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Full text of "Bulletin du Cercle archéologique, littéraire et artistique de Malines"

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L. 



/^1Z. 



le Archéologique 




in "-Tome III ^, 



Henry CORDEMANS, éditeur. 



BULLETIN 

DU 

CERCLE ARCHÉOLOGIQUE 

LITTÉRAIRE ET ARTISTIQUE 

i DE MALINES 

% 



Le Cercle n'est pas responsable des opinions émises 
par ses membres. 



Bibl. LImb. Geschied- 

en Oudheidk. Genootschap 

Afd. Roermond, 



-^ 



BULLETIN 



DU 



CERCLE ARCHEOLOGIQUE 

LITTÉRAIRE ET ARTISTIQUE 

DE MALINES 



TOME TROISIÈME. 

1892 




MALINES 

HENRY CORDEMANS, LIBRAIRE-ÉDITEUR 

32, RUE DES CHEVALIERS, 32 
1892 




LISTE 



DES 



MEMBRES DU CERCLE 



Commission administrative. 

MM. Willems, J., statuaire, professeur à V/cadémie des Beaux-Arts. Prési- 
dent. 

Coninckx, H., professeur h l'Académie des Baux-Arts Secrétaire. 

Van den Bergh, L., attacljé à f administration des chemins de fer. Tré- 
sorier. 

Hippé, a., industriel. Bibliothécaire. 



Membres honoraires. 



MM. Boey-Ceulemans, industriel, Malines. '' 

Broers, bourgmestre, Malines. ' '" ' 

de Formanoir de la Cazerie, ma'or d'artillerie, Malines. 

Dessain, èchevin de ^Instruction publique, Malines. 

de Wouters, fils, Malines. 

du Trieu deTerdonck,/'ro/i?';V/rt/r^, Malines. 

Kempeneer, èchevin des Travaux publics, Malines. 



— 2 — 

MM. Muls, rentier, Malincs. 

Nagels, couservaliur peusionuc des h\folhèque\ Malines, 
"^olchchs, foiidionvaire nu minislère de la fitslice, Bruxelles. 
Tcrlinden, tieulcimnl-co'ouel de cavalerie en relaite, M iliiics. 
Van Bullacr, cbano'iie directeur du colère Saint Rombaut, Maliiies. 
Van de Walle, notaire. Malines. 
Van Recih, abbé, Malines. 



Membres effectifs. 

MM. Bnyet, H., [on cl ion narre à l'administration des chemins de fer, Malines. 

Cort-hnims, H., libuire, se:réiaire honow're du Cercle a cbéolo^ique de 

Malines, Malines. 
De Nyn, Victor, avocat, Malines. 
de Raadt, J.-Th., secrétaire de la Sociéié archèolooique de Bruxeîks, 

Scha.'rbeck. 
D fort, J., ca^ itaine quartier-maUre au 3^ chasseurs, Malines. 
ISQXQnXAnx, professeur h P Athénée ro\a', Malines. 
Rijckmans, Paul, conseiller communal, Malines. 
Seys, instituteur. Mal nés. 
Van Caster, chan. G., arbéo'ogiie, Malines. 
Van Boxmeer, Ph., architecte. Malines. 
Van Doorslaer, dosteur en médecine, Malines. 
Van Hoorenbeeck, Victor, pharmacien, Malines. 
Van Segvelt, VAm., con,ei' 1er commun a', Malines. 
Van Velsen, Raymond, libraire, Malines. 



Membres correspondants. 

MM.Becquet, Alfred, conservateur du Musée a'xhéo'ogique, Namar. 
Bethune, Mgr le baron F«llix, archéologue. Bruges. 
Cumont, Georges, numismate, Bruxelles. 
De Bray, architecte, Anvers. 
De Bruyn, Hyac, arehéo'ogue, Vlesenbeek. 
Delvigne, chan Ad., archéo'ogue, Saint-Josse-ten-Noode. 
De Mnnter, Victor, nunvsmate, Audenarde. 
Devillers, Léop., a chiviste de l'Ëtal, Mons. 
De Wulf, architecte, Bruxelles. 



Gilkin, Iwan, homme de lettres, Bruxelles. 

Gille, VaLre, directeu:- de la Jeune Belgique, Bruxelles. 

Goovaerts, Alph , ch:f de seciion aux A.chives générales du royaume, 

Bruxelles. 
Keelhoft", abbé, a chéo'ogue, Bruxelles. 
Hachez, Félix, archéologue, Bruxelles. 
Hernians, Victor, a chiviste communal, Malines. 
Lairein, abbé Louis, achéologue. M; ns. 
Mahy, H'ipp.^ homme de lettres, Bruxell-^s. 
Ouvcrleaux, Hm., conserva'.eur à !a Bib.iolleque royale, Bruxelles. 
Plisnier, P., tré-^orier de la Société archéologique de Bruxelles, Bruxelles. 
Piot, Ch., achiviste général du royaum:, Bruxelles. 
Proost, Jos., archiviste gêné al adjoint du rovaume, Bruxelles. 
Van Evcn, EdM'., archiviste communal Louvain. 
WauNsermans, général, a chéo'ogue, B^rchem. 
Waut;.rs, Alph , archiviste Cvmmuna', membre de f Académie de Belgique, 

BruxelL'S. 



Comité des publications. 



M.Coninckx, Hyacinthe. 
Cordemans, Henry, 
Hermans. Victor. 
Van Caster, chan. G. 





MALINES 



SOUS LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 



DEUXIÈME PARTIE 




La réoccupation de notre territoire par l'armée 
autrichienne et la deuxième invasion française. 

la suite de la bataille de Xeerwinden, gagnée par les 
impériaux sur Dumouriez, nos provinces rentrèrent sous 
le sceptre de la dynastie autrichienne. 

Le baron de Mylius, commandant du corps d'armée 
qui occupait la ville de Malines, s'était empressé de rétablir la 
tranquillité dans la cité. Il quitta celle-ci dans le courant du mois 
d'avril 1793, laissant aux Serments et aux Gildes le soin de veil- 
ler au repos public (ordonnance du 26 mars). 

En reprenant l'administration de la ville, le magistrat s'em- 
pressa d'acquitter la dette de reconnaissance contractée par les 
habitants à l'égard des représentants provisoires. Il fut décidé 
de distribuer à chacun de ces citoyens une médaille d'argent, 
portant au droit le buste de l'Empereur, et au revers une inscrip- 
S. A. M. i 



tioii rappelant le dévouement des représentants à l'intérêt public. 
Le graveur général de la monnaie, Théodore Van Berckel, fut 
chargé de la gravure. Le gouvernement autrichien défendit le 
17 avril de donner suite à ce projet, et, malgré toutes les démar- 
ches du magistrat, cette défense fut maintenue ^ 

Nous avons vu, à la suite de quelles circonstances, le coffret 
contenant les reliques de saint Rombaut, dut être enterré dans la 
cour de la maison du fossoyeur Goris. Les autorités ecclésias- 
tiques s'empressèrent, après le départ des Français, d'enlever le 
précieux dépôt de l'abri peu décent qui l'avait caché à la profana- 
tion des républicains. 

Le magistrat, de son côté, voulut assister à cette cérémonie, et il 
délégua pour le représenter le commune-maître Van Den Bossche, 
Marci échevin, Goubaii premier pensionnaire et Pansius secré- 
taire ; les délégués du chapitre furent les chanoines De Landts- 
heere et Van Hcbnont. 

Ce fut en présence de ces commissaires civils et ecclésiasti- 
ques que les précieux restes furent replacés dans la châsse que 
l'on avait pu préserver de la destruction, en la faisant passer 
comme bien national. L'archidiacre Huleu prononça, dans cette 
circonstance, le panégyrique de saint Rombaut. Les procès-ver- 
baux des opérations furent publiés la même année chez Huyghe, à 
Bruxelles, et le discours de l'archidiacre chez Hanicq, à Malines. 

L'argenterie des églises et des couvents put, après bien des 
démarches, être partiellement recouvrée. Le 25 mars, le vicaire 
Nerinckx et le fossoyeur Goris rapportèrent au petit Séminaire 
tout ce qui avait échappé au creuset du fondeur, ou ce qui 
n'avait pu être transporté à Lille. 

Le II avril suivant, le Grand Conseil reprit ses séances aux sons 
de la cloche et du carillon, après qu'il eut été complimenté sur 
son heureux retour, par une délégation du magistrat et du 
chapitre. 

La situation de nos concitoyens s'était donc sensiblement amé- 
liorée, à la suite du rétablissement de l'ancien état de choses, et 
l'on aurait pu croire qu'ils allaient paisiblement jouir du repos 

1 M. G. Cumont consacra une notice à ce projet de médaille, et reproduisit en 
même temps le fac-similé du revers, dans le Btûlctin du Cercle archéologique de Malines, 
t. I, p. 110. 



et de la félicité que dut leur procurer le départ de leurs oppres- 
seurs. Malheureusement il n'en fut pas ainsi. Les principes révo- 
lutionnaires avaient pris racine dans le cœur de maints bourgeois, 
et ils contribuèrent pour beaucoup à la naissance des difficultés 
que s'attira l'administration de la cité. 

La constitution qui régissait nos provinces ne répondait plus 
aux idées de liberté politique et religieuse, ni à l'esprit d'in- 
dépendance qui se manifestaient dans les masses. L'enseigne- 
ment philosophique préconisé par les auteurs de l'Encyclopédie, 
Voltaire et ses disciples ; le spectacle de la vie désordonnée des 
français et l'écho des sanglantes revendications du peuple souve- 
rain, ne manquèrent pas de réagir sur le prolétaire. 

Nos magistrats éprouvèrent une fois de plus l'inconstance des 
faveurs populaires. Sommés de réclamer de l'administration 
supérieure à Bruxelles, le redressement de certains griefs et la 
revision de la Constitution, ils encoururent la disgrâce de leurs 
administrés, à la suite de l'insuccès complet de leurs tentatives. 
Les quolibets les plus outrageants ne leur furent pas épargnés ; 
on alla jusqu'à les accuser de faire cause commune avec le gou- 
vernement général du pa3's; de s'être vendus à ceux qui avaient 
tout intérêt à maintenir l'intégrité des principes constitutionnels, 
reconnus par l'empereur en reprenant possession de nos pro- 
vinces ^ 

Ce dernier cependant continuait la lutte contre les envahis- 
seurs de son territoire, lutte désespérée qui entraîna des dé- 
penses telles, que le trésor impérial ne put suffire aux besoins 

1 Les deux pamphlets que Schellens donne dans sa chronique, fol. 549 et sui- 
vants, débutent l'un par ces lignes : 

La province de Maline, ne va pas 

Sire, si vous voulez qu'elle aille 

Il faut prendre le Magistrat 

Parmi : les ignorants et la plus vile canaille 
et l'autre : Samenspraek tusschen Lammen en den DiiUcn over de wocrden van den 
Mercure universel, N° 50 : 

La province ne vas pas 
Si vous voulez qu'elle aille 
Il faut prendre le Magistrat 
Parmi la plus vile canaille. 

Tous les deux furent distribués le 2 octobre 1.793. 



du moment; on dut se résigner à faire appel à la bourse de nos 
concito3'ens. Un emprunt de quatre millions et demi de florins 
fut décrété, mais les Belges, déjà mis à contribution par les 
Français, ne purent se résigiîer à suppléer au manque de res- 
sources de leur Souverain. Malgré les efforts surhumains dé- 
ployés par nos magistrats pour satisfaire aux pressants appels 
de l'empereur, ils ne purent décider les métiers et les corpora- 
tions à fournir leur quote-part dans l'impôt projeté. Le clergé 
même tenta,mais inutilement, de vaincre cette résistance. Lui-même 
donna l'exemple du sacrifice. Le cardinal de Frankenbergh et le 
chapitre métropolitain fournirent respectivement la somme de 
quarante mille florins ; les autres établissements ecclésiastiques 
et les corporations religieuses firent porter, à la monnaie à 
Bruxelles, la majeure partie des objets précieux qu'ils avaient pu 
soustraire aux recherches des Français. 

A toutes ces difficultés vint s'ajouter la résistance opiniâtre 
qu'opposaient les conscrits belges à leur enrôlement dans les 
armées impériales. L'issue de la guerre était incertaine et les 
hommes appelés sous les drapeaux, non seulement risquaient 
leur vie, mais ils exposaient leur femme et leurs enfants soit à une 
misère inévitable, soit, en cas de défaite, au ressentiment et aux 
représailles des vainqueurs (réponse des conscrits malinois à 
leurs magistrats). Le magistrat ne fut guère plus heureux dans 
sa tentative pour fournir les chevaux nécessaires à l'armée. Les 
maraîchers défiants refusèrent de venir en ville avec leurs 
comestibles et il fallut une proclamation toute spéciale des ma- 
gistrats, pour les décider à reprendre leur commerce avec la 
ville. 

Nos commerçants mêmes, et tous ceux qui entretenaient des 
relations commerciales avec les services publics, eurent bientôt 
à craindre pour la rentrée de leurs créances. Le ministre de 
Metternich dut les tranquilliser, et sa lettre du 2 juillet 1793 
mentionna : que (( toutes les assignations sur le trésor royal 
payables à Bruxelles, seraient ponctuellement acquittées à leurs 
échéances respectives, ainsi que l'ont été toutes celles qui ont 
été délivrées aux livranciers de l'armée et que ce payement se 
ferait dans l'endroit ou le gouvernement .se retirerait « . 

S'ils refusaient de souscrire aux exigences multiples de leur 



souverain, nos concitoyens suppléèrent largement par les soins 
dévoués dont ils entourèrent les malheureuses victimes de la 
guerre, à ce mauvais vouloir bien justifié. L'empereur lui-même 
le reconnut, par l'entremise de son ministre de Metternich, dans 
la lettre que celui-ci adressa au magistrat le 5 juin 1794. Sur 
ces entrefaites, les nouvelles de la guerre devinrent de plus en 
plus alarmantes. Bien étrange dut être le spectacle que présen- 
tait, dans ces moments difficiles, la cité des Berthout, autrefois si 
paisible et si tranquille : le désordre partout ; un désarroi com- 
plet que causait la présence des nombreux blessés, des fuyards, 
des émigrés ecclésiastiques et civils qui cherchaient à échapper au 
torrent révolutionnaire qui menaçait de tout engloutir. Au milieu 
de tout cela, le bruit se répandait de la prochaine visite de l'empe- 
reur. Et effectivement, le lundi 9 juin, à 7 heures du soir, les 
magistrats furent informés de l'arrivée de Sa Majesté pour le len- 
demain. On s'empressa de faire tous les préparatifs nécessaires à 
cette réception. Un arc de triomphe auquel on travailla toute la 
nuit fut érigé devant la porte de Bruxelles. Ce fut là aussi que le 
magistrat reçut l'empereur. On lui présenta les clefs de la ville et 
le pensionnaire Goubau le complimenta au nom de l'administra- 
tion de la cité. Sa Majesté visita successivement la métropole, le 
refuge des invalides (ancien couvent des Jésuites), le laboratoire 
et la fonderie de canons. L'empereur quitta la ville par la porte 
Sainte-Catherine pour se rendre à Anvers. Il gagna de là, la 
ville de Gand, où il fut reçu peu de jours après. 

Voici comment Schellens raconte la visite à Mali nés : 

Maendng 9. Gisteren avond om 7 uren kwam aen de Magistraet de 
tijding dat den Keyser s'anderendaegs door zou komen ; meii liep sefïens 
om stadswerklieden, welke men eindelijk bijeen kreeg om voor de Brus- 
selpoort een ark te stcllen waeraen mea den ganschen nagt werkte. Maen- 
dag dito, om half acht, trokken die van de Wct « in corpore » met hunne 
tabbaerten, vooruyt gaande t^Yee schepen knaepen met zilveren schotels 
waarop twee goude sleutels, den Keyser te gemoet, Dezen kwam omtrent 
half tien voor de stad waer den pensionnaris Goubau hem het gewoon- 
lijk complément aflijde dat hij genoegzaam ongeduldig aenhoorde. De 
stad in komende werd zijn voituur ontspannen, ende werd getrokken 
door het raspaille. Franc Picart, bijgenaemt den dragonder, reed te paerd 
vooruyt, schreeuwende uit ganscher kele dat men schreeuwen moest dat 



10 

den Keyser daer was,maar aile dat geschreeuw was macr slap men trok 

hem aldus nacr de Kerk, waer hij gecomplimenteert wcrd door don aarts- 
priester Hulcn die hem het Kruys te kussen gaf en mcn intonncerde het 
uTe Dcnmyy. Den Bisschop stond den Keyser aen den Béer aftewachten 
alsook eenige invalieden welken al te gaer nacr de kerk stapten. Uyt de 
kerk in zijne koets stappende reed hij naer de veemerkt, naer het invalie- 
den klooster. Daer ailes rond gezien te hebben, en ziende dat men hem 
wcder zogt te trekken, ging hij langs de poort ondcr het O.-L.-V. beeld 

stillekens uyt en slaptc in de huer koets van Van dcr Vliet Vandaer 

reed hij buytcn den Neckerspoel naer het Laboratorium kanon boorderij en 

gietcrij in de Adeghemstraet waer de jongens hem weer trokkcn tôt 

buyten de Kathclijnepoort, onder het schieten van 't kanon et 't spelen 
van den bciaard Schellexs, fol. 382-383-84. 



Quoi qu'en dise notre chroniqueur, la réception du Souverain 
fut partout chaude et sympathique. Le peuple semblait appréhen- 
der le sort que lui réserverait un gouvernement qui devait bou- 
leverser des institutions auxquelles il avait toujours été ferme- 
ment attaché, et renverser un édifice social, établi par des siècles 
de luttes et de revendications. Oui, ce déchirement ne se ferait pas 
sans provoquer d'amers regrets. Le souvenir de cette révolution, 
avec toutes ses horreurs, à un siècle de distance, constituerait 
encore un épouvantail qui ferait reculer les plus intrépides. 

Pour le Souverain, les vives démonstrations d'allégresse qu'il 
rencontrait sur son passage, la marche triomphale qu'il entrepre- 
nait dans ses provinces, ne lui rappelait que plus durement son 
impuissance à conserver ces riches contrées, formant un des plus 
brillants jo3^aux de la couronne impériale. Et, en effet, la bataille 
de Fleurus du 26 juin 1794 livra définitivement aux Français le 
territoire de la Belgique. Le 9 juillet, le général Jourdan entrait 
à Mons et Pichegru à Bruxelles. Peu de jours après, le 12 juillet, 
les Français surprirent la ville de Malines et en chassèrent la 
garnison autrichienne. 

Les magistrats s'étaient déjà enquis des dispositions que 
professerait à leur égard le nouveau gouvernement. Le secrétaire 
Villers leur avait rapporté de Bruxelles l'ordre de rester à la tête 
de leur administration et de prendre les mesures nécessaires pour 
sauvegarder l'ordre et le repos publics. 



— II — 

Mais, laissons ici la parole à Schellens, qui, en chroniqueur 
consciencieux, va nous édifier sur les événements qui se passèrent 
à la reprise de la ville par les Français. 

Vrijdag ii. Elf uren breeden Raed voor de bewaeking der stad 
geresolveerd de gulden te doen vergaederen, op den trommelslag, en ieder 
een in de ^vapens te verzoeken het welk naer middag in de stad uit 
geblaezen is. 

II uren s'avonds nog breeden Raed, alzoo men vast vermijnde dat des 
anderendaegs de franschen zouden inkomen. 

Om I uer naer middag naderde de franschen langs den kant van Hom- 

beek zij begonsten om 2 uren het geschut, waer door er seffens een 

groot gewoel en gerij onder de militairen opstond ; het kamp buyten de 

Brussel-ende de oude Brusselpoort kwamen in aile haest binnen om 

8 uren kwamen er Hessiche troupen in die zich op de merkt rangeerde, 
daer wierden 12 kanons naer de Brussel poort gevoert. 

Den Hertog van York (zegt men) en zijnen Etat-major trokken buyten 
en kwamen korts daer naer weder, gclijk 00k de 12 stukken kanon en het 

geschut hiel buyten op Dijnsdag 15 om 4 uren s'morgens hoorde 

men schieten, de hollanders aen de dry gaten wierden aldaer verdreven, 
de fransche trokken agter Campenhout de vaert over, en naemen veel die 
van deze zijde de vaert stonden gevangen ; in den morgent, noen en naer 
middag nam men nog de menschen van de straet en zelver uyt de huyzen 
om te doen pionneeren. Het quaert naer twee uren naer middag kwam het 
grof geschut twelf ponders met munitie in allen spoed de vesten af en 
reed de stad uyt, de waegens die met provisie geladen waeren op de Lene 
deden van gelijke en het geschut van obitzen der franschen, langs buyten 
Hanswijk vermeerderde. De franschen hadden langs eene pont aen den 
overzet van Muysen doorgedroHgen en de stad genadert. Van aile de 
trouppen die hier in de stad waeren, en was er maer een getal van 3 of 400 
die op de groote merkt stonden. Omtrent het quaert voor 3 uren waeren 
er 5 franschen waeghalzen, langs aen de Hanswijk poort de vest op 
geklommen ; de Hanswijk poort was gelijk de andere poorten iu stukken 
geschoten, maer alzoo zij gelijk de andere poorten met mest gevultwas, 
was er niet door te geraeken. De vijf voornoemde kwamen gelijk razende 
door den Bruel naer de merkt en komende stil den hoek om gaven- een 
groot geschreeuw en joegen den schrik in't garnizoen dat langs onder den 
toren de vlugt nam ; deze vijl hun achter 't gat. Daer werd een colonel 
dood geschoten en 2 à 3 Hcssisschen, andere gekwetst, die in 't gasthuis 
gedaen wierden ; een fransche was zoo naer bij een Hess dat hij hem met 
't geweer op 't lijf kwam, deze sloeg het geweer omhoog en doorstak 



12 

den franschen. Zij licpcn.hun nacr tôt aen S' Catliclijne kcrkhol' schrecu- 
wende acn 't volk dat zij hunnc dcuren zoudcn sluiten ; schotcn cr onder, 
en drevcnbun dan de stad uit ; op de maïkt Nvas er ook een kind door de 
knië geschoten, dat in 't gasthuis gebracht wcrd ; andercn kwamen de 
vaerteu over gczwommcn en vermeerderde den hoop ; dacr en tusschen 
liep de portier dcr Brussel poort naer eenen smit om ze te opcnen, etc. 
Het ^vas 3 urcn aLs er ruyterij binnen kwam ; item eenige stukken 
vliegende artillerie langs de Lovcnscbe poort welke allen den vijand acbter 
na reden, terwijl er weer andere compagnies langs de Lovenscbe poort 
binnen kwamen. Seftcns boorde men tusscben bet oncijndig gcroep van 
Vive la Nation, Vive la République den beijaerd den Marche der Marseilloosen 
spelen, de grootc klok luijdcn en men zag de nationale kockarden uyt den 
bock komen ; bet liep gcen uur acn of men boorden op den stecnweg van 

Wacltrcm bcftig kanonnieren (Schellexs, gescb. kronijk fl. 409 en 

volgende.) 

Nous devînmes cette fois et bien dûment sujets de la République 
française ; entre les Français et nous les joies et les douleurs 
allaient être communes (L. Hymans). 

Avec ses armées, la République envo3?-a en Belgique des com- 
missaires chargés de veiller à la sécurité de ses nationaux et de 
présider à la nouvelle organisation du gouvernement. Le repré- 
sentant du peuple, Richard, par un arrêté du 17 juillet, déclara 
que les personnes et les propriétés des pays conquis seraient sous 
la protection de la République. Son collègue, Laurent, arrêta le 
même jour, le cours forcé des assignats et ordonna en même temps 
le dépôt, au profit de la République, des armes de toute nature et 
des meubles, effets, argenteries et autres objets des Autrichiens 
et des émigrés français. 

« Laurent, représentant du peuple français, envoie près l'armée 
du Nord : w 

Ordonne que les assignats auront cours à Malines et dans son 
arrondissement comme dans tout le pays évacué par l'ennemi, 
au pair de l'argent de France. 

En conséquence, il est défendu à tous marchands ou autres 
individus quelconques de les refuser, ou d'établir relativement à 
leur circulation aucune différence dans le prix des marchandises 
ni autres objets, sous peine d'être réputés ennemis de la Répu- 
blique française et conduits dans l'intérieur pour y être jugés et 
punis comme tels. 



- 13 — 

Le présent ordre sera imprimé et publié dans les deux langues 
et les magistrats seront chargés de son exécution sous leur respon- 
sabilité. 

u Malines, ce 29 messidor (17 juillet 1794) l'an deux de la Répu- 
blique Française une et indivisible. 

(L. S.) (Signé) Laurent. » 

Quelques jours après, le même représentant frappa la ville 
d'une contribution de 1,500,000 livres en argent monnayé à 
fournir dans les vingt-quatre heures. En outre la cité avait à livrer 
dans la décade : 

1200 bœufs; 

750 chevaux ; 

10,000 chapeaux ; 

50,000 quintaux de froment. 

60,000 quintaux d'avoine et 2,000,000 de bottes de foin du 
poids de 10 livres la botte. 

Liberté Égalité. 

Laurent, représentant du peuple français envoyé près l'armée 
du Nord, arrête que le district de la ville de Malines et le 
Ressort payera à la République française dans vingt-quatre heures 
une contribution de quinze-cent mille livres eu numéraire ; que 
les Magistrats repartiront sur le clergé, les corps religieux et con- 
grégations et sur les nobles, les privilégiés et riches propriétaires, 
seulement. 

<( Cette contribution sera versée dans la caisse des payeurs de 
l'armée à Malines, et en cas de retard, il sera pris des otages 
même parmi les Magistrats et les Bourgmestres. 

Malines, ce 29 messidor, l'an 2"^^ de la République française. 
(S. S.) Laurent. » 

Ces exigences iniques affolèrent littéralement le magistrat. Et 
cependant on devait s'exécuter ; les menaces ne se faisaient pas 
en vain, on ne le savait que trop. Aussi s'empressa-t-on de se 
rendre à Bruxelles pour tâcher de réunir les fonds nécessaires, et 
le large Conseil fit rentrer les argenteries des églises, des cou- 
vents, des serments et corporations. Malgré toute la bonne volonté 



— 14 — 

et la diligence déployées par nos administrateurs, il ne fut pas 
possible de fournir les fonds dans le délai prescrit. Dans la nuit 
du 20, 21 juillet, 13 otages furent enlevés et envoyés à Maubeuge. 
Parmi ceux-ci nous trouvons Van Reeth, Van Aken, le chanoine 
Berlaer, l'échevin de Richterich, François de Meester,De Jonghe, 
fils, le chanoine Van Kcerberghen, le Président du Séminaire, 
Bergyck, Kerssclaer, Zellarien de Rymenam et le prieur des 
frères de Notre-Dame. 

Cette mesure eut pour résultat de hâter la rentrée des fonds. 
L'archevêché fournit 80,000 florins. 

Les apothicaires 500, les brasseurs 3,000, les bouchers 
8,000, les poissonniers 80,000, etc. 

Le 25 juillet, une nouvelle sommation du citoyen Laurent par- 
vint au magistrat « Pressez la rentrée des contributions ou je 
serai forcé de prendre de nouveaux otages. » 

A bout de ressources, le magistrat donna sa démission que 
Laurent refusa d'accepter. « Vous vous acquittez très bien de 
votre mission, répondit-il, fournissez-moi la moitié des contribu- 
tions et nous relâcherons les otages, à l'exception des ecclésias- 
tiques dont nous voudrions pouvoir doubler le nombre. » 

Enfin, le 4 août, 17 thermidor, l'ordre suivant parvint à la ville. 

« Les représentants du peuple envoyés près de l'armée du Nord 
ordonnent aux magistrats de Malines de faire arrêter comme 
otages les 12 principaux capitalistes du ressort de la province de 
Malines qui n'ont pas encore payé leur contribution et de les faire 
conduire à Maubeuge, auquel effet ils s'adresseront au comman- 
dant de la place qui fournira la force armée nécessaire. 

" fS.J Laurent. » ' 

La situation devenait critique sinon désespérée. Rien n'annon- 
çait que des mesures encore plus rigoureuses ne seraient prises si 
la contribution n'était liquidée dans le plus bref délai ; et, cepen- 
dant, nous le disons à regret, le magistrat n'était pas secondé 
dans ses tentatives. La résistance était grande surtout dans la 
classe aisée des citoyens. Et pourtant si jamais il eut fallu faire 
preuve de dévouement à l'intérêt public, c'était bien à ce moment 
où nos otages, exposés à des alternatives les plus cruelles, 



voyaient leurs compagnons d'infortune malades, mourants 
même, sur la terre d'exil. 

Une maladie épidémique s'était déclarée à Maubeuge, tout le 
monde en souffrait et plus particulièrement le chanonie Kersse- 
LAER et Van Akex. Des prières publiques furent ordonnées pour 
obtenir leur rétablissement, et, sous la date du 13 août, le 
magistrat fit paraître un appel pressant à la générosité des ci- 
toyens en leur exposant toute la gravité de la situation faite 
à nos malheureux concitoyens. 

Aenwakkerikge 

Den droeven toestand waerin zich bevinden de Gijzelaers dezer stede tôt 
Guarant ende volbrenginge der contributie naer Maubeuge vervoert ^Yord 
indezenoogenblikzooveelsmertelijker, dat wij op gisterea de onaenge- 
naeme tijdinge ontvangen hebben dat den borger kanonnik Kcrssdeers reeds 
aen de besmettelijke ziekte aldaer heerschende overleden is, alsmede op 
heden de tijdinge der gène van den borger van Aken, ende dat verschijde 
van onze andere borgeren daer mede reeds aengerand zijn, dezen hunnen 
ellendigen staet den welken aile goede ingezetenen raoet te naar gaen, 
zoude nog konnen langdueng blijven, ten ^vaere de persoonen die hunne 
contributie blijven ^s'ijgeren, hun haesten aen deze te voldoen, ende andere 
bemiddelde hunne fonds die zij konnen derven ter rente aen de stad 
uytstelden ; door dezen middel zoude het Magistrad konnen te hulpe 
komen aen die ongelukkige slagtoifers, ende kragtdaediglijk bewerken hunne 
wederkomste in hun Vaderland in den schoot van hunne medeborgers. 
vrienden en bloedverwanten ; be^veegt dan u^ve herten, en gij mede- 
borgers die bezieh zijt met broederlijke genegentheyt tragt te bedaerea 
de ''^vederspannige in het volbrengen van hunne quote, stelt hun voor 
oocren dat hunne stijfhoofdigheid verlangt de pijnen en smerten daer onze 
gijzelaers mede aengedaen zijn, wakkert de bemiddelde persoonen aen om 
hunne schatten ter interest tegen vijf per cent aen deze administraUe uyt 
te doen, ende zijt verzekert dat de menschhevendheyd die gij heden m 
deze omstandigheden zult bewijzen, ten eenwigen dage voor Ul. de 
erkentenisse der ongelukkige gearresteerde, ende den dank uwer mede- 
borgeren zaltotUl. trekken welke, de alderzoetste vergeldmge is de gène 
alle^vel peyzende 't allen tijde, aller hoogst konnen betragten. 
Gedaen in Policye, den 13 Oost 1794. 

J. A. Pansius. 

Encore une fois, on resta sourd à ces ardentes supplications et 



— i6 — 

la cotisation pour chaque personne aisée dut être faite d'office. 
De plus on songea à émettre une inscription publique pour la 
levée d'un emprunt garanti par les biens de l'archevêché, des 
couvents supprimés de la commanderie de Pitzenbourg et de 
ceux des habitants qui s'étaient enfuis de la ville. La souscription 
personnelle ne put être inférieure à 150 livres portant intérêt 
à 5 "/<)• On put enfin réunir une grande partie de la somme due 
et nos otages rentrèrent dans leur ville natale le 19 août. Les 
ecclésiastiques ne revinrent que le 16 septembre suivant. La mort 
avait frappé deux de ces courageuses victimes, Van Aken et le 
chanoine Kersselaer. L'ancienne administration de la ville était 
parvenue à s'acquitter en partie de la tâche qui lui incombait. Les 
représentants du peuple n'attendaient que ce moment pour la 
remplacer, jusqu'à l'organisation définitive du gouvernement de 
la Belgique, par une autre qu'ils installèrent officiellement le 
22 septembre, le lendemain du jour de l'an III de la République. 
Le Weekelijks bericht en donne le tableau suivant : 

Den 22 dezer macnd des naer middag is door den tijdelijken com- 
mandant dezer stede, ingevolge de benoeminge van de verbeelders van 
het fransch volk, bij de légers van het noorden, Samber en Maese, in 
en bedieninge gestelt de nieuwe aengestelde magistraet, bestaende uyt de 
volgcnde borgers. 

Schouth : Constant Van den Nieuwenhuysen. 

Commune meesters : Nicolaus de Villers, de Nelis. 

Peinsonnaiissen : Bertrand, Hosselet. 

Greffiers : G. J. J. Verlinden, J. B. Rijmenam. 

Schepeiien : Thys, de Berg, \^an den Bossche zone, Verhoeven, C. Lee- 
mans zone, J. S. le Febure. 

Schepeiien iiit de Naifën . F. Vermeulen, Van Buscom, Hiji, Th. Ber- 
naerts, Palms, Groof. 

Policye meesters : De Katzncr, Rijckmans. 

Secretarissen : F. J. de Cock, J. A. Pansius. 

Tre:orieis : F. van Vclscn, J. B. Olivier. 

Le premier soin de la nouvelle administration fut d'arrêter 
définitivement la cotisation à l'impôt due par chaque habitant ; 
dans cette répartition furent compris : l'archevêché, le chapitre 
métropolitain, les couvents et communautés religieuses, les fabri- 
ques d'églises, les gildes, les serments et environ 200 particuliers 
de la ville. 



- 17 



Liste des cotisations imposées d'ofïice par la 
nouvelle municipalité. 



. PROCLAMATION 
Liberlé ÉgalUé Fraleriiité. 

La Municipalité de cette ville, désirant de coopérer par tous les moiens 
possibles à l'exécution des vues bienfaisantes de la république française, 
et en conséquence de décharger les habitants peu aisés des sommes qu'ils 
ont été obligés de paier, pour fournir la part à laquelle ils ont été provi- 
soirement cotisés par l'ancienne municipalité, quoi qu'ils ne fussent pas 
dans la classe des cotisables pour la contribution imposée par le repré- 
sentant du peuple français Laurent sur cette ville, son district et ressort, 
en date du 29 messidor dernier. Arrête ; que la liste des répartitions 
de ladite contribution (laquelle Uste est ici dessous) sera imprimée et 
rendue publique, afin que chacun puisse faire les réclamations à la muni- 
cipalité, et qu'en motivant ses plaintes il puisse aussi démontrer les 
raisons et les preuves qu'il croira avoir pour demander à être indemnisé 
des sommes qu'on lui a fait paier pour remplir la contribution sus 
mentionnée. 

La Municipalité examinera avec la plus grande impartialité les plaintes 
qui lui seront présentées ; et elle s'empressera de procurer à ses conci- 
toyens peu aisés la restitution de ce qu'ils seront reconnus avoir paie 
indue ment. 

Ainsi fait dans l'assemblée de la Municipalité le 25 vendémiaire, la troi- 
sième année de la république française. 

Gepubh'ccert enâc ter puyen afgdr^cn naar ouder gcwoonle teii overslaen van 
Constanliims Josephus Van den Nimwenhuyscn schoutdh, ende Nicolaus de 
Villcrs commune meester, door den ondergeschreven greffier, de-^en 26 van luijn- 
maend het i^^ jaer der fransche repuhlieck fij oclober 179^). 



TABLEAU OU RELEVE 



des sommes fournies et à fournir pour compléter la contribu- 
tion de 1,500,000 livres demandée par le citoyen représen- 
tant Laurent au nom de la république française, le 17 juillet 
1794. 



DU CLERGÉ 



Répartition 



NOMS DES CORPORATIOXS 



SOMMES CONTRIBUÉES 
FLOR. S. D. 



40.000 
5.000 

12.000 
3.000 
I.OOO 

(757» 15) 
I .000 

I.I50 
3.000 



12.000 ( 



5.000 
300 

5 .000 

I.OOO 
I.OOO 



Capitulum 5*^' Rumoldi 
Capellani of Benef . 5'' Rumoldi 
Canonici Zellarienses 
Kerke van S'® Rombout 
Broederschap S'' Rumoldi 
Beregting 5'' Rumoldi 
Hoogweerdig Kapelle 
De Bock, vice-pastor S^'- Rumoldi 
De Joncker, vice-pastoi\ ibidem 
O. Lieve Vrouwe Kerke 
Capittel, B. M. Virginis 
Walravens, proost 
Azevedo, Kanonik 
Van Buscom, » 
Cauthals, » 

Gaillaerts, » 
Pauwels, » 

Sueteweg, » 
Verlinden, » 
Dewé, » 

Nauwelaers, » 
Deken O. Lieve Vrouwe 
Seghers, vice-pastor, ibidem 
Verheyen, vice-pastor, ibidem 
Fondatie Huens O. L. V. Kerke 
Zang in O. L. V. Kerke. 
Veucrabil. Altare B. M. V. 
Kerke S' Jans 
H. Drijvuldigheid 
Oratorie 

Kerke S'* Peeters 
Broederschap Zoeten Naam 
Paslor 5" Pétri 
Stalins, vice-pastor, ibidem 
Sancta Catharina, Kerke en Broe- 
derschap, 5'' Joscphi 



39.999 


16 


5.000 




12.000 




2.486 


10 


I .062 


8 


771 


7 


1.513 


10 


50 




100 




3.000 




489 




1.200 




I.OOI 


13 


1.200 




1.200 




1.200 




I.OOI 


13 


I.OOI 


13 


I.OOI 


13 


I.OOI 


13 


I.OOI 


13 


I .000 




100 




100 




471 


I 


216 


10 


13 




4-713 


13 


491 


8 


300 




5.000 




40 


19 


I.OOO 




100 




I.OOO 


8 



00 

00 
00 
00 



00 
00 

9 

00 



00 



00 



19 





DU CLERGÉ 












SOMMES 


CONTRIE 


CÉES 


Répartition 


NOMS DES CORPORATIONS 


"^^ 


^ — 


— ■ 






FLOR. 


S. 


D. 


I.OOO 


Pasior SancU Cathaiiiia 
Vice-pastor, ibidem 


I.OOO 

99 






3.000 


Hanswijck Kerke 


3. 311 






I.OOO 


Pastor Hanswijck 
Vice-pastor, ibidem 


I.OOO 






4.500 


Augustijnen 


4.500 






3.000 


Bleijdenbergh 


3.000 






11.500 


Groot Beggeijn Hof 
Kerke van 't zelve 


2.085 
7-914 


9 
II 


00 
00 


1,000 


Pastor, ibidem 

De Kegel, Kapellaen ibidem 

De Mo or, Kapellaen ibidem 


I.OOO 
100 
100 








Van Beveren, ibidem 


100 


I 


00 




Van Vreckem, ibidem 


100 


2 


00 


1.500 


Carmelieten Discalcen 


1.500 


00 


-> 


4 500 


Cellisten 


4.500 






1.500 


Gasthuys, B. M. V. 
Pastor, ibidem 


1.500 
200 






6.500 


0. Lieve Vrouwe Broeders 


5.000 








Minderbroeders 


481 


8 


6 




Predrikheeren 








1.500 j 


Roosenkraus 


1.500 








Predrikheerinne kluys 


460 


8 


00 


7. 000 


Seminarie 


6.999 


18 


00 


I.OOO 


Swerte Zusters 


I.OOO 






I.OOO 


Urselinnen 


999 


19 


00 




Kapelle Nekkerspoel 


380 


18 


00 


500 


Kerke van Heffen 


500 






I.OOO 


Pastor, ibidem 


I.OOO 






500 


Hombeek Kerke 


500 






I .000 


Pastor, ibidem 


I.OOO 






500 


Hever Kerke 


500 






I.OOO 


Pastor^ ibidem 


I.OOO 






500 


Leest Kerke 


500 






I.OOO 


Pastor, ibidem 


I.OOO 






500 


Muysen Kerke 


500 






I.OOO 


Pastor, ibidem 

Slabbeek officiant in Gecrdeghem 


I.OOO 

50 






112.000 


Gillis voor het Arts Bisdom 


103.182 


I 


00 


IIO.OOO 


Religie Kasse 


74.500 






40.000 


Commanderije Pitzenbourg 


10.754 


I 


6 


Il est 


ainsi sauf erreurs de calcul ou omis 


sions, par ( 


3rdonn. 


de la 


ci-devar 


t Municipalité. (S.) J.-B.-J. Verhagh 


en, ci-dev 


ant gref 


ier. 



20 — 



MÉTIERS ET SERMENS 


Répartition 


NOMS DES CORPORATIOXS 


SOMMES 
FI.OR. 


CONTRIBUÉES 
S. D. 


3.000 


Brouwcrs ambacht 


3.000 






8.000 


Becnhouders 


8.000 






8.000 


Vischverkoopcrs 


8.000 


6 


00 


500 
6.000 


Laeken maekers 
Bakkcrs 


500 
6.000 


00 


6 


2.000 


Smeden 


1.948 


6 


00 


500 


Timmerlieden 


500 






3.000 


Kleeder maekers ' 


2.988 






10.000 


Vette-wariers 


2.999 


14 


3 


I.OOO 
I.OOO 

2.000 

I.OOO 


Kuypers 
Metsers 
Schippcrs 
Silversmeden 


102 

I.OOO 
2.000 
I.OOO 


12 


00 


500 


Hoede maekers 


500 


12 


00 


I.OOO 


Kous maekers 


500 






500 


Sargie maekers 


275 


2 


00 


500 


Tin gicters 


500 






500 


Schrijiiwerkers 

Vlaschverkoopcrs 

Goreelmaekers 

Zeeldraijers 

Molders 


122 


8 


00 


500 
1.500 


> 400 
1.324 


7 


00 


300 

500 

500 

2.000 

I.OOO 

3.000 


Peltiers 
Draeijers 
Raede maekers 
Verwers, Tweijnders • 
Schoen maekers 
Ouden Boog Gilde 


9 
375 
233 

385 

211 
2.000 


7 
6 

4 
15 
00 


00 
00 

3 

00 

3 


2.000 


Handboog 


2.000 






7.000 


Kramers ambacht 

Apotekers 

Buyldragers 


2.900 
499 

IIO 


I 
5 


3 
00 




Knop maekers 
Chirurgijns ambacht 


95 
139 


4 
17 


00 
6 




Kolveniers gilde 
Kordewagenacrs 
Droog scheerders 
Handschoenmaekers en bleksla- 


240 

6 

46 


5 
6 

13 


00 
00 
00 




gers 
Hair Tapijt wevers 


7 
25 








Hoveniers 
Hui]devetters 


229 
59 


18 
19 


3 

00 



21 



MÉTIERS ET SERMENS 


Répartition 


NOMS DES C0RP0R.\TI0XS 


SOMMES CONTRIBUÉES 


FLOR. S. D. 




Jongen boog 


309 


9 


00 




Perukiers 


12 


13 


00 




Peoene 


171 


12 


00 




Schuyenaers natie 


4 








Scbilders-vergulders 


166 


II 


00 




Schermers gilde 


1.152 


II 


00 




Stroij-deklvers 


141 


6 


00 


DES PARTICULIERS 




NOMS DES PERSONNES 








10.000 


Le citoien Nelis 


10.000 






^o;//3ooo 










à aitérêt- 










2.000 


Le citoien Van Velde 


2.000 






5.000 


Bergevk, aîné 


5.000 






3.000 


Dirix " 


3.000 






2.000 


Sainct Vaast 


2.019 


18 


00 


2.500 


De Reet 


2.500 






3.000 


De Craen, frères 


3.000 






3.000 


De Waepenaert, père 


3.000 






1.500 


Kej'aerts 


1.500 






2.500 


Riclitericli, grcjficr 


2.500 






3.500 


Van Aken 


3.500 






7.000 


\liie Vanden Brande 


7.000 






18.000 


Judoigne 


18.000 






4.000 


De Villers Raed 


4.000 






2.000 


Van den Wiele 


2.000 






2.500 


Peytier 


2.500 






2.000 


Mad. Spenroy 


2.000 






4.000 


Backx, groote ion 


4.000 






3.500 


De Servais 


3.500 






2.000 


Bosselaer ci famille 


2.000 






2.500 


Mad. Van Beek 


2.500 






2.500 


Mad. Wirix 


2.500 






1.500 


Mad. Robiano 


1.500 






2.000 


Mad. Oosterlincx 


1.998 


8 


6 


3.000 


Payd'herbe 


3.000 






2.000 


Scbeppers, grejitr 


2.001 






2.000 


Van Kiel Hani 


2.000 







S. A. M. 



22 



DES PARTICULIERS 


Répartition 


NOMS DES PERSOKN'ES 


SOMMES CONTRIBUÉES 


l-'i-OR. S. D. 


1.500 


De Mecstcr Brul 


I .500 






1.500 


Jean de Mecster 


1.500 






1.500 


François de Mecster 


1.500 






1.500 


De \\'aepenaert,_//7^ 


1.500 






1.500 


Snoy 


1.500 






1.500 


Du Tncn, frères et sœurs 


1.500 






1.500 


Mesd. Huens 


1.500 






1.500 


Mad. Van \'olden 


1.500 






1.500 


Charles du Trieu 


1.500 






1.500 


Mil--' de Park 


1.500 






1.500 


Douglas 


1.500 






1.400 


Van Kiel, Keyzer 


1.400 






1.500 


W. Van Den Nieuwenhuysen' 


I 500 






I.OOO 


N. Van DenNieuwenhuysen 


I.OOO 






T. 500 


de Wargny 


1.500 






1.500 


Douancre de Villers 


1.500 






4.000 


Goubau de Bouwckerke 


4.000 






1.500 


Gouhau, fiscal 


1.500 






1.500 


Goubau, pensionnaire 


1.500 






2.000 


duirini et Mener 


2.000 






I.OOO 


Mad. Van Ham 


I.OOO 






I.OOO 


Ghison 


I.OOO 






700 


Nicolas de Villers et enfants 


666 


17 


6 


1.500 


Mad. Schooff et j;7/é 


1.500 






1.500 


De Merbais 


1.500 






700 


Baujoz 


700 






I.OOO 


Scheppers, ck'f 


I.OOO 






I 500 


Estrix et sœurs 


1.500 






I.OOO 


Van Everbroek 


I.OOO 






I.OOO 


De Bruyn, procureur 


988 


19 


6 


I.OOO 


Perceval 


800 






700 


De Brouwer 


701 






500 


Mi''^ Snoy 


500 






500 


Van Provijn 


500 






500 


De Bergh 


500 






500 


Verhaghen, médecin 


489 


18 


6 


I.OOO 


Mad. d'Obies 


I.OOO 


5 


00 


I.OOO 


Morisscns, Duvls 


I .000 






500 


Rymenams, Ysere leen 


500 






400 


Burlet, y aîné 


400 






500 


Van Cutsem 


500 






I.OOO 


Joseph Diu 


I.OOO 







23 — 



DES PARTICULIERS 



Répartition 



NOMS DES PERSONNES 



SOMM ES CONTRIBUÉES 
FI-OR. S. D. 



1 5 7 » 10 

lOO 

sa vaisselle 

2.000 
2.000 
700 
1.200 
I.OOO 
I.OOO 
I.OOO 
I.OOO 
I.OOO 
I.OOO 

1.500 

I.OOO 

600 
600 
500 

315 

700 
500 
400 
600 
300 
500 
500 

I.OOO 

400 
7.000 
2.000 

500 
2.000 

I.OOO 

500 
500 
500 
500 
2.000 
300 
600 
700 

I.OOO 



Mad. Hake 

Mesd. de Merbois 

Duquesne 

PouUet et sœurs 

d'Hoop et Alstein 

Pansius, Schepstraet 

Jouffromven De Winter 

Pletings 

Van Varnewijk, j/Vi- 

Servaes et sœur 

Vermijlen 

Arts 

Jouffr. Van de Venne 

Caenio 

Mesd. Neeffs et Husmans 

Versluysen, fds 

Van Hombergen 

Van den Bossche, commun. 

PouUet, pensionnaire 

Pausius, Koremerkt 

Verhaghen, grejfier 

Mad. délia Faille 

Huughe, Advûc. 

De Cocq, êchevin 

Mesd. Van Haecht Qtflle 

Van Velsen, Ysere leen 

Van Velsen, Vlietje 

Blanet, médecin 

Coloma de Leeuw 

Rommerswoel tl frère 

Buydens 

Vermeulen van Goorlaken 

Wed. Dusart 

Dusart, Dc\le 

Dusart, aen de capucienen 

Van Roy, priester 

De Guchtenere 

De Dryver en famille 

De Dryver, Lelie 

Mi>« de Brouwer 

Mad. et Broers 

Mad. XeefFs tlfds 



157 
700 
460 

2.000 
600 
700 

1.200 

I.OOO 
I.OOO 
I.OOO 

999 
800 

I.OOO 

1.500 

I.OOO 

600 
600 
500 

s 15 

700 
500 
400 
600 
300 

450 

499 

I.OOO 

400 
7.000 
2.000 

488 

2.000 
669 
300 

212 
500 
271 
2.000 
300 

1.300 
I.OOO 



13 



19 

6 



19 

15 
19 
16 



00 
00 



9 

00 

00 



9 

00 
00 



— 24 



DES PARTICULIERS 






SOMMES CONTRIBUÉES 


Répartition 


NOMS DES PERSONNES 


FLdR. S. D. 


400 


M"" de ducrteumont 


400 






I.OOO 


Versluyscn,/'(^/'c 


I .000 






700 


Mesd. de Maeyer 


700 






800 


De Rijcke 








3.000 


Bcrgeyck Lcirc merkt 


3.0ÛO 






I.OOO 


M»-^ Cauthals 


I.OOO 






300 


Cauthals 


300 






I.OOO 


Van Segvelt, père 


I.OOO 






600 


Van Segvelt, mère 


600 






I.OOO 


Van Segvelt, chapelier 


I.ÛOO 






I.OOO 


M"^ Van der Laen 


I.OOO 






400 


xMuUcr 








Soo 


Van der Gracht 


800 






300 


Dochez 


300 






1.500 


Mad. DeBors 


1.500 






1.500 


De Laing 


1.500 






3,000 


Président du Grand Conseil 








1.500 


Van Volxem 








1.500 


Steenhault 








500 


Vermeulen, trésorier 


500 






200 


Smets Hoogbrug 


200 






500 


Wed. Polfliet 


500 






500 


De Cocq, secreiaris 


500 






500 


Jouffr. Swartsen 


500 






300 


Thys et frère 


300 






400 


Mad. Van Lenne 


300 






2.000 


De Gauhy 


2.000 






I .000 


L^cmans père 


I.OOO 






500 


Michiel Leemans 


500 






500 


Charles Leemans 


500 






700 


Morissens, prêtre 


700 






500 


Dancré 


500 






600 


Van Kicl, Icroon 


600 






500 


Mi'« Van Mol 


108 


9 


00 


500 


Van Schabroeck, médecin 


500 






500 


Jotiroy, médecin 


500 






700 


De Berlaer, kauonnist 


700 






2.000 


Hanen, decaniis 


2.000 






500 


De Broux 


125 


2 


6 


600 


Ryckaert, FI i et je 


600 






300 


De W'it, Lccnnarlct 


300 






1.500 


Deudon 


1.500 







— 2 = 



DES PARTICULIERS 


Répartition 


NOMS DES PERSOXN-ES 


SOMMES 


CONTRIBUÉES 








FLOR. s. D. Il 


2.500 


Mad. De Béer 








I.OOO 


Wauters et frère 


I.OOO 






700 


Van Loy, Zouhueif 


700 






200 


Wouters, médecin 


200 






500 


Pierets médecin , 


500 






I.OOO 


De Broyer et frère 


I.OOO 






300 


De Mayer, Adeghem straet 


300 






100 


Groesius 


100 






500 


Verlinden, mère 


500 






200 


Van Slabbeek frère et sœur 


200 






800 


Van Xuvel 


488 


8 


00 


200 


Mi'e de Ridder 


200 






400 


Cauwenberg 


300 






400 


Vandevelde, korenmerht 


100 






I.OOO 


Wouters, Beffe straet 


100 






600 


Adriani, notaris 


300 






100 


De Wed. Adriani 


100 








Lendicq 


172 


7 


00 


500 


Segers, Leennarkt 


500 






400 


Verlioeven 


400 






500 


Goris, prêtre 


500 






3.000 


De Jong, Hanswyk slraat 


300 






500 


Colibrant, groote merld 


500 






300 


Van den Bergh, in den Haeii 


200 






800 


Mesd. Coelcelberghs 


800 






4.000 


Mlle Van der Elst 


4.000 






500 


De Wed. Gillis 


500 






500 


De Wed . Melaert 


500 






400 


Melaert, Zone 


400 






4,000 


Const. y. d. Nieuwenliuysen 


I.516 


19 


6 


300 


Bosmans, Yserelecn 


300 






200 


De Beef, Ysere leen 


200 






300 


De W^ed. Seresia, groote merkt 


300 






100 
100 


De Wed Verberght, gr. merkt 
Bertrams, groote merkt 


' 100 






1.500 


Pierre deMeester 


1.500 






100 


Fransquin, père 


100 






7.000 


Broukhoven 


7.000 






3.000 


Colon îa, ■ roeve 


2.699 


2 


9 


4.000 


Mad. Moriensart 


4.000 






3.000 


Mad. Wonsheim 


3.000 






1.500 


Van Brée 


1.500 







— 26 



DES PARTICULIERS 


Répartition 




SOMMES CONTRIBUÉES 


NOMS DES PERSONNES 


_ -^ 






FI. OR. S. D. 


1.500 


De Bricz, commuue-inaitrc 


1.050 






600 


loffr. De Bricz 


600 






1.500 


De Plaine 


1.350 






1.500 


Mad. Van de Narcnt 


1.500 






300 


Mad. Dubois 








2.000 


Spangen 








4.000 


Van Velde, pivst 








600 


Mad. Crabeels 


500 






800 


JutV. Lassus 


800 






300 


Bcrnaerts, échevin 


500 






500 


Gommaerts 


500 






300 


DeWed.Bi-andts 


300 






400 


Jouftr. Verberght 


400 






300 


De Wed. de Croes 


300 






600 


Adr. Van Diest el famille 


600 






100 


De la Rivière 


100 






100 


P. Van den Nest 


100 






500 


De Raet, en broeder 


500 






300 


De Jonge, Lei'ne 


300 






150 


Speecq 


150 






500 


Wafelaer, Vischmarkt 


500 






250 


Van der Strepen 


250 






200 


Permisacn, vader 


200 






400 


Marci et Scheppers 


401 


12 


00 


100 


Van den Eynde, priesier 








100 


Pan si us, schouteeb 


100 






300 


Burlet, schepenen 


300 






200 


De Jonghe, docloor 


200 






300 


Joutïr. Jongelinckx 


300 






I.OOO 


Mevrouw Van Goethem 


995 


• 5 


00 


200 


Peppe 


200 






100 


Van Diepenbeeck, major 








100 


Dauwens, Deyle 


100 






100 


PouUct, trésoriers klerck 


100 






100 


Gambier 


100 






800 


Van de Venue, trésorier 


800 






500 


Reyntiens 


500 






200 


Lambrechts, Deyle 


200 






200 


De Wilde, Deyle 


200 






300 


Dekens 


300 






300 


Scheurweyen 


300 






200 


Blancx, apotheker 


200 







27 — 





DES PARTICULIERS 






SOMMES CONTRIBUÉES 


Répartition 


XOMS DES PERSONNES 


FLOR. S. D. 


400 


Jouftr. Brackx 


400 






200 


Verlinden, brocdgaus 


200 






100 


DeWed.d'Hondt 


99 


18 


00 


100 


Rykmans, kore merkt 


100 






150 


Sclienens 


100 






300 


Van Warnewyck, vader 


300 






100 


Van der Meeren, beenhouder 


100 






200 


Berge, schepemn 


100 






100 


De Wed. Rousseau 


100 






150 


Jouffr. Rousseau, Hanswyk stmet 


150 






300 


Jaussens O.-L.-V. stmet 


300 






300 


Janssens, kore merkt 


300 






100 


Alpheris Scheppers 


100 






100 


Alexander Scheppers 


100 






2.000 


Baron de Neeve 








300 


Wayenborgh, notaris 


300 






100 


Bosselaer, Guldcn straet 


99 


12 


00 


150 


De Wed. Van LufFen 


150 






400 


Kesselaer, apotheker 


400 






100 


Scheppers, \ontiuei-f 


100 






100 


Lambrechts, \eep~Jeder 


100 






300 


Parasiers, in den Hcicn 


300 






200 


Scheltiens, in Dooniik 


200 






ICO 


Vermeulen, schcpstraet 


100 






200 


De Cré, Brandewynstoeker 


200 






200 


Laureys, Ysere leen 


200 






150 


De Bocq, proc. 


150 






100 


Slavon, apot. 


100 






100 


Van Veerle 


100 






300 


Poupez 


300 






200 


Rickterich, scbepenen 








350 


Rickterich, rentineester 


350 






300 


Van Kiel, bful 


300 






200 


Vermeulen, in den Hert 


200 






100 


Van Lunnen, amman 


100 






200 


Vlemink, meyer 


40 


4 


3 


300 


Belde 


300 






500 


Gaifïier 


500 


6 


é 


300 


Van den Bosch, koey straet 


300 






300 


Félix Parasiers 


300 






100 


Van Lier, Catharine straet 


lOI 


15 


6 


150 


Boonen, groole merkt 


150 







— 28 



DES PARTICULIERS 






SOMMES CONTRIBUÉES 


Répartition 


NOMS -DES PERSOXN'ES 


FI, OR. S. D. 


200 


Pottuk, Yserc lecn 


190 


12 


6 


100 


\'leminck, schepcmn 


100 






100 


Allebort, Augustyue stmd 


100 






150 


Willem s, schepencn 


150 






100 


Bertrams, lenc 


100 






200 


Coenraets Bernacrts 


200 






200 


Cor. Suetcns 


200 






150 


Ant. Gerseraentcr 


150 






150 


Judocus Bernacrts 


150 






150 


Beelaerts, Hoergracht 


150 






100 


Bernacrts, tu de Bonnctteu 


100 






300 


Reniers, Racdsbcer 


500 






200 


De Wcd. W^eyns 


200 






150 


Paulus Pceters 


150 






300 


Van de Voort, Bogaert stmet 


300 






100 


Koeck, Raevenbergh stmet 


100 






100 


Deshaeyes, proc. 


100 






100 


Geldoïï, pivc. 


100 






100 


Zech, proc. 


100 






100 


Van dcr Elst, hefferstmet 


100 






100 


Vermeulen, ibidem 


100 






100 


De Reyt, doctoor 








200 


jouffr. Jacob, hefferstmet 


200 






100 


Van Reymenant, tingietcr 


99 


9 


00 


100 


Hamart, en \oon 


100 






100 


Ta y m an s 


100 






350 


Broeckaert 








100 


Bernacrts, in het Hcrt 


100 






200 


\-m Deuren 


200 






100 


De Greef, groote niertd 


100 






100 


Kinderen De Ridder 


100 






500 


Douairière Goubau 


500 






200 


Jouffr. Van Meldert 


200 






300 


Ant Aborissens 


300 






200 


Rumold Matthys 


200 






200 


Pet. Matthys 


200 






200 


Pauwels, Koeij stmet 


200 






200 


Cincquarb 


200 






200 


Maes, merckt 


200 






200 


De Wit, naest de craen 


200 






200 


De Wit, /// de Kat 


200 






200 


De Wed de Nys, Ysere leen 


200 







- 29 — 



DES PARTICULIERS 


Répartition 


NOMS DES PERSONNES 


SOMMES CONTRIBUÉES 


FLOR. S. D. 


300 


Andriessens 








100 


Huybreghs, Keyser straet 


100 


9 


00 


200 


De Wed Michiels, Begg. hof 


200 






200 


De Wed Geens en 7j3on 


200 






200 


Van den Nieuwenhuysen 


300 






500 


Marcelis, vader 


300 






300 


Van Noter 








150 


Coosemans 


150 






150 


Van den Berg, vceincrht 


150 






150 


Van den Bosch, Kore merkt 


150 






150 


De Wolf, Koeij poorl 


150 






100 


Wed. Ryckmans, 0. L. V. st. 


100 






150 


Van der Elst, boekdriikker 


150 






200 


Bautmans 


200 






200 


Calvis 


200 






150 


Eggers in dm Exler 








200 


Lauwers, Keysers hof 


150 






200 


Soomers, Gidde straet 


50 






200 


Jordens, Ysere îeen 


200 






150 


Latin, Kore merkt 


ii4 


17 


00 


200 


Bennens, Keysers hof 


200 






200 


Meeus, Keysers hof 


200 






200 


Meeus, Boter merkt 


200 






300 


Douairière Papejans 


300 






300 


Pauwels, Steenstraet 


300 






200 


Donckers, hode 








200 


De Barius, Koreiimerkt 


200 






200 


De Barius, Adcghem straet 


200 






100 


Pauwels, goudsmit 


100 


I 


00 


100 


Jouffr. Marus 


100 






200 


Kinderen Pauli Suetens 








200 


Joannes Geens bi'j schilder Suetens 








200 


Wed. Van Rompuy 


99 


17 


6 


500 


Jouftr Van Loven 


500 






200 


Vinck, Ysere Ieen 








200 


Van der Auwera, in de kiok 


200 






100 


Jud. Mertens en ~^oon 


100 






200 


Mad. Cap elle 








100 


Kinderen Hendrickx 


100 






100 


Espervis 


100 






100 


Joannes Van Lier, Ysere Ieen 


100 






100 


Stevens 


100 







— 30 



DES PARTICULIERS 1 






SOMMES CONTRIBUÉES 


Répartition 


NOMS DES PERSONNES 


FLOR. S. D, 


lOO 


Rymenams, apotheker 


100 






lOO 


Smets, vischmcrkt 


100 






300 


Brauwcrs, pnester 


300 






200 


Mad. Eustache en ~oo/î 


50 






100 


De Loose, chirurgijn 


100 






200 


Verhaegcn 


200 






100 


Wed. Verhassclt en kind 


100 






200 


JouftV. Dekens, Havenucrf 


200 






100 


De A\'ed Van den Bosch 


50 






100 


Wed. Neuttiens, capucicnenst. 








100 


Wed. Gillis, Adeghem straei 


100 






100 


Corn. Wouters, vi de Teni 


100 






100 


Crux, hùcdemaker 


100 






150 


Feremans, koopman 


150 






200 


Wed. Usselincx 


100 






100 


Van Kerck, doclor 


100 






300 


Peeters, apotheker 


300 






100 


Herrebos, koopman 


100 






100 


Stobbaerts, Soui-werf 


100 






100 


JouftV. Vermeulen, Schip str. 


100 






100 


Stalins, koopman 


100 






100 


Verhuyck, contrôleur 


100 






100 


Goovaerts, landmeter 


100 






100 


JouftV. de Croes, Schip str. 


100 






100 


Van Haecht, notaris 


81 


6 


6 


300 


Bernaerts, in de Borse 


300 






100 


Van den Bosch, grejfierhcrg 


100 






100 


Mart. Verelst 








200 


JouftV. Gaillaert en hroeder 


100 






100 


M"'^ Helmans 


100 






100 


Ninians, Hollands. Thuvn 


100 






100 


Wauters, Custos S^' Pétri 


100 






400 


Wed. Corn. Vermeulen 








200 


Reyers, nevens de luiegen 


200 






100 


Colibrant, hakkcr 0. L. V. str. 


100 






100 


Joannes Vleminckx 


100 






100 


Peeter Vleminckx 


100 






100 


Taveniers, leeremerkt 


100 






100 


Lambert, Groote merkt 


100 






100 


Loos Bruel 


100 






300 


Jouff'r. Marcel] s 


300 






100 


Jouff"r. de Wolf 


97 


II 


6 



— 31 — 



- - 
DES PARTICULIERS 






SOMMES CONTRIBUÉES 


Répartition 


NOMS DES PERSONXES 


FLOR. S. D. 


100 


Herreyns, konstschilder 


100 






100 


Mev. Vilegas 


100 






300 


Can. Van Gindertaelen 


300 






100 


Petit, apotheker 


94 


i9 


00 


100 


Palms, Groote merkt 


100 






200 


Balsa VI het school 


200 






100 


Permisaen, Zone 








500 


Jouffr. Vermeulen, Blaes-h-str. 


500 






300 


De Wed. Pet. Matys 


200 






100 


Beelaerts mvens de schors K. 








100 


Wed. Rémi Casseur 


100 






400 


Wed. Bernaerts, Beggijne str. 


250 






200 


Jouffr. Danssy 


200 






100 


d'Hoogli Van der Steen 


100 






100 


JoufFr. Beelaerts, Milanc 


100 






100 


Jouffr. Aijou, Vischmerkt 


100 






150 


De Vuylder, schepenen 


150 






100 


Leys, Oude Bmssehtraat 


100 






3.000 


Respani, Douairière 


I.IOO 






100 


De \Vit, Vischverkooper 


100 






300 


Wauters, Schipstrael 


300 








d'Hr. Dieudonné 


751 


13 


00 




Stad Mechelen. 


143 


5 


00 




Idem. 


618 


19 


6 




Idem. 


93 


12 


6 


Reuten op 


Un anonime 


000 


5 


00 


intcrest 


Van Kiel, in den Keyser. 


600 








Silvere Kane 


11.867 


II 


00 


200 


Jouffr. Dens Beggijne 


200 






200 


Jouffr. Colfs, Id. 


200 






400 


Cours, Id. 


400 






200 


Hilleger 








100 


Jouffr. Leemans 








200 


Jouffr. Veydt 


50 






200 


Jouffr. Rotiers 


100 






200 


Jouffr. Vrancx 


200 






100 


Jouffr. de Grave 


100 






200 


Van Hemseke en :^iistcr 
Jouffr. Lambrechts 


200 






100 


Jouffr. Vervoort 
Jouffr. Van Lier 


100 






200 


De Muyer, cap. M. B. F. 


200 







32 — 



DES PARTICULIERS 






SOMMES CONTRIBUÉES 


Répartition 


NOMS DES PERSONNES 


FLOR. S. D. 


100 


Mceus, op de Milane 
Keyscr, sleeniueg 


50 






200 


Lecmans, Yserrankel, Kore m. 








100 


DeWed.Oisers, O.-L.-V. st. 


100 






100 


Van Den Nicuwenhuysen, Put. 








200 


Koning, Kerhofstmat 


200 






100 


Mad. Persoons, Beggijii hof 


100 






100 


Schoukens 


100 






200 


Joufïi-. Douglas 


100 






200 


Pauwels, nioeder 


200 






Rente op 










interesl 


Anonyme, N" 10 


200 






25.000 


Het ressort 


25.000 






Rente op 










interesl 


Pcer. Aut. Philips 


800 






Il est entré dans la levée pour trouver le contin- 








gent des absens à repartir sur leurs biens et pour 








compléter celui du district, la somme de 


7.976 


4 


00 


Ainsi cotisé et payé pour le contingent du civil. 








Fait à la Municipalité {signe) J.-A. Pansius. 








Déport volgens notitie van den Borger NoUet is 








alnog betaelt wegens de curateurs der Douairière 








Respani, c 


e somme van 


2.206 


17 


00 



Cette fois-ci il n'y eut plus moyen de se soustraire à cette obli- 
gation ; toute velléité de résistance fut sans grand profit pour les 
récalcitrants. On nomma d'office un curateur chargé de prélever 
sur leurs biens la somme demandée par la municipalité. Pour 
l'archevêché, que le titulaire le cardinal de Frankenberg s'était 
hâté d'abandonner à l'arrivée des Français, le chanoine de Broux 
fut nommé curateur. A la fin, on parvint à réunir le restant de la 
somme demandée par le citoyen Laurent ; elle put être portée 
à Bruxelles le 17 novembre suivant. 

Déjà le 27 thermidor de l'an II de la République, les représen- 
tants avaient arrêtés les dispositions principales des lois qui allaient 
provisoirement régir notre pays. Le décret de ces préliminaires est 
consigné dans le VVekelijks bericht vanMechelen, fol. 555 et suiv. 

Indépendamment des mesures de police à prendre, du cours 



— 33 



forcé des assignats, de Tobligation de rendre toutes les armes que 
l'on pouvait posséder, cet arrêté règle le débit et la vente des 
denrées alimentaires et autres, et fixe comme chiffre officiel de ces 
transactions le maximum de Lille, c'est-à-dire le prix de ces mar- 
chandises tel qu'il avait été définitivement fixé dans cette ville. 

Une autre disposition, relative aux fonds publics y est insérée : 
elle ordonne d'enlever des caisses communes (gildes, serments), 
administrations publiques (fabriques d'églises, caisse des pau- 
vres, etc.) tout l'argent monnayé et de le remplacer par des 
assignats. 

Aile het geld liggende in de gemeyne kassen, endegene van borgerlijke 
bedienniugen, en van onder regt liggende persoonen zal er uytgetrokken 
worden ende gegoten in de kasse van den betaelder van het léger, tôt 
voordeel der Republiek : maar het bedrag van de borgerlijke kassen zal 
vervult worden door Assignaten, op last dat de wethouders op het gebruyk 
der zelve zullen waeken en daer van rekeninge geven. Men zal van gelijken 
handelen met de penningen onder regt liggende, uyt genomen de gène 
aldaer gelegd door uytgewekene ende degene toebehoorende aen uytgewe- 
kene dewelke zijn toegeeijgent ende verbeurt tôt voordeel der Republiek. 

Gedaen tôt Brussel den 27 Thermidor het tweede jaer der fransche 
republiek een ende onverdeelbaer. 

Onder S. -P. Lacombe, St-Michel, Gillet, Richard, Laurent, Ruez. 

Weekelijks bericht van Mechelen fol. 555 etsuiv. 

A la suite de cet arrêté la nouvelle administration municipale 
publia le 11 vendémiaire (3 octobre) le tableau des prix des 
denrées, rapportés au maximum de Lille. Voici quelques extraits 
assez intéressants de ce tableau que publie le Wekelîjks bericht. Les 
chiffres dans la colonne indiquent ces prix en francs ; ce calcul 
n'est qu'approximatif. 



Roggen brood 4 pond 3 vierdeelen 
Huyshouden brood 3 pond 5 onzcn 

en half. 
Fijn terwe brood 9 vierdeelen 
Witte brood, een pond 
Aerdappelen, het meuken 
Eiren, 25 

Bruyn bier, per ton 
Ordinair herbergiersbier, de ton 
Negen schellings bier, de ton 
Kleyn bier gezegd kuyt, de ton 



«P- 


de merkt 




Iii den wi 


^kel 


Franken 


L. 


S. D. 




TT^t:" 


D. 










10 





50 








5 





15 








10 





50 








5 





25 








I 10 





I 50 








I 10 





I 50 








24 00 





24 00 








20 00 





20 00 








9 00 





9 00 








4 00 





4 00 



— 34 



Op de merkt 




In den \v 


inkel 


Franken 


L. S. D. 




L. S. 


D. 




9 








45 


8 00 








40 


2 6 








13 


I 3 








672 


I 




I 5 





I 25 


I 5 o 








I 25 






o 4 





20 






12 





60 






10 





50 






13 





65 






13 





65 






14 


o 


70 






i8 





90 






I 12 


o 


I 60 



Sterkbicr gczegd S gulden bicr, per 

pot 
Herbergiers bier, per pot 
Negcn schcllings bier, per pot 
Kuyt, per pot 
Versche botcr, het pont 

» » perklontvan 18 oncen 

Mclk, de pot 
Ossen vleesch, het pond 
Rundsch vleesch, het pond 
Schaepen » » 

Kalfs » » 

Versch verkensvleesch 
Gezouten verkensvleesch 
Genever, per pot 



Le même arrêté stipula que dorénavant tout ouvrier serait 
payé à raison de 1/3 de majoration sur le salaire primitif. 

A la nouvelle administration fut adjoint un comité de surveil- 
lance. Comme l'indique sa dénomination, ce comité fut chargé de la 
surveillance, de la sauvegarde des intérêts de la république dans 
notre ville. Voici l'arrêté qui l'institue et nomme les membres qui 
en feront partie. 



Les représentants du peuple (19 sept. 1794J. 
Aux magistrats de la ville de Malines, 

Nous vous envoyons notre arrêté relatif à la formation d'un 
comité de surveillance pour votre ville. 

Salut et fraternité. 

(Signé) N. Haunman-Briez. 

Liberté Fraternité Egalité. 

A Bruxelles la 3^ sansculottide de l'an II de la République 
française, unie et indivisible. 

Les représentants du peuple près les armées du Nord et de 
Sambre et Meuse. 

Arrêtent ce qui suit : 



— 35 — 

Art. I. 

Il sera établi à Maliiies un comité de surveillance composé de 
sept membres. 

Art. 2. 

Ces membres sont les citoyens Hosselet, homme de loi, Tarte, 
homme de loi, 'Vermeulen, fils du tanneur, R3^menams, apothi- 
caire. Van Ham l'aîné. De Cocq le cadet de Malines et Reniers, 
homme de loi de Bruxelles. 

Art. 3. 

Le comité portera sa surveillance sur les fonctionnaires publics 
de la ville et arrondissement de Malines, sur les gens suspectes 
d'être les ennemis du peuple et de la République, sur ceux qui 
pourraient empêcher la circulation et la vente des denrées et 
marchandises et priver le peuple de sa subsistance, sur ceux qui 
viendraient au-dessus du maximum et qui refuseraient de recevoir 
les assignats, enfin contre tous ceux qui ne se conformeraient pas 
aux arrêtés des représentants du peuple à quel effet le comité 
pourra faire les informations et perquisitions nécessaires. 

Art. 4. 

Le comité de surveillance pourra faire arrêter et même traduire 
au tribunal criminel, à Bruxelles, tous les individus désignés dans 
l'article précédent. 

Art. 5. 

Le comité rendra un rapport journalier de ses opérations au 
représentant du peuple à Bruxelles. 

Art. 6. 

Le comité sera présidé par un de ses membres : les délibérations 
et mandats d'arrêt devront être signés au moins par quatre 
membres. 

Art. 7. 

Le comité pourra nommer un secrétaire écrivain et un garçon 
de bureau avec appointements qui seront fixés, ainsi que les autres 
dépenses, par les représentants du peuple. 



- 36 - 

Art. 8. 

Les commandans des troupes de la République prêteront main- 
forte pour l'exécution des mandats d'arrêts. 

Le présent arrêté sera envoyé au commandant des troupes de 
la République et au magistrat de Malines. 

(Signé) Briez-Haunman. 
Pour expédition conforme : 
(S.) Haunman-Briez. 

Ce comité, fort de l'appui que lui prêtaient les représentants du 
peuple, ne manqua pas de créer de nombreuses difficultés à l'ad- 
ministration. Celle-ci, poussée à bout,s'adressa aux représentants 
pour protester contre les agissements du comité, et leur dénoncer 
le tort fait par ce comité à la bonne gestion des affaires publiques. 

Voici un extrait de la missive en question, trop étendue et de 
trop peu d'intérêt pour être reproduite ici. 

» Ce sont ces raisons C. R. qui nous forcent de recourir vers 
« vous, pour que vous vouliez nous apprendre les rapports que 
(' la République française veut que nous ayons avec le comité de 
« surveillance établi dans notre commune, et qu'ainsi connaissant 
u l'étendue et les bornes de son autorité, nous cessions d'éprou- 
(( ver de sa part les embarras et les distractions, que nous en 
« éprouvons et qui nous empêchent de donner à nos fonctions 
" toute l'attention que le bien public exige. » 

Les griefs articulés contre le comité et que la lettre signale 
sont : 

T° Permis à deux individus complices d'un meurtre et bannis 
du territoire pour ce motif, de revenir en ville; 

2° Reproches adressés aux magistrats pour la nomination d'un 
employé qui n'avait pas reçu de certificat de civisme du comité ; 

3*^ L'arrogance avec laquelle ce comité traite le magistrat dans 
les missives qu'il lui adresse. 

Un second comité composé du pensionnaire Hosselet, l'échevin 
Van dcn Bossche, Hiji et deux secrétaires, se chargea, sous la 
dénomination de comité de subsistances, de pourvoir à la 
subsistance des habitants de la commune. 



— 37 - 

A cet effet, on défendit : i^ de vendre quoi que ce fut à des 
étrangers ; 2° la moitié de tous les approvisionnements devait 
être déposée contre payement de la valeur en assignats dans les 
dépôts publics ; 3° la moisson: le blé, le seigle, le froment, etc., 
dut également y être approvisionné. Enfin, pour éviter la disette 
de grains qui m^enaçait nos boulangers (il 3^ en avait 84 en 
ville), le marché ne s'ouvrirait pour le public que vers 11 heures 
du matin ; tout boulanger ne pourrait acheter avant cette heure 
que 3 sacs de froment ou de blé ; si cette quantité était insuffisante 
pour son débit, il pourrait prendre, contre paiement et autorisa- 
tion à délivrer par la municipalité, le restant dans les dépôts 
publics. 

Enfin, un troisième comité, le comité de secours, dut veiller au 
bien-être de nos compatriotes pauvres. Il était composé du 
Bourgmestre de Broux, le pensionnaire Bertrand, le trésorier 
van Velsen et le médecin Jeoffroy. Ce comité, qui disposait des 
fonds enlevés aux caisses des pauvres des paroisses, et d'une 
somme de 10,000 livres, mise à sa disposition par l'administration 
centrale, se réunissait toutes les semaines à la chapelle du Saint- 
Esprit (actuellement encore le bureau de bienfaisance) et 
procédait à la distribution des secours aux pauvres, divisés pour 
la circonstance en autant de sections que de paroisses. Ce fut le 
i^"" Germinal de l'an III, que les représentants du peuple arrêtè- 
rent que les municipalités seraient désormais «chargées de l'ad- 
i' ministration et distribution des secours tant de ceux accordés 
« par les représentants du peuple, que de ceux qui proviennent 
« des revenus des tables des pauvres, hospices et autres établis- 
" sements de bienfaisance existant dans leurs communes ». 

Voici le dénombrement des pauvres de la ville que la Munici- 
palité dut fournir à Bruxelles : 

Saint-Rombaut 1356 

Notre-Dame 1196 

Saint-Pierre 745 

Saint- Jean 478 

Sainte-Catherine 1297 

Hansvv3'k 267 

Enfants trouvés, abandonnés, imbéciles 204. Soit un total de 

5543 nécessiteux. 

s. A. .M. ?, 



-38- 

Pour les secours en nature, on eut recours à un moyen peu 
coûteux. Les membres du comité faisaient main-basse sur les 
approvisionnements des couvents et maisons religieuses et les 
distribuaient aux indigents. Il est vrai qu'on voulut bien dédom- 
mager par des assignats les propriétaires de ces denrées. Seule- 
ment presque partout on déclara pouvoir se passer de cette 
monnaie peu recommandable. 

(Schcllens) 27 novembcr : comité de surveillance en van Velscn secre- 
taris van dcn comité de Secours gaan de kloosters visiteeren voor boter 
keerssen enz. Zy vinden er 10600 pond boter en 800 pond keerssen. 

Le 19 octobre la ville fut placée sous l'administration centrale 
du Brabant. Elle fut régie par la municipalité, sous la haute 
surveillance de cette administration, le comité de surveillance, le 
comité de secours et le comité des subsistances. 

Il nous reste à passer rapidement en revue les principaux 
événements qui se passèrent ici pendant l'année 1794. 

Comme la première occupation, la seconde eut le symbole de 
sa prétendue mission planté au cœur de la cité qu'elle venait 
d'envahir. L'arbre de la liberté une première fois planté sur notre 
place communale, arraché et brûlé par la population, fut replanté 
en grande cérémonie le dimanche 17 août à 3 heures de l'après- 
midi. On afficha au préalable la proclamation au peuple, ci-après, 
pour rhiviter à contribuer le plus possible à l'éclat de cette fête 
civique. 

Voor de tweede maal hersteld in vrijheid door de dapperheid der 
Franschen zoo is het nu den oogenblik aan deze onze aangekleefdheid te 
betoonen, laat ons vuriglijk hunne noodinge te gemoet gaan om gezament- 
lijk met hen aldaar te zweeren de uitroijinge der tijrannen die ons tôt 
heden verdrukt hebben, en de integendeel ons toegeven aan de fransche 
Republiek tôt de welke onze nabueren reeds het geluk hebben van te 
behooren : uit de overblijfsels der dwinglandije zullen w}' doen bloeijen den 
boom der vrijb.cid, het blijkteeken van vereeniging voor aile de volkeren, 
degene welhaast niets anders dan een groot huisgezin zullen uitmaeken 
naar het geheiligt zinbeeld van de vereeniging en de voorspoed der 
franschen. Welhaest van de uitsterste paelen van Europa zal hij opgroeijen 
tôt het geluk der volkeren ; waar over onze broeders onze medeborgers 
der nabi] gelegen steden reeds een loft'elijk voorbecld gegeven 



— 39 - 

hehben om opgevolgt te worden, alomme rijzen de volkeren op uit de 
slavernije, hun verhaestende hunne wenschen en de eerbiedigingen aan de 
vrijheid op te ofFeren : zuUen \xï] de laetste zijn in deze stad, om de 
franschen na te volgen ? Zouden voorwaer onze geburen ons in den 
levensloop die voor ieder openstaet, met vastere stappen voorbijgaen ? 
Neen, wy zijn hun gelijk en wij zullen niet achterblijven. Zoo is het dat het 
iMagistraet dezer stede aile goede ingezetene aamvakkert ingevolge den 
bovenstaenden toeschik om hun te vereenigen met de Fransche hunne 
broeders, en de gezamentlijk op zondag den 17 dezer maend omtrentdrij 
ueren naer-noen bij te Avoonen de feesten die op de groote plaets dezer 
stede zal gevierd worden, met het planten van eenen boom toe geheiligd 
aan de vrijheid in het midden der toejuijgingen eu de duizende mael 
uijtschreeuwingen, lang levé de Fransche Republiek. 

Gedaenin policije den 16 oogst 1794. Get G, J. Z. Verlinden (Schellexs 
fol. 421-22). 

Rien ne fut négligé pour assurer à cette solennité un caractère 
à la fois imposant et joyeux. Le carillon et la sonnerie des cloches 
mêlèrent leurs accents aux bruyantes fanfares des soldats répu- 
blicains. Une promenade militaire, à laquelle prirent part, outre 
la garnison, les magistrats et les dignitaires de la commune, 
termina les cérémonies. Le soir, un bal fut donné à l'Hôtel de 
ville. Le vieux beffroi, S3'mbole de nos Franchises communales 
devint le théâtre des fêtes et orgies des défenseurs de la répu- 
blique. A chaque victoire qu'eut à enregistrer le bulletin de ces 
armées, nous verrons le peuple invité à la fêter par des sauteries 
qui dégénéraient le plus souvent en saturnales. Le 21 septembre, 
i^"" jour de la 3™^ année répubhcaine, nos graves magistrats, les 
membres du comité de surveillance et les dignitaires de l'armée, 
'dansèrent la carmagnole autour de l'arbre de la liberté, pendant 
que la populace s'enivrait aux tonneaux de bière que nos maîtres 
avaient fait mettre en perce pour la circonstance. 

Malgré les recommandations faites aux généraux de respecter 
partout les croyances des populations conquises, on ne tarda pas 
à inaugurer le système de persécution qui caractérisa cette révolu- 
tion. C'est ainsi que furent mis sous scellés : les biens du président 
du Grand Conseil Leclerc, du doyen du chapitre Hoeven, de la 
béguine Picard au béguinage, ainsi que ceux du refuge de 



— 40 — 

Tongerloo. Le refuge d'Averbode fut vendu pour 2900 livres. 
Les pauvres claires furent chassées de leur couvent ; on fit main 
basse sur la riche bibliothèque de l'archevêché et on la transporta 
à Paris. L'immeuble fut occupé par l'hôpital militaire malgré 
les protestations des magistrats et d'autres personnes influentes. 
Les chefs-d'œuvre des maîtres de l'école flamande que possédaient 
nos églises, enlevés le 31 juillet, furent embarqués le mois 
suivant et transportés à Paris. C'étaient : V Adoration des bergers 
par Rubens, de l'église S'-Jean ; la Cène et deux autres tableaux 
du maître, de la métropole; un tableau de Jordaens de l'église 
Sainte-Catherine et un tableau de Van D^^ck aux Récollets. 
79 tableaux de moindre importance furent emportés et déposés 
dans le réfectoire des petits carmes, à i\nvers. Ce fut le citoyen 
Schalkens qui dirigea toutes ces opérations (voir Piot : Rap- 
port sur les tableaux enlevés à la Belgique en lyçj ^l restitués en 
1804). 

Le 6 octobre, on nomma les commissaires chargés de la 
séquestration des biens des couvents, et l'on poussa la rage du 
dénigrement jusqu'à envoyer le bourgmestre de Villers chez les 
frères Cellites pour demander aux pensionnaires s'ils n'avaient 
rien à reprocher à leurs gardiens. Ces malheureux furent cepen- 
dant unanimes à reconnaître les soins dont ils étaient l'objet. 

Ces mesures vexatoires ne contribuèrent que fort peu à popu- 
lariser le nouveau régime. 

Aussi la municipahté dut-elle rappeler le peuple au respect des 
emblèmes républicains, dans une ordonnance du 5 Brumaire 
(26 octobre). 

Ordonnance. 

La municipalité se trouvant obligée d'employer des moiens de 
rigueur pour mettre un frein à la malveillance des quelques 
habitans de cette ville, qui refusent de porter la cocarde tricolore, 
et qui en outre font connoïtre leurs mauvaises vues, en salissant 
et déchirant les affiches des Arêtes des Représentants du Peuple 
Français, ainsi que les ordonnances politiques, elle a arrêté ce 
qui suit : 

Tout individu des deux sexes de cette ville et de son district 



- 41 — 

portera la cocarde tricolore sur la tête, où sur la poitrine, d'une 
manière visible, à peine d'être arrêté comme suspect, et d'être 
détenu pendant trois mois, même plus selon les circonstances. 

Les femmes pourront cependant, au lieu de cocarde, ceindre 
leur tête d'un ruban aux trois couleurs consacrées à la liberté. 

La municipalité ordonne bien expressément à ceux qui sont 
chargés d'afficher sur les heux et places ordinaires les ordon- 
nances, règlements et arrêtés qui se publient dans cette ville, de 
coller ces pièces à la muraille, pour qu'elles ne puissent facile- 
ment s'en détacher. 

Ceux qui s'aviseront de salir ces affiches d'une manière quel- 
conque, ceux qui les déchireront où les détacheront de la muraille, 
seront considérés comme séditieux et punis comme tels selon 
l'exigence du cas. 

L'Ecoutette, le heutenant-Ecoutette et tous autres, que la chose 
peut conserner, tiendront la main à l'exécution de la présente 
ordonnance ; les commandants des troupes françaises sont requis 
de faire veiller à l'observation de celle-ci et de faire arrêter comme 
ennemis de la nation française les contraventeurs, qu'ils pourront 
découvrir. 

Fait à l'assemblée de la municipalité ce 5 brumaire, troisième 
année delà République française, une et indivisible. 

Vu, autorisé et approuvé par le commandant de Malines. 

Ferre. 

Le 9 brumaire, la Convention nationale décrétait l'établissement 
à Paris d'une école normale, où seraient appelés, de toutes les 
parties de la république, « des citoyens déjà instruits dans les 
ti sciences utiles, pour apprendre, sous la direction de professeurs 
« les plus habiles dans tous les genres, l'art d'enseigner. » Dans 
la circulaire du 17 nivôse (janvier 1795), l'administration centrale 
du Brabant rappelle aux municipalités les dispositions de cette 
loi. On les pria d'envoyer, par 20,000 habitants, un élève insti- 
tuteur possédant les aptitudes requises. Schellens nous apprend 
que nos administrateurs ne parvinrent pas à trouver l'élu en 
question. 

Un autre arrêté ordonnait l'établissement d'un temple de la loi. 
Le général Auge, commandant de la place, demanda de désigner 



- 42 - 

un local pour l'installation du sanctuaire. La chapelle de Pitzem- 
boug lui fut provisoirement accordée. 

Un point encore offusquait nos magistrats. Sur les imprimés 
officiels figuraient encore les armoiries de la ville. On résolut 
d'y substituer la statue de la liberté, dont on confia l'exécution à 
l'orfèvre Macs, le lo octobre. Une dernière réforme compléta la 
.métamorphose ; ce fut l'adoption du calendrier républicain, dont 
les dates se substituèrent à celles vieux style à partir du 27 no- 
vembre 1794. 

Nous voici arrivés à l'année 1795. 

1795 

L'année 1795 (3'"^ année républicaine) représente dans l'histoire 
des provinces belges, une date mémorable par l'événement 
important qu'elle vit s'accomplir. Elle fut témoin de l'annexion 
de notre patrie à la France. Cette annexion consomma le sacrifice 
des institutions et des privilèges, que des soins jaloux avaient 
conservés à travers toutes les vicissitudes des siècles passés. 

Tout du reste sembla contribuer à graver cette date en carac- 
tères ineffaçables dans la mémoire des contemporains. Un long et 
rude hiver paralysa les relations commerciales, entraînant à sa 
suite une excessive cherté des vivres ; le grain se fit rare ; les 
réquisitions presque journalières de cette matière première de la 
subsistance du peuple pour les soldats de la république amenèrent 
bientôt une disette effroyable ; la richesse publique considérable- 
ment dépréciée fut le résultat inévitable du cours forcé des assi- 
gnats à l'exclusion de toutes espèces monnayées ; voilà, à grands 
traits, le sombre tableau qu'offraient nos provinces au com- 
mencement de cette année. 

Du travail et du pain ! tel est le cri qui monta du sein de la 
multitude affamée, et qui vint troubler la quiétude de nos admi- 
nistrations et de nos gouvernants. 

D'un coin à l'autre du pays, des malédictions s'élèvent à 
l'adresse des barbares conquérants : « Quand vous nous aurez 
« enlevé tous nos cuirs, tous nos plombs, toutes nos toiles, nos 
« draps, sera-ce avec des assignats que nous ferons dessouHers, 
« des habits et des chemises, sera-ce avec des assignats que nous 



— 43 — 

" recouvrirons nos toits? Mangerons-nous des assignats quand 
« nous n'aurons plus de pain? Bientôt même nos ouvriers n'au- 
« ront plus d'outils pour travailler, et si cela continue, il ne nous 
« restera plus que des yeux pour pleurer, en attendant que la 
« mort les referme. » Voilà ce que les magistrats de Bruxelles 
écrivaient à leurs maîtres ! 

Et notre municipalité, que fit-elle pour parer à la disette qui 
affligeait ses administrés? 

Hélas ! encore une fois nous devrons établir les mille difficultés 
rencontrées pour procurer du pain aux pauvres malheureux, que 
nos institutions charitables, supprimées, nourrissaient bon an 
mal an. 

Les 20,000 livres en assignats que l'administration centrale 
avait fait remettre à la municipalité pour les indigents étaient 
insuffisantes pour l'achat des vivres nécessaires. Nos m.agistrats ne 
cessèrent de demander l'envoi des grains pour la confection du 
pain ; ses envoyés exposèrent en vain les difficultés qui surgis- 
saient de toutes parts, les émeutes et les troubles que la force 
armée dut réprimer, rien n'y fit. Pour toute réponse on leur con- 
seilla d'imposer davantage le clergé et les particuliers dont la 
rétribution avait été insuffisante. Et cependant il fallait trouver les 
10,000 livres nécessaires à l'achat du grain. On eut enfin recours 
à la charitable initiative des classes aisées, et l'administration 
envoya aux habitants l'invitation de faire bon accueil à la sous- 
cription volontaire qu'elle leur demandait pour ses pauvres. 

Circulaire pour les citoyens aisés de la commune 
DE Malines. 

Citoyens, 

La confiance, que nous mettons dans votre humanité, et qui 
est fondée sur les vertus civiques, qui de tout temps ont caracté- 
risé le peuple de Malines, nous autorise à nous adresser à vous 
pour vous exposer le besoin urgent, ou se trouve la classe labo- 
rieuse et indigente de cette commune. Les pièces que nous joi- 
gnons ici vous informeront de la situation alarmante ou nous 
nous trouvons. La perspective horrible, qui se présente à nos 
yeux, citoyens, nous terrasserait, si nous ne nous rassurions sur 



— 44 — 

votre zèle compatissant. Nous ne vous dirons pas, qu'un peuple 
affamé et qui n'a pas de ressources pour se procurer du pain est 
capable de tous les excès, auxquels personne ne doit se flatter de 
se soustraire. Nous pensons que des motifs plus dignes d'un bon 
citoyen vous exciteront à secourir promptement vos frères néces- 
siteux: le sentiment précieux de la fraternité et l'amour consolant 
de ses semblables. C'est le moment, citoyens, de montrer votre 
patriotisme, jamais il n'aura été mieux placé, jamais vous ne 
l'aurez exercé avec plus de raison. Nos besoins sont pressants, 
nous ne vous le dissimulons pas; sans vos secours, nous craignons 
les suites les plus fâcheuses, et. des calamités incalculables ; mais 
nous avons la consolation de vous annoncer qu'il dépend de vous 
de les écarter par de légers sacrifices. Une quantité de grains de 
10,000 quintaux nous tirera de toute inquiétude. Que les gens 
aisés se cotisent pour procurer ces grains ou la somme nécessaire 
pour en faire l'achat. Il ne sera pas bien onéreux pour chacun 
d'eux d'en procurer une partie, et nous serons sauvés ; nous 
vous garantirons sur le crédit de la ville les sommes que vous 
nous aurez procuré, ou la valeur de ce que vous aurez fait livrer ; 
cito3^ens, nous espérons trop de votre générosité pour insister 
plus longtemps a solliciter votre zèle ; nous croirions vous faire 
injure d'en douter et nous attendons de vous voir d'abord nous 
mettre à même de rassurer le peuple sur sa subsistance future 
jusqu'à la récolte prochaine. 

Salut et fraternité. 

N. DE ViLLERS, bourgmestre, 

A.-J.-H. VanDiest, secrétaire-adjoint. 

Cet appel resta sans suite sérieuse et les magistrats ayant reçu 
l'autorisation de prélever sur les habitants aisés la somme néces- 
saire à l'achat de 6,000 quintaux de grains, invitèrent ceux-ci à se 
réunir le samedi 15 germinal (4 avril), pour répartir cette contri- 
bution entre eux. 



— 45 — 
Circulaire. 



Liberté Egalité Fraternité . 



Malines, le 12 germinal, troisième année de la République fran- 
çaise, une et indivisible. 

Les officiers municipaux de la coniniwie de Malines 
à leurs concitoyens. 

Citoyens, 

Lorsque nous vous adressâmes notre circulaire du 16 du mois 
dernier, nous avions lieu de nous flatter, que vous vous seriez 
empressé de voler au secours de nos frères nécessiteux, d'autant 
plus, qu'indépendamment de toutes les autres considérations y 
mentionnées, nous vous dépeignions la perspective horrible qui 
se présentait à nos yeux ; vous avez pu calculer la somme des 
calamités auxquelles nous serions tous exposés, si le peuple man- 
quait de pain, et que personne de nous ne devait se flatter de s'y 
soustraire ; cependant nous avons eu la douleur de voir, que 
vous êtes restés, jusqu'à ce jour, tranquilles spectateurs des 
approches du fléau qui nous menace, quoique nous vous a3"ons fait 
connaître, que nos besoins étaient pressants ; après avoir 
employé tous les moyens que nous avons pu imaginer pour nous 
tirer de la position désastreuse où nous nous trouvons, après 
avoir épuisé toutes nos ressources, nous nous sommes vus forcés 
de prendre notre recours vers les représentants du peuple fran- 
çais, qui viennent de nous autoriser à mettre en exécution leur 
arrêté du 11 de ce mois dont nous vous donnons connaissance ; 
vous y verrez que nous sommes autorisés à répartir sur les gens 
aisés de cette commune une avance de 6,000 quintaux de grains 
en nature ; en conséquence, nous vous invitons à vous réunir 
samedi prochain 15 du courant (4 avril, vieux style), à trois 
heures de l'après-diner à la salle du Serment, pour y aviser aux 
moiens que vous jugerez convenir, afin de répartir entre vous la 
susdite quantité de 6,000 quintaux de seigle ; le temps presse, 
citoyens, c'est pourquoi nous devons vous prévenir, que si vous 
restez en défaut de prendre une résolution définitive le jour que 
vous vous assemblerez, dans ce cas, nous ne pourrons nous dis- 



- 46- 

penser d'exécuter par nous-mêmes le dit arrêté dans toute sa 
teneur. Nous attendons le résultat de votre assemblée dimanche 
matin, si vous ne nous le faites pas parvenir, nous commencerons 
notre opération le même jour. 

Salut et fraternité. 

(^S.J N. DE ViLLERS, bourgmestre. 

A.-J.-H. VanDiest, secrétaire-adjoint. 

A Bruxelles, le onze germinal l'an troisième de la république 
française, une et indivisible. 

Les représentants du peuple près les armées du Nord et de 
Sambre et Meuse. 

Vu la pétition de la municipalité de Malines, présentée à l'ad- 
ministration centrale et supérieure de la Belgique, tendant 
a être autorisée à répartir une avance de six mille quintaux de 
grains en nature, sur les habitants aisés de cette commune pour 
en assurer les subsistances, dont elle paraît dépourvue, vu aussi 
l'avis de l'administration centrale et supérieure, sur la dite péti- 
tion, considérant que cette autorisation ne doit en rien préjudicier, 
à l'acquittement des réquisitions, dont la commune de Malines a 
été frappée arrêtent ce qui suit : 

Art. I. 

La municipalité de Malines est autorisée à répartir une avance 
de six mille quintaux de grains en nature, sur les habitants de la 
commune pour assurer leur subsistance. 

Art. II. 

Cette avance en nature sera répartie, particulièrement sur les 
habitants aisés de la commune de Malines. 

Art. III. 

Laditte autorisation ne pourra avoir son exécution que lorsque 
la municipalité de Malines aura justifié à l'administration centrale 
et supérieure de l'entier payement des réquisitions, dont cette 
commune a été frappée, ainsi que tous les pays conquis de la 
Belgique. 



— 47 — 

Art. IV. 

Le présent arrêté sera envoie à l'administration centrale et 
supérieure. 

fS.J J. le Febvre de Xantes 
et Pérès. 

50 personnes seulement répondirent à cette invitation. 

Avant de recourir aux moyens extrêmes, la municipalité 
chargea les curés des paroisses de visiter leurs paroissiens avec 
des listes de souscription à la contribution précitée. Enfin ce nou- 
veau moyen n'ayant qu'incomplètement réussi, on taxa d'office 
tout notable de la ville et vers le milieu du mois de mai, 300 sacs 
de grains purent nous parvenir des Flandres et parer aux pre- 
miers besoins. 

La classe laborieuse de la population attira aussi la sollicitude 
de nos administrateurs. Déjà au mois de décembre de l'année 
précédente, le comité de surveillance avait envoyé à Bruxelles la 
liste des ouvriers sans travail en priant cette administration de 
pourvoir aux besoins de ces malheureux. Notre municipalité 
désirant, d'un côté, faire refleurir le commerce, que la fermeture 
des ports avait fait languir et, d'un autre côté assurer du travail 
à ses administrés, conçut le projet de relier la Dyle au canal de 
Louvain. Elle voulut en outre faire creuser dans la ville même un 
bassin pouvant recevoir les navires d'un fort jaugeage. Le résultat 
de ces travaux aurait permis à nos négociants d'écouler plus 
facilement leurs marchandises et leurs produits vers les pays 
voisins, en facilitant l'accès des navires vers la mer. Ce projet ne 
fut pas mis à exécution. Nous croyons cependant que la corres- 
pondance que nous faisons suivre intéressera nos lecteurs. Ils 
n'ignorent pas que semblable projet a, dans ces dernières années, 
fait tourner la tête à maints de nos concitoyens. 

24 februari. Hiji G. Vaa Buscom Beeldhouwer ende Anthoon De Cocq 
schrijnwerker gelast eea plan te formeeren over het maeken van eene 
comme ofte bassin, van aen de Winkette tôt omtrentdeBrusselsche poort, 
waerin de zeeschepen bij leege waters zouden komen vlot liggen, ende de 
communicatie met de Lovensche vaart zoude lichter maeken (Schellen's). 

La lettre du 26 février, envoyée à l'administration du Brabant 
nous fera connaître les intentions de la municipalité. 



-48 - 

Liberté Fraternité Egalité. 

Malines le 8 ventôse troisième année de la République fran- 
çaise une et indivisible. 

Les officiers municipaux de la commune de Malines. 

Aux membres composant r administration d'arrondissement du 
Brabant. 

Citoyens, 

Il serait inutile de chercher à vous démontrer les avantages que 
procurent à l'Etat la navigation et le commerce, car qui n'est pas 
convaincu que le négociant qui occupe des milliers de bras pro- 
cure la subsistance à un grand nombre de personnes, et qui ne voit 
pas que l'on doit à la navigation et au commerce l'état florissant de 
l'agriculture et des arts ainsi que l'augmentation des richesses 
que la nature produit ? Convaincus de ces vérités, nous avons cru 
de notre devoir de chercher les moyens de favoriser la navigation 
interne et la communication de notre commune avec les ports de 
mer, c'est elle qui doit ranimer l'industrie de nos concitoyens, et 
les retirer de l'apathie dans laquelle ils sont plongés par les 
entraves et les gênes que le gouvernement despotique des Autri- 
chiens avait mis à la liberté du commerce. 

L'ouverture de l'Escaut qui vient de nous être garantie par les 
représentants du peuple français, et les maximes politiques qui 
guident les pas de la convention nationale fondent notre espoir de 
voir enfin renaître l'énergie de la Nation Belgique et, ne pas 
profiter de cette belle perspective serait se rendre repréhensible, 
il était par conséquent de notre devoir de travailler à l'exécution 
d'un plan, qui devait encourager le négociant, favoriser la navi- 
gation et consolider ainsi le bonheur des habitants de notre 
commune. 

En effet, l'ouverture de l'Escaut doit attirer sur le Brabant le 
commerce de transit vers Liège et l'Allemagne, plus on lèvera 
les obstacles que les vaisseaux de mer et autres bâtiments ren- 
contrent dans nos rivières, plus on encouragera le négociant a 
destiner par l'Escaut, les marchandises qu'il destinait pour les 
pays d'outre meuse, le plus grand inconvénient que les vaisseaux 
d'un port de cent et quarante tonneaux trouvent dans notre 



— 49 — 

rivière consiste en ce qu'ils ne peuvent se tenir à flot lorsque la 
marée est basse ; on ferait entièrement cesser cet inconvénient très 
nuisible aux vaisseaux d'une grandeur tant soit peu consi- 
dérable, et qui dégoûtait les armateurs de destiner sur Malines 
les marchandises de transit ainsi que les denrées à débiter dans 
notre commerce et les effets à dépêcher dans la campine. 

Cet inconvénient cesserait par la construction d'un bassin dans 
les fossés de notre ville, dont la propriété ainsi que les remparts 
lui comporte, nous vous en présentons le plan ci-joint et nous 
nous flattons que vous l'approuverez, et que vous nous autoriserez 
à l'exécuter dans toute sa teneur, non seulement parce qu'il fera 
revivre le commerce à Malines, et qu'il procurera ainsi le bon- 
heur de notre commune, mais aussi parce qu'un grand nombre 
de nos ouvriers se trouvant aujourd'hui sans ouvrage et que 
cet établissement utile et nécessaire procurera dans ces moments 
du travail aux pauvres artisans et la subsistance à un grand 
nombre des familles qui sont à la veille d'être plongées dans la 
plus affreuse misère. 

Salut et fraternité. 

(Signé) A. De Broux, président, Hosselet, J.-B, 
Rymenams, P.-J. Bernaerts, J. Ryckmans, J.-F. De Groof, 
G.-J. Verhoeven, J.-J. Palms, Charles Leemans, N. de Villers, 
Bourgm., Katzner. G.-J. Verlinden, J.-B. Olivier, très., G. L. 
Lefebure, van Velsen, Ghiji, G. Van Buscom et J.-H. X^anDiest 
secret. -adj. 

Le bassin dont le plan ^ ci-joint occupera l'étendue du fossé de 
la ville entre la dite d'eau et la porte de Bruxelles, il aura la lar- 
geur de deux cent pieds et la profondeur de quatorze, prise du ni- 
veau de la D3'le lorsque ces eaux sont à la hauteur d'une marée 
ordinaire. On construira à l'entrée de ce bassin une écluse propre 
à y recevoir, à conduire dans ce bassin même avec la demi-ma- 
rée les vaisseaux qui se trouvent à flot dans la Dyle. La longueur 
du chemin à pratiquer à côté du bassin est prise à cent pieds. La 
municipalité demande qu'elle soit autorisée à acquérir de gre à 
gré (si faire se peut) ou par estimation d'experts, le terrain dont 
elle aura besoin pour donner au perré cette longueur de cent 
pieds. Il est nécessaire que tout à l'entour du bassin on construise 

1 11 ne noas a pas été possible de retrouver ce plan. 



- 50 — 

des maisons et des magasins, il faut donc que la municipalité soit 
autorisée d'enjoindre aux propriétaires des biens fonds qui se 
trouveront à l'entour du bassin, de bâtir des maisons et des 
magasins sur ces terres, conformément aux modèles qu'ils rece- 
vront de la municipalité. 

Ils seront cependant libres de vendre leurs propriétés à qui ils 
voudront pour et à l'effet que dessus. 

La municipalité sera autorisée d'employer les décombres des 
remparts et des portes d'eau et de Gand à démolir pour les fonde- 
ments du bassin et de l'écluse ci mentionnée. 

La municipalité de Malines demande à être autorisée à exécuter 
les points ci-repris. 

Vu et approuvé en l'assemblée de la municipalité dans sa séance 
du 10 ventôse troisième année républicaine. 

(Signé) N. De Villers, bourgmestre, Katzner, Hosselet, 
P.-J. Bernaerts, J.-L. Lefebure, van Velsen, Ghiji, G. J. Verhoe- 
ven, Charles Leemans, G.-J.-J. Verlinden, greffier, J.-B. Olivier, 
très., J. Ryckmans, J.-S. de Groof, G. van Buscom. 

Extrait du registre des délibérations de l'administration 

DE l'arrondissement DU BRABANT. 

L'administration du Brabant ayant vu la pétition du magistrat 
de Malines, tendante à obtenir la permission de faire un bassina 
écluse suivant l'acte descriptif du plan ci-joint et d'employer à 
cet effet une partie du terrain des fortifications démolies et 
d'acheter de gré à gré une partie de terrain appartenant à des 
particuliers ou de se les procurer par estimation d'experts ; 
l'administration considérant que les raisons alléguées relati- 
vement à la prospérité du commerce sont fondées, considérant en 
outre que la stagnation actuelle de nos fabriques prive une 
grande partie de la classe laborieuse de travail et qu'il est urgent 
de leur en procurer, considérant que la confection de ce bassin 
remplirait parfaitement ce but. 

Considérant que le bien-être résultant de la confection de ce 
bassin retombe en entier sur la ville de Malines. 

Considérant que le terrain qui doit servir au bassin est en 
grande partie dans les anciennes fortifications démolies de 



— 51 — 

Malines et que ce terrain appartient et a toujours appartenu à 
ladite commune, et que seulement une petite partie située hors 
des fortifications appartient à des particuliers dont le bien-être 
individuel doit céder au bien-être général, pourvu néanmoins 
qu'on conserve leurs intérêts par une juste indemnité. 

Considérant néanmoins qu'il pourrait se faire que la république 
trouverait convenir de fortifier la ville de Malines. 

Considérant enfin que les frais de l'ouvrage que propose la 
municipalité doivent porter à des sommes considérables et que 
les pétitionnaires n'ont pas joint à leur exposé ni le devis appro- 
ximatif, ni les ressources qu'ils ont pour subvenir aux frais de 
l'exécution. 

L'administration, l'agent national entendu, estime qu'il convient 
d'autoriser à faire un bassin suivant le mode et sous les clauses 
reprises à l'acte descriptif ci-joint, pourvu que les autorités mili- 
taires ne croient devoir y mettre aucun obstacle, et que la muni- 
cipalité de Malines, prouve qu'elle a des ressources suffisantes 
pour payer l'exécution du projet qui fait l'objet de sa pétition. 

Fait en séance, le 13 ventôse, troisième année républicaine. 

Poîir copie confonne 

(S.) G. WiTTOucK, vice-prés. 
Sauvé, secret. 

Quelques jours après le médecin Jeofifro}^ fit paraître un 
mémoire dans lequel, tout en considérant comme très louable la 
tentative de la municipalité, il ne put cependant s'empêcher de 
blâmer la précipitation mise à étudier un projet aussi impor- 
tant. 

Il 3^ indiqua les conditions principales propres à assurer le 
succès de cette entreprise, la manière de recruter les fonds néces- 
saires et une modification qu'il aurait voulu y voir apporter. 11 était 
partisan de la création de deux canaux d'une étendue et d'une 
profondeur suffisantes pour suppléer au bassin unique qu'il consi- 
dérait comme peu profitable à l'intérêt public. Ce ne fut qu'en 
187 1, que M. le conseiller Frans remit la question du port sur le 
tapis et, depuis lors, toutes les tentatives se sont bornées à des 
desiderata qui n'ont pu se réaliser jusqu'ici. 



— 52 — 

Ce qui précède nous a fait perdre de vue le comité de surveil- 
lance dont les membres se livrèrent encore à quelques incartades 
qui méritent d'être racontées. 

L'administration centrale avait demandé le 23 pluviôse la 
réunion de notre pays à la France. Les délégués des municipalités 
s'étaient réunis à Bruxelles pour rédiger, de commun accord, une 
missive à envoyer à la Convention nationale française où seraient 
exposés les vœux de la population des provinces belges. Le 
citoyen Hosselet représenta la ville de Malines ; il signa comme 
tel la missive et en envoya le texte à ses mandataires. Le comité 
de surveillance fit distribuer des exemplaires de cette missive aux 
curés des paroisses avec ordre d'en donner lecture aux fidèles 
dans les offices. C'était tout simplement demander aux prêtres de 
prêcher l'adhésion à des principes qu'ils avaient toujours condam- 
nés. Aussi refusèrent-ils de souscrire à la demande du comité. Ce 
dernier les fit arrêter et enfermer au refuge de Béthanie. Ce 
furent : J. B. Trimpont de Saint-Rombaut, P. J. Resteleu de 
Notre-Dame, J. Copivis de Saint-Jean, Wayenborgh de Saint- 
Pierre, De Keyser de Sainte-Catherine, et J. N. Dumon d'Hans- 
wijk. Quelques jours après parvint au comité l'ordre de relâcher 
ces ecclésiastiques. L'administration centrale lui faisait observer 
que les prêtres ne pouvant être considérés comme fonctionnaires 
publics, on ne pouvait les obligera expliquer les lois et les arrêtés. 

Peu après, ce comité se jeta dans une autre aventure, laquelle 
lui fut aussi peu profitable que la première. Les Augustins avaient 
annoncé, au commencement de février, une indulgence plénière à 
gagner par les fidèles. Parmi les conditions requises pour y parti- 
ciper, étaient mentionnées des prières pour l'union des princes 
chrétiens,- le maintien de la royauté, etc. Le comité considéra cet 
acte comme une manifestation antirépublicaine, et il décida de 
faire arrêter le prieur de ces religieux. Il ne put heureusement 
donner suite à cette résolution. Le comité du Salut public, par un 
arrêté du 13 février, avait supprimé les comités de surveillance, 
les impositions et contributions, ainsi que le fameux maximum de 
Lille. 

Oui ne fut pas content, ce fut le comité ! Aussi l'administration 
centrale crut-elle devoir le consoler par la missive suivante qu'elle 
lui envoya le 28 pluviôse de cette année. 



— 53 — 
Liberté Fraternité Egalité. 
Bruxelles, le 28 pluviôse, troisième année républicaine. 

L'administration centrale de la Belgique au comité de surveillance 
de Matines. 

Citoyens, 

Nous obéissons à la loi en vous faisant passer l'arrêté des 
représentants du peuple près les armées du Nord, Sambre et 
Meuse, en date d'hier, y compris celui du comité du salut public 
de la convention nationale du 22 présent mois. S'il contient votre 
suppression, il contient en même temps des dispositions si favora- 
bles à votre pays, que vous vous consolerez, comme cito3^ens, du 
léger désagrément que vous essuyez comme fonctionnaires. 
D'ailleurs les fonctionnaires supprimés, qui ont fait leur devoir, 
emportent en se retirant, l'estime des patriotes et celle des légis- 
lateurs. 

Ne craignez point que la malveillance profite de votre suppres- 
sion pour se relever ; les mesures sont prises pour la déjouer et 
la comprimer. Elles sont prises aussi pour assurer à vos personnes, 
le calme, la tranquillité et la sûreté. 

L'homme vraiment patriote, celui qui veut sincèrement la 
liberté est esclave de la loi ; des qu'elle porte, il ne fait qu'obéir. 
Prêtez-vous donc de bonne grâce à exécuter l'arrêté que nous 
vous envoyons en remettant soigneusement à la municipalité de 
votre commune vos papiers et registres (y compris les affaires 
entamées et non terminées) et en adressant de suite à notre bureau 
de police générale les pièces concernant les affaires terminées. 

Vive la République. 

Salut et fraternité. 

(S.) J. B. j. de la Buisse, secret. 
B. d'Anthine, secret, adj. 

par intérim. 

Pour copie conforme : 

P. Vermeulen, secret, dudit comité. 
S. A. AI. 4 



- 54 — 

Le 24 prairial an troisième, les représentants du peuple orga- 
nisèrent les nouvelles administrations municipales selon les prin- 
cipes de la République française. Le décret relatif à cette organi- 
sation mentionna entre autres choses : que toutes les « municipalités 
« de la Belgique et du pays de Liège porteront le titre commun de 
« vumicipalité ; que le chef de tout corps municipal portera le nom 
« de maire et que les citoyens nommés pour remplir avec le maire 
u les places de la municipalité porteront le seul nom d'officiers 
u municipaux. 

<i Ces fonctionnaires seront au nombre de 3, y compris le maire 
u lorsque la population sera au-dessus de 500 âmes ; 

« De 6 depuis 500 jusqu'à 3,000 habitants ; 

« w 9 » 3,000 » 10,000 w 

(( V 12 I) 10,000 v 25,000 » 

a " 15 w 25,000 w 50,000 n 
« M 18 n 50,000 » 100,000 w 

« » 21 au-dessus de 100,000 habitants. 

« Au corps municipal sera adjoint un nombre de notables dou- 
i( ble de celui des membres du corps et formeront avec ce dernier 
« le conseil général de la commune. 

u Un agent national avec un substitut et un secrétaire selon 
u l'importance de la population sera adjoint au corps municipal 
u sans voix délibérative. Il sera chargé de défendre les intérêts 
« et de poursuivre les affaires de la communauté. 

•' Ne pourront être nommés municipaux ni membres du conseil 
général : 

« Les religieux tant qu'ils vivent sous le régime monastique ; 
« Les condamnés à quelque peine infamante ; 
« Ceux qui ayant fait faillite ne sont pas complètement libérés 
avec leurs créanciers ; 

« Pour les agents nationaux : 

a Ceux qui occupent des places de judicateurs ; 

« Les juges de paix ou leurs gretEers ; 

u Les militaires ; 

« Les percepteurs des impôts ; 

« Les assesseurs des juges de paix. 

Les représentants du peuple se réservèrent le droit de nommer les 
officiers municipaux. 



— DD — 

Le 8 thermidor (30 juillet), la municipalité fut entièrement 
renouvelée conformément aux dispositions précédentes. 

Ces membres furent : 

Maire, van Velsen, Franc. -Dominique. 

Fonctionnaires municipaux : 

Joffroy J.-B.; Verhocven G.-R.; Palms Jac.-Jos.; Van Bus- 
com G., fils; Vermeulen F.-B.; Hosselet J.-Fr.; Verlinden 
G.-J.-Jos.; Pierets F.-Andr.; Crabeels J.-Lud.; R^aienams J.-B.; 
Quirini Ign.-Jos. 

Agent national : 

de Villers Fr.-Nic. 

L'administration de la justice fut également organisée confor- 
mément à celle de la mère patrie, c'est-à-dire, par l'institution des 
juges de paix et des tribunaux civils et criminels. 

La Convention nationale, par un arrêté du 3 vendémiaire (24 
septembre 1795), décréta la liberté des cultes, proclamée par 
l'article vn de la déclaration des droits de l'homme et l'article 
122 de la Constitution de l'an III. 

Cet arrêté déclara : qu'aucun culte 7ie serait rétribué par la répu- 
blique — qiCelle ne livrerait pas de local pour V exercice cfun culte 
quelconque — que les cérénioîiies d'un adte en dehors du lieu, choisi 
par celui-ci étaient interdites — que nidle inscription ou signe particu- 
lier d'un culte ne pourrait être expose en public ; enfin, que nulle per- 
sonne ne pourrait se présenter en public avec des liabillenienis , orne- 
ments ou autres appartenant aux exercices d'une religion. 

A la suite de ce décret, l'administration centrale défendit la 
sortie des processions hors de l'enceinte des églises. Le cardinal 
de Frankenbergh eut beau protester contre cet arrêté, rien n'y fit, 
et la décision de nos maîtres fut publiée et affichée dans tous les 
endroits publics. 



-56 - 

Liberté Égalité Fraternité. 

Arrêté : 

A Bruxelles, le 4 thermidor, an 3 de la République française 
une et indivisible. 

Le représentant du peuple prés les armées du Nord et de Samhrc 
et Meuse. 

Voulant maintenir dans les pays conquis la liberté du culte, et 
prévenir en même temps les désordres qui en troubleraient 
l'exercice; considérant que, dans quelques communes, les proces- 
sions hors l'enceinte des églises ont donné lieu à des rixes indé- 
centes entre gens de différents cultes. 

Arrête ce qui suit : 

Art. P^ — Il ne sera fait provisoirement aucune procession hors 
l'enceinte des églises. 

Art. II. — Les commandants militaires tiendront la main à ce 
que l'ordre et la décence ne soient aucunement troublés dans 
l'exercice du culte. 

Art. III. — Le culte devant s'exercer dans l'intérieur des 
églises, et non dans les rues environnantes, il ne pourra y avoir 
ni queues ni rassemblements aux portails. 

Art. IV. — Toutes les autorités militaires et civiles sont 
requises de réprimer quiconque molesterait soit les ministres du 
culte, soit les citoyens entrant dans les églises, ou en sortant. Et 
sera le présent arrêté envoyé de suite aux généraux et comman- 
dant de place, ainsi qu'à l'administration centrale et supérieure de 
la Belgique, à Bruxelles ; traduit dans les deux langues, publié et 
affiché partout ou besoin sera. 

(S.) GiRAERT. 

Comme on a pu le voir par l'exposé rapide des faits qui 
précèdent, la république usait de tous les moyens pour implanter 
son régime parmi nos populations. Tout en cherchant à se gagner 
les S3nnpathies de la jeunesse studieuse de la cité pour laquelle 
elle envoya des milliers d'exemplaires du catéchisme des droits 



— 57 — 

de l'homme, elle ne cessa cependant pas d'initier nos concito3'ens 
à ses victoires et à ses fêtes. Le gros bourdon de la métropole et 
les joyeux sons du carillon, auquel Haverals le carillonneur, ne 
pouvait faire jouer que les chansons chères à la république, 
rappelèrent tour à tour les succès remportés par les Français sur 
les Espagnols, les Bataves, l'Autriche, etc. 

Cette dernière puissance vit tourner contre elle le sort des 
armes et la paix de Bâle mit fin aux hostilités. 

Tranquillisé désormais sur les assauts du dehors, la Convention 
nationale songea enfin à s'annexer définitivement nos provinces. 
Après de longs débats, le décret du i^"" octobre décréta défi- 
nitivement la réunion de la Belgique et du pays de Liège au 
territoire de la république. 

Tous les orateurs entendus dans la discussion, dit Louis 
Hymans, représentèrent la Belgique comme une excellente hypo- 
thèque pour les assignats, comme ime propriété cTun magnifique 
produit. Mais pas un instant, il ne fut question, à la tribune, de ces 
grands principes d'égalité dont on avait fait si beau bruit deux années 
auparavant. 

La Belgique, réunie à la France, devint pour ce pays une 
formidable barrière contre l'Allemagne, et la Convention crut, en 
prononçant l'annexion, mettre à jamais Paris à l'abri de l'inva- 
sion étrangère. 

Le pays fut divisé en neuf départements : 



La Lys 


chef-lieu 


Bruges. 


L'Escaut 


n 


Gand. 


Les deux Nethes 


V 


Anvers. 


La Dyle 


1) 


Bruxelles. 


La Meuse inférieure •> 


Maestricht. 


L'Ourthe 


» 


Liège. 


Jemmappes 


» 


Mons. 


Sambre et Meuse 





Namur. 


Les forêts 


» 


Luxembourg. 



Le territoire de Malines fut enclavé dans le département des 
deux Nèthes et le lo octobre, lecture fut donnée à la municipa- 
lité de la Constitution de l'an III. 



Le traité de Campo-formio confirma solennellement la ces- 
sion des provinces Belgique à la France. Le ii novembre eut 
lieu, à Malines, la cérémonie de la publication du décret de réunion 
de la Belgique à la France. Ce fut dans une des salles du palais 
du Grand Conseil (le tribunal actuel) transformée pour la circons- 
tance en temple de la loi, que se passèrent les formalités de cette 
publication. Voici comment la raconte Schellens : 

Wocnstlag 1 1 nov. Sintc Mcrten om half elf kwam de Municipaliteijt 
bijceii gcsluijert etc. wacrbij was den Etat Major dczer plaats, item den 
generacl Jacobini van Antwerpen den Gen^ d'Eble gelogeert in d'abdij van 
Roozendael voorgegaen door trompct en timbal en aile musikantcn, gaende 
nacr den tempcl der Wet, tk groole ■:^ad vaii deii Givolen Raed, waer, op de 
mueren gcschildert waercn de be^ondere wetgevers en verdedigers de;" 
vrijheid : Lycurgiie, Briitiis, Rousseau, Franklin, Wassingthiii en ( uillaume Tell. 
Dacr gekomen zijnde leesde den agent national Villers het Decreet van 
vereeniging van den 9 Vend, waer op Verhoeven doende de functie van 
Secretaris-Greffier bij achterblijving van Dochez hetzelve in 't vlaamsch 
leesde macr beefde zoodanig en was zoo bestaen, dat hij het niet half uit 
en leesde, ende het zelve afbrak met eenen et calera, dat zoodanig flauw 
uitsprekende dat men meijnde dat hij bezig was met eene geraektheid te 
krijgen. Dan begon het muziek te spclen oii peut-on être mieux en men 
schreeuwde dat het door de zael klonk Vive la République, Vive la Réunion, 
en aile hoeden wierden gedruijt. Dan begon den agent national te lezen 
in 't fransch de regtcn en pligten van den mensch en borger, het vlaemsch 
werd gelezen door den hiervoren greffier Rymenams waerna men de 
tocjuigingen van Vive la République hernam. Dan wierd er een besluijt afge- 
lezen van de Municipaliteijt waerbij de straet, genaemt de Keyersstraet 
voortacn zou genoemd worden de straet der Wet, welke op stadsregisters 
zou aengeteekend worden ende ter puijen afgelezen en het contenu op den 
hock der straet aen te plakken. De cérémonie geeindigt is men met het 
muziek naer liet stadhuis weergekeert, en daer is het voormelde besluyt ter 
puijen herkondigt ; van daer is men gaen het noenmael nemen in de kraen 
op eigen kosten. Men dronk er de Conventie die door haeren onvermoeij- 
lijken lever en énergie de Republiek had gesticht, item de vereeniging, 
item de generaels en warme verdedigers der RepubUek. De feest wierd 
betaelt uijt het gène den i en 2 bureau moest trekken van stads inkomen 
nengezien zij lot hiertoe de fonctie van Trésorier generael hadden bedient. 

Den avond van Sinte Merten was er op de merkt een fraeij vuerwerk 
bereijd door de borgcrs Martin Eggers en de Carel Lefebure dat ten 7 uren 
ontstooken wird, daer waeren 2 Rollen. 



— 59 — 

Ces renseignements sont complétés par l'extrait suivant du 
courrier Belgique : 

Malines, le 23 brumaire (14 novembre). 

L'empressement que nous avons eu de donner dans notre 
dernière feuille une esquisse de la fête qui a été célébrée ici le 
20 de ce mois a été la cause que nous en avons laissé ignorer à 
nos lecteurs les détails les plus intéressants. 

Nous réparerons aujourd'hui cette omission en leur apprenant 
que cette fête a offert un contraste bien remarquable avec celles 
qui se donnaient sous l'ancien régime, le peuple n'y ayant d'autre 
part que celle d'en payer les frais, tandis qu'à celle qui vient 
d'avoir lieu, l'on s'est particulièrement occupé à y faire participer 
la classe malheureuse et indigente des habitants de la commune. 
La municipalité ayant été autorisée à faire un don en numéraire à 
400 vieillards et infirmes de l'un et de l'autre sexe, ce fut vrai- 
ment une grande fête pour elle d'user de cette autorisation ; elle 
avait fait préparer un repas de 30 couverts, auquel assistèrent 
les membres des autorités civiles et militaires ; ce repas diffé- 
rait aussi de ceux qui se donnaient autrefois, car la dépense en 
fut supportée par les convives et non par la caisse publique comme 
c'était l'usage. Quant au superbe feu d'artifice dont nous avons 
parlé, nous devons observer qu'il n'a point été donné aux frais 
de l'administration et que le public doit ce spectacle au civisme 
de deux artistes, habitants de cette ville, qui ont saisi avec 
empressement cette occasion de montrer leur dévouement et leur 
zèle pour la république. Indépendamment du bal gratis dont 
nous avons aussi parlé dans notre dernière feuille, des amis de la 
liberté se sont réunis au nombre de cent et ont donné à leurs frais 
un bal particulier, qui a été si animé, qu'il durait encore le lende- 
main à six heures du matin ; enfin, aucun événement fâcheux n'a 
troublé la fête du 20. Les généraux français, qui y ont assisté, ne 
pouvaient assez admirer le bon ordre qui a régné partout, et 
l'on peut dire avec vérité que le peuple de Malines s'est montré 
digne de la liberté par la manière dont il a célébré le 20 bru- 
maire, l'événement de sa réunion à la République française. 



— 6o — 

Au moyen àg-e, la cathédrale et le beffroi personnifièrent 
l'organisation religieuse et civile de nos puissantes communes. 
Désormais l'hôtel municipal et le temple de la loi vont témoigner 
des aspirations et des tendances des adeptes au nouveau régime. 
Les édits et les arrêtés réglant l'administration des citoyens 
seront publiés au perron où les souverains jurèrent tant de 
fois le maintien des privilèges et des coutumes de nos fiers com- 
muniers. Le temple de la loi résonnera des cris de triomphe 
poussés à chaque arrêté de la législation de la mère-patrie. C'est 
ainsi qu'on y publiera successivement le décret du iç jtim ijço, 
abolissant la noblesse ; du i^^ août lyçj, confisquarii les maisons et 
les établissements oit seraient exposées des armoiries ; du i/f septem- 
bre de la même année ordonnant d'enlever ces insignes des églises et 
autres monuments publics ; du 2 mai supprimant les g ildes , les ser- 
ments et les corporations tant civiles que religieuses . 

Nous ferons assister le lecteur bienveillant à Fexécution de ces 
édits, et en même temps se déroulera l'histoire de notre cité 
jusqu'à l'avènement du puissant empereur Napoléon P'" dont 
l'étoile brillante se levait avec éclat dans le ciel troublé de la 
République française. 

H. CONINCKX. 





PHILIPPE NIGRI 

CHANCELIER DE L'ORDRE DE LA TOISON D'OR 



DCYEX DES EGLISES 



SAINTE-GUDULE A BRUXELLES ET SAIXT-ROMBAUT A MALIXES 
Premier évéque d'Anvers '. 



hilippe Nigri, ou le Noir, surnommé de Champ, ou de 
Campo, a joué un rôle important dans les affaires publi- 
.--A ques des Pays-Bas, au xvi^ siècle. A ce titre, il mérite une 
L notice biographique un peu plus complète que celles 
contenues dans les anciens auteurs. Ce qui a été publié sur lui 
est peu de chose et même en partie inexact. 

Ce personnage naquit à Boulogne-sur-Mer, dans l'ancienne 

1 Le blason que nous donnons ci-dessus est un fac-similé de celui contenu dans la 
Historiaepiscopatus miiverpiensis, etc., Bruxelles, 1717, p. 56. 




— 62 — 

Morinic, et non en Italie, comnie le disent à tort quelques-uns, 
vers 1489, de Simon Nigri, ou le Noir, et de Madeleine de Lobel. 
Docteur en droit civil et canonique, il fut nommé, le 31 mars 1522, 
conseiller ecclésiastique au Grand Conseil de Malines. Il devint 
doyen de l'église Saint-Rombaut, de cette ville, en 1532. 
En 1535, Marie de Hongrie l'appela dans le Conseil d'Etat et le 
Conseil privé ^ 

Assemblés, le 18 janvier 1531, par Charles-Quint, les cheva- 
liers et les officiers de l'ordre de la Toison d'Or l'élurent à la 
dignité de chancelier à la place de Jean Lescot, récemment 
décédé. Le 24 du même mois, après le départ de Tempereur pour 
l'Allemagne, les chevaliers, qui étaient restés à Bruxelles, 
reçurent son serment et l'investirent de sa charge, conformément 
aux ordres du chef et souverain '^. 

Déjà chanoine de l'église Sainte-Gudule, à Bruxelles, Nigri sut 
se rallier, en 1537, les suffrages du chapitre, pour remplacer le 
défunt do\'en Roverus Stoops, par l' opposition que l'on avait for- 
mée Cl l'installation de Pierre van der Vorst, quoiquil en eût obtenu 
les provisions du Pape, dit un manuscrit de cette église ■*. Sa nomi- 
nation fut confirmée par Charles-Quint, le 5 décembre, et, le 20 
du même mois, par l'évêque de Cambrai, Robert de Croy '". 

Outre ces divers emplois, il possédait, dans les Pays-Bas, plu- 
sieurs des principales dignités de l'Eglise : il était prévôt des cha- 
pitres de Sainte-Pharaïlde, à Gand, de Saint-Sauveur, à Har- 
lebeke (élu le 3 novembre 1541J ■", tréfoncier de la cathédrale de 
Saint-Lambert, à. Liège, archidiacre de Thérouanne et du district 



1 Archives-générales du royaume ; Carlulaires et Manuscrits, n° 860 A ; Grand 
Conseil, p. 64, et n° 864, Conseil privé, pp. 66-69. 

^ Barox DE Reiffenberg, Histoire de l'ordre de la Toison d'Or, édition de 1830, 
p. 384. A peine entré en fonctions, Nigri traduisit en latin les statuts de l'ordre, en 
en retouchant le style dur et grossier {ibid., p. 385). 

3 Archives de l'église Sainte-Gudule, reg. n° 141-218, pp. 10-12. Pierre Vorstius 
ou van der Vorst (fils de Jean van der Vorst, dit Gheys, chancelier de Brabant), 
docteur en droit, évêque d'Acqui, en Italie, internonce aux Pa3's-Bas, avait été 
nommé, par le pape, doyen de Sainte-Guduie, mais ne prit pas possession de cette 
collégiale. 

* Les deux lettres-patentes originales reposent aux Archives de l'église. Comp. 
Acta capitutaria, ibid., reg. n° 7, résolution du lundi, 26 novembre. 

s A^iTOi^n S\-^DERi Flandria illustrata, édition de 1735, III, p. 26. 



— 03 — 

de Bruxelles. Cette phir alité de Bénéfices cloitjort usitée dans le siècle 
où il vivait, dit Jacques le Roy ^ 

En 1546, Nigri se dessaisit de ses fonctions de doyen de l'église 
Saint-Rombaut, à Malines, en faveur de son neveu Philippe de 
rEspino}^ à oui il avait déjà résigné, en 1543, sa place de conseil- 
ler au Grand Conseil, en vertu d'une clause insérée dans ses 
lettres-patentes, de 1535 ^. 

De concert avec Antoine Perrenot de Granvelle, évêque 
d'Arras, Viglius ab Aytta de Zuichem ^ et quelques théologiens 
de l'université de Louvain, il entreprit de créer dans les Pays- 
Bas quatorze nouveaux évêchés. Loin de s'y opposer, nous 
apprend ]e manuscrit précité de l'éghse Sainte-Gudule, Phi- 
lippe II, approuvant leur dessein, les combla de louanges et, 
pour récompenser Nigri de son zèle et de sa vigilance à conserver 
les intérêts de la religion dans ses Etats, le désigna, en 1559, pour 
le siège épiscopal d'Anvers. Son choix fut agréé et ratifi4„.par le 
souverain pontife. Les états de Brabant ayant, toutefois, soulevé 
des difficultés quant à Tunion, au nouvel évêché, des biens de 

1 Granà théâtre sacré, édition de 1734, II, p. 10 ; moreillius aevi, dit Hoynck van 
Papendrecht, Vita Vi^îii ab Aytta Zuichemi ah ipso scripta ehisgue nec non Joachimi 
Hopperi et Johannis Baptistce Tassti opéra historica aliaque analecta , etc. édition de 1743, 
I, 181. 

^ Philippe de l'Espinoy avait été d'abord chanoine et officiai à la cathédrale de 
Thérouanne. Il mourut le 19 juillet 1557, à la fleur de l'âge (corap. Cartul. et 
Maimscr., reg. n^ (S64 cité, et, même fonds, Suppléments, reg, n° 183, Grand Conseil, 
p. 75 et 100). A Mahnes, maître Philippe Nigri, archidiacre de Thérouanne, con- 
seiller et maître des requêtes au Grand Conseil, acquit le 7 janvier 1527 (n. st.), de 
Cylein Zegers, avocat au même Conseil, une grande maison, avec jardin et terrain, 
sise rue de la Blanchisserie, près de la Plaine des Berthout. Le 15 décembre 15 31, il 
acheta de Jean van Couwenberghe une maison avec jardin, sise près de la Porte 
du Sablon, et, le 16 février de l'année suivante (n, st.), d'André Bruynebaert, deux 
maisons, attenantes l'une à l'autre, près de la même Porte. Le 27 du même mois, 
nous le voyons reprendre de Catherine van Wielebeke, veuve de Jean van Couwen- 
berghe, une autre maison, à la Plaine des Berthout. Devenu doyen de Saint-Rom- 
baut, il fit l'acquisition, de Thierry Larbalestrier, président de Namur, d'une grande 
maison, avec deux maisonnettes y contiguës, sise Marché-aux-Laines (13 août 
1533). Une des maisons, près la Porte du Sablon, était grevée d'une rente perpétuelle 
de quatre florins du Rhin, que possédait en 1535 Gaspard van der Gracht. Notre 
savant confrère, M. Victor Hermans, archiviste de la ville de Malines, a eu 
l'extrême obligeance d'extraire les renseignements qui précèdent des actes scabinaux 
de cette ville. Qu'il en reçoive nos meilleurs remerciements. 

3 Voir son autobiographie et une partie de ses lettres dans C . P. Hoynck van 
Papendrecht, op. cit. 



-64- 

l'abbaye de Saint-Bernard sur l'Escaut, il surgit de grands démê- 
lés qui furent augmentés par plusieurs prélats et plusieurs gentils- 
hommes de l'État, de sorte qu^ avant qu'on en fût venu à quelques 
accords, Nigri mourut à Bruxelles, le 4 janvier IJ62, sans avoir 
pris possession desonévêché *. 

Ajoutons que, des nouveaux diocèses créés simultanément, ce 
fut celui d'Anvers qui reçut le dernier son titulaire, François Son- 
nius, nommé par le roi, en 1570. Les troubles avaient été cause 
de la longue vacance de ce siège. 

* 
* * 

En raison de sa haute position et de sa longue carrière, nous 
rencontrons Nigri dans un grand nombre de documents ; il fut 
témoin de presque tous les événements marquants du temps de 
Charles-Quint et de son successeur. Enumérer les faits auxquels 
il fut mêlé, serait en quelque sorte retracer l'historique de ces 
règnes et des nombreuses institutions ecclésiastiques et civiles 
dont il fit partie. 

Tel n'est, évidemment, pas notre intention. Pour mettre en 
relief notre personnage, il suffira d'un choix des circonstances 
principales où il intervint. 

Nigri figure fréquemment parmi les feudataires du duché lors 
des investitures des grands vassaux. C'est ainsi qu'il fut pré- 
sent, avec le duc d'Aerschot, le comte de Lalaing, le prince de 
Chimay, et d'autres, au relief du duc de Vendôme, des villes et 
seigneuries à lui échues en partage par le décès de sa grand'mère, 
Marie de Luxembourg, duchesse-douairière de Vendôme (3 sep- 
tembre 1546). 

Lorsque Nicolas Perrenot, seigneur de Granvelle, premier 
conseiller d'Etat et garde-sceau, père du célèbre cardinal, releva, 
le 28 février 1548-49, l'Hôtel dit van den Steen, situé à Bruxelles, 
sur le coing de la motte nommée den Blindenberg (Montagne-des- 
Aveugles), bien qu'il avait acheté d'Anne van der Noot, veuve 
de Louis de Schore, chef et président du Conseil privé, Nigri 
assista en qualité de coexécuteur et surintendant des deux exé- 

1 Comp. Jacoues le Rov, loc. cit.; Cartul. el Manuscr., reg. n° 864, îoc. cit., et 
Papiers d' État du Cardinal de Granvelle, Paris, 1846, t. VI, pp. 282, 285, etc. 



-65 - 

cuteurs testamentaires du défunt mari de cette dame à la mise en 
possession de l'acquéreur *. 

Les monarques des Pays-Bas et le pape l'employèrent à d'im- 
portantes négociations diplomatiques et lui confièrent de nom- 
breuses autres missions délicates. 

En 1536, Charles-Quint l'envoya, avec le comte de Buren et 
le seigneur de Corbaron, à Grave pour y négocier avec les 
députés du duc de Gueldre, et, le 16 juin 1538, se fit repré- 
senter par lui à l'entrée de Corneille de Berghes, reçu prince- 
évêque de Liège, dans sa ville épiscopale -. 

On connaît les troubles dont la Flandre fut le théâtre en 1540 
et la terrible expiation infligée aux Gantois. Pour obvier, éviter et 
enipescher , au temps à venir, les troubles et niutinations que par 
cy-devant bien souvent £toient survenus... et dernièrement encore, 
l'empereur résolut d'élever une citadelle qiù leur seroit plus 
griefve pugnition que d'avoir perdu en bataille huit ou dix nulle 
hommes. Le quartier de l'église Saint-Bavon fut choisi comme 
emplacement de cette forteresse, étant le lieu le plus propice et 
convenable pour constraindre et tenir la ville de Gand, battre d'ar- 
tillerie une grande partie d'icelle. 

Ce fut Nigri que le pape chargea de présider au transfert des 
chanoines de Saint-Bavon à l'église Saint- Jean qui, dorénavant, 
devait leur servir de temple, sous le vocable du saint dont 
l'église venait d'être condamnée à la démolition. 

Disons que la première pierre de la citadelle fut posée le 
24 avril (1540) et que l'évêque de Tournay vint, le 29, décon- 
sacrer les églises de Saint-Bavon et du Saint- Sauveur '^ . 

Ayant donné, en 1541, de nouvelles instructions aux deux 
Chambres des comptes, Charles-Quint commit le conseiller 
d'Etat Nigri, à l'effet de se transporter à Lille et d'y recevoir le 
serment que les membres de la Chambre des comptes de Flandre 
devaient prêter d'observer la nouvelle charte. Arrivé à Lille, 

1 Schore, qui avait été nommé membre du Conseil privé, en 1535, en même 
temps que Nigri, avait acheté ce fief de Thom.as de Plaines, seigneur de La Roche. 
Le prix d'achat, payé par Perrenot, était de 4,000 livres, à 40 gros, de Flandre 
(Cour jèoàah de Bmbant, reg. No 136, fo 58, et N° 356, f^ 466, tertio). 

- Cartiil. et maniiscr., reg. 864, loc. cit. 

3 Archives de l'église Sainte-Gudule, annexe au reg. 141-218 ; comp. Relation 
des troubles, p. loi, et, surtout, Alex. Henné, Histoire du règne de Charles-Quint en 
Belgique, édition 1859, ^- ^'Ilj P* ~- ^^ suiv. 



— 66 — 

le 8 novembre, Nigri se rendit, le lendemain, à la Chambre et, 
après avoir fait donner lecture de sa commission et de l'ordon- 
nance au collège assemblé, il en requit les membres de s'ac- 
quitter du devoir que leur imposaient l'empereur et la reine 
régente. Son éloquence persuasive sut vaincre les velléités 
d'opposition qui se manifestèrent chez quelques-uns ^ 

En la même année, l'un des quatre députés de Marie de Hon- 
grie au Congrès de Cologne, il réclama pour le commerce des 
Pays-Bas la libre navigation du Belt et du Sund et un surcroît 
d'indemnités pour les marchands, lésés par les Danois. A ces 
conditions seulement, la reine consentait à traiter de la mise en 
liberté des prisonniers faits à Heiligerlée -. 

Après le traité de Crespy (1545), il représenta, de concert 
avec le comte de Lalaing et le président d'Artois Hangouart, 
l'empereur aux conférences qui eurent lieu, à Cambrai, en vue 
d'une convention pour régler aucuns différcns concernans les 
limites et subgr.dz des pays de pardeça. 

Pour ses journées et vacations consacrées à cette mission, il 
toucha la somme de 219 livres ^. 

Peu de temps après, la Chambre des comptes lui paya 234 li- 
vres, pour, acconipaigné de niaistre Hernies de Wingene et maistre 
Mathieu Strick, estre party de la ville de Bnixelles, le 6 mai iS4S, 
pour soy trouver à la journée ordonné en la ville de Gravelinghes 
avec les comnùssaires du Roy d' Angleterre pour besoigner sur 
aucunes affaires concernans les pays de pardeça et le service de 
l'Empereur, dont n'est besoing d'autre déclaration '*. 

Le 25 octobre 1548, nous apprend le Journal des voyages de 
Charles-Quint ^\ jurent assaniblcz les estais de tous les pays de par 
deçii en la g aller ie (à Bruxelles), oii estoit présent Sa Majesté et la 
royne (de Hongrie), sa sœur. Par le chancelier de l'ordre, Nigri, 

1 Inventaire des archives de la Chambre des comptes, I, p. 23. 

2 Alex. Hexne, op. cit., VII, p. 315. 

3 Ibidem, VIII, p. 259 ; Inventaire sommaire des arch. départem. du Nord, par 

M. J, Fl\OT, V, p. 129, 26 col. 

•* Archives de Lille, série B. 2448, fo 368 ; voyez V Inventaire de M. J. Finot, 
loc. cit. 

^ Sommaire des voyaigesfaicts par Charles, cinquicsme de ce nom..., escript par Jean 
Vandenesse, contrerolleur, ayant suivy Sa Majesté en tous lesdicts voyai^es (dans la 
Collection des voyages des Souverains des Pays-Bas, publiée par MM. M. G.'iCHARD et 
Ch. Piot). 



- 67 - 

fut faicfc la proposition, et la responce par le pensionnaire de 
Bruxelles. Les parties saillantes du message impérial étaient 
l'annonce du mariage de l'archiduc Maximilien avec l'infante 
Marie et de la prochaine arrivée de l'infant, ainsi que la commu- 
nication d'une traduction française du traité de confédération 
d'Augsbourg. 

En 1553, l'empereur envoya Nigri, avec le prince de Gavre, 
le comte de Lalaing, Jean de Montmorency, seigneur de Cour- 
rières, Simon Renard ^ et une nombreuse suite, en Angleterre 
pour y traiter le mariage de Philippe II avec Marie Tudor. Les 
instructions très détaillées dont le monarque munit ses ambas- 
sadeurs sont datées du 21 décembre -. Dès le 24, ceux-ci 
donnent, de Calais, des nouvelles de leur voyage à la reine de 
Hongrie. Deux jours après, ils signalent à cette princesse 
la réception d'une missive de l'ambassadeur d'Angleterre, leur 
annonçant le consentement de sa reine au projet d'alliance et 
l'excellent accueil, qui les attend à sa Cour. Le lendemain, 27, 
ils rendent compte de leur expédition à l'empereur. Reçus par la 
reine, le 2 janvier (1554), ils déploient un faste grandiose et, 
conformément à leurs instructions, se montrent empressés et 
faciles sur les conditions de mariage. Les traités sont signés 
trois jours plus tard et, le 6, le prince de Gavre épouse la reine 
par procuration, avec toutes les formes d'usage. Par des lettres 
du 7 et du 12 du même mois, Charles-Quint est instruit de 
l'entière réussite de la mission. Le 24, il répond à ses ambassa- 
deurs et ordonne à quelques-uns d'entre eux de revenir : etvons 
aussy, écrit-il, le chancellier de l'ordre, prenez le plnstosi, que con- 
venablement pourr£Z, congé de la dicte Dame pour vostre retour^ 
enchcminant iceluy avec la plus grande s heurté que vous pourcz ^. 

Philippe II ayant nommé, au dernier chapitre général, tenu à 
Gand, fin juillet 1559, François II, chevalier de la Toison d'Or, 
chargea le duc de Savoie, le chancelier Nigri et le roi d'armes, 

1 Simon Renard, originaire de Vesoul, d'abord lieutenant-général au bailliage 
d'Amont, en Bourgogne, puis membre du Conseil privé, fut emplo3é à plusieurs 
ambassades importantes, en France et en Angleterre. 

2 Elles figurent, comme appendices, au Journal des voyages de Philippe II. 

3 Ibidem, IV, p. 220, 258, 260, 261, 269, 311 ; comp. Hf.nxe, op. cit., X, 
p. 73, etc.; Papiers d'Etat du Cardinal de Granvelle, Paris, 1843, !•• IV, pp. 165, 186 
et suivantes ; t. V, 554. 



— 68 — 

dit Toison d'Or, de porter au Roi Très Chrétien le collier de 
l'ordre ^ 

En sa qualité d'homme d'église, Nigri avait à faire des sermons 
lors des chapitres, dont le caractère était essentiellement religieux. 
Pour celui dont il vient d'être question, le Journal des voyages 
de Philippe II fournit d'intéressants détails : Et le dynienche 
(30 juillet 1559) matiity y lisons-nous, revindrent à ladide église 
(Saint-Jean), et procéda l'on à la messe jnsqvies à l'offertoire, oit que 
les chevaliers mis en rencq hors des fourmes, vint Thoison d'or. Et 
ayant faict trois révérences , encomtnença à déclarer tons les iiltres du 
Roy, rinvocanl qu'il vint 11 l'offertoire. Apres, chasciin remis en son 
lieu, ledict Thoison convocquoit ci chascun chevalier présens et absens 
à venir offrir. Ceulx qui avaient procuration des absens se mectoient 
en leur place et offroient pour eulx. Ce achevé, que dura longtempts , 
fut faict un sermon par le chancelier. La messe achevée, l'oit revint 
sur la maison de la ville, oit en ime grande salle, tendue d'une tap- 
pisserie bien riche, sur ung grand pas set fui mise une table... ^. 

Le 5 avril 1561, la veille de Pâques, Antoine Perrenot de 
Granvelle, évêque d'Arras, agenouillé devant le maître-autel de 
l'église Sainte-Gudule, reçut, des mains de l'êvêque Nigri, le 
chapeau de cardinal que le pape venait de lui conférer ^. 

En cette église, Nigri fonda, pour lui-même et ses parents, un 
anniversaire, à célébrer le 26 novembre. Le 8 mars 1556-57, il 
assigna à cette fin, devant Charles de Brecht, seigneur de 
Dieghem, et Jean Sp3^sken, échevins de la ville de Bruxelles, un 
capital de 650 livres, à 40 gros, de Flandre, pour l'achat d'une 
rente de 32 florins du Rhin '\ 

Le 23 décembre 1555, il fit un testament olographe, en pré- 
sence de Hermès de Wingene '^, François Ourssin, protonotaire 

1 Jacques le Roy, hc. cit., et Baron de Reiffenberg, op. cit., p. 479. Le roi 
d'armes, Antoine de Beaulincourt, mourut en revenant de cette mission. 

^ T. IV, p. 71. Au chapitre général, tenu par Cliarles-Q.uint, à Utrecht, com- 
mencement janvier 1546, nous apprend le même journal, après l'offrande, fut faict 
un sermon par le chancelier dudict ordre, qui est homme d'église (II, p. 326). 

5 Archives de l'église Sainte-Gudule; manuscrit ]4i/2i8, loc. cit. 

* Ibidem, original sur parchemin. 

^ Il fut d'abord membre du conseil privé, puis conseiller et maître des requêtes 
ordinaires de l'hôtel de Charles-Quint et de Philippe II et trésorier des Chartes de 
Flandre, au château de Rupelmonde, par résignation, en 1550, de Viglius Zuiche- 
mus. Il mourut le 11 mars 1573 et fut enterré en l'église Sainte-Gudule (voyez son 



- 69 - 

apostolique, Jean (?) van Vlierden ', Sébastien Michaelis et Josse 
du Bois -, chanoine des petites prébendes de l'église Sainte- 
Gudule. 

Dans ce document, il se nomme Philippe le Noir, chancellier de 
l'ordre du thoison d'or, doyen et chanoine de l'église Sainte-Gudile ; 
il se dit âgé de 66 ans, Dieit. grâces en sancté, sans et entendement. 
Sans attendre l'instant de la malladie, laquelle trouble tellement la 
personne que a grande paine scet ce qu'elle faict ou dict, et encoires 
qu'en tmg malade F entendement fust sain et entier, ce que peu souvent 
advient, si n'est il lors heure de penser aux choses mimdaines , tran- 
sitoires et caducques , ains scullement au salut de l'ame et a la céleste 
béatitude, il désire de tout cœur vivre et mourir en bon chrestien, 
fds de nostre mère Sainte église et disposer des biens temporelz qu'il 
a plu au Tout-Puissant de lui prêter. 

Enpremier lieu, poursuit Nigri, je recommayide ma povre ame a 
Dieu, mon père céleste, a la Sainte Trinité, a la glorieuse vierge et 
niere de Dieu, a Saint Micldel, Carchangele, Saint Philippe, mon 
par r in, et a tous les sainctz et saincies de paradis, priant a mon Dieu 
que, sans avoir regard a mon détestable et malheur eux gouvernement , 
ains a son infinie et grande miséricorde et pour f honneur de la dolo- 
reuse passion de son très chier fds Jhesus, il lui plaise d'avoir pitié 
de ma povre ame, luy donnant remission et pardon de tout ses péchez, 
la colloquantau nombre des biens heureux en la perpétuelle béatitude . 

Il élit sa sépulture en l'église Sainte-Gudule, auprès de sa 
sœur Catherine ^ et de la fille de celle-ci, Suzanne, devant 

épitaphe dans Rombaut, Verhicrlykt Briissel, I, p. 199 ; comp. Cour féodale de Brû- 
lant, reg, 357, f°. 181). 

^ Le prénom est laissé en blanc, mais tout porte à croire que ce personnage est 
Jean van Vlierden, secrétaire du Conseil privé et seigneur haut- justicier de Vlier- 
den, par achat du fisc du 18 août 1559 ; il épousa successivement Marie de Clerck, 
dite Curincx, et Louise de Raedt (G)Hr féodale de Brabant, reg. n° 109, P 160, et 
n<5 365, f° 176). 

2 Appelé aussi van den Bossche ; il était le chapelain du doyen Nigri. Nous 
aurons encore à parler de lui. 

3 Catherine Nigri, ou le Noir, avait épousé maître Etienne de l'Espinoy, seigneur 
de Lignes, ou Linges, Mardickhoeck, etc., sellier et secrétaire de la Cour spirituelle, 
à Ypres, t en 15 51. Les époux furent enterrés dans cette ville. Ils eurent un très 
grand nombre d'enfants (CartuJ. et manuscr,^ reg. n» 183). Le 7 mai 1554, Catherine 
Nigri, donna à l'éghse Sainle-Gudule une bague en or {eenen gomien ^etacten 
riiick), pour être suspendue au ciboire du Saint-Sacrement. Dans le compte de la 
Chapelle du Saint-Sacrement de Miracle, la valeur de cette bague fut portée à 

S. A. M. 5 



— 70 — 

l'autel Saint-Rombaut, a la discrétion de ses exécuteurs testamen- 
taires ; il ajoute : désirant que img tombeau soit mis sur ma fosse, 
ayant une lame de cuyvre pardessus, ou sera inscidpé la figure d'img 
prestre, revestu a dire messe, tenant img calice en sa main, et en la 
circumference seront inscriptz mon nom, surnom, qualité et jour de 
mon deces ; et sur la teste y aura comme img billet, contenant: Sce- 

LERA ABLUE TUA FIENTQUE CANDIDA DE NIGRIS (Ysaic, primo) , et prie 

qu'en mon dernier ceulx qid seront auprès de moy donnent ordre, 
tempre et d'heure de me faire administrer mes sacramens, sy moy 
mesme ne les demande, comme bien espère faire, et que l'on ne me parle 
de chose qui soit en ce monde, for s du salut de mon anie et des joyes de 
paradis, me lisant « contcmplationes ydiotc de amore divino, de morte, 
vite eterne ianua, non timenda, y.mo sponte exemple Pauli amplec- 
tenda », ou aidtres bons tr aidiez, me ramaintevant souvent le bon 
nom de Jhesus, sa méritoire et satisfactoire passion et aidtres dévotes 
méditations. 

A l'approche de la fin, on devra envoyer aux Clarisses, aux 
Sœurs repenties et aux religieuses du couvent de Sainte-Elisa- 
beth, respectivement, une somme de trois florins, en leur deman- 
dant 6.0. faire a Dieu priers dévotes qu'il ait miséricorde de moy et 
face mon passaige bon. 

Les obsèques devront avoir lieu sans pompe. Le prêtre qui 
présidera au service, recevra, outre la distribution commune, 
trois florins ; le diacre, le sous-diacre et les célébrants auront 
chacun trois patards. Il sera distribué, à 300 pauvres, 30opatards 
et autant de pains d'un gros. 

Le testateur institue, pendant une année après sa mort, tous 
les jours une messe basse et après icelle, ad tunmliim : de profundis, 
versus et collecta defunctorum. Pour chaque messe, il sera payé 
trois patards. Il rappelle, ensuite, Vobit annuel, fondé par lui en 
l'église Sainte-Gudule, ou y a vigilles ou trois leçons, laudes, com- 
mendaces et misse de requiem en nmsicque ; il recommande à son 
héritier de veiller à ce que cette fondation soit observée dévote- 
ment, selon ses intentions. 

15 escalins de gros. Les héritiers de cette dame rachetèrent ce bijou (ecn aroudeti 
rincxken, sonder steen), le 5 février 1^56 (n, st.), moyennant 16 escalins et 6 deniers. 
Un angelot que Catherine lui avait laissé par son testament, avait été remis à 
ladite chapelle le 19 décembre 1555. Sa valeur fut estimée à 16 escahns et 6 deniers 
(Comptes de la Chapelle du Saint-Sacrement de Miracle ; Archives de l'église). 



— 71 — 

De ma robe de l'ordre (de la Toison d'Or), de velours cramoyst, 
doublée de tafetaf blancq , continue le testament, seront faiciz des 
ornamens d'église, aux despens de mon exécution. L'église de Rhode- 
Saintes-Ode, en sera dotée, à charge par elle de célébrer un ser- 
vice et de prier pour l'âme du défunt. 

A l'église Saint-Rombaut à Malines, Nigri laisse son manteau 
de laToison d'or, en velours cramoisi, pour en faire des ornements, 
d'après les indications et aux frais de l'héritier. 

Les couvents des Jacobins, des Carmes et des Frères mineurs, 
à Bruxelles, et des Augustins, à Malines, recevront chacun six 
florins. 

A sa nièce, Louise de l'Espinoy, abbesse de Nonnebiische *, 
Nigri donne la boursetie de toille, superscript Jhesus Maria, avec 
son contenu, d'après l'inventaire qui s'y trouvera joint, espérant 
qu'elle priera et qu'elle fera prier pour son âme. 

Sa nièce Marguerite de l'Espinoy, femme de maistre Bande le 
le Chevalier ^, dMr2i six gobelets d'argent, au choix de l'héritier ; la 
sœur de cette dame, Ysabeau, femme d^Guil lame van den Kerck- 
hove ^, le drageoir, doré dehors et dedens, ayant les armes de N as son 
sur le couvercle, ainsi qu'une rente de loo florins, à charge de l'ab- 
baye de Clairmarais '* ; sa sœur Marie, femme de maistre Pierre 
de Was ^, les deux coppes dorées, armoyées des armes de feu gouver- 
neur de Frize, Schenck '^^ elles deux pièces de tapisserie de Olophernes, 

1 Nonnenbossche, à Ypres. L'abbesse de l'Espinoy décéda le 19 oct. 1586. 

2 Marguerite de l'Espinoy mourut le 7 octobre 1586 et fut enterrée en l'église 
Saint-Martin, à Ypres. 

"^ Isabeau de l'Espinoy et son mari Guillaume vnn de Kerchove, premier éche- 
vin d' Ypres, furent inhumés dans cette ville en l'église Saint-Pierre. 

^ Abbaye de l'ordre de Citeaux, près de Saint-Omer. 

^ Le 18 septembre 1550, maîlre Pierre Was fut investi, au château de Gaesbeek, 
pour Phihppe Nigri, par achat de Martin de Homes, chevalier, seigneur de Gaes- 
beek, d'une rente héritable de 300 florins d'or dits Carolus, à 20 sols, rachetable par 
4800 florins de même espèce (Cour féodale de Brahant, reg. no 357, f» 146). Pierre 
Was était conseiller au conseil de Namur. 

^Georges, baron Schenk de Tautenberg, chevalier de la Toison d'Or (1531), 
gouverneur de Frise et de Groningue •{• en 1540. Zuichemus, dans une lettre qu'il 
adresse, le 7 août 1533, au célèbre Frédéric Schenk à Tautenberg, le qualifie vir 
nostra aetate j'ortisdmus helli iux et in pace gubernator modcratissimus (Hoykck v. P., 
édition 1743, III, 147). Son blason (coticé d'argent et d'azur, et non d'azur et 
d'argent, comme le donnent VArinorial général et J.-B. Maurice ; casque couronné ; 
cimier : deux cornes de taureau de l'écu) figure sur le collier de la Toison d'Or 
(voy. Erxest de Hartmann-Franzexshuld, Die Potence des Toison d'or, etc. ; 
Jahrhuch der K.-K. heraldischen Gesellschajt Adler in Wien, 1883). 



— 72 — 

et une rente de loo florins sur ladite abbaye ; le fils de cette 
dame, Philippe, filleul du testateur, img sayon de velours, a la 
discrétion de niondit héritier, et mon grand gohlet d'argent a boire 
cervoise. 

A son neveu Etienne de l'Espinoy, Nigri attribue sa terre 
de Lescoire, avec ses appendances, et six gobelets d'argent, aux 
pieds dorés, les couvercles ornés des armoiries de feu l'oncle du 
testateur^ niaistre Philippe de Lobel *, auquel Dieu pardonne . Quant 
a son mariage, ajoute-t-il, je l' ay payé comptant et est très bien parti, 
ce qui signifie, à toute évidence, que ledit Etienne a eu, à son 
mariage, de la part de son oncle, une dot très sortable -. 

Maître joachim Gilles 2, cousin de Nigri, aura ime couppe 
d'argent doré, le pied a jour, armoyée des armes du senesclial de 
Havnnaulf, Werchin''; Mgr le protonotaire Ourssin, que Nigri 
appelle mon bon voisin ^, l'imaige de Nostre Dame, painte sur toille 

1 II existe plusieurs familles du nom de Lobcl et Lobell ; nous ignorons à laquelle 
appartenaient Philippe et sa sœur, la mère de Nigri. 

2 Messire Etienne de l'Espinoy, seigneur de Zeelbroeck (près Termonde), de 
Lescoire, Rocquenghien, etc., se maria deux fois et eut postérité. 

3 Joachim Gilles, GiUis ou Aegidii, seigneur de Holsbeke et de Pellenberg, était 
conseiller et avocat fiscal au Conseil de Brabant. Le 9 février 1557-58, ses enfants, 
Jérôme et Jeanne Gillis, relevèrent des rentes, dépendant de la succession de leur 
mère, damoiselle Jeanne du Blioul (Coîir/tw?a/e rfe Brahaiit, reg. n° 358, f° loi). 
Celle-ci, dame de Sart, était fille de l'audiencier Laurent du Blioul, grand bienfaiteur 
de l'église Sainte-Gudule. 

* Probablement Pierre (de la maison de Barbançon), seigneur de Werchin, de 
Jeumont et de Roubaix, sénéchal héréditaire de Hainauî, chambellan de Charles- 
Quint et chevalier de la Toison d'Or (depuis 1546), fils de Nicolas, sénéchal, et 
d'Yolande de Luxembourg, dame de Roubaix, Merlemont, Wasquehal, etc. Au siège 
de Thérouanne, il fut fait prisonnier. Son blason — d'azur au lion d'argent, armé et 
lampassé de gueules, et un semé de billettes d'argent ; sans casque, cimier, ni 
tenant — se trouve à l'église Saint-Bavon, à Gand. 11 figura à l'Exposition d'art 
héraldique, qui eut lieu dans cette ville, en 1889, M. Douet d'Arcq, dans sa 
Collection de sceaux, décrit ainsi les armes de Pierre, baron de Werchin et de 
Cisoing, sénéchal de Hainaut, premier ber de Flandre, d'après un sceau de 1529: 
écu comme ci-dessus ; casque couronné, cime d'un paon ; tenants : deux hommes 
sauvages, munis de bannières, celle de dextre à un bandé, celle de sénestre à un 
lion. 

^ Le qualificatif de voisin, donné à Ourssin, établit que Nigri demeurait près de 
l'église Sainte-Gudule. En effet, le protonotaire Ourssin ou Ursin, habitait une 
maison avec grand jardin, près de la Chancellerie, en face du cimetière Saint-Martin ; 
elle était enclavée par la rue menant du couvent de Ter-Arcken à Sainte-Gudule, 
par la rue reliant cette église à la Cour ducale {onsen hove),p3.r la rue passant entre la 
maison et ledit cimetière et, enfin, par les biens de la veuve et des héritiers Q.uarré. 

Le protonotaire étant fils naturel, cette propriété fut cédée, par ses héritiers, en 



— 73 — 

d'argent, la cronicque de ]/erdnn et nng poignart, avianclie de fille 
d' argent ; y[gv . le protonotaire Jacobi, qualifié 7non bon amy et 
confrère, ung anneau d'or, enw mille, avecques nn rubis. 

Notre doyen n'oublie pas davantage ses serviteurs. Il laisse à 
Henri Laurens, son ancien domestique, en le recommandant parti- 
culièrement à son héritier, ayant regard a ses longz services, une 
rente viag'ère de loo florins par an, commençant à avoir cours 
quinze jours après son décès. Mon page Gillekin, ordonne-t-il, se 
niectra a l'escolle d'escripture, trois ans durant, liiy achetant sa table 
chascun en vingt florins. Tous les serviteurs et servantes recevront 
des vêtements de deuil et leurs loyers et salaires *, et par dessus 
ce chascim soixante solz. 

Son chapelain, maître Josse (du Bois), une somme de 20 florins, 
une fois payée, deux bréviaires en parchemin a Vusage de Theru- 
wane (Thérouanne), dorés pardehors, et %me robe de deul, avecques 
chapperon, comme les autres serviteurs. Un nommé Liennardt 
aura, outre ce à quoi il adroit comme les autres domestiques, une 
somme de 30 florins. 

Item, poursuit le testateur, en tout le résidu de tous mes biens, 
meubles, immeubles, seigneuries , rentes, acquesfes, or, argent, 
vasselle, tapisserie, cidres, linge et toide aidtre chose que dclaisseray 
a four de montrespas, mes dcbtes preallablement payées, je institue 
mon héritier universel, mon nepveur maistre Charles de l'Espinoy, 
espérant qu'il s'employera a prier et faire prier pour madite povre 
ame, luy requérant que, tant qu'il vivra sur img tel jour que mon 
trespas adviendra, il face célébrer une messe de reqiuem pour les âmes 
de ses parens et amis trespassez, et que, le mesme jour , il evocque au 
disner en sa maison quatre povres, anchiens et honestes hommes, 
lesquels il servira luy mesmes, seul, a la table de boire et manger, et 
ledit disner achevé, dira grâces de profundis, verset et collecte, fide- 
lium anime, donnant a chascun un double pattart . 

Seront exécuteurs testamentaires : Charles de l'Espinoy et son 
parent Joachim Gillis. Outre le souvenir susmentionné, celui-ci 
aura encore deux nobles ci la rose -, 

suite d'un accord, au fisc qui la vendit pour 4,500 livres, à 40 gros, de Flandre^ à 
Jean de Pundere, receveur des domaines à Hal. Philippe II ratifia cette vente, par 
lettres-patentes du 26 mai 1565 [Chambre des comptes, reg, n» 140, f" 251). 
^ Probablement pour une année ; le texte n'est pas très clair, 
2 Les nobles à la rose étaient des monnaies d'origine anglaise, mais ont été imités 



— 74 - 

L'acte de dernière volonté se termine par une recommandation 
à ces deux personnages de faire, en tout et par tout, tel office que a 
bons et diligens exécuteurs appertient faire ; ils auront la faculté, sien 
cedit testament se trouve difficulté, double ou ambiguité, de l'esclarcir 
et déclarer. 

Six ans après, le 12 août 1561, sentant probablement ses forces 
décliner, Nigri ajouta au bas de ce document : Ayant relut cestuy 
mon testament, je l'ay ratifié, ordonnant bien et a certes a mon nepveu 
et héritier, maistre Charles, l' entièrement aconiplir, selon que fay en 
luv la confidence ; et bene ei erit ; (signé) Nigri '. 




Philippe Nigri quitta cette vie le 4 janvier 1562-63, étant resté 
sur la brèche, presque jusqu'au dernier moment. Il avait encore 
présidé une réunion du chapitre de l'église Sainte-Gudule, le 
24 décembre. Le 7 janvier, sa prébende fut conférée à Henry 
Blyleven ^. 

Le 5, lendemain du décès, le testament fut ouvert par fehan 
le Begghe, original notaire, notaire apostolicque et impérial et de 

dans d'autres pays. C'étaient des pièces d'or assez grandes. Elles pesaient 5 csterlins, 
soit un quart d'once d'or. Il y avait des doubles nobles, des demi-nobles et des quart 
de noble. 

Le 12 octobre 1537, la chapelle du Saint-Sacrement de Miracle, en l'église Sainte- 
Gudule, obtint au change d'un noble à la rose, ofifert parla veuve de maître Gilles 
de Busleyden, 25 escalins et 9 deniers de gros. 

A quelque temps de là, le change d'un autre noble à la rose ne produit que 
22 escalins et 6 deniers de gros. (Comptes de ladite chapelle.) 

1 Les lettres publiées comme annexes au Journal des voyages de Philippe II 
portent la signature Nigry. On trouve la signature de Nigri dans les comptes de 
l'église. Le fac-similé que nous en donnons la reproduit d'après le compte de 1560- 
1561, de la chapelle du Saint-Sacrement de Miracle. 

2 Acia capiliûana, archives de l'église, reg. n" 7. 



;o 



messeigneiirs du chapitre de l'église collégiale de Saincte Goedele, a 
Brucelles, par le conseil de Brahant autJiorisé, qui en délivra 
plusieurs expéditions authentiques. 

Assistèrent à la lecture, outre les deux exécuteurs, Charles 
de l'Espinoy, licencié en droit, conseiller ordinaire au Conseil de 
Flandre, héritier universel, et Joachim Gillis, licencié en droit, 
avocat fiscal au Conseil de Brabant : très homiorables et vette- 
rables seigneurs, messire Jehan Scheyfve, chevalier et chancellier 
audit Conseil de Brahant ^, niaistres Pierre Jacobi, Leurens Stercke ^ 
et Henrv Blvleven ^, tous trois chanoines de ladicte collegialle église, 
Monseigneur Rolandt Longin, président du chambre des comptes 
en Brabant '*, Monseigneur Christofle d'Assonville, conseillier ordi- 
naire ou Conseil privé de nostre sire le Roy ^, MonseigtieurFr an- 
chois Ourssin, prothonotaire, messire Josse du Bois, prêtre et 
chanoine des petites prébendes en ladite église, et niaistre Giullaume 
Labour el ^, tesmoins a ce appeliez et requis ^. 



Au jour même de la mort de Nigri, comparaissent, devant 
le notaire le Begghe, les deux exécuteurs testamentaires et 

1 Seigneur de Rhode-Sainte-Agathe, etc., fils de Jean Scheyfve, chevalier de 
Jérusalem, et de Jeanne de Berchem (pour plus de détails, voyez notre notice, inti- 
tulée : De heerlijkhedeii van het laïuivan MecheJen. Niel en :(ijne heeren). 

2 Laurent Sterck, protonotaire, chantre (depuis 1556) et chanoine (depuis i)))) 
de l'église Sainte-Gudule, décéda le 15 octobre 1571 (voyez son épitaphe dans 
RoMBAUT, op. cit., I, 209). Il était natif d'Anvers et fils de Laurent, conseiller de 
Charles-Quint et receveur général de Brabant, au quartier d'Anvers (Arch. de l'église, 
reg. 141-218, p. 216). 

3 Henri Blijleven, d'une famille bruxelloise, fut nommé chanoine le 22 mai 1560, 
puis chanoine à Cambrai ; il y mourut fin janvier 1572 (Ibidem, p. 49). 

^ Le président Longin était beau-père de Charles de l'Espinoy (voyez plus loin). 

5 Chr. d'Assonville ou Assonleville, devint chevaHer, seigneur de Haulteville, 
châtelain de Bruxelles, président du Conseil privé, membre du Conseil d'Etat, 
trésorier de l'Ordre de la Toison d'Or. Il avait épousé Marguerite Scheyfve, fille du 
chancelier précité et de Geneviève de Hoogelande (voyez notre notice susmen- 
tionnée sur Niel, p. 19-20). 

^ G. Labourel releva, le 4 juillet 1564, pour Charles de l'Espinoy, une rente à lui 
transportée par Jan Lauwers Maertsz van Ziericxee, à qui l'Espinoy avait cédé une 
maison de plaisance, avec ferme et autres dépendances, à Etterbeek (Cour féodale de 
Brabant, reg, no 358, f° 452), provenant sans doute de son oncle Nigri (Comp. 
Alph. Wauters, Histoire des environs de Bruxelles, III, 274). 

^ Le testament est inscrit dans le reg. n° i — 6, armoire i, case i, fo 198 et suiv. ; 
Archives de l'église. 



- 76 - 

établissent que la plupart des legs ont été délivrés et que les 
autres le seront prochainement *. 

L'anniversaire du doyen-évêque et de ses parents se célébrait 
le 26 novembre conformément aux vœux du fondateur. Lors de 
cette solennité, on sonnait les cloches de l'église. Le fossoyeur 
plaçait, dans le milieu du chœur et sur la tombe du défunt, un 
catafalque (feretntmj et des cierges. Le maître-autel était tendu 
de noir et, pour la messe, on employait les plus beaux ornements. 

Devaient assister au service : deux échevins de la ville, deux 
marguilliers, deux maîtres des pauvres, le receveur de la mense 
du Saint-Esprit, le confesseur du couvent de Sainte-Elisabeth et 
douze pauvres qui entouraient le maître-autel, à savoir : trois de 
la Maison des Douze-Apôtres ^, trois de l'hospice situé au bas du 
grand escalier de l'église Sainte-Gudule (apiid maiores ecclesie 
gradiis), trois de la Maison-Dieu de la rue de la Montagne et trois 
femmes de l'hopice Baecx. Enfin, les serviteurs des grands cha- 
noines se tenaient, nu-tête et agenouillés, à la porte du chœur, 
en récitant les sept psaumes de pénitence. 

Le confesseur du monastère de Sainte-Elisabeth et les douze 
pauvres assistaient également aux vigiles ^. 

Suivant sa volonté, Nigri fut enterré dans le circuit du chœur, 
devant l'autel Saint-Rombaut. Charles de l'Espinoy y fit placer 
un monument, orné de la statue, en albâtre blanc, du défunt, 
d'après les indications données à ce sujet par le testament de son 
oncle, et portant cette inscription : 

Cau^i^a ^c iRitins. 3saie %, 

Bïtinctum Uuiet, tum plcbs, tum curia iRiovum, 

Consilium f3cc cius, altéra sensit opem. 

Si quit) crat iiiovî, tamcn amplius omnc repostum est 

1f3oc istboc tumulo, cetera causer babet. 

Dive precor summi can^ore, pbilippe, beatus, 

Can^i^a tum tiant, que mobo nuira jacent. 

©blit auuo /ID. H). XÏ55. 

St^lo JBrabantie %\) januarii. 

1 Le testament est inscrit dans le reg. n° 1-6, armoire i, case i, f° 198 et suiv.; 
Archives de l'église. 

2 Voyez notre notice sur la Maison des Doii^e.- Apôtres, à Bruxelles. 

' Archives de l'église, Liber anniversariorum, N» 63, armoire 3, case 2, f° 90 v°. 



— 77 — 
Ce monument fut détruit par les iconoclastes,en 1580 ou 1581 *. 

La fortune de Nigri a dû être très considérable. L'église 
Sainte-Gudule n'ayant été dotée que d'une rente, il ne nous a pas 
été donné de trouver l'état de sa succession. C'est regrettable, 
car il eût été intéressant d'avoir des renseignements sur les biens 
7neîibles, immeubles, or, argent, vassellc, tapisseries, cidres, etc., 
mentionnés dans le testament. 

Outre les rentes désignées dans ce document, Nigri en avait 
possédé encore, entre autres, trois, s'élevant, ensemble, à 700 
florins d'or Carolus, et hypothéquées sur les seigneuries de 
Bréda et de Grimberghe, respectivement de Gaesbeek, de Heze 
et de Leende, Elles furent relevées, pour Charles de l'Espinoy, 
par Josse van den Bossche, chapelain du défunt, le 19 février 
1563 (n. st.) 2. 

Un travail manuscrit, laissé par notre doyen, De exemptione 
canonica, fut publié, en 1578, par l'Espinoy, avec des notes 
de celui-ci, sous ce titre : 

\^IRI 
ILLUSTRIS NEC NON 

D. Reverendi m Christo Patris et 

DoMiNi, Philippi Nigri, J. C. Divi Caroli : V. Imp. 

EiusQ FiLii Philippi Hispaniorum Régis Catho- 

lici &c. olim ab arcanis Consiliis, atq; illustrissimorum Equitum aurei 

Velleris Cancellarij. Ac demum primi Episcopi Antuerpien, de- 

signati, De exemptione Canonica tractatus singularis 

cum additionibus, annotationibusq ; Domini Caroli à Lespinoy, 

Regice MatJs. in summo Flandriœ, Senatu Consilarij &Xc. 

En-dessous, les armes de l'Espinoy, avec cimier et supports ^, 
accostées de ces deux devises : 

1 Archives de l'église, reg. No 141-218, loc. cil. ; comp. Jacclues le Roy, loc. 
cit., etc. 

2 Cour féodale de Drahant, reg. N° 358, 1° 576. 

3 Ces armes, décrites inexactement et incomplètement dans V Armoriai général, de 
M. RiETSTAP, sont : écartelé ; aux i^r et 4e, d'(or) à un arbre sec et arraché (de sable) 
dans lequel perche un oiseau ; aux 2^ et 5e, d'(argent) à trois fleurs de lis, au pied 
coupé (de gueules). Cimier : une tête et col de griffon et une tête et col de léopard, 
chacune entre un vol, le tout affronté ; supports : deux lions léopardés, la queue 
touchant le sol. 



Candida de nigris, qui est celle du doyen, et : 
Carpuntur lilia spinis, qui est celle de la famille de l'Espi- 
noy 1. 

Plus bas : 

Erumnae meae spinae, devise personnelle de Charles ; puis : 

Gandavi 

Apud \'iduam Pctri Clcrici, sub alba Columba, 
Cum Gratia et Privilegio. 
1578 (petit in-fo). 

L'étude de Nigri est précédée d'une lettre de V^iglius Zuiche- 
mus, adressée, de Bruxelles, le 10 septembre 157 1, à Charles de 
l'Espinoy, et de douze distiques latins, de Jacobus Brant. 

Voici les deux derniers de ceux-ci, jouant, selon le goût du 
temps, sur les noms de Nigri et de l'Espinoy : 

Recte igitiiY dicas iribiiens cognomen utrique, 
Candida de spinis lilia fada Nigris. 
Maiores studio celsos iii natns iderque, 
Hos iiniiare, simid nocfe dieqite studens . 

Ce livre fut réimprimé, en 1593, à Anvers, ^dx Joannes Keer- 
bergius ^. 

Les armes de Nigri sont : d'argent à une tête de More, accom- 
pagnée de trois étoiles d'azur '. 

Les manuscrits anciens que nous avons pu consulter ne 
tarissent pas d'éloges sur Philippe. L'un d'entre eux, appartenant 
à l'église Sainte-Gudule, ^ dont il était le chef vénéré pendant 
plus de vingt-cinq ans, le dit : nioribus candidns, prndentia et dex- 
teritate clarissimus..., vir sane immortaK perpetuaque memoria 
dlgnus... non de iheologicis dwntaxat, sed de repiiblica christiana 
optiuie meritus. 

Le cardinal de Granvelle et Viç-lius Zuichemus le tenaient en 
grande amitié et haute estime. 

Viglius, qui lui succéda comme chancelier de la Toison d'Or, 

1 h' Armoriai général donne : Sicut lilia inter spinas, comme devise de cette famille. 

2 Cartulaires et manuscrits, reg. n° 860 B, Grand Conseil, p. 402; Petrus Foppens, 
Bibliotheca Beloica, édirion de 1739, II- P- 1040. 

^ Et non pas de gueules, comme le dit à tort Y Armoriai général. 

* Ce manuscrit se trouve joint au reg, 141-218, déjà plusieurs fois cité. 



— 79 — 

apprit avec enthousiasme l'intention de l'Espinoy d'honorer la 
mémoire du bien aimé défunt par la publication de son ouvrage 
De exemplioiie canonica. Par la lettre qu'il lui écrivit à la suite de 
cette nouvelle, et qui sert en quelque sorte de préface au livre, 
édité par les soins du neveu, il encourage celui-ci dans son pro- 
jet. " Tu as le devoir, » lui dit-il, ^' non seulement de conserver 
soigneusement les biens matériels qui te sont dévolus de lui si 
abondamment, mais aussi de préserver de la perte son œuvre 
littéraire. » 

C'est, apparemment, le désir de voir ériger à la mémoire de 
son ami un monument durable, et moins le mérite de cette 
œuvre, qui lui dictent ces paroles affectueuses. " Il a écrit ce 
mémoire dans sa jeunesse (juvenisj, croit-il devoir ajouter, et 
je suis persuadé qu'il aurait pu faire plus et mieux, si ses emplois 
publics, auxquels il se vouait corps et âme, lui avaient permis 
d'appliquer son esprit à des travaux de ce genre. Tous les jours, 
je fus témoin de la sollicitude sans bornes qu'il consacrait aux 
choses de la religion et à ses fonctions ecclésiastiques, et bien sou- 
vent, rempli d'admiration, je me demandai o\i il trouvait le 
temps, surtout à son grand âge, pour y suffire. » 

Parlant de la longue carrière politique de son ami, Viglius n'est 
pas moins élogieux : « il l'a parcourue à l'entière satisfaction faim 
summa lande) de l'empereur, du roi, des aristocrates et de la 
bourgeoisie. » 

«C'était, certes, w dit-il au commencement de la lettre que nous 
analysons, « un homme qui a rendu les plus grands services à la 
patrie, et, s'il a dû nous quitter, ravi par la mort, ses sublimes 
vertus, son talent et ses riches connaissances lui survivront à tra- 
vers les siècles *. » 



Une courte note sur Charles de l'Espinoy nous semble devoir 
compléter les renseignements qui précèdent. 

11 était seigneur de Lignes, ou Linges, Mardickhoeck, etc., et 
épousa, à Bruxelles, le 15 février 1551, Marguerite Longin, veuve 

1 Voyez dans HoYNCK VAX Papendrecht, op. cit., édition 1743, t. III, p. 297, 
une lettre de Zuichemus à Philippe Nigri, datée de Nuremberg, 17 février 
1543. Elle ne contient guère de renseignements utiles pour cette notice. 



-So- 
dé Guillaume de la Bricque, seigneur de Steciivoorde, qui était 
mort en 1547, de la morsure d'un chien enragé, après environ un 
an de mariage ; elle était fille de Roland, chevalier, seigneur de 
Chapcllc-Saint-Ulric, président de la Chambre des Comptes en 
Brabant, et d'Isabelle van Mons. 

Après la mort de cette femme, Charles convola en secondes 
noces avec Catherine de Leenheere. 

Il mourut, à Audenaerde, en 1583, et y fut enterré dans le 
chœur de l'église. 

De ses deux femmes, il eut des enfants. Deux du premier lit 
furent inhumés à Gand, en l'église Saint-Jacques, avec ces quar- 
tiers : 

L'EspiNOY, NiGRi ; LoNGiN, Mons. 

Philippe de l'Espinoy, issu du premier mariage de Charles, 
devint vicomte de Thérouanne, seigneur de Chapelle-Saint-Ulric, 
capitaine d'une compagnie d'infanterie wallonne. Il est l'auteur de 
la Recherche des antîquitez et noblesse de Flandres. 

Sa sœur Philippote, épousa un gentilhomme anglais, Georges 
Chamberlain, et en eut, entre autres, un fils, appelé également 
Georges, qui fut le sixième évêque d'Ypres et mourut en 1634, à 
l'âge de 58 ans *. 

* 
* * 

Si nous avons été assez heureux de mettre en lumière, en la 
personne, un peu oubliée, de Philippe Nigri, un des principaux 
personnages ecclésiastiques, non seulement de Bruxelles, mais 
des Pays-Bas en général, au xvi^ siècle, ainsi que quelques cou- 
tumes intéressantes de cette époque, nous le devons surtout, au 
riche dépôt d'archives de l'église Sainte-Gudule, mine inépuisable 
de renseignements sur les hommes et les choses du passé. 

Nous remercions de tout cœur M. l'abbé Keelhoff, qui, avec un 
zèle et un dévouement dignes de tous les éloges, a entrepris et 
presque achevé le classement de ces nombreux et inappréciables 
documents, de la façon si aimable dont, comme toujours d'ail- 
leurs, il nous a secondé dans nos recherches. 

J.-Th. deRaadt. 

1 Voyez bibliothèque royale, C. G., les épitaphiers du chanoine Hellin, n" 1523, 
II, p. 29 et 125; n° 1526, I, p. 281, et, par le même, Histoire chronologique des 
éve'ques, etc. de Sainl-Bavon, à Gand, I, p. 107-109; Philippe de l'Espinoy, Recherche 
des antiquitei et noblesse de Flandres, p. 318. 



WAVRE-NOTRE-DAME 

PEERKEN DIT T BOEKWEITSTROO 

célèbre médicastre — sa condamnation, 1803 



'avre-Notre-Dame est un village de 2,700 habitants, aux 
abords pittoresques, à l'aspect charmant et propret, 
situé dans l'arrondissement de Mahnes (canton de Duf- 
fel), dans cette partie de la province d'Anvers n'appar- 
tenant pas à la Campine proprement dite, mais pouvant y être 
complètement assimilée par les mœurs et le caractère de ses 
habitants qui, d'ailleurs, se disent campinois K 

A la distance d'un kilomètre environ du centre de cette com- 
mune, au carrefour de la Bosdistraat et de la Berlacrbaan , se 
trouve, encore actuellement, une auberge-ferme, connue, de 
temps immémorial, sous le nom de 't Boekweitstroo. Sa renommée 
se répandit bien en dehors de son rayon, à l'époque oîi un de ses 
propriétaires, Pierre Op de Beeck (1732-1824), y pratiqua l'art 

' Voir pour plus de détails sur cette localité : J.-Th. de Raadt, Les seigneuries du 
pays de Malines. — Notice historique sur la commune de ïVavre-Notre-Dame. — L'au- 
teur y consacre à la personnalité caractéristique de Peerken uit 't Boehueitstroo une 
curieuse relation. 




de guérir et attira dans cet endroit une grande affluence de 
malades du pays et même de l'étranger. 

Peerken uii 7 Boekiucitstroo, tel est le sobriquet sous lequel 
on le désignait communément et qu'il porte encore dans la mé- 
moire des villageois, — était un de ces empiriques qui traitaient 
également bêtes et gens, tant par une médication quelque peu 
scientifique et souvent efficace que par des pratiques supersti- 
tieuses, impressionnant vivement la foule ignorante et crédule. 

Il était doué d'un réel esprit d'investigation et parvint, grâce 
à ses connaissances botaniques assez étendues, à appliquer les 
propriétés curatives des plantes au traitement d'un certain 
nombre de maladies, dont il avait des notions très exactes. Cela 
est prouvé par un traité manuscrit où il décrit parfaitement leurs 
symptômes et leurs variétés, suivant les différents tempéraments. 
Nous y avons rencontré des phrases en latin correctement 
écrites, ce qui peut donner à supposer que la connaissance de 
cette langue ne lui était pas absolument étrangère. 

Les maladies dont il parle sont au nombre de vingt-six ; nous 
en relevons : l'hydropisie, l'angine, la phtisie, la gravelle, l'apo- 
plexie et la dyssenterie. C'est surtout à cette dernière qu'il était 
redevable de sa réputation. Aujourd'hui presque entièrement dis- 
parue, elle éclatait autrefois périodiquement et fournissait conti- 
nuellement à notre guérisseur l'occasion de mettre sa science en 
pratique. Ses moyens curatifs étaient très simples : ils ne consis- 
taient guère qu'en des sudations répétées, obtenues spécialement 
par l'infusion de fleurs- de noj^er et quelques remèdes acces- 
soires ; par exemple, il recommandait d'appliquer aux pieds des 
patients deux harengs saurs, leur faisait mâcher de la canelle, 
boire beaucoup de vin et mettre sur le ventre quelques embroca- 
tions chaudes. Il se servait également d'une plante, baptisée par 
lui du nom de hiberailum sepUfoliuui, croissant abondamment 
dans les forêts voisines CKonings-Bossclien) * et considérée comme 

^ Ces forets, qui avaient encore, en 1800, plus de 300 hectares de superficie, ne 
constituent qu'une infime partie de ce qui fut autrefois l'immense Waveruiahl, la 
forêt de Wavre. A ce sujet, Uodoens s'exprime en ces termes : 

Horum (Lotharingie Duces Henric. II, III, etc.) temporibus marchionatum Ant- 
verpiensem in nonnuUis veteribus monumentis reperitur, pneter alia loca, univer- 
sam quoque Vavriensem sylvam (vulgo IVaverwald tune dictam) complexam fuisse; 
qua: illa a;tate ab Heyst, non incelebri Brabanticce Campaniœ pago, ad usque 



-83 - 

possédant une grande propriété astringente. A un moment où 
l'épidémie sévissait avec rage et où il ne suffisait plus à ses nom- 
breux malades, il dévoila même son remède et la façon de s'en 
servir. L'usage de cette plante ne s'est pas encore entièrement 
perdu aujourd'hui. 

Avec la réputation, lui vint la fortune. Sa clientèle s'étendit, 
du reste, aux classes les plus élevées de la société : des gens 
notables qu'il avait guéris, ne lui marchandaient pas leur 
reconnaissance et la lui prouvaient par des largesses princières. 
Aussi parvint-il à s'amasser la fortune — immense pour 
l'époque — d'environ deux millions. 

Rien d'étonnant à ce que les trésors de Peerken excitassent la 
convoitise de la fameuse bande des garotteurs qui, à la fin du 
siècle dernier, infestait la région. Ils pénétrèrent nuitamment 
dans sa demeure et lui enlevèrent un gros butin. S'étant emparés 
aussi de quelques titres de propriétés, les bandits eurent la mali- 
cieuse, idée d'emprunter, en son nom, sur les biens de notre 
richissime médicastre. 



La source des richesses de Peerken n'était pas entièrement 
pure. Aux moyens de guérir que lui suggérait un savoir réel et 
puisé, vraisemblablement, en grande partie, dans les auteurs 
antérieurs et contemporains, il en ajoutait d'autres qui n'étaient 
rien moins que scientifiques et efficaces. Il exploitait sur une 
grande échelle les croj'ances superstitieuses de la foule ignare. 
Cela eut pour résultat, il est vrai, d'affermir son influence et la 
confiance que la population avait en lui, mais n'en donna pas 
moins lieu à des faits profondément regrettables. Il avait, par 
exemple, la déplorable manie de persuader à ceux qui le consul- 
taient, lorsque sa médication restait en défaut, qu'ils avaient été 
l'objet d'un maléfice quelconque, en d'autres termes, qu'ils étaient 
touchés d'une mauvaise main ; il lui arrivait même de désigner 
indirectement la sorcière, cause de tous ces maux. La tradition 
rapporte, à ce propos, que des paysans de Keerbergen, ajoutant 

Basrodium, infra Teneramundam ad Scaldim situm, et supra uîrumque Xetham, 
tum et Diliam exteudebatur, Rumestam ac Mechliniam comprehendens. 
(Stirpium historiée, Epist. nuncupatoriaj Antv. 1583.) 



-84- 

foi aux allusions de notre malin thérapeutiste, empoignèrent un 
jour une vieille malheureuse et la brûlèrent toute vive. 

Des procédés de ce genre sont allégués et sévèrement quali- 
fiés dans l'acte de condamnation qui frappa Peerken, du temps 
de la République Française. 

Déjà sous le gouvernement autrichien, ainsi que cela est établi 
par des actes officiels, il avait eu, à différentes reprises, maille à 
partir avec la justice, du chef d'exercice illégal de l'art de guérir. 

Pendant les premières années du Régime Français, Peerken 
se livra, sans être inquiété, à ses anciennes pratiques de guéris- 
seur. Mais, en 1803, des membres de la faculté, jaloux de ses 
succès et exaspérés de sa terrible concurrence, le dénoncèrent 
de nouveau au parquet. Il fut écroué, mais obtint, moyennant 
un cautionnement, sa mise en liberté provisoire. 

En suite de deux interrogatoires, des 2 et 23 frimaire, an XI 
(23 novembre et 14 décembre 1803), il fut renvoyé à l'audience 
publique du Tribunal de i'^ instance de l'arrondissement de 
Malines, département des Deux-Nèthes, siégeant en police cor- 
rectionnelle, le 7 nivôse de la même année (28 décembre). 

Pierre Op de Beek, connu sons le nom de « Het Boerken van 
Boekwey-Stroy w, âgé de soixante-dix ans, natif de Wavre-Notre- 
Dame,y demeura] it, se disant pharmacien patenté, comparait sous la 
préventioîî d'avoir contrevenu aux lois et arrêtés, relatifs à l'art de 
guérir et de vendre des drogues ou médicamcns gâtés ou. du moins 
inefficaces ii opérer la moindre guérison, connue aussi de répandre le 
trouble dans les familles par défausses incidpations , de maléfices et 
de sorcellerie, et d'escroquer, moyennant tout ceci, l'argent de ses 
concitoyens . 

Les déclarations des experts, J.-B. Joffroy, médecin de profes- 
sion et membre de la Commission de santé de l'arrondissement 
de Malines *, et J. Ignace Le Clercq, médecin et chirurgien de 
profession, membre de la même commission^, furent accablantes. 
Neuf témoins à charge aggravèreiit encore le cas du prévenu ^. 

^ Il était âge de soixante-trois ans et domicilié à Malines. 

2 Agé de trente-sept ans et résidant également à Malines. 

3 Parmi ces témoins figurent Jean-Pierre Cuylen, âgé de cinquante ans, rentier 
d'Anvers, et Henri de Kock, âgé de vingt-huit ans — brasseur à Malines, — les 
sept autres étaient des personnes des deux sexes, fileuse, couturière, cultivateur et 
des journaliers, respectivement de Niel et de Nj'len. 



- 85 - 

Pour comble d'infortune, les dépositions des deux témoins à 
décharge, Pierre van Putte, brasseur à Contich, et Pierre-Fran- 
çois Herrew}^, fermier à Wavre-Notre-Dame, étaient désas- 
treuses, à telles enseignes que, devant les faits acquis, les défen- 
seurs se virent obligés à renoncer à toute preuve contraire. 

Peerken eut pour défenseiirs officieux^ les citoyens Mertens, 
d'Anvers, Cambier et van den Bossche, de Malines, tous trois 
hommes de loi. 

Les conclusions du commissaire du gouvernement tendaient à 
une amende de 3,000 francs, à un emprisonnement de vingt mois, 
à l'impression et affiches du jugement à intervenir, à concurrence 
de 500 exemplaires, et au remboursement des frais de la procé- 
dure, le tout conformément à l'ordonnance du 18 août 1732, 
maintenue par l'article 29, t. I, delà loi du 19 juillet 1791, aux 
articles 21, 1. 1, 35 et 38, t. II, § 2 de la même loi et i de la loi du 
18 germinal, an VIL 

Les conclusions du prévenu, prises par ministère d'avoué, 
demandaient à ce qu'il plût au Tribunal, en le déchargeant de 
toutes les inculpations quelconques, le mettre incessamment en 
liberté et donner main-levée de la caution qu'il a interposée pour 
sa mise en liberté provisoire. 

Dans l'état de la cause, un dénouement fatal était inévitable. 
Aussi le Tribunal, se composant des citoyens J.-B.-J. Verhaghen, 
président, Maisonneuve et délia Faille, juges, le condamna-t-il à 
un emprisonnement de quatre mois, à une amende de 3,000 francs 
et à tous les frais requis par le ministère public, conformément à 
l'article 184 du code des délits et des peines. 

Les considérants sont excessivement sévères pour le prévenu. 
11 y est dit que, n'a3'ant aucun diplôme, brevet ou autorisation 
quelconque pour exercer l'une ou l'antre des trois branches de gué- 
rir, il pratique la médecine et qu'il vend et distribue des drogues 
et médicaments aux malades qui sont assez simples pour s'adres- 
ser à lui ; 

de plus, qu'on a saisi chez lui, le 10 frimaire (i^"" décembre), des 
médicaments gâtés ou mal préparés et inefficaces pour guérir 
aucune maladie interne ; 

que le prévenu, pour mieux couvrir son ignorance et son 
ineptie, a recours an fanatisme, superstition, mensonge et hypocrisie, 
S. A. M. 6 



— 86 — 

en faisant accroire à ceux qui se présentent à lui dans un état 
desespéré et dont il ne connaît point la maladie, qu'ils sont ensor- 
celés ou, selon ses termes familiers, qu'une mauvaise main les a 
touches, disant tantôt ne pouvoir les guérir parce que le malade 
demeure trop j)rès de la sorcière, tantôt vendant et donnant à ces 
prétendus ensorcelés quelques morceaux d'Agnus Dei, de l'eau 
froide de liège, de l'huile bénite et autres choses de ce genre dont 
sa pharmacie se trouve abondamment pourvue, qu'il leur conseille 
de prendre pour remède, en accompagnant leur emploi de quel- 
ques pratiques et simagrées prciendiicment superstitieuses. Par ce 
stratagème, poursuivent les considérants, le dit prévenu a, depuis 
plusieurs années, non seulement escroqué de l'argent à ceux qui 
étaient assez dupes pour s'adresser à lui, mais, qui pis est, répand 
le trouble dans les familles et expose la personne qu'il a la témé- 
rité de désigner pour la prétendue sorcière, à toute l'animadver- 
sion des gens grossiers, crédules et fanatiques qui croient avoir à 
se venger. 

Conclusions : avoir contrevenu i° à l'article 35, t. II, § 2 de la 
loi du 19 juillet 1791; ^P à l'arrêté du Préfet du département, en 
date du 6 ventôse, an XI, pour avoir surpris une patente de phar- 
macien ; 3° à l'article 21, t. I, §3 de la dite loi de 1791 et à l'ar- 
ticle 38, t. II, § 2 de la même loi qui défendent de vendre des 
médicaments et boissons gâtés, et particulièrement aux disposi- 
tions de l'ordonnance de 1738 en vigueur lors de l'occupation du 
pays par les armées de la République et maintenue par l'article 29, 
t. I, sect. 4 de la susdite loi de 1791. 

L'alinéa suivant se distingue principalement par sa virulence : 
Considérant, dit-il, que si l' autorité publique doit des éloges et des 
encourageniens a l'hommage généreux de ceux qui, par leurs études 
et leurs talens, ont acquis les connaissances nécessaires et obtenu 
l'autorisation requise à exercer Viuie ou l'autre des branches de l'art 
de guérir et qui par le noble désir d'être utiles à leurs semblables , 
savent surmonter toîtt ce que leur art peut avoir de desagréable, une 
bonne police doit surveiller sévèrement Vêtre dégradé qui mu par le 
vil appas du gain, trafique de la vie des hommes, et comptant pour 
rien la santé de ses concitoyens , ne craint pas de les mettre en péril par 
son ineptie et par Vemploy des moyens non seulement contraires au 
but proposé, mais propre à jiourrir des préjugés superstitieux capa- 



blés de troubler le repos des familles et d'exciter a la vengeance et au 
crime. 

Les juges n'ont garde de passer sous silence les antécédents 
judiciaires du prévenu : au mépris des lois et malgré les puni- 
tions déjà subies, disent-ils, il n'a pas voulu cesser son trafic cri- 
minel. 

La condamnation est basée sur les lois suivantes : 

L Ordonnance du i8 août 1732. 

Charles \ par la grâce de Dieu, etc. Les Docteurs et Professeurs de la faculté de 
Médecine en /' Université de Louvain Nous ayant représenté etc. Ordonnons et Sta- 
tuons que les placards émanés relativement à V exercice de Vart de la Mt decine seront 
ponctuellement maintenus, et que dorenavent il ne sera permis^ à qui que ce soit, 
d'' exercer le prédit art de la Médecine, dans le pays de Notre domination, sans avoir 
pris le degré de Docteur ou de Liceniié en Notre Université de Louvain ; et les gra- 
dués dans les Universités étrangères ne pourront exercer le dit art dans nos ptédits 
pays sans être préalablement examinés et approuvés par ceux de la dite faculté de 
Médecine en la même Université de Louvain : et en égard à la modicité des peines 
et amendes décrétées par nos placards précédens à charge des contrevenans, voulons et 
ordonnons que V amende pour la première fois sera de 200 florins, pour la deuxième 
fois de 4^00 florins et Goo florins pour la troisième fois, un tiers à notre profit, im 
autre pour Voflicier du lieu et le tiers restant pour le dénonciateur. 

IL Loi du 19 juillet 1791. 

Ad. 29. — Les reglemens cxistans sur le titre des matières d'or et d'arcent, sur 
la vérification des pieires fines et fausses, sur la salubrité des comestibles et medi- 
camens, sur les objets de serruries, continueront d'être exécutés jusqu'à ce qu'il en 
eut été autrement ordonné, il en sera de même de ceux qui établissent de dispositions 
de sûreté tant pour l'achat et la vente des matières d'or et d'argent, des drogues, 
medicamens et poisons, que pour la présentation, le dépôt et l'adjudication des effets 
précieux dans les monts de piété, lombards ou autres maisons de ce genre. 

IIL Articles 21, t. I, 35 et 38, t. II, § 2 de la loi du 19 juillet 
1791 et l'article i de celle du 18 germinal an VIL 

Ali. 21. — En cas de vente de medicamens gâtés, le délinquant sera renvoyé à 
la police correctionnelle et puni de 100 livres d'amende et d'un emprisonnement qui 
ne pourra excéder six mois. 

^ Charles VI, Empereur du Saint-Empire Romain, Roi de Hongrie et de 
Bohême, etc., père de Marie-Thérèse. 



— 88 — 

La vente des boissons falsifiée^ sera pu m' ainsi qu'il seia dit au Titre de la police 
correctionnelle. 

Alt. 35. — Ceux qui par dot, ou à l'aide de faux noms, ou de fausses entre- 
prises, ou d'un crédit imaginaire, ou d'espérances chimériques, auraient abusé de la 
crédulité de quelques personnes et escroqué la totalité ou parties de leurfortime, seront 
poursuivis, devant ks tribunaux de district, et si l'escroquerie est prouvée, le tribunal 
de district, après avoir prononcé les restitutions, dommages et intérêts, est autorisé à 
condamner par voie de police correctionnelle à une amende qui ne pourra excéder 
5,000 livres, et à un emprisonnement qui nepouria excéder deux ans, et en cas 
d'appel, le condaniné gardera prison, à moins que les juges ne trouveront convenable 
de le mettre en liberté par une caution triple de l'amende, et des dommages et intérêts 
prononcés. En cas de récidive, la peine sera double. Tous les jugements de condam- 
nation à la suite des délits mentionnés au présent article, seront imprimés et affichés. 

Art. 38. — Toute personne convaincue d'avoir vendu des boissons fahifiées par 
des mixtions nuisibles, sera condamné à une amende qui ne pourra excéder 
1,000 livres, à im emprisonnement qui ne pourra excéder ime année, le jugement 
sera imprimé et affiché : la peine sera double en cas de récidive. 

Art. I de la loi du 1^ germinal an VIL 

Tout jugement à'imtribimal criminel, correctionnel, ou de police, portant condam- 
nation à une peine quelconque prononcera en même temps au profit de la République 
le remboursement des frais auxquels la poursuite et punition des crimes et délits 
aura donné lieu. 

Comme on a pu s'en convaincre par l'analyse et les extraits 
qui précèdent, cet acte de condamnation est conçu dans le style 
déclamatoire et incorrect qui distingue généralement les écrits de 
la Première République. Ce document contient des accusations 
manifestement exagérées et n'est surtout pas exempt de l'esprit 
systématique qui devait animer la faculté tout entière contre le 
simple campagnard, dont la réputation et, peut-être, le savoir 
éclipsaient ceux de bien des médecins patentés de l'époque. La 
science médicale, qu'on ne le perde pas de vue, n'a commencé à 
faire des progrès réels que pendant la seconde période du siècle 
dernier. Auparavant, elle ne s'appuyait guère que sur l'expé- 
rience, se bornant à appliquer les remèdes usités antérieurement, 
sans contrôle de leur elîicacité et sans s'efforcer d'étendre son 
domaine. Et il en était ainsi de ceux mêmes qui, à tort ou à raison, 
se considéraient et passaient pour les princes de la science. Quoi 
d'étonnant, dès lors, de voir, à cette époque, les praticiens des 
campagnes, chacun suivant sa perspicacité personnelle, se con- 



-89 - 

former, avec toute l'opiniâtreté de la routine, aux principes qui 
leur avaient été inculqués dans les universités I Dans cet état de 
choses, ne semble-t-il pas tout naturel que le Paysan de Boekwey- 
Sirooy, qui s'était assimilé sans doute la matière scientifique de 
son temps ; qui était poussé, en outre, par une vocation irrésis- 
tible, par une véritable passion, eût su diagnostiquer certaines 
maladies, d'un coup d'œil plus sur, plus profond, plus personnel, 
que les représentants de la science officielle ? 

Pour se convaincre, d'ailleurs, de l'état piteux de la médecine 
scientifique jusqu'à la fin du xvin^ siècle, il suffit de parcourir 
l'œuvre de M. A. Franklin, parue récemment chez l'éditeur 
parisien Pion, sous le titre de : La vie privée d'auf refois , IX — Les 
médicaments . L'auteur y établit, sur documents, qu'il était alors 
encore d'usage général dans le monde médical, grand et petit, de 
prescrire des remèdes bizarres et souvent dégoûtants, d'après 
l'axiome de l'époque que tous les êtres des trois règnes de la 
nature, voire toute partie de ces êtres, quels qu'ils fussent, possé- 
daient une vertu médicinale, à utiliser selon les cas. 



Bruxelles, le 3 septembre 189 1 



Paul Notelteirs. 





EEN WOORD 



AAVGAANDE HET 



STADSARCHIEF 



VAN MECHELEN. 



I 

OOGSLAG 

OP ONZE ALOUDE LANG GEKENDE OORKONDEN. 

ôôr de viii^ eeuw, was Mechelen, zoo als de meeste steden 
van ons land, zeer weinig of niet gekend, Voor en aleer 
zich te kunnen ontwikkelen, moesten onze voorvaderen 
los geraken uit de banden waarin het Heidendom ze 
geboeid hield. De stem van eenen door God bezielden man was 
alleen bekwaam om aan dien ellendigen toestand een einde te 
brengen, en om onze ongelukkige voorouderen uit den slaap 
tewekken waarin zij zoo lang helaas ! gedompeld lagen. 

Dank aan den nooit genoeg te prijzen Rumold, zal weldra 
voor de inwoners zijner stad een nieuw dageraad aanbreken. 
Nauwelijks hadden zij het woord des Heeren in den mond van 
eenen voor hen zoo buitengewonen nian hooren klinken, of zij 
gevoelden zich in hunne gemoederen geschokt en verontwaar- 




— 91 — 

digd. Daarna echter, allengskens getroffen- en eindelijk over- 
wonnen door de verhevene waarheden welke hij hua verkon- 
digde, en door de zuivere zedeleer welke hij hun voorschreef, 
veranderden zij van denk- en levenswijze, verzaakten aan hunne 
Goden, en sloegen het door zijn bloed geverwde pad in, waarin 
hij hun voorgegaan was. 

Van dien stond af, daagt voor de geschiedenis onzer stad een 
nieuw en roemrijk tijdvak op, welk wij, bij gebrek aan oorspron- 
kehjke bronnen, in de onmogehjkheid zijn naar waarde te kunnen 
schatten. — De oudste oorkonde van het archief dagteekent 
slechts van het begin der xm^ eeuw. Ai het gebeurde vôôr dien 
tijd berust op gezegden van kronijkschrijvers, die soms in hunne 
dagboeken al te lichtvaardig opnamen hetgeen zij hier en daar, 
zonder grondige bewijzen, vernomen hadden of geschreven 
vonden. 

De eigenlijke historié van Mechelen begint met de Berthou- 
ters, die, gedurende gemelde en volgende eeuw, zoo veel 
bijdroegen tôt de welvaart van Rumolds stad en haren omvang. 
Bij opene brieven der maand october 1252, staat Wouter Ber- 
thout aan die van Muysen, Hanswijck, Geerdegem en Hofstaden, 
het regt toe al hunne leengoederen in weiden te kunnen veran- 
deren. — In augusti 1264, vergunt hij aan de Mechelaars de 
vrije scheepvaart op de Melaan. — Het volgende jaar, einde 
mei, stelt hij, ter voltrekking hunner kerk, eenen kanunnik, 
eenen schepen en eenen burger aan, gelast met het toezigt dier 
wcrken. — In de tusschenruimte van 1268 tôt 1278, gebiedt hij 
dat voortaan de daken der huizen, in plaats van met stroo, met 
tichelen zullen moeten gedekt worden. — Den 28 augustus 
1276, worden nog door denzelven aan het Iakenmakersgild 
onzer stad merkelijke voorregten vergund. — Den 4 november 
1279, zien Wouter Berthout en zijn zoon, ten voordeele der 
Mechelaars, van hun regt af op het door hen op de visschen 
ingestelde marktgeld. — Bij opene brieven van den 27 oogst- 
maand 1295, stellen Jan Berthout, Heer van Berlaar, en Jan 
Berthout^ Heer van Neckerspoel, een einde aan de op onze laken- 
makers geplcegde afpersingcn door de Toskanen, Lombardenen 
Joden, die zich in den omtrek der stad gevestigd hadden, om er 
hunnen verfoeijelijken handel te drijven. 



— 92 — 

Bij het aanbrcken dcr xiv'^ eeuw, den 13^" december 1301, 
prijkt in het stadsarchief eene allerbelangrijkste keur, waarbij 
hertog Jan II van Brabant en Jan Bcrthout aan de Mechelaars ten 
ecuwigcn dage waarborgen al de vrijheden en voorregten, 
welke hun van de vroegste tijden af beloofd of verleend waren 
geweest. Om aan dezelvc nog mcer kracht bij te zetten, deden zij 
er hunne zegels aan hangen, gezamenlijk met die hunner voor- 
naamste leenhecren en stcden, waarvan veertien aan de eerste, 
en zes aan de laatste toebehooren. Deze keur, Welke men met regt 
het Palladiwn onzer gemeentevrijheden noemen mag, zien wij 
beurtelings met eed bekrachtigd, den 2i<^" maart 1384, door 
Filips den Stoute, den 8^" october 1419, door Filips den Goede, 
den 3*^"^ julij 1467, door Karel den Stoute, den 25"^" junij 1477, 
door Maria van Burgondië, den 27*^" maart 1495, door Filips den 
Schoone, den 5*^" februarij 1515, door keizer Karel V, den 31^" 
december 1556, door Filips II, den 25^" augustus 1598, door 
aartshertog Albertus, in den naam zijner gemalin Isabella. 

Op het einde der xv^ eeuw, vinden wij een treffend bewijs van 
de bijzondere hoogachting welke deze stad bij hare vorsten 
genoot. « Ont te beloomn de inenigviddige diensten in goed en 
bloed zijner vroome en gefrouive onderdanen, » alzoo luiden de 
opene brieven van Frederik III, gedagteekend uit Lintz den 10^" 
januarij 1490, verheft deze keizer 't land en de stad Mechelen tôt 
een graafschap, en vergunt aan deze laatste het regt zijne 
wapenen, als Roomsche Koning, met de hare te vereenigen. 
Sedert dien, draagt zij in haar blazoen den zwarten arend, met 
uitgespreide vlerken, klaauwende op een gouden schildmetdrie 
roode staken doorweven. 

Daar het onmogelijk is, in een oogwenk op ons stadsarchief, de 
belangrijkheid te doen uitschijnen van zoo vêle andere kostbare 
handvesten, welke wij stilzwijgend moeten voorbijgaan, bepalen 
wij ons^ bij dit kort overzigt, zoo niet den inhoud, ten minste het 
tijdstip en het getal daarvan te doen kennen. 

Deze oorkonden, welke bijna aile op daartoe bereide schaap- 
vellen geschreven en waarvan de meeste nog van hare zegels 
voorzien zijn, gaan van de eerste helft der xiii^ eeuw tôt het einde 
der xvm^. Van het eerste tijdvak onzer geschiedenis, gedurende 
welk de Heerlijkheid van Mechelen, van 1242 tôt 1369, door de 



— 93 — 

bisschoppen van Luik, de hertogeii van Brabant, de graven van 
Henegouwen en Vlaanderen, als een speelbal^ beurtelingsgekaatst 
en herkaatst wierd, tôt dat zij eindelijk in de handen viel van 
hertog Filips den Stoute, bestaan er nog honderd drie en vijftig 
oorkonden. 

Met de dood vau Maria vanBurgondië, die den 28^" maart 1482 
zoo toevallig helaas ! aan de liefde harer volkeren ontrukt wierd, 
verdwijnt uit de geschiedenis dit doorluchtig Huis^ en de Heerlijk- 
heid van Mechelen gaat over in dat van Oostenrijk. Van dit tijd- 
stip tôt het einde der xvm^ eeuw, bezitten wij zes honderd acht 
en negentig handvesten, waarvan drie honderd vier en twintig 
aan het Huis van Burgondië en het volgende, drie honderd der- 
tig aan het spaansche en vier en veertig aan het oostenrijksche 
Staatsbewind toebehooren. 

Om zich een denkbeeld te kunnen vormen van hetgeen de ste- 
dehjke overheid, sedert de tweede helft der xv^ eeuw, voor de 
bewaring dezer schatten gedaan heeft, verzoek ik mijne lezers 
mij te willen volgen in de beneden gewelfde plaats van den 
Beijaard, den thoren geheeten, alwaar in eene viermaal over- 
eeuwsche zware eikenen armarys of kas *, al deze voor den 
geschiedschrijver zoo gewigtige oorkonden zorgvuldig opgeslo- 
ten liggen. Daar deze kas uit vier paneelen bestaat, waarvan elk 
eenen grendel en een dubbel slot heeft, zoo zijn tôt derzelver 
sluit- en ontsluiting acht sleutels noodig, waarvan tôt het einde 
der xvii^ eeuw, de twee van het eerste paneel aan den jongsten 
communie of burgermeester, de twee van het volgende aan den 
vôôr of eersten schepen, de twee van het derde aan den oudsten 
gezworen der poorterij, en de twee van het laatste aan den 
oudsten gezworen der dekenij toevertrouwd waren, zoodat tôt de 
ligting eener oorkonde de tegenwoordigheid dezer vier leden 
noodig was. 

Krachtens eene verordening van den magistraat, genomen den 
7^° november 1702, werden al onze handvesten en hare zegels, 
na op parkemente vellen naauwkeuriglijk herschreven en nage- 



1 « Item betaelt Joirdaen, den slotmakere, etc., van IIII dobbel sloten metten 
slotelen, met VIII leden, crammen, naghelen, VI ringhen, ghebesicht aen den 
armarys daer die privilégie in ligghen. » (Stadsrekening 1475-1476, fol. 141 v°). 



— 94 — 

bootst te zijii geweest, in zcs op snee vergulde rcgisters, groot 
in-4° vereenigd, wclke uit hoofde der kleur hunner banden dcn 
naam van Roodhoeken gckregen hebben. 

Voor en alccr dezc plaats te vcrlatcn, werpen wij eenen oog- 
slag op geen met ijzer beslagen en door vijf sloten vast gehouden 
koffer, op welks uiteinden stadswapenen gcmaald zijn, en vragen 
wij ons af waartoe hctzclve gedicnd heeft. — Openen wij de stads- 
rekening van denjare 1572, zoo vinden wij dat, den 22^" augustus, 
op bcvel van den magistraat, al het zilver en verguld tafelgerief 
van het stadhuis, onder het geleide van eenen schepen, naar 
Antwerpen vervoerd wierd om er openbaarlijk verkocht te wor- 
den *. Hiermede, vhegt in duigen de volksmare aangaande den 
oorsprong van onzen oudsten burger, wijl gemeld koffer zes en 
zeventig jaren ouder is dan hij. 

Bij het stappen uit dit vertrek, komt men langs eenen steencn 
wendeltrap in eene andere gewelfde en allerbest verlichtte plaats, 
de Kapel geheeten, omdat de raadsheeren, sedert het einde der 
xiv^ eeuw, voor en aleer zich tôt hunne bezigheden te begeven, 
de gewoonte hadden aldaar de mis te komen hooren. — Rondom 
de wanden derzelve, rangschikkcn zich nu een en negentig doo- 
zen, welker inhoud wij kortehjk beschrijvcn gaan. 

De zestig eerste bevatten een bijna ontelbaar getal oorspron- 
kehjke en andere oorkonden, allerbekwaamst om den regerings- 
vorm van onzen magistraat van de vroegste tijden tôt de fransche 
omwentehng af te schetsen. Kerken en kloosters; stadsgebouwen ; 
heeren, gilden, ambachts en andere huizen ; straten en opene 
plaatsen; bruggen, rivieren en beken ; verschansingen, forten en 
wegen ; stedehjke overheden ; hooge, lagere en armschoolen ; 
armwezen en godshuizen ; nijverheid, handel en landbouw; hon- 

^ « Betaelt Mr Jacop de Backere voor den coop van sekere coffer met yser 
beslagen, alwaer het silvere van der stadt mede naer Antwerpen gevuert es, omnie 
te vercoopene, per ordonù v lîb. » (Stadsrekening 1571-1572, fol. 247). 

« Opten XXlJen Augusti LXXII, zoe zyn ter ordonil van de weth gesonden naer 
Antwerpen Joncheer Baptista Kerrenians, met Henrick Wils, bode, om aldaer te 
vercoopene het zilverc soe vergult als onvergult van der stadt, achtervolgende den 
Inventaris daer aff gemaeckt zyndc, den voonl Kerreman overgelevert, daer over de 
voorn Kerreman gevaceert heeft drye dagen, IX lib. ende Henrick Wils, insge- 
lycx drye dagen, XXX scell, beloopende metter wagenhure, reysens ende comens, 
ende andere oncosten, per ordonn XVII lib. » (Ibidem, fol. 227). 



— 95 — 

gersnooden en ziekteii; ommegangen, inhuldigingen en feesten; 
ailes, in één woord, komt er in voor, niets is er vergeten. 

In de twee volgende doozen vindt m en talrijke oorkonden aan- 
gaande den grooten en den kleinen voetboog, den handboog, de 
kolveniers en schermersgilden. — In de zeven en twintig vôôr- 
laatste, is er nog in cvenredigheid een grooter aantal derzelver 
rakende de bakkers, beenhouwers, brouwers, vischverkoopers, 
lakenmakers, kleermakers, oudekleerkoopers, kousenmakers, 
schoenmakers, hoedenmakers, barbiers en wondheelers, pruik- 
makers, droogscheerders, tapijtwevers, sargiemakers, verwers, 
huidevetters, witteleermakers, handschoenmakers, merseniers, 
passementmakers, bontwerkers, knopmakers, speldenmakers, 
vettewariers, metsers, leemplakkers, timmerlieden, schaliedek- 
kers, schrijnwerkers, kuipers, smeden, ketelmakers, messenma- 
kers, tingieters, blikslagers, goudsmeden, schilders en beeld- 
houwers, glazenmakers , scheepstimmerlieden, lijndraaijers, 
schippers, lijntrekkers, kordewagenkruiers, buildragers, mande- 
dragers, turfdragers en hoveniers. 

De twee laatste doozen bevatten de briefwisseling van den 
magistraat met zijne vorsten of staatsraannen, alsook met de 
voornaamste overheden van dit land en nog andere landen, 
tijdens de heerschappij onder het Huis van Burgondië, Oosten- 
rijk en Spanje, beloopende te zamen op duizend drie honderd 
negen en negentig brieven, waarvan drie honderd vier en zeven- 
tig gedurende het eerste, twee honderd zeventien gedurende 
het tweede, en acht honderd en acht gedurende het laatste tijd- 
vak geschreven werden. In zijn verslag over ons stadsarchief, 
gedaan ten jare 1834 door 's Rijks Archivaris Generaal, drukt 
zich de Heer Gachard over deze briefwisseling op volgender 
wijze uit : 

« Il y a, (zegt hij) dans les archives de Malines, une collection 
assez considérable de lettres missives originales de Jean sans 
Peur, Philippe le Bon et Charles le Téméraire, ducs de Bour- 
gogne; dlsabelle de Portugal, épouse de Philippe le Bon; de 
Marguerite d'Yorck, épouse de Charles le Téméraire, et de la 
duchesse Marie, sa fille; de Maximilien d'Autriche; de Margue- 
rite, tante de Charles Quint, etc. Rien n'est plus rare, dans les 
dépôts de nos villes, que cette sorte de documents : à Bruges, à 



-96- 

Namur, à Anvers, je n'en ai pas trouvé un seul; à Mons, il y en 
a trois ou quatre au plus; à Ypres, il ne s'en serait conservé 
aucun, si un secrétaire de la ville n'avait pris le soin de les trans- 
crire dans un registre. C'est que nos ancêtres trouvaient inutile 
de garder, pour les historiens à venir, des lettres missives écrites 
sur un petit chiffon de papier, et qui ne contenaient que des faits, 
tandis qu'ils prenaient les précautions les plus minutieuses pour 
prévenir qu'il ne se perdît quelqu'une de ces lettres patentes, 
écrites sur parchemin et munies de grands sceaux, qui leur con- 
féraient des privilèges, ou leur prescrivaient des règlements, ou 
les autorisaient à créer des rentes, à percevoir des impôts, etc. * » 

' Collection de documents inédits concernant l'histoire de la Belgique, t. Il, p. ^.\. 





II 
liNVENTARIS 

ONZER REGISTERS EN ROLLEN. 

oor en aleer in oogenschouw te nemen de registers en rol- 
len, welke het tweede gedeelte van het stadsarchief 
uitmaken, gaan wij er den algemeenen inventaris van 
opstellen, ten einde aan de minnaars van mechelsche 
oudheden den tijd tôt het opsporen derzelver te verkorten, en 
alzoo hunne taak te vergemakkelijken. 

Volgens hun verband, eensdeels, met de stad en haar district, 
anderdeels, met het ressort en de provincie van Mechelen, kan 
men deze registers en rollen in vier afdeelingen verdeelen. 



EERSTE AFDEELING. 

A. 

CARTULARIUM'S. 
1° Previlegien'. 

I. Oudste previlegieboek, gaande van het einde der eerste helft 
der xiii^ tôt de eerste helft der xv" eeuw. Register groot in-4°, op 
papier, gemaakt naar het oorspronkehjke van 1444, dat op 
parkement was ^ 

Beneven de vorstelijke vrijheidsbrieven vergund aan deze stad 
door Filips den Goede en zijne voorzaten, vindt men nog in dit 
boek eenen brief van gemelden hertog, gedagteekend uit R3'ssel 

' b. Item drien doussimn fransyns (bij Kil. Francyn, membrana Francica, sive 
pergamena) ^hecocht ter stad behoef yeghen i man van Diest, omne de privilegien eude de 
huren van der stad dair irie te copiereney coste XIIII s. » 

Stadsrekening 1445-44, fol. 178, 



-98- 

den 5*^" augustus 1423, aangaande de gczamenlijke verkooping 
van dcn Burg op Ncckcrspoel en de Munt in dcn Ouden Bruel. 

IL Privilégie boeck A, B en C Drie registcrs in-folio, op 
parkcmcnt, van 1449 tôt 1549, van 1473 ^^^ 1666, en van 1574 
tôt 1699. 

Het eerstc dezer verscheen in 1550, als blijkt uit de vier vol- 
gende opgaven der stadsrekening 1549-50 * : 

a Item den II"" mail hetaelt M' Jan Letiin, voer zekere copien 
der stadl privilegien le collalionerene ende te teekene . XX s. » 

« Item i)/»'s Chae7'les Staes ende Jan Polis heiaelt voer diverssche 
privilegien van der stadl te copieren . . . II l. III s. IX d. » 
' « Item den XXVIII Juny belaelt der huysvrouw van Joos 
Rutlens, voer XXIIII quoyeren perckements dienende toi eenen 
nyeuioen priviicgie boeck III l. XIII I s. » 

c{ Item belaell Peeler Draex, boeckbindere, voer eenen boeck te 
binden dienende totter privilégie III I s. » 

In 1651, werd door jonker y^co*^ Buysset teruggevonden het 
Previlegieboek C, dat sedert het jaar 1585 uit het archief 
vcrdwenen was. 

a 2 janriary IGoI. Soo heeft jonchere Jacques Buysset, heer 
van Lossignol, erffcamerlinck van Henegouwe, jegenwoordich 
trésorier, in policye camer overgelevert het derde priviligie 
boeck deser stadl Mechelen, het dioelck Isedert de reduclie der 
selver verloren is gebleven, ende d'opinie was tselve te berusten 
binnen de sladl van Middelborch, oft elders, welck boeck den 
voorn. Heer Buysset naer vêle debooiren becoonen heeft. » ^. 

III. " Inventaris van de privilegien gegheven aeti de stadl ende 
provincie van Mechelen, soo ende gehjck de selve geregistreerl 
staen in de dry privilégie boecken der voornoemde stadl, gecot- 
teert met de letlet^s A . B. ende C, berustende ter greffie der selve. » 

Register in-folio. 

IV, « Inventaris van allen den privilegien, octroyen, mande- 
menten ende anderen scriftueren, acngaende den rechten ende 

^ Fol. 241 en volg. r° en v°. • 

2 Resoluticn 1648-91, fol. 6 vo. 



— 99 - 

coustumen vander sloxl, encle oie andere brieven, gecoHigeert, 
genomen ende gevisiteerL vitt diversen coffren, kisten ende laden, 
daer zy inné geplogen hadden te lAggene, ende die nu verleet zyn 
inden grooten amaris staende inden torre opten beyaert, die daer 
toe gemaect ende geordineert es. Ende dat es gedaen by Junne 
van Hamme, scepenen, ende Diericken Adriaens, sccretaris der 
stad van Mechelen. » 

Register groot 111-4°, op parkement, dagteekenende van de 
tweede helft der xv^ eeuw. 

V. (i Inventaris vande privilegien, ■muni'inenten, brieven, 
vonnissen ende bescheeden der stadt ende provincie van Mechelen, 
dewelcke syn berustende inden Ihoren neffens de tresorye in 
diversche laeyen vanden kom, daer van de sleutels tôt vieren syn 
onder den eersten conimunemeester, voorschepen, ende eersten 
gesivoren vande dekenye ende poorierye. Vernieuwt by laste 
vande Heeren, vanden magistraet in desen iaere 1628 door de 
trésoriers, wiidts dat aile de voorscreven bescheeden tôt noch toe 
ivaeren confuselyck verspreydt sonder ordre door aile de voors. 
laeyen, ende dat den ouden inventaris nyet vuyt en druckte de 
substancie valide voorn. bescheeden ende munimenten, lot grooten 
ondienste vande voors. stadt, icesciide als nu elck gevoeght by 
zyne 7)iaterie, 'met vuytdruckinghe vanden inhoudt ende datum 
der selver. » 

Register in-folio. (Twee exemplaren.) 

Deze inventaris, gemaakt door ridder Dirk van der Laen en 
jonker Balthazar Charles, wordt aangeduid, als volgt, folio 136 v*^ 
der stadsrekening 1629-30 : 

ft Betaelt aen iZ'"^ Théodore vander Laen, ridder, endeJo : Bal- 
tasar CJiarles, over hunlieder tnoeyelycke ende langdurige vaca- 
tien, by de selve gedaen int oversien ende visiteren van deser 
stadts privilegien ende munimenten, ende vanden selve te maken 
pertinenten Inventaris ende sommier receuil van tgene inde voors, 
privilegien ende munimenten begrepen is, gedurencle den tyt dat 
deselve H''^'^ tsamen tt^esoriers geiceest hebben, te weten .• aen 
Heere Théodore vander Laen F LXXXgulden, ende aen Jonck¥ 



lOO 



Baltasar Charles; 1^ XX gidden, tmmeii per 77 ordoii ende quitan 
de somme van 777*^ /. » 

VI. « Inventaris van de privilegien, munimenten, brieve^i, 
vonnissen ende besclieeden der stadt ende provincie van Meche- 
len, >> vernieuwd den 7"^" novembcr 1702 door jonker Daniël- 
Frans Cuypers. 

Registcr in-folio. (Twee exemplaren.) 

VII. « Privilégia et monumenta civitalis ac provincix Mechli- 
niensis in ordinem redacta studio et laborc prœnobilis Domini 
D. Danielis Francisci Cuypers, supradictœ civitatis ac provincix 
graphœi et privilegiorum conservatoris » gaande van de eerste 
heift der xiii'^ tôt de zes eerste jaren der xvui^ eeuw. 

Zes registers groot in-4°, op parkement, verguld op snee. 

Ziehier hetgeen wij in het stadsarchief aantreffen over de 
vorming van dit nieuw cartularium, waarover zich reeds gemelde 
Heer Gachard uitdrukt, als volgt : « La ville de Malines possède 
une collection de cartulaires qui est unique en son genre, aie 
moins en Belgique ^ » 

« 19 september 1702. Is geresolveert te coopen twee hondert 
parquemente vellen, van ses siuyvers het stuck, tôt het herschryven 
vande privilégie boecken -. d 

(( 30 october 1702. Geresolveert aen Sips (Jan-Baptist), voor het 
schryven van de privilégie boecken, genomen op dry hondert 
blaederen, te geven twee hondert guldens, ende alsoo daer 
diversche privilegien syn, de welcke in de oude privilégie boecken 
niet en staen, ende dat die in de nieuwe moeten worden geschre- 
ven, soo sal den voorn Sipjs daer van, naer advenant, moeten 
worden belaelt ^. » 

« 7 novembcr 1702. Geresolveo't te committeren den Heere 
greffier Cuypers, ont te doen herschryven de privilégie boecken, 
ende die te stellen op hun ordre naer advenant hunnen datum, 
raitsgaeders te doen registreren aile privilegien e7ide andere 
beschceden, berus tende in de comme staende inden thoren vande 

1 Collection de documents inédits concernant Vhistoire de la Belgique, II, 50. 

2 Resolutiën 1692-1704, fol. 174. 

3 Itevi, ibidem. 



— loi — 

Tresorye alhier, ende elders, de welcke lot nochtoe niei en syn 
geregistreert, ende onde)" ieder van de selve te doen (eeckenen de 
seghels daer aen hangende soo ende gelyck die nu hevonden icor- 
den, tôt dyen te authoriseren (uit) de voors. conime te doen haelen 
alsidcken priin/egien aïs hy len eynde voors. sal noodigli hebben, 
mils laetende in de plaelse een recipisse '. ï) 

Het teekenen der zegels in de zes previlegieboeken werd toe- 
vertrouwd aan den schilder Pieter Van Hof of Van Hove, die, 
volgens zijn contract met den griffier Ciiypers van den 12^" decem- 
ber 1702, voor elken grooten zegel zestien, en voor elken kleinen 
vijf stuivers te trekken had. Daar deze prijs niet overeen kwam 
met de moeite welke de kunstenaar zich gegeven had, zoo schonk 
hem de magistraat, op zijn smeekschrift van den 2^" februarij 
1714, eene toelage van honderd guldens -. 

VIII. « Tafel vande materie van de privilegiender sladt ende 
provincie van Mechelen, beginnende van acht augusti acht hon- 
dert V seventigh toi hetjaer semnt/iien hondert (ses), op syn ordre 
gestell door joncher Daniel François Ciiypers, greffier ende 
guarde Chartres der selve sladt ende provincie van ^lechelen. » 

Register groot in-folio, verguld op snee. (Twee exemplaren 

2° OCTROOYEN. 

I. « Registre van den Hove. w Twee registers in-folio, inhou- 
dende de octrooyen byeengebracht en geldig gemaakt, van 1543 
tôt 1576, door den stadsgriffier Willem Van Opheni, en van 1585 
tôt 1648, door den stadssecretaris Jan Van Paeffenrode. 

II. « OcTROYEN verleent aen de stadt ende procincie van Meche- 
len door hunne respective Heeren ende Princen, f zedert den 
jaere 1252 toi den jaere 1705, hy een vergaedert ende op syn 
ordre gestelt door joncher Daniel François Cuypers, greffier ende 
guarde Chartres der voornoemde stadt ende provincie van Meche- 
len. » 

Register groot in-folio, verguld op snee. 

1 Resolutiën 1692-1704, fol. 174 ^°. 

2 Resolutiën 1692-1704, fol. 175, en Policy boek 1711-14, fol. 240 v° en volg. 

f. A. -M. 7 



102 



De toelating tôt het maken van dit nieuw octroo3^boek luidt als 
volgt : 

a 30 juny 1704. Myn Heeren iveihouderen lichhen gecommit- 
feert ende geauthoriseerl, gelyck sy coinmitteren ende authoriseren 
by dese den Heere greffier Ciiypers, om te doen schryven in eenen 
particulieren regisier de oclroyen aen dese sladt geaccordeeri ^. » 

III. Vervolg op deze octrooyen, van 1709 tôt 1778, gedaan in 
1793 door den griffier Willeni- Jacob- Jozef Verlînden. 

Register groot in-folio, verguld op snee. (Twee exemplaren). 

B. 

STADSREKENINGEN EN CASSEBOEKEN. 

I" Stadsrekeningen. 

Verzameling van vier honderd zes en zestig registers groot 
in-folio, beginnende in 1311, en eindigende in 1792. — Aan deze 
zoo lange reeks van rekeningen, waarvan de vier en twintig 
eerste (van 1311-12 tôt 1347-48) klad- en al de andere netboeken 
zijn, ontbreken de vijftien volgende jaren : 1312-13; 1314-15 ; 
1316-17; 1324-25; 1326-27 ; 1327-28 ; 1331-32; 1336-37; 1337-38; 
1339-40; 1343-44; 1344-45; 1389-90; 1395-96; en 1422-23. 

De registers der jaren 1332 en 1364 zijn zeer onvolledig; aan 
de rekening van 1403-04, ontbreken slechts eenige bladzijden; 
maar aan die van 1577-78 en 1584-85, schieten drie maanden te 
kort. 

Van 131 1 tôt 1364, beginnen en eindigen de stadsrekeningen 
op vijftien verschillende tijdstippen. De eerste gaat open en sluit 
met Kersmis, gelijk het eerste blad derzelver het te kennen geeft : 

a Int jaer ons Heeren M. CGC ende XI iaere begonsie men ierste- 
iverven te scrivene in dit boec te kers ^ » 

De twee volgende rekeningen beginnen en eindigen opS. An- 
dries dag (30^" november); die van 1318-19 gaat van dien laatsten 
tôt Ste. Lucia dag (13*^" december); en de daarna komende, van 

1 Résolution 1692-1704, fol. 244 vo. 

2 Stadsrekening 1311-12, fol, 1 %°. 



— I03 — 

Ste. Lucia tôt S. Lambertus dag (17^° september). — Van 1320- 
21 tôt 1322-23, beginnen en sluiten zij op denzelfden dag : de 
eerste, op dien van S. Lambertus ; de tweede, op den dag der 
Kruisverheffing (14^° september); de derde, op dien vant S. Mat- 
theus (21^° september). — Van 1323-24 tôt 1325-26, gaan zij van 
S. Mattheus tôt S. Bartholomeus dag (24^'' augustus); en van 
1328-29 tôt 1342-43, beginnen en eindigen zij op voorgenoemden 
laatsten dag. 

Van 1345-46 tôt 1363-64, vangen al de rekeningen aan en ver- 
vallen schier op denzelfden dag. De veertien eerste, van 1345-46 
tôt 1358-59, beginnen en sluiten op den laatsten augustus ; de vol- 
gende gaat van den 31^^ augustus tôt den 29^"^ julij; die van 1360- 
61, van den 30'''^ julij tôt denzelfden dag; die van 1361-62, van 
den eersten augustus tôt den laatsten julij ; die van 1362-63, van 
den 31®" julij tôt den 31^° item; die van 1363-64, van den laatsten 
julij tôt den eersten augustus. 

In de driemaandelijksche rekening van 1364^ loopende van den 
eersten augustus tôt Allerheiligen, leest men het volgende : 

i( Int iaer ons Heeren M. CCCLXIII in halven oegste 

waerd over een ghedreghen met den ghemeynen rade dat men 
voirlane de rekeninghe vanden iare beghinnen soude op aire hey- 
leghen misse 1 . » 

Deze ordonnantië van den magistraat werd stiptelijk nageko- 
men tôt het jaar 1549-50; maar van 1398-99 af, in plaats van de 
rekeningen te sluiten, als te voren, op denzelfden dag, sloot men 
ze daagsvôôr Allerheiligen. 

Van 1550-51 tôt 1675-76, week men twaalf keeren van deze 
ordonnantië af : 1° in de rekening van 1550-51, gaande van den 
8*^" november tôt den 31^" augustus; 2° in die van 1551-52 tôt 
1572-73, van den i^'' september tôt den 31^" augustus; 3° in die 
van 1573-74, van den i®° september tôt den 31®" october; 4" in 
die van 1574-75 tôt 1576-77, van den i®" november tôt den 31^" 
october; 5° in die van 1577-78, van den 31^" october tôt den 31®° 
augustus; 6° in die van 1578-80, van den 22^" julij tôt den 
22^" april; 7° in die van 1580-81, van den 23^"" april tôt den 
21^" october; 8'^ in die van 1581-82, van den 22'" october tôt den 

1 Stadsrekening 1564, fol. i v°. 



■ — I04 — 

22^^" derzclfder maand ; (f in die van 1582-83 tôt 1583-84, van 
den 22*^" october tôt den 21'^" item ; 10" in die van 1584-85, van 
den 22*=" october tôt den 21*=" julij ; 11° in die van 1585-86 tôt 1614- 
15, van den 22^" julij tôt den 21^" item; 12° in die van 1615-16 
tôt 1675-76, van den 23*^" julij tôt den 22*^" item. — Van 1676-77 
tôt het einde, loopen al de rekeningen van den cerstea septem- 
ber tôt den laatsten augustus. 

2" Casseboeken. 

a Casseboecken vaîi cUlen der siadt van Mechelen innecomcn, 
soo ordinarisals eœiraordinaris, soo iselve innekomen by verpach- 
tinghe in colleciacie ende hicringhe jaerlycœ es bedragende. n 

Veertig registers in-folio en groot in-folio, gaande van 1572 
tôt 1576, van 1582 tôt 1587, van 1589 tôt 1592, van 1594 tôt 1616, 
van 1618 tôt 1619, van 1621 tôt 1622, van 1625 tôt 1630, van 
1639 tôt 1640, van 1644 tôt 1667, en van 1669 tôt 1703. — Van 
1589 tôt 1640, vindt men in deze boeken verscheidene posten 
uitgelaten in de stadsrekeningen, alsmede eenige andere welke 
erin geheel anders opgegeven zijn, als blijkt uit de twee volgende 
uittreksels dezer beide soorten van stadsrekeningen : 

« û''-" octobris 1604. Peeier vanden Gheyne il guld.,in voldoenn 
vande 436 guld. over het ghieten vanden Neptwms mette ghaffel 
ende zeepeerl, dienende lotte fonteyne, by hem gemaeckt volghens 
de specificatie, ordonnanlie endequitaniie.... XII. ^ » 

« Betaelt Peeier de Ciercq, geelgiete7\ vier honderi vieren- 
twintich guld. eens, over het maechen ende leveren van eenen 
coperen Neptunus ende zeepeert toi die fonteyne, met noch 
twaelff guld. den selven gegundt voir dat hy hem beclaechde van 
tselve te goeden coop aenveert te hebben, volgende dordon. ende 
quitan. vz IIII^ XXXVI t. « » 

a Betaelt den 21""^ octohris 1604 aen Artus de Ragiers, 
goutsmet lot Antwerpen, voer eenen silveren verguiden kelckt by 
hem voer dees stadt gemaeckt ende gelevert, iveghende 23 oncen 
ende 9 engelsche, lot ô guld. donce, bedragendc ter somme van 

1 Casseboek 1604-1605, fol. 72. 

2 St;.direkening :6o3-î6o.i, fol. iSo. 



— 105 ~ 

117 l. 5 si. art., encle voer tioee silveren ende halff vergulde 
ampullen, me.ttet beckenken daer toe dienende, wegende 27 oncen, 
18 engelsc/ie, tôt .3 gui 10 st. donce, comt 97 l. 13 st. art., by dees 
siadt geschoncken ende ghepresenteert tôt den dienst Goids inde 
capelle van anse L. Yrouioe te Saherpen Heuvel, per ordonn. 
specie ende quitantie, comt tsatnen. . 11^ XIIII L XVIIl st. ^ » 

a Betaelt Artus de Ragiers, goutsrnet tôt Antwerpen, voer 
eenen silveren vergulde n kelck ende tivee silveren arapidlen, hy 
hem gemaeckt, ende van deser stadts wegen ghepresenteert ende 
geoffert tôt vereeringhe vanden dienst Goids inde capelle van 
onse L. Vrouive ten Scherpen Hevel, volgens dordonn. vanden 
21^^ octob. 1604 ende quitan . ... 11^ XIIII l. XVIII st. » 

« Betaelt Peeter Mannaerts, voer een kelcksacœken ende tiuee 
doecxkens, by hem tôt den voirs, kelck geleverf, per quitan . . 
III L- y> 

c. 

MAGI5TRAAT. 

1° OrDOXNANTIËX VAX DEXZELVEX. 

I. Register groot in-40 waarin, onder den titel van : « Dit es 
de corebrief vander stad van Mechelen » over onze aloude keuren 
en, onder dien van : » Dit es die ordinancie vanden wolleiverke te 
Mechelne » over de verschillende voorwaarden gesteld op de 
uitoefening dezer nijverheid gehandeld wordt ; waarop volgen 
eenige andere ordonnantiën op het coren, de rog, de farive, de 
bière, enz. 

Het eerste gedeelte van dit handschrift kan aangezien worden 
als een gelijktijdig afschrift van het nieuwe keurboek, op parke- 
ment^ besproken in de stadsrekening van 1380-81 , als volgt : 

ce Item, Joh. Reno, van eenen nv.wen coorboeke te scryvene ende 
te makene, daer af dat don de boec in dentorre gheleeght es, ende 
van perkemente daer toe, comt IIsg°.^y) 

II. « Dit es die ordixaxcie vanden ivollewerke te Mechlene. » 

^ Casseboek 1604-1605, fol. 7$ v°. 

^ Stadsrekering 1604-1605, fol. 158 v*^. 

^ Resolutiën 1692-1704. fol. 139 vo. 



— io6 — 

Rcgister in-folio, opparkemcnt, inhoudendc vecrtieii verorde- 
ningen op dezelve^ verschenen in 1331, 33, 36, 39, 41, 42, 44, 
45» 4^t 5^> 52» 54; 57 ^n 60, waarvan de zes eerste uit het 
voorgaande register opgenomcn zijn geworden. 

III. " Ordinancie vander hallen aangaande de meershallen, 
de loitleders, de remakers en de veUeioaren, uitgegeven vôôr den 
grooten brand van het jaar 1342, alsmede dordinancie vander 
Cï'uyihallen, vanden onesvercoopei's en vanden viltenhoedemakers, 
welke nog hetzelfde jaar vernieuwd en ter pui uitgeroepen wer- 
den. — Wat die nagelcoopers, deghene die voircoop liouden van 
lywaden^ die tappytweveis en die wisselaers betreft, die van ouden 
tyden in die halle plagen le sUme, ende die oie vortaen daer inné 
staen sullen, op alsulke ovdon'nancieyi aïs men daer op setten sal, 
die en zyn noch 1er lyl niel geordineert in die halle. » 

Register groot in-4°. 

IV. « Dits de vorme vanden coren ende deylinghen van goede 
vander doderhayit achterblivende, ende oec vanden goede der 
levender persone, alsoe verre als ment van outs heeft cowien 
ondersoeken. » 

Register groot in-4°, op parkement. 

Beneven de keuren op de doode hand, welke aile zonder jaar- 
getal zijn, bevat dit handschrift nog eenige dagvaardigingen 
vôôr schepenen, van 137 1 tôt 1484, als ook eenige verordeningen 
rakende de burgerij, in het algemeen, en de ambachten, in het 
bijzonder, waarvan de oudste van 1387, en de jongste van 1408 
dagteekent. 

V. « VoiRWEERD BOECKEN vander stadt van Mecheleïi assysen 
ende imposten » inhoudende verscheidene ordonnantiën aan- 
gaande dezelve, vernieuwd door den magistraat in 1449, 1476, 
1552, 1580, 1590 en 1623. 

Zes registers, waarvan drie groot in-4° en drie in-folio. 

VI. « Dnieuw REGISTER vander stadt van Mechelen, dat gemaecty 
gecolligeert ende byeen gebrachi es byden wethoudet^en ende 
ouden costuymieren vander selver stadt van Mechelen van allen 



— loy — - 

den rechien, costuymen, vsancien ende ourlen heerbringenen der 
selver siadt, alsomen die geplogen heeft te onderhoudene ende 
dagelycx onderhoudt, ten bevele van onsen cdregenadigen Heere 
den R. K. » 

Register in-folio. (Twee exemplareii). 

De grifEer Jan Van Ophem, die van wegen den magistraat 
gelast werd met het uitvoeren van het bevel van keizer Karel V, 
ontving voor zijne gedane moeite vijf en vijftig guldens, welke 
som aangeteekend is, aïs volgt, in de stadsrekening van 1527-28 : 

a Item betaelt Mr Jannen Van Ophem, ende dat by overdragene 
vander gemeynder kameren, voer zeekere diensten by hem der 
stadt gedaen, int copuley^en ende by een te bringhene aile de 
rechten ende oude coustumen vander stadt, ende dy int gescryfte 
te stellene, waer voer hem opgescreven zyn XX st. erff, alsi blycki 
hier voer inden ontfanck L F /. * » 

VII. » NovuM CHAOS ». Dit nieuwe of tweede boek, waarvan 
het oude of eerste verloren is geraakt, werd begonnen in 1440. 
Het omhelst verschillende ordinaticien ende statiden van den 
magistraat, gaande van den 30®" october 1438 tôt den 26®" augus- 
tus 1449, alsmede vijf opene brieven aan hem gezonden door 
Filips den Goede in 1439 en 1446. 

In een ander boek, vervolg makende op het eerste en gaande 
van den 20'''^ october 1449 tôt den ii^"augustus 1522, vindt men 
nog drie brieven van voornoemden hertog, eenen van zijne 
gemalin Isabella van Portugal, eenen anderen van Jan van Bur- 
gondië, bisschop van Kamerijk, twee van de aartshertogen Maxi- 
miliaan en Filips den Schoone, en eindelijk eenen alouden sche- 
penbrief in latijn, uitgegeven in 1263 door Arnold (zoon van 
Willem), Walter de Stadecke, Everard de Ralenbeke, Walfer Cri- 
kestên, Jan de Melana. Godfried de Stabulo, Hendrik Rogaes, 
Arnold Sconehals, Hendrik de Dale, Arnold de Gheneken en Mat- 
thias de Dilia. 

Twee registers in-folio. 

VIII. Verzameling van eenige verslagen en een zeer groot 

1 Fol. 230 vo. 



— io8 — 

getal verordeuingcu van den magistraat, afgelezen voôr de pui 
van het stadhuis. 

Twaalf registers in-folio en groot in-folio, (afschriften) van 1523 
tôt 1579, en van 1589 tôt 1795 

Dezc verordeningcn zijn ondcrteckcnd door de volgende stads- 
grifRers : van 1523-29, door Jan Van Ophem ; van 1529-67, door 
zijnen zoon Filips ; van 1545-77, door Jan de Potes, den ouden; 
van 1556-87, door Willein Van Ophem; van 1578-1609, door Jan 
de Potes, den jongen ; van 1586-1634, door Filips Van Ophem ; 
van 1620-25, door Romhont Van den Venne ; van 1625-37, door 
Andries Kevnooghe ; van 1635-60, door Dirk Van Ghee/e ; van 
1639-47, door Jacob Sporckmans ; van 1649-54, door Jan Moreels ; 
van 1654-86, door Juliiis- Filips de la Motte; van 1660-91, door 
Gérard Huens ; van 1686-1725, door Daniël-Frans Ciiypers ; van 
1691-1709, door Lodewyk-Jozef Huens ; YSJiiqog-^^, door Jan- 
Baptist Scheppers ; van i']2^- ^2., door Karel-Jozef Hitejis ; van 
1742-90, door Jan-Ferdinand Keyacrts ; van 1746-90, doov Jan- 
Baptist-AtJianas Scheppers ; en van 1790 tôt het einde, door Wil- 
lem- Jacob- Jozef Verlînden . 

IX. a Index cler poUlique orclonnantien voor de sladt encle pro- 
vintie van Mechelen, geëmaneert sedert den jaere 1449. » 

Register in-folio. 

X. Ordonnantien der politiekamer. 

Zes registers in-folio (vôôr-, af- en drukschriften), van 1616 tôt 
1652, en van 1704 tôt 1742. 

Onder deze treft men eeiie allerbelangrijkste aan van den 16*^" 
augustus 1623, welke wij niet stilzwijgend kunnen laten voorbij- 
gaan, zonder den voornaamstën inhoud ervan te doen kennen : 

« Alzoo den meesten deel van de onglieregeUheden, die men 
daghelycœ binnen deser sladt siet gJieschieden, (alzoo vangt die 
ordonnantië aan) sonder twyffci is toecomniende deur dyen clat 
vcele persoonen in haire ioncklieyt mjet en zgn geleert ende onde- 

richt van ighene noodich client gheweien, Soo eest dat Myn 

Heeren vande weth, willende daer inné versien, hebben gheor- 

donneerl dat voortaen aile de kinderen deser voors. sladt, tsy 

knechtkens oft meyskens, oudt synde van seven lot vyfthienjaren, 



— 109 — 

die tôt gheene andere scholen en syn gaende, selen schuldich 
loesen aile sondaghen ende h : daghen, vande halff ure neghen 
lot den elffven roor den noene, ende van een tôt dry uy-'en naer den 

noen, hun te vinden hyde meesiers ende meestersseti die daer 

ioe ghestelt ende vuyt decolie verweckt zelen wesen, behoyrlyck te 
worden gheinstrueert inde christelycke leeringhe, ende te leeren 
lesen ende schryven. » 

XL PoLiCYEBOECKEN. Twcc en twintig registers in-folio, (af- 
chriften) van 1612 tôt 1788, en van 1794 tôt 1795. 

In het register beginnende met den jare 1744 en eindigende in 
1754, komen de ordonnantiën ongerangschikt voor, en zijn er 
verscheidene bijgebracht van 1760 tôt 1766. — In hetzelve vindt 
men nog eenige opene brieven van keizer Karel VIenvanMaria- 
Theresia, alsmede eene zeer breedvoerige beschrijving der inhul- 
diging dezer laatste, welke alhier plaats greep den 25'^'^ maart 
1744. 

Deze nieuwe verordeningen, van denzeltden aard als de vorige, 
zijn onderteekend door de volgende stads-secretarissen : van 
1612-21, door Jan Van Paeffenrode ; van 1612-17, door Pieter 
Van den Hâve ; van 1618-25, door Floris Van Paeffenrode ; van 
1620-54, door Antoon De Potier ; van 1625-55, door Roniboitt 
Van den Venne ; van 1654-60, door Jan Morecls ; van 1655-76, 
door Jan-Baptist Van den Venne ; van 1660-69, door Jacob Van 
Nyversele ; van den i*'" augustus 1669 tôt den 31''" december van 
hetzelfde jaar, door Jan Lodeivycx ; van 1669-1713, door Jan- 
Baptist Scheppers ; van 1676-81, door Andries Keynooghe ; van 
ï6Qi-g'] , doov Jacob- Kaf^el Van den Venne ; van 1697-1741, door 
Bernard- Alexander Van den Zype ; van 1713-47, door Pieter- 
Poo Scheppers ; van 1741-84, door Jan Alexander Van der Linden ; 
van 1747-58, door Gaspard- Lanrey s Van der Meeren ; van 1758- 
95, door Jan Frans De Cock ; en van 1784-95, door Jan- Antoon 
Pansins. 

XII. " Index van de notabele acien in dese boecken geenregis- 
treert. » 

Register in-folio, gaande van 1612 tôt 1788. 



IIO — 

2° RESOLUTIËN VAN DEN MAGISTRAAT. 

.1. Resolutiën door den magistraat in de Politiekamer geno- 
men, van den 20^" july 1585 tôt den 26''" november 1794. 

Zes en twintig registers in-folio, waarvan het laatste groot in> 
folio. 

De vier eerste, gaande van 1585 tôt 1704, en waarvan Vol. i 
voor titel draagt : « Manuael boeck, ùihaiidende somrnkrlycken 
tgette is gheresoheert in policye camere, tzederi den XX^'^ dach jidy 
inclus ijSj binnen der siadt Mechelen » zijn overgeschreven 
geworden in een register in-folio, waarin men op de eerste blad- 
zijde, als eigendomsteeken, de wapens ziet van den griffier jon- 
ker Daiiiël-Frans Cnypers. 

II. Tafel van den inhoud dezer resolutiën, gemaakt door 
onzen achtbaren en geleerden voorganger den Heer Pieter-Jan 
Van Doren. 

Drie registers in-folio. 

III. Resolutiën van den magistraat, begonnen den 24^" augus- 
tus 1680, en eindigende den 4^" junij 1699. 

Vier registers in-folio. 

Volgens eene in het eerste boek ingelaste verklaring van den 
29^"* april 1788, onderteekend door Jacob-Frans Douglas, gezegd 
SchoH, meester der requesten en raadsheer bij den Grooten 
Raad, zijn deze vier registers geschreven geworden door zijnen 
grootvader jonker Bernard-Victor en zijnen vader jonker Simon- 
Robrecht, beiden gewezene wethouders dezer stad. 

In het tweede boek, (bladz. 53 v° en volg.) treft men een nauw- 
keurig verhaal aan van al hetgeen gedaan werd ter vereering 
des hertogs van Beyeren, als hij alhier gekomen was den 26*" 
maart 1692. 

IV. « Resolutiën nopende d'accorden lusschen dese stadt ende 
de seven H. gheestmeesters gemaeckt raeckende het onderhaut 
vancle innocenten. » 

Register in-folio, gaande van 1702 tôt 1795. 

V. Resolutiën geannoteert door den H. greffier (Jan-Baptist) 



— m — 

Scheppers by ordre vamie wetJi, van deii 2^" junij 1738 tôt deii 
30^"junij 1739. 

Register klein in-4°. 

VI. Resolutien van den breeden raad, gaande van den 
29^" december 1653 tôt den i9^"april 1691, en van den 29^" octo- 
ber 1714 tôt den 19^" september 1794. 

Drie registers in-folio. 

VU. « Resolutien der gedeputeerde van den hreede^i raede 
der stadt Mechelen » 

Register in-folio, van 1768 tôt 1794. 

30 Handelingen en acten van den magistraat. 

L « Register vander stadis zaecken ende affairen dyer le 
vervolghen staen, begonst inden jaere XVI^ ende vyve, » en eindi- 
gende den 6"^" february 1634, 

Register in-folio. 

IL « N0TITIE BOECK DER BREEDE RAEDEN. » 

Register in-folio waarin, van 1662 tôt 1784, het voorvverp 
hunner handelingen aangeteekend staat. 

III. « Memorien ENDE OBjECTiEN, de icelcke gedaen ivorde?i door 
die vanden breeden raede aen die Eerw. Heeren schauteth, 
borgemeesiers, schepenen ende raedt van dese stadt ende provin- 
cie, aengaende een groot deel van misbruycken de welcke al hier 
van over veele jaeren àunnen oorspronck hebben beginnen te 
nemen. » 

Register in-folio van de eerste helft der xviii"-' eeuw. 

IV. OuD EN verminkt roodboek, bevattende verscheidene acten 
der xv^ en xvi^ eeuw rakende de trezorie. 

Register groot in-folio *, waarin men onder andere stukken een 
afschrift vindt van het testament van Margareta van Oostenrijk, 

1 In 1802, werd dit register, dat uithet stadsarcliief verdwenen was, op de oude 
markt voor S. Romboutskerk teruggevonden, bij eenen oud-boekverkooper, Jan 
Coppens, die aan den Heer Gyseleers-Thys verklaarde hetzelve gekocht te hebben ten 
sterfhuize^van den stadsgriffier Scheppers. 



— 112 

gestorven te Mechelen den 30'" novcmber 1530 ; alsmede eene 
ordonnantië tôt deszelfs voltrekking van den 23''" october 1552, 
gegeven door keizer Karel V aan zijnen tweeden kamerling Lode- 
ivyk van Vlaenderen, Heere van Praet ; en nog eenen openen brief 
van den 27*^" april 1553, waardoor de giften aan S. Pieters kerk, 
door wijlen Margareta van Oostenrijk verraaakt, door den keizer 
goedgekeurd en gewaarborgd worden. 

V. « NiEuwE RooDBOEKEx\, « inhouclencle diverssche contracte, 
overeencominghen ende andere saken concemerende de tresorye 
der stadt van Mechelen, vernieuwt ende begonst te maeçken corts 
naerde lesfe reconciliatie derselver stadt met zyne Ma^., geschiet 
den XIX July a° XV^ LXXXV. » 

Vier registers groot in-folio, .gaande van den 9*^" september 
1585 tôt den 6*^" november 1797. 

In het eerste derzelver ontmoet m en : 1° Een octrooi van den 
12*^" november 1531, verleenende aan die van Brussel het maken 
eener nieuwe vaart, van de Schelde tôt aan hunne stad. — 2° Een 
ander der maand mei 1595, vergunnende de oprigting van een 
nieuw Begijnhof binnen de muren van Mechelen. — 3° Eene 
ordonnantië aangaande den Steen dezer stad en de gevangenen 
•die erin opgesloten waren, uitgegeven te Brussel den 24*^" julij 
1597- 

VL OvEREENKOMSTEN van den magistraat met stedelijke en mi- 
litaire overheden, kloosters, ambachten en ambtelooze personen. 

Register in-folio, van 1698 tôt 1786, waarin men onder andere 
zaken een contract vindt van den i^" januarij 1757, aangegaan 
door den magistraat met Andries-Jozef Vanden Gheyn, voor het 
hergieten van tvvee geborstene klokken van den beijard, alsmede 
een ander van den 2^" april 1766, met denzelfden, voor het hergie- 
ten der poortklok en het uitdraaijen der klok, /o^^genaamd. 

VII. « Registre vanden ghecochten poorters, v begonnen 
half augustus 1445. 

Drie registers groot in-4'= en in-folio, gaande van 1445 tôt 
1656; van 1652 tôt 1684 ; en van 1686 tôt 1795. — Vôôr gemeld 
jaar 1445, vindt men in de registers der schepenbrieven verschei- 
dene dezer acten. 



— 113 — 

VIII. « Getuigschriftex gegeveii door den magistraat en 
eenige andere iiiwoners dezer stad, ten voordeele hunner bloed- 
verwanten of vrieiiden. 

Zeven registers in-folio, (vôôr-en afschriften) gaande van 1610 
tôt 1614 ; van 1615 tôt 1619 ; van 1627 tôt 1629 ; van 1647 ^'^^ 
1650 ; van 1651 tôt 1670 ; van 1762 tôt 1788 ; en van 1771 tôt 
1794. — Ziehier een dezer getuigschriften geleverd door den 
magistraat den 1 1"' september 1647 : 

« Communemrs etc., certifions et declairons par cestes estre 
véritable, que messire Hugues de Prant, -8'" de Blasvelt, a esté tué 
les armes à la main en ceste ville, supposant aux rebelles lors de 
la surprise d'icelle l'an 1580, laissant sa vefve, fille du Baron 
de Gistelles, et messire Cosme de Prant^ seig'' moderne de Blas- 
velt, en fort bas eage et ayant par les troubles et pillaiges des villes 
perdu la pluspart de ses moyens ; et que led^ messire Cosme de 
Prant, suivant les traces de ses anceslres, a esté employé au 
service de Sa Ma^^ dans lad. ville et province de Malines es 
premières et plus honorables charges, et a esté appelle avecq la 
principale noblesse du pays aux funérailles de très houte mémoire 
VArchiducq Albert, où il a conduict un cheval d'honneur avecq 
sa baniere. Peclairant en outre qiien l'an 1635, lorsque les enjie- 
mys francois et hollandois avoient assiégé la ville de Louvain, 
led. messire Cosme s'est porté avecq un zèle particulier à la 
deffence, fortification et garde de lad. ville *. » 

4° Briefwisseling van den magistraat. 

I. Missi\TEN, of briefwisseling tusschen gevolmagtigden van 
Z. M. en den magistraat, ter vereffening van betwistbare zaken. 

Twee en twintig registers in-folio, (vôôr- na- en afschriften) 
van 1599 tôt 1609, en van 1630 tôt 1731, — lieui, van 1600 tôt 
1692. — Item van 1616 tôt 1622, van 1632 tôt 1649, van 1636 tôt 
1741, en van 1750 tôt 1794. — Ite^ii, van 1681 tôt 1717. 

II. « Brieven van 't hoff ende souvereyne raede, » verzonden 
voor advijs naar den magistraat en door hem beantwoord. 

Tien registers in-folio, (vôôr- en naschriften) van 1621 tôt 1689, 

1 Reg. 1647-1650, fol. 31. 



— 114 — 

en van 1698 tôt 1739. — Item. Zes rcgisters in-folio, (afschriften) 
van 1698 tôt 1738. 

III. « Subalterne stads officien, w of briefwisseling tusschen 
het Hof en don magistraat aangaande het vergeven van zekere 
onderhoorige plaatsen, waarvoor van stadswegc cène geldelijke 
waarborg vereischt was. 

Register in-folio, (vôôr- en naschriften) gaande van den it^" 
junij 1765 tôt den 28®" februarij 1789. 

In dit register treft men, in antwoord op eenen brief der Heeren 
der algemeene rekenkamer, gedagteekend uit Brussel den 25®° 
november 1767, een zeer belangrijk verslag van den magistraat 
aan, waarin breedvoerig uitgelegd wordt, waarom deze aan de 
verkooping van het mechelsch onderwijsgesticht te Leuven, 
welke sedert 1699 reeds door hem besloten was geweest, tôt hier- 
toe geen gevolg gegeven had. 

IV. Advysen gegeven door den magistraat op verzoekschriften 
overgeleverd aan het Hof. 

Register in-folio, (afschriften) van 1639 tôt 1664. — Item. Een 
en twintig rcgisters in-folio, (vôôr- en naschriften) van 1694 tôt 
1715 ; van 17 17 tôt 1777 ; en van 1779 tôt 1788. 

V. " Petitien, ayden ende beden, w of briefwisseling tusschen 
den magistraat en zijne vorsten, tôt bekoming van onderstands- 
gelden zoo voor de stad als het land. 

Achttien rcgisters in-folio, (vôôr- en naschriften) van 1606 tôt 
1777. — Item. Elf rcgisters in-folio, (geldig gemaakte afschriften) 
van 1638 tôt 1788. 

VI. " Brieven van inductie, w of smeekschriften voorgedragen 
aan het Hof voor uitstel van betaling. 

Drie rcgisters in-folio, (vôôr- en naschriften) van 1618 tôt 1700, 
van 1702 tôt 1723, en van 1725 tôt 1780. 

VII. " Brieven VAN den agent ende aen hem geschreven. w 
Twee rcgisters in-folio, (vôôr- en naschriften, en cenige 

afdruksels) van 1760 tôt 1788, en van 1789 tôt 1794. 

VIII. Apostillen op requesten tôt bekoming van vrijdommen. 
Register in-folio, van 1572 tôt 1576. 



— 115 — 

IX. Requesten tôt bekoming van vrijdommen, ingediend aan 
het Hof en door hetzelve aan den magistraat verzonden. 

Register in-folio, (vôôr- en naschriften) van 1772 tôt 1785. 

X. u CopYEN vande ordonnantien, requesten, brieven, schrifturen 
ende andere stncken, v rakende bijzonderlijk de stad, of slechts 
eenige inwoners derzelver. 

Twee registers in-folio, (geldig gemaakte afschriften), gaande 
elk van 1602 tôt 1612. 

XL « CoNCORDAETEN ISSU, » of bricvcn van den magistraat 
dezer stad en van eenige andere steden, aangaande het betalen 
der lasten vereischt van al wie van woonplaats veranderden om 
zich elders te gaan vestigen. 

Register in-folio, van 1683 tôt 1786. 

XII. Apostillen op aanvragen gedaan aan de Heeren schepe- 
nen dezer stad, voor opsluiting van zinneloozen en geldverkwis- 
ters. 

Register in-folio, begonnen den 2^" januarij 1753, en eindi- 
gende le 22 nivôse an III. — Ziehier eene dezer apostillen : 

« Gesien de declaratien ten dese gevoeght, eade rapport gedaen, 
M. H. S. permitteren den suplianl (Egidius Laddersoes) synen 
sone Michael Laddersoes, voor den lydl van twee jaeren, by pro- 
visic te doen sequesireren in eene plaetse van heternisse, mits hin- 
nen vertien daer naer part te gecen aen den Heere premier sc/ie- 
penenvan de plaetse synder detentie. Actum in collegîo 14 april 
1768 1. » 

XIII. Belastingen voor het onderhoud der krankzinnigen. 
Twee registers in-folio, van 1683 tôt 171 1, en van 1761 tôt 

1795- 

XIV. « Cryght-ordres, » of brieven rakende het krijgsvolk. 
Veertig registers in-folio, (naschriften) van 1591 tôt 1594, en 

van 1596 tôt 1748. — Itew. Vijf en twintig registers in-folio, (gel- 
dig gemaakte afschriften) van 1626 tôt 1748, en van 1754 tôt 1794. 

1 Fol. 14. 



— ii6 — 

XV. X Registers vande invalides, w of brieven aaiigaande het 
onderhoud van verminkte krijgslieden ten laste der stad en pro- 
vincie van Mechelen, gezonden aan den magistraat door Jan de 
Broiickhoven, graaf de Berge3Tk, superintcndent der algemeene 
rekenkamer te Brussel, en de leden derzelver. 

Vier registers in-lolio, (naschriften) van 1701 tôt 1709, van 
1710 tôt 1714, van 1714 tôt 7727, en van 1728 tôt 1741. — Item. 
Twee registers in-folio, (afschriften) van 1701 tôt 1720, en van 
1720 tôt 1740. 

5° Benoemingen van den magistraat en zijner bedienden. 

I. Benoemingen van den magistraat. Acht registers in-folio, 
(vôôr- en naschriften) en drie item, (afschriften) gaande gezamenlijk 
van 1627 tôt 1793. — Om de vroeger gedane benoemingen te 
vinden, moet men ze opzoeken, van 1347 tôt 1394, in de stads- 
rekcningen ; van 1395 tôt 1584, in de registers der schepenbrie- 
ven ; en van 1585 tôt 1626, in die der resolutiën van den magis- 
traat, C 2°. 

II. " Noticie boek vande verandeHnge vande magistraet der 
stadt Mechelen. » 

Register langwerpig groot in-folio, gaande van 1696 tôt 1795. 

III. " Aggreatie dooï^ aile particulieren ende ambaghten van 
den nieuwen keus van het magistraet der stadt ende provincie van 
Mechelen, gedaen den 22 meert 1790 door den Breeden Raede, 
representerende de staeien deser provincie. » 

Register in-folio. 

IV. Il Eeden die gedaen worden door die Heeren van het magis- 
traet der stadt ende provincie van Mechelen, ende van de ghene 
die aende voorschreve Heeren moeten den eedt doen, al vot^en de 
selve in bedieninge van hun officie mogen comen. »• 

Register klein in-4°, op parkement, verguld op snee. 

In dit boek zijn opgegeven de formulen der verschillende eeden 
af te leggen : 1° door den schout ; 2° door de commune- of 
burgemeesters ; 3° door de schepenen ; 4° door de overdekens ; 



II' 



5° door de gezworenen der poorterij ; 6'^ door de trezoriers ; 
7° door de gezworenen der dekenij ; 8" door den rentmeester ; 
9^ door de pensionarissen ; io° door de secretarissen ; 11° door 
de griffiers ; 12° door den griffier der dekenij ; 13° door de wees- 
meesters ; 14° door den klerk der weeskamer ; 15" door den 
ambtman ; 16° door den luitenant van den schout ; 17'^ door de 
schepenknapen ; 18° door de meijers of preters ; 19° door de 
procureurs ; 20° door de arabachten, uitmakende den breeden 
raad ; 21° door de ambachten, in het algemeen ; 22*^ door den 
keurder en wardijn, of halmeester ; 23'-' door de kapelmeesters ; 
24° door den stadsgeneesmeester ; 25° door den stadswondheeler ; 
26° door de gezworenen van het district ; 27° door de zeepzie- 
ders ; 28° door de gekochte poorters, sedert het jaar 1612 ; 
29° door den scherpregtcr ; 30° door de Joden ; (kleine en groote 
eed) ; 31° door den broodweger ; 32'^ door de graanmeters ; 
33° door de buildragers. 

V. Register inhoudende de namen der Heeren des magistraats 
en van andere personen die, vôôr het aanvaarden hunner bedie- 
ningen, den daartoe vereischten eed afgelegd hebben. 

Register in foho, gaande van den 12*^" september 1746 tôt den 
4^"aprili752; van den 16*^" januarij 1764 tôt den 30^" october 1780; 
van den 15''" april 1765 tôt den 20*^" september 177 1 ; en van den 
6*^" october 1767 tôt den i^" februarij 1790. — Item. Register klein 
in-4°, gaande van den 31*^" januarij 1791 tôt den 29"" decem- 
ber 1794. 

VI. Naamrollen der personen benoemd en beeëdigd door den 
magistraat, van den 13'" februarij 1703 tôt den 16'-" mei 1755. 

Register in-folio. 

VIL a IxsTRUcTiE BOECK », of reglemcnten rakende de ver- 
schiilende door den magistraat toevertrouwde plaatscn. 

Register groot in-folio, gaande van den i7«" november 1761 
tôt den 4®" maart 1794. 



S. À. M. 



— ii8 - 
D. 

AMBACHTEN. 

De ambachtcn alhicr, teii gctalle van vijf en veertig ongeveer, 
waren gerangschikt in drie klassen : de iioofd, croote en kleine 
ambachten. — Die der cerste klas, uit wier midden jaarlijksch 
zes schepenen gekozen werden, zijn door Paiiwel van Christ yneji 
opgenoemd als volgt : de vischverkoopers, vleeschhouwers^ 
verwers, brouwers, bakkers en huidevetters *. 

Maakten deel van de tweedc klas : de lakenraakers, droog- 
scheerders, kramers, smeden, (onder wie gerekend waren : de 
grof- en Jioef smeden, de wihverkers, de slotc- en Jiangslotniakers, de 
messen-, bus-, spoor- en kmnma,kers,dç,goud- en zt'lver smeden, de 
koperslagers y de geel-, tinnen pot- en klokgieters) de timmerlieden, 
de vier gekroonden^ {nictsclaars, sfecnhoiiivers, kleinstekers en 
glazemnakers) ■ de schippers, kleermakers, schoenmakers, vette- 
wariers en bontwerkers, wier dekens en gezworenen, gezamen- 
lijk met die der zes hoofdambachten en de andere leden van den 
magistraat, den breeden raad uitmaakten. 

Onder de kleine ambachten waren geteld : de hoedenmakers, 
de drie neringen, {garcclniakers, zadelniakers en zceldraijers) de 
molenaars, scheepstimmerlieden, lijntrekkers, buijl- of zakke- 
dragers, kordewagcnaars, de hoveniers, (te zamen met dQfruit- 
vcrkoopcrs en mandcnniakers) de sargiemakers of duffelaars, de 
kousenmakers, kuipers, schrijnwerkers, de vier neringen, [stoel- 
drayers, horenbrehers, /ans- en radeniakei-s) de vlasverkoopers, 
linnenwevers, oudekleerkoopers^ de wondheelers, (met de bar- 
biers), de pruikmakers, schilders, zagers, stroodekkers, de tapijt- 
werkers, handschoenmakers, (te zam^en met de tasschcn-, witleer- 
en riemmakers) de leertouwers, speldemakers, (met de passe- 
ineniuiakers) de leemplakkers, knopmakers en kraankinders. 

1° Hoofdambachten. 
a) V ischverkoopers . 

I. Register ?"n/<oi(c/cnc/c', van 1430 loi 1739, diversche pvivi- 
legien cnde reglementen vcrleeni aende pooriei-s ende inghese- 

1 Commentaria in leges municipales Mechlinienses, titi, art, 45. 



— 119 — 

tenen deser stadt Mechelen, als oock verscheyde vonnissen ende 
ordonnantien raeckende het ambacht vande visch-coopers der 
selver stede ende anderssints. By een vergaedert door Her Jan 
Vermost, H'' Peet"" Scheppers, Pcei" DoUaert, Jan Cauthals, Jan 
Van Loye, Peet'' De Meester, Guill : V and en Nieuwenhuyse, Jan 
Hamers, ende Corn : De Gorter, dekens ende oudermans respec- 
tive van het selve ambacht. » 

Register groot in-folio, verguld op snee, geschonken aan het 
stadsarchief, in 1873, door den Heer J. J. Willennn-De Cocq, 
laatsten deken van gemeld ambacht. 

II. « Gexeralen Invent ARI5 van aile privilegien, rollcn ordon- 
nantien, vonnissen &a van het visch- vercoopers ambacht... 
gemaeckt tenjaere 1756, »> en vernieuwd in 1793. 

Register in-folio, gegeven door denzelfden, 

III. RoLLEN EN ANDERE ACTEN, gaande van 1448 tôt 1794. 
Register in-4°, op parkement, opgeluisterd door eene aller- 

schoonste miniatuur in oheverw, verbeeldende den Zaligmaker 
aan het kruis, als 00k door de meesterlijke hand die den eed des 
ambachts geschreven heeft, welke beide gewrochten in deszelfs 
rekening van 1606-1607 geboekt staan als volgt : 

« Betaelt Jan de Namur, van een cruyceficx in des ambacJils 
boeck te schilderen, , . . . . IIII gulden. i> 

a Item gegeven meester Trapegni, vanden eel vanden ambacht 

in des ambachts boeck te schryveii, een bancket van 

Igulde7i VI st. '. » 

IV. rt RoLLE VAN t' viscHVERKooPERS AMBACHT, gemacct viit jacr 
ons Heeren dmjsenl vyfhomlert eenentseventich. » 

Register in-folio, voortkomende uit dezelfde bron. (Afschrift 
der voorgaande rolle.) 

V. K Index... van de rolle van het vischvercooper amiacht..., » 
voorafgegaan van eene « Evaluaiie der pondcn, aengeslelt wegens 
die Heeren loethouderen... anno 1760. » 

Handboek in- 12°. 

1 Register 1579-1608, fol. 243. 



I20 

VI. BoETEN opgelegd door de dekcns en oudermans van het 
ambacht. 

Drie vellen papier voor het jaar 1457-58, en twce voor dat van 
1482-83, zamengenaaid in een cahier in-4". 

VIL " DlET ES d'bOECKVAN ONDANCKE. ') 

Register klein in-4°, gaande van 1492 tôt 1547. 

VIII. " COREXSE : BOECK. » 

Register in-4°, begonnen in 1549, en eindigende den 18*'" decem- 
ber 1731. 

IX. « CoRRECTiE-BOECK vcin het visch-vei-Iioopers ambacht..., 
gemaeckt ten jaere seventJiien-hondert twee-en-dertigh, als ican- 
neer waerendekens Joan. Bap'". Scheppers, Joannes van Loven, 
Ant. Joseph de Meester, Jacobus Sdieppers, oudermans Her Pe- 
ter Scheppers, lier Jan Pau. van Loy, Egidius de Meester, Gaspar 
Estriœ. » 

Register groot in-folio, ingaande den ii*^" februarij 1732, en 
sluitende den 11'^" julij 1795. - Gift van den Heer Willemin. 

X. " Rekeninghen van den viscoopers ambachte. » 

Acht registers in-folio en groot in-folio, waarvan het oiidste, 
tôt nu toe ontdekt, van 1454 tôt 1458, en van 1466 tôt i486 gaat; 
het tweede, van i486 tôt 1543 ; het derde. van 1543 tôt 1579 ; het 
vierde, van 1579 tôt 1608 ; het vijfde, van 1608 tôt 1636 ; het 
zesde, van 1641 tôt 1652 ; het zevende, geschonken door voor- 
zeiden Heer V/îUenùn, van 1695 tôt 1745 ; en het achtste, 
van 1745 tôt 1794. 

XI. " AssYSE ENDE VERDINGHEN w van den droogen, verschen en 
vlaamschen haring, van 1514 tôt 1531. 

Register klein in-4°. 

XII. « BoECK VAN DEBUEGHEL ASSYSE. n 

Register klein in-4", inhoudende, van 1553 tôt 1590, de namen 
der in boete geslagene personen, die den toi op den invoer en de 
verkooping, in het klein, van den haring en den droogen visch 
verzuimd hadden te betalcn. 



121 



XIII. « Dit syn de resten van der vis assyse. » 

Register klein in-4°, behelzende, van 1540 tôt 1559, de namen 
dergenen die hunne achterstallige schuld rakende den toi op den 
visch vereffend hadden. 

XIV. « Rekeninghe van den ontfanck ende den uytgeeff van het 
Inhuys, » van 1760 tôt 1773, overgegeven door Joannes-Jacobus 
Van Lumn aan de dekeiis en regeerders van het vischverkoopers 
ambacht. 

Register in-folio. 

XV. Ordonnantiên voor de tellers van het ambacht, uitgegevên 
in 1537, 1550, 1559 en 1563. Aan de oudste derzelver ontbreken 
de negen eerste artikelen. 

Register in-folio. 

XVI. Ordonnantië « vande niandraegers ner'mge » van het jaar 
1648, alsmede eenige andereacten. 

Register in-folio. 

XVII. « Boeck van allen deny^enlen ende goeden dat damhacht 
van den vyscoepers van Mechelen toehehoir, » van 1527 tôt 1669. 

Register in-4°. 

XVIII. rt Bruederscap... in die ère ons Heren ende des goede 
sente Jacobs... gheordenert ende ghescreven... int iaer ons Heren 
doe men screef M.CGC.Xni . » 

Register klein in-4°, inhoudende de grondregels van dit broe- 
derschap. 

b) Vleeschho7tivers. 

I. " RoLLE vanden auibachte vande vleesclioiiwers tôt Mechelen, » 
Register in-folio, op parkement, verguld op snee, begonnen in 
het jaar 1644, en gaande van 1554 tôt 1787. 

IL Afschrift dezer rolle, gaande van 1554 tôt 1775. 
Register in-folio. 

III. Verzameling van verscheidene na- en afschriften rakende 



— 122 — 

het ambacht, getrokken uit deszclfs boeken en die van den magis- 
traat. 

Registcr in-folio, gaandc van de cerstc helft der xvii'' tôt de 
tvveede der xviii^ eeuw. 

IV. (( COMPARITIE BOECKEN. » 

Zeven registers in-folio, gaande van 1603 tôt 1609; van 1606 
toi 162,2', van 1609 tôt 1635; van 1613 tôt 1683; van 1680 tôt 
1736; van 1736 tôt 1764; en van 1765 tôt 1793. 

V. Il Rekeninghe vaiidcn œubac/ite vande vlcescliottwcrs. » 
Zeventien registers in-folio en groot in-folio, gaande van 1504 

tôt 1519 ; I5i9-i523en 1526-1528 ; 1528-1549; 1552-1553, 1555- 
1556; 1558-1559' 1563-1567^11 1569-1593; 1593-1599 en 1601-1609; 
1609-1614 ; 1614-1620 ; 1620-1626; 1626-1631 ; 1631-1637; 1637- 
1642 ; 1642-1648 ; 1648-1657 en 1661-1662 ; 1680-1706; 1707- 
1738 ; 1738-1774 en 1774-1795. 

VI. a Rekeninghe der aehnoessen hiiessen van den ambachfe. » 
Vier registers in-folio, gaande van 1532- 1534, 1573- 1577, 

1596-1602, en 1612-1625; van 1625-1630, 1634-1637, 1639-1642, 
en 1646-1648 ; van 1696-1739 ; en van 1739-1782. 

VII. li Register van Jiet înnc-conien in hci ambacht van de vleescJi- 
hoitwers. » 

Register groot in-folio, op parkement, waarin aangeteekend 
staan, van 1703 tôt 1795, de doop- aankomst- en sterfdag der in 
het ambacht aangenomene leerjongens. 

VIII. ti Rekeninghe van de capelle. » 
Register in-folio, gaande van 1720 tôt 1737. 

IX. « Verhueringe van de ambachts-bancken, penscraemen » en 
goederen. 

Twee registers in-folio en langwerpig in-folio, gaande van 
1545 tôt 1591 ; en van 1672 tôt 1735. 

X. " Goeden die de biische vandcn bceidiouivers anibacJite Jieeff. » 
Register in-folio, gaande van de tweede helft der xvi^, tôt de 

tweede der xvii*^ eeuw. 



— 123 — 

XI. « Kavel boeck » der banken van het vleeschhuis onder 
de oudermans en de onderhoorigen van het ambacht. 

Register langwerpig in-folio, gaande van 1608 tôt 1660, en 
hervattende voor de jaren 1698 en 1764. 

XII. « ACCYS BOECKEN. » 

Twee registers langwerpig in-folio, inhoudende, van 1700 tôt 
1721; en van 1721 tôt 1791, de namen der personen « dîe tcn 
achteren gebleven syn vande aude vleesch accyse^ w alsmede derge- 
nen die eene bank in het vleeschhuis gehuurd hebben. 

XIII. a Rekeninge vande onde imposîtie op het vee. » 
Register in-folio, behelzende dertien rekeningen, gaande van 

1738-39 tôt 1750-51. 

XIV. <i Varia rakende het vleeschhouwers ambacht. 
Register in-folio, gaande van de tweede helft der xvi^ tôt de 

tweede der xvn*^ eeuw. 

c) Brouwers. 

I. « Invent ARis van het brauwers ambacht, hehclsende soo 
onde als nîeitzve privilegien, rollen ofte poUticque ordonnantîen, » 
waarvan de oudste dagteekent van 1270. 

Register groot in-folio. 

II. " ReKExXINGE vanden bruwers binnen mechelen. w 

Drie registers in-folio, gaande van 1467 tôt 1541 ; van 1563- 
1567, I570-X574, 1576-1584, 1587-1590, 1612-1613, 1652-1655, 
1686-1687, 1715-1717 en 1719-1727 ; van 1727-1734, 1768-1784, 
1788-1790 en 1795. 

In de rekening van 1467-68, de oudste van het ambacht, ver- 
klaren de gezworenen van hetzelve, dat zij « cm te verhuedene 
menegen twist endediscoert iusschen de onde ende nuioe geswoerne, 
mids der rekeningen van des amhachts erffelicken ende haeffe- 
licken goeden, ende zunderlinge mids costumen die zy ^alsdoen 
hielden, van haren rekeyiingen die zy deen den anderen daden 
met cedullen, sonder haer inheffen over te gevene dat zy binnen 
haren bewinde ontfaen hadden, hebben geordineert ende doen 
maken dit tegewoirdic/i register^ orn dat in toecomenden tyden 



— [24 — 

haere nacomers soudai mogcn loeten hoe datonen Y régiment 
vanden voers. ambachte gehouden heeft, ende oie om dat van 
iaer te iaer elke geswoerne hy iyden zynde van nv voertane haer 
régiment van haren ont fange ende loigevene sullen doen regis- 
treren » . 

Ten jare 1425, werd alhier van stadswege ecne brouwerij 
opgerigt, voor hct brouwen van Haarlemscli hier, hetgeen 
bestadigd wordt door de volgende uittreksels der stadsreke- 
ningen 1425-26 en 1426-27. 

a Item van eender pannen gJiecocht ter sladhehoef..Mer inné 
te bruwene, looech 11'^ II lib., coste melfen toile ende metter 
vracht, V inmerteUW XXV, . . . VII lib., III D g°brab. t) 

« Item XXXVII ellen heen ghecocht ter stad behoef, opder stad 
nast ' te legghcne, costen. . . . . . VIII S, IX D. g" brah. » 

« Item van dat de voers. heen costen te brenghene, van dat de 
bruwersse verteerde die de renimeesteren ghehuert hadden, 
comt op XI S g°.y) 

« Ite/R Clans Onderogghe, van CXXIIIII ellen zac lakens, 
costen XXVIIXS, IIID g-brab.yi 

« Item van XXI ellen zac lakens, III draeff zacke ende zac 
bande,... van alderhande ciipen, ketelen te vuerene, van 1 put 
akere^ ghecocht ter stad behoef , comÀ . . . XIII S g'^brab-n 

« Item Jan de Maezelandere, van eender grooten cupen, costen 
IX gulden arnh, I cuelvat, coste IIII gulden atmh, IIII stuken ^ 
ende I oesvat *, II gulden arnh, aen deczelen, IIII S g°, aen 
I beghiet vat, III cronen vranx, comt op. III lib. IX S g° brab. » 

« Ifeni Rom van Baesroode, van I beghiet vate te pekene, ende 
van eender gooten, comt op II S, IIII D g° brab. tf 

« Item van CCCL V tonnen ghecocht al omme ter stad behoef, 
coste elc tomie VII g", comt op. . IX lib. XI iS, IX D g° brab. » 

« Item Jan de Mazelandere, van eender bruioe pannen ghecocht 

^ Ast, de vloer waarop uien de ontkiemde gerst droogt. 
2 Ahci , kooperen emmer van algemeen gebruik in cène brouwerij. 
^ Stuc, groole ton. 

^ Oesvat, houten schotel of lepel, wa:rrniede men eene kuip tôt op den bodem 
ledigt. 



— 125 — 

ter stad behoef\ weghende IlII''"- LXXIIII Ub.cosie elc lib. VIII g^ 
bmb.,comtop XIIII lib. XVI S, III D g° brab. y> 

« Kern de selve, vanden keteUioute ' ghecocht ieghen hem, 
coste XYI g° brab. » 

« Item Peter ende Quyntyn Yyole, van VII g rooten brucupen 
daermen der stad hier inné brimt 'coste elc cupe VIII croonen 
brab., comt op LVI croonen, maken . . . XIIII lib. (j^ brab. -^ 

« Item de selve twee perssoone, van drien cuelvaten, coste elc vat 
IIII croonen vranx, corat XII croonen, valent. III lib. go brab- » 

« Item van twee scep vaten, coste [elc vat II croonen, comt 
op XX S g° brab. » 

Item van VIII sliiken, coste elke stuc I S p°, II ketelhoute, 
costen XXXIII S, IIII D go, tan eender grooter cupen ende eenen 
bac te vermaken, costen IIII S g'', I grooten trechtere, coste XII g'\ 
comt al op XL VI S, IIII D g"" brab. Ti - 

a Item Aert Valke, ghesonden in Hollard te Hlam, (Haarlem) 
omme een ivyf die, bruywen sal, ende was ute XII II daghe, 
fXXIX in merte IIII^^'XXVIJ ende III S g° vander vrouwen 
coste, comt op XVII S g°brab.y>^ 

III. " BOEC VANDEN AELMOESEN^EN BUSSEN VANDEN BRUWERS 

AMBACHTE, glieoordineert byden gheswornen ende ghcmeynen 
ghesellen vanden selven ambachte. » 

Register in-4°, gaande van 1472 tôt 1577, en van 1585 tôt 1587. 

IV. Ordonnantiên, requesten en eenige von'nissen rakende het 
ambacht. 

Twee registers in-folio, gaande van 147 1 tôt 1680 ; en van 1619 
tôt 1660. — Het eerste, dat op parkement is, sluit met eenen 
clapper, op papier, gemaakt in 1732. 

V. Register in-4°, op parkement, van denzelfden inhoud als 
de tweevorige, gaande van 1519 tôt 1661. — Hetzclve is opge- 
luisterd door eene miniatuur in olieverw, gemaakt in 1596 en 
geteekend Px Cx (Pieter Ceulemans), '* voorstellende geknield en 

^ Ketelhoute, planken gebruikt in eene brouwerij tôt dekking der ketels. 

2 Stadsirhniner 1425-26, fol. 184 r° en \°. 

3 Stadsrekeninçr 1426-27, fol. 141. 

* Zie Neeffs, Histoire de la peinture et de la sculpture à Malines, t. I, p. 309. 



120 

met zamengevoegde handen, aan de voeten van een aan het kruis 
genageld Christus beeld, vier hoofdnianncn van het brouwers 
ambacht, vvier aandacht daarop door cenen vijfden hoofdman, die 
achter hen staat, getrokken wordt. 

VI. " Resolutie boeck. » 

Register groot in-folio, gaande van 1696 tôt 1792. — Aan het 
hoofd van dit boek Icest men het volgende : 

(( Memorie als dal legheniooordlgli de sleiUels van d' eyserc kiste 
syn beritstende, cenen hy Jan Waulers, eenen hy Jacobus Ver- 
oneiden, en eenen hy Cornelis de Gortter, ieghenicoordigh dekens 
van het brauwers ambacht, ende den vierden leyt in de kas met de 
pampiren, met een briefhen aen, waer op staet: dit is eenen sleidel 
van d cyso'C kiste. Actum clesen 22 december 1727. » 

VIL « Register van aile de persoonen die gecomen syn ende 
gedaen hebbcn Ivunncn cedt in het brauwers ambacht der stadl 
ende provintie van Mechelen. » 

Groot in-folio, van 1603 tôt 1791. 

VIII. « Register van aile de persoonen de welcke van de dekens 
van V brauwers ambacht hebben vercregen de graen maete an" 
1623. Item, van desselfs cnechten. Item vanden verkens stock. 
Ende het cnaepschap. » 

Groot in-folio, van 1621 tôt 1794. 

IX. « Rekeninghe raeckende den watermoelen » der stad, 
gepacht door die van het brouwers ambacht. 

Register in-folio, gaande van 1681 tôt 1684. 

X. (t Reiœningen gedaen door de gccommitteerden van de 
dekens van het brouioers ambacht, over de penningen by hen ont- 
fangen ende uytgegeven van de impositie van twelf stuyvers op 
ieder stuck brouwgoet. » 

Tien rekeningen van Joaiincs-Henrîcns Broers, van 1762 tôt 
1772 ; drie van zijne weduwe Anna-Maria de Brouzver, van 1772 
tôt 1776; en dertien van Rombout-Bartholomeiis Beelaerts , van 
1775 tôt 1788. 

Register in-folio. 



- 127 — 

XI. Rekeningen der dekens van het brouwers en huidevetters 
ambacht, aangaande de door hen ingehaalde gelden^ ter betaling 
van den vereischten penning voor eenige hoofdsommen, door hen 
ten behoeve dezer stad geligt. 

Register in-folio, gaande van den i^" september 1750 tôt den 
3<^" december 1762. 

XII. « BiNNEN EN BUYTEN voNDT^ » of Hjst der hcrbcrgen, gevon- 
den zoo binnen als buiten de stad. 

Twee registers langwerpig in-folio, gaande van 1685 tôt 1687. 

XIII. Lyst der alhier gedane brouwsels, sedert den 25*^" octo- 
ber 1690 tôt den 13*^" october 1698 ; en van den 19^" october 1692 
tôt den 7^" october 1697. 

Twee registers langwerpig in-folio. 

XIV. « BlER ACCYSEN. » 

Register zeer groot in-folio, begonnen den i^" september 1759 
en eindigende den 25*^" augustus 1760. 

d) Bakkers. 

I. RoLLE, ORDONNANTiËN EN REOUESTEN rakende het ambacht, 
verschenen of vernieuwd in 1446, 1451, 1472, 1476, 1478, 1483, 

1515. 1519. 1535. 1561, 1575. 1578, 1581, 1582, 1583; 1587» 
1588, 1591, 1595, 1597, 1598, 1624, 1625, 1626, 1628, 1629, 
1632, 1634, 1635, 1637, 1640 en 1641. Xegen en dertig geldig 
gemaakte afschriften, op parkement en op papier. 
Register in-4°, verrijkt met eene miniatuur. 

II. i( Resolutie boeck, » gaande van 1730 tôt 1795. 

Cahier in-folio, waarin, onder andere resolutiën, gevonden 
wordt de volgende : 

« Den 14 augustus 1747 heeft Monseur Smeyers (Egidius-Jozef) 
aengenomen omie maecken een schUderye voor ons anibachs 
camer, de welcke sal verheldende de voile camer hesigh synde met 
te houden liunne rekeningh, icaer op sal moeten geschildert syn 
hunnen knap, en sal moeten een plaets gelaeten loorden voor den 
negensten persoon, die volgens dit ackoort sal moeten geschildert 



— 128 — 

worden. Welck stuck sal hreccU syn van aendc scliouw tôt aende 
vensters, en hoogh fjelyck de andere schUderye, den heei verbel- 
dende, die hy sal irachlen soo spoedigh afte maechen als het moe- 
gelych sal luesen, maer de dekens sullen de^i doeck moelen bekos- 
tigen ; en boven dien sal oock moelen doen 'schilderen het potret 
van men deken de Coster, op dander schilderye van Blanckare 
gemaeck, en dit voor de somme van vier en tiointich pistoelen » ^. 

III. « Rekeninghe van het backers ambaciit. » Van 1764 tôt 

1795- 

Rcgistcr in-folio. 

IV. " Proefmeeters en leerknechten » van het ambacht. Van 
1695 tôt 1795. 

Rcg-ister langwcrpig in-folio; 

V. « HUERCEDULLEN ENDE ANDERE ACTEN VAN HET BACKERS 

AMBACHT. » Van 1766 tôt 1793. 
Register in-folio. 

e) Hiiidevetters . 

I. ROLLE, ORDONNANTIËN, REQUESTEN EN SENTENTIËN Van het hui- 

devetters ambacht, gQ.g^^(t\\ of vcrnieuwd, ingezonden en uitge- 
sproken in 1575, 1578, 1582, 1592, 1601, 1604, 1611, 1617 1618, 
1621, 1624, 1630, 1631, 1636; 1637, 1638, 1644, 1648, 1657, 
1659, 1664, 1673, 1681, 1683, 1704, 1707, 1710, 1711, 1719, 
1736, 1741, 1752, 1764, 1774, 1775, 1776 en 1777. Vijfenveertig 
geldig gcmaakte afschriften, op parkement, begonnen in 1764. 
Register in-4'^. 

II. " CoPY DEZER ROLLE, n gemaakt in 1782 door J.-F. Des- 
hayes. 

Register in-4". 

III. « Rekeninghe van het ambacht's in komen. » 

Vier registers in-folio en groot in-folio, gaande van 1619 tôt 
1667 ; van 1667 tôt 1698 ; van 1698 tôt 1734 ; en van 1743 tôt 
1753. — In het eerste dezer registers is ingelascht een voor de 

1 Zie fol. 18. 



— 129 — 

huidevetters aller belangrijkste opene brief van Albertiis en Isa- 
bella, gedagteekend uit Brussel den 20^" april 1616, waarin deze 
aartshertogen (om te verhocden dat de secrète conste van tohheren 
ende bereyden van spacnscJie leideren ende bezaenen, icelckc die 
van het voors. amhachi zyn lioiidende in luesen ende in syn meeste 
cmchte, soude worden achlerhaelt) slalueren dai nyemandi int 
voors. ambaclit sal moyen loorden aenveert, noch loegelaekn om 
tzelve te eœerceren, dan alleenelyck degene die van een vrye 
a^nbachtsman geboven ende viiyt den selven ambachte gesproten 
zyn ; (dwelk ook alzoo by burgemeesters ende ivethouderen der 
voors. stede is gestalueert geiveest inden jaere vyfthicn hondert 
vierentzeventichj dat nyemandt de voors. conste buyten de voors. 
stede en mach eœerceren, noch aen een ander loysen ofte leeren 
7net woorden oft met wercken, als wesende tselve een poinct soo 
delicaet dat daer van dependeert de icelvaert ofte ruyne van 
tvoors. ambaclit ^. 

IV. Rekeningen der cappelmeesters van het huyvetters 

AMBACHT. w 

Yijf registers in-folio en langwerpig in-folio, gaande van 1631 
tôt 1653 ; van 1653 tôt 1704 ; van 1705 tôt 1736 ; van 1736 tôt 
1760 ; en van 1760 tôt 1789. 

V. Lyst dergenen die in het ambaclit aangekomen zijn, en er 
den eed afgelegd hebben, van 1555 tôt 1667. 

Register in-folio. 

'Vl. «NOTITIE BOEK VANDEN ASSYZE VAXDEN GEVETTEX LEDERE 

METTEN scoRSMOLEN w en van menigerlei zaken rakende de huide- 
vetters. 

Register langwerpig in-folio, gaande van 1551 tôt 1570, 1560- 
I565»i575-i577' i599-i6oo, 1602-1603, i6o9-i6i2,en 1615-1619. 

VII. « Rekenixge vande SCHORS-MOLEX3, ouitsgaders van de icol 
ende smack accyse, t'samen ingepiacht van d'Heeren Trésoriers 
der stadt Mechelen op den lesten dagh april 1603, voor eenen ter- 
meyn van thien achtereen volgende jaren, voor de somme van 
thien honderdt guldens t'jaers. » 

Register in-folio, gaande van 1698 tôt 1743. 

1 Register 1619-1667, fol, 326-32S vo. 



— I30 — 

VIII. (' Rekeninghe VAXDEN NIEUWTN STEENEN SCHORSMOLEN >r 
buiteii de antwerpsche poort, gemaakt door die van het huide- 
vetters ambacht, krachtens een octrooi van Maria- T/icresia van 
dcn 25*^" ohtobcr 1752. 

Rcgister in-folio, gaande van 1752 tôt 1776. 

IX. « BoECK î)ihoîtdende de specîficatîe vanden erven ende renten 
toebeJioorendc der capelle vande hnyvclters. » 

Register in-folio, op parkement, gaande van 1559 tôt i68t, 

X. Item. Van 1627 tôt 1698. 
Register klcin in-40. 

XL Item. Van 1680 tôt 1738. 



Register in-folio. 



2P Groote ambachten. 



a) Lakenmakers . 

I. u Ordixaxcie van den wollewerke te MECHELE w. 
Zeventien ordonnantiën, waarvan vijf verschenen in 1350, 

1363, 1366, 1369 en 1377, en twaalf in 1331, 1333, 1336, 1339, 

134I; i344> 1345^ 1346, 135I; 1352, 1354 en 1360, welke 
laatste gerangschikt zijn onder lettcr C i". 
Register in-4''. 

II. Item. Drie ordonnantiën van 1331, 1333 en 1339, een wei- 
nig verschillende van de voorgaandcn. 

Register klcin in-4°, op parkement. 

III. Item. Zeven en tvvintig ordonnantiën, waaronder elf 
nieuwe, uitgegeven in 1364, 1370, 1379, 1384, 1385, 1408, 1428, 
1432, 1433' 1434 en 1449. 

Register in-4°. ;- 

IV. Item Zes ordonnantiën van dcn 29^" october 1539, van den 
4«^" october 1544, van den 26'="junij 1559, vanden 28<^'" november 
1560, van den 10*^" april 1581 en van den 6^" september 1604. 

Register in-4°, op parkement en op papier. 



— 131 — 

V. a BoEC gherriaect hit jaer ons Heren Ad.CCÇ.XLV » . 

Register klein in-4°, waarin men, onder menigerhande zaken, 
de aanbesteding vindt der schildering des glasraams ten zuideii 
van het kruiswerk in S. Rombouts kerk, gedaan door de laken- 
makers aan Woittèrvaii Batiele en zijnen zoon, den 15°" maart 
1473. ^^ ^^^^ *^^^^ aanbesteding luidt als volgt : 

(( Cont ende kennelyc sy allen lieden die dese letteren selen sien 
oft hoeren leesen, dat comen es Woutier van Baltelle ende Wout- 
ter, sy7i sonne, ende hebben aen ghenoemea cds van oeester (uit het 
oosten) ghelaes te maeckenne al suelken ghelaes wenster, als loe 
iehoeren es den groetten amhachte dat men lieel loeefamhacht, 
slaende in sinile Rommens kercke in dat crus loeerc, (kruiswerk) 
vanden hernaes 7ieerweert toet beneen toiace fvan het vierkant des 
glasraams tôt beneden toe) streckende, XX pande lanc, ende X 
2:)ande breet. Ende dies sael hy daer in macken LIIII pajiden 
gheweernt loeerc : (geverwd werk) item te iveetene XV 111 pamlê^n 
voer die VI beelden, item te loeettenne ons Lieve Wroiace, ende 
sintte Rommont, eiide sintte LembrecHt, item sintte Marye Mad- 
delenne, ende sintte Seever, (Severijn) ende sintte Plye^iyer ; ende 
noch XVIII panden voer die tabbernackelen, (nissen) ende XII 
panden voer die ghetouicen, ende VI panden voer die raeyers, 
ende voer die spoelders ; (die het garen op de weversspoelen 
winden 1 ende dies seele die belden syn gJieaeebyteweert (gekleed) 
ende ghestoffert van al suelker weerwen (verwen) als Heynric 
Vermeeren wenster es, oft beeter, oft beeter canney. (kan hij) 
Item van loeye hebben darnbaclit ontfaen een vorme, ende oft die 
Heeren van ambachte begherden een swaerder daen die forme 
dan sy ghesien Jieebben, dat sael staen desambachtlaeste, ende 
dat hy dese wensterre sael macken koesbaer ende eerberlyc, soe hy 
aider abelycœ (bekwaamst) can. Item dies sael hy hebben van LIIII 
panden gheioeervde ivercke : van elken voette XII gro brab., ende 
van luytlen looette, van elken voetten V gr° brab ; ende die lysten 
sael hy bynnen maecken, ende die in sael tny niet metten. Ende 
voer die lysten sael hy hebben II lib. gr" brab., maer dies en mack 
hy die lysten niet mynder macken dan sy behoeren te synne, alsoe 
oerdeneren sael, daer dat ambacht niede te icreden sael syn, ende 
van deser leeverynghen sael hy die kei-cmeesters te icreden stellen. 



— 132 — 

DU waes ghadaen ini jaer ons Ilceren M.CCCC ende L XXI II op 
den XV dac/i in mecrttc » ^ 

VI. « Rekeninghe beweijs van de dekens van het groot auihadit, 
gheseyt de laecken macckers. » Van 1552-53, 1620-22, 1625-26, 
1640-41, 1646-47, 1650-51, 1658-60, 1662-77, 1680-84, en 1686- 
1688; van 1688-1733, 1735-1743' en 1787-1789. 

Twcc registcrs in-folio. 

VJI. LijST dergenen die in het ambacht aangekomen zijn, van 
1544 tôt 1579. 
Register in-folio. 

j, VlII. //<?;;/, van 1650 tôt 17 13. 
Register langwerpig in-folio. 

IX. Merken der lakenmakers, van 1666 tôt 1682. 
Register in-folio. 

X. <i BOEK VANDE LAECKENS DIE TER HALLE SIJN GEWEST, » Van 

1724 tôt 1726. 

Register in-folio. 

Om aan onze lezers een denkbeeld te geven der uitgebreid- 
heid van den lakenhandel in de stad en provincie van Mechelen, 
laten wij hier een uittrcksel volgen van een request ingediend 
aan den magistraat, den 2*^" december 1675, door de lakenma- 
kers, verwers en droogscheerders, luidende alzoo ; 

ft Veiihoonen met aider eerbiedinghe de dekens, oiiderlingen 
ende supposlen vanden groolen ambachle vande laecken maec- 
kers, ververs ende d'over dekens vande drooghscfieerders , met 
hunne supposlen,.... hoe dat hinnen dese stadt ende jurisdicUe, 
ter saecke vande goede gelegentheyt, voôr desen de manufacture 
vant wollenwerck in sulckeii floreringe ende groot achtinglie heeft 
geweest, dat men inde selve bevonden heeft dry duysenl, ticee hon~ 
dert ghetauwen, ende dat tôt ider getauw van noodesyn tiuelfluy- 
den orii dat te beslieren, vayibrenghende alzoo 38,400 persoo- 
nen,.... sonder de beryders ende ververs, loaer door dese stadt 

1 Fol. 90 vo-91 v". 



— 133 — 

ende ghemeynte groot is gheheneficeert geioeest ; maer alsoe de 
troubelen ende quaden tydl de sclve soo naer Enghelant als andere 
qicarderen lieeft doen vertrecken, soo is de selve negotie daer door 
alsdan gants te nielte gegaen tôt grooten achterdeel ende schaede 
van dese stadt \ » 

b) Droogscheerders. 

RoLLE, EED, ORDONNANTiËiN EN REQUESTEx van het clroogschcer- 
ders ambacht, van 1601 tôt ^756. 

Register zeer groot in-folio, begonnen anno MDCCXXXXI. 

c) Krauiers. 

I. RoLLE VAN HET KRAMERS A.MBACHT, vemieuwcl in 1561, als- 
mede eenige ordonnantiën van 1538, 1540, 1544 en 1545. 

Register in-4°, op parkement. 

II. Item. Nieuwe rolle van den 10^" mei 1632, vervangende de 
roUen derjaren 1519, 1551 en 1561, achter welke men eenige 
ordonnantiën, requesten en apostillen vindt, gaande van 1442 tôt 
1443, en van 1636 tôt 1764. 

Register in-folio, op parkement, verguld op snee en verrijkt 
met eene miniatuur. 

m. " Reken boecken vanden ontfanck en uytgeef der dehens 
vander halle, geseyt crauiers ambacht. » 

Zes registers in-folio en groot in-folio, gaande van 1400 tôt 
15 10 ; van 1554 tôt 1591 ; van 1618 tôt 167 1 ; van 167 1 tôt 1731 ; 
van 1731 tôt 1778 ; en van 1778 tôt 1796. — In het eerste dezer, 
a begcst int jaer ans Heren dusent vîerhondert ende LVl, » zijn 
aangeteekend, als voigt, de tafereelen en beelden geplaatst door 
de kramers, ten jare 1479, in den omgang der S. Rombouts kerk, 
op het altaar van hunnen patroon den H. Nicolaas, dat hun door 
de Heeren van het kapittel, bij brief van den 6^° september 1478, 
vergundwas. 

« Itcra hetaelt te tavcl te hrenghen loi schilders huus tôt Inde 
kerkc, somme : IIIII g". y> 

1 Doos 74, Varia. 

S. A. xM. g 



— 134 — 

^ liembetaelt om sinte Hei/nricteset!en .... V sluv. n 
« 1(6771 helaeli om sinte Fransissicus te selten, ende II cande- 

leers, ende VI lih. loels ende I quaert, somme. . II s. IIIII g". » 
« I/em belaelt om sinte Magriete, ende sinte Pauwels, ende 

sinte Derhelen candeleers te selten, ende VI lih. loets, somme . . 

XVIII pte VI OïUjten'.yi 

In 1754 en 1758, wcrdcn door Egîdkis-Jozef Smeyers, voor de 
ambachtskamcr der kramers drie schilderijen gcmaakt, welke 
bcschrcvcn zijn in de rekcningen van gemelde jaren, als volgt : 

« Item betaelt op den 25 october 1754 aen Dheer J. Smxyers, 
Meesier Schilder, over geschildert te hebben eene schilderye ver- 
beeldende den dans der heydenen ronts omme den afgodt Pan, 
ende dcel makende van het Leven van den H. Rumoldus,by 
qiiitt , 325. » 

(.(Item betaelt op den 2 april 1758 aen E. .1. Smeyers, voor 
gemaeckt te liebben tioee schilderyen, het een verbeldende St. Rom- 
bout van den graef Ado ontfangen wordende, ende het andere de 
ontmoeting van St. Rombout ende St. Gomonarus, synde het derde 
ende vierde deel van syn leven, by quitantie de somme van 325^.y> 

IV. " Reekeninghe bewys valide capelmeesters van St. Nycolaes 
capelle in St. Ronihouts kcrcke. » 

Vier registers in-folio, gaande van 1510 tôt 1537 ' ^^^ ^54^ ^^t 
1599 ; van 1599 tôt 1696 ; en van 1696 tôt 1795- — In het eerste 
dezer registers vindt men eene beschrijving, gemaakt in septem- 
ber 15 10, van de Jiiyllc ende ornamente toe behorejide Si'nter Claes 
capelle vanden cr'eniers anibacht, welke de capellemeesters ontfangJien 
hebben van deken, ghezwore ende bussen meesters vanden voers, 
ambacht 3. 

V. « Reken boecken van de sicckc busse van cramer s anibaght. » 
Vicr registers in-folio, gaande van 1571 tôt 1624 ; van 1624 tôt 

1667 ; van 1667 tôt 1748 ; en van 1748 tôt 1796. 

VI. il BusboeckeN; ivaerin men vinden sal allen de nanien vande 
rnans ende vrouzven die int ambacht vande cremers den eedt gedaen 

' Register 1400-15 10, fol. 48 vo. 

2 Register 1731-1778, fol. 95 v° en 112 vo. 

3 Register J 5 10-1337, fol. 12-15 V. 



— 135 — 

hebben, ende desjacvs op Sfc Nvcolaes dacli sclnddkJi zyn te brengJien 
opde caniere desselfs anihacJits alsulchen busgJielt, als byden 
anibacJde zal wordengeordineert. » 

Drie registers langwerpig in-folio en in-folio, gaande van 1601 
tôt 1620 ; van 1619 tôt 1641 ; en van 1712 tôt 1734. — In 1614 
werd het busgeld gesteld op zes stuivers ^ 

VII. u Cappelleboeck, Zi'aerliuie menbevinden sal aile de naemen 
vande mans ende vromvcn die înt anibaclit vande cremers deii eedt 
gedaen Jiebben, ende tsjaers op suite Niclaes dach schtddidi svn te 
brengen op de auibac/its camere clck diye stuyvers voor offergelt, 
volgens de ordinantîe van Myn hceren vander wettk deser stadt 
Mechelen. » 

Register langwerpig in-folio, gaande van 1620 tôt 1641. 

VIII. « Resolutiën van het kramers ambacht. » 
Register in-folio, gaande van 1713 tôt 1782. 

d) Snieden. 

I. « RoL vande coperen potgieters, vande canwiaeckers, vande 
inesmaeckers, vande înaerschalcken ende slootniakers, vande keteleers, 
inetalen potgieters, clockgieters ende bnsgieters, » als nog eenio-e 
acten, vonnisscn, tcstamenten en requesten aangaande dezelve. 

Register in-folio, op parkement, gaande van 1449 ^^^ 1786. 

II. « Bladt-wyser der rollen. » 
Register in-folio, gcmaakt in 1757. 

III. « Lyst der meesters van het smeden ambacht, van 138 1 
tôt 1469, alsmede drie ordonnantiën rakende hetzelve van 1399, 
1424 en 1481. 

Register in-4°, op parkement, voerende voor opschrift : 
(( In den name der heiligJier drievoldicheit, so was dit hocc 
ghemaect ende gheordineert int iaer ans Heren doe rnen screef. 
M. CGC. ende LXXXI, op den XXII sien dach van mer/e, hi Janne 
Gliiselbrechls ende bi Janne Adaems, die doen dekene icarcn van 

1 Reg-ister 1619-1641. fol. i. 



— 136 — 

den smeeden van Mechlen, ende bi rade tan harcn gJieswoernen, 
ende bi S'/mocne van den WynJxele des tors, ambachts knape was 
op diere tyl, om dat men welen soude voie harc ghildebroeders of 
sustren icaren op diere lyl ofnamaels loerden sov.den ten ewelikcn 
daghen. » 

In gcmeldc lijst treft men, in 1441, don naam van Mester Jan 
Sciisiiian aan en, in 1466, dien van Jacop die docgliietere . 

IV. « BusBOEK w inhoudende de namcn der personen die het 
busgeld bctaald hebbcn, van 1620 tôt 1633; item, van degenen die 
in liet ambacht gekomcnzijn, van 1662 tôt 1672 ; item, de reke- 
ningen der busmeesters, van 1692 tôt 1766. 

Register klein in-4'^. 

V. <' Dit is den leer jonghers boeck. » 

, Register klein in-4'\ gaande van 1719 tôt 1794. 

M. ii Dit is den boeck van het busghelt en kersghelt. n 
Register in-folio, gaande van 1727 tôt 1795. 

\'II. Broederschap van den h. eligius, patroon van het 
smeden ambacht. 

Vier rollen, op parkement. Aloude afschriften der xiii'^ en xiv"^ 
eeuwen. De eerste derzelver eindigt als volgt : 

(( Omme vaste te houdene aile dese poente ende coren, die vors. 
hruedere vaste ende seker hov.den loillen, soe hebben si lien 
verbonden vore die vors. Heren den... bisscop van Ludeke gheco- 
ren, ende enen Edelen Hère. W. Bertitoude. Die selve ghecoren 
Hère bisscop, met den Hère. W. Bertlioude, heeft ghegeven sinen 
conseni tote allen dinghen vorscreven, ende hebben se met haren 
zeghelen, metten seghelen der scepenen van Mechlen, irastghe- 
maect ende beseghell. Ghegeven int iaer ons Heren dusentec/i. 
ticee Itondert. rgftech ende. IIII. op sente Thomas dach apostel in 
december. » 

De drieandere rollen vangen aan met den eed der medebroe- 
ders, luidende alzoo : 

« Yan desen daghe vortane salie goel ende ghetroice siin die 
Jvi'uederscap sente Logs, ende houden aile statiile daer toe behoe- 
rende, ende hare vrome (vreugde) meerren, ende /tare scade 



— 137 — 

minderen nae minen macht zeln, nu Godhelp cnde die heilgJien 
tader sente Loy. » 

e) Tiiiinicrlicdcii, 

I. rt RoLLE, ORDONXANTiËN EN REQUESTEN vaii het timmerlicdeii 
ambacht, van 1575 tôt 1794. 

Register in-4'\ op parkement en op papier, verrijkt met eene 
miniatuur, in olieverw, en drie grondteekeningen. 

f) Mciselaars. 

I. RoLLE, ORD3XXAXTIËN EX REOUE5TEX van hct ambacht der 
metselaars, van 1539 tôt 1632, en van T539 tôt 1791. 

Twee registers in-folio en groot in-folio, op parkement, elk 
met eene miniatuur. 

II. a Extract exde copie ityt dcn origienelen roi van het nietsers, 
ende gelaeseniaeckers, ende sfccnhouzvcrs ambacht bhinen Mechelcn, 
de dato prima mey 1774. » 

Register in-folio. 

III. « IxvEXTARis van aile de schcpene brieven aengaende deii 
ambachte vandeii metsers, dcr biissen ende altaerc vanden sclven . » 

Register klein in-folio, begonnen in 1581, en gaande van 1386 
tôt 1599. 

IV. LyST der MEESTERS EX LEERJOXGEXS VAX HET AMBACHT, 

gaande van 1506 tôt 1509, en van 1539 tôt 1654. 

Register klein in-folio, voerende voor opschrift : « Bit es 
tregistre vander ordonnantien ende observanlien, die de gezivo- 
renen busmeesters, oudennans ende ghemeyn ghesellen vanden 
metsers ende ghelaesmakers ambacht jaerlycx observercn ende 
onderhouden, zoe van jongers ta.enveerdcn orn te leeren metsen, 
cleynstehen oft gelaesmaken, rnitsgaders hun proeven te doene, 
als opten grooten ommeganck de keerssen ende anderssints daer 
toe staende naer gewoonlycke manieren te dragen ende tondey- 
houden, vuyt den ouden boeck getrocken, ende vernyeuict zedert 
der furien ende pilleringlie alhier te Mechelen te baniisse anno 



- 138 - 

XV^ LXXIl gesc/iiel, aengesien clittet zelfe oudt hoeck (sic) gcheel 
ende al geschuert endebedorvenioas^. » 

V. Ifcij-i, van 1664 tôt 1795. Rcgister in-folio, g-e(iteld : « Teec- 
kcnbocck van hct mctscrs en gelacseniacckers ainbac/ii. » 

VI. « ReKENINGHEN VANDE DEKENS van HET METSERS AMBACHT. If 

Vicr rcgisters in-folio, gaandc van 1555 tôt 1608 ; van 1640 tôt 
1724 ; van 1724 tôt 1752 ; en van 1752 tôt 1796. 

ML (' ReKENINGEN VANDE BUSMEESTERS van HET METSERS AM- 
BACHT. » 

Drie registers in-folio, gaande van 1558 tôt 1625; van 1627 tôt 
1732; en van 1732 tôt 1796. 

MIL " Chunsen ende hueringen, als die aehnoesen busse vanden 
anibaclde vandcn mctscrs jacrliics Jieffciidc îs op diverscen panden. « 

Register zeer klein in-4°, beginnende don 12^" scptember 1504^ 
en eindigende den S'^" april 1542, 

IX. \'aria rakende hetzelfde AMBACHT, van 1731 tôt 1755. 
Register klein in-40. 

g) Schippers. 

I. Rolle grdontntantiën, requesten en eenîge andere acten van Jiet 
schippers ambacht, van i486 tôt 1793. 

Register groot in-40, op parkement, verrijkt met eene schoone 
miniatuur. 

IL " ReSOLUTIE BOECK VANHET schippers AMBACHT. n 

Register in-folio, gaande van 169 1 tôt 1795. 

III. (' Acten boeck, » van 1693 tôt 1782. 
Register groot in-folio, vergukl op snee. 

IV. a VONNIS boeck VAN HET SCHIPPERS AMBACHT. n 

Register groot in-folio, gaande van 1707 tôt 1781. 

■^ Zie A. Pinchart, Archives des arts, sciences et lettres, t. III, p. 76-79. 



- 139 — 

\\ Rekenixgex van de dekens der schippers, van 1574 tôt 1595; 
van 1589 tôt 1602 ; van 1652 tôt 1675; van 1748 tôt 1759; en van 
T768 tôt 1793. 

Vijfregisters in-folio en groot in-folio. 

VI. a Op teecken boeck. » 

Register in-folio, behelzende, van 1751 tôt 1793, denamender- 
genen die zich aangeboden hebben om gedurende eenen bepaal- 
den tijd in het schippers ambacht te blijven. 

VIL (( In kom boeck, » of lijst der leerjongens en meesters van 
het ambacht. 

Register in-folio, gaande van 1751 tôt 1795. 

VIII. (i Lyste van de goederen comende van Antwerpen naer 
Mechelen, sedcrt hetjaer ijSç, » en vrachtloon derzelver. 
Register klein in-40, gemaakt in 1768. 

h) Schoenniakers. 

I. RoLLE, ordonnantiën7 en reouesten van het schoenmakers 
AMBACHT, van 1574 tôt 1724. 

Register groot in-4°, op parkement en op papier, met eene 
miniatuur. 

IL NaAMLYST der leerjongens en meesters van het AMBACHT, 

van 1582 tôt 1708. 
Register groot in-4'^. 

i) Veitewariers. 

I. Ordonnantiën, requesten, vonnissen en appointementen, 
van 1529 tôt 1791. 

Register in-folio, op parkement, verrijkt met eene schoone 
xniniatuur, verbeelde den Zaligmaker. — Bij brief van den 7^" 
augustus 1495, werd door den deken en het kapittel van S. Rom- 
bout aan de vettewariers het regt verleend van de ambachts mis 
op het altaar van 5. Salvator te doen lezen. Ziehier een uittreksel 



- — 140 — 

van (lien bricf : « Op clai l'gcmeyn geselschap vanclen amhacJde 
rande veUeioariet^s, (die) den aiUaer van sinte Salvatoir, gelegen 
inde voors. onser kercken, aenveert hcbhen tôt heunder dispositien 
ende ordonnantien ter eeren Goils endc tôt ciraet des voors. 
autaers,.... soudea moegen hebben, houden, regeren, gouverneren 
ende vercicren, ende missen aldaer doen lesen, ende opten feest- 
dacli van sinte Salcaloù-s doen singgen, ende den o/fer alsdan 
daer geoffeert tôt ciraet ende omamenten des voors. autaers 
emploieren, souden moegen onifangen, verleenen wy (deken ende 
capitele der kercke van Sinte RomboiUs) hun vuyt speciatder gra- 
tien volcommen oirlof, consent ende autoiHieyt,.... (mits) allen 
jaeren ien eeuwigen daege negen st. te key^smisse te betaiene,.... de 
ivelcke voo7^s . tiegen st. die voors. vanden ambachte ten voors. ter- 
myne ons te betaiene geoirloft hebben ende toegeseyt >. » 

j) Bonhvcrhcrs. 

Rekeningen van het bontwerkers of peltiers ambacht, van 
1690 tôt 1790. 

Register in-folio. 

3''-' Kleine ambachten. 
a) Hoedcnuiakcrs . 

I. « Resolutie boeck van het hoedemaeckers ambacht^ w van 
1760 tôt 1791. 

Register in-folio. 

II. Register in-folio, inhoudende : van 1605 tôt 1768^ de lijst 
der nieuwe meesters van het ambacht ; van 1605 tôt 1766, die 
der onde meesters en leerjongens ; van 1605 tôt 1768^ de reke- 
ningen van het ambacht ; van 1606 tôt 1619, de vonnisscn uitge- 
sproken door de dekens der hoedenmakers ; en van 1669 tôt 
1760, de namen der kramers die in derzelver ambacht verlangd 
hebben te komen. 

1 Fol. 18 ro en vo. 



— 141 — 

III. Rekeningen, van 1767 tôt 1795. 
Register groot in-folio. 

b) Mûleiiaars. 

I. « ROLLEN ENDE ORDONNANTIEN VANDEN ]\IOELDERS AMBACHTE. » 

Register klein in-folio, op parkement en op papier, gaande van 
1580 tôt 1743. 

II. « Rekening boeck van 't molders ambacht, w van 1766 tôt 

1795- 

Register in-4°. 

III. Rekening van ontvangst des watermolens, van 1665 tôt 
1681. 

Register langwerpig in-folio. 

IV. Item, van ontvangst en uitgaaf deszelven^ van 1681 tôt 
1682. 

Register in-folio. 

c) Lyntrekkers. 

I. « RoLLEN ENDE ORDONNANTIEN VANDE SCHIPTRECKERS CET TRE- 
GELERS NEERINGE, « Van I54O tot I713. 

Register in-4°, op parkement en op papier, met eene minia- 
tuur. 

II. « RoLLE VGOR DE NiEUWE NATiE, acngestclt iii de plactse vGU de 
gène voor desen genoemt lyntreckers . » 

Register in-4°, op parkement.— Deze rolle werd gQgQwew den 
27"^" october 1721, in vervanging der eerste, welke bij Keizerlijk 
en Koninglijk besluit^ zoo als men in dit register leest, atge- 
schaft en vernietigd was geweest nier saecken vande beroerfenende 
troiihelen voorsrevaUen biiinen de stadt van Mccliclen indc niaendt 
junii ijiS. » 



<b 



III. Dezelfde rolle, met twee nieuwe ordonnantiën van den 25^" 
augustus 1755 en den 21^" october 1771. 



— 142 — 

Registcr in-4", in druk uitgcgcven door Joannes Fraitciseits 
Valider Elst. 

d) Biirl-, Bak-, of Zakkedragers, 

I. Naamlyst vaxde weesters^ borgen en leerjongens der bak- 
DRAGERS, van 1686 tôt 1789. 

Registcr in-folio. 

II. « NiEU-NATIEENDE BUVLDRAGERS. « 

Registcr in-folio, van 1721 tôt 1795. 

e) Kordeivagenaars . 

I. ^' RoLLE van liet corde-waeglienaers ambacht. » 

Registcr groot in-4°, op parkcment en op papier, gaande van 
1548 tôt 1731. 

II. Naamlyst dergenen van het ambacht die deneedalsknechten 
in hetzelve gedaan hebben in handen der burgemeesters, van 
1727 tôt 1770. 

f) Hoveniers. 

I. " RoLLE VAN DE HOVENIERS, FRUYTENIERS ENDE MANDEMAEKERS 
AMBACHT BINNEN MECHELEN. » 

Registcr groot in-40, op parkcment, bcgonnen in 1619, en 
gaande van 1574 tôt 1773. — Onder de verschillende ordonnan- 
tiën van den magistraat, welke men in dit registcr aantreft, is er 
eenc van den 5^" januarij 1655, luidende als volgt : 

« Van nu voortaen (zullen) aile de gène liun generende met fruyt 
te vercoopen ende sact,... (hunne kramen) moghen stellen in de 
ysere Leine, met den rugge tegens de capelle van Sint Merien 
ende de herrebergJte hei Woid,.... ende dat insiilcker voegen ende 
manieren, dat de cracmen d'een ncffens d'anderen sullen gestelt 
moelen worden, hehoudens dat de inganglien van de Laine niet 
gesloten en worde. Ende en sullen de gène, staende met craemen 
in de Laine, niet vennoghen hunne huysen te openen ofte daer 



— 143 — 

inné te vercoopen op de dry icekclyhe mevcht dagJœn, als te iveten: 
di/nsdagh, donderdagh ende saierdagh ; ende sidlen alte andre^ 
niet staendemet craemen, vermoghen in hunne huysen vevcoopen 
appelen ende peiren, sonder nochtans in eeniger maniercn de 
straetente moghen benouicen ofte incomoderenK » 

IL « Resolulie boeck, » begonncn in 177/. 

Register zeer klein in-4°, waarin nog gegeven worden de 
namen der jongens die in het ambacht der hoveniers gekomen. 
zijn, van 1700 tôt 1765. 

III. Rekenixgex der gezworexen van het ambacht, van 1478 tôt 
1503, en van 1521 tôt 1549. 

Twee registers klein in-4°. 

IV. Rekexingex der dekexs, van 1683 tôt 1704, en van 1706 tôt 
1707 ; van 1707 tôt 1731 ; van 1731 tôt 1747 ; van 1747 tôt 1775; 
en van 1775 tôt 1795. 

Vijf registers in-folio. — Ziehier eenige uittreksels dezer reke- 
ningen : 

1700-1701 : « Item betaelt aen den hockdriicker Joannes-Fran- 
soes Jaye, voor eenigen bieleiten de drucken, om dat de onvry 
persoenen te loaerschouwen die niet 'crey en ivaeren in het 
amhaght, als dat sy maer eenen merdagh en Jtadden ora met 
gr'oenen icaer te mert te coemcn, Jiet icelclien ons den coeninckt 
ferlent hadde den 24 van deseniber 1700, soinme . . 1-10. » 

1 702-1 703 : « Item betaelt aen Jan de Cuel, belsneyder, voor het 
belt ofte vieguer van sinten Anthonies op den stockt te versieren, 
daer den cnaept mede inde processen te gaen, (sic) ende den stockt 
vereert van het sterfhuysvan men Heer paestoer Pauwels, icoen- 
achtigh by de siadt van Ghent, de somme van. . . . 2-10. » 

1 733" 1734 • « Item betaelt aen Blancar, voor de schildery te 

malien, per quit 30 guldens. ï^ 

a Item betaelt aen lyst ende doeck 10 guldens. -o 

ft Item verteert als loy de schildery opgedaen hebben, ende myn 
deken Verhuyck herschildert is 2-2 1/?. » 

1 Zie fol. 9S en 99. 



— 144 — 

1739"! 74° * (^ //t';?i hctaelt aen vamlen Eynde, (Jan-Baptist) 
scliUder,voortuytJianghhert vanden Moor te schUderen 3-17. » 

1767-1768 : « Item hetaelt voor het maecken van eene nieuwe 
schilderye, verheldende ses porlraicten, hy quitlancie 60 guldens. » 

a Itembetaelt aen den doeck tôt dcse scliilderye aen Philippus 
van Camp, hy quittancie 3-18. « 

« Item hetaelt aenJ: F: Yalckœ, voo)- Jiet vergidden van den lest 
van de schilderye, per quittantie 4 guldens. » 

« Item hetaelt voor het maecken van een raem voor de schilderye, 
hy quittantie 5-12. » 

1774-1775 : a Item hetaelt aen het v.rteir in H nemen der reso- 
hitie tôt het maecken van den nieuwcn gevel van desen amhaghts 
huyse den Moor 3-9. » 

1776-1777 : (( Uytgeef ende hècostinghe vanden voors. houw, 
gestaen aende Groot-Briigge, hcloopt op sesthien liondert acht en 
vyftigh guldens, tiuee oorden. » 

V. Verkoopingen van allerlei groenten en fruit, gehouden in 
de arabachtskamer der hoveniers, van 1745 tôt 1785. 
Resrister in-folio. 



'&' 



g) Kousenmakcrs. 

L a ROLLEN VANDEN COUSMAECKERS AMBACHTE. » 

Register groot in-4°, op parkemcnt, gaande van 1574 tôt 1785. 

ÏI, u Rekenboecken van het kausmakers aimbach, » van 1520 
tôt 1541, 1543-1545, 1548-1556, 1563-1569, en 1571-1574; van 
1604 tôt 1658 ; en van 1658 tôt 1704. 

Drie registers in-folio. — In het laatste dezer registers vindt 
men het volgende aangaande de van de leerjongens vereischte 
proeven, om als meesters in het ambacht aangenomen te kunnen 
Word en : 

a Om te heginnen, moet men voor eerste snyden het clynste 
paer, lanck seynde vyf virendeel en half; aen de clincken moet 
weyt seyn ruym dry taillien ; de hrayen een virendeel vande 
nepe; vande hraye lot, de bille, moet heoch seyn onderhalf viren- 
deel, ende hreet onderhalf virendeel ; vande dye moet men de 



— 145 — 

bille hcginnen te rondea hray locys ; inden bani, moet sy wcydt 
loesen een half elle; het cnveersel moet diep seyn eea vircndeel; 
vandencant geteekent een halfvirendeel. n — a Het groolslepaer 
moei lanc/i seyn onderlmlf elle, ende 7iaer advenant icat loyer op 
seyn mate; het caveersel moet dicp seyn Vil laillien, ende elck 
naer advenant. » 

« Voor het visenteren vande proef, te loeysen trecht elcken deken 
10 stuyvers, is voor de Iwec dekens ter somme van . 1 gl. 12 st. 

De busmeesters, met den cappel meester, Irccken elch 13 st., 
compt hundryen de somme van 1 gl. ID st. 

Benknaeptreckt voor seyn paert y) st. ^ » 

III. « Leerkxechts boeck, ivaer uyt nien ca)igevinden, zvelcke leer- 
knedits atu hmiiie nieesiers hebben voldaen, en zvelcke oock niet en 
hebben voldaen. » 

Register kleiii in-4", gaande van 1634 tôt 1705. 

h) Kidpcrs. 

I. ROLLE EN ORDONNANTIËN, Vau I561 tot I568. 

Register klein in-4°, op parkement. 

II. a Ambachs boeck, ji inhoudende de privaat-zaken van het 
ambacht, deszelfs jaarlijksche rekeningen en kamervergade- 
ringen. 

Register in-folio, gaande van 1725 tot 1795. 

i) Schrijiiwerkers. 

I. RoLLE EN ORDONNANTIËN VAN HET AMBACHT, gaandc van I573 

tot 1833. 

Register in-folio, met ecne oude daarbij gevoegde miniatuur. 
— Om als meesters schrijnwerkers aangenomen te worden, 
moesten de knechten, naar eene ordonnantië van den 14^" mei 
1781, het volgende meesterstuk maken : 

ce Eene commode met vier cromme deicren, welcke, soo er de 

1 Zie fol. 379 vo, en 3S1 vo. 



— 146 — 

schwji'cn w/l genomen syn, client voo)' een iafcl bufj'et. — Dal aile 
vier de deuren sullen moeten opendraeyen sonder leden ofte 
fltzen. — Dat de voorste onde middelsle deuven sullen moeten 
gesloten syn met soodaenig slot, dat ondcr ende borcn, ende te 
midden loer'cht, meermaels genaemt cenpioen slot. — Vat de dry 
schuyven hinnen de deui^en sullen va^i voor Jiebhen den canfour 
gelyck de dciiren, ende in een geioercîH met verhorgen swaelkem 
sleerten. — Dat de zey en aclUer stucken van de voorschreve 
schuyven sullen de dickte hebhcn van vyf quaert duyms, ende de 
booms van dry quaert duynis, ende aile liggende in hunne groeve 
sonder naegelcn. — Dat allen de leysten moeten gesieecken ende 
gecornist zyn volgens grond ende profil. — Dat in den onder- 
leyst ofte plini van het loerck moet gevonden icorden eene ver- 
borge schuyve, ende de selve in een gewerckt, gelyck de andere. 
— Dat den achierrugh, soo loel als de deuren van binnen ende 
buyten, moet in een versteeck ende met leysten bewerckt syn, dogh 
het selve can gedaen tvorden seer simpel. — Dat aile het steeck- 
tccrck sal moeten gemaekt wordcn van den proefmeester selve)\ 
sonder daer iet door den beeldhomver ofte ciraet snyder te mogen 
laelen by voegeoi, dan alleenelyck iiytgenomen de roseitoi, die sy 
door een ander sidlen mogen laeten verwercken. ^ » 

II. Rekeningen der dekens van het schr\ts^werkers ambacht. 
Twee registcrs in-folio, gaande van 1653 tôt 1706, en van 1706 
tôt 1795. 

j ) / 7asver/coopers . 

ROLLE EN ORDONNANTIKN VAN IIET AMBACHT, gaanda Van 1677 

tôt 1791. 

Register groot in-4% op parkement, met eene miniatuur, 
verbeeldende den H. Blasius, patroon der vlasverkoopers. — 
Verscheidene vellen ontbrcken aan hetzelve. 

k) Oiidekleerkoopers. 
I. Olde rollen en ordonnantiën VAN HET AiiiBACHT, gegeven 

1 Zie fol. 74-7). 



— 147 — 

den 13^" october 1483, en den 16'^" december 1577, waarvan de 
eerstedegezworene schrijvers van hetzelve, en de andere deszelfs 
leden raakt. 

Twee rcgisters groot in-4'^, op parkement. 

IL Afschrift dezer laatste. 
Register in-folio. 

III. NiEUWE ROLLE, gcmaakt den 9'^" mei 1689. 

Register groot in-4°, op parkement, begonnen in 1767, en 
verrijkt met eene zeer oude en schoone miniatuur, welke later 
daarbij gevoegd is geworden. 

IV. Afschrift derzelver, 
Register klein in-folio. 

V. (^ LiGGER » of lijst der in het ambacht der oudekleerkoopers 
aangekomene personen, van 1566 tôt 1787. Register in-folio, 
voerende voor opschrift : « Desen Ligger is eerst begost ende 
geniaeckt by Jasper Besscuieers, decken înt jaer ons Heerai diisent 
vyf hondert sessenisesticli, als die kerken binnen Meclielen ontstucken 
gesnieleii waeren, ende is nu verandert ini jaer ons Heeren sestien 
hondert ende een by Tielnian Sloets, dienende als doen ter tyt het 
voorscreven an^bacht. » — Het register sluit met den inventaris 
van al de ambachtsmeubelen, gemaakt den 29*^" j'-^i'^ij 1629, 
waarin, onder menigerhande voorwerpen, de volgende aange- 
teekend staan : 

« In den eersten onsen patcroen S. Quiri/n, met 2 icilte saeyen 
gordeynen ende omloop. — Een schilder van oUxerf, eenen tolle- 
ner. — Een moerken, gesneden van liout. — Yoor schou, een 
schildery van oliverf, Caeyeln ende Abel. — 8 spaensclie manstoe- 
len, ende 4 vrouwen sloeien. — 4 kinder dryvoeihens, met een 
voet schahelleke. — 3 conter fcy sels, daer onder een van Ysehranl 
vanden Riel. — Een kiste met yseren banden,daer in i.s allen doude 
rollen ende hriven van danibach. — .V silveren be/icrs, daer op 
geschreven siaet den naem van Ysebrant vanden Riel. — Eenen 
houten Jésus. — Voer dander scliou, een schddery van oliverf, 
het conlerfeytsel van sommighe ouders, met een grunen gordyn. 



— 148 — 

mel een yseren gercle. — Een schildery waterverfranden ryken 
mcm. — Een laey met eenen voel, daer in is het pellen vandcn 
amhach. — 2 roey saeyen mantels, melriemen, voe?' de kersdra- 
gheis. — Eenen peyl voer den cnaep. — Ilcm toi rat van avon- 
ture, een fortuna, met 8 hoeyen, 4 voirschoeyen, 8 lobten ende 
craghen. — Ite^n een hlaf^oen, daer op geschlldert is Ste Quyryn. — 
Item nocli tivee btaesoenen, daer den keyser Carolus, met de 
keyserinne, op gJieconter/eyt is. — Item twce coeperen brandey- 
sers, met tivee witten lyioaeten cousen. » 

VI. « Rekeningen der dekens van het x\mbacht, gaande van 
1703 tôt 1766, en van 1766 tôt 1787. 

Twee registers in-folio. — Ziehicr cenigc uittrekscls der- 
zelver : 

1732- 1733 : « I/cni acn N. Sniyers, scilder, voor de scildery, met 
den dock 68-16. n 

1735 : u Item bctalt acn Sr. Snieyers, voor het schilderen van 
Angnstîniis Vanden Bcrg/i, ende Jasper Verberckt, (dekens van 
het ambacht) 21 gtddens. » 

(( Den /-/ july IJJJ, bclaelt aen Louis de Visscher, voor het 
klccdcn der figneren van het radt van avontueren voor het dtiysent 
jacrighstc jubcl jacr van den H. Runioldns, volgens quitantie. 
35 guldcns ' . w 

1) Barbiers en ÏVondheelers . 

I. Rollen en ordonnantiën van den 20*^" julij 1534, van den 
29*^" raei 1623, en van den 29*^" mei 1684. 

Drie registers in-4° en in-folio, op parkement. — Het laatste 
dezer, verguld op snee, is versierd met het wapen van het 
ambacht, en voert voor titel : « Rol-bocck van het chyrurgyns 
ambacht anno 168^, n 

II. Lyst der meesters en der leerjongens van het ambacht, 
gaande van 1438 tôt 1725, en van 1545 tôt 1649. 

Register klein in-folio, verguld op snee en verrijkt met twee 
gekleurde teekeningen, verbeeldendc : de eene, de patronen 

1 Zie fcl. 25 vo. 



— 149 — 

van het ambacht, de HH. Cosuias en Damianiis ; de andere, 
deszelfs wapen. 

III. Lyst der knapen en der vrymeesters van hetzelve, alsmede 
deszelfs rekeningen. 

Register langwerpig in-folio, gaande van 1477 tôt 1656, 1560 
tôt 1664, en i6or tôt 1672. 

IV. " Rekeningen vant chirurgyns ambacht. » 
Register in-folio, gaande van 1706 tôt 1771. 

m ) Tapytwerkers . 

I. « Rekeningen der dekens van het haire tapyt-werckers 
ambacht. » 

Register in-folio, gaande van 1766 tôt 1795. 

n) Handschoen-,Tasschen-, Witleer-enRiemmakers, of Blikslagers. 

I. Rollen en ordonnantiën, uitgegaan in 1449, 1453, 1545» 
1554 en 1563. 

Twee registers in-4" en in-folio, waarvan het laatste,begonnen 
in december 1750, voor titel voert : « Rolle van 't Handsdiocn- 
niakers en Blcckslagers mnbacJit. » 

IL Lyst der meesters en leerknapen des ambachts, van 1544 
tôt 1631, en 1531 tôt 1642, sluitende met de rekeningen van 
hetzelve van 1553 tôt 1795. 

Register groot in-4'^, waarin men, aangaande de aanbesteding 
van twee schilderijen, gedaan door de handschoenmakers den 
30*^" augustus 1550, het volgende leest : 

« lut jaer ons Heeren Jesu Crisli doemen screef duysent wjf- 
hondert en vyftich, int jaer van JubUeen, soo syn de ghesivorene 
mellen Deken vanden ambachie vanden Hanscoemakers verghert, 
oin haer la fêle te besteen,... cnde syn a/s doen minntlycken (sic) 
met malcanderen vergherl gheweest int Leeuken over de Groote- 
brugghe meiien scUdere, te wefen meester Ghelaiudi, (sic) en 
hebben ats doen ons ta fêle bestcet te scilderen, en daer inné te 
stellende légende l'an onsen patroon sinte Gummae7\ en dat met 
S. A. M. 10 



— 15° — 

seker condicien hier naer volghende. Te loeiene, inden iersien, dat 
liy sal legghen goede, scoone, vaste werven, en soo binnen inde 
ta fêle sal maken de voorseyde légende van onsen 'pairoon, en dat 
hy die lysten binnen sal vergulden met goeden, fynen goude ; 
ende noch moet hy van buyten stellen op de dore tivee groote perso- 
Qiasyen, te ivelen : sinte Gommaer ende sinle Rombout, ende daer 
int middene eenen boom, en boven de hoofden vanden voorseyden 
■personaesyen moet hy noch maken joey en metten ivapenen vanden 
ambachte daer inné hanghende. Ende ditte al te samen, te iveten 
datter buyten op de doren staen 'inoet, en derf hy maer maken 
van loitten en van sioerten verioen, ende de lysten, die buyten aen 
de doren staen, die moet hy maemoren oft swert maken, met een 
cleyn boordeken van goude daer roût omme loopende, e^i noch soo 
moet hy het samhmyit datter boven omme loopt, ende den voet 
daer die tafele op staet, mede stofferen, alsoo dat het behoort. En 
noch soo moet hy ons 7iiaken een stuck doeck scilderye, métier 
Verrysenisse daer inné ; en ditte al te samen, hebben wy hem 
besteet te maken voor de somme van. XII. pont vlems, en dits noch 
voorioeerde, als dat hyse moet voldaen hebben teghen sinte Gom- 
maers dach anno. LI i. » 

o) Leertouwers. 

I. il ROLLE VAN DE LELR-TAUWERS. » 

Register in-4°, op parkement, inhoudende derzelver rolle^ 
vernieuwd door den magistraat den 29*^" november 1656, alsmede 
eenige requesten en sententiën rakende dit ambacht en dat der 
huidevetters. 

p) Kfiopmakers. 

I. RoLLE DER KNOPMAKERS, vemicuwd door den magistraat den 
2*^" october 1656. 

Register klein in-4°, op parkement, inhoudende twee water- 
verwen, verbeeldende den Zaligmaker aan het kruis, en don 
H. Libertus, patroon van het ambacht. 

1 Ziet fol. 166 \° en 167. 



— 151 — 

IL ReKENIXG EN LEERJONGENS BOEK VANHET AMBACHT, Vail 1656 

tôt 1744. 

Register klein in-4°. 

III. Leerjongens BOEK, van 1683 tôt 1794. 
Register klein in-4''. 

E. 
GILDEN. 

1° Oude voetboog. 

I. t( Ordonnantien ende kesoi^xjTVE^ gei^aemt etide gestaiueert by 
de coninck, hooftmans , dekens ende auderlinghen van Sint Joris 
Gidde, den Edelen Anden Critysboghe genaemt. n 

Register in-folio, van 1626 tôt 1737, waarin daarenboven nog 
te vinden zijn een octrooi der xv^, en vier vonnissen van de xv^ en 
de XVI" eeuw, alsmede de « Staet ende inventaris van aile bescheeden 
ende documenten raeckende deze gidde . » 

IL « Sententie-boek der gulde van den ouden kruys-boog te 
mechelen. » 

Register in-4°, op parkement, van 1433 tôt 1564, aanvangende 
met het règlement en den eed dezer gilde, vastgesteld door den 
magistraat in maart 1432. 

III. Lyst der gildebroeders die, onder den naam van dood- 
schidd, eenlegaat aan den ouden voetboog gemaakt hebben, 

Register klein in-4°, inhoudende de kantteekeningen der vol- 
gende voorname personen : 

Florys van Eghmont, Jiecr tôt Yselsteyn ende Creyndonck, grève 
van Bueren [1^2.6). — ^ofrycht grève vander Marck, grève van 
Arenberch, heer van Boechout en van Hwnbeke {1^16). — Yewaen 
VAN CoRTENTBACH, rlddeve, Jieer van Keirbergh (1519). — J. 
vander a a, riddere ende scoutyt van Mechelen (1508). — Anthonis 
VAN Oeyenbrugghe (1518J. — Jan van Ste^tœmoelen (1519). — 



^s 



— 152 — 

Aert van DiEST, riddcre, hecr van Oppuerse (1518). — Joos 
vanOeyenbruggiie(i5i8). — Claus Oudaert, heervanden Sleene, 
onder Eelwyt (1523). — Jan van Cortenbach, rîddere, heer van 
Vrenide (1516). — Adolf vander Aa (1522). — Jan vanden Dalle 
(1516). — Antiionis Hoots (1515). — WouTER Bertout Duffele 
(1517). — François Dongnyes, seigneur du Ouesnoy (1518). — 
Jehan de Wassenare (1518). — François de Borsselle, seigneur 
de Corikien (sic) 1518. — Jehan de Hesdin, maistre d'hostel de Ma- 
dame de Savoy e{i^iQ). — Jan Keldermans, secretaris des conincx 
(1518). — Jacop van Afscheye, drossaet tôt Keerberghen (1519). 
— RoMBOUT Keldermans (1516). — Aert van Merode (1529^. — 
Hans Poppenruyter (1530). — JEHKN DE Gyios, seigneur de Scoepe- 
//cm (sic) 1538. — Remyde Halut (1538). — Mathys Crouser 
(1549). — Jehan Busleyde (1550). —"'Jan Schoof (1551). — Ghe- 
rardt Wellemans (1558). 

iv. a gulde-broeders van sint joris gulde, den edelen auden 
CRUYS- BOGHE genaemt^ . . . soo die den. j. Apr. 1622 vanden eedt 
waeren, als die fzedert aengecomen syn . » 

Register iii-12", verguld op snee. 

V. " GuLDE-BROEDERS van den OUDEN EDELEN KRUYSBOGE BINNEN 

DE STAD MECHELEN w. Haiidschrift dczcr ecuw van den Heer Jan- 
Baptist Ryuienans, in vier deelen in-8°, gaande van 1575 tôt 1777; 
van 1700 tôt 1724 ; van 1725 tôt 1749 ; en van 1750 tôt 1793. Het 
ecrste dezer deelen verzendt naar de bewijzen. In de drie andere, 
vindt men verscheidene acten en aanteekeningen aangaande de 
volgende schuttersfamilien : 

W.^ v>Y?i. '. Hasselmans (N°* 15 en 31) ; van de Velde (N° 21); 
Verhaghen i^N° 28) ; van Dyck (N° 38) ; Beiram (N'^ 40) ; Wouters 
(N° 53) ; Vermeulen (N° 59) ; de Regere (N° 88) ; Bleyckaerts 
(N° 109) : Broersi^"" 112); Colib^-ani (N° 117) ; Bosselaer (N°ii8) ; 
de Brouwer (N° 120) ; van der Strepen (N° 121) ; Scheppers 
(N° 123) ; de Croes (N° 126) ; en Verberght (N° 133). — IIP deel: 
Ryckaert (N'^ 142) ; van den BergJi (N*^ 153) ; Morissens (N° 163) ; 
van den Nieiiwe^ihuysen (N** 165) ; Hagaerts (N'' 169) ; Hosselet 
(N° 171 j ; Bernaeris (N" 173) ; Broers (N° 176) ; Bogaerts 
(No 184); en Rossignol (N° 190). — IV^ deel : Verberckt (N°* 193, 



— 153 — 

238 2." en 257 j ; Rousseau (N'^^ 195 en 233 2"] ; de Hondt ; X'' 197) ; 
Morissens (N" 198; ; Blyckaerts (X'^ 199 ; Allemans (N° 203) ; 
Z)^ F(95(N** 205; ; Marcelis (X°2o8); van der Meeren (X'^2ioj ; van 
der Rivîeren (X° 215) ; Adriani (X'^ 218) ; Morissens (X°22i;; 
Rymenans (X" 222); Dancréi^^ 225) ; Fay d'herbe iX*' 226; ; Or ion 
(X''^ 227 en 280) ; van den Nieiiwenhuysen ,X'^^ 228 en 241) ; de 
Backer fX° 229) ; Meerbeeck (X° 231) ; Calibrant ^X'^ 233; ; le Fe- 
bure (X'^236; ; Geens (X*' 238) ; vaji Diepenbceck (X"^ 240, 241 en 
249) ; Neefs (N'"' 242) ; VVaefelaer (X^ 248. ; Caluwacrfs fX'' 250 
Bernaerts (X"^ 251 en 269 ; Scheppers (X'^ 254); De Cocq (X° 255; 
de Laddersoiis (X'' 260, ; Baens (X" 266) ; /^ Clercq (X° 267) 
Fransquin (X°^ 268 en 276) ; t'rt/ï den Nest (X'' 271) ; Biiydens 
(X° 272) ; De Noter (X'^ 273) ; Ryckmans (X'' 2741 ; Pé'/// fX" 277 ; 
Verniylen {^'^ 283) ; ^;^ Mertens (X° 284). 

VI. Rekemxgex DER GiLDE, van 1512 tôt 1514, 1520 tôt 1522, en 
1575 tôt 1595. 
Register in-folio. 

2*^ JOXGE VOETBOOG. 
I. «LyST der OVERHOOFF.MAX3, DEKEXS EXDE GESWOREX SCHUTTERS 

VAX SDsT JoRis GULDE, die nieii lieet den Jonghen Boghe n , van 1441 
tôt 1554, en van 1535 tôt 1668, voorafgegaan van den eed en het 
règlement, gegeven aan deze gilde den 10'^''- februarij 1493, en 
gevolgd van de kaart voor het landjuweel, uitgeschreven te Rot- 
selaar den 9''" april 1562. 

Register klein in-folio, op parkement en op papier, opgeluisterd 
door eenige wapens en de halsketen van den Jongen Voetboog, 
waarin men het volgende leest aangaande de aanbesteding eener 
schilderij, gedaan door deze gilde den 2*^° januarij 1602 : 

« Op heden desen iweeden january anao X VI"^ ende tiveen, soe 
2yn tergaedert geweest opde guide camere l'an Sint Jorisbinnen 
Mechelen Heer Jan van Wachtendonck, ridder, eiide den Eerzae- 
men Rombout Huens den jonghe, rentmeester der l'oirs. stede, 
respective hooffûian ende onderhooffman, ende dese naevolgèndo 
dekens vajide voirs. guide, te ivetene : Thielman Stoots, Jan van 



— Ï54 — 

Upcele, Cornelis van Thuernault ende Jan de Man, ter eendere ; 
ende hebben al tzaemen besiedt zekere siuck schilderye van olie- 
verwe, loelck staen zal opde voirs. guldecamere voir de schoiiwe 
aldaer, aenden Eerzaemen Joris Disson, guldehroeder ende schil- 
der van zynen ambachte. Ende dat op dese naevolgende condilien 
ende poincten, te ivetene : dat den voirs. Joris Disson zal aen- 
veerden te maecken van olyevertve een schoon iafereel, waerinne 
hy scJnlderen zal den Edelen Ridder Sint Joris in zyn voile liar- 
nas te peerde, bevechtende den draeck, beneffens Ste Margue- 
rite, met het Lammeken ende dat daeraen cleeft. Ende voirts es 
ondersproken, dat den voirs. Joyns Disson inde voirs. tafel zal 
moeten contrefeyten de voirs. hooffiiedens, dekens ende oick de 
voirn. guldebruers tôt LX^. in gelaele, suclœ hy daer van zyn eere 
wil betreffen ; ende en zal daer v:oiren vande voirs. guldebruers 
nyet voir heyssclie, dan tg/iene vuyt goeder goenste hem zovde 
onogen gegeven woirden. Voirtz zal hy nemen ende gebru'ycken 
die beste venoen, die hy zal connen becomen, ende zal gehouden 
zyn de selve schilderye... te beghimien, soe saen de voirs. dekens 
vande guide hem sullen leveren het panneel, ende dat aff^naecken, 
sonder andere grove wercken te aenveerden ; ende zal tselve tafel- 
reel moeten schilderen op de voirs. camer vande guide, alwaer 
hy zyn leerjonghers sal moghen houden te wercke. Voir aile welcke 
conditie ende voirwaerde, hebben hem de voirn. hooffiiedens, 
dekens, belooft endebeloven mitz dese,... dat den voirn. Joris vry 
zal wesen vande ivachte vier jaereyi lanck.... » 

II. Lyst der hoofdmannen en leden der gilde, van 1458 tôt 
1792. 

Afschrift dezer eeuw in-folio, verrijkt met een groot getal 
wapens en vier teekeningen, verbeelclende hunnen hof en het 
gildehuis, alsmede eenen schutter en het schieten naar den 
koningsvogcl. 

III. « Resolutie boeck. » 

Register in-folio, gaande van 1722 tôt 1794. 

IV. Rekeningen, van 1750 tôt 1796. 
Register in-folio. 



- 155 — 
3'' Handboog. 

I. « PrIVILEGIEN, ROLLEX EXDE MUJS'DIENTEN VAN DIE VANDEN 
EDELEN HANTBOGHE. » 

Register in-folio. 

IL Règlement voor de gilde van den handboog der maand 
maart 1432. 

Register klein in-4°, op parkement. — Handsciirift der xvi^ 
eeuw. 

III. " VONNISSEN, NOTITIEN ENDE STUCKEN DE SELVE GULDE AEN- 
GAENDE. » 

Register in-folio, waarin onder andere stukken bet volgende 
gevonden wordt : 

« Op heclen desen dryentwintichsten dach der maent fehruary 

inden jare sesthien honderi ende zesse, hebben de compa- 

ranten CorneHs van Paeschen, onderhooffman, Jan Goriens, 
coninck, Goiris Goytens, Willem de Somere, Henrick van Im- 
meseele, deeckens der guide van Sinle Sebastiaen, besteet te ma- 
ken aen M^' Laureys Lanckmans, schrynicerclier binnen die stadt 
Anttverpen, cenen tuyn oft afsluytinghe aen Sinle Sebastiaens 
capelle in Sinte Eomboids kercke, ende die zelve te maecken con- 
form gelyck den tuyn ende afsluytinge is vanden Jonghen 
Hantboghe, staende in onser Liever Vrauwen kercke binnen die 
voorschreven stadt Anttverpen, met condiiie nochtans .• dat zy 
comparanten tôt den voors. tuyn ende afsluytinghe leveren zul- 
len die metalen pileren, soo heele als halve ; maer hy comparant 
zal maken ende leveren die reste, te ivetene : ses gesneden termen 
met gesloten ermen, de coockers ende peneelen, gesneden met 
alsulcken figueren ende werck, inder manieren ende gelyck die 
vanden voorschreven tuyn tôt Ayitwerpen innegeleyt zyn. De vase 
moet gesneden zyn met cromme knodden ende ses leeuwen hoien, 
om. ringeyi te voeren, ende boven dyen op die vase te stetlen ses 
pedistalen, ende op die zelve met ingeleyt haut maken alzidcken 
wapenen, als hem, comparant vande comparanten gelevert zullen 
worden. Lie dore vande voorschreven tuyn oft afsluytinghe moet 



- 156 - 

int midden gestelt worden, tvel shiy tende met een goet slot... Item 
hinnen den voorschreven tuyn oft afsluytinghe is den comparant 
oock gehauden te maken twee schabel bancken ter weder zyden 
vande duere hinnen den tuyn oft afsluytinghe. Ende aile dit 
werck is hy comparant sclmldich ende gehauden te maken loffe- 
lycken naei" den hcysch vanden loercke, ende van yoet, schoon, 
drooch wageschot, onder eœpresse conditien, dai den voorschreven 
ihuyn oft afsluytinge hooch moet zyn ses voeten ende eenen hal- 
ven, ende lanck iwintich voeten ende ses duymen. Ende dit tverck 
is bestayt ende aengenomen te maken, te leveren ende te stellen, 
voor die somme van twee hondert ende vyftich giddens, mitsga- 
ders eenen doeck voor zyne huysvraince, daer can zy haer beloven 
zal... » 

IV. Rekeningen gedaan door de dekens der gilde, van 1560- 
61, 1570-72, 1575-76, 1583-84, 1586-88, en 1624-25. 

Register in-folio. 

V. Rekeningen der kapelmeesters, van 1724 tôt 1788. 
Register langwerpig in-folio. 

VI. « Memorie van de gulde van den edelen hantboghe. » 
Register in-folio, inhoudende : 1° de namen en voornamen der 

overhoofdmannen (1439-1775); der onderhoofdmannen (1439- 
1767) ; der overdekens (1585- 1784) ; der koningen (1585-1775) ; 
der dekens (1585-1785) ; der vaandrigs (1585-1775) ; der ser- 
janten (1585-1784) ; der kapelmeestcrs (1585-1766) ; der kna- 
pen (1585-1768) ; der kanoniken, leden der gildc, (1585- 1779) ; 
dcrzelver kapellanen (1671-1782) ; en der gildebroeders (1585- 
1784). — 2" de résolu tien der handbooggilde, van 1703 tôt 1787. 
Register in-folio, verrijkt met eene menigte gekleurde wapens, 
gemaakt naar het oorspronkelijke dat in de boekerij van den 
Heer de Vricre-Neeffs berust. 

\^II. (( P01NCTEN ende articulen op eenighe onsekere vervallen 
van oiiden tyde gJieobserveert ende onderhonden toeconiende der cap- 
pellen vanden edelen Ridder Ste Scbastiaen, patroon der guide vanden 
edelen hantboghe. » 

Register langwerpig in-folio. 



— 157 — 

4- KOLVENIERS-GILDE. 

I (' Regle:menten ende costuymen voor de caloveniers gulde 
BiNNEN DE STADT MECHELEN, over aile Iiaerc qfficien, jnrisdidie ende 
aduiînistratie van justicie, mitsgaeders aile haere privilegien ende 
constitiUien,... vernieuwl ende geamplieert . . . ten jaere 1j2g.11 

Register in-folio, opgeluisterd door eenige gekleurde wapens 
en eene waterverf, verbeeldende den H. Christoffel, patroon 
dezer gilde. — Op fol. 160 en 161 van hetzelve, leest men het 
volgende rakende eene schilderij en het beeld van voornoemden 
Heilige, gemaakt voor de Kolveniers in 1629 en 1652 : 

« 1629 : is gemaeckt het groot schauivstuck van rueester Jan de 
Boillon, (sic) daer voor gehadt van schilderen dry hondert dertig 
giddens, ende aen panneel ende aile andere costen hondert dryen 
deriigh guldens, twelf sttiyvers en halven, i'saemen betaelt by de 
giddebroeders, die op fseive stuck staen uylgebeldt, de somme 
van vier hondert ticee ensestigh giddens, iwelf stuyvers, volgcns 
den ouden rekenboek, fol. 28. » — Ziet Catalogue du Musée de 
Malines, p. 12, N° 13. 

« 1052 : is gemaeckt door meester Dirick van Eyck het silvere 
beldt van Ste-C/iristo/fel, ivegende in silver hondert oncen ende 
negen engelsche, met faitsoen, Vsaemen vyf hondert iwintigh 
giddens, seventhien stuyvers ; ende den (sic) hebben hauten voet 
met silvere plaeten beslaegen, met het graveren der naemen van 
de guide broeders ende aile andere oncosten, i'saemen vyf hon- 
dert Vseventigh guldens, vyfthien stuyvers, etn blanck waer inné 
den Heere hoofman Cosmaes van Prant heeft betaelt by syn legaet 
ende jonste van syne vrouw baronnersse de somme van dry hon- 
dert dry en dertigh guldens, eenen stuyver, volgens den aude^i 
rehenningh boeck, fol. 228. » 

IL <i Resolutie boeck der coloveniers gulde, begonst van den 
jaere IJ2J. » 

Register in-folio. 



- 158- 

5" SCHERMERS-GILDE. 

I. <' Règlement ende costuymen voor de schermers-gilde bin- 
NEN DESE STADT MECHELEN, over aile Jiciere officien, jitris-dictie ende 
administratie van jitstitie, mitsgaders aile haere privilegîen ende 
conslitutien.., vernîeviwd ende geaniplieert... ten jaere ijjj. » 

Register groot in-folio, verguld op snee, waarin mcn daarcn- 
bovcn nog vinden kaii : de lijst der overhoofdmaniicn (1618- 
1787); der onderhoofdmanncn (1618-1790); der koningen (1618- 
1775) ; der alpherissen (1618-1791) ; der overdekens, dekens, 
kapclmccsters, serjanten, schermmeestcrs en andere regeerders 
dezer gilde (1618-1795) : der kapellanen (1753-1778 ; en der 
knapen (1753- 1789). ^ 

IL « ReSOLUTIEN GENOMEN BY de SCHERMERS-GILDE BINNEN DESE 

STADT MECHELEN, ovûr allé saecksn de selve gilde raeckende, niits- 
gaeders der vonnîssen bij de selve gilde gegeven lot laste van haere 
confreers ende andere wachUnannen, begonst anno IJSJ- " 
Register groot in-folio. 

6° VlJF GILDEN. 

I. <i Privilegîen, ordonnantien ende statuten rakende de 

GULDEN DESER STEDE ENDE PROVINTIE VAN MECHELEN. « 

Register in-folio. 

II. Ordonnantien rakende de vyf gilden. 
Register in-folio. 

III. «GuLDE-BOECK der STADT MECHELEN. w 

Twee registers in-folio, begonnen het eene in 1605, het andere 
in 1656. 

IV. <( GeNERAELE VERGAEDERINGE PLAETSEN DESER STADT MECHE- 
LEN. » 

Register in folio, gemaakt in 1669. 

1 Ziet fol. 413, 417, 421, 422, 424 en 446, 470 en 472. 



159 



REDERIJK-KAMERS 

I°ReDERIJK-K AMERS IN HET ALGEMEEN. 

I. « Statuten ende ordonn ancien der cameren van RETHO- 
TiijcKE BiNNEN DEZE NEDER-LANDEN, imiegliestelt dcii 20 mecrt 1492 
tôt Mechelen, door Philips den Schoonen, die de selve augmenteert 
ende confirmeert den lesten november 1505 ; loelcke ook confir- 
meert Maxirnilian, Room&ch Keyser, ende Carel, Arts-hertogh 
van Oosienryck, 20january 1507, hinnen Mechelen voors.; loaer 
naer de selve oock ander mael gheconfirmeert zyn door Yrauice 
Margarite, moeye vanden voorn. Arts-hertogh Carel, tôt Meche- 
len 7 meert 1511 ; de loelcke andermael vernieuwt ende ghecon- 
firmeert zyn hinnen Mechelen hy de voorn. Keyser Maximilian 
ende Arts-hertogh Carel 24 meert 1512. » 

Register groot in-4°, op parkement. 

2.^ De PlOENE. 

I. <( OrDONNANTIE VOOR de GILDE VAN SINT JaN, GHESEYT DE 
PEOENE, BINNEN MECHELEN. » 

Register in-folio. — Beneven deze ordonnantië van den 22^" 
september 1620^ vindt men nog in hetzelve eenige resolutiën, 
gaande van 1687 tôt 1792. 

IL « Camerboeck van de redenrycke gulde VAN siNT Jan, ge- 

HEETEN DE PEGEN-E. » 

Register in-4<^, waarin gegeven wordt het volgende uittreksel 
des testaments van M"" Nicolaas Andriessen, gemaakt den 24^" 
september 1638 : 

« Item laet, tnaeckt ende legateert aen die van de guide oft con- 
frérie vande Peoen, indien hy testateur als onderhooffman compt 
foverlyden, ende dat de selve alsdan noch in esse e^ide vollen 
eœercitie is, eenen silveren croes van tiointich guldens loecrdich, 



— i6o — 

mits den Heere cappellaen op aile principaele vergaederingen der 
selver guide over iaeffel, onder de orcUie lesende eenen de pro- 
fundis, ende hy de geraeyne guide broeders ende andere aldair 
présent, eenen pater noster voor syne siele. Ende dat voorts opten 
zelven crocs sal icorden gesteken syns testateurs ivapen ende ordi- 
naris divisie, om Vzynder tnemorie opte camer beioaert te icor- 
den '. » 

III. Lyst der leden van de s. Jans-gilde, bygenaamd de 
PiOENE, aanvangende met de woorden van den H. Joannes « In 
PRiNCiPio ERAT VERBUM » waarop deze acht verzen : Hier syn se 
nieest by naem en toenaem gJieschreven — Die ans voorsaten in 
Sint-Jans Guide icaren, — Mit^gaders de gfiene die noch syn int 
leven — En noch daghelyckœ gheirne daer onder paren. — Daer- 
om houden wy van doode memorie, — Op dat ons naercomelin- 
g/ien int openbaer ~ Voor hun bidden souden om d^opperste 
glorie, — En voor ons allegader als wy volghen naer. » 

Reg-ister in-folio, verguld op snee, waarin, beneven eene mi- 
niatuur van voornoemden Heilige en de wapens van Filips den 
Schoone, aartshertog van Oostenrijk, die der volgende edellie- 
den verbeeld zijn : 

1° Willem van Berloo ; 2° Adriaan Musch, alias vanden Broec, 
overhoofdman in 1516 ; 3° Karel de Clerc ; 4° Hendrik van Meche- 
len ; 5° Jan vanden Dale, an° 1534 ; 6° Jan van Cortenhach, Heer 
van Keerbergen, an» 1534 ; 7° Jacob Schooff, an° 1551 ; 8" Filips 
van Immerseel, an° 155 1 ; 9° Aardvan Mer ode, an° 1553 ; 10" Filips 
van Ronuiersiimel ; 11° Jan van Busleyden, an° 1555; 12" Filips 
Schooff, de oude ; 13" IVilleni van Merode ; 14^* van Cortenhach ; 
15° van Veulcn Berlo ; 16" Nicolaas Schooff; 17° Willem de Clercq ; 
18" Jacob Schooff ; i<f Jan van Merode, an*^ 1.558; 2,0" Adolfvander 
Aa, an" 1559; 2//^ Gielis van Gottignies, hoofdman in r56i ; 
22° Pieier van Daele; 23" Lancelot van Gottignies, an*^ 1568; 
24° Adriaan van Gottignies ; 25" Pieter Wasteel ; 26° van Mels- 
broeck; 2.~j^ de Raiitre; 28° Frederik vander Strepen ; 2.<^^* Joos 
vander Hoeven, overhoofdman in 161 7 ; 30*^ Frans vander Gracht, 
overdeken in 1620 ; 31° Maximiliaan vander Grachi, prins der gilde 

^ Zietfol. 67. 



— i6i — 

in 1620 ; 32-' Jan vander Hoeven, prins der gilde in 1620 ; 
33" Hendrik van Hiddenberch, overhoofdman in 1632 ; 34° Rom- 
bout vandc Venue, overdeken in 1632; 35° Scbastiaau Huens ; 
36'^ Anfoon de Potier, overdeken in 1632 ; 37*^ Dionysius Brutsuia, 
lid in 1649 ; 38" Jacob Buysset, overhoofdman in 1651; 39" Fraus 
Douglas, gesegd Schott, oxeréeken m i6^^; 40° Gérard Huens, 
overdeken in 1658; j^j.^ Jan-Frans vander Laen, overhoofdman in 
1653; 42*^ Frans Douglas, gezegd Schotf, overhoofdman in 1664; 
43° Pieter-Floris Bacrt, overdeken in 1670 ; 44*^ Marin ms-Ignatius 
de Homes, prins der gilde in 1674 ; 45° Karel de Ronirée, over- 
hoofdman in 1681; 46'^ Everard-Theodoor vander Laen, prins der 
gilde in 1695 ; 47" Jacob d' litre de Caesire, overhoofdman in 1695 ; 
48'^ Daniel-Frans Cuvpers, overhoofdman in 1706 ; 49'^ Jan 
O'DonnogInie, overhoofdman in 1725; 50° Jozef- A driaan vander 
Grflc/?/, prins der gilde in 1 721; 51'' Jozef-Hendrik van Kerren- 
broeck, overhoofdman in 1743; 52" Karel-Riidolph-MicJiacl van 
Erp, overdeken in 1721 ; 53" Robrecht O'Donnoghue, overdeken in 
1738; 54° Theodoor de Jonghc, overdeken in 1725; 55" Karel- 
Frans de Pariz, prins der gilde in 1743. 



G. 
ERVING- EN ONTERVINGEN. 

I. ScHEPENBRiEVEN, van 1345 tot 1353, cn van 1372 tôt 1796, 
met eene enkele leemte voor het jaar 1613. 

Vier honderd en tw^aalf registers in-folio. 

De oorzaak der verdwijning uithctstadsarchief deroudste dezer 
registers, waarvan wij slechts, van 1263 tot 1352, drie honderd 
drie en veertig afzonderlijke op parkement geschrevene acten 
bezitten, wordt.door Hendrik van Huldenberghe, gezegd van der 
Borcli, aan den brand toegeschreven, welke in 1342 het grootste 
gedeelte der stad Mechelen in asch legde. In zijn M S. in-tolio, 
dragende voor titel : « Schouiheien, Comnmmienieesters en Schepe- 
nen der stad Mechelen, begîmiende met het jaer 12^8, » drukt zich 
gemelde schrijver des aangaande alzoo uit : « Anno IJ42 was den 
grooten brant toi Mechelen, ende verbranden aile scabinale registere 



— 162 — 

ende oîtde nicinoricn niede de gelieelc stadt aff, belialvcns S^^ Catlielytie 
prachic, cnde gesdiiedc op dcn 2ç niey, die hegonste over die Dele ^.» 

Van de twcedc helft dcr xv'^ tôt het eindc der xviii^ ccuw, 
wcrdcn dczc boeken, welke men te voren in 't latijn plagt te 
schrijven, in het dietsch of vlaamsch opgesteld, achtcrvolgens een 
besluit genomen door den magistraat den 3''" fcbruarij 1465, 
luidende aïs volgt : « dat men van mt vortajte aile scepen brieven 
maken sal in dietscJie, daer men die gemaect heeft in latine, ende 
desgelike Jiaire prothocolle. Ende onime dit inné te stellene soe sullen de 
Heeren de scepen overncnien liaer zegJielen terstont, omme egheen te 
passeren anders dan in dietscJie, behoudelic dat men de brieve, die 
gepasseert zyn in latine int prothocol, die sal men oie in latine passe- 
ren ^. » 

Van 1345 tôt 1603, bevat elk dezer registers den inhoud van 
twee of meerdere jaren in één boekdeel vereenigd; maar van 
1604 af, beperkt zich elk derzelver bij één jaar. — Bij gebrek aan 
een groot getal tafels en wegens hare onvolledigheid, zijn de 
opzoekingen in de schepenbrieven langdradig en lastig. Immers, 
van de vier en dertig eerste boeken, zijn er slechts vier, en van 
de vijftig volgende, negen en twintig welke eene tafel hebben ; 
en, wat niet minder spijtig is, deze tafels beleeren ons maar ten 
halve, wijl zij, in plaats van op te g-even de namen der koopers 
en verkoopers, die dezer laatsten onaangeroerd laten. In 1632, 
voor de eerste reis, verhielp men aan dit gebrek en, van 1646 af, 
zijn een groot getal dezer registers van eene dubbele tafel voor- 
zien. 

II. Wykboeken. — Elf registers groot in-folio, bevattende, van 
het einde der eerste helft der xvii*^ tôt het einde der xviii^ eeuw, 
de namen van al de straten en huizen der stad, die hunner 
koopers en verkoopers, alsmede dcgenen der beslaghebbers op 
dezelve. 

Deze zoo nuttige aanteekeningen, welke wij aan de stadssecre- 
tarissen te danken hebben, werden in 1646 door Hiiybrecht 
Sporchnans, klerk der secretarij, en zijnen zoon in gemelde boe- 

1 Chron, Annwijzer, 1542, fol. 3. 

2 Ordonnantiën 1449-1522, fol. loi v°. 



— i63 — 

ken overgeschreven, zoo als blijkt uit de twee volgende uittreksels 
der stadsrekening 1646-47 : 

« Belaelt de lioee Heereti secretarrissen deser stede, elk Jiondert 
guldens, voir het maecken vande loyckboeken deser stadt, d'icelc 
ie voiren noyt en is gepracliqueerl geiveest, per II ordonnantien 
ende quiian -. . . . //«^ /. ^ » 

ce Betaelt aan AP Huybrecht Sporckmans, clercq vande secre- 
tarye, dry honderl guldens over aile debi'oiren, zoo by hem als 
synen sone gehadt ende gedaen, in het maecken van elff tcyck- 
boecken ende eenige andere daer van dependerende, etc., per 
ordoiï ende qiiitancie III^ l. '^ ^ 

III. Alphabetische LIJ5T dcr straten, opgenomen iii de Wijk- 
boeken. 

Register in-folio. 

IV. » Registers van den amptman der stadt ende jurisdictie 
VAN MECHELEN; » inhoudeiide de beschrijving gemaakt door den 
ambtman der in beslag genomene erven, welke ter vierschaar 
verkocht geweest zijn, van 1545 tôt 1537, van 1554 tôt 1604, en 
van 1614 tôt 1616. 

Aclittien registers, ^edeeltelijk klein in-4'' en in-folio. 

V. « Beleyden en uvtwinningen, V gedaan door den ambtman 
Antoon Van der Hofstadt, van 1640 tôt 1644, en van 1658 tôt 
1668. 

Twee registers in-folio. 

VI. « Manuael boecken van der amptmanye, n van 1594 tôt 
1626, van 1629 tôt 1644, van 1651 tôt 1658, van 1660 tôt 1665, 
van 1676 tôt 1688, van 1692 tôt 1705, en van 1707 tôt 1715. 

Achttien registers klein in-4'', 

VIL " Kercke geboden, » of afkondigingen van erven gedaan 
door den ambtman vôôr de deur van S. Rombouts kerk, van 1644 
tôt 1648, en van 1656 tôt 1670. 

Vier registers in-folio. 

1 Ziet fol. 168 vo. 
* Ziet fol. 169. 



- i64 - 

VIII. VoORWAARDEXBOEK VOOR VERKOOPINGEN VAN HUIZEN EN 

LANDEN, voorgeschreven door den notaris Huybrechi Sporckmans, 

Register in-folio, gaande van 1624 tôt 1626, en van 1641 tôt 
1652. — Ziehier ecnige der voorwaarden voorgesclircven door 
gemelden notaris, den 19^" februarij 1649, voor de verkooping 
van ecn huis, den Rooden Leeuw, op de Hoogstraat : 

« Aile oncoslen, als vanden amman, belleman, goedenisse, 
erffenisse , pontpenningen, ende gênerai aile andere ter oorsaeken 
van descn le betalene sîaende; iiem den godspenninck, aende 
huysarmen XII stuyvers, ende aenden notaris voor het maecken 
van dese conditien, met een dobhel, ende voor het schryven vande 
hillelten ende andersints, tliien giddenen, syn al tôt laste vanden 
cooper alleene, soo oock lot synen laste is voorvuyt te betalen tolte 
gelaegen vert/ieert ende noch t-e vertherene, tioelff guldens; t'gene 
de gelaegen meer beloopen, sal by vercoopere ende coopère belaelt 
Word en halff ende halff. 

Den vercoopere reserveert over dese vercoopinge een keersbran- 
dinge binnen acht daegen naerden myn, oft palmslach. 

Die den palmslach crygt, sal trecken voor syne clouckheyt 
sesthien guldens, mits daer tegens stellende acht verdieren van 
twee guldens isluck, vande vercoopere alleene. Aile voordere 
verdieren sullen oock loesen van twee gutdens tstuck, d'een helfl 
voorden vercooper, ende d'ander helft voorden hooger oft setter, 
te weten degene voor het branden vande keerse gestelt wordende ; 
maer de hoogen oft verdieren, int branden vande selve keerse, 
sullen loesen voorden vercooper alleen. Dan en sal nyemande 
verdieren vermogen te stellen, voor ende aleer datter een ander 
behoorl. affgescheyden sal wesen, om aile onisverstant int stellen 
vande verdieren te schouioen. 

Oft gebeurde dat iemande V voor s huys cochte als lest verdier- 
clere, ende hy nyet bastant en waire om den coop te voldoene, soo 
reserveert de vercooper de macht van hem te moegen houden 
aenden naest lesten ver hooger, den loelcken in sulcken gevalle den 
coop sal rnoeten aenveerden, ende dien voldoen soo voors. staet. » 

IX. « Procuratoria, » of volmagten tôt het koopen en ver- 
koopen van erven. 

Zeven en twintig registers in-folio, gaande van 1507 tôt 1523, 



- ^6s - 

1537-1541. 1552-1558, 1558-1563, 1564-1572, 1572-1577, 1577- 
1583» 1577-J588, 1587-1593. 1593-1602, 1602-1610, 1611-1618, 
1619-1630, 1632- 1642, 1647- 1660, 1660-1680, 1680- 1688, 1688- 
1693, 1698-1709, 1709-1716, 1716-1726, 1726-1735, 1735-1748, 
1748-1763, 1763-1778, 1779-1790, en 1794-1795. 



H. 

STICHTINGEN EN BEGIFTIGINGEN. 

I. " FoNDATiEN. » Register in-folio, inhoudende : 1° de stichting- 
van het godshuis der H. Drievuldigheid, in S. Catharina straat, 
door den magistraat en bij hulp van goede lieden, des maendaeghs 
lia des Heilihs sacraments daghe 1348 ; (fol. 45) item van SS* Pieter 
en Pauwel, door Admn de Gortere, den 14^" november 141 1 ; 
(fol. 33 v° en 38 v°) iieîH van S. Barbara, in den Nieuwen-Bruel, 
àoor A ard zwi den Bossche en zijne gemalin Catharina, den 10^" 
junij 1422 ; (fol. i) item van Oliveten, door Godvard Vilain, heer 
van Huijsse, Borcht en Swijndrecht, den 13^" julij 1481 ; (foi, 36 
en 48) item van S. Heijlwich of der Putterij, tôt stand gebracht 
door Heylwich van den Nieuivenhuysen, den 28*^" october 1562, 
(fol. 73) en opvolgelijk begiftigd : den 20<^" januarij 1563, door 
haren tvveeden echtgenoot Remy de Hallut, burggraaf van S. Wij- 
nocx-Berghe; (fol, 80) den 15^" october 1570, door Anioon Rogiers, 
schipper van Mechelen ; (fol. 89 v°) den 6*^" november 1576, door 
Lieven Biese, advocaat fiscaal van den Grooten Raad ; (fol. ici) 
den 20^" october 1578, door Jeroon van den Stock, en zijne huis- 
vrouw Maria Vcnnekens ; (fol. X04 v^) den 28*^" augustus 1590, 
door Pieter Daniels, gewezen régent der Standonisten ; (fol. m 
v°) den 7^" october 1594, door Romhout De Backer, notaris tôt 
Antwerpen ; (fol. 106 v"^) den 10^" november 1635, door Jacob 
Roelants enzijne huisvrouw Lucia Cornelis ; (fol. 144) den i9^"sep- 
tember 1661, door Cornelis Striiyff, schoolmeester van gemeld 
godshuis; (fol. 115) den 19'^" julij 1668, door Cornelis Louché, oud 
schepen van Mechelen, en zijne gemalin Tl/rtr/rt De PVille ; {{q[. 
117 v° en 121) den 4^" december 1670, door de echtgenooten Gas- 
pard van Buscom en Maria f Servrancx ; (fol. 122 v°) en den 28*^" 
S. A. M. Il 



- i66 — 

octobcr 1689, door JoJmmm van Dck, wcduwe van Hendrik van 
Niivcl. (fol. 135) Item van hct godshuis der Marollcn, gcsticht door 
CaroUna Prévost de La Val, den 9"" julij 1678, (fol .148 v° en 154). — 
2° de stichting van studiebeurzcn gcmaakt door Maria de Helt, 
den 15^" november 1594 ; (fol. 41 v° en 155 v*') item die van Frans 
vander Meulen, gemaakt den 28*^" augustus 1607. (fol. 157). — 
3° het testament van Hans Poppenruyter en Hexlimch van den 
Nieiavenhu\sen, van den 6*^" december 1533 ; (fol. 66) het huwe- 
lijkscontract van dcze laatste en Remy de Hallitt, gepasseerd voor 
den notaris van Boeynants, den 7^" junij 1536 ; (fol. 72) het testa- 
ment van Anna Bernaerts, weduwe Aards van den Wiele, van 
den 13*^" januarij 1590 ;(fol. 145 v") item ^■AwCatharina-Cornelia van 
den Wiele, van den 8'-'" julij 1749. (fol. 147 v°). 

II. « Donatien ende erffgiften gemaeckt by acte inter vives. » 
Register in-folio, gaande van 1754 tôt 1795. 

III. Testamenten gepasseerd vôor schepenen, of wel vôôr no- 
tarissen en daarna goedgekeurd door twce schepenen, van 1503 
tôt 1518, 1519-1529, 1530-1532, 1533-1539. 1535-1536, 1537-1538, 
1539, 1540-1542, 1543-1544- 1545-1546, 1548-1553» 1554-1558, 
1558-1563, 1563-1569, 1565-1574, 1574-1578, 1577-1598, 1598- 
1613, 1614-1629, 1630-1646, 1647-1671, 1671-1689, 1689-1708, 
1709-1737, i737-i779> en 1779-1796. 

Zes en twintig registers in-folio. 

In deze registers vindt men, onder andere merkwaardige acten,. 
de scheiding van goederen tusschen Joachim Roelants, doctor in 
de medicijnen, en zijne bloedverwanten, gemaakt den 14^" januarij 
1527. (reg. 1519-29, fol. 70). — Het testament van Antoon vait 
Oyenbrngge, schepen dezer stad, en van zijne gemalin Catharina 
van Overhof, 31^" mei 1530. (reg. 1530-32, fol. 18). - Item van 
Jan van den Date, schout van Mechelen, 19^" december 1539. (reg. 
icoo-09, fol. 37). — ItemwdiU. Hendrik van Merode, burgemeester 
dezer stad, en Anna van den Werve, zijne gemalin, 14''" augustus 
1571. (reg. 1565-74, fol. 49). — In zijn testament, gemaakt den 
i^" junij 1525, drukt zich Ja)i van der Aa, oppervalkenier der 
K. M. en schout van Mechelen, alzoo uit : 

« Inden yersten offere ic myne ziele, als die vuyt mynen 



- 167- 

lichame scheyden sal in clesen dale der tranen, Gode van hemel- 
rycke, Marien zynder gebenedyder moedere ende maeght, ende 
aile den hemelschen haire, ende mynen dooden lichame alsdan, 
der gewydder eerden, willende ende begerende, dat hegraven 
loordeinder kercken van Muysene, dair ic myne sepultuere bereet 
gemaect hehbe, ende dot doende so begheere ic dat men negfieene 
pompoesheyt in myne vuytvaeri doen en sal, mair begheere gra- 
celyc ende simpelyc ter eerden gedaen te wordene ^. » 

IX. UiTTREKSELS VAN TESTAMENTEN EN VCLMAGTEN tot hct ligteil 

van lijf-en erfrenten op de stad. 

Zeven registers in-folio, (geldig gemaakte afschriften), gaande 
van 1712 tot 1717, 1718-1724, [724-1729, 1730-1738, 1738-1745, 
1746-1761, en 1762-1794. 



I. 

WEESKAMER. 

Twee honderd zes en veertig registers, welke men, naar 
hunnen verschillenden inhoud, in vier reeksen schikken kan. 

a) Siaien van goederen, 

Twee honderd en zeven registers in-folio, inhoudende, van 
1510 tot 1805, de staten van goederen welke, bij het afsterven 
hunner ouders, aan derzelver minderjarige kinderen eens te 
beurt vallen moesten, en welke, middelerwijl,doorhunne vooo-derî 
opgesteld en aan de weesmeesters overhandigd werden, Aan dit 
groot getal van registers ontbreken er slechts twee, die der jaren 
1627 en 1697. — Op het eerste derzelver, het oudste dat men tot 
heden heeft kunnen ontdekken, staat buitenwaarts geschreven : 
u Reghister valider IVeescaiiiere, begJiiiuieiide in novenibri XV^X 
ende eyndende injunio XXV, » 

1 Reg. 15 19-29, fol. 96 vo. 



— i68 — 



b) Rckcniugen der voogdcn, eu andere. 

I. ReKENINGEN der VOOGDEiN INGEDIEND A AN DE WEESMEESTERS, Vail 

1530 tôt 1556; van 1550 tôt 1551 ; van 1560 tôt 1561, en van 
1564 tôt 1569 ; van 1573 tôt 1575, en in 1579 ; van 1740 tôt 1745; 
van 1745 tôt 1751 ; van 1751 tôt 1763; van 1766 tôt i79i;en 
van 1791 tôt 1794. 

Negen registers in-folio en groot in-folio. 

II. " Rekeningen ende staeten gepasseert vogr commissarissen 

VANDE WETH. n 

Twee registers in-folio, gaande van 17 12 tôt 1738; en van 1738 
tôt 1750. 

c) Dagvaardingen vôôr de Weeskmner . 

(' Daghement boecken VANDE WEESCAMERE. w Vier en twintig 
registers in-folio, (vôôr- en na- schriften) gaande van 1649 tôt 
1650 ; van 1652 tôt 1655; van 1655 tôt 1658 ; van 1658 tôt 1659 ; 
van 1660 tôt 1663 ; van 1663 tôt 1667; van 1667 tôt 1671 ; van 
1671 tôt 1675; van 1675 tôt 1681 ; van 1681 tôt 1686; van 1686 
tôt 1690; van 1690 tôt 1694; van 1699 tôt 1705; van 1705 tôt 
1711; van 17:2 tôt 1717; van 1717 tôt 1722; van 1722 tôt 1727 ; 
van 1727 tôt 1731 ; van 1731 tôt 1738; van 1739 tôt 1753; van 
1753 tôt 1760 ; van 1760 tôt 1769; van 1770 tôt 1782; en van 
1782 tôt 1795. 

d) Varia rakende de IVccskamer. 

I. « WissELBOUCK INDE WTESCAiMERE, w waarîn opgcgcven wor- 
den de penningen ontvangen door de weesmeesters. 

Register in-4°, gaande van 1506 tôt 1532. 

IL " ]\IaNUALE VANDEN MOMBOIRS DIE GESTELT WORDEN INDE WEES- 
CAMERE, ende anderen acten van te tnoghen vercoopen. » 

Register langwerpig in-folio, gaande van den 3*^" noveraber 
1535 tôt den 23"" december 1639. 



— 169 — 

III. '•• Eedtboeck VANDE WEESCAMERE. .-; 
Register in-folio, gaande van 1628 tôt 1655. 

IV. « Nieuwen register der momboirsderweescamer..., begin- 
nende den 3 jitny i'J'j6, en eyndigende deii 22 floréal vierde jaer der 
fr anse lie république. » 

Register in-folio. 

« Opten anderen dacli van oclob.int jaer onss Heeren MIIII^. 
ende vyftich (alzoo luidt de oudste ordonnantië rakende de 
voogdij der onbejaarde kinderen, vôôr de instelling der Wees- 
kamer alhier) worden byden gemeynen raide vander siad van 
Mechelen gesloten, geordineert, gesiaiueert ende ter poyen vutge- 
t'oepen de poinlen hier naer volgende : 

« Item es vort overdragen, gesloten ende geordineert, dat 
eenyeghelic momboer, oft bewint hebbende van onverjaerden kin- 
deren oft weesen bynnen der stad ende vry/ieit van Mechelen, 
schuldich sal zyn te comene hy eenen commoingmeester, rent- 
meester ende anderen, die daer toe gestelt sullen icorden vander 
stad weghen, tusschen dit ende aider Heylighen 'misse naestco- 
mende, ende bydnghen daer over de declaracie ende tverclairen 
van allen dien onverjaerden kinderen ende weesen goeden van 
haven, erven, ende lyftochten, waer die glielegen zyn, om daer 
inné vort vorsien te loordene byder stad, ten orboir vanden selven 
kinderen, alsoe der stad, duncken sal daer toe dienen. Ende oft 
hier inné yemant gebreciic ware, die sal gecorrigeert worden 
byder stad alsoe der siad goetduncken sal ^ s 

De instelling onzer Weeskamer dagteekent van den 20®" october 
1505. Den volgenden dag, werden Adriaan vaiiden Broche, Gérard 
vander Aa en Jaak Sclioof, tôt oppermeesters, en Meester Jofi 
vander //o^z/^m, tôt klerk derzelver beëedigd. —De ordonnantië 
desaangaande is dezelfde als die van den magistraat van 
Antwerpen, uitgegeven sedert den 28^" maart 1496 (n. st.). 

(( Alsoe in deser goeder stad van Mechelen overlanck by eccpe- 
7-iencien bevonden is geweest ende dagelickx wordt, (alzoo luidt 
deze nieuwe ordonnantië) dat de ombejaerde kynderen huer 

^ Ordonnantiën 1449-15 22, fol. 23 en 24. 



— 1^0 — 

ouders beyde ofi den eenen van dien hyden mille Goids verloren 
hebbende, ende oick andere personen huerer zin7ien oft leden niet 
wel mechtich, tôt hier toe int regeren ende administreren van 
huer en personen ende goeden ; ... ende by dien dat de momboirs 
gestelt worden sonder eedt, sonder inventaris vander jonghers 
goeden te onakene, ende sonder jaerlicx rekeninge te doene van 
huer en goeden, ... in vêle ')nanieren qualic besorcht syn geioeest, 
... soe eest dat coonmoingmeesters, schepene ende raid der voirs. 
stad... hebben geordineert : 

Inden iersten, dat men van mi voiriane vander voirs. stad 
loeegen deputeren ende conimitteren sal drie notable wyse mannen, 
om weesmeesters ende overmomboirs te wesene van allen weeskyn- 
deren, ende anderen personen die nader ordinancien nabescreven 
in momboryen behooren selen gestelt te wordene. De welke over- 
momboirs altyt selen bliven in hueren officien, sonder verlaten te 
wordene. Ende selen de selve overmomboirs thueren aencommen 
gehouden syn haeren behoirliken eedt te doene, alsoe hen dien 
geordineert sal worden. 

Ende de voirs. overmomboren sullen hebben eene gezworene 
clerck, die oick altyt aen bliven sal sonder verlaten te wordene, 
ende sal de selve clerck tsinen aencommen oick sinen behoirliken 
eedt doen, alsoe hein dien geordineert sal worden. 

Item de voit^s. loeesmeesters ende oppervoighden voirs. met 
fiueren clerck sullen sitten twee daghen de weeke, te wetene des 
dysendaechs ende des donderdaeghs, om haer officie te bedienene, 
ende sullen aile zaken der momboryen, voigheyen ende der ordi- 
nancien nabescreven aengaende sommierlic moegen beslichten, 
oft sullen die brengen aen commoingmeesters ende schepene als 
aen huer hoot, om van hen daer af geleert te wordene ende om, 
voirts partyen te beslichtene ^ » 

1 Ordonnanticn 1449-15 22, fol. 144 r" en v". 



— 171 — 

J. 

REGTSGEDINGEN. 

1° VOOR DEN MAGISTRAAT. 

Vijf honderd zestig registers en drie en twintig rollen, 
waarvan de eerste reeks het regtsgebied der schepenen,de tweede 
dat der burgemeesters, de derde het regtsgebied der burge- 
meesters en schepenen, de vierde dat van den schout, de vijfde 
het regtsgebied des overdekens der dekenij, en de zcsde dat der 
pensionarissen uitmaakt. 

a.j Regtsgebied der Schepenen. 

I. u VONNISSEN VAN KEUREN ENDE VAN SLITINGEN, DIE VORTAEN BY 
SCEPENEN GEGEVEN ENDE GEDAEN SULLEN WORDEN. w 

Register groot in-4<^, op parkeraent, gaande van 1421 tôt 1446, 
waarin men de volgende eigenaardige bekendmaking vindt : 

c( Opien XIllV''' dach van augusto int iaer M. III I ° . XLI, ivart 
by commoingemeesters en de scepenen voir recht declareert, dat 
men van sheeren sculden aengaende sinen tollen hynnen der vry~ 
heyt, ende van der stad assisen, de hetoenen doen sat in de vier- 
schare vor scepenen, na vluchtighe lieden oft na dooder handt 
in der manieren hier nair volgende. Te loetene : dat de diener van 
den Heere die ontfanger vanden tollen is, oft diener vander stad 
assisen, simien boec oft tafle inde vierschare bringhen zal, ende 
dair op sal hi zine vingheren legghen ende sweren ten Heylige^i 
dat het alzoe is, alzoe dair inné gescreven staet, zonder arghelist. 
Hier hy loaren Rogbroeck, Mayegem, comonoengemeesters, Ar. 
Bau, W° Bail, Hofstade, Beringhen, Fr. Heffene, Jo. Voesdonc, 
Waelpoyt, Afscheyde, Wabbel, Langhe, Waletn, Ghele '. b 

IL u BaNNEN, SUBMISSIEN, CORRECTIEN, CRIMINELE VONNISSEN, ACTEN 

VAN scHouwiNGEN, ENz. » Vijf registers in-folio, gaande van 144 1 

' Ziet fol, 70. 



— 172 — 

tôt 1569 ; van 1570 tôt t6ii ; van 1615 tôt 1629 ; van 1644 tôt 
17(2 ; en van 1773 tôt 1795. — Uit deze boeken, zooals wij zien 
gaan, blijkt dat de straffen door de schepenen ter vierschaar opge- 
legd, mccstcndeels als verbetermiddelen genomen werden, en 
dat men slechts voor min of meer zware misdaden de geeseling, 
hct brandmcrken of de doodstraf toepaste. 

« Opte tichl ende aensprake hyden scouttt Petcren vanden 
Dyckc gedaen, als dat hy hoven redit eenen van syne gesivoirne 
gequetst soude hebben, is hy mynen Heeren scepenen gewesen, dat 
de voirs. Peter gehouden sal syn op maendagh naestcomende, 
alhier voirde gemeyne camere te comene in syn lynwaet, bervoefs 
ende blootshoots, met eender be?v^ender vmssender keerssen van 
eenen ponde, ende aldaer op syne knien Gode ende der Justicien 
genade te biddene van tgene dus als boven misdaen magh hebben, 
ende dan van dair die also te dragene ende te offeren voir ihey- 
lich sacrament in sinte Rommondts kercke. Actmn IX no^. a°. 
XV\XXVI ■.» 

« Vuyt dyen dat ghy Jeronimus de la Reyc, geboren van by 
Fleru, u vervoirdet liebt aene ie nemen het habyt vande ghene die 
vande lasarnyebesmet syn, ende onder tpreteœt van dyente gaen 
achter la.nden ende oock binnen deser stadt bedelen, gebruyckende 
daer toe de gewoonelyck clippe, ontreckende alsoe die goede ende 
uprechte ar^nen der goeder lieden aelmoesse^i, soe eest dat myne 
Heeren schepenen deser stadt Mechelen... hebben gecondempneert 
ende condempneren by desen eersl ende voor ail publicquelyck 
gestelt te worden op een schavoth voer het stadthuys alhier, ende 
aldaer ('/J'ghenomen den mantel ende clippe, ende tselve gedaen 
aldaer gegeesselt te worden met rocden, ende voerts bannende vuyt 
deser stadis jurisdictie van Mechelen op pêne arbitraire... Actiim 
den 24^" meerte 1627 ^. b 

« Omme dat ghy Franchois de Teren alias Peedt, geboren van 
s'Hertogenbosch, u soe verre vervoerdert hebt van nu vêle tyts te 
gêner en in diverse dieveryen, gelyck g y tselve hebt bekendt, ende 
ten andcren oeck is gebleken den -rechte om geneugen, ende tôt 
dyen geabandonneert hebbende v vendel ende meer andere onbe- 

' Register I44i-i<i69, fol. 171. 

2 Register 1615-1629, fol. 98 v° en 99. 



— 173 — 

hoerlycke aclen gecommitteert, soe ist dat myne Heeren schepenen 
opde tichte ende conclusie iuwen lasie genomen iyden Lieutenant 
Schouteth deser stadt, ter behoerlycken manissen, regard nemende 
op uioe joncheyt, v hebhen gecondemneert ende condemneren by 
desen geslelt te icorden op een schavoth met de stroppe ora den hais, 
ende aldair gegheesselt te loorden met scherpe roeden totten loe- 
penden bloede, ende geteeckent te worden met deser stadts brant- 
merck, v voirts bannende ten eeuwigen dage vuyt dese stadt ende 
heur jurisdictie, op pêne van de galgen.,. Actuni XXIII decc^nb. 
1645 K^-i 

« Vuyt dyen dat ghy Jan van Neetheni hier jegenicoerdich met 
opsetten icUle ende quade ende gedelibereerde voernemen v ver- 
vordert hebt v huysvrouwe te vermoerden, de selve ierst eenen 
slach ghevende m,eiter tange int slaep van haren hoofde, ende te7^ 
stont daer naer de selve met eenen opsteker eene)i steek omirent 
haerder ooren, daer af zy ter stont van levende lyfve ter doot 
comen es, alst volcomelicken gebleken es zoe by informacie als 
Uîve eygen confessie, soe eest dat myn Heeren scepenen van 
M echelen, ter manissen myns Heeren des Scoutetz der selver stede, 
V condempneren gesleypt te loordden (als nyet weerdich ivesende 
om sulck een faict deerde te betredene) op een hoorde ofte sledde, 
lot op Neckerspoele by oft voerde plaeiche daer ghy de selve m,oerl 
gedaen hebt, ende aldaer afgehouden te wordden v rechter hant, 
ende tseice ghedaen zynde wederom op de selve hoorde oft sledde 
gebrocht te wordden alhier voer stadt huys, ende aldaer gerecht te 
wordden metten zweerde, zoe datter de doot naer volghen zal, ende 
alsdan v doode lichaeni geset te worden op een rat, ende v hooft 
op eenen staeck. Actwn den Vllb'' dach January «« XV'^ vierent- 
zeventich ^. » 

III. » Sententien vande maendach camere. » Drie registers 
in-folio, gaande van 1567 tôt 1569 ; van 157 1 tôt 1572 ; en van 
1573 tôt 1585. — Ziehier eene dier sententien : 

« Myne Heeren vande weth in maendach camere vergaedert 
wesende, hebben geordineert ende ordineren mits desen Meester 

1 Register 16.^.-17] 2, fcl. 6 r° en \°, 

2 Register 1570:611, fcl. 19 vo en 20 r^. 



— 174 — 

Machielen van Triest, onifanger cleser siècle, te hetalen aen 
Heere Reniy De Hallut Rldder, burchgrave van «S'^ Winnocx 
Berghe, de somme van verUnen honderi sevenenlachentich pon- 
den.., welcke somme men hem ten achter bliven es by slote van 
perticuliere rekeninghe met hem gehouden, nopende acht siucken 
geschuts by hem voer dese stadt gegoten...Actum den XXVII . apri- 
lis 1567 K^ 

IV. VONNISSEN ENDE APPOINCTEMENTEN BY SCHEPENEN GEWESEN. » 

Acht en twintig registers in-folio, gaande van 1568 tôt 1570; van 
1570 tôt 1572 ; van 1572 tôt 1574 ; van 1574 tôt 1579 ; van 1580 
tôt 1585; van 1580 tôt 1586; van 1587 tôt 1588; van 1592 
tôt 1594 ; van 1596 tôt i6o3 ; van 1598 tôt 1604 ; van 1604 
tôt 1610 ; van 1614 tôt 1616 ; ,van 1616 tôt 1619 ; van 1622 tôt 
1626 ; van 1626 tôt 1628 ; van 1634 tôt 1636 ; van 1636 tôt 1640 ; 
van 1642 tôt 1646 ; van 1650 tôt 1652 ; van 1661 tôt 1664 ; van 
1664 tôt 1668 ; van 1668 tôt 1675 ; van 1684 tôt 1691 ; van 1715 
tôt 1726 ; van 1726 tôt 1744 ; van 1744 tôt 1759 ; van 1759 tôt 
1784 ; en van 1784 tôt 1795. — De meeste dezer registers zijn 
voorzien van eene tafcl. 

V. « ViERSCHAAR ROLLEN. Vijf 611 zestig rcgisters in-folio en 
groot in-folio, van 1567 ; van 1568 ; van 1574 tôt 1575 ; van 1576 
tôt 1578 ; van 1579 tôt 1580 ; van 1580 tôt 1582 ; van 1582 tôt 
1583 ; van 1583 tôt 1584 ; van 1584 tôt 1585 ; van 1586 tôt 1587 ; 
van 1588 tôt 1589 ; van 1589 tôt 1590 ; van 1591 tôt 1593 ; van 
159.5 tôt 1597 ; van 1597 tôt 1600 ; van 1601 tôt 1603 ; van 1603 
tôt 1604 ; van 1604 tôt 1606 ; van 1606 tôt 1607 ; van 1608 tôt 
1610 ; van 1610 tôt 161 1 ; van 1612 tôt 1613 ; van 1613 tôt 1614 ; 
van 1614 tôt 1617 ; van 1617 tôt 1618 ; van 1619 tôt 1620 ; van 
1622 tôt 1624 ; van 1624 tôt 1626 ; van 1626 tôt 1628 ; van 1630 
tôt 1631 ; van 1631 tôt 1633 ; van 1633 tôt 1636 ; van 1636 tôt 
1637 ; van 1637 tôt 1638 ; van 1639 tôt 1640 ; van 1641 tôt 1643 ; 
van 1643 tôt 1644 ; van 1644 tôt 1646 ; van 1646 tôt 1647 ; van 
1647 tôt 1649 ; van 1649 tôt 1650 ; van 1651 ; van 1651 tôt 1652; 
van 1652 tôt 1653 ; van 1653 tôt 1654 ; van 1654 tôt 1655 ; van 
1655 tôt 1657 ; van 1657 tôt 1659 ; van 1659 tôt 1661 ; van 1662 

1 Register 1567-1569, fol. 14. 



— 175 — 

tôt 1664 ; van 1664 tôt 1668 ; van 1668 tôt 167 1 ; van 1671 tôt 
1674 ; van [674 tôt 1681 ; van t68i tôt 1692 ; van 1689 tôt 1691 ; 
van 1692 tôt 1705 ; van 1708 tôt 17 11 ; van 17 14 tôt 1720 ; van 
1719 tôt 1725 ; van 1725 tôt 1734 ; van 1734 tôt 1744 ; van 1744 
tôt 1751 ; van 1751 tôt 1773 ; en van 1769 tôt 1795. 

VI. (( Clapper vande vierschaere. » 

Register in-folio, gaande van den 6*^" mei 1654 tôt den 18*^" junij 
1670. 

VII. « Clapper vande vierschaer ende camer rolle. » 

Drie registers in-folio, gaande van 1688 tôt 1695 ; van 1696 tôt 
1709; en van 1729 tôt 1742. — Van het laatste register zijn er 
slechts eenige bladeren. 

VIII. a Besetten ende contracten ter vierschaeren. » 

Negentien registers in-folio en groot in-folio, gaande van 1572 
tôt 1574 ; van 1575 tôt 1577; van 1581 tôt 1585; van 1587 tôt 
1588; van 1592 tôt 1595; van 1594 tôt 1597; van 1597 tôt 1604; 
van 1608 tôt 1613 ; van r6i6 tôt 1622; van 1622 tôt 1625; van 
1625 tôt 1628 ; van 1629 tôt 1632 ; van 1633 tôt 1638 ; van 1648 
tôt 1651; van 1662 tôt 1670; van 1679 tôt 1689; van 1738 tôt 
1764; van 1764 tôt 1783; en van 1783 tôt den 14*^" prairial^ 
jaar X. (3^" junij 1802). — Hierop, laten wij volgen twee acten, 
welk ons den aard dezer besetten en contracten toonen : 

« Peeter Yens, procureur, inclen naem ende als gemecJiticht 
van Peeter Schot, coopman tôt Antwerpen, doet beset opde haeffe- 
lycke ende erffelycke goeden Diericx Vermeren ende Mayken 
Mants, absent, om daer aen te ver/mien dry hondert XIIII Ib., 
XI st., 5 den. Vlams, procederende van vercochle lakenen. Acturn 
coraon Jo'\ Lanceloot van Goitingnys ende Heer Rombout van 
Orssagen, 1 augusti 92 '. » 

« Philips vanden Kerckhove is in coop aen gebleven, met den 
dey^den stock slach, opdenXVl"'' febr. 1581,eenen bempt genoempi 
tKoehuyssel, groot dry butiders, oninXXll roeden dan moet voor 
dry bunders betaelt worden. Is gelegen buyten Bedegeein poerte, 

' Register 1592-1595. 



— 176 — 

recht teynden den sieenwech, eertyis toebehoirt hehhende die van 
Betanien, regenooten die van Bei/ianien, aen drye zyden, ende 
Adriaen Estricx ende derff'genamen van den saliger pensionaris 
Vercammen, ter vierder zyde, etc. Ende dat elck hunder voir 
XV . gulden erffehjck gewarandeert, met nyet daerop vuytgaende, 
ten ivare des Heeren chys, is lialfj' in contant te beialen, dander 
hclft op de loopende rente, den penninck XVI., compt de capitael 
somme VII'^, XX gulden, LXVI verdieren tôt II gulden istuck, 
compt tôt laste van cooper U. XCV III gulden, voir dwyn gelt, ten 
XL'''' penninck, XXII gulden, XIX stuvers, van meten 1 gidden, 
I stuver, somma compt op IXc. XLII gulden ^ » 

IX. Procuratien, borchtochten ende COMPARITIEN. n 

Veerticn registers in-folio e'n groot in-folio, gaande van 1588 
tôt i6t6; van 1616 tôt 1631 ; van 1631 tôt 1642 ; van 1642 tôt 
1648; van 1648 tôt 1654; van 1662 tôt 1669; van 1669 tôt 1679; 
van 1694 tôt 1699; van 1699 tôt 1704; van 1727 tôt 1738; van 
1739 tôt 1761; van 1762 tôt 1772; van 1773 tôt 1786; en van 
1786 tôt 1795. De drie laatsten voeren voor titel : « Procuratien 
ende andere actcn. n — Ter opheldering der acten in deze boeken 
opgenomen, gevcn wij er de drie volgende uittreksels van : 

« Opden 4 decemb. 06, soe heeft Heer Daniel le Clercq ad liies 
gesubstitueert vander Hofstadt, vuyt crachte van procuratie 
inhaudende clausule van substiiutie, gepasseert voor Mr. Jan 
Waerbeke, notaris, ende zekere getuygen den 28 £^bris. lestleden by 
Hey^man Ardenborch ende Anthuenis Janssens, cooplieden tôt 
Antwerpen -. » 

« Comparer ende Anthuenis Vermeulen, Anthueniss., endestelt 
hem cautionaris over Rombout Vermeulen, als aenleggere in 
inaterie van coste, ter somme van twintich gulden, XIX stuvers, 
een blanck, getauxeert tôt laste van Guilliame ende Gielis Borre- 
mans, daer vore dat borghe gebleven was Gielis Papegeys. Actum 
coram Mr. Aert van Heyst ende Her Paesschier vanden Hove, 
schepenen, opden i6'^° dacli february 1002^. » 



1 Register isSî-isS), fol. 8. 

2 Register 1588-1616. 

3 Item. 



— 177 — 

« Op den 28 novemb . 1009, comparereyide den advocaet Sher- 
iogen, ende protesleerde van zyne personele coïnparitie, verclae- 
rende alhier gecomeyi te zyne van Aniwerpen met zynen dienaer 
van opden i7^° der zelve?" maent, ende gevaceert tôt den 22 exclus, 
hy naer Loeven es vertrocken, ende den XXV alhier v:>eder gekeert 
ende gebleven tôt date deser, al om zynen thoon afte leyden tegens 
Gudvlavanden Broeke. Actum rt supra, (den 5dec. IGOOJ^. » 

X. « VoNNissEN VAN TAXATiE VAN cosTEN, gemodcreert bv niyne 
Heeren scepenen ende conwiissan'sseti. >> 

Zeven registers in-folio en groot in-folio, gaande van 1596 tôt 
1610; van 1611 tôt 1637; van 1654 tôt 1677; van 1661 tôt 1680; 
van 1680 tôt 1699; van 1700 tôt 1723; en van 1723 tôt 1795. — 
De vonnissen in deze boeken aangehaald zijn gewezen als volgt : 

a Ghesien de declaratie van costen... gehadt ende gedoocht hy 
Jan Noels, in zeker procès als suppliant eiide aenleggere, gesusti- 
neert op ende ieghens Joiiffr. Anna Robbyns, loeduire icylen 
BomboiU Huens, ende naer haer affiyvicheyt haere erfge.naemen 
Her Romboid Himis ende Mr. Coenraerdt van Halen, oppo- 
santen,... in welcke costen... de voers. opposanten... zyn gecon- 
dempneert volgende een vonnisse vanden derden sept. XVc. 
achtentnegentich . Ghesie7i mede de scriflelycke diminutie in desen 
oockgedaen, ende voirts allen tgene behoirde gesien te loesen^syn 
de zelve costen, mitsgaders de ghene geschiet om tôt tauxatie der 
zelver te geraecken, by myne Heeren scepenen geiauxeert ende 
gemodereert by desen ter somme van hondert tweeenvertich gulden, 
thien stuvers, een oirt... Actum den X^" dach february 1599 -, » 

XL '< Informatien préparatoire ende eenige vonnissen, » 

Register in-folio, gaande van 1621 tôt 1644. — In dit register, 
gehouden door den griffier van den bloede N. Qtùnart, ziet men 
dat de schepenen, voor en aleer hunne vonnissen te strijken, noch 
tijd, noch moeite spaarden om de waarheid te achterhalen, 

XII, " Bethooch-bouck. V 

Register in-folio, inhoudende, van 1639 tôt 1660, verscheidene 

^ Register 158S-1616. 
2 Register 1596-1610. 



door de schepenen aaiigeslagcne goederen. Ziehier de regts- 
pleging, welke desaangaande gevolgd werd : 

« Naer dai Guilliam van Kiel, brouwer ende horger deser stede, 
ten maenissen vanden Heere schouihet ende vonnisse van eeniglie 
schepenen,... hesetli hadde doen doene op de haefjelycke ende 
erffelycke goeden van Jan Robert, absent ende fugitif, voovt 
gebreeck ende omme daer aene te verhaelen de somme van vier 
hondert... gulden over geleverde bieren,... ende alsoo den selven 
van Kiel V voors. besetli hadde doen registreren int vierschaer 
contraci boeck desev stede op den 18'^'' january 1647, ende de wete 
daer aff hadde doen doene door den schepenen knaepe B. vanden 
Wouioere,... alsoo den Heere schouthet int ovei^brenghen vande 
selve wete gebleken is op den XXV^"". octob. 1647, soo syn in 
pt^esentie vanden selven Heere schouthet ende schepenen voorts 
geroepen aile de gène, die eenich rechi ende actie souden willen 
pretenderen... op de voors. haeffelycke ende erffelycke goeden 
vanden voors. Jan Robert. Ende wandt 'tniddeler tydl niemandt 
gecommenen is, die het voors. beseth gestoort heeft,... soo heeft 
den selven van Kiel, aile daeghen ende termynen van rechte over- 
streken synde, in gebannen vierschaer, . . . naer voorgaendeadmissie 
vanden XX^". deceinb. 1647,... hem verleendt op requeste by myne 
Heeren schepenen, syn betooch gedaen metten behoorlycken eedt 
daer toe, staende met sesse syne volgers... ^ » 

XIII. « Arresten en interdictien, » van 1658 tôt 1680 ; van 
1688 tôt 1702 ; van 1703 tôt 1715 ; van 1712 tôt 1722; van 1723 
tôt 1733 ; en van 1734 tôt 1787. 

Zes registers in-folio. 

XIV. " Arresten gedaen ter thresorye, » in 1675, en van 
1680 tôt 1707. 

Register in-folio. 

XV. " SCHAUWINGEN. » 

Register in-folio inhoudende, van den 14*^" april 1678 tôt den 
ii^"junij 1772, de verslagen der beëedigde geneesmeesters en 
wondheelers dezer stad over de lijkschouwingen hun door de wet 
bevolcn. — Ziehier een dezer verslagen : 

i Ziet fol, 22 voen 23. 



- 179 — 

« De onderges. gesivooren sladts doclor ende chirurgyn, loeite- 
tyck aenschaid hebbende het dood lichaem van Peeter PeeterSy 
xerclaeren in hei selve bevonden te hebben eenen steeck entrent de 
twee vmgeren breedt tusschen de rechte voorschauder ende den 
oxel ingaende, afstekende de herH ofte slagh ader, ende oordeelen 
vandese quetsure de doodt gevolght te syn. Actum desen 15 april 
1709. Ende loas ondert. F. Verfiayck. L. Arroyo ^. » 

XVI. rt CoNDEMNATiEN VOLONTAIRE, » of voiinissen gewczen door 
schepenen ten opzigte van alwie vôôr hen erkenden hunne schul- 
den, bij tijds, niet betaald te hebben. 

Drie registers in-folio, gaande van 1730 tôt 1755; van 1755 tôt 
1787; en van 1787 tôt 1795. — Ziehier een derzelver van den 
25*^" april 1786 : 

« Joannes Carolus Ryckaert ten naervolgende onwederoepelyck 
gemaghtight van S''. Joannes Franciscus Claes, coopman binnen 
dese stadt,by tetteren van prociiratie begrepenby den instrumente 
van sekere deughdelycke schuldt bekentnisse, ten proffeyte van 
S"". Joannes Polfvliet, negoliaent alhier, gepasseert voor den 
notaris J . J. De Munck ende getuygen den 5;>° april 1786, waer 
aen dese onse letteren gehecht ende gesegelt zyn, ende heeft den 
voors""^. comparant in de qualiteyt als boven, naer dien hem het 
voorschreven instrument f synen versoeke in onse presentie voor- 
gelesen is geiveest, dat in aile syne poincten, clausulen ende 
artiekelen voor ons herkent ende vernieuvjt hebbende, diens volgens 
versocht in H onderhoudt ende voldoen van H selve wettelyck te 
willen duemen ende condemneren den voornoemden constituant ^ 
den loelcken wy (schepenen Jozef-Horatius-Maria Vanden Bossche 
en Jan-Jozef VermeulenJ soo daer inné geduemt ende gecondem- 
neert hebben, duemen ende co'ndemneren by dese ^. » 

XVII. « ScHEPEN voNNissEN, » van [772 tôt 1782; en van 1782 
tôt 1787. 

Twee registers in-folio. 



1 Ziet fol. 31 v». 

2 Register 175 5-1 787, fol. 216 \o. 



— i8o — 
b) Regtsgehied der Burgemecsters. 

I. « Camer-rollen w ofrollendcr burgemeesterskamer. 

Zevcn en zestig registcrs in-folio en groot in-folio, gaande van 
1574 tôt 1576 ; van 1577 tôt 1578 ; van 1578 tôt 1579 ; van 1580 
tôt 1585 ; van 1585 tôt 1587 ; van 1587 tôt 1591 ; van 1592 tôt 
1596 ; van 1601 tôt 1605; van 1608 tôt 1610 ; van 161 1 tôt 1612 ; 
van 1613 tôt 1615 ; van 1617 tôt 1618 ; van 1618 tôt 1620 ; van 
1620 tôt 1621 ; van 1621 tôt 1623 ; van 1623 tôt 1625 ; van 1625 
tôt 1626 ; van 1626 tôt 1627 ; van 1629 tôt 1631 ; van 1631 tôt 
1633 ; van 1633 tôt 1635 ; van 1636 tôt 1638 ; van 1638 tôt 1640; 
van 1641 tôt 1642 ; van 1643 tôt 1644 ; van 1644 tôt 1645 ; van 
1648 tôt 1650 ; van 1650 tôt 1652 ; van 1652 tôt 1653 ; van 1654 
tôt 1655 ; van 1655 tôt 1656 ;' van 1656 tôt 1657 ; van 1657 tôt 
1658 ; van 1658 tôt 1659 ; van 1659 tôt 1660 ; van 1660 tôt 1661 ; 
van 1661 tôt 1662 ; van 1662 tôt 1664 ; van 1666 tôt 1668 ; van 
1668 tôt 1669 ; van 1669 tôt 1670 ; van 1670 tôt 1672 ; van 1685; 
van 1689 tôt 1691 ; van 1691 tôt 1692 ; van 1692 tôt 1693 ; van 
1693 tôt 1695 ; van 1695 tôt 1696 ; van 1696 tôt 1697 ; van 1697 
tôt 1698 ; van 1698 tôt 1699 ; van 1699 tôt 1700 ; van 1700 tôt 
1701 ; van 1702 tôt 1703 ; van 1703 tôt 1708 ; van 1714 tôt 1717 ; 
van 1717 tôt 1720 ; van 1726 tôt 1730 ; van 1730 tôt 1736 ; van 
1737 tôt 1744 ; van 1745 tôt 1754 ; van 1754 tôt 1758 ; van 1765 
tôt 1771 ; van 1771 tôt 1780 ; van 1779 tôt 1786 ; van 1785 tôt 
1791; en van 1791 tôt 1795. 

IL " ApOINCTEMENTEN, CONSENTEN, VERSUECKEN, ARRESTEN, BORCH- 

TOCHTEN^ VONNISSEN ENDE SENTENTiEN, glieweseu, gedecveteert ende 
gheglievcn ter coinmoingviîe byde Heeren comnioingmeesteren. » 

Een en viiftig registers in-folio, gaande van 1585 tôt 1586 ; van 
1614 tôt 1615 ; van 1614 tôt 1617 ; van 1616 tôt 1617 ; van 1617 
tôt 16 18 ; van 1620 tôt 162 1 ; van 162 1 tôt 1622 ; van 1622 tôt 
1623 ; van 1623 tôt 1624 ; van 1625 tôt 1626 ; van 1626 tôt 1627 ; 
van 1629 tôt 1630 ; van 1630 tôt 1631 ; van 1631 tôt 1632 ; van 
1632 tôt 1633 ; van 1633 tôt 1634 ; van 1634 tôt 1636 ; van 1636 
tôt 1638 ; van 1639 tôt 1640 ; van 1640 tôt 1641 ; van 1641 ; van 
1641 tôt 1642 ; van 1643 tôt 1644 ; van 1644 tôt 1645 ' ^'^^^ ^^4^ 
tôt 1647 > ^'^^^ 1^4^ ^<^t ^649 > "^''^^^ '^53 ^^^ ^^54 ' ^^^ ^^57 > 



— i8i - 

van 1658 ; van 1663 ' ^'^^ ^^^4 ' ^'^^^ ^^^5 ^^^ ^^^^ ' ^^^ ^^^7 * 
van 1668 tôt 1669 ; van 1669 ; van 1669 tôt 1670 ; van 1670 ; 
van 1670 tôt 1671 ; van 1672 tôt 1673 ; van 1673 tôt 1674 ; van 
1674 tôt 1675 ; van 1675 ; van 1675 tôt 1677 ; van 1677 tôt 1678 ; 
van 1678 tôt 1680 ; van 1686 tôt 1688 ; van 1688 tôt 1692 ; van 
1692 tôt 1697 ; van 1695 tôt 1696; van 1697 tôt 1701; en van 
J722 tôt 1727. — Van den 28''" augustus 1646 tôt den 25^" sep- 
tember 1675, zijn in deze registers bijgebragt de « 7-oiie der com- 
nnuiie » of burgemeesterskaraer. 

Van 1585-86, en van 1614 tôt 1727, zetelden in die kamer : 

Jo^ Karelvaii Boevekercke, 1585-86. — RÀàd&r Nîcolaasvaiider 
Laen, heer van Lassus, Onesies, Hagelsteyn, &:c., in 1585-86, en 
1617-18. — Ridder Philip van Snoy, heer van Oppuers, Poederlé, 
Befferen, &c., in 1614-15, 1622-23, en van 1631 tôt 1634. — Jo^ 
Cosmas van Prani, heer van Blaesvelt, van 1614 tôt 1616, in 
1620-21, 1623-24, 1626-27, van 1633 tôt 1635, en in 1636-37, — 
Ridder Jan vander Laen, heer van Schrieck en Grootloo, van 1615 
tôt 1617, en in 1621-22. — Jo^ IVilleni van Merode, heer van 
Ro3'enborch^ in 1616-17. — Ridder Joos vander Hoeven, in 1617- 
18, 1620-21 *, en van 1629 tôt 1631. — Ridder Dirk vander Laen, 
heer van Schrieck en Grootloo, in 1622-23, 1625-26, van 1631 tôt 
1633, in 1636-37, 1640-41, en 1643-44. — Jo^ Adolf van Heet- 
velde, in 1623-24. — Jo"". Philip- Matthens de Haynin, heer van 
Legies, ni 1625-26. — Jo^ Nicolaas vander Laen, heer van 
Onesies, Hagelsteyn, Neeryssche, &c., in 1626-27, van 1629 tôt 
1631, in 1635-36, en 1641-42. — Jo^ Janvan Wachtendonck, heer 
van Rumsdorp, Overwinde, &c., in 1631-32, 1637-38, 1641-42, 
en 1644-45. — Jo"". Filips Antoon van Sestich, heer van Ophem, 
van 1634 tôt 1636, en in 1644-45. — Jo"", Jan vander Hoeven, in 
1637-38, 1646-47, en 1657-58. — Jo'". Jaak d'Hovynes, heer van 
Montenbergh, in 1639-40. — ]o^ .Chrisiiaan van Lathem, heer van 
Legies, in 1639-40, 1645-46, 1648-49 -, 1658-59, en van 1664 tôt 
1667. — Jo^ Jaak de Buyssct, heer van Lossignol, in 1640-41. — 
Jo^ Hendrik van Huldenbergh, gezegd van der Borcht, in 1643- 
44, en 1646-47. — Jo'". Pieter-Maximiliaan Bauwens vanden Boye, 

' Slecht opgegeven in het Supplément op Butkens, II, fol. 343. 
2 Ibidem, fol. 548. 

S. A. M. iî 



— l82 — 

heer van Odurenge, in 1645-46, en 1648-49. — Jo"". Engelbcrtiis 
van Wachteiidonck, heer van Durain, in 1653-54. — Jo"". Lodewyk 
van Mcerbekc, in 1653-54. — Jo''. Filips de Bt'iquegiii, heer van 
Schooneiibergh, in 1656-57, van 1664 tôt 1667, van 1670 tôt 
1672, en in 1675-76. — Jo"". Jan-Antoon des Mares, in 1656-57 *, 
1657-58, en 1669-70. — Jo^ Filips van Reynegoni, in 1658-59, en 
van 1662 tût 1664. — Jo^ Jan-Frans vander Laen, heer van 
Boortmcerbeke, van 1662 tôt 1664. — Jo'". Jaah-Antoon van 
Sesticli, heer vanOphem, in 1668-69, 1674-75, en 1685-86. — Jo^ 
Frans Douglas, gezegd Schof, \\\ 1668-69, en van 1672 tôt 1674. 

— Jo" . Lodeivyk de Clercq, in 1669-70, en 1674-75. — Jo"". Nico- 
laas-Antoon vander Laen, heer van Neeryssche, Onesies, Hagel- 
steijn, &c., van 1670 tôt 1672, van 1676 tôt 1679, in 1685-86, en 
1689-90. — Jo^ Cornelis de Coxie, van 1672 tôt 1674. — Jo^ 
Engclbcrtus Bauivcjis vandcn Boxe, in 1675-76. — Jo"". Jan-Karel 
de Ronirc, heer van Mazé, van 1676 tôt 1679. — Jo^ Frans- 
Cosnias van Wachiendonck, heer van Durain, van 1686 tôt 1688. 

— Jo"". Bernard-Viclor Douglas , gczegcl Schot, in 1689-90, en van 
1692 tôt 1695. — Weev Rombout Hnens, in 1690-91. — Jo^ Sebas- 
iiaan-lgnatius de Gerlais, burggraaf van Uppign}^, in 1690-91, en 
1695-96. — ■ Jo^ Jaak- Dominicns Stalins, heer van Rollegem, in 
1691-92, en 1696. — Jo^ Lodewyk Pynssenvander Aa, heer van 
oud en nieuw Vosmer, in 1691-92, en van 1698 tôt 1701. — Jo^ 
Chf istiaan-Willeni de Rnysschen, van 1692 tôt 1695, en van 1696 
tôt 1698. — Jo"". Pieter-Frans-Vilalis de Romré, heer van Mazé, 
van 1695 tôt 1697, en van 1723 tôt 1727. — Heer Jan-Hendrik 
Hiiens, van 1698 tôt 1701, en van 1722 tôt 1724. — Jo^ Jozef- 
Angnstiniis Du Jardin, van 1722 tôt 1725. — Jo"". Bernard-Alex- 
ander Hiiens, van 1725 tôt 1727. 

Bij afwezendheid der burgemeesters, zetelde de overdeken der 
dekenij, en, bij belet van dezen, de policijmeester, als bhjkt uit de 
twee volgende opgaven van het register dezer reeks : 

a Jo^. Maria Verhoeven... heeft geobtineert consent van Jo*". 
Jan Anlhoni des Mares, heere vande selve plaetse, Walle, etc^., 
overdeken deser stadt Mechelen, mils d'indisposùie ende absentie 
respective vande Heeren commoingmeesters deser vs. sicde,... » 
(14^" juhj 1667). 

1 Slecht opgegeven in het Supplément op Buthens, II, fol. 549. 



- i83 - 

(( Andries Verpoorten heeft geobtineert consent van Jo''. Otfo de 
Haze, heere van Borchgravenhroecke, policyemeeslere deser 
stadi Mechelen, miis d'indi^positie ende absentie vande Heere 
commoingmeefiters ende overdeken respeclive deser vs. siede,... » 
(i5^"juliji667). 

III. « Getuygenisse overhoort ende geexamineert voor eenen 

COMJML'NEMEESTER ENDE SECRETARIS DER STADT. » 

Vijf registers in-folio, gaande van 1616 tôt 1670; van 1671 tôt 
1699; van 1701 tôt 1736; van 1736 tôt 1769; en van 1770 tôt 
1792. 

c) Regtsgebied der Bixrgemeesters en Scliepeiien. 

I. « COMPARITIEN VOIR MYNEN HEEREN COMMOING.^rEESTERS ENDE 
SCEPENEN IN HARER RAIDTCAMEREN. w 

Register groot in-4^ gaande van 1461 tôt 1563, waaraan wij 
het volgende uittreksel ontleenen : 

« By mynen Heeren Scepenen van Mechelen is voir eenen kuer 
ende voir rechi vuytgesproken ende verclairt, iusschen de erfge- 
namen van ivylen Janne de Reydere, te weiene die vanden voir- 
bedde ende vanden 7iabedde gecomen syn, aengaende den brou- 
gerecke, dair queslie af es, dat den hroukelele, broitcuype, met 
synen toebehoorten, de ghylcuype tnelten bancken, de wooten, de 
cuelbacken metten houtwercke, ketels, bierboom, trechtere, gaffele, 
rieken, stuyken ende den rosmoelen.., aile hâve syn, ende sullen 
volgen die vanden nabedde, ende den hoven metter scouwen, ende 
den begiet back, sullen metten hnyse, als erve, die vanden voir- 
bedde volgen. Actum XXIII, de^. anno XV'^XXVIII ^ .d 

IL " CoLLEGiAELE vGNNissENw, of vonnisscH gcwezen in de bur- 
gemeesters en schepenen kamer. 

ZQven registers in-folio, gaande van 1574 tôt 1586; van 1657 
tôt 1664; van 1674 tôt 1691; van 1692 tôt 1713 ; van 1713 tôt 
1726 ; van 1726 tôt 1742; en van 1742 tôt 1795. — Ziehier een 
dier vonnissen : 

« Ghesien tproces tnsschen Gillis van Steensele, appellant van 

1 Ziet fûJ. 32. 



- i84 - 

zeker vonnisse gegeven clen XXV. maij sessentzestich by Joncher 
Jan Scoofs, Ileeren P/iilip^s, alsdoen commoi7igmeeslere, ter 
eender zyden, ende Cornelis van Miscum, alias Palslers, ter 
andere, scepenen der stede van Mecheien, doende recht ter manis- 
sen van myn HecTC den comînoingmeestere, verclaeren den 
voerscreven appellant geappelleert ihebbene sonder grief, zal 
daeromme tvorscreven vonnisse sorteren volcomen effect, con- 
dempnerende den zelven appellant inde costen ter taxatien. 
Actum XXIIIl meerte 1574 voer Paesschen '. » 

III. » ACTEN, VONNISSEN ENDE SENTENTIEN GHEWESEN TER COMMOIN- 
GNYE. » 

Zeven rcgisters in-folio, gaande van 1620 tôt 1622; van 1625; 
van 1626; van 1627 tôt 1628; van 1629; van 1630 tôt 1631 ; en 
van 1631 tôt 1633. 

IV. « VeRB AELE COLLEGIALE APPOINCTEMENTEN EN VONNISSEN. » 

Zes registers in-folio, (vôôrschriften) gaande van 1623 ^^^ 1626; 
van 1626 tôt 1629; van 1632 tôt 1635; van 1650 tôt 1652; van 
1654 tôt 1657 ; en van 1657 tôt 1660. 

V. " DaEGEMENT, APPOLNTEMENT ende VONNIS BOECKEN DER COM- 
MUNIE, w 

Twee en dertig registers in-folio, gaande van 1634 tôt 1636; 
van 1637 tôt 1638; van 1677; van 1677 tôt 1678; van 1678 tôt 
1679; van 1680; van 1681 ; van t68i tôt 1682; van 1682 tôt 
1683; van 1683; van 1683 tôt 1684; van 1684 tôt 1685 ; van 
1685; van 1685 tôt 1686 ; van 1686 tôt 1687; van 1687 tôt 1688 ; 
van 1688 tôt 1689; van 1689 tôt 1690; van 1690 tôt 1691 ; van 
1691 tôt 1692; van 1692 tôt 1693 ; van 1694 tôt 1695; van 1695 
tôt 1696; van 1696 tôt 1697; van 1697 tôt 1698; van 1698 tôt 
1699; van 1699 tôt 1700; van 1703 tôt 1705 ; vani705 tôt 1707; 
van 1707 tôt 1709 ; van 17 10 tôt 1712; en van 1712 tôt 1716. 

VI . " COLLEGIAEL EN POLITICQUE DAGHEMENTEN. » 

Twee en twintig registers in-folio, gehouden doorde schepenen 
knapen voor het jaar 1636 ; van 1641 tôt 1642 ; van 1650 tôt 1651 ; 

• Register 1S74-1586, fol. i2vo. 



— ItJs - 



van 1652 tôt 1653 ; van 1653 tôt 1654; van 1654 tôt 1655 ; van 
1655 '-'^^ 1656; van 1656 tôt 1657 ; van 1657 tôt 1658; van 1659 tôt 
1660 ; in 1660; van 1662 tôt 1663; van 1663 tôt 1664 ; van 1664 
tôt 1 665 ; van 1 665 tôt 1 666 ; van 1 666 tôt 1 667 ; van 1 667 tôt 1 668 ; 
in 1668; van 1670 tôt 1671; van 1671 tôt 1672; van 1673 tôt 1674; 
en in 1675. — In de twee eerste dezer boeken, alleen, zijn er 
slechts collcgiade dagvaardingen. 

VIL rt COLLEGIAEL DAGHEMENTEN, » 

Zeventig registers in-folio, gaande van 1675 tôt 1677 ; van 1680 
tôt 1681; van 1681 tôt 1682; van 1682 tôt 1683; van 1683 ^^^ 
1684 ; van 1684 tôt 1685 ; van 1686 tôt 1687 ; van 1688 tôt 1690 ; 
van 1690 tôt 1693 ; van 1693 ^'^'^ ^^95 ' '^'^''^ '695 tôt 1699 ; van 
1699 tôt 1702 ; van 1702 tôt 1705 ; van 1705 tôt i 708 ; van 17 10 tôt 
1712 ; van 17 12 tôt 17 13 ; van 17 13 tôt 1714 ; van 17 15 tôt 1716 ; 
van 17 16 tôt 1717 ; van 17 17 tôt 17 18 ; van 171 9 tôt 1720; van 
1720 tôt 1721 ; van 1721 tôt i 722 ; van 1722 tôt 1 723 ; van 1723 ; 
van 1723 tôt 1724 ; van 1724 tôt 1725 ; van 1725 ; van 1726 ; van 
1726 tôt 1727 ; van 1727 ; van 1727 tôt 1728 ; van i 728 tôt 1729 ; 
van 172g; van 1729 tôt 1730; van 1730 tôt 1731 ; van 1731 tôt 
1 732 ; van i 732 tôt i 733 ; van 1 733 tôt 1 734 ; van 1 735 tôt 1 736 ; van 
1736 tôt 1737 ; van 1737 tôt 1738; van 1738 tôt 1739; van 1739 
tôt 1740 ; van 1740 tôt 1741; van 1743 tôt 1745; van 1745 tôt 
1748 ; van 1748 tôt 1749 ; van 1749 tôt 1751; van 1751 tôt 1752 ; 
van 1752 tôt 1754 ; van 1754 tôt 1755 ; van 1755 tôt [757 ; van 
1757 tôt 1759 ; van 1759 tôt 1761 ; van 1761 tôt 1763 ; van 1763 tôt 
1765; van 1765 tôt 1767 ; van 1767 tôt 1769 ; van 1769 tôt 177 i ; 
van 1771 tôt 1774 ; van 1774 tôt 1777 ; van 1777 tôt 1779 ; van 
1780 tôt 1782 ; van van 1782 tôt 1784; van 1784 tôt 1786; van 
17B6 tôt 1789; van 1789 tôt 1791; van 1791 tôt 1793; en van 1793 tôt 

1795- 

VIII. '< POLITICQUE DAGHEMENTEN, » 

Twee en dertig registers in-folio, gaande van 1675 tôt 1678; van 
1678 tôt 1680; van 1680 tôt 1682; van 1682 tôt 1683; van 1683 tôt 
1686; van 1685 tôt 1686; van 1688 tôt 1690; van 1694 tôt 1696; 
van 1696 tôt 1699; van 1699 tôt 1702; van 1702 tôt 1707; van 1707 
tôt 1709; van 1710 tôt 1711; van 1712 tôt 1713; van 1715 tôt 



— i86 — 

1717; van 1717 tôt 1719; van 1719 tôt 1722; van 1722 tôt 1725; vau 
1725 tôt 1727; van 1727 tôt 1729; van 1730 tôt 1732; van 1737 tôt 
1739; van 1739 tôt 1743; van 1747 tôt 1751; van 1753 tôt 1756; van 
1756 tôt 1759; van 1759 tôt 1762; van 1762 tôt 1766; van 1769 tôt 
1772; van 1772 tût 1778 ; van 1778 tôt 1785; en van 1785 tôt 1795. 

d) Regtsgebied van den Sclioitt. 

I. « ReKENINGHE van ALLEN ONTFANGHE ENDE VUTGHEVENE VAN DEN 
SCHOUTHEDOMME. » 

Drie en twintig- rollen, op parkement, waarin geboekt zijn de 
ontvangsten en uitgaven van « bocten van qiictsuren » gchouden 
door IVillent Keennans, van den 8''" mei 1374 tôt den 8'"" januarij 
1375, (n. st.) en van den 12*^" januarij 137C tôt den 8^"" januarij 
1386 ; (n. st.) en door Olivier van de)' Steenbr:tggJie, van den 8*^" 
januarij 1375 (n. st.) tôt den 12'"" januarij 1376. — De laatste 
rekening van Willem Kecnr.ans, welke in fransch geschrevcn is, 
voert voor titel : « Compte de Gnillame Kerman, escoutete de Ma- 
lines, de tontes recepies depplois et de mises dn dit esconteterye. » 

IL Dergelyke rekeningen, (in het fransch), voUediger dan de 
voorgaande,gehouden in 1397 en 1399, door Willem de Haclzvijn; 
in 1428 en 1430, door Lodeivijk Salart ; in 1432, 1433 ^^^ ^435» 
door Antoon Vlemincx ; van 151 1 tôt 1512, en van r5i6 tôt 1517, 
éooY Jan valider Aa;van 1549 tôt 1551, door Adolf vander Aa ; 
van 1576 tôt 1578, door Willem de Clercq, heer van Bovekercke ; 
van 1613 tôt 1616, door Jan van La/licm, heer van Liefkerode ; 
van 1646 tôt 1656, door Willem de le Margelle, heer van Ketten- 
hove ; van 1656 tôt 1660, door Filips Daneels, heer van Hautem 
en Neer-Dormael ; en van x666 tôt 1667, van 1670 tôt 1671 en 
van 1682 tôt 1697, door Martinns-lgnatins de Homes, heer van 
Geldrop, Niele en Marsselaer. 

Drie registers groot in-4" en in-folio, op parkement en op 
papier, gaande van 1397 tôt 1616 ; van 1646 tôt 1667 ; en van 
1682 tôt 1691. 

III. " Compte de la tœcy.tiy. ponr amendes , jourfaitiir es et mises 
de jnstice, depuis le 21 may i'jj2 jnsqiies an dernier décembre iyj4, 



— 187 — 

par Messire Philippe François Pierre Roose, baron de Leeiiw 
S*. Pierre, ecoutette de la ville et province de Malines. » 

Register in-folio. 

IV. (t Crbiixele rollen " van 1631 tôt 1645; van 1667 tôt 1693; 
van 1693 tôt 1705 ; van 1705 tôt 1716 ; van 1716 tôt 1737 ; van 
1754 tôt 1782 ; en van 1782 tôt 1795. 

Zexen registers in-folio. 

V. « Daghement boecken » van 169 1 tôt 1704; van 1704 tôt 
17 II ; van 17 12 tôt 1714 ; van 17 14 tôt 1728 ; van 1728 tôt 1756 ; 
van 1756 tôt 1776 ; van 1776 tôt 1786 ; en van 1786 tôt 1795. 

Acht registers in-folio. 

VI. a Advisex van schoutethen ende advocaeten van h. m. 

GROOTEN RAEDE. « 

Register in-folio, gaande van 1776 tôt 1794. 

e) Regtsgehied van den Overdeken der Dekenij . 

I. " Camer rolle vander dekenye. w Van 1547 tôt 1548 ; van 
1550 tôt 1551 ; van 1552 tôt 1555 ; van 1556 tôt 1557 ; van 1558 tôt 
1560 ; van 1564 tôt 1566 ; van 1584 tôt 1585 ; en van 1585 tôt 
16 10. 

Acht registers in-folio ^ 

II. " ViERSCHAER ROLLE VANTDER DEKENYE. » \ ?,\\ l ^']2 tot I 585 j 

van 1585 tot 1599 ; van 1600 tot 1605 ; van 1609 tot 161 4 ; van 
1623 tot 1625; ^'^^ 1627 tot 1629; ^^^ ^^3^ tot 1633 ; van 1633 tot 
1639 ; van 1639 tot 1645 > "^'^'^ ^^55 tot 1657 ; van 1658 tot 1666 ; 
vani666 tot 1674 ; en van 1674 tot 1699. 

Dertien registers in-folio. 

III. " \^ONNISSEN TER DEKEN^^E GEWESEN. » 

Vijf registers in-folio, gaande van 1631 tot 1636 ; van 1636 tot 

1 De kamer der dekenij was zamengestelJ uit den overdeken, vier gezworencn. 
eenen griffier en twee dekens knapen. 



— i«a — 

1642 ; van 1641 tôt 1658 ; van 1657 tôt 1674 ; en van 1674 tôt 1698. 
-^ Ziehier een dier vonnissen : 

a Gesiea de procedueren geresen voor mi/n Ileeren den ove?^- 
deken ende gesioorne vande dekenye lusschen Mr. Jan Bogaerts, 
als last ende procuralie hebbeade vande 7nomboirs der kinderen 
wylen Jan de Grauwe, aenlegget'c fer eenre, ende de weduive Mel~ 
chior van Avant, gedaechde ende gecontumaceerde by drye dis- 
tincte deffaulten, ter andere syden, myne Heeren gesworne, ter 
behoorlycker manissen doende redit voor tproffyt vande voor- 
noemde drye deffaulten, condenmeren de voorschreven gedaechde 
aenden aenleggere op te leggen ende te betaelen de somme van 
achtensestich guldens, seven s/uyvers, een oort, reste van meerdcre 
somme over afgecocht laeke^i, concluderende geheyst, mits daer 
aene cor tende aile deuchdelyck beioys van betaelinge, ende de selve 
scfiult veriftcerende by des overledene schult boeck, de selve 
gedaechde tôt dyen condemneren.de inde custen ter behoorelycker 
tauxatie. Actum XXIII I seplemb. XVL tioeendertich '. » 

f) Regtsgehîed der Pensionarissen. 

I. " SeNTENTIEX OPT RAPPORT VAN PENSIONARISSEN, " door SChc- 

penen gewezen. 

Zes en dertig- registers in-folio, (vôôrschriften) gaande van 
1606 tôt 16 13 ; van 16 12 tôt 1617 ; van 1622 tôt 1628 ; van 1628 tôt 
1634 ; van 1634 tôt 1638 ; van 1634 tôt 1638; van 1638 tôt 1641 ; 
van 1638 tôt 1642; van 1642 tôt 1645; van 1642 tôt 1647; '^^^^ ^^4^ 
tôt 1653; van 1647 tôt 1653; van 1653 tôt 1654; ^^"^ ^653 tôt 1657; 
van 1654 tôt 1655 ; van 1654 tôt 1657 '■> ^'^'^ ^^55 *^ot 1660 ; van 
1657 tôt 1660 ; van 1658 tôt 1665; van 1659 tôt 1660 ; van 1660 tôt 
1665 ; van 1665 tôt 1670 ; van 1665 tôt 1682 ; van 1676 tôt 1684 ; 
van 1676 tôt 1685; van 1Ô82 tôt 1688; van 1686 tôt 1692 ; 
van 1689 tôt 1697 ; van 1692 tôt 1705 ; van 1698 tôt 1712 ; 
van 1705 tôt 1721 ; van 17 12 tôt 1726 ; van 1722 tôt 1738 ; van 
1 726 tôt 1 747 ; van 1 738 tôt 1763 ; en van 1 747 tôt 1 763. — Onder 
deze vonnissen bemerken wij het volgende aangaande een altaar^ 

1 Register 1631-1636, fol. 25 v». 



— 189 — 

aanbesteed aan Lucas FaycCJierbe door Jonkvrouw Isabella Dane- 
sùi, voor S. Catharina kerkalhier : * 

a Gehoort hel rapport van commissarissen vande debi:ooren hy 
hun gedaen ingevolghe vanden l'onnisse vanden vyffden december 
lestleden hisschen Joe. Isabeau Dariesyn, aenleggersse ter eendre, 
ende Mr. Lucas Fiderbe, gedaechde ter andere syden, gelel oock op 
de debvooren van officie weghen gedaen int verhooren van menighe 
persoo7ien int Collegie, opt subiect in questie, M. H. S. (mijue 
Heeren schepencn) recht doende verclaereyi, dat den gedaechden 
niet en is geobligeert te maecken de engels op het voors. werck, 
dan ordonnerez! den selven opt versoeck vande aenleggersse den 
autaer te geven de forme nacrt modet, ende alvoorente disponeren 
op de materialen alreede gheemployeert^ ordonneren partyen 
dies-aengaende te accorderen, ende by faulte van accord verclae- 
ren dat de selve sullen gevisiteert worden by mannen hun des 
verstaende, omme te sien oft sy conform syn aende gène gemen- 
tioneert by den contracte ten processe berustende, omme naer het 
bevinden van dyen verbesicht le worden, ofte nyet, ten tvaere dat 
partyen van weder syden liver liadden het loerck te laelen voorls- 
maecken met de selve, ende andere van goede ende deuchdelycke 
materie, omme ten eynde van dyen geschat te worden by gelycke 
mannen, d'welck d' aenleggersse aenden gedaechden soude betae- 
len inde plaetse vanden prys gestipuleert by den voors. contracte, 
de coslen vanden différente oni redenen compenserende. Actum 
denb febr. 1649 \ 

Van de eerste helft der xvip tôt de tweede der xviii^ eeuw, 
waren alhier pensionarissen de volg-ende personen : 

Paitwel van Chrisivueu, van 1606 tôt 1623, — Erasiuus de Zoete, 
van 1606 tôt 1613. — Willem de Rnvsschen, vdiU 1613 tôt 1617. 

— Arnold de Fiunal, van 1617 tôt 1643. ~ Sebasîiaan van Chris- 
tynen, van 1623 tôt 1648. — Ferdinand de Qnisthout, van 1643 ^^^ 
1644. — Jan-Baptist Sialins, van 1644 tôt 1654. — Michaël Ver- 
reycken, van 1648 tôt 1661. — Jan van Dycke, van 1654 tôt 1656. 

— Bernard- Alexander van den Z pe, van 1656 tôt 166 1. — Chris- 
tiaan Lodeivycx, van 166 1 tôt 1698. — Jaii Moreels, van 166 1 tôt 

' Foppevs, Nfechlinia Christo nascens et crescetis, an° 1643. 
' Register 1647-1653. 



— igo — 

1676. — Jan-Baptist van den Venue, van 1676 tôt 1687. — Wil- 
lem Qtvpers, van 1687 tôt 1702. — Joùs Henrîcy, van 1698 tôt 
1717. — Horatins van Milanen, van 1698 tôt 1709. — Frans 
vandcr Linden, v?iVL 1709 tôt 17 11. — Jan-Frans Courtois, van 
1709 tôt 1721. — Jan- Ferdinand Keyaerts, van 1711 tôt 1716. — 
Huibrecht-Antoon Rossignon, van 1716 tôt 1729. — Karel-Filips 
V\apenaert, van 172 1 tôt 1724. — Norbert llellemans, van 1724 tôt 
1739. — C. van Cauwenbergh,MâXi 1729 tôt 1733. — Claudius-Jozef 
Sotteait, van 1733 ^°'- ^735- ~ Karel-Hcndrik Hnstnans de Merbois, 
van 1735 ^^^ '755- ~ C.-J. Baescn, van 1735 ^^^ ^73^- — Frans- 
Jozef van den Wicle, van 1739 tôt 1746. — Egidins de Cock, van 
1746 tôt 1750. — Jan Wouters, van 1750 tôt 1765. — Jan-Domi- 
nicus-jozej Vriesen van 1755 tôt 1759. — en Claudiiis-Jozef Cail- 
loux, van 1759 tôt 1782. 

II. <( Verbaelen gehouden vgor commissarissen competerende 

DEN PENSIONARIS VAN CrISTYNEN. » 

Zes registers in-folio en groot in-folio, gaande van 1630 tôt 
1632 ; van 1632 tôt 1634 ; van 1635 tôt 1638 ; van 1638 tôt 164 1 ; 
van 164 1 tôt 1642 ; en van j 646 tôt 1648. 

2° V6ÔR HET PARLEMENT EN DEN GROOTEN RAAD. 

a) Vôôr liet Parlement. 

" ClRCA PROCE5SUM BRUXELLENSIUM ET ANTWERPIENSIUM ACTO- 

RUM. » Stukken van een langdurig procès, verwekt door de Brus- 
selaars en die van Antwerpen tegen de Mechelaars, uit hoofde 
van het spannen der keten door deze laatsten bij de brug te 
Heffen. 

Register groot in -4" der xv® eeuw. 

b) Vôôr den Grooten Raad. 

I. « Ordonnances du grand co'nseil, extrait du quattriesme volume 
aux ordonnances, (de celui-ci) du VF volume aux ordoimances de la 
Court, du troiziesme volume aux lettres closes, du registre aux lettres . 



— 191 — 

closes, comnieucJiant IJJJ <^t finant i yj^, et dit registre du Grand 
Conseil, ij8o à IJÇJ- " 

Register in-folio, (afschriften) gaande van 1547 tôt 1623. 

II . <t Arrêts rendus au grand conseil de malines, et recoeuillis par 
Monsieur Crisper c *. » 

Register in-folio, waarbij gevoegd is geworden een ander, 
gaande van 1680 tôt 1702, en voerende voor titel : « Avis, consul- 
tations, mémoires et avertissemens, fait et donnez par Messire Jacq. 
Pollet, conseiller en parlement. » 

III. « Arrêts rendus aux grand conseil de malines, recuillis 
par Monsieur Cuvelier, conseiller audit Crand Conseil '^. » 

Register in-folio, toebehoorendeaan den Grooten Raad. 

IV. « Arrêts et résolutions du grand conseil, avec quelques 
dépêches et constates du conseil suprême de Sa Majesté Imp^^. pour les 
Pais Bas à Vienne. » Bijeengebracht door graaf Jan-Alfons 
de Coloma, raadsheer van den Grooten Raad, bij brieven van den 
j^en november 171 1. 

Register in-folio, toebehoorende aan den Grooten Raad. 

V. « Décisions, avis et resolutions du grand conseil. » Ver- 
gaderd door voornoemden raadsheer. 

Register in-folio, gaande van 1700 tôt 1732. 

ML « Saisissementen » gedaan alhier door den Grooten Raad 
en den magistraat. 

Twee registers in-folio, gaande van 1690 tôt 1755 ; en van 
1755 tôt 1795. 

VI. (i Inventaires des sentences et arrêts, rendus au Grand 
Conseil de Sa Majesté concernant la ville et province de Malines, 
depuis le 2j janvier ijoj que ledit Grand Conseil jid ordonné de 
résider à Malines, pour pouvoir discerner les procès jugés et les non 
jugés de ladite ville et province, » 

1 Willem de Grysperte werd tôt raadsheer bij den Grooten Raad genoemd dea 
3oen november 1576. 

- Pieter Cuvelier werd als raadsheer aldaar genoemd den 2ien januarlj 1612. 



— 192 — 

Twee rcgisters in-folio, iiihoudendc de invciitarissen opge- 
maakt teMechelen den 27'" november en 6^" deceniber 1766, door 
G. Picard, garde des sacs van den Grooten Raad. 



K 

GELDWEZEN. 

I" Lyf-en f.rfrenten. 

I. " Dits de LiiFTOCHT die vercogJit was den personen die hier na 
volghen, bi sctpene, ghesvorne ende raet van der stat van Machelne, 
int iaer ons Hercn M.CCC ende twee iaer. » 

Register groot in-4'-, op buitengevvoon dik papier, gaande van 
1302 tôt 1309. 

II. <t Dit es de iJiFTOCHT die nien schuldecli es van den tare M"CCO 
ende twee, . . . ende dit es paynient aise te Mechelne in borsen gheet. » 

Register groot in-4°, op parkement, gaande van 1302 tôt 131 8, 
waarin men de volgende geslachtsaanieekeningen vindt rakende 
de adellijke familie Mirabelli, gezegd van Halen : 

1308. « It. Symoene van Mirabeele, die men lieet van Halen, te 
sinen lioe isaers ie ghildene altoes te sente Remets misse ouder 
g" tor sconincs van Vranckerike, ochie de werde. De charte was 
ghegheven int iaer ons Heren M.CCC. ende VIII. iaer sfridachs 
na groet vnstelavont VI lib. V s g"^. » {îo\. ^v°). 

1309. « It. Lyzab., Jans docht. van Mirabeele, lumbaerts, te 
harenlim te ghildene deene helft altoes te s' Jans misse ouder g» tor 
sconincs van Vranckerike, ochte de werde. De charter was gheghe- 
ven int iaer ons Heren M.CCC. ende. IX. iaer snoens daclis na 
s' Remets unisse III lib. X s gc. n (fol. 6). 

13 iO. « II. Petren van Mirabee/en, Jans brucder, te sinen live 
isaers ie ghildene, deene helft tonser Vrouwen lichlmisse, ende 
dander helft te s'Peters daghe inghaenden hoœte ouder go tor van 
sconincs tnunten van Vranckerike, ochte de werde. De charter 
was ghegheven int iaer ons Heren M.CCC. ende X. iaer in s'Peters 
daghe inghaende hoœte VI lib. g^. t> (fol. 6). 



- 193 — 

1311. « It Si/moene van Myrabeele, Jans sone van Mlrabeele, 
lombaerd, fe sinen live isaers altoes te ghilcîene te s Remets daghe 
oiicler go tor sconincx van Vranckerike, ochlede icerde. De charter 
was ghegheven int iaer ons Heren M. CGC. ende XI. iaer tsater- 
dachs vore onser Vroc.ioen lichtmisse . V lib. XV s g'\ » ffol. 6). 

III. NaajVIlystex van al degenen die, voor den grooten brand 
alhier (in 1342) tôt 1367, lijfrenten op de stad Mechelen hadden. 

Register zeer groot in-4°, op parkement, « gheniaed int iaer 
ons Heren doen men screef. M.CCC. XLIX. op den iersten dach 

van septembre. » — Ziehier eenige andere dergelijke aanteeke- 
ningen rakende reeds genoemde familie en die van Sconejans, 
welke men in dit register aantreft : 

\'ùôr 1342. {( It. Vranken Scoene Jans en deJoncf. Lizab. sinen 
wive Vni s g^. » (fol. 94 v°)- 

— « //. Lizab., Jan Scoene .Jans loyf, van nieye ende van half 
rneye X. s go. » [M. gôv). 

13.54. q: It. Jan Scoene Jans, H. sone loilen . X. s go. » (fol ^ v°). 

1356. « It. Syrnoen, H. Scoene Jans sone, med XVII in rneye 
ende XVII in novernb VIU s go. » 

— 0: It. Rornmond , H. Scoene Jans sone, .... T77/ s go. » 

— a Johanne, horebeider suster, levabit. ». . : . (fol. 33 v°). 
13.56. a It. K., beiaghede dochter Jan Scoene Jans, die hi heft 

van Hitlen Smoeineren. . . . , . . . V s go. )-i (fol. 47 v°). 

1357 . a It. Symoen,, H. Scoene Jans sone, ende Lizab- van 
Mierabeele siins wiifs, XX s ^^. d (fol, 8.). 

1357. « It. Jan Scoene Jans, wile?i H. sone ende wilen K. van 
Endout siins icyfs, vltima die februarii ende vltirna die augusti. 
XX s go. D 

— <i It. Vranke Scoene Jans, horre beider sone, . . . Xsg'^. b 

— a It. K., dochter Vranke Scoene Jans, die hi heft van Mgr 
van Antio, V s g". ii> (fol. 85 v°). 

1358. a It. Jan Scone Jans, H. Scone Jans sone ende Lizab. 
van Mirabele siins wyfs, med. IllI. in sporkille ende IIII in 
hoeœt. Daturn IIII in hoext anno LVIII .... III lib. g°. » 

— <Llt. Syrnoen, hore beider sone, Xsg".-» 

— a It. K., hore beider dochtver, Xsg\-» 



194 - 

— « //. ioufv. Mgr, hore beider dochfer. Jan Scoene Jans, frater, 
levabil ^s go. » (fol. 86). 

1364. « It. V/'ouwen Jannen, FI. Scoene Jans dochfer ende 
Lizab. siins ivi/fs, loilen wyf H. Raes van Erpe, . X s g". » (fol. 62). 

1365. ({ It. Maes (sic), wilen H. Sconeians beiaechde sans, dien 
hi liadde van K. van Brugdamme V in met/ X s go- 

— dV/vuwe Johanne Sconemns, moeye, levabit. » — It. H., wilen 
H. Scoiieians beiaechde sone, dien hi hadde van Lysbetten van 
Zwinaerden X s g''. t> (fol. 36 v°). 

1366. « 11. Jan, Heinr. Scone Jans zone ende Lysb. van Halen 
siins wii/s, med. \XVI. in novemb /// lib. g". » 

— 11. Symone, haerie beider zone, X s g", y» 

— It. Heinr , haerie beider zone, . . X s grole. » (fol. 20 v°). 

IV. « Dit es de liiftocht die de stat van Mechlen gheeft hoeren 
poerteren ende den goeden lieden van bnten. Welke boeke was ghe- 
maectop den echtersien dach van lu lins anno. LX^., bi bevelen aile 
der commoengemeesteren ende der goeder liede vander voerseider 
stat. n 

Register zeer groot in-4", waarin de jaargetallen, opgegeven 
in het voorgaande register, door de enkele aanduiding : u van 
vore ende sint denbrant » vervangen zijii geworden. 

V. Lyfrenten, van 1363 tôt 1450. 

Register zeer groot in-4°, op parkement, inhoudende nog de 
volgende aanteekeningen aangaande de famille Sconejans : 

1391. (L If. Jan Scoenians, wylen Jans sone et quondam Hael- 
wyn eius vxoris, XII in decemb. XCI, . XXX s go. » (fol 165). 

— <L It. Henr. Scoenians, beiaghede Tliomaes sone, quem genuit 
ex Eliz de Overbroeke, XII in decemb. . . X s go. ■» [ibidem). 

1405. « It. Jan Schoonians, sone Henricx Schoonians et Kath^^ 
Heyenbeex eius u.roris,. XX in iunio, . . Vs go. n (fol. 20 v°). 

1414. « If. Kateline Schoonians, fdia Johis Schoonians et quon- 
dam Eliz. de Wezele, alias de Sompeke, eius uœoris, XIII in 
iulio IIIIc. XIIII, III sgo.T>{{o\. ^^), 

1440. It. Berbele Scoenians, wilen Jans naturleke dochtery 



— 195 — 

quam genidt ex Eliz. de Doerne, XXlin octob. XL,. . . Is.n 
(fol. 125 v°). 

VI. Erfrenten, van 1421 tôt 1438. 
Register groot in-4". 

VIL Lyfrenten, van 1463 tôt 1546. 

Register zeer groot in-4°, op parkement, waarin, bij de namen 
der personen die lijfrenten op de stad hadden, het jaar en de 
maand hunner dood gevoegd zijn geworden. 

VIII. « VuYTGEVEN AEN GULDENS LYFTOCHTEN dcn pennînck zesse, 
tôt laste vande Co. MaK vercocht opt corpus deser stede. » 

Register groot in-folio, gaande van 1556 tôt 1557. 

IX. LyF en ERFRENTEN, Van I563 tot I570. 

Register groot in-folio. 

X. « GuLDENS ERFFELYCK vercocJit ter begheerten vander Key- 
MaK » 

Register groot in-folio, gaande van 1570 tot 1572. 
(Wordi vervolgdj . V. Hermans, 





LES 



ŒUVRES DE SCULPTURE 

FAITES AUX XVll*^ ET XVIII^ SIÈCLES 

pour l'église du prieuré de Leliendael, à Malines 

PAR 

Luc Faydherbe, Artus Quellin le jeune, Michel van der Voort le vieux, 

GovAERTS, Théodore Verhaegen, François Coppens, Rochas, 

François van Elewyt, Pierre Valckx et Nicolas van der Vekene. 




e prieuré de Leliendael, couvent de chanoinesses de 
l'ordre de Saint-Norbert ou de Prémontré, fut fondé à 
Hombeek au xiii'^ siècle. 
Pendant le xvi^, Leliendael eut à souffrir beaucoup 
de la part des calvinistes. Ceux-ci dévastèrent et pillèrent le couvent 
en 1562, 1572 et 1580. Les religieuses sévirent forcées de quitter 
le pays et se réfugièrent à Cologne, oii elles restèrent jusqu'en 
1585. Après la pacification de nos provinces, elles rentrèrent aux 
Pays-Bas et s'installèrent à Malines, d'abord au (( Ganzendrîes » 



— 197 — 

et ensuite, en 1602, dans le « Bnicl » , dans l'ancien refuge de 
l'abbaye anversoise de Saint-Michel, de l'ordre de Prémontré. * 
Elles y restèrent jusqu'au moment où. Joseph II les supprima par 
son édit du 17 mars 1783 '^. 

En 1662, les religieuses de Leliendael avaient comme directeur 
spirituel ou prévôt (proost), le chanoine Gisbert Mutsaerts, reli- 
gieux de l'abbaye de Tongerloo. Ce digne prêtre était un grand 
amateur d'art. 

En 1657, il avait fait placer dans l'église de l'abbaye de Saint- 
Michel un beau vitrail qui représentait saint Norbert faisant 
jurer, sur des reliques de saints, à des ennemis acharnés, l'oubli 
du sujet de leur discorde. 

Dans la partie supérieure de ce vitrail, on vo3'ait les armoiries 
du prieuré de Leliendael et celles du prévôt Mutsaerts, placées 
des deux côtés de l'inscription suivante : 



S. Norbertus 

angélus pacis 

discordes 

conciliât. 



Dans la partie inférieure, on lisait une inscription qui rappelait 
le don fait par Gisbert Mutsaerts : 

Reverendus aDxModum Dominus 

D. GISBERTUS MUTSAERTS 

PRiEPOSiTUS Vallis Liliorum Mechllm^ 

oRDiNis Pr^monstratensis P. C. A° 1657 3. 

Cinq ans après, Mutsaerts conçut le projet défaire bâtir pour le 
prieuré de Leliendael une npuvelle église et s'adressa à Luc 
Faydherbe. Il est parfaitement connu que c'est ce célèbre archi- 

^ Schseffer. Historische Aanteekeiiin^en rakende de kerken, de Moosters, de amhachten en 
andere stichten der stad Mechelen. t. II, p. 83, 

- Gyseleers-Tliys. Coup d\ril sur la métropole de Malines, en 1836, p. 12. 
3 Inscriptions funéraires et monumentales delà province à" Anvers, t. IV, p. 175, 
S. A. M. 13 



— 198 — 

tecte malinois, l'auteur de la belle église de l'abbaye d'Avcrbode, 
qui construisit aussi celle du prieuré de Leliendael. Une note 
que nous avons découverte récemment nous apprend la date du 
contrat passé avec Faydherbe et le prix stipulé par l'architecte : 
il Den 24 Meij 1662, met Sieur Lucas Vitharp (sic) veraccordeert 
a voor het macken van de nuwe kcrck, met conditie gelijck't 
a bescreven is bij den rentmeester Voorspoel, voor de somme van 
a 55000 guldens. Van dese voorschreve somme moeten onder 
a wesen 20000 guldens promissie; de rest in corant w *, C'est donc 
le 24 mai 1662 que fut signé le contrat par lequel Faydherbe 
s'engageait à construire la nouvelle église pour la somme de cin- 
quante-cinq mille florins. 

On mit immédiatement la main à l'œuvre et le 22 août de la 
même année le prévôt Mutsacrts put poser la première pierre de 
l'édifice. Mais il ne lui fut pas donné de voir l'église achevée. Il 
mourut en 1668 et fut remplacé, comme prévôt de Leliendael, 
par le chanoine Jacques Mollcmans qui, comme Mutsaerts, appar- 
tenait à l'abbaye de Tongerloo. 

En 1670, la nouvelle église était entièrement achevée. Elle 
avait cent vingt-cinq pieds de long sur trente-sept pieds de large^. 
La première messe y fut chantée le 26 octobre 1670, par le savant 
et célèbre Libert de Pape, prélat de l'abbaye de Parc, près Lou- 
vain, vicaire général de la province de Brabant et de Frise de 
l'ordre de Prémontré « 

Peu après, on orna la nouvelle église de trois bas-reliefs en 
marbre blanc, représentant des scènes de la vie de saint Norbert, 
sculptures attribuées à tort, pensons-nous, à Faydherbe, sculpteur 
habile autant qu'excellent architecte. Ces médaillons, après la 
suppression du prieuré, ont été placés à l'église de Saint-Rom- 
baut, à Malines ^. Aujourd'hui, ils sont replacés dans l'église de 
l'ancien prieuré converti en hospice de vieillards. On y a ajouté 
un quatrième médaillon en bois, qui a pour auteur le sculpteur 
Laurant et qui représente la prédication de saint Rombaut. 

Feu le révérend chanoine Schœffer dit que, d'après une note 



1 Archives générales du royaume, à Bruxelles. Fonds du prieuré de Leliendatl. 

2 Sch.v^er. Ouvrage cité, t. II, p. 89. 

3 Gysehm-Thys. Notice citée, p. 8. 



— 199 — 

manuscrite, il appert qu'Artus Quellin fut l'auteur de la statue 
de la Vierge et de celles des anges qui couronnaient le maître- 
autel de l'église de Leliendael. Il ajoute que ces statues auraient 
été payées à l'excellent artiste anversois sept cents florins '. 

M. le chevalier Edmond Marchai entre dans quelques détails au 
sujet de cette œuvre de Quellin : « Ainsi, dit-il, que l'indique le 
« chronogramme taillé sur le frontispice du maître-autel de l'église 
« du prieuré précité, il en sculpta toutes les figures, en 1674, sur 
« les plans de Luc Faydherbe. Elles se composent d'un groupe de 
« la Vierge et de l'enfant Jésus reposant sur le globe terrestre, 
« soutenu par des anges. Deux séraphins appuyés sur des frag- 
« ments de fronton, sont en contemplation au-dessous d'eux » ^. 

Nous avons découvert un acte qui prouve que le célèbre sculp- 
teur fit, quatre ans après, pour Leliendael, une œuvre bien 
plus importante que les statues du maître-autel. C'est la copie 
d'un contrat daté du 25 octobre 1678, intervenu entre le prévôt 
Jacques Mollemans et la prieure de Leliendael, Anne-Monique 
de Backere, d'une part, et Artus Quellin le jeune, architecte et 
sculpteur à Anvers, d'autre part. Par ce contrat, Quellin s'enga- 
geait à sculpter en marbre blanc une table de communion, 
d'après le plan qu'il en avait dressé, ou d'améliorer son plan s'il 
y avait lieu. Le prix convenu était de deux mille florins, mais le 
prévôt et la prieure s'engageaient à payer à Quellin cent pata- 
cons de plus, soit deux cent quatre-vingts florins, si son œuvre 
était jugée digne de mériter cette gratification. Si l'artiste mou- 
rait avant d'avoir pu terminer l'œuvre, celle-ci devait être prisée 
dans l'état où elle se trouverait au moment de son décès et ache- 
vée à la satisfaction des intéressés. 

Ce document est d'autant plus intéressant que la table de com- 
munion dont il s'agit existe encore. Il est d'autant plus important 
que l'on n'était pas fixé concernant l'auteur de cette belle œuvre 
de sculpture, qui se trouve depuis 1810 dans l'éghse métropoli- 
taine de Saint-Rombaut à Malines. 

Descamps, qui la vit en 1769, n'en cite pas l'auteur. Il se 
contente delà mentionner comme suit : «La Table de Commu- 
« nion, entièrement de marbre blanc et d'une belle exécution . en 

' Ouvrage cité, t. II, p. 89. 

2 Mémoire sur la sculpture aux Pays-Bas, pendant les wiv^ et xviu^ siècles, p. 169. 



200 

u sculpture, représente des ornements mêlés de petits enfants 
<t bien faits ^». 

En 1836, Gyseleers-Thys écrivit, d'après un manuscrit : « La 
(' Table de Communion placée devant l'autel de la petite chapelle 
« (de Zellaer) et sculptée par Luc Faydherbe, provient du cloître 
« supprimé de Leliendacl - ». 

Emmanuel Neeffs, l'historien de la peinture et de la sculpture 
à Malines, restitua, en 1869, la table de communion à Queliin ^ 
et M. iVIarchal, aujourd'hui secrétaire perpétuel de l'Académie 
royale de Belgique, accepta cette attribution ^. Mais le regretté 
chanoine Schœffer, dont l'ouvrage parut en 1885, attribua de 

nouveau notre œuvre d'art à Luc Faydherbe : « achter den 

<i hoogen autaer staeteene schoone marmere communiebank, het 
(t werk van den voorgenoemden Fayd'herbe; ze komt uit het ge- 
u wezen klooster van Leliendael, en wierd daer gesteldin 1810^ ». 
On le voit, on a tantôt attribué, tantôt enlevé à Artus Queliin le 
jeune la paternité de cette belle œuvre. Notre document étant de 
nature à faire disparaître tout doute à ce sujet, nous croyons utile 
de donner en note le texte de ce contrat ^. 

^ Voyage pittoresque de la Flandre et du Brabant. Paris, 1769, p. 130. 

2 Coup d' œil sur !a Métropole de Malines en 18^6, p. 10. 

3 Inventaire historique des tableaux et des sculptures se trouvant dans les édifices reliçrv'ux 
et civils et dans les rues de Malines, p. 47. 

^ Ouvrage cite, p. 169. 

^ Ouvrage cite, t. I, p. 50. 

'' « Contract tussclien den Eerweerdigen Heere Proest ende de Vrauwe Priorinne 
« des Cloosters van Leliendael, ende Sieur Arnoldus Quilinus, meester arch'tecq 
« ende beltsnijder, woonende tôt Antwerpen. 

« Op hcden den xxvsten octohris xvjc achtenseventich, comparerende voor mij 
a openbaer notaris ende de getuijgen naergenoempt, den Eerweerdigen Heere Jaco- 
(( bus Mollemans ende Vrauwe Anna Monica de Backere, respective proest ende 
« priorinne des cloosters van Leliendael binnen Mechelen, ter eenre, ende Sieur 
« Arnoldus Quilinus, meester architeckt ende beltsnijder, woonende binnen de stadt 
c< Antwerpen, ter andere sijden ; welcke ierste coniparanten hebben verclaert, soo 
si) doen midtsdesen, aenden tweeden comparant, hier présent ende accepterende, 
« aenbesteedt te hebben seker gesneden werck van eene communiebanck inde 
« kercke van t'voorschreven clooster, opde selve lenghde soo de selve alsnu is 
c( staende, van haut gemaeckt, die den tweeden comparant alsnu verclaert aenge- 
« noemen ende aenveert te hebben te maecken van witten marbre steen gesneden, 
« gepalesteert ende gemaeckt ailes ingevolge vande modellen daervan aende ierste 
« coniparanten alsnu overgelevert, met gelofte vande selve modellen te verbeteren 
« ende inde beste forma te maecken dat hij tweeden comparant sal connen vinden, 
« soo aenden selven bijde ierste coniparanten alsnu mondelînge is geseijt ende 



20I 

Petit-neveu et cousin des peintres Erasme et Jean-Erasme 
Quellin, Artus Quellin le jeune était le neveu et l'élève du célè- 
bre sculpteur Arnold Quellin le vieux, l'auteur des superbes sta- 
tues, cariatides, frises, bas-reliefs, cartouches et trophées qui 
décorent l'ancien hôtel de ville d'Amsterdam, aujourd'hui palais 
royal. Né à Saint-Trond en 1625, d'une famille anversoise émi- 
nemment artistique, Artus Quellin le jeune avait laissé des 
traces de son talent à Rome, à Florence et à Turin ; il était 
en 1678, au moment où on lui demanda la table de communion 
pour l'éghse de Leliendael, un artiste de grande réputation. 

Après avoir aidé son oncle dans ses travaux à Amsterdam, il 
avait fait, en partie avec lui, les sculptures des belles stalles qui 
ornent le choeur de l'église Saint- Jacques à Anvers ^ En 1669, il 

« bewesen ; welck werck den tweeden comparant gclneft volmaeckt, effectivelijck 
« gestelt ende geabsolveert te hebben tegens Paeschdach toecomende, sonder langer 
« dilaij oft vuijtstel, mede oock allen de selve wercken, steenen, ijser ende andere 
« appenditien daertoe dienende te leveren ende te stellen binnen de voorschreven 
V kercke, sonder eenigen cost ofte last vande ierste comparanten ; welck werck den 
a tweeden comparant verclaert aengenomen te hebben voor de somme van twee 
« duijsent guldens cens, die de ierste comparanten geloven te betaelen ter requisitie 
« vanden tweeden comparant ten minsten alshet voorschreven werck sal volmaeckt 
« wesen ; daerenboven geloven de ierste comparanten aenden tweeden comparant 
« boven de voorschreve somme alnoch te betaelen de somme van een hondert pata- 
« cons, indien dat sal geiugeert worden t'selve werck te meriteren ende weerdich 
« te wesen ; waermede de respective comparanten verclaeren te vrcden ende verac- 
« cordeeri te wesen, met expresse conditie nochtans oft gebeurde dat den tweeden 
« comparant voor het absolveren ende volmaecken van t'vocrschreven werck 
« qiiaeme afflijvich te worden, soo submitteert hij hem inden naeme van sijne 
« erffgenaemen sijn gemaeckt werck te laeten schatten ende priseren naer proportie 
« van t'selve gedaen werck alsdan te betaelen ofte te laeten volmaecken ten conten- 
« temente vande ierste comparanten, constituerende tôt dien eijnde onwederoepelijck 

« midts desen meesters. ; 

« t'saemen ende elck van hun besondere omme te gaen ende te compareren voor de 
« Eedele Heeren in sijne Majesteijts Grooten Raede,. sijne Majesteijts Souvereijnen 
« Raede van Brabant ende alomme elders, ende aldaer t'gene voorschreven herken- 
« nende, hem int onderhaut van t'gene voorschreven te laeten duemen ende con- 
« demneren met costen ; belovende, verbindende ende renunchierende etc. ut in 
« forma. 

« Aldus gedaen ende gepasseert binnen Mechelen in t'voorschreven clooster, ter 
« presentie van Heer Jacobus de Coninck, priester ende cappellaen in t'selve cloos- 
« ter, ende Jan Auwers, als getuijgen hierover geroepen, hebbende de respective 
« comparanten de minute deser beneftens mij notatis onderteeckent. n (Archives 
générales du royaume, à Bruxelles. Fonds du prieuré de Leliendael.) 

^ Inscriptions J u) lirai irs et monuiiientali'S de la province d'Anvers, t. II, p. 8. 



— 202 — 

avait produit une œuvre que Théodore van Lerius dit avoir été 
une production capitale * : une statue de saint Eloi, placée à la cathé- 
drale de la même ville ^, pour laquelle il fit aussi en 1676 deux 
monuments à la mémoire du savant évêque d'Anvers, Ambroise 
Capello. Le premier orne le chœur de cette église : c'est un beau 
tombeau en marbre rouge veiné, orné de la statue couchée de 
l'évêque ^, Le second, placé alors au-dessus des stalles des mar- 
guilliers, est également en marbre. « Il représente le portrait en 
<( médaillon de l'évêque, tenu par trois anges, dont deux sem- 
<i blent proclamer les bonnes œuvres du prélat, tandis que le 
" troisième incline vers la terre une torche allumée. La partie 
<i inférieure est une tombe, d'où sort un homme enveloppé d'un 
« suaire. Un enfant, effrayé de cette apparition, semble prêt à 
« s'enfuir. Plus bas, les armoiries de Capello, tenues par deux 
<t anges ^ » . Cette belle production de notre artiste se trouve ac- 
tuellement à droite de la porte principale de la cathédrale 
d'Anvers. 

Les chanoinesses de Leliendael et leur prévôt pouvaient donc 
avoir pleine confiance dans le talent du sculpteur qu'ils s'étaient 
choisi. La clause du décès éventuel de l'artiste, insérée dans le 
contrat que nous venons de lire, ne dut pas être invoquée, car 
Qucllin vécut encore vingt-deux ans après. Il ne mourut qu'en 
Tannée 1700 et fut inhumé dans cette église Saint-Jacques, où 
repose aussi le grand Rubens et que les Quellin ont tant con- 
tribué à orner de chefs-d'œuvre. Dans cette seule église Saint- 
Jacques, qui est un véritable musée, on admire, d'Artus Quellin 
le jeune, les belles statues du maître-autel ■''; la tribune de la 
famille Peeters, stalles en bois de chêne, dans la chapelle de la 
Sainte- Vierge'', œuvre remarquable surtout « parles admirables 
a petits anges de la frise w ^ ; le beau monument funéraire de la 
famille Roosc ^ et les monuments Carena-Roelants ^, de la famille 

' Notice des œiiv^-es à'' art de V église Saint-Jacques à Anvers, p. 43. 

2 înscriptio}is funéraires et monumentales de la province d' Anvers, t. I, p. 149. 

3 Même volume, p. 27. 

* Même volume, p. 287. 

^ Même publication, t. II, p. 5. 

^ Même volume, p. 127. 

•^ Th. van Lerius. Ouvrage cité, p. 143. 

^ luscriptiois funéraires et monumentales de la province d^ Anvers, t. II, p. 44. 

^ Même volume, p. 75. 



— 203 — 

le Candele *, des curés Chanon ^ et van den Bossche ^ et de Jean 
de Gaverelle '*. Le monument de la famille le Candele, surmonté 
d'un admirable buste du Sauveur couronné d'épines, et de deux 
anges en pleurs, est un chef-d'œuvre. Ces figures sont de toute 
beauté ^. 

Presque toutes les églises d'Anvers possédaient des œuvres 
d'Artus Quellin le jeune. A Sainte-Walburge, on voyait de lui 
une statue en albâtre, représentant saint Thadée ''. A l'ancienne 
église Saint-Georges, il avait placé deux apôtres : Saint-Paul et 
Saint- Jacques ' et un beau maître-autel, fait en collaboration avec 
Norbert van den Eynde ^. Il fit, vers 1682, le maître-autel de 
l'église de l'hôpital Sainte-Elisabeth^ et, pour l'église du Bégui- 
nage d'Anvers, il sculpta les statues de l'Obéissance et de la 
Chasteté *°. 

Toujours à Anvers, on admirait des œuvres d'Artus Quellin le 
jeune dans les églises de l'abbaye de Saint-Michel, des Domini- 
cains, des Récollets, des Capucins et des Falcontines ^^ 

Il y en avait aussi dans les églises des abba3'es de Saint- 
Bernard sur l'Escaut, d'Herckenrode, de Rosendael près de 
Malines et de Baudeloo, ainsi que dans les églises d'Ath, 
Bruges, Gand, Hasselt, Lille, Malines, Termonde et Tournai ^"^. 

Une de ses plus belles œuvres était a l'originale façade qui 
a décora l'ancien marché aux poissons de Gand. Ce portique était 
« dominé par la statue de Neptune, debout, le trident à la main, 
« sur un char attelé de deux chevaux marins; à droite et à gau- 
« che, figurait un demi-dieu, couché dans les roseaux et personni- 
« fiant l'Escaut et la Meuse ; au milieu se trouvaient les armes de 
M la ville *^ w . 

' Inscription funéraires et vtoiiumentaks de la province d'Anvers, t. II, p. 58 

2 Même volume, p, 43. 

3 Même volume, p. 95. 

* Même volume, p. 126. 
^ n. vanLerius. Ouvrage cité, p. 115. 

^ Inscriptions funéraires et monumentales de la province d'Anvers, t. II, p. 514 
' Même volume, pp. 427-428. 
^ Même volume, p. 397. 
■^ Même publication, t. IV, p. 351. 
^° Même publication, t. V, p. 425. 
^^ Marchai. Ouvrage cité, p. 169. 
■*^ Ibid., pp. 80 et 169. 
^3 Ibid., p. 170. 



— 204 — 

Nous aurions désiré donner ici une description détaillée de la 
table de communion qu'Artus Quellin le jeune sculpta pour 
Lcliendael; mais, à notre grande stupéfaction, nous avons cons- 
taté, lors d'une visite récente faite à l'église Saint-Rombaut, pour 
revoir cette œuvre d'art, qu'elle ne se trouve plus dans la petite 
chapelle dite de Zellaer, derrière le maître-autel, où on l'avait 
placée en 1810. Démolie depuis peu, les fragments de la table 
de communion se trouvent aujourd'hui entassés dans un coin de 
la métropole, près de l'entrée du temple qui donne sur la 
Grand'Place. Nous regrettons sincèrement de ne pouvoir offrir à 
nos lecteurs une description détaillée de cette belle œuvre d'art 
d^un grand maître, une de ses plus remarquables, dit M. le cheva- 
lier Marchai K 

Emmanuel Neeffs en fit un bel éloge et la décrivit comme suit : 
Le superbe banc de communion, qui ferme cette chapelle, pro- 
vient encore du monastère de Leliendael. Cette sculpture, l'une 
des plus remarquables que possédait le prieuré, est aussi une 
des plus belles œuvres de la métropole, tant sous le rapport de 
l'ordonnance que sous le rapport du travail. Elle offre le plus 
ingénieux mélange de génies, de feuillages et d'emblèmes 
religieux. Divisé en trois compartiments, ses deux parties 
latérales sont ouvrées en sujets variés d'arabesques; au milieu 
de chacune d'elles figure un groupe d'anges : les uns expri- 
ment le jus du raisin dans un calice ; les autres portent des 
gerbes de blé. Le sujet central représente un ostensoir devant 
lequel se prosternent d'un côté un religieux norbertin, de 
l'autre une religieuse norbertine. Les compartiments sont 
séparés l'un de l'autre par deux espèces de niches : dans l'une 
un petit séraphin tient une corbeille avec de la manne ; dans 
l'autre, un génie porte des pains. Malheureusement, lorsqu'en 
1810, ce chef-d'œuvre a été approprié à la chapelle de Zellaer, 
on a été obligé d'en enlever les deux extrémités. Celles-ci ont 
été transformées en crédences et appliquées contre le mur, 011 
elles se trouvent encore. Ce sont des niches, à formes contour- 
nées, renfermant chacune un chérubin : le premier de ceux-ci 
porte un calice, le second une amphore^ ». 

' Marchai. Ouvrage cité, p. 169. 

2 Inventaire historique des tableaux et des sculptures se trouvant dans les édifices religieux 
£t civils et dans les rues de Malines, p. 47. 



— 205 — 

Puisse la présente notice aider à faire remettre à une place 
convenable, ou plutôt à une place d'honneur, ce « superbe banc 
« de communion, une des plus belles œuvres de la métropole, 
« ce chef-d'œuvre » d'Artus Ouellin le jeune ! 



Pendant le premier quart du xviii^ siècle, alors que le cha- 
noine la Bastita était prévôt du prieuré, il s'exécuta pour l'église 
de Leliendael plusieurs travaux importants. 

Du 24 mars au 14 juin 1714, on dalla toute l'église en marbre 
blanc et noir acheté à Amsterdam et payé neuf cent quarante- 
huit florins dix sous de Hollande, faisant neuf cent dix florins 
douze sous en argent de change, mille et neuf florins sept sous 
en argent courant de Brabant. Avec le transport du marbre, les 
droits de tonlieu payés en Hollande et à Anvers et le placement 
des dalles, tout le travail coûta seize cent quarante-sept florins 
seize sous de Brabant. Nous donnons en note le détail des sommes 
payées de ce chef, dressé par le prieur la Bastita ^ 

En 1721, fut conçu le projet de doter Leliendael d'une chaire 
de vérité et en même temps d'en faire une belle œuvre d'art. 

Ici nous avons une véritable révélation à faire au sujet de l'au- 

1 « Rekeninghe vanden vloer der Kercke geleijt vanden 24 xMeert tôt 14 junii 

« 1714. 

« De swerte en witte marbere steenen vanden vloer van onse kercke 

« met de witte marbere plate vanden serck sijn t' Amsterdam betaelt 

« 948-10 hoUants gelt, maekende in wisselgelt 910-12 en in brabants 

« courant gelt de s^mmevan 1C09-7 

« De toUen van hollantschen boom (bodem) beloopen 5 3-i8 

(c Aenden schipper voor vracht betaelt 87-6 1/2 

« De tollen van Brabant sijn t'Antwerpen betaelt 68-0 

« Aen Monsieur van Nerven voor den serck ^à-o 

« Voor 72 voet a 10 stuivers blou steen voor de mueren .... 36-0 

« Voor eenighe plaveijsel en copere lelien 4-4 

« Aen Monsieur Van Nerven voor salaris oft vereeringhe gegeven 

« 2 pistolen 21-0 

« De dachhueren van de Hert en sijne knechten in het steenhouden 

a en schueren beloopen te samen de somme van. . .... 219-0. 

« Aenden metser betaelt de somme van 112-1 if4 

ft Somma sommarum 1647-1 6. » (Archives générales du royaume, à Bruxelles. 

Fonds du prieuré de Leliendael). 



— 2o6 — 

teur de cette chaire, qui se trouve depuis t8io dans Tégiise Saint- 
Rom haut. 

Comme pour la table de communion, Descamps s'est abstenu 
de l'attribuer à quelqu'un. 11 en donna la gravure dans son 
ouvrage de 1769 et se contenta de dire : « La chaire de bois de 
» chêne, presque de bas-relief, n'a d'autre mérite que de la singu- 
« larité : la voici gravée ^ » 

Les chroniques de Malines l'attribuent à Jean-François Boeck- 
stuyns, sculpteur malinois né en 1650 et décédé en 1734, qui fut 
l'élève de Luc Faydherbe et devint un des meilleurs artistes de 
son temps. Elles ajoutent qu'il fut aidé par Théodore Verhaegen, 
son élève, né à Malines en 1701 et décédé en 1759. 

Tous les écrivains malinois adoptèrent cette version. Gyseleers- 
Thys dit, d'après un manuscrit,. que la chaire fut « sculptée en par- 
i( tie par Boeckstuyns et en partie par son disciple Théodore 
a Verhaegen ^ «. 

Emmanuel Neeffs, dans un paragraphe détaillé, consacré à 
Boeckstuyns, est très affirmatif et dit : « Voici les œuvres que 
« nous pouvons attribuer d'une manière certaine à notre com- 
ti patriote. Eglise métropolitaine de Saint-Rombaut : La chaire 
« de vérité en bois de chêne, reproduite par le burin dans le 
(( Voyage pittoresque àe Descamps, a été exécutée pour le prieuré 
(I de Leliendael à Malines. Boeckstuyns en est l'auteur principal, 
u mais son plan subit quelques modifications de la part de Michel 
« Vervoort, d'Anvers, qui en fit ensuite l'esquisse en terre cuite, 
ti conservée encore au musée de Malines. Le sculpteur fut aidé 
« dans l'achèvement de cette pièce par divers élèves; parmi ceux- 
*( ci, il employa Théodore Verhaegen, âgé de dix-neuf ans ^ » . 

Le chanoine Schœffer, aussi, dit : « Hij is gebijteld door Boeck- 
u stuyns, den meester van Verhaegen, die, zoo men schrijft, er 
(i als leerling mede aan gewerkt heeft ^ » . 

M. Marchai, en adoptant entièrement Topinion de Neeffs, qui, 
malheureusement, ne reposait que sur une légende, ajoute que la 
chaire de vérité de Leliendael est " l'œuvre principale » de Boeck- 

"^ Voyage pittoresque ile la Flandre et du Brabaiit, p. 130. 

2 Coup d\ril sur la métropole de Malines en 1856, p. 12. 

3 Histoire de la peinture et delà sculpture à Malines, t. Il, p. 257, 
■* Ouvrage cité, t. I, p. 51 et t. II, p. 94. 



207 — 

■stuyns *. La même légende se trouve encore reproduite dans un 
travail sur « la sculpture et les sculpteurs à Malines du xiv^ au 
xvm^ siècle », par M. Hippol3^te Mahy ^. 

On le voit, il y a unanimité pour attribuer cette chaire à 
Boeckstuyns et, cependant, cet excellent artiste n'y a été absolu- 
ment pour rien, pas même pour le plan. Nous avons trouvé un 
document qui détruit complètement et d'une manière irréfutable 
cette légende. La vérité, c'est que le plan primitif en avait été 
conçu par un menuisier malinois du nom de Jean Verhuyck et par 
Je neveu de celui-ci. 

Il y a eu plusieurs artistes de ce nom à Malines. Un sculpteur 
Jean Verhuyck y était mort en 1679, tandis qu'un Théodore 
Verhuyck fournit les dessins de la façade de la maison liet 
Haenljen (le petit coq), à côté de l'hôtel de ville, bâtie en 1772- 
1773 3. Il s'agit donc peut-être ici d'un fils de Jean et du père de 
Théodore ? 

Quoi qu'il en soit, le plan de Verhu3^ck et de son neveu, pour 
lequel le prévôt la Bastita paya, le 21 mars 1721, cinq couronnes, 
ou seize florins six sous et demi, ne fut pas adopté. Alors que 
Tnaître Verhuyck était déjà allé à Saendam, (là où Pierre le 
Grand de Russie travailla comme simple ouvrier dans un chantier 
de construction), afin d'y acheter le bois nécessaire pour la chaire 
et les bancs de l'église et qu'on lui avait payé de ce chef, le 
20 mai, dix patacons, ou vingt-huit florins, on s'adressa, le 
i^'' août, à Michel van der Voort le vieux, sculpteur renommé à 
Anvers, pour un nouveau plan et on lui donna d'avance, en 
acompte, une pistole, soit dix florins dix sous. C'est ce maître 
anversois qui est l'auteur de la chaire de Leliendael, qui se 
trouve actuellement à Saint-Rombaut. C'est lui qui en a dessiné 
le plan. Le 29 octobre, il prit un carrosse, une chaise comme 
l'on disait alors, et apporta lui-même à Leliendael son dessin. Ce 
jour encore, on lui pa3^a une nouvelle somme de dix florins dix 
sous pour son plan et quatre florins quatorze sous pour la chaise 
et le cheval qu'il avait loués pour faire le vo3'age d'Anvers à 
Malines. C'est aussi lui qui exécuta la chaire, dans son atelier à 

1 Ouvrage cité, pp. 44 et 78. 

2 Revue d'architecture VÉmidation, 1890, p. 18. 

^ Neeffs. Histoire de la peinture et de la sculpture à Malines, t. II, p. 297. 



— 2o8 — 

Anvers, tout en se faisant aider par Théodore Verhaegen, quf 
était en ce moment son élève et non pas celui de Boeckstuyns. 

Michel van der Voort le vieux (parfois aussi nommé Vervoort) 
était né à Anvers en 1667. Il avait eu pour maître Henri Cosijns 
et fut admis dans la gildc anversoise de Saint-Luc en 1690. Il 
s'était rendu à Rome et y avait séjourné pendant plusieurs années. 
Ses biographes disent qu'il resta dans la Ville Éternelle pendant 
quatorze ans, ce qui est de toute impossibilité, car nous avons 
trouvé que l'artiste s'est marié à Anvers en 1700 ' et qu'il ne quitta 
plus sa ville natale. Or, en supposant qu'il avait quitté Anvers 
immédiatement après sa réception dans la gilde de Saint-Luc pour 
se rendre en Italie, il ne peut avoir séjourné à Rome que de 1690 à 
1700, donc de neuf à dix ans. De retour à Anvers, van der V^oort 
« exerça une influence des plus remarquables sur la sculpture 
t< religieuse de son temps ^ » et devint bientôt célèbre, non pas 
que toutes ses productions fussent des chefs-d'œuvre, car c'était 
un artiste très inégal, mais parce qu'il était en ce moment le 
meilleur sculpteur d'Anvers, où il n'y avait plus ni Ouellin, ni 
Colijns de Noie, ni Verbruggen, ni Willemsens. Il était aussi un 
artiste en vogue. 

En 1701, donc peu après son retour à Anvers, il avait été 
chargé de faire à Saint-Jacques le monument de la famille 
Peeters, représentant l'Éternité et orné d'autres sculptures ^. 
Dans la même église, il avait fait, dans la chapelle de la famille 
le Candele, des statues en marbre pour l'autel ^ et, dans cette 
même chapelle, en 1719, un monument de marbre orné d'un 
groupe de trois figures, représentant les préparatifs de la Flagel- 
lation du Sauveur, « œuvre qui fait honneur à l'artiste, » dit Théo- 
dore van Lerius ^ . Toujours dans la même chapelle, on voit 
encore de lui un médaillon tenu par un ange et représentant en 
bas-relief la Résurrection de Lazare en marbre blanc ^. Il fit en- 
core pour Saint- Jacques deux grandes statues de Saint-Paul et de 

' Goovaerts. Généalogie de U famille van der Voort {ou Vervoort), travail manuscrit, 

2 Marchai. Ouvrage cité, p. 78. 

3 Inscriptions funéraires et monumentales de laproviiice d'Anvers, t. II, p. 126. 
* Même volume, p. 57. 

^ Ouvrage cité, p. 115. 

^ Inscriptions funéraires et monumentales de la province d' Anvers, \. II, p. 59- 



— 209 — 

Saint-Jean l'Evangéliste, accompagnées chacune de deux anges et 
posées sur des piédestaux ornés de tètes d'anges ^ 

Dans la même église, on admire de l'artiste le monument de 
marbre blanc et noir de Jean-Antoine Tucher, bourgmestre 
•d'Anvers, orné du portrait de ce personnage et de ses seize 
quartiers -, mais surtout son immense bas-relief en pierre de Bent- 
heim, représentant l'Erection de la Croix, qu'il avait fait en 1720^. 

A Sainte-Walburge d'Anvers, il avait fait un monument orné 
•d'un groupe de marbre blanc, représentant l'apparition de l'ange 
à Saint- Joseph qu'il exhorte à fuir en Eg3^pte'% et à l'église Saint- 
Paul, les douze apôtres, énormes statues placées à une grande 
hauteur contre les piliers ^, et quelques-unes des statues du cal- 
vaire érigé à côté de cette église. 

Une de ses meilleures œuvres était les sculptures qu'il avait faites 
pour orner le buffet d'orgues de l'église Saint-Jacques, c'est-à- 
dire le médaillon représentant le buste de Sainte- Cécile et les 
beaux anges qui célèbrent, au son d'instruments de musique, les 
louanges du Très-Haut ''. 

A la métropole de Saini:-Rombaut, il avait aussi placé une de 
ses plus belles œuvres, le monument de l'archevêque Humbert- 
Guillaume, comte de Precipiano et de Soye, décédé en 1709 et 
du frère de ce prélat, le général comte de Precipiano, mort 
en 1707 '. 

La meilleure de ses productions est peut-être la belle chaire 
de vérité qu'il avait faite pour l'abbaye de Saint-Bernard sur 
l'Escaut et qui se trouve actuellement à la cathédrale d'Anvers. 
Il n'est pas difficile de reconnaître le même artiste dans cette 
chaire et dans certaines parties de celle que Michel van der \"oort 
sculpta pour Leliendael. Dans l'une et dans l'autre, le sculpteur 
représenta le paradis terrestre et il est assez probable que l'une 
de ces œuvres lui a donné le sujet de l'autre, 

La chaire de Leliendael a pour sujet principal la conversion de 

^ Même volume, p. 89. 
2 Même volume, p. 244. 
^ Même volume, p. 162. 
* Même volume, p. 382. 
^ Même publication, t. V, pp. 48-50. 
^ Th. van Lerius. Ouvrage cité, p. 182. 

^ Inscriptions funéraires et monumentales de la province d'Anvers. Ville de Malines. 
Églisemétropolitaine, p. 54. 



— 2IO — 

Saint-Norbert. Le saint, frappé de la foudre et renversé de sort 
cheval, lève les mains vers le ciel. Au-dessus d'un rocher se 
déroulent deux scènes, celle de la chute de l'homme et celle de 
sa rédemption. A gauche, celle du paradis terrestre: Eve, séduite 
par le serpent, qui rampe sur les degrés pierreux de l'escalier 
de la chaire, présente la pomme à Adam. A droite, celle de la 
rédemption au Calvaire : le Christ en croix, entre la Sainte- 
Vierge et Saint-Jean. L'humanité en pleurs, assise au pied de la 
croix, élève des regards suppliants vers le Sauveur. L'abat-voix 
de la chaire représente le pommier du paradis terrestre; une 
nuée flotte entre ses énormes branches. 

Mais voyons maintenant l'artiste à l'œuvre. 

On avait acheté du bois pour la somme de seize cent trente- 
trois florins quinze sous. Verhuyck et ses ouvriers avaient pré- 
paré les blocs dont Michel van der Voort allait faire des statues 
et, même avant que l'artiste n'eût apporté son dessin à Malines, 
on lui avait envoyé ces blocs chargés sur deux chariots : c Mees- 
« ter Verhuyck heeft, met twee knechten, gekort, gesaeght en 
« bereijt het houdt tôt de figuren om naer Antwerpen te senden. 
« — Melchior is met twee waghens geladen met dat houdt 
« geweest naer Antwerpen v . 

Verhuyck devait faire la menuiserie de la chaire. Il commença 
son travail le 5 novembre 1721. Le prévôt de Leliendael tint à y 
mettre la première main et donna à cette occasion, à chaque 
ouvrier, comme pourboire, un escalin : ti is door den selven 
a Verhuyck begonst het schrijnwerck van den prekstoel. Ik heb 
« den cersten draet gesponnen en ider gcgeven eenen schellinck.w 
Ceux-ci travaillèrent à la chaire jusqu'au 5 juillet 1723, Il fut 
payé à Verhuyck environ six cent cinquante florins. 

Michel van der Voort, aussi, s'était mis immédiatement à 
l'œuvre et se faisait aider par Théodore Verhaegen, un de ses 
élèves, qui n'avait alors que vingt ans et travaillait à la journée 
chez son maître. Ses journées lui furent payées par le prévôt de 
Leliendael. 

Verhaegen se faisait aider à son tour par trois autres sculp- 
teurs : François van Elew^yt, François Coppens et Rochas. Fran- 
çois Coppens n'était pas, comme l'a cru M. Marchai ^ un élève 

1 Ouvrage cité, p. 46. 



211 — 



de Verhaegen, qui, à vingt ans, n'en avait pas encore, mais il 
était son camarade à l'atelier de Michel van der Voort, dont ils 
étaient les élèves. En 1730, Coppens travailla avec Verhaegen 
et plusieurs autres sculpteurs aux stalles de l'église des SS. Jean- 
Baptiste et Jean l'Evangéliste à Malines. François van Elewyt 
collabora au même travail. A Théodore Verhaegen et ses aides il 
fut payé en tout sept cent quatre-vingt-treize florins. 

Le 2 février 1722, van der Voort alla une seconde fois à Mali- 
nes et huit jours après on lui envoya à Anvers un bloc de bois 
dans lequel il devait sculpter le Saint-Norbert : « Gesonden eenen 
« block houdt aen Meester Vervoort, om Norbertus van te ma- 
" ken. » Le 3 mars, on remit à l'artiste un premier acompte de 
cent et quinze florins dix sous : « aen Meester Vervoort, op 
« rekeninghe van de figuren tôt den prekstoel. •; Six mois 
après, le 17 septembre, le sculpteur reçut un second acompte de 
cent seize florins treize sous et demi : a aen Meester Vervoort 
« getelt, op rekeninghe der belden voor den preckstoel, » Un 
troisième acompte de deux cent quarante-un florins quatorze 
sous lui fut payé le 16 avril 1723 : « aen Monseur Vervoert Belt- 
« houder, op cortin voor den preckstoel, voor de posturen. '> 

Le 17 juin 1723, toutes les statues étant faites, on solda la note 
du sculpteur, qui s'élevait à six cent trente-trois florins trois sous. 
Michel van der Voort s'était rendu ce jour-là à Malines, av^ec son 
fils Michel et un autre de ses élèves nommé Govaerts, pour placer 
et façonner les statues. 

Michel van der Voort fils n'avait encore alors que dix-neuf ans, 
mais, sous la direction de son père, il était déjà devenu un sculp- 
teur habile. L'année suivante (1724), il obtint la troisièms mé- 
daille à l'Académie de Saint-Luc, à Paris. C'est lui et non pas 
son père qui fit de la chaire de Lehendael une maquette en terre 
cuite, qui est conservée au musée de Malines. Quand il vint à 
Malines avec son père et le sculpteur Govaerts, il offrit cette ma- 
quette au prieur de Leliendael, qui lui en donna un ducat : u 
(( den soon een ducaet, die den stoel uijtgetrocken heeft en mij 
« vereert. » 

Quant à Govaerts, cet artiste reçut également du prévôt un 
ducat, pour lequel il promit de sculpter un Christ pour la balus- 
trade du chœur de l'église de Leliendael et, afin qu'il en fit une 



212 — 

belle œuvre, le prévôt ajouta encore au ducat une couronne : 
(( aen sieur Govaerts oock heb ick eenen ducaet vereert, mits hij 
a mij een Christus soude vereeren voor de balustrade vande Choir, 
il en opdat hij beter soude sijn, heb hem noch gegeven een 
il croon. » Il nous serait impossible de déterminer de quel Go- 
vaerts il s'agit ici. Il y a eu à Anvers cinq sculpteurs de ce nom : 
Adrien Govaerts, qui fut inscrit dans la gilde de Saint-Luc en 
1691-1692, comme élève d'Artus Quellin le jeune * ; Jean-Bap- 
tiste Govaerts, qui fut inscrit en 1693- 1694, comme élève de Guil- 
laume Kerricx - ; Daniel Govaerts, inscrit en 1701-1702, comme 
élève de Jean-Claude de Cock '^ ; Jean-André Govaerts, inscrit 
en 1753-1754, comme élève d'André Willems ^, et Antoine-Jo- 
seph Govaerts, inscrit en 1755- 1756, comme élève de Jacques 
van der Neer ^. 

Les deux van der Voort et Govaerts restèrent à Malines pen- 
dant cinq ou six jours pour placer et façonner les statues de la 
chaire et eurent l'amabilité de ne rien compter de ce chef au cou- 
vent ; mais le prévôt ne l'entendit pas ainsi et paya au père van 

den Voort une pistole : « ende isgekomen met soon en Go- 

« vaerts om de belden te stellen en te faitsoneren 5 oft 6 daghen, 
<( waer voor hij niet en pretendeerden, maer heb hem vereert 
/. eenpistool. >y 

Ajoutons à tous ces détails que le peintre anversois Joseph van 
der Voort, frère de Michel van der Voort le vieux, peignit un 
tableau placé dans la chaire de vérité, peinture qui lui fut payée 
cinquante florins dix sous : « Betaelt aen Meester Joseph van der 
« Voort, voor de schilderije die staet in den prekstoel, w et que le 
même artiste peignit aussi un ciel et des nuages pour la chaire : 
« Betaelt aen Meester Joseph van der Voort, voor het schilderen 
a van loecht en schaduwen aen den prekstoel. » Nous ne savons 
si le tableau en question existe encore ; dans tous les cas, il n'est 
plus placé dans la chaire de Saint-Rombaut. 

1 Romhonts en van Lerius. De liffocrcn en andere historis:he archie-ven der Anliverpsche 
Sint-LucassiUe, t. II, p. 554. 
^ Même volume, p. 566. 
3 Même volume, pp. 627 et 652. 
^ Même volume, p. 802. 
^ Même volume^ p. 806. 



— 213 — 

Le total des sommes pa3^ées pour la chaire s'élève à trois mille 
neuf cent dix florins deux sous. Nous donnons en note le compte 
détaillé des dépenses faites par le prévôt la Bastita ^ 

« Rekeninghe van (den) Preckstoel. 

« Tôt het maeken van den Preekstoel. 
« 21 Marti] 1721, heb ick aen Meester Verhuijck en aen sijn neef gegeven, voor 

« niodel van den preekstoel, vijf croonen, 16-6 1/2. 
« 20 Mai) 1721. Getelt aen Meester Verhuijck, voor de reijse naer Serdam, om 

« houdt te koopen voor den preekstoel en bancken, thien patacons, 2S-0. 
« I Augusti Aen Monsieur Vervoort, voor een nieu model, gegeven een pistoel, 

« 10-10. 
« <) Augusti 1721, heb ick op rekeninghe van het gelevert wageschot aen Monsieur 

« de Meester betaelt duijsent guldens wisselgelt, 1166-13 1/2. 
« 7 Augusti Betaelt aen Verhuijck met sijn twee knechten, idertwee daghen, 6-16. 
« 8 Augusti 1721. Aen Verhuijck gegeven, om naer Antwerpen te gaen bij Ver- 
voort, 2-16. 
« 10 Augusti, is Verhuijck bij Meester Vervoort gevvreest, 0-14. 
« 12 Augusti, heeft Meester Verhuijck, met twee knechten, gekort, gesaeght en 

« bereijt het houdt tôt de figuren om naer Antwerpen te senden, 3-10 
« 13, is Melchior met twee waghens geladen met dat houdt geweest naer 

« Antwerpen. Heeft betaelt voor weghgelt, kost en pesteren, 3-19. 

« Aen de pachters heb ick gegeven, 5-12. 
« 29 Ocl. Aen Monsieur Michil van der Voort, voor het model dat hij mede 

« gebrocht heeft, gegeven een pistool, 10-10. 

« Aen chiese en peert betaelt, 4-14. 
« j Nov,, is door den sehen Verhuijck begonst het schrijnwerck vanden prekstoel. 

« Ik heb den eersten draet gesponnen, en ider gegeven eenen schellinck, i-i. 
« 7 Nov., is Melchior, met eenen waghen geladen met 4 stuck swaer houdt, gere- 

<t den naer Antwerpen, voor Heer van der Voort. Betaelt voor weghgelt, mael- 

« tijt ende voijer, etc., 7-14. 
« 8 Nov. Betaelt aen Meester Verhuijck, op sijn werck, 21-0. 
« 15 Nov. 1721. Afgerekent en betaelt aen Meester Jan Verhuijck, voor daghhueren 

« tôt datum deser, volgens quitantie, 31-11 1/2. 

« Item den selven dagh hem geavanceert 15 croonen, voor toekomende dagh- 

« hueren. Dico 49-0. 

« Item gekocht twee vellen chagrin om te boenen, 7-0. 
« 29 Nov., is de rekeninghe van Verhuijck geweest voor daghhueren 32-1-, maer 

« alsoo hij heeft laten korten een pistol op de geavanceerde somme van 49 gul- 

« dens, soo hebbe hem betaelt de somme van, 21-11. 
« I Dec. Betaelt aen Theodorus Verhaghen, beltsnijder, voor 5 1/2 daghen int 

« snijden vanden preekstoel, 7-14. 
« 6 Dec, waren de daghhueren van Meester Verhuijck 18-S-, maer afgetrocken 

ft $ guldens op het geavanceert, soo hebbe hem betaelt de somme van 13-8. 

« Item aen Theod. Verhaghen betaelt, voor daghhueren, 7-0. 
« 13 Dec. Betaelt aen Verhuijck, voor daghhueren, 15-0. 
« 20 Dec. Aen Theodor. Verhaghen, v Dur daghhueren, 13-16. 
« 24 Dec. Aen J. Verhuijck, vjor daghhueren betaelt, 28-14. 

S. A. M. 14 



— 214 — 

Quand la chaire de Leliendael fut placée en 1810 dans la mé- 
tropole de Malines, le sculpteur malinois Jean-François van Geel 
fut chargé de l'adapter à l'un des piliers arrondis de cette dernière 
église, alors qu'à Leliendael elle avait été appliquée contre un 
mur uni. Il y ajouta à cet effet une partie de rochers et de feuil- 
lage. 

« 3 Jan. 1722. Betaelt aen INIeester Verhaghen, 9-9, 

« 3 Jan. 1722, waren de daghhuercn van Meester Verhuijck 15-6 1/2. Hebbe afge- 

« trocken op de geavanceerde 49 guidons, 6 guldens, en betaelt, 9-6 1/2. 
« II Jan, 1722. Betaelt.aen Meester Verhuijck, 16-5, 
« 13 Jan, 1722, Aen Monsieur Peeter de Meester, op sijn rekeninghe beloopende de 

« somme van 1633-15, hebbe ick betaelt boven de dusent guldens wisselgelt, die 

« in courant maeken 1166-13 1/4, ende sijn hem getelt 5 aug, 1721, gelijck voor 

a aengeteekent is, nu noch betaelt en opgeleijt de somme van 467-1 3/4. 
« Ende is alsoo betaelt al het wageschcfdat hij onsgelevert heeft tôt prekstoel en 

« bancken. 
a 17 Jan, Betaelt aen Verhaghen, voor werckloon, 10-3. 
« 24 Jan. Betaelt aen Verhuijck de somme van 20-15 V^* 

« Item 7 guldens vermindert tôt afslach van de 49 guldens. 

« Item betaelt aen Verhaghen, voor sijn werck, 8-1. 
« 31 Janv. Betaelt aen Verhuijck, voor sijn werck, 16-15, 
« 2 Feb, 1722. Aen Meester^Vervoort, voor het overkomen, 5-18. 
« 7 Feb. 1722. Betaelt aen Verhuijck, voor daghhuercn, 8-12. 

« Afgetrocken op de geavanceerde 49 guldens[de somme van 6-10, op welcke 

« somme nu afgetrocken sijn 35 guldens, soo datter noch resteert de somme van 

« 14 guldens. 

« Item betaelt aen Theod, Verhagen, voor beltsnijden, 15-0. 
« 10 Feb. Gesonden eenen block houdt aen Meester Vervoort om Norbertus van 

« te maeken, voor vracht en cost, 4-4, 
« 14, Betaelt aen Meester Verhuijck, voor daghhueren, 17-17. 

K Item aen Theod, Verhaghen betaelt, 5-19. 
« 21. Betaelt aen Meester Jan Verhuijck, voor daghhueren, 13-14. 
a 2?, Betaelt aen Meester Verhuijck, voor daghhueren, 9-8. 

« Item aen Meester Theodor Verhaghen, 10-3. 
« An, 1722, 3 Martij. Aen Meester Vervoort, op rekeninghe van de figuren tôt 

t( den prekstjel, getelt elf pistolen, 115-10. 
a 14 Martij. Betaelt aen Theodor Verhaghen, voor beltsnijen, 9-2. 
« 24 Martij, Betaelt voor 5 pont lijm tôt den preekstoel, i-io. 

« Aen den jongen die de schrijnwerckers dient, o-ii. 
« 4 Aprilis. Aen Theodor Verhagen betaelt 15-15. 
t< iS Aprilis. Aen Verhagen en Koppens betaek 15-0 
« 25 Aprilis, Aen Verhagen en Koppens betaelt 9-1 5 

« Aen den jonghen, 0-14, 
« 9 Maij, Betaelt aen T. Verhaghen, 18-18. 
« 25 Maij. Betaelt aen Th, Verhaghen en Koppens, 18-2. 
« 6 Junij. Betaelt aen Verhaghen, voor daghhueren, 16-9. , 



— 215 — 

A Saint-Rombaut, la chaire de Michel van der Voort le vieux 
ne produit pas tout l'effet qu'elle a dû produire dans l'église re- 
lativement petite du prieuré de Leliendael. C"'est aussi l'avis 
d'Emmanuel Neeffs, qui dit : " La conception générale de cette 
n chaire est ingénieuse et originale, bien que trop détaillée ; les 

« 13 Juni). Betaelt aen Verhuijck, voor werck aenden preekstoel, 14-5. 
« 20 Junij. Betaelt aen Verhuijck, voor daghhueren, 16-2. 
« 23 Junij. Betaelt voor 6 pont lijm, 1-16. 
« 27 Junij. Betaelt aen Verhuijck, 14-11. 

« Item aen Verhaghen, met 3 knechten, 21-0. 
« II Julij. Betaelt aen Verhuijck, voor daghhueren. 16-9. 
« 15 Julij. Voor 6 pont lijm, 1-16. 
a 18 Julij. Aen Verhaghen en sijn knechten, 37-4. 

« Item aen Verhuijck en sijn knechten, 19-14. 
« 24 Julij. Betaelt aen Verhuijck, 13-12, 

K Voor naghelen tôt den prekstoel, 0-12. 
« I Aug. Aen Th. Verhaghen, met sijn knechten, 37-6. 

« Aen Verhuijck, voor sijn werck van dese weke, 13-15. 
« 14 Aug. Betaelt aen Verhaghen en knechten, 30-9. 

« Item aen Verhuijck voor werck aen den prekstoel, ii-io. 
« 18 Aug. Betaelt voor 6 pont lijm en naghelen, 2-9. 
« 29 Aug. Betaelt aen beltsnijden, van 2 weken, 33-14. 

« Item aen Verhaghen en sijn 3 gasten, 18-16. 
« 12 Sept. Betaelt aen Verhaghen, 14-11. 
« 17 Sept., heb ick aen Meester Vervoort getelt, op rekeninghe der belden voor 

« den preekstoel, 116-13 1/2. 
« 19 Sept. Betaelt aen Verhaghen voor beltsnijderije, 19-6. 
« 26 Sept. Betaelt aen Verhuijck die op twee weken verdient hadde 32-2, waer 

« van hij heeft laten korten 14 guldens op de 49 guldens die ick geavanceert 

« hadde 15 nov. 1721, die nu eften sijn en voldaen, ende hebbe hem nu betaelt de 

« somme van i8-o. 
« 26 Sept. Betaelt aen Verhaghen, 15-10. 
« 3 Oct. Betaelt aen Verhaghen, voor snijwerck, 16-1. 
« 10 Oct. Betaelt aen Verhaghen, voor snijwerck, 20-0. 
« 17 Oct. Betaelt aen Verhaghen en de sijne, 17-3. 
« 24 Oct. Betaelt aen Verhaghen, 15-17. 
« 31 Oct. Betaelt aen Th. Verhaghen, 15-13. 
« 7 Nov. Betaelt aen Th. Verhaghen, ig-i6. 
« 14 Nov. Betaelt aen Verhaghen en sijn volck, 16-12. 
« 5 Dec. Betaelt aen Verhaghen en Rochas, 16-16. 
« 19 Dec. Betaelt aen Th. Verhaghen en Rochas, 15-17. 
« 2 Jan. 1723. Betaelt aen Theod. Verhaghe, 10-10. 
« 16 Jan. 1723. Betaelt aen Th. Verhaghen, 15-2. 

« Item 16 Jan. 1723, aen Verhuijck, 7-3. 
« 23 Jan. 1723. Betaelt aen Verhuijck, lo-ii . 

« 30 Jan. Aen Verhuijck betaelt, [5-11. 

« Item aen Verhaghen betaelt, 13-17. 



2)6 



« figures qui la décorent sont de bonne exécution et devaient 
u produire un excellent effet dans l'église claustrale à laquelle 
tt elles étaient destinées ; mais pour un temple d'aussi grandes 
« proportions que celui de Saint-Rombaut, il eut fallu plus 
« d'ampleur dans l'ensemble et plus de largeur dans les person- 



« 13 Feb. 1723. Betaelt aen Verhaghen, voor snijwerck, 14-10. 

« 27 Feb. 1725. Betaelt aen Verhaghen en Rochas, 21-14. 

« 13 Meert 1725. Betaelt aen Verhaghen en Rochas, 24-15. 

« 27 Meert 1723. Betaelt aen Verhaghen en Rochas, 22-14. 

« 17 April. Betaelt aen Verhaghen en Rochas, 26-16. 
« Item betaelt aen Verhuijck, 18-15. 
« Betaelt voor een huijvel 7 schil. 2-9. 

« 30 April. Betaelt aen Theod. Verhaghen, 26-6. 

« 15 Maij. Betaelt aen Theod. Verhaghen, '26-14. 
« Item aen Verhuijck en sijn volck, 21-2. 

« 29 Maij. Betaelt aen Verhuijck en de sijne, 19-2. 
« Item aen Verhaghen, voor 2 weken, 24-14. 

« 5 Junij. Betaelt aen Verhuijck en sijn volck, 22-15. 

<( 8 Junij. Betaelt aen Meester Joseph van den^Voort, voor de schilderije die staet 
V. in den prekstoel, 5 pistolen, 50-10. 

« 12. Betaelt aen Verhuijck en sijn volck, 19-5. 
« Item aen Verhaghen, 18-15. 

« 17 Junij. Aen Monsieur Michael van der Voort, 122-10. 

« De rekeninghe van sijn geeverde belden was 633-3 ; daer was betaelt 
« 512 12, in welcke somme hij gebrocht hadde al het gène ick hem oijt vereert 
« hadde, ende is gekomen met soon en Govaerts om de belden te stellen en te 
« faitsoneren 5 oft 6 daghen, waer voor hij niet en pretendeerden, maer 
« heb hem vereert een pistool, den soon een ducaet, die den stoel uijtgetrocken 
« heeft en mij vereert. Aen Sieur Govaerts oock heb ick eenen ducaet vereert, 
« mits hij mij een Christus soude vereeren voor de balustrade vande Choir, en 
« opdathij beter soude sijn, heb hem noch gegeven een croon. Voor hun vracht 
« heb ik betaelt ses guldens en is ten uijtersten vol daen. 

« 26 Junij. Betaelt aen Verhaghen, 14-12. 

a 5 Julij. Betaelt aen Verhuijck, 15-11. 
« Item aen Francis van Elewijck, 10-15. 

« 10 Julij. Aen Verhuijck, 8-5. 
« Item aen Verhaghen, 14-19. 

« 12 Julij. Betaelt aen Meester Joseph van der Voort, voor het schilderen van 

« loecht en schaduwen aen prekstoel, 30-0. 
« 25 Julij. Betaelt aen Claude Charlier, voor de balustrade vanden preekstoel 210 
« guldens, en aen de vijsen vanden selven stoel, 44 guldens, samen, 254-0. 
« Meester Jan van Turner heeft de balustrade geschildert en vergult, datter 
« vergult is voor, 16-0. » (Archives générales du royaume, à Bruxelles. Fonds 
« du prieuré de Leliendael). 



217 — 

« nages. Cette remarque, du reste, n'atteint en aucune façon 
u l'auteur de Tœuvre v *. 

Nous avons dit que Verhuyck avait acheté à Saendam, en 
même temps que le bois nécessaire pour la chaire, celui qu'il fal- 
lait pour les bancs qu'on se proposait d'installer dans l'église de 
Leliendael. Ces bancs furent sculptés, mais nous ne savons pas 
par qui. Le compte de ce travail assez important, qui a coûté cinq 
cent soixante-six florins dix sous, est muet à cet égard. Nous 
donnons en note - le détail de ce compte qui contient la mention 
d'un des acomptes payés à Michel van der Voort pour les statues 
de la chaire. Ce travail fut exécuté pendant qu'on sculptait celle- 
ci. Commencé le 4 avril 1722, il fut terminé le 5 juillet 1723. 

Le compte du dallage de l'église de Leliendael et ceux de la 
chaire et des bancs de cette église ont été acquis par nous dans 
une vente de livres à Malines. Nous en avons fait don à l'Etat. 



* Histoire de la peinture et de la sculpture à Malines, t. II, p. 259. 

2 Dit gaedt de bancken voor de kerck .lene. 
« Den 4 April 1722 betaelt aen den schreijnwercker en den beltsneijder betaelt, 

« 105- 17-0. 
« Den 10 April weder gelanckt voor de schreijnwerckers en beltsnijder, loo-o-o. 
« Aen 102 tor 2 stuivers en half het stuck nagelen aen de bancken voor de kerck 

c< betaelt, 12- 15-0. 
« Den 2 Juni) aen de schreijnwercker voor de bancken, 109-4-0. 
« Den 19 September 1722 heb \ved;r gegeven voor de schreijnwerckers en belts-iii- 

» ders in corant geldt, lOO-o-o. 
« Heb nu tôt dat om deser in ailes gegeven aen de schreijnwerckers en beltsneijder i 

« de somma van 427-16-0. 
tt Hier van heb den 2 November 1722 weder gehadt 29 goldens 4 stuivers en hal . 

« maer daer is 2 guldens 9 stuivers en half meer als ick soude moeten hebben, s e 

« en bedraght de somme maer 398-11-1/2. 
a Den 13 febr. 1723 voor de schreijnwerckers, voor de bancken te maeckcn, 

« 100 guldens corant. 
« Tôt hier toe gegeven, 527-16-0. 

« Den 24 April 1723 voor de bancken aen Mijnheer den Proost gelanckt, lOO-o-o. 
« Den 16 April 1723 aen Monseur Vervoert Belthouder op cortin voor den preckstoel, 

« voor de posîuren betaelt, 241-14-0. 
« Aen Gommnrus, 6-ro-i/2. 

a Aen den knecht die het pert heefî gevoert, 2-16-0. 

« Den 24 Meij 1725 aen den draer voor de knielbanck^te draen, betaelt 7-4-1/2. 
« Heb den 5 Julij 1725 weder gehadt, 30 guldens 2 stuivers. 
« Soo hebbe voor de bancken in ailes voor het macken betaelt 566 guldens 10 

« stuivers. » (Archives générales du royaume, à Bruxelles. Fonds du prieuré de 

Leliendael.) 



— 2l8 — 

Aujourd'hui ils sont conservés dans le fonds du prieuré de Le- 
liendael, aux archives générales du royaume, à Bruxelles. 

Il nous reste à dire un mot de deux œuvres de sculpture exé- 
cutées pour Leliendael pendant lexvin'^ siècle. Il s'agit d'abord de 
six médaillons en marbre blanc, représentant saint Augustin, 
saint Norbert, saint Antoine de Padoue, saint Louis de Gonza- 
gue et deux saintes Norbertines. Ils sont l'œuvre de Pierre 
Valckx, un excellent sculpteur malinois, élève de Théodore Ver- 
haegen et de l'Académie d'Anvers et font grand honneur à cet 
artiste. Les quatre premiers ont orné longtemps la chapelle de 
Zellaer, à Saint-Rombaut, tandis que les deux derniers sont con- 
servés dans la chapelle de l'hospice d'Oliveten, à Malines K 

La dernière œuvre dont nous entendons parler est un petit 
bijou. C'est un tabernacle extrêniement remarquable, un véri- 
table petit chef-d'œuvre en style Louis XIV, attribué à Nicolas 
van der Vekene. «Fixé sur un pivot, il offre une double face ; 
« sur l'une, le sculpteur a reproduit la dernière cène ; sur l'autre, 
(' la récolte de la manne du désert. L'artiste a mis une rare 
« finesse dans l'achèvement de ces sujets, qui paraissent plutôt 
« faits au pinceau qu'au ciseau. Les figures, quoique petites, ont 
« toutes l'expression qui convient à leur rôle^. » Avec Emma- 
nuel Necffs, on peut regretter, qu'à la place qu'elle occupe aujour- 
d'hui à Saint-Rombaut, derrière le maître-autel, cette œuvre re- 
marquable soit, pour ainsi dire, dérobée à l'admiration des 
amateurs. 

Alphonse Goovaerts. 



1 Neeffs. Histoire de la peinture et de la sculpture à Malines, t. II, p. 286 

2 Neeffs. Inventaire cité, p. 71. 





B E M E R K I N G E N 



OVER DE BEXAMIXGEN" VAX EEN'IGE 



STRATEN DER STAD MECHELEN 




LXLEIDIXG 

e benamingeii der straten, welke thans de Gemeente 
besturen uitkiezen en vaststellen, werden in vroegere 
tijden door de bevolkingzelve gegeven. Deze ging hierin 
niet willekeurig te werk. Zij benoemde de straten naar 
den naam der voorname familiën die ze bewoonden ^, of naardien 
van de kerk of het klooster die er in of omtrent gelegen waren^, 
of wel naar dien van het eene of het andere voorname huis dat 
zich in de straat, of op eenen harer hoeken bevond ^. De ligging 
zelve eener straat gaf ook somtijds aanleiding tôt hare bena- 



1 De Batenborch, de Cortenboch, de Cupere, de Gortter, de Langhe, de Ker- 
berghe, de Milse, de Pape, de Swiveghem, de Wisselere, d'Ypre, d'Yteghem, 
Berthoud, Hovius, Moons, Puyselmans, Schermoels, Schillemans, Stampaert. 

2 Arme Claren, Augustijnen, Beggaarden, Blydenberch (Berg Syon),Capucienen, 
Carmelieten, CeUebroeders, Mindcrbroeders, Nonnea (van Mechelen), Ziekelieden, 
Zwartzusters ; de kerken van O. L. V., sint Jan en sinte Katelijne. 

3 A. B., Anker, Blauwe hond, Borze, Drij meeuwen, Geit, Haas, Hertshoren, 
Kraan, Kroon, Mosselschelp, Pelikaan, Saussier, Schaal, Scheer, Sleutel, Tessche, 
Torf, Tuin, Zwaan. 



— 220 — 

ming *. De Merkten droegcii doorgaans dcn naam der waren die 
men er te koop stelde ^. Doch de Groie nierkt, Forum mains, 
behield altijd deze hare benaming, alhoewel er somtijds de eene of 
de andere handel op toegelaten was. 

De benamingen der straten die van familienamen voortkwa- 
men, werden zeer natuurlijk gewijzigd als, na het uitsterv-en of 
het verliuizen eener aanzienlijke familic, hare woning tôt eeneii 
anderen adelijken stam overging. In zulk geval noerade men 
allengskens de straat naar den naam des nieuwen eigenaars van 
het adelijk verbhjf. Eenige onzer straten hebben verschcidene 
malen, in dergehjk geval, haren naam met eenen anderen ver- 
wisseld. Sommige andere, integendeel, hebben sinds eeuwen 
hunnen oorspronkelijken naam behouden, en dragen hem ten 
huidigen dage nog. 

Het was eerst op het einde der achtiendc eeuw dat de alsdan 
in gebruik zijnde benamingen, op aschgrauwgeverwde borden 
geschrevcn, aan de uithoeken der staten geplaatst werden. Wi] 
lezen desaangaande in het Resolutie boek van het magistraat : 
Eodem (8 mei 1784) zijnde Heeren Trésoriers gelas i met te doen 
opmakcn de iuscripticn of Jiaenieiî van de différente straeten binnen 
deze stad, ende dczelve, op een blek of herd gedruckf, te doen pla- 
ceren op dcn hoeck van ieder straete, op de manière als tôt Briissel is 
geschiei, iot gcricf van de sol date n ende vreemdelingen. 

Onder het fransche schrikbewind werden er verscheidene 
straatbenamingen veranderd, omdat zij den republikeinschen geest 
aanstootelijk ivarcn ; educh na den val der Republiek, haastte men 
zich de vroegere benamingen te herstellen. 

De opschriften onzer straten waren meest aile bijna uitgesle- 
ten, toen het gemeente bestuur in 1842 besloot dezelve te ver- 
nieuwen. Het benoemde dan de heeren raadsleden De Keers- 
MAECKER, Ketelaars en Van Caster tôt leden eener bijzondere 
Kommissie, die zich zou onledig houden met het opzoeken van 
de oude benamingen der straten, en het opstellen van een verslag 

1 Biest, Bruel, HeembeemJ, Heergracht, Hoogstraat, Leegheid, Melaan, Trap- 
straat. 

2 Brood, Boter, Koorn, Schoenen, Peerden, Vee, Visch en Wolle Merkten ; 
Haverwerf en Zoutwerf. 



— 221 — 

nopens de verandering hunner benaming-, of de toe te brengen 
verbetering in de schrijfwijze. Deze Kommissie voegde zich nog 
drij leden toe : de heeren De Crâne, Schaeffer, kanunnik, en 
Gyseleers-Thys,stadsarchivaris.Dezelaaste overleed den 17 meert 
1843, en dit afsterven noodzaakte de Kommissie tiare werk- 
zaamheden te staken. De taak welke deze zich had opgelegd 
werd eerst hernomen na de benoeming van den heer Vandoren, 
tôt archivaris, op 3 oogst 1844. Hij was het die het werk van den 
heer Thys voortzette, en als secretaris het V^erslag opstelde dat 
door de Kommissie, op 18 juni 1851, aan den Stedelijken raad 
ter bespreking werd voorgelegd. Dit Verslag mogen wij het 
zijne noemen, want de andere leden hadden er weinig of niet 
aan medegewerkt. De meest bevoegden onder hen hadden zelfs 
hunne bijdragen volkomenlijk gestaakt, ter wille der eigenzin- 
nigheid van den secretaris. Het Verslag moet dan enkel aan hem 
toegeschreven worden, en hij alleen moet voor het nageslacht de 
verantwoordelijkheid dragen der onvolmaaktheid van zijnwerk, 
dat bij gebrek aan grondige opzoekingen, onder verschillige 
oogpunten veel te vvenschen laat. 

Dit verslag zag later het licht, in bundel van 8° vorm, onder 
den naam : Rapport présenté an Conseil de la Ville de Mal lues, le 
18 juin 18 'il, par la Commission chargée de reviser les dénomi- 
nations des rues, places publiques, portes et boulevards . Mali)ies, 
imprimerie de J . F. Gilis, 18 J2. 

Jaren lang Vv^aren wij er op bedacht dit verslag in sommige 
punten eens de kunnen tegenspreken of volledigen. Doch wij 
behoefden eerst en vooral de bronnen van het stadsarchief te 
kunnen raadplegen, dat, zoo niet volgens de stadsreglementen, 
dan toch metterdaad ontoegankehjk was. De archivaris had de 
gewoonte van zijne bezoekers, zoo veel mogelijk, te paaien met 
hun den Chronologischex Aexwyser voor te leggen, volgens hem 
het nec plus ultra van oudheidskundige opzoekingen. Dit werk^ 
van Gyseleers - Thys, draagt voor opschrift : Chronologîschen 
Algemeynen Aenwyser, van hetgene in verscheydene Boecken, Chro- 
nyclien, Mamiscripten, Stadsarchieven, ende Pampicren van Am- 
bachten, Cloosteren, Broederschappcn etc. gevonden woordt nopens 
de Mechclsche geschiedenissen, Heeren, V emmerde Mannen, en op 



al dat tôt deze hetrekkehjk heeft (sic), dienende tôt naerdere ontdek- 
kingcn ende aenteckcningcu, beginnende met den jarc 1200, op de zoo 
Gccstehjke als \Serchflie Chroiiologische Historié van MecJiclen door 
G : D : A : C : Y: li : * anders genaemt : Chroiujcke behelsende 
ver se lie ij de lie Gedenkzveerdige geschiedenissen zoo in Jiet Hertogdom 
van Brabant als in de Stadt ende Provincie van Mechelen, van tare 
tôt iare voorgevallen. Het beslaagt 99 bundels in-folio formaat. 
Allerhande uittreksels der stadsarchieven, die er vceltijds 
onnauwkcurig en onvolledig zijn in opgenomen, kunnen wel is 
waar den liefhebber een voorgevoel geven van hetgene hij in de 
oorspronkelijke stukken vinden zou, maar zij zijn gansch ontoe- 
reikend cm zij ne begeerte naar oudheidkunde te bevredigen. 
Indien een bezoeker van het Archief eenige oude handvesten of 
oorkonden ter inzage verlangde, werd hij onfeilbaar tôt den 
Aenwyser, als tôt eene even zoo zekere en voUedige bron, ver- 
wezen. Nochtans is de verzameling van Gyseleers-Thys, zoo als 
hij zelfze betiteld, enkelijk eenen aenwijser om de bronnen te 
leeren kenncn die men met vrucht raadplegen kan. 

De archivaris Vandoren overleed den 6 mei 1870, en eenjaar 
daarna werd hij vervangen door den heer V. Hermans. Aen diens 
welwillende dienstveerdigheid hebben wij het grootendeels te 
danken dat wij ons voornemen, in de menigvuldige registers en 
losse stukken van het stadsarchief de noodige opzoekingen te 
doen, om de benamingen der straten met kennis van zaken te 
bespreken, hebben kunnen ten uitvoer brengen, 

In onze opzoekingen hebben wij de tijdorde gevolgd. Het 
oudste stuk dat wij raadpleegden is een ons toebehoorende 
Chijnsrol van O. L. V. Gasthuis, opgemaakt in 1220 ^. Verder 
hebben wij menige duizenden goedenisakten ^ nagezien, in de 
lossen stukken van 1263 tôt 1344, of in de registers van 1345 tôt 

^ Gerardus Dominicus Azevedo Contiho Y Bernai, Kanunnik en Proost van 
O. L. V. over de Dijle, te Mechelen geboren in 1712, en aldaar overleden in 1782. 

2 Dien Roi hebben wij vroeger uitgegeven in het Tijdschrift : Anahctes pour servir 
à Vhistoire ecclésiastique de Belgique. Tome XVI. — 1879. bladzijde 81 en volgende. 

^ Erfenis akten. Als aen iemand een eigendom werd toegekend, wegens aankoop 
of erfenis, dan zegde men dat die nieuwe eigenaar er in geçroed (er van in bezit 
gesteld) werd. 



— 223 — 

1543- ^^*- ïTiGsr zorg nog hebbeii wij de vijftig luipostenboeken * 
van 1544 tôt 1790 geheel en gansch doorlezen, alsmede de Wijk- 
boeken van 1647. En telkens dat er zich eene nieuwe benaming 
der straten, of enkel eene verandering in de schrijfwijze der bena- 
mingen voordeed, hebben wij er zorgvuldiglijk nota van gehou- 
den, en waren aldus, zoo het ons scheen, na zes jaren lang onzen 
vrijen tijd aan dien arbeid besteed te hebben, eenigzins in staat 
om gegronde gedachten over het verslag van 1851 te uiten, Dit 
deden wij in het weekblad La Dyle, (i Februarij 1880 tôt 8 
Januarij 1882), en voegden daarbij een kort beschrijf der kerken, 
kloosters en andere voorname gebouwen en stichten, zoowel 
vroegere als nog bestaande. In de daaropvolgende Meimaand 
verschenen de afzonderlijke bemerkingen in eenen bundel van 
ongeveer 400 bladzijden samengevat, onder den naam van : 
Histoire des Rues de Malines, et de leurs nionuinents. Matines, 
J. Rijchnans- Van Deiiren, éditeur, 1882 . 

Latere gedane ontdekkingen hebben ons de gelegenheid g^%^- 
ven om onze gezegden over eenige straatbenamingen, in het 
bijzonder, te volledigea en te bevestigen. Die vruchten onzer 
opzoekingen willen wij den lezer mededeelen.Wij stellen ze hem 
voor in onze moedertaal, omdat de bronnen waaraan wij geput 
hebben meest allen in 't nederduitsch geschreven zijn, en het 
bespreken in die taie, van nederduitsche, of zoo men verkiest 
vlaamsche uitdrukkingen, ons redehjker voorkomt. Na dit voor- 
woord, komen wij ter zake, en bespreken wij, volgens alphabe- 
tische orde, de benamingen van eenige straten. 



^ Zoo veel als Belasiing, of Schattingrcgisten, van het latijnsche hnpùsitum, in 
het fransch Impôt. 



224 



Berg-stpaat — Rue de la Montagne. 

^ Cette rue est située sur le versant d'une petite colline, doù 
*• lui est venu le nom de Bergstraet, sous lequel elle com- 
« rnence à figurer vers ij8j ; avant cette époque elle était 
« désignée connue suit : Platea in opposito cappellae fra- 
« trum Carmelitarum, Rue située à l'opposé du couvent 
" des Carmes, r, (Zie Rapport bladz, 26). 

Volgens het Verslag, is deze straat zoo geheeten omdat zij op 
de helling van eenen kleinen heuvel gelcgen is. Zij draagt dien 
naam sedert 1385. Voor dien tijd was zij op de volgende wijze 
aangeduid : Platea in opposito cappetlœ fratrum Carmelitarum, 
(Straat tegenover lict hloosler der KaivnelietenJ. 

Bemerken wij eerst vooral dat het latijnsche woord capella niet 
klooster (couvent) maar kapel (chapelle) beteekent. De overzetting 
moest dan deze zijn : Straat tegenover de kapel der broeders Car- 
melieten. 

Van de menigvuldige akten in de welke wij den naam dezer 
straat gevonden hebben, zijn de volgende uitdrukkingen overge- 
nomen : 1351, Platliea ab opposito Ecclesiœ Fratrum Beatse 
Mariée de Monte Carmeli, (Straat tegenover de kerk der Onze 
Lieve Vrouiv Broeders des bergs Carmeli) ; 1373, Plathea de 
Monte, utro capellam Beatee Mariée de Monte Carmeli, (Berg- 
straat, achter de kapel van 0. L. V. des Bergs Carmeli) ; 1421, 
strate icghen (tegenover) onser Vrouwen Broeders Capelle. 

Eerst op het eindc der xv^ eeuw komt het gebruik in voege 
van, kortheidshalve^ Bcrghstraie te schrijven, zonder nog ver- 
der gewag te maken van de kerk der Carmeheten, die langs 
haren noordkant recht over de voornoemde straat uitgang had. 
In de Impostenboeken der xvi^ en xvii^ eeuw treft men voor 
deze straat dezelfde benaming aan, en in de Wijkboeken lezeii 
wij Berges fraetken. 

Het is voor aile lezers zonnekiaar dat deze laatste uitdrukkin- 
gen enkele verkortingen zijn van de oude benaming. Die straat,. 



22 = 



zou dus eeiivoudiglijk Carmelus berg straat, in het fransch, rue 
DU Mont-Carmel behoeven te heeten. 

Wat den heuvel betreft, die volgens het Verslag de oorzaak 
der benaming Bergstraat zou moeten zijn, hij is tôt hiertoe nog 
door niemand gezien geweest dan door den schrijver. Indien hij 
waarhjk bestond, dan had men welligt die straat Heuvel straat. 
Rue de la Colline genoemd. Edoch er is in het lagere gedeelté 
der stad geene enkele helling die men den naam van Heuvel, en 
nog veel minder dien van Berg geven mag. 



Nieuwe Capucienen straat. — Rue des Capucins. 
Oude Capucienen straat. — Vieille rue des Capucins. 

■« Comme il y a en cette ville deux rues du nom de Capucie- 
" nenstraat, nous avons cru devoir les distinguer par les 
« noms de oude et nieuwe. r, (Zie Rapport blaz. 67.) 

Omdat er twee Capucienen straten zijn wil de schrijver ze door 
■de bepalingen oude en ju'euzve onderscheiden. 

Wij zijn het met hem niet eens; want er behoeft maar ééne 
straat van dien naam te wezen. De oude Capucienen straat is niets 
anders aïs een deel der Keerberghe straat, in dewelke het eerste 
klooster door de Capucienen te Mechelen gesticht , uitgang 
had. De Minderbroeders Capucienen woonden op de Adeghera 
plaats ^ van 1599 tôt 1626. Hun klooster kwam uit in de Keer- 
berghe straat ^, en hierom is deze somtijds gedeeltelijk ^ Capu- 
cienen straat geheeten geworden. Wij vonden in het Imposten- 
boek van 1632 de benaming : straetken acJitcr de Capucienen, en 
dit van 1698 geeft Capucienen straet. In het Wijkboek van 1647 is 
die naam niet opgenomen. Hij kwam verkeerdelijk in gebruik 
nadat de Capucienen hunnen eersten woon alreeds verlaten had- 
den ; en zonder rede ook bchield de schrijver van het Verslag 



1 Met het volk, verstaan wij hier door het deel der Adeghem straat waar deze 
zich tamelijk verbreed een enigzins als eene openbare plaats of merkt voorkomt. 
^ Wij bespreken die benaming verder, bladz. 236. 
3 De helligt naar Dyle henen. 



— 220 

die benaming voor dit gedeclte der straat dat niet afzoïideriijk,. 
maar als een deel dcr Kcerberghc straat te beschouwen is. 

De Capucienen, zoo wij even gezegd hcbben, verhuisdcn in 1626 
naar een nieuw klooster, op dcn Ganzendries. Hun hof strekte 
zich uit langs henen de Racuistrnte die laiigzamer hand en natuur- 
lijker wijze Capucienen straat genaamd werd. Deze benaming 
kwam eerst in gebruik omirent 1700. Zij verdient in eere gehou- 
dcn te worden, met vvcglating van de bcpaling nieiiive die voor de 
uitgaafvan hct Versiag niet bekend was. 



Graan merkt. — Marché aux Grains. 

Die plaats droeg reeds in de xiii® eeuw den naam van 
Forimi bladî. In de Imposten- en Wijk-boeken wordt zij 00k 
Koren merkt geheeten, en het is deze benaming die altijd in de 
oude akten gebruikt gcweest is, gelijk de Verslaggever het 
bekend. Wij hebben ze, tôt in 1852, op het straat berdeken gelé- 
zen. Door koren verstond men allerlei graan, en niet alleen de 
mindere soort van graan dat men in het fransch seigle noemt. Zoo 
was het, denken wij, overal in onze vlaamsche steden. Een ieder 
verstond die benaming. Zij bleef zes eeuwen lang in gebruik, 
en ze zal nog lang door het volk gebezigd worden. De Kom- 
missie van 185 1, uit reden van meerdere klaarheid, verkoos 
Graaimierkt te schrijven. Des niet tcgenstaande hadden wij 
liever de uitdrukking Korennierki * behouden gezien ; en dezes 
overzetting Marché aux Blés, zou, meenen wij, even klaar zijn 
als Marché aux Grains. 



1 Er was eertijds op de Korenmerkt eene srapelpLiats voor de granen, van 
dewelke wij onder andere de volgende meldingen gevonden hebben: i2J4,hed. sitam 
iuxia CoRENHUis in Machlinia (Carton no 96) ; 1291 bed. iuxta Domum bladi conti- 
£uain hereditati 'Nycholai Fahri (ibid) ; 1375 heredilatem dictant Meelhuys, cm7?î viay 
sitam supra forum bladi (Reg. no 389, fol. 47.) In een Cijnsboek van O. L. V. 
Kerk ziet men dat dit huis in 1600 Sint-Jacoh geheeten wa^. 



227 



Gulden Mouw straat. — Rue de la Manche d'Or. 

«* On sait que dans les solennités les Serments portaient 
^ comme marque distinetive nue manche brodée d'or. De 
" là le nom de Marxhe d'or donné à cette rue, qui est 
« située près des jardins des Serments, n (Zie Rapport 
bladz. 49.) 

Volgens deii schrijver, weet men dat de Gildebroeders in hunne 
vergaderingen als onderscheidsteeken eene goudgestikte mouw 
droegen, en hierom (meent hij) gaf men den naam van Gidden 
mouw aan deze straat die nabij de hoven der Gilden gelegen was. 

Schoon uitgevonden, doch gansch onwaar. Vooreerst, de Gilde- 
broeders droegen eigenlijk geene goudgestikte mouw. In de Kro- 
nijcke van Gootens, op het stadsarchief bewaard, vind ik : Karel 
de Stoute Jiecpt in i^J4, naer V beleg van Nuys, aen de Gilden toege- 
laten eene guide parure, met hiuinen patroon oft wapen, te dragen 
op de bouffen van de Jiangende nioiiwen van hunnen tabbaert. 

Wat betrek zou er nu bestaan hebben tusschen die gulden 
parure die aan al de Gilden werd toegestaan, en een straatje dat 
aan den schiethofvan den Kleinen Voetboog alleen aanpaalde ? 
Dit straatje, dat eertijds van de lange nieuw straat tôt op de 
stadsvest leidde, is (wij hebben niet kunnen vindcn wanneer) door 
het maken van gemelde schiethof gedeeltelijk te niet gedaan. In 
1541 was het reeds in zijnen huidigen staat, want wij lezen in 
eenen goedenis akt van dit jaar : Twee huijsen gelegen int straet- 
ken sonder eipide gehee'en de Mauivstraetken, achter 0ns Vrouiven 
Kercke (Reg. n'' 553 fol. 22). De Kleine Voetboog werd eerst op- 
gericht in 1431. De Mouwparure werd toegestaan in 1474. En, 
luistert wel,de benaming van Gulden mouw straat bestond reeds 
in 1380 : Platea dicta Guldenniouwe . (Losse goedenisakten, carton 
n*' 100), dat is te zQ,gg(dVi eene geheele eeuw voor dat er van de 
gulden mouwparure der Gilden spraak was. 

In eenen akt getrokken uit het Goedenisboek van 1381 wordt 
gewag gemaakt van eenen eigendom gelegen op den hoek van 
de Guldenmouw straat en de stadsvest; hetgeen bewijst dat het 



— 228 — 

straatje als dan nog in zijn gehccl bcstond : /lecï. Nicoldi Saghcre, 
Egidii van der Hidst, sitaui in de Gulden mouwe, prope imwe 
strate, inter die fi Johanids de Lichtert, et Jossatnni villœ. (Reg. 
n° 390, fol. 77). 

De Klcine Voetboog gildc dccd in 1598 nog ecnen aankoop van 
gronden, om harcn schiethof te kunnen verlengen tôt aan de 
Oude Brusselstraat, waarin als dan cène ruime inkoom poort 
gemaakt werd. Wij lezen desaangaande in de Goedenissen : 
Franchoijs van den Eynde alias van Dieven heeft vercocht aen heer 
Rotnbout II ne lis den jongere als onderhooftman, Gielis de Leeuw dis 
deken, over en tôt beJioejf der Guide van Sint Joris, geseijt den Jon- 
gen IJog/ie, alliier te MccJielen, eene erve daer Jiiujsiitghe op gestaen 
heeft, metteii gronde en toebehoorten gelegen op de Bnesselstrate 
alhier, bij de poorte... comendè vuijte in 't Giddenauwstraetken 
(sic). 10 julij 1598. (Reg. n° 686, fol. 13). 

Wij meenen dus te mogen besluiten dat het dragen van eene 
gulden mouwparure, door Karel den Stoute in 1474 aan de Gil- 
den gejont, niet den minsten invloed gehadt heeft op de benaming 
van een straatje het welk, misschien wegens het eene of andere 
huis, den naam van Gulden Mouwe droeg, reeds honderd jaar 
voor dat de Mouwparure bestond. 



Guide stpaat. — Rue du Serment. 

« Le Seniient des Hallebardiers, Schermers Guide qui 
« avait sa maison dans cette rue, lui a légué son nom. 
« Traduction actuelle Rue d'Or •» (Zie Rapport, bladz. 

57)- 

De Versiaggever denkt dat deze straat Guide straat genoerad 
is geworden omdathet Huis der Hallebardiers of Schermers Guide 
er in gelegen was. 

Dit is gemakkclijk gezegd, doch zoo aanstonds niet bewezen. 
Indien inen de straat naar den naam der Schermers Gilde had 
willen noeraen, dan zou men natuurlijk S<://é'r;;/^r5 straat gezegd 
hebben. De Schermers Gilde wordt voor de eerste maal vermeld 



— 229 — 

jn de stads rekening van 1504 : Item gegeven der Gnlden van de 
schermers b\\ne}i Mechelen, tôt hidpcn van haren Jialsbanden... ij 
pond. brah. Men kan niet bepaleii wanneer zij ingesteld of gere- 
geld is geworden. Het is nochtans te denken dat dit omtrent het 
einde der xv^ eeuw moet geschied zijn *. Doch een gezelschap 
kan somtijds reeds lang in wezen zijn vooraleer aan hetzelve 
een wettig bestaan door de Overheid toegekend wordt. Wij 
denken te raogen veronderstellen dat de Schermers van in het 
begin der xv^ eeuw zich vergaderden in een huis der Coninc- 
strate, (de hedendaagsche Kraan straat), want deze was alsdan dik- 
wijls Scher mer str acte geheeten. Het aandenken der Schermers is 
er nog langen tijd aan gehecht gebleven, want in de Boeken van 
den Amman, en de Registers der Contracien, der xvii^ eeuw, vin- 
den wij er nog menigmaal melding van, zoo als in het volgende 
uittreksel : 1662. Een /mijs... gestaen ende gelegen in de Schermer- 
STRATE, alias de Conixcxstrate, nu gcmeynelyk de Craexstrate. 
(Contractenboek van 1662- 1670 fol. 8). 

In de eerste eeuw van hun wetteHjk bestaan als Gilde, hiel- 
den de Schermers hunne vergaderingen in de eene of anderç 
herberg, alwaar zij tôt hun gebruik eene kamer in huur hadden. 
Eerst op 16 Oktober 1593, kochten zij het huis den IngJiel (Engel) 
gelegJien over de Groot bnigge in de Guldestraie, in hetwelk zij op 
de tweede verdieping eene zeer ruime vergaderingszaal inricht- 
ten2. 



1 De Sint-Lambrechts- of Schermers gilde te Mechelen. Door G. J. J. van 
Melckebeke. Drukkerij van E. en J. Van Moer. 1873. 

2 Zie hier een uittreksel van den verkuopin^mht, tôt stavin^ cniçr gezegàen : 
Voor jonckheer Joos Verhoeven, ende her Willem Huens, schepenen van Meche- 
len, is gecomen ende gecompareert, Anna Wisschavonts, wylen Hendricx dochlere, 
huysvrouwe van Janne de Cale, cum tutore estraneo, voor haer sehen, ende als 
gemachticht van den selve de Cale, haeren man ende momboir, ende van Peeter 
Phalesius, ende Elisabeth Wisschavonts Jans dochtere, syne huys vrouwe, by brie- 
ven van procuratie, gepasseert voor den notaris Phalesius, ende selven getuyghen, 
tôt Antwerpen, in date den xviiie Novembris anno XVc dry en negentich, daer af 
ons volcomelyck gebleken is ; ende heeft vercocht Joannes Van Hanswycke, accep- 
terende in den naein van Jonckheer Lanceloot van Gottignyes, hooftman, Nicolaes 
van den Bossche, onderhooftman, Gieles Verhoeven, Lodewyck Huens, Charle van 
den Berghe en Jan van Haeften, dekens van de Guide van de Hallebarbiers binnen 
deser stede, over ende tôt behoefif van deselve Guide, een huys mctter plaetsen, 
gronde ende pertinenciën, den Inghel genaempt, in de Guldestraete, tusschea 

S. A, M. J5 



— 230 — 

Oorspronkelijk had de tegenwoordigc Guide straat geene bij- 
zondere benaming. Als men de latijnsche taal nog bezigde voor 
het opstellen van openbare akten, zei men : iraiis magnum pontem 
mcchliniensem, en somtijds, over de grote brugge; later, bi de 
Coremnerci. De oudste Gocdenisakte in welke wij Gidde straete 
hebben gevonden, is van 1536, en betreft juist de woning die 
laler door de Gilde aangekocht werdt : Eeii groot hiiys... Coitden- 
borcli gcheeten, nu de)i Inghcle, staande bij de Coremnerde Tan dese 
stadt, in de Guldestraete. (Reg. n° 547, fol. 161.) 

Het is dus klaar dat de benaming van GnJde s/raal met wegens 
de Schermers of Hallebardiers Gilde gegeven is, vermitszij reeds 
van in de eerst helft der xvi^ eeuw in gebruik was, omirent 
zestig jaren voor dat de Gilde haar huis gekocht had. De over- 
zetting : Rue du Sermei, door het Verslag voorgedragen, is dus 
geheel verkcerd, en men had beter gedaan van in het fransch 
Rue d'Or te zeggcn. 



Lange Hairgragt. — Long fossé au poil. 
Kopte Hairgragt. — Court fossé au poil. 

^ Cest au LANGE et au korte hairgragt (fossé au poil) 
*• que les tisserands préparaient le poil destiné à la f abri- 
^ cation de leurs tapis. La première de ces rues se nom-' 
« niait anciennement aenslagers et la seconde volders 
'• hairgragt. r> (Zie Rapport, bladz. 25). 

Volgens het Verslag, was het in dezc grachten dat de wevers 
het haar wieschen dat zij in hunne tapijten bezigden. De eerste 
noemde men eertijds Aenslagers, en de tweede Volders Hair- 
gragt. 

Hierop valt nog al veel te zeggen. Wij zullen eerst van het 
haïr spreken. Wat zouden de Aanslagers, of Laken- en Wolle- 

thuys ende erve Sint-Jorijs genaenipt, ter eendere, ende thuNS de Dry Haringhen 
geheeten, ter andere syden ; synden comende ter syde vuyte met eenen ganghe 
ende poorte op de Coremerte. A. D. M. (A Domino Mechliniensi) warandam... 
Actum XV Decembris anno i)93. 



— 231 — 

Verwers, en de Volders, die op gemelde grachten woonden, daar 
mede gedaan hebben! Maar de schrijver heeft, zou men zeggen, 
aaii tapijUvevers gedacht. Doch niets bevvijst dat deze aldaar ver- 
bleven. De tapijtwevers oiitstonden, te Mechelen, in het begiii 
der xv^ eeuw; en hun eerste Roi of Règlement dagteekent 
van den i8 september 1446. Zij woonden in geene bepaalde wijk; 
maar hier en daar, omtrent de vlieten die in de stad nog al talrijk 
zijn. De Verwers en Volders, integendeel, waren om zoo te 
zeggen uitsluitelijk gevestigd op de grachten aan de welke zij 
hunnen naam gegeven hebben. Eene ordonnantie van het Magis- 
traat, van 3 juli 1566, bewijst dat de Tapijtwevers als dan het 
haar dat zij verbruikten buiten de stad wieschen : ...so wordt van 
der voorscreven stadt iceghen verboden den Hui/vetters en allen 
anderen personeyi van wat qualiieyie oft neeringhe die zouden 
Tiioglie zyn, gheenderande haere , vannu voirtane, alspeerts, ossen, 
coijen, calveren, bocken, gheylen ofie dierghelyke haeren meer 
te ivasschen m eemglie rivire oft vlieten bynen deser slad van Mc- 
chelen; maar zullen die schuldig zyn te loasschen buyten deze 
stadt, in de becke bij Bruijnen Cruijce, DAER DE TAP YT- 
WEVERS DISER STEDE DAGHELICX HUN VOER- 
SCHREVEN HAIREN ZYN WASSCHENDE... Hier uit 
volgt dat het woord haïr gi'agt moet slecht geschreven zijn, en 
van wat anders als van tapijten haar moet afgeleid worden. 

In de Goedenissen van het einde der xiii'' tôt omtrent het 
einde der xiv<^ eeuw, hebben wij immer HERgracht, HERE- 
gracht qf HEERgracht, zonder verdere bepaling, geschreven 
gevonden. De benaming Volders heergracht kwaam ons ten 
eerste maie voor in eene akte van 1363 ; en die van AcnsiagJiers 
heergracht m eene Goedenisse van 1373. Deze benamingen bleven 
in gebruik tôt omtrent r500, wanneer men Korte en Langhe Heer- 
gracht hegon te zeggen. \"oor later tijdstip hebben wij de Impos- 
tenboeken te raadplegen, en te zien wat zij ons leeren. De 
oudste, in 1544 opgemaakt, werd door den schrijver van het 
Verslag wel doorzocht, want hij beroept er zich op ora de bena- 
ming van een twintigtal straten tewettigen; en als hij van de 
Heerg?'acht spreken moet, dan rept hij geen woord van die koste- 
lijke bron. En waarom dan stilgezwegen? Had hij misschien die 



— 232 — 

benaming in het boek niet gevondcn? Zij staat er nochtans in, en 
nog wel meer dan cens. Zie hier : fol. 124, Langhe hecrgracht] 
fol. 125 Lang/ie /ieer£-rac/iï (tweemaal); fol. 160, Cortte heergrachtf- 
iol. 372, Weergraclit (op Neckerspoel) van aan V Vleeschiiys tôt 
aen de qiiade vondel bnigge; in de tafel vooraan in het boek 
geplaatst : fol. 7, Uei'gracht langhe, Hergracht cortte. In het boek 
van 1651 vondcn wij Lange lia\jergrcchty en Corte hagerecht 
geschreven. De registcr van 1654 vcrmeldt voor den eersten keer 
de door den Verslaggever geliefkoosde benaming die hem aan 
harentapijtwevers heeft doendenken. Uit al het aangehaalde is 
dus bewezen dat men gedu rende meer dan vier eeuwen HER, 
HERE of IlEEIt gracht geschreven heeft, en dat dicnsvolgens 
de verbasterde schrijfwijze van latere tijden niet had moeten 
gevolgd worden. 

Wat beteekent nu de bcpaling HER oï HEER in de benaming 
lleergi^acht? Die gracht begint aan de Dyle, op een kwaart uurs 
afstand van de stad, en loopt^ langs het Spuihuis om, voorbij het 
oude kasteel, de Burg. Aan de plaats waar de vorige Blokpoort 
stond, komt zij door eenen dobbelen duikelaar de stad binnen, 
en eindigt wederom in de Dyle, omirent de Winketbrug. Het 
gedeelte van den waterloop buiten de stad is nu meer bekend 
onder den naara van Spuibcek; maar de uittreksels der archieven 
die wij hooger aanhaalden, bewijzen dat men het zelve eertijds 
Weergracht noemde. Om welke reden nu gaf men die benaming? 
Misschien om dat de Weer van Mechelen die gracht had doen 
graven ; misschien 00k, en wel waarschijnlijker, omdat de wa- 
terloop voorbij 's lleeren burg of kasteel liep. 

Die bepaling HEER werd altijd gegeven aan de voornaamsten 
weg van een dorp, of ook aan de baan die naar de woning of kas- 
teel van den //trrleidde. hi meest aile buiten gemeenten was er 
eertijds een Ucerweg of eene lleersfraaf . Om den lezer ervan te 
overtuigen geven wij hier eenige uittreksels der stadsarchieven : 

Op Nfxkerspoel : 
1380. IkredUateni sitam in platea dicta Heerstrate, (carton n° 99). 
1386. ïied. in de Heerstrate. (Goedenisboek n^ 394, fol. 102). 

Op Geerdeghem : 
145 1, Partent terre dicte den Bernniortcrc sitam ibidem prope 

Heerstrate. (Goed. n" 455, fol. 68). 



- 233 — 

1452. -^^t/, ciuîi orto coiitiiien. circiter bonarium, sitani uiter Heer- 

STRATE et Don mm Leprosorwu (Goed. 11'' 456, fol. 47). 
1472. ...gelegen op gheerdegenimer velt... streckende met eenen 

eynde aan t'sHeerexstrate. (Goed. 11° 478, fol. 148 vs°). 

Qp Pennincpoel : 
1450. Wed ciim orto . . . iuxta boiia dicta Ter Vorst, inter ead. bo)ia 

^/ Heerstrate. (Goed. n° 455, fol. 32). 
1502. Een stiick tant s.., gelegen buijten de Coepoorte, bij de Pijts- 

borcli moeien, aen t'sheerenstrate. (Goed. n'^ 505, fol. 167 v*°). 
1538. I4^int molen ...bij den Brmjiien Crnijce, tiisschen'suEEREN- 

STRATE aen byde sijden. (Goed. n° 560, fol. 19). 

Te Battele : 
1502. ...dat straetken dat van den Jmsen opivaert gaet totten 

Heerwech toe. (Cijiisboek der Kiste van 't groot Beggynhof). 

Te Leest : 
1376. ... prope Leest, in platea dicta herstrate. (Carton n" 99). 

Te Heffen : 

1347. Inter Herstrate et viam dictant manpad. (Goed. n° 387, 
fol. 47). 

1348. Pechîam terrœ, in de Elst, iiixta Herstrate. (Goed. n*^' 387, 
fol. 56 V^^). 

1472. Een huys gelegen tiisschen Jans Borgers erve en SHEEREN- 

STRATE. (Goed. n'' 479, fol. 21 v^"). 
1541. Heerstrate te Heffene. (Goed. n" 535, fol. 14). 

Te Hombeeck : 
1541. 'S heerenstrate. (Goed. n° 535, fol. 25 v^^). 

Te Hofstaden : 
1650. Eene hofstede gestaen te Hoffstayen,jurisdictie ^/t'^^r ^/rt^//, 

coniende mel aile vier syd.en aen de gemeynte ende t'sheeren- 

STRAY.TE aldaer. (Goed. n° 657, fol. 281). 

Te Hever : 
1386. Hed. sitam inter J. Willems et Heerstrate. (Goed. n'^ 394, 

fol. 108). 
1424. Item Jan de Smet, op een liofstat gheleghen aen die Her- 
strate... ij Capuijnen. (Cijnsboek van 't klooster van Muijsen), 

Te Muisen : 
1386, in Mîisene prope}r{EEK\VECiî.[GoQ.den\shoék n° 394, fol. 108). 
T386. in Mnseïie prope \Ieer\\'ecu.\ » •> fûl.io2V^°). 



— 234 ~ 

1386. mM^5^;/é5///';'<7HEERSTRATE.(Gocdenisboek n° 394, fol. 113). 
1424. aendc plactse, tnssc/ien doi kcrckliof acn de Herstrate... iij 

den. lovaii, ij cap. (Cijnsboek van 't kloostcr aldaarj. 
14-71. Il cm de helf'l van een sluc be^npts geheeten Vermanen hof... 

iusschen de Dele aldaer aen d'een zyde, ende den Heerwech. 

(Goed. n° 478, fol. 146). 
1473- '^ liofTe Laethem... tusschen M'Jan van Hulshoid en de 

Heerstrate. (Goed. n" 479, fol. 96). 
1478. Een siuck !anls gelcgen voor 't hof van Zioi/i-egJicm, by de 

herstrate. (Register geheeten Chaos, fol. 16). 

Verscheidene andere gemeenten hebben lieerbaemn of Heerive- 
gen. Het ware te lang om ze hier allen aan te wijzen. 

Doch niet alleen de wegen, straten of banen dragen die bena- 
ming, men vind ze ook voor beemden en poelen gebezigd. Het 
Goedenisboek van 1383 spreekt, op fol. 150 x^", van eenen Her- 
poele gelegcn te Hever. In dat van 1470, fol. 24, vonden wij eene 
aktc betreffende eencn bcuipt geheeten den Wergracht, gelegeii in de 
prochie van lleyst. Wij zullen hier niet verder uitbreiden, omdat 
wi] denken de beteekenis van de bepaling HEER reeds genoeg- 
zaam bevvezen te hebben *. 

Gaan wij nu over tôt het onderzoek der bepaalwoorden AEN- 
SLAGIIERS en VOLDEIiS, van 1363 tôt 1500 zoo gemeenlijk 
gebruikt. Watmogcn zebeteekenen? Voor ettelijke jaren hadden 
wij gedacht dat Aenslagher misschien zoo veel als VVever zeggen 
wilde. Immers, in het weven wordt, na elken gang van de schiet- 
spoel, de draad met geweld tusschen de ketting geschoven, of 
beter, geslagen, bij middel van eene houten beweegbare raam die 
voorzien is van twee kammen door de welke de draden der ket- 
ting beurtelings en afwisselcnd ondcr en boven den inslag ^ ge- 

1 De bepaling HI^]HR bij het \v-~)ord wcv, in den zin van vooniaamste , Uj^onàerste , 
schijnt ons eenigzins overeenstemmig met de huidige benaming Staats zuegenis. 
In Frankrijk dragen dusdanige wegen den naam van 's lands bestuur, welk het ook 
zij ; en men noemt de zehe afwisselend Koninglyhe, Kei'ierlyke of Nationale banen, 
volgensdat er een k^ning, een keizer of het volk aan het bewind is. Wij kennen 
zoo steden in de welke wij op de hoeken der voornaamste straat beurtelings rue 
Royale; rue Impiriale en rue Nationale jiebben geschreven gezien. 

2 De lopende draad die dior de spoel tusschen de draden der kelting gebracht 
werd, en die men in het fransch trame noemt. 



— 235 — 

bracht werden. Edoch, Aenslagher wil nog wat anders zeggen. 
Als het geweven laken of wollengoed geverwd was, moest men 
het spoelen, en dan aan de ramen slagen, dat is te zeggen op de 
ramen spannen om het te rekken, en te laten droogen. De Ramen 
trof men op eenen bleekhof aan, en bestonden uit een rij païen 
van acht of negen voeten hoog, en op eenen afstand van acht of 
negen voet van elkander geplaatst. De païen waren, aan hun 
uiteinde, aan elkander verbonden door een, met haken voorziene, 
balkje of dwarshout. Een ander balkje schoot met zijne uiteinden 
in de groeven van de païen, waarin het op en neder kon gelaten 
worden. Nadat men het stuk laken met eenen zijner zelfkanten 
aan de bovenbalkjes gehaakt {geslagcn) had, hechte men den 
anderen zelfboord aan de beweegbare balkjes, en duwde deze 
alsdan langzamerhand naar beneden, om de stof tôt op hare 
behoorlijke breedte te rekken. Dan stak men spillen in de paies, 
om de onderbalkjes tegen te houden. Die bewerking om het 
geweven wollengoed op de ramen te spannen, noemde men aan 
de ramen slagen, of eenvoudiglijk aaji slagen. Het aanslagen 
maakte deei van den verwers stiel, en daarom is het niet te ver- 
wonderen dat in oudere tijden de Aanslagers heergracht soms 
Verwersvliet genaamd werd. In een Cijnsboek van 1372 hebben 
wnj 00k Fletl'm TixcTCRUiM geschreven gevonden. 

Laten w^ij ons nog eene bemerking maken over de beteekenis 
van het woord GRACHT. Men noemt alzoo eenen langwer- 
pigen put rondom cène plaats gemaakt om ze ongenaakbaar te 
maken. Het uithalen der aarde heet men graven, van het 
Gothische Oraban. De letterkundigen leiden het af van het 
grieksche ypy-zziv [Ices grafein) dat schrijven beteekent. Eertijds 
schreef men met priemen op gewaste ivoorblaadjes, of met 
scherpe stiften op koperen platen. In beide gevallen, w^as de 
vorm der letters uitgehaald (uit gegraven), en als in grachtjes 
gediept in den was of in het metaal. De letteren zoo uithalen 
heette men graveeren. Vandaar 00k is het uithalen der aarde 
graven, en de uitgegraven plaats ^r^c/// genoemd. Eene gracht 
bestaat eigenlijk in de natuur niet, maar wordt gemaakt. Zij kan 
bestemd zijn om, alleenlijk tôt verschansing, of om andere 
redenen, stilstaande water te bevatten, en dan zal men ze in het 



— 236 — 

fransch Fossé noemen. Maar is zij bestemd om als waterleiding- 
te dieiiea, dan zal de overzetti ng Canal bcter passen. 

Uit al het bovenstaande volgt dan klaarblijkend : dat de 
benaming llairgragt , door het versiag opgegeven, maar sedert 
1654 gebruikt geweest is, terwijl men te voren, gedurende vier 
eeuwen Heergracht heeft geschreven ; dat de bepalingen korie 
en lajige eerst na 1500 werden gebezigd ; dat men de tvvee 
heergrachten tôt op het einde der xv'^ eeuw door de voor- 
voegsels Volders en Aenslaghers onderscheidde ; dat de 
Aanslagers ook soms Verwers genoemd waren ; eindelijk, dat 
diensvolgens de echte oorspronkelijkebenamingen Volders Hefr- 
GRACHT en Verwers Heergraht verdicnen behouden te worden. 
En daar de bepahng lleer niet over te zetten is, zou men in het 
fransch eenvoudighjk Canal des Foulons en Canal des Teintu- 
riers behoeven te zeggen. 



Keerbepg" straat. (Is nid vertaaldj. 

« Cette rue tire son nom de sa situation. Elle comprenait 
« autrefois la Vieille rue des Capucins (Zie Rapport, 

« BLADZ 66.) 

Die straat, volgens het Versiag, heet Keerberg (sic) straat om 
reden harer ligging. Alweer een berg ! Die straat loopt in zachte 
helling naar de Dijle, en zij wijkt [keeri] van de rechte lijn af ! 
Zulke redens, gelooven wij, behoeven geene wederlegging. 
Had de schrijver,in plaats van op zijne ongegronde gissingen 
voort te gaan, zich wat moeite gegeven om in de archieven te 
zoeken, dan had hij welhaast gezien hoe verre hij beneden de 
waarheid uitkwam. Inde oudste akten vinden wij Kerberghe en 
Kerberch strate. De Impostenboeken, behalven die van 1632, zoo 
wij hooger* aanmerkten, schrijven KeerbercJi. In het Iraposten- 
boek van 1544 staat, op folio 286 : Mijnheer Van Kerbergen, 
90 guldcns. Die man bewoonde toen nog het stamhuis dat aan 

^ Zie Capucioien straat, bladz. 225. 



— 237 — 

zijne voorouders reeds van in de eerste helft der xiv*^ eeuw 
toebehoord had. Dit huis vvas gelegen op den oever der Dijle, 
op den hoei<: der straat die den naam der famiiie De Kcrberghe 
droeg. Hieruit volgt dat van de twee benamingen : Onde 
Capucienenstraat en Keerher g straat, door het V^erslag aan eene en 
dezelfde straat gegeven, de eerste zou moeten verdwijnen, en de 
tweede beter geschreven worden, namelijk Keerberge straat. 
Dan kan raen ook in het fransch rue de Keerberge zeggen. Wil 
men Kerberghe schrijven, zooals men het tôt over ruim drij 
eeuwen deed, wij hebben er niets tegen. 

Kromelleboog straat. (h niet vertaaldj 
(Sedert 1880J, Kromme straat — Rue Courbe. 

De eerste dezer benamingen was in het begin der xiv^ eeuw 
reeds in gebruik. Het Verslag had ze behouden, maar niet 
vertaald. 

Wat is een elleboog ? Het is eigenhjk het buitendeel van den 
arm, op de plaats waar hij plooit ; maar men geeft dien naam 
ook aan den haak door den gepiooiden arm gevormd. In dit 
laatste geval nochtans, is de uitdrukking krcinnicn elleboog veel 
juister. De haakvorm dezer straat die aan eenen gebogen arm 
gehjkt, geeft van de benaming eenen voldoenden uitleg. 

De benaming KronicUeboogstraat komt reeds voor in eene akte 
van 1349. Zij was dus sedert ongeveer zes eeuwen in gebruik, 
toen een besluit van den stedelijken raad dezelve veranderde, op 
2oNovember i88o.Enwaaarom die verandering? « Omdaterook 
een Kroinelleboogstraatje bestaat. w Wij bekennen dat twee straten 
van den zelfden naam, zonder verdere bepahng, tôt verwarring 
aanleiding konnen geven, en dat men zeer wel eene van de twee 
benamingen mocht doen verdwijnen. Maar welke moest men te 
niet doen : welke sparen ? De keus was gemakkelijk. De rede 
gebood van den voorkeur te geven aan de oudste benaming, die 
op vasten grond rustte. En nochtans, wat werd er gedaan ? 
Kronielleboog straat werd uitgeschrabt,en er werd Kromme straat, 
Rue Courbe geschreven ! Edoch de straat is niet krom, maar 
haakvorniig, zoo wij hooger zeiden. De bepaling krom, zonder 
het woord elleboog er bijgevoegd, verandert geheel en gansch 



- 238 - 

van beteekenis. Wij meenen dus bij ons g-edacht te mogen 
blijveii dat het beter ware de oude benaming Kromelleboog 
STRAAT te laten, en ze over te zetten door Rue Coudée. 



Kromelleboog" straatje. (Is niet vertaald) 

« Sa configuration lui fit donner le noju de Krom elleboog 
straatje. r> (Zie Rapport, bladz. 63). 

Dit straatje is het overgeblevene deel der oude Yperstraie die 
tôt in de huidige Carmelietenstraat uitkwam, en die bij het 
opbouwen van 't klooster der Ongeschoende Carmelieten gedeel- 
telijk te niet gedaan werd. Omtrent het midden der xvf 
eeuw begon men ze Mosselschelpstrate te noeraen, naar het huis 
van dien naam dat er zich in bevond. Er is spraak van dit huis 
in de stadsrekening van 1587-1588 : Een huys gelegen iii 't quar- 
tier ^ , in de MosselscJielpstrate , de Mosselsclielpe genocind. In de 
Impostenboeken vindt men: 1544, Yperstrate of Mossclsclietpstraie; 
1559, d' Yperstrate alias MosselscJielpstraet . In den Contracten- 
boek van 1623, fol. i, verso, lezen wij nog Mossehclietpstraet alias 
d Yperstrate ; zoo dat alsdan de drie eeuwenoude benaming nog 
niet vergeten was. Waarom heeft het Verslag ze, bij voorkeur, 
aan deze straat niet gelaten ? Waarom dien naam van Kromelle- 
boogstraatje goedkeuren, daar hij, bij misbruik alleen, maar 
sedert het einde der xviii^ eeuw door het volk gebezigd 
werd ? Die eerste missing heeft den opsteller van het Verslag 
nog eene andere doen bcgaan. Hij geeft den naam van Mossel- 
schelpstraatje aan de vroegere Crauwel straat, Rue du Crochet, 
die de Yperstraat met de Adeghenstraat verbindt, Waarschijn- 
lijk is hij in dwaling gebracht door de wijkboeken, waar de 
Crauwel en Yper straten, als maar eene uitmakende, onder de 
benaming van MosselscJielpstraetje aangeteekend zijn. Daar er 
tegenwoordig maar eene straat meer is, hoeft er slechts eene 
benaming behouden te worden. Wij zouden geerne aan de 
oudste, als zijnde de belangrijkstc voor stadsgeschiedenis : Yper- 
straat, RUE d'Ypre, de voorkeur geven. 



^ De wijk van de stad waar toenmaals de slechte huizen toegelaten waren. 



239 



Moons straat — Rue Moons 

-« Le nom primitif de cette rue était Sausier straetken / elle 
« s appelle encore ainsi dans le registre du lo^ et 20^ 
« denier de IS44 >' mais dans un acte d adJiéritance de 
« i^4g elle se nomme Vrouwe Moons straetken ce qui 
« démontre clairement que c est bien la Dame Moons qui 
« a donné son nom à cette rue. r> (Zie Rapport, bladz. 52). 

Die benaming is goed, hoewel nochtans de redenen door den 
schrijver van het Verslag bijgebracht onvoldoende zijn. 

« Die straat, zegt hij, was eerst Sausier straatkeii genoemd. 
« Zij draagt dieu naam nog in het Impostenboek van den 10''" en 
u 20*^'^" penning, opgemaakt in 1544 ; maar in eene erfenis akte 
« van 1549 wordt zij Vrouwe Moons straetken geheeten, hetgene 
« klaar bewijst dat het wel de vrouw Moons is die haren naam 
« aan die straat heeft gelaten. n 

Wat voor ons klaar schijnt, is dat aile de opzoekingen van den 
secretaris der Kommissie zich bepaald hebben bij het opper- 
vlakkig nazien van den oudsten Imposten register, waarin, op 
fol. 245, Sausier straetken geschreven staat. Maar wat staat er in 
■de andere geschreven? Ziehier wat wij er in vinden : 1559, 
Moenstraetkcn; 1599, Moonstrate ; 1624, Mooiiestraet ; 16'^Qf Mooui- 
straet ; 16^^] j Mooiie straaf ; 1659, Moine straet. De Wijkboeken 
van 1647 g'even insgelijks Moone straet. Ywh^içxç^ stukken heeft 
raen somtijds Moins straet geschreven, en daaraan is het toe te 
schrijven dat op het einde der xviii^ eeuw de overzetting 
Rue des Moines ontstaan is. 

De lastige uitspraak der twee 5 in Moons straat, heeft er eene, 
zelfs in het schrijven, doen verdwijnen ; en zoo zijn de verbasterde 
schrijfwijzen uit te leggen. In aile geval is de benaming dezer 
straat wel voortgekomen van de farailie Moens of Moons die 
aldaar in de xiv*^ en xv*^ eeuw aanzienlijke eigendommen 
bezat, zoo als uit menigvuldige erfenisakten van dien tijd opte- 
maken is. Edoch, deze heeft de Verslaggever niet gekend. Een 
enkel stuk van 1549 doet hem bcsluiten dat de Vrouw Moons de 



— 240 — 

oorzaak is der huidige benamiiig, Had hij een paar honderd jareii 
achterwaarts de Goedenisbockcn doorzocht, dan had hij wclligt 
00k zoo wel als wij op fol. 25 van Register 388, jaar 1350, (om de 
OLidste akte alleen aan te stippen) de benaming Jan Moens strate 
tegen gekomcn. Wij bepalen ons hierbij. De lezer zal het wel 
met ons eens wezen om te bckennen dat het niet de vrouw Moons 
der xvi° eeuw, maar wel een harer voorouders was die hon- 
derd negen en negentig jaar vroeger de benaming dezer straat 
veroorzaakt had. 

De naam van Sausier straetken is maar zelden gebruikt 
geweest : buiten het Impostenboek van 1544 hebben wij dien 

naam maar eens aangetroffen^ in eene akte van 26 aug. 1594 

een hnys gelcgen int Saucier oft Mooiistraetkeii (Register van den 
Amman) Saussier beteekent beker, koui; in het Iransch, gobelet, 
coupe, (saucière). 

Watep straatje. 

Dit is nu toch geene benaming, want men kan het zelfde zeg- 
gen van ruim een tiental straatjes en gangen die naar de Dyle, 
de Melaan of de Heergracht leiden. In het verslag zijn er 
drij straatjes van dien naam opgegeven. 

/. '^ Située dans la rue d'Hanswyk, entre le n'' 142 et le 
n'^ 14J r, {zie Rapport bladz. 47 1. 

Van dit eerste Waterstraatje zegt het verslag alleenlijk dat 
het op de Hanswijk straat gelegen is ^ Maar waarom het gee- 
nen naam geven ? Over ruim vier hondert jaar woonde op de 
Hanswijk straat een vermaarde klokgieter, Jan Zeeltman. Hij 
bezat aldaar twee naast elkander gelegen woningen ^. Eene 
dezer stond op den hoek van het straatje. Het zou, meenen wij, 
nog al natuurlijk zijn dit laatste Zeeltinans' straatje te noemen. 
Daar het bewoond is, verdient het in aile geval eene duidelijke 
benaming. 

• Tosschen de huizen n' 29 en n' 3 1 . 

^ Op dezer plaats bevind zich thans het huis n"^ 29. 



— 241 — 

2 * Pour ne pas laisser cette ruelle sans dénomination, nous 
« lui avons donné le nom de Waterstraetje, qui est en 
« rapport avec sa situation . » (Zie Rapport, bladz. 70). 

Om dit straatje niet zonder benaming te laten gavenwij het 
•den naam van PVater str-aatjc die met zijne ligging overeenkomt. 

Welke rede ! Zijn dan aile de straatjes die naar eenen water- 
loop leiden in het zelfde geval niet ? Had de schrijver zich 
de moeite gegeven van het Beschrijf van Mechclen eens na te 
z\ç.\\, dat de Azevedo in het WekelijksBericht uitgaf,van 3 meert 
1776 tôt 21 december 1777, dan had hij in nummer 3 van laatst 

gemeld jaar, bladz. 26, het volgende gevonden : hetlmis de 

Gout-Bloinine gezegd, eertijds 00k Brouwery geweest zynde, waar 
naer het straetien daer nevens, met watertrappen aen de Rivière, het 
Goît-Blontstraetien wort genoemt . Wat belet de herstelling van den 
ouden naam ? Als men aandien watergangeene benaming geven 
wil, ware het redelijk den zelven Gondhloeuistraatje te heeten. 

^. ^ Ruelle conduisant à la Dyle. -> (Zie Rapport bladz. 75). 

Dit derde straatje leidt naar de Dijle, datis te zeggen, naar het 
water, en daarom stelt de schrijver voor van hetzelve water- 
straatje te noemen. Hebben onze lezers dit wel begrepen ? Een 
straatje dat naar het water leidt Waterstraatje heeten, is dat niet 
klaar ? Het zou zonneklaar zijn, indien er maar één straatje der 
stad ten watere liep, Wat er ook van zij, het straatje dat wij be- 
oogen behoefd volstrekt geenen naam te hebben ; het is een 
eenvoudige watergang van de Nauwstraat naar de Dijle henen, 
in den welken de gebuurhuizen uitgang hebben. Sedert eenige 
jarenishij straatwaarts met eene deur afgesloten. 



Zak straat. (Is niet vertaaldj 

* La situation de cette rue, qui était très basse, lui valut pro- 
« bablement le nom deZakstraet r(Zie Rapport, bladz. 36.) 

Deze straat was zeer laag, en hierom werd zij waarschijnlijk 
Zak straat gç.notmd. Zoo meent het de schrijver, maar hij brengt 



— 242 — 

geene enkele reden bij om het te bewijzcn. Wij denkcn dat die 
straat vrocger zondcr ciiide was, zooals de Hgging van het huis 
n" II het nog te zien laat. Van daar was er censmalle gang tôt 
aan het water. Het woord Zak zou alzoo in den zin van het 
fransche Ciil-dc-sac kunnen genomen worden. 

Het is mogehjk dat deze straat vroeger naar het water daalde^ 
maar die hgging schijnt ons geenen voldoenden uitleg der bena- 
ming te geven. In 131 1 werd er op het einde der straat eene 
houten brug over de Melaan gelegd. Deze was op eene halve 
eeuw tijds reeds onbruikbaar geworden, en in 1369 werd er eene 
steenen gemaakt. 

In de Wijkboeken is de Zakstraat bcgrepenonderdebenaming 
van Achter de Halle, en het deel, over de brug, dat naar de Hui- 
devetters straat leidt, wordt er Zfl/.v^r/^w-geheeten. Het schijnt ons 
niet onredelijk van de Zakstraat alsvervolg der Halle slraaf onder 
de zelfde benaming te begrijpen. De Halle straat zou alzoo begin- 
nen aan de Groote Merkt, en aan de Huidevetters straat eindigen.. 



Zeel straat. (Is niet vertaald) . 

« Le compte de la ville de iji 1-1^12 établit d'une manière 
« positive que cette rue fut pavée en cette dernière année 
« et qu'elle portait alors le nom de Zeel straet... » 

« Nous devons dire cependant que dans un acte d'adhért- 
<^ tance de ij4S, rédigé en latin, selon l'usage de cette épo- 
« que, nous lisons Zèle straete ; mais aussi c'est la seule 
^ fois que nous ayons rencontré cette dénomination, tandis 
« que de nombreux documents postérieurs, et même les 
^ livres des sections de 1646-164J, portent tous, sans 
« exception aucune, Zeel straet. On est forcé d'en conclure 
« que Zeel straet, c'est-à-dire, rue des Cordes, est le véri- 
« table nom de cette rue et que la dénomination de Zèle 
^ straet, qui a prévalu depuis, n'est qu'une altération du 
« nom prnmtif. r> 



- 243 — 

« Les haleiirs appellent encore de Zèle, la bande qu'ils se 
« passent sur la poitrine pour haler les bateaux. Quelque- 
^ fois ce mot se rencontre dans la signification de règle- 
« ment ou rôle de la corporation des hâleurs. » (Zie 
Rapport, bladz. 92 en 93). 

Volgens den schrijver had deze straat reeds in 1311 den naam 
van Zeel stvaet. Hij heeft raaar cens Zèle straete geschreven 
gevonden^ in eene Goedenisakte van 1345. Daarom besluit hij dat 
Zeel straet, rue des Cordes de echte naam is, en dat men Zèle 
als eene verbastering van de oorspronkelijke benaming moet 
beschouwen. De lijntrekkers, zegt hij, geven nog den naam van 
Zèle aan den band dien zij schuins over de borst dragen, en waar 
de lijn aan vastgemaakt is met dewelke zij de schuiten trekken. 

De schrijver heeft maar ééns Zèle straete geschreven gevonden. 
Maar heeft hij wel gezocht ? Wij kunnen verzekeren dat er in de 
Goedenissen der xrv*^ eeuw altijd Zèle strate geschreven is. 
Bij uitzondering vind men Zeele, en eerst op het einde der eeuw 
begint men gemeenhjker Z^r/ te schrijven. De Impostenboeken 
geven : 1544, Zeelstrate ; 1559, Seel strate ; 15 18, Zcelstrate ; 
16-^2. Seilstrate. Inde Wijkboeken vinden wij 00k Zeelstrate ge- 
schreven. 

Volgens het verslag is Zeel straet, rue des Cordes, waarHjk de 
naam dezer straat. Maar als de schrijver erzoo zeker van is, 
waarom dan de overzetting Rue des Cordes voor aan het artikel 
niet geschreven ? Wij denken dat hij ver was van overtuigd te 
zijn, en daarom heeft hij de fransche benaming als of bij verge- 
tenheid weg gelaten. 

Wij zijn 00k met hem niet eens om Zèle als verbastering van 
Zeel te beschouwen. Het tegenovergestelde zou, zoo wij meenen, 
wel dichter bij de waarheid kunnen zijn. 

De oorsprong der benaming is moeilijk te achterhalen. Er 
bestond te Mechelen, van in de xiii*^ tôt in de xv'' eeuw eene 
famille de Zèle. De oudste akte in dewelke wij dien naam aan- 
treffen, is van 1284. In de Goedenissen vind men hem ook 
dikwijls, maar op het einde der xiV^ eeuw begint men somtijds 
de Zeele te schrijven. Het schijnt ons eenigzins als of de naam der 
famille de Zèle omtrent gelijktijdig met dien der Zèle straat, in 



— 244 - 

de schrijfwijze eene verandering ondcrgaan heeft, Deelt men dit 
gedacht, dan moet men, in het fransch, eenvoudiglijk Rue de 
Zèle zeggen. 

Zèle in den zin van lijntrekkers helpzecl is moeilijk aan te neraen. 
De straat is te ver van de rivier verwijderd om ooit met het een 
of het ander werktuig van de scheepvaart in betrekking geweest 
tezijn. Men geeft den naam van kruiband of liclpxcel aan eenen 
van dunnc koordjes gevlochten band, bijzonder in gebruik bij de 
wagenkruiers en lastendragers. De fransche beteekenis hier van 
z o u Bt -ciel le z i j n . 



Ziekelieden straat. — Rue des Lépreux. 

In 1209 was er buiten de Overste poort *, links van den steen- 
weg op Brussel, omtrent de plaats waar de ijzeren weg denzel- 
ven doorsnijdt, een gasthuis voor melaatschen of leproozen. Het 
was bekend onder den naam van Ziekelieden klooster, en werd in 
1578 door de geuzen afgebrand. De nonnen die het bedienden 
kwamen binnen de stad wonen, en kochten in 1590 de huizing ^ 
van Niklaas Evrardi, président van den Grooten Raad, die in 
de Rogbroecstrate gelegen was. In den loop der xvii^ eeuw 
veranderden zij die woning allengskens in een klooster, maar 
verzorgdcn er geene zieken meer. Des niettegenstaande bleef 
men ze Ziekeliedennonnen noeraen. Onder Joseph II werden zij op 
30 junij 1783 uitgejaagd. Van deze is het dat men de straat den 
naam van Ziekelieden straat gegeven heeft. 

De eerste benaming was Rogbroecsirate, naar de oude familie 
de Rogbroec, uit dewelke verscheidene leden, als schepenen, van 
het Magistraat der stad deel gemaakt hebben. Weliicht was het 
welluidenheidshalve dat men in de xvi*^ eeuw Robbroéck heeft 
beginnen teschrijven. 

Het oudste stuk in hetvvelk wij Rogbroecstrate gevonden heb- 
ben, in eene erfenisakte van 1345 Nijcholaiis dictiis Wisselere, 

f rater Tercii Ordiiiis, . . . /;/ hereditatem quandam Henrict Naghel- 

' De nog bestaande Bnisselpoort. 

'^ Het oude stamhuis der familie de Ro^hroec. 



— 245 — 

mail Sîtarn in platea dicta de Rogbroecsirate , inter hereditatetn 

Arnoldi de Hansiinjc et hed. Waltcri dicti Bla)ike (carton n° 97). 
In aile de akten die wij in de Goedenisboeken, van 1345 tôt 1472, 
gelezen hebben, en waarin de benaming voorkwam, vonden 
wij immer Rogbroec geschreven. In de xvi^ e3uw begint de 
schrijfwijze te verbasteren. Zoo zien wij in de Impostenboeken : 
i^-i^^, Robbrechtstraetken ; 'L^^<^, Rohbroeckstrate ; 1599, H Rob- 
hroecxstraetken ; 162^, Sieckelieden slraet ; i6^^,Rolibrootstraet\ 
1660, Robbi'oeckstraet oft Siekeliede siraet ; 1674, Robbrootstraet; 
1698, Siekelieden straet. De wijkboeken, in 1647 opgemaakt, 
geven Robbroeckstraetken. Uit het aangehaalde blijkt dat de oor- 
spronkelijke benaming, hoewel soms verbasterd, nochtans gedu- 
rende omtrent vier eeuwen in voege bleef, tôt dat eindelijk de 
benaming Ziekelieden straal uitsluitelijk gebruikt werd. 

Willem van C aster. 




S. A. M. 16 




^ ?H 



u 




LE 



MANOIR DE BOSSCHESTEYN 



APPELE VULGAIREMENT 



HALMALSHOF ET ALLEMAXSHOF 



A BROECHEM 



PREFACE. 




'^ a présente étude a trait à un endroit qui formait, autrefois, 
une dépendance de Malines. Elle constitue le pendant ou, 
mieux dit, le complément de notre Notice historique sur 
Broecheni et ses seigneurs, publiée en 1890. 
En écrivant celle-ci, nous avions fait connaissance avec un 
curieux manoir, situé dans le même village et appelé le château 
de Bosscheste3'n ; il avait été, pendant quelque temps, l'apanage 
des seigneurs de l'endroit, et son histoire, que nous entrevoyions 
à peine, nous attirait. Les documents, cependant, faisaient défaut^ 
hélas! 

Néanmoins, nous ne désespérions pas de les découvrir un jour. 



— 248 — 

Cela a été exprimé, dans une note, au bas de la page 48, en ces 
termes : « Peut-être consacrerons-nous plus tard quelques pages 
à l'histoire de cette intéressante demeure féodale... ». Promesse 
timide qui, dans notre pensée, ne devait pas nous engager à 
grand'chose. Car, avouons-le, nous ne savions où chercher les 
archives qui nous permettraient de lever le voile jeté sur le 
passé de cette résidence. Elle n'était pas un fief mouvant du 
duché de Brabant, ni de la seigneurie du pays de Malines. Les 
registres féodaux de ces deux terres nous en avaient donné la 
certitude. Dans quel sens, dès lors, diriger nos investigations ? 
Le champ était vaste. 

Ce fut notre aimable collègue de la Société d'archéologie de 
Bruxelles, M. le baron Hippolyte de Royer de Dour, qui nous mit 
sur la voie. Jadis propriétaire du. château de Broechem et possé- 
dant une quantité considérable de documents relatifs à cette loca- 
lité, il s'était intéressé à notre travail sur ce village. Peu de temps 
avant la vente de la célèbre bibliothèque de Neufforge, M. de 
Ro3'er nous fit savoir que cette collection renfermait plusieurs 
manuscrits in-folio, contenant des copies authentiques de docu- 
ments sur Bosschesteyn et ses possesseurs. Grâce à son interces- 
sion spontanée, son parent, M. le chevalier de Neufforge nous 
autorisa, très obligeamment, à compulser ces précieux recueils. 
Nous en pûmes extraire des matériaux pour l'histoire du manoir, 
d'environ 1540 à 1675. Fort de ces renseignements, nous fûmes 
à même de remonter jusqu'à l'origine du castel et de reconsti- 
tuer son historique jusqu'à nos jours. 

Aussi remercions-nous bien sincèrement M. le baron de Royer 
de son concours à la présente étude et M. de Neufforge du prêt 
de ses volumes ^ 

1 II sera question plus loin de ces importants manuscrits. 




- 249 — 
CHAPITRE PREMIER. 

GÉNÉRALITÉS SUR LE VILLAGE DE BrOECHE.M. 

Dans notre notice précitée — qui, soit dit entre parenthèses, 
n'avait point la prétention de constituer une iiistoire complète du 
village — nous avons donné un certain nombre de renseigne- 
ments statistiques et historiques sur cette commune. Avant 
d'aborder notre sujet, nous allons y ajouter encore quelques-uns. 

De même que beaucoup d'autres localités, d'abbayes et de 
seigneurs, Broechem avait à fournir, depuis une époque très recu- 
lée, des hommes pour ouvrer, vuidicr, nesloier et ernpare'r les 
fossez du chastel d'Anvers et pour la fortiffication dHcelluy, pres- 
tation qui était compensée par la franchise des devoirs et drois du 
tonlieu d'Anvers. Il était, toutefois, loisible à ceux qui avaient à 
contribuer à ses travaux, de s'en libérer par le paiement d'une 
taxe. Les comptes 3^ relatifs étant établis en espèces dites nobles, 
valant neuf sols de gros de Flandre, cette taxe était généralement 
dénommée noble-gelt. 

Par charte datée de Bouloigne sur la Mer, le 22^^ jour de May 
1393, Philippe, filz de roy de France, duc de Bourgongue et conte 
de Flandres, donne l'énumération de tous ceux qui avaient à 
intervenir au nettoyage des fossés et aux travaux de fortification 
du château d'Anvers, et leur confirme leur franchise du tonlieu de 
cette ville. 

D'après les comptes desxiv^et xv^ siècles, les localités suivan- 
tes : Santhoven, Pulle, Zoersel, Ouden, Oostmalle, Westmalle, 
Halle, Borsbeeck, Broechem, Oelegem, Voorschoten, Massen- 
hoven, Ranst et Pulderbosch, avaient à prendre part à ces tra- 
vaux pour une étendue de 36 verges, ou à pa3'er de ce chef 146 
'fiables *. 

Lorsque, en 1521, Charles-Quint fit faire, dans le Brabant, une 
levée de 12000 hommes, pour sa guerre contre François P'", 
le quartier de Santhoven, auquel appartenait Broechem, eut à 

^ Cliamhre des comptes, n°^ 26364 et suivants ; Archives générales du roj-aume. 



— 250 — 

fournir au marquisat d'Anvers un contingent de 160 hommes, 
calculés sur 1120 foyers. Broechem, qui était évalué alors, à 
84 foyers, dut donc intervenir, proportionnellement, pour 12 
hommes. La part que le village eut à fournir, à la même époque, 
dans les contributions ordinaires (gcivoite beden), imputées au 
quartier dont il faisait partie, était de 396 livres, 13. 2. 8. *. 

En octobre 1536, la terre de Broechem se trouva en butte à 
des pillages et à des dévastations, commises par des cavaliers 
venus de Péronne, qui infestèrent un grand nombre de localités 
circonvoisines d'Anvers. 

Le 7 de ce mois, le magistrat d'Anvers convoqua les maïeurs 
de ces villages pour aviser avec eux sur les mo3^ens de capturer 
et de mettre à mort ces malfaiteurs ^. 

Au témoignage de l'historien campinois Adr. Heylen, Broe- 
chem fut pillé et, en partie, incendié dans l'été de 1542, par le 
fameux maréchal gueldrois Martin de Rossum, dépité de son 
insuccès devant les murs d'Anvers ^. 

Dans notre notice précitée, nous avons fait connaître les cala- 
mités qui frappèrent l'endroit dans la seconde moitié du xvi^ siè- 
cle. Ainsi qu'on le verra plus loin, le château de Bosschesteyn 
logeait, alors, fréquemment des troupes. Plus de cinquante sol- 
dats y tenaient garnison, pendant un certain temps, pour la sécu- 
rité de Lierre et des environs. 

Au commencement du siècle suivant, de nombreux passages 
de troupes eurent lieu dans cette commune. Lors du siège de 
Bréda, par les Espagnols, en 1625, trois individus s'étaient appro- 
prié et avaient vendu une voiture brisée que des vivandiers avaient 
abandonnée dans la bruyère, aux environs de Broechem. L'écou- 
tète de Santhoven, damoiseau Michel van Eyck, les fit comparaître 
de ce chef. Pour échapper à une condamnation sévère, les incul- 
pés demandèrent à composer, et l'officier du souverain renonça à 
poursuivre l'affaire, au prix d'une amende de vingt-quatre florins, 

^ Merteks et ToRFS, Geschiedenis van Ankuerpen, I, 455, 460. 

* Chroniques de Brahant et de Flandre, publiées par Ch. Piot, 1879, p. 107. 

3 Adr. \iEYiET<!, Historische verhandelin^ over de Ke?npen, éd. 1837, p. 167 ; comp. 
J. D. W. Pape, De levensç^eschiedetiis van Maarten van Rossem, etc. (Bois-le-Duc, 
1847), p. 70. Cet auteur ne cite pas Broechem parmi les localités éprouvées par le 
passage du Ztvarte Maarten. 



— 251 — 

bien que la vente du butin n'eût guère produit que cinq à six flo- 
rins. Le seigneur de Broechem, André van der Rijt, quelques 
autres feudataires et le curé de Halle,, dont l'église reçut trois 
florins de cette amende, assistèrent à la composition ^ Pour avoir 
vendu un mousqueton qu'un des soldats espagnols, fuyant devant 
l'ennemi, avait jeté, deux autres individus durent payer chacun 
douze florins. 

Certain Adrien Putmans s'était rendu coupable du même délit, 
avec cette circonstance aggravante, qu'il avait cédé l'arme à feu, 
trouvée par lui, à un soldat des Provinces-Unies et donné ainsi du 
renfort à l'ennemi, qui attendait anxieusement des convois de 
■ munitions et de vivres. Mo3'ennant composition avec l'écoutète, 
en présence des hommes de fief et des tenanciers du duc, il en fut 
quitte pour une amende de vingt et un florins ^. 

Comme la plupart des localités de la région, Broechem eut fort 
à souffrir, au cours du xvii^ siècle, par les invasions de troupes 
espagnoles, françaises, allemandes et autres. En 1705, presque 
toutes les fermes y étaient détruites et les arbres abattus. Le 
16 juillet 1745, le roi de France délivra des lettres de sauvegarde 
à Broechem. L'année suivante, le village eut à contribuer, d'après 
les ordres du margrave, aux fournitures de fascines, de paille et 
de pieux pour le siège de la citadelle d'Anvers. 

D'après les recensements ofRciels, Broechem comptait : 
en 1435 : 135 foyers (dont 35 de pauvres) ou environ 945 habit. ; 
en 1480: 130 w ou environ 910 habitants; 
en 1496 : 115 w w n 805 w ; 

en 1526 : 130 » » » 910 » ; 
le 6 brumaire, an X" : 269 habitants au-dessus de douze ans et 

115 au-dessous de cet âge, total : 384; 
en 1800 : une population de 1200 âmes; 
en 1826 : 184 fo^'ers et une population de 1457 âmes ; 
le 31 décembre 1885 : 1753 habitants, dont 870 du sexe masculin 
et 883 du sexe féminin. 

Au xvii^ siècle, l'endroit avait une superficie de 841 bonniers, 

1 Comptes de Vécoutèle de Santhoven des années 1626-1629 ; Chambre des comptes, reg- 
•n° 12977. C'est à tort que les comptes appellent van der Rijt Alexandre. 

2 Ibidem. 



— 252 — 

200 verges, dont environ 763 bonniers de terres de culture et de 
prairies, 18 bonniers et 242 verges de bois et 60 bonniers de 
prés communs plantés d'arbres (bcplantc vriiifcii) *. 

En 1796, il eut à payer à la République française une imposi- 
tion de 9173 livres, argent de France ^. 



CHAPITRE DEUXIEME 

DESCRIPTION DU CHATEAU 

Le château de Broechem est situé au Nord (N.-O.) du village 
de ce nom, à vingt minutes de marche de celui-ci, un peu à droite 
de la route vicinale qui conduit à Oelegem, avec laquelle il com- 
munique par une belle drève. A la même distance du village, 
de l'autre côté de la route, s'élève vis-à-vis du château dont nous 
venons de parler, et à peu de distance de celui-ci, le manoir de 
Bosschesteyn, appelé plus généralement Halmalshof, d'après une 
famille qui l'acquit au xvii^ siècle. Quoiqu'à trois ou quatre por- 
tées de fusil d'un grand chemin, cette vieille demeure est très 
isolée. Elle est gardée par le fermier qui habite à vingt pas des 
fossés. Hormis ce brave homme, qui se sert des anciennes salles 
pour sécher son grain et remiser ses pommes de terre, personne 
n'y pénètre. La nuit tombée, les paysans d'alentour n'en appro- 
cheraient pour rien au monde : « Het spookt er, — il y a des reve- 
nants, " disent-ils... 



Le nom du castel, ortographié, indifféremment, Bosschesteyn,. 
Bosschenste^m, Boschensteyn, Bossesteyn, Bossensteyn = stijn, 

^ Voir KiLiAN, i, v. Vnuite : aaer compasctius, coinmuiiis ad pascenda pecora. 

2 Archives générales du royaume ; Dcpartcnient des Deux-Nêthes, carton X ; Adr. 
Heylex, op. cit., p. II ; Inventaire des archives de la commune et de l'éç;lise de Schilde, pp. 
80 et 81; Mertens et Torfs, loc. cit.; J. F. 'WvLVEUS,Mengelin^en van historisch-vader- 
landschen inhoud, 1827-30, p. 227 et suivantes ; F. de Poïter et Broeckaert, Ge- 
schiedenis van den heJ^. hoerenstand, p. 391. 



— 253 — 

= stein, etc., signifie un château fort (steen), entouré de bois, le 
manoir du ou des bois (boscli, bosschen). 

Celui-ci existait au moins depuis le commencement du xiv^ siè- 
cle. Il appartenait, alors, à une famille qui en avait emprunté le 
nom en s'appelant de Busco ou van den Bossche. A cette époque, 
le domistadium, sis ten Bossche, est dit proche aux biens de Pierre 
Nodeneys. Les descendants de ce personnage ont-ils conservé ces 
biens jusqu'au xvi^ siècle? Il semble en être ainsi, car, du temps 
de Jean van der Rijt, possesseur du château, depuis 1553, ce der- 
nier est encore désigné comme Jio/siadt, gelegen ten Bossche. by 
Nodcmys goeden ^ . 

C'était un alleu - dont le propriétaire devait au duc de Brabant 
un cens annuel de quatre escalins de Louvain et de deux poules. 
Pendant que, aux xvi^ et xvii^ siècles, la seigneurie du village fut 
l'apanage des châtelains de Bosscheste3m, cette redevance cessa 
naturellement. Plus tard, ils la payaient à leurs voisins du manoir 
appelé ofRciellement le château de Broechem qui exercèrent la 
juridiction de l'endroit, depuis 1644, jusqu'à la fin de l'ancien 
régime. 

Une charte du chevalier Arnould de Berchem, datée du 13 février 
1492-93 — nous en aurons à parler plus loin, — mentionne een 
hoeve met huysinge, hove, lande, beemde, loeyden, bosschen, aerde 
avec ses dépendances, geheeien de hoeve te Bossche steyne, le tout 
d'une étendue de soixante bonniers. L'acte de transport de 1544, 
au profit du secrétaire van der Rijt, est plus explicite ; voici, dans la 
traduction, la description qu'il donne du manoir : une maison en 
pierres, entourée d'eau, avec toutes ses appartenances, telles que 
cours, places, portes, brasserie, boulangerie, écurie, étable, va- 
cherie, grange, maisons en bois, pigeonnier, remise, jardins, vi- 
gnoble, vergers, prairies, drèves, avec leurs arbres, et ses ap- et 
dépendances, appelé '^ /io/f«n i?055'e/it?m'^e^?z. D'après le même 
document, sont rattachés à la propriété : le droit de tenir garenne 

^ Baron Jacq.ues le Roy, Notilia marchionatus S. R. ]., ad vocem Broechem. 

2 Dans l'acte de transport passé devant le magistrat d'Anvers, en 1544 — il en 
sera question plus loin — ■ il est dit, au sujet de Bosschestcyn et des autres biens 
acquis par Guillaume van der Rijt d'Antoine de Berchem : gelyck ende in aile der ma- 
nieren devoirs, goedeiiinet aides voorscreven stael hy den voirss. hère Jaune van Berchem 
binnen lynen levene als lyn eyghen propre ^oetheseten.. . lyn gewecst, qu'Antoine en avait 
hérité avec son frère Simon et que celui-ci lui en avait cédé sa part. 



— 254 — 

et tenderies à perdrix, à Broechem et à Oelegem, la collation 
d'une chapellenie, dont le titulaire est tenu sur la demande 
du maître, de dire hebdomadairement et sans frais, trois messes 
au château, et d'autres privilèges non spécifiés. 

* # 

Le praetorhim de Bosschesteyn appartient à trois époques dif- 
férentes. Sur le manoir primitif, les renseignements font entière- 
ment défaut. Au témoignage du baron Jacques le Roy, qui écri- 
vait dans la seconde moitié du xvn^ siècle, le château existant de 
son temps, aurait été construit ou agrandi *, par Adam de Ber- 
chem et, récemment, restauré par Guillaume d'Halmale. Cet histo- 
rien ignorait qu'une restauration ou, mieux dit, une reconstruc- 
tion eût eu lieu déjà plus d'un siècle avant ce dernier. 

Les restaurations exécutées par Halmale se placent en 1660 et 
1661. Peu après, celui-ci fit dessiner son manoir par D. Janssens 
et graver l'œuvre de cet artiste par Jacques Neefs. Des gravures 
du château se trouvent intercalées dans les quatre recueils de 
documents, formés par les soins du châtelain. Cette planche ne 
figure, à ce que nous sachions, dans aucun ouvrage publié. Nous 
en avons donné un fac-similé réduit, en guise de frontispice ^. 

Sur cette gravure, le château se compose d'une lice ou avant- 
cour, précédée d'un fossé avec poterne et pont-levis et bordée, de 
droite et de gauche, de bâtiments de communs, flanqués de tou- 
relles quadrangulaires. De cette lice, on passe, par un pont de bois, 
bordé d'une balustrade à fuseaux de pierre, dans la cour du châ- 
teau. Celle-ci, vers l'entrée, est ornée d'un porche monumental, 

1 Ornatur iiisupir dominium Brouchem castcllo Bosschensteyn, quocl sacuh XIV, conii- 
ium vel cmctum fuit ah Adamo de Berchem... 

2 II pourrait sembler étrange, au premier abord, que Jacq.ues le Roy n'eût repro- 
duit, dans aucun de ses ouvrages, le château de Bosschesteyn, voisin de celui de sa 
famille et bien plus intéressant que tant d'autres dont il donne des vues. Ce fait s'ex- 
plique, cependant, aisément. Tributaires des le Roy, seigneurs du village, les châte- 
lains de Bosschesteyn devaient regretter amèrement la perte de la juridiction qui les 
plaçait dans cette position d'infériorité vis-à-vis des propriétaires du château de 
Broecl'em, et, de leur côté, ceux-ci voyaient, évidemment, avec déplaisir, se dresser 
si près de leur demeure, l'imposant donjon évocateur du berceau des anciens maî- 
tres de leur domaine. On comprend, dès lors, qu'une certaine animosité, produit 
d'une jalousie réciproque, ne cessât de régner entre les deux manoirs. 



— 255 — 

surmonté d'une élégante tourelle, et est entourée de galeries à 
arcades cintrées, rejoignant le corps-de-logis principal, situé au 
fond et dominé par un donjon carré, d'un aspect sévère. Des 
tourelles occupent les angles de ces galeries. 

Le bâtiment principal est composé de deux corps-de-logis jux- 
taposés. Celui qui se présente vers la façade principale est du 
xvii'' siècle et possède six travées, ornées, au rez-de-chaussée, de 
fenêtres rattachées aux baies du premier par une balustrade. 

Les toitures, assez basses, sont ornées de lucarnes. 

Le donjon avec mâchicoulis et échauguettes d'angle, est sur- 
monté d'un haut toit sur lequel se silhouette une guette d'obser- 
vation. Il fait partie du corps de logis qui date du xvi^ siècle. 

Toute l'architecture du castel, est composée d'assises de 
pierres blanches et de briques rouges, alternées. Le donjon, lui, 
est parementé uniquement de pierres de grès, à assises irré- 
gulières. 

Dans le fond, des jardins, dans le style du xvii^ siècle, avec par- 
terres géométriques, des boulingrins, ifs taillés et charmilles. 

De nos jours, le château de Guillaume d'Halmale est encore, à 
peu de chose près, ce qu'il était au moment où Neefs exécuta la 
gravure que nous venons de décrire. 

Le temps a seulement fait son œuvre. Il a détruit l'avant-cour. 
Le fossé n'est plus entretenu, et une rustique demeure de fermier 
remplace les communs. Nous franchissons le second fossé sur un 
pont de pierre. L'entrée, restée telle que Neefs l'a gravée, 
silhouette toujours son clocheton bulbeux. Dans la cour intérieure 
du château, des galeries formées d'arcades en plein cintre, por- 
tées sur colonnes doriques, rejoignent le château, en retour 
d'équerre, et entourent toute cette cour. 

En face de nous, s'élève, contiguë aux parties du bâtiment qui 
remontent au xvi^ siècle, l'aile datant du xvii^ siècle. L'ordon- 
nance ancienne n'a pas varié. Des marques de vétusté indi- 
quent l'âge respectable de ces murs vieillis. Observons que la 
porte d'entrée est antérieure à cette aile ; elle a dû appartenir 
aux bâtiments du xvi^ siècle. 

Dans le fond, on voit ces derniers. Au-dessus d'eux, le donjon 
est veuf de sa guette d'observation ; ses échauguettes d'angle 
ont subi l'assaut des temps sans trop de dégâts. Il produit un 



— 256 — 

certain effet de grandiose. Les façades latérales sont peu endom- 
magées ; elles sont encore telles que Necfs nous montre la façade 
de l'aile gauche. 

Certains remaniements dans la hauteur des appuis des fenê- 
tres ont, seulement, eut lieu, et le rampant du pignon a perdu ses 
gradins. 

La façade postérieure, sauf ces restrictions, et abstraction faite 
de quelques baies bouchées, est conservée telle qu'elle était du 
temps de Guillaume d'Halmale. 

Une description, publiée en 1850, du manoir de Bosschesteyn, 
nous dispense d'entrer dans plus de détails. Cette étude, due à 
M. M. Redig et intitulée Le château Halmale à Broechem, est des 
plus sommaires et non exempte d'erreurs. Des notes historiques, 
plus incomplètes encore, ont été fournies à l'auteur par M. Avont- 
roodt, ancien secrétaire de la ville de Lierre. Elles sont puisées 
dans les ouvrages de Jacques le Roy, qui n'est pas cité ^. 

Nous ne pouvons, cependant, nous empêcher de dire un mot 
d'une curiosité qui se voit dans l'intérieur du donjon. Nous vou- 
lons parler d'une salle à l'aspect sinistre, bien faite pour impres- 
sionner vivement le visiteur. 

Dans une courte notice, consacrée à Bosschesteyn, en 1879, 
par M. AuG. Thijs, dans le Bulletin de la Propriété, on trouve 
rappelée une légende d'après laquelle le Conseil des Troubles, 
institué par le duc d'Albe, tenait, parfois, dans ce castel, ses 
lugubres assises. « Ce qui a pu donner lieu à cette croyance, fort 
« sujette à caution, n continue cet auteur, « c'est que l'antique 
« donjon, qui forme la partie centrale du château, renferme à l'un 
« des étages une vaste salle au milieu de laquelle est délimitée 
« une enceinte carrée, fermée par un grillage grossier en bois 
« peint de couleur rouge. Derrière ce grillage, dit-on, se présen- 
(( taient les prisonniers, tandis que les juges occupaient l'enceinte 
« clôturée. Dans les quatre angles de la'salle étaient dressées des 
« potences, prêtes à recevoir à tout temps leurs victimes. Dans les 
« galeries qui régnaient autour de la grande cour d'honneur, 
a ainsi que sous les bâtiments, se trouvaient d'étroits et sombres 
« cachots dont quelques-uns n'avaient pour entrée qu'une ouver- 

^ Annales de V Aculcniie d' Archéologie de Belgique. Nous n'avons rien emprunté au 
petit travail auquel nous faisons allusion. 



— 259 — 

u ture ovale, pratiquée dans la voûte, par où pénétraient l'air et 
« la lumière; c'était par là aussi que les malheureux prisonniers 
« étaient glissés dans ces horribles caveaux, dans ces sinistres 
u oubliettes. » 

D'après ce que veut bien nous dire M. le baron de Ro3'er, on 
voyait dans la salle de justice, il 3^ a une vingtaine d'années, des 
instruments de torture, dont une roue, qui, un beau jour, furent 
envoj^és à Anvers. 

Si nous partageons les doutes émis par M. Thijs sur l'au- 
thenticité de la légende à laquelle il fait allusion, nous ne pou- 
vons, cependant, admettre ce qu'il dit de la salle de justice et des 
prétendues potences que l'on y voit encore de nos jours. 

Nous avons affaire, non pas à une salle de justice authentique, du 
type féodal, avec des potences (?) et des instruments de torture (?) 
réels, mais bien à un simulacre d'une de ces salles de justice, fait, 
d'une façon sommaire, à l'époque de la Renaissance, et constituant 
un curieux exemple de restitution des mœurs judiciaires du 
rao3'en âge. On sent que l'auteur de cette œuvre était hanté par 
le souvenir du passé, fait que l'on retrouve d'ailleurs dans tout le 
château et, tout particulièrement, dans le donjon. La situation de 
cette salle de justice, dans les combles du donjon, est, au reste, la 
meilleure preuve de l'exactitude de notre manière de voir. L'accès 
de ces combles est extrêmement difficile, et ceux qui y auraient 
été appelés, soit comme témoins, soit comme accusés, auraient eu 
connaissance complète du manoir, alors que la prudence la plus 
élémentaire, dans ces temps troublés, engageait à cacher soigneu- 
sement, aux étrangers, les dispositions des demeures seigneuriales. 
C'est pour cette raison que, dans tous les châteaux du moyen 
âge, les salles de justice se trouvent toujours placées de telle 
sorte que les étrangers qui devaient s'y rendre ne pouvaient pas 
apercevoir l'intérieur des castels et leurs moyens de défense. 

Quant aux supposées potences, il faut absolument rejeter cette 
attribution des charpentes; des échauguettes d'angle de cette 
salle rendent entièrement inadmissible la possibilité d'une exé- 
cution par pendaison, les entraits de ces charpentes étant situés 
beaucoup trop bas, pour permettre la chute du corps du supplicié, 
et l'étendue des échauguettes ne laissant pas assez de place pour 
le bourreau et ses acol3'tes. 



— 26o — 

Au surplus, les propriétaires de Bosschesteyn avaient-ils le 
pouvoir d'établir des potences, ou, mieux dit, de pendre haut 
et court ? Pendant un siècle environ, de 1559 jusque vers le milieu 
du siècle suivant, ils exercèrent, il est vrai, la haute, mo3^enne et 
basse justice dans la terre de Broechem, et c'est dans cette éj)oque 
que nous croyons dev^oir placer l'agrandissement du château et 
la construction du donjon et des tourelles. Toutefois, quelques 
rares seigneurs en Brabant seulement avaient le droit de faire 
procéder eux-mêmes aux exécutions capitales. Presque tous les 
particuliers qui, au cours du xvi^ siècle, s'étaient rendus acqué- 
reurs, à titre d'engagère, de seigneuries à haute justice, étaient 
tenus de livrer les criminels frappés de condamnation à mort ou 
à des peines corporelles, vêtus d'une chemise de lin, à la limite 
de leur juridiction, entre les mains du bailli, écoutète ou amman 
du souverain. A l'instar des avoués de Duffel — au quartier de 
Santhoven, auquel ressortissait également Broechem — et d'au- 
tres seigneurs du même quartier, les maîtres de Broechem 
devaient, sans aucun doute, faire conduire les condamnés aux 
confins de ce village où les recueillait l'écoutète de Lierre, pour 
faire exécuter les sentences *. 

Le donjon de Bosschesteyn est construit en pierres et possède 
un chemin de ronde, dont les mâchicoulis sont simulés, sauf deux 
orifices béants, sur chacune de ses faces, et qui seraient bien 
insuffisants pour repousser une attaque de vive force. Somme 
toute, la sécurité qu'offrait ce manoir avec ses fossés et son pont- 
levis existait, tout au plus, contre un coup de main tenté par 
une bande de brigands et de malandrins. Au château de Bos- 
schesteyn, nous pouvons parfaitement appliquer ces paroles 
écrites, à propos du château d'Azay-le-Rideau, par M. Paul Sain- 
TENOY, dans ses Notes de voyage (1888, p. 67) : « Entouré de fos- 
sés, muni d'un pont-levis, couronné de mâchicoulis et d'un chemin 
de ronde, il présente avec cela des courtines percées de larges 
baies qui laissent abondamment passer la lumière et qui rendent 
inutile tout ce fatras guerrier. C'était de la fortification décor'atire, 
qui devait faire rire les vieux guerro^'eurs d'alors, mais qui avait 
cet avantage, aux yeux des seigneurs, de perpétuer les traditions 

1 Voyez notre notice : De HccrIijkbeJen van hct latul van Mechelen. Dtiffel, Gheel 
en hunne heercn, p. lOi, note 2. 



201 



d'autan, alors que le passé craquait de toutes parts et qu'un 
monde nouveau se faisait jour, w 

Pour nous résumer, le château de Bosscheste}^ est dans un bon 
état de conservation et, comme monument historique et archéolo- 
gique, il mérite, certes, tout l'intérêt des pouvoirs publics. 



Bosschesteyn avait servi de résidence à ses propriétaires, du 
moins pendant la plus grande partie de l'année, environ jusqu'à 
la Révolution française. 

En 1793, il était loué à certain major van de Werve, dit-on. 
Peu après, M, délia Faille de Leverghem y séjourna, pendant 
que Ton exécutait des travaux de réparation à sa maison de cam- 
pagne à Boisschot. 

En 1798, des religieuses de Herenthals étaient installées au 
château de Bosschesteyn *. Plus tard, il était occupé par d'autres 
religieuses, de Lierre, nous assure-t-on, et fut, ensuite, loué aux 
Prémontrés de Tongerloo, jusque vers 1840. Depuis cette époque, 
il resta inhabité. 

Guillaume d'Halmale en avait fait tapisser différentes chambres 
avec des tableaux, peints en 1635, pour les arcs de triomphe, dont 
la ville d'Anvers avait fait couvrir ses rues et ses places pour fêter 
l'arrivée du gouverneur général, le cardinal-infant, frère de 
Philippe IV. Rubens, appelé à diriger ce travail décoratif, en 
avait fourni l'ensemble des esquisses. Afin de perpétuer le sou- 
venir de cette œuvre grandiose, le magistrat avait confié à Théo- 
dore van Thulden, peintre-graveur de talent, la mission de repro- 
duire à l'eau-forte tous ces arcs de triomphe, spcctacula, etc. 
L'œuvre de cet artiste, exécutée, sans aucun doute, sous le con- 
trôle du grand maître, a été publiée sous le titre de Pompa iniroi- 
tus honori serenissimi Principis Ferdinandi Atistriaci, Hispania- 
riim infantus, S.R. E.Card.,Belgarum et Burgundionum guber- 
natoris, etc., à S. P. Q. Antverp. décréta et adornala etc. ^. 

^ Comp. G?vbbendonk tydens de Fmnschc OjiiwenteUnç[ , par M. le vicaire Goet- 
SCHALCKX, Kempisch Muséum, I, 1890, p. 209. 

2 Comp. Henri Hymaxs, Histoire de la gravure dansj'école de Rubens, 1879, PP' 
438-442. 

S. A. M. 17 



202 — 

Ne possédant pas de renseignements certains sur le sort des 
peintures non vendues immédiatement après la solennité, nous 
ignorons quand celles de Bosschesteyn, qui étaient de ce nombre, 
furent acquises par la famille d'Halmale *, C'étaient des por- 
traits de l'empereur Maximilien, des rois Philippe I", II, III et 
IV, d'Isabelle et de Ferdinand de Castille, des archiducs Albert 
et Isabelle, du cardinal-infant, les deux trophées et la tête de 
[anus hifroH^, le temple de Janus, etc., peints dans le genre 
décoratif, avec des touches larges et sûres. La circonstance que le 
père du châtelain, Henri, avait été, à cette époque, bourgmestre 
de la ville d'Anvers, a fait conclure M.Max Rooses à la proba- 
bilité de leur achat par ce magistrat. Cette hypothèse semble être 
dans le vrai. Guillaume d'Halmale, né en 1619 et marié en 1651, 
était, en effet, trop jeune, au moment de la visite de Ferdinand 
d'Autriche, pour qu'on pût supposer qu'il se fût rendu lui-même 
acquéreur de ces tableaux. 

M. Rooses, qui les a vus au château, mêlés, d'une manière bar- 
bare, à d'autres peintures, et qui indique les arcs de triomphe 
qu'ils ont ornés jadis, fait observer qu'ils étaient dans un état 
déplorable et ne donnaient pas une idée bien favorable de l'exé- 
cution des pièces secondaires de ces arcs de triomphe. « Il est 
vrai » , dit-il, " qu'ils doivent avoir énormément souffert. Ils 
prouvent que Rubens a fait des changements nombreux à ses 
dessins primitifs, avant de permettre à Van Thulden de les 
graver » -. 

Outre ces peintures, on voyait, à Bosschesteyn, plusieurs 
copies de Rubens et de Velasquez et, entre autres, une Paix des 
oiseaux, attribuée à Van Kessel. 

A l'exception d'un grand tableau du château, aux armes de 
Guillaume d'Halmale et de sa femme, fort détérioré et sans 
valeur, et des portraits d'Albert et d'Isabelle, déchirés et presque 
méconnaissables, M™*^ la baronne de Woelmont, propriétaire 
actuelle du manoir, a fait transporter, récemment, à Bruxelles, 

^ Les comptes relatifs à la réception de l'archiduc ont été publiés par M. P. 
Génard, dans le Bulletin des Archives de la ville d'Anvers, t. VII. On y trouve, à la 
p. 52, l'énumération des tableaux vendus immédiatement après les fêtes. 

2 Max Rooses, L'œuvre de Rubens, III, p. 327. Cet auteur se trompe en disant que 
Bosschesteyn échut à Marguerite-Henriette T'Seraerts en 1644 (lisez 1655) et que son 
mari était seigneur de l'Espesse (lisez : de L'Espiné), 



— 263 — 

toutes ces peintures. Les mieux conservées y ont été restaurées 
et suspendues, ensuite, dans l'hôtel de cette dame, avenue de 
Marnix, 27, et dans celui de M'"^ la vicomtesse de Spoelberch, 
sa fille, qui possèdent, l'une et l'autre, également des portraits et 
des oh:ls de quelques anciens propriétaires du manoir. 

Autrefois, le fermier de Bosschesteyn, attirait l'attention des 
visiteurs sur un trou rond, fait, à hauteur de la tête, dans un 
des tableaux, par une balle de pistolet, trace d'un fratricide dont 
l'homme contait, ensuite, aux étrangers la lugubre histoire. 

Deux frères habitaient, jadis, le château. Des motifs d'inimitié 
— en tout cherchez la femme — les divisaient. Un jour, l'un 
d'eux, sous l'empire de la haine qui l'animait contre son frère, 
fit feu sur lui d'un pistolet et le tua. La balle^ ayant transpercé 
l'infortuné, s'était logée dans la peinture. 

Quand ce drame eut-il lieu, et quels en furent les personnages? 
Nous n'essaierons pas de répondre à ces questions. 

Quoi qu'il en soit, le fait peut être considéré comme vrai, 
estime M. de Ro3-er, qui nous en a fait le récit. Il a été raconté, 
il y a quarante ans, à une personne digne de foi, visitant le 
manoir. A cette époque, peu de personnes s'y rendaient ; le 
curieux édifice était peu connu et, surtout, ignoré des prome- 
neurs anversois. Il n'était donc pas nécessaire d'inventer de 
petites histoires à sensation à l'intention des touristes. 

D'ailleurs, les métayers se succédaient de père en fils, dans la 
même maison, au service des châtelains. Ils pouvaient donc par- 
faitement se transmettre une tradition véridique. 

Complètement abandonné, depuis environ cinquante ans, 
n'ayant pour seul gardien qu'un fermier, l'intérieur du ma- 
noir de Bosschesteyn, se trouve, aujourd'hui, dans un état 
assez délabré, et, jusqu'il y a quelques années, il méritait assez 
bien sa dénomination populaire, Allemanshof, le château de Tout 
le monde, corruption du nom d'Hcdmalshof . et sous laquelle il est 
presque exclusivement connu dans le pa3'S. 

En ces derniers temps, M""^' de Woelmont s'est vue obligée d'in- 
terdire l'entrée du castel aux visiteurs qui en emportaient trop de 
souvenirs. 



— 264 — 



CHAPITRE TROISIEME 



LES PROPRIETAIRES DU CHATEAU, 



Comme premier possesseur de Bosschesteyn, un livre censal;. 
rédigé en latin et commencé en 1346, cite Jo/iannes, films Aegidii 
de Busco, qu'un registre flamand, du même siècle, appelle Jan 




Fig. I. Armoiries de la famille de Berchem 1. 

Gielsz. La forme donnée à ce nom en latin, nous semble établir 
que le père de ce personnage fut également propriétaire du bien 
de Busco ou de ten Bossche -, 



1 Si ces armoiries, et celles que nous représenterons au cours de cette notice, ne 
sont pas dans le style de l'époque, que l'on veuille bien ne pas nous en tenir rigueur. 
La plupart des clichés que nous avons utilisés, ont servi à l'ouvrage intitulé r 
Inscriptions funéraires de la province d'' Anvers. La Commission, chargée de l'exécution 
de ce vaste recueil, par l'organe de son secrétaire, M. P. Génard, archiviste de la 
ville d'Anvers, nous a prêté ces clichés avec une extrême obligeance. Qu'elle en 
reçoive l'expression de notre vive gratitude. 

2 Cfr. jAcauES LE Roy, loc. cit. Dans notre Kolice historique sur Broechem et ses 
seigneurs, p. 46, il a été question de quelques registres censaux et autres archives 



- 265 - 

Sire Adam de Berchem acquit cette terre, vraisemblablement 
dans la seconde moitié du même siècle. Il fit exécuter, nous l'avons 
■dit, de notables travaux au château. Un acte de 1467 (n. st.) dont 
Usera parlé plus loin, prouve qu'il avait pour père le chevalier 
Jean de Berchem. Butkens le dit fils de Jean, chevalier, seigneur 
d'Oostmalle, et d'Elisabeth de Staden et lui attribue pour femme 
Catherine d'Ypelaer ^ 

Adam de Berchem fut un des chefs des troupes lierroises à 
la bataille de Bastweiler -.Le titre de sire (heer) que lui donne un 
acte de ^425, relatif à son petit-fils, et l'épitaphe de son fils démon- 
trent qu'il a été chevalier. 

Nous lui connaissons trois enfants, savoir : Jean, qui suivra, 
Walter et Elisabeth, femme de Guillaume de Sompeke. Quant 
à Walter, il est, sans aucun doute, ce Woutcr van Berchem, à 
Broechem, qui, en 1404, fit condamner à une amende certaine 
Marguerite van Tricht, pour avoir pénétré dans sa maison et 
frappé son valet ^. 



Jean de Berchem, rencontré par Butkens dans une charte de 
1383, succéda à son père dans la possession de Bosschesteyn, ce 
qui résulte d'un acte concernant son fils. Il fut écoutète du quar- 
tier de Santhoven. On trouve, parmi les comptes des écou tètes de 
Ryen, quelques-uns des siens, du 23 septembre 1407 au 24 décem- 
bre 1408 et du 25 décembre 141 1 au 5 avril 1412. Ce fut à cette 
dernière date qu'il quitta son emploi et que Walter van den 
Broucke lui fut donné pour successeur '*. 

Il mourut le 4 décembre 1424 et fut enterré dans l'église de 

-concernant cette localité. Quelques-uns de ceux-ci ont été, depuis, cédés aux 
Archives générales du royaume, par notre honorable ami, M. Léon de Cannart 
d'Hamale, capitaine-commandant, à Mons. Un de ces registres est particuliè- 
rement intéressant pour l'histoire de la seigneurie et du château de Broechem, autre- 
fois nommé het Rood hoffketi ou het Jmysvan Oisten. 

1 Trophées, t. II, p. 241 etsuiv.; comp. un acte de 1446, cité plus loin. 

* Ant. Bergmaxn, Geschiedenis van Lier, p. 74. 

3 Compte de Jean d'Immerseel, chevalier, margrave de Rijen, du 4 juin 1404 — 
4 janvier 1404-05 ; Chambre des Comptes, n° 12974. 

* Chambre des Comptes, n° 12974. 



— 266 — 

Broechem, sous une dalle ornée de ses armes [(d'argent à) trois 
pals (de gueules) ; cimier : un buste d'homme barbu, coiffé d'un 
bonnet pointu, terminé par un gland] et portant cette épitaphe : 

Ibier leet beovavcn 5an van JGcrcbem 

•ff^cec B^am sonc was van l^crcbcm 1Rl^^er5 

Me stcrtt /ll>. CCCC. u tiij. iUJ ^aob in Ccccmb \ 

Lors de la destruction de l'église, en 1584, par les troupes des 
Etats-Généraux, cette pierre et ])lusieurs autres tombes intéres- 
santes furent détruites par ce désastre. 

Le 3 octobre 1425, une rente que ce Jan von Berchem, 
zooji van Hecr Adaii) , avait relevée par le trépas de sa cousine 
Marguerite d'Ypelaer, est transférée à son fils Arnould, àLierre, 
dont le tuteur, Jean de Sompeke, fils de Guillaume, en fait le 
relief 2. 

Sa femme, Jeanne d'Hcrbais, lui survécut jusqu'au 23 juin 
1451. Elle reçut la sépulture, à Bruxelles, en l'église des Carmes^ 
sous une dalle oi^i se lisait cette inscription : 

1bier leobt bearavcn vvau Jeanne t)e llDerbais 
wettttibe bocbter beev Jans van lï^erbais 
1Rt^^el^ ocseUnne was wilent béer Jans van 
Bercbeni ri^^er Me stertt int jaer /IIMiij'^ %%, n iif 
^aob in Jnitio. 

Sur ce monument, étaient sculptées les armes des Berchem et 
des Herbais : (d'argent) au lion (de gueules) et un semé de 
coquilles (d'azur) "^. 



Outre des filles, ces époux eurent un fils, Arnould, qui hérita 
de Bosschesteyn et devint chevalier, après 1458. Il s'allia, successi- 
vement, à Catherine d'Immerseel, fille de Henri, chevalier, pro- 



' Bibliothèque royale, C. G., épitaphier, ms. n" 1511, p. 234 ; comp. Jacques le 
Roy, loc. cit. 

• Cour féodale de Brabaiit, reg. n° 396, f» 12^. 

3 Collection Lefort, à Liège ; comp. Bibliothèque royale, C. G., épitaphier, ms» 
no 1565, p. 129; à ce dernier endroit, la date de décès est le 27 juin 145 1. 



— 267 — 

priétaire du château de Meysse, seigneur de la moitié d'Itegem, 
etc. S et à Alix de Strijen, fille du seigneur de Zevenbergen, de 
Ranst et de Millegem (en partie), et de Marie de Rotselaer. 

Un acte du 6 février 1446-47, par lequel, Arnould de Berchem 
transporta une rente d'un vieil ècu, constitue un document 
important au point de vue généalogique. Il établit quatre généra- 
tions : il dit Arnould fils de feu Jean qui avait pour père Adam, 
fils du chevalier Jean de Berchem -. 

Vers cette époque, Arnould de Berchem, le damoiseau de 
Zevenbergen et la ville de Lierre déposèrent une plainte entre 
les mains de l'écoutète de Santhoven du chef des dévastations et 
des vols de bois et de porcs, commis dans leurs propriétés à 
Broechem, Ranst et Oelegem, et des scènes de désordre dont 
leurs terres avaient été le théâtre (end^ dailer gevochten hadde 
geweest ende van meer andere onseden). Une descente de l'offi- 
cier ducal sur les lieux resta sans succès (ni/emont en ivaert 
overtuygl) ^. 

Le 22 avril 1458, Arnould et sa première femme achetèrent de 
Catherine de Wesemael, fille de Henri, une ferme; sise à Lierre, 
dans la BlockstraAe *. Au témoignage d'un vitrail, offert par son 
fils Antoine, à la chapelle des Chartreux, à Lierre, il portait sur 
son écu en cœur un écusson de Str3'en : d'or à trois flanchis de 
gueules ^. 

Pour fournir à son fils aîné, Jean, les moyens de faire un voyage 
au Saint-Sépulcre, le chevalier Arnould de Berchem se vit obligé 
d'emprunter, de Walter d'Immerseel, receveur de la ville 
d'Anvers, un capital et de lui constituer, de ce chef, une rente 

1 Voyez notre notice sur lièrent et ses seigmurs (manuscrit). 

2 Oiartes de V abbaye de Sainte-Marie-de-Na^areth, près de Lierre (Archives générales 
du royaume). 

^Compte de Jean Hazen, écoutète de Santhoven, de la Saint-Jean 1446 au 
27 avril 1447. 

* Cela résulte d'un acte du 28 novembre 1554, par lequel Uamlle Marguerite de 
Lyere, veuve d'Antoine de Berchem (fils dudit Arnould) et sa fille, Jeanne *, femme 
de Rodolphe de Dalem, dit de Daiiienen, chevalier, vendirent ce bien à Conrard 
Schets, fils d'Erasme, seigneur de Grobbendonck, etc. [Chartes de Vabhaye de Sainte- 
Marie-de-Naiaretb). 

= Bibliothèque royale, C. G., manuscrit n'^ 15 12, p. 60. 

* BuTKExs l'appelle Anne; il semble être dans le vrai, car elle avait une sœur du 
nom de Jeanne (voyez plus loin). 



— 268 — 

de dix florins du Rhin sur Bosscheste}^'!, comprenant alors, soi- 
xante bonnicrs de terre, sis à Broechem et à Oelegem, et sur 
deux fermes, à Oclegem, représentant ensemble vingt-quatre 
bonniers. Le document dressé à ce propos, devant les échevins 
d'Anvers, le 13 février 1492-93, nous apprend qu'Arnould avait 
déjà fait un partage de ses biens entre ses enfants et que les trois 
propriétés citées devaient échoir à son dit fils Jean ^ 

De ces enfants, nous en connaissons quatre, issus du second 
mariage, savoir : 

i'' Jean, qui suivra. 

2° Arnould, qualifié presque toujours Ae)-t van Berclu'mjieren 
Aertsx ivi/en desridders. Le 27 novembre 1490, il fut investi, par 
suite d'achat de Catherine de Berchem, de la ferme ou manoir 
7 liof ien Wiacere, à Broechem -'. En 1520, il transporta, de 
concert avec Jean de Rotselaer, fils naturel de Jean, seigneur de 
Rotselaer, en quahté de mandataires d'Elisabeth, dame de Rotse- 
laer, Perwez, Waelhem, Duffel, etc., à Josse Hoon, fils de feu 
Josse, une rente, hypothéquée sur des biens à Rethy, Vorsselaer, 
Lichtaert, seigneuries appartenant également à cette dame ^. 
Le 4 septembre 1534, nous le vo3^ons céder à Pierre de Voocht 
(fils de Pierre), chirurgien à Herenthals, une propriété située 
dans cette ville ^. 

3° Simon, qui renonce à Bosschesteyn, après la mort de son 
frère Jean, en faveur de son autre frère Antoine. Marié à Cathe- 
rine van Meale, il donne en 1544, une verrière à la chapelle des 
Chartreux, à Lierre, et une autre, à l'église Saint-Rombaut, à 



^ Heer Aert van Berchem, Janssone, wilen tôt Broechem, bekende dat hy omme eene 
somme ^elts,... iii de reyse van den heyligen lande tôt Jherusalem, die ] an van Berchem, 
lyn wittich ende outste zoone aangenomen heeft te doene ende hy der hulpen goids in mey- 
nin^en is te volvuerene, vercocht heeft wel ende wettelyck Wouteren van Ymmerseel, 
rentmeester der stad van Antwerpen,... in aire manieren de selve drie hoeven den voirs. 
Janne van Berchem naers voirs. heren Aerts, ^yns vaders, dood toebehoiren salen ende in der 
scheidin^en ende deylin^en iusschen desselfs heren Aerts Icinderen te deele hevallen lyn, naer 
inhoude der brieve daer aj zyiide (Archives d'Anvers ; reg. siib Bost et Stecke, n° 2, 
f° 191)' 

2 Cour féodale de Brabant, reg. n'* 346, f» 163. 

^ Actes scabinaux d'Anvers, reg. sid^ Gobbaert et Colibrant, î^ 116. 

* Ibidem, reg. sub Rijt et Halle, f° 77 vo. 



— 269 — 

Malines, verrière qui fut placée vis-à-vis de l'autel du saint de ce 
nom. Ilécartelait ses armes de celles de sa mère *. 
4° Antoine, dont il sera question après son frère aîné. 



Jean de Berchem devint propriétaire de Bosscheste^'n, à la 
mort de son père. Il fut nommé écoutète de Santhoven, par Tar- 
chiduc Philippe le Beau, duc de Bourgogne, de Lothier, de Bra- 
bant, etc., mais ne semble pas avoir pris possession de son emploi 
tout d'abord. Toujours est-il que ce prince lui délivra, le 22 juin 
1498, de nouvelles lettres-patentes qui rappellent la collation 
antérieure de ces fonctions. Ce document qualifie Jean d'cuné et 
féal chevalier, sire Jean de Berchem. 

Depuis cette époque, on possède ses comptes d' écoutète jusqu'en 
1506, année où il reçut pour successeur Henri de Coninck (9 dé- 
cembre) -. Par lettres données à Bruxelles, le 19 avril 1516, le 
roi Charles de Castille (Charles-Quint) nomma écoutète de Turn- 
hout son arné et féal chevalier, conseiller et cha^nhellan, sire Jean 
de Berchem, à la place de Jean de Lierre, que la maladie avait 
rendu incapable de remplir ses fonctions. Mais, déjà le 24 juin 
1517, ayant besoin de ses services de chambellan pendant le 
voyage qu'il allait faire en Espagne, le monarque lui donna un 
remplaçant provisoire, Englebert van Hasselt ^. Jean de Berchem 
ne reprit son poste d'écoutète de Turnhout qu'en 1520, à la Noël, 
et le conserva jusqu'en 1523 ; son dernier compte s'arrête au 
18 mai de cette année. 

Ce personnage était un des principaux favoris de Charles-Quint 
et a dû lui rendre de signalés services durant le vo3^age susmen- 
tionné. Pour l'en récompenser, le souverain lui accorda, le 18 

1 Bibliothèque royale, C. G., manuscrit 11° 15 12, P 60. 

2 Chambre des comptes, reg. n° 12976. 

3 ... alsoe wy onsen lieven en.îe g^etruwen riddere, raide ende camerlincli , heren Janne 
van Berchem, scouthet onser vryheyt van Turnhout, seordineert ende expresselyc hevolen 
hebhen, onss te vol^en ende te dienen in onser toecomender reysen ende voyui^en van Spae- 
Snen... (ibidem, no 12986). Dans l'Etat des officiers de la Maison de Charles- Quint, 
de I s 17-1522, nous voyons figurer Messire Jehan de Berchem, avec un gage de XLVtij 
sols {Collection des voyages des souverains des Pays-Bas, publiée par MM. Gachard et 
PiOT, II, 502-503). 



— 270 — 

avril 1518, exceptionnellement, un tiers de la recette de son em- 
ploi d'écoutète, au lieu d'un quart qu'il avait eu antérieurement 
et qui redevint la rétribution de ses successeurs K 

Jean de Berchem se maria plusieurs fois. Butkens lui attribue 
quatre femmes, qu'à l'exception de la première, nous avons ren- 
contrées dans les actes authentiques. Voici les noms de ces dames : 

t" une de Loupoigne; 2^ Agnès d'Amerongen ^ ; 3° Henriette 
de Ranst, dame d'Edegem, de Mortsel, de Cantecrode, etc., 
veuve de Charles d'Immerscel, chevalier, drossard de Brabant, 
et de Jean de Grimberghe, dit d'Assche '^ ; 4" Elisabeth van Me- 
chelen, veuve, en premières noces, de Jean Schoyte, fille de 
Paul van Mechelen, écoutète de Turnhout, et de Marie de 
Bruhese. 

Ces quatre alliances semblent. être restées stériles, du moins 
Jean de Berchem ne paraît pas avoir laissé d'enfant légitime. 

Le manuscrit n'' 1510 (p. 221), C. G., de la Bibliothèque royale, 
renferme une page intéressante représentant les armoiries de 
Berchem et de Strijen, parti de Berchem, accostées de chaque 
côté de quatre écus, qui constituent les quartiers du chevalier 
Arnould de Berchem et de sa seconde femme, et, partant, les 
huit quartiers du chevalier Jean. Cette peinture, fort bien faite, 
date du xvi'^ siècle, et une légende, avec le millésime 1529, au 
bas du feuillet rappelle le nom et les titres de ce dernier person- 
nae-e. 



1 Ce document, signé par Charles-Qiiint, se trouve joint au reg. n° 12986 de la 
Chambre des comptes, source des renseignements précédents. 

2 Butkens ne donne pas le prénom de cette danie ; celui-ci figure dans un acte 
d'Antoine de Berchem, de 1543 (Archives d'Anvers). 

3 Voyez l'épitaphe de cette Henriette de Ranst et des détails concernant elle- 
même et sjn premier mari, dans notre notice précitée sur Itesem et ses seigneurs. 
Cette dame mourut le 2 décembre 1526 et fut enterrée à Anvers, au couvent du Val- 
Sainte-Anne. 



— 2/1 

Nous donnons ici, considérablement réduit, un fac-similé de 
ces blasons. 




Fig. 2-11. — Les huit quartiers du chevalier Jean de Berchem l. 



1 Voici les noms des familles représentées par ces huit quartiers et la description 
des armoiries : 

I. de Berchem : d'argent à trois pals de gueules ; 
II. d'Herbais : d'argent au lion de gueules et au semé de coquilles d'azur ; 

III. d'IJpelaer : d'hermine au sautoir de gueules, chargé d'une étoile d'or ; 

IV. d'Immersesl (?) : d'argent à trois fleurs de lis, au pied coupé, de sable * ; 
V. de Strijen-Zevenbergen : d'or à trois flanchis de gueules ; 

VI. de Ratselaer : d'argent à trois fleurs de Hs de gueules ^ ; 
VII. de Heesbeen : de gueules à la roue d'or -, 
VIII. de Diest : d'or à deux fasces de sable. 

* Chose intéressante à remarquer, les fleurs de lis du blason IV sont représentées au pùd 
coupé et celles du b'ason VI, Rotselaer, complètes, alors que cette dernière famille les 
portait ordinairement mi fied coupé, ce qui était, d'ailleurs, la forme habituelle de la 
fleur de lis dans le Brabant. A ce propos, nous renvoyons nos lecteurs à la préface de 
notre Armoriai brabançon ; Rectial d'art>ioiries médites, où nous avons fait connaître 
notre appréciation au sujet de la fleur de lis dans les armoiries brabançonnes. Il serait 



— 272 — 

Sur l'original, on voit, sous les huit écus, placés sur les côtés, 
les noms suivants : 

van Berchem. van Almonde. 

van Herbeys. van Roiselaer. 

van Daesdonck. van Heesbeen. 

van Immerzele. van Diest. 

A notre sens, cette page est une copie du ou des obi^s d'Arnould 
de Berchem et d'Alice de Strijen-Zevenbergen, et, sur les origi- 
naux, les noms ne se trouvaient pas inscrits sous ces armoiries. Le 
copiste aura, probablement, cherché à déterminer celles-ci et com- 
mis ainsi deux erreurs. En effet, au lieu de van Daesdonck, il 
aurait dû écrire van IJpelaer ; ces deux familles portent d'her- 
mine au sautoir de gueules. D'après r.-lr:î«or/a/ ^enê/'«/deM.RiET- 
STAP, les IJpelaer auraient chargé le sautoir d'un croissant d'or. Ce 
croissant est, évidemment, une brisure, de même que l'étoile du 
manuscrit précité. Ensuite, il faut substituer au nom de van Al- 
monde, celui de Strijen-Zevenbergen : ces deux maisons avaient 
les mêmes emblèmes : d'or à trois flanchis de gueules. 

A en croire les quatre quartiers de dextre, la mère de Cathe- 
rine d'IJpelaer aurait donc porté : d'argent à trois fleurs de lis, au 
pied coupé, de sable. Les deux fausses attributions déjà signalées 
ne nous permettent d'accepter que sous réserves celle du qua- 
trième blason aux d'Immerseel, dont les armes étaient également 
celles des Lierre, et d'autres peut-être. Par contre, à l'exception 
de celle du cinquième, l'interprétation des quartiers de sénestre 
est exacte. Ils représentent la filiation suivante : 



facile de multiplier les exemples de sceaux des Wesemael, des Aerschot, des Lierre et 
des Rotselaer, etc., présentant des fleurs de lis coinplctes. Telles, nous les voyons, entre 
autres, sur la housse et le bouclier d'Arnou'd,, seigneur de Wesemael, sur son sceau et 
son contre-sceau, appendus à une charte de 1260 (Archives générales du royaume ; 
fonds de V abbaye de Sainte-Gertrude, à Lonvain, carton I;. 



— 273 — 

Hugues de Strijen, Gertrude de Jean, seigneur de .Marie de Diest, 
seigneur de Zeven- Heesbeen. Rotselaer, Vorsse- remarié à Arnould 
bergen, 1356, 72, laer, Rethy, etc., Bauw. 

86, 93. sénéchal de Rrabant, 

avoué de Maestricht. 



Gérard, alibi Arnould, de Strijen, sei- 
gneur de Zevenbergen. 



Marie de Rotselaer, veuve en 
1443 et 1444. 



Alice de Strijen-Zevenbergen. seconde femme d' Arnould de Berchem, chevalier'. 



A la mort du chevalier Jean de Berchem, Bosschesteyn et 
ses autres propriétés échurent à ses frères Simon et Antoine. 
Simon renonça, en faveur de ce dernier, à la plupart des biens,, 
y compris le manoir à Broechem. 




Fig. 12, Armoiries de la famille de Lierre 

Par suite de la résignation d'Englebert van 'der Noot, Antoine 
de Berchem, écu^-er, fut nommé écoutète de Lierre, par Charles- 



1 Comparez Butkens, Trophées, II, et Si.MOX vax Leeuwex, Batavia lUustrata^ 
ad vocem Sevenherghen ; la verrière citée à Lierre ; notre notice sur Dufel, Gheel en 
hunne heeren, etc., etc. 



— 274 — 

Quint. Ses lettres-patentes datent de Bruxelles, 17 février 1536- 
37. A son tour, Antoine se désista de ce poste au profit de Paul 
àe Nassau, écu3^er, qui en fut investi le 5 mai 1539 ^ 

Dans un acte du 5 juillet 1533, il figure, comme seigneur de 
Broechem (!), en qualité de tuteur des enfants d'Hubert de Plai- 
nes, seigneur de Nordcrwijck, de Gestel et de Qucrbs, et de 
feu Jeanne de Lierre -. Il avait pour femme Marguerite de Lierre, 
fille de Jean, seigneur de Norderwijck, premier fauconnier du roi 
Philippe de Castillc (1505), écoutète de Turnhout, etc., et de 
Marie d'Ostende, dame d'Eeckeren et de Chapelle-Saint- Jacques; 
celle-ci était fille de Guillaume et de Jeanne de Renesse ^. 

Antoine de Berchem semble avoir eu des embarras financiers. 
Le 27 décembre 1535, il vendit à Pierre d'Halmale,fils de feu Jean, 
une rente héritable de 28 florins Carolus, sur une ferme, dite 
V goed te Glieremgoem,k Oelegem, que Nicolas de Vetter occupait, 
alors, à titre de tenancier '*. En 1543, il constitua à maître Guil- 
laume van der Rijt, secrétaire de la ville d'Anvers, une rente de 
225 florins Carolus, sur son hoff, gcheeten Bossches(ei/n, à Broe- 
chem, mellen bogaerde, sessc cleyne hosclikens, beemden, fando 
el omnilms perlinentiU, le tout d'une étendue de dix bonniers, 
sur trois fermes, sises près de ce château, et d'autres biens *''. 
L'année suivante, il céda ces propriétés à son créancier. 

Nous lui connaissons trois enfants, savoir : 

i"^ Anne, qui épousa, successivement, Rodolphe de Dalem, 
chevalier, seigneur de Dongene, et Jean van der Dilft, avoué de 
He3'-st ; 

2° Jean, chevalier, mari de Jacqueline d'Enckevoort, proprié- 
taire du château de Zevenbergen, à Ranst, fille de Godefroid et 
d'Agnès d'Halmale, et nièce du cardinal d'Enckevoort ; 

3*^ Jeanne, qui resta veuve de Henri van Mechelen, écoutète de 
Turnhout. Par acte du 20 mars 1610, l'archiduc Albert lui fit 



^ Chambre des comptes, reg. n" 12962. 

2 Voyez notre notice, intitulée : De Heer!i//:bede)i van bel I.aiid van Mechelen. Nor- 
derwijck en lijne heeren, 

3 Cour féodale de Brahani, reg. no 347, i^s 78 et 178. Chambre des comptes, n° 17857-38 
* Actes scabinaux d'Anvers, reg. sub Rijt et Halle, i° 424. 

^ L'acte le nomme : Joncher Anton van Berchem, Aerts, des Ridders, geseten nu 1er tyt 
tôt Lyere... ; actes scabinaux d'Anvers, Collecta de A° 1499 ad 1544,/° 346. 



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grâce d'une somme de 359 florins, 11 sols, 6 deniers, due par le 
■défunt, vu son grand eaige ctpovre estât *. 



Le 14 octobre 1544, Antoine de Berchem \'endit à maître 
Guillaume van dcr Rijdt, secrétaire de la ville d'Anvers, le 
château de Bosschesteyn, une ferme y contigue et divers bois; la 
moitié du moulin de Broechem, dont l'autre moitié appartenait à 
l'abbaye de Tongerloo ; un moulin à vent à Santhoven ; deux 
fermes à Oeleghem, l'une située près de l'église ; diverses terres 




Fig. 13. Armoiries de la famille van der Rijt. 



dans cette localité et à PuUe, ainsi que les autres biens à Broec- 
hem, laissés par son frère, le chevalier Jean, à l'exception de 
deux parcelles de terre que lui disputait la fille naturelle de ce 
dernier, Catherine. 

Outre une somme déjà versée et dont le chiffre n'est pas cité, 
l'acquéreur aura à payer à la Noël, dix-neuf cent quatre-vingt- 

^ Cette pièce est jointe au reg. n» 12980 de la Chanihre des comptes. 



— 276 — 

huit florins Carolus. De plus, il devra servir au vendeur une rente 
annuelle de cent quatre-vingt-sept florins et dix sols. Après les 
trois proclamations d'usage, dans les églises de Broechem,d'Oele- 
gem et de Santhoven, il sera adhérité de ces propriétés, par les 
tenanciers de l'cmpereur-duc, dans sa Cour de Santhoven, Broec- 
hem, Oelegem, Pulle, etc., les tenanciers de l'église et des 
raenses du Saint-Esprit, à Broechem, Oelegem et Halle, et ceux 
des abbayes de Tongerloo et de Saint-Bernard. L'acte de vente 
avait été passé devant les représentants de ces différentes institu- 
tions. La mise en possession de l'acheteur eut lieu le 20 janvier 
suivant. Le transport fut également acte par les échevins d'An- 
vers ^ 



Guillaume van der Rijt, secrétaire de la ville d'Anvers, depuis 
1522, était fils de Jean et d'Elisabeth van Doerne ^. Il épousa, 
par contrat, passé devant le magistrat de cette ville, le 23 novem- 
bre 1530, sa parente Elisabeth van der Rijt, en présence de son 
propre père, Jean (fils de feu Jean), bourgeois de Lierre, et du 
père de la future, Jean (fils de feu Guillaume), bourgeois d'An- 
vers. Il reçut en dot, de son père, une maison, dite den Blaeshaicky 
sise à Anvers, dans la. Ca/iimerstraete, des prairies et une somme 
d'argent, et assura à sa femme, pour douaire, une rente de cent 
florins Carolus. 

A la mort de son beau-père, Guillaume et son beau-frère, 
André van der Rijt, chanoine de la cathédrale d'Anvers, eurent 
des difficultés avec la seconde femme du défunt, Anne Spapen, et 
sa fille, Anneken van der Rijt. Le 4 septembre 1534, on nomma 
des arbitres pour terminer le différend ^. 

Guillaume testa le 23 janvier 1553 ; il mourut le 15 novembre 
suivant '\ 



^ Archives de la ville d'Anvers, Colle:ta de A°. 1499 ai 15 J4, f» 374. 

2 QLialifiés dans leur testament, de 1540, eerbaere ende voersteni^e Jaiivan der Rydt 
eiide Margriete van Doereii, syn luettighe huysvrauwe, ingesetenen der stadt vanLiere. 

3 Anne Spapen était veuve quand elle avait épousé Jean van der Rijt (Archives 
d'Anvers, reg. siib van der Rijt et Halle, f» 76). Un Jean van der Rijt, alias van Lycre, 
résidant à Lierre, et sa femme, Spes van Ikele, sont cités le 27 novembre 1526, 
[ibid. reg., sid) Keyser et Bidlinck, i" 224), 

* Antiverpsch Archieveuhlad, l, 112. 



— 277 — 

Le château de Bosschesteyn échut à son fils Jean, qui se quaU- 
fiait du titre de damoiseau onjoukcr. 

Ce titre ne reposait, selon les apparences, sur aucune base 
ancienne. En effet, ni les parents ni les grands-parents du per- 
sonnage n'avaient prétendu à la noblesse, et lui-même n'avait 
jamais reçu de lettres d'anoblissement. Nous en avons la preuve 
par les lettres de chevalerie de 1615 — il en sera question plus 
loin — qui, certes, n'auraient pas manqué d'y faire allusion, si un 
document de ce genre avait existé ! Aux termes de l'ordonnance 
de 1595, de Philippe II, relative à la noblesse, Jean van der Rijt 
pouvait, tout au plus, se réclamer de la noblesse pd-v possession 
d'état, étant de ceux qui ayent vescu ou soy comporté pubticque- 
ment et notoirement enpej-somies nobles. 

Si, en 1615, il brigue le titre de chevalier, c'est que, probable- 
ment, on pressentait, alors déjà, la nouvelle organisation nobi- 
liaire, promulguée par l'édit des archiducs, du 14 décembre 1616. 
Tout en ajoutant, aux trois catégories de noblesse reconnues par 
la charte de 1595 S une quatrième, la noblesse par- chnrges, cet 
édit enleva leur qualité de gentilhomme à un grand nombre de 
personnes admises, jusqu'alors, à la ViO\Aç.?>%Q, par possession d'état, 
et n'accordait cette dernière qu'à ceux qui, eux-mêmes, et dont le 
père et les aïeux (grands-parents) paternels avaient vécu publi- 
quement comme personnes nobles et qui pour telles avaient été 
communément tenues et réputées. 

Jean van der Rijt augmenta son influence par l'acquisition, du 
fisc, de la haute, mo3^enne et basse juridiction de Broechem et 
d'Oelegem I1559I. En 1561 ou 1569, il épousa Marguerite, fille du 
chevalier Nicolas Oudart, seigneur de Ranst, Rijmenam, etc., 
conseiller au Conseil de Brabant, et de Marie de Dourin. Au con- 
trat de mariage, passé le 30 juillet, au château de Ranst, le futur 
est accompagné de sa mère et de son oncle, André van der Rijt, 
et de François Doncker, tous deux chanoines de Téglise Notre- 
Dame, à Anvers. La fiancée comparaît avec ses père et mère et 
Augustin van der Borch, seigneur de Sme3^ersberge, conseiller 
de Brabant. 

Jean apporte un revenu annuel de huit cents florins, garanti 

1 La noblesse de race, la \\oh\t^%.Q par possesdon d'êlat et la noblesse par con- 
cession . 

S. A. M. 18 



— 2" 



par sa mère. Oudart promet à sa fille une rente de trois cents flo- 
rins. La moitié de ces chiffres constituera le douaire du survi- 
vant respectif des époux. 

A un âge très avancé, Jean van der Rijt sollicita le titre de 
chevalier, afin de tant plus honorablement finir le reste de ses 
sours au service du g-ouvernement, a la consolation de ses enfants 
et postérité. Dans sa requête, il se prévaut des services qu'il a 
rendus à la religion catholique et de ses sacrifices pécuniaires 
pour la maintenir et advancer. Il a entretenu, de tout temps, 
expose-t-il, à ses frais, un prêtre, pour lui, les siens et ses voi- 
sins, et les gens d'église ont toujours rencontré chez lui la meil- 
leure réception. A la réquisition du duc de Parme, il a logé, à 
plusieurs reprises, des troupes au château de Bosschesteyn ; au- 
delà de cinquante soldats y ont tenu garnison, pendant plus d'une 




Fig. 14. Armoiries de la famille Oudnrt 1. 

année, pour la sécurité de Lierre et des environs. Jamais il n'a 
reçu le remboursement de ses frais. Son alliance avec une Oudart 
et celle de son fils avec Adrienne de Lierre constituent des titres 
de plus à la grâce demandée ; aussi a-t-il soin d'en faire état. 
Au reste, ajoute-t-il, il s'est tousours comporté conforme au 7^ang 
requis a un gentilhomme cV honneur. 



^ Marguerite Oudart écartelait ses armes de Wesemael ; voyez plus loin la des- 
cription de son blason funéraire. Comp. notre notice : Quelques observations sur 
Nicolas Oudart et son jeton. 



- 279 — 

Une demande aussi bien étayée devait être accueillie favorable- 
ment : aussi, par lettres-patentes, datées de Bruxelles, le lo août 
1615, le suppliant fut-il gratifié, par l'archiduc, du titre tant désiré, 
l'origine et rnemoire des ancêtres ducUi Jehan va7i der Rijdt l en 
ï^endant capable. 

Comme cela arrivait souvent, à cette époque, ce document ne 
mentionne pas les armoiries du nouveau chevalier. 

Damoiseau {Joncher) Jean van der Rijt et sa femme firent leur 
testament, le 10 décembre 1612, devant le notaire Zegher van 
der Dort, à Anvers. Les époux ordonnent leur sépulture dans le 
chœur de l'église de Broechem. Le survivant d'entre eux y fon- 
dera un anniversaire et une verrière représentant le Christ en 
croix *, et, plus bas, leurs blasons. Si leur fils Jean, chartreux au 
couvent de Waîles, près de Valenciennes, venait à entrer dans un 
couvent du pa3's, cette maison recevra, durant la vie dudit Jean, 
soit du survivant des époux, soit de leur quatre autres enfants, 
chaque année, à l'approche du carême, un muid [oxJiofi] du 
meilleur vin d'Espagne. 

Le survivant des testateurs aura l'usufruit des bieiis du pré- 
mourant, à charge, par lui, de subvenir à l'entretien des enfants 
jusqu'à leur majorité ou à leur mariage. 

A la mort des parents, les enfants partageront leur succession 
comme suit : damoiseau André aura : la seigneurie de Broechem- 
Oelegem, le château de Bosschesteyn, résidence actueLe de 
la famille, la ferme y attenante et het cleyn hoff'ken, éclis.ses de 
Bosschesteyn, avec les plantations de chênes, etc., les cens atta- 
chés au manoir et la moitié du moulin, sis op BroecJiemveU ; 

damoiseau Guillaume : les deux tiers appartenant à ses parents 
dans la ferme in 't Cruysland, près de Steenbergea, une ferme à 
"Santhoven, des bois et des rentes ; 

la fille aînée, Marie : le fief dit 't ho fie Coninœloo, près de 
Strombeek, sous la juridiction de Vilvorde, et comprenant vingt- 
trois bonniers de terres, etc., des fermes à Voorschoten et à Wes- 
terloo et la part de ses parents dans la dîme de Mâs.senhoven • 
enfin : 

la cadette, Jeanne : des fermes à Ranst et à Oelegem, une part 

* , . .met rené f^ure van '/ heylich cruys. . . 



— 28o — 

dans la dîme de Deurne et une maison à Lierre, in de Li^per- 

siraeL ^ 

Tous les autres biens, notamment une maison à Anvers, dans la 
Bradcnjstracl, meubles, espèces, etc., seront à partager par parts 
égales. 

Jean van der Rijt (f le 28 juin 1618) et sa femme furent enterrés 
en l'église de Broechem, sous une dalle funéraire dont nous avons 
relaté l'inscription dans notre notice sur cette localité ; cette tombe 
est ornée des armes des époux ; van dcr Rijt : d'or à trois che- 
vrons ondes de gueules; cimier : un buste de More, habillé de 
l'écu, entre un vol ; celles de la dame sont : parti; au i", van 
der Rijt; au 2^, écartelé; aux i" et 4"^^ d'Oudart; aux 2"'*' et 
3™, de Wesemael. 

Cet écu se voyait sur Yabit de Marguerite Oudart, dans la même 
église (t le 5 mai 1614). 



André van der Rijt, l'aîne, devint seigneur de Broechem et 
d'Oelcgem, par relief du 19 septembre 1618, et propriétaire de 
BosschestC3'n. Il s'allia à Adrienne de Lierre, fille d'Arnould, 
chevalier, seigneur en Santhoven, où il fut écoutète "^, et de 
Cunère de Meerdervoort (veuve, en premières noces, de damoi- 
seau Gilles Schoof), qui était fille d'Adrien et de Dimphne van der 
Meere ^. 

iNous ne possédons pas d'autres renseignements sur ces deux sœurs. 

2 II mourut le 22 février 1561 (n. st.) et fut enterré, en l'église de Santhoven^ 
sous une pierre ornée de son portrait, de celui de sa femme et des quartiers des 
deux époux. Il était fils d'Arnould de Lierre, et de Claire de Molenere et petit-fils 
d'Antoine, chevalier, et de Barbe Colgeensen. (Voyez notre notice : De heerlijkhe- 
àenvan het lanà van Mechelcii ; Noixlei-wi/ck en lyne heereu.) 

3 Cunère de Meerdervoort avait épousé Schooff par contrat du 5 décembre 1536. 
Elle testa, avec son second mari, le 4 juin 1552. A sa fille unique du premier lit, 
Gertrude Schooff, elle laissa autant de bien qu'il faudra pour produire un revenu 
annuel de cent florins, noch myn hesten tabbaert van peer s flomueel met luyparden et sa. 
plus belle chaine. Si Gertrude vient à mourir, le tout écherra aux enfants du second 
lit. 

Arnould de Lierre, heer Aerts soiie, et sa femme firent un nouveau testament le 
7 août ISS 5. Ils y ordonnent que Gertrude partage avec les trois enfants du second 
lit par parts égales. Pour seul avantage, elle aura le tahhaert susmentionné, que 
Cunère dit avoir reçu, jadis, de son père. 

Dans un codicille, du 21 juin 1574, Cunère cite sa grand'mère maternelle, Ger- 



2ai 



La sœur d'Adrienne, Marguerite de Lierre, dame en Casterlé 
€t de Ter Loo (f le i^"" juillet 1623), femme de damoiseau Albert 
de Dachverlies, écoutète de la Campine et capitaine d'une compa- 
gn'ie basse-allemande, au service du roi (f le 7 septembre 1638), 
fut inhumée en l'église de Casterlé, sous une tombe, avec ses 
quatre quartiers, savoir : 

Lyer, Medevoort, Molexers *, Merren ^, qui sont donc éga- 
lement ceux d'Adrienne. 

Par suite du décès de leur frère Jean, ces deux dames furent 
investies (le 19 septembre 1587), d'une cour de tenanciers 
{laathofj, à Santhoven, dont il avait fait le relief après la mort de 
son père (le 21 octobre 1561). Ce Jean et son frère Antoine, se qua- 
lifiant tous deux de seigneurs de Pitlershoeck (en Hollande), 
avaient nommé leurs deux sœurs précitées héritières universelles, 
par leur testament conjoint du 2 février 1580. 

André van djr Rijt et sa femme testèrent, une première fois, le 
7 juin 1602. Leur fils Charles qui, d'après les lettres-patentes de 
chevalerie, de 1615, avait été, à cette époque, en service de l'avchi- 
duc dans la compagnie du seigneur de Clialoa, étant venu à mou- 
rir, ils firent un nouveau testament olographe, le 10 septem- 
bre 162 1. 

Dans ce document, ils expriment le désir d'être enterrés dans 
l'église de Broechem, près de ce fils et des parents d'André. Les 
obsèques seront célébrées à Broechem et à Santhoven, oi^i André 
dit avoir passé la plus grande partie de sa vie. Des anniversaires 
seront fondés dans les églises de ces deux villages. 



trude Noris. Gertrude Schooff y figure comme femme de damoiseau Guillaume de 
Merode. Le document énumère ces enfants d'Arnould de Lierre et de Cunère : Jean, 
Antoine, Anne, religieuse, Adrienne, Claire et Marguerite. 

Claire testa le 21 septembre 1579, devant le notaire Vrancx, à Anvers. Elle avait 
alors environ trente-deux ans. Elle institue pour ses héritiers, ses frères, Jean, 
Antoine, Anne, religieuse, Adrienne, Claire et Marguerite. 

Claire testa le 21 septembre 1579, devant le notaire Vrancx, à Anvers. Elle 
avait alors environ trente-deux ans. Elle institue pour ses héritiers, ses frères Jean et 
Antoine, et ses sœurs, Adrienne et Marguerite, 

A propos du tabar, parsemé de léopards, de Cunère, il convient de dire que cette 
dame portait : de gueules à trois pals d'argent, au chef du même, chargé d'un 
léopard (ou lion passant) de gueules. 

1 Trois fers de moulins. 

* Merren, ce qui est van der Meere : trois tours. 



— 282 — 

Pour conserver ses biens dans la famille van der Rijt, confor- 
mément aux vœux de feu son père, le testateur laisse à son neveu 
Renier la seigneurie de Broechem-Oelegem et le château de 
Bosscheste3ni, en rappelant et en ratifiant la convention interve- 
nue, à ce sujet, à Dordrecht, en 1619, entre lui et son frère Guil- 
laume, pèredu jeune homme *. A ce legs, il met la condition que 
celui-ci épouse une demoiselle noble -. Dans le cas ou Renier 
mourrait sans hoir mâle, les propriétés passeront à un de 
ses frères et aux fils de celui-ci, à condition que l'héritier soit 
élevé dans la religion catholique ^. 

Les fils naturels seront incapables de succéder dans ces biens. 
Ceux-ci ne pourront être vendus ni h3q^othéqués. 

A défaut d'héritier du nom de van der Rijt, le fidéicommis 
passera au fils aîné de la fille unique du testateur, Marguerite, 
femme de damoiseau Maximilien t'Seraerts, avec cette condition 
expresse qu'il devra adopter le nom et les armes de van der Rijt. 
Si, toutefois, Marguerite venait à décéder sans laisser d'enfant, 
les plus proches agnats de la famille Oudart seront appelés à la 
succession. 

Si la femme d'André survit à celui-ci, elle aura l'usufruit des 
biens cités. Les autres propriétés, notamment la ferme ou manoir 
de Santhoven, voisin du château d*Hovorst, appartiendront à sa 
fille qui est instituée légataire universelle. Elle devra constituer 
une rente de 125 florins Carolus, à Andriesken, bâtard du défunt 
fils du testateur, si celui-ci ne l'avait fait lui-même avant sa mort. 

1 Cet acte se trouve analysé dans notre Notice historique sur Broechem et ses 
seigneurs. 

* . . , eilele joujfrouwe van synder qualiteyt. . 

^ Guillaume vander Rijt, seigneur de Wuestwezel, Westdoorne, etc., drossard 
de Berg-op-Zoom, avait de sa femme Judith d'Aeswijn, cinq enfants : Marguerite, 
Jean, Odile, Renier, marié à Barbe de la KethuUe, et Guillaume, qui reçut les sei- 
gneuries paternelles. Ses enfants, issus de son mariage avec Elisabeth de Berchem,. 
sont relatés dans notre notice sur Broechem. 

Renier, y avons-nous dit, avait été élevé à Broechem, dans la famille de soa 
oncle. Si celui-ci avait introduit dans la convention de 1619 et dans son testament,, 
la clause relative à la religion, c'est que, fort probablement, son frère Guillaume, 
qui avait résidé longtemps dans les Pays-Bas septentrionaux, y avait adhéré à la 
doctrine protestante. 

Odile, précitée, reçut le 9 février 1626, du corps équestre d'Utrecht, une prébende 
au couvent d'Oudwijk. Plus tard, elle épousa damoiseau Louis de Ram, seigneur 
d'Assembourg, drossard Qtdijlxgraaf Aq Steenbergen, Cruysland et de Heene. 



— 283 — 

En ne respectant pas les dernières volontés de son père, Mar- 
guerite van der Rijt sera réduite à sa part légitime. Sont nommés 
exécuteurs testamentaires : Albert de Dachverlies, beau-frère, et 
Léonard Micault, seigneur de Hu3'ssinghen, cousin du testateur, 
par suite de son alliance (1608) avec Marie Oudart, fille d'Alexan- 
dre, seigneur de Dieghem, de Rijmenam, etc. 

Ce testament fut déposé entre les mains du notaire J. Maes- 
mants, de Broechèm, au château de Santhoven, le 21 mai 1622. 

André semble avoir assigné Bosschesteyn comme résidence à 
ses sœurs. L'une d'elles, Jeanne, y testa le 7 juillet 1639, devant 








Fig. 15. — Armoiries de la famille t' Seraerts ^. 




le notaire Nuyens, de Hagenbroeck ; elle nomme ce château, 
't ho/ van Brochem, genaempt liet huys van Bossensteijn-. 

' Voir la note x de la p. 264. La réunion d'une couronne et d'un bourrelet 
sur un même casque est, tout au moins, extraordinaire. Quant à la forme donnée 
aux trois couronnes qui figurent dans ce blason, nous renvoyons nos lecteurs à ce 
que nous avons dit sur la couronne héraldique, dans notre étude sur Les armoiries 
des Berthout et de Malines (p. 25, 26 et 28). 

2 Jeanne van der Rijt institue pour ses héritières, ces nièces Marguerite et- Odile, 
filles de damoiseau Guillaume van der Rijt. Elle lègue à sa petite nièce, Marguerite 
t' Seraerts, un capital de trois cents florins, et au père de cette dernière, le chevalier 
Maximilien, une coupe en argent. 



— 284 — 

D'après son ohil, suspendu, autrefois, en l'ég-lise de Santho- 
ven, Adrienne de Lierre mourut le 8 octobre 1623. Son mari lui 
survécut jusqu'au commencement de septembre 1630. Son testa- 
ment fut ouvert au château de Bosschesteyn, le 4 du même mois. 

* 
* * 

Marguerite van dcr Rijt et le chevalier Maximilien t' Seraerts 
attaquèrent les dispositions de leur père et beau-père respectif. 
Le procès dura près de vingt ans. Leur fils L«r(!Ct>/c/-Maximilien, 
qui, pour succéder dans le fidéicommis fondé par son grand-père 
maternel, avait réuni aux siens le nom et les armes de sa mère, 
fut mis en possession de Bosschesteyn, par sentence du Conseil 
souverain de Brabant, du 3 mars 1649. Son adversaire, Guillaume 
van dcr Rijt, drossard de Berg'-op-Zoom, avait été condamné 
aux dépens. 

Dans ses actes, Maximilien t' Seraerts prenait les titres de sei- 
gneur de Broechem et d'Oelegem. Le 19 octobre 1633, il tut 
investi du château de Wanickhoven, à Contich, avec trente-six 
bonniers de terre, etc., dépendant de la succession de son père. Il 
fit porter ce fief au nom de son fils,Lancelot, qui est dit, alors, âgé 
d'environ quinze ans *. 

L'ascendance du mari de Marguerite est représenté par ces huit 
quartiers qu'on plaça sur un monument de la famille, en l'église 
de Saint-Charles-Borromée, à Anvers : 

T' Seraerts, Pot, van de Werve, Quarre ; van Etten, van 
DE Werve, Triapain, Petitpas, Ils reposent sur la filiation 
que nous avons dressée d'après les actes authenthiques des 
familles t' Seraerts et van Etten. 

Maximilien t' Seraerts et sa femme firent, le 16 octobre 1647, 
un testament olographe. Ils élisent leur sépulture au chœur de 
l'église de Santhoven. 

Leurs héritiers sont leur quatre enfants : Lancelot-Maxirai- 
lien -, Marie-Anne, Madeleine-Suzanne ^ et Marguerite-Hen- 

1 Wanichove, Waninchove, Wijninckhove, — hoven, etc., etc. Registres de la 
Cour Jcod aie de Maliiies, passun. 

^ Il naquit le 18 décembre 1618, au château de Bosschesteyn. 

3 Née le 22 juillet 1623 ; elle avait un frère jumeau, Henri, qui était décédé le 
24 août 1624. 






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ricttc, qui devront partager les biens par parts égales. Les testa- 
teurs disent avoir fait, et faire eneore, de grands frais, pour 
obtenir la seigneurie de Broechem et le château de Bossche- 
steyn, avec les appartenances. A titre d'avant-part, leur fils 
pourra choisir entre ce château et celui de Lierre, à Santho- 
ven, avec ses basses-cours, écuries, granges, fossés, ponts-levis, 
fermes et vergers. S'il se décide pour Bosschesteyn, il aura 
également la forêt, derrière la G/'Oofe hoeve, sur la route d'Oele- 
gem. La propriété qu'il prendra, ne pourra être vendue, ni gre- 
vée et fera retour à ses plus proches héritiers, si Lancelot meurt 
ab inl estât. 

Par un codicille, sa mère lui donna encore, comme avant-part, 
tous ses biens meubles, bijoux, argent, effets, etc. 

On a vu que Lancelot fut mis en possession de Bosschesteyn, 
en vertu d'un jugement du 3 mars 1649. Quant à la seigneurie 
de Broechem-Oelegem — nous l'avons établi dans notre notice 
sur ce village — rachetée par le fisc, en 1643, et aliénée, à nou- 
veau, en 1644, à Philippe le Roy, elle resta, désormais, l'apanage 
des propriétaires du château, édifié à la place du manoir dit het 
Rood hoff'ken ou 't huijs van Oosten, et auquel on avait donné le 
nom officiel de château de Broechem. 



L aînée des sœurs de Lancelot, Marie-Anne, née à Bossche- 
steyn, le 15 mai 162 1, s'allia à damoiseau Théodore-Arnould 
d'Eynatten, seigneur de Terheyden et de Terhaeghen, qui, de 
1667 à 1685, fut plusieurs fois échevin de la ville de Louvain ; la 
cadette, Marguerite-Henriette, née à Bosschesteyn, le 15 décem- 
bre 1626, épousa damoiseau Guillaume d'Halmalc, seigneur de 
l'Espiné, conseiller au Grand conseil de Malines. 

Marie-Anne mourut avant le 15 mai 1652; ce jour, son mari, 
en qualité de tuteur de ses enfants, son beau-frère et les deux 
sœurs de sa femme prirent un arrangement avec Anne de Bors- 
sele, veuve de damoiseau Jacques de Tuyl, .seigneur de Bulcken- 
steyn. Comme héritiers de leurs parents, respectivement grands- 
parents, ils possédaient, à l'indivision avec cette dame, des terres 
en Hollande, notamment à Nieuw-Bonaventura, Gootschalxoort, 
Heer-Jans-Dam, Ridderkerke, in t' Houcx-Nieuweland, etc. Ces 



— 287 — 

terres avaient été estimées à 120,471 florins. La part des héritiers 
t' Seraerts s'élevait à 64,032 florins. 

Au partage des biens de ses parents, devant le magistrat 
d'Anvers, le 2 octobre 1655, Marguerite-Henriette t' Seraerts 
reçut, dans son lot, le château de Bosschesteyn, avec la basse-cour, 
le verger et les autres appartenances (loué alors à Jean Fierens), 
ensemble onze à douze bonniers, avec le livre censal y rattaché, 
le tout estimé à une valeur de 19002 florins, 12 1/2 sols, une lerme 
et une forêt à Broechem, etc. 

Sa sœur célibataire, Madeleine-Suzanne, eut pour sa part, 
entre autres, le château de Wanickhoven, à Contich, avec ses 
dépendances sous Contich et Hove, d'une étendue de trente-cinq 
à trente-six bonniers, représentant un capital de 31,523 florins, 
71/2 sols. 

Cette demoiselle se fit religieuse. Elle testa le 18 juin 1674. 

Lancelot-Maximilien reçut, entre autres, les châteaux de Lierre, 
à Santhoven, et de Ter-Loo. Il avait pour femme Marthe-Alexan- 
drine van Mechelen, fille de Florent, écoutète de Lierre ^ avec 
laquelle il testa le 28 février 1657. Il semble être mort peu après, 
car, moins de trois ans plus tard, nous rencontrons sa veuve rema- 
riée à damoiseau Corneille de Spangen. Par suite d'un accord 
intervenu entre ces époux et Henri t' Seraerts, seigneur de Mille- 
gem, tuteur des enfants issus du premier lit de cette dame, on 
attribua à celle-ci l'usufruit du château de Lierre, à Santhoven^ 
moyennant cession de la moitié de la seigneurie de Ter-Loo 
(i^"" décembre 1660). 

Le mariage de Marguerite-Henriette t'Seraerts avec Guillaume 
d'Halmale avait été conclu en 1651, sur les bases d'un contrat 
passé, le 7 juin, devant le notaire Pierre van Breuseghem, à 
Anvers. A cet acte, le futur, ancien échevin de cette ville, 
comparaît en compagnie de ses père et mère, Henri d'Halmale, 
jadis bourgmestre et actuellement échevin d'Anvers, et Catherine 
de Altuna, de damoiseau Constant d'Halmale, sergent-major de 
la même ville, son oncle, et de damoiseau Henri d'Halmale, 

'Elle portait: d'argent à trois pals de gueules j au franc-quartier du premier,, 
chargé de trois fleurs de lis, au pied coupé, de sable. Nous connaissons à ces époux 
trois enfants : i'' Anne Marguerite, née au château de Lierre, à Santhoven, femme 
de Guillaume van de Werve ; 2° Fièrent et 3° Guillaume t' Seraerts. 



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— 289 — 

chanoine de la cathédrale, son frère (qui devint doyen de cette 
église et, ensuite, évêque d'Ypres). De son côté, la fiancée est 
accompagnée du chevalier Henri t'Seraerts, seigneur de Mil- 
legera, échevin de Malines, son oncle, et de Susanne t'Seraerts, 
sa tante. 




Fig. 16. — ■ Armoiries de l.i famille d'Halmale '. 

Henri d'Halmale promet de loger les futurs époux, pen- 
dant deux années, dans sa maison de la rue Vénus. A l'expira- 
tion de ce terme, ceux-ci pourront conserver cette demeure, 



^ C'est à tort que sur le dessin ci-dessus le lion est représenté brochant sur les 
billertes, erreur que commettent beaucoup d'héraldistes. Ce lion, d'or, est armé et 
lampassé d'azur. Les billeues sont aussi d'or. La cuve du casque, est, parfois, de 
gueules, cerclée d'or, et chargée de billettes. Les d'Halmale figuraient leur cimier 
fréquemment, mais, vraisemblablement seulement depuis une époque relativement 
moderne, accosté de deux L d'argent surmontés chacun, pour adopter la description 
deV Armoriai général, d'une roue de quatre rayons, enflammés d'or. Ne seraient-ce 
pas plutôt des bourrelets ? C'est ainsi que Jacques, sire de Gaesbeek, d'Abcoude, de 
Putte et de Strijen, se sert, en 143 1, d'un petit sceau rond, dans le champ duquel il 
n'y a qu'un casque couronné, cime d'un vol et accosté de deux hourrdds. Archives 
génér, du roy.; fonds : chartes de i' Abbaye de Parc-lcs-Dames. Les Halmale criaient, 
dit-on : Landris, nom d'une famille de laquelle ils prétendaient descendre. 



— 290 — 

moyennant un loyer annuel de 300 florins. Survivant à son époux, 
la future jouira, sur les biens de ce dernier, à titre de douaire, 
d'une rente de 400 florins ; dans le cas oppose, Guillaume d'Hal- 
male recevra, des biens de sa femme une rente de 200 florins. 

Ce personnage était né à Anvers, le i*^"" juillet 1619; il avait 
été tenu sur les fonts par son oncle paternel, dont il portait le 
nom, et par sagrand'mère, Anne van Akeren. 

Mis en possession de Bosschcsteyn (1655), les époux d'Halmale- 
t'Seraerts ne purent en jouir tranquillement, car Guillaume van 
der Rijt avait interjeté appel du jugement de 1649. Enfin, le 29 
août 1657, on prit un arrangement devant les échevins d'Anvers. 
Moyennant la somme de 57,500 florins, van der Rijt, qui se faisait 
représenter par sa femme, Elisabeth de Berchcm, renonça au 
château, aux deniers provenant du retrait de la seigneurie de 
Broechem-Oelegem, et aux biens de Santhoven. 

Guillaume d'Halmale devint conseiller et maître aux requêtes 
ordinaires au Grand Conseil de Malines, par lettres-patentes du 
13 juin 1664, à la place de Bernard-Alexandre van den Zype, 
qui venait d'être nommé conseiller et procureur-général du même 
Conseil*. Au témoignage de son contemporain et voisin, l'histo- 
rien Jacques le Roy, il fit exécuter, au château de Bosschesteyn, 
de notables restaurations et reconstructions dans les années 1660 
et 1661, ainsi que cela est confirmé par deux millésimes, que l'on 
voit, encore aujourd'hui, au-dessus du porche et de la porte du 
château. 

Dans les années 1670 à 1673, il recueillit, en quatre volumes 
in-folio, des copies des documents relatifs aux familles d'Halmale, 
de Lierre, van der Rijt, de Altuna et t'Scraerts. Ces nombreuses 
pièces, telles que contrats de mariage, testaments, actes de par- 
tage, de relief, d'hypothèque, etc., sont authentiquées, soit par 
un notaire, soit par le secrétaire du Grand Conseil, de Villers. 
Outre ces documents, les quatre registres contiennent les généa- 
logies des familles précitées et des reproductions d'une grande 
quantité de pierres tombales et de portraits et plusieurs gra- 
vures représentant les châteaux de Bosschesteyn, de Lierre et 
de Ter-Loo. Ces reproductions constituent, en partie, de charman- 

' Archives gcnc-rales du royaume, Cartulaires el maiius:nts, n° 185, p. 250. 



— 291 — 

tes miniatures. Ainsi que nous Tavons dit, ces précieux manuscrits 
ont été notre principale source pour l'histoire de Bosschesteyn, 
pour l'époque d'environ 1540 a 1670 '. 

Guillaume d'Halmale trépassa le 25 décembre 1676. Il fut en- 
terré à Malines dans l'église des Sœurs Noires. Sa femme 
lui survécut jusqu'au 2 décembre 1702. C'est, sans doute, par 
leurs soins que fut placée, dans l'église de Broechem, la pierre, 
-existant encore de nos jours, qui rappelle les décès de Jean de 
Berchem ( 1424}, de Jean van der Rijt (1618), les noms des époux 
d'Halmale et ceux de leurs neuf enfants. Quant à ceux-ci, les 
■dates de la mort de deux d'entre eux sont restées en blanc. 

M™^ la vicomtesse Carpentier de Chang}^ née baronne de 
Royer de Dour, a fait placer au château d'Envoz, près de Huy, 
les portraits, attribués à Fourbus, d'un Halmale et de sa femme, 
t'Seraerts. Provenant du château des de Fraula, à Broechem, 
ces panneaux — d'un maître inconnu, et, jadis, volets d'un trip- 
tyque dojit le panneau central a disparu — sont fort beaux et bien 
conservés. Grâce à M. le baron Hipp. de Roj^er de Dour, qui 
nous en a remis des photographies, nous sommes à même d'en 
donner ici des reproductions (voyez pp. 292 et 293). 



^ Voici les titres de ces volumes : 

I-. Preuves de la Tierce Bran:he de la famille van Halmale, suivi de la quatrième bran- 
che, (No 1192 du catalogue delà vente de Neufforge, Bruxelles, 1890 ; la vente eut 
lieu du 22 au 30 mai iSgr.) 

II. Preuves, titres et documents de la noble et ancienne maison, généalogie et descente de 
Don Andres de Altuna Laroitegui Legorburuy Jugo etc,(N° 1 194 du catalogue ; ces deux 
registres ont été acquis, pour 470 francs, sans les frais, par M. le comte Aymard 
d'Ursel.) 

III. Preuves, titres et documents d'une branche de la noble et ancienne maison de Van- 
derry t. Preuves, titres et documents d'une branche de la noble et ancienne maison de Lieie dict 
Aerschot. (N° 1195 du catalogue ; acheté pour 95 francs, par M. le baron Gustave de 
Woelmont.) 

IV. Troisième branche descendue du cadet de la jamille de t'Seraerts. (No 1522, acheté 
pour 100 francs, par M. le baron Arnold de Woelmont.) 

Quant aux généalogies consignées dans ces registres, les premières générations 
de quelques-unes sont absolument inexactes. Inutile de dire que nous ne nous som- 
mes pas servi de ces élucubrations ; tous les renseignements relatés dans la présente 
notice ont été puisés dans des actes authentiques, et nous avons contrôlé, par les 
registres scabinaux d'Anvers, un certain nombre des documents réunis par Guil- 
laume d'Halmale. 



— 292 — 

Ce fut Henri-Aloïs d'Halmale qui hérita de ses parents la sei- 
gneurie de l'Espiné et le manoir de Bosschcstc}^. Il reçut aussi le 
château de Wanickhoven, à Contich. Il s'allia à sa cousine ger- 
maine, Anne-Marguerite d'Eynattcn, qui mourut a\ant lui. 




Fig. 17. Portrait d'un membre de la famille d'Halmale, allié à une D'i^' t' Seraerts i^ 

H. van Halmalc de l'Eppinée, seigneur de ce lieu et de 
Wijninckhoi'cn, testa, en bonne santé, le 5 août 1734, dans la 
seigneurie de Contich, op hei hof ende wooning van den voor- 

' Voyez la note de la page suivante. 



— 293 — 

schreven heere testateur. Son fils aîné, le Révérend Constantin 
d'Halmale, chanoine gradué de la cathédrale d'Anvers, est insti- 
tué héritier universel. Les autres enfants, Marie-Anne-Catherine 




Fig. i8. Portrait d'une Di''^ t' Seraerts, femme d'un Halmale i. 



' Ce portrait et celui de la page 292 sont des reproducti ms des deux pannaux 
appartenant à M™^ la vicomtesse Carpentier de Changy. On les a attribués à un 
des quatre peintres du nom de Fourbus, qui ne pourrait guère être que François 
Fourbus, le jeune (1570-1622; histoire et portrait). D'après les costumes, les per- 
sonnages semblent être les grands-parents paternels de Guillaume d'Halmale, Henri, 
chevalier, seigneur de Vriesele, etc., bourgmestre d'Anvers (1 548-1614), et Mar- 
guerite t' Seraerts. L'homme étant représenté à l'âge de cinquante ans environ, ces 
S. A. M. 19 



— 294 — 

et damoiseau Arnould, sont déshérités, c'est-à-dire réduits à leurs 
portions légitimes *. 

Le partage fut passé devant le notaire Pierre-Charles Mattheus, 
à Contich, le ii janvier 1741. 

Nous ignorons le motif i)our lequel Henri d'Halmale déshérita 
son fils Arnould . Quant à sa fille, elle s'était mésalliée avec le fils du- 
jardinier de son père -. 




Fig. 19. Armoiries de la famille d'Eynatten. 

Le 19 août 1729, fut tué par la foudre, au château de Bossche- 
steyn, le prêtre Jean-Bernard-Alexandre de Cannart d'Hamale, 
fils de Ferdinand-Erard, seigneur du village voisin de Massenho- 
ven, et de Marie-Isabelle le Roy ^. 

Le chanoine d'Halmale fit placer, dans le chœur de l'église de 
Broechem, une pierre tombale en marbre noir, ornée des armoi- 



peintures appartiennent à la fin du xvi« ou au commencement du xvii'^ siècle, ce qui 
est d'ailleurs, en rapport avec les données archéologiques qu'elles présentent. 

1 Actes scabinaux d'Anvers ; reg. sub Pierre Gerardi. Renseignement dû à l'obli- 
geance de M. Aug. Thijs, à Anvers. 

2 Bibliothèque royale, manuscrits in-folio du chanoine Hellin, ad vocem van Hal- 

male. 

3 Renseignement dû à notre excellent ami, M. Léon de Cannart d'Hamale, capi- 
taine-commandant, à Mons. 



— 295 — 

ries de sa famille S en marbre blanc, et portant cette inscrip- 
tion : 

In SUI MEilORIAM 

PARENTUM FRATRUM SORORU.M 

ET POSTERORUM CURA VIT 

EXSTRUI HOC MONUMENTUM 

DOMINUS CoNSTANTmUS 

Alexander ab Halmale J U L 

Cathedralis Aktverpiensis 

ex nobilibu3 graduatis 

canonicis capituli senior 

et ex archipr.esbitero 

archidiaconus . 

Devant cette tombe, se trouve une autre pierre, sur laquelle on 
lit: 

Introitus et ixgressus 

ad monu.mentum 

est eo ouiescentium 

et gentis 

Halmali^ 

ET CONSANGUINEORUM 

ET AFFINIUM 

REQUIESCANT ANDLE IN PACE. 



Arnould d'Halmale précité reçut Bosschesteyn et Wanickho- 
ven, soit à la mort de son frère, soit par suite d'un arrangement 
pris avec celui-ci. Depuis 1724, il était l'époux de Marie-Thérèse 
van der Dilft, fille de Maximilien-Eugène, seigneur de Ten- 
Brouck, et d'Anne-Thérèse de Saint- Victor. 
'- Il mourut avant le 20 août 1754, jour où sa veuve fut investie 
du château de Wanickhoven, avec ses dépendances, d'une éten- 
due de trente-six bonniers -. Cette dame mourut en 1756. 

1 Le cimier y est accosté des deux L, cliacun surmonté d'une roue, ou bourre- 
Jet (?), comme nous l'avons dit à la p. 289, note 1 . 

2 Cour féodale de Malhies, reg. n° 29, f° 405 . 



— 296 — 

Nous ne lui connaissons que trois filles, savoir : Marie-Hen- 
riette, décédée le 27 janvier 1756; Thérèse, morte le 2 novem- 




Fig. 20. Armoiries de la famille van der Dilft. 

bre 1752, enterrée à Anvers, dans la cathédrale ^ et Françoise- 
Henriette, qui suit. 



Françoise-^en/7"6'/^6' d'Halmale devint propriétaire des châteaux 
de Bosschesteyn et de Wanickhoven (relief du 11 août 1756) ^. 
Elle avait épousé, le 4 juillet 1751, damoiseau Philippe-Adrien- 
Jean Happaert (fils de Philippe, seigneur d'Olmen, échevin d'An- 
vers, et de Marie-Anne Arazola de Onate, et petit-fils de Gilles, 
également échevin d'Anvers, et de Marguerite-Françoise de 
Varick, dame d'Olmen, Dysthoven, etc.), qui fut trésorier et éche- 
vin de la ville d'Anvers. Après sa mort, arrivée le 5 octobre 1771, 



1 Son obit était orné de ces seize quartiers : Halmale, Altuna, t'Seraerts, Rijt, 
Eynatten, Borggrave, t'Seraerts, Rijt ; Dilft, Dilft, Bousies, Grassis, Saint- Victor, 
Eycken, Morales, Meurs (Voyez les Inscriptions funéraires de la province i'' Anvers). 

2 Cour féodale de Malines, reg. n° 30, {° 54. 



— 297 — 

sa veuve convola avec Jacques du Moulin, né à Orp-le-Grand, 
vers 1718 ^ 

Par son testament, passé le 30 mai 1772, devant le no- 
taire Jean-Jacques de Quertenmont, à Anvers, Françoise-Hen- 
riette d'Halmale laissa tous ses biens à son second mari. Elle mou- 
rut à Anvers, le 6 mai 1792, sans postérité. 

Le chevalier du Moulin fit le relief de Wanickhoven, le 17 juil- 
let suivant 2. 



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Fig. 21. Armoiries de la famille Happaert. 

A Anvers, il demeurait dans la maison située au coin de la rue 
d'Arenberg et du Marché-aux-oiseaux et qui, par suite d'achat, 
appartient, à présent, à la famille Meyers-Bosschaert. Il testa, le 
II avril 1793, devant le notaire Gerardi, et décéda le 15 du 
même mois ^. 

Dans l'inventaire qui fut dressé de ses biens, par le même no- 
taire , le 22 avril, figure le château de Wijninckhoven. Bossche- 
steyn avait donc été aliéné, soit par du Mouhn, soit par sa femme ^ 

1 D'après les ms. in-fol. du chanoine Heliin, Françoise-Henriette d'Halmale' au- 
rait épousé J. du Moulin, à son plaisir, ce qui signifie que ce mariage était une més- 
alliance. Heliin dit ce personnage chirurgien. En effet, comme le veut bien nous 
écrire M. P. Génard, le savant archiviste de la ville d'Anvers, un J.-A. Dumoulin, 
doyen de la corporation des chirurgiens, toucha, en 1791, cinquante florins, comme 
contribution à la caisse d'anatomie. Est-il le même que notre Jacques du Moulin, 
traité de chevalier dans plusieurs actes authentiques? Il nous est impossible, en ce 
moment, de résoudre la question, par des recherches dans les Archives d'Anvers. 

^ Cour féodale de Malines, reg. no 57, f° 327. 

3 Ses minutes sont déposées dans l'étude de M. le notaire Sevestre, à Anvers. 

* MM. les barons Gustave et Arnold de Woelmont,0. van Ertborn et C. de Borre- 
'kens ont bien voulu nous aider dans nos recherches tendant à constater à quelle 
•époque eut lieu cette aliénation et quand, et comment, le baron de Haultepemie de- 
vint propriétaire du château. Toutes les démarches, faites dans ce but, ont été 
vaines. Que nos aimables correspondants reçoivent nos meilleurs remerciements 
-pour la peine qu'ils se sont donnée dans l'intérêt de notre travail. Nous devons éga- 



— 298 — 

Ces époux gisent au cimetière de Contich, où l'on voit leur 
pierre tombale, encastrée dans la muraille de clôture. 



Au xix^ siècle, Bosschesteyn devint la propriété de Louis- 
Nicolas-Antoine-Ghislain, baron de Haultepenne. Fils du baron 
Philippe-Claude-Henri Ghislain, seigneur de Mont-Sainte-MariC;. 
Arville, Sart-Bernard, Biron, et de Caroline-Constance-Marie- 
Joseph-Françoise-Ghislaine Roose de Bouchout, et né à Nivelles, 
le 10 décembre 1774, il fut chambellan du roi Guillaume P'", mem- 
bre et président du Corps équestre de la province de Namur, 
député aux Etats provinciaux, sous le régime hollandais. 

Le baron de Haultepenne se prononça fortement pour le re- 
dressement des griefs et, pour ce "motif, fut privé de ses fonctions 
à la Cour, par arrêté du 8 janvier 1830. 

De 1831 à 1839, il représenta au Sénat l'arrondissement d'An- 
vers. Il fut, ensuite, membre de l'Académie royale de Belgique, 
correspondant de l'Institut de France, chevalier des ordres de 
Léopold et du Lion Belgique. 

Il avait épousé, en 1805, Marie-Thérèse- Jeanne-Joseph van de 
Werve, née en 1785 (f à Bruxelles, le 6 octobre 1854, enterrée 
à Vorsselaer, fille d'Augustin-Henri-Marie, et de Marie-Anne- 
Joseph van Colen de Bouchout, ex maire de Fraula), qui, veuve^ 
acheta, le 3 juillet 1842, le château de Neder-Over-Heembeek ^ 



Le baron de Haultepenne mourut, à Bruxelles, le 4 août 1841, 
sans enfants. 

Sa succession fut partagée, le 13 avril 1843, devant le notaire 
Evenepoel, à Bruxelles, par ses parents Frédéric de Godin et les 
barons Alexandre et Henri de Woelraont. 

lement un tribut de vive reconnaissance à M™e Moretus de Bouchout, née comtesse 
du Bois d'Aissche, pour l'extrême obligeance qu'elle a mise à nous seconder dans ces 
recherches. N'oublions pas davantage de remercier notre excellent confrère et ami, 
M. Paul Saintenoy, des précieux renseignements dont nous lui sommes redevable» 
1 L'acte, passé par le notaire Evenepoel, dont les minutes se trouvent déposées 
dans l'étude de M. le notaire Van Bevere, à Bruxelles, la qualifie de comtesse van 
de Werve. Comp. V Annuaire de la Noblesse. Haultepenne blasonne : d'argent semé 
<ie fleurs de lis de gueules. 



— 299 — 

Ce dernier, qualifié de propriétaire à Eghezée, reçut, dans son 
lot, le château de Bossensti/n, avec tour et tourelles, avenue, 
drèves, jardin, xerg&vs, étangs cVagrément, maison de jardinier, 
bois taillés, plantes, futaies sur taillis, deux métairies, avec dépen- 
dances, à Broechem et diverses terres àOelegem, formant ensem- 
ble cinquante-huit hectares, huit ares, cinq centiares. 

Henri-Joseph-Constant, baron de Woelmont, était né le 13 oc- 
tobre 1813, de Frédéric-Félix-Eugène, baron de Woelmont de 
Brumagne, page des gouverneurs généraux des Pays-Bas, puis 
lieutenant dans le régiment de Saxe-Teschen (carabiniers), cham- 
bellan du roi Guillaume I^'", membre de l'ordre équestre de 
Namur S et de sa seconde femme, Françoise-Philippine-Ghislaine 
de Haultepenne, chanoinesse de Nivelles, sœur du dernier pro- 
priétaire deBosschesteyn.il épousa, le 8 mai 1848, une fille de 
Joseph-François-Népomucène-Jean, comte de Baillet, ministre 
plénipotentiaire du roi des Belges près le roi de Prusse, et de 
Marie-Julie-Claire, baronne Osy : Cécile-Marie-Joséphine-Patri- 
cienne de Baillet, née à Grez, le 26 octobre 1826. 

C'est cette dame qui possède, à présent, le manoir de 
Bosschesteyn. 

Par son architecture et son histoire, ce château est, incontesta- 
blement, un des plus intéressants de la province d'Anvers. 

J.-Th. de Raadt. 

1 II était fils de Nicolas-Constant de Woelmont, seigneur de Soiron, Hambraine, 
Frocourt, Eghezée, Saint-Germain, Mehagne, Brumagne, député de l'État noble de 
.Namur, et de sa cousine germaine Marie-Charloite de Haultepenne, chanoinesse 
d'Andenne, qui était fille de François-Louis et de Marie-Anne de Woelmont. 

Les familles de Haultepenne et de Woelmont comptent donc, entre elles, trois 
alliances. 

Woelmont porte : écartelé ; aux i'^'' et 4e, d'argent à trois maillets de sable, qui 
est van der Rijt ; aux 2^ et 3e, d'argent à la fasce d'azur, sommée d'un lion naissant 
de gueules, qui est t'Serarijs, dit van Woelmont (Archives de la famille ; voir aussi 
notre notice, intitulée Les Mémoires de Hennan de Woelmont), 

La famille de Woelmont s'appelait primitivement t'Serarijs et, d'après sa généalo- 
gie, serait originaire de Neder-Over Heembeek. La ferme, ou manoir, de Woelmont 
y est connue dès le commencement du xiii" siècle. En 1208, le duc Henri donna à 
l'abbaye de Grimberghe, pour l'indemniser de la perte d'un moulin à Dieghem, une 
^dîme et un pré, contigu aux terres de la curia de Wohimont, à Neder-Over-Heem- 
beek, appartenant à ce monastère (A. Wauters, Analectcsde diplomatigîie, . l^'^ séïic, 
p. 40). 




unp: 



ÉMEUTE A MALINES 



en 1467. 




es émeutes à Malines étaient choses peu rares aux siècles 
passés. Aussi se contetiterait-on de les signaler comme 
de vulgaires «faits divers w, sans s'y arrêter davantage, 
si on les jugeait d'après les incidents insignifiants qui 
font époque dans nos chroniques locales actuelles. 

Ce n'était malheureusement pas pour une simple vétille que 
nos pères u descendaient dans la rue » . 

Calmes, peu enclins à un engouement qui ne revêt que trop 
souvent le caractère d'une légèreté outrée, il fallait qu'ils fussent 
lésés dans leurs droits les plus chers, pour que nos pères se déci- 
dassent à user du légendaire « goeden dag » . 

Fiers et indépendants, jouissant de privilèges étendus, ils ne 
souffrirent aucune atteinte à ces libertés, soit de la part des sou- 
verains, soit de la part des magistrats. 

Aussi l'émeute de 1467 ne fut-elle qu'une revendication légi- 



- 30I - 

time de droits, que des magistrats peu scrupuleux cherchaient à 
exploiter. 

Afin de pouvoir se rendre compte du mobile qui poussa nos 
pères à se livrer à des violences, qu'ils expièrent cruellement, il 
nous faudra remonter de quelques années dans l'histoire de la 
cité. 

Dans la fameuse charte de 1301, Jean II, duc de Brabant et 
Jean Berthout, seigneurs de Malines, octroyèrent à leurs féaux 
sujets de Malines, le privilège des trois étapes, c'est-à-dire le 
droit de posséder le marché, ou de prélever un impôt sur les car- 
gaisons de sel, d'avoine et de poissons qui remontraient ou des- 
cendraient la D3de : 

u Voert, dat de vischmaerd , de zoutmaerct, de havertnaerct 
u bliven te MacJielne, ende alreJiande vlot ongJielet vayi ons ende van 
« allen hère, beJioiidenUken onsen redite sonder aerglielist » . 

Ce privilège fut reconnu et confirmé: en 1347, par les villes du 
Brabant; la même année par le comte Louis de Mâle; en 1387, par 
Philippe-le-Hardi ; en 1412, par Jean-sans-Peur ; et enfin, en 
1414, par l'empereur Sigismond. 

Cette concession importante provoqua la jalousie des villes 
voisines. Bruxelles, Anvers et Louvain, se voyant enlever au 
profit de Malines, des bénéfices qui n'étaient pas à dédaigner, 
cherchèrent maintes fois querelle à nos concitoyens. 

Commencées en 1358, les hostilités se continuèrent jusqu'en 

1431- 

Les Anversois, déjà déboutés de leurs prétentions en 1358, par 
Louis de Màle^ avaient fait depuis lors un accord à l'amiable avec 
ceux de Mahnes. En 1431, Philippe le Bon décida de vider le 

^ Wij LoDEWijc, Grave van Vlaenderen, Hertoghe van Brahant, Grave van Nevers, 
van Rethert ende Heere van Machline. Doen te weten allen lieden dat als van den 
g'hescille dat g'hesijn heift tusschen onser stat van Machline an deene zide, ende 
oozer stat van Andwerpen an dandere, als van der Vischmaerct, Zoutmaerct, ende 
Haverraacert, daerof zij an beeden ziden bleven upons, ende hem verbonden heb- 
ben onze zegghen, ende ordenaire te haudene, bi haren openen brieven die zij ons 
deraf g'heg'heven hebben. Up welke wij ontboden beede Partien voor ons te zekeren 
dag'he om over te hebbene aile Privilegien, Chartren, Lettren, ende munimente 
daermede hem elc in de vorseide zake g'helelpen wilde. So dat zij voor ons quamen 
ten dag'he vorseid, elc die overhring'hende ende ons overg'hevende, om elken 
hem te g'helepene in de zake vorseid, dewelke Privilegien, Chartren, Lettren ende 
Munimenten also overg'hegeven van Partien vorseid wel versien, g'helesen, ende 



- 302 - 

différend entre Bruxelles et Malines devant les tribunaux compé- 
tents. Il ordonna d'enlever jusqu'à nouvel ordre,' la chaîne tendue 
à Heffen, par les Malinois, pour empêcher leurs voisins de Bru- 
xelles, d'écouler leurs marchandises, sans avoir satisfait à l'impôt 
en question. 

Bien longue serait la relation des hauts faits et des prouesses 
des belligérants. Nos chroniques exposent avec infiniment de 
détails les péripéties de cette lutte homérique. Signalons pour 
mémoire la querelle avec les Anversois, les Bruxellois et les Lou- 
vanistes, en 1410 ; celle de 1434, oi:i les Malinois, après avoir 
battus à plate couture leurs voisins d'Anvers, infligèrent aux 
Bruxellois une défaite non moins sérieuse à Ru3''sbroek ; enfin, 
celle de 1438, dont le héros fut Christophe van Berlaer. 

Fait prisonnier avec douze de. ses compagnons d'armes, il fut 
enfermé à la aSteeii Poorte» à Bruxelles. Les femmes bruxelloises, 
par pitié, ou mues par un sentiment plus doux, comme le pré- 
tend notre chroniqueur, Remmerus Valérius, favorisèrent la 
fuite des prisonniers. Le chef, van Berlaer, parvint à décider 

g'hecxamincert bi den Edelen van onsen bloeden, ende van onsen Rade, ende bi 
onsen goeden steden Ghenà, Bru^she, ende Yppre, die Wij daer over riepen ende met 
hem lieden Raet derup ghehat ende met vêle Clerken van Redite, hebben bi goeder 
voorsienicheden in presencien van Partien vorseid, ende van onze ghemeenen lan- 
den van Vlaendren gheseit, ghewijst ende gheordonneert, zegghen, wijsen ende 
ordeneren bi dezen lettren, dat de Vischmaerct, Zoutmaerct Haverroarct, ende alre- 
hande Vlot, blieven sal onser voorseider stat van MacHine, alsoos hare Privilegien 
verclaren wel die zij derof hebben van onsen Voorvoordere den Herto^he van Brabant 
Ende zuUen daerof blieven in hare possessie alsoos zij waren bin '5 Hertogen Jans 
tiden ons Vaders, daer God de ziele af hebben moete. Ende dat onze lieden van 
onse stat van Amhverpen, zullen moghen nenien ende hebben daerof te haren pour- 
veancen bouf, also vêle als onser stat van Andwerpen orborlec es zonder huutvoeren 
van hem of van anderen, dat gheldende bi den stale, ende alsoot ghelden sal te 
Machliiie, zonder fraude ende arghelist. Ende also zegghen Wij ende wijsen Partien 
vorseid dat zijt houden voortan teeweHken daghen zonder in enegher manière der 
teghen te ghane of te doene, up al dat zij houden van ons. Ende up de painen ende 
verbinde die zij ons derof ghedaen hebben bi haren lettren, also as vorseid es. Ende 
■waert so dat hierin eenighe donckerheid ware, jof enich ghescil in enegh en tiden 
toecomende, dat behouden wij tonser verclaerlinghe ende tonsen bescheiden, ende 
tonsen naercommers, om dat te verclaerne ende te besceijdene, wanneer ende als 
dickent alst noot word, emmer behouden onsen segghene vorseid. In orconscepen 
der duighen vorseid, ende omdat wij willen dat zij wel ende vast ghehouden sijn 
teeweliken daghen, so hebben wij an dese lettren onsen zeghel ghedaen hangen. 
Gegheven te Ber^hem Sinte JVinnox in à'Atdie den dertiensten dach van Septembre 
in 't jaer ons Heren dusentech drie hondert achte ende vijftech. 



— 303 - 

une jeune fille, amie du geôlier, à lui confier les clefs de la 
prison. En prendre l'empreinte en cire et l'expédier à Malines fut 
bientôt fait, et quelques jours après, nos vaillants champions pri- 
rent la clef des champs. 

Inutile de décrire la joie de leurs concito3^ens. Van Berlaer, 
comme du reste, on peut le supposer, donna son cœur et sa 
main à Maria Keysers, l'héroïque jeune fille qui le sauva. La ville 
leur pa3^a depuis lors une rente viagère de onze florins. 

Philippe le Bon, avons-nous dit, voulu vider à l'amiable le 
différend qui avait déjà amené tant de difficultés. Le procès était 
pendant devant les cours de justice, quand en 1467, les Malinois 
se livrèrent aux excès que nous allons raconter. 

Jean de Muysen était écoutète dans la bonne ville de Mali- 
nes. 

Le peuple supportait impatiemment le joug et l'autorité de ce 
magistrat, qui s'arrogeait, au mépris des privilèges de la ville, 
•les droits les plus despotiques. 

Vers le mois de juillet de cette année, le bruit se répandit que 
l'écoutète, de concert avec Papegaeys, syndic des brasseurs et un 
particulier nommé Jan Leens, avait vendu à la ville d'Anvers, le 
marché aux poissons et celui de l'avoine, et aux Bruxellois, le 
marché du sel. 

Ce racontar mit le feu aux poudres. 

Les habitations de ces trois personnages furent entièrement 
saccagées et détruites. 

Une partie des émeutiers se rendit à Heffen. Trois bateaux 
chargés d'avoine, furent remorqués jusqu'à l'estaminet « Het 
Sterre » près du grand pont et immédiatement coulés à fond. 

Les magistrats s'étaient empressés, dès le commencement des 
troubles, à chercher un abri contre la fureur de la populace. Bien 
leur en avait pris, car la colère du peuple monta à son paro- 
xysme, à la suite de la découverte d'un dépôt d'armes et d'instru- 
ments de torture dans la demeure de Papegaeys. 

On ne parla que d'exterminer les magistrats jusqu'au dernier et 
les doyens des corporations eurent toutes les peines du monde à 
dissuader leurs subordonnés d'en arriver à cette extrémité. 

La retraite des coupables fut cependant découverte peu après. 
On les conduisit à l'hôtel de ville, sans leur faire le moindre mal 



- 304 - 

et on leur mit sous les yeux toutes les irrégularités commises 
sous leur administration. 

Force fut aux magistrats de jurer de se conformer dorénavant 
aux prescriptions des lois et privilèges, et principalement à celles 
réglant la composition du conseil de la commune. 

Cet arrangement sembla satisfaire les deux partis, et l'on se 
sépara bons amis, au moins en apparence. 

Les magistrats cependant résolurent de se venger. 

La tranquillité s'était à peine rétablie qu'ils allèrent trouver 
le duc Charles, à Bruxelles. Ils lui exposèrent avec force détails 
mensongers les violences dont ils avaient été victimes et accu- 
sèrent les jurés des corporations d'avoir été la cause première 
de ces incidents regrettables. 

Circonvenu par ces rapports, perfides, le duc furieux manda 
auprès de lui à Vilvorde, les jurés des corporations de la ville. 

Ces derniers ne se doutaient pas de la démarche de leurs admi- 
nistrateurs. Aussi se rangèrent-ils à l'avis de ces derniers qui 
les dissuadaient de se rendre aux ordres du Souverain, en leur 
exposant les suites fâcheuses qu'aurait pour la ville, la colère 
bien connue du duc. 

Celui-ci les attendit donc en vain. 

Las d'attendre, il résolut de surprendre la ville rebelle. Les 
magistrats, au courant des intentions du duc, lui dépeignirent une 
seconde fois les intentions belliqueuses de nos concitoyens et les 
dispositions prises pours'opposerauxprojetspeu pacifiques duduc. 

Celui-ci, de nouveau, prêta l'oreille à ces rapports menson- 
gers. Il invita donc, de rechef, les jurés à se présenter devant son 
conseil et à lui apporter, à titre de complète soumission, les clefs 
de la ville. 

Pris de peur, et faisant cette fois sourde oreille aux exhorta- 
tions des magistrats, qui cherchaient encore à les retenir, ils s'em- 
pressèrent de se rendre à Vilvorde, ou tous leurs beaux discours 
et explications ne purent fléchir la colère du souverain. 

Le 28 août 1467, le duc fit son entrée en ville à la tête de 
troupes nombreuses. 

(Les chroniques racontent que les brocanteurs de Bruxelles et 
de Vilvorde suivaient l'armée dans l'espoir de pouvoir faire 
bonnes affaires avec les dépouilles des Malinois vaincus). 



- 305 — 

Le duc s'installa avec sa cour au Marché du bétail. Il ordonna 
de conduire devant lui les jurés récalcitrants, pour qu'ils pussent, 
au besoin, se justifier des faits mis à leur charge. 

Ces malheureux entêtés refusèrent d'obéir. 

Alors le duc se fit apporter les chartes et les privilèges de la 
ville et les confisqua. 11 ordonna ensuite que les jurés auraient 
la tête tranchée, sur l'échafaud dressé devant le beffroi. 

Cette sentence inique aurait été exécutée, si les seigneurs de la 
cour, mis au courant de la félonie des magistrats, n'avaient pu 
dissuader leur souverain de recourir à cette rigueur extrême. 

Le duc se laissa fléchir et il condamna les jurés, au nombre de 
cent quatre-vingt-huit, à être bannis de tous ses territoires. Outre 
les indemnités à pa^-er aux magistrats, la ville eut à lui fournir 
une amende de 30,000 florins '. 

Privée de ses privilèges, condamnée, en outre, à une contribu- 
tion colossale pour l'époque, la ville se trouva bientôt réduite 
à une situation des plus déplorables. Le malheur rapprocha les 
partis adverses. Le magistrat supplia le duc de lever la peine 
prononcée contre les jurés et d'accorder à la ville un pardon com- 
plet de ses fautes. 

Le souverain se montra accommodant ; au mois de novembre 
les bannis rentrèrent en ville, à l'exception de quelques-uns des 
principaux meneurs. Jean de Voestere, Jean et Henri van der 
Heze, Pierre de Man, Truchir, Jacques Roevere, Jean de Scher- 

1 Le 13 juillet 1472,011 accord intervint entre la ville deMalines et Jean de Muysen. 
L'arbitre choisi par les deux partis fut Jean de Arundine, docteur en théologie, de 
l'ordre des frères de Notre-Dame. Jean de Muysen assista en personne à la rédac- 
tion de l'acte qui lui allouait à titre d'indemnité la somme de 1,000 florins du Rhin. La 
ville était représentée par Antoinis vander Aa, commune-maistre ; Gheenlt vander Aa, 
Aerndt Van Diest, Roinmont vander Berct, Jan Gooten échevins; Jan van Dujfele et 
Jacoh Van Voesdonc jurés des bourgeois (poirters), Henric van Erpe, doyen et Ghcerdt 
de Veru'ere, juré des drapiers, Giellis Vrancx, Lodewijc van Heist, Anthoinis Boons et 
Jan de Elssenere régisseurs de la ville. Ce furent maîtres Jan Robosch et Hubert Bac 
notaires, qui rédigèrent l'acte du compromis. Cette pièce fut signée seulement par 
Jan Robosch en l'absence de son collègue. (Rootboek, fol. 26, tome III). Le 8 sep- 
tembre 1476. Jean de Muysen reçut les r ,000 florins du Rhin que lui accordait la ville 
par l'acte précité. Maitre Jan Robosch fut chargé de passer l'acte de cession devant les 
représentants de la ville et Jean de Muysen prénommé. 

Stads Rekeningen 1479, « betaelt Henric en Jan de Langhe voir haer schade die 
« zij hadden van haers vaders weghe van hare huijse der comotie bij overdrage 
« van de gemeijnte Ixxvij L. (77 ponden). » 



— 3o6 - 

merc, Jean van der Vekcn, Thys van Lucvenc, Jan van Schu- 
ren, van Lydekinden, Jean Slinrel, Rombaut van Eygene, et 
Hans Parmentier *. 

Le i6 octobre suivant, Charles le Téméraire signa les lettres 
de pardon, rendit les privilèges qu'il avait confisqués, et édicta 
de nouvelles dispositions pour l'administration future de la ville. 

Ces dispositions réformèrent complètement et annulèrent même 
une grande partie des privilèges de la ville. 

C'est ainsi que nous y trouvons : 

1" La nomination annuelle de deux commune-maistres et sept 
échevins que le duc se réservait ; 

2° Les gens de la loi ne pourrait prononcer la peine de bannis- 
sement sans le consentement de l'écoutète ou du duc ; 

3° Les bannis pourraient être graciés par le souverain sans le 
consentement des Malinois, et les confiscations, amendes ou autres, 
se feraient exclusivement au profit du duc ; 

4° Toutes les sentences ou jugements seraient réformables sur 
appel au souverain ; 

5° Les recours du chef de sens ou impôts se feraient par devant 
le grand conseil du duc ; 

6° Tout étranger pourrait porter témoignage contre les bour- 
geois de la ville; 

7° Tout changement aux règlements ou ordonnances ne se ferait 
que sur le consentement du duc ; 

8° Les préposés à la garde des terres des villages de Heffen, 
Leest, Hombeeck, Muysen, Hever et autres lieux ne pourraient 



Stads Rekeningen van 1466 en 1467. 
1 Item. Kerstoffel try apain comoengs, Gheerd van d aa scepen, Jolies Keerma 
Deeken, Jan Schoof rentmeest. en. meest. Jan de Leen secretares gezonden te brus- 
sele ae onsen prinse ome te h.wervene die p.vilegien van d stad, en. orne te crighe- 
ne remissie van den Balligen. Wa.n ut xxxviij daghe met dat sij volgden te lovem 
met X p. den xx in octob. Ixvij 

Stads Rekeningen van 1467. 
« Item. Jûhs, Keerma deeken, Jan Schoof rentmeester en M"" Jan de Leen ge- 
« sonden te brussele te loven en te thiene ome 't trappel van den banne doit 
« mede ons gebanne innequamen (8 nov. 1467). » 

Rekeningen van het cramers ambacht 1467. 
« Item, Verteerde cost die ons geswoorene gehadt hebben te Boumire doen sij 
« gebannen waeren iiij P. g'' Brab. ende waren geswoornen Hendrik hoens en Jan 
« hobbox. » 



- 307 - 

être nommés que du consentement du souverain ou de l'écoutète; 

9° Tout criminel malinois pourrait être jugé en tel lieu que le 
souverain jugerait convenable. 

10° Les impôts ne seraient levés ni diminués sans le consente- 
ment du souverain. 

Cette ordonnance porta un rude coup aux privilèges les plus 
précieux dont jouissaient nos concitoyens. 

Heureusement que le fameux procès pour les trois étapes n'était 
pas jugé, et les Malinois pouvaient encore espérer de se rattraper 
sur cette sentence. 

Ici encore une déception les attendait. 

Philippe le Bon avait nommé des commissaires appartenant aux 
deux partis pour étudier la question. Ceux-ci étaient : 

Messire Jehan de Horne, seigneur de Baussignies et de Hou- 
descote, sénéchal du Brabant; 

Rasse de Moleure, écuyer, et 

Henr}^ Manus, conseiller en Brabant, 
pour la ville de Bruxelles. 

Messire Colart de Commines, seigneur de Rumeschuere; 

Rolland Duntkerke, seigneur de Hestert et de Hemsrode; 

Maître Symon de Fournelles et 

Maître Jehan de le Keythulle, conseillers, 
pour la ville de Malines. 

Les deux villes s'étaient hâtées de réunir tous les documents 
intéressant leur cause, et de les faire parvenir à la commission 
ci-dessus. Celle-ci étudiait consciencieusement les droits des deux 
partis, quand, en 1488, Maximilien, encore roi des Romains, tran- 
cha la difficulté. 

On se rappelle les difficultés rencontrées par le souverain, en sa 
qualité de tuteur des enfants de Marie de Bourgogne, avec les 
communes flamandes. 

Dans cette lutte les Malinois restèrent fidèles au malheureux 
souverain. Celui-ci se hâta de reconnaître ces bons services, et 
l'ordonnance du 24 novembre 1488 confirma les Malinois, à l'ex- 
clusion des habitants de Bruxelles, dans le privilège tant contesté. 

Nous Masjmilian Roy des Romains etc. Cognoissans les grans et leaulx 
services faiz à Nous et a nostre treschier et tresame filz, par noz bien amez 
les Bourgmaistres, Eschevins, Conseil, corps et communaulté de ncstre 



- 3o8 - 

ville de Malines, alencontre de noz Rebelles subjetz de Flandres, Brabaut, et 
leurs Adhérens, en quoy ilz nont cspargne leurs Personnes, ne leurs biens. 
Voulans lesdiz services recognoistre, Nous leur avons donné, cédé, trans- 
porté, et délaissé, donnons cédons transportons et délaissons de grâce 
espécial par ces présentes, tout entièrement, le Droit, cause querelle et 
action que ceulx de Nostre ville de Brucelles' ont et peuvent avoir alencon- 
tre desdiz de Maliucs, en Lestaplc des Avoines, Scel, Poissons, et en toute 
autre manière de flot, lequel cstaplc icculx de Mnliiics, maintiennent a eulx 
competes et appartenir, dont procès a été prece mcu au Grant Conseil, de 
noz prédécesseurs encore indcciz entre eulx dune part et lesdiz de Biu- 
celks dautre. Lesquelz Droit, Cause, querelle, et action ensemble tous les 
tiltres, previleges et austres choses que lesdiz de Brucelles ont et peueut 
avoir, touchant ledit Estaple, Nous sont echeuz et avenuz au moien de ce 
qu'ilz Nous sont desobeisans, et rebelles. Nous font la guerre, et tiennent 
party a nous contraire. Voulons que les diz de Malines joissent doresena- 
vant paisiblement et entièrement dudit Estaple, ainsi que se aucun empes- 
chement ne leurs avoit jamais este mis par lesdiz de Brucelles. Et que de 
nostre présent don, noz lettres patentes, en forme deue, leur soient expé- 
diées, tant par Nostre treschier et féal Chevalier et Chancellier le Seigneur 
de Champnaulx, comme par nostre Chancellier de Brabant, sans avoir autre 
ordonnance de Nous que ces présentes. Lesquelles Nous avons en tesmoing 
de ce Signées de nostre Nom. Le NXIIII^ jour de Novembre l'An IIII'^'^ 
huit, et de notre règne le III». 

Maximilian. 

Maximiliaen Roomsch Coninck etc. ende Philips Arts hertogh van Oos- 
tenryck, Heere van Mechelen enz. geven in 't frans opene Patenten, aen die 
van Mechelen, by de welke sy geven aen die van Mechelen voortz., allen 
het recht dat die van Brussel pretendeerden te hebben in den Stapel van 
Haver, Saut, Visch ende allerhande Vlot, waerom in den grooten raede 
alnoch procès is hangende ongedecideert, ende dat om de getrauwe diens- 
ten aen hun gedaen door die van Mechelen voortz. Soo met hun bloedt, 
als met hun goedt, ende heeft hetselve recht afgenomen van die van 
Brussel om dat sy aen hun rebel waeren, ende tôt meerder vastigheidt 
heeft hy dese doen teekenen door Numan ende bezegelt met hunnen Segel 
den 30 december 1488. 

Maximilien confirma ces lettres, à la demande des Malinois, le 
5 août 1516. 

Ce témoignage dut servir au procès qui se continuait sous 
Charles-Quint. 



- 309 - 

Celui-ci rendit son arrêt définitif le 7 juin 1531. 

Les Malinois eurent gain de cause. Mais pour qu'il n'y eut plus 
de jaloux, l'empereur accorda à chacun des deux partis la moitié 
du privilège. 

Les Bruxellois purent descendre la rivière sans payer d'impôt. 
Les Malinois durent se contenter de prélever l'impôt sur les car- 
gaisons de sel, d'avoine et de poisson qui remonteraient la Dyle. 

Charles par la divine clémence Empereur des Romains toujours Auguste 
roy de Germanie de Castille de Léon etc 

Savoir faisons que ouy le rapport de nos ditconseilliers, et les advis que 
dessus. Nous a bonne et meure délibération de conseil. Avons par ceste 
nostre sentence Deffinitive et pour Droit dit et déclaire, disons et declai- 
rons, que les dit de Bruxelles demandeurs ne sont recevables en leurs 
demandes, fins et conclusions, desquelles avons absoult et absolvons par 
cestes les diz de Malines deftendeurs. Et neantmoins pour aucuns bons 
regards et consideracions, et afin de nourrir Paix et aniytie entre les bour- 
geois et manans de nosdittes villes, ordonnons que de cy en avant iceulx 
de Bruxelles pourront mener sel dembas en hault de laditte Rivière de la 
Senne, sans estre tenus de venir estapler en laditte ville de Malines, ne 
échanger de fons ou naviere, en payant toutes fois au dit lieu de Heflene, 
telz droiz et salaires quils soient tenuz de payer en icelle ville de Malines, 
pourtant certifficacicn du lieu ou il auroit esté charge du nombre et quan- 
tité dudit sel et qu'il seroit bon et tel quil pourroit passer a lestaple 
dudit Malines. Et pourront aussi lesdiz de Bruxelles Q-xvQ.oal'k\z\ laditte 
Rivière mener et faire mener sel et poisson et avenue, sans estre tenuz 
estapeler ne payer aucuns Drois a nostre ditte ville de Malines. Compen- 
sant tous despens et pour cause. En tesm.oing de ce, Nous avons fait 
mectre nostre grand sceaul à ces présentes. Donne en nostre ville de Gand 
le septième jour du mois de juing, l'an de grâce mil cinq cens trente et 
ung. Et de noz règnes, assavoir du sainct empire le second et des 
Espaignes et autres le sezieme. 

Par lempereur et roy (s) A. Perremy. 

Le procès, commencé en 1431 se terminait en 1531. Il avait 
fallu un siècle pour décider cette grave question. 

H. CONINCKX. 



S. A. M. 20 



3IO 



RELATION DE L'ÉMEUTE DE 1467, 
extraite de la Chronique manuscrite de Henri Coelput. 



TUMULTUS MECHLINMi EXCITATUS 1467. 

In juHo 1 467 was hinnen Mechelen seer grooten oploop van de 
gemei/nte om de dry werven, ivant daar was onder de gemeynte 
een groote opspraecke dat de wethouders van Mechelen dye ver- 
coghi hadden, te weten de stadt van Antwerpen, de vischwerff 
met de haverwerff, en de stadl van Brussel de sautwerff. Hier 
van wert heticlît Jan van Miiysen alsdoen schoutelh van M... 
desenliadt soo groote authority t, hinnen M... dat hy jaerlyckoc de 
wet veranderde naer zynder heliefte aff ende aensiellende dye hy 
witde sonder iemanls contradicte. Noch was er eenen anderen, ge- 
naemt Papegaeys, dyewas altyt renlmeester oft scepene van het 
brouwers amhacht, desen hadden geseyt dat de bergers van M... 
wet te weldich waren, ende dat men hen hier soude moeten brou- 
zoen op de vlaschbollen, noch soude men hun eyeren moeten in de 
panne slaen, soo en soude daer geene quaede kieckenen aftkomen. 

Daer was noch eenen anderen, genaemt M'' Jan Leens, die oock 
wonderlycke dinghen geseyt hadde de Gemeynte seer verachlende, 
ende hier om worden dise dry personen voors. seer veracht ende 
vers77iaedt, oock seer gehaedt van de gemeynte van M... Tôt dese 
dry huysen liep aile de gemeynte als raesende^ oploopende de 
huysen ende in stuck brekende al wat sy daer vonden, ende 
uytkom'mende vraegden sy de gemeynten dye hen iegen quaemen 
daer sy eenechsints aen twyffelden : m.et wy tvilt dij wesen, mette 
heeren off mette gemeynte, maer den roep Hep met de gemeynte. 

Dit geschiede op eenen saterdagh omirent elfuren, ende men 
klipte de clocke op dat de gemeynte hun in de ivapenen gereet 
maeken soude, ende terstond soo syn naer Heffen geloopen een 
deel jongens endehebben daer twee schepen gevonden gelaeden met 
haever en met saut, de welcke twee schepen de heeren van Meche- 
len wilden laeien passeeren, maer tegens de heeren danck ivorden 
dese twee schepen hinnen Mechelen gehrocht, achter een huis ge- 

* Né à Malines, le i8 décembre 1606. (Reg. de baptême de N. Dame, fol. 108.) 
Décédé à Malines, le 6 juin 1669. (Reg. de décès de St-Rombaut, fol. 253). 



- 3" - 

7iaemt de Sterre, gestaen aen de groot hrugge, ende elck schip 
doornaegelt met eenen grooien houtenpyle tôt in den grondt. 

De wethouders siende desen grooien nioet iville syn vervaert ge- 
weest ende hebben al heymelyk de vliicht genomen ende hen yer- 
horgen gehouden, tôt dat de hitte ende rasernye een wynig geces- 
seeri waere. 

A Is nu de gesivoorne van de ambachten vernaemen de vtuchte 
van de wethouderen, hebben elck op haer ambachts caemer vergae- 
dert geweest, ende aldaer oniboeden hun lieden en supposten, dye 
daer gekojnen, syn seer gestoort aengesien dat sy gevonden had- 
den ten huysen van den voors. schouteth een tonne vol minckijsers 
(wolfijsers, moorddagige ijzers, om iemand te vermincken). 
Kilianus. 

Om deser saecke wille is de rasey^nye,van de gemeynte noch veel 
meerdere geweest ende hebben voor hun genomen aile de wethou- 
ders doot te smyten, maer de voors. geswoorne hebben hun ail le 
saemen bevolen op groote correctie niemant doot te smyteii noch 
ook eenige heeren huysen le pilleren. 

De gesivoornen hebben de wethouderen aile doen soeken, ende 
als sy gevonden waeren, deden hun lieden komen op het stad- 
huis, ende als aile de heeren in te saemen icaeren, hebben aile de 
geswoorne van de ambachten, groot en klein begeert, dat de 
heeren aile de privilegieti van de stadt souden i^oorlesen, d' welck 
aldus geschiede, ende daer wordt bevonden dat ter veel qualyck 
geobserveert worden, d'eersle dat onen de twelf schepenen kiesen 
soude, de eersie sessen soude wesen van de wijste en voorsighligste 
Heeren van de Poorlerije, de sessen andere schepenen souden 
wesen gecosen van de alderwijsfe mannen poorters van wat aTu- 
hachi die ook waeren, 't sy groot oft kleyn, geen uyt gesondert. 

Dese pointen syn de heeren voorgehouden geiveest, d' welcke sy 
geconsenteeyH hebben, dat siUckx voortaen soude onderhouden 
worden, ende hebben al te samen malkanderen vergeven daller 
geschiet was "inetter monde maer hael ende nydt gedraegen in 
Hherte. 

Als nu desen valschen peys gemaekt was, syn de wethouders 
van Mechelen naer hertoch Carel gerijst ende hebben groote 
clachte gedaen niet alleen over de geswoorne maer ook over de 
geheele gemeynte, en hebben aen den hertog vertoont de groote 
injurien, force ende gewelkt hun lieden gedaen, soo wel by de 
geswoorne van de ambachten als by de gemeynte, 7 selve onet 
leugens loel stofferende. 



— 312 — 

Als hertog Carel dat versiaen heefi, is seer toornigh, ende synen 
%cegli nemende naer de stadl Vilvoorde, heeft aldaer ontboden de 
geswoorne van de ambachle, ende cdsoo geringe. Als de geswoorne 
dat versiaen hadden, soo hebben se tersiont dese boolschap gedaen 
aen de heeren van de wet van M... de welke met een gevijns hert 
hebben gesproken : Gij goede mannen ende Borgers 7 samen, wy 
en raeden u niet le comen in de tegenwoordighydt van den hertog 
Carel, gy kent wel hoe haestig liy is, het soude u niet wel bekomen, 
wy hebben gisieren by hem geweest, ende wy loaeren blyde dat wy 
van hem waeren, ende met sulcke is de gemeynle gepaayt geweest^ 
ende sy en syn by hertoch Carel niet gecomen. 

Als de hertog h Carel verstont dat het verloren aerbeyt was 
langer naar de geswoornen te verbeyden, heeft voor hem. genomen 
naer M... te ko m en om te sien de aventure dye Godt den Heere 
hem geven soude. 

Le wethoudei^s van M.., dit vérnomen hebbende, syn terstonts 
gereist naer herlogh Carel, hem biedende ende seer ontraedende 
syn lyff soo niet te aventuren binnen M...want de gemeyyite hadde 
in aile ivycken ende op aile lioucken van de straeten soo veel 
geschut gestelt om herHogh Carel met syn volck te doorschieten^ 
dat het onmogelyk icaere de doot te ontgaen, ende hier mede is 
hertogh Carel al nog lot Vilvoorde gebleven. Ten derde werff oni- 
boot heriogh Carel de geswoorne dat sy by hem souden komen, 
ende 'mede brenghen de sleutels van de stadt oft hy wilde selfs 
met gewelt comen haelen^ 7naer als vooren de ivethouders ont- 
raeden hen lieden noch veel meer dat sy te voren gedaen hadden. 

De geswoorne van de ambachten hcgonsten te murmureren 
tegen de heeren, onder malcaoïderen seggcnde dat het hun seer 
verwonderde dat hertogh Carel hen lieden in dry rysen ontboden 
hadde, ende dat iiun de wethouderen altyt van ander advies 
loaeren. Soo hebben sy te saemen gesloten dat sy het sullen avon- 
turen met de sleutels by herlogh Carel te comen, ende ootmoet ver- 
soecken ende hem de sleutels te presenieeren om te comen naer de 
stadt van M... ende met deselve te doen synen willen, ende syn 
alsoo \ot Vilvoorden gecomen by hertogh Carel. 

De geswsor'tie comende by hertogh Carel hebben te saemen hem 
te voet gevallen hem, gevende de sleutels van de stadt M... ende 
begonste haer onlschult te doen, maer hertogh Carel gafhun lieden 
klyn audientie, want sy te seer vermaeckt waeren van de wethou- 
deren, met groote leugenen ende met een goede handspennik cre- 
gen, niettemin hertogh Carel aenverde de sleutels van de stede van 
M... hen gebiedende dat sy naer huis treden souden. 



— 313 — 

Den 28 dagh augusii 1467 , dede hertogh Carel syrien intre bin- 
nen M... met gewaepcnder handt, mede brengende vêle ruyters en 
voeiknechien m meyninghe van de slaat heel te destrueeren ende 
te niet te doen, dit hebben versfaen de oude cleerverkoopers soo 
van Brussel aïs van Vilvoorde, zyn hertogh Carel van achter naer 
gevolgt met wagens, peerden ende groote sakken om te packkeu 
het goedl van de Mecheleers. dwelck zy wel meynden dat ailes ver- 
heurt was, maer desen aenslagh ivisten de gemeyne borgers niet, 
dan alleenlyk de wethouderen. 

Als hei^togh Carel binnen M... loas ginck hy recht zitten op de 
veemerkt aen 't bisschops hoff om een iegelyck te aenhooren ende 
alsdan dede hy comen aile de gesivooy^ne von de ambachten lot 
haer verantwoorde. 

De wethouderen van M... dit verstaende hebben dese geswoorne 
seer ontraeden van daer te cornpareeren by hertogh Carel, die 
alsoo achter bleven. 

Dit siende hertogh Carel heeft met eenen grammen moet voor 
hem doen bretighen de privilegien der stadt van M... ende ter stont 
synder gecomen acht manspersonen van de gemeynte brengende 
aile de privilegien en de begonsten seer outmoedelyck te spreeken, 
'maer hertogh Carel heeft hun lieden geen gehoor gegeven. 

Om dese saecke waeren de wethouders seer verblydt en hebben 
aen hertogh Carel nog meer valscheyt gesegd begeerende aen her- 
togh Carel dat me7i de gemeynte te niet souden doen opdal hunne 
boederye ende leugens bedekt souden blyven, hertogh Carel heeft 
terstondt bevolendatnien voor den beyaart een schavot of t stelagie 
soude rnaeken, om aldaer te doen onthalsen aile de geswoorne 
vande ambachten. 

Dese tirannie ende boosen raedt mishaegde seer de edelen ende 
Raedt van hertogh Carel die wel waren geinfformeert en hun 
lieden herberghe, van de groote onredelykheidl van de loethoude- 
ren aen de gemeytite gedaen, by haer lieden wethouderen, ende 
principaelyck by hun lieden Schouteth Jan van Muysen ende heb- 
ben hier oft de saecken den hertogh te kennen gegeven ende hier 
mede werdt desen raedt verandert. 

Nochtans niet tegensfaende soo worden dry manspersonen van 
de gemeynte op het schavot gebracht, die den oploop eerst begonst 
hadden, ende waeren aile dry de oogen verbonden om te onthalsen, 
maerwierden nogh by edeldom van hertogh Carel verbeden. 

Als nu dese dry 7nannen hun lyff versekert waeren, soo heeft 
hertoch Carel een vonnisse laeten uitgaen, by welk vonnisse ver- 
claert werde, dat aile die geswoorne van de arnbachten behalvens 



— 314 - 

seven klyne amhachten gebannen waren uil aile landen van her- 
togh Caret ende moeien het land ruymen binnen sesse naelsco- 
mende daeg/ien op haeren hais, en hel getal der gcswoorne toas 
188 mannen. 

De Prinsen ende Edelen van herlogh Carel liadden medelyden 
met de voors. geswoornen, want sy saeghen dat het allen mannen 
van eeren waren, hehben hen lieden geraeden dat sy van malkan- 
deren niet en souden schyden, maer dat sy trehken soude naer 
Bommele en Gelderlandt, ende sy hoopien dese saccke noch soo te 
ontdekken voor hertogh Carel, dat de sentencie van hun in corten 
tydt soude te niet loesen ende loederroepen werdt. 

Den 1 dach september uit voors. jaer trokken dese 188 geswoorne 
van de ambachten naer Bommel en Gelderlandt ende de prinsen 
van hertogh Carel ende syrien raedt hebben sulcken inform,atien 
gehouden op dese gesivoorne dat den ban wordt wederroepen ende 
syn weder naer Mechelen ontboden geweest. 

In Hselvejaer op aider hyligen avendt daer naer quaemen dese 
gebannen voor Mechelen weder naer de stadt ende loierden by de 
gemeynte onet groote hlydschap uitgehaelt ende elck arnbacht 
betaelde aile de co-Hen ende verleth dat haer lieden geswoorne ver- 
teert hadden soo dat de gebannen in geene costen en vielen, maer 
wierdenalle gedefrayeert. 

Om loelche tumulte ende desordre te appaiseren hebben die van 
de stadt ende gemeynte moeten geven aen de voors. hertogh Carel 
dertich duysent guldens te betaelen, in sesse payementen door aile 
hetwelck de stadt van M... werd zoo geldeloos dat door het ver- 
soeck vande heeren veele ambachten haere renten silver en som- 
onige erven verkochten om dese penningen te fournir en, onder 
welke was het arnbacht oft neringhe vande haï, vercoght eenpondt 
oudts die sy hadden op die stadt, noch tivee dosynen schaelen, 
ende gaeven de stadt over de cruydthalle doe men speceryen in 
vercoghte op condilie dat aile de cremers wesende in de neringhe 
van de halle souden vry ende exempt loesen van aile accysen ten 
eeuwigen daegen, insgelycks deden noch meer ambachten, als ook 
de bontwerkers . 

Als hertogh Carel vernomen hadt, dat de wethouderen met de 
gemeynte van Mechelen H samen veraccordeert ende over een 
gekomen ivaeren, heeft hem terstond loeder om hare privilegien 
gegeven die sy hem in handen hadden gelaeten, ende heeft haar 
nogh veel andere ende stercker privilegien verleenende ook gese- 
gelt, dan sy te vooren hadden. 

Den 16 october 1467 heeft Carel hertogh van Bourgondie ten 



— 315 — 

versoecke van die van M... eene gratie ende pardon aen aile de 
gène die oorsaecke syn gewecsi aan de vooors. commotie, uytge- 
nomen eenighe, die hy uitspreeckt in 'tvoors. pardon, gelyk hier 
voorder is blyckende uyt de brieven, in het fransch, daer over bin- 
nen de stadl Loven gedepecheert, gelyck hier naer van woorde te 
ivoorden syn volgende : 

16 ociob. 1467. Charles, par la grâce de Dieu, duc de Bourgoigne, 
de Luthier, de Brabant, de Limbourg, de Luxembourg, comte 
de Flandres, d'AîHhois de Bourgoigne, Palatin de Haynau de 
Hollande de Zeelant et de JSamur, marquis du St empire Seig"" 
de Frise de Salms et de Matines. 

Scavoir faisons à tous présens et avenir que comme puis nagaires ceux 
de ma ville de Malinnes, tant aucuns des mestiers comme autres habitans 
en icelle n""» ville se soyent mis tous en armes par manière de commo- 
tion, et de leure volonté indue ayent procédé par voye de fait, comme 
d'avoir abatu et demoly maisons, icelles pillées, dérobées, d'avoir fait 
ediz, ordonnances et statuts et plusieurs autres volontaires et déraison- 
nables, gardés l'entrée d'icelle ti^^ ville au contempt et vilipendance de 
nous, et de justice, et entreprennant allencontre de nos droits hauteux 
attrait en cause et procès les dits de Malinnes par deuant nous, et ai 
contendu allencontre d'eux, faisant les conclusions tant en matière crimi- 
nelle que civile, et lesquelles sont bien au long contenues, et déclaré au 
procès sur ce fait, et lesquels de Malinnes considérants qu'ils avaient si 
grandement mépris et offensé envers nous, que no"^" grâce et miséricorde 
leurs était nécessaire, nous firent humble supplication et req'e que n'* 
plaisir fut vouloir faire cesser le procès rigoureux allencontre d'eux, et les 
recevoir a eux submettre à nous et a n''^ jugement, et ordonner entière- 
ment de tout ce qu'ils avoient mespris et offensé envers nous et justice en 
faisant la d'^ commotion et ce qui sen est ensuivy. La quelle chose leurs 
-ayant accordé et octroyé et après que avons esté informé de la vérité des 
choses dessusdites, et par grand avis et délibération bien meure de conseil 
ayons par n'''= sentence et jugement, et par grande et meure délibération 
de conseil banni a toujours et perpétuellement hors de tous nos pays et 
seigries plusieurs des dits de Malinnes, au nombre de environ huict vingt 
comme coupables et charges de la d*« comnation, et il soit ainsy que ceux 
de la loy par nous ordonné en n^« ditte ville et autres notables dicelles 
non bannis, nous ayent plusieurs fois très humblement remontrés qu'a 
l'occasion du ban n--^ d^^ ville, est dépopulée, non pas seulement parceque 
les dits bannis se sont partis d'icelle mais parceque plusieurs autres leurs 
amis et serviteurs s'en départent journellement, tellem'' que à cette occa- 



— 3i6 — 

sion elle est en voye de venir en mendicité, et cheoir en ruine, si de 
n''^ grâce ny est pourvue et remédié ; en nous requérant et suppliant en 
toute humilité, que pour honneur et révérence de Dieu n'"" créateur, et 
afin de préserver nos bons vrays et obéissants sujets n'" plaisir soit leur 
extendre et élargir n'" ditte grâce, en rappelant le ban, et en abolissant 
et pardonnant audits bannis ce qu'ils ont mépris et oftencé envers nous et 
justice a l'occasion des choses dessus dittes et sur ce leur octroyer et 
faire expédier nos lettres patentes en tel cas pertinentes. Pour ce est-il que 
nous ces cho.'^es considérées, et sur d'icelles eu bon avis et meure délibéra- 
tion de conseil, voulans préserver n''^ ditte ville de la ruine et désertion 
dessus ditte, et en cette partie préférer miséricorde à rigueur de justice, 
inclinant aussi a la dite suppUcation, et moiennant certains conditions 
spécifiées et déclarées en nos autres lettres patentes de la date de celles 
octroyées aux dicts de Malinnes, avons de n^'® certaine science et grâce 
espéciale quitté, remis et pardonné, quittons, remettons et pardonnons 
par ces présentes aux dicts bannis et' à chacun d'eux, exceptés ceux ci 
après nommés, tout ce qu'ils ont mespris, méfaits et offencé envers nous et 
justice à l'occasion des choses dessus dites et leurs dépendances, réservés 
et non compris ceux qui ont été ajournés devant nous pour les dits cas, 
et qui ne sont comparus, mais se sont absentez et aussi réservez tout ceux 
qui par avant le d' ban prononcé s'étoient absentés et rendus fugitifs. C'est 
a scavoir Jean de Voestere, Jean van den Heze, Hendrick van den Heze, 
Picter de Man, un nommé Truchir, Jacop Roevere, M''^ Jean de Scher- 
mere, Jean van der Vcken, Thys van Luevene, Jean van Schueren, Van 
Lijdekinden Schoenmaecker, Jean Slinrel, Rombaut van Eygene, et un 
nommé Hans Parmentier, qui demeuroit en la rue d'Adegem. Et en outre 
de n"^" plus ample grâce avons quitté remis, et rappelé, quittons, remettons 
et rappelons par ces dittes présentes le d* ban tel que par nous et par n''* 
ditte sentence a esté fait et préféré allencontre des dits de Malinnes et d'un 
chacun d'eux, hormis et non compris les susdits nommés lesquels voulons 
demeurer bannis et non jouir de notre présente grâce et rappel de ban, 
mais tous les autres avons quant a ce restitué et a leur bonne femme et 
renommée a nos dits pays et sg''^ et a n^^ ditte ville de Malinnes, et a 
leurs biens non confisqués la et ainsi qu'ils estoient paravant le d' ban et 
sur ce imposons silence perpétuel a Ure proc et a tous autres nos officiers 
quelconques, moyennant et parmy ce que les dits de la loy et corps 
d'icelle n'^« ditte ville, et habitants de Malinnes fourniront et accompliront 
le contenu en nos dittes autres lettres de la date du jourd'huy et ainsy^ 
qu'ils seront tenus de satisfaire et recompenser tous ceux et celles qui ont 
été intéressés et adomagés a la comnotion dessus ditte a l'arbitrage de n« 
dit très cher et féal Conseiller le seig"" de Gruse et de Hoedegrat, et de 



— 31? — 

nos amis et féaux les gens de n""^ grand Conseil estant les nous que com- 
mettons a ce. 

Si donnons en mandement a nos dits chancelier et gens de conseil qui 
appeliez ceux que seront a appeller, ils procèdent ou fassent procéder, bien 
et duement a la vérification et intérinnement de ces présentes et a l'arbi- 
trage des dits dommages et intérêts ainsy qu'il appartiendrat, et ce fait 
mandons en outre anos dits chancelier, gensde notre grand conseil et a tous 
nos autres justiciers et officiers de tous nos pays et seig'^'es et de n""^ ditte 
ville de Malinnes présens et a venir et à tous autres que ce peut et pourrait 
toucher et regarder, leurs lieutenants et achacun d'eux en droit soit et si 
comme a lui appartiendrait, que de n^» présente grâce et rappel de ban, 
fassent, souffrent et laissent les dits de Malinnes bannis, exceptés ceux que 
nous avons réservés comme dessus est dit, pleinement, paisiblement, et 
perpétuellement jouir et user, sans leur faire ou donner ne souffrir estre 
fait ou donné en corps ne en biens quelconques destourbiers ou empesche- 
ment au contraire, mais néantmoins si leur dit corps ou aucquins de leurs 
dits biens non confisqués estoient ensuit pour ce prins, saisez, arrestez, ou 
empeschez, les mettent ou fassent mettre incontinent et sans delay a pleine 
délivrance, car ainsy nous plait-il, et le voulons estre fait, et afin que ce 
fut chose ferme et estable a toujours nous avons fait mettre notre scel à ces 
présentes sauf en autres choses notre droit et l'autruy en touttes. donné en 
notre ville de Louvin le i6 jour d'octobre l'an de grâce 1467 (sur le pli 
était écrit : par monseig"^ le duc signé Molesmes et de l'autre côté, visa.) 

Sestienden october 1467. Carel Hertoch van Bourgognien 
heere van Mechelen etc. Naer het verclaeren van aile de particu- 
lariteyten van den lesten oploop ende tumulte hinnen Mechelen 
voorgevallen, maekf een Règlement over de regeeinnge die in het 
loekomende in deselve stadt M... mœt onderhoudenioorden, mede 
00k de boete van dertigh duisent guldens te betalen in sesse paye- 
menten, als blyckt by de selve brieven daer op in Vfransch gede- 
pescheert, gelyck de selve van woort tôt looordt hier naer volght. 

Charles par la grâce de Dieu duc de Bourgoingne de Lothier; de Bra- 
bant, de lembourg et de Luxembourg, comte de flandres, d'Artois, de 
Bourgoingne, Palatin de Haynau, de Hollande, de Zeelande et de Namur, 
marquis du saint empire seigneur de frise de Salins et de Malines. 

Savoir faisons a tous présents et avenir que comme nagaircs aucuns 
<iu mestier des navyeurs et austres en nostre ville de Malines soûls cou- 
leur de l'estaple qu'ils dient appartenir à nostre dicte ville, des Blez, 
avenues et sel passans par la rivière, et dont procès est pendant par 
devant nous entre eulx et ceulx de nostre ville de Bruxelles, de volonté 



- 3i8 - 

désordonnéz et au contempt de nous et dudit procès aj-ent a l'environ du 
villaige de Hcffen près nostre dicte ville prins de fait trois navires gisans 
sur la rivière de Ziniie chargiez et amplis de grains, lesquels navires 
estoient en chemin parvenir en nostre dicte ville de Bruxelles tant pour 
la provision de nostre hostel comme autrement, et combien que lesdits du 
mestier des navyeurs de Malines eussent fait promettre et jurer aux 
navyeur desdits navires, bourgeois de nostre dicte ville de Bruxelles de non 
eulx bourgier d'illec — toutes voijes iceulx de Malines de fait délibéré 
se ravisitent et en changeant leur propos prindrent de force iceulx navires 
et les amenèrent jusques dedans nostre dicte ville de Malines, maintenans 
qu'ils seroyent et demourrayent en possession et en la joiissance dudict 
estaple sans sur ce attendre nostre déclaration, ou le jugement dudict 
procès, a ceste cause les dits navyeurs de Malines attraycnt à leur volonté 
et entreprinse grant nombre de populaires d'icelle nostre ville de tous 
estas et rompirent et efforcèrent au fond de la dicte rivière lesdicts bateaux 
et grains et en continuant de mal en pis, se transportèrent en l'église de 
S' Rombaut de nostre ville de Malines, et illec sonnèrent la cloche de 
l'eftroy au son de laquelle cloche le peuple et communauté d'icelle nostre 
ville se assembla incontinent sur le marché, par manière de commocion, 
en grant nombre, arme et embastonné, et d'illec se transportèrent les 
aulcuns d'eux es maisons de Jehan de Musene nostre escoutette de Jehan 
Papegaij, et de maistre Jean Lyon, pensionnaire de nostre dicte ville, en 
intention, au cas qui les y eussent trouvez de les tuer et mettre à mort, et 
pour ce qu'ils ne les trouvèrent point ils rompirent et abatirent les huijs, 
verrières, portes et fenestres de leurs dictes maisons, en sondèrent et 
rompirent les lits, couvertures, sarges et autres meubles, prindrent aussi 
et emportèrent avec euh, or, argent, vaisselle et tous autres meubles et 
utencilz d'ostel qu'ils y scurent trouver. Et ce ainsi fait retournèrent 
devers les autres estans sur le dit marchié en armes, comme dict est. et 
illecques se travellèrent tous ensemble de faire et conclure plusieurs 
statuts et ordonnances et entre autres ordonnèrent que doresenavant, nul 
des dicts métiers ne pourroit estre echevin de nostre dicte ville au con- 
traire des certains privilèges octroyez a icelle par nos prédécesseurs, que 
Dieu absoille et oultre plus rappellèrent et mirent au néant l'élection déjà 
faitte de la loij lors prochaine avenir pour ceste année présente selon le 
teneur de leur dicts privilèges laquelle élection estoit desja lez nos mains, 
et se jugèrent de leur auctorité eulx estans en ladite comhocion de choisir, 
et nommer telz que bon leur semble pour estre en ladicte loy, et firent 
plusieurs autres ordonnances a leur voulonté, contre et au contempt et 
préjudice de notre hauteur et seigneurie et en telle manière se contindrent 
et gouvernèrent que par l'absence de nostre dict Escoutète, qui pour 
doubte de ces choses s'estoit retract devers nous il nous fut besoin de 



— 319 — 

commetre un autre escoutète audit Malines, auquel aussi ils n'ont esté 
obeissans, ains de rechief se sont par plusieurs fois assemblez en armes, 
pour obvier et contre estre a ce que nostredict escoutète ne autre de par 
nous ne procédait contre les malfaitteurs par appréhencion, detencion ou 
pugnicion. Et qui plus est ont prins par force devers eulx, et en leurs 
maisons les dicts du commun de nostre dicte villes clefs des portes d'icelle 
ville, tellement que nuls de nos subjets n'y povoyent entrer ne issir sinon 
a leur plaisir, et y laissoyent entrer, abs et venir devers eulx tous 
Bannits et gens fugitifs de nos pays pour eulx plus fortifier et mieux per- 
sévérer en leur ditte commocion. 

Et en continuant et persistant tousjours en leur mauvaise volonté et 
déliberacion, ont depuis prins et arresté en nostre dicte ville deux navires 
chargiés de grains appartenans a aucun bourgeois de nostre ville de Lou- 
vain sans les vouloir restituer, combien qu'ils en ayent esté requis. Et 
avec ce pour empeschier le passaige et le flotaige de tous autres navires 
chargiez et emplij de grain, sel ou poisson, ont fait tendre et mettre au 
travers de laditte rivière de la Zinne une chaîne de fer, en attemptant par 
voye de fait, contre certain appointement. préca fait touchant laditte 
chaîne par feu nostre très chier seigneur et Père, que Dieu absoille, con- 
tenant expressément que icelle chaîne seroit mise et tenue jus, jusques a 
ce que par nostre dit feu seigneur et Père, parties oyés autrement en 
seroit ordonné. Et lequel appointement avoit esté par nous continué a 
nostre joyeux avènement en nostre pays de Brabant. 

Et ja soit ce que eussions envoyé en nostre dicte ville de Malines, au- 
cuns de nostre conseil notables, et par eulx fait faire au peuple d'icelle 
plusieurs remontrances afin qu'ils se désistassent et déportassent des dittes 
commocions, assemblées et voyes de fait illicite, et aussi qu'ils voulois- 
sent restituer, réparer, et reintégrer ce que par eulx avoit ainsi esté in- 
dueuement prins, attemph, mis avant et esecouté, et a icelle fin leur ayons 
par nos dis conseilliers fait faire certains commandemens et deff'ences sur 
grosses paines espérons par tant les ramener et réduire à la voye de 
raison et justice, néantmoius toutes ces choses ny avoient pu profiter, 
ains estoyent demourés endurcis et obstinés de plus en plus en leur dicte 
commocion, tellement que la chose venue à la cognoissance de nostre Pro- 
cureur général, icellui nostre procureur eust attrait en cause et mis en 
procès lesdis de nostre ville de Malines par devant nous, et contendu tant 
à rencontre du corps et communaulté de nostre dicte ville ! comme d'au- 
cuns particuliers d'icelle en très grandes paines et amendes criminelles et 
civilles lesquelles sont bien au long déclarés au procès sur ce fait. Surquoy 
iceulx de Malines considerans leur grans mesprisures et offenses nous eus- 
sent en toute humilité fait supplier et requérir voulons faire cesser le pro- 
cès rigoureux ainsi commencé a l'encoutre d'eulx, et les recevoir a eulx 



— 320 — 

submettre entièrement a nous a nostre jugement et ordonnance de tout ce 
qu'ils avoyent et povoyent avois mespris, et oftencé envers nous, et justice, 
et faisant ladicte commocion et ce qui en est ensuy. La quelle chose nous 
les voulans réduire et traictier en dousceur,leur ayons accordé et octroyé, 
moyennant ce qu'ils nous délevré et mis en nos mains, toutes les lettres, 
Chartres, privilèges, franchises, et libertés du corps de nostre dicte ville 
et ainsi toutes les heures, statuts et ordonnances des métiers d'icelle, les- 
quelles au moyen de la conmocion dessus dicte, ils avoyent et ont pour 
faittes entièrement, et de tout se sont raportés sans excepcion ou condi- 
cion quelconque a nostre jugement et ordonnance. Pour ce est il que nous 
les choses dessus dictes considérées et suricelles eu grant advis et meur de- 
liberacion de conseil, ausdits de Malines, en préférant grâce et miséricorde 
a rigueur de justice, attendu la grande humilité en laquelle ils se sont 
unis et rendus envers nous, avons quitté remis et pardonné et aboly et de 
nostre certaine science, grâce spéciale auctorité et plaine puissance, quit- 
tons, remettons pardonnons et abolissons par ces présentes tout ce que 
par commocion, dont dessus est faite mencion a l'occasion et par les cir- 
•constances d'icelles, ilz et chacun d'eulx ont et peuvent avoir mespris, 
offensé et délinqué envers nous et justice en quelque manière que ce soit, 
en mettant à néant ledit procès commencé à l'encontre d'eulx, avec tout ce 
qui s'en est ensuivy, et sur ce imposons silence perpétuel a nostre dict 
procureur gênerai, et a tous autres nos officiers quelconques pourvus 
toutes voys que iceulx de Malines seront tenus satisfaire, reparer et amen- 
der civillement ausdits Jehan de Musen nostre escoutete, Jehan Papegay, 
maistre Jehan Léon et autres parties intéressées premièrement et avant 
toute œuvres les pertes donmaiges et intérestz, qu'ils et chacun d'eulx ont 
eu et soutenu par ce que cy dessus est déclairé a l'ordonnance arbitraige et 
jugement de nous ou de nos très chiers et feaulx chancelier et gens de 
nostre grant conseil, estans lez nous que conmettons a ce et de nostre 
plus ample grâce leurs avons restitué et rendu, restituons et rendons par 
•ces meisme présentes tous leurs ditz privilèges, droits, franchises, libertez 
heures statuts et ordonnances pour en joyr et user doresenavant soubs les 
conditions et rhodifications cy après déclairées et sauf les points et articles 
cydessoubz touchiez, au regart des quelz avons corrigé, amendé, et dé- 
clairé, corrigeons, amendons et déclairons leurs ditz privilèges, franchises 
et la forme et manière qui s'ensuit. C'est a scavoir touchant le renouvelle- 
ment de la loy de notre ditte ville de Malines, que icelle loy sera dorese- 
navant le lundy après la mi-août refaitte et renouveliez par nous ou par 
nos commis, lesquelz choisiront, et éliront de par nous deux commune- 
raaistres et sept eschevins pour estre en ladicte loy. Lesquels deux commu- 
nemaistre et sept eschevins seront présentez a notre escoutete du dit 
Malines, qui recevra d'eulx au nom de nous, le serment à ce pertinent. 



— 321 — 

Nonobstant certains prévillcges que les ditz de Aklines avoyent pour le 
renouvellement de ladicte loy lesquels previlléges nous avons quant a ce 
aboliz, abolissons et mettons au néant. 

Item et quant à la manière qui sera doresenavant tenuz entait des Bannis- 
sements en nostre ditte ville, nous ordonnons que lesdicts de la loy ne 
pourrons procéder à faire aucuns Banissement sans la présence de nostre 
dicte escoutete, et qu'il ne saiche la cause du dit Ban, soit que lesditz de la 
loy veuillent procéder par informacions secrètes ; franches, ventez ou au- 
trement nonobstant privilège, coustume ou usage au contraire. Et quant 
nostre dict escoutete aura sceu lesdites informacions secrètes, il ne les 
pourra ne devra revelerne manifester à partie, ne aussi faire traictie ou 
composicion pour empescher justice, mais sera tenu de requérir le jugement 
de la loy tel qu'il appartiendra, saulf toujours à nous et à nos successeurs 
l'auctorité et povoir de faire et impartir nostre grâce à ceulx qui seront 
condempnez par les ditz de la loy se bon semble à nous ou à nos dictz 
successeurs. 

Item au regard de ceulx qui seront bannis avons déclairé et ordonné, 
déclairons et ordonnons que non obstants les dit previlléges d'icceulx de 
Malines, lesquels quant à ce point avons cassez et adnullez, cassons et 
adnullons entièrement, nous et nos dicts successeurs pourrons toutes et 
quantes fois qu'il nous plaira rapeller et remettre à nostre dicte ville, sans 
le consentement des dicts de Malines, toutes personnes qui en auront esté 
bannies par ceulx de la loy d'icelle, pour quelque cas que ce soit, et que 
les composicions qui viendront et seront receues à cause du rappel que 
ferons des ditz bannis à leur calenge de nostre dit Escoutete nous appar- 
tiendront seul et pour ce tout, et aussi nous appartiendront entièrement 
toutes confiscations et toutes amendes qui seront jugées et déclairées sans 
ce que les dits de Malines y puissent ou doyent aucune chose avoir ou 
demandez soubs couleur de leurs dites previlléges coustumes et usages, 
lesquelles quant à ce nous abolissons par la teneur de cestes, et au regard 
des composicions qui seront faites pour le rapel de ceulx qui auront esté 
-banniz par informacions secrètes, franches vérités ou soubmission, sans le 
calenge de nostre dit escoutete, les ditz de Malines y prendront la moitié 
tant seulement et nostre dit escoutete l'autre moitié a nostre prouffit. 

Item quant à ce que nostre dite ville a previllège que les sentences et 
jugemens de la loy d'icelles ne sont point refi'ormables, se ce n'est en cer- 
tains cas, nous avons ordonné et ordonnons pareillement que non obstant 
le dit previllège lequel touchant ce point, demoura du tout aboly, la dite 
loy sera et demourra reformahle, et appellable en tous cas, et pourront, les 
parties qui se sentiront grevées et intéressées par leurs sentences et juge- 
mens appeliez ou procéder par voye de reformacion par devant nous, et 
les gens de nostre grant conseil estans lez nous, devant lesquels ceulx de 



— 322 — 

la dite loy comparaîtront, et seront tenus de repondre et estrc à droit en 
cas d'appel et de refformacion, tout ainsi que les loix d'autres nos villes 
subjettes à appellacion et refformacion devant nous et nostre dit grand con- 
seil. 

Item touchant le recours du chicj de sois lequel les ditz de la loy 
povoyent par ci devant prendre à liège, avons semblablement ordonné et 
ordonnons qu'ilz seront tenus d'eulx traire a chief de sens en tout cas, 
dont ils ne scroyent saiges, par devant les ditz gens de nostre grand conseil, 
quant nous ou les ditz gens de nostre grant conseil serois en nos pays de 
Brabant, Flandres, Haynau, Artois, Boulenais, ou Namur, mais se nous 
ections hors d'iceulx Pays ils seront tenuz de prendre leur chief de sens 
devers ceulx de nostre conseil qui pour le temps scroicnt par nous ou nos 
successeurs ordonnez au gouvernement de la justice générale d'iceulx 
pays. 

Item sur ce que nostre dite ville a previllège que nul estrangier ne peut 
porter tésmoingnage à l'encontre d'un bourgeois d'icelle, nous en sur ce 
bon et meur advis avons déclairé et déclairons par ces dittes présentes, 
que nonobstant le dit prevelêge, qui en ce cas demeure et demourra per- 
pétuellement aboly toutes personnes dignes de foy seront doresenavent 
receues et admises à porter tesmoingnaige en tous cas criminelz et civilz 
sur et alencontre des Bourgeois de nostre ditte ville. 

Item touchant les keiires et ordonnances que les ditz de la loy de nostre 
ditte ville, en vertu desditz previlléges ont puissance de faire et les 
accroistre et diminuer à leur plaisir, avons aussi ordonné et ordonnons que 
nonobstant iceulx previlléges les dits de la loy ne pourront sans nostre 
Escoutéte au nom de nous faire Keures ou ordonnances quelles quelles 
soient, et que neantmoins les dits Keures et ordonnances seront revocables 
à nostre plaisir. 

Item pour ce que les ditz de nostre ville de Malines se sont par cy devant 
avancez au préjudice de nostre hauteur et seigneurie de commettre à leur 
plaisir les maires et praistres que gardent les prez et terres des bonnes 
gens es villaiges de Heffene, Leest, Hombeke, Musene, Hever et autres, 
assiz ou enclavez au terroir du dit Malines, soubz la jurisdiction de nostre 
ditte ville, nous avons ordonné et ordonnons que doresenavant les ditz 
Praistres ou maires ne pourront estre commiz et ordonnez sans le consen- 
tement de nostre dit Escoutéte ou bien de nous, lesquels praistres ou maires 
seront renouveliez chascun an par lesditz escoutéte et ceulx de la loy, et 
seront neantmoins par nous destituez quant bon nous semblera. 

Item sur ce que nostre dicte ville à prevellége que nul Bourgeois ne 
peut estre mené pour quelque délit que ce soit hors d'icelle ville, mais sera 
et demourra justiciable par devant la dite loy et non aillieurs, nous en 
corigeant et reftormant ledit prevellége quant à ce, avons déclairé et 



— 323 — 

ordonné declairons et ordonnons que se en nostre ditte ville avoit cy après 
aucun prisonnier détenu, pour cas de crime de lèse majesté ou autre 
énorme cas, pour lequel nostre plaisir fust d'avoir et prendre connois- 
sance de son délit, nous sans avoir regart audit prevelége, et non obstant 
icelui le pourrons faire prendre et amener hors de nostre dicte ville pour 
ly faire faire son procès, la ou ainsi qu'il nous plaira, sans ce que lesditz 
de la loy le puissent empeschier ne y contredire en aucune manière. Et 
outre plus se devant nous ou lesditz de nostre grant conseil estoit ques- 
tion d'aucun prisonnier qui aurait appelle de sa prinse ou détencion et avant 
que les ditz de la loy leussent condempné, veue sa confession, nous et les 
ditz de nostre conseil au moyen des dittes appellacionet refformacion pour- 
rons mander et faire prendre le dict prisonnier, se mestier est et la manière 
est a ce disposé, selon que verrons estre a faire pour raison. 

Item quant au previllège par lequel lesditz de nostre ville deMalines ont 
povoir et faculté de acroistre et diminuer les assiz d'icelle nostre ville a 
leur plaisir et volonté, nous pour certains consideracions a ce nous mon- 
dans, avons aboly et abolissons ledit previllège touchant ce point, et 
avons ordonné et ordonnons par ces dittes présentes que doresenavant 
iceulx de Malines ne pourront mettre sus, ceuillir, ne lever aucun assiz en 
nostre ditte ville, ne iceulx acroistre ou diminuer, se n'est pas le congié, 
octroy, et licence de nous, et de nos ditz successeurs dont ilz seront tenuz 
requerrir et obtenir noz lettres patentes en tel cas nécessaire ainsi et par 
la manière que font plusieurs autres noz villes en cas semblables et de ren- 
dre compte par devant noz cosmis de la recepte et despence des deniers 
qui viendront et isserontdesditz assiz et avec ce pourront desditz de nostre 
ville de Malines vendre doresenavant aucunes rentes viagères, ne autres 
sur le corps d'icelle nostre ville sans nostre octroy et consentement, dont 
il appere par nos lettres patentes, non obstant quelconque previllège ou 
usaige qu'ilz ayent ou contraire. 

Et au surplus touchant certains previllèges que lesditz de niestiers se 
dient avoir par lettres au contraire, nous avons declairé et déclairons que 
iceulx des mestiers joyssant de leurs ditz previllèges si et en tiint qu'ilz en 
ont deuement usé et tant qu'il nous plaira, en reservant à nous et à nos 
ditz successeurs seigneurs et dames de Malines de povoir rappeller, révo- 
quer ou modérer lesditz previllèges ou coustumes, toutes fois que bon 
nous senblera. 

Et moyennant nostre présente grâce, rémission et abolicion, seront 
iceulx de Malines tenuz de nous payer et payeront pour amende civile ou 
a nostre receveur général de toutes nos finances pour et au nom de nous, 
lequel sera tenu de faire recepte à nostre prouffit la somme de trente mille 
florins de Rin du pris de quarante gros de nostre monnaye de Flandres 
pièce, aux termes cy après dèclairez. C'est as savoir six mille florins au 



— 324 — 

terme de noël prochain venant, quatre mille au noêl prochain en suivant 
qui sera en l'an mil ccc soixante huict, quatre mil a l'autre noël après, et 
ainsi de noël en noël, et de terme en terme, jusques en fin de paye, dont le 
dernier terme et payement esscherra au nocl qui sera en l'an mil ccc 
soixante et treize. 

Et pour la seusle de tout le payement de la ditte somme de XXX m flo- 
rins seront iceulx de Malines tenuz de baillier et bailleront a nostre dit rece- 
veur général pour et au nom de nous leurs lettres obligatoires scellées du 
scel de nostre ditte ville, par lesquelles ilz obligeront le corps et commu- 
naulté en général, et tous les Bourgeois, mannans et habitans d'icelle en 
particulier, avec leurs biens quelconques, et chacun pour le tant au paye- 
ment et solucion d'icelle somme de XXX m florins du Rin et monnaye 
que dessus aux termes cy devant déclairez. 

Si donnons en mandement à nostre chancelier et gens de nostre grant 
conseil estant les nous,que appeliez ceulx qui seront à appeliez, et moyen- 
nant l'accomplissement des choses cy devant touchiés, ils procèdent bien et 
deuement à la verificacion et interinnement de ces présentes, à l'arbitrage, 
tranxacion, et jugement des reparacions, satisfacions et asmendes des par- 
ties blessées, et intéressées cy devant nommées, ainsi et par la manière 
qu'il appartiendra. A ce ait mandons en oultre à sceulx noz chancelier et 
gens de nostre grant conseil, à nostre dit Escoutete de Malines et à tous 
autres justiciers et officiers quelconques presens et à venir, leurs lieute- 
nants et chacun d'eulx en droit say, et si comme a lui appartiendra, que de 
nostre présente grâce, remission, abolicion et restitucion ilz facent, souf- 
frent et laissent lesditz de nostre ville de Malines et chacun d'eulx joyr et 
user plainement et paisiblement perpétuellement, et à tousjours sans leur 
faire mettre, ou donner ne souffrir estre fait, mis ou donné, ne à aucun 
d'eulx en corps, ou en biens, ores ne pour le temps à venir aucun destou- 
bier ou empeschement au contraire, mais en cas se leurs corps ou aucuns 
de leurs biens estoient, ou sont pour ce pris, saisiz, arrestez, ou empes- 
chiez, les mettent ou facent mettre sans délay à pleisne délivrance. Car 
ainsi nous plaist-il et afin que ce soit chose ferme et estable à tousjours, 
nous avons fait mettre nostre scel à ces présentes et aux semblables dou- 
bles. Sauf en autres choses nostre droit et Tautruy en toutes. Donné en 
nostre ville de Louvain le XVJ® jour d'octobre l'an de grâce mil cccc 
soixante sept. (Sur le pli etoit escrypt) par Monseigneur le duc. Signé 
Gros. 



è^ 



A PROPOS 



PEERKEN UIT 'T BOEKWEITSTROO 



A la fin de l'article ' que M. Notelteirs consacre au célèbre médi- 
castre Peerkea uit ' t Boekweitstroo, nous lisons avec quel- 
qu'etoniiement, les coaclusioas que notre honorable co.ifrère tire 
des documents qu'il vient d'anal3^ser. 

Quel que soit le s.yle déclamatoire de ^et acte d'accusation, il 
nous semble que les Lits im jutés à Peerkea n'en restent pas 
moins acquis, entiers et nombreux. 

Au commencement de sa notice, l'auteur lui-même, nous pré- 
SCiite Peerken uit 't Bœkweitstroo comme un empirique irai'ant ses 
malades aussi bien par des pra iqiws superstitieuses iinpressionna>it 
vivement la Joide ignorante et crédule que par une médication vague- 
ment scientifique. Et en termi.iant son article, le biographe de 
notre médecin malgré la Faculté, nous le représente comme une 
victime des jalouses manœuvres de praticiens dûment diplômés, 
mais dont la science se trouvait édipsée par celle de PeerKcn. 

Pourtant il est établi que le médicastre pratiqua l'art de guérir 
sans diplôme, brevet, ou autorisation que'conque, qu'il était 
récidiviste en la m itière, ayant eu, de ce chet et à différentes 
reprises, maille à partir avec la justice ; de plus qu'on a saisi chez 
lui, le 10 frimaire, des médicaments gâtés ou mal préparés et 



1 Voir pages 8i et suiv. 
S. A. M. 



21 



— 326 — 

inefficaces pour guérir aucune mk.L die. Enfin qu'il avait, au dire, 
de l'auteur lui-même, « la diphrable inanic de pirsiiadn' a ceux qui 
le consultaient lor'sqiit sa incd'cailon restait en difaid, qu'ils avaient 
été C objet d'îin nia'é/iCe qnelconqjte, en d'antres termes ^ qu'ils étaient 
touchés d'une mauvaise tni i i. » 

Ccite dernière accusation, d'apparence apsez anodine, était 
cependant la plis justificatrice de sa condamnation. En efifet, si 
ses prescrij/tions restaient souvent inefficaces, au moins, à notre 
connaissance, n'cccasionnèrent-elles pas m.ort d'homme. Il n'en 
fut malhcbreusement pas ainsi de ses accusations de sortilège. 
A ce sujet le document * que nous faisons su vre ici nous révèle 
un fait qui fera paraître la condamnation de Peerken bien insuf- 
fisa.ite, malgré l'article de M. Notelteirs. 

Fehruarij 1793 — DiJo vri/far/ lydnig dal ceirige boercn lot 
Meerbeech '^ een icaftsch<'/'se verbrand licbben, omdat zy haer 
be^c/i'fldigdeii een kind beloocerd te lublntii loanl clea boer van 
Bockwryt Sirooy, iussrhen Pasf>rvg en bel geJiugdi Julie die zig 
met genezingen en belezingea biinioyl, Jiad aen den vaer gezeyt 
dat uea zyn liind eene kivaede hdn.d liai gciccsl . en dal lut ieinund 
wa!< die duege^ycx in syn lini^- kumm De looL^ercsine vi'rbrand lot 
Mee'^bidie loas eene oude cromo die haeren Â-osl icon in de Pas- 
tory, waer zy klyn huy!<werk dede, den liof zvyrerde, de polagie 
pltfkte, enz Welhe ^'■rydiig mxer middag in lie! Lofzil ende, aen 
een kind dal met haere moeder voov liavr zat ev.n appel Ijen go f, 
hebbende zy vyt de PaHory eenige appe,en in haeren sak ye^tekim 
i'til V'i'oeg rnn den aoond wirdl d l liind zickdyk ivacr op de 
mueder seffens susptcie hr-eeg en bel zelre haeren. nian eenen lier- 
hergie»' genaeml Uandeicyn verleUle. In de zelve herberge znl den 
broeder van deztn Baud.evyn. (he syn rromv inl liinder'ied ge- 
storcen loas en d,e daarroer had eenen beweg gedaen, dezen dit 
gecal van dit hind verslaende, riep seffens vyi dal syn vrouw ook 



^ Ce document est extrait d'un manusrrit rep -sint aux Archives communales de 
Malines et intitulé : Oouijkr van MeJjditi, dur Schi liens. T'niey, pp. ^15 et 
suiv N us en devons la cjmmunicati )n à 1 obligeance de n tre c Uègue, M. C )r- 
demans. 

^ Al. N.Ttelteirs rapporte la légend * d'un fait du mcnie genre qui se serait passé 
à Keerbergen. S"il n'y pas là une erreur de lieu (Kecrbcrgen au lieu de Meerbeeck) 
ia culpabiliié de Peerken n'en est que plus grande. 



— 327 — 

wocfft betoorerd gewees;t hehben^ wer op sy om seren vren 
s'arnndf! befilote die oude vrouw le gac^i roepen om in de herberg 
te komen. welke eenen rok aern^chuddende met hua daer naer toe 
gin.']. Maer onderioeg<'n hoer dit vremd roorkomende, waerom 
sg haer nacr die herherge loilde doen koniea in de plaelR dal zy 
selfsbgh'ierzouden koniin, wij/gerde zi/ vooi'der te gaen, waer 
op zy haer in die hei berge geHen ri heb'ten, en ivaer seffensi een 
groot cimr aengenKwkf zyn:(e, zy h ler dwongeyi het kind te onloo- 
veren, en loal zy dwr leg 'ji bybrachl oft niet, wierpen haer 
op H rier, wner zy haer van ly l toi lyl vylroek "n en zoo hei kmd 
alty l het zelre bleef, liepen er eenige vaer haere wooningen om 
allés te dooi'zoeken, en d'iar de owzaeke der betoocering le vin- 
den, en Irokhen eiadelyk uyl een k si een zyde spek, waer in zy 
hvn lielen voor^laen de loorerey le schuylen. waer op zy dot zefve 
spek met haer in H oniir icirpen, tcaer in dal ongebikkig slagloffer 
van de FaimH^nne om elfuren suachs deti geesl gaf. 

De pasloor die onderluss'chen aldaer was gekomen, en hun ver- 
zekerde dal die o>ide rrouw een eer/yk mensch loas, moest weg- 
vli'gten. 

De pareils faits méritent-ils une rép-ession sévèra ? Q land un 
empirique voyant sa réputation d'infaillible guérisseur atteinte, 
n'hésite pas à axuser une i.mo'^e ite vieille femme de maléfices — 
accusatioa qui cause la mort de celle-ci, après les plus horribles 
souffrances — m:rite-il de rester impini ? Doit-on s'étonner que 
les hommes de l'art se soient récriés contre ces abus inqualifiables 
provoqués par un charlatan ? Loin de croire à un esprit systé- 
matique de la part de la fa.'îulté, ne serait-on pas en droit de dire 
que ces hommes ont agi sous l'impulsio i d'un sentiment de répro- 
b-ttion bicii légitime et général à tout le monde. Comment établir 
la su :)érionté des co. i. laissa ices scientifiques que M. Notelteirs 
attribue gratuitement à Peer^en uit 't Boekweitstroo, Sa réputa- 
tion éclipsait peut-être bien celle de plusieurs médecins pa'entés de cette- 
époque, soit, mais au prix de quels procédés se l'était-il acquise. 
Des hommes comme J.-B. JoTroy et J. Ignace Le Clercq, tous 
d2ux membres de la commission de santé de l'arrondissement de 
Malines et appelés à titre d'experts par le tribunal, ne devaient 
souïrir en rien de l'éclat de la renommée de Peerken. Est-ce le 
manuscrit dont nous parle l'autear, qui justifie, aux yeux de 



- 3^8 - 

celui-ci, l'auréole de science dont il pare généreusement le 
iiîédicastre. Nous ignorons l'existence de ce recueil, mais nous 
sommes portés à croire que le médi':^astre ayant puisé ses con- 
naissances, comme M. Noielteirs nous le dit du reste, dans les 
écrits aiiciens et contemporains, il n'ait fait que rassembler des 
faits connus. 

La médecine ne fit, en effet, de réels progrès que dans la 
seconde moitié du xvui'^ siècle. Mais alors, cependant, on n'en était 
déjà plus, à emplo3'er des médicaments gâtés et inefficaces à 
guérir aucune maladie. Kt l'aflcction dont le traitement fit la 
réputation du médicastre était bien connue à cette époque. 

Des épidémies de dyssenterie avaient déjà sévi à Bruxelles en 
1739 et 1740 ; une autre, plus meunrière encore, en 1779, fit de 
nombreuses victimes, non seulement à Bruxelles, mais dans le 
Hainaut, où Eloy, un savant, l'observa et en laissa une étude 
encore très estimée. A Bruxelles, ce fut une illustration médicale 
d'origine malinoise, J -C. Jacobs, qui l'observa de 1776 à 1783 et 
nous en a laissé deux excellentes dtscriptioxis, doimant le traite- 
ment de la maladie, basés sur des faits scientifiques et sur l'expé- 
rience. A Anvers, c'était Van Elsacker. Dans les Flandres, où le 
fléau exerça ses ravages pendant douze ans, la maladie fut l'objet 
des études de P.-J. Van Baveghem. En 1794, encore dans les 
Flandres, Van Dorpe nous laisse ses observations. Enfin, citons 
pour mémoire les noms d'autres i.lustrations, tels que Cullen 
S3^denh.im, StoU, Ha 1er, Tissot, Zimmerman, Sauvages, qui s'en 
occupèrent à cette époque. 

Ce n'est donc pas notre médicastre Peerken uit 't Boekweitstroo 
qui a découvert le traiteme.it rationnel de la dj ssenterie, et moins 
encore pour les autres affe tions dont il s'est occupé que pour 
celle-ci, contribua-t-il au progrès de la médecine. Sa réputation 
avait d'autres sources que la science, et les médecins contempo- 
rains, formés par les savants de cette époque, n'auront pas eu à 
envier sa gloire frelatée et d'un genre spécial qui, comme aujour- 
d'hui encore, du reste, s'acquiert à coups de grosse caisse et de 
■am-tam. 

A notre avis donc, Peerken uit 't Boekweitstroo n'a droit à 
:.ucun éloge, aucune gratitude ; bien plus, il nous paraît impos- 
sible d'excuser les maux qu'il fit ou qu'il provoqua. Sa condam- 
nation dès lors, doit être considérée comme juste et modérée. 

D'^ G. Van Doorslaer. 




MÉLANGES 



Baptême de Juifs convertis, 1406. 

Dans son très curieux ouvrage : Noies el dociimoits sur les Juifs eu Belgique 
sous l' au ci m régime, notre savant collègue, M. Ojverleaux, parle (p. 92) de 
baptêmes de Jui's à Li'ge et à Bruxiiles, en 1573 et 1722, Il publie à ce 
sujet d'intéressants extraits de registres qu montrent l'importance que l'on 
attachait à ces conversions, à cause de la rareté du tait. A titre de rensei- 
gn m nt documentaire, nous faisrns suivre ici un extrait d.-s comptes de la 
ville de Malines de 1405-1406. Il nous apprend que la ville dépensa cette 
année une somme de VI livres \'III deniers à acheter des vêtements, du 
linge, des chaussures, etc., donnés le jour de leur baptême à des juives se 
converti sant au christianisme, avec leurs enfants. 

Combles delariHe, registre n" 1073. Aimées 1^05-1406. Folio 2^'). 

Vutgegheven der Jjdinnen met haren kinJeren die gedoept waren te 
Sinte Peters van h ren rocken, onJer en bovcn, van lynwade, van causen, 
€U van schoenen ende van capuynen, conit al op XXX s. II d. gr°, vlenis... 
al VI 1. VlIId. 

H. C. 



Us et Coutumes. 

Il nous parait intéressant de relever l'origine des traditions, usages et 
coutumes, qui nous ont été légués par nos ancêtres. 

Une note trouvée dans un auteur ancien, nous a permis de rattacher un 
usage encore observé de nos jours, à un tait qui s'est passé à une époque 
bien reculée. 

Annuellement, au premier dimanche du mois de juillet, jour auquel on 



- 330 — 

célèbre lu solennité de saint Ronibaut, patron de Milincs, la châsse conte- 
nant ses reliques est portée en procession p ir k-s rues de la ville. 

Les membres des corporations et des gildes, se relevaient dans l'office 
de porter ces reliques. Aujourd'hui cette fonction est remplie par les 
patrons des dift'ére'.its métiers, qui travaillent pour le compte de la ville 
Qladsinecstcs), aidés par les membres des trois seul:s corporations restées 
organisées : les Ja diiu'jrs, les Porte-faix et les Bivuctleiirs. Une autre proces- 
sion dans laquelle figurait la chasse renfermant les reliques du saint, fut 
promenl-e avec la même solennité à travers les rues de la ville jusqu'à la 
fin du XV. ii*^ siéch. 

L'origine de celte procession remonte à l'an 1302. En cette annl-e, la 
ville assiégée par l'armje du duc J^ui II étiit menacée de la famine. Pour 
y échapper, la population décida de tenter un dernier efl:ort C'était le jour 
du Jjudi-Saint. On apporta au milieu de la grand'Placc, la châsse de saint 
Rombaut, et après avoir imploré publiquement l'assistance de Dieu et du 
saint, les habitants de la ville, en groupes nombreux, sortirent précipi- 
tamment de la ville par la porte de Bruxelles, et tombèrent avec rage sur 
les assiégeants. Ceux-ci dispersés, surpris, prirent la fuite, et les M.ili- 
nois rentrèrent triomphants en ville, amenant butins et vivres. Ce fut 
pour la population un vrai jour de fête. O 1 porta les reliques de saint 
Rombaut autour de l'enceinte de la ville, et il fut décidé q l'annuellement 
à pareil jour ', on ferait une procession solennelle, pour perpétuer le sou- 
venir de la victoire. 

Cette procession se fit régulièrement chaque année jusqu'en 1483, 
lorsqu'un incident donna lieu à l'institution d'une pratique encore en usage 
aujourd'hui. 

Au cours de la procession, la châsse de saint Rjmbaut fit une chute. On 
attribua lu cause de l'accident au manque de forces des porteurs qui, paraît- 
il, étaient encore à jeun. Il fut décidé alors que les membres de coiporations 
désignés pour porter les rel.ques seraient nourris avant la sortie de la pro- 
cession. 

Voici la note que Remmarus Valerius donne à ce sujet : 

1483. I; sinle RcnhoiUs ka>^eoul -eut dm iVAUniij'en g'-vdlcn, soo die in dm 
Paes-lydt ivierdt oingcdiagen dit geschiide oin dnt d: D n^ghcrs kmchteloos waereit; 
waiit sy uiet ontbelen m hadden . Als dan ivierdt by bel magistmd geordonneert, dat 
de ambachten mn hnnnc g'sdlen die by keere di kasse moeden draeghen des s"" mor' 
gens den ontbeyt sauden geven^ al eer sy onderde kasse mocblen konien. 

1 Ce j ^ur subit plusieurs m nlificati ins, aj lurnée peu de temps après au Quatrième 
j-^ur de Pâques, .1 fut dé:idé en 1757 de faire la pr xess ^n au tr nsième dimanche 
après Pâques. Actuellement elle se fait encore en ce jjur, à l'inlérieur de l'église 
Saint-Rombaut. 



— 331 - 

A partir de ce jour cette ordonnance a été strictement observée, et voilà 
pourquoi encore aujourd'hui, on sert dans un des locaux des Halles, un 
réconfortant repas, aux patrons des métiers et aux membres des corpora- 
tions mentionnées ci-dessus, chargés de porter la châsse de saint Rom- 
baut. 

D"" G. Vax Doorslaer. 

Publications nouvelles 

Tableaux, sculptures et objets cfad conservés dans les édifces religieux et civils de 
Ma'ines, par Emmanuel Se:.fs. Deuxième' édition lerue, corrigée et augmeniée far 
Hyacinthe Conninckx. Matines, Coidcmans, 1891. Le zélé secrétaire de notre 
cercle a fait là une œuvre fort utile Cet ouvrage, d'une utilité appréciée 
dés longtemps non seulement à Malines mais partout où l'c n s'intlresse 
aux oeuvres d'art et à leurs auteur-, n'était plus à jour. Depuis 1869, t^ate 
sa parution, bien des livres, tien des articles disséminés dans mille et u^ e 
revues, avaient rendu l'ouvrage de feu Neefs incomplet. Avec une patience 
digne d'éloges, M. Coninckx en a vérifié tous les renseignement^ toutes 
les indications, tous Ls documents, toutes les dates. Rognant par ci, 
rectifiant par là, complétant partout, notre secrétaire est arrivé à faire de 
ce volume un guide complet et sur, indispensable aussi bien à ceux qui 
s'occupent du passé de notre ville qu'à tous les amateurs d'art. 

L. V. D. B. 





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TABLE DES MATIÈRES 



Co-nimissi -in administrntiv c 

Membres h m ira ires 

Membres elfect'fs 

Membres c rrespindants ....... 

C :mmis3i in des publicati ms 

CoMxCKx, H. - M:uines s H.S la Republique française 

DE Raaht. J.-Th. - Fhil.ppe Nigri, chancelier de la T>is n'd'Or* 

chan.me des égLses de Sairte-Gudule à Bruxelles et Samt- 

K imbaut à »\lalines 

NoTE-TBr.s p. _ Wavre-Mitre-D^me" Peedœn uit ^\ ^ ^^^.^ 

célèbre nu'dioasfrc, sa cindamnatim, 1X05 ' 

Hf.rmavs, V. - Een w . ,rd aangaande het stadsardiief van' M^chelen 
Goov.EK rs. Al.h. - Les œavres de sculpture laites p .,r l'église dé 

J^' liendae. à Maiines ....... 

Van Castek G - Bemerkingen over de be'namingen' vJn straten 'der 
stad Me.helen 

DE RA..T. J Th - Le man „; d; n'.ss'he^teyn âpp'elé'vul'gaiiem'ent' 

Hainialsh f et Allemanbh f à Br lechem 
CoKiN'CKx, H. - Une émeute à Maiines en 1467 

Van Do KSLAHR,G._Apr.posdePeerkenuu'tB'oekwei'tstroo.' * ' 
Mélanges ' * 



6r 

81 
9^ 

196 

219 

246 
300 
325 
329 




Ma mes.— Henry Cordemans, librair^ 



■éuitciir, 32, rue des Chevaliers. 







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