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Full text of "Bulletin du Cercle archéologique, littéraire et artistique de Malines"

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PURCHASEDFORTHE 
UNIVERSITY OF TORONTO UBRARY 

FROMTHE 

HUMANrriES RESEARCH COUNCIL 

SPECIAL GRANT 

FOR 

ARTS OF THE LOW COUNTRIES AND 

THE GERMANYS, 1600 - 1850 



/<?f5 



rcle Archéoloâioue 







Bulletin - Tome IX 



Malines 

1899 




BULLETIN 



Cercle >BCixbéoloôiqtte, Xiittéraire S. artistique 



DE MALINES 



/ 



Oudh.ldk.GenooUch<iP 




^ f arfbfoloûipf 

TOME NEUVIÈME 
1899 




MA LIN ES 
L. & A. QODENNE, Imprimeurs - Editeurs 

28, Grand' Place, 28 
1899 



Le Cercle n'est pas responsable des opinions imîses 
par SCS Membres 



^ 



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LISTE 'DES MEM'BTIES 

DU 

Cercle Archéologique de Malines 



Commission Administrative pour 1899 

PRÉSIDENT 

M. J. Kempenehr, Avocat, ]u^e suppléant au Tribunal de i^c Instance, rue 

des Vaches, 74, Malines. 
Attrihulions : Direction générale de la Société. 

VICE -PRÉSIDENT 

M. G. VAN Caster, Chanoine, rue Notre-Dame, i23, Malines. 
Jttribulions : Suppléant au Président. 

CONSEILLERS 

M. Herrem.\ns, Directeur de l'Ecole Moyenne, rue du Bruel, 117, Malines. 
M. Ad. Reydams, marché au Bétail, 25, Malines. 
Attributions : Suppléants aux Président et Vice-Président. 

SECRÉTAIRE 

M. H. CoNiNCKX, Professeur à l'Académie des Beaux-Arts, rue du Ruis- 
seau, 23, Malines. 

Attributions : TiiTCcùoQ générale du Secrétariat; correspordaiice de la Société; rédaction 
des procés-verbaux des séinces et du rapport annuel; organisition des séances, con- 
vocation aux séances, conférences, excursions, etc- 



LISTES DES MEMBRES 



. TRESORIER 

AI. Léop. Van den Bergii, attaché à l'Administration des Chemins do fer 
de l'Etat, rue longue du Chevalier, 32, Malines. 

Attributions : Recouvrement des sommes dues ;'i k Société, comptabilité générale et paie- 
ment des dépenses effectuées. 

BIBLIOTHÉCAIRE 

M. PE WoviTERS DK BouciiouT (chevalier), Candidat en Droit, avenue Van 

Benedén, 28, Malines. 
Attribulioiis : Classement et garde des livres et des objets appartenant à la Société. 

Cotuiuission des Publications 

MM. G, VAN C.Vi-TER, Chanoine, rue Notre-Dame, i23, Malines. 
H. CoNiNCKx, Secrétaire, rue du Ruisseau, 23, Malines. 
H. CoRDEMANS, Libraire, rue du Gentilhomme, 10, Bruxelles. 
Ad. Reydams, marché au Bétail, 25, Malines. 
V. Hermans, Archiviste communal, rue des Vaches, 29, Malines. 
Edg. DE Marneffe, attaché aux Archives générales du Royaume, rue 

des Augustins, 20, Malines. 
G. Van Doorslaer, Docteur en Médecine, marché au Bétail, 52, 

Malines. 

Membres titulaires (i) 

Messieurs 

Bernaerts, Florimond, Abbé, Professeur à l'Institut St-Louis, rue du Ma- 
rais, Bruxelles. 

Beukelaers, abbé, rue des Augustins, Secrétaire de l'Archevêché. 

Boey-Ceulemans, Industriel, marché aux Grains, 7, Malines. 

Broers, Fr., Banquier, vieille rue de Bruxelles, 16, Malines. 

Bruylant, Général, rue des Vaches, ^5, Malines. 

Bruylant, Jean, rue des Vaches, 95, Malines. 

Cluytens-Suetens, Alph., Peintre-décprateur, rue de la Chaussée, 54, Ma- 
lines. 

CoENE, Ern.', Employé, digue du Canal, 43, Malines. 

CoNiNCKX, Hyac, Dessinateur, Professeur à l'Académie des Beaux-Arts, 
.Secrétaire du Cercle Archéologique de Malines, rue du Ruisseau, 23, 
Malines. 



(i) Extrait du Règlement. 

Art, 4. — Les Membres titulaires sont choisis parmi les personnes qui s'intéressent aux 
travaux du Cercle, Ils ont seuls le droit de vote, paient une cotisation annuelle de douze 
francs et reçoivent les publications. 



LISTE DES MEMBRES 



CopPENS, Abbé. Professeur à l'Athénée Royal, rue de la Blanchisserie, 4, 
Malines. 

CoR^E^[A^■s, H., Libraire, Secrétaire honoraire du Cercle Archéologique de 
Malines, rue du Gentilhomme. 10, Bruxelles. 

CoREMANS, Chanoine, Archiviste de l'Archevêché, boulevard des Capucins, 
175, Malines. 

CuvELiER, Chanoine, chaussée de Tervueren, 8, Malines. 

De Blauw, Fr., Directeur de ventes. Bailles de Fer, 19, Malines. 

De Bruyne, Professeur à l'Athénée Royal de Malines, boulevard des Capu- 
cins, 182, à Malines. 

DE Canxart d'Hamale, Léon, Colonel, chef de l'Etat-Major du Lieutenant 
Général Commandant supérieur de la Garde civique pour les provinces 
du Hainaut et de Namur, boulevard Dolez, 21, Mons. 

De Cocq-Van Langendonck, rue d'Hanswyck, 33, à Malines. 

DE Ghellinck d'Elseghem (comte Amaury), rue de l'Industrie, i3, Bru- 
xelles, et château d'Elseghem (par Peteghem). 

Delvaulx, Charles, Etudiant, rue Louise, 3i, Malines. 

■ DE Marneffe, Edg., attaché aux Archives générales du Royaume, rue des 

Augustins, 10, Malines. 
de Meestkr DE Betzenbroek, Sénateur, Muysen. 
Dessain, Ch., Editeur, rue de la Blanchisserie, 7, Malines. 

Dewaloue, Préfet des études à l'Athénée Royal de Malines, rue du Bruel, 
119, Malines. 

De Vriese, Abbé, Professeur au Petit Séminaire, rue de la Blanchisserie, 5, 
Malines. 

DE Wargny (chevalier Auguste), Juge d'instruction, place Ragheno," 33, 
Malines. 

DE Wargny (chevalier Gaspard), rue du Bruel, 49, Malines. 

DE WouTERS DE BoucHOUT (chcvalier). Candidat en Droit, Bibliothécaire 
du Cercle Archéologique de Malines, avenue Van Beneden, 28, Malines. 

DiERiCKx, H., libraire. Bailles de Fer, 72, Malines. 

DiEUDONNÉ, Médecin, rue Notre-Dame, 79, Malines. 

DU Trieu DE Terdonck (chevalier). Propriétaire, rue du Poivre, à Malines, 
et château de Muysenhuis, à Muysen. 

Festraets, p., Orfèvre, Professeur à l'Académie des Beaux- Arts, rue du 
Bruel, 87, Malines. 

Frans, Capitaine C d'Artillerie, rue des Vaches, 68, Malines. 

Fris, Hubert, Etudiant, rue des Vaches, 5t, Malines. 

Fris, P., Notaire, rue des Vaches, 5i, Malines. 

Geens, Chef de bureau aux Chemins de fer de l'Etat, boulevard des Capu- 
cins, 198, Malines. 

GoDENNE, Léop., Editeur, Grand' place, 28, Malines. 

Haubrechts DE LoMBEEK, Propriétaire, château de Lombeek-Notre-Dame. 

Herremans, Directeur de l'Ecole Moj-enne, Cunscillfr du Cercle Archéo- 
lo^^iquc de Malines, rue du Bruel, 117, Malines. 



LISTE DES MEMBRES 



HicRTSENS, Alphonse. Entrriironeur, Tuileries, 7, Malinos. 

HonBANCKX, Abbé, Professeur au Collège Saint -Rombaut, marché au 

Bétail, 56, Malines. 
IsiîRKNTANT. P., Professeur à l'Athénée Royal de Malines, rue du Bruel, 

84, Malines. 
Jansskns, Théodore. Abbé, Directeur des Capucines, Rue Vlemings, 7, 

Anvers. 
Kkmpknker. A., Abbé, Professeur au Collège Saint-Jean Berchmans, Place 

de Meir, Anvers. 
KiîMPKNEER. J.. Avocat, Juge suppléant au Tribunal de 1^1= Instance, Prési- 
dent du Cercle Archéologique de Malines, rue des Vaches, 74, Malines. 
Kron. Julien, Greffier du Tribunal de i^e instance de Malines, rue de la 

Chaussée, 02, Malines. 
Lambo, Abbé, Econome au Petit Séminaire, rue de la Blanchisserie, 5, 

Malines. 
Le Bi.rs. Hector, Médecin, Conseiller provincial, longue rue des Bateaux, 

78, Malines. 
Lremans, Louis, Juge de paix, rue du Bruel. 55, Malines. 
Le Maire. Commandant d'Artillerie, rue des Vaches, 33, Malines. 
Magnus. Edmond, Vice-Pfésident de la Société Royale « La Réunion 

Lyrique », rue de la Station, 42, Malines. 
Mertens, Dés., Juge, rue d'Hanswyck, 42. Malines. 
Mkyns, h.. Architecte, longue rue des Bateaux, Sg, Malines. 
NoBELS, Albert, Avocat, marché aux Grains, 45, Malines. 
Op ue Beeck, h.. Conseiller communal, rue Notre-Dame, 43, Malines. 
Ortegat, Jules, Conseiller provincial, rue des Vaches, 78, Malines. 
Peeters, Aug., Docteur en Médecine, long fossé aux Poils, 79, Malines. 
Plvys, Léop., Artiste-Peintre-verrier, rue de Beffer, 35, Malines. 
Reusens, Constant, rue du Bruel, 33, Malines. 
Reydams, Ad., Géomètre du cadastre. Conseiller du Cercle Archéologiciue 

de Malines, marché au Bétail, 25, Malines. 
Rosier, J.-G., Artiste-Peintre, Directeur de l'Académie des Beaux- Arts, 

rue Léopold, 40, Malines. 
Rvckmans, Paul, Conseiller provincial, rue de la Chaussée, 58, Malines. 
ScnippERS, Ed., Orfèvre, place Ragheno, 25, Malines. 
ScniPPERS, Fr., Orfèvre, place Ragheno, 25, Malines. 
SïROOBANT, Louis, Directeur-adjoint de la prison de Gand, Coupure, 229, 

Gand. 
Théodor, J., Conducteur des Ponts et Chaussées, boulevard des Capucins, 

i53, Malines. 
Van Ballaer, J., Curé de Notre-Dame du Sablon, rue Bodenbroeck, 6, 

Bruxelles. 
\'an Boxmeer, Phil., Architecte, rue Léopold, 80, Malines. 
VAN Caster, Guill., Chanoine, vice-Président du Cercle Archéologique de 
Malines, rue Notre-Dame, i23, Malines. 



LISTE DES MEMBRES 



Van den Biîrgh, Fr., Professeur à l'Athénée Royal de Malines, rue de la 

Montagne, 28, Malines. 
Van den Bergh, Léop., attaché à l'Administration des Chemins de fer de 

l'Etat, Trésorier du Cercle Archéologique de Malines, rue longue du 

Chevalier, 82, Malines. 
VAN DEN Branden DE Reeth (Mgr le baron), Archevêque de Tyr, rue du 

Bruel, 82, Malines. 
VAN DEN Branden de Reeth (baron), rue de la Blanchisserie, 2, Malines, 
Van der Stappen (Mgr), Evéque de Jafïa, marché aux Laines, 3, Mahnes. 
Van de Walle, Victor, Notaire, Echevin de l'Instruction publique, avenue 

Van Beneden, 69, Malines. 
Van Doorslaer, Georges, Docteur en Médecine, marché au Bétail, 52, 

Malines. 
Van Hoorenbeeck, Victor, Pharmacien, rue des Vaches, 7, Malines. 
Van Horenbeeck, Vicaire à l'église Saint-Michel, rue Cuylits, 68, Anvers. 
Van Reusel, Ch., Professeur à l'Ecole Moyenne, rue du Bruel, 48, Malines. 
Van Santen, L., Employé, rue Léopold, 90, Malines. 
VAN Velsen, Raym., Libraire, Bailles de Fer, 2, Malines. 
Willems, Jos., Statuaire, Professeur à l'Académie des Beaux-Arts, avenue 

Van Beneden, Sg, Malines. 
Willems, Ingénieur provincial, place d'Egrnond, 4, Malines. 
Wittmann, Jules, Docteur en Médecine, Sénateur, rue du Sac, 3. Malines. 
Wittmann, Jules, Docteur en Droit, rue d'A-B, 20, Malines. 
Zaman, F., Commissaire d'arrondissement, rue Conscience, 44, Malines. 
Zech, Maurice, Abbé, pré aux Oies, Malines. 

Membres correspondants (i) 

PAYS-BAS 

MessLiirs 
Vorstermax-Van Oyen, A.-A., à Oisterwyk (Brabant septentrional). 

BELGIQUE 

Becquet, Alfred, Vice-Président de la Société Archéologique de Namur, 

rue Grandgagnage, 8, Namur. 
Béthune (Mgr le baron Félix), Archéologue, rue d'Argent, 40, Bruges. 
Cumont, Georges, Avocat, rue de l'Aciueduc, 19. St-Gilles (Bruxelles). - 



(i) Extrait du Règlement : 

Art. 5. — Les Membres correspondants sont nommés parmi les personnes qui ont rendu 
des services au Cercle, ou dont le concours peut lui être utile. Ils ne sont astreints à 
aucune cotisation. 



LISTE DES MEMBRES 



PE Behailt PK DciRNON. Armand, attaché à la direction du Commerce -et 
des Consulats au Ministère des Affaires Etrangères, rue de Turquie. 56, 
St-Gilles (Bruxelles). 

De Bray, Architecte, Anvers. 

De Briyn, Hyac, Archéologue, Vlesenbeek. 

Delvig.ne, Adolphe, Chanoine, Archéologue, rue de la Pacification, 14, 
St-Josse-ten-Noode. 

De Munter, ^'ictor, Numismate, Audenarde. 

DE Ra.\dt, J.-Th., avenue Ducpétiaux, 53, Bruxelles. 

De Villers, Léop., Archiviste de l'Etat, Parc, 24, Mons. 

Gaillard, Archiviste de l'Etat, membre de l'Académie Royafe Flamande, 
rue du Jardin, Anvers. 

GiLKix, Iwan, Homme de lettres, Bruxelles. 

Gille, Valère, Directeur de la « Jeune Belgique », Bruxelles, 

GoavAERTS, Alph., Archiviste-adjoint du Royaume, avenue Marie -Clo- 
tilde, 4, Watermael. 

Hachez, Félix, Archéologue, Bruxelles. 

Hermans, Victor, Archi^'iste communal, rue des Vaches, 29, Malines. 

Mahy, Hipp., Bibliothécaire de la Société Archéologique de Bruxelles, 
rue de Bodeghem, 5o, Bruxelles. 

Ouverleacx, Em., Conservateur honoraire à la Bibliothèque Royale de 
Belgique, rue Cortembert, i3, Paris. 

\'ax Croniphout, Bourgmestre de Gaesbeek. 

^'A^' Epen, D.-E., Docteur, boulevard de la Senne, 5i, Bruxelles. 

Vax Even, Edw., Archi\'lste communal, Louvain. 

Verhaegen, Paul, Juge au Tribunal de i''^ Instacce, rue de Toulouse, Bru- 
xelles. 

Vervliet, J.-B., Directeur de «0ns Volksleven », rue du Bien-Être, 61, 
Anvers. 

Wauwermaxs, L* Général, rue de la Limite, 128, Bruxelles. 

Zech-Dubiez, Editeur, Braine-le-Comte. 



l^embres d'honneur (n 

Messieurs 

Casati de Casatis, Charles, Conseiller honoraire à la Cour de Paris, rue 
Alfred de Vigny, i6, Paris. 

Hildebrand, Hans, Antiquaire du roj'aume de Suède, Secrétaire perpétuel 
de l'Académie royale des Belles Lettres, d'Histoire et des Antiquités de 
Stockholm, membre d'honneur de plusieurs sociétés savantes, à Stock- 
holm. 



(l) Le titre de Membre d'honneur pourra être conféré à des fersonnes qui, par leur haute 
position sociale, peuvent rendre des services au Cercle, ou qui ont contribué, par leurs 
œuvres, aux progrès des études qui font l'objet de ses travaux. 



Sociétés, Commissions â Tublications 



AVEC LESQUELLES 



notre Cercle fait rccbange ^e ses îSulletins 



BELGIQUE 

Anvers. Académie Royale d'Archéologie de Belgique. 

M. F. DoNNET, Bibliothécaire, rue du Transvaal, 53, Anvers. 
0)!s Volksleven. 

M. J.-B. Vervliet, Homme de lettres, rue du Bien-Ètre, 6i, Anvers. 
Société Royale de Géographie d'Anvers. 
'M. Edm. LoMBAERTS, Conseiller-bibliotliécaire, avenue des Arts, 146, 
Anvers. 

Bruges. Société d'Emulation pour l 'étude de l'histoire et des antiquités de la Flandre. 

M. L. De Foere, Secrétaire, rue des Jacobins, 7, Bruges. 
Bruxelles, .icadémie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux- Arts. 

M. Marchal. Secrétaire perpétuel. Palais des Académies, Bruxelles. 
Bulletin des Commissions Royales d'Art et d'Archéologie. 

M. Massaux, Secrétaire, rue Monto\er, 22, Bruxelles. 
Bulletin de la Commission Royale d'Histoire. 

M. le Secrétaire, rue de Spa, 22, Bruxelles. 
De Wapenheraut, Grand Armoriai et Archives de la Noblesse. 

M. D.-G. VAN Epen, Directeur, boulevard de la Senne, 5i, Bruxelles. 
Société Royale de Numismatique de Belgique. 

M. A. De Witte, Bibliothécaire, rue du Trône, 49, Bruxelles. 
Société Royale Belge de Géographie. 

M. Dufief, Secrétaire, rue de la Limite, 116, Bruxelles. 



ÉCHANGE DES BULLETINS 



Société d'Archéologie de Bruxelles. 

M. Mahy, rue de Bodeghem, 5o, Bruxelles. 

Charleroi. Société Paléontologiqtie et Archéologique de Charleroi. 

M. le Dr Wauthv, Secrétaire général, au Musée archéologi(iue, boule- 
vard de l'Ouest, Charleroi. 

Enghien. Cercle Archéologique d'Enghien. 

AL Em. Matthiei', Avocat, Secrétaire, à Enghien. 

Gand. Cercle Historique et Archéologique de Gand. 

M. A. Van Werveke, Secrétaire, avenue d'Ekkergem, 48, Gand. 

Hasselt. Les Mélophiles. 

AI. Geeraerts, Président, à Hasselt. 

Huy. Cercle huiois des Sciences et Beaux-Arts. 

M. Emile Wigny, Secrétaire, Huy. 
Liège. Société d'Art et d'Histoire du diocèse de Liège. 

M. Jos. Brassine, rue du Pont d'Avroy, 35, Liège. 
Louvain. Analectes pour servir à l'Histoire ecclésiastique de la Belgique. 

AI. le Chanoine E. Reusens, rue Neuve, 22, Louvain. 
Maredsous. Revue Bénédictine. 

Abbaj'-e-de Alaredsous, par Alaredret, Namur. 
Namur. Société Archéologique de Namur. 

M. Adrien Ôger, Conservateur du Alusée Archéologique de Namur. 
Nivelles. Société Archéologique de V arrondissement de Nivelles. 

AI. BuissERET. Secrétaire, à Nivelles. 
Saint-Nicolas. Pays de Waes. 

M. le Secrétaire, à Saint-Nicolas. 
Soignies. Cercle Archéologique de l'Arrondissement de Soignies. 

AI. Demeuldre, Président, à Soignies. 
Termonde. Cercle Archéologique de la ville et de l'ancien pays de Tcrmonde. 

M. Broeckaert, Secrétaire, à Termonde. 
Tournai. Société Littéraire et Historique de Tournai. 

M. E. SoiL, Secrétaire, rue Royale, 45, Tournai. 
Revue de l'Art Chrétien. 

M. L. Cloquet, rue St-Pierre, 2, Gand. 
Verviers. Caveau Verviétois. 

AI. Weber, Président, Verviers. 
Société Verviétoise d'Archéologie et d'Histoire. 

M. P. Dechesnk, Avocat, Secrétaire, rue des Ecoles, 9, Verviers. 



ECHANGE DES BULLETINS 



FRANCE 

Compiègne. Société française d'Archéolo^:;ie. 

M. le Comte A. de Marsy, Directeur, rue de la Sous-préfecture, 6, 
Compiègne (Oise). 

Paris. Mélusiue. 

M. H. Gaidoz, Directeur, à la librairie E. Rolland, rue des Chantiers, 
2, Paris. 

Société Saint-Jean, de Pans. 
M. Léop. Delbeke, Artiste-Peintre, rue de Grenelle, Paris. 

LUXEMBOURG (GRAND-DUCHÉ) 

Luxembourg. Institut Grand-Ducal de Luxembourg. 

M. le D'^ Van Werveke, Secrétaire de l'Institut, à Luxembourg. 

PAYS-BAS 

Amsterdam. Société Royale d' Archéologie (De Noord-Hollandsche oudheden). 
•M. R. W. P. DE Vries, Secrétaire, Warmoestraat, 102, Amsterdam. 

Ruremonde. Limhurg. Provinciaal Genooischap voor Geschiedkmidige Weten- 
schappen, Taal en Kunst. 

M. Van Beurden, Secrétaire, à Ruremonde. 
Utrecbt. Historisch Genooischap. 

M. Grothe, Secrétaire, Utrecht. 

SUÈDE ET NORVÈGE 

Stockholm. KovgL Vitterhets historié och antiquiteds Akademien. 

M. le D"" A. Blomberg, Bibliothécaire de l'Académie, Stockholm. 



RAPPORT 

SUR LES 

Travaux du Cercle et la Situation 

à la fin de l'année iSpS 
lu en séance du 27 janvier 1899 

Messieurs, 

E ne sera pas témérairement préjuger de l'im- 
pression que vous fera la lecture de l'exposé 
annuel sur la situation du Cercle à la fin de 
l'année i8g8, que de supposer que vous vous 
attendez à des conclusions très favorables pour la pros- 
périté de notre Société. Votre attente ne sera pas déçue. 
Il ne peut, en effet, en être autrement au lendemain du 
Congrès, qui donna de si beaux résultats, grâce à l'acti- 
vité et au dévouement de ses oi*ganisateurs. 

Vous-mêmes, Messieurs, vous avez contribué, pendant 
l'année qui vient de finir, à assurer la bonne marche de 
nos opérations ; à vous donc aussi revient l'honneur de 
la situation prospère dont nous jouissons au début de 
l'année nouvelle. 




12 RAPPORT 



Nous n'avons pas dormi sur nos lauriers, Messieurs, 
et, convaincus que prospérité autant que noblesse oblige, 
nous avons fait preuve d'une sérieuse activité. 

Mais avant de vous rappeler les travaux intéressants 
et des plus variés qui figurèrent aux ordres du jour de 
nos séances, ainsi que les projets qui ont fait l'objet de 
nos discussions, il me semble qu'il importe de signaler 
la généreuse initiative que prit notre honorable Confrère, 
Monseigneur van den Branden de Reeth, en faveur de 
l'élaboration d'une Histoire générale' de Malincs. 

Enfant de Malines et admirateur enthousiaste du glo- 
rieux passé de sa ville natale, Mgr l'Archevêque de Tyr 
caresse depuis longtemps le projet de favoriser la publi- 
cation d'une histoire complète et documentée de l'an- 
cienne cité des princes-évêques. 

Il nous a fait l'honneur de nous confier la mission de 
faire appel, dans ce but, aux historiens et aux archéo- 
logues, et, non moins généreux qu'éclairé, il nous assura 
un appui financier important qui contribuera puissam- 
ment à assurer la réalisation et le succès de ce deside- 
.ratum. 

Déjà nous venons de jeter les bases de ce projet ; les 
préliminaires ont été discutés et arrêtés et le résultat de 
nos délibérations peut se résumer en ce qui suit : La 
prime de looo francs, offerte par Mgr van den Branden, 
sera répartie en parts de loo frs, à attribuer à des mono- 
graphies consacrées à des chapitres de la future histoire 
de Malines. Le capital sera reconstitué au fur et à me- 
sure qu'il sera entamé, par une somme équivalente à 
celle qui en sera distraite, à prendre sur le budget du 
Cercle. Les chapitres de cette histoire sont encore à dis- 
cuter et le projet, élaboré par notre Confrère, M. Edgar 
de Marneffe, vous sera soumis à la prochaine séance 
(voir page 19). 

Le jury qui appréciera les travaux qui nous par- 



RAPPORT l3 



viendront, a été constitué de membres effectifs et de 
membres suppléants. Les premiers sont MM. le Cha- 
noine VAN Caster, Kempeneer et DE Marneffe, aux- 
quels sont adjoints, à titre de suppléants, MM. l'abbé 
Janssens, Fr. Van den Bergh et votre Secrétaire. 

Ce projet ouvre donc un vaste champ d'études aux 
historiens futurs de Malines; leur activité y trouvera 
un aliment digne de leurs patientes et laborieuses occu- 
pations. 

Déjà, un sujet d'un intérêt palpitant et tout d'actualité 
a occupé les loisirs trop parcimonieusement mesurés de 
nos infatigables Confrères. Il s'agit, vous le devinez sans 
peine, Messieurs, d'un projet d'achèvement de la tour de 
notre magnifique cathédrale. 

Reprenant le vœu émis au Congrès archéologique de 
Malines de 1897, notre honorable et dévoué Confrère, 
M. Edm. Magnus, se fit le promoteur d'une discussion, 
qui eut pour objet l'étude des plans divers, sensés repré- 
senter la conception primitive de l'architecte, encore 
inconnu, du vaste et grandiose monument. Cette discus- 
sion à laquelle prirent part MM. le Chan. van Caster, 
Kempeneer et Van Boxmeer, fut sténographiée et figure 
dans le tome VIII de notre bulletin. En outre, M. le 
Chan. van Caster, qui depuis de longues années s'oc- 
cupe de la question, en fit une étude approfondie dont 
l'ensemble, tout à l'honneur de l'auteur, est publié avec 
de multiples et intéressantes illustrations, dans ce même 
bulletin. 

En présence de ces études faites par des hommes com- 
pétents, la lumière ne peut tarder à se faire et bientôt, 
espérons-le, nous pourrons saluer l'aurore de l'achève- 
ment de la tour qui fait notre orgueil à nous, Malinois, 
et la gloire des Keldermans qui y attachèrent leur nom. 

M. Kempeneer ne s'est pas borné à prendre part à la 
discussion dont je viens de résumer l'objet. Il nous a 



14 



RAPPORT 



entretenu, avec sa compétence et son savoir indiscutable, 
de la \-icille cité de Nuremberg, de son passé et de ses 
nombreux monuments. Tout récemment, nous avons pu 
applaudir sa causerie sur Marguerite d'Autriehe et l'église 
de Brou; il nous a conduit dans ce temple, qui renferme 
les tombeaux de la princesse et de son tant regretté 
époux; il nous en a fait admirer les œuvres d'art d'archi- 
tecture et de sculpture, par les magnifiques photogra- 
phies prises par les soins du Comité historique de France. 

M. DE Marneffe, qui ne néglige pas de relever, au 
cours de ses recherches, tout ce qui peut intéresser l'his- 
toire de notre cité, nous a entretenu du chapitre de St- 
Rombaut; il nous en raconta l'origine et analysa des docu- 
ments importants, retrouvés par lui dans le vaste et riche 
dépôt des archives générales du Royaume, à Bruxelles. 

De plus, il projette de réunir, sous le titre d'Analectes 
Malinois — et il vous convie à collaborer à ce travail — 
tout Ce qui se rattache, en fait de documents inédits au 
passé et à l'histoire de la Ville. 

M. L. Van den Bergh, notre numismate Malinois, 
nous a exposé une partie de son importante collection de 
monnaies, méreaux et jetons de la localité. Il s'est mis, 
avec une activité digne d'éloges, à faire l'histoire monétaire 
de Matines, à dresser le catalogue des nombreux spéci- 
mens de la numismatique locale. La première partie de 
ce vaste travail, avec planches nombreuses, est publiée 
dans notre tome VIII du Bulletin. 

M. Reydams, non moins infatigable, nous donna lec- 
ture de la correspondance du capitaine de la garde impériale, 
Charles de Quay, avant et pendant la campagne de Russie. 

' Plus tard, il nous fit l'historiqu® de l'ancienne pou- 
drière het Blokhuis. Cette étude paraît également dans 
notre Bulletin. 

M. Magni's, (|uoique disposant de rares loisirs, a 
voulu apporter aussi son contingent à nos conférences 



RAPPORT l5 



mensuelles. Il nous entretint du tabac, et nous intéressa 
d'autant plus que, nul mieux que lui n''était capable de 
nous parler de la plante qui a droit de cité partout et 
fait l'objet d'un commerce important et d'une consom- 
mation en conséquence. 

Enfin, votre Secrétaire continua ses recherches sur la 
part prise par Faydhcrbc à la construction du dôme d'Hans- 
wyck. Il nous fit part de ce qu'il parvint à trouver à ce 
propos, notamment d'une note manuscrite, de la main 
de l'illustre sculpteur, document important qui ne pourra 
être négligé par l'historien futur de l'église en question. 

Voilà un court résumé des conférences qui se sont 
données au sein du Cercle, pendant l'année iSg8. 

Il me reste à vous entretenir de ce qui nous occupa 
encore au cours de ces séances. 

Tout d'abord, vous vous rappellerez l'innovation, due 
à l'initiative de M. Kempeneer, qui consiste à consacrer 
soit une séance spéciale, soit une partie des séances ordi- 
naires, à la revue des publications. Ce système, d'une 
grande utilité et d'une facilité non moindre pour per- 
mettre à nos collègues de se tenir au courant des travaux 
historiques, artistiques et archéologiques des sociétés 
similaires, a reçu un commencement d'exécution. Nous 
reprendrons sous peu cette idée, si favorablement 
accueillie au début. 

La conservation des fresques de l'hôtel de Busleyden 
a fait également l'objet de nos discussions. Nous nous 
sommes efforcés d'intéresser le Gouvernement à ces 
restes précieux de la peinture murale du commencement 
du XVI' siècle. A la séance de ce jour, notre Confrère, 
M. le docteur Dieudonné, compte vous saisir des pro- 
positions faites dans ce but, à la commission adminis- 
trative du Mont-de-piété, propriétaire des fresques. 

Enfin, le Congrès archéologique d'Enghien a fourni 
l'occasion à M. le Chanoine van Caster, de produire 



l6 RAPPORT 



une motion tendant à arrêter définitivement les préroga- 
tives et les privilèges que pourront dorénavant revendi- 
quer les délégués des sociétés fédérées. Comme notre 
honorable Confrère a été délégué pour représenter le 
Cercle à ce congrès, il a pu en profiter pour soumettre 
sa proposition à qui de droit. 

Tel est, Messieurs, le résumé succint de nos travaux 
et de nos délibérations pendant l'année écoulée. 

Ajoutons-y l'excursion faite au château de Laeken, 
dans le courant de l'été, et vous pourrez vous rendre le 
témoignage d'avoir employé utilement et agréablement 
Ifs trop courts instants que vous pouvez consacrer à ce 
qui fait l'objet et le but de notre Société. 

Mais, me direz-vous, il y a cependant une ombre à ce 
tableau qui nous est dépeint sous d'aussi brillantes cou- 
leurs. D'habitude, nos bulletins paraissaient régulière- 
ment et constituaient la preuve tangible de notre activité. 

En effet, Messieurs, il y a eu là, non pas négligence, 
mais un concours de circonstances tout à fait indépen- 
dantes de la volonté de ceux auxquels vous avez confié 
la mission d'y veiller. 

Vous n'aurez cependant rien perdu à attendre, et le 
magnifique volume qui vous est remis aujourd'hui, com- 
pensera largement, nous l'espérons, votre juste impa- 
tience. Son impression fait honneur, comme toujours 
du reste, à nos éditeurs L. et A. Godenne, et nous 
devons réserver une large part de nos félicitations à 
ceux de nos Confrères qui ont bien voulu y publier 
leurs travaux. 

Inutile de vous dire que nos ressources pécuniaires 
n'ont pas été ménagées, et à ce propos, notre excellent 
trésorier pourra tout à l'heure vous édifier. La balance 
ne s'établit pas, il est vrai, entre les recettes et les dé- 
penses, mais le grand nombre d'adhésions que nous 
avons recueilli en 1897, nous permet d'escompter une 



RAPPORT 17 



augmentation, non à dédaigner, de nos recettes annuelles 
et le rétablissement de l'équilibre dans notre budget. 

En effet, treize nouveaux membres se sont joints à 
nous et le nombre de nos Confrères, qui s'élevait à la fin 
de 1897, à 72, se chiffre aujourd'hui par 85 membres. 

C'est bien un beau résultat. Messieurs, et je vous 
avoue en toute sincérité, qu'au début, nous aurions con- 
sidéré comme une utopie le magnifique développement 
de la société que nous constatons aujourd'hui. 

Il me reste. Messieurs, avant de terminer cet aperçu, 
à vous proposer de remercier ceux des membres de la 
Commission dont le mandat, non renouvelable aux 
termes du règlement, expire aujourd'hui. 

M. le président Willems s'est dévoué, comme tou- 
jours, aux délicates fonctions que vous lui aviez confiées. 
MM. les conseillers Magnus et Van Doorslaer se sont 
montrés à la hauteur de leur tâche ; ils ont donc droit à 
toute notre reconnaissance. 

Ce devoir accompli, saluons l'avènement du nouveau 
président, M. Kempêneer. 

En acceptant la vice-pîésidence, qui lui réservait les 
fonctions qu'il va occuper, notre honorable Confrère nous 
promit son concours le plus dévoué. 

Il nous a été donné de constater combien largement 
il a tenu ses promesses. Et puisqu'il a bien voulu nous 
en faire juges, notre verdict lui sera, sans aucun doute, 
favorable et, fort de votre sympathique et chaleureux 
accueil, son avènement à la présidence sera pour notre 
Société un gage de prospérité et de succès. 



H. CONINCKX, 

Secrétaire. 




E Cercle Archéologique de Malines ouvre un 
concours pour la rédaction d'une histoire géné- 
rale de Malines. La durée en est fixée à 3 ans, 



^^^ à partir du i"" juin i8gg. Le jury aura le droit 




de prolonger ce délai. 

Sa Grandeur Mgr van den Branden de Reeth, arche- 
vêque de Tyr, membre du Cercle, offre à l'auteur ou aux 
aute^trs de cette histoire, une prime de mille francs. 

Pour réaliser les intentions du donateur, il a été éla- 
boré un programme, imprimé ci-après, divisé en neuf 
chapitres; chaque chapitre fera l'objet d'un travail spé- 
cial, auquel sera affecté une prime de loo francs. Une 
prime supplémentaire du même import pourra être dé- 
cernée à l'auteur d'un travail de mérite ou d'importance, 
relatif à l'histoire de Malines, ne rentrant pas stricte- 
ment dans les limites tracées par le programme. 

Le jury chargé de l'appréciation des travaux présentés, 
est composé de : MM. le Chanoine van Caster, Kempe- 
neer et DE Marneffe, m.embres effectifs ; 

MM. l'abbé Janssens, Fr. Van den Bergh et Coninckx, 
membres suppléants. 

Les mémoires couronnés pourront être publiés in ex- 
tenso dans le Bulletin du Cercle. 

S'il y a lieu, ils seront condensés par les soins du jury, 
l'auteur préalablement entendu ou appelé, pour être 
compris sous cette forme dans l'édition de l'histoire géné- 
rale projetée. 



20 



HISTOIRE GENERALE DE MALINES 



Les mémoires non couronnés seront rendus à leurs 
auteurs. 

Les travaux des membres du juiy, s'il y en a, seront 
classés hors concours. 

Le Cercle Archéologique prend à sa charge les frais de 
clichage des gravures, dessins, etc., que le jury jugera 
être indispensables à l'illustration du volume. Toutefois, 
les auteurs fourniront les photographies ou autres origi- 
naux à ce nécessaires. 

Les manuscrits non signés et bien lisiblement écrits seront 
envoyés au secrétariat du Cercle. Ils porteront une devise 
qui sera reproduite sur une enveloppe cachetée, renfer- 
mant le nom de l'auteur. 

Pour tous autres renseignements, on pourra s'adresser 
au Secrétaire. 

Tous les points non expressément prévus, relatifs au 
concours et à ses résultats, seront décidés par le jury, 
qui pourra en référer, au préalable, à une assemblée du 
Cercle Archéologique, convoquée dans les conditions et 
les formes des réunions ordinaires. 



Le Secrétaire, 

H. Coninckx. 



Le Président, 

Kempeneer. 




HISTOIRE GENERALE DE MALINES 21 



ïfDistoive (5cnévale be flftalines 



CHAPITRE I 



Emplacement de Malines au point de vue géologique 
et topographique. 

CHATITRE II 

Histoire primitive 

Malines sous la domination romaine, sous celle des 
Mérovingiens et celle des Carlovingiens. 

Etendue du territoire au moment de sa donation à 
l'église de Liège. 

CHAPITRE III 

Histoire politique externe 

Les évéques de Liège. — Les Berthoudt. — Les ducs 
de Brabant. — Les comtes de Flandre. — Les ducs de 
Bourgogne. — La maison d'Autriche (périodes espa- 
gnoles et allemandes). 

Suite de l'histoire de Malines jusqu'à l'avènement de 
Léopold P^ 

CHAPITRE IV 

Histoire politique interne 

Organisation administrative. — Tribunal des Eche- 
vins. — Libertés et franchises. — Magistrature commu- 
nale. — Corps de métiers. — Gildes, etc., etc.. 



22 HISTOIRE GÉNÉRALE DE MALINES 

CHAPITRE V 

Histoire des institutions religieuses 

Le chapitre de St-Rombaut et ses développements 
successifs. — Paroisses. — Ordres religieux. — Confré- 
ries et associations religieuses en général. — Institutions 
de bienfaisance, etc. 

CHAPITRE VI 

Lettres. — Enseignement. 

CHAPITRE VII 

Arts plastiques. — Musique, etc. — Arts industriels. 

CHAPITRE VIII 

Sciences. 

CHAPITRE IX 

Industrie. — Commerce. — Economie politique. — 
Finances publiques et privées. 




Un Conflit de Juridiction 

AU XIV« SIÈCLE, A MALINES 




N exemple remarquable de la lutte séculaire 
entre le pouvoir civil et le pouvoir religieux 
nous est fourni au xiv™*" siècle, à Malines. 
Le magistrat, composé en i3y3, de Jean 
Raebroeck (Rogbroek), Jean Karmen(Kerman), commune- 
maîtres, et de François Sconejans, Gauthier Bau, Jean 
de Valle (van den Dale), Percheval de Rupelmonde, 
Arnould de Edeghem, Jean de Eppeghem, Martin Boem, 
Henri de Kepenhout (Campenhout), Guillaume de Vri- 
linchoven, Rombaut Kerlemelck, Jean Huygs et Gau- 
thier Wijns, échevins, s'était permis de bannir de Malines 
le doyen de Saint-Rombaut, Corneille Magister (De 
Meester), ainsi que Jean de Pamella, curé de Notre- 
Dame, et Jean de Schildekene, curé de St-Jean. Les 
deux premiers furent menés « hors de la ville dans une 
» barquette, escortés par l'écoutéte Guillaume Kerman 
» et plusieurs échevins. Le curé de St-Jean reçut égale- 
« ment ordre de quitter la ville, avec défense d'y rentrer, 
)) sous peine de mort; les meubles des bannis furent 
» confisqués » (i). 



(i) Lettres passées devant le notaire Jean de Bosco. Van Doren, Inven- 
taire des archives de la ville de Malines, I, p. 65. 



24 UN CONFLIT DE JURIDICTION 



Voici ce qui avait donné lieu à ce sévère arrêt. Quel- 
ques clercs, qui relevaient de la juridiction ecclésiastique, 
ayant commis un méfait qui n'est pas renseigné, furent 
faits prisonniers et, après avoir été livrés à la cour spiri- 
rituclle, furent néanmoins bannis de la ville, par les 
échevins. 

Cette intrusion du pouvoir civil dans la justice ecclé- 
siastique, jalouse de ses prérogatives, donna lieu au con- 
flit. L'official ou juge-président de la cour épiscopale de 
Cambrai fit assigner le magistrat devant lui, et la cita- 
tion fut affichée à la porte de St-Rombaut. Le doyen 
de Meester, ayant refusé de retirer la citation, fut banni 
de la ville par les échevins. 

L'official de Cambrai lança aussitôt une sentence 
d'excommunication, contre laquelle les échevins se pour- 
vurent en appel à la cour ecclésiastique de Reims. Ils 
y obtinrent gain de cause, par l'annulation de la sentence 
d'excoriimunication; mais l'évêque de Cambrai, Gérard 
de Dainville, en appela à Rome. 

Le pape commit à cette affaire l'évêque de Sabine, 
avec mission de la terminer sans procès. 

La sentence de l'évêque de Sabine est conservée en 
original aux archives (i). Elle condamne les commune- 
maîtres et échevins à « convoquer, au son de la cloche, 
» à l'hôtel de ville, dans la salle où se tiennent les 
)) séances du Conseil, les jurés et autres bourgeois; là, 
» en présence des délégués de l'évêque, si ceux-ci jugent 
» à propos de venir, un d'entre eux dira à haute et intel- 
» ligible voix, que leur intention n'a pas été de bannir 
)) le doyen Corneille de Meester et les curés Jean de 
» Ir'amella et Jean Schildekene, attendu qu'ils n'ont pas 
1) de juridiction sur le clergé. Ensuite, un des commune- 
» maîtres, six échevins, au moins, et quelques bourgeois 



(i) Inventaire cité, I, p. 66. 



AU XIV^ SIÈCLE, A MALINES 25 

» de distinction, au nombre de douze, se rendront à 
» cheval avec l'écoutête, si celui-ci veut les accompagner, 
» à Vilvorde ou à Sempst, où les attendront le doyen et 
)) les deux curés, qu'ils reconduiront à leur domicile à 
» Malines. Devant la maison du doyen, un des com- 
» munemaîtres dira, en présence des assistants : M. le 
)) doyen et MM . les curés, nous avons du regret de ce que nous 
» avons fait, nous avons été mal avisés, mais nous ne l'avons 
» fait que pour éviter de plus grands maux. Un des com- 
» munemaîtres et deux échevins au moins, se rendront à 
)) Cambrai, munis d'une procuration du magistrat, pour 
» y demander pardon à l'évêque ou à son officiai, du 
)) méfait qui a été commis, et leur promettre, sous ser- 
» ment, de respecter dorénavant la juridiction ecclésias- 
» tique. Le prieur du couvent d'Hanswyck et le pléban 
» de St-Rombaut seront commis pour donner l'absolu- 
)) tion à ceux des excommuniés qui la demanderont. — 
» La Ville payera à l'évêque de Cambrai, à titre d'in- 
» demnité, la somme de 1.600 florins; l'indemnité qui 
» devra être donnée au doyen et aux deux curés, sera 
)) réglée ultérieurement. — Le service religieux, momen- 
» tanément suspendu, sera repris. En considération de 
» de cette faveur, la ville sera tenue de faire célébrer 
» cinquante messes hautes et cinquante messes basses, 
» auxquelles devront assister les communemaitres et les 
» échevins, du moins le plus grand nombre d'entre eux. 
» — Toutes ces clauses devront être remplies avant la 
» fête de la Nativité de Notre-Dame prochaine. — En 
» ce qui touche Arnould et Henri van der Poorten, Jean 
» Scepvort, Pierre In den PoUepele, Arnould van den 
» Dorpe et i\dam Beveren, leur affaire sera remise 
» entre les mains de Jean Servaes, chanoine et archi- 
» diacre de Hainaut, et de Guillaume Vernachten, fils, 
» doyen de St-Denis,^ à Bruges. — Moyennant quoi 
» l'évêque de Sabine a levé l'excommunication et fait 



26 UN CONFLIT DE JURIDICTION 



» dresser le présent acte, à l'intervention de Rombaut 
i) Bau, communemaître et délégué de la ville de Malines, 
» qui a promis d'exécuter fidèlement tous les points sti- 
» pulcs. — Témoins : Jean Danielis, clerc de Malines 
» (ciistos Machlinicnsis); maître Jean Wonder, prêtre, et 
» Jean de Remen, clerc » (i). 

Cette sentence est datée du 5 mai iSyS, indictione 
undecima, quinta mensis maii. Elle est remarquable en 
ce qu'elle démontre la puissance de la juridiction ecclé- 
siastique à son apogée au xiv""^ siècle. 

Des documents postérieu^'S prouvent que le magistrat 
de Malines se soumit entièrement à la sentence de 
de l'évêque de Sabine. 

Un acte passé devant notaire constate que les messes 
prescrites ont été célébrées à St-Rombaut. De plus, la 
cour spirituelle ne s'étant pas fait représenter à la rétrac- 
tation, une députation de trois échevins fut dépêchée à 
Cambrai, et y demanda à l'official pardon de l'empiéte- 
ment qui avait été commis. Cette délégation, de même 
que l'amende honorable faite au nom du magistrat par 
le communemaître Rombaut Bau au doyen, fut consta- 
tée par devant notaire. Il fut enfin défendu à tout habi- 
tant de Malines de faire quelque reproche au doyen de 
St-Rombaut, sous peine de confiscation des biens et d'une 
année de bannissement. La même pièce ajoute « que le 
» susdit communemaître a déclaré en outre que l'inten- 
» tion du magistrat n'a pas été de bannir de la ville les 
» personnes mentionnées plus haut, et que le magistrat 
» n'a pas le pouvoir de bannir les ecclésiastiques, atten- 
)) du qu'il n'a aucune juridiction sur le clergé ». 

Un autre acte, également passé pardevant notaire, 
en juin i373, déclare que « les supérieurs des couvents 
» des frères mineurs, des Augustins et des Carmes, 



(i) Van Doren, Inventaire cité, p. 66. 



AU XIV^ SIÈCLE, A MALINES 27 

)) attestent qu'il a été célébré, dans leurs couvents res- 
» pectifs, par ordre de Rombaut Bau, communemaître 
» de Malines, cent messes basses, en déduction des cinq 
» cents messes que le magistrat de Malines devait faire 
» célébrer en suite du jugement du cardinal de Sabi- 
» nis » (i). 

Ce curieux dossier se clôture par une quittance en 
date du i" septembre iSyS, de l'official de Cambrai, pour 
la somme de 1600 florins payée par la ville de Malines. 

Louis Stroobant. 




(i) Original sur parchemin. Charte n" 946. Inventaire II, p. 20. 



ADDENDA 
à la GcnéalOGic bc la famille (Bbi^sbrccbts 

DE MALINES 



Bogaerts (degré III). Des renseignements généalo- 
giques concernant la famille Bogaerts de Malines, se 
trouvent dans les registres « Giilde-broedcrs van den oudcn 
cdclen kruysboge binnen de stad Mechclen » de iSyS à 1793, 
quatre registres manuscrits de J.-B. Rymenams, aux 
archives de Malines (Iiwcmtaire, VIII, 73). 

Caestre (van), Jacques (degré III, note 4), conseiller et 
maistre de requestes au grand conseil de Malines. Il por- 
toit un escu d'or à 2 bandes de gueulles au franc canton 
du premier chargé de deux pals d'azur. Il épousa Marie 
Colin, fille de Jean, vivant docteur es loix, conseiller et 
maistre des requestes audit conseil l'an 1541, mort con- 
seiller au conseil privé du Roy l'an 1572, et de van 

den Eede (Van den Leene, Théâtre de la Noblesse du 
Brabant). 

Caluwaerts (degré III, note 3). Voyez sur cette 
famille malinoise, les M. S. de J.-B. Rymenams, aux 



3o ADDENDA A LA GÉNÉALOGIE 



archives de Malines « Giildc-hrocdcrs van dcn oiidcn cdek^i 
kyuysbogc binncn de stad Mcchclcn » (Inventaire, VIII, 73). 

Crabbe (degré VI, note 3). Vers la même époque, un 
Jean Crabbe, batteur d'or (goutslegere), habitait une mai- 
son rue Ste-Cathérine, dont il était propriétaire (1544). 
(Archives de Malines. Inventaire, VIII, i3i). 

Ittre I Isabelle d'] (degré III, note 3). Son père, Antoine 
d'Ittre, fut conseiller au conseil souverain. Il épousa 
Jeanne de Douvrin, fille d'Adolphe et de Philippote 
d'Absolons et petite-fille d'André de Douvrin, seigneur 
de Droogenbosch et Bodegem, mort sommeiller du corps 
du roy des Romains et de Hongrie, d'où Ferdinand I, 
depuis Empereur; et de Marie de Coudenberghe, décédée 
le 4 novembre i53o. Le fils de Jean van Caestre et d'Isa- 
belle d'Ittre fut messire Jean-Jacques de Caestre, pre- 
mier baron de Bautersem, par érection du 8 mars i65o 
(Van den Leene, Théâtre de la noblesse du Brabant). 

Ghysbrechts, [Pierre] (degré III). Un Pierre Ghys- 
brecht est, en 1438, onderhoofdman (capitaine en second) 
de la gilde de la grande arbalète, à Malines. A cette 
date, les jurés de la gilde promettent, par acte échevinal, 
d'indemniser Pierre Ghysbrecht des dépenses qu'il sera 
obligé de faire à l'occasion du tir qui doit avoir lieu pro- 
chainement (Archives de Malines. Inventaire, VI, p. 92). 

Ghyselberti, Henri, doyen de St-Rombaut en 1497 
(degré H, note i). C'est probablement le même Henri 
Ghiselberti qui, étant pléban de l'église St-Rombaut à 
Malines, vend, le i" octobre 1479, à Jacques Hujoel, 
greffier au conseil de Brabant, une habitation à Laeken, 
dite t' groot hojf, ayant une tour carrée, des fossés rem- 
plis d'eau, une ferme, un colombier, des granges, des 



DE LA FAMILLE GHYSBRËCHTS, A MALINES 3l 

écuries, des étangs, des vergers, des pâtures, etc., etc. 
A ce domaine était annexé une cour censale, avec maire 
et échevins jurés, etc. (Wauters, Histoire des environs de 
Bruxelles, II, 758). 

Stroobant (alliance de la famille Ghysbrechts). De 
nouvelles recherches nous permettent de compléter notre 
travail comme suit : 

1474. — Un Jean Stroobant possède des terres à Nos- 
segem (i). 

1475. — Terres sous Saventhem ou Nossegem', appar- 
tenant à feu Gilles Stroobant (2). 

1478. — Geerde Stroobant possède une maison avec 
jardin à Nossegem (3). Il est tuteur, en 1480, de Barbe 
Peeters (4). 

147g. — Gilles Stroobant (en vie), époux de Marguerite 
de Vléminck, fille de Lambert, hérite de son beau-père, 
le 8 août 1479, devant les échevins de Saventhem. Biens 
à Nossegem et à Sterrebeek (5). 

I. Daniel Stroobant, décédé avant 1474, est père de 

II. Daniel Stroobant, fils légitime du premier, vit 
en 1474. ^^^ I'' janvier 1474, Pierre De Smet et Jean 
Kecht constituent à son profit, devant les échevins de 
Saventhem et Sterrebeek, des redevances en seigle (rogge), 
etc. (6). En 1474, Daniel est l'époux légitime d'Elisabeth 
Mommaerts, fille de feu Aert die mcn heet de Cuype; il 
donne procuration à son beau-frère, devant les échevins 
de Saventhem. Le i5 mars 1478, il partage avec ses 



(i) Archives du royaume à Bruxelles, reg. scabinal, n° 6739 de Saventhem, 
p. i5, recto. 

(2) Idem, idem, p. 38, veTsô. 

(3) Idem, idem, p. 52, recto. 

(4) Idem, idem, p. 72, verso. 

(5) Idem, idem, p. Sg, recto et v" ; p. 60, recto et v" ; p. 70, v«. 

(6) Idem, idem, p. 10. 



32 ADDENDA A LA c;ENEALOGIE 



beaux- frères, devant les échevins de Saventhem, les biens 
de son beau-père Art Momniarts. Daniel reçoit le tiers 
de la propriété gchcetcn dcn Swacn (le Cygne), où demeu- 
rait son beau-père, ainsi que des terres au Morsclo vclt et 
près du Parc à Sterrebeek (i). 

III. Daniel III Stroobant, échevin de Tervueren en 
i533 (2), décédé avant i537 (3), épouse Elisabeth Poels (4), 
décédée avant i537. Parmi leurs six enfants que nous 
avons renseigné avec leurs alliances à la suite de la généa- 
logie de la famille Ghysbrechts, figure Pancrace qui suit. 

IV. Pancrace Stroobant, né vers i5o4, échevin de Ter- 
vueren en 1644, docteur en médecine en 1548, épouse, 
vers 1534, Pétronelle Van Obbergen alias Gersemeuter(5). 
Pancrace fait relief, en 1548, du Poclsblocke à Sterrebeek 
(et non à Schaerbeek), ainsi que d'un verger, également 
situé à Sterrebeek, appelé dm gouwe cnop [le bouton 
d'or] (6) 4e terres à Duysborch [le i3 octobre 1648] (7). Il 
avait hérité, avec sa sœur Marguerite Stroobant, d'une 
habitation appelée hd lymmattenhiiys, avec ferme, granges, 
écuries et autres dépendances, située au morsveld (sous 
Tervueren), probablement le moorsclooveld entre Sterre- 
beek et Tervueren ; Marguerite céda cette propriété à 
Pancrace, le 24 mai 1541. A partir de cette date jusqu'en 
1571, on rencontre de nombreux actes scabinaux où il 
est cité. L'acte de 1571 le qualifie de dodoir tôt Brussel. 
Sa succession fut ouverte en i5g5 (7). Ses enfants' et 



(i) Archives du royaume à Bruxelles, reg. scabinal, n° 6739 de Saventhem, 
p. 52, recto; p. 5o, v". 
(2) Registre scabinal, n** 1721, p. 38, v". 
(3)Jdem, id., partage du i5 janvier iSSy, devant les échevins de Tervueren. 

(4) Registre scabinal, n° 172 1, p. iSz. 

(5) Registre scabinal, n° 6817, fol. 12 (Saventhem), et Registre scabinal, 
n° 1725 (Tervueren), partage du i3 janvier iSgS. 

(6) Registre scabinal, n° 6739 de Saventhem, jip. 10, 11, 52, et n° 6743 (Sa- 
venthem), p. 126, v", 

(7; Registre scabinal, n° 6743, p. 127, v. 



DE LA FAMILLE GHYSBRECHTS, A MALINES 33 

petits-enfants sont renseignés dans ce dernier acte. Il 
eut 1° Daniel Stroobant, en vie en iSgS; 2° Jean Stroo- 
bant, qui épouse Josyne Sbeckers, veuve en i5g5. 

V. Jean, fils de Pancrace, naquit vers i535 ou i536 (i). 
En i563, il reçoit à ferme, avec Jean Desmet de Jaspar 
van der Noot, seigneur de Carloo, etc., divers terrains à 
Haren, à exploiter comme carrières (2). En i565, les 
associés Jean Stroobant et Jean Desmet, cèdent une par- 
tie de carrière à Sébastien Imbrechts [l'acte de cession 
porte : « om mit te poelcn »] (3). En i567, J^^^^ Stroobant 
est mayeur de Haren (6). En i568, il est déjà marié à 
Josyne Sbeckers (de Becker), fille de Jean et de Gertrude 
van der Meeren (4). Les époux de Becker-van der Meeren 
avaient hérité de biens considérables à Haren et Die- 
ghem, provenant der van der Meeren, seigneurs de Ster- 
rebeek. Une partie de ces terres constitua la dot de 
Josyne Sbeckers. Les nouveaux époux s'établirent à 
Haeren, où ils achètent des terres dlanck haljf bander, opt 
kerkveld, op de bosckdelle, etc., etc., en i568 (5). Nous trou- 
vons Jean Stroobant, renseigné pour la première fois 
comme échevin de Haeren, le 25 février iSôg; il est 
encore échevin en 1570-73-74-75-76-77-83. Le 18 février 
1572, il achète, des enfants Van Beerem, une métairie 
avec maison et une petite maison, granges, étables, ver- 
ger et autres dépendances à Haeren, comprenant un 
bonnier de terres censales, etc. (7). 

Etant veuf, il épousa Catherine Cuelens, laquelle étant 
veuve, épouse en secondes noces Martin Bogaerts. Jean 



(1) Reg. scabinal, n» 38io, p. i8o, acte du 23 mars i583, où il est dit : « Jan 
Stroobant, scepene dcser baucke (van Hayen), oud omirent 47 oft 4S jaeren ». 

(2) Reg. scabinal 38io (acte du 14 juin i563). 

(3) » « » p. 16. 

(4) » » » p. 60. 

(5) Reg. scabinal 3809, p. 112 v°; 3809, p. 119 v°; 3809, p. 120 recto. 

(6) » )) 38io, p. 20. 

(7) » » 3809, p. i5i v°. 

3 



34 ADDENDA A LA GÉNÉALOGIE 



Stioobant eut de sa première femme, Josyne Sbeckers, 
(|uatre enfants, savoir : Jean Stroobant, né à Haren, le 
i5 septembre iSyi (registres baptismaux, f" i6), qui est 
mon ascendant- direct; Catherine, qui épouse Jean 
Crabbe; Pétronille; Gudule, qui épouse Jean van der 
Hecken (i), fils de Jaspar. Jean Stroobant n'eut pas d'en- 
tants de sa seconde femme, Catherine Cuelens. Celle-ci 
est décédée avant 1602. 

Le 3""-' enfant de Pancrace Stroobant et de Pétronille 
van Obbergen, fut Roland Stroobant, qui épouse Elisa- 
beth Terwecoren, laquelle est veuve en iSgS. Ils eurent 
six entants : a) Lambert Stroobant, qui aurait été prieur 
à Rouge-Cloitre; b) Henri ; c) Pierre Stroobant (c'est pro- 
bablement le Pierre Stroobant de Tervueren, qui fut 
promu médecin à Louvain, le 28 mai i63o, et décéda à 
Bruxelles, le g octobre i65o) ; il épousa i'' N.. Lemmens, 
dont descendance; 2° Anne Pauwens ; ci) Guillaume; 
c) Daniel;/) Catherine. 

Le 4"''' enfant de Pancrace fut Barbe Stroobant, qui 
épouse Lambert Terwecoren, lequel est veuf en i5g5. 

Le 5""^ enfant de Pancrace fut Marguerite Stroobant, 
qui épousa Jacques Goossens, qui semble être veuf en 
i5g5. 

Le 6"" et dernier enfant de Pancrace, fut Anne Stroo- 
bant, qui épousa Lambert Ronsmans, lequel semble veuf 
en i5g5. 

Nous arrêtons ici cette nomenclature déjà trop longue. 
Ajoutons toutefois que les armes de la famille Stroobant 
(d'or à la fleur de lys, etc.), sont peintes dans le manus- 
crit n'^ 1401 du fonds Goethals (généalogie de la famille 



(i) Rég. scabinal 1725 (de Tervueren) et rég. scab. 38io'''' de Haren, 112. 
L'alliance van der Becken est renseignée par Azevedo. Généalogie van der 
Noot, p. 172. Marie van der Becken, fille de Gudule Stroobant, épouse en 
1619, Jean van Hamme, elle décéda le i mars i656. 



DE UA FAMILLE GHYSBRECHTS, A MALINES 35 

vàn Ophem, dressée par Daniel Leyniers, en 1740, p. 23). 
Ce généalogiste les renseigne comme ayant été portées 
par Catherine Stroobant, sœur de notre ascendant Pan- 
crace, dont il a été question ci-dessus. 

Un Jacques Stroobant, fils légitime de feu Aert, cer- 
tifie qu'il tient en fief de l'Empereur, une terre à Nosse- 
gem, le 4 novembre i53o. Cette déclaration est revêtue 
du sceau de Jacques Stroobant, en cire rouge, très bien 
conservé, portant un écusson à trois estacades; en exergue : 
Segel Jacob Strobant (i). 

I" Jacques épousa Catherine van Nespe, décéda, ainsi 
que son mari, avant i556(2). Ils eurent, Denis Stroobant, 
lequel relève, après la mort de son père, le fief ci-dessus 
en 1548 (3). 

2° (Fille) Stroobant qui épouse Gabriel van Woluwe. 

3° Jean Stroobant, en vie en i556. 

.40 Lauwereys Stroobant, en vie en i556. 

5° Anna Stroobant, qui épouse Mathieu van Roye. 

Louis Stroobant. 




(i) Archives du royaume à Bruxelles. Cour féodale du Brabant, aveux et 
dénombrements, n° 4077 (une feuille détachée). 

(2) Cour féodale du Brabant, registre n° 18, p. 214. Donys Stroobant in bru- 
derlijcke rechte infebruary X V'^ XL VIII stilo Brabant bij doode wijlm Jacob Stroo- 
bant huer s vaders onder geschreven een dachwant îants opt heydenvelt nabescr 

(3) Reg. scabinal 6739, p. 11 et 6741, p. iio de Saventhem. 



EENIGE BLADZIJDEN HERINNERINGEN 



DE FRANSCHE OYERHEERSCHING TE MECHELEN 



VAN 't EINDE DER XVIIl'^" EEUW (l) 




(Uit dagbockcn van tijdgenoten) 

E naklank der feestelijkheden die de nederige 
helden van den Bocrcnkrijg, hoe laat ook, toch 
eens herdenken deden, is noch niet weggestor- 
ven, en met reden mag men zich verheugen 
over den algemeenen bijval door die grootsche en in- 
drukwekkende plechtigheden overal verworven. 

Feesteninrichters en geschiedschrijvers hebben het 
hunne bijgedragen om op waardige wijze de vereeuwing 
dier droevige gebeuitenissen te vieren. De eersten wed- 
ieverden om talrijke en beteekenisvoUe gedenkteekenen 
te doen oprijzen, als zoovele getuigen der dankbare ge- 
voelens van het nageslacht. De tweeden, dolfden uit het 
stof des veiledens op al wat daarin aan herinneringen 
lag weggedoken om het aandenken der slachtoffers van 
1798 te vereerlijken. In een woord, zelden trof men eenen 
zucht aan zoo algemeen, om de vergetelheid te herstellen 



(i) Deze verhandeling was bestemd om in den « Bulletin » van verleden 
jaar opgenomen te worden. Daar zulks niet is kunneii gebeuren, verschijnt 
ze hedeu. 



38 EENIGE BLADZIJDEN HERINNEKINGEN 



die zwaar woog op het hart van elkcn welgemeenden 
vaderlander. 

Mechelen ook, vergat de slachtoffers der onmensche- 
lijke uitvoering van 24 October 1798 niet, en op de plaats 
waar zij onder de kogels der fransche soldaterij vielen, 
op Sint-Rombouts kerkhof, rijst nu het boetingskruis 
op, wiens voetstuk de namen der 41 ongelukkige boeren 
in het brons gegriffeld vocrt. 

Met woord en pen heeft men de gedachtenis vernieuwd 
der feiten die Mechelen eene droevige vermaardheid in 
de annalen van den boerenkrijg verwerven deed. Onzen 
collega Fr. Van den Bergh, gaf in 't licht zijn zoo 
boeiend geschiedkundig roman : Martelaars der vrijheid te 
Mechelen, in ijgS (i). A. De Rees koos tôt onderwerp 
eener voordracht in het Davidsfonds, het verhaal van het 
voorgevallene, en gaf het later uit in druk onder den titel 
van : De Boerenkrijg te Mechelen, in igjS (2). Kanunnik 
MuYLDERMANS, op het einde van zijn werk : Sanscnlottc en 
Brigand of Beiil en slachtoffer (3), deed eene kronijk van 
Jan De Laet van Mechelen kennen, die tijdgenoot was 
der fransche overheersching. Eindelijk gaf het Mcehelsch 
nienws en aankondigingsblad, op Zondag 23 October, bij 
gelegenheid der onthulling van het gedenkteeken, het 
relaas der feiten, geschreven door Rymenams, oud archi- 
varis der stad. 

Vroeger reeds, in 1891, had Georges Eeckhoud er het 
onderwerp van zijn werk Les fusillés de Matines, van ge- 
maakt;bij Diericx-Beke,verscheen in i865, onder den titel 
van : Blocdige herinncring van hetjaar l'jgS, hïnncn Mechelen, 
een uittreksel eener andere Mechelsche kronijk. Wij zelf in 
onze verhandeling Matines sous la République française, ver- 
schenen in de « Bulletins du Cercle archéologique, litté- 



(i) Gedrukt bij M. Heymans, te Mechelen. 

(2) Gedrukt bij P. Ryckmans, te Mechelen. 

(3) Gedrukt te Rousselaere, bij Jules De Meester. 



AAN DE FRANSCHE OVERHEERSCHING TE MECHELEN 3g 

raire et artistique de Malines », spraken er van.Waarom 
dan, zal men ons vragen, daar noch op terug komen? 
De reden daarvan is zeer eenvoudig. Men gedenke het 
willekeurige van het fransch bestuur, zijne zorg om in 
nieuwsbladeren of andere drukvverken de daadzaken te 
verbloemen, meermalen zelfs valsch op te geven. Het 
zijn dus ambtelijke verslagen of met opzet tegen de waar- 
heid strijdende verhalen die ons alleen konden inlichten 
over de gebeurtenissen, zoo deze, dank aan de zorgvul- 
dige aanteekeningen van nederige en meest onbekende 
kronijkschrijvers, in hunne gansche waarheid niet konden 
in het licht geroepen worden. Het zijn dus met herinne- 
ringen, ontleend aan dagboeken van Mechelsche tijdge- 
noten, dat wij den oogst der inlichtingen tôt heden opge- 
daan verrijken willen. 

Vooreerst, eenige bladzijden, gevonden in 't archief 
van Sint-Peeters kerk, waarvan de schrijver onbekend is, 
waar zijn bijgevoegd, uittreksels van de kronijk van Van 
Hansvvyck, bewaard op het stadsarchief. Zeggen wij ter 
loops dat het verhaal aan Rymenams toegeschreven, en 
waarvan wij hierboven gewag maakten,woord voor woord 
in de kronijk van Van Hansvvyck voorkomt. Vervoîgens 
is het de beurt aan Van Luffen, andere Mechelaar, wiens 
kronijk thans toehoord aan de boekerij der « Précis his- 
toriques » te Biussel. Eindehjk geven wij wat Schellens 
daar over aanteekcnde. Men weet dat zijne kronijk ook 
op het stadsarchief bewaard wordt. 

Om te eindigen, voegen wij daarbij eenige notas opge- 
nomen in handschrift in een welgekend werk : Provincie 
stadt en provincie van Mechelcn, dat door ons werd aan- 
gekocht in den koopdag van wijlen kanunnik Bogaerts. 
Alhoewel de bijzonderheden in die notas opgevat niet 
gansch onbekend zijn, vormen zij met de voorgaande 
aanhalingen een niet te misprijzen geheel uit, dat we den 
weetgierigen lezer in voile vertrouwen aanbieden. 



40 l'.ENlGE BLADZIJDEN HERINNERINGEN 



1798 (l) 

den 6 januarij is den pastoor vant groot begijnhof 
met Mheer van Breugel den secretaris van syn eminentie 
naer vrankrijk gevoert; 00k synde klokken uijt de torens 
van de parochie kerken gehaelt; 00k is Mheer van 
Eupen door Mechelen naar Antwerpen gevoert; 00k heb- 
ben se dese cannoniken van S'" rombauts mijnen te vangen 
maer niet gevonden, te weten, de Aru (du Trieu), van 
Keerbergen, van Rymenam, den presidend uyt 't Semi- 
narie Mheer Lantsheer int soeke; 00k is den choordeken 
van o. 1. vr. van antwerpen doorgevoert al bij de rest 
met den oppersten van 't vicariaet van antwerpen. 

den 14 januarij op den feestdag van den h: naem 
Sesus, den tweeden Sondag naer 3 coningen is S" rom- 
bauts kerk den eersten keer open gegaen en Misse gele- 
sen door de priesters die unnen eed gedaen hebben, 
tweten Laderesous, Molengrouw, Messiou cappelaenen 
van deselve St rombauts kerck ; kort daernaer den aerts- 
priester Mheer Huleu. 

den i5 dito is 't coop dag in d'hall geweest ende de 
clokken van S" peeters, 2 van S"- Jans, 2 die stonden 00k 
in d'hall, eyser loot, cleederen die gediend hebben voôr 
den ommegang. 

den 21 jan : is den verjaerdag geviert van de dood van 
den koning; aile de menschen moesten een vaentien uijt- 
steken van 3 couleuren. 

den I february of dien tijt zijn de clocken van den 
byaert van o. 1. vrauwen thoren gehaelt naer d'hall. 

den 2 februarij op o. 1. vrau ligtmis is ansewijkkerck, 
o. 1. vrauwen kerck, S" jans en S'" cathalijnen kerck 



(i) De woordenspelling en schrijfwijze der handschriften is trouw wcêr- 
gegeven. 



AAN DE FRANSCHE OVERHEERSCHING TE MECHELEN 4I 

opengegaen en desen tijt hebbender 3 minderbroeders 
den eed gedaen ; de guardiaen Clinkkenberg, 2 Gens, 
ende den derden pater Nicolas : twas een jubilaris. 

I onse lieve vraubroeder ende 

3 predikheeren ; Groeninx den prior, 2 pater Borck- 
mans den derden (?) 

I augustijn pater 

I carmeliet pater benedikt Kerkhoven. 

I capusien pater Félix. 

Mheer Kortings en Mheer De Bruyn capellaenen. 

i5 dito of desen tijt is 't seminarie vernietigt,' blijn 
bergen, swert susters, ursulinnen, preekeerinnen, apos- 
tolinnen, marollen; de conventen van 't begijnhof ver- 
niettigt. 

ig meert is 't octave van S" Josep geviert gelijk aile 
jaren di beedigde priesters en shebben de 3 belden ge- 
vonden Jesu, Maria, Josep en in de kerk gestaen. 

20 meert; op dijnsdag wesende decaddie hebbense de 
feest van d'ouderlingen geviert; den dag te vooren heeft 
savons van 8 tôt g ure de clok geluyt ; sanderdaegs op 
decaddie van 11 tôt 12 ure wederom de clock en dan is 
den trijn van 't stad huis gekoraen naar den raed, wesen 
Brias met de trompet voor uijt, den standaert, de nuwe 
manicipalitijt, nu den eersten keer eenige ouderlingen 
die brieven thuys gekregen had, zijn van de mert langs 
de koystraet, bist, veemert naer den raeid of tribunael 
gestapt, al spelende en daer hunne oratie gelesen heb- 
bende, zijn langs de befferstraet naer de mert gekeert, 
ahvaert gestoelte gestelt stonden met de tomb daer wi- 
rook op brande ; wederom nu dingen gelesen of geprekt 
en savonds bal gratis in de zael van d'académie. 

20 april van 11 tôt 12 uren snoenens heeft de groote 
clok geluijt voor de nief wett. 

24 mij is 't hoij magasijn in de torf straet afgebrand 
van Mheer van de Nieuwenhuysen. 



42 EENIGE BLADZIJDEN HERINNERINGEN 



27 mij wesende sinxen wast noch altijt 't selve van den 
godsdicnst, nict tegenstacnde hebben de beeedigde pris- 
tcrs ider in un kerck altijd unne dienste geplogen van de 
feestdagen, die vantte vooren geviert wierden, blijven 
continuecren, nu S'"' rombauts met de cas van rumoldus 
ol. vrauwen, S"" jans, S"' catharina hebben aile hunne 
belden wederom gekregen, maer o 1 vrauw van hansevvijk 
hebben ze niet konnen vinden, soo dattse tôt sinxcen een 
ander o 1 vrauw belt moeten in de kerk zetten hebben, de 
welke geen gelijke en was van 't belt van o 1 vrauw van 
ansewijk; sij hebben dan den tweeden sinxendag, den 28 
mij, hunne proscssie gedaen langs de kerk, naer de groote 
mis, maer 't broederschap niet; ider quam met zijn eige 
flambeeuw naer de kerck; op hijlig drijvuldig heeft de 
prosessie tôt S" jans 00k gegaen en op hoogweerdig dag 
tôt S'" rombauts ; tôt S" catharina, acht dagen voor Sin- 
xen ook. 

i5 junij is de weduwe arsou over't aut pallys verdronken 
op scheep vest. Desentijt ist puttr (putterij?) vernietigt. 

14 julij is de feest geviert van den verjaerdag van"de 
bastille die ingenomen is tôt parijs; den dag te vooren 
.van 7 tôt 8 uren savonds de groote clok, den dag daer- 
naer van 11 tôt 12 uren; en onder 't luyden van dese clok 
is den tribunael van 't stadhu3^s langs de koystraet, bist, 
veemerc, naer den raed gekomen en daer afgelesen heb- 
bende, zij naer 't selve stadhuys gekomen, langs deselve 
veemerc, befferstraet naer tstadhuys gekeert. 

27 dito is de feest gevierd dat den koning van vrank- 
rijk van den troon is afgezett en van robespier; ten 11 
uren is den trijn gekomen met 't musiek van 't stadhuys, 
de lene en olvra straet, brul, de mert over, befferstraet 
naer den tribunael, en daer afgelesen te hebben, lang de 
bist naar huys ; de mert opgekomen en naer afgelesen te 
hebben is den troon verbrand met de wapens van den 
kijser, koning, kardinael op de mert item; twas op eenen 



AAN DE FRANSCHE OVERHEERSCHING TE MECHELEN 48 

vrijdag en den dag daer naer was 't decadie op eenen 
saterdag, soo dat donderdag den dag voor dese feest ten 
5 ure naer noen voll mert dag gehauden is, en op desen 
décadi is denselven tiijn langs de bist naer den tribunael 
gekomen, met selve spel ende selve ure; dan is verbrand 
de constitutie 1793. 

item desen tijd waeren sij besig met het jesuiten cloos- 
ter aftebreken, ende 't carmeliten clooster met 't muysen 
clooster was al in duijgen. 

item desen decadie hier corts te vooren den 28 july 
iser s' avons een vuur werck afgesteken op de groote mert 
ten 10 uren s' avonds ; ende als snoenens die arck ver- 
brand is, iser op die selve plaets op eenen pedestoel een 
vrouw persoone beld gesteld met haere borste alf blood. 

item desen tijt sijn aide pastorijen verkogt, 00k ail de 
cappellen binnen en rontsom Mechelen en afgebroken 
item desen. 

I augustus hebben se den jesuiten gevel of ste peeters 
kerk de ciraden van den Soeten naem Sesus, ste fransus- 
cus xaverius, de engelen, en d'ander postueren afgebro- 
ken; o schroomelijke dingen. 

den 14 dito op ons live vrauw hemelvaerd avond zijn 
de stadspoorten tôt tegen den noen gesloten gebleven om 
eenige geestelijken te vangen. 

den 4 yber is de feest van 't verraed dat ontdekt is als 
de jacobins d'overhand gekregen hebben gevierd ; item 
den avond te vooren heeft den byaerd gespelt en gescho- 
ten met het cannon en smorgens ten 6 uren en snoens 
ten 12 uren; item de wet heeft dan den trijn gegaen van 
't stadhuijs langs de lene, ons live vrauw straet, brul, de 
beffestraet naer den tempel en dan wederom langs de 
beffestraet naer de merkt, en daer brande wirook en heb- 
ben se likens gesongen ; 00k is verboden seer strik van 
met geen open deuren te wercken en wederom om aile 
de deccadis seer streng te vieren. 



44 EENIGE BLADZIJDEN IIEKINNEKINGEN 



22 yhcY wesende den eersten dag vaii 't 7"' jaer der 
fVansche rcbubliecq hecft een fruij prossessie gegaen naer 
den gevvoonelijken tempel, langs de beffestraet naer toe 
gekomen en langsMe'bist naer huys tcn 12 uren ; en dien 
dag fel geschoten en s'avons aen 't stadhuys geviert en 
dien nagt bal gratis. 

I S*"' op bamis macndag is st peeters kerk den eersten 
kcer opegegaen ten alf uren elf en dan heeft de munici- 
paletyt den eersten deccadie van 't 7''" jaer aldaer op den 
prekstoel afgelesen gelijk sy altijt gedaen op dander déca- 
des, en van dese kerk den tempel de la loi van gemakt; 
ende liet is ook den eersten keer geweest dat se daer heb- 
ben getrauwt, 't welke van te vooren altijt op 't stadhuys 
geweest is. Jan baptist Kero is den eersten geweest. 

den 4 8ber is 't coopdag tôt de marrollen, apostelin- 
nen, swertsusters, bisdom, seminarie, bisdom, heickels- 
poel, beggynhof, ste peeters kerk, pitsenborg gehouden. 

den 5 8ber is d'inschrijssu (inschrijving) militair afge- 
lesen. 

den 22 dito w^esende maendag hebben de boeren van 
muysen, hever, mechelen ingenomen ; maer omtrent 10 
Vire is 't militair langs d'antwerpsen poort ingekomen ; 
dan synder in de torfstraat 2 dood geschoten en 2 kinde- 
ren, een in de verke straet en een op de veemert, en eenen 
gandarm met zijn peert aen de haickelspoel poort; item 
hebben se dan 't labertorium opengebrooken ende can- 
nonniers wagt gedeserteert, 't gevangenhuys de gevan- 
gene los gelaten, 't stathuys al ,de papieren gescheurt en 
op 't straet gesmeten, den boom van vrijhijt op de mert 
uijt gekapt en 't stoketsel dat rond desen boom uijt ge- 
roijt; en dan zijnder den dag daer naer (22 dito) 's avons 
alf ure 11 : 41 door den cop geschoten op ste rombauts 
kerkhof, soo Boeren als borgers die sij bevonden hebben. 

(daaromtrent-vinden wij verder eenige bijzonderheden 
aan die wij hier bijvoegen) 



AAN DE FRANSCHE OVERHEERSCHING TE MECHELEN 46 



nu den 23 8ber 2 brumaire is Péeters met nog 40 door 
den kop geschoten s'avons 10 of 11 uren op s'' rombauts 
kerkhof; desen Peeters was van ons confrérie der jon- 
ghijt van s'" peeters van den soeten naem. 
.oock was er bij den baus uit het wit peert 

(en verder). 

(1799) i5 dito (april) is den baus in't conte montrée 
gestor. die zijne (?) in october laestledcn dood geschoten 
is op s'^ rombauts kerkhof met noch 40 anderc waervan 
desen mensch gecreveert is. 

(1798) dan van dag tôt dag iser aile dagen militair inge- 
komen en aile dagen de poorte gesloten tôt op den i janu. 
1799; ook is 't canon op de vesten gestelt, 't plantsoen 
tegen de poorten afgekapt en moet pioenniren (?); ook 
desen tijt zijn de capucienen gehaelt uijt het hof van 
oostraeten (A) [24 8ber| ende den 14 9ber zijn de minder- 
broeders gehaelt; corts daernaer is den superior van de 
onselieuwrouw broeders gepakt en bij de minderbroeders 
gezet op 't gevangenhuys. 

van den boere crijg salmen schrijven als dit jaer slu}^- 
ten sal. 

den 8 of 9ber zijn de autste paters die op 't gevangen- 
huys zaten naer 't bisdom gevoert ; de jongste zijn op 't 
gevange huys gebleven. 

item den 3i october wast decadie; hy is niet geviert 
geweest ter oorsake dat de stad te vol troubel was. 

den 3o 9ber is den decadie schoon geviert ; den Boom 
is wederom erplant op de mert die den 22 8ber uijtge- 
roijt was van de boeren en s'avons bal gratis (B). 

den 22 Xber is in s'^ peeters kerk d'orgel 43o5 livres) 
3 autaurs, 7 knielbanken, de bigstoelen (16 livres) den 
grooten autaur (145 lievers), olvr. autaur (11 5 li) : den 
derden autaur (iio li.) de bigtstoelen agter den predik- 



46 EENIGE BLADZIJDEN HÈRINNËRINGEN 



stoel (84 lievers), tegen de blokstraet (verkogtj; 00k zijn 
de jongers van de requsiti gehaelt. 

1799 

I januarij op dijnsdag wesende nieuwjaer sijn de 
poorten den eersten keer open gedaen om naer buijten 
te gaen, sedert den 22 8''" 1798 als de boeren van muij- 
sen de stad hebben willen innemen en als die 41 men- 
schen op S" rombauts kerckhof door den cop geschoten 
zijn. 

17 jan. zijnde poorte gesloten tôt naer den noen om 
reden dat se de gheele stad in aile dhuijsen de jon- 
gers van de requisitie gehaeld hebben en naer 't stad- 
huijs geleden ; maer daer zijnder veel naer huijs ge- 
komen. 

20 dito wesen sondag savons van 5 tôt 6 uren heeft de 
groote klok geluyt met den bijaert voor sander daegs den 
21 dito den verjaerdag van dat den koning van vrankrijk 
6 jaeren den kop afgekapt is, 00k op eenen maendagh; 
• soo heeft dan desen 21'''" van 10 tôt 12 uren de klok en 
bijaerd gespeeld en een prosessie gemakt langs de lene, 
olvrouw straet, brul, befferstraet naar S'' peeters kerk 
dair nu den tempel de la loi was en dair een ure bijnaer 
ingeweest te hebben unnen eed gedaen liekens gezongen 
in de kerk, langs de bist naer de merk gekomen, ende 
croon verbrand van de koning op de mert : 00k heeft 
den voorslag gaan spelen die geschorst is geweest se- 
dert den 22 8*"" 1798 als de boeren van muijsen de stad 
hebben willen in nemen; savons is bal gratis niet ge- 
weest. 

17 februarij wesende den tweeden sondag in den 
vasten is er eenen grooten water vloed begonst t welke 
toegenomen heeft maendag ende dijnsdag, woonsdag; 
donderdag den 2 1 dito was het op 't hoogste en savons 



AAN DE FRANSCHE OVERHEERSCHING TE MECHELEN 47 

II uren het soodanigen wind geweest, gedonderd en 
geblixemt, geloove dat het aerde beving is geweest, 
ende 't water heeft noch hooger geweest als over i5 of 
16 jaren 't welk dan geweest is den i"^" sondag in den 
vasten. 

item is er op den antwerpschen steenweg van aan den 
schorsmolen tegen mechelen tôt waelem aile de cassij 
steenen rom en tom gekeert, verscbijde putten uytge- 
spoeld ; tegen waellem is 't soo breed over den steenweg 
uytgespoelt als 't water van de nete, verschijdsche huijs 
de muren gesakt, doordien dat de fondamenten uytge- 
spoeld waren; ook tôt bruijne cruijs de herberg sierikzee; 
op de pasbrug 't selve, zoo dat desen winter en felle 
koude geduert heeft van den 6 x*"' 17-3,8 sonder op te 
houden tôt desen water vloed, niettegenstaende dat het 
de maend meert 1799 ook niet warm geweest is. 

den 20 meert op woonsdag inde goede week wesende 
deckadie is er wederom een groote feest gevierd ; savons 
te vooren heeft het canon geschoten en sanderdaegs 
smorgens; en ten 11 uren is un gewoonelijke prosessie 
met aile 't militair naer den tempel in S'^ peeters kerck 
gekomen langs de beffe straet en langs de bisl naer huijs 
gegacn. 

21, 22, 23 dito heeft het den keus geweest voor andere 
bedienders op het stadhuys in den tempel S'^ peeters 
kerck, maer daer en is geen volck gekomen om te kiesen 
als unne soort. 

desen tijd is de begijne kerck verkogt, St Jans, S'" ca- 
thalijnen, ansewijk. 

3o dito, op décadi is de feest van de jonghijt gevierd. 

in april, 

hebben ze veele jongers van de requisitie gepakt. 

den 5 mij is de vrauw van crol in den ham ver- 
droncken. 

den 9 mij, donderdag, wesende decadie zijnder 3 nief 



EENIGE BLADZIJDEN HERINNERINGEN 



vaendels met den prossietiijn? en muziek naer den tem- 
pel gekomen en dan gaen dansen ront om den boom van 
vrijhijt op de groote mert. 

8 junij decadie op saterdag is den rauw gehauden in 
den tempel van die fransche minister die tôt rastat van 
de kijserlijke gedod zijn. 

den 29"^" junij, wesende St peeter, heeft de loir gestaen 
tôt den 7 julij, en plaets van gelijk 't de gewoonte was op 
ander jaeren met den eeisten sondag in julij te beginnen 
mechelen kermis welck dit jaar van de 7"' julij, soodat 
op kermis sondag 't den laetsten dag was : ailes everags. 

item" hebben se dan noch eenen decadie mogen staen 
naer kermis. 

den 23 dito is 't coopdag geweest in dese 5 kerken te 
weten : i ansewijk, 2 S" jans, 3 S'" cathalijnen, 4 groote 
begijnen, 5 clijnen begijnen, van de effeckten, autaers, 
gestoeltens, predik stoelen, bigt stoelen, bouseringe. 

3o oogst zijn de engelsche in teschel gevallen dat nu 
zoo lang geduert had om in ollant te komen, om de 
fransche uit hollant te crijgen, etc. 

10 y*""' hebben wij vernomen dat den paus van roomen 
den 2g oogst 1799 gestorven is ; siet hier de voordere 
explicatie, hier aghter op dit blad bij de dooden. 

21 dito heeft de groote clock van S"' rombauts snoenens 
en savons geluijt over de winst der franschen van die 
russesche die se gevangen hebben met unnen generael 
die tôt mechelen den 2 8'''', ten 3 uren naer noen op eenen 
decaddie zijn binnen gebraghten desen 3'""', sanderdaegs 
smorgens vertrokken, ende hebben dien nagt geslaepen 
in de dragonders casserneri. 

item desen selven décade, den 2 october, heeft de 
groote clock vvederom geluijd, snoenens i ure, savons 
7 uren, over de winst van zuerig en Swidserland; als 00k 
den 

4 8'''' savons, alf ure 9 tôt alf ure 10, heelt de clok we- 



AAN DE FRANSCHE OVERHEERSCHING TE MECHELEN 49 

derom geluijt op de winst van 't fort of citadell van Swit- 
serland, die selve stadt. 

7 dito zijn de 6 oude paters minderbroeders die 
noch in 't bisdom gevangen zaeten naer antwerpen 
gevoerd. 

g dito heeft de groote clock geluijt van 3 tôt 4 uren 
naernoen over de winste van bonnaparte in egypten, in 
turkijen. 

10 dito heeft de groote clok geluijt van 6 tôt 7 uren 
savons over de winste van prisonniers in hoUant van de 
russische. 



Over hct aanhoudcn dcr capuciencn, schrijft Van Hanswyck 
het volgende in zijne kronijk : 

i798 

Immediatelijk naer de vreede executie van het on- 
veerschieten der 41 slagtoffers is het zelven barbaers 
gespuys van volck met verwoetheyd geloopen, besmeurt 
met het bloed der bovengencemden naer het huys van 
hoogstraeten in de voort str. aen de distersche poort, 
alwaer dat ten deele woonde de vernietigde capucinen 
ende woelende, met geweld binnen gedrongen zijnde 
hebben dadelijk naer den gardiaen gevraegt die alsdan 
was pater Battenburg gebortig van boexmeer in de meye- 
rij van den bosch en die eenige dagen te voeren zijnen 
Eed gedaen had aen dese weth, en zij ordeneerde aile 
de paters te doen verschijnen die daer waeren; maer hij, 
als eenen lijfhertigen vader, verre van zijne kinderen te 
bevrijden, heeft hun aile in een zael bij een doen komen; 
alsdan zijn aile die paters onder duizende van vloeken 



5o EENIGE BLADZIJDEN HERINNERINGEN 

cndc sclicld woorden als misdadigers in het midden van 
den nagt tusschen het gespuys en soldaeten of gesleurt 
op het gevangen huys, naer dezelven langen tijd aldaer 
gezeten te hebben in twee a drij verschillige plaetsen en 
waer van eenige gedeporteert zijn geworden naer de 
eylanden van \'rankrijk op het weygeren van te doen den 
eed der Constitutie. 

« P. S. In den morgent van de woeling van den 
7'"-" october 1798 was voor hun wooning eenen gendarm 
omveer geschoten daer zij onrechtveerdig mede betigt 
wierden ». 



B 



Uit de kronijk van Vmi Hanswyck, trckken wij het volgcnde 
over het erplanten van den boom van vrijheid (i) : 

Vers attachés à l'arbre de la liberté le même jour 
(3o S*"'), par le citoyen Quinau, commissaire des guerres 
de la place. 



Eternel monument de notre liberté, 

Tu ne nous verras plus ramper sous l'esclavage, 

Enfin de tous nos droits connaissant l'avantai^e, 

Nous avons près de toi placé l'égalité, 

En vrais républicains conduits par l'Equité, 

Nous viendrons chaque jour te rendre notre hommage. 

Et le doux rossignol perché sur ton feuillage, 

En nous voyant unis par la fraternité. 

T'annoncera sans cesse en son charmant langage. 

Qu'il partage avec nous votre félicité. 



(i) Den 3o S'^'^^'' 1798 is wederom geplant den boom van vrijheid die door 
den oproer van den 22 dezer maend was afgekapt en dito dezer met vollen 
triomf geplant. 

Te dezer gelegenheid werd door citoyen Maulnoiz (capitein) in den tem- 
pel der wet eene redevoering uitgesproken. 



AAN DE FRANSCHE OVERHEERSCHING TE MECHELEN 5l 

Maudit soit à jamais le brigand téméraire 
Qui, de l'abattre encore formerait le souhait; 
A la rigueur des Lois ne pouvant se soustraire, 
La mort serait bientôt le prix de son forfait. 

(de Vimprimerie P.-J. Hanicq, à Malincs). 

Van Liiffen verhaalt de voorgaande gebenrtenissen op de 
volgende wijze : 

Op het einde van het jaar 1798 is er in deze landen, 
namentlijk in Brabant, en het land van Mechelen eenen 
grooten opstand of révolte ontstaan onder het jongmans- 
volk, omdat ze gepraamd werden van de 20 tôt de 25 
jaren voor soldaat op te trekken naar het léger, ingevolge 
de wet, over de rekwisitie of militaire conscriptie uitge- 
geven. 

Dezen opstand heeft schrikkelijke gevolgen gehad, 
want aile man is niet geboren om soldaat te zijn en be- 
zonderlijk om te dienen in zoo onrechtveerdigen oorlog 
als dien was der franschen. 

De boeren dan waren de eersten die hun tegen die wet 
hebben gesteld. Verscheide dorpen voegden hun bij mal- 
kanderen, de eenen gewapend met fusieken, degens en 
pistolen, de anderen met stokken, bijlen, gaffels en rie- 
ken, en wachtte de gendarmen of soldaten af die kwamen 
om de jongens vallende in de rekwisitie met geweld op 
te lichten. Zij gingen ze zelfs op vêle plaatsen te gemoet, 
vechtende daar tegen gelijk leeuwen, zoo dat er menige 
fransche soldaat er zijn leven heeft bij gelaten. 

De bezonderste van die aktiën zijn voorgevallen op 
d'eerste dagen van november tôt Willebroeck, Bornhem 
en de bijgelegene plaatsen, waardoor de dorpen zeer veel 
hebben geleden. Immers de fransche commandanten ver- 
staande dat de boeren daar in menigte vergadert waren, 
verzamelde de garnisoenen der omliggende steden lagen 
en trokken in verscheidene kolommen, voorzien met grof 



52 EENIGE BLADZIJDEN HERINNERINGEN. 

^eschiit daar naaitoc, doodendc en vangcnde niet alleen 
degcnen die zij in de wapens vonden en hun weeistand 
bieddcn, maar ook vêle onnoozele menschen die zich 
gerust in huis behielden. Zij stelden de dorpen op zware 
iDiandschattingen, en zoo die aanstonds niet werden be- 
taald, roofden zij al wat zij vonden en schoten of staken 
de huizen in brand, getuigen hiervan zijn de twee schoone 
dorpen van Willebroeck en E'ornhem, die door den brand 
en plundering der franschen op eene grauwzame wijze 
zijn verwoest; in 't laatst gemelde zijn weinige huizen 
van den brand ongeschonden gebleven, de anderen waren 
allen door den brand vernield. 

Hetgene weinige dagen hiervoren in Mechelen is ge- 
beurd uit dezelve oorzaak, was niet min vreed en schrik- 
kelijk. Het mansvolk van de naastgelegene dorpen, Muy- 
sen, Hever, Helev/ijt, Hombeeck, Leest, enz., zijn 's 
nachts tusschen den 21 en 22 van Oktober in groote 
menigte bij een gerot, op het stormen van de klok, dat 
zij tôt een signaal of teeken hadden gesteld om in de 
wapens te komen. Eenige honderden van die boeren, 
gewapend met aile soorten van instrumenten kwamen 
op den 22''" der voorzeide maand 's morgens omtrent 8 
uren al schreeuwende en tierende als dulle menschen 
(want het grootste getal was dronken) door verscheide 
poorten, maar meest door de Lovensche, de stad in. 
Daar zij geenen tegenstand vonden, het garnisoen be- 
staande in weinige mannen welke zich geretireerd hadden 
naar de casernen, hoorende dat de boeren naderden ; dan 
verspreidde zich de boeren in verscheide benden, bij de- 
welke zich vêle jongens van de stad vervoegen, en loopen 
straat op, straat af als razenden met hun trekkçjKie het 
mansvolk dat zij vonden. Zij rukten de fransche kokar- 
dens af die de borgers op hunnen hoed moesten dragen 
en schoten onversaafd hunne roeren en pistolen af,zonder 
te zien waar henen, zoodat de kogels door de straten 



AAN DE FRANSCHE OVERHEERSCHING TE MECHELEN 53 

ronkten en niemand zonder levens gevaar buiten huis 
konde komen. 

Hunne meeste verbittering was op de fransche bedien- 
ders die ze ongetwijfelt zouden hebben vernield hadden 
ze er eenen gevonden ; maar dezen hadden zich in tijds 
verborgen. Voorders loopt er een heelen troep boeren 
naar de groote markt, kapt daar den boom of staak van 
vrijheid af, en openen met geweld het gevangenhuis los- 
latende die daar op zaten. Van daar gaan ze naer 't stad- 
huis, breken het open en halen er uit de boeken, schriften, 
en vêle andere dingen; zij brengen het in d'opene lucht, 
steken het in brand en trekken de rest in kleine stukken 
van een, zoo dat de merkt en bijliggende straten wit 
zagen van het gescheurd papier. 

Daar en tusschen waren er eenigen op St-Rombauts 
toren geraakt, die stormden, luiden en aile sottigheden 
met de klokken deden, terwijl er een anderen troep boe- 
ren bezig is met open te slagen het komptoir waar de 
lasten werden betaald, meenende daar veel geld in kas 
te vinden. Maar de franschen hadden de voorzorg gehad 
van het in tijds te bergen. Anderen bestormden de arse- 
nalen en namen mede de wapens, en oorlogsgetuig dat 
zij daar in vonden onder andere eenigen stukken kanon. 

Dit ailes was tôt hiertoe nog vergaan zonder weder- 
sl.uid en 't schcen dat die dulle boeren nu de geheele 
stad in hunne macht hadden en geene fransche meer 
vreesden. Maar de kans is welhaast gekeerd en met een 
bloedig gevecht geeindigd. 

Het was nu geworden lo uren in den morgen, toen 
men vernam dat het klein getal militairen, bestaande ten 
hoogste in 5o mannen, waaronder eenige ruiters en gen- 
darmen uit het kwartier of kaserne waren getrokken op 
de vesten, daar zij batterijen maakten en kanonnen 
plantten. Voorders was hun inzicht de stadspoorten in 
bezit te krijgen om de boeren in te sluiten. Dit is hun 



54 EENIGE BLADZIJDEN HERINNERINGEN 

ten voile nict gelukt, want komende langs de vest over 
de koeipoort aan die van Neckerspoel, vonden ze daar 
de boeren, in menigte vergadeit, in de wapens staan, 
afsluitende de keizerstraat en 't begin van de vest tegen 
het hof van Hoogstraeten ; vanwaar de boeren dapper 
vuur gaven op de franschen. Zoo dat ze voor de poort 
ecn ruiter van zijn peerd schoten die dood ter aarde viel. 
Hierom echter lieten de soldaten niet af van standvastig 
te vechten zoekende de poort te winnen om de boeren 
den uittocht te beletten. 

Dit oogwit hebben zij welhaast ten deele bereikt, want 
de boeren nu nuchter geworden zijnde, begonnen zeer te 
verflauwen in hunne eerste dapperheid, zoo verre dat 
ze aan 't vluchten geraakten en malkander overhoop 
liepen om d'eerste uit de poort te zijn. 

Daarop rukten de militairen spoedig vooruit, en hun 
een groot deel wegs buiten de poort achtervolgende, 
zonder dat ik gchoord heb dat ze eenen hebben in handen 
gekregen. Eenen anderen troep militairen drongen de 
keizerstraat in, vervolgende de boeren die de poort niet 
hadden kunnen berijken en stadwaarts liepen, van de- 
welke zij er eenigen hebben achterhaald die ze hebben 
gevangen, gekwetst of gedood op de straat. Nog hebben 
zij er velen uit de huizen der borgers gehaald die verra- 
den waren, of die ze daar hadden zien invluchten. Onge- 
lukkig was hij die zich ten tijde van dien troebel op 
straat bevond, want de soldaten warcn als tiegers, van- 
gendc en doodende al wat zij tegen kwamen, zonder aan 
te zien of ze plichtig waren of niet. Dit alleen was hun 
genoeg dat zij iemand ontmoetten met eene rei of stok 
in 'de hand om denzelven seffens naar de gevangenis te 
leiden op pretext dat ze hem in de wapens hadden 
gevonden. 

Het was al laat in den achternoen als ze nop' hezisz 
waren met huiszoekingen te doen naar de boeren. Zij 



AAN DE FRANSCHE OVERHEERSCHING TE MECHELEN 55 

werden aangeleid door eenige van de municipaliteit, die 
him in de huizen brachten daar ze wisten dat er gevlucht 
zaten. 

De commandant der stad had in den morgend, spoe- 
dig de weet gelaten van deze troubels aan den opper 
kommandant (i) tôt Brussel, welke nog op den zelven 
dag tegen den avond in persoon tôt Mechelen is aange- 
komen, vergezeld zijnde van verscheide benden soldaten 
uit het garnizoen van Brussel. Dezen generaal gaf seffens 
orde van de poorten gesloten te houden en niemand in, 
of uit te laten zonder zijn bezonder kennis, waardoor er 
de volgende dagen groote schaarsheid van sommige eet- 
waren ontstond. Hij deed op de merkt en groote straten 
der stad veel grof geschut stellen, en gebood de kanon- 
niers van met brandende lont daar nacht en dag bij te 
staan. 

Hij deed den voorslag of beiaard met het uurslag op 
St Rombauts toren stilhouden en stelde op 't hoogste van 
denzelven eenen gedurigen schildwacht, om de brigands 
of boeren in d'oog te houden of ze naar de stad niet 
af kwamen ; want zij waren wederom in menigte bij een 
versamelt te Duffel, Waelhem en omliggende plaatsen, 
met een woord, hij deed nog denzelven avond eene pro- 
klamatie (2) publiceeren waar door hij de stad Mechelen 
in staat van beleg verklaard, dat is 01. der de militaire 
wacht daer men welhaast de droevige uitwerksels heeft 
van gezien. 

S'anderdaags omtrent 9 uren 's avonds gebood dien 
wreeden krijgsoverste aan eenen zwaren troep soldaten 
van het gevangenhuis te halen 42 van die personen die 
daags te voren waren gevangen gezet, deed hun geleiden 
naar St Rombauts kerkhof, waar hij die ongelukkigen 



(i) Generaal Bégiiinot. 

(2) Geteekent / brumaire an 7. 



56 EENIGE BLADZIJDEN HERINNERINGEN 

deed door schi.eten en op het allervreedste vermoorden. 
Hun gehuil en gekerm was schroomelijk om hooren, vol- 
gens getuigenis van de omliggende geburen die dit droef 
spektakel door hunne vensters hadden afgezien, het kerk- 
hof geheel verlicht zijnde door de bijstaande fakkels. 
Deze gemassacreerde lichamen werden met het aanko- 
men van den volgenden dag in eenen grooten put te 
midden van hetselve kerkhof, allen op malkanderen 
gesmeten en met aarde bedekt, naar dat de soldaten hun 
eerst hadden beroofd van ailes vvat zij aan hadden. De 
plaats waar ze doorschoten zijn was te erkennen aan de 
plassen bloed die men eenige weken daar na noch kon- 
den zien, en was dicht tegen de muren van de kerk die 
met bloed besprengt en vol putten waren van de afge- 
botte kogels. 

Die 42 personen waren van het getal van die welke 
de soldaten 's morgens op de straat hadden gepakt en uit 
de huizen gehaald, zij werden in den namiddag voor 
eenige militaire oversten (i) gebracht die hunnen naam, 
ouderdom en geboorte plaats deden zeggen en opschre- 
ven zonder dat ze hun naar iets anders vraagden. Om 
'die reden gingen zij welgemoed wederom naar de gevan- 
genis, peisende welhaast in vrijheid te zijn, in welke 
meening zij helaas zijn bedrogen geweest. 

Den dag naar hunne moord zag men op vêle plaatsen 
van deze stad aangeplakt, het proces-verbaal van hunne 
verwijzing, waar in gezeid -wordt dat ze gepakt waren 
met de wapens in de hand, en daarom als rebellen met 
de dood gestraft zijn; welke betichting voor velen van 
hun zeer valsch was, want wij weten voor zeker dat ver- 
scheide van die personen ten tijde van den voorschreven 
opstand zich op straat bevonden, bij geval of gaande voor 



1 



(i) Deze waren : Masingaiit, b'n'sac'e overste, voorzitter; Chameau, bataillon 
overste; Lefebvre, kapitein; Carnaud, kapitein en Dalou, onderluitenant. 



AAN DE FRANSCHE OVERHEERSCHING TE MECHELEN Sy 

hunne affairen, zonder eenig gedacht van daar in mede 
te werken; onder anderen den ruimaker van Hombeek, 
hebbende eene rei of maat in de hand is van de soldaten 
gepakt voor eenen van die oproerders en naar de gevan- 
genis geleid ; eenen anderen zijnde een houtkliever van 
deze stad, gaat over de veemarkt waarschijnlijk met zijn 
bijl geladen, valt in de handen van de soldaten, die hem 
ook tusschen veel slagen en stooten naar de gevangenis 
brachten. 

Voorwaar goddeloos en tyranniek is het van op zoo 
eene manier de menschen ter dood te veroordeelen, zon- 
der een formée! onderzoek of ten minste hun te onder- 
vragen. Bij dat procès verbaal was gevoegd een lijst, 
beheîsende de namen, ouderdom, geboorte plaats en 
woning van die ongclukkige slachtoffers, waaruit men 
zag dat er 4 of 5 van deze stad waren, de andere meest 
van de dorpen zijnde, Muisen, Hever, Elewijt, Hom- 
beek, cnz. (i). 

Diij dagen na de uitkondiging van de bovengenoemde 
proklamatie, deed den opperkommandant, die nog altijd 
in de stad verbleef eene andere publiceeren streng beve- 
lendc binnen de 24 uren het inbrengen van de wapens. 

Hij heeit ook vêle fransche troepen uit holland ontbo- 
den die Ijij met de garnichoenen van d'omliggende steden 
deed optrekkcn tegen de rebellen of zoogenoemde bri- 
grands, naar dat hij Mechelen eerst vol had gesteken van 
deze soldaten die de borgeis maanden lang in hunne 
huizen hebben moeten logeren en den kost geven, en dat 
juist den tijd van den winter. 

Dit is in 't kort het ware verhaal van deze droeve ge- 
beurtenissen die de inwoners van Mechelen en menig- 
vuldige dorpen nog lang zullen gedenken ; waar door zij 



(1) Zie die lijb-t en het ) lores veibaal in cns voorgemeld werk : Maîines 
sous la république française. 



58 EENIGE BLACZIJDEN HERINNERINGEN 

ZOO vele miseriën, moeilijkheden en schade hebben gele- 
dcn, want zoo lang dat de stad in staat van belegering 
was, hetgene merkelijke maanden duurde, kwamen er 
bijna geen buiten lieden naar de merkt, waardoor de 
winkels, doorgaans zonder volk zijnde niet verkogten, 

Uit die zaak van de rekwisitie of militaire conscriptie 
zijn in de volgende jaren nog zeer zware troebelen en 
vcFvolgingen gesproten om dier wille dat de franschen 
den oorlog bleven voortzetten tegen den keizer, Enge- 
land, enz. 

De abdijen van Tongerloo, Averbode, Grimbergen, 
Roosendaal en St-Bernard, hadden in de stad Mechelen 
ieder eene réfugie, zijnde allen zeer groote gebouwen 
welke de franschen hebben verkocht in den loop van dit 
jaar 1798. De réfugie vandelaastgenoemdeabdyestaande 
in de bogaartstraat bij het groot beggijnhof is door de 
koopcrs (i) voor een groot deel afgebroken. 

Noghebben de franschen in hetzelve jaar verkocht den 
treffelijken bouw met de neffenstaandc kapel en grooten 
schoonen hof der commanderij van Pitsenborch, al het 
welke gekocht is door eenen hollander die met zijn huis- 
houden deze batimenten is komen bewonen. De landen 
en andere vaste goederen aan die commanderye toehoo- 
rende zijn door de fransche roovers alsdan 00k ver- 
kocht. 

In de maand meert 1799 verkocht de fransche re- 
geering de kerk van het groot beggijnhof in de stad 
Mechelen. Die kerk was nog gesloten sedert het verbod 
van den openbaren godsdienst aan d'ongeëde priesters in 
Oktober 1797, en den kooper heeft dan 00k niet goed 
gevonden van dezelve te openen. 

In de volgende maand deed dezelve regeering 00k ver- 
koopen de parochiale kerk. 



(i) J.-B. Olivier, brouwer te Mechelen. 



AAN DE FRANSCHE OVERHEERSCHING TE MECHELEN Sq 

Van Hansivyck verhaalt nog hct volgcnde : 

Item den 22 October 1798 is er in de stadshalle gevi- 
siteerd door den Cherugeyn joannes franciscus Cale- 
waerts, ter presentie van den vrede regter joannes batista 
Olivier, het iichaam van eenen gendarme zijnde gestatio- 
neert tôt Vilvoorden ende bevonden denzelven met eenen 
kogel was door liet hert geschooten. 

den zelven tijde hebben de heeren hierboven vermeld 
hun begeven in de torf straet in het huys van den heere 
Constantinus van den Nieuwen huyzen hetwelk afgebrand 
was, ende waer aen m en werkte om het wederom op te 
bouwen en hebben aldaer bevonden een dood lichaem 
aen hun onbekent, scheynende den ouderdom te hebben 
van vyf en veertig jaren, sijnde gekleed met een groen lae- 
ken kazak en een roode lake vest, en lynwaede lange 
broek zonder coussens ofte schoenen ; hem visenterende 
hebben gezien hij onder zijn kleederen draegende eenen 
scapulicr van de carmelieten ende bevonden hij met 
eenen bal was door den hais geschoten en waer van hij 
gestorven was. 

Den zelven tijd hebben zij op een ander plaats in het 
zelvc huvs nog gevondcn hct dood lichaem van eenen 
zekeioii \'erlinden in den ouderdom van acht en dertig 
jaeren, aen hcljbende eenen blauwen lakenen kazak en 
eene zwerte vest en broek zonder coussens- ofte schoenen 
en in zijn zakken bevonden tw^ee loote kogels en wat 
grooter van steen, ende den schurgyn heeft bevonden dat 
eenen bal hem door het hert geschoten was ende zijn 
dood veroorzaekt. 

Uit Schclhns, gcschrcvcne kronijk : 

Den I Brumaire 7 jaer (22 October 1798) smorgens 
om half acht verrasten de oproerige boeren van de nà- 
buerige dorpen deze stad, zat en vol zijnde gewapend 



6o EENIGE BLADZIJDEN HERINNERINGEN 

met luzieken, stokken, rieken, gaffels met eenen trom- 
mclaer zijnde ingekomen langs de Lovensche poort. Den 
ganschen nacht was er op de dorpen gestormt den thoren 
geblaesen, reizende borgers opgehouden, etc. De goed- 
willige hadden den ganschen nagt gepatiouilleert rond 
de vesten en tegen den morgen weerkeerende vroegen 
sommigen om de poorten der stad ende de vedetten te 
beuaren twelk hun wierd afgeslagen door M. Auger C'^ 
Zij moesten hunne geweren afleggen die gesteld wierden 
in de kamer der Fouriers. De borgers gingen dan naar 
huis slapen op het zeggen van Auger dat er garnizoen 
stond te arriveeren. Dit garnizoen kwam waarlijk om half 
zeven in de stad, ende in plaets van daer in te blijven 
trokken zij naar Duffel, nemende den weg langs Wael- 
hem. Daar was aan den generael Beguinot gevraagd 
geweest door den O Meurine of de Poorten moesten toe 
blijven; hij antwoorde van neen, en dat men die kon 
openen- gelijk naer gewoonte, het welk oorzaek gegeven 
heeft van de verassinge dezer stad. De boeren deden 
overal de vaentjes van de huizen, waer de zelve nog uit- 
staken omdat het den dag te voren de cade was geweest, 

in trekken Dan liepen zij naer het stadhuis ge- 

vo'lgt van slecht volk en eenen hoop vrouwen, vragen aan 
de concierge de sleutels, enz., braken de deur van het 
plaetsken der dienaars verbranden de papieren op den 
bureau der logementen en namen daer de 80 geweren 
mede die daar gereed waren, liepen naar boven verscheur- 
den de papieren op de plaets der zittinge en wierpen de 
stukken ter venstere uyt; deden de wolle uit de kussens, 
sloegen op de groote zael eenen luster in stukken, dog 
den spiegel boven de schouw ende de schilderij der vrij- 
heid daer boven bleef ongeschonden, als 00k het beeld- 
werk derzelve schouw. Op de vierschaer trokken zij het 
blauw laken van de muer en van de tafel der huissiers 
welken papieren zij ook roofden. Zij breken de deur der 



AAN DE FRANSCHE OVERHEERSCHING TE MECHELEN 6l 

capelle open daer de vrede rechter der 2'''' sectie zijnen 
bureau had, braken de schapprayen in stukken, namen 
mede eenen koperen Bouilloire aldaer gedeposeert, 
eenen parapluie van den peys rechter, den dictionnaire 
Van des Roches 2 deelen, twee deelen van de Bulletins, 
2 zegels, verscheuren de registers en répertoire. De plun- 
dering zou langer geduerd hebben, maer daer zeyde 
iemant dat de militaire aenkwamen, waer op zij met 
haestigheid afliepen langs de achterkant af komende in 
de voorzael langs waer zij 00k waeren boven gekomen, 
alzoo de deur aen den gewoonlijken trap langs de con- 
cierge gesloten was, zij hadden beneden ook de deur 
open gestampt van den O" de policie. Terwijl dit op het 
stadhuis gebe^rde waren er andere naer den trompetter 
Brias geloopen om de sleutels van den Toren, welke hij 
zegde niet te hebben maer dat de zelve op de concierge 
lagen, waer op hij met hun naer de concierge moest ende 
de sleutels wierden hem gegeven waer mede zij den toren 
opgingen en begonnen te stormen; eenige waren geloopen 
naer den bureau van den ontvanger der contributie, in 
het huis der geestelijke moeder der Minderbroeders waer 
den houtkliever uit 't Bisdom met hondert vloeken zijn 
dertig stuivers wedervroeg : ondertusschen was Sayave- 
dra Q^ op eenen der zolders der concierge gekropen 
achter het hout, maer van Keerbergen Municipael en 
Squedin C de Police waeren de Antwerpsche poort 
ingeloopen en vonden de Militairen tôt Waelhem die 
voorts op Duffel gingen welke welhaest terug kwamen, 
en mede de boeren de poorten hadden open gelaten 
kwamen er vyf of ses mannen te peerd in, welke seffens 
den ganschen hoop boeren op de vlucht dreef, alleenlijk 
wierden eenen Gendarm van zijn peerd geschoten aen de 
Neckerspoel poort, twee of drij boeren zijn er in de torf- 
straat geschoten waer van er meer gewond zijn. Daer zijn 
er veel gevangen zoo borgers als boeren waer van er 



62 EENIGE liLADZIJDEN HERINNERINGEN 



's anderdags savonds om half elf 41 op 't kcrkhof omtrent 
den toren en kerk in drij verscheyde rysen gefusilleerd 
zijn en scffens op 't kerkhof begraven. 

(Inval dcr bocrcn, 22 October 1798). 

Nog drij ander later gefusilleerd den koetsier der dili- 
trentie enz. 



Ecnigc notas bdrcjfcnde de ontcigcning der kerken en kapel- 
len, het verkoop derzelven en der kunststukken die ze bcvat- 
ten (1). 

Metropolitane Kercke van Sinte Rombaut (1806) 

Het laeste van S^"' heeft men beginne af te breeken 
den kh^nen toren zynde in eenen slegten staed door 
ouderdom. 

S. Rombouts Capelle 

Afgebroken den 2^'" Augusty 1798. 
Collégiale Kercke van O. L. V. over de Deyle (i794) 

Den 2 Oostmaendt om 5 uren naer middag hebben de 
gccommitteerde van het frans gouvernement de autaers 
stucken door Petrus Paulus Rubens gelyck hier vooren 
fol 222 wyt en breedt gedruckt staet en ter presentie van 
decken J. Dewit en A: J: L Morissens deckens van het 
zelfde ambacht toegesegelt ende dagh ter naer vervoert 
in het Biscoplyck palijs van den Cardinael Joannes Hen- 



(i) in handschrift in Proviiicie- stadl ende district van Mcchcku, medegedecld 
door den H. Lod. Stroobant. 



AAN DE FRANSCHE OVERHEERSCHING TE MECHELEN 53 

ricus de Franckenberg ende wesende korten t3^d daer 

naer vervoert door schipper 

en vandaer naer Parys. 

van deze stucken is alhier verbleven den gekruysten 
Christus hoog 2 voeten 5 duymen. 

Parochiale Kerke van S. Jan 

ig Meert (zonder jaarschrift) is de parochiale kercke 
verkocht voor de somme 235 Livers; nota de fransche 
verkogte de geestelyke goederen in bons of assignaten 
de welke wynig crediet hadden; alsoo met du3^sent livres 
in bons kogt men voor derthien brabantsche guldens. 

1795 

29 mey wiert het koren ter merck verkocht. 17 = — o 
» )) Terwe » « 25 à 3o = o 

De Minderbroeders (i796) 

Onder het Frans Republiek 17 g''"' zyn de bons gepre- 
senteert en aile gerefugeert. 

10 X''^'' is de Kerck gesloten, den 12 dito wesende 4 iiren 
naer middag met milletaire maght het clooster moeten 
verlaeten; naermaels gedient hebbende hunne kerck tôt 
de primaire vergaederingen voor wyck A en 14 meert 
1797 voor een magazijn van stroy en hoij ; inde maend 
van 8'"' is het cruijs van toren en kerck als het groot 
■steene cruys staende achter den gevel afgeworpen. 

Dese paters hebben hunne wooninge genomen een 
deel in het huys aen St Jans kerckhof, toebehoorende 
aen Jouff. vander.Elst en eendeel in het huijs van den 
graef van Bonijde; dese by een vergaederinge heeft ge- 
duert tôt i5 Febry 1798 wanneer zy wederom geschyden 



64 EENIGE BLADZIJDEN HERINNERINGEN 



z\n ter ooizaeck van huiinen gardiaen Pater Klinken- 
berg en pater De Gend die hunnen eed hebben gedaen 
inde hande der france commissarisse; den laetsten ge- 
noemde heeft naermaels gewoont in de deekenye en al- 
daer de fonctie gedaen als pastoor van de parochie. 

In me}^ 1802 is de capelle afgebroken. 

Dell 17 g''" 1798 syn de paters woonende in het huys 
van Jouff. Vander Elst over St Jans kerck hof by midder- 
nacht met millitaire maght gehegt en in de gevanchenisse 
gesteld ter gelegenheyd dat de buyte Jongelinge in op- 
stand waeren tegen de france. 

De Augustijnen (1796) 

Onder het Frans Republiek den 14 g'"' syn aen de 
paters gepresenteert hunne Bons aile gerefugeert. 

i3 x^'^' wesende 3 uren naermiddag hebben moeten 
onder millitaire maght het clooster verlaetcn. 

Den 14 aile in Borgelycke kleederen ; 1797 hebben de 
Borgers woonende in de wyck D, in de kerck gehouden 
de primaire vergaederingen. 

In de maend 8^'" is het cruys van den toren en kerk 
gebrocken. 

In de maend July 1S06 brack men af de schoone 
kerck waer van het outewerck is gebruijckt aen den nieu- 
wen bouw van het gasthuys staende tegens de dyle, was 
te vooren een plein met ges bewasschen dienende voor 
eenen blyck der arme gebuerkens. 

De Capucinen (1796) 

Onder het Frans Republiek 16 9'''-'''zijn de Bons gepre- 
senteert en aile gerefugeert. 

i3 x^"-' wesen de 5 uren naer middag hebben onder 
milittere magt hun clooster moeten verlaet.en; den 14 dito 
waeren zij in borgerlijcke kleederen. 



AAN DE FRANSCHE OVERHEERSCHING TE MECHELEN 65 

1797 hebben de Borgers woonende in wyck C, in 
hunne kerck gehouden de primaire vergaederingen. 

22 Jan. 1798 zyn de kercke meubelen verkocht. 

Deze paters hebben hunne wooninge genoraen in huys 
genaemt Hoogstraet aen Eckerspoelpoorte, 

Den 14 8^" 1797 is het cruys van den toren en Lie- 
vrouw Beeld in den gevel van de kerck als het groot 
houten cruys staende op den Gansendries afgebroecken. 

1798 den 24 8''" synde de paters Capucinen by nachten 
aile opgelicht onder militaire machten ter gelegenheid 
dat de buyte jongelieden in opstand waeren- tegen de 
France. 

De Jesuiten 

Den 3 Augustus 1798 zijn de Belden van dezen achter 
staenden gevel der kerck afgeworpen, zijnde het vylde 
jaer der france Republiek. 

Den eersten 8^'" 1798 is de eerste mael de vergaderinge 
geweest van den tempel van de wet, zynde den 10 ventôse. 

De Priesters van 't Oratorie (Frans Republiek) 

Den i5 Jun. 1797 is het CoUegie gesegelt en de 
schoole opgeschorst, naer mael vSchoole gehouden voor 
de Jonckheyd in het huys van den Baron Spange, en in 
het huys van . . . dese Schoole is korten tyd naer 
dato opgeschorst ter oorsaecken den prefect soude ge- 
licht worden, duer divoire voor gedaen is, maer is ont-" 
komen. 

N. B. Naer de suprcssie zijn de schoolen geconti- 
nueert in zeker huijs in de Kerckhofstraete regnotende 
het huijs eertyds de pastorye van S' Jans ; daer naer in 
het huijs genoemt het gulden hoofd in de Adegemstraete 
en in het huijs van Vidua Debarius op de Koren merkt. 

Den prefect woonde in het huijs van d'hcer baron 

5 



66 EENIGE BLADZIJDEN HERINNERINGEN 



Spangen met ciica twintig kostkoopers, die hij met zig 
uijt hct CoUcgie medegenomcn had in hoope dat men 
hem het gezeijd collegie zoude vvedergegeven hebben ; 
waer toe menigvuldigc devoiren geschied zijn, doch 
vruchteloos. 

De Ongeschoende Carmelieten (1796) 

Den i3 g'^'"' syn huiine Bons gepresenteert en aile geru- 
fugeert. 

Den 12 x^"" wesende 4 uren naermiddag met millitere 
maght hunne Clooster moeten verlaten. Den 14 in bor- 
gerlijke kleederen. 

Den 12 x*""" 1797 heeft men beginnen kerck en clooster 
aftebreeken gekocht zijnde door eenen (Vreemdeling). 

Eerst mael noch gedient hebbende voor de primaire 
vergaedering voor de wyk B. 

Van de paters heeft den eed gedaen pater (Trioné) 
naermaels doende de fonctie van pastoor in Hanswyck. 

De Predickheeren (1796) 

Onder het Franse Republiek den 14 g""" wesende 
's morgens 10 uren zijn de bons gepresenteert aile gere- 
fugeert uytgezondert Broeder Dojnin die de zelve heeft 
geaccepteert. 

i3 x*"-' wesende 3 uren naermiddag onder militaire 
maght hun clooster moeten verlaeten. 

Den 14 dito waeren zy in borgelycke kleederen. 

1797 Jl^^bben de Borgers woonende in wyck E. in de 
kerck gehouden de primaire vergaederingen. 

Den i3 S^" is het cruys van den toren en kerck afge- 
worpen. 

Van dese paters heeft den eedt gedaen den prior Pater 
Groenninckx, korten tijd daer naer overleden binnen 
Mechelen. 



AAN DE FRANSCHE OVERHEERSCHING TE MECHELEN 67 

Den Superior pater N. (Werkhoven) en pater Borck- 
mans ook overleden in 1799. 

De Cellebroeders 

Onder de Regeringe van het frans Republiek den eer- 
sten Jan. 1797 zyn de bons gepresenteert en aile gerefu- 
geert en den 23 Jan. met millitaire macht hun Clooster 
moeten verlaeten ; den 24 in Borgel3^cke kleederen en in 
S^'"' is het Cruys van hunne kerck geworpen. De gewesene 
paters Cellebroeders hebben hunne wooninge genomen 
in den Hooren op de Botermerckt toehoorende aen 
d'Heer Backx. 

Het Huys van Pitzenborgh (1798) 

Den 2 Junius zyn de meubelen van Pitzenborgh als 
mede de meubelen de van aile ambachten en Gildens 
aldaer verkocht. 

Het Aerts Bisschoppelyck Seminarie (Frans Republiek) 

Den 27 der maendt Jan. 1798 hebben de Seminaristen 
hunne wooninge moeten verlaeten en hunne kleedtsels 
veranderen. 

4 8^"" syn verkocht den Autaer van merbel, de gestul- 
tens en andere kerckelycke effecten, 

Frans Republiek 

Den 27 Jan. 1798 zyn de beg^men gesuprimeert met 
order van op 18 dezer hunne kleederen te verlaeten 
(waarschynlyck den 18 February) en borgelycke cleedsel 
te verschynen. 

Den 8 Jan. 1798 is hunnen Pastoor met millitaire 
maght gedeporteert mynheer Dolmans. 26 Junius syn 
afgebrocken de poorte van het Begynhof. 



68 EENIGE BLADZIJDEN HERINNERINGEN 



Den 5 8"'" syn verkocht de kostelycke meubelen der 
Kcrck. 

Het Kleyn Beggyn- Hof 

17 Jan. 1798 is het Clyn Begynhof gesuprimeert en 
den 18 hebben s}^ in Borgelyck kleederen moeten wesen. 

26 Junius heeft men beginne af te breken de poorte 
staende in de Peperstraet. 

Blydenbergh (Frans Republiek) 

Den 24 April 1798 om 3 uren naermiddag hebben de 
nonne hunne wooninge moeten verlaeten ende 23"' in 
Borgerhxk kleederen. 

Nota A. — Segge 16 Febiy 1798 oni 3 uren naermid- 
dag en 17 Meert hunne kleedsels. 

24 April 1798 heeft men beginne afte breeken het 
cloostèr gekocht syn de door eenen vremdelik onder bor- 
ge van I: L: Picaert borger deser stadt ten Jaeren 1799. 

In de maend July heeft men wederom te coop gesteld 
dit algebroecken Cloostèr synde de 4 mueren by faute 
van geene betaelingen, niet tegen staende dat dito borgers 
hun verryckt hebben van loot, eijser en houtte werck. 

Bethanien (i783) 

Vernietigt den sesden dag naer Paeschen door den 
Roomschen Keyser Josephuâ den 2''"' van dien naem, 
naermaels gediend hebbende voor een keyscrlyck hos- 
pitael, en ten jaeren 1786 gekocht en afgebroken door 
vremdelingen. 

Thabor (i783) 

Vernietigt den 4'^'" dag naer Paeschen onder de Rege- 
ring van den Roomschen Keyser Josephus den 2'''" naer- 



aa:n de fransche overheersching te mechelen 6g 

maels gedient hebbende voor logemente van peerden, 
soo voor keyserlijk als voor fransche tôt het jaer 179g 
wanneer het clooster is afgeworpen gekocht Z3^nde door 
eenen vremdelinck. 

Muysen 

Vernietigt onder den keyser Josephus den2'''"Roomsche 
keyser wesende den S''"' dag naer Paeschen 1783, naer- 
maels gedient hebbende voor magazyn van haver en meel 
tôt het jaer 178g, wanneer den ke3^ser het land verlaetende 
door de troubel van het Nederlans volck is den bouw 
wederom in staedgestelt voor de Religieusen ; maer naer 
het wederkomen der keyserlyke troepen syn de Religieu- 
sen niet wedergekeert, dus naermaels verkocht aen den 
borger Esperin woonende in den Gulden Berg op de 
ijsere leen die het clooster heeft beginnen afte breken den 
18 February 1798 s^mde onder de fransche Regeringen. 

De arme Clarissen 

Vernietigt 1783 wesende onder de Regeringen van den 
Roomschen Keyser Josephus den 2'^''" van dien naem vier 
nircndcn naer de anderc kloosters. 

Naermaels gedient hebbende voor magazijnevoor hooij 
en strooij; het selve Clooster is wederom in staedt gestelt 
in 178g tôt bewooninge der Religeusen maer naer het 
wederkeeren der keyserlycke troupen is onbewoont ge- 
bleven. 

In 8*"' I7g8 is den toren van dese kerk gedaen. In de 
maend Junius 179g is ter kennisse van het volck geko- 
men de koopheisse van dit Clooster de W''" Vermeijlen, 
die naermaels wiert den by naem gegeven van moeder 
Clara. 



70 EENIGE BLADZIJDEN HERINNERINGEN 



De Carmeliterssen 

\'crnietigt onder den Keyser Josephus den 2*^"" van 
dien naem den 7'''" dag naer Paeschen 1783 ende gedient 
hebbende voor peerden stallen tôt het jaer 1797 wanneer 
den borger Vandevelde antwerpenaer het Clooster ge- 
kocht en différente wooninge gemaekt heeft. 

De Rycke Clarissen 

\^ernietigt den 5 dag naer Paeschen 1783 onder de 
Regeringen van Josephus den 2'^'" Roomschen Keyser 
naermael gedient hebben voor peerde stallen. 

In 1786 verkocht en afgebroken aen den Heere graef 
Colomma die aldaer heeft gestelt eenen Nieuwen bouvv 
waer van de fondamenten gelijd wierden in het jaer 1794 
ende is onbebauwdt gebleven ter oorsaecken van den 
oorlog tôt het jaer 

De Sieckelieden 

Vernietigt onder de Regeringen van den Roomschen 
Keyser Josephus den 2'^'" van dien Naem vvesende den 
3^'" paeschen 1783, naermaels gedient hebbende voor het 
broodt magazijn zoo voor de Keyserlycke troupen als 
voor de fransche troupen, tôt het jaer 1798, 3i July; is 
het Cruys van den toren gebroecken. 

Het Gast-Huys van O. L. Vrouwe 

18 Februarius 1798 hebben de nonne hunne kleederen 
moetcn verlaeten en in borgerlyck kleedtsel verschij- 
nen. 



AAN DE FRANSCHE OVERHEERSCHING TE MECHELEN 7I 



De Swarte-Susters 

20 February 1798 hebben de Swarte-Zusters hun 
clooster moeten verlaeten en den 2i'''"hunnen kleederen 
veranderen in borgerlyck kleedsel. 

5 8^" syn de Kerckelyke meubelen verkocht. 

De Ursulienen 

In 1786 28 Oost, hebben de Religeusen der Ursulienen 
hunne wooninge verkocht aen d'Heere Nelis en naer- 
maels gewoont in de vermaerde Prosdye van Lelliendael. 

De Proostdye van Leliendael 

Vernietigt den 2 paeschen 1783 in de Regeringen van 
den Roomschen keyser Josephus den 2^"" van dien naam, 
naermaels bewoont door de Ursulienen hunne wooning 
verkocht hebbende aen d'Heere Nelis in de Schipstraet 
wesende 28 Oost 1786 wanneer aldaer den eersten dienst 
is gedaen zynde Augustinusdag, en naermaels wederom 
vernietigt ofte fj^telyck uytgesonden door de franschen 
wesende den 17 jan. 1798; in 8''"' 1798 is het cruys van 
den toren gedaen en korten tyd naer dato aile kercke- 
lycke meubelen verkocht ; dit geweest Clooster is gekocht 
door de geamployeerde van de Hospissen. Den 9 April 
1804 is wederom het cruys op den toren gestelt. 

De MaroUen 

Den 19 Februarius 1798 zyn de Marollen vernietigt; 
dese zusters narmaels hunne Schole gecontinueert in 
het huys van D'Heere Spange onlangs bewoont synde 
geweest door d'Heere Oratoire. 

Den 5 8^'" syn aile kerckelycke meubelen en andere 
efFecten verkocht. 



72 EENIGE BLADZIJDEN HERINNERINGEN 



De Apostelinnen 

Den i8 Febry 1798 zyn de Apostellinncn vernietigt. 
Eerst aen hun gepresenteert de bons aile geretugecit, en 
naermaels een deel van dese Susters hcbben gevvoont in 
het huijs van den Graef Respanie. 

Den 5 8"'"' syn aile kerckelycke meubelen en andere 
effecten verkocht. 

De tweede inval der Fransschen te Mechelen, op het 
einde der verledene eeuw, volgens plaatselijke en vreemde 
berichten. 

Wekclijks Bericht voor de Provincie van Mcchclcn, n^ 2g, 
den 20 Juin T'jg4(hl. 3 g S). 

Mechelen i-j Jidii. De acnhoiidende doordogten der 
Fransche uytgewekene en andere vliigtelingen die zig 
naer Holland begaven in de laatste dagen van Junii, 
voorbeduydden ons gewigtige gebeurtenissen tusschen 
beyde de Légers, het gène ons korts daer naer bevestigt 
wierd door het aenkomen der Keyserlijke Schat-kiste 
ende de Munte, de Ledene ende Bedienden van het 
Gouvernement met deszelfs Archiven, ende den volmag- 
tigden Minister, dewelke naer alliier wijnige dagen ver- 
bleven te hebben den weg namcn over Aerschot en Diest 
naer Ruremonde, werwaerts den Grooten Raede zig ins- 
gelijks met sijne Archiven begaf; daer op zagen wij de 
ontruyming der magazijnen ende van het Arsenael der 
Artillerie, welkers overblijvende deelen door den Com- 
maindant verkogt wierden voor comptante betaelinge. 
Van den 5 dezer maend zag men hier ook doortrekken de 
Bagagien der gealliëerde Légers, als ook gedeeltelijk de 
Hollandsche, Hannoversche, ■ Engelsche en Oostenrijk- 
sche Légers, dewelke hun rond dezc stad campeerden. 



AAN DE FRANSCHE OVERHEERSCHING TE MECHELEN yS 

Des zaterdags 12 Julii naederden de Franschen de Stad 
langs Semps, Hombeek en Hefien : om half vijf uren 
naermiddag schoten zij eenige ballen in de Stad ; in den 
nagt tusschen den i3 en 14 deden sy wederom het selve; 
maer den i5 des morgens begonst men hevig te vueren 
zoo van wegens de Hessische bezetting binnen en buyten 
de Stad, als door de Fransche die over de Lovensche 
Vaert voor dezelve lagen, tôt dat het eyndelijk de Fran- 
sche gelukte van omtrent Muysen over de voors. vaerte 
te geraeken ende de Hessische tôt binnen de stad te ver- 
drijv.en; deze vulden zoo aenstonds aile de stadpoorten 
vol peerde-mest, hetgene zij van den Boer 's avonds had- 
den verzorgt ; waer op van wederszyden het kanon-vuer 
nog heviger begonst, waer door menige kanonballen en 
Grenaden binnen de Stad geschoten wierden die zeer 
groote scliacde aen dezelve veroorzaekt^n. Eyndelyk ge- 
lukte Iict de Fransche ]"agers om half drij uren naer 
noen, van stormendcrhand binnen de stacl te komen, 
waer door verscheyde Hessische binnen de zelve nog 
geschoten en gevangene genomen wierden, als 00k twee 
Engelsche Officieren. De Hessische Troupen retireerden 
zig op Waelhem, werwaerts de Franschen hun vervolg- 
den zoo hacst de Stads-poorten van het mest ontruymt 
waercn. 

Extrait du <> Le Rcpiiblicain Français », nimiéro 604, l'an 
second après l'abolition de la Royauté. Diiodi 2 Thermidor. 

Convention Nationale. 

Présidence de Louis (du Bas-Rhin). 

Suite de la séance du 3o messidor. 



Barère continue, je ne suis pas borné à raconter ce 
qu'ont fait deux armées sur la Moselle et le Rhin; la 



74 EENIGE BLADZIJDEN HERINNERINGEN 

victoire a stipulé, le même jour, des rives du Rhin aux 
bords de l'Océan : ainsi toute la frontière qui sépare la 
république de toutes ces nations barbares du Nord, est 
illuminée de triomphes. Revenons dans cette Belgique 
échappée enfin à la tyrannie de l'Autricfee : le poste 
avantageux de la Montagne -de-Fer et la position utile 
de l'abbaye de Florival ont été pris, malgré la plus vive 
résistance par les troupes de la République ; et depuis le 
27 messidor, les villes de Louvain et de Malines sont 
tombées en notre puissance. 

(Les plus vifs applaudissements éclatent à trois reprises 
dans la salle). 

Les républicains se sont conduits avec cette bravoure 
et cette intrépidité dont ils font la profession de grands 
exemples à l'Europe étonnée. 

Les succès obtenus sur la Montagne-de-Fer avaient 
préparé la prise de Louvain ; mais quand il s'est agi de 
l'attaque de Malines, le passage du canal a présenté de 
grands obstacles. 

Des obstacles pour des français déjà vainqueurs sont 
des cautions de nouvelles victoires : ne croyez pas qu'ils 
puissent supporter patiemment les lenteurs des travaux 
pour le passage. La construction des ponts ne marche 
pas avec assez d'activité pour leur bouillant courage. Une 
grande partie des volontaires s'est jetée à la nage pour 
passer. à l'autre rive du canal et pour combattre; ils ont 
pris la ville et fait deux cents prisonniers et des magasins 
dont le Général ignore encore le nombre. 

(Les applaudissements et les cris de vive la république 
retentissent de nouveau). 

'Deux cents français prisonniers ont été mis en liberté 
par l'armée triomphante de leurs frères d'armes ; l'armée 
a repoussé l'autrichien jusqu'à Tirlemont, et lui a tué un 
grand nombre d'esclaves ; les autres ont bravement pris 
la fuite. (On applaudit). 



A,\N DE FRANSCHE OVERHEERSCHING TE MECHELEN 76 

Ce sont là cependant les soutiens fermes et invincibles 
du trône et de l'autel, pour me servir de l'expression 
évangélique du ministre de Londres; ce sont les troupes 
des rois coalisés pour rétablir en Europe le bon ordre et 
la royauté descendue, selon eux, du ciel. 

Voici les nouvelles. 

Etat- major général. 

Armée de Sambre et ]\Ieuse. 

Le général Ernoiif, chef de l'état-major, aux représentants 
du peuple composant le comité du salut public. — Au quartier 
général de Gemmappe le 2- messidor, l'an deuxième de la 
république, une et indivisible. 

a Citovens représentans, d'après les ordres de Jourdan, 
l'aile gauche de l'armée de Sambre et Meuse et une par- 
tie du centre ont fait aujourd'hui un mouvement. Le 
général Kléber s'est porté sur Louvain, tandis que, pour 
favoriser ce mouvement, les divisions aux ordres des 
généraux Lefebvre, Dubois, Championnet et Morlat se 
sont portées en avant de la Dyle sur différens points. Le 
général Kléber s'est emparé, malgré la résistance de l'en- 
nemi, du poste avantageux de la jMontagne de Fer, tan- 
dis que les généraux Lefebvre et Dubois se saisissaient 
de la fonction de l'abbaye de Florival. L'avant-garde du 
général Kléber a ensuite attaqué vigoureusement Lou- 
vain, et s'en est rendu maître, malgré la défense opiniâtre 
de l'ennemi qui a essu^'é une perte considérable. De notre 
côté nous avons eu quelques blessés et peu de morts. 
Cette victoire nous a procuré l'avantage de délivrer deux 
cents de nos frères d'armes faits prisonniers de guerre à 
Landrecies. 

Le général Lefebvre a repoussé l'ennemi jusques au- 
près de Tirlemont, lui a tué beaucoup de monde et fait 
des prisonniers. 



76 EENIGE BLADZIJDEN HERINNERINGEN 



Il en a été de même aux divisions commandées par 
les généraux Morlat et Championnet; enfin les esclaves 
des tyrans ont pris la fuite sur tous les points. 

L'armée du Nord a lait aussi un mouvement, et s'est 
portée sur Malines. 

Elle aura sûrement réussi à s'emparer de cette place; 
nous n'avons point encore reçu de nouvelles certaines. 

Salut et fraternité. 

(Signé) Ernouf. 

P. S. Jourdan est gravement malade depuis deux jours, 
sans cela, il vous eut fait part lui-même de cet heureux 
événement ». 



Le général en chef de l'année dit Nord, aux représentans du 
peuple, près la dite armée et celle de Sambre et Meuse. Au 
quartier' général à Malines, le 2^] messidor deuxième année 
républicaine, à cinq heures après-midi. 

a Nous venons d'entrer dans Malines, citoyens repré- 
sentans; le passage du canal a été difficile : nous avons 
perdu le général Proteau, et le général Saluce a été blessé 
légèrement. Les troupes se sont montrées, comme de 
coutume, c'est-à-dire avec beaucoup de bravoure. Une 
grande quantité, impatiente du retard qu'occasionnait la 
construction des ponts, se sont jetés à la nage pour pas- 
ser sur l'autre rive du canal. Nous avons fait environ 
200 prisonniers. 

Je ne sais pas encore ce qui- s'est passé du côté de Lou- 
vain ; je ne sais pas non plus quels sont les magasins qui 
nous restent ici : je vais en prendre connaissance, et je 
vous en ferai part ». 

Salut et fraternité. 

(Signé) PicHEGRU. 



AAN DE FRANSCHE OVERHEERSCHING TE MECHELEN 77 

Les représentans dtc peuple près l'armée du Nord et de 
Sainbre et Meuse. Bruxelles, 28 messidor, l'an deuxième de la 
république française, une et indivisible. 

Citoyens collègues, 
c( Nouveaux combats, nouvelles victoires ; Malines et 
Louvain sont occupés d'hier par les troupes de la répu- 
blique. Nous vous envoyons la lettre par laquelle le gé- 
néral Pichegru nous informe de son entrée dans la pre- 
mière de ces places, et le rapport que nous fait remettre 
à l'instant le général de division Kléber, commandant 
l'attaque de la Montagne-de-Fer et de la Ville de Lou- 
vain. A la résistance que l'ennemi a opposé sur ces deux 
points, vous jugez que les braves républicains ont trouvé 
des occasions de signaler leur courage : on nous en rap- 
porte des traits de toutes parts ; ils sont dans la bouche 
de leurs frères d'armes qui en ont été témoins : nous les 
recueillerons avec soin pour que vous puissiez en faire 
connaître à la Conventions ». 
.Salut et fraternité. 

(Signé) L. B. Guyton et Laurent. 

H. CONINCKX. 




Hans Poppenruyler, Remy de Hallul 

fierard et Gaspard vanden Nieuwenhuysen 

FONDEURS DE CANONS, A MALINES 




E fut dans la ville de Malines que se concentra 
au XVI' siècle, l'industrie si importante de la 
fabrication des canons. Au siècle précédent 
déjà, on y trouvait, établi en 1420, un fondeur 
qui avait nom Jacques de Hornes, Quelques années plus 
tard, on y rencontrait un certain Jehan de Malines, qui 
exerçait la même industrie (i). 

Mais bientôt la fonderie de Malines devait prendre 
une extension considérable, grâce à l'activité et à l'habi- 
leté professionnelle d'un allemand, qui venait de s'établir 
dans nos provinces. 

Hans Poppenruyter, fils d'Ulrich, originaire de Nurem- 
berg, fut en i5i4 reçu bourgeois de Malines, après avoir 
établi dans cette ville une fonderie, près de l'ancienne 
porte de Bruxelles, dans un immeuble voisin des rem- 
parts et de l'hôtel d'Egmont (2). Nous le trouvons qua- 



(i) p. Henrard, Les fondeurs d'artillerie. 
(2) Archives communales de Malines. 



80 FONDEURS DE CANONS, A MALINES 



lific dans les actes scabinaux de H ans F'oppenruytcr, bus- 
ghicter, filiits quondam Ulricx van Norcnbcrge (i). 

Ses premiers essais n'obtinrent-ils peut-être pas le 
succès qu'il avait espéré, ou bien encore les avantages 
qu'on lui offrait ailleurs lui semblèrent-ils plus dési- 
rables? Nous l'ignorons. Mais nous le trouvons peu après 
à Anvers, où il semble songer à s'établir définitivement, 
et décidé à y continuer la fabrication et la vente des 
bouches à feu. 

En effet, le 12 novembre iSiy, il achetait à Benedicto 
et Augustin de Fornar3^s ou Fornay, négociants Génois, 
une maison assez importante, située dans la rue du jar- 
din, non loin de la Grand' place (2). Cet immeuble, 
d'après la description officielle, était composé d'une mai- 
son-nouvellement bâtie, comprenant plusieurs chambres, 
corridors et dépendances; toutefois, le vendeur se réser- 
vait tme maisonnette située au fond de la cour : ecn nycuw 
huysinghc die hy onlancx docn makcn hccft niettcn poortcn, 
gangc, pladscn, gcnocch int viercante, bornepuite metten cainc- 
ren inden bevange vander pladsen staende, behalven en vutge- 
noine aliène de canv.r achier tvoirg nvciiw voerhnys gestaen 
Sîiytwaert vander plaetscn die nien hcet de camer van A'ngele 
Palenson. 

Cette vente fut faîte moyennant le prix de i320 livres 
de gros. Mais d'après convention, le payement de cette 
somme devait se faire d'une manière assez intéressante. 

L'acheteur ne s'engageait à verser en numéraire qu'une 
somme de 65o livres, pa3^able en quatre échéances de 
i65 livres, dont la première devait échoir à la St-Jean 
prochaine, et la suivante à la Nativité. Les deux der- 
niers payements devraient se faire aux mêmes dates de 
l'année suivante. 



(i) P. Hhnrard, Histoire de Vartillerie en Belgique. 

(2) Archives communales d'Anvers. Schepen hrieven, A" iSiy, G ^^ C, f*^ 39, 



FONDEURS DE CANONS, A MALINES 8l 

Quant aux 660 livres formant la seconde moitié du 
prix d'achat, elles étaient exigibles en marchandises, 
c'est-à-dire que Poppenruyter s'engageait à livrer aux 
frères de Fornarys, des pièces d'artillerie conformes à la 
commande qui lui avait été faite, artillerycn naden fatsoene, 
forme, condici'én ende manier en dat met malcanderen gheaccor- 
deert hebben (i). Cette livraison devait se faire avant le 
prochain carnaval. 

Qu'advint-il ensuite? Les actes ne le disent pas. Quoi- 
qu'il en soit, Poppenruyter n'avait pas exécuté les con- 
ditions de son contrat, et il fut attrait en justice par ses 
créanciers. Ceux-ci obtinrent du Grand Conseil de Ma- 
lines, en date du 11 janvier i520, un jugement qui le 
condamnait à payer aux Fornarys, les sommes qui leur 
étaient dues (2). 

Poppenruyter, qui était alors qualifié de busmeestere ons 
genâds heêre Keysers, dut s'exécuter, et fut obligé, pour re- 
cueillir les sommes nécessaires, d'hypothéquer ses diffé- 
rentes propriétés. Il céda donc à Benedicto et Augustin 
de Four^arys, deux rentes de 24 et de 12 livres de gros 
de Brabant, constituées sur sa maison « den Rhyn », rue 
du Jardin, à Anvers, et sur divers immeubles qu'il pos- 
sédait à Bergen-op-Zoom, notamment une maison appe- 
lée ce Henegoiiwe », située in de Potterstrate dit nien heet 
meedestrate, et sur une seconde, connue sous le nom de 
7 principael huys, sur le marché, aen merck (.3). 

Nous venons de voir Poppenruyter porter le titre de 
fondeur royal; c'est, en effet, en i520, que cette qualité 
lui fut octroyée. L'empereur Charles- Quint lui avait 
accordé d'importantes commandes, et c'est encore lui qui 
fut chargé de couler les pièces destinées aux expériences 
qui se firent à Bruxelles, dans le but de fixer, en les res- 



(i) Schepen hrieven. A" iSiy, G & C, f° 39. 

(2) Loc. cit., A° i52o, V & K, f° 244. 

(3) Schepen brieven, A" i52i, V & B, f° SgS. 



82 FONDEURS DE CANONS, A MALINES 



treignant, les modelés et les dimensions des pièces d'ar- 
tillerie (j). 

La réputation du fondeur royal était si grande, que 
même de l'étranger lui arrivaient les commandes, et c'est 
ainsi que Louis XII, roi de France, par l'entremise de 
Philippe de Clèves, lui commanda également cinquante- 
deux bouches à feu (2). 

Mais ce n'étaient pas seulement les souverains qui 
s'adressaient à la fonderie malinoise, les particuliers y 
venaient aussi conclure leurs achats. D'autres fois Pop- 
penruyter achetait d'anciens canons, sans doute pour les 
refondre ou les transformer. C'est ainsi que le 16 mai 
l525, il avait acquis de Baptiste Grille, marchand de 
Gênes, 283 bouches à feu, mctalen busscn, pour la somme 
de 389 livres et 5 escalins de gros. Pour parfaire cette 
somme assez considérable, il dut, quelques jours plus 
tard, donner en garantie ses deux maisons situées à An- 
vers, clcn Ryn, int hocfstraetken, et dcn stecgelreep, dans le 
même voisinage, plus ses deux propriétés de Bergen-op- 
Zoom, appelées Henegauwc et Oliphant. 

Il s'engageait à terminer entièrement cette affaire 
avant la mi-carême prochaine, et à s'acquitter de toute la 
somme due entre les mains de Mathieu et Vincent Insti- 
maen (3). 

Poppenruyter semble avoir également fondu des 
cloches, quoique nous n'ayions rencontré qu'un seul ex- 
emple de ce fait, et encore, dans ce cas semble-t-il avoir 
opéré en association avec un autre fondeur malinois, 
Guillaume vanden Gheyn. 

C'était une cloche destinée à l'église Notre-Dame au- 
delà de la Dyle, à Malines, où elle fut placée en i5i6. 



(1) P. Henrard, loc. cit. 

(2) Loc. cit. 

(3) Archives d'Anvers. Schcpeu brieveii, A" iSzS, K & C, f° 161. 



FONDEURS DE CANONS, A MALINES 83 



Elle pesait 558o livres et eût pour parrains l'empereur 
Maximilien et son petit-fils l'archiduc Charles (i). 

Un ancien historien relate le fait en ces termes : L'an 
iSi6, fut fondue la grande cloche d'aprésent pesante plus que 
4600 livres par Jean Poppenruter et Guillaume vanden Gheyn 
à Matines. Cette cloche est la plus ancienne que l'on trouve en 
cette ville et d'une fort belle résonnance. On y voit les armoi- 
ries de l'empereur Maximilien et de l'archiduc Charles alors 
roy d'Espagne mais pas encore couronné et les armoiries de la 
ville de Matines. Cette cloche est nommé Joseph, Jésus, Marie {2). 

Hans Poppenruyter avait eu pendant de nombreuses 
années, à son service, un certain Corneille van Uckele, 
qui avait dirigé la fonderie et présidé aux achats de ma- 
tière première, ainsi qu'aux ventes des pièces d'artillerie. 

En i526, pour des raisons qui ne sont pas connues, le 
fondeur se sépara de son employé, et lui donna un certi- 
ficat officiel, attestant ses longs et loyaux services; c'est 
devant les échevins de Majines, que cet acte fut rédigée 
le 17 novembre i526; il s'exprime ainsi : Meester Hans 
Poppenruyter, busmeester van der Keyserlycker majesteyt, 
heeft bekent dat Cornelis van Uckele, die hem zekcr jaeren 
gcdient heeft in aile zynen saecken ende affairen, in coopen endc 
vercoopen, in ontfanghen ende in vuytgheve7i, hem van als goede 
duegdelicke rekeninghe, bewys ende betalinghe gedaen heeft, 
zoodat hy van aile zynder handelinghe ende bewinde niets mer 
en soude met en te heysschene, scheldende denzelven dairaff 
quyte, vry, los ende Icdich, ende allen anderen dies quytancien 
souden nioghen behoeren geheelick ende aile (3). 

A ce certificat, Poppenruyter ajoutait un don de 100 



(i) D"" Van Doorslahr, Le carillon et les carillomieiirs de l'cf;llse Notre-Dame 
au-delà de la Dyle. 

(2) DE AzEVEDO, Table généalogique de la famille de Corten. D'après le M. D'' Van 
Doorselaer, le poids ne serait pas exact et d'autres cloches malinoises 
seraient plus anciennes. 

(3) Protocoles scahinaux de M-alines. Registre 534, f° 140, cité par A. Goovaerts ; 
Les fondeurs d'artillerie. Rapport. 



84 FONDEUKS DE CANONS, A MALINES 

florins et une gratification supplémentaire de i8 florins. 
De plus, van Uckele, dans une déclaration fort détaillée, 
affirmait en même temps, que plus rien ne lui était dû, 
et qu'entière satisfaction lui avait été accordée. 

Dans cet acte, il déclarait qu'il avait été chargé non 
seulement de l'achat et de la vente des pièces d'artillerie, 
du métal et du salpêtre, coopen endc vcrcoopen van zynen 
busscn, coperc, salpêtre endc anderssins, mais qu'il avait pris 
part également à la direction générale de la fonderie. 
Malgré tout, il reconnaissait que son patron s'était entiè- 
rement acquitté à son égard, et il promettait solennel- 
lement de ne plus jamais rien lui réclamer; nemmermeer 
te hcysschen oft te molesteren, met ghenoeghe noch met rechte, 
in egheender manière (i). 

Hans Poppenru3^ter avait épousé, le 26 janvier i526, 
Heylwige (Hed\vige)vanden Nieu\venhuysen,dite Camp- 
fort. 

Dans le « rapport » qu'il fit sur le travail de M. le 
général Henrard : Les fondeurs d'artillerie, M. Alph. 
Goovaerts dit que c'est à tort que cet auteur donne à 
la femme de Poppenruyter le nom de vanden Nieuwen- 
huysen, puisque dans divers actes il l'a trouvée appelée 
van Campfort. Nous ne pouvons admettre cette rectifi- 
cation, car de notre côté, nous avons constaté dans divers 
actes, que le nom de la femme du fondeur royal, était 
vanden Nieuvvenhu3^sen alias van Campfort. M. Henrard 
avait donc raison de lui attribuer le premier nom, et 
M. Goovaerts n'avait pas tort de lui accorder le second. 

Après leur mariage, ils devinrent propriétaires de 
divers biens situés à Malinès et dans les environs. Ils 
acquirent entr'autres, le 7 novembre iSaô, une maison 
sise près des remparts, au coin des rues neuve et de Bru- 
xelles ; puis le 23 du même mois, une seconde propriété, 



(i) Loc. cit., f'' 139-140. 



FONDEURS DE CANONS, A MALINES 85 

voisine de la première, et située dans une ruelle ad- 
jacente (i). 

Mais ces acquisitions ne leur plurent sans doute pas, 
car ils en vendirent une partie peu après, qu'ils rempla- 
cèrent dès le 20 juillet i53i, par diverses terres et fermes 
situées à Heffen. 

Hans Poppenruyter et sa femme firent leur testament 
le 6 décembre i533, par devant les échevins de Malines, 
Gérard vander Aa et Nicolas Schoeff. Le fondeur royal 
ne devait pas survivre longtemps; il mourut, en effet, à 
Malines, le 24 février i534. 

Sa veuve, Hedwige vanden Nieuwenhuysen alias Camp- 
fort, se remaria deux ans plus tard et épousa, le 7 juillet 
i536, Remy de Hallut, que les auteurs qualifient de vi- 
comte de Bergues-Saint-Wiiloc et de capitaine au régi- 
ment de Montmorency. Celui-ci reprit les affaires de la 
fonderie malinoise, dont il devint à son tour directeur. 
L'empereur lui accorda bientôt le titre de fondeur royal. 

Nous le trouvons vers cette époque, exécutant diverses 
commandes d'artillerie pour le compte de la ville d'An- 
vers. C'est ainsi qu'en i543, il livra six demi faucon- 
naux, six demi serpentins et 12 serpentins. Voici com- 
ment s'expriment les comptes communaux au sujet de 
ces achats (2) : 

Rcmy de Halit, hiisgictcr der K. Ma' tôt Mcchelen gegoten 
alhier 6 cleyne metalen biissen diemen noêp halve foidconetten, 
wegen tsamen II'" III P XXII II ponden. tsâm CXXX £ 

id. 6 andere metalen busscn halve serpentynen wegêu VIT" 
CLX VIII ponden copers en 6 affnyten 

ts. Iir LXIIII £ XI s. VI d. 

Id. 12 serpentynen van met aie, wegên XXV IIP" III T 
LXXIIL " tsam XIIIP X £ VIII s. 



(i) Alphonse Goovaerts, Les Jondetirs d'aytillerie. 
(2) Archives Communales d'Anvers. 



86 FONDEURS DE CANONS, A MALINES 

Dans l'entrctemps, Hedwige vanden Nyeuwenhuysen 
avait réglé, avec la famille de son premier mari, la suc- 
cession de ce dernier. C'est encore dans ce but qu'elle 
avait, dès le 25 juin i534, passé un contrat de liquidation 
par devant le conseil de Malines, avec Lazare Tucher, 
qui représentait le frère du défunt, Sébald Poppenruy- 
tcr, et son cohéritier Sébald Openfelder, m.archand et 
bourgeois de Nuremberg. 

En vertu de cet accord, confirmé par un jugement du 
Grand Conseil de Malines, elle était restée propriétaire 
de la maison « de Ryn », qui avait appartenu à Hans 
Poppenruyter (i). Elle revendit cette propriété le 12 dé- 
cembre i56o, à Jean Descamps, négociant. Dans cet acte, 
qu'elle passait avec son second mari, elle est désignée 
comme suit : Heylwich van dm Nyaiwenhiiyse alias van 
Camfoort ivediiwc zcas wylcn M" Hans Poppcnreutcr met S" 
Remeense de Halitt Janss. wylen (2). 

Il est à remarquer que dans aucun de ces actes officiels, 
Remy de Hallut ne figure avec les titres dont les auteurs 
modernes l'ont gratifié. Quoiqu'il en soit, il mourut à 
]\I.alines, le 12 décembre i562 (3). 

C'est alors qu'He'dwige vanden Nieuwenhuysen céda 
les affaires de la fonderie de canons à son frère Gérard 
vanden Nieuwenhuysen. 

La carrière du nouveau fondeur fut extrêmement ac- 
tive, et il réussit à imprimer à l'atelier Malinois une 
importance considérable. 

Il travaillait non seulement pour l'armement des 
troupes nationales, mais il acceptait également de nom- 
breux ordres pour l'exportation. Les. marchands anver- 
sois achetaient à Malines des pièces en bronze ou en 



(1) Archives communales d'Anvers. Schepcn hievcv. A" 1534. 

(2) Arch. communales d'Anvers. Schepen hrievcn, G. A. H, A° i56o, f° 304, V". 
(3j P. Henrard, Histoire de V Artillerie en Belgique. 



FONDEURS DE CANONS, A MALINES 87 

fonte de fer, et les expédiaient en Espagne, au Portugal, 
en Italie, en Sicile et en Angleterre. 

C'est à Anvers également que la fonderie de Malines 
s'approvisionnait surtout en matières premières. C'est ainsi 
qu'en i574, Requesens ayant commandé à Gérard van- 
den Nieuwenhuysen, 12 canons, 8 demi canons, 4 demi 
serpentines et 4 fauconneaux, pour le prix global de 
2000 livres, celui-ci acheta à des m.archands allemands, 
de passage à Anvers, 34684 livres de cuivre de Hongrie 
qu'il paya 18 livres et 18 escalins le quintal. 

Sur tous les canons qu'il fabriquait, il inscrivait ordi- 
nairement son nom. Tel fut par exemple le cas pour 
certaines pièces, que le magistrat de Malines prêta plus 
tard, le II avril 1602, aux archiducs. L'une d'elles, for- 
gée en bronze, d'après le reçu signé par don Loys de 
Velasco, portait les armes de Malines, suivies des mots : 

In troitwe vast 
Gcerat N iciiwcnhnyscn me fecit Machlen iSjS[i) 

Beaucoup de pièces portant le nom de Gérard vanden 
Nieuwenhuysen ou Gérardus de Novodomo, furent, en 
iSgo, par ordre du duc de Parme, livrées à l'atelier de 
Malines, par Vincent de Senfif, receveur de l'artillerie, 
avec ordre de faire refondre celles qui étaient usées ou 
endommagées. 

La ville de Malines et les autres cités brabançonnes et 
flamandes formaient également pour van den Nieuwen- 
huysen une clientèle importante et fidèle. 

En i577, le magistrat de Malines lui payait une 
somme de 278 livres, pour la livraison d'un fauconneau, 
destiné à l'armement de la ville : 

Betaelt m' Gceri van Nvciiwenhiiyse voor 'tghictcn sckere 



(i) P. Henrard, Histoire de l'artillerie. 



88 FONDEURS DE CANONS, A MALINES 

mctalcn stiick genaemt ecn falckonet, tôt bchocvc vander stadt 
gcUrcrt a' LXXVIL 

pcr ordonnân qiiytan. IT LXXVIII £ (i). 

Néanmoins, le fondeur rencontrait parfois de nom- 
breuses difficultés dans l'exécution de son travail, et 
plus d'une fois, il fut contraint de mettre ses acheteurs en 
demeure de prendre livraison de l'artillerie dont il avait 
reçu la commande. 

Nous trouvons, en i585, un exemple curieux d'une 
contestation de ce genre. 

La ville de Hal avait commandé à vanden Nieuwen- 
huysen, six demi fauconneaux : zesse stticken artillcrye 
halfvc falconncttm. Le fondeur s'était mis immédiatement 
à l'œuvre, et il avait coulé les six pièces d'une longueur 
uniforme de sept et demi pieds; il les avait, de plus, orné 
des armoiries de la ville de Hal. Il avait employé dans 
la fabrication un mélange de qualité parfaite, et il avait 
mis une telle diligence à exécuter son travail, que celui-ci 
fut terminé bien avant le temps stipulé. 

Les pièces furent alors mises à l'épreuve, et un grand 
nombre de témoins purent affirmer qu'elles avaient donné 
pleine satisfaction. 

Mais la ville de Hal, sans doute ruinée par les in- 
cessants désordres de cette époque si troublée, ne put 
exécuter ses engagements ni prendre livraison des fau- 
conneaux. Ils restèrent donc déposés à Malines. Dans 
l'entretemps, cette ville fut prise et livrée au pillage par 
les troupes des Etats, et un capitaine anglais, nommé 
Corne, s'empara des pièces d'artillerie; il ne voulut les 
restituer que moyennant payement d'une forte rançon, 
que le fondeur fut forcé d'acquitter (2). 



(i) Archives communales de Malines. Comptes de la ville, 1578-80, 
f" 236, v°. Nous devons particulièrement remercier M. l'archiviste Her- 
mans, qui nous a grandement facilité les recherches dans le riche dépôt 
confié à ses soins éclairés. 

(2) Ces troupes étaient probablement parties d'Anvers. Nous trouvons en 



FONDEURS DE CANONS, A MALINES 8g 

Pour éviter le renouvellement de semblable mésaven- 
ture, le fondeur conduisit les fauconneaux à Anvers, où 
il ne réussit à les vendre qu'en subissant une perte fort 
considérable. 

C'est sans doute dans l'espoir d'obtenir quelque jour 
une compensation, que vanden Nieuwenhuysen fit attes- 
ter tous ces faits par devant le magistrat de Malines. 
Les ouvriers qui avaient travaillé à la fonte des pièces, 
les témoins qui avaient assisté aux "expériences d'essai, 
et certains bourgeois de Malines, notamment Henri 
Stryvens, âgé de 48 ans, et Augustin van den Broeck, du 
même âge, confirmèrent la véracité des affirmations du 
fondeur, en un acte officiel dont la copie a été conservée : 
Ad uni corain dcn coigm vander Camere opten xxij jan 8S (i). 

A la même époque, l'atelier Malinois fabriquait aussi 
des pièces d'artillerie pour la ville de Bruxelles. Il fut 
employé pour leur fonte une composition identique à celle 
dont il avait été fait usage pour les fauconneaux de Hal. 

Il y a lieu de mentionner encore une autre contesta- 
tion que vanden Nieuwenhuysen eut avec le magistrat de 
la ville d'Ypres. Celui-ci lui avait fait, en i582, une com- 
mande importante de pièces d'artillerie de divers calibres. 

Le fondeur s'était mis promptement à l'œuvre, et peu 
après il achevait deux demi bombardes et deux fau- 
conneaux, twec halff cortauwen ende twee falconnetten. Ces 
pièces, après essai, furent trouvées en parfait état, et li- 
vrées sans plus tarder au gouverneur de la cité flamande. 

Il restait à fabriquer deux couleuvrines et quatre demi 
couleuvrines, twee slangeii ende vicr halff slangeti. Ces 
pièces devaient avoir une longueur uniforme de 12 1/2 
pieds. Les deux premières furent achevées, et il ne res- 



effet dans les comptes de cette ville, en i583 : Betaeît de dekens van de scippers 
ambacht 40 ponden A rfois vuyt lasfe van inyven heeren gevuevi hehbende naer MecheUn 
seker engelsche soldaten. 
(i) Archives de Malines. Inventaire VI, p. i65, n° 6. 



go FONDEURS DE CANONS, A MALINES 

tait plus qu'à graver sur la culasse les armoiries d'Ypres; 
des quatre dernières, deux furent terminées presqu'en 
même temps. 

Le métal de fonte avait été choisi de première qualité; 
il était composé de cuivre rouge, additionné de déchets 
de cuivre de même nuance, provenant de Suède et de 
Hongrie : van loflycke stoffc wesendc mecr dan dry deelcn van 
gocdcn roodcn copere, Zweets, Hongcrs ende roodc coperen 
schroolingen. 

Le fondeur préparait en même temps les formes pour 
les pièces qui lui restaient à livrer, quand subitement il 
reçut l'ordre d'arrêter son travail. Par suite des change- 
ments politiques survenus en Flandre, de grootc vcrandc- 
ringe corts daer nae gebucrt in Vlaanderen, la ville d'Ypres 
déclarait simplement renoncer à prendre livraison des 
dernières pièces. 

Van den Nieuwenhuysen, craignant la même mésaven- 
ture que pour les canons de Hal, et voulant soustraire 
les pièces aux hasards d'un nouveau pillage, les condui- 
sit toutes à x^nvers. C'est là qu'elles furent essayées, et, 
après examen, vendues tôt zynder grooten schacdcn. 

De nouveau, dans l'espoir de pouvoir quelque jour être 
indemnisé par la ville d'Ypres, de la perte dont elle était 
responsable, vanden Nieywenhuysen, fit en i585, consi- 
gner en un document officiel, toutes les péripéties de cette 
malheureuse affaire (i). 

Une compensation lui était toutefois réservée, car il 
reçut peu après de nouvelles' commandes, que cette fois 
il put exécuter sans autres contretemps, car les comptes 
de la ville de Malines témoignent que pendant l'exercice 
i588-8g, il lui fut payé go livres d'Artois, solde d'une 
somme de 162 florins qui lui était due pour certaines 
pièces d'artillerie qu'il avait précédemment livrées : 



(i) Archives de Malines. Inventaire, f" 93, v". 



FONDEURS DE CANONS, A MALINES QI 

Bctaclt M' Gccrt vandcn Nieiiwenhuyse op rckcnninge van 
hondert Ixij gitlden, die dcn selven noch comcndc was van 
sckcrc stiickcn gesciits byden selven aende stadt gelevert volgende 
svne rcqucste ende appostille der selver ende by qiiitantie van 
den selven van Nieiiwenhuyse. ' x c. %. Artois (i). 

Le soin de la direction de son important atelier de 
fonderie n'empêchait pas Gérard vanden Nieuwenhuy- 
sen de remplir d'autres fonctions encore. C'est ainsi 
que nous le rencontrons en i586, et pendant les années 
suivantes, au nombre des proviseurs de l'hospice de la 
Putterie, à Malines. C'est ce titre qu'il prend dans cer- 
tains actes passés par devant le magistrat d'Anvers, et 
dans lesquels des rentes sont constituées au nom de 
M'' Geeraert van Nyeiiwenhuyse proviseur des goidshuys van 
S^'^ Heylwich geseegt de piitterye binnen der stede van Meche- 
len (2). 

Gérard vanden Nieuwenhuysen avait épousé Jeanne 
Suis; il mourut le 24 février i588; sa femme le suivit 
dans la tombe le 16 mars 161 1. Ils furent tous deux en- 
terrés dans l'église Notre-Dame d'au-delà de la Dyle, à 
jMalines, où pouvait se lire sur une lame de cuivre, près 
de la chapelle Sainte-Croix, l'inscription suivante : 

HIER LEET BEGRAVE : W GEERARD 

VAN : NIEUWENHUYSE IN SYN LEVEN 

ARTILLERIEGIETER VAN CONNICK 

PlILS DEN II^-^- VAN DIEN NAME, DIE 

STERFF AN" XV^ LXXX VIII DEN XXII^" 

FEBRUARI 

ENDE JOUFF^ JOANNA SULS SYNE 

WETTIGHE HUYSVR DIE S TERF ANNO 

X\'F XI DEN XVI MEERTE 

BIDT VOOR DE ZIELEN 



(i) Archives de Malines. Comptes i588 89, f" io3, v^. 

(zj Archives communales d'Anvers. Schepen bvicveu. hP i586 & N. II, f" 89 
et K & B. I, !'■ 277. 



g2 FONDEURS DE CANONS, A MALINES 

Une pierre sépulcrale, placée dans le sol de la cha- 
pelle, reproduisait une seconde fois, en termes pres- 
qu'identiques, la même inscription (i). 

A la mort de Gérard vanden Nieuwenhuysen, sa 
veuve dirigea pendant un certain temps la fonderie Ma- 
linoise. 

C'est ainsi que le 29 juillet iSgg, Luc Sabot, agissant 
au nom de la gilde de la vieille arbalète à Anvers, à la 
requête du guide de Si-George, nomé la vieil arbalestre, et 
accompagné de deux notaires Malinois, Lambert Deens 
et Pierre de Muntere, se rendit chez la vefve de feu M' 
Gérard de Nieiiwenhuyse en son teinps fondeur d'artillerie de 
S. M. and' Matines, près la porte de Bruxelles, pour y exa- 
miner une pièce d'artillerie qui avait précédemment été 
confiée au fondeur malinois pour être réparée ou refon- 
due. Elle avait été fabriquée en i543, à Utrecht, par le 
fondeur Jean Tolhues. 

Les délégués trouvèrent le canon; c'était, d'après leur 
témoignage, une vieille artillerie d'espèce dune coleuvrine ayant 
le devant osté ou scié jusques aux daulphins. 

La description de cette pièce, mentionnée dans le 
procès-verbal des tabellions Malinois, est assez intéres- 
sante pour l'histoire de l'artillerie au xvi^ siècle. 

Le nom du fondeur y était naturellement renseigné. 
On lisait, en effet, en un cercle rondprez dufagou de laquelle 
pièce est escript ainsy : Jan Tolhues van Utrecht 1S43. 

Aux deux côtés se trouvaient gravées des inscrip- 
tions flamandes, composées en rimes, et conçues comme 
suit : 

Ick ben een instrument om vyanden te kellen 
Ende voor den naem den ridder S' Joris ter eer. 



(i) Cette inscription est rapportée avec quelques erreurs de date, dans le 
volume : Pvovincu, siad en district van Mechelen. 



FONDEURS DE CANONS, A MALINES qS 

et d'autre part : 

Ick spenwe vierige clooten als helsche draken 

Daer vore heefé my den ouden voetboghe doen maccken, 

ce qui, d'après la pièce officielle, est aultant a dire : 

Je suis un instrument pour repousser l'cnnemy 
Au nom et honneur du chevalier Saint Georges 
et 

Je desgorge boulets ardants comme dragons infernaux, 
A quel effet le vieil arbalestre m'a f aie faire. 

Au-dessus de la pièce, se voyaient les armes de la 
ville d'Anvers, entourées de la guirlande de roses sym- 
boliques, premièrement le bourg ou armoiries d'Anvers oivi- 
ronné de la guirlande de roses; puis dans un médaillon, 
Saint Georges à cheval, transperçant le dragon de sa 
lance, S' George frappant à cheval avec le dragon aux pieds 
ayant un esclat de la lance par travers de la gueule. 

Enfin, un peu plus bas, était représentée une arbalète, 
également entourée d'une couronne de roses et d'un 
cercle portant ces mots : Oudefi voetboghe (i). 

Cette curieuse description prouve que vanden Nieu- 
wenhuysen ne travaillait pas seulement pour les souve- 
rains et les villes, mais également pour les gildes et cor- 
porations. 

Peu après, la direction de la fonderie passa à son fils 
Gaspard vanden Nieuwenhuysen, qui joua un rôle beau- 
coup plus effacé que son père. Du reste, à cette époque 
la fonderie de canons Malinoise perdit beaucoup de son 
importance, et l'on ne trouve plus que de rares m.entions 
de son existence. 

Gaspard vanden Nieuwenhuysen obtint cependant, 



(i) Archives communales d'Anvers. CerMcad Boek, A° iSgi, f° 36i. 



94 FONDEURS DE CANONS, A MALINES 



comme son père, le titre de maître fondeur du roi; il 
avait épousé Marie van Overbeke, qui était veuve en 
premières noces de Georges vander Strepen, secrétaire 
de la ville de Bruxelles. 

Nous rencontrons le nom du fondeur Malinois dans 
quelques actes d'intérêt privé. C'est ainsi qu'il se rendit 
vers cette époque acquéreur de 4 bonniers et 147 verges 
de terrain dans le polder d'Austreweel, près d'Anvers, 
au lieu dit hd Rmcxscl, qui lui furent vendus par Cathe- 
rine \^ergalden et ses enfants (i). 

Une autre fois vanden Nieuwenhuysen intervint, au 
nom de sa femme, dans une convention en vertu de 
laquelle Lancelot vander Strepen, haut bailli de Tir- 
lemont, cédait une somme de 400 florins à Georges van- 
der Strepen, son neveu, fils du premier mariage de 
Marie van Overbeke (2). 

Gérard vanden Nieuwenhuysen mourut le 8 jan- 
vier 1626; sa femme l'avait précédé dans la tombe, et 
était décédée le 16 janvier 1616. 

Ils furent également enterrés en l'église Notre-Dame 
à Malines, où pouvait se lire l'inscription suivante fixée 
à un des piliers du côté septentrional du temple : 

•HIER LEYT BEGRAVEN 

GASPAR VANDEN NIEUWENHUYSEN 

ARTILLERIE GIETER VAN SYNE CO. MA' 

VAN SPAIGNIEN DIE STERFF 

ANO XVI XXVI DEN VIII JANUARUS 

EN JOUFFR. MARIE VAN OVERBEKE SYNE 

WETTIGE HUYSVR. STERFF AN» 1616 16 JANUARII 

BIDT VOOR- DE ZIELEN. 

A la suite de circonstances que nous ignorons jus- 



Ci) Archives d'Anvers. Minutes du notaire J. Thomas. Mars 1688. 
(2) Archives d'Anvers. Schepen hrieven. A" i6i3, G. & K. III, f° 128. 



FONDEURS DE CANONS, A MALINES qS 

qu'ici, la fonderie de canons était devenue la propriété 
particulière de Gaspard vanden Nieuwenhuysen ; à sa 
mort, elle fut mise en vente et achetée par l'Etat, qui 
en donna la direction, en 1634, à un hollandais, Jean 
Sithof (i). 

Fernand Donnet. 




(i) P. Henrard, Les fondeurs d'artillerie. 



Du rôle des Chapitres Ecclésiastiques 



DANS L ORGANISATION DE 



L'ENSEIGNEMENT AUX PAYS-BAS (0 




ORSQUE l'empereur Charlemagne résolut de 
combattre l'ignorance et de répandre l'instruc- 
tion dans ses vastes états, il ordonna, par son 
capitulaire de l'an 787, adressé à Bandulphe, 
abbé de Fulde, à tous les évèques et à tous les monas- 
tères, d'instituer, près des cathédrales et des monastères, 
des écolàtres zélés et capables. 

Ces prescriptions furent généralement suivies. Les 
chapitres ecclésiastiques fondés dans les provinces belges 
se firent une obligation de confier à un de leurs membres 
le gouvernement de l'école annexée à leur chapitre. A 
l'origine, l'écolàtre donnait lui-même l'enseignement, 
mais le plus ordinairement, surtout, à dater de la fin du 
XII""" siècle, sa mission principale consistait à inspecter 
et à contrôler l'établissement scolaire. Exceptionnelle- 



(i) Cette notice était destinée à paraître dans le compte-rendu du Con- 
grès archéologique, tenu à Malincs en 1897. L'impression n'en ayant pu se 
faire dans ce recueil, nous la publions dans le Bulletin du Cercle, en la fai- 
sant suivre de documents inédits concernant l'écolatrie du chapitre de 
Saint- Rombaut à Matines. 



gS LES CHAPITRES ECCLÉSIASTIQUES 

ment, l'écolàtre a pu enseigner lui-même, mais le plus 
souvent, il faisait choix d'un ou de plusieurs clercs, 
capables d'instruire les enfants. 

L'école collégiale fut dans le principe l'unique établis- 
sement scolaire de la localité; le chapitre, soit par la 
force des choses, soit par concession de l'autorité reli- 
gieuse ou du souverain, finit par acquérir le monopole 
de l'enseignement. Toutefois, lorsque le pouvoir commu- 
nal eut acquis une force plus grande, que la population 
se fut développée, il arriva que les pouvoirs locaux ou 
même des particuliers entreprirent d'ériger des écoles. 

Des conflits surgirent dans plusieurs villes entre l'au- 
torité communale et les chapitres. Le pape Alexandre III 
s'était déclaré positivement hostile au monopole. Dans 
un bref de 1172-1173, il reconnaît à chacun le droit 
d'ouvrir une école. 

Malgré cette décision, des circonstances spéciales ame- 
nèrent des contestations et des procès. L'autorité civile 
dut intervenir. A Gand, notamment, la comtesse Jeanne 
de Constantinople confirma, en novembre 1275, au doyen 
et au chapitre de Sainte- Pharaïlde, la direction des 
écoles à conférer gratuitement tous les ans à une personne 
capable, qui devra être présentée à la comtesse et agréée 
par elle. A Ypres, le chapitre de Saint- Martin, invoquant 
une bulle donnée le 11 août 1196 par le pape Célestin III, 
prétendait que nul n'avait le droit d'ériger, sans son 
autorisation spéciale, des écoles dans les paroisses de la 
ville. Cette prétention fut contestée par les bourgeois et 
les échevins, et des écoles furent ouvertes sans la permis- 
sion des chanoines. Un conflit surgit, les échevins en 
appelèrent au Souverain Pontife. Enfin, un accord inter- 
vint le 6 novembre i253. On reconnut la liberté de 
tenir des écoles inférieures (parvae scholae) et d'y ensei- 
gner jusque ad catonem, c'est-à-dire jusque l'enseignement 
de la grammaire latine, et ce sans avoir obtenu ni 



99 



demandé l'autorisation (licentia) soit du prévôt du cha- 
pitre, soit de l'administration de la commune. 

Bon nombre de chapitres conservèrent pendant plu- 
sieurs siècles, si pas le droit exclusif d'autoriser l'établis- 
sement des écoles, tout au moins le privilège de faire 
inspecter par leur écolàtre, les établissements scolaires 
dans les localités de leur siège. Citons seulement les 
chapitres de Tournai, de Mons, de Malines, de Valen- 
ciennes, etc. 

Au chapitre de Saint-Rombaut à Malines, la charge 
d'écolàtre qui était remplie, en i25o, par Arnold de 
Zellaer, ne constituait pas un bénéfice, mais un office 
spirituel. Elle consistait à examiner les maîtres et les 
maîtresses d'école avant de les admettre à enseigner et à 
leur délivrer des lettres de collation. L'écolâtre avait en 
outre à visiter les écoles (i). 

A la suite de plusieurs débats, il intervint le i3 sep- 
tembre i/|48 et le 24 juillet 1450 des arrangements entre 
le chapitre et l'autorité communale pour le règlement de 
la question scolaire. Les échevins voulaient en 1448 
ériger un établissement notable et réclamaient le droit 
de choisir les maîtres; le chapitre accéda à cette propo- 
sition à condition que ces maîtres lui seraient présentés 
et recevraient de lui des lettres d'admission s'ils étaient 
reconnus capables. Les maîtres devaient en outre prê- 
ter serment au chapitre qu'ils participeraient et enga- 
geraient leurs élèves à concourir au chant des offices 
divins dans leur église collégiale. Le recteur des écoles 
exercerait, sous l'approbation du magistrat, son autorité 



(i) Scholasterschap geen bénéficie, maer een geestelyke bediening. De 
geestelj-ke bediening bestaet in het exaniineren van de schoolmeesters en 
schoolmeesterssen, voor dat zy tôt dit ampt ontfangen woorden, en hun te 
geven brieven van collatie, ook in het visiteeren van de scholen. Déclara- 
tion du 10 mars 1787. Chambre des comptes, n° 46655. Archives générales 
du royaume, à Bruxelles. 



100 LES CHAPITRES ECCLÉSIASTIQUES 



sur toutes les écoles grandes et petites. La ville s'enga- 
geait à le rétribuer. 

La sphère d'action des chapitres sur l'organisation et 
le développement de l'enseignement ne se limita pas 
toujours à la localité de leur résidence. Elle s'étendit 
souvent dans des communes où ces chapitres avaient 
acquis de l'influence, soit par la possession de biens, soit 
par l'obtention de droits ou de privilèges. Ce fait histo- 
rique n'a pas, que nous sachions, été mis jusqu'ici en 
relief, au moins pour les provinces belges. 

Il nous est permis de publier un document curieux et 
inédit qui vient mettre en évidence le fait que nous si- 
gnalons. Il s'agit d'une charte de Marguerite de Constan- 
tinople, comtesse de Flandre et de Hainaut; par lettres 
du mois d'octobre 1248, elle concéda en aumône, au cha- 
pitre de Saint-Géry, à Valenciennes, le droit d'écolâtrie 
dans les villes de Beaumont et de Braine-ie-Comte, ainsi 
qu'au village de Pont-sur-Sambre. Ces écoles, qui lui 
appartenaient, devaient, à perpétuité, être à la collation 
du chapitre, lorsque la vacance se produirait entre les 
fêtes de Pâques et de la Pentecôte. On remarquera la 
reconnaissance par la comtesse Marguerite que les écoles 
et le droit sur ces établissements regardent plutôt l'auto- 
rité spirituelle que le pouvoir temporel. 

Le chapitre de la Salle, à Valenciennes, se trouvait, en 
vertu d'une concession de Baudouin, comte de Flandre 
et de Hainaut, en date du 9 août 1196, en possession 
des écoles de Valenciennes, et nul n'y pouvait ouvrir un 
établissement scolaire sans une licence de son écolâtre(i). 
La comtesse Marguerite accrut les droits de ce chapitre, 
en lui soumettant des écoles de trois localités de son 
domaine. 

La charte de 1248 est d'autant plus précieuse qu'elle 



(i) MiR.Kus et FopPKNS, opéra diplomaUca, t. II, pp. 837 et 981. 



DANS LENSEIGNEMENT AUX PAYS-BAS lOI 

permet de constater que, dès le milieu du xiii""" siècle, 
l'enseignement était organisé dans trois communes du 
Hainaut. A Braine-le-Comte, on ne connaissait pas de 
mention sur la situation scolaire avant 1341 (i). Un acte 
du 18 octobre iSSg, montre que le chapitre de Valen- 
ciennes, y avait conservé le droit que lui avait aban- 
donné la comtesse Marguerite. 

Nos recherches ne nous avaient pas révélé l'existence 
d'une école à Beaupaont avant l'année 1474 (2). Il est 
établi que cette ville était dotée d'un enseignement dès 
1248. 

Pont-sur-Sambre est aujourd'hui une localité du dé- 
partement du Nord, dans l'arrondissement d'Avesnes. 
Elle avait rang de paroisse, déjà au xii"'" siècle, et cette 
circonstance explique comment la comtesse de Hainaut 
se préoccupa de- son école. Pont perdit dans la suite de 
son importance et, au xiv"" siècle, sa paroisse fut réunie 
à celle de Quarte. 

Un autre fait est le droit d'écolàtre qu'exerça dans la 
ville de Lessines, jusque vers le milieu du xviii"" siècle, 
le chapitre de N.-D. de Cambrai. Le magistrat de cette 
ville payait chaque année, à l'écolàtre du chapitre métro- 
politain, une redevance de six livres parisis, pour « con- 
gyet et licence de tenir escholle en icelle ville ». Les 
documents ne font pas connaître si c'est par suite d'un 
accord ou pour toute autre cause que cette somme était 
acquittée. Dès i56o, les échevins de Lessines refusèrent 
le paiement de la taxe « pour ce qu'on n'entend ledit 
escolastre à cause de son bénéfice avoir autorité de def- 
fendre de tenir escolle si avant que en icelles les enffans 
ny soient enseignez ni instruiz, fors que de bonne doc- 
trine non suspecte ny erroneuse ». Nouveau refus en 



(i) Voir notre Histoire de renseignement primaire en Hainaitt, p. 120. 
(3) Ouvrage cité, p. 247. 



102 LES CHAPITRES ECCLESIASTIQUES 

i58o, mais les échevins durent, le 4 décembre 1601, re- 
connaître, devant le Grand Conseil de Malines, la légiti- 
mité de l'obligation à laquelle ils avaient voulu se sous- 
traire et s'engager à solder les arriérés. A partir de 1741, 
cette redevance ne fut plus payée (i). 

Ces concessions faites à des chapitres ne furent sans 
doute pas les seules dans les provinces belges. Il serait 
utile de rechercher si des actes analogues n'ont pas été 
accordés pour d'autres chapitres; on apporterait ainsi 
une contribution nouvelle aux annales scolaires de notre 
pays. Les documents relatifs à l'organisation des écoles, 
antérieurs au xiv"""^ siècle, sont rares et il importerait de 
les rechercher et de les mettre en lumière. 

Ernest Matthieu. 




(i) Histoire de l'enseii^nement primaire en Hainaui, pp. 382-383. 



DANS L ENSEIGNEMENT AUX PAYS-BAS Io3 



ANNEXES 



I 



Marguerite, comtesse de Flandre et de Hainaut, donne 
au chapitre de la Salle, à Valenciennes, les écoles de 
Braine-le-Comte, de Beaumont et de Pont-sur-Sambre. 

Octobre i248 

Nos Margharetci, Flandrie et Haynonie comitissa, universis présen- 
tes litteras inspecturis, salutcm in Domino. Notum facimus universis, 
quod nos habita diligenii consideratione quod ea que Dei sunt Deo 
sunt reddenda et que Cesaris Cesari, tam scole et jus earumdem 
magis pertineant ad spiritualia quam ad temporalia. Pro multis peri- 
cuHs evitandis scolas de Pontibus supra Sambram, de Bellomonte in 
Haynonia et de Braina Wihotica, que nostre sunt donationis, ecclesie 
Béate Marie ad Aulam nostram in Valencenis cum jure scolastrie ad 
dictas scolas pertinente in puram elemosinam contulimus perpétue 
possidendas. Ita tamen quod decanus et canonici résidentes, foraneis 
non vocatis, intcr Pasca et Pentecostem de anno solumniodo subse- 
quenii poterunt con ferre. Nec aliquo modo decanus et capitukmi ad 
vitam alicuius nec plus quam de uno anno una vice valebunt easdem 
concedere. In cuius rei testimonium, présentes litteras sigilli nostri 
munimine duximus roborandas. Datum anno Domini m* cc° quadra- 
gesimo octavo, mense octobri. 

Original sur parchemin, auquel ne reste qu'un petit fragment du 
sceau en cire blanche, de la comtesse Marguerite p. à d. q. d. p. 

Au dos : « de donc scolarum de Pontibuz supra Sambram, de Bel- 
lomonte in Haynonia et Braina Wihotica que pertinent decano et 
capitulo béate Marie ad Aulam. » 

Fonds du chapitre de Saint-Géry, à Valenciennes; Archives du 
Nord, à Lille. 



I04 LES CHAPITRES ECCLÉSIASTIQUES 



II 



Acte constatant la désignation par le chapitre de la 
Salle, à \^alenciennes, d'un écolàtre à Braine-le-Comte. 

i8 octobre 1539 

In nomine Domini amen. Tenorc presentis instrumenti puhlici 
CLinctis pateat evidenter et sit notum quod anno Domini millesimo 
quingentesimo tricesimo nono, indictione duodecima, mensis octobris 
die décima octava, pontificatus sanctissimi in Cliristo et domini nostri, 
domini Pauli, divina providentia pape tertii, anno quinto, in mei nota- 
rii publici testiumque subscriptorum, ad hoc vocatorum specialiter et 
rogatorum, presentia personaliter constitutus discretus vir Magist'.r 
Vicentius Pétrin, scolasticus oppidi de Brania Comiiis in Hanonia, 
sicut per patentes litteras sigillo ecclesie collégiale béate Marie vir- 
ginis in Aulam comiîis Valenchenensis munitas sufficienter docuit, 
principaliter principaliter pro se ipso, citra tamen procuratorum suo- 
rum hactenus per eas constitutorum revocationem fecit, constituit, 
creavit, nominavit et soiemniter ordinavit suos veros certos continuos 
et icdubitatos procuratores et negociorum suorum infrascriptorum 
ministres générales et spéciales. Ita tamen quod specialitas qualitati 
non deroget nec c contra. Ita etiam quod non sit melior conditio pri- 
mitus occupantis nec deterior subsequontis, seJ quod unus eorum 
inceperir, aiter valeat prosequi, medinre et finire cuni effectu; vestros 
honorabiles ac discretos viros dominum Johannem Nigri, decanum 
prefate Aule comitis Valenchenensis, mngistrum Johannem Fabri, 
magistnnn Jacobum Labbe, dominum johannem Placquet, prefate 
Aule comitis Valenchenensis canonicos. Et specialiter ad ipsius consti- 
tuentis nomine tt pro eo coram veiierabilibus ac circumspectis viris 
et dominis decano et capilulo ecclesie collegiate Marie Virginis ad 
Aulam comitis Valenchenensis, Cameracensis diocesis, in eorum loco 
vel congregatione capituli comparendum; ibique dictam scolastriam 
oppidi de Brania Comitis in manus prefatorum dominorum in favorem 
magistri Michaelis de la Motte cum omnibus juribus et pertinentis 
illius universis resigjj^dum et dimittendum. Necnon solemnitates 
ad hoc requisitas faciendum et agendum ac etiam litteras dcsuper 
fieri petendum et obtinendum omniaque alia faciendum, dicendum e.st 
exercendum quecumque ipse constituens faceret si^^resens adesset. 



DANS l'enseignement AUX PAYS-BAS Io5 



Promittens idem constituens se ratum, gratum et firmum perpétue 
habiturum quodcumque per dictos procuratores aut unum illorum 
de premissis actum fuerit seu quodlibet procuraturum sub ypotheca 
et ob!i,i:atione omnium bnnorum suoriim mobilium et immobilium 
presentium et futurorum eosque relevaturum indemnes cum cettris 
clericis ntcnon et opportunis. Acta fuerunt haec Sonegiis in domo 
Nicola}- Planchon, laici, anno, indictione, mense, die et pontificatu 
prescriptis, presentibus ibidem honorandis viris dominis ac magistris 
Mattheo Picquavet et Nicolao le Bastenier, presbiteris Cameracensis 
diocesis, testibus ad premissa vocatis atque requisitis. 

Acte sur parrh. avec maniue de Claudius Ryraée, prêtre, notaire 
apostoli(iue et impérial. Fonds du chapitre St-Géry de Valen- 
ciennes. Archives du Nord à Lille. 




I06 LES CHAPITRES ECCLÉSIASTIQUES 

DOCUMENTS 
concernant l'Ecolâtrie de St=Rombaut, à Malines 



13 septembre i448 

In nominc Doniini. Amen. Pcr hoc presens publicum instrumentum 
ciinctis patent evidcnter et sit notum, quod anno a nativitate eiusdem 
millesimo quadringentesimo quadragesimo octavo, indictione unde- 
cima, die vero tercia décima mensis septembris, pontificatus sanctis- 
simi in Christo patris et domini nostri, domni Nicolai, divina provi- 
dentia pape quinii, anno secundo, in nui notarii publici et testium 
infra scriptorum, ad hoc speciaHter vocatorum et rogatorum, presentia 
personaHter constitutis venerabilibus et circumspectis viris dominis 
Anthonio Sanctus, decano, proprio et magistri Johannis de Haren, 
Rumoldo de Winketo, cantore, etiam proprio et magistri Johannis de 
Boechcm, canonicorum pro tune absentium, nominibus, Johanne de 
Platea, scolastico, Johanne Paumeti, Jacobo Lanen et Johanne Tra- 
hukier, coUegiate ecclesic sancti Rumoldi MachHniensis, Cameracensis 
diocesis, canonicis capitulum dicte ecclesie pro tune focientibus et 
representantibus, in eorum loco capitulari, capitulo ad hoc indicto, ad 
infra scripta capitulariter, ex una, nec non magnificis et providis viris 
Phihppo de Mayeghem, magistro comnuinitatis, Gerardo de Cuyck, 
Johanne de Langhe, Johanne Rodants, Henrico de Bock, scabinis, 
Johanne Ysewyn, receptore, et Theoderico de Loen, secretario opidi 
MachHniensis, propriis et aliorum consulum et proconsulum prefati 
opidi MachHniensis ac totius opidi dicte diocesis nominibus, ibidem 
simiHter congregatis et adunatis, ac per eosdem consules, proconsules 
et opidum ac ab eisdem ad infrascripta deputatis, partibus ex aUera, 
prefati vero deputati exposuerunt quaHter ipsi pluribus et diversis 
vicibus super regimine, dispositione et ordinatione uberiori scolarum 
Machliniensium que tempore labente in suppositis et aHas satis decre- 
verunt cum eisdem dominis capitulo et scolastico sive pcr eosdem 
deputatis coUoquia amicabilia mutuo habuere, sperantes, si prefati 



DANS LENSEIGNEMENT AUX PAYS-BAS IO7 



domini capitulum et scolasticus in hoc consentire vellent, quod pre- 
libati consules et proconsules memorati opidi Machliniensis regimem 
dispositionem ac ordinationem scolarum hujusmodi habere possent, 
ac eligendi, recipiendi, conducendi, et nominandi rectores sive gu- 
bernatores earumdem scolarum utiles et ydoneos potestatem, et eorum 
auctoritatem eis concedere dignarentur et vellent quod ex illis con- 
sensu pariter et assensu ac auctoritate in.prefato opido afférent mul- 
tiplicem fructum, ac ibidem brevi tempore salubribus apud Deum et 
homines scolares tam in moribus quam scientia et virtutibus profice- 
rent incrementum, maxime ex eo quia prefati consules et proconsules 
notabilem domum, in qua hujusmodi scolares morum et scientiarum 
incrementa, Deo dante, sub utilibus rectoribus et gubernatoribus, ac- 
quirere possent, erigere et edificari facere, ac utiles et ydoneos guber- 
natores et rectores propriis eorum denariis stipendiare proponunt. 
Quapropter prelibati deputati consulum et proconsulum ac opidi, 
nominibus quibus supra, eosdem dominos capitulum et scolasticum 
premissis et pluribus aliis rationabilibus causis per eos ibidem allegatis 
attentis in Domino caritative exhortabantur quatenus eis in premissis 
super regimine, dispositione et ordinatione scolarum Machliniensium 
hujusmodi suum assensum pariter et consensum prebere, ac ipsis 
unum aut plures utiles et ydoneos rectores et gubernatores earumdem 
eligendi, conducendi, recipiendi et nominandi, scolastico perpetuis 
futuris temporibus inantea quem seu quos prefatus scolasticus pro 
tempore existens prefatis dominis capitulo presentare, ac capitulum 
presentatum seu presentatos hujusmodi dummodo ydoneus seu ydonei 
fuerit seu fuerint, admittere habeant et teneantur, et nullatenus recu- 
sare facultatem pariter et eorum auctoritatem elargiri gratiose et con- 
cedere dignarentur. Quiquidem domini capitulum et scolasticus habita 
per et inter eos aliquamdiu matura deliberatione super premissis singu- 
lisque attentis que fuerint attendenda, cupientes summopere regimini 
hujusmodi scholarum quantum possunt, utilius providere, attendentes 
premissa fore justa ac rationi consona, scholasticus vero primo ut 
scolasticus ac deinde capitulum prefati nominibus quibus supra omni- 
bus melioribus modo via jure causa et forma quibus melius et efficatius 
potuerunt et debuerunt ac quilibet eorum potuit et debuit ac ex eorum 
certa scientia et animo plene deliberato ex antefatis et pluribus aliis ra- 
tionabilibus de causis animos eorum ad id moventibus ut asseruerunt 
prefatis consulibus et proconsulibus ac opido instantibus et petentibus 
de et super regimine scolarum hujusmodi, ac earum dispositione et 
ordinatione, nec non unum aut plures rectores ydoneos scolarum hujus- 
modi eligendi, conducendi, recipiendi et scolastico pro tempore existenti 



I08 LES CHAPITRES ECCLÉSIASTIQUES 



nominandi suos conscnsum pariter et assensum perpetuis futuris tem- 
poribus extunc inantea quantum in ipsis fuerit prebuerunt, dederunt 
et contribuerunt, prout prebent,dant et contribuunt per présentes, pre- 
fatis tamen scolastico pro tempore existent! presentatione, et capitule 
hujusniodi admissione suis in premissis ut prefertur semper salvis, ac 
etiam eisdem consulibus et proconsulibus dicti opidi pro tempore 
existentibus desuper eorum facultatem pariter et auctoritatem perpe- 
tuis futuris temporibus extunc inantea premissis presentatione et 
admissione semper salvis ut prefertur, gratiose concesserunt pariter 
et elargiti fuerunt, quantum in eis fuerit, prout concedunt et elargiun- 
tur per présentes. Et nichilominus prefati domini scolasticus primo et 
deinde capitulum, nominibus quibus supra, pro se et suis successoribus, 
promiserunt, et quilibet eorum promisit, fide média in manibus mei 
notarii publici infrascripti solemniter stipulantis et recipientis propter 
hoc corporaliter prestita, conscnsum, assensum, facultatem et auctori- 
tatem predicta ac omnia et singula premissa tenere, attendere, obser- 
vare et observari facere perpetuis futuris temporibus, et non contra- 
venire, in toto vel in parte, per se vel alium seu alios, publice vel 
occulte^ directe vel indirecte, quovis quesito, ingenio vel colore, om- 
nibus remediis juris et facti cessantibus, renuntiantes nominibus qui- 
bus supra, et quilibet eorum renuncians, pro se et suis successoribus, 
in premissis omnibus et singulis exccptionibus doli, mali, vis, metus, 
fraudis, lesionis, circumventionis, non sic celebrati contractus, aliter 
fuisse dictum, recitatum, stipulatum quam scriptum, et econverso, 
ignorantie juris et facti, omnique juris tam novi quam veteris auxilio, 
consilio, bentficio, subsidio seu favori, omni appellationis seu alterius 
proclamationis autprosecutionis remedio,ceterisqueprivilegiis, juribus, 
constitutionibus, indultis apostolicis et imperialibus, a canone vel a lege 
aut alio jure scripto homine, seu gratiis, litteris, statutis municipalibus 
et consuetudinibus, factis seu Rendis, datis, concessis, seu dandis et 
concedendis, ac omnibus aliis et singulis immunitatibus, juribus, defen- 
sionibus, remediis, et exccptionibus quibuscunque, quibus medianti- 
bus contra premissa vel eorum aliquod facere, dicere vel venire 
possent, aut aliquis eorum posset, aut se in aliquo juvare, defendere 
quomodolibet, vel tueri per se, alium seu alios, publice seu occulte, 
directe vel indirecte, quacumque ratione vel causa, aut quovis ingenio 
vel colore, et specialiter juridicenti generalem renuntiationem non 
valere nisi precesserit specialis. De et super quibus omnibus et 
singulis premissis tam preifcati domini scolasticus et capitulum quam 
memorati deputati consulum et proconsulum sibi a me notario publico 
infrascripto unum vel plura publicum seu publica fieri petierunt in- 



DANS l'enseignement AUX PAYS-BAS lOQ 



strumenta. Acta fuerunt hec Machlinie, in loco capitulari predicto, 
sito ibidem ad latus chori prefate ecclesie sancti Rumoldi, sub anno, 
indictione, meiise, die et pontificatu quibus supra, presentibus ibidem 
discretis viris, domino Godefrido Speelberch, presbytero, receptore, 
et Jacobo Speelberch, villico prefatorum dominorum Capituli Ma- 
ciiliniensis laico, Cameracensis diocesis prefate, testibus ad premissa 
vocatis specialiter et rogatis. 

(Monogramme). Et ego Theodericus Grimmaer, presb3'ter Camera- 
censis diocesis, publicus Apostolica auctoritate notarius, quia premissis 
omnibus et singulis dum, sic ut prefertur, fièrent et agerentur, una cum 
prenominatis testibus, presens interfui, eaque sic fieri vidi et auJivi, 
idcirco presens publicum instrumentum, manu alterius fideliter scrip- 
tum, exinde confeci, subscripsi et in hanc publicam formam redegi, 
signoque et nomine meis solitis et consuetis signavi in fidem et testi- 
monium omnium et singulorum premissorum, rogatus et requisitus. 
Original, sur parchemin, aux Archives de la ville de Malines. 

24 juillet 1450 

Universis et singulis présentes litteras visuris et audituris decanus 
et capitulum ecclesie sancti Rumoldi, nec non magistri communitatis, 
scabini et consules ville Machliniensis, Cameracensis diocesis, salutem 
in omnium Salvatore. Cum jam pluribus et diversis vicibus et retro- 
actis temporibus super salubri regimine seu disposiiione scolaruni 
dicte ville Machliniensis que plurimum in suppositis et alias decreve- 
runt tam a nobis quam predecessoribus nostris avisamenta plurima et 
conceptus varii habita sunt, res tamtn ipsa nisi modernis temporibus 
ad eftectum perduci potuit votivum, et quominus etiam nuper sanc- 
tissimus in Christo pater et dominus noster, domnus Nicolnus, divina 
providentia papa quintus, venerabili et circumspecto viro domino 
archidiacono Antwerpiensi in ecclesia Cameracensi reformation .*m et 
plenariam executionem negocii hujusmodi per ^uas litteras apostoli- 
cas commiserit ac dédit in mandatis quorum vigore revcrendus pater 
dominus et magister Willelmus Bont, utriusque juris doctor, d'cti 
domini nostri pape capellanus et ipsius sacri palatii auditor, ac archi- 
diaconus Antwerpiensis in dicta ecclesia Cameracensi executor et 
commissarius in eisdem litteris apostolicis, ut premittitur, deputatus, 
inter cetera ad unionem, annexionem et incorporationem fructuum, 
reddituum et proventuum scholastrie dicte ecclesie mense capitulari 
ipsius ecclesie, necnon ad reservationem juris presentandi rectorem 
seu rectores scolarum eiusdem ville magistri communitatis scabinis 



IIO LES CHAPITRES ECCLÉSIASTIQUES 



consulibus ipsius ville pro tempore existentibus juxta vim formam e; 
tenorcm litterarum apostolicarum hujusmodi processerit aliasque 
fecerit ac egerit prout et quemadmodum in litteris et processibus 
desuper confectis latius habetur et continetur, nichilhominus tamen 
ncc iittere ipse apostolice neque processus ipsius domini executo- 
ris desuper habiti piis nostris votis sufficiunt neque ad plénum de 
mutuis conventionibus, conditionibus et promissionibus de proborum 
et jurisperitoruni consilio in bac re amicabiliter habitis, factis et pro- 
missis narrare aut mentionem facere videntur quibus omissis seu 
oblivioni datis verisimiliter inter nos imposterum aliqualis materia 
questionis posset suboriri, quod absit, propter ea nos decanus, 
capitulum, magistri communitatis, scabini et consules memorati affe- 
ctantes summe mutuam caritatera et conventiones, conditiones ac 
promissiones mutuo amicabiliter quoque ac rite fjclas, habitas et 
promissas firmiter tenere et inviolabiliter observare, ideo eisdcm in 
omnibus et per omnia adherendo et inherendo pro maiori declaratio- 
ne, et ne imposterum questionis materia insurgat mutuo ac de novo 
accordati conventionati, condicti, condicionati et promi^si sunt et 
fuerunt articuli subséquentes. Primo videlicet quod rector sive redo- 
res scolarumMachliniensium pro tempore existentium per legislatores 
dicte ville sem^l presentatus sive presentati, et per decanum et capi- 
tulum admissus seu admissi, quamdiu de voluntate legislatorum dicte 
ville rector sive rectores dictarum scolarum permanserint. Habebit 
seu habebunt et obtinebunt, de ordinatione et consilio tamen dicto- 
rum legislatorum dicte ville, qui pro tempore fuerint, plenariam et 
omnimodam dispositionem tt ordinationem omnium et quarumcum- 
cumque scolarum Machliniensium, tam parvarum quam magnarum, 
absque aliqua contradictione seu intermissione decani et capituli pro 
tempore existentium predictorum. Item, quod rectore sive rectoribus 
ydoneo sive ydoneis per legislatores édicté ville prejentato sive pre- 
sentatis decanus et capitulum prefati tenebuntur immédiate ad admis- 
sioncm eiusdem sive eorurndem rectoris seu rectorum, alioquin ipsius 
seu ipsorum exercitium in scolis nullatenus poterit impediri. Tenebi- 
tur tamen rector talis presentatus seu rectores presentati tenebuntur 
jurare et juramentum prestare dictis dominis decano et capitule 
quod cooperabuntur et exhortabunt scolares ad frequentandum cho- 
rum ipsius ecclesie et ad continuendum cantum, ne ecclesia ipsa in 
divinis patiatur detrimentum. Item, quod legislatores dicte ville qui 
semper pro tempore fuerint, nomine dicte ville imperpetuum ad 
habendum et recuperandum bonos, ydoneos, notabiles et sufficientes 
rectores in scolis antedictis, et ad illos, si opus fuerit, stipendiandos 



DANS RENSEIGNEMENT AUX PAYS-BAS III 



erunt astricti et tenebuntur. Insuper mutuo concordatum est, con- 
ventum, conditionatum et promissum, casu quo imposterum con- 
tingat de novo erigi seu alias dotari ac fundari novam scolastriam in 
dicta ecclesia sancti Rumoldi Machliniensi, quod extunc et eo casu 
magistri communitatis, scabini et consoles ville predicte pro tempore 
existentes imperpetuum habebunt, et reservabunt jus nominandi seu 
nominationem rectoris seu rectorum hujusmodi, que nominatio débet 
fieri scolastico pro tempore existenti, qui ulterius eundem rectorcm 
seu eosdein rectores tenebitur presentare dominis decano et capitulo, 
et domini ipsi, decanus et capitulum, tenebuntur admittere juxta con- 
ditiones preexpressas litteris et processibus apostolicis hujusmodi 
in aliquo non obstantibus, eisdem tamen in aliis omnibus semper sal- 
vis fraude et dolo seclusis. Hinc est quod nos decanus et capitulum, 
ex una, ac magistri communitatis, scabini, et consules dicte ville pre- 
notati, partibus ex altéra, volentes servare fidem pro nobis et nostris 
successoribus, conventiones, conditiones et articules supra scriptos, 
promisimus, et tenore presentium promittimus bona fide imperpe- 
tuum ratas, gratas, atque firmiter tenere et inviolabiliter observare, et 
contra easdem nunquam facere, dicere, proponere vel allegare per nos, 
alium seu alios, directe vel indirecte, publice vel occulte, quovis que- 
sito, colore, renunciantes pro nobis et nostris successoribus in pre- 
missis omnibus et singulis exceptionibus doli, mali, vis, metus, fraudis, 
lesionis omnique juris auxilio, canonici et civilis, aliisque privilegiis, 
juribus, constitutionibus, indultis apostolicis et imperialibus, graiiis, 
litteris, statutis, et consuetudinibus factis seu fiendis, datis et conces- 
sis, seu dandis et concedendis, ac omnibus aliis et singulis juribus, 
defensionibus, remediis et exceptionibus quibuscumque, quibus me- 
diantibus contra premissa facere, dicere vel venire possemus, aut in ali- 
quo nos juvare, defendere quomodolibet vel tueri quacumque occasione 
vel causa, et specialiter juridicenti generalem renunciationem non 
valere nisi processerit specialis. In quorum omnium et singulorum 
premissorum robur et testimonium sigilla nostra ad c.iusas presenti- 
bus litteris duximus appendenda, datis et confectis vicesima quarta 
die mensis julij anno Domini millesimo quadringentesimo quinqua- 
gesimo. Et ulterius has easdem litteras in majoris roboris firmitatem per 
fidèles nostros scribas et notarios, dominum Theodericum Grymmaer 
et Walterum Storm subscribi et signari mandavimus, rogantes etiam 
attente prenominatum dominum archidiaconum commissarium qui 
fulminando processum antedictum premissis conditionibus et con- 
ventionibus nostris interfuit quatenus in majorem premissorum tuitio- 
nem sigillum suum presentibus appendere dignetur. Et nos Willelmus 



112 LES CHAPITRES ECCLESIASTigUES 



BiMi', archiJiiiconus tt commissaiins supraJictus, quia prcmissis con- 
ditii)nibus et conventionibus, ac dictorum articulorum ordinationibus 
inttrfuimus, caque sic per partes premissas Heri vidimus et audivimus, 
idcirco presentibus litteris ad requestam earumdem partium sigillum 
nostrum appendi fecimus, anno, mense et die prescriptis, in evidens 
testimonium premissorum (i). 

Et ego Tlieodericus Grimmaer, presbyter Cameracensis diocesis, 
publicus Apostolica auctoritate notarius, dictorumque venerabilium 
dominorum meorum decani et capituli scriba et secretarius, de man- 
dato eorumdem dominorum meorum decani et capituli his présentes 
patentes litteras manu propria subsciipsi, et ipsas signo meo manuali 
signavi, requisitus, in evidens testimonium veritatis premissorum. 

Et ego Walterus Storm, de Machlinia, clericus CameracMisis dioce- 
sis, venerabilium dominorum meorum legislatorum dicti oppidi Ma- 
chliniensis scriba et secretarius, ac publicus Imperiali auctoritate 
notarius, de mandato eorumdem dominorum meorum legislatorum 
hanc presentem litteram manu propria subscripsi et eandem signo 
meo manuali signavi, requisitus, in tvidentius testimonium vi.'ritatis 
premissorum. 

W. Storm. 



Original, sur parchemin, aux A rchivcs de la ville de Maliites. 




(i) Le sceau de l'archidiacre n'a jamais été appendu à la pièce. Elle n'a 
été scellée que par le chapitre et par le magistrat de Malines; leurs sceaux 
s'y trouvent encore attachés. 



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A MALI NES 



(NOUVEL HOTEL DES POSTES) 




EPUis la ruine de la Draperie, l'ancienne Halle 
de Malines était demeurée sans destination 
particulière. Les quatre ailes de bâtiments 
entourant la cour intérieure, a\aient été em- 
ployées comme ateliers ou magasins. 

L'aile principale regarde la Grand' place. L'entrée est 
percée dans le soubassement du beffroi dont la construc- 
tion est inachevée. A l'extrémité gauche de la façade, 
s'élève un pignon bâti au xvii"'' siècle, lorsqu'une partie 
de l'aile latérale fut convertie en remise pour les Géants, 
les chars et autres objets de cavalcade. Ce local fait 
aujourd'hui partie du Musée communal et renferme une 
belle collection de portraits anciens. 

L'aile opposée, longeant la rue de Beffer, fut sacri- 
fiée, en i526, pour la construction du palais destiné 
au Grand Conseil, dont l'érection avait été décrétée, 
le 23 décembre 1473, par le duc Charles le Téméraire. 



114 ANCIEN PAI-AIS DU GRAND CONSEIL, A MALINES 

L'institution de cette Cour de justice eut lieu à Malines, 
au mois de janvier suivant, dans la maison échevinale. 
Cette installation ne pouvait être que provisoire. Le 
magistrat ne se décida cependant pas si tôt à prendre 
sur lui les frais d'une construction nouvelle. Le trésor 
n'était que trop épuisé par les subsides donnés aux 
grands personnages, pour l'achèvement de leurs hôtels, 
et par les dépenses déjà faites pour le palais de la Gou- 
vernante, non encore terminé. Mais pressés par l'empe- 
reur, les éclfevins sacrifièrent une partie des Halles et 
commcncèient l'érection du nouveau Palais. L'empereur 
voulut y coopérer aussi selon ses moyens, et il promit 
d'intervenir dans les frais, pour une somme de six mille 
florins Carolus, à prélever sur la moitié des confiscations 
et amendes arbitraires qui seraient adjugées par le Grand 
Conseil. 

Rombaut Keldermans, fils d'Antoine deuxième du 
nom, devenu architecte de la Ville après le décès de 
son père, en janvier i5i6, fut chargé de faire le plan du 
nouveau Palais (voyez planche I). 

Installé à Anvers depuis iSig, il se faisait aider dans 
ses divers travaux par son neveu Laurent. Il est à croire 
que ce dernier coopéra pour une bonne part à la confec- 
tion du plan. En effet, le compte de la Ville, de i53o- 
i53i, nous apprend qu"il reçut trois huitièmes du salaire, 
tandis que cinq huitièmes sont payés à l'oncle. Cette 
particularité est à signaler. Eneffet, si Laurent avait été 
un simple dessinateur au service de son oncle, celui-ci 
aurait dû lui-même payer les gages, ou le salaire, de son 
employé. Mais Laurent reçoit directement du Tréso- 
rier de la Ville, une livre et demie, pour son travail, vocr 
zynen arbeyt ; tandis que deux livres et demie sont payées 
à Rombaut, pour la peine qu'il s'est donnée, voer zyn 
moyte. Il faut en conclure que le premier était déjà con- 



NOUVEL HOTEL DES POSTES Il5 



sidéré quasi comme sous-architecte, chargé du soin des 
constructions, en remplacement de l'oncle absent, dont il 
était le collaborateur. Ce qui corrobore notre opinion, 
c'est qu'après le décès de Dominique de Waghemakere, 
en i527, Laurent devient aussi l'associé de Rombaut 
Keldermans, pour l'achèvement de l'hôtel de ville de 
Gand ; et nous le voyons s'occuper seul de ce monument 
après la mort de son oncle. 

Ces considérations ne nous empêchent pas de regarder 
Rombaut Keldermans comme auteur du plan. Mais nous 
ne partageons pas l'avis de ceux qui soutiennent que le 
style de ce plan lui est entièrement et exclusivement 
personnel. Ce style, ou plus exactement, cette majiière 
de traiter l'architecture décorative, était déjà en usage à 
la fin du xv"'" siècle. Au commencement du xv!""" siècle, 
les architectes s'affranchirent davantage de la tradition, 
pour développer le nouveau système avec plus de fan- 
taisie, mais aussi avec moins de logique. Ils semblent 
avoir voulu proscrire, autant que possible, l'usage de la 
règle et du compas. De là, dans les portiques, ces 
essais d'arcades trilobées, soutenues la plupart du temps 
par des ancrages mal dissimulés, ces frontons à con- 
tre-courbes, ces réseaux à jour, couvrant toutes les sur- 
faces des murs (voyez planche II); ces charpenteries 
en pierre, exagérées, aux rempants des gables et aux 
crétages des toits. Il n'y a qu'à voir le plan du Grand 
Conseil pour être convaincu de la justesse de cette re- 
marque. 

Rombaut Keldermans, tout en suivant la tendance 
générale de son époque, a peut-être beaucoup contribué 
à la développer dans ce qu'elle avait de capricieux, et 
à pousser l'architecture du moyen âge vers sa chute, par 
une exagération et un superflu de l'ornement, qui carac- 
térisent ses œuvres jusqu'à un certain point, sans pourtant 
lui être exclusivement propres. Il semble influencé par 



Il6 ANCIEN PALAIS DU GRAND CONSEIL, A MALINES 

ce système jusque dans sa signature, que nous donnons, 
à titre de curiosité, d'après une pièce originale tirée d'un 




registre de la gilde des Arbalétriers, appelé Doodschnlden, 
Dettes des Morts. Les membres de la Gilde y in- 
scrivaient, de leur propre main, comme un codicille tes- 
tamentaire. Par cet acte, tout à fait libre, et auquel les 
règlements de la Gilde ne l'obligeaient point, le confrère 
déclarait qu'après sa mort, ses héritiers seraient tenus 
de payer une somme déterminée, au profit de la Gilde. 
Keldermans lui légua douze florins Philippe (i). 

La signature de Laurent Keldermans est du même 
genre que celle de son oncle. La voici telle que nous la 




trouvons au bas de l'expertise des travaux exécutés au 
palais du Grand Conseil, faite le g octobre i532, à la de- 
mande du Magistrat. Cette similitude de paraphe semble 
encore un appui à l'opinion : que les architectes du 
moyen âge suivaient avant tout la tradition et les usages. 



(i) Le florin Philippe, Philips g ulden, valait environ fr. i,63. Voici le texte 
de la déclaration écrite par Rombaut Keldermans lui-même, dans le registre 
des Dettes des Morts du Serment de la Grande ou Vieille Arbalète. 

3c IRombaut 'Rel^crman8 als ijulbcbrortcc van bon ©uben .iSogbc te i»ccbel«n, bclovc 
Scrsclvcr (Bulbe te latene naei m^n toot be somme vaii twelve pbHips gulbcn. 3n hennisse 
mçns bantehcns blet ontcr geteçfcent opten ïïilj'"'» april H" ï^c ïvj. 

(Signé) Ikclbermans. 

Rombaut Keldermans mourut à Anvers, le i5 décembre i53i. Sa Dette 
de mort fut payée au serment, environ deux ans plus tard. Cela résulte 
de la note marginale inscrite dans le registre précité, et ainsi conçue : 

Sert Staes beeft Ht ontfangbcn bç banben van ^agiel Bsewçns, ben t(ij« Hugusti 
Bo jv= tïïiij. 



NOUVEL HOTEL DES POSTES II7 

et ne cherchaient pas, comme ceux de la Renaissance, à 
imprimer à leurs œuvres un cachet de personnalité qui 
permit de les distinguer. 

Les Keldermans, en particulier, ont formé une dynastie 
plutôt qu'une école. Leur œuvre forme un groupe très 
important d'édifices empreints d'un caractère déterminé. 
Si vous enlevez le décor flamboyant des monuments 
qu'ils ont élevés, il reste des constructions sveltes et so- 
lides d'une grande valeur technique. 

C'est ce que nous avons déjà fait remarquer dans notre 
article : Le vrai plan de la tour de Saint-Rombaiit (i). Les 
difl'érents Keldermans qui se succédèrent pendant soi- 
xante-quinze ans comme architectes de la tour, n'ont pas 
apporté le moindre changement au premier modèle. Ils 
se sont contentés de modifier les détails, les parties dé- 
coratives, selon les usages et le goût de leur époque. 

Leur fidélité à la tradition ne rendait pourtant pas ces 
architectes stationnaires. Ils progressaient, sans doute, 
mais vers la décadence, et sans s'en rendre compte, pour 
ainsi dire. Le développement successif se faisait avec 
une certaine logique et sans soubresauts. Aussi, quand 
l'imagination fiévreuse des architectes ne pouvaient plus 
rien produire, le règne de l'architecture gothique finit-il 
brusquement et presque sans transition. A moins que 
l'on rx veuille appeler ainsi la première Renaissance, qui 
se ressent évidemment de l'influence de la période ogi- 
vale, en ce qu'elle paraît avoir conservé la taille humaine 
comme mesure des proportions, et préféré le système de 
multiplication à celui d'agrandissement. 

Il ne nous a pas été possible de relever tous les détails 
historiques de la construction du Parlement; les comptes 
de la Ville ne les donnent point. Ils étaient, sans aucun 



(i) Bulletin du Cercle Archéologique, tome VIII, p. 233, Malines 1898. 



Il8 ANCIEN PALAIS DU GRAND CONSEIL, A MALINES 

doute, consignés dans un des registres spéciaux dits Wis- 
stibockcn, qui ont disparu de nos archives au commence- 
ment de ce siècle. Monsieur l'archiviste V. Hermans, avec 
sa serviabilité bien connue, nous a communicjué quelques 
notes originales y relatives, dont nous donnons le texte 
dans l'appendice, sous les numéros I à VII (p. i25 à i33). 

Le i8 avril i526, après Pâques, le Magistrat fit con- 
trat avec Eustache Le Prince, pour la fourniture des 
colonnes destinées au portique longeant la rue de Beffer. 
Elles devaient être en pierre d'Ecaussines oud'Arquennes. 
Les détails très intéressants de ce contrat nous sont 
connus par l'expertise des travaux faite par Laurent Kel- 
dermans, le g octobre i532 (n° I de l'appendice, p. i25). 

Nous y voyons que le gros pilier du coin, près de la 
grand' place, den grootcn hoock pilaar, a coûté 86 francs, 
achte pondcn grootc Vlcms gelts. Le pilier placé à l'autre 
bout de la colonnade, contre la maison voisine, fut payé 
53,75 frs. L'expert signale encore spécialement les deux 
colonnes de la grande entrée, et les deux demi-colonnes 
engagées du côté de la cour (daer men met wagens in de 
Halle ryen sal), entreprises pour la somme de 107,25 frs. 
Les seize autres colonnes du portique furent payées 
5 16 francs. Les payements se firent, de i526 à i532, par 
à comptes dont la liste est également conservée aux 
archives (n° II de l'appendice, p. 127). 

Le total des payements s'élève à la somme de 464 
livres et 7 escalins (3320 francs). Un dernier solde de 
compte, pour fournitures supplémentaires, eut lieu le 
16 mai 1534. 

Le contrat pour la livraison du bois fut fait le 3i 
jarivier i535 (n» III de l'appendice, p. 128). On y stipule 
les dimensions des poutres et autres pièces nécessaires à 
la charpente du toit. Le tout fut soldé par à comptes, de 
i535 à 1541 (no IV de l'appendice, .p. 12g). 

La fourniture des pierres avait donné lieu à un diffé- 



Planche II. 




palais Destiné au ©vaiù 



oa.id îc la paitic coiis 




Qouseil î)e CHalincs 



litc ^C 1526 à 1334) 



NOUVEL HOTEL DES POSTES IIQ 

rend. Dans un écrit, postérieur à 1647, conservé aux 
archives, Antoine de Vleeschouwer, tailleur de pierres, 
se plaint de la lenteur avec laquelle les paiements ont 
été faits, de i535 à i53g, et il ajoute que, jusqu'en 1547, 
il n'a pas tout reçu, mais qu'il lui revient encore une 
somme de cent florins, dix sous et un demi-liard. Il 
déclare, en outre, qu'à la demande des Receveurs de la 
Ville, il a préparé une quantité de pierres, pour les arcs 
des fenêtres, dont le mesurage n'a pas été fait. Il n'a pu 
l'être, parce que ces pierres n'avaient pas été transpor- 
tées à pied d'œuvre, à cause de la neige et de la gelée 
(n" V de l'appendice, p. i3o). 

y 

Ce différend n'était pas réglé à la mort de de Vleesch- 
ouwer, car, en i56o, sa veuve Marguerite Robyns, rema- 
riée à Egide Ver Wyckt, présente au Magistrat une 
requête, à fin d'obtenir le paiement d'un solde de compte 
de septante-huit florins Carolus, dix sous et trois liards, 
dû par la Ville, d'après les notes délaissées par feu An- 
toine de Vleeschouwer. Dans cette demande, il est aussi 
fait mention d'une grande quantité de pierres abandon- 
nées clans la cour des Halles. Les requérants supplient 
le Magistrat de vouloir leur faire remettre la somme 
mentionnée plus haut, et de payer également les pierres, 
après mesurage équitaLlc. Cette affaire, ajoutent-ils en 
terminant, est depuis trop longtemps en souffrance, au 
grand détriment des orplielins qui ont leur part dans la 
créance (n» VI de l'appendice, p. i32). 

Dans la requête ci-dessus, les suppliants Egide Ver 
Wyckt et son épouse Marguerite Robyns, appellent au 
témoignage de Rombaut van Aken, alias Zoetmont, déjà 
invoqué dans la réclamation d'Antoine de Vleeschouwer. 
Ce témoignage ne leur est pas favorable. D'après la dé- 
claration du dit Rombaut Zoetmont (n^ VII de l'appen- 
dice, p. i33), il paraît certain que la Ville n'avait pas fait 



I20 ANCIEN PALAIS DU GRAND CONSEIL, A MALINES 

une commande de pierres si grande, qu'elle n'aurait pu, 
selon toute apparence, employer à vingt ans de là, zal 
mogclyk noch in twintich jacrcii uyct nrbcsicht wordcn. Ces 
pierres, d'ailleurs, étaient de mamaisc (]ualité, cl elles 
n'avaient pas assez de queue. D'un autre coté, le témoii: 
certifie qu'en vciité une partie des pierres n'a pas été 
mesurée, mais qu'elles sont de mauvaise qualité, et que 
l'on ne saurait les employer avec les autics. Le témoin 
r,e croit pas que la A'ille ait encore la moindie obliga- 
tion envers les requérants. S'il en était ainsi, ajoute-t-il, 
Antoine de Vleeschouwer aurait bien fait valoir ses droits. 
Ce dernier, du reste, a déclaré, en présence de témoir.s, 
qu'il avait reçu tout ce qui lui était dû. 

Nous supposons c^ue le différend s'est terminé là. Il 
nous a paru inutile de faire des recheichcs ultérieures 
pour un sujet qui n'entre pas précisément dans le cadre 
de ce travail. 

Charles-Quint, avons-nous dit (page 114), voulut pren- 
dre à sa charge une part des dépenses énormes qu'occa- 
sionnerait la construction de ce somptueux palais, destiné 
au P-arlement. Il avait accordé à la Ville, la somme de six 
mil earolus dor à prcnre et à avoir de luy par les mains de soji 
Receveur des exploix présent et advenir, sur la moitié des con- 
fiscations et amendes arbitraires qui se adjugent an Grant Con- 
seil de sa majesté de par deçà. L'empereur a-t-il payé cette 
somme? Nous ne le pensons pas. Aux archives de la Ville 
existent les copies authentiques de quatre quittances 
seulement, portant respectivement les dates : 2 mars, 
29 et 3o avril i535, et 28 avril i536. Comme les textes 
de ces documents ne diffèrent que par la spécification 
de la somme payée, et du personnage qui avait encouru 
l'amende, nous n'avons transcrit que la première quit- 
tance, du 2 mars i535 (n^ VIII.de l'appendice, p. 134). Il 
y est fait mention d'un paiement de six cens livres du pris 



NOUVEL HOTEL DES POSTES 121 

de quarctitc gros momioie de Flandre. Cette monnaie avait 
la même valeur que 600 Carolus d'or. En effet, la seconde 
quittance constate un paiement de cent cinquante carolus 
d'or du pris de quarante gros monnoie de Flandres le carolus. 
Le troisième à compte est de cincquant carolus dor seule- 
ment, et le quatrième, de quattrc cens livres. Jusqu'au 28 
avril i536, l'empereur avait donc payé en tout, 1200 livres 
ou Carolus d'or, c'est-à-dire, le cinquième du subside 
promis. Les travaux furent probablement arrêtés à cette 
époque. L'état de ses finances ne permettait pas à l'em- 
pereur d'intervenir lui-même plus directement par des 
subsides, et la Ville se trouvait seule à porter cette lourde 
charge. Elle continua pourtant, jusqu'en 1541, à payer par 
à comptes, les bois livrés pour la charpente, par les frères 
Jean et Lambert van Gyssel (n^^ IV de l'appendice, p. 129). 

Les choses en lestèrent là. Le nouveau palais était 
condamné à la ruine; mais on ne laissa pas au temps 
seul le soin de l'achever. Des marchands reçurent l'auto- 
risation d'établir leurs échoppes sous le portique. On 
leur permit même de fermer les entre-colonnements et 
de s'y faire une habitation, moyennant une redevance 
annuelle. Il y a plus de vingt ans, en faisant des re- 
cherches sur les noms des rues de Malines, nous avons 
découvert dans un ancien registre de la Ville (appelé 
Chao?, parce qu'il renferme des copies d'actes divers 
sans relation d'ensemble, ou Registre Mutilé, parce 
qu'il n'est plus complet), trois contrats relatifs à l'éta- 
blissement de magasins et habitations sous le portique 
du Grand Conseil. Il y est stipulé expressément que la 
concession n'est pas perpétuelle et qu'elle peut être révo- 
quée en tout temps, au gré du Magistrat, alst Mynheeren 
bclieven sal. Cette réserve prudente était faite en vue de 
la possibilité éventuelle de l'achèvement, Cela ressort 
des termes mêmes de la concession. 



122 ANCIEN PALAIS DU GRAND CONSEIL, A MALINES 

Le plus ancien de ces contrats est du 12 mai i55i. Il 
y est question, pensons-nous, de la première travée ou 
arcade près de la Grand' place, à l'entrée de la rue de 
Beffer : sckcr plactskcn gcstacn opt hoccxken van de Bcjfer- 
stratc binncn de Halle. Elle est louée à Pierre Symoens, 
tourneur en bois, au gré des Trésoriers de la Ville, et à 
la condition que le locataire abandonnera la place dès 
qu'on voudra la lui reprendre et l'approprier pour l'achè- 
vement du Palais, ou pour tout autre motif approuvé 
par Sa Majesté. Dans ce cas, le locataire pourra enlever 
toutes les constructions qu'il aurait lui-même élevées 
en cet endroit. La location se fait pour une redevance 
annuelle de quatre florins Carolus, à partir de la Saint- 
Jean i55i (no IX de l'appendice, p. i35). 

Le deuxième acte, du i5 janvier i564, se rapporte 
également à la première place sous le portique, entre 
les deux premières colonnes. Cependant, les conditions 
de location ne sont plus tout à fait les mêmes. Au lieu 
d'une redevance de quatre florins Carolus, la Ville 
n'exige plus qu'un cens de trente sous; mais elle conserve 
aussi une plus grande liberté pour la reprise de la place. 
Ell-e se réserve le droit de pouvoir renoncer au contrat 
quand elle le voudra, sans considération de personnes, 
alst hcmlieder goet duncken ende believen sal, zoiider ycmavts 
aensien (no X de l'appendice, p. i36). 

Le troisième acte, du 26 septembre de la même année 
(1564), permet au savetier Jean de Beckere, de se bâtir 
un atelier dans le portique des. Halles, tiisschcn de blauivc 
pilacren, mais rien n'indique l'endroit précis visé dans le 
contrat. Le bail se fait aussi pour un cens annuel de 
trente sous, avec la même réserve de la part de la Ville, 
de pouvoir dédire quand bon lui semblera (n'' XI, 'de 
l'appendice, p. iSy). 

Si le Magistrat s'était contenté de permettre aux mar- 



NOUVEL HOTEL DES POSTES 123 

chands d'installer des boutiques sous le portique du 
Grand Conseil, le mal eût été facile à guérir. En effet, 
les maçonneries dont on a entouré les colonnes, ont 
admirablement protégé les chapiteaux en certains en- 
droits. Le fouillé des sculptures ferait douter si c'est 
bien de la pierre taillée que l'on a sous les yeux. La 
planche II donne les deux arcades ouvertes l'an dernier, 
d'après une photographie de notre confrère, M. Franz 
Schippers. 

Au XVII""-' siècle, et aussi au xviii™% le vandalisme ne 
connut plus de bornes. L'idée de vouloir un jour achever 
le beau monument des Keldermans ne pouvait plus 
venir à personne, à ces époques où le style ogival parais- 
sait un péché d'architecte. On en arriva donc à aliéner 
même le fond. Les acquéreurs avaient ainsi toute lati- 
tude. Huit travées du portique furent démolies par ces 
destructeurs, pour être remplacées par des constructions 
du type le plus vulgaire, sauf une façade en rococo, belle 
en son genre, mais que l'on aurait pu facilement élever 
ailleurs. Nous faisons des vœux pour que cette dernière 
soit réédifiée à la Grand' place. Elle y fera bon effet, 
dans la rangée de pignons qui s'v trouvent déjà. 

La dévastation était arrivée à son comble. Le palais 
inachevé du Grand Conseil est devenu une ruine. Nous 
venons de voir que la main des hommes a fait la grande 
part dans cette œuvre de destruction. Les injures du 
temps n'ont pas encore trop détérioré les sculptures de 
cette façade commencée il y a bientôt quatre siècles, et 
dont les troubles politiques ont arrêté l'achèvement. 
Nous n'avons jamais passé à coté de ces vieux murs sans 
regretter profondément leur état de désolation, et sentir 
au cœur l'espérance de les voir au moins protéj^és pour 
l'avenir. Jamais, cependant nous n'aurions pu croire qu'un 
jour on ferait mieux encore que d'en empêcher la ruine 
complète. Les grands frais que nécessiteraient la recon- 



124 ANCIEN PALAIS DU GRAND CONSEIL, A MALINES 



stiiiction partielle de la partie du monument, élevée au 
xvi™' siècle, et son achèvement, nous avaient toujours 
paru une difficulté insurmontable, et elle l'était, en effet, 
pour les finances d'une ville. L'Etat seul pouvait songer 
efficacement à réaliser cette entreprise. Il l'a fait; et ce 
souhait que d'aucuns taxaient d'insensé, et que d'autres, 
plus intelligents, considéraient comme une illusion d'ar- 
chéologue, née d'un enthousiasme exagéré pour l'ancien, 
*ce souhait va se réaliser. Le Gouvernement belge a fait 
l'acquisition des ruines de l'ancien palais du Parlement 
ou Grand Conseil de Malines, pour en faire une restau- 
ration complète, et exécuter entièrement le plan de Rom- 
baut et Laurent Keldermans. 

G. VAN Caster. 




APPENDICE 



Pièces justificatives 

I 

Expertise des colonnes et mitres pierres fournies par Eus- 
tache Le Prince d'Ecaussines, faite sur ordre du Magistrat, 
par Laurent Keldcr?nans. 

9 octobre 1532 

le Lauwereins Keldermans hebbe gewysentert ende oversien ten 
bevele van mynen heeren de opperrentmeesteren der stadt van Me- 
chelen, heer Aerde van Diest ende heer Ariaen Muichs (i) reddere etc., 
die blauwe pielaeren van der Hallen die gecomeschapt zyn geweest 
van myn voerstide iieeren, den xviij''" dach van apryle anno xv*" zesse 
enlwintich, naer passchen, aen Staesstn de Prinsse copman ende leve- 
raer van blauwen steene van Scausynis of Arkenis, ende hebe bevon- 
den als hier naer volcht : 

Item ierst heeft den voers Staessen de Prinsse geleevert naer 
inhoudt zynder voerwaerden geschiet ten voers. dage, eenen grooten 
hoockpielaer, staende op den hoock -vander befferstraten den wel- 
cken gecomescapt es van mynen voers. heeren voer achte ponden 
groote, vlems gelts. Valent xij L. brab. 

Item noch heeft den selven Staessen gelevert achtervolgende zyn- 
der voerwaerden, eenen hoock pielaer staende in de befferstrate aen 
huys van den potgieter; ende es gecomerscapt van mynen voers. 
heeren voer vyve ponden, ten pryse voers. Valent vij L. x sch. br. 



(i) Adrien van den Broecke, alias Musch, était échevin en i5i8, et bourg- 
mestre en i52o. 



126 ANCIEN PALAIS DU GRAND CONSEIL, A MALINES 

Item noch heeft den selven Staessen gelevert buyten synder voer- 
waerden eenen hoeck pilaer stande bynncn der Hallen an huys van 
den potgieter, naer dbert, ende vander selver grooten als den voers. 
pielaer in de befferstrate an huys van den potgieter. Alsoo mogen de 
voers, heeren \\e\ betaelen den voers. pielaer als den hoockpielaer aen 
huys vanden potgieter in de befferstrate voers. ten pryse van vyve 
ponden groot vlems. raient vij L. x sch. br. 

Item noch heeft den selven Staessen gelevert naer in bout synder 
voerwaerden twee geheele groote pielaeren staende inde befterstrate 
ande halle, ende twee halve die comen sullen bynnen der hallen, daer- 
men met wagens inde halle ryen sal; ende myn voers. heeren hebben 
elcken van dese geheele pielaeren bestaedt voer vier ponden ten pryse 
voers., ende die twee halve naer advenant van de geheele voers. 

Valent xv L. br. 

Item noch heeft den selven Staessen gelevert buyten zynder voer- 
waerden eenen halven pielaer vander selven grooten als die voers. 
halve pielaers, den welcken pielaer staede bynnen der hallen aen 
dopen gadt naest dat huys vanden potgieter; den welcken halve pie- 
laer myn voers, heeren wel mogen betaelen als sy er vande voers. 
halve pilaers betaelen sullen. Valent lij L. br. 

Item den, selven Staessen heeft noch geleevert naer inhoudt zijnder 
voerwaerden xvj geliecl pielaers met viere clysteren die stacn ande 
halle in de beftestraete; ende elcke van desen pielaers hebben myn 
voers. heeren bestadt voer drye ponden ten voers. pryse. 

Valent Ixxij L. br. 

Item noch heeft den selven Staescn aengtnomen naer inhoudt 
zynder voerwaerden xxxv geheele pielaers die comen zullen in de 
lacken halle ende onder die kappelle ende pk-ytcamer; ende elcke van 
desen pielaers hebben mynen voers. heeren bestaedt voer drye en 
dertich schellingen vier groot vlams. Valent Ixxxvij L. x sch. br. 

Ende van welcke xxxv pielaers ic maer en bevynde, met die twee 
die de weduwe van den Broeck gehalt heeft, dan xxxj basschementen. 
Alsoe soude daer noch resten iiij basschementen ende ock resten 
daer noch aende selve pielaers vyve kapetelen; ende die ronde spyllen 
vande voers, pilaers synder al. Van welcker reesten van de bassche- 
menten en voers. kapetelen wylt den voers. leeveraer seggen dat hij 
die voile leverynge gedaen heeft in presentie van meester Peeter den 
metsser van der stadt voers. 

Item noch heefc den selven Staessen gelevert buyten voerwaerden 
twee blauwe poerten daer deen af gemoest staedt, ende dander legt 
inde halle gegoijet; ende houden aile beye redite staven en boogen 



NOUVEL HOTEL DES POSTES I27 

samen die mnerkens àst gelegen Ixxxv voeten, ende voer elcke voet 
-zullen mynen voers. heeren betak-n... 

Item den selven Staessen heeft noch geleevert buyten voerwacrdcn 
xxviij stucktn steens groot int cruyse iij voeten, die leggen onder die 
pielaers buyten ende bynntn, op vij naer die nocli ongelyt syn; ende 
voer elcke stucke sullen mynen voers heeren betaelen 

Voer al. i.x L. ij sch. hrab. 

Item de selven Staessen hceft noch gelevert onder die vier groote 
pielaers van der hallen viere stuckcn steens van iiij 5 voet in cruyse 
ende voer elcke stuck suUcn myn voers. heeren -bctalen 

Val ij L. ij sch. hr. 

Actum te Mechelen den ix*^" dach van october A" xv-" Iwee ender- 
tijch. bij mij 




En marge se trouve : Somma ij-^ xv L. xiiij sch. des inné gcrekent 
de ij bogen van den porten. 

II 

Payements faits à Eus tache Le Prince, pour livraison de 
pierre bleue. 

1526 à 1534 

Dit zyn die betalinghe van Staessen die Prince op zyn leveringhe 
vandcr blauwcn wercke. 

Item lerst in a'' (xV) xxvi ende xxvii. ij L. br. 

lerst int boeck van xv-" xxvi ende xxvn. clxxxvlj L. x se. 

Dwelck inde Rekeninghe by de Rentmeesters gere- 

kent es, maer moet Staessen afgtcort wordden. 
Item bet. den selven xvij aprilis xv" xxviij, naer 

paesschen : xxv L. 

Item ultima octobris noch bet. xxv L. 

Item in a° xxviii ende xxix. xlj L. xvij sch. 

Item in a° xxix ende xxx. hj L. x s. 

Item in a° xxx ende xxxj. xv L. xiij s. 

Item in a° xxxi ende xxxij, fol. xxxix. xiij L. xviij s. 

Summa iiij*^ Ixiij L. vij s. 



128 A-NCIEN PALAIS DU GRAND CONSEIL, A MALINES 



Item siin betaelt den xxiij dach van septembris xvc xxxiij. xii L. x se. br. 
compt noch met ander betalinge tsamen op L L. br. die hy seer die hem 
quamen by slot van rekeninge. 

Ende siin noch na gelevert, dit al door de leveringhe van my vrouwen 
hove. 

Ende die na leveringhe moet ghesciet syn na de voers. leste betalinge die 
ghesciede in a" xxxj ende xxxij den 

Welc naderhant te weten opten xvj dach van mey a° xv^ xxxiiij al afge- 
rekent wert van al tal dat hy totten selven daghe gelevert hadde ende 
quam noch boven aile betalinghe afgecort omtrent xlj L. br. 

Jn verso du feuillet : Besceet van der leveringen van ghehouwen 
steene aen de Halle, aengande Stassen De Prinsse, van den blauwen 
wercke. 

III 

Accord pour la fourniture du bois de charpente nécessaire 
au palais du Grand Conseil. 

3i janvier i535 

Opten xxx)^" dach Januarij a° xv' ende vyf ende dertich zoe h'eb- 
ben heer Philippus Schoefs ende heer Jacop Schoefs, ridders ende 
trésoriers der steden van Mechelen bestaeyt aen Janne ende Lam- 
brecht van Ghyssel aile alsulckcn houtwerck als die zelve stadt be- 
hoeven zal totten nyeuwt-n pallaise, in die halle, voer dit jaer te leve- 
ren ten scerppen tante, sonder gedraeyt rysschcllich gnade wecren 
61m root oft \vit, ende anders van zulcken dut chJen ende grootten 
alzoe hier voight : 

lerst vier balcken elck stuk lanck westnde xliij voe- 
ten, twintich duymen hooghe, ende zesthien ende eenen 
halven duymen breet metlen baesschen, vier ende eenen 
halven duymen dicke, ende acht voeten lanck gelyck 
spannende vier duymen al zonder gebreck als boven; elck 
val. cxx kg. stuck voer dertich karolus gulden. 

Item noch thien balcken, elck stuck lanck xxxv voetai 
derthien duymen dicke ende xvj duymen hooghe met 
heuren baesschen vin zeven voeten lanck ende drye 
duymen dicke; ende die balcken gelyck spannen diye 
duymen, elck stuck te leveren als boven voer twaelf ka- 
val. cxx kg. rolus gulden. 

Ite viii'^ voeten filieren, alzoe langhe als men die gecry- 
ghen kan, thien duymen viercant; ende noch iiij'-- voeten 



NOUVEL HOTliL DES POSTES I29 



scheren van vij 1/2 duymen viercanr, elck hondert 
■val. cxx kg. deen doer dandere voer thien karolus gulden. 

Item XXV) gordels van xj voeten lanck ende acht 
duymen hreet ende vij 1/2 duymen dicke, tstuck 
i7. xi kg. I st. voer viii 1/2 st. 

Item xxvj gordels vander zelfder linghden van 
vij 1/2 duymen breet ende vij duymen dicke, tstuck 
vl. xi kg. I st. als voien voer viij 1/2 st. 

Item noch xxvj gordels vander zelfder linghden 
van vij duymen breet ende vj 1/2 duymen dickê 
vl. xi kg. I st. elck stuck oick voer viij 1/2 st. 

Item vij"-" rebben elck stuck xj voeten lanck ende 
v 1/2 duymen viercant, oick sonder gebreck als 
boven, schoen om schaven ten herden cante, elck 
vl. \y X kg. hondert voer dertich karolus gulden. 

Item uf aenvelders lanck xxv voeten ende iiij 1/2 
duvmen viercant ende iij^" sperren lanck xxij voeten 
ende iiij 1/2 duymen viercant beneden, ende iiij duy- 
men viercant boven, elck stuck voer acht stuivers 
vl. Y]: Iv kg X st. ende eenen halven st. 

Aile welcke houten die voers. jan ende Lambrecht 
zullen moeten leveren, al sonder gebreck als boven, 
te twee reysen : te weten dierste scep drye weken 
naer paeschen, ende dander acht daghen naer Sint 
Jansmisse naestcomende ombegrepen, al met me- 
chelscher mate te leveren. 
Jan Van Gysselt X Lambrecht \'an Gysselt. 



IV 

Payements faits à divers, pour tivraison et transport du hois. 
1535 à i54i 

En marge : Dese bctalinghen zijn gerekent in libro xV xxxv ende 
xxxvi. 

Op ten xxix"' Januarij a'^ voers. betaclt den 
voers. Jan ende Lambrecht, op die voers. toeco- 
mende leveringhe die somme van 1\ L. br. 

Item den viij™ Junv xv-^ xxxvi bet. xij L. x st. 

9 



l30 ANCIEN PAT, AÏS DT^ GRAND CONSKII., A MALINES 



Item den w"" July xv^" xxxvi betiielt voer die 
scepvrachte v L. x s. 

Item bet. den selven in volkomen hetalinghen 
op dierstc scip. vij July xxxvi. ix L. viij s. xj d. 

Item noch ^^eleent don selven op dander scip dat 
comen sal die uts. xxv L. 

En marge : Van hier voorts nioet dit gestelt worden in de reke- 
ninghe van den jare xV xxxix ende xl. 

Item den selven bet. van schepvrachte iiij febr. 
xxxviii. X L. 

Item aen beyden schepen hout te lossen uts... 

Item XV' novenibris xv-" xxxix bet. aen de scep 
vracht by lo van den Eynde. x L. x s. 

Item eod. die bet. Jan Ghyssels. xxv L. br. 

Item XX decembris xxxix bet. heer Jan Fraeys 
van huyshueren xxxiiij s. iij d. 

Item xxv' martij xv-" xxxix ante passcha bet. 
Janne Ghyssels. iij L. 

Item. bet. aen dat die houten ergher bevonden 
waren dan die voerweerde, ende dat inde iij*^ leve- 
ringhe v L. 

Item aende Wehr van den dorpe xx L. xv s. 

Item xvij apriHs xv-' xl bet. Janne van Ghysselt 
in volder betalinge van de iij'^ jeveringhe. viij L. xix st. vj d. 

over inde Rekeninghe van den jaerc xl ende xll.. 

Àii verso : voerweerde van den houte dienendc totten palleyse. 



Antoine de Vleeschouwer, tailleur de pierres, réclame une 
somme de cent florins, dix sous, un demi-liard, qui lui reste 
due après tout décompte. 

après i547 

Op den iersten dach van October a'' xV xxxv es ghedane de me- 
tinghe vanden witten steenwerke van der Hallen duer versoeck 
vande heeren Rentmeesteren der stadt van Mechelen; ende der 
comm. nr' Machiel ijsewyns ende Nicolaus de Vleeschouwer ende 
Anthonis de Meeschonwer ins^heseten der voorsevdér stad. 



NOrVEL HOTia. DES POSTES l3l 



Zoo es bevonden naer wyt wysen der selver brieve daer af vande 
nieters, dat de gheheel somme ghedroegh dry duysent viij^" xxxiiij 
gui. xi) st., een half blancke. Compt het derde pairt van Anthonis de 
Vleeschouwer xij^" Ixxviij gulden iiij st ix den. 

Item bevonden dat ic Anthonis iiierop ontfanghen hebbe van der 
stadt om bewys soo op den inghele met noch Ixxij 1/2 gui lier Rom- 
baut Soetmont van mynen wegen ontfanghen; ende noch van pont- 
ghelt by Cornclis van der Eyke ontflmghen op my iij'' gui xiij 1/2 st.; 
ende dit toet a° xxxix toe dlcstc, den xxvii"" (ebruary, naer styl van 
Wytricht, de somme van xi' Ixxvij gl. xiii 1/2 st. dit afghecorten rest 
mij noch net hondert gulden ende x st. ecnen 1/2 braspenning. 

Item heeft her Roinbout Soetmont hier op van mijnent weghen 
noch van der stadt ontfanghen op den nieuwe, waer at ic eegheen 
verclaringhe en hebbe; biddende ootmoedelyck myn goeder heeren 
die rentmeesteren, verclaringhe daer af te doene; ende voorts onse 
rekeninghe wel ende recht te fiinaerne,naer der redenen noch bevon- 
den dat her Rombout noch ontvanghen heefc xxij'^ gui. van mynen 
weghen. 

Item noch leyt voer de duere, van my Anthonis voirseid een geel 
deel boghen die ghemaect hebbe duer dbelasten van die rentmeesteren, 
ende meester wercklieden die die bovcn voîrnoemd de cruysvensters 
ende dese en syn niet niede ghemeten in de metinghe, want sy op die 
tvt noch nict op den pcel highen ende ter groote cost soude hebben 
moeten bringhen c>vcrmidts de groote snecuw ende vorst, soo inden 
winter was. 

Memorie my giieven ende om my te beclaghene dat naer de me- 
tinghe ende rekeninghe ons soo quaden bctalinghe ghedaen was van 
a'' xxxv toet xxxix toe, ende nu noch dees reste noch toet xlvi j toe, 
ic soude immers wel meer afghcqueten hebben. 

Item noch hebben wy bevoorwaert, ende staet inde voorwerde, 
seker perceele van stynen by ons over ghenomen ende en hebben 
niet willen hebben dat wijse ghemaeckt souden hebben, ende heb- 
bense anderlieden doen maken als wy het costelyckste ghemaect 
hadden, hebbense ons vorwerde ghenomen ende over ghebroken om- 
dat wij wat gelt toen ghehadt souden hebben. 

Item ons voorwerde bout dat men ons alioes betalen soude naer 
advenant van der leveringhe, dwelck niet alsoo gheweest en es soo 
blyct naer de rekeninghe. 

Au verso : Item A"' xv-' xxxv, den xv deceirber, soo es volbracht 
uheweest de metin^ne van den witten. 



l32 ANCIEN PALAIS DU GRAND CONSEIL, A MALINES 



VI 

Requête présentée au magistrat de Malines, par Egide Ver- 
wyckt et son épouse Marguerite Robyns, veuve d'Antoine de 
Vleeschouwer. 

1560, 10 mars 

Aen niyn heeren den Wedhouderen deser stede van Mechelen. 

Vertoonen ende gheven zeer ooitmoedelyc te kennen Gillis Ver 
wyckt als man ende momboir van Margriete Robyns achtergelatene 
weduNve wylen Anthonis de Vleeschouwere midsgaeders heer Jacob 
Kobyns ende Rombout Poelmans als momboirs van den ombejaerden 
kinderen desselfs wylen Anthonis de Vleeschouwere : hoe dat eertij- 
den die voirgenoemden Anthonis als coopman van steene opgebracht 
ende ghelevert heeft den Regenten ofte Rentmeesters des voirschre- 
ven stede van Mechelen doen ter tydt wesende, diversche soorten 
ende quantiteyt van ghehomven oft ghesnedenen witten steene, ende 
datte al tôt behoefne ende ten ghebruycke vander fabrijken ofte edi- 
ficatien van der Hallen alhier. 

Ter causen van welcken leveringe van steene (te wetene dije ghe- 
meten es ende aende binnen edificie geappliceert ende gewrocht 
geweest) die voirschreven Regenten den voirnoemden wylen de 
Vleeschouwere, by slote van geliquideerde rekeninge schuldich ende 
ten achteren bleven, ende alsnoch in der qualiteyt als vore resterende 
syn de somme van Ixxviij kar. gnlden x st. ende 3 braspeyiningen, ge- 
lyck als tzelffde blykende es ende claerlyck bevonden wordt by des 
voirnoemden wylen Anthonis schedullen ende billetten van memorien 
daer aff zynde, hier aene ghehecht, alzoo oick tgene des voirschreven 
es eenighen van uwen een, naemelyken den heer Rombout van Aken 
aliàs Zoetmonts, als noch wel kenlycken ende indachtich wesen mach. 
Es oick waerachtich alsdat die voirnoémde de Vleesschouwere den 
persoonen ende tôt behoeffne alsvoren hierenboven, noch ghelevert 
heeft eenen grooten hoop ende quantiteyt van ghelycke steene, de 
welcke over veel stanen gelegen hebben ende als noch liggende zyn 
binnen der voirseide hallen, tôt groote scaeden, achterdeele ende pery- 
cele vanden suppliant, gemerckt de zelfde steenen nyet en wassen 
nocht en augmenteren, gelyck uwen Eerw. dat wcl considereren con- 
nen. Welcke steenen tôt noch toe nyet ghemeten, nyet gherekendr, 
noch n\ct betaelt en zvn. Hier b^■ ghevoecht ende geconsidereert dat 



NOUVEL HOTEL DES POSTES l33 



men ter tyt van nu elcken voedt van den voirnoemde steene op xij st. 
nae meer nyet zoe goeden coop en zoude connen becostigen oft ghe- 
leveren, ten pryse ende somme van ghelde, zoo dyen alsdoen bevoir- 
weerdt was ende gelevert es. Verzoecken daeromme die voirnoemde 
supplianten ende nyet min oidmoedelycken supplicerende dat uwen 
Eerw. believen wille te ordonneren myn iieeren den trésoriers deser 
stede van Mechelen hen supplianten promptelyck op te leggene ende 
te betalene : lerst die voirschreve reste ende geliguideirde somme van 
Ixxviij k ^iil. X st. 3 brasp. toecomende alsvore. Ende voirts iemanden 
te commiteren van uwen Eerw. ofBcieren zoe ulieden dat goetdunc- 
ken ende te raede vinden zult, omme den voirscreven onghemeten 
steen te coUigeren ende finalyken te meten gelyck ende alzoo dat 
behoiren zal. Ende de somme die ten eynde vander maten achtervol- 
gen den pryze van der voirscreven vuerweirden bevonden worden 
zal te beloopene; ende hen supplianten te compereren by ordonnancie 
als boven henlieden opgeleyt ende betaelt te worden. Aile dwelck 
uwen eerw. beliefven zal corttelycken te expedieren, bizonder aenge- 
merct ende geconsidereert de lanckheyt ende verloop van den tyde 
dat de supplianten haere penningen ghederiït hebben, ende oick mede 
dat die voirnoemde schult weezen aengaet ende eensdeels compete- 
rende es. Ende des doende zult wel doen. 



VII 



Déclarai ion de Rombaiil van Akcn alias Zoctmout, inter- 
pellé comme témoin dans la requête ci-dessus. 

Rommont Zoetmont gesien hebbende de requeste van weghen 
Gielis Verwyct, als man ende momboir van Margriete Robbyns, met 
syn consoirtcn, mvnen heeren gepresenteert, opten x"-" martij xV en 
de tzestich, Seet ende verclaert hoe dat hy in zynen tyde als rent- 
meester van deser stadt van Mechelen, metten anderen heeren rent- 
meesteren doen wesende, heeft neven ende by geweest alwaer ten 
versoeke van Anthonis de Vleeschouwer niet zynen consorten, ende 
nyet ten versoeke vande voerscreve beeren rentnieesters, gemeten es 
geweest den steen inder requesten van den voerscreven Gielis ge- 
mêntioneert; ende dat als doen den voerscreven de Vleeschouwer 
met zynen consorten, by mvnen voerscreven heeren de rentniees- 
ters doen wesende, geseyt ende verclaert werdt tnaervolgende. « Wy 



l34 ANCIEN PALAIS DU GRAND CONSEIL, A MALINES 



hectt u dcscn stcen ducn makcn? hv en z.il ir.(\^cl\ck noch in twin- 
tich jaeren n\-et verbcsicht wordden; want liy dicnt achtcr ncndc 
halle, noch en es oick niet IcverbaLr »; ciuL' dal al.s docn dcr stadt 
meesterwercknian seyde : « M3^nheeren hct es waer, hy en es nyet 
leverbiier, noch en es oick niet genoch gesteert, ende en zal van niy 
nyet geset wordden ». Ende aengaende dat zy supplianten zeggen 
datter noch steen es ongemeten die hen noch restcren zoude, es 
waerachtig. 

Ende en zyn niaer quade stucken liggende neven het voerscreven 
gemeten werck als tôt gheenen prouffvtte oft oirboir van de gemeten 
wercken dienende. Voerts dat z}- supplianten seggen dat hen noch. 
penningen zoude resteren, ter causen vande leveringhen in zyn 
requesten gementioneert, verclaert die voerscreve Zoetmont dat maer 
een geraetsel en es, ende dat zy supplianten in dier qualiteyt raeer 
dan betaelt syn; ende dat de voerscreve wylen Anthonis wel vocr 
zulcx was, hadden hem noch vander stadt penningen iecomen, hy 
zoude de zelve wel vervolght hebben. Ende om aile tgeene des voer- 
screve stadt te verificeren seeght de voerscreve Zoetmont dat hy 
neven ende by geweest es alwaer de voerscreve wylen Anthonis 
verclaert heeft dese oft gelycke woerden : « Ja ick hebbe de stadt 
wel gehadt, ick hebbe emmers gecreghen dat mv vander zelver zoude 
mojzhen comen ». 



VIII 



Quittances des à comptes donnés par l'empereur, en déduction 
sur la somme du subside de 6000 florins carolus qitil s'était 
engagé à payer, pour sa part dans les frais de construction du 
palais du Grand Conseil. 

2 mars i535 

Nous communcniaistres eschevins Rentmaistres et Conseil de la 
Villl" de Malines confessons avoir reçu de maistre Nicolas Faurel 
secrétaire et receveur des exploits ordinaire de lempereur nre sgn"" la 
somme de six cens livres, du pris de quarante gros monnoie de Flan- 
dres la livre, sur et entantmoins de la somme de six mil carolus dor 
que le dict seigneur empereur a accordé à la dicte ville de prenre et 
avoir de luy, par les mains de sond Receveur des exploix présent et 



NOUVEL HOTEL DES POSTES l35 



advenir, sur la moietie des confiscations et amendes arbitraires qui se 
adjugent au grant conseil de sa majesté de par deçà, tant et jusques a 
ce que la dicte ville sera satisfaicte et payée desdicts vi'" carolus, pour 
et en advanchement du palais et maison de conseil que la dicte ville 
a encommenchié faire et y fait encoires ouvrer journellement; ou elle 
y mect de gros deniers procedans et venans les dicts vi^" L. dues pris 
entantmoins de la moictié de quattre mil carolus d'or. En quoy Jehan 
Baers alias olislager, a le \^ jour de juing xv-" trente quattre de la 
poursuyte du procureur gnal. esté condempne envers et au prouftyt 
de limperiale maiesté, par messieurs du grant conseil de sa dicte 
maiesté, en luy intermant les lettres de remission par luy obtenues 
dicelle sa maiesté pour raison de certains mes par lui commis et par- 
petrez, dont nest besoing icy faire aucune mention. Et ce oultre et 
pardessus la somme de ij' L. dudict pris et ou nom de la dicte ville 
avons receu du dict Receveur des exploix venant dautres condemp- 
nez, entantmoins des susdits vi"" carolus, comme par copie autenticque 
des susdictes 1res patentes de don de ce faisant mention peult plus 
aplain apparoir, de laquelle somme de vi" L. des pris monnoie et pour 
la cause que dessus nous communemaistres eschevins rentmaistres et 
conseil de la dicte ville de Malines, pour et ou nom dicelle ville, 
sommes contens et bien payez et en quittons lempereur le dict Rece- 
veur des exploix et tous autres à qui quitance en appartient. En tes- 
moign de ce nous avons fait appendre le scel aux causes dicelle ville 
à ces présentes, le second jour de mars lan mil chincq cens et trente 
chincq. 

Gecollationeert by my opt doriginal. 
Orssele. 



IX 

Extraits du Registre Mutilé touchant les permis d'occu- 
pation dans les galeries du nouveau palais du Grand Conseil 
dont la construction avait été interrompue. 

1551, 12 mai 

Op den xij^" mey xv' eenenvyftich soo hebben myne heeren de 
trésoriers van der stadt, heer Gielies van Gottengnyes heer Pauweles 
de Mypere enJ heer Jacob Robyns verhuert zeker plaetsken gestaen 



l36 ANCIEN PALAIS D{' (iKAND CONSEIL, A MALINES 



opt hoecxken van de betïerstrate binnen de halle Pieteren Symoens 
draseler /oe langhe als by mynhceren gelieven zal. Ymmers dat myn- 
heeren van noode en bedwinghen zullen zyn tselve plaetsken ott 
halleken wederommc nae heur te nenien en te properieren totten 
opmaken van der hallen, ofte andere notoire end merkelijke rede daer 
toe xylieden van der Key nV wegen zouden bevinden van noode te 
zyne te gebruykene. Dieen zoe zal de voorz. Pieter Symoens also en 

in dien gevalie 't zynen oncost ende fundringhe aen 

't selve bij hem gedaen nemen end behouden tôt zynen proutfytc. 
Hndc mits huere daer voir betalen der voorn. stadt de somme van 
vier karolus gulden beginnende ende innegaende S' jans misse 
a° XV" eenen vyftich, en deerstc jaer daer af verschynende S' Jans 
misse a"* xv"" tweeenvyftich. — Actum ut supra. 

(Root bock, fol. 65). 



X 
i564, 15 janvier 

Op den XV dach der maendt ianuary in den jaren xv^ vierentsestich 
hebben mynheeren de trésoriers bovengeschreven te wetene heeren 
Lanceloot vanGottingnys ende joncheerFranchois van Cats desgelycx 
gegundt ende gegeven jannen Bournon tôt behoef van Lysbeth Bour- 
non zyner wettiger dochtere, dierste plaetse tusschen de twee blauw 
pileeren van voeren in der betîersirate. Omme oeck die zelve plaetse 
by hem te mogen betymmeren oft metsene propijs ende brquatie 
tôt alsulcken neeringe die te makene als hem dat goetduncken ende 
believen sal. Ende dieselve als dan te mogen gebruycken op zynen 
cost, mits der stadt daer jaerlycx voerçn betalener een chys van dcritich 
stuvers als voren. Behoudelycke nochtans zoe reede de voorz. stadt 
beliefde voer den toecomen. tyt de voerz. plaetse te haerweerts te 
nemen ende die te willen gebruycken ter voerz. stadbehoef,dat zylieden 
doet tallen tyden sullen moegen doen alst hem lieder goet duncken 
ende believen zal, zonder yemants aensiei. Dies sal die voers. Bour- 
non oft zyn voers, dochter als dan ongehouden zyn van der voers, 
chyns van derttich stuuvers voers. aile dingen zonder hargelist. 



(Roothoek, ibid., fol. 78, verso). 



NOUVEL HOTEL DES POSTIj:S ld>y 



XI 

i564, 26 septembre 

Op den 26 sept. Wc i.xiiij hebben mynheeren trésoriers te weten 
h. Lanceloot van Gottingnys en jonchh Franchois van Cats eenen 
jannen de Beckerc, oude schoenniaker, gegundt ende toegelaten cen 
plaetse tusschen de blauw pilaeren achter de halle omme de zelve 
plaetse bij hem die nldaer te moegen gebruycken betymmeren oft 
nietsene propiis ener broquarie tôt /^ynder neeringe te makene op 
zynen cost, mits der stadt daer jaerlycx voere genoenide een ch\s van 
derttich stuvers met conditien nochtans oft die stadt beliefde voer die 
toecomen. tyt de voorz. plaetse te haerwaerts te nemen ende die te 
willen gebruycken ter stadt behoef, dat zij lieder dat tallen tyden 
tselver sullen moegen doen alst huerlider goetduncken ende believen 
sal, zonder yemants aensiene. Dies sal die voerz. jan als dan ongehou- 
den zijn van den voergenoemden chvns van derttich stuvers jaerl3fcx. 
Aile dingen zonder ergelist. 

(Rootboek, loi. 78, verso). 





Numismatique Malinoise 



Catalogue descriptif des Monnaies, Méreaux, Jetons et Mé- 
dailles frappes à Opalines ou ayant trait à son histoire. 



u moment où le Cercle Archéologique de notre 
ville vient de mettre au concours la rédac- 
tion d'une histoire générale de Malines, nous 
^2A^^)^ croyons qu'il sera intéressant de mettre sous 
les yeux de nos lecteurs, la suite chronologique des por- 
traits des Seigneurs et gouverneurs-généraux qui ont joué 
un rôle souvent remarquable dans notre histoire locale. 
Beaucoup d'entr'eux ont toujours eu une prédilection 
marquée pour notre ville, où ils aimaient de faire de fré- 
quents et longs séjours, d'établir même leur résidence, 
leurs tribunaux, leurs officines de monnaies et leurs 
Chambres des comptes. A vrai dire, notre ville a été 
considérée pendant un siècle et demi comme la capitale 
des provinces unies des Pays-Bas, 

Le rôle important qu'a tenu dans l'histoire la seigneu- 
rie de Malines est d'ailleurs prouvé par les treize cent 
nonante-neuf lettres missives conservées aux archives, 
par les chartes, octrois et autres pièces administratives 



140 NUMISAlATIQUE MALINOISE 



réunis, en dix volumes, par les éminents archivistes Van 
Doren et Hermans. 

Les médailles-portraits que nous faisons figurer dans 
notre volume n'ont pas été frappés spécialement pour 
notre Seigneurie, elles appartiennent à l'histoire géné- 
rale; mais, elles peuvent être considérées comme ayant 
trait à notre histoire locale, en ce sens qu'elles ont été 
émises pour commémorer les successions, les prises de 
possession, les mariages et, partant, les joyeuses entrées 
de nos différents souverains dans leurs nouveaux états. 

A ce titre, ces médailles, qui n'ont aucune indication 
précise de destination, peuvent être revendiquées aussi 
bien pour notre Seigneurie que pour les autres pro- 
vinces des Pays-Bas.. 

Malines, surtout, tenait à fêter avec grand éclat les 
premières visites de ses Seigneurs étrangers ou leurs 
gouverneurs préposés au gouvernement général. 

Constamment nous rencontrons dans nos archives, les 
noms de ces grands personnages. 

Nous avons donc jugé que ces quelques médailles ne 
dépareront pas notre Catalogue descriptif de la numis- 
matique malinoise (i). 

Cette première série est suivie d'une autre; celle-là, 
appartenant exclusivement à Malines, donne les portraits 
de quelques célébrités malinoises; puis viennent les 
médailles frappées en l'honneur des archevêques, les 
médailles émises à l'occasion de faits mémorables arrivés 
dans notre localité; la collection complète, sous le rap- 
port du type, des médailles accordées à titre de récom- 
pense, aux élèves de nos académies de dessin et de 
musique; les médailles distribuées lors de nos jubilés et 
de nos cavalcades, tant réputés pour leur faste et leur 



(1) Les mcdailles qui peuvent être considérées comme ayant été frap- 
pées spécialement pour Malines, seront indi(]uccs i)ar un astérisque. 



NUMISMATIQUE MALINOISK I4I 

correction. Pendant la période de i825 à i85o, Malines 
comptait quelques bons orfèvres, qui nous ont légué une 
série de médailles destinées à nos sociétés de tir à l'arc 
au berceau, à la perche, et dont quelques-unes consti- 
tuent de véritables objets d'art; toutes ces pièces ont été 
reproduites dans notre ouvrage ; ajoutons encore les mé- 
dailles pour l'ouverture d'expositions, d'inauguration de 
drapeaux, les médailles religieuses, les témoignages de 
satisfaction décernés par nos magistrats aux sociétés 
qui se sont distinguées sur le terrain de l'art musical ou 
dramatique, et nous arrivons à une collection inappré- 
ciable, qui fournit aux historiens des monuments précieux 
pour l'authenticité de l'histoire de Malines. 

La série des jetons frappés pour notre Seigneurie, con- 
stitue également un auxiliaire utile pour l'écrivain; ce 
sont des documents parlants et contemporains des grands 
faits de notre histoire. 

Lkopold Van den Bergii. 




1^.2 \m;mism.\ l'ioui': malinoisI' 



rkOlSIÈME PARTIE 



^I^c^aillcô ^C6 Scioncure 
et iiouvcrncnre^ocncraujc bc ni>alincci 

Dans la série numismatique liégeoise, nous rencontrons 
quelques petites mailles, qui donnent imparfaitement les 
bustes de certains princes-évêques qui ont eu notre sei- 
gneurie sous leur juridiction. 

Par les sceaux figurés dans l'ouvrage de Van den 
Kynden, Tableau chronologique des écoutètes, des bourg- 
mestres, et des échevins, nous faisons la connaissance des 
puissants seigneurs de Cirimbergen, les Berthout avoués 
de Malines, auxquels les Princes-évèciues avaient confié 
la Seigneurie; la numismatique flamande et brabançonne 
nous font connaître les comtes de Flandre et les ducs de 
Brabant qui ont régné sur notre pays. 

Mais à partir de Philippe le Bon, jusqu'au règne de 
notre roi actuel, Léopold II, nous pouvons offrir une 
série ininterrompue de médailles avec portraits, des sei- 
gneurs et gouverneurs-généraux de Malines. Ces pièces 
rarissimes, gravées par les plus habiles artistes des diffé- 
rentes époques, sont disséminées dans toutes les collec- 
tions de l'Europe, et aucun collectionneur, même au prix 
des plus grands sacrifices, ne parviendrait à les acqué- 
rir (i). C'est ce qui nous a engagé à les reproduire dans 
notre ouvrage. 



y on Van Mii':pis et Vax Loon, Nedcriamîsche Hisforn'f'iin/iuf.'c'u. 



NUMISMATIQUE MALINOISE I43 



Philippe le Bon 

Philippe de Bourgogne, surnommé le Bon, fils unique 
de Jean sans Peur et de Marguerite de Bavière, naquit 
à Dijon, le 21 juin i3g6. En 1419, il succéda à son père 
et fit son entrée solennelle dans notre ville, le 8 octobre, 
en qualité de seigneur. Le duc ne fut pas complètement 
étranger au gouvernement de notre contrée, attendu que 
son père avait déjà confié à ses soins la Filandre, l'Artois 
et Malines, pendant la guerre qu'il eut à soutenir contre- 
la France, en 1412. 

Lors de son inauguration dans notre ville, il profita 
de la circonstance pour y réunir les principaux membres 
de la maison de Bourgogne et prendre secrètement des 
dispositions pour venger la mort honteuse de son père, 
assassiné. 

Le duc a toujours eu une préférence marquée pour 
notre seigneurie, qu'il combla de toutes sortes de faveurs ; 
ce fut lui qui, le premier, renseigna sur ses monnaies le 
titre de seigneur de Malines (Dominus Machliniense). 

En troisièmes noces, il épousa Isabelle de Portugal, le 
10 janvier 1480, et pour rehausser la splendeur de cette 
fête, il institua le même jour, à Bruges, l'ordre de la 
Toison d'or, qui, dans la suite, tint plusieurs réunions à 
l'église de Saint- Rombaut, à Malines. 

La même année de son mariage, le duc, avec sa femme 
et toute leur suite, rendirent une visite à Malines et y 
restèrent pendant les mois d'août et septembre ; à cette 
occasion, de grandes fêtes furent données. 

En 1455, Philippe le E'on institua dans notre ville, la 
chambre du Conseil privé, aussi appelé Grand Conseil, 
composé d'un certain nombre de gentilhommes et de 
savants, sous la présidence du chancelier de Bourgogne. 
Ce tribunal était, en outre, composé d'un vice-président, 
de quatre chevaliers, treize conseillers, quelques maîtres 



144 NUMiSMATigLE MALINOISK 



dos re(|uètcs, un procureur-général et d'autres employés. 
Ils avaient à juger les différends qui se présentaient dans 
les états du duc, aussi bien pour les grands personnages 
(jue pour les plus pauvres sujets. 

Autrefois, il se trouvait au palais du Grand Conseil, 
actuellement le palais de justice, un tableau représen- 
tant une réunion des Conseillers, tous habillés en rouge. 
Au bas du tableau on lisait cette inscription : 

« Le Grand Conseil avant le Parlement, où présidait 
le Grand Chancelier, aïant à son côté gauche le chef et 
les quatre Chevaliers du Conseil, et à sa droite les six 
^^laîtres des Requestes : et vis-à-vis sur trois bancqs mis 
en mi-cercle, les i3 Conseillers ordinaires. Devant les 
ouvertures aux deux bouts du bancq d'au milieu, se 
tenaient à pied et tète nue, les Advocats playdoïants ; 
pendant que le premier Huissier gardait la clôture du 
Parcquet ou les Parties exhiboient leurs escripts au 
Secrétaire. 

» Les Seigneurs ayant présidé successivement au Grand 
Conseil decy dessus en qualité de Chanceliers et de 
chefs Chanceliers, Nicolas Rollin, Ambassadeur en Arras, 
l'an 1435; N. De Goux, Seigneur de Wedergrete; Ciuil- 
laume Hugonet, Seigneur de Saijlant; Chefs Jean, Sei- 
gneur de Lannoy ; Gérard De Plaines, Seigneur de Fiene ; 
Guillaume Fillatre, Evesque de Tournay. » 

La médaille ci-après a été frappée à l'occasion de 
son troisième mariage et de l'institution de la Toison 
d'or. L^n grand nombre de jetons ont été frappés pour la 
chambre des Comptes, à Malines. 

PHILIPP g D g G g DVX S BURG ê LOT g BRA S 
CO l FLA ? Dans le champ le buste du duc, orné de 
la toison d'or. Ce bijou consiste en un collier d'or, auquel 
est suspendue une toison, également en or. 

Rv. - A\'TRF NARAY A\^TRF NARAY o A\'TRF . 



NUMISMATIQUE MALINOISE 145 

NARAY. Dans le champ, un briquet sur une croix de 
Saint André, surmonté d'une couronne; le tout entouré 
d'étincelles. 

Bronze. PL A, n^ i. 

Charles le Téméraire 

Après la mort de Philippe le Bon, son fils Charles, 
surnommé le Téméraire, lui succéda. 

Le 14 octobre 1454, il épousa, à Lille, Isabelle, fille 
de Charles P"", duc de Bourbon, et de Agnès de Valois; 
elle mourut à Bruxelles, le 25 septembre 1465 ; de ce 
mariage naquit une fille, Marie de Bourgogne. 

Le 3 juillet 1467, le duc -fit son entrée solennelle dans 
Malines, en qualité de seigneur, accompagné d'une suite 
nombreuse, et y prêta serment; de grandes fêtes et des 
cortèges furent organisés, et rien ne fut négligé pour 
rendre son séjour aussi agréable que possible dans cette 
ville, qu'il a tant favorisée dans la suite. 

Aux archives de la ville se trouve l'acte public, rédigé 
lors de la joyeuse entrée du duc. Ce document confirme 
les privilèges et franchises accordés précédemment à 
cette ville ; le voici : 

« Charles par la grâce de Dieu Duc de Bourgoingne, 
de Lothier, de Brabant, de Lembourg, de Luxembourg, 
Comte de Flandres, d'Artois, de Bourgoingne, Palatin 
de Haynnau, d'Hollande, de Zélande, de Namur, Mar- 
quis du Saint-Empire, Seigneur de Frise, de Salins et 
de Malines. Savoir faisons à tous présents et à venir que 
comme après le décès de feu nostre très Chier Seigneur 
et Père Monseigneur le duc de Bourgoingne, de Bra- 
bant et de Lembourg, Comte de Flandres, d'Artois et 
de Bourgoingne, Palatin etc., et Seigneur de Malines et 
des appertenences, nouvellement trespassé, cui Dieu 
pardoint. 



146 NUMISMATIQUE MALINOISE 

» Nous qui sommes son seul héritier, et à ceste cause 
succédez entre autres choses à la Seigneurie dudit Ma- 
lines soyons aujourd'huy troisième jour de ce présent 
mois de juillet venuz en ceste nostre ville de Malines et 
y fait nostre entrée comme seigneur d'icelle, et à ce jour 
meismes les Bourgeois et habitans dilecques communau- 
lument nous ont fait serement en flameng tel et selon 
que bons et loyaulx subgetz doivent faire à leur Seigneur, 
auxquelz nous avons repromis et juré en vérité et loyauté 
de tenir et garder et faire tenir et garder bons privilleges, 
libertez, franchises, coustumes et usages tant anciens 
que nouveaux, en la manière accoustumée, desquels 
serement et promesse, par nous ainsi fait en flameng, 
la forme sensuit en françois : 

» Nous Charles, Duc de Bourgoingne, de Lothier, de 
Brabant, de Lembourg et de Luxembourg, Comte de 
Flandres, d'Artois, de Bourgoingne, Palatin, de Hayn- 
nau, d'Hollande, de Zélande et de Namur, Marquis du 
Saint-Empire, Seigneur de Frise, de Salins et de Ma- 
lines. Telz foy et loyauté que nos bonnes gens de nostre 
ville de Malines nous ont fait et promis, leur repromet- 
tons à tenir avec tous leurs droitz, franchises, privil- 
leges, coustumes et usages vielz et nouveaux, selon ce 
quilz les ont accoustumez, et avecques toutes autres pro- 
messes et convenances, lesquelles nous leur avons pro- 
mises et en convient bien et loyaument tenir et accom- 
plir, se Dieu nous aid et ses sains et tous les sains de 
Paradiz. 

» Nous, par la teneur de ces présentes, à l'umble sup- 
plication des bonnes gens d'icelle nostre ville de Malines, 
avons confirmé et approuvé, confirmons et approuvons, 
et en oultre leur promettons tenir et garder, et faire 
tenir et garder fermes et estables de point en point leur 
droitz, previlleges, franchises, libertez, coustumes et 
usages vielz et nouveaux, aussi comme silz estoyent ycy 



NUMISMATIQUE MALINOISE I47 

escriptes et exprimez de mot à mot, et de non venir ou 
faire venir en aucune manière au contraire. Et afin que 
ce soit chose ferme et estable a tous jours mois, Nous, 
en tesmoignage de ce, avons fait mettre nostre scel a ces 
présentes, sauf en autres choses nostre droit et lautruy 
en toutes. 

» Donné en nostre dite ville de Malines, ledit troi- 
sième jour de Juillet, l'an de grâce Mil CCCC soixante 
et sept. — Ainsi signé sur la ployé : Par Monseigneur le 
Duc. J. Gros. » 

Un an après son inauguration, soit le 2 juillet 1468, 
le duc Charles épousa en secondes noces, Marguerite 
d'Yorck, sœur du roi d'Angleterre, et fille de Richard, 
duc d'Yorck. 

La médaille commémorative ci-après a été frappée à 
cette occasion. 

DVX KAROLVS BVRGVNDVS. La tête laurée du 
duc. 

Rv. Dans une couronne de lauriers, la toison d'or, 
accostée de deux briquets portant l'inscription AV- 
REYM-VELLVS; au-dessus : lE LAI EMPRINS; et 
au-dessous : BIEN EN AVIENGNE; le tout entouré 
d'étincelles. 

Bronze. PI. A, n° 2. 

Le 7 août 1468, le duc Charles céda à sa femme Mar- 
guerite, l'apanage de la ville et de la Seigneurie de 
Malines; elle y fit son entrée solennelle, le 24 avril 1470, 
au milieu de fêtes splendides, organisées en son honneur. 

A la mort de Charles le Téméraire, sa veuve acheta 
le palais de Cambrai, à Malines, et l'habita pendant dix 
ans; puis elle occupa le palais du Grand Conseil, jus- 
qu'à sa mort, en i5o3. Son corps fut inhumé dans l'église 
des Récollets, près de la rivière la Mélane. 



148 NUMISMATIQUE MALINOISE 

Ce fut aussi Charles le Téméraire, qui réinstalla à 
Malines, le Parlement ou Grand Conseil, par lettres 
patentes datées du 23 décembre 1473, de Thionville, et 
ainsi conçues : 

« Charles par la grâce de Dieu Duc de Bourgogne, de 
Lothier, &%.. Scavoir foisons que pour consideracion 
des choses dessus dittes... Avons ordonné, institué et 
estably, et par la teneur de ces présentes ordonnons, in- 
stituons et établissons notre Parlement et Cour Souve- 
raine de tous nos duchez, comtés, pays et seigneuries de 
pardeça estre tenu à tous jours en notre ville de Ma- 
lines. 

)) Lequel Parlement et Cour Souveraine après Nous 
et aussi les personnes cy après nommées, assavoir de 
notre Chancelier, du Chief de notre Grand Conseil, en 
son absence des deux des Présidens, quatre Chevaliers 
ordonnez pour notre dit Grand Conseil et six maîtres 
des requêtes ordinaires de nostre hostel, et de vingt Con- 
seillers tant gens d'Eglise que Layz, en nombre de huit 
gens d'Eglise et douze Layz, qui sont en tout pour le 
corps de notre ditte Cour trente cinq personnes. » 

L'installation du parlement eut lieu en grande pompe, 
le 3 janvier 1474. 

Les traits d'un des premiers présidents du Grand Con- 
seil, Jean Carondelet, ont été reproduits sur une médaille 
très rare, que voici : 

g lOHANNES CARONDELETVS PRAES BVR- 
GVND g Le buste du président du Grand Conseil ; sous 
la coupure de l'épaule, le millésime 1479. 

Rv. MARGARITA DE CHASSE. Le buste de sa 
femme, qui était la fille du chevalier Hugues de Chasse. 
Carondelet meurt en i5oi et est inhumé à l'église de 
Saint-Rombaut. 

Bronze. PI. F, no 10. 



NUMISMATIQUE MALINOISE 14g 



Marie de Bourgogne 

succéda à son père, Charles le Téméraire, qui avait 
trouvé la mort devant les murs de Nancy, en 1477. 

A son avènement au pouvoir, elle trouva le gouverne- 
ment de ses différents états complètement désorganisé. 

Le roi de France, Louis XI, chercha par tous les 
moyens à rentrer en possession du duché de Bourgogne 
et des villes principales de la Picardie. 

D'un autre côté, le peuple flamand était plus ou moins 
dégoûté de l'administration sévère de la maison de Bour- 
gogne et se montrait fort peu disposé à défendre les 
intérêts de Marie. 

La duchesse se trouva donc obligée de confirmer les 
privilèges accordés par les seigneurs précédents, et qui 
avaient été retirés par des circonstances imprévues. 

Le 25 juin 1477, la duchesse fit sa joyeuse entrée dans 
notre ville, en qualité de Dame de Malines. Elle fut 
reçue sans grand apparat, prêta le serment en flamand 
et confirma de nouveau les privilèges des Malinois. 

Les Goedenis boeken de nos archives, font mention de 
cette fête : a Op den woensdach van XXV'"" dach van 
junio anno LXXVIJ quam Marye Hertoghinne van 
Bourg. nen van Brab. etc. hier in der stad savents tôt 
IX ueren, ende sy waert corts daer nair ende op de selve 
dach, alhier gehult in portien van den Hertoge van Cleve, 
van de Busscop van Metz ende van Hertoge Lodewyck 
van Beyeren ende van meer ande Edelder Heen en 
Mane ». 

La duchesse, ne sachant pas tenir tête à tous ses enne- 
mis, songea bientôt à chercher un mari capable de dé- 
fendre ses droits. 

Un mariage d'amour fut conclu le 18 août 1477, avec 
le jeune archiduc Maximilien d'Autriche, fils unique de 



l5o NUMISMATIQUE MALINOISE 

l'empereur Frédéric III, et le g janvier 1478, il fit son 
entrée solennelle dans la ville de Malines. 

La médaille ci-après a été frappée à l'occasion de ce 
mariage. 

MAXIMILIANVS DVX AVSTRIAE g BVRGVND. 
La tête de l'archiduc, à longue chevelure, ceinte d'une 
couronne de myrte. 

Rv. l MARIA DVX BVRGVNDIAE AVSTRIAE. La 
tête diadémée de l'archiduchesse, le cou paré d'un col- 
lier. 

Bronze. PI. A, n° 3. 

De cette heureuse union, qui ne devait pas durer de 
longues années, trois enfants naquirent : 

Le 22 juillet 1478, vint au monde Philippe le Beau, 
et le 10 janvier 1480, Marguerite vit le jour; un troi- 
sième enfant, nommé Charles, ne vécut que peu de 
temps. 

Avec la mort de Marie de Bourgogne, survenue le 28 
mars 1482, la Seigneurie de Malines passe de la maison 
de Bourgogne à celle d'Autriche. 

Maximilien 

A la mort de Marie de Bourgogne, l'archiduc Maximi- 
lien fut nommé tuteur de son fils mineur Philippe le 
Beau; il confia son éducation à Marguerite d'Yorck, qui 
tenait alors sa cour à Malines, où le jeune duc fut reçu 
avec enthousiasme. 

Le 16 février i486, l'archiduc Maximilien fut procla- 
mé empereur des Romains, et couronné à Aix-la-Cha- 
pelle. Il existe, aux archives, de la ville, une lettre de 
Maximilien, par laquelle il annonce au magistrat de 



NUMISMATIQUE MALINOISE l5l 

Malines, qu'il a été élu roi des Romains et les requiert 
de lui faire un prêt de looo livres, du prix de 40 gros de 
Flandre la livre, avec promesse de leur laisser déduire 
cette somme de l'aide consentie ou à accorder (i). 

Trois mois après son couronnement, Maximilien, qui 
tenait beaucoup aux Malinois pour leur fidélité, leur 
rendit visite le g juillet. 

La médaille ci-après rappelle le couronnement de 
l'empereur, qui fit frapper dans notre atelier moné- 
taire, des monnaies à son nom et à celui de son fils 
Philippe. 

§ gu^xio^ - I o PRiD o III o piL o siisarr ° rou) 

o lO^P o ^x?R « 0) ° aaaa « LX>^^VI, légende exté- 
rieure. 

o ïVDiaii ° aRçnaR « kdpsr - aoRDinnoR, lé- 
gende intérieure. Dans le champ, l'empereur, à mi- 
corps, couvert du manteau, la tête couronnée; il tient 
de la main droite le sceptre, et de la main gauche une 
palme. 

Rv. * mnmR ° œjïr ° bvrg s dvo: s Fium - vma 

° lODPSR^nnOR ° V>^OR. Le buste, à mi-corps, de son 
épouse décédée et que l'empereur a voulu associer, même 
après sa mort, aux honneurs de son élection; elle a la 
tête couronnée, le cou orné d'un collier et la main droite 
sur la poitrine. 

Bronze. PI. B, n^ 4. 

Comblé d'honneur dans les états de son père, l'empe- 
reur-roi n'en subit pas moins des humiliations dans les 
états de son fils; le 9 février 1488, il fut fait prisonnier 
par les Brugeois et les Gantois, qui l'enfermèrent dans 
le château de Cranenberg, à Bruges. 



(i) Inventaire des archives, par Van Doren. 



t52 



NUMISMATIQUE MALINOISE 



Il fallut l'intervention de toutes les provinces restées 
fidèles à l'empereur, et même celle de son père Frédéric 
III, pour le faire relâcher après trois mois de réclusion. 

Par lettres, Maximilien exprimait sa gratitude aux 
Malinois, les dispensa du paiement de certaines taxes, 
pour leur dévouement et les bons soins qu'ils donnaient 
à son fils Philippe. 

L'empereur Frédéric III, père de Maximilien, tenait 
surtout à récompenser les Malinois des bons services 
qu'ils avaient rendus à l'empire et à Maximilien. 

Par un diplôme, daté du lo janvier 1490, de Linz, 
l'empereur d'Allemagne érigea en Comté les ville et dis- 
trict de Malines, et augmenta ses armoiries, composées 
d'un écu à trois pals de gueules, d'un écusson d'or à 
l'aigle de sable, placé dans le cœur (figure n^ i). 



i 


1 


i 


n| 


m 


r 



Fig. n° I 

En même temps, il accorda le titre de Comte à Maxi- 
milien, à Philippe et à tous leurs descendants. 

Nous avons tenu à faire figurer dans notre ouvrage, le 
portrait de celui qui éleva Malines à cette dignité et la 
combla constamment de faveurs. La médaille ci-après 
nous sert à souhait. 



C& DD. PRiDSRiavs III. ° p^rr o snn ^ m^^imi- 

hmUVB ° FIL - "ROm - imPP'. Dans le champ, les 
bustes de l'empereur Frédéric et de son fils Maximi- 
lien; le premier la tête couverte d'un turban, orné de 
pierreries, et le second, portant au cou la chaîne de la 
Toison d'or. 



NUMISMATIQUE MALINOISE l53 

Rv. iiJiiVsrrRiss z Domvs « JîvsrrRmc^s o 

IRSIGRIM. Les armoiries de la maison d'Autriche, cou- 
ronnées et soutenues par deux anges. 

Bronze. PI. B, n» 5. 

L'original du diplôme par lequel Frédéric III élève 
au rang de Comté la ville de Malines et son district, 
repose aux archives de la ville ; il est encore muni du 
grand sceau, avec contre-sceau en pâte blanche. Le texte 
a été reproduit par M. le Chanoine van Caster, dans 
son Histoire des mes de Malines. 



Philippe le Beau 

La mort de l'empereur Frédéric III en 1493, obligea 
Maximilien à s'établir en Allemagne. Le jeune archiduc 
Philippe venait d'entrer dans sa seizième année et fut 
obligé d'administrer ses états, ce en quoi il fut aidé par 
des Conseillers dévoués. 

Le 27 mars 1495, il fut inauguré solennellement à 
Malines, où il continua à tenir sa résidence; deux ans 
après, le 21 octobre, il épousa, à Lierre, la princesse 
Jeanne, Infante d'Espagne, surnommée la folle, fille de 
Ferdinand le Catholique, roi d'Aragon, de Naples et de 
Sicile, et d'Isabelle, reine de Castille, de Léon et de 
Grenade. Un des premiers actes en faveur de Malines, 
fut le rétablissement de la chambre des comptes, en 1497. 

De leur mariage naquit, à Gand, où Philippe avait 
établi sa cour, l'archiduc Charles, connu plus tard sous 
le nom de Charles-Quint, le 24 février i5oo. — L'archi- 
duc Philippe, dans le but de se familiariser avec le 
peuple qu'il devait gouverner plus tard, entreprit un 
voyage en Espagne, au mois de novembre i5oi, après 
avoir confié ses trois enfants : Eléonore, Isabelle et 



l54 NUMISMATIQUE MALINOISE 

Charles, à sa grand'mère, Marguerite d'Yorck, la douai- 
rière de Charles le Téméraire, 

La mort de sa belle-mère le plaça sur le trône d'Es- 
pagne plus tôt qu'il ne l'avait espéré. 

Le 4 janvier i5o5, il assista, dans l'église Ste-Gudule, 
à Bruxelles, au service funèbre de sa belle-mère, et aus- 
sitôt après il fut proclamé roi de Castille, de Léon, de 
Grenade et de Tolède. La médaille ci-après a été frappée 
pour commémorer ce fait historique. 

C& PHILIPVS D G REX CASTELIE EC ° ARCHI- 
DVX AVS ETC. Le buste de l'archiduc, portant au cou 
le collier de la Toison d'or. 

Rv. o ILLA o IMMOTA c MANET o Dans le champ, 
Pallas, déesse de la Sagesse, nue, debout au milieu des 
flots écumants. 

Bronze. PI. C, n° 7. 

Philippe, premier de ce nom, roi d'Espagne, ne put 
malheureusement pas jouir longtemps de son élévation 
à la royauté; il mourut à Burgos, le 25 septembre i5o6, 
âgé de 28 ans. 

La présence de Philippe le Beau à Malines avait 
beaucoup contribué à sa prospérité; aussi notre ville 
pouvait-elle être considérée comme la capitale des Pays- 
Bas. Les grands seigneurs 3^ établirent leur résidence et 
un grand nombre de palais, dont nous pouvons encore 
contempler les restes, surgirent de terre. 

La numismatique nous a légué le portrait d'un person- 
nage remarquable, Nicolas Ruter, qui, lui aussi, a beau- 
coup contribué au développement de notre cité. 

Luxembourgeois d'origine, il a passé une grande partie 
de sa vie à faire partie du Grand Conseil ; il fut nommé 
évêque d'Utrecht, et, en cette qualité, il célébra le ser- 
vice funèbre de Philippe le Beau. 



NUMISMATIQUE MALINOISE l55 

Successivement, il avait été le conseiller de Charles le 
Téméraire, Marie de Bourgogne et Philippe le Beau, 
et la médaille ci-après lui accorde le titre de secrétaire 
de Maximilien. 

Il mourut à Malines, le ig décembre i5og, et fut 
enterré à l'église de Saint-Rombaut. 

NICOLAVS RVTER MAXIMILIANI SECRETA- 
RIVS. Le buste du conseiller. 

Rv. INGENI VMPIETAS ET FIDES, en 4 lignes, 
dans un cercle perlé, entouré d'une couronne de laurier. 

Bronze. PL B, n" 6. 

Il existe un jeton pour Malines, au nom de Nicolas 
Ruter. 



Marguerite d'Autriche 

A sa mort, l'archiduc Philippe le Beau, roi d'Espagne, 
laissa une veuve avec six enfants en bas-âge. Leur grand- 
père, Maximilien, consentit, après avoir beaucoup hési- 
té, à administrer les biens des orphelins. Marguerite 
d'Autriche, sœur de Philippe, s'était établie à Malines ; 
elle fut nommée gouvernante des Pays-Bas et accepta la 
tutelle des enfants mineurs ; jamais choix ne fut mieux 
justifié; c'est que notre Marguerite avait tous les talents 
d'un homme d'état de premier ordre, et employait toute 
son énergie pour faire prospérer le pays en général et la 
ville de Malines en particulier. Cependant, cette femme 
extraordinaire avait déjà rencontré beaucoup de contra- 
riétés dans la vie. 

A l'âge de trois ans et quelques mois, elle épousa le 
dauphin, qui plus tard devint roi de France, sous le 
nom de Charles VIII. 



l56 MUMISMATIQUE MALINOISE 

Quand elle se rendit à Paris, pour recevoir une édu- 
cation dans le goût de la cour de Louis XI, elle fut ac- 
cueillie avec le plus grand enthousiasme; des intrigues 
politiques firent annuler ce mariage et le dauphin rom- 
pit en 1491, pour épouser Anne de Bretagne. 

Par cette rupture, Marguerite rentra en possession de 
la Bourgogne, son apanage. 

En secondes noces, elle épousa Don Juan, hls de Fer- 
dinand le Catholique, roi d'Espagne. 

Pendant la traversée qu'elle entreprit pour rejoindre 
son époux, une violente tempête surgit; tous ceux qui 
étaient à bord prévoyaient leur fin prochaine; la jeune 
princesse, âgée de dix-sept ans, eût le courage de com- 
poser l'épitaphe, connu de tous les historiens, dans 
laquelle elle faisait allusion à son premier mariage man- 
qué, et au second, dans lequel elle n'avait pas beaucoup 
de confiance : 

Cy-gist Margot, la gente damoiselle 
Qu'eust deux maris et sy mourut pucellc. 

Cependant l'orage passa et la princesse put débarquer 
sur la côte d'Espagne; le mariage eût lieu, mais déjà la 
même année, en 1498, elle devint veuve pour la deu- 
xième fois. 

Marguerite, ne tenant pas au pays qui lui rappelait 
tant de tristes souvenirs, quitta l'Espagne et revint à 
Malines, vers 1499. 

En i5oi, alors qu'elle n'avait que vingt-et-un ans, elle 
fut demandée en mariage par Philibert II, duc de Savoie; 
la' cérémonie nuptiale eût lieu à Genève, où de grandes 
fêtes furent organisées en son honneur. 

La médaille ci-après, d'une dimension peu ordinaire, 
frappée à l'occasion de leur mariage, donne les portraits 
des jeunes mariés. 



NUMISMATIQUE MALINOISE iS^J 

Dans le champ, parsemé de lacs et de marguerites, les 
bustes affrontés de Philibert et de Marguerite. 

Légende g PHILIBERTVS o DVX o SABAVDIE o 
VIII ° MARGVA o MAXI - CAE « AVG ° FI ° D « SA. 

Rv. g GLORIA IN ALTISSIMIS o DEO ET IN 
TERRA FAX o HOMINIBVS g BVRGVS. Dans le 
champ, les armoiries de la maison de Savoie, accos- 
tées de lacs et de marguerites, et des lettres divisées 
FE — RT, le tout surmonté d'un lac. 

Bronze. PI. D et E, n°^ 8 et g. 

Son bonheur ne devait pas être de longue durée, atten- 
du que trois ans après, elle perdit encore son bien-aimé 
mari. 

Cet événement douloureux a donné occasion à la frappe 
de la médaille ci-après : 

MARGAR o CAROLI o VIII o REG o FRA o ET - 
PHIL o SABAVD « DV. Marguerite à mi-corps, riche- 
ment habillée, tient dans les deux mains des bou- 
quets de fleurs, faisant allusion à son nom; sur cette 
médaille il n'est pas fait mention du nom de son second 
mari. 

Rv. SPOLIAT MORS o MVNERE o NOSTRO ° 
Dans le champ, un arbre menacé par la foudre, pour 
faire allusion à cette mort subite. 

Bronze. PI. F, n" ii. 

Elle se retira momentanément en Allemagne, auprès 
de son père Maximilien, et fit son entrée solennelle à 
Malines, comme gouvernante, le 7 juillet iSoy. Nous 
trouvons dans la chronique d'AzEVEDO, la courte relation 
de cette joyeuse entrée : 

« op den 7 van de maend julii wirdt de princesse Mar- 
guerite van Savoyen binnen Mechelen als Gouvernante 



l58 NUMISMATIQUE MALINOISE 

gehult, by commissie van keyser Maximilianus. Alsdien 
wordt van stads-wegen haer een présent gedaen van ses 
silvere schalen met vergulde boorden, wegende i8 marc- 
ken, elck marck koste dry ponden, vyf schellingen be- 
dragende te samen 91 ponden en thien schellingen )>. 

Malgré les plus brillantes offres qui lui furent faites 
pour se remarier, la gouvernante refusa et prit pour 
devise ces mots : FORnnVRS mPORHnVRS PORrrvnS. 

Incontestablement, Marguerite d'x^utriche occupe le 
premier rang dans l'histoire de Malines; l'érection d'une 
statue à cette femme d'élite est un acte de gratitude 
auquel elle avait droit. 

Durant sa vie, elle encouragea les lettres, les sciences 
et les arts; son palais était ouvert aux artistes et savants, 
qui ne sortirent jamais de là sans avoir reçu un accueil 
bienveillant. 

Elle rendit le dernier soupir le 3o novembre i53o, et 
sa mort plongea notre ville dans un deuil profond. 

Nous ne pouvons passer sous silence le nom d'un 
homme éminent, Nicolas Everardi, ou Claes Everaerts, 
un des meilleurs jurisconsultes de son époque. Une 
médaille due au burin de son fils, Jean second, nous a 
conservé les traits de ce savant, qui a joué un rôle remar- 
quable dans notre histoire. Après avoir rempli les fonc- 
tions de membre du Conseil, il fut nommé, en 1627, pré- 
sident du Grand Conseil de Malines. Dans la première 
période de sa résidence dans notre ville, il épousa Elisa 
Bladella, qui lui donna huit enfants, dont Jean second, 
le célèbre graveur. La médaille, uniface, représente le 
président revêtu d'un habit à large col orné de fourrure; 
il a la tête recouverte d'un bonnet. 

La légende MDXXXI — 10. SE. P., puis une feuille. 
Bronze. PI. P, n° 12. 



NUMISMATIQUE MALINOISE iSq 



Charles -Quint 

Quand l'archiduc Charles eut atteint sa quinzième 
année, son grand-père, l'empereur Maximilien, jugea le 
moment opportun pour émanciper le jeune prince et le 
charger du gouvernement de ses états; le 5 février i5i5, 
il fit sa joyeuse entrée dans notre ville, comme seigneur 
de Malines. iVprès avoir reçu le serment des bourgeois, 
il jura à son tour fidélité au peuple et le maintien de 
tous les droits et privilèges accordés par Charles le 
Téméraire, Philippe le Beau et l'empereur Maximilien. 
A cette occasion, de grandes fêtes furent organisées et la 
ville de Malines se montra très généreuse dans la distri- 
bution des cadeaux usuels. 

Par suite de la mort de son grand-père maternel, Fer- 
dinand le Catholique, Charles devint roi d'Espagne en 
i5i6, et sa présence était grandement nécessaire dans 
ses nouveaux états. Il rassembla, en juin i5i7, les états 
généraux et, d'accord avec son grand-père l'empereur 
Maximilien, il confirma les pouvoirs accordés à Margue- 
rite d'Autriche, comme gouvernante des Pays-Bas. 

La médaille ci-après a été frappée à cette occasion ; 
elle nous donne les traits de Maximilien, qui aima tant 
notre ville et y repassa tous les ans, pour suivre de près 
la régence de Marguerite; au revers, elle nous donne le 
buste de notre jeune seigneur Charles, qui devint plus 
tard le puissant empereur Charles-Quint. 

MAXIMILIANVS o CAESAR. Le buste de l'empe- 
reur Maximilien, orné du bijou de la Toison d'or. 

Rv. KAROLVS o REX o CATOLICVS. Le buste du 
roi Charles, également paré de la Toison d'or. 

Bronze. PI. G, n» i3. 



l60 NUMISMATIQUE MALINOISE 

A son retour d'Espagne, Charles rentra à Malines au 
mois de juin i52o; il y séjourna quelque temps et se 
rendit ensuite à Aix-la-Chapelle, pour recevoir la Cou- 
ronne impériale, laissée vacante par la mort de son grand- 
père Maximilien. 

Le lo janvier i526, il prit pour épouse Isabelle, fille 
aînée du roi Emmanuel de Portugal, qui lui donna un 
fils, Philippe. 

Marie de Hongrie 

L'empereur Charles-Quint, que ses absences fréquentes 
obligèrent de confier le gouvernement des Pays-Bas à 
des mains étrangères, mit à profit les capacités de sa 
sœur Marie, veuve de Louis II, roi de Hongrie et de 
Bohème, et l'institua, le 5 juillet i53i, gouvernante des 
Pays-Bas. Le 26 septembre suivant, elle fit déjà son 
entrée solennelle à Malines, où on lui offrit une coupe 
en vermeil et du vin du Rhin, suivant l'usage de l'époque. 
La médaille ci-après a été frappée en l'honneur de 
Marie : 

Av. ^ MARIA o REGINA o VNG o VIDVA o CARO- 
LI o CESA g ET o FERDI o REG § SOR. Le buste de 
Marie. 

Rv. ^ IN o PACIENCIA o POSSIDEBITIS « ANI- 
MAS o VESTRAS ° LVCE « XXI. Dans le champ, la 
patronne de la gouvernante, Marie-Madeleine. 

Bronze. PI. H, n" 14. 

Comme gouvernante, elle représentait son frère l'em- 
pereur aux séances du Grand Conseil, et dirigea le Con- 
seil des finances pour ce qui concerna les ressources du 
pays. L'explosion de la poudrière, dite Santpoorte, fit 
beaucoup de dégâts à son palais, qui devint presque in- 



NUMISMATIQUE MALINOISE l6l 



habitable ; la gouvernante s'en plaignit à l'empereur, qui 
l'autorisa à s'établir à Bruxelles, à l'ancien palais des 
ducs de Brabant, et à y transférer le siège du gouver- 
nement. Ce fut une perte pour notre ville; néanmoins 
le Grand Conseil continua à tenir ses assises à l'ancien 
palais, qui sert actuellement de dépôt à nos importantes 
et nombreuses archives. 

Marie profita de l'abdication de Charles-Quint pour 
donner sa démission de gouvernante, position qu'elle 
avait acceptée par déférence pour son frère, mais qu'elle 
n'entendit nullement conserver sous le règne de son neveu 
Philippe II. Elle fut remplacée dans ses fonctions, par 
le duc Emmanuel Philibert de Savoie, qui ne remplit 
que peu de temps ce poste important. La médaille ci- 
après nous donne le portrait de ce personnage. 

Av. PHILIBERTVS - DVX SABAVDIE. Dans le 
champ, le buste du gouverneur-général. 

Rv. INFESTVS INFESTIS. Eléphant en compagnie 
d'un troupeau de moutons. 

Bronze. PI. H, n^ i6. 



Philippe II 

Charles-Quint abdiqua en i555, en faveur de son fils 
Philippe II, né à Valladolid, le 21 mai 1527. 

Déjà, lors de la réunion des Etats généraux, en 154g, 
l'empereur avait été autorisé à faire une tournée avec son 
fils Philippe, dans ses différents états, pour lui assurer 
sans contestation la possession des dix-sept provinces des 
Pays-bas. Notre ville reçut la \isite du prince, le 6 sep- 
tembre 154g, entouré d'une suite nombreuse. 

L'empereur, c^ui l'accompagna, proposa au magistrat, 
de bien vouloir inaugurer son fils comme futur Seigneur 



102 NUMISMATIQUE MALINOISE 



de Malines; un accueil très favoraVjle fut accordé à cette 
demande, et de grandes fêtes furent organisées à cette 
occasii^n ; le jeune prince prêta le serment en latin, et un 
acte public de l'épociue nous donne la relation suivante 
de cette joyeuse entrée : 

c< Aujourdhuy VIII de septembre X\"'' quarante neuf 
après que les Communemaistres, Eschevins, Trésoriers, 
Conseil et Communaulte de la Ville et Srie de Malines, 
suvvant l'intention et bon plaisir de l'Empereur Nre sou- 
verain Sr et Prince naturel oussent consenti rec» voir et 
jurer, Monseigneur Nre Prince Messre. Phle, Prince 
d'Espaingne, des deux Sicilles, de Jhlem, etc., Archiduc 
cl'Autrice, Duc de Bourgouigne, etc. Comte de Habs- 
purgh, de P'iandres, etc., pour futur Sr. et Prince de lad. 
\'illc et Srie de Malines, après le décès de sa Maté., 
Impie., que Dieu par Sa beningne Grâce veuUe conser- 
ver en santé et longue vye, led. Sr. Prince se transporta 
devant la Maison Eschevinalle dicelle Ville et feist illecq 
le serment en latin, tel c|u'il s'ensuyt : 

'( Ego Philippus, Dei Gratia Princeps Hispaniarum, 
utriusque Siciliae, Ilierusalem, etc. Archidux Austriae 
Dux Burgundiae, etc. Cornes Habspurgi, Flandriae, etc. 
Dominus Civitatis, Franchisae et Territorii Mechlinien- 
sis. Promitto et Juro, quod in adventu meo ^t successione 
hujus Oppidi, Franchisiae et Territorii, ero bonus et 
Justus Dominus, et observabo et observari faciam bene 
et fideliter, omnia eorum Privilégia, Franchisias, Leges, 
Libertates, Consuetudines et Jura, et omnia faciam, quae 
fidelis Dominus Civitatis, Franchisiae et Territorii prae- 
dicti facere tenetur, sic me Deus adjuvet et omnes Sancti 
éjus ». Et en après lesd. Communemaistres, Eschevins, 
Trésoriers, Conseil, Bourgois, Manans et Habitans de 
lad. Ville de de Malines firent leur Serment aud. Sr, 
Prince, en la formé qu'il s'ensuyt : « Wy aile ghemeyn- 
lick ende elck van ons besundere, gheloven, sekeren ende 



NUMISMATIQUE MALINOISE l63 

sweeren den Duerluchtigen Prince, onsen toecomende 
gherechtigen Heere, ende natuerlicken Princen der 
Stadt, \'ryhe3't, ende Lantschap van Mechclcn, Phils. 
b}' der Gratien Godts Prince van Spaengnen, von byder 
Sicilien, van Jhlm., etc. Artshertoghe van Oistenryck, 
Hertoghe van Bourgoingnen, etc. Grave van Habspurgh, 
van Vlaendren, etc. hier Pnt. ende voir ooghen, ende 
synen Erfven ende Nacomelinghen. 

» Dat wy naer den overlyden van der Key. Mateyt. 
onsen Heere en natuerlicken Prince, dien Godt willege 
sparen in een lanck gelucksamich Leven, Hem goet ende 
ghetrauwe wesen suUen, syn-e schaden weeren, syn vrome 
naken, ende voirts al doen dat goede, ghetrauwe en on- 
derdarîighe Ondersaten hueren gherechtighen Heere 
schuldigh syn van doene, alsoo moet ons Godt helpen 
en aile syne Heylighen. « Dont lesd. de Malines ont 
requiz avoir acte. Ce que led. Sr. Prince leur a accordé, 
• Assavoir certes ainsi faict et passé les jour et an susd., y 
pns. le Prince de Piémont, le Duc d'x\lva, grant Mre 
d'Ostel, Chlrs de l'Ordre, le Marquiz d'Asturge, le Rme. 

» Evesques'd'Arras Messre Jehan de St Maurys, Sr de 
Montbarry, Président du Conseil d'Estat, Maistre Es- 
tienne le Clercq, Conseillier et Maistre des Requestes de 
rilostel de l'Empereur et plusieurs aultres; ainsy soubz- 
signé : Phle et des soubz estait escript : Moi Pnt a Con- 
tresigné par l'Audencier, Verreycken. A cette occasion la 
ville offrit au Prince, à la reine, à la gouvernante et a 
toute leur suite des cadeaux d'une richesse incroyable. » 

Cette visite aux Pa3's-Bas a donné lieu à la frappe de 
la médaille que voici : 

o IMP c CAR o V ^ ET o PHI o PRINC o ISP o. La 
tète laurée de l'empereur Charles \', à côté de celle de 
son fils Philippe H. 

Rv. Les colonnes d'Hercule, entourées d'un cercle 



1^4 nt^mismatiqt;e malinoise 

formé de britiuets. l' ne banderole, relie les deux colonnes 
v{ p(^rte la devise PL\'S OVLTl^E. 

PI. H, n» i5. 

Le 3t décembre i556. Philippe II confirma le serment 
provisoire cpi'il avait prêté en i54g, et devint définiti- 
vement Seigneur de Malines. 

Marguerite de Parme 

jMari^uerite de l^arme, sœur de Philippe II, était fille 
naturelle de l'empereur Charles-Quint et de Marguerite 
Vander Cihenst, dame noble d'Audenarde. Elle naquit 
en i552 et fut élevée, jusqu'à l'âge de huit ans, à la Cour 
de Marguerite d'Autriche, puis à celle de Marie de Hon- 
grie, établie à Malines. Elle maria en premières noces, 
Alexandre de Medicis, duc de F'iorence, et en secondes 
noces, Octave Farnèse, duc de Parme. 

Le duc Emmanuel Philibert de Savoie étant rentré en 
possession de ses états, Marguerite fut rappelée d'Hala, 
par son frère, avec lequel elle s'était brouillée; la récon- 
ciliation eût lieu, et elle succéda à Philibert, comme 
Gouvernante des Pays-Bas. 

La médaille ci-après a été frappée pour commémorer 
cette réconciliation. 

Az'. Dans une couronne, le buste de Philippe IL 

Rv. Dans une même couronne, le buste de Marguerite 
d'Autriche, orné d'un collier de perles, entouré de cette 
inscription : MARGARITA AVSTRIA. 

Bronze. PI- J? n*^' 19. 

Cette femme, d'un caractère rare, faisait l'admiration 
de tous, par ses connaissances administratives, qu'elle 
avait acquises à la Cour de sa tante, Marguerite d'Au- 
triche; dans maintes circonstances, elle montra un cou- 
rage mâle et sut résister aux plus dures contrariétés. 

Alors que toutes les provinces des Pays-Bas reçurent 



NUMISMATIQUE MALINOISE l65 



un gouverneur, Marguerite administra seule Malines et 
le Brabant. Avant son départ pour l'Espagne, Philippe II 
présida une séance du Grand Conseil, à Malines ; il 
était assisté d'Antoine Perrenot de Granvelle, évèque 
d'Utrecht, et de \'iglius de Zuichem d'Aytta, président 
du Conseil privé, deux personnages qui dans la suite 
jouèrent un grand rôle dans notre histoire politique et 
religieuse. Le roi d'Espagne proposa au pape la nomi- 
nation d'Antoine Perrenot de Granvelle comme arche- 
vêque de Malines. Ce choix fut ratifié par Pie IV, qui 
le nomma déjà cardinal au Consistoire tenu à Rome, en 
i56i. Il fit son entrée solennelle comme cardinal, pre- 
mier archevêque de Malines et primat des l'ays-Bas; 
il prêta serment à l'église et reçut l'hommage de l(jut le 
clergé de son diocèse. 

Nous donnons ci-après deux médailles consacrées au 
Président Viglius. 

Av. VIGLIVS ZVICHEMVS o PK.ESES - SEC - 
CON - C.î:S - 'Z ^ REG - MA. Dans le champ, le buste 
de Mglius, tète nue, à droite, entouré de la légende 
indiquant son titre de président du Conseil privé de Sa 
Majesté Impériale et Royale. 

Rv. o VITA - MORTÂLIVM - VIGILIA. 

Table sur laquelle se trouve un iiambeau allumé, un 
sablier et un livre ouvert; sous la table, un cartouche 
en style renaissance, portant le iPiillésime i556. 

Cette médaille nous donne l'âge de Viglius, 49 ans. 

Bronze. ^. PI. I, n" 17. 

Av. Le même que la médaille précédente. 

Rv. Dans le champ, les armoiries de Viglius, entourées 
de sa devise ordinaire : « \'ITA ° MORTALIVM ° 
VIGILIA. 

Bronze. PL I, n« 18. 



l66 NUMISMATIQUE MALINOISE 

Les— médailles frappées en l'honneur de Granvelle 
figurent dans la série des archevêques de Malines. 

En i55g, Philippe H, avant son départ définitif pour 
l'Espagne, présenta sa sœiir Marguerite d'Autriche, du- 
chesse de Parme, comme gouvernante à la Convocation 
des états-généraux; à cette occasion, ceux-ci firent com- 
prendre au roi, qu'ils ne tenaient pas à avoir dans le pays 
les soldats étrangers envoyés pour combattre la France, 
et qu'ils devenaient une charge pour nos provinces; 
Malines, surtout, eut à souffrir de la présence des soldats 
espagnols dans ses murs; ce ne fut que deux ans après 
que Philippe les retira. Néanmoins, le peuple resta 
mécontent à cause de la politique implacable du roi 
d'Espagne; aussi la gouvernante, embarrassée par les 
exigences continuelles des hérétiques, s'en plaigniticlie 
à son frère. Ce n'est que sur les instances de Vigi- 
lius de Zwichem, qu'elle consentit à rester encore dans 
le pays. 

Le duc d'Albe 

Le mécontentement devenant général, Philippe II 
arrêta son choix sur le duc d'x\lbe, Ferdinand Alvarez 
de Tolède, pour dompter les rebelles. La gouvernante, 
qui avait en horreur la politique rigoureuse du nouveau 
gouverneur, demanda son rappel et quitta le pays au 
mois de février i568. 

La numismatique nous a conservé les traits du duc 
d'Albe, dont on prononce encore le nom avec mépris 
à Malines, et qui a semé la terreur dans notre pays, par 
Tinstitution de son Conseil des troubles ou tribunal de 
sang. Il envoya son fils, Frédéric de Tolède, à Malines, 
et laissa saccager notre ville, le i"' octobre 1572. 



NUMISMATIQUE, MALINOISE 167 



Les cruautés commises dans notre cité par les Espa- 
gnols, sur l'instigition du duc d'x\lb3, ont été relatées 
par un témoin oculaire, le doyen de l'église métropoli- 
taine, Rombaut Verglicest. — Une lettre indiquant les 
présents offerts pai- le magistrat au duc d'Albe et à son 
entouraizerse trouve encore dans nos archives. 

Av. FERDIN o TOLET o ALB.E o DVX ^ BELG - 
PR.E^F o Dans le champ, le buste cuirassé du gouver- 
neur. 

Rv. DEO PATRVM NOSTROR. Un autel enflammé 
entre deux panoplies. 

Bronze. PI. J, n" 20. 

Il existe dans nos archives une ordonnance de I4ii'i ^pc 
II, datée du g novembre 1576, par laquelle il défend 
aux habitants de Malines d^ quitter leur viib pour 
aller s'établir ailleurs et se s;)ustraire aux rigueurs de 
son règne, sous peine de confiscation de tous leurs biens, 
meubles et immeubles. 

D'autres lettres très importantes de Marguerite de 
Parme, du duc d'Albe et du roi Philippe II sont encore 
conservées dans nos archives. 

Philippe II s'aperçevant un peu tard que son gouver- 
neur, le duc d'-V'jj, s'y élait mal p.is pour apaiser les 
Pays-Bas, le rappela et lui donna comme successeur don 
Louis de Requesens, qui fit son entrée à Bruxelles, le 
28 novembre iSyS. 

Ce personnage, dont nous n'avons pu retrouver aucune 
médaille, a laissé une lettre, datée du 14 octobre 15/4, 
adressée au seigneur de ville, gouverneur de Malines, et 
au conseiller Louis del Rio, leur donnant pouvoir de 
dissoudre l'administration provisoire à Malines, et de la 
remplacer par un corps de magistrats élus comme avant 
les troubles. 



l68 NUMISMATIQUE MALINOISE 



Don Juan d'Autriche 



Requesens meurt à Bruxelles, le 5 mars iSyô; il eut 
pour successeur don Juan d'Autriche, fils naturel de 
Charles-Quint. 

La médaille uniface ci-après nous donne les traits de 
ce gouverneur général. 

Av. lOANNES - AVSTR - CAROLI » V - FIL. 
Médaille ovale, portant dans son champ le buste de don 
Juan. 

Bronze. PI. J, n« 21. 

Une lettre, que nous possédons dans nos archives, 
nous édifie sur la conduite de cet archiduc; elle est adres- 
sée au magistrat de Malines pour protester contre l'inten- 
tion, qu'on lui prête, de commencer la guerre; il déclare 
en outre n'avoir proposé aux états généraux que le main-- 
tien de la religion catholique romaine, l'obéissance au 
roi et l'exécution du traité de Pacification, connu sous le 
nom d'édit perpétuel. En attendant la résolution des 
états sur ces points, il conjure le magistrat de rester 
fidèle à la religion et au roi, et de ne pas céder aux sol- 
licitations du prince d'Orange et de ses affiliés, qui ne 
cessaient d'exciter le peuple à la révolte (i). 

On s'aperçut bien vite que les déclarations de l'archi- 
duc n'étaient pas sincères, attendu qu'il engagea secrè- 
tement Philippe II à lui envoyer des troupes pour 
reconquérir certaines villes et notamment Namur, où il 
s'établit en iSyy. Il mourut le i"' octobre 1578. 



(i) Inventaire des archives. 



NUMISMATIQUE MALINOISE lÔQ 



L*archiduc Mathias 

Les états mécontents appelèrent au gouvernement 
général l'archiduc Mathias, frère de l'empereur Ro- 
dolphe II ; il accepta ce poste, mais il ne fut pas reconnu 
par le roi Philippe II. 

Nous possédons un grand nombre de lettres-missives 
concernant cet archiduc, dont une du Conseil d'Etat, 
adressée au magistrat de Malines, pour l'informer que 
le paiement du traitement de l'archiduc Mathias, qui 
était déjà arriéré de six mois, sera supporté par les pro- 
vinces ; il requiert le magistrat d'envoyer sans délai, 
la quote-part de la ville. Ce fut l'archiduc qui approuva 
le contrat affectant au service du culte réformé, l'église 
de la Commanderie de Pitzembourg. 

La médaille ci-après a été frappée lors de son inaugu- 
ration comme gouverneur-général à Bruxelles, le i8 jan- 
vier 1578. 

Al'. MATHIAS DG ARCHI AVST D HVRG CO 
TY. GVBER CAP GRLBE. Dans le champ, le buste 
cuirassé de l'archiduc, tète nue. 

Rv. AMAT VICTORIA CVRAM. Dans le champ, 
Andromède attachée à un rocher menacée d'être dévorée 
par un monstre qui surgit des eaux. Dans les nuages 
apparaît Persée, pour la délivrer; ceci pour indiquer 
la faiblesse des Pays-Bas, qui mettaient tout leur espoir 
en l'archiduc pour les sauver. 

Bronze. PI. K, n 22. 

L'archiduc Mathias reçut une pension des états et 
retourna chez son frère l'empereur. 



170 NUMISMATIQUE MALINOISE 



Alexandre Farnèse 

Don Juan d'Autriche eut pour successeur dans les 
Pays-Bas, Alexandre Farnèse, fils de Marguerite de 
Parme. 

Un des premiers actes de ce gouverneur général, fut 
l'envoi d'une lettre au magistrat de Malines, le félicitant 
de sa réconciliation avec le roi; il promit de recomman- 
der notre ville à son souverain, d'une manière toute spé- 
ciale. 

Il existe encore une autre lettre de ce prince, adressée 
aux gildes de Malines, par laquelle il loue leur atta- 
chement au roi et à la religion catholique; il les exhorte 
à persévérer dans ces sentiments, sans se laisser séduire 
ni par les menaces ni par les promesses des sectaires. 

Les traits du prince Alexandre ont été donnés sur une 
médaille frappée en son honneur, après le siège de Maes- 
tricht; nous avons reproduit celle-là, n'a^'-ant pu trouver 
une médaille concernant sa nomination au poste de gou- 
verneur. 

Av. S^ ALEXANDER o FARNESIVS o j^ Le buste 
du prince; à la coupure du bras, le nom du graveur 

IVLIAN. F. F. 

Rv. «5 INVITVS fS> INVITOS fî> Dans le champ, le 
plan de la ville de Maestricht, entouré de canoiis. 
Bronze. _ PL K, n« 23. 

François d*Anjou, duc d'Alençon et de Brabant 

Le 26 juillet i58i, les provinces Unies refusèrent for- 
mellement d'obéir à Philippe II et proclamèrent l'indé- 
pendance des Pays-Bas, qui allaient être divisés en trois 
parties; les provinces septentrionales choisirent à leur 



i 



NUMISMATIQUE MALINOISE I71 



tête le prince Guillaume d'Orange; les autres, alliées 
aux provinces réconciliées offrirent la souveraineté à 
François d'Anjou, qui l'accepta. 

Un fait dans l'histoire de ce duc : il passa en Angle- 
terre pour conclure son mariage avec Elisabeth ; on pro- 
céda à l'échange des anneaux des fiançailles, et déjà on 
fêta dans ses provinces cette heureuse alliance, qui n'eut 
jamais lieu. En effet, Elisabeth refusa de s'unir au duc 
d'Anjou. 

Il revint dans les Pays-Bas et fut couronné duc de 
Brabant, à Anvers; le duc devint donc marquis du 
Saint-Empire et Seigneur de Malines. Nos magistrats se 
rendirent à Anvers, pour assister à sa joyeuse entrée; ils 
eurent une entière confiance dans ce personnage étran- ^ 
gcr, qui avait une figure monstrueuse, marquée de la 
petite vérole; mais aussi ils ont pu constater dans la 
suite combien ils avaient été joués par celui qui voulut 
asservir son pays, dont il n'était en définitif que le défen- 
seur; il fut obligé de retourner en France, où il mourut 
en 1584. 

Nous rencontrons dans nos archives, une lettre de ce 
personnage, datée d'Anvers, du xii"'' jour de novembre 
i5o2, adressée au magistrat de Malines, lui faisant 
défense de brûler les châteaux et villages dans les envi- 
rons de la ville; d'autres lettres nous édifient sur les 
agissements louches du duc? La médaille ci-après a été 
frappée lors de son inauguration à Anvers. 

Av. FRAN o F o FRAN ° FRA - VNIC - REG - D o 
G ^ DVX ° BRA ^ Le buste, recouvert du manteau ducal, 
tète coifi"ée d'un bonnet. 

Rv. FOVET o ET - DISCVTIT; à l'exergue, i582. 
Dans le champ, un soleil transperçant les nuages au-des- 
sus d'une mer agitée. 

Bronze. PI. L, n^' 24. 



172 .NUMISMATIQUE MALINOISE 



Après la disparition du duc d'Anjou, le prince de 
Parme reparut sur le théâtre de la guerre; il reprit plu- 
sieurs villes flamandes et obtint en outre la reddition de 
Malines, le ig juillet i585; il mourut le 3 décembre i5g2. 



L'archiduc Ernest 



fils de Maximilien II, et frère de l'empereur Rodolphe II, 
succéda à Alexandre Farnèse, Nous trouvons dans un 
des Privilcgie-Boeken, aux archives, une lettre datée du 
3o novembre iSgS, de Philippe II, roi d'Espagne, par 
laquelle il fait savoir au magistrat de Malines, qu'il a 
nommé Ernest au gouvernement des Pays-Bas, en rem- 
placement du duc de Parme, décédé; une autre lettre y 
figure, datée du 14 février 1594, par laquelle l'archiduc 
Ernest notifié lui-même sa nomination au magistrat de 
Malines. 

\\ fit son entrée solennelle à Bruxelles, en janvier i5g4 ; 
la même année, il passa par Malines, y séjourna une 
nuit, et de là se rendit à Lierre et à Anvers. Il mourut 
le 20 février iSgS, âgé de 42 ans. 

La médaille ci-après a été frappée lors de sa nomina- 
tion. 



Av. ERNEST o D '^ G '^ ARCHIDVX - AVST - 
BELG ° PROVINC - GUB - Le buste, cuirassé, tète 
nue. 

Rv. Deux branches de laurier et de palmier reliées 
par deux couronnes. Dans le champ, SOLI DEO 
GLORIA. 

Bronze. PI. L, n^- 25. 



NUMISMATIQUE MALINOISE lyB 



Albert et Isabelle 



Albert, archiduc d'Autriche, né en iSSg, était fils de 
Maximilien II et de Marie d'Autriche; il fut destiné à 
l'Église et devint Cardinal-Archevêque de Tolède. Sa 
nomination comme gouverneur, en iSgô, fut un soula- 
gement général pour les Pays-Bas. Jamais Philippe II 
n'aurait pu faire un choix plus judicieux pour se faire 
remplacer. En iSgS, il renonça à la pourpre romaine, 
pour épouser Elisabeth d'Autriche, fi lie de Philippe II 
et d'Elisabeth de France, qui lui apporta comme dot la 
possession des Pays Bas. Le 25 août iSgS, l'archiduc 
Albert prêta serment au nom de sa femme; les archi- 
ducs visitèrent les différentes provinces des Pays-Bas et 
firent leur joyeuse entrée à Malines, en qualité de Sei- 
gneurs, au mois de décembre i5gg. 

La médaille ci-après a été frappée lors de leur ma- 
riage. 

/li\ ALBERT o D o G o ARCHI o D o AVST o D o 
BVRG o BRA o CO - PL o HOL <- ^. Dans le champ, 
le buste de l'archiduc, portant au cou le bijou de la toi- 
son d'or; à la coupure du bras con o bloc o f <- 

Rv. ELISABETA o D o G <, INF o H ISP o D o BVR « 
BRA o CO o FL o MOL o ZE o Le buste de l'archidu- 
chesse, portant une riche coiffure de diamants 

Argent. PI. L, n^ 26. 

Cette médaille est l'œuxre du célèbre graveur Conrad 
Bloc. 

Des jetons spéciaux ont été distribués au peuple pour 
commémorer cet événement (i). 

il) Iiiiventaive des Archives de Malines. 



174 NUMISMATIQUE MALINOISE 



Une relation de cette inauguration est donnée dans le 
livre des ordonnances de 1599-1604. 

u Op deu Y"" dach van december a" X\'-' XC'IX deden 
haer bl3'de innecojnpste binnen deser stadt van M(^chelen 
de aertshertoglien Albertus en de Isabella Clara Euge- 
nia, infante van Spaingnien, onse ghenadighc Heercn 
énde Princen, wesende deselve inneconnpste ghcscliii t 
in der mannieren naervolghende. jeerst zynde haerlie- 
der Hoocheden jeghens ghereden, tôt outrent de Bous- 
brugghe. Mynen heere den schauteth Joncheer Jan van 
Lathem, mitsgaders Joncheer Nicolaes van der Laen 
ende Joncheer Jan van Wachtendonck, communemees- 
ters, met de gheheele weth-ende officieren der selver 
alsdoen dienende, ghecleet wesende : die van de poorte- 
rye, met swerte flaweelen tabblarts ende die van de 
ambachten, met armozyne tabblarts ghevoyert met een 
sorte van violet armosyn. Met de voors wethauderen zyn 
oyck Hacr voirs, Hoocheden jeghens ghegaen de vyf 
gulden tôt V' in ghetael, elck hebbende op thooft eenen 
witten hoet met pluymen van dry derande coleui en als te 
weeten : wit, root ende blauw ; ghelyck oyck van dieu 
coleuren waren de vyf bondclen. 

» Aen Doverste poorte ver\vachten Haer voiis Hooche- 
den mynen eerweerdichsten Heer den Eertsbischop deser 
stadt, Her Mathias vanden Hove, met de gheheele 
clergie deser selver stede, die voor Haer voirs. Hooche- 
den zyn in de stadt ghecomen processie wys. Ende in de 
selve poorte zyn Haer voirs.- Hoocheden te peerde geseth, 
ende boven Haerlieder is ghedraghen een baldequin van 
ses der voirs, wethauderen, ende zyn zoo ghereden tôt in 
•S. Romboutskercke, ende van daer voirts naer het hoff 
van Hoochstraten. 

» Op de passagien waren ghemaekt dry principale arcus 
triumphalcs : den eenen, voor het paleis- van .den Grooten 
Rade, den tweeden ende den grootsten, int innecomen 



NUMISMATIQUE MALINOISE lyS 

van de Befferstrate, ende den derden voor tvoors. hoff 
van Hoochstraten. Ende tsanderdachs, wesende St-Nico- 
laes dach, deden Haer voors. Hoocheden op een groot 
tanneel voor het stadthuys den cet. » 

Après avoir guerroyé pendant une dizaine d'années, 
l'archiduc travailla à la paix de ses provinces; une trêve 
de huit mois fut conclue en 1607, et une autre de douze 
ans, en i6og, ce qui lui valut l'estime de tous ses sujets. 

A la mort de l'archiduc Albert, en 1621, Ferdinand, 
frère du roi Philippe I\', fut adjoint à l'infante Isabelle 
pour lui succéder après sa mort, qui arriva en i633. 

Philippe IV 

Philippe IV, fils de Piiilippe III, nacjuit en i6o5 et 
succéda' à son père sur le trône d'Espagne, en 1621. La 
même année, il recueillit la succession des provinces des 
Pays-Bas, cédés })ar Philippe II à sa iille Isabelle," 
mariée à l'archiduc Albert, cjui mourut sans laisser d'hé- 
ritiers directs. 

La médaille ci après a été frappée poui- commémorer 
ce fait historique. 

Av. o PHILIPPVS o IIII o KISPANIAR « REX. o 
Le buste du nouveau roi. 

Rv. LVSTRAT HT o FOVi':T. Dans le champ, Appo- 
lon conduisant son char, attelé de (juatre chevaux; au 
bas, le globe terrestie. 

Bronze. PI. M, n^ 27. 

François de Moncada 

Tout en promettant à ses sujets de venir les voir per- 
sonnellement, Philippe envoya dans le pays, comme 
gouverneur général, le marquis d'A3^tona, lequel ne par- 



T76 NTÎMISMATIQTTK MAMNOISE 

vint pas à calmer les provinces flamandes, qui cher- 
chaient par tous les moyens à s'affranchir du joug espa- 
gnol. 

Lors de sa nomination, la médaille ci-après a été 
frappée. 

Av. FRANC l DE o MONCADA - MAR S D'AYT : 
BELG o PROV î GVB « Le buste du marquis dans le 
champ. 

Rv. o SECRETA o DVCVM o C()NSILL\ o Dans le 
champ, un centaure armé d'un bouclier et d'une massue. 

Bronze. PI. M, n<^ 2S. 



Le cardinal Ferdinand 



En 1634, le marquis d'Aytona prépara dans les Pays- 
Bas, la réception de Ferdinand, frère de Philippe IV', 
nommé gouverneur général après la mort de l'arclii- 
duchesse Isabelle. 

Il résida dans notre pa3's pendant sept ans, et mourut 
à Bruxelles, le g novembre 1641. 

La médaille ci-après représentant le gouverneur en 
habit sacerdotal, a été frappée à l'occasion de son entrée 
dans les différentes provinces des Pays-Bas. 

Av. FERD ï HISP g INFANS,o S o R o E o CARD 2 
PROV l BELG g GVB o Le buste du Cardinal-gou- 
verneur. 

Rv. Dans le champ, un beau soleil jetant ses rayons 
lumineux sur les terres et les mers; en haut l'inscrip- 
tion : IN o commvnp: o BONVS o. 

PI. X, n« 2g. 



NUMISMATIQUE MALINOISË I77 



Don François de Melos 

Après la mort du Cardinal Ferdinand, Philippe I\' 
nomma don Francisco de Melos, gouverneur général 
provisoire, en attendant l'arrivée de don Juan d'Autriche, 
fils naturel du roi Philippe, auquel il ne plut pas beau- 
coup de prendre immédiatement en mains le gouverne- 
ment des Pays-Bas; il attendit douze ans pour y faire 
son entrée. 

Castel Rodrigo et Picolomini 

Philippe IV se fit remplacer par le marquis de Castel- 
Rodrigo, pour les affaires^politiqucs, et par le général 
Picolomini, pour le commandement des armées. Vu leur 
grand mérite, ces deux personnages ont eu l'honneur de 
voir reproduire leurs traits sur les médailles ci-après : 

Av. OCTAVIVS o PICOLOMINI o DE > ARAGO- 
NIA o DVX o AMAL o FI o MDCXLIX. Dans le champ, 
le buste du ministre. 

Rv. SVPER BONOS ET MALOS, inscription faite 
sur un ruban enroulant la lune. 

Médaille ovale, bronze. PI. N, n" 3o. 

Av. D o FRAN o DE o MOVRA o MAR o CAS o RO- 
DERICI o GVB o GEN « BEL. Le buste du gouverneur 
général Castel-Rodrigo, avec une longue chevelure. 

Rv. Dans le champ, les armoiries du marquis. 

Bronze. PI. N, n" 3i. 

L'archiduc Léopold 

Par suite d'un changement de gouvernement en Hol- 
lande, survenu par la mort du stadhouder Frédéric- 
Henri, le marquis Emanuelde Castel Rodrigo fut rappelé 



178 NUMISMATIQUE MALINOISE 

en Espagne, en 1647, et remplacé dans les Pays-Bas, par 
l'archiduc Léopold, fils de l'empereur Ferdinand II. 

Il eut à soutenir une guerre contre la France, affaiblie 
par les guerres civiles de la Fronde, et rencontra un rude 
concurrent dans le prince de Condé, qui, pour se venger 
de son emprisonnement au château de Vincennes, prit 
un engagement au service des Espagnols. 

Il existe dans nos archives, une lettre de ce gouver- 
neur, de i653, par laquelle il informe la ville de Malines, 
qu'on peut retenir sur le premier subside que la Ville 
accordera au roi, l'argent prêté à une personne (|uel- 
conque pour pouvoir livrer les grains nécessaires à l'ali- 
mentation de sa garnison, pendant un mois. 

Les traits de l'archiduc Léopold ont été reproduits 
sur la médaille ci-après, frappée à l'occasion de sa nomi- 
nation comme gouverneur des Pays-Bas. 

Av. Dans le champ, le buste de l'archiduc, portant 
une longue chevelure, entouré de la légende : LEO- 
POLDVS o GVILIELMVS S D g G o ARCHIDVX o 
AVSTRI/E. 
• Rv. Une croix longue, ornée de deux branches de lau- 
rier, accostée des mots TIMORE-DOMINI. Au bas de 
la croix, un lion et un mouton. 

Bronze. PI. O, n^ 32. 

Don Juan d'Autriche 

Léopold étant retourné dans ses états en Silésie, Don 
Juan d'Autriche était obligé de venir prendre en mains 
le gouvernement des Pays-Bas, en l'année i656. Entouré 
d'une suite nombreuse, il fit son entrée solennelle à Bru- 
xelles, le II novembre de la même année. Des festivités 
eurent lieu pendant trois jours, et le magistrat s'aper- 
çevant qu'il allait prendre à cœur le gouvernement de 



NUMISMATIQUE MALINOISE 17g 

nos provinces, lui offrit, comme don de joyeuse entrée, 
la somme de 25,ooo florins. On trouve aux archives, la 
lettre de Don Juan d'Autriche au magistrat de Malines, 
lui notifiant sa nomination de gouverneur-général des 
Pays-Bas. 

Une médaille fut également frappée en son honneur. 

Av. lOANNES o AVSTRIACVS o PHI o IV o REG o 
HISP o FIL o BELG o GVB. Dans le champ, le buste 
du gouverneur, avec une longue chevelure. 

Rv. Ses armoiries, surmontant la croix de l'ordre de 
Saint Jean de Jérusalem, dont il était chevalier. 

Bronze. PI. O, n^' 33. 

Louis de Tolède 

Au bout de trois ans, notre gouverneur était déjà fati- 
gué de ses fonctions et exprima le désir d'en être débar- 
rassé ; un gentilhomme de Madrid vint lui annoncer que 
le roi d'Espagne le déchargea de son emploi, et désigna 
en même temps, pour son remplaçant, le marquis Louis 
de Tolède. 

Vu le mauvais état dans lequel se trouvait le pa3^s, il 
fit son entrée à Bruxelles, sans grande cérémonie; il fut 
néanmoins reçu par les gildes, et une médaille commé- 
morative fut frappée à cette occasion. 

Av. LVD o DE BEN o CAR o ET o T(3L o MAR o 
DE o FRO o CAR ^ o BELG o PROV o GVB o Le buste 
du gouverneur. 

Rv. NISI o DNVS o .EDIFICAVERIT o DOMVxM 
IN o VANVM o LABORAVERVNT o QVI o .l:DIFI- 
CANT o EAM o Dans le champ, la maison du Seigneur; 
au bas l'inscription DOAIVS o DNT o 

Bronze. PI. O, n^ 34. 



l80 NUMISMATIQUE MALINOISE 



Charles II 

Philippe IV, mort en i665, institua comme héritier 
universel, son fils Charles, âgé de quatre ans, sous la 
tutelle de sa mère, Maria- Anne, fille de l'empereur Fer- 
dinand III. On leur adjoignit comme conseils, le comte 
de Peneranda, archevêque de Tolède, et le marquis 
d'Aytone, que nous connaissons déjà par sa médaille. 
Tout en procédant à son installation, en Espagne, ordre 
fut donné aux Pays-Bas, de fêter d'une façon solennelle, 
dans la personne du gouverneur-général Castel Rodri- 
go, l'inauguration du jeune duc. 

Une médaille a été frappée à l'occasion de cet évé- 
nement. 

Av. GAROLVS o II - D ° G g HISP g ET « INDIAR o 
REX. Le buste du roi. 

Rv. MARIANNA o D g G g HISP g ET o INDI ï 
REGI N A o GVBERt. Le buste de la mère du roi, en 
costume religieux. 

Bronze. PL P, n° 35. 

Après le marquis Castel Rodrigo, les Pays-Bas ont eu 
pour gouverneurs le comte de Monterey, le duc de Villa- 
Hermosa, Alexandre Farnèse, le marquis de Grana et 
le marquis de Castagna. Nous ne connaissons aucune 
médaille de ces personnages concernant leur nomination 
comme gouverneur, mais nous possédons dans nos ar- 
chives : 1° du duc de Villa-Hermosa, un décret par 
lequel il ordonne, à la requête de la ville de Malines, 
que frère François de la Croix ait à se conformer à l'acte 
du 9 mars 1674, et qu'en conséquence il paye l'imposi- 
tion sur le bétail; 2° une requête présentée au duc, par 
le magistrat de Malines, et tendant à ce que le sieur 



NUMISMATIQUE MALINOISE l8l 

Van Blincken soit tenu, en sa qualité de docteur de l'hô- 
pital royal, de payer le vingt-cinquième denier de sa 
maison, avec apostille favorable du gouverneur géné- 
ral (i); 3° une lettre de Charles, roi d'Espagne, datée de 
Madrid, du 3i juillet 1680, au magistrat de Malines, 
par laquelle il l'informe qu'il a nommé Alexandre Far- 
nèse, son lieutenant, gouverneur et capitaine général 
des Pays-Bas; 4° du marquis de Castagna, gouverneur 
général des Pays-Bas, un ordre de passer outre sur les 
difficultés faites pour laisser inscrire dans le compte de 
la ville de Bruxelles, le donatif de 4000 florins, fait par le 
magistrat de Malines, à feu le marquis de Grana, à l'oc- 
casion de son mariage. 

Charles II épousa en premières noces, Marie-Louise 
d'Orléans, et en secondes, Marie-Anne de Bavière. 

La médaille ci-après a été frappée dans les Pays-Bas, 
à l'occasion de son premier mariage. 

Av. CAROL o II o D o G o HISP o ET o IND o REX. 
Le buste, tête nue, à longue chevelure. 

Rv. MARIA o LVISA D o G o HISP o ET o IND o 
REGINA. Le buste de la reine. 

Bronze. PL P, n° 36. 

Cette médaille est l'œuvre de Philippus Rottiers. 

Maximilien-Emanuel 

L'électeur de Bavière, Maximilien-Emanuel, succéda, 
en 1692, au marquis de Castagna, comme gouvQi'neur 
dans les Pays-Bas; une médaille a été frappée pour 
commémorer cette nomination. 



(i) Van Doren, Archives de Malines. 



102 NUMISMATIQUE MALINOISE 



Av. AUSPICIIS MAXIM g EMAN l ELECT S BA- 
VAR S Le buste cuirassé du gouverneur. 

Rv. o QUAM o MARTIS o' MACTARUNT o TELA o 
RESURCiET. La carte géographique du pays dont il a 
le gouvernement; le nom de notre ville y est indiqué 
en allemand : mechlen. 

Bronze. PL F, n^ 3y. 

Charles II meurt en 1700, sans laisser des héritiers 
directs. C'est sous son règne que, par octroi daté du 
3 avril 1675, le conseil des finances, au nom du roi 
mineur, permet à la ville de Malines de voûter la partie 
du ruisseau entre les Bailles de fer et la Boucherie, et 
celle entre la boucherie et le vieux palais. 



Philippe V 

Par un testament daté du 2 octobre 1700, Charles II 
institua son héritier universel, Philippe de France, duc 
d'AiTJou, second fils du Dauphin. Le roi Louis XIV 
consentit à cette succession et vint même au secours de 
son petit-fils, pour le maintenir dans ses états, que lui 
disputaient l'Angleterre et la Hollande. 

Philippe fut proclamé roi d'Espagne à Versailles, le 
16 novembre 1700. Son inauguration à Malines eut lieu 
le 21 février 1702. La médaille .ci-après a été frappée à 
l'occasion de cette succession. 

Av; PHILIPPVS o V o HISPANIAR o INDIAR o 
REX o CATHOL o Le buste du roi. 

i?î;.MONARCH o HISPANIAR o SVB. CVRATELA. 
Le roi, assis sur son trône, tient le sceptre de la main 
droite et le globe de la main gauche; à ses pieds est 



NUMISMATIQUE MALINOISE l83 

agenouillée une femme, représentant l'Espagne, appuyée 
sur l'écusson de ce pays; à l'exergue mdcc. 

Bronze. PI. Q, n^ 38. 

Le 26 janvier 1702, le roi Philippe V lance déjà un 
décret défendant de rapporter et de décider des procès 
dans l'assemblée de police de Malines, attendu que ce 
droit appartient aux échevins réunis en « vierschaere » 
ou en chambre, et le 19 octobre de la même année, nous 
recevons les lettres exécutoires, de l'octroi qui précède, 
données au nom du roi. Il existe encore aux archives, un 
règlement original, au nom de Philippe V, dans le but 
d'améliorer la situation financière de Malines. 

Il rencontra un rude concurrent dans la personne de 
l'empereur Léopold I, qui voulut la monarchie espagnole 
pour son fils l'archiduc Charles. Dans ce but il se ligua 
avec l'Angleterre et la Hollande et parvint à le faire 
nommer roi d'Espagne, sous le nom de Charles III, 
en 1703. Pour approuver cette nomination, il a été 
frappé une médaille. 

Av. CAROLUS o III HISPANIARVM o REX o Le 
buste du roi. 
Rv. IVSTITIA o ET o PAX o OSCVLANTVR o SE o 

Dans le champ, la justice et la paix s'embrassent. 
Argent. P. Q, n^ 3g. 

Nous possédons à notre musée communal, le portrait 
en pied de notre seigneur Philippe V. 

La reine Anne d'Angleterre n'était pas restée étran- 
gère à cette effroyable lutte; pour preuve, les médailles 
ci-après, frappées lors de la reddition des villes de Bru- 
xelles, Anvers, Louvain, Malines, Tirlemont, Lierre, 
Gand, Bruges, Audenarde, Ostende, Menin et Ath, 
après la bataille de Ramillies. 



184 NUMISMATIQUE MALINOISE 



Av. ANNA o D o G o MAG o BR o FR o ET o HIB o 
REGINA. Le buste de la reine. 

Rv. Dans le champ, la victoire, portant une palme 
et une couronne; à côté, une panoplie surmontée d'un 
bouclier, portant l'inscription : CLx^DES GALLOR 
IN BRAB 23 MAIL A l'exergue, XII o VRBES CVM 
PROVINCIIS INTRA XV D. RECEPT.E 1706. 

Au-dessus, en cercle, CVRA PVGNACIS FACTA 
MINERV.E^. Le tout est renfermé dans douze cercles 
renseignant les noms des villes rendues; celui de Malines 
figure dans le deuxième cercle à droite, en haut de la 
médaille. 

Argent. PL R, n» 40. 

Av. LVDOVICVS MAGNVS ANNA MAIOR. Dans 
le champ, le roi Louis XI\^, habillé en guerrier romain, 
terrassé par la reine d'Angleterre, revêtue du costume de 
Pallas. , 

Rv. Le même que celui de la médaille n*^^' 40. 

Argent. PI. R, n" 41. 

Charles VI 

Charles VI, prétendant à la couronne d'Espagne, sous 
le nom de Charles III, succéda en 1711, à son frère 
l'empereur d'Allemagne, Joseph I. 

La médaille ci-après a été frappée à l'occasion de cet 
événement. 

Av. CAROLVS VI o D o G o ROM o IMP o S o A o 
HISPAN o HVNG o et BOHEM o REX. Le buste 
cuirassé du nouvel empereur. 

Rv. A lOVE ET IMPERIO FATIS VOTISQVE 
PETITVS. L'aigle impérial à deux têtes, surmonté 
d'une couronne ; il tient dans les pattes le sceptre et la 



'* % 



NUMISMATIQUE MALINOISE lo^J^ ^%î^> 




"% 



foudre ; à l'exergue, mdccxi ; l'aigle est entouré des 
écus armoriés des sept électeurs qui ont assisté à la 
proclamation de l'empereur. 

Bronze. PI. S, n^ 42. 

Une missive, datée du i3 avril 171 2, nous apprend 
que Charles VI s'occupe de la seigneurie de Malines. 
Par lettres patentes, l'empereur des Romains, roi d'Es- 
pagne, permet au magistrat de Malines, de déplacer et 
de réparer la route (herbaen) de Louvain à Boortmeer- 
beeck. Le portrait en pied de notre Seigneur se trouve 
à notre musée communal. 

L'empereur travailla surtout à assurer à la maison 
d'x\utriche la possession à perpétuité des Pa3^s-Bas; mais 
entretemps le roi Philippe V, voulant contrecarrer les 
projets de Charles, fit don à Maximilien-Emanuel, élec- 
teur de Bavière, de toutes les provinces des Pays-Bas 
espagnols dont il était gouverneur-général; cette dona- 
tion fut confirmée par lettres patentes datées de Madrid, 
le 2 janvier 1712. Déjà le 6 juillet 1711, Maximilien- 
Emanuel avait fait son entrée solennelle à Malines, en 
qualité de seigneur; il existe un jeton frappé à cette 
occasion. 

Maximilien-Emanuel a fait frapper des monnaies sur 
lesquelles il renseigna le titre de seigneur de Malines. 

Av. ii MAX o EMANUEL o D o G o U o B o S o P o B o 

L o L o & G o DUX o Le buste de l'électeur. 

Rv. COM o P o R o S o I o AR o & ELE o L o L o COM o 
F o H o & N o MAR o S o R o I o D o M o (Dominus 
Mechliniae). 

Ecu argent. PI. S, n-^ 43. 

Il existe un demi et un quart d'écu avec le même 
titre. 



V 



l86 NUMISMATIQUE MALINOISE 



Eugène de Savoie 

L'empereur Charles VI mourut à Vienne, le 20 octobre 
1740. Pendant son règne, il avait été habilement secondé 
par le prince Eugène de Savoie, nommé gouverneur 
général de la Belgique, en récompense des services émi- 
nents qu'il avait rendus à la maison d'Autriche. 

Nous trouvons, dans nos archives, un compliment 
adressé, en 1706, au prince Eugène et au duc de Marl- 
boroug, au nom de la ville de Malines, par le pension- 
naire Horace van Milanen, à l'occasion de la défaite 
complète qu'ils infligèrent, à Ramillies; à une armée de 
100,000 Français, sous les ordres de l'électeur de Bavière 
et du maréchal de Villeroy7 

La médaille ci-après a été frappée en l'honneur du 
prince de Savoie, lors de la délivrance de la capitale de 
ses propres états. 

Av. VICTOR o AMADEVS II o D o G o DUX SA- 
BAUD o PRINC o PIEMONT o REX CYPRI o Son 
buste cuirassé. 

Rv. GALETS PROFLIGAT « VALLO PERRUP- 
TO o CASTRIS CUMRE TORMENTAR - DIREP- 
TIS. A l'exergue, AVGVSTA TAVRINORVM TRI- 
MESTRI OBSIDIONE LIBERATA 1706. Dans le 
champ, la ville de Turin délivrée ; dans les nues, la 
victoire ailée. 

Sur la tranche de la médaille, on lit : res gerere o et 

CAPTOS OSTENDERE CIVIBUS HOSTES. 

Bronze. PI- T, n^ 44. 

Le marquis de Prié, qui remplaçait le prince Eugène 
de Savoie dans le gouvernement général, s'était surtout 



NUMISMATIQUE MALINOISE 187 



rendu impopulaire par les grandes levées d'impôts dont 
il frappait les villes; de graves séditions eurent lieu à 
Malines à ce sujet, et il fallut l'arrivée de la sœur de 
l'empereur, l'archiduchesse Marie- Elisabeth, nommée 
gouvernante, pour apporter un peu d'apaisement dans le 
pays. 

Le jeton ci-après nous donne le portrait de cette gou- 
vernante bien-aimée, qui fit son entrée dans notre pays 
en 1725. 

Av. eLIsabetha arChIDUX beLgarUM gUberna- 
trIX. Le buste de la gouvernante; au bas, la lettre R 
(Roettiers). 

Rv. Dans le champ, une armée de soldats, commandée 
par un général, A l'exergue, sistit iter. populumque 
beat mora. 

Cuivre. PI. T, n^ 45. 

Nous trouvons dans nos archives, des lettçes patentes 
dépêchées sous le sceau du Conseil de Brabant et sous 
la signature de l'archiduchesse, autorisant la ville de 
Malines, moyennant payement d'une somme de 3o,ooo 
florins de construire une chaussée qui réunit notre ville 
à celle de Louvain (1730); un décret de la gouvernante, 
daté du 14 décembre 1737, déclare que l'entreprise des 
voitures qui font le service entre Louvain et Malines 
appartient à cette dernière ville. 



Marie -Thérèse 

Le i5 mai 1726, fut publiée à Bruxelles, la pragma- 
tique sanction par laquelle Charles VI admettait à la 
succession de ses pays héréditaires, les archiduchesses 
ses filles, à défaut de descendance masculine. 



NUMISMATIQUE MALINOISE 



Marie-Thérèse, sa fille aînée, fut donc appelée, en 
1740, pour le succéder. 

A son avènement au pouvoir, elle trouva bien des 
obstacles à surmonter; mais elle fut surtout aidée par le 
génie de son beau-frère, Charles-Alexandre de Lorraine. 

L'impératrice fit son entrée solennelle dans notre ville, 
le 4 mai 1744, en qualité de Dame de Malines. 

Il existe dans nos archives, une relation de cette céré- 
monie : « Solemnele inauguratie van H. M. Maria The- 
resia in qualiteydt als Vrouwe van Mechelen, gecele- 
breert den 4 mey 1744 ». 

Une médaille a été frappée à l'occasion de son inau- 
guration dans les principales villes de Flandre et de 
Brabant. 

Av. MAR g TH g D g G § R ê HUNG g BO g D g 
BRAB .^ G g FL s INAUGURATA, 1744. Le buste de 
l'impératrice. 

Rv. HJEC ARA TUEBITUR OMNES. Dans le 
champ, un bûcher enflammé sur un autel; au-dessus, 
deux mains jointes sur un caducé, accosté de deux 
palmes. 

A l'exergue, fides publica. 

Or. ^ PI. T, no 46. 

Cette médaille a été gravée par Roettiers. 

Charles de Lorraine 

Ce fut Charles de Lorraine qui succéda comme gou- 
verneur général à Marie-Elisabeth, morte le 26 août 1741. 
Il avait marié l'archiduchesse Mari^Anne, le 7 janvier 
1744, et le 25 mars suivant, ils firent leur joyeuse entrée 
dans Malines. 

Aux archives de notre ville, on trouve le procès-verbal 
de cette cérémonie : « Solemnele ende blyde incomste 



NUMISMATIQUE MALINOISE 189 

van Hunne Senerissime Hoogheden Maria-Anna van 
Oostenryck... ende van Charles Alexandre, prince van 
Lorreynen ende Bar, stathouder luitenant-gouverneur 
der Nederlanden , geschiedt binnen Mechelen , den 
25 Maert 1744 ». 

La médaille frappée en l'honneur de Charles de Lor- 
raine, pour le creusement du canal de Louvain, nous 
donne le portrait de ce grand bienfaiteur de la Belgique. 

Av. CAR o ALEX o LOTH o ET BAR o DUX 
GUB o BELG. Buste cuirassé du gouverneur général à 
droite, orné du cordon de la Toison d'or. 

Rv. Vue à vol d'oiseau du tracé du canal; dans le ciel. 
Mercure planant au-dessus d'un paysage où l'on distingue 
la tour de Saint-Rombaut. INDE OPES. A l'exergue, 
FOSSA LOVANiENS M o DCC.Liii. Au-dcssous, R (Roettiers), 
nom du graveur. 

^Argent. PI. U, n« 47. 

Même exemplaire en bronze. 

Il existe encore difterentes médailles de ce person- 
nage, que nous reproduisons dans la série frappée pour 
Malines. 

L'époux de Marie-Thérèse fut élu empereur à Franc- 
fort, sous le nom de François I, en 1745; entretemps, le 
roi Louis XV, à la tête d'une armée de 100,000 français, 
envahit la Belgique, soumit plusieurs villes importantes 
et entra dans Malines, malgré une défense énergique. 

U existe dans nos archives, un « Journal de ce qui s'est 
passé à Malines, tandis que Louis XV en était le maître, 
depuis le 12 mai 1746 jusqu'au 25 janvier 1749, de la 
main de Carolus Major, chanoine de Malines ». Les 
français marchaient de succès en succès et ce n'est qu'en 
vertu du traité signé à Aix-la-Chapelle, que Marie-Thé- 



igO NUMISMATIQUE MALINOISE 



rose put rentrer en possession des Pays-Bas. L'archiduc 
Charles de Lorraine, qui avait toujours loyalement sou- 
tenu l'impératrice, mourut à Tervueren, le 4 juillet 1780. 



Archiduchesse Marie- Christine et Albert de Saxe 

Marie-Thérèse avait à peine nommé l'archiduchesse 
Marie-Christine et son époux, le duc de Saxe, gouver- 
neurs de la Belgique, en remplacement de Charles, 
qu'elle rendit le dernier soupir le 2g novembre 1780, 
regrettée de tous ses sujets. 

La médaille octogone ci-après donne les portraits des 
nouveaux gouverneurs. 

Av. MAR o CHRIST o AVST o ALB CAS o SAX o 
DVX o BELG o PRAEF o Les deux époux se regardent. 

Rv. PRINCIPES OPTIMI BRAB o CIVIT o DO- 
NATI MDCCLXXXVI o Au-dessus, une couronne; 
au-dessous, les armoiries du Brabant, accostées de guir- 
landes. 

Argent. PI. U, n" 48. 

Joseph II 

Cet empereur, qui avait succédé nominativement à 
son père mort en 1765, n'entra en possession de la Bel- 
gique qu'à la mort de sa mère, en 1780; il fut inauguré 
à Malines, en 1781. — Cet homme instruit voulut intro- 
duire et réformer tant de choses dans notre pays, que 
les provinces se soulevèrent, décrétèrent leur indépen- 
dance et se constituèrent en Etats-Belgique-Unis. 

Les médailles devenant assez rares, en Belgique, pour 
cette période troublée de l'histoire, nous avons reproduit 



NUMISMATIQUE MALINOISE IQI 

l'écu frappé par Joseph II, pour ses provinces de Flandre 
et de Brabant; son buste y est très bien reproduit. 

Av. lOSEPH o II o D o G o R o IMP o S o A o GER o 
HIER o HUNG o B o H o REX o La tête à longue che- 
velure. 

Rv. 17 (tète d'ange) 83 ARCH o AVST o DUX Bl^RG o 
LOTH o BRAB COM o FLAN o Dans le champ, la 
croix de Saint-André, superposée du briquet, auquel est 
suspendu la Toison d'or; la croix est cantonnée en haut 
de trois couronnes fermées. 

Argent. PL U, n^ 4g. 

Au musée communal se trouve encore le fauteuil, en bois 
sculpté et doré, dans lequel se sont placés les empereurs 
autrichiens lors de leur inauguration dans notre ville. 



Léopold II 

Ce prince succéda à l'empereur Joseph II, mort le 
20 février 1790. Dès le mois suivant, il informa le ma- 
gistrat de Malines, qu'il maintint les archiducs Marie- 
Christine et Albert-Casimir dans leurs fonctions de gou- 
verneurs généraux des Pays-Bas. 

En 1791, le 12 juillet, Joseph II fit sa joyeuse entrée 
cfans notre ville; il existe dans nos archives, un récit très 
détaillé de cette fête. 

L'empereur promit aux états de remettre tout dans son 
ordre primitif; ceux-ci montrèrent une certaine méfiance, 
ce qui l'obligea à reprendre les armes. Les Autrichiens 
entrèrent dans toutes les grandes villes, y comprise celle 
de Malines, et soumirent toute la Belgique en 1791. Le 
jeton ci-après donne le portrait de ce personnage; il a été 
frappé à l'occasion de son inauguration dans les diffé- 
rentes provinces. 



ig2 NUMiSMATiyUE MALINOISE 

Av. LEOPOLD o II o AVG o DVX BVRG o BRAB - 
COM o FL o La tête laurée du prince. 

Rv. Une couronne formée d'une branche de laurier et 
d'une palme, entoure la légende BELGICx\E ^ SALVS ^• 
AYGVSTO o DATA o FIDE MDCCXCI o 

Bronze. PI. V, n= 5o. 



François II 

Léopold II mourut le i mars 1792 et eut pour succes- 
seur son fils François ; ce prince eut, dès le début de son 
règne, à soutenir une guerre contre les Français, qui 
tenaient à propager leurs nouveaux principes d'égalité et 
de fraternité; la bataille de Jemmapes fut décisive, ils 
conquérirent toutes les grandes villes. En 1793, les 
Autrichiens, après la sanglante bataille de Neerwinden, 
reprirent les villes de Tirlemont, Louvain, Bruxelles, 
Malines, Mons, Namur et Gand, pour devoir les relâcher 
une deuxième fois, le 26 juin 1794, après la bataille de 
Fleurus, en faveur de la France républicaine. 

L'inauguration de François II dans notre ville a eu 
lieu en 1792; une relation succincte de cette cérémo- 
nie figure dans nos archives. L'écu qu'il a fait frapper à 
Bruxelles, pour ses états, donne son portrait. 

Av. FRANC o II o D o &c R o IMP o S o A o GER 
HIER HUNG o BOH o REX. La tête laurée. 

Rv. ARCH o AUST o DUX o BURG o LOTH >^ 
BRAB o COM o FLAN 17 (tête d'ange) 94. Dans le 
champ, la croix de Saint-André, reliée par le briquet 
auquel est suspendu la Toison d'or ; trois couronnes se 
trouvent entre les bras de la croix. 

Argent. PI. V, n^ 5i. 



NUMISMATIQUE MALlNOISE 



igB 



Il existe, dans nos archives, des lettres de François II, 
contenant confirmation et ratification, pour ceux de la 
ville et du ressort de Malines, des dettes qu'ils ont con- 
tractées pendant les troubles, et autorisant la levée, à 
charge de leurs administrations, des sommes qui man- 
quaient pour les acquitter. 



Napoléon 

Le peuple belge, consulté sur le projet d'annexion à 
la France, se prononça en faveur d'une union avec le 
grand pays; la loi du g vendémiaire an IV (lo octobre 
1795), confirma cette fusion des deux états, sans que 
François II put s'y opposer. Napoléon, qui n'avait que 
le titre de premier consul, ne trouva guère le temps de 
s'occuper immédiatement de nos provinces; il établit à 
Malines un archevêché, dont Jean-Armand Bessuejouls 
de Roquelaure devint le titulaire. Par décret du 17 mai 
i8og, l'empereur changea aussi les armoiries de notre 
ville (i). Voici le blason cju'il nous réserva (fig. n« 2). 




Fier. n° 2 



En tSii, l'empereur Napoléon I fit sa joyeuse entrée 
dans notre cité; au musée communal se >trouve encore le 
drapeau de la garde d'honneur, composée de vingt per- 
sonnes, qui devait recevoir le souverain. 



(i) Les armoiries des Berthout d de Malines, par Th. de Raadt. 



i3 



194 NUMISMATIQUE MALINOISE 

Nous rencontrons son portrait sur la médaille ci- 
après, frappée pour notre ville. 

Av. NAPOLÉON L'EMPEREUR DES FRAN- 
ÇAIS ROI D'ITALIE. La tète laurée, gravée par 
Dumarest. 

Rv. Dans une couronne formée de deux branches de 
laurier, l'inscription suivante gravée : Mechliniae 
OB ITER MusicuM Teneramunda MDCCCXI. 

Après la bataille de Waterloo, Napoléon était envoyé 
en exil à File de Ste-Hélène, où il mourut en 182 1. 

^Argent. PI. V, n^^ 52. 

Guillaume I 

Le i" août 1814, Guillaume fut appelé à gouverner 
provisoirement la Belgique, à laquelle on joignit les Pays- 
Bas, pour ne former qu'un seul royaume. Le 21 sep- 
tembre 181 5, il fut inauguré à Bruxelles. La médaille 
commémorative ci-après a été frappée à cette occasion. 

Av. WILH g NASS S BELG S REX. LUXEMB Z 
MAGN l DUX. La tête du roi. 

Rv. SALUS POPULI SUPREMA LEX. Le roi, 
drapé du manteau royal, debout sur son trône, prend la 
constitution que lui présente la déesse Minerve ; au pied 
du trône, les armoiries des Pays-Bas. A l'exergue, bru- 

XELLIS D. XXI SEPTEMBRIS MDCCCXV. J. P. SCHOUBERG F., 

le nom du graveur. 

Bronze. PI. W, n^ 53. 

A notre hôtel de ville se trouve le portrait en pied de 
Guillaume I, peint par Verhulst, en 181 9. Dans la col- 
lection de numismatique malinoise, nous rencontrons le 
buste du roi sur les médailles décernées aux élèves de 
l'académie de dessin. Avec la chute de Napoléon I, il 



NUMISMATIQUE MALINOISE 



igS 



fallait aussi songer à modifier nos armoiries; Guil- 
laume I nous gratifia de l'écu surmonté d'une couronne 
comtale (fig. n^ 3). 




Ce roi, qui n'envisageait que le bonheur du peuple 
hollandais, finit par indisposer contre lui les Belges, qui 
se révoltèrent et le chassèrent du pays, après les mémo- 
rables journées de septembre. Une partie de son armée 
opéra sa retraite par Malines et traversa le pont de Wael- 
hem. Ce fait historique a donné lieu à la frappe d'une 
médaille que nous reproduisons dans notre ouvrage (i). 



Léopold I 

Après le départ des Hollandais, la Belgique fut pro- 
clamée indépendante, par le Gouvernement provisoire. 
Le 4 juin i83i, Léopold, prince de Saxe-Cobourg, fut 
élu roi des Belges par le Congrès national ; il prêta ser- 
ment à Bruxelles, le 21 juillet suivant. 

La médaille ci-après a été frappée à cette occasion. 

Av. LEOPOLD I ROI DES BELGES. Le buste, 
tète nue. 

Rv. Dans une couronne : ÉLU PAR LE CONGRÈS 
NATIONAL — LE IV JUIN MDCCC XXXI. 

Bronze. PI. W, n^ 64. 



(i) Voir planche XXVIII, n° 48. 



196 NUMISMATIQUE MALINOISE 

Par arrêté ro3^al du 6 février 1837, le roi Léopold 
autorisa Malines à porter le blason que nous rencon- 
trons sur toutes nos médailles officielles, et qui est le 
plus correctement reproduit sur les médailles de notre 
académie de dessin. 

Léopold II 

Après la mort du roi Léopold I, survenue le 10 dé- 
cembre i865, son fils Léopold II monta sur le trùne 
de Belgique, le 17 du même mois, après avoir prêté le 
serment constitutionnel. 

Une médaille rappelle cet événement national. 

Av. LEOPOLD II ROI DES BELGES. La tête 
du roi; au bas, le nom du graveur léopold wiener. 

Rv. Le roi, debout sur son trône, prête le serment en 
levant la main droite; la gauche est appuyée sur son 
épée; il est recouvert du manteau royal et porte sur la 
poitrine quatre décorations; dans une niche, au fond, se 
trouve la statue de Léopold I. Devant lui, la Belgique, 
sous la forme d'une femme, entourée d'une banderolle 
renseignant le mot legislatio ; elle est appuyée sur une 
table portant les mots lex belgica ; à ses pieds se trouve 
l'urne portant le mot vote, et une couronne avec la date 
de i83o; du côté gauche figure la date de la prestation 
de serment : 17 décembre i865, et le nom du graveur 

léopold WIENER. 

Bronze. PI. X, n^ 55. 

Lors de son mariage avec l'archiduchesse d'Autriche, 
Marie-Henriette, le roi Léopold II, qui n'était alors que 
duc de Brabant, a été complimenté à son passage dans 
la gare de Malines, par le bourgmestre de Pauw et par 
le cardinal-archevêque Sterckx. 



NUMISMATIQUE MALINOISE igj 



3llU6tratton0 flDalinoise^ et leure nl^c^aiUc0 



_ Julie 

Jean second, surnommé de Malines, parce qu'il a 
passé une partie de sa jeunesse dans notre ville, ne nous 
a pas légué seulement des œuvres poétiques parfaites, 
mais aussi des médailles remarquables, dues à son burin 
d'habile graveur. 

Outre la médaille dédiée à son père Claes Everaerts, 
président du Grand Conseil de Malines (i), Jean second 
a gravé une autre pièce reproduisant les traits de sa 
maîtresse Julie, réputée être la plus belle femme de sa 
ville natale; l'auteur lui-même nous apprend, dans une 
de ses élégies, qu'elle était Malinoise, et il a pris un de 
ses vers pour servir de légende à la médaille. 

Av. VATIS AMATORIS IV — LIA SCVLPTA 
MANV. Buste de profil à gauche, avec une chevelure 
abondante et bien soignée; les épaules sont couvertes 
d'un vêtement laissant à nu le cou et une partie de la 
poitrine. 

Médaille uniface. 

Etain. PI. III, n" i. 

Jean second eut pour maître Rumold Steenemeulen, 
de Malines, probablement un parent de Segeren van 
Steynemolen, qui grava le grand sceau et le contre-sceau 
de Malines, de 1490, portant en cœur les armoiries de 
l'empereur Frédéric III, et le grand sceau et contre- 
sceau aux rentes héritables et viagères. 



(i) Voir planche F, n° 12. 



igS NUMISMATIQUE MALINOISE 



Alexandre Colin 

naquit à Malines en i527; ce célèbre sculpteur a tra- 
vaillé pendant huit ans aux bas-reliefs qui ornent le tom- 
beau de Maximilien I, à Innsbruck, et qui sont une 
merveille de sculpture et de composition ; l'Autriche 
possède encore plusieurs de ses œuvres, notamment les 
tombeaux de l'archiduc Ferdinand et de son épouse, le 
tombeau de l'évêque Jean Nas et d'autres monuments 
funéraires, dont celui de Colin lui-même. 

La tête et les mains du géant « Grootvader », qui 
figure dans nos cavalcades, ont été sculptées par notre 
Malinois. Une médaille a conservé les traits de ce grand 
artiste. 

Av. ALEXANDRE — COLIN. Le buste de Colin, 
tête nue, habillé d'une tunique à brandebours avec collet 
rabattu; à gauche, trois lettres ppr, probablement la 
signature du graveur. 

Rv. Mercure, tenant un caducée, plane dans les airs; 
à gauche, un coq; au bas, la légende, en deux lignes, 

VIRTVS VIGILAT. 

Plomb. PI. III, n« 2. 

Guillaume Vanden Broeck 

naquit à Malines, vers i53i. Obéissant à la manie de 
l'époque, de latiniser les noms de famille, notre conci- 
toyen se fit appeler Paludanus; il excella surtout dans 
la sculpture des images. 

Vanden Broeck semble avoir eu une prédilection pour 
la ville d'Anvers, où il fut reçu comme bourgeois, le 
i5 décembre i55g. 

Une médaille reproduit les traits de ce personnage. 



NUMISMATIQUE MALINOISE IQQ 

Av. GVILHEL o PALVDANVS - SCHVLPTOR ° 
MECH o A o i577 ° Le buste, tète nue, à droite; la 
barbe coupée en pointe; le cou est orné d'une fraise 
tuyautée. x\u bas du buste, l'inscription .ets 46. 

Médaille uniface. 

Bronze. PI. III, n^ 3. 

Il mourut le 2 mars iSyg, et fut enterré dans l'église 
Saint- Jacques, à Anvers, où l'on trouve encore son épi- 
taphe en langue flamande : 

MERCT 

WIE RUST HIER DOOR DE DOOT SUBIECT? 

r IS GUILLIAM PALUDANUS BELDSNYDER GHEPRESEN 

INT LEVEN OUWT ONTRENT L JAEREN PERFECT 

STERF DEN II MEERT SOO ELC MAG LESEN 

GODT WILT DOOR CHRISTUM SYN SALIGHEIT WESEN 

MDLXXIX 

Sa médaille a donc été frappée deux ans avant sa mort, 
alors qu'il avait 46 ans. 

Philippus de Monte 

Dans une réfutation avec pièces authentiques à 
l'appui (i), notre confrère le docteur Van Doorslaer a 
détruit la légende qui attribuait à Philippe de Monte 
(en flamand Van den Berghe ou Van Berghe) une ori- 
gine montoise; il cite entr'autre le témoignage de Dla- 
bacz, auteur allemand d'un Dictionnaire des artistes de ta 
Bohème, i8i5, où il est dit : « De Monte (Philippe), cha- 
noine et trésorier à Cambrai, célèbre compositeur, est 
né en i5'.<;i, à Malines, et non à Mons, dans le Hainaut, 



(i) Bulletin du Cercle Anhéoloqique de Malines, de 1894, tome V, page 147. 



200 NUMISMATIQUE MALINOISE 

ainsi que le fait voir la liste des musiciens de la cha- 
pelle impériale de l'année i582, où il est nommé Phi- 
lippe de Monte, de Malines ». Notre musicien est l'auteur 
de plusieurs compositions, qui dénotent chez lui une 
solide instruction musica'e. — Lors de l'audition de 
musique ancienne, organisée en iS-^y, en l'honneur des 
membres du Congrès Archéologique tenu à Malines, il 
nous a été donné d'entendre un madrigal pour chœurs 
mixtes, de cet artiste, intitulé Quand dans l'azur des deux, 
d'un charme inexprimable. 

Grâce au burin du non moins célèbre médailleur 
Conrad Bloc, nous pouvons reproduire les traits de 
notre Malinois. 

Av. PHIL o DE o MONTE o HORI o MVSl o 
C^ES ° PR^EF. Le buste de Philippe; sous la coupure 
de l'épaule, jet. 63 c. b. f. 

Rv. p NON o OMNIBVS o La date 1584 au-dessus de 
deux spires séparées par une rosace et un serpent qui se 
mord la queue. Il avait donc 63 ans en 1584. 

Plomb. PL m, n«4. 

Rembert Dodoens 

naquit à Malines, le 29 juin i5i8; c'est dans notre ville 
que Dodonaeus commença ses études, qu'il acheva à 
Louvain; il s'adonna de préférence à la médecine et 
obtint le grade de docteur à lage de 18 ans. Désireux 
de se perfectionner dans l'art de guérir, il parcourut les 
plus célèbres universités d'Allemagne, de France et 
d'Italie. Il revint à Malines et fut nommé médecin, 
en 1541, au moment où la lèpre avait fait son apparition 
dans notre ville. — Pendant son séjour, il s'occupa des 
études de botanique et composa plusieurs ouvrages sur 
le règne végétal. Viglius, Président du Grand Conseil, 



NUMISMATIQUE MALINOISE 20I 

son ami dévoué, travailla beaucoup pour le faire aller à 
Madrid, où il aurait pu occuper à la Cour, la place lais- 
sée vacante par le célèbre André Vésale. Rembert, à 
cause de ses opinions politiques, préféra se rendre en 
Allemagne, en i5y4, où il devint le médecin de l'empe- 
reur Maximilien II, et de son fils Rodolphe. Après une 
absence de huit années, il revint dans son pays, pour 
s'occuper de la publication de ses travaux; puis, il se 
rendit à Leyde, où il fut chargé des cours de pathologie 
et de thérapeutique. Il n'occupa ce siège que pendant 
deux ans et mourut le lo mars i585, âgé de 67 ans. 

Nous rencontrons le buste de ce savant sur une mé- 
daille uniface, en plomb, sans légende; la tête est tour- 
née à droite; les deux lettres R (Rembert) D (Dodo- 
naeus) sont frappées en creux sur cette pièce. 

Plomb. PI. IV, no 5. 

Une deuxième médaille a été gravée par Fonson, un 
élève du graveur Simon. 

Av. REMBERTUS DODON.EUS. Le buste du 
botaniste. 

Rv. NATUS MECHLINL^ AN. M. D. XVIII 
OBIIT AN. M. D. LXXXV. 

Bronze. PL IV, n^ 6. 

Une troisième médaille, due au burin de M. Jouvenel, 
donne une notice biographique de notre célèbre médecin. 

Av. R. DODOENS DE MALINES. Son buste, le 
cou orné d'une collerette tuyautée. 

Rv. En haut des livres, une coupe remplie de fleurs. 

LA BELGIQUE OU L'ON AIME TANT LES FLEURS S'HO- 
NORE D'AVOIR VU NAITRE DODONAEUS QUI FIT FAIRE A 
LA BOTANIQUE SES PREMIERS PROGRÈS i554 IL PUBLIE 



202 NUMISMATIQUE MALINOISE 

SON HERBIER A ANVERS i558 IL REFUSE LA PLACE DE 
MÉDECIN DE LA COUR A MADRID 1574 IL ACCEPTE CELLE 
DE MÉDECIN DE MAXIMILIEN II ET SE REND A VIENNE 
i58o IL REVIENT DANS SA PATRIE ALORS DÉSOLÉE PAR LA 
GUERRE ET BIENTOT IL VA PROFESSER LA MÉDECINE A 
LEYDE OU IL MEURT EN i585. 

Bronze. PI. IV, 11° 7. 

Il existe des médailles d'une dimension moindre que 
la précédente, en bronze et en cuivre jaune ; elles ont 
34 millimètres de diamètre. 

La Société d'horticulture de Malines a fait frapper 
des médailles pour ses expositions et concours, au buste 
de Rembert Dodoens, avec la tête tournée à gauche. 

La Société Dodonée, d'Uccle, qui a pour devise qui 
s'arrête recule, a fait frapper une médaille en l'hon- 
neur du savant, avec son buste à gauche, gravée par 
J. Wurden (i). 

Nous rencontrons encore le buste de Dodoens sur les 
deux médailles à petits médaillons, que l'Académie 
Royale de Médecine de Belgique a fait frapper en l'hon- 
neur de quelques célébrités médicales. 

Ernest de Mansfeld 

guerrier intrépide, était fils naturel du comte Pierre- 
Ernest Mansfeld, gouverneur général des Pays-Bas; il 
naquit à Malines, où son père tenait sa résidence, en 
i58o, selon les uns, et en i585, 'selon les autres. 

Ce capitaine redoutable ne possédait pas un lopin de 
terre et sut cependant mettre sur pied un corps de mer- 
cenaires qui, moyennant finances, défendait le pays de 
n'importe quel souverain. Nous reproduisons ci-après 
trois médailles de ce Malinois. 



(i) Voir planche VI, n° i3. 



NUMISMATIQUE MALINOISE 203 

Av. ego ERNEST - PR « ET <> CO » MANS « MAR o 
CAS o N o E o BV o B o HELD o Le buste de Mans- 
feld, tête nue, portant un habit à col rabattu. 

Rv. ^ FORCE ^^ M'EST ^ TROP cg. Dans le champ, 
les armoiries du comte. 

Bronze. PL V, n" 8. 

Av. ERNEST o PR o ET o CO o MANS o MAR o CAS o 
N o E o BV o HELD. Le buste du comte tourné à droite, 
recouvert d'une riche armure, à laquelle tient une écharpe 
flottante. 

Rv. OBSTANTIA o ROBORE o RVFIT o Plus bas, 
en petits caractères, hanibal. Dans le champ, Hannibal, 
debout, tient de la main droite une torche enflammée et 
de la main gauche un vase d'où s'échappe une liqueur 
qui retombe sur les rochers. 

Cuivre. PI. V, n^ g. 

Une troisième médaille, frappée en son honneur, fait 
partie de la série numismatique de Durand. 

/^t'. ERNESTVS MANSFELDT. Le buste cuirassé 
du comte, tourné à gauche; à la coupure du bras, wolt f. 

Rv.NATUS MECHLINIAE, IN BELGIUM AN» 
M o D o LXXX. OBIIT AN o M o DC o XXVL En petits 
caractères, séries numismatica universalis virorum 

ILLUSTRIUM M o DCCC o XXVI DURAND EDIDIT. 

Bronze. PI. V, n'^ lo. 

Michael Coxie ou van Coxyen 

naquit à Malines, en 149g. H fut élève de son père, nom- 
mé comme lui Michel Coxie, qui lui apprit les premiers 
éléments de la peinture; il continua ses études sous la 
conduite du maitre Bernard Van Orley, qu'il imita telle- 



204 NUMISMATIQUE MALINOISE 

ment bien dans sa manière de peindre, que l'on confon- 
dit bien souvent les copies avec les originaux. Il quitta 
sa patrie et entreprit un voyage à Rome, où il copia 
les œuvres du grand Raphaël; il se maria en Italie, 
avec Ida Van Hasselt, et revint dans son pays. Devenu 
fort riche, il se fit construire à Malines trois superbes 
maisons, qu'il enrichit de ses tableaux. Il excella sur- 
tout à peindre les femmes, auxquelles il savait donner 
beaucoup de grâce. Malgré son grand talent, on le 
soupçonna d'avoir peu de génie pour la composition, 
ce qui n'empêcha pas le roi François I de l'appeler en 
France et d'être nommé le peintre de Philippe II. Les 
plus beaux tableaux de Coxie se trouvent en Espagne. 
Ce peintre jouit d'une grande réputation durant sa vie ; 
il peignit à Rome, dans l'église Saint-Pierre, une Ascen- 
sion qui lui valut l'admiration de tous. 

La légende dit que Michael Coxie, occupé à la déco- 
ration de l'hôtel de ville d'Anvers, fut enfermé, pour 
qu'il n'abandonnât pas son ouvrage, et qu'il se laissa tom- 
ber de son escalier, pour échapper à cette séquestration. 
Il mourut peu de jours après cette chute, en 1592. 
L'église de Saint-Rombaut possède un tableau de ce 
maître. 

Les traits du grand artiste ont été reproduits sur une 
médaille moderne, gravée par Simon. 

Av. MICHAEL COXIE. Son buste, portant au cou 
une collerette tuyautée. 

Rv. NATUS MECHLINIAE AN. M. CCCCXCVII. 
OBIIT AN. M. DXCII. . 

Bronze. PI. VI, n» 11. 

La médaille de Simon donne comme date de nais- 
sance l'année 1497, alors que plusieurs biographes 
donnent 1499. 



NUMISMATIQUE MALINOISE 2q5 



Christophe de Longueil 

célèbre latiniste et bon écrivain, naquit à Malines, en 
1488 et mourut à Padoue, en i522. 

Nous possédons une médaille de cet illustre Malinois, 
due au burin de Simon. 

Av. CHRISTOP DE LONGUEIL. Le buste de 
Christophe. 

Rv. NATUS. AN. MCCCCLXXXVIII. OBIIT. 
PATAVII AN. MDXXIL 

Bronze. PI. VI, n^ 12. 

Les deux médailles qui précèdent font partie de la 
galerie métallique des hommes qui ont illustré les Pays- 
Bas. 

La médaille de Dodoens, qui a été frappée par la 
Société d'Horticulture d'Uccle, ayant pour devise « qui 
s'arrête recule » figure à la planche VI. 

Bronze. PI. VI, n^ i3. 

François -Egide Verbeeck 

naquit à Malines, en 1779. C'est à Gand qu'il acquit les 
premières notions de la médecine, après avoir terminé 
brillamment ses humanités; de là il se rendit à Paris, 
pour compléter ses études en médecine et en chirurgie, 
et revint se fixer à Gand, pour y pratiquer l'art de guérir. 
Il fut appelé à l'université de cette ville, pour y professer 
successivement la botanique, l'anatomie, la physiologie 
et la pathologie. En outre, il remplit plusieurs fonctions 
honoraires dans les commissions médicales instituées 
dans la première moitié du xix"" siècle; il mourut à 
Gand, le 14 novembre 1848. 



2o6 NUMISMATIQUE MALINOISE 



Une médaille, due au burin de Ch. Onghina, nous a 
conservé les traits de cet enfant de Malines (i). 

Av. Le buste de face. 

Rv. FRANÇOIS EGIDE VERBEECK, NÉ A MA- 
LINES, EN 1779, MORT A GAND, le 14 NO- 
VEMBRE 1848. 

Baron de Stassart 

Av. G. DE STASSART PRESIDENT DE L'A- 
THÉNÉE DE VAVCLUSE A F. PETRARQUE. 
MDCCCXI. Une couronne de feuilles de chêne à l'inté- 
rieur de la légende. 

Rv. Une femme nue, la tête couronnée, est couchée 
au bas d'un rocher, le bras droit est appu3'é sur un vase 
d'où émerge l'eau qui coule dans une rivière; derrière 
elle, une lyre adossée à un piédestal, sur lequel sont 
déposées des couronnes. A l'exergue, mugis artibus 

ARVIS M.DCCC.XI. 

Le baron de Stassart est né à Malines, le 2 septembre 
1780; il fut nommé préfet de Vaucluse, en 1S09. Cette 
médaille a été gravée par Andrieu. 

Bronze. PI. VII, n° 14. 

Av. G^ J" A^' B"^ DE STASSART D^^ DE NAMUR 
AUX ETATS G^"^. Le buste du baron de Stassart, 
gravé par Barbier. 

Rv. Dans une couronne de branches de chêne : AU 
COURAGEUX DÉFENSEUR DES LIBERTÉS 
PUBLIQUES — 8 JAN i83o. Cette médaille a été 



(i) Cette médaille a été décrite par Kluyskens; nous n'avons pu nous pro- 
curer l'exemplaire, qui doit être uniciue. 



NUMISMATIQUE MALINOISE 207 

frappée à titre de reconnaissance publique, à la suite du 
retrait de la pension dont jouissait le baron de Stassart, 
du gouvernement des Pays-Bas, pour services rendus. Il 
fut nommé gouverneur de Namur, en i83o. 

Bronze. PI. VII, n» i5. 

Av. RESURGENS TENEBRAS VERA LUCE DI- 
MOVET. Dans le champ, un Phénix tenant dans son 
bec une branche d'acacia; sous ses pattes, il tient un 
compas et une règle ; le soleil darde ses rayons à travers 
les nuages qui entourent l'oiseau; dans le fond, deux 
socles portant chacun une des lettres J B ; sur le côté, le 
nom du graveur Jouvenel. 

Rv. A G .-. J .-. A .-. DE STASSART GR .-. M .-. DE 
BELGIQUE BRUXELLES 2"" :. J :. 3^ .-. M /. 5835 
inscrit en deux cercles. Dans le champ, une table por- 
tant l'inscription : LA xMAÇONNERIE SURVIT A 
TOUS LES TEMPS DIEU LE VEUT. Au-dessus 
de la table, entouré de rayons lumineux, figure un 
triangle portant les signes 177 177. 

Médaille frappée en l'honneur du baron de Stassart, 
nommé grand maitre national de la maçonnerie de 
Belgique. 

Bronze. PI. VII, n" 16. 

Av. G^ J" A^ BARON DE STASSART. Le buste du 
baron de Stassart, revêtu de son uniforme de sénateur, 
sur la poitrine, plusieurs décorations ; à l'épaule du bras 
gauche, hart f. 

Rv. En haut, trois couronnes de feuilles de laurier, 
enlacées et reliées par des rubans. LES libéraux belges 

AU BARON DE STASSART, ÉLU SÉNATEUR PAR LES ARRON- 
DISSEMENTS DE BRUXELLES NAMUR ET NIVELLES LE 
II JUIN 1839, DESTITUÉ, LE 17, DES FONCTIONS DE GOUVER- 
NEUR DU BRABANT PAR LE MINISTÈRE DETHEUX EN 
HAINE DE CETTE TRIPLE ÉLECTION *. Le baron de Stas- 



208 NUMISMATIQUE MALINOISË 

sart avait posé sa candidature pour le Sénat dans les trois 
districts de Bruxelles, de Namur et de Nivelles, et il fut 
élu pour les trois sièges. 

Bronze. PI. VIII, n» 17. 

Il existe une épreuve de cette médaille avant l'inscrip- 
tion. 

Même avers que le numéro 17. 

Rv. PREC .-. MAC .-. (c Adore le G:. Arch:. de l'un. — 
» Aime ton prochain. — Ne fais point de mal. — Fais du 
» bien. — Laisse parler les hommes. — Le culte le plus agré- 
» able au G.'. Arch.'. consiste dans les bonnes mœurs et dans 
» la pratique des vertus. — Fais donc le bien pour l'amour 
« du bien lui-même. — Tiens toujours ton âme dans un état 
» assez pur pour paraître dignement devant le G.'. Arch.'. qui 
» est Dieu. — Aime les bons, plains les faibles, fuis les 
» méchants, mais ne hais personne. — Parle sobrement avec 
» les grands, prudemment avec tes égaux, sincèrement avec tes 
)) ami'',, doucement avec les petits, tendrement avec les pauvres. 
» — Ne flatte point ton frère, c'est une trahison; si ton frère 
^^' te flatte, crains qu'il ne te corrompe. — - Ecoute toujours la 
» voix de ta conscience. Sois le père des pauvres, chaque soupir 
» que ta dureté leur arrachera, augmentera le nombre des 
» malédictions qui tomberont sur ta tête. — Respecte l'étran- 
» ger voyageur, aide-le; sa personne est sacrée pour toi. Evite 
)) les querelles, préviens les insultes, mets toujours la raison de 
n ton côté. — Respecte les femmes, n'abuse jamais de leur fai- 
» blesse, et meurs plutôt que de les déshonorer. — Si le G.'. 
» Arch.'. te donne un fils, remercie-le, mais tremble sur le 
» dépôt qu'il te confie; sois pour cet enfant l'image de la divi- 
» nité. Fais que jusqu'à 10 ans il te craigne, que jusqu'à 20 2I 
» t'aime, que jusqu'à la mort il te respecte. Jusqu'à 10 ans 
» sois son maître, jusqu'à 20 ans son père, jusqu'à la mort 
» son ami. Pense à lui donner des bons principes plutôt que 



NUMISMATIQUE MALINOISE 209 

)) des belles manières; qu'il te doive une droiture éclairée 
)) et non pas une frivole élégance; fais-le honnête homme 
» plutôt qu'habile homme. — Si tu rougis, de ton état, c'est 
» orgueil; songe que ce n'est pas ta place qui t'honore ou te 
)) dégrade, mais la façon dont tu l'exerces. — Lis et profite, 
» vois et imite, réfléchis et travaille; rapporte tout à l'utilité 
» de tes frères ; c'est travailler pour toi-même. — Sois content 
» partout, de tout et avec tout. — Réjouis-toi dans la justice; 
)) courrouce-toi contre l'iniquité, souffre sans te plaindre. — 
» Ne juge pas légèrement les actions des hommes; loue peu et 
w blâme encore moins; c'est au Gr.'. Arch.'. de VU.'., qui 
» sonde les cœurs, à apprécier son ouvrage ». 

Même avers que le numéro 17. 

Rv. ^ GRAND ORIENT DE BELGIQUE ^ RÉ- 
COMPENSE MAÇONNIQUE. Dans le champ, un 
serpent se mordant la queue, entouré d'auréoles et for- 
mant un cercle; dans ce cercle, un autel allumé; sur le 
devant, un œil entouré de 7 étoiles, un pélican nouris- 
sant ses jeunes; à droite de l'autel, une sphère, une 
palette avec pinceaux, une branche d'olivier; à gauche, 
une ruche entourée d'abeilles, une lyre et une branche 
de chêne. A l'exergue, une couronne traversée par deux 
palmes. 

Médaille gravée par Hart. 

Bronze. PL VIII, n° 18. 

Même avers que le numéro 17. 

Rv. Trois couronnes de laurier entrelacées et traver- 
sées par un ruban. Le champ est uni et destiné à 
recevoir une inscription. 

Bronze. PI. VIII, n^ 19. 

Même avers que le n« 17. 

Rv. * LA MAC .-. VIVRA i DIEU LE VEUT * 



2TO NUMISMATIQUE MALINOISE 



GR ,". OR .*, DE BELGIQUE 5838. Dans le champ, un ser- 
pent mordant une lime, emblème de l'impuissance. 

Médaille gravée par Hart. 

Bronze. PI. VIII, n*^ 20. 

Av. GOSWIN JOSEPH AUG^' BARON DE STAS- 
SART. La tête de M. de Stassart tournée à droite; au- 
dessous, le nom du graveur leopold wiener. 

Rv. NÉ A MALINES LE 2 SEPT 1780. — MORT 
A BRUXELLES LE 10 OCT. 1854. Deux palmes 
enroulées d'un ruban forment une couronne qui retient en 
haut l'écusson aux armes de M. de Stassart, surmonté 
de la couronne du baron ; au-dessous, la devise semper 
FiDELis. Dans le champ, une notice biographique du 
grand homme. 

INT^ DU TYROL DE KOENIGSBERG DE BERLIN i8o5 

PRÉFET DE VAUCLUSE 1809 

DES BOUCHES DE LA MEUSE xSio 

MEMBRE DES ÉTATS GÉNÉRAUX 1821 

PRÉS^ DU COMITÉ DE L'INTÉRIEUR 

VICE PRÉS^ DV CONGRÈS i83o 

PRÉSIDENT DU SÉNAT i83i. 

GOUVERNEUR DE, NAMUR i83o 

DU BRABANT 1834 

PRÉS^ DE L'ACAD"^ ROY-^^ DE BELGIQUE i835 

^jBRE qt de L'INSTITUT DE FRANCE 1837 

MINISTRE PLÉNIPOT-^B 

1840 

Médaille dédiée à la mémoire du baron de Stassart, 
par souscription. 

Argent. PI. IX, n° 21. 

•Il existe un exemplaire de cette médaille en bronze et 
une épreuve avant la lettre. 

Les inscriptions sur les médailles frappées en l'hon- 
neur de ce savant, nous renseignent suffisamment sur sa 
valeur comme homme politique. 



NUMISMATIQUE MALINOISE 211 

Les ouvrages littéraires qu'il nous a légués sont aussi 
hautement appréciés. Il existe dans les collections de la 
ville, un volume grand in-8^ des œuvres diverses du 
baron de Stassart, adressé par l'auteur à M. Ketelaers, 
échevin de la ville de iMalines. Ses « fables » eurent huit 
éditions et furent traduites en hollandais, en flamand, 
en suédois et en anglais. 

Le baron de Stassart figure comme président du 
Sénat sur la médaille frappée lors de l'installation des 
Chambres, par le roi Léopold I, le 8 septembre i83i. 

Armand de Perceval 

naquit à Malines en 1818. Il représentait l'arrondisse- 
ment de Malines à la Chambre des représentants. Les 
différents discours prononcés par le jeune député sur la 
situation des classes laborieuses en Belgique, le firent 
porter aux nues par les ouvriers, qui organisèrent une 
manifestation en son honneur. 

La médaille ci-après a été frappée pour en commémo- 
rer le souvenir, et un exemplaire fut remis à de Per- 
ceval. 

Av. ARMAND DE PERCEVAL NÉ A MALINES 
EN r8i8. Dans le champ, la tête du député, tournée à 
gauche; au bas, jouvenel. 

Ru. ÉLU EN 1848 MEMBRE DE LA CHAMBRE 
DES REPRÉSENTANTS PAR L'ARR^ DE MA- 
LINES. Dans le champ, l'inscription LIBERTÉ ET 
SOLIDARITÉ, entourée de deux branches de laurier 
formant couronne. 

Bronze. PI. X, n» 22. 

Il existe une variété de cette médaille, frappée seule- 
ment à six exemplaires, avec un revers d'un naturalisme 
choquant. 



212 numismatiqup: malinoise 



Léopold Pluys 

Av. Les armoiries de la ville. 

Rv. Dans une couronne de laurier : TÉMOIGNAGE 
DE SATISFx\CTION DÉCERNÉ A MONSIEUR 
PLUYS MÉDAILLÉ A L'EXPOSITION D'AM- 
STERDAM i885. 

Médaille offerte par le Conseil communal de Malines 
à M. Léopold Pluys, artiste-peintre verrier. Notre Mali- 
nois est fils de J.-F. Pluys, le rénovateur de la peinture 
sur verre en Belgique. 

Bronze. PL XI, n^ 23. 

Pierre- Joseph Van Beneden 

naquit à Malines, le ig décembre 1809, dans la maison 
appelée « De Geit », formant le coin des rues de la 
Chèvre et du Bruel. L"ne notice biographique de ce 
savant naturaliste, par le professeur M. Van Reusel, a 
paru dans le premier fascicule du tome V de l'annuaire 
du Cercle Archéologique; une nomenclature de ses 
ouvrages figure dans cet opuscule. 

Le magistrat de Malines offrit à Van Beneden, une 
médaille en bronze, en 1877; une manifestation impo- 
sante eut lieu à l'hôtel de ville, où ses anciens élèves 
malinois lui offrirent une couronne en or. 

Av. ^ CIVI SUO PR.ECLARO P. J. VAN BENE- 
DEN PER ANNOS XL IN UNIV. LOV. DOCENTI 
SCIENTIIS NATVRALIBVS DOCTISSIMO CIVI- 
TAS MECHLIENSIS DEDICAVIT A^ MDCCC 
LXXVII *. 

Rv. Les armoiries de la ville de Malines. 

Bronze. PI. XI, n» 24. 



NUMISMATIQUE MALINOISE 2l3 

En 1866, l'Université de Louvain fêta le cinquante- 
naire de son entrée comme professeur. Le 5 juillet de la 
même année une réception brillante l'attendit dans sa 
ville natale; son buste, une œuvre remarquable de notre 
confrère Joseph Willems, fut placé à l'hôtel de ville. 

La médaille ci-après a été frappée en l'honneur du 
savant universellement apprécié. 

Av. Le buste de Van Beneden, gravé par Ed. Geerts, 
dans un cercle perlé. 

Rv. Une couronne de laurier, que traverse une palme 
entourée d'un ruban, portant les inscriptions PALÉON- 
TOLOGIA-ANATOML\ ZOOLOGIA; au-dessous, en 
7 lignes : VIRO DOCTISSIMO ET CELEBER- 
RIMO P. J. VAN BENEDEN PER DECEM JAM 
LUSTRA IN UNIVERSITATE CATHOLICA LO- 
VANIENSI PROFESSORI; plus bas, en arc de cercle, 
MDCCCXXXVI-MDCCCLXXXVL 

Bronze. PI. XII, n° 25. 

Un exemplaire en or, un en argent et un en bronze 
furent remis à M. Van Beneden. 

Le Conseil communal de Malines a fait frapper une 
médaille, en i852, en l'honneur de l'illustre professeur, 
lorsqu'il obtint le grand prix de sciences physiques à 
l'académie de Paris. 

Une statue a été élevée à cet homme éminent, dans 
le Square Léopold, à Malines. 



Jean-François Dusart 

Av. BONAPARTE PREMIER CONSUL DE LA 
RÉPUBLIQUE FRs^ Dans le champ, le buste gravé 
par Andrieu. 



214 NUMISMATIQUE MALINOISE 



Rv. Dans une couronne de fleurs, en lettres gravées 
formant un cercle : jean François dusart; dans le 
champ, L.ETA DICat MeChLInIa, formant un chrono- 
gramme. 

Argent. PI. XIII, n" 26. 

Médaille de récompense, à bélière, au buste de Napo- 
léon, consul, offerte à Jean-François Dusart, receveur 
communal, en 1802. 

Rv. LEGE SERVATA VIRT\TE ET CONSTAX- 
TIA DELEGATIS BENE MERITIS D. D. S. P. Q. 
M. MDCCXCIII. Au bas, l'écu de Malines sur deux 
branches de laurier. Le coin de cette médaille se trouve 
à l'hôtel des Monnaies, à Bruxelles. 

Projet de médaille pour récompenser de leurs -services 
les représentants du peuple, pendant l'occupation des 
des troupes françaises; l'avers devait porter le buste de 
l'empereur François II, avec l'inscription FRAXCIS- 
CUS II VER.^ LIBERTATIS VIXDEX. 

Elle devait être en argent. PL XIII, n" 27. 

Dans les registres appelés Notitie-boeckcn van de lieercn 
thresoricrs, il est fait mention de la commande de cette 
médaille à Théodore Van Berckel. 

« Aen den heere van Berckel, over by requisitie van 

het magistraet gemaekt te hebben een paer stempels tôt 

medalien, om gepresenteert te-worden aen de gewesene 

■ representanten des volks ten tyde der occupatie der 

fransche trouppen — i3i — 5 ». 

La résolution suivante du magistrat, datée du 7 oc- 
tobre 1793, autorisa le paiement de la somme : 

« Eodem (7 october 1793) is gelesen den brief van 
d'Heer van Berckel, met gevoeghde specificatie over 
verschotten ende arbeidsloon int graveren vande stem- 



NUMISMATIQUE MALINOISE 2x5 

pels tôt geordonneerde medaillen om gedistribueert te 
worden aen de Membres uitgemaeckt hebbende de repre- 
sentatie van het volk van Mechelen ten tyde van laeste 
fransche occupatie beloopende de voors. specificatie tôt 
i3i-5-o, die de heeren trésoriers geauthoriseert zijn 
geworden te betaelen ende den heere Raedpensionnaris 
Goubau gelast hem te versoeken van ons deze stempels 
te willen toe senden. » 

Goubau ne réussit pas à obtenir la frappe de cette 
médaille ; aucun exemplaire n'ayant été retrouvé, il est 
à supposer que le magistrat a dû renoncer à son projet 
de récompense. 



Charles Brias 

Av. Médaille à bélière, portant dans le champ, en 
lettres gravées, sur neuf lignes : à Monsieur Charles Brias 
premier de la peinture du genre au grand Coneours de Bru- 
xelles la Soeiéfé de Malines pour l' encourageinent des Beaux- 
Arts MDCCCXXIV. 

Rv. Une couronne formée de branches d'olivier. 

Argent. PI. XIII, n° 28. 

Charles Brias est né à Malines, en 1798. 

Av. Un serpent, qui se mord la queue dans un cercle 
orné. Dans le champ, en lettres gravées : Dédiée à Ch' 
Brias en mémoire dit 1" Prix de Conversation remporté le 
*" 1S24 à Bruxelles. 

Rv. Dans une couronne formée d'une branche de chêne 
et d'une branche d'olivier, ciselées et appliquées, se 
trouve en lettres gravées, l'inscription suivante : Par un 
Ami des Arts le (^ a-'"' /cS'i'^ à Malines. 

Médaille à bélière, en argent. PI. XIV, n" 2g. 



2l6 NUMISMATIQUE MALINOISE 

Av. Dans le champ, à gauche, sur un piédestal, la 
statue de Rubens, comme il est indiqué sur le socle, par 
les lettres P. P. R. Une palette est entourée d'une cou- 
ronne de laurier; à droite se trouve l'écu de Malines, 
surmonté d'une couronne comtale, accosté d'une branche 
de chêne; en haut, une étoile lance des rayons lumi- 
neux; au bas, un médaillon; le tout est gravé. 

Rv. En lettres gravées, sur onze lignes : LA VILLE DE 

MALINES A CHARI ES BRIAS, PEINTRE NÉ A MALINES. - 
HOMMAGE A SON TALENT, ET SOUVENIR DE LA MÉDAILLE 
D'OR QUI LUI FUT DÉCERNÉE A L'EXPOSITION DE BRU- 
XELLES EN AOUT 1S42. 

Médaille en vermeil. PI. XV, n» 3o. 

Av. Dans un cercle perlé, l'inscription suivante gra- 
vée : LA VILLE DE MALINES a F. JonghlIiaUS DE MALINES 

Premier Prix de Chant au Conservât" R. de Musique bc 
Bvuïelles — Concours de 184'j — 3 Aoiit — Délibération 
du Conseil Communal du 7 Août 184J. Au bas, en demi- 
cercle : SOUVENIR ET TÉMOIGNAGE DE SATISTACTION. 

Rv. Les armoiries estampées de la ville, sont appli- 
quées sur la médaille à bélière. 

Vermeil. PI. XVI, n° 3i. 

Av. KUNST « EN LETTERLIEVENDE ° KRING 
^ DE « EIKEL ^ Dans le champ, une branche de 
chêne surmontée de l'écu de Malines; un ruban attaché 
à la branche porte le nom de la ville MECHELEN ; le 
tout dans un cercle orné. 

Rv. Une couronne de laurier. 

Métal blanc. PI. XVII, n« 32. 

Cette miédaille a été frappée par la Société artistique 
et littéraire De Eikel, pour être décernée à titre de 
récompense à ses membres qui se sont distingués dans 
les concours. 



JMUMISMATIQUE MALINOISE 217 



Un dragon est couché sur un ruban portant l'inscrip- 
tion DE STAD MECHELEN; il tient clans la gueule 
une branche d'olivier et soutient avec ses ailes relevées 
une banderole sur laquelle se trouve en relief les armoi- 
ries de la ville et l'inscription suivante : Aan den be- 

KROONDEN VlAAMSCHEN ScHRIJVER M' FrANS VaN DEN 

Bergh 2.5 JuLi 1899. 

Plaque en vermeil, offerte par la ville, à l'écrivain 
flamand François Van den Bergh, pour son ouvrage 
primé au concours d'histoire nationale institué par l'aca- 
démie flamande, 

PI. XVIII, no 33. 

Ce bijou sort des ateliers de notre concitoyen et 
habile orfèvre François Louckx. 

Av. s? SOCIÉTÉ DE SECOURS MUTUELS 
AMOUR FRATERNEL FONDÉE EN 1859. 

Rv. Sous LA Présidence d'Honneur ^ de M' FRANK 
GILLIS. 

Cuivre. PI. XVIII, n^ 34. 

Il existe un exemplaire en nickel de ce jeton. 



fll^c^aiUcî? bce HvchevèQues 



Perrenot de Granvelle 

Antoine Perrenot de Granvelle, premier archevêque 
de Ivlalines, est né à Ornans, en Bourgogne, en i5i7; il 
devint évèque d'Arras en i543, archevêque de Malines, 
en juillet i56o et cardinal le 26 février i56i. 

Cet homme, d'un talent remarquable, jouit de toute 



2i8 '-Numismatique malinoise 



la confiance de Philippe II, mais il se fit beaucoup 
d'ennemis par la rigueur excessive de ses conseils et sa 
résistance opiniâtre contre les nouvelles doctrines. 

En i56i, il fit l'acquisition du palais de Marie de 
Hongrie, actuellement le Palais de Justice, qui l'avait 
abandonné à cause des nombreux dégâts que subit le 
bâtiment lors de l'explosion de la poudrière Santpoorte. 
Le cardinal, qui craignait beaucoup ses ennemis, avait 
pour toute sécurité, fait voûter et blinder les portes de 
la chambre où il se tenait habituellement. 

Il se démit du siège de Malines, entre les mains de 
Grégoire XIII, le 24 janvier i583, et obtint plus tard 
l'archevêché de Besançon. 

Il mourut à Madrid, le 24 septembre i586. 

Les médailles ci-après ont été frappées en son hon- 
neur. 

Av, ANT j^ S j^ R j^ E j^ PBR ^ GARD j^ GRAN- 
VELLANVS. Le buste du cardinal tête nue. 

Rv. Le crucifiement du Christ; Jésus entre les deux 
larrons; au pied de la croix, Marie-Madeleine, un grand 
nombre de personnages agenouillés, et des cavaliers. 

Argent. PI. XIX, n*^ 35. 

Av. ANT o S o R o E o PBR o GARD o GRANVEL- 
LANUS. Le buste du cardinal. 

Médaille uniface, bronze. PI. XX, n"^ 36. 

Il existe, dans les collections de la ville, un exem- 
plaire en étain émaillé du numéro 36. 

Av. ANT - S o R o E ° PBR - GARD ° GRANVE- 
LANUS. Le buste du cardinal. 

Rv. Un navire luttant contre la tempête; il a le grand 
mât brisé; au-dessus, le mot DVRATE, accosté de 



NUMISMATIQUE MALIN OISE 2ig 

figures d'anges représentant le vent soufflé en tempête; 
au-dessus, des nuages. 

Médaille ovale, argent. PI. XX, n« ij. 



Av. ANT o PERRENOT o S o R o E o PBR o 
CARD o GRANVELLAN. Le buste du cardinal. 

Rv. Un navire à trois mâts luttant contre les vagues, 
tourmenté par le dieu des vents, Eole; au-dessus, le 
mot DVRATE (persévérez). 

Argent. PI. XX, n^ 38. 

Av. ANT o PERRENOT o S o R o E o PBRI c 
CARD o ARCHIEPI " MECHL o Le buste du car- 
dinal, tête nue, à droite; sous la coupure du bras, le 
millésime i56i. 

Rv. Un navire qui_fait naufrage; des matelots se pré- 
cipitent à la mer et deviennent la proie des monstres 
marins; d'autres grimpent dans les mâts qui surgissent 
encore de l'eau; à côté, Neptune, dieu de la mer, dont 
le vaisseau est conduit par deux chevaux-marins, menace 
Eole de son trident; le tout surmonté d'un arc en ciel et 
du mot DVRATE. 

Bronze. PI. XXI, n° Sg. 

Il existe une variété de cette médaille où le cardinal 
est coiffé d'un béret. 

Bronze. PI. XXII, 11° 40. 

Av. ANT o S o R o E c PBR o CARD o GRANVE- 
LANYS o Son buste à gauche, la tête découverte. 

Rv. Un navire luttant contre les vagues et tourmenté 
par les vents; au-dessus, le mot DVRATE. 

Bronze. PI. XXII, n^ 41. 



220 NUMISMATIQUE MALINOISE 



François-Antoine, Prince de Méan 

naquit au château de Saive, le 6 juillet lySô; il fut sacré 
évoque le ig février 1786, par son oncle nnaternel de 
Hoensbroeck, prince-évèque de Liège, auquel il succéda 
le 16 août 1792. A la révolution française, il fut expulsé; 
le 28 juillet 1817, il obtint de Pie VII le siège métropo- 
litain de Malines, dont il prit possession le 22 septembre 
suivant. Le prince de Méan mourut à Malines, le i5 jan- 
vier i83i, et son corps fut déposé dans le caveau des 
archevêques, le 21 du même mois. 

Il a été élevé un monument à la mémoire du prince 
de Méan, dans l'église de Saint-Rombaut, par les soins 
de son neveu, M. le comte Eugène de Méan, et une 
médaille a été frappée pour en perpétuer le souvenir. 

L'avers représente le mausolée en marbre blanc, 
adossé au pan du milieu de la chapelle; le pan de droite 
est percé d'une fenêtre reposant sur des colonnes reliées 
par des ogives; le pan de gauche n'a pas de fenêtre. Un 
sarcophage sur lequel sont sculptées les armoiries du 
prince se trouve dans la partie inférieure du mausolée; 
dans la partie supérieure cintrée se trouve l'archevêque 
agenouillé devant un ange; le tout surmonté de l'inscrip- 
tion Jfiut boluntas tua; les pilastres du monument sont 
ornés ; le cintre est orné d'un vase ; au bas, à l'exergue : 
INAUG. LE 19 AOUT 1837. 

Rv. iF^ ÉRIGÉ DANS L'ÉGLISE MÉTROP. DE MALINES PAR 
EUG.' DE MÉAN ^ LOUIS JÉHaTTE SCULPTEUR. Dans le 
champ, A LA MÉMOIRE DE FR. ANT. MAR. CONST. DES 
COMTES DE MÉAN DERNIER PRINCE ÉVÈQUE DE LIÈGE, 
ARCHEVÊQUE DE MALINES, PRIMAT DE BELGIQUE, DÉ- 
CÉDÉ LE 3l ÎANV. l83l. 

Bronze. PI. XXIII, n'^ 42. 

Il existe un exemplaire en étain de cette médaille. 



NUMISMATIQUE MALINOISE 221 



Engelbert Sterckx 

est né à Ophem, le 2 novembre 1792. Grégoire XVI le 
nomma archevêque de Malines, le 24 février i832; ce 
fut Mgr Delplanque, évèque de Tournai, qui lui donna 
la consécration épiscopale le o avril suivant, et le 1 3 sep- 
tembre i838, il fut créé cardinal. 

Une médaille a été frappée pour commémorer cette 
dernière nomination. 

Av. ENGELBERTUS o STERCKX o ARCHIEP o 
MECHLIN o Le buste, à gauche, du cardinal; en-des- 
sous, J. LECLERCQ. F. 

Rv. PR^SULEM PIETATE ^ DOCTRINA ° PRUDENTIA ANI- 
MIQUE o MANSUETUDINE o SPECTATISSIMUM SS « DD ° GRE- 
GORIUS o XVI CARDINALIUM o COLLEGIO o ADSCRIPSIT 
XIII ° SEPT ° M o DCCC ° XXXVIII. 

Argent. PI. XXIV, n« 43. 

Il existe un exemplaire de cette médaille, en bronze et 
un en cuivre doré, ainsi que trois exemplaires d'un mo- 
dule moindre, de 42 millimètres de diamètre. 

Mgr Sterckx mourut le 4 décembre 1867, et ses restes 
mortels furent ensevelis dans le caveau des archevêques, 
après qu'on les eût promenés sur un lit de parade par les 
rues de Stassart, Saint-Jean, des A^aches et la Grand' 
place, pour entrer à la Métropole. 

Un jeton nous rappelle le souvenir de cette cérémonie 
lugubre en plein hiver. 

Av. 3»c A. S. E. M''" LE Cardinal Archevêque 
ENGELBERT STERCKX. Dans le champ : pure et 

BELLE, IL RENDIT SON AME AU CRÉATEUR, 4 x"""' 1867. 

Deux flambeaux, reliés par une couronne mortuaire; 
en-dessous, tandem felix! 



222 NUMISMATIQUE MALINOISE 

Rv. SOUVENIR PIEUX DEUIL PUBLIC. Dans le champ, 
l'écu de Malines accosté de l'inscription : ville de — 

MALINES. 

Bronze. PI. XXIV, n^ 44. 

Le mémo jeton existe en étain. 

Av. KARDIN. AARTSB. ENGELB. STERCKX. 
La tête du cardinal à gauche, et au-dessous le nom du 
graveur f. baetes, antw. 

Rv. Dans un encadrement trilobé, le corps du cardinal 
exposé sur un lit de parade; dans le lobe supérieur, les 
armoiries du prélat, entourées du collier de l'ordre de 
Léopold de Belgique; dans le lobe à droite, au-dessous 
de l'oreiller, f. baetes. 

En deux lignes circulaires, la légende suivante : 

^ GEB0REN TE OPHEM 2 NOV g I792 >$< PRIESTER GE- 
WIJD i8t5 ^ PASTOR TE BOUCHOUT 182I ^ PASTOR-DEKEN 

VAN 0. L. V. KERK TE ANTWERPEN 1824. AARTSBISSCHOP 

GEWIJD l832 >$< KARDINAAL BENOEMD l838 >$« OVERLEDEN 
TE MECHELEN 4 DECEMBER 1867. 

Bronze. PI. XXV, n'' 45. 

Âv. EMIN. DNUS. ENGELBERTUS STERCKX. 
ARCHIEP. MECHL. PRIMAS BELGII. La tète du 
cardinal à droite, sous la tête, une croix tréflée et ch. 

WIENER d'après J. P. GROOLAERS. 

Rv. Deux branches de laurier surmontées des armes 
du prélat, avec sa devise pax vobis; plus bas, dans le 
champ, en neuf lignes : MEMORLE EMINENT. 
DNI. ENGELBERTI CARDINALIS STERCKX 
ARCHIEP. MECHLIN. BELGII PRIMATIS de 

ECCLJîSIA ET REPUBLICA MERITISSIMI OB PIETATEM ET 

doctrinam a GREGORIO PAPA XVI purpura exor- 

NATI. OBIIT PRID. NONAS DECEMB. MDCCCLXVII. 

Bronze. PI. XXVI, n" 46. 



NUMISMATIQUE MALINOISE ^ 223 

Les légendes des deux médailles qui précèdent indi- 
quent clairement à quelle occasion elles ont été frappées. 

Il existe encore une médaille uniface, en argent, de 
Mgr Sterckx. 

Victor-Auguste-Isidore Dechamps 

naquit à Melle, dans la Flandre Orientale, en 1811. 
Après avoir brillamment terminé ses études à Louvain, 
il entra dans la Congrégation des Rédemptoristes. Ses 
grandes aptitudes le mirent en évidence, et en i865, il 
fut appelé au siège épiscopal de Namur. A la mort du 
cardinal Sterckx, il succéda au siège épiscopal de 
Malines et fut installé le 28 janvier 1868. 

Les sermons, conférences et éloges funèbres de ce 
savant ont été réunis en un volume; on y trouve l'orai- 
son funèbre de notre première reine et celle de S. E. le 
cardinal Sterckx. 

Il a été frappé une médaille en l'honneur de ce prélat. 

Av. VICTOR AUGUST. ISIDOR. DECHAMPS. 
CONGR. S. S. REDEM. ARCHIEP. MECHLIN. 
PRIMAS BELGII. Le buste de l'archevêque à gauche; 
au-dessous, ch. wiener et une croix tréflée. 

Rv. BExNEDICTUS QUI VENIT IN NOMINE 
DOMINI. Dans le champ, les armes du prélat avec la 
devise pervia cœli porta mane; sur une banderole, plus 
bas, deux branches de chêne et la légende mdccclxviii 

V. KALEND. FEBRUARIAS ILLUSTR. IN CHRISTO PATER VIC- 
TOR AUGUSTUS ISIDORUS DECHAMPS AR- 
CHIEPISCOPUS MECHLINIAM solemniter intro- 

DUCITUR OVANTIBUS CLERO CUM f>OPULO. 

Bronze. PL XXVII, n^ 47. 



224 NUMISMATIQUE MALINOISE 



Lambert Goossens 

naquit à Perck, dans la province de Brabant, le i8 juil- 
let 1827; il fut élevé à la dignité d'archevêque à Malines, 
le 24 mars 1884, et devint, cinq ans plus tard, soit le 
24 mai i88g, cardinal-primat de Belgique. 

PETR. LAMB. CARDINALIS GOOSSENS ARCHIEP. MECHL. 

PRIMAS BELGii MDCCCLxxxix. Lc bustc du Cardinal à 
droite, ayant devant lui vSes armes avec la devise : omnia 

ET IN OMNIBUS CHRISTUS. 

Médaillon uniface, en bronze, par noppe, d'après 
J. Willems; au bas, v. van deurex-fris, mecul. 

Bronze. Diamètre, 14 centimètres. 

La dimension de cette plaque n'a pas permis la repro- 
duction dans notre volume. 



NUMISMATIQUE MALINOISE 225 



flDébaillcs commémorativce 



Av. PRISE DU PONT DE WALHEM. Le pont 
à gauche est occupé par les soldats poursuivant, la 
baïonnette au canon, les hollandais en déroute; ils sont 
précédés du porte-étendard, qui plante son drapeau au 
milieu du pont. A droite, et plus bas, est assis Neptune, 
Dieu de la mer, tenant le bras droit sur un vase d'où 
émerge l'eau qui s'écoule dans la Nèthe. 

Rv. HONNEUR au COURAGE — général MEL- 
LINET — LES chasseurs chasteler — LE BOEUF 
— PORTE DRAPEAU. 

Bronze. PI. XXVIII, n^ 48. 

Av. MELLINET. Son buste, à gauche, gravé par 
VEYRAT, 1845. 

Rv. Dans une couronne, formée d'une branche de 
chêne et d'une branche de laurier reliées par un ruban, 
l'inscription suivante : Bruxelles walhem cumptich 

BERCHEM. NÉ A CORBEIL EN I768. l830. 

Bronze. PI. XXVIII, n^ 49. 

Cette médaille a été frappée en l'honneur du général 
français Mellinet, pour sa conduite courageuse en pour- 
suivant les hollandais ennemis jusque dans leur dernier 
retranchement à Anvers. Waelhem est une commune 
limitrophe de Malines. - 

Chemins de fer 

Av. LEOPOLD PREMIER ROI DES BELGES. 
Le buste du roi à gauche;, il porte l'uniforme paré du 
grand cordon de l'ordre de Léopold et d'autres décora- 
tions; au-dessous, le nom du graveur braemt. 



226 NUMISMATIQUE MALINOISE 



Rv. Le Commerce, personnifié sous la figure d'une 
d'une femme assise, tenant de la main droite une carte 
déroulée qui renseigne les noms des villes : Malines, 
Liège, Cologne, Anvers, Gand, Bruges et Bruxelles; au 
bas de la carte, iiainaut; sur le devant, la colonne du 
point central établie sur le territoire de Malines; la 
figure tient de la main gauche une corne d'abondance 
avec fruits ; plus bas se trouve un bouclier avec le lion 
belge ; à l'arrière-plan est posée sur des rails, une grande 
locomotive; à l'exergue : système de chemin de fer — 

LOI DU l"' MAI 1834. INAUGURATION 5 MAI l835. 

Médaille gravée par Braemt, à l'occasion du décret 
pour la construction du premier chemin de fer en Bel- 
gique et allant de Bruxelles à Malines. 

Argent. PI. XXIX, n^ 5o. 

Il existe des exemplaires en bronze de cette médaille. 

Av. Les effigies du roi et de la reine, entourées de 
l'inscription LEOPOLD PREMIER LOUISE D'OR- 
LÉANS; au-dessous, le nom du graveur borrel. 

Rv. Une locomotive, suivie d'une diligence dans la- 
quelle se trouvent des voyageurs; à l'exergue : ouver- 
ture DU CHEMIN DE FER DE BRUXELLES A MALINES 
5 MAI l835. 

Médaille commémorative de cette solennité. 
Bronze. Pi. XXIX, n^ 5î. 

Av. Le buste du roi, revêtu du grand uniforme et 
portant sur la poitrine le grand cordon de l'ordre 
de Léopold. LEOPOLD PRExMIER ROI DES 
BELGES. 

Rv. Il est identique à celui du n° 5i. 

Bronze. PI. XXIX, n° 52. 



NUMISMATIQUE MALINOISE 227 



Procès -vei bal 

de la Cérémonie qui a en lieu à l'occasion de rinaugitration 
du chemin de fer, décrété le i" mai 1884. 



Le cinquième jour du mois de mai 1835, 4"'*^ année du règne de 
Léopold I^"", Roi des Belges, le Chevalier Barthélemi De Theux de 
Meylandt, Ministre de l'Intérieur du Royaume de Belgique, accom- 
pagné de MM. De Meulenaere, Ministre des affaires étrangères et 
de la marine, Ernst, Ministre de la justice. Baron d'Huard, Ministre 
des finances, Baron Evain, Ministre de la guerre, et le Comte Félix 
de Merode, Ministre d'Etat, s'est rendu à onze heures et demie à 
l'endroit où commence le chemin de fer de Bruxelles à Malines, près 
de l'Allée verte, où une tente pavoisée aux couleurs nationales a été 
érigée pour recevoir les personnes invitées à la solennité. 

A midi, des salves d'artillerie ont annoncé le départ du cortège, 
qui se composait : 

1° De sept voitures, remorquées par la locomotive « La Flèche », 
dans lesquelles étaient placés les Présidents des chambres de com- 
merce, les chefs des corps militaires, ceux du corps des Ingénieurs 
des Ponts-et-Chaussées tt des Mines, l'Etat-major général de la 
garde civique, de l'armée et de la place de Bruxelles, les chefs 
d'Administration générale, les présidents des Cours de Cassation, 
des Comptes, d'Appel et de la haute Cour militaire, les secrétaires 
généraux des Ministères, précédés de la musique des Guides; 

2° De sept voitures, remorquées par la machine locomotive « Le 
Stephenson », dans lesquelles étaient placés les Ministres du Royaume, 
le corps diplomatique, les présidents du Sénat et de la Chambre des 
Représentants, les Sénateurs et Représentants, le Général en chef de 
la garde civique, le Major général de l'armée, précédées d'un wagon 
orné, contenant la musique de la Société de la Grande Harmonie de 
Bruxelles; 

3" De seize voitures, remorquées par la machine locomotive 
« l'Eléphant », dans lesquelles se trouvaient des fonctionnaires civils 
et militaires, des ecclésiastiques, des artistes distingués du Royaume, 
des membres des diverses commissions provinciales, des industriels, 
des professeurs, des employés des diverses administrations, des gardes 
iviques, des blessés de septembre 1830, des militaires des divers 



228 NUMISMATIQUE MALINOISE 



corps de l'armée et un grand nombre de dames invitées à faire partie 
du cortège, précédées de la musique du 2'"' régiment d'infanterie de 
Ligne; parmi ces voitures, neuf d'entr'elles étaient décorées de 
bannières aux armes des provinces. 

Le cortège a suivi le cliemin en fer construit entre Bruxelles et 
Malines, le long duquel étaient placés des poteaux ornés de drapeaux 
aux couleurs nationales et d'une nombreuse population accourue 
pour jouir du coup d'œil imposant qu'offrait cette solennité. 

Arrivé à l'entrée de la ville de Malines, à l'endroit où le chemin 
doit traverser le canal, les voitures se sont arrêtées et M. Ch. Rogier, 
gouverneur de la province d'Anvers, a reçu le cort>ge à la descente 
des voitures, l'a conduit au point central des chemins de fer décrétés 
par la loi du i" mai 1834, où une tente était établie. Immédiatement 
après l'arrivée du cortège, qui s'est faite au bruit de l'artillerie et aux 
sons des musiques militaires, le Ministre de l'Intérieur a prononcé le 
discours suivant : 

« Messieurs, 

» La présence d'une assemblée si distinguée et si nombreuse, assis- 
tant à la cérémonie à laquelle le Roi m'a chargé de procéder, est un 
témoignage solennel de l'importance que la Belgique et les nations 
amies attachent à l'établissement du système de chemins de fer 
décrété par la loi. 

» Cette vaste entreprise, commencée dans la quatrième année de 
notre régénération politique, attestera à jamais ce qu'on doit atten- 
dre d'un peuple, ami de l'ordre et de la liberté, qui, nonobstant les 
crises prolongées dont l'établissement de son indépendance fut accom- 
pagnée, a continué de se livrer avec la même application à l'agricul- 
ture, à l'industrie, au commerce, qui font la splendeur et la force des 
nations civilisées ; elle n'atteste pas moins la sollicitude du gouver- 
nement qui, dès les premiers jours de son existence, en a conçu 
la pensée. 

» Je n'entreprendrai pas de retracer ici tous les avantages des 
rhemins de fer, ils se résument en deux points principaux : économie 
de temps, économie d'argent; en facilitant d'une manière prodigieuse 
les rapports des hommes entr'eux et les relations du commerce, ils 
augmentent les moyens de civilisation et les sources de prospérité et 
d'agréments. 

» Déjà nous pouvons envisager dans un avenir peu éloigné, la 
liaison de nos chemins de fer avec ceux projetés en Allemagne et en 
France. C'est alors surtout que k Belgique se trouvant en position 



NUMISMATIQUE MALINOISE 229 



de favoriser les rapports commerciaux entre plusieurs peuples, en 
recueillera elle-même d'immenses avantages et acquérera de nou- 
veaux titres à leur sympathie. 

» Le commerce et l'industrie, ébranlés par les commotions poli- 
tiques, ont déjà repris leur essor, le passé n'inspire plus de regrets, 
l'avenir se présente sous les auspices les plus heureux, nos chemins 
de fer leur assurent une prospérité toujours croissante. L'agriculture, 
dont les intérêts s'unissent aux vrais intérêts industriels et commer- 
ciaux, en recueillera aussi sa part d'avantages. 

» Que la colonne que nous allons poser en commémoration de 
l'ouverture du chemin de fer soit en même temps le symbole d'une 
union morale toujours croissante entre tous les Belges! 

)) Vive le Roi ! » 

Ce discours a été accueilli par les acclamations de l'assemblée. 

Le Ministre de l'Intérieur a ensuite procédé à la pose de la pre- 
mière pierre de la colonne inaugurale, dans l'intérieur de laquelle se 
trouvent scellés : i° une médaille en argent à l'effigie de Sa Majesté 
Léopold P'', et portant au revers l'inscription suivante : 

LE 5 MAI 1835 
LA 4"^'-^ ANNÉE DU RKGNE DE 

LÉOPOLD I", ROI DES BELGES 

LE CHEVALIER DE THEUX DE MEYLANDT 

MINISTRE DE L'INTÉRIEUR 

A POSÉ LA PREMIÈRE PIERRE DE LA COLONNE INAUGURALE 

DES CHEMINS DE FER 

décrétés' PAR LA LOI DU I"'' MAI 1834. 
P. SIMONS, C. DE RIDDER, 

INGÉNIEURS. 

PI. XXX, no 53. 

2° Des pièces de monnaie en or, argent et cuivre, frappées pendant 
le règne de Léopold L'' et au millésime de 1835; 3" enfin, une copie 
du présent procès-verbal, gravée sur métal. 

La cérémonie étant terminée, le vin d'honneur a été présenté par 
les Ingénieurs directeurs des travaux, au Ministre de l'Intérieur, qui 
l'a offert aux principaux fonctionnaires invités. 

Des salves d'artillerie et des airs nationaux ont annoncé le moment 



230 NUMISMATIQUE MALINOISE 

du retour du cortège à Bruxelles, qui a eu lieu dans le même ordre 
que le départ, mais dont les trente -voitures qui le composaient ont 
été remorquées par la machine locomotive « l'Eléphant ». 

Le présent procès-verbal fait les jours mois et an que dessus a 
été signé par le Ministre de l'Intérieur et les autres Ministres du 
Royaume. 

Sif^nè : 

De Theux, Ministre de l'Intérieur; 

De Meulenaere, Ministre des Affaires étrangères et de la Marine ; 

Ernst, Ministre de la Justice; 

D'Huart, Ministre des Finances; 

Evain, Ministre de la Guerre; 

Comte FéHx de Merode, Ministre d'Etat. 

Un incendie ayant éclaté dans la cabine d'un garde- 
excentrique, l'élément destructeur, en se propageant, a 
détérioré la colonne commémorative du chemin de fer 
qui se trouvait dans le voisinage ; une grande partie a 
dû être remplacée et on a profité de cet accident pour 
déplacer de quelques mètres ce monument, qui était 
devenu encombrant par suite de la grande extension qu'a 
prise notre railway dans ces dernières années. 

Au remontage de la colonne, on a replacé la médaille 
et les pièces de monnaies en or, argent et cuivre men- 
tionnées au procès-verbal précité. Les sieurs De Paepe 
et Vercaramen, fonctionnaires du Service des Voies et 
Travaux, ont procédé au scellement du petit trésor, en 
1898. 

Av. ROUTE DU PROGRÈS. Un char antique aî'lé, 
portant une corne d'abondance remplie de fleurs et de 
fruits; un caducé surmonte la corne; sur le devant, l'em- 
blème de la foudre; derrière le char, un soleil levant. 

A l'exergue, dans une couronne ornée de deux rubans, 
les armes de la ville d'Anvers; au bas, hart fecit. 

Rv. <%> INAUGURATION DU CHEMIN DE FER 
'%> RÉGENCE d'anvers. Daus le champ, L'AGRICUL- 



NUMISMATIQUE MALINOISE 23l 

TURE, L'INDUSTRIE ET LE COMMERCE VIVI- 
FIÉS. III MAI MDCCCXXXVI. 

Médaille commémorative frappée à l'occasion de 
l'inauguration du tronçon de chemin de fer de Malines 
à Anvers. 

Argent. PL XXX, n« 64. 

Av. ^ AUSPICE PATRI/E ET RELIGIONIS 
LIBERTATE. Dans le champ, une croix entouré de 
rayons. 

A l'exergue, le monogramme de la vierge SMAR; 
au bas, deux petites branches d'olivier. 

Rv. Deux palmes reliées par un ruban forment une 
couronne; dans le champ : Universitas catholica 

BELGII RECTOHE P. F. X. DE RAM AB ARCHIEPISCOPO 
ENGELBERTO DIE IV NOV. MDCCCXXXIV MECHLINIA INAU- 
GURATA. 

Bronze. PI. XXXI, n^ 55. 

Médaille frappée à l'occasion de l'installation de 
l'Université Catholique à Malines, le 4 novembre 1834. 

Le recteur magnifique était M. l'abbé de Ram, qui a 
prononcé en latin le discours d'ouverture à l'église de 
Saint-Rombaut. 

Av. Sept médaillons, celui du centre porte, de face, 
le buste du Souverain-Pontife; autour : gregorius xvi, 
PONT. MAX. Les autres portent, de profil, les bustes des 
archevêque et évêques de Belgique; autour de chacun 
d'eux on lit : i*^ engelbertus archiep. mechl.; 2° 

CORNELIUS EPISC. LEOD.; 3° JOAN. ARN. EPISC. NAMURC.; 
4° FRANCISCUS EPISC, ADM. BRUG.; 5° JOAN. FRANC. EPISC. 

gand; 6° JOAN. jos. episc. tornac. Entre les médaillons 
du tour se trouvent les écussons de chacun des évêques, 
ainsi que les devises suivantes, écrites sur une bande- 
role : pour Liège, in trinitate fortitudo ; pour Namur, 



232 NUMISMATIQUE MALINOISE 



DEUS MEUS IN TE CONFIDO ; pOUT BrUgeS, SEQUERE ME; 

pour Gand, auxilium meum a domino; pour Tournai, 
DOMiNus MiHi ADjuTOR. Au-dcssous dcs médaillons : 

JOUVENEL. 

i?Z'. SMAR. CATHOLICA LITT. UNIVERSITAS MECHLINLE 
EKECTA DIE IV NOV. MDCCCXXXIV LOVANII SOLEMNI RITU 

coNSTiTUTA DIE I DEC. MDCCcxxxv. Au bas de la médaille, 
entre deux branches d'olivier, un médaillon présentant 
le buste de Mgr de Ram, recteur de l'université. Autour : 

p. F. X. DE RAM. KECT. UNIV. 

Frappée à l'occasion du tranfert de l'université de 
Malines à Louvain, le premier décembre i835. 
Bronze. PI. XXXI, n° 56. 

Av. Les armoiries de six évêques de Belgique, disposées 
dans six lobes renseignant dans leurs arcs les noms des 
titulaires : engelbert sterckx, avec sa devise fax vobis; 

NICOLAS JOSEPH DE HESSELLE, pro. deo ET grege ; JEAN BAP- 
TISTE MALOU, IN CRUCE SALUs; THEOD. ALEXIS JOS. DE 
MONTPELLIER, omnibus omnia ; LOUIS JOSEPH DELEBECQUE, 

MONSTRA TE ESSE MATREM ; GASPAR JOSEPH LABIS, FORTUTE ET SUA- 
VITE. 

Dans les angles rentrants, la première lettre des noms 
des villes où sont établis les évêchés : Malines, N^amur, 
Bruges, Liège, Gand et Tournai. 

Au milieu de la médaille, dans un cercle orné, est 
placé le portrait du pape, à gauche, gravé par léop. 
WIENER, PIVS c LX c PONT - MAX o 

Rv. COR ^ UNUM ^ ET * ANIMA • UNA, deux 
branches ornées de fleurs 4e lys. Dans le champ, socie- 
tas catholicorum primum apud belgas mechliniae 
A XVIII AD XXII AUG. mdccclxiii cœtu solemni congre- 

GATA. 

Argent. PI. XXXII, n" Sy. 

Il existe un exemplaire en bronze. 



NUMISMATIQUE MALINOISE 233 

Av. SA SAINTETÉ PIE IX SOUVERAIN-PONTIFE. Le bllStC, 

à droite, du pape, par Stordeur et Dehaen. 

Rv. Livre ouvert, renseignant sur deux pages les noms 
des membres du Comité organisateur du Congrès ; il est 
posé sur un trophée formé des instruments de la passion 
et d'ornements religieux. J^fjjfsk SOUVENIR DU CONGRES 

CATHOLIQUE DE MALINES MDCCCLXIII. 

Argent. PI. XXXIII, n^ 58. 

Même exemplaire en bronze. 

Ces deux médailles ont été frappées pour le Congrès 
catholique tenu à Malines, du i8 au 22 août i863. 

Av. MAISON DARRÈT CELLUL : A MALINES. 
A l'exergue : prosper cornesse, ministre de la jus- 
tice V. berden. administ. des prisons a. marcq 

INSPECT. DES CONSTRUCT. D. DEKEYSER. ARCHIT c. jeiiottef. 

Au milieu, la prison cellulaire. 

Rv. Dans le champ, le plan de la prison ; en haut, en 
demi-cercle, RÈGNE DE LÉOPOLD II ROI DES 
BELGES; en bas, 1871-1874. 

Bronze. PI.- XXXIV, n° 5g. 

Av. La tour de Saint-Rombaut, entourée de la légende 
extérieure : fondée au x siècle achevée 1451. la tour 
commencée 1452 ÉLEVÉE A i35 mètrcs i5i6. 

Légende intérieure : ÉRIGÉE EN ÉGLISE MÉTROPOLI- 
TAINE 1559 PAR LE PAPE PAUL IV. VISITÉE PAR LOUIS XV 
1746. Au bas : Sx ROMBAUT de MALINES, J. et L. WIE- 
NER F. 

Rv. L'intérieur de l'église de Saint-Rombaut. 

Argent. PL XXXIV, 11° 60. 

Il a été frappé un exemplaire en bronze. 



234 NUMISMATIQUE MALINOISE 



i£jipoc>itiont?, 3naiuiu rations, Conorèô, Concouvô 



Av. Dans un cercle perlé, en lettres gravées : 
Exposition de iiS4o. La société reconnaissante entiers 
M. Jacques Scheffermeyer , sculpteur. 

Rv. Société de Matines pour le soulagement des pauvres. 

Médaille à bélière. 

Bronze. PL XXXV, n« 6i. 

Il existe un exemplaire de cette médaille, au nom de 
J.-F. Pluys, l'artiste peintre-verrier bien connu. 

Av. ÉGLISE St rombaut. Dans le champ, la tour et 
l'église. 

Rv. VILLE DE MALI NES EXPOSITION l883 ECOLES 
CATHOLIQUES. 

Bronze. PI. XXXV, n^ 62. 

Le même exemplaire existe en étain. 

Av. LEOPOLD PREMIER ROI DES BELGES. La tête lau- 

rée à gauche. HART FECIT. 

Rv. INDUSTRIE BELGE. Un génie assis tient une ruche 
sur les genoux; à l'exergue : EXPOSITION MALINES 1849. 

Etain. PI. XXXV, n^ 63. 

Exposition organisée lors de l'inauguration de la statue 
de Marguerite d'Autriche. 

Av. 3*t INAUGURATION DE LA STATUE DE MARGUERITE 
D'AUTRICHE 1849. Une branche de chêne et une de 
laurier, formant couronne, entourent l'inscription en six 
lignes. 

Rv. Les armoiries de Malines. 

Argent. PI. XXXVI, n° 64. 

Il existe des exemplaires en bronze. 



NUMISMATIQUE MALINOISE 235 

Av. SOCIÉTÉ ROYALE D'HORTICULTURE DE MALINES. 
Le buste, à gauche, de Dodoens. 
Même revers que le numéro 64. 
Argent. PI. XXXVI, n« 65. 

Médaille frappée en 1849, à l'occasion de l'érection en 
Société Royale, de la Société d'horticulture. 

Elle fut fondée en 1837, P^^' ^-t- ^^ Cannart d'Hamale, 
grand amateur de fleurs, au Jardin botanique de Pitzem- 
bourg; la présidence lui fut offerte; il eut vite trans- 
formé ces terrains marécageux en un splendide jardin. 
Les 6, 7 et 8 juillet 1862, la société fêta son 25' anniver- 
saire, par l'organisation d'une exposition horticole mer- 
veilleuse, A cette occasion, la statue de Dodoens, par 
Joseph Tuerlinckx, fut inaugurée dans le jardin. Les 
membres offrirent au président un vase artistique, et au 
vice-président, M. Reyntjens, une médaille commémo- 
rative. 

# 
Av. VILLE DE MALINES FESTIVAL i852. Inscription 

dans un cercle constellé d'étoiles. 

Rv. Le même que le n^ 64. 

Bronze. PI. XXXVI, n" 66. 

Av. JAARMERK VAN VEE 1877, dans une couronne 
de laurier et de chêne. 

Rv. Le même que le n^^ 64. 

Bronze. PL XXXVI, n« 67. 

Médaille commémorative pour la foire au bétail. 

Av. cg) CLUB DES GYMNASTES MALINOIS. Dans le 
champ, FÊTE DE MALINES 7 JUILLET 1878, inscrit dans 
un cercle perlé. 

Rv. Les armoiries de la ville, avec la banderole por- 
tant la devise ln fide constans. 



236 NUMISMATIQUE MALINOISE 



Médaille décernée aux sociétés (jui ont prêté leur con- 
cours à cette fête de gymnastique. 

Bronze. PI. XXXVII, n° 68. 

Av. Dans le champ, sur un cartouche, CLUB DES GYM- 
NASTES MALINOIS, FETE DU 25 JUILLET i886. Le cartou- 
che est placé sur un trophée formé d'armes et d'instru- 
ments de gymnastique. 

Rv. Le même que le n^ 68. 

Il n'a été frappé que six exemplaires de cette médaille 
à bélière. 

Bronze. PI. XXXVII, n« 69. 

Il existe une médaille en métal blanc qui a le même 
avers que le n° 6g, avec cette, inscription en lettres gra- 
vées : XINOORDER GOUWFEEST MECHELEN 16 JUNI iSqS. 
MECHELSCHE TURNERS 3o JAAR BESTAAN DE HOOP. Le 

revers donne les armoiries du royaume. 

Av. CLUB DES GYMNASTES MALINOIS. Dans le champ, 
une' couronne de laurier renfermant l'inscription : fête 
DE MALINES; au bas, frappé au burin, le millésime i885. 

Rv. Les armoiries de la ville. 

Médaille en bronze. 

Av. XVIIDE NEDERLANDSCH TAAL EN LETTERKUNDIG 
CONGRES MECHELEN. En demi-cercle, vers le bas : 24, 
25, 26, 27 AUGUSTY 187g. 

Rv. Le même revers que le n° 68. 

Médaille commémorative du XVII"" congrès flamand, 
tenu à Malines les 24, 25, 26 et 27 août 187g; il avait 
comme haut protecteur. Sa Majesté Léopold II, notre roi. 

Les membres d'honneur étaient : Ph. Verhaghen, 
bourgmestre de la ville, président d'honneur; Fr. de 
Cannait d'Hamale, sénateur; Eugène de Kerckhove, 



NUMISMATIQUE MALINOISE 287 

représentant; J. Andries, F. Dejode, L. Pouppez de 
Kettenis et Ernest \^ermeulen, échevins. 

A l'occasion de ce congrès, un cortège aux lumières, 
remarquable, a été organisé en l'honneur des hôtes 
étrangers. 

Bronze. PI. XXXVII, n^ 70. 

Av. Dans le champ : PREMIER CONGRÈS MUSICAL A 
MALINES ORGANISÉ PAR LA SOCIÉTÉ ROYALE RÉUNION 
LYRIQUE; le tout dans un cercle perlé, entouré de l'in- 
scription : cip SOUS LE PATRONAGE DE SA MAJESTÉ LÉO- 
POLD II €' 1881. 

Rv. I.e même que le n^' 68. 

Ce congrès eut lieu le 12 septembre 1881. 

PI. XXXVII, n. 71. 

Av. Dans un cercle entouré d'une couronne de feuilles 
de chêne, CLUB DES GYMNASTES MALINOIS 25e ANNIVER- 
SAIRE 3 AOUT 1865-1890. 

Rv. Les armoiries de la ville, dans un cercle en forme 
de corde, entouré d'étoiles. 

Bronze. PL XXXVIII, n^ 72. 

Le club des gymnastes malinois a été fondée en i865. 

Av. 'O TENTOONSTELLING KATHOLIEKE SCHOLEN ^ 
MECHELEN, dans le champ. Dans un cercle perlé : 
FESTIVAL 16 SEPTEMBER l883. 

Rv. Le même que celui du n° 72. 

Cuivre. PL XXXVIII, n^ 73. 

C^tte médaille à bélière a été distribuée aux sociétés 
de musique qui ont participé à la festivité musicale 
organisée lors de l'exposition en faveur des cercles catho- 
liques. 



238 NUMISMATlyUE MALINOISE 

. ^ _ 

Av. ^ VILLE DE MALINES — FESTIVAL, inscrit dans un 
cercle en forme de corde, entouré d'étoiles ; au bas, un 
cartouche destiné à recevoir l'année de la distribution. 

Rv. Le même que celui du n*^ 72. 

Projet de médaille à bélière à distribuer aux sociétés 
participant aux fêtes musicales organisées à Malines. 

Bronze. PI. XXXVIII, n^ 74. 

Av. Dans un cercle perlé, ville de malines police, 
entouré d'un cercle d'étoiles. 

Rv. Le même que celui du n° 72. 

Signe distinctif que portaient les agents de police 
dans l'exercice de leurs fonctions. 

Bronze. PL XXXVIII, n" y5. 

Il existe une variété de cette médaille, portant à l'avers 
les armoiries de la ville et au revers, en lettres gravées, 
Police Judiciaire de la ville de Malines. Ces insignes ne 
sont plus utilisés. 

Av. TÉMOIGNAGE DE SATISFACTION DÉCERNÉ PAR LE 
CONSEIL COMMUNAL A LA SOCIÉTÉ Rle LA RÉUNION 
LYRIQUE I" PRIX DU CONCOURS INTERNATIONAL DE 
BRUXELLES 1880. Cette inscription se trouve dans une 
couronne de feuilles de chêne. 

Rv. Les armoiries de la ville. 

Or. PI. XXXIX, no 76. 

Av. MECHELSCHE TENTOONSTELLING VAN TUIN EN 
LANDBOUW 6 SEPTEMBER 1888. Inscription entourée 
d'une couronne de feuilles de chêne. 

Même revers que le n^ 76. 

Bronze. PI. XXXIX, n^ yy. 

Av. Dans une couronne de feuilles de chêne, en lettres 
gravées, M. D'Avoine Méd. Expos. Univ. d'Anvers j86'S. 
Même revers que le n*^ 76. 
Vermeil. PI. XXXIX, n^ 78. 



NUMISMATIQUE MALINOISE 289 



M. D'Avoine était grand amateur de fleurs. 

Av. Dans une même couronne, l'inscription gravée : 
Mcchelcn OU DE EENDRACHT Peekcnsschicting 1884. 
Rv. Même revers que le n^ 76. 
Argent. PI. XXXIX, no 79. 

Cette médaille appartient à la société de tir à la 
perche : Onde Ecndracht, qui a son local au Pont de fer. 

Av. Dans le champ, l'inscription suivante, entourée 
d'un cercle : gedenkenis van de buildragers - car- 
naval 1892, le tout dans une couronne de laurier, for- 
mée de deux branches reliées par un ruban ; en haut, 
entre les branches, une étoile. 

Rv. Dans un cercle orné, les armoiries de la ville. 

Bronze. PI. XL, n» 80. 

Médaille à bélière décernée par une société de bien- 
faisance, composée de bourgeois de la localité; ils 
avaient pris le nom de « Buildragers » (Portefaix) ; 
le siège de la société était au « Café de Munich », Bailles 
de fer. En 1892, le 28 février, cette société a fait paraitre 
le premier numéro d'un journal humoristique, sous le 
titre : « De Buildrager — Serieus, kurieus, officieel 
kommercieel, politiek zonder kritiek en letterkundig 
blad voor gansch de stad ». 

Av. Une couronne de laurier, formée de deux branches 
reliées par un ruban, entoure un cercle dans lequel se 
trouve l'inscription suivante en quatre lignes : PLECHTIGE 
VLAGINZEGNING i3 SEPTEMBER 1896; entourée de la 
légende : VLAAMSCHE BOND van mechelen vliegt 
DE BLAUWVOET STORM OP ZEE!! 

Rv. Le même que le 11° 80. 

Médaille commémorative à bélière, distribuée aux 



240 NUMISMATIQUE MALINOISE 

différentes sociétés qui ont participé à l'inauguration du 
drapeau de la société « De Vlaamsche Bond ». 

Métal blanc. PI. XL, n« 81. 

Av. Dans le champ, WERKMANSKRING tentoon- 
STELLiNG 1891. Le tout dans un cercle perlé, entouré 
d'une couronne de laurier et d'un deuxième cercle perlé. 

Rv. Le même que le n» 80. 

Médaille décernée aux participants de l'exposition 
industrielle organisée en 1891, à l'ancien Pensionnat 
du Bruel, actuellement occupé par l'Institut des PP. 
Blancs, des Missions d'Afrique. 

Métal blanc. PI. XL, n^ 82. 

Av. A LA Société L'AURORE — LAURÉATE AU 
CONCOURS de Mons i8g4 dans une couronne de laurier. 
Rv. Les armoiries de la ville. 
Or. • PI. XL, n" 83. 

Témoignage de satisfaction décerné par le Conseil 
communal de Malines à la société chorale l'Aurore. 

"Une médaille identique a été donnée à la société, pour 
son premier prix d'excellence au Concours de chant à 
Anvers, en 189g. Notre concitoyen Cyrille Verelst dirige 
cette phalange musicale. 

Av. INHULDIGING van den STANDAARD der fanfaren : EER 

EN TROUW. MECHELEN. l885. 

Médaille à bélière uniface, en forme de losange, sur- 
montée d'une couronne. 

Cuivre. PI. XLI, n^ 84. 

Av. AAN ONZE BROEDERS DOOR DE SANSCULOTTEN 
DOODGESCHOTEN OP St ROMBOUTS KERKHOF DEN 23 OC- 
TOBER 1798. DE MECHELSCHE AFDEELING VAN HET DA- 
VIDSFONDS 23 OCTOBER i8q8. 



NUMISMATIQUE MALINOISE 24I 



Rv. WIJ STREDEN VOOR ONS VOLK EN VOOR HETGENE 

ONS HEILIG WAS. Dans le champ, le christ en croix, qui 
a été élevé au cimetière de Saint- Rombaut, le 23 octobre 
1898, à la mémoire des fusillés de Malines. 

Bronze. PI. XLL n° 85. 



3n6ionc6 



Crachat de vénérable de la L .". (loge) de St-Jean. 
Sous le titre dictinctit de la Concorde à L'O .'. de 
Malines 58 10. Pélican nourrissant ses jeunes au pied 
d'une croix entourée de rayons lumineux; au centre, une 
fleur entourée de strass. Insigne maçonnique à bélière, 
en vermeil, orné de strass blancs et verts. 

PL XLII, no 86. 

Av. Médaille ayant la forme d'un écusson retenu par 
deux anneaux attachés à un ruban, le tout surmonté 
d'une couronne comtale avec bélière. 

Dans le champ, une palme surmontée d'une bande- 
role avec cette inscription : GEMEENTERAADSLID m^'< ; 
puis le nom du titulaire en lettres gravées. 

Rv. Même forme que l'avers, mais on y trouve en 
relief les armoiries de la ville. 

Or. PI. XLII, no 87. 

Nous avons renseigné sur notre insigne le nom de 
M. Henri Opdebeeck, parce que c'est lui qui a proposé 
au conseil communal le port de cet insigne. 

Il existe des exemplaires en vermeil. 



242 NUMISMATIQUE MALINOISR 

Av. A 25' ANN"- DE L'ENTRÉE DE M^ A. VERHAGHEN 
AU CONSEIL COMMUNAL cg) 58-83 DE MALINES — ^ — 

CONSEILLIiR COMMUNAL EN l858 l'CCIIEVIX EX 186I nOURGMESTRK EX 
1864. 

Rv. Les armoiries de la ville. 

Argent. PL XLIII, n^ 88. 

Il existe un exemplaire en bronze de cette médaille 
avec une bélière. 

Av. VILLE DE MALINES — POLICE — Inspecteur. 
Rv. L'écusson de Malines, surmonté du casque, dans 
une couronne de feuilles de chêne et de laurier. 

Métal blanc. • PI. XLIII, n° 89. 

La même avec l'inscription en flamand : STAD meche- 

LEN - POLITIE - 74. 

Bronze. PI. XLIII, n^ 90. 

Insignes portés actuellement par les agents de police, 
dans l'exercice de leurs fonctions. 

Il existe un exemplaire en argent pour le commissaire 
de" police. 

Av. RÉPUBLIQUE FRANÇAISE. Une femme représen- 
tant la république, debout sur un socle, qui porte les 
emblèmes de la justice; au bas maurisset. 

Rv. ACTION DE LA LOI - TRIBUNAL DE PREMIÈRE 
INSTANCE. Inscription dans Urne couronne de chêne et 
de laurier. 

Bronze doré. PI. XLIV, n" 91. 

Insigne d'un fonctionnaire du palais de justice."*^ 

Av. TRIBUNAL DE PREMIÈRE INSTANCE. Dans le 
champ, dans une couronne de chêne et de laurier : 
ACTION DE LA LOI. 



NUMISMATIQUE MALINOISE 2/^5 



Rv. Dans une couronne, en lettres gravées : J. J. ver- 
CAMxMEN HUISSIER A MALINES. Au-dessous, le nom du 
graveur macrisset. 

Bronze. PI. XLIV, n^ 92. 

Av. RESPECT A LA LOI. 

Rv. COMM" du DIRECTOIRE EXECUTIF. 

Ces deux inscriptions se trouvent dans une couronne 
de laurier ovale, celle-ci est entouré d'une autre couronne 
à jour, formée de feuilles de chêne, le tout dans un cercle 
perlé. 

Médaille ovale en bronze doré, à jour et à bélière; elle 
était portée par le Commissaire du directoire exécutif de 
Malines, sous la république française. 

PL XLIV, ir^ 93. 

Av. En lettres gravées : loi du dix septembre; au 
bas, deux branches. 

Rv. Etoile gravée : Inspdciir du Poisson. Deux branches. 
Médaille ovale à bélière, ornée. 

Cuivre doré. PI. XLV, n^ 94. 

Le 18 septembre i858, le conseil communal de notre 
ville créa un nouveau règlement sur les droits de place 
et les droits de pesage, mesurage et jaugeage, qui fut 
mis en vigueur le i"' janvier 1859. 

Ce règlement déterminait les taxes à payer le jour du 
grand marché, soit le samedi, pour toutes les marchan- 
dises qui étaient présentées en vente. 

Ce marché, tenu à la grand' place, comprenait en 
outre le miarché aux grains, le marché aux lins, chanvres 
et étoupes, le marché aux toiles, le marché au beurre et 
le marché au bétail. Des droits de place étaient égale- 
ment exigés pour dépôt sur les quais et autres emplace- . 
ments, ils étaient perçus au profit de la ville, soit par 



244 NUMISMATIQUE MALINOISE 

les personnes préposées directement à cet effet, soit par 
les adjudicataires de la ferme des droits ou par leurs 
préposés, agréés par le Conseil des Bourgmestre et 
échevins. De nos jours, ces services sont assurés par les 
inspecteurs et agents de police. 

Les jours de grand marché, tous les préposés des fer- 
miers devaient porter au bras gauche une plaque en 
cuivre estampé, à l'écusson de la ville, avec cette inscrip- 
tion : « FERME DES DROITS DE TLACE MALINES » ; 

chaque plaque renseignait un numéro d'ordre donné 
par la police; le fermier lui-même était porteur d'une 
plaque indiquant ses fonctions. 

Notre insigne porte le numéro 35. 

Cuivre. PI. XLV, n^ gS. 



Bca^énue bee Beaujc^Brts 

L*académie fut créée le 22 mai 1771, au moyen de sous- 
criptions, par les notabilités de la cité; placé immédia- 
tement sous les auspices de la ville, nos édiles firent des 
dém.arches auprès de Jacques Herreyns, pour accepter 
la direction, ce qu'il fit de bon cœur. Cet artiste était 
professeur à l'Académie d'x\nvers et jouissait déjà d'une 
réputation comme peintre d'histoire. A Malines, on 
enseigna le dessin, l'architecture, la perspective, la 
peinture et la sculpture; au bout d'un an, l'académie 
comptait près de deux cents élèves. 

Par décret du 23 décembre 1774, le grand protecteur 
des Arts, Charles de Lorraine, éleva notre institution 
au rang d'Académie Royale de peinture et de sculpture, 
A cette occasion71es élèves rivalisèrent de zèle pour la 
construction des chars destinés à la cavalcade, qui devait 
parcourir les rues de la ville. 



NUMISMATIQUE MALINOISE 246 

L'école de dessin a occupé plusieurs bâtiments. Au 
début, la ville donna une place à l'hôtel de ville; en 
1775, elle s'établit dans une chapelle des Jésuites; en 
1808, elle déménagea pour l'ancien palais; le 8 novem- 
bre 1846, on l'établit dans les locaux des halles, avec une 
sortie dans la rue des Géants; et le i3 juillet 1893, elle 
alla occuper les nouvelles installations du pensionnat 
communal, supprimé, rue Léopold. 

Actuellement, les cours sont suivis par plus de 1200 
élèves. Quatre artistes-peintres ont occupé la place de 
directeur depuis son installation : ce sont Jacques Her- 
reyns, Victor Vervloet, Guillaume Geets et Jean Rosier. 

Il a toujours été d'usage d'accorder des médailles, à 
titre de récompense, aux élèves couronnés ; nous avons 
réuni les différents spécimens qui ont été distribués 
depuis la fondation de cette institution; la première 
distribution eût lieu le 25 avril 1774. 

' Av. CAR o ALEX o LOTH DUX BELG ° PRAEF o BustC de 

Charles de Lorraine à droite, portant au cou la croix de 
l'ordre teutonique. 

Rv. Arbre portant quatre couronnes de laurier; au 
pied se trouve l'écu de Malines, accosté de deux branches 
de laurier; à l'entour : crescit ad coronas, la légende 
du premier sceau de l'académie. 

Médaille octogone. 

Argent. PI. XLVI, n^ 96. 

Variété de la médaille précédente; celle-ci est ronde 
et le buste de Charles de Lorraine est plus petit. 
Argent. PI. XL VI, n° 97. 

Av. CAR o ALEX o LOTH ET BAR o DUX ACAD o REG ° 

MECHLi g pROT. Le bustc du protecteur. 
Rv. ARTis DELiNEAT PREMiuM. Au bas, dcux petites 



246 NUMISMATIQUE MALINOISE 

palmes surmontées de l'écu de Malines; dans le champ 
de la médaille, trois génies symbolisant la sculpture, la 
peinture et le dessin ; à droite, à l'avant-plan, figure un 
torse; le buste auquel travaille le génie, à droite, repré- 
sente celui de Charles de Lorraine; dans le fond, une 
draperie. 

Médaille à bélière, en vermeil. 

PI. XLVII, n"g8. 

Av. CAROL o ALEX o LOTH o ET BAR o DUX o Lc bustC 

de Charles -Alexandre, la tête à droite, gravé par 

T. V. BERCKEL. 

Rv. ARTIUM LIBERALIUM TUTELA AC PRAESIDIUM. A 

l'exergue, academiae belgicae t. v. b. Dans le champ, 
quatre génies représentant les arts plastiques, le torse 
de la médaille précédente est remplacé par un génie 
mesurant le chapiteau d'une colonne; le buste de 
Charles-Alexandre, auquel travaille le génie, est plus 
achevé. Cette médaille a été décernée à un de nos con- 
citoyens, Godefroid Beke, le 16 février 1789, qui rem- 
porta à notre académie le premier prix de dessin d'après 
nature; elle est munie d'une longue chaîne en cuivre, 
formant collier. 
Argent. PI. XLVIII, n^ 99. 

Av. La tête de Napoléon à droite. 

Rv. A l'exergue : l'an iv de bonaparte l'instruction pub. est 
ORGANISÉE. Dans le champ, une figure drapée, étudie dans 
un livre, qu'elle tient sur les genoux; elle est assise sur 
un bloc portant l'inscription :• denon direxit andrieu fecit. 
A gauche, une palme ; au-dessus une étoile. 

Cette médaille à bélière a été décernée à titre de 
récompense par notre académie de dessin, à Jean Van 
Hoey. 

Argent. PI. XLVI, n'' 100. 



NUMISMATIQUE MALINOISE 247 

Av. ARTIUM ALTJMNOS MECHLINIA REMUNERANTE. A° 

MDCccxix. Inscription gravée. 

Rv: Dans un cercle orné d'étoiles, en lettres gravées. 
Classe d'après nature. Premier Prix. 

Médaille à bélière décernée en 1819. 

Cuivre. PI. XLIX, i\^ ici. 

Av. WILH S NASS î BELG g REX. LUXEMB S M 2 DUX % 611 

lettres gravées. La tête de Guillaume de Nassau, roi 
des Pays-Bas; à gauche : simonf. 

Rv. BOUWKUNDE BEGiNSELS. EERSTE Vati wcge de Stad 
Mechelen aan j. f. pluys, Kweekeling der Akademie ; au. 
bas, MDcccxxix en lettres gravées. 

Médaille à bélière. 

Bronze. PI. L, n° 102. 

La même que la précédente, sans bélière, mais elle 
porte : teekenkunde 3' klas. eerste. et a été décernée 

à J. COSTERMANS. 

Bronze. PI. L, n^ io3. 

Av. SECOND de l'ArchiÉectiire Régulière mdcccxxxvh. 

Rv. DE LA PART DE LA VILLE DE MALIN ES A F. CLOT- 

TENS Elève de l'Académie de Dessin, 8t ; médaille à 
bélière, gravée. 

Argent. PI. LI, n° 104. 

Av. PREMIER Architecture Classe des Ordres Infé- 
rieurs MDCCCXXXV. 

Rv. DE LA PART DE LA VILLE DE MALINES A F. CLOT- 

TENS, Elève de l'Académie de Dessin. 

Le modèle est plus petit que celui de la pièce précé- 
dente. Médaille à bélière, avec inscription en lettres 
gravées. 

Argent. PL LI, n^ io5. 



248 NUMISMATIQUE MAUNOISE 



Av. Dans le champ, un laurier auquel sont suspendues 
quatre couronnes pour les quatre arts plastiques ; au 
milieu du tronc se trouve un ruban portant l'inscription 
cREsciT AD cûRo.NAs; au plcd dc l'arbre, les attributs de 
l'académie. 

Rv. Dans un cercle parsemé d'étoiles, les armoiries de 
Malines. Le nom du lauréat était gravé sur la tranche 
de la pièce. 

Argent. PI. LI, n^ 106. 

Il existe des exemplaires en bronze et en étain. 

A titre d'encouragement, on distribuait parfois aux 
élèves primés, des compas ornés avec monture en 
argent. 

Av. Académie de Malines. 
Rv. Perspective, i"" E. Tambuyser. 
Compas en argent avec pointes en acier; la vis rete- 
nant les deux branches du compas forme une fleur. 

PI. LU, no 107. 

•Av. PRYSKAMP 1847 ARCH'' COMP''' l' J. F. CLOTTENS. 

Rv. Académie de Malines. 

Compas en argent avec pointes en acier. 

PI. LU, no 108. 

Av. LÉOPOLD PREMIER ROI DES BELGES. Le bustC du 

roi à gauche, revêtu du grand uniforme, braemt f. 

Rv. Dans une couronne de laurier parsemée de fleurs, 
ACADÉMIE DE MALINES. Classc d'api'ès natui'c, dessin. 2" P. FES- 
TRAETS. Concours 1859-1860. 

Médaille à bélière, grand module, accordée par le 
gouvernement. 

Argent. PI. LUI, n^ 109. 

Il existe un petit modèle en argent de cette médaille. 



NUMISMATIQUE MALINOISE 249 

Av. Tête au trait 2""' Section i" LÉON CLAES iSSg-ôo. 
Rv. ACADÉMIE DE MALiNES. Le tout 611 lettres gravées. 
Médaille à bélière. 
Argent. PL LIV, n« iio. 

Av. Dans un cercle perlé, i*" )^nï P. Goyvaerts. 

Rv. ACADÉMIE MALINES ORNEMENTS AU TRAIT 1867; aU 

bas, des petites branches, le tout gravé dans un enca- 
drement estampé. 

Médaille à bélière. 

Argent. PI. LIV, n^ m. 

Av. ACADÉMIE DE MALINES l"* PRIX ORNEMENTS OM- 
BRÉES II. VAN DER AUWERA CoucouTS 1867, cu lettres 
gravées. 

Rv. Les armoiries de la ville dans un cercle en forme 
de corde ^t un autre cercle enfermant une rangée circu- 
laire d'étoiles. 

Médaille à bélière. 

Argent. PI. LIV, 11° 112. 

Av. ACADEMIE VAN BEELDENDE KUNSTEN. DanS UUC 

couronne touffue de feuilles de chêne, en lettres et 

chiffres gravés : l8g5 Teekenint, Vaste Lkhamen a Ie Prys 
M'< Van den Bergii CYRIEL. 

Rv. Dans un cercle ornementé, les armoiries de la 
ville. 

Médaille à bélière. 

Argent. PI. LV, n^ ii3. 

Av. Académie van Beeldende Kunsten — Mechelen — iSqB ^ff 
Teekexing — LEVEN — P Prys. A l'exergUC : M. Scheffermeyer 

Robert; plus bas, l. w. d'après t. v. b. Dans le champ, 
quatre génies symbolisant les arts plastiques. 

Rv. LÉOPOLD II — ROI ©ES BELGES. La tcte à droite 
de notre roi; au-dessous, léop. wiexer. 

19 



25o NUMISMATIQUE MALINOISE 

Cette médaille est la reproduction de celle gravée par 
Théodore Van Berckel, sous Charles de Lorraine, et que 
nous avons décrite à notre planche XLVIII; le génie de 
la peinture a peint sur sa toile un autre ange que celui 
qui figure à l'ancienne médaille. 

Médaille de grand module, accordée par le gouver- 
nement. 

Argent. PI. LVI, n^ 114. 



lEcole be cbant ^ Bcabcmie be musique 



L'école de chant a été institué dans notre ville le 
19 février 1842, dans le local qui sert actuellement de 
dépôt au 6'' de ligne, à côté du palais de Justice, rue de 
l'Empereur. Le deuxième local occupé fut l'ancien palais, 
actuellement le musée des archives; de là l'école fut 
installée aux halles, au troisième étage, du côté de la 
rue des Géants. C'est à partir de 1869 que notre Aca- 
démie de musique fut transférée au palais historique, 
l'hôtel de Busleyden, rue St-Jean. Le compositeur Gus- 
tave Van Hoey fut le premier directeur de notre insti- 
tut musical. A quelques exceptions près, les types des 
médailles de l'académie de -Dessin servaient aussi à 
l'académie de Musique. Dans l'intérêt de l'enseigne- 
ment des Be.aux-x'Vrts, le Conseil communal réunit, le 
10 mai 1862, l'académie de Dessin et l'académie de 
Musique sous l'ancienne devise Crescit ad coronas. 

Av. i"" COURS i" PRIX remporté par Charles i^cr Clst 
1844. Le tout en lettres gravées. 



NUMISMATIQUE MALINOISE 25l 

Rv. ECOLE DE CHANT VILLE DE MALINES. DanS le 

champ, une lyre sur un cahier de musique, entourée 
d'une couronne de laurier. 

Médaille à bélière. 

Argent. PI. LVII, n° ii5. 

Av. Dans le champ, les armoiries de la ville. 
Rv. Les attributs de la musique. Le nom du lauréat 
était gravé sur la tranche de la médaille. 

i\rgent. PI. LVII, n^ ii6. 

Av. LEOPOLD II ROI DES BELGES. La tétc, à gatchc, du 
roi ; au-dessous, léop. wiener. 

Rv. Dans une couronne de feuilles de chêne, l'inscrip- 
tion gravée renfermée dans un petit cercle : Muziek 
Akademie Mechelen Muzieklezing hoogere klas 
jSTE Pj^ys Leopold Van den Bergh 1870-1871. 

Médaille de grand module, accordée par le gouverne- 
ment. 

Argent. PL LVII, n'^ 117. 



Collège (Tommunal 

Av. Excellentiac Praemiimi In classe eloqiientiae retulit. 
R. scHROETER MDCccxxxviii en lettres gravées. 

Rv. coLLEGiuM MUNICIPALE en lettres gravées. Dans 
le champ, l'écu de la ville, surmonté de la couronne 
comtale. 

Médaille à bélière décernée à titre de récompense au 
Collège de la ville, en i838. ^ 

Argent. LVIII, n^ 118. 



XriM l'-MA-J'lc 



3ncititut ^ee1 Bcaiu*='ilit6 

]. 'institut des Beaux-Arts fut fondé le 20 novembre 
i838, par Charles-Auguste Wauters et quek^ues ama- 
teurs d'art. Sans vouloir porter ombrage à l'académie 
de dessin, le but de l'institut était de donner l'enseigne- 
ment gratuit du dessin aux enfants- des membres. On 
y enseigna surtout la peinture décorative et les imita- 
tions du bois et du marbre. 

L'institut a occupé différents locaux; d'abord il a été 
installé rue de Stassart, à côté du local La Scala; puis 
il a occupé la maison Hertsens-De Weerdt, Marché aux 
grains; en troisième lieu on l'a établi aux Trois Fon- 
taines, rue du Sac, pour se rendre ensuite au local situé 
rue des Beggards, la maison anciennement occupée par 
l'imprimerie Olbrechts. 

Les médailles ci-après ont été décernées à titre de 
récompense. 

Av. INSTITUT DES BEAUX-ARTS DE MALINES. DanS le 

champ, les attributs des arts plastiques. 

Rv. DESSIN INDUSTRIELLE COMPOSITION l" PRIX. J. VER- 

ELST. 1868-1869. Médaille à bélière, estampée. 

Argent. PI. LIX, n^ ug. 

Av. INSTITUT DES BEAUX-ARTS A MALINES /" D/V'" 

ImJt"" de Marbres /" P. A. Cluytens. 

Rv. Les attributs ■ des arts "plastiques dans une cou- 
ronne. Médaille estampée; l'encadrement est orné de 
branches, de fleurs et de feuilles ; elle est surmontée 
d'un cartouche portant l'année 1870-1S71, accosté de 
deux cornes d'abondance. 

Argent. PI. LIX, n" 120. 

Des médailles de petit module, avec les mêmes orne- 
ments, ont été distribuées. 



NUMISMATIQUE MALINOISE 253 



Jubilcci be Snint^IRombaut et ^e if^otcc^Dame 
^'1ban6^vv)cU 

En 1680, il a été célébré dans notre ville, un jubilé en 
l'honneur de Saint Rombaut, patron de la ville, à l'église 
métropolitaine. 

A cette occasion, les marguilliers ont fait couler 
740 médailles en argent et 394 en cuivre, dont voici deux 
exemplaires. 

Av. Saint Rombaut donnant la bénédiction, tient une 
croix de la main gauche; à ses pieds est couché un des 
assassins qui lui firent subir le martyre. 

Rv. Saint Libert, revêtu du costume de guerre, tient 
de la main droite une hallebarde et de la main gauche 
l'écu de Malines. 

Argent. PI. LXI, n^ 121. 

Module plus grand de la médaille précédente, le saint 
Libert qui y figure ne porte pas son manteau. 

Argent. PI. LXI, n° 122. 

Av. s. RUMOLDUS MART ^ MECHLIN o PATRON. Lc 

buste du saint à droite. 

Rv. PraesVLI sUo DeVota JVbILat. La pucelle de 
Malines tient dans le bras droit une palme et une croix, 
de la main gauche, un encensoir ; elle est appuyée sur 
un écu aux armes de la ville. 

Argent. . PI. LXI, n° i23. 

Il existe un exemplaire en cuivre. 

Cette médaille a été gravée par Th. Van Berckel; elle 
a été distribuée en commémoration du jubilé de Saint 
Rombaut, aux enfants qui ont participé à la cavalcade, 



2 54 NUMISMATIQUE MALINOISE 

en 1775. Ce J£ton a été frappé en Hollande, à 404 exem- 
plaires, pour lesquels la ville a payé une somme de 
5ii florins i3 sous le denier; il a été également décerné 
comme prix aux étudiants du collège des Oratoriens, 
la fnême année du jubilé. 

Dans le but d'attirer un grand nombre de sociétés 
lors du Jubilé de Saint-Rombaut, en 1775, les gildes 
avaient organisé des concours de tir. Des médailles 
en or, au nombre de six, furent distribuées : 1° à la 
gilde venant de la ville la plus éloignée; 2° à la gilde 
qui avait fait le plus luxueusement son entrée dans 
Malines. 

Lierre reçut deux médailles, dont une pour la Vieille 
Arbalète et une pour les Couleuvriniers, pour le plus 
riche costume; à la vieille arbalète de Tirlemont et aux 
couleuvriniers de Termonde échurent deux médailles 
comme prix d'éloignement, les deux médailles restantes 
furent réservées aux deux gildes Malinoises de la Vieille 
et de la Jeune Arbalète. 

Av. CAR o ALEX o LOTH o DUX BELG o PRAEF o BustC de 

Charles de Lorraine à droite, par R (Roettiers). 

Rv. ANNO JUBILAEI M o DCC o LXXV o s o P o Q o 

MECHLiN. Les armes de Malines, entourées de branches 
de laurier, de drapeaux, d'arcs, de fusils, d'épées et d'un 
tambour. 

Argent. PI. LXI, n^ 124. 

L'exemplaire que nous possédons est en argent, nous 
avons également dans nos collections, un exemplaire en 
bronze, dont l'avers porte le millésime 1771. On sait, 
en effet, que ce même coin, gravé par Roettiers, a servi 
à la frappe d'un jeton pour le phare d'Ostende. La date 
n'ayant pas été effacée, cette pièce peut être considérée 
comme une épreuve. 



NUMISMATIQUE MALINOISE 255 

Av. A MARTYRio ANNO ML. Lc bustc de Saint Rombaut, 
à gauche. 

y?z'. SenatVs popULUsqUe rUMoLDo ConseCrant. 
Dans le champ, la pucelle de Malines, assise, appuyée 
sur l'écu de la ville ; elle tient une palme de la main 
droite; à l'exergue, ad. j. 

Argent. PI. LXII, n^ I25. 

Médaille commémorative du Jubilé de i825, gravée 
par Jouvenel. 

Av. cg) H. RUMOLDUS PATROON DER STAD MECHELEN. 

Dans le champ, le buste du saint à gauche. 

Rv. Dans une couronne de laurier, JUBEL FEEST 
MDCccxxv. Médaillle du Jubilé de Saint Rombaut, en 
1825. 

Bronze. PI. LXII, n^ 126. 

Même exemplaire en étain. Le Jubilé de Saint Rom- 
baut est fêté tous les cinquante ans. 

Av. NOTRE DAME d'hanswyck. La viergc tenant de la 
main droite le sceptre; sur le bras droit repose l'enfant 
Jésus. A l'exergue, le i5 août i838. 

Rv. JUBILÉ DE 85o ANS. A l'exergue, malixus. Dans le 
champ, l'écu de la ville, surmonté de la couronne com- 
tale, accosté de deux guirlandes de fleurs. 

Argent. PI. LXII, n^ 127. 

Il existe un exemplaire en cuivre jaune et un en étain. 

Av. £? JUBILÉ DE NOTRE DAME d'hANSWYCK A MA- 
LINES ^ q88-i863. L'église d'HanvSwvck. 



256 NUMISMATIQUE MALINOISE 



Rv. :g5 MONSTRA TE ESSE MATREM. tgj SU H TUUM PRAESI- 
DIUM coNFUGiMus. La Vierge, sous un dais richement 
orné ; quatre petits drapeaux flottent au-dessus ; le nom 
du graveur wurden figure à l'exergue. 

Argent. PI. LXII, n» 128. 

Ce jeton a été frappé en pied-fort, en argent, en bronze 
et en étain. Le Jubilé de Notre-Dame d'Hanswyck 
est fêté tous les vingt-cinq ans; en 1888, il n'a pas été 
frappé de médaille commémorative 

Av. MeChLInIa JUbILans exCLIDIt apostoLo; 
un petit écu de Malines. La légende forme un chrono- 
gramme. Dans un cercle, Saint Rombaut instruisant un 
homme et une femme. 

Rv. CLerUs popULUsqUe sanCto rUMoLDo; un 
petit écu aux armes du chapitre. Dans le champ, la 
chasse de Saint Rombaut ; le saint, en habits sacerdo- 
taux est couché sur le couvercle ; sous la chasse, en. wurden 
et deux palmes. 

Bronze. PI. LXIII, n'^ 129. 

Médaille commémorative du Jubilé de 1875. 

Pendant la sortie de la cavalcade, les camelots ont 
vendu dans les rues de la ville, les trois petites médailles 
à bélière ci-après : 

Av. H. RUMOLDUS PATROON VAN MECHELEN. Lc Saint, 

mitre ,*€^ant à ses pieds les ouvriers qui l'ont assassiné. 

Rv. 5o jARiGE jujiELFEEst iSyS. L'églisc de Saint 
Rombaut. 

Cuivre argenté. PI. LXIII, n*^ i3o. 

Av. Dans une couronne de laurier, les armes de la 
ville, entourées de l'inscription ville de malines. 



NUMISMATIQUE MALINOISE sSy 

Rv. FÊTES JUBILAIRES DE S^ ROMBAUT PATRON DE LA 
VILLE. 

Cuivre. PI. LXIII, n« i3i. 

Av. VISITE DE LA. FAMILLE ROYALE 28 JUIN 1875. La 

tête du roi Léopold II à droite. 

Rv. SOUVENIR DES FÊTES JUBILAIRES DE S"^ ROMBAUT 

PATRON DE LA VILLE. L'écu de Malines, surmonté d'une 
couronne comtale et de l'inscription ville de malines. 
Cuivre. PI. LXIII, n^ i32. 



fïDébaiUee be6 (Bilbcs, flDcticrô et Sociétés 
b'agrémcnt 

Ouden Edelen Kruysboog 

Av. Dans le champ, Saint Georges terrassant le dra- 
gon; applique estampée surmontée de l'inscription 
REMPORTÉ PAR F. FRAiPONT ; à l'cxergue, Malines. Enca- 
drement orné. 

Rv. Guillaume Charles Van Casier Reconnaissant à la 
Société bc IC'arblllète Sous la devise Union fait Force le 
6 juin i836. 

Médaille à bélière avec inscription gravée. 

Argent. PI. LXIV, 11° i33. 

Av. MAETSCHAPPY DEN OUDEN EDELEN KRUYS-BOOG, 

TE MECHELEN. Daus Ic champ, une applique représen- 
tant Saint Georges terrassant le dragon. 

Rv. ,ilomitgs-|3rns Behaeld door W DE LA POITRY 
HOOFDMAN 6' octobre icS'Jj. Inscription gravée. 

Argent. PI. LXV, n^ 134. 



258 NUMISMATIQUE MALINOISE 

Il existe une variété de cette médaille au nom de 
E. Van de Pocl, qui la remporta le 27 septembre 1841, et 
une autre, datée du 8 octobre 1854. 

Av. Dans un encadrement orné, une applique estam- 
pée représentant Saint Georges terrassant le dragon, 
d'une facture autre que celle des planches LXIV et 
LXV. 

Rv. En lettres gravées, gcschenk van M. de Lapoitry 
hoofdman 1843. Dans le champ, une branche de rosier 
couverte de fleurs (Rozenprijs), Cette médaille était 
décernée au plus habile tireur. 

Argent. PI. LXVI, n^ i35. 

Av. LA SOCIÉTÉ OUDEN EDELEN KRUYSBOOG A LA 

SOCIÉTÉ s" CÉCILE. Daus le champ, en relief, les armoi- 
ries de la ville; la couronne comtale est ornée de dia- 
mants; le tout dans un encadrement ciselé et orné de 
pierres précieuses. 

Rv. Dans un encadrement identique à celui de l'avers, 
les attributs de la gilde, composés du drapeau, du tam- 
bour, de l'arbalète, du carquois, du chapeau et des 
armes, émaillées, de la société. 

Cette médaille à bélière, ornée, constitue un objet 
d'orfèvrerie artistique fabriqué par un malinois. Van de 
Cauter; elle a été offerte à la société de Fanfares la 
S" Cécile, lors d'une fête organisée par les deux sociétés. 

Argent. PI. LXVII, n° i36. 

Croix longue surmontée d'une couronne royale. Insi- 
gne de la société : Ancienne et noble arbalète « Ouden 
Edelen Kruisboog ». 

Argent. PI. LXVIII, n° iS;. 

Av. La Société l'Espérance à (un ancre). 



NUMISMATIQUE MALINOISE aSg 

Rv. A son Président M. J.-B. Janssens 1857. 

Médaille à bélière. 

Argent. PI. LXVIII, n^ i38. 

La Société l'Espérance s'occupait surtout de l'art dra- 
matique; c'est elle qui a fourni les premiers éléments 
pour former la Société l'Echo de la Dyle. 

Société de Oude Eendragt 

Médaille frappée à l'occasion du So"" anniversaire de la 
fondation de la Société de oude eendracht. 

Trophée formé des attributs de la société : drapeaux, 
arc, carquois et tambour, le tout surmonté d'une cou- 
ronne dans laquelle sont gravées l'année de la fondation 
et celle de l'anniversaire 1796-1846. 

Médaille en vermeil, uniface, à bélière. 

Argent. PI. LXIX, n^ iSg. 

Av. Même trophée que pour la médaille précédente. 

Rv. * TÉMOIGNAGE D'ESTIME ET D'AMITIÉ 
sS La société €)ubc Ceitbntdjt à M' Pansins membre zélé 
de cette société pendant So Ans 1801-18S1. malines le 
5 MAI i85i. 

Médaille en vermeil, à bélière. 

PI. LXIX, no 140. 

Av. KONINGS PRYS BEHAELT DOOR E. BrANDS DEN 6 
OCTOBER 1823. 

Rv. Deux carquois en sautoir sur une branche de 
chêne, surmontés d'un arc, le tout en relief, appliqué 
sur fond uni. 

Médaille en argent, à bélière, remportée par E. 
Brands, proclamé roi des tireurs en i823. 

PI. LXX, no 141. 



200 NUMISMATIQUE MALINOISE 

Av. Dans le champ, un trophée formé de drapeaux, 
d'un arc, d'un carquois et d'une couronne ; plus bas, un 
tambour; au-dessus, deux mains enlacées, surmontées 
d'une couronne; le trophée en argent estampé est appli- 
qué sur fond uni,* entouré d'un cercle ornementé. 

T^t'. SOCIETEIT OUDE EENDRAGT MECHE- 
LEN Koningcn van 1861 tôt iSji : i brias pres^ 2 J. 

DAEMS 3 J. DAEMS 4 J. W1LL?:MS 5 G. YANDER AUWHRA 6 
V. BURGRAEVE 7 V. BRIAS 8 VERGEVLEN Q E. PILLAULT lO 
I. SUETENS II H. WAUTERS. 

Médaille en argent, à bélière, donnant les noms des 
rois de la société, de 1861 à 1871. Elle est surmontée 
d'une couronne avec bélière. 

Cette médaille est identique à celle qui figure au 
n'^' 142 ci-après et qui donne les noms des rois de 1872 
à i883. 

Av. SOCIETEIT OUDE EENDRAGT MECHE- 
LEN Koningen van 18 j 2 tôt (i883) f. scheppers — e. 

VANDE WIELE — J. TAN SEGVELT — E. VERLINDEX — L. 
LONGDOZ — J. VAN GYSEL — L. BURGGRAVE — E. VER- 
LINDEN — E. VERLINDEN — J. VINCKX — G. DE SCHANPHE- 
LAERE — E. VERLINDEN. 

Rv. Les attributs de la société formant un trophée. 
Médaille en argent, à bélière, donnant les noms des 
rois de 1872 à i883. 

Argent. PI. LXXI, 110142. 

Av. Les armoiries de la ville de Malines avec la devise 

IN FIDE CONSTANS. 

i?Z;.OUDE EENDRAGT MECHELEN KONINGEN 1884 

B. SCHEPPERS - PHILIPPART - J. J. VAN GYSEL -J. J. VAN 
GYSEL — B. SCHEPPERS — H. WAUTERS — P. PHILIPPART 
- G. GELUYCKENS — P. PHILIPPART - F. RIEMSLAGH - 
HEYLIGEN - H. JANSSENS. 



NUMISMATIQUE MALINOISE 201 

Médaille en argent, renseignant les noms des rois de 
1884 a 1895; elle est surmontée d'un ornement et d'une 
couronne à bélière. 

PL LXXII, n« 143. 

Une même médaille donne les noms des rois pour 
les années 1896 à 1899. 

Av. Dans le champ, une caricature avec un visage 
monstrueux, tient un arc de la main gauche. Il est gravé 
en cercle, l'inscription suivante : Dédiée à la société la plus 
éloignée le 3 septembre 1S43. 

Rv. Dans le champ, les armoiries de la société entou- 
rées de l'inscription : Confrérie de S' Sébastien à Ingelmun- 
stcr. — Fraternité. 

Médaille satirique, à bélière, remportée par la société 
« de Oude Eendragt », lors d'un concours à Ingelmunster. 

Argent. PI. LXXII, n^* 144. 

Av. LA SOCIÉTÉ DU TIR A L'ARC A LA 
PERCHE (OUDE EENDRAGT) A monsieur guill- 

DENYN SECRETAIRE DE LA SOCIETE DEPUIS 25 ANS TE- 
MOIGNAGE D'ESTIME ET D'AFFECTION. Le tout dans un 
encadrement orné. 

Rv. MALiNES LE 19 JUILLET i859, au milicu d'orne- 
ments gravés. 

Argent. PL LXXIII, n^ 145. 

Av. TÉMOIGNAGE d'eSTIME ET d'aMITIÉ. 

.LA SOCIÉTÉ VIEILLE UNION a M"* GUILLAUME 

DENYN MEMBRE ZÉLÉ DE CETTE SOCIÉTÉ PENDANT 

5o ANS 1818-1868 MALINES LE 4 MAI 1868. Le tout dans 
un encadrement orné. 

Rv. Dans le champ, entre deux branches de chêne, les 
attributs de la société. Le drapeau portant le millésime 



202 NUMISMATIQUE MALINOISE 

1796, un petit canon, la perche, l'arc, le carquois et au 
milieu les armoiries de Malines; le tout surmonté de 
deux mains enlacées et d'une couronne ; même encadre- 
ment que pour l'avers. 

Vermeil. PI. LXXIV, n° 146. 

La société « de Oude Eendragt » possède encore ses 
petits canons du siècle dernier, qui annoncent par leurs 
salves les grandes fêtes ; actuellement, elle a son local à 
l'estaminet « le Pont de fer », situé le long du canal de 
Louvain. 

Av. EER-PRYS bchacld door..,. den 27 Jidy 1828. 
Cadre orné, 

Rv. AMSTERDAMSCHE MAATSCHAPPY MECHELEN. Dans 
le champ, une rose ouverte, un bouton et des feuilles, en 
argent, appliqués sur un fond uni. Prix des roses, du 
tir à la perche. Le local de la société est situé à la 
chaussée de Bruxelles. 

Argent. PI. LXXV, n^ 147. 

Médaille à bélière. 

Société Iver en Eendracht 

Av. IVER EN EENDRAGT - MECHELEN. Dans le champ, 
une couronne en argent, formée d'une branche de chêne 
et d'une branche de laurier ; deux arbalètes en sautoir, 
surmontées d'une rose. 

Rv. EER-PRYS. Behacld door J. B. Van De Caider 
3i Mey 182g. Sur la tranche est gravée l'inscription sui- 
vante : DON D'ESTIME ET D'AMITIÉ A LA SOCIÉTÉ DE 
PLAISANCE PAR UN DE SES MEMBRES J. B. VANDE CAUTER 
MALINES LE 5 MAI l85o. 

Argent. PI. LXXVI, n^ 148. 



NUMISMATIQUE MALINOISE 203 



Société Allégresse et Loyauté 

Av. SOCIÉTÉ ALLÉGRESSE ET LOYAUTÉ. ^lix du Roi. 

REMPORTÉ PAR G. E. Luckx Le 3 Mai 1S46 tir au 
BERCEAU. Le tout dans un cadre orné. 

Rv. Les attributs de la société. 

Argent. PI. LXXVII, n" 149. 

Société Duc de Brabant 

Av. En demi-cercle : SOCIÉTÉ DUC DE bradant. — 
PRIX POUR la société la plus nombretise. — Malines le 24 
août 18S1. 

Rv. Deux arcs en sautoir, surmontés d'un carquois 
rempli de flèches, gravés dans le champ. 

Médaille à bélière, en argent. 

PI. LXXVIII,no i5o. 

Grieksch Genootschap 

Av. En lettres gravées, sur quatre lignes : <^i\e\'i>cÇ^ 

Rv. &i\p behaeld door ittcct6cdjcij6 vavl icba^v. 
Médaille à bélière accordée à la société qui participait 
avec le plus grand nombre de membres à un concours. 

PI. LXXVIIl, n» i5i. 

Ancienne et Noble Arbalète 

Av. L'ANCIENNE ET NOBLE ARBALÈTE. A l'exergue : 
Tir à l'Oie, en lettres gravées. Dans le champ, une oie 
nageant sur l'eau. 

Rv. En lettres gravées sur 6 lignes. Prix donné par 



204 NUMISMATIQUE MALINOISE 

M. Docteur et remporté par E. Van de Poel. Malincs le 
<9 Juillet i83g. 

Médaille à bélière, en argent. 

PL LXXVIII, noi52. 

Société Mariai 

Av. (?,cnccf.v|jap 6civ ©l^aîTaû Inscription gravée dans 
un encadrement estampé. 

Rv. Medaillie Behaald door Meerderheid van leden Me- 
chclen i3 Juny i858. 

Médaille en argent, à bélière, accordée à la société 
qui participait avec le plus grand nombre de membres 
à un concours de tir à l'arc, en i858. 

PI. LXXIX, no i53. 

La société Mariai avait son local dans la maison qui 
porte le môme nom et qui est située à la chaussée de 
Bruxelles. 

Société « Middelbourgh » 

Av. En relief, deux arcs en sautoir surmontés d'un 
carquois rempli de flèches; le tout entouré d'une cou- 
ronne de laurier et d'une bordure en zig-zag. 

Rv. Eer gift door den Hoofdman aen de Societyt in Mid- 
delbourg behaelt door P. J. Claes den 12 f" 1828, en lettres 
gravées. 

Médaille à bélière, offerte par le chef et remportée 
par P. J. Claes. 

Argent. PI. LXXIX, n^ 154. 

L'estaminet « Middelbourg », où la société avait son 
local, est situé au X"eckerspoel. 



NUMISMATIQUE MALINOISE 205 



Société Les Vrais Amis 

Av. Offert par le Président A'. U liens et remporté par 
M . le 2 Juin iSôi-. Dans le champ, les armoiries, gra- 
vées, du président. 

Rv. Deux mains enlacées, entourées de l'inscription : 

SOCIÉTÉ LES VRAIS AMIS NECKERSPOEL - PRIX ROYAL — 

GROENE LINDEN (local de la société). 

Argent. PI. LXXX, n" i55. 

Le Président de cette société, M. Ullens, habite 
actuellement un château à Aertselaer. 

1 
Société au Baekelaer 

Av. Dans le champ, deux arcs en sautoir, surmontés 
d'un carquois rempli de flèches, entourés de cette inscrip- 
tion : PRIX A LA SOCIÉTÉ LA PLUS NOMBREUSE. 

Rv. En six lignes, la légende suivante : Offert par 
M . G. Van Lcrberghe à l'occasion de Sa nomination de Four- 
nisseur d'arcs de S. A. R. le Duc de Bradant 2^ Avril j<S64. 

La plaque gravée est encastrée dans un cadre double 
estampé et surmonté d'une couronne à bélière, accostée 
de deux ornements en forme de cornes d'abondance. 

Cette médaille a été remportée par la société de tir 
au berceau établie à l'estaminet « De Bakelaer ». 

Argent. PI. LXXXI, n^ i56. 

Société Dyle Zonen 

Av. DYLE ZONEN MECHELEN. Les emblèmes de la 
société. 

Rv. Dans une couronne de laurier : gedenkenis 

7 JANUARY 1S77 INlirLDIXG i;-? STANDAARD. 

Médaille surmontée d'un ornement à bélière. 
Cuivre. PI. LXXXI, n^ iSy. 



266 NUMISMATIQUE MALINOISE 



La société « de Dyle Zonen » s'occupe avec beaucoup 
de succès de l'art dramatique. 



fll>ébatUc0 ^C0 métiers 

L'origine des corps de métiers ou corporations remonte 
au XIIL siècle; celle des forgerons, la plus ancienne, 
date de 1254. Au commencement du XIV" siècle, les 
drapiers ne comptaient pas moins de i3,ooo membres 
Au XV' siècle, tous les métiers s'étaient groupés en 
associations, pour défendre leurs intérêts et obtenir des 
avantages concernant leurs professions. 

Ces différentes corporations ont existé jusqu'à l'avène- 
nement de l'empereur Joseph, qui les supprima en 1797. 
Quelques années après leur complet anéantissement par 
la Révolution française, certains métiers essayèrent de 
se relever et fondèrent de nouvelles sociétés appelées 
(( bussen ». C'est ainsi que nous avons vu se reconstituer 
les- forgerons, les menuisiers, les chaisiers, les tisserands, 
les cordonniers, les maçons et aides-maçons, les typo- 
graphes, les jardiniers, les vanniers et les portefaix. 

Une exception doit être laite pour les brouettiers, dont 
la corporation ne fut pas supprimée, à cause des grands 
services qu'ils rendaient au public dans l'exercice de 
leur métier. 

Tout en suivant quelques coutumes des anciennes 
corporations, ces corps de métiers formèrent plutôt des 
sociétés d'agrément et de secours mutuels. Ils choisirent 
dans leur sein un président (busmeester), un secrétaire 
-et quatre doyens (dekens). 

Annuellement ils faisaient célébrer une messe en l'hon- 
neur de leurs saints et se réunissaient pendant trois 
jours, à des agapes auxquels les femmes des membres 



NUMISMATIQUE MALINOISE 267 

étaient invitées. Le soir, on organisait des bals, où 
régnait la plus franche cordialité. Un règlement pres- 
crivait le paiement d'une amende pour celui qui trou- 
blerait les fêtes. 

Les membres de la Commission portaient une 
médaille renseignant les fonctions qu'ils remplissaient 
dans la société. Quelques médailles ont échappé au 
creuset de l'orfèvre. 

Médailles des Tisserands 

Av. SEVERivs PATROON DER WEVERS. Dans le champ, 
Saint Séverin, mitre, patron des tisserands. Il tient de 
la main droite la crosse et de la gauche, une navette de 
tisserand. 

Rv. Borsmeestcr dcr Maetschappy 1S2S. 

Médaille gravée, entourée d'un encadrement estampé 
et surmontée d'une couronne avec bélière. 

Le graveur, en faisant sa médaille, a copié le Saint 
Rombaut qui se trouve sur la maison de M. De Blauw, 
directeur de ventes. Insigne du président. 

Argent. PI. LXXXII, n« i58. 

Av. Variété du numéro précédent, la gravure diffère. 
Rv. EERSTEN Oppcr Dcken dcr Maetschappy 18 2 j. 
Médaille à bélière, portée par le chef-doyen. 
Argent. PL LXXXII, n^ iSg. 

Av. Variété de la médaille n^ i58. 

Rv. Dekcn dcr Maetschappy 1S2S. 

Médaille à bélière du doyen. 

Argent. PI. LXXXIII, n^ 160. 

Av. S. SEVERIVS Patroon Dcr wevers. 



268 NUMISMATIQUE MALINOISE 

Rv. Dans le champ, deux drapeaux tricolores en sau- 
toir; au-dessus, VAENDRICK; au-dessous, 1845. 
Médaille à bélièrc, du porte-drapeau. 
Argent. PI. LXXXIII, n" 161. 

L'ancien drapeau de cette société se trouve dans nos 
collections. 

Lors de leur réunion annuelle, la salle des fêtes était 
ornée de pancartes, qui relataient les vertus de leur 
patron : 

« Severus leyde steeds een stil en heylig leven 

» En wou voor vrouw eu kind den kost met wol te weven ; 

» Hij was aen d'Ydelheyd der wcreld niet gekleefd 

» Waardoor hy 's hcmels gunst op hem getrokken heeft. 

« Hy diende 00k den Heer met hert en ziels behagen, 

» Waarvoor dat 's hemels hand 00k zegende zyn dagen. 

» Een hemel teeken dat het 00g niet kon bedriegen, 
» Dit was dat men een duyf steeds rond zyn hoofd zag vliegen 
» Waardoor dat wierd bekend alsdat Severus zou 
. » Verlaten vrouw en kind met schietspoel en getouw. 
» Dit god'lyk teeken gaf aen 't kerkbestuer te kennen 
» Dat God hem had bestemd tôt bisschop van Ravennen. 

» Zoohaest Severus was tôt 't bisschops ambt verheven, 

» Is zyn dochter en vrouw in heyligheyd gaan leven, 

» Leefden tôt aen de dood in staet van zuy verheyd 

» En zyn te samen in een en 't zelve, graf geleyd. 

» Severus wilde 00k na 't eynde zyner dagen 

» Dat men zyn stoflyk deel by 't hun in 't graf zou dragen. 

,» O wevers tragt altyd Severus te behagen, 

'> Dan zal hy zya gebed by God voor u opdragen ; 

)' En smeeken dat hy u van ramp en druk bevry 

» En dat den voorspoed blocyt der lynwaed wevery. 

» Zoo slyt g'in vree en rust de dagen van uw leven 

» Als gy het voorbeeld van Severus na zult streven. » 



NUMISMATIQUE MALINOISE 26g 

Médailles des Aides-Maçons 

Av. MÂETSCHAPPY METSERS DIENDERS OppCT Dckcu 

bodmcestcr i83g. 

Rv. DE viER GEKROONDE. Dans le champ, quatre 
couronnes pour faire allusion aux quatre couronnés, 
qui étaient leurs patrons (S' Claudius, S' Nicostratus, 
S' Simphorlanus, S' Castorus). 

Argent. PL LXXX[V, n° 162. 

Variété du numéro précédent, avec l'inscription Dckcn. 
Argent. PI. LXXXIV, n^ i63. 

Variété du numéro précédent, avec l'inscription Dckcn 
lier Sickcn 1841. 

Argent. PI. LXXXIV, n^ 164. 

Le drapeau de cette société figure dans nos collections. 

Médaille des Menuisiers 

Av. Ecrhcwys gcdaen acn dcn busmccster van de schryn- 
werkers. 

Rv. Acn F. Clottcns en M. A. Hugo 6 Novcmbcr i8Sg. 

Médaille surmontée d'une couronne à bélière, accostée 
de deux ornements. 

Argent. PI. LXXXV, n^ i65. 

Médailles des Forgerons 

La société des Forgerons, qui avaient pour patron 
Saint Eloy, doit avoir été reconstituée en 1839, ainsi 
que l'indique la médaille ci-après : 

Av. Mcde Inricliting van de bus van Si Eloy Boetmeester 
i83g Michel Holst. Uniface. 
Argent. PI. LXXXV, n^ 166. 



270 NUMISMATIQUE MALINOISE 

La société de Saint Eloy, instituée en iSSg, n'était 
pas cependant considérée comme la vraie société des 
forgerons, c'est-à-dire celle qui avait repris les traditions 
de l'ancienne corporation; en effet, en iSSy, il a été 
fabriqué quatre médailles qui portent l'inscription sui- 
vante : 

Av. Ware Genootschap van Si Eloy — DEKENS den 
I Xber iSS-j. 

Rv. Uni. 

Argent. PI. LXXXVI, n'' 167. 

Cette société figurait encore, il y a quelques années, 
dans nos processions, avec les torchères provenant de 
l'ancienne corporation; elles portent la date de 1645, 
avec l'inscription : JAN lefebre hoefsmet out over- 
DEKEN. Actuellement, ces torchères se trouvent à notre 
musée communal, avec celles des maçons et des brouet- 
tiers. Les torchères des cordonniers sont allées enrichir 
le musée de Bruxelles, et celles des portefaix furent 
achetées par le musée de Gand. En 1870, s'est formée 
une nouvelle société de forgerons, comme l'indiquent les 
médailles ci-après : 

Av. Van de Jonge Bus van den H. Eligius ii^jo. 
Rv. Ecrbcwys aan den Deken, Le tout en lettres gravées. 
Médaille à bélièrc. 
Argent. PI. LXXXVI, 11° 168. 

Av. DOOR DE LEDEN VAN HET GENOOTSCHAP van den 
H. ELIGIUS. 

Rv. OPGEDRAGEN aan DEN SECRETARIS. 

Médaille à bélière. - 

Argent. PI. LXXXVI, n^ 169. 

Ce qui prouve que la bonne entente n'existait plus 
parmi les forgerons de la ville, fut la fondation d'une 



NUMISMATIQUE MALINOISE 27I 

troisième société, qui prit le nom de VRY GENOOTSCHAP 
(association libre). Nous donnons ci-après l'insigne du 
président. 

Av. DE LEDEN VAN HET VRY GENOOTSCHAP VAN St 
ELOY. 

Rv. AAN HUN NE BUSMEESTER G. VAN M EN X EL. 

Vermeil. PI. LXXXVII, n^ 170. 

La médaille ci-après nous rappelle l'existence à 
Malines, d'une confrérie appelée « de Lykdragers » ou 
porteurs de cadavres. Les membres de cette société se 
mettent à la disposition des sept paroisses de la ville, 
pour aller prendre les cercueils aux mortuaires et les 
porter à l'église. 

Av. Vereert aen J. B. Assclmans dm 24 (j'" 1861. 
Rv. Door de Lykdragers van Carolus Borremcaus. 
Médaille à bélière offerte à leur doyen d'âge. 
Argent. PI. LXXXVIII, n^ 171. 



Av. SOUVENIR DE RECONNAISSANCE. Dans le champ, 
une lyre sur un cahier de musique ouvert, entourée d'une 
couronne de laurier. 

Rv. LES CDpogra^bcs C^œuristes des Ateliers P. J. 
Hanicq, à Pralines, a leur maître de chant il 
VERELST, le 22 Novembre mdcccxliii. 

Médaille à belière, gravée. 

Vermeil. PI. LXXXVIII, n^ 172. 

Av. opgedragen aen p. tuezney. Dans le champ, 
une presse à bras. 

Rv. Door zyne Ambackts gezellen en de bediende ter gelé- 



272 NUMISMATIQUE MALINOISE 

gcnhcid van zyii 2S'" Jacr als driikkcr by Mynhecr P. J. 
Himicq te Mcchclen MDCCCLll. 

Médaille à bélière, gravée, offerte par les ouvriers 
typographes de l'imprimerie Hanicq, à leur compagnon 
Tuezney. 

Argent. PI. LXXXIX, n^ 173. 

« 
Société Royale La Réunion Lyrique 

Cette société chorale a été fondée en i838, et eut pour 
premier directeur, Armand Limnander de Nieuwcn- 
hove (i). Dès le début, la phalange musicale comptait 
de bons musiciens, ce qui lui permit de participer au 
concours de chant à Louvain, le 4 septembre 1842, avec 
22 chanteurs : ils remportèrent le premier prix. Encou- 
ragée par ce premier succès, la société participa le 25 
septembre de la même année, au concours de Bruxelles, 
où elle remporta de nouveau le premier prix, et le len- 
demain, elle enleva la coupe en vermeil, offerte par le 
roi Léopold I, aux sociétés victorieuses dans les diffé- 
rents concours. 

A son arrivée à Malines, la société offrit son objet 
d'art à la ville, qui le fit placer dans notre musée. Pour 
commémorer le souvenir de ce grand succès, les magis- 
trats de la ville remirent en séance solennelle, la mé- 
daille en or que voici : 

Av. A LA REUNION LYRIQUE, en haut. Dans le champ, 
la coupe, aux initiales du roi, placée sur un socle por- 
tant l'inscription 26 Septembre 1842; à droite, une lyre 
entourée d'une couronne de laurier; à gauche, l'écu de 
Malines, légèrement incliné sur une branche de chêne. 



(i) Historique de la Royale Réunion Lyrique de Malines, par A. Beaudin. 



NUMISMATIQUE MALINOISE 278 



Rv. TEMOIGx\AGE de IRCCOnUaiSSanCC Pour don fait à lu 

UiKc be lllalines de la coupe en vermeil prix royal 

RE>tPORTÉ AU CONCOURS DE CHANT A BRUXELLES. LC tOUt Cil 

lettres gravées. 

Médaille à bélière. 

Or. PI. XC, no 174. 

La ville de Malines offrit encore une médaille en or, 
que nous avons reproduite à la planche XXXIX, n° 76, 
lors de l'obtention de son premier prix en première divi- 
sion au concours de Bruxelles, en 1880. 

Deux ans plus tard, elle assista au concours de Rou- 
baix et obtint le premier prix de lecture à vue et le 
second prix en division d'excellence. 

La Ville, voulant encourager les efforts constants de 
cette vaillante société, lui accorda une troisième mé- 
daille en or. 

Av. Les armoiries de la ville. ^^ 

Rv. LE CONSEIL COMMUNAL DE MALINES A LA SOCIÉTÉ 
ROYALE LA RÉUNION LYRIQUE l6 AOUT 1882. 

Médaille à bélière. 

Or. PI. XCI, no 175. 

La Mélodie 

La Réunion Lyrique a toujours marché de pair avec 
un autre cercle musical de notre ville, « La Mélodie », à 
qui elle a donné maintes fois des marques de confrater- 
nité, par la frappe de médailles en son honneur. L'ori- 
gine de cette société remonte à l'année i8o5. 

Av. t¥ témoignage de RECONNAISSANCE ^ CONCOURS 
DE CHANT D'ENSEMBLE JUILLET l857 — LA RÉUNION 
LYRIQUE à La Société LA MÉLODIE. 

Médaille uniface, à bélière. 

Arcrent. PL XCI, n« 176. 



274 NUMISMATIQUE MALINOISË 

Av. La Réunion lyrique a la société d'harmo- 
NiE LA mélodie Malines LE 8""' 1842. Dans le 
champ, les attributs de la musique. 

Rz>. Gage de reconnaissance pour les honneurs rendus à la 
Réunion Lyrique à l'occasion de ses succès obtenus aux Con- 
cours de Chant à Louvain le 4 7'"' et à Bruxelles les 2S et 
26 f" 1842. 

Médaille à bélière. 

Argent. PI. XCII, n^ 177. 

Av. la ville DE MALINES A LA SOCIÉTÉ D'HARMONIE 
LA MÉLODIE - DON DE GRATITUDE POUR SON CONCOURS 
AUX FÊTES PlBLigUES FÉVRIER 1843. 

Rv. Un trophée formé d'instruments de' musique, sur- 
monté de l'écu de Malines. 

Argent. PI. XCIII, n^ 178. 

Dyle Zonen 

Av. De Gemcenteraad aan den heer Frans Claes lid der 
Dylezonen 20 Scptcniber iSj'j. Cette inscription se trouve 
dans une couronne de chêne et de laurier, renfermée à 
son tour dans un bel encadrement en relief. 

PI. XCIV, no 179. 

Rv. Les armoiries de la ville dans le même encadre- 
ment. 

Vermeil. PI. XCV, n^ 179. 

Témoignage dé satisfaction offert par la ville à l'ac- 
teur François Claes, membre de la société dramatique 
« De Dyle Zonen )). 

Nous terminons notre deuxième volume par une 
planche consacrée aux cyclistes malinois. Lux aussi ont 



NUMISMATIQUE MALINOISE 275 

mis beaucoup de goût dans la conception de leurs 
fanions et dans la confection des insignes qu'ils distri- 
buent à leurs champions des courses vélocipédiques. 

Av. VÉLOCE CLUB MALINOIS i885 (année de sa fonda- 
tion). Inscription répartie sur les quatre branches d'une 
croix portant au centre l'écu de la ville. 

Rv. Championnat 2"" Prix 12-8-1895. 

Argent. PI. XCVI, n^ 180. 

Av. Un cartouche orné, vers la partie supérieure, de 
deux têtes de lions; au centre, dans un cercle, un 
cycliste pédalant. 

Rv. A. C. M. MALI NES 2 7 JUILLET iSgS. 

Insigne distribué par les amateurs cyclistes malinois, 
au champion d'une course de vitesse. 

Argent. PI. XCVI, n^ i8i. 

Av. SOUVENIR DU CORTÈGE CYCLISTE 1894. Dans le 
champ, un cycliste sur une bicyclette. 

Rv. En haut, ville de malines. Dans le champ, 
l'écu de Malines sur deux branches de laurier. 

Médaille à bélière, entourée d'une cordelière. 

Argent. PI. XCVI, n° 182. 

Il existe un exemplaire en bronze de cette médaille; 
elle a été frappée par le Pédale Club Malinois, pour 
commémorer une fête cjxliste. 




ERRATA 



Page .1)7, ligne lo, ait lien de PI. D et H, n"' S et 9, //jr^ PI. E, 
w II et PI. F, n° 12. 

Page 158, ligne 33, fl// lieu de PI. F, n" J2, /m';;; PI. D, n° 10. 

Planche LXX, au lien de n° 135 — AR, lise:(_ 141 — AR. 






Table des flatîères 



Liste des ^Membres i 

Sociétés, commissions et publications avec lesquelles le Cercle 
ccliange ses bulletins 7 

H. CoNiNCKX. — Rapport sur les travaux du Cercle et la situation à 
la fin de l'année 1898 11 

Pr<:\^ramme du concours pour la rédaction d'une histoire générale 
(If Malines 19 

L. SiKôoBAXT. — Un conflit de jurkliction au XI V»" siècle, à Ma- 
lines ■ 23 

L. Stroobant. — Addenda à la généalogie de la famille GJiys- 
brr,ht> (!,■ M:,lines . . ' . 29 

II. (,'nxixcKX. — J-'.enige bUidzijdcn hcrinneringen aan de fransche 
uverheersching te Mechelen, van 't eindc der XVll'ie eê'uw . 37 

Imikxaxd Donxi:t. — Hans Poppenru\t'er, Reniy de Hallut, Gérard 
et Gasi>ard vand-Mi Nieuwenhuysen, fondeurs de canons à Ma- 
lines 79 

G- VAN Caster. — Ancien Palais du Grand Conseil, à Malines 
f nouvel Hôtel des Postes) . . ii3 

L. \'ax dex Bekgh. — Numismatique Malinoise (Catalogue des- 
criptif du:. Monnaies, Mt-reaux. Jetons et Médailles frappés à 
Malines ou ayant trait a son histoire), 3^ partie . . . • . i3g 



278 



(Sable ^cô ;plancbc6 

ri. I. Plan du Palais destiné au Grand Conseil de Malincs . ii2-ii3 
PI. II. Idem (Détail de la partie construite de i526 à 1534) . 114-115 

Les planches suivantes, à la fin du volume. 

PL A, B, C, D, E, F, G, H, I, J, K, L, M. N, 0, P, Q, R, S, T, T, 

V, W, X. Médailles des Seigneurs et Gouverneurs - généraux dé Ma- 

lines. 
PI. III, IV, V, VI, VII, VIII, IX. X, XI, XII. XIII, XIV, XV, XVI, 

XVII. Illustrations Malinoises et leurs médailles. 
PI. XVIII, XIX, XX, XXI, XXII, XXIII, XXIV, XV, XVI, XXVII. 

Médailles des archevêcjues. 
PL XXVIII, XXIX, XXX, XXXI, XXXII, XXXIII, XXXIV. Médailles 

commémoratives. 
PL XXXV, XXXVI, XXXMI, XXXVIII, XXXIX, XL, XLI. Médailles 

frappées à l'occasion d'expositions, inaugurations, congrès, concours. 
PL XLII, XLIII, XLIV, XLV. Insignes. 
PL XLVI, XLVII, XLVIII, XLIX, L, LI, LU, LUI, LIV, LV, LVI. 

Médailles décernées par l'Académie des Beaux-Arts. 
PL LVII. Médailles décernées par l'Académie de musitiuc 
PL L\"III. Médaille décernée au Collège de la ville. 
PL LIX. Médailles décernées par l'Institut des Beaux-Arts. 
PL LXI, LXII, LXIII, Médailles frappées à l'occasion des jubilés de 

S. Rombaut et de Notre-Dame d'Hanswyck. 
PL LXIV, LXV, LXVI, LXVII. LXVIII. LXIX, LXX, LXXI, LXXII, 

LXXIII, LXXIV, LXXV, LXXVI, LXXVII. LXXVIII, LXXIX, 

LXXX, LXXXI, LXXXIL LXXXIII, LXXXIV. LXXXV, LXXXVI, 

LXXXVII, LXXXVIII, LXXXIX, XC, XCI, XCII, XCIII, XCIV. 

XC\', XCVI. Médailles des Gildes, iMétiers et sociétés d'agrément. 



Viôncttcô intcrcaléce t^ans le teyte 

Signature de Rombaut Keldermans 116 

vSignature de Laurent Keldermans 116 

« » » 127 

Ecu de Malines (fig. n" i) . . i?2 

Armoiries données par Napoléon, en 1809 (fig. no 2) . . . 193 

Ecu donné par Guillaume I (fig. n» 3) . " 195 



/ 



Abréviations 



AR, argent. 

B, bronze. 

C, cuivre. 

C D, cuivre doré. 
E, étain. • 

M B, métal blanc. 
P, plomb. 
V, vermeil. 



Planche A 






Cjrr. Van den Bsrgh, Feo. 



Planche B 





Cyr. Van Jen Bergh, Fec 



Planche C 




Cjr. Van ilen Berjjli, 1"( 



Planche D 





i;yr. Van «li-n Bt-rsli. Fpc. 



Planche E 




i;yr. Van ilfn Bergli, Fec 



Planche F 




Cyr. Van den Bergh, Fec. 



Planche G 




Cyr. Van den Bergh, Fec. 



Planche H 




Cyr. Van den Bergh, Jcc. 



IPlanc'lie 1 




Cyr. Van ■l'n lirrsli, l> 



Planche J 




t-r""- VdO Jen llrr(;h, Fe 



Planclie K 




Cjr. Van Jen Bergh, Fe 



Planche L 






CjT. Van den Kcrgh, Fec. 



Planche M 




Cyr. Van den Bergh, Fec. 



Planche N 




Cfr. Vin d«o Berghj Fec. 



Planche O 




Cyr. Van den Bergh, Fec 



Planche P 




Cjrr. Van den Bergh, Fec. 



Planche O 




Oyr. Van den Bergh, Fec 



Planche R 




<^. V»n den Bergh, Fec 



TLa:.: 




CjT. V»n den Bergh, Fec. 



Planche T 






Cjrr. Van den Bergh, Ve.c. 



Planche U 






, Vao lien Bergh, Fec. 



Planche V 




Cjt. yrn den Bergh, Fec 



Planche W 





CfT- Van de» Bergh, Fec. 



Planche X 




Cp'. Van den Bergh, 



Planche III 




CfT, Vin d«n Berjh, Fec. 



Planche IV 






Cjrr. r'ao den B«rgh, Fec. 



Planche V 






CfT. Van den Bergh, Fet. 



Planche VI 






CfT. Van den Bergh, Fec. 



Planche VII 






Cjri . Van den Bergh, Fec. 



Planche VIII 




Planche IX 




Cft. Vtn den Btrgh, Fec. 



Planche X 




CjT. VaD den Bergh, Fec. 



Planche XI 




Zyt. Van den Bergb, Fec. 



Planche XII 




Cft. Tan den B«r|h, F«t 



Planche XIII 





Planche XIV 




Ctt. Van deo Bergh, Fec. 



Planche XV 




Cp'. Vaa dea Bergh, Fce. 



Planche XVI 




Cn- vu A» Bcr|h, FM. 



Planche XVII 




CfT. Tin dtD Bergh, Fec. 



Planche XVIII 





Cjrr. Van ileo Bergb, Fee. 



rianche XIX 




Cjrr. Van deo Ber{h, Fee. 



Planche XX 






Cit- Vu d«a B<r(h, F« 



Planche XXI 




CfT. Tan d*B Btrfh, Fte. 



Planche XXII 




Cr*t Van den Bergh, Fce. 



X 
Planche XIII 




C^r. Vu ilcQ Ber|b, Fce. 



Planche XIV 





Qrr <Pu tea larth. Tm 



Planche XXV 




(^. Tu 4ta B«r|h, rtt. 



Planche XVI 




Cjr. Van Jen Bergh, F«c. 



PLanthe XXVII 




Crr. Vu dca Berfh, ftt- 



Planche XXVllI 




Cri »»» dcD B«rgh, Fat. 



Planche XXIX 





Planche XXX 




Planche XXXI 



56 




Cyr. Van den Bergli, Fec. 



Planche XXXll 




AR 




C)T. Van dtn Bcrgh, Esc. 



Planche XXXIII 





Planche XXXIV 




■\1< 



Planche XXX\* 






Planche XXXVI 




Planche XXXVII 




Planche XXXVI II 







Planche XXXIX 




AR 



Planche XL 






M B 



OR 



Planche XLI 




Planche XLII 





Cyr. Van den Bergh, Fec, 



Plinrhe XLIII 




Planche XLIV 




^^-^S^S^^^" 



Cyr. Van dcn Utrgli, It 



Planche XLV 




Cyr. Van deo feetgh, Fec. 



Planche XLVI 






CjT. Van Jen Bergh, Fec. 



Planche XL VIT 




Cjr. Van Jeu r.ergli, Ffc. 



Planche XLVIII 




-yr. Van dcn Ecrgh, Fec 



Planche XLIX 




Cyr. Van ilen Bergh, Kcc. 



Planche L 




Cyr. Van den Bergh, Fec, 



Planche LI 





Cyr. Van den Bergh, Fec. 



Planche LU 




Cyr. Van den Bcrgh, Fec. 



Planche LUI 




Cyr. Van den Rcrgh, Fec 



Planche LIV 




Planche LV 




Planche LVl 




Cyr. Van den Bergh/Ftc. 



Planche LVII 




Planrhe LVIII 




Planche LIX 




Planche LX 




Cyr. Van den Bergh, Fe 



Planche LXI 




AK 







Cyr. Van den Bergh, Fec. 



Planche LXII 






Cjt. Van tien Dergli, 



Planche LXIII 




"■yr. Vhq den Bergh, Fec. 



Planche LXIV 




Cyr. Van den Bergh, Feo 



Planche LXV 




i34 



AR 




Cyï. Vao d«n Bergh, Fec. 



Planche LXVI 




Cyr. Van den Bergh, Fec. 



Planche LXVIl 




Planche LXVIII 




Cyr. Van ilen Dergh, Fee 



Planche LXIX 




L>r. Van Jen Dcrgh, Fec. 



Planche LXX 




Cyr. Van den Bergh, Fee. 



Planche LXXI 




Cjrr. Van dïB Bergh, Fec. 



Planche LXXII 





Planche LXXIII 




C>T.;van den Bergh, Fec 



Planche LXXIV 




Planche LXXV 




Cyr. Van ileo Bergh, Fec. 



Planche LXXVI 




Cjrr. Van den Bergh, Feo 



Planche LXXVII 




Cyr. Van den Bergh, Fec. 



Planche LXXVIII 




CyT. Van deo Bcrgh.'Fec 



^lanche LXXIX 





Planche LXXX 




Cyr. Vaa dca ficrgu, Fte 



Planche LXXXl 





Planche LXXXII 





Planche LXXXIII 





Planche LXXXIV 





Planche LXXXV 





Planche LXXXVI 





Planche LXXXVII 




kjrr. Van ileo Ucr^h, Fec. 



Planche LXXXVIII 




Crr. Vu dcn Ber|h, Pee 



Planche LXXXIX 





Planche XC 




Cyr. Vao deu Bergli, Fec. 



Planche XCI 





Cyr. V«n den Bergh, F«e. 



Planche XCII 




Cfr. Vu itu Mrik. F«* 



Planche XCIII 




Cyr. Van deii Bergh, Fec. 



Planche XCIV 




C)T. Van den Bergh, Fec. 



Planche XCV 




Cyr. Van den Bergh, F«e. 



Planche XCVI 






Cjr. Van den Bergh, Fec. 



fF-/ 



(3