, une autre augmentation de 0'.6 fut obtenue par le Siun-fou. Trois ans après, 
il fut décidé que pour les mines de Tang-tan, Ta-chouy et Lou-lou le prix du cuivre 
ne dépasserait pas 6'. 4 « les 100 livres « et l'augmentation s'arrêta là. La 24 e année de 
Kien-long, sur la requête du Siun-fou Liou-tao, on concéda à la mine de Tsin-long- 
chan et à plus de vingt autres petites mines, où le prix du cuivre n'était autrefois que 
de 3'. 8 à 4'. 2, le prix de 5'. 15; quant au cuivre de dernière qualité qui se vendait 
4 taels les 100 livres, son prix fut élevé à 4*. 6. 

La bonté de l'empereur est inépuisable, et cependant, au bout de quelques années, le 
mal de la pauvreté prévalut de nouveau, et chacun put se plaindre qu'à l'origine le prix 
du cuivre ait été fixé de telle sorte, que même après plusieurs augmentations, il restât 
insuffisant. Pourquoi le prix de 100 livres de cuivre est-il fixé dans le Se-tchouen à 9 ou 
10 taels, dans le Kouang-si à 13 taels les 100 livres, alors qu'il est si bas dans le Yun- 
nan? Yang-ouen de la ville de Kiang-in 1 , gouverneur de la province de Tien, sous 
l'empereur Tin-kong, adressa à ce sujet les plaintes suivantes à l'empereur : Alors que 
le capital des différentes mines était inégal, le prix du cuivre lui-même était invariable 
et fixé à 9*. 2; tout le monde l'adoptait quand il s'agissait de le vendre. Mais, pour 
acheter le cuivre, il a été décidé que l'on payerait par 100 livres de 4 à 6 taels au plus; en 
outre, le cuivre est donné au gouvernement à titre d'impôt; les dépenses publiques des 
vivres et des transports ainsi que celles affectées aux travaux de la navigation sur le 
Kin-cha kiang sont prélevés sur la valeur du métal, d'où il résulte que, sur un prix fixé à 
6 taels, il ne reste guère que 5'. 1 , prix qui n'est point comparable à celui du cuivre dans les 
provinces de Chou et de Liao. On voit donc clairement que le prix fixé jadis est trop petit. 

On pourra s'étonner que des réclamations à ce sujet ne se soient pas élevées dès 
l'origine. La raison en est qu'autrefois, dans la province de Tien, chacun pouvait à son 
gré exporter le cuivre, et qu'aujourd'hui cela n'est plus permis. La 44 e année de l'empe- 
reur Khang-hi « 1705 », les mandarins reçurent l'ordre d'avoir à faire payer régu- 
lièrement l'impôt chaque année. Après avoir fourni le capital nécessaire à l'exploitation, 
ceux-ci, quand le remboursement en était incomplet, eurent coutume d'exiger le paye- 
ment de ce qui restait, en cuivre qu'ils n'acceptaient qu'à un taux très-bas, alors qu'ils 
le revendaient le plus cher possible. Sous l'empereur Yong-tchen « 1723-1736 » se forma 
l'association Kiou pour le transport du cuivre à Pékin où l'on vérifiait son poids. A 
ce moment le cuivre de l'impôt ne s'élevait qu'à 80 ou 100 mille livres; au bout de 
quelques années ce chiffre s'éleva à 2 ou 3 millions de livres ; aujourd'hui il a presque 

1 Kiang-in est une ville de troisième ordre ou bien située dans le département de Tchang-tcheou fou, pro- 
vince du Kiang-sou, sur la rive droite du fleuve Bleu. Ce même nom était porté sous les Tcheou postérieurs 
(de 9oO à 960 ap. J.-C), par un arrondissement établi au sud de Ou-chan dans le département de Koui- 
tcheou fou (Se tebouen) (Biot, Dictionnaire des noms géographiques de l'empire chinois). C'est probablement 
de cette dernière ville qu'il est ici question. 



MÉMOIRE DE OUANG TA-10. 267 

décuplé, et on ne laisse aux mineurs que les deux tiers ou la moitié du cuivre qu ils pro- 
duisent. L'exiguïté du prix que payent les mandarins est l'origine de toutes les fraudes et 
de tous les vols des mineurs qui ne pourraient sans cela retirer le moindre bénéfice de 
leur travail. Petit à petit, les mines s'établissent dans des endroits plus éloignés, pour se 
rapprocher des forêts et obtenir le combustible à meilleur marché, et en même temps pour 
échapper à l'avarice toujours plus grande des gouvernants et éviter les exigences des pro- 
priétaires des terrains et les vexations des satellites. En supputant l'intérêt du capital, les 
frais de transport, les salaires des employés et toutes les autres dépenses de la mine, 
100 livres de cuivre arrivent à coûter 9\2. Comme les mineurs ne reçoivent pour ce 
poids que 6'. 4, ils sont donc obligés de dépenser de leurs deniers 1\8. On se demande 
où ils peuvent prendre cet argent. Nulle part, si ce n'est en l'inscrivant dans le registre 
des dépenses et des recettes , et en portant vendue une quantité de cuivre assez grande 
pour réparer cette perte. 11 serait long d'énumérer tout ce que souffrent ainsi les habi- 
tants des mines. Mais puisque le prix du cuivre est si insuffisant, pourquoi personne d'entre 
eux n'a-t-il demandé une augmentation de prix? C'est qu'ils seraient difficilement écou- 
tés, et l'augmentation de 4 ou 6 tsien qu'ils pourraient obtenir serait bien peu de chose 
pour une aussi grande misère. 

Pour des raisons analogues, le commerce du cuivre est des plus difficiles, puisqu'on 
ne peut ni diminuer ni parler de diminuer l'impôt sur le transport. 11 a cependant été 
question une ou deux fois de diminution. La 32° année de Kien-long, le gouverneur de la 
province de l'ordre Siun-fou, nommé 0, préféra acheter directement le cuivre dans cha- 
que mine et en obtint ainsi plus de cinq millions de livres, mais il n'en resta plus à ven- 
dre aux acheteurs qui étaient venus de tous les côtés. Le gouverneur obtint alors du 
ministre des finances l'autorisation de différer la remise du cuivre que l'on devait trans- 
porter à Pékin, afin que les acheteurs pussent trouver à s'approvisionner. Il en résulta 
un allégement de plus 2,600,000 livres pour la province. Trois ans après, le Tsong-tou, 
gouverneur des deux provinces du Kouy-tcheou et du Yun-nan, fit reprendre les transports 
interrompus pour Pékin. Il fut envoyé ainsi, ou consommé dans la province pour la fabri- 
cation des sapèques, une dizaine de millions de livres de cuivre, et il ne resta de disponi- 
ble que 1,300,000 livres. Dans les années suivantes, malgré une production annuelle 
de plus de 9,200,000 livres, on ne put satisfaire aux demandes des acheteurs. Le Tsong- 
tou demanda à ce que le commerce fût interrompu et à ce que le ministère des finances 
pût recevoir ce qui lui était dû. Le Kiang-nan et le Kiang-si durent s'abstenir d'acheter 
du cuivre dans le Yun-nan, et cette dernière province fut dispensée de fournir au delà 
de 500,000 livres de cuivre « aux autres provinces. » Dans l'espace de six mois, le vice- 
roi Ming-tée fit envoyer des officiers pour recevoir 4,100,000 livres de cuivre : il y avait 
eu un surcroit annuel d'un million de livres pendant quatre années , et on devait 
espérer qu'au bout de cette période, on pourrait subvenir à tout ce qui avait manqué. Mais 
rien n'avait été réservé, et on put à peine suffire à acquitter l'impôt, quoique par la sup- 
pression pendant cet intervalle de temps de la fourniture du cuivre aux autres provinces, 
qui s'élève chaque année à plus de deux millions de livres, on eût économisé environ 8 ou 



268 TIEN NAN KOUANG T Cil AN G. 

9 millions de livres. On dut en conséquence demander une nouvelle diminution « de l'im- 
pôt» et un délai pour la fabrication des sapèques dans le Yun-nan, et pour la fourniture du 
cuivre aux autres provinces. Le ministre des finances soumit à l'approbation de l'empereur 
un décret par lequel les villes de Lin-ngan, Ta-ly, Kouang-nan et l'association récem- 
ment formée à Tong-tchouen pussent cesser de fabriquer de la monnaie, et par lequel 
on diminuait le poids de cuivre exigé annuellement pour les provinces du Chen-si, du 
Kouy-lcheou et du Hou-pe. Ce poids est de 630,000 livres. 

La province fut ainsi dispensée temporairement d'une fourniture de plus de deux mil- 
lions de livres. L'allégement qui en résulta pour les mineurs s'éleva à plus de 
5,000,000 de livres, et ils reprirent courage; l'achat du cuivre cessait d'être, comme à 
l'origine, complètement à la discrétion des mandarins. 

On frappait autrefois annuellement dans le Yun-nan plus de 90,000 ligatures (la li- 
gature se compose de mille sapèques), dont 40,000 devaient être transportées dans le 
Hou-kouang et le Kiang-si; cette fabrication employait 1,100,000 livres de cuivre. 

Jusqu'à la 5 e année de Yong-tchen, les mines du Yun-nan produisaient an- 
nuellement trois millions et quelques centaines de mille livres de cuivre, dont plus de 
un million était envoyé à Han-keou et autant à Tchin-kiang pour la consommation des pro- 
vinces du lviang-nan, duHou-nan et du Hou-pe. Les choses se passèrent ainsi jusqu'à la 
10 e année de Yong-tchen. A ce moment, on commença à envoyer annuellement au 
Kouang-si 62,000 ligatures auxquelles on dut employer plus de 400,000 livres de cuivre 
par an. 

L'année suivante, le Kouang-si dut, par décision de l'empereur, fabriquer lui-même 
et envoyer à Pékin 344,062 ligatures pour lesquelles plus de 1,663,000 livres de cuivre 
furent reconnues nécessaires. La 2 e année de Kien-long, le Tsong-tou Yun Ouen-touan 
obtint, au grand bénéfice du trésor, que les étrangers pussent venir acheter du cuivre 
dans le Tche-kiang et demanda que pour ce motif 4,000,000 de livres fussent envoyées 
dans cette province, dont 2,000,000 seraient achetés clans le Yun-nan et le reste dans les 
provinces occidentales. Le Yun-nan consentit à cette demande et. ajouta, en sus des sapè- 
ques envoyés au trésor, plus de 300,000 livres de cuivre qui complétèrent les 2,000,000 
de livres demandés. 

Le Tsong-tou de la province de Tche-ly, nommé Ly-ben, se trouvant trop éloigné du 
Yun-nan pour envoyer y acheter du cuivre, demanda à acheter directement de l'asso- 
ciation Kiou de la ville de Pékin le cuivre qui lui était nécessaire, en le prélevant sur 
l'envoir annuel fait à cette association par le Yun-nan. Ainsi, non-seulement la province 
de Yun-nan eut à fournir le cuivre que devaient toutes les autres provinces, mais 
encore à ajouter ce que chacune d'elles désirait en sus de la quantité fixée. Elle ar- 
riva ainsi à fournir annuellement 4,440,000 livres de cuivre. Peu après cependant, on 
reconnut qu'il valait mieux accorder certains répits, pour que l'on pût fabriquer de la 
monnaie, et l'on ne maintint en vigueur que l'obligation ordinaire de porter à Pékin 
1,890,000 livres environ de cuivre. Le Fo-kien demanda ensuite à acheter plus de 
200,000 livres; le Tche-kiang, une quantité égale; le Kouy-tcheou, plus de 480,000 



MEMOIRE DE OUANG TA-IO. 20!» 

iivres ; le Kiang-si. plus de 300,000 livres; le Kouang-si, 460,000 (cette dernière pro- 
vince peut échanger 160,000 livres contre du sel 1 ) ; le Chen-si, qui auparavant ache- 
tait son cuivre dans le Se-tchouen, 350,000, puis 400,000 livres. Le Yun-nan eut 
donc chaque année à livrer 9 millions de livres et il ne resta rien en réserve dans 
ses magasins. 

Ce que l'on trouve dans la terre peut cependant se conserver indéfiniment et 
rien ne saurait en être anéanti, de telle sorte qu'on doit pouvoir le retrouver lorsque 
le besoin s'en fait sentir. Il est donc vraiment merveilleux que le produit annuel en 
cuivre du Yun-nan suffise à peine à la consommation annuelle et qu'il n'en reste rien 
pour l'avenir. Il semble que plus la quantité extraite est considérable , plus il s'en dé- 
pense. Que devait-on faire à l'origine alors que la production n'était que de 1 à 
2 millions de livres par an? A partir de la 4 e ou de la 8 e année de Kien-long, cette 
production s'est élevée successivement de 6 à 7 millions de livres à 12 ou 13 qu'elle 
atteint aujourd'hui dans la 38 e et la 39 e année de ce même empereur. Le nombre de 
ceux qui demandent du cuivre s'est accru en proportion et on n'arrive point encore à 
les satisfaire. Les royaumes voisins ont envoyé acheter du cuivre dans le Yun-nan au lieu 
de l'acheter dans les provinces occidentales; de là une nouvelle cause d'insuffisance. 
Pour y remédier, le Tche-kiang et leKiang-sou ont reçu l'ordre d'acheter leur cuivre dans 
les provinces occidentales ; de la sorte on a pu acheter du cuivre pour Pékin et pour le 
Hou-kouang. 11 fut accordé en outre que si le cuivre venait à manquer dans le Yun-nan, 
on enverrait immédiatement acheter ailleurs ce qui manque. 

C'est ainsi que les choses se sont passées pendant les trente dernières années. 

Aujourd'hui, le cuivre que l'on doit envoyer ne saurait manquer sans de grands incon- 
vénients. A l'exception duKiang-nan et du Kiang-si, toutes les provinces, Tse-min, Tsien, 
Liao, Tsin, Tsou 2 , ont commencé à frapper des sapèques pour l'usage du peuple et le 
salaire des soldats. Celui-ci ne peut jamais être différé; aussi la fabrication de la monnaie 
ne doit-elle pas s'interrompre. 

Ainsi la production du cuivre clans le Yun-nan éveille une sollicitude continuelle, et, 
alors qu'elle est à peine suffisante pour les besoins propres de la province, il faut qu'elle 
subvienne encore à la fabrication de la monnaie dans toutes les autres parties de l'empire. 
Toutes les provinces qui reçoivent leur cuivre du Yun-nan, en retirent avantage et profit; 
le Yun-nan seul souffre et peut se plaindre. Tang-ouen, gouverneur de la province, avait 
donc bien raison de déclarer à l'empereur que la production du cuivre soulevait de 
grandes difficultés. 

Les habitants à qui incombe la charge du transport , se livrent souvent à la chasse, 
et pendant ce temps , les voleurs qui profitent de toutes les occasions que leur offre un 
pays montagneux et accidenté, enlèvent le cuivre ; d'autres fois, les bêtes de somme meu- 

1 Le sel consommé dans les provinces intérieures de la Chine provient en grande partie des puits salins du 
Yun-nan et du Se-tchouen, dont l'exploitation est également monopolisée par l'état. 

- Anciens noms du Tche-kiang, du Kouy-tcheou, du Kouang tong et du Kouang-si, du Hou-nan et du 
Hou-pe. 



270 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

rent de maladie et laissent leur fardeau en route. Quelquefois aussi, on a affaire à des 
gens de mauvaise foi qui vendent le cuivre qu'ils sont chargés de porter et qui échap- 
pent à tout châtiment. Il arrive encore telles circonstances malheureuses qui font que 
les mineurs ne peuvent rembourser le capital qui leur a été avancé, tombent dans la 
misère, et pour y échapper vendent en cachette le cuivre qu'ils recueillent ou bien déser- 
tent le lieu de l'exploitation. 

Dans les mines du gouvernement, après un grand nombre de désertions de ce genre, 
on obtient facilement que la mine désertée soit confiée à d'autres , sous condition de 
payer annuellement une quantité de cuivre qui compense celle dont les déserteurs 
ont fait tort au trésor. Les habitants contractent ainsi des dettes considérables , dont 
les directeurs de la mine dissimulent souvent une partie aux mandarins, et il arrive 
qu'au bout de quelques années , on arrive à reconnaître et à constater des déficits 
tellement grands qu'il est impossible d'en accorder dispense. Les mandarins qui ont cru 
assuré le recouvrement de celte dette, ne peuvent admettre qu'elle s'évanouisse sans rien 
produire, et l'obligation de la payer retombe injustement sur des innocents. La 23 e année 
de Kien-long, il fut demandé à l'empereur l'autorisation d'ajouter 1 25,000 taels au ca- 
pital de la mine de Tang-tan et des autres mines, pour payer les dettes ainsi contractées. 
La 33 e année du même empereur, les directeurs et les officiers des mines furent condamnés 
à payer 75,000 taels. La dixième partie du revenu des mines ayant fait défaut, on 
accorda quatre ans après, un délai pour payer les dettes faites, mais on retint 1 pour 100 sur 
le prix du cuivre, ce qui produisit à peu près annuellement 7,000 taels qui furent réservés 
parle trésor, pour se prémunir contre la désertion des mineurs et réparer les pertes subies. 
En résumé, si l'on songe au long temps nécessaire pour creuser les mines et aux dépenses 
que cela entraîne, on trouve que le capital fourni par l'Etat est fort insuffisant, ce que per- 
sonne jusqu'à présent n'a fait remarquer, et c'est pour cela qu'au bout de très-peu de temps, 
les mines finissent toujours par s'endetter. La 37 e année de Kien-long, après examen 
des comptes des mines, on' reconnut qu'elles étaient débitrices de 130,000 taels, dont 
rien ne put être recouvré et dont la bonté de l'empereur ordonna la remise. 

Il a été enfin accordé que les mines puissent vendre la onzième partie du cuivre pro- 
duit, et décidé que le bénéfice ainsi fait soit appliqué au payement des dettes. Le Iviou 
de Tong-tchouen doit, avec le cuivre ainsi vendu, fabriquer de la monnaie et appliquer 
à l'extinction des dettes de la mine de « Tang-tan » les gains de cette fabrication. Quant 
au capital, que l'on a dû fournir une seconde fois, on ne voit pas comment il pourra être 
remboursé. Ainsi, à peine une dette est-elle acquittée, qu'il s'en produit de nouvelles, et 
deux années se sont à peine écoulées qu'il faut les constater à nouveau. On a exigé qu'à 
la fin de chaque année, chaque directeur s'engage par écrit à ne contracter aucune delte. 
Mais si l'argent manque, comment les travailleurs pourront-ils, les mains vides et le 
ventre affamé, continuer leur rude besogne? Leur prêterez-vous l'huile, les vivres et le 
charbon nécessaires? mais dès qu'ils auront trouvé un peu de cuivre , il ira entre les 
mains du gouvernement, et ils seront ainsi éternellement retenus à leur tâche. Aussi en- 
tendez-vous ces paroles dans leur bouche : Qui nous donnera assez de forces pour suffire 



MÉMOIRE DE OUANG TA-IQ. 271 

au travail de la mine? Heureusement que le gouvernement nous donne de quoi manger 
pour que nous puissions racheter par notre labeur les dettes contractées avant nous 1 ! 

Ainsi, quand, dans le système employé, il n'y a de tous côlés que déception, com- 
ment parviendrait-on à trouver d'abondantes sources de minerai? On ne veut tolérer 
aucun déficit dans le cuivre que doivent les mines, mais il se crée chaque jour des dettes 
presque incroyables, tellement elles sont considérables. L'huile, le riz, le charbon 
prêtés ne sont jamais rendus; les ouvriers ne se livrent qu'avec négligence et dégoût à 
un travail qui ne leur rapporte aucun salaire ; ils ne sauraient être excités à mieux faire par 
le sentiment du devoir et de l'honnêteté, qui n'agit pas sur les gens de basse condi- 
tion, et, comme tous les esclaves, ils n'appliquent leur zèle qu'à la fraude. 11 n'en 
serait pas ainsi, s'ils étaient attachés à leur travail par l'espoir du gain. C'est ainsi que 
la situation des mines de cuivre devient tous les jours plus mauvaise. 

Parmi les anciennes mines du Yun-nan, les plus grandes sont Tang-tan, Lou-lou, Ta- 
chouy, Meou-lou ; les plus petites Ning-tay, Kin-tcha,Gi-tou ; parmi les nouvelles mines, les 
plusgrandes sontSe-tche-chou, Ta-kong ; les plus petites sont Fa-kou-chan, Kiou-tou,Ouan- 
pao, Ouan-hiang, etc. Pour ce qui regarde Tsin-long-chan, Je-kien-hiun, Fong-houang-po, 
Hong-che-ngay,Ta-fong-lin, ce sont des mines placées dans les lieux les plus éloignés, au mi- 
lieu des solitudes des forêts, comme aussi Ta-ten-pée, Lao-tsien-tchou, Kin-cha,Siao-gao et 
les mines que l'on sait exister sur les frontières des provinces de Kien et de Chou, qui méritent 
à peine ce nom et sont exploitées par des gens sans aveu, qui cherchent le gain par tous les 
moyens, et fabriquent de la monnaie en cachette. C'est pour cela qu'ils choisissent les mon- 
tagnes élevées et désertes, afin d'échapper plus facilement aux recherches des soldats envoyés 
par les mandarins. Comme ils n'ont pas le capital nécessaire pour creuser profondément 
la terre, et qu'ils se contentent de chercher le minerai à la superficie de la montagne, on 
appelle leur exploitation Ki-o « nid de la poule » etTsao-pi le minerai qu'ils recueillent. Us 
se déplacent du reste avec la plus grande facilité. Aussi, dans clés mines de cette espèce, 
y a— t—il plusieurs catégories de travailleurs, à chacune desquelles est assignée une zone 
particulière qui peut embrasser un espace de plusieurs dizaines de li, de telle sorte que 
les mandarins, même après un examen attentif, ne peuvent découvrir le lieu précis de 
l'exploitation. Ces mines ne reçoivent aucun capital du gouvernement; libres et sans rè- 
glements, elles cessent ou continuent leur exploitation et changent de place à leur volonté, 
bravant ainsi les lois et privant l'État de ce qui lui est dû. En raison de cet état de choses, 
quel gain peuvent obtenir ceux qui travaillent dans les mines de l'État , à l'exception des 
chefs tels que les Ko-teou et les Ke-tchang? 

Ceux qui font le commerce du cuivre le reçoivent d'après la répartition que font les 
Ke-tchang. Les Ko-teou et les Lou-fong qui président aux diverses opérations du traite- 

1 On sent la douloureuse ironie contenue dans ces mots. Tout ce plaidoyer éclaire certains côtés de l'ex- 
ploitation des mines restés obscurs dans l'exposé de leur organisation. On voit que le mal vient surtout du 
défaut de contrôle exercé sur les mandarins, à qui le gouvernement se contente de donner une certaine 
somme d'argent en retour d'une quantité fixe de cuivre, et qui cherchent a gagner le plus possible sur les 
mines elles-mêmes. 



272 TIEN NAN KOUANG TCIIANG. 

ment du minerai, retiennent sur chaque fonte environ 20 ou 30 livres de cuivre pour leur 
propre salaire, et partagent ensuite le reste. Mais tout le cuivre ainsi réparti n'atteint pas 
la centième partie de celui que produit la mine de Tang-lan. D'ailleurs, autant de mines, 
autant de qualités différentes de cuivre. Si l'on veut bien considérer l'affluence des acheteurs 
qui accourent de partout, il n'y a guère que les trois ou quatre grandes mines qui puis- 
sent subvenir aux demandes d'achat, et il n'y a rien d'étonnant à ce que celles-ci, que 
n'aident en rien plusieurs dizaines de mines plus petites , où le gaspillage et la dissi- 
pation sont incroyables , s'épuisent bientôt. 

Une autre difficulté que rencontre le commerce est celle du transport. Dans la pro- 
vince de Tien, manquent les routes pavées, et la charge du transport du cuivre incombe à 
plus de 400,000 familles réparties en huit cités. Parmi ces familles, il n'y en a que 110 
ou 120,000 qui entretiennent des bêtes de somme. En définitive, comme on loue ou 
on prête ces bêtes de somme d'une ville à l'autre, il n'y à en tout dans la province que 
00 à 70,000 bœufs ou chevaux, dont 20 à 30,000 sont employés réellement à porter le 
cuivre. Or, il faut annuellement envoyer 6,300,000 livres de cuivre à Pékin; si l'on 
ajoute à ce chiffre ce qui se vend aux autres provinces, ce qui est transporté aux lieux 
où l'on fabrique les monnaies, on arrive au chiffre total de 12 millions de livres de 
cuivre à déplacer. La charge ordinaire d'un bœuf est de 80 livres; celle d'un cheval est 
le double. 11 faudrait donc avoir environ 100,000 bêtes de somme pour effectuer ces 
transports au lieu de 20 ou 30,000; mais la pauvreté des habitants ne leur permet pas 
d'en nourrir un aussi grand nombre. La 3 e année de Kien-long, il fut décidé que l'asso- 
ciation Kiou de la ville de Kouang-si fournirait pour le transport des sapèques à Pékin 
14,000 bœufs, 9,000 chevaux et 3,000 barques. Cette décision ne fut pas mise en 
vigueur ; il était à craindre en effet qu'on ne pût réunir dans un court délai de tels moyens 
de transport. Ilyeutdonc interruption dans la fabrication des sapèques. Le vice-roi du Yun- 
nan demanda à l'empereur à renvoyer à l'année suivante le transport de 2 millions de 
livres de cuivre qui restaient à envoyer à Pékin , et qui étaient déposés à Kiang-ngan 
et à Min-tche. 

Ce délai fut accordé à condition que, dans le prochain envoi, il serait tenu compte de la 
quantité totale de cuivre due par suite du retard. On admit cependant que le ministère des 
finances comblerait une partie du déficit à l'aide des 3 millions de livres qu'il avait donnés 
au ministère des travaux publics. 

La 35 e année de Kien-long, les deux associations Kiou du ministère des finances, 
ayant par devers elles une réserve de 4 millions et demi de livres de cuivre, et le cuivre 
du Yun-nan ayant été conservé pendant deux années consécutives, l'État se trouva disposer 
de plus de 8 millions de livres de cuivre. Il fut décidé, en outre, pour éviter tout nou- 
veau déficit, qu'on ne différerait jamais les transports du cuivre dû par le Yun-nan au 
Kiou de Pékin, où on frappe la monnaie, et que si cette fabrication arrivait à s'interrom- 
pre, le Yun-nan serait redevable de 3 millions et demi de livres de cuivre, que la clé- 
mence de l'empereur pourrait seule remettre. 

Aujourd'hui l'association Kiou de Pékin dispose de 2 millions et demi de cuivre, ou 



MÉMOIRE DE OUANG TA-IO. 273 

de 3 à 4 millions si l'on ajoute ce que lui doit le ministère des travaux publics. La pro- 
vince de Yun-nan exporte annuellement une dizaine de millions de livres, et l'on peut ju- 
ger par là combien peu autrefois il avait été question de diminution. On ne témoigne pas 
la moindre inquiétude que le cuivre exigé vienne à manquer. Le nouvel impôt oblige 
cependant le Yun-nan à donner par an 800,000 livres de cuivre pour payer les dettes con- 
tractées auparavant; de sorte que l'impôt total s'élève à plus de 7,100,000 livres de 
cuivre que la province s'épuise à fournir. 

Quant à ce qui concerne les règlements du transport, ils ont été jusqu'à présent très- 
fidèlement observés '... La 2 e année de Yong-tchen, l'usage prévalait encore de dégrader de 
leur rang les mandarins qui dépassaient le temps voulu pour le transport. On rendait 
également responsables de toute fraude les mandarins supérieurs qui les avaient désignés, 
dételle sorte que s'il y avait, par suite de vol ou de vente clandestine, un déficit dans le 
cuivre, ceux-ci devaient rembourser une partie de la perte. Dans la suite, on changea le 
délai fixé pour le transport et on accorda neuf mois pour le transport de Yun-ning à 
Tong tcheou. En effet, à Han-keou et à Ngi-tchen, soixante jours furent reconnus néces- 
saires pour changer les paniers qui contiennent le cuivre. Dans ce délai furent compris 
les retards qui proviennent du temps, de la crue des eaux, etc. De même les provinces 
de Tien et de Chou s'accordèrent entre elles un délai de cinquante-cinq jours pour lier 
et emballer le cuivre à Yun-ning et à Lou tcheou. 

De Yun-ning à Ho-kiang, et de Tchong-kin fou à Kiang-tsin, le temps à employer 
fut laissé à l'arbitre des mandarins qui président à la route ; mais les mandarins supé- 
rieurs du grade de Tchen et de Tao durent envoyer des délégués pour activer la marche 
du convoi, ou même pour en changer les chefs, si ces derniers occasionnaient des retards 
parleur négligence. Les mandarins des lieux de passage, qui, par ménagements ou par 
complaisance, dissimulaient les faits relatifs au transport, furent bàtonnés comme com- 
plices. Le Tao-lay dut envoyer un mandarin militaire du grade yeou kie toit se*' pour 
protéger le transport. Après le passage à Ngi-tchen, cet officier dut veiller sur la route, 
afin qu'aucune cause de retard ne put désormais être invoquée. 

Malgré toutes ces précautions, on découvrit encore des fraudes ; le ministère des 
finances exigea alors une plus grande surveillance et la rendit pour ainsi dire journa- 
lière. Le Vice-roi et le Pou-tchen augmentèrent l'impôt des mines, les obligèrent à 
pourvoir au transport du tribut, et forcèrent le Tao-tay à montrer plus de sévérité et à 
exiger des préfets et des agents inférieurs une activité de tous les instants. Aussi la 
secondé année de Kien-long, on recueillit par ces moyens une telle quantité de cuivre, 
qu'après avoir pourvu à tous les besoins, il en resta encore 3,470,000 livres. Il fut donc 
possible de réserver tout le cuivre acheté dans les provinces occidentales, ce qui , au bout 
de dix-sept années, produisit 18 ou 19 millions de livres à l'aide desquels il devint facile 
de satisfaire aux demandes des acheteurs. Au bout de vingt-quatre années, on avait re- 

1 Suit l'énumération des principales dispositions de ces règlements, déjà indiquées dans le chapitre : 
Transport des métaux. 

- Grade équivalant à peu près dans la hiérarchie militaire chinoise à notre grade de chef de bataillon. 
II. 35 



274 TIEN x\AN KOUANG TCHANG. 

cueilli des deux mines de Ta-sin et de Ta-tong plus de 4 millions de livres de cuivre 
en sus de la production ordinaire, de telle sorte que l'impôt annuel dû à Pékin fut perçu 
sans difficulté. Les choses continuèrent à se passer ainsi pendant plusieurs années , 
sans que se produisit le moindre déficit. 

Mais une eau, dont la source n'est pas très-abondanle, s'épuise bientôt, si chaque 
jour on en puise une quantité considérable ; ainsi en est-il pour le cuivre. Aujourd'hui 
les mandarins, qui craignent d'être obligés de payer eux-mêmes les déficits, ont aug- 
menté l'impôt de toutes les mines et exigent des hommes le travail des animaux. Les scribes 
et les satellites font à leur tour peser sur le peuple le joug qui pèse sur eux, et en exlor- 
quent, par la force et par les coups, tout ce qu'ils peuvent. De là, une grande misère. 
Ainsi le corps de l'empire est ravagé et ses forces diminuent peu à peu. 

La cause de cette insuffisance de production, qui ne permet pas de satisfaire aux besoins 
du commerce, paraît être surtout la diminution du capital des mines et le taux du prix du 
cuivre. Si on augmentait le capital de façon à pourvoir aux besoins des mines étales munir 
de tout ce qui est nécessaire pour l'exploitation, sans cloute l'état des choses s'améliorerait, 
et la production du cuivre deviendrait abondante. C'est ainsi que le Siun-fouNgayPi-ta l'a- 
vait annoncé pour les mines de Tang-tan etdeTa-chouy. A l'origine, elles ne produisaient 
pas une grande quantité de cuivre, mais au bout de quelques années elles donnèrent 6, 7, 
puis 8 ou 9 millions de livres de cuivre par an. Aujourd'hui , après trente années, plu- 
sieurs millions sont prélevés par an pour le tribut; mais le minerai est devenu moins 
abondant, les galeries plus longues et plus profondes, le prix des vivres, du bois et du 
charbon a augmenté, et cependant on exige chaque année, soit pour Pékin, soit pour les 
autres parties de la province, plus de 10 millions de livres de cuivre pour la fabrication 
des sapèques. On est obligé de recourir avec cle grandes difficultés aux provinces occi- 
dentales. Le Siun-fou Lieou-tsao obtint, à la suite de deux demandes à l'empereur, que 
le prix du cuivre des mines de Tang-tan et de Ta-tou fût augmenté, ce dont les mineurs 
lui furent très-reconnaissants 

La 18 e année de Kien-long, on augmenta de plus de cinquante le nombre des associa- 
tions chargées, à Tong-tchouen , delà fabrication des sapèques. Elles frappèrent plus 
de 229,000 ligatures au delà du chiffre accoutumé, et firent plus de 43,000 taels de bé- 
néfices nets. Dans l'espace de neuf années, les bénéfices s'élevèrent à plus de 400,000 
taels. L'argent afflua alors dans les trésors de la province, et l'on put augmenter le capital 
des mines les plus nécessiteuses. Pendant une période de plus de vingt ans, la ville de 
Tong-tchouen augmenta de plus de moitié la fabrication de la monnaie, et fit annuelle- 
ment de ce chef plus de 37,000 taels de bénéfices, qu'elle employa à accroître le capital 
des mines de Tang-tan, de Ta-chouy et de deux autres. La 25 e année, cette ressource 
devint insuffisante, et bon accorda une augmentation du prix du cuivre. De plus, les asso- 
ciations de Lin-ngan furent invitées à augmenter également de moitié la fabrication de la 
monnaie. La 28 e année, on dut demander de nouveau une autre augmentation, et il fut 
permis à toutes les associations de Tong-tchouen d'augmenter de moitié la production 
mensuelle des sapèques pendant les trois mois d'hiver. La 30 e année, comme la production 



MÉMOIRE DE OLÏANG TA-IO. 275 

du cuivre dans les mines avait été très-abondante, le prix en fut trouvé trop élevé et le 
gain de Tong-tchouen trop faible, et il fut permis de nouveau d'augmenter de moitié la 
production annuelle totale des sapèques. 

De plus, des associations se formèrent aussi à Ta-ly fou, pour frapper de la monnaie; 
elles firent un gain annuel de plus de 8,000 taels, qui furent employés à secourir les mines 
deTa-sin, Ta-tong et Gi-tou. Dans l'intervalle de douze années, cinq ou six associations se 
formèrent ainsi, sans cependant que la fabrication des sapèques dans la province de Tien 
répondît à sa production en cuivre. 11 y avait déjà longtemps que les mineurs avaient com- 
mencé à frapper des sapèques pour subvenir en partie aux dépenses d'exploitation. 

Aujourd'hui, plusieurs dizaines de mines et des centaines de mille de travailleurs, ac- 
courus de tous côtés pour gagner leur vie, tombent dans la pauvreté. La production du 
cuivre diminue chaque jour. Ce n'est pas que la direction de l'exploitation du cuivre 
par l'État n'offre certains avantages ; le mal réside dans l'impossibilité de diminuer les dé- 
penses auxquelles on s'est accoutumé, et surtout dans les exigences des autres provinces. Il 
ne faut pas oublier que le Kiang-nan,le Kiang-si, leTche-kiang, leFo-kien, le Chen-si, le 
Hou-pe, le Kouang-tong, le Kouang-si, le Kouy-tcheou viennent s'approvisionner de 
cuivre dans le Yun-nan qui est ainsi toujours occupé pour les autres. 

La sainte dynastie actuelle, qui réunit tout l'empire sous sa domination, le considère 
comme une seule et même famille : c'est pourquoi, quelque éloignées que soient les pro- 
vinces les unes des autres, elles jouissent des mêmes biens que si elles étaient situées dans 
le Yun-nan même, et on leur concède les mêmes quantités de cuivre qu'à la province 
de Tien elle-même. J'ai vu le diplôme par lequel la province du Chen-si, l'année passée, 
a obtenu la permission d'ouvrir la mine de Ning-kiang-kouang-tong; il en a été retiré 
en l'espace de deux mois 2,400 livres de cuivre bien épuré, provenant de 5 à 6,000 livres 
de minerai. Il n'est donc pas douteux qu'en poussant l'exploitation plus avant, on n'arrive 
à une production fort considérable; ce résultat serait d'une grande importance. J'ai en- 
tendu dire également que dans le Hou-pe, à Han-fong et Siuen-ngen 1 , on venait d'ouvrir 
deux mines qui avaient déjà fourni plus de 1 5,000 livres de cuivre ; il y a là également un 
heureux indice d'une fructueuse et prochaine exploitation. De même les provinces de 
Tsin et de Tsou ont commencé depuis quelques années à ouvrir des mines, et je crois 
qu'elles ont déjà obtenu quelques dizaines de mille livres de cuivre. Néanmoins, toutes ces 
provinces continuent à acheter au Yun-nan la même quantité de cuivre que par le passé. 
Je voudrais qu'elles n'achetassent que ce qui est nécessaire pour compléter leur propre pro- 
duction. Ainsi le Kouy-tcheou qui avait vingt-six fourneaux de cuivre avait diminué sa de- 
mande au Yun-nan de 23 mao, c'est-à-dire d'une centaine de mille livres de métal. Peu 
d'années après, cinq feux furent éteints dans cette province, et il fut décidé qu'elle fournirait 
« à Pékin» suivant l'usage 447,000 livres de cuivre, dont 390,660 seraient achetées dans le 
Yun-nan. Il y eut en définitive une diminution de 70,000 livres sur ce que fournissait au- 
paravant cette dernière province. Ce sont là de faibles allégements qui ne nous dispensent 

1 Villes situées au sud de Che-nan fou dans la région montagneuse qui se trouve aux frontières du Se- 
tchouen, du llou-nan et du Hou-pe. 



276 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

encore ni de travail ni d'inquiétudes. Cette année-ci, le Chen-si a annoncé à l'empereur 
que l'association Kiou avait une réserve de 251,400 livres de cuivre, ou de plus de 
300,000 livres en y joignant le cuivre provenant des provinces occidentales. Malgré cela, 
cette province a envoyé recevoir dans le Yun-nan 626,200 livres de cuivre, ce qui forme 
un total de plus de 900,000 livres dont elle va pouvoir disposer, sans compter ce que vont 
produire ses mines propres. Je ne puis donc qu'insister pour qu'on diminue les quantités 
que le Yun-nan doit fournir aux autres provinces. 

Parlerai-je des provinces de Hou-pe, Kiang-nan, Kiang-si? Elles achetaient autrefois 
le cuivre occidental, au prix de 17'. 5 les 100 livres; elles ne le payent que 11 dans le 
Yun-nan; mais elles dépensent pour le transport de o à 6 taels ; ce cuivre leur revient 
donc à 16 ou 17 taels, par conséquent, à bien peu de chose près, au même prix que le 
cuivre occidental, surtout si l'on ajoute les frais que doivent faire les préfets des villes 
situées sur la route pour les mandarins qui président au transport. 

Il serait donc plus avantageux que les provinces ci-dessus désignées s'abstiennent d'a- 
cheter leur cuivre dans le Yun-nan, et envoient chaque année un mandarin demander le 
cuivre occidental qui leur est nécessaire. De la sorte, on diminuerait de 1 ou 2 millions de 
livres le cuivre exigé du Yun-nan, la production s'accroîtrait rapidement, et les mines 
cesseraient de manquer du nécessaire, comme l'avait constaté Yang Ouen-ting, qui s'était 
beaucoup occupé de cette question, a De son temps, » les dettes avaient crû dans une 
telle proportion que l'on avait dû renvoyer les débiteurs des mines. Ceux-ci, ne pouvant 
acheter le cuivre à crédit pour s'acquitter, s'étaient enfuis et avaient quitté leur profes- 
sion; il fut alors décidé, la 16 e année de Kien-long, que le trésor public ferait des avances 
pour acquitter ainsi les dettes contractées dans les mines. Les mandarins furent privés 
de leur traitement jusqu'à parfait payement. Ces dettes avaient atteint un chiffre tel que 
tous les officiers chargés des mines furent condamnés à rembourser 130,000 taels, et que 
l'on dut emprunter pour les envoyer à Pékin, plus de 2,600,000 livres de cuivre dont le 
prix ne fut pas payé « par l'état, » mais bien inscrit en diminution de la dette. Les direc- 
teurs des mines durent payer ainsi près de 140,000 taels d'or. Plus les dettes augmentent, 
plus les châtiments sont sévères. Mais on exige plus de cuivre qu'il n'en est produit, et 
par crainte, les mandarins accusent aux douanes une quantité de cuivre supérieure à la 
quantité réelle. Si la loi était sévèrement appliquée, ce mensonge devrait être puni de la 
peine de mort. 

Les mines et les fourneaux occupent environ 10 millions de travailleurs, dont le sort 
est à la merci des directeurs des mines et qui, placés entre une double nécessité, ne savent 
s'ils doivent rester ou s'enfuir. Chaque année le cuivre dû à titre d'impôt s'accumule de 
façon à atteindre bientôt 11,000,000 de livres. 

L'office des mandarins n'est facile à remplir que dans les grandes mines. Le règle- 
ment de l'année présente exige qu'ils rendent mensuellement des comptes exacts à leurs 
supérieurs. Aussi n'osent-ils pas payer le cuivre d'avance, afin d'éviter de contracter 

1 C'est à-dire le cuivre importé en Chine par mer. 



MEMOIRE DE OUÀNG TA-10. 277 

de nouvelles dettes. Mais leurs supérieurs ne veulent accepter aucune responsabilité, et, 
craignant d'être obligés de payer de leur poche s'il vient à manquer quelque chose, 
ils retiennent l'.S par 100 livres sur le prix du cuivre acheté, lien résulte que les mi- 
neurs qui ne reçoivent pas un salaire suffisant pour leurs travaux se retirent : telle 
est la difficulté de la situation actuelle. Cependant, comme la production de l'année 
est d'environ 11,000,000 délivres de cuivre, on peut mieux augurer de l'avenir, et 
espérer que les mines pourraient rendre le capital et les vivres qui leur seraient prêtés. La 
'23 e année de Kien-long, la mine de Tang-tan avait reçu 50,000 taels qui devaient être 
remboursés au bout de cinq ans ; de même celles de Ta-chouy et de Lou-lou avaient em- 
prunté pour dix ans 75,000 taels. En outre de cette addition à leur capital , les mines 
avaient reçu des secours en argent pour les trav Ueurs. Leur production s'est accrue de 
façon, non-seulement à payer toutes ces dettes, mais encore à faire un gain considé- 
rable. La 36° année, il fut également accordé a titre de prêt nue subvention aux habi- 
tants des mines. Aujourd'hui, contre des prêts d'argent plus faibles, on retient des quantités 
de cuivre d'une valeur plus grande comme gage, et on exige le remboursement dans un 
délai de trois années. 11 en résulte les plus grandes pertes pour les habitants des 
mines. 

Aussi devons-nous nous jeter aux pieds de sa Très-sainte Majesté, qui de son palais jette 
de cléments regards à des milliers de li de distance, pour lui demander de se montrer 
bienveillante envers ses fidèles esclaves. Autrefois, je l'avoue, par suite d'un excès d'in- 
dulgence, les débiteurs de l'État ont pu s'enfuir, mais le nouvel état de choses, qui n'ad- 
met qu'un délaide deux mois, entraine une sollicitude extraordinaire. On prête, il est vrai, 
plus de 70,000 taels, mais ils doiveni être rendus entièrement au bout de trois ou quatre 
années. Cette manière de faire est m< ins favorable au peuple que l'ancienne. Dans la 34 e 
et la 37 e année du règne, il fut ordonne que les propriétaires des mines fussent abondam- 
ment pourvus de vivres et d< combustible, et ceux-ci, qui recevaient mensuellement le 
prix du cuivre, pouvaient rembourser avec intérêt ces denrées et payer le salaire des 
travailleurs. Aussi l'ouvrage était-il activement poussé. Aujourd'hui, au contraire, le 
cuivre est retenu comme gage des emprunts, les vivres que l'on fournit sont comptés à 
un intérêt énorme et payés sur le cuivre. Si quelque retard est apporté dans le règlement, 
on le reporte à l'année suivante en accumulant l'intérêt. Les mandarins supérieurs en 
font sans examen supporter ia peine aux directeurs des mines. 

Cette année, il a été ouvert sept nouvelles mines. Le ministre des finances a décrété 
que le trésor public ferait aux Lou-fou et aux Cha-tin l'avance indispensable aux pre- 
mières fouilles. 11 est certain alors qu'en admettant même qu'ils ne trouvent pas une 
énorme quantité de minerai, ils ne songeront plus à fuir et qu'ils pourront payer la 
redevance exigée. Trop de rigueur dans l'observation des règlements et dans la réclama- 
tion des sommes prêtées engendre la fraude et le découragement. 

Quant à un projet d'organisation générale, embrassant toutes les mines, c'est un sujet 
qui demanderait déplus longs développements. J'ai vu, la 25 e année de l'empereur Kien- 
long, le rapport adressé à Pékin par mon prédécesseur, le Siun-fouLieou-tsao; il contient 



278 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

ce passage : Tant en Chine que sur les frontières de l'empire, on fabrique de la monnaie 
avec le cuivre des mines de Tang-tan et de Ta-lou, qui doivent subvenir ainsi à toutes 
les demandes, en ne recevant des autres mines qu'une aide insuffisante. Les entrailles de la 
terre s'épuisent déjà d'une façon sensible. Dans les nouvelles mines, il est vrai, sont encore 
des sources abondantes de minerai, mais rien n'est réservé pour l'avenir. Dans leur voi- 
sinage, des indices de gisement ne manquent pas; mais il faut des mois et des années 
pour arriver au gisement lui-même; il faut réunir des milliers de travailleurs, et quand, 
après s'être prêté une aide mutuelle, les mineurs arrivent enfin à produire du cuivre, ils 
doivent le livrer aux mandarins contre un prix insuffisant. 11 fut exposé à l'empereur que 
la mine de Tsin-long et quelques autres, pendant la 24 e année de son règne, qui conte- 
nait un mois intercalaire, c'est-à-dire pendant treize mois, n'avaient produit que 480,000 
livres de cuivre. L'année suivante, au 2 e mois, on augmenta le prix du cuivre; la 
26 e année, au 3 e mois, la production s'était élevée à plus de 1,000,000 délivres. Le bénéfice 
augmenta, en dehors même de l'accroissement du prix du cuivre, de 29 mille et quelques 
centaines de taels, c'est-à-dire fut de 10,000 taels plus considérable que celui de la 
24 e année. De plus, chaque mine reçut encore, en raison de l'augmentation du prix, 
12,000 taels. Tel est le bénéfice qu'elles durent à la bonté paternelle de l'empereur. 

De même dans l'année 33 e , le Siun-fou Min-tse exposa à l'empereur qu'il y a dans le 
Yun-nan de hautes montagnes contenant de profonds filons métalliques. Leur habile 
exploitation produirait non-seulement des dizaines de millions de livres de cuivre, mais 
encore donnerait la richesse à une innombrable population. Les petites mines elles- 
mêmes pourraient facilement faire des bénéfices. Aujourd'hui, elles ne gagnent rien 
parce qu'elles manquent de bras pour atteindre les métaux qui sont trop éloignés dans 
l'intérieur de la terre; mais dans les montagnes récemment ouvertes, il n'est plus néces- 
saire d'aller si avant et de faire ainsi des dépenses considérables ; si dans ces lieux 
retirés, les bras ne sont point nombreux, les bois et le charbon abondent : c'est ainsi 
que les petites mines pourraient faire d'aussi gros bénéfices que les grandes. 

Aujourd'hui , les mineurs espèrent sans travail trouver de grandes masses de métaux, 
imitant en cela les officiers préposés aux mines, qui vivent dans l'oisiveté, attendant que 
le cuivre soit obtenu pour en faire la répartition. Si le métal n'est pas trouvé, ce n'est 
point qu'il n'existe pas, c'est que l'on ne travaille pas suffisamment pour l'obtenir. Com- 
bien y a-t-il de gens qui vendent du cuivre ou qui fabriquent de la monnaie en cachette! 
C'est certainement cette négligence qui est cause que la production de toutes les petites 
mines n'atteint pas la onzième partie de celle de Tang-tan et de Ta-chouy. D'ailleurs les 
mines sont trop près des villes. S'il en était autrement, que l'on accueillit bien ceux qui 
viennent de loin, en assignant à chacun un travail approprié à ses facultés; si l'on dési- 
gnait pour commander aux autres des gens au cœur droit et aux mœurs pures, qui ap- 
porteraient une partie du capital et fourniraient le riz, l'huile, le bois, le charbon néces- 
saires, la prospérité ne tarderait pas sans doute à renaître. Les travailleurs, confiants 
dans leurs chefs, réuniraient tous leurs efforts, sauraient vaincre toutes les difficultés, éviter 
toutes les dépenses inutiles, et les pertes deviendraient plus rares. Si l'association Kiou 



MÉMOIRE DE OUANG TA-10. 279 

de Kouang-si fabriquait de nouveau de la monnaie, et que le gain fût appliqué à aug- 
menter le prix du cuivre, il ne serait plus nécessaire de transporter le cuivre d'Ouy-yuen, de 
Tchan-y et des autres montagnes dans la province de Kien « Kouy.-tcheou ; » de même que 
celui des mines de Lou-nan,Kien-chouy et Mong-tse n'aurait plus à être dirigé vers le Liao. 

En somme, on voit que tout le monde est d'avis qu'il faut augmenter le capital des 
petites mines. 

Dans la province de Tien, les bêtes de somme manquent pour le transport des métaux, 
et il n'y a point de réserve de cuivre assez considérable pour que l'association Kiou, chargée 
de la fonte des monnaies, ne soit sans cesse obligée de presser le transport et de ne laisser 
aucun répit. Les réclamations devancent la production elle-même. En outre , le Kiou de 
Pékin a fabriqué des sapèques sans relâche jusqu'au 5 e ou 6 e mois de l'année actuelle. 
Aussi, en deux ans, la province du Yun-nan a-t-elle dû faire huit envois de cuivre à Pékin 
pour satisfaire aux demandes des deux associations chargées de fabriquer les sapèques, 
et les approvisionner de cuivre jusqu'au 7 e mois environ de la 42 e année. A l'automne 
et à l'hiver de l'année prochaine, jusqu'au printemps et à l'été de l'année suivante, il y 
aura encore à transporter plus de 6,300,000 livres pour l'association Kiou de Pékin, qui 
sera ainsi munie jusqu'à l'automne de l'année 43 e . 

J'ai souvent examiné comment autrefois on transportait à Pékin la monnaie fabriquée 
dans le Yun-nan. J'ai trouvé qu'en suivant la route de terre, par Kouang-si fou et 
Kouang-nan, jusqu'à ce qu'on atteignit les fleuves du Liao-si, il y avait dans l'intervalle, 
19 tinh, tcheou ou hien, dont les mandarins s'occupaient à rassembler, proportionnellement 
à l'autorité dont ils disposent et à la longueur de la route à parcourir, les bêtes de 
somme nécessaires. Les petits mandarins fournissaient quelques dizaines de bœufs et de 
chevaux; les grands, au moins 300, et quelquefois jusqu'à 1,200 bêtes de somme. Ils 
payaient d'avance le prix de location. Malheureusement, pendant les chaleurs, les bêtes 
de somme et ceux qui les conduisaient tombaient souvent malades et ne pouvaient conti- 
nuer leur route. Les mandarins avaient acheté 378 bœufs, autant de chars, répartis en 
9 stations, et 588 chevaux répartis en 7 autres stations. 

Mais cet état de choses fut changé; on ordonna de cesser la fabrication des sapèques à 
Kouang-si, et en même temps les provinces de Kiang-nan, Tse-min, Hou-pe, Hou-nan, 
Kouang-tong, cessèrent d'apporter du cuivre à Pékin ; ce fut le Yun-nan qui dut acheter et 
apporter à Pékin une quantité de cuivre équivalant à leur impôt. Il en résulta pour cette 
dernière province l'obligation d'envoyer chaque année à Yun-ningplus de 4,400,000 livres 
de cuivre, dont moitié par la route de Tong-tchouen et Tchao-tong, et moHié'par celle de 
Siun-tien et Ouei-ning; elle dut y ajouter 1,891,440 livres de cuivre pour l'équivalent 
des sapèques qui se frappaient avant à Kouang-si. La 7 e année de Kien-long, on com- 
mença à ouvrir le port de Yen-tsin à la navigation, et le cuivre fut alors dirigé mi- 
partie sur Yun-ning par la route de terre, mi-partie sur Lou tcheou par la route fluviale. 
La 10 e année du même empereur, le port de Lo-sin près de Ouei-ning s'ouvrit aussi à 
la navigation, et le cuivre de Siun-tien, qui suivait jusque-là la route de terre, put à son 
tour être envoyé par eau à Lou tcheou. La 14 e année du même empereur, la navigation 



280 TIEN NAN KOUANG TCHANG. 

du Kin-cha kiang fut améliorée de telle sorte que de Yun-chang et de Hoang-lsao-pin 
tous les transports purent également se faire par eau. De Tong-tchouen et de Tchao- 
tong, le cuivre fut donc transporté à Yen-tsin et à Hoang-tsao-pin , d'où il put être 
transporté par barques jusqu'à Lou tcheou. Tong-tchoue et Tchao-tong se procurent 
les bêtes de somme nécessaires dans le Kouy-tcheou, le Se-lchouen et à Pang-kiun hien. 
L'usage veut que les préfets de ces deux villes mar> îent au fer rouge les bœufs et les che- 
vaux qu'ils louenl pour cet usage ^ et avancent aux propriétaires le prix d'achat, qui est de 
7 taels pour un cheval, et de 6 taels pour quatre bœufs et un char. Cette somme est 
remboursée ensuite à l'État par des retenues faites sur le payement des transports succes- 
sifs. Il existe d'ailleurs dos familles connues ou des associations qui acceptent la respon- 
sabilité du transj t pou un délai déterminé, douze ans par exemple, et il y a des lois 
spéciales qui les punisseni dans le cas de manquement à leurs engagements. Du reste, au 
bout de quelque ti nps, la confiance s'établit entre les mandarins et le peuple, de telle 
sorte qu'il n'y a plus rien à craindre. 

Les préfets d'Ouei-ning et de Siun-tien emploient aujourd'hui le même moyen pour les 
transports etavancent de l'argent à certaines familles pour qu'elles puissent acheter des bêles 
de somme. Quelque difficulté s'élève j ois de ce que, les chevaux et les bœufs une fois 
achetés, il y a souvent du retard dans l'époque des transports, et par sur dans les payements; 
aussi a-t-il été décidé cette année que pendant l'hiver et l'automne iî serait fait des envois 
réguliers de cuivre, et que les mines grandes ou. petites devraient fournir des métaux pour 
ces envois, même en en achetant aux mines voisines si elles en manquent elles-mêmes. 
Les mandarins envoyés pour ces achats perdent souvent en route un temps inutile et se 
détournent adroite et à gauche pour ne laisser échapper aucune occasion de commercer et 
de faire du gain. Aussi le même règlement' dispose-t-il que les mines de Te-chen, Je- 
kien, Pe-iangetles autres mines plus éloignées enverront leur cuivre à Hia-kouan, et que 
de là, le préfet de Ta-ly fera parvenir directement aux provinces de Kien et deLiao le cuivre 
que celles-ci auront acheté. La route est en effet plus directe. Les mines de Gi-tou, de 
Tsin-long et les autres plus rapprochées de, Yun-nan fou livrent leur cuivre aux manda- 
rins envoyés à cet effet, et ceux-ci doivent en hâter le transport jusqu'aux points d'em- 
barquement, caries chevaux et les bœufs ne peuvent être détournés longtemps' des tra- 
vaux agricoles, et être exposés trop longtemps aux maladies qui atteignent souvent les 
bestiaux en été. 

Autrefois, tout le cuivre des villes de Lin-ngan et de Lou-nan était entièrement 
transporté à Mi-kee hien, au bourg de ïcbou-iuen, où attendaient les mandarins chargés 
du transport. Dans la suite, ceux-ci pour n'avoir pas à attendre, allèrent directement aux 
mines; mais, à ce moment, la province manquait de cuivre, et l'on ne put acheter tout ce 
qui était demandé. 

Aussi, de même que l'on a établi un dépôt du cuivre de toutes les mines de l'Ouest à 
Yun-nan fou, dans lequel les mandarins peuvent puiser, en cas de déficit temporaire, 
pour assurer toujours le service des transports ; ainsi en a-t-il été pour le cuivre 
de Lin-ngan et de Lou-nan, qui est aujourd'hui emmagasiné à Tchou-iuen tsen. 



MEMOIRE DE OUANG TA-IO. 281 

où un mandarin de l'ordre Hiun-kien en a la garde. Les choses étant ainsi, les envoyés 
des préfets peuvent acheter sans perte de temps et faire transporter rapidement tout le cuivre 
qui leur est nécessaire. Si on observait de plus en plus strictement les règlements des 
transports, si les payements et les mesures à prendre étaient répartis intelligemment entre 
les différents préfets des lieux de passage, si enfin, pendant les chaleurs, on interrompait 
ce service de façon à laisser les chevaux et les bœufs libres pour les travaux des champs 
et à éviter les maladies de cette saison, on faciliterait beaucoup la tâche des mandarins. 
D'un autre côté, Siun-tien pourrait délivrer une partie du cuivre qui serait transportée 
par Kouang-si, Kouang-nan et Pee-see, comme l'étaient autrefois les monnaies, et l'on y 
gagnerait une accélération sensible dans le transport de l'impôt dû à Pékin. Ainsi, d'un 
seul changement, adviendraient de nombreux avantages. Il ne resterait plus qu'à choisir 
l'administrateur habile qui serait chargé de faire fonctionner tout le système. 

Un homme d'une sagesse profonde, Ouang-ïchang , pensait qu'il était nécessaire 
d'avoir à la tête de l'administration des métaux, un homme qui en connaisse à fond toutes 
les particularités. Les vicissitudes des temps font que telle chose, bonne autrefois, est aujour- 
d'hui nuisible. En résumé, l'augmentation de la fabrication des sapèques et celles du prix 
du cuivre dans le Yun-nan, me paraissent les remèdes à apporter à la situation précaire du 
peuple des mines ; on devrait aussi provoquer de la part des provinces un achat col- 
lectif de tout le cuivre qui leur est nécessaire. 

Je soumets ce travail à l'empereur, pour qu'il décide ce qu'il conviendrait de 
changer dans l'état de choses actuel. 



H, 36 



NOTES ANTHROPOLOGIQUES 



SUR L'INDOCHINE 



Pau M. le Docteur THOREL, 



CHEVAI.1KR DE LA LEIilOX I) IIOMVL'UIS. 



YOYAt'.K EN LNDO-CHIME 



a tto 




n-avr .-li.-z E,l,.u .1 i; i Diioiiay -Tr 



AVANT-PROPOS 



Il n'y a pas de branche de l'histoire naturelle pins intéressante, sans doute, que celle 
qui comprend l'étude de l'homme ; mais il n'en est peut-être pas en même temps de plus 
difficile à étudier avec soin en voyage. Ce qu'il faudrait, au point où en est arrivée l'anthro- 
pologie, et à une époque de précision scientifique comme la nôtre, ce serait beaucoup 
plus des mensurations prises sur le vivant à l'aide d'instruments convenables et des sque- 
lettes pouvant servir à ceux qui font en Europe une étude spéciale de cette science, que des 
observations générales faites de visu. Mais, obligé d'organiser notre voyage en moins de 
quinze jours avec les ressources encore presque nulles de la Cochinchine, nous avons dû 
partir sans aucun instrument, et même, nous devons le dire, sans les renseignements suf- 
fisants pour tirer le meilleur parti possible de tout ce que nous allions voir. Aurions-nous 
eu du reste ces moyens, qu'il nous eût été très-difficile, dans un voyage aussi rapide et 
clans lequel la distance parcourue et les difficultés ont été aussi grandes que dans celui du 
Mékong, de recueillir des pièces anatomiques et môme beaucoup de mesures. Nos res- 
sources pécuniaires étaient d'ailleurs très-restreintes. Toutes ces difficultés se sont 
trouvées encore augmentées de ce qu'une très-grande partie de notre route s'est faite 
à pied à travers les forêts. Ajoutons enfin qu'étant chargés de plusieurs autres travaux, il 
nous restait infiniment trop peu de temps, en arrivant aux étapes, pour faire nos recher- 
ches anthropologiques avec tout le soin et la conscience qu'elles réclament. Nous devions 
nous borner, la plupart du temps, à noter le soir les principaux faits qui s'étaient offerts ;'i 
nous dans la journée 1 . 

Malgré les difficultés qu'on rencontre partout pour recueillir des pièces anatomiques, 

1 Déjà dans nos Notes médicales du voyage d'expioration du Mékong et de la Cochinchine, nous avons traité très- 
sommairement l'anthropologie du voyage. Ce sont les conclusions que nous avons données dans ce travail que 
nous développerons ici, et auxquelles nous ajouterons tout ce qu'il nous a été possible de recueillir sur ce 
sujet. 



286 AVANT-PROPOS. 

difficultés qui sont plus grandes en Indo-Chine que partout ailleurs, à cause de la pratique 
de l'incinération des morts qui est en usage dans la plus grande partie du pays, et du culte 
dont les morts sont l'objet dans l'autre partie, il nous est arrivé plusieurs fois, cependant, de 
rencontrer des squelettes dans les campagnes. Mais comme ces trouvailles ont eu lieu en 
Chine dans des régions où existent quatre ou cinq races distinctes, et que nous ignorions 
celle à laquelle appartenaient ces ossements, nous avons préféré les abandonner. D'ail- 
leurs, à cette période du voyage, non-seulement nous ne pouvions rien recueillir, mais 
encore nous étions dans la nécessité de réduire nos bagages, en raison des difficultés du 
transport et de l'exiguïté de nos ressources, à nos notes et aux quelques instruments de 
travail les plus indispensables. 

Après ce préambule, destiné à justifier la grande imperfection des notes suivantes que 
nous devions cependant rédiger, ne serait-ce qu'afin de montrer tout ce qu'il reste à faire 
dans cette branche en Indo-Chine, on comprendra que nous nous bornions à traiter la 
matière d'une façon générale. Nous laissons à d'autres, mieux préparés et placés dans de 
meilleures conditions, le soin d'étudier plus complètement et d'une façon plus scientifique 
les races si intéressantes de l'Indo-Chine. Nous traiterons notre sujet en nous plaçant exclu- 
sivement au point de vue des caractères naturels de ces peuples, renvoyant à la partie des- 
eriplive du voyage pour les renseignements historiques et ethnographiques qui peuvent 
compléter ou confirmer nos conclusions. 

Pour la collection des types de ces races, nous renvoyons aux nombreux dessins qui 
ont été exécutés par notre compagnon, M. L. Delaporte, et qui sont contenus dans le 
curieux et riche album du voyage qu'il s'est donné tant de peine pour recueillir. Parmi ces 
nombreux dessins, beaucoup ont été faits en vue du costume des différentes populations, et 
un grand nombre d'autres ont été pris à peu près indistinctement sur les individus que 
l'on rencontrait aux haltes et que l'on décidait, non sans difficulté parfois, à se prêtera 
cette opération. On conçoit donc que beaucoup ne présentent pas les traits dominants 
de chacun des rameaux indo-chinois ou des divers groupes de populations mixtes. Aussi, ne 
renverrons-nous qu'à ceux qui offrent les traits caractéristiques de ces rameaux ou de ces 
groupes ' . 

Nous avons adopté pour ce travail la classification de Cuvier, modifiée par Omallius 
d'Halloy 2 , qui divise l'espèce humaine en cinq races : la blanche, la jaune, la brune, la 
noire et la rouge; les trois premières correspondent à trois types bien distincts admis par- 
tout, le Caucasique, le Mongolique, et l'Ethiopien ou Nègre. Malgré les incertitudes, les 
défectuosités de cette classification, qui suppose résolue la question à peu près insoluble 
et inabordable dans l'état actuel de la science, de l'unité de l'espèce humaine, nous avons 
dû la conserver, faute d'une meilleure : elle suffit du reste parfaitement pour ce que nous 
avons à dire. Toutefois, faisons remarquer qu'il nous est impossible de faire rentrer les 
Indo-Chinois dans la race brune, comme l'a fait d'Omalius d'Halloy, tout en reconnaissant 
qu'ils se rattachaient davantage à la race jaune. Pour nous, la somme des caractères qui 

» Voyez surloul Atlas, 2 e partie, planches I, II, X, XXIX, XXXII, XXXV, XXXIX, XLIII, XL VII. 
- Des races humaines, éléments $ ethnographie, 5 e édilion, 18G9. 



AVANT- PROPOS. 287 

rapprochent les Indo-Chinois de la race jaune, aussi bien au point de vue de leurs carac- 
tères physiques que de leur organisation cérébro-mentale, est infiniment plus considé- 
rable que celle en tête desquels se place la couleur de leur peau et qui les relie à la race 
brune. Cette teinte brune n'existe chez eux qu'à l'état exceptionnel, la couleur franche- 
ment jaune étant celle qui existe toujours sur les types purs, et elle ne saurait les ca- 
ractériser. Nous aurons l'occasion de revenir sur ce fait en parlant des Indo-Chinois en 
général. 

Disons, en terminant cette introduction, dans quel sens il faudra entendre plusieurs 
expressions dont la signification ne peut être définie complètement dans l'état présent de la 
science, parce qu'elle varie selon qu'on est monogéniste ou polygéniste : nous nous bor- 
nerons à employer le mot type dans le sens purement descriptif, afin de caractériser un 
ensemble de caractères. Quant au mot race, qui implique l'unité de l'espèce et équivaut 
au mot espèce pour les polygénistes, nous nous en servirons également dans le même 
sens ; mais il faudra, selon le point de vue auquel on se placera, sous-entendre le mot 
rameau ou variété, ou même espèce. Cette absence d'une nomenclature anthropologique 
bien définie, ou du moins uniforme, rend difficiles toutes les recherches sur les races 
humaines, et contribuera pendant longtemps encore à jeter de la confusion dans tous les 
travaux qui se feront sur cette science. 

Quant à la marche que nous avons adoptée dans ce travail, elle est conforme à celle 
que nous avons suivie en explorant la vallée du Mékong. Après avoir tracé très-succinc- 
tement les caractères physiques particuliers des différents rameaux de la race mongole qui 
habitent le sud de lTndo-Chine, nous étudierons les caractères généraux communs à tous 
ces peuples. Ce n'est qu'en second lieu que nous décrirons les nombreux sauvages de cette 
partie de l'Asie, lesquels, au point de vue ethnologique, devraient être placés les premiers, 
puisqu'ils sont les véritables aborigènes, mais à qui leur nombre moins grand et l'état 
ruclimentaire de leur civilisation, assignent une place moins importante. Nous termine- 
rons ces notes en disant quelques mots des Chinois : le rôle considérable qu'ils sont 
appelés à jouer dans l'économie générale du globe est cligne de toute l'attention de 
l'observateur. 



D r THOREL. 



NOTES ANTHROPOLOGIQUES 

SUR L'INDO-CHINE 

PAU 

M. le D" THOREL 

DIVISION DES RACES DE L'iNDO-CHINE. 

Les rameaux humains que nous avons eu l'occasion d'observer pendant notre 
voyage, sont nombreux et d'origine très-différente. Les uns, très-civilisés relative- 
ment, se rattachent au type mongolique ou à la race jaune , non-seulement par leurs 
caractères naturels , mais aussi par leur civilisation et par leur langue ; ce sont les ra- 
meaux annamite, cambodgien, laotien, auxquels il faut joindre les rameaux siamois 
et birman, dont nous avons pu observer un certain nombre de sujets, et qui forment, avec 
les précédents, le faisceau presque entier des populations indo-chinoises. Les autres habi- 
tants de l'Indo-Chine vivent dans un état de sauvagerie plus ou moins complet , et sont 
composés de nombreuses tribus ou peuplades sauvages, habitant exclusivement les forets 
et les régions montagneuses. Ces sauvages se rattachent à deux races distinctes ; dans le 
sud, ils présentent le type océanien ou australien, et appartiennent au groupe des Alfou- 
rous des auteurs, et dans le nord ils se relient à la race caucasique, ou plus exactement 
aux peuples indo-européens. 

Afin que l'on puisse mieux apprécier les races que nous avons à passer en revue, nous 
les avons groupées dans le tableau suivant, qui permet de les envisager d'un seul coup 
d'œil. Nous lesavons placées dans l'ordre où nous les avons observées en parcourant l'Indo- 
Chine ; ordre qui est, sauf pour les Chinois, celui de leur importance relative. 

I 1° Rameau Annamite, habitant toute la partie orientale et le sud de la presqu'île 

I Indo-Chinoise. 

2° Rameau Cambodgien, habitant le royaume de Cambodge, qui est compris entre 
KAifc muNUU l ;i Cochinchine française et le Laos. 

OU JAUNE . \ 3° Rameau Laotien, habitant le centre de la vallée du Mékong. 

4° Rameau Siamois, habitant la vallée du Ménam. 

5° Rameau Birman, habitant les vallées de la Salouen et de l'Iraouady. 

6° Rameau Chinois, habitant l'empire chinois. 

37 



290 NOTES ANTHROPOLOGIQUES. 

[{ACE NOIRE, RAMEAU ORIENTAL! Sauva r/es du sud de la presqu'île Indo Chinoise et du sud de la Chine, 
01 HALAYO-POLYNÉSIEN. j analogues aux Alfourous. 

RACE BRUNE OU RAMEAU N3IR( C i u t * i i a i ru- <\ 1 • n 

nr 14 mm „„,m B , n nr Sauvages des hautes montagnes du sud de la Chine Lolos noirs). 

Db LA RAIL LAILASIQLE. (. J v ' 



§ I. Race Momjolique ou jaune. 

A. Rameau Annamite. — L'Annamite, dont la présence dans le nord du pays qu'il 
occupe, remonte à une époque qui aurait suivi de très-peu d'années le déluge, d'après 
le P. Legrand de la Liraye l , est le plus mal bâti et le plus laid des Indo-Chinois de 
souche mongolique. 11 est de taille moyenne, un peu plus petit et moins vigoureux que les 
individus provenant des races qui l'entourent. Son teint est jaunâtre sale, plus foncé 
que celui du Chinois et du Laotien, mais plus clair que celui du Cambodgien; sa peau 
paraît épaisse, et parmi tous les Indo-Chinois, c'est la sienne qui est ordinairement la 
plus grossière. Son crâne est dolichocéphale, légèrement aplati à son sommet, mais 
très-développé latéralement, surtout en arrière. Sa face est plate, osseuse, anguleuse et 
losangique, autrement dit eurygnathe; ce caractère existe chez lui à son summum. Son 
front est bas , à peine proéminent, large intérieurement, mais étroit à sa partie supé- 
rieure et légèrement fuyant. Ses yeux sont moyennement obliques, avec la paupière 
supérieure assez large et bridée dans l'angle interne ; leur ouverture est petite. Son nez 
est non-seulement le plus écrasé, mais aussi le plus petit des nez des Indo-Chinois ; il est 
large et enfoncé à sa racine , épaté inférieurement et mousse à son extrémité, avec les 
narines souvent dirigées en avant et très-écartées. Ses pommettes sont très-saillantes, 
avec contours arrondis et plus élevés que chez les autres peuples. Ses arcades zygo- 
matiques sont très-accusées ; sa bouche est grande ; ses lèvres sont assez épaisses, char- 
nues, mais placées au même niveau, à l'inverse des Chinois, chez qui la supérieure 
déborde presque toujours un peu sur l'inférieure. Son cou est plutôt court que long ; 
ses épaules sont très-effacées, et on ne rencontre presque jamais d'Annamite voûté. 
Son corps est trapu, large et tout d'une venue; sa taille est à peine indiquée; aussi 
est-il sans souplesse dans les mouvements. Son bassin est très-large et détermine à la 
partie supérieure des fémurs un écarfement considérable, qui existe chez les femmes 
de toutes les races, et qui occasionne un dandinement singulier dans sa démarche, 
qui a fait dire, non sans raison, qu'elle était théâtrale. Ce dandinement bizarre, qui peut 
suffire à lui seul pour distinguer la majorité des Annamites de tous les autres peuples 
de l'Indo-Chine sans exception, se compose à chaque pas d'un double mouvement de 
rotation en demi-cercle à droite et à gauche de chaque membre inférieur, qui fait que le 
talon pivote à chaque pas et que la pointe du pied décrit un arc de cercle. Les jambes d'un 
Annamite sont presque toujours arquées : en un mot il est bancal , et ses tibias paraissent 
sur le vivant légèrement courbés en dedans. Mais ce qui le distingue plus particulièrement 

1 Notes historiques sur la nation annamite. Sa'igon, 18Co. 



RACE M0NG0L1QUE OU JAUNE. 293 

des autres rameaux indo-chinois, c'est l'écartement en dedans du gros orteil, qui fait que cet 
orteil n'est pas accolé ou du moins est plus écarté du deuxième que sur toutes les autres 
races marchant nu-pieds, chez lesquelles il s'écarte toujours un peu. Cette disposition sin- 
gulière, suffisamment générale pour caractériser cette race, ne lui est pourtant pas complète- 
ment particulière, car nous l'avons fréquemment observée chez les sauvages du sud de la 
presqu'île, àBassac, et sur les populations de race jaune de la province du Yun-nan, parti- 
culièrement sur les Pen-ti. Seulement, comme cette disposition est moins prononcée et 
plus exceptionnelle chez ces peuples, nous croyons qu'elle leur a été communiquée par 
des croisements avec les Annamites. 

On voit que nous ne partageons pas l'opinion assez répandue que les Annamites pro- 
viennent du mélange des sauvages avec les Chinois. Cette opinion est en contradiction for- 
melle avec leur histoire, et, parmi les nombreux métis que nous avons observés de Chinois 
et de sauvages, nous n'avons jamais trouvé un seul individu rappelant le type annamite. La 
conformation du pied prouve que les Annamites sont constitués à l'état de race distincte 
depuis un temps très-long; d'après l'auteur précédemment cité (le P. Legrand de la 
Liraye), ce signe bizarre servait dès l'an 2285 avant J.-C, c'est-à-dire 63 ans après le 
déluge biblique, à désigner le peuple annamite. On lui donnait dès cette époque le nom de 
Giao chi, mot qui veut dire que le gros orteil est écarté du second. Ce fait, puisé dans les 
annales chinoises, indique qu'ils n'ont pu recevoir ce caractère de leurs voisins, et il est 
très-curieux de constater qu'il se soit transmis à la population actuelle, malgré le nombre 
considérable d'alliances qui ont eu nécessairement lieu pendant cette période de qua- 
rante siècles. 

En décrivant plus haut le caractère des Annamites, nous nous sommes placé à un point 
de vue général ; mais outre qu'ils offrent de grandes variations individuelles, il est né- 
cessaire de distinguer parmi eux, ceux qui habitent la basse Cochinchine de ceux qui sont 
originaires du Tong-king. Ceux de la basse Cochinchine ou du sud sont sensiblement 
plus faibles et de plus petite taille que ceux du nord; différences qui tiennent, selon 
toute vraisemblance, à leur genre de vie au milieu de rizières marécageuses, qui favo- 
risent beaucoup moins le développement physique que la vie des régions montagneuses, 
et surtout cà l'action permanente de l'impaludisme, lequel, sans avoir chez eux les graves 
conséquences qu'il a sur les Européens, agit néanmoins fortement. Ceux du sud pré- 
sentent peut-être aussi un type plus uniforme, et leur peau est moins colorée, ce qui 
résulte de leur plus grand éloignement des sauvages au teint noir, et de croisements 
moins fréquents avec eux. 

Quelques-uns des principaux caractères de la race annamite, tels que les jambes ar- 
quées, le nez très-écrasé, la grande proéminence des pommettes, caractérisent certaines 
familles de la race jaune, habitant le nord de l'Asie, et particulièrement les Mongols pro- 
prement dits. De tous les Indo-Chinois, les Annamites sont les seuls qui permettent ce 
rapprochement, et, dans le Yun-nan, qu'on assigne comme ayant été le berceau des di- 
vers rameaux indo-chinois, et par conséquent celui des Annamites, nous n'avons ren- 
contré aucun habitant présentant réunies toutes les particularités qui les distinguent. 



294 NOTES ANTHROPOLOGIQUES. 

11 faut donc, croyons-nous, reporter beaucoup plus haut dans le nord l'origine de cette 
race, et admettre que loin de venir du Yun-nan, elle n'a fait qu'y stationner. 

Nous avons omis de donner les caractères de la femme annamite, mais nous devons 
dire qu'elle est en rapport de taille et de constitution avec l'homme du même rameau. 
Ses épaules sont très-effacées , son corps est même très-souvent courbé en arrière ; 
sa démarche est aussi caractéristique que celle de l'homme; elle y joint ordinairement 
à chaque pas un balancement exagéré des bras qui lui est tout à fait spécial, et qu'elle 
accentue davantage lorsqu'elle est en toilette ou lorsqu'elle appartient à une classe élevée 
de la société. 





Tïl'E CAMBODGIEN : I. E SECOND B I DU CAMBODGE- 



B. Rameau Cambodgien. — Le Cambodgien est plus grand et surtout plus robuste 
que l'Annamite; c'est le plus vigoureux des Indo-Chinois. Son corps est carré, ses 
épaules sont larges, son système musculaire est bien développé; cependant on ne 
voit que très-rarement ses muscles se dessiner à l'extérieur par des contours arrêtés, 
comme chez les Européens. Son crâne est ovoïdal (dolichocéphale), ses yeux sont très- 
peu ou à peine obliques ; néanmoins la paupière supérieure est toujours bridée dans 
l'angle interne de l'œil. Son nez est un peu plus proéminent et ses narines moins écar- 
tées et moins béantes que celles de l'Annamite. Ses pommettes sont moyennement sail- 
lantes et moins élevées que chez le peuple précédent, son bassin est également moins 
élargi transversalement; aussi ses jambes sont-elles bien droites et parfaitement arti- 



RACE MONGOLIOUE OU JAUNE. 



295 



culées sur le bassin. Ses mollets sont bien placés et très-développés, et sous ce rapport 
il est le mieux doté des Indo-Chinois. Son teint est jaunâtre comme celui de tous les ra- 
meaux de la race mongole; après celui du Birman, c'est le plus foncé, et il rappelle sou- 
vent celui de beaucoup de Malais, race avec laquelle 1e Cambodgien a beaucoup d'autres 
points de ressemblance dus au voisinage de la presqu'île de Malacca et à l'établissement au 
Cambodge à une époque déjà ancienne d'un certain nombre de Malais. Nous croyons 
qu'en outre de cette légère infusion de sang malais, les Cambodgiens possèdent aussi 
une notable proportion de sang sauvage, qui a également contribué à foncer leur teint, et 
qui se décèle fréquemment par quelques autres caractères. Fixés depuis des siècles dans 
le delta du Cambodge, ils se sont mélangés peut-être plus que les peuples voisins aux 
aborigènes, grâce surtout à l'habitude ancienne qu'ils ont conservée de les prendre comme 




TYPE LAOTIEN : FEMME CES ENVIRONS HE I' E T C II A B l ' li Y. 



esclaves. Faut-il attribuer à cette infusion graduelle de sang sauvage chez les Cambod- 
giens une part d'influence dans l'état de décadence dans lequel ils sont tombés, et qui 
tend à les ramener à l'état sauvage ? Nous le croyons, et la facilité avec laquelle les Cam- 
bodgiens vont se réfugier et vivre dans les forêts à la façon des sauvages, semble jus- 
tifier cette manière de voir. 

C. Rameau Laotien. — Le Laotien nous a paru le mieux proportionné des rameaux 
indo-chinois. Il offre de très- grandes ressemblances avec le Siamois, qui est du reste la 
seconde branche sortie originairement du même tronc. Sa stature est la même que celle 
du Cambodgien, mais il est moins large des épaules, et en même temps un peu moins vi- 
goureux. Comme les deux peuples précédents, il présente quelques-uns des caractères 
des peuples limitrophes; il tient du Chinois, du Birman, de l'Annamite, mais surtout du 
Cambodgien et peut-être de l'Hindou. Parmi les Indo-Chinois, sa démarche est celle 



296 NOTES ANTHROPOLOGIQUES. 

qui rappelle le plus celle de l'Hindou. Il est élancé, souple dans ses mouvemenls. Son 
teint, ordinairement plus pâle que celui des peuples circonvoisins, se rapproche beaucoup 
de celui du Chinois. Sa physionomie est douce et intelligente, son front est généralement 
bien découvert, la ligne d'implantation des cheveux qui le limite supérieurement, con- 
trairement à ce qui a lieu chez les autres Indo-Chinois, offre une convexité au milieu, 
et deux concavités très-prononcées latéralement. Son visage est moins losangique que 
celui de l'Annamite ; cependant sa face est toujours plate, avec un profil complètement 
droit, provenant surtout de ce que son nez ne proémine presque pas. Cet organe est plus 
saillant, plus développé que chez les Annamites et moins épaté. L'ouverture des narines 
n'est plus dirigée en avant comme chez beaucoup d'Annamites, souvent même le lobule 
terminal du nez, qui est toujours mousse dans la race jaune, est aminci et légèrement 
pendant. Chez un certain nombre d'individus, on observe même des nez droits, comme 
celui qu'ils donnent à la statue de leur Bouddha, et qui ressemblerait, d'après la tradition, 
à celui de leurs ancêtres \ 

Cette conformation du nez coïncide toujours avec des pommettes moins saillantes et 
un visage se rapprochant de l'ovale ; ce qui, en leur donnant quelque ressemblance avec 
les Européens, fait conclure à première vue qu'ils possèdent une certaine proportion de 
sang de cette race. Quant aux yeux des Laotiens, ils sont peu obliques et peu bridés dans 
l'angle interne; ils sont également moins petits que ceux des Annamites et des Chinois. 
Mais ce qui distingue surtout ce rameau mongolique, c'est l'allongement vertical de la 
boîte crânienne, qui paraît oblongue et non ovoïdale comme chez leurs voisins. Elle 
offre un type parfait de crâne brachycéphale, qui rend leur front moins étroit et moins 
fuyant à sa partie supérieure que chez les autres mongoliques. Nous devons noter que 
celte brachycéphalie est un caractère de race ne se justifiant par aucune pratique particu- 
lière sur la tête des enfants, comme cela a lieu chez certains sauvages. 

Il ressort de la description précédente et de tout ce que nous venons de dire du ra- 
meau laotien, qu'ainsi que tous les autres rameaux humains, il n'est pas pur. A nos 
yeux, beaucoup d'individus de cette race possèdent une certaine quantité de sang blanc. 
Pour justifier cette opinion, à défaut des caractères anatomiques et en particulier de ceux 
du nez, nous invoquerons leurs caractères moraux et intellectuels, qui les rapprochent 
plus de la race blanche que tous les autres Indo-Chinois, y compris même les Bir- 
mans, qui sont cependant plus rapprochés de l'Inde. S'il nous était permis de faire 
une hypothèse sur la source de cette légère proportion de sang blanc, nous dirions qu'ils 
la tiennent des sauvages à type caucasique qui habitent le Yun-nan , lieu d'où l'on 

1 Le type de toutes les statues du Bouddha, aussi bien au Laos qu'à Siam et parfois môme en Chine et en 
Cochinchine, est certainement arien ou caucasique. Ce fait ne saurait étonner, puisque le bouddhisme a pris 
naissance dans l'Inde, au milieu de populations d'origine arienne, et que depuis, toutes les statues de Bouddha 
sont faites d'après des mesures toujours les mêmes, inscrites clans les livres religieux et sur des tables déposées 
dans certaines pagodes. Parmi les caractères qui distinguent ces statues, nous signalerons la proéminence 
du nez, dont le lobule terminal est mince et toujours légèrement pendant, ce qui lui donne une forme qui 
contraste singulièrement avec celle du nez de la plupart des Indo-Chinois. Les pommettes de ces statues 
sont également très-peu proéminentes et souvent abaissées. 



RACE MGNGOLIQUE OU JAUNE. 297 

suppose que les Laotiens, ainsi que les autres rameaux indo-chinois, sont venus (Prichard) 
et où ils ont bien certainement stationné avant de descendre vers le sud. Cetle opinion 
est d'autant plus vraisemblable que, parmi les populations du Yun-nan, le type laotien 
est encore très-répandu partout. 

La femme laotienne ne présente rien de bien particulier. Tous ses caractères ana- 




TYPES SIAMOIS : LE FEK-nOI ET LA HEINE DE SIAJI. 



forniques, physiognomoniques et physiologiques, sont absolument identiques et en re- 
lation avec ceux de l'homme du même rameau. Les différences de taille et de vigueur 
qu'elle présente avec lui ne sont pas plus grandes que dans les races européennes. Ses 
seins sont uniformément développés, et jamais ils n'offrent ces différences considéra- 
bles de volume qu'on observe si communément en Europe. Quoique ces organes de- 
II. 38 



298 NOTES ANTHROPOLOGIQUES. 

viennent assez pendants avec l'âge, ce qui tient au grand nombre d'enfants qu'elles ont, 
et surtout à l'absence de tout soutien artificiel, ils peuvent être considérés comme n'é- 
tant pas plus pendants que chez les femmes caucasiques. Leur forme, ainsi que dans toute 
la race jaune, est subconique, jamais hémisphérique ; ils sont larges à la base, avec un 
mamelon toujours proéminent. Quant à la physionomie des Laotiennes, elle n'est ni moins 
douce ni moins intelligente que celle de l'homme; elle peut être considérée, à notre avis, 
comme la plus jolie des divers rameaux indo-chinois. 

D. Rameau Siamois. — Les Siamois sont, comme nous l'avons dit, une branche prove- 
nant du même rameau que les Laotiens. Ces deux peuples présentent par conséquent les 
plus grandes ressemblances entre eux, au point qu'il est extrêmement difficile de les dis- 
tinguer et de tracer les caractères qui les différencient. Bien que nous n'ayons vu qu'un 
nombre restreint de Siamois, néanmoins nous avons cru reconnaître les quelques diffé- 
rences suivantes : la brachycéphalie est moins accusée que chez les Laotiens ; leurs traits 
sont plus fins, moins grossiers et en môme temps moins doux. En somme, les Siamois 
semblent tenir davantage, par leurs traits, des Birmans et des Hindous, dont ils sont du 
reste plus rapprochés par leur position géographique. 

E. Rameaux Birman et Pégouan. — Quoique n'étant pas allé en Birmanie, ni dans 
lePégou, il nous a été pourtant possible, pendant notre voyage, de voir de nombreux in- 
dividus appartenant aux races de ces deux pays, qui parcourent l'Indo-Chine comme 
colporteurs ou résident comme délégués du roi de Birmanie chez plusieurs petits rois, 
ses vassaux. Nous tracerons donc, non pas les caractères particuliers de ces peuples 
qui offrent entre eux la plus grande ressemblance, mais ceux que nous avons notés et. 
qui les différencient de leurs voisins. Comme ces derniers, ils ne sont qu'un rameau 
de la race mongolique. Leur taille est peut-être la plus élevée des rameaux indo-chi- 
nois. Leur teint est également plus foncé, ce qui provient vraisemblablement de ce 
qu'ils sont plus rapprochés géographiquement des Hindous, et qu'en même temps il 
existe dans leur pays un assez grand nombre de peuplades sauvages au teint noir, avec 
lesquelles ils ont dû se fusionner. Leurs yeux nous ont paru petits et bridés assez for- 
tement, plus que chez les Laotiens et les Siamois et autant que chez les Annamites. Tls 
ont, du reste, avec ce dernier peuple, d'autres traits de ressemblance, aussi bien phy- 
siques que moraux. Leur nez est également très-épaté et petit ; mais leurs pommettes, 
tout en étant très-proéminentes, sont peu élevées, et leur mâchoire inférieure paraît 
moins forte sur les côtés. Leurs lèvres sont peu épaisses et entourent une bouche qui 
n'est pas très-grande. Comme vigueur et comme stature, ils se rangent à côté des 
Cambodgiens ; toutefois ils sont plus grands et moins trapus qu'eux. Us sont très-bien pro- 
portionnés, leurs jambes ne sont jamais arquées comme chez les Cochinchinois; ce qui, 
malgré les analogies qu'ils présentent entre eux et que nous venons de signaler, permet 
d'affirmer que, quoique originaires de la même souche, ils s'en sont détachés les uns et 
les autres depuis très-longtemps. Parmi les Birmans, surtout chez les femmes, nous avons 
trouvé plusieurs types rappelant manifestement le type hindou : les femmes présentant ce 
type sont très-appréciées et passent pour plus jolies que les indigènes. 



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RAMEAU BIRMAN : TYPES ARAKANA1S. 



RACE M0NG0L1QUE OU JAUNE. 301 

Nous ajouterons, pour terminer ce qui est relatif à ce peuple, que, comme caractère 
moral, les Birmans nous ont paru moins doux que les Laotiens. Leur physionomie est 
plus dure et présente une analogie assez grande avec celle des peuplades guerrières qu'on 
rencontre dans le nord de l'Inde et de leur pays. 

F. Caractères généraux des Indo-Chinois de race mongolique. — Aux caractères 
particuliers des races précédentes, nous ajouterons ceux qui sont communs à toutes et 
que nous n'avons pas mentionnés dans les descriptions qui précèdent. Mais auparavant, 
nous devons faire observer que les traits particuliers de chacun de ces peuples sont 
loin de se rencontrer sur tous les sujets du même rameau. Sur les frontières, où des 
croisements ont nécessairement eu lieu, il est souvent difficile de préciser à quelle 
race appartiennent beaucoup d'individus : ainsi, dans le sud du Laos, les Laotiens res- 
semblent très-souvent aux Cambodgiens, et dans le nord, il est fréquemment impossible 
de les distinguer des Chinois. On rencontre communément au milieu de tous ces peuples, 
des individus à peau brune et présentant quelques autres caractères d'après lesquels il 
est facile de reconnaître qu'ils ont eu des sauvages parmi leurs ancêtres. En Indo-Chine, 
les peuples envahisseurs, Annamites, Cambodgiens et Laotiens, quoique placés au point 
de vue de la civilisation à un degré comparativement aussi élevé, par rapport aux peu- 
plades sauvages, que le sont les Européens relativement à eux, n'éprouvent cependant 
aucune répugnance à s'unir avec les sauvages autochthones. Ces sauvages ne leur sont 
guère inférieurs comme beauté physique, du moins à notre point de vue d'Européens ; 
leurs femmes supportent souvent la comparaison avec la femme laotienne, et ne parais- 
sent pas tomber, comme chez la plupart des autres races sauvages, telles que les Aus- 
traliennes, par exemple, dans un état d'abjection plus grand que les hommes. 

Ces cinq races indo-chinoises sont sensiblement moins robustes et de taille moins 
haute que les Européens et que les Chinois. Les variations locales et individuelles qui peu- 
vent offrir des exceptions à celte règle sont moins grandes qu'en Europe; en d'autres termes 
ces races sont plus uniformes. Leur système musculaire est médiocrement développé, et ja- 
mais les muscles ne s'accusent à l'extérieur par ces saillies arrondies qui les dessinent, ex 
cepté toutefois chez quelques Cambodgiens. Mais, même chez ces derniers, les muscles- 
n'acquièrent jamais cette dureté qu'on constate chez nos lutteurs. Il en résulte que les 
Indo-Chinois ne sont pas capables d'efforts aussi violents que les Européens. Mais, par 
contre, ils peuvent, à un moment donné, travailler peut-être plus longtemps sans éprou- 
ver la même fatigue, et on est toujours étonné de voir que, malgré la faiblesse de leurs 
jambes, ils peuvent accomplir, en portant des fardeaux, de longs et pénibles trajets, aux- 
quels ne résisterait aucun Européen. 

Le tissu adipeux n'est jamais très-abondant chez ces peuples de l'Indo-Chine ; chez les 
quelques individus gros que l'on rencontre, il est réparti très-uniformément dans toute 
l'économie, à l'exception toutefois du ventre qui proémine assez souvent. On n'observe 
presque jamais chez eux cette extrême maigreur et ces énormes obésités si fréquentes en 
Europe, difformités qui, avec l'habitude qu'ils ont de garder leur corps à moitié nu, ren- 
draient toute réunion d'hommes si choquante. Leur peau est assez grossière ; jamais elle 



302 NOTES ANTHROPOLOGIQUES. 

ne présente ce degré de finesse qui est ordinaire chez les races indo-européennes et 
même chez quelques rameaux de la race noire ; elle est souvent moins fine que celle des 
sauvages. Sa couleur est jaunâtre, olivâtre, montrant parfois quelques reflets verdà- 
tres, rougeàtres et surtout noirâtres. Quoi que cette teinte jaunâtre soit la-couleur natu- 
relle et caractéristique de leur race, ils apprécient presque tous la hlancheur de la 
peau, et ils la considèrent, surtout au Laos, comme un signe de beauté. Faut-il attribuer 
ce fait à ce que le teint plus ou moins brun rappelle chez ceux qui le présentent l'exis- 
tence de sauvages parmi leurs ascendants? Nous serions tenté de le croire, et ce senti- 
ment offre quelque analogie avec celui qui, dans tous les pays où les blancs et les noirs 
se trouvent en présence, classe ces derniers dans une infériorité qui se trouve d'ailleurs 
parfaitement justifiée. 

Sur toutes ces races à peau jaune ou d'un noir très-imparfait, les parties du corps 
non couvertes par les vêtements sont bien plus foncées que les parties qui restent cou- 
vertes. On ne saurait cependant considérer ce fait comme une preuve venant à l'appui 
de la théorie de l'influence du milieu sur le degré de noirceur de la peau, car cette 
teinte foncée disparait dès qu'ils se couvrent et ne se transmet pas par voie de génération. 

Le système pileux est très-peu développé sur tous ces rameaux mongoliques : la 
barbe n'apparaît pas avant trente-cinq ans, souvent même avant quarante, et elle est li- 
mitée à la lèvre supérieure et au menton, où elle reste toujours très-clair-semée. Elle 
présente en outre ce caractère, d'être toujours parfaitement droite, ni frisée, ni on- 
dulée; sa couleur est d'un noir parfait; on trouve exceptionnellement quelques poils 
roux. Dans ce dernier cas et aussi lorsqu'on trouve des favoris naissants, on constate pres- 
que toujours un changement de type de l'individu qui offre ces particularités, changement 
qui provient d'un mélange de sang caucasique ou océanien. Sur le corps, à l'exception du 
pubis et des aisselles, les Indo-Chinois n'ont que très-rarement des poils ; quand ils en 
ont, c'est surtout à la région sternale. Leurs cheveux sont uniformément noirs, épais et 
roides, parfaitement lisses et plats; jamais ils n'offrent la moindre ondulation ou des 
reflets jaunâtres; quoique très-abondants, leur longueur ne dépasse jamais la ceinture, 
et n'atteint ordinairement que le milieu du dos. Leur chevelure présente cet heureux 
privilège, ainsi que leurs dents, de ne jamais tomber, à moins d'affections parasitaires 
du cuir chevelu. 

Le crâne des Indo-Chinois présente les deux types extrêmes : la dolichocéphalie 
(Annamites et Cambodgiens) et la brachycéphalie (Laotiens); mais entre ces deux formes de 
crâne, on en trouve de mixtes. Excepté chez les Laotiens, cette boite osseuse est, comme 
chez les principaux rameaux de la race jaune, très-développée postérieurement et sur les 
côtés. Quant au front, il est toujours large inférieurement, et, par contre, étroit supérieu- 
rement et légèrement fuyant; les bosses frontales sont très-peu accusées, ainsi que les 
arcades sourcilières. Les oreilles sont sensiblement plus larges et plus écartées en dehors 
que chez les races caucasiques ; l'augmentation de grandeur de ces organes porte surtout 
sur le lobule inférieur qui est ordinairement très-pendant. 

Les yeux surtout sont caractéristiques : ils sont très-peu enfoncés, souvent même ils 






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HAMEAU PÉf.OÏAN : TYPES JIOXS 01' TA.LAINS. 



RACE MONGOLIQUE OU JAUNE. 305 

effleurent les arcades orbitaires ou sont à peine dépassés par elles. L'ouverture des paupiè- 
res est petite et ovale, plus ou moins oblique en haut. La paupière supérieure est large et 
bridée dans l'angle interne. Les sourcils sont haut placés au-dessus des yeux, peu fournis, 
droits, non arqués et relevés en dehors. Les cils sont très-courts. La conjonctive est 
d'un blanc mat, jamais légèrement bleuâtre comme chez tant d'Européens; souvent 
même elle est faiblement ictérique, comme chez tous les peuples et même les Européens 
qui habitent les pays chauds. L'iris est d'un brun foncé presque uniforme. L'espace sé- 
parant les deux yeux est large et presque plat, par suite du peu de proéminence de la 
racine du nez. Cette disposition, ainsi que la conformation extérieure des yeux, sem- 
ble être le résultat de la grande saillie des pommettes, lesquelles auraient entraîné 
les paupières en dehors et en haut en les tendant dans l'angle interne et en même temps 
en affaissant la racine du nez. Cette explication, surtout en ce qui concerne les paupières, 
est d'autant plus vraie, qu'il est démontré que les cavités orbitaires des crânes indo-chinois 
ne présentent rien justifiant la conformation particulière des parties molles des yeux. 

Le nez de tous ces peuples, relativement à celui des Européens, est petit comme 
volume et comme longueur; inférieurement, il est épaté, mousse à son extrémité, avec les 
narines écartées et très-souvent dirigées un peu en avant, ce qui a fait dire plaisamment 
qu'il pouvait pleuvoir dans leur nez. Leurs lèvres sont assez épaisses, charnues et légère- 
ment retroussées. 

Le prognathisme est à peu près nul chez tous ces rameaux ; toutefois on le rencontre 
assez souvent développé à un faible degré, comme chez beaucoup de Chinois. Il résulte 
de cette conformation des mâchoires, que les dents sont presque verticales ou à peine 
proclives, mais elles le deviennent ordinairement avec l'âge, par suite de l'usage du bétel 
qui les déchausse prématurément. 

De même que chez tous les peuples des pays chauds, les dents des Indo-Chinois ne 
se carient pas. Ce qui démontre l'influence du climat sur la production de cette maladie, 
c'est que sur les mêmes races, particulièrement sur le Chinois, on l'observe quelquefois, 
et de plus en plus fréquemment en s'avançant vers le nord. Les dents sont réguliè- 
rement plantées, égales, peu grandes ; pourtant on observe fréquemment des incisives 
médianes d'une longueur dépassant celles des Européens. La mâchoire inférieure 
est surtout forte en arrière, au-dessous des arcades zygomatiques, lesquelles sont très- 
développées pour loger les muscles masticateurs qui sont très-puissants. 

C'est cette dernière disposition surtout qui rend carrée la face des Indo-Chinois et 
fait paraître leur menton étroit. Il est également un peu fuyant comme chez les Chinois. 
Mais le caractère prédominant du visage des Indo-Chinois est l'écartement, la proé- 
minence et la hauteur des joues, ce qui lui donne une forme losangique non ovale comme 
chez les Européens, et lui a valu le nom d'eurygnathe. Cette conformation, jointe au peu de 
saillie du nez qui est petit, non-seulement dans ses parties molles, mais aussi dans son 
squelette, rend leur face plate et leur profil droit. 

La disproportion clans les différentes parties constitutives du visage de ces peuples, 
rend tous leurs traits grossiers, diminue encore le peu de mobilité de leur physiono- 

II. 39° 



306 NOTES ANTHROPOLOGIQUES. 

mie qui est d'autant moins expressive, qu'ils cherchent presque constamment à dissi- 
muler leurs impressions. Leurs joues sont toujours de couleur mate, comme le reste de 
leur peau ; elles n'offrent pas, même chez les jeunes gens, ce vif incarnat qui em- 
hellit tant le visage des Européens et qu'eux-mêmes apprécient beaucoup chez les 
quelques individus qui le présentent. Dans la colère, elles ne se colorent pas plus que 
le reste de leur visage, qui devient d'un rouge uniforme assez semblable à la couleur de la 
brique. 

Les membres de ces Indo-Chinois offrent quelques particularités à signaler. Leurs 
bras nous ont paru, ainsi qu'à tous ceux qui les ont observés et mesurés, plus longs que 
chez les peuples indo-européens. Ils sont en même temps moins gros et moins bien musclés, 
proportionnellement, que leurs jambes. Leurs mains sont toujours plus petites que chez les 
Européens, mais par contre elles sont plus osseuses et plus sèches. Les arliculations des 
doigts sont toujours très-accusées et donnent à ces organes une apparence noueuse qui 
rappelle involontairement la main des singes. Leurs ongles sont peut-être plus déve- 
loppés et plus forts que chez les Européens, et les gens riches leur laissent atteindre 
une longueur démesurée sans qu'ils se cassent. La peau de la partie dorsale des mains 
et des pieds offre toujours une teinte légèrement brune, qui contraste avec la pâleur 
de celle de la face palmaire de ces organes. Les pieds offrent la plupart des caractères 
qui distinguent la main. Le talon est bien saillant en arrière, la voûte du pied est bien 
accentuée, et on ne rencontre presque jamais de pieds plats. Les orteils sont courts, sou- 
vent un peu écartés les uns des autres, comme chez tous ceux qui marchent ordinairement 
nu-pieds \ 

§ 2. Bemarques générales sur les Indo-Chinois de race mongolique. 

Déjà nous avons fait remarquer plusieurs fois que l'obliquité des yeux était inégale- 
ment prononcée chez les différents rameaux de la racejaune. Elle atteint son maximum 
chez les Chinois du littoral de la Chine et les Mongols, et son minimum chez les Cam- 
bodgiens et les Malais. Les Annamites et les Laotiens tiennent le milieu entre ces deux 
extrêmes. 11 en est de même pour les différences qu'offre la coloration de la peau, mais 
elles se produisent dans un ordre inverse. Le Cambodgien offre le teint le plus foncé, et 
le Chinois présente le plus pâle. On peut môme observer des teints presque blancs sur les 
jeunes Chinois habitant les villes. Mais on aurait tort, comme cela a été dit et écrit souvent, de 
comparer cette blancheur à celle des individus de la race blanche : toujours elle est mate, 
non transparente, et diffère complètement de la nôtre pour un observateur attentif. Leurs 

1 Les dessins qui accompagnent la fin de ce paragraphe et le paragraphe suivant complètent la description 
des différents types mongols de la péninsule. Je dois les photographies originales dont ils sont la reproduction 
à la bienveillance du général A . Fytche, gouverneur des possessions anglaises en Birmanie, à qui M. le co- 
lonel H. Yule a bien voulu les demander pour moi. Les Arakanais et les Talains sont les populations qui ont 
le plus fortement ressenti l'influence du voisinage de l'Inde. Les Karens paraissent au contraire être restés 
purs de tout alliage et se rapprocher davantage du rameau chinois de la race mongole. F. G. 



KACE MONGOLIQUE OU JAUNE. 307 

conjonctives présentent toujours des différences de coloration analogues, ainsi que la peau 
des mains et des pieds. 

On peut conclure de ces modifications que les races du sud offrent une moins grande 
proportion de sang mongol et une plus forte de sang sauvage et hindou. Les yeux 
droits de ces derniers peuples ont corrigé l'obliquité des yeux des Mongols, et le teint 
noir a foncé leur peau. Au fur et à mesure qu'on s'éloigne de la Chine, les caractères 
distinctifs des Chinois s'atténuent graduellement et le Cambodgien qui, placé au sud de 
rindo-Chine, est le dernier terme de cette progression décroissante, sert à lier les peu- 
ples indo-chinois aux Malais de la presqu'île de Malacca et à ceux de l'archipel des îles 
de la Sonde, des Philippines et à certains Polynésiens dont l'affinité avec les Malais a été 
admise par M. de Humboldt. Tous ces peuples forment donc une chaîne ininterrompue 
depuis le nord de la Chine jusqu'en Australie, sans qu'il soit possible de tracer la ligne 
de démarcation qui les sépare. 

Si maintenant on divise les Indo-Chinois en orientaux et en occidentaux, on constate 
que les Annamites, qui sont placés à l'orient, possèdent au plus haut degré les caractères 
physiques, moraux et sociaux des Chinois, et que les Laotiens, les Siamois et les Birmans 
se rattachent davantage au contraire aux populations de l'Inde. Ce résultat, qu'aurait pu 
faire soupçonner la position géographique de ces peuples, n'en est pas moins remar- 
quable en ce qu'il fait ressortir avec évidence les modifications imprimées à ces diffé- 
rentes populations par les croisements résultant nécessairement du contact et des rela- 
tions. 

A l'égard des sauvages de l'Indo-Chine, l'observation conduit à des résultats exacte- 
ment analogues, aussi bien en ce qui concerne l'obliquité des yeux que la couleur fon- 
cée de la peau. Dans le sud, ils sont bien plus rapprochés des Océaniens par tous leurs 
caractères que dans le nord, où ils se confondent presque avec les Chinois et les Lao- 
tiens. A l'est ils se relient aux Annamites, et à l'ouest ils ont des liens nombreux avec les 
populations de l'Inde (Sauvages Does). 

La proéminence des pommettes, ou l'eurygnathisme, donne lieu également à des re- 
marques très-importantes. Les Annamites sont ceux qui le présentent ordinairement à 
son plus haut degré de développement, les Laotiens et les Cambodgiens ci son plus faible. 

Le crâne de ces peuples présente des différences que nous avons signalées déjà dans 
plusieurs occasions, mais sur lesquelles nous croyons devoir revenir. Quoique les Laotiens 
soient un rameau de la race mongolique, comme les Annamites et les Cambodgiens, il est 
curieux de voir qu'à l'inverse de ces derniers peuples, leur crâne soit brachycéphale. Ce 
fait, qui existe déjà dans la race blanche où les Teutons font exception par ladolichocéphalie 
avec les Slaves et les peuples gréco-latins, montre une fois de plus que ce caractère ne suffit 
pas pour caractériser une race et qu'il est également insuffisant pour apprécier le degré 
d'intelligence, puisque les Laotiens sont loin d'être les moins intelligents parmi les ra- 
meaux mongoliques. 

Faisons remarquer que la brachycéphalie des Laotiens les rapproche des Kalmoucks 
qui occupent le nord de l'Asie et qui sont considérés comme le type le plus pur de la race 



308 



NOTES ANTHROPOLOGIQUES. 



mongolique ; sans prétendre tirer aucune conclusion de ce rapprochement, nous devions 
cependant signaler cette affinité de race. 

Il semble résulter de l'examen de ces changements progressifs de la couleur du teint, 
de l'obliquité des yeux et de plusieurs autres caractères, que les populations noires 
ou sauvages habitaient primitivement le sud de l'Indo-Chine, que les jaunes étaient fixées 
au nord, et que c'est de leur mélange, et non des influences climatériques, que sont 




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T ï P E K A H E N (HOMME). 

résultées les modifications que nous avons constatées sur les types des différents rameaux 
indo-chinois. Si l'on peut soutenir que la noirceur du teint, qui augmente en marchant 
vers l'équateur, provient de l'effet du soleil, on ne peut appliquer le même raisonne- 
ment au changement dans la conformation particulière de l'œil, qui ne peut évidemment 
provenir que du mélange des races. 

D'après les nombreux caractères connus» qu'offrent les rameaux indo-chinois, pré- 
cédemment décrits, on ne peut douter de leur communauté d'origine. Tous ne sont 
que des branches de la race jaune, qui se sont séparées du tronc à des époques difficiles à 
préciser, mais dans tous les cas fort anciennes. Les modifications qu'elles présentent nous 



RACE MONGOLIQUE OU JAUNE. 



309 



paraissent être le résultat d'une sélection naturelle, ou plutôt de relations avec des po- 
pulations primitives de races différentes. 

Quel est le lieu de leur origine ? viennent-ils du centre de l'Asie centrale, qu'on con- 
sidère comme ayant été le berceau de tout le genre humain ? Sans prétendre trancher 
cette question qui fournira longtemps matière à controverse, cette origine nous paraît 
cependant assez probable quant aux Indo-Chinois de race mongolique. Nés au centre de 
l'Asie, comme les fleuves qui baignent la région qu'ils habitent, Brahmapoutre, 








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TYPE K A n E N ( F E M M t ) . 



Iraouady, Salouen, Cambodge et fleuve Bleu, repoussés à l'est par l'immense barrière de 
l'Himalaya, comme les eaux de ces fleuves, puis, comme elles, réunis un instant dans 
la région montagneuse qui s'étend au nord-ouest du Yun-nan, ils ont suivi les vallées de 
ces fleuves pour se répandre dans l'Indo-Chine, repoussant les sauvages noirs, qui sont 
les aborigènes proprement dits, ou se mêlant avec eux. 

Nous avons négligé jusqu'à présent de parler des aptitudes physiologiques etdes facultés 
psychologiques des Indo-Chinois ; sans vouloir nous étendre longuement sur ces questions 



310 NOTES ANTHROPOLOGIQUES. 

délicates et qui sont peu du domaine de l'anthropologie, nous en dirons néanmoins quel- 
ques mots. 

Les Cambodgiens, les Laotiens, les Siamois et probablement les Birmans se rangent 
dans le même groupe et présentent des qualités intellectuelles presque également déve- 
loppées. Ils ont le sentiment religieux plus développé que les Chinois. 

Dans l'ordre physiologique, on constate plus de similitude entre les chants des Cam- 
bodgiens et des Laotiens et ceux des races indo-européennes, et une aptitude plus grande 
pour apprécier et reproduire nos chants. Au contraire, les Annamites et surtout les Chinois 
n'apprécient aucunement notre musique, et il leur est à peu près impossible déchanter 
le plus simple de nos airs. Ce n'est qu'après mille peines qu'on arrive à leur faire psal- 
modier d'une façon uniforme quelques chants religieux; encore cette manière simple 
ne produit-elle ordinairement pour des oreilles européennes qu'une cacophonie horrible. 

Tous ces peuples possèdent une véritable civilisation, presque également avancée chez 
chacun d'eux, uniformément calquée sur la civilisation chinoise et présentant, mais à 
un moins haut degré que cette dernière, le caractère stationnaire. Cet immobilisme de 
leur civilisation, en harmonie avec celui de leur physionomie, paraît être le résultat de 
leur organisation psychique, très-différente de celle des Européens. 

Au point de vue moral et des sentiments élevés venant du cœur, les Cambodgiens et 
les Laotiens sont ceux qui se placent en première ligne. Les Annamites et surtout les 
Chinois leur sont très-inférieurs. 

Cette différence tient peut-être à ce que les premiers peuples possèdent une plus forte 
proportion de sang indo-européen, mais aussi et surtout à l'influence du bouddhisme, 
qui est plus fidèlement pratiqué au Laos et au Cambodge qu'en Chine et qu'en Cochin- 
chine, et qui contribue à développer les sentiments élevés. 

Aux remarques qui précèdent sur les Indo-Chinois, nous devons ajouter quelques 
renseignements sur leur fécondité, leur longévité, leur parturition, leurs enfants, afin de 
compléter autant que possible tout ce que nous avons pu recueillir et observer sur eux. 

Comme fécondité, les Chinois et les Annamites doivent être placés en première ligne. 
Cette grande fécondité est due bien plutôt à leur organisation sociale et politique et à 
leurs mœurs, qu'à une propriété naturelle. La polygamie, qui est pratiquée au Laos et au 
Cambodge et qui est partout un obstacle à l'accroissement de la population, n'est qu'une 
exception en Cochinchine et en Chine. Dans ces deux derniers pays, le mariage est sinon 
obligatoire, du moins nécessaire, excessivement facile sous tous les rapports, et il s'effec- 
tue chez les deux sexes souvent même avant l'époque de la puberté. L'extrême pauvreté 
est la seule cause qui puisse forcer les habitants au célibat. Toutes les femmes sont donc 
mariées et ont au moins huit à dix enfants avant d'atteindre l'époque de la ménopause. 
Aussi, n'était l'excessive mortalité qui pèse sur les nouveau-nés dans ces pays où le bien- 
être et l'aisance sont bien plus faibles que dans les pays civilisés, on constaterait un 
accroissement énorme de la population. Il ne faudrait pas s'imaginer que cette excessive 
mortalité des enfants tient, aussi bien en Chine qu'en Cochinchine, au peu de soins qu'en 
ont leurs parents, et à l'habitude de les jeter dans les fleuves ou aux pourceaux comme 



RACE NOIRE, RAMEAU ORIENTAL OU MALAYO-POLYNÉSIEN. 311 

cela a été dit et écrit tant de fois. Rien n'est plus faux et plus absurde que cette accusa- 
tion contre les Chinois, et la commission du Mékong- tout entière peut témoigner n'avoir 
rien vu ni rien recueilli de semblable pendant les huit mois qu'elle a passés dans l'in- 
térieur de la Chine. Sans doute l'infanticide s'y observe, mais rien ne prouve qu'il y soit 
plus fréquent qu'en Europe. On peut affirmer qu'il n'existe peut-être aucun homme aimant 
plus ses enfants que le Chinois, et à défaut d'autres preuves, il suffirait de citer l'accrois- 
sement considérable et exceptionnel de la population chinoise depuis quelques siècles. 
La longévité de tous ces rameaux indo-ebinois ne nous a pas paru différer considé- 
rablement de celle des Européens. Si elle est moindre de quelques années, croyons-nous, 
cela tient au peu de ressources médicales du pays, à l'absence de toute hygiène, à une ali- 
mentation souvent malsaine. On rencontre cependant quelquefois des octogénaires et même 
des nonagénaires en Indo-Chine. 

La parturition, par suite, croyons-nous, du plus petit volume de l'enfant, parait s'ac- 
complir plus facilement que chez les Européens. Néanmoins, un grand nombre de femmes 
succombent pendant et surtout après le travail de l'accouchement, particulièrement au Laos. 
Cette mortalité nous paraît devoir être attribuée à la pratique en usage dans tout le sud de 
la vallée du Mékong, pratique qui consiste à établir pendant plusieurs jours un feu per- 
manent et actif sous le lit des femmes qui viennent d'accoucher. Cette chaleur, jointe à 
l'absence à peu près complète de soins de propreté, favorise le développement de métro- 
péritonites et d'autres graves maladies. 

La peau des enfants dans les races indo-chinoises est presque aussi pâle que celle des 
européens ; mais cette blancheur est mate et n'offre jamais cet incarnat si vif et si joli des 
enfants européens. Leurs cheveux sont presque toujours châtains jusqu'à l'âge de quatre 
à cinq ans, parfois même ils offrent quelques reflets blond-foncé. Ce n'est que plus tard, 
vers sept à huit ans, qu'ils prennent cette teinte noire de jais, et en même temps cette roi- 
deur qui persiste ensuite plus ou moins longtemps, jusqu'au moment où ils deviennent 
blancs, c'est-à-dire vers cinquante ans environ. Comme nous l'avons déjà dit, la calvitie 
est presque inconnue chez eux. 

Les enfants indo-chinois sont beaucoup moins tapageurs, bien plus faciles à élever, 
et d'une intelligence et d'un jugement plus précoces que les enfants européens. Mais, 
plus tard, au moment de la puberté, c'est-à-dire à l'époque où le jugement et les 
facultés intellectuelles se fortifient tant chez les Européens, ces qualités sont restées chez 
les Indo-Chinois ce qu'elles étaient quelques années auparavant, et paraissent parfois 
amoindries. En un mot leur intelligence, après s'être développée très-vite, semble, vers 
quinze à dix-huit ans, frappée tout à coup de ce caractère stationnaire et uniforme qui est 
particulier à la civilisation chinoise. 

§ 3. Race noire, rameau oriental ou malayo-polynësien. 

Par leur nombre et leur variété, les sauvages de l'Indo-Chine constituent un des grou- 
pes humains de l'Asie les plus intéressants à étudier, et l'explorateur qui pourrait leur 



312 



NOTES ANTHRO POLOGIOUES. 



consacrer le temps et les moyens nécessaires, ne manquerait pas de recueillir les docu- 
ments anthropologiques, ethnographiques et même philologiques les plus curieux. Ces 
sauvages sont partout de mœurs assez douces et vivent en tribus presque isolées les unes 
des autres, n'ayant à peu près de commun que les mœurs et la langue, laquelle encore 
n'est pas absolument identique chez tous. Chaque tribu se décompose en un certain 
nombre de villages, avec un chef dont le rôle est celui d'un père de famille. Leur orga- 
nisation peut être comparée sous les principaux rapports au socialisme, et les habita- 
tions d'un certain nombre de tribus sont de véritables phalanstères (Stiengs). Contraire- 
ment à beaucoup d'autres peuplades sauvages, ils restent à peu près fixés dans le même 




TYPE DE SAUVAGE OCEANIEN : S T I E N f 



lieu, guerroient très-peu entre eux et cultivent, quoique d'une manière très-défectueuse, 
le soldes forêts, surtout de celles qui couvrent les montagnes et les monticules. 

Nous ne pensons pas, comme on l'a écrit bien des fois, que toutes ces tribus aient été 
chassées des vallées et des plaines et refoulées dans les forêts et sur les montagnes par les 
Annamites et les Laotiens. Nous croyons au contraire que quelques-unes, que nous consi- 
dérons comme représentant le mieux le type de la race, ont toujours habité les régions 
très-boisées et surtout celles qui sont élevées ; d'abord parce que dans toute l'Indo-Chine, 
les parties élevées sont partout couvertes d'une épaisse couche d'argile beaucoup plus fer- 



RACE NOIRE, RAMEAU ORIENTAL OU MALAYO-POLYNESIEN. 313 

'lile que les terres alluvionnaires des vallées et des plaines ; ensuite parce que, même ac- 
tuellement, les terres inhabitées dans les vallées et les plaines qui entourent les forêts 
qu'elles occupent, sont assez abondantes autour d'elles, pour qu'elles puissent s'y fixer, si 
elles n'avaient apprécié les avantages nombreux que présentent les terres des forêts et 
des montagnes. Pour se procurer leur nourriture clans ces régions, elles n'ont besoin pour 
tout instrument que d'une hache. Elles coupent d'abord toute la forêt, y compris la basse 
•et haute futaie. Six semaines après, lorsque tous les branchages sont secs, elles y mettent 
le feu, puis, après quelques joints de pluie, elles plantent le riz avec un bâton dans la 
légère couche de cendre qui recouvre le sol. Malgré l'absence de tout labour et d'irriga- 
tion, la première récolte est très-abondante et surpasse en produit les meilleures rizières 
inondées. La deuxième récolte est passable, parfois même on en fait une troisième dans 




UN CHEF DE VILLAGE STlEîiO. 



les terres très-riches. Ce système barbare de culture, qui amènerait rapidement la des- 
truction des forêts dans les pays tempérés, ne les détruit nullement sous ces climats 
chauds et fertiles, où croissent de si nombreuses espèces d'arbres et d'arbustes aux 
racines profondes et vivaces. Dix à douze ans après, les arbres sont redevenus assez gros 
et les broussailles assez épaisses pour permettre de recommencer une nouvelle série de 
culture. Les forêts habitées par les sauvages subissent donc un assolement décennal ou 
quinto-décennal. Ce genre de culture n'est pas particulier aux sauvages : les Annamites, les 
Cambodgiens et les Laotiens le pratiquent également dans les forêls qui couvrent les plaines. 
Mais, en raison de la moindre fertilité du sol, l'assolement doit être à plus long terme, et 
les récoltes y sont moins abondantes. Dans les plaines herbeuses et peu boisées qu'on ren- 
contre si abondamment dans le fond des vallées et à l'embouchure des rivières et des 
fleuves, il est totalement impraticable. Les arbres y sont trop peu abondants pour produire 

II. 40 



314 NOTES ANTHROPOLOGIQUES. 

une couche de cendre suffisante, et en môme temps il y croît plusieurs graminées et cypéra 
cées qui s'opposent totalement à ce genre de culture. Ces terres, pour produire du riz, 
doivent être défrichées, labourées et de plus entourées de talus, travaux longs et difficiles. 
Autant elles sont riches et productives entre les mains des Annamites, race laborieuse et 
persévérante, autant elles sont pauvres pour des sauvages indolents et paresseux. Ce que 
nous venons de dire permet de comprendre pourquoi tous ces sauvages sont fixés dans 
les forêts des montagnes et des monticules, et pourquoi ils ont dû toujours y rester. Car, 
outre l'avantage de se passer de charrue, de bestiaux et d'installation pour l'irrigation, 
ce système agricole convient beaucoup mieux à leurs instincts destructeurs et à leur peu 
de prévoyance. Ils peuvent ainsi se déplacer à volonté et ne se fixer nulle part d'une façon 
définitive. 

Si simple que soit un procédé, qui n'exige qu'une hache en fer pour couper les arbres, 
il n'a pu commodément être pratiqué qu'à une époque de la vie de ces sauvages où ils 
savaient extraire et fabriquer le fer, ou du moins il leur était possible de s'en procurer par 
voie d'échange, comme cela a lieu actuellement. Avant cette époque, sans être impossible, 
il devait être très-pénible et très-défectueux. 

La culture du riz, telle que nous venons de la décrire, et entremêlée de quelques 
pieds de maïs, de citrouilles et de quelques autres cucurbitacées, de tabac et de coton ou 
d'ortie de Chine pour fabriquer les lambeaux de vêtements qu'ils portent, est la seule que 
pratiquent les sauvages. Dès que ces cultures, qui demandent à peine trois mois d'un 
travail facile, sont accomplies et que la récolte est faite, leur vie s'écoule à ne rien faire, 
à manger et trop souvent à boire et à s'enivrer avec de l'eau-de-vie ou du vin de riz. 
Pendant quelques mois ils engraissent très-sensiblement, tant que leurs provisions sont 
abondantes; mais dès qu'elles s'épuisent, ils commencent à maigrir et parcourent alors 
les forêts avec un arc sur l'épaule pour chasser les différents animaux, et en particulier 
les cerfs qui sont si abondants dans leurs forêts. Ils n'oublient jamais d'apporter la hache 
qui leur sert à se frayer un chemin et à tailler des bâtons pour déterrer les racines co- 
mestibles si abondantes dans ces climats, particulièrement certaines espèces d'ignames. 
Quelque temps avant la récolle, il leur arrive souvent de ne plus avoir absolument rien à 
manger; réduits alors à des insectes et à une foule d'autres animaux ignobles, tels que les 
lézards, les crapauds, les rats, etc., etc., comme nourriture, ils maigrissent beaucoup. 
C'est surtout à ce moment qu'ils guerroient entre eux, afin d'essayer de voler aux autres tri- 
bus les vivres qui leur restent. 

Comme civilisation, ces sauvages confinent presque au dernier rang de l'humanité : ils 
sont cependant moins bas placés que les Australiens, qui en occupent le dernier échelon. 
Leurs mœurs, leurs personnes n'ont rien d'absolument repoussant. Leur état social et 
leur organisation que nous avons signalés plus haut comme présentant des analogies avec 
le socialisme, sont tels qu'ils n'inspirent pas trop de pitié et qu'ils ne parraisent pas trop 
malheureux, malgré leur profonde ignorance. Leur costume se réduit ordinairement, dans 
tout le sud de l'Indo-Chine, à une simple bande de tode large environ comme les deux 
mains, et suffisant à peine pour leur conserver les apparences de la décence. Leur 



RACE NOIRE, RAMEAU ORIENTAL OU MALAYO-POLYNÉSIEN. 315 

ignorance est telle (Stiengs), qu'ils ne savent pas leur âge et qu'ils ne peuvent compter 
au delà de dix, sans avoir recours à des pierres ou à d'autres objets. Et pourtant ils 
vivent depuis des siècles à côté de peuples relativement civilisés, comme les Annamites, 
les Cambodgiens et les Laotiens. Ceux-ci les traitent avec une certaine bienveillance, 
surfout ceux qu'ils prennent comme esclaves. 

Les quelques pratiques superstitieuses auxquelles les sauvages se livrent ne peuvent 
être considérées comme l'expression d'une idée religieuse bien définie. Ils sont néanmoins 
susceptibles d'instruction, et nous avons pu voir par nous-même chez un missionnaire, le 
P. Arnoux, mort depuis, qui était établi à Rrelam chez une tribu des plus barbares, les Stiengs, 
un certain nombre d'enfants auxquels il était parvenu à apprendre à lire et à écrire leur 
langue en caractères latins. Après avoir reçu ce commencement d'instruction, le féconde- 
raient-ils et se le transmettraient-ils? Ce brave prêtre, après avoir passé dix ans parmi 
eux, paraissait en douter lui-même, et il craignait qu'étant abandonnés à eux-mêmes ils ne 
retombassent rapidement dans la barbarie la plus grossière, comme cela s'est présenté tant 
de fois et à peu près sans exception chez les Australiens et même chez les nègres. Ces 
deux races ont été jusqu'à présent réfractaires à toute civilisation, excepté en employant 
la voie détournée du croisement avec les races supérieures. Encore l'excellence des résul- 
tats obtenus dans ce cas est-elle très-discutable, surtout lorsqu'il s'agit de croisements 
de la race blanche avec la noire. Nous ne croyons pas pourtant qu'on doive conclure de 
ce qui se passe avec ces deux races à ce qui doit se passer dans les croisements de la 
race jaune avec la brune et la noire. Nous estimons que les individus qui proviennent 
•du mélange des races indo-chinoises, retournent plus lentement au type primitif que la 
descendance du blanc et de la négresse, et que les métis indo-chinois ne sont pas frap- 
pés de stérilité comme les mulâtres de nos colonies. La fusion parait s'opérer plus 
complètement, plus intimement, que dans le mélange de l'élément blanc avec le noir. 
D'ailleurs, comme tous les croisements de ces sauvages ont lieu avec des rameaux de la 
race jaune, dont les principaux caractères se transmettent comme on sait d'une façon si 
durable à leurs descendants, il en résulte qu'après plusieurs générations, comme les ca- 
ractères mongols se sont maintenus, et qu'au contraire ceux de ces sauvages se sont atté- 
nués, il en résulte, disons-nous, un retour plus intense vers le type mongolique. Ce 
résultat, qui se passe dans toute l'Indo-Chine, est d'autant plus grand, que ces mélanges 
se font ordinairement au milieu de villages dont les habitants sont d'origine mongo- 
lique et dans lesquels, à l'inverse de ceux des sauvages, la population est continuellement 
en voie d'accroissement ; seule, la teinte brune de ces sauvages fait exception, et se transmet 
fortement et longuement à leurs descendants. 

A. Caractères des sauvages Alfourous de F Indo-Chine. — Nous devons faire remar- 
quer, avant de donner les caractères de ces sauvages, que la plupart des mots dont nous 
nous servirons pour les désigner sont de deux sortes : 1° les noms génériques signifiant 
sauvages dans les diverses langues indo-chinoises, et qui sont par conséquent uniques 
dans chacune d'elles, tels que Mois en annamite, Penongs en cambodgien, Khas en 
laotien, et Lolos en chinois ; 2° les noms de tribus qui sont très-nombreux et que nous 



316 NOTES ANTHROPOLOGIQUES. 

citerons quelquefois, mais qu'en raison de leur grand nombre et de leur signification 
très-restreinte nous laisserons généralement de côté. 

Nous devons ajouter en outre que nous avons employé la dénomination de sauvages 
océaniens pour désigner ces sauvages Alfourous, afin de bien indiquer qu'il faut les 
assimiler à ceux du même genre, beaucoup mieux connus jusqu'à présent, qui habitent 
le centre de beaucoup d'iles de l'Océanie, et en particulier de l'Australie. Mais il ne faudrait 
pas les confondre avec les Océaniens ou Polynésiens, ou Micronésiens, qui habitent le 
pourtour de beaucoup d'iles, dont quelques auteurs ont fait une race distincte, mais qui 
proviennent pour d'autres, d'émigrations indiennes parties autrefois de l'Indo-Chine \ 

Les caractères communs à toutes ces tribus sauvages, qui offrent d'ailleurs d'assez 
grandes dissemblances, sont : une taille moyenne, un teint brun foncé, jamais tout à fait 
noir et plus pâle que celui de l'Hindou et du nègre. Leur crâne est déprimé, dolichocéphale. 
Leur front est large et bas, à peine bombé, la ligne d'implantation des cheveux qui le 
limite supérieurement décrit un arc de cercle. Leurs cheveux sont plats, noirs, épais, 
mais jamais crépus ni ondulés. Leurs oreilles sont généralement très-grandes et fortement 
tournées en dehors avec le lobule très-développé, même lorsqu'il n'est pas percé d'un 
large trou, comme cela est général chez eux. Leur face est arrondie et presque plate, 
moins pourtant que chez les mongoliques ; souvent elle est plus large que haute. Leur 
profil est presque droit et décèle souvent un léger prognathisme. Leur nez est peu déve- 
loppé, néanmoins il est plus grand que celui des Indo-Chinois et moins large à sa 
racine ; inférieurement, il est assez épaté avec les narines assez écartées, et toujours 
ouvertes en bas. Leurs yeux sont droits, horizontaux, assez grands, rarement un peu 
obliques ; ils sont enfoncés, contrairement à ceux des divers rameaux mongoliques, et 
protégés par des arcades sourcilières bien saillantes qui partent des sourcils à peine 
arqués, bien fournis et peu écartés de l'ouverture des yeux. Leurs paupières sont assez 
ouvertes et peu bridées dans l'angle interne. Leurs pommettes ne sont pas aussi proémi- 
nentes et surtout aussi relevées que dans la race jaune, mais leurs arcades zygomatiques 
sont très-saillantes, très-développées, afin de loger leurs muscles masticateurs qui sont 
très-puissants. C'est cette disposition qui contribue tant à élargir leur visage. Leur bouche 
est très-grande, avec des lèvres épaisses, charnues et ordinairement retroussées un peu 
en dehors. Leurs mâchoires sont à peine prognathes et portent des dents verticales, ou 
très-peu proclives, de grandeur moyenne, bien rangées et régulières. Leurs incisives 
médianes sont souvent un peu larges. Nous n'avons pas pu vérifier si le nombre des 
tubercules des molaires est de quatre comme chez toutes les races, ou de cinq comme 
cela a été vu sur les mâchoires de quelques Australiens. Leur barbe est généralement 
plus fournie et se montre plus tôt que chez les peuples d'origine mongolique ; souvent elle 
est frisée; presque toujours elle est ondulée ; jamais elle n'est localisée exclusivement au 
menton et à la lèvre supérieure, comme chez tous les Mongols de race pure, et elle se 
développe aussi sur les côtés du visage. Le système pileux du corps est également assez 

1 R. P. Lesson, Voyage médical autour du monde, sur la corvette la Coquille. Paris, 1829. 



RACE NOIRE, RAMEAU ORIENTAL OU MALAYO-POLYNÉSIEN. 317 

abondant. Les hommes au torse velu, particulièrement dans la région slernale, ne sont 
pas rares. Quant à la physionomie de ces sauvages, elle est douce et craintive comme 
celle de tous les sauvages. Leur regard est fixe. Le sourire n'apparaît presque jamais sur 
leur visage; lorsqu'ils veulent manifester leur joie, ils ouvrent largement la bouche. Leurs 
sens sont excessivement développés, particulièrement l'ouïe et la vue. Presque tous sont 
d'une adresse extrême à l'arc. 

Les femmes de ces sauvages Alfourous n'offrent rien de bien remarquable ; elles sont 
en parfaite harmonie de taille et de conformation avec l'homme de la même race. Leurs 
formes seulement sont, ainsi que chez toutes les femmes, plus arrondies. Leurs seins 
sont d'une grosseur moyenne, sub-coniques, avec le mamelon très-saillant. Jamais ces 
organes ne deviennent démesurément pendants, comme cela s'observe si fréquemment sur 
les femmes de plusieurs rameaux de la race noire, particulièrement sur les négresses. 




SAUVAGES DES E^^II105S 1>E STU.NG T il E >, (. 



Comme aspect, elles n'ont rien de repoussant, et sont peu inférieures aux femmes de race 
jaune. Elles sont seulement beaucoup plus craintives, avec une physionomie n'indiquant 
que très-peu d'intelligence. Sans être l'égale de l'homme, elles sont plutôt leur com- 
pagne que leur domestique. Toujours elles sont plus vêtues que l'homme; contraire- 
ment à la plupart des Laotiennes, leur poitrine est toujours couverte. 

Les caractères descriptifs de ces sauvages s'appliquent surtout aux sauvages du Sud 
de la presqu'île indo-chinoise, Mois, Penongs et Khas, qui sont aussi grands mais plus 
grêles que ceux du Nord et qui vivent en même temps dans un état de sauvagerie beaucoup 
plus complet. Leurs membres sont remarquablement longs et grêles, surtout les jambes. 
Leur tronc est court et carré, avec la taille peu ou point dessinée. Leur système muscu- 
laire est très-faible. Leurs mollets sont très-peu développés et toujours placés haut. 

Malgré la maigreur ordinaire de ces sauvages, leur ventre est souvent proéminent, et 



318 NOTES ANTHROPOLOGIQUES. 

dans tous les cas il n'est jamais aussi plat que chez les races voisines, qui l'ont cependant 
plus saillant que la moyenne des Européens. Ce qui tient, selon toute probabilité, à la 
nourriture grossière dont ils font usage, et en particulier au riz qui constitue presque leur 
unique aliment, et dont il faut prendre une quantité double environ de celle de la plupart 
des céréales pour se nourrir. Ils peuvent du reste facilement engraisser, et il n'est pas rare 
d'en rencontrer de très-gros parmi ceux qui sont esclaves chez les Laotiens et qui ont une 
nourriture abondante. 

Comme nous l'avons déjà dit, les types purs de ces sauvages existent surtout dans le 
Sud de l'Indo-Chine ; leurs caractères, dans cette région, sont plus constants et plus uni- 
formes; ils paraissent avoir subi très-peu l'influence des populations voisines. 11 n'en est 
pas de même dans le Nord de l'Indo-Chine, l'uniformité de type n'existe plus d'une manière 




SAUVAGES DES ENVIRONS DE TA-I.AN (ïUN-NAN MERIDIONAL). 



aussi complète, et ils commencent à présenter les variations qu'on observe toujours sur les 
peuples civilisés qui ont beaucoup de relations avec d'autres types que les leurs. En même 
temps que leur physionomie perd l'air d'abrutissement et la fixité dans le regard de ceux 
du Sud, leurs yeux deviennent souvent légèrement obliques, et leurs paupières supérieures 
se brident comme dans la race jaune. Leur intelligence et leur industrie sont aussi beau- 
coup plus développées. Nous citerons parmi ces sauvages mixtes, la grande tribu des 
Does, qui habitent la plupart des montagnes du royaume de Xieng Tong, dans le Laos 
supérieur, et qui est composée d'hommes trapus, aux épaules larges et aux mollets très- 
développés et bien placés. Ces Does, d'après les renseignements recueillis auprès d'eux 
par le commandant de Lagrée, seraient issus d'émigrants des frontières de la Birmanie, 
et sont plus civilisés que les autres sauvages. Loin de produire exclusivement ce qui est 
nécessaire à leur consommation, comme ceux du Sud, ils cultivent différents produits, par- 



RACE NOIRE, RAMEAU ORIENTAL OU MALAYO-POLYNÉS1EN. 319 

ticulièrement du colon que viennent leur acheter les Chinois du Yun-nan. Ils pratiquent le 
bouddhisme avec autant de ferveur que les Laotiens. Quelle est l'origine précise de ces 
tribus intelligentes et industrieuses? Elles offrent à nos yeux les principaux caractères des 
sauvages à types océaniens, et nous croyons que les modifications qu'elles présentent, résul- 
tent de ce qu'elles possèdent une forte proportion de sang de sauvage à type caucasique, 
qu'on rencontre dans le Nord de l'Inde et de la Birmanie et jusqu'en Chine, et que nous 
décrirons en parlant des sauvages du Yun-nan. 

De ces Does il serait peut-être possible de rapprocher, comme ayant la même origine, 




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SAUVAGES DES ENVIRONS DE MUONG LUI. 



les Kouys, qui habitent les montagnes du Cambodge. Ces Kouys ne sont pas assimilables 
aux sauvages océaniens : d'après tous ceux qui les ont observés, ils sont relativement civi- 
lisés, et exploitent les minerais de fer qui existent dans leurs montagnes. Ne les ayant pas 
vus, il nous est impossible de trancher complètement la question, mais l'aptitude qu'ils ont 
pour travailler les métaux et la description de leurs caractères physiques qui nous fut faite 
par le commandant de Lagrée, donnent de fortes présomptions à cette opinion. 

Pour en revenir aux sauvages du Laos supérieur, nous dirons qu'ils présentent des va- 
riétés, mais qu'elles résultent évidemment de croisements avec les races qui les entourent. 
Si c'est un Chinois qui s'est uni à eux, on constate que les yeux sont petits, obliques, et 



320 NOTES ANTHROPOLOGIQUES. 

que la paupière supérieure est bridée; si c'est un Laotien, on observe une modification 
dans la boite crânienne qui tend à devenir brachycéphale. Lorsque ces sauvages de race 
noire s'allient avec les sauvages à type caucasique, leurs traits s'accentuent, leur vigueur 
s'accroit. Mais comme les uns et les autres ont le teint brun foncé, on ne constate aucune 
modification dans la couleur de la peau. Les différences de type que présentent ces sau- 
vages s'observent souvent sur des individus isolés dans les tribus, mais ordinairement 
ils se constatent sur la tribu tout entière. Ce qui ne saurait étonner, car une fois que 
du sang jaune ou caucasique s'est infusé cbez eux, il tend à se répartir également sur 
toute la tribu, par suite de la vie commune qu'ils mènent et de leur petit nombre. 

En rattachant ces sauvages aux Océaniens, et plus particulièrement aux Alfourous des 
auteurs, qui sont considérés, sinon comme indigènes en Océanie, du moins comme les 
premiers occupants, nous n'avons fait que confirmer l'opinion qui a déjà été émise sur 
eux. D'ailleurs, la description précédente et les nombreux dessins qu'on trouve dans 
l'album de M. Delaporte, viennent suffisamment à l'appui de ce fait. Il suffit de comparer 
ces dessins, qui sont d'une consciencieuse fidélité, à ceux si nombreux qui ont été recueillis 
en Océanie, pour être frappé de la ressemblance qu'ils offrent, et par conséquent pour 
conclure que l'origine des races qu'ils représentent est commune. Le complément de notre 
démonstration doit être cherché dans l'histoire et la philologie, que l'anthropologiste doit 
toujours appeler à son aide pour élucider ces questions, et qui semblent indiquer que l'O- 
céanie a été peuplée par des migrations venues de l'Asie et en particulier du golfe de Siam l . 
Il sera probablement possible d'en avoir de nouvelles preuves dans le langage articulé de 
ces Alfourous et dans l'examen comparatif de leur ethnographie. Quoi qu'il en soit, pour 
comprendre comment ces sauvages océaniens ont pu quitter lTndo-Chine pour s'avancer 
vers l'Océanie, en admettant qu'ils ne soient pas véritablement indigènes dans toutes les îles 
où ils ont été rencontrés, il suffit de jeter un coup d'œil sur une mappemonde. Par la pres- 
qu'île de Malacca, l'archipel des îles de la Sonde et des Moluques, lTndo-Chine se relie 
directement à l'Australie et à la plupart des îles de l'Océanie. Avec une simple pirogue, ils 
ont pu franchjr tous les bras de mer intermédiaires entre chaque île, et s'avancer ainsi suc- 
cessivement jusqu'à l'extrémité Sud de l'Océanie. Ces migrations ont dû avoir lieu à une 
époque où ils étaient très-nombreux en Indo-Chine, ou plutôt au moment où les différents 
rameaux de la race jaune ont envahi l'Indo-Chine, et les ont par conséquent refoulés vers 
le Sud. Cette époque a dû précéder également celle d'envahissement de toutes les îles de 
l'Océanie par les Océaniens proprement dits et par les Malais, tous les deux d'origine 
asiatique, et aussi celle des Mongols pélagiens qui peuplent particulièrement les Phi- 
lippines. Tous ces peuples envahisseurs, en occupant le littoral et le pourtour des îles, les 
ont refoulés dans l'intérieur où on les retrouve encore dans la plupart, quoiqu'ils aient 
beaucoup diminué depuis quelques siècles. 

B. Sauvages à type océanien du Sud- de la Chine. — Si, dans le Laos, la diversité des 
sauvages est déjà grande, elle l'est bien plus encore dans le Sud de la Chine. Dans les 

1 li. P. Lesson, Voyarje médical autour du monde, sur la corvette la Coquille. Paris, 1829, p. 166. 



RACE NOIRE, RAMEAU ORIENTAL OU MALAYO-POLYNESIEN. 321 

provinces du Yun-nan, du Se-tchouen et du Kouy-tchéou, on ne compte pas moins de 
quarante tribus différentes éparses au milieu de Laotiens, de Tibétains, de Tonkinois, de 
MandchouXj de Chinois divers, et même d'Arabes musulmans, appelés autrefois par le 
gouvernement de Pékin pour soumettre ces sauvages montagnards. 

Nous diviserons ces sauvages indigènes en deux races : 1° ceux qui ont le teint jaunâtre, 
et que nous appellerons Lolos blancs : ils se rattachent aux Laotiens presque exclusivement ; 
2° ceux dont le teint est plus ou moins foncé, que nous appellerons Lolos noirs ou Sau- 
vages noirs, et qui sont probablement les peuples véritablement autochthones du Yun-nan. 
Ils se subdivisent en deux classes : 1° les sauvages à type océanien, semblables à ceux 
du Laos supérieur et que nous allons étudier; 2° les sauvages à type caucasique, Man- 
tse, Miao-tse, Lïssous, etc., etc. 

Toutes ces races humaines qui habitent le Sud de la Chine ne sont pas disposées 
indifféremment dans les différentes parties du pays. Elles se sont échelonnées depuis le 
fond des innombrables vallées qui jouissent d'un climat tropical, jusqu'au sommet des 
montagnes où règne le froid. Chacune d'elles s'est installée dans la zone climaférique 
qui convient aux aptitudes qu'elle tient de son origine. Dans le fond des vallées se trouvent 
les Chinois, les Laotiens et les populations mixtes qui en descendent. Au milieu des 
montagnes, vivent les sauvages à type océanien, et les Chinois encore qui ne craignent pas 
davantage le froid, et qui sont avec les Israélites et les Bohémiens, les seules races vrai- 
ment cosmopolites ; dans cette même zone intermédiaire, se trouvent encore des popu- 
lations mixtes, provenant des croisements des races qui l'habitent. Enfin, tout à fait au 
sommet, vivent les sauvages à type caucasique, qui ne peuvent vivre dans les parties chaudes 
et marécageuses du pied des montagnes, ainsi du reste que la plupart des rameaux de 
la race blanche. 

Les cultures pratiquées par ces différentes races varient avec le lieu qu'elles occupent. 
Les habitants du fond des vallées cultivent le riz, la canne, les patates, le coton, etc., etc. ; 
ceux du milieu des montagnes pratiquent en été les cultures des pays chauds, et en hiver 
celles des pays froids ; ceux du sommet ne possèdent plus que les plantes des climats tem- 
pérés, c'est-à-dire le blé, l'avoine, le sarrasin, le chanvre, le pavot à opium, etc. 

Remarquons en passant que les habitants des vallées chaudes sont ici ceux qui ont 
le teint le moins foncé. Cette coloration relative des peuples du Yun-nan, générale dans 
tout le Sud de la Chine et du Laos, n'est pas, comme on le voit, favorable à la théorie qui 
fait jouer un rôle si considérable aux milieux, et qui explique la noirceur du nègre par son 
long séjour sous les tropiques, et la pâleur du blanc par l'influence du froid. Cette théorie, 
qui est démentie par les faits sur de nombreux points du globe, paraît d'autant plus 
inexacte dans le Sud de la Chine, que, d'après les traditions chinoises, ces sauvages à peau 
bistrée sont les véritables autochthones, et ont toujours habité les montagnes. Les Chinois, 
en faisant la conquête de ce pays, n'ont fait que prendre possession du fond des val- 
lées, qui conviennent parfaitement à leur agriculture, à leurs aptitudes de races, et 
qui étaient délaissées par ces sauvages qui ne peuvent les habiter, à cause de la fièvre 
paludéenne et des autres maladies des pays chauds qui y régnent. 11 n'est donc pas dou- 



322 NOTES ANTHROPOLOGIQUES. 

teux pour nous que c'est à l'hérédité qu'il faut attribuer les différents degrés de colora- 
tion de la peau que nous avons observés sur toutes les populations indo-chinoises. Nous 
ne prétendons cependant pas nier complètement l'influence du climat sur le teint des 
races; bien certainement le soleil et la chaleur des pays chauds provoquent un dépôt de 
pigment sous l'épiderme humain plus abondant que dans les pays froids. Mais rien ne 
prouve jusqu'à présent que ce changement, qui varie avec les individus et qui est du 
reste momentané et limité à la durée du séjour dans les pays chauds, se transmette par 
voie de génération. S'il en était ainsi, nous aurions dû constater, entre les sauvages 
océaniens du Sud de l'Indo-Chine, qui vont entièrement nus, et ceux du Nord qui sont 
presque complètement vêtus, une différence de coloration. Il n'en est rien : les uns et les 
autres sont également noirs. 

Ayant décrit précédemment les sauvages à type océanien du Sud de l'Indo-Chine, 




FEMME SAUVAGE DE BAN KO K -H AN (FRONTIÈRE S F D DE YUN-NAN). 



nous n'avons plus à le faire pour ceux de la Chine ; mais nous devons faire observer 
que les sauvages de cette partie Nord de l'Indo-Chine diffèrent fortement de ceux du 
Sud. Plus en contact avec les autres races voisines qui sont en même temps bien plus 
nombreuses et plus différentes que dans le Sud, il en est résulté pour eux de nom- 
breux croisements, qui donnent très-souvent à leur type quelque chose d'indécis qui ne 
manque pas d'embarrasser l'observateur. Leurs traits caractéristiques ont été mitigés pres- 
que partout; très -souvent ils présentent des caractères mongoliques, particulièrement la 
conformation des paupières qui s'impose si fortement, comme on sait, à tous les des- 
cendants de la race jaune. D'autrefois leur physionomie ressemble à celle des Laotiens 
et des sauvages à type caucasique. Ils vivent également clans un état de sauvagerie beau- 
coup moins grand que ceux du Sud de la presqu'île indo-chinoise, qui paraissent si enclins 
à la vie des forêts. Un contact séculaire avec la civilisation de leurs voisins, mais surtout 



RACE NOIRE, RAMEAU ORIENTAL OU MALAYO-POLYNESIEN. 323 

l'effet d'une légère infusion de sang des races supérieures qui élève si promptement les 
races inférieures, a paru les tirer de l'état de profonde barbarie dans laquelle devaient 
vivre leurs ancêtres et qu'on observe encore dans le Sud. Ils ont perdu presque tous leurs 
instincts sauvages : ils sont sédentaires, assez laborieux pour cultiver d'une façon continue 
connue le Chinois et le Laotien ; leur organisation sociale est relativement avancée. On 




1AUVAGE DE DAN KON-IIAN (FRONTIÈRE SU» DU ÏUN-NAN) 



ne saurait pas, à notre avis, concevoir la moindre crainte sur leur disparition, comme 
cela semble se passer si souvent dans le contact de la race blanche avec toutes les races 
sauvages. Modifiés ainsi qu'ils le sont, ils paraissent tolérer parfaitement le contact de 
leurs voisins de race jaune, mais surtout celui des sauvages à type caucasique avec lesquels 
ils nous ont paru se mêler très-souvent, au point qu'il est totalement impossible de tracer 
la ligne de démarcation qui les sépare dans une foule de montagnes. Les Chinois qui 



324 NOTES ANTHROPOLOGIQUES. 

envahissent leur pays, loin de les refouler, se mélangent à eux et se les assimilent en les- 
faisant profiter des avantages de leur civilisation, ainsi que le veulent les principes de 
l'humanité. Ne doit-on pas convenir, en voyant ces faits si en désaccord avec notre ma- 
nière de procéder à l'égard de tous les sauvages, que les Chinois ont sous ce rapport une 
grande supériorité sur les Européens, si fiers de leur civilisation, et qui, en dépit des prin- 
cipes religieux et philanthropiques qu'ils professent et imposent souvent par la force, chas- 
sent et dépossèdent, partout où ils s'établissent, les premiers et légitimes possesseurs du 
sol. C'est certainement à celte aptitude précieuse d'assimilation que possèdent les Chinois, 
qu'ils doivent d'avoir créé leur colossal empire et en même temps d'être aussi uniformes 
quoique aussi nombreux. 

§ 4. Race brune ou rameau noir de la race Caucasique. 

A. Sauvages à type caucasique du Sud de la Chine. — Les Lolos noirs à type cau- 
casique, exclusivement fixés au sommet des hautes montagnes de la Chine, ressem- 
blent non-seulement aux races indo-européennes par les traits, mais encore par leur 
manière de se vêtir tout à fait différente de celle des femmes des Indo-Chinois qui les 
entourent. Tout d'abord, on est frappé de la ressemblance qu'ils ont avec les Bohé- 
miens, lesquels sont, comme on sait, originaires de l'Inde. Mais, à l'inverse des Bohé- 
miens, ils sont presque complètement sédentaires et se livrent à peu près exclusive- 
ment aux travaux agricoles. Ils sont grands et vigoureux, avec les formes accusées et les 
muscles assez bien dessinés. Leurs épaules sont larges, leur tronc n'est plus carré et tout 
d'une venue comme celui de la plupart des Indo-Chinois. Leur taille est dessinée, surtout 
chez les femmes, et donne à leurs mouvements une souplesse qu'on ne s'explique pas 
toujours à première vue, mais qui frappe l'observateur. Leurs membres sont bien propor- 
tionnés et parfaitement articulés. Leurs jambes sont très-droites, avec les mollets bien placés 
et très-développés. Leur teint est bistré, moins noir que chez les Hindous et que chez les 
sauvages océaniens de type pur; néanmoins, si on s'en tenait au teint, il serait souvent im- 
possible de les distinguer les uns des autres. 

Leur physionomie est assez énergique, sans férocité ni dureté pourtant; elle est beau- 
coup plus expressive que celle des Mongoliques. Les traits de leur visage sont accentués, 
leur profil est droit, leur visage est ovale et surmonté d'un front assez haut, droit, peu 
fuyant supérieurement, avec les bosses frontales assez accusées. Us ont souvent une 
barbe noire bien fournie; elle est toujours frisée ou au moins ondulée; elle est moins 
tardive que chez les Chinois, et lorsqu'elle existe, on en observe sur les cotés du visage, ce 
qui est tout à fait exceptionnel dans la race mongolique. 

Leurs yeux sont horizontaux, bien ouverts; il s'en faut pourtant qu'ils soient entiè- 
rement comparables à ceux des Européens ; ordinairement même ils sont un peu bridés 
dans l'angle interne. Au lieu d'affleurer comme chez les Mongols, ils sont plus enfoncés 
et mieux protégés par les bosses sus-orbitaires qui proéminent davantage et qui portent 
des sourcils mieux fournis. Leur nez n'est ni large ni plat à la racine. Cet organe est près- 



RACE BRUNE OU RAMEAU NOIR DE LA RACE CAUCASIQUE. 325 

que toujours droit, parfois même il est busqué ; rarement pointant, il devient entièrement 
comparable à celui des Européens pour son développement, sa minceur et la petitesse 
du lobule terminal. Les pommettes sont très-peu proéminentes et peu élevées. La 
bouche est de grandeur moyenne, parfois môme elle est petite, avec des lèvres peu épaisses ; 
jamais cependant elle n'atteint un degré de minceur très-grand. Les mâchoires ne sont 
jamais prognathes et portent de belles dents, bien rangées, verticales et d'une grandeur 
ordinaire. Le menton paraît le plus souvent assez large et proémine, contrairement à celui 
des Chinois. L'angle formé par la branche montante du maxillaire inférieur avec le corps 
de l'os, parait sur le vivant se rapprocher beaucoup de l'angle droit; caractère qui permet 
de les distinguer très-facilement de tous les rameaux mongoliques chez lesquels cet angle 
parait ordinairement très-ouvert. 

Les femmes de ces sauvages sont les mieux proportionnées de toute lïndo-Chine; elles 




IIOM.UE ET FEJUlli I.1SSON (Jl K T A G N E S DU NOIII) 1) U ÏUN-KAN). 



sont en parfaite relation de grandeur, de forme et de vigueur avec les hommes de la 
même famille. Elles sont par conséquent grandes et fortes, avec la taille parfaitement 
indiquée, ce qui fait différer très-notablement leur démarche de celle des femmes ap- 
partenant aux races qui les entourent. 

A l'imitation des Chinois qui emploient, comme on sait, l'épithète de sauvages ou d'é- 
trangers à l'égard de tous les peuples, nous avons appelés sauvages ces indigènes à type 
caucasique; mais ils ont atteint un certain degré de civilisation qui rend cette appellation 
complètement inexacte. 

L'énergie de ces robustes montagnards, qui n'habitent presque exclusivement que les 
sommets des hautes montagnes, à une altitude comprise entre 2,200 et 3,500 mètres, les 
a rendus très-redoutables pour les Chinois. Quoique formant un assez grand nombre de 
tribus distinctes, ayant peu de relations les unes avec les autres à cause de la difficulté 



326 NOTES ANTHROPOLOGIQUES. 

des communications d'un groupe de montagnes à l'autre, ils forment pourtant une Camille 
unique, composée de nombreux faisceaux plus ou moins ressemblants. En réunissant toutes 
les tribus qui en font partie, on peut les considérer comme assez nombreux. On en trouve 
à peu près sur toutes les hautes montagnes de l'Ouest et du Sud de la Chine, depuis le 
Yun-nan jusqu'en Mongolie, où il en existe également (d'Omallius d'Halloy). C'est 
sans doute à ces sauvages qu'il faut attribuer ce fait admis depuis longtemps par tous 
les écrivains et tous les naturalistes, que les Chinois sont une race mélangée de sang blanc 
et de sang jaune '. Cette opinion devient une certitude après la constatation de l'existence 




TYPES UE MAX-TSE (MONTAGNES DV YUN-NAN ET DU SE-TC IIO V E N). 

de cette race. Pour l'appuyer, nous dirons que dans le voisinage des montagnes qu'elle 
habite, on constate sans peine que le type Chinois se modifie sensiblement et présente 
quelques-uns des caractères de ces Lolos noirs. 

Les tribus qui offrent le moins de mélange et qui ont gardé les traits les plus purs de la 
race, habitent le Nord du Yun-nan, et le Sud-ouest du Se-tchouen, près de Houey-ly tcheou, 
où se trouvent en même temps les montagnes les plus hautes et les plus inaccessibles que 
nous ayons vues. Partout ailleurs, leurs caractères nous ont paru plus ou moins mitigés. 



1 Bonté, Bulletin de la Société a" anthropologie, t. YI, p. 46. 186. v j. 



POPULATIONS MIXTES DU SUD DE LA CHINE. 327 

Ces Lolos noirs à type indo-européen, sont-ils véritablement indigènes dans le sens 
le plus absolu du mot"? Sont-ils venus de l'Asie centrale, qu'on assigne comme ayant 
été le berceau des races aryennes? Viennent-ils de l'Inde comme les Bohémiens 
avec lesquels nous les avons comparés? Il nous est complètement impossible de répondre 
à ces questions. L'histoire chinoise et la philologie de ces peuples permettront peut-être 
de les résoudre et de constater qu'ils sont d'origine aryenne i . 



§ S. Populations mixtes du Sud de la Chine. 

En rappelant ce que nous avons dit précédemment sur le grand nombre de rameaux 
se rattachant aux quatre races humaines qui existent dans le Sud de la Chine, on conçoit sans 
peine que des croisements innombrables aient eu lieu entre ces diverses races, si rappro- 
chées les unes des autres. Les mélanges ont dû être d'autant plus fréquents, qu'il 
n'existe en Chine ni préjugés de caste comme dans l'Inde, ni noblesse comme dans 
beaucoup d'autres pays. Nous devons ajouter qu'il n'y a pas non plus de répugnance ou 
d'antipathie de race bien prononcée. D'après cela, on conçoit facilement que si, en parcou- 
rant le pays, on trouve dans certains points isolés les types purs, par contre, dans beaucoup 
d'autres, surtout dans les villes, il est impossible de rapporter les individus qu'on rencontre 
à aucune race distincte. La recherche des types est d'autant plus difficile, qu'outre les 
variations individuelles qu'on constate chez tous les peuples, les variations des races au- 
tochthones nous ont paru osciller dans des limites assez étendues, plus larges que chez 
les populations d'origine mongolique pure. Est-ce le résultat de l'immense diversité des 
climats du Sud de la Chine, ou bien de croisements nombreux avec les races voisines? 
C'est sans doute celte dernière cause. Au milieu de ces populations bigarrées, on ne saisit 
les traits caractéristiques des types purs qu'en prenant ses points de comparaison 
assez loin les uns des autres. 

Malgré toutes ces causes tendant à embrouiller le type, il s'est néanmoins créé des 
populations mixtes ou hybrides très-nombreuses, provenant de ces mélanges, et dont 
les caractères sont suffisamment constants pour qu'on puisse les distinguer et même 
les décrire. Tels sont les Tong-tchouen j'en, ou habitants de Tong-tchouen : les Min-kia, 
de la plaine de Ta-ly ; les Che-pin j'en qui habitent les environs du lac de Che-pin, et les 
Pen-ti, sur chacun desquels nous allons dire quelques mots. 

Les Tong-tchouen jen, quoique issus de Chinois et de sauvages, se distinguent assez 
difficilement du Chinois pour un œil qui n'est pas exercé. Les quelques caractères qui 



1 Plusieurs observations que nous avons pu faire sur leurs coutumes, laissent espérer que l'on trouverait 
de nombreuses preuves à l'appui de cette opinion. Nous citerons entre autres : 1° la manière de tricoter qui 
est totalement inconnue des Chinois, ou du moins qui n'est jamais pratiquée par eux, et que connaissent ces 
sauvages ; 2° l'habitude de traire les femelles des bestiaux et en môme temps de faire du fromage avec le lait, 
que les Chinois ignorent complètement. Nous nous bornons à rapporter ces deux faits, mais il n'est pas 
douteux qu'on ne puisse recueillir beaucoup d'observations établissant d'une façon indiscutable que les Lolos 
noirs ont eu des relations avec d'autres peuples que les Chinois, probablement avec les populations de l'Inde. 



328 



NOTES ANTII ROPOLOGIQUES. 



les différencient du Chinois pur, sont : les pommettes moins saillantes et moins relevées, 
le visage moins losangique et se rapprochant de l'ovale , les yeux moins ohliques et 
moins bridés dans l'angle interne, un teint naturellement plus foncé, une taille moins 
grande et une vigueur physique plus faible. Quant à leur civilisation, elle est complè- 
tement semblable et égale à celle des Chinois. En un mot, ils ont été complètement 
assimilés par ces derniers. 




^~- S^j^ 5 -* 



HOMME ET FEMME 1-KIA (MONTAGNES 1) U NORD DU ÏI.N-BA»). 



Malgré leur grande proportion de sang chinois, les Tong-tchouen jen ne possèdent 
pas, comme ceux-ci, la faculté de vivre dans le fond des vallées chaudes. Ceux d'entre eux 
qui vont travailler chez les Chinois dans le fond des vallées ne peuvent y résister. Ils 
contractent dans ces régions chaudes les maladies des marais, s'y anémient et sont forcés 
de remonter sur les plateaux élevés pour se guérir. Les sauvages à type caucasique sont 



POPULATIONS MIXTES DU SUD DE LA CHINE. 



320 



encore plus sensibles à ce changement de climat; aussi la théorie de l'acclimatement de 
l'homme sous tous les climats jouit-elle de très-peu de crédit parmi eux. 

Les Min-kia de la plaine de Ta-ly et les Che-pin jen doivent être réunis comme ayant la 
même origine et les principaux traits communs. Ils ne sont cependant pas absolument 
identiques, mais les uns et les autres résultent du croisement des Laotiens avec les sauva- 
ges à type caucasique, additionné probablement d'un peu de sang de sauvages océaniens. 
Ils forment incontestablement le groupe le plus intéressant et le plus nombreux parmi ces 
populations croisées. Leur civilisation est parfaitement distincte de celle des Chinois; elle 




i^/^p.j-. 



TYPES DE M1N-K1A (ENVIRONS DE TA-Lïj. 



est relativement très-avancée surtout chez les Min-kia, et présente de grandes analogies 
avec celle des Laotiens. Les caractères distinclifs des Min-kia sont d'être trapus, vigou- 
reux et très-bien proportionnés. Leurs membres, surtout les jambes, sont forts et les 
mollets bien développés. Leur tronc est assez court, pourtant la taille commence à se des- 
siner. Leur peau est ordinairement peu colorée ; presque toujours pourtant, elle offre une 
légère teinte brune et paraît quelque peu enfumée. Leur tête est sphérique, le visage arron- 
di ou légèrement ovale. Leurs traits sont réguliers, ramassés le plus souvent. Leur nez 
est assez prononcé, mais épaté inférieurement et moins large à la racine que celui des Indo- 
Chinois ; pourtant il est encore mousse à son extrémité. Leurs lèvres sont assez épaisses, 



IL 



42 



330 



NOTES ANTHROPOLOGIQUES. 



leurs yeux sont horizontaux, plus 'ouverts et moins bridés que ceux des Chinois. Leur barbe 
est sensiblement plus abondante que chez les individus de race mongole; elle est frisée et 
se montre toujours sur les côtés du visage. En résumé, l'impression qu'on éprouve à la 
vue des Min-kia, c'est qu'ils présentent une grande ressemblance avec les Laotiens et 
certains types caucasiques, et peu d'analogie avec les Chinois. 

Les Pen-li sont formés comme les Min-kia du mélange des Laotiens avec les sauvages 
à type caucasique, mais avec une grande prédominance de sang jaune ou laotien. 

11 existe encore beaucoup d'autres groupes de ces populations hybrides, répandues dans 
tout le Sud de la Chine. Mais nous devions nous borner à signaler celles qui se sont trou- 




MUSULMAN CH I î\ I 



vées sur notre route et que nous avons pu observer par nous-mênie. Du reste, la plupart 
des autres, quoique portant des noms différents, doivent très-probablement se rattacher 
aux précédentes ou du moins s'en rapprocher tellement qu'il serait très-difficile de les 
distinguer et par conséquent de les décrire. 

A côté de ces populations hybrides, se placent les musulmans chinois dont nous dirons 
quelques mois. Ces musulmans, d'origine Arabe, sont assez nombreux et constituent un 
danger sérieux pour la Chine. Quoiqu'ils possèdent tous une très-forte proportion de 
sang chinois, ils ont cependant conservé presque toutes les qualités guerrières de leurs 
ancêtres et n'ont pas pris la poltronnerie proverbiale des Chinois. Quant à leurs caractères 
physiques, si on en rencontre encore beaucoup montrant très-distinctement les princi- 



CHINOIS. 331 

paux traits des Arabes, et même quelques-uns ayant encore le type arabe assez pur, la 
plupart sont assez diffieiles à distinguer des Chinois pour un œil qui n'est pas exercé. Ce 
résultat n'est pas étonnant ; car, quoique ne s'alliant qu'entre eux et ne mariant jamais leurs 
filles qu'à des musulmans, ils prennent cependant aussi des Chinoises comme concubines. 
Les modifications principales qui leur ont été imprimées par le sang chinois sont un teint 
aussi jaune que celui des Chinois et des yeux presque aussi bridés dans l'angle interne. 
Ces deux caractères sont donc complètement insuffisants pour les reconnaître. On ne peut 
les distinguer ordinairement qu'à leur physionomie plus énergique, à leurs traits plus 
accentués, à leur taille plus élevée et à leur vigueur physique plus grande. Assez souvent 
pourtant, leur nez ressemble à celui des Arabes, il est aquilin ; presque toujours il est plus 
mince et plus développé que le nez des Chinois. Dans ce cas, les pommettes sont moins 
saillantes et le visage devient ovale, en vertu de cette loi de balancement organique que 
nous avons plusieurs fois énoncée, que plus le nez est saillant, moins les pommettes le 
sont, et réciproquement. Le menton de ces musulmans est presque toujours proéminent 
au lieu d'être fuyant comme dans la race mongolique. Leur barbe est quelquefois assez 
développée, mais on peut dire que c'est un des caractères les plus fortement modifiés par 
le sang jaune. 

On voit que, bien qu'il y ait plusieurs siècles que ces musulmans sont en Chine, 
le moment de leur fusion complète avec la population chinoise est encore assez éloigné. 
Leur religion est bien certainement le principal obstacle qui s'oppose à cette fusion ; sans 
elle ils se seraient noyés depuis longtemps dans le sang chinois, sans le modifier d'une 
façon appréciable, en raison de leur petit nombre relatif. 

ïj II. danois. 

Nous terminerons ces notes anthropologiques en disant quelques mots du Chinois qui 
est le prototype de la race jaune. Cette étrange race est loin d'être parfaitement identique 
dans toutes les parties de la Chine. Déjà, sur le littoral, on constate des différences 
suffisamment appréciables entre les Chinois du Sud et ceux du Nord. Ceux du Nord 
ressemblent plus à leurs voisins les Mongols et les Mandchoux, que ceux du Sud, les- 
quels, étant très-éloignés de ces deux rameaux de la race jaune, n'ont pu par conséquent 
acquérir, en se croisant avec eux, quelques-uns de leurs caractères. Les traits des Chinois 
du Nord de la Chine sont généralement plus grossiers et leur taille est moins élevée que 
celle des habitants de la province de Canton, qui ont les traits plus fins et qui sont aussi plus 
robustes. Des différences beaucoup plus considérables existent entre les Chinois du lit- 
toral et ceux de l'intérieur, particulièrement avec les populations des provinces éloi- 
gnées, comme celles du Yun-nan et du Se-tchouen. On reconnaît facilement que les 
Chinois de ces deux provinces offrent une certaine ressemblance avec les sauvages abori- 
gènes ; ils ont les yeux moins obliques et moins bridés, la face moins losangique ; souvent 
même elle devient ovale, et alors les pommettes sont moins proéminentes. Leur teint est 
plus foncé, leur nez est moins épaté, plus saillant et plus mince ; leur barbe est plus abon- 



332 



NOTES ANTHROPOLOGIQUES. 



dante, souvent elle est frisée et contient fréquemment quelques poils roux, ce qui est ex- 
trêmement rare chez les Chinois purs. Sans prendre même des points de comparaison 
aussi éloignés, on trouve souvent dans la même province de notables différences entre les 
populations chinoises voisines. A côté de populations rappelant les sauvages par le type 
et d'autres caractères, on en trouve d'autres à la physionomie franchement chinoise. Les 
premières sont ordinairement moins robustes que les secondes qui présentent parfois une 
très-haute taille contrastant singulièrement avec celle de leurs voisins, comme nous 
l'avons observé dans la ville de Lin-ngan. Parmi les variations qu'offrent les Chinois, nous 
devons mentionner l'existence, surtout dans leYun-nan, d'individus aux cheveux roussàtres. 




1S C II A l'.UTAK Cil 1 \0 1J 



Ce fait, qui est très-rare même dans cette dernière province, ne se présente jamais dans 
l'Indo-Chine tant chez les rameaux de la race mongole que chez les sauvages. Les barbes 
contenant des poils roux sont beaucoup moins rares et peuvent se rencontrer. Mais lors- 
qu'on observe avec soin, il est rare qu'on ne constate pas en même temps quelques modi- 
fications dans les traits du visage qui éloignent les individus du type mongolique pur et 
les rapprochent du type caucasique. 

Quoique les variations de types que présentent les Chinois soient assez grandes et assez 
nombreuses, on ne saurait méconnaître néanmoins que la nation chinoise offre, rela- 
tivement aux nations européennes, une uniformité de type remarquable , surtout si 
on considère l'immense étendue de l'empire chinois. Cette uniformité de type est due : 



CHINOIS. 333 

1° à sa position géographique à l'extrémité orientale de l'Asie, loin de tous les pays habités 
par des races très-différentes , et dans une situation telle, qu'il est très-difficile d'y 
arriver par terre, à cause des nombreuses et hautes montagnes qui forment une véritable 
barrière sur toute sa frontière occidentale; 2° à son organisation politique et sociale, 
laquelle est essentiellement égalitaire et démocratique, et n'offre aucune trace de caste 
ou de noblesse s'opposant au mélange des divers groupes de la nation. En outre, tous 
les rameaux de la race jaune présentent une plus grande fixité dans leurs principaux 
caractères, et ils oscillent dans des limites bien moins étendues que les rameaux 
européens. Et cependant, en admettant la théorie de l'influence des milieux, la Chine, 
avec ses températures extrêmes, son climat si varié, ses immenses plaines à l'embou- 
chure des fleuves et ses innombrables montagnes près de leurs sources, devrait offrir 
parmi ses habitants des variétés beaucoup plus nombreuses qu'aucune autre région du 
globe. 

Ajoutons enfin quelques mots sur le cosmopolitisme dont jouit cette race, cosmopolitisme 
que nous avons déjà eu l'occasion de faire remarquer, mais sur lequel nous désirons revenir à 
cause du haut intérêt qu'offre cette question si importante pour l'avenir de l'humanité. 
Boudin, dans son Traité de géographie médicale, et M. Bertillon dans son article si remar- 
quable sur l'acclimatement [Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, t. I), après 
avoir démontré par des faits nombreux le non-acclimatement de la plupart des familles 
européennes sous les tropiques, et même au delà du 35 e degré de latitude environ, font 
remarquer que, contrairement aux Européens, les Israélites et les Bohémiens peuvent 
vivre et se multiplier sous fous les climats. Aux deux familles précédentes ces auteurs 
auraient pu ajouter le Chinois, dont le cosmopolitisme n'est pas moins complet et est 
beaucoup plus important au point de vue des progrès futurs de la civilisation dans les 
régions tropicales. 

Pour habiter la Chine, l'homme devait être essentiellement cosmopolite et jouir d'un 
tempérament extrêmement flexible, capable de se plier aux variations les plus extrêmes 
de température, d'humidité et d'altitude. Ces variations atteignent des limites beaucoup 
plus étendues en Chine que dans aucun autre pays du monde. L'été est souvent plus 
chaud à Pékin, — qui est pourtant situé dans le Nord de la Chine, — qu'en Egypte, et le 
thermomètre y dépasse quelquefois 49° centigrades. L'hiver au contraire, on y observe des 
froids de 29° au-dessous de zéro. De ces différences extrêmes, il résulte pour le Chinois 
l'obligation de se couvrir de fourrures tout l'hiver, et l'été de vivre presque nu comme la 
plupart des habitants des pays chauds. 

En parcourant la province du Yun-nan, qui, en raison de ses nombreuses mon- 
tagnes et de ses profondes vallées, présente tous les climats, de très-chauds comme de 
très-froids, de très-secs comme de très-humides, des altitudes très-basses et d'autres 
dépassant 3,500 mètres, nous avons pu voir plus facilement que partout ailleurs, combien 
cette aptitude des Chinois à vivre partout était réelle. Nous les avons rencontrés dans toutes 
ces conditions climatériques, également vigoureux et aussi riches en enfants. Ils sont 
cependant moins nombreux au sommet des montagnes et dans les zones froides, mais 



331 NOTES ANTHROPOLOGIQUES. 

c'est beaucoup moins à cause du froid qu'en raison de l'impossibilité d'y cultiver le riz : 
un Chinois sans riz est comme un Européen sans pain. 

A l'appui de ces observations recueillies en Chine, et démontrant le cosmopolitisme 
du Chinois, nous citerons, comme ayant encore bien plus de valeur, ce qu'on observe dans 
tous les pays où les Chinois sont emmenés comme coolies et dans ceux où ils vont pour 
trafiquer. Nous avons pu les voir en Cochinchine, pays excessivement chaud, y vivre et y 
travailler comme chez eux, s'y multiplier comme en Chine, soit en s'unissanl à des 
femmes annamites pour lesquelles ils n'ont aucune répugnance l , soit, dans quelques 
cas exceptionnels, avec des femmes qu'ils amènent de Chine. A Batavia, à Manille, à 
Singapour et dans beaucoup d'autres colonies européennes, situées sous les tropiques, 
des observations analogues ont été faites. Dans tous ces lieux ils supportent la chaleur 
aussi facilement que les indigènes. Par contre, ils supportent facilement les climats de la 
Californie et du Sud de l'Australie, qui sont tempérés et même assez froids en hiver. 

Si l'organisme du Chinois est essentiellement flexible, ses habitudes, ses mœurs, ses 
passions, ses goûts, tout ce qui dépend enfin de son organisation cérébrale et de son 
éducation, ne subit, partout où il va, que des modifications insignifiantes. Singulier an- 
tagonisme entre le corps et l'intelligence ! N'est-il pas curieux de voir la nation la plus 
fixe dans sa civilisation montrer autant de souplesse dans son organisme ! 

C'est à ce cosmopolitisme des Chinois, bien plus qu'à leurs vertus militaires, qu'a été 
due l'immense expansion de leur race. Cette faculté a dû agir d'autant plus puissamment 
que les régions qu'ils ont envahies étaient habitées par des peuples qui en étaient 
plus dépourvus. 

Malgré toutes les difficultés, ils s'avancent chaque jour vers le Sud, particulièrement 
dans le Yun-nan, vers les frontières du Laos. La malaria, qui est si meurtrière dans ces 
régions, les frappe, il est vrai, presque aussi cruellement que les Européens, et il n'est 
pas douteux qu'ils n'eussent déjà peuplé le Laos sans elle. La végétation de ces régions, 
grâce à l'abondance des pluies et à la richesse du sol, est d'une puissance colossale; il faut 
longtemps pour s'en rendre maître, pour défricher et assainir les terres, pour substituer 
les émanations des rizières permanentes auxquelles les Chinois résistent facilement, àcelles 
des marécages et des forêts. Il n'est certes pas trop hardi de prédire, d'après tout ce que 
nous avons vu, qu'ils arriveront à coloniser cette partie de ITndo-Chine puisqu'ils ont 
éprouvé toutes ces difficultés pour les parties basses du Sud du Yun-nan dont ils sont en 
pleine possession maintenant. 

1 Ces métis de Chinois et de femmes annamites, qui forment une corporation particulière appelée Minh- 
huong, sont remarquables par leur vigueur sensiblement plus grande que celle des Annamites et presque égale 
à celle des Chinois. Les caractères de leur visage nous ont paru participer également des deux rameaux. Comme 
ils s'allient ordinairement ensuite avec des femmes annamites de type pur, vers la troisième ou quatrième 
génération le type annamite prédomine à peu près complètement. Rien ne prouve que ces métis deviennent 
stériles, ni que celte influence de sang chinois ait le moindre inconvénient pour ceux qui la possèdent. Le 
contraire nous a paru probable, et les Annamites paraissent bénéficier, sous tous les rapports, de l'addition de 
santr chinois. 



AGRICULTURE ET HORTICULTURE 



DE L'INDO-CHINE 



Par M. le Docteur C. THOREL. 



Chevalier de la Légion d'honneur. 



INTRODUCTION 



Nous nous proposons clans ce travail de faire connaître l'état de l'agriculture et de l'hor- 
ticulture des différentes parties de la vallée du Mékong, ainsi que tout ce qui est relatif aux 
diverses plantes utiles qu'on y rencontre et qui sont en très-grand nombre, en raison de 
l'extrême variété des climats de l'Indo-Chine. Comme c'est en vue de l'avenir de notre 
nouvelle colonie que notre voyage a été fait, nous décrirons, non-seulement les cultures 
des indigènes au moment de notre passage, mais aussi toutes celles, si nombreuses, qu'il 
serait possible d'étendre ou de faire dans l'avenir, et qui sont appelées, comme dans d'au- 
tres colonies européennes, à changer la face du pays. C'est surtout sous ce dernier rap- 
port que les notes suivantes auront une certaine importance, l'état actuel de l'agriculture 
en Indo-Chine étant, sauf sur quelques points de la Basse-Cochinchine, de peu d'intérêt. 
Après donc avoir établi le bilan de ce qui existe, nous montrerons tout ce qu'il y aura à 
faire le jour où l'influence commerciale, industrielle et scientifique des Européens s'é- 
tendra sur cet immense et riche bassin du Mékong. Il ne faut pas s'attendre, ainsi que 
nous venons de le dire, à trouver chez les indigènes un grand nombre de procédés agri- 
coles dignes d'être imités en Europe ; au contraire, tous ces peuples, y compris même 
les Chinois, qui ont cependant des pratiques agricoles très-remarquables, ont beaucoup 
plus à profiter de la connaissance de nos méthodes, que nous des leurs. Ce fait, un peu 
en contradiction avec l'opinion répandue en Europe, en ce qui concerne les Chinois, 
s'explique facilement. Pour que les procédés agricoles se perfectionnent dans un pays, il 
faut que les habitants y soient suffisamment agglomérés, afin que, poussés par le besoin, 
ils s'efforcent de faire produire au sol une plus grande quantité de produits alimentaires. 
On conçoit donc que, dans les régions où la plupart des terres sont encore couvertes de 
forêts, comme dans le Cambodge et le Laos, où un cinquantième seulement des terres 
cultivables est habité, les procédés de culture soient très-défectueux. Malgré la fertilité 

de ces terres, et surtout malgré les avantages du climat qui rend la bonne qualité du sol 
II. 43 



338 AGRICULTURE ET HORTICULTURE. 

bien moins importante que dans les régions froides, et qui permet toutes les cultures dans 
les terres les plus maigres, les habitants n'arrivent que difficilement à vivre. Dans le 
sud de l'Indo-Chine surtout, tout est à perfectionner, et l'influence européenne, ou seule- 
ment celle des Annamites et des Chinois, aura les plus heureuses conséquences. Cette in- 
fluence étrangère devra non-seulement s'exercer sur les procédés de culture des indigènes, 
mais aussi sur leur organisation sociale et territoriale, qui est pour beaucoup dans l'état 
défectueux de l'agriculture. Le défaut d'organisation du sol sur des bases solides, facili- 
tant la vente des terres, et assurant lalransmissibilité au fils des champs améliorés par 
le travail du père est, à notre avis, la grande cause de l'infériorité agricole de ces 
peuples. Pourquoi le père se donnerait-il beaucoup de peine pour défricher, planter 
et cultiver son héritage, si le caprice ou le bon plaisir des gouvernements peut l'en dé- 
posséder en un moment? Ce fait est la plus éclatante condamnation des doctrines commu- 
nistes; et si les classes élevées, au lieu de condamner sans examen les théories sociales 
des classes inférieures, comme cela se passe malheureusement en Europe, voulaient 
parfois jeter un regard au delà de nos frontières et analyser à la façon des naturalistes des 
faits aussi concluants que celui-ci, elles y trouveraient souvent des arguments qui porte- 
raient la lumière dans leurs propres esprits et dans celui des prolétaires que l'on cherche 
à égarer. Les pauvres verraient que la terre doit être possédée individuellement pour pro- 
duire beaucoup, et les riches, qu'elle doit l'être par celui qui la cultive pour être l'objet 
d'une amélioration sérieuse, constante, augmentant progressivement sa production. Un 
autre fait n'est pas moins concluant pour justifier la possession des terres non cultivées, 
et en particulier des bois et des forêts, qui ont essentiellement besoin d'être protégés 
contre l'instinct destructeur de l'homme. Cet instinct a amené, dans les parties mon- 
tagneuses de la Chine, un déboisement des plus inquiétants pour l'avenir. Dans d'im- 
menses régions du Se-tchouen et du Yun-nan, il atteint des proportions telles que 
les habitants en sont réduits à faire cuire leurs aliments avec de l'herbe ou avec de la bouse 
de vache séchée. Le bois manque pour la construction des maisons ou la fabrication des 
instruments aratoires les plus indispensables. Ce ne sont pas là les seuls inconvénients du 
déboisement. Au moment des pluies, de grandes inondations viennent empêcher la cul- 
ture de • vallées entières, et 4 l'époque des sécheresses, l'assèchement de torrents qui 
autrefois avaient toujours de l'eau, compromet gravement l'irrigation des rizières. Le 
déboisement est donc une grande cause de misère pour la population et s'oppose très- 
sérieusement à son accroissement. Le chiffre des habitants de ces régions paraît avoir 
atteint son maximum, et cependant, si le sommet des montagnes était reboisé, le pays 
pourrait facilement en nourrir quatre ou cinq fois plus, en permettant d'irriguer sur le 
flanc de ces montagnes de grandes surfaces de terres actuellement arides et sèches. 

En résumé, si la terre doit être possédée par celui qui la cultive pour produire beau- 
coup, les forêts et les bois doivent l'être bien plus encore, car leur non-possession amène 
des inconvénients plus graves que pour la terre, puisqu'ils ne peuvent disparaître 
qu'après le reboisement, qui présente toujours beaucoup de difficultés et exige un 
temps très-long. 



INTRODUCTION. 339 

Si, comme nous l'avons fait remarquer précédemment, nous avons peu à emprunter 
aux pratiques agricoles des Indo- Chinois, nous aurions au contraire beaucoup à profiler 
de l'introduction de plusieurs plantes utiles qu'ils cultivent ou qui croissent spontanément 
chez eux. Quelques-unes pourront être introduites en Europe, mais la plupart devraient 
être multipliées dans le pays même, ou dans les colonies jouissant d'un climat ana- 
logue à celui de ces contrées. Comme nous aurons occasion, à propos de chacune 
d'elles, d'y revenir dans la suite, nous nous dispenserons de les indiquer en ce 
moment. 

Il eût été sans doute très-désirable de placer, à côté des noms scientifiques, les 
noms indigènes de toutes les plantes dont nous aurons à parler ; malheureusement ce 
travail est d'une extrême difficulté en voyage : il faudrait pour cela pouvoir trouver dans 
chaque pays des indigènes connaissant toutes les plantes, ce qui est très-rare en Indo- 
Chine, en raison de la grande richesse de la flore. D'autre part, l'orthographe de toutes 
ces langues est loin d'être fixée, et la plupart des auteurs sont encore en désaccord entre 
eux. La chose serait encore assez facile dans la langue cambodgienne, dont la phonation 
est sensiblement analogue à celle des langues européennes, mais elle serait d'une très- 
grande difficulté pour les langues annamite et chinoise, qui ont une prononciation si dif- 
ficile à saisir. Nous n'indiquerons donc que très-peu de noms indigènes, dans la crainte 
d'augmenter la confusion qui règne déjà pour quelques-uns, surtout en Cochinchine. 
Nous laisserons à d'autres, ayant plus de temps, et mieux doués que nous poul- 
ies langues, cette tâche difficile. D'ailleurs, avec le temps, l'orthographe de ces langues 
se fixera, se simplifiera peut-être, et cette lacune sera plus facilement comblée. 

Malgré toute l'étendue que nous donnerons à ce travail, nous devons cependant faire 
remarquer qu'il sera très-incomplet et très-imparfait. Il s'y trouvera de nombreuses lacu- 
nes, et tout au plus pourra-t-il servir de point de départ à des études plus complètes, ou 
plutôt de cadre dans lequel viendra se placer chacun des faits revus et étudiés isolément 
plus tard. Si, pendant notre séjour de sept années en Indo-Chine, nous avons pu observer 
beaucoup de fails, nous sommes cependant loin d'avoir pu étudier tout ce qui intéressait 
notre sujet. Bien des régions restent encore à explorer, et dans toutes celles que nous avons 
traversées, nous avons rarement séjourné assez longtemps pour bien observer. Néanmoins, 
en raison de la grande ressemblance et de l'extrême uniformité de toutes ces régions, nos 
observations restent suffisamment exactes et applicables à la presque totalité du pays. Si 
sous ces climats l'Européen pouvait impunément prolonger son séjour, sans doute nous 
tenterions plus tard d'aller nous-mème achever ce travail ; mais, outre que notre voyage a 
laissé notre santé dans un état tel, qu'il faut nous résigner à ne plus quitter l'Europe, bien 
des difficultés viennent contrarier ce genre de recherches, qui exige une liberté d'action 
difficile à obtenir et des ressources pécuniaires assez considérables. 

Nous laisserons donc à d'autres le soin de compléter et de reviser notre travail. 
Tout défectueux qu'il est, il rendra, croyons-nous, quelques services à ceux qui iront dans 
ces contrées si intéressantes et si pleines d'avenir. 

Disons maintenant, en terminant cette introduclion, quelques mots du plan que nous 
il. '.3* 



340 AGRICULTURE ET HORTICULTURE. 

avons adopté, et qui se trouvait à peu près tout tracé d'avance par la mission que nous 
avions de rendre compte de tout ce qui peut intéresser notre nouvelle colonie. Dans un pre- 
mier chapitre, nous parlerons de la configuration du sol, de la climatologie agricole, du 
labourage, des instruments d'agriculture, des animaux domestiques, des fourrages, des 
pâturages, des engrais, de l'organisation de la propriété, que nous ferons suivre d'un coup 
d'œil comparatif sur l'état de l'agriculture des différentes parties de l'Indo-Chine. 

Dans un deuxième chapitre intitulé Agriculture, précédé nécessairement de quelques 
considérations générales, nous parlerons de chaque genre de culture, et tout d'abord de 
la culture des céréales, dont le nombre est si grand dans le bassin du Mékong. Dans 
ce même chapitre, nous traiterons de toutes les cultures industrielles, se subdivisant en 
cultures des plantes textiles, des plantes oléagineuses, des plantes tinctoriales, des plantes 
saccharifères, des plantes féculentes, et enfin des plantes coloniales, dont l'importance 
deviendra si grande dans l'avenir. Quelques-unes des plantes dont nous aurons à parler 
ne sont pas cultivées, et croissent spontanément dans les forêts ; néanmoins nous les 
mentionnerons à la suite des plantes cultivées fournissant des produits du même genre. 

Dans un troisième chapitre, nous nous occuperons de l'horticulture, qui comprend 
la culture des arbres fruitiers, des fruits et des légumes. En Chine surtout, la culture des 
légumes est très-avancée, et nos horticulteurs auraient à imiter quelques-uns des pro- 
cédés qui y sont employés ; mais il est loin d'en être ainsi pour la culture des arbres et 
des fruits, qui est partout défectueuse. Celte différence s'explique aisément ; tous ces 
peuples, vivant presque sans luxe, sont bien plus préoccupés de tirer du sol les aliments 
indispensables à leur existence, que les fruits qui ne sont souvent que des aliments 
superflus. Sauf quelques-uns qui sont originairement exquis, la plupart ont besoin d'être 
longuement améliorés pour devenir bons, et exigent une culture très-soignée; ils ne se 
trouvent nécessairement pas dans ces pays où les habitants aiment peu la table et appré- 
cient peu les bons fruits, qu'ils mangent du reste presque toujours verts. Si la qualité des 
fruits est en général médiocre, en revanche leur nombre est considérable. La variété 
des climats de l'Indo-Chine est telle que tous les fruits du globe pourraient y croître. Il 
n'est pas douteux pour nous que, dans un avenir prochain, tous ne s'y trouvent réunis, 
lorsque ces pays seront amenés à avoir clés relations commerciales plus complètes avec 
les peuples de l'Europe. L'introduction de quelques-uns et l'extension donnée à d'au- 
tres pourront même changer la face du pays, en fournissant des aliments d'une autre 
nature et en plus grande abondance. En parlant de chacun d'eux, nous ne manquerons 
pas d'indiquer ceux qui sont appelés à opérer cet immense résultat. 

Dans un quatrième chapitre, nous énumérerons les plantes des forêts, dont quelques- 
unes, comme le teck, l'ébène, etc., ont une si grande importance. Les essences forestières, 
dont le nombre dépasse quatre cents, occuperont une très-grande place, car si, présen- 
tement, très-peu encore ont été exportées, nous pouvons espérer qu'il n'en sera pas 
toujours ainsi, et que bientôt on saura utiliser les richesses forestières que renferme 
l'Indo-Chine. En les faisant connaître, nous espérons hâter ce moment, que nous vou- 
drions voir très-proche pour l'avenir de notre nouvelle colonie. Le jour où ces essences 



INTRODUCTION. 341 

seront utilisées, les gouvernements s'opposeront à la dévastation des forêts, que pratiquent 
les indigènes avec tant d'acharnement et qu'il serait bientôt temps d'arrêter si on ne veut 
voir ces richesses sérieusement compromises pour longtemps. 

A ce travail, atin de rendre plus intelligible ce que nous aurons dit, nous joindrons une 
carte de l'Indo-Chine. Cette carte, que nous devons à l'obligeance de noire compagnon de 
voyage, M. Francis Garnier, donnera une idée suffisamment exacte de la configuration du 
sol et permettra d'embrasser d'un seul coup d'œil l'immensité des plaines alluvionnaires 
de l'embouchure du Mékong, et le nombre considérable et indéfini des montagnes qui se 
trouvent au-dessus. Elle indiquera en même temps que la division géographique du pavs, 
la zone de végétation des principales plantes cultivées et spontanées. On y trouvera éga- 
lement les points remarquables où croissent plusieurs plantes rares, comme la cannelle, 
l'arbre à benjoin, le teck, l'anis étoile, le thé, etc. Une ligne ponctuée montrera approxi- 
mativement la limite sud des plantes des régions tempérées, qui est à la fois la limite nord 
de la plupart des plantes des tropiques. Cette ligne coïncide assez exactement avec la 
ligne frontière séparant le Laos et le Tong-king de la Chine ; elle traverse la zone où 
se trouvent en ce moment entremêlées les populations appartenant à ces différents pays. 
Dans l'avenir, on peut assurer que cette zone fertile sera une des plus riches de l'Indo- 
Chine et qu'elle finira, comme tous les pays de l'Inde jouissant d'un climat analogue, 
par être très-peuplée et par produire beaucoup. C'est sur cette zone que devront surtout 
s'étendre les cultures du thé, du café, de la canne, et celle des quinquinas, si on la tente 
comme on l'a fait à Java et dans l'Inde. Elle se prête merveilleusement, par l'extrême 
variété des climats,' l'abondance des pluies et la richesse du sol, à tous les genres de 
culture. 

C. THOREL. 



AGRICULTURE ET HORTICULTURE 

DE L'INDO-CHINE 

PAU 

M. le D« THOREL 



CONFIGURATION ET NATURE DU SOL CULTIVABLE DES DIFFÉRENTES CONTRÉES DE L'iNDO-CHINE. — 
CLIMATOLOGIE. — INSTRUMENTS AGRICOLES. — BESTIAUX ET ANIMAUX DOMESTIQUES. — FOUR- 
RAGES, PATURAGES, ENGRAIS. 

§ 1 . — Configuration et nature du sol cultivable de l' Indo-Chine. 

Pour l'étude complète de la géologie, nous renvoyons au travail de notre compagnon 
le docteur Joubert. On y trouvera les renseignements géologiques, qui servent ordinai- 
rement de base ou de prélude à une étude générale sur la culture et la végétation d'un 
pays. Quant à nous, nous nous bornerons ici à envisager les différents sols cultivables de 
l'Indo-Chine à un point de vue moins élevé, mais plus pratique, et qui est nécessaire pour 
se rendre compte des cultures qui y sont faites, et de celles que l'on pourra y faire dans 
l'avenir. Nous considérerons seulement la couche superficielle du sol, ainsi que le sous- 
sol, qui sont les seules parties de la terre préoccupant ordinairement le cultivateur, 
quoique la couche profonde ait parfois une sérieuse importance. 

Il est naturel, lorsqu'on veut étudier le sol cultivable d'un pays, de le comparer à 
celui des contrées où on a été élevé. C'est ainsi que nous avons voulu procéder à l'égard 
de la vallée du Mékong, mais nous n'avons pas tardé à constater que non-seulement 
la topographie, mais encore la nature du sol de l'Indo-Chine étaient très-différentes de 
ce qui existe en France. Dans cette région asiatique tout est taillé dans des propor- 
tions gigantesques, qui empêchent toute comparaison avec nos pays, où tout est 
réduit à l'étal de miniature. Les fleuves et les rivières y ont des largeurs colossales, 
les plaines y sont immenses ou d'une petitesse excessive, les deltas des fleuves et 



344 AGRICULTURE ET HORTICULTURE 

des rivièresy sont considérables. Les montagnes ne dépassent pas en dimension, il est vrai, 
celles qui se trouvent en Europe: mais leur nombre y est si grand que les trois quarts 
de la surface du nord de lTndo-Chine ne sont constitués que par des montagnes, sé- 
parées à peine les unes des autres par d'étroits ruisseaux formant à chaque pas des 
rapides et des chutes. Au milieu de ces régions montagneuses, se trouvent à peine quinze 
ou vingt plaines larges de quelques lieues seulement, formant sur une carte de géogra- 
phie des points insignifiants et au centre desquelles se trouve souvent un petit lac. 

Le sol du bassin du Mékong se divise donc en deux parties : la première, placée à 
l'embouchure des fleuves, est composée d'immenses plaines alluvionnaires, au milieu 
desquelles apparaissent çà et là quelques montagnes isolées ou groupées sans ordre; la 
seconde est composée uniquement de montagnes de grès, de granité, de marbres dolomi- 
tiques ou de schistes, dont les débris entraînés par les eaux ont formé toutes les plaines 
alluvionnaires de l'embouchure. Dans le voisinage des alluvions, se trouvent bien quel- 
ques monticules; mais ils sont en nombre très-restreint. Telle est en quelques mots la 
configuration de lTndo-Chine. Quant à la couche cultivable dont nous devons spécialement 
nous occuper, elle se décompose en quatre portions bien distinctes : 

1° Les terres alluvionnaires, qui se composent d'argile et de sable en proportions dif- 
férentes, dans lesquelles on trouve quelques particules de carbonate de chaux et de ma- 
gnésie, débris du marbre dolomitique ; 

2° Les monticules, qui sont principalement sablonneux et qui renferment toujours de 
l'argile en plus ou moins grande quantité; 

3° Les terres des montagnes ou terres rocheuses, formées presque en entier de blocs 
de granité, de grès, de marbres ou de schistes entre lesquels se trouve souvent trop peu de 
terre pour permettre aux cultivateurs d'en tirer parti; 

4° Les terres argileuses, que l'on rencontre surtout au sommet des collines ou sur le 
flanc des montagnes servant de ligne de partage des eaux. Comme étendue, ces dernières 
terres viennent après les terres alluvionnaires; comme richesse, elles sont les premières. 
C'est sur ces terres rouges que croissent les forêts les plus puissantes et sur elles 
s'établissent exclusivement les tribus sauvages, depuis la Basse-Cochinchine jusqu'au 
centre de la Chine. Par leur fertilité, elles sont appelées dans l'avenir à jouer un grand 
rôle, le jour où les cultures coloniales, excitées par l'influence des Européens, se feront en 
Indo-Chine. 

A la suite de ces quatre espèces de terres, constituant le sol cultivable de tous 
les pays, nous ne devons pas passer sous silence une cinquième espèce particu- 
lière aux pays chauds, et qui présente en Indo-Chine une énorme importance, résul- 
tant de son étendue et de son excessive fertilité. Nous voulons parler des berges des 
fleuves et des rivières, lorsqu'elles se trouvent découvertes par suite de l'abaissement des 
eaux. En raison du grand nombre des fleuves et des rivières du bassin du Mékong et de 
Ténorme abaissement des eaux qui dépasse souvent dix-huit mètres dans certaines parties, 
leur surface est considérable et permet pendant les six mois qu'elles sont découvertes d'y 
faire de nombreuses cultures maraîchères. C'est même presque exclusivement sur elles 



CONFIGURATION ET NATURE DU SOL. 345 

que les Cambodgiens et les Laotiens surtout récoltent le tabac et la plupart de leurs 
légumes. La nature de la vase qui les couvre est presque en entier argileuse, et possède 
une si grande fertilité qu'il est inutile d'employer des engrais, même pour la culture du 
tabac. 

D'après ce qui précède, on voit qu'il n'existe nulle part de terres crayeuses, ou caillou- 
teuses, si nombreuses en Europe. L'absence de pierres de petite grosseur est même si 
grande, qu'on peut parcourir des centaines de lieues sans en trouver une seule, si ce n'est 
parfois quelques rares morceaux de grès ou de granité arrachés aux montagnes, ou quel- 
ques petits galets de même nature dans le lit des fleuves. On ne trouve donc ni silex, ni 
calcaire, et les cultivateurs, dans les régions d'alluvions, n'éprouvent aucune difficulté 
pour le labourage. La couleur même des terres offre de notables différences avec celle 
des terres d'Europe ; les terres noires y sont rares, presque jamais on ne trouve de 
terre de bruyère, et dans quelqu es points seulement de la région des alluvions, on 
trouve de petites vallées, ayant un sol noir rappelant le sol tourbeux de nos ma- 
rais. En Chine seulement, sur les montagnes élevées jouissant d'une température 
froide et couvertes de rhododendrons, on trouve une couche de terre noire assez 
ressemblante à la terre de bruyère. Dans la même région, on rencontre dans le fond 
n'es vallées placées à une altitude suffisamment élevée pour jouir d'un climat froid, 
des couches tourbeuses, assez épaisses pour être exploitées comme combustible. Il semble 
donc que la couleur noire des terres résulte de l'incomplète décomposition des végétaux, et 
qu'elle ne peut se produire qu'exceptionnellement dans le sud, où la désorganisation des 
plantes se fait avec une trop grande puissance par suite de l'élévation de la température. 
Sous ce climat, la décomposition imparfaite des végétaux amenant la coloration noire de la 
terre, ne peut se produire à l'air libre et ne se voit que dans des terrains humides et sub- 
mergés, c'est-à-dire à l'abri du contact de l'air. 

Pour nous résumer, nous dirons que dans le sol arable de l'Indo-Chine existent deux 
éléments principaux, l'argile et le sable. On trouve bien du carbonate de chaux et de ma- 
gnésie provenant de la décomposition des montagnes de marbre dolomitique du nord de 
l'Indo-Chine; mais ces deux substances, en raison de la grande dureté et de l'homogénéité 
de ces montagnes, sont toujours en très-petite quantité et eu particules très-ténues. 

Nous devons mentionner à la suite de ces éléments constitutifs du sol cultivable 
de l'Indo-Chine, le fer qui donne la coloration rouge aux terres, et qui se trouve parfois en 
si grande abondance dans les argiles, qu'il forme des pierres poreuses souvent assez riches 
pour permettre l'exploitation de ce métal. 

Le sous-sol, contrairement à ce qui se passe en Europe, ne doit en Indo-Chine que 
médiocrement préoccuper le cultivateur. Dans ce pays, les cultures en terres sèches 
étant très-rares et celles en terres irriguées très-communes, il en résulte que la non-per- 
méabilité du sol, loin d'être un inconvénient qui oblige, comme en Europe, à drainer ou à 
canaliser, devient un avantage, en retenant les eaux nécessaires à la croissance du riz qui 
constitue la culture dominante. Même dans les contrées où se pratiquent les cultures sè- 
ches, comme en Europe, l'imperméabilité du sous-sol n'est point défavorable à la cul- 
n. 44 



346 AGRICULTURE ET HORTICULTURE. 

iure. Ce résultat, en contradiction avec ce qui se passe dans nos pays, s'explique en ce 
que les cultures sèches ne se font que dans la saison où il ne tombe aucune pluie, de telle 
sorte que les racines des plantes ne risquent jamais de se pourrir par l'excès d'humidité du 
sous-sol provenant de l'accumulation de l'eau. Ce n'est que sur quelques points très-rares 
de ITndo-Chine, où les pluies tombent comme en Europe presque toute l'année, que le 
sous-sol présente les mêmes inconvénients que sous nos climats et pourrait donner lieu à 
des travaux de drainage et de canalisation. 

Si maintenant nous essayons d'apprécier la richesse agricole relative des différentes 
portions du bassin du Mékong, nous trouvons que la fertilité des terres diminue à mesure 
que l'on s'éloigne de l'embouchure des fleuves. En première ligne, se place donc la 
Rasse-Cochinchine avec ses immenses marais et ses alluvions modernes en voie d'accrois- 
sement quotidien. En seconde ligne, vient le Cambodge, qui possède beaucoup de terres 
alluvionnaires ; mais elles sont moins riches, parce qu'elles sont plus anciennes et 
plus élevées au-dessus du niveau de l'eau des fleuves et des rivières. En troisième ligne, 
vient le Laos inférieur, lequel, quoique offrant encore beaucoup de plaines alluvionnaires 
élevées, présente déjà beaucoup plus de monticules et de montagnes que les pays précé- 
dents. 

Le Laos supérieur et la Chine méridionale, formés presque en entier de montagnes, 
viennent en dernier lieu comme richesse. Ce n'est pas qu'on ne trouve dans ces deux der- 
niers pays des parties très-riches, mais elles sont toujours d'une très-faible étendue et 
n'occupent que d'étroits espaces entre les montagnes ou le long des fleuves. 

Il nous resterait bien des renseignements à donner sur la distribution, la composition 
et la valeur de toutes ces terres ; mais, comme nous aurons occasion d'y revenir et que 
nous devrons même entrer dans de grands détails à propos des principales cultures, 
nous ne nous étendrons pas davantage en ce moment sur ce sujet intéressant. 

§ 2. — Climato'ogie agircole de l' Indo-Chine. 

Pour l'étude complète de la climatologie de l'Indo-Chine, nous renvoyons au travail 
qui a été fait sur ce sujet par notre compagnon, M. Francis Garnier. On y trouvera des 
renseignements météorologiques très-nombreux sur les différentes portions du bassin du 
Mékong. Quant à nous, nous allons seulement essayer d'indiquer en quelques mots les 
principales particularités de ces climats, intéressant spécialement. le cultivateur et le 
botaniste. 

Les saisons de l'Indo-Chine, au lieu de se diviser en quatre comme en Europe, se di- 
visent en deux seulement : la saison des pluies et la saison sèche. La saison sèche corres- 
pond à notre hiver, et la saison humide à notre été. Ces deux saisons durent à peu près 
un temps égal; pourtant la saison sèche a une durée un peu plus longue, et dépasse sou- 
vent sept mois; elle commence en octobre et finit en avril. Pendant les sept mois de sé- 
cheresse, il tombe à peine cinq ou six pluies; aussi est-il impossible, sans arrosage ou 
sans irrigation, défaire croître aucune plante. A la lin surtout de cette saison, la terre est 



CLIMATOLOGIE AGRICOLE DE L'INDO-CHINE. 347 

desséchée à une très-grande profondeur; sa surface se fendille, se crevasse, et il est pres- 
que impossible de la labourer, excepté dans les portions où elle est très-sablonneuse. H 
n'y a que les terres couvertes de forêts qui résistent à cette chaleur torride et conser- 
vent assez d'humidité pour permettre à quelques plantes herbacées de continuer à végéter. 
Cette sécheresse est si grande, qu'elle arrête la végétation, comme le fait le froid 
dans les régions tempérées. Les arbres et quelques grands arbustes ayant des ra- 
cines profondes résistent seuls à cette dessiccation du sol et continuent à fleurir. C'est pen- 
dant la saison sèche que le thermomètre descend le plus bas; le matin, vers 4 heures, 
il s'abaisse assez souvent jusqu'à 20 degrés au-dessus de zéro en Cochinchine, et 
au Laos inférieur jusqu'à 1 1 degrés. Dans le Laos supérieur et la Chine méridionale, 
il descend plus bas encore et se rapproche assez souvent de zéro pour qu'il soit pos- 
sible de donner le nom d'hiver à cette saison. Cet abaissement de température de la sai- 
son sèche, naturellement d'autant plus prononcé qu'on s'avance davantage vers le Nord, 
rend possible la culture des plantes des régions tempérées dans les endroits où les arrosages 
et l'irrigation sont faciles. En Cochinchine, quoique cet abaissement du thermomètre soit 
très-faible, il suffit cependant pour permettre la culture de plusieurs de nos légumes. 
Dans le Laos supérieur et la Chine méridionale, il devient assez grand pour rendre pra- 
ticable la culture de toutes les plantes des pays froids, y compris les céréales. Il en résulte 
même que ces pays possèdent deux saisons agricoles: la chaude pour les plantes tropi- 
cales, et la froide pour lès végétaux des pays froids. Ces dernières contrées sont donc les 
portions les plus favorisés du bassin du Mékong, non-seulement par la variété, mais encore 
par la quantité des produits qu'on y peut obtenir, puisqu'on a chaque année deux récoltes 
dans le même champ. Toutes les cultures de la saison sèche ou froide ne peuvent se faire 
dans cette région privilégiée, sans arrosage ni irrigation, que sur la berge des fleuves et 
des rivières, dans la vase qui reste toujours humide par suite du suintement des terres 
environnantes. Dans tous les autres lieux, ces cultures ne se font que dans les endroits 
assez bas pour qu'on puisse facilement y creuser des puils et y installer des systèmes élé- 
vatoires de l'eau, ou clans les régions montagneuses possédant de nombreux torrents, qui 
se prêtent si merveilleusement à l'installation de canaux d'irrigation. Dans quelques rares 
régions, ces cultures acquièrent une importance très-grande, égalant parfois celle des 
cultures de la saison humide. Ces localités sont rares sans doute et d'une petite éten- 
due, relativement à l'immense surface du pays; mais il n'est pas douteux que dans l'ave- 
nir elles ne se multiplient beaucoup. 

Bien des régions incultes, même dans le sud, se prêteraient admirablement 
à l'installation économique de bassins surélevés au pied des montagnes et au 
creusement de canaux d'irrigation allant distribuer l'eau dans les plaines environ- 
nantes. C'est à coup sûr la question qui doit dès à présent préoccuper les gouver- 
nements de ces pays, et notre plus grand désir est d'attirer dès à présent leur attention sur 
des travaux appelés à transformer d'immenses plaines stériles en champs fertiles et pro- 
ductifs. On ne doit pas oublier que lorsque l'irrigation des terres est facile sous ces cli- 
mats, les récoltes présentent cet important avantage d'être constamment abondantes ; 



318 AGRICULTURE ET HORTICULTURE. 

elles n'offrent pas ces différences, souvent considérables, qu'on observe d'une année à 
l'autre dans les terres arrosées seulement par les pluies du ciel. Les cultures irriguées 
sont les cultures vraiment industrielles; ce sont celles de l'avenir et des populations in- 
dustrieuses. On les trouve donc surtout en Chine. Espérons que bientôt les Annamites, 
qui en pratiquent déjà quelques-unes, les multiplieront davantage. Dans le voisinage 
de plusieurs de leurs montagnes, où se trouvent des torrents qui conservent de l'eau jus- 
qu'à la fin des sécheresses, il serait très-facile d'installer des bassins assez grands et assez 
élevés, comme d'ailleurs cela se pratique dans le Laos supérieur, pour pouvoir irriguer 
facilement des centaines d'hectares de terre situés à un niveau inférieur. En faisant des 
barrages dans les vallées, on pourrait obtenir le même résultat. Dans beaucoup d'autres 
points ne se prêtant ni à l'une ni à l'autre de ces installations, on aurait encore la res- 
source d'installer des machines élévatoires à vapeur ; l'abondance des eaux douces, le 
nivellement naturel des terres, et la grande quantité des bois aux environs, pouvant 
fournir le combustible nécessaire pour le chauffage des machines, rendraient ces instal- 
lations beaucoup plus commodes qu'en Egypte, où cependant elles sont très-répandues. 
A défaut de machines à vapeur, on pourrait se contenter de simples norias mues par les 
buffles, qui sont précisément inoccupés pendant toute la saison sèche. Dans le Laos infé- 
rieur surtout, certaines portions du Cambodge et môme plusieurs points situés dans les 
forets de la Cochinchine, où les récoltes manquent souvent faute d'un peu d'eau, ces in- 
stallations rendraient d'immenses services à la fin de l'hivernage. Ce n'est qu'avec 
remploi de ces moyens, que beaucoup de ces points deviendront cultivables et pourront 
nourrir une nombreuse population. Les terres y sont ou trop maigres, ou trop perméa- 
bles, ou trop élevées au-dessus du niveau des cours d'eau pour conserver l'eau du ciel qui 
suffit toujours, dans les endroits bas comme les alluvions de la Rasse-Cochincbine, pour 
assurer les récoltes. L'avenir est donc dans ces installations, et à ce prix seulement on peut 
espérer voir la population de ces pays continuera s'accroître avec une rapidité en rapport 
avec les progrès de notre siècle. Sans doute la nécessité, le besoin de vivre, finiraient bien 
par forcer les indigènes à trouver ces installations d'eux-mêmes ; mais il serait préférable 
de hâter ce moment en leur montrant dès à présent les nombreux avantages qui en 
résulteraient. L'expérience est toujours longue à acquérir et les méthodes nouvelles, surtout 
chez clés peuples routiniers, sont trop difficiles à introniser pour qu'on doive tarder long- 
temps à les leur montrer. 

Nous devons ajouter que dans certaines portions de Flndo-Chine, les populations sont 
disposées à bien accueillir ces innovations : ainsi nous citerons les mandarins d'Oubôn, dans 
le Laos inférieur, qui nous ont demandé le moyen d'assurer l'irrigation de leurs rizières à 
la fin de la saison des pluies; il arrive souvent clans cette province que d'immenses 
rizières restent improductives, faute d'eau qui permette au riz d'arriver à maturation. 

Pour rentrer dans le sujet dont nous nous étions écartés un instant, nous dirons 
que l'abondance, mais surtout le mode de répartition des pluies dans les pays chauds, 
sont les conditions qui influent le plus sur la croissance des végétaux. Les variations de 
température, d'ailleurs peu considérables sous ces climats, ont si peu d'importance 



CLIMATOLOGIE AGRICOLE DE L'INDO-CHINE. 349 

sur les plantes indigènes, qu'avec de l'eau elles peuvent être cultivées indifféremment 
dans Tune ou l'autre saison. Les arbres mêmes, fleurissant, comme on sait, en Eu- 
rope à des époques peu variables de l'année réglées surtout par la température, ont, 
sous ce climat, l'époque de leur floraison réglée principalement par l'humidité. Dans 
les lieux élevés et les sols légers, où la terre se dessèche vite, ils fleurissent plus tôt. 
Au contraire, dans les terres argileuses gardant longtemps l'humidité et dans les lieux bas 
longtemps imprégnés' d'eau, leur floraison est retardée, si retardée même que, sur les 
bords des fleuves et des rivières, certains arbres ne fleurissent qu'à la fin de la saison 
sèche, trois ou quatre mois plus tard que les mêmes espèces dans les forêts. L'étude de 
l'influence de l'humidité du sol sur les arbres fruitiers est si importante, quelle doit 
autant servir à l'horticulteur des tropiques, que celle du cboix des espèces tardives ou 
hâtives, à l'horticulteur des pays froids et tempérés. On comprendra facilement le rôle 
considérable que joue l'humidité, en disant qu'à de certaines époques les orages se suc- 
cèdent si rapidement et déversent une telle quantité d'eau, que les plantes sont comme 
noyées et qu'elles cessent momentanément de croître. Dans l'intervalle de ces orages, 
les feuilles et les ramuscules continuent seules à se développer; les fleurs attendent des 
époques moins pluvieuses pour paraître, beaucoup même n'éclosent qu'à la fin des 
pluies. C'est à cette époque de l'hivernage que les plantes étrangères à ces climats souf- 
frent le plus. La plupart de celles qui ont pu résister à la haute température de la fin de 
la saison sèche succombent fatalement à l'excès de l'humidité. 

Ce que nous venons de dire s'applique particulièrement à l'extrême sud de l' Indo- 
Chine , où la saison humide est beaucoup plus tranchée que dans le nord. En Chine 
encore, quoiqu'il existe une saison sèche et une saison humide, l'une et l'autre sont 
moins accentuées; aussi les inconvénients de la sécheresse et de l'humidité sont-ils très— 
atténués. 

La température du bassin du Mékong, présente des oscillations de plus en plus 
grandes à mesure que l'on s'avance vers le Nord. Dans le Laos supérieur, sur beaucoup 
de montagnes élevées, on constate de grandes différences entre la température du fond 
des vallées et celle du sommet des montagnes. En Chine, où les plateaux et les monta- 
gnes sont plus élevés, les variations sont encore plus considérables. A chaque pas, on 
trouve des montagnes jouissant d'une température tropicale à leur pied, et de froids in- 
tenses à leur sommet. 

Dans le sud, le thermomètre oscille entre 19 et 36 degrés au-dessus de zéro. La 
moyenne thermométrique de la Basse-Cochinchine est d'environ 28 degrés. Cette 
température élevée s'oppose, non-seulement à la culture de beaucoup de plantes des 
pays tempérés, mais encore à leur fructification. Beaucoup ne parviennent même pas 
à fleurir et ne poussent pour ainsi dire qu'en herbe. Un grand nombre n'y germent 
pas ; celles qui germent accomplissent ce phénomène deux fois plus rapidement 
qu'en Europe, et cessent ensuite tout d'un coup de croître. Il faudrait, pour cultiver 
sous ce climat les plantes des régions tempérées, obtenir un abaissement de tempé- 
rature artificiel, résultat presque impossible à atteindre. Ce que nous pouvons faire en 



350 AGRICULTURE ET HORTICULTURE. 

Europe, avec des serres et des couches pour cultiver les plantes des pays chauds, est 
impossible dans ces pays à l'égard de nos plantes. Les indigènes des pays chauds doivent 
donc se contenter des fruits et des fleurs de leur pays, qui sont d'ailleurs bien plus 
nombreux que les nôtres. 

Ce n'est qu'en s'avaneant graduellement vers le Nord et lorsque la température de 
l'hiver s'abaisse assez, que la culture des plantes des régions tempérées devient possible. 
Vers le 18 e degré, c'est-à-dire au milieu du Laos, les indigènes profitent chaque 
année de l'abaissement de température de l'hiver, pour planter la plupart de nos légumes 
qui poussent avec vigueur et facilité, soit à l'aide d'arrosages, soit le plus souvent sans 
le secours de ce moyen, sur les berges des fleuves, dans la vase limoneuse qui se dé- 
pose chaque année au moment où le niveau des eaux s'abaisse. 

Ces cultures des pays tempérés qui ne sont qu'à l'état exceptionnel dans le Laos supé- 
rieur, acquièrent brusquement une très-grande importance dès qu'on a franchi le tropique 
et que l'on est entré en Chine. Elles se substituent alors en hiver dans les champs à presque 
toutes les cultures d'été ou des pays chauds. Ce dernier pays possède donc deux saisons 
agricoles entièrement distinctes, peimeltant de cultiveralternativement les plantes des pays 
chauds et celles des pays tempérés. C'est même sous ce rapport unpays unique au monde 
et excessivement curieux. Dans le fond des vallées, on trouve la canne à sucre, le palmier 
aréquier, le bananier et la plupart des autres plantes tropicales. A un étage au-dessus, 
sur le flanc des montagnes, on cultive encore le riz et quelques plantes des pays chauds, 
en été ; mais on y rencontre déjà, spontanés et cultivés, beaucoup de végétaux des 
pays tempérés. Plus haut, près du sommet, on se trouve exclusivement au milieu de 
plantes des pays tempérés : aux chênes, aux pins, aux aulnes, aux bouleaux, aux érables, 
aux peupliers, et aux rhododendrons constituant presque en entier les essences forestières, 
se trouvent mêlés la plupart de nos arbres fruitiers spontanés. Nous y avons observé plu- 
sieurs espèces de poiriers, de cognassiers, de cerisiers, de pruniers, de châtaigniers, de 
noisetiers et de vignes à l'état sauvage. Quelques-unes de ces espèces, améliorées faible- 
ment par la sélection, sont cultivées. Les sauvages, qui habitent presque partout cette 
dernière zone à l'exclusion des Chinois, cultivent en hiver le blé, les colzas, le radis 
oléifère, le pavot à opium ; en été, l'avoine, le chanvre, le sarrasin et la pomme de terre. 
Le voyageur qui parcourt ces contrées peut donc voir, en moins d'une journée, des spé- 
cimens des principales cultures du monde, ainsi que cela nous est arrivé cent fois. Pour 
le naturaliste qui habiterait ces contrées heureuses, que d'observations il y aurait à faire 
sur les lois de la distribution des plantes et des animaux dans ces montagnes, qui repré- 
sentent chacune un monde en miniature ! On y trouve non-seulement les végétaux ré- 
partis de la façon que nous avons indiquée, mais encore la plupart des animaux éche- 
lonnés selon les aptitudes qu'ils tiennent de leur origine. Si l'acclimatation était un fait 
aussi réel que le suppose la théorie de Darwin, on se demande pourquoi les arbres du 
sommet des montagnes ne se seraient pas acclimatés vers le bas, et pourquoi ceux du bas 
n'auraient pas monté vers le sommet. On se demande surtout pourquoi les sauvages 
d'origine caucasique restent confinés, depuis des siècles, sur les sommets froids et peu 



CLIMATOLOGIE AGRICOLE DE L'INDO-CHINE. 351 

fertiles des montagnes, continuant à délaisser le fond des vallées toujours chaudes et 
fertiles. En réalité, les plantes meurent ou deviennent stériles dès qu'elles franchissent 
une certaine hauteur, et les sauvages, dès qu'ils descendent, meurent, comme ils nous 
l'ont assuré, ne pouvant s'acclimater. Plusieurs années passées par eux dans les vallées, 
les obligent toujours à regrimper sur leurs montagnes pour se rétablir. Ce fait, constant 
pour eux depuis des siècles, encore discuté tous les jours par nous, est à notre avis un 
des plus grands arguments que nous ayons rencontrés dans nos voyages contre la 
théorie erronée de l'acclimatation. Car il n'est pas douteux que ces sauvages autochlhones 
ont dû, depuis des milliers d'années qu'ils sont fixés sur ces montagnes, tenter sans cesse 
de s'établir dans le fond des vallées, où les attirail la fertilité des terres et du climat; s'ils 
n'ont pu y réussir, c'est que le problème est insoluble. 

Rôle de la lumière. — Nous devons dire maintenant quelques mots du rôle de la lu- 
mière sur la végétation, rôle qu'on est trop souvent tenté de négliger et qui est cependant si 
considérable. Sous les tropiques, les jours et les nuits ayant une durée presque égale toute 
l'année, la lumière exerce son action bienfaisante avec une égale intensité pendant les 
différentes saisons. Au moment des pluies, comme le ciel est très-souvent obscurci par 
les nuages, elle est moins abondante ; aussi cette saison est-elle à proprement parler celle 
de la feuillaison et produit-elle peu de fleurs. 

Il semblerait que sous les tropiques, en raison de l'abondance de la lumière, l'ombre 
des arbres doit être moins nuisible aux plantes. Il n'en est absolument rien. Comme en 
Europe, c'est en vain qu'on essayerait de faire croître la plupart des légumes à l'ombre 
de l'arbre le moins touffu. Presque tous exigent pour prospérer d'être plantés en plein 
soleil. Quel que soit le degré d'intensité des rayons solaires, ils sont moins nuisibles à la 
plupart des plantes cultivées, que l'ombrage le plus faible lorsqu'il est permanent. 

Il faut donc, pour installer un potager destiné à produire les radis, les laitues, les choux 
et la plupart des autres légumes, tant indigènes qu'étrangers, le placer dans un endroit 
complètement découvert, à la condition toutefois qu'on protégera avec des paillassons 
pendant le milieu du jour les repiquages, les transplantations et quelques semis. 

Neige. — A partir du 18 me degré de latitude, les sommets des montagnes de 2,000 mè- 
tres d'altitude sont souvent couverts de neige pendant quelques heures le soir et le matin ; 
au delà du tropique, en Chine, sur les montagnes élevées, elle résiste à la température 
du milieu du jour. Sur quelques pics seulement avoisinant le Tibet, elle est éternelle. 
Nulle part, en Chine cependant, elle ne tombe en suffisante quantité pour que son rôle sur 
la végétation et l'agriculture vaille la peine que nous nous y arrêtions. 

Grêle. — Nous ne saurions en dire autant de la grêle. Sous des latitudes très-méridio- 
nales, il est assez fréquent d'en observer au début des orages de l'hivernage. Souvent, 
d'après le témoignage des indigènes, les grêlons sont assez gros et assez abondants pour 
causer de sérieux ravages. Notre interprète laotien, natif du 22 e degré, nous a rapporté 
avoir vu dans sa jeunesse son pays ravagé par la grêle : les arbres avaient été dépouillés 
de leurs feuilles et de leurs fleurs, et beaucoup d'animaux des forêts avaient été tués. 
Nous devons faire remarquer toutefois que la chute de grêlons ayant lieu surtout au 



352 AGRICULTURE ET HORTICULTURE. 

début de la saison des pluies, alors que les champs et les potagers sont presque nus, elle 
ne cause d'ordinaire aucun ravage sérieux. 

Gelée. — La gelée, qui ne se montre que sur le sommet des hautes montagnes du 
Laos, s'observe très-fréquemment sur les hauts plateaux de la Chine, au nord du tropique, 
pendant plusieurs mois. Malgré sa fréquence, comme le thermomètre ne descend pres- 
que jamais à plus d'un ou deux degrés au-dessous de zéro, elle ne parvient jamais 
à arrêter complètement la végétation des cultures de l'hiver. Suspendue pour un instant 
le matin, la croissance des plantes reprend vers 9 ou 10 heures et continue toute la jour- 
née, grâce à la chaleur du milieu du jour. Ces gelées sont dues surtout au rayonnement. 
A ces altitudes élevées, le ciel est ordinairement la nuit d'une pureté incomparable, et le 
phénomène du rayonnement se produit avec une intensité que nous ne connaissons pas 
en Europe. De toutes les plantes, les fèves sont celles qui paraissent le matin avoir le plus 
souffert du froid de la nuit ; au lever du soleil, on trouve en hiver leurs feuilles flétries et 
leurs tiges inclinées vers le sol. A cette époque de l'année, il serait souvent utile de pro- 
téger la nuit les légumes et les arbres fruitiers tels que le pêcher et l'abricotier. Les indi- 
gènes n'ont presque jamais recours à ce moyen, qui est cependant bien plus indispensable 
dans leur pays que dans le nôtre. 



§ 3. — Labourage. 

On dislingue en Indo-Chine trois sortes de labourage que nous classerons suivanl 
leur importance : 

1" Labourage en terre inondée ; 

2° Labourage en terre humide ; 

3° Labourage en terre sèche. 

Le premier mode est le plus employé, le deuxième l'est assez fréquemment; quant 
au troisième, qui est en général celui de l'Europe, on ne l'observe guère que sur quel- 
ques hauts plateaux du sud de la Chine, dans les régions où les pluies sont trop peu 
abondantes pour permettre aux laboureurs d'attendre que le sol soit suffisamment imbibé 
d'eau avant d'y mettre la charrue. 

Le labourage en terre inondée non-seulement est le plus facile, mais aussi le plus 
important, la culture du riz étant la première de toute ITndo-Chine. On ne pratique ce 
mode de labourage que lorsque la rizière est inondée depuis quelques jours et que la 
terre est assez imbibée d'eau pour que les buffles aient le moins d'efforts possible à faire. 
Un seul de ces labours, suivi d'un hersage soigné qui entraine toutes les mauvaises herbes 
avec leurs racines dans un coin du champ et transforme toute la couche de terre arable 
en une bouillie homogène, suffit toujours pour transplanter le riz. A l'exception de quel- 
ques rares points du sud du bassin du Mékong, ce mode de labourage ne commence qu'en 
juin et juillet, quand les pluies sont devenues suffisamment rapprochées et assez abon- 
dantes pour que l'eau du ciel puisse s'amasser dans les rizières. Dans le nord de l'indo- 



LABOURAGE. 353 

Chine, grâce aux réservoirs d'eau et aux canaux d'irrigation que les habitants ont con- 
struits, on le pratique toute l'année. Là où ces installations manquent, les Chinois ont 
recours à des norias, ou bien se servent, ainsi que les Laotiens, d'un panier que ma- 
nœuvrent deux hommes et qui leur permet souvent d'élever l'eau à plus d'un mètre. La 
moindre machine élévatoire, mue par les buffles ou la vapeur, remplacerait avec avantage 
ce travail, toujours long et pénible, qui ne permet d'inonder que de petites rizières. Pour 
que le labourage en terre inondée soit facile, il faut que la rizière contienne au moins un 
décimètre d'eau. 

On conçoit que ce genre de labour, qui exige que le laboureur soit constamment dans 
l'eau jusqu'aux genoux, n'offre que peu d'inconvénients pour lui dans le Sud, où la chaleur 
est toujours trop grande ; il n'en est pas de même dans le Nord, sur les montagnes, où il 
gèle fréquemment en hiver. A cette époque, le conducteur souffre beaucoup et contracte 
souvent des plaies ulcéreuses aux jambes et des douleurs rhumatismales. Nous devons 
ajouter pourtant que les Asiatiques en souffrent bien moins que n'en souffriraient des 
Européens. 

Le deuxième mode de labour, ou labour en terre humide, ne se pratique également 
qu'un mois ou deux après le début des pluies, alors que la terre, durcie pendant la saison 
sèche, s'est ramollie et est devenue attaquable par le soc de la charrue. On le trouve em- 
ployé sur toutes les éminences, les collines et les montagnes, depuis Saïgon jusque dans 
le Sud de la Chine, pour les cultures d'arachides, de canne, de coton, de haricots, d'ortie 
de Chine, et dans le Nord, pour cultiver l'avoine, le pavot, le blé, et surtout le sarrasin. 
Ce second mode doit se faire à l'aide de buffles dans les terres fortes, et même dans les 
terres légères, lorsqu'on veut y planter des plantes exigeant un labour profond, comme 
la canne. Pour les autres cultures réclamant un labourage léger, les bœufs peuvent 
très-bien suffire, et on s'en sert fréquemment au Laos et au Cambodge. Ces animaux sont 
même préférables, comme étant plus actifs et plus aptes à vivre clans ces régions. 

Quant au troisième mode de labour, ou labour en terre sèche, si rare sous ces climats, on 
ne l'emploie que pour cultiver l'avoine, les radis oléifères, les pommes de terre et les colzas. 
C'est le mode offrant le plus de difficultés, exigeant le plus grand effort de traction et en 
même temps les instruments les plus perfectionnés. On conçoit donc que chez ces peuples 
peu avancés il soit très-défectueux. De même que les modes précédents, les indigènes, 
sauf dans quelques points exceptionnels, ne le pratiquent qu'une fois et peu de temps 
avant l'ensemencement. Jamais on n'observe, comme en Europe, deux ou trois labours 
préparatoires, à un ou deux mois de distance, dans le but de détruire les mauvaises herbes, 
d'ameublir la terre et de permettre à l'air de s'y infiltrer plus aisément et d'exercer son 
action fertilisante. 

Les animaux employés pour ce labourage sont ordinairement les bœufs. A défaut de 
ces animaux, les Chinois se servent parfois d'ànes, de mulets et de chevaux. 

Quel que soit le mode de labourage, on peut dire que, dans ces pays privilégiés, il 
est beaucoup plus facile que sous nos climats. La plus mauvaise charrue suffit presque 
toujours ; car jamais on ne rencontre de pierres, et nulle part on ne trouve de sous-sols 

II. 45 



354 AGRICULTURE ET HORTICULTURE. 

résistants et durs. L'absence ou du moins la grande rareté de mauvaises herbes aux fortes 
racines vient encore ajouter à la facilité qu'offre le labourage. 

En affirmant donc que le travail préparatoire qu'exige le sol pour produire la même 
quantité de récoltes est le tiers de ce qu'il est en Europe, nous sommes incontestable- 
ment au-dessous de la vérité. Est-ce à dire que si ce travail était augmenté, la richesse des 
récoltes n'en augmenterait pas? Assurément non ; en l'élevant seulement à la moitié de 
ce qu'il est chez nous, on accroîtrait beaucoup la production du sol. L'augmentation en 
profondeur, en offrant aux racines des plantes une couche de terre arable plus considérable, 
nous paraît surtout, comme en Europe, appelée à réaliser ce progrès. Nous en avons 
trouvé la preuve en Cochinchine et en Chine, où les récoltes sont constamment meil- 
leures que dans les pays intermédiaires où le labour est moins profond et moins par- 
fait. Ce qui confirme celte opinion, c'est l'avantage que les Chinois paraissent avoir 
trouvé dans le défonçage du sol à 2 ou 3 décimètres de profondeur. Ils pratiquent 
ce genre de travail en hiver, à l'époque où les champs sont nus ; si onéreux qu'il soit, les 
cultivateurs riches et prévoyants n'hésitent pas, en raison de l'augmentation de produit 
qu'il provoque, à l'employer périodiquement tous les dix à quinze ans. Nous l'avons sur- 
tout observé dans les nombreuses et étroites vallées du Yun-nan, où la population, très- 
dense, cherche à produire le plus de riz possible. 

Le labourage à la charrue n'est pas le seul que pratiquent les Indo-Chinois : souvent ils 
se servent de la houe pour remuer la terre des champs de très-petites dimensions 
et pour les coins de rizières où la charrue ne peut passer. 

Les cultivateurs pauvres, n'ayant ni charrues ni buffles, sont souvent obligés de se ser- 
vir du même instrument pour des champs d'une certaine étendue. Pour les rizières nou- 
vellement défrichées, renfermant des troncs d'arbres, d'arbustes, des lianes ou de nom- 
breuses racines de .plantes aquatiques, cet outil est le seul employé ; il sert aussi exclusi- 
vement à défricher les terres, à construire et réparer les talus des rizières. Dans quelques 
points de la Chine, au lieu de houe, les cultivateurs emploient souvent un trident assez 
solide pour qu'il soit possible de remuer la terre à plus de 20 centimètres de profon- 
deur; il sert plus particulièrement au défonçage des rizières pendant la saison sèche. 

§ 4. — Instruments agricoles. 

Ainsi qu'on doit le supposer, les instruments agricoles employés par les Indo-Chinois 
sont aussi simples dans leur forme que dans leur construction. Leur nombre est également 
très-restreint et se réduit au strict indispensable. Une charrue, une herse, une houe et une 
faucille constituent à peu près tout le matériel agricole. Ce n'est qu'exceptionnellement 
qu'on se sert de voitures ou de traîneaux grossiers pour rentrer les récoltes. 

La charrue, construite en bois dur du pays, est dépourvue de roues; elle est formée 
d'un soc muni d'un versoir taillé dans le même morceau de bois, et auquel on adapte une 
pointe en fer forgé ou en fonte afin d'empêcher l'usure du bois. A ce soc, est soudée obli- 
quement, comme en Europe, une longue pièce de bois à l'extrémité de laquelle est atta- 



INSTRUMENTS AGRICOLES. 355 

chée une barre transversale sur laquelle on attelle les buffles ou les bœufs. Si simple que 
soit cette charrue, elle permet cependant, lorsque le versoir est suffisamment grand, de 
faire un bon labourage dans les terres inondées et humides. Le fer est le métal employé 
presque partout pour garnir la pointe du soc ; pourtant, dans quelques parties du Laos 
supérieur, les indigènes ont recours au bronze, avec lequel ils confectionnent même le 
soc et le versoir tout entier. Cette charrue, quoique à peu près semblable dans son en- 
semble chez tous les peuples indo-chinois, présente pourtant quelques différences, selon 
les pays et suivant le genre de terre auxquels elle est destinée. En Cochincbine, où le la- 
bourage en terre inondée est presque la règle et où en même temps la culture est assez 
soignée, le soc est presque toujours épais et son versoir très-ouvert de façon à permettre 
un labour profond et à bien retourner la terre. Au Cambodge et au Laos, où la culture est 
généralement mal faite, la charrue est plus petite dans toutes ses parties, surtout le ver- 
soir. En Chine, où on trouve à côté des cultures le*s plus parfaites des cultures déplora- 
bles, elle présente des variations en rapport avec la qualité des cultures. Nous avons vu 
de ces instruments n'ayant pas de versoir et permettant à peine de tracer un étroit sillon; 
d'autres fois, nous en avons remarqué pouvant presque rivaliser avec les nôtres. 

Nous devons dire qu'en général le versoir est trop petit, trop peu tordu, de telle sorte 
que le laboureur est obligé d'incliner la charrue pour arriver à retourner complètement 
la terre. On conçoit qu'à ces différences, qu'on constate dans les diverses parties du 
bassin du Mékong, viennent s'ajouter des variations suivant les laboureurs. 

Quelle que soit la forme de leur charrue, comme elle n'a qu'un unique versoir, ils 
sont obligés partout, pour labourer, de procéder en cercle, c'est-à-dire de tourner 
autour du champ, de façon qu'il reste toujours un large sillon au milieu. Cette charrue 
primitive et simple, que beaucoup de cultivateurs construisent eux-mêmes, pendant 
les mois de loisirs, est traînée ordinairement par des buffles. En Cochinchine, où 
ces animaux sont nombreux et très-vigoureux, les cultivateurs en mettent toujours deux 
sur la même charrue, ce qui leur permet de labourer plus profondément. Au contraire, 
au Laos et en Chine où les buffles sont rares, et peut-être moins robustes, les indigènes 
n'en mettent le plus souvent qu'un seul. 

Les bœufs, surtout en Chine, au Laos et au Cambodge, sont employés aussi pour le 
labourage, seuls ou accouplés aux buffles; malgré leur petite taille, comme ils sont très- 
vifs et de mœurs beaucoup plus douces que ceux d'Europe, ils rendent de grands services 
pour labourer les terres légères des collines, et il est regrettable que les Annamites s'obsti- 
nent généralement à ne pas s'en servir dans ces conditions. 11 est bien entendu que les 
bœufs ne peuvent être employés pour le travail des rizières inondées, qui revient complè- 
tement aux buffles. L'obligation où sont les animaux, ainsi que les hommes qui les con- 
duisent, de travailler avec de l'eau jusqu'au ventre, ne convient nullement aux bœufs. 
L'emploi pour le labourage des chevaux, des ânes et des mulets, n'est jamais prati- 
qué dans le Sud. En Chine seulement, dans les contrées où les buffles sont devenus 
très-rares par suite de la guerre et de plusieurs autres causes que nous aurons occasion 
d'expliquer dans la suite, les habitants emploient souvent ces divers animaux. 



356 AGRICULTURE ET HORTICULTURE. 

La herse est ordinairement construite, comme en Europe, en triangle équilatéral; elle 
est munie de 12 à 1 8 dents en bois, longues d'un décimètre au moins, disposées sur 
deux ou trois barres transversales, de façon à tracer chacune un sillon différent. Dans 
quelques cas, nous l'avons trouvée bâtie en bois dur, mais presque toujours elle est en 
bois mou et même en bambou ; elle est ordinairement si légère que le laboureur est 
obligé de monter dessus pour faire entrer les dents dans la terre. Cette légèreté n'est pas 
un inconvénient, car elle lui permet de franchir presque tous les obstacles, le cultivateur 
n'ayant pour cela quà descendre de dessus lorsqu'il les aperçoit, et à remonter ensuite. 

Pour rendre ces mouvements plus faciles au laboureur et en même temps pour qu'il se 
tienne plus commodément sur l'instrument, les Chinois ajoutent souvent sur la barre mé- 
diane deux montants, réunis à leur partie supérieure par une traverse. Cet instrument est 
traîné comme la charrue, par un ou deux buffles. Pour les rizières bien tenues et labourées 
profondément, il en faut toujours deux, afin que le conducteur puisse rester constam- 
ment sur la herse et que les dents, pénétrant de toute leur longueur, entraînent toutes 
les racines des herbes aquatiques et transforment complètement la terre en une bouillie 
claire absolument nécessaire au repiquage du riz. En Cochinchine, où le travail des rizières 
est généralement très-bien fait, souvent même mieux qu'en Chine, les habitants se servent 
toujours de deux buffles pour le hersage ; au Laos, ils n'en emploient généralement 
qu'un seul, aussi leurs champs sont-ils toujours mal labourés et constamment envahis par 
les herbes aquatiques dont ils ont laissé presque toutes les racines. 

La houe est l'instrument le plus employé par les Indo-Chinois tant en agriculture qu'en 
horticulture. Sa forme et sa taille varient très-peu ; généralement elle est lourde et massive; 
elle se compose d'une plaque de fer parallélogrammique et plate, percée supérieurement 
d'un trou servant à fixer un manche long de l m ,50 environ. Cet instrument est très- 
employé pour la culture des rizières, et en particulier pour la construction et la réparation 
des talus. Pour le jardinage, c'est à peu près le seul outil employé; il remplace notre 
bêche, qui n'est pas inconnue, mais qui ne sert que pour les terres très-humides et qu'on 
confectionne en hois dur. 

La faucille est, comme tous les instruments précédents, de forme très-grossière; elle 
est formée d'un grand couteau légèrement arqué, pointu à son extrémité, auquel on fait, 
comme à notre faucille, des crans sur le bord de la face inférieure. Au Laos et en Chine, 
le manche de cet instrument est analogue à celui du nôtre ; mais en Cochinchine il en 
diffère sensiblement; il est plus long et muni à son origine d'un crochet servant à ras- 
sembler un certain nombre de chaumes avant de les couper. Cette addition nous a paru 
ingénieuse et assez utile. 

Aux instruments précédents, nous ajouterons le tarare, qui est presque en entier 
semblable au notre, et qu'on ne trouve qu'en Cochinchine et en Chine. D'après divers 
renseignements, c'est aux Européens que ces peuples doivent de connaître cet utile 
instrument. Dans les régions où il ne s'est pas encore propagé, comme au Laos, le 
travail de séparation du grain d'avec la paille se fait souvent sur le lieu de la récolle 
même, à l'aide d'un grand éventail en bambou qu'un individu agite pendant qu'un autre 



INSTRUMENTS AGRICOLES. 



357 



fait (omber les grains de sa hauteur. Autant que possible, on profite, [tour faciliter cette 
opération, d'un jour où il fait du vent. Si le vent est fort, on peut se passer d'éventail. La 
forme de notre van à mains servant à vanner les petites quantités, n'est pas connue; 
pour ce genre de travail, on se sert de vans circulaires en bambou tressé, sans manches, 
bien moins commodes que le nôtre. 

Les voitures usitées par les Indo-Chinois sont de deux sortes : 1° Les voitures à 
buffles, 2" les voitures à bœufs. Les premières, lourdes et solides, servent au transport 




.<& 



l stensii.es aratoires et TEXTILES DU LAOS. 



1. Dévidoir pour le coton. — 2. Panier et arc servant à carder le coton. — 3. Rouet à filer le coton. — 4, 5. — Quenouille et fuseau 
pour le chanvre. — 6. Dévidoir pour la soie. — 7. Herse, longueur : l m ,30. — 8. Charrue, longueur: l^^O : e, soc en fer; b, bat et 
traits pour un buffle. — 9. Faucille, longueur : m ,?0. — 10. Houe, longueur : l'a, 20. 



de tous les objets pesants, comme les grains, le bois, les pierres, etc. Les secondes ne ser- 
vent que pour les voyages; aussi sont-elles très-légères. Les roues de ces dernières sont 
composées, comme les nôtres, de rais, de jantes, et d'un moyeu mince et allongé. Ces 
roues ne sont presque jamais ferrées circulairement; elles ont chacune un essieu indé- 
pendant, formé d'un bâton que l'on coupe dans les forêts et que l'on remplace en voyage 
dès qu'il s'use ou se casse. Ces essieux sont fixés entre deux pièces de bois réunies à leur 
extrémité par une barre, et dont l'interne forme une des deux pièces principales de toutes 



358 AGRICULTURE ET HORTICULTURE. 

les voilures. Ce système ingénieux ne manque pas d'utilité pour circuler dans les forêts; 
il empêche les essieux de s'accrocher aux arbres et prévient le versement des voitures 
dans les endroits trop en pente. Les voitures à bœufs ont une forme variable, qui est 
en général celle d'une capote arrondie, très-basse, en rotin tressé ou en bambous recou- 
verts de feuilles diverses et imprégnées d'oléo-résine de dipterocarpus. Sous cette capote, 
qui est mobile et dont on se passe souvent, deux hommes peuvent à peine se tenir ac- 
croupis. 

Les voitures à buffles sont plus grandes, plus solides et munies parfois de ridelles 
basses de chaque côté. Leurs roues, au lieu d'être comme les nôtres, sont formées d'une 
seule rondelle de bois de deux mètres de diamètre au moins. Ces rondelles proviennent 
de différentes espèces d'arbres, appartenant à la famille des Légumineuses et des La- 
gerstraemiées, dont les troncs présentent de larges expansions correspondant aux fortes 
racines. Le même arbre, lorsqu'il est très-vieux et d'une forte grosseur, en produit sou- 
vent plusieurs. Ces deux roues sont unies par un essieu, analogue à celui de nos voitures, 
confectionné en bois dur. 

Quel que soit le système des roues, les indigènes ne se servent jamais de graisse pour 
les essieux: aussi les voitures, à buffles surtout, grincent-elles continuellement en marche; 
on les entend parfois à plusieurs kilomètres de distance. On prétend que c'est dans le but 
d'effrayer le tigre, que le bruit intimide très-facilement, que les habitants évitent d'em- 
ployer de la graisse; tout en croyant cette opinion parfaitement juste, nous avons pu 
constater plusieurs fois que ce moyen n'était pas toujours suffisant pour l'empêcher d'at- 
taquer les attelages. 

Ces deux sortes de voitures sont toujours traînées par deux animaux que l'on attelle de 
front à l'extrémité du timon, sur une barre transversale qui s'appuie à la naissance de leur 
cou et qui est maintenue par un anneau l'entourant complètement. Chez les bœufs zébus 
de lTndo-Chine, possédant une bosse souvent très-grosse au-dessus des épaules antérieu- 
res, ce genre d'attelage est plus simple que celui de l'Europe, qui consiste à fixer le joug- 
sur le front. Pour les buffles, qui sont au contraire dépourvus de bosse, ce joug les 
oblige à pencher fortement la tète en bas, ce qui contribue encore à augmenter leur lour- 
deur et à gêner leur marche. Ce mode d'attelage n'a qu'un avantage, c'est de permettre 
à ces animaux d'employer plus facilement toute leur force. 

Pour mémoire, nous mentionnerons l'usage, dans quelques rares points du Laos su- 
périeur, de petites voitures analogues à celles que construisent eux-mêmes les enfants en 
Europe, et dont les roues ont à peine un mètre de diamètre. Ces voitures portent une caisse 
carrée faite en bambous tressés, servant à ramener le riz en grain des cultures éloignées. 

Selon la configuration du pays, l'usage des voitures est plus ou moins répandu. Dans 
la partie alluvionnaire de la Rasse-Cochinchine, sillonnée de fleuves et de nombreux ar- 
royos très-défavorables à la construction des routes, on ne rencontre pour ainsi dire au- 
cune voiture : les bateaux les remplacent avec avantage. De même, dans le Laos supé- 
rieur et la Chine méridionale, pays montagneux, où les routes se réduisent la plupart du 
temps à des sentiers étroits souvent en escalier, on n'en trouve pas non plus. Dans quel- 



INSTRUMENTS AGRICOLES. 359 

ques grandes plaines seulement, les habitants en ont construit de petites, de formes 
très-grossières, servant exclusivement pour ces plaines. Les pays où les voitures sont le 
plus nombreuses, se trouvent donc être les parties hautes de la Cochinchine, le Cambodge 
et le Laos inférieur. Dans cette partie moyenne de l'Indo-Chine, peu peuplée généralement 
et en grande partie encore couverte de forêts, elles servent non-seulement pour rentrer 
les récoltes, mais aussi pour les relations commerciales des différents villages qui sont 
éloignés les uns des autres et pour les échanges avec les sauvages. 

Il nous reste encore à indiquer l'usage des traîneaux tant en Cochinchine qu'au Cam- 
bodge. Cet instrument, formé de quatre pièces de bois, dont deux latérales plus fortes rele- 
vées à leurs extrémités, sert à transporter le riz que l'on doit repiquer, d'un champ dans un 
autre. Ce traîneau est tiré par un seul buffle, et ne sert que pour les grandes cultures. 

Partout ailleurs, les Indo-Chinois transportent le riz, ainsi que la plupart des autres 
objets, à l'aide d'un bambou élastique en forme de balancier, qu'ils placent sur l'une ou 
l'autre épaule, et aux extrémités duquel pendent deux paniers. 

Dans un pays où les trois quarts des cultures ont lieu en terres inondées, on pourrait 
croire que les machines hydrauliques destinées à élever l'eau sont nombreuses. Il n'en est 
cependant rien, et ce n'est qu'en Chine que l'on trouve des norias. Depuis quelques an- 
nées, plusieurs de ces instruments en bois ont bien été importés en Cochinchine par 
les Chinois, mais ils sont loin de s'y être généralisés. Partout où cette noria manque, les 
cultivateurs comptent sur les pluies du ciel pour permettre au riz d'achever sa croissance. 
Dans quelques cas, les habitants se servent d'un panier en bambou tressé, en forme de 
nid d'hirondelle, suspendu par deux cordes à trois perches réunies à leur sommet, 
et mis en mouvement par deux hommes. Mais ce système est insuffisant pour de 
grandes rizières, et ne s'emploie que pour des champs restreints ou pour les semis 
de riz. 

La noria chinoise, qui est identique dans tout l'empire, est entièrement construite en 
bois; elle se compose d'une gouttière formée de trois planches, ouverte à sa partie supé- 
rieure, longue de 4 à 5 mètres, dans laquelle glisse une chaîne sans fin articulée, tournant 
à chaque extrémité sur un très-petit tambour et munie entre chaque articulation d'une plan- 
chette tenant lieu de godet. Ces planchettes, au nombre de vingt à trente, doivent être très- 
exactement de la grandeur de la gouttière, pour ne pas laisser retomber l'eau. Cette noria 
est mise en mouvement à l'aide de deux manivelles placées de chaque côté supérieurement, 
et que deux hommes font tourner. Dans quelques cas, au lieu de se servir de manivelles, 
on adapte une roue double d'un mètre de diamètre au moins, et munie d'échelons sur les- 
quels un homme monte constamment. Ce système, en permettant à l'homme d'agir par son 
poids, permet d'élever l'eau à une grande hauteur et est surtout employé pour irriguer les 
rizières disposées en amphithéâtre sur le flanc des montagnes. Après avoir élevé l'eau des 
canaux sur le premier gradin, on l'élève ensuite sur le second, puis successivement jus- 
qu'au dernier. Dans quelques cas assez rares, nous avons observé un autre genre de noria, 
mû par l'eau des fleuves et des rivières. Il se compose d'une immense roue en bambou, 
munie à sa circonférence de quinze à vingt tuyaux de même nature, placés obliquement 



360 AGRICULTURE ET HORTICULTURE. 

et tenant lieu de godets, qui s'emplissent intérieurement en traversant l'eau et qui se 
vident lorsqu'ils sont arrivés en haut. Ces roues mises en mouvement par le courant, 
déversent leur eau dans une auge qui la distribue dans les canaux d'irrigation. Ce genre 
de noria, s'il était plus solidement établi et placé dans des rivières munies de barrages, 
pourrait rendre de grands services. 

Nous décrirons les diverses machines à décortiquer le riz, les moulins à farine, les 
presses à huile, les instruments à broyer la canne et à fabriquer le sucre, les machines 
à distiller les eaux-de-vie et à égrener le coton, etc., en parlant des plantes auxquelles 
elles sont destinées. 

Tant appropriés que soient les instruments agricoles des Indo-Chinois à leur sol et à 
leur genre de culture, il y aurait lieu cependant de doter les indigènes de quelques-uns 
de nos instruments perfectionnés. Nous signalerons en première ligne la charrue en fer, 
à double versoir mobile et sans roues, qui pourrait se substituer presque dans tous les cas à 
la leur et qui exige moins d'efforts de traction et permet un labour plus profond. Nous in- 
diquerons ensuite une bonne machine à décortiquer le riz et notre faux pourla récolte des 
herbes fourragères. Notre bêche serait également des plus utiles aux jardiniers et per- 
mettrait de bien mieux remuer la terre que la houe. Les machines à élever l'eau, ainsi que 
nous l'avons déjà fait remarquer, rendraient d'immenses services. Les machines distil- 
latoires, celles qui servent à fabriquer le sucre, seraient d'une immense utilité, autant 
pour les indigènes eux-mêmes que pour les Européens voulant se livrer à l'extraction 
de ce produit pour l'exportation. 

§ !>. — Bestiaux et animaux domestiques. 

En raison de la diversité des climats de l'Indo-Chine, on y trouve la plupart des ani- 
maux domestiques : le buffle, le bœuf, le cochon, l'âne, le mulet, l'éléphant, la chèvre et 
le mouton, auxquels nous devons ajouter les poules, les paons, les faisans, les oies, les 
canards, les pigeons, les lapins, les dindons et les abeilles. 

Ces bestiaux sont dans toutes les fermes indo-chinoises en nombre proportionné 
à la production de fumier qui serait nécessaire. A l'exception des cochons, qui sont 
nombreux partout, on ne trouve dans toutes les fermes que quelques buffles et parfois 
une paire de bœufs pour les voyages. Ces buffles et ces bœufs sont toujours élevés comme 
animaux de trait et on ne les tue que lorsqu'ils sont malades ou trop vieux pour faire 
un bon service. Jamais ces animaux ne sont élevés pour le lait qu'ils fournissent, les 
Indo-Chinois ayant en général une grande répugnance pour ce précieux aliment. Quel- 
ques tribus sauvages seulement, habitant les montagnes du Yun-nan, apprécient le lait 
et fabriquent avec celui de chèvre des fromages que nous avons trouvés excellents. Ces 
tribus, appartenant aux Miao-tse, sont de race caucasique, et tiennent peut-être cette 
habitude de leurs ancêtres. Nous sommes tentés de croire qu'ils l'ont apportée du centre 
de l'Asie en la quittant il y a des milliers de siècles. On ne trouve aucun mouton dans les 
fermes indo-chinoises, sauf dans quelques-unes situées sur les hauts plateaux de la Chine. 



BESTIAUX ET ANIMAUX DOMESTIQUES. 361 

Les chevaux sont partout très-rares et sont employés par les gens riches comme monture, 
ou par les voyageurs pour circuler ou pour transporter des marchandises. Ils ne sont 
employés aux travaux agricoles que dans un très-petit nombre de localités en Chine. Nous 
en dirons autant des ânes et des mulets qu'on ne rencontre qu'en Chine. En Cochinchine 
on trouve bien des ânes et des mulets, mais ils y ont été