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Full text of "Annales des sciences naturelles"

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ANNALES 



DES 



SCIENCES NATURELLES 



■ I 

I 












PARIS, IMPRIMERIE DE C. THUAU, 

SUCCESSEUR DE FEUGUERAY, 
RUE SU CLOÎTRE « A I H T -B Bl OÎ T , K" 4* 



ANNALES 



DES 



SCIENCES NATURELLES, 

PAR 

MM. AUDOUIN , AD. BRONGNIART et DUMAS , 



COMPRENANT 



LA PHYSIOLOGIE ANIMALE ET VÉGÉTALE , L^NATOMIB 

COMPARÉE DES DEUX RÈGNES , LA ZOOLOGIE , LA 

BOTANIQUE, LA MINÉRALOGIE ET LA GÉOLOGIE. 



TOME DOUZIEME, 

ACCOMPAGNÉ DE PLANCHES IN-4'*- 



yrm^û;^ 




PARIS. 

CROCHARD, LIBRAIRE -ÉDITEUR, 

CLOITRE SAINT-BENOIT, N" iG, 

ET nOP. DE SORtoKHK , N° 3. 

Il ■ I 1 I m^ ^— w^ 

1827. 






l'^^.T ANNALES 



DES 



SCIENCES NATURELLES. 



Sur r Existence d^un Cloaque observé chez un 

chien prisse de queue ; 

Par J. G. Martin, 

Membre de la Société anatomiqae et de la Société liiinéenne de Paris. 

M. Geoffroy Saint-Hilaire a décrit et figuré dans les 
annales des sciences naturelles (i), sous le nom à'aspa-- 
lasome , un fœtus humain , chez lequel les voies uri- 
uaires et génitales , aulieu de se confondre à leur extré- 
mi lé et de s'aboucher à un canal commun^ s'ouvraient 
séparément à l'extérieur par deux orifices distincts. Une 
monstruosité que nous avons eu récemment occasion 
d'observer dans l'espèce du chien ^ nous a fourni un 
exemple de la disposition inverse , en nous montrant les 
appareils digestif, génital et urinaire confondus à leur 
terminaison , et aboutissant tous trois à l'extérieur par 
un orifice unique. Le sujet de notre observation est une 
femelle adulte, appartenant à une variété du chien de 
berger, que M. le professeur Cruveilliier s'était procuré 

( i) Tom. iv, p. 4^* Atlas y pi. xxi. 

XII. — Septembre 189.7. 1 



(6) 

pour quelques recherches anatoiiiîques , et dont il a bien 
voulu me permettre de disposer. Cet animal était prin- 
cipalement remarquable à rextérieur par l'absence com- 
plète du prolongement caudal •, et ce fut celte circons- 
tance qui m'engagea d'abord à porter mon attention sur 
les autres parties du corps, et qui me fit apercevoir 
l'existence d'une seule ouverture pour les voies intesti- 
nales et génito-urinaires. C'est après avoir reconnu celle 
disposition curieuse, et après avoir vu qu'il y avait 
une sorte de cloaque, que j'entrepris l'examen des or- 
, ganes înlérieurs , afin de voir jusqu'à quel point ils 
participaient de l'anomalie des parties extérieures. 

Depuis l'œsophage jusqu'au gros intestin tout était 
dans l'état régulier : à partir du cœcum , le gros intestin 
était très-distendu ; un pouce et demi avant sa terminai- 
son , il se rétrécissait un peu , puis s'élargissait de nou- 
veau , et se terminait dans le cloaque. La matrice placée 
entre le rectum et la vessie était très-petite 5 le vagin qui 
allait aboutir à la dilatation que présentait le rectum , 
était au contraire très -développé. 

Les trompes et les ovaires existaient dans leur posi- 
tion ordinaire , et n'offraient rien de remarquable. La 
vessie assez volumineuse , située comme de coutume 
entre la matrice et la face interne du pubis , se conti - 
nuait avec un canal assez large , et long de deux pouces 
et demi , qui se terminait en avant et très-près de l'ori-, 
fice vaginal. Ainsi , le rectum , le vagin et l'urètre se 
rapprochaient à leur extrémité, s'ouvraient dans une 
même cavité , et débouchaient à Textérieur par une 
seule ouverture. 

Les reins, les uretères , le foie , la rate et le pancréas 



(7) 

avaient leur position et leurs formes ordinaires. Près dtt 
pubis , et immëdiateinent au - dessus du cloaque , se 
voyait un clitoris assea développé , et il existait de cha- 
que côté deux replis simulant les nymphes* 

Les vertèbres cervicales et dorsales ne présentaient 
rien de remarquable. Les lombaires n'offraient que de- 
légères anomalies : leurs apophyses transverses du côté . 
gauche étaient plus longues que celljes du côté droit ; 
elles étaient en outre disposées de manière à ne point 
se correspondre ; elles se trouvaient toutes plus large» 
à leur base , phis courbées et plus longues à gauche qu'à 
droite; elles y étaient aussi plus horizontales. Le sacrum, 
très-petit , ne paraissait formé que de deux vertèbres. 
Il n'y avait point de vertèbres caudales ; mais , ainsi que 
chez l'homme, après le sacrum., venait un coccyx mo- 
bile sur le sominet de cet os ; ce coccyx était formé 
de trois petites pièces bien distinctes , d^ux situées sur 
les côtés de la ligne médiane, et dont la gauche était 
plus volumineuse que la droite ; la troisième pièce, plus 
petite que les deux précédentes , et soudée à la plus 
grosse, occupait la ligne médiane. C'est dans Téchancrure 
formée par la réunion dç ce^ deux deroièrçs pièces que 
L'on voyait passer un petit filet nerveux q^i ae distribuait 
aux parties' molles. Le raehis ouvert avec soin , j'ai pu 
voir que le canal vertébral était un peu évasé vers sa tei:- 
minaison au sacrum , et qu'une grande quantité de tissm 
graisseux remplissait int^ieuremeat l'évasement rachi- 
dien , en entourant de toute part la moelle épinière. Ce 
tissu graisseux se rencontrait aussi plus liaut vers la n> 
giou dorsale , mais en bien moins grande quantité ; il y 
étajjL contenu dans une euveloppe fibreuse assez résis-. 



(8) 

taule , et eu tout analogue à la dure-mère : au-dessous 
de ce tissu graisseux, ou voyait la moelle épiuière en- 
veloppée dans la dure-mère^ l'arachnoïde et la pie- 
mère. 

La moelle épiuière , saine d'ailleurs , était volumi- 
neuse ] son bulbe de terminaison , ou renflement infé- 
rieur , s'arrêtait au niveau du corps de la troisième ver- 
tèbre lombaire , après quoi se remarquait une véritable 
queue-de-chei^al , semblable à celle de l'homme : fait 
très - remarquable , et qui vient à l'appui des idées pro- 
fessées par le célèbre anatomiste M. Serres. 

Cette observation nous fournit deux considérations 
très-fimportanles , celle de l'existence d'un cloaque ou 
vestibule commun (1)9 et celle de l'absence de la 
queue. Le fait d'un cloaque observé chez un chien , est 
digne de remarque , en ce que cette disposition , anor- 
male pour la plupart des mammifères , se rencontre 
toujours , et forme la disposition normale des quadru- 

(i) M. Everard Home daqs son travail sur l'Ornithorhyuque , et 
M. GeoSroy Saint-Hiiaire dans une dissertation qu'il vient de publier 
sur le même animal (iPfem. du Mus, , t. xv) , ont substitué le nom de 
* vestibule commun à celui de cloaque , employé par la plupart des zoo- 
tomistes , et partîcoUèrement par MM. Cuvîer et Meckel. « On a donné 
cbez les oiseaux le nom de doaqae , dit le célèbre naturaliste M. Geof- 
froy Saint-Hilaire , aux divers compartimens qui servent d'embou 
cbure à tous les canaux urinaires , intestinaux et sexuels , sur l'idée 
fausse que Ton sMtait formée , que ce dernier canal était un lieu où les 
productions excrémentitielles s'accipnulaient et étaient momentané- 
meut conservées : cependant ce n'est jamais un récipient , comme on 
Pavait cru. » M. Geoffroy ajoute qu'il n'y a point de partie cbez les 
animaux qui soit tenue avec plus de propreté , et qui exige plus impé- 
rieusement de l'être i que des nerfs presque à nu y abondent j que la mem- 
brane dont elle ettt formée , n'est eu Activité , et véritablement en fonc- 



(9) 

pèdes que M. Geoffroy a , pour cette raîsoa même , 
nommés monotrêmes (2) , et des oiseaux. En effet , chez 
ceux - ci ^ le rectum paraît s'élargir considéraUement 
et brusquement un peu avant sa terminaison. C'est dans 
cette partie de Tintestin ainsi dilaté que viennent s'abou- 
cher les uretères sur les parties latérales et inférieures , 
et Foviductus à quelques lignes plus haut que Turetère 
gauche ; le cloaque est ainsi formé : ce n'est que par 
une seule issue extérieure que peuvent sortir les pro- 
duits des voies intestinales , urinaires et génitales. Cette 
poche qui suit le rectum , et où s'abouchent les uretè- 
res , parait former chez les oiseaux l'analogue de la ves- 
sie *, mais il n'en est pas tout-à-fait ainsi : le rectum se 
termine , l'évasement rectal succède , et cet évasement 
est l'analogue du vestibule rectal des mammifères. Ainsi 
trois conduits se réunissent chez les oiseaux femelles; 
celte réunion a lieu à l'intérieur pour constituer le cloa- 
que et se rendre à Pextérieur par un seul orifice : chez 
le chien que nous venons de décrire , trois conduits dif- 

tion., que pendant raocouplemtînt, dont elle ressent vivement les spas- 
mes , mais que d'ailleurs elle n'est jamais afièctée , que cela ne l'exige 
à se soustraire à tout autre service. Ces remarques me semblent parfai- 
tement applicables k la disposition que présentait la terminaison de Pu- 
rèthre , du vagin et du rectum , chez le chien qui fait le sujet de ce Mé- 
moire. En efifet , il est évident que chez celui-ci , les matières excrémen- 
titielles ne pouvaient séjornuer dans Pévasement ou vestibule commun, 
sans gêner ou obstruer les orifices étroits des voies urinâire , génitale et 
intestinale , rapprochées et comme ramassées en un seul point , au mo- 
ment où elles allaient déboucher au dehors. ^ 

(i) Famille composée dos Ornithorhynques et des Echidnés. Le mot 
Monotrêmes se rapporte à Pexistencc chez ces animaux , comme chez 
notre chien , d\in seul orifice pour les voies intestinales et j^enilo-uri- 
uaires. 



(lo) 

férens aussi ; le méat urinaîre , le vagin et le rectum se 
réunissaient à rinlérieur pour se terminer en un seul 
canal externe. 

Au reste , il est à remarquer que plusieurs mammi-f 
fères présentent , comme Font remarqué Daubenton , 
M. de Blain ville et plusieurs autres zootomistes , une dis- 
position analogue à celle que nous venons de décrire 
chez notre chien monstrueux. Tels sont le castor et plu- 
sieurs autres rongeurs , chez lesquels l'anus et la vulve 
sont presque confondus ; tels sont aussi quelques mar- 
supiaux , et particulièrement les pbalangers , chez les- 
quels Daubenton dit positivement que la cloison qui sé^ 
pare les orifices anal et vaginal , est échancrée de trois 
lignes dans l'intérieur de l'ouverture commune ( Voyez 
Daubenton, tome xiii de X Histoire naturelle de Buffon, 

page 99)- 

M. de Blainville , dans sa savante dissertation sur les 

oruithorhynques et les échidnés, explique l'existence du 
cloaque chez ces animaux , et chez les monotrêmes eux- 
mêmes , en admettant qu'il n'y a de différence avec les 
mammifères normaux , qu'en ce que la cloison qui sé- 
pare le rectum du vagin , a été échancrée sur son bord 
postérieur plus profondément que de coutume. Celte 
explication est jusqu'à un certain point applicable au 
fait qui est lobjet principal de cet article. 

Ainsi les anomalies que nous venons de signaler , re- 
produisent les conditions normales de plusieurs espèces , 
de même que les anomalies observées par M. Geoffroy 
Saint-Hilaire , chez le monstre humain qu'il a nommé 
aspalasome , le mettaient en rapport avec quelques 
mammifères. On sait en effet que chez la taupe, les trois. 



( n ) 

appareils urinairc , vaginal el rectal se rendent à l'ex- 
lérieur par trois ouvertures bien séparées. 

Le second fait, celui de Tabsence de la queue , s*ex- 
plique de la maniera la plus heureuse , d'après le rap- 
port fort curieux qui a été constaté par M. Serres , 
entre l'ascension de la moelle épinière dans le canal 
vertébral , el le prolongement caudal des animaux ver- 
tébrés. Primitivement l'embryon humain a une petite 
queue 5 et il en est de même des chauve-souris sans 
queue , de plusieurs singes , tels que les orangs , de 
quelques rongeurs et des batracieos j^e M. le profes- 
seur Duméril a nommés anoureSm,iifji moelle épinière 
descend alors jusqu'à l'extrémité du coccyx , comme 
chez les oiseaux , avec cette différence toutefois qu'elle 
n'y est pns fixée ,comme dans cette classe ^ mais 
plus tard , à mesure que les membres antérieurs et 
postérieurs , et les renflcmens de la moelle épinière 
qui leur correspondent , viennent à se développer , la 
moelle s'élève dans le canal vertébral -, en même temps 
la queue diminue peu k peu, et elle vieut enfin à dis- 
paraître plus ou moins complètement'^ quand la moelle 
épinière se fixe dans la position qu'elle doit définiti- 
vement occuper. Ces phénomènes, très - curieux , ont 
été observés assez anciennement chez le têtard des ba- 
traciens , par Spallanzani , Swammerdam et Rœsel; 
et chez l'embryon humain , par plusieurs anatomislcs. 
M. Serres les a suivis dans ces derniers temps chez les 
roussettes et chez plusieurs autres mammifères sans 
queue ^ et il a été conduit à élever au rang d'une p!*{>- 
position générale , l'influence de la moelle épinière sur 
le développement ou l'atrophie de la queue. Suivant lui, 



( i2 ) 

plus cetle partie de Taxe cërébro - spinal , s'élève dans 
son canal, plus le prolongement caudal devient petit, 
et plus il tend à devenir rudimen taire. On conçoit donc 
que d'après les idées de ce célèbre anatomiste, si la 
moelle vient par l'effet d'une circonstanee organique 
quelconque à remonter dans le canal rachidien , chez 
une espèce où elle est ordinairement descendue , et à 
descendre, chez une espèce où elle est ordinairement 
élevée, le prolongement caudal disparaît chez la pre- 
mière, et il persiste chez la seconde. Nous avons eu 
occasion d' observai?' M|e dernier cas chez un fœtus hu- 
main né à terme , lÉ fc gjl lequel la moelle occupait encore 
la position dans laljaelle elle se trouve ordinairement 
à deux mois. Cet enfant (dont nous avons représenté la 
partie inférieure du coi*ps, fig. 5) avait une queue longue 
d'environ un pouce et demi , assez grosse , contournée 
sur elle-même, et dont on ne saurait mieux donner 
l'idée qu'sn la comparant à celle d'un jeune cochon. Le 
chien qui fait le sujet de notre observation , nous a pré- 
senté une anomalie ' précisément inverse, car le bulbe 
de terminaison de la moelle épinière s'arrêtait au niveau 
de la troisième vertèbre lombaire , et nous avons déjà 
dit qu'il n'existait point de queue , mais seulement un 
coccyx formé de trois pièces ires-petîtes (i). Cet animal 
se trouvait donc ramené , par anomalie , aux conditions 
organiques qui forment l'état normal des chauves-souris 

f i) M. L. Girou de Buzareingues vienr de me commuuiquef un jeune 
chat qui préseutait un cas à-peu-près semblable. Sa queue , beaucoup 
plus courte que d^ordiuairc , o^avait guères qu^un pouce de loiig , et je 
me suis assure que sa mocUo i^piuière s^arrètail au uivcau de la qua- 
trième vcrtî'brc lombaire. 



( i3) 

sans queue , des batraciens anoures , des orangs et de 
l'homme lui-même ^ et ce dernier rapport est d'autant 
plus remarquable qu'il semble former une exception au 
principe admis par de célèbres anatomistes, que les êtres 
monstrueux réaliseBt presque toiyours par leurs anoma- 
lies , les conditions propres à des êtres d'un oixlre ou 
d'une classé inférieure ; principe qui est constamment 
vrai , lorsqu'il s'agit des monstruosités produites par 
arrêt de développement , mais qui ne peut être appli- 
qué au chien qui fait le sujet de notre observation , 
parce que l'anomalie de la moelle épinière d'où dé- 
pend l'absence du prolongement caudal , tient à ce 
qu'elle a subi une toétamorphose de plus qu'à l'ordi- 
naire. 

EXPLICATION DE LÀ PLAïiCHE XXXIII. 

Fig. I . Préparation de la vessie, de la matrice et du rectum , vue du côté 
droit , et, moitié de grandeur naturelle. — V est la vessie ; ut , son 
canal excréteur passant immédiatement au-dessous du pubis pp. Au- 
dessous de la vessie se voit la matrice. A est Tovaire^ B ^ le tube de 
Fallope \ ce , les adutérum ou les cornes de la matrice ; D , Tutéros 
ou cavité de cet organe qui , chez la femme , se trouve au col et est le 
plus souvent rudimentaire ; E^ le vagin \ bceat Postinm, ou rétrécisse- 
ment qui existe entre le tube de Fallope et Tadutérum j cd^ celui de 
Padutérum à l'utérus ) de , celui de Tutériis an vagin : il n'y avait point 
de ligament rond. LL , sont deux lambeaux de peau renversés pour 
mieux voir le point où les conduits de la vessie «t de la matrice vont 
se rendre ; Rm est le rectum dilaté et lié vis-à-vis les reins R^ R. 
ue est Turetère j SS^ ToreiUe du sacrum. 

La fig. 1 , de grandeur naturelle , représente les deux vertèbres qui com- 
posaient le sacrum; ces deux vertèbres, SP^, v$*/^, étaient soudées 
ensemble , et ne formaient qu'une seule pièce, pi et pi* , deux pièces 
latérales et séparées du coccyx ; pm, une troisième pièce médiane son- 
dée avec la pièce latérale gauche y pi. 

La fig. 3 , de grandeur naturelle, représente les trois orifices du méat 



, Ji»; 



( u ) 

ijtç^ <t Jkx rectum , !^*o«maA «ftafcf Lt cimirpf au. Te:»(i- 
baie cnmmway su:» à «kGoaviwt par une îiwiiiî i i pvatifBCc j«r kt fm- 
rtsr pOHterirarc t^ nectanx . Ceit le cSfcorê ;.«■», ut narit ■■■■■Jim 
•M/^ ronSce (ia vaes : «r. TcnfiDc da. reetmmt. 
Lafg. ^^«IffgraBdtKr ■atnrdLeaodsî. Rpcësmfeki moefle ^pÊDâùrr Je- 
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Teux • <{at passe dans oxk éfkw* lu refcgnaé» par Is «Ieek os 

Jk cocL».! . y pt tt jvBB. Eafia . pi est oae paBor ■aAêrale éraib: «ia 




liera&e, tu pur la Eue poatérKBce, et ffiJBÎt À^ fir 
relie. CF'tStt la ctiope dix Tentrc aa oÊveaiL «fe ToBliiKc f El ^\e. nui- 
^jioK Je iTexCreadé oanqae «pK préKoÊiiâ ce maastre ; ^ est a::e 
pctîte «|BeDe q« zvail pu liifi! ckem cet eiânt, av est Là aneik «c^'î- 
■lèreyâiliiTniwImY |eaip»a f ofc ié uut é e— fcit : Ol^^Li ifcwi ■lère 
iueîdée et naiTeraée sur les cùtés de la maeile. 
i ^ libetii& (pâ pcéâeatait cette ôigtztîêre t&pasEtiaa « aâr Jtt ansai pm- 
jieiu» antre* fiâb ônportans cpie je se décrfs poiat nâ, M îàvrr' ^ 
Iin-iiKBK dfMBer oïl artâde à. ce sofatt. 



MÊifOiAE sur la Génération et te Désfelopfement 
defUmbrron dansles végétaux phanérogames; 

Par M. AfvoLVBF Baoi!i4î2(iABT« D.-M. 

(La à rjyoaiénîe de» Sciencesr Le is£ ckcembre iSi^i ;i}. ) 

lyniooccTio». 

Lltistoire de Li vénéra lieu des plantes 3 exortê dt?|^uis 
t»>B§-teiDps Ws esprits les pins aciits et les plus îne»'- 

(Ti L^Académie des Scie uccs, Jau:> sa ieaace du i r juiu id2.7, a dé- 
cem«é à ce Xeosoire le pri:K de pbTsîoîcgre CAptfriuleutale . («HKlé [3ur 
fini lÊ Je Xonf^on. Xouà rimnihctrroos testueUtmcuf . ïcl «^k'îî i <(« 



( i5 ) ■ 

iileux et , malgré ces efforts puissaus et répétés , cet 
important phénomène est resté peu connu , soit dans 
ses détails, soit dans son ensemble. Les études aux- 
quelles il faut se livret* pour approfondir un sujet aussi 
délicat , présentent d'un côté des difficultés analogues à 
celles qu'on trouve dans la génération des animaux, et 
de l'autre dés difficultés d'un ordre différent , que je dois 
técarter avant de passer à une exposition plus circons- 
tanciée de mes recherches et de leurs résultats. 

Rien déplus clair dans la physiologie animale que 
l'^existence de deux sexes distincts , et la nécessité dé leur 
concours pour la production ou le développement de 
l'embryon ; toutes les théories si diverses , imaginées 
dans le but d'expliquer le résultat de l'union sexuelle, 
sont du moins d'accord sur ce point fondamental. Il n'en 
est pas de même en physiologie végétale ^ l'existence de 
deux sexes distincts dans les plantes , la nécessité de leur 
concours pour la formation de l'embryon , avaient été 
présentées , il est vrai , par les anciens ; cette opinion , 
avancée avec, force par Camerarius , devint l'objet de 
nombreuses discussions parmi les physiologistes au 
commencement du siècle dernier ; les uns la r^e- 
tèrent complètement , les autres expliquèrent la gént" 
ration des végétaux par des théories variées , auxquel- 
les l'hypothèse alors en vogue sur la génération des 
animaux, servait à la fois de type et d'appui. Enfln, 
l'autorité de Linné, le poids des argumens qu'il ap- 
porta en faveur de son système sexuel , rangèrent bien- 
présente à r Académie , et les udditioDs que de nouvelles observations 
uQus engageront à y joindre , seront insérées dans des notes dont les 
renvois seront indiqués par des lettres capilales. 



/ 



/ 



( i6) 

tôt tous les botanistes à son avis. L'existence des sexes 
dans les végétaux fut alors généralement admise , et 
la discussion paraissait terminée ^ cependant depuis 
cette époque mémorable , quelques physiologistes cher- 
chèrent de temps en temps à combattre la théorie lin- 
néenijLe par des expériences plus ou moins bien faites. 
Parmi ceux dont les attaques furent de quelque poids , 
on ne peut se dispenser de citer S^allanzani : ce célèbre 
physicien n'avança toutefois son opinion qu'avec doute; 
fidèle aux principes de la logique sévère qui caractérise 
les amis sincères de la vérité , il présuma seulement que 
dans quelques végétaux Finfluence de la fécondation 
pouvait peut-être se perpétuer pendant plusieurs gêné- 
rations successives. OB|vendant, Spallanzani avait vu que 
des plantes femelles soustraites à Finfluence de la pous- 
sière fécondante, pouvaient produire des graines par- 
faites. Un observateur moins timide aurait pu tirer de ce 
fait capital des conséquences plus tranchantes ; et, comme 
on devait s'y attendre, les expériences de Spallanzani 
trouvèrent des commentateurs moins sages et moins dis- 
crets que lui. 

Des expériences nouvelles montrèrent bientôt que la 
circonspection de Spallanzani était bien fondée. En les 
répétant avec le plus grand soin, Volta (i) mit hors de 
doute que les graines fécondes observées dans les plantes 
soumises aux expériences de Spallanzani^ provenaient, 
soit de r action de quelques fleurs màle^ mélangées aux 
fleurs femelles , soit de Tisolement imparfait de ces der- 
nières. En évitant toutes ces causes d'erreurs , les graines 

(i) Mém, deVAcad. de Mantoue , tom. i, p. 226. 



( »7 ) 

provenant des fleurs femelles isolées , ne continrent plus 
d'embryon. 

La théorie linnéenne , basée sur une discussion sa^e 
et profonde d'une grande quantité de faits et de principes 
généraux , se trouvait appuyée de la sorte par des ex- 
périences positives el rigoureuses. Néanmoins , plu- 
sieurs physiologistes allemands (i) mettant de nouveau 
en questidn ce qui paraissait si bien prouvé , se sont éle- 
vés récemment avec force contre Texistence des sexes 
dans les végétaux ; comme ils n^ont opposé aux idées re- 
çues que des faits vagues et hypothétiques au lieu des 
recherches de précision que l'état des choses comman^ 
dait impérieusement, leur opinion mériterait 4 peine 
d'être remarquée , si elle n'avait été l'occasion d'un tra- 
vail spécial de Treviranus, qui s'est donné la peine de 
la combattre (a). En examinant avec lui la question 
sans prévention , il est difficile de ne pas admettre comme 
une chose certaine et bien prouvée , l'existence des sexes 
et la nécessité de la fécondation dans les végétaux plia- 
nérogaraes. 

A l'ensemble des preuves réunies par Treviranus , il 
faut ajouter encore les nouvelles expériences de Gsert- 
ner (i) sur les fécondations artificielles hybrides. Ces 
recherches, qui confirment pleinement celles de Kœl- 
reuter , présenteraient des conséquences inintelligibles 

(i) ScHBLVBR , Kritik der lehre von Creschiechte der PJlanzen ; Hei- 
delbergi i8ia. — Hbvscbel , Uber die Sexualitate der Pflanzen ; 
Breibn, i8aQ. 

(î) Vermischle sckriften, tom. iv, p. qS. — Die Lehre von Ges- 
chUchte der PJlanzen ; Bremen , iSati. 

(3) NaturwiisenschafiUche dbhandlungen ; Tubingen , 1816 j t. i, 
p. 35 ; et Ann* des Sc\ nat. , fom. x, p. 1 13. 

XII. 2 



( i8 ) 

a tous ceux qui voudraient encore nier Texislence des 
sexes et leur aclioi). Les faits que j'ai observés moi- 
même viennent tous à Tappui de la théorie Hnnéenne ; 
je l'admettrai donc comme une base établie , sur laquelle 
on peut sans crainte appuyer l'édifice â élever. 

Ceci posé, nous l'entrons dans uoe situation sem- 
blable à celle où se trouvait la physiologie animale il y 
a quelques années. Les organes sexuels des plftntes sont 
bien connus , ainsi que leurs principales fonctions ; mais 
dès que nous cherchons à pénétrer dans les détails, nous 
ne trouvons plus qu'une confusion inextricable : ce sont 
des observations exactes, mais incomplètes, des faits 
incomjutibles et sans liaison entre eux ^ enfin des hy* 
pothèses gratuites ou des opinions vagues , qui ré\'èlent 
mieux encore l'état de doute dans lequel se trouvent les 
bons esprits. Une situation aussi singulière ne se serait 
sans doute pas prolongée jusqu'à ce moment , si quelque 
cause puissante n'eût contribué à^ lui assigner cette 
longue durée ; cette oause est facile à découvrir. Il est 
certains sujets dont la diflSculté éloigne et rebute les ob* 
servateurs , tandis que la grandeur de leurs conséquen- 
ces excite au plus haut degré l'imagination des hommes 
disposés à se contenter d'une hypothèse. De pareils pro- 
blèmes font naître une foule de théories qui attaquent 
le cœur de la question , en laissant tous les accessoires 
dans le vague. En voyant ces théories se perdre dans des 
profondeurs si obscures , en les voyant se succéder si 
rapidement et se renverser tour à tour, les observateurs 
s'habituent à considérer les phénomènes qui les font 
iiailrc comme inaccessibles pour eux. Il est hors de doute 
cependant f|uc dans toutes les questions de philosophie 



( 19 ) 

naturelle , il s«e trouve beaucoup de faits qu'on peut at- 
teindre avec du soin et de la persévérance ^ ces faits , 
bien observés , détruisent une grande quantité d'hypo- 
thèses, limitent le champ dans lequel les autres peuvent 
s'étendre, et n'en laissent qu'un petit nombre entre les- 
quelles le choix reste libre. 

Tel est malheureusement le terme auquel la plupart 
des discussions physiologiques sont obligées de s'arrêter; 
mais en y regardant de plus près , on voit qu'il en est 
de même de la plupart des problèmes importans que les 
sciences physiques nous offrent : ces problèmes , rare- 
ment résolus lorsqu'on les examine en particulier, de- 
viennent plus faciles à saisir quand on les rattache à des 
idées d'ensemble. Sous ce rapport , la physiologie végé- 
tale n'est pas plus difficile à étudier quX3 la physique ou 
la chimie, mais elle est fort arriérée; ses principaux 
points réclament un examen spécial auquel je me pro- 
pose de consacrer quelque temps , persuadé que dans 
l'état actuel de la science , un travail de ce genre doit 
offrir des résultats utiles et d'une application immédiate 
à l'agriculture. 

Les principes que je viens d'exposer m'ont servi de 
guide dans les recherches sur la génération , que j*ài 
l'honneur de présenter aujourd'hui au jugement de 1*A- 
cadéniie. ^' »^» • :; 

J'ai cherché d'abord à oublier toutes les hypothèses 
qui m'étaient connues 5 je me suis occupé' ehsuîtè' du 
classement des faits et de leur étude successive : ce 'h*ésï 
qu'après avoir saisi l'ensé^mble, que j'ai rapproché lèis 
couchisions de détail pour en tirer une théorie pto^re à 
les représenter d'une manière complÔtëfet fidèle. ** i 



(20) 

Mes observations ont été dirigées sur les points sui- 
vans. 

i^. La structure intime et le développement du pol- 
len; 

2?. Les rapports du pollen et du stigmate ; 

3^. Le mode de communication entre le stigmate et 
Tovule ; 

4®. La structure de l'ovule •, 

5^. L'introduction de la substance fécondante dans To- 
vule > et la formation de l'embryon ; 

6^« Le développement de l'embryon , et ses rapports 
avec les tissus qui l'environnent jusqu'à l'état parfait. 

Ces observations comprenant des plantes phanéro- 
games très- variées , ou peut considérer les faits que je 
vais rapporter comme étant susceptibles d'être générali- 
sée 9 du moins quant aux principes essentiels qui en dé- 

coulenté 

CHAPITRE I". 

Du Pqflen. 

Le pollen renfermé dans lies loges de l'anthère est , 
comme on sait , composé de vésicules de grosseur et de 
formes diverses , remplies de granules très-fins , qui en 
général s'échappent de l'intérieur de ces vésicules ou 
grains de pollen , lorsqu'ils sont humectés, 

Ifous devons étudier cet organe sous trois points de 
Yue principaux \ son mode de formation 9 son organisa- 
tion à l'état parfait , ainsi que la nature des granules 
qu'il , renferme \ enfin la manière dont il se comporte 
par rapport au stigmate dans l'acte de la fécondation. 



( 2^1 ) 

§ I"- * 

Formation du Pollen. 

Uestassez^singi^lier qute parmi les auteurs nombreux 
qui-ont examiné avec soin le pollen , presque aucun ne 
se soit occupe de son mode de formation , et que le peu 
de notions qui existent sur ce sujet soient si vagues , 
qu^elles sont presque inconnues ^ est-il le résultat d'une 
sorte de sécrétion , de telle sorte que le nombre des . 
globules augmente successivemetxt ? Ces globules na--^ 
g«ht-ils d'abord dans un liquide dont Tabsoiptioa sert à 
leur accix>issement , ou enfin existeni-ids sous une forme 
différente dés les premières époques ou oa peut étudie» 
la structure de l'anthère , et ne foot-^il* que s'^accroître 
et changer de forme et de disposition > sans que leur. - 
nombre s'augmente à mesure que l'anthère se développe? 
Telles étaient les principales hypothèses à vérifier , et 
entre lesquelles il {allait décîder% 

De Gleichen ,1e premier I, aTsûtfaîi quelques recher-'» 
ches poui? s'assucer du mode de formation du pollen y 
mais n'ayant pas examiné dea anthères assez jeunes , il 
ne l'a pas vu dans la première période de sa formation y 
et il admet que le polla:i se présente d'aboid dans l'in- 
térieur des loges de l'anthère, sous la forme d'une 
masse mucilagineuse dans laquelle les grains de pollen 
sont libres, transparena, et comme dépourvus de leur 
écorce. Ces grains y suivant lui , ne font que durcir et 
se solidifier à l'époque de la matiuité : c'est ainsi qu'il- 
figure ceux du cerisier (i). 

(v) Glsichen, Genç'rat, dey Plantes , tom» ii, p. 29, fig. 23. 



(32) 

Hjdwig , qui ne paraît pas avoir fait d'observalious 
directes stir la formation du pollen , pense néanmoins 
que ces globules commencent d'abord par adhérer aux 
parois des loges de l'anthère , et ont ainsi une commu- 
nication directe avec le filament dont ils reçoivent leur 
nourriture (i). 

C'est à M. Brown (2) que nous devons les premières 
notions exactes sur ce sujet. En parlant d'une manière 
générale de la structure des anthères , il a indiqué le mode 
de formation du pollen , mais sans donner aucun déve- 
loppement à cette partie de son sujet; il dit seulement : 
« Chaque follicule des anthères est originairement rem- 
pli d'une substance pulpeuse , sur la surface ou dans les 
cellules de laquelle le pollen se forme. » Du reste , il ne 
dit pas s'il a observé ce mode de formation éur un grand 
nombre de végétaux , ni quels sont les changemens suc- 
cessifs qui s'opèrent dans ces organes. 

L'observation de l'anthère dans sa première jeunesse 
pouvait seule nous éclairer à ce sujet ; mais il faut re- 
marquer à cet égara qu'il est nécessaire d'examiner cet 
organe dans des boutons extrêmement peu avancés , sans 
quoi il a déjà acquis un tel développement , que son or- 
ganisation difiere à peine de celle qu'il offre lors de la 
floraison. En effet , l'anthère est de tous les organes de 
la fleur celui qui se développe le premier , et sa taille 

(1) Atque prestantissimi viri dudum jam armât ura ocalorum obser- 
varunt retîculatam fabrîcam cum antherarum tum pollinis inde etncr- 
gentis : ut huic plaoe negari non possit et pulveris corpuscula aliquaudo 
colixsissu , seu cuutinuatam communicationem habuissc cum suis iocu- 
jis, igitur et cum filamcuio , aliunde cuim illa relicula vcnirc non pole- 
rant. {Fundani. flisl. musc, f rond , i, p. Sg ) 

(2) Mcm ^siir le Kafllesia ( Trans. finn. ). 



( 23 ) 

€Sl dqjà considérable lorsque les pétales ou la corolle ne 
sont encore pour ainsi dire que des écailles ou une 
courte cupule , placés à la base des élamînes , même dans 
ks fleurs où cet organe doit prendre le ptus grand déve- 
loppement , telles que celles des Datura, da Cobœa, etc. 
Il résulte de ce développement Rxcessif dé l'anthère , 
par rapport aux autres parties de la fleur, dans les pre- 
miers temps de Tapparition de& boutons , qu€ cet organe 
a déjà une dimension assez considérable dans des bou- 
tons très-petils , et que pour observer une anthère qui 
n'ait encore que le guart de sa grandeur à Télat parfait , 
il faut souvent prendre des boutons qui soient à peino 
lé dixième de la fleur complètement développée. 

On sait déjà que dans la plupart, si ce n'est dans toutes 
les anthères qu'on nomme biloculaires , chaque loge ou 
plutôt chaque lobe de Fanthère est formé de deux loges 
parfaitement distinctes , et tout-à-fail séparées, surtout 
quelque? temps avant leur déhîscence ; ainsi lorsque nous, 
parlerons d'une dies loges de l'anthère, nous entendrons 
par ce mot les loges proprement dites qui , réunies au 
nombre de quatre, deux de chaque côté du connectif , 
composent la plupart des anthères (i). 

Le Potiron ( Cucurbita maxima Duchesn. ., Pepo 
macrocarpus Rich. J, dont les anthères ont un volume 
très- considérable , est une des plantes où le dévelop- 

(t) Gleichen avait déjà depuis long-temps ÎDdiqué cette structure de 
Ir^anthère. IM. deMirbel pense quMle existe dans la plupart des plantes 
( Traité clément, de Bot. et PhysioL végét, , tom. i, p. 249» Ann. du 
Mus», tom. IX, ^.452) , et M. Brown a établi d'une manière très- 
précise quMlc existe dans toutes les aullicres régulièrement conformées. 
(X, c. , p. . ) 



/ 



( M ) 

pemenl du pollen est le plus facile à suivre , et peut nous 
servir de point de comparaison. 

On sait que chacune des cinq anthères que renferment 
les fleurs fnâles de cette plante , est formée de deux fol- 
licules linéaires très-allongés , plusieurs fois repliés , et 
attachés dans toute leur longueur à la surface externe d^un 
connectif épais et charnu ^ chacun de ces follicules est 
divisé en deux loges parfaitement closes , rapprochées 
Tune de l'autre , et séparées par une cloison peu épaisse. 

% on examine ces anthères sur un bouton qui n^ait 
pas plus de six à huit millimètres de long , ou voit que 
chaque loge renferme une longue masse celluleuse demi- 
transparente, qui n'adhère par aucun point aux parois de 
la loge (pi. 34 » fig. I , -^5 B). Celte masse , que j'appel- 
lerai la masse poUinique , est formée de cellules nom* 
breuses qui , comme toutes les cellules du tissu végétal , 
résultent du rapprochement et de l'adhérence d'utricules 
minces, transparens , arrondis qui ^ par leur pression 
mutuelle , prennent une forme polyédrique , ordinaire- 
ment hexagonale (fig. i, C). Les cellules de la masse 
poUinique adhèrent assez fortement entre elles à cette 
époque, pour qu'on ne puisse pas les séparer sans les dé- 
chirer ^ dans leur intérieur, on aperçoit un grand nombre 
de petits globules réunis en une masse sphérique , dense, 
et assez opaque. Il ne m'a pas été possible de détermi- 
ner si cette masse de globules était enveloppée par une 
membrane propre , ou s'ils étaient réunis par leur sim- 
ple adhésion (fig. I, C). 

Dans un bouton un peu plus'avancé, les utricules qui 
composent la masse poUinique quoique encore légèrement 
adhérens entre eux , se séparent facilement^ ils ont une 



(25) 

forme anguleuse qui approche le plus souvent d'un tétraè- 
dre , et sont marqués h leur surface de lignes saillantes , 
produites par les lignes de jonction des cellules voisines 
(fig. ijDy D'), Ces lignes peuvent d'aboad être prises pour 
des cloisons qui diviseraient chaque utricule poUinique, 
mais la manière dpnt elles se continuent d'un utricule 
sur Tutricule voisin , parait bien prouver que ce sont 
des lignes saillantes produites par la cause que nous ve- 
nons d'indiquer. Le centre de chacun de ces uiricules 
est rempli par une masse granuleuse , que ces lignes plus 
opaques font paraître divisée en trois masses distinctes. 
Si on examine des anthères à peine plus développés , 
on trouvera chacune des loges remplie de globules de 
pollen , libres et sphériques , un peu plus gros que les 
utricules que nous venons de décrire^ ces globules de 
pollen sont hérissés de papilles très-courtes ; ils sont 
demi-transparens , grisâtres y et paraissent entièrement 
pleins de granules très-fins (fig. i, E). 

Les globules de pollen , arrivés à cet état^ continuent 
à grossir, mais sans changer de forme et sans présenter 
aucune modification remarquable. 

lies phénomènes que je viens de décrire dans ledéve- * 
loppementdu pollen du potiron , se représentent avec de 
très-légères modifications , dépendant de la forme de 
l'anthère et de celle qu'acquièrent les graines de pollen 
parfait dans le Nuphar lutea , le Datura Melely et le 
Datura arborea, dans la Capucine ( Tropeolum majus)^ 
et probablement dans un grand nombre de végétaux \ car 
les quatre genres que je viens de citer offrent des forni(>s 
de pollen assez différentes : celui du Potiron et du Nu- 
phar étant sphérique et hérissé de papilles , tandis que 



(26) 

les deux autres sont lisses, sphériques dans les Datura, 
el presque prismatique dans la Capucine. 

Si nous examinons le développement du pollen dans 
le Cobœa scandens , nous remarquerons une modifica- 
tion nsse? importante. 

• Si on dissèque une anthère du Cobœa scandens lors^ 
qu'elle a tout au plus deux à trois millimètres de long, 
on voit que chaque loge à-peu-pirès cylindrique ren- 
ferme une masse poUinique de même forme, tibr«., mars 
qui au lieu d^ètre immédiatement en contact avec lies pa- 
rois celluleuses de la loge de Tanthère , est renfeimée 
dans un sac membraneux-formé d'une membrane trans- 
parente très -mince qui enveloppe de toutes parts la 
masse poUinique sans lui adhérer , et qui est fixé- au côté 
de la loge, qui répond au connectif, dans toute son 
étendue (pi. 34, fig. 2 , yrf, B). 

L'existence bien évidente de cette membrane propre à 
la masse poUinique dans cette plante , me fait présumer 
qu'eUe existe dans beaucoup d'autres plantes , et peut- 
être dans toutes , mais qu'elle est souvent soudée avec 
les parois de la loge, dont elle forme ainsi l'épiderme 
interne. Cette ppinion me paraît d'autant plus vraisem- 
blable , que dans plusieurs plantes , telles que les Du- 
turay on peut détacher cet épiderme interne, qui est 
d'une couleur différente du tissu de l'anthère , et en pa- 
rait assez distinct. » 

La masse poUinique du Cobœa est formée de cellules 
hexaédriques très-régulières, disposées en séries longi- 
tudinales peu nombreuses (fig. 2 , C). Dans le bouton 
très-jcunè^ ces cellules adhèrent fortement entre elles; 
elles nu renferment qu'un petit nombre de granules gri- 



^ 



\ 



•I 



(27) 

sàtres, et sont par conséquent presque transparentes. 

Un peu plus tard, ces cellules ont augmenté^ elles se 
dé tachent assez facilement les unes des autres : on voit 
que ce sont des utricules indépendans , dont la forme 
se rapproche d'un hexaèdre allongé ) les globules peu 
nombreux qu'elles renferment sont épars ou lâchement 
réunis vers le centre ( fig. 2 , Z?, £"). Lorsque Tanthère a 
atteint environ cinq millimètres^ on voit s'opérer dans la 
structure de ^s utricules des changemens remarquables. 

Les granules qu'ils contenaient^ au lieu de former 
une seule masse au centre comme dans les pollens que 
nous avons déjà décrits , se réunissent en quatre masses 
parfaitement distinctes , sphériques , qui nagent libre- 
ment dans l'intérieur de l'utricule transparent qui les ren^ 
ferme (fig. 2 , F). Chacun de ces globules 4e pollen est 
lisse , demi-transparent , rempli de granules nombreux : 
il continue à augmenter , la membrane qui le recouvre 
prend bientôt un aspect celluleux (tig. 2^ G, If)] les 
utricules distendus qui les renfermaient réunis quatre 
par quatre , se déchirent , et leurs débris unissent encore 
quelques grains de pollen entre eux ( fig. 2 , /). 

Enfin ^ dans l'anthère paifaitement développé, les 
grains de pollen sont sphériques , leur diamètre est à 
peu près égal à quatre fois celui qu^ils avaient lorsqu'ils 
ont commencé à se former dans les cellules prijicipalcs ^ 
leur surface est composée d'une membrane celluleuse 
dont les cellules sont hexaèdres et très-régulières , ce 
qui donne à leur surface externe un aspect mameloiic 
(fig. 2, JiC)(i). 

(1] Cet aspect les a fait designer par M. Guillemiu sous le uom de 
pollen mamillaitc. 



(28) 

Dans cet élat on voit encore entre eux quelques dé- 
bris des cellules qui ]es contenaient primilivement , 
cl qui forment des membranes irrégulières entre ces 
grains de pollen. Quand on examine la formation de ce 
pollen au moment où les cellules , encore bien entières, 
s'isolent facilement , on voit que les grains de pollen 
sont constamment au nombre de quatre , mais dont un 
ou deux avortent souvent , c'est-à-dire , restent trans«- 
parens , et sans granules dans leur intéria|r. 

La forme remarquable du pollen des ÔEnothera , et 
rexistence de filamens nombreux qui paraissent servir 
à les maintenir dans les loges de Panthère y rendait in- 
téressant d'examiner le mode de formation du pollen 
dans ce genre. En disséquant les anthères de V OEno- 
thera biennis , lorsqu'elles ont à peine i à i millimè- 
tres et demi de long , c'est-à-dire sur des boutons de 3 
à 4 millimètres, on trouve dans l'intérieur de chaque loge 
une masse poUinique libre , extrêmement petite , pres- 
que transparente, et dont le tissu cellulaire est à peine 
, ^ distinct ; un examen attentif montre cependant que cette 
masse est formée d'un petit nombre de cellules , assez 
grandes par rapport à la masse pollinique , et fortement 
unies entre elles (pi. 35 , fig. i, A). 

Un peu plus tard ces cellules sont distendues , et leurs 
parois très-minces sont peu visibles; elles sont cepen- 
dant encore unies intimement entre elles , et dans leur 
intérieur on trouve un certain nombre de vésicules trans- 
parentes , dont il ne m'a pas été possible de déterminer le 
nombre habituel , qui est cependant à-peu-près de cinq à 
huit (fig. i^ B)'^ ces vésicules, qui doivent former autant 
de grains de pollen , ont une forme triangulaire à angles 



( 29) 

arrondis : ellçs m^piit paru comprimées» La membrane 
qui les compose e9t très-transparentç, et laisse voir dans 
leur intérieur des granules grisâtres , souvent réunis en 
trois masses mal limitées (fig. i, C). 

ExL examinant ce même pollen à une époque un peu 
plus avancée, on observe des changemens considéra- 
bles dont il e$^ difficile de se rendre un ëompte exact. Les 
grandes cellules qui renferment les grains de pollen ^ 
sont à peine distinctes^ on ne voit plus que des membra- 
nes irrégulières qui séparent les grains de pollen ; ceux* 
ci mêmes nagent dans une substance granuleuse abon- 
dante qui les environne de toutes parts (fîg^ 1 9 i?)* Us on t 
alors une forme triangulaire très-pr^ononcée, et leurs 
trois angles paraissent formés par trois cellules distinctes, 
groupées autour de la cellule centrale (fig. i, £*); mais 
d'après leur mode de formation, ces cellules me paraissent 
seulement résulter d' étrànglemens formés autour des an- 
gles de la cellule primitive , ou plutôt être produites par 
trois saillies 4e la membrane externe du grain de pollen , 
jUindis que la membrane interne forme la grande cellule 
hexagonale et centrale : toute la masse granuleuse est réu- 
nie dans le centre, et l'extrémité de chaque angle parait un 
poii^ d'absorption* On voit en effet ^es granules sembla- 
bles à ceux qui environnent les grains de pollen et à ceux 
qu'on voit dans leur intérieur adhérer à ces angles. Plus 
tard , ces trois protubérances semblent , d'une manière 
encore plus évidente , remplir les fonctions de pores ab- 
sorbans ^ car leur somp^et est déprimé et forme une sorte 
de cône creux , qui parait communiquer avec l'intérieur 
du grain de pollen (fig, i, F). Cette forme dfsparait plus 
tard , lorsque le grain de pollen a acquis son entier dé- 



( 3o ) 

veloppemeni , et cependant c'est à celle époque que sa 
surface se couvre d'un léger enduit huileux , dont on 
avait attribué la sécrétion aux papilles ou aux' angles 
des grains de pollen (i). 

Les filamens visqueux et élastiques qui sont enirc- 
mêlés aux grains de pollen me paraissent provenir en 
partie des débris des cellules dans lesquelles ces grains 
de pollen se sont d'abord formés , et en partie de la 
substance mucilagineuse qui les entouraient , qui , en 
se séchant et en unissant les débris de ces membranes , 
a pris une forme filamenteuse. 

Il résulte des observations précédentes que le pollen , 
se forme dans l'intérieur des cellules d'une masse cel- 
luleuse unique et libre , qui remplit chaque loge de 
l'anthère sans adhérera ses parois et sans être par con- 
séquent la continuation du parenchyme de cet organe , 
dont elle diflère d'ailleurs par la grandeur et la forme 
des cellules qui la composent 5 que tantôt ces cellules , 
d'abord intimement unies , se séparent les unes des 
autres , et forment chacune un grain de pollen , et que 
tantôt elles contiennent un plus ou moins grand nombre 
de grains de pollen qui , à l'époque de leur parfait dé- 
veloppement, finissent par rompre et. détruire presque 
complètement les membranes de ces cellules dont il 
reste cependant quelquefois des débris parmi les grains 
de pollen e 

Il reste encore un point important à éclaircir , sur 
lequel je n'ai pas de données suffisantes pour pouvoir 

avancer une opinion à cet égard , c'est de savoir si les 

« 

(i) (Test ropiuîbn émise h. ce sujelr par M. Brown , dans son Mémoire 
sur les Proléacées , et adoptée par M. Guillemin. 



(3, ) 

granules qui remplissent les grains de pollen se forment 
directement dans ces grains, ou si, sécrétés par une par-' 
tîe de la surface interne des loges de Tanthère , ils sont 
d'abord libres au tour des grains de pollen encore im- 
parfaits , transpareus et à moitié vides , et si succcssive- 
meul ils sont absorbés par des pores cxislans à la sur- 
face de ces grains. Cette dernière opinion me paraît la 
plus vraisemblable , j'apporterai à l'appui le mode de 
formation du pollen de VOEno thêta, dans lequel l«s trois 
angles paraissaient jouer le rôle de pores absorbans , 
et l'existence presque constante de granules pUis ou 
moins nombreux autour des graiâs de pollen ^ dont l'in- 
térieur presque vide finit par se remplir succe^ivement. 
On pourra déterminer presqu'avec certitude le mod(î 
de formation des granules intérieurs en observant leur 
grosseur à diverses époques , et ens'assurant s'ils chan- 
gent ou s'ils ne changent pas de diamètre depuis leur pre- 
mière apparition jusqu'à l'état parfait \ mais il faut 
pour parvenir à des mesures précises sur des olyets 
d'une telle ténuité des instrumens plus parfaits que 
ceux dont j'ai pu disposer , et je crois même que cela 
serait difficile avec la plus part des microscopes qu'on a 
construit jusqu'à présent. 

§ n. 

Structure des grains de pollen à la maturité. 

Si nous examinons maintenant la structure des grains 
de pollen arrivés à leur maturité , nous observerons une 
grande diversité de fornae , qui a attiré l'attention de plu- 
sieurs observateurs , et sur lesquelles Glciclicn , M. de 



( 32 ) 

Mirbel , et plus rëcemuient M. Guillemin , ont publié 
des recherches intéressantes. Mais sous le point de vue 
de la structure intime de ces parties , nous trouvons très- 
peu de faits bien établis , les opinions des divers auteurs 
étant très-nombreuses et assez différentes à cet égard. 
Malpighi , auquel l'anatomie végétale doit des travaux 
si importans et si exacts , regardant comme la plupart 
des anciens botanistes le pollen comme une excrétion 
de subltances inutiles , n'en a dit que quelques mots , et 
seulement sur sa forme la plus habituelle. 

Needham , qui paraît le premier avoir observé la rup- 
ture du pollen par Taction de Tenu , admet que lors de 
la rupture de ces grains , les granules qui en sortent 
sont contenus dans une membrane très- tenue , qui les 
empêche de se qiêler au liquide environnant. On voit 
d'après cela qu'il regarde les grains de pollen comme 
formés par deux membranes , Tune externe plus forte , 
et l'autre interne très-mince. 

Kœlreuter (i) , ainsi que Gœrtner (2) qui parait avoir 
adopté en tout l'opinion de cet auteur , regardent égale- 
ment les grains de pollen comme composés de deux 
membranes 5 l'externe , solide et poreuse , l'interne , 
mince et envoyant desprolongemens celluleux dans l'in- 
térieur. ' 

Hedwig, au contraire, ne semble admettre qu'une 
seule membrane solide , qui se rompt pour laisser échap- 
per la substance fécondante. 

MM. Mirbel et Guillemin n'ont adopté d'une manière 
précise ni l'une ni l'autre de ces opinions. 

(i) Kgblrbutbr , f^orlœufige, nachricht. ; p. i et seq. 
{1) De Semin. Plant, , introd, , p. a8. 



( 35 ) 

thm des objelis d^une telle tiénuité , la dissection nous 
est impossible : ce n'est donc que par l'e^camen d*un 
grand nombre de variétés et par Taction de certains agens 
qui modifient leur aspect , que nous pouvons aualyser 
leur structure. 

^observation microscopique d'un grand nombre de 
pollen , montre que la membrane qui forme extérieu- 
rement ces granules , est asseï épaisse et souvent très- 
évidemment celluleuse, c'est-à-^lire formée pftr un seul 
rang de cellules hexagonales ou rhomboïdales : c'est ce 
qu*on voit très-clairement sur le pollen du Cobœa scan- 
dens (pi. 34 , fig. îij K)^ deVJpomœapurpurea(^f\. 35, 
fig. 2 , K) , de VIpomœa hederacea ( pi. 35 , fig. 2 , A)^ 
du Datura Metel j du Nyctago Jalapa (pi. 37, 

fig- 2, A). 

Souvent cette membrane est couverte de papilles plus 
ou moins longues^ qui dans les Ipomœay paraissent 
naître du milieu de chaque cellule» 

Mais à cet égard , presque tous les botanistes sont 
d'accord , et le point en discussion consiste à savoir s'il 
existe ou non une me|^brane interne qui enveloppe im- 
médiatement les granules , ou si ces granules seraient 
contenus' dans un tissu cellulaire, comme M. Mirbel 
paraîtrait le présumer (i). 

La débiscence du pollen sur l'eau a été en général 
employée pour arriver à cette détermination. 

Les auteurs qui ont admis une membrane interne dans 
les grains de pollen , ont expliqué par la présence de 
cette membrane la formé limitée que prend la masse de 
substance pollinique lorsqu'elle sort du grain de pollen; 

(i) Elémens de Botanique et de Physiologie végétale , t. i, p. a49' 
XII. 3 



( 34 ) ^ 

d'autres oni attribué celle forme à une matière inucHagi- 
neuse qui unitait les granules entte eux. Il était difficile 
de décider entre ces deux opinions ^ car la ténuité de 
cette membrane , qui existe comme nous le prouverons 
tout -à -r heure, est telle, que Tobserration faite ainsi 
que nous venons de Tindiquer, ne piermet de rien affir- 
mer. 

JVt. Âmici le premier remarqua que dans quelques cas 
les grains de pollen , déposés sur le stigmate, donnaient 
naissance à un long appendice membraneux et tubu- 
leux ; il a vu se mouvoir dans ce tube transparent les 
granules intérieurs du grain de pollen , dans le Porta- 
laça pilosa. 

Celte observation pouvait suffire pour établir l'exis- 
tence de la membrane interne ; car la naluire de ce 
prolongement était trop dififérente de celle de la mem- 
brane celluleuse et épaisse qui forme extérieure- 
ment les grains de pollen , pour qu'on pût le regarder 
comme une extension de ce tissu. Cependant cette dé- 
couverte importante du professeur italien avait besoin 
d'être vérifiée dans un plus gran^ nombre de plantes , 
et M. Guillemin, dans sou Mémoire sur la structure du 
pollen , disait n'avoir pas pu revoir le même phéno- 
mène 5 j'ai donc dû diriger toutes tnes recherches vers ce 
point important , et sans entrer dans des détails que je 
rapporterai en parlant de l'action du pollen sur le stig- 
mate , je dois dire que dans tous les pollens que j'ai exa- 
minés avec soin , après qu'ils avaient s^ourné pendant 
un temps plus ou moins considérable sur le stigmate , 
j'ai trouvé un appendice tubuleux d'une longueur 'va- 
riable , formé par une membrane extrêmement mince et 



( 35 ^, 

transparente qui sortait évîdemAient de Tînlérieur du 
graijn de pollen par iio^ ouverture aecidiQnteUe , ou par 
un trou particulier pratiqué dans la mei^brane externe. 
Cet appendice contenais un açsez grand nombre de gra- 
nules poUiniques , et était évidemmf^it une expansion 
de la membrane interne dp grain de poll«ti. J'ai repré- 
senté cet appendice tel que je Faî observé daqs les Ipù- 
mœa purpurea (pi. 35 1 6g. 'a j H ^ / )» Jp^ hederacea 
(pl. 35, fig. a^ Z), Daiura stramonium (pi. 3(i, 
fîg. jP, g , H) , Antirrhinum majus ( pl, 37 > 6g. i, -K), 
Hibiscus palustris (pl. ij, 6g. 3, F) y OEnotfiera 
biennis (pl. 35 , 6g. H)^ Nuphar luiea ( pl. 39, 
6g. B). 

A regard de ces deux dernières plantes , je remarque^ 
rai que dans VOEnothera il sort presque toujours deux 
appendices tubuleux d'un même grain de pollen , et que 
ces appendices percent toujours la membrane externe à 
Textrémité de deux des angles que présentent les grains 
de pollen triangulaire de cette plante ; je ne serais même 
pas étonné qu'il en sortit quelquefois un par chaque 
angle, c'est-à-dire trois d'un même grain. Dans le Nu- 
phar, j'ai vu l'appendice tubuleux faire sailliehorsde la 
membrane externe, non- seulement sur des grains de 
pollen adbérens au stigmate , mais même sur des grains 
de pollen mis dans l'eau , et qui n'avaient pas éclaté com- 
plètement (-^. 

(A) J'ai observé U même chose » d'une manière encore plus frap- 
pante , sor le pollen du Cucumis acutangidus'^ cette plante , quoique de 
ta famille des Cucurbitacées , a le pollen lisse et très-fin. Si on en met 
• dans une goutte d'eau et qu'on l'examine quelques momens après avec , 
le mici^scope , on voit que U membrane interne fait saîUie par trois^ou 



( 36) 

Sans m'occuper pour le moment du rôle important 
«pe cet appendice joue dans la fécondation , je me CQn*^ 
tenterai de le regarder comme une preuve certaine que 
les grains de pollen sont formés de deux membranes , 
Tune externe celluleuse, et plus ou moins épaisse, lisse 
ou couverte de papilles *, l'autre interne, mince , mem- 
braneuse , transparente , n'adhérant probablement pas à 
Texteme , susceptible de se gonfler par Thumidité , de 
rompre la membrane externe qui , par sa propre élasti- 
cité, la fait saillir au dehors sous la forme d'un tube 
membraneux. Je remarquerai à cette occasion que plu- 
sieurs espèces de pollen , tel que ceux des Jpomœa , de 
Y Hibiscus palustris y des Datura^ du Cucurbita leucan- 
tha^ etc., après s'être gonflé assez fortement dans l'eau 
avant de se rompre , diminuent beaucoup de volume 
après que la membrane interne et les granules qu'elle 
renferme ont été projetés au dehors (i). 

Quant à la membrane interne , T aspect du prolon- 
gement tiibuleux qu'elle envoie au dehors , le passage 
des granules de l'intérieur du grain de pollen dans ce 
prolongement , et surtout leurs mouvemens dans cet ap- 
pendice observés par M. Amici , éloignent toute idée de 

quatre points de la surface des grains de pollen ; ces points sont placés 
régulièrement, comme les quatre angles d'un tétraèdre inscrit k la 
sphère du grain de pollen. La membrane ne fait pas une égale saillie par 
ces quatre points , mais elle sort par un ou deux de ces pores , de ma» 
niére à former un long appendice tubuleux , renflé à son extrémité, tan- 
dis quelle ne forme souvent dans les autres points qu'un mamelon peu 
saillant. 

(i) Dans les figures qui représentent le pollen de ces plantes , le pol- 
len entier humecté , et celui qui est représenté au moment de Pémission 
des granules polliniques , sont Ogurés dans leur grandeur relative. 



(3? ) 

cloison ou de prolongement fibreux dans son intérieur, 
ainsi que Kdelreuler Tavait pensé 5 nous devons la re- 
garder comme un utricule membraneux très -mince, 
contenant dans son intérieur les granules polliniques , 
et nous revenons ainsi à la première opinion exposée 
$ur la structure des grains de pollen, à celle de Needham. 

J'ai dqjà dit qu'il me paraissait difficile d'admettre 
l'opinion émise par M. Brown , sur les fonctions des* 
papilles ou des angles des grains de pollen qu'il regarde 
comme des organes destinés à sécréter la substance hui-*' 
leuse qui recouvre certains ppllens > et , il est vrai , plus> , , 
particulièrement, ceux qui offrent ces papilles. > 

On doit d'abord observer qu'il exiâte sur les grains 
de pollen deux sortes de papilles très- différentes^ i^ celles 
qui en petit nombre sur la surface d'un même grain de* 
pollen , et le plus souvent au nombre de 3 à 4 v sont* 
des protubérances plus ou moins marquées, telles^que; 
les angles très-saillans du pollen des OEnothera ^ les: 
mamelons operculés du Pepo macrocarpus^ et les.ma*^: 
melons transparents qui sortent toujours, .au ibdut de 
quelque temps de séjour dans Peau ou sur le stigmate ^ 
des pollen elliptiques marqués. d'un sillon^ tels que ceux 
des Datura, des Antirhinum^ des Molucella^ des Rhani" - 
nées , et je puis ajouter du plus grand nombre de piaules. / 

2t^ Celles qui hérissent comme des petits poils roides , 
courts et transparens, toute la surface du pollen. du. 
Pepo macrocarpus (i), des Malvacées ^, dés Cvnifol"' 
vulacées , etc. 

Je remarquerai d'abord qu'il me parait difficile de . 

(i) Je cite toujours spécialement le pollen du Pepo macrocarpus , et 
non celui des Gucurbitacëes , parce que cette famille fait exception à la ' 



( 38 ) 

concevoir des organes sécréioîres à la surface d'un or- 
gane isolé qui ^ ne recevant pas de fluides directement 
de la plante mère ^ ne pent , à îce quHl me semble , en 
séparer le résollat d'une sécrétion. Au contraire, un 
organe ainsi isolé ^ ne pouvant se nourrir , s'accroître 
et recevoir les parties qu^ii renferme que par Tabsorbiion 
des substances ^i Tenvironnent , cette fonction est né- 
cessairement liée avec son ëidstence. Mais cette absorp- 
tion peut s'oporer 5 on par une transmission insensible 
à travers tout le tissu des membranes qui Tenvironnent ,' 
ou par le passage des substances à absorber à travers 
certains pores particuliers. C'est ce dernier cas qui me 
semble avoir lieu pour le pollen. Outre les deux mem- 
branes dont nous ârtons reconnu l'existence dans le grain . 
du pollen , il entre dans sa composition une substance 
essentielle y qui est la substance fécondante ou les gra- 
, nules polliniqnes , et une substance accessoire qui ne se 
trouve que dans un petit nombre de pollen ; c'est la ma- 
tière huileuse destinée probablemebt à protéger ces pol- 
lens de Vaction de certains agens extérieurs. 
. De même îl existe à la surface des grains de pollen 
deux sortes de papilles ou de pores ^ les uns , en petit 
nombre à la surface de chaque grain , me paraissent 
exister dans tcms les pollens , ou du moins un examen 
attentif les j fera probablement découvrir; les autres 
n'existent que dans quelques espèces de pollens , cou- 
vèrent toute leur «ur&ice , et leur présence parait presque 

règle assez générale de runiformité du pollen dans une même famill e 
natarelle. En e^et , le pollen des Momordica , des Cucumis , et même 
du Cucurhita leucantha^ si rapproché des Pepo , est lisse, ovoïde et 
silloné. 



( 39 ) 

toujours coïncider avec Texistence de la substance hui- 
leuse qui enduit ceita^ins pollens. 

Je suis çlonc porl^ par là à regarder les mamelons 
très-^leveloppes dans la jeunesse du pollen , et par les- 
quels s'opère ensuite rémission des granules pollînî- 
qués , tels que la^Mtogles du pollen des (JEnothera , les 
mamelons opercules de celui du Potiron , les fentes dti 
poUeo des Passiflores ^ les petits mamelons transparens 
dé tous lés poUetis elliptîqfies et sillonnés, comme de^ 
pores qui traversent U membrane externe , mettent \à 
membrane interne « découvert , et par lesquels s^opëre 
1 absorption des granules poUiniques à l'éj^oque du dé^ 
veloppemenc du pollen. C'est égalem^it par ces points 
que doit le plus souvent s'opérer rémission des granules 
polliniques, puisque la membrane externe interrompue 
dans ce point doit présenter moins de résistance à leur 
sortie. 

Les papilles fines et nombreuses qui hérissent la 
surface des pollens visqueux , me paraissent remplir une 
fonction très-différente et beaucoup moins importante^ 
aussi n^existent-^elles que sur le pollen d'un petit nom- 
bre de plantes. Si on examine avec soin ces papille^ sur 
les pollens réticulés des Ipomœa et du Nyctago , ou 

I 

elles sont cependant très-courtes , on voit facilement 
que chaque papille occupe le centre d'une des cellules 
qui donnent à la membrane externe son aspect rétîci:|lé. 
Leur position régulière à la surface de la membrane 
externe des autres pollens , dont on ne p^ut pas égale- 
ment bien distinguer la texture cellulense , ne laisse 
guère de doute que chaque papille ne corresponde égale- 
ment à une cellule. 



(4o) 

La substance oléagineuse , visqueuse et colorée qu'on 
remarque dans ces pollens , ne parait pas , quoiqu'on 
Tait dit , résider à leur surface , elle semble plutôt con- 
tenue dans les cellules mêmes de la membrane externe , 
et il me parait très-probable que les papilles qui cou- 
vrent cette membrane servent à akprber cette subs-> 
tance , à la faire pénétrer dans les celitiles , et lors de la 
fécondation , à en laisser écouler une petite quantité , 
qui donne à ces pollens leur viscosité. J'apporterai à 
Tappui de cette opinion la manière dont la substance 
oléagineuse s'échappe en jet rayonnant de la surface du 
grain de pollen dans les Jpomœa , absolument comme 
si elle sortait avec force par une infinité de petits pores. 

s m. 

Des granules spermatiques, 

La partie la plus importante du pollen , celle qui est 
essentiellement destinée à féconder l'ovule , est sans con* 
tredit la substance contenue dans son intérieur, et qui 
s'échappe lorsqu'on l'humecte. Mais sous quelle forme 
cètle substance se présente-elle à son état parfait, lors-* 
qu'elle féconde le stigmate? Needham (i)^» qui le pre-* 
mier a eu occasion d'examiner cette substance , dit qu'il 
sort de chaque grain de pollen , lorsqu'on les mouille , 
une traînée de globules ^ et il pense bien que ces glo- 
bules existent dans le pollen parfait , puisque plus loiq 
il dit que ces globules pénétrant jusqu'à l'ovule , vont y 
former l'embryon. Geoffroy pa^raissait avoir eu une opi- 
nion analogue , sans qu'il eût pu cependant parler desi 

(i) Nouvn Obs» microsc», 1750 , p. 87. 



(4i ) 

granules spermatiques , puisqu'on ne les connaissait pas 
de aon temps. 

Kœlreiiter^ au contraire (i), pense que ces granules 
n'existent que dans le pollen imparfait avant sa matu- 
rité , et que ce n*est que dans ce cas qu'il éclate par Fac- 
tion de rhumidité \ qu'au contraire lorsquMl est parfid- 
tement mur et propre à opérer la fécondation, ces 
granules se sont réduits en une substance liquide très- 
subtile^ qui s*écoule par les pores des grains de pollen, 
sans les briser , et féconde aussi le stigmate. Gœrtner , 
qni^ comme nous Tavons d^à dit , adopte complètement 
les opinions de Kœlreuter, les exposç d'une manière 
très^précise^ et combat fortement Tc^inion de Morland, 
de Hill , de Gleicken , qui ont compara les granules 
que contient le pollen aux animalcules spermatiques (d). 

On est étonné de voir qu'un homme qui avait fait au- 
tant de recherches sur ce sujet que Kœlreuter , ait con- 
sidéré comme un état imparfait du pollen , celui sous 
lequel il se présente to\\jours dans les anthères au mo- 
ment de leur déhiscence , car il est évident^ lorsqu'il dit 

(i) F'oriauf, nachricht y 1764% 

(a) Cereacea denique substaDtia , inorganica ac rade granulata massa, 
Md pollmis nobilissima pars est , ciun ex ea , per maturitatem lique- 
factai yerum sperma geDeretur; nunqaam déficit in juntore poUiney 
quod inde {^•mmque opacum fît ; in aduitiore autem sensim minidtor 
et coUiquescit, ^are et hoc semper fît magis transparens :. . Hicce ( eja- 
calatio pollinis } ut plorimum solet eue éventas experiçaenti , quando 
poUine nondam penitas maturo in aqua institaitar... Nam yariarum 
plantaram pollen disploditur nanquam, et generatim omne pollen., 
qoanto propias a maturitate sua abest , tanto quoque minus aut segnius 
in aqoa crepat. (Gobrtn. , De Fruct, et sem* Plant, , 1788 , introd. , 



( 4a ) 

que le pollen devient plus transparent à son état parfait^ 
qu'il Favait observé lorsqu'ayanl déjà séjourné quelque 
temps sur le stigma^vil s était en partie vidé de ses 

. ,;Gl^^cl^«|«,viqfî^ fait tant d'observations sur Ip pollen ^ 
regarde çpxfime i« plupart des auteurs , autres que Kœl* 
^ei^ter et O^orM^er , lef granules qui. sont contenus dans 
aE$ pvg;^^& , qomwe ila pajrtie la plus esscatielle do po)^ 
lç^> et comme existant toujours lorsqu^il esjt piirf»i%! 
Hedwjg. partage swi opinion. Enfin., toutes les rechér- 
.cbes i^i^tf^, ffûteis avec soin ^ viennent confirmer cMie 
opinion et cpmhattre celle de Kœkeuler,- et ce. que 
nous dijX)ns sur mode d'action du pollen sur le stig- 
mate , la rendra évidente. 

Ces granules étant la partie active du pollen , les 
analo!gpe$ sans aucun doute des animalcules spermati- 
qucs des s^iimaus: , leur exMnen mérite louie l'attention 
des obsprv£^teiirs 9 imais malheureusement leiur extrême 
tén^iité exige des iostrumens p|us parfaits que ceuit qoê 
j'avais à ma disposition , car je doute qu a moins d'oi>* 
tenir avec netteté un grossissement de plus de 5 à 6oo 
diamètres , on puisse parvenir à des résultats précis 
sur leur siyet. 

l»es trois points qui me paraissent les plus imporr 
taris a écîaîrcîr sont :. i^ si ces granules sp^ç^^uiatiqucs 
sQ^t 4oiiiés de mouyemeus spontanés , ou«s*Jls en sont 
privés ;, a® s'il varient de forme et de grosseur d'tmè 
èspèee ou d'un ^nre à l'autre; S** si c'est leur quan- 
tité ou fèur grosseur qi^î cbange durant le développer 
meut de l'ani^ière. Par conséquent, s'ils se dévelop- 
pent dans l'intérieur du grain de pollen , ou si , for- 



( 43 ) 

niés hors de ce grain , ils vieniietit succeftsifemeiit s^y 
déposer. 

k tmis rapporter le peu de faits que j'âî sur ces trois 
f|tte8t]Ons, en engageant les observateurs qui auraiei^t 
des instrument plus parfaits , et surtout un microscc^ 
d* Anrici à leur disposition , k diriger leurs recherches 
sur ce si:get. 

Lf* existence ou l'absence du mouvement est sans aii* 
can doute la chose la plus importante à-dëcider dans ce 
cas ; M.'Amiei ^ dans l'observation qu'il rapporte sur le 
pollen dnPorîélaea pilota , dit avoir observé un mou- 
vement de circulation des globules spermattqucs dans 
rimérieur du tube membraneux émis par le grain de 
pollen. Aucun nuteur depuis n'a pu observer le même 
phénomène^ maigre toute l'attention avec laquelle j'ai 
ob$erwé dans plusieurs plantes de semblables appen- 
£ces membraneux des grains de pollen , je n'y ai ja« 
mais vu aucun mouvement; je n'en conclurai pas ce- 
pendant que ce mouvem^it n'existe pas ^ car les Autres 
observations faites par le même savant, sur des phé- 
nomènes analogues • sont trop exactes pour qu'on puisse 
révoquer celle-ci en doute. Je pense plutôt que ce mou- 
vement dépend d'une réimion de circonstances quiu'exis- 
taient pas lorsque j'ai cherché à l'observer. 

Il est possible et même probable que ce nu>tt vement 
n'ait lieu que dans les premiers momensoù le tube mem- 
braneux s'est développé an dehors^ et qu'au bout de 
quelques instans les globules s'élant accumulés à son 
extrémité libre , le mouvement cesse; c'est dans cet 
état que se trouvaient , à ce qiA je présume , les plantas 
que j'ai observées i 



Il me parait aussi très-probable que la température a 
une grande influence sur ces mouvemens , et qu'ils sont 
d*autan[t plus marqués qu'elle est plus élevée. Trévira- 
nus 9 qui a cherché à répéter les expériences de Corti , 
sur la circulation des globules dans les cellules des- 
végétaux, ayant bien vu ce phénomène dans les Chara, 
mais n'ayant pu l'observer dans les plantes phanéro» 
games , sur lesquelles Corti dit l'avoir vu , a déyà pré- 
sumé que la différence de température des pays où ils. 
ubiorvaiont pouvait être la cause de cette différence. > 

IN*ayant pas pu découvrir ce mouvement dans Tin- 
t^riouv de» globules de pollen ou dans leur appen-r 
dl(i0 t j'^i cherché A l'observer sur les granules répan^' 
du» dau» Teau après la rupture des grains de pollen. 
J*avoua que dans plusieurs cas J'ai cru voir de lé- 
ger» mouvemens dans les granules du pollen du Poti- 
ron , de» mauves , etc. ; mais ces mouvemens étaient si 
lent» 9 »i peu «uivis^ qu'avec un gi*ossissement de a à. 
3oo diamètres , le seul que pouvait alors me donner 
avec netteté le microscope de Selligue , je n'ai jamais 
pu avoir la certitude qu'ils fussent spontanés. Le mou- 
vement de ces petits corps n'était pas une sorte de tour- 
noiement et de translation rapide comme celui des Mona- 
des et autres animalcules infusoires ; mais un simple i^p* 
prochement ou un léger changement de position relative , 
fort lent , qui cessait bientôt pour reprendre quelques 
temps après. Une seule fois il m'a paru fort marqué , 
mais je n'oserais pas assurer que quelques animaux in- 
fusoires mêlés avec eux n'agitassent la goutte d'eau ^ ^t 
ne donnassent lieu à ces nftmvemeus (^). 

{M) J^iàï fait cette année de nouvelles observation! «sur ce sujet, au. 



/' 



(45) 

Je le répète , la température me parait devoir beau- 
coup influer sur ces phénomènes de mouyemens^ et je 
n'ai donné une attention spéciale à ce sujet que vers le 
mois de septembre , époque où les nuits d^à plus lon- 
gues et plus froides , les jours moins chauds , doivent 
diminuer beaucoup Ténergie de la vie des végétaux. 

moyen du microscope d'Amici , et ces observatîtins me paraissent lever 
presque tous les doutes k Tégard du mouvement des granules spermati- 
ques. Au moyen d'un grossissement de 63o , et le plus souvent même de 
io5o en diamètre^ on peut très -bien apprécier la forme et la grosseur de 
cea granules , ainsi que nous le dirons plus loin : ce même grossisse- 
ment permet de. reconnaître dans les granules spermatiques de plusieurs 
plantes des mouvemens très-appréciables^ et qu^U parait impossible 
d'attribuer à aucune cause extérieure* Je les ai particulièrement obser- 
vés dans les granules du pollen de Potiron {Pepo macrocarpus) et dans 
celui de plusieurs espèces de Malvacées ; dans d'autres plantes , au con- 
traire , je n'ai pu apercevoir aucun mouvement. 

Dans le Potiron , le mouvement des granules consiste dans une oscil- 
lation lente , qui les fait changer de position respective ou qui les rap- 
proche et les éloigne conmie par l'effet d'une sorte d'attraction et de 
répulsion. L'agitation du liquide dans lequel ces granules nagent, ne 
parait pas pouvoir influer en rien sur ce mouvement , puisque d'autres 
granules, les uns plus fins , les autres plus gros, qui sont mêlés avec eux, 
restent immobiles , tandis que les granules spermatiques ,' reconuaiissa- 
bles à leur grosseur uniforme , exécutent les mouvemens lents que je 
viens de décrire. 

Les mouvemens de ces granules deviennent bien plus distincts , et ne 
peuvent plus laisser de doute , lorsqu'on les observe sur tes Malvacées , 
telles que les Hibiscus palustris etsyrlacus, le Sida htistata, etc.; dans ces 
plantes , les granules spermatiques , beaucoup plus gros , sont oblongs , 
et ce qui prouve que les mouvemens très-distincts qu'ib effectuent ne 
sont pas dus au mouvement du liquide environnant , c'est qu'on les voit 
souvent changer de forme, se courber soit en arc, soit même en S, > 
comme les Vibrio. Ces mouvemens étaient quelquefois si marqués , 
qu'il m'était impossible de suivre avec la pointe du crayon les contours 
de ces granules , que je voulais desbiner k la Caméra lucidaf et que je fîis 
obligé pour y parvenir d'attendre que l'eau fut presque complètement 



(46) 

Je dirai à Vappui de cette opinion ^ qu "Payant voulu 
répéter quelques-unes de ces observations à la fin d*oc-* 
tobre ) époque où M. Cauchoix m'avait remis quelques 
lentilles achromatiqties plus fortes , non seulement je 
ne pu» observer aucun indice de mouvement , mais à 
peine si sur une cinquantaine de globules de pollen de 
Potiron ^ de mauve ou à^Ipomœa , un ou deux crevé- 
i^nt et lancèrent incomplètement leurs granules sper-* 
matîque3(t). 

Ce fait me parait d^autant plus important à noter , 
qu'il peut avoir une grande importance pratique ^ et 
qu il ^lontre aux cultivateurs que lorsqu'une plante ne 
donne pas de fruits fertiles dans nos serres, cela peut 
souvent dépendre plutôt du peu d'élévation de la tempe- 
rature, lors de la fibraison , que de Tabsence d'uipe clia* 
leur suffisante pour produire la maturation des graines , 

évaporée , ou de saUîr des momeos où le mouveiiKent cessait ^ oc q«î q 
souvent lieu pendasit des iaterTalles assez lopg^. 
, Dan^ une espèce de Rose ( Rosa bracuata ) , ces inouvemeiu ë|aiei4 
d^autaut plus dijBtiucts» que les granules , de forïQQ elliptique et ien* 
ticulaire , se présentaient successivement sous leurs diverses faces. 

J'ai aussi observé des mouvemens d'oscillation et de translation dans 
les granules du pollen duD/jrctagojalapa, mais ils étaient très- lents » 
vagues,. et moins distincts que dans les plantes précédentes : œs gra- 
nules sont en outre beaucoup plus petits , ce qui les rend plus dâfficilea 

à observer. 

Je n'ai aperçu aucun mouvemens dans les granules de JVayi»9 , qui 

^sont assez gros et ovales , ni dans ceux de VIpomœapurpurea et dn Da- 

iuru Metei^ qui sont très-petits et sphéHques. 

(l) Ccpendaot j'ai eoiployé dans ce cas et de Veau froide et de. l'eaH 

tiède , afin de m'assurer si la température du moment seule était néces" 

saire> ou si l'absence d'émisbion de granules spermatiques dépendait 

d^une imperfection du poUen, ilétermiuée par la température froide de 

la saison* 



(47) 

et qu^on pourrait peiM-écre ^ dans plusieurs cas , déter- 
miner la téconû^àoù en soumettant les plantes à une 
température pin» élevée , pendant le temps où cet acte 
important sofèfe^ et pendant celui qui le précède , afin 
de donn^ ati pC^I^i toute la perfection dont il a besoin. 
Peut-être FéMiration de température qui a lieu au mo- 
ment de la £feondatîon , élévation qui est si marquée 
sur les Arttm » ^t que M. Théodore de Saussure a ob- 
servée mr plusieurs autres plantes fort différentes , est- 
elle nécessaire à raccomplissemeut de cette fonction , 
en atigmentant pour ainsi dire la vitalité du pollen , et 
lui donnant les propriétés qui sont indispensables pour 
qtte la fécondation ^'opère. 

I^a nécessité de cette élévation de la température, 
pour que le pollen acquière les qualités qui le rendent 
propre à opérer la fécondation , est d'autant plus pro* 
bable que les observations du savant que nous venons 
de citer ont prouvé que dans toutes les plantes, la fleur, 
et plus spécialement les étamines , absorbaient une 
grande quantité d'oxigène au moment de la féconda- 
tion^ il est difficile de ne pas admettre que cette absorp- 
tion d'oxigène donne lieu à une élévation de tempéra- 
ture que la disposition des organes ne permet pas 
toi^yours d'apprécier , même avec les thermomètres les 
plus sensibles, mais qui doit avoir une grande influence 
sur ces organes eux-mêmes (i). 

■ (i.) On peat faire une autre question relative aux moaremens des gra- 
nules spermatiqQes , et se demander si ces granules , privés de mouve- 
mens appréciables lors de leur émission , ne peuvent pas eu acquérir au 
bout de quelque temps de séjour dans les fluides qui imprègnent le stig- 
mate. Grleichen avait déjà dit qu^ayant mis dans de Teau distillée, et 



(48) 

D'après l'analogie qui existe entre ces granules et le^ 
animalcules spermatiques des animaux , nous devons 
présumer qu'ils varient suivant les espèces, les genres 
et les familles , ainsi que ceux des animaux , et que 
c'est à cette différence qu'est due principalement Tim- 

séparément. , des grains de pollen de topiiiamboar, de pois et de chan- 
Tre f an bout de vingt-quatre heures la plupart des granules étaient vi- 
vans f et tous au bout de quelques jours, «c C^était , dit-il , une fbule ooi 
» pour mieux dire , une véritable fourmilière d^animaux grands et pe- 
» tîts , dont les plus grands cependant n^excédaient pas les dimensioos 
» d'un point , qui se remuaient avec beaucoup de vivacité. » Il assure en 
outre que quand on mêle des animalcules' provenant de la poussière de 
deux plantes différentes, du cbanvre et du blé, par exemple, lears 
mouvemeus cessent immédiatement. 

J^avais fait le printemps dernier quelques recbercbes sur le pollen 
des pins , qui m'avaient également conduit au premier résultat. 

On sait que le pollen des pins est formé de deux globules ovoïdes f 
réunis par une de leur face au moyen d'une membrane discoïde réticu- 
lée : ce pollen , mis dans Peau , ne présente aucune émission sensible des 
granules spermatiques. Ainsi , ayant mis dans une petite quantité d'eau 
(la moitié 'd'un verre à liqueur) une grande quantité de pollen du Pinu^ 
maritima^ ces grains se gonflèrent, devinrent presque spbériqiies; la 
membrane qui les unit s'étendit et parut plus transparente vers le mi*^ 
lieu j mais on ne vit rien sortir des globules. Cependant en examinant 
une goutte de l'eau qui les contenait , au bout de vingt-quatre heures, je 
trouvai qu'elle renfermait une quantité considérable de granules pres- 
que tous spbériqnes , dont le diamètre était d^environ -| à -^ du grand 
diamètre de chaque globule de pollen; ces granules étaient presque 
tous sans mouvement : quelques-uns cependant me parurent jouir de 
mouvemens très -lents , mais spontanés. 

Au bout de trente-six a quarante heures , tous ces granules étaient 
augmentés de près du double ; ils étaient égaux k environ ^ du grand 
diamètre des globules poUiniques , et leur diamètre , dans cet état , était 
é^al à environ -^ ou 7I0 <le millimètre : ils étaient parfaitement sphé- 
riques , et étaient doués de mouvemens spontanés très*distincts et assez 
rapides. 

Le troisième jour, ib étaient presque tous ovoïdes , avec un point 



(49) 

|»ossibiIitë>des hybrides entre de» plantes defamîile dif«- 
iiénentf s; Là petitesse de ces granules ne ncms* permet 
pàiS'd& jngei^^de leiyr forme aTec eaactit^de : nons ne 
pouvons même déterminer leur grosseur qu^aproxima- 
tirement , mars cela) suffit du moins pour nous prouver 

noir au bout de la petite extrémité^ leurs monvemens étaient toujours 
iénib,et très-souTent de rotation sur eux-mêmes; leurs èontràctions 
^taîent très-tisiUc». ' ' 

Quiçlques JQurs après , leurs mouvemens avaieul; jcess^s. 

On pourra regarder ces animalcules comme des animaux infusoires 
analogues k ceux qui se forment lorsqu^on fait macérer dans l'eau deis 
substances organisées , quelles qu'elles soient. 

le ferai observer à eet égard qu^il est impossible de supposer à ces 
«lûn^cules une autre origine que les gi^^m^es du pollen» i». k cause du 
nombre immense de ces petits êtres qui s'est montré dans l'espace de 
vingt-quatre beures , ce qui suppose nécessairement qu'ils existaient 
déjà tout formés dans le grain de pollen , aucune infusion ne donu|knt eu 
aussi {>ea de. temps une aussi grande quantité d'animalcules. 

ao. Parce que les tégumens des grains de pollen, imprégnés d'une 
sdbstanee réaineute , sont et atés peAilant très^lon^f-tempstaprès l'appa- 
ritioaet iadestraotîon.d^ ces; awioialqules sans dmnev aucune trattede 
4a décomposition k. tequeUe on am^iMt pu attribuée Ujproduotfen de ces 
animolciilea./ 
t 3^. Pmxe -^no ces granutes aniosés étaient toi^ parfaitement sembla • 
blés , ou Târiaictnt k -peine, par leur volume ; ce qu'oi^ peut attribuer k un 
développement plus ou moins rapide , puisqu'ils cmt augmenté ^ès^sen- 
sîbltmcDttl dans l'espace de vingtrqaatre heures , tandis que dans pres- 
se tontes le^ infiisions il se trouve des animalcules de forme et de 
grosMBv très-difiârentes. 

4<*« Enfin ces granules spermatiques jouisssiient de mouvemens. très - 
àiSiteaM de ceux, des monades ^ auxquelles ils ressembiaieByt par leurs 
formes ; leur mouvement étant beaucoup plus lent et moina de trans* 

iflîdllé 

Joœ pqii donc jcommr^et aniCfu». ^Qnte que oes granidea axiimés ne 
luaveut ks gtjanuleà apermatiqu^. ei^-iMm^s qui, par un séjour <te 
vingt<f quatre k tn^^te-six beure«4aQS <W 1V«^U trèsrpure., av^i^t^at ac- 
quûi de9 movpremQlls «pQQtan^^ ^è)9-dpstMict3. L'^oqord qu^ existe entre 

XU. 4 



(5o) 

que leur grosseur varie suivant les familles. Eu ne 
comprenant que les familles dans lesquelles le poUeii 
ne s'éloigne pas trop de sa structure habituelle , c^est- 
à-dire dans lesquelles il est formé de grains libres con- 
tenus dans les loges complètement closes de Tanthère ; 
nous trouverons que les granules spermatiques des Pins 
sont au nombre des plus gros (i)^ ceux des plantes qui 
fleurissent sous Teau, telles que leNayas, le Gerato- 
pbyllum y sont encore d'une grosseur assez considérable 
par rapport à celui des autres plantes; viennent ensuite 
ceux du pollen du Potiron , des Malvacées ^ des Convol- 
vulacées ,des OEnothéra^ qui se présentent sous Taspect 
de points infiniment petits , mais bien distincts et très- 
opaques^ enfin ceux des pollens elliptiques^ qui en gé- 
néral m'ont paru plus petits et surtout plus transpa- 
rents , ce qui les rend très-difficile à distinguer (C). 

cette observation et celles de Gleichen^ faites sar des plantes très-dif- 
férentes, nous permet de présumer que la même chose a lieu pour les 
granules spermatiques de toutes les plantes : mais il reste k savoir si un 
phénomène du même genre se passe dans les tissus qui servent de moyen 
de transmission à c^s granules du stigmate à l'ovule : nous né pouvons 
que b présumer, d'après lei^ faits que nous venons de rapporter, et d'a- 
près ce qu'Amici a observé lors de la fécondation du Portulaca, 

(i) Ceux du Pinus maritima m'ont paru d'envrion -^ de millimètre. 

(jC) J'ai pu fiiire cette année quelques recherches plus précises 8ur.oe • 
sujet , quoique la saison , déjà un peu avancée lorsque j'ai eu k ma dis- 
position le microscope d'Amici , ne m'ait pas permis de les multiplier ; 
j'ai pu néanmoins m'assurer que la grosseur et la forme des granules 
spermatiques variaient d'uue manière très-sensible dans les divers végé- 
taux que j'ai soumis k mes recherches : dans une partie de ces plantes je 
les ai trouvé sphériques , et en employant le grossissement le plus consi- 
dérable du microscope d'Amiei , qui éga^ io5o en diamètre , j'ai trouvé 
les diamètres suivans aux images reportées sur le papier an moyen de 
la Caméra lucida. Il m'a été facile d'en conclure le diamètre réel de oibs 



■ (.51 ) 

Quand au mode de formation de ces granules , j'ai 
très-peu à ajouter à ce que j'en ai dit en parlant du dé- 
ydoppement du pollen ^ leur nombre m*a toi:yours paru 
aller en augmentant dans chaque grain de pollen, de- 
ppis 1^ moment où j'ai pu apercevoir les cellules trans- 
parentes dans lesquelles ils se déposent, jusqu'à Tépoque 
où , perdant leur transparente , on ne peut plus étudier 
leur intérieur ; leur grosseur , au contraire , m'a paru 

petits corps arec une grande précision i car f avais déterminé le grossis- 
sement do microscope au moyen d'un excellent micromètre de Rieher, 
^yisë en 3oo** de millimètre, dont j'avais reporté les divûions avec la 
Cammra lucida y sur un papier placé exactement k la même distance » de 
sorte que les erreurs étant les mêmes sur le grossissement des ol^ts et 
sor celui des divisibns du micromètre , n'influent aucunement sur le dia- 
miétrc réel de ces objets. 

Gnuiules spermatiques sphériques. 



I 



•ppamt. 



• li 



«n fraetioBi de Bîlliaitr*. 



Pepo macroearpus • 
■ • mtndluâ • • • • 
Ipomœa hederacea* 
lYretago Jalapa'^ 
DàtMtra Metel» • • • 
Cednu Idbani' • - • 



a,3 
9,0 
a,o 
.,6 
1,5 
1,5 



0,00a 1 
0,0019 

b,ooi9 
0,001 5 
0,0014 
0,0014 



TiT 

I 

I 

Toi 

I ... 
Wôô 



Dans d'autres plantes , les grapules spermatiques prennent une forme 
eil^pt^que on oblongue, et ils acquièrent dans plusieurs de ces plantes 
tam • plus grande taille qui en rend l'observation beaucoup plus facile : 
^Is soi^ le Naya» major ^ les Œnothera, et toutes les Malvacées que j'ai 
o|iseryées ; dans cette dernière famille il y a ce fait remarquable k no- 
ter, qui a besoin cependant d'être vérifié dans un plus grand nombre 
d'iespèces, c'est que la forme oblongue ou fosiforme est générale dans 



y 



( 52 ) 

à peu près la même durant toute cette période, ce qui 
nie porte à penser que ces granules iorinés hors des 
vésicules, qui doivent < devenir les grains de pollen^ 

toutes les plantes de la famille, mais que la grosseur et rallongement 
plus .ou moins considérable Varie^ beaucoup d'une espèce k Tautre ; c^st 
ce qu^diquent les diniensions.des grands et. des petits diamètres , me- 
surés comme les. précédons, et avec le.méme. grossiss^ent. 

Granules spermatiques ellipsoïdes ou cylindroïdes , 



Hibiscus sjrriacus» • 

' palustris 

Sida hastata • 

— — indica 

— virgata 

OEnothera longiflora • • • 
— — — — biennis- 



GRAND DIAMETRE. 



•ppanat. 



Najras major • 

Cucumis aci^tanguluê 
Cobœa scanldens* • • • • 



I 



9 
5 

i_, 

2,3 

7 

5. 
».5 



tTT 



M ' 



réel. 



PEl^lT OIAJUETRB. 



! ; ■ nju f 



•o,oo85 
o,oo47 
o,oo38 
o,ooa3 

0,0032 

o,oo66 
o,oo57 

o,oo47 
o,ooa3 

0,0023 




j .. . ' .. ' . 



.»4el. 



b.obdd ' 

0,0023 
0,0023 
0,001 1 

o,ooi4 
0,0019 
0,0019 . 
0,00^3.- 

O,OQI0, 

0,00 14 ^ 



I 



I 

rhr 

1 
700 

t 

t 
•737 



'ÏÏT 



roô 



Roêa 



,, ,,..«•••■■ 

Granules elliptiques et lenticulaires. 

Grand diamètre longitudinal. 
Grand diamètre transversal., 
Peti^diiwètre ouépaisseur (?}. 



• ■• . 



•i - 



{Grand dia 
Grand dia 
Peti^diiwc 



3 
2 
.1 



o,ooâ8 
0,0019 

0,QOIO i 



T?5 
I 

I 
■ 000 



L^examen de ces granules spermatiques', de leur'fb^me et 'de teur 
grosseur, jettera prébablément un grand jour sur't^istôiri^des'hyi^i. 
des^'AiiiBi parmi WOncurbitaeée» on sait que vl'bybridité pieiltaVoir 
lieu «entre certaines espèces, et ne peut pas «voir^ lieu eiltre d'avCihis. 
Les recherches de* M. Sageret ont montré Qu'elle layait lieà eiitre 
le» diverses espèces de Melo , et qu'elle D*avàit pas lieu entfé ces 



f 53 ) 

sont absorbé^) pM* lesr pores de €es vesicules'> et vien- 
nent; se déposer successiveèient» dans leur intérieur. 

{La suite au prochaim numéro^. 






NioTiCE suif quelques Observerions microscopiques 
sfér le^Sang etl^ Tissu dés afiimahx ; 

iPar le docteur Hodgkiiï et J. J. LysTEn. 

Xé préëieux microscope âcfirômatitjue composé , que 
possède M. J.-J. tyster, ébht^^ à' ce que je pensé', tien 
suj^lîéùr à tous lies autres instruniens de cette espacé 
fabriqués dans ce pays , je crois que quelques-uns des 
résultats obtenus par son application a là structure ani- 
male , pourront intéresser lé leci'éùr. Ce microscope est 
Té seul qui jùsqu a présent ait pu soutenir là comparai-' 
son avec lé télèbre instrument d'Amîcî. Après Ibien des 
esàais comparatifs faits sur les ôl)jéts les plus délicats i' 
il'àfét^împossîMe de décider leqiiéï (ïes deux l'empory 
tait en supériorité de celui de J.-Jf^ Lyster , ou de celui 
que le célèbre pihysîcien de Modéné avait avec ïuî durant 

plaojtes et les Cucumis,U8 Cufurbitçi^ pnU^ P^q {^ivotjr,» Içs A^.^^jPf 
Se. nat. , tom. yiii , pag. 3ia); or la famille. des Cucurbitacées est une 
cfe celles dû le pollen et les granules spermatiques varient le plias i Les' 
gtviMé des pdien sont gré^' e€ hérissés dans lèè^-jrepit); ils sodt liitosi 
d^û(k^\é CucurHUithucaniiui , dans.l^ CucuTitiviotlM MonwrfUoa^Ac^ 
granules spermatiques eu^-mémes sont asseï^ ^ros dans le P,çpo fifar 
crocarpuSy ils spnt au contraire très-petits et à peine distincts , avec le 
même grossissement, dans le Cucumis saiiuus. II eût ité înteréssâiit 
cfe'èdm^rer Xtar granules spermatiques dès ' diverses* espèces de bie- 
lons entre eux et avepigeps du coiieQ9)bre:, in<>i$;Us premierPiO^^^ient 
plus en fleurs lorsque j^ai pu faire ces observations. 



(54) 

son dernier séjour dans ce pays , quoique ce professefur 
ait bien voulu accorder toutes les facilités possibles pour 
établir la comparaison. 

La plupart des observations dont je vais parler^ furent 
faites dans le courant du printemps dernier , et mon 
ami, non-seulement me prêta son instrument , afin de 
m'assurer de l'exactitude de quelques observations mi- 
croscopiques que j'avais faites depuis peu, mais il prit 
aussi une part très-active dans ces recbercbes. 

Gomme nous espérons sous peu publier une relation 
détaillée de nos recbercbes , je me bornerai ici à don- 
ner seulement une légère esquisse des faits principaux. 

Particules du sang. En examinant ces corpuscules ^ 
nous avons cberché vainement la forme globulaire que 
leur attribuent non-seulement les auteurs anciens , Leu- 
wenfaœck , Fontana et Haller , mais aussi plus récem- 
mei/t sir Everard Home et Bauer. Nos observations 
difiërent aussi de Topinion émise il y a long-temps , par 
Hewson , que ces particules consistent en un globule 
central renfermé dans une vésicule composée de la partie 
colorée, opinion qui bien que réfutée par le docteur 
Ydung , a depuis été renouvellée et modifiée , à la vé- 
rité, par sir Everard Home et Bauer, dans ce pays, et 
par Prévost et Dimias sur le continent. Nous n'a von» 
jamais pu apercevoir la séparation de la matière colorée 
que nos <;ompatriotes ont dit avoir vu, peu d'instants 
après que les particules se sont échappées du corps , et 
nous ne pouvon^s , ; avec Prévost et Dumas , considérer 
ces particules comme renflées au centre (i). 

(i) Il nVst peut«étre pas inutile de rappeler ici que Popioion dr 



(55) 

Les particules du sang doivent , sans aucun doute , 
èlre placées parmi les objets les plus difficiles à obser- 
ver au microscope ; en partie à cause des variations de 
forme auxc[uelles leur structure molle les rend si^ettes , 
nuds encore plus à cause de leur transparence , et parce 
qu^elles sont composées d^une substance qui-y comme lo 
docteur Young Ta observé, n^est probabiei|ient pas ho- 
mogène dans son pouvoir réfringent. 

Nous avons essayé d^éviter ces causes^ dWreur , e& 
v^rianl le mode d'observation. Nous avons examiné les 
particules sèches et humides comme des objets opaques 
et'tfansparens', sous chaque variété de puiâfsauce et de 
lumière , et nous ne parlons «pas des observations qui 
n'otît pas été couOrmées en les répétant plusieurs fois. 

Les particules de sang humain nous paraissent con- 
sister en des espèces de gâteaux circulaires j aplatis ci 
tratiaparens, qui, lorsqu'ils sont vus seuls, paraissent 

MM* Bauer et Home avait déjà ^ sarâbondamment réfutée par 
MM. Prévost et Dumaa. D^aprèa les observatein^ anglais , les globules 
aimîait été spfaériqoes dans l'intérieur du corps , et n'auraienl pris la 
forme d*un disque qu'après leur sortie , cette nouvelle forin<) étant due \ 
Pafiaissement de la matière colorante. MM. Prévost et Dumas Ont vu 
la forme raplatie dans le corps même et pendant là tle, sôit^dansVaile 
des diauve-souris , soit dans les pattes de grenouilles , Ici mésentère des 
polssov^, etc. , mais ces demieç^ olMërvate^rs avaient cru que la partie 
centrale des globules était convexe : il est diificile de ne pas s'en former 
cette idée y surtout en examinant le sang de grenouille ou de sala- 
mandre. MM. Lister et Hôdgkin avancent aujourd'hui' que cette partie 
centrale est concave; c'est ce que le microscope de M. Amici permet- 
tra d'éelaîrcir. Du reste , on trouve dans la deuxième édition de la Phy- 
siologie de M. Magendie, des observations sur la circulation du pou- 
mpn dans les salamandres, qui montrent que la forme qu'on observe 
dans le saug hors du corps i peut subir de nombreuses modifications 
pendant la circulation. (K.) 



(56 ) 

être «{ire^que ou total^steM sups couleur : leurs bord» 
soKiiarrondiis»»: et étant la poi^icm te plus épaisse , oc- 
càfiiouént.'une dépreasioii dans le milieu , qui ;èxisle[ sur 
les deux surfaces. Celle forme répond parlaiteoftent 
aux observations du dootéur Young, qui a remaiî^é 
que sur les disques^ès. particules îl existe une oihbre 
î anilula^rQi^iplciS;. nombre du côté du centre cotrespon* 
dant au bord le plus brillant. Bien que lu docteur 
Xoui]^>peEkse cpie cela prouve que les disques 8(»it cOn- 
eal^esi,' il, ne .considère/ pas ce fait comme parfaitemeni 
démontré j^>pUîsqiiie cette ^apparence peut être produite 
par une d^érence dans la puissance réfcactive -des idin 
vef^ses partîe««âu corpuscule.; .^ . 1, , 

. Kous.rc^a^^ons cette oligecjûon camme complètemem 

déUHlite^'c^- .: ; : :;!•-; ,^).' 

i*^ Parce qu'ils, .réfléchissent îL'ima^ «droite .deitoul 
corps opaque placé entre euxiel Jb lutnière , précisément 
comme le ferait une lentille concave. 
.h3(** M J?Hiir l'ap^r^^çe qijie.présfipf^m.jes pai?tipul(^;l(crir9r 
qa^elléS''«ont' Vues sèches cblKhe^des corps o^alques^ 
l6rsqu'ellë3 âont éclairées par tout le réflecteur ^ tou!t 
l|^ bord, ^$|t éclairé, et ei^ outre il existe dans la plupart 
des. particules un lar^e iuineau. très-brillant., tandis que^ 
lè'fcentrê et Tespacfe entre les deux anneaux est complè- 
tement sombre. Le réflecteur étant couvert à moitié , les 
anneaux sont réduits â des demi-cercles , le c^té exté- 
rieur étant opposé au côté lumineux , et Tintérieur au 
côté sombre du miroir. 

3*^ Lorsque le sang liquide ayant été placé entre deux 
plaques de verre , les particules se trouvent être à angle» 
droits à la surface du verre , de manière à être vues de 



(57 ) 

profil I lesidUiux sôrfâces concaves sont visibles eu m^Hic' 
temps ,1 <Hi- alternativement'^ mais très -distinctemelit si 
les pèrticiiles vacillent lëgèrtoient. « : 

. ,Iiia coilcavitë des. disques est ^oUt'lant très*légère ^ et 
iUns>dl9 circonstances particulières dans quelques-uQe^ 
des^panicules , la surface parait tput-à-fait pinte. 

'•'AÏAlgré la gtande imiformiié qui existe dans la gros- 
séiir <kea partiquleâ du* sang ^ aussi long-temps qu'elles 
eoosevvem, sans altération, la forme qu'elles jEivaieni 
en! 9Qriant du corps , leur grandeur réelle a été établiô 
d'ilii^;fil4uière si variée, que rions avons jugé devoir les 
n^sHi^er; 4e nouvi^u^. Nous avons adopté à cet effet uni^ 
laéthodeua peu. différente de celle employée jusqu^à pr^ 
seul; ou adapte ime Caméra, fudda à Toculaire du ini^h 
crotfcope , de manière que la disumçe du papier éta^i^ 
atourée , oU pÀit dessiner Tol^t sur ui^e échelle cqnnue^ 
len traîl6. de plusi^irs des iup^ges étant faits ils furea| 
comparés. aUx images dea autres particules ju$qu*à. ice. 
^^leur exactitude fut établie. Le diamètre des particules 
c^ifteuu de, cette nuinière, peut être fixé assez exacte^ 
W*t .« 5~7.de pouce ou 7^ de millimètre. 

, .pf 0^3 [donnons ici les mesures des premiers obsery^*- 
lefars^ afin de pouvoir le^. comparer ; , . 

iJic^rinr- . 

Junn , deuxième mesure. . . . 

Bauer • • . . 

WoUaston 

Toung 

Kaler 

Dîilo. . . 

' Wéibst et DiMtias . . . v . •. .•. . . ^ 



l^iéo • • • 


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6oô~e • • . 


• * * a 3 I 


4«76 


1 , 



{56) 

L'épaisseur des particules , qui t^'est peut-être pas 
aussi uniforme que le diamètre des disques, est en pro- 
portion avec cete dernière dimension comme i à 45* 

La forme et la taille des particules du sang des autres 
animaux ont souvent été comparées avec celles de 
l'homme. H^wson a fait plusieurs observations dans ce 
but ^ mais il y a quelques-unes de ces observatico^ih qui 
paraissent assez exactes , tandis que d'autres sont décidé- 
ment bien loin de la vérité. Celles qui ont été récemment 
faites par Prévost et Dumas , sont les plus étendues et les 
plus complètes qui existent encore. Ayant principale- 
ment dirigé nos observations sur le sang de l'boninie^ 
nous n'avons pas encore porté nos recherches a^ur celui 
des autres animaux, aussi loin que nous avons Fintention 
de le faire ; nous avons pourtant examiné le sang dans 
toutes les classes d'animaux vertébrés, et sur plusieurs de 
leurs espèces. Nos observations s'accordent parfaitement 
avec celles dé Prévost et Dumas, quand à ce que<les 
particules ont une forme -circulaire dans les mammi- 
fères, e^ une forme elliptique dans les trois autres 
classes. Il y a des variétés dans la taille et la proportion 
de^ particules dans les divises espèces : ainsi par 
exemple dans le cochon et dans le lapin , les pariicttles 
ont un moindre ^amètre , mais une plus grande épais^ 
seur que chez rhommc. Nous avons trouvé jusqu'ici , 
d'une manière invariable , les particules elliptique^ plus 
larges que les particules circulaires , mais elles sont 
proportionnellement plus minces. Dans les oiseaux , les 
particules sont beaucoup plus nombreuses , mais plus 
petites que dans les reptiles ou dans les poisson > (i). 

(i) La plupart de ces faits résultent des observations de Mlp» Pré« 



(59) 

Des phénomènes nombmxïx ec inléi^essaus se prése.i- 
tent lorsque les particules perdent leor intégrité , et 
prennent de nonrelles formes. Des changonens de cette 
espèce sont occasionés soit par la décomposition sponta- 
née qn'éprouTe le sang plus on moins long-temps après 
la sortie dn corps , soit par ime force mécanique , soit 
enfin par Taddition de diverses snl>stances qui paraissent 
e x er ce r une action chimique sur la matière dont les par- 
ticules sont composées. Noos avons été portés k doimer 



TOtt et Dbbo. Quand à Pnactitade des dimmaons qa^ oot éta- 
liliety û cet jmte d'ofaeerrer qa^ib oot foitoiit cherdié à donner des di- 
■BcnaoBS coeiperaliles, et qa% ont en èOin d'en prérenir. Dn reste, 
les SBértaet» qa'on obserre entre tous les nombres cités , sont does à 
des e «euis snr le grossissement des in stium e n s. Le moyen de m e su re 
lanpiiijré psr les mdeors n*eit donc plos csjict qoe oebû dont MM. Pri- 
Tost et Dmnas ont fût nsa^ , qa'aotsnt que le grossissement de leur 
appareil est par£utemcnt déterminé et son ponroir amplifiant oonsîd^ 
fMe Noos en g ageo ns ces messiears à répéter leurs m e smes , c^ des 
ohsif<raliuni que nous Tenons de fiûre aTec le mkrosoope d^Amici, qnot* 
qne s pp r oc h ées de leur résultat, en di£Eèrent sensiblement. NoosaTons 
troofiéenefiet, par une moyenne de dix obserYatîonSy que les globules 
de nng bnmain araient le diamètre suiTant : 



>5 io5o 

,o €3o 



TTT 



On 'peut compter, terme moyen, sur-,-^i HM. Prévost et Duma^ 
avaient admis yf^ : c'est donc une erreur de -J -sur le diamètre , et de 
tous les résultats anciens , c'est le leur qui approcbe le plus de œluî-cî* 
Bcmarquons du reste que leur microscope grossissait trois cents fois dans 
les circonstances où ib Pemployoient k prendre des mesures , que le 
diamètre apparent desr globules était de a millimètres ; ce qui suppose 
une erreur de -^ de millimètre dans leur estimation s erreur qui , dans 
des grossissemens de cette espèce, se confond tout^à-fiât atec celles que 
peut causer la détennination» toujours un peu arbitraire , des limites de 
Hmage. (R.) 



( 6o) 

d'autant plus d'attention à ces phénomènes , c^u ils sem- 
blaient devoir jeter quelque jour sur la composition et 
sur la structure des particules. Nous désirions aussi ne 
pas nous nater de nier Texistence de ces globules inté- 
rieurs décolorés , que sir Everard Home , Bauer, Prévost 
et Dumas ont vus , et que non-seulement eux ^^ mais en- 
core d'autres sa vans physiologistes ont regardés comiooie 
constituant par leurs combinaisons variées les différens 
tissus organiques. La séparation de ces globules est ^ 
disent-ils , facilitée par quelques-uns des moyeiis qui 
effectuent }éà chstu^eiiîens dont J'kid^â parlé ,*'iùàîs ^ 
comme je l'^aî d^à dit , nous avoits chercté en vain a dé- 
couvrir ces gloj^ulçs. . * , 

Après qtie le sang tiré do cdrp8> vi^fimi; » été eoitscrvë' 
assez lôrf^'-tétnps pour que l'âltiêi'aitiôti dans* ïa fèt^e' 
des particules sôît commencée, et cela arrive suivant les 
çi)^,constance& , en t^ji^-peu d'heures ou bieu>eu un. 99. 
pki8ieur8> jours^ , la pi^emièrè ahératâon que nous avonft> 
^ëttiarquée estlàdeùtehifeou Ik décôdpfui^é dit bôi*ft de 
quelques-uiies des par^cules 5 le nombre dé cellps q^ui 
sont ainsi modifiées continue à accroître; quelques-unes 
dès particules perdent leiir ferme applatïè , et paraissent 
prendre une forme plus compacte , mais leur bord exté- 
rieur parait irrégulier et dentelé , et leur surface semble 
inapcielonjEiéf^ Hie,wson et Falcon^r paraissent ^voif:* re- 
mairquéce ehangement , et' ils oiJt coinpàré ks particules' 
aWis ' céi éiiii à dés petites fràtiiboisèi. Lôrsqu^iî s'est 
^coulé plus de temps , la plupart des particules perdeiit 
c^t^e irirégulig^i^é.de U surfece , pr^im^ut une forme glo- 
iMtlfiîre plus 01» ^oins parfaite } esl réfléchissent Fimag!^* 
d'ùifï tôi^s^pà^tîyqtiî leur est préà;eiïté^ cbnimete fei'aît 



( 6i ) 

une lentille convexe. Quelques-unes des particules résis- 
tent â ces changemens beaucoup plus obstinément que 
d^aûtres. 

Si Ton place une petite quantité de sang entre deux 
morceaux de verre que Ton presse ensuite l'un contre 
1*autrè avec un peii de force , plusieurs des particules 
seront matériellement altérées quelque récent que soit 
'le sang; le l)ôrd uni qui les entoure disparait; et de 
thème que dans le premier cas , elles paraissent dente- 
lées ; quelques-unes siemblent être considérablement 
étendues par la pression. Lorsque la surface des parti- 
cules a été rompue de cette manière , la portion rompue 
acquiert une propriété adhésive qui les rend capables 
de se coller à d'autres particules ou à la sufface du verre ; 
mais lés particules dans leur état naturel^ quoique sou- 
vent attirées Tune vers Vautre ou appliquées à la sur- 
face du verre par leur force d'attraction , semblent être 
etatlèrement ou presqu' entièrement dénuée de propriétés 
adhésives. 

Il n'y a présqu'aucun fluide , excepté le sérum , qui , 
mêlé avec le sang, n'altère plus ou uioins les formes de 
ses particules , ce qui est probablement le résultat de 
qtiélqûe cbaugement chimique. Dans ces résultats gé- 
nérait 9 nos observations se trouvent d'accord avec celles 
de HeWson et Falconar , dont les expériences de cette 
espèce ont été très-nombreuses. Nous différons sur 
quelques expérièiiceé particulières ; mais je réserve les 
détails pour une autre occasion. ïl n'y a aucun fluide 
qui , iùèlé avec le sang , produise une altération aussi 
remarquable et soudaine dans les particules que celle que 
Peau 'pure occasione. Avec une rapidité que malgré 



( 60 

toutes les précautions Toeil essaye en vain de suivre , 
elles changent leur forme aplatie en une forme globu- 
laire qui, diaprés la netteté et la clarté des images 
qu'elles réfléchissent comme une lentille convexe , doit 
être presque parfaite. 

Sir Everard Home observe que les particules dans leur 
état parfait et entier ne sont pas disposées k se réunir; 
nous ne les avons , au contraire j trouvées capables de 
former des réunions régulières que dans ce seul cas. Afin 
d'observer cette tendance des particules , on doit placer 
une petite quantité de sang entre deux morceaux de 
verre. De cette manière l'attraction exercée par un des 
morceaux de verre contrarie celle de l'autre , et Faction 
mutuelle des particules les unes sur les autres n'est 
point empêchée comme cela arrive nécessairement lors- 
qu'on emploie seulement une plaque de verre. 

Lorsqu'on examine de cette manière le sang humain 
ou de quelqu'animal ayant des particules circulaires, 
on observe d'abord une agitation considérable parmi les 
particules ; mais lorsqu'elle cesse , elles s'attachent les 
unes aux autres par leur surface la plus large , et for- 
ment des piles pu rouleaux qui sont quelquefois d'une 
longueur considérable ; ces rouleaux se combinent même 
quelquefois de nouveau , et le bout de l'un s'attachant 
aux côtés de l'autre, il se produit des ramifications ti*ès- 
curieuses. 

Lorsque le sang qui contient des particules ellipti- 
ques est examiné de la même manière, il .présente un 
mode d'arrangement non moins remarquable , mais très- 
différent malgré que les particules soient attachées les 
unes aux autres par une partie du côté large \ elles ne 



( 63 ) 

sont pas aussi complètemeut pnleyrune à Faatre que 
cela arrive aux particules circulaires , et au lieu de 
s'attacher à angle droit à la plaque de verre avec le 
Jbord tourné vers la surface , on les voit presque géné- 
ralement parallèles à la surface j une particule en re- 
couvrant en partie une autre j et leur diamètre en. lar- 
geur presque sur la même ligne. Les lignes ainsi formées 
sont soumises à ime espèce de combinaison secondaire , 
dans laquelle plusieurs de ces particules prennent un 
centre commun d'où elles divergent en rayons. Il n'est 
pas rare de voir plusieurs de ces faisceaUx à la fois dans 
le champ du microscope. Les particules à ce point pa- 
raissent confuses et mal formées. Cette tendance à se 
grouper ne doit peut-être pas être entièrement attri- 
buée à l'attraction ordinaire qui existe entre les parti- 
cules de la matière , mais dépend probablement plus ou 
moins de la vie , puisque nous avons non-seulement ob- 
servé que Ténergie d'agrégation est différente dans le sang 
d'animaux di^érens \ mais que dans le sang des mêmes 
individus elle devient d'autant plus faible qu'il y a plus 
de temps que le sang a été extrait du corps. Pourtant , 
nous sommes très-loin de croire que ce mode d'agr^- 
tion on tout autre que l'on pourrait observer , doive être 
regardé comme du tout analogue au procédé qu'emploie 
la nature dans la formation des divers tissus. 

Il y a quelques années que j'établis brièvement cette 
opinion, que je formai alors à priori ^ mais je puis main- 
tenant la soutenir par des faits.^ 

En continuant à donner d'une manière peu appro- 
fondie le résultat de nos recherches microscopiques 
sur quelques-uns des tissus des animaux, je dois dire 



(52 ) 

à peu près la même durant toute cette période , ce qui 
me porte à penser que ces granules fermés hors des 
vésicules 9 qui doivent «devenir leB grains de pollen^ 

toutes les plantés de la famille , mais que la grosseur et Rallongement 
plus -ou moins considérable Varie* beaucoup d'une espèce à Tautre ; e*t8t 
ce q^'indiquent les diniensions.des grands et des petits diamètres , me- 
surés comme les préqédens , et avec le. même, grossiss^ent. 

Granules spermatiques ellipsoïdes ou cylindrmdes. 



' 




Wblscus sjrriacuS' 
— — — palustris 



Sida hastata • • • 

-«»— - indica 

1 virgata • • • 

•■ < : • If. . ■ . . 

Œnothera longiflora»» i\ 3 
— — — biennis' • • • • 



GRAND DIAMETRE* 



PETRIT DIAMETRE. 



9 
5 

£ 

2,3 



Najras major' • • 

Cucumis aciftangiduê 
Cobœa sc€ui$ens» • • • • 



• • • 



I 



6 

« * 

»,5 



.mm* 

0,0085" 
0,0047 
b,oo38 
o,ooa3 

0,0032 

0,0066 
0,0067 

0,0047 
0,0033 
0,0033 






110 
17? 



15? 

I 
x75 

I 

I 

I 
4ao, 



t., 5' 
a,5 



I.» 



«,5 

3 

3 

< 

a,5 

1.7 
1,5 



■y?ô 






1 



^5ïT 



0,0038 ' 

'. a, 

O,0O33 

0,0033 
0,0011 

o,ooi4 
0,0019 
0,0019 . 
0^00^3.4 ^ 

0,0Ql6.. 

0,0014 , 

<^>ooio il -^ 

L^ezamen de ces granules spermatiques', de leur'fo^mè et''& teur 
grosseur, jettera prébdbiëment un grand jour sur* (%ist6û^deis* hybri- 
des^' ^insi parmi les^Oucurbiiaeée» on sait que J'hjbridité pieûb avoir 
|ieu- entre certaines espèces-, et ne peut pas «voir' lien ekltre d'aMïtà* 
Les recherches de<M. Sageret ont montré ^u^elle avait lien entre 
le» diverses espèces de Melo , et qu'elle n^avait pas lieu entfé Ices 



Rosa 



Granules elliptiques et lenticulaires. 

Grand diamètre longitudiiiieil. Il 3 

3 



{Grand diamètre longitudinal. Il 3 
Grand diamètre transversal.. 1 3 
Peti^difwètreouépaisseurX?). K . .1 



( 65 ) 

fibres 5ur un morceau de verre dans le champ du micros- 
cope^ on peut apercevoir des lignes parallèles à la dii*ec- 
tion de la fibre, qui prouvent qu^il existe encore une divi- 
sion dans ces fibres. Malgré qu'on ne puisse découvrir 
aucune trace de structure globulaire, des lignes ou siries 
parallèles innombrables très-petites^ mais distinctes et 
fines , peuvent être aperçues d'une manière claire , mar- 
quant transversalement ces petites fibres. Dans quelques 
exemples , elles paraissent être continuées presque ou 
entièrement en angle droite traversant complètement la 
fibre principale; mais souvent les stries d'une des fibres 
sont opposées aux espaces de l'autre , ce qui donne l'ap- 
parence d'une espèce de réseau. Les stries ne sont pas 
paiement éloignées dans tous les échantillons , ce qui 
peut être dû à l'allongement ou à la contraction des 
fibres. Nous avons découvert cette apparence particulière 
dans les muscles de tous les animaux que nous avons 
examinés jusqu'ici , et comme nous ne l'avons remarqué 
dans aucun autr9 tissu , nous Tavons regardé comme un 
trait distinctif des muscles ( i ) . 

Nerfs. Ils paraissent être essentiellement composés de 
fibres , mais leur structure est plus lâche que celle des 
muscles. Malgré que les fibres des nerfs ne forment pas 
des plexus aussi compliqués que ceux des autres tissus ; 
leur direction n'est pourtant pas absolument droite. 
Nous avons recherché les globules , et nous n'en avons 
pai trouvé , non plus qu'aucune trace de la matière mé- 

(i) Cette forme est déjà décrite et figurée dans le Mémoire Je 
MM. Prévost et Dumas sur la contraction musculaire^ publié daus le 
Journal de Physiologie de M. Magendie. ( R.) 

XII» 5 



(66) 

dulldirc, que Ton a quelquefois supposée être renfer- 
mée dans led nerfs. 

Artères* La tunique moyenne de ces vaisseaux étant en- 
core regardée par quelques personnes comme musculaire, 
nous désirions savoir si sa structure était plus favorable 
à cette opinion , ^ue ne Test sa composition chimique. 
Ses subdivisions peuvent être portées aussi loin que celles 
d'aucun tissu ; elle fournit des fibres longues , minces et 
très-délicates , qui n^ofirént pas plus de ces stries trans- 
versales que nous avons regardé comme le caractère par- 
ticulier des muscles, que de globules élémentaires. 

La tunique intérieure , lorsqu'elle est complètement 
détachée des autres, et qu'elle présente Tapparence d'une 
membrane mince et presque transparente parait , à l'aide 
du microscope, composée de fibres , qui sont extrême- 
ment délicates et molles , mais très-tortueuses et ras- 
semblées en forme d^un faisceau serré. 

Membrane cellulaire. Cette membrane parait être aussi 
presque, si ce n'est entièrement^ composée de fibres. Nos 
observations sur ce tissu ne sont pas encore complètes. 

Cerveau* S'il est quelque substance animale orgia- 
^isée qui paraisse surtout composée de particules* glo- 
l)uiaires , c'est assurément celle du cerveau , cependant 
<nous n'ien avons observé que peu ; mais nous avoas re- 
marqué €{u:e lorsqu'une portion de cette substance quoi- 
que fraîche , est suffisamment amincie pour pouvoir être 
observée au microscope , on remarque , au lieu de glo- 
bules', une multitude de très-petites particules très-îr- ' 
régulières tant en forme qu'en grandeur, et dépçn- 



(•6?) 

dsint très-probablement plutôt de la désintégration que 
de IWgaiiiIsalion delà substance. 

La structure de quelques autres portions parenchima- 
teuses parait également indéterminée , car elle ne pré- 
sente ni globules , ni fibres. 

i 

Pus* Autant que nous avons pu encore examiner 
oette sécrédkm , ses particules nous ont paru être d'une 
forme et d'une taille aussi irréguliëre que celles obser- 
vées dans le cerveau , et n'avoir aucune re^emblance 
avec celles du sang (i). 

Laitm Dans ce fluide , les particules paraissent être 
•parfaitement globulaires; mais loin d^ètre uniformes , 
elles présentent les vaiiétés les plus remarquables eu 
^rd à la taille. Il>y ép. « qtit'sont du double de la gran- 
deur des particules du sang, tandis que â*autres n*en 
som pas la dixième partie. Elles ne ressemblent pas 
à celles dn sang (a). 

J'évite .quant à présent de. faire aucune des remarques 
que let observations précédentes pourraient suggérer. 

tfotedes Rédacteur^. — Nous avons publié ce Précis, 
Idahs Véspoir que la connaissance des faits qu'il renferme 
déterminera les personnes qui ont à leni* disposition des 
microscopes de M.. Amici., à donner quelques instans à 
dés recherches analogues. Tout ce qui concerne la struc- 
tbre âémentaire des tissus organiques offre encore tant 
de difficultés , qu'on ne saurait trop rétmir de faits et 
d^opioions pour anîver à la vérité , ou du moins pour 
en approcher. C'est d^jà beaucoup que d'avoir amené 

(i) Lonqse le pqs est par, il offre dea particules d'uoe régularité 
jpùÙt^ . (R.) 

(a) TSTj a-tril pas ici confbsion entre la matière grasse et les globules 
ôoéeitt , qui font ca effet très-petits et fort réguliers ? . ( R.) 



< 68 ) 

les savaos à reconnaître Tniilitë. de ce genre de reclief^ 
elles qu^on avait abandonpé depuis long-temps ; une fois 
la discussion entamée , èllô se jugera d^elle-mlème par le 
conflit des x>pinio]ls. 



Obsertatioms sur %i famille des ^amariscinées , 
"et sur la Màrme du Tamarisque du ment Sinaï,- 

Par le docteur EhrIi^iibrg. 
{Ex^ait.) 

Le travail très-^ehdu que ce savant voyageur vient 
de publier dans leZ/h/to^a (tom. it , pv ^4?) confirme 
en grande partie lés observations que M. Desvaux a 
fait coùnaitte dans jce jôurûal (tom. iv> pag. 344 )^ 
mais ) avantage que M. . Ehreuberg a teu d'examiner 
dans la nature beaucoup des espèces dé TOrient, pen- 
dant son voyage sur les côtes 4e la .mer Rouge , et dM*- 
tudier ensuite les autres espèces dans Fherbier de Will- 
denow > l'a mi« à même de mieux fixer les caractères 
des genres et les limites des espèces» Nous croyons donc 
important de donne): un tableau de cette petite femijile 
tel qu'il résçâte ^tt Mémoire considérable de Sï. Ehren- 
berg. Le caractère qu'il donne de la famille des T^ma*- 
riscinées ne diffère en aucun point essentiel de celui 
établi par M. Desvaux \ mais , tout en adoptant les deux 
genres Tamarix et Myricaria formés par le botaniste 
français , il introduit dans leur caractère un nouveau 
trait distinctif qui nous parait important d'autant plus 
qu'il sert à grouper naturellement des, espèces de Ta»' 
tnarix ; c'est la présence et la forme du disque glandu- 



(69 ) 

leux placé à ta base de Voyaire dans ce genre , çt qui 
manq^ue dans le Afyricana » où il - est probablement 
remplacé par le tube i^iembraueux qui eavçloppe les 
étamines. Pour mieux établir ces difTérences , nous 
Sillons capporter Iqs caractères de ces deux georea e| 
le tableau des espèces qui en font partie.^ 

TAMARIX. 

Càfyx pentaphyllus. Stylv^-^ , sœpiùs 3. GlandijLla 
scutellaris germen fu^çiens , stamina excipiens. Tubas 
membranaceus stamina connec^na nuUus. Staminé 
aequalijEi. «Sjc^me/z erostratam comosuuv, 

Subgenus I. Olioaden ia.» Glanduta çermQn fiilciens. 
8-dent9.ta y filamenta 4* 

V 7« ie$randra Palli.8. Fior am racemÎB 8ubsesq^it)olliGariblls , floribus 
(jpea.lqngioi^îb^s ;^cap8iiUs.glauçorciiiei:«Î8 bilinearîbus. 

9. T. taxa WiLLD. (i) Florum racemis 8ubpollicaribus , floribuai Unea 
hrevknîbas ; capsolis.flavo-rubellis liuea parum longipribuç. 

Subgenus II. Decidemia^ Glandula germen fulciep» 
lo-dentata ; filamenta 5^ 

^J.CapBvi^ torgidifl %uidaai.linea8 longitudiiie excedentibus {gran- 
diftorœ). 

* MionuUjiorigêri e ramis armotinis OKÎundi ( scepius simplices ). 

^. 7*. afncana Poibbi^. Biacteis ovatis paleacds, floribus trlgynîs , cap- 

sulis trivalvibus. 
4* T. fetra^/ia Erbenb. Braçteisj^ucoolato-HiiearibuSi floribus tet.ra- 

gynis , capsuUs qaadrivalvibus. 




rais8eiit avoir étë inconiiuç k M. Desyaux, qui a reproduit quelqu< 
UUÇ8 de9 espèces qui y sont décrites sous des nomv.difiereD^, 



( 70 ) 

"^a Tarn, ajiicana DiXiLE ? 
Bah, ad làcittn Menzaleh îd Egypto. 

** RamuUjlorigeri ex ramis fiornotirUs oriunài (suhpaniculati). 

5« T, gracilis Wiild. Floram pedioellis elongatis bracteas a6«|uaDti- 
bas , raoemis bretlbtis sobsolUâiiift. 

6. T, effusa E^evb. Flomkit pedicdlis bracteitt multo breviofribus , ra- 
cemîs Iaxis elongatifl fiubpoiiculatîs. 

Hab, ab lacum Bfenzaleh. 

B, Gapsulis attenuatîs duas liiieat loBgitudioe non exeedeHtibiia 

^ Foliis vagimdntihtÊÊ, . ^ 

7. T, orientalU FoasK. 

** FotiU semùoiqfiexieàitlibus aut sessUibus. 

8. T. hispida YfiLLD, FoUis ramulîsqiie pubescentibus, styUajabbrc- 
Tiatis, ramisascendentibas. 

T,cane$cens Di&v* 

T, tomentosa Smith in Rees Cyc^« 

9. Té gaUica L. Foliis ramuLis^e glabris , stjrlis elongatis , ramîs Ta- 
riautibos. 

a. suhtilis* BaiBtilis sobtilibus effusîs, f^XSà glabris laete vireutibus y 
pamm platentibus* 

r. ^fl//ictf WiUd. , 

Hab, in Gallià,t>ccideutali» 

b» ehinensis. Ramulis subtîlibus Iaxis natantibns , foliis glat)ris mini- 
mis pariim patentibns ( siceatis nigfis )• 

T* chinmuis Loua. 
Hidf, in China. 

€> narbonensis, Ramuiis rigiJuUs paiuUs , Ibliis glabris obseufte firi- 
dibusy dense imbricatis , albo marginiUis , florom spîds abbreria- 
tis sublateralibus. 
Hab, in Galiia australi. 

J. iWica. Ramuiis rigidulis virgatis, foKis glabris obscure yiridibus, 
obsolète albo marginatis brevibos , florum spicis elongatis strietîs* 
T, indica Willd. 

T, epacroides Smith in Reeê Qrdoptdia^ ! 

Hidr, in Indidr 



(71 ) 

€, caaaeiensiê, Ram» dÎTaricatis rigîdulis , foliu i^labris obscure viri- 
dUms, albo marghiaUs, apicibus eloDgatif robcirrosisy «pids divari- 
caCis longissimiB* 

T* canariensis Willo. 

Vàb* in ÎDsuUs Canariis. 

JT. nUotica. Ramulîs efibsis lasiusculis , folîîs glabris giauceiceotibiM 
abbrerîatis patolis, apids eloDgatis , glandul» jijrpogriMe denUbus 
loacqualiter dUtaotibns. 
Hab, iD EgyptOy Lybia , et in însulis Cananis. 
Ç, arborea Sibbbr. Ramulîs effuais incrassatis rigidulis tereliusculis 
ob foUa glabra breyissîma dense appressa, glandulœ bypc^ynas 
dendbus sspius biuis approximatis ( sub cpiinis )• 
Hab, Cabilra. 

h, heterophjrila, Ramis valde gracilibus , foliis laete virîdibns glabrû» 
apicalibu3^ dense imbrîcatis breribus acuUs , mediis elongatiaobtu- 
siasculis , basalibos ramulornm late ovatis planis obtusis ; spicia 
yalde elongatÎB omnium tennissimis. 
Htib, tn ÎBsnla Ph^ P>^opc Syenam. 

i. mamn^ra, Ramnlis rigidulis , foliis albo puWerulenlîs abbreiriatis ^ 
glands patentibus,. glandulsB hypogyn« dentibus squaiitcv distant 
tibos. 

«. effksa, 
0, divaricata. 

Uabm in monte Sinaï et prope Tor. In subvar manna inve- 
nitor. 

Subgenus III. Poltadekia. Glandala germen ful- 
ciens 20 dentata ] filamenta lo. ^ 

* FoWm vaginandbus* 
10. 7. ericoides Rottles^ 

. ** Foliis amplexicaulibus, 

if. T, amplexicauUê'EtBXtjn, Caulibus fruticosis divarîcatO'ramulosiSy 
intricatisy foliis juvenilibus amplexicaulibus glaucis brevibus. acutis , 
vetustioribus semi- amplexicaulibus; flore parvo, capsulis bilînea- 
ribus. 
Hab, in Oasis Jovîs Ammonis. 



(72) 

*** Fùliis semiamplexicaulibus, 

la. T. passerinoides J)MLihE» Caulibus fruticosis crectis, ioUiB omni 
xtate semiamplezicaulibus brevibos , capsulis 3-linearîbu8. 

A. diuaricata, Ramis dÎTaricato-ramolosis , foLiis deuse imbricatis 
obtusîusculis appressis, flore magno» ci4>8iili8 subquadrilinea- 
ribas. 

/6. jinanônU, Ramis strictis torosis , foUis incaïuB dense imbircatûi 
obtusiusculis appressis flore parvo capsnlis sabtriiinearibds. 

. y* macrocarpa, Ramis Iaxis erectiiisculis , foiiis brevibos dilata tis 
loDgius acuminatis glaucis remotiutficulis dein patentibus , flore 
maximo , çapsuliç senipoUicaribua. 

MYRICAWA. 

r 

Cafyx 5-partiuis. Sljlus nuUus, stigmata sessilia. 
Glandula scutellaris germen fulciens .nulla. Tubus 
membranaceus germen involvens , stamioa excipîens et 
çonneclcns. Stamina alterna majora. Semen rosiratum 
comosum. ^ — 

t Foiiis eloogato linearibus aut oblongis basin versus sensim latiori- 
bus sessilibus. 

* Coule frucûcoso , fructibus aperte pediceliatis, 

1 . 31. germanica Desv. Florum racemis subspicatis elongatis Urmina- 

libus ( ad rami princîpalis aut certe ramosi apicem ) flosculis maturis 

distentis ascendeutibus , foliîs planis. 
a. M, dauurica Willd. ("lorum racemis subspicatis brevibus latera- 

iibus ( ad apicem rami secundarii simplids ) flosculis maturis coarcta* 

tis ascendentibus ^ foiiis planis. 

3« M. squamoaq Desv. Florum racemis lateralibus brevibus basi sqoa- 
mosis , foiiis oblongis carinatis. 

** Coule herbaoeo^ fructibus obsolète pediceliatis, 
4. M* herbacea D19V. 

ff Foiiis planis lanceolato-linearibus prope basin constrîctis sessili> 



(73.) 

5. M, longiJoUa Willd. PedicoUis elongatis expansumiloreDi aequan- 
tibus. 

M. lineùrifolia Diby. 

ftf Foliis Yagioantîbus. 

6. M» vaginata Dbsy. 

Les Tamariscinées appartiennent uniquement, comme 
WilldenowTa déjà remai^ué, à rhémisphére boréal , 
et seulement à sa moitié occidentale , c^est- à-dire à Tan- 
cien continent , d'où elles s^étendent cependant jus^ 
(ju'aux iles du cap Yerd , où Smith en a trouvé , sui- 
vant M. de Buch. Leur habitation la plus ordinaire est 
sur les bords de la mer ^ elles se retrouvent cependant 
souvent assez loin dans Tintérieur des terres , le long des 
rivières et des torrens. Le maximum^ soit des espèces, 
soit des individus y se trouve sur les bords de la mer Mé- 
diteiTÀnée , et surtout vers Textrémité orientale de cette 
mer. La limite méridionale de cette famille, sur les bords 
de la mer Bouge et de la mer des Indes , le long de la 
côte de Coromandel , est vers le 99 ou g^ de lat. bor* 
•Sa limite vers le nord se trouve entre le 5o**^ et 55^ en 
•Sibérie , en Allemagne et en Angleterre. Les Tamarix 
gallica et orientalis sont les seuls qui de la zone prin- 
cipale de cette famille , s^étendent jusque dans les ré- 
gions tropicales ; le T. ericoides est propre à cette der- 
nière région; les espèces qui appartiennent aux limites 
septentrionales sont le T. gallica , en Angleterre; le 
Mjricaria germanica , en Allemagne ; et le 71 grct^ 
cilis , en Sibérie. L'espèce la plus généralement ré- 
pandue est le T. gallica^ depuis l'Angleterre jusqu'à 
la côte de Coromandel , depuis la Chine jusqu'aux Cana- 
rie$ on trouve des variétés nombreuses et très-rappro- 



L74) 

chées , qui se lient par des intermédiaires multipliés aux 
formes propres à la FranOe. ^ 

M. de Buch seul a observé la limite des Tamarîsci- 
nées au-dessus du niveau de la mer \ il place les Tama^ 
risques des Canaries dans la région des plantes sous- 
tropicales^ c'est-à-dire jusqu'à 1,200 pieds au-<lessus d,vt 
niveau de la mer. 

Au mont Siuaï , les buissons du Tamarisque qui por*^ 
lent la manne croissent à la même hauteur que le coii-*^ 
vent pu le dattier n'est plus qu'un buisson peu élevé» à 
la hauteur de 3,ooo pieds environ au-dessus de la mer^ 
dans le Dongola, dont l'élévation , suivant le. Journal 
de M. Ehrenberg et du docteur Hempricb , ne peut pas^ 
surpasser 1,700 pieds, les Tamarisques étaient abon«- 
dans ^ur les bords d|i jVil- Ils étaient alors éloignés de 
la QÔte la plus voisine de 98 milles géographiques en 
ligne directe, et en remontant le Nil en ligne droite , 
de plus de a 10 milles géographiques» 

Dans le Liban , les Tamarisques , de même que lea 
Palmiers , s'élèvent à peine à 200 pieds. Plusieurs Ta- 
marîscinées peuvent donc supporter la température, lu 
plus élevée de notre atmosphère ; mais aucune espèce 
ne peut exister lorsque la température moyenne est in^ 
férieure à 6^ Réaum. Ces plantes paraissent croître 
indifféremment dans des terrains très-divers, 
■ Le Tamarisque qui produit la manne est, ainsi qu'on 
l'a dqjà ipdiqué, une simple variété du Tamarisque de 
France , désigné sous le nom de T, gallica mannifera* 
Cette découverte ne paraîtra peut-être pas offrir un ré- 
sultat bien nouveau pour la botanique^ car d^jà les 
écrivains arabes indiquent Tarbre Tarfa comme pro- 



C 75 ) 

duisant la înaime (i); Biiriihardt et Huppel (if) Tàn- 
noncèreut également* Seetzen reconnut le TV? r^^ pour 
le T'^ gqlUca^ et d^à, long-temp3 avant lui Matthiole* 
cita\le nom arabe de Tarfa en parlant de celte planté. 
Mais ces observations avaient besoin d^ètre soumises à 
une critique exacte pour éti^e défini tivemeut admises 
dans la science. 

C^ peut encore remanjuer que lorsqu'on.a parlé de la 
manne de la Bible , on a commis une erreur lorsquVn 
s'est fié aiix récits indivis ; car des sucs semblables à la 
manne eiistent-dans beaucoup de pays diflereus, et Tin- 
térèt ihistorique n^existe que par rapport à celle du 
mont Sinaïi 

lues petits Coccus manniparus qui produisent cette 
exsudation, seront décrits ailleurs; mais Tauteur re- 
marque seulement qu'ils sont tout-à-fàit différens du 
Chermes mannifer de Hardwik^ qui vit dans Tlnde su^ 
un Celastrus , et qui probablement donne naissance à 
une substance très-diôerente. 

D'^qprès l'analyse chimique que M. Milscfaerlich a 
fait de la manne de Tamaiisquedu mont Sinaï , elle ne 
contient point du tout de inamiite cristallisable , et 
se comporte entièrement comme du sucre mucilagi- 
neuxpur. 

Outre les espèces décrites dans ce Mémoire , il en est 
quelques autres indiquées par les auteurs , qui sont ou^ 
très-mal connues, ou qui n'appartiennent pas à cette 
famille. 

(i) F'oyez le Mémoire du professeur Dierbach, dans le Magasin de 
Pharmacie de Geiger. 
(9) F oyez là Correspondance de Zacfa» 



(76) 

Le. Tamarix dioica de Roxburg est très «douteux ^ 
parce qu'il n'en existe pas d'échantillons , et que k des- 
eription en est trop brève \ les Tamarix arabica et tau- 
rica^ que Pallas place auprès du T. songarica^ soûl 
dans le même cas. Quant à ce dernier, que le* même bo>- 
taniste a décrit et figuré dans les Nova Acta petrojK ^ 
vol. X , il a été admis dans le genre Tamarix par tous 
lés auteurs modernes; cependant^ dit M. Ehrenberg, 
le nombre variable des étamines de 8 à lo , et la pré- 
sence de 3 bractées sous chaque fleur ^ étaient de& carac- 
tères qui Féloignaient de toutes les espèces. Plusieurs 
échantillons de cette plante se trouvaient dans Therbiev 
de Willdenow» et ils s'accordaient très-bien avec la fi-» 
gure de Pallas. Une analyse exacte de la fleurit du fruit 
prouva qu'elle n'appartenait pas aux Tamariscinées , 
mais qu'elle confirmait l'analogie entre cette famille et 
le genre Reaumuria , adm^e par Linné , rappelée pav 
M. Decàndolle, mais combattue par M^ Aug. Saint-t 
Hilaire. 

Le Tamarix songarica se rapproche du Reaujmuria 
vermiculata , comme le Tamarix gallica du Mjrica-^ 
ria germanica , et il est impossible de ne pas rappro-* 
cher ces deux genres l'un de l'autre^ 

Les caractères du T. songarica sont : un calice cam-r 
panulé à cinq divisions , une capsule à plusieurs valves, 
des semences toutes couvertes de poils sans aigrette 
libre \ enfin un périsperme très-distinct entourant l'em- 
bryon : caractères qui l'éloignent de la famille des Ta^ 
mariscinées , et le pUcent immédiatement auprès du 
Reaumuria. 

M< Auguste Saint-Hilaire , en comparant les genres 



(^7) 

ttàmaria: et ReaUmuria , considère comme un cafac^ 
1ère qui les distingue essentiellement > Tinseition dès 
étamines , qui suivant lui est périgynedans lés premier», 
ethypogyne dam ce dernier. 

M. de ïussieu admet Tinsertion périgyne dans Fun et 
Tautre; suivant les observations de M. Ehrenberg^ elle 
serait au contraire hypogyne dans ces deux genres , 
c^est*â^dire que les étamines s'inséraient directement su): 
le réceptacle. En effet ^ soit qu'on considèi^e les glandes 
-comme la base dilatée des filets des étamines réunis , oU 
comme une expansion du réceptacle, on n'en est pas 
moins obligé de reconnaître que les étamines s'insèrent 
sur ce réceptacle. 

Un second caractère distlnctif ^ suivant M^ Auguste 
Saint-Hilaire y est la présence du péri^permé dans les 
graines mûres du Reaumuria , et son absence dans le 
Tamatix* Quoiqu'on puisse dans beaucoup de cas s'é- 
lever contre ce caractère , cependant dans ce cas parti- 
culier il établit tme limite tranchée , et nécessite la dis- 
tinction du Tamarix songîarica. 

L'auteur de ce Mémoire croit donc nécessaire de for- 
mer de cette plante im genre particulier, auquel il donne 
le nom d'HoLOLAceirÀ , et qui devra se ranger auprès du 
Reaumuria* Son caractère peut être tracé ainsi : 

HOLOLACHNA. 

Calyx campanulatus , 5-fidus , bracteatus persisten's. 
Corolla pentapetala receptaculo affixa. Stamina hypb- 
gyna 8-io,glandulœhypogynœ inserta/tSt/Zi brèves su- 
bulati a-4* Capsula a-4 angularis, '2-4 valvis , 2-4 lo- 



(78) 

Gulari». Sporopliora (placentse) basaïia (non agcenden- 
tia) cnm septo rai vis mediis^affixa , lot quoi valvœ i Semina 
tota superficie pilosa , pauca , magna. Embtyo rêttets , 
roslello inferiore. Perispermum farinostim einbryôtiein 
cingens. 

Tous ces caractère^ , excepté ceux qui ont rapport 
au nombre des ëtamines et à celui des styles et des valves 
de la capsule^ sont ccHumuns à ce getii?e et au Reaumu- 
ria^ et engageront peut-être à former un petit groupe 
des Réaumuriées. 



Note sur deux Casernes à ossemens, découvertes 
à Bire, dans les environs de Narhonne; ' 

Par M. ToiïttjiAJ*^ Pharmacien à Narbonne, 

(Extrait d^une Lettre adressée aux Rédacteurs. ) 

Les cavernes à ossemena fixent aujourd'hui avee jnaie 
raison Tattention des géologae»^ la quantité d'daseBiens 
fossiles qu'elles renferment promettent d'^expliquerd^ne . 
ZKianière plus vraisemblable Tune des dernières catastro«^ 
phes qui' ont bondeversé le globe, et en ont fait dispia- 
raitre plusieurs genres d'animaux. De toute part des 
recherches actives ont été exécutées dans le but de dé- 
couvrir de nouvelles grottes à ossemens , et dans plu- 
sieurs localités ces recherches ont été couronnées d'un 
plein succès. 

J'ai été assez heureux pour en découvrir plusieurs aux 
environs de Bire, près Narbonne , dans le calcaire jfti^ 



( 79 ) 

rassique : elles renferment une grande quantité d'osse- 
mens d^ours des cavernes , de sangliers , de chevfiux , de 

ruminans des genres cerfs et bœufs. Comme tous les 
autres ossemens du même genre, ceux-ci jouissent delà 
propriété de happer à la langue; ph^omène dû sans 
doute à la perte de la matière animale , qui n'a pas été 
remplacée par une matière pierreuse. 
. Ces deux cavernes se dirigent de Fouestà Test, et sont 
percées dans les assises supérieures du calc^re jurassi^ 
que; leur ouverture, qui est à plein cintre, a dans la 
première environ 8 mètres , et est élevée de i6 mètres 
au-dessus du sol. L'intérieur n'est formé pour ainsi dire 
que d^une seule salle d'environ loo mètres de longueur, 
divisée par des angles saillans & rentrans , qui offrent al- 
ternativement des dépôts de cailloux roulés et d'ossemens. 
La voûte est sèclie; elle offre des rochers arrondis et dé- 
pourvus de stalactites. Le sol , qui est en général asse^ 
uni , est recouvert de deux formations bien distinctes ; 
la première , qui est aussi la plus inférieure , consiste ei^ 
un dépôt d'argile calcarifère rouge (i), qui en quelques 
endroits s'est incrustée sur les parois de la caverne, et a 
pris une dureté tellç , qu'il serait bien difficile d'en dis- 
tinguer les échantillons d'avec ceux provenant des bi*è- 
çhes osseuses à ciment rouge. Cette argile qui, lors de 
3pn dépôt dans la caverne, devait être assez uniformé- 
inent répandue sur le sol , a été enlevée dans les parties. 

(i) Cette argile a les mêmes caractères minéralogiques que celle qui , 
dans nos enTirons^, constitue les assises supérieures de nos terrains ma- 
rins inférieurs ; il est même vraisemblable qu'elle provient dé cette Ibr- 
laaftion et a été entraînée dans les cavernes , puisque dans plusieurs lo- 
calités elle n'est recou\^rte que par le terrain d'alluvion ancien. 



( 8o ) 

qui offraient le moins de résistance , et remaniée par un 
second courant d'eau , qui a déposé sur le sol de la ca-^ 
yeme la deuxième couche, que j^ai signalé plus haut r 
celle-ci est formée d'une couche de limon noir^ et gras 
au toucher, présentant à sa sm^face des efflorescences ni- 
treuses^ et mêlé à de Targile de la formation pi^édente^ 
toutes deux contiennent, au reste , des galets de calcaire 
jurassique et de grès vert, mais beaucoup moins roulés 
que ceux du terrain d'alluvion ancien des environs de 
Bire : on y trouve même , comme je Tavais déjà obsenrë, 
des fragmeus de quarz pyromaque à angles très-vifs ^ 
les ossemens sont entassés pêle-mêle dans les detixcou^ 
ches; côtes, tibias^ vertèbres , dents usées de vieillesse, 
ossemens déjeunes individus ,. tout est confondu. 

Les mêmes observations peuvent s'appliquer à la 
deuxième caverne, qui est plus au Nord; seulement la 
voûte étant moins élevée, est revêtue d'une brèche os- 
seuse renfermant Y Hélix vermiculata , V Hélix nemo^ 
ralisj le Cjclostoma elegans, le Bulimus decolatus et 
V Hélix nitida^ dans un état parfait de conservation , et 
ayant même conservé leurs couleurs naturelles (i). Sur 
le côté gauche de la caverne , on observe un fait des 
plus iutéressans , et qui prouve bien que les brèches 
osseuses et les terrains à ossemens des cavernes sont des 
formations analogues , et produites à-peu-près à la mêm6 
époque et par les mêmes causes ; c'est une véritable brè- 
che osseuse dont l'extrémité inférieure aboutit dans U 
caverne, 

(i) Cest même un phénomène surprenant, et qae Ton n'a pas encore 
expliqué , que Tëtat de conservation de ces coquilles terrestres au milieu 
d'un dépôt formé si tumultueusement. 



( 8f ) 

^ J.et m'abstiendrai de parler des ossemens , .M. Marcel 
de Serres ayant bien voulu visiter la caverne avec moî^ a 
nyiiimfyUPt entr^ les mains tout ee.^*il faut pour tédajt* 
cir ce point. 

Uargile calcarifère ro'ùgê qui forme la partie inférieure 
donne, lorsqu'on la cbauffe dans une clocke courbe 



uhe^cérltaîne'quàntités ne gratine. Lé limÔn noir qui 
forme la partie supérieure donne , lorsquV>n lé chaime 
dans une cloche courbe , une huile animale empyreu- 
matique très-odorante , et du sous-carbonate d'anmionia- 
que. Traitée par l'eau distillée bouillante , et essayée 
par l'alcool absolu, le tannin , le chlore, etc. , la dis- 
solution a toigours dpnné des traces de gélatine^ Les os- 
semens qu'il renferme contiennent aussi beaucoup plus 
de^, matière .animale que .les^précédena. 

Quaèi anx. théories que l'on f^ donné jusqu'ft pi^sent^ 
toutes peuvent fort bien convenir pour expliquer les 
faits que chaque auteur avait observé en particulier; 
niais U formàtioii dés cavernes 'A osseniehs Vayânt eu 
rien dé général ,^' lès' likéo'pes doivent changer à chaque 
h>càlité. Ttintëfois 'IVI. Hubt me parait être celui qui s'est 
le^'jAlis approché du but. 

'^'^Ën résumant les faits , les grottes de Qire me parais- 
sent intéressantes , 

1^. Par les deux couches de limon qui la 

^y.,;ÏJar,^^ d.urç^B,,que prése^i^fe V^i;gae rouge dww 
çjcriain^.ejj^roits dp U caverne j,,!^^:. , ^ r; ..; 

XII. 6 



.*jî 



(8,) 

3®. Par réiftt de eofeiservatioi^ des coquilles ten4s- 
4^w Par le tapprockement des btèciiés etdes «averimf. 



^ j .-j" ' . ,(j fil -jii: t\*- iîJ ."■ '■ • . . • 1 i V* 

TnébRiE ' DES Formations organiquis V ou Éb", 
cherches étahaiomie transcendante sur les iois 
de . V Orgahogénie , appliquées à VAnatomie, 
pathologique f 

Par M. Serres. 



Si^r 



K • 



i ' • 

îS': I ; < 



■ 

FORMES TRANSirOmiis ET PER]«kÀli}'ENTËS DES ORGANES. ' 

Origine et esprit de ^Vanlrçpotomie et de TawàMMiè 
.campariùitiife, Principe de détermination des yor- 

,g:^/w. .. . -. ,. ■* ii /; • '•• i:' î. .: '- ■ '■' •'■' ■;«. 

Dans le cours de leur formation i les orgaued présen» 

,, ■ ' • lin »t •,■■;.//;.; --"". •<■; •*' ..-i ♦■r : ~." 

lent deux états différehs: celui qui. .çonnespond à ( leurs 
foiines transitoires ,^ qu'ils re,Yé;^nt fugip^vep^eipt ([^l^,]i|f 
cours de leur composition^ celui auquel il^ s'ar^^^te^ 
définitivement,, et .qui constitue leur état normal dans 
telle ou telle classe. 

Les formes transitoires d'un organe sont d'autant plus 
fibtlibfèusés ,"è^ ses changemèns de forme a autant plus 
multipliés , que sa composition est plus complexe , ûiie 
forme plus c6Dijf>Iiqiiée ëïÂnt tbt^JbUrs préi6ë9ée*')iMir 
une forme plus simple, ûti' Tes parties âfif^rsc^^dlito 



1 1 



( 83 ) 

n^Attié 6rgane se iialançant alternativement dans leurs 
dimensions jusqu'à ce que sa composition définitive soit 
attelée. ' * 

DÀnà le système des préexistences organiques , la 
forme primitive était pr^ùinée' invariable^ un oi^ane 
devait fctre 2 son apparition ce qu^il devait toujours res- 
Cérj le cœur , le cerveau ^Festomac d*un mammifère^ 
d^un oiseau, d^un reptile, de Thomme même, n'étaient de 
prime- abord ni plus ni moins compliqués quMis le 
sont 'cliez Têtre adulte. Il n*y avait dès-lors aucun rap- 
prochement à faire entre ces divers organes , aucune ana- 
logie à fcaisir , autres que les analogies et les différences 
quie pouvaient of&ir les animaux adultes. Or , comme à 
cette époque de la vie des êtres organisés , les analogies 
sont èâacées , et les différences plus saillantes qu a au- 
cune autre époque de leur existence, il s'en suit que les 
différences organùjiiés devinrent le but des rechercKei 
des anàtomistes, et pour ainsi dire la principale 'règle 
de l'anatomie cotiiparative. Les êtres organisés étaient 
ténus à la même distancé les uus des autres dans toutes 
les périodes de leur existence. 

Mais à mesure que la théorie des évolutions multi- 
plia ses recherches, on vit ces différences organiques 
diminuer^' on se rapprocha de plus en plus des analo- 
giei inaperçues que les organes offraient dans le coui's 
4e leurs métamorphoses , d'une famille à une autre fa- 
mille , d'une classe à une autre classe ; on vit enfin sn 
reproduire une multitude d'identités organiques , que 
ranatômié des mêmes êtres adultes n'eut pas même per 
mis de soupçonner. 

Oh reconnut que "dés organes trSs-compliqués chez 



(84) 

ranimai do|it les formes étaient arrêtées, cpmmeifr: 
çaient par des formes de plus en plus simples à mesure^ 
qu'on se rapprochait davantage de leur première apg^r 
rition chez le jeune fœtus. Cette première observation 
fut suivie d^ une autre plus importante encore* 

L'anatomie comparative avait d^à signalé la décom- 
position graduelle des organes dans les êtres organiséâ.» 
Le cœur, si compliqué chez lliompie, les mammifères 
et les oiseaux , se réduisait chez les reptiles et les pois- 
sons à une simple poche ou vessie contractile ^ qù abou« 
tissaient les deux circulations veineuse et artérielle ; 
chez les mollusques ce n'était plus qu'un simple ren* 
flement du canal qui renferme le sang, et chez les in- 
sectes , un vaisseau unique (lé vaisseau dorsal ) était as- 
similé à cet organe. De ce vaisseau dorsal, de cette poche 
des mollusques, et même de cette cavité unique des 
poissons et des reptiles au cœur compliqué des oiseaux , 
des mammifères et de Tltomme , la dislance était ai 
grande, les différences si remarquables, qu'il n'y avait de 
commun que }3l fonction ou V usage ^ celui d'accélérer 
le mouvement du* liquide contenu dans les appareils 
veineux et artériels. Aussi , la fonction était-elle le seul 
caractère qui dirigeât les anatomistes pour rappro- 
cher et confondre sous la même dénomination des or- 
ganes si différens dans leur structure , dans leur forme 
et quelquefois aussi dans leur position, copome c^ez 
les mollusques et les insectes . 

Or, en considérant cet organe d'une manière générale 

f dans tous les êtres , l'anatomie le voyait se compliquer 

. graduellement des inférieurs aux supérieurs , et arriver 

ainsi au plus haut degré de sa comppsition.^' Cette iq^- 



( 85 ) 

thèiie anatomique eut les plus heureux résultats tontes 
les fois que Tanalogie des organes put facilement être 
toisie , comme dans le cas que nous venons de rappor- 
ter (î). 

En s^élevant vers les premières formations^ Tanato- 
mîe transcendante reconnut qu'un même organe si com- 
pliqué dans ses formes permanentes^ répétait dans ses 
formes transitoires les simplicités organiques des classes 
idférieures. Ainsi, le cœur primitif des oiseaux était 
d^abord un canal , puis une poche ou cavité unique , puis 
enfin Torgane complexe de cette classe. L'anatomie com- 
paraiive se trouvait ainsi répétée et reprodrodnite par 
Tembryogénie. 

(i) Aussitôt que ranatomie comparative eût démontré la dégradatioa 
successive des appareils organiques dans l'ensemble du règne animal , 
Tembryologie s'attacha à en suivre tes répétitions en observant la dé- 
composition graduelle que subissent les organes, à mesure que Pon se 
rapproche du système vasculaire. L'appareil respiratoire , l'appareil di- 
gestif, en un mot les appareils de nutrition furent ramenés, dans une 
partie de leurs éuoluiioiu embryonnaires , aux types organiques que 
présentent dans ces mêmes appareils certains Zoophytes , les vers , les 
arachnides » les crustacés , et même pour quelques parties les poissons 
et les reptiles. Les admirables travaux de M. Cuvier fournirent les 
types de ces rapprochemeus ingénieux que l'on trouve déjà dans la phy- 
siologie de Sprengel , mais dont les développeiAms sont surtout remar- 
quables dans les. ouvrages des célèbres anatomistes Okeu; Carus, 
Meckel , Tréviranus et Jacobson. 

Les appareils de relation , plus arriérés , comme nous l'avons dii: plus 
haut , dans l'anatomie comparative^ n'offrirent plus à la chaîne dea évo- 
lutions les bases positives que lui avaient fourni les appareils de nutri- 
tion. La philosophie chercha k y suppléer ) mais -, comme nous l'avons 
déjà vu , CCS spéculations , quoique des plus hardies , ne furent pas heu- 
reuses. 

Pendant que quelques anatomistes se livraient ainsi à des médita tionç. 
profondes sur les principes généraux de Pontologie et de la métaphysique^ 



(86) 

L'embryog^énie, négligée parce c^u'elle ne présentait i 
Fesprit que des résultats stériles , offrit dès^lors un degré 
d'intérêt qui promettait de dédommager de leurs v.çilles 
et de leurs peines ceux qui auraient le courage et la pa-: 
tience de se livrer aux recherches difficiles qu^fpUe 
exige , et surtout aux minutieuses dissections qu'elle né- 
cessite. 

S^il est vrai que les organes des embryons des classes 
supérieures répètent et reproduisent les états organiques 
et permanens des classes inférieures , il devient double- 
ment utile de rechercher pourquoi Tembryogénie a été 
négligée , et comment cet oubli a éloigné Tanatomie 
comparative d'un si important résultat. 

D'abord il est nécessaire de jeter un coup-d'œil sur 
la marche nécessaire qu'ont dû suivre les sciences ana- 
tomiques. Les cadavres étant l'objet d'une espèce de 

on s'occupait en France à reaieillîr des masses de faits et à déduire de 
ces fiaits les rapports généraux que l'on pouvait leur reconnaître. L'unité 
de composition organique , en ramenant sur les analogies des parties 
délaissées depuis Aristote, engageait M. Geo£Qroy Saint- Hilaire dans 
des analogies qui lui décelaient une foule de rapports méconnus ; l'ana- 
tomie zoologique conduisait M. de Blainyille à des rapprochemens tout- 
à*fait inattendus. Enfin de mon côté , la recherche des lois de Torgano- 
génie me faisait une n^f^ssité de recourir à Panatomie comparative ,, 
quand les embryons cessaient de pouvoir me diriger, ou de reculer Ips 
limites de l'embryogénie dans les points où ces ressources devenaient 
Insuffisantes. 

Ainsi les premiers anatomistes descendaient de la philosophie aux 
faits , et les seconds remontaient des faits à la philosophie. Cette mé- 
thode inverse d'inyestigation concilie ce qui paraîtrait inconciliable au 
premier aperçu : l'analogie des résultats ou des faits auxquels on était 
quelquefois parvenu des deux côtés , et la différence des principes ou de 
la philosophie anatomique , qui a dirigé d'une part les recherches et qui. 
de l'autre eit sortie de ces recherches uastoM» 



(8? ) 

culie dans > les ndU|^oii8 ftkjenneê , Taïkaioimâe hamaÀHB 
fini ;el2 dut être tproBorite;* Les- médcfditis aVideè<'d\ilile 
inatnlCtipB^dotlt' ehftqiie iDstapt lettr ^vdilait LHotérèt 
lei le. besoin flar^herckèrent dVbord daro^ les aniinaU)t\ 
el KpphquèreiÀ:; 'OÔmmeils le^ purent^ i^rkomme^ltis 
jnotiona a[u'ils< puisèrent ches lesmaibtnifèrèa'qiiî^i^ rap- 
poedient le pkis de son orgimîsatiotiv Cette eapèce cl^a- 
-teiomle d'application Dons «été tumsmisè par Galieil , 
dont Tôorrage fourmille jd'eift*éfors^,* Aiiroii applicfae stt'il^ 
tement ses desfjriptibus au^'brgan^Éf'derhomme, mais 
dont on ne saurait trop ^dmireî: la sagacité, si Tdn réflé- 
-ehit que cet ^finatomiste , qui à si Iqng-temps dominé les 
^oles , u^ayait vu de Tanatomie humaine que ce sqiié^ 
lette si religieusement conservé à Alexandrie , et vei% 
lequel accouraient en pèlerinage' les médecins de toutes 
les contrées. • ' ' 

-■ Ce zèle ardent d'une classe d'hommes que Tantiquité 
désignait indistinctement sous la dénomination de-^d- 
va/15», de philosophes^ ou de médecins^ eidont la vie en^ 
>tière était consacrée au soulagement de leurs semblàblW, 
Jeur faisait ronger avec impatience le frein qui les' rete- 
nait enchaînés. Mais à peine la religion chrétienne, eb 
.montrant à l'homme ses destinées futures , lui ettt-elle 
appris à ne plus honorer d'une sorte de oulte ses restes, 
<]U*elle assimilait à la poussière, que l'onvit les tÉHéieh 
dns se précipiter dans les tombeaux , et en 'krraciitr 
l'anatomie que Ton y enfouissait depuis tant de siècles. 
Ce besoin de connaître l'homme physique les tour- 
mentait surtout depuis^ que les Asclépiades , par l'on^- 
gane 4'HippoD^te , le plu§ célèbre «de tous ^ avaieijitrendu 
à la médecine toute sa dignité en Ta retiri^nff des tem- 



pji^i fil au niédecm toute son iudi^peiidaitGe ^ en ié àth 
tachant du .«acerdôoe. Ce besoin se transmettait d'-ll^ 
eu âge ^ les maîtres en pénétraient Fâeme de leurs dis- 
ciples, les écokis rivales semblaient toutes en appeler 
pour le jugement définitif de leurs doctrines,' au jour où 
Ton pourrait consulter rhomme sur Tbomme lui-même* 
Enfin ce jour parut, et deux siècles suffirent à pdne 
pour satisfaire à toutes les exigeance» nées de la:<co»- 
naissance d^à acquise des symptômes des maladies. 

Mais citait Thomme adulte qu'il était surtout utile de 
connaître^ ce sont aussi les organes de rhomme adiAle 
qui seuls furent décrits , et dont les descriptions compo- 
sèrent nos livres. L'anatomie de Tenfance, celle du fœtu», 
u'entrèrent Jamais dans les livres classiques, eten somt 
encore aujourd'hui exclus (i). Ce ne fut même qu'à 
l'époque de la découverte de la circulation .et pour bien 
connaître le cœur et ses rapports avec les rayons du 
cercle qu'elle forme , que le fœtus devint l'objet d'un 
intérêt général. Cet intérêt cessa aussitôt qu'on eut expli- 
qué les analogies et les di£Gérences de la marche de la 
colonne sanguine, dans la vie intra et extra ^uté^ 

Aussi ^ tandis que les particularités organiques du 
cœur du fœtus excitaient une espèce d^enthousiasnte 
parmi les sectateurs d'Harvey, les recherches d'ostéo** 
génie de Kerkring , de Nesbitt > d'Esson , restaient 
inaperçues^ parce qu'elles se trouvaient encore sans ap- 
plication. Il fallut que la curiosité fut puissamment 
excitée par le désir de dévoiler le mystère de la géné^ 

(i) Sont exceptés Bichat, M. Portai, et M. Meckel qai a imité noter 
vMrabie Neflor delà MMecine. 



(89) 

vttûon 9 pour qwmileê immoisei trarai^ svat Tœiif 4^ 
mmmmitèeces et des oîseanx , réteillassent raltendon 'Ae» 
pkysidlogistes, qui s'engo'uFdk aussitôt que les espé- 
'nnoès d<mt on s'était flatté furent déçues. 

C'-esl toutefois de cette mémorable époque que datent 
les pceraières lueurs de TaDatomie comparative ; car à 
peine Harvey eut-il annoncé que le sang circulait , que 
îles sentinelles de Tignorance crièrent qu'il ne circulait 
pas^ etil ne circulait pas , par la raison suffisante qu'Hip» 
pocrate et Galien ne Tavaient pas dit. Un siècle plutôt^ 
SyWios > le même qui eut Vidée si heureuse et si féconde 
d^'atlacher un nom propre â chaque muscle , Sylvius at- 
taquant Fouvrage de Vésale avait dit : « qu'il valait 
a mieux croire que la nature s'était déviée de ses routes 
« ordinaires , que de mettre envoûte l'infaillibilité du 
« médecin de Pergame. » On disséqua des cadavres 
pour convaincre le» Sylvius du temps ; on fit des mil 
Uers d'expériences pour répondre aux injures et aux 
sarcasmes des Guy-Patin contre l'immortel Harvey. 

La circulation sortit triomphante de toutes ces résis- 
tances*, nulle vérité physiologique ne fut ni mieux éta- 
blie ni mieux prouvée que celle de la marche du sang 
dans les poumons, pour se dépouiller des principes Iié>- 
lénc^ènes que l'exercice de la vie y introduit , et dans la 
profondeur de tous les organes pour exciter leur action. 
Frappés de ce résultat et des services immenses que la 
physiologie avait retiré des expériences sur les animaux 
vivans , les physiologistes conçurent l'idée d'appliquer 
la même méthode à toutes les fonctions : des milliers 
d'animaux de toutes .les classes furent soumis à leurs 
scalpels , et si le plus souvent ils n'atteignirent nas le blit 



( 9«> ) 

unesmultitodê de faâUr^ de,viic8'<qtti oW^ievâurentiM 
HÎoftiiS' pour la 'science dfe8.ric^iessesiiqlide8«i''^«'' >>^/-i« 

Haller comBieolini : les leçons! 4e' physiologie de 
Bœrfiaai^,. reniait trt rapptoehii' tou» ces faits é^pàsï et 
difisémÎDés dajas une^miillitiiiâe'd^ëGritsq il priehidaiit par 
cet ioiaijesse Uiaivail^ au travail pliisi<imroensè^ encioi^e 
dmu,90 cQin|)Qse son girandieitYragéqai n'ade>bomintià 
que le nom > 'disait Vicq^-Azyr , fiTectoua-les trailés'^ 
physiolojgiê qui ^lavaient préoédeJ L'espvit de ia'^grandjp 
physiologie de. Hallet , est évidemment lé mèttie queioéi- 
Jcui du traité De usu partùim de GalieDi; mais éa etnii»- 
poesitiQil attestejes progrès immenses de la science peni- 
dant rin^ryaUe qui les sépare. C'est une v'éritabie'phy^ 
«iolo^ •compài'ative. > ..••-. •<» », 

. Ainsi liée et toute subordonnée pour ainsi dire à Fu^- 
sage dés iparties chez Thomme, rorganisatlon des^anif- 
maux notait .comparée , ni à r organisation de rtiontme , 
ni à celle des animaux entre eux; il y avait deB^anato«- 
raies spéciales , des descriptions ?partielles> desidéebde 
détail y mais ^ point d'idées générales , point mrbut com^ 
mun auquel on put rallier et rattacher toutes lés côti«- 
naissances acquises ou à acquérir^ , . ' ; K 

Ce lieu commun , ce critérium de Tanatomie déf^tai- 
maux 9 se présenta à Daubenton y il prit Thomme pour 
terme de premier rapport , et les animaux entre ewx poco* 
terme du second. Aussi , dit Vicq-d'Âzyr , « c^est à 
M. Daubenton, notre maître et notre modèle, qu'apr-* 
Y), parvient parmi nous Vhonneur d'avoir crée Tanato- 
» niie comparée proprement dite. » Vicq-d'Azyr «gouîa 
beaucoup aux matériaux rassemblés par Daubenton ^ 



( 9» ) 
n^is h M* Çuvier appartieiit rimmortel honnir d'avoir 
érigïé en science ranatomie comparative, science toule 
uooTelle 9 et qu on me permette d'sgouter science toute 
Ff]aAÇAisç 9 , quoique les Oken , les Meckel y les Carus, 
les. Jfçobson , les Home , les . Tiçdemann , les Trevira-» 
nps, les. Rolando^ les Vrolik, aient beaucoup agrandi 
son domaine. 

Qr , c'est ici le lieu d'apprécier les principes d'après 
lesquels cette science dut d'abord procéder. D'une part , 
^'axiatonûede l'homme adulte, étant la seule connue, la 
seule qui servit de terme aux rapports, et les dissemr 
blances organiques des animaux se reproduisant de 
classe en classe , ce furent elles qui furent d'abord ^« 
gnalé€i^ et saisies ; elles formèrent pour ainsi dire, les 
points saillans de Tanatomie comparative. E^n se plaçant 
pour consijlérer l'organisation des êtres à l'époque, de 
leur existence ou elle est la plus différente > on se trou- 
vait dans la nécessité de faire de cette différence même 
une espèce de règle ou de but qui , une fois atteint , de- 
vait satisfaire l'esprit : ainsi , le rein de l'homme est unir 
que de chaque côté, celui de plusieurs Mammifères^ 
des oiseaux et des reptiles, est multiple^ l'anatomie 
comparative signalait cette unité d'une part , et cette 
multiplicité de l'autre, sans s'occuper s'il n'y avait pas 
une époque de la vie de l'homme ou son organe sécré-. 
teur de l'urine se rapprochait de celui des Mammifères» 
des oiseaux , etc. Elle constatait des faits , mais ne les 
expliquait pas -, elle se maint^ait ainsi sur la ligne des 
différences , et sur la considération des formes. 

Mais les différences se multiplièrent à un tel point ^ 
les formes gt à force d'être, variées^ s'éloicràèrent teller 



(90 

inent dé celles qui servaient de iype que , 'sans ùii^iître 
chef de rallfement^ l'atiatomie eût perdu le fil qui la 
dirigeait : ce nouveau point, auquel elle se rallia, fiit la 
Jonction. Elle poursuivit et compara dans tons'lcta^'ëtres 
les appareils à Taide desquels une même fonction s'exé- 
cute; elle put ainsi ramener à Tidentité organique^ les 
organes les plus hétérogènes eu apparence. 

Ainsi le foie diffère d^à tellement chez les singes 
(quelques-uns exceptés), et les mammifères de celui de 
rhomme, que pendant long -temps cette différence ar 
servi de point d'accusation contre Galieh et ses secta- 
teurs. Chez les oiseaux, classe si remarquable par la 
fixité de son organisation, le foie unique et impair chez 
les mammifères, est double, symétrique, et logé sur l^s 
deux flancs du canal intestinal*, chez les reptiles et lés 
poissons, il se rapproche davantage de celui des mam- 
mifères, malgré ses variations infinies dans cette der- 
nière classe. Toutefois Fanalogie organique n'a pu être 
méconnue , soit à cause de sa connexion avec la partie 
supérieure du canal digestif, soit encore parce que les 
déterminations ne portaient que sur Torgane en masse. 
Les véritables difficultés se présentèrent chez les inver- 
tébrés, et assurément si la forme seule, ou même la 
forme aidée des rapports de position , avait uniquement 
présidé aui déterminations*, jamais on n'eût reconnu Ta- 
nalogue de l'appareil sécréteur de la bile , dans les cœ- 
cums hépatiques des crustacés , ou dans des vaisseaux 
minces et à parois spongieux des insectes. La coloration 
jaune des premiers , et le plus souvent des seconds , et 
constamment le goût amer des liquides qu'ils renfer- 
ment , ont iseuls permis l'assimilation de ces parties aux 



(93) 

orgai|c^ hiUaires des classes supérieures. La fonction a 
donc ici tout â fait remplacé la forme. 

Il.en.A été de oiéine de la reapiration , iantôt. exécutée 
à lyîde.de poumons , tantôt par des branchies, et enfin 
p«.â«Si trachées^^.or;, que de raiaons pour séparer cet 
ocganes si heuceusement. groupés , si on s'arrêtait à 
léncaiijearactères anatomiqves? 11 en est de même da 
emur et. des vaisseaux» que la présence du sang fait tiM- 
jonrs. r^eoonnaitre. ^ 

De si heureux résultats redonnèrent à la fonction 
toute son ancienne importance : unité de fonction , di- 
verailé d'appareil pour les-produire^, telle fut la base fon- 
damentale des déterminations anatomiques;^ 

Cette méthode fut suivie des plus grand succès , dàné 
ta comparaison des appareils de la vie de nutrition; i\ 
tfW fut pas de même dans ceux de la vie de relation. 
hA -se réunissent toutes les causes d'incertitude , et tonC^ 
les chances d'insuccès. 

C!ar tantôt, la fonction étant complètement ignorée , 
cette règle de détermination ne put plus être appli- 
quée; tantôt la fonction était connue ou présumée, mais 
tes appareils organiques changeaient si complètement , 
tes pièces qui concouraient à son exécùtiotl se désas-*» 
semblaient ou se métamorphosaient à un tel' point, que 
la fbitne égarait au lieu de diriger. Ainsi , tour à tour, et 
souvent toutes les' deux réuinies , la fonction et la mor- 
phôtégie, dont les applications aux appareils de la rie 
oi^nique avaient été si heureuses ^ ne fournirent dans 
les appareils de relation, que des lueurs douteuses i>ù 
des règles incertaines. levais appuyer sur dès exemptés 



(94) 

ces diverses assertions eh choisissant d*abord té 
nerveux. ••''"■. : . . . 'i . m •• ,:. 

-'Les préjugés da paganisme'ititerèîislMit -aux philo* 
sc^hes ladkseotiou du ccfdatt^ humain^ i^maunnlé pirv^ 
taitite 'de rhomme ' 4iit , ainsi; que ncms rAViott8i>di€'^ 
toute déduite de celle <te8 animaux; de là les ^evrtvfd 
^e Vésale reproche m âmèriement k Galiënv'tDaiiflf^M 
seizième siècle, la scien;<^ prit' une directÎ0ti't6ut<>^â^£iit 
opposée ; on disséqua Thomme et ou ^ap|^tfUfc tOUl i^htih 
L-ànatomie des animaux fut déduite à son tour de délie 
de. 1 homme.' . • n .• - •ly».*»] 

■: En conséquence^ les anatomistes cherchèrent d'abosd 
les ressemblances dans Tencéphale des animaux^ oom^ 
p^ré à celui de Thomme, qui leur était partioiUère- 
tuepj^ connu. Ces ressen^blances furent saisies che^ Jçs 
tsAmoaifère^ , parce .qu*au^ proportioijLs. près,, cet. orga^ 
f^la répétition de lui-même dans les différentes fapuil)^ 
dont cette classe se compose. . .,, . : •. 

On y trouva tout commç chez Thomme , on y dénom- 
ma tout comme chez lui. 

; <Ç)n arriva ainsi à Tencéphaledes oiseaux avec une 
méthode qi;^ l'on croyait assurée \ mais dès les premiers 
n|^ cin se trouva arrêté dans la déterminatipii des pi^rties 
4oiit se compose , cet organe. danç;, cette classe. .: .; -j. 

., I^, cervelet en ai;rière.evljB3 lobes céréhra^I^.e^^yp^t 
furent Ijien , reconnus ; m?îs ^ pn , rençqn tra à .la ^ partie 
xapyennie unç paire de n.9U.veaux lol^es qu^ n'avaient 
^ij^^mn analçgue |ii chçz l'h^Oïnme, ni chezles^.maij^piî- 
£^|:^ ; .cç^ l,o}>^s fjirent njj^conujfs. Cette eçe^j^ir en en- 

%tAip»)^'^^T^^^^^hi\^h ïWri^ 9?^ ^^* e^virpnj^en,!. 
Toute la région moyenne de l'encéphale de cette classé 



(95) 

par^l<<ioiivellei; et comme leé termes de rapport mim* 
qiftéieiitidans la: science, le champ des conjectures fut 
onfertemDanaUûndstcs» w • » > 

Iia>«haliieid6s resiemblaiiceS'|Hirdt dès^ov» rompue-^ 
et lorsqu'on en vint aux poissons > iLsethUa impossible 
de.lajienmeri^ ai. cause de.plusîears circonstances que 
nompUônS'iairé^onnàitÈe. tl x 
•iLesianatoniisteBs négligeant leâipréotptes de Varoli et^ 
de' fiactkoliny «'étaient: !llalnttiës,ki a près des çonsidëm-? 
lions physiologiques*, àidisséquer le cerveau humain par. 
sa pairtie^ supérieure , et celui des mammifères d'avant 
eti^anoièiie; fCeite méthode eiit peu d'inconvéniens cheg' 
eaÎE(«lle en-jeot égalpmentide' fiiiisles chei les oiseaux-, 
parce; qu'il é|ait; difficile de méoonnahre les^ lobes céèé- 
l»aux:et le:£arvelet«.. » "•■ 

ri D'une' autre pariy .la^qon»défratioù desi:(bftues, qu} 
avait" si henreusonent dihrij^ le» anatomisies 'clie«*)ei§ 
ndbunmiâresv quiileuravait^neoreieerviii'feceaDiniiitre le 
oervelet et leshémisph^eésicénélniai» des oiéeaux-^ \éè 
abandonna cntiètetaenfciM» les» paissons^ : '^-^ 

» i Au jpremier aperça v 'ini»i^^ nq[>peli e «kâs dette claMil > 
m'jl'jBneépbftie dav-mâmmifàve^^ ni iCelttides oiseaiM?! 
cèloi^ne Mt^^mpose^^dhedleif péiMi>n«^yd^mié doublé' 
série: de ' bulfaeâ aligné» d'.a^rane- «en ^^tiiiièr^È) Utktbi èlû 
AOiabrededeux^il^phls souvent' alitMtobré de quatre, 
et! Ussev fréqùemMtfeit'énedt% àu'tlïMbrè de 6? t. '^ ii*^ 

-'A^ iq««ttenp(BliHB/dé4^iP'dh'dehh^*ié nom d'hëfMik 
phère)^ I^À^ëbrirfnt i^>ÊtMt-'^ tatix àlbi^ëurs , âUM lAbfëliB 
otfrwi^(ipio9éériei(i»éP A- H|u«flle partie' d^s* classée iik^ 
i4eures*li^kit%>ii;Mr^p()herW«iMre^'l^ SnrqiiélHé 
bases devait-on établir les analogies et les difféHiidéi? 



(96) 

La science inanquant detf données nécdssaiiMA^oe«iq«t^ 
cfaisicun^ détermina ces. lobe» à sa manière, :9elQn.^içB 
idées qui le dirig^eaient. Les mêmes lobe» reçorenl'des 
noms . dififéueiis , et fuient touii/à tour assimilés à d^s 
parties tout-àrfait hétécogènek / . . . 

rLe cervelet lui-mèmè^ qjUL'iL estidifficile-dei.niéconi^ 
naître dans les autres classes, était : aussi ^chea^léàpoitH. 
sonsj un'siiyet d;'inceirtitude.:.Tfiii|6tcet)OrgftBe estmài- 
qoe et; impair comme dans lés classes; stq^rieiures.f <fèst> 
particulièrement le casvdes.' poisson»: oiaseux; tantôt, i 
comme cl^ea certains poissons cartilargineiix,| c'est < un. pr* 
gaDie^pair, composé de lei^illets sjv^élriques et roulés sur 
cux<-mêmes le long .des panais dur iqiiatiièmef ventricule* 
Chez uni u^^r^nd némbré, tm^cbips particulier- :se^ 
détache des lobes postérieurs^ et vient escore cpmpU.* 
quer.cetitwgané. Ce cor^s^rquî resseflfble (tauftàc à la 
luette: du voile du;palai^ dçi l'homme, et d'autres fois 
au cai!i!ilAge épiglotiqueyvseplaceien forme de >càauirerole 
suiT le quatrièodè Yentrîàale iJeplus'souvenli iitesi^aim- 
pie. D'autres fois , comme chez- certaines. vatea,' il-esl. 
douille ^;Rlof^ la tiioitié.postécieure>iae dirige; :vers le 
qi^trièt^a. ventricule ., et • là .moitié antérieure vient : rcr 
odilYiiiii: lear4obe9. .po8lérieiiirs5» :. Gomment v:a« milieu^ de 
to.^t^s;ce^ trausfprmaiion , récounaitre; leoervelèt? . 

, . I^aibase de l'en/cépIiAledesi poia^ons! n'est ^guèreitricnnsi 
variable que sa face sf^érieqi;^, Cei«(«ei]«etit|&>]pki9ei<^ie 
suM9m^l}e .rei^arquab}^ , ce som/de^ ii<bierciil#« firi*n- 
dis qui» pa^ leur Mfwûan et Jeur fp^ûle; ^9tK^t iqu^qu^i r^Srj 
sejpbjanqe avec les érnineniqes piamilJiaiireA^^.Jl'ihpimni?^; 

AflMiijfl>rt-OU p|f^,JW»^U^.;de(|ii^¥ïuiaS«g*Ç:,Wt» 



( 97 ) 

Chose .renia i-quable! disait>-oii^ les éQ(kiQeiiccs lîiainil- 
lairesj qui sont le caractère le plus élevé de Toi^itniaa-* 
lion se. retrouveni chez }es pohsoua , qui p^^aiiis^nt si 
descei^us dans Féçhelle animale! Ces éminences, qui 
n'existent que chez Thomme, qui ont déjà disparu cheai 
les singes , «hez tous les mammifères; et chez tous les 
oisiçauX) sonL.tout^-coup. reproduites chez \^ pQÎsso^.; 
p\*euve, évidente que, leu^ esiçépl^le appattiant à un der 
gré U:çs-élevé de rauima\ilié-: , ;:. . . .. v;: 

. E^]ConjHkiuenee,.on asâimilâitl^iir^ lobes po^tçrieui^ 
aux hémisphères cérébraux. Oi^arouyait diifis çti^.}ph^$ 
la couche optique, le corps strié, la coçsKed'.Aiïimoal^ 
la voûte, et jusqu'au corps calleux. Considérait arlprs 
qu'une partie de ces organes ont disparu chez les-tiis^v^^ 
et les reptiles^ on ne manquait pas de faire rçssçjrtiA . l'j| 
prééminence des poisapns sur ces deu^ fçlass^s^. ,« (<;: 

Je. le demande , ponvait-on entrepref^dre l'aiiiff Q9^ie 
comparative de Tencéphale avec ^gs détermiualijQ^s.Qui; 
choquaient tous les rapports anatomique&fet 2polog^ue$ 
des animaux vertébrés? ■ ; : î »/ 

La confusion résultant de tous ces faux rapports et dju 
toutes ces dissemblances fut encore accrue paf* i'e^trôoie 
variation de reuc^phale des poissons. . 

Chez, les mami^iifères, toutes le$ parties.de Tencéphalf^ 
spnt| à peu de chose pré^, la répét;ition jtc*6 uu^^s d^s 
autres* Les familles apportent biea jq;uelq:Uesjchauge- 

* 

mens. dans leurs propottions et 4^^ j^cirs rf^pppris^ 
mais avec un peu d'atfeution il est facile de. les rfosj^n^K 
au type classique, dont ils ne sont qu'fti^e légère modir 
fication. 

Chez les oiseaux , cet organe est plus fixe enclore que 
xii. 7 



( 98 ) 

tchez les mammifères -, tontes les familles ôe cette classé 
sont remai^qilfibles par U composition îdentiqtie de \eut 
cerveatti De^ pttt& pétftd ôiseàilx âtlit plDs grands , c'est 
la répétition des marnes élément ^ èoààérf^t tôlijèûns et 
les mêmes {brttifes et les luêmes connections. . ' . 

Lies reptiles o(ïrëm déjà quel<)tië^ différences^ diiSe^ 
retices tpprébiabiés surtotit jiàt; là tïHnparaisùil de Feti-^ 
céphale dÊfà ophidiens è celui des bàtf acféhiï et déè thé- 
Ioniens. Mais ces dissemblances ^ tètijdtits peti iùipbf- 
lalltes , ti^allélrént jàtMiè les eà^ctè^es fdtfdâfoétitàti^ de 
}'ok*gané ^ dont bn lié peat niécfonnâht*e la compdsttiob 
dAtis toute cette clasise. ' 

n n^ên est pas de knémé cbeifc les pqissiotiB. LéS' ^lé- 
mt^B de leur cm*véau sont dans nhe osfcillation coh*' 
tita^tëlle^ 

En premier IjleilV Teticépkale "ées piaissoi)^ taHflk^r-^ 
ttëtolt h^èst pas le ïïièiÂe qtJié cëltd Ûes poisson^ ààsèfùx \ 
les; fortifies giénéi^ales'^iit telléikiàtik; dhàngéës d\m^^â^të 
à Tantre^ qtie les parties principales > telles qiie lé'iéisr- 
velet et les lobes cérébraux , deviennent toul^à^ftit me- 
(ïômiaisSablià». "■■■ ■ 

En secoiid lieu , cet ûi^ùe iie iarie pas isétil^em^t d^ 
famille à famille 3 miais il pfésëtifeileS diflet-étteés^les 
plus igrtittdes dHln genre à Vàutirë j d^ne espèce à 1 Hss* 
pèce là plus voisine y les ifi£tidus de la mêlhe'ièi^- 
pèëc'tottt 9eàh îAenfiques potlb la composition d^'UHt 
encépbalè. C^t SuHout parmi k^ poissons osseiit qtiiâ 
s'ôbsèk^nt c^ gtands changeméiïs ; card^^ léS "pùfi- 
sons èatlihiginëâx se rapprofchent , sous ce rappdri, 
du caractère de fixité qui distingue les classes *SUpr^ 
rièiireé. 



(99) 

Tel avaîl été le résultat de la morpliologie privée de 
la fonction , pour la détermination des diverses parties 
de Tencëphale des vertébrés ; avant d'en suivre les effets 
chez les invertébi*és , nous devons faire observer que la 
moelle épinière dès premiers n'avait jamais été mé- 
connue ; encaissée dans nn canal formé par la contiguïté 
des verdures ^ sa détermination dérivait nécessairement 
de sa position; de même que la détermination de Ten- 
x^pbale en masse, se déduisait de son encaissement dans 
la boëte osseuse on cartilagineuse du cràue. Le conte- 
nant servait à oonnaitre le contenu*, que Ton me peiri- 
mette cette expression. 

Mats le contenant venant tout à coup à disparaître 
chez les invertébrés , le sysième nerveux central se 
Utiuvait livré k Ini-faième^ni ce qu'on appelait leur 
moile épinière ^ ni leur encéphale, u^'étaient déterminés 
en maaae; on né savait mënie à qu^elle partie du système 
nerveux des vertébrésrxm devait le rapporta: : ainsi, les 
uns rapportaient au grand sympathique, tout le syslèate 
oérveuk des invertébrés , sans considérer que depuis 
Rufus d'Ephèse , et Galien , ce grand nerf était unique- 
ment dévolu aux fôncttous nutritives. Les autres , et 
c'est encore Topinion dé plusieurs anatomisles , ne pou- 
vant avec les vertébrés expliquer les invertébrés , sui- 
virent une marche opposé^; ils considérèreut la doulile 
chaîne de gangliona des artietilés^ comme l'analogue de 
la moelle épinière des vertébrés , qu'ils supposèrent 
devoir être renflée à chaque segment vertébral : l'obser* 
vation directe vîui bientôt détruire cette assertion qui , 
pendant quelque. temps, sembla justifier la dénomina* 
tion de moelle épinière appliquée encore, et si impro- 



( lOO ) 

prement^ selori»nous, à Vaxe nerveux double ou simple 
des invertébrés^ 

Si Y<m compare maintenant Tindétermination de ce 
système fondamental des appareils de relation , à la dé^ 
termination si heureuse des appiireils de la respiration 
et de la circulation, on ne peut s^empèclier de deman- 
der pourquoi ces règles , dont Tapplication a été si effi^ 
cacc d^un côté, se trouve si inefficace de Kauire?. Les 
termjes du problème restent les mêmes ; ce sont toujours 
les clémens organique quHl s^agit de déterminer dans 
toutes les classes pour les companer ensnitë ; 1» méthode 
qui a réussi d^un côté , échoue de Vautre^ il faut donc 
qu'elle ne soit pas également applicable à ceS' deux 
ordres d^eppareils. ' • ■ - * . . 

J'ai voulu d'abord en montrer Fimperfectioa dans^un 
système entier de l'organisation ^ le système nervenlc;:je 
vais la faire maintenant à . des. appareils cinconscaits, 
ceux dés sens, en choisissaut . Todorat ^et legoikit,.qui 
sont intermédiaires aux fonctions.de nutrition et'de jre* 
lation , et l'audition qui rentre exclusivement dan» les 
fonctions relatives. 

Dans l'exemple que nous venons de rapporter, l'obs- 
curité de la fonction a pu entraîner à faire méconnaître 
l'analogie de ses instrumens ; il devient donc nécessaire 
de choisir- un autre ordi^de pièces oi^aniques, dont :1e 
but ou Tusage soit un peu moins indéterminé : les pièces 
osseuses composant le crâne et la face, vont nous servir 
de nouvelles preuves. Leur but est évidemment , dans 
toutes les classes, de proléger d'une part le cerveau, 
quant aux os crâniens; et de l'autre, de cloisonner les 
organes des sens, quant 4 €cux qui composent la face. 



( ^01 ) 

L^analomie de'Fboinme adulte avait arrêté que le crànc 
se composait de huit os principaux, ei de vingt, eu y 
eomprenaht les quatre osselets de Foùite de chaque côté ; 
pareillement^ elle avait détenniné que quatorze picjt^es 
osseuses composaient la face, en ne comprenant point 
les dents dans cette énumération. En tout, la tète dé 
riiomme se composait de trente quatre pièces, pour cloi- 
sonner les sens et encaisser le cerveau. Chacune de ces 
pièces avait un nom particulier analogue, quant elles 
étaieul doubles; chacune d'elles formait une espèce osp« 
seiise distincte. L^anatomie comparative avait pour but 
de reconnaître ces diverses pièces dans la série des ani-t 
maux vertébrés, et d'exprimer leurs rapports après avoir 
signalé leurs analogies et leurs différences chez les mam- 
mifères , les oiseaux , les reptiles et les poissons. 

Chez les mammifères , les os du crâne et de la face se 
reproduisireiU avec de si légères modifications , que l'a- 
nalogie fut aisément reconnue. Ainsi le pariétal double 
de l'homme devenait simple chez plusieurs mammifères' $ 
le maxillaire inférieur , unique chez l'homme , se divi- 
sait constamment en deux chez les animaux de cette 
classe : du reste>Jes variétés de forme de Tethmoïde, 
du sphénoïde et des temporaux , ne laissaient aucun 
doute sur leur véritable signification» Il en était des os 
de la tète dans celte classe , comme du cerveau ; les pro- 
portions changeaient sans dénaturer fondamentalenicnt 
les formes.. 

Il n'en fut pas de même chez les oiseaux. Des formes 
tout-à-fait insolites chez les mammifères se présentèrent, 
telle que celle de l'os carré ; les os de la face se décom- 
posèrent et se réunirent à tel point , que l'individualité 



( 102 ) 

des espèces osseuses des mammifères^ de?inl très souvent 
douteuse. Eufiu il en était des os de leur tête ^ eomme de 
}éur cerveau : c^était chez les poissons et \& côseaux que 
se rompait la chaîne des analogies. . 

Il est à remarquer toutefois que les pièces en rapport 
immédiat avec rcucépbale , élaieni celles dont les varia- 
tions étaient les moins grandes ; les différences se ma- 
nifestaient surtout sur les os cloisonnant les organeades 
sens et formant Fensemble de la face. L'anatomie com- 
pai^ée du cerveau rend jusqu'à un certain point miisbn de 
cette circonstance^ car le cerveau de Fhomme étant le 
plus étendu « en le considérant en masse, les pièces qui 
lui correspondent sont généralement très^graudes : chex 
les animaux la massé cérébrale diminuant graduelle- 
ment^ ces pièces se contractent sur lui et en suivent les 
diverses modifications , ce qui se remarque surtout dans 
la jonctiou du sphénoïde et de Toccipital des oiseaux^ t 

Mais à mesure que Tencéphaie se contracte, lea oiv* 
ganes des sens gagnent en étendue ce que Fencéphale 
perd ; de là les variations et le morcellement des pièces 
qui les constituent. Aussi observe-t-on que les os du 
crâne sont surtout variables par la partie qui icorres- 
pond à Tun des organes des sens : ainsi chez les oiseaux, 
les frontaux se prolongent en avant pour former la voûte 
des orbites. La portion du sphénoïde la plus variable , 
est celle des apophyses ptérygoïdes, qui correspond au 
goût : celle de l'ethmoïde est le cornet inférieur entière* 
ment dévolu à Torgane de Todorat. < 

Plus le sens se prolonge , plus les pièces osseuses qui 
le constituent s éloignent du contre ^ plus elles se di- 
visent et deviennent méconnaissables lors même qu^elles 



( »oî ) 

restent ^ssiyetties au même usage , comme le& mai^il-r 
laires supérieur et ioférieur dos crpcodiles , le vom^ 
des poîsiiond : car > lorsque devenant tont-à-fait cxceo-r 
trifiues.) elles passât d'i^u service à j/lu autre , leur d^-? 
termina lion se compose d'une somme d^inconnus. Tel)|»| 
sont les pièces operculaires des poissons , et Tos quarré 
dés oiseaux* 

Ainsi y la forme organique avait commencé à diriger 
]i^. fLf^tfifni^ies,: la ^me, s^ d^posipog^nt i TinJiiuû 
dans la série des êtres y on rallia asseye heureusement 
ces métainorphoses à I9 fonction , dans les appareils de 
la vie de nutrition. Mais la fonction étant méconnue 
dMia certûns appareils de relation , la ferme ne put 
p}aa être ramenée à son type ; d^utres fois , Fusage 
éiHUt eoitnu 9 les pièces* étaient si déformées , si mnlti^ 
pUée»., qu^on ne pouvait plus ramener à Tunité leura 
di*frs friMstioiinemens ; enfin, et e^est ici surtout que loa 
difficultés se multipltei|t , les apparais changeant de 
SoWfitionên leurs £eNrmes se dénatq^rant complètement 
pour s'accoauBoder à leurs nouveaux usages , on sef 
Uij9Uiiaît jeié ho^rs de toutes lea lignes et de toiites les 
régli^ anatomiqueus^ Qn entrait d^ins pn dédale dont 
chaçttii se tirait comme il le pouvait* 

Au milieu de cette absence de règles , au milieu de ce 
vagu^ ffvi e^ étaît le rés^ltut indispenseble , on duit néan- 
moins admirer a v^' quelle saçe réserve lès anatomistes 
propédaieDt dans. Wr marche. Les faits étaieni toujonra 
en piren^èr^ lig^e ( on lea rapprochait , on les miilti-« 
pliait,, on les considérait .sur toutes les faces; et si, 
ip^lgré ^e^ nombreux travaux , la science des rapporta 
xeêtfât s^tionoibire , c'est que lés faits ne sont ,. 



comme le dit Bacon , que la vérification des priricipes , 
et ^que Vait d'inuenter dans les sciences est Vart d^ex- 
traire de Inobservation et de T expérience les principes , 
et de déduire de ces principes de noa\f elles observa^ 
tiùHs et de noui^elles expériences. 

AU ALOGIES ORGANIQUES DE L^EMBRYdK ET DES ÀNIMAÙl. 

Principe des connexions dès parties. 

Pour juger toute la profondeur de la pensée de Ba- 
con, suivez Tesprit humain et la nature dans Tordre 
physique et moral ; partout vous verrez Thomme qui 
divise dans sa pensée , et la nature qui réunit dans son 
action. Plus les sciences se perfectionnent, plus eèles 
se concentrent , plus elles se rapprochent de la nature. 

Les hommes de génie qui, dit-on, devinent l«i na- 
ture , ne font que lui surprendre ses secrets ; ils se dis- 
tinguent des observateurs ordinaires par le talent de 
saisir les principes généraux , et par le talent plcis sin- 
gulier encore , d'enchaîner les idées entre elles par la 
force des analogies. 

C'est véritablement Tart de penser en grand qui les 
caractérise j c'est ce coup-d'œil observateur qui dé- 
couvre à tojLit moment dans les objets , des propriétés , 
des analogies , des différences inaperçues ^ c'est par le 
talent remarquable , non de raisonner avec plus de mé-^ 
thode , mais de trouver les principes même sur lesquels 
on raisonne 3 non de compasser des idées , mais d'en 



( io5 ) 

créer de nouvelles , cl de les agrandir sans cesse, par 
une réflexion féconde. 

Ce brillant caractère nous frappe dans les écrits des 
hommes qui, comme Descartes, Bacon, Galilée, 
Newton , Haller^ BufTon , Bichat , Lavoisier , La- 
place , etc. , ont changé la face des sciences , n^ont 
pensé diaprés personne ^ et ont fait penser diaprés eux 
le genre hunurin. On sent dans leurs écrits Tascendant 
d'un esprit. supérieur qui domine le siyet qu'il traité; 
qui votis place d'abord sur une région élevée , d'où 
vous contemplez ces vérités premières , auxquelles sont 
attachées comme des rameaux à leur tige mille vérités 
particulières. Aossitôt toutes les observations s'éclairent 
mutuellement ,. toutes les idées se rassemblent en un 
fiiîsceau de lumière ; il se forme de toutes nos expé-^ 
riences uu seul et unique fait , et de toutes nos vérités , 
un^ seule et grande vérité qui devient comme le fil de 
tous les labyrinthes. 

^- Rien de plus rare que cette qualité de l'esprit ; rien 
de plus commun que la qualité opposée. Les observa- 
teurs vulgaires sont toig ours noyés dans les détails ; 
incapables de remonter aux principes^ ils se fatiguent 
et fatiguent les autres , en suivant des faits de détail 
dont jamais ils ne saisissent l'ensemble. La vérité se des- 
sèche dans leurs mains. On les voit toujours comme un 
peuple d'esclaves se traînant à la suite d'un maître, ar- 
rêtant quiconque veut faire un pas en avant par leur 
fatal ipse dixit^ le maître Va dit. N'est-ce pas celte lâ- 
cheté d'esprit qu^il faut accuser d'avoir prolongé l'eu- 
fance des sciences? Adorateurs serviles de l'antiquité, 
les philosophes ont rampé, durant vingt siècles,, sur 



( Jc6 ) 

les traces des premiers maîtres ^ la raison , condamnée 
au silence , laissait parler lauloritë : aussi , rien ne s^é* 
claircissait dans Tunivers , ei TesprU humain ^ après 
s'^re traîné deuk mille ans à la suite d^Aristote , se 
iFouverait eneore aussi loin de la vérité qu'au pvcBiiet 
jour. 

Qu'on y réfléchisse, et Ton Terra que lorsque les 
sciences s^arrèlent , elles sWrètenI ^r début ée prin-^ 
cipes. Qu'un principe nouveau soit découvert , aussitôi 
vous leur voye:& prendre un nouvel élan* Les laits so 
groupent , se lient , se coordonnent d'^eu?^ '«mêmes; La 
science s^élève , pour ainsi dire , toute seule. Je pour- 
rais appuyer cette proposition sur leâvprogrès récentf: 
des sciences physiques et chimiques v mais je cpaincbraiia 
encore que Ton m'opposât cette fin de non- recevoir^ 
résultant de cette scission sch<^Iastique des science» 
inorganiques et organiques» Je rentre donc dans le do^ 
maine de ces dernières. 

IV^ous venons de voir comment Timperfection de If »- 
natomie liumaine avait enrayé Fanatomie comparative 'f 
nous allons suivre maintenant cette dernière sur vn» 
nouvelle base de recherches , se créant des prinoipee. 
indépendans^ éclairant des questions que Voo. avait 
crues insolubles , et £écondani même cette anatomie hi&^> 
maine que depuis un demi^siècle on dit arrivée à sa der** 
nière perfection. D^un autre côté nous verrons Fan^ 
thropogénie 9 se plaçant à son tour sur un terrain neu»^ 
veau , déduire de ses recherches des règles inaperçues , 
appuyer ces rè^^les sur des faits fugitifs o|i transitoires: 
chez r homme , mais permanens cliez certains aoir- 
imiux* L'anatomie comparative ne sera souvent qu'une 



( 107 ) 

anlkropogéoie fixe et permaDenle , et ranthropogénie , 
une anatomîe comparative , fugitive et transitoire; ces 
Ueus :KieQcea s'éclairerjoiit mutuellement , en échai>* 
géant lears faits et leurs principes ^ et bientôt sans doute 
ailes ne feront qu^ùne seule et même science. 

En attendant ce résultat dont il est inuiile de faire 
ressortir tous les avantages pour les progrès futurs des 
fidences médicales , je vais essayer d'établir sur Tob- 
servadoa les propositions que je viens d'émettre , en 
prévenant toutefois (|u'il m^arrivera d'énoncer des faits 
dont on ne verra la raison et l'explication que dans la 
suite de ce travail. 

Si ] Mtropogénie répèle les formes organi(|ues de l'a-* 
aatomie comparative , on' voit que celle-ci devait néces* 
sairemeut emprunter à la première ses types de compa- 
paraisoD. Au lieu de s'arrêter à l'homme adulte , dont 
les organes sont plus ou pioins complexes , il fallait s'c- 
lever dans la vie utérine , observer les organes dans 
leur primitive simplicité | et les saisir au moment où 
leurs formes transitoires plus ou moins analogues aux 
fomies organiques des animaux, permettent de saisir 
leurs l'essemblsnoes, qui s'efiacent et disparaissent par 
la série de leurs métamorplioses. Cette méthode analy-^ 
tique^ si simple quand on sait , est la dernière k laquelle 
on songe quand on ignore. Elle suppose deux choses ; 
la connaissance exacte de l'embryogénie , et celle de la 
mpiphologie comparative des animaux: or, la première 
de ces connaissances était presque toute à acquérir ; et 
la seconde veasÀf, à p^nedètre acquise. Leur connexiou 
réciproque ne pouvait donc être ni aperçue , ni appli- 
qt|ée plutôt.^ 



( io8 ) 

C'est presque toujours une grande difficulté à vaincre 
t]ui fraye à Tesprit des routes nouvelles. M. le professeur 
Geofiroy-Saint-Hilaire se ^lace , par une lieuimise in- 
spiration, sur le nœud même des indéterminations ^ il 
veut expliquer la tète osseuse des poissons , ramenar les 
pièces qui la composent au type ordinaire des compa- 
raisons de riiomme adulte. 

Il s'aperçoit bientôt que la tète osseuse de l'homme Hir 
lui fournit pas le nombre de pièces dont se compose . la 
tète des poissons. Rc^jetant alors Tidée des pièces icfa- 
tbyologiques que ses prédécesseurs avaient admises , -il 
conçoit la pensée de chercher les pièces qui lui man- 
quent , dans les noyaux osseux dont se composent 
les os de Tembryon humain. Il entre ainsi dans une car- 
rière toute neuve , dont les premiers pas sont couronnés 
de succès* La tète osseuse des poissons , ramenée à son 
type naturel des rapports , ouvrait , comme je viens de 
le dire, une carrière nouvelle qui laissait entrevoir la 
solution d'une multitude de questions réputées insoliv- 
blés par l'inutilité des efforts déjà tentés» 

Mais il restait tant d'observations à faire , tant de pré- 
cautions à prendre , et l'erreur nous menaçait de tant de 
côtés , que les inquiétudes des anatomistes redoublaient 
en même temps : elles augmentèrent surtout à la vue du 
règne animal , qui , dans son ensemble , se montrait à 
cet anatomiste , comme une unité organique , diversi- 
fiée de mille manières , par la diversité de vie de chaque 
grande coupe des êtres. 

L'imité de composition organique étant proclamée , 
il fallait la justifier par les faits ; et pour marcher à la 
découverte de ceux-ci , il fallait des guides qui .ap- 



( ^<>9 ) 

pmsent k les reconliaitre. C'est de celle nécessité que 
-èont sortis leè deux principes généraux , de cette aiia^ 
tomie ^oomparative 9 i^ le principe des connexions; 
^^ le principe des balancemens dans les masses orga- 
niques,* principes dont oa trouvera dans ce travail dé si 
fréquentes applications , et que la reconnaissance me 
permette d'ajouter, de si heureuses applications. Je 
^eommence toujours par le système nervenx. 

Nous venons de montrer plus haut que hr chaîne des 
analogies encéphaliqœs s etaitTompue chez, les oiseaux. 
Pourquoi s?ëtaic*elle rompue? Evidemment à cause des 
formes toutes nouvelles que présentait la région moyenne 
•de son cerveau. Pour ramener ces formes à celles des 
Mammifi^s qui servaient de type , la méthode qui âvaSt 
^i heureusement réussi à M. Geoffroy-r^aint-HîIaire 
pour le système osseux, se présentait d-elle-tmème (i). 
Chercher dans Teucéphale du fœtus des mammifères/, 
un organe dont la forme reproduisit celle de la partie 
moyenne de Tencéphale des oiseaux ? Tel me parut 
<d^abord le moyen d'arriver à la solution du problèmes 

(i) C'est (Taprès cette' méthode que M. Tiedemann a procédé dans 
«a déterminatiou. Voici ses résultats : 

i«. Les prétendues couches optiques des oiseaux correspondent ma- 
» nifestement , quant k leur situation, aux tubercules quadri jumeaux , 
j»<m1s qu'on les observe. dans le foetuy de l'homme , et on les aperçoit 
i> tout-k-fait a découvert j circonstance qui se trouve aussi dans ce der- 
» mer jusqu'au cinquième mois. 

■-n 3». -Elles sont très-Tolumîueuses y arrondies et lisses, comme dans 
-3» 'le ISoetss des premiers t^emps de la grossesse. 

» do. Elles contienaent une cavité qui communique avec Paqueduc 
ndt Sylvius , comme dans le fœtus. 

» .4^* Elles sont formées par des fibres médullaires qui sVlèvent des 
m parties latérales de la moelle épinière , se renversent de dehors eu 



( »io) 

Mais dans rexécutîoii\ je fus arrêté par une difficulté i 
qui, pendant quelque temps , me parut iasliniumiable^ 
Uembrjoa humain né reproduit à aucune époque y am^ 
cune formé encéphalique , qui se rapproché dé la fbrnkr 
de la région moyenne de l'encépliale des oiseaux adnltési 
Cette formé est tout*â-faTt spéciale et caractérisitique de 
cette dernière classe. Rebuté par cet insuccès^ j'allais 
renoncer à cette entreprise, quand l'idée me vint de 
comparer embryon n embryon dans les deux classes. 
: En eJQfel y si d'une part Ton eonsidèi^ que cette fé^ 
^ioa «oyenne;est un des organe les plus ebmplexes et 
les plus rîchëmelitr organisés de leur encéphale'; si ^ de 
r^aitré.,'i»n.(H>naidère Tatrophie des mêmes parties chez 
lie&Maapiniifèrés.eirhonvnie (ou de ce que je regardais 
comme les parties analogues d'après les belles indica*- 
tions de MM. Gall et Cuvier) , on jugera qu'elles n'é- 
taient, point comparables, et que simplifier eweore le 
terme des Martimifères , en laissant subsister la compli» 
ication de celui des oiseaux , c'était éloigner la ditfieulté. 
Car, si les tubercules quadrijumeaux des embryons 
des mammifères sont , il est vrai , constitués par deux 
lobes vésiculaires comme, ceux des oiseaux , lepr si- 

t 

» dsdmm4. et s?iiAi«awt «iiseinbk par le sapyon d'une UoieUe:JPiililulr 
N iaîre fort mm» \ vum couche 4« B^hsti^uam grm se trpuvie iS^Jée;««râc 
» ces fibreé ibédulluires, 

» 5o. Knfîn on aperçoit immédiatemeiU en devant de oies imiseace» 
• deuxiprtits reaficaMiMi éiUté».a\xr U» fiâJeiiimlefl oéréfaranx^ u*îa «en- 
» semble par une commksurei et «etotre IcoqueUes existe i& ArcMbiiSkne 
» ventricule. Ces reoflemens sont donc les abaloguâsde eeii&- aalquels 
» on donne le nom de couches optique» daiis.l?libiiyna et dans-^-JM am^- 
» mifèresL » {Anatomledu Cerveau^ par F. Tiedeknana; tradficfeion 
de A. J. L. Jottrdao , p, igg-2oo. ). 



( "t ) 

Utation et leur structune sont si diffél^enCes , que les i\ê- 
^emblancès surpassent de beaucoup les analogîeB. D'uno 
part , les lobes des embryons des mammifères forment 
%mp saillie très-élevée sur la face supérieure de Teticé- 
pbale, et eu sont la partie la plus .proémin^te. 
Ceux des oiseaux sont invisibles sur cette face } à leur 
place se Ut)uve une lame quadrilatère» Chés les oiseaux 
adultes t. Jes mêmes lobes sont d^jétés sur les côtés et 
font ^ à la base de leur encéphale, la saillie que les 
lobes analogues . fouit sur la partie opposée du cerveau 
des Monmifèrea. Les Lobes de ces derniers, spnt à leui; 
tour invisibles sut* cette mém&b^se* Oui voit don^ que 
les deux termes de comparaison étai^iit pris sur les 
£ices opposées de Tencéphale des deux classes. Enfin « 
les UJaes. embryonnaires des Mammifères se toucUent; 
ceux des oîse£tux, au contraire, sont très-écartés Tun 
de Taulre , et unis entre eux par la plus large des com-* 
missures formée par des stries grises et blanches .^t? 
terfiasivès% 

Si malgré ces dissemblances 4 legéme<desanatomist^ 
(MM. Gally Cuvier, Ârsaki,Tiedemann) rappjrocbaitdes 
parties si diÇerentes » les caractères hétérogènes qu^elIes 
offiraient faisaient aussitôt naître des doutes \ et de ces 
doutes on passait a de nouvelles d^terniruaiions qui , laia- 
liuit totgours Fesprit en sui^ens , livraient à l'arbitre des 
anatomistes , de se décider poif^ Tunef ou Tauire des ana- 
logies que l'on soupçonnait. Adusi^ après le travail de 
M. Tiedemann, M. Trévicanus en revint à Tidée ide 
Haller et de Malacarne, qu'il modifia duqe manière 
assez ingénieuse : délaissant les lobes des oiseaux , il crut 
i^trouver les tubcr-cules quadrij%iineattx de œue classe 



( "2 ) 

dans un petit renQement situé sur les côtés de la scissure 
àe Sylvius , et sur la lame transversc qui sert de Cou- 
vercle à cette scissure. 

Si M. Tiedemann pouvait alléguer, en faveur de son 
opinion , la cavité des lobes de l'embryon humain et rou-; 
vërture qui fait déboucher cette cavité ds^ns la scissure de 
Sylvius , M. Tréviranus avait pour la sienne la posivioii 
fixe des parties qu-il compare dans les deux classes: en 
outre il retrouvait chûz les Mammifères <idul tes des tuber- 
cules solides comme ceux des oisèaut. Son hypothèse 
était d'autant plus attrayante , que non-seulement 11 re*- 
trouvait les quatre tubercules des Mammifères, mais 
encore il voyait da^ns les lobes moyens des oiseaux les ana- 
logues des corps géniculés de la classe supérieure. Ainsi, 
encore après le travail de M. Tiedemann, M. Bolândo 
persiste à regarder la partie moyenne de l'encéphale des 
oiseaux, comme toute la couche optique des Mammi-< 
fères. Enfin M. de Blainville , dans un travail publié 
en 1821 , assimile cette même région aux h^isphères 
cérébraux de la G^sse supérieure. ' . -: 

Voilà donc en peu de temps quatre déterminations 
bien distinctes : 1^. celle de MM. &all , Cuvîer et Tiede- 
mann , qui assimilent cette partie aux' tubercules qism-' 
drijumeaux des Mammifères, p-'*. celle de M. Trévira- 
nus, qui y trouve les quatre tuberctiles et les célrpë 
géiiîculés ^ 3®. celle de M. R^lando, qui la compare, 
comme Willi^ et Vicq-^d^Azyr, à toute la couche opti- 
que 5 4*** c^îlfi ^^ ^* ^^ Blainville, qui la considère 
comme Vanalogue des hémisphères cérébraux (i). 

(1) J^ai dévtrloppé àam mon ouvrage sur VAnatomie comparatit^ tm 



(1,3) 

«Si ^uel^u^ chose de^posilif . ressort de ces. diverses 
opinions, .o!es^«éYidemineot que cette r^ion moyenne 
des oiseaux. n!étliit: point déterminëev et œ cominiw^aci- 
çordidea.eâqtts.ides anf tomistes 9 touS'dii^ig^S'Spr cette 
ffëgioA ^v i^ltQsAe que ,tou& avaient le sentiaientquë làiëUi^t 
U(SOAr<m deS'iiiuBeçlitudas de .cette partie, de IWiaioinie 
comparative , et que là aussi on devait chercher .la clef 
qui devait les dissiper. 

Or, toutes les fois qu*uiie dïfficïilté de cette nature se 
présente dans les Sciences ', il faut* avoir le côurage'dë 
mettre en 'phitîque le précepte de Bacoh ,* de faiire iàMë 
rase de ce qui a. été fait et dit , et de procéder ensuiter 
dans ses recherches sur de nouveaux fsrits et de nouvelles 
observations. On trouve alors , cûmme Fa dit'eiitiore cet 
illustre philosophe, que les faits parlent ]iilu8 haut que 
les opinions. 

En effet il fallait , dans l^état pt'ésént de' l'àhàtomie , 
Une détermination qui^ effaçant toutes les dissemblances' 
dont nous avons d^jà parié , et 'i^ëplaçànt les l6bés moycfn's 
des oiseaux sur la face de Feticéphaié dont'tU ont dià-' 
paru , les montrât sur la même ligne qn^ls occupent 
chez rhomme, les mammifères , les reptiles* et lès^ois- 
sons ; détermination qui, à cette unité de position^ joignit 
runit(é de forme , l'unité de structure, et qui', pôtir com- 
pléter Tapplication de toutes les règles sévèi^s de l'ana* 
tomie, y joignit aussi Tunité de rapport ou de connexion; 
alors on saurait non -seulement ce qu'est cette partie, 
mais encore ce qu'elle n'est pas et ce qu'elle ne saturait 
être : car dans toutes les sciences , le caractère de la vé-^ 

Cerveau, les raisons d'après lesquelles ces trois dernières déterminatioiis , 
doivent être abandonnées. 

XII. 8 



( i«4) 

?teé{ e6tixle>repfmèier tout (iè qui Vesl pets «Ite. Or, un 
Mmblarblerékultat ne pouvait ètrti^ obtenu' <|ue par Pem-» 
kryogénîe^€oinpâratit« r'Ciiractèfre patticulier de ron- 
V iiig«'T qoe}^ pubUé siï^ -eette > partie de l'atia tdwie , ei 
qaijleidiBiiiigue.de.^oàà ceux qui ont paru jusq^'i cé 
jônrjttirlé mlèmd'wyeut On ?iij(cqt^(âe cette triëchdâep*i* 
le.'pémiltatM'- : • • < ■ • •' 



î ..'••» 



..^ A..ff(iit4 d? .pçsj^Tii, '>r' ie (commence par ^prévenir 
«H^4i^.^s^Sflé.HBoiî}.«pminun ,de, /p^^^^^ 
p«(^^^ 4?fl^f)^^^?>^^ çlasfes Y à cao&e àe sa cçy^nei^ioi^ 
çûf^s^a^te^.^jvec^^Ve AÇjcf ppt^ijpi^. Qnand ojq suit, la forma- 
i^9f|..de.)Çpj; IpJ??^^ .oft.l.çs.voit sUués sur la feçe. sup^-» 

rîpfirQ.,4fiî)V;?P^®P^?l^î^,V9Î?^^^A les troisième ^^quiir 
U^/^in^ ^^çipxjjiuèij^jç;^ sixième.^ septième et huitième j^our^ 

de Tincubalion : ils font alors sur cette face la. même 

saillie, que ^e^,^lo^.^^.^^&. tubercules quadrijumeaux de 

l^ljLommqp^,^;tf,dç.^iiènie/npis,,de l'embrypn^ du moutoj^ 

«.*»,4^^.yeaj^riv^cl^ R^HÎ^?^.";"x.ième sen^ine^ du lé- 
tard^ des bftr^cieni^y .du^ixième au douzième jour de 
leuf fo^pfatî^;;^e^,|[i^s ppii^sons, dans toutes les coudi- 
lion^. de ;l^U];.(irg|qiisçipoi]^ permanente. 

*^:.JIM^^ cfc^rwe et de. structure. — A cette époque, 
de ]['j[i^cji^atjipii.^es, oiseaux , les, lobes (^ptiques sont oya- 
laix'es, un peu ,4^priniés en dedans^ de même que les 
lul^rcule^ quadrijumeaux des embryons de Thomme^ du 
veaUi du mçuton ^ du chien , du chat , du têtard des ba« 
traciens. iqt des poissons. Leur intérieur est creux et rem- 
pli par un liquide dans toutes les classes ; dans toutes , 
leur coquille est formée par une lame mince, disjointe 



( liu'J ) 

d'abord de çelleide sa congénère ^*et-tih peu plus tard , 
^gralnJée.Avec elilei 

, C il UnM dfi. connexion^. --^ Ces lobes recouvretit dans 
toutes le^ clashs lu rainure des pédoucules cérébraux , 
désignée aous le nom de scissure de ^ylvius. Ches les 
ciseaux ^ comitie dan&Ies autres classes , on trouve con- 
staminent eu arrière rinsertioa de la qdatrième paire de 
,i|erfs^ eo avant et «i bai celle des nerfs optiques; en 
avani; et en haut la glande ipinéale et sea pédoncules : an- 
lérieunament l«ur cavité débouche dans le troisième veu- 
tricule V :et postérieurement dans le quatrième . 

: Sriije pouvais un inistant me détacher de mes propres 
cèol^enchesset méjuger moi-^mème , je dirais que la dé- 
termination de cette partie exigeait rigoureusement ce 
quej'ai.fftit , cl tout ce que j'ai fait : car Tunité de forme^ 
4e i position et de eltructure, sans la connexion ^ .n'eût 
offépt en faveur de notre analogie , que de ifortes pré- 
acxmplionavet Funiié déconnexion sans les autres ana- 
logies>;eùt laissé sans réponse les oLyeCtions des anato- 
mistes qui dgà l'avaient abandonnée J 
I 'Maintenant , sipar la pensée nons arrêtions les formes 
dé Tencéphale de toutes les classes à cqtte époque « on 
vent combien serait simplq T^inatomie èoipparative de 
cette partie , ou plutôt il n'y aurait pas d'anatomie cbm^- 
parative ^> pi^rce que l'on n'aurait plus qu'à constater des 
identités; ■ • ^ 

Mais si al^andonnant les embryons , nons nous trans*^ 
portons tout-à-^coup chez les animaux parfaits , un ta- 
bleati) bien différent se présente à nos regards. Tout est 
changé dans les lobes optiques des oiseaux; l'insecte 



i.ti 



< ii6) 

n^est pas plus différent de sa larve , le papHion de sa 
chrysalide, la grenouille de son têtard , que le lobe op- 
tique d'un oiseau adulte ne Test du même organe chez 
l'embryon. C'est une métamorphose complète, où tout 
est change , excepté la connexion ; circonstance qui 
prouve toute l'importance et toute la fixité de ce principe 
introduit récemment dans la science par M. le professeur 
(jreoffroy Saint*Hilaire. Car dans le demi-cercle que par* 
court chaque lobe optique dans sa rotation autour du 
pédoncule cérébral , la quatrième paire de nerfs , le nerf 
optique , la glande pinéale et ses pédoncules restent in- 
variablement à la même place; ils sont là comme des 
témoins irrécusables de leur analogie primitive chez les 
oiseaux , et de leiu: analogie permanente chez les reptiles 
'et les poissons. 

Cette région moyenne de l'encéphale étant connue , 
déterminée ^ ramenée à sa véritable signification dans 
toutes les classes , la connaissance de tontes les antres 
parties en dérive nécessairement ; c'est , comme bous l'a- 
vons d^à dit, la clef de cet organe varié de tant de ma- 
nières dans la série des vertébrés. 

Ainsi , en arrière des lobes optiques se trouve le cer- 
velet : on ne peut' le méconnaître , soit qu'il se réduise 
chez les reptiles à ses plus petites dimensions, soit qu'il 
s'élève au maximum de son développement chez les 
mammifères et chez l'homme , soit enfin qu'il présente 
des formes fixes, comme chez tous les oiseaux, ou des 
formes variables dans presque toutes les espèces, comme 
chez les poissons. 

Ainsi, les lobes cérébraux suivent dans tontes les 
classes les lobes optiques en avant , et quoique non moins 



( "7 ) 

\arjables dans leurs formes que le cervelel , on ne peut 
un instant les méconnailre dans toutes les classes. 

Ainsi encore, la paire de lobes qui succède en avant 
aux hémisphères cérébraux , représente toujours le lobe 
olfactif /soit qu'ils égalent par leur masse la masse des 
lobes cérébraux chez certains poissons , soit qu'ils s'a- 
néantissent presque complètement , comme chez presque 
tous les oiseaux et quelques mammifères *, soit enfin 
qu'ils se placent sur la même ligne que les lobes céré- 
braux, qu'ils se cachent à leur base, Oju qu'ils soient 
projetés loin d'eux, comme chez beaucoup de reptiles* 

Voilà donc des diversités saa& no^ibre ramenées à Vu- 
niié. 

Ain$i dès à présent, personne ne peut douter que l'eu-, 
ccphale des animaux vertébrés ne soit ramené à tine 
structure uniforme, et que les Ipis dQ ses variations. ne 
soient déterminées (i). 

La détermination rigoureuse des élémens organiques 
est donc la base de Tanatomie comparative , et l'organo* 
génie un des moyens les plus positifs pour arriver à ce 
résultat. Cette détermination devient surtout difficile 
dans les appareils de relation , lorsque dans leur démem- 
brement, les^ièces qui les composaient, changent début 

(l) Conclusion que j^mprunte à M. le baron Guvier, qui a dit ayec 
tant de raison , en pariait du système osseux : 

« Ainsi , dès à présent , personne ne peut douter que le crâne des ani- 
» maux yertébrés ne soit ramené k une structure uniforme , et que les 
» lois de ces variations ne soient déterminées. » ( Rapport fait en fé- 
vrier i8ai , à P Académie royale des Sciences, publié dans les Annales 
générales des Sciences physiques , tom. i, p. 397.) Résultat , au reste, 
dû pour Tencéphale , aux travaux des frères Weuzel et de MM. G ail , 
Cuvier, Tiedemann, Garas , Treviranus, Meckel, Rolando, et aux 
miens. 



( ii8 ) 

OU d'usage , et s*associent si diversemeot pour s'accom* 
moder à leurs nouvelles fonctions. La fonction cessant 
alors de diriger Tanatomiste , il devient indispensable de 
recourir à dVutres caractères puisés dans les organes 
mêmes qui subissent ces transformations. Pai^mi ces ca^ 
ractères anatomiques , celui des connexions mérite une 
attention particulière ^ on vient d'en voir une applica- 
tion dans la détermination de l'encéphale 5 je vais en mon- 
trer une autre dans les appareils osseux situés sur lés 
flancs de la base du crâne , et si diversifiés dans la série 
des animaux. 

Que de combinaisons il a fallu essayer avant d'arriver 
à reconnaître que les osselets de Fouie se transforment 
chez les poissons en pièces osseuses destinées à l'appareil 
respiratoire ? Et quelle concordance dans ce résultat ana-* 
tomique avec celui de la pathologie , qui nous a montré 
en dernier lieu que le nerf facial est un nerf rèdpîratétir? 
M. Charles Bell a confirmé, par le système nervéui , 
l'idée si heureuse de M. Geoffroy Saint-Hilaire, sur les 
os operculaires , idée à laquelle l'avait conduit le prin-v 
cipe des connexions. Dans cette détermination , les 
pièces étant données , les osselets de l'ouie isolés , dis- 
tincts, chez les mammifères et l'homme, forment dés 
individualités dont il restait à reconnaître le déguisement 
et le nouvel emploi chez les poissons. 

Maïs pour expliquer Tos carré des oiseaux , il fallait 
décpuvrii^ d'abord les pièces qui entrent dans sa compp- 
siûon, et déduire l'individualité de ces pièces de la né- 
cessité même de l'emploi qu'elles ont chez les mammi- 
fères et l'homme. Le cadre du tympan forme uu.anneai:^ 
à l'entrée du conduit auditif externe ^ or, tout anneau içsl 



( "9) 

formé au moins de deox pièces, ainsi que nou.H ratons 
d<éjà dit : c^est ce que je trouvai ehét t&ùks les jeunes em-^ 
bryons de rkomme ei des ntMÀiftifères. Le tjrmpanûl 
et le serrialy , noms par lesquels les a désignés M. Geof- 
froy Saint-Hilaire , sont toujours distincts dans le très - 
jeune âge ; or , à cette pièce vient s'adosser le pédoncule 
d'une trpi3ième» étendue sur la base du roçb^r. et <jlQiU 
le but chez l'homme est dç. compléter le (^al caroii- 
dîen : c'est le colyléal de M. Geoffroy. Par son corps , 
le cotyléal cloisonne l'entrée de la carotide dans le 
crâne; par son eictrèmité il concourt à former la cavité 
deatîpée a l'ariiailation du maxillaire inférieui^. La ck^ 
rotide interne étant portée chea Thoiiùne à son plus iuùt 
point de développement, le eorps-du cotyléal a- griindi 
dans la même proportion, en atrophiant son extrémité 
articulaire ^ mais à mesure que Toîi s'éloigne de l'homme^ 
la carotide interne s'atrophiant , le canal carotidien di- 
minue , le eprps du eotyléal se réduit de :plus en pl«« \ 
<M^ que le corps de cet os , perd en volume , sert au d^vts*- 
l^ppemeut de sou extrémité , qui embrassant la base du 
sèrrial et du tympana} , forine. dans Iq ^enre Feîis j 
«etlp conque auditive exle^qe à Uquelle M. Cuvjw a 
«donné le lioin de caisse ; cette ca^se e^t ainsi ^^ompo^ée 
du tympanal , du serrial et àa cotyléal : à côté ie trouvé 
le stylial , dévolu aux fonctions de l'hyoïde. 

Or ch^z les oiseaux , ^ stylial ^e réunis^ut ai^x .trois 
autres pièces , forfne un os mobile et à quatre faee« ; 
c'est Yoi carré, espèce de régulateur déôtootiveiiien s 
des maxillaires dans celte classe. Il résulte ainsi de toutes 
ces variations de fppcMons de ces diverses pièces , que 
le seul caractère auquel elles sont assujetties / c'est la 



( 120 ) 

connexion , connexion qui se remarque encore chez les 
reptiles , et surtout chez les poissons où ces pièces res- 
tent tout-à-fait démembrées , comme elles le sont chez 
les jeunes embryons (i). 

> 

Que Vorganogénie est une anatomiè comparative tran- 
sitoire , et Vanatomie comparatisme une organogénie 
permanente (a), 

MM. le baron Cuvier . Geoffroy Saint-Hilaire et de 
Blainville , ont rendu Fanatomie comparative à toute sa 
dignité y en en faisant de nouveau la régulatrice de la 
zoologie. Pourrions -nous espérer de la rendre à toute 
son utilité, en en faisant la régulatrice de Vorganogé- 
nie ? Si ces variations infinies de formes organiques que - 
nous offre la série des animaux , sont reproduits par les 
variations nombreuses des formes organiques des em- 
bryons , qui ne voit la lumière réciproque que se ren- 

(i) Chez les poissons , le cotyléal est composé de deux, pièces , de 
Pépicotyléal , et de Thypocotyléal de M. Greofl^y Saint-Uilaîre. Le co- 
tylëal est Panalogae du même os des mammifères , des oiseaux et des 
reptiles \ Thypocotyléal me parait représente chez les jeunes embryons 
par la pièce cartilagineuse que j'ai considérée comme un maxillaire in- 
férieur temporaire, et dout Esson , Heusingér et M. Meckel ont parlé , 
en indiquant ses rapports avec les os de Poreille moyenne. 

(a) Sic natura perfecta et divina nihil focîens frustra , nec cuipiam 
animali cor addidit , ubi non erat -opos , neque priusquam esset ^us 
usus, fedt^ sed iisdem gradibus in formatione cujuscunque animalis, 
transiens per omnium anima^lium constitutiones ( ut ita dicara ) ovum > 
vermem» fœtum , perfcctionem iu singuHs acquirit. Hœc alibi in fœtus 
formatione multis observationibus confirmanda sunt. (Hartey, Exercie. 
çna^omica de Motu cordis , etc. ) 



( "O 

voient ces deux branches de Tanatomie générale? Qui 
ne voit que Tanlliropogénie et la zoogénie pourraient 
ainsi s'expliquer mutuellement? 

Mais cela est-il? C'est ce que nous devons chercher a 
établir avant de faire pressentir les conséquences qui en 
dérivent pour la connaissance de l'organisation de 
l'homme. 

Une observation générale sur l'organisation des ani- 
maux adultes , montre que leurs appareils organiques , 
comparés à ceux de l'homme , vont en se divisant ou en 
se fractionnant de plas en plus , à mesure que l'on se 
rapproche davantage des classes inférieures. Ainsi , les 
os composant la tète se multiplient graduellement , 
de l'homme aux poissons : il en est de même de ceux 
de l'épaule, de l'hyoïde et du sternum: plus on s'é- 
loigne de Thomme , plus aussi les scissures des grands 
viscères sont nombreuses et profondes \ ce que l'on re- 
marque principalement sur le foie y le rein , la pros- 
trate , la matrice , l'encéphale , et jusqu'à un certain 
point sur les poumons. Le cœur fait à cette règle géné- 
rale une exception remarquable. Ses cavités, au lieu 
d'augmenter , diminuent en nombre , et se réduisent , 
de quatre qu'on observe chez les mammifères et les oi- 
seaux , en deux , et puis en une. Nous en dirons bientôt 
la raison. 

Or, soit que les fractionnemens organiques augmen- 
tent , comme c'est le cas plus général , soit qu'ils dimi- 
nuent , ce qui est plus rare , une observation générale 
sur la formation des organes , montre que le fractionne^ 
ment en plus ou en moins est exactement reproduit par 
l'organogénie. Ce résultat , qui semble d'abord impli- 



( »" ) 

quisr conlradiclion, est la preuve la plus marquée de 1« 
8ubordina(ion die la nature dans leb formations organi^ 
ques de Tembryon , et dans Forganisaticm î arrêtée^ dés 
aaiiinaux. 

Pour bien cuivre le développeiiient de cette proipôst-' 
tion , nous devons rappeler que Tidëe préconçue des qi!- 
ganes diaprés Tanatomie humaîne, n'est qu'une idée -rié* 
lative et individuelle; ni la fovme, ni le nombre ides 
orgapes ne sont un attribut géniéral. \\ n^ a qaé les élé- 
ment primitifs ou les «natériauK constituai qui punis- 
sent invariablement donnés *, la forme et le voliime >]^ea- 
vent varier, et varient en effet à 1- infini ,selo^jk 
diVersi té '*de leuir association; ^ ' ^i 

Chez rhomme adulte^ le:maxiUairo ^supérieuv > 'qiie 
nous choisissons pour premier exemple , est :un Ôb 
unique , formant, comme chacun }e sait , k plus gifaude 
partie delà face^ iat encaissant Torgane de Todovatet 
une partie de celui du goût. Ces organes étant très*^es- 
creints dans Tespèce humaine ^ Tos qui les protège , aussi 
restreint, se trouve comme concentré sur lui-même :>•)! 
est alors uniquemetit simple , ii^^îvisé ^ l&ais à lûesuife 
que Ton s'éloigne de l'homme , ces sens augmentant <le 
capacité et d^étendue , l'os protecteur est obligé de s'é^ 
tehdreavec^euK. En s^étendant il sç fractionne ; ses Ma- 
tériaux constitutifs s'isolent, et alors on voit se repro- 
daire en grfind ce que nous présente eu miniature , 
pour ainsi dire , l'ostéogénie de l^homme. 

Le premier fractionnement qui ait été bien constaté, 
est celui de l'os incisif des pachydermes et des rumîuatts. 
Cet élément est si distinct chez les animaux , il se dé 
tuerie si bien du reste de l'os , que ne pouvant se rofuseï 



( îb3 ) 

à le considérer comme une pièce à part , on voulut Ik 
retrouver chez l'homme , et on la retrouva aussitôt^ 
parce que les traces de sa réunion persistent au-delà du 
terme de la naissance. 

Ce fait, mis hors de doute par Vicq-d'Azyr et M. Cu- 
vier, me servit à expliquer la formation d'une partie des . 
alvéoles dans les lois de Tostéogénie *, mais indépendam- 
ment des autres cavités qui se creusent dans son étendue, 
cet os présente un trou pour le passage du nerf et de 
Tartère sous-K)rbitaires. Ce trou et ces cavités exigeant 
un plus grand nombre de pièces pour leur formation , je 
dus les recherche!* sur des embryons plus jeunes ; or, dil 
troisième au quatrième mois de la conception , je trou- 
vai constamiîient cinq pièces distinctes , concourant plus 
tard par leur réunion à la composition du maxillaire su- 
périeur, et y concourant nécessairement. 

Cette vérité d'ostéogénie ne fut pas appliquée par moi . 
à Tanatomié comparative ; je me bornai à faire remar- 
puer que sans l'existence isolée de ces cinq pièces , la 
formation de ces os chez Thomme ne pouvait être ni 
conçue , ni expliquée. M. Geoffroy Saint-Hilaire , rap- 
porteur du Mémoire que j'avais lu sur ce sujet à l'Aca- 
démie des Sciences, n'y vit d'abord qu'une heureuse 
application de mes principes anatomiques ; mais quel- 
ques années plus tard , cet illustre anatomiste , reprenant 
ses recherches sur le crâne des crocodiles , constata chez 
ces reptiles la division et la disposition permanente dé 
ces cinq pièces , que m'avaient offertes l'embryon hu- 
main. Le crocodile est donc pour cet os la reproduction 
permanente de l'embryon du troisième mois , et cet em- 
bryon est , sous le rapport de cette partie , un crocodile 



( "4 ) 

transitoire j comme il devient plus tard un pachiderme 
ou un ruminant^ lorsque du septième au huitième mois 
le seul incisif est distinct du reste de Tos. 

J'aurai si fréquemment l'occasion de montrer eette ré- 
pétition dans Tostéogénie, que je me borne à ce seul 
exemple pour eu produire de nouveaux , choisis sur 
d'autres systèmes organiques , et d'abord dans le système 
génito-urinaire. 

Noiis avons dit plus haut que chez l'embryon humain, 
le rein • organe unique chez l'adulte , était primitive- 
ment multiple ou multilobé : je l'ai vu quelquefois formé 
de huit , plus souvent de six ou de quatre petits reins de 
chaque côté. Il n'est pas d'anatomiste qui n'ait répété 
cette observation , qui est l'état primitif et normal de cet 
organe. Au premier aperçu, on ne voit guère le Inotif 
de ce fractiounement organique; aucune des raisons. fi- 
nales appliquées au fractionnement de la colonne verté- 
brale et des os de la voûte du crâne ne pouvant lui être 
assignées , les faits suivans empruntés à l'anatomie com- 
parative , nous décèleront peut-être le but de la nature 
dans ce mode de formation. 

Supposons en effet qu'en nous éloignant nous rencon- 
trions des reins multilobés chez les Mammifères adultes ^ 
que chez les uns il y ait deux lobes , chez les autres 
quatre , six , huit ou même douze , qui , à la lettre y 
comme le dit M. Guvier , soient des agglomérations de 
reins plus petits et parfaitement semblables aux plus 
grands par leur structure? Ne pourrons-nous pas re- 
garder ces cas normaux et permauens chez ces espèces , 
comme analogues au cas fugitif et transitoire de l'em- 
bryon ."^ La constante division des uns ne scra-t-elle pas 



la reproduction visible de la division passagère des hu^ 
très ? ou , en d'autres ternies j ces animaux ne nous 
oflriront-ils pas Torganogénie permanente de cet or* 
gane ? 

Or, nous avons supposé ce qui est : le rein de rélé- < 
phant à quatre lobes ; à celui du bœuf ,|douze et qua- 
torze ^ il y en a dix chez la loutre et deux assez gêné- 
ralemeni dans le genre Félis , ainsi que dans la plupart 
de^ oiseaux , où leur forme est très-allongée , et, leur 
position descendue dans le bassin (i). Si cet état per- 

(i) Pour montrer Pidentité de structnre de cet organe, je foinB îei 
une note qui m'a été communiquée par M. Joseph Martin , jeune et lia* 
bile anatomiste : les préparations et les dessins ayant été faits soos mes 
yeux . je gtrantis Pezactitude de ce qu'elle renferme. 

Forme générale, — Les reins des mammifères ont presque toojours 
la même forme «xtérieure : leur structure est cependant on ne peut pins 
variée. -Chez ks oiseaux, au contraire, la structure ou la oompontiott 
du rcia -est constamment la même , tandis que la forme varie d'une fa- 
mille à IVutre. 

JLb difiérenoe de forme parait Aenir die% les oiseaux à la figure très* 
variée qae présente chez eux le bassin. En e£Gdt , dans cette classe. Us 
reins , resserrés et comme encadrés dans les cavités profondes de 91^ 
parties latérales, et toujours appliqués immédiatement sur Pos, se moa- 
lent aéoessaireroent sur ces cavités , et présentent ainsi autant de va- ' 
rîétés qu'il y a djo bassips difiërens. Dana on grand nombre d'espèces , 
telles que les aigles , les girèbes , etc. , la grosse, extrémité du r^ est 
en haut, et la petite en bas; chez beaucoup d'autres, tels que.l^ ca* 
nards , les fiûsans , les dindons , e^< , il présente la disposition inverse, 
regagnant ainsi d'un côté ce qu'il perd de l'autre. 

Il n'en est point de même chez les mammifères. JUa forme du bassin 
n'est point, il est vrai , constante chez ceux-ci ; mais il y a toujours àe§ 
muscles épais qui tapissent sa cavité, et recouvrent la colonne vertébrale; 
les reins se trouvent ainsi constamment dppuyés sur des organes dont , 
la structure est molle et la sur&ce polie ; d'où leur aspect lisse et leur 
forme arrondie. Les ours , les cétacés , et quelques mammifères , 



( "8) 

riui^rèi qui peut en résulter pour la connaissance de 
rhomme. 

On a discuté pendant quelque temps pour savoir si 
ce que Ton nomme glande thyroïde est un corps sim-* 

seur des parois de Furetère : ce qui me confirme dans cette opinion , 
c*est que jamais Pair ne parait venir des tubes Vers le bassinet. 



I. 



Mepibrane propre du rem..— Cliez Tbomme, chez plusieurs mammi- 
fères, et chez les oiseaux, la membrane qui recouvre la surfiioe corticale k 
^extérieur, se réfléchit dans la scissure du rein , passe entre les vais- 
seaux , le bassinet et la substance rénale. Lorsqu'elle a pénétré assex 
avant dans Je rein , la membrane propre se porte jusqu'à la base de 
chaque faisceau de tubes , c'est-à-dire qu'elle va tapisser la surface in* 
terne de la- substance corticale , excepté dans les endroits où les tubes 
font saillie. La manière dont elle se comporte , une fois qu'elle a entouré 
la ,{)ase de chaque faisceau tubuiaire, ne m'a pas encore paru assez claire 
pour que j'en donne ici les résultats. 

Structure particulière chez les oiseaux, — Il est dit dans l'dÀnatomie 
comparée de M. Guvier : « Dans les reptiles, les reins se distinguent de 
» ceux des mammifères , et ressemblent aux reins des oiseaux et à œaz 
» des poissons , par l'impossibilité d'y reconnaître deux substances , et 
» par le défaut de calice ou de bassinet. » 

Voici ce que j'ai observé , et ce que montrent mes pièces anatomiqiias 
et mes dessins. 

Tout rein d'oiseau est composé : 

|0. D'une substance corticale très-moUe, de l'épaisseur d'une ligne 
environ; 

30.. De faisceaux composés de tubes très-distendus, au nombre de 
quinze à trente ou quarante , contenus dans une enveloppe très*minoe; 

30. DW canal évasé en plusieurs endroits , rétréci en d'autres , dans 
lequel s'abouchent, au moyen de petits conduits , tous les faisceaux for- 
més de tubes urinifères. 

Si l'on compare actuellement la structure de ces reins à celle du rein 
de l'homme , on a i». la substance corticale dans les deux cas ; a», la 
tubuleuse, plus marquée chez les oiseaux. Car les faisceaux de tubes 
sont plus évidemment entourés d'une membrane, et écartés les uns 
des autres chez les oiseaux par une plus grande quantité de substance 



( 129 ) 

pl^ou double chez Thomme. Sylvîiis qui ; comme nous 
TavoDS déjà dît , s'en rapportait plutôt au sentiment des 
anciens qu'à ce qu'il voyait sur la nature, dît positi-, 
vement qu'il y en a deux , comme on le voit chez la 
plupart des mammifères , d'après lesquels la descrip- 
tion en avait été faite avant lui. Morgagni , Heister , 
Winslow donnèrent de cette glande une description bien 
différente parce qu'ils la prirent sur Thommê adulte. Elle 
fut dès-lors considérée comme un organe unique , et ou 
n'a cessé de la considérer comme telle , quoique Haller 
l'ait vue manifestement double chez l'embryon humain. 
Si , comme l'observe Bordeu, on voulait s'arrêter à de 

corticale: de plus, les tubes urinifères eux-mêmes sont très-grps, et 
Ton peut facilement les injecter et les compter , ce qui rend cette sub- 
stance tubuleuse on ne peut plus marquée chez les oiseaux , tandis que 
les conduits urinifères cliez Tbomme sont d'une ténuité extrême et im- 
possibles k isoler ; d'où il résulte que la substance tubuleuse est plus dé- 
veloppée chez les oiseaux que chez Thomme , avec cette différence tou- 
tefois , que dans les premiers il y a , toutes choses égales d'ailleurs , un 
bien moins grand nombre de tubes que dans l^s reins des mammifères. 

Les calices ne paraissent point exister chez les biseaux ; cependant il 
y a 9 comme je l'ai dit plus haut , une membrane qui entoure les tubes 
urinifères; cette membrane se continue avec le canal, plus ou moins 
évasé , qui conduit au bassinet : de manière qu'il y a évidemment , 
comme chez l'homme, une enveloppe des tubes destinée a conduire l'u- 
rme plus loin , dans le bassinet. C'est à cette enveloppe qu'on a donné le 
nom de calice. 

Enfin le bassinet | qui n'est qu'un réservoir commun à tous les calices, 
s'observe chez les oiseaux. Il y a en effet chez ceux-ci , outre le canal 
plus ou moins évasé qui longe le rein , un bassinet ou évasement plus 
considérable du canal : vers la partie inférieure des reins il y a mémo 
deux et quelquefois trois petits réservoirs. Ainsi , d'après ce qui vient 
d'être dit , les reins des oiseaux ont non seulement deux substances , 
une corticale etj!auti'e tubub^use ; mais en outre , des calices et un ou 
plusieurs bassinets. 

XII. 9 



( i3o ) 

petites disputes , on pourrait soutenir contre la plupart 
des modernes , que les thyroïdes sont , dans riiomme 
adulte comme dans les brutes , deux glandes et non 
point une seule ; mais dans la question qui nous oc- 
cupe , il nous suffira de confirmer F observât] on de Hal- 
1er , en remarqant qu'elle est constamment double chez; 
le3 jeunes embryons , la droite étant parfaitement iso- 
lée de la gauche , dont la réunion s'elTectue plus tard 
et d'une manière constante , comme cela arrive quel- 
quefois aux deux glandes sublinguales , aux deux amyg- 
dales sur la base de la langue, aux deux reins , au de- 
vant de l'aorte. Or , cette réunion accidentelle , a-t-elle 
jamais fait croire qu'il n'y avait qu'un seul rein , qu'une 
seule amygdale , qu'une seule glande sublinguale ? 
L'isthme qui les réunit alors fait évidemment reconnaitre 
que ces organes avaient primitivement été distincte et iso- 
lés ^ l'isthme qui réunit iniférieurement les <leux thyroï- 
des , prouve également leur séparation primitive , et doit 
nous faire revenir à l'opinion des anciens. Quoi qu'il en 
soit, il est. manifeste , dans ce cas ci > que les deux thy- 
roïdes permanentes des mammifères sont la répétiton des 
deux thyroïdes de l'embryon. L'organogénie reproduit 
donc fugitivement pour cette glande , son anatomie com- 
parative , et celle-ci reproduit manifestement son orga- 
nogénie. 

Si les anatomistes ont été partagés de sentiment sur la 
division ou non division du corps thyroïde , question 
minime en elle-même , leur commun accord sur la non 
division de la prostate est bien autrement remarquable. 
Ce corps glanduleux , entourant en arrière et sur les cô- 
tés le commencement de l'urètre, est si manifestement 



( i3i ) 

lobulaîre , que cette structure , chez Thomme adulte , a 
été promptement reconnue j mais , soit qu'on ait admis 
deux ùVL trois lobes pour sa composition , leur connexion 
est si intime , que personne , à ma connaissance , n*a 
encore eu l'idée qu'il y eut primitivement deux glandes 
prostates , une pour chaque moitié du canal de l'urètre. 
Si les deux thyroïdes réunis par un isthme très-étroit , 
ont été considérés comme un corps unique , à plus forti^ 
raison eette unité devait-elle être admise pour la pros- 
tate ) dont la masse presque entière , chez l'adulte , se 
groupe pour faire un seul corps. Il n'en est pas ainsi 
ehez l'embryon. Les lobes prostatiques , au nombre de 
quatre , sont disjoints et isolés. 

Primitivement , che£ l'embryon humain , on ne ren- 
contre pas la prostrate ; on ne l'aperçoit que vers la fin du 
deuxième mois , formée à cette époque de quatre lobed. 
Cette divison multilobaîre de la prostate correspond k 
la division multilobaire des reins chez l'embryon. Plus 
tard , chez l'embryon , vers le quatrième et le cin- 
quième mois , les deux lobes internes se réunissent en 
un seul , et la prostate ne parait alors composée que 
de trois lobes. Plus tard encore , c'est-à-dire , du sixième 
au huitième mois, tous ces lobes s'unissent entre eux , 
et forment, comme le rein , un organe unique , qui em- 
brasse l'origine , ou une partie de l'origine de Turètre. 
On peut néamnoins , par une dissection attentive y re^ 
€<»inaltre , comttie dans le rein , les traces de l'organi- 
sation primitive de la prostate (i). 

. (i ) Cette formation de la pro&tate a été vérifiée par tm de nos pttfs 
oétèbres chirurgiens , M. le professeur Lisfranc , et publiée dans sa Dis- 
sertation pour le concours de Taggrégation à la Facutté de Médecine. 



\ 



( i3a ) 

Cet isolement des lobes proslatiqes chez rembryon 
est la répétion de ce que nous oflfre Torganisation nor- 
male de Téléphant , du bélier et du bœuf , chez lesquels^ 
cet organe est bilobaire. L'état primitif reproduit spé- 
cialement l'organisation des solipèdes adultes , chez les- 
quels elle est quadrilobée. 

L'unité prostatique de l'homme rappelle l'unité uté- 
rine de la femme adulte. Cette unité qui se conserve 
plus ou moins parfaitement chez les singes , montre des 
traces de division manifeste chez les carnassiers , les 
herbivores et les rongeurs. Enfin , chez certains , comme 
les cav^ia de Gmelin et surtout chez les lièvres , les deux 
matrices tout-à-fait disjointes débouchent isolément dans 
l'intérieur du vagin. Pour que la formation de la ma- 
trice nous reproduisit ces divers états , il faudrait que 
son corps fût primitivement double : or, non-seulement 
elle l'est du deuxième au troisième mois de l'embryon 
humain^ mais elle forme même deux intestins isolés. 
Elle est bi'cornue , ainsi que l'ont dit Harvey , Home , 
Meckel et Tiedemann, L'utérus reproduit donc primi- 
tivement cet organe des lièvres: puis dans les métamor- 
phoses successives qui convertissent le double organe 
en un seul, nous voyons se répéter plus ou moins ra- 
pidement l'organisation qu'il conserve constamment 
chez les rongeurs , les ruminans et les carnassiers. 

JPy ajouterai qu'au troisième mois , la prostate n'embrasse pas le canal 
de l'urètre ; elle forme une épiphyse saillante à la base de son origine : 
elle est alors divisée en deux par un sillon transversal , siUon qui est 
l'indice de la séparation primitive des lobes antérieur et postérieur. Sur 
un embryon de cinquante jours , je trouve la prostate plus affaissée , 
ressemblant eu quelque sorte aux tubercules quadrijumeanx \ le raphé 
médian est croisé à angle droit par le sillon transversal. 



( x33 ) 

Àinâi , la formation de Tutérus reproduit celle de la 
prostate et de la thyroïde , nouvel argument en faveur 
de Tanalogie de ces trois parties. 

L'homogénéité primitive des deux sexes est une des 
découvertes les plus curieuses de Tanatomie (i). 

Il n'y a primitivement ni mâle ni femelle ; puis en ap*- 
parence il n'y a que des femelles (je dis en apparence , 
on en verra plus tard la raison ) ; puis , les organes d'ap- 
parende femelle , se transforment en organes mâles. 
Toutes les femelles , à une certaine époque de leur for- 
mation , ont l'air d'être hermaphrodites , et a une cer- 
taine époque aussi , on prendrait tous les mâles pour 
des femelles sans un examen attentif. Ces dernières ap- 
parences se manifestent chez l'embryon humain, sur 
la fin du deuxième mois et au commencement du troi- 
sième, et chez le veau, le mouton, le chien et le chat, 
vers le premier tiers de leur formation. Cette cir- 
constance dans le déguisement des sexes, provient de 
la constance du mécanisme de leur formation. 

D'abord projetés en avant, les organes génitaux ne 
sont point enveloppés par le bassin. Le clitoris et la 
verge font une saillie très-prononcée au bas de ce qui 
doit constituer l'abdomen. Le clitoris elle vagin d'abord 
divisés dans toute leur longueur , se réunissent en avant 
et offi^ent à leur sommet un renflement , divisé aussi 
sur la face intérieure (aj. Au-dessous de ce corps, on 

(i) Aristote, Galien, Home, Auterieth, Achermanii) Oken, Mec- 
kel , Tiedemann , de Blaiuyilie , Geoffroy Saint- Hiiaire , Isidore Geof- 
froy Saint-Hilaire. 

(a) Ployez M. Meckel, Auterieth ^ Ackermann » et M. Tiédemaim^ 
dont il cite les Mémoires. 



. ( ï34 ) 

trouvera peau bifide et oârant deux petite replis. L'în- 
terae qui s'avance vers la racine du renflement qui ter- 
mine le corps d'où doivent provenir le clitoris ou la 
verge; Texterne qui enveloppe ce dernier. Le premier 
de ces replis doit constituer les nymphes (i) ctez la £e- 
melle , et le prépuce chez le mâle. L'externe donne 
naissance aux grandes lèvres et aux bourses ; dans l'écar* 
tement du premier repli, se voit une petite ouverture 

qui est l'orifice externe de l'urèthre , également écarté 
à cette époque de l'extrémité du clitoris et du gland. Je 

n'ai pas trouvé sur un embryon femelle de la quatrième 
semaine , l'ouverture du vagin. Quand le bassin est 
réuni en avant, il forme un angle très-saillant. C'est 
sur les côtés de ces branches , que naissent les racines ^ 
qui par leur jonction ont constitué le clitoris et la verge. 
Plus Tangle est saillant , plus les parties génitales font 
saillie en dehors, et c'est à cette époque surtout, c'est- 
à-dire du quarantième au cinquantième jour de l'em- 
bryon , que tous les embryons seraient pris pour des 
mâles , si on ne considérait que l'aspect extérieur des 
organes génitaux ; comme au commencement du 
deuxième mois , on les prendrait tous pour des femelles , 
quand les replis cutanés d'^où doivent provenir les 

(i) C'est en saîyant pas à pas la marche de ce repli cbez les embryons 
et les jeones filles , que Ton découvre le véritable but des nympbes , 
tiVXqueUef on en a tant attribué d'imaginaires. Leur principal , et pres- 
que leur unique usage, est destiné à l'acte delà génération; dans le 
moment de l'érection du clitoris , cet organe eût été porté en baut, et 
écarté du pénis si , par leur disposition , les nympbes ne l'eussent di* 
rigé en bas , et ramené ainsi vers la face dorsale de l'organe générateur 
mâle. Cette circonstance doii être prise en considération dans la re^ 
cherche des causes de la stérilité chez la femaie. 



( i35 ) 

bpurses et les grandes lèvres^ ne sont pas lout-à-fait 
réunis chez tes mates. 

Or , c'est cette similitude embryonnaire que répètent 
plusieurs animaux adultes. Le volume du clitoris , dit 
M. Is. Geoffroy Saînt-Hilaire , égale celui du pénis dans 
plusieurs espèces , même paf mi les singes , et la ressem- 
blance est telle ^ que les femelles sont prises la plupart 
du temps pour des mâles (i). Quelques espèces ont le 
gland du pénis bifurqué , celui du clitoris l'est égale- 
ment de même que cbez les embryons. Le lapin est 
particulièrement remarquable sous ce rapport. Sa verge 
répète celle de l'embiyon de la quatrième et cinquième 
semaine, de même que ses cornes utérines reproduisent 
celles du petit embryon humain du quarantième au cin- 
quantième jour. L'anatomie comparative nous présente 
ainsi d'une manière permanente un ordre de faits que 
l'organogénie ne nous dessiue que passagèrement , et 

(i) Quanta ^analogie de eomposition de Patérus, je transcris ici un 
pa^Bsage de Tintéressant oavrage de M. Isidore GeofiVoy Saint- Hilaire. 

« L'organe covjiu sous Le nom de matrice , est en effet formé de deux 
parties qui doivent être distinguées et considérées comme des organes 
particuliers ; des artères différentes nourrissent séparément le corps de 
hi matrice et ses cornes , ou suivant le nom que leur a donné Geoffroy 
Saînt-Hilaire , Tadutérum : tous deux ont des fonctions différentes , et 
leur développement est te plus souvent inverse. Chez la femme , Ta- 
dutérum est très - rudimentaire et vient presque à disparaître , tanctis 
que le corps de la matrice , ou Futérus proprement dit , est très-déve- 
k>ppé ; aussi l'anatomie humaine n'a -t-elle -même pas soupçonné Fexis- 
ten^e de Padutérum comme organe distinct , quoiqu'il le soit réelle- 
ment dans le jeune fige , et qu'on l'ait plusieurs fois , par anomalie , 
trouvé tel chez l'adulte lui-même. Chez les singes et chez fa plupart des 
édentés , l'adutérum est lui-même très-rudimeutaire , et l'utérus très- 
vplumineiix j chez les carnassiers , les rongeurs , les herbivores , le dé- 



( i36 ) 

que ranatomiste a beaucoup de peine à couslater, h 
cause du peu de consistance et de l'exiguïté des parties « 

S'il est important de voir l'anatomie comparée repro- 
duire l'embriogénie y combien n'est-il pas plus impor- 
tant de voir celle-ci répéter l'organisation des animaux? 
Quoi de plus remarquable ^t de moins remarqué , ava&t 
mes travaux y que cette queue que nous présente Tem- 
bryon humain de la cinquième à la sixième et septième 
semaine? Si un caractère saillant distingue l'homme 
des quadrumanes et des mammifères , c'est bien évidenu^ 
ment l'absence du prolongement caudal. Or, voici que 
l'embryon nous reproduit ce prolongement, et nous dé- 
cèle , pour ainsi dire , extérieurement les ressemblances 
qui le lient par son organisation a la chaîne des êtres 
dont il constitue le dernier anneau. Ce caractère a cela 
de singulier , que c'est lors de sa manifestation et pen- 
dant sa durée que se produisent les répétitions organi- 
ques de l'anatomie comparative. Ainsi , c'est à cette épo- 
que que la verge, le clitoris , les prostates , la matrice 
de l'embryon, reproduisent la matrice, les prostates, 
la verge et le clitoris de certains animaux adultes; 

▼eloppement de ces deux organes s^est au contraire fait dans un rapport 
inverse , i^adutérum étant extrêmement allonge -, et enfin cliez quelques- 
uns , comme chez les cavia de Gmclin , et surtout chez les lièvres , Pu- 
térus devient à son tour très-rudimentaire , ou plutôt presque nul ; de 
sorte que les deux adutéçums ont chacun leur orifice distinct dans le 
vagin. Les deux moitiés de la matrice, suivant rauciennc nomenclature^ 
sont ainsi tout-à-fait indépendantes Pime de l'autre , et la superfétatiou ' 
devient alors un phénomène qui se produit aussi facilement quMl s'expli- 
que. Il existe nu contraire quelques genres où Tutérus et Padutérum se 
trouvent également développés , et tels sont particulièrement les makis 
parmi les quadrumanes. » ( Considérations générales sur les Mammv» 
yërei» par M. Isidore Qeofiroy Saint-HUaire ^ p. i6i et suiv.) 



( »37 ) 

C'est à celte époque que tous les fractionnemens os* 
seux du V crâne et de la face de Tembryon , reproduisent 
leç fractionnemens permanens qui constituent Tétat nor- 
mal des mammifères ^ des reptiles ,et des poissons. C'est 
dans le cours de cette époque que le foie , les reins , 
les intestins^ et le cœur lui-même revêtent fugitive- 
ment les formes du cœur, des intestins, des reins et 
du foie des animaux. C'est dans ce moment enfin que 
son encéphale se déguise sous des formes dévolues aux 
poissons , aux reptiles et aux oiseaux. Or , ce qu'il y a 
de remarquable encore, c'est que le prolongement caudal 
n'a qu'une existence éphémère , comme toutes les res- 
semblances organiques de Tembryon. Il disparaît dans 
le cours du troisième mois y et c'est à partir de cet ins- 
tant que l'homme, laissant derrière lui tous les êtres or- 
ganisés , s'avance à grands pas vers les types organiques 
qui le constituent. 

Ce double mouvement offre surtout un grand intérêt 
dans la série de métamorphoses qu'éprouve l'encéphale 
de l'embryon des mammifères supérieurs. Après avoir 
constaté l'analogie primitive de ses élémens dans toutes 
les clasjses , il devenait nécessaire , indispensable d'en 
expliquer les dissemblances chez les animaux adultes. 

Car ces élémens changeant de forme et de position , 
chacun subissant dans chaque classe des tranformations 
nouvelles , l'ensemble de l'encéphale en est modifié , au 
ppint de n'être plus reconnaissable d'une classe à l'autre \ 
ce qui fait que jusqu'à ce jour il n'a pas été reconnu, 
puisqu'on voit qu'il ne pouvait guère l'être , en le con- 
sidérant dans son étal permanent et lorsque toutes ces 
métamorphoses sont terminées. 



( i38 ) 

On prévoit d^avance ce que nous avons dû faire , pour 
ne point nous en laisser imposer par cet; mutations eon« 
ûnuelles. On voit dès-lors quil fallait suivre pas à pas 
chacune de ces métamorphosss dans toutes les classes , 
appfrécier Finfluence que les évolutioiis d'un élément 
exep:'çaieiit sur toutes les autres , traverser ainsi les for- 
mes fugitives de l'encéphale pour arriver à l'explication 
de ses formes permanentes. C'est là le but que je me 
suis proposé dans VEncéphalogénie des embryons j com- 
parée à l'Encéphalotomie des animaux vertébrés. Un 
court aperçu va nous en faire connaître les résultats les 
plus saillans. 

Soient les tubercules quadri-jumeaux et leurs ana- 
logues, les lobes optiques des trois classes înfériem*es. 
Ches tous les embryons ces organes sont lobulaires, 
doubles et creux ; ils occupent dans toutes les classes 
la face supérieure de l'encéphale , ayant en arrière le 
cervelet et en avant les hémisphères cérébraux. Si vous 
suivez dans toutes les classes leurs diverses évolutions , 
vous les voyez chez les reptiles et les poissons conserver 
la même forme , la même position et les mêmes rap- 
ports : il n'en est pas de même chez les oiseaux et les 
mammifères. 

Chez les oiseaux , ils restent , ainsi que chez les rep- 
tiles y sur la face supérieure de l'encéphale , jusqu'au mi- 
lieu de l'incubation. A cette époque , vous les voyez 
abandonner cette position , se déjeter peu à peu sur le 
flâne des pédoncules , et occuper enfin la base et les 
eétés de l'encéphale , où on les rencon|re chez toqs lef 
oiseaux parfaits. Ils ont néanmoins conservé , comme 
chez les reptiles et les poissons ^ leur cavité inférieure. 



( i39 .) 

Chez les mammifères seuls, celle caviié s*obliière^ 
ces organes devieunenl solides comme la moelle épi- 
nière. Cette solidification s'opère, comme dans cette der- 
nière partie , par la déposition de couches toujours excen- 
triques. Primitivement ^ ces corps sont lobulaires „ dou- 
bles et creux , comme dans les trois classes inférieures. 
Ils conseryent cette forme jusqu'aux deux tiers environ 
de la gestation des animaux qui composent cette classe. 
A cette époque qui correspond au moment où leur cavité 
va s'oblitérer , on voit apparaître sur leur superficie uu 
sillon transvei^sal qui divise en deux chaque tubercule. 
Les deux lobes jumeaux sont convertis par ce sillon 
en quatre tubercules quadri -jumeaux ^ dénomination 
par laquelle on désigne ces corps dans toute cette classe. 

Si , chez les oiseaux , les lobes optiques s'arrêtent 
dans leur marche, ils conservent la même place que 
nous leur observons chez les reptiles et les poissons. 

Si, chez les mammifères^ le sillon transversal ne se 
manifeste pas , ces tubercules restent ovalaires , jnmeaux 
et creux , comme dans les trois classes inférieure^ 

Des dissemblances secondaires naissent , chez les oi«« 
seaux , de ce déplacement de leurs lobes optiques. Che:& 
les poissons , les reptiles et les mammifères , ces corps 
restent à leur place primitive ; la lame transversale qui 
le3 réunit par en haut , n'éprouve aucune modification. 
n nW est pas de même chez les oiseaux, à mesure que 
les lobes s'écartent l'un de l'autre,, leur superficie ae 
déplisse , la lame médiane qui les réunit, s'étend \ de 
telle sorte que chez les oiseaux adultes , on trouve à 
la place qu'ils occupaient d'abord , et qu'ils conservent 
dans les autres classes, une large commissure myonnée , 



( i4o ) 

composée de stries alternatives, de matière blanche et 
de matière grise. 

Voila les modifications extérieures qu'éprouvent ces 
corps dans les quatre classes. Quelque grandes qu*elles 
soient , quelque diflférence que présentent les quatre 
tubercules solides des Mammifères comparés aux deux 
lobes creux des reptiles et des poissons ; quelque trans- 
position qu'aient éi'rouvé ces parties chez les oiseaux, 
on voit que c'est toi^ours le même organe , déguisé 
seulement par ces diverses métamorphoses : que Ton 
me permette celte expression. 

Considérons le cervelet. Aussitôt que les deux lames 
transversales qui le forment se sont engrenées et se sont 
réunies avec les lames qui constituent la valvule de 
Yieussens , cet organe est formé dans toutes les classes 
par une petite languette mince , formant une petite 
voûte au-dessus du quatrième ventricule. Si le cervelet 
s'arrête à celt% époque de son développement , il con- 
serve chez les animaux cette forme simple et élémen- 
taire. C'est le cas de tous les reptiles , c'est le cas du 
plus grand nombre de poissons osseux^ mais supposez 
qu'avant la réunion des lames transversales , la moelle 
allongée s'élargisse outre mesure , et que ces lames ne 
s'accroissent pas dans la même proportion : qu'arri- 
vera-t-il ? On voit de suite que l'engrenure de ces lames 
n'aura point lieu sur la ligne médiane , elles se roule- 
ront sur elles-mêmes sans se réunir; là lame médullaire 
de Vieussens restera flottante sur le quatrième ventri- 
cule, qu'elle couvrira en partie. C'est le cas de certains 
poissons cartilagineux. 

Les poissons et les reptiles conservent donc les formes 



(i40 

embryonnaires du cervelet. Ce «ont sous ce rapport 
des embryons permaneus des classes supérieures. 

Chez celles-ci , le cervelet acquiert des dimensions 
considérables ; sa superficie se sillone de rainures trans- 
versales plus ou moins nombreuses , plus ou moins 
profondes ^ en même temps , il fait sur les côtés et sur 
le haut de Tencéphale une saillie plus ou moins mar- 
quée. 

Mais ces dissemblances classiques ne changent en 
rien sa détermination. C'est toujours le même organe 
resté dans les deux classes inférieures au minimum de 
son développement^ porté à son maximum dans les 
deux classes supérieures. 

Faisons aux hémisphères cérébraux l'application de 
cette méthode. Certainement si on voulait de prime à 
bord ramener les hémisphères cérébraux des poissons, 
on échouerait dans cette entreprise. On verrait d'uiie 
part, des organes très-simples, et de Tautre des organes 
très-compliqués , n'ayant auciin rapport extérieur , ni 
dans leur forme, ni dans leur configuration, ni dans 
leur structure. Tous ces caractères qui servent aux ana- 
tomistes pour reconnaître Thomogénéité des organes, 
manquant, on serait porté à croire que ces parties sont 
tout-a-fait dissemblables , er n'ont entre elles aucune 
analogie. 

Mais remontez très-haut dans la vie utérine des Mam- 
mifères •, vous apercevrez d'abord les hémisphères céré- 
braux roulés comme chez les poissons , en deux vési- 
cules isolées l'une de l'autre ; plus tard , vous leur 
verrez aflecter la configuration des hémisphères céré- 
braux 5 plus tard encore , ils vous présenteront les 



(I42) 

formes de ceux des oiseaux^ enfin, ils n'acquerront 
qu'à Tépoque de la naissance et quelquefois plus tard ^ 
les formes permanentes que pimente Tadulte chez les 
Mammifères. 

Les hémisphères cëréhraux ne parviennent donc à 
Tétat ou nous les observons chez les animaux supé* 
rieurs, que par une série succesme de* métamor- 
phoses qui les transforment. Si par la pensée nous ré- 
duisons à quatre périodes Tensemble de toutes ces évo- 
lutions , nous verrons de la première naître les lobes cé-^ 
rébraux des poissons , et leur homogénéité dans toutes 
les classes; la seconde nous donnera les hémisphères 
des reptiles ; la troisième produira celle des oiseaux, et 
la quatrième enfin , donnera naissance aux hémisphères 
si complexes des Mammifères. 

Si vous pouviez développer les diverses parties de 
l'encéphale des classes inférieures , vous feriez successif 
yement â*un poisson un reptile , d'un reptile un oiseau ^ 
d^un oiseau un Mammifère. 

Si vouis atrophiez au contraire cet organe chez les 
Mammifères^ vous le réduirez successivement aux con- 
ditions du cerveau des trois classes inférieures. 

La nature nous présente dans quelques monstres cette 
anomalie. 

Jamais elle ne produit la première, circonstance très- 
intéressante pour la philosophie de la nature. 

Dans les déformations variées que peuvent éprouver 
les êtres organisés, jamais ils ne dépassent les limites 
de leur classe pour revêtir les formes de la classe supé- 
rieure : jamais un poisson ne s'élèvera aux formes en- 
céphaliques d'un reptile. Celui-ci i^*atteindra jamais les 



( «43 ) 

oiseaux; un oiseau les Manimifères : un inoust^'e pourra 
se repeler ; il pourra présenter deux têtes , deux queues, 
six ou huit extrémités , mais toujours il restera étroite- 
ment circonscrit dans les limites de sa classe. Cet éton- 
nant phénomène est sans doute lié à F harmonie géné- 
rale de la création. Quelle peut en être la cause? Nous 
Ignorons , et vraificmblablemeiU nous rigaoreroos 
toujours ; c^est un des mystères de la création ^ dont 
l'homme mesure la surface , mais dont E^icu seul sonde 
et comiBrit la profondeur. 

Tomes les diâërences classiques de Tencépliale sont 
donc produites par quelques métamorplioses de pLus ou 
de moins : toutes les dissemblances s^établissent sur une 
base commune. L'organe fondamental reste toujours le 
même. Eu appliquant cette méthode à toutes les parties^ 
vous établirez de cette manière la chaîne des ressem- 
blances des Mammifères aux poissons ^ et vous verrez 
se développer des poissons aux Mammifères , la chakie 
des dissemblances. Vous pourrez prévoir d'avance ce 
qui surviendra , si ces évolutiont s'arrêtent chez un ani- 
mal pendant le cours de ses transformations *, cet ani- 
mal vous ofinra nécessairement les formes encéphali- 
ques de la classe à laquelle il se sera arrêté. 

{La suite dans un des prochains numéros. ) 



Note sur le Pieevesia , nouveau genre de Plantes 
de la famille des Buttneriacées y 



Par M. Lin BLET. 



Quelques échantillons de cette plante se trouvem dans 
une collection de plantes de la Chine , envoyée à la so- 



( «44 ) 

ciéi^ horlicnlturalc par M. Reeves^ Li «combinaison sin- 
gulière de' caractères qu'elle présente , la rend impor- 
tante pour fixer quelques rapports naturels. Les carac- 
tères de ce nouveau genre sont les suivans. 

REEVESIA. 

Calyx campanulatus , 5'dentatus , sstivatione imbrîcata , pube stel- 
lata tomentosus , bracteolatus. Petala 5 , hypogyna uoguiculata sstiya- 
tione convoluta , callo inter UDquem et lâmioam. Stamina in toro longo 
filiformi insidentia. yinherœ iÇ , sessilcs , in cyatho capituliformi , apice 
tantum pervio , obsolète 5-Uentato conDatae , extrorsap , biloculares , 
loculis divaricatis intricatis, loogitudioaliter debisceutibus. Pollen sphs- 
ricum glabrum. Ovarium sessile , intra cyathum antheriferum , ova- 
tum, glabrum, 5-angulare, 5-loculare, loculis dispermis. Ouula mar- 
gini loculorum unum super alterum affixa , superiore basi concavo ih 
mferiorem iucumbente. Stigma 5-lobuni, simplicissimum , sessile* 
Vapsula stipitata , lignosa , obovata , 5-angularis , 5-locularis , loculi- 
cido 5-valvis , azi nullo. Semina cuique loculo duo, basi alata. — Arbor 
Joliis alternis petiolatis oboualO'lanceolatis ^ acuviinatis ^ glaherrimis ; 
exstipuiatis racemis terminalibus compositis , fioribus albis» 

I. Reeyesia tbtbsoidea. — Hab. in China. 

La pubescence étoilée de cette plante , l'insertion des 
étamines à un long torus filiforme , leur direction ex- 
trorse , la i-éunion des filamens trois par trois en une 
cupule qui entoure l'ovaire , sont tous des caractères qui 
I appellent le genre jSterculia^ dont ce nouveau genre 
diffère d'un autre côté par la présence des pétales , par la 
préfloraisou imbriquée du calice , par son fruit formant 
une capsule ligneuse unique. Cette structure du fruit éta- 
blit une grande affinité entre ce genre et le Pterospermum^ 
auquel il ressemble en outre par ses pétales et par la 
disposition de ses élamines, mais qui en difïere beaucoup 
par la préfloraison du calice, par les filamens des éta- 
mines libres et distincts, et par ta structure des anthères. 

Ce nouveau genre a donc une affinité presque égale 
pour ces deux genres. Il ressemble au Pterospermum 
par ses pétales et par son fruit , au Sterculia par le mode 
de division de son calice et par ses étamines , et con- 
firme par conséquent la réunion que M. Kunth a faite 
des Slerculiacées de Ventenat avec les Buttneriacées de 
M. Brown , en détruisant toute limite réelle entre ces 
deux groupes. 

( Quarterly journal of Science, septembre 1827. ) 



( i45) 

MÉAfOiRE sur lit Génération et le Développement 
de V Embryon dans les végétaux phanérogames ; 

Par M. Adolphe Brongniart, D.-M. 



CHAPITRE IL 

De V action du pollen sur le stigmate , ou de la 

fécondation. 

Dès qu^on eut reconnu dans le pollen une substance 
de3tinée à féconder la jeune graine, soît en donnant la 
vie à l'embryon , d^jà préexistant^ soit en délerminant 
la formation de celui-ci , tous les naturalistes Toulurent 
expliquer la manière d'agir de ces grains de pollen. 

Samuel Morland avança que les grains de pollen eux* 
mêmes pénétraient dans le canal central du style , ve- 
naient se loger dans Tovule , et y donnaient naissance à 
l'embryon. 

Cette opinion fut bientôt renversée , on vit que ce 
prétendu canal central n'existait que dans un très-petit 
nombre de plantes où l'ovaire est formé par la réunion 
de plusieurs pistils , et que le plus souvent on ne trou- 
vait aucun canal propre à transmettre un corps aussi 
gros que les grains de pollen. 

On revint alors à une opinion plus vraisemblable. 

Geoffroy, Hill , et plusieurs auteurs de la même époque, 

admirent que la partie la plus subtile du pollen seule 

parvenait jusqu^aux ovules , et y formait l'embryon. Les 

xïi Octobre 1827. 10 



( i46 ) 

observations de Needham et de Jussicu , sur la structure 
des grains de pollen, sur leur déhiscence par Feau , et sur 
l'existence , dans leur intérieur, de granules analogues 
aux animalcules spermatiques des animaux , dont la dé- 
couverte avait engagé une lutte si remarquable parmi 
les physiologistes « vinrent à Tappui de cette manière 
de voir , et ces auteurs , dont Linné adopta Topinion , 
pensèrent que les grains de pollen croyaient sur le stig- 
mate y et quQ les granules qu'ils contenaient , absorbés 
par le stigmate , aUttient former l'embryon ou concou* 
rir à sa formation. Plus tard , Hedwig se rangea aussi 
de cette opinion et l'appuya par ses belles observa* 
tions sur les organes sexuels des Cryptogames •, obser- 
vations dont tout botaniste qui voudra les vérifier sera 
obligé d'admettre et l'exactitude et la plupart des con-* 
séquences. 

Cette manière de voir^ qui découle naturellement de 
la déhiscence du pollen par l'humidité , et de l'existence 
dans ce pollen de globules organisés , fut combattue par 
Kœlreuter, qui regarda ces phénomènes comme le résul- 
tat de circonstances particulières , étrangères à la marche 
ordi^naire de la nature , et qui pensa qu'à la maturité du 
pollen, lorsque les grains tombent sur le stigmate et 
qu'ils sont propres à opérer la fécondation , les granules 
se sont transformés en une substance résineuse, xjui 
passe peu à peu à travers les pores des grains de pollen, 
et pénètre dans le stigmate* 

Gaertner a adopté cette opinion^ etLink, qui la par- 
tage , ajoute : « J'ai souvent trouvé , sur le stigmate, des 
grains de pollen qui avaient dqjà remplis leur fonction 
et fécondé le stigmate , et jamais je n'ai pu observer à 



( i47 ) 

leur surface la moindre trace d'ouverture; ils étaient ce- 
pendant ridés, et montraient Inexactitude de Topinion 
de Kcelreuter. C'est donc bien la substance résineuse qui 
s'échappe au dehors, et qui féconde; mais elle ne peut 
parvenir jusqu'à la graine qu'en passant de cellule en 
cdlule k travers le parenchyme qui occupe le milieu du 
style, et cette marche q^e les sucs doivent toujours suivre 
n'est pas auêsk difficile qu'on pourrait le penser (i). » 

Telles sont les deux principales opinions sur la manière 
dont s'opère la fécondation , c'est-à-dire par l'émission 
des grftaules renfermés dans le pollen à la surface du stig- 
mate, ou par la transpiration lente d'un fluide résineux 
à travers les membranes du grain de pollen. A ces deux 
opinions nous devons sgouier celle qui paraîtrait résulter 
de l'observation d'Amici , qui conduirait à adqriettre que 
les granules poUiniques , passant dans les papilles du 
stigmate, pénètrent ainsi dans le style. Enfin nous devons 
seulement citer celle de quelques naturalistes de la nou- 
velle téoole de philososophie allemande , qui voulant 
nier la fécondation et cependant faire jouer un rôle au 
pollen , le regardent comme une substance propre à dé- 
terminer la mortification du stigmate , et par là à pro- 
duire le développement de l'embryon (p). Cette opinion, 
lônsi qfue tous les autres raisonnemens apportée par ces 
auteurs contre l'existence des sexes dans les plantes, ont 
élé combattus d^une manière trop complète par L. Ch. 

(ij LiHK , Grundtekren der Anat, und Pkysioi. der Pfianzen; Gœt' 
tingen, 1807, p. aa4- 

(a) Voyez Schblyer , Kritik der Lehie von geschUchtern der Pfian- 
zen; Heidelberg , iSia. — Hbitscbel , Uber die Sexualitate der 
Pftanten, Breslau, 1830. 



( 148 ) 

Treviranus , potir que nous nous attachions à les réfu* 
ter (i). 

Le désir de vérifier l'observation si curieuse d'Amici^ 
m'engagea à examiner un grand nombre de stigmates 
couverts de pollen , afin de voir de quelle manière la sub- 
stance fécondante était absorbée par cet organe ; mais 
avant d'exposer les résultats auxquels ces observations 
m'ont conduit , il est nécessaire que je fasse connaître 
d'une manière générale la structure du stigmate. 

Toute la partie de cet organe qui est destinée à l'ab- 
sorption du fluide fécondant, c'est-à-dire le stigmate 
proprement dit , est formée d'une masse d'utricules ovoï- 
des ou plus ou moins allonges et cylindriques , tous diri- 
gés de la surface du stigmate vers le style; ces utriciiles, 
très - minces , transparens , renfermant un très - petit 
nombre de globules dans leur intérieur, sont presque 
toigours incolores , rarement jaunâtres ou rougeâtres : 
ils sont très-lâchement unis entre eux , et leurs inter- 
valles sont remplis, surtout près de la surface du stig- 
mate , par une matière mucilagineuse composée de glo- 
bules très-petits et très-nombreux. 

La surface elle - même offre deux modifications de 
structure qui ont une grande importance par rapport à 
la manière dont s'opère la fécondation. Tantôt il n'existe 
aucun épiderme à la surface du stigmate ; la dernière 
couche des utricules qui le cc^mposent n'est recouverte 
par aucune membrane , et ces utricules^ indépendans les 
uns des autres , simplement unis par la pression et par 
une substance mucilagineuse , forment immédiatement 

(ij yermisçhte sthriften, tom. iv, p. gS. — Die Lehre von Ges" 
chlcchte der Pftaruten ; Bremen , iSas» 



( »49 ) 

la surface externe de cet organe : c'est le cas le plus fré- 
quent (i). D'autres fois cette couche externe d'utrîcules 
est couverte par une membrane simple, très-mince, dont 
la ténuité égale celle de la membrane interne des grains 
de pollen , et qui difiSre ainsi totalement de Tépiderme 
des autres pardes des végétaux *, épiderme qui est formé 
par une ou plusieurs coucUes de cellules iutioiement 
unies entre elles.. 

Dans les plantes dont le stigmate offre cette derniëro- 
structure, telles que le Nupliar lutea (pi. Sg, fig. D ^ 
JF), \e& Hibiscus (pi. 87, fig. 3, E)y les Nyctago (pi. 3^^ 
fig. a^ , il 9e dépose en général au moment de la fé- 
condation un liquide mueilagineux et granuleux , assee 
abondant ^ entre la dernière couche d'utricules et cet 
épiderme : ce dernier se trouve ainsi soulevé , et sou 
existence devient très-évidente. Il y a encore un moyen, 
très-simple de le rendre fort apparent , c^est de faire ma* 
cérer pendant quelques heures un de ces stigmates dans 
de Faeide mtrique conc^itré ; Tàction de cet adide parait 
donner naissance à des gai^ qui soulèvent Tépiderme et 
le font paraître comme une vésicule transparente qui en- 
loppe le stigmate. ( Voyez pi. 87 , fig. 2 , C, un des 
lobes du stigmate du Nyctago jalapa ^ qui a ainsi ma- 
céré dans Tacide nitrique.) 

Ce moyen est nécessaire pour s*assurer de la présence 
de l'épîderme , lorsque cette membrane adhère iniime- 
ment aux cellules sous -jaeen tes , et qu'il ne s'épaiiche 
pas de substance mucilagineuse entre elle et ces cel- 

(1) Voyez Les figures qui représenteot la coupe du stigmate de P//90- 
mœa hederacea ( pi. 35 , fig. 2 , -E , i*') , du Datura strarrionium {jp\. 36, 
ig, A ^ B tC ,: D) y de VAntirrfùnum maxus ( pi. 87, fig^. i , F,. G ). 



( i5o) 

Iules : c^est le cas de la plante que nous venons de 
citer. 

On voit qu il n*existe àla surface du stigmate aucune 
ouverture proprement dite ^ et surtout aucun orifice de 
vaisseaux. Les prétendus vaii^seaux de cet organe, ad- 
mis par la plupart des auteurs , oe sont donc q^e des 
êtres de raisons , crées par rimagination pour expliquer 
un phénomène qu'on n'avait pas bien examiné. 

Needham a cependant figuré une papille de lys dans 
laquelle est engagé un grain de poUeo y et qu'il suppose 
être Torifice d'un vaisseau absorbant *, mais il est clair 
qu'il a été trompé par quelque illusion , et que la papille 
qu'il a représeatée n'était qu'imç agglomération de pa- 
pilles , entre lesquelles s'était introduit un. grain de 
pollen. 

Goertner s'exprime aussi très-clairement à l'égard des 
ouvertures du stigmate par lesquelles le fluide fécondant 
est absorbé ( i), et qu'il dit être couvertes d'une substaiiœ 
onctueuse qui facilite, la transmission du fluide fécon- 
dant , mais qui s'opposerait à ce qu'une substance solide, 
quelque ténue qu'elle fut , pût s'introduire dans-, les 
pores du stigmate. On doit présumer d'api^s cela , que 
cet auteur, qui n'a pas donné une attention particulière 
à cette partie , un peu étrangère au siget de son ouvrage, 
a pris les interstices des papilles ou des utricules sail- 
lans pour des orifices d^ vaisseaux. 

Maintenant que nous avons fait connaître les points 
les plus essentiels de la structure du pollen et du stig- 

(i) Et ideo quoque est , ut non solam foranunibus cônstanter sit per* 
tusum , sed etiam ut sub poliinis maturitatem aemper onctuoso qoodam 
liqnore madeat. {De Fruct, et scm. Plant* , introd.^ p. 4^.) 



( ^Si ) 

mate , esBftmiboiis ee qui se passe lorsque ces parties 
sont mises- en rap^iort .. 

Si on «détaclie une portion d^iin stigmate- oaiàeilx , où 
miedar encore si oa coupe une trandte miiil^e d'un stig^ 
limite large' et ëpaist Wsque cet organe esteonveit de 
grains depoHen ^)et:qti^aptès ravoir misdaïi^iine goutte- 
dlean sous le microscope, /on examine le. rapport des 
grains de poHien et' de la sufi^cedii sti^paaie, dans un 
grand nombre de cas on verra qu^il n'exi$te aliculieadh^ 
sence^tte dç» deux- parties , et les grains dé pollai en-m 
Gore intiicts se delachei*ont,. nageront dans Teaiii) et fi-^ 
niront par y. éolater. C'est probablemeb^ a^ bette époque^ 
que la plupart des: physiologistes ont &it cette sor-te de^ 
redierëhe. Alors la ilécondatiôtt^'est peseueo're opérée^ 
elIi^nV Diémeipas' commencé à s'effeotuer ^les deux or-«. 
ganes' soàteucore' tels qu'ils élMleuttavaiu leur cqictact^. 
Gellte pédode danactioD^dure plus ou mcMn^ longHetnpa 
selon les plantes qu'on > observe» et souvei!!! ce n'est 
qnau moment de la défloraison^ c'est-à*dir«i de la»flé^ 
trissure ou de la chute de la corolle y qu'on observe d'au^^ 
très ^énomèhes* 

Pt^bons pour exemple Vlpomtea hederacea. ,Le pol^ 
leh-dé cette plante eàt formé de grains blants, spbéri«> 
ques, fort gros ' (pi. 35>fig« 2, ^, jî, C)i|dont la' 
meoiAiTane externe est épaisse» composée de. cellules 
rhomboïdales très -régulières (fîg« a^ D)^ qui; portent 
cha^ipe vers' leur centre une papille transparente assea&, 
longue*, le stigmate» d'un blanc éclatant, représente une 
petite tête composée de lobes nombreux oblongs (fig. 2 » 
£*), entièrement formés d'utricules assez lâchement 
unis qui , libres et irrégulièrement coniques à la sur- 



( i53 ) 

face y représentent autant de papilles qui donnant à ces 
lobes, vus à la loupe, un aspect velouté (fig. 2, F^ 
G). A r^oqne de l'épanouissement de la fleur ^ des 
grains de pollen en nombre assez considérable tombent 
sur le stigmate, mais ils n'y adhèrent nullement, le 
plus légev effûk les en 'détache^ Cet état persiste tant 
que là fleur reste fraîche^ ver-sle^ soir du jour même où 
cette fleur s'est épanouie , eUe se fane. Le lendemain , si 
on examine le stigmate , alors en partie enveloppé par la 
corolle âétriid, on verra que quelques-uns des lobes qui 
le compilent et qui portent des grains de pollen , ont 
pris une couleur brunâtre , ainsi que les grains de pol- 
len qui y sôht déposés. Si on détache un de ces lobes 
avec le grain de pçUen qu'il supporte, et qu'on le <Ës- 
sèquë avec soin , sous l'eau et sous un microscope simple, 
aussi fort que le permet l'obligation où on est de passer 
des instrumens dessous , on verra que le grain de poU^ 
adhère réellement à la surface du stigmate ; cependant 
une tractioif 'un peu forte rompt cette adhérence; ce qui 
exige une^ grande précaution dans cette dissection. Si 
alors on fend le lobe du stigmate, et qu'on découvre 
peu à peu la partie à laquelle le grain de pollen adhère, 
on voit qu'il sort de ce grain de pollen une vésicule al- 
longée, plus ou moins tubuleuse, foimée par une mem- 
brane très-mince, et qui pénètre très -profondément 
dans le tissu du stigmate , entre les utricules qui le com- 
posent (pi. 35 , fig. 2, H^). Cet appendice tubuleux^ sorti 
de l'intérieur du grain de pollen et formé sans aucun 
doute par la membrane interne , est renflé à son extré- 
mité 5 on peut cependant avec un peu de soin le retirer 
^out entier et encore adhérent au grain de pollen : on 



( i53) 

Yoit alors évidemment quMl fait partie de cet organe , et 
qu^il est rempli de. granules spermatiques nombreux 

(fig. 2y/) 

l^ai dbservé un phénomène semblable sur r/pom^iea 
pùrpurea^ avec de légères différences dans la forme du 
grain de pollen et du sac spermatique (pi. 35 , fig. a ^ 

Les' mêmes recherches , faites . sur des plantes de :fa<* 
milles trèsf^^érentes , m'ont conduit toujours au même 
résultat lorsque le sligmale était dépourvu d'épiderme , 
avec des modifications cependant qui dépendent de' la 
iHructure du pollen et de celle du stigmate. 
' Ainsi, dans Y Antirrhinum majus le stigmate est 
formé extérieurement d'une couche d'utricules oblon- 
gues, toutes à-peu-près de même longueur , et sous les- 
quelles , avant la fécondaMou , est étendue une couche 
de substance mucilagineuse ^ la masse du stiginate , au 
contraire , est composée d^utricules très -allongées , li- 
néaires , pointues aux deux bouts , renfermant dans leur: 
intérieur un petit nombre, de gros globules , et dans 
Ijeurs interstices de petits globules formant une sorte de 
mucilage peu abondant. Le pollen , elliptique lorsqu'il 
est sec, devient sphérique par rhumidité, ejL présente 
alors trois (ou quatre?) angles saillans que l'immersion 
dans Tacide nitrique fait paraître d'une manière évi- 
dente, et montre comme autant d'ouvertures par les- 
quelles la membrane interne fait saillie. Lors de la fé- 
condation , un long appendice tubuleux linéaire sort de 
l'intérieur de ces grains de pollen par un des angles que 
nous venons d'indiquer, et pénètre très - profondément 
entre les cellules également allongées du stigmate (pi. 3;, 



( i54 ) 

fig. I , H). Oa peul:asse2? ftcilement isoler le gràin^de 
pollen avec son sac spermatique (pi. 87 , fig**!? K)\ 

Les Labiées nous présentent un phénomène scfknblable^ 
mais la petitesse de leur stigmate (qui n^ocoupe quérêx-^ 
trén^ité des deux branches du' style qu'on décrir habi-^ 
tnellement comme le stigmate ) ne pelmel pas de Fana^ 
Ijser aussi clairement. Cependant si on détache* avec 
soin les grains de pollen^ qui en grand nombre couvrent 
ces petits stigmates , on les trouve presque t6us telrofriuësi 
par un long appendice tubuleUx. 

Parmi les plantés au contraire où ce mode d'action dir 
pollen sur le stigmate est le plus facile à' observier^nott& 
pouvons citer les jDotura ; mais il faut remarqua que 
dans ces plantes la fécondation , au'lieu de s^opérer apïite^ 
la défloraison, s^effectue au menant même de Tépa* 
nouissement de la corolle , lorsque l6B étamineseii s'al-^ 
longeant , viennent passer le long du stigmate. 

Pour étudier la stl:*u<îture du stigmate lui-même ^ il 
faut Texaminer avant cette époque, c'est-à-dire dads- le 
bouton assez jeune; on voit qu'il est'forméd'utriculefr 
oblongs, transparens , très- minces et très-nombreux^ 
qui vont, en divergeant , atteindre la surface du stigmate^ 
où ils né sont recouverts par aucun épiderme; leurs^ in- 
tervalles sont remplis par une substance granuleuse et 
mncilaglneuse très-abondànte , qui rend ce tissU mou 
et très-humîde (pL 36, fig. C). 

Au moment de la fécondation , ce tissu est baigné par 
un fluide muqueux encore plus abondant, qui permet 
difficilement d'en observer la structure réelle* Cependant 
si on fait une coupe longitudinale mince d'un stigmate 
couvert de pollen , au moment dé la fécondation , c'est- 



( i55 ) 

à -dire lors de l^épanouissement de la corolle, et qu'on 
Texamine avec une très-forle loupe (d'une | ligne de 
foyer) , on verra que chacun des grains de pollen, qui 
couvrent en entiîer la surface du stigmate , envoie dans 
son intérieur un long appendice tubuleux qui pénètre 
entre les utricules et dans leur direction , jusqu'à une 
assez grande profondeur (p^. 36 , fig. A ^ B ^ D). 

Ces sacs ^rmatiques tubuleux, la plupart encore rem- 
plis dé granules sperma tiques (fig. F^ G) , se distinguent 
assez facilement , parleur couleur brunâtre et leur opa- 
dité , du reste du tissu du stigmate , et je ne saurais mieux 
comparer un de ées stigmates , ainsi couvert de grains de 
poHen , qu'a une pelotte qui serait entièrement cou- 
verte d'épingles, enfoncées jusqu'à la tète dans son in- 
térieur^ 

Ces sacs paraissent s'ouvrir au bout de quelque temps 
par leur sommet *, car on en trouve un certain nombre qui 
sont vides et transparens , et dont l'extrémité n'est plus 
renfiée comme celle des sacs pleins de granules sperma ti- 
que» (fig. H), et de plus on retrouve plus profondément 
dans le tissu du stigmate des masses allongées de granu- 
les placées dans les interstices des utricules (fig. D, i)y 
et tellement semblables à celles qui remplissent l'extré- 
mité des sacs spermatiques , que j'avais d'abord cru que 
ces sacs pénétraient beaucoup plus profondément dans, 
le tissu du stigmate qu'ils ne le font réellement. 

Je ne saurais donc douter que par suite , ou de la ré-^ 
sorption des sucs abondans qui imprègnent le stigmate 
au moment de la fécondation, ou d'une action vitale 
propre, soit au tissu du stigmate, soit aux granules 
spermatiques , ces granules cheminent plus ou moins 



\ 



( i56 ) 

rapidement dans les interstices inter-utriculaires du stig- 
mate jusqu'au style. 

Je ne citerai plus qu'un seul fait relatif à ce mode d'ac- 
tion du pollen sur les stigmates dépourvus d'épiderme. 
Tous les pollen dont nous venons de parler se rappor- 
tent aux formes les plus habituelles de cet organe , et je 
.n^ai jamais vu qu'un seul sac spermatique sortir de leur 
intérieur et pénétrer dans le stigmate. Il n'en est pas 
ainsi àansVCÛSnotheray nous avons déjà fait connaître 
la forme singulière du poUeu de cette plante et les trois 
points d'absorption qui terminent ses angles. En exami-^ 
nant ce pollen sur le stigmate lors de la fécondation ^ on 
voit presque toujours deux de ses angles donner issue 
chacun à un appendice tubuleux , analogue à celui des 
autres pollens , et qui ^ pénétrant entre les utricules dVk 
stigmate , porte les granules spermatiques jusqtie dans 
l'intérieur de son tissu (pi. 35, fig. i, /, ^j, je présume 
même que dans quelques cas le troisième angle donne- 
rait lieu au même phénomène , mais je n'en ai jamais été 
témoin , et je pense que cela doit dépendre de la manière 
dont le grain de pollen s'applique sur le stigmate , et de 
l'action plus ou moins immédiate de l'humidité de cet 
organe sur les angles absorbans du grain de pollen. 

Les observations que je viens de rapporter ont été 
faites sur des plantes appartenant à des familles assez dif-* 
férentes , et surtout dans lesquelles les organes dont 
nous étuflions l'action l'un sur l'autre sont assez variés 
pour qu'on puisse présumer que le pollen agira de même 
sur tous les stigmates qui sont dépourvus d'épiderme;, 
mais nous avons vu que dans plusieurs familles les utri- 
cules stigmatiqucs sont recouverts par une membrane 



( i57) 

Tfontinue , qui doit opposer un obstacle à rinlrodactiou 
dusac spermatique dans le tissu du stigmate. Cette mem^ 
brane est tantôt lisse , comme dans le Nuphar lutea et 
le Nyctago Jalapa, tantôt hérissée de poils , qui n'en 
sont que des ^^rolongemens , comme dans les Malvacées. 
Si on examine un de ces stigmates lorsque la fécon- 
dation s'effectue ou lorsqu'elle a eu lieu , on trouvera 
des grains de pollen qui adhèrent au stigmate assez for- 
tement pour que l'agitation dans l'eau ou une légère 
traction ne les sépare pas. 

Cette traction , opérée avec soin sous le microscope , 
montre que le sac spermatique , sous la forme d'un tube 
plus ou moins long , est venu s'appliquer et se souder 
«ur l'épiderme du stigmate . Dans Y Hibiscus palustris , 
la longueur des poils du stigmate empêchant le grain de 
pollen d'arriver jusqu'à sa surface , le tube membraneux 
qui en sort s'applique le long d'un des poils , et arrive 
ainsi jusqu'à l'épiderme proprement dit ; là il est diffi- 
cile , au milieu des bases des poils , d'observer ce qui se 
passe. En examinant le tissu sous-jacent , on voit seule- 
ment que rien ne pénètre dans le stigmate (pi. 87 , 
fig. 3, £*); et même en isolant ces parties, on voit 
qu'une communication directe paraît s'être établie entre 
l'intérieur du sac spermatique , qui est rempli de gra- 
nules spermatiques , et le mucus placé sous l'épiderme 
du stigmate (pL 87 , fig. 3 , F). 

Cette communication est bien plus évidente sur le stig- 
mate du Nuphar lutea. Il suffit de couper une tranche 
très-mince de ce stigmate, qui supporte des grains de pol- 
len I après la fécondation , pour voir que ces grains de 
pollen, alors vides et flétris , adhèrent fortement à Té- 



( i58 ) 

piderme qu*oii soulève en les tirant, et n^envoîeot ce- 
pennant aucun appendice membraneux dans riniérieur 
du stigmate (pi. 89, €g. F): la même chose s^ob- 
serve sur le Nyctago (pi. 87, fig. 3, C).dans le- 
quel , au moyen de Tacide nitrique , on peut facilement 
isoler Tëpiderme avec le grain de pollen qui luia4bère, 
et dont aucune partie ne pénètre dans le tissu du stig- 
mate. 

Il me parait donc que dans ces cas le grain de pol- 
len fait sortir de son intérieur un sac membraneux, qui 
n'est qu'un prolongement de la membrane interne aa du 
sac sperma tique \ que ce sac ou tube membraneux s'ap- 
pliquant sur Tépiderme également mince et membra- 
neux du stigmate , se soude à sa surface. Les deux mem- 
branes s'unissent , et je pense , sans que robsenratioa 
ait pu le prouver dune manière évidente, qu'il s'établit 
dans ce point une communication directe entre la cavité 
du sac spermatique et l'espace placé sous l'épidermie An 
stigmate, de la même manière que cela a lieu entre les 
tubes des Conjugués au momait de leur accouplement , 
et qu'ainsi les granules spermaliques passent du grain de 
pollen dans le stigmate. On ne peut concevoir cette 
transmission que de cette manière. 

lime paraît résulter de ces observations, 1^. que les 
granules spermatiques eux-mêmes pénètrent dans le stig- 
mate \ que bien loin par conséquent de m' exister que 
dans le pollen imparfait , comme le pensait Kœlreuter , 
ils constituent la partie réellement active de la substance 
fécondante. 

2°. Que ces granules ne pénètrent dans le stigmate ni 
par transudation insensible à travers les membranes du 



( »59 ) 

graîn'de pollen , ni parla rupture «ubîte de ce pollen et 
par rtfmiasion des granules à la surface dustigmatè, mais 
par Je moyen t d'un appendice lubuleux et membraneux 
qui 9 «ortantderintérieur.du:grain de pollen et s'intro- 
duîaant plus ou moins profondément dans le tissu du 
stigmate , ou se^aoudant avec son épiderme , fait péné- 
trer les granules spermatiques dims Tintera eur de cet 
organe. 

SP. Que les granules spermatiques ^insi déposés dans 
le Sfligmale, ae>ae trouvent ni à Torifice de vaisseaux ab-^ 
sorbans , mcdansTimérieur des cellules , mais dans Tin- 
terstice des ufiricules qui composent le tissu du stigmate, 
où ils se mèlcRt avec les granules muqueux qui rem- 
plissaient oes interstices avant la fécondation. 

CHAPITRE IIL 

Du mode de transmission des granules 
spermatiques du stigmate à Postule. 

La manière dont la substance fécondante est trans- 
mise du stigmate jusqu'à Tovule , a été Tobjet d'opinions 
aussi variées et aussi peu fondées que les divers points 
que nous avons étudiés. 

Il n'est presque apcun auteur q\ii , en parlant de la 
fécondation , n'insiste sur les vaisseaux fécondans , ou 
vaisseaux conducteurs qui transmettent a Tovule le fluide 
fécondant ou Yitura setninalisy absorbée par le Mîg- 
mate ; les uns croient qu'il existe des vaisseaux particu- 
lie|& pour cette fonction qui , naissant des pores du stig- 
miro , se rendent directement aux ovules; d'autres pen- 
sent que les trachées qui se distribuent au stigmate 



( i6o ) 

peuvent jouer alternativement le rôle de vaisseaux nour- 
riciers de cet organe , et celui de vaisseaux conducteurs 
du fluide fécondant. Gœrtner (i), qui parait pencher 
pour cette opinion , remarque cependant que ces tra- 
chées ne vont jamais se terminer directement aux ovules, 
mais qu elles se perdent dans le tissu cellulaire du pla- 
centa , et c'est ainsi qu*il explique la communication du 
fluide fécondant , absorbé par un stigmate , avec les ovu- 
les des loges qui ne correspondent pas à ce stigmate , 
comme cela résulte des expériences de Kœlreuter (2). 

M. Mirbel (3) distingue dans l'ovaire trois ordres de 
vaisseaux, 1^. les péricarpiens ; a^. les placentaires ou 
vaisseaux nourriciers des ovules ^ 3^. les conducteurs , 
qui du style portent à l'ovule le fluide fécondant. Il a re- 
présenté ces trois ordres de vaisseaux, qui sont tous 
trois des trachées , dans les grandes coupes qu'il a don- 
nées de l'ovaire du Cobœa scandens , du Saxifraga 
crassîfolia^ et de VAletris capensis^ mais il est évident 
que les trachées qu'il regarde comme des vaisseaux con- 
ducteurs du fluide fécondant , sont les vaisseaux nourri- 
ciers propres du stigmate qui , naissant du même faisceau 
que lés vaisseaux du placenta ^ s'élèvent jusqu'au stig- 
mate, mais qui ne peuvent remplir la fonction que ce 
savant physiologiste leur attribue, puisque, ainsi que je 
m'en suis souvent assuré , ces vaisseaux s'élèvent du pé- 
doncule, passent dans le placenta, sans avoir aucune 
communication avec les ovules , et se rendent au stig- 
mate , non dans la partie par laquelle la substance fé- 

(1) De Fruct. et sent. Plant. , introd. , p. 43* -flL 

(a) yorlœufige nachricht, p. la. 

(3) Ann* du Mus. , 1807, tom. ix , p. 4^7* 



( i6i ) 

condanlc est absorbée , mais dans le tissu fibreux qu cel- 
lulaire solide qui environne la partie papillaire du stig- 
mate , et qui n'est qu'une gaine continue avec le tissu 
superficiel du style et du péricarpe. Il me parait donc 
difficile d'admettre que des vaisseaux qui ne communi- 
quent pas d'une part avec la portion du stigmate qui est 
soumise à 1 action du pollen , qui, de l'autre, n'abou- 
tissent pas aux ovules , puissent établir une communi- 
cation entre ces deux parties. 

Dans ce cas , Gseriner et M. Mirbel attribuent à de 
vrais vaisseaux une fonction qu'ils ne paraissent pas pou- 
voir remplir, et qu'ils ne remplissent pas en effet, comme 
nous le verrons plus tard. 

D'autres auteurs ont fait une erreur d'un autre genre , 
en regardant le tissu qui réellement transmet le fluide 
fécondant comme des vaisseaux , et les désignant sous le 
nom de vaisseaux ou filets conducteurs , tandis que ce 
tissu n'a aucun des caractères qu'on donne aux vais- 
seaux. 

Je citerai k cet égard M. Auguste Saint-Hilaire qui , 
dans ses recherches , si exactes du reste, sur les plantes 
auxquelles on attribue un placenta libre , a bien reconnu 
les parties par lesquelles se fait la transmission du fluide 
fécondant, mais qui ne les soumettant pas à un examen 
microscopique suffisant , les a regardées comme des fais- 
ceaux de vaisseaux (i). 

(i) Dans son premier Mémoire sur les plantes auxquelles on attribue 
un placenta libre, en parlant des Primulacées, M. Auguste Saint-IIi- 
laîre ne voyant pas de vaisseaux dans le filet qui unit le sommet du pla- 
centa à la base du style, présume que la transmission du fluide fécon- 
dant a lieu par des vaisseaux- placés dans Tcpaisseur des parois du péri- 
carpe (Afem. du Mus.f tom. II, p. 43*44 )• f^an» les Caryophyllces , 

XII. I 1 



( i62 ) 

Hedwîg , el Lhik qui partage Topiiiion de cet habilô' 
observateur, me paraissent seuls avoir reconnu la véri- 
table structure du tissu qui $ert à la transmission du 
fluide fécondant. 

Hedwig a reconnu dans les Cucurbîlacées (i) Texis- 
tence d'un tissu cellulaire particulier, formant des lames 
ou des faisceaux distincts et bien limités qui , s'étendant 
du stigmate aux ovules , doivent servir de moyen de com- 
munication entre ces organes; il s'est assuré que ce tissu 
ne renfermait aucun vaisseau , soit trachée , soit autre 
espèce de vaisseau , et que c'était par conséquent par 
l'intermédiaire d'un tissu purement cellulaire , que le 
fluide fécondant devait être transmis du stigmate aux 
ovules. 

Dans un autre Mémoire, il remarque également que 
le style du Colchicum autumnale ne renferme aucun 
vaisseau , et est uniquement formé d'un parenchyme 
cellulaire (îî). 

au coutraire , il admet que c^est par les filets libres ou réunis qui des 
ccndeiit du sommet de l'ovaire ou de la base des styles au placeuta^ 
que la fécondation s^opère ; dans tous les passages de son Mémoire qui 
ont rapport au mode de transmission du fluide fécondant, il parait re- 
garder CCS filets comme des vaisseaux , quoique le plus souvent il les dé* 
signe simplement sous le nom de filets conducteurs ou. filets blancs; 
mais dans sa définition du cordon pistillaire {ibid, p. 1 13 ) , il indique 
clairement Porganisation de cette partie comme résultant de Tunion des 
vaisseaux conducteurs et des vaisseaux nourricière. Il admet la même 
structure dans les Portulacées (page 199) et dans les Tanuvrix (page 
306), 

( i ) Sojnmlung seiner Abhandlungen und Beobachtungen ; Leipzig , 
1^93, tom. n , p. loi. 

(a) Saniml. seiner Ahhanill. und Beobacht. , i , p. QQ. 



( i63 ) 

Lîiik re(!onnait rexactitude de ces observations (i)^ 
mais il ajoute : « Le fluide fécondaut ne peut pas parve- 
nir autrement jusqu^à la graine , qu'en passant de cel- 
lule en cellule par le parenchyme central du style , et 
cette voie , que tous les sucs doivent suivre , n'offre pas 
autant de difficultés qu'on pourrait le croire (2). 

Quant à cette manière dont Link suppose que s'opère 
la transmission du fluide fécondant, nous verrons qu'elle 
n'est pas exacte: mais l'absence des vaisseaux et l'exis- 
tence uniquement d'un parenchyme comme moyen de 
communication entre le stigmate et l'ovule , sont des 
faits trop importans pour que nous n'en apportions pas 
quelques preuves à l'appui de celles citées par Hed^vig. 
L'absence de vaisseaux propres à faire commani(}uer 
le stigmate et l'ovule , est extrêmement évidente dans les 
ovaires monospermes dont l'ovule offre supérieurement 
l'ouverture par laquelle doit se faire l'imprégnation ; 
tels sont les Daphne, les Statice^ les Polygonum, Dans 
ces plantes , le tissu que nous avons décrit comme com- 
posant l'intérieur du stigmate perce directement les pa- 
rois de l'ovaire, et se trouve ainsi correspondre à Ton- 
verture des tégumens de l'ovule, et par conséquent en 
contact avec le mamelon de l'amande. Il est facile, par 
une double coupe qui réduit ce tissu à une lame mince 
et transparente, de voir qu'il n'est composé que d'utri- 
cules arrondis ou plus ou moins allongés , à parois 
très-minces et très-transparenles , et qui ne contiennent 
presqu'aucun globule dans leur intérieur, qui par con- 
séquent sont presque toujours transparens et irjcolo- 

(1) Philosoph. botanic, , p. 3o^. 

(a) Grundlehre der AnaU und PhjrsioL der P/lanzerij p. 2î:). 



( »64 ) 

res 5 ce qui les distingua parfâîtement du tissu général 
de l'ovaire. 

La même chose s'observe très- facilement «ur îc Ricin ^ 
dans lequel ce lissu est coloré en jaune orangé et se ter-' 
mine dans l'intérieur de l'ovaire par une sorte de caron- 
cule ou de houppe papillaîre d'un beau rouge , sem-* 
blable à celui du stigmate , et qui recouvre immédiate- 
ment l'ouverture des tégumens de l'ovule. 

Dans les ovaires dont l'ovule offre l'ouverture de ses 
tégumens vers la base de l'ovaire , le tissu conducteur 
aj'ant un chemin plus long à parcourir, il est souvent 
plus difficile dé le bien distinguer^ cependant comme le 
faisceau qu'il forme suit en général le côté de l'ovaire 
opposé à celui qu'occupent les vaisseaux nourriciers de 
cet organe , on ne peut prendre ces vaisseaux pour des 
vaisseaux fécondans. Ainsi , dans le Nyctago , on dis- 
tingue parfaitement à la face interne de l'ovaire , à la 
base de laquelle t:orrespond l'ouverture de l'ovule , une 
ligne blanche qui fait suite au tissu central du style. La 
même -chose s'observe sur le Mays qui, du côté où Tem- 
bryon est appliqué contre le périsperme , présente deux 
faisceaux d'un tissu cellulaire blanchâtre, lout-à-fait 
distinct de celui du péricarpe et qui , descendant de la 
partie inférieure du style, se courbent des deux côtés de 
l'embryon pour venir à sa base se terminer en face de la 
radicule. Ces deux faisceaux, que M. Mirbel avait déjà 
observés , sont évidemment destines à transmettre le 
fluide fécondant à Tovule (i). 

(i) M. Mîrbel a figuré ces deux faisceaux qui descendent du stigmate 
dans Targe (Journ. de Physique ^ au g , tom. 53 , pL ii , fig. i ) ; maïs 
il me parait s'être trompe en admettant que ces faisceaux, dans, la graine 



( »65 ) 

Cette même continuité du tissu du stigmate jusqu'au 
point des parois de Tovaire qui correspond à l'ouverture 
de Fovule, sans aucuu mélange de vaisseau , est très-évi- 
dente dans le Phytolacca decandra; ckins cette plante , 
chaque loge de Tovaire renferme un ovule fixé à Taxe , et 
dont r ouverture des tégumens est inférieure au point 
d'attache: le tissu conducteur ne descend pas du style vers 
ce point par la face de Tovaire opposée au point d'attache 
de Tovule, comme dans, les plantes que nous venons de 
citer, mais le long de Taxe, et par conséquent du même 
côté que Le point d'attache, de sorte que pour alkr gagner 
la partie inférieure de lovule, ce faisceau cellulaire croise 
directement les vaisseaux nourriciers qui , de l'axe de la 
fleur, se rendent au cordon, ombilical. On voit par là 
que le faisceau de tissu conducteur est tout-à-fait indé-^ 
pendant de celui des vaisseaux nourriciers , et nous trou- 
Yons dans cet ovaire à loges monospermes , et dont par 
cette raison la structure est phis facile k observer, l'or- 
ganisation qui s'ofire le plus fréquemment dans les ovai- 
res à placenta polysperme axile , tel que celui des Malva- 
cées, Renonculacées , etCi. , où chaque ovule a par rap- 
port à l'axe une position analogue à celle que nous 
venons de décrire dans le Phytolacca , et où les faisceaux 
de tissu conducteur et de vaisseaux nourriciers suivent 
une marche semblable , si ce n'est que le nombre des 
ovules produit line complication qui rend difficile de 
distinguer ce qui dépend des uns ou des autres. 

miire, occupeut le sillon de la graine : "j'ai toujours vu ces faisceaux, à 
U &Ge connexe, c*est-à-dire opposée au sillon de la graine, et qui par 
coDsëquent i|prrespond à la radicule de l'embryon. Nous reviendrons 
avec plus de dltail sur ce sujet , en traitant du développement de Pem- 
I^JCyon dans les Graminées. 



C i66 ) 

Il est cependant quelques plantes à ovaires poljs- 
perrne où, malgré cette complication apparente, on peut 
observer parfaitement la disposition du tissu conduc- 
teur, et déterminer par conséquent la marche que suit 
la substance fécondante depuis le stigmate jusqu^à To- 
vule. Les Cucurbitacées sont dans ce cas , et ce tissu y 
est si distinct , que c'est dans ces plantes qu'Hedwig Ta 
signalé pour la première fois. Depuis , M. Aùg. Sainte 
Hilaire a décrit , avec Texactitude et la sagacité qu'on re- 
trouve dans tous ses travaux , la disposition de ce tissu et 
les modifications qu'il éprouve pendant le développe- 
ment du fruit dans ces plantes , mais sans parler de sa 
structure intime , et sans établir d'une manière précise 
les fonctions qu'il remplit ^ il parait seulement le regar- 
der comme formant , avec les vaisseaux qui viennent du 
péricarpe, le placenta, et il ajoute, en terminant ses 
observations à cet égard : « Peut-^tre aimera-t-on mieux 
supposer que dans celte plante (le Cucurbita pepo) la 
nourriture toute entière est portée par les faisceaux in* 
ter^lamellaires , et l'aura seminalis par les lames (i).» 

Si nous prenons un ovaire de Potiron au moment de 
la fécondation , ou très-peu de temps après , et que nous 
le coupions transversalement, nous verrons (pi. 38, 
fig. B) que du centre de ce fruit il part trois , quatre 
ou cinq lignes qui, par leur couleur d'un jaune orangé 
foncé, se distinguent nettement du reste du parenchyme 
qui compose l'ovaire (fig. 5, 4)? ces lignes, vers la 

(i) Mém, du Mus., tom. v, p. ^SS, — On va voir que les lameft 
dont parle M. Aiig. Saiut-Hilaire sont formées parle tissa conducteur, 
et que sa supposition s'accorde parfaitement avec toutes les recherches 
que j'ai faites. 



( ï^-7 ) 

Circonférence , se divisent en deux branches (fîg, B , 40 
qui se recourbent et correspondent par leur face externe- 
aux points d'insertion des ovules , et par conséquent k 
l'ouverture de leurs tégumens (l).^ Si nous faisons une 
coupe longitudinale du même ovaire de manière à c^ 
que l'instrument passe par une de ces^lignes orangées 
(pi. 38 , fig. a y A) y nous verrons que celte ligne étaii la 
coupe d'une lame de tissu conducteur quji , de chaci^ii 
des cinq lobes du stigmate (a) , descend jusqu'à plus da 
moitié de l'ovaire et envoie quatre sortes de prolonge - 
mens , deux latéraux , un externe et un inférieur ( fig. A y 
6 ) , qui correspondent aux quatre masses principales 
d'ovules qui dépendent de chacune de ces lames conduc- 
trices. Si nous examinons au microscope ce tissu con- 
ducteur, nous le trouverons composé d'ulricules sphéri-^ 
ques beaucoup plus petits que ceux du reste du pçiren-. 
chyme de l'ovaire , très-lâchement unis entre eux., san& 
globules soit dans leur intérieur, soit dapjs. leurs inters-^ 
tices (pi. 38 , fig^ D y i) \ car je présume que le peu de 
globules que j'ai aperçu avait été apporté du tissu pa-» 
reiichymateux voisin par l'instrument tranchant, 

(i) M. Aug. Saint Hilaîrè a dît ^ue cesi lames portaient les ovules. 
Cette expression ne meparatt pas juste, car leur tissu ue foroke pas le 
cordon ombilical , très.-court il es( vrai , qui les fixe dans leur loge ; il 
vient se terminer auprès del^ovule çans leur adhérer, et par conséquent 
sans leur donner altache. 

(a) Je ferai remarquer ici que le nombre des lames de (issu conduc- 
teur, ainsi que celui des stigmates, est très-sujet avarier dans les Cu- 
curbita, et qu^après Pavoir figuré sur des fiuits où ces parties étaient au 
nombre de cinq , je les ai retrouvées plus souvent au nombre de trois 
ou de quatre* Le premier nombre me parait le plus fréquent y c'cfii>oe- 
lui qu"*» également observé M. Aug. Saint-Hilaire; mais je dbnne U 
figure telle que je Pavais faite diaprés mes premières observations* ' 



( ï68 ) 

Les lames formées par ce tissu sont parfaitement limi« 
n'es, ne se confondant nullement avec le parenchyme 
du reste de Tovaire , dont les utrîcules sont plus grands , 
plus adhércus entre eux, plus transparens, d^un jaune 
verdàtre très-pâlé , ovales ou plus souvent polyédriques, 
et renferment d^ granules assez nombreux (fig. Z?, i). 
On ne peut pas non plus confondre le tissu conducteur 
avec les vaisseaux nourriciers des ovules , qui sont des 
trachées très-grosses (fig. Z?, 3) , ni avec le lîssu fibreux 
qui accompagne ces vaisseaux , qui est composé d'utri- 
cules ovales ou oblongs , parallèles aux vaisseaux , et 
parfaitement blancs (fig. Z), 2 j. 

Si nous examinons comment ce tissu parvient jus- 
qu'aux ovules, nous observerons que chaque ovule est 
renfermé dans une petite loge creusée dans le paren- 
chyme de l'ovaire, et tapissée par un épiderme lisse 
(pi. 38, fig. C); la lame du tissu conducteur se re- 
plie de manière à s'étendre jusqu'à chacune de ces lo- 
ges, ou à envoyer un prolongement qui pénètre jusqu'à 
la surface interne de ces loges (fig. C, 5). C'est auprès du 
point où ce tissu se trouve à découvert dans la loge , que 
l'ovule est fixé par son cordon ombilical vasculaire 
(fig. C, 4) » ^6 ^^^^^ sorte que l'ouverture de ses tégu* 
mens correspond toigours au point où aboutit la lame 
de tissu conducteur (fig. C, 3) (i). 

Il résulte évidemment de ces diverses observations 

(i) Ces lames ne. donoent donc pas réellement attache aux ovules 
auxquels elles aboutissent , ainsi que M. Aug. Saint-Hilaire parait le 
penser. Ce sont les vaisseaux nourriciers, ou les faisceaux inter-lamel- 
laires très bien décrits par ce savant botaniste, qui, pénétrant dans 
rpvule , le fixent dans la logç. 



( î69 ) 

qu^il n'existe pas d'autre mode de coiDinunîcation entre 
le stigmate et l'ovule qu'un tîssu utriculaire particulier, 
qui forme des lames ou des faisceaux continus qui s'é- 
tendent de l'un à l'autre \ mais doit-on pour cela penser 
avec Liuk que le fluide fécondant passe d'une cellule à 
l'autre , et suit ainsi un chemin qui l'obligerait à tra- 
verser les parois de milliers de cellules. En admettant 
même que cela fût possible pour un fluide très-subtil , 
comme Link suppose le fluide fécondant , il est presque 
évident que cela serait impossible pour des granules tels 
que ceux que renferment les grains de pollen. 

Ce que nous avons dit sur la manière dont les granu- 
les pénètrent entre les utricules du tissu stigmatique , 
et dont on les retrouve même assez profondément dans 
cet organe^ de même placés dans les interstices des utri- 
cules , devait déjà faire présumer qu'ils suivaient la 
même marche jusqu'au placenta , c'est-à-dire qu'ils s'a- 

■ 

vancaient peu à peu entre les utricules qui composent le 
tissu conducteur. 

L'observation suivante me parait changer cette pré- 
somption en certitude. J'ai décrit tout-à-l'heure la struc- 
ture du tissu conducteur qui compose les lames du Po- 
tiron j telles qu'elles se présentent dans l'ovaire de cette 
plante avant la fécondation , et Ton se rappelle qu'à 
cette époque il n'existe aucun granule entre les utricules 
qui composent ce tissu , que ces utricules , quoique là-- 
chement unis entre eux , ne laissent voir , lorsqu'on 
les sépare, aucune trace appréciable de ces granules. Si 
au contraire on examine ce tissu sur un fruit plus avancé^ 
plusieurs jours après la fécondation , long-temps avant 
cependant que l'embryon commence à paraître dans l'o* 



/ 



( Ï70 ) 

vule , à l'époque par conséquent où les granules 'sper* 
ma tiques doivent se rendre du stigmate à l'ovule , on 
verra que toute la partie moyenne de cette lame esl 
remplie par une quantité considérable de granules bru-^ 
nâtres de la grosseur et de l'aspect de ceux que renfer- 
ment les grains de pollen de cette plante, et que ces 
granules placés entre les utricules du tissu conducteur^ 
en les disjoignant , dédoublent pour ainsi dire la lame 
formée par ce tissu , de manière que la moindre traction 
la sépare en deux par son milieu (pi, 38, fig; E ^ F)^ 
En approchant de la partie externe de cette lame con- 
ductrice , cette sorte de trainée de globules se partage en 
deux, dont une suit chaque feuillet de la lame de tissu 
conducteur, et va se placer vers sa surface externe , c'est- 
à-dire du côte de cette lame qui correspond aux ovules 
( fig. J? , G), if e ne saurais donc douter que les granulea 
qui remplissent les intervalles des utricules du tissu 
conducteur à cette époque , ne soient les granules sper- 
matiques eux-mêmes qui du stigmate descendent jus-< 
qu'aux ovules. 

Il me parait par conséquent résulter de cette observa-» 
tion et de celles qui précèdent , que ce n'est pas par des. 
vaisseaux que le fluide fécondant est porté aux ovules > 
que ce n'est pas non plus en passant de cellules en celi» 
Iules , comme Link le pense , mais que ce fluide ou plu-* 
tôt les granules qui le composent parviennent jusqu'aux ' 
ovules , en passant par les espaces inter-utriculaîres. 

Le fluide qui dans toutes les plantes couvre la surface 
du stigmate et baigne son tissu au moment de la fécon- 
dation, paraît jouer un grand rôle dans cette transmis-*» 
sion. On remarque en effet qu'à cette époque le stigmate 



( 17» ) 

seul en est imprégné , que le style an contraire et le tissu 
conducteur du placenta n'en renferment pas d'une ma- 
liîère notable. Ce fait peut s'observer sur beaucoup de 
plantes, maison le remarque d'une manière irès-évî* 
dente sur les Cucurbîtacées , les Datura , les Ipomœa* 
On sait que lorsqu'une substance capable d'absorber l'hu- 
midilé en est inégalement imprégnée dans ses diyerses 
parties, l'équilibre tend à s'établir, et que par consé- 
quent le liquide surabondant de certaines parties se 
communique aux parties voisines , qui en sont privées* 
C'est par ce moyen qu'une masse de mucus desséché ^ 
plongée dans l'eau , finit par s'imprégner également de 
ce liquide dans toutes ses parties. On conçoit donc que si 
les intervalles qui séparent les utricules du tissu con- 
ducteur, forment une sorte de réseau continu rempli par 
une substance mucilagineuse , si cette substance est près* 
que sèche dans toute la partie interne qui correspond au 
placenta et au style, tandis qu'elle est baignée de liquide 
dans le stigmate , pour que l'équilibre s'établisse , le li-* 
quide tendra à se répandre du stigmate vers le style, et 
ensuite du style dans le placenta. Les granules sperma- 
tiques ayant été déposés , par l'acte de la fécondation , 
dans le liquide mucilagineux qui remplissait le stigmate, 
pénétreront peu à peu avec lui dans le style et jusqu'aa 
placenta. 

Cette manière de concevoir le transport des granule& 
spermatiques du stigmate jusqu'au placenta , nous parais 
la plus d'accord avec tous les faits connus , et si nous 
n'avons pas de preuves certaines que ce transport soit 
produit par la cause que nous venons d'indiquer , du 
moins nous ne connaissons aucun fait qui soit contraire 



( ï?^ ) 

à cette hypotlièse , ou qui indique que ce phénomène 
&oit du A une autre cause. 

{La suite au prochain numéro). 



Recherches sur VOEuf humain ;^ 
Par M. A. Vel7EAxj.. 

{Extrait,) 

L^histoire naturelle s'est tellement perfectionnée de 
nos jours ; elle a fait des progrès tellement rapides de- 
puis qu^on a introduit dans son étude l'esprit philoso-^ 
phique qui' caractérise Fépoque actuelle^ qu'on a lieu 
d'être étonné de voir une de ses branches les plus cu- 
rieuses et les plus intéressantes , encore si peu ou si 
mal connues. Rien en effet n'est plus digne d'occu- 
per l'homme savant que sa propre origine , que son 
mode de formation , et cependant il n'y a rien de plusNob-* 
scure et de plus vague dans la science. Sans parler des 
recherches anciennes de Needham , d'Everard , de La- 
courvé^ , de Harvey , de Swammerdam , de Malpighi , 
de Haller, etc. , sur la génération ou le développement 
de quelques matnmifères et du poulet ^ nous possédons ^ 
à la vérité, les travaux plus précieux de Oken, Pander> 
Meckel , Emmert , Hœrchsteller^ etc. , en Allemagne \ 
de MM. Dutrochet, Cuvier , Prévost et Dumas, en 
France ^ mais aucun de ces naturalistes n'a pris l'homme 
pour sujet spécial de ses expériences , et l'évolution de 
l'œuf humain , on peut le dire , est encore à déroulei^ 
tout entière. 



( »73 ) 

Depuis raunëe 1821 , M, Velpeau s^est occupé saiûs 
interruption de cet objet. Il a déjà fait connaître quel- 
ques-uns des résultats auxquels il était parvenu en 
i8a4 (<)• Aiyourd'liui , ce médecin annonce un Traité 
complet d^embryogénie 9 dans lequel il passera succes- 
sivement en revue les membranes caduques , chorion 
et amnios ; les vésicules ombilicale et allantoïde ; le 
cordon , le placenta , les intestins , la forme extérieure 
de Tembryon , tous les viscères , lés sens , les systèmes 
osseux ) nerveux, etc. ^ pour ces différens points, 
M. Velpeau a recueilli l'observation de quatre cents 
produits , soit à terme , soit aux diverses époques de 
la grossesse , et sur ce nombre il en cite une centaine 
qui avaient moins de trois mois de développement. Des 
dessins exacts et très-bien exécutés accompagnent ce 
travail , dont M. Velpeau a présenté une partie à l'Ins- 
titut. C'est seulement des cinq Mémoires qu'il a com- 
muniqués à l'Académie des Sciences sur la membrane 
caduque , le chorion , l'amnios , la vésicule ombilicale 
et rallantoïde que nous nous proposons de parler ici. 

§ I*^. De la caduque. 

Selon M. Velpeau , la membrane caduque a été ob- 
servée de tous temps , mais confondue avec les autres 
tuniques de l'oeuf, jusqu'à Hunter ; admise et rejetée 
tour-à-tour par les anatomistes et les accoucheurs , de- 

(i) Les dissections sur lesquels il appuya son premier Mémoire, fu- 
rent en partie faites en présence de M. le docteur Breschet; mais depuis 
lors ces deux anatomistes ont continué leurs recherches à l'insu Tun de 
Tautre, 



( Ï74 ) 

puis ces derniers auteurs , les naturàUstes s^en sont 
formés des idées très-diverses. Les uns ont pensé , avec 
Hunier, qu'elle se formait dans la matrice avant la 
descente de l'ovule ; - qu'elle était percée de trois ou- 
vertures ] que bientôt elle formait deux feuillets qui 
finissaient par se confondre vers le quatrième mois de la 
gestation ; mais bien que , d'après eux ; elle se réflé- 
chit sur l'ovule à la manière des membranes séreuses , 
ils croyaient cependant qu'elle se trouvait aussi entre 
la matrice et le placenta. D'autres ont soutenu, avec 
M. Chaussier , que ce n'était d'abord qu'une plaque 
homogène , dans laquelle le petit œuf venait comme se 
perdre , et dont il était obligé de traverser une couche 
plus ou moins épaisse pour s'attacher à Putérus. M. de 
Blainville a cru qu'elle ne constituait qu'une couche a(i- 
v^entwe , formée de deux lames , à la vérité , mais qui 
appartenaient , l'une à la matrice et l'autre à l'ovule , 
qui en serait déjà couvert dans la trompe utérine. Enfin 
M. Dutrochet a prétendu qu'elle dépendait du fœtus , 
qu'elle représentait l'allantoïde des quadrupèdes ou la 
poche qu'il nomme os^o-urinaîre , ou plutôt que la 
membrane caduque n'existait pas. 

M. Velpeau l'a décrit ainsi : « L'imprégnation dé- 
termine dans la matrice une excitation spécifique qui 
est bientôt suivie d'une exhalation de matière coagu- 
lable*, depuis le moment de la fécondation jusqu'à i'aY- 
rivée de l'ovule , cette substance se concrète , et se trans- 
forme en une espèce d'ampoule , dont la surface externe 
se trouve en contact avec toute l'étendue de la cavité 
utérine , tandis que son intérieur est rempli par un li- 
quide clair ou légèrement rosé. Quelquefois cette sorte 



( 175 ) 

de vessie enyoie dans le col utérin et dans Torigine des 
trompes un prolongement plein et de longueur variable ; 
mais elle n'est jamais percée vis-à-vis de ces points , à 
moins que ce ne soit accidentellement. Lorsque le germe 
descend de la trompe il décolle la membrane caduque , et 
se glisse entre elle et la matrice à laquelle il ne tarde pas 
à se greffer. Dès-lors la tunique de connexion présente 
deux feuillets d'inégale étendue 5 la couche utérine con- . 
serve une assez grande épaisseur , surtout aux environs 
du placenta jusqu'à l'époque de l'accouchement 5 l'épi- 
chorîon, au contraire, s'amincit de plus en plus^ et à 
tel point qu'à la fin de la gestation il est parfois d'une 
ténuité extrême. L'une de ces lames , en s'enfonçant 
dans l'autre , finit par la toucher , mais elles ne se con- 
fondent en général à aucune époque de la grossesse; 
de sorte que sur un délivre à terme on peut encore les 
isoler. 

Le liquide qui remplit sa cavité en tenant ses deux 
portions écartées , y existe constamment jusqu'à la fifi 
du second mois. Souvent ce liquide est tout-à-faît lim- 
pide; d'autres fois il est filant, semblable à du blanc 
d'œnf et paraît être composé d'eau , d'albumine , de gé- 
latine, etc. 

En outre des argumens assez nombreux qu'il oppose 
à ceux qui ne veulent pas que la membrane caduque se 
comporte absolument comme les membranes séreuses , 
M, Velpeau montre des dessins et cite quelques faits 
qu'il regarde comme des plus concluans. Par exemple, • 
il dit que sur une femme morte cinq semaines après avoir 
été fécondée , il a trouvé la matrice distendue par une 
ampoule du volume d'un œuf ordinaire ; que cette ves- 



( 176 ) 

sic , remplie d^un fluide légèrement colore en rose, était 
déprimée par un ovule , dont l'autre moitié était en- 
core renfermée dans la trompe ; que sur une autre 
femme , morte étant enceinte de six à sept semaines , la 
caduque se trouvait disposée de la même manière , avec 
cette seule différence que la dépression opérée par l'o- 
vule ne correspondait plus à l'orifice du tube de Fal- 
lope , mais au milieu du fond de la matrice , où la vési- 
cule fécondée avait dqjà contracté de faibles adhérences^ 
et que vingt fois il a rencontré un arrangement presque 
en tout analogue sur des produits de trois semaines , uu 
mois , six semaines , etc. , rendus par avortement. 

M. Velpeau soutient que la membrane caduque n'est 
point organisée. En l'examinant dans les deux premiers 
mois de son existence , on la trouve molle , souple, spon- 
gieuse , jouissant d'une certaine élasticité , mais ne ren- 
fermant aucune lamelle de tissu cellulaire, aucun fila- 
ment vasculaîre, enfin aucun vestige d'élémens orga- 
niques 5 elle n'est que contigue à l'utérus, et ne tient au 
chorion qu'au moyen du velouté qui recouvre l'pvule , 
velouté dont on peut très -bien la séparer, et qui , loin 
de lui fournir des vaisseaux , s'atrophie au contraire aus- 
sitôt qu'il est en contact avec elle. A la fin de la gros- 
sesse, elle conserve la même mollesse, la même élasti- 
cité; elle est toujours poreuse, d'un gris rougeâtre, et 
facile à réduire en lambeaux : en un mot , depuis le mo- 
ment de sa formation jusqu'à sa sortie des organes qui 
l'ont produiie , la caduque n'a jamais paru à M. Velpeau 
pouvoir être considérée autrement que comme une simple 
concrétion, soit que ses recherches aient porté sur le 
feuillet ulérin , sur la couche réfléchie ou sur l'ensemble 



( 177 ) 

de cette membrane; d'où il conclut que le nom de mem- 
brane ankiste^ tiré de tçroç, tela^ et de Va prîvatîf, 
nom qui équivaut à celui de membrane inorganique , 
lui convient beaucoup mieux qu'aucun de ceux qu'elle 
porte. 

Ses usages sont incontestablement dé maintenir l'o- 
vule fécondé sur un point déterminé de la surface uté- 
rine^ et de circonscrire le placenta \ si plusieurs auteurs 
lui ont attribué d'autres fonctions , c'est qu'ils oht géné- 
ralement raisonné comme si le germe arrivait dansi la 
matrice à l'instant même de la fécondation. Dans cette 
dernière hypothèse , en eflTet , la vésicule vivifiée se troiv 
vaut dans une cavité proportionnée à son volume , n^au - 
rait réellement pas besoin d'être soutenue par ime mem- 
brane particulière ; mais les observations de MM. Prévost 
et Dumas , et ce que l'on sait d'ailleurs sur les premiers 
phénomènes de la génération , prouvent que cet ovule 
met environ huit jours à venir de l'ovaire dans l'utérus. 
Or pendant celte période , la matrice se gonfle , et sa 
cavité s'aggrandit de telle sorte que , si elle ne se trou- 
vait point remplie par la membrane caduque , l'ovule 
en s'y précipitant serait nécessairement entraîné , par les 
lois de la pesanteur , vers le point le plus déclive de 
l'organe , et en même temps exposé , par suite des mou- 
vemens de la femme , à changer de position à chaque 
instant : c'est eu remédiant à ce double inconvénient , 
que la caduque devient une membrane importante. 

M. Velpeau pense que l'œuf humain seul présente 
une caduque à double feuillet , comme l'a entendu 
Hunter, mais que dans les autres animaux elle est rem- 
placée par une couche également inorganique ; que 
xii. 12 



( 178 ) 

dans les reptiles ophidiens . son analogue est Tenduit 
muqueux qui enveloppe leurs œufs et tend à les coller 
les uns aux autres ] que chez les batraciens elle est re^ 
présentée par une couche semblable , mais pliis épaisse 
qui se forme autour de l'ovule pendant qu'il parcourt 
l'oviductus^ que dans les oiseaux c'est la couche cal- 
caire qui en tient lieu ^ enfin ^ que dans toutes les es^ 
pèces de Mammifères , elle est constituée par une la- 
melle , tantôt très-molle et presque diffluente , tantôt 
fort solide au contraire et d'une épaisseur considérable. 
En résumé , les observations de M. Velpeau sur cette 
membrane , l'ont amené aux conclusions suivantes : 

1°. Qu'elle existe dans l'utérus de la femme sous la 
forme d'une ampoule sans ouverture, avant l'arrivée de 
l'ovule. 

a^. Qu'elle est alors remplie d'un liquide limpide, 
rosé , filant et comme gélatineux. 

3*^. Qu'elle se comporte relativement à l'œuf humain, 
à la manière des membranes séreuses. 

4^. Que le feuillet épichorion, distendu par suite du 
développement de l'ovule, finit par toucher le feuillet uté- 
rin , mais sans que jamais ces deux lames se confondent. 
5^. Qu'elle n'est point organisée et que, par consé- 
quent , le mot d'anhiste peut être substitué avec avan- 
tage à tous ceux que l'on emploie journellement pour la 
désigner. 

6^. Qu'elle a pour usage de circonscrire les dimen- 
sîons du placenta, et de maintenir l'ovule contre un point 
donné de l'utérus. 

7°. Enfin qu'elle se retrouve > mais avec des ca- 
ractères très-difïerens , dans une foule d'autres animaux. 



( Ï79 ) 

§ II. Du chorion. 

En traitant du chorion^, M. Yelpeau rappelle diffé- 
rens passages des écrits de Galien, de Lacourvée, de^ 
Bonaciolus , de Diemerbroëck , de Hoboken, de Yer- 
heyen , de Littre, de Rouhault, de Levret^de Haller, 
delcart, deStein^ de M. Chaussier, de M. Majgrier, 
de M. Ghevreul , etc. , pour prouver que rien n'est plus 
confus que ce qui a été dit de cette membrane ; que la 
plupart des auteurs Font confondue avec la membrane 
anhiste, et que tout récemment encore M. Dutrochet 
s'est complètement mépris à son égard. 

Le moyen de ne plus se tromper en ce sens à l'ave- ' 
nir, dit M. Yelpeau, est bien simple; il suffit de se 
souvenir que dans l'œuf à terme , le chorion est tou- 
jours la première membrane diaphane que l'on ren- 
contre en allant de dehors en dedans , ou la seconde en 
se portant du fœtus à l'extérieur. A huit ou dix jours , 
elle offre les apparences d'une hydatide ou d'une petite 
vésicule transparente , ce qui n'empêche pas sa surface 
externe d'être comme fongueuse ou chagrinée. Les au- 
teurs ont eu tort de dire qu'elle était ou lisse ou opaque 
à ses deux surfaces dans le commencement de la grosr 
sesse. A quinze jours , à trois semaines , à un mois 
comme à deux , M. Yelpeau a toujours trouvé sa face 
externe seule couverte de duvet, sa face interne lisse et 
régulière, sa transparence ni plus ni moins prononcée 
qu'à toute autre époque. 

Tous les anatomistes ont répété que le velouté de la 
surface externe du chorion était formé de filamens vas- 



( »8o ) 

cnlaires. M. Velpeau croit que celte proposition n'est 
pas exacte , et il se fonde sur ce que la vésicule fécondée 
est à peine visible , qu'on la trouve d^jà couverte de 
flocons, lors même que l'embryon n'est pas encore re- 
connaissable ; sur ce qu'on observe ce duvet bien aupa- 
ravant que les vaisseaux du cordon paraissent; sur ce 
que jusqu'à la sixième semaine chaque flocon est au 
nloins aussi volumineux qu'un des vaisseaux ombili- 
caùk-, sur ce que ces villosités sont régulièrement 
éparses sur toute la périphérie de l'ovule, tandiis que 
le cordon n'a de rapport qu'avec un point de cette vési- 
cule ; enfin , sur ce que malgré les efforts d'une infinité 
d'observateurs habiles, personne n'a réellement dé- 
montré qu'ils fussent creux , plutôt que solides et pleins, 
des canaux vasculaires plutôt que des filamens cellu- 
leux. 

D'abord^ les filamens de ce velouté sont coures , non 
ramifiés , presque tous terminés par une extrémité ren- 
flée en forme de petit ganglion; de telle sorte, qu'au 
premier coup-d'œil , le chorion semblerait être couvert 
de chagrin ou de granulation très-fine; un peu plus 
tard ils s'allongent et leurs renflemens se multiplient , 
après quoi ces sortes de bulbe disparaissent par suite de 
la croissance des filets qui les supportent. Mais quel- 
quefois ils persistent et augmentent même de volume. 
Ce développement anormal des granulations qui recou- 
vrent le chorion, n'est pas très-rare et a conduit IVÏ. Vel- 
peau à penser que les hydatides en grappes de la ma- 
trice ne reconnaissaient pas d'autre cause; <jue, par 
conséquent , elles ne sont point constituées par des 
vers acéphalocystes , mais bien par le résidu d*un pro- 



( i8i ) 

duit arorlé. Il possède difTérenles pièces qui viennent à 
Tappui de cette opinion et cite , e^ sa faveur , quelques 
passages d^Albinus, de Reuss, de Sandifprt, de A/V^risf^ 
jbe^, 4^ M. Désormeaux ^ et les nouvelles' recherches 
4e nii^me boivin. 

Jusqu'à trois, quatre ou cinq semaines , la face in- 
terne du chorion est en contact avec une membrane très^ 
fine , qui lui adhère par des fîlamens plus fiqs encore , 
et qu^ fait partie d'un corps que A|. VelpesRu a découvert 
et ^^il nomme provisoirement , corps réticulé. Ensuite 
jusq^'4 si,x semaines ou deux mois , elle n'est plus sé- 
^ffjfée 4^ Tamnios que par une substance t^ai^sipiireate et 
vitriforme qui , vers Tépoque de trois mois , est rempla- 
cfée par i^ne couche gélatineuse, dont on trouve encore 
quelque vestige même au moment de racçopcbement. 

Une foule d'auteurs anciens ont prétendu que le cho- 
rion était formé de plusieurs feuillets ^ H^W^^i^ ^ donné 
beaucoup de poids à cette opinion , qui a été défendue 
de nos jours par MM. Maygrier, Cbevreul, Dutrq- 
cl^et, etc. M. Yelpeau pense que cette me|n))rane n^st 
j^niai3 constituée que par un seul feuillet, «t que si tant 
4e naturalistes ont avancé le contraire, c'est qu'ils ont 
confondu la caduque avec elle. 

Dans son premier travail, publié dan^ les y^rch. gén. 
de Médecine (octobre et décembre i8a4), M. Velpean 
avait annoncé. que le chorion se continuait , sans inter- 
ruption^ avec le dprme de l'embryon, i^îs il a re- 
connu depuis que la tunique en question fait d^jà la 
partie principale de l'ovule encore renfermé dans To- 
vaire , que les parois abdominales ne se forment qu'assez 
loug-temps après le rachis, qu'avant l'apparition de la 



( i82 ) 

peau, le chorion présente la même forme et les mêmes 
caractères qu'il offrira par la suite ; qu'en conséquence 
le chorion et la peau sont deux lamelles indépendantes 
l'une de l'autre. C'est , dit-il , dans la prgmière quin- 
zaine ou jusqu'à la troisième semaine qu'il faut étudier 
le chorion pour se faire une idée exacte de ses rapports 
avec les autres parties de l'ovule. Jusque là l'embryon 
est réduit au rudiment de la tige rachidienne courbée en 
cercle sur sa face antérieure ; il n'y a ni cœur , ni vais- 
seaux^ ni thorax, ni abdomen; le cordon on^bilical 
n'est encore qu'une tige pleine , celluleuse, qui se ter- 
mine au «chorion d'une part , et dans le cercle rachidien 
de l'autre. En sorte, que si on voulait faire dépendre le 
chorion d'une autre partie de l'ovule , on pourrait tout 
au plus le considérer comme un épanouissement de la 
gaine celluleuse des vaisseaux ombilicaux ) mais ces der- 
liiers organes ne se manifestant qu'après le premier, 
il est évident que c'est lui qui leur sert de canevas et 
non pas eux qui le produisent. Plus tard néanmoins , il 
se confond d'une manière tellement intime avec l'amnios 
et surtout avec l'anneau de l'ombilic , qu'il est impos- 
sible d'affirmer qu'il ne se continue pas avec les légu- 
mens du fœtus. 

M. Velpeau nie qu'il y ait des vaisseaux lymphatiques 
inhalans et exhalans , non plus que des nerfs dans le cho- 
rion ; il soutient même que cette membrane ne renferme 
pas de vaisseaux sanguins , et il se fonde , à ce sujet , sur 
ce que personne jusqu'à présent ne les a jamais positi- 
vement décrits ni vus j sur les tentatives inutiles de 
M. Lobstein , sur ses propres observations; enfin, sur 
ce qu'il croit avoir trouvé la raison qui , sous ce rap- 



( i«3) 

port, en a imposé à nombre de physiologistes. Cela 
tient en effet, selon lui , à ce que , en cherchant à sépa- 
rer la couche réfléchie de la caduque de la face externe 
du chôrion, on remarque bientôt une assez grande 
quantité de filets qui vont de Tune à Fautre de ces 
lames et sont d'autant plus nombreux , qu on se rap- 
proche davantage du placenta ou de Torigine de la gros- 
sesse. Or, ce sont ces filamens qui ont été pris pour des 
vaisseaux, quoiqu'il ne soient autre chose que des restes 
du velouté de l'ovule primitif, et par conséquent que 
des cordo|inets solides dépourvus de toute espèce de 
circulation sanguine. 

Le chorion se retrouve dans tous les animaux ver- 
tébrés ^ mais avec des modifications telles , que les divers 
auteurs sont loin de s'entendre sur sa dénomination. D'a- 
près M. Yelpeau , celui de l'œuf humain ne peut être 
comparé, avec quelque apparence de raison, qu'à la 
membrane de la coque des oiseaux ou des animaux dont 
les œufs sont pourvus de coquilles ainsi que cela se re- 
marque dans les Reptiles, etc. , età la membrane qui 
supporte les coljlédons ou les placentas dans les Qua- 
drupèdes. Enfin , M. Velpeau termine ce mémoire par 
les conclusions que voidi. 

I®, Que le chorion, dans l'homme, n'est d'abord 
qu'une simple vésicule arrondie. 

2®. Que les villosités de sa surface ne sont point des 
vaisseaux , mais bien seulement des filamens granulés 
où se développera plus tard le système vasculaire du 
placenta. 

3®. Que c'est à ces granulations qu'il convient de rap- 
porter l'origine des hydatides en grappes de l'utérus. • 



( i84 ) 

4^. Que dans Tordre normal , la moitié, au moins de 

ces grains s'implantent dans répichorion et dès-lors 

cessent pour ainsi dire de viyre, tandis que 1^ autres, 

, en contact avec la matrice , constituent les rudimens du 

plac^ita* 

5®. Que la membrane veloutée n'est point une expan- 
sion dii derme , mais qu'elle a des rapports intimes avec 
la trame celluleuse du cordon ombilical. 

6^. Qu'elle n'est multifoliée à auame époque de la 
girossesse. 

7®. Qu'elle ne reçoit point de vaisseaux qui 4ui ap- 
. partiennent en propre. 

. B**. Qu'elle est de nature celluleuse , et se forme par 
le même mécanisme que les membranes séreuses. 

gi". Que dans tous les animaux qui ont une membrane 
caduque ou quelque couche analogue, le chorion forme 
la seconde tunique de l'œuf, en procédant de la péri- 
phérie au centre , ou la première , quand il n'y a point 
de lamelle anhiste. 

§ III. De tamnios. 

Après avoir extrait et discuté le texte des auteurs qui 
en ont parlé , M. Velpeau passe à la description de l'am- 
nios, et s'exprime ainsi : « i^. Sur un produit de liuit 
à douze jours que je dois à l'obligeance de madame La- 
chapelle, et qui, débarrassé de la membrane anhiste, 
n'avait que quatre lignes de diamètre, j'ai vu à l'inté- 
rieur du chorion un petit sac transparent, en haut du- 
quel le microscope a permis d'apercevoir un point opa- 
que et blanchâtre. 2^. Sur un ovule de douze à.dix-huît 
jours qui me fut donné par M. Bermond de Bordeaux , 



( »85 ) 

et qui^ réparé de la caduque , avait près d^un pouce de 
dîinéiisîon , j^ai trouvé fixé sur un point de la cavité du 
chorion une petite vessie d'environ trois lignes , i^nfer- 
saant^ la sérosité limpide et un embryon très-recon- 
naissable. 3^. Sur un produit d'une vingtaine de jours , 
que me donna madame Charonnet en avril 1823 , Tam- 
nios , excessivement fin et blanchâtre , n'était encore 
séparé de l'embryon que par un espace d'une ligne et 
demie environ , et après s'être réfléchie sur le cordon , 
semblait se continuer avec l'épiderme du germe. Ce sont 
des faits de ce genre qui m'avaient porté , en 1 8^4 > à 
soutenir que les membranes propres de l'ovule n'étaient 
qu^une expansion de la peau du foetus ; mais lorsque le 
Mémoire du docteur Pockels parut dans l'Isis (décem- 
bre i8a5 ) comme pour mettre hors de doute cette ma- 
nière de voir^ de nouvelles observations m'avaient déjà 
forcé de la modifier. En effet , sur un ovule âgé de trois 
semaines ou un mois^ l'amnios formait un petit sac sé- 
paré de l'embryon par une couche peu épaisse de liquide, 
et laissait la plus grande partie du cordon ombilical à 
découvert dans le chorion ^ les parois du ventre n'étaient 
pas formées, et l'amnios paraissait être simplement per- 
foré par la tige omphalo-placentaire. Sur un autre ovule 
très-jeune, que M. Hénoqueeut la complaisance dem'ap- 
porter , l'amnios , séparé du chorion par une vésicule 
ombilicale très - volumineuse et par le corps réticulé , 
n'était attaché au cordon ombilical que par un anneau 
circulaire : comme dans le sujet précédent , les parois 
abdominales de l'embryon n'existaient pas encore. Le 
8 février 1827, je reçus un produit entier de* six semai- 
nés , rendu à l'hôpital de FEcole-de-Médecine par avor- 



( i86 ) 

lemetit) sur cet œuf, Famnios pouvait facilement être 
suivi de la racine du cordon jusqu'à l'ombilic , mais ici 
une rainure évidente le séparait encore des parois abdo- 
minales , en sorte que , dans tous les cas , il n'était pas 
possible d'admettre sa continuité avec l'épiderme ; ce- 
pendant , à une époque plus avancée cette continuité est 
bien difficile à contester. Dans un œuf de trois mois, l'é- 
piderme était si complètement séparé du tronc , de la 
tète et des membres du fœtus par une couche épaisse de 
sérosité très-légèrement trouble , qu'on aurait pu l'en 
dépouiller en totalité avec la plus grande facilité^ à l'ex- 
ception de quelques parties des membres : il en était de 
même sur le cordon , avec cette différence que l'adbé,- 
rence de la pellicule , qui , là , devait nécessairement ap- 
partenir à l'amnios , s'était maintenue sur quatre points 
différens de cette tige , en donnant lieu à quatre vésicu- 
les séparées par autant de collets. Enfin , malgré ces 
adhérences partielles, tout était disposé de telle sorte, 
que la continuité de ces diverses lamelles était on ne peut 
plus sensible. 

Il résulte de l'ensemble des recherches que j'ai pu 
faire à cet égard , i^ que pendant les quinze premiers 
jours de la gestation , l'amnios n'a de rapport qu'avec 
l'extrémité embryonnaire du cordon ombilical , sur lé- 
quel cette membrane commence à se replier un peu 
plus tard pour lui former une gaine et se mettre en 
contact avec la surface interne du chorion -, 2^ que cette 
disposition se maintient , sauf quelques exceptions , jus- 
qu'à ce que les parois abdominales soient complètement 
développées 5 3° quejusque là il n'y a aucune continuité 
entre l'épiderme et l'amnios 5 mais qu'ensuite cette con- 



( i87 ) 

tinuité ne peut plus être que difficilement contestée; 
4^ il en résulte en outre que Tamniôs est loin de tou- 
cher la face interne du chorion à toutes les époques de 
la grossesse , ainsi qu^on le croit généraleiment , et que 
ces deux tuniques sont^ au contraire, séparées rune 
de Fautre par un espace assez considérable pendant un 
temps variable. » 

Quant à ce dernier point , M. Velpeau croit devoir 
avertir que Técartement qui existe dans Tétat naturel 
entre le chorion et Tamnios , ne disparaît pas toujours 
avec la même rapidité ; que , très-considérable dans 
quelques produits de deux à trois mois , il a quelque- 
fois presque entièrement disparu sur d'autres qui n'ont 
pas dépassé la septième ou huitième semaine dé leur 
développement ; qu'il y a , sous ce rapport , une mul- 
titude de variétés que le naturaliste doit s'attendre à ren- 
contrer , qu'il est facile de comprendre , mais dont il 
est impossible d'indiquer les lois. La règle générale veut 
•^e les deux membranes propres du fœtus, d'abordtrès- 
écartées , se rapprochent graduellement ensuite pour 
se toucher vers le quatrième mois , ou du moins pour 
n'èire plus séparées l'une de l'autre alors que par une 
couche assez mince de matière gélatineuse ; mais il faut 
savoir que le rapprochement peut se faire dès le pre- 
mier mois , comme il peut ne s'opérer qu'au cinquième 
et même plus tard. En somme , M. Velpeau regarde 
comme démontré , 

i''. Que la membrane amnios est la tunique la plus 
interne ou la plus profonde de l'œuf humain ; 

2®. Qu'elle est d'abord et dans tous les cas séparée 
du chorion par un espace très-considérable , mais qui 



( i88) 

diminue insensiblement depuis la première quiiizai^e 
jusqu au troisième ou qus^trième mois de la grossesse ; 

3^, Que ça ffiçe externe , quoique moins lisse qpe 
rinternq, ne supporte néanmoins ni filamens celluleux, 
|)i vaisseaux qui puiççeut s'i^nir au chorioii^ 

4^* Que $a f^ce interne est primitivement très-|*ap<- 
prochée de Fembryon ; qu'elle en est ensuite 4^{^utant 
plus ^Ipignée qiie Tœuf es^ plus développa ; 

5^. Qu'il n'e§t pas exact en tous points de soutenir 
qu'elle se contiuuç dans le principe avçç l'épiderii^e, 
dont elle ne serait qu'une dépendance ou qui serait pro- 
duite par elle *, 

6^. Que jusqu'à un mois elle n'a de r^ipports intimes 
qu'avec le cordon ombilical , qui sembje la perforer 
pour se porter au devant du rachis *, 

7^. Que plus tard , lorsque les parois de Tabdomeii 
sont forpaées , elle parait efTectivement se continuer avec 
l'épiderme \ 

8^. Epfin , qu'elle ne renferme pas de yai^se^MX at 
qu'elle n'est jamais formée que d'un seul feuillet. 

§ IV. De la yésicule ombilicale. 

Après s'être attaché à prouver que Needham , Diemer- 
brpeck , Ruysch , Sandifort , etc. , n'ont point observé 
la vésicule on^bilicale prom'ement dife ; qu'Albinus , 
Sœmmering et M. Meckel sont les seuls , jusqu'à pré- 
sent , qui en aient donné chacun une figure tant soit 
peu satisfaisante , après avoir beaucoup insisté sur les 
circonstances qui ont dû tromper les observateurs à 
ce su^et, M. Velpeau annonce qu'il a rencontré vingt- 



( 1,89 ) 

deux fois cette vésicule sur un total d'environ cent pro- 
duits qui avaient moins de trois mois , il donne la des- 
cription détsdllée de ces différentes vésicules et arrive à 
une description générale que voici, a La vésicule ombi- 
licale iest uki petit corps pyriforme , sphéroïde ou ar- 
rondi , qui , vers le quinzième on le vingtième jour de 
la fécotidation , offire le volume d*un pois ordinaire , et 
acquiert ses plus grandes dimensions dans le courant 
de la quatrième semaine ; quand elle est réduite au vo- 
lume d^un grain de chenevis , ce qui arrive en général 
de la cinquième à la sixième ou septième semaine , elle 
cesse ordinairement de diminuer ^ alors elle s'aplatit , 
mais ne disparait ensuite qu'insensiblement : quelque- 
fois on ne la trouve plus dès le second mois , tandis que, 
dins d'autres circonstances, ou la rencontre encore sur 
les œufs de quatre , cinq et six mois. 

Elle est incont||tablement située entre le chorion et 
Tamnios , et se trouve habituellement enveloppée jus- 
qu'à trente ou quarante jours , dans le corps réticulé. A 
une époque plus avancée , elle reste quelquefois lihjre , 
et ne contracte d'adhérence avec aucune autre partie ; 
souvent néanmoins elle s'applique et se colle à la stir« 
face externe de Tamnios , ou bien sur la face interne 
du chorion. » 

Le pédicule qui l'unit à l'embryon , offre des dimen- 
sions nécessairement variables aux diverses époques de 
la grossesse ^ toutefois jusqu'à la fin du premier mois 
M. Velpeau ne l'a point vu présenter moins de deux ni 
plus de six lignes de longueur ; alors ce pédicule a quel- 
quefois jusqu'à un quart de ligne d'épaisseur. En se con- 
fondant avec la vésicule , il subit un évaseinent ihfun- 



( 190 ) 
dibuliforme du côté de l^abdomcn; il ne se rétrécit pas , 
mais il ne s^ élargit pas non plus d'une manière sensible, 
et sa continuité avec le tube intestinal ne peut pas être 
révoqué en doute actuellement chez Thomme. Avant la 
formation complète des parois abdominales , il est comme 
divisé en deux portions par Tamnios , qu'il semble avoir 
traversé ^ Tune de ses portions se voit entre le rachis et 
le lieu qu'occupera plus tard l'ombilic -, l'autre se trouve 
entre ce dernier point et la vésicule. Avant le premier 
mois , le pédicule de la vésicule ombilicale s'allonge et 
devient de plus en plus grêle -, sa portion ombilicale se 
perd dans le cordon , et cesse de pouvoir être suivi jus- 
que dans le ventre : il est certain que , jusqu'à vingt ou 
trente jours il forme une tige creuse, puisque sur deux 
sujets , M. Yelpeau a pu faire passer le liquide de la vé- 
sicule dans l'intestin sans rien rompre; ce qu'aucun 
anatomiste n'était encore parvenu à démontrer. Cette 
tige s'oblitère ensuite à une époque qui ne parait pas 
être constamment la même ; cependant M. Yelpeau pense 
que c'est vers cinq semaines en général , et que celte 
oblitération se fait de l'ombilic vers la vésicule à mesure 
que le cordon se complète , en sorte que l'anneau ombi- 
lical est probablement le lieu où elle s'opère primitive- 
ment. 

Des vaisseaux artériels et veineux se distribuent au 
pédicule et dans les parois de la vésicule ombilicale *, ils 
forment un très-beau réseau et de nombreuses ramifica- 
tions dans celle-ci : ils se réduisent a deux troncs dans 
celui-là. Ces vaisseaux , que Boebmer et Madei sem- 
blent avoir entrevus , qui sont grossièrement figurés dans 
l'ouvrage de Hunter, que. Wrisberg et Blumenbach ont 



(191 ) 

mieux décrits , que MM. Chaussier et Ribes ont fait 
connaître en France, et que beaucoup de naturalistes 
ont regardé et regardent encore comme le seul moyen de 
communication qui existe entre Fabdomen de Tembryon 
et la vésicule ombilicale^ sont connus dans la science 
sous le nom de. vaisseaux omphalo-mésentériques^ et mé- 
riteraient mieux le titre de vitello-mésentériques, ou 
simplement celui de viiellins. D'après M. Velpeau , ils 
ne vont point se terminer dans les troncs , mais bien dans 
les branches de second ou de troisième ordre des vais- 
seaux mésentériques supérieurs ^ il les a souvent suivis 
de la cavité abdominale à travers Tombilic , jusqu'à un 
et deux pouces dans le cordon , sur des embryons de six 
semaines , de deux et de trois mois : seulement à ces di- 
verses époques ils finissent par disparaître avant d'arri- 
ver à la vésicule^ dans le tissu de la tige ombilicale. 
Plusieurs fois il est parvenu à les injecter, et alors ils 
avaient le volume d'un gros cheveu; leur finesse est as- 
sez grande néanmoins pour qu'ils soient très -aisés à 
rompre quand on les cherche sans y apporter les précau- 
tions les plus minutieuses. Puisque M. Velpeau les a 
observés sur un ovule en même temps que le canal vi- 
tello-intestinal , dont ils étaient tout-à-fait distincts , on 
devra les considérer dorénavant comme destinés à porter 
et à reprendre , dans les parois de la vésicule et de son 
conduit , les matériaux propres aux usages et à la nutri- 
tion de ce curieux appareil , et non à transporter dans la 
circulation générale la substance vitelline. 

Cette substance contenue dans la vésicule ombilicale, 
est en général d'un jaune pale , opaque , de la consis- 
tance d'une émulsion un peu épaisse , et difl'érente sous 



( Ï92 ) 

lous les rapports de la sérosité ou des autres fluides de 
l'organisme; dans certains cas elle est plus liquide et 
plus claire , dans d'autres elle est plus opaque ^t plus 
épaisse. M. Velpeau l'a quelquefois trouvée composée de 
plusieurs grumeaux concrets, ressemblant d'une ma- 
nière remarquable à du jaune d'œuf cuit et nageant dans 
un liquide très-peu coloré , en sorte que c'est très-pro- 
bablement une substance nutritive, une sorte d'hurlé, en 
grande partie semblable à celle qui constitue lé fluide 
vîtellin du poulet. * 

L'appareil vitello-intestinal est évidemment relatif à 
la nutrition des premiers linéamensde l'œuf; son fluide 
fournit au développement de l'embryon , jusqu-à ce que 
le cordon et lés vaisseaux ombilicaux soient formés. A 
partir de là , de nombreux matériaux passent de la tria- 
trice au placenta , et la vésicule ombilicale ne tarde pas 
à devenir inutilie. Depuis le moment de la fécolidation 
jusqu'à l'époque où l'ovule se colle à la surface interne 
de l'utérus , le produit de la conception humaine est 
presque en tout semblable à celui des oiseaux. Libre et 
indépendant comme celui-ci de toutes les parties de la 
mère , il fallait qu'il renfermât en lui-même une matière 
quelconque, aux dépens de laquelle pût s'effectuer le 
développement de l'embryon ; de la même manière qu'il 
faut au poulet renfermé dans sa coque un corps nutritif 
qui puisse suffire à son évolution : seulement , dans l'un 
celle disposition n'est que passagère , parce que l'incu- 
bation se fait à l'intérieur d'un organe vivant , d'un or- 
gane qui peut distribuer en abondance des fluides nu- 
tritifs au jeune être qu'il renferme, tandis que dans 
l'autre elle persiste jvisqu'à l'éclosion , parce que totrt 



( 193 ) 

se passe dans l'atmosphère hors de Panimal adulte. D^a*^ 
près ces détails , M. Yelpeau conclut que la vésicule 
ombilicale de Thomme est Fahaloguc du Sac vitellin des 
oiseaux. 

§ V, De^VAllàntoïde. 

Il existe dans les animant bisulces , entre le chorion 
et Tamnios , une troisième membrane qui a reçu le nom 
d^allantoïde ou d'intestinale , parce qu'elle ressemble ^ 
a-t-on dit , au gros intestin. Cette tunique commu- 
nique avec la vessie par le moyen d'un canal connu 
sous le nom d'ouraque. On l'a observée dans l'œuf 
du chien, de la brebis, de la vache, du cheval, des 
reptiles sauriens et ophidiens , des oiseaux , etc. Dé- 
voloppée de très -bonne heure, elle acquiert rapide- 
ment une très - grande capacité proportionnelle , et se 
trouve remplie d'une matière qui n'est pas la même 
à toutes les époques de la gestation , ni chez tous les 
animaux. Chez les ruminans , c'est en général un 
fluide semblable à de la sérosité citrine. Dans les soli- 
pèdes surtout, il se mêle souvent à ce fluide des flo- 
cons blancs , roussàtres ou noirâtres qui , rassemblés en 
masse concrète , donnent naissance à ce que l'on ap- 
pelle hippomanès. Dans les oiseaux , une matière du 
même genre et fort abondante , existe au milieu du 
fluide allantoïdien pendant la plus grande partie de l'in- 
cubation. L'allantoïde de la couleuvre à collier, est rem- 
plie d'un corps demi liquide^ d'un blanc légèrement 
jaunâtre et neigeux, etc. Cependant, malgré d'aussi 
nombreuses diflerences d'aspect , la plupart des natu- 
ralistes ont soutenu que cette substance était de la 
XII. i3 



( 194 ) 

même nature que Turine ^ et que son enveloppe ii'était 
qu'un prolongement de la vessie. 

M. Velpeau convient qu'un grand nombre d'apatof 
mistes ont parlé de cette membrane dans Fœuf Uumaia i^ 
mais il croit avoir prouvé que les uns ne Font admise 
que par analogie , et que les autres ont pris le chorion 
transparent pour TallantoiAe. Du moins ^ paratCrjl cer- 
tain que personne nV parlé du corps rélicslé qni se 
trouve entre le cliorion et T^mnios, et que M. Vdpeau 
décrit ainsi suf un <çuf de trois à quaire semaines : 
« d^ns cet œuf je remarquai ^ immédiatement au-dessouji 
du chorion , une toile d'up blanc mat , extrêmement 
fine, presqu'aussi facile à rompre que la réiine; en 
sorte que, maigre toutes les précantipus que je pue 
prendre pour la conserver intacte, elle se déchira. Cette 
toile était remplie d'une matière ci^èmeuse, et qui ten-^ 
dait à s'échapper en grumeau^c homogènes çt comnie pul- 
peux d'un blamc de neige miélé d'une teinte jaune lé- 
gère. Sa face interne donnait naissance à dfes filets et des 
lamelles, à des prplongemens sans nombre» qui s'en- 
trecroisaient dans toutes sortes de directions , à l'instar 
de ce qui à lieu dans la membrane hyaloïde de l'œil. 
Ces filamens allaient gagner, en traversant la sub^ 
stance blanche^ demi -liquide , une seconde lame qui 
touchait la périphérie de Tamnios sans intermédiaire^ 
au sommet , ce nouvel organe constituait ici une partie 
à double feuillet^ moulée sur la cavité du chorion, em-^ 
boitant la vésicule et l'amnios, formant dans son inté- 
rieur un réseau à .mailles larges ef. inégales où se trou- 
vait ce fluide émujsif *, ses deux feuillets^ écartés de plus 
de deux lignes dans un point , ae rapprochaient de plus 



(195) 

en pla3 en se portatit vers la racine du cordon ombi- 
lical ; du côté de Fembryon , ils secnblaient se con- 
Ibndre Fun avec Vantre et leur ténacité était telle, 
qu'on eût dit une toile d'araignée. Ce corps réticulé 
est-il bien l'analogue de Tallantoïde? Il est vrai que je 
lie «ois point parvenu à démontrer sa continuité avec la 
vessie } mais cette communication n'a pas été mieux dé^- 
montr^ dans les Beptilés et même dans plusieurs Mam- 
mifères. Ai^ surplus , la poche urinaire elle-même était 
encore si développée sur co sujet , qu'il devenait vrai- 
ment difficile de le distinguer^ ensuite^ puisque d'une 
part, le sommet de la vessie arrive nécessairement jus- 
qu'au cercle de l'ombilic et que, de l'autre, j'ai pu 
suivre le sac réticulé jusqu'à ce même anneau -, il était 
impossible d'approcher plus près du bu^ «ans. l'at- 
teindre ; de rendre plus probable cette continuation 
jans la démontrer. Enfin , sur des embryons plus 
avancés , j'ai maintes fois suivi l'ouraque dans l'étendue 
d'un et de deux pouces , au milieu du cordon ombilical , 
4m je l'ai vu se transformer en tissu poreux et se perdre , 
soit dans l'un des renflemens , soit dans le tissu gélati- 
neux de la tige omphalo-placentaire. Sur un œuf de 
cinq à six semaines , l'ouraque venait ^'épanouir dans 
U couche vitriforme qui rempl^içait d^à le corps por^eux 
réticulé. C'est d'ailleurs. une observation que j'ai faite 
en présence de beaucoup de personnes et notamment de 
MM. Amiraux^ Bergeron, Nivert , l^rouart , Bomet, etc. 
J'avouerai cependant qu'ayant insufflé, de l'air dans la 
vessie , je n'ai pu réussii* à faire pénétrer ce gaz dans 
l'ouraque, qui a toujours conservé les caractères d'un 
filament solide. 



\ 



( t96 ) 

Que le corps réticulé soil une véritable allaiitoïde ott 
quMl forme un organe différent , soit quMl communique 
avec la vessie ou qu'il en soit indépendant , il me pairâlt 
impossible de songer à établir le moindre rapproche- 
ment entre la substance qu'on y rencontre et le liquide 
urinaire , i**. parce que dans l'ovule le plus complet ou 
je l'ai étudié , ce sac était extrêmement ample, eu égard 
aux autres parties , et qu'il existait déjà par cela mèmie 
depuis long-temps , tandis que l'embryon ne présentait 
encore aucun rudiment visible des reins; 3**. parce qite 
j usqu'à la quatrième semaine de la grossesse , seule pé- 
riode pendant laquelle il est possible que sa cavité com- 
munique avec celle de la vessie , il est exactement rempli 
par une substance qui ne ressemble pas plus à de l'ù- 
rîne , que le lait ne ressemble à de la bile ; 3^. parce que 
la coucbe vitriforme qui le remplace un peu plus lard , 
offre tous les caractères extérieurs dé la gélatine ou du 
mucus; 4°- parce que dès l'époque d'un mois l'puraque 
étant certainement oblitéré , l'espace qui sépare la tu- 
nique de l'œuf de la poche urinaire reste nécessairement 
"sans communication! » 

M. Velpeau présume que les fonctions de cet organe 
^e rattachent > comme celles de la vésicule ombilicale, à 
là nutrition des premiers linéamens du germe ; du moins 
il fait remarquer que la matière qu'on y rencontre con- 
serve son aspect résineux ou floconneux , les apparences 
d^une huile- émulsive, jusqu'à ce que l'ovule soit bien 
fixé dans la matrice ^ et qu'en suite cette substance dispa- 
raît très-rapidement, en faisant place à la couche vitri- 
forme qui persiste jusque vers la fin de la grossese. 



( i97 ) 

SoB un Terrain renfermant de nombreux débrU 
de Mollusques et de Reptiles à Brignon, pi^ès 
d'Anduze. 

(Sxtrai» d'aoe Notice de M. Julbs TEISSIER , Mëdeoia à Anduae,. 

département du Gavd. ) 

L^auteur, après avoir rendu hoqamage aux travaux^ 
des naturalistes qui ont fondé les progrès rapides el 
durables de Iji géognosie sur des observations nombr^sçs 
6t précises et sur l'étude des corps organisés fossiles ^, 
cherche ^contribuer à Tavaucement de cette science ^ 
par la description d^un gîte de ces débris organiques, 
qu'il a. observé près d'Auduze , et qui lui. a paru diçn^. 
d'attentibn.. 

Il décrit ce gîte de la manière survante.. 

Le Gardon prend sa source sur le versant oriental de- 
là cbaine des Ce venues et presque au pied, du massif cen-* 
txaL Dans s^ou trajet jusqu'à Anduze^il CQupe les chaînons^ 
subordonnés et parallèles au massif principal. Ces 
cbainons sont composés du nord au midi y de grauites ^ 
de gneiss , de schistes micacés \ ppis d'un calcaire sili-*^ 
ceux, grenu, alternant jusqu'à une certaine hauteur^ 
avec des couches régulières de grauwake ( C) (i)^ puis 
de nouveau y du granité contre lequel sont, adossées.^ dç& 
couches de grès rouge ancien.^ suivies to:^ jours dans la. 

(i) Cette roche (grauwake )^^y par ses caractères mînéralogiques et 
son gisement, me parait se rapporter exactement aux Arkoses. de 
M. Brongnîart, surtout à celle de Mercuer près d'Aubenas. (Yoyei; ' 
^jin^.def Sentit* , tpni. vin , çag. n3 et «uiv.) 



( ïgô ) 

direction précitée de collines de calcaire schisteux for- 
tement coloré en noir par le carbone. 

Un peu avant d'être à Ànduze, paraissent les monta- 
gnes de calcaire du Jura remarquables par les inclinai- 
sons nombreuses , les ondulations , les relèvemens et 
les abaîsseitiens subits et souvent à angles très^aîgus ié 
leurs couches. Ce calcaire, qui Séitible faire le dernier 
étage de la chaîne des Cévennes , est une formation fort 
étendue ayant produit des montagnes élevées , dont un 
dès versans est ordinairement très - abrupte. Il occupe 
autour de nous , en un vaste demi-cercle , tout le nord 
des départemens des Bouches -du-Rhôn e , du Gard, de 
rHérault , de l'Aude et des Pyrénées-Orientales , et s'é- 
tend en s' abaissant vers le liiidî , ju^qu^au bord de la 
mer , où s'établit au-dessus de lui la formation plus ré- 
cente du calcaire coquillier grossier ( pierre à bâtir de 
Paris). 

La formation du Jura peut se diviser aux environs 
d'Anduze en deux variétés. D'abord la plus compacte , 
la plus dure , dont la cassure est d'un gris foncé , qui 
forme les sommets les plus élevés et sous laquelle se 
trouve le gypse aoht nous avons parlé. Ensuite, une 
autre variété qui peut paraître plus récente , mais qui 
se lie en mille endroits d'une manière continue à la 
première , et qui forme le fond des vallées ou des col- 
lines peu élevées et arrondies. Celle-ci contient beau- 
coup d'argile ferrugineuse, ce qui fait qu'exposé à lair, 
la pierre jaunit , se délite , et se réduit bientôt en une 
terre argileuse de mauvaise qualité. 

La destruction facile de cette roehe fait qu'elle n'eèt 
jamais à nud comme l'auti^ et que les sommets de ses 



( Ï99 ) ■ 

I 

coniiies sotot totrjours cultivables^ et arrondis. Au reste , 
eRese Ke ea«mîHe endroits d^une manière immédiate k 
h première, et les tnontagiiès 3ont fohnëès , partie de 
Fûùe, partie de Tautre. Dans la destruction plus rapide 
éé^ lîT deruîèré, je trouve rexplica'dori^ probable druiî 
phéuomiène qui m'a souVeut frappé , je veux dire de ces 
eéiciarpéibétis et de ces coupures qu^ôn ôbserVe dans le 
ôalcairé du Jura, lèâquek suivant cette idée, pourraient 
bien ne pas avoir elisté primîtivemeût , car alors lie dé- 
pôt simuhané des deux variétés aurait élevé à la même 
kflutetrf toutes ces rothes maintenant si iitégales. 
■ QWé5qW*îl en soit , j'aS firôuvé <fens' la' première va-» 
riéfe dé gi^ôsses bétèmiiices nt>ires db qt^tre pouces dé 
lotfçueBr , âei Ammonites , èes Ptérôcères , des Ostra- 
cite», des EchinHes et des fràgmens d'ifne coquille bi- 
valve p'rofoilidément striée , et seulement en traveris^ 
ë^mïïàe k Crasdatelle 'sillonnée (yf). 

La seconde variété parait plus' abondante en fossiles , 
mais peut->ètre cela tien,t-il eieuflem^nt à ce qu'elle se dé- 
lite avec pl«s' de facilité.. On y rencontre une énorme 
qdanitité de béleamitea pius petites^ e^ plus blondes que 
ceUes de la première variété, des Ammonites-, depuis la 
jprandeor d'une lentitle jusqy?'à dix-huit pouces dô dia- 
mètre , de& Simpligades , dea Nautîlites , des Turbitiites , 
<ljes Bucciailes , <ies: ]^ri^s oivNatices , des Induites y 
des Vénus, des Oursins (B)^ 

Un peu au midi dé fa vifiié d*ATiduze ,. reparaît une 
espèce de calcaire siUceux , grenu , exactement sem- 
blable à celui que nous avons vu au nord alterner avec 
des coucher de Grauwake , ici il est seul , la stratifica- 
tion en est douteuse , il se trouve comme placé au mi- 



( 300 ) 

lieu de la formalion du Jura, sans que j'aie pu. bien net* 
lement découvrir encore s'il lui est inférieur ou super* 
posé. Il est remarquable par la quotité de silice qu'il 
contient , qui lui donne une cassure grenue , à facettes 
brillantes et lu^ permet de rayer le verre. Il se lia au 
reste à la formation Jurassique de tant de manières, 
qu'il me parait bien difficile de Ten séparer par une 
coupure tranchée. J'ai trouvé dan» cette variété des 
Lingulées , le Strigocéphale de Burtîn , le Spirifer tri- 
goualis et la Térébratule dor$ale. 

A une lieu au sud-ouest d'Anduze, près du village dç 
Purfort , se trouvent dans cette roche des mines exploi- 
tées, de plomb sulfuré en filons accompagné de zinc sul- 
furé (calamine), de baryte sulfatée, de chaux fluatéis > 
cristallisée^ verte, jaune et violette, et tout près de U 
se trouve la grotte des morts dont M. Marcel de Serçes 
a donné une description dans les Mémoires du Muséum 
d" Histoire naturelle (i). 

Des collines d'agrégats ou de pouddingues se trouvent 
au pied des montagnes Jurassiques d' Anduze , à l'aspect 
du midi , et dans la direction de la chaîne, elles parais- 
sent reposer sur la variété de calcaire argileux que nous 
avons dit former le sol des plaines. Ces pouddingues 
sont composas de galets calcaires roulés , et lié$ par un 
^ciment de même nature très-tenace : ils attestent les ré-^ 

* • 

(i) SÛLième année» sixième cahier. — Dans cette description , dans 
laquelle M. Marcel de Serres a bien voulu me citer, il regarde le cai* 
Caire qui nous occupe comme inférieur à celui du Jura , et son opinion 
me semble assez probable ; mais il se trompe certainement quand il dit 
qu'on ne trouve, jamais a^cnn corps organisé dans la masse de ce ^cal- 
cî^irc (page 407), 



( 201 ) 

volulions qae les roches anciennes ont éprouvé depuis 
leur formation (D) . 

En suivant vers le midi le cours du Gardon sur uii 
espace d'environ trois lieues, on rencontre un village 
nommé Brignon (i)^ c'est là que la formation de cal- 
caire coquillier grossier conmience à paraître , et que le 
calcaire Jurassique plonge sous elle dans la vallée. Ce- 
pendant cette vallée est toujours entourée de sommets 
de cette dernière formation , Tautre ne s'élevant qu'à 
une hauteur médiocre. En effet , le calcaire coquillier 
ne forme que de petites collines ou des plateaux peu 
élevés adossés aux montagnes du Jura , et dans ces col- 
lines les bancs peu puissans de chaux carbonatée alter- 
nent à plusieurs reprises avec des couches plus ou moins 
épaisses d'argile plastique bleue ou blanche (E). 

C'est sur un de ces plateaux, fprmé de couches hori- 
zontales d'argile et de calcaire coquillier grossier , et 
adossé à une montagne bien plus élevée de calcaire du 
Jura; c'est à une hauteur d'environ cent mètres au- 
dessus du lit de la rivière que j'ai découvert le banc 
d'ossemens fossiles qui fait l'objet de ce Mémoire. Ce 
banc consiste en une couche peu épaisse , mais qui pa- 
i^it étendue, d'une roche calcaire, d'un gris terreux, 
se laissant entamer difficilement par le couteau , d'une 
texture grenue dans la plupart des échantillons , et 
dans ce cas contenant beaucoup de silice , et rayant fa- 
cilement le verre. Ce calcaire qui , dans certains mor- 
ceaux est compacte, fait une vive effervescence avec 

(i) Le village de Brignon fut autrefois lufe ville romaine du nom de 
BnigUia. On y a trouvé tout récemment une lampe antique en bronze , 
et un gros anneau d'or de chevalier. 



( 2ùa ) 

Ffiiddé nitrique ] sa dureté est médiocre , saÉ cassFure 
mette et terreuse , ou bien grenue et montranît dèé fâ- 
eettes cristallines et brîllanfeâ. Il se délite, et se réduit 
en terre lorsqu'il es^t exposé long-teinpsf an cîotolàet de 
Fair. 

Il paraît en qùelqties ettdroiti eïHÎèremeÉft pëlifll de 
coquilles bivalves qtte jfe Bf'ai pu rapportef^ d'àp^te l-a- 
liak)gi€ des formes qu'au:^ geiites âes Télliufesf , des 
Donaces , des Vénus , peut-être mèxMe des Mft<:tres (F), 
ce qu'il y a d'étonnant ^ quoique M« HumbùMt ait fëti 
bien dit que la métne ckose se remarque datils plli^ieuri 
autres localités , c'est qu'à côté de ces es^pèccs qui sem- 
blent toutes marines, les uni valves à l'eîteplicHttpéért* 
être de qtielques Buccimt^s , sont toutes stagnâtes ou 
d'eau douce. Telles ^ai les Lywttées qui «'y trouvent 
par milliers , et partiii lesquelles j'ai cru i^éofinaltrè le 
Lymneusventricosus^ et surtout leX. palùslri^ahti^tis^ 

Les ossemensse trouvent emp&tés dam cette tav^t et 
au milieu des Lymnées: qiÉi les entouarent dan9 fotes les 
sens : on ne peut guère les extraire que par fra^ifiens^ y 
cependant j'ai cru y reêoùnattré des reàtes de grftttd6& 
tortues , surtout sur un bloc qui fut pris pour- te islér- 
ntim et les côtes d'un homme , et qui £at brisé par lés 
ouvriers qui le trouvèrent. J'y ai pris , et conservé utie 
mâchoire inférieure de pacfaydermfe très-belle et avee 
plusieurs dents qui la .i^ndei^ ^i^faitement dété^mi*- 
nable , des portions ée Uvtmt et de tibia de q^t^àilru- 
pèdes au moins de la taille du lioâ , avec leurs extré- 
mités articulaires \ ei j'y ai enfin observé y de petits os- 
semens en très-gcaftid nombre et presque entiera d'oi- 
seaux ou de rongeurs. 



( 203 ) 

Voilà Texpositioa des faits qui se sont présentés à mon 
observation , qu'on me permette de terminer par quel- 
ques réflexions quMls font naître dans mon esprit. 

M. Marcel de Serre , en décrivant les ossemens fos- 
siles qu'il a découverts , et les brèches osseuses quHl a 
observées ,' les regarde comme le résultat oU le dépôt 
d'un grand Courant â*eau ayant Une dîrcfctîon déter- 
minée , et qui aurait aggloméré dés ossenténs dans le^f 
cavernes et ks fentes de fôdneifs où îî les âf trouvés. 
Cette explication , qu! peut d'ailleurs convenir aux faits 
observés par ce savant, me pàràlti'ait tin cadre trop étroit, 
s'il fallait l'appliquer à la généralité dés faits qui se 
sont présentés a Tobiservation des géologues. D'abo'rd , 
pourrait-on expliquer ainsi , l*éxîstehce dané presque 
tous les pays de dépôt d^ossemens fosdles découverts 
dans des circonstances seniblables. Il faut (^'ime cause 
générale ait embrassé tous les lieux où les mktties phé- 
nomènes existent^ où que des causes séirhMables , des 
circonstances identiques dans leur manière d^agîr , quoi- 
que particulière dans leur étendue , se soient p'féâentéeà 
sur la plus grande partie de la surface de notre globe. 

Dans la localité qt\e nous décrivons ces circonstances 
peuvent être appréciées jusqu'à un certain point , sans 
entrer dans le vaste ctiamp des hypothèses, et l'obser- 
vation seule peut nous fournir des donn'ées qu'il né 
faut pas mépriser. Ainsi l'observation prouve qu'à quel- 
que hauteur que se trouvent actuellement Ics dépôts 
semblables à celui que nous avons décrit, il devait se 
trouver primitivement deft eaux abondantes réunies. Les 
coquilles nombreuses que la roche a conservées^ tant 
marines que fluviatiles, ne peuvent avoir d^autre oti- 



( 304 ) 

giue. De plus , ces eaux ont dû séjourner long-temps 
dans le même lieu ; ce que la quantité des coquillages 
et répaisseur des dépôts établissent d'une manière cer- 
taine. 

Nous devons encore faire attention à la conservation 
et à l'intégrité parfaite de nos coquillages , à la pureté 
de leurs empreintes^ quelques fragiles qu'ils dussent 
être: et quoiqu'on les y compte par myriades \ ce qui 
établit d'une manière non douteuse à nos yeux que les 
eaux où ces dépôts se sont formés et conservés étaient 
des eaux retenues , stagnantes et tranquilles , et non 
des eaux courantes (G). 

D'un autre côté , des débris d'animaux terrestres se 
trouvent mêlés et confondus à ces débris d'êtres aqua- 
tiques , la même pâte pierreuse les a ensevelis et con- 
servés. Ici , nulle* succession de couches n'établit une 
succession d'âges. En même temps que ces lieux éle- 
vés étaient couverts par les eaux , il y en avait donc de 
plus élevés encore où vivaient , où s'alimentaient de 
nombreuses générations d'animaux terrestres. A leur 
mort naturelle ou causée par quelque catastrophe ex- 
traordinaire , leurs ossemens entraînés par les eaux 
courrantes sont venus ^ dans les réservoirs inférieurs, se 
mêler aux débris des espèces aquatiques. Au reste, leur 
conservation , la pureté de leurs saillies et de leurs ar- 
rêtes doivent encore exclure l'Idée d'une force violentie 
qui les aurait long- temps agités et les aurait abandon-^ 
nés enfin dans les lieux où on les trouve réunis. 

Des dépôts pareils à celui qne nous avons décrit ont 
du naturellement se former dans tous les lieux où se 
présentaient des circonstances favorables , c'est-à-dire,. 



( tïo5 ) 

dans toutes les vallées fermées que les eaux remplis- 
saient ^n forme de lac ^^et qui étaient entourées de som- 
mités qui les dominaient. Quand les digues ont été 
rompues et les eaux écoulées dans des lieux plus bas , 
ces dépôts ont dû long-temps tapisser comme un seg- 
ment de sphère renversé , les parois et le fond de ces 
anciens lacs. 

Mais la même cause qui avait produit ces dépôts n'a pas 
du tarder dans la plupart des lieux à les altérer et à les 
détruire : je veux signaler Taction des>eaux. Par elle les 
flancs des montagnes ont été sillonnés , les cimes ébou- 
lées , les bas-fonds encombrés , et ce qui , primiiive- 
ment , était général et régulier , n'a plus été conservé 
qu'accidentellement et n'a présenté que l'image du dé- 
sordre. Doit-oii s'étonner après cela que ces formations - 
récentes qui sembleraient à un examen superficiel de- 
voir s^ofirir partout, ne se retrouvent plus que par ha- 
sard et à de longs intervalles^ Est^il surprenant que leurs 
restes les mieux conservés se découvrent dans des ca- 
vernes et d'anciennes fentes de rochers , ou naturelle- 
ment ils se sont trouvés à l'abri de l'action destructive 
des eaux et des agens extérieurs. 

Si Ton nous demandait comment on peut concevoir 
que les eaux de la mer aient jamais été à des hauteurs si 
supérieures à celles qu'elles occupent aujourd'hui , et 
ce que peut être devenue la masse efiroyable des eaux 
qu'il aurait fallu de plus pour cela , nous répondrions : 
que nulle observation directe , nulle analogie , ne peut 
nous éclairer sur ce point , et que , quand ces guides 
manquent à Tesprit humain , il doit s'arrêter sous peine 
des plus grands erremens. 



( 2o6 ) 

Mfijs. il npps est permis pour les eaux douces, d'a- 
voir quelques lainières de plus ^ et robservation dir 
rectCi du moins dans la localité qui nous occupe y semble 
nous autoriser à supposer que primitivemeut pos yal- 
lées étaient beaucoup moins profondes qu'elles ne le 
sont aujourd'hui; et que c'est suivant Topinio^ de 
Fabre ( Théorie des courans et des rwières , in-4^ ) i 
la corrosion des eaux, aidée des influences météori- 
ques , qui les a creusées même dans les roches les plus 
dures. Delà, la possibilité des dépôts fluviatiles et la-> 
custres à des hauteurs considérables , et l'explicaûcu 
plausible dçs bancs de fossiles qu'on y retrouve* 

L'abaissement graduel des montagnes est un fait re^ 
connu et d^ observation journalière : mais oq aui*ait dû 
remarquer avec d'autant plus d'attention les coupures 
étroites et en général perpendiculaires à leur direction , 
qui les divisent et qui servent de passage aux rivières et 
aux torrens. Ces coupures , déterminées sans doigte p^r 
la dureté inégale des roches, ont du causer dans les com* 
mencemens et à mesure qu'elles s'aprofondissaient ^ un 
abaissement du sol des vallées plus exposé à la covro-^ 
sion, bien plus prompt et plus rapide que celui des 
sommets. Par conséquent , les eaux tranquille^ ou 
courantes ont dû de plus en plus s'aba|^se^ et çiM}pi- 
gner des son^mitéa. < . 

Ce qui prouve ces faits d'une manière incontestable 9 
c'est qu'on observe sur les côtés de la plupart des valr 
lées des dépôts et des grèves exactement pareils à ceux 
que produisent encore les rivières qui les traversent, 
mais à des hauteurs auxquelles elles sont loin de pou- 
voir arriver aujourd'hui *, et pour terminer par des oh- 



( 207 ) 

servatiûns propres aux lieux qui nous avoisinent et ne 
pas sortir dn cercle que nous nous sonunes traces , nous 
devons noter qu^'au-dessus et au-dessous d'Anduze, le 
cailloutage bien caractérisé du Gardon se retrouve sur 
le penchant des montagnes qui entourent la vallée à 
plus de cinquante mètres au-dessus du lit actuel. Dans 
d'autres endroits , ce cailloutage s'est conservé dans des 
cavernes de rocher à une hauteur qui parait aujourd'hui 
fort étonnante^ et non loin de Brignon on observe des 
collines de galets roulés du Gardon, d'environ cent mè- 
tres d'élévation au-dessus de son lit actuel (i). 



Notes sur le Mémoire précédent; 

L'auteur ayant bien voulu envoyer aux rédacteurs des 
Annales une collection des roches et pétrifications in- 
diquées dans sa Notice, a mis M. Alex. Brongniart, par 
cette communication instructive , dans Theureuse et ho- 
norable position d'ajouter quelques développemens aux 
observations renfermées dans cette Notice. 

{A) Les échantillons envoyés comme appartenant à la 
première variété , présentaient en pétrification : une 
Gryphée très-semblable au Gryphea Aquila^ un Spa- 
tangue et des Ammonites , qui rapprocheraient ce terrain 
de la craie inférieure. 

(5) Les pélrificatioas de la seconde variété pourraient 

(i] Tout près de Latoar , campagne appartenant à M. le baron de 
Chabaud , membre de la Chambre des députés. 



( 208 ) 

indicpier quelques rapports entre ce calcaire et le lias ; 
mais ces rapports sont fondés sur un nombre trop petit 
de coquilles , et sur des espèces trop faiblement caraeté- 
risées, pour qu'on puisse leur donner beaucoup dMm- 
portance. 

(C) Le rapprochement que Fauteur fait de cette roche 
avec celle que j'ai décrite sous le nom d'Arkose, est 
exact : les échantillons que j'ai sous les yeux le confir- 
ment. 

(Z)) On retrouve ici la succession , comme dans la 
grande vallée de la Basse-Suisse , i®. du gompholite (iia- 
gelflue) recouvrant souvent le maciguo mollasse. 

2°. Du maciguo contenant, comme à Paudex, près 
Lausanne , et dans beaucoup d'autres lieux , tous les dé- 
bris organiques qui caractérisent les terrains lacustres 
ou d'eau douce. Les échantillons envoyés par M. Teissier 
«àohtrent dans cette roche des ossemens d'animaux ver- 
tébrés , tant mammifè|i|s que reptiles lacustres , notam- 
ment des tortues, des tiges végétales, des Lymnées, des 
Melanopsides , des Mélanies , etc. 

(F) Ces bivalves, qui ne peuvent être déterminées 
avec certitude , ressemblent beaucoup plus à des Cycla- 
des et à des Cyrènes qu'à des Tellines et à des Vénus •, 
par conséquent ces coquilles ne forcent pas d'admettre , 
comme M. Teissier semble le présumer, qu'il y ait eu 
mélange de coquilles marines et de coquilles d'eau douce; 
elles peuvent tout aussi bien et même mieux appartenir 
aux mollusques qui vivei^t ordinairement dans les eaux 
douces qu'à ceux qui habitent la mer. 



( aag ) 

' (JE) La matière terrense désignée ici par Fauteur sous 
le Aom d^argile plastique est une marne argileuse ; elle 
fait effervescence avec les acides , caractère des marnes 
^""èn opposition avec celui des argiles plastiques. Au reste, 
eettc distinction a ici très-peu d^importauce , puisque ce 
terrain lacustre à ossemens de reptiles et i coquilles 
d'eau douce /paraît être placé dans le passage des ter* 
raiiis de sédiment supérieur aux terrains de sédiment 
mpyen. 

Ce terrain , ces marnes et leurs coquilles , ont beau^ 
ooujp de, ressemblance avec celui de Saint-Hypolite du 
Gard, dont les échantillons nombreux m^ont été en-> 
voyés il y a long -temps par M. d'Hombre Firmas ^ d^A- 
lais. 

(G) Cette observation de M. Tei^sier sur l'état de par- 
faite conservation des myriades de coquilles qui 3e troiu-^ 
vent dans ce terrain , et la conséquence qu'il en tire , 
qu elles doivent y avoir vécu , est d'une assez grande im- 
portance pour la théorie géognostique. 



Rapport sur un Mémoire de M. Turpiu , ayant 
, pour objet Inorganisation et la reproduction de 
la Truffe comestible; 

Par MM. MiRBEL et Cassini. 

(Fait à P Académie royale des Sciences, séance du 30 août 1837.) 

L'Académie nous a chargés, M. de Mirbel et moi , 
de lui rendre compte d'un Mémoire de M. Turpiîi , 
XII. 1 4 



( 2IO ) 

contenant des observations sur l'organisation , le mode 
d'accroissement et le mode de reproduction de la Truffe 
comestible , et des considérations générales concernant 
la théorie de l'organisation des végétaux. 

Quoique Fauteur n'ait pas distingué ces deux parties 
dans son Mémoire , il nous semble convenable de les 
analyser séparément dans ce rapport. * 

La Truffe , dit M. Turpin , est un végétal entière- 
ment dépourvu d'appendices foliacés et de racines } te 
n'est qu'une masse arrondie souterraine , absorbant sa 
nourriture par tous les points de sa surface , et dont 
la reproduction ne peut s'opérer que par des corps nés 
dans l'intérieur de sa substance. 

Cette masse est composée de deux sortes d'organes 
élémentaires^ i^. des vésicules globuleuses, destinées 
à la reproduction , et que M. Turpin compare au tissu 
cellulaire des autres végétaux; 2*^. des filamens courts 
et stériles , que l'auteur nomme tigellules , en les com- 
parant aux tiges des plantes parfaites, et aux vaisseaux 
tubuleux qui contiennent ces tiges. 

Le tout forme une chair blanche d'abord , et qui , 
en avançant en âge , devient brune , à l'exception de 
q^rtaines parties imitant les veiaes blanchâtres du mar- 
î^^^e Sainte- Anne. Le changement de couleurs est dû, 
selon M. Turpin, à la présence des corps reproducteurs, 
qu'il nomme truffinelles , et dont il explique la forma- 
tion et le développement de la manière suivante. 

Chaque vésicule globuleuse est un conceptacle des- 
tiné a donner naissance , de ces parois intérieurs , à 
une multitude de corps reproducteurs \ mais il n'y en 
a qu'un petit nombre qui remplisse réellement cette 



( :»•! ) 

destination ; ces vésicules privilégiées se dilatent no- 
tablement et produisent intérieurement d'autres vési- 
cules plus petites, dont une, deux , trois ou quatre 
grossissent , brunissent , se hérissent extérieurement de 
petites pointes , et se remplissent intérieurement de 
Tésicules bientôt entregreffées ; ces petites masses , ainsi 
formées , sont les Truffinelles , qui deviendront des 
Trufies après la mort de leur mère. 

Ainsi les parties brunes de la Truffe sont celles qui 
contiennent les Truffinelles , et les veines blanchâtres 
interposées sont celles qui n'en contiennent point. 

'IiR Truffe mère ayant atteint le bouble but de son 
existence , c'estrà-dire , ayant accompli son accroisse- 
ment individuel et la^rmation des corps reproduc- 
teurs , se dissout peu à peu en foumissai^t à ceux-ci 
l'aliment approprié à leur jeune âge. La cavité qu'elle 
remplissait dans le sein de la terre se retrouve donc oc- 
cupée, du moins en partie , par une multitude de jeunes 
individus , dont les plus robustes affament ou étouffent 
les autres , s'agglomèrent souvent ensemble , et repro- 
duisent dans le même ordre la série de phénomènes dont 
nous venons d'esquisser le tableau , d'après M. Turpin. 
Les observations de ce botaniste que nous avons vé- 
rifiées avec lui , et dont nous avons reconnu l'exactitude, 
sont d'ailleurs justifiées par des figures peintes avec le 
talent qui le distingue. 

Il reconnaît lui-mèpie que Micheli et Bulliard avaient 
observé et décrit avant lui le vrai mode de reproduction 
de la Truffe; en ce qu'il y a d'essentiel. Mais quant 
aux détails , l'analyse de Micheli est erronée sur quel- 
ques points, et celle de Bulliard est viciée par l'hypo- 



( 2t2 ) 

thèse gratuite de la préseoee d'uu, fluide fécondateur o^U 
mâle dans la vésicule contrant les corps reproducleUl^^ 
L'analyse de M* Turpin est infiniment supérieure ^ 
comme plus exacte, plus complète ^ et accompagnée de 
bien meilleures figures. 

Il est donc aujourd'hui bien établi que la Truffe .se 
reproduit par des corpuscriles nés dans Tintérieur de sA 
substance -, mais si c'est 1. le seul mode de propagfttioïk 
de cette espèce , on ne comprend pas facilement sa.pro'- 
digieuse multiplication dans certains département dqja 
France, où on en recueille chaque année d'innombrar 
blés individus sans épuiser ni diminuer la race. Oti c^ëjlp*- 
çoit en effet que les corpuscules rej^roducteurs dont il 
s'agit puissent remplacer leur nAr^ daiis la cavité &ou?- 
terraine qu'elle occupait-, mais ne jouissant d'au^iMK 
mouvement progressif, comment pourraient-ils quifll^lf 
cette cavité natale , s'insinuer ailleurs en perçant 1^ t^iirie 
qui l'environne ^ et se propager à une disttance not^J^l^? 
L'espèce de la Truffe séi*ait donc éternellement oqofitt^d 
dansr les lieux où elle a été placée dans l'origine 4eéi 
choses I La dissémination des Corps reproducteur^ ^l*^ 
elle opi^rée par qtielques moyens nsiturels inobservé^ 
jusqi^'à présent et étrangers à la v^étatjon , ou hhu la 
sHf face de la Truffe éme^^^le deg fitUmens itnperceptibl09 
qui s'insinuent dans la terte comme des taeine^ , et pro- 
duisent de petites Truffes à leur extrémité? Si nous notui 
permettons d'éi^pncer ii^i ces idées purekneiït hypothéti- 
ques , c'est uniquement pour signaler un probléoâ^ do4t 
M. Turpin ne s'est point occupé, et qui ne pour^Ait être 
résolu que par un observateur habitant les liènx <>ù la 
Truffe croît abondamment. 



( ai3) 

L^arnteiir du Mémoire ayant fait infuser des morceiirux 
de Truffe dans Feau , et ayant observé sous le microscope 
la manière qui s'était formée à la surface du liquide^ y a 
recofinu quelques animalcules analogues anx Monadèë , 
anic Gyclides , ctux Vibrions. 

-■ J^fiii , M. Turpîn propose pour former des truffières 
artificielles une mélbode dont nous ne pouvons rièh 
dire 9 puisque Tauteur n'a point es^sayé de la mettre en 
pratique. 

Occupons-nous maintenant des idées générales sur la 
théorie de l'organisation végétale , que l'auteur a inter- 
calées parmi ses observations particulières sur la Truffe.. 

Un globule muqueux et hyalin , d'abord plein, puis 
dilaté en une vésicule membraneuse dont les parois in- 
térieures produisent de nouveaux globules destinés à 
reinpUcer et multiplier leur mère; voilà , selon M. Tur- 
pin , le type originaire de toute espèce d'organisation. 

L'assemblage de cq3 vésicules constitue ce qu'on 
nomme le tissu cellulaire des végétaux , lequel existe 
«cul et sans mélange dans certaines plantes \ mais la plu- 
part sont composées d^ l'association de deux élémens 
tout-à-fait distincts ,• dont l'un est le tissu cellulaire 
que nous venons de signaler , et dont l'autre , nommé 
par l'auteur tissu tigellulaire , ne peut jamais exister 
«eul. 

Ce tissu tigellulaire de M. Turpin est ce que la plu- 
part des botanistes nomment tissu vasculaire ou tabu- 
laire; mais M. Turpin ne reconnaissant point de vais- 
seaux dans les plantes, prétend que les corps cylindriques 
et menus qu'on a pris pour des vaisseaux , sont réelle- 
ment des tigellules ou petites tiges qui végètent dan^ 



(214) 

Tint^rieur de la plante , comme les branches d'un arbre 
végètent daps Tair. 

Pour établir cette analogie, l'auteur se fonde princi- 
palement sur ce que les tîgellules internes et les tiges 
proprement dites sont également pourvues à leur surface 
de pores ou de fentes, qu'on a nommés pores annulés , 
sur les prétendus vaisseaux , et pores corticaux ou sto- 
mates sur les jeunes tiges , ces ouvertures étant toujours 
bordées par deux vésicules remplies de globuline. 11 fait 
aussi remarquer que les tigellules , quelquefois rameuses 
et ordinairement fistuleuses , sont formées d'une suite 
de méri thalles , comme les véritables tiges. 

M. Turpin déclare ne pouvoir assigner Torigine des 
tigellules internes , mais il affirme qu'elle n'est pas due 
à l'allongement des vésicules du tissu cellulaire; quant 
à leur organisation intime , il suppose par analogie que 
chaque tigellule est formée, à l'instar de la tige, de 
tissu cellulaire et de tigellules plus petites. 

Revenons au tissu cellulaire : c'est^ dit M. Turpin , 
une agglomération de vésicules toujours incolores et 
diaphanes , toujours privées tle pores , libres ou soudées 
entre elles , et dont chacune est ui^ centre vital de repro- 
duction. En effet , chaque vésicule est de nature à pro- 
duire de ses parois internes de petits globules vésiculai- 
res diversement colorés , que Tauteur a déjà nommés 
globuline dans un précédent Mémoire ; et selon lui , 
ces globules , qu'il compare à des ovules , reproduisent, 
renouvellent , augmentent les masses cellulaires \ elles 
occasionent par leur présence presque toutes les couleurs 
des végétaux *, elles sont l'origine des embryons , des 
bourgeons , des corps reproducteurs existant quelquefois 



( :»i5 ) 

dans le pollen ^ enfin des prétendus végétaux parasites 
qu'on croit nés sous rëpidermè. 

M. Turpin pense que toute masse organisée s'accroît 
en général par rayonnement progressif en tout sens , du 
centre vers la circonférence ] mais il admet en outre que, 
dans les arbres dicotylédones , le diamètre de la tige re- 
çoit quelque accroissement par des fibres qui descendent 
de la base des bourgeons, entre le bois et Técorce, à 
mesure que ce# bourgeons se développent dans Tair. 

Tel est à-peu-près le sommaire des principales idées 
théoriques que nous avons trouvées éparses dans le Mé- 
moire de M. Turpin -, elles sont dkme si grande impor- 
tance , que nous n'avons pas cru pouvoir nous dispenser 
de les recueillir, pour en présenter dans notre Rapport 
un tableau succinct: mais d'une autre part, nous ne 
pensons pas que TAcadémie en nous chargeant de Texa- 
meii de ce Mémoire ^ nous ait imposé le devoir d'énoncer 
témérairement notre opinion sur des systèmes plus ou 
moins ingénieux , plus ou moins vraisemblables , qui 
pourront devenir un jour d'importantes vérités, mais 
qui attendent encore la sanction de l'observation et de 
Texpérience. 

Distinguant donc soigneusement les faits et les hypo* 
thèses contenus dans le Mémoire de M. Turpin , nous 
jugeons que l'Académie doit des éloges aux observations 
positives de ce botaniste , qu'elle doit aussi l'exhorter à 
poursuivre avec constance ses investigations dans la car- 
rière épineuse de l'analyse des organes élémentaires , afin 
de fonder entièrement sa théorie sur les faits , et que son 
JVIémoire est très-digne d'être imprimé parmi ceux des 
savans étrangers. 



( 2l6 ) 

/ 

Observations sur la Structure des Poivres ; 

Par C. L. Blijme (i). 

La Flore des Indes , ainsi que Rumphius F observait 
il y a long- temps , est particulièrement riche en plantes 
grimpantes *, ces plantes , qui rendent Taccès des bois si 
difficile dans les régions chaudes, appar^ennent surtout 
aux familles des Légumineuses , des Convolvulacées^ 
des Âsclépiadées , des Cucurbitacées , des Ampelidées , 
des Menispermées , des Rhamnées , des Piperacées et de 
quelques autres. 

L'obstacle que ces lianes opposent aux voyageurs n'a 
guère lieu que dans les parties basses ou médiocrement 
élevées de'l'île de Java : on en rencontre à peine dans les 
bois situés à une élévation absolue de plus de 4)000 pieds. 
Comme les parties où elles se trouvent en abondance 
sont aussi les plus fertiles , les plus habitées , les plus 
voisines des établissemens européens , on a lieu de s'é- 
tonner *que les plantes doht il s'agit aient échappé si 
•long-temps à l'investigation attentive des botanistes:; il 
est surprenant surtout qu'ils se soient aussi peu occupés 
des Piperacées. C'est un reproche que M. DecandoUe 

(i) Extrait de la Mouograpbie des Piperacées de ilie de Java et de 
quelques autres îles yoisîoes , que ce savant voyageur a publiée dans les 
Mémoires de la Société des sciences de Butai^ia , vol. xi , i8a6. 

Ces observations sont surtout précieuses par les faits qu^elles renfer- 
ment sur la structure des tiges , Torganisation de la graine et la germi- 
nation de ces plantes j faits qui sont très-intéressans , même lorsqu^on 
ne croirait pas devoir admettre les conséquences que Tautcur en tire. 

(R.) 



( 317 ) 
leur faisait il y a plusieurs années dans son Mémoire sur 
les propriétés médicales des plantes : M. Blume a donc 
lieu de s^applaudir d'avoir pris cetie famille pour un 
des objets spéciaux de ses recherches. 

Les Piperacées | si Ton en excepte quelques espèces 
américaines , sont des végétaux grimpans , les uns her*- 
bacés, les autres frutescens, et quelques-uns, mais en 
petit nombre, arborescens. ^ 

Si Toti. coupe transversalement la tige d'une de ces 
plantes un peu au-dessus du collet de la racine , on la 
trouvera cylindrique ^ mais si la section a lieu plus haut 
et sur les branches ^ elle fera apercevoir qu'un coté est 
plat et TaUtre convexe , et même quelquefois , mais plus 
rarement ; anguleux. 

En opérant ainsi , même sur les Piperacées ligneu- 
ses y on reconnaît évidemment , 

1°. Qu^elles n'ont point d'écorce piopremeot dite^ 

2^. Que leur substance n'est pas formée de cercles 
concentriques et parfaitement continus^ 

3^. Que toutefois les trachées y sont placées à-peu- 
près circulairement en s'élevant dans le tissu cellulaire , 
lequel est traversé par les vaisseaux séveux ; 

4"* Enfin on voit que les trachées les plus anciennes 
et de la consistance ligneuse occupent la circonférence 
de la section , tandis^ que les moins anciennes sont pla- 
placées au centre , et que ce centre est ordinairement 
rempli par de la moelle ou tissu cellulaire mou , 9ais 
quelquefois vide , au moins dans quelques espèces her- 
bacées. 

Par ces différent traits de leur organisation , ainsi que 
par la forme plus ou moins noueuse de leur tige , les 



( 2i8 ) 

Piperacées se rapprochent des Graminées , ei surtout des 
ai'brisseaux appartenant à cette dernière famille. 

Les unes comme les autres^ont la faculté de pouvoir 
être multipliées de boutures ^ au moyen des vaisseaux 
qui pénètrent le tissu cellulaire compacte des nœuds de 
la plante, et qui donnent même naissance spontanément 
à des racines lorsqp^elles se trouvent dans des circons- 
tances favorables. ' 

Cependant la disposition des vaisseaux est plus régu- 
lière dans les Piperacées que dans les Graminées , et sous 
ce rapport , aussi bien que sous celui de Texpansion pa- 
giniforme de leurs feuilles que parcourent des nervures 
ramifiées et non parallèles , elles se rapprochent plutôt 
de la famille des Aristoloches. 

On peut dire que dans le plus grand nombre des Pi- 
peracées , les feuilles sont opposées , en sorte toutefois 
qu'une seule des deux feuilles reçoit le développement 
entier, et que celle qui devrait lui correspondre est rem- 
placée par une stipule ; celle - ci est caduque , et en se 
détachant elle laisse à sa place une impression annulaire 
sur le nœud delà branche où elle s'insérait. La disposi- 
tion des feuilles n'est pas exactement la même dans la 
division de cette famille qui a reçu le nom de Pepero- 
miaj car bien que dans la partie supérieure <le la tige 
les feuilles soient opposées , celles du bas sont ver titil- 
lées. La forme des feuilles des Piperacées est variée; ce- 
pe^fdant elles ont cela de commun, qu'elles ne sont ja- 
mais découpées ni même dentées : plusieurs espèces les 
ont bordées d'un petit ourlet. 

Le spadix des fleurs est supporté en général par uu 
pcdoncule isolé et simple ^ il est placé le plus souvent 



( 219 ) 

vis-à vis d^une feuille développée, et occupe la place 
de la feuille opposée , étant d'abord recouvert par la 
stipule qui , ainsi que nous l'avons dit plus haut , tient 
lieu de cette autre feuille. Cependant la portion du spa- 
dix s'écarte „ dans quelques espèces , de cette règle ; il 
y en a qui vont à l'extrémité des branches , d'autres aux 
aisselles des feuilles ou à leur base même , comme dans 
le Peperomia/Iorifera de la Flore du Pérou. 

Au surplus , quoique le spadix avant d'être développé 
soit entouré , soit par la stipule , soit par des folioles 
particulières , il ne faut pas comparer ces enveloppes 
avec le spathe des Aroïdes ; elles en diffèrent^ non-seu- 
lement en ce qu'elles sont incolores et semblables à tous 
égards aux stipul es ordinaires , mais encore en ce qu'au 
lieu d'être placées immédiatement sous le spadix , elles 
le sont à la base du pédoncule ou même plus bas , et 
qu'elles se détachent avant même que les fleuri soient 
ouvertes. 

Ce spadix est d'une forme plus ou moins cylindrique, 
allongée , quelquefois conique ou même sphérique j il 
porte toujours un grand nombre de fleurs accompagnées 
chacune d'une écaille , dont la réunion imbriquée sert à 
protéger le spadix* avant son développement. La forme 
de ces écailles n'est pas la même dans les différentes es- 
pèces ^ dans 1» plupart elle est peltée , presque sessile et 
pube^cente *, dans d'autres , par exemple , dans le Piper 
arborescens^ le Piper acre et le Piper nigrum , elle a 
la forme d'une sorte de cupule ou de godet ^ enfin cette 
forme est quelquefois celle d'un casque s'ouvrant obli- 
quement , comme dans le Piper baccatum et dans le P. 
recuryum : dans ce dernier cas , les fleurs ne sont ja- 



( 330 ) 

mais aussi rapprochées que dans les deux cas précé- 
dens^ 

* Sous les écailles se trouvent , ordinairement implan- 
tées immédiatement sur le spâdix et entourées de petits 
poilë mous, les parties de la fruciificaiiori. Quelquiss 
espèces sont hermaphrodites , id'antres sont dioïques. 

Observons encore au sujet du spadix ({ue dans quel- 
ques espèces il devient charnu en grandissant , particu- 
tièrelnent dans celles qui portent leurs graines très-^rap- 
pfocbées les unes des autres , tandis que dans d'autres il 
ne subit aucun changement. 

Dans une vingtaine^ d'espèces de Piperacées , soit <de 
la division des Piper , soit de celle des Peperomia dont 
M. Blume a observé les anthères, il les a trouvées cons^ 
t-amment à deux loges , bien que quelquefois ces deux 
loges s^nbleut n'en former qu'une seule. Ces anthères 
sont de forme ovoïde, obtuse, allongée^ elles s'ouvrait 
latéralement , plus en dehors dans les Peperomia 4|ue 
dans les Piper ^ elles sont ou sessiles sur le spadix , ou 
posées sur un filament court , épais et comme chaiTiu^ 
Dans les fleurs hennaphrodîtes , ces organes mâles sont 
placés à côté de l'ovaire ^ auquel ils sont même quelque^ 
fois adhérens par leur base, ainsi qu'on le remarque 
dans le Piper miiricatuni' 

Il résulte de ces observations que c'est- à tort qu'on a 
cherché à distinguer les Peperomia des Piper d'après 
des différences fort peu importantes dans leurs anthères. 
Les ovaires sont toujours isolés , c'est-à-dire qu'il 
n'y en a jamais plusieurs de réunis sous une même 
écaille. Ils sont sessiles dans les commencemeus , mém^ 
lorsque le fruit doit cesser de l'être plus tard. Le slîg- 



( aai ) 

mate est simple et plat , quelquefois stelliforme^ ^t 
porté sur un style court; dans tous les cas , l'ovaire ne 
contient qu'un seul ovule dressé. 

Dalis les fruits murs de ces plantes ^ on o^erve les 
parties suivatites. 

i*". Un péricarpe plus ou moins charnu , qui renferme 
une graine dressée ; 1 

2®. Un double tégument autour de la graine , l'un 
extérieur et Tâutre intérieur plus mince ] 

3^. Un albumen plus ou moins granuleux , dans le- 
quel. il fié dépose a'-ses souvent une substance huileuse^ 
Il estîcreiisé ver§ son extrémité supérieure d*une pe** 
tite ci^vité , et on voit dans son milieu la trace d'uu> 
petit vaisseau qui porte la nouri'iture k l'embryon ^ Ce> 
petit vaisseau, très-délicat et très-tendre , ne se voit 
qu'avec un très-fort grossissement , bien qu'il existe in-* ^ 
dîibitablement dans toutes les piperacées ; 

4^. L^embryon lui - même qui occupe le creux 
de l'albumen dont nous avons parlé « ou la partie Su- 
périeure d0 la graille ^ ^sl charnu et en forme de cône 
i^en versé ^ et «'unit a I4 partie centrale et supérieiui^fd^ 
l'albumen par le vaisseau dont npu^ avoQs parlfé« I^^ 
pliimule, renfermée dans pet embryon ou plutôt dan^ 
ce cçtylédon. fermé (Bacillus de L^nk) , a une forme cy-^ 
litl4i*iqtie ; spu extrémité radicale mousse est dirigée versi 
la partie supérieure du cotylédon , et son extrémité infé^ 
rieure biloj^ée vér^ le creux de l'albumen , et cela de: 
telle manière que cette plumule a l'apparence d'être 
suspendue en haut dans le cotylédon ; sa partie radicale 
touchant contre la partie supérieure de ce cotylédon , et 
au contraire la partie inférieure fendue ne touchant pas^ 



( 330 ) 

mais aussi rapprochées que dans les deux cas précé- 
deos. 

* Sous les écailles se trouvent , ordinairement implan- 
tées immédiatement sur le spàdix et entotirées de petits 
poilë mous , les parties de la fructification. Quelquies 
espace sont hermaphrodites , d^antres $ont dioïques. 

Obaérvons encore au sujet du spadix q^e dans quel- 
ques espèces il devient èharnu en grandissant , particu- 
tièrelnent dans celles qui portent leurs graines très-^rap- 
pfocbées les unes des autres , tandis que dans d'autres il 
ne subit aucun changement. 

Dans une vingtaine^ d'espèces de Piperacées , soit de 
la division des Piper , soit de celle des Peperomia dont 
M. Blume a observé les anthères, il les a trouvées cons^ 
t-amment à deux loges , bien que quelquefois ces deux 
loges s^nbleut n'en former qu'une seule. Ces anthères 
sont de forme ovoïde , obtuse , allongée \ elles s'ouvrent 
latéralement , plus en dehors dans les Peperomia x|ue 
dans les Piper ^ elles sont ou sessiles sur le spadix , ou 
posées sur un filament court , épais et comme charnu. 
Dans les fleurs hennaphrodites , ces organes mâles sont 
placés à coté de l'ovaire , auquel ils sont même quelque- 
fois adhérens par leur base, ainsi qu'on le remarque 
dans le Piper miiricatum» 

Il l'ésulte de ces observations que c'est* à tort qu'on a 
cherché à distinguer les Peperomia des Piper d'après 
des différences fort peu importantes dans leurs autbèires. 
Les ovaires sont toujours isolés , c'est-à-dire qu'il 
n'y en a jamais plusieurs de réunis sous une même 
écaille. Ils sont sessiles dans les commencemens , mèm^ 
lorsque le fruit doit cesser de l'être plus tard. Le slig- 



( 223 ) 

de plus en plus \ elles devinrent plus vertes , c(î qui 
n'arrivait pas à leur extrémhé supérieure , qui était 
encore renfermée dans le cotylédon , et qui était réunie 
avec lui par un bord charnu. 

Enfin , plus tard , ces folioles se séparèrent Tune de 
Tautre ainsi que du cotylédon. 

M. Blume conclut de ces observations que les Fipera- 
céfes doivent être rangées parmi les monocotylédones (i), 
et il fait remarquer que tel était aussi le sentiment de 
Linné, puisqu^il les réunissait dans un même groupe 
avec les Aroïdes. On ne peut nier en effet , ajoute notre 
auteur, qu'il n'y ait quelque affinité entre ces deux fa- 
milles. Mais outre le port et le faciès^ elles diffèrent 
essentiellement entre elles par la situation de l'embryon, 

* 

(i) La structure de la graine et de Pembryon , et son mode de germi* 
nation , tels que M. Blume vient de les décrire , ne conduisent pas né" 
oessairement à It conclusion adoptée par le savant botaniste hollandais, 
c'est «à-dire à ranger ces plantes parmi les monocotylédones; aa con- 
traire, tous les raîts rapportés par lui confirment l'analogie de leur 
embryon et de celui des rfymphea ; analogie déjà indiquée en deux mots 

Rar M. Brown ( Ann. des Se, nat, , tom. viii, p. 23i ) , et dans ce cas 




planche Sq 

des Végétaux, planche relative au développement de Pembryon du 
nymphéa ; on verra qu'il existe dans cette graine , comme dans celle 
des Poivres . un périsperme ou albumen granuleux que traverse un vais- 
seau très-délié qui va se terminer au sommet d'un sac fermé de toutes 
parts ; ce sac , qui a été considéré par beaucoup de botanistes , et par- 
ticulièrement par Richard , comme un cotylédon unique , tant dans le 




Malpighi : on ne peut < 
comme faisant partie de.l'embrvon. La partie décrite dans les Poivres 
par M. Blume comme la plumule,«st au contraire l'embryon tput en- 
tier, la gemmule bilobée nSst autre chose que les deux cotylédons , et la 
partie radiculaîre est la véritable radicule. Alors la structure/ si singu- 
lière en apparence de ces plantes devient très-simple, et leur germina- 
tion beaucoup plus naturelle ; le prétendu cotylédon qui se séparait de 
l'embryon pour rester dans la graine, doit nécessairement y être ren- 
fermé , puisque c'est une sorte d'endosperme. Ce que M. Blume appelle 
les deux feuilles séminales, sont au contraire les deux cotylédons, qui 



( 224 ) 

par ForganisatioB du fruit , et par le mode de germina-' 
tion. Plusieurs botanistes célèbres ont au contraire ran- 
gés les Piperacées parmi les plantes dicotylédones; 
. c'est ainsi notamment que .M. de Jussieu les avait rap- 
portées à la famille des Urticées. Les Piperacées ont en 
effet de Taffinité avec quelques végétaux dicotylédons, 
particulièrement avec les genres Chloranthus et jisce- 
rina^ car ce que dans ces genres on a pris pour des pétales 
portant des anthères , parait à M. Blume être plutôt des 
(ilamens charnus qui soutiennent les anthères à leur face 
inférieure ; mais leur graine contient un albumen charnu, 
et leur embryon diâere entièrement, par sa situation et 
son organisation , de celui que ce botaniste a vu dans les 
Piperacées. 

Après ces généralités , M. Blume entre dans le détail 
des espèces de Piperacées qu'il a observées , et donne. sur 
chacune déciles, une phrase latine suivie^' une an^le 
description en langue hollandaise , et accompagnée d^iine 
figure qui fait connaître la grandeur et la forme de ses 
feuilles. Ces descriptions et ces figures sont au nombre 
de quai^ante-une ^ dont dix se rapportent à la division 
des Peperomia. \ 

se développent de I|i même manière que ceux, des autres plantes dicoty- 
lédones. Le seul fait singulier, c^est l'adhérence de L'extrémité de ces 
cotylédons^ soit entre eux, soit surtout au sac endospermiqi;e;> adhé- 
rence qu'on n'a jamais observée dans aucune {)lante , et qui i^'est pro- 
h.^blement dans ce cas qu'un contact très-intime, sans continuité de 
tissu. 

Si les observations du même botaniste sur la structure des tiges de 
ces plantes sont exactes , elles présenteraient une exception remarquable 
aux relations qui existent ordinairement entre l'organisation des tiee» 
et celle d^ l'embryon ; mais il est malheureux qu'il n'ait pas figuré des 
coupes (le ces tiges, pour mettre tout le monde a même de juger de l'a- 
nalogi^iplus ou moins grande qui existe enti'e elles et ceiles^sdes plantes 
monocotylédones. (1^0 



( "5 ) 

Mémoibe sur la Génération et le Déi^loppement 
de V Embryon dans les ^végétaux phanérogames; 

Par M. Adolphe Brosg^iart, D.-M. 



CHAPITRE IV. 

De la structure de Vos^ule aidant l'imprégnation. 

La siructure de Tœuf vë^^l aTant le moment ou 
Tembryon commence a y paraître, ou dans les-pne** 
miera temps de son existence^ a long- temps été enve- 
loppé de Tobscurité la plus profonde , ou plu(d( .on.a 
négligé et presqu'oublié pendant un siècle et demi )^ 
belles recherches de Malpighi sur ce sujet (i), rer 
cherches qui , par la délicatesse des observations et la. 
justesse de plusieurs des résultats auxquelles elles ont 
conduit ce savant physiologiste , surpassent peut-être tous 
ses autres travaux. Plus d*un siècle s'est écoulé sans 
^n^aucun observateur fit une étude spéciale d*un siije| 
jiussi important ; ce n*est que depuis quelques années 
que MM. Mirbel (a), Tm^pin (3), Treviranus (4)? 

, « 

(i) Malpichx, Anatom»^ Plantarum; Londini, 1^86, pag. $7. 

(9) Elém, de Ph/tiotogie vigétalrm de BotarUquCj^ tom. i, pag. 49 

et 3i3. 

« • 

(3) Ann, du Mus. /yii , p. 199. 

(4) f^on der Entwicklung des Embiyo und seiner umhtdlt^gen im 
P/Unzen-Ej"^ Eerlin, i8x5. 

XII. — I^oyembre 1827. l5 



( 226 ) 

Dutrocliet (i), et tout récemment M. R. Brown (2) , 
ont examiné avec beaucoup de soin }a stjc^cture de cet 
organe. C^eat plus particulièrement à ce dçrni^r que 
nous devons une connaissance exacte de l'ovule avant 
Timprégnalion ] MM. Trevij^anws et Dutrochct s'étant 
plutôt occupé du développement de l'embryon et de la 
fcH'mation des tissus qui Tenvironnent , que de Torgani- 
sation de l'ovule a,u moment ou l'imprégnation s'opère. 
Je n'entrerai dans auduii ^détail {>our le moment sur les 
opinions de ces savans , ces opinions ayant été suffisam- 
ment* développées dans leur ensemble, daiiàié mélîioîre 
déjà cité de M. Brown. L'exactitude des observations de 
ce det*<ïîér , quant aux faits tes plus ihiportailé de la struc- 
tiJiï^del'ovuï'ej'me laisseront peu dé choses a ajouter^ 
pariSôulièremént «ur ce qui a tabjibrt à l'ensemble de 
soH'orgàbifation et & la disposition de ses léguniens. 
Cependant la structure de cet organe est liée d^une ma- 
nière trop 'intime 'à la manière dont se fkit l'imprégna- 
tibii'"; pont' que Je n'entre pa^ dans quelques détails à son 
égard. 

Il résulte des observations du savant botaniste que je 
viens de citer, que l'ovule le plus complet est formé 
d'^n noyau ou d'une amandie centrale parencb^ateùse , 
recouverte par deux membranes qui ne lui adhèrent 
en général que par un seul point qui devient la cha* 
laze ; ces deux membranes pour lesquelles nous adopte- 
rons les noms de testa pour l'externe , et de tegmen 
.... \ 

(i) Recherches sur l'Accroissement et la Reproduction des f^égétaux 
{Mém, du Mus, y Xom* y m). 
(3) Sur ia Structure de P Ovule antériewcment a l'imprégnation 
4nn,: des Se. nai. , tom. viii , p. ai i). 



( 327 ) 

pour rinterne (i) , sont percées toutes deux dans un 
point, le plus souvent opposé à lachalaze^ d'une ouver- 
ture plus ou moins grande. Les deux ouvertures du 
testa et du tegraen se correspondent , et le sommet de Yslj 
mande (en regardant la chalaze comme sa base) , se 
termine ordinairement par un mamelon qui s^engage 
plus ou moins dans le canal formé par ces deux ouver- 
tures. 

Les principales différences dans le reste de la struc- 
ture de Tovule, dépendent de la position du point d'at- 
tache extérieur de Tovule au péricarpe , par rapport à la 
chalaze. Lorsque le point d'attache de Tovule répond à 
la chalaze , les vaisseaux nourriciers traversent directe- 
ment les deux membranes de l'ovule pour aller s'épa- 
nouir et former le disque yasculaire auquel on a donné 

(i) M. Brown déiîgQe cette dernière simplement par le mot de mem- 
hmna interna , et il suit en cela , comme pom* la membrane externe , la 
terminologie de Gœrtner ; mais cette expression double allonge et cause 
souvent de Tambiguité , parce qu'il existe dans la graine une membrane 
interne (çpi est ici désignée par Gaprtner sous ce nom ), qui le plus sou* 
▼ent ne provient pas de la membrane interne de Fovule , mais de Ta- 
nincissemant du parenchyme de Tamande. 

Pour éviter cette ambiguité , conservant le mot de testa pour la mem- 
brane la plus externe, que parcourent les vaisseaux nourriciers, j'adopte 
le mot de iegmen employé par M. Mirbel pour la membrane interne 
de la graine , quoique cet auteur paraisse plus souvent avoir appliqué ce 
ncMHk ce que Gaertner nomme la membrane interne qui provient de 
Pamiocisfeinent du parenchyme Je Pamande ou ehorion de Malpighi , 
qu'à la membrane interne proprement dite de Povule. Quant à la mem- 
brane iuteme résultant du ehorion de Malpighi , ou membrana interna 
de Gaertner, on pourrait . lui conserver le nom de ehorion , ou si roii 
veut éviter des noms analogues à ceux employés pour les organes des 
animaux lorsque les choses ne le |pnt pas évidemment , on pourrait lui 
donner le nom de membrane périspermiquc. 



( 2^8 ) 

le nom de chala^e , et alors il n'existe pas de paphé^ 
Dans ce cas, ou Touvcrturc du testa et du tegmen (si ce 
dernier existe) e&t directement opposé au point d'at- 
tache de Tovule et à la clialaze, c'est la structure la pluà 
.limple de Tovule ; nous en citerons pour exemple les 
Polygonées (pi 4i> i5g« 3), le Noyer, les vraies Urtî- 
cées , les Pipérîtées , le Saururus , le CeratophyllUm 
(pi. 44» fiÇ- 1 9 J5) » ou bien ces membranes se repliant 
sur elles-mêmes , leur ouverture quoique réellement 
terminale, c'est-à-dire opposée organiquement à la cha- 
laze , se rapproche du point d'insertion de la graine ; 
c'est le cas des Alismacées (pi. 4^5 fig ^) et de la plu- 
part des Crucifères (pi. 4^5 fig- 3, C), ou enfin sans 
qu'il existe une courbure et un repliement féel dans 
les membranes de l'ovule et dans l'amande , l'ouver- 
ture des premières et le mamelon de celte dernière se 
trouvent rapprochés de la chalaze et du point. d'altaçbe 
de l'ovule, c'est ce qui a lieu dans les Chenopodées/ 
dans les Amaranthacées , dans les Pliytolacc^es (pi. 4^^» 
fig. 4 » C), dans les Nyctaginées, dans plusieurs Cru- 
cifères (pi 4^ , fig. 3 , H) , enfin dans loutes les Grami- 
nées (pi. 43 , fig. 1 , 2). 

Les Commelinées présentent aussi une structure ana- 
logue, si ce n'est que l'ouverture des membranes de l^p- 
vule n'est ni directement opposé à la chalaze , ni plumée 
immédiatement à coté , tnais à angle droit par rapport 
a cet organe. 

Dans les diverses modifications de structure de l'ovule 
que nous venons d'examiner , les vaisseaux nourriciers 
traversant directement les tégumens de l'ovule, allaient 
former la chalaze à leur. surface interne et dans le point 



( 229 ) 

dircclement opposé : la base de Vamande correspoudaît 
par conséquent au hile ou au point'd'attache de Torule : 
ce cas est bien loin d'être le plus fré(|uent *, dans la plu- 
part des végétaux au coptraire, les vaisseaux nourriciers 
rampent le long du testa, soit à sa face externe c'est-à- 
dire en dehors du tissu fibreux qui le compose le plus 
souvent, soit à la face interne de ce tissu , ce qui est le 
cas le plus fréquent, et ce n'est que lorsque ces vaisseaux 
sont arrivés à l'extrémité opposée de Toviile, qu'ils for- 
inent la chalaze à s^ surface interne. L'amande se fiixnnt 
toujours à la chalaze , par laquelle elle doit recevoir ses 
sucs nourriciers , son point d'attache se trouve opposé 
à celui de l'ovule , sa direction est inverse de celle d^ 
cet organe, et son sommet se trouve par conséquent rap- 
proché du hile, c'est dans ce point également que lc$ 
membranes de l'ovule sont percées, et c'est par cet,l<? 
raison qtie le micropyle , qu'on a regardé à tort commq 
une cicatrice vasculaire , mais qui n'est réellement quç 
ceUp ouverture oblitérée (Z>), a presque loujouçs été it\- 
diqué auprès du hile, 

(/>) Depuis la rédaction de ce Mé<noire , M. Raspail a émis une autre 
opinion à cet égard ; il prétend que le micropyle , considéré comme 
une ouverture par Grew et par H. Broi^A • et. comme une cicatrice 
yasculaire par MM. Turpîn et Auguste Saiiit-Hllaire , n^e^t pi^s agtce 
chose que Pi^^Jice de Pinsertioade Ifi radicule de Pembvyon , et que les 
tégumensdc la grain^ ne pré^imtent ai^çune ptfiiorotlon. L'ouverture 
de ces (égumens est ccpiçndaQt si évidente sur certaines plantes, qu^on 
ne ofipçoit pas comment pn peut la révoquer ea doute. Je citerai parti- 
culièrement , parmi celles sur lesquelles cette structure peut s^observen 
le plus facilement, le Noyer, dont les tégum^ns de Toyulç ofirent v^rs 
leur sommet une ouverture très-grande , pa^ laquelle ramande fait 
saillie au dehors d^uue quantité presque égale à celle qui est conteniic; 
ii#ns le5 tégumens ; les SUtiçces^^ dont le testa se groio^ige sapéiif i{ve* 



( 230 ) 

Ceilcf isiructure est de beaucoup la plus fréquente , el 
vouloir citer les plantes dans lesquelles on peut l'ob- 
server, deviendrait une chose inutile et fastidieuse 5 je 
me contenterai donc de nommer que^ues-unea des fa- 
milles où on peut l'observer de la manière la pliis 
claire : telles sont les Thymelées , les Plumbaginées , 
les Euphorbiacées (pi. /^i , ûg. i j ^ , B)^]es Rham- 
nées, les Malvacées, les Renonculacées, les Cucurbi- 
lacées (pi. 4o, fig. i, >/ , C), les Rosacées, les Nym- 
phéacées (pi. 89, fig. -ff ) , les Liliacées , les Cypé- 
racées , etc. 

Dans les Légumineuses à embryon courbe , telles que 
les PhaseoluSj Pisum, Vicia ^ etc. , nous trouvons une 
structure à-peu-près intermédiaire entre celle que nous 
venons d^ndiquer et celle des plantes que nous avons 
décrites en premier , c est-à-dire que la cbalaze ne cor- 
respond pas au bile et n'est cependant pas directement 
opposée ; elle se trouve à angle droit par rapport au bile , 
tandis que Touverture des tégumens de Tovule est placé 
auprès du bile , mais du côté opposé à la cbalaze (pi. 419 
fig. 2 , ^); nous verrons par la suite que de la posi- 

meut en uia tube assez long, dont l'ouverture très-distinicte em- 
brasse par son extrémité libre un petit mamelon qui s^obserye \ la 
partie supérieure de la cavité de Povaire , et qui n'est autre chose que 
l'extrémité inférieure du tissu conducteur du style ; les ovules des Pi- 
voines , des Daphnées , des Tulipes , de& Fritillaires , qui présentent 
très-distinctement un canal étroit qui traverse leur testa spongiéftx et 
épais. 

On voit que ces plantes , que j'ai choî&ies parmi celles dont je n'ai 
pas figuré les ovules dans ce Mémoire , afin d'augmenter le nombre des 
exemples , appartiennent à des familles très-diverses , et que leur exa- 
men prouve l'exactitude des observations de M* Brown sur ce sujets 



(23i ) 

tion respective de ces deux parties , la chalazc et Tou- 
vertiire des tégnmens de l'ovule , dépend la foniie que 
prend Fembryon et qu'elle mérité par conséquent d'être 
observée avec soin. 

Dans la description que je viens de donner de la dis- 
position des membranes de Tovule, j'ai toujours sup- 
posé que l'amande était recouverte pa^ ses deux tégn- 
mens le tegmen et le testa , et que ces membranes u'ad- 
héniiént , soit eûtfe elles , soit avec l'amande , que par la 
chalaze. Ce cas, quoique le plus fréquent, n'est pas 
constant \ la réduction des deux membranes à une seulo 
est assez fréquente , et dans ce cas c'est presque toujours 
le tegmen qui me parait manquer ; car dans tous les 
ovules à chalaze opposée au hile> les vaisseaux qui vont 
former la chalaze. parcourant toujours le testa , il esX 
évidertt que lorsqu'on ne trouve qu'une seule mem-^ 
brane , c'est le testa qui persiste; tel est le cas des Plum^ 
baginées , des Asclepiadées , des Véroniques , du Lemnay 
où malgré Tatteniion la plus grande , je n'ai pu décou-^ 
vrir aucune trace du tegmen avant la fécondation, Dana 
les plantes où la chalaze correspond au hile , lorsqu'il 
n'existe qu'un tégument , on peut douter si c'est le 
testa ou le tegmen qui manque^ cependant; les exemples 
que je viens de citer me font présumer que c'est le plus 
souvent le testa qui persiste et le tegmen qui manque. 
Uti examen microscopique attentif du tégument simple 
de la graine lorsqu'elle a dqjà acquis quelque développe 
inent , pourra lever en partie ces doutes , car si cette 
membrane est vasculaire , c'est évidemment le testa , le 
tegmen ne présentant jamais de vaisseaux ; si elle est 
dépourvtie de vaisseaux , il reste encore quelques. 



( 232 ) 

âontÊi , car souvent le lesta ne renferme pas d'autre» 
vaisseaux que ceux qui vont former la chalaze. Les. 
plantes dans l'ovule desquelles je n'ai pu découvrir 
qu^un seul tégument et qui peuvent donner naissance à 
ces doutes sur la nature de ce tégument , sont les Che- 
nopodées , les Amarantbacées , les Nyctaginées , les Phy« 
tolacées (pL 4^» %• 4 5 ^) » ^^ Ceratophjrllum 
(pi. 44 9 ^S* ^9 ^) '^^ Helianthemum, le SaururuSf 
les Peperomiuy enfin les Graminées (pi. 43 , fig. i v^ )• 

Dans d^autres cas , il est difficile et même le plus sou- 
vent impossible , de déterminer s'il n^existe qu'un seul 
tégument ou deux tégumens autour de l'amande de To- 
vule par suite de l'adhérence de ces membranes , tant 
entre elles qu'avec l'amande; c'est ce qui a lieu dans 
toutes les Composées comme M. Brown l'avait déjà re- 
marqué ; c'est ce que j'ai observé dans la plupart des 
Crucifères et des Légumineuses à l'époque de la fécon- 
dation ; enfin , cette adhérence existe de la manière la- 
pins intime dans l'ovule du Tropœolum (pi. 44 9 ^g* ^)j 
dont la structure est par cela même très-difficile à bien 
étudier. 

L'existence d'une ouverture dans les tégumens de 
l'ovule, qui met à découvert un point de l'amande et jus- 
tement celui ou commence à se développer l'embryon , 
était une des découvertes les plus importantes pour 
rhîsloire de l'imprégnation. Cette ouverture fut entre-: 
vue par Grew , et depuis par Gleîchen , elle fut né- 
gligée par Malpiglii et par MM. Tréviranus et Dutro- 
chet. MM. Turpin, Mirbel et Auguste Saint- Hilaire^ 
qui ne paraissent pas l'avoir examinée au moment de la 
fécondation . la regardèrent comme la cicatrice J^es V9is«< 



C ^33 ) 

seaux fëcondans ; mais c'est à M. Brown qu'où doit d'a- 
voir mis bors de doute son existence et d'avoir indiqué 
les vraies fonctions qu'elle remplit. Sur toutes les plantes 
dontj^ai examiné les ovules, j^ai retrouvé cette ouverture 
des tégumens d'une manière plus ou moins évidente. 
Même sur celles ou l'amande est soudée aux tégumens , 
on voit le mamelon qui la termine faire saillie par une 
ouverture du tissu de ces tégumens ; c'est ce qu'on ob- 
serve sur les Composées. La capucine (Tropœolum') est 
la seule plante dans laquelle le mamelon de l'amande pa- 
rait fermer si exactement l'ouverture des tégumens aux^ 
quels il adhère qu'on ne voit réellement aucune in ter- 
ruption dans ces tégumens, mais seulement un point 
d'une structure spongieuse particulière qui indique l'ex- 
trémité de ce mamelon (pK 44 9 ^S- ^ ^ AQ^B 10 , D), 

Une des familles dont l'étude de l'ovule devait présen- 
ter le plus d'intérêt était celle des Graminées. La struc- 
ture de l'ovaire , de l'ovule , de la graine et de l'embrjon 
de ces plantes avaient été l'objet d'un si grand nombre 
d^opinions diverses , que je devais chercher si cette struc- 
ture s'éloignait réellement beaucoup de celle des autres 
plantes. Un examen attentif m'y a fait retrouver toutes 
les parties essentielles de l'ovule des autres végétaux. 

Les Graminées du groupe des Panicécs , et celles dont 
la graine est la plus grosse, telles que le Mays et le Sor- 
gho, sont les plantes de cette famille sur lesquelles la 
structure de l'ovaire est la plus facile à observer. On 
pe^it ensuite aisément, lorsqu'on est dirigé par l'ana- 
logie , retrouver une organisation peu différente dans les 
autres Graminées. 

On reconnaît facilement, en examinant avec soin 



<a34) 

un ovaire de Mays lors de la fécondation , deux lignes 
ou sortes de nervures qui , descendant en divergeant de 
la base du style , et se réunissant ensuite vers la hsiée 
deTovairè , circonscrivent un espace lancéolé. Ces deux 
nervures sont les faisceaux de tissu conducteur, et leur 
point de réunion indique Tendroit où doit se dévelop- 
per reilibryon ^ si on fait une double coupe de Tovaire , 
de manière à détacher une tranche très-mince qui com- 
prenne la base du style et le point où doit arri- 
ver le fluide fécondant , on verra , en examinant cette 
tranche avec une forte loupe et en la disséquant en 
même temps , qu'il existe à cette époque dans l'ovaire 
du Mays trois parties bien distinctes et libres entre elles 
dans la plus grande partie de leur étendue (pi. 43 9 figé 
I u4) ; extérieurement ( ^ i ) le péricarpe d'une épaisseur 
égale partout ^ immédiatement , dans son intérieur , Vo» 
vule globuleux ou plutôt hémisphérique inséré par la 
base à tout le fond de Tovaire , mais libre dans tout le 
reste de son pourtour (i). Cet ovule est lui-même com- 
posé de deux parties , la plus externe (fig* ^ 3) 9 
épaisse , parenchymateuse , malgré sa grande épaisseur 
et la nature de son tissu n'est qu'une des enveloppes de 
l'ovule 9 ainsi que le développement successif des par- 
ties le prouve , on peut la regarder soit comme le testa 9 
soit comme le tegmen ; l'absence de tout vaisseau et 

(i) M. Kaspaii a indiqué une adhérence entre la base du style et To- 
vnle , maïs il eât certain que s'il existe nne légère adhérence cellulense , 
ce n*est pas entre ces deux organes , mais entre le tégument de l'ovule et 
]t*amande* La forme acuminée de cette dernière me le fait présumer, 
4^utant plus que j^ai observé cette adhérence dans le Sorghum foccha- 



( 235 ) 

5on tî^tt lâche et uniforme me ferait pencher vers cette 
dei'Dièfe opinion. 

Dans l'intérienr de ce tégument de Tôvule , on trouve 
un petit corps également parenchymateux ( fig. ^ 4 ) y 
de forme conique , fixé pàt sa base , à la base même 
de Tovule^ mais non pas dans son centre ; ce corps , qui 
est Tafitiaiide ou lé choriou, est beaucoup plus rap- 
proché du côté dû péticàrpe par lequel descîendent lës 
faisceaux du ti^stl conducteur. Sa bslse reçoit les vais- 
seaux UOurriciers qui s^épânouisseut souâ lui pour for^ 
mer la chalaze (fig. A 6)-^ son soihmel m'a paru 
libre , mais je ne serais pas étonné cependant qu'il y 
eût mte légère adhérence cellùleuâe entre lui et le teg- 
men. Si on examine avec beaucoup d^attôntiotl l'attiande 
on Yoit que vers sa base et dû côté qttl l*egarde les 
Vaisseaux fécondaUs , elle &e prolonge eh un petit ma- 
tnelon conique , qui parait s'engager dans une oUvef*- 
ture du tegmeii (fig. y{^ 5 ). Il stiffit , pour changer 
cette présomption en (jéititiide, d'ettlever avec précau- 
tion tout le péricarpe qui couvre là face de Tovule à 
laquelle cette ouvefiu^e ô6ri*espond ^ on distingue 
alors facilement à la bsi&e de Vovule iiiié jpetite fossette 
et un trou au fond duquel on aperçoit lé sommet du 
mdmelon de Tâinsinde (pi. 43 , fig. i , i^ 3). 

Je mé fondais tout-à-^rheuï'è sur la texture du seul té- 
gument de l'ovule du Mays pour le regarder comme lé 
tégument interne ou tegmen , plutôt que comme le testa ; 
maintenant que la structure de cet ovule est mieux con- 
nue y je trouverai dans la position de la chàlaze une nou- 
velle preuve de cette opinion : toujours les vaisseaux 
nourriciek*s percent l6 testa , et ce n*est qu^aprës avoir 



( 236 ) 

traversé celte membrane qu'ils s'épanouissent poup for- 
mer la chalaze. La membrane interne au contraire m a 
paru souvent insérée au pourtour de la chalaze sans 
envelopper la partie de Tamandequi correspond à cette 
cUalaze. Cest ce qui a lieu pour le Mays et les autres 
Graminées de ce groupe^ on voit parfaitement que le 
tissu du tégument n^envelpppe pas Taraande de toute 
part, mais sMnsère au pourtour de la chalaze et sur le 
même plan qu^elle., Le tissu beaucoup plus solide 
(fig. A 2) qui forme la base de ces deux organes peut 
au contraire être regardé. ou comme un cordon ombili- 
cal court et épais, ou comme les restes d'un testa in- 
complet qui , au lieu d'envelopper Tovule , ne fait que 
soutenir sa base. 

Je n'entrerai pas dans plus de détail pour le moment 
sur la structure de Tovule des Graminées -, il me suffira 
de dire que celui du Sorgho ne difiere nullement de 
celui du Mays , et que celui des Poacées , de T Avoine 
(pi. 44 > fig- i) > du Blé , de l'Orge , etc. , n'en diflere 
réellement que par quelques légères modifications dépen- 
dant du mode d'insertion de l'ovule. Je ferai connaître 
ces diflër«ices en décrivant le développement de l'em- 
bryon dans cette famille : le, seul point que je voulais 
établir pour le moment , c'était la distinction de la mem- 
brane de l'ovule et de l'amande , et la perforation de la 
première. 

Le sujet le plus important , sous le rapport physiolo- 
gique , nous rcsie à examiner; c'est la structure deVa- 
mande. C'est dans rintérîeur de cet organe que se déve- 
loppe l'embryon ; c'est die qui copstîtue l'œuf propre- 
ment dit, çl<>nt le5 autres parties ne sont que des cnvc-. 



( 2^7 ) 

loppes accessoires : elle mérite donc toute notre atten- 
tion, 

Malpighi avait bien senti Vimportance de cette partie 
deTovule, et tous ses travaux sur le développement de 
Tembryou ont eu pour objet unique cette portion de la 
graine ; je pourrais presque en dire autant des recher- 
ches de MM. Treviranus et Dutrochet , et c'est peut- 
être à Tétude trop exclusive de ëetie partie de Tovule et 
à Texamen trop superficiel qu'ils ont fait de ses tégu- 
mens , qu'est due l'absence de l'observation des ouver- 
tures des tégumens, et par suite les erreurs dans les- 
quelles cela les a entraînés par rapport à la marche du 
fluide fécondant. 

Cependant les travaux de ces trois célèbres physiolo- 
gistes ont éclairci une infinité de points de la structure 
de cet organe; et dirigés par Une connaissance plus 
exacte de l'organisation générale de l'ovule , nous n*au«^ 
rons que peu de chose à ajouter à leui^s (AuJWVations 
pour compléter la connaissance de cet organe. 

Nous avons vu que l'amande se présente sous la forme 
d'une masse parenchymateuse fixée par une de ses ex- 
trémités à la chalaze, libre ordinairement dans le resté 
de sa surface , et se terminant par un mamelon plus ou. 
moins prolongé, qui correspond à la perforation des 
tégumens de l'ovule , qui souvent s'engage dans ce trou 
et qui même peut faire saillie au dehors. 

Son intérieur présente avant la fécondation , au mi«- 
lieu d'un tissu utrirulaire assez làthe , une petite vési- 
cule formée par une membrane très-fine et très-traqs- 
parente. Cette vésicule , arrondie ou allongée , quelque- 
fois presque cylindrique , varie beaucoup pour ^oo 



( 338) 

volume ^ elle est en général plus rapprochée de IVxCré- 
mité mamillaire de Famande que de sa base : quelque- 
fois cependant elle parait s'étendre jusqu'à la chàlaze 
(dans les Ccralophjllutn et dans les Âlismacées par 
exemple). C'est à cette vésicule que Malpighi a .donné 
le nom d^ ^ac de Tamniosi il a nommé le tissu utricu- 
laire qui l'environne chorion. 

Pour pe pas employé^ des expressions qui établissent 
entre ces parties et celles des animaux des çomparaÎM>ns 
dont l'exactitude est loin d'être prouvée^ nous désigne- 
rons le sac de l'amnios par le nom de sac embryon- 
naire 9 et 1^ chorion par celui de parenchyme d^ Ta- 
mande. Nous verrons plus tard ce que ces parties devien- 
nent dans 1^ graine , et les expressions les plus propres 
pour les dé^i^ner dans l'état qu'elles revêtent alors. 

Le sac embryonnaire étant la partip de l'ovul^ danjs 
laquelle se développe le jeune embryon, c'est sans con-* 
tredit ^jpl|i^ ijçj^portante de toiiies les parties de l'oviiile : 
le parenchy.m.e qui l'envieloppe n'est encore qu'une sortç 
de tégtiqne^t destiné à le protéger ou à permettre son ac- 
croissement ppsiérieur. Up^ preuve de cela , c'est que 
dans plusieijirs jplantes ce parenchyme est réduit à un^ 
membrane mince, transparente, sous laquelle se trouve 
immédiatem:ent le sac embryonnaire. Telles sont les Alis- 
macées (pi. 4^^ fig? 2, C), les Potamogeton , le Çera- 
tophyllum (pi. iJ4> ^S* î' P^ ^^ *, dans d'autres au 
contraire , le jparejichyme c|e J'aifliande occupe la plus 
grande partie de cet prganç , et le sac embryonnairp est 
réduit à uQe petite vésipule q^i o.ççupe son sommet près 
du mamelon d'imprégnation : c'est ce qu'on observe 
dans les Cucurbitacées (pi. ^Oy^. i, C ^\ fig. a^ 



( ^39 ) 

^ 4)> ^^^ 1^^ Graminées (pi. 43 > £§• i» Z))» et 
dans beaucoup d^autres plantes. Quelque soit Tétendue 
de ce sac embryonnaire, lorsqu^on est parvenu à Viso- 
1er complètement du reste du tissu de Tamande, on voit 
qull est formé ou par une seilîe vésicule sphérique, 
ovale , pyriforme ou cylindrique , pu par une suite 
de vésicules superposées^ formant une sorte de cha:: 
peldt. 

M. Dutfochet a nommé la membrane du sac embryon- 
naire te^me/i ou périsperme immédiat, présumant que 
cette membrane devenait ou le périsperme ou la mem- 
brane interne de la graine que M. Mirbel a npmmé teg^ 
men. Il a désigqé sous le nom à'hjpostates les yésiculcs 
accessoires qui se superposept au sac embryonnaire ; 
elles ne me paraissent avoir qu'une importance irès-se- 
cotidaire , et n'être qu'une dépendance ou une modifica- 
tion du sac embryonnaire. Nous nommerons Textrémité 
du sac embryonnaire qui regarde la chalaze , son som?- 
met f parce que c'est celle qui est le plus souvent libre ; 
l'extrémité qui répond au mamelon d'imprégnation 
adhérant au contraire assez fortement au parenchyme de 
l'amande , forme sa base» 

Du sommet de ce sac 9 il nait souvent un prolonge^- 
ment tubuleux qui s'étend jusqu'à la chalaze, M. DiUr^-, 
çhetl'a indiqué dans l'ovule de l'Amandier, et M. Browu 
dans celui du ^ymph^a (pi. 89 , fig. Jï 4 > -^ 8) ; 
Malpighi, qui l'avait dqjà observé, lui avait donné l^^om 
de va$ umbilicale. Gœrtner le regarde comme une soite 
des vaisseaux du çordou ombilical , qu'il f^it arriver 
par la chalaze jusqu'au sac embryonnaire. Mais il est 
encore douteux si ce prolongement existe en entier avant 



(^40) 

]ljL fécondation , on 8*il ne s'étend jusqu'à la cUalaze que 
lorsque Tembryon a déjà commencé à se former et à 
exiger une nutrition qu'il tire de la chalaze. Il est du 
moins certain qu'il n'existe pas dans un grand nombre 
de plantes , ce qui suffirait pour détruire T opinion de 
Gœrtner sur sa continuité avec les vaisseaux du cordon 
ombilical. 

Un des points les plus essentiels à examiner était le 
mode d'union du sac embi*yonnaire et du mamelon d'im- 
prégnation , puisque c'est par ce mamelon que doit se 
transmettre le fluide fécondant. Aucun auteur n'a dirigé 
ses .recherches sur ce sujet ^ et en effet , avant les con- 
naissances que M. Brown a donné sur la structure de 
l'ovule , presque aucun auteur ne paraissait soupçonner 
cette marche du fluide fécondant ^ la plupart , au con- 
traire , présumait que les vaisseaux fécondans réunis 

aux vai«$seaux nourriciers , se rendaient à la chalaze où. 
ombilic interne. 

M. Auguste Saint-Hilaire qui seul avait bien déter- 
miné le point de l'ovule par lequel pénétrait le fluide 
fécondant , n'ayant pas soumis ces parties à un examen 
microscopique, et admettant entre elles et les parois 
de l'ovaire une continuité de tissus , ne pouvait pas 
bien connaître leur véritable organisation. 

Dans un grand nombre de plantes , le mamelon qui 
termine l'amande est trop opaque- pour qu'on pui^ 
observer sa structure interne. Cependant , ou par une 
dissection délicate, ou en examinant avec un bon mi- 
croscope ce mamelon sur quelques plantes où il est 
moins épais , on aperçoit un tube unique , membraneux, 
transparent , qui s'étend di^.puis le sac embryonnaire , 



(a4i ) 

contre lequel il s'applique , et auquel même il parait 
adhérer légèrement jusqu'à rextrémiié externe du ma- 
melon d'imprégnation ^ dans quelques cas même , ce 
tube membraneux fait saillie au dehors (probablement 
au moment de Timprégnation) , de manière qu'on peut 
facilement observer son organisation; on le voit sur- 
tout très-distinctement sur les Cucurbitacées ( pi. /\o , 

fig. 1 , Z) 4? fi§* 2? ^ 5 , C 4? fig- 3 , B 4 ) y c^ez 
lesquels il se prolonge au dehors sous la forme d'un 
long filament : je l'ai également observé sur l'ovule 
du Pofygonum orientale (pi.. 4I9 fig* 3, D a), 
du Riùn (pi. 4^ « fig* 1 9 £>) , où il fait aussi saillie 
au dehoi'S , et du Haricot commun (pi. 4^1 , fig. a, 
Jî 4 )» ^^ VIponiœa purpurea ^.pl. 4i ? fig. 4 v C 4) , 
dans lesquels leur extrémité tiCidépasse pas celle du ma* 
melon^etje ne saurais douter que, par deff obdefvti-' 
tiocs nombreuses et faites avec soin, onne le décotivré 
sur toutes les plantes , surtout si on saisit le moment 
de l'imprégnation , où il parait eu général acquérir plus 
de développement , et faire souvent saillie au dehors. 

En résumant les principaux traits de Torganisation 
dé l'ovule, on voit qu'il est essentiellement composé 
d'une amande parenchymateuse , renfermée dans une 
ou deux enveloppes membraneuses, auxquelles elle 
n'adhère en géiiéral que par un seul point, la chalaze, 
par lequel elle reçoit les sucs nutritifs nécessaires à son 
dévelopi^cment et à celui de l'embryon •, que ces enire-f 
loppes présentent une ouverture à laquelle correspond 
un mamelon plus ou moins prolongé , qui forme le 
sommet de l'amande; le centre de ce mamelon est oc- 
cupé par un tube membraneux , qui fait commnuiquer 
xii. ^ 16 



( HO 

son exlrémitë exierne avec le point du sac embryonnaire 
dans lequel Tembryon doit se développer. 

CHAPITRE V. 

De V imprégnation ou du mode d'introduction de 
la substance fécondante dans Vo^^ule ^ et de la 
formation de V embryon. 

Ce que j'ai à dire sur le premier de ces sujets découle 
d'une manière si naturelle de ce quej'ai fait connaître dans 
les deux chapitres précédeus ^ sur le mode de transmis- 
sion du fluide fécondant du stigmate au placenta , et sur 
la structure de Tovule , que je n aurai que peu de faits 
nouveaux à rapporter , pour prouver que le fluide fé- 
condant, ou plutôt les granules spermatiques, transportés 
dans les interstices du tissu conducteur jusqu'en face 
de l'ouverture des tégumetis de l'ovule , sont absorbés 
par le mamelon de l'amande et portés jusqur'au sac em- 
bryonnaire. 

J'ai déjà dit que la plupart des auteui*s avaient pensé 
que le fluide fécondant pénétrait dans 1-ovule par le 
cordon ombilical , soit par les mêmes vaisseaux que les 
sucs nutritifs , soit par des vaisseaux distincts , qu'il 
arrivait ainsi à la chalase , et que de \k , suivant plu- 
sieurs de ces physiologistes, il était porté jusqu'au 
point où devait se former l'embryon paij^le vas um- 
bilicale de Malpighi; c'est l'opinion adoptée parGœrt- 
ner et par MM. Treviranus et Dutrochet. 

M. Turpin admet, il est vrai , que ce fluide , contenu 
dans des vaisseaux particuliers , traverse les membranes 



( ^43 ) 

de Vovule par une ouverture distincte , ie micropyle ; 
mais il pense que ces vaisseaux ^ unis aux vaisseaux nour- 
riciers , vont gagner la radicule de Tembryon , tandis 
que les vaisseaux nourriciers , ainsi que M. Brown Ta 
déjà reconnu, vont former la chalaze, qui, presque 
toujours , est opposée à la radicule. M. Turpin admet 
enûn que le micropyle fait toujours partie du bile au 
montent de la fécondation , et que ce n'est que par 
suite du développement de la graine qu'il s'en éloigne 
^ quelquefois • 

M. Auguste Saint-Hilaire a bien reconnu y il est vrai^ 
que dans Tovule même , le point qui devait devenir le 
micropyle était souvent éloigné du bile ; qu'il était 
même opposé au bile dans certaines familles \ mais ^ re- 
gardant avec raison ce point comme celui par lequel le 
fluide fécondant devait pénétrer dans Tovule , et sup- 
^sant que cette introduction ne pouvait avoir lieu que 
parla continuité des vaisseaux conducteurs jusqu'à l'em- 
bryon , il a admis dans ces plantes un double point d^at-^ 
tache •, l'un formé par les vaisseaux nourriciers , l'autre 
par les vaisseaux fécondans. 

M. Brown seul, parmi les auteurs modernes , a re- 
connu que l'ouverture décrite dans la graine sous le nom 
de micropyle par M. Turpin , n^était pas une cicatrice 
des vaisseaux fécondans , mais qu'elle existait déjà dans 
l'ovule, et il a été conduit par là à admettre qu'elle don- 
nait passage au fluide fécondant , et que le mamelon de 
l'amande était destiné à l'absorption de ce fluide. Ce que 
j'ai dit sur la structure de ce mamelon confirme com- 
plètement son opinion. 
•Il est évident en efiet que le fluide fécondant ne peut 



( ^44 ) 

pas pcnétrcr avec les Vaisseaux nourriciers par le cor- 
don ombilical et la chalaze qui en est toujours la termi* 
naisou^ Jamais le tissu qui seit à sa transmission depuis 
le stigmate jusqu'au placenta ne se continue dans le cor- 
don ombilical , et jarnais surtout il n'accompagne les 
vaisseaux nourriciers jusqu'à la chalaze ; dans toute 
les plantes où il est facile de le distinguer par sa tex- 
ture ou par sa couleur, on le voit venir se terminer en 
face de l'ouverture des tégumens de l'ovule; souvent 
dans ce point, il forme un mamelon ou une papille 
très-marqùée , qui pénètre dans cette ouverture , ou qui 
la couvre en entier (ï)» Je citerai parmi les plantes où 
cette organisation -est très- visible le Ricin (pl.4i^ 
fi^. I , yi) <i le Phjtolacca decandra (pi. 43^» fig- 
4 V Jî ) 9 le Basella rubra , le Daphne laureola , les 
Staticées , V Hibiscus syriacus , enfin les Cucurbiiacées 
dans lesquels la couleur tranchée du tissu conducteur 

(f) jamais ce tissa ne s^unit aux tégameits de l^ovule ou ne pénètre 
dans leur Intérieur. Toutes les observations que fai faites à diverses 
époques , depuis le moment de la fécondation jusqu^à Tapparition de 
Tembryon , me prouvent que jamais cette continuité nVxiste , soit daùs 
les plantes où l'ouverture des téguments deTovule est rapprochée du point 
d*însertîon detTovule , soit dans celle où cette ouverture en est éloignée. 
Ce qoe M. Auguste Saînt-Hilaire a désigné comme un secoudrpointd^at- 
tache, par lequel, suivant lui, les vaisseaux fécondans pénétraient dans 
Tovule, ne me parait donc , ainsi que M. Brown l'a supposé, que le ré- 
sultat d'un contact intime, quelquefois mémo d'une sorte d'emboîte- 
ment du trssu conducteur dans l'ouverture des tégumens de l'ovuie. Il 
est probable que M. Auguste Saint-Hilaire aura été induit en erreur 
par le contact parfait qui existe presque toujours au moment de la fé- 
condation , par la forme allongée et quelquefois presque tiihuleusc de 
cette partie de l'ovule ; enfin par l'emboîtement qui a lieu assez fréquera^ 
tii«ut d'un petit mamelon tlu placenta dans l'ouvertiire de Tovule.'Màis 



( ^45 ) 

permet de le suivre jusqu'à l'ouverture de l'ovule sans 
<jue jamais on le voie envoyer aucun prolongement qui 
pénètre avec les vaisseaux nourriciers dans Tovule (pi. 
38 , fig. C ; pi. 4^ , fig. I , >^). On conçoit donc que 
les granules sperma tiques $ont amenés dans les inter- 
stices des utricules de ce tissu jusqu'à se trouver presque 
en contact ou même en contact immédiat avec le ma- 
melon de l'amande de l'ovule. 

Ce mamelon renferme dans son intérieur , comme 
nous l'avons vu , un lube ou vaisseau simple ^ continu, 
qui tantôt ne dépasse pas son extrémité, qui, dans 
d'autres plantes , s'étend au dehors sous la forme d'un 
filament confervoïde ; il est possible même que dans la 
plupart des plantes , si ce n'est dans toutes, il prenne 
cette extension au moment de l'imprégnation , et qu'il 
ncL faille que saisir ce moment pour le bien observer^ 
cardans les Curcubitacées , où il acquiert le. plus grand 
développement à cette époque } on n'en observe aucune 
trace , soit sur les ovules très-jeuuea au moment de la 
fécondation du stigmate , soit sur ceux où l'embrypn a 
déjà commencé à paraître : j'ep dirai autant des autres 
plantes, telles que le Ricin et le Paljganiun omentale , 
sur lesquelles j'ai vu ce tube se prolonger au dehors. 
Ce n'est que sur quelques oyules , sîMsis probablemeat 

une double coupe de lV>vule et du pérrcarpe , fallc de manière à enlever 
une tranche mince qui comprenne ce point de contact, m,ontre d^une 
manière évidente qu^il u^y a pas de continuitfî de tissu dans ce ^)oint , 
entre le péricarpe et Povule , et qu^'l n^y a pas eu cependant de déchi- 
rement ; c^est du moins ce que j*ai observé sur plusieurs des plantes 
citées par M. Âug. Saint-Hitaire , comme ayant un double point d^at* 
lâche , telles que les Polygoiiées , les Solcranthées , les Çheçopodécs ,^' 
^i Amacaulhacécs^ 



dans le moment de rimprégnalion , (jue j'ai pu l'obser- 
ver. Quoi qu'il en soit , je ne saurais douter que ce 
vaisseau tubulcux ne soit destiné à Tabsorption des 
granules spermaiîques. Dans les Cucuîbi lacées , sur 
lesquelles il est très -facile de l'observer , j'y ai presque 
toujours vu des granules très-fins semblables aux gra- 
nules spermatiques , et en outre j'ai remarqué à la sur- 
face de ces filamens remplis de granules des sortes de 
protubérances ou de mamelons , qui paraissaient les ci- 
catrices ou les indices d'une ouverture qui se serait pra- 
tiquée à leur surface (pi. 4o , fig. i , O 5; fig. 2 , 
C 4)' Peut-être, dans ce cas, le filament ne fait-il 
que s'appliquer sur une membrane mince qui recouvri- 
rait l'extrémité placentaire du tissu conducteur, comme 
une semblable membrane recouvre souvent son extré-» 
mité siigmatique, et un phénomène analogue à celui 
qui a lieu entre la membrane interne dos grains de 
pollen et Tépiderme de ces stigmates a-t-il lieu ici(i). 
Ce point très-difficile à observer restera peut-être long- 

(i) Le Nymphéa lutea présente sous ce point de vue de la disposi- 
tion de son tissu conducteur plusieurs faits remarquables , et l'exis- 
tence de cet épiderme placentaire m^a particulièrement paru bien dis- 
tincte sur cette plante. 

On sait que les ovules des Nymphéa sont suspendus à toute la surface 
interne des loges nombreuses qui composent Tovaire de ces plantes ; les 
vaisseaux nourriciers de ces ovules montent le long de Pangle interne 
du péricarpe jusqu'auprès du stigmate , et ensuite ils redescendent en se 
ramifiant le long des parois y pour se distribuer aux ovules (pi. 3^, 
fig. C 3 ). Le tiâsu conducteur, au contraire, après avoir formé chacun 
des rayons qui composent le stigmate de cette plante , descend en con- 
vergent jusqu'au sommet de la loge ( fig. C5 ) , et là se répand &ur toute 
la surface interne de la loge , qu'il tapisse d'une couche mince, distincte 
du reste du lissu des cloisons. A l'époque de l'imprégnation , c'est-à-dire 



( i'47 ) 

temps dans le doute y mais quelque soit la manière dont 
les granules spermatiques passent du tissu conducteur 
dans le tube conducteur du mamelon de Tamande , on 
ne peut , je crois , conserver aucun doute que ce ne soit 
par cette voie qu^ils pénètrent dans Tintérieur de l'a- 
mande jusqu'au sac embryonnaire , contre lequel le 
tube central du mamelon d'imprégnation vient s'appli- 
quer. 

On conçoit, d'après ce que nous avons dit de la 
marche du fluide fécondant , qu'il doit mettre un temps 
assez considérable pour parvenir du stigmate jusqu'à 
l'ovule : ce temps varie beaucoup suivant les plantes^ 
mais presque toujours il faut plusieurs jours pour que 
cette transmission ait lieu , et souvent un espace do temp» 
bien plus considérable est nécessaire. Ainsi dans les Cu-» 
curbitacées, où Ton peut juger assez exactement du mo- 
ment de l'imprégnation par l'état du mamelon de Ta- 
mande et par la présence du filament tubuleux qui en 
sort, il faut certainement plus de huit jours pour que 
les granules spermatiques parviennent jusqu'à l'ovule : 
car ce n'est que lorsque l'ovaire d'un Potiron , qui au 
moment de la floraison était gros comme une noix , a 
atteint la taille d'une grosse pomme > que Timprégua^ 
tion des ovules a lieu. 

Cet intervalle est certidnement beaucoup plus consi^ 

quelques joure api*ès la floraison , si on exaioine le tisan eonductenr qui 
recouvre ainsi les parois internes c]«s logea (fig. G a)» on voit qu^il 
est recouvert par une membrane mince qui est séparée des cellules du 
tissti conducteur lui-même par des granules assez nombreux (fîg. G 3) y 
absbliHhent comme les cellules da stigmate sont s^arées de f^derme 
^'ès-mince qui les recouvre. 



( ^48 ) 

^'ral*le daus le Noiselier, sur leqnel il est impossible 
d'apercevoir lès ovules eux-mêmes au moment de la 
fécondation , et dans lesquels on ne pctU disiinguer un 
commencement d'embryon que plusieurs mois après celle 
époque. Dans ce cas , il est même impossible d'admettre 
que tout ce temps est employé à transmettre le fluide 
fécondant du stigmate à la vésicule embryonnaire, et l'on 
est obligé de penser que ce fluide reste stationnaire dans 
une partie de la plante , ou ce qui est plus probable , 
que l'embryon , après s'être formé à l'état rudimen taire, 
demeure pendant long-temps dans une sorte d'état de 
torpeur avant de se développer. 

L'examen des ovules dans lesquels l'embryon est déjà 
bien visible , nous montre que dans presque tous les 
végétaux il est contenu daus le sac embryonnaire , et 
qu'il est placé à l'extrémité de ce sac qui est la plus rap- 
prochée du mamelon d'imprégnation, vers lequel la ra- 
dicule est toujours dirigée. C'est donc dans ce sac et 
dans le point qui correspond au tube conducteur du ma- 
melon de l'amande , que nous devons chercher à décou- 
vrir les premières traces de Tembryon, ainsi que l'état 
de ces parties avant son apparition. 

Il est extrêmement difficile d'examiner la partie du 
sac embryonnaire où doit se former l'embryon à une 
époque évidemment antérieure à l'imprégnation ^ ce sac 
est en général si petit, si difficile à isoler du parenchyme 
environnant , qu'on peut rarement y parvenir. Les fi- 
gures que je donne de cette partie du sac embryonnaire 
dans le Cucurbita cerifera (pi. 4o , fig< 3 , -^) , dans le 
Nupharlutea (pi. 89, fig. /), et dans VIpomœa pur- 
purea (pi. 4^, fig. B) , me paraissent cependant avoir 



(^49) 

éié faites sur des ovules avant rimpréguation , oa au mo- 
menl même de cet acle. 

Ou voit qu'il naît de la base du sac embryonnaire une 
petite vésicule pyrifornie qui , dans Vlpomœa^ est envi- 
ronnée de cellules réellement indépendantes d'elles y 
ainsi que nous le verrons plus tard. A celte époque, 
cette vésicule est vide , transparente , et ne renferme que 
quelques granules très-fins et disposés sans ordre.j son 
col paraît ouvert, et je pense qu'elle ne résulte que 
d'une sorte de dépression de la membrane du sac em- 
bryonnaire. On conçoit facilement dans ce cas qu'elle 
peut ne se former qu'au moment de l'imprégnation, ou 
très-peu de temps avant , et il n^est pas étonnant alors 
que dans d'autres ovules observés même peu de temps 
avant celte époque , on ne puisse l'apercevoir. Je lai en 
ef&t cliercliée inutilement sur des sacs embryonnaires du 
Momordica elalerium et du Poljgonum orientale, qui 
cependant d'après l'élat du mamelon d'imprégnation , 
paraissaient èlre au moment de recevoir l'influence du 
fluide fécondai^t. 

Sur des ovules un peu plus avancés des mêmes plantes, 
on observe un changement irès-marqué dans l'intérieur 
de cette vésicule, une masse granuleuse opaque, gri- 
sâtre ou verte ( dans le Cucurbita ceiifera , pi. 4i j Cg« ^ > 
JD ) occupe son centre : celle masse continue à augmen- 
ter j bientôt elle remplit toute la vésicule qui se présente 
sous la forme d'une petite masse granuleuse ou paien- 
chymateuse. A cet état de vésicule embryonnaire im- 
prégnée, il est plus facile de l'observer 5 ainsi j'ai pu 
l'examiner, no^-seulement dans les plantes que je viens 
fie ciicr, maïs sur le Phaseolus vulgaris (pi. ^i , 



(25o) 

6g. a, C 3), sur le Phjtolacca decandra (pi. 4^, 
fig. 4^ -^)» sur le Triglochin, maritimum (pi. 4^9 
fîg. 1, C), VAlisma plantago (pi. 4^^ > fig» 2» '^)' 
DdDs le Haricot , j^ai vu très-disimctement une chose que 
j'ai cru aussi apercevoir sur le Cucurbita cerifera et stlr 
le Nuphar lutea , c'est que le centre de la masse granu- 
leuse est occupé par un granule plus gros et plus mar- 
qué que les autres , dont un certain nombre cependant 
étaient placés assez régulièrement autour de lui. 

Ce granule central serait-il le granule spermatique 
qui aurait pénétré jusque dans la vésicule embryon- 
naire analogue à la cicatricule des œufs des animaux? 
C'est ce que je n'oserais affirmer , d'après le petit nombre 
d'observations qu'il m'a été possible de faire sur un 
sujet aussi difficile *, mais cela paraîtrait assez probable , 
si toutefois un seul de ces granules concourt à la for- 
mation de l'embryon . 

L'embryon ainsi formé dans une vésicule dépendant 
du sac embryonnaire par un^^tr plusieurs granules pro- 
venant du pollen , ^et par plusieurs granules fournis par 
l'ovule , se confjbnd avec cette vésicule qui forme son 
épiderme , et c(;^niinue à croître pendant quelque temps 
^n restant adhérent au sac embryonnaire. Sa partie su* 
péricure se goi|ifle, s'arrondit^ sa base au contraire se 
rétrécit : tantôt il s'isole à celte époque par l'étrangle-^ 
inent complet de ce pédicule , et il se présente sous la 
forme d'un globule libre \ tantôt au contraire il conti- 
nue à adhérer au sac embryonnaire^ et dans un petit 
pombre de plantes cette adhérence persiste pendant long- 
temps et mèraejusqu'à la maturité parfaite de la graine : 
c'est ee qu'on observe dans le Tropœolum (pi. 44 > 



( 25i ) 

fig. a) , dans les Conifères et dans les Cycadées. L'em- 
bryon, libre ou fixé par. sa radicule, continue à s'accroître ; 
bientôt, dans les plantes dicotylédones, on voit son 
sommet se diviser en deux lobes qui formeront plus tard 
les cotylédons : la bafse pointue par laquelle il était fixé 
devient au contraire la radicule. A la même époque, ou 
souvent plus tard 9 il se montre entre les deux lobes €0* 
tylédonnaires un troisième lobe qui deviendra la gem- 
mule. 

Quelquefois au contraire le troisième lobe ne se 
montre pas d'une manière bien distincte , et la gemmule 
reste invisible jusqu'à l'époque de la germination , ou 
du moins ne se présente que sous la forme d'un petit 
tubercule à peine visible , placé entre les cotylédons. 

Dans les divers végétaux que nous avons examinés 
jusqu'à présent, l'embryon se forme dans l'intérieur du 
sac embryonnaire^ et c'est en effet ce qui a lieu dans 
presque toutes les plantes ^ quelques espèces cependant 
forment une exception remarquable. Dans celles-ci , 
l'embryon se développe en dehors de ce sac. L'une de 
ces exceptions se présente dans l'ovule du Ceratophjl- 
.lum , et l'analogie me porte à penser qu'elle existe éga- 
lement dans le Nelutnbo, et peut-être dans le Ruppiay 
le ZosterUy et dans plusieurs des plantes dont Richard 
avait désigné l'embryon sous le nom d^embi*yon macro- 
..pode. 

Si on examine l'ovule du Ceratophjllum demersum 
au moment de la floraison , on trouve qu'il est suspendu 
au sommet de la cavité de l'ovaire , et qu'il e<st composé 
d'un seul tégum^t ouvert à l'extrémité opposée à son 
point d'insertion ( p). 44 9 ^g* ^) ? l'amande , également 



\ 



( 252 ) 

cuspcudue , est formée d'une membraue cellulecrae , 
mince , transparente , et se termine par un mamelon 
court , formé par une sorte de petite couronne de cellules 
( 6g. I , C). Dans l'intérieur de cette amande on trouve 
le sac embryonnaire qui la remplit en entier ] il est fixé 
supérieurement à la chalaze et s'étend jusqu'au mame- 
lon d^'mprégnation à l'extrémité interne duquel il ad- 
hère i ce sac est composé de, trois grandes cellules su- 
perposées , dont la supérieure est la plus vaste. 

Peu de temps après la fécondation j l'ovaire ayant 
acquis un volume à-peu-près double de celui qu'il avait 
alors j en examinant par transparence l'amande avec 
une forte loupe , on voit que le sac embryonnaire n'est 
plus en contact immédiat avec le mamelon d'imprégna- 
tion , et que son sommet , qui s'est isolé , est terminé 
par un petit globule vert ( fig. i , Z) ). 

Par une dissection délicate , on peut extraire le sac 
embryonnaire tout entier avec le globule vert qui le ter- 
mine ( fig. i ^ E) y et qui n'est autre chose que l'em- 
bryon ; on voit alors qu'il est comme enchâssé à Tex-^ 
trémité de ce sac par une sorte d'anneau formé de plu- 
sieurs petites cellules , et qu'il est réellement en de- 
hors du sac ; en effet , le plus léger mouvement le fait 
sortir de la petite cavité dans laquelle il était à moitié 
contenu , et il flotte librement dans l'eau. Il continue 
à s'accroître pendant quelque temps en adhérant légè- 
rement à l'extrémité du sac embiyonnaire (fig. i , £* ) 5 
mais bientôt il s'en dégage et se développe dans la ca- 
vité comprise entre la membrane de l'amande et ce sac : 
il se divise en trois lobes , les deux latéraux se prolon- 
gent BOUS forme de cornes entre le sac embryonnaire et 



( 253 ) 

les parois de Tamande \ le lobe moyen repoussç le sac 
embryonnaire , s^introduit dans sa cavité, et finit par être 
ainsi enveloppé par ce sac 5 il devient la gemmule com- 
posée de deux folioles inférieures opposées et de plu- 
sieurs verticillcs daulres feuilles plus petites (fîg. ij K). 
Il est inutile dMnsister ici suc Tanalogie qui existe 
entre cet embryon et celui du Nelumbo. Il est évident 
que les deux lobes externes sont analogues aux deux 
grands lobes arrondis de Fembryon du Nelumbo j que. 
le sac qui enveloppe la gemmule est le même qui con- 
tient celle de celte plante , et que.Bichard avait consi- 
déré comme le cotylédon; enfin que la gemmule ,• très- 
développée de ces deux plantes^ contient également une 
première paire de feuilles opposées , et en outre d'autres 
petites feuilles analogues pour leur disposition aux an- 
tres feuilles de la plante. Cela ne tranche pas la ques- 
tion de savoir si , dans ces deux plantes , les lobes ex- 
ternes très -charnus sont les cotylédons , ou si ce sont 
des dépendances de la radicule, la première paire de. 
feuilles représentant alors les vrais cotylédons ; mais il 
me parait du moins parfaitement prouvé par Tanalogie 
qui existe entre Tembryon du Nelumbo et celui du Ce- 
ratophyllum , que dans la première de ces plantes , le 
sac membraneux , considéré par Richard comme le coty- 
lédon • et par M. Decandole comme une stipule , est réel- 
lement une des membranes de la graine , et qu'il est par 
conséquent tout-à-fait indépendant de l'embryon. U me 
parait donc impossible d'adopter l'opinion de Richard à 
l'égard de cette plante , et de la ranger parmi les mono- 
cotylédones ; elle suit le sort des vraies Nymphéacées , 
que les observations de M. Rt Brown , sur l'origine de 



( ^54 ) 

leur prétendu cotylédon , placent définitivement 'parmi 
les dicotylédones. 

On me pardonnera , j'espère , cette digression en fa- 
veur d^une plante qui a été l'objet de tant de discussions 
depuis une vingtaine d'années, et qui , avec celle que je 
viens de décrire tout-à-l'heure , présente à ma connais- 
sance les seuls exemples d'un semblable développe- 
ment de l'embryon . Je soupçonne , d'après la structure 
de l'embryon et d'après les figures que** Trevîranus a 
données du développement de l'embryon dans le Ruppia, 
que dans cette plante et dans le Zostera l'embryon, quoi- 
que mon ocotylédoué , pourrait également se développer 
bors du sac embryonnaire \ mais je n'ai pas pu vérifier 
ce soupçon. 

Sous le point de vue physiologique , ce mode de dé- 
veloppement de l'embryon a un grand intérêt , car il 
nous prouve que la vésicule dans laquelle l'embryon se 
développe ordinairement ne concourt que d'une manière 
très * accessoire à sa formation , ou du moins que la 
membrane qui la forme n'est pas essentielle à la [produc- 
tion de l'embryon. En effet , dans le Ceratophyllum ^ 
îl parait certain qu'aucune partie des membranes du sac 
embryonnaire n'entre dans la composition de l'embryon. 
Il se forme simplement dans une petite fossette ou dé- 
pression placée au dehors de son extrémité , et environ- 
née de petites cellules qui probablement servent d'abord 
à unir cette extrémité du sac au tissu de l'amande au 
tour de l'extrémité interne du mamelon d'împrégalion , 
et à circonscrire ainsi un espace dans lequel le mystère de 
la première formation de l'embryon doit s'accomplir. 

Dans cet espace comme dans la cavité de la vésicule 



( ^55 ) 

* embryonnaire des autres plantes , un ou quelques-uns 
des granules spermatiques s'unissent probablement à 
d'autres granules fournis par Tovule pour donner nais- 
sance au petit globule , premier rudiment informe de. 
Tembryon; dans le Ceratophyllum , ce globule , placé 
en dehors d'un sac embryonnaire libre par son sommet , 
se développe ii^dépeudamment de ce sac. 

Dans la plupart des autres végétaux , au contraire^ ou 
il existe avant l'imprégnation une vésicule dans laquelle 
la formation de l'embryon s'opère , ou bien ce sac étant 
assez fortement uni au parenchyme de l'amande , l'em- 
bryon , quoique se développant à sa surface externe , re- 
pousse sa membrane dans l'intérieur de sa propre cavité , 
et finit ainsrpar se trouver logé dans cette cavité , quoiqi^e 
étant réellement placé au dehors de la membrane , de la 
même manière que les viscères^ revêtus d'une mem- 
brane séreuse , sont placés hors de cette membrane , 
quoique contenus dans la cavité qu'elle tapisse ; mais^ 
dans ce cas il est certain cependant que la membrane de 
la vésicule s'unit à l'embryon , et finît par en faire partie. 
L'embryon du Ceratophjllum me parait dçnc formé 
dans l'origine, par la réunion des granules spermatiques 
et des granules fournis par l'ovule , et correspondre au 
globule de substance granuleuse qu'on remarque d'abord 
dans la vésicule embryonnaire des autres plantes , et qui, 
dans les premiers temps , est évidemment indépendant 
de la membrane de cette vésicule , ainsi que cela se voit 
parfaitement sur les ovules très-nouvellement impré- 
gnés du Cucurbita cerifera (pi. i4, fig. ii , D). 

Un fait assez singulier, c'est là couleur presque tou- 
jours verte de Pembryon dans les premiers momens de 



( 256 ) 

sa formation, couleur qui persiste quelquefois ^ inti!^ * 
qui , le plus souvent , disparaît à mesure qu'il se dé- 
veloppe ; on sait qu'en géuéral la couleur verte ne se 
produit dans les végétaux que par l'action de la lumière, 
par l'influence de laquelle les végétaux décomposent l'a- 
cide carbonique de l'atmosphère , dont ils absorbent le 
carbone. On peut donc attribuer cette couleur verte 
à la prédominance du carbone. Comment se fait-il que 
l'embryon végétal , plongé au milieu de tissus qui le 
soustraient complètement à l'action de la lumière, et qui 
sont eux-mêmes presque toujours parfaitement blancs , 
prenne aussitôt après sa formation cette couleur d'un 
beau vert qu'on remarque sur presque tous les embryons 
très -jeunes , et dont je citerai pour exemple celui de 
VIpomea purpurea ^ celui de la Capucine , du Cerato^ 
phyllum , du Cucurbita cerifera ? Y aurait-il au moment 
de la formation de l'embryon quelqu'action chimique 
qui produirait sur l'embryon une influence analogue ^ 
celle que. la lumière opère sur les feuilles? 

Récapiiulops maintenant en peu de mots les princi- 
paux phénomènes par lesquels s'accomplit la génération 
dans les végétaux phanérogames. Les granules sperma- 
tiques contenus dans l'intérieur des grains de pollen sont 
introduits par un acte particulier, dépendant de l'organi- 
sation de ces grains , dans l'intérieur du stigmate et dans 
les interstices qui séparent les utricules dont se compose 
le tissu de cet organe ^ ils sont transportés dans les sortes 
de canaux formés par ces espaces interutriculaires depuis 
le stigmate jusqu'au point du placenta qui correspond 
à l'oyule qu'ils doivent féconder ; là , absorbés pac/le 



( a57 ) 

Uibe conducteur du mamelon d'imprégnation de l'a-** 
mande , ils sont portés- jusqu'à la surface du sac em^ 
bryonnaire ^^et pénétrant dans la vésicule que ce sac pré- 
^nte e|i ce point, ils forment , par leur réunion avec 
d'autres granules fournis par Torgaue femelle , les pre- 
miers rudimens de Tembryon. 

Ce phénomène me parait tout-à-fait semblable à celui 
qui a lieu dans l'accouplement et dans la formation de 
l'embryon ou globule reproducteur des conjugués , si ce 
n'est qu'il y a , dans les plantes Phanérogames , une in- 
finité d'intermédiaires qui séparent lés granules mâles 
des granules femelles , que ces granules ont par consé- 
quent de nombreux détours à parcourir avant de parve- 
nir au lieu où ils doivent donner naissance à l'embryon, 
tandis que dans les Conjuguées , par un seul acte , les gra- 
nules mâles passent de la loge qui les renferme dans celle 
qui contient les granules femelles , et forment ainsi- 
immédiatement l'embryon , qui, au lieu de se dévelop- 
per et de devenir le rudiment d'une plante parfaite , 
reste toiyours sous la même forme où il se présente aul 
moment de sa production , forme qui est tout-à-fait sem- 
blable à celle sous laquelle s'oflFre l'embryon des végé- 
taux Phanérogames , lors de sa première apparition dans 
la vésicule embryonnaire. 

Supposons un moment que , supprimant la membrane 
externe des grains de pollen , le stigmate, le style, l'ovaire, 
les membranes accessoires de l'ovule , nous mettions di- 
rectement en rapport la membrane interne du grain de 
pollen avec le sac embryonnaire , nous aurons le même 
mode de génération que nous voyons dans les conjugués. 
Nous pouvons donc dire que la génération dand les\é- 
xu. 1 7 



( 358 ) 

gtftaux consiftteesftemieUeBMMdftiis runîon, ou][iour atinsi 
dire , dausi la oombinaisofi d'un ou de pltsdietrrs^ granu- 
le» fournis parian organe spécial avec un ou plusieurs 
granules fournis par un au^e organe , dans i\iie cavité 
parlicurlière de ce dernier organe. Ce' phénomène, ainsi 
réduit à sa plus simple expression, permettra de conce- 
voir bien plus facilementles abetrations' appareidtëis que 
prëeentent les végétaux crypto^mes , et jettera le plus 
grand jour sur leur mode de reproduction. On verra 
que les grandes diflérences qu'on observe danfe les or»- 
gane» reproducteui^s de ces êtres singuliers dépendent 
le plus souvent de Fabsence d'un plus ou moins grand 
nombre de» partie» accessoires^^, et pour ainsi dire su-l- 
perfiiues ^ qui existent dans le» plantes phariérôgamies. 

Le point qili nous parait le plus essentiel k éclaîrcîr , 
^ sur lequel les observation» faites jusqu'à ce jour ne 
nous permettent de rien avancer avec quelque proba- 
bilité , consiste à déterminer si un seul granule spei^- 
matique concourt à la formation de Pembryoa , du si 
plusieurs de ces granules entrent dans sa composition. 
Si nous noua fondions sur ce qui a lieu dan» lès an'H- 
maux , où un seul animalcule spertna tique pan^k né- 
cessaire à'ia fécondation de chaque ovule , nous devrions 
présumer , par analogie , qu'un seul globale 'spernmti* 
que dan» le» végétaux concourt également à la formation 
de Tembi^on. Si ,. au contraire, nous considérons l'ac- 
couplement des conjugués comme une véritable fécon- 
dation , et comme le type de la fécondation des végétaux 
réduite à sa forme lapins simple, nous serons portés à ad- 
meltd^e que plusieni's granules spermatiques entrent d'anf 
la cemj^oaition dix iiOTtvel individu. De nouvelles obtier 



( 259 ) 

YAtions sont nécessaires pour déterminer ce point impor- 
tant qui , tenant au mystère le pins intime de la gi^néra^ 
ration , sefra très-difficile et peut-être toujours impossible 
à éclkîrcir. 

' tHAPITËË VI. 

» i . . . 

Diifdé»eloppementd^f embryon y et de la formation 
des^^wers tissus à$ in.^raine. - 

La*g^érattioii étant accomplie une fois que Tembryon 
est formé , hoirs pourrions uoua cmisidérev comme éiaiit 
arrivé au^imi que noua nou» éiâons proposé d'atteindre , 
puisqtie nous avons passé en revue tous les pMnoménes 
qui ont rapporta cette Ibnotiq;! ^ «t que. ces phénomènes, 
tels que nous lee avons obsOT^é», se lie^t^ les unaau^ 
autres^ d'une ^manière ai aatupelle^ qu il ine peut nous 
tester aucun doute autf tous les points essentiels et sur la 
marche générale que suit la nature pou^^ocompiir jç«i 
acte important. .Cependant si le pfajsicrlogiste poornt 
être salisékit ^l é'arréter à ce terme ^ le botanâste ^ pour 
lequel Tétude de la graine est d'une si gvandâ impo(rtaqer^ 
doit désirer lier sa stiitèture à oeUe de rbimltt»^:el voir 
par conséquent lee phangemens qui a'opéiient danà cet 
organe depuis Vappavitioii de L'emiiryoa ^squ au mo- 
ment où ^ parvenu» ibsottipius^graiid dév^pp^meni^^ Jl 
constitue la grinne panfai le. ^ . . . >r 
. il nous reste à cet égatd deux poiùts e^steliëls à o(m- 
sidérer : .h\ qu'elle €Otj l'origine ûe». df^viers tî^su^s 4}«i^ 
nousobqervQQStdans k^aioe parfiÉt(r^,eti|iii«i»)YifQtiil0)l^. 
VembuyoK^ ^?; iquèUs<Mit le%«rapf^i»^^i ^iiimu entr# 
I9 ^troetùmide r«i¥ttl« dt :0€Ull^rl^fig«$^l¥k> .'>h n .i>)h 



( 26o ) 

Le premier point a été llobjet des recherches de deux 
physiologîste$^ MM. Treviranus et Dutrochet qui ,. d^s 
les dissertations que nous avons d^ji citées sur le déve- 
loppement de l'embryon végétal , se sont particulière- 
ment occupés de la formation des tissus qui l'environ- 
nent. On retrouve aussi plusieurs faits importans sur ce 
sujet dans le beau travail de Malpighi , et M; Brown a 
également donné quelques idées nouvelles à cet égard 
dans son dernier Mémoire. 

La graine est décrite très-diflféremment par les divers 
auteurs qui en ont fait une étude spéciale. Ainsi Gaert- 
ner, MM. Mirbel, Decandolk^ etc. , admettent qu'elle 
est enveloppée par deux tégumens distincts ^ Richard , 
dont les observations opt jeté tant de jour sur plusieurs 
des. points les plus. obscurs de la Carpplogîe , admet au 
contraire qu'il n'existe qu'un seul tégument simple. 
jQuelques auteurs ont pensé qu'il n'y avait qu'un seul 
tégument, lorsqu'il existait un périsperme, qu'ily en 
avait.deux au contraire lorsque le périsperme manquait, 
et que dans ce cas le tégument interne n'était «que le pé- 
risperme réduit à une extrême ténuité. 

L'étude de la graine parfaite laisse toujours beaucoup 
de doute sur ce genre d'analyse , parce que tantôt ces 
membranes se soudent plus ou moins intimement ; tan- 
tôt an contraire la même membrane étant formée de 
deux couches de texture différente , peut être regardée 
comme double. L'étude des changemens qui s'opèrent 
dans l'ovule depuis le moment de l'imprégnation jus- 
qu'à l'époque où , arrivé à son état parfait , il prend le 
nom de graine , peut donc seule nous éclaircir sur la dis- 
tinction des divers tégumens de la grnîne. Dans l'cKvule^ 



( 26l ) 

ïiôiis avons vu qu^il existait autour de VembVyon quatre 
enveloppes qui étaient , en allant de dehors en dedans y 
le testa , le tegmen , le parenchyme de Tamande et le sac 
embryonnaire^ Ces quatre ènvelqppés existent à la fois, 
dans un grand nombre de plantes \ les figures que nous 
avons données de l'ovulé àxi'Nuphar luiea (pi. ^9 , 
fig. H) y du Pepo macrbcarpus (pi. 40? fig- ^y C, E), 
du Ricinus communis (pi. 4^9 fig* ^9 ^) 9 ^^ çoiit des 
exemples. Dans beaucoup d'autres , au contraire , le 
tegmen manque , soit qu'il se soude avec le lésia ou avec 
Famafide , soit qu'il n'existe réellement pas : ramande 
n'est^ alors enveloppée que par un seul tégument. Quel- 
quefois au contraire , il est possible que ce soit le testa 
qui manque et le tegmen qui persiste. Les Graminées 
me paraissent dans ce cas \ j'ai dît plus haut les raisons 
qui me portaient à présumer que leur tégument unique 
représentait plutôt le tegmen que le testa. Enfin dans 
des cas qui ' paraissent fort rares , l'amande est nue et 
dépôui'vue de toute espèce d'enveloppe -, le Thesium et 
probablement toutes les Santàlacées présentent celte 
anomalie remarquable. L'examen le plus attentif, à di- 
verses époques du développement de Tovulê, né m'a 
jamais permis de distinguer aucune membrane libre ou 
adhérente qui enveloppe Famànde ; celle-ci m'^a toujours 
parue formée d'un tissu parenchymateux , ' honîogène 
depuis le centre jusqu'à la surface , et sans aucun indice 
d'ouverture vers le point d'imprégnation, et je crou( 
qu'on doit la considérer comme une amande nue 
(pi. 43 5 fig. 3 , jE", jP) 5 mais ce cas est trop rare pour 
ne pas le mettre de côté dans ce que nous avons à dire de 
la formation des tégumens de la graine. 



( 3(>3 ) 

La seule v^riatioa fréquente que npus observions dans 
le noin];>re des pai*ties qui composent Tovule , se réduit 



le tegmen, le .parenchyme, de l'amande et le sac e^a- 
bryonnaire , persîstent-çjles d'une manière disliixcte dans 
la graine y ou au contraire s'oblitèrent-eUes ou ^e sou- 
dent-elles toujoji^rs de manière à ce qu^on ne puisse pas les 
reconnaître. 

Le testa parait persister toujours d'une manière très- 
di^tmete c'est même lui, en général , qui forme la mem- 

brane la plus épaisse , la plus solide et la plus diistincte 

. » ■ • ■ 

de la graine. Dans quelques planés cependant, il se réduit 
à une membrane très-mince^ c'est le .cas du Kicin, dans 
lequel, ainsi qu'on peut s'en assure;r en si4y^n^, le dé- 
.veloppement de la grfiine, le testa n'est formé que par 
la J>çlliculeJ>lanclie et très-mince qui couvre extérieure- 
>inent la graine. Le tégument épais ^ fibreux, solide, 
qui est placé dessous y provient au contraire du tegmen : 
mais ce cas est rare \^ le., plus souveut Iç. tegmçu 
s'amincit peu à peu, et finit ou par disparaître ^ ou par 
se souder au testa : c'est ce qu'on obsçrve .très-bien^ sur 
les tUifunnées , sur les Çucurbitacées , où il reste cepen- 
dant distinct pendfmt assez long-temps. Dans le Nuphar 
tuteà , on peut le reconnaître jusque sur la graine mure j 
cependant cette circonstance est assez ra^e pour qu'on 
puisse penser que ce n'est pas cette n^mbrane que plu- 
sieurs Carpologistes ont reconnu dans la graine , que 
Gœrtner désignait sous le nom de membrane interne , et 
quelM.TMirbel a nommé tegmen. 

C est donc au dépend de l'amande que doii se former 



( a63 :■ 

eè tégument interne de la graine , reeonnu par plusieurs 
phjraiologûtes, et iqiû existe d!iine manière bii^ dis- 
tin cte.^ns beaucoup de graines^ quoique Richard Vait 
toujours considéré comme tine simple dépendance 
èsk tégument «miqne auquel il donnait le nom à'éfi- 
sperme. 

.iUammde , au moment de la formation de Tembryon , 
est composée d'un tissu cellulaire lâche , mais régulier, 
qui laisse sourent dans son centre une cavité plus ou 
moins -étendue , comme on Tobserve dans les Cucurbi- 
tacées, 4àns les Crucifères , etc. Tantôt toute cette ca- 
vité est remplie par le sac embryonnaire , comme dans 
les. Crucifères , tantôt au contraire ce sac , foi^t petit à 
cette. époque, nWcupe que la pailie de icette Cavité la 
plus Voisine du mamelon d^imprégnatiou : c^est ce qu'on 
Yoit dans ries* Gucurbitacées ; enfin dans-certaines plantes^ 
presque tonte Tan^Eiude est forlDiée par un parenchyme 
homogène , et le sac embryomtai^ ne â'offre que comme 
une petite cavité auprès du mamelon d'imprégnation: 
c'est ce qu'on obeevve %ur les Graminées, le Tkesiuin 
lÎMophyllum , les fieliaiHhèmes , etc. 

Quelle que soit la grandeur relative du sac embryon- 
naire et de ramandeau moment de l'imprégnation, biéU- 
lèt on voit de grands ehatigemais s'opérer*, le plus sou- 
vent le sac embrjjronnairè augmente rapidement; il se 
dilate dans tous les sens, repousse le tissu de l'amaiidt^, 
et bientôt il a réduit ce tissu à une couéhe mince : c'est 
ee qui forme 'le tégumjeiit interne de la 'graine dé la plu- 
part des auteurs , ce que Gtertner a nommé mâmbntnà 
interna^ M. Mîrbel tegmen^ M. t)ulrochet eneïleme. Le 
sac embryonnaire ainsi Aéreïop^é^&ïiii souvent t>ar être 



( 264 ) 

entièrement occupé par l'embryon. Dans. ce cas ^ la 
membrane du sac ou disparait complètement-, ou se eon-* 
fond avec le parenchyme de Famande pour former la 
membrane interne : c'est le cas des Cucurbitacées , des 
Crucifères , des Rosacées , des Légumineuses et de toutes 
les plantes dépourvues d'endosperme. Dans celles qui en 
sont pourvues, au contraire, il se dépose sur les parois du 
sac embryonnaire de nombreux globules qui , parleur 
agglomération ou par leur développement, forment cet 

r 

endosperme , au centre duquel se trouve ordinairement 
placé .Fembryon.* Tel est le mode le plus* ordinaire de 
formation de Tendosperme : nous avona représenté le 
commenpement de sou dépôt sur les parois dé la cavité 
du sac embryonnaire dans lelUcinus communz5'(pL4^9 
fig. 1 , jD 1 6 ) et dans le Poljrgonum./agopyrum(jA, ^i , 

fig. 3 , C , 4 )• On voit qu'il exista nécessairenuént dans ce 

* 

cas une membr^me interne ^i^ dedans du tesu , due à 
Famincissement du parenchyme de Famaude , soit que 
Fembryon soit entouré par un endosperme ou qu'il en 
soit dépourvu \ comme ce, p(irencl^]f^9îi& existe toujours 
dans Fovule , cette membrane interil^ doit toujours exis- 
ter dans la graine, et si nous ne la distinguons pas <ians 
toutes les plantas, c'est qu'elle est devenue excessi- 
vement mince, ou qu'elle s'eAt;SOudée;fiu testa : elle est 
très- distincte sur les Cucurbitacées, les Rhamnées^.les 
Rosacées. ' %■' 

Mais cette destruction presque complète du paren- 
chyme de l'amande et ce (développement excessif du sac 
embryonnaire n'ont pas toujours lieu* Dans quelques 
plantes au contraire^ le sac embry.onnaire ne se déve- 
.sppe qu'autant que l'exige le volume de l'embryon ^ ses 



( 265 ) 

parois sont toujours appliquées contre lui, et le par en ? 
chyme de l'amande , qtiî persiste dans la graine mûre , 
se remplit de globules nmjlacés , et déviait un endo* 
sperme ou un périsperme d'une autre na,ture que le pré* 
cèdent , et auquel nous conserverons , pour le distin- 
guer , le nom de périsperme^ en donnant i celui dont 
nous avons décrit le mode de formation en premier , le 
nom d^endosperme» C'est ainsi que se forme le péri- 
sperme du Njrctago Jalapa^ du Thesium lincphjl^ 
lum , et de toutes les Graminées . 

Le développement de cette substance dans ces derniers 
végétaux est; assez intéressant pour que nous le décri- 
vion&avec plus de détail. 

Nous avons d^à fait connaître la structure de Fovule 
du Mays avant Fimprégnation (pi. 4^? %• i> -^)- 
Si on examine cet organe un peu plus tard (pi. 43 9 
fig. I , C), :on voit jque le tégument de Fovule a dqjà 
beaucoup diminué d'épaisseuF; Famande au contnûre 
a pcis:plus ?de développ^nent, et auprès, du ^mamelon, 
d'imprégnation on aperçoit une petite ^cavité et le pre- 
BÛfir rudiment de l 'embryon. ^ En Fobservant avec un 
plus fort: grossissement, on peut s'assurer que Fembryon 
est fixé aâ côté de cette cavité qui correspond an mame- 
lon d'imprégnation. Si on suit le développement de cet 
eikibryon , on remarque que la cavité qui le contient ne 
s'accLoii qu'autantxjue l'exige le volume de Fembryon ; 
Famande au contraire augmente beaucoup au dépend du 
tégument, qui plus tard se trouve réduit à une mem"- 
brane mince , et bientôt on voit des granules amylacés 
qui commencent à se déposer dans les utricules qui for- 
ment le tissu même de l'amande. En examinant ainsi ces 



( 266 ) 

graioiets jusqu'à l'époque de la malurhé , <m aoqui^i la 
cenitode. quele péri«^ermd ne se forme «i.dausrle» cet- 
lulfi« du pérûearpe, ni daua celles du, téguuieiii d« To*- 
voley^.jcomniia quelques boianist^s TaYaient. pen«é:j:.:iii 
dam Jli oniviiédu ^ac erobarjonnaûre^^ comme cela a lieu 
dans là |>lupari des plaiite3^.xnais bien dans les cellules 
die l'aiBusodo. . - ■ » h*.. *t\ ,j < -.' 

fM« Bi'o^Nnt.avaii d^jà indiqué. cette di'vepsité.d'orîgne 
du . p^paperrate ^ mais saus (çtfer .les planfes dans les;* 
quelles on rencontre cettejàei!nièBé>e8pècexie>përispeniiey 
q«ii est beaucoup moins fréqmentelqu&la prjsmière. 

/Ce même savant a également #i\em9r<qué que c!est à 
Texistence simultaDée de ces deuxa^ùrteidepérispermes, 
Qiiidu'péiHspeome et dé rendosperme dans les Nymphéa- 
c^às , qu'étàit. 4.\$e la ;^ingulière oi^anisatien de la ^aina 
ië f.es: :|>)atnitcss .?. iijinidé par ? cette.idée y nous avons exa- 
aatihé aveD la.pluâ>girandefiUeation;]a sccuoture de TovuM 
et hti déif eloppeinent' de }sb ^vaineidans de NuphqrJut^M, 
etmoiis me !{Éiu«Mp8 coiDsei'vierranjB^U' do^ 
ded!o{£iiMâQifde>cetIliabilerb€(laniste. JA résulte éTtdem- 
ment de ces. obsenratioiis .que >Ia partie' qu'on. a regau^ 
coimne i une dépendance de L'embryon 9 '.que Ricard' a 
eonaidécée hooKpme le cotylédon , et M^r>Decandoll« 
esBU&e.'imeusfiveloppe'propreià Ifexnbiydn f n'est que lé 
sac embryonnaire épaissi et dmt les eelloles^seson^reoi^ 
plias :de^ gloitnlsa «aéniy lalcé^ ^e mpds^ «de formaiioji de 
Fbnkbjsypis /datjpréexistenÉe de^ce sac «Tanlillixiipregna- 
tiotxv.ei soaadhérencod'une part au mamelon d?impi;é^ 
lion^ et de JCautnç à. ia chalase , ne peuvent laisser aur 
cmi doute à-- cet égâid |pl. .ig-y 6g. H ^^ J, K, M^ 
N ^ O *}\ Il résulte àiisâ de.là que le périsperme dans 



( aôy ) 

cette plante se forme dana les cellules inèmea de Ta*- 
mande , comme dans les Graminées , et non dans la ca« 
vUé.du sac embryokm^iré. Ainsi le JVupIiarluleaekiÏR 
pl^tç donit la graipe parfaite nous présente le mieux , 
et 4^ ,1a manière la plus distincte , toutes les partiefi qui 
entrent dans la composition de Tovulc. Le testa (fig. O 
1 , ^^ 3 ) ^ le tegmen ( O 4 ) r ^^ parenchyme de Tamandc 
changé en périsperme (0 5)., et 1^ sac. embryonnaire 
qhangé ci^ une. enveloppe épaisse et charnue,. analogue 
à rçndosperme ( 7 ). 

Pour exprimer avec clarté et précision la iiatai^:at 
Torigino des diverses parties de la graijùe., noujs pensoms 
qu'on pourrait employer les expressions suivantes^ qui , 
sans introduire de nouveaux mots dan» la science , rece- 
vraient ainsi une définition plus précise. 

Conserver a Tenveloppe externe que parcourent les 
vaisseaux uoqrriciers le nom de • ti?^^,* donner i à Teuve- 
loppe interne , lorsqu'elle est ouverte près du micropjle 
et qu'elle provient par conséquent du tegmen , ce même 
nom de tegmen; désigner par le mot de périsperme le 
parenchyme de l'amande rempli de grant^Ies amylacés^ 
lorsqu'au contraire ce parenchyme s'est réduit à une 
membrane mince. qp'gn distingue du tegmen , ainsique 
M. Browa Fa observé , en ce qu'elle, se terqnine parun 
mamelon noirâtre qtii n'est percé d'aucun trou , i*indi»< 
quer par le nom de mambranG périspermique^'» eaa&fx 
donner le nom ai endosp^rme , employé par Kicbard pour 
toutes les substances fiOjQpij^rise^ entre les tégumena de la 
graine et l'embryout, à la matière déposée aKtour de 
l'embiyon dans le sac enibryonnaire lui^inéme; c'cstttà- 
.4il^e à oe qpe la plupart des botanistes ont désigné suc- 







( 268 ) 

€e^sivement par les motô d'aZ&umen , àe périspernià et 
d*endosperme, • 

Ainsi dans la graine des Nymphéàeées y Tembryon 
sera entouré par un testa fibreux, par un tegmen mem* 
braneux , par une périsperme farineux , et par un endo-- 
s{>erme charnu. 

La graine du Ricin nous offrira un testa membraneux, 
oin legmen fibreux et crustacé , une membrane périsper- 
mique mince, et un endospdrme charnu autour de 
Tembryon. Celle des Rhamnées sera composée d'un testa 
iibrenx avec lequel se confond le tegmen , d^une mem- 
brane périspermique assez épaisse , et d'un endosperme 
charnu qui entoure l'embryon. 

Celle des Rosacées nous présentera un testa asse^ 
mince , point de tegmen distinct, et une membrane pé- 
rispermique très-mince (avec* laquelle s'est confondu le 
sac embryonnaire ) qui enveloppe immédiatement Fem- 
bryon. 

Le fruit du Nyctago Jalapa sera formé d'un péri- 
carpe mince , avec lequel le testa se confond à la matu- 
rité, et d'im périsperme central , autour duiquel est con- 
tourné l'embryon. 

Celui des Graminées qui , parmi les mouocotylédones, 
nous offre presque la même structure et le même mode 
de développement^ sera composé d'un péricarpe fibreux, 
. peu épais , d'un testa , ou plutôt d'un tegmen réduit a 
une pellicule très-mince , et d'un périsperme faiineux^ 
au côté duquel est appliqué l'embryon. 

Ces exemples me paraissent suffire pour montrei' l'a- 
vantage qu'il peut y avoir à distinguer dans la botanique 
proprement diie les diverses parties de la graine d'après 



(309) 
Vorigine qu'elles ont dans Tovule. On voit que cela 
donne plus de précision aux descriptions , sans les 
rendre plus longues ou plus pénibles ; je sais qu^il tisl 
des cas où , travaillant sur des plantes sèches , on ne 
pourra pas déterminer avec certitude Vorigine de ces di- 
verses parties : c^est alors que les mots de tégument e^- 
ter^e 9 i^e tégument interne , pourront êti*e employés 
avec avantage pour décrire ce qui se présente , sans vou- 
loir eu conclure F origine^ mais toutes les fois qu^on 
pourra eqiployer des termes plus précis , on fera mieux 
connaître la structure réelle de la graine , et on fera res- 
sortir des caractères importans pour fixer les analogies 
des divers végétaux entre eux. 

La structure de la graine lorsqu'elle est mûre doit 
dépendre du rapport de position des diverses parties de 
Tovule , et du plus ou moins grand développement 
qu'acquièrent ces diverses parties pendant la maturité de 
la graine. Nous venons de voir que le nombre et la na- 
ture des divers téguniens de Tembryon , soit sous forme 
de membrane 9 soit sou§ celle de tissu amylacé , dépen- 
daient de ce plus ou moins grand développement ; il 
nous reste à examiner comment les diverses modifica- 
tions de structure de Tovule , surtout quant au rapport 
de position des parties qui le constituent , influent sur 
l'organisation de la graine parfaite. > 

• 

M. Brown a déjà observé que la position du mame- 
lon d'imprégnation , et par suite celle de T ouverture des 
tégumens de Fovule, auquel ce mamelon correspond 
toi:yours , indiquait dans Tovule le point où devait abou - 
tir la radicule de l'embryon dans la graine. Ce premier 
point , l'un des plus importans , étant déterminé , il s'a- 



( 270 ) 

githii de savoir si on peut, d'après la structure de To- 
yule , présumer la forme générale de l'embryon , et sa 
position pkt rapport au périsperme où à Tendosperme ^ 
lorsque Tuii des deux existe. 

Un fait auquel je ne connais aucune exception évi- 
detite, c'est que dans tous les cas où la chalaze est 
placée à l'extrémité de l'amande opposée ok*ganîque- 
ment au mamelon dMmprégnation , les cotylédbtls cot^ 
MSpondent toujours à ce point ; si l'amaïide est droite, 
eequi est le cas de beaucoup lie plud fréqùehtj Tem* 
bryon est droit, si l'amande est recourbée en fer â cheval, 
de sorte qne le mamelon d'imprégnation corresponde 
à un de ses bouts , et qu'elle soit inséra par Tautre à 
It» chalaze*, l'embryon suivra la courbure de l'amande 
et*sei^à i^plié sur lui-même } c*est fce qu'on voit dans les 
Alismacéeâ ( pi. 4^ 9 ^g* 2 ) , et dans les Crucifèkies 
(pi. 4^9 fig* 3)9 c'est ce qui a lieu aussi mais d'une 
mMiëre liioins marquée^ , dans lés Légumineuses à em* 
bryon courbe, telles que le Haricot (pi. 4^ 9 -^)« 

Baiis ces deux cas, que l'amand^e et l^embryon soietit 
droits ou que tous deux soient recourbés , la nutrition 
arrivant à l'embryon par son Commet c'est-à-dire par 
l'extréknité opposée à la radicule , elle se distribuera éga>- 
lement à toutes les parties situées autour de Taxe de 
cette petite plante , toutes ces parties seront éjgftlement 
développées et l'^abryon sera symétrique. 

S'il ^dépose une substance amylacée dans le sac em- 
bryonnaire ou dans le tissu de l'amande^ cette substafnée 
se déposera régulièrement tout autour de lui et VMt" 
bryon sera placé dans le centre de l'endosperme ou âh 
périspei'Bne. 



( 370 

Mais an contraire^ si la chialaze au lieu dé coiTès- 
pondne au point de ramande qui est opposé an mamelcfn 
d'imprécation est placé aupi*ès de ce lâameloti Sûr le 
côiéderamande, le sao embryonnaire recevra IîîI- sufe^ 
stanee nutritiye que lui transmet la ehalazé par un de 
ses côtés , et Tembryon se trouvera repdw^sé du côté op- 
posé ; si Tamande elle-même s'infiltre de granules- amy«- 
lacés , elle repoussera le sac embryonnaire du» côt^ op- 
posé et l'eniibryon se trouvera ainsi rejeté sur le côté de 
la graine ou vers la partie de sa circonférence qui est 
opposée à la obalaze, tandis quce^le périsperme ou l^en*^ 
dosperme occuperont le côté qui correspond â cet or*- 
gane*. C'est ainsi que se A^veloppcnt en effet les '«m^ 
bryons placés vers la surface de Tamande dam» lest Ghe^- 
nopodées, les Amaranthaeées , les Phyipiaeeéesi» lès 
Nyctaginées et les Graminées; et probabletufent' lians 
toutes les. plantes dont l'embryon est placé autour du 
périsperme ou de l'endosperme. 

Toujours , ainsi cp on peut le voir dans la figure du 
Pliytolacca decandrcL (ip\. 4^, fig. 4? C^ F)^ et dans 
celles du mays ,' (pi. 4^^fig« t, ^^ C, JS,If), du 
sorgho et de l'avoine (pi. 43^, figi 2 , A y B ^ D), la 
chalaze au lieu d'être placée à rextrémi<]é> de l'amande 
opposée au mamelon d'imprégnation , est placée sur le 
côté par rapport à ce mamelon. 

Nous pouvons donc déterminer d'après la sitracture 
de l'ovule, i^. la position de la radicule de l'embryon 
dans la graine d'après celle du mamelon d'imprégna- 
tion ; 2^. la forme droite ou courbée de l'embryon d'a- 
près celle de l'amande *, 3^. la position de l'embryon 
par rapport au périsperme d'après la position de la cha- 



( 272 ) 

laze comparée à celle du mamelon d'iinprégQation. Les 
tirois points des plus importans en ce qui concerne, la 
forme et la position de Tembryon , peuvent donc être 
déterminés presqu'avec certitude , même avant l'exis- 
tence de cet embryon , d'après la structure de Tovule. 
Le j^eu d'exôeptions aux règles que je viens d'énoncer , 
se présentent dans quelqu^es plantes ou l'embryon prend 
très-^eu de développement, et ou restant pour ainsi 
dire confiné dans la partie de l'amande la plus voisine 
du mamelon d'imprégnation , les modifications que pré- 
sente :1a forme ou le mode de nutrition de cet organe , 
influent très-peu sur le petit embryon. Ainsi, dans les 
Commelinées , la chalaze est%ttérale par rapport au ma- 
melon d'imprégnation, et cependant l'embryon est droit 
et non pas rejeté vers le côté^ mais il est si petit par 
rapport à la masse de l'amande, que la nourriture que 
lui fournit la chalaze lui arrive également de tous les 
côtés. 

Quand à l'existence ou à l'absence de l'endosperme 
ou du périsperme dans la graine , je ne connais aucun 
moyen de la présumer d'après la structure de l'ovule , 
non-seulement au moment de l'imprégnation, mais 
même à une époque beaucoup plus avancée^ et je crois 
que plus on étudiera la formation de ces sortes de sub- 
stances , et plus on sera porté à ne leur donner qu'une 
importance secondaire. 



0^73) 

CONCLUSIONS. 

Nous avons dit au commencement de ce Mémoire que 
notre but était de prouver autrement qu'on n'avait cher- 
ché à le faire jusqu'à présent, l'existence delà généra- 
tion au moyen de deux sexes dans les végétaux , et de 
déterminer de quelle manière cette fonction s'effectuait. 

Les expériences directes par lesquelles ou avait cher- 
ché à prouver la nécessité de la fécondation pour la for- 
mation de l'embryon , soit en isolant les sexes , soit par 
des fécondations hybrides , ne laissaient presqu'aucun 
doute à cet égard : cependant le grand nombre de pré- 
cautions qu'exige ce genre d'expérience pour éviter 
toutes les causer d'erreur , avait conduit souvent à des 
résultats qui , par l'absence de quelques-unes de ces 
précautions , avaient paru prouver que la fécondation 
n'était pas indispensable à la formation de l'embryon ; 
quelques physiologistes conservaient donc des doutes sur 
le genre d'influence du pollen dans la fécondation. Notre 
but , au contraire , était de prouver, l'existence de la 
génération, non par le résultat d'expériences qui laissent 
toujours quelques doutes au lecteur , parce que ces ré- 
sultats som presque toujours ou négatifs ou vagues , et 
qu'il ne peut pas apprécier jusqu'à quel point toutes les 
précautions nécessaires pour éviter les erreurs ont été 
prises ^ maïs par des faits positifs que Toeil suit et peut 
retracer sur le papier , c'est-à-dire , en étudiant la struc- 
ture des divers organes qui concourent à la génération, 
et en examinant successivement tous les phénomènes qui 
accompagnent et suivent la fécondation. 

L'anatomie nous prouve que tout est disposé pour. 
XII. i8 



( ^74 ) 

raccomplîssementdela génération, et j'entends toujours 
par génération celle qui a lieu au moyen de deux sexes 
dîflFérens ; Tétude physiologique des phénomènes qui ont 
lieu pendant et après la fécondation, nous montrent que 
l'influence du pollen est transmise jusqu'à l'ovule et 
qu'elle est nécessaire à la formation de l'embryon. 

En effet, nous voyons les grains de pollen remplis de 
granules différens par leur volume, leur opacité, et peut- 
être par leur forme et leurs mouvemens , de ceux qui 
existent dans les autres parties du végétal ; nous voyons 
ces granules , par suite de l'un de ces phénomènes les 
plus singuliers que présenté la physiologie végétale , pé- 
nétrer dans le tissu du stigmate, entre les utricules qui le 
composent ^ de là ces granules , mêlés à un liquide abon- 
dant , sécrété seulement dans le moment de la féconda- 
tion , sont portés à travers les interstices qui séparent 
ces utricules jusqu'au point du placenta , qui corres- 
pond aux ovules. 

Tout dans l'ovule est disposé pour faciliter leur intro- 
duction •, les tégumens de la jeune graine sont interrom- 
pus, pour leur donner passage, et un tube membraneux 
et délié vient les puiser dans le tissu qui les a conduit dû 
stigmate au placenta, pour les faire pénétrer jusqu'au 
point où l'embryon doit se former ,• une petite vésicule 
existe presque toujours dans ce point , et c'est dans son 
intérieur que doit s'opérer le mystère impénétrable de la 
génération : bientôt on y voit apparaître un globule formé 
par l'aggrégation de granulés nombreux. C'est le rudi- 
ment de l'embryon ; ce globule augmente , il remplit la 
vésicule , s'unit à elle , et ainsi soudés ils forment le véri- 
table embryon , qui , d'abord fixé par le col de la vési- 



/ 



(275) 

ciîle , finit presque toujours par s'isoler au bout de peu 
de lemps^ Bientôt tous les organes qui constituent Tem- 
bryon végétal se développent , et nous reconnaissons en 
lui un être complet et indépendant , propre à perpétuer 
celui qui Va produit. 

Je demanderai maintenant s'il existe des preuves plus 
concluantes en faveur de la génération des animaux , et 
l'analogie qui existe entre les phénomènes les plus im- 
portans de cette fonction dans les deux règnes , n^est pas 
un des faits les moins curieux. 

Tous le» phénomènes qui se passent dans les végé- 
taux depuis l'action du pollen sur le stigmate jusqu'au 
moment où les granules spermatiquies sont arrivés en 
contact avec l'ovule ne sont qu'accessoire ; ils dépen- 
dent nécessairement de la structure propre aux végé- 
taux 5 ils sont analogues à ceux qui , dans les animaux 
où la fécondation s'opère dans le corps même de la 
femelle, préludent également à la génération en dé- 
terminant l'introduction de la liqueur spermatique jus- 
qu'au point où elle rencontre l'ovule. Dans les végé- 
taux , la liqueur spernHi tique, mise en contact avec 
l'ovule , a encore à parcourir le tube fécondant pour 
arriver au point où la génération s'effectue ; dans la 
plupart des animaux ^ les animalcules sperma tiques^ 
arrivés à l'ovule , se trouvent immédiatement en con- 
tact avec la cîcatricule de l'ovule; Cependant , dans les 
Batraciens , ils doivent traverser l'enveloppe mucilagi- 
neuse de l'ovule avant d'arriver à la cicalricule , et cette 
enveloppe correspond ainsi au parenchyme de l'amande 
que le fluide fécondant doit traverser pour arriver à la 
vésicule embryonnaire. Seulement dans les végétaux , 



( 276 ) 

la liqueur spermatique irétant en contact qu'avec un 
seul point de Tamande , il y a un passage particulier 
destiné au transport du fluide fécondant , tandis que 
dans les œufs des Batraciens leur enveloppe mucilagi- 
neuse plongée dans Teau spermatisée , Ts^bsorbe par 
tous les points de sa surface. La vésicule embryonnaire 
des végétaux , répond k la cicatricule des ovules des ani- 
maux ; dans les deux règnes c'est sur ce point de Tp- 
vule que s'opère l'action du fluide fécondant ; c'est là 
que la génération proprement dite s'effectue , et qu'on 
voit bientôt apparaître les premiers rudimens de letn- 
bryon. Dans les animaux, on est arrivé a déterminer 
presqu'avec certitude qu'un seul animalcule se fixe à 
la cicatricule 5 devons -nous également présumer que 
dans les végétaux un seul granule spermatique pénètre 
dans la vésicule embryonnaire , et concourt à la forma- 
tion de l'embryon? 

Dans les animaux , l'opinion la plus vraisemblable 
est que l'animalcule forme dans l'embryon un organe 
spécial , qu'il est l'origine de la moelle épinîère et par 
suite de tout le système nerveux. Dans les végétaux y 
l'uniformité de texture de toutes les parties de l'em- 
bryon permet difficilement d'admettre qu'une partie spé- 
ciale doive son origine à l'influence du fluide sperma- 
tique ; et même en supposant que de nouvelles obser- 
vations conduisissent à ce résultat , rien ne s'opposerait 
à ce que plusieurs granules spermaiiques entrassent 
dans la composition de cette partie ^ car on doit remar- 
quer que les végétaux ne sont pas comme les animaux , 
soumis à un plan rigoureux de structure et à un déve- 
loppement limité : dans les animaux , Tembryon arrivé 



/ 



( 277 ) 

un certain point de sa formation , renferme tous les 
organes qu'il doit avoir durant toute sa vie ; ces organes 
se développeront , augmenteront ^ mais il ne s'en repro- 
duira pas de nouveaux -, l'être tout entier est sOumis à 
un plan de structure dont il ne peut pas s'écarter , et 
le système nerveux parait être le principal régulateur 
de cette organisation : c'est lui qui existe le premier 
dans l'embryon y et s'il doit en effet son origine au fluide 
sperma tique , on conçoit qu'un seul animalcule devait 
entrer dans la composition de l'embryon pour le pro- 
duire. 

Dans les végétaux , il n^en est pas de même \ un être 
provenant d'un seul embryon ( en ne donnant ce nom 
qu'à ceux qui résultent de la reproduction sexuelle ) 
produit continuellement de nouveaux organes , et si la 
forme de chacun de ces organes est bien déterminée^ leup 
nombre e% leur disposition générale dépendent d'une in-^ 
finité de circonstances; en un mot l'être tout entier^ 
dans le règne végétal , n'est pas soumis à une forme 
déterminée comme dans le règne animal. On conçoit 
donc que si , dans le règne animal , un animalcule uni- 
que devait entrer dans la composition , pour ainsi dire, 
déterminée du nouvel être , dans les végétaux , au con-« 
traire , plusieurs granules sperma tiques , peut-être même 
un nombre indéterminé > peuvent concourir à la forma- 
tion d'un nouvel être dont l'organisation est bien moins 
déterminée dans son ensemble. 

Ces réflexions ont pour but «on de prouver que plu- 
sieurs granules spermatiques entrent dans la composi- 
tion de l'embryon végétal \ car je suis loin d'avoir une 
idée arrêtée à cet égard , mais de montrer que dans ce 



(278) 

cas , ce qui a lieu dans le règne animal ne doit rien nous 
faire préjuger sur ce qui doit se passer dans le règne vé- 
gétal. 

D'après les faits que nous avons exposés et que nous 
venons de résumer , il est facile de conclure quelle est 
Tjopinion qu'on doit admettre sur le mode de formation 
de l'embryon végétal ^ il est évident qu'il ne préexiste 
pas à la fécondation , et que le fluide spermàtique ne 
se borne pas à le viviâer^ la théorie de l'emboîtement 
des germes est donc aussi peu fondée pour le règne vé- 
gétal que pour le règne animal. Il me paraît également 
certiin qu'un des granules spermatiques à lui seul ne 
forme pas l'embryon, et que par conséquent cet em- 
bryon n'existe pas tout formé dans le fluide fécondant. 
La génération ne consiste donc pas uniquement à le 
transporter dans l'ovule pour qu'il s'y développe. 

Le concours de parties fournies par l'organe mâle 
(les granules spermatiques) et de parties fournies par l'or- 
gane femelle ( la vésicule embryonnaire et les granules 
muqueux ) pour la formation de l'embryon me parait , 
au contraire , bien prouvé , et la théorie de l'Epigénésie 
se trouve ainsi s'accorder , mieux que tout autre y avec 
les divers faits connus non seulement dans le règne ani- 
mal 9 mais aussi dans le règne végétal. 

EXPLICATION DES PLANCHES. 

V 

Pi. 34 > ^^« I* Formation et structure du pollen dans le Cucurbita 
maxima Di;ch. Pepo macrocarpus Righ. 

^, coupe transversale dW des follicules de Panthère montrant ses 
deux loges dans un bouton de 5k6 millimètres de longueur — i. 
Vaissf»(ux (trachées) de Panthère. — 2. Masse pollinique. 



( 279 ) . 

B , masse poUiuique plus grossie , et coupée transvei'salemeDt. 

C, la même grossie davantage, et vue dans le sens longitudinal : chaque 
utricule renferme une massp globuleuse de granules agglomérés. O*, 
une de ces masses isolée. 

D , utricules poUiniques plus avancés , légèrement unis entre eux , 
mais assez faciles à disjoindre, jy^ an de ces utricules séparé. 

]E , un grain de pollen encore jeune , mais qui a déjà acquis la forme 
qu^il doit conserver, et qui est parfaitement libre. 

jp", coupe de Panthère au moment de sa déhiscence. On voit que le pa- 
renchyme des valves de Panthère est interrompu dans le fond de 
chaque loge , et que dans ce point , ce parenchyme qui entoure les 
vaisseaux nonrriciers , fait saillie dans la loge : c^est probablement 
par cette partie que se sécrètent les granules spermatiques. 

G, grain de pollen parfait, hérissé de papilles irès-nombreuses et de 
mamelons operculés en petit nombre. 

/T, grain de pollen au moment de sa déhiscence sur Peau. On voit que 
les granules sortent par un des mamelons operculés sous la forme 
d^un^ masse cylindrique , vermiforme , limitée. Cette masse est enve- 
loppée par la membrane interne du grain de pollen , et ce n^est qu'à 
Pextrémité qu'elle se rompt et permet aux granules de se disperser. 

/, granules spermatiques grossis io5o fois en diamètre , et dessinés à la 
Cornera lucida. 

Fig. a. Dével(^pement et structure du pollen du Cobœascandens, 

A , coupe transversale d'une anthère très-jeune. 

B f une des loges de Panthère ouverte , avec la masse polliniquc conte - 

nue dans sa membrane propre , à laquelle elle n'adhère cependant 

pas. 
C portion de la masse pollinique vue longitudinalement. 
D , portion de la masse pollinique plus avancée et plus grossie. 

E , utricules de cette masse pollinique isolés j les granules spermatiques 
y sont encore épars. 

F, les mêmes utricules plus avancés , renfiei^mant chacun quatre glo-. 
bules de pollen remplis de granules spermatiques. 

G , un de ces utricules à une époque plus avancée. ^ 
H , un des grains de pollen à cette époque , vu isolément. 

/, grains de pollen parfaits contenus dans les cellules déchirées de la 

masse pollinique. 
Kf un de ces grains de pollen plus grossi j on voit que sa membrane 



( 28o ) 

I 

iDterne est très- régulièrement réticulée et formée de ccltates heaui* 
gones. 
L , granules pollîniques grossis io5o fois en diamètre. 

PI. 35 , fig. I. Formation et structure du pollen , et manière dont s^o- 
père la fécondation dans VOEnothera hiemûs, 

jt y masse pollinique contenue dans une des loges de Tanthère. 

B , une des cellules de ta masse pollinique qui renferme plusieurs utri- 

cules pollinîques. 
C ces mêmes atricnles isolés , dans lesquels les granules sont réunis en 

trois masses. 
J) y portion de la masse pollinique à une époque plus avancée ; les grains 

de pollen, déjà très-bien formés et contenus dans des cellules irrégu- 
/ lières et peu distinctes , nagent dans un liquide rempli de granules. 

jE , un de ces grains isolé : on remarque les granules qui adhèrent au 

sommet de ses trois mamelons , et ceux qui occupent son centre. 
I^y ces mêmes grains de pollen, tels qu'ils se présentent dans des an- 
thères plus développées ; leur cellule centrale est moins transparente ; 

les trois mamelons sont fortement déprimés dans leur centre. 
G , grain de pollen parfait , sec. 
H y le même dans Peau au moment de sa déhi^nce , qui a toujours lieu 

par un des angles. 
/, grain de pollen fixé 'sur le stigmate au moment de la fécondation. 

On voit quMl sort deux tubes membraneux de deux de ses angles , et 

que ces tubes pénètrent entre les utricules qui forment le tissu du 

stigmate. 
K , un autre grain de pollen dans la même circonstance , mais dont ou 

a isolé un des tubes miembraneux. 
L , granules polliniques de VIpomœa hederacea grossis io5o fois , qui ^ 

par erreur, ont été portés sur cette figure : ceux de VOEnotherabien^ 

nis sont en K y fig. a , de la même planche. 

Fig. 2. Structure du pollen ^ et manière dont s^opère la fécondation 
dans les Ipomœa hederacea çt purpurea, 

Fig. Asil» Ipomœa hederacea Hort. Par. 

ji , grain de pollen sec à Fétat par&it. 

B , le même mis dans l'eau et laissant échapper , sous forme de lignes 
rayonnantes , la substance huileuse qui Le recouvre.. 



( a8i ) 

C, le même au moment de la déhiscence et de l'émission des graouies 
spermatiques. £n comparant sa taille à celle du précédent , on voit 
qu'il a éprouvé une contraction subite au moment de sa déhiscence. 

D j une portion de la membrane externe très-grossie et vue de profil , 
montrant la disposition des papilles qui s'élèvent du centre de chaque 
cellule rbomboïdale. 

E , stigmate entier coupé longitudij^lement : trois de ses lobes portent 
des grains de pollen au momenrae l'acte de la fécondation. On re- 
marque la différence de couleur qui les distingue des lobes qui n'ont 
pas éprouvé l'action du pollen. 

/^, coupe d'im des lobes du stigmate avant la fécondation , très -grossi , 
montrant la structure utriculaire de son tissu. 

G f un des utricnles de la surface du stigmate. 

a , coupe d'un des lobes du stigmate portant un grain de pollen au mo- 
ment de la fécondation. Ce grain de pollen a pris une couleur bru- 
nâtre qui parait due à la suppression de la couche huileuse qui le re- 
couvrait* On dislingue le long appendice membraneux et tubuleux qui, 
sortant de ce grain , pénètre dans le tissu du stigmate jusqu'à la base 
d'un des lobes. 

/, ce grain de pollen , avec son tube membraneux, isolé. 

K , granules spermatiques , grossis io5o fois , de VOEnothera hiennis. 
Voyez ceux de VIpomœa liederacea , fîg. i £ de la même planche. 

Fig. L à Af, Ipomœa purpurea Lahk. 

L y grain de pollen dont la membrane exterue est formée de cellules 
hexagonales qui portent chacune une papille dans leur centre. 

i^ , un de ces grains de pollen au moment où il féconde le stigmate. 
On y voit comme dans l'espèce précédente le tube membraneux qui 
sort du grain de pollen , et pénètre entre les utricnles qui composent 
le tissu du stigmate \ mais ce tube est plus court et plus renflé que 
dans VIpcmœa hederacea, 

PL 36. Manière dont s'effectue la fécondation dans le Datura stramo^ 
nium, 

A y coupe longitudinale d'un stigmate couvert de pollen au moment de 
l'épanouissement de la corolle. — i. Tissu fibro-pareuchymateux 
qui compose la surface du style, et qui enveloppe le tissu conducteur. 
— 2. Tissu conducteur ou stigmatique qui occupe le centre du style ,. 
et forme tout le stigmate. — 3. Grains de pollen fixés sur le stigmate ^ 



( 382 ) , 

^t dont le tube fécoDdant pénètre daus les interstices des utcicules du 
' stigmate. 
B y coupe transversale du même stigmate. — i . Tissu fîbro-parenchyma- 

teux du style. — a. Tissu conducteur. 
C, portion très-grossie du tissu stigmatique avant la fëcondation, Qn 

voit qu'il est formé d^utriculcs allonges , faiblement unis entre eux , 

et qui par cette raison n'ont pas perdu leurs formes arrondies : leurs 

interstices sont remplis de granuR mucilagineux. 

D , portion très-grossie du stigmate au moment de la fécoudatioa : la 
surface du stigmate est couverte de grains de pollen. — i. Grain de 
pollen. — 2. Le tube fécondant qui en sort , et dont l'extrémité est 
remplie de granules spermatiques. — 3. Granules spermatiques sortis 
de ces tubes et encore réunis en masses allongées ; ils ont déjà péné- 
tré beaucoup plus profondement dans le tissu du stigmate. 

E y grain de pollen , pris sur le stigmate avant que le tube fécondant 
n'en sorte. 

F, grain de pollen dont le tube fécondant s'est déjà fait jour aq dehors, 
mais n'a pas encore acquis tout son développement. — i . Grain de 
pollen. ^~ 2. Tube membraueux qui en sort. — 3. Granules sperma- 
tiques qui sont accumulés à son extrémité. 

G y Gy grains de pollen dont le tube fécondant a pris tout son dévelop- 
pement. 

H y grain de pollen dont le tube fécondant s'est ouvert pour donner 
issue aux granules spermatiques ; il est complètement vide. 

/ , granules spermatiques grossis io5o fois en diamètre. 

PI. 37, fig. I. Structure du pollen , et manière dont s'opère la féconda- 
tion dans VAniirrhinum majus, 

A y grains de pollen secs. 
B j grain de pollen humide. 

C , le même parfaitement mouillé. 

D , un de ces grains plongé dans de l'iode. On voit qu'il sort toujours 
trois mamelons transparens par trois points de sa surface : le reste 
du grain est opaque et n'a pas changé de forme. 

£, un de ces grains plongé dans l'acide nitrique : il est devenu complè- 
tement transparent, et les trois mamelons sont encore plus pro- 
noncés. 

Fi coupe du stigmate avant la fécondation. — i. Tissu utriculaire con « 



( 383 ) 

ducteur, recouvert par une couche d*utricules plus grands. — a. 
Tissu parenchymateuz du style qui enveloppe le tissu conducteur. — 
3. Epiderme* 

G , portion du stigmate au moment de la fécondation. Par suite de ral- 
longement du style , les ntricules qui forment son tissu sont devenus 
tr^longs.et presque linéaires ; les graios de pollen , qui sont fixés en 
grand nombre à la surface du stigmate , donnent naissance k de longs 
tubes membraneux qui pénètrent profondément dans ce tissu entre 
le6 utriciiles. 

H y un des utricules du tissu conducteur du' stigmate isolé. On remarque 
dans son intérieur quelques globules assez gros , qui paraissent forâ- 
mes par des agglomérations de granules , et en outre des granules 
épars , simples et fort petits. 

K f un grain de pollen avec son appendice tiibuleux , retiré de l'inté- 
rieur du tissu du stigmate. 

Fig^9. Manière dont s^opère la fécondation dans le Nyotago Jalapa, 

A y grain de pollen fixé sur un des lobes du stigmate : on remarque le 
tube membraneux très-court qui les unit . 

By le même, dont le tube de communication s'est allongé par iVfîct 
d'une légère traction qui l'a rendu très-évident. 

C» un grain de pollen fixé comme le précédent sur un lobe du stigmate ; 
on les a fait macérer pendant quelque temps dans l'acide nitrique, 
qui les a décoloré, et qui , en soulevaut l'épiderme du stigmate, a 
rendu son existence très-distincie , et a fait voir que le tube membra- 
neux du grain de pollen n'adhérait qu'à cet épiderme et ne pénétrait 
pas dans le tissu du stigmate. 

/>, granules spermatiques grossis io5o fois en diamètre. 

Fig. 3. Structure du pollen, et manière dont s'effectue la fécondation 
dans V Hibiscus paiustris. 

A i gi'ains de poUen enveloppés par les débris des cellules qui les ren- 
fermaient avant leur matuiité. 
^ , an de ces grains de pollen isolé et plus grossi. 

C, le même au moment de l'émission des gi'anules spermatiques \ il est 
légèrement contracté. 

D , granules spermatiques grossis io5o fois en diamètre. 

E , portion du stigmate li laquelle sont fixés trois grains de pollen. Co 
stigmate est formé d'une masse d'utricules assez régulièrement dispo* 



( a84 ) 

ses , recouyerts par un épiderme qui se prolouge en poils longs et 
nombreux , et qui est séparé des utricules sous-jacens par une copche 
assez épaisse d'une substance granuleuse et mucilagineuse j le tube 
membraneux qui sort de chaque^ grain de pollen s'unit à cet épiderme, 
et il parait qu'il se forme une ouverture à leur point de contact , 

' qui met en communication l'intérieur du tube et la substance placée 
sous l'épiderme. 

F'f un des grains de pollen séparé. — i. Poil contre lequel est appliqué 
le grain de pollen. — a. Grain de pollen. — 3. Tube qui en uait et 
qui descend le long du poil jusqu'à l'épiderme. 

Pi. 38« Manière dont s'opère la transmission des granules spermatiques 
du stigmate à Povule , dans le Pepo macrocarpus, 

a f coupe longitudinale d'un ovaire au moment de la défloraison , de 
grandeur naturelle. 

^, le même ovaire grossi. — i. Base du style. — 3. Base du calice 
qui est tombé naturellement. — B.Vaisseaux du calice. — 4-Vaisseaux 
propres du péricarpe , ils sont disposés presque horizontalement. *— 
5. Vaisseaux nourriciers des ovules ; ils montent le long des parois du 
péricarpe , traversent ensuite horizontalement entre les masses d'o- 
vules pour aller gagner l'axe de l'ovaire , le long duquel ils remontent 
un peu, puis se réfléchissent le long des lames conductrices pour 
se rendre aux ovules. En 5'^ on voit la disposition des vaisseaux 
qui se rendent aux masses d'ovules inférieures «t extérieures. — 6. 
Lame de tissu fécondant , coupée suivant sa direction, et qui s'étend 
depuis la base du stigmate jusqu'aux ovules. — 7. Masse externe d'o» 
vules. — 8. Masse inférieure d'ovules. (Les masses latérales qui sont 
les plus considérables ne peuvent pas se voir sur cette coupe. ) 

B , coupe transversale du même ovaire. — i . Vaisseaux du calice. — 
a. Vaisseaux du péricarpe. — 3. Vaisseaux nourriciers des ovules 
qui forment les sortes de cloisops qui séparent les masses d'ovules.-- 
4. Coupes des lames du tissu conducteur. — 4'* Parties bifurquées de 
ces lames. — 5. Masse externe, d'ovules. — 6. Masses latérales d'o- 
vules. 

C, un ovule dans la loge qu'il occupe au milieu du parenchyme général 
de l'ovaire, très-grossi. «^ i. Parenchyme de l'ovaire. — a. Ovule. 
— 3. Ouverture de ses tégumcns. — 4* Vaisseaux nourriciers qui 
vont former son cordon ombilical, le raphé et la chalaze. — 5. £x- 



( 285 ) 

trémité d^ooe lame de tissu fécondant qui vient aboutir à la surface 
interne de la loge , en face de Touverture du testa. 

D , coupe, d'une petite portion de Vovaire avant la fécondation , très- 
grossie, — ^i. Utricules qui composent le parenchyme de l'ovaire. — 
a. Utricules allongés , qui forment le tissu fibreux qui accompagne 
les vaisseaux nourriciers. — 3. TrachiSe ou vaisseau nourricier. — 
4. Tissu conducteur. 

E f cQupe d'une lame de tissu conducteur au moment de l'imprégnation 
des ovules , ou peu de temps avant. — i. Parenchyme de L'ovaire. — 
3. Vaisseaux nourriciers qui se rendent aux ovules. — 3. Coupe 
transversale des vaisseaux nourriciers qui montent le long des parois 
externes de l'ovaire. • — 4* Lame conductrice : on remarque dans son 
milieu la trace grisâtre formée par les granules spermatiques. 

F, portion de cette lame conductrice^ prise vers le centre et très- 
grossie. On voit que les granules sont placés entre les utricules du 
tissu conducteur, qu'elles séparent. 

G , portion de la même lame , prise près de la circonférence ; il y a 
deux lignes principales occupées par les granules spermatiques. 

Pi. 39. Structure du pollen , de l'ovule , et manière dont s'opère la fé- 
condation, la transmission des granules spermatiques , et le déve- 
loppement de l'embryon dans le JYuphar lutea. 

A, grain de pollen. 

B , le même qui , par son immersion dans l'eau , a 'fait sortir un tube 
membraneux , transparent , rempli de granules spermatiques. 

C, coupe longitudinale d'une des loges de l'ovaire , le long d'une des 
parois de cette loge , dont on a enlevé les ovules qui y étaient suspen- 
dus. — 1. Péricarpe , ou plutôt sarcocarpe vert, qui forme les parois 
externes de l'ovaire. — a. Endocarpe blanc , parenchymateux ^ qui 

^ tapisse le sarcocarpe , et forme les cloisons. — 3. Vaisseaux nourri- 
ciers ; ils montent le long de Tangle interne des loges , et arrivés au 
sommet , ils se réfléchissent le long des parois latérales de cette loge , 
se ramifient et se distribuent aux ovules. — 4* Vaisseaux nourriciers 
du péricarpe et du stigmate. — 5. Tissu du stigmate ou tissu con- 
ducteur (jaune) qui , de toute la surface très-étendue du stigmate , 
converge vers le sommet de la loge, et se répand ensuite en une 
couche mince sur toute la paroi interne de la loge. 

D, coupe transversale d'un des rayons du stigmate avant la féconda- 



( 2.86 ) 

lion. — I. Tissu conducteur^ — s. Parenchyme des cloisons ou de 
L^endocarpe. 

E , portion du stigmate avant la fécondation , très-grossie. — > i . Epi- 
derme très-mince qui le recouvre, — a. Substance mucilagineuse qui 
le sépare du tissu utriculaire. — 3. Couche d'un tissu utricnlaîre plus 
dense et à utricules plus petits , qui forme la iKurface dn stigmate^ — 
4. Tissu conducteur. 

F, portion du stigmate au moment de la fécondation. Les mêmes 
lettres représentent les mêmes parties que dans la figure précédente. 
•^•5, 5. Deux grains de pollen fixés, au moyen d'un tube membra- 
neux y court y à Pêpiderme ; ils sont déjà en partie vides. 

G f coupe d'une portion des parois de l'ovaire au point d'insertion d'uu 
ovule. — 1 . Parenchyme de l'endocarpe qui forme les cloisons de 
l'ovaire. •— 2. Couche de tissu conducteur qui tapisse intérieurement 
les parois de l'ovaire. — 3. Epiderme qui recouvre ce tissa , et qui en 
est^paré par une couche de substance mticilagitieuse remplie de gra- 
nules. — 4* Ovule. — 5. Son cordon ombilical. — 6. Ouverture du 
testa. 
H, ovule avant l'imprégnation. — 1. Testa. — a. Tegmen. — 3. Pa- 
renchyme de l'amande, — 4* ^^^ embryonnaire avec son prolonge- 
ment tubuleux. — 5. Ouverture du testa et du tegmen , et mamelon 
de l'amande. — 6. Cordon ombilical. — 7. Vaisseaux nourriciers qui 
forment le raphé. -— 8. Chalaze. 
/, sac embryonnaire avant l'imprégnation. — i. Tube qui le fait com* 
muniquer avec la chalaze. — 2. Le sac lui-même formé de plusieurs 
cellules. — 3. La vésicule' embryonnaire encore vide, ou ne conte- 
nant que quelques granules épars. 
/{, sac embryonnaire trés-peu de temps après l'imprégnation. Les mêmes 

lettres indiquent les mêmes parties que dans la figure précédente. 
£, la vésicule embryonnaire de la figure précédente, vue avec un plus 
fort grossissement ; on remarque à sa base un indice d'ouverture , et 
dans son centre une masse globuleuse et limitée de granules opaques : 
ce sont les premièi'es traces de l'embryon. 
Mf le sac embryonnaire à une époque plus avancée. — i. Tube qui le 
fait communiquer avec la chalaze. •— 2. Le sac lui-même, dont la 
texture celluleuse est très- remarquable. — 3. La vésicule embryon- 
naire entièrement remplie de granules opaques et formant l'embryon. 
IV f coupe d'un ovule a une époque plus avancée. — i . Epiderme du 
testa. — a. Tissu fibreux du testa. — 3. Parenchyme lâche qui forme . 



( 287 ) 

la couche interDe du testa. — 4» Tegmen. — 5. Pareucbyme de l'a- 
mande. — 6. Mamelon d'imprégnation. — 7. Sac embryonnaire. — 

8. Tube membraneux qui le termine supérieurement et qui Punit à la 
cbalaze. — g. Embryon. — 10. Cordon ombilical. — ii. Vaisseaux 
nourriciers qui forment le rapbé. — la. Cbalaze vasculaire. — i3. 
Cbalaze celluleuse. 

O y coupe de la partie de l'ovule qui entoure Pembryon , beaucoup plus 
grossie et à une époque plus avancée. Les mêmes cbifires indiquent 
les mêmes parties que dans la figure iV. 

• 

PI. 40 , fîi;. I. Structure de l'ovule dans le Pepo macrocarpus, 

A , coupe d'nn ovule avant l'imprégnation. -^ i . Testa. — 2. Tegmen. 

— 3. Amande.— > 4* Mamelon d'imprégnation. — 5. Cordon ombi- 
lical. — 6. Vaisseaux nourriciers qui forment le raphé. — 7. Cbalaze. 

— 8. Parenchyme de l'ovaire. — 9. Tissu conducteur. 

B , coupe de Tamande à la même époque. — i. Cbalaze. — a. Paren- 
chyme de l'amande. — 3. Cavité centrale de l'amande. — 4* ^^^ c*^" 
bryonnaire entouré d'utriculcs qui le cachent. — 5. Mamelon d'im- 
prégnation. 

C, coupe d'un ovule au vinoment de l'imprégnation. -^ i. Couche ex- 
terne fibreuse du testa. — • 1, Couche interne parenchymateuse du 
testa. — 3. Tegmen. — 4* Parenchyme de l'amande. — > 5. Cavité 
centrale de l'amande. — 6. Sac embryonnaire. — 7. Mamelon d'im- 
prégnation. — S. Tissu conducteur en contact avec ce mamelon. — 

9. Vaisseaux nourriciers. — * 10. Cbalaze. 

/> f extrémité de l'amande de cet ovule beaucoup plus grossi. — i . Teg- 
men. — a. Parenchyme de l'amande. — 3. Sac embryonnaire. — 4* 
Tube conducteur qui occupe le centre du mamelon d'imprégnation et 
qui , par une extrémité , s'applique contre la base du sac embryon- 
naire, et par l'autre se prolonge librement au dehors. — 5. Apparence 
d'ouverture qu'on voit vers l'extrémité de ce tube, et par lesquelles 
les granules spermatiques paraîtraient s'être introduits. 

£ , coupe d'une graine plus avancée. Les mêmes cbifires désignent les 
mêmes partie;â que dans la fig . C. 

F y sac embryonnaire isolé d'un ovule à-pcu-près aussi avancé que le 
précédent. — i. Le sac lui-même, formé d'un tissu cellulaire très- 
distinct. — a. L'embryon , difficile à distinguer à travers les parois 
épaisses du sac. — 3. Prolongement tubuleux qui surmonte le sac, et 



( 288 ) 

par lequel il parait absorber les granules qui nagent dans le liquide 
environnant. 

Fig. 2. Di^veioppement de Pembryon dans le Momordica elaterium. 

A , coupe de Pamaude au moment de Timprégnation. — i. Surface par 
laquelle elle adhérait à la chalaze. — a. Parenchyme de Pamande. — 

3. Cavité centrale de Pamande, — ;4. ^ac embryonnaire. — 5. Tube 
conducteur du mamelon d^imprégnation. 

B f sac embryonnaire isolé. — i* Sac. — a. Extrémité supérieure du 
tube conducteur. 

C, sac embryonnaire et extrémité du mamelon d^mprégnâtion très* 
grossis. — I . Parenchyme de Pamande , qui forme le mamelon dUm- 
prégnation. — a. Sac embryonnaire. — • 3. Tube conducteur du ma- 
melon dMmprégnatipn. — 4* Indice d'ouverture à sa surface. 

D, Pamande beaucoup plus avancée. — Son point d^insertion à la 
chalaze. — • a. Parenchyme dç Pamande. — 3. Sac embryonnaire. — 

4. Embryon. — 5. Mamelon d'imprégnation. 
E , embryon de Pamande précédente, vu de piofil. 
/^, le même vu en dessus. 

Fig. 3. Développement de Pembryon dans le Cucurbita cerifera. 

Ai sac embryonnaire avant Pimprégnation. — i. Vésicule embryon- 
naire vide ou ne contenant que quelques granules épars. 

B » extrémité inférieure de Pamande après Pimprégnation. — i; Paren- 
chyme de Pamande. — 2. Sac embryonnaire. — 3. Vésicule embryon- 
naire. — 4* Tube conducteur du mamelon d'imprégnation. 

C, le sac embryonnaire de cette même plante isolé. — i. Extrémité 
libre de ce sac , par laquelle parait s'opérer Pabsorption de la sub- 
stance nutritive. — 2. Vésicule embryonnaire. 

Z), cette vésicule séparée et grossie davantage ; on voit dans son inté- 
rieur un globule vert (i) , libre, beaucoup plus petit que la vésicule, 
et qui est le rudiment de Pembryon. 

PI. 4i) fig* I* Structure de Povule, et développement de Pembryon dans 
le Ricinus communis, 

A , coupe d'une des loges de Povaire avant la fécondation. — r , Papilles 
siigmatiques. — 2. Tissu fibreux qui accompagne le tissu conducteur 
du stigmate. — 3. Tissu conducteur. — 4* Papille qni termine ce 
tissu dans la cavité de l'ovaire , vis-k-vis l'ouverture des tégumens de 



( 289- ) 

Povule. — 5 Sarcocarpe. -^ 6. Endocarpe. — 7. Vaisseaux nourri- 
ciers (le Poyule. —8, Raphé. — 9, Chaiaze. — lo, Tesla. — 11. 
Tegnocn. — 12. Amande. — i3. Sac embryonnaire.' *— 14> Ouverture 
du testa. 

Bf coupe d'un ovule au moment de Pimprégnatîon. Les mêmes chiffres 
indiquent les mêmes parties que dam» la figure précédente. 

Ot coupe d'un ovule après Timprégnation. Les mêmes parties sont in- 
diquées par les mêmes chiffres que dans les figures A et B, — i5. 
Embryon. — 16. Commencement du périsperme , qui est déposé sur 
les parois du sac embryonnaire. 

D , extrémité libre de Tamande au moment de Pimprégnation. — i. 
Tissu de Tamande. -^ 3. Tube membraneux qui sort du mamelon 
d'imprégnation. 

Fig. 3. Développement de l'embryon dans le Phaseolus vulgaris, 

ji , coupe d'un ovule peu de temps après l'imprégnation. — i. Testa 
recouvert d\m épiderme épais — a. Parenchyme de l'amande soudé 
avec le testa, excepté près du mamelon d'imprégnation. «—3. Sac 
embryonnaire qui s^étend j'usqu^à la chalaze. — 4* ^^ .laze. — 5. Ou- 
verture du testa , et mamelon d'imprégnation. — 6. Embryon. 

Bf extrémité de l'amande peu de temps après l'imprécation. — i. Pa- 
renchyme de l'amande qui forme le mamelon d'imprégnation. — a. 
Sac embryonnaire. — 3. Vésicule embryonnaire dont les parois pa- 
raissent déjà celluleuses , et qui contient quelques globules opaques , 
dont un central plus gros. — 4* Tube conducteur qui occupe le centre 
du mamelon d'imprégnation. 

Fig. 3. Structure de l'ovule et développement de l'tmbryou dans le 
Polrgonumjagopjrrum* 

A , cuupe de l'ovaire au moment de la fécoudatiou. — 1. Stigmates. — 
a. Styles. — 3, Tissu fibreux des styles. — 4» Tissu <îOuducteur. — 
5. Péricarpe. — 6. Vaisseaux nourriciers de l'ovule. — 7. Chalaze. 
— 8. Testa. — 9. Amande k laquelle est soudé le tegmen. — 10. Ma- 
meloo d''imprégnution. 

B f coupe de Povaire après Timprégnation. — i. Styles. — a. Tissu 
conducteur. — 3. Péricarpe. — 4* Vaisseaux nourriciers. — 5. Cha- 
laze. — 6. Testa et amande soudés. — 7. Sac embryonnaire. — 8. 
Embryou. 

C y coupe d'un ovule plus avancé. — 1. Chalaze. — 2, Testa et parep- 

XII. ig 



(• 3f)0 ) 

rliyme Je TamauOe sondés. — 3. Cavité du sac emL>ryonnaire. "—4* 
Comioencemeiit <le rcmiosperme. — 5. Ouverture du testa. ~- 6. 
Mamelon dMiupréguatioa. — 7. Embryon. 
D , extrémité de Tamande du Polygonum orientale au moment de Tim- 
prégnation. — i. Parenchyme de Tamandc. — a. Tube conducteur. 

— 3. Sac embryonnaire. 

Fig. 4< Développement de Pembryon dans VIpomea pufpurea, 

A , coupe d^un ovule peu de temps après .^imprégnation. — i . Testa en 
grande partie soudé avec Pamande. — a. Amande. — 3. Cavité de Ta- 
mande tapissée par la membrane du sac embryonnaire. -^ 4* Ouver- 
ture du testa. — 5. Mamelon d^imprégnation de Tamande. — 6. Em- 
bryon. 

B^ vésicule embryouuaire avant Pimprégnatiou : elle est entouiée par 
la base du sac embryonnaire. 

C , la même au moment de Timprégnatiou. — i . Sac embryonnaire. — 
2. Vésicule embryonnaire. — 3. Portion du parenchyme de Vamande. 

— 4* Tube conducteur. — 5. Extrémité du mamelon d'imprégna^on 
de Pamande. 

7> , Tembryon dans sou premier âge. — i . Base du sac embryonnaire 
devenu très-celluleux. — a. Pédicule de la vésicule embryonnaire qui 
soutient maintenant Pembryon. — 3. Embryon provenant du déve- 
loppement de la vésicule endiryonnaire ; on y distingue déjà les deux 
cotylédons et la radicule par laquelle il est encore fixé : il est d*un 
beau vert. 

PI. t\i f fig. 1. Structure de Tovule et formation de Tembryon dans le 
Triglochin ntariiimum. 

A , coupe d^un ovule au moment de Ti m prégnation. — i. Testa. — 3. 
Tegmen. — 3. Amande. — 4* Chalaze. — 5. Cordon ombilical. — 
6. Ouverture des tégumens. 

B , coupe de Pamande peu de temps après ^imprégnation. — i. Surface 
par laquelle Pamandc adhérait à la chalaze. — 2. Parenchyme de l'a- 
mande •^— 3. Sac embryonnaire. — 4* Vésicule embryonnaire. — 
5. Mamelon d'imprégnation. 

Cf vésicule embryonnaire et grossie davantage. 

Fig. a. Structure de Povule et développement de Tembryon jjan.i VA- 
iismn planiago. 



( agi). 

A ^ coupe d'an dea ovaires. — i. Pé/icarpe. — a. Style. — 3. Cordon 
ombilical. — 4* Ovule. — 5. Ouvei%ire,du testa. 

B y coupe d'un ovule. — i . Cordon ombilical et vaisseaux nourriciers, 
a. Chalaze. — 3. Testa. — 4' Amande. — 5. Ouverture *du testa. — 
6. Mamelon d'imprégnation de l'amande. 

G y coupe de l'amande. — i. Son insei^ion à la chalaze. — a. Paren- 
chyme de Tamande réduit k une membrane très-mince. — 3. Sac em- 
bryonnaire fixé par les deux extrémités : il est formé par une mem- 
brane extrêmement mince et transparente. —^ 4- Mam^ôn d'impré- 
gnation. — 6. Embryon. 

D f extrémiPS de l'amande plus grossie. — i . Par.enchyme de l'amande. 
— a. Sac embryonnaire. >— 3. Mamelon d'imprégnation. — 4* f^m" 
bryon. 

E, base du sac embryonnaire vu avec un très-fort grossissement , et 
montrant une petite ouverture ( analogue à la cicatricule de L'ovule des 
animaux ? ) qui correspond à la base de la vésicule embryonnaire et 
de l'embryon. 

Ff embryon encore fort jeune. 

G y embryon plus avancé. 

Fig. 5. Structure de l'ovule et développement de l'embryon dans les 
Crucifères. 

jik F dans Le Lepidium rtiderale. 
A y coupe d'un ovaire au moment de l'imprégnation. Oa voit les deux 

ovules qui sont suspendus danff la loge qui est ouverte. 
By ovule au moment de l'imprégnation. — i. Cordon ombilical, — a. 

ouverture du testa. 

C, coupe d'un ovule plus avancé. — i. C«rdou ombilical — a. Cha- 
laze. — 3, Testa. — 4* Parenchyme de l'amuude. — 5. Cavité cen- 
trale de l'amanùe, tapissée par la membrane du sac embryonnnaire ? 
-— 6 Embryon — 7. Mamelon d'^imprégiiation de l'amande. — 8. 
Ouverture du testa. 

D , embryon très-jeune. 
Ey embryon plus avancé. 

F y graine mûre. La membrane interne formée par le tissu de l'amande 
y est réduite à une telle ténuité , qu'on n'a pas pu la figurer. •— i . 
Chalaze. — a. Ouverture du testa. 

G\i M dans ^ Erysimum cheirantoides. 

G , ovule peu de temps après riinprégnatiou. — x. Cordon ombilical. — 
a. Ouverture du testa. 



[ 
J 



( 292 ) 

H, roupc (i\in ovule peu dç temps après l'imprégnation. •*-• i. Cordon 
otnbilical. — 2. Chalazs. — 3. Testa. — 4* Pâi*euchymc de Tamande. 

— 5. Cavité centrale de Pamande. — 6. Embryon. — 7. Mamelon 
d^imprégnation. — 8. Ouverture du testa. 

/ , coupe de la graine mure , maïs encore fratclie. — 1 . Cordon ombi- 
lical — a. Chalaze. — 3. Testa, — 4. Parenchyme de Tamandc. — 
5. Mamelon d^imprégnation. — 6. Ouverture du testa. 

K » embryon très-jeune. 

L , embryon un peu plus développé. 

M f embryon beaucoup plus développé , et commençant 2i se courber. 

t'ig. 4* Mode de transmission du fluide fécondant , structure de i^ovule , 
et développement de Tembryon dans le Phjrtolacca decandra. 

A y portion du stigmate très-grossie. — i. Tissu sligraatique. — 1. 

Tissu fîbro-parencfaymateux qui sert de soutien au précéilent, et qui 

est la continuation de celui du péricarpe, 
B y coupe d'une des loges de Povaire au moment de Pîmprégnation. — 

I. Parenchyme du péricarpe. — a. Tissu stigmajtique et conducteur. 

— 3. Parenchyme qui occupe le centre du pédoncule. — 4* Vaisseaux 
nourriciers. — 5, Tissn fibreux qui les accompagne. — 6. Papille 
qui termine le tissu conducteur dans la cavité de Tovaire , en face de 
l'ouverture du testa. — 7. Cordon ombilical. — 8. Ovule. — 9. Ou- 
verture du testa. 

Cf coupe de Tovule peu de temps api^s l'imprégnation. — i . Chalaze. 

— 2. Testa. — 3. Parenchyme externe de l'amande. — 4. Paren- 
chyme central de l'amande. — 5. Sac embryonnaire. — 6. Ouverture 
du testa. — 7. Embryon» 

D f base du sac einbryonaairc. — 1 . Sac. — 3. Vésicule embryon* 

^ nairc. 

E f yésicule isolée à l'époque même de l'imprégnation , ou très - peu 
après. Elle est tiès-transparente. 

jF, graine à moitié mûre. Les mêmes chiffres indiquent les mêmes par- 
ties que dans la figure C. 

PI. 43 , fig, I. Structure de l'ovule et développement de l'embryon dans 
le Zea Maj's. 

.^, coupe de l'ovaire avant la fécondation, faite suivant le plan qui 
passe entre les deux faisceaux de tissu conducteur et par la hase du 



( ^93 ) 

slyle.— t. Base du style. — a. Péricarpe. — 3. TégiiraeiU unique île 
Tovul** , tegmen ? — 4» Amande. -^ 5. Ouverture du tégument de l'o- 
vule, et mamelon crimprégnation de Tamande. -^ 6. Cbalaze. — 7. 
Cordon ombilical court et épais qui soutient Povule. '—8,8. Baies d« 
la fleur fertile. — 9i 9* Baies de la fleur avortée. — 10 , 10. Glumes 
de Pépillet biflore. 
JB , Tovulc mis à découvert sur sa face embryonnaire. — i. Péricarpe.. 

— 3. Ovule. — 3. Ouverture du tégument de Tovule , au fond de la- 
quelle on aperçoit le mamelon de Pamande. 

C y coupe d'un ovaire peu de temps après Pimprégnatiou. — i. Péri- 
carpe. ^- a. Tégument de Povule. — 3. Amande.^ — 4« Rudiment dé 
Pembryon. 

D , Pembryon de cet ovule plus grossi ; il est fixe à la base de la cavité 
embryonnaire creusée dans le parenchyme de l'amande. 

£ f coupe d'un ovaire plus développé. Les diverses parties sont indi- 
quées par les mêmes chiffres que dans la figure C, 

F, embryon contenu dans Povaire représenté dans la figure précédente, 
isolé et vu par ^a face externe ; on y recoun^it déjà la radicule , U 
cotylédon et la plumule. 

G , le même embryon coupé longitudinalement et vu de profil. 

U , coupe du fruit mûr du May s. Les diverses parties y sont indiquées 

par les mêmes chiffres que dans les figures C vX E^ 
I , cbalaze observée sur la graine mûre. 

Fig. a, Structure de Povule et développement de Pembryon dans 
VAuena satina, 

A , coupe d^un ovaire avant Pimprégnation. — 1 . BVse du style — a. 
Péricarpe, -— 3. Ovule. -— 4« Chalase. 

B , coupe d'un ovaire [peu de temps après Pimprégnation. — \ . Base du 
style. — a. , Sarcocarpc ou tissu parencbymatçux ei^térieur du péri- 
carpe. ->- 3. Endocarpe ou tissu fibreux et intérieur du péricarpe. "^ 
4* Tégument de Povule, ouvert en face du mamelon d'imprégnation. 

— 5. Amande. —^6. Mamelon d'impréguation et rudiii^ent de Pemr 
bryon. — 7 Cbalaze linéaire formée par uu faisceau de vaisseaux 
nourriciers qui occupent le fond du sillon de Povaire. 

C, coupe t^nsversale de l'ovaire précédent. r—, 1. Péricarpe. — a. Té- 
gument de Povule. -■ — 3. Amande. — 4* Chalaze. 

D , coupe longitudinale d'un ovaire plus développé* Les mêmes partica. 
fpnt détiiçnées pax les^méoties cbifires (|uq ddp» la (igui:« Bk 



(294) 

Fîg. s. iJlructare de l'ovaire et de l'ovule du Thesium linophyllum , et 
développement de l'embryon de cette plante. 

yi f coupe, longitudinale de la fleur et dé l'ovaire. — i.'l^érîcarpe. --* a. 
Colonne qui soutient les ovules , mais qui ne se continue pas avec la 
base du style. 

£, colonne centrale isolée ; elle ne porte que deux ovules suspendus 
près de son sommet, qui est tout-à- fait libre, et n'adbèrc nullement 
aux parois de l'ovafre. 

C, autre colonne soutenant , comme c'est le plus ordinaire , trois 
ovules. Il est impossible dans ces ovules de détacher aucun tégument 
distinct; ils tic paraissent entièrement formés que d^un parenchyme 
uniforme , comme l'amande des autres ovules. Le mamelon qui ter- 
mine la coioniie parait être commun aux trois ovules. 

D y coupe d'un ovaire plus développé quelque temps après l'imprégna- 
tion. — I . Galice adhérent. — a. Péricarpe dur et fibreux. — - 3. Tissu 
spongieux qui le remplit. — 4» Gtrfonne centrale qui soutient les ovules* 
— 5. Ovule fécondé. — 6. Ovule avorté. 

£. , coupe de l'ovule à la même époque. — i. Péricarpe. — a. Paren- 
chyme spongieux. — 3. Colonne ct4itrale qui soutient les ovules. — 
4. Tissu uniforme qui constitue tout l'ovule fécondé, et qui n'est re- 
couvert par aucun tégument distinct. — 5. Embryon à peine déve- 
loppé. — 6. Ovule avorté. 

F, coupe d'un fruit mûr, — i. Calice adhérent. — 2. Péricarpe. — î. 
Colonne centrale rejetée décote, par le moyen de laquelle Ukraine est 
fixée au fond de la cavité du péricarpe. — 4* Périsperme. -^ 5. Em- 
bryon. ^ 

PI. 44 } fîg* '• Structure de l'ovule , et formation de l'embryon dans le 
Ceralophyllum submersum. 

Ai pistil entouré de «es bractées. 

a5, cDupe*de l'ovaire et de Povule avant l'imprégnation. — i. Péricarpe. 
— 2. Testa. — 3. Atnande. 

C^ amende séparée. — i . Son point d'attache à la chalaze. — a. Ma- 
melon d'impi égnation . On aperçoit dans son intérieur, à travers la 
membrane de l'amande, le sac embryonnaire qui s'^écend alors lus- 
qu'au mamelon d'imprégnation. • 

</>, amande peu de temps après l'imprégnation. — 1. Son point d'at- 
tache à la chalaze. — a. Mamelon d'imprégnation. — 3. Sac embryon- 
naire composé de trois grasfiea ceHules superposées. — 4* Embryon. 



• ( 2y5 ) 

E, le 8aa«aibryoonttire isolt^ , montrant CfS txofs oeikiles qui parais- 
sent communiquer entrVliea vers le centre , et l'embryon sous la 
fornje d'un globule vert , libre , simplement enchâssé dans de petites 
cellules qui entourent rextrémité libre du sac y et dont ou le fait sor- 
tir par le moindre mouvement. 

Fy amande à ime époque plus avancée. Les mêmes parties sont désignées 
par les mêmes chiffres que dans la figure E, 

G, sac embryonnaire d*u^ ovule k-peu près aussi avanoé» vu s<^pare^ 
ment.. 

H. l'extrémité inférieure du même sac , vu^n dessous. Ou ob5erve au 
milieu de l'espèce de couronne de cellules qui couvre cette extrémité 
une cavité centrale dans laquelle »^est formé l'etnbryon. 

/, coupe de la graine mûre présentant l'embryon dont la gemmule est 
enveloppée par le sac embryonnaire. 

K , embryon séparé. — • i. Radicule. — 2. Appendices de la radicale ou 
cotylédons. — 3. Premières feuilles opposées ou cotylédons. — ^. 
Gemmule formée par les feuilles verticillées. 

Fig. 2.' Structure de l'ovule et développement de IViubryou daus le 
Tropœolum ma) us, 

^ , couple d'un ovule au moment de l'imprégnation : tontes .les parties 
sont soudées entre elles, mais on peut encore les distinguer par la diffé- 
rence de leur tissu. — i. Vaisseaux nourriciers. — a. Chalaze — 
3. Tissu du testa. — 4* Tissu de l'amande. — 5. Sac embryonnaire. 

— 6. Mamelon d'imprégnation qui se termine dans le sac embryou-< 
Maire par un prolongement celluleux qui doit porter la vésicule em- 
bryonnaire; comme dans Vipomœa purpurea ( voy. pi. 4' }• 

B , coupe d'un ovule et d'une partie de l'ovaire peu de temps après l'im* 
prégnation. — i. Style. •— 2. Tissu conducteur. — 3. Péricarpe. — 
4< Vaisseaux nourriciers. — > 5. Aaphé. «>^ti, Chalaie. •><— 7. Tissu 
du testa. •— 8. Tissu de l'amande. «^ 9. Cavité du sac embryounaire. 

— 10. Mamelon d'imprégnation. —«11. Filet celluleux qui , naissant 
de la base de ce mamelon, se prolonge au dehors , le long de la face 
externe de l'ovule. •— 'la. Prolongement celluleux du mamelon d'im- 
prégnation , à l'extrémité duquel se forme L^embryon. -^ i3. £m^ 
bryon. 

C, embryon et extrémité du prolougemeni celluleux qui l'unit au ma.- 
melon d'imprégualion observé k la même époque que l'ovule prccé- 
dcDt. 



( 29^> ) • 

D , mamelon d^imprégoatioa du même ovule , Uolé et grossi davan^ 
tage : îl parait recouvert ou soudé intimement avec Tépiderme de To- 
Tule. On voit les deux filets celluleux qui en naissent , Pun (i) qui 
aoutieul Pembryon , Pautre (a) qui se prolonge au dehors. » 

E, les mêmes parties qu^eu C, examinées à une époque plus avancée. 
On distingue déj^ dans Pembryon les deux lobes latéraux qui devien- 
dront les cotylédons, et un lobe moyen qui formera la gemmule. 

jF, coupe d'un ovule beaucoup plus développé. — i. Vaisseaux nour- 
riciers. — a. Mamelon d^imprégnation. — 3. Filet externe qui en 
naît. — 4« Prolongement auquel est fixé l'embryon. — 5. Cavité du 
sac embryonnaire. — 6. Embryon dans lequel les cotylédons , la gem- 
mule et la rtdiculc sont très-distiucts. 

G y coupe d^UD^ graine mûre , sur laquelle on voit que l'embryon est 
encore fixé par sa radicule , à l'extrémité du prolongement du mame- 
lon d'imprégnation. 



Extrait du Rapport Jàii à V Académie des 
Sciences par la commission chargée de juger 
les Mémoires envoyés au concours pour le prix 
de Physiologie expérimentale. 

Le Mémoire de M. Adolphe Bronguiart a fixé parti- 
culièrement Tatiention de la commission : il s^agissait 
de la génération \ phénomène le plus important de la 
vie des êtres organisés, et celui peut-être où les rap- 
ports entre les animaux et les végétaux sont les plus évî- 
dens. Ainsi , «uoique M. Brongniart n'eut dirigé ses 
recherches que sur les végétaux , on a jugé que son 
Mémoire devait être admis au concours. Déjà beaucoup 
de naturalistes d'un mérite éminent avaient étudié la 
fécondation des pistils et le développement progressif 
de la graine depuis le moment où elle commence à pa- 



(^97) 

raitre jusqu'à celui où elle arrive à sa parfaite matu- 
rité. Dans ces derniers temps , M. Robert Browu a ré- 
pandu une vive lumière sur cette suite de phénomènes. 
Il convient aussi de rappeler l'observation de M. Amici : 
ce savant a vu sortir d^un grain de pollen du Portulaca 
oleracea , et s'allonger sur le stigmate , une sorte de 
boyau membraneux^ lequel renfermait les granules fé- 
condans. Le sujet n'était donc pas neuf, mais il n'était 
pas épuisé. M. Adolphe Brongniart , par ses délicates 
anatomies d'un grand nombre d'ovules , a confirmé les 
belles observations de M, Robert Brown , et a été con- 
duit naturellement à adopter une théorie qui , à beau- 
coup d'égards 9 di£[ere peu de celle du célèbre botaniste 
anglois (i). Il parait aiyourd'hui hors de doute que la 
fécondation ne s'opère point par la partie vasculaire du 

è 

Style et le cordon ombilical , mais bien par le tissu cel- 
lulaire S. le micropyle , fait important annoncé par Mor* 
land et que M. Robert Brown et après lui M. Brongniart 
ont amené au plus haut degré de probal^îlité. Parmi les 

(i) Je crois dans le courant de ce Mémoire avoir rendu une entière jus- 
tice au beau travail de M. Robert Brown , dont mes recherches m^avaient 
mis à même d^apprëcier l'exactitude et Pimportance ; mais ce travail 
n'avait pour objet que la structure de Tovule : tout ce qui a rapport à 
Torganisation du pollen , k son action sur le stigmate , ^ la structure dé 
cet organe et du style , n^a pas même été mentionné par ce savant bo- 
taniste. Plusieurs des points les plus délicats de la structure de Tovule ^ 
tels que la disposition de la vésicule embryonnaire avant et après l'im- 
prégnation , et la présence d'un tube conducteur particulier pour l'in.- 
troduction de la substance fécondante , paraissent avoir échappé à 
M. R. Brown , dont la théorie par cela même nVmbrassait pas tous l«s 
phénomènes de la génération des végétaux , mais seulement ceux qui 
ont rapport au mode d^introduction du fluide fécondant dans Povulê ^ 
et au dévclopperaeiit de Pcmbryou* ( An. 6a, ) 



( 298) 

t)bservaiîons qui viennent à l'appui de celle ihéorie , 
il en est une très-curieuse , qui appartient tonte entière 
à M. Brongniart. Ce boyau, qui sort du grain de pollen 
et dont la découverte est due à M. Amici , n'existe pas 
seulement dans le Portulaca oleracea , mais dans beau- 
coup d'autres espèces pbanérogames , et peut-être dans 
la plupart , il pénètre dans' les interstices du tissu cellu- 
laire At certains stigmates spongieux , et selon toute 
apparence y laisse écouler la matière granuleuse qu'il 
cojitient. 

L'importance du sujet que M. Adolphe Brongniart a 
traité , les difficultés qu'il a eu à surmonter dans des 
dissections pour lesquelles l'usage du microscope est in- 
dispensable , le talent et le bon esprit dont il *a fait 
preuve dans là rédaction de son travail, auqiîel il a 
joint d'excellentes figures , ont déterminé la commission 
à décerner le prix à ce jeune naturaliste. 



jSim la Constance des faits géognostiques qui ac^ 
compagnent le terrain (ÏArkose dans VEst de 
la France ; 

Par M. DE BoMWARp. 

(Extrait, lu par hauteur à rAcadémie royale des Sciences, séance|da 

4 W"^ 1827.) 

L'indulgente approbation dont TAcadémie a honoré 
Iç mémoire que j'ai eu l'honneur de lui soumettre sur 



( 299 ) 

la géologie de la Bourgogne (i), m'a imposé robligalîon 
de chercher à compléter , ou rectifier , ou perfectionner 
mon travail. Les renseignemens que j*aî recueillis à cet 
«flet 5 et les observations nouvelles que j'ai faîtes moi- 
même, me permettent aujourd'hui d'annoncer comme 
confirmés , la plupart des faits que je n'avais exposés 
qu'avec doute. * > 

Des explorations géologiques, qu'on a rarement oc- 
casion de faire d'une manière aussi certaine et sur une 
aussi grande échelle . les percées souterraines des ca- 
naux de Bourgogne et de Nivernais , ont mis à décou- 
vert, sur les deux flancs de Ja chaîne granitique du 
Morvan, des successions de terrains semblables à celles 
que j'avais conclues de mes premières recherches. Les 
observations de plusieurs de MM. les ingénieurs des 
mines , leur ont fait reconnaître la même série de cou- 
ches , dans des localités assez éloignées de celles que j'a- 
vais pu étudier. J'ai vérifié plusieurs de ces nouveaux 
doçumens , dans un voyage entrepris avec ce but l'au- 
tomne dernier^ j'ai suivi les formations que j'avais ob- 
servées dans le nord de la Bourgogne, jusqu'aux en- 
virons de Lyon, et je les ailretrouvéesdans le Nivernai.s. 

Il me paraît résulter de cet ensemble de . nou- 
velles données, qu'ainsi que je l'avais indiqué à la fin 
de mon premier mémoire , le terrain que j'ai décrit sous 
le nom de terrain cC Arhose , qu'on pourrait regarder 
comme une sorte d*anomalie , ou d'exception aux lojs 
générales de la géognosie, en raison des ^îngulaiîléa 

(i) Ployez le Rapport fait à PAcadémie sur ce Mémoire, d^n/s ie& 

« , 1 • 

jinnales des Sciences naturelles , tom. vi , p 4^^« ^t le Mémoire li^- 
«téme , dans les Annales des Mines f tom. i , p. igS et 497< 



( 3oo ) 

que présentent soii les circonstances de sa superposi- 
tion au granité avec apparence de passage insensible , 
soit celles de son gisement en général , comme seul 
entre le Granité et les terrains secondaires supérieurs , 
et tenant ainsi la place de toutes les formations dites 
de transition et secondaires anciennes , que le terrain 
d'Arkose, dis-je , se présente lui-même avec une sorte 
de généralité^ au moins à TËst de la France» dans les 
localités où le Granité est en contact avec les Terrains 
Jurassiques. Il en résulte aussi la preuve d^une con- 
stance remarquable ,' dans la série des terrains dont 
TArkose est le premier terme ^ et dans Tensemble des 
circonstances géognostiques que présente cette série. 

Je vais avoir l'honneur d'exposer à l'Académie le ré- 
sumé succint des faits dont l'observation me semble pou- 
voir conduire à ces deux conclusions. Je soumets à son 
jugement un exposé plus circonstancié (i) ; je lui deman- 
derai la permission de développer ensuite quelques-uns 
de ces faits dans des notices particulières. 

Dans toute la contrée que j'ai parcourue , depuis la 
pointe du Morvan jusqu'à Lyon et Saint-Etienne, je 
n'ai vu ni terrains de transition , ni anciens Calcaires se- 
condaires. Le Granité , le Gneiss et le Porphyre, qui con- 
stituent les terrains cristallins primordiaux^ ne sont 
recouverts que par des bassins dfe Terrain houîller , ou 
par les formations d' Arkose ^ de Marnes , de Calcaire à 
Gryphées , et de Marnes et Calcaires jurassiques. Dans le 
nord de la Bourgogne , celle dernière série de forn»a-r 

(i) Le Mémoire entier doit paraître dans les Annales des Mines do 
x8a8. 



( 3oi ) 

lions se présente seule sur le granité , et il paraît en être 
ainsi jusqu'auprès de Langres. En approchant d'Autun , 
on trouve au contraire sur le Granité beaucoup de Grès 
houillers , et les terrains d'Arkose et de Calcaire à Gry- 
phées ne se montrent plus <pi^en petits ilôts épars. 

Plus au midi, le long du canal du centre et dans le Cha* 
rollais , on passe fréquemment du terrain primordial à la 
formation houillère, ou à la formation d'Arkose et de Cal- 
caires, mais toujours immédiatement à Tune ou à Tautre. 
Dans certaines localités, la formation houillère renferme 
des couchesdont la matière composante, considérée comme 
roche , doit être rapportée à YArkose \ mais je n'ai pu 
parvenir à trouver de points de contact certains , entre 
le terrain cCArkose et le terrain houiller. Quelquefois 
le premier couronne les sommets des montagnes dont 
le second couvre les pentes : tel est le cas que présen- 
tent les environs de Résille et d'Epinac, près d'Autun. 
Ailleurs, comme aux environs de Blanzy, le terrain 
houiller se montre sur l'un des côtés de la vallée, et 
de l'autre* côté l'Arkose recouvre seule les roches pri- 
mordiales. Ail leurs, encore, comme à Saini-Berain et à 
Saint-Léger , du même côté de la vallée , une forma- 
tion houillère et un terrain de Marnes et de gypse ap-* 
partenant à la série qui suit le terrain d'Arkose se pré- 
sentent , chacun avec un assez grand développement, et 
à côté l'un de l'autre, sans qu'on ait pu jusqu'à présent 
reconnaître de superposition de l'un à l'autre. Ici ce« 
pendant la disposition générale de la stratification des 
deux terrains , et l'observation qui a été fait^ de petits 
(lions gypseux dans le terrain houiller , semblent bien 
indiquer que celui-ci est antérieur au premier. Une in- 



duction semblable peut être tirée de robservatioii des 
diverses rocbes arénacées qu^on renconire entre Autun 
et Nolay, surtout près de Curgy ; et d'ailleurs les opi- 
nions générales , relativement à Tàge de chacun c^ ces 
terrains , viennent à Fappui de cette conclusion^ Mais le 
manque de preuves directes à cet égard , est une circon- 
tlance singulière qui doit faireconserver quelques doutes^ 
surtout si on la rapproche des phénomènes remar- 
quables que présente la superposition de TArkose au 
Granité , des idées de formation ignée et presque con- 
temporaine à celle du Granité, auxquelles l'observation 
de ces phénomènes conduit involontairement^ cl des 
idées du même genre , sur la formation du Gypse y émises 
depuis peu par un géologue célèbre. 

J'ai reconnu la superposition de l'Arkose au Porphyre, 
avec des circonstances tout-à-fait semblables à celles que 
présente la superposition de l'Arkose au Granité. De 
même que dans ce dernier cas , les parties supérieures du 
porphyre se désaggrégent peu à peu, et constituent enfin 
une véritable sorte & Arène porphyrique. Celte Arène 
passe i'usensiblement à une Arhose granitoïde friable, re- 
couverte par une Arkose semi-cristalline dure (ou un ATi- 
mophyre quartxeux), auquel l'Arkose tendre se retrouve 
mélangée en veinules ou en petits amas \ le tout conte- 
nant du spath pesant et de la galène, et passant, dans se,s 
parties supérieures , à une roche jaspoïde jaunâtre qui 
passe elle-même insensiblement à l'Argile marneuse 
jaune du terrain qui la recouvre. Tels sont les faits x|u^on 
peut observer à Baye , dans la tranchée du biez de par- 
tage du canal du Nivernais. Ihiéressans sous le^ point 
de vue scientifique , leur reconnaissance a eu , dans cette 



( 3o3 ) 

localilé, un autre genre d^'ntérêt, et la conûrmatioii 
d'un fait géognpstique a contribué à iaire vaincre les dif- 
ficultés que la nature des terrains marneux de Baye op- 
pose aux travaux de la percée souterraine du canal. 

Lorsque le terrain primordial est formé de roches 
feuilletées , Gneisj» ou Stéascliiste , les circonstances de 
la superposition paraissent être fort différentes. On ne 
voit point de passage apparent d^une roclie à Tautre^ ou 
ne voit plusqu^une Arkose tout-à-fait arénacée , qui re- 
couvre le terrain inférieur , soit avec une allure à-peu- 
près parallèle , comme à Chessy, soit au contraire en 
stratification transgressive , comme je Tai observé à 
Résille près d'Epinac , et au Bois - Franc près de 
Blanzy. Dans ce dernier cas , les parties supéneures 
des couches de Gneiss sont à la vérité désaggrégées et al- 
térées , comme le sont ailleurs les- parties supérieure^ 
du Granité et du Porphyre 5 cette désaggrégation , à son 
période extrême, produit une sorte d'argile jaune, mi- 
cacée, assez analogue à \ Arène ^ et dans laquelle on ob- 
serve encore les indices de la^stratification du gneiss. 
Mais sui* les tranches de ces couches fortement incli- 
nées , r Arkose arénacée repose en couches horizontales. 
La constance que présente la succession des divers 
terrains calcaires superposés à l'Arkose, me paraît un 
fait également important. Cet4e constance est générale , 
et les apparences contraires qui se montrent quelque- 
fois, sont reconnues pour n'être que des apparences, 
quand on les observe avec soin. . 

Auprès de Château-Neuf, des rochers granitiques 
bordent les deux rives du Sornin. Sur la rive gauche , le 
(iranite est recouvert par des Arkoses semi-cristallines, 



( 3o4 ) 

à pâte calcaire, signalées il y a vingt-cinq ans par 
M. de Dr?e, et décrites en i8i5 par M. Cordier,^ Mais 
sur la rive droite , où le terrain primordial cesse bientôt , 
on exploite , auprès du moulin de Papillon , des couches 
d'Arkose arénacée , de Marnes et de Lumachelle. A peu 
de distance de là , sur la hauteur , sont exploitées de 
grandes et belles carrières de Calcaire à En troques. On 
m^assnrait que le Calcaire àGryphées, bien connu dans 
toute la Bourgogne sous le nom de pierre bise ou pierre 
bleue ^ manquait dans cette localité ; mais en montant 
de l'une à l'autre carrière, j'ai cherché et trouvé et la 
Gryphée arquée^ et le Calcaire d'un gris foncé qui la 
renferme , et les nombreuses Bélemnites des marnes 
qui recouvrent ce Calcaire à Gryphées. 

Un exemple plus remarquable encore de cette con- 
stance, m'a frappé auprès de Limonest, à trois lieues 
au nord de Lyon. Dans le village même de Limonest , 
l'Arkose arénacée est superposée au Granité, et plonge 
vers l'est dans la" montagne. En tournant celte mon- 
tagne, sur* la pente d'iAie vallée profonde qui conduit 
au château de la BaroUière^ on trouve bientôt des 
escarpemens'de Calcaire à Gryphées, superposé à l'Ar- 
kose , en couches plongeant à l'est et présentant leurs 
tranches inférieures sur le ilauc d'un vallon latéral , où 
elles sont exploitées dans de grandes carrières ; de l'autre 
côté du même vallon, et presque en face de ces escarpe- 
mens de Calcaire à Gryphées , se montrent d'autres es- 
carpemeus formés de Calcaire à Entroques , en couches 
plongeant dans la montagne qui continue de s'élever. 
Mais derrière le château , et à quelques pas seulement 
du Calcaire à Entroques , le Granité reparaît en rochers 



( 3o5 ) 

à peine saillaiis hors de terre. Eioniié de reucontrer ce 
qui semblait indiquer une superpositiormmmédiate du 
Calcaire à Entroques au Granité , j'ai examiné le'sol au- 
tour des roches, et j'y ai retrouvé, en couches très- 
minces , et r Arkose , et le Calcaire à Gryphées , et même 
les marnes de la seconde formation marneuse. Ainsi, la 
constance de la nature se manifeste , même dans une 
localité où il semblerait que, faute d'espace^ Tordre 
des formations devrait être interverti , et à plus de cin- 
quante lieues de distance des contrées où cet ordre des 
formations a été observé d'abord. 

Les circonstances de cette localité sont également 
remarquables sous un autre rappport. L'apparition du 
Granité à la surface du sol , entre les deux escarpemens 
calcaires , à l'entrée d'un vallon singulier qui semble le 
produit de la rupture des couches qui l'encaissent , 
rappelé les phénomènes sur lesquels j'ai appelé l'atten- 
tion dans mon premier mémoire , relativement à là dis- 
position des calcaires secondaires autour des noyaux 
de terrains cristallins, et les idées huttoniennes avec 
lesquelles il peut sembler si facile d'expliquer cette 
disposition. 

A Chessy ^ la série des formations du nord dé la Bour- 
gogne se représente avec un développement qui la rend 
d'autant plus intéressante ^ que le gitc important de 
Cuivre carbonate qu'on y exploite fait paiiic du terrain 
d' Arkose^ et que le terrain de Marnes et Lumachelle est 
remplacé par un ensemble de couches calcaires de 
couleur claire , très-différentes de tout ce que j'ai vu 
ailleurs. 

La teneur métallique de la formation arkosienne, si 

XII. 20 






( 3o6 ) "^ 

frappante à Chessy dans VArkos^ arénacée , comme k 
Chitry-la-Mine dans VArkose semi-cristalline , a éié éga- 
lement constatée dans un assez gi'ànd nombre d^autres 
localités. Dans le CharoUais el le 6eai\jolais , le mi- 
nerai de plomb argentifère s^y rencontre fréquemment , 
«t le minerai pénètre souvent jiusque daçs le Calcaire k 
Grjphées. Des circonstances .semblables se présentent 
sur beaucoup de points du département de la Nièvre, 
<H il me parait de plus en plus probable qu^une partie 
au moins des gites métallifères connus autour du groupe 
granitique du centre de la France , appartient au ter- 
rain d'Arkose. Je crois pouvoir appliquer le mèma rap- 
pi^ochemeni aux gites de Manganèse de Romanèche y 
. près de Maçon. Enfin , des dépôts de Fer oxidé hydraté , 
situés dans diverses localités de la Bourgogne au-dessous 
du Calcaire à Gryphées , présentent le développement 
intéressant d'un fait dont j^avais signalé deux indices 
(à Toutry.et à Thoste), el paraissent déterminer^ 
comme appartenant à la formation arkosiemie^ des gites 
de minerais de fer qu'on avait peut-être confondu» jiii^ 
qu'à présent avec les minerais des terrains jjurassiques. 
Les relations des terrains de la formation de l'Ârkose 
avec les Terrains jurassiques cpi leur sont superposés , 
m'ont oiOfert la même constance ; et plusieurs faits re- 
marquables^ tout en m9 montrant des circonstances 
nouvelles, ont oeofirmé encore sur ce point la géné- 
ralité de mes observations précédentes. 

La chaîne primordiale qui , cowant du nord au and , 
sépare le CharoUais du Aiàoonnai«, présente vers Test 
une pente plus escarpée que sur le versant opposé. En 
sortant de la chaine sur la route de la Glayte k Màcon 



( 3o7 ) 

iet tlescendant rapidement cette pente orientale , on a de- 
vant soi d* autres montagnes formées de terrains jurassi- 
ques j qui présentent aussi une pente rapide en face de la 
chaîne primordiale , et montrent de ce côté les traiiches 
de leurs coucbes relevées vers les terrains anciens, tandis 
que leur autre pente s^abaisse lentement dans le seul du 
plan des couches, vers la vallée de la Saône. On est 
frappé de Fécartement de ces deux chaînes escarpées en 
regard Tune de Tautre ; écartement qui paraît bien n'a- 
voir pu être produit que par une cavse violente y -et' qui 
m'a rappelé les iaits que j'avais dqjà observés sur la dis* 
position des Calcaires jurassiques par rapport aux noyaiinc 
de Gmnite. Mais, en arrivant au pied de la momagne 
près de Pierreclaud, on trouve, comme de Fautue côté 
de la chaine , l'Arkose appuyé sur le Porphyre , pifU les 
Manies et le Calcaire à Gryphées etie tout k nweau dé^ 
croisant , s'enfonçant sous le^sel aRi-*desSQ8 duquel s'i^ 
lèvent un peu plus loin la sôccmcle formation^ imarneuse 
et les calcaires blancs. Ainsi, ces phénomènes. de> sé- 
paration violente et de relèvement des tranebss des cou- 
ches, n^ont en lieu que pour les terrains supérieures au 
Calcaire à Gryphées ] tandis que ce Calcaire , les Marnes 
et les Arkoses qui sont restés sur la pente primordialei^ 
semblent avoir en, en quelque sprte, ploi'de liâisoé 
avec les terrains cristallins qu'avec . les terraims ^onei- 
siquesy circonstance que j'avais remarquée •<ius>'nfié 
auire forme dans^ les plateaox de l'Auxoid let'qaiA m^ 
parait venir à l'appui de Topinion , qu'on ne tloât pas 
rémiir tout ce que le» géologues apglai» réunissent sdtts 
le nom de Lias ^ mais qu'on ûo\i regarder commie deéix 
formations distinctes , d'une pari le Ca^lt^iré à Gryplvces 



I 
( 3o8 ) 

réuni aux terrains situés au-dessous de lui, et d*aulre 
part les Marnes jurassiques et les Calcaires l^lancs qui 
les recouvrent. 

L'étude détaillée de la montagne de Pouilly en. 
AuxoiS) par M. Tingénieur Lacordaire, a fait reconnaître 
an pied dès buttes de Calcaire blànc-jaunâtre marneux , 
qui s'élèvent sur les plateaux de Calcaire à Entroques\ 
des couches de Marnes bleuâtres dont je n'avais pas dé- 
terminé la place d'une manière positive. Peut-être doit»- 
on Qonsidérér ees marnes comme représentant , en quel- 
ques sorte par extrait, les couches marneuses du second 
éfyige, signalé par M. Charbaut dans le Jura, étage 
«uqtiel appartiendrait alors eu Bourgogne, les trois 
Calcaifies Blancs supérieurs ; le Calcaire à Entroques for- 
mant^ dans : cette supposition, le sommet du premier 
étage 1^ comme il forme, eh effet, le sol de beaucoup de 
plateaux élevés. L'élude comparée des fossiles donnera 
les moyens dereconnafitre le degré de justesse de ce rap- 
prochements ;. •' 
^ J'ai retrobvé.le Calcaire à Enl;ix>ques en place ^ à ;côté 
des rochers basaltiques des tertres du Drevin/ dont les 
pentes'^présenienl d'ailleurs la succession des terriiius 
de la sérié arkosienne , depuis le Granité qni constitue 
le foiid de» vallées jusqu'au Calcaire à Gryphées qui 
forme lé! sol du plateau sur lequel s'élèvent les deux 
buttes basaltiques; et ainsi, celte localité singulière 
par l'apparition de produits trappéen^ d'anciens vol- 
cans « ftu -milieu d'une contrée qui n'en montre d'ail- 
leurs, aucun vestige , présenté, par sa singularité même , 
un témoignage t^lus frappant de la constance de compo- 
sition de la série'des terrains qui accompagnent l'Ârkose. 



(3o9) 

Tels sont le6 païucîpaux faits développés dans le mé- 
moire que j'ai Thonncur de présenter à T Académie*, ils 
me paraissent justifier d'une manière suffisante, les con-p 
clusions énoncées au commencement de cet extrait, et 
pouvoir contribuer à attirer Tattention des naturalistes 
sur une formalion intéressante sous le rapport géolo- 
gique comme sous le point de vue de sa richesse en mi^ 
iiéraux utiles. 

Pans une seconde notice, j!exposerai quelques détails 
sur le3 circonstances géognostiques qui accompagnent 
les g^ies métallifères de Romanèches et de* Chessy. 

Dans la séance du i8 juin 1837, TÂcadémie des 
Sciences , sur le rapport de s^ jconunissaires (MM. Cu-. 
vier et Brochant de Yilliers ) , a accueilli favorablement 
le Mémoire de M. de Bonnard , et arrêté qu'il serait im-r 
primé dans la collection d^ Mémoires des savans étran-c 
gcrs. 



Note sur mie espèce nouvelle d'H^Xioù^ à l'état 

fossile; 

Par M. Marcel de Serras. 

( Lue K \a Socic'té d^Histoire naturelle de MontpsUiév lé 

i5 février i8a7. ) 

I . • .••«■* 

Parmi les corps organisée fossiles , ceux qui appar- 
tiennent aux Mollusques Testacés , semblent àrla-fois 
les plus généralement répandus , couime les plus per- 
vSislans : aussi servent- ils principalcqient à çaraclériscr 



(3io) 

le5 formations , et par suite à les faire rapprocher ou 
séparer suivant que Ton y rencontre des espèces iden* 
tiques oU différentes. Mais , de même que l'on cherche 
à s'assuœr par une comparaison exacte , si les Fossiles 
sont ou non semblables aux espèces vivantes , il est éga^ 
lement utile de reconnaître si tous ou certains des dif- 
fércns genres de Testacés vivans existent ou non à l'é- 
lat fossile. 

II paraîtrait ^ du moins dans Fétat actue} de la con- 
chyliologie souterraine , qu'à mesure que Ton recueille 
des Testacés fossiles, on retrouve, d'une part, peu à 
peu les genres qui existent encore à l'état vivant, tan- 
dis que de l'autre on en découvre un certain nombre , 
qui ne j^araissent plus avôrr de reptéfentanà sûr la terre , 
soit qu'ils aient compIëti»raelit cessé d'exister, soit que 
leurs Analogues occupent la profondeur des mers ou ha- 
bitent des parages peti fréquentés. Ces faits semblent 
prouver combien il faut être réservé pour admettre qu'un 
genre de Testacé actuellement vivant n'a point de re- 
présentant parmi les fossiles , surtout lorsque ce genre 
est très*rép2indu et fort nombreux en espèces. Les espèces 
qui composent les genres vivans , peuvent bien ne pas 
être les mêmes que les espèces fossiles ; mais le type 
d'organisation sur lequel lé genre à été fondé existe tou- 
jours , qi;toique les espèces qui le constituent dans la 
nature détruite et vivante ne soient pas les mêmes. 

En faisant le relevé des genres des Mollusques çt des 
Cirrhipèdes qui ont quelques vestiges de coquilles ou qui 
oiTrent quelque corps solide , soit intérieur , soit exté- 
rieur qui en tienne lieu , on trouve que dans l'état ac- 
tuel de la conchyliologie , le plus grand nonxbre de ces 



(3,1 ) 

genres a déjà éiç observe à Télal fossile el à Tétat vi- 
vanl (i). En effet , sur deux cent quatre - vingt - trois 
genres qui ont quelque sorte de tèt , cent soixante-cinq 
se montrent en même temps dans la nature vivante et 
détruite , c^est - à - dire les \ de la totalité des genres 
connus. Les autres sont distribués de manière que 
soixante-un genres n'ont pas encore été trouvés à l'état 
fossile , tandis qu'il en est cinquante-sept que Ton n'a 
point aperçu parmi les genres actuellement vivans. Ainsi 
un certain nombre de genres semblent totalement per- 
dus^ tandis qu'un plus grand nombre parait n'avoir point 
de représentans parmi les espèces détruites. 

Mais parmi les soixante-un genres de Mollusques ou 
de Cirrhipèdes trouvés seulement à l'état vivant , il y 
eu a au^ moins dix- huit qui n'ont pu passer à l'état 
fossile. Ces genres n'offrent guère de vestiges de co- 
quille , ils offrent à peine quelques lames cornées inté- 
rieures , sorte d'ébauche ou de rudiment de têt, et qj^i , 
composée en grande partie de substances molles , n\ 
pas pu par suite d« cette structure se pétrifier comme 
les vraies coquilles. Parmi ces genres sans têt solides, 
on peut citer les Octopus, les Loligo , les Nodosaria , 
\e%Hyalœa^ les Çymbuliay les Limacina^ les Pleu- 
robranckusy les Laplysia, les Dolabella, les Limax ^ 
les Parmacella^ les V^itrinay les Carinaria, les Cine^ 
ras y les Otion^ les Acasta^ les Creusia ci les Pyr- 
g orna. 

Il ne nous resterait donc que soixaiite-un genres de 

(i) Nous ii^avons admis , dans lu relève général des genres do Mol- 
lusques et de Cirrhipèdes qui ont quelque vestige de tôt , quçccux qui 
«eut fondés sur des caraciùies tfancbé^. 



/ 



( 3l3 ) 

Mollusques testacés à trouver à rélat-fossile , et si l'on 
juge par la masse de genres que l'on a reconnu parmi 
les espèces détruites depuis le peu de temps que Von 
s'occupe de cette reclierchc, nous devons espérer que 
ce nombre sera bientôt diminué. Quoiqu'il en soit , il 
parait que le nombre des genres trouvés jusqu'à présent 
uniqueuient à l'état fossile ou à l'état vivant , est à-peu- 
près le même; tandis que le nombre des genres ob- 
servés dans les deux états , est environ trois fois plus 
considérable que celui des autres genres uniquement 
aperçus dans la nature vivante ou détruite. En effet , 
les genres fossiles et vivans sont entre eux , : : 67 : 61 , 

• 

c'est-à-dire en nombre à-peu-près égal , tandis que les 
genres trouvés dans les deux états sont aux premiers 
; : i65 : 5^ ou à 61 , rapport assez rapproché de 3 : i. 
Ce rapport est tellement supérieur au premier, que 
nous devons espérer de rencontrer la plupart des genres 
actuellement vivans à l'état fossile ; mais l'inverse n'est 
pas également probable , et les faits généralement con- 
nus paraissent annoncer que par suite des révolutions 
du globe , certaines espèces ont été détruites pour tou- 
jours. 

Le nombre des genres vivans n'est point cependant en 
excès sur les fossiles , comme semblent l'annoncer les 
nombres 61 et 5^ , puisqu'il faut en retrancher les dix-' 
huit qui , n'ayant pas pu passer à Tétat fossile, font 
qu'en réalité , quarante-trois genres seulement sont à 
reti'ouve^r dans ce dernier état ; ainsi , d'après cette ob- 
servation, il existerait plus de genres perdus que de 
genres vivans à rencontrer parmi les fossiles. Les 
nombres quarante-trois et ciuquantc-sept exprimant le 



( 3i3 ) 

rapport qui existe entre eux, il en résulte que les genres 
fossiles sont en excès sur les genres vivans d\m quart 
ew sus 9 mais en est-il de. même des espèces ? C'est ce 
que nous ne pouvons décider, faute d'observations pré- 
cises. Ces observations oiTrent , du reste , de plus grandes 
difficultés ^ car il est plus difficile de s'assurer de l'iden- 
tité d'une espèce vivante avec une fossile , qu'il ne l'est 
de reconnailre l'identité des genres. Le rapprochement 
que nous venons de faire , annonce cependant que le 
nombre de formes diyerses était plus grand relativement 
aux Cirrhipedes et aux Mollusques y dans les temps 
d'auti^efois , que dans les temps actuels , puisqu'il y a 
plus de genres perdus , c'est-à-dire une plus grande di- 
versité d'organisation dans les êtres détruits, que dans 
ceux qui vivent encore , et dont il ne parait pas exister 
de représeutans parmi les premiers. Il serait curieux 
de faire le même rapprochement pour les autres classes 
d'animaux , à cause de l'intérêt que présente cette com- 
paraison J Les géologues placés auprès des grandes col- 
lections, le feront avec les détails que notre position 
ne nous permet pas de lui donner. 

Obsei*vous enfin que cinquante-sept genres tout-à-fait 
perdus, font supposer un bien plus grand nombre de 
formes diverses parmi les fossiles ^ car les types de 
genres que l'on ne peut saisir faute d'objets assez bien 
conservés pour le faire avec certitude, sont bien nom- 
breux parmi les races qui ont disparu pour toujours de 
la surface de la terre. 

La découverte à l'état fossile d'un genre de tcstacé 
trèà-répandu dans la nature vivante, u'çst donc pas sans 
intérêt pour la zoologie comme pour là géognosic, sur- 



( 3i4 ) 

tout lorsque ce genre habite dans presque toutes les 
mers, (i) Cette découverte lie de plus en plus leâ nou- 
velles et les antiques races des animaux , et prouve 
que si les espèces ne se sont pas toutes conservées, les 
principaux types d^organisalion qui sont communs à un 
ceitain nombre d'entre elles , ont long-temps .persisté et 
ont empreint de leurs caractères les espèces déti*uite$ 
comme les vivantes. C'est principalement dans les forma-^ 
lions les plus récentes qu'il faut chercher les analogues 
des genres. actuellement vivans , par suite de cette loi 
' qui parait assez générale , que les débris des corps or- 
ganisés sont d'autant plus semblables aux espèces acr 
tuelles , qu'ils sont enfouis dans des couches plu(| 
récentes de la terre , et d'autant plus différens y qu'ils se 
montrent dans des couches plus anciennes. 

Le genre Haliotis se compose , comme on le sait , 
d'un assez grand nombre d'espèces vivantes, puisque 
les auteurs les plus récens, tels que MM. Lamarck, De^ 
france et. Blainville, en comptent jusqu'à qliinze de 
bien déterminées. Mais ce que lés espèces de ce genre 
présentent de remarquable , c'est qu'elles sont extrême- 
ment répandues , habitant presque toutes les mers , et 
fréquentant presque tous les rivages. En effet, l'on en 
rencontre non-seulement dans la Méditerranée sur les 
côtes de l'Europe , de l'Asie et de l'Afrique , mai» en- 

(i) Nous ferons remarquer que si les terrains marins flupérienrs des 
environs de Montpellier nous ont offert un genre marin , celui des Ha* 
Ifotà , encore inaperçu parmi les fossiles , les terrains d'cau douce su- 
périeurs de nos environs nous ont présenté la même particularité pour 
(es genres terrestres , dans les Tcslaccllcs que nous avons reconnues 
dans les formations dVau douce de Sète et de Castehiau. 



( 3i5 ) 

core dans pi^csque toutes les mers du nouveau comme 
de rancien Iiémîsphère , vivant dans les mers australes 
et des Indes • comme dans celles du nord et dans le 
grand Océan , prenant enfin leur plus grand développe-, 
ment presque au^x extrémités des deux hémisphères , 
c'est-à-dire, sur les côtes de la Nouvelle-Hollande, et 
sur celles de la Nouvelle -Zélande. Les espèces de ce 
genre peuvent supporter des températures tellemeDC 
différentes , que VHaliotis tuberculata qui vit à la fois 
sur les côtes de TOcéan et de la Méditerranée, se pro-. 
page d'une part sur tout le littoral jusqu'au Sénégal^ et 
de Tautre, jusque dans les mers du nord comme dans 
tout rOcéan atlantique. Les Haliotis out encore cela 
de particulier, de se propager avec une assez grande 
promptitude et la plus grande extension. Aussi , les in- 
dividus des diverses espèces , sont-ils généralement fort 
^ombreux dans les lieux ou on les rencontre. Des-lors , 
Ton conçoit combien il serait étonnant qu'un genre 
dont les espèces sont aussi nombreuses et aussi univer- 
sellement répandues , n'eût pas laissé la moindre trace 
de son antique existence. Cependaut les zoologistes le& 
plus exercés n'ont pas admis le genre Haliotis parmi 
ceux qui ont passé à l'état fossile. Brocchi observe eu 
eilet, que le catalogue (|u'il donne des testacés uni-* 
valves fossiles, comprend tous les genres de Linnœus , A 
l'exception du genre Haliotis qu'il n'a jamais vu à l'état 
fossile. Il pense même que l'une de celles décrites pair 
Schroeter est une véritable Stomacia cl non une Ha-^ 
liotis , n'ayant point à sou bord gauche les trous qui ca- 
ractérisent le dernier de ces genres (i). 

(0 Conqh.Joisil. sub^appcn/iina , tom. n , p. 458. 



(3i6) 

Il parait que celte espèce de Sctooeter a été repio* 
dulte par M. Bosc^ dans le troisième volume de son 
Histoire naturelle des Coquilles (page 249)5 sous le 
nom âUHaliotis plicata , d'autant qu'il cite la figure 
publiée par Schroeler. 

Maïs aucun des conchyologistes qui ont écrit après 
M. Bosc, n'ont admis celle Haliotis plicata , et aucun 
d'entre eux ne paraît non plus s'être arrêté à ce qu'il 
avance au sujet de la fréquence de ce genre à l'état fos- 
sile^ soit en France, soit en Italie; du moins M. De« 
france ne cite point d'ffaliotis fossile dans son tableau 
des corps organisés , quoiqu'il en compte jusqu'à quinze 
espèces vivantes. M. de Blainville obberve également, 
dans son excellent Manuel de Malacologie , que l'on 
n'en connaît point à l'état fossile (i). Cette opinion a 
été adoptée par les auteurs du Dictionnaire classique 
d^ Histoire naturelle , qui , dans leur huitième volume 
publié en septembre 1825, font remarquer que l'on n'a 
point encore trouvé d^Haliotis fossile , même dans les 
terrains les plus modernes , comme ceux du Plaisantin , 
ou le crag d'Angleterre (2). 

Ainsi , dans l'étal actuel de la science , l'on suppose 
que le genre Haliotis si répandu et si nombreux dans la 
nature vivante , ne se montre nulle part à l'état fossile. 
Cependant nous en avions signalé l'existence depuis 
long-temps dans notre Essai pour servir à l'Histoire 
des animauk du midi de la France \ mais comme nous 
n'avons point donné la description de l'espèce que nous 

(i] Manuel de Malacologie , p. 5oa. 

(i) Dictionnaire classique d'Hist. nat. , tom.^viii , p. ao. 



( 3i7 ) 

avions rencontrée dans les assises les plus supérieures 
du calcaire moellon ou de Montpellier, cette annoiicc 
semble avoir échappé aux divers naturalistes qui ont 
écrit après nous. Pour réparer (ctic omission, nous 
donnerons une description détaillée de celte Haliotide 
fossile, afin que l'on puisse juger si c'est avec fonde- 
ment que nous en avons admis l'existence. Nous ajou* 
terons que M. Haeninghaus , dont les connaissances en 
conchyologie ont été appréciées par les plus liaLiles 
zoologistes de Paris et qui a vu nos échantillons, a 
pensé qu'ils devaient lever tous les doutes que Ton 
pourrait se' former sur l'existence du genre Haliotis à 
l'état fossile. 

L'espèce di Haliotis que nous avons trouvée dans 
le moellon de Montpellier, semble plus voisine de 
V Haliotis tuberculata que de toute autre espèce vi- 
vante. Comme cell&<;i , elle est déprimée , striée lougi- 
tudinalement avec des plis transverses. La spire est lé- 
gèrement proéminente \ son extrémité parait seulement 
placée un peu plus bas que dans l'espèce vivante ^ elle 
est aussi moins contournée. Il serait possible pourtant , 
que cette différence tint à une sorte de compression 
qu'aurait éprouvé l'extrémité de la spire. Le bord 
gauche de notre Haliotis est épais comme celui de V Ha- 
liotis tuberculata^ son disque est également canal icu lé 
profondément au-dessus des trous, comme dans Xeh- 
pèce vivante que nous venons de citer. Les dimensions 
des deux espèces sont à-peu-près les mêmes , en les com- 
parant dans de jeunes individus^ car notre fossile n'avait 
pas encore atteint tout son développiement , puisque le 
dernier des trous que l'on voit vers le bord gauche n'é- 



( 3i8 ) 

tait pas encore terminé, n*ëlnnt forme qnh demi et ré- 
duit à une simple échfincrare. 

L'on peut caractériser notre espèce par la phrase sui- 
vante. 

H. testa ovatchoblongay in medio depressiuscula, pro- 
fundè versus marginem anticum canaliculata^ longitu- 
dinaliter striata, sidcis exiguis ^ vixremotis;transyerse 
plicatay plicis inœqualibus^ remotiiisculis post spiram^ 
margine sinistro eleUato ^ tribus foraminibus ^ externis 
in tubos paululum elongatos productis , aliis sitnplici- 
bus y spirâ prominuld basi , sub acutd infernèque po- 
sitâ. 

Statura faciesque Haliotis tuberculatœ , sed spira 
magis exserta et prominula. 

L'on juge aisément d'après notre phrase cafractéris- 
tique 9 que notre Haliotis fossile tout en se i*approcbant 
l>eaucoup plus de YHaliotis tubercutata , que de toute 
autre espèce , en diffère cependant assez par certains ca^ 
ractères. En effet, notre fossile est plus profondément 
canicule au-dessous . du bord gauche que l'espèce tî- 
vante dont il se rapproche le plus. Les trotts que Von y 
voit se prolongent extérieurement beaucoup plus, pa- 
raissant comme se terminer en tubes courts et élargis. 
Les plis transverses sont au contraire moins sensibles 
dans notre fossile , et moins larges que dans l'espèce 
vivante, tandis que la spire est plus proéminente et 
placée plus bas. Elle parait en quelque sorte déuvchée 
du corps de la coquille, caractère que nous n'avons 
point reconnu dans les différentes espèces à^Haliotis 
vivantes que nous avons eii l'occasion d'observer-, mais 



(3i9 

ceci lient probablement à ce que la matière calcaire qui 
a remplacé le tét n^a pas suivi exactement les contours 
du bord gauche, ce que nous avons indique par des 
points dans notre figure. 

D'après ces difierens caractères , notre Haliptis fos* 
sile doit être considéré comme une espèce distincte des 
espèces de ce genre connues à Tétat vivant , et par cou- ' 
séquent comme nouvelle , puisque jusqu'à présent, on 
a cru que ce genre n^avait point de représentant parmi 
les fossiles. Ainsi , nous proposerons le nom â!Haliotis 
Philberti pour la désigner ; et cela en Thonneur de 
M« Philberty jeune naturaliste de nos contrées, qui 
s^occupe avec zèle et succès de conchyliologie. 

Nous finirons en olbservant que VHaliotis Pnilberli 
que nous venons de décrire , a perdui tout-à-fait son 
têt, et que ce qui en reste, n'est pas, comme on pour- 
rait le supposer , Un simple moule intérieur. En effet, 
il parait qu'à mesure que la coquille s'est désaggrégce , 
le calcaire qui l'enveloppait s'est substituée d'une ma- 
nière si parfaite aux molécules organiques qni se décom- 
posaient^ qu'il en représente-exactement la forme. L'i- 
mitation a été ici d'autant plus parfaite , qu'elle a eu lieu 
dans une petite cavité qui s'était opérée au milieu de 
la masse du calcaire moellon ou était logée notre co- 
quille. Du reste , nous préparons un travail spécial sur 
le mode de siibstituti<m des molécules inorganiques qui 
prennent la place des molécules organiques; ajant ob- 
serve que cette substituticHi s'opère de nos jours , et que 

les coquilles de notre époque se transforment souvçnt 

• t » 

en spath calcaire , comme celle des anciens temps , qm 
ont passé à l'état fossile. 



( 3^0 ) 

En nous résumant , il nous parait établi que le genre 
Haliotis existe à Tétat fossile comme à l'état vivant , et 
qu'il peut servir à caractériser les terrains de séditiient 
supérieur, et qu'en particulier V Haliotis Philbertisi" 
gnale les assises supérieures du calcaire moellon ou de 
Montpellier. 

EXPLIGATIOII DE LA PLANCHE XLV# 

Fig. A» Moole oa pseudo-morphose 4a têt de VHaUotis PhUberii , re- 
présenté par sa face citerne. La ligne ponctaée que Ton voit aa bord 
gauche indique la forme qa'aurail eue la coquille fossile si ta matière 
calcaire avait rempli exactement Pespaoe laissé vide par la décompo- 
sition du tét; les lignes ponctuées v^rs le bord,droit mdiquent la 
grandeur qu^auraiteue le moule de VitoUotU Philberti , slX ù*aYSiit 
pas été brisé par les ouvriers. Les parties brisées'let rÀmies oiit donné 
la forme que présente notre coquille restaurée. ^ 



Description £?6 deux genres nousfeauâc I^C\Ji\iendi 
et Euribia) appartenant à la classe des Ptéror^ 
ropodes f 

Par M. Rang. 

Officier au corps rôyàl de la Marine , Membre correspondant de 
la Société d'Histoire naturelle de Paris. ' ■ 



( Lue à USodété d^Histoire naturelle lé t$ faltlét "18:17. ) 



I -i 



La classe des Ptéropodes^ çtablie par. M* .Citj^jk^r, 
adoptée par le plus grand nombre des naturalistes gui 
otit écrits* après lui , est urie de ces coiicèpliôus heu- 
reuses qui naissent d'une profonde étitdtf»^è-là natiire et 
dont on saisit facilement la valeur. ' ' .i . 



( 321 ) 

Placée entre les Céphalopodes et les Gastéropodes , la 
classe des Pléropodes qui , comme ceux-ci , est basée en 
partie sur les caractères des organes locomoteurs , leur 
est nécessaire à tous deux; elle les lie par des rapports 
évidens, et la ligne de démarcation semblerait très- 
grande , si elle n'était pas là pour en aplanir le passage. 

Depuis la publication des Mémoires î^natomiques de 
M. Çuvîer sur le Clîo, l'Hyale et le Pneumoderme^ 
l'attention des naturalistes s'est peu portée sur les Pté- 
ropodea; nous devons cependant en excepter le travail 
4e M. de Blainville, dont les recherches sur THyale ont 
ajouté de si précieux détails à ceux déjà recueillis par 
le premier de ces savaVis. L'oubli dans lequel on semole 
avoir abandonné cette classe * intéressante , vient sans 
doute du peu d'aliment qu'elle a fourni jusqu'ici à l'ob- 
' nervation des naturalistes. Les Ptéropodes , cpi ne for- 
ment encore que six ou sept genres , et qui peut-être 
sont aussi nombreux que les Gastéropodes, habitent pres- 
que tous les hautes mers ou leur petitesse et leur trans- 
parence les soustrait facilement aux regards \ voilà pour- 
quoi ils sont en apparence si rares. Nous avons cepen- 
dant remarqué que dans certaines circonstances, telles 
que les calmes et le moment du coucher du soleil , la 
mer en était couverte d^innombrables quantités^ sans 
que pour cela il fût possible de les distingue;r» , 

Les premiers Ptéropodes conn^ sont 4ps 9U jiiasard , 
mai« nous ne doutons pas que le^Kyageur's qui sç livre» 
ront spécialement à leur recherche ne parviennent à en 
augmenter considérablement le nombre. MM. Quoy et 
Gaimard , Lesson et Garnot, en ont rapporté plusieui^s 
de leurs voyages autour du monde ; M. Alcide d'Or* 
bigny, qui parcourt actuellement l'Amérique méridior 
pale , annonce en avoir également reconnu dciiouveaux.^ 
et nous-mêmes , dans un voyage récent où nous n'avons 
pu que rarement nous attacher à leur recherche', lioùs 
avons découvert plusieurs espèces nouvelles et trois 
genres inédits 5 nous consacrerons ce Mémoire à décrire 
deux de ces genres qui nous ont paru irès-rcmarquabli*. 
Le premier, que nous avons facilenieut observé dans 
l'état de vie , nous a fourni depuis quelques détails ana- 

xii. 21 



( 3:i2 ) 

tomîques; dé deux individus que nous avons rapporiés, 
Tun a été déposé dans lé cabinel du Jardin des plantés , 
et le second a servi k nos recherches. Trop peu confiants 
danis nos moyens ^ et craignant de ne pas tirer de cet in- 
dividu unique et très-petit tous les faits qu'on pouvait 
en espérer , nous avons prié un naturaliste de nos amis, 
auquel Ira science doit de précieuses observations ana- 
tomiqiies, de vouloir bien nous aider de s^ lumières et 
de son expérience. Les recherches que M. Audouin et 
nous avons faites sur ce nriollusque, nous ont paru suffi- 
sautes pour établir avec cette espèce un nouveau genre, 
et pour fixer là place qu'il doit occuper. 
• Le second de ces Ptéropodes nous est beaucoup moins 
connu *, nous ne TaTons observé qu'en mer , où sa peti- 
tesse, sa fragilité, et Fétat de décomposition dans lequel 
il est promptement tombé , ne nous ont pas permis d'é- ' 
tendre -bien loin nos observations ; nous le ferons cepen- 
dant connaître , afin de fixer à son sujet l'attention des 
naturalistes voyageurs; 

PREMnSR GBMRB. 

CtiviERiE , Cuyieria (i). 

Animal allongé, formé de deux parties distinctes, Tan- 
tériéjare comprenant^ tête, les deux nageoires, et un 
lobe inierméoiaire , ewa postérieure toujours enveloppée 
d*un test renfermant toute la masse allongée des viscères ; 
!és branchies extérieures, situées à la partie ventrale , 
à la basiè dt; lobe intermédiaire ; la bouche munie de 
pièces dentiformes propres à la mastication. 

Coquille eu forme d'étui cylindrique , un peu aplatie 
près de son ouverture qui est grande^ cordiforme, et 
dotù les bords sont tranchans*, arrondie postérieure- 
mei^t où elle porte une cavité opposée à celle qu'occupé 
le Mollusque. 

(i) Péroo et Lesueur avaient établi, sous le nom de Cui'ierûi, un 
petit genre de la fainille d^s Méduses ; mais ce genre n'a pas été ado;»té : 



^ 



( 323 ) 

Espèce unique. 

Cuvieria columneïla Nob. 

L'animal, de couleur pâle, a deux grandes nageoires 
oblongues , teintes en avant ainsi que le lobe intermé- 
diaire , de jaune dore; la bouche est de même couleur ; 
les viscères sont rouges et verts , et paraissent à travers 
la transparence de la coquille. Les branchies formées 
par deux corps allongés , ondulés et fixés sur un même 
pédicule, sont pâles et bordées de jaune doré \ elles se 
portent particulièrement au côté droit. 

. La coquille solide, vitrée , brillante et polie, est ren- 
flée un peu en arrière de son milieu ; le prolongement 
postérieur de ses parois est extrêmement mince et fra- 
gile, et la partie qui correspond a la face dorsale est un 
peu plus longue que l'autre . 

Nous l'avons rencontrée dans la mer des Indes , et 
depuis lors un individu qui n'en diffère que par un peu 
plus de renflement dans le milieu, a été trouvé dans la 
mer du sud, par M. Busscuil , chirurgien major de la 
frégate la Thétis. 

Cette coquille n'a que o , oi i de longueur. 

La disposition des nageoires et du lobe intermédiaire , 
est la même que dans tous les Mollusques qui font partie 
de la famille des Hyales , et c'est également dans l'en- 
foncement formé au milieu de ces organes locomoteurs 
que se trouve la bouche , reconnaissablc à sa coloration 
et à sa forme irîangulaîre. 

Outre la coquille, l'animal est encore revêtu d'une 
enveloppe membraneuse, transparente , et abondam- 
ment pourvue de muscles \ ceUc e,nveloppe, lorsqu'on la 

on l'a réuni avec raison à celui des Eqnorées. M. Rang a donc pu , sans 
trop s'écarter des principes de nomendalure admis généralement , em- 
ployer cette dénomtnatien , dont on s'est déjà servi en botanique. 

(R.) 



( 3M ) 

Tend dans ^a. langueur, meta découvert tous les vis- 
cères recouverts d'un vasie péritoine. 

Jusqu'ici nous pe connaissions pas dans les Piéro- 
podes de bl'ancbies disposées comme elles le sont dans 
notre genre ; ce sont deux organes égaux , contournés 
de diverses manières, amincis sur un de leurs boitls, 
ondulés et fixés sur un même pédicule, non par leur 
extrémité, mais par un point distant de Tune des ex* 
tréniités d'un cinquième au plus de la longueur totale. 
Ces branchies , ainsi attachées dans la ligne médiane à 
la partie ventrale du Mollusque et tout près du lobe in- 
termédiaire, offrent une vaste surface au contact de l'é- 
lément ambiant ; elles sont de couleur pale et bordées 
d'une légère teinte de jaune doré. D'après leur forme 
et leur position, on conçoit qu*elles peuvent, lorsque 
l'animal est développé hors de son test , sortir indifl(ê- 
remment par le côté droit ou par le côté gauche , avec 
cette condition seulement , que toutes deux ne portent 
pas la même longueur hors de la coquille; car si les 
branchies sortent par le côté gauche , celle qui est à 
droite du pédicule aura plus de longueur à parcourir 
que celle qui est à gauche et vice versd. Nous avons 
remarqués sur les individus vivans que nous avons eus 
sôus les yeux , que c'est ordinairement par le côté droit 
que s'échappent les branchies de ce Mollusque. 

La coquille qui lui sert de refuge est une des plus 
grandes et la plus solide de la classe des Ptéropodes ; 
elle est cylindrique , allongée , à parois minces ^ unies , 
parfaitement diaphane et incolore. A son extrémité su- 
périeure se trouve l'ouverture , qui est oblique , à bords 
tranchans et demi-circulaire ou cordiforme , à cause 
d'un léger aplatissement qui se ^trouve à cette partie, elle 
correspond à la face ventrale de l'animal. Vers les deux 
tiers de la longueur, à partir de l'ouveriure, la co- 
tjuîlle se renfle un peu , puis se rétrécit graduellement 
jusqu'à l'extrémité postérieure. Mais ce qu'il y a déplus 
remarquable et ce qui est jusqu'ici sans exemple, c'est 
que cette extrémité postérieure porte une cavité assez 
profonde , opposée à la grande cavité avec laquelle elle 
n'a point de communication, et formée sur Ja surface 



( 325 ) 

convexe et arrondie de celle-ci , par le prolongement 
des parois amincies du test. Celle partie est beaucoup 
plus fragile que tout le reste ; aussi était-elle plus ou 
moins endommagée dans quelques-uns des individus 
que nous avons eus. 

Un fait assez singulier^ c^est que ces animaux, par- 
venus à Tétat adulte, sont exactement de la même lon- 
gueur ; pour nous en assurer , nous avons non-seule- 
ment comparé ensemble tous les exemplaires de la mer 
des Indes que nous possédions , mais nous avons encore 
comparé ceux-ci avec celui que nous avons, reçu de la 
mer du sud. 

Le système musculaire des Cuviéries paraît très-com- 
pliqué ; on y remarque surtout plusieurs muscles 
iransverses appartenant à la première enveloppe , et un 
grand muscle longitudinal , très-large et très-épais qui , 
fixé au fond de la coquille , sert à retirer en dedans les 
parties antérieures, et répond au muscle columellaire 
des Gastéropodes et au grand muscle dorsal que M. de 
Blainville a décrit dans les Hyales. Dans notre Mol- 
lusque, -il est également placé h la partie dorsale qu'il 
prolonge toute entière , et où, après avoir passé sur la 
masse des ovaires et sur celle du foia , il vient se parta- 
ger au tronc en plusieurs faisceaux dirigés ,^ les i^ns vers 
la bouche , et les auliies aux nageoires et au lobe inter- 
médiaire. 

Nous sommes peu instruits sur le système nerveux ; 
cependant nous avons reconnu le ganglion cérébral 
embrassant Tœsophage, et distingué quelques-uns des 
filets qui s'en échappent. ^ 

Les organes de la nutrition à la recherche desquels 
nous nous sommes plus particulièrement attaché , nous 
ont donné quelques détails incomplets , il est vrai , 
mais qui établissent les rapports avec les genres voisiqs , 
et seront du moins autant de points de départ pour ceux 
qui entreprendront d'augmenter notre travail. 

Nous avons déjà dit que la bouche avait son orifice à 
la partie antérieure de ranimai , dans le milîeadc l'en- 



( 3a6 ) 

foncement, formé par la base des trois lobes locomo 
leurs. Outre sa coloration et sa forme triangulaire, elk 
est encore indiquée par la présence de deux petites émi- 
nences labiales qui Favoisinent, 

L'intérieur de la bouche est vaste et sa voûte est con- 
vexe -, sur cette surface convexe nous avons observé un 
système de petits corps dentiformes qui nous a paru as- 
sez compliqué. Ce sont de petites pièces cornées, de 
couleur brune , et placées dans Tordre suivant : on en 
remarque d'abord une suite formant le cercle 5 celles-ci 
paraissent de forme pyramidale ; deux autres rangées 
plus petites viennent ensuite^ elles sobt disposées en 
arcs , occupant dans l'intérieur de ce cercle , la place^ 
de deux cordes qui, par l'une de leurs extrémités;^ se 
réuniraient en un même point; c'est de ce point que 
s'élève en traversant diamétralement la surface convexe 
du cercle^ une bande saillante de forme triangulaire, 
brune , cornée comme les petites dents , et divisée dan^ 
sa longueur par de profondes stries trans verses 5 cette 
bande est étendue dans le sens du canal alimentaire ^^ 
et son usage ne peut être douteux; sans doute que l'ani- 
mal mettant en jeu les muscles qui correspondent à la 
bouche, cette pièce solide et recourbée frappe successi- 
vement de ses dents les alimens qui se présentent, et 
tout en les triturant, les précipite vers l'oesophape. 

Cet œsophage est long , peu* renflé , et s'enfonce dans 
une masse verdâtre qui est le foie 5 celui-ci enveloppe 
presque de toutes parts le sac pîrifonne de l'estomac qui 
est voluiflineux', rougeâtre et sillonné transversalement 
à sa base par des ri^s parallèles et extérieures, comme 
on en voit à l'estomac des Hyales. 

L'intestin qui est assez long et grêle , forme plusieurs 
replis dans la partie inférieure du foie et s'en échappe 
ensuite à la partie supérieure. Nous l'avons perdu de 
vue au moment où, se recourbant, il semblait se diri- 
ger vers la base du tronc ; nous ne pouvons donc rien 
dire de plus sur son cours , et ce n'est que par analogie 
que nous pensons que l'anus s'ouvre au côté droit ^ 
comme dans les Hyales. 



(3^7) 

C'est surtout dans les organes de la génération .que 
nous avons trouvé de grands rapports avec l'organisa- 
tion des Hyales. L'ovaire est t rès- volumineux *, c'est 
une masse oblongue , un peu rétrécie vers son extré- 
mité postérieure , et qui se compose d'environ dou^ 
plaques ou rondelles ampilées les unes sur les autres^ 
ces plaques portent une échancrure à l'un de leurs- 
bords et forment ainsi , par leur réunion , un canal qui 
parcourt toute la longueur du système des ovaires du 
côté dorsal ; . c'est , selon toute apparence^ par ce côté qviçj 
ces plaques , qui paraissent dabora toutes indépendantes 
les unes des autres et que l'on détache facilement , se 
lient entre elles. Ces ovaires , qui sont colorés eu rouge ^ 
nous ont semblé remplis de petits œufs. Un canal ou 
oviducte assez mince à son origine , se recourbe à sa 
sortie des ovaires vers la troisième rondelle , se porte 
ensuite vers la partie antérieure en traçant plusieurs si- 
nuosités , se renfle lout-a-coup pour former une large 
poche dont les plis longitudinaux qui se remarquent à 
son extérieur indiquent toute l'çxtension dont elle est 
susceptible , et se rétrécissant ensuite , vient s'ouvrir 
dans la ligne médiane au fond d'uri tubercule oblong et 
creux situé à la base et eu arrière du pédicule des branr 
chies. 

Ayant ouvert la poche dont nous venons de parler, nous 
avons trouvé à son extrémité postérieure la verge; elle est 
longue, pointue , légèrement^ infléchie, consistante et 
de couleur jaune. Nous n'avons pu reconnaître d'une 
manière certaine le point de son adhérence , mais 
nous avons pu nous assurer que la pointe était tournée 
en arrière , ce qui explique comment elle peut se porter 
à l'orifice ; pour y parvenir elle n'a qu'à se renverser , 
et il suffit d'une contraction un peu forte pour la faire 
saillir au-dehors. 

Nous ne savons rien de la circulation ; nous avons 
seulement reconnu le cœur sur l'animal vivant -, ses bat- 
lemens nous l'ont indiqué •/ il est situé au fond dé la 
coquille , en arrière des ovaires et au côte gauche. 

Ou nous saura quelque gré, sans doute , des détails 



( 328 ) 

que uous venons de donner en ayani égard à la petitesse , 
à la fragilité et à Tétat de conservation dans 1 esprit de 
vin de l'individu qui nous les a fournis. Au reste, 
l'essentiel dans ces sortes de recherches , est de pouvoir , 
par un aperçu de l'organisation générale, établir les 
rapports de Tanimal , et dans ce cas notre but est à-pei^ 
près rempli. La considération des caractères extérieurs 
de. ce mollusque le fait entrer de droit dans notre fa- 
mille des Hyales , et celle de l'organisation intérieure 
nous porte à ïe rapprocher des Hyales proprement dites 
et des Cléodores que nous avons également observés avec 
M. Audouin (i). Mais nous le distinguons cependant de 
ces genres à cause des formes d'ensemble , de celle de 
la coquille, de la disposition du système dentaire et par- 
ticulièrement de la forme des branchies. 

Ce mollusque , doué de formes élégantes et de cou- 
leurs agréables , nage avec vivacité dans une position 
obliqué • comme tous les Ptéropodes sans exception. 
Au moindre danger , il rentre dans sa coquille et , aban- 
donné à son propre poids , il se laisse couler k fond. 

Nous le dédions, sous le nom de Cwiérie, au gavant 
qui a institué la classe des Ptéropodes , désirant qu'il 
daigne y voir un témoignage de notre admiration et de 
notre profond respect. 

Voici maintenant les caractères du second genre que 
nous proposons pour un Mollusque ptéropode , que nous 
avons observé dans l'Océan atlantique, et dont nous 
n'avons* pu conserver que la coquille^ 

OEUXXÈMB GEXTRB. 

EuRiBiE , Euribia Nob« 

Animal globuleux , muni de deux nageoires horizon- 
tales opposées à la base d<esquelles est située la bouche , 
et d'un très-petit lobe intermédiaire. 

(i) Quelques observations anatomiques sur ce genre que nous avoas 
faites k la mer^ et que depuis nous avons vérifiées avec M. Audouin , 
feront publiées dans la Monograptiie des Ptéropodes que nous faisons 
avec M,, de Férussaç. 



(3^9) 

Coquille cartilagino - membraneuse ^ mince ^ régu- 
lière , à ouverture ronde et irès-ëvasée. 

Espèce. 
Euribia hemispherica Nob. 

L^animal est blanc , un peu transparent ^ les nageoires 
sont ovales , étroites k leur base , la bouche est noire , et 
les viscères bruns. 

La coquille est très-mince et à parois flexibles , en 
Corme de calotte sphérique et de couleur jaune*: l'ou- 
verture est horizontale et très-grande. 

Ce Mollusque habite TOcéan atlantique. Nous avons 
cru devoir Fétablir comme genre distinct, à cause de la 
position singulière de ses nageoires et des caractères de 
sa coquille. Lorsque les branchies nous seront connues , 
nous fixerons d'une manière plus certaine la place qu'il 
doit occuper dans la classe à laquelle il appartient. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE XLV, B. 

Fig. I. CuviERiA coLUMiTELLA développée et nageant. 

Fig. a. La même retirée dans sa coquille. 

Fig. S. La coquille seule. 

Fig. 4< Développement des viscères. 

Fig. 5 et 6. Disposition de Pappareil propre à la mastication. 

Fig. 7 et 8. Les branchies grossies. 

Fig. g. Euribia hemispherica vue en dessus. 

Fig. 10. Le même vue de profil. 

Fig; II. La coquille. 



( 33o ) 

Sur V Occipital supérieur et sur les Rochers dans 

le Crocodile; 

f 

Par M. Geoffroy Saiht-Hilaire , 

Membre de l'Institut. 

J^ai donné , dans le troisième volume de ce re- 
cueil , un travail étendu sur le crâne des Crocodiles , 
dont le principal objet était la détermination de chacune 
de ses pièces ; j'avais commencé ces recherches en 1807, 
les poursuivant d'année en année , afin d'y introduire 
successivement tous les perfectionnemens que j'y pour- 
rais appliquer. Je viens encore de soumettre tous mes 
résultats de 1824 à de nouvelles épreuves, et sur un 
point je les crois susceptibles d'une heureuse rectifica- 
tion. Je prie le lecteur de vouloir bien me seconder dans 
ces soins de rectification et de corrections , en prenant la 
peine de me suivre , les yeux fixés sur la fig. 5 de la 
pi. 16 du tome troisième de ces Annales. 

Le sujet du présent article occupe la partie supérieure 
et médiane de l'arrière-crâne du crocodile •, son signe est 
Q en la fig. 5 de l'Atlas. Cette pièce est située entre les 
temporaux PP , au - dessous de Tunique pariétal JT, 
et au-dessus des pièces occipitales Z-^-^Rk droite et Z^R 
à gauche , lesquelles se joignent et forment la moitié 
supérieure de l'anneau de l'occiput. J'avais déterminé 
cet os médian, dans mon travail de 1807^ comme s'ap- 
pliquant à l'occipital supérieur chez Thomme, quoique 
déjà sous un autre rapport il eût éveillé mon attention ^ 
ainsi que le prouve le passage ci-après. 

« Cet occipital supérieur est d'une forme très -singu- 
lière \ il est renflé et caverneux : les deux lames dont il 
est composé sont soutenues en dedans par de petits pi- 
liers osseux plus ou moins nombreux suivant les es- 
pèces. Ce que cette pièce présente surtout de plus re- 
marquable , c'est la communication établie de son inté- 
rieur avec les deux conduits formés par los carré : 
deux issues latérales y débouchent , on sorte que les deux 



( 33i ) 

chambres deroreille ne forment qu'une seule et longue 
galerie, et qu'en dernière analyse les crocodiles n'au- 
raient qu'un seul réceptacle pour contenir les deux or- 
ganes de l'ouie. » Ann, du Mus, d^HisU nat. , tom. x , 
pag. 363. 

Revoyant ces faits en 1 8^4 1 et devenu plus attentif 
encore à leur manifestation, j'ai considéré la pièce Q 
comme réunissant tous les caractères des deux rochers 
arrivés l'un et l'autre sur la ligne médiane , et s'y com- 
binant eu une seule masse ^ chaque énostéal , autrefois 
nommé os carré ou os de la caisse , gagne le rocher , le 
saisit et le coiffe dans les parties qui lui sont contigues. 
Ici donc est une connexion satisfaite -, mais de plus « 
toutes les autres le sont également , quand on voit que 
cette pièce est placée sous le pariétal unique JT, et bordée 
par le temporal P et par l'occipital latéral Z-^R. C'est 
aussi dans chaque loge du rocher, de l'unique rupéal Q^ 
que sont les canaux semi-circulaires et les nerfs acous- 
tiques. On ne pe«t , suivant moi , fournir une démons- 
tration qui satisfasse mieux à l'analogie annoncée : aussi 
n'est-ce point sur cela que je me trouve revenir, ou du 
moins n'est-ce point à cause de ces considérations. 

Cependant employant , comme je viens de le dire , la 
pièce Q, c'était tomber dans plusieurs mécomptes, à 
quoi je n'avais pas alors assez réfléchi ; car i^. les ro- 
chers , recouverts comme à l'ordinaire par les énostéaux , 
auraient donc fourni d'autres parties d'eux-mêmes , étant 
ailleurs intérieures , pour se faire jour au dehors et toul 
au travers des occipitaux? a**. Des muscles cervicaux 
qui sont fixés sur leur surface extérieure , si ce n'était 

f^oint avec l'occipital supérieur, mais au contraire avec 
e rocher qu'éîait leur communication, ils eussent, ils 
auraient fourni un fait de fautive connexion très-grave ? 
3^. Dans mou système de i8?4î ^^ ^J avait plus d'occi- 
piial supérieur, et me fondant sur la considération que les 
occipitaux latéraux arrivent l'un sur l'autre et forment 
la moitié supérieure de l'anneau occipital, j'avais cru 
pouvoir admettre que chaque moitié de l'occipital supé- 
rieur s'était, comme dans les cas de monstruosités anen- 
jcéphales, écartée de la ligne médiane, et que privée de 



, ( 332 ) 

I 

/ 

leur mutuel appui , chacune avait cherché et pris uir 
appui nécessaire en dehors et sur Foccipital latéral , 
qu alors j'étais tenu de considérer comme formé de deux, 
parties élémentaires. 

Je ne pouvais méconnaître Tunique rupéal là où j'en 
trouvais en toute évidence les réelles conditions ^ mais 
je devais cependant une plus sérieuse attention aux dif- 
ficultés que je viens de signaler. Revoyant toutes mes 
anciennes déterminations pour les vérifier par Temploi 
de ceux des organes mous que je n'y avais point encore 
fait concourir, ces difficultés se sont présentées à mon 
esprit avec toute leur gravité. Tout cet ensemble de 
choses qui est à l'arrière-crâne donnait des répétitions si 
exactement suivies à toutes mes comparaisons , qu'il ne 
pouvait arriver que sur un point le problème restât in- 
soluble. Avec quelques eiSForts , et grâces en effet à des 
recherches entreprises sur un premier âge de crocodile , 
j'en ai enfin obtenu une heureuse solution. 

Or cette solution s'est trouvée dans la circonstance , 
à peine aperçue 9 que la pièce d*arrière-crâne , lettre Q, 
est composée de trois , si même ce n'est de quatre élé- 
mens primitifs , de trois du moins avec certitude; savoir, 
de deux sphères osseuses contigues , ouvertes transver- 
salement de part en part , et qui sont les deux rochers ,. 
ou les deux rupéaux; puis^ d'une plaque triangulaire , 
extérieure à ces rochers , les couvrant , les emboîtant , 
et formant en dehors l'occipital supérieur ; pièce que j'a- 
vais justemeût signalée dans ma détermination de 1807, 
et que dans celle de 1824 j'avais cru séparée par moitié y 
confondue chacune avec Foccipital latéral : elle porte sa. 
base en haut et vers le pariétal , en même temps qu'elle 
en dirige chaque extrémité sur les temporaux. 

J'ai plus haut parlé avec doute d'un quatrième élé- 
ment , et en effet du milieu de la large base du triangle 
s'élève une apophyse , dont le sommet atteint le plan- 
cher supérieur du crâne ; cette apophyse s'encastre dans 
un vidé correspondant du pariétal. Or la position de 
celle-ci , ses connexions et ses usages quant à la portion 
musculaire qui s'y insère , donnent à penser que c'est un 



( 333 ) 

mler-parîétal dans l'état d'atrophie , que c'est cet os lui- 
même réduit aux dimensions du minimum de volume et 
de conlposition. 

Cette solution me parait ainsi salisfaire à toutes les 
-données du problème, à toutes ai)solument et le plus 
•heureusement possible -, car il y a exactement un même 
nombre d'os crâniens chez le crocodile adulte et chez 
l'homme à l'état de fœtus. Ainsi c'est également chez l'un 
et chez l'autre que tous sont coordonnés >, rangés , insérés 
dans le même ordre , que tous sont dans les mêmes fonc- 
tions : il n'y a de variable que le volume respectif de 
ces pièces et leur forpae , celle-ci étant le nécessaire ré- 
sultat dé cetie première cause de variation. 

Ainsi il n'y a point de frontal quintuple ou sextuple 
comme l'a pensé M. le baron Cuvier -, opinion que cet 
illustre anatomiste a reproduite en 1812 (i) , qu'il a re- 
nouvelée en 1824 (*)• Il ^'y a point de frontaux anté- 
rieurs^ de frontaux postérieurs , de mastoïdiens dans le 
ééns que M. Cuvier attache à ces termes. Je partage avec 
une conviction pleine , profonde , après des recherches 
faites et renouvelées d'année en année , l'opinion d'Oken 
à cet égard , lequel fut le premier à opposer que c'était 
faire des nonis nouveaux pour des os que l'on ne con- 
naissait pas (3). Cependant Okeu lui-même n'avait pas 
agi différemment , ayant admis à tort , suivant moi , plu- 

(i) Voyez Ann, du Mus, dHUt, nat,, tom. yix, p. ia5,surla 
Composition de la tête osseuse dans les Animaux vertébrés. 

(a) OssemensJbssUes , tom. v, partie a«, p. 73. 

(3) Et cette vue, on doit retendre indistinctement à tous les vertc- 
^ bré^ ovipares, oiseaux, reptiles et poissons: mon dévouement à la 
science , la nécessité de la maintenir en pleine jouissance de ses acqui- 
sitions , et ma parfaite conviction dans la présente circonstance , me 
font un devoir d^insister. Et enefiet, si Tidée exprimée par les termes 
de frontal antérieur, de frontal postérieur, de mastoïdien , ete. , n'ap- 
porte pas à Pesprit le véritable rapport des choses, il y a de pius dA- 
ger pour Tavenir, c'est-à-dire pour le moment venu de donner la «i- 
gnification des autres organes qui sont dans le voisinage et sous la 
dépendance de ces prétendus frontaux. L'inconvénient est moindre sans 



( 334 ) 

sîeurs sortes de jugaux qu'il avait de même distingues 
par des épilhètes exprimant la posîiioa respective de 
chaque prétendu jugal Ti). 

M. le baron Cuvier a critiqué plusieurs parties de 
mes déterminations de 1807, et je reconnais que c'est ju- 
dicieusement dans quelques cas ; mais je les avais déjà 
abandonnées. Chaque année j'avais repassé sur mes an- 
ciennes voies, et j^étais promptement parvenu à redres- 
ser bon nombre d'écarts. Il ne faut pas oublier que , le 
Sremier des naturalistes , je me suis occupé ex professa 
e la détermination des pièces crâniennes , que je fouil- 
lais un terrain entièrement neuf , qu'il n'y avait ni précé- 
dens , ni procédés , ni méthodes pour me sertir de guide; 
que le but à entrevoir, la marche à suivre, tout cela man* 

doute de s'en teuir aux dénominations seulement^ icthyologiques et par 
conséquent provisoires des pièces brauchiostèges chez les poisson», 
opercule y sub-opercule , inter-opercule , pré-opercule, etc. , si l'on ne 
doit pas conclure de cet emploi prolongé que les poissons sont , eivte 
qui concerne ces pièces et par exception , dans un seul point de leur or- 
ganisation , soustraits aux communs rapports qu'ont chez tous les ani- 
maux vertébrés , les unes à l'égard des autres , toutes et chacune de 
leurs parties organiques. 

M. Meckel ( voir son Traité général d'Anatomie comparée , dont il 
parait présentement une traduction en français), M. Meckel, qui 
ignore l'existence d'une nouvelle méthode pour la détermination des or- 
ganes, et qui s'autorise de l'impuissance des anciens moyens de la 
science afin de n'avoir point à s'occuper dans les cas difficiles de la re- 
cherche des organes analogues , est-il complètement autorisé à repro- 
duire sous un autre nom la proposition finale de ma Philosophie ^na- 
iomique , à recommander aussi le principe de Vunité de composition 
organique ? Mais alors il ne faudrait point tenir, comme il l'a fait , 
tbut l'appareil respiratoire des poissons sous la condition d'une organi- 
sation essentiellement différente et spécifique , sous la raison d'un type 
à part.,Agir de la sorte, c'est au contraire donner à entendre qiîè d'im- 
pbrtans systèmes organiques sont réfractaires à la réduction , ne sau- 
raient être ramenés a l'unité : car ce que j'avais nommé Théorie des 
analogues est appelé par M. Meckel Loi de réduction. 

(1) Isis , 1818 , deuiiième cahier, p. 276. 



( 335 ) 

tjuait; qu^une nuit profoude coilvrail Thorizon, el par 
conséquent que des erreurs étaient k ce moment inévi- 
tables. ' 

Cependant je rappellerai quelques concessions faites en 
i8i 2 dans le Mémoire cité , Ann. , xix. « Pour expliquer 
» cette multiplicité d^ossemens que Ton trouve dans la 
)> tète des reptiles, dans celle des poissons et même dans 
» celle des jeunes oiseaux, M. Geoffroy, dit M. Gui^ier, a 
» imaginé de prendre pour, objet de comparaison la tête 
» des fœtus de quadrupèdes , où Von sait que bien des os 
» qui doivent se réunir dans Tadulte se montrent encore 
)) séparés , «t il est parvenu ainsi à ramener à Une loi 
» commune , ées conformations que la. première appa- 
» renccî pouvait faire juger extrêmement diverses. » 

Les critiques de M. Cuvier sur mon travail de 1807, 
commencent le dernier volume de ses Ossemeins fossiles, 
volume qui fut distribué en décembre 1 8^4 ^ mais mon 
travail de cette même année i8a4 n^^vait pas attendu ses 
avertissemens : il parut dans le présent recueil un mois 
auparavant la publication des Ossemens fossiles, par 
conséquent assez à temps pour que M. Cuvier voulût 
bien prendre la peine d'en informer le public. Ce qui ne 
fut point en eSët négligé *, car on lit ce qui suit à la 
page 525 de la deuxième partie du cinquième volume 
des Ossemens fossiles. 

« Adoition aux pages 69-88. 

» Je dois prévenir que mes observations sur la théorie 
)) de M. Geoffroy Saint- Hilaire , concernant la lêîe du 
» crocodile , ne se rapportent qu'aux Mémoires (ju'il a 
» publiés dans les Annales du Muséum , et non à celui 
» qu'il vient de lire à l'Institut , et ou il présente des 
)) idées assez différentes des anciennes. Ce dernier Mé- 
» moire n'étant pas encore imprimé en ce moment , 
» 4 octobre 18249 il ne m'a malheureusement pas été 
)) possible de le prendre en considération. » 

Pour- en revenir au principal, sujet de cet article, 
le sur-occipital, M. Cuvier avait à son égard admis mes 
déterminations de 1807. On lit volume cité , page 85 : 



/ 



( 336 ) 

« L'occipital est à la même place , remplît le» mêmes' 
» fonctions que dans les Mammifères , et il resie divisé 
» eu quatre parties , comme dans leurs fœtus* » 

Et comme M. Cuvîer n'ignorait point non plus que 
tous les phénomènes d'acoustique se passent chez le cro- 
codile dans les cavités étant à dos et en dedans de.la lame 
que seule aujourd'hui je considère comme l'occipital su- 
périeur, mon savant confrère rapporte ces circonstances 
dans les termes suivans. a Le grand sac du vestibule est 
» logé dans une cavité , aux parois de laquelle concou- 
» rent le rocher, l'occipital supérieur et l'occipital lalé- 
» rai ; et les canaux semi-circulaires supérieurs et pos- 
» térieurs rampent dans des tubes étroits creusés dans 
D ces mêmes parties et par conséquent dans ces trois os. » 

Entre 1807 et la présente année 1827 , il s'est écoulé 
un laps de vingt années. Aurais-je marché trop lente- 
ment? je ne le crois pas. Je n'ai cessé de porter sur le 
problème toute l'activité de mon esprit. Aux diflScultés 
ui renaissaient presqiie d'année en année , j'ai opposé 
e la persévérance. Cependant si j'ar réussi dans ceUe 
dernière rectification et que celle-ci soit en effet la der- 
nière , on pourra dire de cçttcr question qu'elle était sans 
doute très-compliquée, mais que cependant elle réser- 
vait un prix à de constans efforts : je m'y plais, comme 
à un service rendu. 



1 



VI .. ' 



y 



( 337 ) 

Recherches anatomiques et physiologiques sur la 
Déglutition dans les Reptiles ; 

Par M. Ant. Duges. 

( Lues à là Société d^Hîstoire naturelle de Montpellier , le 

la juillet 1837. 

La classe des Reptiles qui va nous fournir ces re- 
marques anatomîco-pliysîologiques , est peut-être celle 
des grandes subdivisions des animaux vertébrés qui prête 
le moins à des gé^éralités ; si les familles qui la com- 
posent offrent des intermédiaires qui les fondent Tune 
dans l'autre , il n'en est pas moins certain que les genres 
fondamentaux , ceux qui donnent à chaqye famille son 
caractère propre , diffèrent outre ^ux du tout au tout. 
C'est en considérant cette classe sous un pareil aspect , 
que le professeur Geoffroy Saint-Hilaire a pu dire 
qu'elle n'existe pas à proprement parler (i), et que les 

(1) Malgré le disparate qu^on trouve, à quelques égards , entre les 
reptiles, cette classe n^en est pas moins naturelle , et les intermédiaires 
qui lient les unes aux autres les quatre familles établies par M. Alex. 
Brongniart, les enchaînent d^ une manière indissoluble. Il u^en est pas 
une en efiet qui ne nous conduise à quelqu'autre par des nuances souvent 
imperceptibles. Ainsi, 10. les chelydres de Schweigger (emides, serpen- 
tines et lacertines) unissent les chéloniens aux crocodiles ou emydo-sau- 
riens de M. de Blainville, et de ceux-ci nous passons insensiblement 
aux lézards. 2°. Les plésiosaures fossiles , les scinqiies, les seps, les 
chalcides , les bimanes , les bipèdes , les opbisaures , les orvets , les 
amphisbènes, sHnterposent gradueUement entre les sauriens et les ophi- 
diens.;3<^. Des mêmes sauriens nous passons par degrés aux batraciens 
par les geckos et les salamandres ou pseudosauriens de M. de Blaih- 

XII Décembre 18917.. 22 



' ' ( 338 ) 

animaux qu'on y renferme sont en quelque sorte étran-*- 
gers entre eux ( Philos, anat. , t. i , p. 43 ). Cette diver- 
sité est en partie cause de Tobscurité qui règne sur plu- 
sieurs points du sujet que je me propose d'éclaircir , 
obscurité qui dépend aussi de la difficulté d'observer 
les Reptiles à l'état libre , et de leur répugnance à se 
livrer en captivité et surtout en présence de l'homme^ 
aux actes qui leur sont même les plus familiers. 

De la patience , un hasard heureux , m'ont permis de 
recueillir quelques faits que je vais exposer, en parta-^ 
géant mon sujet d'après les dissemblances dont j'ai fait 
pressentir l'existence entre les quatre familles des Rep- 
tiles. 

ARTICLE PREMIER. 

CHÉLOrdENS. 

je n'ai pas l'intention de répéter ce que l'on trouve 
dans tous les Traités d'Histoire naturelle , ni surtout de 
détailler ce que je n'ai point observé par moi-même 5 
d'ailleurs les tortues marines , malgré les ongles ou er- 

ville. 4®* Enfin , des ophidiens mêmes nous passons aux batraciens par 
les cœcilies , nommées pseudophydiens par le même zoologiste. 

A la vérité , les reptiles ont aussi des rapports avec les autres classes 
des vertébrés ; mais quelque ressemblance d^organisation qui ont valu 
aux tortues le nom d^ornithoïdes , et aux protées, syrènes, etc. , celui 
de subichthyens , ne peuvent nuire à Tisolement et à la circonscription 
de cette classe y sans quoi il faudrait dire aussi que la classe des Mam- 
mifères n'est pas bien circonscrite, parce que les cétacés out des rap- 
ports de forme et d^habitude avec les poissons ; que les chauve-souris 
ont quelque chose de commun avec les oiseaux y et qu'enfin les mono- 
trèmes ont quelque ressemblance organique avec les reptiles. 



( 339 ) 

go^s nombreux qui garnissent t^'ntéfieur de leur œso- 
phage, doivent saisir et avaler les alimeds à-peu -près 
comme les tortues terirestres , et c'est de celle-ci que je 
vais parler \ je n'en ai bien observé qu'une seule et de 
très-petite taille ; elle se nourrit de lombrics , . de pain 
mouillé , de laitue et autres feuilles vertes , ou de pé- 
tales de fleurs , de fruits et même de graines céréales ( i). 
Pour les saisir , elle ouvre largement la gueule , avance 
jusques Hors de la bouche (2) , sa langue épaisse , 
molle , charnue , rougeâtre 9 conoïde et aplatie en des- 
sus ; la feuille^ si c'en est une par exemple , s'y colle , et 
la langue se retire en l'introduisant entre les mâchoires. 
Celles-ci se rapprochent alors fortement, coupent 
le morceau introduit , et la langue le porte encore vers 
le pharynx, quelquefois par des mouvemens répétés 
à plusieurs reprises. Pour les vers, elle les attire ainsi 
peu à peu sans les couper par fragmens ; mais seules 
ment en les meurtrissant ou mâchant à chaque occlu- 
sion de la bouche. Le pain mouillé , passe facilement de 
même à l'aide de la langue ; mais cet organe ne devient 
dans ce cas réellement utile ^ qu'après que la bouchée 
a été enlevée par les mâchoires qui agissent à-peu-près 
seules pour la saisir. Depuis que les chaleurs sont de- 
venues fortes , cette tortue mange presque tons les 
jours *, dans l'hiver elle refusait au coutrajre tous les 
alimens. 

(i) De cette variété de nourriture on peut conclure que ces anntitux , 
s^ils mangeaient beaucoup, seraient plus nuisibles qu'utiles aux jardins 
dans lesquels on les place pour dé^truire les vers. 

(a) Â peine est-il besoin d'avertir le lecteur que , par le mot gueule , 
f enteada ronvertnre ( rictus ) , et par detui d^ bouche , ta cayilé (buc>' 
cale. 



' ( 34o ) 

La manière dont la langue opère ici , a de l'analogie 
avec teWe que nous allons décrire dans Tarticle suivant 5 
mais cet organe y prendra bien plus d'importance , soit 
pour la force et l'agilité , soit pour les dimensions. 

ARTICLE II. 

BATRACIENS. 

C^est exclusivement aux Batraciens anoures (gre-» 
nouilles, crapauds (i), rainettes), que s'applique la 
icomparaison énoncée dans le dernier paragraphe. Mais 
avant de passer à l'exposé que nous avons fait prévoir 
tout à rheiire , avertissons le lecteur que ce n'est qu'à 
Tétat parfait que ces animaux se servent de leur langue 
pour happer une proie vivante. Chez les Têtards en 
effet , on ne trouve au plancher de la bouche que 
l'hyoïde dont le bord antérieur, recouvert par la mem*- 
brane muqueuse , peut faire une légère saillie , mais qui 
n'est nullement semblable à la langue. Peu à peu , à me^ 
sure que les pattes se développent , que la queue dispa- 
rait , que la bouche se fend , la langue commence à 
saillir en avant de cet hyoïde^; mais elle reste encore 
assez long-temps rudimentaire , et c'est l'état dans le- 
quel j'ai trouvé la langue des salamandres aquatiques 
que Ton a dit être adhérente , mais complète. 

Cette différence suffirait à elle seule pour faire 
cdiyecturer que le genre de nourriture n'est pas le 
même aux deux âges de la vie des Batraciens anoures. 

(!} Il faut en excepter les pipas, qui, dit-on, sont totalement dé- 
^ pourvus de laojBiue. 



C 34i ) 

Déjà depuis long-temps on avait remarqué que la lon- 
gueur du canal intestinal et ses spires nombreuses 
qui , chez les Têtards , forment une masse bien supé- 
rieure à celle du corps , indiquaient le besoin d*une di- 
gestion prolongée , comme chez tous les herbivores , et 
prouvaient la nature végétale de leurs alimens. Cepen- 
dant , on a trouvé dans ces intestins des Entomostracés 
encore vivans \ moi-même j'ai rencontré non loin de l'a- 
nus une petite larve de cousin exécutant encore quelques 
mouvemens ] mais cette vie même prouve que ces ani- 
malcules n'ont pas subi l'action digestive ^ ils ont été 
avalés avec la vase ou détritus organique qui se dépoafé 
au fond des eaux qu'habitent les Têtards ou à la êfi¥ficte 
des corps submergés. On voit en effet ces animaux ra- 
cler les corps végétaux ou animaux dont la décomposi- 
tion commence, ramasser la vase à défaut d'autre aliment, 
et couper de préférence la lentille d'eau , les conferves 
fraîches qu'on trouve et qu'on reconnaît facilement dans 
toute l'étendue de leur tube digestif. Un simple examen 
démontre aisément que les lamelles cornées qui garnissent 
les lèvres du Têtard, et les deux mandibules tranchantes 
qui arment sa bouche , ne sont propres qu'à de pareils 
usages. 

Il arrive une époque où ces mandibules et ces lèvres 
cornées cessent d'exister ^ la bouche n'a plus que des 
lèvres charnues; mais son ouverture n'est pas encore 
plus grande qu'elle n'avait été jusques-là , elle ne sau- 
rait donner passage à la langue , et celle-ci , avons-nous 
dit , est encore assez long-temps rudimentaire. Dans cet 
état , l'animal ne peut plus exécuter les manoeuvres dont 
nous parlions à l'instant, ni se comporter déjà comme 



(34a ) 

Tadulte^ il ne peut qu'avaler entièrement quelques pe- 
tites feuille» de lentille d^eau , ce dont nous nous sommes 
assurés ^ peut^êcre aussi quelques Larves , quelques En-^ 
tomostracés , ce que nous n'affirmons pas de même. Ils 
prennent donc alors fort peu d'alimens ; mais c^est jus- 
tement TépoqUe où leurs énormes intestins se réduisent 
^ une étendue dix fois moindre , et Ton conçoit que le 
jeûne leur était nécessaire. C^est aussi l'époque de la ré- 
sorption des branchies , de la queiie , de leur enveloppe 
extérieure, épaisse et gélatineuse^ qui ne se détache 
Pf[^n4(|, /comme chez l'adulte^ soit en lambeaux, soit en 
^^nie de tunique. lueurs matériaux suffisent alors pour 
eii^ff^nir la nutrition , et les deux épiploons disposés en 
languettes surchargées de graisse que renfermait aussi 
l'abdomen , fournissent aussi un supplément notable à 
ce jeune momentané. 

Dès que la bouche est largement fendue et la langue 
bien développée c'est-à-dire quelques semaines après la 
chute de la queue , le Batracien change de manière de 
vivre,; ses intestins auparavant , minces, faibles, moux, 
transparent , comme papyracés , larges et uniformes , 
sont devenus charnus , très-contractiles, denses , étroits ;, 
courts et peuflexueux. Le tube digestif, dont le foie en-» 
veloppait les premières circonvolutions , commençait à 
partir de l'œsophage , c'est-à-dire immédiatement der-r 
rièpe les branchies ; il en est maintenant isolé et Fœsori 
phage^ est suivi d^un estomac musculeux comme le 
reste, et capable de contenir, d'écraser, ou du moins de 
suâçquer les Larves, les Insectes, les Cloportes, les 
{jombrics , dont l'animal est appelé à se nourrir désoi*-? 
mais» 



( 343 ) 

Il est facile de s'assurer que tel est le genre de nour-^ 
riture des Anoures parfaits, soit par l'observation di- 
recte de leurs habitudes , soit par Texamen des matières 
renfermées dans V estomac de ceux qu'on dissèque , soit 
enfin par Finspection des débris que contiennent leurs 
excrémeus. Délayés dans Teau , ces excrémens ordinai- 
rement rendus eu masses brunâtres, alongées , solides 
ou pulpeuses (i) , se résolvent en fragmens d'élytres, de 

(i) Les crapauds et les grenouilles les rendent quelquefois k iVtat li- 
quide ; le plus souvent Turine est éjaculée isolément ensuite : le fluide 
que je désigne sous ce nom n^est point tel pour tous les naturalistes. A 
la vérité , les uretèi:es ne s^ouvrent point dans la vessie , que cette hu- 
meur distend souvent énormément ; mais ces uretères s^ouvrent, ainsi 
que la vessie , dans un réservoir commun (cloaque) par le moyen du- 
quel ils commuDiquent d^auiant plus librement « que Torifice vésical est 
trèjB- large et situé vis - à - vis «ceux des uretères. Le cloaque étant 
fermé de haut et de bas par deux sphincters , rien ne s^oppose à la 
communication du fluide encore pur ; ce n'est que pendant la dé- 
fécation que les matières fécales peuvent pai'fois s'introduire dans la 
vessie et troubler la transparence de l'urine au moment où elle va être 
rendue. Op sait que dans toutç autre circonstance , soit que l'animal la 
laisse sur la main qui le saisit, soit qu'il la rejette involontairement dans 
des sauts énergiques , a la plus grande ressemblance avec l'eau pure. 
£Ue u'est pas plus vénéneuse chez les crapauds que chez les grenouilles 
et les rainettes ^ vingt fois elle s'est séchée sur mes mains sans y causer 
l,e moindre prurit. J'en dis autant de la salive ou bave des crapauds , 
qui d'ailleurs ne la répandent j amais , et ne cherchent point k mordre , 
quoiqu'on Tait cru et publié. Quant k la matière jaune, laiteuse, coa- 
gulable , que sécrètent et font jaillir par la pression les glandes qui for- 
ment les pustules et les parotides de ces reptile» , ou sait qu'elle est 
acre » amère et acide ( PelUtier ). Un lézard ocellé qui en eut la bouche 
remplie en mordant les parotides d'un crapaud épineux, mourut en 
moins de trois quarts d'heure; mais Laurent! nous avait déjk prévenu 
de l'extrême sensibilité des sauriens aux plus légers poisons. Un bruant, 
une petite couleuvre , n'éprouvèrent de la même expérience qu'une gène 
d'un moment ; sur la peau nue , elle ne m'a rien fait sentir ; sur une 



(344 ) 

pattes , de têtes et autres parties très-dures d'insectes 
Coléoptères, Diptères, etc. On y trouve aussi parfois 
des substances végétales , de la paille, des graines, des 
feuilles même , ce qui ne prouve pas du tout que les 
Crapauds se nourrissent de plantes fétides et véjïéneuses 
(Lacépède). Au contraire, les matières non digérées 
prouvent par cela même que leur nature n'est point 
appropriée aux forces dissolvantes de Tappareil digestif. 
Elles ont été prises et avalées en même temps que les 
insectes qu'elles avoisinaient. On trouve encore dans 
ces excrémens des débris d'épiderme , celui des pieds 
et des mains surtout , souvent encore entier et en forme 
de gant 5 ce sont les restes de la dernière dépouille 
de l'animal , qui ne manque pas de l'avaler aussitôt 
qu'il en est débarrassé ; habitude qui paraît être com- 
mune à tous les Batratiens anoures , mais non aux sa- 
lamandres. 

Le genre Crapaud (Bufo ) est celui des trois qui nous 
occupera d'abord, et dans lequel on trouve ^rté au 
plus haut point le développement et l'agilité de la 
langue. Nous tirerons principalement les descriptions 
anatomiques qui vont suivre , du Crapaud des joncs 
(JP. calamita). Le Crapaud brun {B. fuscus) et le 
Crapaud épineux ( B, spinosus Bose ) , assez com- 

écorchure , elle n'a causé qu'une cuisson passagère ; dans l'œil d'un 
oiseau , à peine a^t-elle causé un peu de gêne : elle n'a nullement com- 
pliqué les suites fort simples d'une plaie profonde faite au dos d'un le-? 
zard ocellé. J'avais déjà remarqué que les chiens qui mordent un cra- 
paud à plusieurs reprises en sont quittes pour un écoulement momentané 
de salive glaireuse > et quelquefois des efforts passagers dé vomissemens; 
une substance très-amère produit sur eux les mêmes effets. 



N 



( 345 ) , 

muns aux environs de Montpellier , ont aussi servi à 
mes recherches , et m'ont offert à-peu-près la même 
disposition ; je noterai seulement, en temps et lieu, quel- 
ques légères différences , et j'y joindrai les observations 
que j*ai faites concurrement sur la grenouille verte 
( Rana esculenta) et la rainette commune (ffyla vi- 
ridis ou Rana arborea). 

Les Crapauds poursuivent à la course (surtout la nuit) 
les petits animaux peu agiles , les Cloportes , par 
exemple. Dressés sur leurs quatre pieds, ils obser- 
vent et suivent de près dans tous ses mouvemens cette 
proie facile qu'ils saisissent quand ils sont bien con- 
vaincus qu'elle est vivante et à leur convenance. Ils ne 
se nourrissent point de cadavres^ pas même de ceux 
des insectes, quelques 'récens qu'ils soient \ circonstance 
bien éloignée de justifier les préjugés de l'antiquité sur 
leur compte. S'agit-il d'une capture difficile , d'un in- 
secte ailé , d'un diptère , le Crapaud s'en approche dou- 
cement ou même se contente de l'observer ; immobile , 
il tourne seulement la tête et les yeux vers lui , et dès 
qu'il le croit à sa portée , il lui lance avec la rapidité 
de l'éclair une langue gluante , qui , avec une ra- 
pidité semblable , emporte le butin au voisinage du 
pharynx. 

Celte langue a généralement^ chez les Crapaiuds et 
les Grenouilles, une longueur (dans la plus grande 
extension) à peu près égale aux deux tiers , aux trois 
quarts mê^ie de celle du corps; un Crapaud de trois pouces 
et demi , par exemple , s'emparait aisément d'un in- 
secte placé à deux pouces de lui. Chez les Crapauds , 
cet organe est arrondi à son extrémité 5 il est bifide 



(346) 

chez les Grenouilles , et légèrement bifurqué chez les 
Rainettes ^ généralement assez épais mais très-mou ^ 
plat et beaucoup plus long que large dans le plus grand 
nombre. L'extrémité libre de la langue est, comme on 
sait , tournée vers le gosier dans Tétat de repos chez, 
tous les Batraciens anoures , à Texception dçs Pipas. 
L'hyoïde occupant une partie de la région sous-maxil- 
laire 5 la racine de la langue se trouve reportée à la par- 
tie antérieure du plancher de la bouche , mais non y 
comme on le répèle souvent , à l'extrémité de la mâ- 
choire (voj. pi. 45, fig. 6). 

Les mouvemens rapides de cet organe ont été attri- 
bués exclusivement à deux paires de muscles qui ne 
pourraient presque rien sans de nombreux auxiliaires ^ 
mais la démonstration de cette vérité doit être précédée 
de quelques détails anatomiques , que nous n'avons 
trouvés ni dans l'ouvrage excellent mais très- abrégé de 
M, Cuvieir ( uénat. comparée ) , ni dans les Opuscules 
plus réce^imeut publiées en France, et qui ne nous 
ont souvent paru que la copie du premier. 

La mâchoire inférieure (^ , fig. i à 9) forme un arc 
osseux composé de plusieurs pièces assez mobiles les 
uues sur les autres , surtout celles qui forment fa 
symphyse du menton. L'aire que circonscrit cet arc est 
occupée , ai-je dit , par la base de la langue et une par- 
tie de l'hyoïde (fig. 9). 

Cet A/oiVfc (fig. 8, 9 et 10) est composé d'une large 
plaque cartilagineuse (d), concave en dessus pour soutenir 
la langue dans l'état de repos , convexe en dessous , en 
forme de parallélogramme irrégulier, souvent échancré 
et garni d'apopliyses à ses bords latéraux. Son bord an- 



(.347) 

térieur forme une écbancrure dont la profondeur est 
^ccme par la naissance de deux cornes cartilagineuses 
dites antérieures (B) , plates , minces , d'abord diri- 
gées en avant , bientôt recourbées en arrière et en de- 
hors , marchant alors parallèlement aux branches maxil- 
laîres , se recourbant de nouyeau en dehors en haut, et 
un peu en avant vers Fangle de la mâchoire , pour se 
fixer à un autre cartilage cylindroïde et dur , fixé lui- 
même au rocher ; ce dernier est le slyloïde (/); un 
ligament l'attache en dehors au lympanique. Un liga- 
ment étroit , long , et oblique attache aussi la corne 
antériei^re à la mâchoire : je le nomme herato-maxil- 
IcUre (/?)• Ces cornes, généralement en forme d'S , 
sont uniformes chez la plupart des crapauds (fig. 8 
et 95 voy, aussi la fig. 26, pi. 24, t. 7 des Fossiles de 
M. Cuvier ) ; elles sont armées d'une petite aile au 
bord antérieur chez les Grenouilles (Cuvier, loc, cit. , 
6g. 21 et 27 ). Au bord postérieur , chez les Rainettes 
(voj. notre fig. 10) (r) , deux cornes plus considé- 
rables , osseuses , cylîndroïdes , courbées le plus sou- 
vent en dedans , élargies à leurs extrémités , dont la 
postérieure reste ordinairement cartilagineuse , plus 
écartées en arrière qu'en avant , sont attachées dans le 

(i) Dans le premier âge chez le têtard, les cornes antérieures de 
rhyoïde sont beaucoup plus grosses et plus courtes ; elles sont alors re- 
présentées par une branche cartilagineuse , transverse , qui unit la 
plaque hyoïdienne à Vos ou cartilage tympanique : ce cartilage lui-même 
est alors au-devant de Van\, A mesure que^ la mâchoire inférieure prend 
de l'accroissement , elle le repousse en arrière , et la corne antérieure 
de l'hyoïde s'allonge dans la même proportion , ou plutôt elle reste à sa 
place ; mais le ligament qui l'attache au tympanique s'allonge et prend 
graduellement la consistance cartilagineuse. La partie postérieure de ce 



( 348 .) 

dernier point au boj*d postérieur du corps hyoïdien (G). 
Entre elle est soutenue le larynx , organe qui semble 
manquer de cartilage, thyroïde : il m'a semblé que la 
plaque hyoïdienne lui en tenait lieu, en donnant in- 
sertion aux ligamens et aux muscles iatrinsèques du la- 
rynx. Celte opinion devient surtout vraisemblable chez 
la Rainette, dont le larynx est très-volumineux, très- 
adhérent à l'hyoïde , tandis qi^e celui-ci n'a guère que 
les dimensions qu'aurait proportionnellement aux ary- 
thénoïdes , le larynx d'un Mammifère. 

Les muscles qui meuvent l'hyoïde et la langue , oc- 
cupent tous la région sous-maxillaire et le thorax. Il 
en est deux dans la première de ces régions qui , sans 
s'attacher à l'hyoïde, peuvent néanmoins jouer un rôle 
important dans là déglutition , et dont il convient de 
dire d'abord un mot. 

i^. Le sous-maxillaire (E , fig. i) est un muscle 
sôus-cutané, large , mince surtout chez les Grenouilles 
et les Rainettes , composé de fibres transversales , à- 
peu-près réunies par un raphé aponévrotique sur la 
ligne médiane ; attachées en dehors au bord inférieur 
de la mâchoire \ chez le Crapaud épineux et la Gre-* 
nouille verte , les fibres postérieures forment un fais- 
ceau épais qui remonte entre là petite corne , le liga- 
ment kérato-maxillaire et la mâchoire pour se fixer à 

ligament n^est autre chose que le cartilage styloïde , qui suit le tympa- 
nique (et sans doute le rocher ) dans ses déplacemens , quoiqu'il en reste 
ensuite bien distinct. C'est ce qui n'a pas lieu chez la plupart des rep- 
tiles ou des oiseaux , dont la caisse , confondue avec le styloïde , consti^ 
tu^, selon la remarque de M. Geofiroy Saint-Hilaire , Tos carré ou tym^ 
panique. 



( 349 ) 

Vos plerygoidien. Il parait qu'il en est de même dans 
la Grenouillle ocellée ( Cuvier). Le bord postérieur de 
ce muscle est uni à la fois à la peau et à la partie an- 
térieure du thorax, par une toile aponévrotico-cellu- 
leuse 9 en général assez molle , mais fort courte et fort 
solide chez I^ Crapaud brun. Il embrasse aussi toute 
la gorge , et c'est à lui que sont dus en partie les mou-^ 
vemens inspiratoires ou ceux qui exécutent la dégluti- 
tion de l'air chez les Batraciens , comme chez les Ché* 
Ioniens^ et même les Sauriens du genre Lacerta. Chez 
les Grenouilles et les Rainettes , ce muscle embrasse 
aussi l'appendice antérieur du sternum , et de plus^ chez 
le mâle de ces dernières , il forme la tunique princi- 
pale du sac guttural qui sert à renforcer leur voix , sac 
qui communique avec la bouche par deux boutonnières 
situées entre les cornes antérieures de l'hyoïde et les 
branches de la mâchoire. Chez le Têtard , ce muscle est 
représenté par une bandelette transversale, étroite et 
«ans relation directe avec la mâchoire inférieure ^ c'est 
en le considérant seulement chez l'adulte que M. Cu- 
vier l'a regardé comme l'analogue du mylo - hyoï- 
dien. 

2^. M. Cuvier a nommé trans\ferse un petit muscle 
que nous nommerons préférablement sous^mentonnier 
( jP, fig. I et 2 ). Chez la Grenouille verte et la Rai- 
nette commune , il est caché sous le précédent ; il se 
montre un peu à découvert chez les Crapauds , chez eux 
il est aussi plus renflé, plus gros ^ il est transversale- 
ment placé derrière et sous la symphyse mentonnière. 
Chez le Têtard il est moins ramassé , plus large et at- 
taché départ et d'autre (à ce qu'il m'a semblé), au 



( 35o ) 

cartilage tympanique alors très-avancé , il enveloppe 
ainsi toute la mâchoire inférieure à laquelle il seh d é- 
lévateur principal , et qui est réduite à un croissant peu 
considérable. 

3**. En enlevant les parties* ci-dessus décrites , on 
voit à découvert les muscles génio-hyoïdiens ( G , fig. 2)^ 
étroits , longitudinauit , rapprpchés mais non contigus , 
attachés en avant vers le bas de la mâchoire près des 
extrémités du sous-mentonnier. En arrière, ils se bi- 
furquent , une partie s'enfoncje vers la ligne médiane 
pour envelopper la face antérieure de l'hyo-glosse, 
l'autre s'enfonce latéralement pour s'attacher au corps 
de l'hyoïde sur lequel elle est immédiatement appliquée. 

4^. Les omo-hyoïdiens {H ^ fig. 2), sont aussi en 
partie visibles après cette première préparation ; très- 
grêles surtout chez les Crapauds \ ils s'étendent oblique- 
ment du bord antérieur de la première portion du sca- 
pulum au corps de l'hyoïde , et se fixent à la face infé- 
rieure att**devant des précédens dont ils croisent , en ce 
lieu , la direction en passant entre eux et les pubio- 
hyoïdiens. 

5°. Pour mettre à nu les deux paires de muscles qui 
viennent ensuite , il faut réséquer la msgearé partie du 
sternum (P) et des clavicules. Près de la ligne médiane se 
voient alors les stemo-hyoïdiens (/, fig. 3) , attachés â 
la région la plus reculée de la face interne du sternum, 
ils s'avancent en divergeant un peu et se fixent paff xxttt 
extrémité étroite et même tendineuse sur la naissance 
des cornes antérieures. 

6®. Les pubio-hyoïdiens ( J) , situés plus en dehors , 
sont plus larges, plus minces,- ils représentent k la fois 



( 35i ) 

ies sterno-lhyroïdiens et la portion costo-pubienne des 
muscles droits de Tabdomen de rhomme. Les côtes 
manquant chez les Batraciens anoures^ la moitié ex- 
terne du muscle droit s^enfonce dans le thorax sous les 
deux muscles pectoraux , les clavicules et les os acro- 
miens , pour s'attacher à la face antérieure du cartilage 
hyoïde. Cette insertion commence derrière celle du 
muscle précédent avec lequel celui-ci se confond en 
partie ; elle se continue ensuite vers la ligne médiane 
^ tout' le long de cette ligne , de sorte que les deux 
pubio-hyoïdiens sont fort rapprochés en cet endroit ; là 
ils sout couverts par les stemo-hyoïdiens , et recouvrent 
les génio et omo-hyoïdiens. 

7°. Le reste du sternum et de ses muscles , le cœur 
même enlevé , on découvre d'abord de chaque côté deux 
muscles que leur pâleur et leur minceur paraissent 
avoir soustrait aux recherches des auatomistes ; ce sont 
les stylo-hyoïdiens {M, fig. 4 et 5 ). Ils commencent en 
arrière et en dehors par un petit faisceau charnu attaché 
en partie au cartilage styloïde , en partie au-dessus , au 
rocher même -, bientôt élargi , aminci , épanoui en éven- 
tail entre la petite corne et le corps hyoïdien , il s'attache 
aux bords de l'une et de l'autre. Chez le Crapaud épi- 
neux, au lieu de s'attacher au cartilage styloïde , ri se 
perd dans les parois du pharynx. 

8^. Derrière celui-ci, se trouvent deux ou trois faisceaux 
charnus que M. Cuvier regarde comme les analogues du 
stylo-hyoïdien , et qui me paraissent être plutôt ceux 
du digastrique : leur attache commune se fait à la 
branche mastoïdienne de l'os tympanique, immédiate- 
ment au-dessus de la caisse ; de là ils descendent en di- 



( 352 ) 

vergeant en arriére et se axent à la corne postérieure de 
l'hyoïde. L'antérieur qui est mince, souvent double 
chez la Grenouille verte et la Rainette commune , est 
robuste et toujours simple chez les Crapauds , c'est au 
bord externe de la corne hyoïdienne qu'il s'insère. Le 
postérieur plus long , 'presque longitudinal^ s'attache à 
l'extrémité libre du même os. Je nomme ces muscles 

masto-hyoïdien (i\r, 0,fig. 4>^)« 

9®. La langue possède deux muscles qui lui sQnt ex- 
clusivement destinés, les hyoglosse (Z, fig. 4? 5, 
6 , 7 ) , et les génioglosse ( K , ibid ). Les premiers em- 
brassent les cornes postérieures de l'hyoïde , se rappro- 
chent bientôt , s'unissent sous le corps de ce cartikge , 
en un faisceau cylindroïde auquel le génio -hyoïdien sert 
de gaine. Au devant du corps hyoïdien , ce faisceau se 
glisse entre les cornes antérieures et y est maintenu par 
une membrane aponévrotique*, enfin il s'adosse avec ceux 
dont nous allons parler. 

10^. Les génioglosses {K) sont attachés à la mâchoire 
près de la ligne médiane et du bord supérieur chez le 
Crapaud épineux , plus en dehors chez le Brun et le 
Calamité. Bientôt réunis ^ ils forment un faisceau cylin- 
droïde , presq^e aussitôt adossé à celui des hyoglosses. 
Cet adossemeut constitue la base de la langue. Cet or- 
gane outre son épaisse membrane muqueuse , est ainsi 
composé jusqu'au bout de deux couches musculaires 
dues à l'épanouissement des muscles précédens qui se 
divisent en faisceaux entrelacés et divergens vers ses 
bords, et d'autant plus courts, qu'ils sont plus externe. 
La couche supérieure, dans l'état de repos, est formée 
par les génioglosse et l'inférieure par les hyoglosses 



( 353 ) 

(fig 6), c'est le contraire quand la langaef est projetée 
hors. de k botiche (fig. 5 et 7). 

CeS' çiatre» mnscles ne pourraient aasnrâneiit qae 
raccoanair la: langue si ceux de rkyoïde ne Tenaient s 
leur secours. Pour que la langue couchée en arriéra 
vers le gosier ||uisse être tirée en avant par les gâiid- 
glosse* y il frm que Thyinde en élève la hase an-deisna 
de Tare de la «lâchoire infiérieure fortemmit abaissas ; le 
muscle agissant alors de bas en haut, relève Torgape 
et le prqîetle en avants II est donc aidé dans cette action 
par le sooft-maxillaire, les génicH-hyoïdiens , et surtout 
les stylo et nuusto-hyoïdiene , qui sont à la fois élév»- 
teura et j^notracteurs. Les génio^losses peuvent èlvs' 
lààé» enooce pas le sous-mento^mer qui , rapprochasAr 
les branches de la mâchoire ^ nour seulement les a£Eac* 
mit , mais en réunit Tare et , du moins chez plusieurs 
Crapauds > peut lui donner la forme d'un dem»-bec re^ 
courbé ai bas , ce qui favorisa d'aulant le méoaassvM. 
ci-dessus indiqué. Dans les rétractions de la langue, an 
coBtraire, les hyogloases raccourcissent d'adord Toiw 
gane, mais Us ne le nenvorsent aisément qu'autant que 
rhyoïde fortement abaissé leur donne moyen* d'agir 
aussi de bas en^ haut. L'échanerure antérieure de ce car^ 
tilage sari alors aux muscles de poulie de renvoi. Ua 
ont donc pour auxiliaii*es les omo, sterno et poInoR 
hyoïdiens; mais il est pr<^able^^icoi*e queleuy» faiân 
ceaux les plus courts agissent d'abord , et que le.renvfii»» 
sèment de la langue e^t successivement opéré de k; 
base à la pointe. 

Le mécanisme que nous, veiicws de dén^rire » pMtsful 
rendre raison de cette rapidité, surtout de l'essertionc, ra<* 
xu. ^3 



( m ) 

pidite qulajoute beaucoup à la force et a 1- étendue dec 
mouvemens. La langue est vraiment lancée et entraînée 
ainsi y par la force d^mpulsion , beaucoup pl^is loin que 
nelaconduirait jamais (vil sa mollesse), une contrac* 
tien lente des mêmes muscles. 

L'insecte collé sous la langue ainsi projetée, invisqué 
parle mucus tenace qu'elle secrète , se trouve en dessus 
quand le renversement est opéré/, il enCVe alors dans 
le pharynx. Ce sac infundibuHforme le presse de toutes 
parts ) le couvre de mucosités et le conduit dans Toesci- 
phage.' On a nié sans raison Texistcncé de muscles pro^ 
près au pbarynx ; en premier lieu , les hyoïdiené et le 
sous-maxillaire lui sont pour ainsi dire subordonnés ;le 
stjlo^losse même, lui est exclusivement destiné chez le 
Crapaud épineux; secondement, il est constamment 
muni de deux vertébro-pbaryngiens qui , de l'apophyse 
transverse de la troisième vertèbre , se portent en s'é- 
largissant en avant et se perdant dans ses parois ; troi- 
sièmement enîBn^ j'ai vu aussi des fibres charnues naître 
de la corne antérieure non loin du cartilage styloïdle , 
ei se perdre dans les parois du pharynx ] c'est une sorte 
de stylo-pharyngien. Tout le corps d'ailleurs , lé tho- 
rax, le cou et les épaules., semblent participer à une 
déglutition difficile ] les yeux s'enfoncent vers la bouche, 
la tète, rentre dans les épaules , les muscles abdomi- 
naux agissent violemment , etc. ^jusqu'à ce que l'ani- 
mal avalé soit arrivé dans restoinac où, privé d'air de 
toutes parts , il ne tarde pas à périr et à céder à l'action 
dissolvante des sucs digestifs. 

> JLa bifqrcsition de la langue des Grenouillés/ne change 
rien à ce mécanisme; les fibres charnues s'étendent jus^-^ 



r 
«. • Jt. 



( 355 ) 

qu'à rçxtrémité des deux pointes , et peuvent, par une 
demi-contraction , leur donner la mèrae raideur qu^au 
corps de Torgane. Chez la Rainette, la langue n'a guère 
qu'un demi-pouce de longueur; elle parait aussi moins 
agile dans ses mouvemei^s ^ elle n'est pas moins vis- 
queuse et parait même plus charnue et plus vasculaire; 
elle est plus rouge ^ du moins pendant la vie> car elle 
pâlit ainsi que.chez les autres genres après la mort. L'a- 
nimal supplée aux. désavantages que nous venons d'in- 
diquer > par la vivacité et la précision avec laquelle il 
s'élance à la distance de plusieurs pieds , sur Tinsecle le 
plus agile. Une mouche marche-t-elle dans le voisi- 
nage , on voit les Rainettes tourner la tète de ce côté , 
{guster leurs membres , prendre la direction conve- 
nable , partir comme un trait , et engluer l'insecte que 
ses ailes peuvent raremei^t alors soustraire au danger. 
La manière dont agit la langue de ces Reptiles m'était 
ici d'une observation facile , car les Rainettes , natu- 
rellement peu farouches > s'accoutumaient assez aisé- 
ment à prendre entre mes doigts les insectes que je leur 
offrais^ 

Les Rainettes et les Grenouilles ne sont pas non plus , 
comme les Crapauds , dans la nécessité de jeter , pour 
ainsi dire ^ tout d'un coup leur capture dans le pharynx ; 
les dents aiguës et dirigées en arrière dont est armée la 
mâchoire supérieure ainsi que leurs vomers et qui man- 
quent à la plupart (i) , leur donnent plus de faci^i 
lîlé pour la retenir et pour l'avaler. Peut-être cette 

(i] Tout récemment j'ai trouvé des dents maxillaires et palatines au 
crapaud brun , quoique les individus que j'ai observés fussent encor» 
fort jeunes. 



( 356 ) 

disposition est-elle cause, d'une voracité plus grande^ 
En effet , j'ai vu un Crapaud épineux rqeter à Tins- 
tant même une très-petite Rainette qu'il avait engluée 
etpiortée dans sa bouche, tandis que les Grenouilles n'é- 
pargnait pas les espèces voisines de la leur. MM. Tied*> 
mann et Gmelin ont extrait du ventricule d'une Gre- 
nouille deux têtards de Crapaud, Spallanzani a trouvé 
une souris entière dans celui d'une autre ; et l'on dit 
que la grande Grenouille mugissante d'Amérique est 
fort friande des jeunes Canards , et même des Oisons. 

Ces réflexiotis sur Pusage des dents nous rendront 
raison de la différence totale qu'on observe entre les 
Anoures et les Urodèles pour la manière de prendre 
les alimens. Les Salamandres aquatiques que j'ai spé- 
cialement observées ont les deux mâchoires garnies de 
petites dents fines et aiguës ; elles en ont aussi au palais , 
et peuvent ainsi se passer du secours de leur langue 
imparfaite. 

C'est à la manière des Sauriens qu'elles saisissent leur 
proie y soit à l'état de larve , soit à l'état parfait. Sous 
l'une ou l'autre forme je les ai vues souvent sous l'eau ou 
à la surface, s'approcher des petits Mollusques, des vers, 
des insectes et surtout des larves aquatiques dont elles 
font leur pâture ; elles regardent avec attention et de 
fort près l'objet de leur poursuite^ le touchent même, 
du bout du museau sMl est immobile (car elles ont aussi 
peu de goût que les Anoures pour les animaux sans vie) , 
et enfin elles se précipitent vivement sur lui pour le sai- 
sir entre leurs mâchoires. L'ian^imal est-il petit, elles 
le broient , le déchirent ou du moins le tiieut par des 
morsures répétées. Est-il plus fort, plus gros , elles lui 



/' 



(359) 

tout ce qu'où lui présente , inseC\os , viande , paJu^ etc.^ 
mais il niojçd de même avec violence un hâton , un ani- 
miaL'Biième dç -son espèce ; il serré forlenieiit/ël> d^att- 
tantlplus qu'on cherche davantage à lui soustraire l'^ib- 
jetqiill tient entre ses dents; il se laissé aussi enlever 
e( suspendre; mais si on le laisse en repos, il repousse 
bientôt avec la langue lès civets qu'il avait saisi avec 
tant d'eifnpressemeDt , fussent^ils de la mnure âe' ceux 
dotitiifait sa^pàture la plu» ordinaire.' ''' ' /^* 

iiiîbai pu: cependant^ parmi les plus jeùn^^i- c» rei|*« 
«oiikr^ de moins opiniâtres > et qui'^ bientôt £»Éiilia- 
ris^s:' avec > leur prison, y ont repris leurs habitudes 
premières. Je les ai vus alors observer, suivre des 
yeux \ palper du boùjt.de la langue un ver , un insecte 
imtùobile , et dbnt ki vie leur semblait dôuteiise , saisir 

^d'utt bond'«&ix -qui marchaient devant eux, les n^à- 
ohet*'^ Ittb mbréeler pour mieux dire , les secouer lii- 
iement poqr les» <tu6r' où les âowdk s^ils. étaient V9ln~ 
miueox eenVaùs 4 eomme uaLombfie, ««e-Guépe^^eiâv 

• J'ai ''pu; me c6avaiQcrei4u'ilB^^mangem beanboup et^soii- 

<^vên(;''('i|),3bei'qut|auppose «ne digestion assez active, 
^{uoiqû'ik^^^uiëAetit suppovserifacilemeqo -vur jeûne de 

^ plwlienvsr ÂielfiMne» dans' l'ét^ ,' • et de qu|itre à cinq mois. 

dans l'hiver- j'iii.n ; . t. f 

^^|Qimnt'lv>««ilx qui ; moins dociles* en rarsbii defàge, 

(t)iVivjléuiAi'de.la;iaiUa diivX. agliU peut mtngeroniquint^.iL 

j8pixan^<^|i09i;he^f^ft.qp^Joa|:, ou bien.qua ^ciuq lopibrtcs <k t^is. 

pouces Je longueur. Pn^peut juAer par là de l'utilité réelle de c^s aui 

mafaz (latis nos jarcUns et nos champâ. J^ai vu uni lézard ocelle , a^asse^ 

' ^t^kb'èif tàHfiB , -iflffliÀér ta' tetre àVéb ses gfiffiis , et h creuser ^'|ilusfèiirs. 

pûaeesdefrolbDdeivjioiir.flii tiîreciti lost-grQslDnii:)riç,^ ! m: ^ 



(358) 

ptérygoïdions qui rétrécissent risihme du gdsfer , ei 
font de chaqme côté une saillie intérieure très-considé- 
ràble derrière \ei commissures de là bouche ( i ) ; voilà 
des raisons suffisantes^ 'pour nous expliquée la grande 
quantité d'insecties'doïit ou trouve leur tube- digestif 
rempK dans la belle *ëai!son.' Leurs excrémeiis bruns , 
solides ou pàteUJC, en masses allongées (2), ne sont 
alors foimés presqu*eiitièrement que de parues dures de 
Coléoptères ou de têtes dé Dipt'(hreëiion digérées '^ raison 
de leur structure cornée. 

Il u*est pas facile de les tbliét'V^r dans leur chasse \ 
en captivité , ils refusent d^ordinaire tout aliment^ et la 
prétendue voracité que Daudin attribue au grand Lé- 
zard Qcellé n^est qu apparente. Il se jette, il eat vrai , sur 



l'Ji 



(i) Cette force des muscles él^ateûi-s de la mâchoire inférieure est 
ssièz éônâidérïihlte clieï les grandes espèces [Lacerta viridis et ocef- 

-iSata) i i pomi iqoé kan ; deoW Mbprimfent Artement sur Tétaitt : Vmrs 
.dentf en ioat Quejqu^oi^éjbripa^^éfls; i^isfilepr^ t^ç^sure^ peuvçot-^s 

. çaufer des acddens et surtout de la douleur, sai^ qu'on doive ep accufer 
là prësekce d'un venin ima'ginairç. J'ai éprouvé plusieurs fois sur moi • 

' li/Miie qiie la blessure guérléMit' tons difficulté lorsque la coAtusion et U 

- dédiinire m^ aont pids : trop ûomidéraUflS : Laurent Ik'avait déj2^ pi^uyé 

. par,desespérie|icesz)^;jibrqysf3S; ^^^ 

^a) (jCS excrémens sont souvent ^oooppagnés à^on fluide i^rinaire bien 
éifierent de celui des batraciens! 'U est graveleux, et quiàqu«f<i2s de 
consistance de mortier , ou même il 'a pèrdo stf liquidité :' ti *tt Uors 

. )f»pulsé .spu4 io^tne «rr^ouiijB oif olivairfB i c^e^t un véritable çalccd on- 
naj^ jaunâtre qu ci^n blanc mat ^ quelquefois dur, quelquefois friabltfi 
calcul facilement expulsé , vu la Urgeur de Torifice du cloàqûe. Cette 
^)rîiiétit auvent rejetée isolément à Pétat lîqpide , entre lus mains de 
eelni'qN^ se reàd maître d*un lémrcli soit qiîe la frayeur de Vasif qiak ou 
^s efforts ^'i|fiiit;pour s'échapper en somt cause , soit (fik Pinslar 
d'un certain nombre d'autres reptiles ( Co{uber nalrix , etCt ) > il m 
sfrve Je cette déjection comme d'un moyen de défense. 



(359) 

tout ce qu ou lui présente , insecxos , TÎande , pidn^ etc., 
mais il mord de xaéme avec violence un bâton , un ani- 
mhl^Biième de tÊOisk espèce ; il «erré forlement'èt^ d^ait- 
tantlplns qu'on dierche davantage à lui soustraire Veh^ 
-jetqti'il tient entre ses dents ^ il se laissé aussi enlever 
e( suspendre \ mais si on le laisse en repos , il repousse 
bientôt avec la langue lès ot^etST qn41 avait saisi avec 
tant d'eaipressement , fussentrils de la nmure Ae ceux 
doàtilfait saipàture la plu» ordinaire.' * • 
"liiSmi pu; cependant ^ parmi les plus jeunes ^- em fei|*« 
coiiàreir de moins opiniâtres ^ et qui*9 bientAt faÉiilia- 
risfSs: avec' leur prison, y ont repris leurs habitudes 
premières. Je les ai vua alors observer, suivre des 
yeui: ', ptlpep du bout, de la langue un ver , un insecte 
imtfaobile , et dont k vie leur semblait douteuse , saisir 
'd'utt bond' «âix^ qui marchaient devant eux^ les mâ- 
oher^^ kà morceler pour mieux dire, les secouer vi- 
rement poqr ksi tuer où les étouidir s^ls. étaient vpln- 
milieux et vvvaiis f comme unLombeîe, maGuèpe'^et^. 
•J^aipume cbayaincre^^^Mls mangent beavcoup et sou- 
ûven^:''(it),>be''qui {suppose «ne digestion assez active» 
'^quoiqù^t^uiMelit stçporteri'iacilemeqo 'ua jeune de 
' plusîeuvs «sehfaines dans l'été ,' • et de qu|itre à cinq mois, 
dans l'hiver- l'iî.:. -j . • . r. f 

' «Quant* ip^ecdx qui ^ moins dociles en raisbii de Tâge, 

'! I . ■•! -il ;L îa*;/:v ifn • i » •.• .• j., 

(t>i2»i6uiAi'de.la;iaîMa d«xX. agUU p^nfc msiiger oni^tiéntp.k 

ispixao^i'^po^he^phaqvv^.joair» qu. bien.quatrt kciiiq lombrks 4^ %fqis 

pouces de looeueur. Oi^peut iuAer par là de l'utilité réelle de ces aui 

maux uaYis nos jardins et nos champs^ J^ai vu un lézard ocelle, a asêet^ 

' gèAnilé tâftiiB , ^iftÂWfa' tekre avec ses griffes , et ta iereùser^-plutieiirs. 

(KMca def rofiM[ideii9|ioiir en tiirecsD £9st grQâloailt)ri«« 



. I • < 



(36o ) 

iiecheechaiénf point ainsi à soutenir leur exisleiioe,. j\ii 
-pn souvent la rprolenger de J^eaifteMp ikialf^é ûuxy en 
knr injectant 4a Ilôt -dans le gosier , «oîtfiarria ^[Metile , 
Mit pa^ îles narines \ ^plusieurs ont tappdné pïirfiâle- 
«M*l «ce régime 4^108 la 6n de r4ii¥er ((mars) jo»- 
i^Wméine&t oàij'éeris (eoàt); d^aiares bni maigri 
«apîdieÉaent, «et èinti përiiépiiièés en dnq on 'dix semai- 
'nes : Jlsrendaiedt'de liquide ^ à peine «alléfé^ ipàt la4i* 
digestion , quelquefois même ik le vofmssaiânl. Une 
-persenne 4]iii désirak eii icenservei tivans mr certain 
4Midbfffe b' vainement essayé de leiir faim avralér de focoe 
dà jàéut d*araf , du paini^etc..^ ilsiottt péri dès les |Hre- 
jÉsères chaleurs dàpcinttenpa. 

ilnram de Aermkier cet hitldè ,4 '^^^ V^^ ^^ i«€er- 
tiens sont loin d*6llre aussi ennemis del!eau q^blt je lit 
dans eertaitts Brresd^kiséoirediaturelle. Nen-aeulem^t 
il estrun certain AbmJMra d'iiidividus de la jdupart <des 
eipèces )dn igetoe jLaoflrfii<{iiièiahiteBtde (préfëi>enceie 
heid des fosaés ^ des raistaïux ou des mièî«s ^ maia ils 
pcnvnit mtmeles tmvnrsorià la na^à la maiûàre du 
sei^nt. Leurs pattes sent alors dreplâéesri'le. doug 4es 
(fiance ), le eoiips et!la i^ueee ec^rpentenià la>4ii^fii|3e<de 
Fieau eomme'pounniient le >fiiire une cxxuleuviïe'Ou.f rsi 
TonTCUt, une anguille. 

H y ^a iplus 9 Teau iest'néeifsaaîre aux,:Ijéf iilrd^ «eottme 
i tant d'autres animaux. Ceux qui vivent dans les sables 
et les terrains ineukes'et déoouJvertsi, e'àbodliiMMltSluis 
ddtrte de h rosée du matin ; ma9s«chli dvliit ;{^ 
de les voir se jeter ^ comme iU le iTont âït-on , quelque- 
ibis sur là salive qu'on vient de çtà^^jep^ l^ Lézard 
gris surtout parait criiindre la «écheressé <et k ckekwr 



(36i) 

bien plus que le vcpl» rooeUé.> le véloce., etc. > il ac 
4MK!he et^dispai^l) pour ainsi dire , pendant les f<l>r|es 
<(haleuni*dé «otre été g auêsi n'est-»il pas esclusiTement 
méridional oontne ceux que je citais tout-à-rheure. 
Les Lézards bovrent donc et quelquefois abondamment 
TeaK ^ la sdive., le kdt même qu'on lem: présente , ou 
ils lèchent les corps humides qu'ils rencontrent^ et 
senablenl iiqq[>er«veG lenteur le liquide. Lorsque la soif 
est vive «t qu'ils 'boi¥«it beaucoup , ou bien lorsqu'on 
versraboBdainmeni un liquide dans leur lai^e gosier, on 
. ka voit .'élévier foitement la tête , le nuMfeau dirigé en 
hant^^ tel M dresser qudquefois contre un appui .quel- 
conque ftfec ime sorte d'ausiété eausée sans doute par 
le passage! de quelques geoues dans les poumons ; l'ab- 
sence de ll^paglotte doit rendre ce passage assez facile. 
Tai d^jàsigtelë la langue du lézatd eomme organe du 
loucher^ elle est aUsei l'organe fdki goèt , ei c'est bien à 
«Ditiqu'on laidéoist [partout oomme sèche ^ presque coi;- 
ioéc et idéponrtue de.' papîUéa. ijd Qoalraire est facile à 
.obserTBrdansleB:granHe8 éapèœis et viâme sur les loé- 
-diocres. A la imériié wlie langue , longue Ot trèannobile , 
est tertftinée pal* aine double pointe ^isàtre et mince, 
mais qetSp-iftrmétMité imème n'icst pas un double filet , 
comme chez les serpens ^ chaque pointe . est flexible , 
aplatie , élargie et peu longue , garnie en dessous d'une 
petite plaque cartilagineuse en forme de fer de pique, 
muqueuse, humide, et I^se.en dessus. Le reste de 
l'organe est large , épais , un peu creusé en gouttière en 
dessus , obnvei^O'eBi'ideasoUB ; muscoieuK et charnu , 
mou et recowmrt' d'usé membrane muqueuse épaisse, 
douce ati toucher, garnie de nombreuses peptUes >rou^ 



(364) 

plus petlu qu'eux , el aussi parmi les poissons (i^ 9 que 
les couleuvres et les vipères chercheut leur nourriture. 
Il estévideut que leur langue ne peut en pareille cir- 
constance leur être d^aucune utilité , ni même aider à la 
déglutition , comme elle le fait chez les lézards , les 
Mammifères , etc. La langue ne peut servir à Talimen- 
ifttion qUCi pour les substances liquides , Teau , le lait , 
qu'elle peut lécher ou happer , même par des mouve- 
inens lentfir^et'riqguliers , quoiqu'on assure que les Ophi- 
diens n^ boivimt point : la langue n'est même pas indis- 
.pensahl^ U déglutition du liquide. Si la prof^adeur 
4u vase le^ipermet , la couleuvre y plonge horiaofttale- 

(1) j3audio soutient à tort que les'couteuVreiB nagent mal étpènvent 
fte tkbyèr tnséitfîèdt: tiéCoiuèet ftieklr£r et le fi^èperinus , 'nim-^ealement 

^ne^ent avec «ntant de facilité 9110 U^ «ogMittes , «nait méaie ^^loogoal , 
s'enfoncent., et séjooment -fort long-temps dans la vfise : leur énorme 
pççhe pulmonaire leur permet à yolonté de surnager sans peine et dé se 
passer long- temps de nouvelles inspirations cTair atmosphérique. Aucun 

^j^ékàoû hNi-ob résenfbir de jga«auÉifti étendu { les'diodons âeuls ponr- 

•vatifnt leur étife coùiparés soum ce jr^pport. Les valvules dont sont garaîes 
,^es narines et dont nous parleron.s-.Blus&oiny et mieux encore la con- 
tractilité de la glotte^ permettent aux couleuvres d'empêcher, et Tintro- 
duction de 1 eau dans leur poumon^et la tfortîe de Tair hors de ce réser- 
voir, iktaâ-ks^iaÉoirrenl^riB de fiexîoti Ifrtérale, pent-étris de dîtaiatiàn 
•trde TepserrkoaeB^i que leur CQrps eabéoutf^ It u'eB| dolic pds étonnant 
qoVm trouve quelquefois des poissons dans leur estomac : on en a même 
tronvé dans ,celui de couleuvres qui fréquentent peu les eaux ( C. Éscu- 

' /opii ) '/Cependant pô'tir rordtâaîre , les serpens ^ui vivent dans leâ fiëtàx 
secs fritèient^ieÉ èt^éMui-, 'les tëMircls, aux grenouilles et «ut#éi rep- 
tiiiss.aqaaiiqtii^s , et c'est le conlrMre.poHr Jes ^«srpfns qai (rlquenltont 
les rivages. Quoique les premiers épargnent les individus faibles de 
leur propre espèce , il n'en est pas de même de ceux des espèces voi- 
sines, qui'lciir sont inférieui's en* force H en vt»lume. Je les ai vu s'é- 
lancer sur eux , et dévorer Knêïne les restes des couleuvres que je venais 
de disséquer. 



( 365 ) 

ment la moilié inférieure de la tète \ la mâchoire infë^ 
rieure eat ainsi toute enlièi:^ au -dessous du lÛTeau du; 
liquide , et des mouvemens peu étendus d'élévation et 
d'abaisMBient; le font entrer dans la bouclie et le pous^ 
s«ni dans le pharynx. J-ai fréquemment observé cette 
manœuvre sur les couleuvces que je conservais , dans les 
clialeurs de Tété; de deux jours l'un elles s'abreuvaient 
de cette manière , et je ^rai , puisque l'occasion s'en 
présente, qu'elles n'ont jamais cherché alors de leur 
propre mouvement le lait dont on les dit si friandes , 
quoique parfois elles aient paru lécher avec plaisir quel- 
ques gotittes que je leur en déposais sur le bout du mu- 
seau* 

Outre ses usages relatifs à l'ingestion des liquides , la 
langue en a évidemment d'autres comme orgape du goût 
etdu toucher ; jamais elle n'est vibrée avec plu&de ra- 
pidité et de fréquence que quand l'animai examine de 
toutes parts une victime qu'il a mise à mort. Elle est 
aussi fréquemment vibrée pendant la progression > et 
lorsque la couleuvre cherche une issue hors de la prison 
qui l'enferme^ elle glisse alors hors de la bouche par la 
gouttière creusée sous le museau , et s'étend quelquefois 
jusqu'à près de deux pouces de distance : dans ce cas elle 
fait 1 office des antennes chez les insectes. C'est d'ail- 
leurs, comme l'a très -bien fait sentir M. Desmoulins 
(/our/i. phys. , tom. iv, p. a64 et suiv. ) , à-peu-prèa. 
la seule partie du corps qui pui3se donner des sensa- 
tions tactiles exactes ; le reste du corps , couvert d'é- 
cailles dures , n'a nécessairement qu'uue sensibilité mé- 
diocre, et ce corps même, totft f)pxible qu'il est, ne 
peut embrasser que des objets volumineux. La sensibi- 



( 366 ) 

litéde la péaû est plus grande pourtant qu'on ne )é àtxA* 
rait au premier abord^ si Tépiderine anîcien est récem- 
ment détaché ^ si Tanimal a depuis peu îsàt peau neuue ^ 
le contact d^une mouche est assez vivement senti pour 
déterminer des mouvemens qui le chassait : c^est bien 
là un tact assez délicat, mais non pas un toucher comme 
comme celui dont la langue parait être yéritablement le 
siège (i). 

Quoique cet organe ne préside guère a la fonction 
qui fait Tobjet de ce Mémoire, puisqu'il eu a été ici 
assez longuement question , je me crois autorisé à don- 
ner sur sa structure et ses mouvemens quelques dére- 
loppemens qui manquent dans tous les traités que j^ai 
consultés à cette occasion. Ces détails d'ailleurs confir- 
ment ce que j'ai énoncé de ses usages , et feront voir 
combien la langue sensitive des Ophidiens diffère de la 
langue prenante des Batraciens. 

La première doit néanmoins , comme la seconde , une 
bonne partie de ses mouvemens au cartilage hyoïde (X , 
fig^ II, i49 i6) , qui en est le support ; ce cartilage est 
composé de deux filets longs et parallèles, étendus d'ar- 
rière en avant à la partie inférieure du cou , entre les 
premières côtes , jusque sous la mâchoire inférieure , 

(i) D^accord avec M. Desmoulins sur ce point , je ne puis Tétre sur 
un autre , qui a trait , non aux phénomènes , mais aux organes de la 
sensibilité. Il n^a trouvé aux nerfs vertébraux des serpens qu'une seule 
racine , et je puis affirmer qu'ils en ont deux , une antérieure asses 
mince , une postérieure plus grosse , comme la plupart des vertébrés 2 
je Paffirme du moins pour cinq à six espèces du genre Coluber, Leur 
système nerveux présente encore quelques autres particularités non in- 
diquées jusqu'ici, mais étrangères au &u]et qui m'occupe en ce mo- 
ment. 



( 367 ) 

dont ih ue dépassent pas la partie moyenne d/ins Télat 
de* repos. Isolés en arrière, ces filets se courbehteii 
ayant Tuo vers rautre^ et s'unissent à angle aigu par une 
portibn amincie , jpointue, et non soudée , mais liée par 
un ligament à la congénère , du moins ches^ le C. viper 
rinus. Ce cartilage est tiré en^avant, par une paire 4^ 
muscles larjmgb-kfoïdiens (n** sia, fig. .16), longs, 
étroits, parallèles^* attachés en avant à la partie supé- 
rieure et postérieure du larynx , en arrière aux filets 
hyoïdiens, à quelque distance de leur angle de réuniop, 
et recouverte ^ dans une partie de leur face supérieure , 
par la membrane muqueuse de la bouche. 

Ces muscles sont secondés dans leur action par les 
génio'trachéaux (ibidj n° ai) qui, de même forme 
que les précédens , s'attachent d'une part à la partie in- 
férieure de la trachée-artère^ du huitième au dixième 
anneau à-peu- près, et d'autre part vers l'extrémité an- 
térieure des os dentaires de la mâchoire d'en bas. 

Deux muscles plus forts , et surtout plus larges, rem- 
plissent des fonctions analogues ; ce sont les mylo-hjoï- 
diens (fig. 11 et i4 9 u^ 1)9 attachés à la mâclioire par 
la partie antérieure d'une aponévrose commune à d'au- 
tres muscles , dont nous parlerons plus bas^ et dirigé 
ensuite en arrière et en dedans vers les filets hyoïdiens , 
dont la partie la plus antérieure lui donne insertion* 

Les muscles antagonistes ourétracteurs sont au nombre 
de deux de chaque côté 5 i®. un costo^hjoïdien ( fig. 1 1 
et 1 4) tu? 2) analogue du sterno-hyoïdien des Mammifères, 
attaché à l'extrémité des trois ou quatre premières côtes, 
allongé en avant jusque fort près du mylor hyoïdien , à 
l'insertion duquel la sienne fait suite *, a^. un ^ertébro^ 



( 368 ) 

hyoïdien (ûg. i4j^^ ^5) comparable au sterno-thyrcrï-^ 
dien des quadrupèdes vivipares , attaclié à Thyoïde der* 
rière le précédent , et faisant suite d^autr» part awx 
muscles yertëbro*«eo8taux qui régnent dans toute la los* 
gueuF du corps et servent à Texpiratioii. 

La gatne membraneuse dans laquelleest renfermée 
la moitié antérieure de k langue dœis^Fétat de vétraoï- 
tion^ est aussi pourvue de muscles qui contrilNient aux 
mouvemens de cet organe. Cette gaine (fig. i5, N)^ 
fdacée au-dessoufrdu larynx , estouverte.au devant de la 
glotte par un orifice garni de deux cartilages ou fibvo- 
cartilages latéraux ('fig. i4 et i5, M) qu'on n'a point 
indiqués , quoiqu'ils aient une certaine importance; peut- 
être ne sont- ils que des démembremeos de l'ilyoïde^y 
dont les filets ne représentent que les cornes styloï^ 
diennes ; peut - être aussi sont<»il» des^ portions du thy^ 
roïde, dont le larynx des couleuvres parait dépourro, 
comme celui des Batraciens : du moin» je n'ai vu à l'un 
et à l'autre que deux cartilages latéraux , analogues aux 
aryténoïdes , et un anneau plus large-que ceuxde la tra- 
chée , et comparable au cricoïde. i 

Les fibro-cartilages dont nous parlons sont semi^lu«* 
naires , et leur bord snpérieur, couvert par la membrane 
de la bouche , forme une sorte de lèvre saillante de 
chaque côté de l'ouverture en question^; leurs acigles m* 
terreurs sont rapprochés et i^unis par un fort ligament ; 
les postérieurs écartés * Ils donnent attache à trois paires 
de muscles; savoir: i^. \ea geni(Hvaginieti^ (Ëg^ i4 
et i5, n^ iS) correspondant peu t«ètreaux>genio-hyoldieiis 
des autres vertébrés ; ils sont forts , épais , en partie apo* 
névrotiques ; leurs fibres se croisent et s'entrelacent en 



( 369 ) 

adhérant aux cartilages yaginiens : leur autre extrémité 
est fixée aa bout du dentaire inférieur , au devant du 
genio4aryngien. Ces 'muscles deviennent transverses 
lorsque les deux branches de la mâchoire sont fort écar** 
tées 9 el tous deux ensemble remplissent alors les fonc- 
tions d^adducteurs de ces branches. tP. Les mylo-vagi^ 
niens ( fig. i4 9 1^^ ^9) ^^^^ ^^^^ direction toute opposée 
à celle de la paire précédente ; attachés au bord inférieur 
de la partie la plus avancée de l'os articulaire , couverts 
parla muqueuse de lia bouche, ils s'avancent jusqu'à 
l'angle libre des cartilages vaginiens. 3^. Enfin j'ai en- 
core trouvé chez la couleuvre lisse (i) une paire de 
muscles vaginiens propres (fig. i5 , n^ 20). Il n'en 
existe qu'un seul , impair par conséquent , chez la cou- 
leuvre vipérine ; celui-ci se prolonge presque jusqu'au 
bout de la gaine, dont il garnit la paroi inférieure. Chez la 
couleuvre lisse , la forme des deux muscles est celle d'un 
grain d'orge^ durs et grisâtres^ ils couvrent le fibro-car- 
tilage , et se prolongent sur la partie membraneuse de 
la gaine en s'amincissant excessivement. 

On conçoit déjà comment tous ces muscles peuvent 
être de puissans auxiliaires aux protracteurs et aux ré- 
tracteurs de la langue , mais avant d'apprécier briève^ 
ment leurs effets , disons un mot des deux paires propres 
à cet organe. 1®. Les génio-glosses (fig, 14»»^ 17) , 
ont été confondus avec les génio-vaginiens qui les ca- 
chent mais qui en sont bien distincts. Leur attache à 

(i) L^individu dont il s^agit avait deux pieds huit pouces de longueur : 
c^était une variété du Col. austriacus. Il m'a servi à confirmer toutes Les 
recherches que f avais faites auparavant sur des couleuvres plus pe- 
tites encore ( C viperinus ) , pour Pappareîl maxillaire. 

XII. 24 



(370) 

la mâchoire se fait plus en arrière; elle est immédiate- 
meut sous-jacente à celle des laryngiens < ou seulement 
uïx peu plus antérieure. Delà dirigés en arrière le long 
de la gaine , pui9 contigus Tun a l'autre , iU se glissent 
sous Thyoïde et> après avoir ainsi fourni un trajet assez 
long , ils s'adossent aux muscles suivaus et pénètrent avec 
eux dans la partie libre de la langue. 2**. Les hyoglosses 
(6g. i4» n° 16.) , embrassent T extrémité libre des filets 
hyoïdiens , en couvrent d'abord le côté interne , puis 
lui sont simplement contigus ; marchent parallèlement 
entre ces filets jusqu'à la rencontre des précédens , avec 
lesquels iU se confondent ^ et constituent ainsi le tissu 
cpntractile de la langue. L'entrelacement de ces fibres m'a 
pajrii former seul la portipn charnue à laquelle est due le 
brandissement pu le moirVement oscillatoire de la langue 
ei^ assertion. Ce mouvement,, assez lent dans lesrgrands 
individus , a lieu toujours de bas en haut ^ et pour l'o- 
pérer il n'était pas nécessaire qu'il existât un muscle 
particulier ou propre, comme M. Cuvier Ta nommé. 
La langue proprement dite 9 commence effectivement à 
l'adossement des muscles génio et hyoglosse. A partir de 
cet endroit elle est ferme , çylindroïde^ brunâtre; la 
gaine ne Tenv^loppe réellement que jusques v^rs son 
milieu ; mais dans une fprte protraction , cette gaine 
se retourne et tapisse ^insi la moitié postérieure de la 
langue qui en est dépourvue dans l'état de repos. 

En résumé', un simple coup-d'ceil jeté sur les mus- 
cles qui viennent d'être décrits , nous fera voir aisément ^ 
i^* que Texsertion ou protraction ae la laiigue n'est pas 
seulement l'effet des contractions du ^génioglosse , mais 
qu'elle est en grande partie produite aussi, par le mylo** 



( 371 ) 

byoïdien , le laryngo-hyoïdien , le gënio-trachéal , qui 
tirent en av^nt Thyoïde, dont les filets soutieniient la 
base de la langue et peut-être s'engagent avec elle dans 
la galnîe retournée par une forte exsertion. Â ces muscles 
s'a4Joignent encore le génio-vaginien et le vaginien 
propre qui tirent en avant et la gaine et la langue qu'elle 
renferme. 2®. Nous voyons aussi , au contraire^ que la 
rétraction est due tant à Thyoglosse, qu'aux costo et 
vertébro-hyoïdiens , auxquels il faut ajouter^ comme 
auxiliaires , les mylo-vagiuiens« 

* Passons maintenant à des objets mieux en rapport 
avec le titre de ce Mémoire , examinons Tappareil maxiU 
laire des Hétérodermes sans crochets venimeux. Celui 
des serpens venimeux a été décrit et figuré avec détail 
par un bon nombre d'observateurs ] il n'en est pas de 
même de celui qui va nous occuper ^ iious- éviterons 
néanmoins autant qu'il nous sera possible 9 toute pro- 
lixité inutile. 

Les Boas, Pythons , etc. , ne diffèrent des couleuTfek 
sous ce rapport , que par la force et la laideur de leurs 
maxillaires. Les trois premières figures dé la planche 7 
du Règne anùnal far M. Cuvier, comparées à celles 
que nous donnons ici (fig. 9 , g bis et 10) , donn^ont 
au lecteur une idée exacte de ces difiérences. ' 

L'appareil osseux des Couleuvres considéré dans son 
ensemble, est composé de vingt et une pièces pourla plu-» 
part mobiles les unes sur les îiutres. Une seule ef t im- 
paire, séparée du reste et comme étrangère à la mastica- 
tion chez les Couleuvres, mais pourvu^e de dents chez 
les serpens des genres voisins -, je veux parler del'i/iter- 
maxillaire ou incisif {A) : c'est l'os du mûdeàn celui qui 



( 372 ) 

est creusé en dessous pour le passage de la ]angue ; il fait 
aussi partie du contour des narines et s'appuie en arrière 
sur le vomer et les os naseaux. Abstraction faite de cet 
os , nous pouvons distinguer deux appareils maxillaires, 
un droit , Tautre gauche ^ nous verrons bientôt en effet 
qu'ils sont indépendans jusqu'à un certain point l'un de 
l'autre. Chacun est composé de pièces communes aux 
deux mâchoires , et de pièces particulières à la supe-' 
rieure et à l'inférieure. 

1°. Pièces communes^ ce sont des démembremens 
du temporal, comme Font démontré MM. Geoffroy Saint- 
Hilaireét Cuvier. L'une encore appliquée sur le crâne 
au-dessus du rocher^ est l'os mastoïdien (G); aplati, 
allongé, dirigé horizontalement, mais susceptible de 
mouvem^is variés ; il soutient en arrière , par sa face 
externe , un os bien plus mobile encore , le tympam- 
que (F). Celui-ci est évidemment l'analogue du carré 
ou os de la caisse des oiseaux et des Sauriens*, cylin- 
droïde au milieu , fort élargi en haut , un peu renflé en 
bas , il soutient dans ce dernier point la mâchoire infé** 
rieure et les dépendances de la supérieure ; celle-ci n'y 
est attaché que par des muscles et des ligamens ; celle-là , 
au contraire , lui est unie par un véritable ginglyme. 

2^. Mâchoire supérieure. On y compte quatre os 
formant avec ceux du côté opposé une double arcade 
dentaire. > ■ ' 

Le premier de ces quatre os en partant de ceux que 
nous venons d'indiquer, est le ptérygoïdien interne (£*), 
os allongé , un peu coudé en dedans , aplati de hauten 
bas , large et concave sur ses deus^ faces , dans son tiers 
moyen , rétréci vers ses extrémités , dont la postérieure 



( 373 ) 

est en rapport avec la mâchoire inférieure , au moyen 
d*un ligament fort , cylindroïde et fixé en dedans et der- 
rière la facette articulaire de la mâchoire inférieure; 
Fantérieure est unie par symphyse avec Tos palatin ; le 
bord externe supporte le ptérygoïdien externe (D). L'os 
que nous venons de nommer bien moindre que le pré- 
cédent , dirigé en avjint et en dehors^ étroit en arrière , 
fort élargi et plat en avant , est appuyé dans cet en- 
droit sur Tos maxillaire. Ces deux os ptérygoïdiens ont 
été nommés ainsi , d'après leur analogie avec les ailes 
ptérygoïdiennes des Mammifères. Ici , indépendantes 
du sphénoïde , elles ont cependant la plus grande res- 
semblance avec celles des Lacertiens et des oiseaux ( os 
omoïdes ) ^ chez ]a plupart desquels* le sphénoïde leur 
sert encore de point d^appui. Nous avons d^à nommé les 
deux pièces les plus antérieures de la mâchoire que 
nous décrivons: \e palatin (C), os allongé, droit ou 
concave en dehors : le sus -maxillaire (B) , concave en 
dedans , plus long que le palatin , mais aplati comme 
lui d'un côté à l'autre , et muni connue lui vers le mi- 
lieu de son bord supérieur , d'une apophyse plate , re- 
courbée en dedans. Celle du sus -maxillaire, qui est 
plus petite , s'unit par une articulation très-mobile à l'os 
lacrymal, os ainsi nommé par M. Jules Cloquet(i(fô- 
moires du Muséum , tome 7 ; appareil lacrymal des 
Serpens) , parce qu'il offre le trou qui parait destiné 
à l'écoulement des larmes. Cet os fait le bord antété- 
rieur de l'orbite; c'est le frontal antérieur de M. Cu- 
vier (Règne animal). L'apophyse du palatin est lâ- 
chement attachée au vomer. Le bord inférieur des os 
palatin et sus-maxillaire , et le bord interne du ptéry- 



( 374 ) 

gœdieu principal le long de sa moitié et quelquefois 
( C natrix) de ses deux tiers antérieurs , sont garnis de 
dents coniques fort aiguës, recourbées en arrière, d'au- 
tant plus grandes qu'on approche d'avantage du gosier. 
Les unes sont soudées à Tos^ les autres fixées par une 
gencive molle. Les premières reçoivent leurs vaisseaux 
par lin petit trou percé dans Fos , ^u côté externe. Ces 
dents solides sont d'ordinaire régulièrement intercalées 
de deux en deux entre les antres \ il en est de même à la 
mâchoire inférieure, mais les trous nourriciers de celle 
ci sont percés en dedans. 

3^. Mâchoire inférieure. Je n'ai point trouvé chez 
les Couleuvres les six pièces qui composent chaque 
branche maxillaire des Sauriens \ mais quatre d'entre 
elles sont bien distinctes. La plus considérable , la plus 
postérieure , est V articulaire {H) ,* cette pièce est ter- 
minée en arrière par une apophyse semblable à celle 
qu'on voit chez beaucoup d'oiseaux , vient ensuite une 
facette articulaire , convexe d'un côté à l'autre et con- 
cave d'arrière en avant, destinée à recevoir l'extrémité 
du tjmpanique. L'os articulaire , devenu plus large , est 
creusé en dessus d'une fosse profonde, dont la lèvre in- 
terne s'élève plus que l'externe et dans le fond de la- 
quelle commence le conduit dentaire. Cette fosse s'a- 
vance jusqu'au milieu de l'os articulaire qui comprend 
lui-même en longueur près des trois-quarts de la mà- 
choire. La pièce qui complète surtout en avant l'appa- 
reil maxillaire inférieur , est la dentaire (/) , qui reçoit 
la précédente dans une échancrure de sa partie posté- 
rieure. Cet os est courbé en dedans et son bord supé- 
rieure est armé de dents comme son nom l'indique ; une 



( 375 ) 

syssarcose fort lâche le joint à celui du côté opposé. 
Enfin ^ deux pièces pour ainsi dire accessoires, affer- 
missent en dedans la jonction des deux os que nous 
avons décrit tout-à-rbeure : leurs situations, leurs rap- 
ports , les font rèconnaiire , Tantérieure pour ïopercw^ 
UUre (Q) , la postérieure pour Y angulaire (P). Ces deux 
pièces sont petites , minces , rudimentaires ; on trouve 
de plus chez les Sauriens un sus-angulaire et un com- 
plémentaire j-'k Fun desquels appartient constamment 
Vapophyse coronoïde. Leur absence ici, du moins chez 
les sujets adultes , nous explique celte singularité d*un 
canal dentaire dont Torifice postérieur se trouve en de- 
hors. L'apophyse coronoïde et la partie qui la soutient 
étant réduites à Tétat rudimentaire ou n'existant pas du 
tout , Tarticulaire qui forme le trou interne et infé- 
rieure de Torificc en question , se trouve en consé- 
quence la partie saillante , celle qu'on a quelquefois 
prise peut-être pour une apophyse coronoïde. Otèz à 
une mâchoire de Lézard son complémentaire et son sus- 
angulaire , et elle ressemblera fort à celle d'une Cou- 
leuvre. 

Les quatre pièces dont il vient d'être question sont 
fixées solidement l'une sur l'autre ] examinons rapide- 
ment de quels mouvemens sont susceptibles les autres 
pièces , toutes mobiles , de chaque appareil maxillaire. 

1°. L'appareil droit peut s'écarter du gauche; c'est 
l'articulation tympano-ptéry-maxillaire qui l'écarté du 
crâne ; Tos tympanique tendant à devenir transverse et 
horizontal. La mâchoire inférieure seule esi susceptible 
d'une grande déduction dans l'extrémité antérieure dé 
ses branches. 



( 376 ) 

2®. Les deux mâchoires peuvent simultanément ou 
séparément se porter en ayant. On a nié à tort cette pos* 
sibilité chez les couleuvres pour la mâchoire supérieure; 
le sus-maxillaire et le palatin , poussés par les ptery- 
goïdiens , tendent alors à basculer sur les apophyses , à 
sç redresser par conséquent , et à faire saillir les dents 
dont ils sont armés ; le mouvement est moins évident 
que chez les serpens venimeux , parce que les dents 
sont moins longues , et que les os qui les portent le sont 
davantage , d'où il suit que la bascule complète exige- 
rait une prépulsion très- considérable , tandis que le 
sus-maxillaire des vipères exécute à peu de frais le quart 
de cercle nécessaire au redressement des crochets. 

3®. La mâchoire inférieure peut non-seulement ou- 
vrir la bouche en abaissant son extrémité libre -, elle 
peut encore en agrandir la cavité lorsque son articu- 
lation se porte en bas par l'abaissement des os tympa- 
niques et mastoïdiens. Quand ce dernier abaissement 
est considérable , la mâchoire supérieure n'y participe 
qu'en partie ; l'os ptérygoïdien ijaterne abandonne , au- 
tant que lui permet la longueur de son ligament , l'ar- 
ticulation tympano -maxillaire à laquelle il ne tient que 
fort lâchement ; ses muscles l'en rapprochent ensuite. 

^4^. Enfin, selon la remarque de M. Desmoulins, 
l'inter-maxillaire , le vomer , les naseaux et les lacry- 
maux jouissent aussi d'une certaine mobilité qui peut 
contribuer à l'agrandissement de la bouche. 

Je n'ai pas besoin d'ajouter que ces mouvemens ont 

aussi leurs opposés , savoir , la réduction , la rétraction , 

l'élévation , etc.; il est bon seulement de noter que quel- 

, ques-uns de ces mouvemens, la déduction^ l'abaissement 



( 377 ) 
portés à rextrème dépendent moins d'uneaction muscn- 
laire directe que de Faction mécaniqued'un corps étran- 
ger volumineux. Mais pour bien apprécier ce qui dé- 
pend de Tune ou de l'autre cause, il faut connaître les 
muscles dont il / s'agit, et les descriptions qu'on en a 
données jusqu'ici sont ou très-peu détaillées ou tirées 
seulement de serpens à venin. 

Je crois aussi qu'on s'en est , dans quelques-unes de 
ces descriptions , laissé imposer par l'apparence , en dis- 
séquant des serpens conservés dans l'alcool. On a dé- 
crit des muscles faisant le tour de la bouche (Cuvier, 
AnaU comp. , tom. m) , et l'on a nié l'existence des 
glandes . salivaires (Desmoulins, Journal de Phys», 
juillet^ 1824) où l'on n'a parlé que de l'inférieure 
(Cuvier ). N'a-t-on pas pris le change sur leur compte? 
Ces glandes sont en effet rougeatres , et la supérieure 
est placée en arrière sur un ligament qui semble au 
premier abord en être le tendon. Ce ligament, que j'ap- 
pelle zygomatique (fig. 11 , jRC ) me parait représenter 
l'arcade zygomatique des oiseaux ^ il est cylindroïde , 
étroit et attaché au sus-maxillaire , d'une part , à l'os 
tympanique^ de l'autre. 

Quant aux glandes salivaires immédiatement placées 
sous la peau , elles font le tour de la bouche , et une 
multitude depores bien visibles laissent suinter l'humeur 
visqueuse qu'elles sécrètent ^ elles ont été bien figurées 
ainsi que le ligament zygomatique dans l'Opuscule 
cité de M. Jules Cloquet (fig. 8 ). La glande supérieure 
paraît avoir été plus d'une fois décrite comme organe 
sécréteur du venin (i). Elle existe cependant chez les 

(i ) Par Mead par exemple. D^autres ont décrit comme tel la glande 



(378) 

couleuvres les plus innocentes , chez celles dont les 
morsures u*ont , comme je Tai plus d'une fois appris 
par le fait , d'autre inconvénient que celui d'une légère 
piqûre. 

Les muscles que nous avons à décrire sont au nombre 
de treize de chaque côté ; nous suivrons dans leur ex- 
position à -peu-près Tordre dans lequel ils se présentent 
lors de la dissection; l'ordre physiologique nous forcerait 
à des répétitions que nous remplacerons par un court 
résumé. 

i^. Sous la peau on trouve à la région sous-maxil* 
laire ces muscles minces et larges dont nous avons d^jà 
décrit la portion hyoïdienne , et que M. Cuvier comr 
prend sous le nom collectif de costo^maxillaire. Celui 
qui mérite seul ce nom (fig. ii et i4 » n® 2' ) côtoyé 
en dedans le costo-hyoïdien ^ puis le mylo*hyoïdien , 
derrière lequel il s'attache à l'aponévrose commune dont 

lacrymale ( R , fig. 11 ) , que Mead croyait être une glande salivaîre. 
11 parait qu^îl nY a point d'autres glandes que la salivaire et les lacry- 
males chez les serpens venimeux , et elles existent chez ceux qui ne le 
sont pas. Faudra-t-il en revenir li Popinion de Charras , savoir, que la 
gaine des crochets est à la fois le réservoir et Torgane sécréteur du 
venin , ou bien peut-on croire , avec M. Desmoulins , que les larmes 
sont le véritable poison ? Les couleuvres ne manqueraient donc que des 
moyens de transport et d'inoculation ? Mais les larmes de la vipère sont 
incolores, limpides, et le venin est jaune ou vert et visqueux. Les larmes 
de la vipère , inoculées , ont tué de petits animaux ; en serait'il ainsi de 
celle d'une couleuvre? Je l'ai tenté plusieurs fois sans résultat sembla^ 
ble. Enfin quant aux voies d'excrétion de ce fluide , M. Jules Cloquet 
les admet chez les couleuvres où elles arrivent dans la bouche , fort près 
des dents antérieures. J'ai vu, pour mou compte, très-bien l'orifice 
oculaire du canal lacrymatique , taudis que M. de Blaiaville ne l'a pas 
trouvé chez les serpens venimeux : c'est tout l'opposé des condition» 
requises pour la vraisemblance de l'opinion susdite. 



( 379 ) 

il a déjà été question. En dehors , il touche eu partie 
le muscle que nous allons indiquer. Une partie de ses 
Bbres se rendent aux écailles de la gorge. 

%^; Le ceivico^maxillaire (ibid. , n° 3 ) situé en de- 
hors du précédent , fixé aussi à Taponévrose commune , 
remonte derrière Tangle maxillaire sur les côtés du cou 
jusqu^au-dessus des 6*, 7® et 8* vertèbres à-peu-près : 
là , il prend son point d^attache aux aponévroses des mus- 
cles de Tépine. Il peut dans sa contraction glisser en 
dehors sur la joue, et entraîner avec lui le costo-maxil- 
laire. Quelques-unes de ses fibres s'attachent à la peau 
de la lèvre inférieure . Quanta Taponévrose commune , 
elle s'attache à la partie la plus saillante , à une sorte 
d'angle mousse de la face externe de Vos articulaire dans 
sa moitié antérieure à-peu-près. 

3^. Au dessus de ce muscle, sur le côtéducou, s'en 
trouve un autre mince et large comme lui surtout en 
avant , où il est attaché à toute Fétendue du bord anté- 
rieurde Tos tympanique ^ de là , il remonte en arrière et 
en dedans au-dessus des 3® , 4*^ et 5* vertèbres environ, 
pour s'attacher aussi aux aponévroses qui enveloppent 
les muscles des gouttières vertébales. On peut y voir 
l'analogie du splcnius , et comparer les précédens au 
peaucier de l'homme. J'appelle celui-ci cervico-tympa- 
nique ( fig. 1 1 , n®. 4 )• 

4*^. Un peu plus en avant , après avoir enlevé les 
glandes salivai res et le ligament zygoma tique , on voit 
en entier le muscle post - orbito - maxillaire ( ibid y 
n**. 5 ). Il est plat, allongé^ étendu obliquemeut de 
l'apophyse post-orbi taire (frontal -postérieur ; Cuvier) 
et de la crête qui lui fait suite sur le pariétal , à là par- 



(38o ) 

tie anguleuse de la face externe de Tarticulaire où il se 



fixe par une aponévrose , depuis Tinserlion du cervîco- 
maxillaire jusqu^au voisinage de Tarticulation de la mâ- 
choire avec Tos tjmpanique. Je pense que , malgré sa 
forme , il doit être rapporté au masseter , et c^est aussi 
la détermination qu^en donne M. Cuvier , bien qu'il 
paraisse ne Favoir pas séparé de la glande salivaire in-* 
férieure. 

5^. Celui qui lui est immédiatement sous-jacent mé- 
rite , pour ses connexions , d'être considéré commje re- 
présentant le temporo-maxillaire (fig. 1 1 et 12 , n° 6) , 
aussi lui en conserverai-je le nom. Ce muscle épais et 
robuste est composé de plusieurs faisceaux dont un, plus 
antérieur ^ croise à angle aigu la direction des autres. 
Ce faisceau s'attache d'abord à la fin de la crête du pa- 
riétal , puis au bord supérieur de Tos mastoïdien ; il 
descend alors un peu en arrière eu recouvrant cet os , 
et s'enfonce entre les autres faisceaux pour se fixer vers 
la lèvre externe de la fosse que nous avons indiquée sur 
l'os articulaire , lèvre que nous avons comparée à l'a- 
pophyse coronoïde ^ c'est cette portion seule que M. Cu- 
vier compare au masseter ^ le reste du muscle descend 
au contraire d arrière en avant \ il prend son insertion 
supérieure à toute la face interne de l'os tympanique 
et à son bord antérieur : inférieurement , il implante ses 
fibres sur la fosse dont il vient d'être question y et en 
embrasse à la fois les deux lèvres de mauière à recou- 
vrir même une partie des faces interne et externe de 
l'osr articulaire. Le nerf dentaire traverse les fibres de 
ce muscle pour entrer dans le canal qui lui est destiné. 
Lorsque l'animal ouvre la gueule, on aperçoit très- 



( 38i ) 

bien au devant de chaque commissure labiale , le bord 
antérieur du temporo-maxillaire , recouvert seulement 
par la membrane muqueuse de la bouche^ 

6^. Derrière Tos tjmpanique se trouve aussi un mus-* 
cle épais , jusqu^à un certain point analogue au digas- 
trique ( Cuvier )• Du bord postérieur et de la face ex* 
terne du tympanique il descend, comme dans les oi- 
seaux 9 sur Tapophyse post-articulaire de la mâchoire 
inférieure , très-près par conséquent de l'articulation ; 
pour cette raison , je le nommerai tympano-post-arti' 
culaire (fig. ii et 12 , n® 7 ). 

7^. Pour bien voir les muscles qui nous restent à 
étudier , c'est par le dessous de la tète qu^il faut la pré- 
parer (fig. i3 ). En procédant de dehors en dedans pour 
chaque moitié latérale , on trouve d'abord le maxillo- 
ptérygoïdien ( fig. la et i3 , n®. 8 ) , fort, pyriforme, 
ressemblant beaucoup au volumineux ptérygoïdien du 
Lézard (^voy. art, m). Lé bord inférieur de l'os arti- 
culaire lui donne attache en arrière -, en avant , un ten- 
don robuste le fixe à Tos ptérygoïdien externe , près ^ 
de son articulation avec le sus-maxillaire. 

8^. Caché par ce muscle et moins considérable que 
lui , Yarticulo-ptérygoïdien (fig. i3 , u9. 11). est ac- 
colé sur l'os ptérygoïdien interne en dehors et en bas 
jusqu'à son articulation avec l'externe \ ses fibres , en 
partie aponévrotiques , environnent, le ligament qui at- 
tache l'os en question à l'articulaire , et le fixent à ce 
dernier au-dessus de celui dont la description précède , 
et tout contre la facette articulaire de la mâchoire in- 
férieure. Cette dernière connexion semble indiquer 
qu'il est l'analogue du ptérygoïdien externe de l'homme, 



\ 



( 382 ) 

tandis que le précédent 'en représenterait le ptérygoïdien 
interne. Les usages de celui-ci , chez, les reptiles voi- 
sins où il a les mêmes attaches ^ confirment puissamment 
Tanalc^e indiquée ci-dessus , et doivent , ce me semble , 
faire conserver à l'os qui lui fournit son point d'attache 
antérieur le nom de ptéi*ygoïdien externe , que M. Cu- 
vier lui avait d'abord donné , et auquel il propose au- 
jourd'hui de substituer celui de transverse (i) ( Oss. 
fossiles , tom. vu , p. 80). 

9®. Un autre muscle affermit aussi l'articulation ptéry- 
maxillaire par quelques fibres d'origine ^ la majeure 
partie cependant est insérée à la partie interne et pos- 
térieure de l'os ptérygoïdien principal ^ c'est là le point 
d'insertion mobile , le point fixe est au centre du crâne, 
sur le milieu du sphénoïde. Aussi ce muscle cylindroïde 
et assez fort mérite-t-il le tiom de sphéno-ptérygoïdien 
que je lui donnerai ( n®. la ). On lui trouvera , si l'on 
veut , quelque ressemblance avec le péristâphyliu in- 
terne de l'homme. 

10^. En nous rapprochant d'avantage de la ligne mé- 
diane , nous trouvons un muscle triangulaire dont les 
fibres réunies , d'une part en faisceau s'attachent au 
bord interne de l'apophyse post-articulaire , et d'autre 
part, se portent en divergent jusque sous l'os occipital 
inférieur , auquel les plus antérieui^s s'attachent. Les 
postérieures se confondent avec celles du muscle op- 
posé , et il en résulte ainsi un bord libre , flottant , 

(i ) L'illustre asatomiste que dous citons ici , donne pour raison de ce 
dbangement que la partie du sphénoïde que cet os représente , n'en est 
jéparé à aucun âge chez les Mammifères ; mais n'en est-il pas de même 
^ ses frontaux antérieur etpostéFieur?.( Voyez ibid, p* 7a* ) 



( 383 ) 

transversal , presqu* immédiatement au dessous du trou 
occipital. Je donne à ce muscle le nom de 50U5-occi- 
pito^articulaire {ûg. i3, n^ i3). 

Plus en avant se trouvent encore trois paires de mus- 
cles , dont une seule parait avoir été connue de&^ àna- 
tomistes auxquels le précédent avait aussi échappé. 

iL^. Le premier des trois (fig. la et i3 , n® 9) est 
attaché derrière l'orbite et sous le muscle post-orbîto- 
maxillaire , puis dirigé obliquement en bas et en arrière 
sur Tos ptérygoïdien interne , qui lui sert de point d'at- 
^che jusque vers son extrémité. Un autre ^ le ^pAe/20- 
palatin (fig. i!» et i3, n^ 10) , peut être coinparable 
au peristaphylin externe de Thomme , prehd également 
son point fixe au crâne , mais plus près du centre ; il 
marche en sens inverse du précédent , c'est-à-dire en bas 
et en avant pour se fixer sur le piilieu dé Tos palatin. 
Enfin , le troisième est un très-^ petit muscle fusiiorme , 
longitudinal , placé avec so^ congénère entre les deux 
orbites , attaché en arrière au sphénoïde , entre le pré- 
cédent et le fphéno-ptérjgoïdien , et fixé en avant par 
un petit tendon au vomer en dedans et au-dessus des na- 
rines postérieures ^ je lui donne en conséquence le nom 
de sphéno-^omérien (fig. i3,n** 14.) 

Pour compléter la myologie de la tête , il nie resterait 
plus à parler que des muscles de Tœil qui jouit , ainsi 
que l'ont remarqué Lacépède et M. de Blainville , d'une 
mobilité qu'on lui avait niée à tort, ou qu'on avait 
à tort aussi voulu n'accorder qu'à son globe et non à là 
paupière transparente. Peut-être faudrait-il y joindre un 
plan, musculaire , à fibres longitudinales , que je crois 
avoir observé sur la valvule qui ouvre et ferme à vo- 



( 384 ) 

lonté les narines desxouleavres (r) ; mais pour ne pas 
tomber dans de trop longues digressions , exposons 
succinctement les fonctions des muscles que nous ve- 
nons de décrire. 

Laboucheest ouverte par Faction simultanée des costo- 
maxillaires et des tympano^post-articulaires ; une fois 
commencée, cette ouverture peut-être portée à Textrème 
par Taciion des cervico-maxillaires. La mâchoire infé- 
rieure est relevée au contraire par les post-orbito et les 
t^nporo^maxillaires. Le museau, relevé par une force 
extérieure ou par la prépulsion des mâchoires d'en haut, 
sera abaissé par les sphéno-vomériens. Les appareils 
maxillaires de chaque côté seront portés en avant par 
le sphéno et le post-orbito-ptérygoïdien qui agissent 
sur la mâchoire supérieure.; mais celle-ci , à Faide du 
muscle maxillo et de rarticulo-ptérygoïdien , entraînera 
aussi en avant l'inférieure. Au contraire , ces derniers 
muscles tireront en arriére Jk mâchoire supérieure lors- 
que l'inférieure sera rétractée par le costo , le cervico- 
maxillaii*e et le cervico-tympanique. La mâchoire supé- 
rieure pourrait cependant être rétractée isolément par 
le sphéno-palatin et le vomérien , comme la mâchoire 
inférieure pourrait être isolément portée en avant par 
le post-orbito-maxillaire ; mais ces mouvemens isolés 
sont rares. 

(i) Ces yalvules n^ont pas été indiquées par les naturalistes ; elles sont 
cependant très-visibles et fort souvent mises en jeu. J^ai observé ré- 
cemment sur un crapaud épineux que la peau fournit aussi , au-d6ssou8 
de chaque narine , une valvule capable de Poblitérer entièrement; celles 
des couleuvres sont formées d'une écaille ovalaire attachée par son bord 
postérieur, comme par une charnière au contour de la narine ; lors- 
qu'elle s'ouyre , c'est en «'enfonçant dans la fossé nasale. 



( 335 ) 

Enfin , la déduction active des appareils latéraux peut 
être opérée par les mêmes post-oibiio-maxillaîres en éle- 
vant et avançant Textrémité inférieure de Tos tjmpani- 
que ; Tadduction sera bien plus puissamment opérée 
par les muscles cervico-tympaniques , les sous-occi- 
pito-articulaires, et, pour les os dentaires inférieurs sea* 
lement, par les génio'-vaginîens et même les génio-la- 
ryngiens;. 

Ges mouvemens^ diversement combinés , s'observent 
dans trois circonstances , la colère ^ ractioti de mordre 
et la déglutition des alimens. 

Quoique plusieurs animaux du genre Coluber soient 
réellement très-timides , quoique la plupart même des 
grandes espèces cherchent à fuir Thomme et rarement 
à Tattaquer , presque tous cependant sont très-irascibles, 
et sinon des effets , du moins des menaces suivent de 
près des provocations répétées ; il suffit souvent de leur 
présenter le doigt pour exciter en eux ou la peur ou la 
colère : dans l'un et l'autre cas , un sifflement ou souf- . 
flement subit , analogue à celui des chats , et que les 
grandes espèces de Lézards font aussi entendre , est bien- 
tôt suivi d'autres sifflemens moins vifs et répétés avec 
plus de lenteur. Ces sifflemens ont lieu dans Tinspiration 
comme dans Texpiration ^ tout le corpis de l'animal se 
gonfle et s'affaisse alternativement comme un long soufflet 
dont le poumon forme la cavité intérieure \ en même 
temps la tête paraît élargie , aplatie, au point de chan- 
ger tout-à-fait la physionomie de l'animal ^ les articu-r 
lations tympano - maxillaires , redressées horizontale- 
ment et portées aussi en avant, forment un angle saillant 
qui donne à la tête la forme d'un fer de flèche y surtout 
xii. 25 



( 386 ) 

chez le Natrix et le f^iperinus. L'animal, en menaçant 
ainsi son ennemi , reploîe son corps en nombreux zig- 
zag qui , se débandant tout-à-coup en ligne droite , 
donnent à la couleuvre une impulsion qui la lance en 
ayant , mais fort peu au-delà du lieu où elle atirait pu 
atteindre par une élongation moins subite. 

Quelquefois le Serpent , ne s'élançant ainsi , frappe 
seulement du museau l'objet qui l'irrite ^ c'est ce ique 
font surtout les espèces faibles ou les individu^ de pe- 
lite taille 5 d'autres fois ce sont les dents du Reptile qui 
servent à la défense. Le C austriacus est plus particu- 
lièrement dans ce cas , comme l'avait remarqué Lau- 
rent!. 

Les deiite n'agissent pas toujoiiris de la même ma* 
nière^ l'animal peut mordre des deux mâchoires et en- 
foncera la fois toutes les dents ^ quelquefois alors, selon 
l'observation du même Laurenti , ces dents recourbées 
en arrière. sont tellement engagée^, que Panimàl les dé- 
tache avec peine, ou qu'il déchire, eh se retirant, la 
peau qu'elles avaient traversée. Cette déchirure est bien 
plus ordinaire encore si l'animal n'emploie qiiie la mâ- 
choire supérieure à frapper soiieniiemi. L'os sus-mftxil- 
laire est alors poussé en avant et en dehors , et redressé 
au point de saillir hors de k gueule , et ses dents agis- 
sent comme les griffes du chat. Dans Vun et l'atrtre cas , 
au reste , les blessures sont peu profondes , une petite 
effusion de sirtng, un peu de cuisson , eft sont la seule 
suite , comme je l'ai éprouvé par moi-même. 

Quand une Couleuvre saisit sa proie, ces menaces 
préliminaires ti'ont pais lieu; elle s'élance la gueule ou- 
verte dans toute sa largeur et la retient entre ses ma- 



( 387 ) 

choires. J*ai souvent été témoia de ceUe opération subite 
après laquelle , si la capture était volumineuse , l'un el 
Tauti^ animal restait souvent immobile et comme étonné 
pendant quelques minutes. Quant à cette stupéfaction 
que les Serpeus impriment aux Oiseaux , aux Reptiles , 
plus agiles qu'eux , il m'a paru que Timmobité (i) qui 
la caractérise n'avait lieu que quand l'animal sentait 
l'impossibilité d'échapper , lorsqu'il avait d^à fait in- 
fructueusement une ou plusieurs tentatives pour y par- 
venir \ la frayeur et l'incertitude les jetaient sans doute 
alors dans une sorte de paralysie d'insensibilité telle 
qu^ils se laissaient dévorer presque sans se débattre. 
C'est du moins ce que j'ai observé en lieu clos , dans 
une grande cage par exemple , sur des Lézards de di- 
verse taille, des Oiseaux, des Rainettes. J'ai remarqué 
qu'un insecte sans ailes ou une mouche à laquelle en> 
les a arrachées , restent quelques instans dans la même 
immobilité, si un Batracien, un Lézard, a fait pour 
s'en emparer un effort mal dirigé ; un insecte ailé même, 
qui sera, par suite de cet effort, renversé sur Je dos, 
restera dans la même immobilité. . . 

Mais cette stupeur V^st pas constante ; j^ai Vu des 
Oiseaux faibles (Linotte) repousser à coups, de bee^ 
une Couleuvre enfermé avec eux lorsqu'elle s'en appro-. 
chait avec lenteur, et à la vérité sans intention hostile^ 
j'ai vu des Lézards fort petits {L, agilis) mordre avec 

(i) La rapidité avec laquelle le serpent 8*élaiice sut line proie- immo- 
bile dont il s^est approché peu à peu , ou qui est descendue à sa portée 
a pu faire croire que cette proie était venue d^elle-même jusque dans sa 
gueule ; ce qui est foré' peu probable. 



( 388 ) 

cTchamenient le museau ou les lèvres de la Couleuvre 
qui les dévorait. 

Si c'est un Oiseau ou un Mammif<^re dont la Cou- 
leuvre s'est emparé, elle le met à mort avant d'en com- 
mencer la déglutition. Est-il faible et peu volumineux, 
elle Fétoufie en lui pressant le thorax entre ses mâ- 
choires ', est-il plus gros , plus robuste , elle l'entoure 
de trois à quatre replis de son corps tourné en spirale , 
sans que les mâchoires l'abandonnent \ exécute-t-il des 
mouvemens violens , elle serre davantage , et quelques 
minutes voient la fin de celte lutte. Il n'en serait pas 
ainsi des Batraciens et des Sauriens; aussi sont- ils ava- 
lés tout vivans \ mais pour les premiers , on peut les 
donner morts à une Couleuvre déjà un peu familière et 
surtout affamée , elle ne refusera point ces cadavres ; un 
excès de faim la déterminera même quelquefois à avaler 
un morceau de viande de boucherie \ c'est ce que j'ai 
vu faire une fois au Col. EsculàpiL 
' Voyons maintenant comment ces Serpens à mâchoires 
m(d>iles procèdent à la déglutition d'un corps beaucoup 
plus volumineux que leur tête et surtout que leur cou (i). 
Est-ce 'par des aspirations puissantes que le Serpent hume 
lentement une masse si peu proportionnée à la largeur des 
passages? On lit encore cette explication dans des livres 
recommandables et récemment publiés , mais dont les 
auteurs n'ont pas réfléchi à la faiblesse du moyen qu'ils 
supposaient devoir opérer de si grands effets chez les 
Boas, par exemple. Ils ont oublié d^ailleurs que le larynx 

(i) Pal vu une couleuTre vipérine avaler une rainette ordinaire , dont 
la tête , partie dure et non susceptible de rédi|ction , avait au moina 
quatre fois le volume de la sienne. ^ 



( 389) 

«^ouvre très-près delà symphyse raenlonnière ; que cVst 
même ainsi qu'on explique comment la respiration n'est 
pas intercepta malgré la réplétion de la bouche; or, 
comment humer sans le secours de l'appareil respira- 
toire? 

J'ai fréquemment observé le mécanisme de cette dé* 
glutition, et la figure que je donne, ici (compares 
fig. 17 et 18) a été, comme les autres « tracée d'a^ 
près nature.. 

Les Reptiles saisis par la Couleuvre sont souvent 
avalés , la partie postérieure la première , ou bien par 
le côté et comme ployés en double; mais c'est toujours 
par la tète qu'elle commence pour un Oiseau , ime Sou- 
ris , et totgours le ventre tourné vers la t^re^ Pour ar- 
river à ce premier point , tantôt la Couleuvre abandonne 
uu moment sa prise pour eu chercher le point le pkis 
convenable ; elle décroche alors. ses dents recourbées, en 
portant en avant les appareils maxillaires en même temps. 

ê 

qu'elle écarte le3 mâchoires. D'autres fois^ sans lâcher 
son butin , faisant agir l'un après l'autre ses appareils 
maxillaires latéraux, elle fait paur ainsi dire marcher 
de côté sa gueule sur la surface de sa capture > vers le 
point désiré. Une salive visqueuse humecte alors tous 
les points que la gueule abandonne ^ et facilite ainsi l'in- 
troduction de la massue alimentaire^ Le corps même au 
Serpent, projeté en anse sur les côtés ou au devant de 
sa tète, lui sert de point d'appui, soit pour redresse]^, 
diriger la proie , soit pour Venfoucei: vers le gosier* 
Mais c'est surtout à l'acMou alternative des deux, appa- 
reils maxillaires qu'est due la progression du corps 
avalé , dans l'espace graduçllem.ent élargi qu'il ijca.- 



( 390 ) 

verse. L'apj^reil droit , par exeo^ple , serre el maintient 
le bol alimentaire , pendant que le gauche ( mâchoire 
supérieure et inférieure à-la-fois ) s'avance pour le 
saisir le plus loin possible^ et Tentraine ensuite vers le 
pharynx par une rétraction puissante , aidée d'une in- 
flexion latérale du cou^; cela fait , c'eatà l'appareil droit 
de s'avancer à son tour. Les deux appaiieils agissent ici 
cotnme feraient deux mains , attirant alternativement 

* 

entre elles la pointe la plus éloignée d'un objet d'une 
certaine longueur; les lèvres ^ soulevées par les mâ- 
choires qu'elles suivent «dans lours mouvermens , r^ident 
très-fafcile et très-sûre l'étude de ce mécanisme sur un 
Serpent devenu assez familier pour ne point "s'efiatoucher 
de la présence d'un obsei^atcur. Peut-être , dans quel- 
tfoescas^ la mâchoire infél'ieure marche-t-élle indépen- 
damment de la supérieure *, toUt mouvement quelconque 
ne peut que favoriser là déglutition ; les dents , dirigées 
en arrière , s'oppôsént à toute rétrogradation , et secon- 
dent au contraire toute impuilsion favorable , comme les 
barbes d'un épi de seigle, glissé dans la manche d'un 
habit, tournent an profit de la progression les moindres 
moùvemens qui lui sont imprimés. 

Il ne suffit pas que le^àlimens soient arrivés au pha- 
rynx pour que toute difficulté cesse, l'étroitesse du 
cou leur oppose un notivel obstacle. On voit alors la 
bouche se fermer autant que possible , et la tête , se 
portant en arrière comme pour rentrer dans ie covL , 
pousser directement dans l'œsophage la masse que des 
ondulations latérales font encore avancer. Ces ondula- 
tions suffisent dès que la substance avalée à dépassé de 
quelques pouces le niveau dé l'isthme du gosier; la 



( 3yi ) 

grosseur graduellement croissante du corps de la Cou- 
leuvre , permet à cette substance de s'avancer lente- 

M 

tement , mais sans effort , jusqu'à l'estomac* 

La distension des parties qui l'entourent est alors peu 
considérable \ elle écarte bien assez les côtes pour faire 
une saillie qui indique le lieu qu'elle occupe jusqu'à ce 
que la digestion en soit commencée , mais cette disten* 
sion n'est pas comparable à celle de la tète et du col ; la 
peau de ces parties est tellement dilatée dans le moment 
du passage , que les écailles sont toutes isolées , à distance 
les unes des autres (fig. i8), et comme semées sur la 
peau. Immédiatement après , les mâchoires sont comme 
disloquées^ et le Reptile , par des mouvemens assez fré- 
quens d'élévation, d'abaissement, etc., semble chercher 
à les replacer dans leurs rapports normaux. Aussi , le 
passage d'une masse volumineuse est-il quelquefois 
d'assez longue durée ^ un quart d'heure peut suffire si 
l'animal est bien dirigé \ dans le cas contraire , la déglu- 
tition dure trois à quatre fois davantage. 

Je terminerai ce Mémoire par quelques courtes re- 
marques sur la digestion des Couleuvl'es. 

Je n'ai jamais vu les alimens s^ourner dans l'œso- 
phage et s'y conserver sans altération , sans digestion , 
selon l'assertion de Spallanzani. Je n'ai pas vu non plus 
qu'un repas copieux rendit les Couleuvres plus pe^ 
santés et plus engourdies , et j'ai souvent vu tout l'op- 
posé. 

Si quelquefois elles m'ont paru endormies, c'est-à- 
dire immobiles et momentanément insensibles aux mou- 
vemens des objets çnvironnans , c'est sans aucun rapport 
de coïncidence avec la digestion. 



^ 



( 392 ) 

Celle digeslion ma paru assez promple en éié, fort 
lente au printemps et surtout en hiver , saison , du reste , 
dans laquelle ces Reptiles refusent ordinairement toute 
nourriture. Spallanzani a trouvé la viande ingérée dans 
Testomac digéréeeen un seul jour au mois de juillet '.j'ai vu 
les poils^ les plumes, les écailles des animaux dévorés, 
être rendus avec les ^xcrémens (i) , tantôt deux ou 
trois , tantôt huit jours seulement après Tinges^on ; et 
le. serpent ne recommençait guères à manger que un^ 
deux, ou trois jours après cette déjection. Quatre à 
cinq jours suffisaient aussi à la digestion^ chez les Boas 
qu^on exposait dernièrement à la curiosité du public. 
Dans Testomac d'une Couleuvre lisse, j'ai trouvé quel- 
ques os d'une Souris avalée trois jours auparavant ; c'é- 
tait eu été. Ces os étaient reconnaissables , mais aussi 
flexibles que s'ils eussent été macérés dans l'acide mu- 
riatique afldibli. Il n'existait plus rien des parties 
molles ; la peau même était dissoute , et le poil , en pa-> 
quels mêlés de mucosités, etc., était disséminé dans 
rinlestin jusqu'au voisinage du rectum. 

Ce n'est donc pas à la durée des digqstious qu'il faut 
attribuer la facilité avec laquelle ces Reptiles suppor- 
tent un jeûne prolongé ; nous aurions déjà pu faire la 
même remarque relativement aux Sauriens qui, à la 

(i) Ces excrémeus sont noirs, fétides, pulpeux, et accompagnés 
(l'une urine parfois fort abouHante. Cette urine , bien plus liquide que 
celle des lézards , est pourtant toujours aussi mêlée de graviers jaunâ. 
très , qui forment par le dessèchement une masse semblable à du mor- 
tier. L^urine liquide rougit fortement les couleurs blçues végétales; 
elle est quelquefois rendue isolément chez certaines espèces, quis^en 
servent c omme de moyeu de d«'ft' nse j le C natrix , par exemple : ellf 
fst, chez ce reptile , blauche^ laiteuse cl très-fétide. 



(393 ) 

vérité, supporleiu bien moins long lemps une absti- 
nence complète. Chez les Couleuvres mèmc^ ce n^est 
pas sans les épuiser que la privation d^alimens se pro- 
longe plusieurs mois ; j'ai même observé une suite remar- 
quable de cette inanition, c'est riofiammation et Fulcé- 
ration de presque toute la membrane interne des intes- 
tins. Dans la msgeure partie de leur étendue, ces or- 
ganes étaient remplis de couennes albumineuses libres 
ou adhérentes. Ces altérations étaient faibles du côté 
de l'estomac, de plus en plus intenses du côté opposé. 
La Couleuvre qui m'offrit ce sujet de remarques ( C na- 
trix) , était restée chez moi tout Thiver, exposée à des 
alternatives de chaleur et de froid , et partant d'activité 
et d'engourdissement. Elle mourut au mois de mars^ 
c'est-à-dire au retour du printemps ; sa bouche était 
habitée par un grand nombre de petits vers du genre 
Distoma (Rudolphi), semblables à ceux que M. Bosc 
a trouvés aussi dans la bouche d'une Couleuvre d'Amé- 
rique (Fasciola colubri)\ ses écailles cachaient une 
assez grande quantité de petits insectes parasites du 
genre Smaridium , et assez semblables , quoique non 
identiques , à la Smaridie des moineaux. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE XLVI, 

Fig. 1-8. BATRACIENS. 

Fig. I. Espace sous-maxillaire du Crapaud des joncs (Bufo calamita) ; 

couche superficielle des muscles. 
Fig. 3. Deuxième couche ^ sternum en place. 
Fig. 3. Troisième couche j iternum réséqué paitiellement. 
Fig* 4- Quatrième couche ^ sternum enlevé. 
Fig- 5, Mcmes objets j langue étendue. 



( 394 ) 

I 

Fig. 6. Coupe de la langue en repos. 

Fig, 7. Coupe de la langue étendue. 

Fig. 8. CartiSage byoïde d*un jeune Crapaud bran ( Bufofuscus), 

Fig. 8 bis. Hyoïde et mâchoire d*un Crapaud épineux adulte {B» spi- 

nosus). Les parties cartilagineuses sont légèrement ombrées, les os 

sont an trait seulement. 
Fig. 8 ter. Hyoïde de la Rainette çommune'adulte (ifyla viridis ). 

Désignations communes. 

Ai mâchoire inférieure. fi , muscles omo-hyoïdiens. 

^ , cornes antérieures de Phyoïde. /, stemo-hyoidiens. 

C, cornes postérieures. /, pubio- hyoïdiens, 

ï) , ligamens kérato-maxillaires. K^ ■ genio^glosses. 

«1, corps de l'hyoïde. £, hyo-glosses. 

e , larynx. iHf , ' stylo-hyoïdiens. 

Jy cartilages styloidiens. N , O^ masto-hyoïdiens. 

E , muscle sous-maxillaire. jP, sternum. 

JFy muscles sous-mentonniers. Q , épaules. 
G , — genio-hycH'dîens. 

Fig. 9-18. OPHIDIENS. 

Fig. 9. Profil de la tête osseuse du Coluber natrix ou Couleuvre à 

collier. 
Fi^. 9 bU, Esquisse des deux mâchoires séparées du reste de la tète. 
Fig. 10. Mâme tête vue en dessous , les mâchoires très-écartées j ,les 

dents représentées par leurs alvéoles; 
Fig. 1 1 . Tète du C viperinus , de profil , couche superficielle des 

muscles. 
Fig. la. Couche profonde. 
Fig. i3. Même tête avec ses muscles, vue en dessous; mâchoire très- 

écartée. 
Fig. 14 1 i5 et 16. Muscles de Phyoïde, de la langue et de sa gaine, dV 

près le C austriacus ou Couleuvre lisse. 
Fig. 17. Tête et cou du C Escuiapii vu de côté et un. peu eu dessus, 

dans l'état de repos. 
Fig. 18. La même dans Pacte de la déglutition. 



( 395 ) 



Désignations communes. 




I, muscle mylo-hyoïdien. 


A , os incisir. 


a , mnsde costo-hyoïdien. 


B ^ sas- maxillaire. 


a'.— 


— costo-maxillaire. 


C» palatin. 


^, — 


— . oervi<M>-niaxâlaire. 


D , ptérygoïdien intome. 


4. - 


— ceryioo-tympaniqne. 


E . ptérygoïdien externe. 


5,— 


— post-orbito-maxillaire. 


F^ tympaniqne. 


6. — 


— temporo-maxiUaure. 


G , mastoïdien. 


7, — 


— t3rmpano-post-artîeulaire. 


£f, articiilaire de la tnftcboii'e in- 


8,- 


— maxiUo^térygoïdien. 


férieure. 


a. — 


— post-orbito-ptérygoïdien. 


/ , dentaire. 


10,— 


— sphéuo-palatin. 


J y ligament post-orbitafre. 


»i,— 


— articulo-ptérygoïdien. 


K , ligament «jgODiatiqne. 


ia,~ 


— Bpbéno*ptérygoïdien. 


L^ fajToïde. 


i3,- 


«-^ sons-occipito-artioidaire. 


M y cartilage vagimen. 


4.- 


-— sf^éno-Tomërien. 


N'- gaine de la langue. 


«5,- 


— vertëbro-byoïdien. 


O, larynx. 


i6,- 


— hyo-glosse. 


P , os angulaire. 


'7>— 


— génio-glosses. 


Q f 7-operculaire. 


i8,^ 


— génio-vaginien. 


M , glande lacrymale. . 


>9>- 


— mylo-vaginieu. 


S , pointes de la langue. 


ao,— 


— vaginien. 


T, fin de la gaine. 


ai,— 


— génio-trachéal. 


17, origine de la langue. 


M,— 


— laryugo-byoïdien. 



IVota, Toutes ces figures sont de grandeur naturelle et dessinées dia- 
prés nature : les fig. i4 > i5 et i6 sont les seules que nous ayons tracées 
dt mémoire, quelques jours après la dissection , et en partie sur des cro- 
quis pris au moment même. Nous en avons néanmoins ultérieurement 
vérifié l'exactitude par la dissection d'une couleuvre plus petite. 



(396) 

Histoire naturelle des Poissons (i); 
Par M. le baron Cuvier et M. Valeugiei^iies (a). 

Au moment d'offrir au public un ouvrage considé- 
rable dont je me suis occupé avec plus ou moins de 
suite depuis près de quarante ans , je crois devoir lui 
présenter quelques réflexions sur Tétat où j'ai pris 
ricbtyologie , sur les vues d'après lesquelles je Taî 
traitée , et sur les moyens qui se sont trouvés à ma dîs« 
position pour l'enrichir d'un nombre d'espèces nou- 
velles triple de celles que l'on connaissait avant moi. 

Les trois célèbres ichtyologistes du 16* siècle, Ron- 
delet , Belon et Salviani , ont été les créateurs de la 
science. Rondelet surtout , par une industrie admirable 
pour son siècle , parvint à rassembler les figures recon- 
naissables , quoiqu'assez grossières , de près de deux 
cent cinquante espèces , parmi lesquelles il en est plu- 
sieurs de fort rares , et qui n'ont été revues que dans 
ces derniers temps. Gesner et Âldrovande ajoutèrent à 
ce nombre quelques poissons d'Europe , et Margrave en 
fit connaître une centaine de ceux de l'Amérique , joi- 
gnant à leurs figures des descriptions plus régulières et 
plus complètes que n^avaient été celles de ses prédé- 
cesseurs \ mais aucun de ces naturalistes ne put dislri- 

(1) Ouvrage contenaot plus de cinq mille espèces de ces aDÎmaux, 
décrites diaprés nature et distribuées conformément à leurs rapports 
d*organisation , avec des observations sur leur anatomie, et des recher- 
ches critiques sur leur nomenclature ancienne et moderne. 

(a) Ces considérations préliminaires sont extraites du Prospectus de 
^ouvrage par M. le baron Cuvier* ( ^* ) 



(397 ) 

buer entièrement les poissons dans un or^re systéma- 
tique, ni' même en former des genres définis avec quel- 
que précision. Rondelet , encore en ce point supérieur 
à ses deuï émulés , offrit bien quelques heureux rap* 
prochemens , mais qui n'embrassaient pas , à beaucoup 
près, la classe entière. 

C'est à Willughby et à Ray qu'était réservé Thouneur 
de faire faire ce pas à la science : Fouvrage qui porte 
le nom de Willughby , mais qui est le résultat des tra- 
vaux communs de ces deux naturalistes , et se fonde eu 
grande partie sur leurs observations^ présente des des- 
criptions correctes de plus de quatre cents poissons , 
et les range d'après la nature du squelette , celle des 
rayons dé la dorsale , la présence ou l'absence des ven- 
trales tl d'autres considérations également importantes. 
Les espèces y sont surtout en beaucoup d'endroits rap^ 
prochées si naturellement , qu'il suffisait de leur don- 
ner des noms communs pour former de ces réunions 
plusieurs des genres qui ont été reçus depuis. 

Ârtedi a fait un second et plus grand pas , eu nom- 
mant les genres , en les établissant sur des caractères 
fixes , en les composant d'espèces bien déterminées , 
en rassemblant sous chacune d'elles les noms que leur 
avaient donnés les différens auteurs , et en créant pour 
leur description une terminologie régulière \ mais il est 
aisé de voir que dans ce beau travail il a eu sans cesse 
l'ouvrage de Willughby sous les yeux. C'est là cju'il 
prend la plupart de ses espèces ; ses grandes divisions 
ont à peu près les mêmes bases ; plusieurs de ses geùres 
sont composés sur les mêmes élémens. Une critique 
éclairée lui a fait rejeter les espèces peu certaines , et, 



( 398 ) 

en réduisant leur nombre total à moins de trois cents , 

• t. • ■ 

il a fourni à ses successeurs un point de départ plps 
solide que s'il eût conservé ces richesse» trompeuse^. , . 
Il est douteux que Linnseus ait rendu service à U 
science des poissons par sa nouvelle classification j m^s 
il Ta rendue populaire par sa nomenclature; il j a porté 
ce même esprit délicat , cette même finesse dVperçus , 
que dans les autres branches de Thistoir^s naturelle. Les 
voyages de ses élèves , les travaux des Grronovius , de? 
Kœlreuter , les grands ouvrages des Seba , des Ca- 
tesbj , lui ont fourni de nombreux moyens de Tenri- 
chir. Cependant il n'a porté le nombre des espèces qu'à 
quatre cent soixante-dix-sept. Mais ce n'est point par 
cette augmentation numérique qu'un bommQ tel que 
Linnaeus doit être apprécié : l'enihousiasme général 
qu'il a inspiré pour toutes les productions de la nature ; 
la faveur que dès-lors les hommes puissans o.nl accor- 
dée à leur étude , les collections qui se sont formées j 
les expéditions lointaines qui ont été entr^rises ^ le 
grand nombre de ceux qui se sput dévoués au perfec- 
tionnement de l'édifice dont il avait posé les bases , 
marquent mieux que ne le feraient toutes les analyses 
de ses travaux , tous les calculs sur les êtres qu'il a 
décrits , quelle a dû être l'élévation d'un génie capable 
d'imprimer à son siècle un pareil mouvement. 

Heureux si un autre Linnsus avait coordonné les ré* 
sultats de toutes ces richesses particulières ; si , poyir 
l'ichtyologie, par exemple, les . nouvelles espèces re- 
cueillies par les Forskal, les Pall^s, leç Banks, les 
Forster, lesFabricius , les Thuuberg^ eussent été com- 
parées et caractérisées avec jugement 5 si les décou- 



( 399 ) 

vertes anatomîques des Camper^ des Monro , des Viq-» 
d'Azir I eussent été employées au perfectionnement de 
la méthode distributive ^ si Ton eût dirigé , d'après uh 
plan arrêté , les recherches des voyageurs vers les côtes 
et .1^ rivières dont il importait le plus de recueillir 
les habitans. Mais loin de là : il n'a paru depuis Lin^ 
naeus que deux tableaux, ichtyologiques généraux qui 
œé]ritent d'è^^ cités > cej^i d^ Gmelin et le Système 
postume deBfpch , public par Schneidef 4 Le premier, 
fait par. un homme qui n'avait peut-être pas vu un seul 
des olgels qu'il y rassemble , n'est qu^une compilation 
sans choix et sans critique ^ où les espèces sont placées 
comme au hasard , souvent reproduites à deux ou trois 
reprises et sous des genres différens. Le second est dis- 
tribué d'après la méthode la plus bizarre, la plus éloi- 
gnée des rapports naturels qu'il ait été possible d'ima- 
giner. Ni l'un ni l'autre ne peuvent avoir d'usage que 
d'indiquer les sources ou il faut remonter, et de faire pas- 
ser en revue les difierens articles dont ils donnent les 
citations. Sous ce rapport , du moins , on ne peut leui* 
refuser une véritable utilité. Le nombre apparent des 
espèces est dans Gmelin déplus de huit cents, et dans le 
Bloch de Schneider de plus de quinze cents , et quand 
on devrait retrancher un cinquième de celles-ci comme 
incertaines ou faisant double emploi , il serait toujours 
vrai qu'au moins douze cents espèces de poissons y sont 
annoncées et caractérisées avec plus ou moins de jus- 

Cependant , un tableau méthodique , un catalogue 
raisonné, fût-il aussi parfait qu'on pourrait le désirer « 
ne serait pas encore une histoire , quoique toute his- 



y 



( 400 ) 

loire , pour être bien faîle , doive prendre pour pre- 
. mière ha&é un pareil tableau. Quiconque , en cflet , 
s'est pénétré des admirables écrits des Réaumnr , des 
Bufibn et des Pallas , doit sentir Ténorme différence de 
ces maigres tables de matières à ces expositions appro-* 
fondies de Torganisation , des habitudes , des mœurs 
des animaux ; et bien que Phistoire des poissons , sous 
le rapport Ides mœurs , itbit 9Étfikiiment plus difficile âr 
étudier que celle des cJUadrupèdes ou dés insectes , puis- 
qu'ils passent leur yie dans des àbimès où Toeril hu- 
main ne peut les smvi^e , elle ne laisse pas que d'Olfirir 
aussi des faits intéressans , et d'ailleurs la variété infi- 
nie de leurs formes , les singularités de leur anatomie, 
les beautés ravissantes de leur vêlement , les utilités in- 
nombr^ibles qu'ils procurent aux hommes , méritaient 
bien d'être développées dans un ouvrage «proportionné , 
par son étendue , à l'importance du sujet. 

Bloch avait entrepris cette tâche , et il l'a remplie 
jusqu'à un certain point par rapport aux poissons d'eau 
douce de l'Allemagne , qu'il avait la facilité d'étudier 
en détail d^ns le pays qu'il habitait , où les étangs for- 
ment un article considérable de revenu 5 mais lorsque , 
multipliant ses volumes et ses planches , il a donné k 
son ouvrage le titre A^ Histoire naturelle générale et 
particulière des Poissons , il a évidemment promis plus 
qu'il n'a pu tenir. Ce n'est pas à un recueil de moins 
de quatre cent cinquante Poissons , dont la plupart ne 
sont décrits et représentés que d'après des échantillons 
altérés, et un assez grand nombre d'après d'anciens des- 
sins , qui n'offraient point les caractères minutieux dont 
la science a besoin aujourd'hui (i) ; ce n'est pas , dis-je, 

(i) M. Liclitenstein a reconnu , et nous nom sommes assurés nous» 



(4oi ) 

à un tel ouvrage qu'un titre aussi général pouvait ap- 
partenir. 

M. le comte de Lacépède avait conçu d'une ma- 
nière plus grande le plan de son Histoire naturelle des 
Poissons 3 et^il avait possédé en original un assez grand 
nombre de ces animaux , s'il avait pu les étudier da- 
vantage sous le rapport de l'organisation intérieur et de 
la méthode naturelle , il n'y a point de doute que son 
talent d'écrire et ses vues philosophiques n'eussent 
élevé un monument plus durable : déjà sous sa forme 
actuelle son ouvrage offre beaucoup d'espèces nou- 
velles \ il en présente avec éloquence les traits distinc- 
iih \ il intéresse , il a l'art de faire trouver du charme 
à l'histoire d'êtres que nous ne pouvons rapprocher de 
nous ni par leurs passions , ni par leur industrie , qui 
semblent n'éveiller par aucun côté notre imagination. 
Mais M. de Lacépède a composé la plus grande partie 
de son livre pendant les années orageuses de la révo- 
lution , lorsque , retiré à la campagne ; il ne pouvait 
pas même revoir commodément le peu d'espèces que 
possédait alors le Cabinet du Roi , ni consulter les bi- 
bliothèques publiques autrement que de loin en loin ; il 
ne travaillait donc que sur des notes prises à diverses épo- 
ques et dont il ne pouvait toujours apprécier les rapports. 
De plus , la France , en ce temps-là , et long- temps 
après , était séparée des peuples voisins par une guerre 
cruelle *, leurs livres même ne nous arrivaient point ; 

miémes par l'inspection des originaux, que Bloch à fait des additions et 
des changemens arbitraires aux dessins de Plumier et du prince Maa- 
rice , quHl a publiés , et même qu'il n'a pas toujours fidèlemeut i*cuçlu 
les poissons desséchés qui étaient en sa possessîou.. 

XII. 2 b 



( 402 ) 

la mer nous était Fermée *, nos colonie^ liotis étaient 
devenues étrangères et ne nous envoyaient filus au- 
cunes de leurs production^. Qtrc Ton ajoute que lé ca- 
ractère poli et confiant de cet excellent homme ne lui 
permettait pas d'élever de doute sur les assertions de 
ses contemporains^ et l'on ne s'étonnera plus qu'il ait 
adopté sans contradiction les genres et le^ espèces dé 
Gmélfn et de Bloch, et n'ait soumis aucune de leurs 
indicatioihs à un nouvel examen; qu'il ait été conlduit 
ainsi à ajouter à leurs listes des espèces qui rentraient 
dans les leurs \ que les matériaux même qu'il avait tns 
sous les yeux , soit au Cabinet , éoh dans les papiers de 
Commerson et dé Plumier , se soient quelquefois mul- 
tipHés sous sa plume , au point que te! poisson repa- 
raît quatre ou cinq fois dans son livre comme autant 
d'espèces , en sorte que sur les quatorze ou quinze cents 
qu'il énùmère, il faut en retrancher certainement plus 
de deux cents. 

Je ne parlerai point ici de la partie de sa méthode qui 
lui est propre , et qui , se fondant sur la préseiice ou 
sur l'absence des opercules et des rayons des branchies, 
est entièrement contraire aux rapports naturels et mêiiie 
à la réalité des organisations ; ses genres eux-inêtties 
sont très-souvent établis sur des détails peu impôrtaris , 
patce que , n'étant point anatomiste > il n'avait pu saisir 
complètement lesiois de la subordination des caractères. 

D'ailleurs , depuis vingt-cinq ans et plus que l'his- 
toire des poissons de M. de Lacépède a été imprimée , 
l'ichtyologie s'est vue enrichie de plusieurs ouvrages par-, 
liculiers du plus grand intérêt. M. Rafinesqué , pour les 
poissons de la Sicile \ M. Risso , pour ceux de Nice; 



( 4^3) 

M. Mîtichill pour ceux deis Etats-Unis-, M. llussell, pour 
ceux de la côte de Coromandel ; M. 6bchail)sin , pour céui 

I 

du Gange , sans parler dé beaucoup d^bbservateurs dont 
les écrits sont moins étendus , bui ajouté de nombreuses 
espèces à celles qui avâifeht été portées dans nos nîétliodes , 
et il devenait pressant de comparer ces diffiîrens écrits 
entre eux et avec les ouvrages plus anciens , et de dresser 
un catalogue plus complet que ceux que l'on possède , et 
surtout moins défectueux sous lerapportderordrçetde 
la critique des espèces , en mènie temps que tout invi- 
tait à fonder sur ce catalogue une histoire qui répondit 
à son exactitude , et qui , par des considérations plus va- 
riées , des faits plus nombreux , offrît plus de matière 
à la méditation. 

C'est ce travail, dont je sentais depuis long-tetnps la 
nécessité , que je me suis enfin déterminé à entrepren- 
dre, confiant dans Timmensité des matériaux que mon 
heureuse position m'a offerts , et dans la coopération 
d'un élève et d'un ami > M. Valehcîennes , qui n*â pas 
cessé depuis douze ans de me seconder dans tous mes 
travaux préparatoires. 

Moi-mênie, depuis bien des années, jerectiéiUè une 
partie de ces niatériaux. • 

Dès 1788 et 1789, sur les côtes de Normandie , j'ai 
décrit, disséqué et dessiné de ma main préscpié tous 
les Poissons de la Manche , et une partie des ob'servîi- 
tîons que j'ai faites à celte époque m'a servi poiir mon 
Tableau élémentaire dé zoologie et pour mes Leçons 
d'anatomie comparée. 

En i8o3 , dans un s^our de plusieurs môfs à Mar- 
seille , je continuai ce genre de recherches sur le^ Pois- 
sons de la Méditerranée. 



( 4o4 ) 

Je le repris , en 1 809 et 1 8 1 o , à Gènes , et , en 1 8 1 3 , 
dans divers lieux de Tltalie , et j'ai donné quelques 
échantillons des observations que je fis à cette époque , 
dans les premiers volumes des Mémoires du Muséum. 

Ce fut surtout alors que je commençai à m'a perce- 
voir combien toutes les ichtyologies existantes étaient 
encore imparfaites , et dans leur rapprochemens , et dans 
la critique des synonymes , et même dans les caractères 
qu'elles assignaient aux espèces. 

Je cherchai donc une occasion de faire une étude gé- 
nérale et comparative de toute la classe des Poissons, et 
je la trouvai , lorsqu'il s'agit de disposer la grande col- 
lection que feu Pérou avait rapportée de la mer des 
Indes. MM. de Lacépède et Duméril ayant bien voulu 
permettre que je me chargeasse de ce travail , je com- 
pris dans mon arrangement les anciens Poissons du Ca- 
binet du Roi , ceux du cabine^ du Stadliouder , ceux 
de Commerson , que M. Duméril avait heureusement 
recouvrés et mis en ordre, ceux que feu M. de Laro- 
che avait rapportés d'Iviça , et ceux que feu M. Bela- 
lande était allé chercher à Toulon. 

C'est sur cette première revue que j'ai rédigé , pen- 
dant les années si troublées de 1814 et de 18 15 , la par- 
tie des Poissons de mon Règne animal , imprimé en 
181 7. Il a dû être évident pour tous mes lecteurs que , 
dans ce livre , la méthode , les caractères des genres ,. 
leur division en sous-genres, la critique des espèces, 
sont les résultats d'une étude faite sur la nature même, 
et l'on a pud^à y apercevoir de combien de corrections 
les ouvrages précédens étaient susceptibles. 

Depuis lors , je n'ai pas cessé d'employer , de concert 
ayec mes collègues les professeurs d'ichtyologie , tous 



(4o5 ) 

les moyeus à notre disposition pour accroître cette partie 
du Cabinet du Roî , et les Ministres de la marine , les 
officiers à leurs ordres , les chefs des colonies , ayant 
constamment secondé mes efforts et ceux dé TAdminis- 
tration du Muséum , la collection a été portée , en peu 
d'années , à un nombre surprenant , puisqu'il est plus 
que quadruple de ceux que présentent les ouvrages les 
plus nouveaux (i). 

(i) M. Cuvier indique ici avec détail les divers voyageurs auxquels la 
coUectioii du Muséum est redevable de cet accroissement rapide. 

Ce sont MM* Péron et Lcsueur qui ont formé la base de cette partis 
des collections du Muséum. Depuis elle a reçu de nombreuses additions 
de MM. Delaiande , Auguste Saint- Hilaire , de S, A. le prince Maxi- 
milien de ÏJeawied , de M> Spix pour les poissons des mers du Brésil ; 
de MM. Richard, Leblond , Poiteau, Leschenault et Doumerc^ pouv 
ceux de la Guyanne; de MM. Pley, Lcfort, Rioard, Poey, qui ont re- . 
cueillis ceux des mers des Antilles et du golfe du Mexique ; de M. de 
Humboldt pour reux de ^Amérique méridionale. 

MM. Bosc, Milbert , Lesueur , Dekai ^ Mittcfaill , de la Pilaye , ont 
adressé ceux de PAméiique septentrionale. 

Ceux de TAfriquesontdusà MM. Royer, Dolalande, Mareschaux; ceux 
de rindc et des mers voisines ont été envoyés au Muséum par MM. Les- 
chenault , Mathieu , Dinrd et Duvaucel , Reinwardt et Dussumier. 

M* Ëhrenberg a communiqué ses doubles et ses dessins des poissons 
de la mer Rougo et du Nil ;-M. Tilesi^s ceux dn Japon et du Kamts- 
chatkaj M. Lichtenstein ceux recueillis par Pallas et par M. Langs- 
dorf , et conservés dans le cabinet de Berlin. 

Pour les poissons d'Europe , MM. Delaiande , Laroche, Risso, Bon- 
nelli , Savigny, Biberon , le docteur Leach , l'amiral de Rigny, M. le 
professeur Geoffroy Saint- Hilaire et M. Polydore Roux de Marseille , 
ont rendu très-riche la suite des poissons de la Méditerranée. 

Ceux des côtes de TOcéan ont été réunis par MM. d'Orbigny , Gar- 
uot, Bâillon , et ceux des mers polaires ont été envoyés par MM* Noël 
de la Morinière et par M. Reinhardt, professeur à Copenhague.* 

Les poissons d'eau douce sont particulièrement dus aux collections 
formées par MM. Hainmcr de Strasbonrg, Decaudolle et Mayor, Bosc, 



( 4o6 ) 

La rjéunion dé ces nomljreux envois a eu bipntàt pprté 
cette partie du Cabinet du Roi à près 4e cinq mille es- 
pèces , et à plus de quinze mille individus , et c'e^st 3Ur 
un fonds si riche que nous avons travaillé. 
, Autorisés à le disposer dq la manij^re la plus avanta- 
geuse à la ^cience , toutes le$ ffiiç que le nombrp des 
i^diyid^§ de chaque espèce Ta permis , nous en avpns 
retiré les viscères , et nous en avons fait préparer )e;$ 
squelettes. Le nombre de ces squelettes , néçes$ai^,es 
non-seulemeu); pour la connaissance des Poissons exis- 
tans.v/maià encore pour la détermination des Poissons 
foâàiles , va maintenant à près de mille. Souvéïit on en 
à démonté toutes les parties ^ de nianière à les analy- 
ser .daa$ Ip plus grand détail : aii^si nous avon^ près 
de deux cents têtes , divisées chacune dans tous les os 
et osselets qui la composent , ou coupées de diverses 
manières. Les appareils ^oïdes et branchiaux de plus 
de cent espèces sont détachés et préparés de façon 
que toutes leurs parties sont rendues sensibles. On a exé- 
cuté aussi un nombre d'iiyectïons suffisant pour faire 
connaître la marche des vaisseaux , et Ton a mis à nu 

r 

Sàvigny , Canali , Bredin , Schreibers , Lichtenstein , Thienemann , 
Nitscb, Valenciennes ; et ceux des fleuves de la Russie aux soins de 
S. A. 1. la graode-duchesse Hélène , et de M. Gamba , consul de France 
eu Géorgie. 

EnGn, durant les grands voyages de MM. Freycinet et Duperrey, 
MM. Quoy et Gaimard, Gariiot et Lesson , ont réuni des collections 
cousidérables de poissons des mers qu'ils ont parcourues. 

Outre ces envois faits k la collection du Muséum , M. Cuvier a reçu 
de M. Temminck la communication des échantillons et des dessins de 
MM. Ruhl et Vaà Hasselt , et madame Bo\vdich lui a adressé des co- 
pies des dessins de Forster et de Parkinson , conservés dans la biblio- 
thèque de Banks. 



• ( 4^7 ) 

beaucoup de cerveaux \ on a sipvi les nerfs. daas plu- 
sieurs espèces , les yeux d'un très-grand x^ombre o^t 
été p^parés à part. On a préparé aussi plusieurs 
oreilles , et Ton a recueilli , fii|tant que Ton a pu , les 
pierpes de Foreille des squelettes que ron a faits. Les 
yessies ^lat^toîres ont été exposées à part , lorsqu'elles 
avaiepi Quelque chose de remarquable. Il en a été 4e 
même 4.68 or^s^ue^ dp la génér4Û0^ > ci tout^ ces pr^ 
paratiopts sont placées dans le ç^l^inet d'anatpmiç ç^q^r 
parée 4^ ^^^^^^^ 9 avec des étiquettes qui i^e rapppr* 
tent à notre ouvrage, en sorte qufi les n^^t^ralistes pour- 
rpnt toiyours vérifier et rectifier , s'il est néçessaix^^ , 
cf^ que ^Qus en auron^ dit , ^ns cr^j^dre , CQipH^e il 
arriye (rop souvent , de ne pas çtvQJf observé les iuê,m^$^ 
espèces que uqus. 

Ce n'est pas à nous qu'il appartient de juger le parti 
que nous avons tiré de tant de richesses : nous uoiis pi^ 
remettons à cet égard à la décision dçs pat^^çf^li^ites. Ce 
que nous osons dire^ c'est qu'il n'aura pas tenu à nq^s 
que ces nombreux Poissons ne soieut décrits d'une ma- 
nière toujours reconnaissable , que leurs ^apports w^ 
soient établis sur l'eifsemble de leur orgapisaiiou , et 
que leur histoire ne soit détaillée et fondée sur les ^^ 
moignages Içs plus dignes de foi. 

La marche que uous avons suivie est celle de ^les 
autres ouvrages , qui parait avoir reçu l'approbation des 
naturalistes : exaqiii^cr l'organisation de chaque espèce 
à l'extérieur et à l'intérieur \ rapprocher les espèces 
qui ne diffèrent que par la grandeur , les couleurs ^ les 
proportions 5 en former de petits groupes qvie Vou rap- 
proche eux-mêmes entre eiix d'après Tense^llp;!^ du le\ir 



(4o8) 

conformation , et remonter ainsi à des groupes de plus 
en plus généraux , que Ton distribue toujours d'après 
les mêmes règles. 

A cet égard nous ne notis sommes pas bornés à nos 
propres aperçus , et les vues et les recherches d'ana- 
tomie philosophique que Vhistoire naturelle à dues dans 
ces dernières années à MM. Autenrieth , Spix , Olgsn , 
Bojanus , Rathke, Geoffroy Saint-Hilaire et à tous ceux 
qtii ont marché sur leurs traces , n'ont pas été prises en 
moindre considération que les travaux d'ichtyologie 
proprement dits. Nous les discutons, nous les compa- 
rons à nos propres idées , et lorsque nous n'adoptons 
point entièrement celles de ces savans respectables^ nous 
présentons nos motifs avec les égards qui leursônt dus. 

Quant à nos descriptions , elles portent également 
sur l'intérieur et l'extérieur , sans excéder pour cela une 
étendue raisonnable. 

Les nombi^èuses subdivisions que nous avons intro- 
duites , ne laissant dans nos derniers groupes que des 
espèces extrêmement semblables , nous en choisissons 
une 9 la plus connue , la plus intéressante ou la plus 
facile à se procurer , et nous la décrivons daiïs le plus 
grand détail , en commençant par sa forme générale, pas- 
sant ensuite à chacune de ses parties jusqu'aux écailles^ et 
finissant par ses couleurs et par sa grandeur , de manière 
que ce qu'elle a de plus constant soit en tête de sa des- 
cription 5 laquelle se termine par ce qu'il y a de plus va- 
riable. Nous faisons connaître ensuite les viscères et le 
squelette. Après cette première description il nous est 
facile de réduire celle des autres espèces du même 
groupe à des termes comparatifs. 



(4o9) 

Des dessins faits sous nos yeux par MM. Werner et 

* 

Laurilkrd , dont les talens sont dqjà bien connus dn 
public , suppléent à ce que la parole ne peut exprimer. 
Il y en aura an moins un pour chaque groupe , c'est- 
à-dire pour chacune des dernières subdivisions , et on 
les multipliera lorsque les formes singulières le deman- 
deront , ou lorsque les caractères des espèces reposeront 
sur des courbures légères ou d'autres différences de for- 
mes que le dessin seul peut rendre. 

L'histoire de chaque espèce aura pour première base 
une synonymie rigoureuse. C'est la partie de notre tra- 
vail qui nous a donné le plus de' peine , parce que rien 
n'a été plus négligé par nos prédécesseurs et ne se 
trouve aujourd'hui dans une plus grande confusion , 
que ces rapprochemens des témoignages de divers au- 
leiifs que l'on rapporte à une même espèce. Il est ar- 
rivé en cent endroits , que l'on a considéré comme iden- 
tiques des Poissons de parages fort éloignés , différens 
àJtre eux , même pour les genres 5 ce qui a donné les 
idées les plus fausses sur leurs habitations , sur l'exten- 
sion de chaque espèce ; ce qui a fait attribuer à l'un 
les mœurs de l'autre', et a produit beaucoup d'autres 
erreurs. 

Les anciens , les Grecs surtout , dont le pays est 
eutrecoupé de tant de golfes et de bras de mer, ont 
connu beaucoup de Poissons, et fait à leur siget des 
observations curieuses , dont on a vérifié quelques-unes 
dans ces derniers temps; mais comme ils n'ont presque 
songé à prendre aucune précaution pour faire recon- 
naître les espèces doAt ils parlent , il est souvent diffi- 
cile d'appliquer leurs observations avec justesse. Nous 



C4«o) 

avons fait tous nos efforts pour retrouver leur nomen- 
clature I et noi^s croyons y «être parvenus en plusi^qr$ 
/ cas avec plus de succès que nos prédécesseurs. Ce sera 
aiissi là une partie de notre ouvrage qf)i ne pourra tnan* 
qv^er d'iqtéresser les amis d'une élégante éru4ition. 

Une fois la synopymie assurée , i\ a été facile de ren- 
dre à chaque espèce ce qui lui appartient ^ et d établir 
ainsi son histoire avec plus èc çertitufle. Cepepdaiit 
nous ne nous sommes pas bprnés sur ce ppint à ra^sem- 
b)er les faits allégués par les auteurs. Tov^tes *leç fois 
que iious Tavpns pu nous ayo^^s recueilli l^s dires des 
pécheurs *, Tun de nous les a souvent ^çcpmpagnés dans 
leurs pèph^s j nous ^vons cherché à observer par nous- 
mêmes les Poissons à potre portée 9 h suivre leurs nip^- 
vemens. JNTos correspondans nous ont fourni aussi des 
faits précieux sur les habitudes de qqelqu^s Ppisspns 
des pays lointains , et au total cette bra]|iche de Tic^- 
lyologie , la plus pauvre de toutes jusqu'à ce jour , trou- 
vera aussi à s'enrichir par nptre ouvrage : e^e y sera 
surtout débarrassée de beaucoup de fables, ce qui es^ 
le plus avantageux des enrichissemens. 

On conçoit qu'un ouvrage tel que celui que nous an- 
nonçons , et qui sera original et fait sur nature dans 
toutes ses parties , a exigé bien du temps et de grands 
efforts : occupé comme je le suis , et par des fonctions 
publiques pt par tant d'autres travaux , j'ai septi dès le 
premier moment que je ne pourrais Vexéciiter san§ aide \ 
mais j'ai été assez heureux ppur en trouver un , qui au, 
besoin l'aurait lui-môme composé tout entier. Pendant 
trois ans, M. Valencienncs et mo) , Tipu^^'avoi^s cessé 
d'examiner un à un tous nos Poissons , de les rappro* 



(4" ) 

cher suiv£|nt leurs ressemb][anccs , de marquer toutes 
les disiinctioDs que nous apercevions entre leurs groupes, 
de reçherch^çr s^il en existait des figures et des descrip- 
tipps dans lç§ auteurs , et d'en prendre nous-mèmps des 
descriptions abrégées. Cette opération s^est continuée 
depuis lors sans interruption , et encore atyqurd'hui , 
à mesure que Ton reçoit de nouveaux envois , aucu|i 
Poisson ne s^y trouye qui ne soit aussitôt mis à sa plf|ce 
après un examen scrupuleux. 

Ce n'est que sur la collection ainsi disposée que nous 
avons commencé à rédiger nos description^ définitives , 
à faire nos dissections , à compléter notre synonymies et 
à écrire enfin nos histoires. 

M. Valenciennes s'est chargé en général de mettre par 
écrit nos observations sur les viscères ^ il a rédigé aussi 
plusieurs articles sur des genres considérables : tout ce 
qui est de sa main sera signé de lui. Je signerai égale- 
ment tous mes articles qui , pour la rédaction , forme- 
ront le grand nombre , mais qui n'en auront pas moins 
pour base , comme les siens , nos études préliminaires 
faites en commun. 

Tout roqvrage sera précédé d'une histoire de l'ich- 
tyologie , où je m'efforce de suivre ses progrès dans tous 
les âges , depuis les Egyptiens jusqu'à nous , assignant 
à chaque écrivain la part qu'il a prise à ces progrès , 
et faisant connaître chaque ouvrage ^ soit général , soit 
particulier, avec une indication de ce qu'il contient , des 
circonstances où il a été rédigé , et des moyens plus où 
moins complets qui étaient à la portée de son auteur. 
Les ichtyologistes y seront jugés avec toute ^'impartialité 
dont je suis capable. 



( 4i2 ) 

Viendra ensuite un traité général sur la . nature des 
Poissons, où je donne les idées nécessaires de leurs or- 
ganes extérieurs et intérieurs, et où je éômpare leur 
anatomie et leur physiologie à celle des autres classes 
d'animaux. 

Ce traité sera appuyé de figures qui représenteront 
dans le plus grand détail les os , les viscères , le sys- 
tème vasculaire et le système nerveux d'un Poisson , et 
formeront ainsi une monographie-modèle, de laquelle 
nous partirons comme base pour nos autres anatomies. 
Nous donnerons de temps en temps des monographies 
semblables pour les espèces qui s'écarteront le plus de 
ce premier type. 

Nous avons choisi la Perche pour objet de ces plan- 
ches , parce que c'est un Poisson facile à se procurer 
dans presque toutes les contrées de l'hémisphère sep- 
tentrional , et sur lequel il sera aisé à nos lecteurs de 
suivre nos descriptions , et plus encore parce qu'elle 
peut être considérée comme le représentant des Pois- 
sons à nageoires épineuses , dits acanthoptérygiens , 
lesquels comprennent les deux tiers de toute la classe 
et conservent entre eux une ressemblance bien plus 
grande que ceux de toutes les autres divisions 5 en sorte 
que qui connaît bien la Perche et toutes ses parties, 
peut , en supposant quelques différences dans les pro- 
portions , se faire aisément une idée de l'organisation 
du plus grand nombre des autres Poissons. 

Aucune autre espèce commune n'aurait cet avantage^ 
et c'est ce qui a déterminé notre point de départ. C*est 
aussi ce qui nous a engagés à placer l'histoire natu- 
relle de la Perche en tète de toutes les autres. 



(4i3) 

Après avoir traité de la Perche commune et des es- 
pèces étrangères qui s^y rapportent , il nous est facile 
de décrire les autres Perches de nos climats , telles que 
Bars , Sandres , Aprons^ Gremilles, Serrans, etc. , et 
de faire de chacune de leurs formes le chef de file d'une 
série plus ou moins considérable d'espèces y ou de ce que 
nous appelons un sous^genre. 

Nous suivrons la même méthode par rapport aux Per- 
coïdes à joues cuirassées , tels que Trigles , Scorpènes et 
Cottes ^ aux Sciènes , aux Spares , aux Chétodons , aux 
Scombres , en un mot , à toutes les familles des Acan- 
thoptérygiens^ après quoi nous passerons aux autres sub- 
divisions. Chaque genre , chaque sous-genre commen- 
cera par l'espèce ou les espèces indigènes , lorsqu'il y 
en aura , et l'on placera à sa suite les espèces étrangères 
dans l'ordre de leur ressemblance « Les genres ou sous- 
genres entièrement étrangers viendront près des genres 
et des sous-genres indigènes dont ils se rapprochent le 
plus. 

Il résulte de cet arrangement que nos premiers vo* 
lûmes auront pour objet les genres à la fois les plus 
riches en espèces e^pes plus incomplètement décrits jus- 
quà ce jour , et que nous aurons ainsi à éclaircir d'abord 
la partie jusqu'à présent regardée comme la plus diflS- 
cile de l'ichtyologie , celle des Perches , des Sciènes , 
des Spares , sur laquelle tous les naturalistes convien- 
nent de leur embarras. Dès ce moment , elle nous sem- 
ble ramenée à des divisions et à des caractères si simples , 
et nos espèces sont rangées d'une manière si analogue 
à leur structure la plus apparente en même temps qu'à 
leur organisation la' pi us profonde , qu'il ne nous pa- 



(4i6) 

examiner le mode de développeneat de cKacun des 
systèmes d'organes en parliculier. Cette dernière recher- 
che comprend toute l'organogénésie, et doit être distin- 
guée de la précédente qui se borne à Texamen des con- 
ditions appréciables de la fécondation. Nous ne donne- 
rons ici que les documens nécessaires à l'intelligence de 
notre théorie de la génération , tout Je reste étant réservé 
pour un ouvrage spécial, que nous ne pouvons plus 

■ 

continuer. 

Il existe beaucoup d'écrits sur l'évolution du poulet 
dans l'œuf. Malpighy nous a donné, sans contredit , le ta- 
bleau le plus élégant et le plus complet de l'incubation. 
Ses successeurs ont retouché son ouvrage dans certaines 
parties , ont corrigé des erreurs , ou complété des obser- 
vations négligées , mais le cadre qu'il a tracé restera 
comme un. monument glorieux de son génie observa- 
teur. 

La partie de ses recherches relative aux premières 
heures nous semble avoir été faite sans toucher en au- 
cune manière au jaune , quoiqu'en ait dit Haller, et c'est 
à cette circonstance que paraissent dues les figures bi- 
zarres qu'il nous a transmises. En effet , la cîcatricule 
est superposée à une masse d'un blanc opaque , qui n'en 
fait partie que dans les premiers instans de l'existence 
du fc&tus et peut-être même jamais. La transparence 
de la cicatricule permet de voir ce noyau blanc tant qu'il 
existe, c'est-à-dire pendant cinquante ou soixante heu- 
res^ mais comme son image perd beaucoup de sa netteté 
losqu'elle est ainsi vue au travers de plusieurs membra- 
nes , il simule tantôt une espèce d'étoile ou de soleil ra- 
dié , tan'iôt une vésicîule flottante , quelquefois enfin il 



( 4i7 ) 

toïapide tellement arec la partie înféi ieure de Tembryoh 
iqu^on croirait que celle-ci se termine par une espèce de 
sphère. Mais cette illusion est bientôt détruite , si Ton 
essaye de séparer la cicatricule du jaune. Elle s'endéta* 
che aisément sans altération quelconque et laisse le nu- 
civils blanc très^enUer ^ adhérent à la substance même 
du jaunCi Toutes les personnes qui prendront la peine 
d'examiner le sujet arec quelque soin, seront bientôt 
convaincues que les figures 496,7, 1 1 , du premier 
Mémoire de Malpighi sont altérées par cette circon- 
stance. Il en est de même des figures i3, 14) i8> 229 
!^, 30) de son second Mémoire. Ces remarques paraî- 
tront très simples , si Ton admet que cet auteur n'a 
fait aucune de ces observations par transparence. Les 
corps opaques sont d'un examen trop difficile au mi- 
croscope ordinaire, pourquoi soit possible d'éviter des 
erreurs de cette nature. 

Pander, parmi les modernes nous a paru fournir les 
meilleurs renseignemens depuis la neuvième ou la dou-, 
zième heure de Tincubation , jusqu'au cinquième jour^ 
Mais pour les premières heures il a commis , à ce que 
tious pensons, quelques inexactitudes. 

Nous avons fait usage de divers procédés d'incubation. 
Les poules , les poules d'Inde nous ont servi pendant 
long-temps , mais nous avons enfin donné la préférence 
k une couveuse artificielle qui nous a permis de tenter 
quelques expériences chimiques et physiques^ sur les 
œufs pendant l'évolution des poulets. Nous nous pro- 
posions de poursuivre ces recherches , et de donner la 
description des monstres que l'on produit à volonté par 
des variations de température^ des altérations de l'atmo- 
XII. 27 



( 4i8 ) 

sphère qui entoure les œufs , et des influences galvaniques^ 
mais il ne nous reste sur ces points que des dessins et 
des notes incomplètes. 

Nous entrerons dans quelques détails sur les procédés 
d'incubation. Tous les œufs pour se développer ont be- 
soin du contact de Fair ou plutôt de Toxigène de Tair. 
Mais en outre les fœtus des animaux à sang chaud, ne 
peuvent se passer de Tinfluence d'une température élevée, 
comprise dans les limites de 25 ou 26^ centigr. au moins, 
et de 44 ^^ 4^^ centigr. au plus. Il en résulte , quant 
aux œufs des oiseaux , que si on les abandonnait à eux 
mêmes , ils n'éprouveraient aucun changement organi-^ 
que. Dans les circonstances ordinaires la* mère les couve, 
c'est-à-dire en élève la température , en s'accroupissant 
sur la masse d'œufs qu'elle a pondus et rassemblés dans 
son nid. Elle ne quitte cette position fatigante qu'une 
fois ou deux par jour, pour prendre sa nourriture et pour 
retourner les œufs , afin qu'ils soient tour à tour amenés 
au contact de son corps. On conçoit que dans dé sem- 
blables circonstances les œufs ont , à la fois , la chaleur 
et l'air qui leur sont nécessaires. 

Les œufs de poule étant le plus souvent choisis par 
les observateurs , a cause de leur abondance et de leur 
bas prix , dans les recherches relatives à l'incubation 5 
il semble , au premier abord , que les poules elles- 
mêmes doivent être les animaux les plus commodes pour 
diriger cette opération , sans astreindre l'observateur 
à des soins trop assidus. Les poules ordinaires couvent 
assez bien , en effet , pendant vingt ou vingt - cinq 
jours , mais lorsqu'au bout de ce temps les œufs ne sont 
pa^ éclos , leur patience se lasse vite , elles cessent de 



C4i9) 

couver, et le plus souvent crèvent à coup de bec les nou- 
veaux œufs qu'on leur confie. Il n'en n'est point de 
même des poules d'Inde. A cet égard leur instinct^ est 
tout-à-fait différent et leur ténacité sans bornes. Elles 
couvent pendant cinq mois , six mois , en un mot joisqu'à 
ce qu'elles succombent à l'état de marasme auquel ce 
genre de vie les réduit. Nous en avons eu plusieurs 
dans le cours de nos expériences. Toutes ont montré la 
même résignation , sans examiner si on renouvelait les 
œufs, si on en ôtait, si on en ajoutait, tandis que les 
poules ordinaires cessent souvent de couver si elles ne 
retrouvent pas toujours leurs œufs en même nombre , et 
quelquefois même si on a trop altéré leur position rela- 
tive. Lorsqu'elles avaient couvé pendant plusieurs mois, 
les poules d'Inde se trouvaient réduites à un état ex- 
traordinaire de maigreur, et l'autopsie faisait toujours 
reconnaître des altérations profondes et identiques dans 
tous les viscères. Les intestins présentaient des adhé- 
rences morbides, très-multipliées soit entre eux, soit 
avec les membranes abdominales ; le foie , le cœur et 
les poumons , étaient couverts de petites taches blanchies 
et avaient également contracté des adhérences avec les or- 
ganes voisins. A l'extérieur tous les ravages d'une maladie^ 
longuet se faisaient également apercevoir. Le plumags 
était en grande partie tombé et ce qui restait était flétri 
comme au temps de la mue. Succombant à cet état chro- 
nique , ces animaux mourraient quelquefois sans aban- 
donner leurs œufs. Pendant toute la durée de leur incuba- 
tion elles ne les quittaient jamais , il fallait les enlever du 
nid pour leur faire prendre leur nourriture et lorsqu'on 
les avait remises en place , elles ne se dérangeaient plus. 



( 420 ) 

La poule dinde eàt donc rinstruihent d'incubation le • 
plus commode pour un observateur. Mais on peut en 
toute saison et en toute circonstance s'en procurer un 
qui donne des résultats plus réguliers. C'est une cou- 
veuse artificielle dont nous nous sommes servis très-sou^ 
vent Qu'on se représente deux vases cylindriques en 
ferblanc , l'un de dix pouces de diamètre sur un pied de 
hauteur et l'autre plus petit dans un tel rapport qu'en 
le plaçant dans le plus grand il reste entre eux un vide 
d'un pouce dans tous les sens. Ce vide doit contenir l'eau 
chaude destinée à élever la température des ofiiufs qu'on 
place dans le petit vase. Six tuyaux d'une ligne de~dta- 
mètre placés à la partie inférieure de l'appareil et s'ou- 
vrant en dehors , amènent de Pair dans le vase intérieui'« 
On place au fond de ce dçrnier un lit de coU)n, puis les 
œufs au nombre de vingt ou vingt*cinq , enfin un lit de 
coton pour les préserver du refroidissement. On ferme 
l'appareil au moyen d'un couvercle percé de trous 
comme une écumoire. Yoici maintenant le principe sur 
lequel repose cet instrument* Il doit être calculé de ma- 
nière qu'il perde pas le rayonnement ou l'action de l'air 
extérieur, précisément autant de chaleur qu'il en ac- 
quiert par l'influence d'une petite lampe placée au-des- 
sous de lui . C'est à quoi on arrive par une étude de quel- 
ques jours, en observant sa marche au moyen d'un ther- 
momètre placé dans l'eau et d'un autre qu'on met au 
milieu des œufs, on remplît l'intervalle des deux vases 
id'eau à 4^^ c* ^ ^^ allume la lampe , qui à la rigueur 
peut-être une veilleuse ordinaire. Si la température s'é- 
lève on éloigne la flamme , si elle s'abaisse oh la rap- 
proche et l'on arrive bientôt à déterminer la distance 



( 421 ) 

qui convient à Tappareil et à la flamme. La veilleuse 
ordinaire à Thuile a plusieurs inconvéniens. Elle exige 
un renouvellement fréquent , les mèches donnent beau- 
coup de chaleur au commencement et peu i la fin , à 
cause du champig9Qa qui s'est formé. Ces inconvéniens 
n'existent plus si on la remplace par une lampe h alcool 
à niveau constant et k mèche d'amiandie. On obtient 
ain3i une flamme égale çt à peu de frais , car on ne brûle 
pa3 deux onces d'alcool en vingt-quatre heures. 

. Œuf dans Vovaire. 

Son histoire ne laisse pas grand chose à désirer dej^is 
les travaux d^ sir Everard Home , et ceux.de M. Geofr 
froy de Saint-Hilaire. Nous avons supprimé la planche 
qui lui étoit consacrée , à cause de sa ressemblance avec 
celle que M. Geoffroy a publiée dans les Annales du 
Muséum et à laquelle nous renverrons , n'ayant riesn vu 
qui ne s'y trouve compris. 

Les jaunes de l'ovaire ont une cicatricule très é^ipetr 
rente , elle consiste en une lame membraneuse blanche 
placée sous la membrane du jaune et po^e sur le yitel- 
lus. Elle est marquée de deux cercles oopp^triquea et 
d'un point plu$ transparent qui en occupç^ie centime. Ce 
dernier semble produit par une ouverture de la mem- 
brane du jaune. 

Sous tous les rapports cette cicatricule ressemble à 
celle que nous avons d^à décrite daqs les ceufs de gre* 
nouilles avant la fécondation. 



( 422 ) 

OEuf de poule infécond, (PL 48 , fig. i el A,) 

Il semble que la cicatricule de cet œuf devrait se 
rapporter à la forme que nous venons de signaler dans 
l'œuf pris à l'ovaire ^ il n'en est pourtant pas ainsi : elle 
s0 distingue ,. soit de cette dernière , soit de la cicatri- 
onle de l'œuf ifécondé par des différences très-marquées , 
et .un seul coup d'œil suffit lorsqu'on est exercé à ce 
genre de recherches ; mais les personnes qui font cet exa- 
men pour la première fois doivent y employer une loupe 
faible et très-nette. 

liAj l'œil nu, on ne voit qu'une petite masse blanche , 
granuleuse , dé forme irrégulière , entourée de quelques 
oerclefr d'un jaune pale , peu distincte , et qu'il est quel- 
quefois tout-à-fàit impossible d'apercevoir. Lorsqu'on 
cHbaiiiine cette partie à la loupe , on reconnaît que sa 
forme n'est point sans régularité. En effet, cette sub- 
stance blanche n'est qu'un véritable réseau qui laisse 
vo^.le jaune= au travers de ses mailles ; et dont le centre 
est occupé par une portion compacte plus épaisse et plus 
Blanche 'i la ^one grillée extérieure part de ce point cen- 
tral spui» forme d'irradiations. Quand on a enlevé la 
ineml^atie 4u jaune, on distingue beaucoup mieux cet 
aspect réticulé *, là cicatricule , qui demeure adhérente à 
celui-ci , se brise en petits grains si l'on essaie de l'en 
détacher. 

Malpighi avait déjà reconnu cette apparence , que nous 
avons toujours vue , pourvu que les œufs fussent suffi- 
samment frais. L'incubation la fait varier quelquefois , 
et nous allons en citer un exemple. En examinant au 



(423) 

œuf couvé pendant six heures , la membrane du jaune 
£^ant été enlevée entraîna la cicatricule , qui s'en déta-< 
cha pourtant avec facilité : celle-ci avait 4^5 milli- 
mètres de diamètre , et était percée de trous qui lui don- 
naient l'apparence d'une dentelle. A la loupe, elle offrit 
tous les caractères de la cicatricule inféconde, à cela 
près que la masse centrale était beaucoup moins consi- 
sidérable. Nous n'avons eu que trois fois l'occasion de 
vérifier cette observation , bien que nous ayons ouvert 
plus de cinq cents œufs inféconds , qui avaient été couvés 
pendant un temps plus ou moins long : dans tous les 
autres cas , la cicatricule n'avait pas subi la moindre 
altération. 

Ces trois exemples peuvent-ils suffire pour faire ad- 
mettre , dans la cicatricule inféconde , une faculté de 
végétation* aussi remarquable , ou bien faut-il penser 
que la cicatricule avait d^'à cette forme et ces dimensions 
extraordinaires avant l'incubation ? Quoi qu'il en soit 
de l'opinion qu'on pourra se former sur ce point, nous 
avons cru convenable de mentionner ce fait en passant. 

Telles sont les seules circonstances que nous ayons 
pu remarquer dans les œufs.priyés de l'influence fécon- 
dante. Il arrive pourtant quelquefois qu'on trouve sur 
leur membrane des vaisseaux remplis d'un sang rouge 
parfaitement distincts ; mais leur position , qui n'a rien 
de régulier, et la forme des globules du sang qu'ils ren- 
ferment, ne laissent aucun doute sur leur origine. Ils 
proviennent de la membrane de l'ovaire qui s'est sou- 
dée accidentellement dans ces parties avec le jaune lui-* 
même. D^ailleurs , de tels vaisseaux se rencontrent fré- 
quemment sur des œufs fécondés, et l'on peut s'assurer 



( 4»4 ) 

alors qu'ils n'ont réellement aucune connexion avec le. 
système circulatoire de Tanimal. 

OEuffëcondé non couvée (PI. 48 , fig. 2 ^t fi. ) 

Les observations que nous avons faites sur Tœuf fé- 
condé avant l'incubation ont été répétées un très*grand 
nombre de fois \ elle nous ont toujours fourni le même 
résultat : cependant, pour plus d'exactitude, nous avons 
cru devoir donner la préférence à la descripûon et aux; 
dessins qui ont été exécutés sur des œufs extraits de To- 
viducte , quelques heures avant la ponte. Sur ces der- 
niers , la cicatricule a 6 millimètres de diamètre ; son* 
centre est occupé par une portion membraneuse uni- 
forme , qiii a 1 , 5 À 2 millimètres de diamètre , et qui 
offre une apparence lenticulaire ; celle-rci est entourée 
par une zone plus compacte et plus blanche , limitée 
par deux cercles concentriques , d'un blanc mat. Dans li^ 
portion transparente de la membrane , on remarque un 
corps blanc, impeu allongé, disposé comme le rayon d'un 
cercle^ en effet, sa partie céphalique, celle que nous re- 
connaîtrons du moins pour tçlle par la suite , arrive jus- 
qu'au milieu de la membrane ; sa portion inférieure^ au 
contraire , atteint sa circonférence. On peut apercevoir 
dans ce corps une ligne moyenne, blanche et arrondie 
au sommet : elle est entourée d'un bourrelet , égal^men^ 
blanc , qui l'environne de tous côtés , et avec lequel sa 
partie inférieure se confond. Lorsqu'on a enlevé la mem- 
brane du jaune., on i*etrouve le même aspect , mais plu& 
distinct , surtout dans les premiers momens , avant que 
l'eau ait a^i sur le jaune suffisamment pour le blanchir^. 



(4a5) 

Si l'oa essaie d'enlever la cicatriçule, ou y parvient 
aisément ; mais elle entraîne nvec elle une petite couisse 
blanche 9 granuleuse , située au*des»ou$ d'elle, et adhé- 
rente à la. zone e:xtérieure. Pour les réparer, il suffit de 
renverser la cicatriçule , e( àHémietter la petite mag^e 
dont nous parlons* On voit alors que Taire transparent) 
consiste en une membrane^ d'un lis^u laçhâ et coton- 
Qçux , très-'granuleuse au microscope, Lq foetus consiste 
en une tracç linéaire renflée au sommet , entourée d'une 
espèce de nuage obseur, qui constitue Iç bourrelet pré- 
cédemment cité. 

Avant de passer à la description des développemens 
quç nous offriront les heures subséquentes , il ne sera 
pas inutile de donner ici quelques détails sur notre ma- 
nière d'obsçrver. 

L'examen de la cicatriçule , avant de l'avoir séparée 
du jaune, doit se faire dans un liçu peu éclairé* On met 
le jaune sous l'eau , et l'on fait tpmb^r sur le point 
qu'on veut regarder un rayon de soleil concentré par 
une lentille. Il est impossible , avec ces précautions , de 
ne pas retrouver les formes que nous venons d'indiquer, 
et il est très-probable que c'est la méthode qu'employait 
Malpighi, quoique cet auteur ne nous ait laissé au- 
cun éclaircissement à cet égard. Eclairé de la sorte , le 
fœtus se laisse apercevoir à l'œil nu; mais on le distin- 
gue mieux avçc des loupes cpii grossissent de dix A vingt 
fois : l'on ne saurait dépasser œtte limite avee^ayantage, 
les granulations de la membrane du jaune , en se pro- 
nonçant , cacheraient les oI:^ts qui sont situés «u-<lessoua 
d'elle, 

Pour enlever cette membrane , nous plaçons le jaune 



( 4^6 ) 

sous Teau , et nous pratiquons , avec des ciseaux bien 
acérés , quatre ouvertures , que nous réunissons , au 
moyen d^une incision circulaire , à quelque distance de 
la cicatricule. Dans les premiers instans de Tincuba- 
tion, la membrane externe se sépare de celle-ci , et la 
laissé adhérente au pourtour extérieur dunucléns; plus 
tard , elle Tentraine , la zone extérieure dont nous avons 
parlé ayant contracté des adhérences avec elle , et s'é- 
tant entièrement isolée du nucléus ; avec une aiguille 
très-fine, on rompt ces adhérences \ la membrane étant 
toujours plongée dans Feau-, après quoi Ton peut voir la 
cicatricule , soit par réflexion , en la plaçant dans un 
vase plein d'eau, dont le fond est garni de cire noire, 
soit par transparence , en la plaçant sur une lame de 
verre , et l'éclairant inférieurement au moyen d'un mi- 
roir, à la manière ordinaire. Ces deux genres d'obser- 
vation doivent même être concurremment mis en usage ; 
l'un indique des formes que l'autre n'exprime pas , et en 
se critiquant mutuellement , ils donnent sur la réalité 
des apparences , des garanties que l'on n'obtiendraient 
pas en s'en tenant à un seul. . 

Œuf après trois heures d^ incubation, {V\. 48 » fig. 3, 

4etC.) 

La cicatricule a d'"'^ de diamètre \ sa partie interne 
et transparente en a 3; le fœtus a i™"",! de longueur. 
L'aire transparente se distingue de la petite glèbe sub- 
jacente , et il s'est déposé en,tre files une couche de sé- 
rosité fort claire , qui , par la pression qu'elle exerce , 
donne à la membrane un peu de convexité , et lui fait 



( 4^7 ) 

assez bien simuler une vésicule remplie de liquide , dans 
la portion supérieure de laquelle flotterait le foetus. 
Aussi Malpighi , qui s'est tonienté de l'examiner sans 
en disséquer les diverses parties, l'a-t-il considérée 
conune un sac amniotique. Cette erreur est d'autant' 
plus importante à rectifier , qu'elle a donné lieu à beau- 
coup de commentaires , et qu'elle a été reproduite par 
des* obsérviâteurs récens. Le pourtour de la cicatricule , 
dans la partie où l'aire, transparente se colle au jaune^ 
prend plus de consistance , s'épaissit et acquiert un as- 
pect d'un blanc mat. Quelquefois cette partie offre des 
cercles concentriques, sur lesquels se dessinent des 
lignes rayonnantes; mais cet aspect n'est pas très-con- 
stant, et yarie beaucoup dans ses dispositions particu-^ . 
lières. Après avoir enlevé la membrane du jaune , on 
voit,toutela cicatricule bien entière, adhérente à la sub- 
stance de qelui-çi : elle offre le même aspect qu'aupara- 
vant ; mais la membrane transparente s'est affaissée de 
manière que l'apparence de vésicule est détruite. En la 
coupant a^ec 4és ciseaux très-fins .'ou une lame de lan- 
cette bien [acérée, sur la ligne qui la réunit au jaune , 
on peut aisément enlever la membrane; mais il faut la 
placer rapidement sur une lame de verre , et la sortir 
de l'eau ; lùms cette précaution , elle se roulerait sur elle- 
Tj^ême , et-l'on Uq pourrait plus l'étendre sans la lacérer* 
.I^e trait, qui forme la partie, rudimentaire du Xœtus 
« environne d'un, nuage plus étendu, au centre duquel 
il se dessine en blanc n^at, lorsqu'on l'examine par ré- 
flexion. Son extrémité supérieure, pai^t légèrement py- 
riforme. Lorsqu'on a détaché il'aire transparente pour la 
voir par transmission , il faut l'enlever rapidement au 



(428) 

moy^u de la plaque de verre sur laquelle on veut la 
placer « car si elle se plisse , il est difficile de la déployer 
de nouveau sans la gâter. Le fœtus ^ vu par transpa- 
rence , présente une ligne noire , terminée , comme nous 
l'avons dit, par un petit renflement situé à sa partie 
antérieure. 

Œuf après six heures cC incubation. (PI. 4?, fig 5.) 

Le petit renflement de Taire pellucide est devenu plus 
saillant, la cicatricule entière a acquis un diamètre de 
8"^, 5 de diamètre, sa portion transparente en a 3 , 5 et 
le fœtus 1 , 8 de longueur» Celui-*ci lorsqu'on l'examine 
soit à Tœil nu^ soit à Taide d'une faible loupe, offre 
un aspect entièrement semblable aux descriptions pré- 
cédentes. Mais sa forme est devenue tellement dis- 
tincte qu'on ne peut expliquer comment l'aspect en a 
échappé si complètement à M. Pandei^, surtout lors- 
qu'il a cherché à retrouver les descriptions de Malpighi* 
La cicatricule adhère au jaune par. toute la zone épaisse 
qui entoure l'aire pellucide , mais elle s'en détache plus 
aisément avant cette opération. On pourrait craindre 
d'avoir été induit en erreur par les fausses apparences 
que le nucléus est susceptible de produire , m<iis il suffit 
d'enlever la cicatricule après l'avoir mise à découvert en 
coupant la membrane du jaune. On voit très-bien alors 
le corps allongé composé comme nous Tavons d^jà dit 
du renflement nébuleux et de la ligne qui en occupe 
l'axe ; .en général celle^i 6e voit moins bien au premier 
pbqrd^ puis elle se dçssine mieux peu à pi^ès ; probable-* 
ment k cause de l'action de Teau qui la blanchit \ enfin 
çlle disparaît en raison des froncemens que la cicatricule 



( 4^9 ) 

éprouve. L'aire pellucide présente une membrane gre- 
nue, grossière et parsemée de points plus denses* Nous 
entrerons ici dans quelques détails sur sa composition 
élémentaire, elle est sensiblement la même pendant les 
heures qui précèdent et suivent celle-ci jusqu'à une 
époque plus avancée où nous aurons soin de le remar- 
quer. Cette membrane vue par transmission k Taide d un 
grossissement de 3oo* diamètres , présente une forme 
tout-à-fait analogue à celle des membranes celluleuses en 
général ; et telle que nous Fa donnée d'une manière fort 
exacte M. Milne Edwards , dans sa Thèse. Elle est com- 
posée de séries de petits globules réunis en chapelets qui 
se portent en différentes directions, en formant une 
espèce de trame irrégulière ou de tissu spongieux ; dans 
certains endroits les globules s'entassent, la lame cellu- 
laire s'épaissit et il en résulte de petites lames cotonneu- 
ses qui donnent quelquefois à la cicatricule , un aspect 
moucheté tout-à-fait particulier. 

Nous possédons dqjà tous les renseignemens néces- 
saires pour discuter l'opinion de IVL Pander. Dès les 
premiers instans de l'incubation , aperçoit - on deux 
lignes ou plis qui, venant à se réunir ensuite, forment 
un canal dans l'intérieur duquel se développe la moelle 
épinière et le cerveau , ou bien ces deux plis se mon- 
trent-ils postérieurement à une époque pendant laquelle 
le foetus serait dgà visible sous une forme quelcon- 
que? Tel est le point dans lequel il convient de se pla- 
cer pour juger avec certitude l'hypothèse de M. Pan- 
der. Cet habile observateur a si bien décrit les phases 
avancées du développement du poulet , que nous avons 
dû mettre un soin tout particulier ^dans les expériences 



( 43o ) 

que nous avons entreprises relativement aux premières 
heures. 

Nous avions d^jà vu tous les faits que nous avons rap^ 
portés à cet égard , lorsque nous avons pris connaissance 
de l'ouvrage de M. Pander. Depuis cette époque nous 
avons repris la même recherche à plusieurs fois, et 
nous en avons obtenu toujours des résultats inden ti- 
ques. En récapitulant les observations dans lesquelles 
nous avons pu nettement apercevoir le foetus dans les 
six premières heures d'incubation , nous pourrions en 
trouver près de cent. Nous possédons au moins trente 
dessins relatifs à ces époques , pris dans des circons- 
tances éloignées et très-différentes et tous parfaitement 
analogues entre eux, en ce qui concerne le point prin- 
cipal delà discussion. 

Les observations dont on vient de lire le détail et la 
comparaison de nos dessins avec ceux^de M. Pander, 
montrent donc avec la dernière évidence que T hypothèse 
de cet habile observateur n'est point fondée. En effet, 
il considère les deux lignes qui marquent les bords du 
nuage dont le trait fétal est entouré comme étant les 
premières indices du fœtus lui-même. Il n'a vu ces deux 
lignes qu'à la neuvième heure de l'incubation , tandis 
qu'on peut les entrevoir dans l'œuf fécond même avant 
qu'il ait été couvé. Il considère ces lignes comme étant 
les premiers linéamens du nouvel être, tandis que le trait 
moyen est d^jà très-net dans l'œuf non couvé et que ces 
mêmes lignes ne se prononcent d'une manière précise , 
qu'à la neuvième heure de l'incubation environ. 

Nous ne saurions donc adopter la théorie que M. Pan- 
der a proposé, et nous pensons qu'en admettant la cer- 



( 43i ) 

lîtude de nos résultats , qu'il est facile de constater , il 
faut aussi admettre que sa manière d^envisager la forma- 
tion du fœtus doit être rejetée. 

Œuf après neuf heures d^ incubation, (PL 48 , fig. 6.) 

La cicatricule a 9"*" de diamètre. Taire transparente 
en a 4°^ s^ forme ovale continue à se prononcer de plus 
en plus. Le nuage qui entoure le trait rudimentaire a 
pris quelque chose dé moins confus, les bords qui le ter- 
minent sont mieux arrêtés , et ce trait lui-même a main- 
tenant atteint nT^j'j de longueur. Les changemens que 
nous avons déciît, jusques à cette époque, se sont bornés, 
comme il est aisé de s'en convaincre , a une simple ex- 
tension des partie^ qui se rencontraient dqjà dans la ci- 
catricule fécondée avant Tincubation. La ligne primitive 
était devenue plus longue ; le bourrelet qui Tavoisine 
s'était élargi , la cicatricule avait acquis un plus grand 
diamètre et son aire pellucide était elle même plus al- 
longée et avait pris la figure que les botanistes désignent 
sous le nom de subcordiforme ; mais de ces diverses al- 
térations aucune n'avait encore atteint plus spécialement 
des parties déterminées de la cicatricule, bien au con- 
traire toutes celles-ci semblaient avoir éprouvé le même 
effet général. Maintenant nous allons observer un genre 
d'action très-singulier, en ce qu'il s'opère à une certaine 
distance de la ligne primitive qui parait cependant en 
être la cause efficiente. L'aire pellucide va devenir le 
théâtre de métamorphoses diverses qu'il est très-impor- 
tant de suivre pas à pas , puisque leur résultat définitif 
doit être l'édification complète du corps de ranimai^ 



(43a) 

lions ne Terrons pa& la nature arrirer tout à coup à ceâ 
formes finies qâi doivent persister ensuite pendant toute 
la vie de l'être qu'elle s'occupe à créer •, mais elle nous 
fera sentir pat* le choix même des voies détournées 
qu'elle employé , qu'elle ne peut rien amener d*une 
manière brusque, et qu^il lui est indispensable de par- 
courir certaines formes intermédiaires. Le premier in- 
dice de ce nouveau genre d action consiste en un plisse- 
ment de la membrane transparente , à quelque distance 
de ses bords et parallèlemetit à ceux-ci. Cest dans la par- 
tie la plus large que le phénomène se manifeste d'abord. 

OEuf après douze heures d^incubation. ( PI. 49? ^g* !•) 

Les changemens dont nous avons remarqué la pre- 
mière origine vers la neuvième heure de FIncubation , 
ont pris une extension remarquable. Nous avons vu 
' alors qu'une petite portion du bord supérieur dé l'aire 
transparente était soulevée et en dessinait le contotir sous 
la forme d'un bourrelet. Pendant les trois heures qui 
séparent celte époque de la précédente , celui-ci s'est 
avancé vers la base, de l'aire pellucide, en parcourant 
progressivement toute sa surface comme le ferait une 
onde légère. Toutes les portions comprises dans son tra- 
jet, se sont relevées en bosse et rien ne pourrait main- 
tenant indiquer la cause à laquelle cet écusson doit sa 
naissance. Le pourtour immédiatement en contact avec 
la zone épaisse ; n'a point participé à ce genre d'action 
et il est resté parfaitement plane, de telle sorte que 
la partie interne de l'aire transparente se dessine en re- 
lief au-dessus de lui. Par une macération (Tune heure 
cette membrane se sépare en deux feuillets qui dans 



(433) 

' Tétai ordinaire sont exactement superposés l'un à Tautre 
et entre lesquels nous verrons plus tard courir des vais- 
seaux sanguins. La cicatricule a maintenant ii°*'^de 
longueur, sur un peu moins de largeur; elle adhère par 
son pourtour à la membrane du jaune m%is faiblement. 
Cette disposition donne beaucoup de facilité pour l'en- 
lever et la placer sur une plaque de verre. L'aire trans* 
parante a pris une longueur de 5 millimètres , sur une 
largeur de trois , et le trait primitif qui s'est légèrement 
prolongé se fait remarquer par sa forme plus arrêtée. 
Sa position est d'ailleurs toujours la même , il occupe 
la partie moyenne du disque, et le nuage blanc dont il 
est enveloppé s'accroît en diamètre dans la même pro- 
portion. 

Le nucleus qui est fixé par sa circonférence au bord 
interne de la zone épaisse, ainsi que nous l'avons dqjà 
dit, a été entraîné par celle-ci à mesure qu'elle a augmenté 
de dimensions , ce corps a en conséquence éprouvé des 
altérations successives \ son centre a commencé par se 
creuser un peu; puis il s'est aminci, et même perforé^ 
de manière à laisser le vitellus à découvert^ il s'en est 
détaché des portions circulaires qui se sont séparées de 
la zone épaisse , lorsque la circonférence de celle-ci a 
augmenté. Enfin nous le verrons se subdiviser peu à peu 
et même disparaître entièrement en se confondant , soit 
avec la zone épaisse, soit avec la substance du jaune 
subjacent. Ces diverses altérations du nucleus qui nous 
semblent purement mécaniques et sans importance quel- 
conque , ont été décrites et mesurées minutieusement par 
Haller, et beaucoup d'autres auteurs qui les ont d'ail- 
leurs confondues avec les- bords de la cicatricule. Ils 
XII. 28 



( 434 ) 

ont désigné sous le nom de halons les cercles blancs 
qu^ils appercevaient autour du fœtus , et Haller, en par-* 
ticulier les a pris pour des oi^anes essentiels et a soumis 
la rapidité de leur accroissement^ à des calculs qui n^ont 
aucun fondement. 



OEuf après quinze heures d'incubation. (PI. 49? fig. a.) 

Cette époque n'est marquée par aucun progrès saiU 
lant; la cicatricule s'est accrue, elle a i3"^ de longuenr, 
et Taire transparente en a 6. Le trait fétal a 4"**" de lon- 
gueur ; il occupe toiyours la partie moyenne du disque 
et se termine en bas par un petit renflement analogue à 
celui qu'on observe à l'extrémité céphalique , mais beau- 
coup moins miarqué : le nuage blanc qui Tentoure s'é- 
largit légèrement depuis le tiers supérieur en bas. Cette 
circonstance du développement parait caractériser l'heure 
à laquelle nous observons. 

OEuf après dix^hûit heures ^incubation. (PI. 49 > 

fig, 3 et 4») 

Le disque Tjui porte la ligne primitive a pris une ap- 
parence très différente. Supérieurement, il s'est rétréci 
en s'arrondissant, et le pli que la membrane a formé en 
exécutant ce changement, s'est rabattu comme un voile 
en avant de l'extrémité céphalique. Latéralement , ses 
bords sont devenus très concaves à la partie moyenne; 
plus bas^ ils reprennent leur convexité et finissent par se 
rencontrer sous un angle aigu , ce qui donne au disque 
l'aspect d'un fer de lance. La ligne primitive occupe la 



(435) 

partie médiane. La bordure opaque qui Fentoure forme 
de chaque côté , dans ses deux tiei*8 inférieurs , deux pe- 
tits bourrelets entre lesquels elle est reçue comme dans 
une petite gouttière. C'est là Torigine du canal verté- 
bral que nous verrons bientôt s'achever. Si l'on tourne 
la cicatricule sur son autre face, cette apparence devient 
encore plus manifeste , car on voit la concavité des plis 
entre lesquels est placée la gouttière. On conçoit que 
sous de telles conditions la région dorsale du foetus ^ 
nous présente une forme arrondie ; Taire transparente 
dont nous n'apercevions qu'un bord étroit dans les heures 
précédentes est devenue plus large, le disque. s'étant 
beaucoup resserré et n'occupant plus qu'une moindre 
surface. Quant aux mesures précises de cette époque , 
nous trouvons i6°^ pour le diamètre de la cicatricule^ 
6 pour la plus grande longueur de l'aire transparente et 
5™",a pour le foetus. 

OEuf après uingt-une heures d'incubation, (PI, 5o, 

fig. I.) 

Le fœtus a 6™™,3 de longueur; le disque a perdu 
l'apparence d'une lyre ; ses côtés descendent à*peu-près 
en droite ligne , et se terminent inférieurement , en se 
joignant à angle aigu , et en fer de lance comme nous 
l'avons vu précédemment. Les deux bourrelets qui doi- 
vent former le canal vertébral , se rapprochent et com- 
mencent à cacher la ligne primitive. Verp le milieu du 
disque , on remarque deux plis qui se dirigent eu bas et 
en dehors ; ce sont les premiers linéamens qui désigneilt 



( 436 ) 

le pelvis. Entre les deux feuillets de Faire transparente 
et intérieurement au cercle qui la circonscrit maintenant^ 
il s'est développé une lame de tissu spongieux qui plus 
épaisse extérieurement , finît par se perdre en s'avançant 
▼ers la partie ou s'est formé le foetus \ c'est dans cette 
membrane que l'on voit paraître les premiers globules 
sanguins. C'est là , que commencent à se développer les 
vaisseaux où ils se rassembleront. Cette partie a la plus 
grande importance relativement à la sanguification \ elle 
s^étendra de l'intérieur à l'extérieur , et finira par recou- 
vrir tout le jaune, en demeurant pendant quelques jours 
le priiicipal siège de la sanguification. 

La densité de la substance du jaune paraît uniforme 
et cette assertion sera sans doute regardée comme peu 
d'âccôrd avec tout ce qu'on a dit sur la faculté qu'il pos- 
sède de se placer de manière que le fœtus occupe la 
partie supérieure ^ mais on n'a pas suffisamment distin- 
gué les circonstances de ce phénomène. Dans les premiers 
temps , c'est-à-dire , à l'instant de la ponte et pendant 
les six premières heures de l'incubation , le jaune n'af- 
fecte aucune situation déterminée , mais à mesure que 
la cavité placée entre la cioatricule et le jaime vient à 
s'agrandir , l'on aperçoit dans celui-ci une tendance 
très marquée à flotter dans la situation désignée par les 
auteurs. Le fœtus en occupe toujours la partie supérieure, 
et dès le second jour^ il est arrivé de tels changemens 
dans la densité relative du jaune et du blanc , qu'on voit 
ce dernier se placer constamment dans la portion infé- 
rieure de l'œuf , tandis que la cicatricule se porte dans 
la supérieure , où on la voit paraître aussitôt qu'on a en- 



(437 ) 

levé la coquille. Celte disposition est due à la sérosité qui 
s'accumule au-dessous delà cicatricule , et dont le poids 

spécifique, étant moindre que celui de la substance 
du jaune , rompt Féquilibre et oblige la place qu'elle oc- 
cupe a se tenir dans Tendroit le plus élevé. Ainsi se 
trouve rempli par un mécanisme fort simple , un but 
très-important qui est de mettre la cicatricule en rapport 
aussi immédiat que possible avec Toxigène. 

OEufs après vingt-quatre heures d'incubation. ( PL 5o, 

fig. 2. ) 

Les trois heures qui séparent Tépoque dont nous 
allons nous occuper, de la précédente , offrent' ce phéno- 
mène singulier^ qu'il n'est survenu aucun changement 
4ans les dimensions du fœtus^ et que les altérations qu'on 
j observe se sont circonscrites , pour ainsi dire , dans 
les limites qui arrêtaient sa forme précédemment. Elles 
n'en sont pour cela ni moins importantes ni moins cu- 
rieuses , car il est déjà facile de reconnaître sur les deux 
renflemens longitudinaux qui courent parallèlement à 
la ligne primitive , trois points arrondis plus consistans , 
dont nous verrons bientôt le nombre s'accroître avec 
rapidité : ce sont les rudimens des vertèbres. Les lignes 
qui terminent en dedans chacun des renflemens sont 
devenues sinueuses , de droites qu'elles étaient aupara- 
vant; elles se rapprochent au-dessus du trait primitif, 
dans les points correspondans aux petites traces verté- 
brales. La ligne primitive elle-même s'est considérable- 
ment gonflée à sa terminaison inférieure , qui présente 



( 438 ) 

très-nettement Forigine du sinus rhomboïdal^ dont la 
forme peut déjà même se distîrfguer. Au-dessous du point 
où elle s'arrête , les renfiemens latéraux viennent se réu^ 
nir, après avoir décrit une courbe gracieuse et parallèle 
à celle du sinus rhomboïdal lui-même. La portion ce-» 
phalique n'a pa« éprouvé des changemens aussi considé- 
rables , seulement la partie de la membrane qui se rabat 
en avant descend toujours vers la région lûoyenne du 
fœtus , dont le sotSmet se trouve ainsi considérablement 
dégagé de toute adhérence latérale. Mais ce qu'il y a de 
remarquable , c'est que Tétat du foetus et celui de Taire 
transparente ayant peu changé relativement aux dimen-^ 
sions , la cicatricule n'en a pas moins <;ontinué à s'é-i 
tendre, et se trouve à présent avoir un diamètre de 21 
millimètres. 

OEuf après vingtrsept heures éC incubation. (PL 5i, 

fig. I.) 

A la simple inspection de la figure , on remarque de 
suite les principaux xihangemens que le fœtus ^a éprouvée 
Le nombre des points vertébraux s'est accru , toutes les 
membranes ont leurs plis plus arrêtés et plus distincts. 
Autour du sommet de la lig^e primitive s'aperçoit une 
espèce de poche membraneuse , premier indice des 
vésicules cérébrales , €t à la base du capuchon on ob- 
serve des traits confus [qui semblent les premiers indices 
de la formation du cœur. 



(439) 

Œjuf après trente heures d'incubation. (PI. 6i ,fig. 2.) 

Les vésicules cérébrales commencent à se dessiner, le 
cœur a pris une forme distincte^ toutes les parties àvl 
fœtus ont gagné en netteté , et le vaisseau terminal , d^jà 
bien distinct dans la figure précédente, a pris ici la foime 
qu'on lui connaît lors(^u il est rempli de sang rouge. 

OEufaprhs trente^trois heures d'incubation. (PI. 62, fig. i.) 

• 

C'est à cette époque que le trait primitif disparaît^ 
soit qu'il se trouve caché par les enveloppes , soit qu'il 
se détmise réellement. Du reste , on voit que le cœur a 
commencé à fonctionner, que les vésicules cérébrales se 
sont bien dessinées 9 que le nombre des points verté- 
braux s'est considérablement aecru , et que des taches 
sanguines éparses sur la cicatricule indiquent les com- 
mencemens d'une époque nouvelle dans la vie du fœtus. 

Œuf aprhs trente^six heures d incubation. (PI. 62', fig. 2.) 

Dans notre but, nous aurions pu nous arrêter à l'é- 
poque qui précède celle-ci ; mais nous avons voulu mon- 
trer que malgré les changemens de forme et de position 
survenus dans le fœtus , il n'est pas possible de retrou- 
ver le trait primitif. 

Cette dernière figure est grossie douze fois seulement ; 
toutes les autres le sont vingt fois. Nous joignons ici 
un tableau de l'accroissement de la cicatricule et de ses 
principales parties : il repose sur des recherches assez 
nombreuses pour qu'on puisse l'employer à vérifier les 
époques d'incubation des poulets , en admettant toute- 



( Uo ) 
fois que leur incubation n'ait été troublée ^ar aucune 



circonstance. 



TABLEAU 

DES AGCROISSEMBNS DU FOETUS ET DE LA GIGATBICULE 
PENDANT LES PREMIÈAES HEURES DE l'iNCUBATION. 



DATB. 



vhciurM* 



3 
6 

9 

12 

i5 

i8 
ai 

3o 
33 

36 

39 
4a 

45 

48 
54 
6o 



CICATRICULB. 



>0 



9^ 

• O 



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8 
8 ,5 

9 
1 1 

i3 

i6 ,0 

ï9 >o 
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25 ,o 

27 ,0 

3i ,0 

34 ,0 
38 ,0 

39 
48 

60 

70 



.0 



AIRE 
TRANSPARENTE. 



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3 


-,o 


3 


,5 


4 
5 


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6 


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6 


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9 

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10 


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16 


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FOiTIIS. 



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I 



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5 

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6 

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7 
7. 

5 

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9 

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8 

7 
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3 

3 



o 
o 
5 
5 
5 
o 
o 

.0 



•«■-^^l 



Dans les planches 53 et 54 nous avons figuré quel-r 
ques époques du développement du canard. On trouve 
d^abord (pi. 53) une série de cicatricules de grandeur 



( 44t ) 

tialurelle; la fig. lo de la même planche montre la ci- 
catricule féconde non couvée , dans laquelle le nuage 
qui entoure le trait primitif s'est toujours trouvé telle- 
ment opaque , qu'il nous a été impossible de rien dis- 
tinguer dans son intérieur. Il en est de même de la 
fig. II, qui représente la cicatricule d'un œuf couvé pen- 
dant quatre heures. Il en est tout^autrement de la fig^i^? 
relative à un œuf qui avait huit heures d'incubation ^ le 
nuage qui enveloppait le trait primitif s'étant considé- 
rablement éclairci , celui-ci se montre avec une netteté 
qu'il est rare de rencontrer dans les poulets du même 
âge. 

Nous n'avons placé ici la planche 54 que pour faire 
voir que tous les détails relatifs au poulet peuvent être 
regardés comme des phénomènes probablement assez 
généraux. Il suffit de comparer les figures du canard avec 
celles des poulets correspoudans , pour s'assurer que les 
caractères essentiels de chaque époque organique sont 
les mêmes. Nous terminerons , en faisant observer que 
les canards se développent moins vite que les poulets ] 
ce qui devait être , la durée de l'incubation étant plus 
courte pour ces derniers. 

CONCLUSIONS. 

1 ° La cicatricule inféconde diffère totalement de la 
cicatricule fécondée. 

20 En comparant la marche de l'évolution pendant 
les 24 premières heures , avec nos dessins pour les heu- 
res subséquentes , on voit évidemment que le rudiment 
du système nerveux se montre au centre de la cicatricule 
xlès rinstant où les œufs sont fécondés. 

3^ Les Planches relatives au canard amènent au même 
xésultsit. 



( 440 

EXPLICATION DES PLANCHÉS. 

POULET. 

Pt. 47* Cicatricules isolées de grandeur naturelle. Les chiffres qid ac- 
compagnent chaque figure indiquent les heures de Tincubation. Dan»> 
les deux dernières figures, la courbure de la cicatricule nous a obligés, 
à Tentailler ayant de la développer dans le vase plat où elle devait 
êtVtnesurée. 

PL 4B. Cicatricules grossies. — Fig. i. Cicatricule inféconde. A , id. 
eu place , de grandeur naturelle. ^- Fig. a. Cicatricule fécondée de 
Tœuf non couvé. B ^ id, en place, dé grandeur naturelle. — Fig. 3. 
cicatricule d'un œuf couvé pendant trois heures , vue en place. C, la 
même de grandeur natureUe. — Fig. 4* Cicatricule d'un ceuf couvé 
pendant trois heures, vue après avoir été détachée du jaune.—- Fig. 5. 
Cicatricule d'un œuf couvé pendant six. heures , isolée du jaune. — 
Fig. 6. Cicatricule d'un œuf couvé pendant neuf heures, isolée du 
jaune. 

PI. 49* Cicatricules grossies. — On n^a représenté que le fœtus et les 
parties voisines ; le restant de la membrane est supposé coupé. — 
Fig. I. Cicatricule d'un œuf couvé pendant douze heures. —Fig. a. 
Cicatricule d'un œuf couvé pendant quinze heures. — Fig. 3. Cicatri- 
cules d'un œuf couvé pendant dix-huit heures , vue en dessous. — 
Fig. 4* Cicatricule d'un œuf couvé pendant dix-huit heures , vue en 
dessus. 

PI. 5i. Cicatricules grossies. — Fig. i. Cicatricule d'un œuf couvé pen- 
dant vingt-une heures. — Fig. a. Id. d'un œuf couvé pendant vingt- 
quatre heures. 

PI. 5 1 . Cicatricules grossies. — Fig. i . Cicatricule d'un œuf couvé pen- 
dant vingt-sept heures. — Fig. a. Id, d'un œuf couvé pendant trente 
heures. 

PI. 5a. Cicatricules grossies. — Fig. i . Cicatricule d'un œuf couvé pen- 
dant trente -trois heures. — Fig. a. Id. d*un œuf couvé pendant 
trente-six heures. 

CAICARD. 

PI. 53 , fig. 1» a, 3, 4f 5y 6, 79 8, g. Cicatricules de canard, de grandeur 
naturelle , prises aux époques d'incubation suivantes : o heures , 4 » 
8 , i6 , a4 , 3a , 36 , 48 et 6o heures. 



c 443 ) 

Fig. 10. Cicatricule non couvée, grossie. — Fig. ii. Cicatricule de 
4 beures; grossie. — Fig. i3. Cicatricule de 8 heures , grossie. 

PI. 54 , fig* i^ Cicatricule de a4 heures , grossie. — Fig. a. Cicatricule 
de 3a heures , grossie. — Fig< 3. Cicatricule de de 36 heurrs, grossie. 
— Fig. 4- Cicatricule de 48 heures , grossie* 



Note def M. Dumas sur la théorie de la génération. 

Nous avons d^'à publié dans ce Recueil divers Mé- 
moires qui sont destinés à éclaircir successivement les 
points les plus importans de la fécondation des animaux. 
Celui que nous livrons au public aujourd'hui faisait 
également partie de la grande série de recherches à la- 
quelle nous nous étions livrés en commun pour éclaircir 
Thistoire de cette importante fonction. Lorsque cet écrit 
fut soumis au jugement de TAcadémiedes Sciences, il for- 
mait avec les précédens un tout dans lequel la liaison des 
détails avec les idées générales sur lesquelles nous étions 
d'accord, se laissait clairement apercevoir. Nous avons 
été séparés par des circonstances inévitables ; et pendant 
Fintervalle assez long qui s'est écoulé depuis , nous 
avons mûri ou modifié nos idées , de manière que cha- 
cun de nous considère sous un point de vue un peu dif- 
férent la partie fondamentale du phénomène. 

Il importe peut-être à nos lecteurs de former leur 
opinion à cet égard; il nous importe certainement à 
nous-mème d'établir de la façon la plus claire nos idées 
respectives. 

Nous allons rappeler en premier Heu les faits que 
nous regardons comrame incontestables^ et qui résul- 
tent des recherches rapportées dans les Mémoires pré- 
iCiédens. ^ 



(444) 

Après avoir lu les écrits que nous avons publiés sur 
les animalcules spermatiques et sur les fécondations ar- 
tificielles, il faut admettre, ce nous semble, que les 
êtres mouvans que renferme la liqueur fécondante jouent 
un rôle nécessaire dans la génération. Il est impossible 
de conserver le mioindre doute à ce sujet quand on exa- 
mine Tensemble des preuves, en se laissant diriger par 
le mode de raisonnement qui est adopté en physique , en 
chimie , et en général dans les sciences exactes , aux- 
quelles nous avons toujours cherché à ramener la phy-* 
siologie , elle-même. 

Outre Texistence des animalcules , qui n'est qu'un fait 
dont chacun peut aisément se convaincre ^ et leur néces- 
sité dans l'acte de la fécondation , qui est une consé- 
quence inévitable de nos expériences , il est un autre 
point que Spallanzani avait d^jà établi , mais que nous 
croyons avoir développé de manière à ne laisser aucun 
moyen de doute : 'c'est le besoin d'un contact immédiat 
entre l'ovule et la liqueur renfermant les animalcules , 
pour que la fécondation s'effectue. Ceci demande quel- 
ques détails. Nous entendons par contact immédiat celui 
qui peut s'effectuer entre la liqueur prolifique et l'ovule 
dépouillé de toutes ses enveloppes accessoires , et réduit 
par conséquent à l'état dans lequel il se trouve dans l'o- 
vaire lui-même. Mais , tant que les œufs sont entourés 
de la membrane qui les renferdie lorsqu'ils sont dans 
l' ovaire , ce contact ne peut pas avoir lieu , et la fécon- 
dation est impossible : on sait du moins que l'on ne peut 
point féconder les œufs de Batraciens contenus encore 
dans l'ovaire; on sait aussi que la liqueur fécondante 
des Mammifères s'arrête dans la matrice ou les cornes y 



(445) 

et ne parvient jamais jusqu'à Tovaire lui-même, du 
moins dans les circonstances ordinaires. 

C'est donc hors de Tovaire que la fécondation s'ef- 
fectue *, mais , en admettant ce principe , on peut le mo- 
difier diversement, suivant les circonstances. En effet, 
dans les Batraciens , l'œuf n'est expulsé hors de la fe- 
melle qu'après avoir acquis dans l'oviducte une enve- 
loppe albumineuse assez épaisse. Dans ce cas^ nous 
avons démontré que l'enveloppe mise en contact avec de 
l'eau pure , absorbait ce liquide et se gonflait beaucoup. 
Nous avons également prouvé que lorsque l'eau conte- 
nait des animalcules en suspension, ceux-ci se trou- 
vaient entrainés pendant l'absorption et pénétraient au 
travers de la masse albumineuse jusqu'à la surface 
de l'ovule lui-même. La propriété hygroscopique de 
cette enveloppe muqueuse ou albumineuse a donc été 
mise à profit dans ce cas pour effectuer le transport des 
animalcules. 

Dans les Mammifères, les choses se passent autre- 
ment. L'ovule détaché de l'ovaire ne se revêt pas d'une 
couche muqueuse, et se trouve par conséquent, soit 
dans les cornes, soit dans la matrice, en contact immé- 
diat avec les animalcules qui sont disséminés sur les 
parois de ces organes. 

Enfin , dans les oiseaux , l'on peut admettre le pre- 
mier cas^ ^n supposant que la fécondation s'effectue 
après que le jaune s'est recouvert du blanc et avant que 
la coquille soit venue envelopper le tout; ou bien le 
second, en supposant qu'elle s'opère au moment où le 
jaune traverse les parties supérieures de l'oviducte, et 
par conséquent avant qu'il ait pu se revêtir des couches 



( 446 ) 

accessoires qui se déposent plus tard sur lui. Une étude 
attentive de la cicatricule à diverses époques du trajet 
de Toviducte, pourra résoudre ce point de détail *, mais 
Ton peut tirer de Fabsence des animalcules dans la par-^ 
tie supérieure de Toviducte , la conclusion qu il nous 
importe d'établir en ce moment, c'est que la féconda- 
tion , dans les oiseaux , s'opère hors de Fovaire , puisque 
les animalcules ne parviennent jamais jusqu'à cet or-^ 
gane. 

Noif s admettrons , en conséquence , que la féconda<* 
tion a toi^ours lieu hors de l'ovaire^ qu'elle s'effectue 
toujours par le contact immédiat des animalcules et de 
l'ovule , soit que ce contact s^opère entre l'ovule nu el la 
liqueur fécondante , soit qu'il s'effectue par l'intermë-^ 
diaire d'une couche muqueuse hygroscopique. 

Il nous reste à considérer l'époque à laquelle s'effectue 
la fécondation. Nous voyons ^ en résumant les résultats 
des diverses expériences , que cette époque est détermif 
née par la durée de la vie des animalcules d'une part , 
et de l'autre , par le temps nécessaire aux œufs pour se 
détacher des ovaires et arriver dans l'ovidocte. Ici les 
circonstances varient en sens inverse* Dans les Batraciens 
et les Poissons ; les ovules se détachent , se recouvrent 
de mucus , et parviennent au dehors ^ ils tombent dans 
un liquide aqueux , auquel le mâle fournit, au moment 
même, une quantité considérable d'anima^fules. Chesi 
les Mammifères, on voit, au contraire, que le mâle 
fournit sa liqueur fécondante , et l'introduit dans les oiw 
ganes de la femelle avant que les ovules ^e soient déta-* 
chés de l'ovaire. Une fois que les animalcules sont par- 
venus dans ces organes , ils y attendent les œufs et les 



(447) 

fécondent à mesure. Or, les expériences faites sur les 
chiens et les lapins montrent que la chute des ovules ne 
s'effectue qu'au bout d'un temps assez long, c'est-à-dire 
dix ou douze jours après la copulation ] elles montrent , 
en outre, que pendant ce même espace de temps les ani- 
malcules conservent leur mouvement, ce qu'il aurait été 
facile de prévoir. Les oiseaux sont dans le même cas; 
mais , d'après les expériences de M. Dutrochet , le pou^ 
voir fécondant des animalcules peut durer environ vingt 
Jours après la copulation. Ce fait n'a rien de surprenant, 
car ici la limite est un maximum , tandis que dans les 
Mammifères^ la disposition des appareils ne permet pas 
de l'atteindre. En effet , dans ces derniers , la féconda- 
tion ne peut commencer avant le huitième jour, puisque 
les ovules ne se détachent pas plutôt ; elle ne peut dépaà«- 
ser le douzième , puisqu'à cette époque les organes édu- 
cateurs ont reçu tous les ovules qu'ils peuvent contenir «^ 
Chez les oiseaux , les œufs étant évacués à mesure , leur 
fécondation est possible tant qu'il reste des animalcule» 
en vie, ou bien tant que ceux-ci ne sont pas entraînée 
complètement. 

Il est facile de prévoir que l'espace de temps écoulé 
entre la copulation et Finstant de la fécondation , peut 
atteindre des limites bien plus étendues. En effet , dans 
les organes du mâle , la durée de la vie des animalcules 
doit être fort longue, puisque tous ceux qu'on y observe 
sont doués de mouvement. Si , en passant dans les orga- 
nes de la femelle , ces êtres retrouvent des circonstances 
analogues à celles dans lesquelles ils vivaient auparavant, 
le déplacement qu'ils ont éprouvé doit infli:^er pour peu 
de chose sur la durée de leur existence. C'est ainsi que 



(448) 

Vùn peut expliquer la plupart des faits si étranges que 
la génération des insectes présente. 

En étudiant des questions aussi délicates, en présen-' 
tant des théories dont la vérification exige une grande 
habitude des expériences et une patience rare , nous 
avons dû nous attendre à voir nos travaux rester pen- 
dant quelque temps encore dans le rang de ces recherches 
sur lesquelles un esprit sage suspend son jugement jus- 
qu'au moment où il a pu lui-même les vérifier , soit 
dans les faits , soit dans les conséquences. Que beaucoup 
de physiologistes, laissant de côté nos propres idées ^ 
discutent les questions de ce genre avec les vues qui ré- 
sultaient des faits anciennement connus , c'est une chose 
dont nous sommes loin d'être surpris^ toutefois , si nos 
idées doivent être rcgetées ou admises , de nouveaux faits 
doivent les renverser ou les confirmer^ c'est la seule 
épreuve à laquelle on puisse soumettre une hypothèse , 
quand d'ailleurs elle rend raison des faits d^à connus , 
et c'est sur ce point que nous désirons attirer l'attention 
des sa vans. Il n'est aucun mode de génération dans les 
animaux pourvus de sexes , il n'est aucun accident connu 
de cette fonction dans ces mêmes animaux qui, dans 
notre point de vue, ne puisse être prévu ou expliqué. 
Nous avons étudié celte fonction dans des classes assez 
variées, nous avons discuté avec soin les phénomènes 
connus de monstruosités , et nous n'avons rien trouvé 
qui ne fût d'accord avec les principes qui sont établis 
ci-dessus. Ce sont donc des point sur lesquels il ne nous 
reste aucun doute. 

C'est ici que nos opinions commencent à se séparer. 
Tout en admettant le mode de communication entre les 



( 449 ) 

animalcules fet les ovules , ainsi que la nécessité dé» ani- 
malcules ^ on peut se demander en quoi consiste le rôle 
de ces êtres dans la fécondation^ et les faits manquent 
pour éclaircir ce poiiit. 

Voici l'opinion de M. Prévost : 

« J'ai désiré jusqu'à présent m'abstenir de toute dis^ 
» cussion sur la tbéorie proprement dite de la génération^ 
» attendu que nous n'avons pias les données au moyen 
)) desquelles on peut éclaircir ce sujet d'une manière 
» complète. Comme il me parait cependant qu'on ne se 
H fait pas une juste idée de ma manière d'envisager ce 
» phénomène I j'esquisserai brièVeméat ici l'hypothèse 
» qui me parait la plus probable, en rappelant toutefois 
» au lecteui^ que je n'y attache qu'une très-légère îm- 
» portance. 

)> lies animaux destinés à remplacer ceux qu« la mort 
» détruit, se développent par la répétition des menées 
)> acte^ qui ont amené leurs devanciers. Pour les étudier 
)> d'une manière utile au but que nous nous proposons^ 
» nous sommes obligés de remonter aux conditions du 
» pretmier de ces actes , et nous trouvons que c'est le 
» ceQtact entre la liqueur prolifique du mâle et les oe|if« 
» émis par Tovaire de la femelle. Un examen plus atteut*- 
» tif encore nous fait recon^aHreque ce sont les asiiimtal^ 
» cules spermatiques qui forment l'élément essentiel à 
)) la génération dans la semence du mâle , et qu'il eslin-k 
» finiment probable que le nombre des animalcules em-^ 
)> ployés correspond à celui des fœtus développés'*/rac-< 
» tion de ces animalcules^ que nous regardonS'CO'mme 
» les agens masculins de la génération, est donc indivis 
» duelle, et non pas collective. Passant ensuite à Pétude 



(45o ) 

» des œufs , nous voyons sur ceux-ci un appareil qu-ed 
)) a nommé la cicalricule, et dans Faire transparente du- 
» quel se dessinent les premiers rudimens du fœtus : 
» c'est là que nous rechercherons les agens générateurs 
)) de la femelle. En conséquence, nous soumettrons à 
M un très-bon microscope Taire transparente des cicatrl- 
» cules que portent les jaunes encore retenus dans Fo- 
» vaire, chez une poule dont le coq n^a jamais approché , 
» et nous y remarquerons un petit nuage allongé qui se 
» dirige de la circonférence au centre^ puis répétant la 
» même observation sur un œuf fécondé , en ayant soin 
» de le retirer de l'oviducte , afin d'être sûr qu'il n'a été 
)> soumis à l'incubation pour aucun espace quelconque 
» de temps, nous y rencontrerons, dans la partie moyenne 
» du nuage un trait cçntral qui rappelle l'animalcule spef- 
» matique; à l'entour de cette ligne , se prononcefi'oiit sy- 
» mélriquemeht les formes du poulet dès les premières 
» heures de l'incubation. Aussitôt que l'embryon peut 
)) être disséqué , nous rechercheron^s cette partie , qui 
» semble l'axe du système qui s'établit ; mais elle a dis- 
» paru : son existence n'est que temporaire ; elle ne doit 
» point demeurer portion intégrante du fœtus. Lanubé^ 
» cule qui entoure le trait central li'esi pas non plus en 
» miniature l'image du futur animal : on né saurait y 
» reconnaître ses formes arrêtées , qui ne feraient que 
» grandir si elles avaient préexisté : ixîi , au contraire , 
)> l'observateur assiste à une véritable construction*, il 
» voit se canevasser dans la cicatricule des parties qui , 
» d'abord plus grandes, se dépriment, se façonnent^ 
» pour arriver à la figure qu'elles conserveront , et avec 
» laquelle elles n'ont pas la plus légère ressemblance; 
» Les faits que nous retraçons sont peu favorables à la 



(45£ ) 

>. doctrine de remboîtement des germes , et nous y re-* 
» trouvons avec plaisir des argumens contre une opinion 
)> qui cadre mal avec les propriétés connues de la ma- 
» tière, et rebute Timagination par la stérilité des consé-r. 
» quences qu'on peut en tirer : ils tendraient plutôt à 
)) nous montrer le fœtus comme le résultat de Tactioa 
\) que Fanimalcule spermatique exercerait sur le corps 
)) opaque de Taire transparente^ ni Tun ni Tautre de ces 
» agens ne formeraient une partie de l'être qui se crée ; 
» ils ne feraient que donner naissance au premier des 
» actes successifs en vertu desquels cet être serait pro- 
)]( duit. Cette m^^nière d'envisager le phénomène nous 
» fournit une meilleure explication de la ressemblance 
» des hybrides au père et à la mère ; elle nous indique. 
» qu'une bonne analyse du développement et de la nu- 
» trition d'un organe nous découvrira les lois qui prési- 
» dent à l'organogénésie en général, et j'espère montrer 
» l'application de ce principe dans un travail que je ter- 
» mine en ce moment sur la régénération des membres de 
» de la Salamandre aquatique. » 

Voici maintenant la conclusion à laquelle je me suis 
arrêté dans l'article Génération , du Dictionnaire classi- 
que d'histoire naturelle. 

<( L'appareil mâle produit l'animalcule spernuitique \ 
a l'appareil femelle produit un ovule sur un point parti- 
es culier duquel se trouve une lame membraneuse que 
(^ Rolando désigne sous le nom de lame cellulo vascul- 
« laiii'e. Dans l'acte de l'accouplement, si les ovules 
<^ sont sortis de l'ovaire, comme dans les batraciens et les 
« poissons , l'animalcule spermatique pénètre dans l'o- 
(( vule et se greffe sur la membrane cellulo -vase ul^ire ; 
i[ si les œufs ne se détachent pas de Tovaire avant oiv, 



( 45a ) 

(c pendant Tacconplement , maïs après , les animalcules 

* 

^ sont reçus dans les cornes (mammifères), dans Tovi-f 
<c ductus (oiseaux) dans une poche particulière (în- 
« sectes), et ils se greffent sur Vovule à mesure que ce- 
(t luî*ci détaché de l'ovaire, vient traverser l'organe qui 
« les renferbie. Le développement du fœtus , observé 
,« avec soin, nous montre que l'animalcule n'est autre 
« chose que le rudiment du système nerveux, et que la 
« lame membraneuse sur laquelle il s'implante fournit, 
« par les diverses modifications qu'elle éprouve , tous 
« les autres organes dn fœtus. Ainsi se trouve expliquée 
« l'influence particulière au mâle et à la femelle tians la 
(( procréation de l'être auquel ils donnent naissance , 
)> ainsi 3e trouvent expliquées toutes ces ressemblances 
)> héréditaires qui ont tant occupé les philosophes du 
» siècle dernier. Tout physiologiste qui aura soigneuse-. 
)) ment étudié l'ouvrage si riche en apperçus heureux de 
» Geoffroy Saint-Hilaire, sur les monstruosités ; ceux des 
» anatomistes allemands, de Rolando, et les belles ôbser- 
» valions de Serres , sur l'organogénésie , sera obligé de 
)) convenir que l'hypothèse de l'emboitement est insou- 
y> lenable aujourd'hui , et trouvera peut-être que celle 
)) que nous proposons satisfait aux conditions connues du 
» problême. » 

L'opinion de M. Prévost, tend, comme on voit, à re- 
présenter le phénomène de la génération , comme un 
simple accident d'une propriété plus générale des corps 
organisés. Elle réduit l'animalcule a n'être que le prin- 
cipe d'action du développement du fœtus , qui, parvenu à 
un certain point , se suflSt à lui-même. On ne p eut se dissi- 
muler qu'ily a dans celte manière d'envisager la question , 
moins de précision que dans celle qui m'est propre , mais^ 



( 453 ) 

en revanche on y trouve une vue plus profonde el un 
caractère de généralité qui mérite Tattention des physio- 
logistes. Je ne tiens guère plus que M. Prévost^ à mon 
hypothèse , et j'y tiens même si peu , que je n'hésite point 
à faire observer que sous le point de vue le plus impor- 
tant la sienne est préférable. Car, le phénomène de la 
génération est , selon moi , un phénomène fini et isolé , 
tandis que , d'après lui , c'est un phénomène qui viendra 
se rattacher à beaucoup d'autres d'une haute importance^ 
qui servira à les éclairoir et qui en sera lui*mème éclairci. 
Or, il ne peut être douteux , pour l'intelligence géné- 
rale des phénomènes de l'organogénésie , qu'il ne con- 
vienne mieux de les lier entre eux au lieu de les isoler 
comme des faits indépendans. Il ne peut l'être non plus , 
que si l'opinion de M. Prévost, vient à être confirmée 
par de nouvelles recherches, la physiologie aura éprouvé, 
par cela même, une révolution très-avantageuse. 

Si quelques personnes étaient surprises de la dissidence 
qui s'établit entre nous , elles pourraient pent-ètre trou*- 
ver dans les sciences les plus avancées , des exemples 
propres à justifier celui de nous qui est dans l'erreur, 
ou même à nous justifier tous les deux si nous nousi 
sommes trompés l'un et l'autre. Ces exemples seraient 
même faciles à multiplier, mais nous n'en citerous qu'un 
seul. La plupart des phénomènes produits par l'électrîr 
cité ordinaire sont aujourd'hui bien connus , leur expli<r 
cation est aisée , on peut les prévoir et les varier à VO'- 
lonté , suivant des lois qui se prêtent à toutes les modi^. 
fications introduites dans les données de l'expérience ; ei 
cependant parmi les physiciens , les uns admettent qu'il 
n'e»iste qu'un seul fluide électrique , les autres suppo-: 



( 454 ) 

s€Ql qu'il en existe deux. Commeut choisir entre de& 
hypothèses également applicables aux faits connus. 

Tel est à peu près le cas de nos idées sur le mode d'ac- 
tion des animalcules. Tous les faits que nous avons vu, 
tous ceux dont nous avons connaissance^ s'expliquent 
eu supposant que Fun de ses êtres se greffe sur l'ovule 
et détermine le développement du fœtus. Mais ce fœtus 
se forme-t-il, comme le pense M. Prévost, par suite 
d'une action momentanée de l'animalcule après la- 
quelle celui-ci se détruit, ou bien ce fœtus est-il produit 
comme je le suppose, par la réaction de l'animacule 
servant de rudiment au système nerveux , sur les parties 
voisines de l'ovule, c'est ce qui parait difficile à décider. 
Tout le doute se concentre donc en un seul point, comme 
dans l'exemple puisé dans les sciences mathématiques. 
Y a t-îl un seul fluide ou deux fluides électriques , l'ani- 
malcule se détruit-il ou ne se détruit- il pas ? 

Certainement quand on voit des recherches aussi lon- 
gues et aussi pénibles que les nôtres , laisser en défini- 
tive la question la plus importante dans un doute com- 
plet , on peut avec quelque droit regarder l'étude des 
sciences comme également propre à rabaisser l'homme et 
à l'agrandir tour à tour à ses propres yeux. Le point 
fondamental de chaque chose nous échappe*, nous avons 
étudié toutes les difficultés accessoires , et nous les avons 
résolues, nous avons pu passer d'un fil à l'autre sans 
difficulté , jusqu'à ce qu'arrivant au nœud principal de la 
question » la vérité se dérobe , tout d^un coup, à nos ef- 
forts , et ceux-ci ne servent plus qu'à attester notre im- 
puissance. 

FIN DU DOUZIÈME VOLUME. 



TABLE 



DBS 



PLANCHES RELATIVES AUX MEMOIRES 



CONTENUS DANS CE VOLUME, 



PI. 33. Disposition anomale des organes génito-uriuaires. 
Pi. 34 ) 35 , 36 , 37, 38 , 39 , 4^ , 4^ y 4^ y 4^ » 44* Gëuération et déve- 
loppement de Tembryou dans les végétaux phanérogames. 
Pi. 4^ } fig* ^* Haliotis Philbbrti. — PI. B, Cuvibria columitblla et 

EURIBIA HBHISPHJERICA. 

PI. Ifi. Appareils de déglutition chez les reptiles. 
PL ^*j,l\% f \<Q^^Oj^\. 5^,53, 54. Développement de Tembryon des 
oiseaux. 

FtN DE LA TABLE DES PLANCHES. 



TABLE MÉTHODIQUE 

DES MATIÈRES 



CONTENUES DANS CE VOLUME. 



m^ 



AI^ATOMIË ET PHYSIOLOGIE ANIMALE, ZOOLOGIE. 

SPa^es. 
ar Texistence d'un cloaque observé chez un chien privé de 

queue ; par J, G. Martin. 5 

Notice sur quelques Observations microscopiques sur le sang et le 

tissu des animaux ; par le docteur Hoâgkin et J, Lister, 57 

Théorie des formations organiques, ou Recherches d'Anatomie 

transcendante sur les lois de Porganogénic , appliquées à l'ana- 

tomie pathologique ; par M» Serres, ( Suite. ) 8a 

Recherche s sur Vœuf humain ; par M, f^elpeau. 1 ^^ 



"(456) 

Note sur une nouvelle espèce ^titdioiU à l^état fossile ^ par 
M. Marcel de Serres, .^ 809 

Description de deux genres nouveau ( Cuvieria et Eurihia ) ap- 
partenant à la classe des Ptéropodes ; par M, Rang. 3ao 

Snr rûccipital supérieur et sur les Rochers dans le Crocodile ; par 
M, Geoffroy SainuHUaire, 338 

Rechercbes anatomiques et physiologiques sur la Déglutition dans 
les Repftiles ; par M, Ant, Dugès, 337 

Histoire naturelle des Poissons ; pmr M* le baron CuuUr et M, ^a- 
lenciennes. ^ 396 

Mémoire sur développement du poulet dans Tœnf; par MM. Pré- 
ifost et Dumas. 4'^ 

ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE , BOTANIQUE. 

Mémoire sur la Génération et le Développetneât de rentibl'yoïi 
dans les végétaux phanérogames; par M. Adolphe Bron» 
g'ftâ/re , D.-M. 14, i\^, 2:i5 

Extrait du Rapport fait à PAcadémie des Sciences par la comitiid- 
sion chargée de juger les Mémoires envoyés au concours pour 
le prix de physiologie expérimentale. 2g6 

Observations sur la famille des Tamariscinées , et sur latÉaione de 
Tamarix ; par le docteur Ehrenberg. 68 

Note sur le Reettesiuy nouveau genre de plantes de la fafnille des 
Buttneriacées. 

Rapport sur un Mémoire de M. Turpin , ayant pour objet Porga-' 
nisation et la reproduction de la Truffe comestible | par 
MM, Cassini et Mirhel. 20Q 

Observations sur la Structure des Poivres; par C. L. Blume. 21G 

MINÉRALOGIE ET GÉOLOGIE. 

Note sur deux Cavernes à ossemens découvertes à Bize , dans les 
environs de Narbonne ; par M. Tournai. 78 

Sur un Terrain renfermant de nombreux débris de Mollusques et 
de Reptiles à Brignou , près d'Ànduze ; par M. Teissier. 197 

Note sur le Mémoire précédent , par M. Alex, Brongniart. . a^^ 

Sur la Constance des faits géognostiques qui accompagnent le 
terrain d^arkose dans Test de la France ; par M. de Bonnard. 3^9 

FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES. 

• .... 



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